,,oeuvres ,,compl,,tes ,,de ,,victor ,,hugo ,,philosophie ,i #ahai-ahcd ,,litt,,rature ,,et ,,philosophie ,m,l,,es ,,b ,,de ,,cette ,,publication ,m>s #ahcd4 ,il y a dans la vie de t\t criva9 consci5cieux un mom5t o il s5t le beso9 de compt] avec le pass1 de class] en ordre et de dat] les div]ses empre9tes qu'il a prises de la =me de son esprit diffr5tes poques1 de coordonn]1 t\t en les mettant fran*em5t en lumire1 les contradictions plutt sup]ficielles que radicales de sa vie1 et de montr]1 s'il y a lieu1 p> quels rapports my/rieux et intimes les ides div]g5tes en app>5ce de sa premire jeunesse se ratta*5t la p5se unique et c5trale qui s'e/ peu peu dgage du milieu d'elles et qui a f9i p> les rsorb] t\tes4 ,d'ord9aire1 ces sortes d'exam5s de consci5ce1 qu& ils sont faits avec bonne foi et c&eur1 produis5t des livres du g5re de celui-ci4 ,ces deux volumes1 en effet1 ne sont autre *ose que la collection de t\tes les notes que l'auteur1 dans la r\te littraire et politique qu'il a dj p>c\rue1 a crites et l1 *em9 faisant1 depuis qu9ze ans qu'il m>*e4 ,ce livre1 qui ne peut (frir d'ailleurs quelque intrt qu'aux p]sonnes qui aim]ai5t voir de quelle faon et quel po9t un esprit loyal peut se trans=m] p> la critique de lui-mme1 dans nos temps de rvolution sociale et intellectuelle1 ce livre e/ le complm5t ncessaire et naturel de la srie des oeuvres de l'auteur4 ,*acune des sections qu'il r5f]me correspond l'un des t]mes de cette srie2 *acun de ces morceaux a t crit en mme temps que quelqu'un des ouvrages qui la compos5t1 et reprs5te1 p\r qui sait bi5 voir1 le mme gr\pe d'ides4 ,a9si le ,j\rnal d'un jacobite de #ahai e/ du temps de ,han d',isl&e1 le ,j\rnal d'un rvolutionnaire de #ahcj e/ du temps de ,notre-,dame de ,p>is4 ,en consultant les dates qu'on a eu so9 de plac] en tte de t\s ces fragm5ts1 ceux des lecteurs qui se plais5t ces sortes de comp>aisons1 mme lorsqu'il s'agit d'ouvrages aussi peu importants que celui-ci1 p\rront voir aism5t quelle oeuvre de l'auteur1 quel mom5t de sa manire1 quelle phase de sa p5se sur la socit et sur l'art se ratta*e *acune des divisions de ce livre4 ,ces deux volumes ctoi5t t\s les autres en les refltant4 ,on y retr\ve1 de #ahai #ahcd1 sur une *elle plus rapide1 mais qui n'a pas mo9s d'*elons1 t\s les *angem5ts successifs de /yle et de p5se1 t\tes les modifications d'op9ion et de =me1 t\s les l>gissem5ts d'horizon politique et littraire que les p]sonnes qui veul5t bi5 suivre le dveloppem5t de son esprit ont pu rem>qu] en gravissant la srie totale de ses oeuvres4 ,ces *angem5ts1 ces modifications1 ces l>gissem5ts1 e/-ce dcad5ce1 comme on l'a dit8 e/-ce progrs1 comme il le croit8 il pose la "q2 le lecteur la dcid]a4 ,ce qui n'e/ une "q p\r p]sonne1 il l'espre du mo9s1 c'e/ le complet ds9tressem5t qui a prsid aux div]ses modifications de ses op9ions4 ,les gubres ne s'ag5\illai5t que devant le soleil2 lui1 il ne s'ag5\ille que devant la vrit4 ,il livre ce recueil au public en t\te fran*ise et en t\te confiance4 ,dans des temps comme les ntres1 o les vnem5ts font si rapidem5t *ang] d'aspect aux doctr9es et aux hommes1 il a p5s que ce ne s]ait peut-tre pas un spectacle sans enseignem5t que le dveloppem5t d'un esprit srieux et droit qui n'a encore t directem5t ml aucune *ose politique et qui a sil5cieusem5t accompli t\tes ses rvolutions sur lui-mme1 sans autre b que la satisfaction de sa consci5ce4 ,ceci e/ donc avant t\t une oeuvre de probit4 ,le premi] de ces deux volumes ne conti5t que deux divisions2 l'une a p\r titre3 ,j\rnal des ides1 des op9ions et des lectures d'un jeune jacobite de #ahai2 l'autre3 ,j\rnal des ides et des op9ions d'un rvolutionnaire de #ahcj4 ,comm5t et p> quelle srie d'expri5ces successives le jacobite de #ahai e/-il dev5u le rvolutionnaire de #ahcj1 c'e/ ce que l'auteur crira peut-tre un j\r2 et cette t\te mode/e ,hi/oire des rvolutions intrieures d'une op9ion politique honnte ne s]a peut-tre pas un app5dice inutile la gr&e hi/oire des rvolutions gnrales de notre temps4 ,p\rquoi1 en effet1 ne pas confront] plus s\v5t qu'on ne le fait les rvolutions de l'individu avec les rvolutions de la socit8 ,qui sait8 la petite *ose claire quelquefois la gr&e4 ,en att5dant qu'il essaye ce travail t\t la fois psy*ologique et hi/orique1 individuel et univ]sel1 il croit devoir publi] comme docum5t1 et absolum5t tels qu'ils ont t crits *acun dans leur temps1 ces deux j\rnaux d'ides1 l'un de #ahai1 l'autre de #ahcj1 faits t\s deux p> le mme homme1 et si diffr5ts4 ,ce ne sont pas des faits qu'il faut *]*] dans ces j\rnaux4 ,il n'y en a pas4 ,n\s le rptons1 ce sont des ides4 ,des ides l'tat de g]me dans le premi]1 l'tat d'pan\issem5t dans le second4 ,le plus anci5 de ces deux j\rnaux surt\t1 celui qui occupe les deux c5ts premires pages de ce volume1 a beso9 d'tre lu avec une extrme indulg5ce et sans que le lecteur en p]de un seul in/ant la date de vue1 #ahai4 ,l'auteur l'(fre ici1 non comme oeuvre littraire1 mais comme sujet d'tude et d'obs]vation p\r les esprits att5tifs et bi5veillants qui ne ddaign5t pas de *]*] dans ce qu'un enfant balbutie les rudim5ts de la p5se d'un homme4 ,aussi1 p\r que cette p>tie du livre ait du mo9s le mrite de prs5t] une base s9cre aux tudes de ce g5re1 a-t-on eu so9 de l'imprim]1 sans y ri5 *ang]1 absolum5t telle qu'on l'a recueillie1 soit dans des publications du temps auj\rd'hui oublies1 soit dans des dossi]s de notes re/es manuscrites4 ,ce recueil reprs5te durant deux annes1 de l'ge de seize ans l'ge de dix-huit ans1 l'tat de l'esprit de l'auteur1 et1 p> assimilation1 autant qu'un *antillon aussi incomplet peut p]mettre d'en jug]1 l'tat de l'esprit d'une fraction assez notable de la gnration d'alors4 ,ce n'e/ mme que p>ce qu'en le gnralisant a9si1 il peut (frir1 jusqu' un c]ta9 po9t1 cette sorte d'intrt1 qu'on a cru qu'il n'tait peut-tre pas t\t a fait inutile de le prs5t] au public4 ,en se plaant ce po9t de vue1 t\t ce que r5f]me ce ,j\rnal des ides d'un royali/e adolesc5t d'il y a qu9ze ans1 acqui]t1 dfaut de la valeur biographique qu'un nom plus considrable en tte de ce livre p\rrait seul lui donn]1 cette sorte de valeur hi/orique qui s'atta*e t\s les docum5ts honntes o se retr\ve la physionomie d'une poque1 de quelque "p qu'ils vi5n5t4 ,il y a de t\t dans ce j\rnal4 ,c'e/ le pr(il demi effac de t\t ce que n\s n\s figurions en #ahai4 ,c'e/1 comme dans nos c]veaux alors1 le dialogue de t\s les contraires4 ,il y a des re*]*es hi/oriques et des rv]ies1 des lgies et des feuilletons1 de la critique et de la posie2 pauvre critique6 pauvre posie surt\t6 ,il a de petits v]s bad9s et de gr&s v]s pleureurs2 d'honorables et furieuses dclamations contre les tueurs de rois2 des ptres o les hommes de #agic sont gratigns avec des pigrammes de #aged1 espces de petites satires sans posie qui c>actris5t assez bi5 le royalisme voltairi5 de #ahah1 nuance p]due auj\rd'hui4 ,il y a des rves de r=me p\r le ?tre et des voeux d'immobilit p\r l'tat2 t\s les /yles qui s'essay5t la fois1 depuis le s>casme du pamphlet jusqu' l'amp\le oratoire2 t\tes sortes d'in/9cts classiques mis au s]vice d'une p5se d'innovation littraire2 des plans de tragdies faits au collge2 des plans de g\v]nem5t faits l'cole4 ,t\t cela va1 vi5t1 avance1 recule1 se mle1 se c\doie1 se heurte1 se contr$it1 se qu]elle1 croit1 d\te1 ttonne1 nie1 affirme1 sans b visible1 sans ordre extrieur1 sans loi app>5te2 et cep5dant1 au fond de t\tes ces *oses1 n\s le croyons du mo9s1 il y a une loi1 un ordre1 un b4 ,au fond1 comme la surface1 il y a ce qui f]a peut-tre p>donn] l'auteur l'insuffisance du tal5t et la faillibilit de l'esprit1 droiture1 honneur1 conviction1 ds9tressem5t2 et au milieu de t\tes les ides contradictoires qui bruiss5t la fois dans ce *aos d'illusions gnreuses et de prjugs loyaux1 s\s le flot le plus obscur1 s\s l'entassem5t le plus dsordonn1 on s5t po9dre et se m\voir un lm5t qui s'assimil]a un j\r t\s les autres1 l'esprit de lib]t1 que les in/9cts de l'auteur appliqu]ont d'abord l'art1 puis1 p> un irrsi/ible entranem5t de logique1 la socit2 de faon que *ez lui1 dans un temps donn1 aides1 il e/ vrai1 p> l'expri5ce et la rcolte de faits de *aque j\r1 les ides littraires corrig]ont les ides politiques4 ,tel qu'il e/ donc1 ce ,j\rnal d'un jeune jacobite de #ahai ne n\s p>at pas compltem5t dp\rvu de signification1 ne ft-ce qu' cause de l'espce de j\r d\teux qui flotte sur t\tes ces ides bau*es1 sorte de lumire indcise faite de deux rayons opposs qui vi5n5t l'un du c\*ant1 l'autre de l'ori5t1 crpuscule du mon>*isme politique qui f9it1 aube de la rvolution littraire qui comm5ce4 ,immdiatem5t aprs ce ,j\rnal des ides d'un royali/e de #ahai1 l'auteur a cru devoir plac] ce qu'il a intitul3 ,j\rnal des ides d'un rvolutionnaire de #ahcj4 ,a onze ans d'int]valle1 voil le mme esprit1 trans=m4 ,l'auteur p5se que t\s ceux de nos contempora9s qui f]ont1 de bonne foi le mme repli sur eux-mmes1 ne tr\v]ont pas des modifications mo9s pr(ondes dans leur p5se1 s'ils ont eu la sagesse et le ds9tressem5t de lui laiss] son libre dveloppem5t en prs5ce des faits et des rsultats4 ,quant ce d]ni] rsultat en lui-mme1 voici de quelle manire il s'e/ =m4 ,aprs la rvolution de juillet1 p5dant les d]ni]s mois de #ahcj et les premi]s mois de #ahca1 l'auteur reut de l'branlem5t que les vnem5ts donnai5t alors t\te *ose des impressions telles1 qu'il lui fut impossible de ne pas en laiss] trace quelque "p4 ,il v\lut con/at]1 en s'en r5dant compte sur-le-*amp1 de quelle faon et jusqu' quelle pr(ondeur *acun des faits plus ou mo9s inatt5dus qui se succdai5t tr\blait la masse d'ides politiques qu'il avait amasse g\tte g\tte depuis dix ans4 ,a mesure qu'un fait n\veau dgageait en lui une ide n\velle1 il enregi/rait1 non le fait1 mais l'ide4 ,de l ce j\rnal4 ,on a cru devoir donn] ce titre1 j\rnal1 aux deux divisions qui compos5t le premi] volume de ce livre1 p>ce qu'il a sembl que1 de t\s les titres possibles1 c'tait encore celui qui conv5ait le mieux4 ,cep5dant1 af9 qu'on ne *]*e pas dans ce livre autre *ose que ce qu'il r5f]me1 et qu'on ne s'att5de pas tr\v] dans ces deux j\rnaux une pe9ture hi/orique1 ou biographique1 ou anecdotique1 avec curiosits1 p>ticul>its et noms propres1 de l'anne #ahai et de l'anne #ahcj1 n\s insi/ons sur ce po9t1 que ces deux j\rnaux conti5n5t1 non les faits1 mais seulem5t le ret5tissem5t des faits4 ,la =mation de la seconde p>tie de cette collection n'a beso9 que de quelques mots p\r s'expliqu] d'elle-mme4 ,c'e/ une srie de fragm5ts crits div]ses poques1 et publis p\r la plup>t dans les recueils du temps o ils ont t crits4 ,ces fragm5ts sont disposs p> ordre *ronologique2 et ceux des lecteurs qui1 en lisant *aque morceau1 v\dront ne po9t oubli] la date qu'il porte1 p\rront rem>qu] de quelle faon l'ide de l'auteur mrit d'anne en anne et dans la =me et dans le fond1 depuis l'tude sur ,voltaire1 qui e/ de #ahbc1 jusqu' l'tude sur ,mirabeau1 qui e/ de #ahcd4 ,c'e/ d'ailleurs peut-tre la seule *ose frappante de ce volume1 la composition duquel n'a t ml aucun arrangem5t artificiel1 qu'il comm5ce p> le nom de ,voltaire et f9isse p> le nom de ,mirabeau4 ,cela montr]ait1 s'il n'en exi/ait pas d'ailleurs beauc\p d'autres exemples ct desquels celui-ci ne vaut pas la pe9e d'tre compt1 quel po9t le dix-huitime sicle proccupe le dix-neuvime4 ,voltaire1 en effet1 c'e/ le dix-huitime sicle sy/me2 ,mirabeau1 c'e/ le dix-huitime sicle action4 ,le premi] de ces deux volumes ens]re onze annes de la vie intellectuelle de l'auteur1 de #ahai #ahcj4 ,le deuxime conti5t galem5t onze annes1 de #ahbc #ahcd4 ,mais comme une p>tie de ce deuxime volume r5tre dans l'int]valle de #ahai #ahcj1 les deux volumes runis n'(fr5t le m\vem5t en bi5 ou en mal de la p5se de celui qui les a crits que sur une *elle de qu9ze annes1 de #ahai #ahcd4 ,n\s ne f]ons aucune obs]vation sur les dp\illem5ts de /yle et de manire que la critique y p\rra not] de saison en saison4 ,l'esprit de t\t criva9 progressif doit tre comme le platane1 dont l'corce se r5\velle mesure que le tronc grossit4 ,p\r f9ir ce que n\s avons dire de ce livre1 si l'on n\s dem&ait de le c>actris] d'un mot1 n\s dirions que ce n'e/ autre *ose qu'une sorte d'h]bi] o la p5se de l'auteur a dpos1 s\s tiquette1 un *antillon tel quel de ses div]ses floraisons successives4 ,que le lecteur de bonne foi comp>e1 et juge si la loi selon laquelle s'e/ dveloppe cette p5se e/ bonne ou mauvaise4 ,ma9t5ant il se r5contr]a peut-tre des esprits bi5veillants et srieux qui dem&]ont l'auteur quelle e/ la =mule actuelle de ses op9ions sur la socit et sur l'art4 ,l'espace lui manque ici p\r rpondre la premire de ces deux que/ions4 ,ce s]ait un livre t\t enti] faire2 il le f]a quelque j\r4 ,des matires si graves veul5t tre traites fond et ne saurai5t tre utilem5t abordes dans un avant-propos4 ,le peu de pages qui n\s re/e morcell]ait la p5se de l'auteur sans pr(it1 c> il s]ait impossible de dta*]1 p\r des proportions si exigus1 ri5 de f9i1 d'organis et de complet d'un bloc d'ides o t\t se ti5t et fait ensemble4 ,de quelque faon que n\s n\s y prissions1 il y aurait t\j\rs des affr5ces latrales sur lesquelles il faudrait s'expliqu]1 des *oses purem5t affirmes faute de m>ge p\r les dmontr]1 des prlim9aires supposs admis1 des consqu5ces tronques1 d'autres qui se ramifi]ai5t trop l'troit2 en un mot1 des tang5tes et des scantes dont les extrmits dpass]ai5t les limites de cette prface4 ,en att5dant qu'il puisse se dr\l] compltem5t et l'aise dans un crit spcial1 l'auteur croit p\voir dire ds prs5t que1 quoique le ,j\rnal d'un rvolutionnaire de #ahcj r5f]me beauc\p de *oses radicalem5t vraies selon lui1 sa p5se politique actuelle e/ cep5dant plutt reprs5te p> les d]nires pages du second de ces deux volumes que p> les d]nires pages du premi]4 ,si jamais1 dans ce gr& concile des intellig5ces o se dbatt5t de la presse la tribune t\s les intrts gnraux de la civilisation du dix-neuvime sicle1 il avait la p>ole1 lui si petit en prs5ce de *oses si gr&es1 il la pr5drait sur l'ordre du j\r seulem5t1 et il ne dem&]ait qu'une *ose p\r comm5c]3 la sub/itution des que/ions sociales aux que/ions politiques4 ,une fois son int5tion politique a9si esquisse1 il croit p\voir rpondre avec plus de dtail aux p]sonnes qui le que/ionn]ai5t sur son int5tion littraire4 ,ici il peut tre plus aism5t et plus vite compris2 t\t ce qu'il a crit jusqu' ce j\r s]t de comm5taire ses p>oles4 ,qu'on lui p]mette donc quelques dveloppem5ts sur un sujet plus important qu'on ne le p5se communm5t4 ,qu& on creuse l'art1 au premi] c\p de pio*e on entame les que/ions littraires1 au second1 les que/ions sociales4 ,l'art e/ auj\rd'hui un bon po9t4 ,les qu]elles de mots ont fait place l'exam5 des *oses4 ,les noms de gu]re1 les sobriquets de p>ti n'ont plus de signification p\r p]sonne4 ,ces appellations de classiques et de romantiques1 que celui qui crit ces lignes s'e/ t\j\rs refus prononc] srieusem5t1 ont disp>u de t\te conv]sation s5se aussi compltem5t que les ubiquitaires et les antipa$obapti/es4 ,or c'e/ dj un gr& progrs dans une discussion qu& les mots de p>ti sont hors de combat4 ,tant qu'on en e/ la bataille des mots1 il n'y a pas moy5 de s'ent5dre2 c'e/ une mle furieuse1 a*>ne et aveugle4 ,cette bataille1 qui a si longtemps ass\rdi notre littrature dans les d]nires annes de la re/auration1 e/ f9ie auj\rd'hui4 ,le public comm5ce di/+u] nettem5t le cont\r des que/ions relles trop longtemps ca*es aux yeux p> la p\ssire que la polmique faisait aut\r d'elles4 ,le pugilat des ?ories a cess4 ,le t]ra9 de l'art ma9t5ant n'e/ plus une arne1 c'e/ un *amp4 ,on ne se bat plus1 on lab\re4 ,a notre avis1 la victoire e/ aux gnrations n\velles4 ,elles ont pris gr&em5t position dans t\s les arts4 ,n\s essay]ons peut-tre un j\r de c>actris] le po9t prcis o elles en sont s\s les div]ses =mes1 posie1 pe9ture1 sculpture1 musique et ar*itecture1 et n\s t*]ons d'indiqu] p> quels progrs et selon quelle loi il n\s semble que doit s'opr] la fusion entre les nuances diffr5tes des jeunes coles1 soit qu'elles *]*5t plus spcialem5t le c>actre1 comme les go?iques1 ou le /yle1 comme les grecs4 ,en att5dant1 l'impulsion e/ donne1 la m>e monte4 ,les doctr9es de la lib]t littraire ont ensem5c l'art t\t enti]4 ,l'av5ir moissonn]a4 ,ce n'e/ pas que n\s1 plus que d'autres1 n\s croyions l'art p]fectible4 ,n\s savons qu'on ne dpass]a ni ,phidias1 ni ,raphal4 ,mais n\s ne dcl>ons pas1 en sec\ant tri/em5t la tte1 qu'il e/ jamais impossible de les gal]4 ,n\s ne sommes pas a9si1 dans les secrets de ,dieu4 ,celui qui a cr ceux-l ne peut-il pas en crer d'autres8 ,p\rquoi v\loir arrt] l'esprit huma98 ,t\tes les poques lui convi5n5t1 t\s les climats lui sont bons4 ,l'antiquit a ,homre1 mais le moy5 ge a ,dante1 ,%akespe>e et les ca?drales au nord2 la bible et les pyramides l'ori5t4 ,et quelle poque que celle-ci6 ,n\s l'avons dj dit ailleurs et plus d'une fois1 le corollaire rig\reux d'une rvolution politique1 c'e/ une rvolution littraire4 ,que v\lez-v\s que n\s y fassions8 ,il y a quelque *ose de fatal dans ce p]ptuel p>alllisme de la littrature et de la socit4 ,l'esprit huma9 ne m>*e pas d'un seul pi$4 ,les moeurs et les lois s'branl5t d'abord2 l'art suit4 ,p\rquoi lui clore l'av5ir8 ,les magnifiques ambitions font faire les gr&es *oses4 ,e/-ce que le sicle qui a t assez gr& p\r avoir son ,*>lemagne s]ait trop petit p\r avoir son ,%akespe>e8 ,n\s croyons donc f]mem5t l'av5ir4 ,on voit bi5 flott] encore et l sur la surface de l'art quelques tronons des vieilles potiques dmtes1 lesquelles faisai5t dj eau de t\tes p>ts il y dix ans4 ,on voit bi5 aussi quelques ob/9s qui se cramponn5t cela4 ,r>i nantes4 ,n\s les plaignons4 ,mais n\s avons les yeux ailleurs4 ,s'il n\s tait p]mis1 n\s qui sommes bi5 lo9 de n\s compt] p>mi les hommes prde/9s qui rs\dront ces gr&es que/ions p> de gr&es oeuvres1 s'il n\s tait p]mis de has>d] une conjecture sur ce qui doit adv5ir de l'art1 n\s dirions qu' notre avis1 d'ici peu d'annes1 l'art1 sans r5onc] t\tes ses autres =mes1 se rsum]a plus spcialem5t s\s la =me ess5tielle et culm9ante du drame4 ,n\s avons expliqu p\rquoi dans la prface d'un livre qui ne vaut pas la pe9e d'tre rappel ici4 ,aussi les quelques mots que n\s allons dire du drame s'appliqu5t dans notre p5se1 sauf de lgres v>iantes de rdaction1 la posie t\t entire1 et ce qui s'applique la posie s'applique l'art t\t enti]4 ,selon n\s donc1 le drame de l'av5ir1 p\r ralis] l'ide augu/e que n\s n\s en faisons1 p\r t5ir dignem5t sa place entre la presse et la tribune1 p\r j\] comme il convi5t son rle dans les *oses civilisantes1 doit tre gr& et svre p> la =me1 gr& et svre p> le fond4 ,les que/ions de =me ont t t\tes abordes depuis plusieurs annes4 ,la =me importe dans les arts4 ,la =me e/ *ose beauc\p plus absolue qu'on ne p5se4 ,c'e/ une erreur de croire1 p> exemple1 qu'une mme p5se peut s'crire de plusieurs manires1 qu'une mme ide peut avoir plusieurs =mes4 ,une ide n'a jamais qu'une =me1 qui lui e/ propre1 qui e/ sa =me excell5te1 sa =me complte1 sa =me rig\reuse1 sa =me ess5tielle1 sa =me prfre p> elle1 et qui jaillit t\j\rs en bloc avec elle du c]veau de l'homme de gnie4 ,a9si1 *ez les gr&s potes1 ri5 de plus insp>able1 ri5 de plus adhr5t1 ri5 de plus consub/antiel que l'ide et l'expression de l'ide4 ,tuez la =me1 presque t\j\rs v\s tuez l'ide4 ,otez sa =me ,homre1 v\s avez ,bitaub4 ,aussi t\t art qui veut vivre doit-il comm5c] p> bi5 se pos] lui-mme les que/ions de =me1 de langage et de /yle4 ,s\s ce rapport1 le progrs e/ s5sible en ,france depuis dix ans4 ,la langue a subi un remaniem5t pr(ond4 ,et p\r que notre p5se soit claire1 qu'on n\s p]mette d'indiqu] ici en quelques mots les div]ses =mations de notre langue1 qui val5t la pe9e d'tre tudies1 p>tir du seizime sicle surt\t1 poque o la langue franaise a comm5c dev5ir la langue la plus littraire de l',europe4 ,on peut dire de la langue franaise au seizime sicle que c'e/ t\t fait une langue de la r5aissance4 ,au seizime sicle1 l'esprit de la r5aissance e/ p>t\t1 dans la langue comme dans t\s les arts4 ,le gt roma9-byzant91 que le gr& vnem5t de #aded a fait reflu] sur l'occid5t1 et qui avait p> degrs envahi l',italie ds la seconde moiti du qu9zime sicle1 n'arrive gure en ,france qu'au comm5cem5t du seizime2 mais l'in/ant mme il s'emp>e de t\t1 il fait irruption p>t\t1 il inonde t\t4 ,ri5 ne rsi/e au flot4 ,ar*itecture1 posie1 musique1 t\s les arts1 t\tes les tudes1 t\tes les ides1 jusqu'aux ameublem5ts et aux co/umes1 jusqu' la lgislation1 jusqu' la ?ologie1 jusqu' la mdec9e1 jusqu'au blason1 t\t suit ple-mle et s'en va vau-l'eau sur le torr5t de la r5aissance4 ,la langue e/ une des premires *oses atte9tes2 en un mom5t1 elle se remplit de mots lat9s et grecs2 elle dborde de nologismes2 son vieux sol gaulois disp>at presque entirem5t s\s un *aos sonore de vocables homriques et virgili5s4 ,a cette poque d'enivrem5t et d'en?\siasme p\r l'antiquit lettre1 la langue franaise p>le grec et lat9 comme l'ar*itecture1 avec un dsordre1 un emb>ras et un *>me inf9is2 c'e/ un bgayem5t classique adorable4 ,mom5t curieux6 c'e/ une langue qui n'e/ pas faite1 une langue sur laquelle on voit le mot grec et le mot lat9 nu1 comme les ve9es et les n]fs sur l'cor*4 ,et p\rtant1 cette langue qui n'e/ pas faite e/ une langue s\v5t bi5 belle2 elle e/ ri*e1 orne1 amusante1 copieuse1 9puisable en =mes1 haute en c\leur2 elle e/ b>b>e =ce d'aim] la ,grce et ,rome2 elle e/ pdante et nave4 ,obs]vons en passant qu'elle semble p>fois *>ge1 b\rbeuse et obscure4 ,ce n'e/ pas sans tr\bl] pr(ondm5t la limpidit de notre vieil idiome gaulois que ces deux langues mortes1 la lat9e et la grecque1 y ont si brusquem5t vid leurs vocabulaires4 ,*ose rem>quable et qui s'explique p> t\t ce que n\s v5ons dire1 p\r ceux qui ne compr5n5t que la langue c\rante1 le franais du seizime sicle e/ mo9s intelligible que le franais du qu9zime4 ,p\r cette classe de lecteurs1 ,brantme e/ mo9s clair que ,jean de ,troyes4 ,au comm5cem5t du dix-septime sicle1 cette langue tr\ble et vaseuse subit une premire filtration4 ,opration my/rieuse faite t\t la fois p> les annes et p> les hommes1 p> la f\le et p> le lettr1 p> les vnem5ts et p> les livres1 p> les moeurs et p> les ides1 qui n\s donne p\r rsultat l'admirable langue de ,p4 ,ma?ieu et de ,ma?ur9 ,rgni]1 qui s]a plus t>d celle de ,molire et de ,la ,fonta9e1 et plus t>d encore celle de ,sa9t-,simon4 ,si les langues se fixai5t1 ce qu' ,dieu ne plaise1 la langue franaise aurait d en re/] l4 ,c'tait une belle langue que cette posie de ,rgni]1 que cette prose de ,ma?ieu6 c'tait une langue dj mre1 et cep5dant t\te jeune1 une langue qui avait t\tes les qualits les plus contraires1 selon le beso9 du pote2 tantt f]me1 adroite1 svelte1 vive1 s]re1 troitem5t aju/e sur l'int5tion de l'criva91 sobre1 au/re1 prcise1 elle allait pi$ et sans images et droit au b2 tantt maje/ueuse1 l5te et t\t empana*e de mtaphores1 elle t\rnait l>gem5t aut\r de la p5se1 comme les c>rosses huit *evaux dans un c>r\sel4 ,c'tait une langue la/ique et s\ple1 facile n\] et dn\] au gr de t\tes les fantaisies de la priode1 une langue t\te moire de figures et d'accid5ts pittoresques2 une langue neuve1 sans aucun mauvais pli1 qui pr5ait m]veilleusem5t la =me de l'ide1 et qui1 p> mom5ts1 flottait quelque peu l'ent\r1 autant qu'il le fallait p\r la grce du /yle4 ,c'tait une langue ple9e de fires allures1 de proprits lgantes1 de caprices amusants2 commode et naturelle crire2 donnant p>fois aux criva9s les plus vulgaires t\tes sortes de bonheurs d'expressions qui faisai5t p>tie de son fonds naturel4 ,c'tait une langue =te et sav\reuse1 t\t la fois claire et colore1 ple9e d'esprit1 excell5te au gt1 ayant bi5 la s5teur de ses orig9es1 trs franaise1 et p\rtant laissant voir di/9ctem5t s\s *aque mot sa rac9e hellnique1 roma9e ou ca/illane2 une langue calme et transp>5te1 au fond de laquelle on di/+uait nettem5t t\tes ces magnifiques tymologies grecques1 lat9es ou espagnoles1 comme les p]les et les coraux s\s l'eau d'une m] limpide4 ,cep5dant1 dans la deuxime moiti du dix-septime sicle1 il s'leva une mmorable cole de lettrs qui s\mit un n\veau dbat t\tes les que/ions de posie et de grammaire dont avait t remplie la premire moiti du mme sicle1 et qui dcida1 tort selon n\s1 p\r ,malh]be contre ,rgni]4 ,la langue de ,rgni]1 qui semblait encore trs bonne ,molire1 p>ut trop v]te et trop peu faite ces svres et discrets criva9s4 ,rac9e la cl>ifia une seconde fois4 ,cette deuxime di/illation1 beauc\p plus artificielle que la premire1 beauc\p plus littraire et beauc\p mo9s populaire1 n'aj\ta la puret et la limpidit de l'idiome qu'en le dp\illant de presque t\tes ses proprits sav\reuses et colorantes1 et en le r5dant plus propre dsormais l'ab/raction qu' l'image2 mais il e/ impossible de s'en pla9dre qu& on songe qu'il en e/ rsult ,britannicus1 ,e/h]1 et ,a?alie1 oeuvres belles et graves1 dont le /yle s]a t\j\rs religieusem5t admir de quiconque accept]a avec bonne foi les conditions s\s lesquelles il s'e/ =m4 ,t\te *ose va sa f94 ,le dix-huitime sicle filtra et tamisa la langue une troisime fois4 ,la langue de ,rabelais1 d'abord pure p> ,rgni]1 puis di/ille p> ,rac9e1 a*eva de dpos] dans l'alambic de ,voltaire les d]nires molcules de la vase natale du seizime sicle4 ,de l cette langue du dix-huitime sicle1 p>faitem5t claire1 s*e1 dure1 neutre1 incolore et insipide1 langue admirablem5t propre ce qu'elle avait faire1 langue du raisonnem5t et non du s5tim5t1 langue incapable de color] le /yle1 langue encore s\v5t *>mante dans la prose1 et en mme temps trs hassable dans le v]s1 langue de philosophes en un mot1 et non de potes4 ,c> la philosophie du dix-huitime sicle1 qui e/ l'esprit d'analyse arriv sa plus complte expression1 n'e/ pas mo9s ho/ile la posie qu' la religion1 p>ce que la posie comme la religion n'e/ qu'une gr&e syn?se4 ,voltaire ne se hrisse pas mo9s devant ,homre que devant ,jsus4 ,au dix-neuvime sicle1 un *angem5t s'e/ fait dans les ides la suite du *angem5t qui s'tait fait dans les *oses4 ,les esprits ont ds]t cet aride sol voltairi51 sur lequel le soc de l'art s'br*ait depuis si longtemps p\r de maigres moissons4 ,au v5t philosophique a succd un s\ffle religieux1 l'esprit d'analyse l'esprit de syn?se1 au dmon dmolisseur le gnie de la recon/ruction1 comme la conv5tion avait succd l'empire1 ,robespi]re ,napolon4 ,il e/ app>u des hommes d\s de la facult de crer1 et ayant t\s les in/9cts my/rieux qui trac5t son it9raire au gnie4 ,ces hommes1 que n\s p\vons d'autant plus l\] que n\s sommes p]sonnellem5t bi5 loigns de prt5dre l'honneur de figur] p>mi eux1 ces hommes se sont mis l'oeuvre4 ,l'art1 qui1 depuis c5t ans1 n'tait plus en ,france qu'une littrature1 e/ r$ev5u une posie4 ,au dix-huitime sicle il avait fallu une langue philosophique1 au dix-neuvime il fallait une langue potique4 ,c'e/ en prs5ce de ce beso9 que1 p> in/9ct et presque leur insu1 les potes de nos j\rs1 aids d'une sorte de sympa?ie et de conc\rs populaire1 ont s\mis la langue cette laboration radicale qui tait si mal comprise il y a quelques annes1 qui a t prise d'abord p\r une leve en masse de t\s les solcismes et de t\s les b>b>ismes possibles1 et qui a si longtemps fait tax] d'ignorance et d'incorrection tel pauvre jeune criva9 consci5cieux1 honnte et c\rageux1 philologue comme ,dante en mme temps que pote1 n\rri des meilleures tudes classiques1 lequel avait peut-tre pass sa jeunesse ne remport] dans les collges que des prix de grammaire4 ,les potes ont fait ce travail1 comme les abeilles leur miel1 en songeant autre *ose1 sans calcul1 sans prmditation1 sans sy/me1 mais avec la r>e et naturelle intellig5ce des abeilles et des potes4 ,il fallait d'abord color] la langue1 il fallait lui faire repr5dre du corps et de la saveur2 il a donc t bon de la mlang] selon c]ta9es doses avec la fange fconde des vieux mots du seizime sicle4 ,les contraires se corrig5t s\v5t l'un p> l'autre4 ,n\s ne p5sons pas qu'on ait eu tort de faire infus] ,rons>d dans cet idiome affadi p> ,dorat4 ,l'opration d'ailleurs s'e/ accomplie1 on le voit bi5 ma9t5ant1 selon les lois grammaticales les plus rig\reuses4 ,la langue a t retrempe ses orig9es4 ,voil t\t4 ,seulem5t1 et encore avec une rs]ve extrme1 on a remis en circulation un c]ta9 nombre d'anci5s mots ncessaires ou utiles4 ,n\s ne sa*ons pas qu'on ait fait des mots n\veaux4 ,or ce sont les mots n\veaux1 les mots inv5ts1 les mots faits artificiellem5t qui dtruis5t le tissu d'une langue4 ,on s'en e/ g>d4 ,quelques mots fru/es ont t refrapps au co9 de leurs tymologies4 ,d'autres1 tombs en banalit1 et dt\rns de leur vraie signification1 ont t ramasss sur le pav et soigneusem5t replacs dans leur s5s propre4 ,de t\te cette laboration1 dont n\s n'indiquons ici que quelques dtails pris au has>d1 et surt\t du travail simultan de t\tes les ides p>ticulires ce sicle 7c> ce sont les ides qui sont les vraies et s\v]a9es faiseuses de langues71 il e/ sorti une langue qui1 c]tes1 aura aussi ses gr&s criva9s1 n\s n'en d\tons pas2 une langue =ge p\r t\s les accid5ts possibles de la p5se2 langue qui1 selon le beso9 de celui qui s'en s]t1 a la grce et la navet des allures comme au seizime sicle1 la fi]t des t\rnures et la phrase gr&s plis comme au dix-septime sicle1 le calme1 l'quilibre et la cl>t comme au dix-huitime2 langue propre ce sicle1 qui rsume trois =mes excell5tes de notre idiome s\s une =me plus dveloppe et plus complte1 et avec laquelle auj\rd'hui l'criva9 qui en aurait le gnie p\rrait s5tir comme ,r\sseau1 p5s] comme ,corneille1 et pe9dre comme ,ma?ieu4 ,cette langue e/ auj\rd'hui peu prs faite4 ,comme prose1 ceux qui l'tudi5t dans les notables criva9s qu'elle possde dj1 et que n\s p\rrions nomm]1 sav5t qu'elle a mille lois elle1 mille secrets1 mille proprits1 mille ress\rces nes tant de son fonds p]sonnel que de la mise en commun du fonds des trois langues qui l'ont prcde et qu'elle multiplie les unes p> les autres4 ,elle a aussi sa prosodie p>ticulire et t\tes sortes de petites rgles intrieures connues seulem5t de ceux qui pratiqu5t1 et sans lesquelles il n'y a pas plus de prose que de v]s4 ,comme posie1 elle e/ aussi bi5 con/ruite p\r la rv]ie que p\r la p5se1 p\r l'ode que p\r le drame4 ,elle a t remanie dans le v]s p> le mtre1 dans la /rophe p> le rhy?me4 ,de l1 une h>monie t\te neuve1 plus ri*e que l'anci5ne1 plus complique1 plus pr(onde1 et qui gagne t\s les j\rs de n\velles octaves4 ,telle e/1 avec t\s les dveloppem5ts que n\s ne p\vons donn] ici notre p5se1 la langue que l'art du dix-neuvime sicle s'e/ faite1 et avec laquelle en p>ticuli] il va p>l] aux masses du haut de la scne4 ,sans d\te la scne1 qui a ses lois d'optique et de conc5tration1 modifi]a cette langue d'une c]ta9e faon1 mais sans y ri5 altr] d'ess5tiel4 ,il faudra p> exemple la scne une prose aussi en saillie que possible1 trs f]mem5t sculpte1 trs nettem5t cisele1 ne jetant aucune ombre d\teuse sur la p5se1 et presque en ronde bosse2 il faudra la scne un v]s o les *>nires soi5t assez multiplies p\r qu'on puisse les pli] et les sup]pos] t\tes les =mes les plus brusques et les plus saccades du dialogue et de la passion4 ,la prose en relief1 c'e/ un beso9 du ?tre2 le v]s bris1 c'e/ un beso9 du drame4 ,ceci une fois pos et admis1 n\s croyons que dsormais t\s les progrs de =me srieux qui s]ont dans le s5s grammatical de la langue doiv5t tre tudis1 applaudis et adopts4 ,et qu'on ne se mpr5ne pas sur notre p5se1 appel] les progrs1 ce n'e/ pas enc\rag] les modes4 ,les modes dans les arts font autant de mal que les rvolutions font de bi54 ,les modes sub/itu5t le *ic1 le poncif et le procd d'ateli] l'tude au/re de *aque *ose et aux orig9alits individuelles4 ,les modes mett5t la disposition de t\t le monde une manire v]nisse et *atoyante1 peu solide sans d\te1 mais qui a quelquefois un clat de surface plus vif et plus amusant l'oeil que le rayonnem5t tranquille du tal5t4 ,les modes dfigur5t t\t1 font la grimace de t\t pr(il et la p>odie de t\te oeuvre4 ,g>dons-n\s des modes dans le /yle2 esprons cette rs]ve de la sagesse des jeunes et brillants criva9s qui mn5t au progrs les gnrations de leur ge4 ,il s]ait f*eux qu'on en vnt un j\r possd] des recettes c\rantes p\r faire du /yle orig9al comme les *imi/es de cab>et font du v9 de ,*ampagne en mlant1 selon c]ta9es doses1 n'importe quel v9 blanc conv5ablem5t dulcor1 de l'acide t>trique et du bic>bonate de s\de4 ,ce /yle et ce v9 m\ss5t1 la grosse f\le s'en grise1 mais le connaisseur n'en boit pas4 ,n\s n'en vi5drons pas l4 ,il y a un esprit de mesure et de critique en mme temps qu'un gr& s\ffle d'en?\siasme dans les n\velles gnrations4 ,la langue a t am5e un po9t excell5t depuis qu9ze annes4 ,ce qui a t fait p> les ides ne s]a pas dtruit p> les fantaisies4 ,r=mons1 ne d=mons pas4 ,si le nom qui signe ces lignes tait un nom illu/re1 si la voix qui p>le ici tait une voix puissante1 n\s suppli]ions les jeunes et gr&s tal5ts sur qui repose le sort futur de notre littrature1 si magnifique depuis trois sicles1 de song] combi5 c'e/ une mission imposante que la leur1 et de cons]v] dans leur manire d'crire les habitudes les plus dignes et les plus svres4 ,l'av5ir1 qu'on y p5se bi51 n'app>ti5t qu'aux hommes de /yle4 ,sans p>l] ici des admirables livres de l'antiquit1 et p\r n\s r5f]m] dans nos lettres nationales1 essayez d't] la p5se de nos gr&s criva9s l'expression qui lui e/ propre2 tez ,molire son v]s si vif1 si *aud1 si franc1 si amusant1 si bi5 fait1 si bi5 t\rn1 si bi5 pe9t2 tez ,la ,fonta9e la p]fection nave et gauloise du dtail2 tez la phrase de ,corneille ces muscles vig\reux1 ces l>ges atta*es1 ces belles =mes de vigueur exagre qui f]ai5t du vieux pote1 demi-roma91 demi-espagnol1 le ,mi*el-,ange de notre tragdie1 s'il entrait dans la composition de son gnie autant d'imag9ation que de p5se2 tez ,rac9e la ligne qu'il a dans le /yle comme ,raphal1 ligne *a/e1 h>monieuse et discrte comme celle de ,raphal1 quoique d'un gt infrieur1 aussi pure1 mais mo9s gr&e1 aussi p>faite1 quoique mo9s sublime2 tez ,fnelon1 l'homme de son sicle qui a le mieux s5ti la beaut antique1 cette prose aussi mlodieuse et aussi s]e9e que le v]s de ,rac9e1 dont elle e/ soeur2 tez ,bossuet le magnifique port de tte de sa priode2 tez ,boileau sa manire sobre et grave1 admirablem5t colore qu& il le faut2 tez ,pascal ce /yle inv5t et ma?matique qui a tant de proprit dans le mot1 tant de logique dans la mtaphore2 tez ,voltaire cette prose claire1 solide1 inde/ructible1 cette prose de cri/al de ,c&ide et du ,dictionnaire philosophique2 tez t\s ces gr&s hommes cette simple et petite *ose1 le /yle2 et de ,voltaire1 de ,pascal1 de ,boileau1 de ,bossuet1 de ,fnelon1 de ,rac9e1 de ,corneille1 de ,la ,fonta9e1 de ,molire1 de ces matres1 que v\s re/]a-t-il8 ,n\s l'avons dit plus haut1 ce qui re/e d',homre aprs qu'il a pass p> ,bitaub4 ,c'e/ le /yle qui fait la dure de l'oeuvre et l'immortalit du pote4 ,la belle expression embellit la belle p5se et la cons]ve2 c'e/ t\t la fois une p>ure et une armure4 ,le /yle sur l'ide1 c'e/ l'mail sur la d5t4 ,dans t\t gr& criva9 il doit y avoir un gr& grammairi51 comme un gr& algbri/e dans t\t gr& a/ronome4 ,pascal conti5t ,vaugelas2 ,lagrange conti5t ,bez\t4 ,aussi l'tude de la langue e/-elle auj\rd'hui1 autant que jamais1 la premire condition p\r t\t arti/e qui veut que son oeuvre naisse viable4 ,cela e/ admirablem5t compris ma9t5ant p> les n\velles gnrations littraires4 ,n\s voyons avec joie que les jeunes coles de pe9ture et de sculpture1 si haut places cette heure1 compr5n5t de leur ct combi5 e/ importante p\r elles aussi la sci5ce de leur langue1 qui e/ le dess94 ,le dess96 le dess96 c'e/ la loi premire de t\t art4 ,et ne croyez pas que cette loi retran*e ri5 la lib]t1 la fantaisie1 la nature4 ,le dess9 n'e/ ennemi ni de la *air1 ni de la c\leur4 ,quoi qu'en dis5t les exclusifs et les incomplets1 le dess9 ne fait ob/acle ni ,puget1 ni ,rub5s4 ,auj\rd'hui donc1 dans t\tes les directions de l'activit intellectuelle1 sculpture1 pe9ture ou posie1 que t\s ceux qui ne sav5t pas dess9]1 l'appr5n5t4 ,le /yle e/ la clef de l'av5ir4 ,sans le /yle et sans le dess91 v\s p\rrez avoir le succs du mom5t1 l'applaudissem5t1 le bruit1 la fanf>e1 les c\ronnes1 l'acclamation enivre des multitudes2 v\s n'aurez pas le vrai triomphe1 la vraie gloire1 la vraie conqute1 le vrai lauri]4 ,comme dit ,cicron1 insignia victoriae1 non victoriam4 ,svrit donc et gr&eur dans la =me2 et1 p\r que l'oeuvre soit complte1 gr&eur et svrit dans le fond4 ,telle e/ la loi actuelle de l'art2 s9on il aura peut-tre le prs5t1 mais il n'aura pas l'av5ir4 ,dans le drame surt\t1 le fond importe1 non mo9s c]tes que la =me4 ,et ici1 s'il n\s tait p]mis de n\s cit] n\s-mmes1 n\s transcririons ce que n\s disions il y a un an dans la prface d'une pice rcemm5t j\e3 ,l'auteur de ce drame sait combi5 c'e/ une gr&e et srieuse *ose que le ?tre2 il sait que le drame1 sans sortir des limites imp>tiales de l'art1 a une mission nationale1 une mission sociale1 une mission huma9e4 ,qu& il voit *aque soir ce peuple si intellig5t et si avanc1 qui a fait de ,p>is la cit c5trale du progrs1 s'entass] en f\le devant un rideau que sa p5se1 lui *tif pote1 va s\lev] le mom5t d'aprs1 il s5t combi5 il e/ peu de *ose1 lui1 devant tant d'att5te et de curiosit2 il s5t que si son tal5t n'e/ ri51 il faut que sa probit soit t\t2 il s'int]roge avec svrit et recueillem5t sur la porte philosophique de son oeuvre2 c> il se sait responsable1 et il ne veut pas que cette f\le puisse lui dem&] compte un j\r de ce qu'il lui aura enseign4 ,le pote aussi a *>ge d'mes4 ,il ne faut pas que la multitude sorte du ?tre sans emport] avec elle quelque moralit au/re et pr(onde4 ,aussi espre-t-il bi51 ,dieu aidant1 ne dvelopp] jamais sur la scne 7du mo9s tant que dur]ont les temps srieux o n\s sommes7 que des *oses ple9es de leons et de conseils4 ,il f]a t\j\rs app>atre volonti]s le c]cueil dans la salle du banquet1 la prire des morts trav]s les refra9s de l'orgie1 la cag\le ct du masque4 ,il laiss]a quelquefois le c>naval dbraill *ant] tue-tte sur l'avant-scne2 mais il lui cri]a du fond du ?tre3 ,mem5to quia pulvis es6 ,il sait bi5 que l'art seul1 l'art pur1 l'art proprem5t dit n'exige pas t\t cela du pote2 mais il p5se qu'au ?tre surt\t1 il ne suffit pas de remplir seulem5t les conditions de l'art4 ,le ?tre1 n\s le rptons1 e/ une *ose qui enseigne et qui civilise4 ,dans nos temps de d\te et de curiosit1 le ?tre e/ dev5u p\r les multitudes ce qu'tait l'glise au moy5 ge1 le lieu attrayant et c5tral4 ,tant que ceci dur]a1 la fonction du pote dramatique s]a plus qu'une magi/rature et presque un sac]doce4 ,il p\rra faillir comme homme2 comme pote1 il devra tre pur1 digne et srieux4 ,dsormais1 notre avis1 au po9t de maturit o cette poque e/ v5ue1 l'art1 quoi qu'il fasse1 dans ses fantaisies les plus flottantes et les plus *eveles1 dans ses calques les plus svres de la nature1 dans ses crations les plus *afaudes sur des rves hors du possible et du rel1 dans ses plus dlicates explorations de la mtaphysique du coeur1 dans ses plus l>ges pe9tures de la passion1 de la passion *aude1 vivante et irrfl*ie2 l'art1 et en p>ticuli] le drame1 qui e/ auj\rd'hui son expression la plus puissante et la plus saisissable t\s1 doit avoir sans cesse prs5te1 comme un tmo9 au/re de ses travaux1 la p5se du temps o n\s vivons1 la responsabilit qu'il enc\rt1 la rgle que la f\le dem&e et att5d de p>t\t1 la p5te des ides et des vnem5ts sur laquelle notre poque e/ lance1 la p]turbation fatale qu'un p\voir spirituel mal dirig p\rrait caus] au milieu de cet ensemble de =ces qui labor5t en commun1 les unes au gr& j\r1 les autres dans l'ombre1 notre civilisation future4 ,l'art d' prs5t ne doit plus *]*] seulem5t le beau1 mais encore le bi54 ,ce n'e/ pas d'ailleurs que n\s soyons le mo9s du monde p>tisan de l'utilit directe de l'art1 ?orie purile mise dans ces d]ni]s temps p> des sectes philosophiques qui n'avai5t pas tudi le fond de la "q4 ,le drame1 oeuvre d'av5ir et de dure1 ne peut que t\t p]dre se faire le prdicateur immdiat des trois ou quatre vrits d'occasion que la polmique des p>tis met la mode t\s les c9q ans4 ,les p>tis ont beso9 d'enlev] une position politique4 ,ils pr5n5t les deux ou trois ides qui leur sont ncessaires p\r cela1 et avec ces ides ils creus5t le sol nuit et j\r aut\r du p\voir4 ,c'e/ un sige en rgle4 ,la tran*e1 les paulem5ts1 la sape et la m9e4 ,un beau j\r les p>tis donn5t l'assaut comme en juillet #aghi1 ou le p\voir fait une sortie comme en juillet #ahcj1 et la position e/ prise4 ,une fois la =t]esse enleve1 les travaux du sige sont ab&onns1 bi5 ent5du2 ri5 ne p>at plus inutile1 plus draisonnable et plus absurde que les travaux d'un sige qu& la ville e/ prise2 on comble les tran*es1 la *>rue passe sur les sapes1 et les fameuses vrits politiques qui avai5t s]vi b\lev]s] t\te cette pla9e1 vieux outils1 sont jetes l et oublies t]re jusqu' ce qu'un hi/ori5 *]*eur ait la bont de les ramass] et de les class] dans sa collection des erreurs et des illusions de l'humanit4 ,si quelque oeuvre d'art a eu le malheur de faire cause commune avec les vrits politiques1 et de se ml] elles dans le combat1 tant pis p\r l'oeuvre d'art2 aprs la victoire elle s]a hors de s]vice1 rejete comme le re/e1 et ira se r\ill] dans le tas4 ,disons-le donc bi5 haut1 t\tes les l>ges et t]nelles vrits qui con/itu5t *ez t\s les peuples et dans t\s les temps le fond mme des s5tim5ts huma9s1 voil la matire premire de l'art1 de l'art immortel et div92 mais il n'y a pas de matriaux p\r lui dans ces con/ructions expdi5tes que la /ratgie des p>tis multiplie1 selon ses beso9s1 sur le t]ra9 de la petite gu]re politique4 ,les ides utiles ou vraies un j\r ou deux1 avec lesquelles les p>tis enlv5t une position1 ne con/itu5t pas plus un sy/me coordonn de vrits sociales ou philosophiques1 que les zigzags et les p>allles qui ont s]vi =c] une citadelle ne sont des rues et des *em9s4 ,le produit le plus notable de l'art utile1 de l'art enrl1 discipl9 et assaillant1 de l'art pr5ant fait et cause dans le dtail des qu]elles politiques1 c'e/ le drame pamphlet du dix-huitime sicle1 la tragdie philosophique1 pome biz>re o la tirade ob/rue le dialogue1 o la maxime remplace la p5se2 oeuvre de drision et de colre qui s'v]tue t\rdim5t battre en br*e une socit dont les ru9es l'ent]r]ont4 ,c]tes1 bi5 de l'esprit1 bi5 du tal5t1 bi5 du gnie a t dp5s dans ces drames faits exprs qui ont dmoli la ,ba/ille2 mais la po/rit ne s'en inquit]a pas4 ,c'e/ une pauvre besogne ses yeux que d'avoir mis en tragdies la prface de l',encyclopdie4 ,la po/rit s'occup]a mo9s encore de la tragdie politique de la re/auration1 qu'a eng5dre la tragdie philosophique du dix-huitime sicle1 comme la maxime a eng5dr l'allusion4 ,t\t cela a t =t applaudi de son temps1 et e/ =t oubli du ntre4 ,il faut1 aprs t\t1 que l'art soit son propre b lui-mme1 et qu'il enseigne1 qu'il moralise1 qu'il civilise1 et qu'il difie *em9 faisant1 mais sans se dt\rn]1 et t\t en allant devant lui4 ,plus il s]a imp>tial et calme1 plus il ddaign]a le passag] des que/ions politiques quotidi5nes1 plus il s'adapt]a gr&em5t l'homme de t\s les temps et de t\s les lieux2 plus il aura la =me de l'av5ir4 ,ce n'e/ pas en se passionnant petitem5t p\r ou contre tel p\voir ou tel p>ti qui a deux j\rs vivre1 que le crateur dramatique agira puissamm5t sur son sicle et sur ses contempora9s4 ,c'e/ p> des pe9tures vraies de la nature t]nelle que *acun porte en soi2 c'e/ en n\s pr5ant1 v\s1 moi1 n\s1 eux t\s1 p> nos irrsi/ibles s5tim5ts de pre1 de fils1 de mre1 de frre et de soeur1 d'ami et d'ennemi1 d'amant et de matresse1 d'homme et de femme2 c'e/ en mlant la loi de la provid5ce au jeu de nos passions2 c'e/ en n\s montrant d'o vi5n5t le bi5 et le mal moral1 et o ils mn5t2 c'e/ en n\s faisant rire et pleur] sur des *oses qui n\s ressembl5t1 quoique s\v5t plus gr&es1 plus *oisies et plus idales que n\s2 c'e/ en sondant avec le speculum du gnie notre consci5ce1 nos op9ions1 nos illusions1 nos prjugs2 c'e/ en remuant t\t ce qui e/ dans l'ombre au fond de nos entrailles2 en un mot1 c'e/ en jetant1 tantt p> des rayons1 tantt p> des clairs1 de l>ges j\rs sur le coeur huma91 ce *aos d'o le fiat lux du pote tire un monde6--,c'e/ a9si1 et pas autrem5t4--,et1 n\s le rptons1 plus le crateur dramatique s]a pr(ond1 ds9tress1 gnral et univ]sel dans son oeuvre1 mieux il accomplira sa mission et prs des contempora9s et prs de la po/rit4 ,plus le po9t de vue du pote ira s'l>gissant1 plus le pote s]a gr& et vraim5t utile l'humanit4 ,n\s compr5ons l'enseignem5t du pote dramatique plutt comme ,molire que comme ,voltaire1 plutt comme ,%akespe>e que comme ,molire4 ,n\s prfrons ,t>tuffe ,mahomet2 n\s prfrons ,iago ,t>tuffe4 ,a mesure que v\s passez d'un de ces trois potes l'autre1 voyez comme l'horizon s'agr&it4 ,voltaire p>le un p>ti1 ,molire p>le la socit1 ,%akespe>e p>le l'homme4 ,potes dramatiques1 c'e/ un homme bi5 conva9cu qui v\s conseille ici1 que ceux d'entre v\s qui s5t5t en eux quelque *ose de puissant1 de gnreux et de =t1 se mett5t au-dessus des ha9es de p>ti1 au-dessus mme de leurs propres petites ha9es p]sonnelles1 s'ils en ont4 ,ne soyez ni de l'opposition ni du p\voir1 soyez de la socit1 comme ,molire1 et de l'humanit comme ,%akespe>e4 ,ne pr5ez "p aux rvolutions matrielles que p> les rvolutions intellectuelles4 ,n'ameutez pas des passions d'un j\r aut\r de votre oeuvre immortelle4 ,puisez pr(ondm5t vos tragdies dans l'hi/oire1 dans l'inv5tion1 dans le pass1 dans le prs5t1 dans votre coeur1 dans le coeur des autres1 et laissez de mo9s dignes le drame de libelle1 de p]sonnalit et de sc&ale1 comme v\s laissez aux fabricants de littrature le drame de pacotille1 le drame-m>*&ise1 le drame prtexte dcorations4 ,que votre oeuvre soit haute et gr&e1 et vivante1 et fconde1 et aille t\j\rs au fond des mes4 ,la belle gloire de c\rtis] des op9ions qui se laiss5t faire1 bi5 ent5du1 et qui v\s donn5t un applaudissem5t p\r une c>esse6 ,inspirez-v\s donc plutt1 si v\s v\lez la vraie r5omme et la vraie puissance1 des passions purem5t huma9es1 qui sont t]nelles1 que des passions politiques1 qui sont passagres4 ,soyez plus fi]s d'un v]s prov]be que d'un v]s coc>de4 ,attir] la f\le un drame comme l'oiseau un miroir2 passionn] la multitude aut\r de la glorieuse fantaisie du pote1 et faire oubli] au peuple le g\v]nem5t qu'il a p\r l'in/ant1 faire pleur] les femmes sur une femme1 les mres sur une mre1 les hommes sur un homme2 montr]1 qu& l'occasion s'en prs5te1 le beau moral s\s la dif=mit physique2 pntr] s\s t\tes les surfaces p\r extraire l'ess5ce de t\t2 donn] aux gr&s le respect des petits et aux petits la mesure des gr&s2 enseign] qu'il y a s\v5t un peu de mal dans les meilleurs et presque t\j\rs un peu de bi5 dans les pires1 et1 p> l1 inspir] aux mauvais l'esprance et l'indulg5ce aux bons2 t\t ram5]1 dans les vnem5ts de la vie possible1 ces gr&es lignes provid5tielles ou fatales entre lesquelles se meut la lib]t huma9e2 pr(it] de l'att5tion des masses p\r leur enseign] leur insu1 trav]s le plaisir que v\s leur donnez1 les sept ou huit gr&es vrits sociales1 morales ou philosophiques1 sans lesquelles elles n'aurai5t pas l'intellig5ce de leur temps2 voil1 notre avis1 p\r le pote1 la vraie utilit1 la vraie influ5ce1 la vraie collaboration dans l'oeuvre civilisatrice4 ,c'e/ p> cette voie magnifique et l>ge1 et non p> la tracass]ie politique1 qu'un art devi5t un p\voir4 ,af9 d'atte9dre ce b1 il importe que le ?tre cons]ve des proportions gr&es et pures4 ,il ne faut pas que le drame du sicle de ,napolon ait une configuration mo9s augu/e que la tragdie de ,l\is ,,xiv4 ,son influ5ce sur les masses d'ailleurs s]a t\j\rs en raison directe de sa propre lvation et de sa propre dignit4 ,plus le drame s]a plac haut1 plus il s]a vu de lo94 ,c'e/ p\rquoi1 disons-le ici en passant1 il e/ s\hait] que les hommes de tal5t n'oubli5t pas l'excell5ce du gr&iose et de l'idal dans t\t art qui s'adresse aux masses4 ,les masses ont l'in/9ct de l'idal4 ,sans d\te c'e/ un des pr9cipaux beso9s du pote contempora9 de pe9dre la socit contempora9e1 et ce beso9 a dj produit de notables ouvrages2 mais il faut se g>d] de faire prvaloir sur le haut drame univ]sel la prosaque tragdie de b\tique et de salon1 pde/re1 laide1 manire1 pileptique1 s5tim5tale et pleureuse4 ,le b\rgeois n'e/ pas le populaire4 ,ne dgr+olons pas de ,%akespe>e ,kotzebue4 ,l'art e/ gr&4 ,quel que soit le sujet qu'il traite1 qu'il s'adresse au pass ou au contempora91 lors mme qu'il mle le rire et l'ironie au gr\pe svre des vices1 des v]tus1 des crimes et des passions1 l'art doit tre grave1 c&ide1 moral et religieux4 ,au ?tre surt\t1 il n'y a que deux *oses auxquelles l'art puisse dignem5t ab\tir4 ,dieu et le peuple4 ,dieu d'o t\t vi5t1 le peuple o t\t va2 ,dieu qui e/ le pr9cipe1 le peuple qui e/ la f94 ,dieu manife/ au peuple1 la provid5ce explique l'homme1 voil le fond un et simple de t\te tragdie1 depuis ,o$ipe roi jusqu' ,macbe?4 ,la provid5ce e/ le c5tre des drames comme des *oses4 ,dieu e/ le gr& milieu4 ,deus c5trum et locus r]um1 dit ,filesac4 ,en se con=mant aux div]ses lois que n\s v5ons d'numr]1 avec le regret de ne p\voir1 faute de temps1 dvelopp] davantage nos ides1 on compr5dra que la mission du ?tre peut tre gr&e dans l'poque o n\s vivons4 ,c'e/ une belle t*e de ram5] t\te une socit des passions artificielles aux passions naturelles4 ,le drame1 tel que n\s le concevons1 tel que les gnrations n\velles n\s le donn]ont1 suivra une srie de progrs et d'av5ir si irrsi/ible qu'il pr5dra peu de s\ci des *utes et des succs1 accid5ts mom5tans qui n'import5t qu'au bonheur temporel du pote et qui ne dcid5t jamais le fond des que/ions4 ,lo9 de l1 il gr&ira s\v5t plus p> un rev]s que p> une victoire4 ,le drame que veut notre temps s]a bi5 plac vis--vis du peuple1 bi5 plac vis--vis du p\voir4 ,il ne se laiss]a t] sa lib]t ni p> la f\le que la mode entrane quelquefois1 ni p> les g\v]nem5ts qu'un gsme mesqu9 conseille trop s\v5t4 ,sr de sa consci5ce1 =t de sa dignit1 il saura dans l'occasion dire son fait au p\voir1 si le p\voir tait assez gau*e et assez maladroit p\r se laiss] repr5dre en flagrant dlit de c5sure comme cela lui e/ arriv il y a dix-huit mois1 l'poque de la *ute d'une pice intitule le ,roi s'amuse4 ,a9si1 p\r rsum] ce que n\s avons dit1 gr&eur et svrit dans l'int5tion1 gr&eur et svrit dans l'excution1 voil les conditions selon lesquelles doit se dvelopp]1 s'il veut vivre et rgn]1 le drame contempora94 ,moral p> le fond4 ,littraire p> la =me4 ,populaire p> la =me et p> le fond4 ,et puisqu'il rsulte de t\t ce que n\s v5ons d'crire que l'art et le ?tre doiv5t tre populaires1 qu'on n\s p]mette1 p\r t]m9]1 d'expliqu] en deux mots notre p5se1 t\t en dcl>ant que p> cette explication n\s ne prt5dons infirm] ni re/re9dre ri5 de ce que n\s avons dit plus haut4 ,sans d\te la popul>it e/ le complm5t magnifique des conditions d'un art bi5 rempli2 mais1 en ceci comme en t\t1 qui n'a que la popul>it n'a ri54 ,et puis1 entre popul>it et popul>it il faut di/+u]4 ,il y a une popul>it misrable qui n'e/ dvolue qu'au banal1 au trivial1 au commun4 ,ri5 de plus populaire en ce s5s que la *anson ,au clair de la lune et ,ah6 qu'on e/ fi] d'tre franais6 ,cette popul>it n'e/ que de la vulg>it4 ,l'art la ddaigne4 ,l'art ne re*]*e l'influ5ce populaire sur les contempora9s qu'autant qu'il peut l'obt5ir en re/ant dans ses conditions d'art4 ,et si p> has>d cette influ5ce lui e/ refuse1 ce qui e/ r>e en t\t temps et en p>ticuli] impossible dans le ntre1 il y a p\r lui une autre popul>it qui se =me du suffrage successif du petit nombre d'hommes d'lite de *aque gnration2 =ce de sicles1 cela fait une f\le aussi2 c'e/ l1 il faut bi5 le dire1 le vrai peuple du gnie4 ,en fait de masses1 le gnie s'adresse encore plus aux sicles qu'aux multitudes1 aux agglomrations d'annes qu'aux agglomrations d'hommes4 ,cette l5te conscration des temps fait ces gr&s noms1 s\v5t moqus des contempora9s1 cela e/ vrai1 mais que la f\le1 un j\r v5u1 accepte1 subit et ne discute plus4 ,peu d'hommes dans *aque gnration lis5t avec intellig5ce ,homre1 ,dante1 ,%akespe>e2 t\s s'incl95t devant ces colosses4 ,les gr&s hommes sont de hautes montagnes dont la cime re/e inhabite1 mais dom9e t\j\rs l'horizon4 ,villes1 coll9es1 pla9es1 *>rues1 cabanes1 sont au bas4 ,depuis c9quante ans1 d\ze hommes seulem5t ont gravi au haut du mont ,blanc4 ,combi5 peu d'esprits sont monts sur le sommet de ,dante et de ,%akespe>e6 ,combi5 peu de reg>ds ont pu contempl] l'imm5se mappemonde qui se dc\vre de ces hauteurs6 ,qu'importe6 t\s les yeux n'en sont pas mo9s t]nellem5t fixs ces po9ts culm9ants du monde intellectuel1 montagnes dont la cime e/ si haute que le d]ni] rayon des sicles depuis longtemps c\*s d]rire l'horizon y respl5dit encore6 ,,j\rnal ,,des ,,id,,es ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,lectures ,d',,un ,,jeune ,,jacobite ,,de #ahai ,,hi/oire ,*ez les anci5s1 l'occupation d'crire l'hi/oire tait le dlassem5t des gr&s hommes hi/oriques2 c'tait ,xnophon1 *ef des ,dix mille2 c'tait ,tacite1 pr9ce du snat4 ,*ez les mod]nes1 comme les gr&s hommes hi/oriques ne savai5t pas lire1 il fallut que l'hi/oire se laisst crire p> des lettrs et des savants1 g5s qui n'tai5t savants et lettrs que p>ce qu'ils tai5t re/s t\te leur vie trang]s aux intrts de ce bas monde1 c'e/--dire l'hi/oire4 ,de l1 dans l'hi/oire1 telle que les mod]nes l'ont crite1 quelque *ose de petit et de peu intellig5t4 ,il e/ rem>qu] que les premi]s hi/ori5s anci5s crivir5t d'aprs des traditions1 et les premi]s hi/ori5s mod]nes d'aprs des *roniques4 ,les anci5s1 crivant d'aprs des traditions1 suivir5t cette gr&e ide morale qu'il ne suffisait pas qu'un homme et vcu ou mme qu'un sicle et exi/ p\r qu'il ft de l'hi/oire1 mais qu'il fallait encore qu'il et lgu de gr&s exemples la mmoire des hommes4 ,voil p\rquoi l'hi/oire anci5ne ne languit jamais4 ,elle e/ ce qu'elle doit tre1 le tableau raisonn des gr&s hommes et des gr&es *oses1 et non pas1 comme on l'a v\lu faire de notre temps1 le regi/re de vie de quelques hommes1 ou le procs-v]bal de quelques sicles4 ,les