Library / Art / Antiquit�s d'Herculanum, Tome IV., (Vol. 4 of 6)
Biblioth�que nationale de France (BnF/Gallica)
ANTIQUIT�S D'HERCULANUM
GRAV�ES
PAR TH. PIROLI
AVEC
UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUD�;
ET PUBLI�ES
PAR F. ET P. PIRANESI, FR�RES.
TOME IV.
BRONZES.
A PARIS
{PIRANESI, Fr�res, place du Tribunat, n�. 1354;
CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, maison
{Abbatiale Saint-Germain-des-Pr�s, n�. 1121.
AN XIII. = 1805.
AVERTISSEMENT.
Nous suivons, dans cette �dition, la classification adopt�e par les
Acad�miciens d'Herculanum. La peinture a occup� trois volumes; deux
volumes renfermeront ce que la Statuaire a vu ressusciter des fouilles
de la Campanie, c'est-�-dire, les Bronzes, Bas-reliefs, Bustes
et Statues; car, selon Pline, cette d�nomination s'applique
particuli�rement � l'art de jeter en bronze, et les productions du
ciseau appartiennent � la sculpture. La raret� des bronzes a fait
compter pour une richesse pr�cieuse, ceux qui ont �t� recueillis dans
ces villes antiques et souterraines. Si l'on trouve dans ces ouvrages
moins de recherche que dans les productions du pinceau, ils offrent
peut-�tre plus de finesse, plus de sentiment, un go�t plus �pur�, et
surtout � un degr� plus sensible, cette vive empreinte qui d�c�le le
g�nie et la science profonde de l'artiste. Cette collection se rend
�galement int�ressante, sous le rapport de l'art et de l'histoire civile
et religieuse.
Pour ne point interrompre la suite des Bustes et des Statues, nous les
ferons pr�c�der de quelques Bas-reliefs, qui ne sont point en assez
grand nombre pour former une s�rie particuli�re: les Bas-reliefs
avec les Bustes formeront le premier volume; le second renfermera les
Statues.
PLANCHE I.
(_P. 257, t. V de l'Edition royale._)
Tout concourt � donner un grand prix � ce bas-relief; la mati�re,
le travail, la vari�t� des objets, la beaut� de la composition,
l'expression des figures et le choix du sujet. La plaque est d'argent,
en forme de bouclier, avec un crochet au revers pour la suspendre:
c'�tait sur des boucliers semblables que les anciens faisaient
repr�senter les images et les actions de leurs anc�tres. La mort de
Cl�op�tre parait faire le sujet de cette composition, toute pittoresque.
Cette reine infortun�e, dont la beaut� n'a pu d�sarmer son vainqueur,
a fait couler la mort dans ses veines. Ses derniers soupirs sont encore
pour l'amant qu'elle a perdu; assise, affaiss�e par l'effet du poison,
la t�te pench�e sur l'�paule, les yeux mourans, elle expire dans les
bras de l'une de ses fidelles esclaves; c'est Carmione, la plus �g�e,
elle qui prit soin de l'�tendre sur le lit royal, par�e d'habits
somptueux, et qui la suivit chez les morts apr�s avoir rempli ces
derniers devoirs. Debout, consid�rant sa ma�tresse dans l'attitude de
la douleur, est la jeune Irais, qui la suivit la premi�re. Un Amour,
accabl� de tristesse, est appuy� sur les genoux de la reine, et d�plore
sa fin malheureuse. C'est ainsi que nous avons vu ce m�me Dieu pleurant
l'infortune d'Ariadne (_Peint. t. II, pl. XV_) et �teignant son
flambeau devant Narcisse (_Id. t. III, pl. XLVI et XLVII_). Aux pieds de
Cl�op�tre est le panier de figues renvers�, sensible allusion au r�cit
de Plutarque. Les accessoires repr�sentent l'int�rieur d'un appartement;
c'est ce que d�signent le lit, dont on voit une partie, la draperie
tendue (_aul�a_) et la petite statue �lev�e sur une colonne tronqu�e.
La pomme, le vase, la guirlande de myrte et les deux colombes, d�signent
clairement V�nus dans cette image. Malgr� l'heureuse application que
l'on peut faire � la mort de Cl�op�tre, de plusieurs traits de notre
bas-relief, l'explication n'en est pas pleinement satisfaisante; M.
Visconti pense que ce sujet appartient � la Mythologie; la figure
all�gorique de l'Amour ou de Cupidon, ne para�t pas convenir une
histoire; la statue de V�nus et l'offrande des colombes, ne paraissent
pas convenir � celle de Cl�op�tre: il croit donc que le sujet est Ph�dre
avec la nourrice, comme sur plusieurs bas-reliefs o� l'on voit de m�me
la figure de Cupidon; ses offrandes n'ont pu lui rendre V�nus favorable,
et le panier renvers� indique qu'elle veut se laisser mourir de faim.
Diam�tre, 5 pouces 8 lignes.
PLANCHE II.
(_P. 261, t. V de l'Edition royale._)
Ce bas-relief, sur une lame d'argent, est d'un bon travail; on y voit
un Satyre aux longues cornes, ceint de la n�bride, faisant une offrande
devant un Herm�s, pos� sur un autel rustique. Il est assis, attitude qui
convient � une c�r�monie religieuse, et joue d'une lyre � sept cordes:
quoiqu'il soit rare de voir les Satyres avec la lyre, on les retrouve
cependant dans plusieurs monumens, avec cet instrument qui n'est point
�tranger aux suivans de Bacchus. L'Herm�s barbu, et ayant les cheveux
roul�s autour de la t�te, pourrait repr�senter Bacchus Indien; mais
l'objet du sacrifice semble d�signer une divinit� champ�tre d'un ordre
inf�rieur, peut-�tre Sylvain, souvent repr�sent� sous la forme d'un
Herm�s. L'autel est ceint d'une guirlande; contre l'arbre est pos� un
_pedum_, ou plut�t le b�ton de chasseur, dit _lagobolos_ parce qu'il
servait � assommer les li�vres; sur l'autel est une coupe, qu'on peut
supposer pleine de lait; aux branches de l'arbre est suspendue une peau
d'animal, dont les oreilles allong�es semblent �tre celles d'un li�vre;
on voit encore sur la pierre o� le Satyre est assis, la peau d'un animal
sauvage, tel qu'un tigre ou une panth�re. Ce Satyre para�t donc offrir �
la divinit� un sacrifice en reconnaissance d'une heureuse chasse, et de
la f�condit� des troupeaux.
Il para�t probable que ces petits bas-reliefs en argent, et quelquefois
en bronze, de forme ronde, ont servi de fonds � des miroirs m�talliques.
Le Mus�e Napol�on en poss�de un en bronze dor�, trouv� dans un tombeau,
avec le miroir rond m�tallique.
Trouv� � _Portici_, et grav� de la grandeur de l'original.
PLANCHE III.
(_P. 263, t. V de l'Edition royale._)
Ces trois Fortunes, relev�es en bosse sur argent, sont parfaitement
semblables entre elles, et ont les m�mes attributs. Cette r�union
des trois figures rappelle qu'il y avait � Rome un temple aux trois
Destin�es (_tria fata_) qu'on r�v�rait, comme on faisait trois Parques
et trois Gr�ces, divinit�s qui se confondent dans l'antiquit� recul�e.
Le boisseau sur la t�te de la Fortune, comme sur celles d'Isis et de
S�rapis, est l'embl�me de l'abondance; cet embl�me se retrouve encore
avec plus d'extension dans la corne d'Amalth�e. Le timon d�signe la part
que prend la Fortune dans le gouvernement des empires et des affaires
humaines; le croissant et l'�toile expriment sa domination sur tout
l'univers, et peut-�tre ces signes, qui accompagnent presque toujours
la d�esse, expriment-ils l'opinion de quelques philosophes, qui
attribuaient � l'influence des corps c�lestes, et surtout de la lune,
tous les �v�nemens heureux et malheureux. Chaque figure est enc�dr�e
dans le frontispice d'un petit temple; dans le fronton de celui du
milieu, on voit une partie du Capricorne, signe qui se retrouve dans
les m�dailles comme horoscope, avec les autres embl�mes _de la fortune
d'Auguste_, et qui semblerait d�signer ici particuli�rement la fortune
de ce prince.
Trouv�es � _Civita_, et grav�es de la grandeur de l'original.
PLANCHE IV
(_P. 264, t. V de l'Edition royale._)
Ce petit bronze, d'un travail d�licat, est plaqu� d'argent dans les
reliefs; il repr�sente Esculape avec sa fille Hygie ou _Salus_, d�esse
de la sant�. On reconna�t facilement le dieu � sa barbe, � ses cheveux,
et a la verge entour�e d'un serpent. Sa compagne porte pour attribut la
tasse sacr�e, d'o� l'on voit sortir un serpent, particularit� qui donne
beaucoup de prix � ce petit monument. La d�esse tient aussi dans sa
main une petite branche qui n'a point �t� observ�e par les Acad�miciens
d'Herculanum, et que l'on peut croire �tre la panac�e. Les figures
posent sur un autel, et sont enc�dr�es par un ornement de feuilles de
laurier et de festons. Le laurier �tait consacr� aux trois divinit�s qui
pr�sidaient � la m�decine, Esculape, Hygie et Telesphore: on attribuait
aux feuilles de cet arbre une vertu extraordinaire; on l'employait dans
les triomphes pour purifier les soldats du sang vers� dans les combats;
on s'en servait dans les lustrations; on disait de celui qui �tait
rassur� contre les dangers, qu'il portait un b�ton de laurier. Dans les
Hi�roglyphes, le symbole d'une gu�rison miraculeuse �tait une colombe
qui tenait dans son bec une branche de laurier. L'usage de consacrer des
tablettes de m�tal et de marbre pour solution d'un v�u � une
divinit� dont on croyait avoir obtenu quelque grace ou faveur, �tait
tr�s-r�pandu, et l'on peut regarder celle-ci comme l'une de ces
repr�sentations votives. Trouv� � _Portici_, et grav� de la grandeur de
l'original.
PLANCHE V.
(_Pr�face de l'Edition originale, page 37._)
La main votive dont nous donnons ici la figure sous un double aspect,
se rend, par la multiplicit� des symboles, plus curieuse que celles d�j�
connues. Comme dans les autres, les trois premiers doigts sont ouverts,
et les deux derniers ferm�s. On remarque pr�s de la base, dans une
cavit�, une femme avec un petit enfant; il semble que le sujet du
v�u soit exprim� par ces figures, et qu'il se rapporte � un heureux
accouchement. L'homme assis, les pieds pos�s sur une t�te de b�lier,
tenant �lev� l'index de chaque main, rev�tu du costume phrygien ou
persan, habit que les anciens ont donn�, par convention, � tous les
Orientaux, para�t �tre ici, sous la figure d'un ministre ou d'un
proph�te, le symbole du culte mithriaque. Le serpent, la grenouille, le
l�zard, la balance, la fleur, le fouet, le _tympanum_, le sistre, les
cymbales, etc. font allusion aux Divinit�s r�v�r�es par l'auteur de
l'offrande, ou � sa croyance religieuse, Il serait difficile de tirer
un sens clair et pr�cis de ces sortes d'�nigmes, qui, peut-�tre, n'en
avaient pas un bien form� pour ceux m�me qui les inventaient; on peut
les regarder comme les r�ves d'esprits bless�s par la superstition,
ou exalt�s par une pieuse reconnaissance, qui voulaient remercier ou
appaiser tous les Dieux qu'ils avaient implor�s, ou dont ils craignaient
le courroux. Aussi n'a-t-on r�uni, dans l'explication de ces sortes de
monumens, que des conjectures qui semblent se combattre comme les id�es
superstitieuses qui les ont produits. Le lecteur curieux pourra recourir
aux auteurs qui en ont parl�; Lorenzo Pignorio, Tommassini, Delachausse,
Gori, Montfaucon, Caylus, etc. Les Antiquaires donnent � ces
mains votives le nom de _Mains de bronze_ ou de _Mains Panth�es_,
c'est-�-dire, consacr�es � tous les Dieux.
Celle-ci fut trouv�e dans les fouilles de R�sine, en 1746.
Hauteur, 6 pouces.
PLANCHE VI.