hi/ori5s mod]nes1 crivant d'aprs des *roniques1 ne vir5t dans les livres que ce qui y tait1 des faits contradictoires rtablir et des dates concili]4 ,ils crivir5t en savants1 s'occupant beauc\p des faits et r>em5t des consqu5ces1 ne s't5dant pas sur les vnem5ts d'aprs l'intrt moral qu'ils tai5t susceptibles de prs5t]1 mais d'aprs l'intrt de curiosit qui leur re/ait encore1 eu g>d aux vnem5ts de leur sicle4 ,voil p\rquoi la plup>t de nos hi/oires comm5c5t p> des abrgs *ronologiques et se t]m95t p> des gazettes4 ,on a calcul qu'il faudrait huit c5ts ans un homme qui lirait quatorze heures p> j\r p\r lire seulem5t les ouvrages crits sur l'hi/oire qui se tr\v5t la ,biblio?que royale2 et p>mi ces ouvrages il faut en compt] plus de v+t mille1 la plup>t en plusieurs volumes1 sur la seule hi/oire de ,france1 depuis ,,mm4 ,roy\1 ,fant9-,dsodo>ds et ,anquetil1 qui ont donn des hi/oires compltes1 jusqu' ces braves *roniqueurs1 ,froiss>d1 ,com9es et ,jean de ,troyes1 p> lesquels n\s savons que ung tel j\r le roi e/oit malade1 et que ung tel autre j\r un homme se noya dans la ,se9e4 ,p>mi ces ouvrages1 il en e/ quatre gnralem5t connus s\s le nom des quatre gr&es hi/oires de ,france2 celle de ,dupleix1 qu'on ne lit plus2 celle de ,mz]ay1 qu'on lira t\j\rs1 non p>ce qu'il e/ aussi exact et aussi vrai que ,boileau l'a dit p\r la rime1 mais p>ce qu'il e/ orig9al et satirique1 ce qui vaut encore mieux p\r des lecteurs franais2 celle du ,p4 ,daniel1 jsuite1 fameux p> ses descriptions de batailles1 qui a fait en v+t ans une hi/oire o il n'y a d'autre mrite que l'rudition1 et dans laquelle le comte de ,b\la9vill]s ne tr\vait gure que dix mille erreurs2 et enf91 celle de ,vly1 cont9ue p> ,vill>et et p> ,g>ni]4 ,il y a des morceaux bi5 faits dans ,vly1 dit ,voltaire dont les jugem5ts sont prcieux2 on lui doit des loges et de la reconnaissance2 mais il faudrait avoir le /yle de son sujet1 et p\r faire une bonne hi/oire de ,france il ne suffit pas d'avoir du disc]nem5t et du gt4 ,vill>et1 qui avait t comdi51 crit d'un /yle prt5tieux et amp\l2 il fatigue p> une affectation cont9uelle de s5sibilit et d'n]gie2 il e/ s\v5t inexact et r>em5t imp>tial4 ,g>ni]1 plus raisonnable1 plus in/ruit1 n'e/ gure meilleur criva92 sa manire e/ t]ne1 son /yle e/ l*e et prolixe4 ,il n'y a entre ,g>ni] et ,vill>et que la diffr5ce du mdiocre au pire1 et si la premire condition de vie p\r un ouvrage doit tre de se faire lire1 le travail de ces deux auteurs peut tre ju/e titre reg>d comme non av5u4 ,au re/e1 crire l'hi/oire d'une seule nation1 c'e/ oeuvre incomplte1 sans t5ants et sans ab\tissants1 et p> consqu5t manque et dif=me4 ,il ne peut y avoir de bonnes hi/oires locales que dans les comp>tim5ts bi5 proportionns d'une hi/oire gnrale4 ,il n'y a que deux t*es dignes d'un hi/ori5 dans ce monde1 la *ronique1 le j\rnal1 ou l'hi/oire univ]selle4 ,tacite ou ,bossuet4 ,s\s un po9t de vue re/re9t1 ,com9es a crit une assez bonne hi/oire de ,france en six lignes3 ,dieu n'a cr aucune *ose en ce monde1 ny hommes1 ny be/es1 qui il n'ait fait quelque *ose son contraire1 p\r la t5ir en cra9te et en humilit4 ,c'e/ p\rquoi il a fait ,france et ,anglet]re vois9es4 ,la ,france1 l',anglet]re et la ,russie sont de nos j\rs les trois gants de l',europe4 ,depuis nos rc5tes commotions politiques1 ces colosses ont *acun une attitude p>ticulire2 l',anglet]re se s\ti5t1 la ,france se relve1 la ,russie se lve4 ,ce d]ni] empire1 jeune encore au milieu du vieux cont95t1 gr&it depuis un sicle avec une rapidit s+ulire4 ,son av5ir e/ d'un poids imm5se dans nos de/9es4 ,il n'e/ pas impossible que sa b>b>ie vi5ne un j\r retremp] notre civilisation1 et le sol russe semble t5ir en rs]ve des populations sauvages p\r nos rgions polices4 ,cet av5ir de la ,russie1 si important auj\rd'hui p\r l',europe1 donne une haute importance son pass4 ,p\r bi5 dev9] ce que s]a ce peuple1 on doit tudi] soigneusem5t ce qu'il a t4 ,mais ri5 de plus difficile qu'une p>eille tude4 ,il faut m>*] comme p]du au milieu d'un *aos de traditions confuses1 de rcits incomplets1 de contes1 de contradictions1 de *roniques tronques4 ,le pass de cette nation e/ aussi tnbreux que son ciel1 et il y a des ds]ts dans ses annales comme dans son t]ritoire4 ,ce n'e/ donc pas une *ose aise faire qu'une bonne hi/oire de ,russie4 ,ce n'e/ pas une mdiocre entreprise que de trav]s] cette nuit des temps1 p\r all]1 p>mi tant de faits et de rcits qui se crois5t et se heurt5t1 la dc\v]te de la vrit4 ,il faut que l'criva9 saisisse h>dim5t le fil de ce ddale2 qu'il en dbr\ille les tnbres2 que son rudition laborieuse jette de vives lumires sur t\tes les sommits de cette hi/oire4 ,sa critique consci5cieuse et savante aura so9 de rtablir les causes en comb9ant les rsultats4 ,son /yle fix]a les physionomies1 encore indcises1 des p]sonnages et des poques4 ,c]tes1 ce n'e/ po9t une t*e facile de remettre flot et de faire repass] s\s nos yeux t\s ces vnem5ts depuis si longtemps disp>us du c\rs des sicles4 ,l'hi/ori5 devra1 ce n\s semble1 p\r tre complet1 donn] un peu plus d'att5tion qu'on ne l'a fait jusqu'ici l'poque qui prcde l'invasion des t>t>es1 et consacr] t\t un volume peut-tre l'hi/oire de ces tribus vagabondes qui reconnaiss5t la s\v]a9et de la ,russie4 ,ce travail jett]ait sans d\te un gr& j\r sur l'anci5ne civilisation qui a probablem5t exi/ dans le nord1 et l'hi/ori5 p\rrait s'y aid] des savantes re*]*es de ,m4 ,klapro?4 ,lvesque a dj racont1 il e/ vrai1 en deux volumes aj\ts son long ouvrage1 l'hi/oire de ces peuplades tributaires2 mais cette matire att5d encore un vritable hi/ori54 ,il faudrait aussi trait] avec plus de dveloppem5t que ,lvesque1 et surt\t avec plus de s9crit1 c]ta9es poques d'un gr& intrt1 comme le rgne fameux de ,ca!r9e4 ,l'hi/ori5 digne de ce nom fltrirait avec le f] *aud de ,tacite et la v]ge de ,juvnal cette c\rtisane c\ronne1 laquelle les alti]s sophi/es du d]ni] sicle avai5t v\ un culte qu'ils refusai5t leur dieu et leur roi2 cette re9e rgicide1 qui avait *oisi p\r ses tableaux de b\doir un massacre#a et un inc5die#b4 ,sans nul d\te1 une bonne ,hi/oire de ,russie veill]ait vivem5t l'att5tion4 ,les de/9s futurs de la ,russie sont auj\rd'hui le *amp ouv]t t\tes les mditations4 ,ces t]res du sept5trion ont dj plusieurs fois jet le torr5t de leurs peuples trav]s l',europe4 ,les franais de ce temps ont vu1 entre autres m]veilles1 patre dans les gazons des ,tuil]ies des *evaux qui avai5t c\tume de br\t] l'h]be au pi$ de la gr&e muraille de la ,*9e2 et des vicissitudes in\es dans le c\rs des *oses ont rduit de nos j\rs les nations mridionales adress] un autre ,alex&re le voeu de ,diogne3 ,retire-toi de notre soleil4 ,il y aurait un livre curieux faire sur la condition des juifs au moy5 ge4 ,ils tai5t bi5 has1 mais ils tai5t bi5 odieux2 ils tai5t bi5 mpriss1 mais ils tai5t bi5 vils4 ,le peuple dicide tait aussi un peuple voleur4 ,malgr les avis du rabb9 ,becca#c1 ils ne se faisai5t aucun scrupule de pill] les naz>ens1 a9si qu'ils nommai5t les *rti5s2 aussi tai5t-ils s\v5t les victimes de leur propre cupidit4 ,dans la premire expdition de ,pi]re l',h]mite1 des croiss1 emports p> le zle1 fir5t le voeu d'gorg] t\s les juifs qui se tr\v]ai5t sur leur r\te1 et ils le remplir5t4 ,cette excution tait une reprsaille sanglante des bibliques massacres commis p> les juifs4 ,su>ez obs]ve seulem5t que les hbreux avai5t s\v5t gorg leurs vois9s p> une pit bi5 ent5due1 et que les croiss massacrai5t les hbreux p> ,,une ,,pi,t ,,mal ,,ent5due4 ,voil un *antillon de ha9e2 voici un *antillon1 de mpris4 ,en #abfb1 une mmorable confr5ce eut lieu devant le roi et la re9e d',aragon1 entre le savant rabb9 ,z*iel et le frre ,paul ,ciriaque1 dom9ica9 trs rudit4 ,qu& le docteur juif eut cit le ,toldos ,jes*ut1 le ,t>gum1 les ar*ives du ,sanhdr91 le ,nissa*\ ,vetus1 le ,talmud1 etc41 la re9e f9it la dispute en lui dem&ant p\rquoi les juifs puai5t4 ,il e/ vrai que cette ha9e et ce mpris s'affaiblir5t avec le temps4 ,en #afhg1 on imprima les controv]ses de l'isralite ,orobio et de l'armni5 ,philippe ,limbor*1 dans lesquelles le rabb9 prs5te des objections au trs illu/re et trs savant *rti51 et o le *rti5 rfute les ass]tions du trs savant et trs illu/re juif4 ,on vit dans le mme dix-septime sicle le pr(esseur ,rittangel1 de ,ko5igsb]g1 et ,anto9e1 m9i/re *rti5 ,g5ve1 embrass] la loi mosaque2 ce qui pr\ve que la prv5tion contre les juifs n'tait plus aussi =te cette poque4 ,auj\rd'hui1 il y a =t peu de juifs qui soi5t juifs1 =t peu de *rti5s qui soi5t *rti5s4 ,on ne mprise plus1 on ne hait plus1 p>ce qu'on ne croit plus4 ,imm5se malheur6 ,jrusalem et ,salomon1 *oses mortes1 ,rome et ,grgoire ,,vii1 *oses mortes4 ,il y a ,p>is et ,voltaire4 ,l'homme masqu1 qui se fit si longtemps pass] p\r dieu dans la prov9ce de ,khorassan1 avait d'abord t greffi] de la *ancell]ie d',ab\ ,moslem1 g\v]neur de ,khorassan1 s\s le khalife ,almanzor4 ,d'aprs l'auteur du ,lobbt>ikh1 il se nommait ,hakem ,b5 ,has*em4 ,s\s le rgne du khalife ,mahadi1 troisime abasside1 v]s l'an #afj de l'hgire1 il se fit soldat1 puis dev9t capita9e et *ef de secte4 ,la cicatrice d'un f] de fl*e ayant r5du son visage hideux1 il prit un voile et fut surnomm ,burci1 voil4 ,ses adorateurs tai5t conva9cus que ce voile ne s]vait qu' leur ca*] la spl5deur f\droyante de son visage4 ,khondemir1 qui s'accorde avec ,b5 ,s*ahnah p\r le nomm] ,hakem ,b5 ,a?a1 lui donne le titre de ,mocann1 masqu1 en arabe1 et prt5d qu'il portait un masque d'or4 ,obs]vons1 en passant1 qu'un pote irl&ais contempora9 a *ang le masque d'or en un voile d'arg5t4 ,ab\ ,giaf> al ,?ab>i donne un expos de sa doctr9e4 ,cep5dant1 la rbellion de cet impo/eur dev5ant de plus en plus inquitante1 ,mahadi envoya sa r5contre l'mir ,abusid qui dfit le ,prophte-,voil1 le *assa de ,mr\ et le =a se r5f]m] dans ,nekhs*eb1 o il tait n et o il devait m\rir4 ,l'impo/eur1 assig1 ranima le c\rage de son arme fanatique p> des miracles qui sembl5t encore incroyables4 ,il faisait sortir1 t\tes les nuits1 du fond d'un puits1 un globe lum9eux qui1 suivant ,khondemir1 jetait sa cl>t plusieurs milles la ronde2 ce qui le fit surnomm] ,saz5dh ,mah1 le faiseur de lunes4 ,enf91 rduit au dsespoir1 il empoisonna le re/e de ses sides dans un banquet1 et1 af9 qu'on le crt remont au ciel1 il s'engl\tit lui-mme dans une cuve remplie de matires corrosives4 ,b5 ,s*ahnah assure que ses *eveux surnagr5t et ne fur5t pas consums4 ,il aj\te qu'une de ses concub9es1 qui s'tait ca*e p\r se drob] au poison1 survcut cette de/ruction gnrale1 et ouvrit les portes de ,nekhs*eb ,abusid4 ,le ,prophte-,masqu1 que d'ignorants *roniqueurs ont confondu avec le ,vieux de la ,montagne1 avait *oisi p\r ses drapeaux la c\leur blan*e1 en ha9e des abbassides dont l't5d>d tait noir4 ,sa secte subsi/a longtemps aprs lui1 et1 p> un capricieux has>d1 il y eut p>mi les turcomans une di/9ction de ,blancs et de ,noirs la mme poque o les ,bian*i et les ,n]i divisai5t l',italie en deux gr&es factions4 ,voltaire1 comme hi/ori51 e/ s\v5t admirable2 il laisse cri] les faits4 ,l'hi/oire n'e/ p\r lui qu'une longue gal]ie de mdailles d\ble empre9te4 ,il la rduit presque t\j\rs cette phrase de son ,essai sur les moeurs3 ,il y eut des *oses horribles1 il y en eut de ridicules4 ,en effet1 t\te l'hi/oire des hommes ti5t l4 ,puis il aj\te3 ,l'*anson ,montecuculli fut c>tel2 voil l'horrible4 ,*>les-,qu9t fut dcl> rebelle p> le p>lem5t de ,p>is2 voil le ridicule4 ,cep5dant1 s'il et crit soixante ans plus t>d1 ces deux expressions ne lui aurai5t plus suffi4 ,lorsqu'il aurait eu dit3 ,le roi de ,france et trois c5t mille citoy5s fur5t gorgs1 fusills1 noys444 ,la ,conv5tion nationale dcrta ,pitt et ,cob\rg ennemis du g5re huma94 ,quels mots aurait-il mis au-dess\s de p>eilles *oses8 ,un spectacle curieux1 ce s]ait celui-ci3 ,voltaire jugeant ,m>at1 la cause jugeant l'effet4 ,il y aurait p\rtant quelque inju/ice ne tr\v] dans les annales du monde qu'horreur et rire4 ,dmocrite et ,hraclite tai5t deux f\s1 et les deux folies runies dans le mme homme n'en f]ai5t po9t un sage4 ,voltaire mrite donc un repro*e grave2 ce beau gnie crivit l'hi/oire des hommes p\r lanc] un long s>casme contre l'humanit4 ,peut-tre n'et-il po9t eu ce tort s'il se ft born la ,france4 ,le s5tim5t national et m\ss la po9te amre de son esprit4 ,p\rquoi ne pas se faire cette illusion8 ,il e/ rem>qu] que ,hume1 ,tite-,live1 et en gnral les n>rateurs nationaux1 sont les plus bn9s des hi/ori5s4 ,cette bi5veillance1 quoique p>fois mal fonde1 atta*e la lecture de leurs ouvrages4 ,p\r moi1 bi5 que l'hi/ori5 cosmopolite soit plus gr& et plus mon gr1 je ne hais pas l'hi/ori5 patriote4 ,le premi] e/ plus selon l'humanit1 le second e/ plus selon la cit4 ,le conteur dome/ique d'une nation me *>me s\v5t1 mme dans sa p>tialit troite1 et je tr\ve quelque *ose de fi] qui me plat dans ce mot d'un arabe ,hagyage3 ,je ne sais que des hi/oires de mon pays4 ,voltaire a t\j\rs l'ironie sa gau*e et s\s sa ma91 comme les m>quis de son temps ont t\j\rs l'pe au ct4 ,c'e/ f91 brillant1 luisant1 poli1 joli1 c'e/ mont en or1 c'e/ g>ni en diamants1 mais cela tue4 ,il e/ des conv5ances de langage qui ne sont rvles l'criva9 que p> l'esprit de nation4 ,le mot b>b>es1 qui si$ un roma9 p>lant des gaulois1 sonn]ait mal dans la b\*e d'un franais4 ,un hi/ori5 trang] ne tr\v]ait jamais c]ta9es expressions qui s5t5t l'homme du pays4 ,n\s disons que ,h5ri ,,iv g\v]na son peuple avec une bont pat]nelle2 une inscription *9oise1 traduite p> les jsuites1 p>le d'un emp]eur qui rgna avec une bont mat]nelle4 ,nuance t\te *9oise et t\te *>mante4 #a3 ,le massacre des ,polonais dans le faub\rg de ,praga4 #b3 ,l'inc5die de la flotte ottomane dans la baie de ,t*esm4 ,ces deux pe9tures tai5t les seules qui dcorass5t le b\doir de ,ca!r9e4 #c3 ,ce sage docteur v\lait emp*] les juifs d'tre subjugus p> les *rti5s4 ,voici ses p>oles1 qu'on ne s]a peut-tre pas f* de retr\v]3 ,les sages df5d5t de prt] de l'arg5t un *rti51 de peur que le cranci] ne soit corrompu p> le dbiteur2 mais un juif peut emprunt] d'un *rti5 sans cra9te d'tre sduit p> lui1 c> le dbiteur vite t\j\rs son cranci]4 ,juif complet1 qui met l'expri5ce de l'usuri] au s]vice de la doctr9e du rabb94 ,a ,,un ,,hi/ori5 ,vos descriptions de bataille sont bi5 suprieures aux tableaux p\dreux et confus1 sans p]spective1 sans dess9 et sans c\leur1 que n\s a laisss ,mz]ay1 et aux int]m9ables bullet9s du ,p4 ,daniel2 t\tefois1 v\s n\s p]mettrez une obs]vation dont n\s croyons que v\s p\rrez pr(it] dans la suite de votre ouvrage4 ,si v\s v\s tes rappro* de la manire des anci5s1 v\s ne v\s tes pas encore assez dgag de la r\t9e des hi/ori5s mod]nes2 v\s v\s arrtez trop aux dtails1 et v\s ne v\s atta*ez pas assez pe9dre les masses4 ,que n\s importe1 en effet1 que ,brissac ait excut une *>ge contre d',&elot1 que ,lan\e ait t r5v]s de *eval1 et que ,montp5si] ait pass le ruisseau8 ,la plup>t de ces noms1 qui app>aiss5t l p\r la premire fois dans le c\rs de l'ouvrage1 jett5t de la confusion dans un endroit o l'auteur ne saurait tre trop clair1 et lorsqu'il devrait entran] l'esprit p> une succession rapide de tableaux4 ,le lecteur s'arrte *]*] quel p>ti tels ou tels noms app>ti5n5t1 p\r p\voir suivre le fil de l'action4 ,ce n'e/ po9t a9si qu'en usait ,polybe1 et aprs lui ,tacite1 les deux premi]s pe9tres de batailles de l'antiquit4 ,ces gr&s hi/ori5s comm5c5t p> n\s donn] une ide exacte de la position des deux armes p> quelque image s5sible tire de l'ordre physique2 l'arme tait range en demi-c]cle1 elle avait la =me d'un aigle aux ailes t5dues2 ensuite vi5n5t les dtails4 ,les espagnols =mai5t la premire ligne1 les africa9s la seconde1 les numides tai5t jets aux deux ailes1 les lphants m>*ai5t en tte1 etc4 ,mais1 n\s v\s le dem&ons v\s-mme1 si n\s lisions dans ,tacite3 ,vibul5us excute une *>ge contre ,ru/icus1 ,l5tulus e/ r5v]s de *eval1 ,civilis passe le ruisseau1 il s]ait trs possible que ce petit bullet9 et p>u trs clair et trs intressant aux contempora9s2 mais n\s d\tons =t qu'il et tr\v le mme degr de faveur auprs de la po/rit4 ,et c'e/ une erreur dans laquelle sont tombs la plup>t des hi/ori5s mod]nes2 l'habitude de lire les *roniques leur r5d famili]s les p]sonnages infrieurs de l'hi/oire1 qui ne doiv5t po9t y p>atre2 le dsir de t\t dire1 lorsqu'ils ne devrai5t dire que ce qui e/ intressant1 les leur fait employ] comme acteurs dans les occasions les plus importantes4 ,de l vi5t qu'ils n\s donn5t des descriptions qu'ils compr5n5t =t bi51 eux et les rudits1 p>ce qu'ils connaiss5t les masques1 mais dans lesquelles la plup>t des lecteurs1 qui ne sont pas obligs d'avoir lu les *roniques p\r p\voir lire l'hi/oire1 ne voi5t gure autre *ose que des noms et de l'ennui4 ,en gnral1 il ne faut dire la po/rit que ce qui peut l'intress]4 ,et p\r intress] la po/rit1 il ne suffit pas d'avoir bi5 excut une *>ge ou d'avoir t r5v]s de *eval1 il faut avoir combattu de la ma9 et des d5ts comme ,cyngire1 tre mort comme d',assas1 ou avoir embrass les piques comme ,v9kelri$4 ,,extrait ,,du ,,c\rri] ,,fran,,ais ,,du ,,jeudi #ad ,,septembhe #agib 7,,iv ,,de ,,la ,,lib]t74--,n #beg4 ,la municipalit d',h]espian1 dp>tem5t de l',hrault1 a signifi ,m4 ,franois1 son pa/eur1 qu'elle ent5dait l'av5ir avoir un cur qui ne ft pas clibataire4 ,le cur ,franois a rpondu d'une manire qui a surpass les esprances de ses p>oissi5s4 ,il ent5d1 lui1 avoir c9q enfants2 le premi] s'appell]a ,j4-,j4 ,r\sseau2 le second1 ,mirabeau2 le troisime1 ,ption2 le quatrime1 ,brissot2 le c9quime1 ,club-des-,jacob9s4 ,le bon cur lgu]a son patriotisme ses enfants1 et il les remettra aux so9s de la patrie qui veille sur t\s les citoy5s v]tueux4 ,,apr,s ,,une ,,lecture ,,du ,,moniteur ,pro?s et ,cye/ris1 vieux philosophes dont on ne p>le plus1 que je sa*e1 s\t9r5t jadis contradictoirem5t une ?se peu prs oublie de nos j\rs4 ,il s'agissait de savoir s'il tait possible l'homme de rire gorge dploye et de pleur] *audes l>mes t\t la fois4 ,cette qu]elle re/a sans dcision1 et ne fit que r5dre un peu plus irrconciliables les disciples d',hraclite et les sectateurs de ,dmocrite4 ,depuis #aghi1 la "q e/ rsolue affirmativem5t2 je connais un 9-folio qui opre ce phnomne1 et il e/ conv5able que la solution d'une dispute philosophique se tr\ve dans un 9-folio4 ,cet 9-folio e/ le ,moniteur4 ,v\s qui v\lez rire1 ouvrez le ,moniteur2 v\s qui v\lez pleur]1 ouvrez le ,moniteur2 v\s qui v\lez rire et pleur] t\t ensemble1 ouvrez encore le ,moniteur4 ,quelque bonne volont que l'on apporte jug] l'poque de notre rgnration1 on ne peut s'emp*] de tr\v] s+ulire la faon dont cet ge de raison prp>ait notre ge de lumires4 ,les acadmies1 collges des lettres1 tai5t dtruites2 les univ]sits1 sm9aires des sci5ces1 tai5t diss\tes2 les 9galits de gnie et de tal5t tai5t punies de mort1 comme les 9galits de rang et de =tune4 ,cep5dant il se tr\vait encore1 p\r clbr] la ru9e des arts1 des orateurs clos dans les tav]nes1 des potes vomis des *oppes4 ,sur nos ?tres1 d'o tai5t bannis les *efs-d'oeuvre1 on hurlait d'atroces rapsodies de circon/ance1 ou de dgtants loges des v]tus dites civiques4 ,je vi5s de tomb]1 en ouvrant le ,moniteur au has>d1 sur les spectacles du #d octobre #agic2 cette affi*e ju/ifie du re/e les rflexions qu'elle m'a suggres3 ,,?,,tre ,,de ,l',,op,,ra-,,comique ,,national4 ,la premire reprs5tation de la ,fte civique1 comdie en c9q actes4 --,,?,,tre ,,national4 ,la ,j\rne de ,m>a?on2 ou le ,triomphe de la ,lib]t1 pice hroque en quatre actes4 --,,?,,tre ,,du ,,vaudeville4 ,la ,mat9e et la ,veille villageoises2 le ,divorce2 l',union villageoise4 --,,?,,tre ,,du ,,lyc,e ,,des ,,arts4 ,le ,ret\r de la flotte nationale4 --,,?,,tre ,,de ,,la ,r,,publique4 ,le ,divorce t>t>e1 comdie en c9q actes4 --,,?,,tre ,,fran,,ais ,,comique ,,et ,,lyrique4 ,buzot1 roi du ,calvados4 ,en ces dix lignes littraires1 la rvolution e/ c>actrise4 ,des lois immorales dignem5t vantes dans d'immorales p>ades2 des opras-comiques sur les morts4 ,cep5dant je n'aurais po9t d pro/itu] le noble nom de potes aux auteurs de ces f>ces lugubres2 la guillot9e1 et non le ?tre1 tait alors p\r les potes4 ,aprs l'odieux vi5t le risible4 ,t\rnez la page4 ,v\s tes une sance des jacob9s4 ,en voici le db3 ,la section de la ,croix-,r\ge1 craignant que cette dnom9ation ne p]ptue le poison du fanatisme1 dcl>e au conseil qu'elle y sub/itu]a celle de la section du ,bonnet-,r\ge444 ,je prote/e que la citation e/ exacte4 ,veut-on la fois de l'atroce et du ridicule8 ,qu'on lise une lettre du reprs5tant ,dumont la ,conv5tion1 en date du #a;er octobre #agic3 ,citoy5s collgues1 je v\s m>quais1 il y a deux j\rs1 la cruelle situation dans laquelle se tr\vai5t les sans-culottes de ,b\logne1 et la crim9elle ge/ion des adm9i/rateurs et (fici]s municipaux4 ,je v\s en dis autant de ,montreuil1 et j'ai u en cette d]nire ville de mon excell5t remde--la guillot9e4--,aprs avoir a9si agi au gr de t\s les patriotes1 j'ai eu le d\x avantage d'ent5dre1 comme ,montreuil1 les cris rpts de vive la ,montagne6 ,qu>ante-quatre *>rettes ont emm5 devant moi les p]sonnes444 ,le ,moniteur1 livre si fcond en mditations1 e/ peu prs le seul avantage que n\s ayons retir de tr5te ans de malheurs4 ,notre rvolution de b\e et de sang a laiss un monum5t unique et indlbile1 un monum5t d'encre et de papi]4 ,l'h]m9e de premi] prsid5t du p>lem5t de ,p>is fut plus d'une fois ensanglante p> des meurtres populaires ou juridiques2 et l'hi/oire recueill]a ce fait s+uli]1 que le premi] titulaire de cette *>ge1 ,simon de ,bucy1 p\r qui elle fut in/itue en #addj1 et le d]ni] qui en fut revtu1 ,bo*>d de ,s>on1 fur5t t\s deux victimes des tr\bles rvolutionnaires4 ,fatalit digne de mditation6 ,t\t hi/ori5 qui se laisse faire p> l'hi/oire1 et qui n'en dom9e pas l'ensemble1 e/ infailliblem5t subm]g s\s les dtails4 ,s9dbad le m>91 ou je ne sais quel autre p]sonnage des ,mille et une ,nuits1 tr\va un j\r1 au bord d'un torr5t1 un vieill>d extnu qui ne p\vait pass]4 ,s9dbad lui prta le sec\rs de ses paules1 et le bonhomme s'y cramponnant alors avec une vigueur diabolique1 dev9t t\t c\p le plus imprieux des matres et le plus op9itre des cuy]s4 ,voil1 mon s5s1 le cas de t\t homme av5tureux qui s'avise de pr5dre le temps pass sur son dos p\r lui faire trav]s] le ,l?1 c'e/--dire d'crire l'hi/oire4 ,le qu9teux vieill>d lui trace1 avec une capricieuse m9utie1 une r\te tortueuse et difficile2 si l'esclave obx t\s ses c>ts1 et n'a pas la =ce de se faire un *em9 plus droit et plus c\rt1 il le noie malicieusem5t dans le fleuve4 ,,fragm5ts ,,de ,,critique ,a ,,propos ,d',,un ,,livre ,,politique ,,crit ,,p> ,,une ,,femme ,dcembre #ahai4 ,i ,le ,baile ,mol9o dem&ant un j\r au fameux ,ahm$ pa*a p\rquoi ,mahomet df5dait le v9 ses disciples3 ,p\rquoi il n\s le df5d8 s'cria le va9queur de ,c&ie2 c'e/ p\r que n\s tr\vions plus de plaisir le boire4 ,et en effet1 la df5se assaisonne4 ,c'e/ ce qui donne la po9te la sauce1 dit ,montaigne2 et1 depuis ,m>tial1 qui *antait sa matresse3 ,galla1 nega1 satiatur amor1 jusqu' ce gr& ,caton1 qui regretta sa femme qu& elle ne fut plus lui1 il n'e/ aucun po9t sur lequel les hommes de t\s les temps et de t\s les lieux se soi5t montrs aussi s\v5t les vrais et dignes enfants de la bonne ve4 ,je ne v\drais donc pas qu'on df5dt aux femmes d'crire2 ce s]ait en effet le vrai moy5 de leur faire pr5dre la plume t\tes4 ,bi5 au contraire1 je v\drais qu'on le leur ordonnt expressm5t1 comme ces savants des univ]sits d',allemagne1 qui remplissai5t l',europe de leurs doctes comm5taires1 et dont on n'ent5d plus p>l] depuis qu'il leur e/ enjo9t de faire un livre au mo9s p> an4 ,et en effet c'e/ une *ose bi5 rem>quable et bi5 peu rem>que1 que la progression effrayante suivant laquelle l'esprit fm99 s'e/ depuis quelque temps dvelopp4 ,s\s ,l\is ,,xiv1 on avait des amants1 et l'on traduisait ,homre2 s\s ,l\is ,,xv1 on n'avait plus que des amis1 et l'on comm5tait ,newton2 s\s ,l\is ,,xvi1 une femme s'e/ r5contre qui corrigeait ,montesquieu un ge o l'on ne sait encore que faire des robes une p\pe4 ,je le dem&e1 o en sommes-n\s8 o allons-n\s8 que n\s annonc5t ces prodiges8 quelles sont ces n\velles rvolutions qui se prp>5t8 ,il y a une ide qui me t\rm5te1 une ide qui n\s a s\v5t occups1 mes vieux amis et moi2 ide si simple1 si naturelle1 que si une *ose m'tonne1 c'e/ qu'on ne s'en soit pas encore avis1 dans un sicle o il semble que l'on s'avise de t\t et o les rcureurs de peuples en sont aux expdi5ts4 ,je songeais1 dis-je1 en voyant cette mancipation graduelle du sexe fm991 ce qu'il p\rrait arriv] s'il pr5ait t\t c\p fantaisie quelque =te tte de jet] dans la balance politique cette moiti du g5re huma91 qui jusqu'ici s'e/ cont5te de rgn] au co9 du feu et ailleurs4 ,et puis les femmes ne peuv5t-elles pas se lass] de suivre sans cesse la de/9e des hommes8 ,g\v]nons-n\s assez bi5 p\r leur t] l'esprance de g\v]n] mieux8 aim5t-elles assez peu la dom9ation p\r que n\s puissions raisonnablem5t espr] qu'elles n'en ai5t jamais l'envie8 ,en vrit1 plus je mdite et plus je vois que n\s sommes sur un abme4 ,il e/ vrai que n\s avons p\r n\s les canons et les bayonnettes1 et que les femmes n\s sembl5t sans gr&s moy5s de rvolte4 ,cela v\s rassure1 et moi1 c'e/ ce qui m'p\vante4 ,on connat cette inscription t]rible place p> ,fonseca sur la r\te de ,torre del ,greco3 ,po/]i1 po/]i1 ve/ra res agitur6 ,torre del ,greco n'e/ plus2 la pi]re prophtique e/ encore deb\t4 ,c'e/ a9si que je trace ces lignes1 dans l'espoir qu'elles s]ont lues1 s9on de mon sicle1 du mo9s de la po/rit4 ,il e/ bon que1 lorsque les malheurs que je prvois s]ont arrivs1 nos neveux sa*5t du mo9s que1 dans cette ,troie n\velle1 il exi/ait une ,cass&re1 ca*e dans un gr5i]1 rue ,mzires1 n #aj4 ,et s'il fallait1 aprs t\t1 que je dusse voir de mes yeux les hommes dev5us esclaves et l'univ]s tomb en qu5\ille1 je p\rrai du mo9s me faire honneur de ma sagacit2 et1 qui sait8 je ne s]ai peut-tre pas le premi] honnte homme qui se s]a consol d'un malheur public en songeant qu'il l'avait prdit4 ,,ii ,la politique1 disait ,*>les ,,xii1 c'e/ mon pe4 ,c'e/ l'art de tromp]1 p5sait ,ma*iavel4 ,selon ,mme de ,m----1 ce s]ait le moy5 de g\v]n] les hommes p> la prud5ce et la v]tu4 ,la premire df9ition e/ d'un f\1 la seconde d'un m*ant1 celle de ,mme de ,m---- e/ la seule qui soit d'un honnte homme4 ,c'e/ dommage qu'elle soit si vieille et que l'application en ait t si r>e4 ,aprs avoir tabli cette df9ition1 ,mme de ,m---- expose l'orig9e des socits4 ,jean-,jacques les fait comm5c] p> un planteur de pieux1 et ,vitruve p> un gr& v5t1 probablem5t p>ce que le sy/me de la famille tait trop simple4 ,avec ce bon s5s de la femme1 suprieur au gnie des philosophes1 ,mme de ,m---- se cont5te d'en *]*] le pr9cipe dans la nature de l'homme1 dans ses affections1 dans sa faiblesse1 dans ses beso9s4 ,t\t le passage dnote dans l'auteur beauc\p d'rudition et de sagacit4 ,il e/ curieux de voir une femme cit] t\r t\r ,locke et ,snque1 l',esprit des lois et le ,contrat social2 mais1 ce qui e/ encore plus rem>quable1 c'e/ l'acc5t de bonne foi et de raison auquel n\s n'tions plus acc\tums1 et qui contra/e si trangem5t avec le ton rogue et sauvage qu'ont adopt depuis quelque temps les prcepteurs du g5re huma94 ,l'auteur1 suivant la m>*e des ides1 s'occupe ensuite des *efs des socits4 ,on a beauc\p crit sur les devoirs des rois1 beauc\p plus que sur les devoirs des peuples4 ,il en a t des portraits d'un bon s\v]a9 comme de ces pyramides places sur le bord des r\tes du ,mexique1 o *aque voyageur se faisait un devoir d'apport] sa pi]re4 ,il n'y a si m9ce grimaud qui n'ait v\lu *>bonn] son t\r le matre des nations4 ,on dirait que les philosophes eux-mmes se sont tudis inv5t] de n\velles v]tus p\r les impos] aux pr9ces1 probablem5t p>ce que les pr9ces sont exposs plus de faiblesses que les autres hommes1 et comme si leur prs5t] un modle inimitable1 ce n'tait pas p> cela seul les disp5s] d'y atte9dre4 ,mme de ,m---- ne donne pas dans ce trav]s4 ,elle convi5t qu'un mon>que peut tre bon sans possd] p\r cela des qualits surhuma9es4 ,elle ne se s]t po9t non plus de l'idal d'une royaut p>faite p\r dcri] les royauts vivantes1 et ensuite des royauts vivantes p\r dcri] la royaut en elle-mme1 gr&e ptition de pr9cipes sur laquelle a r\l t\te la philosophie du dix-huitime sicle4 ,l'auteur cite1 comme r5f]mant t\tes les obligations d'un s\v]a91 l'in/ruction que ,gu/ave-,adolphe reut de son pre4 ,l'hi/oire fait m5tion de plusieurs in/ructions p>eilles laisses p> des rois leurs successeurs2 mais celle-ci a cela de rem>quable qu'elle e/ peut-tre la seule laquelle le successeur se soit con=m4 ,en voici quelques passages3 ,qu'il emploie t\tes ses f9esses et son indu/rie n'tre ni tromp ni trompeur4 ,qu'il sa*e que le sang de l'innoc5t rp&u1 et le sang du m*ant cons]v cri5t galem5t v5geance4 ,qu'il ne p>aisse jamais inquiet ni *agr91 si ce n'e/ lorsqu'un de ses bons s]viteurs s]a mort ou tomb dans quelque faute4 ,enf91 qu'en t\tes ses actions il se conduise de telle sorte qu'il soit av\ de ,dieu4 ,*>les ,,ix1 dans cette in/ruction1 glisse lgrem5t sur le dang] des flatteurs4 ,peut-tre les rois en s5t5t-ils mo9s les inconvni5ts que leurs sujets4 ,peut-tre aussi s]ait-ce p\r ,montesquieu une occasion de gliss] sa ?orie de climat1 espce de fausse clef qui lui s]t cro*et] la s]rure de t\s les problmes de l'hi/oire4 ,c'e/ en se rappro*ant du midi1 dirait-il1 que les exemples du favoritisme devi5n5t plus frqu5ts2 s\s le ciel n]vant de l',asie et de l',afrique1 les pr9ces rgn5t r>em5t p> eux-mmes2 au contraire1 *ez les peuples du nord1 le climat e/ tonique1 n\s voyons beauc\p plus de tyrans que de favoris4 ,mais peut-tre l'obs]vation tomb]ait-elle si n\s tions mieux in/ruits dans leur hi/oire4 ,n\s sommes si disposs faire sci5ce de t\t1 mme de notre ignorance6 ,il y a1 dans un de nos vieux manuscrits du treizime sicle1 attribu ,philippe de ,mayzires1 un passage qui peut s]vir de complm5t l'in/ruction du mon>que sudois4 ,c'e/ a9si que la re9e ,vrit p>le ,*>les ,,vi dans le songe du vieil pl]9 s'adressant au blanc faucon1 bec et pis dors4 ,gu>de-toi1 beau fils1 de ces *evali]s qui ont c\tume de bi5 plum] les rois p> leurs s\btiles pratiques1 qui s'en vont rcitant s\v5t le prov]be du m>*al ,b\ciquault1 disant3 ,il n'e/ pes*i] que en la m]1 et a9si n'e/ don que de roi2 et te f]ont vaillant et l>ge comme ,alex&re1 attrayant de toy tant d'eau leur m\l9 qu'il suffiroit tr5te-sept m\l9s qui les deux p>ts du j\r sont oiseulx1 etc4 ,je cite ce passage3 #a p>ce qu'il montre que dans ces temps go?iques on ne p>lait pas aux rois avec autant de s]vilit qu'on v\drait bi5 n\s le faire croire2 #b p>ce qu'il donne l'orig9e d'un prov]be1 ce qui peut tre utile aux antiquaires2 #c p>ce qu'il peut s]vir rs\dre une "q d'hydraulique en pr\vant que les m\l9s eau exi/ai5t en #achi1 ce qui e/ t\j\rs bon savoir p\r ceux qui ne sav5t pas que les m\l9s eau exi/5t depuis un temps immmorial4 ,,iii ,aprs s'tre occupe des socits en gnral1 ,mme de ,m---- consacre un *apitre la gu]re1 c'e/--dire au rapport le plus ord9aire des socits huma9es entre elles4 ,ce *apitre devait prs5t] bi5 des difficults une femme4 ,mme de ,m----1 comme dans le re/e de son ouvrage1 y fait preuve de connaissances peu communes2 elle tablit1 avec beauc\p de bonheur1 la di/9ction entre les gu]res p]mises et les gu]res inju/es2 elle range1 avec raison1 p>mi ces d]nires1 t\tes les entreprises de conqute4 ,,ii y a cette diffr5ce entre les conqurants et les voleurs de gr& *em91 a dit un auteur rem>quable que cite ,mme de ,m----1 que le conqurant e/ un voleur illu/re1 et l'autre un voleur obscur2 l'un reoit des lauri]s et de l'enc5s p\r le prix de ses viol5ces1 et l'autre la corde4 ,il fallait tre bi5 philosophe p\r crire ce passage de la mme ma9 qui signa la prise de possession de la ,silsie4 ,arrive ce fameux axiome que l'arg5t c'e/ le n]f de la gu]re1 axiome que ,mme de ,m---- attribue ,qu9te-,curce1 mais qu'elle tr\v]a galem5t dans ,vgce1 dans ,montecuculli1 dans ,santa-,cruz1 et dans t\s les auteurs qui ont crit sur la gu]re1 ,mme de ,m---- s'arrte4 ,ce n'e/ pas l'arg5t1 dit-elle1 c'e/ le f]4 ,d'accord1 ce n'e/ pas avec des cus que l'on se bat1 c'e/ avec des soldats2 t\te la "q se rduit savoir s'il e/ plus facile d'avoir des soldats sans arg5t que d'en avoir avec de l'arg5t4 ,le premi] moy5 s]a plus conomique4 ,il ne p>at pas cep5dant qu'il ft du gt de ,sully4 ,je lisais d]nirem5t dans ,grotius la df9ition de la gu]re3 ,la gu]re e/ l'tat de ceux qui t*5t de vid] leurs diffr5ds p> la voie de la =ce4 ,il e/ vid5t que cette df9ition e/ la mme que celle du duel4 ,mais1 a-t-on dit aux duelli/es1 v\s allez la mort en riant1 v\s v\s battez p> p>tie de plaisir4 ,il en a t absolum5t de mme de la gu]re4 ,avant la rvolution on ne s'gorgeait plus que le *apeau la ma94 ,le gr& ,cond fait donn] l'assaut ,lrida avec tr5te-six violons en tte des colonnes2 et dans les *amps d',ett+5 et de ,clo/]sev]n1 on vit les jeunes (fici]s m>*] aux batt]ies comme un bal1 en bas de soie et en p]ruque p\dre blanc4 ,il prit un j\r fantaisie ,r\sseau1 le don ,qui*otte du p>adoxe1 de s\t5ir une vrit4 ,c'tait p\r lui *ose n\velle4 ,il s'y prit comme p\r une mauvaise cause1 il alla *]*] des autorits comme les g5s qui ne tr\v5t pas de bonnes raisons4 ,c'e/ a9si qu' propos du duel il a cit les anci5s4 ,il e/ probable que ,r\sseau n'avait pas lu ,qu9te-,curce4 ,il y aurait vu qu'il n'y avait gure de fe/9 *ez ,alex&re o il n'y et quelques combats s+uli]s entre les convives4 ,qu'tait-ce d'ailleurs que le combat d'tocle et de ,polynice8 ,et1 dans l',iliade1 e/-il probable que si ,m9]ve n'tait pas v5ue pr5dre ,a*ille p> les oreilles1 ,agamemnon aurait laiss son pe dans le f\rreau8 ,mais1 ont dit les philosophes1 les grecs6 ,ah6 les grecs6 ,il e/ bi5 vrai que les grecs ne se battai5t pas comme nos aeux1 avec juges et p>ra9s1 a9si que n\s le voyons dans ,la ,colombire2 mais v\lez-v\s savoir ce que faisai5t sur ce po9t ces grecs dont on n\s cite si s\v5t l'exemple8 ,les grecs faisai5t mieux1 ils assass9ai5t4 ,voyez1 p> exemple1 ,plut>que1 dans la vie de ,clomne4 ,on tuait son homme en trahison1 cela ne tirait po9t consqu5ce4 ,il lui t5dit des emb*es1 disait tranquillem5t l'hi/ori51 peu prs comme n\s dirions auj\rd'hui3 ,il lui avait fait un s]m5t4 ,de cela que veut-on conclure8 ,que je plaide p\r le duel8 ,bi5 au contraire2 c'e/ seulem5t une des mille et une inconsqu5ces huma9es que je m'amuse relev]2 occupation philosophique4 ,on s'tonne que nos lois ne df5d5t pas le duel2 ce qui m'tonne1 c'e/ qu'elles ne l'ai5t pas encore autoris4 ,p\rquoi1 en effet1 nos sottises n'obti5drai5t-elles pas1 comme nos vices1 droit de vivre en payant pat5te1 et n'e/-ce pas une inju/ice vritable que d'int]dire aux duelli/es ce qui e/ p]mis tant d'honntes g5s1 d'*app] au code en se rfugiant dans le budget8 ,,iv ,s'il n'y a po9t de socits sans gu]re1 il e/ difficile qu'il y ait des gu]res sans armes4 ,a9si ,mme de ,m---- e/ ple9em5t ju/ifie de se livr] dans le *apitre suivant aux dtails d'un camp4 ,mme de ,m---- e/1 je crois1 le premi] auteur de son sexe qui se soit occup de cette matire aprs la *evalire d'on2 non que je veuille tablir la comp>aison entre ,mme de ,m---- et l'amazone du sicle d]ni]2 c'e/ purem5t un rappro*em5t bibliographique1 et ma rem>que subsi/e4 ,mme de ,m----1 comme t\s les auteurs militaires1 se montre gr& p>tisan de l'obissance absolue2 c'e/ une "q qui a t s\v5t agite p> les philosophes1 mais qui e/ t\s les j\rs p>faitem5t rsolue la pla9e de ,gr5elle4 ,il y a sur cette "q une op9ion de ,hobbes que ,mme de ,m---- aurait pu cit]1 et qui ne laisse pas que d'tre assez s+ulire3 ,si notre matre1 dit-il1 n\s ordonne une action c\pable1 n\s devons l'excut]1 mo9s que cette action ne puisse tre rpute ntre4 ,c'e/--dire que ,hobbes1 p\r rgle des actions huma9es1 n'admettrait plus que l'gsme4 ,mme de ,m---- rapporte1 d'aprs ,fol>d1 quelques-unes des qualits que doit possd] un vrai capita9e4 ,quant moi1 je me dfie de ces df9itions si p>faites p> lesquelles il n'y aurait plus que des exceptions dans la nature4 ,c'e/ une *ose p\vantable voir que la nom5clature des tudes prp>atoires auxquelles doit se livr] un appr5ti gnral2 mais combi5 y a-t-il eu d'excell5ts gnraux qui ne savai5t pas lire8 ,il sembl]ait que la premire condition1 la condition s9e qua non de t\t homme qui se de/9e la gu]re1 s]ait d'avoir de bons yeux1 ou t\t au mo9s d'tre robu/e et dispos4 ,eh bi56 une f\le de gr&s gu]ri]s ont t borgnes ou boiteux4 ,philippe tait borgne1 boiteux1 et de plus man*ot2 ,agsilas tait boiteux et contrefait2 ,annibal tait borgne2 ,bajazet et ,tam]lan1 les deux f\dres de gu]re de leur temps1 tai5t l'un borgne et l'autre boiteux2 ,luxemb\rg tait bossu4 ,il semble mme que la nature1 p\r dr\t] t\tes nos ides1 ait v\lu n\s montr] le phnomne d'un gnral totalem5t aveugle1 guidant une arme1 rangeant ses tr\pes en bataille1 et remportant des victoires4 ,tel fut ,ziska1 *ef des hussites4 ,v ,hi/ori5s6 hi/ori5s6 faiseurs d'emphase6 ,mes amis1 n'y croyez pas4 ,le snat m>*e au-devant de ,v>ron qui s'e/ sauv de la bataille1 et le rem]cie de n'avoir pas dsespr de la rpublique444--,qu'e/-ce que cela pr\ve8 ,que la faction qui avait fait nomm] ,v>ron gnral1 p\r t] le comm&em5t ,fabius1 fut encore assez puissante p\r emp*] qu'il ft puni4 ,elle v\lait mme qu'il ft nomm dictateur1 af9 que ,fabius1 le seul homme qui pt sauv] la rpublique1 ne ft pas appel la tte des affaires4 ,il n'y a malheureusem5t l ri5 que de trs naturel1 s'il n'y a ri5 d'hroque4 ,croit-on1 p> exemple1 qu'aprs la dr\te de ,mosc\1 si ,buonap>te l'avait v\lu1 t\t son snat n'aurait pas m>* en corps au-devant de lui8 ,le snat dcl>e qu'il ne ra*t]a po9t les prisonni]s4 ,qu'e/-ce que cela pr\ve8 ,que le snat n'avait pas d'arg5t4 ,il fit comme tant d'honntes g5s qui ne sont pas des roma9s2 il fut dur1 ne v\lant pas p>atre pauvre4 ,p\vait-il en effet accus] de l*et des soldats qui s'tai5t battus depuis le lev] du soleil jusqu' la nuit1 et qui n'avai5t laiss que soixante-dix mille morts sur le *amp de bataille8 ,voil les faits1 et en hi/oire des faits val5t au mo9s des phrases4--,voyez t\t ce passage dans ,fol>d4 ,on object]a le tmoignage de ,montesquieu4 ,montesquieu a fait un =t beau livre sur les causes de la gr&eur et de la dcad5ce des roma9s2 mais il en a oubli une1 c'e/ que la caval]ie d',annibal ait eu les jambes lasses le j\r qu'il v9t camp] quatre milles de ,rome4 ,il e/ t\j\rs curieux de voir un franais tr\v] *ez les roma9s des *oses dont ni ,sallu/e1 ni ,cicron1 ni ,tacite1 ni ,tite-,live ne s'tai5t jamais d\ts2 et p\rtant les roma9s tai5t un peu comme n\s2 en fait de l\ange et de bonne op9ion d'eux-mmes1 ils ne laissai5t gure dire aux autres4 ,les hi/ori5s qui n'criv5t que p\r brill] veul5t voir p>t\t des crimes et du gnie2 il leur faut des gants1 mais leurs gants sont comme les girafes1 gr&s p> devant et petits p> d]rire4 ,en gnral1 c'e/ une occupation amusante de re*]*] les vritables causes des vnem5ts2 on e/ t\t tonn en voyant la s\rce du fleuve2 je me s\vi5s encore de la joie que j'pr\vai1 dans mon enfance1 en enjambant le ,rhne4 ,il me semble que la provid5ce elle-mme se plaise ce contra/e entre les causes et les effets4 ,la pe/e fut une fois apporte en ,italie p> une corneille1 et c'e/ en dissquant une s\ris qu'on dc\vrit le galvanisme4 ,ce qui me dgte1 disait une femme1 c'e/ que ce que je vois s]a un j\r de l'hi/oire4 ,eh bi56 ce qui dgtait cette femme e/ auj\rd'hui de l'hi/oire1 et cette hi/oire-l en vaut bi5 une autre4 ,qu'en conclure8 ,que les objets gr&iss5t dans les imag9ations des hommes comme les ro*]s dans les br\ill>ds1 mesure qu'ils s'loign5t4 ,m>s #ahbja4 ,m4 le duc de ,b]ry vi5t d'tre assass94 ,il y a six sema9es pe9e4 ,la pi]re de ,sa9t-,d5is n'e/ pas encore recele1 et voici dj que les oraisons funbres et les apologies pleuv5t sur cette tombe4 ,le t\t tronqu1 incorrect1 mal p5s1 mal crit2 des adulations plates ou sonores2 pas de conviction1 pas d'acc5t1 pas de vrai regret4 ,le sujet tait beau cep5dant4 ,qu& donc int]dira-t-on les gr&s sujets aux petits tal5ts8 ,il y avait dans les temples de l'antiquit c]ta9s vases sacrs qui ne p\vai5t tre ports p> des ma9s pr(anes4 ,et en effet1 quoi de plus va/e p\r le pote1 et de plus fcond que cette vie pieuse et gu]rire1 qui embrasse tant de dplorables vnem5ts1 que cette mort hroque et *rti5ne1 qui entrane tant de fatales consqu5ces8 ,un noble triomphe e/ rs]v au gr& criva9 qui n\s retrac]a et la trop c\rte c>rire et le c>actre *eval]esque de celui qui s]a peut-tre le d]ni] desc5dant de ,l\is ,,xiv4 ,ce pr9ce1 rep\ss ds l'adolesc5ce du sol de la patrie1 fit avant l'ge le rude appr5tissage du casque et de l'pe4 ,les premires et longtemps les seules prrogatives qu'il dut son rang augu/e fur5t l'exil et la proscription4 ,passant d'un palais dans un camp1 tantt accueilli s\s les t5tes de l',autri*e1 tantt errant sur les flottes de l',anglet]re1 il fut1 durant bi5 des annes1 avec t\te son illu/re famille1 un clatant exemple de l'incon/ance de la =tune et de l'+ratitude des hommes4 ,longtemps1 ml des *efs trang]s1 il eut combattre des soldats qui tai5t ns p\r s]vir s\s lui2 mais du mo9s sa con/ance et sa brav\re ne dm5tir5t jamais le sang et le nom de ses aeux4 ,il fut le digne lve de l'hriti] des ,cond1 exil comme lui1 le digne capita9e de la vieille tr\pe des g5til%ommes proscrits avec leurs rois4 ,dans ces temps de gu]res1 le pa9 des soldats valait ses yeux les fe/9s des pr9ces1 et1 dfaut de c\*e royale1 il savait conqurir le j\r le canon sur lequel il devait repos] la nuit4 ,rev5u enf9 p>mi les peuples que g\v]nai5t ses pres1 il n'tait pas rs]v j\ir paisiblem5t de ce bonheur qu'une augu/e union semblait devoir r5dre durable p\r lui1 et t]nel p\r notre po/rit4 ,hlas6 aprs quatre ans d'une vie simple et bi5faisante1 le plus jeune des d]ni]s ,b\rbons1 ent\r de l'am\r et des esprances de la nation1 e/ tomb s\s le poign>d d'un franais1 poign>d que n'a pu r5contr] sur son passage1 durant les onze annes de son ombrageuse tyrannie1 un corse g>d p> un mameluck6 ,ce loyal enfant du ,barnais1 de/9 sans d\te comm&] notre brave et fidle arme1 promis peut-tre aux hroques pla9es de la ,v5de1 e/ mort la fleur et dans la =ce de l'ge1 sans avoir mme eu la consolation d'expir]1 comme pam9ondas1 t5du sur son b\cli]4 ,et qu& l'hi/ori5 d'une si noble vie aura rappel le d]ni] p>don et les d]ni]s adieux1 il s]a de son devoir de remont]1 ou plutt de desc5dre aux causes et aux auteurs de cet abom9able =fait4 ,qu'il c\te alors p\r dvoil] des trames tnbreuses1 qu'il c\te la ,france dsespre1 elle cri]a1 comme l'impratrice roma9e3 ,je reconnais les c\ps6 ,n\s ne n\s livr]ons pas ici une discussion qui outrepass]ait nos =ces2 mais n\s p5sons qu'il e/ des que/ions graves et importantes que doit rs\dre l'hi/ori5 du duc de ,b]ry assass91 au sujet du misrable auteur de cet att5tat4 ,l\vel e/-il un fanatique8 de quelle espce e/ son fanatisme8 app>ti5t-il la classe des assass9s exalts et ds9tresss comme les ,s&1 les ,ravaillac et les ,clm5t8 ,n'e/-il pas plutt de ces g5s qui l'on paye leur fanatisme1 en aj\tant la rcomp5se conv5ue des assurances de protection et de salut8444 ,n\s n\s arrtons ces mots4 ,on n'a plus droit auj\rd'hui de s'tonn] des *oses les plus in\es4 ,n\s voyons d'excrables sclrats tal] aux yeux de l',europe leur impunit1 plus mon/rueuse peut-tre que leurs crimes1 et leur audace plus effrayante encore que leur impunit4 ,il faudra de plus que1 p\r remplir entirem5t son objet1 celui de nos criva9s clbres qui crira l'hi/oire de ,m4 le duc de ,b]ry1 se *>ge d'un autre devoir1 humiliant sans d\te1 mais nanmo9s indisp5sable2 je veux dire qu'il aura df5dre l'hroque mmoire du pr9ce contre les ins9uations p]fides et les calomnies atroces dont la faction ennemie des trnes lgitimes s'ef=ce dj de la noircir4 ,en d'autres temps1 un p>eil so9 et t injurieux p\r le royal dfunt1 dont la bont1 la brav\re et la fran*ise ne sont comp>ables qu'aux v]tus du gr& ,h5ri4 ,mais auj\rd'hui qu'une faction rgicide enc5se les plus abom9ables idoles1 ne sommes-n\s pas =cs *aque j\r1 n\s autres1 les vrais libraux et les vrais royali/es1 de df5dre contre ses impud5tes dclamations les plus nobles gloires1 les rputations les plus pures1 les plus irrpro*ables r5ommes8 ,n'avons-n\s pas *aque j\r v5g] de n\velles insultes les ,pi*egru ou les ,ca!l9eau1 les ,moreau ou les ,la ,ro*ejaquele98 ,et1 *aque n\velle attaque porte ces hommes illu/res1 n\s recomm5ons notre pnible plaidoy]1 sans mme espr] qu'une voix ple9e d'une indignation gnreuse n\s int]rompra en criant comme cet homme de l'anci5ne ,grce3 ,qui donc ose outrag] ,alcide8 #a3 ,n\s avons cru devoir rimprim] textuellem5t t\t ce morceau1 enf\i sans signature dans un recueil oubli1 d'o ri5 ne n\s =ait le tir]4 ,mais il n\s a sembl qu'il y avait quelque *ose d'in/ructif1 p\r les passions politiques d'une poque1 dans le spectacle des passions politiques d'une autre poque4 ,dans le morceau qu'on va lire1 la d\leur va jusqu' la rage1 l'loge jusqu' l'apo?ose1 l'exagration dans t\s les s5s jusqu' la folie4 ,tel tait en #ahbj l'tat de l'esprit d'un jeune jacobite de dix-sept ans1 bi5 ds9tress1 c]tes1 et bi5 conva9cu4 ,leon1 n\s le rptons1 p\r t\s les fanatismes politiques4 ,il y a encore beauc\p de passages dans ce volume auxquels n\s prions le lecteur d'appliqu] cette note4 ,avril #ahbj4 ,il a p>u ces j\rs-ci un recueil de ,lettres de ,mme de ,graffigny sur ,voltaire et sur ,f]ney4 ,cet ouvrage ti5t beauc\p mo9s que ne promet son titre4 ,le nom de ,voltaire1 plac en tte d'un livre quelconque1 inspire une curiosit vive et tellem5t t5due dans ses dsirs1 qu'il e/ bi5 difficile de la satisfaire4 ,il semble que la vie prive de ,voltaire devrait (frir au lecteur une f\le de dtails ple9s d'agrm5t et d'intrt1 si le c>actre de cet criva9 extraord9aire tait reproduit p> une pe9ture fidle avec t\te sa mobilit orig9ale et ses brusques 9galits4 ,il semble encore que le p9ceau f9 et dlicat d'une femme s]ait plus que t\t autre capable de saisir cette f\le de nuances v>ies dont se compose la physionomie morale de l'homme univ]sel1 surt\t dans sa liaison avec l'imprieuse m>quise du ,*telet4 ,il aurait t piquant et peut-tre plus facile une femme qu' un homme de dbr\ill] les causes de cet atta*em5t biz>re1 qui r5dit un homme de gnie esclave d'une femme d'esprit1 et rsi/a si longtemps aux tracass]ies fatigantes1 aux viol5tes qu]elles que faisai5t natre inop9m5t et t\te heure l'irascibilit de l'un et l'orgueil de l'autre4 ,si la collection des lettres de ,voltaire sa respectable milie n'avait t dtruite1 n\s p\rrions espr] encore d'obt5ir le mot de cette nigme2 c> les lettres de ,mme de ,graffigny ne n\s prs5t5t s\s ce rapport aucun ap]u satisfaisant4 ,il faut le dire et le croire p\r son honneur1 l'auteur des ,lettres pruvi5nes n'avait sans d\te pas crit ces lettres sur ,cirey avec l'ide qu'elles s]ai5t imprimes un j\r4 ,on ne doit pas savoir beauc\p de gr l'diteur d'avoir extrait ce manuscrit du portefeuille de ,m4 de ,b\ffl]s4 ,mme de ,graffigny n'a pas le tal5t d'obs]v]1 et surt\t d'obs]v] les gr&s hommes4 ,son /yle1 au mo9s insipide1 gte l'intrt de son sujet4 ,mme de ,graffigny1 arrive ,cirey en #agch1 adresse son ami ,m4 ,devaux1 lecteur du roi ,/anislas de ,pologne1 ses rflexions sur les habitants de ce *teau4 ,m4 ,devaux1 qu'elle appelle dans l'intimit de sa correspondance ,pampan et quelquefois ,pampi*on p> un r$\blem5t de t5dresse1 reoit ses confid5ces sur ,voltaire et sa m>quise1 qu'elle dsigne p> plusieurs sobriquets1 t\s plus fades les uns que les autres1 ,atys1 ton idole1 ,doro?e1 etc4 ,elle lui transmet en /yle niais et prcieux un j\rnal dtaill de t\tes ses occupations4 ,a-t-elle vu le lev] du j\r8 elle a assi/ la toilette du soleil4 ,je suis1 dit-elle ,m4 ,devaux1 bi5 jolie de t'crire1 etc41 etc4 ,on aurait cep5dant tort de rejet] t\t fait ce livre2 p>mi beauc\p de r$ites et de dtails ple9s de mauvais gt1 les ,lettres de ,mme de ,graffigny r5f]m5t des faits curieux et ignors2 et les morceaux 9dits de ,voltaire1 qui complt5t le volume1 suffirai5t p\r mrit] l'att5tion4 ,plusieurs de ces c9quante ptres prs5t5t un haut intrt2 elles sont adresses presque t\tes des p]sonnages m95ts du d]ni] sicle1 tels que les du*esses du ,ma9e et d',aiguillon1 les ducs de ,ri*elieu et de ,prasl91 le *anceli] d',aguesseau1 le prsid5t ,hnault1 etc4 ,les lettres la du*esse du ,ma9e en p>ticuli] =m5t une correspondance entirem5t 9dite et vraim5t *>mante et curieuse4 ,il y a encore dans cette collection une ptre au pape ,b5ot ,,xiv1 crite en itali51 et sign il devotissimo ,voltaire4 ,cela veut dire le trs dvot ou le trs dv\1 peut-tre l'un et l'autre1 et c\p sr ni l'un ni l'autre4 ,puisque v\s v\lez des citations1 voici un billet assez joli de =me et de t\rnure1 adress au comte de ,*oiseul alors m9i/re4 ,v\s reconnatrez dans ce peu de mots la t\*e de cet homme t\j\rs ple9 d'ides neuves et piquantes2 il tait difficile d'*app] d'une manire plus orig9ale aux =mules banales et crmonieuses des recomm&ations de c\r4 ,p]mettez que je v\s in=me de ce qui vi5t de m'arriv] avec ,m4 ,mak>tney1 g5tilhomme anglais trs jeune et p\rtant trs sage2 trs in/ruit1 mais mode/e2 =t ri*e et =t simple2 et qui cri]a bi5tt au p>lem5t mieux qu'un autre4 ,il m'a ni que v\s eussiez des bonts p\r moi4 ,je me suis *auff1 je me suis vant de votre protection2 il m'a rpondu que si je disais vrai1 je pr5drais la lib]t de v\s crire2 j'ai les passions vives4 ,p>donnez1 monseigneur1 au zle1 l'atta*em5t et au pr(ond respect du vieux montagn>d4 ,le vieux suisse libre e/ bon c\rtisan1 comme on voit4 ,v\s retr\v]ez dans la plup>t des autres lettres la gat communicative1 la vivacit et s\v5t la tmrit de jugem5t1 la flatt]ie adroite1 la raill]ie tantt d\ce et tantt mordante1 auxquelles on reconnat la t\*e inimitable de ,voltaire prosateur4 ,p>mi le petit nombre de pices de v]s1 mles aux morceaux de prose1 la suivante1 adresse la fameuse ,mlle ,rauc\rt1 n'a jamais t imprime3 ,rauc\rt1 tes tal5ts en*anteurs ,*aque j\r te font des conqutes2 ,tu fais s\pir] t\s les coeurs1 ,tu fais t\rn] t\tes les ttes4 ,tu jo9s au pre/ige de l'art ,le *>me heureux de la nature1 ,et la victoire t\j\rs sre ,se range s\s ton t5d>d4 ,es-tu ,didon1 es-tu ,monime1 ,avec toi n\s v]sons des pleurs2 ,n\s gmissons de tes malheurs ,et du sort cruel qui t'opprime4 ,l'art d'att5drir et de *>m] ,a p> ta brillante aurore2 ,mais ton coeur e/ fait p\r aim]1 ,et ton coeur ne dit ri5 encore4 ,df5ds ce coeur du va9 dsir ,de ri*esse et de r5omme2 ,l'am\r seul donne le plaisir1 ,et le plaisir e/ d'tre aime4 ,dj l'am\r brille en tes yeux1 ,il natra bi5tt dans ton me2 ,bi5tt un mortel am\reux ,te f]a p>tag] sa flamme4 ,heureux6 trop heureux cet amant ,p\r qui ton coeur devi5dra t5dre1 ,si tu gtes le s5tim5t ,comme tu sais si bi5 le r5dre6 ,de jolis v]s sans d\te4 ,j'av\e p\rtant que j'ai peu de sympa?ie p\r cette espce de posie4 ,j'aime mieux ,homre4 ,,sur ,,un ,,po,,te ,,app>u ,,en #ahbj ,mai #ahbj4 ,i ,v\s en rirez1 g5s du monde1 v\s hauss]ez les paules1 hommes de lettres1 mes contempora9s1 c>1 je je v\s le dis entre n\s1 il n'en e/ peut-tre pas un de v\s qui compr5ne ce que c'e/ qu'un pote4 ,le r5contr]a-t-on dans vos palais8 ,le tr\v]a-t-on dans vos retraites8 ,et d'abord1 p\r ce qui reg>de l'me du pote1 la premire condition n'e/-elle pas1 comme l'a dit une b\*e loqu5te1 de n'avoir jamais calcul le prix d'une bassesse ou le salaire d'un m5songe8 ,potes de mon sicle1 cet homme-l se voit-il p>mi v\s8 ,e/-il dans vos rangs l'homme qui possde l'os magna sonaturum1 la b\*e capable de dire de gr&es *oses1 le f]rea vox1 la voix de f]8 l'homme qui ne fl*ira pas devant les caprices d'un tyran ou les fureurs d'une faction8 ,n'avez-v\s pas t t\s1 au contraire1 semblables aux cordes de la lyre1 dont le son v>ie qu& le temps *ange4 ,,ii ,fran*em5t1 on tr\v]a p>mi v\s des affran*is1 prts invoqu] la lic5ce aprs avoir difi le despotisme2 des transfuges1 prts flatt] le p\voir aprs avoir *ant l'an>*ie1 et des ins5ss qui ont bais hi] des f]s illgitimes1 et1 comme le s]p5t de la fable1 veul5t auj\rd'hui bris] leurs d5ts sur le fre9 des lois2 mais on n'y dc\vrira pas un pote4 ,c>1 p\r ceux qui ne pro/itu5t pas les titres1 sans un esprit droit1 sans un coeur pur1 sans une me noble et leve1 il n'e/ po9t de vritable pote4 ,t5ez-v\s cela p\r dit1 non pas en mon nom1 c> je ne suis ri51 mais au nom de t\s les g5s qui raisonn5t1 et qui p5s5t--je veux bi5 ne *oisir mon exemple que dans l'antiquit--que ces mots3 ,dulce et decorum e/ pro patria mori1 sonn5t mal dans la b\*e d'un fuy>d4 ,je l'av\]ai donc1 j'ai *]* jusqu'ici aut\r de moi un pote1 et je n'en ai pas r5contr2 de l1 il s'e/ =m dans mon imag9ation un modle idal que je v\drais dpe9dre1 et1 comme ,milton aveugle1 je suis t5t quelquefois de *ant] ce soleil que je ne vois pas4 ,,iii ,l'autre j\r1 j'ouvris un livre qui v5ait de p>atre1 sans nom d'auteur1 avec ce simple titre1 ,mditations potiques4 ,c'tai5t des v]s4 ,je tr\vai dans ces v]s quelque *ose d',&r de ,*ni]4 ,cont9uant les feuillet]1 j'tablis involontairem5t un p>allle entre l'auteur de ce livre et le malheureux pote de la ,jeune ,captive4 ,dans t\s les deux1 mme orig9alit1 mme fra*eur d'ides1 mme luxe d'images neuves et vraies2 seulem5t l'un e/ plus grave et mme plus my/ique dans ses pe9tures2 l'autre a plus d'enj\em5t1 plus de grce1 avec beauc\p mo9s de gt et de correction4 ,t\s deux sont inspirs p> l'am\r4 ,mais dans ,*ni] ce s5tim5t e/ t\j\rs pr(ane2 dans l'auteur que je lui comp>e1 la passion t]re/re e/ presque t\j\rs pure p> l'am\r div94 ,le premi] s'e/ tudi donn] sa muse les =mes simples et svres de la muse antique2 le second1 qui a s\v5t adopt le /yle des pres et des prophtes1 ne ddaigne pas de suivre quelquefois la muse rveuse d',ossian et les desses fanta/iques de ,klop/ock et de ,s*ill]4 ,enf91 si je compr5ds bi5 des di/9ctions1 du re/e assez insignifiantes1 le premi] e/ romantique p>mi les classiques1 le second e/ classique p>mi les romantiques4 ,,iv ,voici donc enf9 des pomes d'un pote1 des posies qui sont de la posie6 ,je lus en enti] ce