(_P. 1re, t. V de l'Edition royale._)
Chez tous les peuples, nous voyons la religion s'envelopper de myst�res;
parmi les anciens Grecs et Romains, l'id�e d'un �tre supr�me, seul
moteur de toutes les causes et r�gulateur de l'univers, �tait, pour
ainsi-dire, le secret des philosophes, et cette grande v�rit� paraissait
trop sublime pour �tre communiqu�e au vulgaire grossier, dont la
superstition se nourrissait de toutes les erreurs du polyth�isme. On en
retrouve les traces plus ou moins d�velopp�es dans leurs �crits; mais
c'est sur-tout dans les monumens que les opinions religieuses se cachent
sous les symboles. Le bronze que nous avons sous les yeux, semblerait
appartenir � ces sortes de monumens myst�rieux; il repr�sente un
Croissant, surmont� de deux petits bustes, avec l'aigle portant la
foudre au milieu; cet aigle annonce, dans les m�dailles et dans les
pierres grav�es, la pr�sence invisible du grand Jupiter. La t�te de
Diane, de Proserpine ou d'Isis au milieu du croissant, annonce la
puissance de la Divinit� manifest�e dans cet astre. Ici le symbole de
Jupiter semble le montrer comme le r�gulateur des temps figur�s dans
les t�tes du Soleil et de la Lune, qui, en s�parant le jour et la nuit,
forment le mois exprim� par le croissant. Les mutations constantes de
la Lune ont �t� les premi�res observ�es, et le cours de cet astre est
la mesure la plus sensible et la plus antique qui ait servi � diviser
l'ann�e. �Le mouvement perp�tuel du Soleil, dit le po�te Aristide (_Hym.
in Jov. p._ 13) au-dessus et au-dessous de la terre, est le commandement
donn� par Jupiter au Soleil, d'�clairer tout le monde; et les cours de
la Lune et les r�volutions de toutes les �toiles, sont une disposition
de Jupiter�. Ce passage s'applique merveilleusement � notre bronze, et
pourrait aussi aider � l'explication d'autres monumens, o� l'on voit la
t�te m�me de Jupiter avec le croissant. C'est aussi comme r�gulateur
des jours et des nuits, que Jupiter recevait chez les Romains le nom de
_Lucetius_ et de _Diespiter_ (_Diei pater_); cependant, en adoptant
une explication plus simple, et qui a �t� appliqu�e avec autorit� des
monumens du m�me genre, on pourrait voir, dans notre bronze, l'apoth�ose
de deux personnages r�v�r�s, ou un hommage votif pour la naissance de
deux jumeaux, ou peut-�tre encore le symbole de Jupiter, d'H�cate, ou de
Castor et Pollux.
Sur la m�me planche, on voit un buste de Pallas, avec le casque et
l'�gide, et une femme a�l�e qui peut repr�senter une Victoire.
PLANCHE VII
(_ P. 2 et 3, t. V de l'Edition royale._)
Le premier de ces quatre bustes appartient Jupiter. On reconna�t le p�re
et le ma�tre des Dieux, � son �paisse chevelure, � sa barbe touffue, au
diad�me qu'il porte, et mieux encore � ce visage majestueux, conforme �
l'id�e qu'en ont laiss�e les po�tes et les anciens artistes. Ce bronze
ressemble au fameux buste du capitole, et nous ferons remarquer ici,
d'apr�s l'observation du savant �diteur de ce Mus�e (_Mus. cap. t. II_),
quel soin, quelle exactitude apportaient les anciens, non-seulement
� retracer les v�ritables images des hommes illustres, mais encore �
conserver dans les t�tes de leurs Dieux et des h�ros, une ressemblance
souvent id�ale, mais consacr�e par la description des po�tes, ou par
les premi�res images que l'art avait produites. Il y avait, dans cette
attention, un certain principe de religion qui conserva long-temps ce
sentiment du vrai beau, d'o� l'esprit de l'homme, apr�s l'avoir trouv�,
ne tend que trop, par l'effet de son inconstance naturelle, � s'�carter;
on conna�t ce passage d'Hom�re (_Il. a. v. 528_): �Le fils de Saturne
abaissa ses noirs sourcils, les cheveux v�n�rables du roi s'agit�rent
sur sa t�te immortelle, et il fit trembler le vaste olympe�. C'est
d'apr�s cette description, a remarqu� un ancien, qu'Euphranor forma,
avec son pinceau, l'image de Jupiter, et que Phidias la jeta en bronze.
�Nous connaissons la face des Dieux, dit Cic�ron (_de N. D. I. 30_),
comme l'ont voulu les peintres et les modeleurs, et non-seulement leur
visage, mais encore leurs ornemens, leur �ge, leurs v�temens; ainsi l'on
peut dire que Jupiter est barbu, qu'Apollon est imberbe, que Minerve
a les yeux bleus, et Neptune, verd�tres�. Des id�es ainsi consacr�es
s'�tablissent, avec le temps, comme la v�rit� m�me.
Le second buste est celui de Junon, qu'on reconna�t � sa couronne
radi�e, et au voile qui couvre sa poitrine.
Dans le troisi�me, on voit un Hercule, distingu� par la couronne
de peuplier, attach�e avec une bandelette ou diad�me, sorte de
cons�cration, et dont les traits se rapportent aux portraits connus.
Dans le quatri�me, est figur�e une Diane, dont les cheveux tress�s sans
ornement �tranger, viennent former sur sa t�te deux crochets allusifs au
croissant; elle porte le carquois et une peau de ch�vre ou l'�gide.
FIG. sup�rieure.--Hauteur, environ 3 p�. 4 lig.
FIG. inf�rieure.--Hauteur, environ 4 p�.
PLANCHE VIII.
(_P. 3 et 4, t. V de l'Edition royale._)
Il serait difficile de fixer le caract�re de ce premier buste; c'est un
fragment d'une statue enti�re. La coiffe et le diad�me peuvent d�signer
une Junon, une Vesta ou une Diane. Le buste casqu� repr�sente le dieu
Mars sans barbe, comme ce Dieu est repr�sent� le plus souvent. Le
troisi�me buste repr�sente un suivant de Bacchus, couronn� de feuilles
de lierre et de corymbes; sa barbe �paisse, la n�bride qu'il porte en
�charpe, et son �ge, qui est celui de la vigueur, indiquent un Faune
ou Satyre d'un �ge m�r: les Grecs les appelaient du nom commun de
_Sil�nes_. La figure du quatri�me buste est moins �quivoque; elle
appartient � Sil�ne, le nourricier de Bacchus; le front chauve,
l'enfoncement du front � la naissance du nez, l'ench�ssement exhorbitant
de la prunelle, sa barbe descendant en touffes r�guli�res et longues,
tous ces traits sont dans le caract�re; la bandelette lui convient
aussi, comme pr�tre et ministre de Bacchus: tel �tait le Sil�ne que
Bacchus enfant lutinait dans ses jeux. Le Dieu arrache, en badinant,
les poils qui h�rissent la poitrine de Sil�ne, ou lui pince ses oreilles
pointues; il lui claque sa t�te chauve et son court menton, et de son
pouce d�licat lui presse ses narines de singe (_Nemesianus, Ecl. III,
31_).
PLANCHE IX.
(_P. 5 et 6, t. V de l'Edition royale_.)
Au premier coup-d'�il, on croirait reconna�tre un Faune dans ce buste;
mais, avec un peu d'attention, on remarquera que, dans cette nature
mixte, tout ce gui n'appartient point � la nature humaine a un rapport
�vident avec les formes d'un taureau, et nullement avec celles d'un
chevreau ou d'un bouc. Une expression divine, quoique f�roce, r�pandue
sur cette figure, et tous les traits qui la caract�risent, doivent
s'appliquer � Bacchus lui-m�me. Mais alors c'est Bacchus _Sabazius_, le
fils de Jupiter et de Proserpine, proprement dit _Zagreus_, ce Bacchus
tu� par les Titans, et qui cependant reparut depuis sous diff�rentes
formes. Ce n'est plus ce Bacchus dont la beaut� est celle d'une tendre
Vierge; c'est celui dont Ath�n�e a conserv� le portrait (_II, 1, p. 35_)
�adolescent, indompt�, ayant l'aspect d'un taureau; jeune et non jeune�.
Euripide voulant repr�senter Bacchus courrouc�, le fait aussi para�tre
avec la figure d'un taureau; c'est le caract�re qu'on peut saisir dans
le regard, dans les l�vres �paisses, dans les traits ramass�s, dans la
touffe de poil naissante sur le front et dans l'oreille extraordinaire
de la figure. Les cornes et le serpent appartiennent particuli�rement
� ce Dieu, qui semble offrir le symbole d'une ivresse immod�r�e et
furieuse.
Les formes grasses et potel�es, les cheveux longs du second buste,
semblent d�signer une femme; le caract�re de la figure appartient �
l'esp�ce des Faunes; la couronne de lierre avec les corymbes la classe
�videmment parmi les suivans de Bacchus; la grenade qu'elle porte � la
main rend ce bronze rare et pr�cieux. Quoique ce fruit soit compt� au
nombre des objets contenus dans la ciste mystique, il n'a point encore
�t� remarqu� sur aucun des monumens relatifs aux myst�res. Suivant un
ancien Mythe, la grenade naquit du sang de Bacchus _Zagr�us_, mis en
pi�ces par les Titans, et il �tait d�fendu d'en manger les fruits dans
les f�tes de C�r�s.
CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 7 p�. 9 lig.
PLANCHE X.
(_P. 7, t. V de l'Edition royale_.)
L'expression riante et anim�e de cette figure, et ses attributs,
appartiennent clairement � Bacchus; ses cheveux touffus sont tress�s
avec des branches de lierre garnies de corymbes, et un large diad�me
dont les bandes retombant par devant, semblent en faire partie; le bras
resserr� dans l'une de ces bandes, peut �tre l'embl�me de l'encha�nement
des forces par l'ivresse. Mais ce que cette figure a plus de
remarquable, ce sont les a�les qu'on lui voit tr�s-rarement. �Les
Amycl�ens, dit Pausanias (_III, 19_) adoraient sp�cialement Bacchus,
auquel ils donnaient, autant qu'il me semble, le surnom de _Psylas_;
les Doriens appellent les a�les de ce nom _Psylas_, le vin soul�ve les
hommes et rend l'esprit l�ger, comme les a�les portent les oiseaux�. Ce
passage qu'on a cit� en faveur de ce bronze, donne plut�t l'explication
du sens moral que peuvent offrir � l'esprit les a�les ajout�es �
Bacchus, comme symboles, qu'il ne prouve que le Dieu ait �t� ador�
sous la forme a�l�e; nous remarquerons seulement que ces figures a�l�es
doivent, en g�n�ral, �tre plut�t consid�r�es comme les g�nies des Dieux,
que comme les divinit�s m�mes. Parmi les g�nies de Bacchus, l'ancienne
Mythologie a fait une mention distingu�e d'_Acratus_: son nom signifie
_Merum_, ou le vin sans m�lange d'eau; c'est le g�nie de l'ivresse.
Hauteur, 10 p�.
PLANCHE XI.
(_P. 8, t. V de l'Edition royale_.)
Le diad�me, les corymbes de lierre, le voile qui couvrent la t�te de
cette figure, indiquent, selon les Acad�miciens d'Herculanum, un pr�tre
de Bacchus; les pr�tres sacrifiaient aux dieux la t�te voil�e, usage
venu � Rome de la Phrygie. Les ministres du culte affectaient aussi dans
leur costume d'imiter leurs divinit�s, et cette coiffure, _mitra_,
dont Bacchus �tait l'inventeur, lui avait fait donner le surnom de
_mitrophore_; le geste expressif de l'index �lev�, est, sans-doute,
relatif aux myst�res; on a cit� � ce propos ce vers d'Orph�e: �Jupiter,
Pluton, le Soleil et Bacchus ne sont qu'un seul�: comme si tous ces
Dieux se trouvaient r�unis dans Bacchus. C'est pour cela qu'il a �t�
consid�r� comme le Dieu universel, et qu'il a �t� appel� _Panth�e
(Auson. �p. 29 et 30)_. Cependant les accessoires qui peuvent d�terminer
le caract�re de ce buste, servent � M. Visconti pour appuyer une opinion
diff�rente; c'est Hercule, habill� en femme, � la cour d'Omphale, et
c�l�brant, avec la reine de Lydie, les f�tes de Bacchus. La c�l�bre
pierre grav�e, du cabinet d'Orl�ans, o� Hercule jeune para�t voil�
jusqu'au menton, de la m�me mani�re, rend cette opinion presque
d�montr�e.
Hauteur, 8 p�.
PLANCHE XII.
(_P. 9 et 10, t. V de l'Edition royale_.)
La figure du premier buste est couronn�e de feuilles, de corymbes de
lierre et de grappes de raisin; dans un pan de sa draperie, elle porte
des raisins et des figues, et de la main droite elle penche un vase
sur les fruits, comme si elle les arrosait. L'expression gracieuse
et d�licate de la t�te, la jeunesse dont elle brille, conviennent �
Bacchus, qui partage avec Apollon le don d'une beaut� toujours nouvelle;
mais les fibules qui attachent la draperie sur les bras, portent �
croire que c'est une nymphe, l'une des nourrices ou compagnes du Dieu,
et qui temp�re sagement la force de ces fruits par le m�lange de
l'eau; ce m�lange �tait sacr� chez les peuples polis de la Gr�ce;
il n'appartenait qu'aux barbares de boire le vin pur, et c'est ce
qu'Anacr�on appelle _boire � la scythique_. De-l�, peut-�tre, cette
diff�rence du Bacchus sauvage et furieux dont nous avons parl�
pr�c�demment (_pl. IX_), et du Bacchus vainqueur et l�gislateur des
peuples de l'Orient, portant dans sa beaut� immortelle le caract�re
d'une divinit� bienfaisante. La proportion du m�lange �tait
ordinairement de trois parties d'eau sur deux de vin, et les plus sobres
suivaient celle de cinq � deux.
Le style du second buste peut le faire croire de travail �trusque, ou,
pour s'exprimer avec plus de justesse, d'ancien style grec; les lignes
droites, l'adh�rence des membres au corps qui en font le caract�re,
attestent la jeunesse de l'art; les Etrusques re�urent, � une �poque
tr�s-recul�e, les arts de la Gr�ce, ils conserv�rent long-temps, avec
une esp�ce de religion, ce m�me style, sans le changer ni l'am�liorer.
Comme imitateurs, ils eurent dans l'ex�cution quelque chose de plus
lourd, et qui distingue encore aux yeux exerc�s, leurs ouvrages de ceux
de leurs premiers ma�tres. La figure est une Pomone, qu'on reconna�t
aux diff�rens fruits qu'elle porte dans son giron; elle est coiff�e d'un
voile, pos� sur une �l�vation form�e par les cheveux sur le front. C'est
cette �l�vation qu'on nomme _tutulus_, et qui se rencontre souvent dans
les figures dites �trusques. Le collier, orn� de bulles, est aussi un
ornement �trusque; ce collier et les yeux sont en argent.
CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 6 p�.
PLANCHE XIII.
(_P. 11, 12, t. V de l'Edition royale_.)
Ce buste pr�cieux porte le nom du personnage c�l�bre qu'il repr�sente,
du prince des orateurs. _D�mosth�ne_ naquit � Ath�nes, environ trois
si�cles avant celui d'Auguste. L'amour de la patrie arma son �loquence
contre les rois de Mac�doine. Apr�s une vie agit�e, forc�, par la fureur
d'Antip�tre, de chercher un asyle dans une terre �trang�re, il n'en
trouva plus que dans la mort m�me, et prit du poison dans l'�le de
Calaurie, l'an III de la 114e olympiade (le 16 octobre, 122 ans avant
l'�re chr�tienne). �Voil�, dit Pausanias (l. VIII) o� cet amour extr�me
de D�mosth�ne pour les Ath�niens, le conduisit; et il me semble qu'on a
dit avec raison, qu'un homme trop d�vou� � l'int�r�t public, et qui
se fie trop � la faveur populaire, meurt bien rarement tranquille�. Ce
buste fut d�couvert, en 1753, dans les fouilles de R�sine, dans le
m�me �difice o� l'on trouva les _Papyrus_ et la plus grande partie des
bustes. A cette �poque, on ne connaissait point de portrait authentique
du c�l�bre orateur. Un marbre trouv� � Tarragon, cit� par Fabri (_Ill.
imag. n�. 55_) et par Bellori (_Ill. rh�t. n�. 79_), portait le nom de
_D�mosth�ne_; mais la jeunesse et la privation de la barbe semblaient
indiquer, dans cette t�te, un autre D�mosth�ne, peut-�tre le fils
d'Alcisth�ne, capitaine des Ath�niens, commandant une flotte au si�ge
de Syracuse, o� il perdit la vie, selon Thucydide (_l. III, p. 9l_) et
autres historiens. On a remarqu� que, dans l'inscription, la forme de
l'_epsilon_ et du _sigma_ r�pondait � celle du temps d'Auguste. Si
ce n'est point un signe assez certain pour fixer l'�ge de ce bronze,
l'excellence du travail ne l'en place pas moins aux beaux temps de
l'art.
Hauteur, 6 p�. 3 lig.
PLANCHE XIV.
(_P. 13, 14, t. V de l'Edition royale._)
La ressemblance qu'on saisit entre ce buste et le pr�c�dent, peut y
faire reconna�tre le m�me personnage, _D�mosth�ne_. Plus grand, mieux
conserv�, on remarque dans les traits plus de jeunesse et une expression
plus vive; mais, dans tous les deux, on trouve ce trait caract�ristique
qui rappelle cette difficult� dans l'articulation, vaincue par la
constance de l'orateur, la l�vre inf�rieure tr�s-mince, et comme
attach�e aux dents. Plutarque, dans la vie de D�mosth�ne (_l. II, p.
847_) fait mention de deux statues, qu'on voyait � Ath�nes en deux lieux
diff�rens. On lisait au bas de la statue de bronze, cette inscription,
pos�e par les Ath�niens: �Si la valeur de D�mosth�ne e�t �gal� son
�loquence, la Gr�ce ne serait point encore vaincue ni asservie au
Mac�donien. Sa statue, ajoute-t-il, est plac�e pr�s le _Perisch�nasma_
(ou enceinte de cordes) � l'autel des douze Dieux: c'est l'ouvrage de
Polyeucte. Par la suite, et apr�s sa mort, les Ath�niens lui �rig�rent
une statue dans le _Forum_, sous l'archonte Gorgias�. On pourrait croire
que, entre ces deux statues, il existait la m�me diff�rence que l'on
remarque dans nos deux bustes. Dans le premier, D�mosth�ne est calme et
serein, tel sans-doute qu'il parut apr�s avoir pris le poison, ainsi
que le d�crit Lucien, intr�pide et riant. Dans celui-ci, c'est l'orateur
foudroyant, tel que le peint une �pigramme de l'Anthologie (_V. 3._)
d'apr�s une statue de bronze: �Mais il n'�tait point tranquille;
envelopp� dans de grandes pens�es, il roulait dans son esprit de
profonds desseins; tel il s'�levait en fureur contre les Mac�doniens.
Certes, cette image morte semblait lancer de ses l�vres les paroles
ardentes; mais l'art l'en emp�chait, l'art qui l'avait encha�n� dans le
bronze le for�ait � se taire�.
Hauteur, 11 p�.
PLANCHE XV.
(_P. 15, 16 de l'Edition royale_.)
Le nom de _Z�non_ se fait lire sur la base de ce buste; mais
l'inscription ne suffit pas pour d�signer clairement le personnage.
Diog�ne La�rce nomme huit Z�non; d'autres en comptent jusqu'� quinze.
Les plus c�l�bres sont Z�non d'El�e et Z�non de _Cittium_, petite ville
de l'�le de Chypre; le premier dialecticien subtil passe pour fils ou
pour disciple de Parm�nide, et pour ma�tre de P�ricl�s; en parlant de
ce philosophe, Platon dit qu'il �tait de l'�ge d'environ quarante
ans, d'une taille �lev�e, et d'une figure agr�able. Le second, chef et
fondateur de la secte des Sto�ciens, �tait, suivant le portrait qu'en
donne La�rce (_liv. VII_) petit, tr�s-brun, faible, d�licat et maigre,
ayant les jambes grosses, et le cou pench� d'un c�t�; du reste, l'air
sombre, dur et amer. Les Ath�niens, l'honor�rent pour son savoir et
sa probit�; ils lui confiaient la garde des cl�s de la ville; ils lui
d�cern�rent une couronne d'or et une statue de bronze. Ses compatriotes
lui rendirent le m�me honneur, pensant que l'image d'un tel homme �tait
l'ornement de leur cit�; et cette statue, respect�e par Caton, seule, ne
fut point vendue dans la confiscation du royaume de Chypre (_D. La�rce,
VII, 6, Pline, XXXIV, 8._) Z�non de _Cittium_ ne commen�a � s'appliquer
la philosophie qu'� l'�ge de trente ans, il suivit pendant plus de
vingt ans Crat�s, Stilpon et X�nocrate; il est probable qu'il �tait
sexag�naire quand il ouvrit son �cole au portique. Il mourut �g� de 98
ans; d'o� il suit que ses portraits doivent porter l'empreinte d'une
vieillesse tr�s-avanc�e. Il ne para�t point que notre bronze r�ponde �
l'id�e qu'on doit se faire de ces deux personnages; les monumens connus
sous le nom de _Z�non_, n'offrent pas de point de comparaison assez
frappant, pour fixer ici l'incertitude. Trouv� dans la maison d'un
Epicurien, ce buste semblerait �tre celui de l'un des Z�non de cette
secte. L'un des plus illustres philosophes qui lui appartinrent, fut
Z�non le Sidonien, le huiti�me nomm� par La�rce (_VII, 35_) disciple
d'Apollodore; il se distingua par la clart� de ses pens�es et de ses
discours, et laissa beaucoup d'�crits (_id. X, 25_). Cic�ron parle aussi
d'un Z�non qu'il entendait souvent � Ath�nes, �Notre Philon, dit-il,
avait coutume de l'appeler le coryph�e des Epicuriens (_De N. D. I.
21_)�. On sait que l'�cole d'�picure �tait suivie des personnages les
plus distingu�s du si�cle d'Auguste; et les sectateurs se faisaient,
sans-doute, un honneur de poss�der les images de leurs ma�tres.
Hauteur, 6 p�. 3 lig.
PLANCHE XVI.
(_P. 17, 18, t. V de l'Edition royale_.)
Le successeur d'�picure, _Hermarque_, revit dans ce buste pr�cieux; nous
y trouvons non-seulement les traits de cet illustre philosophe, mais
encore son v�ritable nom, qui para�t avoir �t� alt�r� par les auteurs
grecs et latins, qui, en le nommant, ont supprim� la lettre _r_.
L'inscription du bronze fait une autorit� victorieusement confirm�e par
un _Papyrus_ trouv� dans le m�me lieu, et dans lequel on lit le nom
du philosophe �crit de la m�me mani�re. Diog�ne La�rce a conserv� le
testament d'�picure, qui l�gua � son ami son jardin, ses livres et son
�cole.... �A condition, dit-il, qu'ils assigneront (il parle de ses
h�ritiers) le jardin et tout ce qui en d�pend, � Hermaque (on trouve
par-tout le nom ainsi alt�r�), fils d'Agemarque de Mytil�ne, et �
ceux qui, avec lui, s'appliquent la philosophie, et � ceux qu'Hermaque
laissera pour successeurs dans la philosophie, afin qu'ils s'y exercent
� la philosophie...; de plus, qu'Aminomaque et Timocrate (ses
h�ritiers) donneront la maison situ�e � M�lite (quartier d'Ath�nes) pour
habitation, � Hermaque et � ses compagnons dans la philosophie, tant
qu'Hermaque vivra...; qu'ils donneront tous nos livres � Hermaque...;
qu'ils partageront tous les revenus avec Hermaque, afin que tout se
fasse avec le conseil du m�me Hermaque, qui a vieilli avec nous dans la
philosophie, et qui a �t� laiss� par nous pour chef et ma�tre de tous
ceux qui philosophaient avec nous�. Voil�, sans-doute, un bel �loge
de la vie, du savoir et du caract�re de notre Hermarque. La�rce dit
ailleurs (_l. X, 13._): �Il �tait fils d'un p�re pauvre, et, dans le
principe, il s'�tait appliqu� � l'art oratoire. On a de lui ces beaux
ouvrages: vingt-deux lettres d'_Empedocle_, un trait� des _Disciplines_,
un trait� contre Platon, un autre contre Aristote. Il mourut de
paralysie, et fut un homme vra�ment illustre�. Cic�ron (_de Finib. lib.
III, p. 30_) rapporte un lettre �crite Hermarque par �picure, le jour
m�me qu'il mourut; il lui recommanda les fils de M�trodore, en lui
disant: �Comme il est digne de cette affection que tu as con�ue d�s
l'enfance pour moi et pour la philosophie, etc.� Nous aimons � rapporter
toutes ces preuves d'une longue amiti� entre des hommes c�l�bres: une
longue amiti� est l'�loge le plus touchant qui suive leur m�moire.
Hauteur, 7 p�. 8 lignes.
PLANCHE XVII.