livre s+uli]2 je le relus encore1 et1 malgr les nglig5ces1 le nologisme1 les rptitions et l'obscurit que je pus quelquefois y rem>qu]1 je fus t5t de dire l'auteur3 --,c\rage1 jeune homme6 v\s tes de ceux que ,platon v\lait combl] d'honneurs et bannir de sa rpublique4 ,v\s devez v\s att5dre aussi v\s voir bannir de notre t]re d'an>*ie et d'ignorance1 et il manqu]a votre exil le triomphe que ,platon accordait du mo9s au pote1 les palmes1 les fanf>es et la c\ronne de fleurs4 ,,?,,atre ,i ,on nomme action au ?tre la lutte de deux =ces opposes4 ,plus ces =ces se contre-balanc5t1 plus la lutte e/ inc]ta9e1 plus il y a alt]native de cra9te ou d'esprance1 plus il y a d'intrt4 ,il ne faut pas confondre cet intrt qui nat de l'action avec une autre sorte d'intrt que doit inspir] le hros de t\te tragdie1 et qui n'e/ qu'un s5tim5t de t]reur1 d'admiration ou de piti4 ,a9si1 il se p\rrait trs bi5 que le pr9cipal p]sonnage d'une pice excitt de l'intrt1 p>ce que son c>actre e/ noble et sa situation t\*ante1 et que la pice manqut d'intrt1 p>ce qu'il n'y aurait po9t d'alt]native de cra9te et d'esprance4 ,si cela n'tait pas1 plus une situation t]rible s]ait prolonge1 plus elle s]ait belle1 et le sublime de la tragdie s]ait le comte ,ugol9 enf]m dans une t\r avec ses fils p\r y m\rir de faim2 scne de t]reur monotone qui n'a pu russir1 mme en ,allemagne1 pays de p5seurs pr(onds1 att5tifs et fixes4 ,,ii ,dans une oeuvre dramatique1 qu& l'inc]titude des vnem5ts ne nat plus que de l'inc]titude des c>actres1 ce n'e/ plus la tragdie p> =ce1 mais la tragdie p> faiblesse4 ,c'e/1 si l'on veut1 le spectacle de la vie huma9e2 les gr&s effets p> les petites causes2 ce sont des hommes2 mais au ?tre1 il faut des anges ou des gants4 ,,iii ,il y a des potes qui inv5t5t des ressorts dramatiques1 et ne sav5t pas ou ne peuv5t pas les faire j\]1 semblables cet artisan grec qui n'eut pas la =ce de t5dre l'arc qu'il avait =g4 ,,iv ,l'am\r au ?tre doit t\j\rs m>*] en premire ligne1 au-dessus de t\tes les va9es considrations qui modifi5t d'ord9aire les volonts et les passions des hommes4 ,il e/ la plus petite des *oses de la t]re1 s'il n'en e/ la plus gr&e4 ,on object]a que1 dans cette hypo?se1 le ,cid ne devrait po9t se battre avec don ,gormas4 ,eh6 po9t du t\t4 ,le ,cid connat ,*imne2 il aime mieux enc\rir sa colre que son mpris1 p>ce que le mpris tue l'am\r4 ,l'am\r1 dans les gr&es mes1 c'e/ une e/ime cle/e4 ,v ,il e/ rem>qu] que le dnom5t de ,mahomet e/ plus manqu qu'on ne le croit gnralem5t4 ,il suffit1 p\r s'en conva9cre1 de le comp>] avec celui de ,britannicus4 ,la situation e/ semblable4 ,dans les deux tragdies1 c'e/ un tyran qui p]d sa matresse au mom5t o il croit s'en tre assur la possession4 ,la pice de ,rac9e laisse dans l'me une impression tri/e1 mais qui n'e/ pas sans quelque consolation1 p>ce que l'on s5t que ,britannicus e/ v5g1 et que ,nron n'e/ pas mo9s malheureux que ses victimes4 ,il semble qu'il devrait en tre de mme dans ,voltaire2 cep5dant le coeur1 qui ne se trompe pas1 re/e abattu2 et en effet ,mahomet n'e/ nullem5t puni4 ,son am\r p\r ,palmire n'e/ qu'une petitesse dans son c>actre et qu'un moy5 drisoire dans l'action4 ,lorsque le spectateur voit cet homme song] sa gr&eur au mom5t o sa matresse se poign>de s\s ses yeux1 il s5t bi5 qu'il ne l'a jamais aime1 et qu'avant deux heures il se s]a consol de sa p]te4 ,le sujet de ,rac9e e/ mieux *oisi que celui de ,voltaire4 ,p\r le pote tragique1 il y a une pr(onde et radicale diffr5ce entre l'emp]eur roma9 et le *ameli]-prophte4 ,nron peut tre am\reux1 ,mahomet non4 ,nron1 c'e/ un phallus2 ,mahomet1 c'e/ un c]veau4 ,,vi ,le propre des sujets bi5 *oisis e/ de port] leur auteur3 ,brnice n'a pu faire tomb] ,rac9e2 ,lamotte n'a pu faire tomb] ,9s4 ,,vii ,la diffr5ce qui exi/e entre la tragdie allem&e et la tragdie franaise provi5t de ce que les auteurs allem&s v\lur5t crer t\t d'abord1 t&is que les franais se cont5tr5t de corrig] les anci5s4 ,la plup>t de nos *efs-d'oeuvre ne sont p>v5us au po9t o n\s les voyons qu'aprs avoir pass p> les ma9s des premi]s hommes de plusieurs sicles4 ,voil p\rquoi il e/ si inju/e de s'en faire un titre p\r cras] les productions orig9ales4 ,la tragdie allem&e n'e/ autre *ose que la tragdie des grecs1 avec les modifications qu'a d y apport] la diffr5ce des poques4 ,les grecs aussi avai5t v\lu faire conc\rir le fa/e de la scne aux jeux du ?tre2 de l1 ces masques1 ces *oeurs1 ces co?urnes2 mais1 comme *ez eux les arts qui ti5n5t des sci5ces tai5t dans le premi] tat d'enfance1 ils fur5t bi5tt ram5s cette simplicit que n\s admirons4 ,voyez dans ,s]vius ce qu'il fallait faire p\r *ang] une dcoration sur le ?tre des anci5s4 ,au contraire1 les auteurs allem&s1 arrivant au milieu de t\tes les inv5tions mod]nes1 se s]vir5t des moy5s qui tai5t leur porte p\r c\vrir les dfauts de leurs tragdies4 ,lorsqu'ils ne p\vai5t p>l] au coeur1 ils p>lr5t aux yeux4 ,heureux s'ils avai5t su se r5f]m] dans de ju/es bornes6 ,voil p\rquoi la plup>t des pices allem&es ou anglaises qu'on transporte sur notre scne produis5t mo9s d'effet que dans l'orig9al2 on leur laisse des dfauts qui ti5n5t aux plans et aux c>actres1 et on leur te cette pompe ?trale qui en e/ la comp5sation4 ,mme de ,/al attribue encore une autre raison la prm95ce des auteurs franais sur les auteurs allem&s1 et elle a obs]v ju/e4 ,les gr&s hommes franais tai5t runis dans le mme foy] de lumires2 et les gr&s hommes allem&s tai5t dissm9s comme dans des patries diffr5tes4 ,il en e/ de deux hommes de gnie comme des deux fluides sur la batt]ie2 il faut les mettre en contact p\r qu'ils v\s donn5t la f\dre4 ,,viii ,on peut obs]v] qu'il y a deux sortes de tragdies2 l'une qui e/ faite avec des s5tim5ts1 l'autre qui e/ faite avec des vnem5ts4 ,la premire considre les hommes s\s le po9t de vue des rapports tablis entre eux p> la nature2 la seconde1 s\s le po9t de vue des rapports tablis entre eux p> la socit4 ,dans l'une1 l'intrt nat du dveloppem5t d'une des gr&es affections auxquelles l'homme e/ s\mis p> cela mme qu'il e/ homme1 telles que l'am\r1 l'amiti1 l'am\r filial et pat]nel2 dans l'autre1 il s'agit t\j\rs d'une volont politique applique la df5se ou au r5v]sem5t des in/itutions tablies4 ,dans le premi] cas1 le p]sonnage e/ videmm5t passif1 c'e/--dire qu'il ne peut se s\/raire l'influ5ce des objets extrieurs2 un jal\x ne peut s'emp*] d'tre jal\x1 un pre ne peut s'emp*] de cra9dre p\r son fils2 et peu importe comm5t ces impressions sont am5es1 p\rvu qu'elles soi5t intressantes2 le spectateur app>ti5t t\j\rs ce qu'il cra9t ou ce qu'il dsire4 ,dans le second cas1 au contraire1 le p]sonnage e/ ess5tiellem5t actif1 p>ce qu'il n'a qu'une volont immuable1 et que la volont ne peut se manife/] que p> des actions4 ,on peut comp>] ces deux tragdies1 l'une une /atue que l'on taille dans le bloc1 l'autre une /atue que l'on jette en fonte4 ,dans le premi] cas1 le bloc exi/e1 il lui suffit p\r dev5ir la /atue d'tre s\mis une influ5ce extrieure2 dans le second1 il faut que le mtal ait en lui-mme la facult de p>c\rir le m\le qu'il doit remplir4 ,a mesure que t\tes les tragdies se rappro*5t plus ou mo9s de ces deux types1 elles p>ticip5t plus ou mo9s de l'un ou de l'autre2 il faut une =te con/itution aux tragdies de tte p\r se s\t5ir2 les tragdies de coeur ont pe9e beso9 de s'a/re9dre un plan4 ,voyez ,mahomet et le ,cid4 ,,ix ,e4--vi5t d'crire ceci auj\rd'hui #bg avril #ahai3 ,en gnral1 une *ose n\s a frapps dans les compositions de cette jeunesse qui se presse ma9t5ant sur nos ?tres3 ils en sont encore se cont5t] facilem5t d'eux-mmes4 ,ils p]d5t ramass] des c\ronnes un temps qu'ils devrai5t consacr] de c\rageuses mditations4 ,ils russiss5t1 mais leurs rivaux sort5t joyeux de leurs triomphes4 ,veillez6 veillez6 jeunes g5s1 recueillez vos =ces1 v\s en aurez beso9 le j\r de la bataille4 ,les faibles oiseaux pr5n5t leur vol t\t d'un trait2 les aigles ramp5t avant de s'lev] sur leurs ailes4 ,,fantaisie ,fvri] #ahai4 ,ce que je veux1 c'e/ ce que t\t le monde veut1 ce que t\t le monde dem&e1 c'e/--dire du p\voir p\r le roi et des g>anties p\r le peuple4 ,et1 en cela1 je suis bi5 diffr5t de c]ta9s honntes g5s de ma connaissance1 qui pr(ess5t hautem5t la mme maxime1 et qui1 lorsqu'on en vi5t aux applications1 se tr\v5t n'en v\loir rellem5t1 les uns qu'une moiti1 les autres qu'une autre1 c'e/--dire les uns qu'un peu de despotisme1 et les autres que beauc\p de lic5ce1 peu prs comme feu mon gr&-oncle1 qui avait sans cesse la b\*e le fameux prcepte de l'cole de ,sal]ne3 mang] peu1 mais s\v5t2 mais qui n'en admettait que la premire p>tie p\r l'usage de la maison4 ,fvri] #ahai4 ,l'autre j\r je tr\vai dans ,cicron ce passage3 ,et il faut que l'orateur1 en t\tes circon/ances1 sa*e pr\v] le p\r et le contre4 ,9 omni causa duas contr>ias orationes explic>i4 ,eh6 dis-je1 c'e/ ju/em5t ce qu'il faut dans un sicle o l'on a dc\v]t deux sortes de consci5ces1 celle du coeur et celle de l'e/omac4 ,voil p\r la consci5ce de l'orateur selon ,cicron1 vir probus dic5di p]itus4 ,p\r ce qui e/ de ses moeurs1--ce que j'en cris ici n'e/ que p\r l'in/ruction de la jeunesse de nos collges1--on connat la simplicit des moeurs antiques4 ,n\s n'avons aucune raison de croire que les orateurs fiss5t autrem5t que les gu]ri]s4 ,aprs qu',a*ille et ,patrocle ont tant pleur ,brisis1 ,a*ille1 dit madame ,daci]1 conduit v]s sa t5te la belle ,diomde1 fille du sage ,phorbas1 et ,patrocle s'ab&onne au d\x sommeil entre les bras de la jeune ,iphis1 am5e captive de ,scyros4 ,c'e/ comme ,ptr>que1 qui1 aprs avoir p]du ,laure1 m\rut de d\leur soixante-dix ans1 en laissant un fils et une fille4 ,et ,a?nes1 o les pres envoyai5t leurs fils l'cole *ez ,aspasie1 ,a?nes1 cette ville de la politesse et de l'loqu5ce3--,qu'z-tu fait des c5t cus que t'a valus le s\fflet que tu reu l'autre j\r de ,midias en ple9 ?tre8 criait ,es*9e ,dmo/hne4--,eh quoi6 a?ni5s1 v\s v\lez c\ronn] le front qui s'cor*e lui-mme desse9 d'int5t] des accusations lucratives aux citoy5s8 ,en vrit1 ce n'e/ pas une tte que porte cet homme sur ses paules1 c'e/ une f]me4 ,que dirai-je du b>reau roma98 des honntets que se faisai5t mutuellem5t les ,scaurus et les ,catulus1 en prs5ce de t\te la canaille de ,rome assemble8 ,on ne m'c\te pas1 je suis ,cass&re1 criait ,sextius4 ,je ne suis pas assez sur de n'tre jamais lu que p> des hommes p\r rapport] la sanglante rplique de ,m>c-,anto9e4 ,et au triomphe de ,cs>1 qui tait aussi un orateur3 ,citoy5s1 ca*ez vos femmes6 *antai5t ses propres soldats4 ,urbani1 claudite uxores1 moe*um caluum adducimus4 ,je saisis cette occasion p\r dcl>] que je me rep5s bi5 s9crem5t de n'tre pas n dans les sicles antiques2 je compte mme crire contre mon sicle un gros livre dont mon libraire v\s prie1 en passant1 monsieur1 de v\loir bi5 lui pr5dre quelques petites s\scriptions4 ,et1 en effet1 ce devait tre un bi5 beau temps que celui o1 qu& le peuple avait faim1 on l'apaisait avec une fable longue1 et plate1 qui pis e/6 ,o tempora6 mores6 vont leur t\r s'cri] nos m9i/res4 ,et o1 monsieur1 p\rvu que l'on ne ft ni borgne1 ni bossu1 ni boiteux1 ni bancal1 ni aveugle2 ,p\rvu1 d'ailleurs1 que l'on ne ft ni trop faible ni trop puissant1 ni trop m*ant homme1 ni trop homme de bi52 ,et surt\t1 ce qui tait de rigueur1 p\rvu que l'on et la prcaution de ne po9t btir sa maison sur une butte2 ,alors1 dis-je1 en tant que l'on ne ft po9t emport p> la lpre ou p> la pe/e1 on p\vait raisonnablem5t espr] de m\rir tranquillem5t dans son lit2 ce qui1 la vrit1 n'e/ gure hroque2 ,et o1 monsieur1 p\r peu que l'on se s5tit tant soit peu gr& homme1--comme v\s et moi1 monsieur1--c'e/--dire que l'on et le noble dsir d'tre utile la patrie p> quelque action vaillante ou quelque inv5tion m]veilleuse1--dsir qui1 comme on sait1 n'engage ri51--alors1 monsieur1 il n'y avait ri5 aussi quoi un honnte citoy5 ne pt raisonnablem5t prt5dre1 qui sait8 peut-tre mme tre p5du comme ,phocion1 ou1 comme ,duilius1 l'accro*eur de vaisseaux1 tre conduit p> la ville avec une flte et deux lant]nes1 peu prs comme de nos j\rs l'ne savant4 ,avril #ahai4 ,il p\rrait1 mon s5s1 jaillir des rflexions utiles de la comp>aison entre les romans de ,le ,sage et ceux de ,walt] ,scott1 t\s deux suprieurs dans leur g5re4 ,le ,sage1 ce me semble1 e/ plus spirituel1 ,walt] ,scott e/ plus orig9al2 l'un excelle racont] les av5tures d'un homme1 l'autre mle l'hi/oire d'un individu la pe9ture de t\t un peuple1 de t\t un sicle2 le premi] se rit de t\te vrit de lieux1 de moeurs1 d'hi/oire2 le second1 scrupuleusem5t fidle cette vrit mme1 lui doit l'clat magique de ses tableaux4 ,dans t\s les deux1 les c>actres sont tracs avec art2 mais dans ,walt] ,scott ils p>aiss5t mieux s\t5us1 p>ce qu'ils sont plus saillants1 d'une nature plus fra*e et mo9s polie4 ,le ,sage sacrifie s\v5t la consci5ce de ses hros au comique d'une intrigue2 ,walt] ,scott donne ses hros des mes plus svres2 leurs pr9cipes1 leurs prjugs mme ont quelque *ose de noble en ce qu'ils ne sav5t po9t pli] devant les vnem5ts4 ,on s'tonne1 aprs avoir lu un roman de ,le ,sage1 de la prodigieuse v>it du plan2 on s'tonne encore plus1 en a*evant un roman de ,scott1 de la simplicit du canevas2 c'e/ que le premi] met son imag9ation dans les faits1 et le second dans les dtails4 ,l'un pe9t la vie1 l'autre pe9t le coeur4 ,enf91 la lecture des ouvrages de ,le ,sage donne1 en quelque sorte1 l'expri5ce du sort2 la lecture de ceux de ,walt] ,scott donne l'expri5ce des hommes4 ,c'tait un homme m]veilleux et aussi grotesque qu'il y en ait jamais eu dans le peuple lat94 ,il mettait ses collections dans ses *aussons1 et qu&1 dans l'ardeur de la dispute1 n\s lui conte/ions quelque *ose1 il appelait son valet3--,hem1 hem1 hem1 ,dave1 apporte-moi le *ausson de la temprance1 le *ausson de la ju/ice1 ou le *ausson de ,platon1 ou celui d',ari/ote1--selon les matires qui tai5t mises sur le tapis4 ,c5t *oses de cette sorte me faisai5t rire de t\t mon coeur1 et j'en ris encore prs5t comme si j'tais mme4 ,les savants *aussons de ,giraldo ,giraldi mritai5t1 c]tes1 d'tre aussi clbres que la p]ruque de ,kant1 laquelle s'e/ v5due #cj1jjj flor9s la mort du philosophe1 et n'a plus t paye que #a1bjj cus la d]nire foire de ,leipzick2 ce qui pr\v]ait1 mon s5s1 que l'en?\siasme p\r ,kant et son idologie dim9ue en ,allemagne4 ,cette p]ruque1 dans les v>iations de son prix1 p\rrait tre considre comme le !rmomtre des progrs du sy/me de ,kant4 ,avril #ahbj4 ,l'anne littraire s'annonce mdiocrem5t4 ,aucun livre important1 aucune p>ole =te2 ri5 qui enseigne1 ri5 qui meuve4 ,il s]ait temps cep5dant que quelqu'un sortt de la f\le1 et dt3 me voil6 ,il s]ait temps qu'il p>t un livre ou une doctr9e1 un ,homre ou un ,ari/ote4 ,les oisifs p\rrai5t du mo9s se disput]1 cela les dr\ill]ait4 ,mais que faire de la littrature de #ahbj1 encore plus plate que celle de #ahaj1 et plus imp>donnable1 puisqu'il n'y a plus l de ,napolon p\r rsorb] t\s les gnies et en faire des gnraux8 ,qui sait8 ,ney1 ,murat et ,dav\t aurai5t peut-tre t de gr&s potes4 ,ils se battai5t comme on v\drait crire4 ,pauvre temps que le ntre6 ,=ce v]s1 po9t de posie2 =ce vaudevilles1 po9t de ?tre4 ,talma1 voil t\t4 ,j'aim]ais mieux ,molire4 ,on n\s promet le ,mona/re1 n\veau roman de ,walt] ,scott4 ,tant mieux1 qu'il se hte1 c> t\s nos faiseurs sembl5t possds de la rage des mauvais romans4 ,j'en ai l une pile que je n'ouvrirai jamais1 c> je ne s]ais pas sr d'y tr\v] seulem5t ce que le *i5 dont p>le ,rabelais dem&ait en rongeant son os3 ri5 qu'ung peu de m\lle4 ,l'anne littraire e/ mdiocre1 l'anne politique e/ lugubre4 ,m4 le duc de ,b]ry poign>d l',opra1 des rvolutions p>t\t4 ,m4 le duc de ,b]ry1 c'e/ la tragdie4 ,voici la p>odie ma9t5ant4 ,une gr&e qu]elle politique vi5t de s'm\voir1 ces j\rs-ci1 propos de ,m4 ,decazes4 ,m4 ,donnadieu contre ,m4 ,decazes4 ,m4 d',arg\t contre ,m4 ,donnadieu4 ,m4 ,clausel de ,c\ss]gues contre ,m4 d',arg\t4 ,m4 ,decazes s'en ml]a-t-il enf9 lui-mme8 ,t\tes ces batailles n\s rappell5t les anci5s temps o de preux *evali]s allai5t provoqu] dans son =t quelque gant flon4 ,au bruit du cor un na9 p>aissait4 ,n\s avons dj vu plusieurs na9s app>atre2 n\s n'att5dons plus que le gant4 ,le fait politique de l'anne #ahbj1 c'e/ l'assass9at de ,m4 le duc de ,b]ry2 le fait littraire1 c'e/ je ne sais quel vaudeville4 ,il y a trop de disproportion4 ,qu& donc ce sicle aura-t-il une littrature au niveau de son m\vem5t social1 des potes aussi gr&s que ses vnem5ts8 ,c'e/ sans d\te p> une conviction intime de mon ignorance que je tremble l'appro*e d'une tte savante et que je recule l'aspect d'un livre rudit4 ,qu& le tal5t de critique se tr\va dans mon c]veau1 je savais t\t ju/e assez de lat9 p\r ent5dre ce que signifiait g5us irritabile1 et j'avais t\t ju/e assez d'esprit et d'expri5ce p\r compr5dre que cette qualification s'applique au mo9s aussi bi5 aux savants qu'aux potes4 ,me voyant donc =c d'ex]c] mon tal5t de critique sur l'une ou l'autre de ces deux classes con/ituantes du g5us irritabile1 je me promis bi5 de n'tablir jamais ma juridiction que sur la d]nire1 p>ce qu'elle e/ rellem5t la seule qui ne puisse dmontr] l'ineptie ou l'ignorance d'un critique4 ,v\s dites un pote t\t ce qui v\s passe p> la tte1 v\s lui dictez des arrts1 v\s lui inv5tez des dfauts4 ,s'il se f*e1 v\s citez ,ari/ote1 ,qu9tili51 ,long91 ,horace1 ,boileau4 ,s'il n'e/ pas t\rdi de t\s ces gr&s noms1 v\s invoquez le gt2 qu'a-t-il rpondre8 ,le gt e/ semblable ces anci5nes div9its paennes qu'on respectait d'autant plus qu'on ne savait o les tr\v]1 ni s\s quelle =me les ador]4 ,il n'en e/ pas de mme avec les savants4 ,ce sont g5s1 comme disait ,laclos1 qui ne se batt5t qu' c\ps de faits2 et il e/ =t dsagrable p\r un grave j\rnali/e1 lequel n'a ord9airem5t d'un rudit que le pdantisme1 de se voir r5dre1 p> quelque savant irrit1 les c\ps de frule qu'il lui avait adm9i/rs t\rdim5t4 ,joignez cela qu'il n'y a ri5 de t]rible comme la colre d'un savant attaqu sur son t]ra9 favori4 ,cette espce d'hommes-l ne sait dire d'injures que p> 9-folio2 il semble que la langue ne leur f\rnisse po9t de t]mes assez =ts p\r exprim] leur indignation4 ,visdel\1 cet amant platonique de la ,lexicologie1 raconte1 dans son ,supplm5t la biblio?que ori5tale1 que l'impratrice *9oise ,uu-,heu commit plusieurs crimes1 tels que d'assass9] son m>i1 son frre1 ses fils2 mais un surt\t qu'il appelle un att5tat in\1 c'e/ d'avoir ordonn1 au mpris de t\tes les lois de la grammaire1 qu'on l'appelt emp]eur et non impratrice4 ,t\t le monde a ent5du p>l] de ,jean ,al>y1 l'inv5teur de la pi]re philosophale des sci5ces1 voici quelques dtails sur cet homme clbre p\r le pe9tre qui se propos]a de faire son portrait3 ,al>y portait au milieu de la c\r mme une longue et paisse b>be1 un *apeau d'une =me haute et c>re qui n'tait pas celle du temps1 et un long manteau d\bl de longue pelu*e qui lui desc5dait plus bas que les talons1 et qu'il portait mme s\v5t p5dant les gr&es *aleurs de l't1 ce qui le di/+uait des autres hommes1 et le faisait connatre du peuple1 qui l'appelait hautem5t le philosophe crott1 de quoi1 dit ,colletet1 sa mode/ie ne s'(f5sait jamais4 ,colletet appelait ,al>y le philosophe crott1 ,boileau appelait ,colletet le pote crott4 ,c'e/ qu'alors l'esprit et le savoir1 ces deux dmons si r$\ts auj\rd'hui1 tai5t de =t pauvres diables4 ,auj\rd'hui ce qui salit le pote et le philosophe1 ce n'e/ pas la pauvret1 c'e/ la vnalit2 ce n'e/ pas la crotte1 c'e/ la b\e4 ,on considre ma9t5ant en ,france1 et avec raison1 comme le compltem5t ncessaire d'une ducation lgante1 une c]ta9e facilit mani] ce qu'on e/ conv5u d'appel] le /yle pi/olaire4 ,en effet1 le g5re auquel on donne ce nom--s'il e/ vrai que ce soit un g5re--e/ dans la littrature comme ces *amps du doma9e public que t\t le monde e/ en droit de cultiv]4 ,cela vi5t de ce que le g5re pi/olaire ti5t plus de la nature que de l'art4 ,les productions de cette sorte sont1 en quelque faon1 comme les fleurs1 qui croiss5t d'elles-mmes1 t&is que t\tes les autres compositions de l'esprit huma9 ressembl5t1 p\r a9si dire1 des difices qui1 depuis leurs fondem5ts jusqu' leur fate1 doiv5t tre laborieusem5t btis d'aprs des lois gnrales et des comb9aisons p>ticulires4 ,la plup>t des auteurs pi/olaires ont ignor qu'ils fuss5t auteurs2 ils ont fait des ouvrages comme ce ,m4 ,j\rda91 tant de fois cit1 faisait de la prose1 sans le savoir4 ,ils n'crivai5t po9t p\r crire1 mais p>ce qu'ils avai5t des p>5ts et des amis1 des affaires et des affections4 ,ils n'tai5t nullem5t proccups1 dans leurs correspondances1 du s\ci de l'immortalit1 mais t\t b\rgeoisem5t des so9s matriels de la vie4 ,leur /yle e/ simple comme l'intimit1 et cette simplicit en fait le *>me4 ,c'e/ p>ce qu'ils n'ont envoy leurs lettres qu' leurs familles qu'elles sont p>v5ues la po/rit4 ,n\s croyons qu'il e/ impossible de dire quels sont les lm5ts du /yle pi/olaire2 les autres g5res ont des rgles1 celui-l n'a que des secrets4 ,,satiriques ,,et ,,morali/es ,celui qui1 t\rm5t du gnreux dmon de la satire1 prt5d dire des vrits dures son sicle1 doit1 p\r mieux t]rass] le vice1 attaqu] en face l'homme vicieux2 p\r le fltrir1 il doit le nomm]2 mais il ne peut acqurir ce droit qu'en se nommant lui-mme4 ,de cette manire il s'assure en quelque sorte la victoire2 c>1 plus son ennemi e/ puissant1 plus il se montre c\rageux1 lui1 et la puissance recule t\j\rs devant le c\rage4 ,d'ailleurs1 la vrit veut tre dite haute voix1 et une mdisance anonyme e/ peut-tre plus honteuse qu'une calomnie signe4 ,il n'en e/ pas de mme du morali/e paisible qui ne se mle dans la socit que p\r en obs]v] en sil5ce les ridicules et les trav]s1 le t\t l'avantage de l'humanit4 ,s'il exam9e les individus en p>ticuli]1 il ne critique que l'espce en gnral4 ,l'tude laquelle il se livre e/ donc absolum5t innoc5te1 puisqu'il *]*e gurir t\t le monde sans bless] p]sonne4 ,cep5dant p\r remplir avec fruit son utile fonction1 sa premire prcaution doit tre de g>d] l'incognito4 ,quelque bonne op9ion que n\s ayons de n\s-mmes1 il y a t\j\rs en n\s une c]ta9e consci5ce qui n\s fait considr] comme ho/ile la dm>*e de t\t homme qui vi5t scrut] notre c>actre4 ,cette consci5ce e/ celle de ,l'endroit que l'on s5t faible et qu'on veut se ca*]4 ,aussi1 si n\s sommes =cs de vivre avec celui que n\s reg>d]ons comme un importun surveillant1 n\s envelopp]ons nos actions d'un voile de dissimulation1 et il p]dra t\tes ses pe9es4 ,si1 au contraire1 n\s p\vons l'vit]1 n\s le f]ons fuir de t\t le monde1 en le dnonant comme un f*eux4 ,le philosophe obs]vateur1 la manire des acteurs anci5s1 ne peut remplir son rle s'il ne porte un masque4 ,n\s recevrons =t mal le maladroit qui n\s dira3 ,je vi5s compt] vos dfauts et tudi] vos vices4 ,il faut1 comme dit ,horace1 qu'il mette du fo9 ses cornes1 autrem5t n\s cri]ons t\s h>o6 ,et celui qui se *>ge d'exploit] le doma9e du ridicule1 t\j\rs si va/e en ,france1 doit se gliss] plutt que se prs5t] dans la socit1 rem>qu] t\t sans se faire rem>qu] lui-mme1 et ne jamais oubli] ce v]s de ,mahomet3 ,mon empire e/ dtruit si l'homme e/ reconnu4 ,il ne faut pas jug] ,voltaire sur ses comdies1 ,boileau sur ses odes p9d>iques1 ou ,r\sseau sur ses allgories m>otiques4 ,le critique ne doit pas s'emp>] m*amm5t des faiblesses que prs5t5t s\v5t les plus beaux tal5ts1 de mme que l'hi/oire ne doit po9t abus] des petitesses qui se r5contr5t dans presque t\s les gr&s c>actres4 ,l\is ,,xiv se s]ait cru d%onor si son valet de *ambre l'et vu sans p]ruque2 ,tur5ne1 seul dans l'obscurit1 tremblait comme un enfant2 et l'on sait que ,cs> avait peur de v]s] en montant sur son *> de triomphe4 ,en #afgf1 ,corneille1 l'homme que les sicles n'oubli]ont pas1 tait oubli de ses contempora9s1 lorsque ,l\is ,,xiv fit reprs5t] ,v]sailles plusieurs de ses tragdies4 ,ce s\v5ir du roi excita la reconnaissance du gr& homme1 la ve9e de ,corneille se ranima1 et le d]ni] cri de joie du vieill>d fut peut-tre un des plus beaux *ants du pote1 ,e/-il vrai1 gr& mon>que1 et puis-je me vant] ,que tu pr5nes plaisir me ressuscit]8 ,qu'au b\t de qu>ante ans1 ,c9na1 ,pompe1 ,horace1 ,revi5n5t la mode et retr\v5t leur place1 ,et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux ,n'te po9t leur vieux lu/re mes premi]s travaux8 ,tel ,sophocle c5t ans *>mait encore ,a?nes1 ,tel b\illonnait encor son vieux sang dans ses ve9es1 ,dirai5t-ils l'envi1 lorsque ,o$ipe aux abois ,de ses juges p\r lui gagna t\tes les voix4 ,je n'irai pas si lo91 et1 si mes qu9ze lu/res ,font encor quelque pe9e aux mod]nes illu/res1 ,s'il en e/ de f*eux jusqu' s'en *agr9]1 ,je n'aurai pas longtemps les importun]4 ,quoi que je m'en promette1 ils n'en ont ri5 cra9dre ,c'e/ le d]ni] clat d'un feu prt s'te9dre2 ,au mom5t d'expir] il t*e d'bl\ir1 ,et ne frappe les yeux que p\r s'van\ir4 ,ces v]s m'ont t\j\rs pr(ondm5t mu4 ,corneille1 aigri p> l'envie1 rebut p> l'indiffr5ce1 y laisse entrevoir t\te la fire mlancolie de sa gr&e me4 ,il s5tait sa =ce1 et il n'en tait que plus am] p\r lui de se voir mconnu4 ,ce mle gnie avait reu un haut degr de la nature la consci5ce de lui-mme4 ,qu'on juge cep5dant quel po9t les attaques rxres de ses ,zoles dur5t influ] sur ses ides p\r l'am5] dire avec une sorte de conviction3 ,s$ neque ,godaeis acc$at musa tropaeis1 ,nec ,capellanum fas mihi velle sequi4 ,de p>eils v]s1 crits srieusem5t p> ,corneille1 sont une bi5 sanglante pigramme contre son sicle4 ,,sur ,,&r ,,de ,,*,,ni] #ahai4 ,un livre de posie vi5t de p>atre1 et1 quoique l'auteur soit mort1 les critiques pleuv5t4 ,peu d'ouvrages ont t plus rudem5t traits p> les connaisseurs que ce livre4 ,il ne s'agit pas cep5dant de tortur] un vivant1 de dc\rag] un jeune homme1 d'te9dre un tal5t naissant1 de tu] un av5ir1 de t]nir une aurore4 ,non1 cette fois1 la critique1 *ose trange1 s'a*>ne sur un c]cueil6 ,p\rquoi8 ,en voici la raison en deux mots3 c'e/ que c'e/ bi5 un pote mort1 il e/ vrai1 mais c'e/ aussi une posie n\velle qui vi5t de natre4 ,le tombeau du pote n'obti5t pas grce p\r le b]ceau de sa muse4 ,p\r n\s1 n\s laiss]ons d'autres le tri/e c\rage de triomph] de ce jeune lion arrt au milieu de ses =ces4 ,qu'on invective ce /yle incorrect et p>fois b>b>e1 ces ides vagues et incohr5tes1 cette eff]vesc5ce d'imag9ation1 rves tumultueux du tal5t qui s'veille2 cette manie de mutil] la phrase1 et1 p\r a9si dire1 de la taill] la grecque2 les mots drivs des langues anci5nes employs dans t\te l't5due de leur acception mat]nelle2 des c\pes biz>res1 etc4 ,*acun de ces dfauts du pote e/ peut-tre le g]me d'un p]fectionnem5t p\r la posie4 ,en t\t cas1 ces dfauts ne sont po9t dang]eux1 et il s'agit de r5dre ju/ice un homme qui n'a po9t j\i de sa gloire4 ,qui os]a lui repro*] ses imp]fections lorsque la ha*e rvolutionnaire repose encore t\te sanglante au milieu de ses travaux ina*evs8 ,si d'ailleurs l'on vi5t considr] quel fut celui dont n\s recueillons auj\rd'hui l'hritage1 n\s ne p5sons pas que le s\rire effleure facilem5t les lvres4 ,on v]ra ce jeune homme1 d'un c>actre noble et mode/e1 encl9 t\tes les d\ces affections de l'me1 ami de l'tude1 en?\sia/e de la nature4 ,en ce mme temps1 la rvolution e/ imm95te1 la r5aissance des sicles antiques e/ proclame1 ,*ni] devait tre tromp1 il le fut4 ,jeunes g5s1 qui de n\s n'aurait po9t v\lu l'tre8 ,il suit le fantme1 il se mle t\t ce peuple qui m>*e avec une ivresse dlirante p> le *em9 des abmes4 ,plus t>d on ouvrit les yeux1 les hommes g>s t\rnr5t la tte1 il n'tait plus temps p\r rev5ir en arrire1 il tait encore temps p\r m\rir avec honneur4 ,plus heureux que son frre1 ,*ni] v9t dsav\] son sicle sur l'*afaud4 ,il s'tait prs5t p\r df5dre ,l\is ,,xvi1 et1 qu& le m>tyr fut envoy au ciel1 il rdigea cette lettre p> laquelle la d]nire ress\rce de l'appel au peuple fut en va9 (f]te la consci5ce des b\rreaux4 ,cet homme si digne de sympa?ie n'eut pas le temps de dev5ir un pote p>fait2 mais1 en p>c\rant les fragm5ts qu'il n\s a laisss1 on r5contre des dtails qui font oubli] t\t ce qui lui manque4 ,n\s allons en signal] quelques-uns4 ,voyons d'abord le tableau de ,?se tuant un c5taure3 ,il va f5dre sa tte2 ,s\da9 le fils d'ge1 inv9cible1 sanglant1 ,l'ap]oit1 l'autel pr5d un *ne brlant1 ,sur sa cr\pe indompte1 avec un cri t]rible1 ,s'lance1 va saisir sa *evelure horrible1 ,l'entrane1 et qu& sa b\*e ouv]te avec ef=t ,crie1 il y plonge ensemble et la flamme et la mort4 ,ce morceau prs5te ce qui con/itue l'orig9alit des potes anci5s1 la trivialit dans la gr&eur4 ,d'ailleurs1 l'action e/ vive1 t\tes les circon/ances sont bi5 saisies et les pi?tes sont pittoresques4 ,que lui manqu]-t-il8 ,une c\pe lgante8 ,n\s prfrons cep5dant une p>eille b>b>ie ces v]s qui n'ont d'autre mrite qu'une irrpro*able mdiocrit4 ,il y a dans ,ovide3 ,nec dic]e ,rhaetus ,plura s9it1 rutilasque f]ox p] ap]ta loqu5tis ,condidit ora viri1 p]que os 9 pectore flammas4 ,c'e/ a9si que ,*ni] imite4 ,en matre4 ,il avait dit des s]viles imitateurs3 ,la nuit vi5t1 le corps re/e1 et son ombre s'enfuit4 ,voyez encore ces v]s de l'apo?ose d',h]cule3 ,il monte1 s\s ses pi$s t5d du vieux lion la dp\ille hroque1 ,et1 l'oeil au ciel1 la ma9 sur la massue antique1 ,att5d sa rcomp5se et l'heure d'tre un dieu4 ,le v5t s\ffle et mugit1 le b*] t\t en feu ,brille aut\r du hros1 et la flamme rapide ,porte aux palais div9s l'me du gr& ,alcide4 ,n\s prfrons cette image celle d',ovide1 qui pe9t ,h]cule t5du sur son b*]1 avec un visage aussi calme que s'il tait c\* sur le lit des fe/9s4 ,rem>quons seulem5t que l'image d',ovide e/ paenne1 celle d',&r de ,*ni] e/ *rti5ne4 ,veut-on ma9t5ant des v]s bi5 faits1 des v]s o brille le mrite de la difficult va9cue8 t\rnons la page1 c>1 p\r cit]1 on n'a gure que l'emb>ras du *oix3 ,t\j\rs ce s\v5ir m'att5drit et me t\*e1 ,qu&1 lui-mme1 appliquant la flte sur ma b\*e1 ,riant et m'asseyant prs de lui1 sur son coeur1 ,m'appelait son rival et dj son va9queur2 ,il faonnait ma lvre inhabile et peu sre ,a s\ffl] une hale9e h>monieuse et pure1 ,et ses savantes ma9s1 pr5ant mes jeunes doigts1 ,les levai5t1 les baissai5t1 recomm5ai5t v+t fois1 ,leur enseignant a9si1 quoique faibles encore1 ,a f]m] t\r t\r les tr\s du buis sonore4 ,veut-on des images gracieuses8 ,j'tais un faible enfant1 qu'elle tait gr&e et belle2 ,elle me s\riait et m'appelait prs d'elle2 ,deb\t sur ses g5\x1 mon innoc5te ma9 ,p>c\rait ses *eveux1 son visage1 son se92 ,et sa ma91 quelquefois aimable et c>essante1 ,feignait de *ti] mon enfance imprud5te4 ,c'e/ devant ses amants1 auprs d'elle confus1 ,que la fire beaut me c>essait le plus4 ,que de fois 7mais1 hlas6 que s5t-on cet ge87 ,que de fois ses bais]s ont press mon visage6 ,et les b]g]s disai5t1 me voyant triomphant3 ,oh6 que de bi5s p]dus6 ,o trop heureux enfant6 ,les idylles de ,*ni] sont la p>tie la mo9s travaille de ses ouvrages1 et cep5dant n\s connaissons peu de pomes dans la langue franaise dont la lecture soit plus atta*ante2 cela ti5t cette vrit de dtails1 cette abondance d'images qui c>actris5t la posie antique4 ,on a obs]v que telle glogue de ,virgile p\rrait f\rnir des sujets t\te une gal]ie de tableaux4 ,mais c'e/ surt\t dans l'lgie qu'clate le tal5t d',&r de ,*ni]4 ,c'e/ l qu'il e/ orig9al1 c'e/ l qu'il laisse t\s ses rivaux en arrire4 ,peut-tre l'habitude de l'antiquit n\s g>e1 peut-tre avons-n\s lu avec trop de complaisance les premi]s essais d'un pote malheureux2 cep5dant n\s osons croire1 et n\s ne craignons pas de le dire1 que1 malgr t\s ses dfauts1 ,&r de ,*ni] s]a reg>d p>mi n\s comme le pre et le modle de la vritable lgie4 ,c'e/ ici qu'on e/ saisi d'un pr(ond regret1 en voyant combi5 ce jeune tal5t m>*ait dj de lui-mme v]s un p]fectionnem5t rapide4 ,en effet1 lev au milieu des muses antiques1 il ne lui manquait que la famili>it de sa langue2 d'ailleurs1 il n'tait dp\rvu ni de s5s ni de lecture1 et encore mo9s de ce gt qui n'e/ que l'in/9ct du vrai beau4 ,aussi voit-on ses dfauts faire rapidem5t place des beauts h>dies1 et1 s'il se db>rasse encore quelquefois des entraves grammaticales1 ce n'e/ plus gure qu' la manire de ,la ,fonta9e1 p\r donn] son /yle plus de m\vem5t1 de grce et d'n]gie4 ,n\s cit]ons ces v]s3 ,et c'e/ ,glycre1 amis1 *ez qui la table e/ prte6 ,et la belle ,amlie e/ aussi de la fte6 ,et ,rose1 qui jamais ne lasse les dsirs1 ,et dont la danse molle aiguillonne aux plaisirs6 ,j'y cons5s1 avec v\s je suis prt m'y r5dre1 ,allons6 ,mais si ,camille1 dieux6 vi5t l'appr5dre6 ,quel orage suivra ce banquet tant vant1 ,s'il faut qu' son oreille un mot en soit port6 ,oh6 v\s ne savez pas jusqu'o va son empire4 ,si j'ai l\ des yeux1 une b\*e1 un s\rire1 ,ou si1 prs d'une belle assis en un repas1 ,nos lvres en riant ont murmur t\t bas1 ,elle a t\t vu4 ,bi5tt cris1 repro*es1 injure1 ,un mot1 un ge/e1 un ri51 t\t tait un p>jure4 ,*acun1 p\r cette belle avait vu mes g>ds2 ,je lui p>lais des yeux1 je *]*ais ses reg>ds4 ,et puis des pleurs1 des pleurs444 que ,memnon sur sa c5dre ,a sa mre immortelle en a mo9s fait rp&re6 ,que dis-je8 sa colre ose en v5ir aux c\ps444 ,et ceux-ci1 o clat5t1 un gal degr1 la v>it des c\pes et la vivacit des t\rnures3 ,une amante mo9s belle aime mieux1 et du mo9s1 ,humble et timide1 plaire elle e/ ple9e de so9s2 ,elle e/ t5dre1 elle a peur de pleur] votre abs5ce2 ,fidle1 peu d'amants attaqu5t sa con/ance2 ,et son gale humeur1 sa facile gat1 ,l'habitude1 son front ti5n5t lieu de beaut4 ,mais celle qui p>t\t fait conqute n\velle1 ,celle qu'on ne voit po9t sans dire3 ,qu'elle e/ belle6 ,insulte en son triomphe aux s\pirs de l'am\r4 ,s\v]a9e au milieu d'une tremblante c\r1 ,dans son lg] caprice 9gale et s\da9e1 ,t5dre et bonne auj\rd'hui1 dema9 froide et hauta9e1 ,si quelqu'un se drobe ses en*antem5ts1 ,qu'e/-ce enf9 qu'un de mo9s dans un peuple d'amants8 ,on brigue ses reg>ds1 elle s'aime et s'admire1 ,et ne connat d'am\r que celui qu'elle inspire4 ,en gnral1 quelle que soit l'9galit du /yle de ,*ni]1 il e/ peu de pages dans lesquelles on ne r5contre des images p>eilles celle-ci3 ,oh6 si tu la voyais1 cette belle c\pable1 ,r\gir1 et s'accus]1 et se ju/ifi]1 ,sans implor] sa grce et sans s'humili]6 ,p\rtant1 de l'obt5ir d\cem5t inquite1 ,et1 les *eveux p>s1 immobile1 muette1 ,les bras1 la gorge nue1 en un mol ab&on1 ,t\rn] sur toi des yeux qui dem&5t p>don1 ,crois qu'abjurant s\da9 le repro*e f>\*e1 ,tes bais]s port]ai5t le p>don sur sa b\*e6 ,voici encore un morceau d'un g5re diffr5t1 aussi n]gique que celui-l e/ gracieux4 ,on croirait lire des v]s de quelqu'un de nos vieux potes3 ,s\v5t las d'tre esclave et de boire la lie ,de ce calice am] que l'on nomme la vie1 ,las du mpris des sots qui suit la pauvret1 ,je reg>de la tombe1 asile s\hait6 ,je s\ris la mort volontaire et pro*a9e4 ,je me prie en pleurant d'os] rompre ma *ane4 ,le f] librateur qui p]c]ait mon se9 ,dj frappe mes yeux et frmit s\s ma ma92 ,et puis mon coeur s'c\te et s'ouvre la faiblesse2 ,mes p>5ts1 mes amis1 l'av5ir1 ma jeunesse1 ,mes crits imp>faits2 c>1 ses propres yeux1 ,l'homme sait se ca*] d'un voile spcieux444 ,a quelque noir de/9 qu'elle soit ass]vie1 ,d'une tre9te inv9cible il embrasse la vie1 ,et va *]*] bi5 lo91 plutt que de m\rir1 ,quelque prtexte ami de vivre et de s\ffrir4 ,il a s\ff]t1 il s\ffre1 aveugle d'esprance1 ,il se trane au tombeau de s\ffrance en s\ffrance1 ,et la mort1 de nos maux ce remde si d\x1 ,lui semble un n\veau mal1 le plus cruel de t\s6 ,il e/ hors de d\te que si ,*ni] avait vcu1 il se s]ait plac un j\r au rang des premi]s potes lyriques4 ,jusque dans ses essais in=mes on tr\ve dj t\t le mrite du g5re1 la v]ve1 l'entranem5t1 et cette fi]t d'ides d'un homme qui p5se p> lui-mme2 d'ailleurs1 p>t\t la mme flexibilit de /yle2 l des images gracieuses1 ici des dtails r5dus avec la plus n]gique trivialit4 ,ses odes la manire antique1 crites en lat91 s]ai5t cites comme des modles d'lvation et d'n]gie2 encore1 t\tes lat9es qu'elles sont1 il n'e/ po9t r>e d'y tr\v] des /rophes dont aucun pote franais ne dsav\]ait la te9te f]me et orig9ale4 ,va9 espoir6 inutile so96 ,ramp] e/ des huma9s l'ambition commune2 ,c'e/ leur plaisir1 c'e/ leur beso94 ,voir fatigue leurs yeux1 jug] les importune4 ,ils laiss5t jug] la =tune1 ,qui fait ju/e celui qu'elle fait t\t-puissant4 ,ce n'e/ po9t la v]tu1 c'e/ la seule victoire ,qui donne et l'honneur et la gloire4 ,te9t du sang des va9cus1 t\t glaive e/ innoc5t4 ,et plus lo93 ,c'e/ bi54 ,fais-toi ju/ice1 peuple s\v]a96 ,dit cette c\r l*e et h>die4 ,ils avai5t dit3 ,c'e/ bi51 qu&1 la lyre la ma91 ,l'ince/ueux *anteur1 ivre de sang roma91 ,applaudissait l'inc5die4 ,il n'y aura po9t d'op9ion mixte sur ,&r de ,*ni]4 ,il faut jet] le livre ou se rs\dre le relire s\v5t2 ses v]s ne veul5t pas tre jugs1 mais s5tis4 ,ils survivront bi5 d'autres qui auj\rd'hui p>aiss5t meilleurs4 ,peut-tre1 comme le disait navem5t ,la ,h>pe1 peut-tre p>ce qu'ils r5f]m5t en effet quelque *ose4 ,en gnral1 en lisant ,*ni]1 sub/ituez aux t]mes qui v\s *oqu5t leurs quival5ts lat9s1 il s]a r>e que v\s ne r5contriez pas de beaux v]s4 ,d'ailleurs1 v\s tr\v]ez dans ,*ni] la manire fran*e et l>ge des anci5s2 r>em5t de va9es anti?ses1 plus s\v5t des p5ses n\velles1 des pe9tures vivantes1 p>t\t l'empre9te de cette s5sibilit pr(onde sans laquelle il n'e/ po9t de gnie1 et qui e/ peut-tre le gnie elle-mme4 ,qu'e/-ce1 en effet1 qu'un pote8 ,un homme qui s5t =tem5t1 exprimant ses s5sations dans une langue expressive4 ,la posie1 ce n'e/ presque que s5tim5t4 ,il y a dj dans la n\velle gnration ne avec ce sicle des comm5cem5ts de gr&s potes4 ,att5dez quelques annes encore4 ,les fils des d5ts du dragon n'avai5t pas beso9 d'tre entirem5t sortis de la t]re p\r qu'on reconnt en eux des gu]ri]s2 et1 lorsque v\s aviez vu seulem5t les gantelets d'rix1 v\s p\viez jug] les =ces de l'a?lte4 ,a ,,un ,,traducteur ,d',,hom,,re ,les gr&s potes sont comme les gr&es montagnes1 ils ont beauc\p d'*os4 ,leurs *ants sont rpts dans t\tes les langues1 p>ce que leurs noms se tr\v5t dans t\tes les b\*es4 ,homre a d1 plus que t\t autre1 son imm5se r5omme le privilge ou le malheur d'une f\le d'int]prtes4 ,*ez t\s les peuples1 d'impuissants copi/es et d'insipides traducteurs ont dfigur ses pomes2 et depuis ,accius ,labeo1 qui s'criait3 ,crudum m&uces ,priamum ,priamique puellos2 ,mange t\t crus ,priam et ses enfants2 jusqu' ce brave contempora9 de ,m>ot qui faisait dire au *antre d',a*ille3 ,lors1 face face1 on vit ces deux gr&s ducs ,piteusem5t sur la t]re t5dus2 depuis le sicle du grammairi5 ,zole jusqu' nos j\rs1 il e/ impossible de calcul] le nombre des pygmes qui ont t\r t\r essay de s\lev] la massue d',h]cule4 ,croyez-moi1 ne v\s mlez pas ces na9s4 ,votre traduction e/ encore en portefeuille2 v\s tes bi5 heureux d'tre temps p\r la brl]4 ,une traduction d',homre en v]s franais6 c'e/ mon/rueux et ins\t5able1 monsieur4 ,je v\s affirme1 en t\te consci5ce1 que je suis indign de votre traduction4 ,je ne la lirai c]tes pas4 ,je veux en tre quitte p\r la peur4 ,je dcl>e qu'une traduction en v]s de n'importe qui1 p> n'importe qui1 me semble *ose absurde1 impossible et *imrique4 ,et j'en sais quelque *ose1 moi1 qui ai rim en franais 7ce que j'ai ca* soigneusem5t jusqu' ce j\r7 quatre ou c9q mille v]s d',horace1 de ,luca9 et de ,virgile2 moi1 qui sais t\t ce qui se p]d d'un hexamtre qu'on transvase dans un alex&r94 ,mais ,homre1 monsieur6 traduire ,homre6 ,savez-v\s bi5 que la seule simplicit d',homre a1 de t\t temps1 t l'cueil des traducteurs8 ,madame ,daci] l'a *ange en platitude2 ,lamotte-,h\d>d1 en s*]esse2 ,bitaub1 en fadaise4 ,franois ,porto dit qu'il faudrait tre un second ,homre p\r l\] dignem5t le premi]4 ,qui faudrait-il donc tre p\r le traduire8 ,,en ,,voyant ,,les ,,enfants ,,sortir ,,de ,l',,cole ,ju9 #ahbj4 ,je ris qu& *aque soir de l'cole vois9e ,sort et s'*appe en f\le une tr\pe enfant9e1 ,qu& j'ent5ds sur le seuil le svre m5tor ,dont les d]ni]s avis les p\rsuiv5t encor3 --,htez-v\s1 il e/ t>d1 vos mres v\s att5d5t6 --,inutiles clameurs que les v5ts seuls ent5d5t6 ,il r5tre4 ,alors la b&e1 avec des gris aigus1 ,se sp>e1 oubliant les ordres de l'argus4 ,les uns c\r5t sans peur1 p5dant qu'il fait un somme1 ,simul] des assauts sur le fo9 du bonhomme2 ,d'autres jusqu'en leurs nids surpr5n5t les oiseaux ,qui le soir le *>mai5t1 errants s\s ses b]ceaux2 ,ou1 se glissant sans bruit1 vont voir avec my/re ,s'ils ont laiss des noix au clos du presbytre4 ,sans d\te v\s blmez t\s ces jeux dont je ris2 ,mais ,montaigne1 en songeant qu'il naquit dans ,p>is1 ,vantait son air impur1 la fange de ses rues2 ,montaigne aimait ,p>is jusque dans ses v]rues4 ,j'ai pass p> l'enfance1 et cet ge *ri ,plat1 mme en ses c>ts1 mon coeur att5dri4 ,je ne sais1 mais p\r moi sa nave ignorance ,c\vre encor ses dfauts d'un voile d'innoc5ce4 ,le li]re des ro*]s dguise le cont\r1 ,et t\t p>at *>mant aux premi]s feux du j\r4 ,age s]e9 o l'me1 trangre l'envie1 ,se prp>e en riant aux d\leurs de la vie1 ,pr5d son p5*ant p\r guide1 et1 simple en ses transports1 ,fait le bi5 sans orgueil et le mal sans remords6 ,a ,,des ,,petits ,,enfants ,,en ,,classe ,ju9 #ahbj4 ,v\s qui1 les yeux fixs sur un gros c>actre1 ,l'imitez va9em5t sur l'arne lgre1 ,et voyez *aque fois1 malgr vos so9s n\veaux1 ,le cyl9dre fatal effac] vos travaux1 ,ce tri/e passe-temps1 mes enfants1 c'e/ la vie4 ,un j\r1 v]s le bonheur t\rnant un oeil d'envie1 ,v\s f]ez comme moi1 sur ce modle heureux1 ,bi5 des projets *>mants1 bi5 des plans gnreux2 ,et puis vi5dra le sort1 dont la ma9 inquite ,dtruira dans un j\r votre bau*e imp>faite6 tres purs et joyeux1 meilleurs que n\s ne sommes1 ,enfants1 p\rquoi faut-il que v\s dev5iez hommes8 ,p\rquoi faut-il qu'un j\r v\s soyez comme n\s1 ,esclaves ou tyrans1 envis ou jal\x8 ,il n'y a plus ri5 d'orig9al auj\rd'hui p*] contre la grammaire2 beauc\p d'criva9s n\s ont lasss de cette orig9alit-l4 ,il faut aussi vit] de tir] p>ti des petits dtails1 g5re qui montre de la re*]*e et de l'affectation4 ,il faut laiss] ces purils moy5s d'amus] ces g5s qui mett5t des int5tions dans une virgule et des rflexions dans un trait susp5sif1 font de l'esprit sur t\t et de l'rudition sur ri51 et qui1 d]nirem5t encore1 propos de ces piqueurs qui ont al>m t\t ,p>is1 remir5t sur la scne les hommes de t\s les sicles et de t\s les pays1 depuis ,caligula1 qui piquait les m\*es1 jusqu' don ,qui*otte1 qui piquait les mo9es4 ,campi/ron1 comme ,lagrange-,*ancel1 avait montr de bonne heure des dispositions p\r la posie1 et cep5dant ils ne se sont jamais levs t\s les deux au-dessus du mdiocre4 ,il e/ r>e1 en effet1 que des tal5ts si prcoces p>vi5n5t jamais la maturit du gnie4 ,c'e/ une vrit dont n\s p\vons t\s les j\rs n\s conva9cre davantage4 ,n\s voyons des jeunes g5s faire dix-neuf ans ce que ,rac9e n'aurait pas fait v+t-c9q2 mais v+t-c9q ils sont arrivs l'apoge de leur tal5t1 et v+t-huit ans ils ont dj dfait la moiti de leur gloire4 ,on n\s object]a que ,voltaire aussi avait fait des v]s ds son enfance2 mais il e/ rem>qu] que1 ds qu9ze ans1 ,campi/ron et ,lagrange-,*ancel tai5t connus dans les salons et considrs comme de petits gr&s hommes2 t&is qu'au mme ge ,voltaire tait dj en fuite de *ez son pre2 et1 en gnral1 ce n'e/ pas dans des cages1 fuss5t-elles dores1 qu'il faut lev] les aigles4 ,qu& un criva9 a p\r qualit pr9cipale l'orig9alit1 il p]d s\v5t quelque *ose tre cit4 ,ses pe9tures et ses rflexions1 dictes p> un esprit organis d'une faon p>ticulire1 veul5t tre vues la place o l'auteur les a disposes1 prcdes de ce qui les amne1 suivies de ce qu'elles entran5t4 ,lies l'ouvrage1 la c\leur bi5 app>eille des p>ties conc\rt l'h>monie de l'ensemble2 dta*es du t\t1 cette mme c\leur devi5t disp>ate et =me une dissonance avec t\t ce dont on l'ent\re4 ,le /yle du critique1 qui doit tre simple et c\lant1 et qui e/ ma9tes fois plat et commun1 prs5te un contra/e *oquant avec le /yle l>ge1 h>di et s\v5t brusque de l'auteur orig9al4 ,une citation de tel gr& pote ou de tel gr& criva91 encadre dans la prose luisante1 rcure et b\rgeoise de tel critique1 c'e/ un effet p>eil celui que f]ait une figure de ,mi*el-,ange au milieu des cass]oles trompe-l'oeil de ,m4 ,droll+4 ,il e/ difficile de ne po9t avoir de prv5tion contre cette manie1 auj\rd'hui si commune nos auteurs1 de runir des imag9ations t\j\rs div]ses et s\v5t contraires p\r conc\rir au mme ouvrage4 ,c[ley1 press p> le m>quis de ,twick5ham de s'adjo9dre dans ses travaux je ne sais quel pote obscur1 rpondit ,sa ,seigneurie qu'un ne et un *eval tran]ai5t mal un *>iot4 ,deux auteurs p]d5t s\v5t1 en le mettant en commun1 t\t le tal5t qu'ils p\rrai5t avoir *acun sp>m5t4 ,il e/ impossible que deux ttes huma9es conoiv5t le mme sujet absolum5t de la mme manire2 et l'absolue unit de la conception e/ la premire qualit d'un ouvrage4 ,autrem5t les ides des div]s collaborateurs se heurt5t sans se li]1 et il rsulte de l'ensemble une discordance 9vitable qui *oque sans qu'on s'en r5de raison4 ,les auteurs excell5ts1 anci5s et mod]nes1 ont t\j\rs travaill seuls1 et voil p\rquoi ils sont excell5ts4 ,,un ,,feuilleton ,dcembre #ahbj4 ,,?,,atre-,,fran,,ais ,,jean ,,de ,,b\rgogne ,tragdie en c9q actes4 ,c'e/ un inconvni5t des sujets hi/oriques d'emb>rass] l'intellig5ce de notre savant p>t]re4 ,il arrive devant la toile sans ri5 connatre des vnem5ts qui vont se pass] s\s ses yeux1 et auxquels ne l'initie qu'assez sup]ficiellem5t une exposition t\j\rs mal c\te ou mal ent5due4 ,c'e/ dans le j\rnal du l5dema9 que les spectateurs iront le plus s\v5t *]*] de quelle race sortait le hros1 quelle famille app>t5ait l'hrone1 sur quel pays rgnait le tyran1 dsappo9ts si le critique n'claire pas leur ignorance1 et ne leur dit pas1 comme au valet ,hector1 de quel pays tait le galant homme ,snque4 ,n\s n\s disp5s]ons t\tefois d'obir l'usage1 d'abord p>ce que longtemps avant que n\s ne n\s mlassions de rg5t] les ?tres1 les petits prcis hi/oriques des feuilletons n\s avai5t t\j\rs p>u =t ennuyeux2 ensuite p>ce que n\s ne p\vons dcemm5t n\s flatt] de russir mieux au mti] d'hi/ori5 que tant de critiques plus habiles que n\s1 nos devanci]s2 et1 sur ce1 =t de l'avis de ,b>nes1 qu'il sufft1 p\r gagn] une cause1 de tr\v] deux raisons1 bonnes ou mauvaises1 n\s passons ,jean de ,b\rgogne4 ,ds les premires scnes de cette pice1 n\s voyons se dess9] trois pr9cipaux c>actres1 ce qui n\s donne deux actions di/9ctes1 ou1 si l'on veut1 deux faits en "q diffr5ts1 savoir3 la "q entre le dauph9 et le duc de ,b\rgogne1 ou la ,france s]a-t-elle sauve8 et la "q entre le duc de ,b\rgogne et ,val5t9e de ,milan1 ou la mort du duc d',orlans s]a-t-elle v5ge8 ,a cette inadv]tance de divis] a9si l'att5tion du spectateur en prs5tant deux hros son affection1 l'auteur a jo9t le tort beauc\p plus gr& de ne pas runir les deux affections qui en rsult5t en un seul et mme intrt4 ,en effet1 s'il n\s montre le dauph9 prt t\t sacrifi] p\r sauv] la ,france1 il n\s montre en mme temps la du*esse prte t\t sacrifi]1 mme la ,france1 p\r sauv] son m>i2 il suit de l que le spectateur1 qui s'intresse l'une des deux actions1 ne s'intresse pas l'autre1 et rciproquem5t1 de telle sorte que la moiti de la pice e/ frappe de mort4 ,cette comb9aison e/ d'autant plus malheureuse1 qu'elle ne p>aissait nullem5t ncessaire4 ,ds que l'auteur v\lait comm5c] sa pice p> rappel] les crimes de ,jean de ,b\rgogne1 ide ju/e et tragique1 il n'avait pas beso9 de l'int]v5tion p]sonnelle de la du*esse d',orlans2 une lettre et suffi1 et le spectateur se s]ait tr\v transport t\t de suite au milieu des scnes animes du second acte1 seul po9t vritable de la pice o comm5ce l'action4 ,lorsque n\s disons que l'action comm5ce1 n\s s5tons avec pe9e que n\s n\s s]vons d'une expression impropre2 c'e/ p>at devoir comm5c] que n\s devrions dire4 ,en effet1 la tragdie n\velle1 e/imable s\s d'autres rapports1 n'e/ encore1 quant au plan1 qu'une pice comme tant d'autres1 une tragdie sans action1 une sorte de lant]ne magique o t\s les p]sonnages c\r5t les uns aprs les autres sans p\voir jamais s'atte9dre4 ,a9si1 lorsque le dauph9 e/ dlibr] dans son conseil sur l'accusation porte contre le duc de ,b\rgogne1 t\t c\p celui-ci se prs5te1 et1 lo9 de se ju/ifi]1 dcl>e la gu]re son s\v]a94 ,voil une situation2 mais que produit-elle8 ,ri54 ,les deux p>tis se sp>5t avec des m5aces rciproques4 ,cep5dant ,tanneguy-,du*tel e/ l qui doit assass9] le pr9ce un j\r et qui devrait1 ce semble1 pr(it] de l'occasion4 ,et de deux *oses l'une3 ou le duc de ,b\rgogne a les moy5s de s'emp>] de la p]sonne de son matre1 et alors p\rquoi ne le fait-il pas8 ou il n'en a pas le p\voir1 et alors p\rquoi vi5t-il s'expos]1 p> une bravade inutile1 aux suites d'un premi] m\vem5t1 incalculables dans t\t autre p]sonnage qu'un hros aussi pati5t que le dauph98 ,et plus lo9 encore1 n\s retr\vons la mme situation1 mais dgage de t\t ce qui peut la r5dre dcisive4 ,on vi5t annonc] au dauph9 que le duc de ,b\rgogne e/ matre de ,p>is et qu'il m>*e sur le palais4 ,voil le dauph9 en pril1 comm5t f]a-t-il p\r en sortir8 ,ri5 de plus simple2 il sort p> une porte et le duc de ,b\rgogne entre p> l'autre4 ,mais1 dira l'auteur1 le dauph9 se laisse entran]4 ,et voil ju/em5t le malheur1 les gr&s c>actres doiv5t t\j\rs agir p> eux-mmes1 autrem5t tait-ce la pe9e de n\s annonc] des gants1 si aup>avant v\s aviez pris so9 de leur atta*] les jambes8 ,cep5dant le duc de ,b\rgogne1 re/ seul1 se g>de bi5 de p\rsuivre le dauph91 ce qui le mettrait dans la ncessit d'tre va9queur ou d'tre va9cu4 ,il s'amuse compos] avec les ,armagnacs1 rabattre les prt5tions des anglais1 et mme (frir des places au *anceli]4 ,puis il "p p\r ,mont]eau4 ,t\t c\p on appr5d qu'il y a accept une entrevue avec le dauph9 et qu'il y a t assass94 ,il e/ vid5t que1 si le comm5cem5t de la pice n\s a fait voir de gr&s vnem5ts ne produisant que de petits rsultats1 la balance se rtablit bi5 au d]ni] acte1 et qu'il e/ difficile de voir un vnem5t plus important produit p> une cause plus lgre et plus inatt5due4 ,n\s v5ons d'expos] en peu de mots le plan de ,jean de ,b\rgogne1 dgag de t\tes les scnes pisodiques2 il n\s re/e exam9] comm5t un auteur1 qui e/ lo9 de manqu] de tal5t1 a pu tre conduit travaill] sur un canevas aussi imp>fait4 ,le malheur de l'auteur vi5t d'avoir confondu les deux espces de tragdie1 la tragdie de s5tim5ts et la tragdie d'vnem5ts4 ,il suffit1 p\r s'en conva9cre1 d'tablir entre ses deux hros quelques-uns des rapports naturels de frre frre ou de pre fils2 n\s allons voir disp>atre t\tes les dif=mits de son action4 ,p> exemple1 qu'un fils accus d'un crime dcl>e la gu]re son pre1 doit-on tre tonn que les deux p]sonnages1 euss5t-ils la facult de s'ext]m9] mutuellem5t1 se sp>5t avec de simples m5aces8 ,y a-t-il ri5 de honteux dans la fuite d'un pre devant un fils rebelle8 ,et si ce fils prit assass9 malgr les ordres du pre1 la situation de celui-ci en s]a-t-elle mo9s noble et mo9s t\*ante8 ,n\s v5ons1 sans n\s en ap]cevoir1 de retrac] l'av5ture de ,david et d',absalon1 l'une des plus tragiques qui soi5t dans les livres sa9ts4 ,dans le cas actuel1 ds que l'auteur v\lait n\s reprs5t] la mort du duc de ,b\rgogne1 il fallait *oisir entre les deux hypo?ses d'un meurtre =tuit ou d'un assass9at prmdit4 ,la premire tait impraticable1 puisqu'une tragdie doit avoir un comm5cem5t1 une f9 et un milieu4 ,en admettant la seconde1 il fallait1 ds les premires scnes1 pos] la "q tragique3 le duc s]a-t-il assass91 ou ne le s]a-t-il pas8 et faire natre l'intrt de la lutte des circon/ances qui le dt\rn5t de sa p]te ou qui l'y entran5t4 ,mais1 dans la tragdie telle qu'elle e/ faite1 le spectateur1 conduit d'incid5ts en incid5ts v]s la cata/rophe1 sans que ri5 lie la cata/rophe aux incid5ts1 ap]oit pe9e et l quelques int5tions dramatiques1 quelques comb9aisons ?trales qui font naufrage au milieu du flux et du reflux des pisodes4 ,walt] ,scott ca*e son nom s\s le nom de ,j$$iah ,cleisbo?am4 ,je ne vois pas p\rquoi on l'en blme4 ,si un sot p>vi5t la clbrit1 il ne l*e plus deux pages de son criture sans les protg] de son nom1 esprant que sa rputation f]a celle de son livre1 t&is que s\v5t celle de son livre dfait la si5ne4 ,l'homme de mrite1 ds qu'il e/ arriv la gloire1 vite quelquefois de dcor] de son nom les n\veaux crits qu'il livre au public4 ,il a assez d'orgueil p\r savoir que son nom influ]ait sur l'op9ion1 et assez de mode/ie p\r ne le pas v\loir4 ,il aime r$ev5ir ignor1 p\r se mnag]1 en quelque sorte1 une n\velle gloire4 ,il y a quelque *ose du fanf>on dans ces gu]ri]s d',homre qui prludai5t au combat en dcl9ant leurs noms et leurs gnalogies2 ce sont des hros plus vrais1 ces *evali]s franais qui combattai5t la visire baisse1 et ne dc\vrai5t le visage qu'aprs que le bras avait t reconnu4 ,,les ,,v\s ,,et ,,les ,,tu ,d',,apr,s ,,la ,r,,volution ,,ari/ide ,a ,,brutus ,qui5 haga aplicaciones ,con su pan se lo coma4 ,,yri>te4 ,brutus1 te s\vi5t-il1 dis-moi1 ,du temps o1 las de ta livre1 ,tu v9s en ve/e d*ire ,te jo9dre ce bon peuple-roi ,fi] de sa maje/ sacre ,et =m de gueux comme toi8 ,dans ce beau temps de rpublique1 ,boire et jur] fut ton emploi4 ,ton bonnet1 ton j>gon cynique1 ,ton air sombre1 inspirai5t l'effroi2 ,et1 ple9 d'un feu patriotique1 ,p\r gagn] le lauri] civique1 ,t\s nos hameaux t'ont vu1 je croi1 ,frat]nis] c\ps de pique ,et pill] au nom de la loi4 ,las6 l'autre j\r1 monsieur le pr9ce1 ,p\r v\s p>l] des intrts ,d'un vieil ami de ma prov9ce1 ,j'entrai dans votre beau palais4 ,d'abord1 je fis1 de mon air m9ce1 ,rire un rgim5t de valets2 ,puis1 relgu dans l'anti*ambre1 ,t\t m\ill des pleurs de dcembre1 ,j'att5dis1 prs du feu cl\1 ,et1 comme un sage du ,pire1 ,opposant1 de t\s baf\1 ,au sot orgueil de la livre ,la fi]t du manteau tr\4 ,on m'appelle enf94 ,je m'lance1 ,et l'huissi] de votre gr&eur ,me fait trav]s] en sil5ce ,quatre salons dont l'lgance galait seule la spl5deur4 ,bi5tt1 monseigneur1 ple9 de joie1 ,je vois1 sur des c>reaux de soie1 ,votre altesse en son cab9et1 ,portant sur son se91 avec gloire1 ,un beau cordon1 brillant de moire1 ,de la c\leur de ton bonnet4 ,quoi6 c'tait donc un pr9ce en h]be ,que mon *] ,brutus d'autrefois6 ,on v\s admire1 je le vois2 ,votre savoir passe en prov]be2 ,vos fe/9s sont dignes des rois2 ,vos cadeaux sont d'un gt sup]be2 ,homme d'tat1 votre tal5t clate en vos mo9dres saillies1 ,et si v\s dites des folies1 ,v\s les dites d'un ton galant4 ,quant moi1 je ris en sil5ce2 ,c>1 puisqu'auj\rd'hui l'opul5ce ,donne t\t1 grce1 esprit1 v]tus1 ,les bons mots de votre excell5ce tai5t les jurons de ,brutus4 ,adieu1 monseigneur1 sans rancune6 ,briguez les s\rires des rois ,et les faveurs de la =tune4 ,p\r moi1 je n'en att5ds aucune4 ,ma b\rse1 vide t\s les mois1 ,me =ce *ang] de retraites2 ,v\s1 dans un po/e has>deux1 ,t*ez de re/] o v\s tes1 ,et puissions-n\s vivre t\s deux1 ,v\s sans remords1 et moi sans dettes4 ,excusez si1 p>fois encor1 ,j'ose rire de la bassesse ,de ces c\rtisans brillants d'or ,dont la f\le gr&s flots v\s presse1 ,lorsque1 entrant d'un air de noblesse ,dans les salons bl\issants ,du p\voir et de la ri*esse1 ,l'illu/re pi$ de votre altesse ,vi5t salir ces p>quets glissants ,que tu frottais dans ta jeunesse4 ,combi5 de malheureux1 qui aurai5t pu mieux faire1 se sont mis en tte d'crire1 p>ce qu'en f]mant un beau livre ils s'tai5t dit3 ,j'en p\rrais faire autant6 ,et cette rflexion-l ne pr\vait ri51 s9on que l'ouvrage tait inimitable4 ,en littrature comme en morale1 plus une *ose e/ belle1 plus elle semble facile4 ,il y a quelque *ose dans le coeur de l'homme qui lui fait pr5dre quelquefois le dsir p\r le p\voir4 ,c'e/ a9si qu'il croit ais de m\rir comme d',assas ou d'crire comme ,voltaire4 ,si ,walt] ,scott e/ cossais1 ses romans suffirai5t p\r n\s l'appr5dre4 ,son am\r exclusif p\r les sujets cossais pr\ve son am\r p\r l'cosse2 passionn p\r les vieilles c\tumes de sa patrie1 il se ddommage1 en les peignant fidlem5t1 de ne p\voir plus les suivre avec religion1 et son admiration pieuse p\r le c>actre national clate jusque dans sa complaisance en dtaill] les dfauts4 ,une irl&aise1 lady ,morgan1 s'e/ (f]te1 p\r a9si dire1 comme la rivale naturelle de ,walt] ,scott1 en s'ob/9ant1 comme lui1 ne trait] que des sujets nationaux#a1 mais il y a dans ses crits beauc\p plus d'am\r p\r la clbrit que d'atta*em5t p\r son pays1 et beauc\p mo9s d'orgueil national que de vanit p]sonnelle4 ,lady ,morgan p>at pe9dre avec plaisir les irl&ais2 mais il e/ une irl&aise qu'elle pe9t surt\t et p>t\t avec en?