(_P. 19, 20, t. V de l'Edition royale._)
La ressemblance parfaite de ce buste qui porte le nom d'_�picure_, avec
l'Herm�s du Capitole, qu'on pouvait regarder comme le seul portrait
connu de ce philosophe, fait une double autorit� en faveur de ces
monumens, et confirme les remarques judicieuses de l'auteur du mus�e
Capitolin. (Voyez _pl. V et XI, et pag. 14, t. I._) Peu de noms sont
aussi fameux dans la philosophie, et il n'est point de secte qui ait eu
d'aussi nombreux partisans dans l'antiquit�. L'indulgence extr�me
des principes de son fondateur, ou, pour mieux dire, l'abus que les
disciples firent des pr�ceptes de leur ma�tre, flatta le go�t de la
volupt�, entra�na plus d'esprits que la sagesse qui les mod�rait, et
appela l'animadversion des hommes s�v�res sur les Epicuriens. Subjugu�
par une indolence naturelle qui, peut-�tre, prenait sa source dans
la faiblesse de son temp�rament, �picure se livra � une philosophie
contemplative. Concevant la b�atitude dans le plus parfait loisir, qui
consiste � n'incommoder ni soi-m�me, ni les autres, il crut indigne de
la majest� divine, de se m�ler des affaires du monde; il abandonna
tout au hasard. Les at�mes form�rent l'univers par des combinaisons
fortuites; les lois du mouvement et le poids intrins�que de la mati�re
qui avait tout form�, suffisaient �galement pour tout gouverner. Du
reste, la vie et les m�urs d'�picure et de ses partisans m�rit�rent des
respects. Cic�ron en fait lui-m�me un bel �loge (_de Finib. II. 25._)
en disant... �et de ce qu'il fut (Epicure) un excellent homme, de ce
que plusieurs �picuriens furent et sont aujourd'hui fid�les en amiti�,
constans dans toute la vie, graves, mod�rant leur conduite, non sur
la volupt�, mais sur le devoir; il me semble y reconna�tre plus de
principes d'honn�tet� que de volupt�. En effet, plusieurs vivent de
mani�re, que leur vie r�fute leurs discours; et comme on estime que les
autres hommes parlent mieux qu'ils n'agissent, ceux-ci me semblent, au
contraire, agir mieux qu'ils ne parlent�. Ce c�l�bre philosophe naquit
� Gargethe (contr�e de l'Attique) l'an III de la 109e. olympiade, et
mourut �g� de soixante-deux ans, la seconde ann�e de la 127e. olympiade.
Ses sectateurs c�l�braient sa f�te au mois de janvier de chaque ann�e,
et faisaient un repas solennel, le 20 de chaque mois, en m�moire de
M�trodore, ami d'�picure, et d'�picure lui-m�me, comme il l'avait
prescrit par son testament.
Hauteur, 7 p.� 8 lig.
PLANCHE XVIII.
(_P. 25, 26, t. V de l'Edition royale_.)
Un marbre du Capitole portant le nom de _M�trodore_, offre assez de
ressemblance avec ce buste, pour lui faire donner le m�me nom. Ce
philosophe, n� � Lampsaque, fut l'ami fid�le d'�picure, et n'en fut
s�par� que par la mort, qui l'enleva sept ans auparavant, � l'�ge de
cinquante-trois ans: �Homme de bien en toutes choses, et qui ne se
laissa point avilir devant l'adversit� ni devant la mort m�me�, il
partagea les respects des Epicuriens avec leur fondateur. �picure le
voulut lui-m�me; et par son testament, apr�s avoir assur� le sort des
enfans de M�trodore, il ordonna que, le 20 de chaque mois, ses
disciples honoreraient la m�moire de son ami avec la sienne; ce qui
fut religieusement observ� tant que dura la secte �picurienne: preuve
touchante d'une amiti� profonde, legs g�n�reux et unique par lequel
un ami rappelle un ami, qui s'�tait �teint avant lui, � une succession
inali�nable, � une portion de cette gloire qui fait le patrimoine
des grands hommes dans la post�rit�. M�trodore aimait, et prit pour
concubine ou pour femme, la courtisanne _L�ontium_, disciple elle-m�me
d'Epicure, c�l�bre par sa beaut�, par l'�l�gance de ses m�urs, par son
esprit, et par ses lettres contre Th�ophraste. Il mourut d'hydropisie,
et s'il para�t ici plus jeune et plus sec que dans le marbre du Capitole
(voyez _Mus. Cap. tom. I. pl. 5._), on peut supposer que notre buste le
repr�sente avant sa maladie.
Trouv� � R�sine, ainsi que les cinq qui pr�c�dent, en 1753.
Hauteur, 6 p�. 10 lignes.
PLANCHE XIX.
(_P. 27, 28, t. V de l'Edition royale_.)
Des t�tes attribu�es � Platon, sur la foi de quelques inscriptions
apocryphes, ont fait regarder comme des portraits de ce philosophe, des
figures � longue barbe, avec les cheveux artistement arrang�s, marques
de mollesse qui paraissent � peine convenir aux plus eff�min�s des
hommes. La m�me erreur a eu son application dans le bronze que nous
avons sous les yeux. M. _Visconti_, dans son explication de la statue
appel�e le _Sardanapale (Mus. Pio-Clem. t. II, pl. 41_), a prouv� que
toutes ces images repr�sentent Bacchus _pogon_ ou barbu. Cette opinion
se fortifie par la comparaison des monumens; c'est ainsi qu'on
retrouve dans le bas-relief, connu auparavant sous le nom du _Festin
de Trimalchion_, le Bacchus Indien, parfaitement semblable au pr�tendu
Sardanapale. D'autres figures antiques cit�es par l'�diteur du mus�e
_Pio-Cl�mentin_, portent ces m�mes signes de mollesse, que les peuples
de l'Orient attribu�rent au Dieu qui les soumit par les plaisirs. M.
d'Hancarville (_t. I, pl. 104_) avait �t� du m�me avis, par rapport au
bronze qui fait le sujet de cette planche, et qui, pour l'excellence de
l'art, comme pour la finesse de l'ex�cution, est l'un des plus parfaits
que les si�cles aient respect�s. L'inclinaison de la t�te est un
attribut divin qui, comme on sait, d�signe les Dieux favorables, se
penchant vers les mortels (_respicientes_). La bandelette qui sert
� retenir plusieurs touffes de cheveux, est un ornement dont on voit
rarement priv�es les t�tes de Bacchus; c'est le diad�me qu'il inventa,
ou, si l'on veut, le _credemnon_, esp�ce de voile qui couvrait
quelquefois toute la t�te, et quelquefois se portait pliss� ou roul� en
forme de turban. On peut voir le rapprochement de plusieurs images du
Bacchus barbu, dans les _Monumens antiques du mus�e Napol�on, publi�s
par F. et P. PIRANESI, fr�res. Paris, 1804, t. II, pl. 3 et suiv._
Trouv� � R�sine, en 1759
Hauteur, 2 P. 1 p�. 6 lig.
PLANCHE XX.
(_P. 29, 30, t. V de l'Edition royale_.)
On ne trouve � faire, dans les monumens connus, aucun rapprochement
assez exact pour d�terminer quel est ce personnage. Le seul rapport
qu'on croyait y saisir �tait avec Architas de Tarente. Cette
d�nomination n'�tait appuy�e que sur l'ajustement de la coiffure,
qui paraissait ressembler � celle d'une t�te que l'on voyait sur une
m�daille attribu�e par Fulvius Ursinus � ce philosophe. Il a �t� prouv�
post�rieurement, que la t�te repr�sent�e sur la m�daille ne pouvait pas
�tre le portrait d'Architas: d'ailleurs, nous observerons, en adoptant
l'opinion de M. _Visconti_, que la coiffure en question, ou cette esp�ce
de turban, ne se voit ordinairement que sur les t�tes d'Esculape. Il a
cru pouvoir en inf�rer que ce buste et le portrait en marbre du Capitole
ayant la m�me coiffure, mais une physionomie bien diff�rente, sont les
portraits de quelques m�decins c�l�bres. Ce bonnet leur a �t� donn�
comme � des personnes oblig�es de marcher malgr� l'intemp�rie des
saisons, et aux heures de la nuit, ayant, d'ailleurs, particuli�rement
soin de leur sant�; par cette m�me raison, Galien a le bonnet sur la
t�te dans un m�daillon de Commode, du cabinet imp�rial.
Hauteur, 1 pied 10 p�.
PLANCHE XXI.
(_P. 31, 32, t. V de l'Edition royale_.)
Le caract�re sombre, farouche et m�prisant de cette t�te, est �-peu-pr�s
la seule autorit� qui puisse la faire attribuer � _H�raclite_; cette
expression, plut�t qu'une ressemblance marqu�e dans les traits, est le
seul rapport que ce bronze ait avec les figures antiques que l'on croit,
et non sans beaucoup d'incertitude, celles de ce personnage. Trouv� dans
les fouilles de R�sine, en 1723, dans un m�me lieu avec le buste de la
planche suivante, qui lui servait de pendant, et qu'on a dit �tre
un _D�mocrite_, on peut encore d�duire de cette opposition quelque
vraisemblance, pour faire de celui-ci un H�raclite. Ce philosophe,
fils de Blison d'Eph�se, florissait vers la 69e olympiade, et mourut
d'hydropisie � l'�ge de 60 ans (_La�rce, X, 1 et 3_). Il affecta
d'�crire avec obscurit�; ce qui lui fit donner le nom de _Scoteinos_,
obscur, auquel Lucr�ce (_I, 640_) fait allusion par ce jeu de mots,
_Clarus ob obscuram linguam_. Son syst�me se r�duisait �tablir le
feu pour principe de tout. La�rce le peint comme un homme altier,
d�daigneux, atrabilaire �portant par-tout des yeux inquiets, pr�t fuir
� la moindre trace des pas humains�; une duret� inflexible semble avoir
fait le fond de son caract�re. Il jugeait tous ses compatriotes dignes
de mort, pour avoir exil� Hermodore, son ami: on sait avec quel m�pris
il rejeta les pri�res des Eph�siens, qui lui demandaient des lois.
Comment concilier une telle misanthropie avec ces sentimens de piti� et
de compassion, partant d'une �me g�n�reuse, qui l'auraient fait pleurer
sur les folies des hommes! On ne doit voir, dans cette opinion, qu'une
m�taphore adopt�e par le vulgaire, dont Lucien et Juv�nal se sont
empar�s, comme d'une arme tranchante du ridicule; qu'une erreur d�j�
re�ue par les peintres du temps de Sidonius Apollinaris, qui rapporte
(_l. IX, p. 9_) qu'on peignait H�raclite les yeux ferm�s, � cause de ses
pleurs continuels. Plutarque regarde ce r�cit comme une fable, et Bayle
en d�montre l'invraisemblance.
Hauteur, 2 pieds 9 lig.
PLANCHE XXII.
(_P. 33, 34, t. V de l'Edition royale._)
Ce buste mis en opposition avec le pr�c�dent, pourrait, comme nous
l'avons annonc�, repr�senter un _D�mocrite_. Les artistes et les po�tes
satyriques ont pris plaisir � opposer un rieur au pleureur atrabilaire.
Suivant Sidonius Apollinaris, d�j� cit�, on peignait D�mocrite les
l�vres ouvertes par le rire. Ce philosophe vra�ment grand, d'un
caract�re gai et plaisant, fut regard� comme un fou par ses
compatriotes, les Abd�ritains, qui cependant l'aimaient beaucoup, et
lui �rig�rent des statues de bronze. On n'en conna�t point d'images
authentiques. La t�te de D�mocrite et celle d'H�raclite �taient des
sujets de caprice, et pour ainsi-dire de convention, pour exprimer une
opposition morale. La�rce rapporte que le philosophe d'Abd�re v�cut cent
neuf ans; il para�t du-moins certain qu'il arriva � un �ge tr�s-avanc�.
Les statues �rig�es en l'honneur des hommes c�l�bres, apr�s leur mort,
portent le caract�re du dernier �ge du personnage. Les artistes se
faisaient un devoir d'une fid�lit� scrupuleuse, et suivaient les
premiers mod�les, ou du-moins la tradition. La jeunesse de notre buste
para�trait donc peu convenir � D�mocrite. D'apr�s cette remarque, on a
cherch� d'autres rapprochemens, et l'on a imagin� que la physionomie
de ce buste pouvait se rapporter � Aristippe: si l'expression de
ga�t� qu'on y remarque ne r�pugne point au caract�re de ce voluptueux
philosophe, on doit consid�rer que les portraits attribu�s � ce dernier
n'ont aucun degr� d'authenticit�; et nous croyons plus sage de demeurer
dans l'incertitude, que d'adopter une opinion erron�e.
Trouv� � R�sine avec les deux pr�c�dens, en 1753.
Hauteur, 2 pieds 1 pouce 10 lig.
PLANCHE XXIII.
(_P. 35, 36, t. V de l'Edition royale_.)
L'extr�me ressemblance de ce buste avec les t�tes antiques, que l'on
croit �tre celles de S�n�que, peut faire reconna�tre ici cet illustre
philosophe. On n'en conna�t point de tr�s-authentiques, et les
Antiquaires n'ont gu�re eu pour comparaison que le portrait dont ils ont
pris les traits dans ses �crits m�me, et dans ceux des auteurs qui en
ont parl�. Cependant on a cit� un m�daillon du genre des _Contorniates_,
qui portait le nom de S�n�que, avec une t�te semblable � celle que
nous examinons. On peut voir les rapprochemens donn�s pour �claircir la
question, dans le mus�e _Capitolin_ (_t. II, p. 6_). On a aussi �lev�
quelques doutes sur les t�tes qui portaient la barbe, en raison de ce
que S�n�que vivait � la cour, dans un temps o� tout le monde se rasait;
cependant la barbe peut se trouver dans les images de S�n�que, comme un
attribut philosophique et, en quelque sorte, conventionnel.
Trouv� � R�sine, en 1754.
Hauteur, 1 pied 4 p.� 9 lignes.
PLANCHE XXIV.
(_P. 37, 38, t. V de l'Edition royale_).
On a cru, sur de faibles conjectures, voir dans ce bronze l'image de la
c�l�bre _Sapho_ de Mytil�ne, �galement renomm�e par l'excellence de ses
po�sies et par ses amours. Si l'on doit, avec quelques auteurs anciens,
reconna�tre une autre Sapho de la ville d'Er�se en l'�le de Lesbos; si
l'on s�pare celle dont les vers de feu ont �t� dict�s par Apollon et par
l'Amour, de celle qui �teignit, dans les flots de Leucade, sa funeste
passion pour Phaon; c'est toujours la premi�re qui doit s'offrir � nos
yeux dans les images attribu�es � Sapho, tel que le bronze que nous
publions. La ville de Mytil�ne voulut attacher sa propre gloire � Sapho,
en en faisant frapper la figure sur sa monnaie: mais la t�te de profil
qui se voit sur quelques rares m�dailles, n'a pas, pour faire preuve,
une ressemblance assez d�cid�e avec les t�tes en sculpture, auxquelles
un ciseau moderne a ajout� le nom de cette femme c�l�bre. Elle
florissait vers la 42e. olympiade. Fille de Scamandronyme, elle demeura
encore jeune, veuve d'Arcolas, homme riche, dont elle eut une fille,
nomm�e Chlid�. Dans un passage conserv� par Stob�e (_Serm. XLIX_)
elle-m�me se dit _vieille_, expression qu'on doit, peut-�tre, regarder
comme m�taphorique, et d�signant qu'elle avait pass� le premier �ge des
amours. On croit qu'elle cessa de vivre vers l'�ge de trente-cinq ans;
elle fut aim�e d'Alc�e, d'Anacr�on, d'Archiloque et d'Hipponacte. Il
n'est rest� de ses po�sies que deux Odes et quelques passages conserv�s
par les Rh�teurs. Il n'est personne qui ne connaisse cette peinture si
vive, si profonde et si vraie des tourmens de l'amour, que Boileau a
fait passer dans notre langue. On peut encore chercher quelque trace
du g�nie de Sapho dans l'H�ro�de d'Ovide (_Epist. XV_): les �rudits la
croient form�e de traits emprunt�s � la Muse Grecque; on l'a dit petite,
tr�s-brune, ayant les yeux �tincelans et l'air m�le. Une �pigramme de
l'Anthologie nous r�concilie avec son visage, dont on a suppos� trop
gratuitement la laideur (_IV, 27, Ep. 19._). �Peintre, la nature m�me
devenue en toi artisan, a fait la Muse de _Mytil�ne_; le feu s'�lance
de ses yeux et d�couvre cette libre pens�e, f�conde en vives images; la
carnation vraie et sans recherche conserve sa simplicit� native; et ce
visage o� la vivacit� se confond avec la gravit�, nous montre une Muse
dans une V�nus�.
Trouv� � R�sine, en 1758.
Hauteur, 1 P. 8 p�. 10 lig.
PLANCHE XXV.
(_P. 39, 40, t. V de l'Edition royale._)
En commen�ant la s�rie des bustes, nous avons expos� les images de
plusieurs personnages illustres dans les lettres et dans la philosophie,
que des inscriptions ou des autorit�s nous ont fait reconna�tre avec
plus de certitude que nous n'en apporterons dans l'explication des
figures qui en forment la suite; celles-ci peuvent g�n�ralement �tre
attribu�es � des personnages recommandables par leurs vertus guerri�res,
par leur rang ou par leur fortune. Le bronze que nous avons sous les
yeux, compar� avec une t�te en marbre noir, expliqu�e par _Fabri_ (n�.
49) peut, comme ce monument, repr�senter Scipion l'Africain l'ancien
(_P. Cornelius_) qui vainquit Annibal, rendit Carthage tributaire; qui,
cit� dans sa vieillesse par les tribuns du peuple, refusa de r�pondre
� une accusation dont la honte retombait sur ses concitoyens, et vint
mourir � _Liternum_, pr�s de Cumes, aujourd'hui _Patria_. Fabri n'a pas
laiss� conna�tre les motifs qui l'avaient d�termin� � croire que la
t�te en question �tait le portrait de ce grand homme. Le seul motif
de l'avoir trouv�e � Liternum, o�, selon le t�moignage de Tite-Live
(_XXXVIII, 56_) on voyait le monument de Scipion avec sa statue, n'avait
pas paru suffisant aux acad�miciens d'Herculanum pour leur faire adopter
cette d�nomination. Ils penchaient, comme a fait depuis Winckelmann, �
reconna�tre dans les deux antiques, l'Emilien, destructeur de Carthage.
M. Carlo Fea, dans ses notes � l'Histoire des Arts de Winckelmann (_t.
II, p. 365, Paris, 1802_) a d�velopp� d'une mani�re judicieuse
toutes les raisons qui peuvent dissiper les doutes; et, d'apr�s ses
discussions, nous ne pouvons nous emp�cher de reconna�tre dans les t�tes
en question, le portrait certain de Scipion l'Africain l'ancien.
Hauteur, 1 pied 9 pouces.
PLANCHE XXVI.
(_P. 41, 42, t. V de l'Edition royale._)
Les traits de ce bronze offrent une grande ressemblance avec les
m�dailles de Sylla et avec quelques autres monumens antiques qu'on
rapporte � ce personnage (_Tesoro. br. tom. II, p. 168.--Fabri, n�.
50.--Morelli, fam. corn. pl. 4, n� 1 et 2.--Mus. rom. sect. II, pl.
56_). Seulement ici on le retrouve plus jeune, diff�rence qui peut
rappeler une �poque ant�rieure au consulat auquel il parvint � l'�ge de
49 ans. Il s'�tait d�j� rendu c�l�bre par la guerre contre les alli�s,
dans laquelle il ruina les m�mes villes o� nous avons trouv� tant
d'objets pr�cieux, Herculanum, Pomp�ia et Stabia. Il avait obtenu la
couronne civique de _gramen_, pour avoir d�fait une nombreuse arm�e
avec la perte d'un seul homme, s'il en faut croire ce trait et plusieurs
autres semblables d'un bonheur extraordinaire. Ce bonheur frappa
tellement ses contemporains, que Sylla en re�ut le nom de _Felix_; et,
certes, on peut regarder comme la preuve d'un bonheur bien rare, que
l'inventeur des proscriptions, celui qui fit p�rir dans les guerres
civiles soixante mille citoyens romains, qui fit massacrer froidement,
dans Rome, sept mille de ses concitoyens supplians et d�sarm�s, v�c�t et
mour�t tranquillement au milieu de tant d'ennemis, apr�s avoir abdiqu�
l'autorit�. �Jamais sa fortune, dit Salluste (_Bell. Jug. p. 129_) ne
fut au-dessus de son habilet�, et on a dout� s'il fut plus fort ou
plus heureux�. On remarque bien dans notre bronze l'expression de cette
audace et de cette pr�sence d'esprit qui rendirent Sylla victorieux
dans toutes ses entreprises, et pour achever de se le figurer, on peut
ajouter � ces traits ce qu'en a dit un ancien: �Ses yeux bleus avaient
quelque chose de farouche, que la couleur de son visage rendait encore
plus terrible; c'�tait une rougeur �pre comme sem�e de blanc, ce
qui donna lieu � ce mot d'un bouffon d'Ath�nes: Sylla est une m�re
saupoudr�e de farine (_Plut. in Syll._)�.
Hauteur, 1 pied 10 pouces 6 lig.
PLANCHE XXVII.
(_P. 43, 44, t. V de l'Edition royale._)
On ne peut donner sur ce bronze qu'une conjecture tr�s-hasard�e, en
s'attachant � une ressemblance �loign�e avec les m�dailles de M. Emilius
L�pidus, l'un des triumvirs (_voyez Vaillant, fam. Rom., t. I, fam. �m.
6.--Morelli, fam. �m. 2. Fabri, n�. 1_). La faveur de C�sar, proclam�
dictateur par L�pide, lorsque celui-ci n'�tait encore que pr�teur, fut
la source de sa fortune. Sans aucun m�rite personnel, il fut deux fois
consul, triompha sans avoir jamais combattu, se trouva � la t�te de plus
de vingt l�gions, incapable de les commander; non-seulement triumvir,
mais arbitre de la fortune de ses deux compagnons, il sut si peu faire
usage de son pouvoir, qu'il fut d�pouill� du commandement par Antoine,
qui s'�tait jet� dans ses bras en suppliant, et r�duit ensuite par
Octave, qui, seul et d�sarm�, entra dans son camp et d�chira ses
drapeaux, � demander qu'il lui laiss�t seulement la vie. C'est bien � ce
personnage qu'on peut appliquer cette �pigramme de l'Anthologie: �Non,
la fortune n'a point voulu t'�lever pour son plaisir, mais seulement
pour montrer qu'elle peut tout, puisqu'elle a pu t'�lever�.
Hauteur, 2 pieds.
PLANCHE XXVIII.
(_P. 45, 46, t. V de l'Edition royale._)
Ce beau bronze offre assez de ressemblance avec la figure tr�s-connue
d'Auguste, pour faire reconna�tre ici cet Empereur (_voyez mus. Cap. t.
II, pl. 2_). Octave, neveu de C. C�sar par sa m�re, prit le nom de
C. C�sar Octavianus, apr�s avoir �t� adopt� par son oncle, et, par la
suite, celui d'Auguste, qui lui fut d�cern� par le s�nat. Le portrait
qu'en donne Su�tone (_Oct. 79_) peut compl�ter l'id�e qu'on s'en forme
d'apr�s les monumens. Ses traits, d'une grande beaut�, avaient encore
une gr�ce que l'�ge n'alt�ra jamais; son visage �tait calme et serein,
soit qu'il parl�t, soit qu'il gard�t le silence; il avait les yeux
clairs et brillans, les dents rares, petites et cari�es, les cheveux
l�g�rement boucl�s et tirant sur le roux, les sourcils r�unis, les
oreilles m�diocres; son nez saillant par le haut, fl�chissait par
le bas. Il avait le teint brun-clair et �tait petit de stature.
L'inscription grecque qu'on lit sur notre bronze (_Apollonius, fils
d'Archias, Ath�nien_, le _fit_) nous offre un nom que plusieurs artistes
ont rendu c�l�bre. Les principaux sont Apollonius de Rhodes, qui fit,
avec Tauriscus, le groupe fameux, dit vulgairement le taureau Farn�se;
l'Ath�nien, auteur du torse du Belveder, mais fils de Nestor et non
d'Archias; et un autre Apollonius, dont on lit le nom sur une gemme du
mus�e Farn�se (_Stosch. Pierres gr. pl. 12_) repr�sentant une Diane.
Si le n�tre n'est pas le m�me que ce dernier, il m�rite au-moins, au
jugement des connaisseurs, de prendre place dans cette liste honorable.
On peut remarquer que l'artiste s'est exprim� dans l'inscription au
temps parfait _fit_, et non _faisait_, ainsi qu'on le voit le plus
souvent; on a regard� cette locution comme une preuve de confiance que
d'habiles artistes se permettaient rarement, comme s'ils n'osaient point
croire leurs ouvrages parfaits ou finis; cependant elle n'est pas si
rare qu'on a paru le croire d'apr�s Pline, qui n'en reconnaissait que
trois exemples, et il serait facile d'en citer un assez grand nombre.
Hauteur, 1 pied 11 pouces 4 lig.
PLANCHE XXIX.
(_P. 47, 48, t. V de l'Edition royale._)
Ce buste, trouv� avec le pr�c�dent dans les fouilles de Portici, en
1753, semble lui servir de pendant; et si, dans le premier, on reconna�t
Auguste, on peut voir dans celui-ci son �pouse Livie. Parmi les
m�dailles assez rares qui portent le nom de cette princesse (_Patin, �
Suet. cap. 63, XI, n�. 4. Vaillant, num. col. t. I, p. 77_). Plusieurs
offrent un rapport assez exact avec les traits et la coiffure de cette
figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse qui brille dans les
deux t�tes, nous offrirait ce couple illustre � l'�poque de son union.
_Livie Drusilla_, fille de Livius Drusus Claudianus, �pousa, � peine
sortie de l'enfance, Tib�re N�ron, dont elle eut Tib�re, qui fut ensuite
empereur. Son premier fils avait trois ans, et elle �tait enceinte de
son second fils Drusus, quand son mari fut oblig� de la c�der � Auguste,
avec lequel elle avait d�j� une intrigue amoureuse. L'oracle consult�
sur ce mariage, si nous devions nous en rapporter � Prudence, po�te
chr�tien du 5.e si�cle, ne contraria point la supr�me puissance, et fit
cette r�ponse adroite qui renferme autant de sel que de complaisance:
�Que les torches de l'hym�n�e ne pouvaient jamais s'allumer plus �
propos que lorsque la nouvelle �pouse apportait dans l'union conjugale,
des marques de sa f�condit�. En conciliant les opinions diff�rentes des
�crivains, on trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans quand elle
passa dans les bras d'Auguste, qui en avait alors vingt-cinq; l'�ge des
personnages dans les deux bronzes, se rapporte assez � cette remarque.