\siasme1 et cette irl&aise1 c'e/ elle4 ,miss ,o',hallogan dans ,o',donnell1 et lady ,clanc>e dans ,flor5ce ,macc>?y1 ne sont autre *ose que lady ,morgan1 flatte p> elle-mme4 ,il faut le dire1 auprs des tableaux ple9s de vie et de *aleur de ,scott1 les croquis de lady ,morgan ne sont que de ples et froides esquisses4 ,les romans hi/oriques de cette dame se laiss5t lire2 les hi/oires romanesques de l'cossais se font admir]4 ,la raison en e/ simple2 lady ,morgan a assez de tact p\r obs]v] ce qu'elle voit1 assez de mmoire p\r ret5ir ce qu'elle obs]ve1 et assez de f9esse p\r rapport] propos ce qu'elle a ret5u2 sa sci5ce ne va pas plus lo94 ,voil p\rquoi ses c>actres1 bi5 tracs quelquefois1 ne sont pas s\t5us2 ct d'un trait dont la vrit v\s frappe1 p>ce qu'elle l'a copi sur la nature1 v\s en tr\vez un autre *oquant de fausset1 p>ce qu'elle l'inv5te4 ,walt] ,scott1 au contraire1 conoit un c>actre1 aprs n'en avoir s\v5t obs]v qu'un trait2 il le voit dans un mot1 et le pe9t de mme4 ,son excell5t jugem5t fait qu'il ne s'g>e po9t1 et ce qu'il cre e/ presque t\j\rs aussi vrai que ce qu'il obs]ve4 ,qu& le tal5t e/ p\ss ce po9t1 il e/ plus que du tal5t2 aussi peut-on rduire le p>allle en deux mots3 lady ,morgan e/ une femme d'esprit2 ,walt] ,scott e/ un homme de gnie4 #a3 ,il faut en except] t\tefois son roman sur la ,france4 ,,la ,,sa9t-,,*>les ,,de #ahbj --,je disais l'an pass3 ,voici le j\r de fte1 ,*>les m'att5d2 je veux1 ceignant de fleurs ma tte1 ,m'(frir avec ma fille son premi] c\p d'oeil2 ,qu& ce j\r revi5dra1 ram5 p> l'anne1 ,si je lui porte un fils1 fruit de mon hymne1 ,mon bonheur s]a de l'orgueil4 ,l'anne a fui2 voici le j\r de fte6 ,e/-ce une fte1 hlas6 que l'on apprte8 ,qu'e/ dev5u ce j\r jadis si d\x8 ,de pleurs am]s j'ai salu l'aurore2 ,p\rtant un ,*>le mes voeux re/e encore1 ,j'embrasse un fils1 mais je n'ai plus d'p\x4 ,veuve1 deux orphel9s m'atta*5t la t]re4 ,mon bi5-aim prs d'eux ne vi5dra pas s'asseoir2 ,ils ne dormiront pas s\s les yeux de leur pre1 ,et j'irai sur leurs fronts1 pla9tive et solitaire1 ,dpos] le bais] du soir4 ,o va9 regret6 flicit passe6 ,voici le j\r o1 sur son se9 presse1 ,a mon p\x je r$isais ma foi1 ,et je gmis sur une urne glace1 ,prs de ce coeur qui ne bat plus p\r moi6-- ,a9si la veuve dsole1 ,digne du m>tyr au c]cueil1 ,d'un d\x s\v5ir accable1 ,pleurait auprs du mausole ,son c\rt bonheur et son long deuil4 ,n\s voyions cep5dant1 *apps aux naufrages1 ,brill] l'arc du salut au milieu des orages2 ,le ciel ne s'armait plus de prsages d'effroi2 ,de l'hroque mre exauant l'esprance1 ,le ,dieu qui fut enfant avait notre ,france ,donn l'enfant qui s]a roi4 ,dfiez-v\s de ces g5s arms d'un lorgnon qui s'en vont p>t\t criant3 ,j'obs]ve mon sicle6 ,tantt leurs lunettes grossiss5t les objets1 et alors des *ats leur sembl5t des tigres2 tantt elles les rapetiss5t1 et alors des tigres leur p>aiss5t des *ats4 ,il faut obs]v] avec ses yeux4 ,le morali/e1 en effet1 ne doit jamais p>l] que d'aprs son expri5ce immdiate1 s'il veut j\ir du bonheur ineffable1 vant p> ,addison1 de tr\v] un j\r dans la biblio?que d'un inconnu son livre reli en m>oqu91 dor sur tran*e1 et pli en plusieurs endroits4 ,il e/ encore p\r le morali/e une condition dont n\s avons dj p>l ailleurs1 celle de re/] inconnu des individus qu'il tudie2 il faut qu'il entre *ez eux1 disait encore le mme ,addison1 aussi librem5t qu'un *i51 un *at1 ou t\t autre animal dome/ique4 ,l-dessus n\s p5sons comme le ,spectateur4 ,l'obs]vateur qui se vante de son rle ressemble ,argus *ang en paon1 orgueilleux de ses c5t yeux qui ne peuv5t plus voir4 ,qu& une langue a dj eu1 comme la ntre1 plusieurs sicles de littrature1 qu'elle a t cre et p]fectionne1 manie et torture1 qu'elle e/ faite presque t\s les /yles1 plie presque t\s les g5res1 qu'elle a pass non-seulem5t p> t\tes les =mes matrielles du rhy?me1 mais encore p> je ne sais combi5 de c]veaux comiques1 tragiques et lyriques1 il s'*appe1 comme une cume1 de l'ensemble des ouvrages qui compos5t sa ri*esse littraire1 une c]ta9e quantit1 ou1 p\r a9si dire1 une c]ta9e masse flottante de phrases conv5ues1 d'hmi/i*es plus ou mo9s insignifiants1 ,qui sont t\t le monde et ne sont p]sonne4 ,c'e/ alors que l'homme le mo9s inv5tif p\rra1 avec un peu de mmoire1 s'amass]1 en puisant dans ce rs]voir public1 une tragdie1 un pome1 une ode1 qui s]ont en v]s de d\ze1 ou huit1 ou six syllabes1 lesquels auront de bonnes rimes et d'excell5tes csures1 et ne manqu]ont mme pas1 si l'on veut1 d'une lgance1 d'une h>monie1 d'une facilit quelconque4 ,l-dessus notre homme publi]a son oeuvre en un bon gros volume vide1 et se croira pote lyrique1 pique ou tragique1 la faon de ce f\ qui se croyait propritaire de son hpital4 ,cep5dant l'envie1 protectrice de la mdiocrit1 s\rira son ouvrage2 d'alti]s critiques1 qui v\dront faire comme ,dieu et crer quelque *ose de ri51 s'amus]ont lui btir une rputation2 des connaisseurs1 qui ne s'ob/9]ont pas ridiculem5t v\loir que des mots exprim5t des ides1 vant]ont1 d'aprs le j\rnal du mat91 la cl>t1 la sagesse1 le gt du n\veau pote2 les salons1 *os des j\rnaux1 s'extasi]ont1 et la publication dudit ouvrage n'aura d'autre inconvni5t que d'us] les bords du *apeau de ,piron4 ,ceux qui ne sav5t pas admir] p> eux-mmes se lass5t bi5 vite d'admir]4 ,il y a au fond de presque t\s les hommes je ne sais quel s5tim5t d'envie qui veille incessamm5t sur leur coeur p\r y comprim] l'expression de la l\ange mrite1 ou y en*an] l'lan du ju/e en?\siasme4 ,l'homme le plus vulgaire n'accord]a l'ouvrage le plus suprieur qu'un loge assez re/re9t1 p\r qu'on ne puisse le croire incapable d'en faire autant4 ,il p5s]a presque que l\] un autre1 c'e/ prescrire son propre droit la l\ange1 et ne cons5tira au gnie de tel pote qu'autant qu'il ne p>atra pas abdiqu] le si52 et je p>le ici1 non de ceux qui criv5t1 mais de ceux qui lis5t1 de ceux qui1 la plup>t1 n'criront jamais4 ,d'ailleurs1 il e/ de mauvais ton d'applaudir1 l'admiration donne la physionomie une expression ridicule1 et un transport d'en?\siasme peut drang] le pli d'une cravate4 ,voil1 c]tes1 de hautes raisons p\r que des hommes immortels1 qui honor5t leur sicle p>mi les sicles1 tran5t des vies d'am]tume et de dgt1 p\r que le gnie s'teigne dc\rag sur un *ef-d'oeuvre1 p\r qu'un ,camons m5die1 p\r qu'un ,milton languisse dans la misre1 p\r que d'autres que n\s ignorons1 plus in=tuns et plus gr&s peut-tre1 meur5t sans mme avoir pu rvl] leurs noms et leurs tal5ts1 comme ces lampes qui s'allum5t et s'teign5t dans un tombeau6 ,aj\tez cela que1 t&is que les illu/rations les plus mrites sont refuses au gnie1 il voit s'lev] sur lui une f\le de rputations inexplicables et de r5ommes usurpes2 il voit le petit nombre d'criva9s plus ou mo9s mdiocres qui dirig5t p\r le mom5t l'op9ion1 exalt] les mdiocrits qu'ils ne craign5t pas1 en dprimant sa supriorit qu'ils r$\t5t4 ,qu'importe t\te cette sollicitude du nant p\r le nant6 ,on russira1 la vrit1 us] l'me1 empoisonn] l'exi/5ce du gr& homme2 mais le temps et la mort vi5dront et f]ont ju/ice4 ,les rputations dans l'op9ion publique sont comme des liquides de diffr5ts poids dans un mme vase4 ,qu'on agite le vase1 on p>vi5dra aism5t ml] les liqueurs2 qu'on le laisse repos]1 elles repr5dront t\tes1 l5tem5t et d'elles-mmes1 l'ordre que leurs pesanteurs et la nature leur assign5t4 ,des rflexions amres vi5n5t l'esprit qu& on songe l'ext9ction1 auj\rd'hui 9vitable1 de cette illu/re race de ,cond1 qui1 sans jamais s'asseoir sur le trne1 avait t\j\rs t rem>quable entre t\tes les races royales de l',europe1 et avait fond dans la maison de ,france une sorte de dyna/ie militaire1 acc\tume rgn] au milieu des camps et des *amps de bataille4 ,si1 dans quelques annes1 de n\velles convulsions politiques am5ai5t 7ce qu' ,dieu ne plaise67 de n\velles gu]res civiles1 n\s t\s qui s]vons auj\rd'hui la cause mon>*ique1 n\s s]ions bi5 alors des exils1 des bannis1 des proscrits2 mais n\s ne s]ions plus1 comme les va9queurs de ,b]/heim et de ,bib]a*1 des ,condens4 ,c>1 du mo9s1 p\r ces fidles gu]ri]s sans foy] et sans asile1 le nom de leur *ef sexagnaire1 ce gr& nom de ,cond1 tait dev5u comme une patrie4 ,la pe9ture des passions1 v>iables comme le coeur huma91 e/ une s\rce 9puisable d'expressions et d'ides neuves2 il n'en e/ pas de mme de la volupt4 ,l1 t\t e/ matriel1 et1 qu& v\s avez puis l'albtre1 la rose et la neige1 t\t e/ dit4 ,ceux qui obs]v5t avec un curieux plaisir les div]s *angem5ts que le temps et les temps amn5t dans l'esprit d'une nation considre comme gr& individu peuv5t rem>qu] en ce mom5t un s+uli] phnomne littraire1 n d'un autre phnomne politique1 la rvolution franaise4 ,il y a auj\rd'hui en ,france combat entre une op9ion littraire encore trop puissante et le gnie de ce sicle4 ,cette op9ion1 aride hritage lgu notre poque p> le sicle de ,voltaire1 ne veut m>*] qu'escorte de t\tes les gloires du sicle de ,l\is ,,xiv4 ,c'e/ elle qui ne voit de posie que s\s la =me troite du v]s2 qui1 semblable aux juges de ,galile1 ne veut pas que la t]re t\rne et que le tal5t cre2 qui ordonne aux aigles de ne vol] qu'avec des ailes de cire2 qui mle1 dans son aveugle admiration1 des r5ommes immortelles1 qu'elle et p]scutes si elles avai5t p>u de nos j\rs1 je ne sais quelles vieilles rputations usurpes que les sicles se pass5t avec indiffr5ce et dont elle se fait des autorits contre les rputations contempora9es2 en un mot1 qui p\rsuivrait du nom de ,corneille mort ,corneille r5aissant4 ,cette op9ion dc\rageante et injurieuse condamne t\te orig9alit comme une hrsie4 ,elle crie que le rgne des lettres e/ pass1 que les muses se sont exiles et ne revi5dront plus2 et *aque j\r de jeunes lyres lui donn5t d'h>monieux dm5tis1 et la posie franaise se r5\velle glorieusem5t aut\r de n\s4 ,n\s sommes l'aurore d'une gr&e re littraire1 et cette fltrissante op9ion v\drait que notre poque1 si clatante de son propre clat1 ne ft que le ple reflet des deux poques prcd5tes6 ,la littrature fune/e du sicle pass a1 p\r a9si p>l]1 exhal cette op9ion antipotique dans notre sicle comme un miasme *>g de pr9cipes de mort1 et1 p\r dire la vrit entire1 n\s convi5drons qu'elle dirige l'imm5se majorit des esprits qui compos5t p>mi n\s le public littraire4 ,les *efs qui l'ont donne ont disp>u2 mais elle g\v]ne t\j\rs la masse1 elle surnage encore comme un navire qui a p]du ses mts4 ,cep5dant il s'lve de jeunes ttes1 ple9es de sve et de vigueur1 qui ont mdit la ,bible1 ,homre et ,dante1 qui se sont abreuves aux s\rces primitives de l'inspiration1 et qui port5t en elles la gloire de notre sicle4 ,ces jeunes hommes s]ont les *efs d'une cole n\velle et pure1 rivale et non ennemie des coles anci5nes1 d'une op9ion potique qui s]a un j\r aussi celle de la masse4 ,en att5dant1 ils auront bi5 des combats livr]1 bi5 des luttes s\t5ir2 mais ils support]ont avec le c\rage du gnie les adv]sits de la gloire4 ,la r\t9e recul]a bi5 l5tem5t devant eux1 mais il vi5dra un j\r o elle tomb]a p\r leur faire place1 comme la scorie dess*e d'une vieille plaie qui se cicatrise4 ,t\s ces hommes graves qui sont si clairvoyants en grammaire1 en v]sification1 en prosodie1 et si aveugles en posie1 n\s rappell5t ces mdec9s qui connaiss5t la mo9dre fibre de la ma*9e huma9e1 mais qui ni5t l'me et ignor5t la v]tu4 ,,du ,g,,nie ,t\te passion e/ loqu5te2 t\t homme p]suad p]suade2 p\r arra*] des pleurs1 il faut pleur]2 l'en?\siasme e/ contagieux1 a-t-on dit4 ,pr5ez une femme et arra*ez-lui son enfant2 rassemblez t\s les rhteurs de la t]re1 et v\s p\rrez dire3 ,a la mort1 et allons dn]4 c\tez la mre2 d'o vi5t qu'elle a tr\v des cris1 des pleurs qui v\s ont att5dri1 et que la s5t5ce v\s e/ tombe des ma9s8 ,on a p>l comme d'une *ose tonnante de l'loqu5ce de ,cicron et de la clm5ce de ,cs>2 si ,cicron et t le pre de ,lig>ius1 qu'en et-on dit8 ,il n'y avait ri5 l que de simple4 ,et en effet1 il e/ un langage qui ne trompe po9t1 que t\s les hommes ent5d5t1 et qui a t donn t\s les hommes1 c'e/ celui des gr&es passions comme des gr&s vnem5ts1 sunt lacrymae r]um2 il e/ des mom5ts o t\tes les mes se compr5n5t1 o ,isral se lve t\t enti] comme un seul homme4 ,qu'e/-ce que l'loqu5ce8 dit ,dmo/hne4 ,l'action1 l'action1 et puis encore l'action4--,mais1 en morale comme en physique1 p\r imprim] du m\vem5t1 il faut en possd] soi-mme4 ,comm5t se communique-t-il8 ,ceci vi5t de plus haut2 qu'il v\s suffise que les *oses se pass5t a9si4 ,v\lez-v\s m\voir1 soyez mu2 pleurez1 v\s tir]ez des pleurs2 c'e/ un c]cle o t\t v\s ramne et d'o v\s ne p\vez sortir4 ,je v\s le dem&e1 quoi n\s et s]vi le don de n\s communiqu] nos ides si1 comme ,cass&re1 il n\s et t refus la facult de n\s faire croire8 ,quel fut le plus beau mom5t de l'orateur roma98 ,celui o les tribuns du peuple lui int]disai5t la p>ole4--,roma9s1 s'cria-t-il1 je jure que j'ai sauv la rpublique6 ,et t\t le peuple se leva1 criant3 ,n\s jurons qu'il a dit la vrit4 ,et t\t ce que n\s v5ons de dire de l'loqu5ce1 n\s le dirons de t\s les arts1 c> t\s les arts ne sont que la mme langue diffremm5t p>le4 ,et en effet1 qu'e/-ce que nos ides8 ,des s5sations1 et des s5sations comp>es4 ,qu'e/-ce que les arts1 s9on les div]ses manires d'exprim] nos ides8 ,r\sseau1 s'exam9ant soi-mme et se confrontant avec ce modle idal que t\s les hommes port5t grav dans leur consci5ce1 traa un plan d'ducation p> lequel il g>antissait son lve de t\s ses vices1 mais en mme temps de t\tes ses v]tus4 ,le gr& homme ne s'ap]ut pas qu'en donnant son mile ce qui lui manquait1 il lui tait ce qu'il possdait lui-mme4 ,cet homme lev au milieu du rire et de la joie s]ait comme un a?lte lev lo9 des combats4 ,p\r tre un ,h]cule1 il faut avoir t\ff les s]p5ts ds le b]ceau4 ,tu veux lui p>gn] la lutte des passions1 mais e/-ce donc vivre que d'avoir vit la vie8 ,qu'e/-ce qu'exi/]8 dit ,locke4 ,c'e/ s5tir4 ,les gr&s hommes sont ceux qui ont beauc\p s5ti1 beauc\p vcu2 et s\v5t1 en quelques annes1 on a vcu bi5 des vies4 ,qu'on ne s'y trompe pas1 les hauts sap9s ne croiss5t que dans la rgion des orages4 ,a?nes1 ville de tumulte1 eut mille gr&s hommes2 ,sp>te1 ville de l'ordre1 n'en eut qu'un1 ,lycurgue2 et ,lycurgue tait n avant ses lois4 ,aussi voyons-n\s la plup>t des gr&s hommes app>atre au milieu des gr&es f]m5tations populaires2 ,homre1 au milieu des sicles hroques de la ,grce2 ,virgile1 s\s le triumvirat2 ,ossian1 sur les dbris de sa patrie et de ses dieux2 ,dante1 l',ario/e1 le ,tasse1 au milieu des convulsions r5aissantes de l',italie2 ,corneille et ,rac9e1 au sicle de la ,fronde2 et enf9 ,milton1 entonnant la premire rvolte au pi$ de l'*afaud sanglant de ,:ite-,hall4 ,et si n\s exam9ons quel fut en p>ticuli] le de/9 de ces gr&s hommes1 n\s les voyons t\s t\rm5ts p> une vie agite et misrable4 ,camons f5d les m]s son pome la ma92 d',ercilla crit ses v]s sur des peaux de btes dans les =ts du ,mexique4 ,ceux-l que les s\ffrances du corps ne di/rai5t pas des s\ffrances de l'me tran5t une vie orageuse1 dvors p> une irritabilit de c>actre qui les r5d *>ge eux-mmes et ceux qui les ent\r5t4 ,heureux ceux qui ne meur5t pas avant le temps1 consums p> l'activit de leur propre gnie1 comme ,pascal2 de d\leur1 comme ,molire et ,rac9e2 ou va9cus p> les t]reurs de leur propre imag9ation1 comme ce ,tasse in=tun6 ,admettant donc ce pr9cipe reconnu de t\te l'antiquit1 que les gr&es passions font les gr&s hommes1 n\s reconnatrons en mme temps que1 de mme qu'il y a des passions plus ou mo9s =tes1 de mme il exi/e div]s degrs de gnie4 ,et1 exam9ant ma9t5ant quelles sont les *oses les plus capables d'excit] la viol5ce de nos passions1 c'e/--dire de nos dsirs1 qui ne sont eux-mmes que des volonts plus ou mo9s prononces1 jusqu' cette volont f]me et con/ante p> laquelle on dsire une *ose t\te sa vie1 t\t ou ri51 comme ,cs>1 levi] t]rible p> lequel l'homme se brise lui-mme1 n\s tomb]ons d'accord que1 s'il exi/e une *ose capable d'excit] une volont p>eille dans une me noble et f]me1 ce doit tre sans contr$it ce qu'il y a de plus gr& p>mi les hommes4 ,or1 jetant ma9t5ant les yeux aut\r de n\s1 considrons s'il e/ une *ose laquelle cette dnom9ation sublime ait t ju/em5t attribue p> le cons5tem5t unanime de t\s les temps et de t\s les peuples4 ,et n\s voici1 jeunes g5s1 arrivs en peu de p>oles cette vrit ravissante devant laquelle t\te la philosophie antique et le gr& ,platon lui-mme avai5t recul4 ,que le gnie1 c'e/ la v]tu6 ,potes1 ayez t\j\rs l'au/rit d'un b moral devant les yeux4 ,n'oubliez jamais que p> has>d des enfants peuv5t v\s lire4 ,ayez piti des ttes blondes4 ,on doit encore plus de respect la jeunesse qu' la vieillesse4 ,l'homme de gnie ne doit recul] devant aucune difficult2 il fallait de petites armes aux hommes ord9aires2 aux gr&s a?ltes1 il leur fallait les ce/es d',h]cule4 ,,plan ,,de ,,trag,,die ,,fait ,,au ,,coll,,ge ,deux des successeurs d',alex&re1 ,cass&re et ,alex&re1 fils de ,polyp]*on1 se disput5t l'empire de la ,grce4 ,le premi] e/ retran* dans la citadelle d',a?nes1 le second campe s\s les murailles4 ,a?nes1 entre ces deux puissants ennemis1 m5ace t\t mom5t de sa ru9e1 e/ encore t\rm5te p> des diss5sions intrieures4 ,le peuple p5*e p\r le p>ti d',alex&re1 qui promet de rtablir le g\v]nem5t populaire2 le snat ti5t p\r ,cass&re1 qui a rtabli le g\v]nem5t ari/ocratique4 ,de l la ha9e viol5te du peuple contre ,phocion1 *ef du snat1 et le plus gr& ennemi des caprices de la multitude4 ,phocion1 dans cette crise1 o il s'agit de lui autant que de l'tat1 ins5sible t\t autre intrt qu' celui de ses concitoy5s1 ne songe qu'au salut de la rpublique2 il y travaille avec t\te l'imprud5ce d'une belle me4 ,les moy5s qu'il emploie p\r sauv] la patrie sont ceux qu'on emploie p\r le p]dre lui-mme4 ,il p>vi5t dt]m9] les deux *efs rivaux s'loign] de l',attique et respect] ,a?nes2 et dans le mme mom5t il e/ accus de trahison1 traduit devant le peuple1 et condamn4 ,voil1 en peu de mots1 t\te l'action de la tragdie2 elle e/ simple1 et peut tre noble p\rtant4 ,c'e/ le tableau des agitations populaires et de la v]tu malheureuse1 c'e/--dire le plus gr& exemple qu'on puisse mettre s\s les yeux des hommes1 et le spectacle digne des dieux4 ,d'un ct1 la ha9e du peuple1 les ennemis de ,phocion1 sa v]tu imprud5te1 qui leur donne des armes contre lui1 enf9 ,alex&re et son arme2 de l'autre1 les tr\pes de ,cass&re1 le p>ti des bons citoy5s1 la vieille autorit du snat1 enf9 l'asc5dant t]nel de la v]tu1 qui fait triomph] ,phocion t\tes les fois qu'il se tr\ve en prs5ce de la multitude4 ,a9si la balance ?trale e/ tablie2 l'action se dr\le p> une suite de rvolutions inatt5dues2 les moy5s d'attaque et de rsi/ance ont entre eux des proportions qui r5d5t l'anxit possible4 ,a9si1 lorsqu'au troisime acte ,phocion n'a pas cra9t de se r5dre au camp d',alex&re1 son ennemi1 et qu'il l'a dt]m9 accept] une entrevue avec ,cass&re1 il semble que cette dm>*e c\rageuse va ds>m] l'+ratitude du peuple et f]m] la b\*e ses accusateurs4 ,mais ,phocion s'e/ expos la mort sans m&at2 il a mpris1 p\r sauv] le peuple1 un dcret populaire qui le de/ituait de sa *>ge1 dcret que le snat n'avait pas sanctionn4 ,a9si1 lorsque le spectateur croit que l'action m>*e v]s un heureux dnom5t1 il se tr\ve que le pril e/ au comble4 ,le peuple1 en ple9e rvolte1 assige la demeure de ,phocion4 ,il ne se prs5te aucun moy5 de salut4 ,le snat e/ sans =ce1 et ,cass&re e/ trop loign4 ,il n'y a plus qu' m\rir4 ,on propose ,phocion d'arm] ses esclaves et de v5dre *rem5t sa vie4 ,mais le gr& homme refuse4 ,le peuple se prcipite sur la scne en criant3--,la mort6 la mort6 ,phocion n'en e/ po9t mu4 ,les orateurs agit5t la multitude p> leurs cris4 ,phocion la h>angue2 mais1 voyant que le tumulte r$\ble et qu'il ne peut p>v5ir la ram5] des s5tim5ts huma9s1 il monte sur son tribunal1 et ce m\vem5t la rvolution ?trale e/ opre4 ,ce n'e/ plus le vieill>d disputant sa vie contre une populace effrne1 c'e/ un juge suprme qui f\droie des rvolts4 ,les assass9s tomb5t aux g5\x de ,phocion4 ,le vieill>d1 pr(ondm5t mu de l'+ratitude de ses concitoy5s1 ne leur dem&e pas v5geance1 il ne leur dem&e pas mme la vie1 il ne leur dem&e que de le laiss] vivre encore un j\r p\r les sauv]4 ,a9si la face de la scne e/ *ange2 le peuple e/ apais2 les deux rois vont se r5dre dans la ville p\r conclure une trve2 il semble que ,phocion n'ait plus ri5 cra9dre4 ,t\t c\p ,agnonide se lve et conseille de se saisir des deux rois et de mettre a9si f9 aux malheurs de la ,grce4 ,a cette proposition p]fide1 dont il ne dveloppe que trop bi5 les avantages1 l'inc]titude r5at2 on s5t t\t de suite quel effet la rponse de ,phocion va produire sur un peuple *ez qui ,ari/ide n'osa pas une seconde fois prfr] le ju/e l'utile4 ,phocion voit le pige1 et il n'en e/ po9t tonn4 ,il fait ce qu',ari/ide n'aurait po9t os faire1 il re/e du p>ti de la *ose ju/e contre la *ose utile4 ,l'entrevue des deux rois e/ rompue1 et ,phocion e/ cit devant l'assemble du peuple comme c\pable d'avoir laiss *app] l'occasion de sauv] la rpublique4 ,ici l'action se presse4 ,phocion e/ sur le po9t d'tre tran devant cette assemble1 compose d'un ramassis d'esclaves et d'trang]s ameuts p> ses ennemis1 lorsqu'on appr5d que ,cass&re desc5d de l',acropolis et m>*e son sec\rs4 ,le vieill>d1 quoique l'on viole les lois p\r le faire condamn]1 ne veut pas tre sauv malgr les lois4 ,il m>*e lui-mme au-devant de ses librateurs et les =ce r5tr] dans la citadelle2 il revi5t ensuite se prs5t] devant le peuple4 ,il e/ au mom5t d'tre abs\s1 lorsque t\t c\p l'arme d',alex&re p>at s\s les remp>ts4 ,le peuple se rvolte1 l'autorit du snat e/ mconnue1 et ,phocion e/ condamn4 ,il pr5d la c\pe et boit gravem5t le poison4 ,cette tragdie p\rrait tre belle2 cep5dant elle n'obti5drait qu'un succs d'e/ime4 ,cela ti5t ce qu'elle s]ait froide2 au ?tre un conte d'am\r vaut mieux que t\te l'hi/oire4 ,campi/ron a dj mis le sujet de ,phocion sur la scne4 ,sa pice1 comme t\tes celles qu'il a faites1 e/ assez bi5 conue et n'e/ pas mal conduite4 ,il y a quelque inv5tion dans les c>actres1 mais il n'a po9t su les s\t5ir4 ,c'e/ ce qui arrive s\v5t aux g5s qui1 comme lui1 n'ont ni vu ni obs]v1 et qui s'imag95t qu'on fait de l'am\r avec des exclamations1 et de la v]tu avec des maximes4 ,a9si1 dans une scne1 d'ailleurs assez bi5 crite1 si l'on admet que le /yle des tragdies de ,voltaire e/ un bon /yle1 entre le tyran et ,phocion1 celui-ci1 aprs avoir dit en vrai capitan3 ,un homme tel que moi1 lo9 de s'humili]1 ,conte ce qu'il a fait p\r se ju/ifi]4 ,ose toi-mme ici rappel] mon hi/oire4 ,elle ne t'(frira que des j\rs ple9s de gloire2 ,*aque in/ant e/ m>qu p> quelque exploit fameux444 se repr5d t\t c\p1 et il aj\te avec une emphase de mode/ie aussi ridicule que sa jactance3 ,mais que dis-je8 o m'emporte un m\vem5t honteux8 ,e/-ce moi de cont] la gloire de ma vie8 ,d'en retrac] le c\rs qu& ,a?nes l'oublie8 ,j'en r\gis2 je suis prt me dsav\]4 ,prononce2 j'aime mieux m\rir que me l\]4 ,et plus lo91 ,campi/ron1 ne sa*ant comm5t faire rev5ir ,phocion m\rant sur la scne1 s'avise de lui faire dem&] une entrevue au tyran4 ,le tyran1 trs surpris1 accorde p> pur motif de curiosit2 mais1 comme ce ne s]ait pas le compte de l'auteur de mettre en tte--tte deux p]sonnages qui n'ont rellem5t ri5 se dire1 au mom5t d'entret5ir ,phocion1 on vi5t *]*] le tyran p\r une rvolte4 ,celui-ci1 comme de raison1 oublie de donn] contre-ordre p\r l'entrevue4 ,phocion arrive1 et1 ne tr\vant pas le tyran1 il *]*e dans sa tte quelle raison peut lui avoir fait quitt] la scne1 et il n'en tr\ve pas de meilleure1 s9on que c'e/ qu'il lui fait peur1 et il aj\te1 avec une bonhomie t\t fait comique3 ,sans armes et m\rant je le =ce me cra9dre4 ,que le sort d'un tyran1 ju/es dieux6 e/ pla9dre6 ,et plus lo9 encore1 ,phocion m\rant1 qui se promne durant t\t le c9quime acte au milieu de la sdition1 se r5contre avec sa fille ,*rysis1 et il s'occupe1 en bon pre1 lui *]*] un m>i4 ,le passage e/ rellem5t curieux4 ,savez-v\s sur qui son *oix s'arrte8 ,sur le fils du tyran4 ,il semble1 comme dit le prov]be1 qu'il n'y a qu' se baiss] et en pr5dre4 ,et v\lant1 en m\rant1 v\s *oisir un p\x1 ,je ne tr\ve que lui qui soit digne de v\s4 ,la rponse de la fille e/ peut-tre encore plus s+ulire3 ,qu'ent5ds-je6 ciel6 seigneur1 m'en croyez-v\s capable8 ,je ne v\s cle po9t qu'il me p>at aimable4 ,c'e/ cette mme ,*rysis qui1 voyant m\rir son pre et son amant1 trop bi5 leve p\r les suivre1 s'crie avec une navet si t\*ante3 ,o =tune contraire1 ,j'ose1 aprs de tels c\ps1 dfi] ta colre6 ,elle s'en va1 et la toile tombe4 ,en p>eil cas ,corneille e/ sublime1 il fait dire ,eurydice3 ,non1 je ne pleure pas1 madame1 mais je meurs4 ,en #agic1 la ,france faisait front l',europe1 la ,v5de t5ait tte la ,france4 ,la ,france tait plus gr&e que l',europe1 la ,v5de tait plus gr&e que la ,france4 ,dcembre #ahbj4 ,le t\t jeune homme qui s'veille de nos j\rs aux ides politiques e/ dans une p]plexit trange4 ,en gnral1 nos pres sont bonap>ti/es1 nos mres sont royali/es4 ,nos pres ne voi5t dans ,napolon que l'homme qui leur donnait des paulettes2 nos mres ne voi5t dans ,buonap>te que l'homme qui leur pr5ait leurs fils4 ,p\r nos pres1 la rvolution1 c'e/ la plus gr&e *ose qu'ait pu faire le gnie d'une assemble2 l'empire1 c'e/ la plus gr&e *ose qu'ait pu faire le gnie d'un homme4 ,p\r nos mres1 la rvolution1 c'e/ une guillot9e2 l'empire1 c'e/ un sabre4 ,n\s autres enfants ns s\s le consulat1 n\s avons t\s gr&i sur les g5\x de nos mres1 nos pres tant au camp2 et1 bi5 s\v5t prives1 p> la fantaisie conqurante d'un homme1 de leurs m>is1 de leurs frres1 elles ont fix sur n\s1 frais coli]s de huit ou dix ans1 leurs d\x yeux mat]nels remplis de l>mes1 en songeant que n\s aurions dix-huit ans en #ahbj1 et qu'en #ahbe n\s s]ions colonels ou morts4 ,l'acclamation qui a salu ,l\is ,,xviii en #ahad1 'a t un cri de joie des mres4 ,en gnral1 il e/ peu d'adolesc5ts de notre gnration qui n'ai5t suc avec le lait de leurs mres la ha9e des deux poques viol5tes qui ont prcd la re/auration4 ,le croquemita9e des enfants de #ahjb1 c'tait ,robespi]re2 le croquemita9e des enfants de #ahae1 c'tait ,buonap>te4 ,d]nirem5t1 je v5ais de s\t5ir ardemm5t1 en prs5ce de mon pre1 mes op9ions v5dennes4 ,mon pre m'a c\t p>l] en sil5ce1 puis il s'e/ t\rn v]s le gnral ,l----1 qui tait l1 et il lui a dit3 ,laissons faire le temps4 ,l'enfant e/ de l'op9ion de sa mre1 l'homme s]a de l'op9ion de son pre4 ,cette prdiction m'a laiss t\t p5sif4 ,quoi qu'il arrive1 et en admettant mme jusqu' un c]ta9 po9t que l'expri5ce puisse modifi] l'impression que n\s fait le premi] aspect des *oses notre entre dans la vie1 l'honnte homme e/ sr de ne po9t err] en s\mettant t\tes ces modifications la svre critique de sa consci5ce4 ,une bonne consci5ce qui veille dans un esprit le sauve de t\tes les mauvaises directions o l'honntet peut se p]dre4 ,au moy5 ge1 on croyait que t\t liquide o un saphir avait sj\rn tait un prs]vatif contre la pe/e1 le *>bon et la lpre et t\tes ses espces1 dit ,jean-,bapti/e de ,rocoles4 ,ce saphir1 c'e/ la consci5ce4 ,,j\rnal ,,des ,,id,,es ,,et ,,des ,,op9ions ,d',,un ,r,,volutionnaire ,,de #ahcj ,,a\t ,aprs juillet #ahcj1 il n\s faut la *ose rpublique et le mot mon>*ie4 ,a ne considr] les *oses que s\s le po9t de vue de l'expdi5t politique1 la rvolution de juillet n\s a fait pass] brusquem5t du con/itutionalisme au rpublicanisme4 ,la ma*9e anglaise e/ dsormais hors de s]vice en ,france2 les :igs sig]ai5t l'extrme droite de notre ,*ambre4 ,l'opposition a *ang de t]ra9 comme le re/e4 ,avant le #cj juillet elle tait en ,anglet]re1 auj\rd'hui elle e/ en ,amrique4 ,les socits ne sont bi5 g\v]nes en fait et en droit que lorsque ces deux =ces1 l'intellig5ce et le p\voir1 se sup]pos5t4 ,si l'intellig5ce n'claire encore qu'une tte au sommet du corps social1 que cette tte rgne2 les ?ocraties ont leur logique et leur beaut4 ,ds que plusieurs ont la lumire1 que plusieurs g\v]n5t2 les ari/ocraties sont alors lgitimes4 ,mais lorsqu'enf9 l'ombre a disp>u de p>t\t1 qu& t\tes les ttes sont dans la lumire1 que t\s rgiss5t t\t4 ,le peuple e/ mr la rpublique2 qu'il ait la rpublique4 ,t\t ce que n\s voyons ma9t5ant1 c'e/ une aurore4 ,ri5 n'y manque1 pas mme le coq4 ,la fatalit1 que les anci5s disai5t aveugle1 y voit clair et raisonne4 ,les vnem5ts se suiv5t1 s'en*an5t et se dduis5t dans l'hi/oire avec une logique qui effraye4 ,en se plaant un peu di/ance1 on peut saisir t\tes leurs dmon/rations dans leurs rig\reuses et colossales proportions1 et la raison huma9e brise sa c\rte mesure devant ces gr&s syllogismes du de/94 ,il ne peut y avoir ri5 que de factice1 d'artificiel et de pltr dans un ordre de *oses o les 9galits sociales contr>i5t les 9galits naturelles4 ,l'quilibre p>fait de la socit rsulte de la sup]position immdiate de ces deux 9galits4 ,les rois ont le j\r1 les peuples ont le l5dema94 ,donneurs de places6 pr5eurs de places6 dem&eurs de places6 g>deurs de places6--,c'e/ piti de voir t\s ces g5s qui mett5t une coc>de tricolore leur m>mite4 ,il y a1 dit ,hippocrate1 l'inconnu1 le my/rieux1 le div9 des maladies4 ,quid div9um4 ,ce qu'il dit des maladies1 on peut le dire des rvolutions4 ,la d]nire raison des rois1 le b\let4 ,la d]nire raison des peuples1 le pav4 ,je ne suis pas de vos g5s coiffs du bonnet r\ge et entts de la guillot9e4 ,p\r beauc\p de raisonneurs froid qui font aprs c\p la ?orie de la ,t]reur1 #ic a t une amputation brutale1 mais ncessaire4 ,robespi]re e/ un ,dupuytr5 politique4 ,ce que n\s appelons la guillot9e n'e/ qu'un bi/\ri4 ,c'e/ possible4 ,mais il faut dsormais que les maux de la socit soi5t traits non p> le bi/\ri1 mais p> la l5te et graduelle purification du sang1 p> la rsorption prud5te des humeurs extravases1 p> la sa9e alim5tation1 p> l'ex]cice des =ces et des facults1 p> le bon rgime4 ,ne n\s adressons plus au *irurgi51 mais au mdec94 ,beauc\p de bonnes *oses sont branles et t\tes tremblantes encore de la brusque sec\sse qui vi5t d'avoir lieu4 ,les hommes d'art en p>ticuli] sont =t /upfaits et c\r5t dans t\tes les directions aprs leurs ides p>pilles4 ,qu'ils se rassur5t4 ,ce tremblem5t de t]re pass1 j'ai la f]me conviction que n\s retr\v]ons notre difice de posie deb\t et plus solide de t\tes les sec\sses auxquelles il aura rsi/4 ,c'e/ aussi une "q de lib]t que la ntre1 c'e/ aussi une rvolution4 ,elle m>*]a intacte ct de sa soeur la politique4 ,les rvolutions1 comme les l\ps1 ne se mang5t pas4 ,,septembre ,notre maladie depuis six sema9es1 c'e/ le m9i/re et la majorit de la ,*ambre qui n\s l'ont faite2 c'e/ une rvolution r5tre4 ,on a tort de croire que l'quilibre europen ne s]a pas drang p> notre rvolution4 ,il le s]a4 ,ce qui n\s r5d =ts1 c'e/ que n\s p\vons l*] son peuple sur t\t roi qui n\s l*]a son arme4 ,une rvolution combattra p\r n\s p>t\t o n\s le v\drons4 ,l',anglet]re seule e/ r$\table p\r mille raisons4 ,le m9i/re anglais n\s fait bonne m9e p>ce que n\s avons inspir au peuple anglais un en?\siasme qui p\sse le g\v]nem5t4 ,cep5dant ,well+ton sait p> o n\s pr5dre2 il n\s entam]a1 l'heure v5ue1 p> ,alg] ou p> la ,belgique4 ,or n\s devions *]*] n\s li] de plus en plus troitem5t avec la population anglaise1 p\r t5ir en respect son m9i/re2 et1 p\r cela1 envoy] en ,anglet]re un ambassadeur populaire1 ,b5jam9 ,con/ant1 p> exemple1 dont on et dtel la voiture de ,d\vres ,londres avec d\ze c5t mille anglais en cortge4 ,de cette faon1 notre ambassadeur et t le premi] p]sonnage d',anglet]re1 et qu'on juge le beau contrec\p qu'et produit ,londres1 ,man*e/]1 ,birm+ham1 une dcl>ation de gu]re la ,france6 ,plant] l'ide franaise dans le sol anglais1 c'et t gr& et politique4 ,l'union de la ,france et de l',anglet]re peut produire des rsultats imm5ses p\r l'av5ir de l'humanit4 ,la ,france et l',anglet]re sont les deux pi$s de la civilisation4 ,*ose trange que la figure des g5s qui pass5t dans les rues le l5dema9 d'une rvolution6 ,a t\t mom5t v\s tes c\doy p> le vice et l'impopul>it en p]sonne avec coc>de tricolore4 ,beauc\p s'imag95t que la coc>de c\vre le front4 ,n\s assi/ons en ce mom5t une av]se de places qui a des effets s+uli]s4 ,cela db>b\ille les uns4 ,cela crotte les autres4 ,on e/ t\t /upfait des exi/5ces qui surgiss5t t\tes faites dans la nuit qui suit une rvolution4 ,il y a du *ampignon dans l'homme politique4 ,has>d et intrigue4 ,cot]ie et lot]ie4 ,*>les ,x croit que la rvolution qui l'a r5v]s e/ une conspiration creuse1 m9e1 *auffe de longue ma94 ,erreur6 c'e/ t\t simplem5t une ruade du peuple4 ,mon anci5ne conviction royali/e-ca?olique de #ahbj s'e/ cr\le pice pice depuis dix ans devant l'ge et l'expri5ce4 ,il en re/e p\rtant encore quelque *ose dans mon esprit1 mais ce n'e/ qu'une religieuse et potique ru9e4 ,je me dt\rne quelquefois p\r la considr] avec respect1 mais je n'y vi5s plus pri]4 ,l'ordre s\s la tyrannie1 c'e/1 dit ,alfi]i quelque "p1 une vie sans me4 ,l'ide de ,dieu et l'ide du roi sont deux et doiv5t tre deux4 ,la mon>*ie la ,l\is ,,xiv les confond au dtrim5t de l'ordre temporel1 au dtrim5t de l'ordre spirituel4 ,il rsulte de ce mon>*isme une sorte de my/icisme politique1 de fti*isme royali/e1 je ne sais quelle religion de la p]sonne du roi1 du corps du roi1 qui a un palais p\r temple et des g5til%ommes de la *ambre p\r prtres1 avec l'tiquette p\r dcalogue4 ,de l t\tes ces fictions qu'on appelle droit div91 lgitimit1 grce de ,dieu1 et qui sont t\t au reb\rs du vritable droit div91 qui e/ la ju/ice1 de la vritable lgitimit1 qui e/ l'intellig5ce1 de la vritable grce de ,dieu1 qui e/ la raison4 ,cette religion des c\rtisans n'ab\tit autre *ose qu' sub/itu] la *emise d'un homme la bannire de l'glise4 ,n\s sommes dans le mom5t des peurs paniques4 ,un club1 p> exemple1 effraye1 et c'e/ t\t simple2 c'e/ un mot que la masse traduit p> un *iffre1 #ic4 ,et1 p\r les basses classes1 #ic1 c'e/ la disette2 p\r les classes moy5nes1 c'e/ le maximum2 p\r les hautes classes1 c'e/ la guillot9e4 ,mais n\s sommes en #ahcj4 ,la rpublique1 comme l'ent5d5t c]ta9es g5s1 c'e/ la gu]re de ceux qui n'ont ni un s\1 ni une ide1 ni une v]tu1 contre quiconque a l'une de ces trois *oses4 ,la rpublique1 selon moi1 la rpublique1 qui n'e/ pas encore mre1 mais qui aura l',europe dans un sicle1 c'e/ la socit s\v]a9e de la socit2 se protgeant1 g>de nationale2 se jugeant1 jury2 s'adm9i/rant1 commune2 se g\v]nant1 collge lectoral4 ,les quatre membres de la mon>*ie1 l'arme1 la magi/rature1 l'adm9i/ration1 la pairie1 ne sont p\r cette rpublique que quatre excroissances gnantes qui s'atrophi5t et meur5t bi5tt4 --,ma vie a t ple9e d'p9es4 --,e/-ce p\r cela que votre consci5ce e/ si d*ire8 ,il y a t\j\rs deux *oses dans une *>te1 la solution d'un peuple et d'un sicle1 et une feuille de papi]4 ,t\t le secret1 p\r bi5 g\v]n] le progrs politique d'une nation1 consi/e savoir di/+u] ce qui e/ la solution sociale de ce qui e/ la feuille de papi]4 ,t\s les pr9cipes que les rvolutions antcd5tes ont dgags =m5t le fonds1 l'ess5ce mme de la *>te2 respectez-les4 ,a9si1 lib]t de culte1 lib]t de p5se1 lib]t de presse1 lib]t d'association1 lib]t de comm]ce1 lib]t d'indu/rie1 lib]t de *aire1 de tribune1 de ?tre1 de trteau1 galit devant la loi1 libre accessibilit de t\tes les capacits t\s les emplois1 t\tes *oses sacres et qui font *oir1 comme la torpille1 les rois qui os5t y t\*]4 ,mais de la feuille de papi]1 de la =me1 de la rdaction1 de la lettre1 des que/ions d'ge1 de c5s1 d'ligibilit1 d'hrdit1 d'inamovibilit1 de pnalit1 inquitez-v\s-en peu et r=mez mesure que le temps et la socit m>*5t4 ,la lettre ne doit jamais se ptrifi] qu& les *oses sont progressives4 ,si la lettre rsi/e1 il faut la bris]4 ,il faut quelquefois viol] les *>tes p\r leur faire des enfants4 ,en matire de p\voir1 t\tes les fois que le fait n'a pas beso9 d'tre viol5t p\r tre1 le fait e/ droit4 ,une gu]re gnrale clat]a quelque j\r en ,europe1 la gu]re des royaumes contre les patries4 ,m4 de ,talleyr& a dit ,l\is-,philippe1 avec un gracieux s\rire1 en lui prtant s]m5t3--,h6 h6 sire1 c'e/ le treizime4 ,m4 de ,talleyr& disait il y a un an1 une poque o l'on p>lait beauc\p trilogie en littrature3--,je veux avoir fait aussi1 moi1 ma trilogie2 j'ai fait ,napolon1 j'ai fait la maison de ,b\rbon1 je f9irai p> la maison d',orlans4 ,p\rvu que la pice que ,m4 de ,talleyr& n\s j\e n'ait en effet que trois actes6 ,les rvolutions sont de magnifiques improvisatrices4 ,un peu *eveles quelquefois4 ,effrayante *>rue que celle des rvolutions6 ce sont des ttes huma9es qui r\l5t au tran*ant du soc des deux cts du sillon4 ,ne dtruisez pas notre ar*itecture go?ique4 ,grce p\r les vitraux tricolores6 ,napolon disait3 ,je ne veux pas du coq1 le r5>d le mange4 ,et il prit l'aigle4 ,la ,france a repris le coq4 ,or1 voici t\s les r5>ds qui revi5n5t dans l'ombre la file1 se ca*ant l'un d]rire l'autre2 ,p---- d]rire ,t----1 ,v---- d]rire ,m----4 ,eia6 vigila1 ,galle6 ,il y a des g5s qui se croi5t bi5 avancs et qui ne sont encore qu'en #afhh4 ,il y a p\rtant longtemps dj que n\s avons dpass #aghi4 ,la n\velle gnration a fait la rvolution de #ahcj1 l'anci5ne prt5d la fcond]4 ,folie1 impuissance6 ,une rvolution de v+t-c9q ans1 un p>lem5t de soixante1 que peut-il rsult] de l'acc\plem5t8 ,vieill>d1 ne v\s b>ricadez pas a9si dans la lgislature2 ouvrez la porte bi5 plutt1 et laissez pass] la jeunesse4 ,songez qu'en lui f]mant la ,*ambre1 v\s la laissez sur la place publique4 ,v\s avez une belle tribune en m>bre1 avec des bas-reliefs de ,m4 ,lemot1 et v\s n'en v\lez que p\r v\s2 c'e/ =t bi54 ,un beau mat91 la gnration n\velle r5v]s]a un tonneau sur le cul1 et cette tribune-l s]a en contact immdiat avec le pav qui a cras une mon>*ie de huit sicles4 ,songez-y4 ,rem>quez d'ailleurs que1 t\t vnrables que v\s tes p> votre ge1 ce que v\s faites depuis aot #ahcj n'e/ que prcipitation1 t\rd]ie et imprud5ce4 ,des jeunes g5s n'aurai5t peut-tre pas fait la "p au feu si l>ge4 ,il y avait dans la mon>*ie de la bran*e ane beauc\p de *oses utiles que v\s v\s tes trop hts de brl] et qui aurai5t pu s]vir1 ne ft-ce que comme fasc9es1 p\r combl] le foss pr(ond qui n\s sp>e de l'av5ir4 ,n\s autres1 jeunes ilotes politiques1 n\s v\s avons blms plus d'une fois1 dans l'ombre oisive o v\s n\s laissez1 de t\t dmolir trop vite et sans disc]nem5t1 n\s qui rvons p\rtant une recon/ruction gnrale et complte4 ,mais p\r la dmolition comme p\r la recon/ruction1 il fallait une longue et pati5te att5tion1 beauc\p de temps1 et le respect de t\s les intrts qui s'abrit5t et p\ss5t si s\v5t de jeunes et v]tes bran*es s\s les vieux difices sociaux4 ,au j\r de l'cr\lem5t1 il faut faire aux intrts un toit provisoire4 ,*ose trange6 v\s avez la vieillesse1 et v\s n'avez pas la maturit4 ,voici des p>oles de ,mirabeau qu'il e/ l'heure de mdit]3 ,n\s ne sommes po9t des sauvages arrivant nus des bords de l',ornoque p\r =m] une socit4 ,n\s sommes une nation vieille1 et sans d\te trop vieille p\r notre poque4 ,n\s avons un g\v]nem5t prexi/ant1 un roi prexi/ant1 des prjugs prexi/ants2 il faut1 autant qu'il e/ possible1 assortir t\tes ces *oses la rvolution et sauv] la s\da9et du passage4 ,dans la con/itution actuelle de l',europe1 *aque tat a son esclave1 *aque royaume trane son b\let4 ,la ,turquie a la ,grce1 la ,russie a la ,pologne1 la ,sude a la ,norvge1 la ,prusse a le gr&-du* de ,pos51 l',autri*e a la ,lomb>die1 la ,s>daigne a le ,pimont1 l',anglet]re a l',irl&e1 la ,france a la ,corse1 la ,holl&e a la ,belgique4 ,a9si1 ct de *aque peuple matre1 un peuple esclave2 ct de *aque nation dans l'tat naturel1 une nation hors de l'tat naturel4 ,edifice mal bti2 moiti m>bre1 moiti pltras4 ,,octobre ,l'esprit de ,dieu1 comme le soleil1 donne t\j\rs la fois t\te sa lumire4 ,l'esprit de l'homme ressemble cette ple lune1 qui a ses phases1 ses abs5ces et ses ret\rs1 sa lucidit et ses ta*es1 sa plnitude et sa disp>ition1 qui emprunte t\te sa lumire des rayons du soleil1 et qui p\rtant ose les int]cept] quelquefois4 ,avec beauc\p d'ides1 beauc\p de vues1 beauc\p de probit1 les sa9t-simoni5s se tromp5t4 ,on ne fonde pas une religion avec la seule morale4 ,il faut le dogme1 il faut le culte4 ,p\r asseoir le culte et le dogme1 il faut les my/res4 ,p\r faire croire aux my/res1 il faut des miracles4--,faites donc des miracles4--,soyez prophtes1 soyez dieux d'abord1 si v\s p\vez1 et puis aprs prtres1 si v\s v\lez4 ,l'glise affirme1 la raison nie4 ,entre le oui du prtre et le non de l'homme1 il n'y a plus que ,dieu qui puisse plac] son mot4 ,t\t ce qui se fait ma9t5ant dans l'ordre politique n'e/ qu'un pont de bateaux4 ,cela s]t pass] d'une rive l'autre4 ,mais cela n'a pas de rac9es dans le fleuve d'ides qui c\le dess\s et qui a emport d]nirem5t le vieux pont de pi]re des ,b\rbons4 ,les ttes comme celle de ,napolon sont le po9t d'int]section de t\tes les facults huma9es4 ,il faut bi5 des sicles p\r reproduire le mme accid5t4 ,avant une rpublique1 ayons1 s'il se peut1 une *ose publique4 ,j'admire encore ,la ,ro*ejaquele91 ,lescure1 ,ca!l9eau1 ,*>ette mme2 je ne les aime plus4 ,j'admire t\j\rs ,mirabeau et ,napolon2 je ne les hais plus4 ,le s5tim5t de respect que m'inspire la ,v5de n'e/ plus *ez moi qu'une affaire d'imag9ation et de v]tu4 ,je ne suis plus v5den de coeur1 mais d'me seulem5t4 ,copie textuelle d'une lettre anonyme adresse ces j\rs-ci ,m4 ,dup94 ,monsieur le sauveur1 v\s v\s f444 sur le pi$ de vex] les m5diants6 ,pas tant de bag\1 ou tu saut]as le pas6 ,j'en ai tordu de plus mal9s que toi6 ,a revoir1 porte-toi bi51 en att5dant que je te tue4 ,mauvais loge d'un homme que de dire3 son op9ion politique n'a pas v>i depuis qu>ante ans4 ,c'e/ dire que p\r lui il n'y a eu ni expri5ce de *aque j\r1 ni rflexion1 ni repli de la p5se sur les faits4 ,c'e/ l\] une eau d'tre /agnante1 un arbre d'tre mort2 c'e/ prfr] l'hutre l'aigle4 ,t\t e/ v>iable au contraire dans l'op9ion2 ri5 n'e/ absolu dans les *oses politiques1 except la moralit intrieure de ces *oses4 ,or cette moralit e/ affaire de consci5ce et non d'op9ion4 ,l'op9ion d'un homme peut donc *ang] honorablem5t1 p\rvu que sa consci5ce ne *ange pas4 ,progressif ou rtrograde1 le m\vem5t e/ ess5tiellem5t vital1 huma91 social4 ,ce qui e/ honteux1 c'e/ de *ang] d'op9ion p\r son intrt1 et que ce soit un cu ou un galon qui v\s fasse brusquem5t pass] du blanc au tricolore1 et vice v]sa4 ,nos *ambres dcrpites procrent cette heure une inf9it de petites lois culs-de-jatte1 qui1 pe9e nes1 branl5t la tte comme de vieilles femmes et n'ont plus de d5ts p\r mordre les abus4 ,l'galit devant la loi1 c'e/ l'galit devant ,dieu traduite en langue politique4 ,t\te *>te doit tre une v]sion de l'vangile4 ,les :igs8 dit ,o',connell1 des tories sans places4 ,t\te doctr9e sociale qui *]*e dtruire la famille e/ mauvaise1 et1 qui plus e/1 inapplicable4 ,sauf se recompos] plus t>d1 la socit e/ soluble1 la famille non4 ,c'e/ qu'il n'entre dans la composition de la famille que des lois naturelles2 la socit1 elle1 e/ soluble p> t\t l'alliage de lois factices1 artificielles1 transitoires1 expdi5tes1 cont+5tes1 accid5telles1 qui se mle sa con/itution4 ,il peut s\v5t tre utile1 tre ncessaire1 tre bon de diss\dre une socit qu& elle e/ mauvaise1 ou trop vieille1 ou mal v5ue4 ,il n'e/ jamais utile1 ni ncessaire1 ni bon1 de mettre en p\ssire la famille4 ,qu& v\s dcomposez une socit1 ce que v\s tr\vez p\r d]ni] rsidu1 ce n'e/ pas l'individu1 c'e/ la famille4 ,la famille e/ le cri/al de la socit4 ,,novembre ,il y a de gr&es *oses qui ne sont pas l'oeuvre d'un homme1 mais d'un peuple4 ,les pyramides d'gypte sont anonymes2 les j\rnes de juillet aussi4 ,au pr9temps1 il y aura une fonte de russes4 ,,tr,s ,,bonne ,,loi ,,lectorale 7,qu& le peuple saura lire47 ,,article ,i]4--,t\t franais e/ lecteur4 ,,article ,,ii4--,t\t franais e/ ligible4 ,d,,cembre #i dcembre #ahcj4--;,b5jam9 ,con/ant1 qui e/ mort hi]1 tait un de ces hommes r>es qui f\rbiss5t1 poliss5t et aiguis5t les ides gnrales de leur temps1 ces armes des peuples qui bris5t t\tes celles des armes4 ,il n'y a que les rvolutions qui puiss5t jet] de ces hommes-l dans la socit4 ,p\r faire la pi]re ponce1 il faut le volcan4 ,on vi5t d'annonc] dans la mme j\rne la mort de ,goe!1 la mort de ,b5jam9 ,con/ant1 la mort de ,pie ,,viii#a4 ,trois papes de morts4 #a3 ,cette triple n\velle circula en effet dans ,p>is le mme j\r4 ,elle ne se ralisa p\r ,goe! que qu9ze mois plus t>d4 ,,napol,,on4 ,voyez-v\s cette toile8 ,,caula9c\rt ,non4 ,,napol,,on4 ,eh bi51 moi1 je la vois4 ,si le cl]g n'y pr5d g>de et ne *ange de vie1 on ne croira bi5tt plus en ,france d'autre tr9it qu' celle du drapeau tricolore4 ,citadelle inexpugnable que la ,france auj\rd'hui6 ,p\r remp>ts1 au midi1 les ,pyrnes2 au levant1 les ,alpes2 au nord1 la ,belgique avec sa haie de =t]esses2 au c\*ant1 l',ocan p\r foss4 ,en de des ,pyrnes1 en de des ,alpes1 en de du ,rh9 et des =t]esses belges1 trois peuples en rvolution1 ,espagne1 ,italie1 ,belgique1 n\s mont5t la g>de2 en de de la m]1 la rpublique amrica9e4 ,et1 dans cette ,france impr5able1 p\r g>nison1 trois millions de bayonnettes2 p\r veill] aux crneaux des ,alpes1 des ,pyrnes et de la ,belgique1 quatre c5t mille soldats2 p\r df5dre le t]ra91 un g>de national p> pi$ c>r4 ,enf91 n\s t5ons le b\t de m*e de t\tes les rvolutions dont l',europe e/ m9e4 ,n\s n'avons qu' dire3 ,feu6 ,j'ai assi/ une sance du procs des m9i/res1 l'avant-d]nire1 la plus lugubre1 celle o l'on ent5dait le mieux rugir le peuple dehors4 ,j'crirai cette j\rne-l4 ,une p5se m'occupait p5dant la sance1 c'e/ que le p\voir occulte qui a p\ss ,*>les ,x sa ru9e1 le mauvais gnie de la re/auration1 ce g\v]nem5t qui traitait la ,france en accuse1 en crim9elle1 et lui faisait sans rel*e son procs1 avait f9i1 tant il y a une raison intrieure dans les *oses1 p> ne plus p\voir avoir p\r m9i/res que des procureurs gnraux4 ,et en effet1 quels tai5t les trois hommes assis prs de ,m4 de ,polignac comme ses ag5ts les plus immdiats8 ,m4 de ,peyronnet1 procureur gnral2 ,m4 de ,*antelauze1 procureur gnral2 ,m4 de ,gu]non-,ranville1 procureur gnral4 ,qu'e/-ce que ,m4 ,mang91 qui et probablem5t figur ct d'eux1 si la rvolution de juillet avait pu se saisir de lui8 ,un procureur gnral4 ,plus de m9i/re de l'intrieur1 plus de m9i/re de l'in/ruction publique1 plus de prfet de police2 des procureurs gnraux p>t\t4 ,la ,france n'tait plus ni adm9i/re1 ni g\v]ne au conseil du roi1 mais accuse1 mais juge1 mais condamne4 ,ce qui e/ dans les *oses sort t\j\rs au dehors p> quelque ct4 ,la lic5ce se crve ses c5t yeux avec ses c5t bras4 ,quelques ro*]s n'arrt5t pas un fleuve2 trav]s les rsi/ances huma9es1 les vnem5ts s'c\l5t sans se dt\rn]4 ,*acun se dpopul>ise son t\r4 ,le peuple f9ira peut-tre p> se dpopul>is]4 ,il y a des hommes malheureux2 ,*ri/ophe ,colomb ne peut atta*] son nom sa dc\v]te2 ,guillot9 ne peut dta*] le si5 de son inv5tion4 ,le m\vem5t se propage du c5tre la circonfr5ce2 le travail se fait en dess\s2 mais il se fait4 ,les pres ont vu la rvolution de ,france1 les fils v]ront la rvolution d',europe4 ,les droits politiques1 les fonctions de jur1 d'lecteur et de g>de national1 entr5t videmm5t dans la con/itution normale de t\t membre de la cit4 ,t\t homme du peuple e/1 priori1 homme de la cit4 ,cep5dant les droits politiques doiv5t1 videmm5t aussi1 sommeill] dans l'individu jusqu' ce que l'individu sa*e clairem5t ce que c'e/ que des droits politiques1 ce que cela signifie1 et ce qu'on en fait4 ,p\r ex]c] il faut compr5dre4 ,en bonne logique1 l'intellig5ce de la *ose doit t\j\rs prcd] l'action sur la *ose4 ,il faut donc1 on ne saurait trop insi/] sur ce po9t1 clair] le peuple p\r p\voir le con/itu] un j\r4 ,et c'e/ un devoir sacr p\r les g\v]nants de se ht] de rp&re la lumire dans ces masses obscures o le droit df9itif repose4 ,t\t tuteur honnte presse l'mancipation de son pupille4 ,multipliez donc les *em9s qui mn5t l'intellig5ce1 la sci5ce1 l'aptitude4 ,la ,*ambre1 j'ai presque dit le trne1 doit tre le d]ni] *elon d'une *elle dont le premi] *elon e/ une cole4 ,et puis1 in/ruire le peuple1 c'e/ l'amlior]2 clair] le peuple1 c'e/ le moralis]2 lettr] le peuple1 c'e/ le civilis]4 ,t\te brutalit se fond au feu d\x des bonnes lectures quotidi5nes4 ,humaniores litt]ae4 ,il faut faire faire au peuple ses humanits4 ,ne dem&ez pas de droits p\r le peuple1 tant que le peuple dem&]a des ttes4 ,,janvi] ,la *ose la plus rem>quable de ce mois-ci1 c'e/ cet *antillon de /yle de tribune4 ,la phrase a t textuellem5t prononce la ,*ambre des dputs p> un des pr9cipaux orateurs3 444 ,c'e/ proscrire les vritables bases du li5 social4 ,f,,vri] ,le roi ,f]d9& de ,naples1 pre de celui qui vi5t de m\rir1 disait qu'il ne fallait que trois ,f4 p\r g\v]n] un peuple3 ,fe/a1 ,=a1 ,f>9a4 ,on veut dmolir ,sa9t-,g]ma9 l',aux]rois p\r un alignem5t de place ou de rue2 quelque j\r on dtruira ,notre-,dame p\r agr&ir le p>vis2 quelque j\r on ras]a ,p>is p\r agr&ir la pla9e des ,sablons4 ,alignem5t1 nivellem5t1 gr&s mots1 gr&s pr9cipes1 p\r lesquels on dmolit t\s les difices1 au propre et au figur1 ceux de l'ordre intellectuel comme ceux de l'ordre matriel1 dans la socit comme dans la cit4 ,il faut des monum5ts aux cits de l'homme2 autrem5t o s]ait la diffr5ce entre la ville et la f\rmilire8 ,,m>s ,il y avait quelque *ose de plus beau que la bro*ure de ,m4 de ,c----2 c'tait son sil5ce4 ,il a eu tort de le rompre4 ,les ,a*illes dans leur t5te sont plus =midables que sur le *amp de bataille4 #ac m>s4--,comb9aison ,casimir ,pri]4 ,un homme qui eng\rdira la plaie1 mais ne la f]m]a pas2 un palliatif1 non la gurison2 un m9i/re au laudanum4 ,quelle adm9i/ration6 quelle poque6 o il faut t\t cra9dre et t\t brav]2 o le tumulte r5at du tumulte2 o l'on produit une meute p> les moy5s qu'on pr5d p\r la prv5ir2 o il faut sans cesse de la mesure1 et o la mesure p>at quivoque1 timide1 pusillanime2 o il faut dploy] beauc\p de =ce1 et o la =ce p>at tyrannie2 o l'on e/ assig de mille conseils1 et o il faut pr5dre conseil de soi-mme2 o l'on e/ oblig de r$\t] jusqu' des citoy5s dont les int5tions sont pures1 mais que la dfiance1 l'inquitude1 l'exagration1 r5d5t presque aussi r$\tables que des conspirateurs2 o l'on e/ rduit mme1 dans des occasions difficiles1 cd] p> sagesse1 conduire le dsordre p\r le ret5ir1 se *>g] d'un emploi glorieux1 il e/ vrai1 mais environn d'al>mes cruelles2 o il faut encore1 au milieu de si gr&es difficults1 dploy] un front s]e91 tre t\j\rs calme1 mettre de l'ordre jusque dans les plus petits objets1 n'(f5s] p]sonne1 gurir t\tes les jal\sies1 s]vir sans cesse1 et *]*] plaire comme si l'on ne s]vait po9t6 ,voil1 c]tes1 des p>oles qui c>actris5t admirablem5t le mom5t prs5t1 et qui se sup]pos5t troitem5t dans leurs mo9dres dtails aux mo9dres dtails de notre situation politique4 ,elles ont qu>ante ans de date4 ,elles ont t prononces p> ,mirabeau1 le #ai octobre #aghi4 ,a9si les rvolutions ont de c]ta9es phases qui revi5n5t inv>iablem5t4 ,la rvolution de #aghi en tait alors o en e/ la rvolution de #ahcj auj\rd'hui1 la priode des insurrections4 ,une rvolution1 qu& elle passe de l'tat de ?orie l'tat d'action1 db\*e d'ord9aire p> l'meute4 ,l'meute e/ la premire des div]ses =mes viol5tes qu'il e/ dans la loi d'une rvolution de pr5dre4 ,l'meute1 c'e/ l'engorgem5t des intrts n\veaux1 des ides n\velles1 des beso9s n\veaux1 t\tes les portes trop troites du vieil difice politique4 ,t\s veul5t entr] la fois dans t\tes les j\issances sociales4 ,aussi e/-il r>e qu'une rvolution ne comm5ce pas p> enfonc] les portes4 ,il e/ de l'ess5ce de l'meute rvolutionnaire1 qu'il ne faut pas confondre avec les autres sortes d'meute1 d'avoir presque t\j\rs tort dans la =me et raison dans le fond4 ,,d]ni]s ,,feuillets ,,sans ,,date ,une anci5ne prophtie de ,mahomet dit qu'un soleil se lv]a au c\*ant4 ,e/-ce de ,napolon qu'il v\lait p>l]8 ,v\s voyez ces deux hommes1 ,robespi]re et ,mirabeau4 ,l'un e/ de plomb1 l'autre e/ de f]4 ,la f\rnaise de la rvolution f]a fondre l'un1 qui s'y diss\dra2 l'autre y r\gira1 y flamboi]a1 y devi5dra clatant et sup]be4 ,il fallait tre gant comme ,annibal1 comme ,*>lemagne1 comme ,napolon1 p\r enjamb] les ,alpes4 ,les rvolutions sont comm5ces p> des hommes que font les circon/ances1 et t]m9es p> des hommes qui font les vnem5ts4 ,s\s la mon>*ie1 une lettre de ca*et pr5ait la lib]t d'un individu1 et la mettait dans la ,ba/ille4 ,t\te la lib]t individuelle de ,france tait v5ue a9si s'accumul] g\tte g\tte1 homme homme1 dans la ,ba/ille1 depuis plusieurs sicles4 ,aussi1 la ,ba/ille brise1 la lib]t s'e/ rp&ue flots p> la ,france et p> l',europe4 ,un classique jacob93 un bonnet r\ge sur une p]ruque4 ,plusieurs ont cr des mots dans la langue2 ,vaugelas a fait pudeur2 ,corneille1 inva9cu2 ,ri*elieu1 gnralissime4 ,la civilisation e/ t\te-puissante4 ,tantt elle s'accommode d'un ds]t de sable1 comme1 s\s ,rome1 de l',afrique2 tantt d'une rgion de neiges1 comme actuellem5t de la ,russie4 ,l'emp]eur disait3 (fici]s franais et soldats russes4 ,gloire1 ambition1 armes1 flottes1 trnes1 c\ronnes2 poli*9elles des gr&s enfants4 ,le b\*] ,leg5dre assommait ,lanju9ais de c\ps de po+ la tribune de la ,conv5tion3--,fais donc d'abord dcrt] que je suis un boeuf6--dit ,lanju9ais4 ,la ,france e/ t\j\rs la mode en ,europe4 ,l',ecriture conte qu'il y a eu un roi qui fut p5dant sept ans bte fauve dans les bois1 puis reprit sa =me huma9e4 ,il arrive p>fois que c'e/ le t\r du peuple4 ,il fait aussi ses sept annes de bte froce1 puis r$evi5t homme4 ,ces mtamorphoses s'appell5t rvolutions4 ,le peuple1 comme le roi1 y gagne la sagesse4 ,,toa/3 ,a l'abolition de la loi salique6 ,que dsormais la ,france soit rgie p> une re9e1 et que cette re9e s'appelle la loi4 ,s+uli] p>alllisme des de/9es de ,rome6 aprs un snat qui faisait des dieux1 un conclave qui fait des sa9ts4 ,qu'e/-ce que c'e/ donc que cette sagesse huma9e qui ressemble si =t la folie qu& on la voit d'un peu haut8 ,les empires ont leurs crises comme les montagnes ont leur hiv]4 ,une p>ole dite trop haut y produit une avalan*e4 ,en #agig1 on disait3 la cot]ie de ,bonap>te2 en #ahjg3 l'empire de ,napolon4 ,les gr&s hommes sont les coeffici5ts de leur sicle4 ,ri*elieu s'appelait le m>quis du ,*ill\2 ,mirabeau1 ,riquetti2 ,napolon1 ,buonap>te4 ,dcret publi ,pk91 dans la ,gazette de la ,*9e1 v]s la f9 d'aot #ahcj3 ,l'acadmie a/ronomique a r5du compte que1 dans la nuit du #ae;e j\r de la #g;e lune 7#bj aot71 deux toiles ont t obs]ves1 et des vapeurs blan*es sont tombes prs du signe du zodiaque ,tsyvit*\n4 ,elles se sont fait voir l'heure o la g>de de nuit e/ releve p\r la quatrime fois 7 prs de m9uit7 et annonc5t des tr\bles dans l'oue/4 ,napolon disait3 ,avec ,anv]s1 je ti5s un pi/olet *>g sur le coeur de l',anglet]re4 ,dieu n\s g>de de ces r=mateurs qui lis5t les lois de ,m9os1 p>ce qu'ils ont une con/itution faire p\r m>di6 ,le co*] qui conduisait ,bonap>te le soir du #c nivse s'appelait ,cs>4 ,l',espagne a eu1 l',anglet]re a la plus gr&e m>9e de la t]re4 ,le midi de l',amrique p>le espagnol1 le nord p>le anglais4 ,l'inc5die de ,mosc\1 aurore borale allume p> ,napolon4 ,,noblesse4 ,,peuple4 ,le comte de ,mirabeau4 ,frankl94 ,napolon ,buonap>te1 g5tilhomme corse4 ,wa%+ton4 ,le m>quis ,simon de ,boliv>4 ,sieys4 ,le m>quis de ,la ,fayette4 ,b5?am4 ,"l ,byron4 ,s*ill]4 ,m4 de ,goe!4 ,can>is4 ,sir ,walt] ,scott4 ,danton4 ,le comte ,h5ri de ,sa9t-,simon4 ,talma4 ,le vicomte de ,*ateaubri&4 ,cuvi]4 ,madame de ,/al4 ,le comte de ,mai/re4 ,f4 de ,lam5nais4 ,o',connell1 g5tilhomme irl&ais4 ,m9a1 hidalgo catalan4 ,b5jam9 de ,con/ant4 ,la ,ro*ejaquele94 ,riego4 ,lu!r disait3 ,je b\lev]se le monde en buvant mon pot de bire4 ,cromwell disait3 ,j'ai le roi dans mon sac et le p>lem5t dans ma po*e4 ,napolon disait3 ,lavons notre l+e sale en famille4 ,avis aux faiseurs de tragdies qui ne compr5n5t pas les gr&es *oses sans les gr&s mots4 ,e*ecs d'hommes secondaires1 clipses de lune4 ,il avait 7,l\is ,,xiv7 beauc\p d'esprit naturel1 mais il tait trs ignorant2 il en avait honte4 ,aussi tait-on oblig de t\rn] les savants en ridicule4 7,mmoires de la ,pr9cesse palat9e47 ,g5ve2 une rpublique et un ocan en petit4 ,je revi5s d',anglet]re1 crivait1 il y a v+t ans1 ,h5ri de ,sa9t-,simon1 et je n'y ai tr\v sur le *anti] aucune ide capitale neuve4 ,il en e/ d'un gr& homme comme du soleil4 ,il n'e/ jamais plus beau p\r n\s qu'au mom5t o n\s le voyons prs de la t]re1 son lev]1 son c\*]4 ,p>mi les colosses de l'hi/oire1 ,cromwell1 demi-fanatique et demi-politique1 m>que la transition de ,mahomet ,napolon4 ,les gaulois brlr5t ,lutce devant ,cs> 7vid4 ,comm74 ,deux mille ans aprs les russes brl5t ,mosc\ devant ,napolon4 ,il ne faut pas voir t\tes les *oses de la vie trav]s le prisme de la posie4 ,il ressemble ces v]res +nieux qui gr&iss5t les objets4 ,ils v\s montr5t dans t\te leur lumire et dans t\te leur maje/ les sphres du ciel2 rabaissez-les sur la t]re1 et v\s ne v]rez plus que des =mes gigantesques1 la vrit1 mais ples1 vagues et confuses4 ,napolon exprim en blason1 c'e/ une c\ronne gigantale surmonte d'une c\ronne royale4 ,une rvolution e/ la l>ve d'une civilisation4 ,la provid5ce e/ mnagre de ses gr&s hommes4 ,elle ne les prodigue pas2 elle ne les gaspille pas4 ,elle les met et les retire au bon mom5t1 et ne leur donne jamais g\v]n] que des vnem5ts de leur taille4 ,qu& elle a quelque mauvaise besogne faire1 elle la fait faire p> de mauvaises ma9s2 elle ne remue le sang et la b\e qu'avec de vils outils4 ,a9si ,mirabeau s'en va avant la ,t]reur2 ,napolon ne vi5t qu'aprs4 ,entre les deux gants1 la f\rmilire des hommes petits et m*ants1 la guillot9e1 les massacres1 les noyades1 #ic4 ,et #ic ,robespi]re suffit2 il e/ assez bon p\r cela4 ,j'ai ent5du des hommes m95ts du sicle1 en politique1 en littrature1 en sci5ce1 se pla9dre de l'envie1 des ha9es1 des calomnies1 etc4 ,ils avai5t tort4 ,c'e/ la loi1 c'e/ la gloire4 ,les hautes r5ommes subiss5t ces preuves4 ,la ha9e les p\rsuit p>t\t4 ,ri5 ne lui e/ sacr4 ,le ?tre lui livrait plus nu ,%akespe>e et ,molire2 la prison ne lui drobait pas ,*ri/ophe ,colomb2 le clotre n'en prs]vait pas sa9t ,b]n>d2 le trne n'en sauvait pas ,napolon4 ,il n'y a p\r le gnie qu'un lieu sur la t]re qui j\isse du droit d'asile1 c'e/ le tombeau4 #ahbc-ahbd ,,sur ,,voltaire ,dcembre #ahbc4 ,franois-,m>ie ,ar\et1 si clbre s\s le nom de ,voltaire1 naquit ,*at5ay le #bj fvri] #afid1 d'une famille de magi/rature4 ,il fut lev au collge des jsuites1 o l'un de ses rg5ts1 le pre ,lejay1 lui prdit1 ce qu'on assure1 qu'il s]ait en ,france le coryphe du disme4 ,a pe9e sorti du collge1 ,ar\et1 dont le tal5t s'veillait avec t\te la =ce et t\te la navet de la jeunesse1 tr\va d'un ct1 dans son pre1 un inflexible contempteur1 et1 de l'autre1 dans son p>ra91 l'abb de ,*teauneuf1 un p]v]tisseur complaisant4 ,le pre condamnait t\te tude littraire sans savoir p\rquoi1 et p> consqu5t avec une ob/9ation insurmontable4 ,le p>ra91 qui enc\rageait au contraire les essais d',ar\et1 aimait beauc\p les v]s1 surt\t ceux que rehaussait une c]ta9e saveur de lic5ce ou d'impit4 ,l'un v\lait emprisonn] le pote dans une tude de procureur2 l'autre g>ait le jeune homme dans t\s les salons4 ,m4 ,ar\et int]disait t\te lecture son fils2 ,n9on de ,l5clos lguait une biblio?que l'lve de son ami ,*teauneuf4 ,a9si1 le gnie de ,voltaire subit ds sa naissance le malheur de deux actions contraires et galem5t fune/es2 l'une qui t5dait t\ff] violemm5t ce feu sacr qu'on ne peut te9dre2 l'autre qui l'alim5tait inconsidrm5t1 aux dp5s de t\t ce qu'il y a de noble et de respectable dans l'ordre intellectuel et dans l'ordre social4 ,ce sont peut-tre ces deux impulsions opposes1 imprimes la fois au premi] essor de cette imag9ation puissante1 qui en ont vici p\r jamais la direction4 ,du mo9s peut-on leur attribu] les premi]s c>ts du tal5t de ,voltaire1 t\rm5t a9si t\t ensemble du fre9 et de l'p]on4 ,aussi1 ds le comm5cem5t de sa c>rire1 lui attribua-t-on d'assez m*ants v]s =t imp]t95ts qui le fir5t mettre la ,ba/ille1 punition rig\reuse p\r de mauvaises rimes4 ,c'e/ durant ce loisir =c que ,voltaire1 g de v+t-deux ans1 bau*a son pome blaf>d de la ,ligue1 depuis la ,h5riade1 et t]m9a son rem>quable drame d',o$ipe4 ,aprs quelques mois de ,ba/ille1 il fut la fois dlivr et p5sionn p> le rg5t d',orlans1 qu'il rem]cia de v\loir bi5 se *>g] de son entreti51 en le priant de ne plus se *>g] de son logem5t4 ,o$ipe fut j\ avec succs en #agah4 ,lamotte1 l'oracle de cette poque1 daigna consacr] ce triomphe p> quelques p>oles sacram5telles1 et la r5omme de ,voltaire comm5a4 ,auj\rd'hui ,lamotte n'e/ peut-tre immortel que p\r avoir t nomm dans les crits de ,voltaire4 ,la tragdie d',artmire succda ,o$ipe4 ,elle tomba4 ,voltaire fit un voyage ,bruxelles p\r y voir ,j4-,b4 ,r\sseau1 qu'on a si s+ulirem5t appel gr&4 ,les deux potes s'e/imai5t avant de se connatre1 ils se sp>r5t ennemis4 ,on a dit qu'ils tai5t rciproquem5t envieux l'un de l'autre4 ,ce ne s]ait pas un signe de supriorit4 ,artmire1 refaite et rej\e en #agbd s\s le nom de ,m>ianne1 eut beauc\p de succs sans tre meilleure4 ,v]s la mme poque p>ut la ,ligue ou la ,h5riade1 et la ,france n'eut pas un pome pique4 ,voltaire sub/itua dans son pome ,mornay ,sully1 p>ce qu'il avait se pla9dre du desc5dant de ce gr& m9i/re4 ,cette v5geance peu philosophique e/ cep5dant excusable1 p>ce que ,voltaire1 insult l*em5t devant l'htel de ,sully p> je ne sais quel *evali] de ,rohan1 et ab&onn p> l'autorit judiciaire1 ne put en ex]c] d'autre4 ,ju/em5t indign du sil5ce des lois env]s son mprisable agresseur1 ,voltaire1 dj clbre1 se retira en ,anglet]re1 o il tudia des sophi/es4 ,cep5dant t\s ses loisirs n'y fur5t pas p]dus2 il fit deux n\velles tragdies1 ,brutus et ,cs>1 dont ,corneille et av\ plusieurs scnes4 ,rev5u en ,france1 il donna successivem5t ryphile1 qui tomba1 et ,zare1 *ef-d'oeuvre conu et t]m9 en dix-huit j\rs1 auquel il ne manque que la c\leur du lieu et une c]ta9e svrit de /yle4 ,zare eut un succs prodigieux et mrit4 ,la tragdie d',adlade ,du ,guescl9 7depuis le ,duc de ,foix7 succda ,zare et fut lo9 d'obt5ir le mme succs4 ,quelques publications mo9s importantes1 le ,temple du gt1 les ,lettres sur les anglais1 etc41 t\rm5tr5t p5dant quelques annes la vie de ,voltaire4 ,cep5dant son nom remplissait dj l',europe4 ,retir ,cirey1 *ez la m>quise du ,*telet1 femme qui fut1 suivant l'expression mme de ,voltaire1 propre t\tes les sci5ces1 except celle de la vie1 il dess*ait sa belle imag9ation dans l'algbre et la gomtrie1 crivait ,alzire1 ,mahomet1 l',hi/oire spirituelle de ,*>les ,,xii1 amassait les matriaux du ,sicle de ,l\is ,,xiv1 prp>ait l',essai sur les moeurs des nations1 et envoyait des madrigaux ,frdric1 pr9ce hrditaire de ,prusse4 ,mrope1 galem5t compose ,cirey1 mit le sceau la rputation dramatique de ,voltaire4 ,il crut p\voir alors se prs5t] p\r remplac] le c>d9al de ,fleury l'acadmie franaise4 ,il ne fut pas admis4 ,il n'avait encore que du gnie4 ,quelque temps aprs1 cep5dant1 il se mit flatt] madame de ,pompad\r2 il le fit avec une si op9itre complaisance1 qu'il obt9t t\t la fois le fauteuil acadmique1 la *>ge de g5tilhomme de la *ambre et la place d'hi/oriographe de ,france4 ,cette faveur dura peu4 ,voltaire se retira t\r t\r ,lunville1 *ez le bon ,/anislas1 roi de ,pologne et duc de ,lorra9e2 ,sceaux1 *ez madame du ,ma9e1 o il fit ,smiramis1 ,ore/e et ,rome sauve1 et ,b]l91 *ez ,frdric1 dev5u roi de ,prusse4 ,il passa plusieurs annes dans cette d]nire retraite avec le titre de *ambellan1 la croix du ,mrite de ,prusse et une p5sion4 ,il tait admis aux s\p]s royaux avec ,maup]tuis1 d',arg5s1 et ,lamettrie1 a?e du roi1 de ce roi qui1 comme le dit ,voltaire mme1 vivait sans c\r1 sans conseil et sans culte4 ,ce n'tait po9t l'amiti sublime d',ari/ote et d',alex&re1 de ,tr5ce et de ,scipion4 ,quelques annes de frottem5t suffir5t p\r us] ce qu'avai5t de commun l'me du despote philosophe et l'me du sophi/e pote4 ,voltaire v\lut s'enfuir de ,b]l94 ,frdric le *assa4 ,r5voy de ,prusse1 rep\ss de ,france1 ,voltaire passa deux ans en ,allemagne1 o il publia ses ,annales de l',empire1 rdiges p> complaisance p\r la du*esse de ,saxe-,go?a2 puis il v9t se fix] aux portes de ,g5ve avec ,mme ,d5is1 sa nice4 ,l',orphel9 de la ,*9e1 tragdie o brille encore presque t\t son tal5t1 fut le premi] fruit de sa retraite1 o il et vcu en paix1 si d'avides libraires n'euss5t publi son odieuse ,pucelle4 ,c'e/ encore cette poque et dans ses div]ses rsid5ces des ,dlices1 de ,t\rnay et de ,f]ney1 qu'il fit le pome sur le ,tremblem5t de t]re de ,lisbonne1 la tragdie de ,tancrde1 quelques contes et diffr5ts opuscules4 ,c'e/ alors qu'il df5dit1 avec une gnrosit mle de trop d'o/5tation1 ,calas1 ,sirv51 ,la ,b>re1 ,montbailli1 ,lally1 dplorables victimes des mprises judiciaires4 ,c'e/ alors qu'il se br\illa avec ,jean-,jacques1 se lia avec ,ca!r9e de ,russie1 p\r laquelle il crivit l'hi/oire de son aeul ,pi]re #a;er1 et se rconcilia avec ,frdric4 ,c'e/ encore du mme temps que date sa coopration l',encyclopdie1 ouvrage o des hommes qui avai5t v\lu pr\v] leur =ce ne pr\vr5t que leur faiblesse1 monum5t mon/rueux dont le ,moniteur de notre rvolution e/ l'effroyable p5dant4 ,accabl d'annes1 ,voltaire v\lut revoir ,p>is4 ,il rev9t dans cette ,babylone qui sympa?isait avec son gnie4 ,salu d'acclamations univ]selles1 le malheureux vieill>d put voir1 avant de m\rir1 combi5 son oeuvre tait avance4 ,il put j\ir ou s'p\vant] de sa gloire4 ,il ne lui re/ait plus assez de puissance vitale p\r s\t5ir les motions de ce voyage1 et ,p>is le vit expir] le #cj mai #aggh4 ,les esprits =ts prt5dir5t qu'il avait emport l'incrdulit au tombeau4 ,n\s ne le p\rsuivrons pas jusque-l4 ,n\s avons racont la vie prive de ,voltaire2 n\s allons essay] de pe9dre son exi/5ce publique et littraire4 ,nomm] ,voltaire1 c'e/ c>actris] t\t le dix-huitime sicle2 c'e/ fix] d'un seul trait la d\ble physionomie hi/orique et littraire de cette poque1 qui ne fut1 quoi qu'on en dise1 qu'une poque de transition1 p\r la socit comme p\r la posie4 ,le dix-huitime sicle p>atra t\j\rs dans l'hi/oire comme t\ff entre le sicle qui le prcde et le sicle qui le suit4 ,voltaire en e/ le p]sonnage pr9cipal et en quelque sorte typique1 et1 quelque prodigieux que ft cet homme1 ses proportions sembl5t bi5 mesqu9es entre la gr&e image de ,l\is ,,xiv et la gigantesque figure de ,napolon4 ,il y a deux tres dans ,voltaire4 ,sa vie eut deux influ5ces4 ,ses crits eur5t deux rsultats4 ,c'e/ sur cette d\ble action1 dont l'une dom9a les lettres1 dont l'autre se manife/a dans les vnem5ts1 que n\s allons jet] un c\p d'oeil4 ,n\s tudi]ons sp>m5t *acun de ces deux rgnes du gnie de ,voltaire4 ,il ne faut pas oubli] t\tefois que leur d\ble puissance fut intimem5t coordonne1 et que les effets de cette puissance1 plutt mls que lis1 ont t\j\rs eu quelque *ose de simultan et de commun4 ,si1 dans cette note1 n\s en divisons l'exam51 c'e/ uniquem5t p>ce qu'il s]ait au-dessus de nos =ces d'embrass] d'un seul reg>d cet ensemble insaisissable2 imitant en cela l'artifice de ces arti/es ori5taux qui1 dans l'impuissance de pe9dre une figure de face1 p>vi5n5t cep5dant la reprs5t] entirem5t1 en enf]mant les deux pr(ils dans un mme cadre4 ,en littrature1 ,voltaire a laiss un de ces monum5ts dont l'aspect tonne plutt p> son t5due qu'il n'impose p> sa gr&eur4 ,l'difice qu'il a con/ruit n'a ri5 d'augu/e4 ,ce n'e/ po9t le palais des rois1 ce n'e/ po9t l'hospice du pauvre4 ,c'e/ un baz> lgant et va/e1 irrguli] et commode2 talant dans la b\e d'innombrables ri*esses2 donnant t\s les intrts1 t\tes les vanits1 t\tes les passions1 ce qui leur convi5t2 bl\issant et ftide2 (frant des pro/itutions p\r des volupts2 peupl de vagabonds1 de m>*&s et d'oisifs1 peu frqu5t du prtre et de l'indig5t4 ,l1 d'clatantes gal]ies inondes incessamm5t d'une f\le m]veille2 l1 des antres secrets o nul ne se vante d'avoir pntr4 ,v\s tr\v]ez s\s ces arcades somptueuses mille *efs-d'oeuvre de gt et d'art1 t\t reluisants d'or et de diamants2 mais n'y *]*ez pas la /atue de bronze aux =mes antiques et svres4 ,v\s y tr\v]ez des p>ures p\r vos salons et p\r vos b\doirs2 n'y *]*ez pas les ornem5ts qui convi5n5t au sanctuaire4 ,et malheur au faible qui n'a qu'une me p\r =tune et qui l'expose aux sductions de ce magnifique repaire2 temple mon/rueux o il y a des tmoignages p\r t\t ce qui n'e/ pas la vrit1 un culte p\r t\t ce qui n'e/ pas ,dieu6 ,c]tes1 si n\s v\lons bi5 p>l] d'un monum5t de ce g5re avec admiration1 on n'exig]a pas que n\s en p>lions avec respect4 ,n\s pla9drions une cit o la f\le s]ait au baz> et la solitude l'glise2 n\s pla9drions une littrature qui ds]t]ait le s5ti] de ,corneille et de ,bossuet p\r c\rir sur la trace de ,voltaire4 ,lo9 de n\s t\tefois la p5se de ni] le gnie de cet homme extraord9aire4 ,c'e/ p>ce que1 dans notre conviction1 ce gnie tait peut-tre un des plus beaux qui ai5t jamais t donns aucun criva91 que n\s en dplorons plus amrem5t le frivole et fune/e emploi4 ,n\s regrettons1 p\r lui comme p\r les lettres1 qu'il ait t\rn contre le ciel cette puissance intellectuelle qu'il avait reue du ciel4 ,n\s gmissons sur ce beau gnie qui n'a po9t compris sa sublime mission1 sur cet +rat qui a pr(an la *a/et de la muse et la sa9tet de la patrie1 sur ce transfuge qui ne s'e/ pas s\v5u que le trpi$ du pote a sa place prs de l'autel4 ,et 7ce qui e/ d'une pr(onde et 9vitable vrit7 sa faute mme r5f]mait son *tim5t4 ,sa gloire e/ beauc\p mo9s gr&e qu'elle ne devait l'tre1 p>ce qu'il a t5t t\tes les gloires1 mme celle d'ro/rate4 ,il a dfri* t\s les *amps1 on ne peut dire qu'il en ait cultiv un seul4 ,et1 p>ce qu'il eut la c\pable ambition d'y sem] galem5t les g]mes n\rrici]s et les g]mes vnneux1 ce sont1 p\r sa honte t]nelle1 les poisons qui ont le plus fructifi4 ,la ,h5riade1 comme composition littraire1 e/ encore bi5 infrieure la ,pucelle 7ce qui ne signifie c]tes pas que ce c\pable ouvrage soit suprieur1 mme dans son g5re honteux74 ,ses satires1 empre9tes p>fois d'un /igmate inf]nal1 sont =t au-dessus de ses comdies1 plus innoc5tes4 ,on prfre ses posies lgres1 o son cynisme clate s\v5t nu1 ses posies lyriques1 dans lesquelles on tr\ve p>fois des v]s religieux et graves#a4 ,ses contes1 enf91 si dsolants d'incrdulit et de scepticisme1 val5t mieux que ses hi/oires1 o le mme dfaut se fait un peu mo9s s5tir1 mais o l'abs5ce p]ptuelle de dignit e/ en contradiction avec le g5re mme de ces ouvrages4 ,quant ses tragdies1 o il se montre rellem5t gr& pote1 o il tr\ve s\v5t le trait du c>actre1 le mot du coeur1 on ne peut disconv5ir1 malgr tant d'admirables scnes1 qu'il ne soit encore re/ assez lo9 de ,rac9e1 et surt\t du vieux ,corneille4 ,et ici notre op9ion e/ d'autant mo9s suspecte1 qu'un exam5 appr(ondi de l'oeuvre dramatique de ,voltaire n\s a conva9cu de sa haute supriorit au ?tre4 ,n\s ne d\tons pas que si ,voltaire1 au lieu de disp]s] les =ces colossales de sa p5se sur v+t po9ts diffr5ts1 les et t\tes runies v]s un mme b1 la tragdie1 il n'et surpass ,rac9e et peut-tre gal ,corneille4 ,mais il dp5sa le gnie en esprit4 ,aussi fut-il prodigieusem5t spirituel4 ,aussi le sceau du gnie e/-il plutt empre9t sur le va/e ensemble de ses ouvrages que sur *acun d'eux en p>ticuli]4 ,sans cesse proccup de son sicle1 il ngligeait trop la po/rit1 cette image au/re qui doit dom9] t\tes les mditations du pote4 ,luttant de caprice et de frivolit avec ses frivoles et capricieux contempora9s1 il v\lait leur plaire et se moqu] d'eux4 ,sa muse1 qui et t si belle de sa beaut1 emprunta s\v5t ses pre/iges aux enlum9ures du f>d et aux grimaces de la coquett]ie1 et l'on e/ p]ptuellem5t t5t de lui adress] ce conseil d'amant jal\x3 p>gne-toi ce so92 ,l'art n'e/ pas fait p\r toi1 tu n'en z pas beso94 ,voltaire p>aissait ignor] qu'il y a beauc\p de grce dans la =ce1 et que ce qu'il y a de plus sublime dans les oeuvres de l'esprit huma9 e/ peut-tre aussi ce qu'il y a de plus naf4 ,c> l'imag9ation sait rvl] sa cle/e orig9e sans rec\rir des artifices trang]s4 ,elle n'a qu' m>*] p\r se montr] desse4 ,et v]a incessu patuit dea4 ,s'il tait possible de rsum] l'ide multiple que prs5te l'exi/5ce littraire de ,voltaire1 n\s ne p\rrions que la class] p>mi ces prodiges que les lat9s appelai5t mon/ra4 ,voltaire1 en effet1 e/ un phnomne peut-tre unique1 qui ne p\vait natre qu'en ,france et au dix-huitime sicle4 ,il y a cette diffr5ce entre sa littrature et celle du gr& sicle1 que ,corneille1 ,molire et ,pascal app>ti5n5t davantage la socit1 ,voltaire la civilisation4 ,on s5t1 en le lisant1 qu'il e/ l'criva9 d'un ge n]v et affadi4 ,il a de l'agrm5t et po9t de grce1 du pre/ige et po9t de *>me1 de l'clat et po9t de maje/4 ,il sait flatt] et ne sait po9t consol]4 ,il fasc9e et ne p]suade pas4 ,except dans la tragdie1 qui lui e/ propre1 son tal5t manque de t5dresse et de fran*ise4 ,on s5t que t\t cela e/ le rsultat d'une organisation1 et non l'effet d'une inspiration2 et1 qu& un mdec9 a?e vi5t v\s dire que t\t ,voltaire tait dans ses t5dons et dans ses n]fs1 v\s frmissez qu'il n'ait raison4 ,au re/e1 comme un autre ambitieux plus mod]ne1 qui rvait la suprmatie politique1 c'e/ en va9 que ,voltaire a essay la suprmatie littraire4 ,la mon>*ie absolue ne convi5t pas l'homme4 ,si ,voltaire et compris la vritable gr&eur1 il et plac sa gloire dans l'unit plutt que dans l'univ]salit4 ,la =ce ne se rvle po9t p> un dplacem5t p]ptuel1 p> des mtamorphoses indf9ies1 mais bi5 p> une maje/ueuse immobilit4 ,la =ce1 ce n'e/ pas ,prote1 c'e/ ,jupit]4 ,ici comm5ce la seconde p>tie de notre t*e2 elle s]a plus c\rte1 p>ce que1 grce la rvolution franaise1 les rsultats politiques de la philosophie de ,voltaire sont malheureusem5t d'une effrayante notorit4 ,il s]ait cep5dant s\v]a9em5t inju/e de n'attribu] qu'aux crits du patri>*e de ,f]ney cette fatale rvolution4 ,il faut y voir avant t\t l'effet d'une dcomposition sociale depuis longtemps comm5ce4 ,voltaire et l'poque o il vcut doiv5t s'accus] et s'excus] rciproquem5t4 ,trop =t p\r obir son sicle1 ,voltaire tait aussi trop faible p\r le dom9]4 ,de cette galit d'influ5ce rsultait entre son sicle et lui une p]ptuelle raction1 un *ange mutuel d'impits et de folies1 un cont9uel flux et reflux de n\veauts qui entranait t\j\rs dans ses oscillations quelque vieux pili] de l'difice social4 ,qu'on se reprs5te la face politique du dix-huitime sicle1 les sc&ales de la ,rg5ce1 les turpitudes de ,l\is ,,xv2 la viol5ce dans le m9i/re1 la viol5ce dans les p>lem5ts1 la =ce nulle "p2 la corruption morale desc5dant p> degrs de la tte au coeur1 des gr&s au peuple2 les prlats de c\r1 les abbs de toilette2 l'antique mon>*ie1 l'antique socit *ancelant sur leur base commune1 et ne rsi/ant plus aux attaques des novateurs que p> la magie de ce beau nom de ,b\rbon#b2 qu'on se figure ,voltaire jet sur cette socit en dissolution comme un s]p5t dans un m>ais1 et l'on ne s'tonn]a plus de voir l'action contagieuse de sa p5se ht] la f9 de cet ordre politique que ,montaigne et ,rabelais avai5t inutilem5t attaqu dans sa jeunesse et dans sa vigueur4 ,ce n'e/ pas lui qui r5dit la maladie mortelle1 mais c'e/ lui qui en dveloppa le g]me1 c'e/ lui qui en exaspra les accs4 ,il fallait t\t le v59 de ,voltaire p\r mettre cette fange en bullition2 aussi doit-on imput] cet in=tun une gr&e p>tie des *oses mon/rueuses de la rvolution4 ,quant cette rvolution en elle-mme1 elle dut tre in\e4 ,la provid5ce v\lut la plac] entre le plus r$\table des sophi/es et le plus =midable des despotes4 ,a son aurore1 ,voltaire app>at dans une saturnale funbre#c2 son dcl91 ,buonap>te se lve dans un massacre#d4 #a3 ,m4 le comte de ,mai/re1 dans son svre et rem>quable portrait de ,voltaire1 obs]ve qu'il e/ nul dans l'ode1 et attribue avec raison cette nullit au dfaut d'en?\siasme4 ,voltaire1 en effet1 qui ne se livrait la posie lyrique qu'avec antipa?ie1 et seulem5t p\r ju/ifi] sa prt5tion l'univ]salit1 ,voltaire tait trang] t\te pr(onde exaltation2 il ne connaissait d'motion vritable que celle de la colre1 et encore cette colre n'allait-elle pas jusqu' l'indignation1 jusqu' cette indignation qui fait pote1 comme dit ,juvnal1 facit indignatio v]sum4 #b3 ,il faut que la dmoralisation univ]selle ait jet de bi5pr(ondes rac9es1 p\r que le ciel ait va9em5t envoy1 v]s la f9 de ce sicle1 ,l\is ,,xvi1 ce vnrable m>tyr1 qui leva sa v]tu jusqu' la sa9tet4 #c3 ,translation des re/es de ,voltaire au ,pan?on4 #d3 ,mitraillade de ,sa9t-,ro*4 ,,sur ,,walt] ,,scott ,a ,,propos ,,de ,,qu5t9 ,,durw>d ,ju9 #ahbc4 ,c]tes1 il y a quelque *ose de biz>re et de m]veilleux dans le tal5t de cet homme1 qui dispose de son lecteur comme le v5t dispose d'une feuille2 qui le promne son gr dans t\s les lieux et dans t\s les temps2 lui dvoile1 en se j\ant1 le plus secret repli du coeur1 comme le plus my/rieux phnomne de la nature1 comme la page la plus obscure de l'hi/oire2 dont l'imag9ation dom9e et c>esse t\tes les imag9ations1 revt avec la mme tonnante vrit le haillon du m5diant et la robe du roi1 pr5d t\tes les allures1 adopte t\s les vtem5ts1 p>le t\s les langages2 laisse la physionomie des sicles ce que la sagesse de ,dieu a mis d'immuable et d't]nel dans leurs traits1 et ce que les folies des hommes y ont jet de v>iable et de passag]2 ne =ce pas1 a9si que c]ta9s romanci]s ignorants1 les p]sonnages des j\rs passs s'enlum9] de notre f>d1 se frott] de notre v]nis2 mais contra9t1 p> son p\voir magique1 les lecteurs contempora9s repr5dre1 du mo9s p\r quelques heures1 l'esprit1 auj\rd'hui si ddaign1 des vieux temps1 comme un sage et adroit conseill] qui invite des fils +rats rev5ir *ez leur pre4 ,l'habile magici5 veut cep5dant avant t\t tre exact4 ,il ne refuse sa plume aucune vrit1 pas mme celle qui nat de la pe9ture de l'erreur1 cette fille des hommes qu'on p\rrait croire immortelle si son humeur capricieuse et *angeante ne rassurait sur son t]nit4 ,peu d'hi/ori5s sont aussi fidles que ce romanci]4 ,on s5t qu'il a v\lu que ses portraits fuss5t des tableaux1 et ses tableaux des portraits4 ,il n\s pe9t nos devanci]s avec leurs passions1 leurs vices et leurs crimes1 mais de sorte que l'in/abilit des sup]/itions et l'impit du fanatisme n'en fass5t que mieux ressortir la pr5nit de la religion et la sa9tet des croyances4 ,n\s aimons d'ailleurs retr\v] nos anctres avec leurs prjugs1 s\v5t si nobles et si salutaires1 comme avec leurs beaux pana*es et leurs bonnes cuirasses4 ,walt] ,scott a su puis] aux s\rces de la nature et de la vrit un g5re inconnu1 qui e/ n\veau p>ce qu'il se fait aussi anci5 qu'il le veut4 ,walt] ,scott allie la m9utieuse exactitude des *roniques la maje/ueuse gr&eur de l'hi/oire et l'intrt pressant du roman2 gnie puissant et curieux qui dev9e le pass2 p9ceau vrai qui trace un portrait fidle d'aprs une ombre confuse1 et n\s =ce reconnatre mme ce que n\s n'avons pas vu2 esprit flexible et solide qui s'empre9t du ca*et p>ticuli] de *aque sicle et de *aque pays1 comme une cire molle1 et cons]ve cette empre9te p\r la po/rit comme un bronze indlbile4 ,peu d'criva9s ont aussi bi5 rempli que ,walt] ,scott les devoirs du romanci] relativem5t son art et son sicle2 c> ce s]ait une erreur presque c\pable dans l'homme de lettres que de se croire au-dessus de l'intrt gnral et des beso9s nationaux1 d'exempt] son esprit de t\te action sur les contempora9s1 et d'isol] sa vie g/e de la gr&e vie du corps social4 ,et qui donc se dv\]a1 si ce n'e/ le pote8 ,quelle voix s'lv]a dans l'orage1 si ce n'e/ celle de la lyre qui peut le calm]8 ,et qui brav]a les ha9es de l'an>*ie et les dda9s du despotisme1 s9on celui auquel la sagesse antique attribuait le p\voir de rconcili] les peuples et les rois1 et auquel la sagesse mod]ne a donn celui de les divis]8 ,ce n'e/ donc po9t de d\c]euses galant]ies1 de mesqu9es intrigues1 de sales av5tures1 que ,walt] ,scott v\e son tal5t4 ,av]ti p> l'in/9ct de sa gloire1 il a s5ti qu'il fallait quelque *ose de plus une gnration qui vi5t d'crire de son sang et de ses l>mes la page la plus extraord9aire de t\tes les hi/oires huma9es4 ,les temps qui ont immdiatem5t prcd et immdiatem5t suivi notre convulsive rvolution tai5t de ces poques d'affaissem5t que le fivreux pr\ve avant et aprs ses accs4 ,alors les livres les plus platem5t atroces1 les plus /upidem5t impies1 les plus mon/rueusem5t obscnes1 tai5t avidem5t dvors p> une socit malade2 dont les gts dpravs et les facults eng\rdies euss5t rejet t\t alim5t sav\reux ou salutaire4 ,c'e/ ce qui explique ces triomphes sc&aleux1 dc]ns alors p> les plbi5s des salons et les patrici5s des *oppes des criva9s ineptes ou graveleux1 que n\s ddaign]ons de nomm]1 lesquels en sont rduits auj\rd'hui m5di] l'applaudissem5t des laquais et le rire des pro/itues4 ,ma9t5ant la popul>it n'e/ plus di/ribue p> la populace1 elle vi5t de la seule s\rce qui puisse lui imprim] un c>actre d'immortalit a9si que d'univ]salit1 du suffrage de ce petit nombre d'esprits dlicats1 d'mes exaltes et de ttes srieuses qui reprs5t5t moralem5t les peuples civiliss4 ,c'e/ celle-l que ,scott a obt5ue en empruntant aux annales des nations des compositions faites p\r t\tes les nations1 en puisant dans les fa/es des sicles des livres crits p\r t\s les sicles4 ,nul romanci] n'a ca* plus d'enseignem5t s\s plus de *>me1 plus de vrit s\s la fiction4 ,il y a une alliance visible entre la =me qui lui e/ propre et t\tes les =mes littraires du pass et de l'av5ir1 et l'on p\rrait considr] les romans piques de ,scott comme une transition de la littrature actuelle aux romans gr&ioses1 aux gr&es popes en v]s ou en prose que notre re potique n\s promet et n\s donn]a4 ,quelle doit tre l'int5tion du romanci]8 ,c'e/ d'exprim] dans une fable intressante une vrit utile4 ,et1 une fois cette ide fondam5tale *oisie1 cette action explicative inv5te1 l'auteur ne doit-il pas *]*]1 p\r la dvelopp]1 un mode d'excution qui r5de son roman semblable la vie1 l'imitation p>eille au modle8 ,et la vie n'e/-elle pas un drame biz>re o se ml5t le bon et le mauvais1 le beau et le laid1 le haut et le bas1 loi dont le p\voir n'expire que hors de la cration8 ,faudra-t-il donc se born] compos]1 comme c]ta9s pe9tres flam&s1 des tableaux entirem5t tnbreux1 ou1 comme les *9ois1 des tableaux t\t lum9eux1 qu& la nature montre p>t\t la lutte de l'ombre et de la lumire8 ,or les romanci]s1 avant ,walt] ,scott1 avai5t adopt gnralem5t deux m?odes de composition contraires2 t\tes deux vicieuses1 prcism5t p>ce qu'elles sont contraires4 ,les uns donnai5t leur ouvrage la =me d'une n>ration divise arbitrairem5t en *apitres1 sans qu'on dev9t trop p\rquoi1 ou mme uniquem5t p\r dlass] l'esprit du lecteur1 comme l'av\e assez navem5t le titre de descanso 7repos71 plac p> un vieil auteur espagnol en tte de ses *apitres#a4 ,les autres dr\lai5t leur fable dans une srie de lettres qu'on supposait crites p> les div]s acteurs du roman4 ,dans la n>ration1 les p]sonnages disp>aiss5t1 l'auteur seul se montre t\j\rs2 dans les lettres1 l'auteur s'clipse p\r ne laiss] jamais voir que ses p]sonnages4 ,le romanci] n>rateur ne peut donn] place au dialogue naturel1 l'action vritable2 il faut qu'il leur sub/itue un c]ta9 m\vem5t monotone de /yle1 qui e/ comme un m\le o les vnem5ts les plus div]s pr5n5t la mme =me1 et s\s lequel les crations les plus leves1 les inv5tions les plus pr(ondes1 s'effac5t1 de mme que les asprits d'un *amp s'aplaniss5t s\s le r\leau4 ,dans le roman p> lettres1 la mme monotonie provi5t d'une autre cause4 ,*aque p]sonnage arrive son t\r avec son ptre1 la manire de ces acteurs =a9s qui1 ne p\vant p>atre que l'un aprs l'autre1 et n'ayant pas la p]mission de p>l] sur leurs trteaux1 se prs5t5t successivem5t1 portant au-dessus de leur tte un gr& criteau sur lequel le public lit leur rle4 ,on peut encore comp>] le roman p> lettres ces laborieuses conv]sations de s\rds-muets qui s'criv5t rciproquem5t ce qu'ils ont se dire1 de sorte que leur colre ou leur joie e/ t5ue d'avoir sans cesse la plume la ma9 et l'critoire en po*e4 ,or1 je le dem&e1 que devi5t l'-propos d'un t5dre repro*e qu'il faut port] la po/e8 ,et l'explosion f\gueuse des passions n'e/-elle pas un peu gne entre le prambule oblig et la =mule polie qui sont l'avant-g>de et l'arrire-g>de de t\te lettre crite p> un homme bi5 n8 ,croit-on que le cortge des complim5ts1 le bagage des civilits1 acclr5t la progression de l'intrt et press5t la m>*e de l'action8 ,ne doit-on pas enf9 suppos] quelque vice radical et insurmontable dans un g5re de composition qui a pu refroidir p>fois l'loqu5ce mme de ,r\sseau8 ,supposons donc qu'au roman n>ratif1 o il semble qu'on ait song t\t1 except l'intrt1 en adoptant l'absurde usage de faire prcd] *aque *apitre d'un sommaire1 s\v5t trs dtaill1 qui e/ comme le rcit du rcit2 supposons qu'au roman pi/olaire1 dont la =me mme int]dit t\te vhm5ce et t\te rapidit1 un esprit crateur sub/itue le roman dramatique1 dans lequel l'action imag9aire se dr\le en tableaux vrais et v>is1 comme se dr\l5t les vnem5ts rels de la vie2 qui ne connaisse d'autre division que celle des diffr5tes scnes dvelopp]2 qui enf9 soit un long drame1 o les descriptions supplerai5t aux dcorations et aux co/umes1 o les p]sonnages p\rrai5t se pe9dre p> eux-mmes1 et reprs5t]1 p> leurs *ocs div]s et multiplis1 t\tes les =mes de l'ide unique de l'ouvrage4 ,v\s tr\v]ez1 dans ce g5re n\veau1 les avantages runis des deux g5res anci5s1 sans leurs inconvni5ts4 ,ayant votre disposition les ressorts pittoresques1 et en quelque faon magiques1 du drame1 v\s p\rrez laiss] d]rire la scne ces mille dtails oiseux et transitoires que le simple n>rateur1 oblig de suivre ses acteurs pas pas comme des enfants aux lisires1 doit expos] longuem5t s'il veut tre clair2 et v\s p\rrez pr(it] de ces traits pr(onds et s\da9s1 plus fconds en mditations que des pages entires que fait jaillir le m\vem5t d'une scne1 mais qu'exclut la rapidit d'un rcit4 ,aprs le roman pittoresque1 mais prosaque1 de ,walt] ,scott1 il re/]a un autre roman crer1 plus beau et plus complet encore selon n\s4 ,c'e/ le roman la fois drame et pope1 pittoresque mais potique1 rel mais idal1 vrai mais gr&1 qui en*ss]a ,walt] ,scott dans ,homre4 ,comme t\t crateur1 ,walt] ,scott a t assailli jusqu' prs5t p> d'inext+uibles critiques4 ,il faut que celui qui dfri*e un m>ais se rsigne ent5dre les gr5\illes coass] aut\r de lui4 ,quant n\s1 n\s remplissons un devoir de consci5ce en plaant ,walt] ,scott trs haut p>mi les romanci]s1 et en p>ticuli] ,qu5t9 ,durw>d trs haut p>mi les romans4 ,qu5t9 ,durw>d e/ un beau livre4 ,il e/ difficile de voir un roman mieux tissu1 et des effets moraux mieux atta*s aux effets dramatiques4 ,l'auteur a v\lu montr]1 ce n\s semble1 combi5 la loyaut1 mme dans un tre obscur1 jeune et pauvre1 arrive plus srem5t son b que la p]fidie1 ft-elle aide de t\tes les ress\rces du p\voir1 de la ri*esse et de l'expri5ce4 ,il a *>g du premi] de ces rles son cossais ,qu5t9 ,durw>d1 orphel9 jet au milieu des cueils les plus multiplis1 des piges les mieux prp>s1 sans autre b\ssole qu'un am\r presque ins5s2 mais c'e/ s\v5t qu& il ressemble une folie que l'am\r e/ une v]tu4 ,le second e/ confi ,l\is ,,xi1 roi plus adroit que le plus adroit c\rtisan1 vieux r5>d arm des ongles du lion1 puissant et f91 s]vi dans l'ombre comme au j\r1 incessamm5t c\v]t de ses g>des comme d'un b\cli]1 et accompagn de ses b\rreaux comme d'une pe4 ,ces deux p]sonnages si diffr5ts ragiss5t l'un sur l'autre de manire exprim] l'ide fondam5tale avec une vrit s+ulirem5t frappante4 ,c'e/ en obissant fidlem5t au roi que le loyal ,qu5t9 s]t1 sans le savoir1 ses propres intrts1 t&is que les projets de ,l\is ,,xi1 dont ,qu5t9 devait tre la fois l'in/rum5t et la victime1 t\rn5t en mme temps la confusion du rus vieill>d et l'avantage du simple jeune homme4 ,un exam5 sup]ficiel p\rrait faire croire d'abord que l'int5tion premire du pote e/ dans le contra/e hi/orique1 pe9t avec tant de tal5t1 du roi de ,france ,l\is de ,valois et du duc de ,b\rgogne ,*>les le ,tmraire4 ,ce bel pisode e/ peut-tre en effet un dfaut dans la composition de l'ouvrage1 en ce qu'il rivalise d'intrt avec le sujet lui-mme2 mais cette faute1 si elle exi/e1 n'te ri5 ce que prs5te d'imposant et de comique t\t ensemble cette opposition de deux pr9ces1 dont l'un1 despote s\ple et ambitieux1 mprise l'autre1 tyran dur et belliqueux1 qui le ddaign]ait s'il l'osait4 ,t\s deux se hass5t2 mais ,l\is brave la ha9e de ,*>les p>ce qu'elle e/ rude et sauvage1 ,*>les cra9t la ha9e de ,l\is p>ce qu'elle e/ c>essante4 ,le duc de ,b\rgogne1 au milieu de son camp et de ses tats1 s'inquite prs du roi de ,france sans df5se1 comme le limi] dans le vois9age du *at4 ,la cruaut du duc nat de ses passions1 celle du roi de son c>actre4 ,le b\rguignon e/ loyal p>ce qu'il e/ viol5t2 il n'a jamais song ca*] ses mauvaises actions2 il n'a po9t de remords1 c> il a oubli ses crimes comme ses colres4 ,l\is e/ sup]/itieux1 peut-tre p>ce qu'il e/ hypocrite2 la religion ne suffit pas celui que sa consci5ce t\rm5te et qui ne veut pas se rep5tir2 mais il a beau croire d'impuissantes expiations1 la mmoire du mal qu'il a fait vit sans cesse en lui prs de la p5se du mal qu'il va faire1 p>ce qu'on se rappelle t\j\rs ce qu'on a mdit longtemps et qu'il faut bi5 que le crime1 lorsqu'il a t un dsir et une esprance1 devi5ne aussi un s\v5ir4 ,les deux pr9ces sont dvots2 mais ,*>les jure p> son pe avant de jur] p> ,dieu1 t&is que ,l\is t*e de gagn] les sa9ts p> des dons d'arg5t ou des *>ges de c\r1 mle de la diplomatie sa prire et intrigue mme avec le ciel4 ,en cas de gu]re1 ,l\is en exam9e encore le dang]1 que ,*>les se repose dj de la victoire4 ,la politique du ,tmraire e/ t\te dans son bras1 mais l'oeil du roi atte9t plus lo9 que le bras du duc4 ,enf9 ,walt] ,scott pr\ve1 en mettant en jeu les deux rivaux1 combi5 la prud5ce e/ plus =te que l'audace1 et combi5 celui qui p>at ne ri5 cra9dre a peur de celui qui semble t\t r$\t]4 ,avec quel art l'illu/re criva9 n\s pe9t le roi de ,france se prs5tant1 p> un raff9em5t de f\rb]ie1 *ez son beau c\s9 de ,b\rgogne1 et lui dem&ant l'hospitalit au mom5t o l'orgueilleux vassal va lui apport] la gu]re6 ,et quoi de plus dramatique que la n\velle d'une rvolte fom5te dans les tats du duc p> les ag5ts du roi1 tombant comme la f\dre entre les deux pr9ces l'in/ant o la mme table les runit6 ,a9si la fraude e/ dj\e p> la fraude1 et c'e/ le prud5t ,l\is qui s'e/ lui-mme livr sans df5se la v5geance d'un ennemi ju/em5t irrit4 ,l'hi/oire dit bi5 quelque *ose de t\t cela2 mais ici j'aime mieux croire au roman qu' l'hi/oire1 p>ce que je prfre la vrit morale la vrit hi/orique4 ,une scne plus rem>quable encore peut-tre1 c'e/ celle o les deux pr9ces1 que les conseils les plus sages n'ont encore pu rappro*]1 se rconcili5t p> un acte de cruaut que l'un imag9e et que l'autre excute4 ,p\r la premire fois ils ri5t ensemble de cordialit et de plaisir2 et ce rire1 excit p> un supplice1 efface p\r un mom5t leur discorde4 ,cette ide t]rible fait frissonn] d'admiration4 ,n\s avons ent5du critiqu]1 comme hideuse et rvoltante1 la pe9ture de l'orgie4 ,c'e/1 notre avis1 un des plus beaux *apitres de ce livre4 ,walt] ,scott1 ayant entrepris de pe9dre ce fameux brig& surnomm le ,sangli] des ,ard5nes1 aurait manqu son tableau s'il n'et excit l'horreur4 ,il faut t\j\rs entr] fran*em5t dans une donne dramatique1 et *]*] en t\t le fond des *oses4 ,l'motion et l'intrt ne se tr\v5t que l4 ,il n'app>ti5t qu'aux esprits timides de capitul] avec une conception =te et de recul] dans la voie qu'ils se sont trace4 ,n\s ju/ifi]ons1 d'aprs le mme pr9cipe1 deux autres passages qui ne n\s p>aiss5t pas mo9s dignes de mditation et de l\ange4 ,le premi] e/ l'excution de ce ,hayradd91 p]sonnage s+uli] dont l'auteur aurait peut-tre pu tir] encore plus de p>ti4 ,le second e/ le *apitre o le roi ,l\is ,,xi1 arrt p> ordre du duc de ,b\rgogne1 fait prp>] dans sa prison1 p> ,tri/an l',h]mite1 le *tim5t de l'a/rologue qui l'a tromp4 ,c'e/ une ide trangem5t belle que de n\s faire voir ce roi cruel1 tr\vant encore dans son ca*ot assez d'espace p\r sa v5geance1 rclamant des b\rreaux p\r d]ni]s s]viteurs1 et pr\vant ce qui lui re/e d'autorit p> l'ordre d'un supplice4 ,n\s p\rrions multipli] ces obs]vations et t*] de faire voir en quoi le n\veau drame de sir ,walt] ,scott n\s semble dfectueux1 p>ticulirem5t dans le dnom5t2 mais le romanci] aurait sans d\te p\r se ju/ifi] des raisons beauc\p meilleures que n\s n'en aurions p\r l'attaqu]1 et ce n'e/ po9t contre un si =midable *ampion que n\s essay]ions avec avantage nos faibles armes4 ,n\s n\s born]ons lui faire obs]v] que le mot plac p> lui dans la b\*e du f\ du duc de ,b\rgogne sur l'arrive du roi ,l\is ,,xi ,pronne app>ti5t au f\ de ,franois #a;er1 qui le pronona lors du passage de ,*>les-,qu9t en ,france1 en #aece4 ,l'immortalit de ce pauvre ,trib\let ne ti5t qu' ce mot1 il faut le lui laiss]4 ,n\s croyons galem5t que l'expdi5t +nieux qu'emploie l'a/rologue ,galeotti p\r *app] ,l\is ,,xi avait dj t imag9 quelque mille ans aup>avant p> un philosophe que v\lait mettre mort ,d5is de ,syracuse4 ,n\s n'atta*ons pas ces rem>ques plus d'importance qu'elles n'en mrit5t2 un romanci] n'e/ pas un *roniqueur4 ,n\s sommes tonn seulem5t que le roi adresse la p>ole1 dans le conseil de ,b\rgogne1 des *evali]s du sa9t-esprit1 cet ordre n'ayant t fond qu'un sicle plus t>d p> ,h5ri ,,iii4 ,n\s croyons mme que l'ordre de ,sa9t-,mi*el1 dont le noble auteur dcore son brave "l ,craw=d1 ne fut in/itu p> ,l\is ,,xi qu'aprs sa captivit4 ,que sir ,walt] ,scott n\s p]mette ces petites *icanes *ronologiques4 ,en remportant un lg] triomphe de pdant sur un aussi illu/re antiquaire1 n\s ne p\vons n\s df5dre de cette innoc5te joie qui transportait son ,qu5t9 ,durw>d lorsqu'il eut ds>onn le duc d',orlans et t5u tte ,dunois1 et n\s s]ions t5t de lui dem&] p>don de notre victoire1 comme ,*>les-,qu9t au pape3 ,sanctissime pat]1 indulge victori4 #a3 ,m>cos ,obregon de la ,ronda4 ,,sur ,l',,abb ,,de ,,lam5nais ,a ,,propos ,,de ,l',,essai ,,sur ,l',,indiff,,r5ce ,,en ,,mati,,re ,,de ,,religion ,juillet #ahbc4 ,s]ait-il vrai qu'il exi/e dans la de/9e des nations un mom5t o les m\vem5ts du corps social sembl5t ne plus tre que les d]nires convulsions d'un m\rant8 ,s]ait-il vrai qu'on puisse voir la lumire disp>atre peu peu de l'intellig5ce des peuples1 a9si qu'on voit s'effac] graduellem5t dans le ciel le crpuscule du soir8 ,alors1 dis5t des voix prophtiques1 le bi5 et le mal1 la vie et la mort1 l'tre et le nant1 sont en prs5ce2 et les hommes err5t de l'un l'autre1 comme s'ils avai5t *oisir4 ,l'action de la socit n'e/ plus une action1 c'e/ un tressaillem5t faible et viol5t la fois1 comme une sec\sse de l'agonie4 ,les dveloppem5ts de l'esprit huma9 s'arrt5t1 ses rvolutions comm5c5t4 ,le fleuve ne fconde plus1 il engl\tit2 le flambeau n'claire plus1 il consume4 ,la p5se1 la volont1 la lib]t1 ces facults div9es1 concdes p> la t\te-puissance div9e l'association huma9e1 font place l'orgueil1 la rvolte1 l'in/9ct individuel4 ,a la prvoyance sociale succde cette pr(onde ccit animale laquelle il n'a pas t donn de di/+u] les appro*es de la mort4 ,bi5tt1 en effet1 la rbellion des membres amne le d*irem5t du corps1 que suivra la dissolution du cadavre4 ,la lutte des intrts passag]s remplace l'accord des croyances t]nelles4 ,quelque *ose de la brute s'veille dans l'homme1 et frat]nise avec son me dgrade2 il abdique le ciel et vgte au-dess\s de sa de/9e4 ,alors deux camps se trac5t dans la nation4 ,la socit n'e/ plus qu'une mle op9itre dans une nuit pr(onde1 o ne brille d'autre lumire que l'clair des glaives qui se heurt5t et l't9celle des armures qui se bris5t4 ,le soleil se lv]ait en va9 sur ces malheureux p\r leur faire reconnatre qu'ils sont frres2 a*>ns leur oeuvre sanglante1 ils ne v]rai5t pas4 ,la p\ssire de leur combat les aveugle4 ,alors1 p\r emprunt] l'expression sol5nelle de ,bossuet1 un peuple cesse d'tre un peuple4 ,les vnem5ts qui se prcipit5t avec une rapidit t\j\rs croissante s'imprgn5t de plus en plus d'un sombre c>actre de provid5ce et de fatalit1 et le petit nombre d'hommes simples1 re/s fidles aux prdictions antiques1 reg>d5t avec t]reur si des signes ne se manife/5t pas dans les cieux4 ,esprons que nos vieilles mon>*ies n'en sont po9t encore l4 ,on cons]ve quelque espoir de gurison tant que le malade ne rep\sse pas le mdec91 et l'en?\siasme avide qu'veill5t les premi]s *ants de posie religieuse que ce sicle a ent5dus pr\ve qu'il y a encore une me dans la socit4 ,c'e/ =tifi] ce s\ffle div91 ranim] cette flamme cle/e1 que t5d5t auj\rd'hui t\s les esprits vraim5t suprieurs4 ,*acun apporte son t9celle au foy] commun1 et1 grce leur gnreuse activit1 l'difice social peut se recon/ruire rapidem5t1 comme ces magiques palais des contes arabes1 qu'une lgion de gnies a*evait dans une nuit4 ,aussi tr\vons-n\s des mditations dans nos criva9s1 et des inspirations dans nos potes4 ,il s'lve de t\tes p>ts une gnration srieuse et d\ce1 ple9e de s\v5irs et d'esprances4 ,elle r$em&e son av5ir aux prt5dus philosophes du d]ni] sicle1 qui v\drai5t lui faire recomm5c] leur pass4 ,elle e/ pure1 et p> consqu5t indulg5te1 mme p\r ces vieux et effronts c\pables qui os5t rclam] son admiration2 mais son p>don p\r les crim9els n'exclut pas son horreur p\r les crimes4 ,elle ne veut pas bas] son exi/5ce sur des abmes1 sur l'a?isme et sur l'an>*ie2 elle rpudie l'hritage de mort dont la rvolution la p\rsuit2 elle revi5t la religion1 p>ce que la jeunesse ne r5once pas volonti]s la vie2 c'e/ p\rquoi elle exige du pote plus que les gnrations antiques n'en ont reu4 ,il ne donnait au peuple que des lois1 elle lui dem&e des croyances4 ,un des criva9s qui ont le plus puissamm5t contribu veill] p>mi n\s cette soif d'motions religieuses1 un de ceux qui sav5t le mieux l'tan*]1 c'e/ sans contr$it ,m4 l'abb ,f4 de ,lam5nais4 ,p>v5u1 ds ses premi]s pas1 au sommet de l'illu/ration littraire1 ce prtre vnrable semble n'avoir r5contr la gloire huma9e qu'en passant4 ,il va plus lo94 ,l'poque de l'app>ition de l',essai sur l'indiffr5ce s]a une des dates de ce sicle4 ,il faut qu'il y ait un my/re bi5 trange dans ce livre que nul ne peut lire sans esprance ou sans t]reur1 comme s'il ca*ait quelque haute rvlation de notre de/9e4 ,t\r t\r maje/ueux et passionn1 simple et magnifique1 grave et vhm5t1 pr(ond et sublime1 l'criva9 s'adresse au coeur p> t\tes les t5dresses1 l'esprit p> t\s les artifices1 l'me p> t\s les en?\siasmes4 ,il claire comme ,pascal1 il brle comme ,r\sseau1 il f\droie comme ,bossuet4 ,sa p5se laisse t\j\rs dans les esprits trace de son passage2 elle abat t\s ceux qu'elle ne relve pas4 ,il faut qu'elle console1 mo9s qu'elle ne dsespre4 ,elle fltrit t\t ce qui ne peut fructifi]4 ,il n'y a po9t d'op9ion mixte sur un p>eil ouvrage2 on l'attaque comme un ennemi ou on le df5d comme un sauveur4 ,*ose frappante6 ce livre tait un beso9 de notre poque1 et la mode s'e/ mle de son succs6 ,c'e/ la premire fois sans d\te que la mode aura t du p>ti de l't]nit4 ,t\t en dvorant cet crit1 on a adress l'auteur une f\le de repro*es que *acun en p>ticuli] aurait d adress] sa consci5ce4 ,t\s ces vices qu'il v\lait bannir du coeur huma9 ont cri comme les v5deurs *asss du temple4 ,on a cra9t que l'me ne re/t vide lorsqu'il en aurait expuls les passions4 ,n\s avons ent5du dire que ce livre au/re attri/ait la vie1 que ce prtre morose arra*ait les fleurs du s5ti] de l'homme4 ,d'accord2 mais les fleurs qu'il arra*e sont celles qui ca*ai5t l'abme4 ,cet ouvrage a encore produit un autre phnomne1 bi5 rem>quable de nos j\rs2 c'e/ la discussion publique d'une "q de ?ologie4 ,et ce qu'il y a de s+uli]1 et ce qu'on doit attribu] l'intrt extraord9aire excit p> l',essai1 la frivolit des g5s du monde et la proccupation des hommes d'tat ont disp>u un in/ant devant un dbat scola/ique et religieux4 ,on a cru voir un mom5t la ,sorbonne r5atre entre les deux ,*ambres4 ,m4 de ,lam5nais1 aid dans sa =ce p> la =ce d'en haut1 a acc\tum ses lecteurs le voir port]1 sans p]dre hale9e1 d'un b\t l'autre de son imm5se composition1 le f>deau d'une ide fondam5tale1 va/e et unique4 ,p>t\t se rvle en lui la possession d'une gr&e p5se4 ,il la dveloppe dans t\tes ses p>ties1 l'illum9e dans t\s ses dtails1 l'explique dans t\s ses my/res1 la critique dans t\s ses rsultats4 ,il remonte t\tes les causes comme il r$esc5d t\tes les consqu5ces4 ,un des bi5faits de ces sortes d'ouvrages1 c'e/ qu'ils dgt5t pr(ondm5t de t\t ce qu'ont crit de drisoire et d'ironique les *efs de la secte incrdule4 ,qu& une fois on e/ mont si haut1 on ne peut plus r$esc5dre aussi bas4 ,ds qu'on a respir l'air et vu la lumire1 on ne saurait r5tr] dans ces tnbres et dans ce vide4 ,on e/ saisi d'une inexprimable compassion en voyant des hommes puis] leur s\ffle d'un j\r =g] ou te9dre ,dieu4 ,on e/ t5t de croire que l'a?e e/ un tre "p1 organis sa faon1 et qu'il a raison de rclam] sa place p>mi les btes2 c> on ne conoit ri5 la rvolte de l'intellig5ce contre l'intellig5ce4 ,et puis1 n'e/-ce pas une trange socit que celle de ces individus ayant *acun un crateur de leur cration1 une foi selon leur op9ion1 disposant de l't]nit p5dant que le temps les emporte1 et *]*ant ralis] cette multiplex religio1 mot mon/rueux tr\v p> un paen8 ,on dirait le *aos la p\rsuite du nant4 ,t&is que l'me du *rti51 p>eille la flamme t\rm5te en va9 p> les caprices de l'air1 se relve incessamm5t v]s le ciel1 l'esprit de ces infidles e/ comme le nuage qui *ange de =me et de r\te selon le v5t qui le p\sse4 ,et l'on rit de les voir jug] les *oses t]nelles du haut de la philosophie huma9e1 a9si que des malheureux qui gravirai5t pniblem5t au sommet d'une montagne p\r mieux exam9] les toiles4 ,ceux qui apport5t aux nations enivres p> tant de poisons la vritable n\rriture de vie et d'intellig5ce1 doiv5t se confi] en la sa9tet de leur entreprise4 ,tt ou t>d1 les peuples dsabuss se press5t aut\r d'eux1 et leur dis5t comme ,jean ,jsus3 ,ad quem ibimus8 v]ba vitae aet]nae habes4 ,a qui irons-n\s8 v\s avez les p>oles de la vie t]nelle4 ,,sur ,,"l ,,byron ,a ,,propos ,,de ,,sa ,,mort ,n\s sommes en ju9 #ahbd4 ,"l ,byron vi5t de m\rir4 ,on n\s dem&e notre p5se sur "l ,byron1 et sur "l ,byron mort4 ,qu'importe notre p5se8 quoi bon l'crire1 mo9s qu'on ne suppose qu'il e/ impossible qui que ce soit de ne pas dire quelques p>oles dignes d'tre recueillies en prs5ce d'un aussi gr& pote et d'un aussi gr& vnem5t8 ,a en croire les +nieuses fables de l'ori5t1 une l>me devi5t p]le en tombant dans la m]4 ,dans l'exi/5ce p>ticulire que n\s a faite le gt des lettres1 dans la rgion paisible o n\s a plac l'am\r de l'indp5dance et de la posie1 la mort de ,byron a d n\s frapp]1 en quelque sorte1 comme une calamit dome/ique4 ,elle a t p\r n\s un de ces malheurs qui t\*5t de prs4 ,l'homme qui a dv\ ses j\rs au culte des lettres s5t le c]cle de sa vie physique se ress]r] aut\r de lui1 en mme temps que la sphre de son exi/5ce intellectuelle s'agr&it4 ,un petit nombre d'tres *]s occup5t les t5dresses de son coeur1 t&is que t\s les potes morts et contempora9s1 trang]s et compatriotes1 s'emp>5t des affections de son me4 ,la nature lui avait donn une famille1 la posie lui en cre une seconde4 ,ses sympa?ies1 que si peu d'tres veill5t auprs de lui1 s'en vont *]*]1 trav]s le t\rbillon des relations sociales1 au del des temps1 au del des espaces1 quelques hommes qu'il compr5d et dont il se s5t digne d'tre compris4 ,t&is que1 dans la rotation monotone des habitudes et des affaires1 la f\le des indiffr5ts le froisse et le heurte sans m\voir son att5tion1 il s'tablit1 entre lui et ces hommes p>s que son p5*ant a *oisis1 d'intimes rapports et des communications1 p\r a9si dire1 lectriques4 ,une d\ce communaut de p5ses l'atta*e1 comme un li5 invisible et indissoluble1 ces tres d'lite1 isols dans leur monde a9si qu'il l'e/ dans le si52 de sorte que1 lorsque p> has>d il vi5t r5contr] l'un d'entre eux1 un reg>d leur suffit p\r se rvl] l'un l'autre2 une p>ole1 p\r pntr] mutuellem5t le fond de leurs mes et en reconnatre l'quilibre2 et1 au b\t de quelques in/ants1 ces deux trang]s sont ensemble comme deux frres n\rris du mme lait1 comme deux amis pr\vs p> la mme in=tune4 ,qu'il n\s soit p]mis de le dire1 et1 s'il le faut1 de n\s en glorifi]1 une sympa?ie du g5re de celle que n\s v5ons d'expliqu] n\s entranait v]s ,byron4 ,ce n'tait pas c]ta9em5t l'attrait que le gnie inspire au gnie2 c'tait du mo9s un s5tim5t s9cre d'admiration1 d'en?