D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille d'Auguste et de
Scribonia, souvent confondue dans les m�dailles avec sa belle-m�re;
mais en laissant des conjectures qui peuvent toujours �tre combattues,
peut-�tre devrait-on plut�t reconna�tre dans ces bustes en forme
d'Herm�s, quelques divinit�s, �-moins que l'on ne se pl�t � consid�rer
cette forme m�me, comme un signe d'adulation, comme l'indice de
l'apoth�ose.
Hauteur, 1 P. 4 p�. 4 lignes.
PLANCHE XXX.
(_P. 49, 50, t. V de l'Edition royale._)
Sans recourir � des conjectures recherch�es, on pourrait reconna�tre
dans ce bronze une t�te de Mercure; les cheveux cr�pus, l'inclinaison de
la t�te; le rapport facile � saisir entre ses traits et ceux du Mercure
pr�c�demment d�nomm� l'_Antin_, favoriseraient cette explication. On
a vu dans la s�v�rit� de cette figure, une expression m�lancolique
qui convenait au portrait moral de ce neveu ch�ri d'Auguste, son fils
adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune � laquelle il �tait
destin�, moissonn� dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple
romain: �_Marcellus_ adolescent, dit S�n�que, d'un esprit vif, d'un
g�nie puissant, d'une frugalit� et d'une retenue bien admirables dans
son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, �loign� des
volupt�s, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait
impos�, et pour parler ainsi, tout l'�difice de la grandeur qu'Auguste
eut voulu fonder sur lui (_Sen. ad Marc. 2_). Il tomba, et sa vingti�me
ann�e s'arr�ta devant lui (_Prop. III, E. XII, 35_). Jeune homme
distingu� par sa beaut� et ses armes brillantes; mais le front peu
joyeux et le visage abattu (_Virg. �n. VI, 863_)�. Si rien ici ne
r�pugne � ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant
avec notre bronze un grand degr� de ressemblance, ont m�rit� la m�me
application (_Fabri, n�. 87.--Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n� 5.--Mus.
Cap. t. II, tav. IV, etc._); nous devons dire aussi qu'aucune autorit�
suffisante ne l'a confirm�e, et nous ne rapportons cette opinion que
parce que la m�moire se repose agr�ablement sur un prince regrett� de
son si�cle, et dont la conservation eut peut-�tre sauv� le peuple romain
de l'oppression et de l'avilissement o� il tomba sous ses ma�tres apr�s
Auguste.
Hauteur, 1 pied 7 p�.
PLANCHE XXXI.
(_P. 51, 52, t. V de l'Edition royale._)
On a trouv�, dans ce buste, quelques traits de ressemblance avec le
buste de _Ca�us C�sar_, fils a�n� de M. Agrippa, et de Julie, fille
d'Auguste. Ces rapprochemens incertains c�dent � un examen plus exact
qui nous fait reconna�tre la figure de _Drusus_, fils unique de Tib�re.
Les traits de ce jeune prince sont bien assur�s par les m�dailles
romaines qui pr�sentent sa t�te de profil, et ils se rapportent d'une
mani�re �vidente � ceux repr�sent�s par notre bronze. N� violent et
cruel, il a pu, dans le cours d'une vie peu glorieuse, abr�g�e par le
poison, �tre jug� plus digne de son p�re que de son rang. Il s'exposa au
m�pris du peuple, en prostituant sa dignit� dans les danses publiques,
dans les spectacles et dans la d�bauche. Indign� de l'�l�vation
monstrueuse de S�jan, il sut trop peu le m�nager, et, s'�tant emport�
jusqu'� le frapper, il augmenta, par la soif de la vengeance, la fureur
du ministre, d�j� irrit� de rencontrer un tel obstacle � son ambition.
S�jan s'associa dans son crime, l'�pouse adult�re du prince, et Drusus
mourut empoisonn�. Tib�re crut long-temps, ou parut croire que la mort
de son fils avait �t� caus�e par ses exc�s; et telle �tait l'opinion
qu'on avait de cette cour inf�me, que l'on soup�onna l'empereur
d'avoir eu part � un crime si odieux; et si, par la suite, ce soup�on
s'�vanouit, ce fut moins par l'horreur qu'il devait inspirer, que par la
connaissance de la v�rit�, qui �clata par l'aveu de la femme r�pudi�e
de S�jan. Tib�re d�ploya alors une s�v�rit� qui ne parut en lui qu'un
pr�texte de cruaut�. Il voulut cependant �pargner Livie, mais en vain;
Antonia, la m�re de la perfide adult�re, la fit mourir de faim.
Hauteur, 2 pieds.
PLANCHE XXXII.
(_P. 53, 54, t. V de l'Edition royale._)
COMME on avait pench� � voir dans le bronze pr�c�dent la figure de Ca�us
C�sar, on s'attachait � saisir dans celui-ci les traits de ressemblance
qu'il pouvait offrir avec les m�dailles de Lucius C�sar, son fr�re pu�n�
(_Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill. Morelli_). Ce dernier, mort
� Marseille � l'�ge de 18 ans, partagea avec son fr�re, qui ne lui
surv�cut que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets si vifs,
qu'Auguste ne put s'emp�cher de les t�moigner dans son testament, en
instituant Tib�re son successeur, bien qu'il appelle ce dernier moiti�
de lui-m�me. C'est � cette affection, plut�t qu'au m�rite des deux
fr�res, qu'on doit attribuer cette marque insigne d'adulation que
leur donna la colonie de N�mes, en leur d�diant le beau monument,
vulgairement nomm� la _Maison quarr�e_, qu'on admire encore de nos
jours dans cette m�me ville. On peut voir � ce sujet les savantes
dissertations publi�es par M. Legrand dans la magnifique �dition des
Antiquit�s de la France, sur les dessins de M. Cl�risseau, page 64
(_Paris, Didot a�n�_, 1804).
En montrant un Drusus � la place de Ca�us, nous avons, en partie,
d�truit l'analogie qui militait en faveur du pr�sent bronze. L'autorit�
tir�e des m�dailles est, comme on le voit, tr�s-difficile � appliquer
aux monumens que le d�faut d'inscriptions rend incertains. Sans ce
secours, les m�dailles m�mes exigent une critique tr�s-s�v�re et
tr�s-approfondie. La diversit� des artistes, la diff�rence de leur
habilet�, l'�ge successif des personnages repr�sent�s, concourent �
multiplier les difficult�s, et � augmenter l'incertitude. Au-lieu d'un
personnage romain, M. Visconti ne serait pas �loign� de reconna�tre dans
cette antique une t�te d'Hercule jeune.
Hauteur, 1 P. 8 p�. 3 lignes.
PLANCHE XXXIII.
(_P. 55, 56, t. V de l'Edition royale._)
Si l'induction qu'on a tir�e de la comparaison avec plusieurs m�dailles,
rencontre juste (_Haym. t. I, p. 240.--S�guin, Sel. num. p. 319 et
autres_), ce buste pourrait �tre celui de la premi�re Agrippine, dite
_majeure_, pour la distinguer de celles qui l'ont suivie, d'Agrippine,
fille de M. Agrippa, et de Julie, �pouse de Germanicus, femme d'un
courage et d'une habilet� sup�rieurs � son sexe: ayant ensemble les
vertus d'un grand homme et celles d'une honn�te femme, on la vit
remplir, contre les Germains, la charge d'un bon capitaine, et sauver
l'arm�e; d'une chastet� imp�n�trable suivant l'expression de Tacite, son
�pre fermet� servit de sauve-garde � sa famille, et la d�fendit contre
S�jan. Exil�e par Tib�re dans l'�le Pandataire, elle donna, en se
laissant p�rir de faim, une derni�re preuve de cette rare constance qui
fit le fonds de son caract�re. M�re trop f�conde cependant, et digne
d'une meilleure post�rit�, elle compta parmi ses enfans le farouche
Caligula et trois filles incestueuses, dont l'une fut cette inf�me
Agrippine, m�re de N�ron. Notre bronze offre encore une ressemblance peu
l�g�re avec l'image de cette derni�re, bien connue par les m�dailles, et
encore quelque rapport avec le buste suivant de Caligula, circonstances
qui viennent � l'appui de notre conjecture.
Hauteur, 7 p�.
PLANCHE XXXIV.
(_P. 57, 58, t. V de l'Edition royale._)
Nous avons, dans l'explication pr�c�dente, annonc� ce buste comme
celui de C. Caligula. Cette d�nomination est �galement confirm�e par
la comparaison des m�dailles et par le portrait que les historiens ont
laiss� de cet empereur, portrait qui s'applique parfaitement au bronze
que nous avons sous les yeux. Tout l'ext�rieur de Caligula r�pondait �
la cruaut� brutale et farouche de son �me.
�Il �tait d'une taille �lev�e et disproportionn�e, ayant le corps
�norme, le cou et les jambes extr�mement minces, les tempes enfonc�es,
les yeux creux et fixes, le front large et irr�gulier, les cheveux
rares, et manquant sur le sommet de la t�te; ajoutez qu'il affectait de
rendre atroce une physionomie que la nature n'avait d�j� rendu que trop
affreuse (_Suet. Calig._ 50); en un mot, son seul aspect �tait le plus
horrible des tourmens (_Sen. de ir�, III_, 18)�. Ce monstre, dont aucun
autre n'�gale l'insolence et la brutalit�, qui osa prononcer l'horrible
v�u que le peuple romain n'e�t qu'une seule t�te pour la trancher d'un
seul coup, termina sa vie sous les poignards d'une conjuration � l'�ge
de 28 ans. �lev� dans les camps, Ca�us avait re�u le nom de Caligula de
celui d'une chaussure, esp�ce de brodequin, qu'il affectait de porter
pour plaire � la soldatesque.
Hauteur, 1 pied 2 pouces.
PLANCHE XXXV.
_(P. 59, 60, t. V de l'�dition royale._)
La noblesse �gyptienne portait les cheveux boucl�s, comme on le voit
ici, jusqu'� l'�ge de pubert�: mais par une fausse application du
costume et d'autres remarques, on a attribu� des t�tes semblables �
Ptolom�e Apion, roi de Cyr�ne; cette d�nomination s'est trouv�e d�nu�e
de fondement, et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en prenant
pour terme de comparaison les m�dailles connues de la premi�re B�r�nice,
dite la grande, qui, femme d'un obscur Mac�donien, devint celle du
premier Ptolom�e, surnomm� Soter. Ne laissant rien � la fortune des
faveurs qu'elle put obtenir, elle fixa la couronne sur la t�te de son
fils Ptolom�e Philadelphe, que le roi, par complaisance pour elle, au
m�pris des enfans qu'il avait eus de ses trois premi�res femmes, pla�a
lui-m�me sur son tr�ne; ce grand prince en descendit apr�s un r�gne
glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il �tait plus beau d'�tre p�re
d'un roi, que roi lui-m�me. Les m�dailles de B�r�nice acqui�rent toute
l'authenticit� possible par l'effigie de Ptolom�e Soter qu'on voit au
revers (_Mus�e du baron Ronchi_); et en remarquant le rapport qu'elles
ont avec notre bronze, nous ajouterons encore que la physionomie de
cette figure a une expression douce et d�licate, qui ne d�c�le rien
de viril, et qui para�t appartenir � la c�l�bre reine, avec plus de
vraisemblance qu' Ptolom�e Appion.
Hauteur, 1 P. 8 p�. 6 lig.
PLANCHE XXXVI.
(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)
Le rapport qu'on avait cherch� entre cette belle t�te et celle de
Ptolom�e Philadelphe, se trouve d�nu� de fondement. Les m�dailles de ce
prince offrent un portrait tout diff�rent: on se rangera donc avec plus
de raison, du sentiment de ceux des acad�miciens d'Herculanum qui ont
cru cette figure celle d'un athl�te couronn�, ou de l'opinion de M.