\siasme et de reconnaissance2 c> on doit de la reconnaissance aux hommes dont les oeuvres et les actions font battre noblem5t le coeur4 ,qu& on n\s a annonc la mort de ce pote1 il n\s a sembl qu'on n\s enlevait une "p de notre av5ir4 ,n\s n'avons r5onc qu'avec am]tume jamais n\] avec ,byron une de ces potiques amitis qu'il n\s e/ si d\x et si glorieux d'entret5ir avec la plup>t des pr9cipaux esprits de notre poque1 et n\s lui avons adress ce beau v]s dont un pote de son cole saluait l'ombre gnreuse d',&r ,*ni]3 ,adieu donc1 jeune ami que je n'ai pas connu4 ,puisque n\s v5ons de laiss] *app] un mot sur l'cole p>ticulire de "l ,byron1 il ne s]a peut-tre pas hors de propos d'exam9] ici quelle place elle occupe dans l'ensemble de la littrature actuelle1 que l'on attaque comme si elle p\vait tre va9cue1 que l'on calomnie comme si elle p\vait tre condamne4 ,des esprits faux1 habiles dplac] t\tes les que/ions1 *]*5t accrdit] p>mi n\s une erreur bi5 s+ulire4 ,ils ont imag9 que la socit prs5te tait exprime en ,france p> deux littratures absolum5t opposes1 c'e/--dire que le mme arbre portait naturellem5t la fois deux fruits d'espces contraires1 que la mme cause produisait simultanm5t deux effets incompatibles4 ,mais ces ennemis des innovations ne se sont pas mme ap]u qu'ils crai5t l une logique t\te n\velle4 ,ils cont9u5t *aque j\r de trait] la littrature qu'ils nomm5t classique comme si elle vivait encore1 et celle qu'ils appell5t romantique comme si elle allait prir4 ,ces doctes rhteurs1 qui vont proposant sans cesse de *ang] ce qui exi/e contre ce qui a exi/1 n\s rappell5t involontairem5t le ,rol& f\ de l',ario/e qui prie gravem5t un passant d'accept] une jum5t morte en *ange d'un *eval vivant4 ,rol&1 il e/ vrai1 convi5t que sa jum5t e/ morte1 t\t en aj\tant que c'e/ l son seul dfaut4 ,mais les ,rol&s du prt5du g5re classique ne sont pas encore cette hauteur1 en fait de jugem5t ou de bonne foi4 ,il faut donc leur arra*] ce qu'ils ne veul5t pas accord]1 et leur dcl>] qu'il n'exi/e auj\rd'hui qu'une littrature comme il n'exi/e qu'une socit2 que les littratures antrieures1 t\t en laissant des monum5ts immortels1 ont d disp>atre et ont disp>u avec les gnrations dont elles ont exprim les habitudes sociales et les motions politiques4 ,le gnie de notre poque peut tre aussi beau que celui des poques les plus illu/res1 il ne peut tre le mme2 et il ne dp5d pas plus des criva9s contempora9s de ressuscit] une littrature#a passe1 qu'il ne dp5d du j>d9i] de faire rev]dir les feuilles de l'automne sur les rameaux du pr9temps4 ,qu'on ne s'y trompe pas1 c'e/ en va9 surt\t qu'un petit nombre de petits esprits essay5t de ram5] les ides gnrales v]s le dsolant sy/me littraire du d]ni] sicle4 ,ce t]ra91 naturellem5t aride1 e/ depuis longtemps dess*4 ,d'ailleurs on ne recomm5ce pas les madrigaux de ,dorat aprs les guillot9es de ,robespi]re1 et ce n'e/ pas au sicle de ,bonap>te qu'on peut cont9u] ,voltaire4 ,la littrature relle de notre ge1 celle dont les auteurs sont proscrits la faon d',ari/ide2 celle qui1 rpudie p> t\tes les plumes1 e/ adopte p> t\tes les lyres2 celle qui1 malgr une p]scution va/e et calcule1 voit t\s les tal5ts clore dans sa sphre orageuse1 comme ces fleurs qui ne croiss5t qu'en des lieux battus des v5ts2 celle enf9 qui1 rpr\ve p> ceux qui dcid5t sans mdit]1 e/ df5due p> ceux qui p5s5t avec leur me1 jug5t avec leur esprit et s5t5t avec leur coeur2 cette littrature n'a po9t l'allure molle et effronte de la muse qui *anta le c>d9al ,dubois1 flatta la ,pompad\r et outragea notre ,jeanne d',arc4 ,elle n'int]roge ni le creuset de l'a?e ni le scalpel du matriali/e4 ,elle n'emprunte pas au sceptique cette balance de plomb dont l'intrt seul rompt l'quilibre4 ,elle n'enfante pas dans les orgies des *ants p\r les massacres4 ,elle ne connat ni l'adulation ni l'injure4 ,elle ne prte po9t de sductions au m5songe4 ,elle n'enlve po9t leur *>me aux illusions4 trangre t\t ce qui n'e/ pas son b vritable1 elle puise la posie aux s\rces de la vrit4 ,son imag9ation se fconde p> la croyance4 ,elle suit les progrs du temps1 mais d'un pas grave et mesur4 ,son c>actre e/ srieux1 sa voix e/ mlodieuse et sonore4 ,elle e/1 en un mot1 ce que doit tre la commune p5se d'une gr&e nation aprs de gr&es calamits1 tri/e1 fire et religieuse4 ,qu& il le faut1 elle n'hsite pas se ml] aux discordes publiques p\r les jug] ou p\r les apais]4 ,c> n\s ne sommes plus au temps des *ansons bucoliques1 et ce n'e/ pas la muse du dix-neuvime sicle qui peut dire3 ,non me agitant populi fasces1 aut purpura regum4 ,cette littrature cep5dant1 comme t\tes les *oses de l'humanit1 prs5te1 dans son unit mme1 son ct sombre et son ct consolant4 ,deux coles se sont =mes dans son se91 qui reprs5t5t la d\ble situation o nos malheurs politiques ont respectivem5t laiss les esprits1 la rsignation et le dsespoir4 ,t\tes deux reconnaiss5t ce qu'une philosophie moqueuse avait ni1 l't]nit de ,dieu1 l'me immortelle1 les vrits primordiales et les vrits rvles2 mais celle-ci p\r ador]1 celle-l p\r maudire4 ,l'une voit t\t du haut du ciel1 l'autre du fond de l'enf]4 ,la premire place au b]ceau de l'homme un ange qu'il retr\ve encore assis au *evet de son lit de mort2 l'autre environne ses pas de dmons1 de fantmes et d'app>itions s9i/res4 ,la premire lui dit de se confi]1 p>ce qu'il n'e/ jamais seul2 la seconde l'effraye en l'isolant sans cesse4 ,t\tes deux possd5t galem5t l'art d'esquiss] des scnes gracieuses et de crayonn] des figures t]ribles2 mais la premire1 att5tive ne jamais bris] le coeur1 donne encore aux plus sombres tableaux je ne sais quel reflet div92 la seconde1 t\j\rs soigneuse d'attri/]1 rp& sur les images les plus riantes comme une lueur inf]nale4 ,l'une1 enf91 ressemble ,emmanuel1 d\x et =t1 p>c\rant son royaume sur un *> de f\dre et de lumire2 l'autre e/ ce sup]be ,satan#b qui entrana tant d'toiles dans sa *ute lorsqu'il fut prcipit du ciel4 ,ces deux coles jumelles1 fondes sur la mme base1 et nes1 p\r a9si dire1 au mme b]ceau1 n\s p>aiss5t spcialem5t reprs5tes dans la littrature europenne p> deux illu/res gnies1 ,*ateaubri& et ,byron4 ,au sortir de nos prodigieuses rvolutions1 deux ordres politiques luttai5t sur le mme sol4 ,une vieille socit a*evait de s'cr\l]2 une socit n\velle comm5ait s'lev]4 ,ici des ru9es1 l des bau*es4 ,"l ,byron1 dans ses lam5tations funbres1 a exprim les d]nires convulsions de la socit expirante4 ,m4 de ,*ateaubri&1 avec ses inspirations sublimes1 a satisfait aux premi]s beso9s de la socit ranime4 ,la voix de l'un e/ comme l'adieu du cygne l'heure de la mort2 la voix de l'autre e/ p>eille au *ant du phnix r5aissant de sa c5dre4 ,p> la tri/esse de son gnie1 p> l'orgueil de son c>actre1 p> les temptes de sa vie1 "l ,byron e/ le type du g5re de posie dont il a t le pote4 ,t\s ses ouvrages sont pr(ondm5t m>qus du sceau de son individualit4 ,c'e/ t\j\rs une figure sombre et hauta9e que le lecteur voit pass] dans *aque pome comme trav]s un crpe de deuil4 ,sujet quelquefois1 comme t\s les p5seurs pr(onds1 au vague et l'obscurit1 il a des p>oles qui sond5t t\te une me1 des s\pirs qui racont5t t\te une exi/5ce4 ,il semble que son coeur s'entr'ouvre *aque p5se qui en jaillit comme un volcan qui vomit des clairs4 ,les d\leurs1 les joies1 les passions n'ont po9t p\r lui de my/res1 et s'il ne fait voir les objets rels qu' trav]s un voile1 il montre nu les rgions idales4 ,on peut lui repro*] de nglig] absolum5t l'ordonnance de ses pomes2 dfaut grave1 c> un pome qui manque d'ordonnance e/ un difice sans *>p5te ou un tableau sans p]spective4 ,il p\sse galem5t trop lo9 le lyrique dda9 des transitions2 et l'on dsir]ait p>fois que ce pe9tre si fidle des motions intrieures jett sur les descriptions physiques des cl>ts mo9s fanta/iques et des te9tes mo9s vaporeuses4 ,son gnie ressemble trop s\v5t un prom5eur sans b qui rve en m>*ant1 et qui1 absorb dans une intuition pr(onde1 ne rapporte qu'une image confuse des lieux qu'il a p>c\rus4 ,quoi qu'il en soit1 mme dans ses mo9s belles oeuvres1 cette capricieuse imag9ation s'lve des hauteurs o l'on ne p>vi5t pas sans des ailes4 ,l'aigle a beau fix] ses yeux sur la t]re1 il n'en cons]ve pas mo9s le reg>d sublime dont la porte s't5d jusqu'au soleil#c4 ,on a prt5du que l'auteur de ,don ,juan app>t5ait1 p> un ct de son esprit1 l'cole de l'auteur de ,c&ide4 ,erreur6 il y a une diffr5ce pr(onde entre le rire de ,byron et le rire de ,voltaire4 ,voltaire n'avait pas s\ff]t4 ,ce s]ait ici le mom5t de dire quelque *ose de la vie si t\rm5te du noble pote2 mais1 dans l'inc]titude o n\s sommes sur les causes relles des malheurs dome/iques qui avai5t aigri son c>actre1 n\s aimons mieux n\s taire1 de peur que notre plume ne s'g>e malgr n\s4 ,ne connaissant "l ,byron que d'aprs ses pomes1 il n\s e/ d\x de lui suppos] une vie selon son me et son gnie4 ,comme t\s les hommes suprieurs1 il a c]ta9em5t t en proie la calomnie4 ,n\s n'attribuons qu' elle les bruits injurieux qui ont si longtemps accompagn l'illu/re nom du pote4 ,d'ailleurs celle que ses torts ont (f5se les a sans d\te oublis la premire en prs5ce de sa mort4 ,n\s esprons qu'elle lui a p>donn2 c> n\s sommes de ceux qui ne p5s5t pas que la ha9e et la v5geance ai5t quelque *ose grav] sur la pi]re d'un tombeau4 ,et n\s1 p>donnons-lui de mme ses fautes1 ses erreurs1 et jusqu'aux ouvrages o il a p>u desc5dre de la d\ble hauteur de son c>actre et de son tal5t2 p>donnons-lui1 il e/ mort si noblem5t6 il e/ si bi5 tomb6 ,il semblait l comme un belliqueux reprs5tant de la muse mod]ne dans la patrie des muses antiques4 ,gnreux auxiliaire de la gloire1 de la religion et de la lib]t1 il avait apport son pe et sa lyre aux desc5dants des premi]s gu]ri]s et des premi]s potes2 et dj le poids de ses lauri]s faisait p5*] la balance en faveur des malheureux hellnes4 ,n\s lui devons1 n\s p>ticulirem5t1 une reconnaissance pr(onde4 ,il a pr\v l',europe que les potes de l'cole n\velle1 quoiqu'ils n'ador5t plus les dieux de la ,grce paenne1 admir5t t\j\rs ses hros2 et que1 s'ils ont ds]t l',olympe1 du mo9s ils n'ont jamais dit adieu aux ,!rmopyles4 ,la mort de ,byron a t accueillie dans t\t le cont95t p> les signes d'une d\leur univ]selle4 ,le canon des grecs a longtemps salu ses re/es1 et un deuil national a consacr la p]te de cet trang] p>mi les calamits publiques4 ,les portes orgueilleuses de ,we/m9/] se sont ouv]tes comme d'elles-mmes1 af9 que la tombe du pote vnt honor] le spulcre des rois4 ,le dirons-n\s8 ,au milieu de ces glorieuses m>ques de l'affliction gnrale1 n\s avons *]* quel tmoignage sol5nel d'en?\siasme ,p>is1 cette capitale de l',europe1 r5dait l'ombre hroque de ,byron1 et n\s avons vu une m>otte qui insultait sa lyre et des trteaux qui outrageai5t son c]cueil#d6 #a3 ,il ne faut pas p]dre de vue1 en lisant ceci1 que p> les mots littrature d'un sicle1 on doit ent5dre non-seulem5t l'ensemble des ouvrages produits durant ce sicle1 mais encore l'ordre gnral d'ides et de s5tim5ts qui--le plus s\v5t l'insu des auteurs mmes--a prsid leur composition4 #b3 ,ce n'e/ ici qu'un simple rapport qui ne saurait ju/ifi] le titre d'cole satanique s\s lequel un homme de tal5t a dsign l'cole de "l ,byron4 #c3 ,dans un mom5t o l',europe entire r5d un clatant hommage au gnie de "l ,byron1 av\ gr& homme depuis qu'il e/ mort1 le lecteur s]a curieux de relire ici quelques phrases de l'article rem>quable dont la ,revue d'dimb\rg1 j\rnal accrdit1 salua l'illu/re pote son db4 ,c'e/ d'ailleurs sur ce ton que c]ta9s j\rnaux n\s entreti5n5t *aque mat9 ou *aque soir des premi]s tal5ts de notre poque4 ,la posie de notre jeune "l e/ de cette classe que ni les dieux ni les hommes ne tolr5t4 ,ses inspirations sont si plates qu'on p\rrait les comp>] une eau /agnante4 ,comme p\r s'excus]1 le noble auteur ne cesse de rappel] qu'il e/ m9eur444 ,peut-tre veut-il n\s dire3 ,voyez comme un m9eur crit4 ,mais hlas6 n\s n\s rappelons t\s la posie de ,c[ley dix ans1 et celle de ,pope d\ze4 ,lo9 d'appr5dre avec surprise que de mauvais v]s ont t crits p> un coli] au sortir du collge1 n\s croyons la *ose trs commune1 et1 sur dix coli]s1 neuf peuv5t en faire autant et mieux que "l ,byron4 ,dans le fait1 cette seule considration 7celle du rang de l'auteur7 n\s fait donn] une place "l ,byron dans notre j\rnal1 outre notre dsir de lui conseill] d'ab&onn] la posie p\r mieux employ] ses tal5ts4 ,dans cette int5tion1 n\s lui dirons que la rime et le nombre des pi$s1 qu& ce nombre s]ait t\j\rs rguli]1 ne con/itu5t pas t\te la posie1 n\s v\drions lui p]suad] qu'un peu d'esprit et d'imag9ation sont indisp5sables1 et que p\r tre lu un pome a beso9 auj\rd'hui de quelque p5se ou n\velle ou exprime de faon p>atre telle4 ,"l ,byron devrait aussi pr5dre g>de de t5t] ce que de gr&s potes ont t5t avant lui2 c> les comp>aisons ne sont nullem5t agrables1 comme il a pu l'appr5dre de son matre d'criture4 ,quant ses imitations de la posie ossianique1 n\s n\s y connaissons si peu que n\s risqu]ions de critiqu] du ,macph]son t\t pur en v\lant exprim] notre op9ion sur les rapsodies de ce n\vel imitateur444 ,t\t ce que n\s p\vons dire1 c'e/ qu'elles ressembl5t du ,macph]son1 et n\s sommes sr qu'elles sont t\t aussi /upides et ennuyeuses que celles de notre compatriote4 ,une gr&e p>tie du volume e/ consacre immortalis] les occupations de l'auteur p5dant son ducation4 ,n\s sommes f* de donn] une mauvaise ide de la psalmodie du collge p> la citation de ces /ances attiques3 7,suit la citation7444 ,mais quelque jugem5t qu'on puisse prononc] sur les posies du noble m9eur1 il n\s semble que n\s devons les pr5dre comme n\s les tr\vons et n\s en cont5t]2 c> ce sont les d]nires que n\s recevrons de lui444 ,qu'il russisse ou non1 il e/ trs peu probable qu'il condesc5de de n\veau dev5ir auteur4 ,pr5ons donc ce qui n\s e/ (f]t et soyons reconnaissants4 ,de quel droit f]ions-n\s les dlicats1 pauvres diables que n\s sommes6 ,c'e/ trop d'honneur p\r n\s de tant recevoir d'un homme du rang de ce "l4 ,soyons reconnaissants1 n\s le rptons1 et aj\tons avec le bon ,san*o3 ,que ,dieu bnisse celui qui n\s donne6 ne reg>dons pas le *eval la b\*e qu& il ne cote ri54 ,"l ,byron daigna se v5g] de ce misrable fatras de lieux communs1 ?me p]ptuel que la mdiocrit envieuse reproduit sans cesse contre le gnie4 ,les auteurs de la ,revue d'dimb\rg fur5t contra9ts de reconnatre son tal5t s\s les c\ps de son f\et satirique4 ,l'exemple p>at bon suivre1 n\s av\]ons cep5dant que n\s eussions mieux aim voir "l ,byron g>d] leur g>d le sil5ce du mpris4 ,si ce n'et t le conseil de son intrt1 c'et t du mo9s celui de sa dignit4 #d3 ,quelques j\rs aprs la n\velle de la mort de "l ,byron1 on reprs5tait encore je ne sais quel ?tre du b\lev>d je ne sais quelle factie de mauvais ton et de mauvais gt1 o ce noble pote e/ p]sonnellem5t mis en scne s\s le nom ridicule de "l ,trois-toiles4 ,,id,,es ,,au ,,has>d ,juillet #ahbd4 ,i ,il faut bi5 que t\tes les oreilles possibles s'habitu5t l'ent5dre dire et r$ire1 une rvolution e/ faite dans les arts4 ,elle a comm5c p> la posie1 elle s'e/ cont9ue dans la musique2 la voil qui r5\velle la pe9ture2 et avant peu elle ressuscit]a infailliblem5t la sculpture et l'ar*itecture1 depuis longtemps mortes comme meur5t t\j\rs les arts1 en ple9e acadmie4 ,au re/e1 cette rvolution n'e/ qu'un ret\r univ]sel la nature et la vrit4 ,c'e/ l'extirpation du faux gt qui1 depuis prs de trois sicles1 sub/ituant sans cesse les conv5tions de l'cole t\tes les ralits1 a vici tant de beaux gnies4 ,la gnration n\velle a dcidm5t jet l le haillon classique1 la gu5ille philosophique1 l'oripeau my?ologique4 ,elle a revtu la robe virile1 et s'e/ db>rasse des prjugs1 t\t en tudiant les traditions4 ,il e/ risible d'ent5dre diss]t]1 sur un *angem5t inv9ciblem5t am5 p> le c\rs des vnem5ts1 cette t\rbe innombrable d'esprits faux1 de petits docteurs1 de gr&s pdants1 de l\rds railleurs1 de jugeurs v]be haut1 de critiques sup]ficiels1 galem5t propres raisonn] sur t\t p>ce qu'ils ignor5t t\t au mme degr2 d'arti/es mdiocres1 qui ne connaiss5t le tal5t que p> l'envie dont il les t\rm5te et l'impuissance dont il les accable4 ,ces bonnes g5s s'imag95t qu' =ce de cris1 de colre et d'ana?mes1 ils p>vi5dront dtruire ou modifi] selon leur fantaisie un ordre d'ides qui rsulte ncessairem5t d'un ordre de *oses4 ,ils ne compr5n5t pas que1 de mme qu'un orage *ange l'tat de l'atmosphre1 une rvolution *ange l'tat de la socit4 ,on les voit s'v]tuant en ef=ts inutiles p\r corrig] la littrature et les arts ns de cette rvolution4 ,je s]ais curieux de savoir comm5t ils s'y pr5drai5t p\r repe9dre l'arc-en-ciel4 ,en att5dant qu'ils ai5t rsolu ce problme1 l'arc-en-ciel brill]a1 et ce sicle s]a ce qu'il e/ dans sa de/9e d'tre4 ,que la n\velle gnration laisse donc des critiques accrdits ou non affirm]1 avec une grotesque assurance1 que l'art e/ *ez n\s en ple9e dcad5ce4 ,il faut se s\v5ir que l'acadmie a condamn le ,cid2 que ,,mm4 ,morellet et ,h(fman ont donn des frules l'auteur du ,gnie du *ri/ianisme2 que la ,revue d'dimb\rg a r5voy "l ,byron l'cole2 il faut laiss] la mdiocrit pes] de t\tes ses petites =ces sur le tal5t naissant4 ,elle ne l't\ff]a pas4 ,et1 t\t pr5dre1 e/-ce donc un spectacle mo9s amusant qu'un autre1 que de voir un homme de gnie f\droy p> un pr(esseur de gazette ou d'a?ne8 ,c'e/ l'aigle dans les s]res du mo9eau franc4 ,,ii ,l'expression de l'am\r1 dans les potes de l'cole antique 7 quelque nation et quelque poque qu'ils app>ti5n5t71 manque en gnral de *a/et et de pudeur4 ,cette obs]vation1 peu importante au premi] aspect1 se ratta*e cep5dant aux plus hautes considrations4 ,si n\s v\lions l'exam9] srieusem5t1 n\s tr\v]ions au fond de cette "q t\tes les socits paennes et t\s les cultes idoltriques4 ,l'abs5ce de *a/et dans l'am\r e/ peut-tre le signe c>actri/ique des civilisations et des littratures que n'a po9t purifies le *ri/ianisme4 ,sans p>l] de ces posies mon/rueuses p> lesquelles ,anacron1 ,horace1 ,virgile mme ont immortalis d'infmes dbau*es et de honteuses habitudes1 les *ants am\reux des potes paens anci5s et mod]nes1 de ,catulle1 de ,tibulle1 de ,b]t91 de ,b]nis1 de ,p>ny1 ne n\s (fr5t ri5 de cette dlicatesse1 de cette mode/ie1 de cette ret5ue sans lesquelles l'am\r n'e/ plus qu'un in/9ct animal et qu'un apptit *>nel4 ,il e/ vrai que l'am\r *ez ces potes e/ aussi raff9 qu'il e/ grossi]4 ,il e/ difficile d'exprim] plus +nieusem5t ce que s5t5t les brutes2 et c'e/ sans d\te p\r qu'il y ait une diffr5ce entre leurs am\rs et ceux des animaux que ces galants diseurs font des lgies4 ,ils en sont mme v5us conv]tir en sci5ce ce qu'il y a de plus naturel au monde2 et l'art d'aim] a t enseign p> ,ovide aux paens du sicle d',augu/e1 p> ,g5til ,b]n>d aux paens du sicle de ,voltaire4 ,avec quelque att5tion1 on reconnat qu'il exi/e une diffr5ce entre les premi]s et les d]ni]s arti/es en am\r4 ,a une nuance prs1 leur v]millon e/ le mme4 ,t\s *ant5t la volupt matrielle4 ,mais les potes paens1 grecs et roma9s1 sembl5t le plus s\v5t des matres qui comm&5t des esclaves1 t&is que les potes paens franais sont t\j\rs des esclaves implorant leurs matresses4 ,et le secret des deux civilisations diffr5tes e/ t\t enti] l-d$ans4 ,les socits polies1 mais idoltres1 de ,rome et d',a?nes ignorai5t la cle/e dignit de la femme1 rvle plus t>d aux hommes p> le ,dieu qui v\lut natre d'une fille d've4 ,aussi l'am\r1 *ez ces peuples1 ne s'adressant qu'aux esclaves et aux c\rtisanes1 avait-il quelque *ose d'imprieux et de mprisant4 ,t\t1 dans la civilisation *rti5ne1 t5d au contraire l'ennoblissem5t du sexe faible et beau2 et l'vangile p>at avoir r5du leur rang aux femmes1 af9 qu'elles conduisiss5t les hommes au plus haut degr possible de p]fectionnem5t social4 ,ce sont elles qui ont cr la *eval]ie2 et cette in/itution m]veilleuse1 en disp>aissant des mon>*ies mod]nes1 y a laiss l'honneur comme une me2 l'honneur1 cet in/9ct de nature1 qui e/ aussi une sup]/ition de socit2 cette seule puissance dont un franais1 supporte patiemm5t la tyrannie2 ce s5tim5t my/rieux inconnu aux anci5s ju/es1 qui e/ t\t la fois plus et mo9s que la v]tu4 ,a l'heure qu'il e/1 rem>quons bi5 ceci1 l'honneur e/ ignor des peuples qui l'vangile n'a pas encore t rvl1 ou *ez lesquels l'influ5ce morale des femmes e/ nulle4 ,dans notre civilisation1 si les lois donn5t la premire place l'homme1 l'honneur donne le premi] rang la femme4 ,t\t l'quilibre des socits *rti5nes e/ l4 ,,iii ,je ne sais p> quelle biz>re manie on prt5d auj\rd'hui refus] au gnie le droit d'admir] hautem5t le gnie2 on insulte l'en?\siasme que le *ant du pote inspire un pote2 et l'on veut que ceux qui ont du tal5t ne soi5t jugs que p> ceux qui n'en ont pas4 ,on dirait que1 depuis le sicle d]ni]1 n\s ne sommes plus acc\tums qu'aux jal\sies littraires4 ,notre ge envieux se raille de cette frat]nit potique1 si d\ce et si noble entre rivaux4 ,il a oubli l'exemple de ces antiques amitis qui se ress]rai5t dans la gloire2 et il accueill]ait d'un rire ddaigneux l'allocution t\*ante qu',horace adressait au vaisseau de ,virgile4 ,,iv ,la composition potique rsulte de deux phnomnes intellectuels1 la mditation et l'inspiration4 ,la mditation e/ une facult2 l'inspiration e/ un don4 ,t\s les hommes1 jusqu' un c]ta9 degr1 peuv5t mdit]2 bi5 peu sont inspirs4 ,spiritus flat ubi vult4 ,dans la mditation1 l'esprit agit2 dans l'inspiration1 il obx2 p>ce que la premire e/ en l'homme1 t&is que la seconde vi5t de plus haut4 ,celui qui n\s donne cette =ce e/ plus =t que n\s4 ,ces deux oprations de la p5se se li5t intimem5t dans l'me du pote4 ,le pote appelle l'inspiration p> la mditation1 comme les prophtes s'levai5t l'extase p> la prire4 ,p\r que la muse se rvle lui1 il faut qu'il ait en quelque sorte dp\ill t\te son exi/5ce matrielle dans le calme1 dans le sil5ce et dans le recueillem5t4 ,il faut qu'il se soit isol de la vie extrieure1 p\r j\ir avec plnitude de cette vie intrieure qui dveloppe en lui comme un tre n\veau2 et ce n'e/ que lorsque le monde physique a t\t fait disp>u de ses yeux1 que le monde idal peut lui tre manife/4 ,il semble que l'exaltation potique ait quelque *ose de trop sublime p\r la nature commune de l'homme4 ,l'enfantem5t du gnie ne saurait s'accomplir1 si l'me ne s'e/ d'abord purifie de t\tes ces proccupations vulgaires que l'on trane aprs soi dans la vie2 c> la p5se ne peut pr5dre des ailes avant d'avoir dpos son f>deau4 ,voil sans d\te p\rquoi l'inspiration ne vi5t que prcde de la mditation4 ,*ez les juifs1 ce peuple dont l'hi/oire e/ si fconde en symboles my/rieux1 qu& le prtre avait difi l'autel1 il y allumait le feu t]re/re1 et c'e/ alors seulem5t que le rayon div9 y desc5dait du ciel4 ,si l'on s'acc\tumait considr] les compositions littraires s\s ce po9t de vue1 la critique pr5drait probablem5t une direction n\velle2 c> il e/ c]ta9 que le vritable pote1 s'il e/ matre du *oix de ses mditations1 ne l'e/ nullem5t de la nature de ses inspirations4 ,son gnie1 qu'il a reu et qu'il n'a po9t acquis1 le dom9e le plus s\v5t2 et il s]ait s+uli] et peut-tre vrai de dire que l'on e/ p>fois trang] comme homme ce que l'on a crit comme pote4 ,cette ide p>atra sans d\te p>adoxale au premi] ap]u4 ,c'e/ p\rtant une "q1 de savoir jusqu' quel po9t le *ant app>ti5t la voix1 et la posie au pote4 ,heureux celui qui s5t dans sa p5se cette d\ble puissance de mditation et d'inspiration1 qui e/ le gnie6 ,quel que soit son sicle1 quel que soit son pays1 ft-il n au se9 des calamits dome/iques1 ft-il jet dans un temps de rvolutions1 ou1 ce qui e/ plus dplorable encore1 dans une poque d'indiffr5ce1 qu'il se confie l'av5ir2 c> si le prs5t app>ti5t aux autres hommes1 l'av5ir e/ lui4 ,il e/ du nombre de ces tres *oisis qui doiv5t v5ir un j\r m>qu4 ,tt ou t>d ce j\r arrive1 et c'e/ alors que1 n\rri de p5ses et abreuv d'inspirations1 il peut se montr] h>dim5t la f\le1 en rptant le cri sublime du pote3 ,voici mon ori5t2 peuples1 levez les yeux6 ,v ,si jamais composition littraire a pr(ondm5t port l'empre9te ineffaable de la mditation et de l'inspiration1 c'e/ le ,p>adis p]du4 ,une ide morale1 qui t\*e la fois aux deux natures de l'homme2 une leon t]rible donne en v]s sublimes2 une des plus hautes vrits de la religion et de la philosophie1 dveloppe dans une des plus belles fictions de la posie2 l'*elle entire de la cration p>c\rue depuis le degr le plus lev jusqu'au degr le plus bas2 une action qui comm5ce p> ,jsus et se t]m9e p> ,satan2 ve entrane p> la curiosit1 la compassion et l'imprud5ce1 jusqu' la p]dition2 la premire femme en contact avec le premi] dmon2 voil ce que prs5te l'oeuvre de ,milton2 drame simple et imm5se1 dont t\s les ressorts sont des s5tim5ts2 tableau magique qui fait graduellem5t succd] t\tes les te9tes de lumire t\tes les nuances de tnbres2 pome s+uli]1 qui *>me et qui effraye6 ,,vi ,qu& les dfauts d'une tragdie ont cela de p>ticuli] qu'il faut1 p\r en tre *oqu1 avoir lu l'hi/oire et connatre les rgles1 le gr& nombre des spectateurs s'en ap]oit peu1 p>ce qu'il ne sait que s5tir4 ,aussi le gr& nombre juge-t-il t\j\rs bi54 ,et en effet1 p\rquoi tr\v] si mauvais qu'un auteur tragique viole quelquefois l'hi/oire8 ,si cette lic5ce n'e/ pas p\sse trop lo91 que m'importe la vrit hi/orique1 p\rvu que la vrit morale soit obs]ve6 ,v\lez-v\s donc que l'on dise de l'hi/oire ce qu'on a dit de la ,potique d',ari/ote3 elle fait faire de bi5 mauvaises tragdies8 ,soyez pe9tre fidle de la nature et des c>actres1 et non copi/e s]vile de l'hi/oire4 ,sur la scne1 j'aime mieux l'homme vrai que le fait vrai4 ,,vii ,qu& on suit att5tivem5t et sicle p> sicle1 dans les fa/es de la ,france1 l'hi/oire des arts1 si troitem5t lie l'hi/oire politique des peuples1 on e/ frapp1 en arrivant jusqu' notre temps1 d'un phnomne s+uli]4 ,aprs avoir retr\v sur les vitraux des m]veilleuses ca?drales du moy5 ge comme un reflet de cette belle poque de la gr&e fodalit1 des croisades1 de la *eval]ie1 poque qui n'a laiss ni dans la mmoire des hommes1 ni sur la face de la t]re1 aucun ve/ige qui n'ait quelque *ose de monum5tal1 on passe au rgne de ,franois #a;er1 si t\rdim5t appel re de la r5aissance des arts4 ,on voit di/9ctem5t le fil qui lie ce sicle +nieux au moy5 ge4 ,ce sont dj1 mo9s leur puret et leur orig9alit propres1 les =mes grecques2 mais c'e/ t\j\rs l'imag9ation go?ique4 ,la posie1 nave encore dans ,m>ot1 a p\rtant cess d'tre populaire p\r dev5ir my?ologique4 ,on s5t qu'on vi5t de *ang] de r\te4 ,dj les tudes classiques ont gt le gt national4 ,s\s ,l\is ,,xiii1 la dgnration e/ s5sible2 on subit les consqu5ces du mauvais sy/me o les arts se sont engags4 ,on n'a plus de ,jean ,g\jon1 plus de ,jean ,c\s91 plus de ,g]ma9 ,pilon2 et les types vicieux1 que leur gnie corrigeait p> tant de grce et d'lgance1 r$evi5n5t l\rds et bt>ds entre les ma9s de leurs copi/es4 ,a cette dcad5ce se mle je ne sais quel faux gt flor5t91 naturalis en ,france p> les ,mdicis4 ,t\t se relve s\s le sceptre clatant de ,l\is ,,xiv1 mais ri5 ne se r$resse4 ,au contraire1 le pr9cipe de l'imitation des anci5s devi5t loi p\r les arts1 et les arts re/5t froids1 p>ce qu'ils re/5t faux4 ,quoique imposant1 il faut le dire1 le gnie de ce sicle illu/re e/ incomplet4 ,sa ri*esse n'e/ que de la pompe1 sa gr&eur n'e/ que de la maje/4 ,enf91 s\s ,l\is ,,xv1 t\s les g]mes ont port leurs fruits4 ,les arts selon ,ari/ote tomb5t de dcrpitude avec la mon>*ie selon ,ri*elieu4 ,cette noblesse factice que leur imprimait ,l\is ,,xiv meurt avec lui4 ,l'esprit philosophique a*ve de mrir l'oeuvre classique2 et1 dans ce sicle de turpitudes1 les arts ne sont qu'une turpitude de plus4 ,ar*itecture1 sculpture1 pe9ture1 posie1 musique1 t\t1 bi5 peu d'exceptions prs1 montre les mmes dif=mits4 ,voltaire amuse une c\rtisane rgnante des tortures d'une vi]ge m>tyre4 ,les v]s de ,dorat naiss5t p\r les b]gres de ,b\*]4 ,sicle ignoble qu& il n'e/ pas ridicule1 ridicule qu& il n'e/ pas hideux2 et qui1 comm5ant au cab>et p\r f9ir la guillot9e1 c\ronnant ses ftes p> des massacres et ses danses p> la c>magnole1 ne mrite place qu'entre le *aos et le nant4 ,le sicle de ,l\is ,,xiv ressemble une crmonie de c\r rgle p> l'tiquette2 le sicle de ,l\is ,,xv e/ une orgie de tav]ne1 o la dm5ce s'acc\ple au vice4 ,cep5dant1 quelque diffr5tes qu'elles p>aiss5t au premi] abord1 une cohsion intime exi/e entre ces deux poques4 ,d'une sol5nit d'app>at tez l'tiquette1 il v\s re/]a une cohue2 du rgne de ,l\is ,,xiv tez la dignit1 v\s aurez le rgne de ,l\is ,,xv4 ,heureusem5t1 et c'e/ l que n\s v\lions en v5ir1 le mme li5 e/ lo9 d'en*an] le dix-neuvime sicle au dix-huitime4 ,*ose trange6 qu& on comp>e notre poque si au/re1 si contemplative1 et dj si fconde en vnem5ts prodigieux1 aux trois sicles qui l'ont prcde1 et surt\t son devanci] immdiat1 on a d'abord pe9e compr5dre comm5t il se fait qu'elle vi5ne leur suite2 et son hi/oire1 aprs la leur1 a l'air d'un livre dp>eill4 ,on s]ait t5t de croire que ,dieu s'e/ tromp de sicle dans sa di/ribution alt]native des temps4 ,de notre sicle l'autre1 on ne peut dc\vrir la transition4 ,c'e/ qu'en effet il n'en exi/e pas4 ,entre ,frdric et ,bonap>te1 ,voltaire et ,byron1 ,vanloo et ,gricault1 ,b\*] et ,*>let1 il y a un abme1 la rvolution4 #ahbg ,,fragm5t ,d',,hi/oire ,ce ne s]ait pas1 notre avis1 un tableau sans gr&eur et sans n\veaut que celui o l'on essay]ait de dr\l] s\s nos yeux l'hi/oire entire de la civilisation4 ,on p\rrait la montr] se propageant p> degrs de sicle en sicle sur le globe1 et envahissant t\r t\r t\tes les p>ties du monde4 ,on la v]rait po9dre en ,asie1 dans cette ,inde c5trale et my/rieuse o la tradition des peuples a plac le p>adis t]re/re4 ,comme le j\r1 la civilisation a son aurore en ori5t4 ,peu peu elle s'veille et s't5d dans son vieux b]ceau asiatique4 ,d'un bras1 elle dpose dans un co9 du monde la ,*9e1 avec les hiroglyphes1 l'artill]ie et l'imprim]ie1 comme une premire bau*e de ses oeuvres futures1 comme un immuable *antillon de ce qu'elle f]a un j\r4 ,de l'autre1 elle jette l'occid5t ces gr&s empires d',assyrie1 de ,p]se1 de ,*alde1 ces villes prodigieuses1 ,babylone1 ,suse1 ,p]spolis1 mtropoles de la t]re1 qui n'a pas mme g>d leur trace4 ,alors1 t&is que t\t le re/e du globe e/ subm]g s\s de pr(ondes tnbres1 respl5dit dans t\t son clat cette haute civilisation ?ocratique de l'ori5t1 dont on entrevoit pe9e1 trav]s tant de sicles1 quelques rayons bl\issants1 quelques gigantesques ve/iges1 et qui n\s p>at fabuleuse1 tant elle e/ lo9ta9e1 vague et confuse6 ,cep5dant la civilisation m>*e et se dveloppe t\j\rs4 ,l'intrieur des t]res ne lui suffit plus1 elle colonise le bord des m]s4 ,aux populations de lab\reurs et de b]g]s succd5t des races de p*eurs et de comm]ants4 ,de l1 les phnici5s1 les phrygi5s1 ,sidon1 ,troie1 ,s>epta1 et ,tyr1 qui bat les m]s1 comme dit l'criture1 avec les ailes de mille vaisseaux4 ,enf91 prte dbord] l',asie1 elle fonde sur la limite de l',afrique cette nigmatique gypte1 ce peuple de prtres et de m>*&s1 de lab\reurs et de matelots1 qui e/ en quelque sorte la transition de la civilisation asiatique la civilisation africa9e1 des empires ?ocratiques aux rpubliques comm]antes1 de ,babylone ,c>?age4 ,sur l'gypte1 en effet1 s'appui5t les trois civilisations successives d',asie1 d',afrique et d',europe4 ,l'gypte e/ la clef de vote de l'anci5 cont95t4 ,ici la civilisation se bifurque1 p\r a9si p>l]4 ,elle pr5d deux r\tes1 l'une au nord1 l'autre au c\*ant2 et1 t&is que l'gypte cre la ,grce en ,europe1 ,sidon apporte ,c>?age en ,afrique4 ,alors la scne *ange4 ,l',asie s'te9t4 ,c'e/ le t\r de l',afrique4 ,les c>?ag9ois complt5t l'oeuvre des phnici5s1 leurs pres4 ,p5dant que d]rire eux s'lv5t1 comme les arcs-b\tants de leur empire1 ces royaumes de ,nubie1 d',abyss9ie1 de ,nigritie1 d'?iopie1 de ,numidie2 p5dant que se peuple et se fconde cette t]re de feu qui doit port] les ,juba et les ,jugur?a1 ,c>?age s'emp>e des m]s et c\rt les av5tures4 ,elle db>que en ,sicile1 en ,corse1 en ,s>daigne4 ,puis la ,mdit]rane ne lui suffit plus4 ,ses innombrables vaisseaux fran*iss5t les colonnes d',h]cule1 o plus t>d la timide navigation des grecs et des roma9s croira voir les bornes du monde4 ,bi5tt les colonies c>?ag9oises1 risques sur l'ocan1 dpass5t la pn9sule hispanique4 ,elles mont5t h>dim5t v]s le nord1 et1 t\t en ctoyant la rive occid5tale de l',europe1 apport5t le dialecte phnici51 d'abord en ,biscaye1 o on le retr\ve colorant de mots tranges l'anci5ne langue ibrique1 puis en ,irl&e1 au pays de ,galles1 en ,armorique1 o il subsi/e encore auj\rd'hui1 ml au celte primitif4 ,elles enseign5t ces sauvages peuplades quelque *ose de leurs arts1 de leur comm]ce1 de leur religion2 le culte mon/rueux du ,saturne c>?ag9ois1 qui devi5t le ,teutats celte2 les sacrifices huma9s2 et jusqu'au mode de ces sacrifices1 les victimes brles vives dans des cages d'osi] =me huma9e4 ,a9si ,c>?age donne aux celtes ce qu'elle a de la ?ocratie asiatique1 dnatur p> sa froce civilisation4 ,les druides sont des mages2 seulem5t ils ont pass p> l',afrique4 ,t\t1 *ez ces peuples1 se ress5t de leur contact avec l'ori5t4 ,leurs monum5ts bruts pr5n5t quelque *ose d'gypti54 ,de grossi]s hiroglyphes1 les c>actres runiques1 comm5c5t en m>qu] la face1 que jusque-l le f] n'avait pas t\*e2 et il n'e/ pas pr\v que ce ne soit po9t la puissante navigation c>?ag9oise qui ait dpos sur la grve armorica9e cet autre hiroglyphe monum5tal1 ,k>nac1 livre colossal et t]nel dont les sicles ont p]du le s5s et dont *aque lettre e/ un oblisque de granit4 ,comme ,?bes1 la ,bretagne a son palais de ,k>nac4 ,l'audace punique ne s'e/ peut-tre pas arrte l4 ,qui sait jusqu'o e/ alle ,c>?age8 ,n'e/-il pas trange qu'aprs tant de sicles on ait retr\v vivant en ,amrique le culte du soleil1 le ,blus assyri51 le ,mi?ra p]san8 ,n'e/-il pas tonnant qu'on y ait retr\v des ve/ales 7les filles du soleil71 dbris du sac]doce asiatique et africa91 emprunt aussi p> ,rome ,c>?age8 ,n'e/-il pas m]veilleux enf9 que ces ru9es du ,pr\ et du ,mexique1 magnifiques tmo9s d'une anci5ne civilisation te9te1 ressembl5t si =t p> leur c>actre et p> leurs ornem5ts aux monum5ts syriaques2 p> leur =me et p> leurs hiroglyphes1 l'ar*itecture gypti5ne8444 ,quoi qu'il en soit1 le colosse c>?ag9ois1 matre des m]s1 hriti] de la civilisation d',asie1 d'un bras s'appuyant sur l',egypte1 de l'autre environnant dj l',europe1 e/ un mom5t le c5tre des nations1 le pivot du globe4 ,l',afrique dom9e le monde4 ,cep5dant la civilisation a dpos son g]me en ,grce#a4 ,il y a pris rac9e1 il s'y e/ dvelopp1 et du premi] jet a produit un peuple capable de le df5dre contre les irruptions de l',asie1 contre les rev5dications hauta9es de cette vieille mre des nations4 ,mais1 si ce peuple a su df5dre le feu sacr1 il ne saurait le propag]4 ,manquant de mtropole et d'unit1 divise en petites rpubliques qui lutt5t entre elles1 et dans l'intrieur desquelles se heurt5t dj t\tes les =mes de g\v]nem5t1 dmocratie1 olig>*ie1 ari/ocratie1 royaut1 ici n]ve p> des arts prcoces1 l n\e p> des lois troites1 la socit grecque a plus de beaut que de puissance1 plus d'lgance que de gr&eur1 et la civilisation s'y raff9e avant de se =tifi]4 ,aussi ,rome se hte-t-elle d'arra*] la ,grce le flambeau de l',europe1 elle le sec\e du haut du ,capitole et lui fait jet] des rayons inatt5dus4 ,rome1 p>eille l'aigle1 son r$\table symbole1 t5d l>gem5t ses ailes1 dploie puissamm5t ses s]res1 saisit la f\dre et s'envole4 ,c>?age e/ le soleil du monde1 c'e/ sur ,c>?age que se fix5t ses yeux4 ,c>?age e/ matresse des ocans1 matresse des royaumes1 matresse des nations4 ,c'e/ une ville magnifique1 ple9e de spl5deur et d'opul5ce1 t\te rayonnante des arts tranges de l'ori5t4 ,c'e/ une socit complte1 f9ie1 a*eve1 laquelle ri5 ne manque du travail du temps et des hommes4 ,enf91 la mtropole d',afrique e/ l'apoge de sa civilisation1 elle ne peut plus mont]1 et *aque progrs dsormais s]a un dcl94 ,rome au contraire n'a ri54 ,elle a bi5 pris dj t\t ce qui tait sa porte2 mais elle a pris p\r pr5dre plutt que p\r s'enri*ir4 ,elle e/ demi sauvage1 demi b>b>e4 ,elle a son ducation ensemble et sa =tune faire4 ,t\t devant elle1 ri5 d]rire4 ,quelque temps les deux peuples exi/5t de front4 ,l'un se repose dans sa spl5deur1 l'autre gr&it dans l'ombre4 ,mais peu peu l'air et la place leur manqu5t t\s deux p\r se dvelopp]4 ,rome comm5ce gn] ,c>?age4 ,il y a longtemps que ,c>?age importune ,rome4 ,assises sur les deux rives opposes de la ,mdit]rane1 les deux cits se reg>d5t en face4 ,cette m] ne suffit plus p\r les sp>]4 ,l',europe et l',afrique ps5t l'une sur l'autre4 ,comme deux nuages sur*>gs d'lectricit1 elles se ctoi5t de trop prs4 ,elles vont se ml] dans la f\dre4 ,ici e/ la priptie de ce gr& drame4 ,quels acteurs sont en prs5ce6 deux races1 celle-ci de m>*&s et de m>9s1 celle-l de lab\reurs et de soldats2 deux peuples1 l'un rgnant p> l'or1 l'autre p> le f]2 deux rpubliques1 l'une ?ocratique1 l'autre ari/ocratique2 ,rome et ,c>?age2 ,rome avec son arme1 ,c>?age avec sa flotte2 ,c>?age vieille1 ri*e1 ruse1 ,rome jeune1 pauvre et =te2 le pass et l'av5ir2 l'esprit de dc\v]te et l'esprit de conqute2 le gnie des voyages et du comm]ce1 le dmon de la gu]re et de l'ambition2 l'ori5t et le midi d'une "p1 l'occid5t et le nord de l'autre2 enf91 deux mondes1 la civilisation d',afrique et la civilisation d',europe4 ,t\tes deux se mesur5t des yeux4 ,leur attitude avant le combat e/ galem5t =midable4 ,rome1 dj l'troit dans ce qu'elle connat du monde1 ramasse t\tes ses =ces et t\s ses peuples4 ,c>?age1 qui ti5t en laisse l',espagne1 l',armorique et cette ,bretagne que les roma9s croyai5t au fond de l'univ]s1 ,c>?age a dj jet son ancre d'abordage sur l',europe4 ,la bataille clate4 ,rome copie grossirem5t la m>9e de sa rivale4 ,la gu]re s'allume d'abord dans la ,pn9sule et dans les les4 ,rome heurte ,c>?age dans cette ,sicile o dj la ,grce a r5contr l'gypte1 dans cette ,espagne o plus t>d lutt]ont encore l',europe et l',afrique1 l'ori5t et l'occid5t1 le midi et le sept5trion4 ,peu peu le combat s'engage1 le monde pr5d feu4 ,les colosses s'attaqu5t corps corps1 ils se pr5n5t1 se quitt5t1 se repr5n5t4 ,ils se *]*5t et se rep\ss5t4 ,c>?age fran*it les ,alpes1 ,rome passe les m]s4 ,les deux peuples1 p]sonnifis en deux hommes1 ,annibal et ,scipion1 s'treign5t et s'a*>n5t p\r en f9ir4 ,c'e/ un duel outrance1 un combat mort4 ,rome *ancelle1 elle p\sse un cri d'angoisse3 ,annibal ad portas6 ,mais elle se relve1 puise ses =ces p\r un d]ni] c\p1 se jette sur ,c>?age1 et l'efface du monde4 ,c'e/ l le plus gr& spectacle qui soit dans l'hi/oire4 ,ce n'e/ pas seulem5t un trne qui tombe1 une ville qui s'cr\le1 un peuple qui meurt4 ,c'e/ une *ose qu'on n'a vue qu'une fois1 c'e/ un a/re qui s'te9t2 c'e/ t\t un monde qui s'en va2 c'e/ une socit qui en t\ffe une autre4 ,elle l't\ff sans piti4 ,il faut qu'il ne re/e ri5 de ,c>?age4 ,les sicles futurs1 ne sauront d'elle que ce qu'il plaira son implacable rivale4 ,ils ne di/+u]ont qu' trav]s d'paisses tnbres cette capitale de l',afrique1 sa civilisation b>b>e1 son g\v]nem5t dif=me1 sa religion sanglante1 son peuple1 ses arts1 ses monum5ts gigantesques1 ses flottes qui vomissai5t le feu grgeois1 et cet autre univ]s connu de ses pilotes1 et que l'antiquit roma9e nomm]a ddaigneusem5t le monde p]du4 ,ri5 n'en re/]a4 ,seulem5t1 longtemps aprs encore1 ,rome1 haletant et comme ess\ffle de sa victoire1 se recueill]a en elle-mme1 et dira dans une sorte de rv]ie pr(onde3 ,africa port5tosa6 ,pr5ons hale9e avec elle2 voil le gr& oeuvre accompli4 ,la qu]elle des deux moitis de la t]re1 la voil dcide4 ,cette raction de l'occid5t sur l'ori5t1 dj la ,grce l'avait t5te deux fois4 ,argos avait dmoli ,troie4 ,alex&re avait t frapp] l',inde trav]s la ,p]se4 ,mais les rois grecs n'avai5t dtruit qu'une ville1 qu'un empire4 ,mais l'av5turi] macdoni5 n'avait fait qu'une tr\e dans la vieille ,asie1 qui s'tait promptem5t ref]me sur lui4 ,p\r j\] le rle de l',europe dans ce drame imm5se1 p\r tu] la civilisation ori5tale1 il fallait plus qu',a*ille1 il fallait plus qu',alex&re2 il fallait ,rome4 ,les esprits qui aim5t sond] les abmes ne peuv5t s'emp*] de se dem&] ici ce qui s]ait adv5u du g5re huma91 si ,c>?age et triomph dans cette lutte4 ,le ?tre de v+t sicles et t dplac4 ,les m>*&s euss5t rgn1 et non les soldats4 ,l',europe et t laisse aux br\ill>ds et aux =ts4 ,il se s]ait tabli sur la t]re quelque *ose d'inconnu4 ,il n'en p\vait tre a9si4 ,les sables et le ds]t rclamai5t l',afrique2 il fallait qu'elle cdt la scne l',europe4 ,a dat] de la *ute de ,c>?age1 en effet1 la civilisation europenne prvaut4 ,rome pr5d un accroissem5t prodigieux2 elle se dveloppe tant1 qu'elle comm5ce se divis]4 ,conqurante de l'univ]s connu1 qu& elle ne peut plus faire la gu]re trangre1 elle fait la gu]re civile4 ,comme un vieux *ne1 elle s'l>git1 mais elle se creuse4 ,cep5dant la civilisation se fixe sur elle4 ,elle en a t la rac9e1 elle en devi5t la tige1 elle en devi5t la tte4 ,en va9 les ,cs>s1 dans la folie de leur p\voir1 veul5t cass] la ville t]nelle et report] la mtropole du monde l'ori5t4 ,ce sont eux qui s'en vont2 la civilisation ne les suit pas1 et ils s'en vont la b>b>ie4 ,byzance devi5dra ,/amb\l4 ,rome re/]a ,rome4 ,le ,vatican remplace le ,capitole2 voil t\t4 ,t\t s'e/ cr\l de vtu/ aut\r d'elle2 la cit sa9te se r5\velle4 ,elle rgnait p> la =ce1 la voici qui rgne p> la croyance1 plus =te que la =ce4 ,pi]re hrite de ,cs>4 ,rome n'agit plus1 elle p>le2 et sa p>ole e/ un tonn]re4 ,ses f\dres dsormais frapp5t les mes4 ,a l'esprit de conqute succde l'esprit de proslytisme4 ,foy] du globe1 elle a des *os dans t\tes les nations2 et ce qu'un homme1 du haut du balcon papal1 dit la ville sacre1 e/ dit aussi p\r l'univ]s4 ,urbi et orbi4 ,a9si une ?ocratie fait l',europe1 comme une ?ocratie a fait l',afrique1 comme une ?ocratie a fait l',asie4 ,t\t se rsume en trois cits1 ,babylone1 ,c>?age1 ,rome4 ,un docteur dans sa *aire prside les rois sur leurs trnes4 ,*ef-lieu du *ri/ianisme1 ,rome e/ le *ef-lieu ncessaire de la socit4 ,comme une mre vigilante1 elle g>de la gr&e famille europenne1 et la sauve deux fois des irruptions du nord1 des invasions du midi4 ,ses murs font rebr\ss] ,attila et les v&ales4 ,c'e/ elle qui =ge le m>tel dont ,*>les pulvrise ,abdrame et les arabes4 ,on dirait mme que ,rome *rti5ne a hrit de la ha9e de ,rome paenne p\r l'ori5t4 ,qu& elle voit l',europe assez =te p\r combattre1 elle lui pr*e les croisades1 gu]re clatante et s+ulire1 gu]re de *eval]ie et de religion1 p\r laquelle la ?ocratie arme la fodalit4 ,voil deux mille ans que les *oses vont a9si4 ,voil v+t sicles que dom9e la civilisation europenne1 la troisime gr&e civilisation qui ait ombrag la t]re4 ,peut-tre t\*ons-n\s sa f94 ,notre difice e/ bi5 vieux4 ,il se lz>de de t\tes p>ts4 ,rome n'en e/ plus le c5tre4 ,*aque peuple tire de son ct4 ,plus d'unit1 ni religieuse ni politique4 ,l'op9ion a remplac la foi4 ,le dogme n'a plus la discipl9e des consci5ces4 ,la rvolution franaise a consomm l'oeuvre de la r=me2 elle a dcapit le ca?olicisme comme la mon>*ie2 elle a t la vie ,rome4 ,napolon1 en rudoyant la papaut1 l'a a*eve2 il a t son pre/ige au fantme4 ,que f]a l'av5ir de cette socit europenne1 qui p]d de plus en plus1 *aque j\r1 sa =me papale et mon>*ique8 ,le mom5t ne s]ait-il pas v5u o la civilisation1 que n\s avons vue t\r t\r ds]t] l',asie p\r l',afrique1 l',afrique p\r l',europe1 va se remettre en r\te et cont9u] son maje/ueux voyage aut\r du monde8 ,ne semble-t-elle pas se p5*] v]s l',amrique8 ,n'a-t-elle pas inv5t des moy5s de fran*ir l',ocan plus vite qu'elle ne trav]sait autrefois la ,mdit]rane8 ,d'ailleurs1 lui re/e-t-il beauc\p faire en ,europe8 ,e/-il si has>d de suppos] qu'ue et dnature dans l'anci5 cont95t1 elle aille *]*] une t]re neuve et vi]ge p\r se rajeunir et la fcond]8 ,et p\r cette t]re n\velle1 ne ti5t-elle pas t\t prt un pr9cipe n\veau2 n\veau1 quoiqu'il jaillisse aussi1 lui1 de cet vangile qui a deux mille ans1 si t\tefois l'vangile a un ge8 ,n\s v\lons p>l] ici du pr9cipe d'mancipation1 de progrs et de lib]t1 qui semble devoir tre dsormais la loi de l'humanit4 ,c'e/ en ,amrique que jusqu'ici l'on en a fait les plus l>ges applications4 ,l1 l'*elle d'essai e/ imm5se4 ,l1 les n\veauts sont l'aise4 ,ri5 ne les gne4 ,elles ne trbu*5t po9t *aque pas contre des tronons de vieilles in/itutions en ru9es4 ,aussi1 si ce pr9cipe e/ appel1 comme n\s le croyons avec joie1 refaire la socit des hommes1 l',amrique en s]a le c5tre4 ,de ce foy] s'p&ra sur le monde la lumire n\velle1 qui1 lo9 de dess*] les anci5s cont95ts1 leur r$onn]a peut-tre *aleur1 vie et jeunesse4 ,les quatre mondes devi5dront frres dans un p]ptuel embrassem5t4 ,aux trois ?ocraties successives d',asie1 d',afrique et d',europe succd]a la famille univ]selle4 ,le pr9cipe d'autorit f]a place au pr9cipe de lib]t1 qui1 p\r tre plus huma91 n'e/ pas mo9s div94 ,n\s ne savons1 mais1 si cela doit tre1 si l',amrique doit (frir le quatrime acte de ce drame des sicles1 il s]a c]ta9em5t bi5 rem>quable qu' la mme poque o naissait l'homme qui devait1 prp>ant l'an>*ie politique p> l'an>*ie religieuse1 introduire le g]me de mort dans la vieille socit royale et pontificale d',europe1 un autre homme ait dc\v]t une n\velle t]re1 futur asile de la civilisation fugitive2 qu'en un mot1 ,*ri/ophe ,colomb ait tr\v un monde au mom5t o ,lu!r en allait dtruire un autre4 ,aliquis providet4 #a3 ,ceci n'e/ qu'un premi] *apitre4 ,l'auteur n'a pu y indiqu] et y class] que les faits les plus gnraux et les plus sommaires4 ,il n'a po9t nglig p\r cela d'autres faits1 qui1 p\r tre du second ordre1 n'en ont pas mo9s une haute valeur4 ,on v]ra dans la suite du livre dont ceci e/ un fragm5t1 si jamais il t]m9e ce livre1 comm5t il les coordonne et les ratta*e l'ide pr9cipale4 ,les preuves arriv]ont aussi4 ,il y a bi5 des cavits f\ill] dans l'hi/oire1 bi5 des fonds p]dus dans cette m]1 l mme o elle a t le plus explore1 le plus sonde4 ,et p> exemple1 la gr&e civilisation dom9ante d',europe1 celle qui d'abord app>at aux yeux1 la civilisation grecque et roma9e1 n'e/ qu'un gr& palimpse/e1 s\s lequel1 la premire c\*e enleve1 on retr\ve les plages1 les trusques1 les ibres et les celtes4 ,ri5 que cela f]ait un livre4 #ahcj ,,sur ,m4 ,,dovalle ,il y a du tal5t dans les posies de ,m4 ,dovalle2 et p\rtant sans pr5eurs1 sans cot]ie1 sans appui extrieur1 ce recueil1 on peut le prdire1 aura t\t de suite le succs qu'il mrite4 ,c'e/ que ,m4 ,dovalle n'a beso9 ma9t5ant de qui que ce soit p\r russir4 ,en littrature1 le plus sr moy5 d'avoir raison1 c'e/ d'tre mort4 ,et puis1 ce manuscrit du pote tu v+t ans rveille de si d\l\reux s\v5irs6 ,tant d'motions se s\lv5t en f\le s\s *acune de ces pages ina*eves6 ,on e/ saisi d'une si pr(onde piti au milieu de ces odes1 de ces ballades orphel9es1 de ces *ansons t\tes saignantes encore6 ,quelle critique faire aprs une si poignante lecture8 ,comm5t raisonn] ce qu'on a s5ti8 ,quelle t*e impossible p\r n\s autres surt\t1 critiques peu dt]m9s1 simples hommes d'art et de posie6 ,aussi1 aprs avoir lu ce manuscrit1 n'e/-ce pas de l'op9ion1 mais de l'impression qui m'en re/e que je p>l]ais volonti]s4 ,et d'abord1 ce qui frappe en comm5ant cette lecture1 ce qui frappe en la t]m9ant1 c'e/ que t\t dans ce livre d'un pote si fatalem5t prde/91 t\t e/ grce1 t5dresse1 fra*eur1 d\ceur h>monieuse1 suave et molle rv]ie4 ,et1 en y rfl*issant1 la *ose semble plus s+ulire encore4 ,un gr& m\vem5t1 un va/e progrs1 avec lequel sympa?isait compltem5t ,m4 ,dovalle1 s'accomplit dans l'art4 ,ce m\vem5t1 n\s l'avons dj dit bi5 des fois1 n'e/ qu'une consqu5ce naturelle1 qu'un corollaire immdiat de notre gr& m\vem5t social de #aghi4 ,c'e/ le pr9cipe de lib]t qui1 aprs s'tre tabli dans l'tat et y avoir *ang la face de t\te *ose1 p\rsuit sa m>*e1 passe du monde matriel au monde intellectuel1 et vi5t r5\vel] l'art comme il a r5\vel la socit4 ,cette rgnration1 comme l'autre1 e/ gnrale1 univ]selle1 irrsi/ible4 ,elle s'adresse t\t1 recre t\t1 rdifie t\t1 refait la fois l'ensemble et le dtail1 rayonne en t\s s5s et *em9e en t\tes voies4 ,or 7p\r n'envisag] ici que cette p>ticul>it71 p> cela mme qu'elle e/ complte1 la rvolution de l'art a ses cau*em>s1 comme la rvolution politique a eu ses *afauds4 ,cela e/ fatal4 ,il faut les uns aprs les madrigaux de ,dorat1 comme il fallait les autres aprs les petits s\p]s de ,l\is ,,xv4 ,les esprits1 affadis p> la comdie en pani]s et l'lgie en pleureuses1 avai5t beso9 de sec\sses1 et de sec\sses =tes4 ,cette soif d'motions viol5tes1 de beaux et sombres gnies sont v5us de nos j\rs la satisfaire4 ,et il ne faut pas leur en v\loir d'avoir jet dans vos mes tant de s9i/res imag9ations1 tant de rves horribles1 tant de visions sanglantes4 ,qu'y p\vai5t-ils faire8 ,ces hommes1 qui p>aiss5t si fantasques et si dsordonns1 ont obi une loi de leur nature et de leur sicle4 ,leur littrature1 si capricieuse qu'elle semble et qu'elle soit1 n'e/ pas un des rsultats les mo9s ncessaires du pr9cipe de lib]t qui dsormais g\v]ne et rgit t\t d'en haut1 mme le gnie4 ,c'e/ de la fantaisie1 soit2 mais il y a une logique dans cette fantaisie4 ,et puis1 le gr& malheur aprs t\t6 ,bonnes g5s1 soyons tranquilles4 ,p\r avoir vu #ic1 ne n\s effrayons pas tant de la t]reur en fait de rvolutions littraires4 ,en consci5ce1 t\t satanique qu'e/ le premi]1 et t\t frntique qu'e/ le second1 ,byron et ,ma?ur9 me font mo9s peur que ,m>at et ,robespi]re4 ,si srieux que l'on soit1 il e/ difficile de ne pas s\rire quelquefois en rpondant aux objections que l'anci5 rgime littraire emprunte l'anci5 rgime politique p\r combattre t\tes les t5tatives de la lib]t dans l'art4 ,c]tes1 aprs les cata/rophes qui1 depuis qu>ante ans1 ont ensanglant la socit et dcim la famille1 aprs une puissante rvolution qui a fait des places de ,grve dans t\tes nos villes et des *amps de bataille dans t\te l',europe1 ce qu'il y a de tri/e1 d'am]1 de sanglant dans les esprits1 et p> consqu5t dans la posie1 n'a beso9 ni d'tre expliqu ni d'tre ju/ifi4 ,sans d\te la contemplation des qu>ante d]nires annes de notre hi/oire1 la lib]t d'un gr& peuple qui clt gante et crase une ,ba/ille son premi] pas1 la m>*e de cette haute rpublique qui va les pi$s dans le sang et la tte dans la gloire1 sans d\te ce spectacle1 qu& la raison n\s montre qu'aprs t\t et enf9 c'e/ un progrs et un bi51 ne doit pas inspir] mo9s de joie que de tri/esse2 mais1 s'il n\s rj\it p> notre ct div91 il n\s d*ire p> notre ct huma91 et notre joie mme y e/ tri/e2 de l1 p\r longtemps1 de sombres visions dans les imag9ations et un deuil pr(ond ml de fi]t et d'orgueil dans la posie4 ,heureux p\r lui-mme le pote qui1 n avec le gt des *oses fra*es et d\ces1 aura su isol] son me de t\tes ces impressions d\l\reuses2 et1 dans cette atmosphre flamboyante et sombre qui r\git l'horizon longtemps encore aprs une rvolution1 aura cons]v rayonnant et pur son petit monde de fleurs1 de rose et de soleil6 ,m4 ,dovalle a eu ce bonheur1 d'autant plus rem>quable1 d'autant plus trange *ez lui1 qui devait f9ir d'une telle f9 et int]rompre sitt sa *anson pe9e comm5ce6 ,il sembl]ait d'abord qu' dfaut de d\l\reux s\v5irs1 on r5contr]a dans son livre quelque press5tim5t vague et s9i/re4 ,non1 ri5 de sombre1 ri5 d'am]1 ri5 de fatal4 ,bi5 au contraire1 une posie t\te jeune1 enfant9e p>fois2 tantt les dsirs de ,*rub91 tantt une sorte de non*alance crole2 un v]s gracieuse allure1 trop peu mtrique1 trop peu rhy?mique1 il e/ vrai1 mais t\j\rs ple9 d'une h>monie plutt naturelle que musicale2 la joie1 la volupt1 l'am\r2 la femme surt\t1 la femme div9ise1 la femme faite muse2 et puis p>t\t des fleurs1 des ftes1 le pr9temps1 le mat91 la jeunesse2 voil ce qu'on tr\ve dans ce portefeuille d'lgies d*ir p> une balle de pi/olet4 ,ou1 si quelquefois cette d\ce muse se voile de mlancolie1 c'e/1 comme dans le ,premi] *agr91 un acc5t confus1 indi/9ct1 presque in>ticul1 pe9e un s\pir dans les feuilles de l'arbre1 pe9e une ride la face transp>5te du lac1 pe9e une blan*e nue dans le ciel bleu4 ,si mme1 comme dans la t\*ante p]sonnification du ,sylphe1 l'ide de la mort se prs5te au pote1 elle e/ si *>mante encore et si suave1 si lo9 de ce que s]a la ralit1 que les l>mes en vi5n5t aux yeux4 ,oh6 respectez mes jeux et ma faiblesse1 ,v\s qui savez le secret de mon coeur6 ,oh6 laissez-moi p\r unique ri*esse ,de l'eau dans une fleur2 ,l'air frais du soir2 au bois une humble c\*e1 ,un arbre v]t p\r me g>d] du j\r444 ,le sylphe aprs ne v\dra qu'une b\*e ,p\r y m\rir d'am\r4 ,c]tes1 cela ne ressemble gure un press5tim5t4 ,il me semble que cette grce1 cette h>monie1 cette joie qui s'pan\it t\s les v]s de ,m4 ,dovalle1 donn5t cette lecture un *>me et un intrt s+uli]s4 ,&r ,*ni]1 qui e/ mort bi5 jeune galem5t et qui p\rtant avait dix ans de plus que ,m4 ,dovalle1 ,&r ,*ni] a laiss aussi un livre de d\ces et folles lgies1 comme il dit lui-mme1 o se r5contr5t bi5 et l quelques ambes ard5ts1 fruit de ses tr5te ans1 et t\t r\ges des rv]brations de la lave rvolutionnaire2 mais dans lequel dom95t1 a9si que dans le livre *>mant de ,m4 ,dovalle1 la grce1 l'am\r1 la volupt4 ,aussi quiconque lira le recueil de ,m4 ,dovalle s]a-t-il longtemps p\rsuivi p> la jeune et ple figure de ce pote1 s\riant comme ,&r ,*ni]1 et sanglant comme lui4 ,et puis cette rflexion me vi5t en t]m9ant3 dans ce mom5t de mle et de t\rm5te littraire1 qui faut-il pla9dre1 ceux qui meur5t ou ceux qui combatt5t8 ,sans d\te1 c'e/ tri/e de voir un pote de v+t ans qui s'en va1 une lyre qui se brise1 un av5ir qui s'van\it2 mais n'e/-ce pas quelque *ose aussi que le repos8 ,n'e/-il pas p]mis ceux aut\r desquels s'amass5t incessamm5t calomnies1 injures1 ha9es1 jal\sies1 s\rdes m5es1 basses trahisons2 hommes loyaux auxquels on fait une gu]re dloyale2 hommes dv\s qui ne v\drai5t enf9 que dot] le pays d'une lib]t de plus1 celle de l'art1 celle de l'intellig5ce2 hommes laborieux qui p\rsuiv5t paisiblem5t leur oeuvre de consci5ce1 en proie1 d'un ct1 de viles ma*9ations de c5sure et de police1 en butte1 de l'autre1 trop s\v5t1 l'+ratitude des esprits mmes p\r lesquels ils travaill5t2 ne leur e/-il pas p]mis de ret\rn] quelquefois la tte avec envie v]s ceux qui sont tombs d]rire eux et qui dorm5t dans le tombeau8 ,invideo1 disait ,lu!r dans le cimetire de ,worms1 invideo1 quia quiescunt4 ,qu'importe t\tefois6 ,jeunes g5s1 ayons bon c\rage2 si rude qu'on n\s veuille faire le prs5t1 l'av5ir s]a beau4 ,le romantisme1 tant de fois mal df9i1 n'e/1 t\t pr5dre1 et c'e/ l sa df9ition relle1 que le libralisme en littrature4 ,cette vrit e/ dj comprise peu prs de t\s les bons esprits1 et le nombre en e/ gr&2 et bi5tt1 c> l'oeuvre e/ dj bi5 avance1 le libralisme littraire ne s]a pas mo9s populaire que le libralisme politique4 ,la lib]t dans l'art1 la lib]t dans la socit1 voil le d\ble b auquel doiv5t t5dre d'un mme pas t\s les esprits consqu5ts et logiques2 voil la d\ble bannire qui rallie1 bi5 peu d'intellig5ces prs 7lesquelles s'clair]ont71 t\te la jeunesse si =te et si pati5te d'auj\rd'hui2 puis avec la jeunesse1 et sa tte1 l'lite de la gnration qui n\s a prcds1 t\s ces sages vieill>ds qui1 aprs le premi] mom5t de dfiance et d'exam51 ont reconnu que ce que font leurs fils e/ une consqu5ce de ce qu'ils ont fait eux-mmes1 et que la lib]t littraire e/ fille de la lib]t politique4 ,ce pr9cipe e/ celui du sicle et prvaudra4 ,les ultras de t\t g5re1 classiques ou mon>*iques1 auront beau se prt] sec\rs p\r refaire l'anci5 rgime de t\tes pices1 socit et littrature1 *aque progrs du pays1 *aque dveloppem5t des intellig5ces1 *aque pas de la lib]t f]a cr\l] t\t ce qu'ils auront *afaud4 ,et1 en df9itive1 leurs ef=ts de raction auront t utiles4 ,en rvolution1 t\t m\vem5t fait avanc]4 ,la vrit et la lib]t ont cela d'excell5t que t\t ce qu'on fait p\r elles et t\t ce qu'on fait contre elles les s]t galem5t4 ,or1 aprs tant de gr&es *oses que nos pres ont faites et que n\s avons vues1 n\s voil sortis de la vieille =me sociale1 comm5t ne sortirions-n\s pas de la vieille =me potique8 ,a peuple n\veau1 art n\veau4 ,t\t en admirant la littrature de ,l\is ,,xiv1 si bi5 adapte sa mon>*ie1 elle saura bi5 avoir sa littrature propre1 et p]sonnelle1 et nationale1 cette ,france actuelle1 cette ,france du dix-neuvime sicle1 qui ,mirabeau a fait sa lib]t et ,napolon sa puissance4 #ahbe-ahcb ,,gu]re ,,aux ,d,,molisseurs6 #ahbe ,si les *oses vont encore quelque temps de ce tra91 il ne re/]a bi5tt plus la ,france d'autre monum5t national que celui des ,voyages pittoresques et romantiques1 o rivalis5t de grce1 d'imag9ation et de posie le crayon de ,taylor et la plume de ,*4 ,nodi]1 dont il n\s e/ bi5 p]mis de prononc] le nom avec admiration1 quoiqu'il ait quelquefois prononc le ntre avec amiti4 ,le mom5t e/ v5u o il n'e/ plus p]mis qui que ce soit de g>d] le sil5ce4 ,il faut qu'un cri univ]sel appelle enf9 la n\velle ,france au sec\rs de l'anci5ne4 ,t\s les g5res de pr(anation1 de dgradation et de ru9e m5ac5t la fois le peu qui n\s re/e de ces admirables monum5ts du moy5 ge1 o s'e/ imprime la vieille gloire nationale1 auxquels s'atta*5t la fois la mmoire des rois et la tradition du peuple4 ,t&is que l'on con/ruit gr&s frais je ne sais quels difices bt>ds1 qui1 avec la ridicule prt5tion d'tre grecs ou roma9s en ,france1 ne sont ni roma9s ni grecs1 d'autres difices admirables et orig9aux tomb5t sans qu'on daigne s'en in=m]1 et leur seul tort cep5dant1 c'e/ d'tre franais p> leur orig9e1 p> leur hi/oire et p> leur b4 ,a ,blois1 le *teau des tats s]t de cas]ne1 et la belle t\r octogone de ,ca!r9e de ,mdicis cr\le ensevelie s\s les *>p5tes d'un qu>ti] de caval]ie4 ,a ,orlans1 le d]ni] ve/ige des murs df5dus p> ,jeanne vi5t de disp>atre4 ,a ,p>is1 n\s savons ce qu'on a fait des vieilles t\rs de ,v9c5nes1 qui faisai5t une si magnifique compagnie au donjon4 ,l'abbaye de ,sorbonne1 si lgante et si orne1 tombe en ce mom5t s\s le m>teau4 ,la belle glise romane de ,sa9t-,g]ma9 des ,prs1 d'o ,h5ri ,,iv avait obs]v ,p>is1 avait trois fl*es1 les seules de ce g5re qui embelliss5t la silh\ette de la capitale4 ,deux de ces aiguilles m5aai5t ru9e4 ,il fallait les tay] ou les abattre2 on a tr\v plus c\rt de les abattre4 ,puis1 af9 de raccord]1 autant que possible1 ce vnrable monum5t avec le mauvais portique dans le /yle de ,l\is ,,xiii qui en masque le portail1 les re/aurateurs ont remplac quelques-unes des anci5nes *apelles p> de petites bonbonnires *apiteaux cor9?i5s dans le gt de celle de ,sa9t-,sulpice2 et on a badigeonn le re/e en beau jaune s]94 ,la ca?drale go?ique d',autun a subi le mme outrage4 ,lorsque n\s passions ,lyon1 en aot #ahbe1 il y a deux mois1 on faisait galem5t disp>atre s\s une c\*e de dtrempe rose la belle c\leur que les sicles avai5t donne la ca?drale du primat des ,gaules4 ,n\s avons vu dmolir encore1 prs de ,lyon1 le *teau r5omm de l',arbresle4 ,je me trompe1 le propritaire a cons]v une des t\rs1 il la l\e la commune1 elle s]t de prison4 ,une petite ville hi/orique dans le ,=ez1 ,crozet1 tombe en ru9es1 avec le manoir des d',aillec\rt1 la maison seigneuriale o naquit ,t\rville1 et des monum5ts qui embellirai5t ,nuremb]g4 ,a ,nev]s1 deux glises du onzime sicle s]v5t d'curie4 ,il y en avait une troisime du mme temps1 n\s ne l'avons pas vue2 notre passage1 elle tait efface du sol4 ,seulem5t n\s en avons admir la porte d'une *aumire1 o ils tai5t jets1 deux *apiteaux romans qui atte/ai5t p> leur beaut celle de l'difice dont ils tai5t les seuls ve/iges4 ,on a dtruit l'antique glise de ,mauriac4 ,a ,soissons1 on laisse cr\l] le ri*e clotre de ,sa9t-,jean et ses deux fl*es si lgres et si h>dies4 ,c'e/ dans ces magnifiques ru9es que le tailleur de pi]res *oisit des matriaux4 ,mme indiffr5ce p\r la *>mante glise de ,braisne1 dont la vote dmantele laisse arriv] la pluie sur les dix tombes royales qu'elle r5f]me4 ,a la ,*>it-sur-,loire1 prs ,b\rges1 il y a une glise romane qui1 p> l'imm5sit de son ence9te et la ri*esse de son ar*itecture1 rivalis]ait avec les plus clbres ca?drales de l',europe2 mais elle e/ demi ru9e4 ,elle tombe pi]re pi]re1 aussi inconnue que les pagodes ori5tales dans leurs ds]ts de sable4 ,il passe l six dilig5ces p> j\r4 ,n\s avons visit ,*ambord1 cet ,alhambra de la ,france4 ,il *ancelle dj1 m9 p> les eaux du ciel1 qui ont filtr trav]s la pi]re t5dre de ses toits dg>nis de plomb4 ,n\s le dcl>ons avec d\leur1 si l'on n'y songe promptem5t1 avant peu d'annes1 la s\scription1 s\scription qui1 c]tes1 mritait d'tre nationale1 qui a r5du le *ef-d'oeuvre du ,primatice au pays aura t inutile2 et bi5 peu de *ose re/]a deb\t de cet difice1 beau comme un palais de fes1 gr& comme un palais de rois4 ,n\s crivons ceci la hte1 sans prp>ation et en *oisissant au has>d quelques-uns des s\v5irs qui n\s sont re/s d'une excursion rapide dans une petite portion de la ,france4 ,qu'on y rfl*isse1 n\s n'avons dvoil qu'un bord de la plaie4 ,n\s n'avons cit que des faits1 et des faits que n\s avions vrifis4 ,que se passe-t-il ailleurs8 ,on n\s a dit que des anglais avai5t a*et trois c5ts francs le droit d'emball] t\t ce qui leur plairait dans les dbris de l'admirable abbaye de ,jumiges4 ,a9si les pr(anations de "l ,elg9 se r5\vell5t *ez n\s1 et n\s en tirons pr(it4 ,les turcs ne v5dai5t que les monum5ts grecs2 n\s faisons mieux1 n\s v5dons les ntres4 ,on affirme encore que le clotre si beau de ,sa9t-,w&rille e/ dbit1 pice pice1 p> je ne sais quel propritaire ignorant et cupide1 qui ne voit dans un monum5t qu'une c>rire de pi]res4 ,proh pudor6 au mom5t o n\s traons ces lignes1 ,p>is1 au lieu mme dit cole des beaux-arts1 un escali] de bois1 sculpt p> les m]veilleux arti/es du quatorzime sicle1 s]t d'*elle des maons2 d'admirables m5uis]ies de la r5aissance1 quelques-unes encore pe9tes1 dores et blasonnes1 des bois]ies1 des portes t\*es p> le ciseau si t5dre et si dlicat qui a ouvr le *teau d',anet1 se r5contr5t l1 brises1 disloques1 gisantes en tas sur le sol1 dans les gr5i]s1 dans les combles1 et jusque dans l'anti*ambre du cab9et d'un individu qui s'e/ in/all l1 et qui s'intitule ar*itecte de l'cole des beaux-arts1 et qui m>*e t\s les j\rs /upidem5t l-dessus4 ,et n\s allons *]*] bi5 lo9 et pay] bi5 *] des ornem5ts nos muses6 ,il s]ait temps enf9 de mettre un t]me ces dsordres1 sur lesquels n\s appelons l'att5tion du pays4 ,quoique appauvrie p> les dva/ateurs rvolutionnaires1 p> les spculateurs m]cantiles1 et surt\t p> les re/aurateurs classiques1 la ,france e/ ri*e encore en monum5ts franais4 ,il faut arrt] le m>teau qui mutile la face du pays4 ,une loi suffirait2 qu'on la fasse4 ,quels que soi5t les droits de la proprit1 la de/ruction d'un difice hi/orique et monum5tal ne doit pas tre p]mise ces ignobles spculateurs que leur intrt aveugle sur leur honneur2 misrables hommes1 et si imbciles1 qu'ils ne compr5n5t mme pas qu'ils sont des b>b>es6 ,il y a deux *oses dans un difice1 son usage et sa beaut4 ,son usage app>ti5t au propritaire1 sa beaut t\t le monde2 c'e/ donc dpass] son droit que le dtruire4 ,une surveillance active devrait tre ex]ce sur nos monum5ts4 ,avec de lg]s sacrifices1 on sauv]ait des con/ructions qui1 indp5damm5t du re/e1 reprs5t5t des capitaux normes4 ,la seule glise de ,br\1 btie v]s la f9 du qu9zime sicle1 a cot v+t-quatre millions1 une poque o la j\rne d'un ouvri] se payait deux s\s4 ,auj\rd'hui ce s]ait plus de c5t c9quante millions4 ,il ne faut pas plus de trois j\rs et de trois c5ts francs p\r la jet] bas4 ,et puis1 un l\able regret s'emp>]ait de n\s1 n\s v\drions recon/ruire ces prodigieux difices1 que n\s ne le p\rrions4 ,n\s n'avons plus le gnie de ces sicles4 ,l'indu/rie a remplac l'art4 ,t]m9ons ici cette note2 aussi bi5 c'e/ encore l un sujet qui exig]ait un livre4 ,celui qui crit ces lignes y revi5dra s\v5t1 propos et hors de propos2 et1 comme ce vieux roma9 qui disait t\j\rs3 ,hoc c5seo1 et del5dam esse ,c>?ag9em1 l'auteur de cette note rpt]a sans cesse3 ,je p5se cela1 et qu'il ne faut pas dmolir la ,france4 #ahcb4 ,il faut le dire1 et le dire haut1 cette dmolition de la vieille ,france1 que n\s avons dnonce plusieurs fois s\s la re/auration1 se cont9ue avec plus d'a*>nem5t et de b>b>ie que jamais4 ,depuis la rvolution de juillet1 avec la dmocratie1 quelque ignorance a dbord et quelque brutalit aussi4 ,dans beauc\p d'endroits1 le p\voir local1 l'influ5ce municipale1 la curatelle communale a pass des g5til%ommes qui ne savai5t pas crire aux paysans qui ne sav5t pas lire4 ,on e/ tomb d'un cran4 ,en att5dant que ces braves g5s sa*5t pel]1 ils g\v]n5t4 ,la bvue adm9i/rative1 produit naturel et normal de cette ma*9e de ,m>ly qu'on appelle la c5tralisation1 la bvue adm9i/rative s'eng5dre t\j\rs1 comme p> le pass1 du maire au s\s-prfet1 du s\s-prfet au prfet1 du prfet au m9i/re4 ,seulem5t elle e/ plus grosse4 ,notre int5tion e/ de n'envisag] ici qu'une seule des innombrables =mes s\s lesquelles elle se produit aux yeux du pays m]veill4 ,n\s ne v\lons trait] de la bvue adm9i/rative qu'en matire de monum5ts1 et encore ne f]ons-n\s qu'effleur] cet imm5se sujet1 que v+t-c9q volumes 9-folio n'puis]ai5t pas4 ,n\s posons donc en fait qu'il n'y a peut-tre pas en ,france1 l'heure qu'il e/1 une seule ville1 pas un seul *ef-lieu d'arrondissem5t1 pas un seul *ef-lieu de canton1 o il ne se mdite1 o il ne se comm5ce1 o il ne s'a*ve la de/ruction de quelque monum5t hi/orique national1 soit p> le fait de l'autorit c5trale1 soit p> le fait de l'autorit locale de l'aveu de l'autorit c5trale1 soit p> le fait des p>ticuli]s s\s les yeux et avec la tolrance de l'autorit locale4 ,n\s avanons ceci avec la pr(onde conviction de ne pas n\s tromp]1 et n\s en appelons la consci5ce de quiconque a fait1 sur un po9t quelconque de la ,france1 la mo9dre excursion d'arti/e et d'antiquaire4 ,*aque j\r quelque vieux s\v5ir de la ,france s'en va avec la pi]re sur laquelle il tait crit4 ,*aque j\r n\s brisons quelque lettre du vnrable livre de la tradition4 ,et bi5tt1 qu& la ru9e de t\tes ces ru9es s]a a*eve1 il ne n\s re/]a plus qu' n\s cri] avec ce troy51 qui du mo9s emportait ses dieux3 444,fuit ,ilium et +5s ,gloria6 ,et l'appui de ce que n\s v5ons de dire1 qu'on p]mette celui qui crit ces lignes de cit]1 entre une f\le de docum5ts qu'il p\rrait produire1 l'extrait d'une lettre lui envoye4 ,il n'en connat pas p]sonnellem5t le signataire1 qui e/1 comme sa lettre l'annonce1 homme de gt et de coeur2 mais il le rem]cie de s'tre adress lui4 ,il ne f]a jamais faute quiconque lui signal]a une inju/ice ou une absurdit nuisible dnonc]4 ,il regrette seulem5t que sa voix n'ait pas plus d'autorit et de ret5tissem5t4 ,qu'on lise donc cette lettre1 et qu'on songe1 en la lisant1 que le fait qu'elle atte/e n'e/ pas un fait isol1 mais un des mille pisodes du gr& fait gnral1 la dmolition successive et incessante de t\s les monum5ts de l'anci5ne ,france4 ,*>leville1 #ad fvri] #ahcb4 ,monsieur1 ,au mois de septembre d]ni]1 je fis un voyage ,laon 7,aisne71 mon pays natal4 ,je l'avais quitt depuis plusieurs annes2 aussi1 pe9e arriv1 mon premi] so9 fut de p>c\rir la ville444 ,arriv sur la place du ,b\rg1 au mom5t o mes yeux se levai5t sur la vieille t\r de ,l\is d',outrem]1 quelle fut ma surprise de la voir de t\tes p>ts b>de d'*elles1 de levi]s et de t\s les in/rum5ts possibles de de/ruction6 ,je l'av\]ai1 cette vue me fit mal4 ,je *]*ais dev9] p\rquoi ces *elles et ces pio*es1 qu& v9t pass] ,m4 ,?----1 homme simple et in/ruit1 ple9 de gt p\r les lettres et =t ami de t\t ce qui t\*e la sci5ce et aux arts4 ,je lui fis "p l'in/ant de l'impression d\l\reuse que me causait la de/ruction de ce vieux monum5t4 ,m4 ,?----1 qui la p>tageait1 m'apprit que1 re/ seul des membres de l'anci5 conseil municipal1 il avait t seul p\r combattre l'acte dont n\s tions en ce mom5t tmo9s2 que ses ef=ts n'avai5t ri5 pu4 ,raisonnem5ts1 p>oles1 t\t avait *\4 ,les n\veaux conseill]s1 runis en majorit contre lui1 l'avai5t emport4 ,p\r avoir pris un peu *audem5t le p>ti de cette t\r innoc5te1 ,m4 ,?---- avait t mme accus de c>lisme4 ,ces messieurs s'tai5t cris que cette t\r ne rappelait que les s\v5irs des temps fodaux1 et la de/ruction avait t vote p> acclamation4 ,bi5 plus1 la ville a (f]t au s\missionnaire qui se *>ge de l'excution une somme de plusieurs mille francs1 les matriaux en sus4 ,voil le prix du meurtre1 c> c'e/ un vritable meurtre6 ,m4 ,?---- me fit rem>qu] sur le mur vois9 l'affi*e d'adjudication1 en papi] jaune4 ,en tte tait crit en normes c>actres3 ,,de/ruction ,,de ,,la ,,t\r ,,dite ,,de ,,l\is ,d',,outrem]4 ,le public e/ prv5u1 etc4 ,cette t\r occupait un espace de quelques toises4 ,p\r agr&ir le m>* qui l'avois9e1 si c'e/ l le b qu'on a *]*1 on p\vait sacrifi] une maison p>ticulire1 dont le prix n'et peut-tre pas dpass la somme (f]te au s\missionnaire4 ,ils ont prfr anantir la t\r4 ,je suis afflig de le dire la honte des ,laonnois1 leur ville possdait un monum5t r>e1 un monum5t des rois de la seconde race2 il n'y en exi/e plus auj\rd'hui un seul4 ,celui de ,l\is ,,iv tait le d]ni]4 ,aprs un p>eil acte de v&alisme1 on appr5dra quelque j\r sans surprise qu'ils dmoliss5t leur belle ca?drale du onzime sicle1 p\r faire une halle aux gra9s#a4 ,les rflexions abond5t et se press5t devant de tels faits4 ,et d'abord1 ne voil-t-il pas une excell5te comdie8 ,v\s reprs5tez-v\s ces dix ou d\ze conseill]s municipaux mettant en dlibration la gr&e de/ruction de la t\r dite de ,l\is d',outrem]8 ,les voil t\s1 rangs en c]cle1 et sans d\te assis sur la table1 jambes croises et bab\*es aux pi$s1 la faon des turcs4 c\tez-les4 ,il s'agit d'agr&ir le c>r aux *\x et de faire disp>atre un monum5t fodal4 ,les voil qui mett5t en commun t\t ce qu'ils sav5t de gr&s mots1 depuis qu9ze ans qu'ils se font anu*] le ,con/itutionnel p> le magi/] de leur village4 ,ils se cotis5t4 ,les bonnes raisons pleuv5t4 ,l'un argue de la fodalit1 et s'y ti5t2 l'autre allgue la dme2 l'autre1 la corve2 l'autre1 les s]fs qui battai5t l'eau des fosss p\r faire taire les gr5\illes2 un c9quime1 le droit de jambage et de cuissage2 un sixime1 les t]nels prtres et les t]nels nobles2 un autre1 les horreurs de la ,sa9t-,b>?lemy2 un autre1 qui e/ probablem5t avocat1 les jsuites2 puis ceci1 puis cela1 puis encore cela et ceci2 et t\t e/ dit1 la t\r de ,l\is d',outrem] e/ condamne4 ,v\s figurez-v\s bi51 au milieu du grotesque sanhdr91 la situation de ce pauvre homme1 reprs5tant unique de la sci5ce1 de l'art1 du gt1 de l'hi/oire8 ,rem>quez-v\s l'attitude humble et opprime de ce p>ia8 ,l'c\tez-v\s has>d] quelques mots timides en faveur du vnrable monum5t8 ,et voyez-v\s l'orage clat] contre lui8 ,le voil qui ploie s\s les invectives4 ,voil qu'on l'appelle de t\tes p>ts c>li/e1 et probablem5t c>lisse4 ,que rpondre cela8 ,c'e/ f9i4 ,la *ose e/ faite4 ,la dmolition du monum5t des ges de b>b>ie e/ df9itivem5t vote avec en?\siasme1 et v\s ent5dez le h\rra des braves conseill]s municipaux de ,laon1 qui ont pris d'assaut la t\r de ,l\is d',outrem]4 ,croyez-v\s que jamais ,rabelais1 que jamais ,hog>?1 aurai5t pu tr\v] quelque "p faces plus drlatiques1 pr(ils plus b\ffons1 silh\ettes plus rj\issantes *>bonn] sur les murs d'un cab>et ou sur les pages d'une batra*omyoma*ie8 ,oui1 riez4--,mais1 p5dant que les prud'hommes j>gonnai5t1 croassai5t et dlibrai5t1 la vieille t\r1 si longtemps 9branlable1 se s5tait trembl] dans ses fondem5ts4 ,voil t\t c\p que1 p> les f5tres1 p> les portes1 p> les b>bacanes1 p> les meurtrires1 p> les luc>nes1 p> les g\ttires1 de p>t\t1 les dmolisseurs lui sort5t comme les v]s d'un cadavre4 ,elle sue des maons4 ,ces puc]ons la piqu5t4 ,cette v]m9e la dvore4 ,la pauvre t\r comm5ce tomb] pi]re pi]re2 ses sculptures se bris5t sur le pav2 elle clab\sse les maisons de ses dbris2 son flanc s'v5tre2 son pr(il s'br*e1 et le b\rgeois inutile1 qui passe ct sans trop savoir ce qu'on lui fait1 s'tonne de la voir *>ge de cordes1 de p\lies et d'*elles plus qu'elle ne le fut jamais p> un assaut d'anglais ou de b\rguignons4 ,a9si1 p\r jet] bas cette t\r de ,l\is d',outrem]1 presque contempora9e des t\rs roma9es de l'anci5ne ,bibrax1 p\r faire ce que n'avai5t fait ni bli]s1 ni bali/es1 ni scorpions1 ni catapultes1 ni ha*es1 ni dolabres1 ni eng9s1 ni bomb>des1 ni s]p5t9es1 ni fauconneaux1 ni c\leuvr9es1 ni les b\lets de f] des =ges de ,creil1 ni les pi]res bomb>de des c>rires de ,pronne1 ni le canon1 ni le tonn]re1 ni la tempte1 ni la bataille1 ni le feu des hommes1 ni le feu du ciel1 il a suffi au dix-neuvime sicle1 m]veilleux progrs6 d'une plume d'oie1 prom5e peu prs au has>d sur une feuille de papi] p> quelques inf9im5t petits6 m*ante plume d'un conseil municipal du v+time ordre6 plume qui =mule boiteusem5t les fetfas imbciles d'un divan de paysans6 plume imp]ceptible du snat de ,lilliput6 plume qui fait des fautes de franais6 plume qui ne sait pas l'or?ographe6 plume qui1 c\p sr1 a trac plus de croix que de signatures au bas de l'inepte arrt6 ,et la t\r a t dmolie6 et cela s'e/ fait6 et la ville a pay p\r cela6 ,on lui a vol sa c\ronne1 et elle a pay le voleur6 ,quel nom donn] t\tes ces *oses8 ,et1 n\s le rptons p\r qu'on y songe bi51 le fait de ,laon n'e/ pas un fait isol4 ,a l'heure o n\s crivons1 il n'e/ pas un po9t en ,france o il ne se passe quelque *ose d'analogue4 ,c'e/ plus ou c'e/ mo9s1 c'e/ peu ou c'e/ beauc\p1 c'e/ petit ou c'e/ gr&1 mais c'e/ t\j\rs et p>t\t du v&alisme4 ,la li/e des dmolitions e/ 9puisable4 ,elle a t comm5ce p> n\s et p> d'autres criva9s qui ont plus d'importance que n\s4 ,il s]ait facile de la grossir1 il s]ait impossible de la clore4 ,on vi5t de voir une pr\esse de conseil municipal4 ,ailleurs1 c'e/ un maire qui dplace un peulv5 p\r m>qu] la limite du *amp communal2 c'e/ un vque qui ratisse et badigeonne sa ca?drale2 c'e/ un prfet qui jette bas une abbaye du quatorzime sicle p\r dmasqu] les f5tres de son salon2 c'e/ un artilleur qui rase un clotre de #adfj p\r rallong] un polygone2 c'e/ un adjo9t qui fait du s>cophage de ,?odeb]! une auge aux p\rceaux4 ,n\s p\rrions cit] les noms4 ,n\s en avons piti4 ,n\s les taisons4 ,cep5dant il ne mrite pas d'tre p>gn1 ce cur de ,fcamp qui a fait dmolir le jub de son glise1 donnant p\r raison que ce massif incommode1 cisel et f\ill p> les ma9s miraculeuses du qu9zime sicle1 privait ses p>oissi5s du bonheur de le contempl]1 lui cur1 dans sa spl5deur l'autel4 ,le maon qui a excut l'ordre du bat s'e/ fait des dbris du jub une admirable maisonnette qu'on peut voir ,fcamp4 ,quelle honte6 ,qu'e/ dev5u le temps o le prtre tait le suprme ar*itecte8 ,ma9t5ant le maon enseigne le prtre6 ,n'y a-t-il pas aussi un dragon ou un h\s>d qui veut faire de l'glise de ,br\1 de cette m]veille1 son gr5i] fo91 et qui en dem&e +num5t la p]mission au m9i/re8 ,n'tait-on pas en tra9 de gratt] du haut en bas la belle ca?drale d',ang]s qu& le tonn]re e/ tomb sur la fl*e1 noire et intacte encore1 et l'a brle1 comme si le tonn]re avait eu1 lui1 de l'intellig5ce et avait mieux aim abolir le vieux clo*] que de le laiss] gratign] p> des conseill]s municipaux6 ,un m9i/re de la re/auration n'a-t-il pas rogn ,v9c5nes ses admirables t\rs et ,t\l\se ses beaux remp>ts8 ,n'y a-t-il pas eu1 ,sa9t-,om]1 un prfet qui a dtruit aux trois qu>ts les magnifiques ru9es de ,sa9t-,b]t91 s\s prtexte de donn] du travail aux ouvri]s8 ,drision6 si v\s tes des adm9i/rateurs tellem5t mdiocres1 des c]veaux tellem5t /riles1 qu'en prs5ce des r\tes f]r]1 des canaux creus]1 des rues macadamis]1 des ports cur]1 des l&es dfri*]1 des coles btir1 v\s ne sa*iez que faire de vos ouvri]s1 du mo9s ne leur livrez pas comme une proie nos difices nationaux dmolir1 ne leur dites pas de se faire du pa9 avec ces pi]res4 ,p>tagez-les plutt1 ces ouvri]s1 en deux b&es2 que t\tes deux creus5t un gr& tr\1 et que *acune ensuite comble le si5 avec la t]re de l'autre4 ,et puis payez-leur ce travail4 ,voil une ide4 ,j'aime mieux l'inutile que le nuisible4 ,a ,p>is1 le v&alisme fleurit et prospre s\s nos yeux4 ,le v&alisme e/ ar*itecte4 ,le v&alisme se c>re et se prlasse4 ,le v&alisme e/ ft1 applaudi1 enc\rag1 admir1 c>ess1 protg1 consult1 subv5tionn1 dfray1 naturalis4 ,le v&alisme e/ entrepr5eur de travaux p\r le compte du g\v]nem5t4 ,il s'e/ in/all s\rnoisem5t dans le budget1 et il le grignote petit bruit1 comme le rat son fromage4 ,et1 c]tes1 il gagne bi5 son arg5t4 ,t\s les j\rs il dmolit quelque *ose du peu qui n\s re/e de cet admirable vieux ,p>is4 ,que sais-je8 le v&alisme a badigeonn ,notre-,dame1 le v&alisme a ret\* les t\rs du ,palais de ,ju/ice1 le v&alisme a ras ,sa9t-,magloire1 le v&alisme a dtruit le clotre des ,jacob9s1 le v&alisme a amput deux fl*es sur trois ,sa9t-,g]ma9-des-,prs4 ,n\s p>l]ons peut-tre dans quelques in/ants des difices qu'il btit4 ,le v&alisme a ses j\rnaux1 ses cot]ies1 ses coles1 ses *aires1 son public1 ses raisons4 ,le v&alisme a p\r lui les b\rgeois4 ,il e/ bi5 n\rri1 bi5 r5t1 b\ffi d'orgueil1 presque savant1 trs classique1 bon logici51 =t ?orici51 joyeux1 puissant1 affable au beso91 beau p>leur1 et cont5t de lui4 ,il tran*e du ,mcne4 ,il protge les jeunes tal5ts4 ,il e/ pr(esseur4 ,il donne de gr&s prix d'ar*itecture4 ,il envoie des lves ,rome4 ,il porte habit brod1 pe au ct et culotte franaise4 ,il e/ de l'in/itut4 ,il va la c\r4 ,il donne le bras au roi1 et flne avec lui dans les rues1 lui s\fflant ses plans l'oreille4 ,v\s avez d le r5contr]4 ,quelquefois il se fait propritaire1 et il *ange la t\r magnifique de ,sa9t-,jacques de la ,b\*]ie en fabrique de plomb de *asse1 impitoyablem5t f]me l'antiquaire fureteur2 et il fait de la nef de ,sa9t-,pi]re-aux-,boeufs un magas9 de futailles vides1 de l'htel de ,s5s une curie r\li]s1 de la maison de la ,c\ronne d'or une drap]ie1 de la *apelle de ,cluny une imprim]ie4 ,quelquefois il se fait pe9tre en btim5ts1 et il dmolit ,sa9t-,l&ry p\r con/ruire sur l'emplacem5t de cette simple et belle glise une gr&e laide maison qui ne se l\e pas4 ,quelquefois il se fait greffi]1 et il encombre de pap]asses la ,sa9te-,*apelle1 cette glise qui s]a la plus admirable p>ure de ,p>is1 qu& il aura dtruit ,notre-,dame4 ,quelquefois il se fait spculateur1 et dans la nef d%onore de ,sa9t-,b5ot il embote violemm5t un ?tre1 et quel ?tre6 ,opprobre6 le clotre sa9t1 docte et grave des bndict9s1 mtamorphos en je ne sais quel mauvais lieu littraire4 ,s\s la re/auration1 il pr5ait ses aises et s'battait d'une manire t\t aussi *>mante1 n\s en conv5ons4 ,*acun se rappelle comm5t le v&alisme1 qui alors aussi tait ar*itecte du roi1 a trait la ca?drale de ,reims4 ,un homme d'honneur1 de sci5ce et de tal5t1 ,m4 ,vitet1 a dj signal le fait4 ,cette ca?drale e/1 comme on sait1 *>ge du haut en bas de sculptures excell5tes qui dbord5t de t\tes p>ts son pr(il4 ,a l'poque du sacre de ,*>les ,x1 le v&alisme1 qui e/ bon c\rtisan1 eut peur qu'une pi]re ne se dta*t p> av5ture de t\tes ces sculptures en surplomb1 et ne vnt tomb] incongrm5t sur le roi1 au mom5t o sa maje/ pass]ait2 et sans piti1 et gr&s c\ps de maillet1 et trois gr&s mois durant1 il b>ba la vieille glise6 ,celui qui crit ceci a *ez lui une belle tte de ,*ri/1 dbris curieux de cette excution4 ,depuis juillet1 il en a fait une autre qui peut s]vir de p5dant celle-l1 c'e/ l'excution du j>d9 des ,tuil]ies4 ,n\s rep>l]ons quelque j\r et longuem5t de ce b\lev]sem5t b>b>e4 ,n\s ne le citons ici que p\r mmoire4 ,mais qui n'a hauss les paules en passant devant ces deux petits enclos usurps sur une prom5ade publique8 ,on a fait mordre au roi le j>d9 des ,tuil]ies1 et voil les deux b\*es qu'il se rs]ve4 ,t\te l'h>monie d'une oeuvre royale et tranquille e/ tr\ble1 la symtrie des p>t]res e/ borgne1 les bass9s entaill5t la t]rasse2 c'e/ gal1 on a ses deux j>d9ets4 ,que dirait-on d'un fabricant de vaudevilles qui se taill]ait un c\plet ou deux dans les *oeurs d',a?alie6 ,les ,tuil]ies1 c'tait l',a?alie de ,le ,ntre4 ,on dit que le v&alisme a dj condamn notre vieille et irrp>able glise de ,sa9t-,g]ma9-l',aux]rois4 ,le v&alisme a son ide lui4 ,il veut faire t\t trav]s ,p>is une gr&e1 gr&e1 gr&e rue4 ,une rue d'une lieue6 ,que de magnifiques dva/ations *em9 faisant6 ,sa9t-,g]ma9-l',aux]rois y pass]a1 l'admirable t\r de ,sa9t-,jacques de la ,b\*]ie y pass]a peut-tre aussi4 ,mais qu'importe6 une rue d'une lieue6 compr5ez-v\s comme cela s]a beau6 une ligne droite tire du ,l\vre la b>rire du ,trne2 d'un b\t de la rue1 de la b>rire1 on contempl]a la faade du ,l\vre4 ,il e/ vrai que t\t le mrite de la colonnade de ,p]rault1 si mrite il y a1 e/ dans ses proportions1 et que ce mrite s'van\ira dans la di/ance2 mais qu'e/-ce que cela fait8 on aura une rue d'une lieue6 de l'autre b\t1 du ,l\vre1 on v]ra la b>rire du ,trne1 les deux colonnes prov]biales que v\s savez1 maigres1 fluettes et risibles comme les jambes de ,poti]4 ,o m]veilleuse p]spective6 ,esprons que ce burlesque projet ne s'accomplira pas4 ,si l'on essayait de le ralis]1 esprons qu'il y aura une meute d'arti/es4 ,n\s y p\ss]ons de notre mieux4 ,les dva/ateurs ne manqu5t jamais de prtextes4 ,s\s la re/auration1 on gtait1 on mutilait1 on dfigurait1 on pr(anait les difices ca?oliques du moy5 ge1 le plus dvotem5t du monde4 ,la congrgation avait dvelopp sur les glises la mme excroissance que sur la religion4 ,le sacr-coeur s'tait fait m>bre1 bronze1 badigeonnage et bois dor4 ,il se produisait le plus s\v5t dans les glises s\s la =me d'une petite *apelle pe9te1 dore1 my/rieuse1 lgiaque1 ple9e d'anges b\ffis1 coquette1 galante1 ronde et faux j\r1 comme celle de ,sa9t-,sulpice4 ,pas de ca?drale1 pas de p>oisse en ,france laquelle il ne p\sst1 soit au front1 soit au ct1 une *apelle de ce g5re4 ,cette *apelle con/ituait p\r les glises une vritable maladie4 ,c'tait la v]rue de ,sa9t-,a*eul4 ,depuis la rvolution de juillet1 les pr(anations cont9u5t1 plus fune/es et plus mortelles encore1 et avec d'autres semblants4 ,au prtexte dvot a succd le prtexte national1 libral1 patriote1 philosophe1 voltairi54 ,on ne re/aure plus1 on ne gte plus1 on n'enlaidit plus un mom5t1 on le jette bas4 ,et l'on a de bonnes raisons p\r cela4 ,une glise1 c'e/ le fanatisme2 un donjon1 c'e/ la fodalit4 ,on dnonce un monum5t1 on massacre un tas de pi]res1 on septembrise des ru9es4 ,a pe9e si nos pauvres glises p>vi5n5t se sauv] en pr5ant coc>de4 ,pas une ,notre-,dame en ,france1 si colossale1 si vnrable1 si magnifique1 si imp>tiale1 si hi/orique1 si calme et si maje/ueuse qu'elle soit1 qui n'ait son petit drapeau tricolore sur l'oreille4 ,quelquefois on sauve une admirable glise en crivant dessus3 ,mairie4 ,ri5 de mo9s populaire p>mi n\s que ces difices faits p> le peuple et p\r le peuple4 ,n\s leur en v\lons de t\s ces crimes des temps passs dont ils ont t les tmo9s4 ,n\s v\drions effac] le t\t de notre hi/oire4 ,n\s dva/ons1 n\s pulvrisons1 n\s dtruisons1 n\s dmolissons p> esprit national4 ,a =ce d'tre bons franais1 n\s dev5ons d'excell5ts wel*es4 ,dans le nombre1 on r5contre c]ta9es g5s auxquels rpugne ce qu'il y a d'un peu banal dans le magnifique pa?os de juillet1 et qui applaudiss5t aux dmolisseurs p> d'autres raisons1 des raisons doctes et importantes1 des raisons d'conomi/e et de banqui]4 --,a quoi s]v5t ces monum5ts8 dis5t-ils4 ,cela cote des frais d'entreti51 et voil t\t4 ,jetez-les t]re et v5dez les matriaux4 ,c'e/ t\j\rs cela de gagn4--,s\s le pur rapport conomique1 le raisonnem5t e/ mauvais4 ,n\s l'avons dj tabli plus haut1 ces monum5ts sont des capitaux4 ,beauc\p d'entre eux1 dont la r5omme attire les trang]s ri*es en ,france1 rapport5t au pays bi5 au del de l'intrt de l'arg5t qu'ils ont cot4 ,les dtruire1 c'e/ priv] le pays d'un rev5u4 ,mais quittons ce po9t de vue aride1 et raisonnons de plus haut4 ,depuis qu& ose-t-on1 en ple9e civilisation1 que/ionn] l'art sur son utilit8 ,malheur v\s si v\s ne savez pas quoi l'art s]t6 ,on n'a ri5 de plus v\s dire4 ,allez6 dmolissez6 utilisez6 ,faites des moellons avec ,notre-,dame de ,p>is4 ,faites des gros s\s avec la ,colonne4 ,d'autres accept5t et veul5t l'art2 mais1 les ent5dre1 les monum5ts du moy5 ge sont des con/ructions de mauvais gt1 des oeuvres b>b>es1 des mon/res en ar*itecture1 qu'on ne saurait trop vite et trop soigneusem5t abolir4 ,a ceux-l non plus il n'y a ri5 rpondre4 ,c'en e/ f9i d'eux4 ,la t]re a t\rn1 le monde a m>* depuis eux2 ils ont les prjugs d'un autre sicle2 ils ne sont plus de la gnration qui voit le soleil4 ,c>1 il faut bi51 n\s le rptons1 que les oreilles de t\te gr&eur s'habitu5t l'ent5dre dire et r$ire1 en mme temps qu'une glorieuse rvolution politique s'e/ accomplie dans la socit1 une glorieuse rvolution intellectuelle s'e/ accomplie dans l'art4 ,voil v+t-c9q ans que ,*>les ,nodi] et ,mme de ,/al l'ont annonce en ,france2 et1 s'il tait p]mis de cit] un nom obscur aprs ces noms clbres1 n\s aj\t]ions que voil quatorze ans que n\s luttons p\r elle4 ,ma9t5ant elle e/ faite4 ,le ridicule duel des classiques et des romantiques s'e/ arrang de lui-mme1 t\t le monde tant la f9 du mme avis4 ,il n'y a plus de "q4 ,t\t ce qui a de l'av5ir e/ p\r l'av5ir4 ,a pe9e y a-t-il encore1 dans l'arrire-p>loir des collges1 dans la pnombre des acadmies1 quelques bons vieux enfants qui font j\j\ dans leur co9 avec les potiques et les m?odes d'un autre ge2 qui potes1 qui ar*itectes2 celui-ci s'battant avec les trois units1 celui-l avec les c9q ordres2 les uns g*ant du pltre selon ,vignole1 les autres g*ant des v]s selon ,boileau4 ,cela e/ respectable4 ,n'en p>lons plus4 ,or1 dans ce r5\vellem5t complet de l'art et de la critique1 la cause de l'ar*itecture du moy5 ge1 plaide srieusem5t p\r la premire fois depuis trois sicles1 a t gagne en mme temps que la bonne cause gnrale2 gagne p> t\tes les raisons de la sci5ce1 gagne p> t\tes les raisons de l'hi/oire1 gagne p> t\tes les raisons de l'art1 gagne p> l'intellig5ce1 p> l'imag9ation et p> le coeur4 ,ne rev5ons donc pas sur la *ose juge et bi5 juge2 et disons de haut au g\v]nem5t1 aux communes1 aux p>ticuli]s1 qu'ils sont responsables de t\s les monum5ts nationaux que le has>d met dans leurs ma9s4 ,n\s devons compte du pass l'av5ir4 ,po/]i1 po/]i1 ve/ra res agitur4 ,quant aux difices qu'on n\s btit p\r ceux qu'on n\s dtruit1 n\s ne pr5ons pas le *ange1 n\s n'en v\lons pas4 ,ils sont mauvais4 ,l'auteur de ces lignes ma9ti5t t\t ce qu'il a dit ailleurs#b sur les monum5ts mod]nes du ,p>is actuel4 ,il n'a ri5 de plus d\x dire des monum5ts en con/ruction4 ,que n\s importe les trois ou quatre petites glises cubiques que v\s btissez piteusem5t et l6 ,laissez donc cr\l] votre ru9e du quai d',orsay avec ses l\rds c9tres et ses vila9es colonnes engages6 ,laissez cr\l] votre palais de la *ambre des dputs1 qui ne dem&ait pas mieux6 ,n'e/-ce pas une insulte1 au lieu dit cole des beaux-arts1 que cette con/ruction hybride et fa/idieuse dont l'pure a si longtemps sali le pignon de la maison vois9e1 talant effrontm5t sa nudit et sa laideur ct de l'admirable faade du *teau de ,gaillon8 ,sommes-n\s tombs ce po9t de misre qu'il n\s faille absolum5t admir] les b>rires de ,p>is8 ,y a-t-il ri5 au monde de plus bossu et de plus ra*itique que votre monum5t expiatoire 7ah 6 dcidm5t1 qu'e/-ce qu'il expie87 de la rue de ,ri*elieu8 ,n'e/-ce pas une belle *ose1 en vrit1 que votre ,madele9e1 ce tome deux de la ,b\rse1 avec son l\rd tympan qui crase sa maigre colonnade8 ,oh6 qui me dlivr]a des colonnades8 ,de grce1 employez mieux nos millions4 ,ne les employez mme pas p>faire le ,l\vre4 ,v\s v\driez a*ev] d'enclore ce que v\s appelez le p>alllogramme du ,l\vre4 ,mais n\s v\s prv5ons que ce p>alllogramme e/ un trapze2 et1 p\r un trapze1 c'e/ trop d'arg5t4 ,d'ailleurs1 le ,l\vre1 hors ce qui e/ de la r5aissance1 le ,l\vre1 voyez-v\s1 n'e/ pas beau4 ,il ne faut pas admir] et cont9u]1 comme si c'tait de droit div91 t\s les monum5ts du dix-septime sicle1 quoiqu'ils vaill5t mieux que ceux du dix-huitime1 et surt\t que ceux du dix-neuvime4 ,quel que soit leur bon air1 quelle que soit leur gr&e m9e1 il en e/ des monum5ts de ,l\is ,,xiv comme de ses enfants4 ,il y en a beauc\p de bt>ds4 ,le ,l\vre1 dont les f5tres entaill5t l'ar*itrave1 le ,l\vre e/ de ceux-l4 ,s'il e/ vrai1 comme n\s le croyons1 que l'ar*itecture1 seule entre t\s les arts1 n'ait plus d'av5ir1 employez vos millions cons]v]1 entret5ir1 t]nis] les monum5ts nationaux et hi/oriques qui app>ti5n5t l'tat1 et ra*et] ceux qui sont aux p>ticuli]s4 ,la ranon s]a modique4 ,v\s les aurez bon m>*4 ,tel propritaire ignorant v5dra le ,p>?non p\r le prix de la pi]re4 ,faites rp>] ces beaux et graves difices4 ,faites-les rp>] avec so91 avec intellig5ce1 avec sobrit4 ,v\s avez aut\r de v\s des hommes de sci5ce et de gt qui v\s clair]ont dans ce travail4 ,surt\t que l'ar*itecte re/aurateur soit frugal de ses propres imag9ations2 qu'il tudie curieusem5t le c>actre de *aque difice1 selon *aque sicle et *aque climat4 ,qu'il se pntre de la ligne gnrale et de la ligne p>ticulire du monum5t qu'on lui met entre les ma9s1 et qu'il sa*e habilem5t s\d] son gnie au gnie de l'ar*itecte anci54 ,v\s t5ez les communes en tutelle1 df5dez-leur de dmolir4 ,quant aux p>ticuli]s1 quant aux propritaires qui v\drai5t s'entt] dmolir1 que la loi le leur df5de2 que leur proprit soit e/ime1 paye et adjuge l'tat4 ,qu'on n\s p]mette de transcrire ici ce que n\s disions ce sujet en #ahbe3 ,il faut arrt] le m>teau qui mutile la face du pays4 ,une loi suffirait2 qu'on la fasse4 ,quels que soi5t les droits de la proprit1 la de/ruction d'un difice hi/orique et monum5tal ne doit pas tre p]mise ces ignobles spculateurs que leur intrt aveugle sur leur honneur2 misrables hommes1 et si imbciles1 qu'ils ne compr5n5t mme pas qu'ils sont des b>b>es6 ,il y a deux *oses dans un difice1 son usage et sa beaut4 ,son usage app>ti5t au propritaire1 sa beaut t\t le monde1 v\s1 moi1 n\s t\s4 ,donc1 le dtruire1 c'e/ dpass] son droit4 ,ceci e/ une "q d'intrt gnral1 d'intrt national4 ,t\s les j\rs1 qu& l'intrt gnral lve la voix1 la loi fait taire les glapissem5ts de l'intrt priv4 ,la proprit p>ticulire a t s\v5t et e/ encore t\s mom5ts modifie dans le s5s de la communaut sociale4 ,on v\s a*te de =ce votre *amp p\r en faire une place1 votre maison p\r en faire un hospice4 ,on v\s a*t]a votre monum5t4 ,s'il faut une loi1 rptons-le1 qu'on la fasse4 ,ici1 n\s ent5dons les objections s'lev] de t\tes p>ts3 --,e/-ce que les *ambres ont le temps8--,une loi p\r si peu de *ose6 ,p\r si peu de *ose6 ,comm5t6 n\s avons qu>ante-quatre mille lois dont n\s ne savons que faire1 qu>ante-quatre mille lois sur lesquelles il y en a pe9e dix de bonnes4 ,t\s les ans1 qu& les *ambres sont en *aleur1 elles en pond5t p> c5ta9es1 et1 dans la c\ve1 il y en a t\t au plus deux ou trois qui naiss5t viables4 ,on fait des lois sur t\t1 p\r t\t1 contre t\t1 propos de t\t4 ,p\r transport] les c>tons de tel m9i/re d'un ct de la rue de ,gr5elle l'autre1 on fait une loi4 ,et une loi p\r les monum5ts1 une loi p\r l'art1 une loi p\r la nationalit de la ,france1 une loi p\r les s\v5irs1 une loi p\r les ca?drales1 une loi p\r les plus gr&s produits de l'intellig5ce huma9e1 une loi p\r l'oeuvre collective de nos pres1 une loi p\r l'hi/oire1 une loi p\r l'irrp>able qu'on dtruit1 une loi p\r ce qu'une nation a de plus sacr aprs l'av5ir1 une loi p\r le pass1 cette loi ju/e1 bonne1 excell5te1 sa9te1 utile1 ncessaire1 indisp5sable1 urg5te1 on n'a pas le temps1 on ne la f]a pas6 ,risible6 risible6 risible6 #a3 ,n\s ne publions pas le nom du signataire de la lettre1 n'y tant po9t =mellem5t autoris p> lui2 mais n\s le t5ons en rs]ve p\r notre g>antie4 ,n\s avons cru devoir aussi retran*] les passages qui n'tai5t que l'expression trop bi5veillante de la sympa?ie de notre correspondant p\r n\s p]sonnellem5t4 #b3 ,notre-,dame de ,p>is4 #ahcc ,,ymb]t ,,galloix ,ymb]t ,galloix tait un pauvre jeune homme de ,g5ve1 fils ou petit-fils1 si notre mmoire e/ bonne1 d'un vieux matre d'criture du pays2 un pauvre g5evois1 disons-n\s1 bi5 lev et bi5 lettr d'ailleurs1 qui v9t ,p>is1 il y a six ans1 n'ayant pas devant lui de quoi vivre plus d'un mois1 mais avec cette p5se1 qui en a leurr tant d'autres1 que ,p>is e/ une ville de *ance et de lot]ie1 o quiconque j\e bi5 le jeu de sa de/9e f9it p> gagn]2 une mtropole bnie o il y a des av5irs t\t faits et *oisir1 que *acun peut aju/] son exi/5ce2 une t]re de promission qui ouvre des horizons magnifiques t\tes les intellig5ces dans t\tes les directions2 un va/e ateli] de civilisation o t\te capacit tr\ve du travail et fait =tune2 un ocan o se fait *aque j\r la p*e miraculeuse2 une cit prodigieuse1 en un mot1 une cit de prompt succs et d'activit excell5te1 d'o en mo9s d'un an l'homme de tal5t qui y e/ entr sans s\li]s ressort en c>rosse4 ,il y e/ arriv au mois d'octobre #ahbg1 il y e/ mort de misre au mois d'octobre #ahbh4 ,il n'y a en ceci aucune hyp]bole1 ce jeune homme e/ mort de misre ,p>is4 ,ce n'e/ pas que quelques hommes de ces classes intellig5tes et huma9es qu'on e/ conv5u de dsign] s\s le nom vague d'arti/es1 ce n'e/ pas que quelques jeunes g5s de la bonne jeunesse qui p5se et qui tudie1 au milieu desquels il tomba son arrive ,p>is1 inconnu de t\s1 ne lui ai5t s]r la ma91 ne lui ai5t donn conseil et sec\rs1 ne lui ai5t1 dans l'occasion1 ouv]t leur b\rse qu& il avait faim et leur coeur qu& il pleurait4 ,il va sans dire que plusieurs d'entre eux se sont t\t naturellem5t cotiss p\r pay] son d]ni] loy] et son d]ni] mdec91 et que ce n'e/ pas au *>p5ti] qu'il doit sa bire4 ,mais qu'e/-ce que t\t cela1 si ce n'e/ m\rir de misre8 ,a son arrive ,p>is1 il se prs5ta de lui-mme1 avec quelque assurance1 dans trois ou quatre maisons4 ,voici ce sujet ce que n\s disait encore1 il y a peu de j\rs1 un de ceux qui l'ont accueilli dans ses premires illusions et assi/ dans ses d]nires angoisses4 --,c'tait en octobre #ahbg1 un mat9 qu'il faisait dj froid1 je djeunais2 la porte s'ouvre1 un jeune homme entre4 ,un gr& jeune homme un peu c\rb1 l'oeil brillant1 des *eveux noirs1 les pommettes r\ges1 une r$+ote blan*e assez neuve1 un vieux *apeau4 ,je me lve et je le fais asseoir4 ,il balbutie une phrase emb>rasse d'o je ne vis saillir di/9ctem5t que trois mots3 ,ymb]t ,galloix1 ,g5ve1 ,p>is4 ,je compris que c'tait son nom1 le lieu o il avait t enfant1 et le lieu o il v\lait tre homme4 ,il me p>la posie4 ,il avait un r\leau de papi]s s\s le bras4 ,je l'accueillis bi52 je rem>quai seulem5t qu'il ca*ait ses pi$s s\s sa *aise avec un air gau*e et presque honteux4 ,il t\ssait un peu4 ,le l5dema91 il pleuvait v]se1 le jeune homme rev9t4 ,il re/a trois heures4 ,il tait d'une belle humeur et t\t rayonnant4 ,il me p>la des potes anglais1 sur lesquels je suis peu lettr1 ,%akespe>e et ,byron excepts4 ,il t\ssait beauc\p4 ,il ca*ait t\j\rs ses pi$s s\s sa *aise4 ,au b\t de trois heures1 je m'ap]u qu'il avait des s\li]s p]cs et qui pr5ai5t l'eau4 ,je n'osai lui en ri5 dire4 ,il s'en alla sans m'avoir p>l d'autre *ose que des potes anglais444 ,il se prs5ta peu prs de cette faon p>t\t o il alla1 c'e/--dire *ez trois ou quatre hommes spcialem5t v\s aux tudes d'art et de posie4 ,il fut bi5 reu p>t\t1 t\j\rs enc\rag1 s\v5t aid4 ,cela ne l'a pas emp* de m\rir de misre1 la lettre1 comme il a t dit plus haut4 ,ce qui le c>actrisait dans les premi]s mois de son sj\r ,p>is1 c'tait une ard5te et fivreuse curiosit4 ,il v\lait voir ,p>is1 ent5dre ,p>is1 respir] ,p>is1 t\*] ,p>is4 ,non le ,p>is qui p>le politique et lit le ,con/itutionnel et monte la g>de la mairie2 non le ,p>is que vi5n5t admir] les prov9ciaux dsoeuvrs1 le ,p>is-monum5t1 le ,p>is-,sa9t-,sulpice1 le ,p>is-,pan?on1 pas mme le ,p>is des biblio?ques et des muses4 ,non1 ce qui l'occupait avant t\t1 ce qui veillait sans rel*e sa curiosit1 ce qu'il exam9ait1 ce qu'il que/ionnait sans cesse1 c'e/ la p5se de ,p>is1 c'e/ la mission littraire de ,p>is1 c'e/ la mission civilisatrice de ,p>is1 c'e/ le progrs que conti5t ,p>is4 ,c'e/ surt\t s\s le po9t de vue des dveloppem5ts n\veaux de l'art que ce jeune homme tudiait ,p>is4 ,p>t\t o il ent5dait rsonn] une enclume littraire1 il arrivait4 ,il y mettait ses ides1 il les laissait m>tel] plaisir p> la discussion1 et s\v5t1 =ce de les re=g] a9si sans cesse1 il les d=mait4 ,ymb]t ,galloix e/ un des plus frappants exemples du pril de la controv]se p\r les esprits de second ordre4 ,qu& il e/ mort1 il n'avait plus une seule ide droite dans le c]veau4 ,ce qui le c>actrisa dans les d]ni]s mois de son sj\r1 qui fur5t les d]ni]s mois de sa vie1 c'e/ un pr(ond dc\ragem5t4 ,il ne v\lait plus ri5 voir1 plus ri5 ent5dre1 plus ri5 dire4 ,en quelques mois1 p> une transition dont n\s laissons le lecteur rv] les nuances1 le pauvre jeune homme tait arriv de la curiosit au dgt4 ,ici il se prs5te plusieurs que/ions1 que n\s posons sans les rs\dre4 ,de quel ct ses illusions tai5t-elles ru9es8 tait-ce l'intrieur ou l'extrieur8 ,avait-il cess de croire en lui ou au monde8 ,p>is1 aprs exam51 lui avait-il sembl *ose trop gr&e ou *ose trop petite8 ,s'tait-il jug trop faible ou trop =t p\r pr5dre joyeusem5t de l'ouvrage dans cet imm5se ateli] de civilisation8 ,la mesure idale de lui-mme qu'il portait en lui s'tait-elle tr\ve trop c\rte ou trop haute qu& il l'avait sup]pose aux ralits d'une exi/5ce faire et d'une c>rire p>c\rir8 ,en un mot1 la cause de l'inaction volontaire qui hta sa mort1 tait-ce effroi ou dda98 ,n\s ne savons4 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ qu'aprs avoir bi5 reg>d ,p>is1 il croisa tri/em5t les bras et refusa de ri5 faire4 tait-ce p>esse8 tait-ce fatigue8 tait-ce /upeur8 ,selon n\s1 c'tait les trois *oses la fois4 ,il n'avait tr\v ni dans ,p>is ni en lui-mme ce qu'il *]*ait4 ,la ville qu'il avait cru voir dans ,p>is n'exi/ait pas4 ,l'homme qu'il avait cru voir en lui ne se ralisait pas4 ,son d\ble rve van\i1 il se laissa m\rir4 ,n\s disons qu'il se laissa m\rir4 ,c'e/ qu'en effet1 au physique comme au moral1 sa mort fut une espce de suicide4 ,on n\s p]mettra de ne pas clair] davantage un des cts de notre p5se4 ,le fait e/ qu'il refusa de travaill]4 ,on lui avait tr\v des besognes faire 7misrables besognes1 il e/ vrai1 o s'us5t tant de jeunes g5s capables peut-tre de gr&es *oses71 des dictionnaires1 des compilations1 des biographies de contempora9s v+t francs la colonne4 ,il s'essaya p5dant un temps d'crire quelques lignes p\r ces div]s labeurs4 ,puis le coeur lui manqua2 il refusa t\t4 ,il fut inv9ciblem5t pris d'oisivet comme un voyageur e/ pris de sommeil dans la neige4 ,une maladie l5te qu'il avait depuis l'enfance s'aggrava4 ,la fivre surv9t4 ,il trana deux ou trois mois1 et m\rut4 ,il avait v+t-deux ans4 ,a proprem5t p>l]1 le pays de son *oix1 ce n'tait pas la ,france1 c'tait l',anglet]re4 ,son rve1 ce n'tait pas ,p>is1 c'tait ,londres4 ,on le va voir dans les lignes qu'il a laisses4 ,v]s les d]ni]s temps de sa vie1 qu& la s\ffrance comm5ait drang] sa raison1 qu& ses ides demi te9tes ne jetai5t plus que quelques lueurs dans son c]veau puis1 il disait1 biz>re *imre1 que la pr9cipale condition p\r tre heureux1 c'tait d'tre n anglais4 ,il v\lait all] en ,anglet]re p\r y dev5ir "l1 gr& pote1 et y faire =tune4 ,il appr5ait l'anglais ardemm5t4 ,c'tait le seul travail auquel il ft re/ fidle4 ,le j\r de sa mort1 sa*ant qu'il allait m\rir1 il avait une grammaire sur son lit et il tudiait l'anglais4 ,qu'en v\lait-il faire8 ,ymb]t ,galloix e/ mort tri/e1 ananti1 dsespr1 sans une seule vision de gloire son *evet4 ,il avait enf\i quelques colonnes de prose =t vulgaire1 disait-il1 dans le reco9 le plus obscur d'une de ces t\rs de ,babel littraires que la librairie appelle dictionnaires biographiques4 ,il esprait bi5 que p]sonne ne vi5drait jamais dt]r] cette prose de l4 ,quant aux r>es essais de posie qu'il avait t5ts1 sur les d]ni]s temps1 dc\rag comme il l'tait1 il en p>lait d'un ton morose et =t svrem5t4 ,sa posie1 en effet1 ne se produisait jamais gure qu' l'tat d'bau*e4 ,dans l'ode1 son v]s tait trop haletant et avait trop c\rte hale9e p\r c\rir f]mem5t jusqu'au b\t de la /rophe4 ,sa p5se1 t\j\rs d*ire p> de laborieux enfantem5ts1 n'emplissait qu' gr& pe9e les s9uosits du rhy?me et y laissait s\v5t des lacunes p>t\t4 ,il avait des curiosits de rime et de =me qui peuv5t tre1 dans des tal5ts complets1 une qualit de plus1 prcieuse sans d\te1 mais secondaire aprs t\t1 et qui ne supple aucune qualit ess5tielle4 ,qu'un v]s ait une bonne =me1 cela n'e/ pas t\t2 il faut absolum5t1 p\r qu'il y ait p>fum1 c\leur et saveur1 qu'il conti5ne une ide1 une image ou un s5tim5t4 ,l'abeille con/ruit arti/em5t les six pans de son alvole de cire1 et puis elle l'emplit de miel4 ,l'alvole1 c'e/ le v]s2 le miel1 c'e/ la posie4 ,galloix tait plus l'aise dans l'lgie4 ,l1 sa posie tait p>fois aussi palpitante que son coeur1 mais l aussi la facult d'exprim] t\t lui manquait s\v5t4 ,en gnral son c]veau rsi/ait la production littraire proprem5t dite4 ,quelquefois1 =ce de s\ffrir1 le pote dev5ait un homme1 son lgie dev5ait une confid5ce1 son *ant dev5ait un cri2 alors c'tait beau4 ,comme il croyait peu la valeur ess5tielle et durable de sa prose ou de ses v]s1 comme il n'avait eu le temps de ralis] aucun de ses rves d'arti/e1 il e/ mort avec la conviction dsolante que ri5 de lui ne re/]ait aprs lui4 ,il se trompait4 ,il re/]a de lui une lettre4 ,une lettre admirable1 selon n\s1 une lettre loqu5te1 pr(onde1 maladive1 fbrile1 d\l\reuse1 folle1 unique2 une lettre qui raconte t\te une me1 t\te une vie1 t\te une mort2 une lettre trange1 vraie lettre de pote1 ple9e de vision et de vrit4 ,cette lettre1 l'ami auquel ,ymb]t ,galloix l'adressait a bi5 v\lu n\s la confi]4 ,la voici4 ,elle f]a mieux connatre ,ymb]t ,galloix que t\t ce que n\s p\rrions dire4 ,n\s la publions telle qu'elle e/1 avec les rptitions1 les nologismes1 les fautes de franais 7il y en a71 et t\s ces emb>ras d'expression propres au /yle g5evois4 ,les deux ou trois suppressions qu'on y rem>qu]a tai5t imposes celui qui crit ceci p> des conv5ances rig\reuses qui s]ai5t appr\ves de t\t le monde4 ,on a t* que cette publication1 t\te dans l'intrt de l'art1 ft aussi imp]sonnelle que possible4 ,a9si les noms propres qui sont crits en t\tes lettres dans l'orig9al ne sont ici dsigns que p> des initiales1 af9 de mnag] les vanits et surt\t les mode/ies4 ,cela pos1 n\s devons r$ire que l'ess5ce mme de la lettre e/ religieusem5t respecte4 ,pas un mot n'a t *ang1 pas un dtail n'a t d=m4 ,n\s croyons qu'on lira avec le mme intrt que n\s cette confession my/rieuse d'une me qui ressemble =t peu aux autres mes1 et qui n\s pe9t presque t\s cep5dant4 ,voil1 notre s5s1 ce qui c>actrise cette s+ulire lettre4 ,c'e/ une exception1 et c'e/ t\t le monde4 ,p>is1 #aa dcembre #ahbg4 ,mon pauvre ,d----1 ,il y a bi5 des j\rs que je me propose de v\s crire4 ,mais la d\leur1 la maladie que v\s me connaissez1 les di/ances de ,p>is1 qui mang5t la moiti des j\rnes1 t\t m'en a emp*4 ,oh6 que je s\ffre et que j'ai s\ff]t6 ,il m'e/ impossible de song] mettre de l'ordre dans ma lettre1 v\s dpe9dre mme l'tat de mon me1 matrialis] p> des mots glacs ces navrantes et p]ptuellem5t successives impressions1 s5sations1 t]reurs1 abmes de mlancolie1 de dsespoir1 etc4 ,n\s sommes auj\rd'hui le #aa dcembre4 ,il e/ trois heures4 ,j'ai m>*1 j'ai lu1 le ciel e/ beau1 et je s\ffre horriblem5t4 ,arriv ici le #bg octobre1 voici donc un mois que je languis et vgte sans espoir4 ,j'ai eu des heures1 des j\rnes entires o mon dsespoir appro*ait de la folie4 ,fatigu1 crisp physiquem5t et moralem5t1 crisp l'me1 j'errais sans cesse dans ces rues b\euses et enfumes1 inconnu1 solitaire au milieu d'une imm5se f\le d'tres1 les uns p\r les autres inconnus aussi4 ,un soir1 je m'appuyai contre les murs d'un pont sur la ,se9e4 ,des milli]s de lumires se prolongeai5t l'inf9i1 le fleuve c\lait4 ,j'tais si fatigu1 que je ne p\vais plus m>*]1 et l1 reg>d p> quelques passants comme un f\ probablem5t1 l1 je s\ffrais tellem5t1 que je ne p\vais pleur]4 ,v\s me plaisantiez quelquefois ,g5ve sur mes s5sations4 ,eh bi51 ici je les dvore solitaire4 ,elles me t\rm5t5t1 m'agit5t sans cesse1 et t\t se runit p\r me d*ir] l'me1 ce s5tim5t imm5se et cont9uel du nant de nos vanits1 de nos joies1 de nos d\leurs1 de nos p5ses2 l'inc]titude de ma situation1 la peur de la misre1 ma maladie n]veuse1 mon obscurit1 l'inutilit des dm>*es1 l'isolem5t1 l'indiffr5ce1 l'gsme1 la solitude du coeur1 le beso9 du ciel1 des *amps1 des montagnes1 les p5ses philosophiques mme1 et p>-dessus t\t cela1 oh6 oui1 p>-dessus t\t cela1 les regrets lacrants#a du pays de ses aeux4 ,il e/ des mom5ts o je rve t\t ce que j'aimais1 o je me promne encore sur ,sa9t-,anto9e1 o je me rappelle t\tes mes d\leurs de ,g5ve1 et les joies que j'y ai connues1 bi5 r>em5t1 il e/ vrai4 ,il e/ des mom5ts o les traits de mes amis1 de mes p>5ts1 un lieu consacr p> un s\v5ir1 un arbre1 un ro*]1 un co9 de rue1 sont l devant mes yeux1 et les cris d'un porteur d'eau de ,p>is me rveill5t4 ,oh6 que je s\ffre alors6 ,s\v5t1 r5tr dans ma *ambre solitaire1 h>ass de corps et d'esprit1 l je m'assi$s1 je rve1 mais d'une rv]ie amre1 sombre1 dlirante4 ,t\t me rappelle ces pauvres p>5ts que je n'ai pas r5dus heureux2 les so9s de blan*isseuse1 etc41 etc41 t\t cela m't\ffe4 ,les heures des repas *anges6 ,oh6 que je regrette et ma *ambre de ,g5ve1 o j'ai tant s\ff]t1 et la classe1 et mon oncle1 et votre co9 de feu1 et les visages connus1 et les rues acc\tumes6 ,s\v5t un ri51 la vue de l'objet le plus trivial1 d'un bas1 d'une j>retire1 t\t cela me r5d le pass vivant1 et m'accable de t\te la d\leur du prs5t4 ,misre de l'homme qui regrette ce qu'il maudirait bi5tt qu& il le retr\v]ait6 ,je ne puis mme j\ir de ma d\leur1 l'esprit d'analyse e/ t\j\rs l qui ds5*ante t\t4 ,ennui d'une me fltrie v+t et un ans1 d\tes arides1 vagues regrets d'un bonheur entrevu plus vaguem5t encore comme ces gloires du c\*ant sur la cime de nos montagnes1 d\leurs positives1 d\leurs idales1 p]suasion du malheur enrac9e dans l'me1 c]titude que la =tune1 quoique un gr& bi51 ne n\s r5drait pas p>faitem5t heureux3 voil ce qui t\rm5te ma pauvre me4 ,oh6 mon unique ami1 qu'ils sont malheureux1 ceux qui sont ns malheureux6 ,et quelquefois p\rtant1 il semble qu'une musique ari5ne rsonne mes oreilles1 qu'une h>monie mlancolique et trangre au t\rbillon des hommes vibre de sphre en sphre jusqu' moi2 il semble qu'une possibilit de d\leurs tranquilles et maje/ueuses s'(fre l'horizon de ma p5se comme les fleuves des pays lo9ta9s l'horizon de l'imag9ation4 ,mais t\t s'van\it p> un cruel ret\r sur la vie positive1 t\t6 ,que de fois j'ai dit avec ,r\sseau3 ,o ville de b\e et de fume6 ,que cette me t5dre a d s\ffrir ici6 ,isol1 errant1 t\rm5t comme moi1 mais mo9s malheureux de soixante ans d'un sicle srieux et de gr&s vnem5ts1 il gmirait ,p>is2 j'y gmis1 d'autres y vi5dront gmir4 ,o nant6 nant6 ,j'ai p\rtant eu deux ou trois mom5ts d'extase4 ,un j\r1 l',opra1 la musique en*ante du ,sige de ,cor9! m'avait fait oubli] mes pe9es4 ,v\s savez combi5 j'aime l'lgance1 la somptuosit1 les titres1 t\t enf91 t\t ce qui n\s place dans un monde aussi beau que possible ici-bas1 du mo9s l'extrieur4 ,eh bi51 ces impressions que m'apportai5t ,g5ve tant de physionomies trangres et di/+ues1 tant de belles mes1 de gr&s p]sonnages1 tant de livres1 d'quipages1 enf9 ce spectacle ravissant des pompes de la civilisation au milieu des pompes de la nature1 spectacle qui fait de ,g5ve une ville peut-tre unique en ,europe relativem5t sa gr&eur2 ces impressions1 je ne les ai retr\ves ,p>is qu' l',opra1 et en relisant avec passion la ,vie d',alfi]i1 crite p> lui-mme1 que je n'avais pas lue depuis quatre ans4 ,que de *oses p\r moi et p\r *aque me dans ces quatre ans6 ,j'tais donc l',opra4 ,les pre/iges de la musique1 la magnific5ce du ?tre1 les toilettes et les physionomies qui g>nissai5t les loges1 je respirais t\t cela1 je me croyais pr9ce1 ri*e1 honor2 les portiques d'un monde qui n'e/ beau p\r moi que p>ce que je l'ignore1 se dess9ai5t ma vue ent\rs d'une aurole d'lgance et de re*]*e4 ,j'avais oubli ma situation1 ou plutt je *]*ais me conva9cre qu'elle allait cess]4 ,quoique ent\r des simples mises du p>t]re1 c'tait bi5 aux loges que j'tais4 ,je ne voyais qu'au-dessus de moi4 ,j'tais plong dans un ocan d'illusions1 d'esprances dmesures1 d'h>monie1 de spl5deurs1 de vanits1 etc4 ,cet tat dura une demi-heure4 ,oh6 qu'ils fur5t tri/es1 les mom5ts qui suivir5t6 qu'ils fur5t am]s6 ,il en e/ de mme de la vie errante de ce ri*e1 noble et malheureux ,alfi]i4 ,on n'y voit que des ambassadeurs nobles1 des voyages en po/e cont9uels1 des valets de *ambre1 etc4 ,oh6 qu'il fait bon tre malheureux avec tr5te mille francs de r5te6 ,non1 non2 excusez cette phrase4 ,v\s savez combi5 je sais dp\ill] le malheur de son ent\rage positif et le contempl] dans son affreuse nudit1 qui e/ la mme p\r t\tes les conditions lorsqu'on a dans l'me quelque *ose qui bat plus =tem5t p\r n\s que p\r la f\le4 ,les s5sations m'accabl5t4 ,je quitte la plume2 je vais rv]4 ,riez1 c> l v\s me reconnaissez t\t enti]1 n'e/-ce pas8 ,je repr5ds la plume auj\rd'hui #bg dcembre4 ,je s\ffre1 et t\j\rs4 ,j'ai eu des mom5ts horribles2 mais je ne veux pas v\s lass] encore de mes pla9tes4 ,il e/ m9uit et quelques m9utes4 ,n\s sommes donc le #bh4 ,qu'importe6 ,quelques voitures r\l5t encore de lo9 en lo92 mais on e/ sorti de l',odon4 ,la tri/esse1 l'hiv]1 la solitude et la nuit rgn5t4 ,je veille au co9 d'un feu au quatrime tage de la rue des ,fosss-,sa9t-,g]ma9-des-,prs4 ,ma *ambre1 assez lgante1 e/ seule1 et je suis face face avec ma tri/esse et mon ennui4 ,croiriez-v\s que je n'aime plus les femmes8 ,pas le mo9dre dsir physique4 ,il faut que la d\leur m'absorbe entirem5t4 ,mais je me laiss]ai facilem5t all] de n\velles rv]ies4 ,v5ons au fait4 ,depuis longtemps je suis trs li avec ----4 ,je suis encore li intimem5t avec ,*4 ,n----4 ,celui-l e/ encore plus expansif que ----2 il v\s plairait davantage1 surt\t les premires fois4 ,n---- a s\v5t les l>mes sur le bord des paupires1 t\t en v\s p>lant4 ,il a ce que v\s nommez de l'humectant dans t\te sa p]sonne4 ,il me tmoigne une affection t\te pat]nelle4 ,on p\rrait lui repro*] peut-tre d'avoir trop d'indulg5ce p\r les mdiocrits1 mais cela ti5t sa gr&e bont4 ---- tomb]ait