_Visconti_, qui a d�montr� le rapport �vident qu'elle offre avec les
t�tes d'Hercule jeune, et particuli�rement avec un herm�racle � deux
faces, du mus�e Pio-Cl�mentin (_tome 6, p. 22_). Cette double t�te
est ceinte d'une couronne _tortill�e_, d'o� sortent, de distance en
distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des
feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Herm�s en question devient
encore pour nous d'une grande autorit�, en ce qu'il �tait plac� dans
un lieu o� la jeunesse grecque, apr�s les exercices de la palestre, se
ceignait la t�te de cette esp�ce de couronne qu'on doit reconna�tre
pour un ornement athl�tique. Si quelque chose rend ici son esp�ce moins
douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui para�t �tre celui que
Pline nomme _laurier Delphique_: �Plus vert, � grosses baies rouges,
dont on couronnait � Delphes les vainqueurs, et � Rome les triomphateurs
(_XV, 30_)�. Ceci pourrait encore servir � confirmer la remarque que
nous avons faite au sujet des pommes (_mela_) dont parle l'�pigramme de
l'Anthologie, rapport�e dans cet ouvrage (_tome III, 56_). Ces pommes,
ainsi dites par une d�nomination g�n�rale, ne sont autre chose que les
baies du laurier Delphique. Les couronnes athl�tiques, diff�rentes des
couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans
pendants (_lemniscat�_), sont quelquefois dites _roul�es_; alors on peut
les regarder comme plus semblables � celle d'une autre t�te d'Hercule
(_mus. Pio-Clem. � l'endroit cit�_) o� l'on remarque, de distance
en distance, des n�uds en forme de fleurs, tir�s des bandelettes qui
composent la couronne. Ce sont ces m�mes n�uds qui, selon l'explication
qu'en donne Pascalio (_de Coronis, l. III, c. 12_) paraissent d�sign�s
par l'expression de _tori_, dont s'est servi Ciceron (_Orat. �. 6._)
Hauteur, 1 P. 11 p�. 2 lignes.
PLANCHE XXXVII.
(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._)
On s'est attach� � saisir quelque ressemblance entre ce beau bronze et
la t�te qu'on voit avec le nom de B�r�nice sur une m�daille publi�e
dans l'�dition royale. Plusieurs reines ont illustr� ce nom; celle de
la m�daille serait la seconde B�r�nice, femme de Ptolom�e Everg�te,
princesse vertueuse et guerri�re, celle qui, au retour du roi
victorieux, se coupa les cheveux et les d�posa, en accomplissement d'un
v�u, dans le temple d'Arsino�; peu de temps apr�s la chevelure disparut,
et l'astronome Conon publia que la chevelure de B�r�nice avait �t�
transport�e au ciel, o� elle formait une constellation de sept �toiles,
situ�es en triangle pr�s la queue du lion, flatterie ing�nieuse qui
attacha un souvenir immortel au sacrifice de la vanit� d'une bonne
�pouse, et le rendit plus s�rement c�l�bre que des faits �clatans
confi�s � des monumens p�rissables. Si l'on reconna�t ici B�r�nice, il
faut supposer que la reine prit soin de l'ornement dont elle avait su
faire un si beau sacrifice, et qu'elle a recouvr� sa parure; les tresses
relev�es d'une mani�re �l�gante viennent former sur la t�te une esp�ce
de diad�me. La figure a une espression virginale et s�v�re: et si l'on
remarque avec nous qu'elle est d'une beaut� id�ale, on ne sera pas
�loign�, peut-�tre, de voir dans ce bronze une image de Diane.
Hauteur, 2 pieds 4 lignes.
PLANCHE XXXVIII.
(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._)
Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir � la race des
Ptolom�e; mais les caract�res n'en sont pas toujours assez frappans
pour r�unir, dans leur d�nomination, le sentiment des antiquaires. Les
acad�miciens d'Herculanum se contentent d'indiquer un l�ger rapport
des m�dailles avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolom�e. Ce prince,
distingu� par des vertus �minentes, est connu sous le nom de Philom�tor
(_ami de sa m�re_), qu'il prit en reconnaissance des soins prudens
et g�n�reux avec lesquels Cl�op�tre administra le royaume pendant sa
minorit�. M. Visconti reconna�t dans ce buste le portrait de Ptolom�e
Ier, fils de Lagus, l'un des g�n�raux d'Alexandre-le-Grand, fondateur
de la dynastie des Lagides, et du royaume grec d'�gypte, si nous pouvons
nous servir de cette expression pour exprimer la r�volution qui se fit
dans les m�urs et dans le gouvernement de ce peuple, apr�s la conqu�te
des Grecs. Chacun des Ptolom�e se trouve particuli�rement d�sign� par un
surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de Soter ou de Sauveur, qui
lui fut d�cern� avec des honneurs divins, par la reconnaissance
des Rhodiens, dont il conserva la libert� contre les entreprises de
D�m�trius. Son premier nom, moins fastueux, n'en est pas moins c�l�bre;
il l'honora lui-m�me en l'imprimant � sa race; peu sensible au reproche
qu'un grammairien osa lui adresser sur l'obscurit� ou le myst�re de sa
naissance, il sentit, sans-doute, que le nom du plus grand capitaine
qui servit sous Alexandre, �tait assez illustre. Il donnait � ce nom un
nouvel �clat par la splendeur de la puissance, par la gloire immortelle
qui r�sulte de la protection des lettres et des arts, et par cette
v�ritable grandeur qui na�t de la mod�ration: en effet, le fils de Lagus
eut la plus belle part dans l'h�ritage du conqu�rant de l'Asie, fonda la
biblioth�que d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son tr�ne
l'un de ses fils, en disant qu'il �tait plus beau d'�tre p�re de roi,
que roi soi-m�me.
Hauteur, 2 P. 7 p�.
PLANCHE XXXIX.
(_P. 67, 68, t. V de l'Edition royale._)
On a cru voir, dans ce buste, Ptolom�e Lathyre, fils de Ptolom�e
Physcon, le VIIIe de sa race. Ce surnom de Lathyre, celui que, parmi
plusieurs autres, les historiens emploient le plus g�n�ralement, para�t,
par sa signification grecque (_pois-chiche_) tirer son application d'un
signe qu'avait ce prince au visage, comme on vit appeler � Rome, pour
une cause pareille, les anc�tres de M. Tullius, du nom de Cic�ron. Ce
prince guerrier passa presque tout son r�gne � d�fendre sa couronne,
et principalement contre son fr�re pu�n�, Ptolom�e Alexandre, qu'au
pr�judice de ses droits, Cl�op�tre avait investi de la puissance royale.
M. Visconti trouve, dans la comparaison des m�dailles, une autorit� plus
forte en faveur du portrait d'Antiochus Th�os _(Dieu)_, roi de Syrie,
fils d'Antiochus, Ier Soter, et p�re de S�leucus II. Le nom de Th�os
fut d�cern� � ce prince par les Mil�siens, qu'il avait d�livr�s de
leur tyran Timarque. Antiochus II ne couvrit point, par sa gloire
personnelle, cet exc�s de l'adulation; malheureux dans ses guerres, il
se vit d�pouiller, par la r�volte des Parthes, de toutes les provinces
qu'il poss�dait au-del� de l'Euphrate. Cette �poque m�morable est celle
de l'�tablissement de l'empire des Parthes, fond� par Arsace, et
qui devint si redoutable � tout l'Orient, et aux Romains m�me. Les
historiens placent cette �poque trois ans avant la 133e olympiade,
environ trois cents ans avant J�sus-Christ.
Hauteur, 2 pieds 1 p�.
PLANCHE XL.
(_P. 69, 70, t. V de l'Edition royale._)
On reconna�t dans ce bronze, avec quelque vraisemblance, le portrait de
Ptolom�e Alexandre, fr�re de Lathyre. Ce prince n'eut de roi que le
nom, tandis que sa m�re Cl�op�tre, qui le mit sur le tr�ne pour r�gner
elle-m�me, en eut toute l'autorit�. Cette Cl�op�tre figure parmi les
illustres criminels de l'ambition: apr�s avoir, par un artifice atroce,
attir� la ha�ne du peuple d'Alexandrie sur son fils Lathyre, qu'elle
fit expulser, elle osa conspirer contre la vie d'Alexandre, qu'elle
soutenait � sa place. Victime elle-m�me d'un crime aussi affreux, elle
p�rit assassin�e par les ordres de ce m�me fils. Le parricide fut chass�
du tr�ne o� remonta son fr�re, et il p�rit en combattant pour s'emparer
du royaume de Cypre, vacant par le retour de Lathyre.
Hauteur, 2 P. 4 lignes.
PLANCHE XLI.
(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)
Ce buste, tout-�-fait inconnu, n'a de remarquable que la coiffure. Les
cheveux, qui paraissent naturellement cr�pus, sont dispos�s en anneaux
sur le front et sur les tempes; ils sont assuj�tis sur le sommet de la
t�te qui reste lisse, par deux longues tresses partant des oreilles, et
formant un double tour. Ce costume et les traits de la figure, annoncent
un habitant de l'ancienne Mauritanie. Strabon parle du soin extr�me
que prenaient ces peuples, de l'arrangement de leurs cheveux. On a
fait cette remarque � l'�gard d'une t�te du roi Juba; et, quoiqu'on
ait observ� que les peuples de l'Asie, les Grecs, les Toscans, et des
Romains m�me, avaient l'usage de boucler leurs cheveux, le caract�re de
notre buste ne peut �tre attribu� qu'� un Maure ou � un Ethiopien.
Hauteur, 1 P. 8 p.�
PLANCHE XLII.
(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._)
Le personnage que peut repr�senter ce buste est inconnu. Ses cheveux
longs et boucl�s naturellement, peuvent seuls lui assigner un caract�re.
On sait que les jeunes Grecs conservaient leur chevelure jusqu'� l'�ge
de pubert�. A cet �ge, on la coupait pour l'offrir � Hercule, � Apollon
ou � quelque fleuve. Les enfans la conservaient aussi chez les Romains;
de-l� on les appelait _Capillati_ ou _Comati_. Il para�t que la famille
des Cincinnatus conservait particuli�rement cette parure, comme une
devise qui rappelait son premier auteur et l'origine de son nom. Su�tone
accuse Caligula d'avoir enlev� cette distinction � un Cincinnatus. La
chevelure longue �tait particuli�rement consid�r�e comme une marque
de molesse qui distinguait les mignons et les jeunes gens adonn�s aux
plaisirs. Anacr�on, Horace, P�trone, tous les po�tes voluptueux vantent
les cheveux longs de leurs favoris. C'est ainsi que sont peints
les jeunes gens c�l�bres par leurs amours dans la fable, Hyacinthe,
Ganym�de, Nir�e, Achille et Th�s�e; Th�s�e qui, voulant, selon l'usage,
consacrer sa chevelure dans le temple d'Apollon Delphes, se la fit
seulement couper sur le front. La t�te de notre bronze n'a rien dans les
traits qui convienne � l'un de ces personnages renomm�s par leur beaut�;
on peut penser, avec quelque vraisemblance, qu'elle repr�sente un
mignon, ou un jeune homme qui n'avait point encore quitt� les bancs de
l'�cole.
Hauteur, 1 pied 6 p.�
PLANCHE XLIII.
(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._)
Cette t�te, d'un grand caract�re, n'est donn�e � aucun personnage connu.
Trouv�e avec celle de Sylla, on pourrait pr�sumer qu'elle est celle
de quelque chef de la ligue italienne dans la guerre des alli�s, o�
le capitaine Romain s'illustra. L'esp�ce de casque dont la t�te est
couverte, n'est point sans exemple dans les monumens, quoique assez
rare. Hom�re peint Diom�de partant pour espionner dans le camp ennemi,
avec un casque rase, sans aucun ornement; il nomme ce casque _Cataityx_;
on a cru que l'armure ainsi d�sign�e se rapportait beaucoup � celle dite
_Cassis_, en usage chez les Etrusques et les Romains. Plutarque rapporte
que Camille fit faire � ses soldats des casques de fer lisses, afin
que l'�p�e de l'ennemi gliss�t dessus, et par�t la force du coup.
On retrouve l'usage de cette armure dans des temps plus rapproch�s,
puisqu'on la remarque dans des figures de la colonne Trajane (_Fabretti,
col. tr. p. 213_).
Hauteur, 2 P. 6 p�.
PLANCHE XLIV.
Nous terminerons ce volume en rassemblant dans quatre planches divers
petits bronzes repr�sentant des animaux et des masques, et dont les
figures servent de vignettes et de culs-de-lampe � l'�dition royale. La
na�vet� qui r�gne dans ces petits sujets, et souvent la perfection avec
laquelle ils sont trait�s, prouvent combien le go�t des anciens savait
se plier � tous les genres.
FIG. I (_Pr�f. pag. 3, 273 de l'Edition royale._)
Sphinx grec. Cette esp�ce de Sphinx se distingue par les a�les et par
les mamelles; le Sphinx �gyptien �tait sans a�les: des Sphinx comme
celui-ci se trouvent souvent dans les monumens grecs, o� ils sont un
attribut de Bacchus. Une pareille figure �tait l'embl�me de l'�le de
Chio, et para�t constamment sur les monnaies de cette �le.
FIG. II (_pag. 71, 278, t. V de l'Edition royale._)
Truie votive avec une inscription. La truie fut la premi�re victime
qu'on offrit dans les sacrifices. On l'immolait dans les trait�s de
paix, dans les noces, et g�n�ralement dans les lustrations et les
expiations. Chez les Romains, on sacrifiait une truie pleine � Hercule
et � C�r�s avant le douzi�me jour des kalendes de janvier (_Macr. Sat.
III, 2_). Parmi les conjectures nombreuses donn�es pour l'explication de
l'inscription, voici celle qui para�t la plus simple:
HER_culi_ VOE_sius_ M_arci_ L_ibertus._
A Hercule, V�sius affranchi de Marcus.
On sait que les affranchis joignaient � leur nom propre le nom de leur
patron, et que souvent ils prenaient ce nom seul. On en peut voir des
exemples dans _Muratori_ et dans _Gruter_; ce dernier fait mention de la
famille _V�sia_ (P. CCCLXXIX, 12).
FIG, III (_ibid. pag. 4, 273_).
Chameau avec un double panier; c'est ce qu'on appelait proprement
_Clitell�_.
FIG. IV (_ibid. pag. 95, 279_).
Biche d'un excellent travail.
PLANCHE XLV.
Fig. I (_pag. 25, 274, t. V de l'�dition royale._)
UN Amour assis sur le n�ud que forment les queues de deux chevaux
marins; dans les jambes de ceux-ci on remarque deux dauphins. Ce joli
groupe, d'une excellente ex�cution, semble offrir l'all�gorie de la
puissance de l'Amour sur la terre et sur la mer. C'est dans ce sens
qu'une �pigramme de l'Anthologie le peint tenant une fleur d'une main et
de l'autre un Dauphin.
�Cet Amour nu, pourquoi rit-il? pourquoi est-il tranquille? pourquoi
n'a-t-il pas son carquois et ses fl�ches de feu? Ce n'est pas en vain
qu'il tient dans sa main un Dauphin et une fleur: dans celle-ci, il
tient la terre, et dans l'autre, la mer�.
Fig. II (_ibid. pag. 57, 77. _)
Deux Mascarons, t�tes de tigres. On en conserve au mus�e de Portici onze
autres semblables; ils furent trouv�s tous ensemble dans les fouilles de
R�sine en 1759; ils �taient dispos�s autour d'un grand r�servoir d'eau,
ou vivier en quarr� long, tout doubl� en lames de plomb. A la gueule de
chaque t�te, correspondait un tuyau en plomb pour servir � la d�charge
du r�servoir. Ces sortes de Mascarons, employ�s pour l'�coulement des
eaux dans les fontaines ou dans les vasques, prenaient leurs noms des
diverses figures qu'on leur donnait; de-l�, ces noms de _Sylvains_, de
_Marsyas_, d'_Atlas_, de _Chiron_ et de _Canthare_, pris de la forme
d'un vase, qu'on lit dans plusieurs auteurs. Vitruve dit que l'extr�mit�
des tuiles, servant � l'�coulement des eaux sur les to�ts, �tait en
forme de t�tes de lion ou d'autres animaux; et, en effet, on a trouv�
une grande quantit� de ces sortes de tuiles au temple d'Isis � Pomp�ia.
Tout le monde sait que l'usage ing�nieux de ces figures, quoique moins
g�n�ral, n'a pas �t� n�glig� par l'architecture moderne.
PLANCHE XLVI.
Fig. I (_pag. 42, 43, t. V de l'�dition royale._)
MASQUE bachique, clairement d�sign� par les attributs du Dieu des
vendanges, le diad�me, le lierre avec ses corymbes, la jeunesse et la
ga�t� de la figure.
Fig. II (_ibid. pag. 47, 277._)
Autre masque bachique. Le diad�me et les corymbes, la figure m�me,
appartiennent clairement � un sujet Dionysiaque; mais les feuilles
longues qui percent � travers les cheveux sont un attribut moins connu,
�-moins qu'on ne veuille y reconna�tre quelqu'esp�ce de lierre. Nous
pourrions encore faire remarquer que le myrte, le laurier, la palme, et
en g�n�ral toutes les plantes et les fleurs, convenaient � Bacchus, l'un
des grands symboles de la f�condit� de la nature.
Il est probable que ces deux masques repr�sentent _Acratus_, g�nie
Dionysiaque, plut�t que la divinit� principale des orgies.
Fig. III (_ibid. pag. 43, 277._)
Masque de Sil�ne ou de Satyre. Les oreilles along�es qui semblent tenir
de la nature de la ch�vre, appartiennent �galement � ces deux esp�ces de
suivans de Bacchus. Nous avons fait remarquer, dans ce m�me volume (n�.
_VIII_) et ailleurs, les signes qui les caract�risent.
Fig. IV (_ibid. pag. 51, 277._)
Autre masque de Sil�ne.
PLANCHE XLVII.
Fig. I (_pag. 27, 275, t. V de l'Edition royale._)
T�te de lion avec un anneau mobile dans la gueule. Cette pi�ce, trouv�e
� Portici, �tait fix�e dans une planche, et para�t avoir, suivant
l'usage moderne, servi de poign�e � une porte ou � un tiroir.
Fig. II (_ibid. pag. 51 et 277._)
Masque tragique d'un tr�s-beau caract�re.
Fig. IV (_ibid. pag. 63, 278_).
Un victimaire avec un sanglier. Cet animal est bien caract�ris� par le
poil h�riss� qui borde l'�pine du dos, et par les d�fenses. La large
bande dont il est ceint est la parure du sacrifice. On d�signait par ce
nom de victimaire les servans du sacerdoce, qui conduisaient et tuaient
les victimes; ils �taient nomm�s encore plus particuli�rement _pop�_. On
les retrouve dans la colonne Trajane parfaitement semblables au n�tre,
nus jusqu'� la ceinture, avec une esp�ce de tablier, proprement dit
_limus_. Ce bronze est tr�s-curieux en ce qu'il repr�sente un sanglier
doux et priv�. Il n'est point difficile, dit Varron (_de Re. R. III,
13_) de les apprivoiser et de les engraisser en les tenant dans une
garenne. On immolait le sanglier � Jupiter quand on faisait devant lui
un serment solennel; c'est le sacrifice que fit Agamemnon en jurant
qu'il n'avait point touch� � Bris�is; c'est celui qui �tait en usage
pour le serment des juges aux jeux olympiques. On sacrifiait aussi
le sanglier � Hercule, comme on le voit dans un monument publi� par
Muratori (_LXII, 9_). La couronne que porte le victimaire pourrait
servir � faire conna�tre la divinit� � qui est offert le sacrifice,
si cette couronne �tait plus distincte; on sait que les couronnes
des sacrificateurs se faisaient avec les feuillages ou les plantes
consacr�es � la divinit� qu'on c�l�brait; mais le bronze ne laisse pas
distinguer � quel arbre appartiennent les feuilles.
PLANCHE XLVIII.
Fig. I (_pag. 89, 279, t. V de l'Edition royale._)
Deux t�tes de chevaux d'un beau travail, garnies de leurs harnois. Nous
avons d�j� eu occasion de faire quelques remarques � ce sujet (_Peint,
t. II, N.� XLIV_)
Fig. II (_ibid. pag. 101, 279_).
Un lion, bas-relief. Il ne para�tra peut-�tre pas inutile d'observer
que la plupart de ces petits bronzes, et particuli�rement les masques,
servaient d'ornement � d'autres monumens auxquels ils �taient fix�s.
Fig. III (_ibid. pag. 113, 280_).
Un b�uf isiaque, _Apis_ ou _Mn�vis_, d'un excellent travail; il porte
sur la t�te un croissant, symbole de la grande divinit� des �gyptiens,
la m�me encore que la Lune.
FIN DU IVe VOLUME.--Ier DES BRONZES.
TABLE DES MATI�RES
CONTENUES
Dans le 4e Volume des Antiquit�s d'Herculanum.
TOME Ier DES BRONZES, BAS-RELIEFS ET BUSTES.
A
ACRATUS, G�nie de l'ivresse.--Planches 10 et 46.
AGRIPPINE, fille de M. Agrippa et de Julie, dite _majeure_.--Pl. 33
AMOUR avec des Chevaux marins.--Pl. 45.
ANTIOCHUS-LE-DIEU, Roi de Syrie. Bronze attribu� aussi � _Ptolom�e
Lathyre_.--Pl. 39.
APOLLONIUS. Remarques sur les Artistes de ce nom.--Pl. 28.
AUGUSTE.--Bronze en forme d'Herm�s.--Pl. 28.
B
BACHIQUES (Figures).--Pl. 9, 11 et 12.
BACCHUS _Sabazius_ ou _Zagreus_.--Pl. 9.---pogon ou barbu.--Pl. 19.
B�R�NICE-LA-GRANDE, femme de Ptolom�e Soter.--Pl. 35.
B�R�NICE II, femme de Ptolom�e Everg�te.--Pl. 37.
BICHE.--Pl. 44.
B�UF _Apis_ ou _Mn�vis_.--Pl. 44.
C
CA�US et Lucius C�SAR, petit-fils d'Auguste. Portraits attribu�s, avec
peu de vraisemblance, � ces deux princes.--Pl. 31 et 32.
CALIGULA.--Pl. 34.
CASQUES ras.--Pl. 43.
CHAMEAU.--Pl. 44.
CHEVAUX. (T�tes de)--Pl. 48.
CHEVELURE de _B�r�nice_.--Pl. 37.
CHEVEUX longs consid�r�s comme marques de molesse.--Pl. 42.
CL�OPATRE ou _Ph�dre_ se laissant mourir. Bas-relief en argent.--Pl. 1.
COIFFURE en forme de turban, attribu�e � un m�decin.--Pl. 20.
D
D�MOCRITE. (T�te attribu�e �).--Pl. 22.
D�MOSTH�NES.--Pl. 13 et 14.
DIANE.--Pl. 7 et 8.
DRUSUS, fils unique de Tib�re.--Pl. 31.
E
EPICURE.--Pl. 17.
ESCULAPE et HYGIE. Bronze plaqu� en argent; bas-relief.--Pl. 4.
F
FORTUNES. (Trois) Bas-relief en argent.--Pl. 3.
G
GRENADES n�es du sang de Bacchus.--Pl. 9.
H
H�RACLITE. ( Portrait attribu� �)--Pl. 21.
HERCULE.--Pl. 7.
HERCULE jeune. (T�te crue d')--Pl. 32. _Autre_ attribu�e, sans
fondement, � _Ptolom�e Philometor_.--Pl. 38.
HERMARQUE, philosophe Epicurien.--Pl. 16.
I
INCONNUS. ( Sujets ) T�te coiff�e d'un turban, attribu�e, sans
vraisemblance, � Architas.--Pl. 20. _Autre_ repr�sentant un Maure.--Pl.
41. _Autre_ repr�sentant un jeune homme avec les cheveux longs.--Pl. 42.
_Autre_ coiff�e d'un casque ras.--Pl. 43.
INSCRIPTIONS. (Remarques sur le temps imparfait employ� dans les)--Pl.
28.
JUNON.--Pl. 7.
JUPITER. (Symbole de)--Pl. 6.
JUPITER.--Pl. 7.
L
LAURIER. (Vertu attribu�e au)--Pl. 4.
LAURIER delphique.--Pl. 35.
L�PIDE, l'un des triumvirs.--Pl. 27.
LION.--Pl. 48.
LIVIE, femme d'Auguste. Buste en forme d'Herm�s.--Pl. 29.
M
MAIN votive ou main de bronze.--Pl. 5.
MARCELLUS, fils d'Auguste.--Pl. 30.
MARS.--Pl. 7.
MASCARONS.--T�tes de tigre.--Pl. 45. _Autre_. T�te de lion.--Pl. 47.
MASQUES bachiques.--Pl. 46. _Autre_ tragique.--Pl. 47.
M�TRODORE, philosophe Epicurien.--Pl. 18.
MIROIRS m�talliques.--Pl. 2.
MITHRIAQUE. (Symbole du culte)--Pl. 5.
P
PALLAS.--Pl. 6.
PH�DRE ou _Cl�op�tre_.--Pl. 1.
PLATON. Figures attribu�es, mal-�-propos, � ce philosophe.--Pl. 19.
POMONE. Figure �trusque.--Pl. 12.
PTOLOM�E Ier, fils de Lagus; Bronze attribu� aussi � _Ptolom�e
Philom�tor_.--Pl. 38.
PTOLOM�E (_Alexandre_) fr�re de Lathyre.--Pl. 40.
S
SABAZIUS.--_Voyez_ BACCHUS.
SANGLIER par� pour le sacrifice.--Pl. 47.
SAPHO.--Pl. 24.
SATYRE offrant un sacrifice � une Divinit� champ�tre. Bas-relief en
argent.--Pl. 2.
SCIPION l'Africain l'ancien.--Pl. 25.
S�N�QUE.--Pl. 23.
SIL�NES.--Pl. 8.
SPHINX grec.--Pl. 44.
SYLLA.--Pl. 26.
T
TRUIE votive.--Pl. 44.
V
VESTA ou _Diane_.--Pl. 8.
VICTIMAIRE avec un sanglier.--Pl. 47.
VICTOIRE.--Pl. 6.
Z
ZAGR�US. _Voyez_ BACCHUS.
ZENON.--Pl. 15.
Fin de la Table.