dans l'excs contraire2 il ne v]rait pas avec plaisir1 je crois1 un homme qu'il jug]ait ord9aire4 ,v\s me direz qu'il y a de l'am\r-propre l2 mais si j'tais oblig de me gn] avec v\s1 autant vaudrait ne pas v\s crire4 ,je passe t\s les diman*es soirs *ez ,n----4 ,l se runiss5t plusieurs hommes de lettres4 ,j'y ai vu madame ,t----1 j'y ai caus avec ,e---- ,d----1 ,p----1 le b>on ,t----1 ,m4 de ,c----1 savant clbre qui s'intresse beauc\p moi2 ,m4 de ,r----1 antiquaire et hi/ori54 ,enf9 ,m4 ,j----1 que j'ai connu l1 e/ un ami que j'espre avoir acquis4 ,il e/ colossal p> la p5se4 ,s'il avait un peu plus de posie dans l'me1 je n'hsit]ais pas le reg>d] comme un homme tonnant6 ,v\s avez lu ses articles sur ,walt] ,scott et d'autres4 ,ce n'e/ pas un mdiocre ddommagem5t ma d\leur que d'tre apprci p> un tel homme1 d'autant plus qu'il e/ froid1 sec1 au premi] abord1 et surt\t dsesprant p\r les mdiocrits1 qu'il mprise1 lors mme qu'il les voit clbres4 ,m4 ,j---- ressemble ,l----1 il e/ beau de visage4 ,dess\s sa s*]esse1 il y a aussi beauc\p d'humectant1 et dans t\t lui1 dans son acc5t1 dans ses manires1 une c\leur montagn>de et anglaise4 ,il e/ n dans le ,jura4 ,il a t s\v5t ,g5ve4 ,n\s sympa?isons p> la p5se1 p> les inductions1 et p> la difficult de r5dre ce que n\s pr\vons4 ,je revi5s ,n----4 ,p\r en f9ir sur lui1 il a l'air et les gts d'un g5tilhomme de campagne4 ,je lui ai prt vos posies2 il en e/ en*ant4 ,p4 ,l---- va publi] ses ,voyages en ,grce1 en v]s4 ,je lui en ai ent5du lire un fragm5t1 c'e/ ravissant1 c'e/ potique comme ,byron2 mais il n'y a ni cette p5se fconde1 ni ce gnie va/e et s\ffrant qui n\s pr5n5t la gorge dans le b>de anglais et dans son rival de ,flor5ce4 ,m4 ,l---- ressemble ,goe! 7v\s reconnaissez l ma manie de ressemblance74 ,il lit ses v]s d'une manire t\t fait p>ticulire et ple9e de *>me2 il e/ simple1 tranquille1 rs]v2 il a quelque *ose de prote/ant dans sa p]sonne4 ,il a beauc\p voyag4 ,il a un recueil de posies en portefeuille1 mais il a de la rpugnance les publi] t\tes1 p>ce qu'il les tr\ve trop individuelles4 ,il a beauc\p gt ma vie4 ,je v\s dis en passant que ---- et ,n---- font de mes posies plus de cas peut-tre qu'elles ne mrit5t4 ,j'en ai plusieurs n\velles1 faites soit ,g5ve1 soit ici4 ,je suis trs li avec de ,b----1 le fils du pote1 homme d'un esprit lev4 ,f---- fait j\] son ,p---- dans un mois4 ,c'e/ un drame t\t fait romantique4 ,f---- a t au ,cap et la ,m>t9ique2 du re/e1 c'e/ un homme d'un ton de cab>et4 ,il a un pome en portefeuille4 ,on ne peut lui refus] un tal5t frais et gracieux2 mais il ne faut pas le connatre p\r aim] ses posies4 ,quel ds5*antem5t6 ,je me rappelle que son ,p*eur1 avant que ,v---- allt en ,russie1 n\s mut jusqu'aux l>mes1 et je prtais l'auteur quelque *ose d'idal1 n'ayant jamais vu ce nom1 et le lisant au bas d'un morceau t\t rveur1 t\t m>itime2 j'en faisais un jeune ond91 etc42 et c'e/ un mlange de commun et de soldat4 ,v---- 7que j'ai vu une heure *ez ----7 e/ un homme de sept pi$s4 ,qu& il p>le un honnte homme1 son e/omac dess9e une arcade et ses g5\x un triangle4 ,s'il e/ assis1 il se divise en deux pices qui =m5t l'angle aigu4 ,aj\tez qu'il ne dit pas six mots sans un comme a1 qu'il e/ homme de bon ton de l'anci5 rgime1 et maigre comme un lz>d4 ,il fait peur contempl]4 ,v\s savez qu'il a fait la *>mante bluette intitule ,sa9te-,p----4 ,il connat ,l----4 ,a----1 l'hi/ori5 duelli/e1 a l'air d'un b\*] civilis4 ,quelque *ose d'pre1 et p\rtant d'imposant1 le c>actrise4 ,il ne me re/e pas de place p\r v\s p>l] d',al----1 des ,v---- pre et fils1 de ,d---- et ,m----1 rdacteurs du ,g----1 et de plusieurs autres littrateurs que je connais4 ,un mot sur ,s----3 c'e/ un homme qui me p>at t5ir du *>latan1 de l'illum91 du ,dur&1 du ,sw$5borg1 et aussi du vrai pote4 ,il a un tal5t descriptif rem>quable4 ,je n'ai eu qu'une entrevue avec lui2 j'en ai assez4 ,il e/ vrai que le tte--tte a dur trois heures4 ,mais il y a trop de crme f\ette dans ce c]veau-l p\r que je m'amuse le faire m\ss] encore davantage4 ,je dois tre prs5t ,b5jam9 ,con/ant p> ,c----1 bon g>on 7le rdacteur de la ,rev---- prot----74 ,je m'att5dais tr\v] en ,c---- un grave pa/eur1 et c'e/ un t\rdi que j'ai tr\v1 mais du mo9s un t\rdi d'esprit et de mrite1 quoique sans gnie4 ,j'aurais encore mille *oses intressantes v\s dire1 mais il faut clore ma lettre4 ,vos ,mlodies ont p>u4 ,jolie dition4 ,je les ai lues et relues avec *>me4 ,elles ont eu un article dans la ,r4 ,j'en fais un p\r le ,f42 je les ai recomm&es au ,g4 ,on en p>l]a dans la ,n4 ,mais il faudrait1 p\r le succs1 des prneurs que v\s n'avez pas4 ,il s'en v5dra peu1 je le cra9s4 ,la posie e/ dans un discrdit si complet1 qu'il faut tre sur les lieux p\r en avoir une ide4 ,c'e/ c5t fois pis qu' ,g5ve1 p]sonne ne lit de v]s4 ,on en a*te encore mo9s4 ,l41 ,d4 et ---- font seuls exception la rgle4 ,d'ailleurs t\t le monde fait bi5 les v]s ,p>is4 ,on en lit tant de manuscrits1 qu'un auteur trang]1 qui n'a d'autre protection que son tal5t1 ne peut p]c] que p> un heureux has>d4 ,votre loignem5t de ,p>is e/ nuisible aussi au succs de votre livre2 mais il e/ favorable votre bonheur4 ,la gr&e ,babylone v\s satur]ait de dgt1 de b\e1 de fatigue et de tri/esse4 ,j'ignore l'tat de votre me ,flor5ce2 mais c\p sr il s]ait pire ,p>is2 sans p>l] de l'extrme difficult d'y vivre4 ,jusqu' prs5t je ne gagne ri51 et j'ai p\rtant de vrais amis qui font leurs ef=ts p\r me tr\v] quelque *ose4 ,on m'a crit que v\s tiez li avec ,l----4 ,dcrivez-le-moi de la cravate la pant\fle4 ,e/-ce bi5 ce que j'ai rv1 un "l ,byron franais1 de l'ins\ciance1 de la vanit1 de l'affectation1 du malheur1 une p5se dvorante1 du gnie flots1 du bon ton1 de l'lgance2 enf9 une atmosphre potique trangre qui n'a ri5 de commun avec la sale atmosphre de nos hommes de lettres p>isi5s8 ,l---- n'e/-il pas cet idal de mon me1 o j'aime retr\v] jusqu' ces petits dfauts de vanit1 de purile affectation1 qu'anci5nem5t v\s dte/iez1 et que v\s avez f9alem5t dc\v]ts en v\s1 comme on les dc\vrira t\j\rs *ez la plup>t des potes qui auront l'esprit d'analyse et la bonne foi de l'homme suprieur8 ,il e/ une heure et demie1 j'int]romps ma lettre4 ,je compte v\s mettre encore quelques mots d]rire la copie de deux lgies que v\s tr\v]ez ci-incluses4 ,mon ami1 je cont9ue ma lettre bi5 aprs l'avoir comm5ce et reprise4 ,il e/ huit heures du soir1 et n\s sommes le #ca m>s4 ,je suis f\ de d\leur1 mon dsespoir surpasse mes =ces4 ,j'ai s\ff]t auj\rd'hui ce qu'il e/ pe9e possible un homme de se figur]4 ,enf91 un accs de fivre m'a pris ce soir1 c'tait l'excs de la pe9e morale4 c\tez4 ,si du mo9s je p\vais me p]suad] qu'un j\r je s]ai heureux6 mais l'av5ir rembrunit encore le prs5t4 ,v\s me connaissez2 v\s savez les biz>r]ies de mon c>actre4 ,j'ai fait une dc\v]te en moi1 c'e/ que je ne suis rellem5t po9t malheureux p\r telle ou telle *ose1 mais j'ai en moi une d\leur p]man5te qui pr5d diffr5tes =mes4 ,v\s savez p\r combi5 de *oses jusqu'ici j'ai t malheureux1 ou plutt s\s combi5 de =mes le foie1 la bile1 ou enf9 le pr9cipe qui me t\rm5te s'e/ reproduit4 ,tantt1 v\s le savez1 c'tait de n'tre pas n anglais qui m'affligeait1 tantt de n'tre pas propre aux sci5ces2 plus habituellem5t encore de n'tre pas ri*e1 de lutt] avec la misre et les prjugs1 d'tre inconnu4 ,v\s savez encore que depuis ,g5ve il me semblait que si jamais je p>v5ais p]c] ,p>is je s]ais enf9 heureux4 ,eh bi51 mon ami1 je suis li avec presque t\s les littrateurs les plus di/+us4 ,quelques-uns1 tels que ----1 ,*4 ,n----1 etc41 sont d'illu/res amis avec qui je suis presque aussi famili] qu'avec v\s4 ,eh bi51 ma vanit e/ satisfaite2 s\v5t dans les salons j'ai des mom5ts de satisfaction monda9e2 enf9 quelquefois je suis enivr de ces petits triomphes d'une soire1 d'un in/ant2 et avec cela1 le fond1 la presque totalit de ma vie1 c'e/ je ne dirais pas le malheur1 mais un *ancre aride2 un plomb liquide me c\le dans les ve9es2 si l'on voyait mon me1 je f]ais piti1 j'ai peur de dev5ir f\4 ,depuis que je suis ici1 ma d\leur a pris c9q six =mes3 d'abord 'a t le regret de ma patrie1 et mon inc]titude de l'av5ir2 ensuite le s5tim5t de mon isolem5t1 de mon nant2 puis un vide occup p> cet affreux tumulte de s5sations dont je v\s ai tant p>l2 enf91 depuis deux mois1 t\tes mes facults de d\leur se sont runies sur un po9t4 ,j'ose pe9e v\s le dire1 tant il e/ f\2 mais1 je v\s en supplie1 ne voyez l-d$ans qu'une =me de d\leur1 qu'une des app>5ces de l'ulcre qui me ronge2 ne me jugez pas d'aprs les rgles ord9aires1 et voyez le mal et non pas son objet4 ,eh bi51 ce po9t c5tral de mes maux1 c'e/ de n'tre pas n anglais4 ,ne riez pas1 je v\s en supplie2 je s\ffre tant6 ,les g5s vraim5t am\reux sont des monomanes comme moi1 qui ont une seule ide1 laquelle absorbe t\tes leurs s5sations4 ,moi1 dont l'me a t en butte si longtemps un tumulte si v>i1 je suis monomane aussi ma9t5ant4 ,je lisais d]nirem5t ,valrie de ,mme de ,krud5]2 je ne puis v\s exprim] les s5sations que j'en ai reues4 ,ce livre tonnant m'avait ennuy jadis2 ma9t5ant il m'a d*ir4 ,c'e/ que ,gu/ave e/ comme moi victime d'une passion dvorante1 ou plutt d'une n]gie de s5sations qui le dvore1 et qui s'e/ porte sur un alim5t naturel1 l'am\r1 t&is que cette mme n]gie1 luttant dans mon me avec le vide1 y enfante des fantmes4 ,je lisais ce roman1 aux premi]s rayons du soleil du pr9temps1 dans les va/es et tri/es alles du ,luxemb\rg4 ,a *aque in/ant1 je m'arrtais ananti4 ,ma9t5ant1 voici l'orig9e de ma passion p\r l',anglet]re4 ,d'abord v\s savez que j'aime revivre avec les morts1 connatre leur vie d'autrefois1 habit] avec eux1 les suivre dans les circon/ances de leur exi/5ce1 me crer enf9 des sympa?ies que p>e l'illusion du temps et que la prs5ce des individus ne puisse plus dtruire4 ,eh bi51 l1 en ,anglet]re1 j'aurais au mo9s c9quante potes d'une vie av5tureuse1 et dont les livres sont ple9s d'imag9ation1 de p5se1 etc42 en ,france1 je n'en ai pas trois4 ,outre cela1 j'aurais eu une patrie dont j'aurais aim jusqu'aux prjugs2 il y a tant de posie dans les vieilles moeurs de l',anglet]re1 et tant d'imag9ation dans t\t ce qui e/ de ce pays-l6 ,d'abord1 au lieu d'une littrature1 il y en a quatre3 l'amrica9e1 l'anglaise1 l'cossaise1 l'irl&aise2 et elles ont t\tes avec la mme langue un c>actre diffr5t4 ,quelles ri*esses littraires6 la vie du maniaque ,c[p]1 si gr& pote1 a t crite en trois volumes 9-octavo2 celle de ,johnson en quatre4 ,c'e/ de celle-l que ,walt] ,scott dit qu'on la tr\ve dans t\tes les maisons de campagne1 etc4 ,et encore1 qu'au seul nom de ,johnson un anglais a devant les yeux une individualit1 un p]sonnage qui a le privilge d'tre encore vivant1 agissant1 au physique comme au moral4 ,il y a tr5te potes vivants1 t\s orig9aux1 t\s individuels1 ne m>*ant po9t sur les traces les uns des autres1 et trs fconds4 ,que de ri*esses6 ,enf9 quelles av5tures que celles de ce malheureux ,savage1 de ,%elley6 quel colosse qu'un ,byron6 ,que de trsors p\r une me qui aime fuir le monde1 et *]*] ses amis dans son cab9et6 ,quels so9s ont les anglais de leurs auteurs6 ils les rimprim5t s\s t\s les =mats4 ,quel gt dans leurs ditions6 quelle imag9ation dans leurs vignettes6 ,voyez la nation elle-mme2 les hommes qui ont un air ignoble sont aussi r>es en ,anglet]re que le sont en ,france ceux qui ont l'air di/+u6 ,t\t e/ exc5tric dans cette nation2 j'aime jusqu' leur orig9alit1 leurs vtem5ts biz>res4 ,ce n'e/ que l que l'en?\siasme rgne s\s mille =mes2 que l1 qu' ct des ides positives les plus svres1 on tr\ve les billeveses les plus pittoresques4 ,ce pays runit t\t1 le positif et l'idal1 la ,france et l',allemagne4 ,c'e/ le seul qui soit assez =t p\r t\t compr5dre1 assez gr& p\r ne ri5 rejet]4 ,quelle individualit6 on reconnat un anglais entre mille1 un franais ressemble t\t le monde4 ,l'abondance des sectes religieuses en ,anglet]re pr\ve au mo9s de la bonne foi1 des mes qui ont beso9 d'espoir1 que la matire n'a pas dess*es4 ,les extravagances individuelles des jeunes anglais pr\v5t des mes agites4 ,oh6 si v\s voyiez la ,france1 que v\s en s]iez dgt6 ,p\r t\t homme au monde1 c'e/ un *agr9 de se s5tir dplac4 ,cela v\s faisait s\ffrir ,g5ve4 ,eh bi51 je suis cruellem5t dplac1 moi qui ne me s5s aucune sympa?ie avec la ,france1 et qui m'en tr\ve sur t\s les po9ts avec l',anglet]re2 je me tr\ve cruellem5t dplac1 au milieu d'une nation frivole1 bav>de1 impie1 aride1 et va9e et froide1 qu& je songe qu'il en e/ une religieuse ou t]riblem5t sceptique1 mais au mo9s pas indiffr5te2 une o l'on tr\ve des amis fidles2 des mes exaltes1 et o la frivolit mme1 extravagante et biz>re1 n'a pas ce ton railleur et fadem5t insipide qu'elle a en ,france4 ,*ez le re/aurateur o je d9e1 il y a des franais et des anglais4 ,quelle diffr5ce6 ,presque t\s les franais y sont gascons1 braill>ds et communs2 t\s les anglais1 nobles et dc5ts4 ,enf91 mon ami1 je s5s qu'un amant peut entret5ir un ami de son am\r1 p>ce que cette passion tr\ve un *o dans t\tes les mes1 il n'y a ri5 l de ridicule2 mais tel e/ le surcrot de mes d\leurs1 que je n'ose les confi]1 p>ce qu'elles sont trop individuelles1 et doiv5t p>atre trop ridicules qui ne les a pas naturellem5t pr\ves4 ,et cep5dant 7je v\s en conjure1 soyez assez exempt de prjugs p\r me croire71 cette folie me fait s\ffrir des d\leurs p\vantables4 ,t\t la rveille1 la vue d'un anglais1 d'un livre anglais en v5te *ez ,baudry1 les moqu]ies mmes dont ils sont l'objet1 t\t cela me dvore2 ce sont autant de c\ps de poign>d qui raviv5t ma d\leur1 comme1 sans d\te1 t\t ce qui rappelle une matresse morte un amant passionn4 ,enf91 ma manie me dgte mme de la gloire4 ,je v\drais tre clbre en ,anglet]re1 et1 p> consqu5t1 crire en anglais4 ,d'ailleurs1 mes d\leurs m'agit5t trop p\r je puisse crire autre *ose et ne sont malheureusem5t pas des sujets potiques4 ,je sais que1 si 7supposition absurde1 comme t\tes les suppositions7 j'tais anglais1 je ne s\ffrirais pas mo9s avec mon tempram5t maladif1 mais cela me fait un effet t\t diffr5t4 ,c'e/ ma raison seule qui me donne cette p]suasion2 c>1 si je n'c\tais que la s5sation1 il me semble que1 n anglais1 je p\rrais support] t\s mes maux4 ,je me reprs5te ce que je suis d'organisation et d'me2 mais n "l anglais et ri*e4 ,t\s mes gts1 t\tes mes vanits1 t\t s]ait satisfait6 ,lorsque je comp>e ce sort au mi5 je devi5s presque f\4 ,une rflexion p\rtant m'e/ s\v5t v5ue2 mais que peuv5t les rflexions contre les passions8 ,c'e/ celle-ci3 si je n'tais pas exactem5t ce que je suis1 je n'exi/]ais pas2 ce s]ait un autre que moi2 mon moi homogne1 id5tique et individuel s]ait dtruit2 j'aurais d'autres ides6 ,nul ne v\drait se *ang] contre un autre1 et nul n'e/ cont5t de ce qu'il e/4 ,quelle contradiction6 ,acceptons-n\s ce que n\s sommes4 ,je s\ffre tant1 qu'il me semble que je *ang]ais volonti]s2 degr de d\leur o je n'tais pas arriv jusqu'ici4 ,dans le fait accept] le sort d'un autre1 si c'tait possible1 ce s]ait m\rir4 ,la mort n'e/ que la de/ruction du moi4 ,mais que fais-je8 quelle irrsi/ible manie m'entrane8 ,ah6 mon ami1 plus je sonde notre nature1 et plus je me p]suade que1 pices ncessaires d'un ensemble que n\s ne voyons pas1 n\s j\ons un rle qui n\s s]a rvl un j\r4 ,si l'on me dem&ait3 ,croyez-v\s l'exi/5ce de ,dieu1 l'immortalit de l'me8 je dirais3 ,absurdes que/ions6 ,dieu e/ p>ce qu'il e/ ncessaire2 et je crois que n\s sommes ici-bas dans un tat faux1 transitoire1 int]mdiaire4 ,avons-n\s exi/ ailleurs8 devons-n\s revivre8 ,comm5t1 avec nos langues bornes1 et nos ides t\rm5tes1 abord] le gr& inconnu8 ,oh6 ,dieu6 ,dieu6 je le vois p>t\t4 ,ce dsir ard5t de le connatre et de dev9] notre nature1 ces press5tim5ts de l'inf9i et ce mur d'aira91 ce mur de l'impossible1 du df5du1 contre lequel vi5n5t se bris] non-seulem5t nos sy/mes1 mais jusqu' nos lancem5ts d'ides1 t\t cela me pr\ve un tre4 ,non1 la t]re n'aurait pas1 avec de la b\e1 produit des tres si complexes et si biz>res4 ,ensuite1 all] plus lo9 me p>at impossible4 ,j'espre et je me tais4 ,je sais seulem5t qu'ici-bas je me dbats s\s la d\leur comme un tortur4 ,ces d\leurs s]ont-elles comp5ses en ce monde ou ailleurs8 ,je n'en sais ri54 ,mes maux ont t si vifs auj\rd'hui1 que ce qui m'effraye le plus ord9airem5t1 je le reg>dais presque sans peur4 ,a =ce de s\ffrir1 la gloire1 le bonheur1 l'av5ir1 t\t me semblait impossible1 indiffr5t4 ,oh6 si v\s saviez les sugge/ions inf]nales qui se ml5t t\t cela6 les ides affreuses qui me pass5t p> la tte1 les t\rm5ts du d\te6 ,malheureux6 je sais que je le suis4 ,c'e/ l t\t444 ,ce qui me t\rm5te le plus1 c'e/ que je vois des hommes que leur c>actre p\sse au bonheur4 ,je me dis alors3 ,si t\s s\ffrai5t1 une comp5sation gnrale1 un p>adis aprs la vie1 me sembl]ait de rigueur4 ,mais il en e/1 quoi qu'on en dise1 il en e/ d'heureux 7p> le c>actre74 ,ceux-l s\v5t s'emb>rass5t peu de l'av5ir1 ils viv5t imprvoyants et satisfaits2 ici-bas t\t e/ p\r eux4 ,le malheur ne s]ait-il donc qu'une cruelle maladie8 les malheureux1 des pe/ifrs atte9ts d'une plaie incurable que leur organisation fait s\ffrir comme celle des heureux les fait j\ir8 ,avec t\t cela1 j'espre1 et j'av\e que ,dieu me p>at tellem5t ml t\tes les *oses d'ici-bas1 qu'au rsum je me confie en lui4 ,c\rbons la tte1 amis4 ,que s]t de se rebiff] contre l'impossible8 ,s\v5t j'anatomise mes d\leurs1 je les contemple froidem5t4 ,l'ide qui prdom9e *ez moi1 c'e/ que je n'y peux ri54 ,depuis deux mois j'ai repris l'tude de l'anglais avec une telle n]gie1 que je lis facilem5t la posie4 ,rasselas1 que je lie dans ce mom5t1 voil un livre prodigieux4 ,mon ide e/ d'all] en ,anglet]re1 et1 aprs quelques annes1 d'crire en anglais4 ,j4 ,l----1 avec lequel je suis trs li1 me prte les potes laki/es mod]nes d l',anglet]re2 ils sont ravissants4 ,j'ai *ang votre ,gr&o contre un ,byron en un volume4 ,j'en ai lu un petit pome1 le ,rve1 qui m'a fait une impression f\droyante4 ,une dame anglaise1 qui me donne des leons1 m'a dit qu'au b\t de deux ans de sj\r en ,anglet]re j'crirai trs bi5 en anglais1 p>ce que1 dit-elle1 j'cris dj comme trs peu de franais4 ,en effet1 j'ai traduit du ,l---- presque sans faute4 ,il e/ vrai que je travaille l'anglais la moiti du j\r4 ,mes manies sont t\j\rs cruelles4 ,quel ennui6 ,enf91 p>t\t o je t\rne les yeux1 je vois des d\leurs4 ,mes moy5s d'exi/5ce sont encore un t\rm5t4 ,je travaille ma9t5ant une biographie2 mais j'ai beso9 d'arg5t1 je suis mme dans un gr& emb>ras4 ,y4 ,g4 #a3 ,le mot e/ s\lign dans la lettre que n\s avons s\s les yeux4 ,qu& on songe que l'homme qui a crit ceci e/ mort l-dessus1 des rflexions de t\tes sortes dbord5t aut\r de *acune des lignes de cette longue lettre4 ,quel roman1 quelle hi/oire1 quelle biographie que cette lettre6 ,c]tes1 ce n'e/ pas n\s qui rpt]ons les banalits conv5ues2 ce n'e/ pas n\s qui exig]ons que t\tes s\ffrances pe9tes p> l'arti/e soi5t con/amm5t pr\ves p> l'arti/e2 ce n'e/ pas n\s qui tr\v]ons mauvais que ,byron pleure dans une lgie et rie son bill>d2 ce n'e/ pas n\s qui pos]ons des limites la cration littraire et qui blm]ons le pote de se donn] artificiellem5t telle ou telle d\leur p\r l'analys] dans ses convulsions comme le mdec9 s'inocule telle ou telle fivre p\r l'pi] dans ses p>oxysmes4 ,n\s reconnaissons plus que p]sonne t\t ce qu'il y a de rel1 de vrai1 de beau et de pr(ond dans c]ta9es tudes psy*ologiques faites sur des s\ffrances d'exception et sur des tats s+uli]s du coeur p> d'm95ts potes contempora9s qui n'en sont pas morts4 ,mais n\s ne p\vons n\s emp*] d'obs]v] que ce qu'il y a de p>ticulirem5t poignant dans la lettre que n\s v5ons de cit]1 c'e/ que celui qui l'a crite en e/ mort4 ,ce n'e/ pas un homme qui dit3 ,je s\ffre1 c'e/ un homme qui s\ffre2 ce n'e/ pas un homme qui dit3 ,je meurs2 c'e/ un homme qui meurt4 ,ce n'e/ pas l'anatomie tudie sur la cire1 ni mme sur la *air morte2 c'e/ l'anatomie tudie n]f n]f1 fibre fibre1 ve9e ve9e1 sur la *air qui vit1 sur la *air qui saigne1 sur la *air qui hurle4 ,v\s voyez la plaie1 v\s ent5dez le cri4 ,cette lettre1 ce n'e/ pas *ose littraire1 *ose philosophique1 *ose potique1 oeuvre de pr(ond arti/e1 fantaisie du gnie1 vision d',h(fmann1 cau*em> de ,jean-,paul2 non1 c'e/ une *ose relle1 c'e/ un homme dans un b\ge qui crit4 ,le voil avec sa table *>ge de livres anglais1 avec sa plume1 avec son encre1 avec son papi]1 pressant les lignes sur les lignes1 s\ffrant et disant qu'il s\ffre1 pleurant et disant qu'il pleure1 *]*ant la date au cal5dri]1 l'heure l'horloge1 quittant sa lettre1 la repr5ant1 la quittant1 allumant sa *&elle p\r la cont9u]2 puis il va dn] v+t s\s1 il r5tre1 il a froid1 il se remet crire1 p>fois mme sans trop savoir ce qu'il crit2 c> son c]veau e/ tellem5t sec\ p> la d\leur1 qu'il laisse ses ides tomb] ple-mle sur le papi] et s'p>pill] et c\rir en dsordre1 comme un arbre ses feuilles dans un gr& v5t4 ,et s'il tait p]mis de rem>qu] dans quel /yle un homme agonise1 il y aurait plus d'une obs]vation faire sur le /yle de cette lettre4 ,en gnral1 les lettres qu'on publie t\s les j\rs1 lettres de gr&s hommes et de g5s clbres1 manqu5t de navet1 d'ins\ciance et de simplicit4 ,on s5t t\j\rs1 en les lisant1 qu'elles ont t crites p\r tre imprimes un j\r4 ,m4 ,paul-,l\is ,c\ri] faisait jusqu' dix-sept br\illons d'un billet de qu9ze lignes4 ,*ose trange1 c]tes1 et que n\s n'avons jamais pu compr5dre6 ,mais la lettre d',ymb]t ,galloix1 c'e/ bi51 selon n\s1 une vraie lettre1 bi5 crite comme doit tre crite une lettre1 bi5 flottante1 bi5 dc\sue1 bi5 l*e1 bi5 ignorante de la publicit qu'elle peut avoir un j\r1 bi5 c]ta9e d'tre p]due4 ,c'e/ l'ide qui se fait j\r comme elle peut1 qui vi5t v\s t\te nave dans l'tat o elle se tr\ve1 et qui pose le pi$ au has>d dans la phrase sans cra9dre d'en drang] le pli4 ,quelquefois1 ce que celui qui l'a crite v\lait dire s'en va dans un et caet]a1 et v\s laisse rv]4 ,c'e/ un homme qui s\ffre et qui le dit un autre homme4 ,voil t\t4 ,rem>quez ceci1 un autre homme1 pas v+t1 pas dix1 pas deux1 c>1 au lieu d'un ami1 s'il avait deux auditeurs seulem5t1 ce pote1 ce qu'il fait l1 ce s]ait une lgie1 ce s]ait un *apitre1 ce ne s]ait plus une lettre4 ,adieu la nature1 l'ab&on1 le laiss]-all]1 la ralit1 la vrit2 la prt5tion vi5drait4 ,il se drap]ait avec son haillon4 ,p\r crire une lettre p>eille1 aussi nglige1 aussi poignante1 aussi belle1 sans tre malheureux comme l'tait ,ymb]t ,galloix1 p> le seul ef=t de la cration littraire1 il faudrait du gnie4 ,ymb]t ,galloix qui s\ffre vaut ,byron4 ,t\tes les qualits pntrantes1 mtaphysiques1 intimes1 ce /yle les a2 il a aussi1 ce qui e/ rem>quable1 t\tes les qualits mordantes1 incisives1 pittoresques4 ,la lettre conti5t quelques portraits4 ,plusieurs ont t crayonns trop la hte1 et l'on s5t que les modles ont pe9e pos un in/ant devant le pe9tre2 mais comme ceux qui sont vrais sont vrais6 comme t\s sont en gnral bi5 t\*s et dta*s sur le fond d'une manire qui n'e/ pas commune6 mtamorphose frappante1 et qui pr\ve1 p\r la millime fois1 qu'il n'y a que deux *oses qui fass5t un homme pote1 le gnie ou la passion6 ,cet homme qui n'avait p\r les biographies qu'une prose assez incolore et p\r ses lgies qu'une posie assez languissante1 le voil t\t c\p admirable criva9 dans une lettre4 ,du mom5t o il ne songe plus tre prosateur ni pote1 il e/ gr& pote et gr& prosateur4 ,n\s le r$isons1 cette lettre re/]a4 ,c'e/ l'amalgame d'ides le plus extraord9aire peut-tre qu'ait encore produit dans un c]veau huma9 la d\ble action comb9e de la d\leur physique et de la d\leur morale4 ,p\r ceux qui ont connu ,galloix1 c'e/ une autopsie effrayante1 l'autopsie d'une me4 ,voil donc ce qu'il y avait au fond de cette me4 ,il y avait cette lettre4 ,lettre fatale1 convulsive1 int]m9able1 o la d\leur a su9t g\tte g\tte durant des sema9es1 durant des mois1 o un homme qui saigne se reg>de saign]1 o un homme qui crie s'c\te cri]1 o il y a une l>me dans *aque mot4 ,qu& on raconte une hi/oire comme celle d',ymb]t ,galloix1 ce n'e/ pas la biographie des faits qu'il faut crire1 c'e/ la biographie des ides4 ,cet homme1 en effet1 n'a pas agi1 n'a pas aim1 n'a pas vcu2 il a p5s2 il n'a fait que p5s]1 et1 =ce de p5s]1 il a rv2 et1 =ce de rv]1 il s'e/ van\i de d\leur4 ,ymb]t ,galloix e/ un des *iffres qui s]viront un j\r la solution de ce lugubre et s+uli] problme3--,combi5 la p5se qui ne peut se faire j\r et qui re/e emprisonne s\s le crne met-elle de temps rong] un c]veau8--,n\s le rptons1 dans une vie p>eille il n'y a pas d'vnem5ts1 il n'y a que des ides4 ,analysez les ides1 v\s avez racont l'homme4 ,un gr& fait p\rtant dom9e cette morne hi/oire2 c'e/ un p5seur qui meurt de misre6 ,voil ce que ,p>is1 la cit intellig5te1 a fait d'une intellig5ce4 ,ceci e/ mdit]4 ,en gnral1 la socit a p>fois d'tranges faons de trait] les potes4 ,le rle qu'elle j\e dans leur vie e/ tantt passif1 tantt actif1 mais t\j\rs tri/e4 ,en temps de paix1 elle les laisse m\rir comme ,malfiltre2 en temps de rvolution1 elle les fait m\rir comme ,&r ,*ni]4 ,ymb]t ,galloix1 p\r n\s1 n'e/ pas seulem5t ,ymb]t ,galloix1 il e/ un symbole4 ,il reprs5te nos yeux une notable portion de la gnreuse jeunesse d' prs5t4 ,au d$ans d'elle1 un gnie mal compris qui la dvore2 au dehors1 une socit mal pose qui l't\ffe4 ,pas d'issue p\r le gnie pris dans le c]veau2 pas d'issue p\r l'homme pris s\s la socit4 ,en gnral1 g5s qui p5s5t et g5s qui g\v]n5t ne s'occup5t pas assez de nos j\rs du sort de cette jeunesse ple9e d'in/9cts de t\tes sortes qui se prcipite avec une ardeur si intellig5te et une pati5ce si rsigne dans t\tes les directions de l'art4 ,cette f\le de jeunes esprits qui f]m5t5t dans l'ombre a beso9 de portes ouv]tes1 d'air1 de j\r1 de travail1 d'espace1 d'horizon4 ,que de gr&es *oses on f]ait1 si l'on v\lait1 avec cette lgion d'intellig5ces6 que de canaux creus]1 que de *em9s fray] dans la sci5ce6 que de prov9ces conqurir1 que de mondes dc\vrir dans l'art6 ,mais non1 t\tes les c>rires sont f]mes ou ob/rues4 ,on laisse t\tes ces activits si div]ses1 et qui p\rrai5t tre si utiles1 s'entass]1 s'engorg]1 s't\ff] dans des culs-de-sac4 ,ce p\rrait tre une arme1 ce n'e/ qu'une cohue4 ,la socit e/ mal faite p\r les n\veaux v5us4 ,t\t esprit a p\rtant droit un av5ir4 ,n'e/-il pas tri/e de voir t\tes ces jeunes intellig5ces en pe9e1 l'oeil fix sur la rive lum9euse o il y a tant de *oses respl5dissantes1 gloire1 puissance1 r5omme1 =tune1 se press]1 sur la rive obscure1 comme les ombres de ,virgile4 ,palus inamabilis unda ,alligat1 et novies ,/yx int]fusa co]cet4 ,le ,/yx1 p\r le pauvre jeune arti/e inconnu1 c'e/ le libraire qui dit1 en lui r5dant son manuscrit3 ,faites-v\s une rputation4 ,c'e/ le ?tre qui dit3 ,faites-v\s une rputation4 ,c'e/ le muse qui dit3 ,faites-v\s une rputation4 ,eh mais6 laissez-les comm5c]6 aidez-les6 ,ceux qui sont clbres n'ont-ils pas d'abord t obscurs8 ,et comm5t se faire une rputation1 quel que soit leur gnie1 sans muse p\r leur tableau1 sans ?tre p\r leur pice1 sans libraire p\r leur livre8 ,p\r que l'oiseau vole1 des ailes ne lui suffis5t pas1 il lui faut de l'air4 ,p\r n\s1 n\s p5sons que1 dans l'art surt\t1 o un b ds9tress doit passionn] t\s les gnies1 il e/ du devoir de ceux qui sont arrivs d'aplanir la r\te ceux qui arriv5t4 ,v\s tes sur le plateau1 tant mieux1 t5dez la ma9 ceux qui graviss5t4 ,disons-le l'honneur des lettres1 en gnral cela a t\j\rs t a9si4 ,n\s ne p\vons pas croire l'exi/5ce relle de ces espces d'araignes littraires qui t5d5t leur toile1 dit-on1 la porte des ?tres1 p> exemple1 et qui se jett5t sans piti sur t\t pauvre jeune homme obscur qui passe l avec un manuscrit4 ,qu'on arra*e a9si les ailes la m\*e1 la r5omme1 l'oeuvre1 et jusqu' l'arg5t au malheureux pote inconnu et impuissant1 p\r l'honneur de quiconque crit1 n\s v\lons l'ignor]1 si cela e/1 et n\s ne croyons pas que cela soit4 ,quant celui qui crit ces lignes1 t\t pote qui comm5ce lui e/ sacr4 ,si peu de place qu'il ti5ne p]sonnellem5t en littrature1 il se rang]a t\j\rs p\r laiss] pass] le db d'un jeune homme4 ,qui sait si ce pauvre tudiant que v\s c\doyez ne s]a pas ,s*ill] un j\r8 ,p\r n\s1 t\t coli] qui fait des ronds et des b>res sur le mur1 c'e/ peut-tre ,pascal2 t\t enfant qui bau*e un pr(il sur le sable1 c'e/ peut-tre ,giotto4 ,et puis1 dans notre op9ion1 les gnrations prs5tes sont appeles de hautes de/9es4 ,ce sicle a fait de gr&es *oses p> l'pe1 il f]a de gr&es *oses p> la plume4 ,il lui re/e n\s donn] un gr& homme littraire de la taille de son gr& homme politique4 ,prp>ons donc les voies4 ,ouvrons les rangs4 ,t\te gr&e re a deux faces2 t\t sicle e/ un b9me1 a b1 l'homme d'action plus l'homme de p5se1 qui se multipli5t l'un p> l'autre et exprim5t la valeur de leur temps4 ,l'homme d'action1 plus l'homme de p5se2 l'homme de la civilisation1 plus l'homme de l'art2 ,lu!r1 plus ,%akespe>e2 ,ri*elieu1 plus ,corneille2 ,cromwell1 plus ,milton2 ,napolon1 plus l'inconnu4 ,laissez donc se dgag] l',inconnu6 ,jusqu'ici v\s n'avez qu'un pr(il de ce sicle1 ,napolon2 laissez se dess9] l'autre4 ,aprs l'emp]eur1 le pote4 ,la physionomie de cette poque ne s]a fixe que lorsque la rvolution franaise1 qui s'e/ faite homme dans la socit s\s la =me de ,bonap>te1 se s]a faite homme dans l'art4 ,et cela s]a4 ,notre sicle t\t enti] s'encadr]a et se mettra de lui-mme en p]spective entre ces deux gr&es vies p>allles1 l'une du soldat1 l'autre de l'criva91 l'une t\te d'action1 l'autre t\te de p5se1 qui s'expliqu]ont et se comm5t]ont sans cesse l'une p> l'autre4 ,m>5go1 les ,pyramides1 ,au/]litz1 la ,mosk[a1 ,mont]eau1 ,wat]loo1 quelles popes6 ,napolon a ses pomes2 le pote aura ses batailles4 ,laissons-le donc v5ir1 le pote6 et rptons ce cri sans n\s lass]6 ,laissons-le sortir des rangs de cette jeunesse1 o son front plonge encore dans l'ombre1 ce prde/9 qui doit1 en se comb9ant un j\r avec ,napolon selon la my/rieuse algbre de la provid5ce1 donn] complte l'av5ir la =mule gnrale du dix-neuvime sicle4 #ahcd ,,sur ,,mirabeau ,i ,en #agha1 un srieux dbat s'agitait en ,france1 au se9 d'une famille1 entre un pre et un oncle4 ,il s'agissait d'un mauvais sujet dont cette famille ne savait plus que faire4 ,cet homme1 dj hors de la premire phase ard5te de la jeunesse1 et p\rtant plong encore t\t enti] dans les frnsies de l'ge passionn1 obr de dettes1 p]du de folies1 s'tait sp> de sa femme1 avait enlev celle d'un autre1 avait t condamn mort et dcapit en effigie p\r ce fait1 s'tait enfui de ,france1 puis il v5ait d'y rep>atre1 corrig et rep5tant1 disait-il1 et1 sa contumace purge1 il dem&ait r5tr] dans sa famille et repr5dre sa femme4 ,le pre s\haitait cet arrangem5t1 v\lant avoir des petits-fils et p]ptu] son nom1 esprant1 d'ailleurs1 tre plus heureux comme aeul que comme pre4 ,mais l'enfant prodigue avait tr5te-trois ans4 ,il tait refaire en enti]4 ducation difficile6 ,une fois replac dans la socit1 quelles ma9s le confi]8 qui se *>g]ait de r$ress] l'p9e dorsale d'un p>eil c>actre8 ,de l1 controv]se entre les vieux p>5ts4 ,le pre v\lait le donn] l'oncle1 l'oncle v\lait le laiss] au pre4 --,pr5ds-le1 disait le pre4 --,je n'en veux pas1 disait l'oncle4 --,pose d'abord en fait1 rpliquait le pre1 que cet homme-l n'e/ ri51 mais ri5 du t\t4 ,il a du gt1 du *>latanisme1 l'air de l'acquis1 de l'action1 de la turbul5ce1 de l'audace1 du b\te-en-tra91 de la dignit quelquefois4 ,ni dur ni odieux dans le comm&em5t4 ,eh bi51 t\t cela n'e/ que p\r le faire voir livr l'oubli de la veille1 au ds\ci du l5dema91 l'impulsion du mom5t1 enfant p]roquet1 homme avort1 qui ne connat ni le possible ni l'impossible1 ni le malaise ni la commodit1 ni le plaisir ni la pe9e1 ni l'action ni le repos1 et qui s'ab&onne t\t aussitt que les *oses rsi/5t4 ,cep5dant1 je p5se qu'on en peut faire un excell5t outil en l'empoignant p> le man*e de la vanit4 ,il ne t'*app]ait pas4 ,je ne lui p>gne pas les ratioc9ations du mat94 ,il saisit ma morale bi5 appuye et mes leons t\j\rs vivantes1 p>ce qu'elles port5t sur un pivot t\j\rs rel1 savoir1 que sans d\te on ne *ange gure de nature1 mais que la raison s]t c\vrir le ct faible et le bi5 connatre p\r vit] l'abordage p> l4 --,te voil donc1 repr5ait l'oncle1 grce ta po/romanie1 occup rg5t] un p\let de tr5te-trois ans6 ,c'e/ pr5dre une furieuse t*e que de v\loir arrondir un c>actre qui n'e/ qu'un hrisson t\t en po9tes avec trs peu de corps6 ,le pre insi/ait3 --,aie piti de ton neveu l',ouragan4 ,il av\e t\tes ses sottises1 c> c'e/ le plus gr& av\eur de l'univ]s2 mais il e/ impossible d'avoir plus de facilit et d'esprit4 ,c'e/ un f\dre de travail et d'expdition4 ,au fond1 il n'a pas plus tr5te-trois ans que moi soixante-six1 et il n'e/ pas plus r>e de voir un homme de mon ge suffire1 quoique blan*i p> les contre-temps1 fatigu] les jambes et l'esprit des jeunes g5s p> huit heures de c\rses et de cab9et1 que de voir un tonneau b\rs\fl1 grav1 et l'air vieux1 dire papa1 et ne pas savoir se conduire4 ,il a un beso9 imm5se d'tre g\v]n4 ,il le s5t =t bi54 ,il faut que tu t'en *>ges4 ,il sait que tu me fus t\j\rs et que tu lui dois tre et pilote et b\ssole4 ,il met sa vanit en son oncle4 ,je te le donne p\r un sujet r>e au futur4 ,tu z t\t le saturne qui manque son m]cure4 ,mais qu& tu le ti5dras1 ne le laisse pas all]4 ,fit-il des miracles1 ti5s-le t\j\rs et le tire p> la man*e2 le pauvre diable en a beso94 ,si tu lui es pre1 il te cont5t]a2 si tu lui es oncle1 il e/ p]du4 ,aime ce jeune homme6 --,non1 disait l'oncle2 je sais que les sujets d'une c]ta9e trempe sav5t faire patte de vel\rs quelque temps2 et lui-mme autrefois1 qu& il vivait prs de moi1 tait comme une belle-fille p\r peu que je fronasse le s\rcil4 ,mais je n'en veux pas4 ,je ne suis plus d'ge ni de gt me collet] avec l'impossible4 --,o frre6 repr5ait le vieill>d suppliant1 si cette crature disloque peut jamais tre rec\sue1 ce ne peut tre que p> toi4 ,puisqu'il e/ retaill]1 je ne saurais lui donn] un meilleur patron que toi4 ,pr5ds-le1 sois-lui bon et f]me1 et tu s]as son sauveur1 et tu en f]as ton *ef-d'oeuvre4 ,qu'il sa*e que s\s ta longue m9e roide et froide habite le meilleur homme qui fut jamais6 un homme de la rognure des anges6 ,sonde-lui le coeur1 lve-lui la tte4 ,tu es omnis spes et =tuna no/ri nom9is6 --,po9t1 rpliquait l'oncle4 ,ce n'e/ pas qu'il ait1 mon s5s1 commis un si gr& crime dans la conjoncture4 ,ce ne devrait tre une affaire4 ,une jeune et jolie femme va tr\v] un jeune homme de v+t-six ans4 ,quel e/ le jeune homme qui ne ramasse pas ce qu'il tr\ve en son *em9 en ce g5re8 ,mais c'e/ un esprit1 turbul5t1 orgueilleux1 avantageux1 insubordonn6 un tempram5t m*ant et vicieux6 ,p\rquoi m'en *>g]8 ,il fait de son grossi] mieux p\r te plaire4 ,c'e/ bi54 ,je sais qu'il e/ sduisant1 qu'il e/ le soleil levant4 ,raison de plus p\r ne pas m'expos] tre sa dupe4 ,la jeunesse a t\j\rs raison contre les vieux4 --,tu n'z pas t\j\rs p5s a9si1 rpondait tri/em5t le pre2 il fut un temps o tu m'crivais3 ,quant moi1 cet enfant m'ouvre la poitr9e4 --,oui1 disait l'oncle1 et o tu me rpondais3 ,dfie-toi1 ti5s-toi en g>de contre la dorure de son bec4 --,que veux-tu donc que je fasse8 s'criait le pre =c dans ses d]ni]s raisonnem5ts4 ,tu es trop quitable p\r ne pas s5tir qu'on ne se c\pe pas un fils comme un bras4 ,si cela se p\vait1 il y a longtemps que je s]ais man*ot4 ,aprs t\t1 on a tir race de dix mille plus faibles et plus fols4 ,or1 frre1 n\s l'avons comme n\s l'avons4 ,je passe1 moi4 ,si je ne t'avais1 je ne s]ais qu'un pauvre vieill>d t]rass4 ,et p5dant que n\s lui durons encore1 il faut le sec\rir4 ,mais l'oncle1 homme premptoire1 c\pait enf9 c\rt t\te prire p> ces nettes p>oles3 --,je n'en veux pas6 ,c'e/ une folie que de v\loir faire quelque *ose de cet homme4 ,il faudrait l'envoy]1 comme dit sa bonne femme1 aux insurg5ts1 se faire cass] la tte4 ,tu es bon1 ton fils e/ m*ant4 ,la fureur de la po/romanie te ti5t prs5t2 mais tu devrais song] que ,cyrus et ,m>c-,aurle aurai5t t =t heureux de n'avoir ni ,cambyse ni ,commode6 ,ne semble-t-il pas en lisant ceci qu'on assi/e l'une de ces belles scnes de haute comdie dome/ique o la gravit de ,molire quivaut presque la gr&eur de ,corneille8 ,y a-t-il dans ,molire quelque *ose de plus frappant en beau /yle et en gr& air1 quelque *ose de plus pr(ondm5t huma9 et vrai que ces deux imposants vieill>ds que le dix-septime sicle semble avoir oublis dans le dix-huitime1 comme deux *antillons de moeurs meilleures8 ,ne les voyez-v\s pas v5ir t\s les deux1 affairs et svres1 appuys sur leurs longues cannes1 rappelant p> leur co/ume plutt ,l\is ,,xiv que ,l\is ,,xv1 plutt ,l\is ,,xiii que ,l\is ,,xiv8 ,la langue qu'ils p>l5t1 n'e/-ce pas la langue mme de ,molire et de ,sa9t-,simon8 ,ce pre et cet oncle1 ce sont les deux types t]nels de la comdie2 ce sont les deux b\*es svres p> lesquelles elle g\rm&e1 enseigne et moralise au milieu de tant d'autres b\*es qui ne font que rire2 c'e/ le m>quis et le comm&eur1 c'e/ ,gronte et ,ari/e1 c'e/ la bont et la sagesse1 admirable duo auquel ,molire revi5t t\j\rs4 ,l',,oncle ,o v\lez-v\s c\rir8 ,,le ,p,,re4 ,las6 que sais-je8 ,l',,oncle4 ,il me semble ,que l'on doit comm5c] p> consult] ensemble ,les *oses qu'on peut faire en cet vnem5t4 ,la scne e/ complte2 ri5 n'y manque1 pas mme le coqu9 de neveu4 ,ce qu'il y a de frappant dans le cas prs5t1 c'e/ que la scne qu'on vi5t de retrac] e/ une *ose relle1 c'e/ que ce dialogue du pre et de l'oncle a eu textuellem5t lieu p> lettres1 p> lettres que le public peut lire l'heure qu'il e/#a2 c'e/ qu' l'insu des deux vieill>ds il y avait au fond de leur grave conte/ation un des plus gr&s hommes de notre hi/oire2 c'e/ que le m>quis et le comm&eur ici sont un vrai m>quis et un vrai comm&eur4 ,l'un se nommait ,victor de ,riquetti1 m>quis de ,mirabeau2 l'autre1 ,jean-,anto9e de ,mirabeau1 bailli de l'ordre de ,malte4 ,le coqu9 de neveu1 c'tait ,honor-,gabriel de ,riquetti1 qu'en #agha sa famille appelait l',ouragan1 et que le monde appelle auj\rd'hui ,,mirabeau4 ,a9si1 un homme avort1 une crature disloque1 un sujet dont on ne peut ri5 faire1 une tte bonne faire cass] aux insurg5ts1 un crim9el fltri p> la ju/ice1 un flau d'ailleurs1 voil ce que ,mirabeau tait p\r sa famille en #agha4 ,dix ans aprs1 en #agia1 le #a;er avril1 une f\le imm5se encombrait les abords d'une maison de la *ausse d',ant94 ,cette f\le tait morne1 sil5cieuse1 con/]ne1 pr(ondm5t tri/e4 ,il y avait dans la maison un homme qui agonisait4 ,t\t ce peuple inondait la rue1 la c\r1 l'escali]1 l'anti*ambre4 ,plusieurs tai5t l depuis trois j\rs4 ,on p>lait bas1 on semblait cra9dre de respir]1 on int]rogeait avec anxit ceux qui allai5t et v5ai5t4 ,cette f\le tait p\r cet homme comme une mre p\r son enfant4 ,les mdec9s n'avai5t plus d'espoir4 ,de temps en temps1 des bullet9s1 arra*s p> mille ma9s1 se disp]sai5t dans la multitude1 et l'on ent5dait des femmes sanglot]4 ,un jeune homme1 exaspr de d\leur1 (frait haute voix de s'ouvrir l'artre p\r infus] son sang ri*e et pur dans les ve9es appauvries du m\rant4 ,t\s1 les mo9s intellig5ts mme1 semblai5t accabls s\s cette p5se que ce n'tait pas seulem5t un homme1 que c'tait peut-tre un peuple qui allait m\rir4 ,on ne s'adressait plus qu'une "q dans la ville4 ,cet homme expira4 ,quelques m9utes aprs que le mdec9 qui tait deb\t au *evet de son lit1 eut dit3 ,il e/ mort6 le prsid5t de l'assemble nationale se leva de son sige et dit3 ,il e/ mort6 tant ce cri fatal avait en peu d'in/ants rempli ,p>is4 ,un des pr9cipaux orateurs de l'assemble1 ,m4 ,b>rre de ,vieuzac1 se leva en pleurant et dit ceci d'une voix qui laissait *app] plus de sanglots que de p>oles3 ,je dem&e que l'assemble dpose dans le procs-v]bal de ce j\r funbre le tmoignage des regrets qu'elle donne la p]te de ce gr& homme1 et qu'il soit fait1 au nom de la patrie1 une invitation t\s les membres de l'assemble d'assi/] ses funrailles4 ,un prtre1 membre du ct droit1 s'cria3 ,hi]1 au milieu des s\ffrances1 il a fait appel] ,m4 l'vque d',autun1 et en lui remettant un travail qu'il v5ait de t]m9] sur les successions1 il lui a dem&1 comme une d]nire m>que d'amiti1 qu'il v\lt bi5 le lire l'assemble4 ,c'e/ un devoir sacr4 ,m4 l'vque d',autun doit ex]c] ici les fonctions d'excuteur te/am5taire du gr& homme que n\s pleurons t\s4 ,tron*et1 le prsid5t1 proposa une dputation aux funrailles4 ,l'assemble rpondit3 ,n\s irons t\s6 ,les sections de ,p>is dem&r5t qu'il ft inhum au *amp de la fdration1 s\s l'autel de la patrie4 ,le directoire du dp>tem5t proposa de lui donn] p\r tombe la n\velle glise de ,sa9te-,g5evive1 et de dcrt] que cet difice s]ait dsormais de/9 recevoir les c5dres des gr&s hommes4 ,a ce sujet1 ,m4 ,pa/oret1 procureur gnral syndic de la commune1 dit3 ,les l>mes que fait c\l] la p]te d'un gr& homme ne doiv5t pas tre des l>mes /riles4 ,plusieurs peuples anci5s r5f]mr5t dans des monum5ts sp>s leurs prtres et leurs hros4 ,cette espce de culte qu'ils r5dai5t la pit et au c\rage1 r5dons-le auj\rd'hui l'am\r du bonheur et de la lib]t des hommes4 ,que le temple de la religion devi5ne le temple de la patrie6 que la tombe d'un gr& homme devi5ne l'autel de la lib]t6 ,l'assemble applaudit4 ,b>nave s'cria3 ,il a en effet mrit les honneurs qui doiv5t tre dc]ns p> la nation aux gr&s hommes qui l'ont bi5 s]vie6 ,robespi]re1 c'e/--dire l'envie1 se leva aussi et dit3 ,ce n'e/ pas au mom5t o l'on ent5d de t\tes p>ts les regrets qu'excite la p]te de cet homme illu/re1 qui1 dans les poques les plus critiques1 a dploy tant de c\rage contre le despotisme1 que l'on p\rrait s'oppos] ce qu'il lui ft dc]n des m>ques d'honneur4 ,j'appuie la proposition de t\t mon p\voir1 ou plutt de t\te ma s5sibilit4 ,il n'y eut plus1 ce j\r-l1 ni ct gau*e ni ct droit dans l'assemble nationale1 qui r5dit t\t d'une voix ce dcret3 ,le n\vel difice de ,sa9te-,g5evive s]a de/9 runir les c5dres des gr&s hommes4 ,s]ont gravs au-dessus du fronton ces mots3 ,,aux ,,gr&s ,,hommes ,,la ,,patrie ,,reconnaissante ,le corps lgislatif dcid]a seul quels hommes cet honneur s]a dc]n4 ,honor ,riquetti ,mirabeau e/ jug digne de recevoir cet honneur4 ,cet homme qui v5ait de m\rir1 c'tait ,honor de ,mirabeau4 ,le gr& homme de #agia1 c'tait l'homme avort de #agha4 ,le l5dema91 le peuple fit ses funrailles un cortge de plus d'une lieue1 auquel manqua son pre1 mort1 comme il conv5ait un vieux g5tilhomme de sa sorte1 le #ac juillet #aghi1 la veille de la *ute de la ,ba/ille4 ,ce n'e/ pas sans int5tion que n\s avons rappro* ces deux dates1 #agha et #agia1 les mmoires et l'hi/oire1 ,mirabeau avant et ,mirabeau aprs1 ,mirabeau jug p> sa famille1 ,mirabeau jug p> le peuple4 ,il y a dans ce contra/e une s\rce 9puisable de mditations4 ,comm5t1 en dix ans1 ce dmon d'une famille e/-il dev5u le dieu d'une nation8 ,"q pr(onde4 #a3 ,voyez les ,mmoires de ,mirabeau1 ou plutt sur ,mirabeau1 rcemm5t publis1 t4 ,,iii4 ,ce travail1 fait malheureusem5t d'une faon peu intellig5te1 conti5t sur ,mirabeau et de ,mirabeau un c]ta9 nombre de *oses curieuses1 au!ntiques et 9dites4 ,mais ce qu'il r5f]me de plus intressant1 notre gr1 ce sont des extraits de la correspondance intime du m>quis de ,mirabeau avec le bailli1 son frre4 ,t\t un ct peu clair jusqu' prs5t du dix-huitime sicle app>at dans cette correspondance1 o le pre et l'oncle de ,mirabeau1 p]sonnages orig9aux d'ailleurs1 t\s deux gr&s criva9s sans le savoir1 gr&s criva9s dans des lettres1 dess95t admirablem5t1 dans un c]cle d'ides qui va s'l>gissant et se rtrcissant selon leur fantaisie et les accid5ts1 leur coeur1 leur famille1 leur poque4 ,n\s conseillons l'diteur de multipli] les citations de cette correspondance2 n\s regrettons mme qu'on n'ait pas song en faire une publication "p aussi complte que possible1 dans t\s les cas trs sobrem5t lague4 ,les ,lettres du m>quis et du bailli de ,mirabeau1 pre et oncle de ,mirabeau1 euss5t t un des te/am5ts les plus importants du dix-huitime sicle4 ,d\blem5t ri*es s\s le rapport biographique et s\s le rapport littraire1 ces ,lettres euss5t t p\r l'hi/ori5 une m9e1 p\r l'criva9 un livre4 ,ces lettres1 qui sont du meilleur /yle1 cont9u5t jusqu'en #aghi l'excell5te langue franaise de ,mme de ,svign1 de ,mme de ,ma9t5on1 de ,m4 de ,sa9t-,simon4 ,la correspondance publie en enti] f]ait un prcieux p5dant aux ,lettres de ,did]ot4 ,les lettres de ,did]ot peign5t le dix-huitime sicle du po9t de vue des philosophes1 les lettres des ,mirabeau le pe9drai5t du po9t de vue des g5til%ommes2 face1 c]tes1 non mo9s curieuse4 ,cette d]nire collection n'import]ait pas mo9s que la premire aux tudes de ceux qui v\drai5t savoir compltem5t quelle e/ df9itivem5t l'ide que le dix-huitime sicle a lgue au dix-neuvime4 ,esprons que la p]sonne entre les ma9s de laquelle se tr\ve cette volum9euse correspondance compr5dra la responsabilit qui rsulte p\r elle d'un p>eil dpt1 et1 dans t\s les cas1 le cons]v]a intact l'av5ir4 ,d'aussi prcieux docum5ts sont le patrimo9e d'une nation et non d'une famille4 ,,ii ,il ne faudrait pas croire cep5dant que du mom5t o cet homme sortit de la famille p\r app>atre au peuple1 il ait t t\t de suite et p> acclamation accept dieu4 ,les *oses ne vont jamais a9si d'elles-mmes4 ,o le gnie se lve1 l'envie se dresse4 ,bi5 au contraire1 jusqu' l'heure de sa mort1 jamais homme ne fut plus compltem5t et plus con/amm5t ni dans t\s les s5s que ,mirabeau4 ,lorsqu'il arriva comme dput d',aix aux tats gnraux1 il n'excitait la jal\sie de p]sonne4 ,obscur et mal fam1 les bonnes r5ommes s'en inquitai5t peu2 laid et mal bti1 les seigneurs de belle m9e en avai5t piti4 ,sa noblesse disp>aissait s\s l'habit noir1 sa physionomie s\s la petite vrole4 ,qui donc et song tre jal\x de cette espce d'av5turi]1 repris de ju/ice1 dif=me de corps et de visage1 ru9 d'ailleurs1 que les petites g5s d',aix avai5t dput aux tats gnraux dans un mom5t de fivre et p> mg>de sans d\te et sans savoir p\rquoi8 ,cet homme1 en vrit1 ne comptait pas4 ,le premi] v5u tait beau1 ri*e et considrable ct de lui4 ,il n'(fusquait aucune vanit1 il ne gnait les c\des d'aucune prt5tion4 ,c'tait un *iffre quelconque que les ambitions qui se jal\sai5t comptai5t pe9e dans leurs calculs4 ,peu peu cep5dant1 comme le crpuscule de t\tes les *oses anci5nes arrivait1 il se fit assez d'ombre aut\r de la mon>*ie p\r que le sombre clat propre aux gr&s hommes rvolutionnaires devnt visible aux yeux4 ,mirabeau comm5a rayonn]4 ,l'envie alors v9t ce rayonnem5t comme t\t oiseau de nuit t\te lumire4 ,a dat] de ce mom5t1 l'envie prit ,mirabeau et ne le quitta plus4 ,avant t\t1 *ose qui semble trange et qui ne l'e/ pas1 ce qu'elle lui conte/a jusqu' son d]ni] s\ffle1 ce qu'elle lui nia sans cesse en face1 sans lui p>gn] d'ailleurs les autres injures1 ce fut prcism5t ce qui e/ la vritable c\ronne de cet homme dans la po/rit1 son gnie d'orateur4 ,m>*e que l'envie suit t\j\rs d'ailleurs2 c'e/ t\j\rs la plus belle faade d'un difice qu'elle jette des pi]res4 ,et puis1 l'g>d de ,mirabeau1 l'envie1 il faut en conv5ir1 tait 9puisable en bonnes raisons4 ,probitas1 l'orateur doit tre sans repro*e1 ,m4 de ,mirabeau e/ repro*able de t\tes p>ts2 prae/antia1 l'orateur doit tre beau1 ,m4 de ,mirabeau e/ laid2 vox ama5a1 l'orateur doit avoir un organe agrable1 ,m4 de ,mirabeau a la voix dure1 s*e1 cri>de1 tonnant t\j\rs et ne p>lant jamais2 subrisus audi5tium1 l'orateur doit tre bi5v5u de son auditoire1 ,m4 de ,mirabeau e/ ha de l'assemble1 etc42 et une f\le de g5s1 =t cont5ts d'eux-mmes1 concluai5t3 ,m4 de ,mirabeau n'e/ pas orateur4 ,or1 lo9 de pr\v] cela1 t\s ces raisonnem5ts ne pr\vai5t qu'une *ose1 c'e/ que les ,mirabeaux ne sont pas prvus p> les ,cicrons4 ,c]tes1 il n'tait pas orateur la manire dont ces g5s l'ent5dai5t2 il tait orateur selon lui1 selon sa nature1 selon son organisation1 selon son me1 selon sa vie4 ,il tait orateur p>ce qu'il tait ha1 comme ,cicron p>ce qu'il tait aim4 ,il tait orateur p>ce qu'il tait laid1 comme ,hort5sius p>ce qu'il tait beau4 ,il tait orateur p>ce qu'il avait s\ff]t1 p>ce qu'il avait failli1 p>ce qu'il avait t1 bi5 jeune encore et dans l'ge o s'pan\iss5t t\tes les ouv]tures du coeur1 rep\ss1 moqu1 humili1 mpris1 diffam1 *ass1 spoli1 int]dit1 exil1 emprisonn1 condamn2 p>ce que1 comme le peuple de #aghi dont il tait le plus complet symbole1 il avait t t5u en m9orit et en tutelle beauc\p au del de l'ge de raison2 p>ce que la pat]nit avait t dure p\r lui comme la royaut p\r le peuple2 p>ce que1 comme le peuple1 il avait t mal lev2 p>ce que1 comme au peuple1 une mauvaise ducation lui avait fait crotre un vice sur la rac9e de *aque v]tu4 ,il tait orateur1 p>ce que1 grce aux l>ges issues ouv]tes p> les branlem5ts de #aghi1 il avait enf9 pu extravas] dans la socit t\s ses b\illonnem5ts intrieurs si longtemps comprims dans la famille2 p>ce que1 brusque1 9gal1 viol5t1 vicieux1 cynique1 sublime1 diffus1 incohr5t1 plus rempli d'in/9cts encore que de p5ses1 les pi$s s\ills1 la tte rayonnante1 il tait en t\t semblable aux annes ard5tes dans lesquelles il a respl5di1 et dont *aque j\r passait m>qu au front p> sa p>ole4 ,enf9 ces hommes imbciles qui compr5ai5t assez peu leur temps p\r lui adress]1 trav]s mille objections1 d'ailleurs s\v5t +nieuses1 cette "q3 s'il se croyait srieusem5t orateur8 il aurait pu rpondre d'un seul mot3 ,dem&ez la mon>*ie qui f9it1 dem&ez la rvolution qui comm5ce6 ,on a pe9e croire1 auj\rd'hui que c'e/ *ose juge1 qu'en #agij beauc\p de g5s1 et dans le nombre de d\c]eux amis1 conseillai5t ,mirabeau1 dans son propre intrt1 de quitt] la tribune1 o il n'aurait jamais de succs complet1 ou du mo9s d'y p>atre mo9s s\v5t4 ,n\s avons les lettres s\s les yeux4 ,on a pe9e croire que dans ces mmorables sances o il remuait l'assemble comme de l'eau dans un vase1 o il entre-*oquait si puissamm5t dans sa ma9 t\tes les ides sonores du mom5t1 o il =geait et amalgamait si habilem5t dans sa p>ole sa passion p]sonnelle et la passion de t\s1 aprs qu'il avait p>l et p5dant qu'il p>lait et avant qu'il p>lt1 les applaudissem5ts tai5t t\j\rs mls de hues1 de rires et de sifflets4 ,misrables dtails cri>ds que la gloire a e/omps auj\rd'hui6 ,les j\rnaux et les pamphlets du temps ne sont qu'injures1 viol5ces et voies de fait contre le gnie de cet homme4 ,on lui repro*e t\t propos de t\t4 ,mais le repro*e qui revi5t sans cesse1 et comme p> manie1 c'e/ sa voix rude et pre1 et sa p>ole t\j\rs tonnante4 ,que rpondre cela8 ,il a la voix rude1 p>ce qu'app>emm5t le temps des d\ces voix e/ pass4 ,il a la p>ole tonnante1 p>ce que les vnem5ts tonn5t de leur ct1 et que c'e/ le propre des gr&s hommes d'tre de la /ature des gr&es *oses4 ,et puis1 et ceci e/ une tactique qui a t de t\t temps inv>iablem5t suivie contre les gnies1 non seulem5t les hommes de la mon>*ie1 mais encore ceux de son p>ti1 c> on n'e/ jamais mieux ha que dans son propre p>ti1 tai5t t\j\rs d'accord1 comme p> une sorte de conv5tion tacite1 p\r lui oppos] sans cesse et lui prfr] en t\te occasion un autre orateur1 =t adroitem5t *oisi p> l'envie en ce s5s qu'il s]vait les mmes sympa?ies politiques que ,mirabeau1 ,b>nave4 ,et la *ose s]a t\j\rs a9si4 ,il arrive s\v5t que1 dans une poque donne1 la mme ide e/ reprs5te la fois des degrs diffr5ts p> un homme de gnie et p> un homme de tal5t4 ,cette position e/ une heureuse *ance p\r l'homme de tal5t4 ,le succs prs5t et inconte/ lui app>ti5t 7il e/ vrai que cette espce de succs-l ne pr\ve ri5 et s'van\it vite74 ,la jal\sie et la ha9e vont droit au plus =t4 ,la mdiocrit s]ait bi5 importune p> l'homme de tal5t si l'homme de gnie n'tait pas l2 mais l'homme de gnie e/ l1 elle s\ti5t l'homme de tal5t et se s]t de lui contre le matre4 ,elle se leurre de l'espoir *imrique de r5v]s] le premi]1 et dans ce cas-l 7qui ne peut se ralis] d'ailleurs7 elle compte avoir ensuite bon m>* du second2 en att5dant1 elle l'appuie et le porte le plus haut qu'elle peut4 ,la mdiocrit e/ p\r celui qui la gne le mo9s et qui lui ressemble le plus4 ,dans cette situation1 t\t ce qui e/ ennemi l'homme de gnie e/ ami l'homme de tal5t4 ,la comp>aison qui devrait cras] celui-ci l'exhausse4 ,de t\tes les pi]res que le pic et la pio*e1 et la calomnie1 et la diatribe1 et l'injure1 peuv5t arra*] la base du gr& homme1 on fait un pide/al l'homme secondaire4 ,ce qu'on fait cr\l] de l'un s]t la con/ruction de l'autre4 ,c'e/ a9si que v]s #agij on btissait ,b>nave avec t\t ce qu'on ru9ait de ,mirabeau4 ,riv>ol disait3 ,m4 ,mirabeau e/ plus criva91 ,m4 ,b>nave e/ plus orateur4--,pelleti] disait3 ,le ,b>nave oui1 le ,mirabeau non4--,la mmorable sance du #ac1 crivait ,*am=t1 a pr\v plus que jamais la prm95ce dj dmontre depuis longtemps de ,m4 ,b>nave sur ,m4 de ,mirabeau comme orateur4--,mirabeau e/ mort1 murmurait ,m4 ,t>get en s]rant la ma9 de ,b>nave1 son disc\rs sur la =mule de promulgation l'a tu4--,b>nave1 v\s avez ent]r ,mirabeau1 aj\tait ,duport1 appuy du s\rire de ,lame?1 lequel tait ,duport comme ,duport ,b>nave1 un dim9utif4--,m4 ,b>nave fait plaisir1 disait ,m4 ,g\pil1 et ,m4 ,mirabeau fait pe9e4--,le comte de ,mirabeau a des clairs1 disait ,m4 ,camus1 mais il ne f]a jamais un disc\rs1 il ne saura mme jamais ce que c'e/4 ,p>lez-moi de ,b>nave6--,m4 de ,mirabeau a beau se fatigu] et su]1 disait ,robespi]re1 il n'atte9dra jamais ,b>nave1 qui n'a pas l'air de prt5dre tant que lui1 et qui vaut plus#a4 ,t\tes ces pauvres petites inju/ices gratignai5t ,mirabeau et le faisai5t s\ffrir au milieu de sa puissance et de ses triomphes4 ,c\ps d'p+le au porte-massue4 ,et si la ha9e1 dans son beso9 de lui oppos] quelqu'un1 n'importe qui1 n'avait pas eu un homme de tal5t s\s la ma91 elle aurait pris un homme mdiocre4 ,elle ne s'emb>rasse jamais de la qualit de l't(fe dont elle fait son drapeau4 ,mairet a t prfr ,corneille1 ,pradon ,rac9e4 ,voltaire s'criait1 il n'y a pas c5t ans3 ,on m'ose prfr] ,crbillon le b>b>e6 ,en #ahjh1 ,ge(froy1 le critique le plus c\t qui ft en ,europe1 mettait ,m4 ,lafon =t au-dessus de ,m4 ,talma4 ,m]veilleux in/9ct des cot]ies6 ,en #agih1 on prfrait ,moreau ,bonap>te2 en #ahae1 ,well+ton ,napolon4 ,n\s le rptons1 p>ce que1 selon n\s1 la *ose e/ s+ulire1 ,mirabeau daignait s'irrit] de ces misres4 ,le p>allle avec ,b>nave l'(fusquait4 ,s'il avait reg>d dans l'av5ir1 il aurait s\ri2 mais c'e/ en gnral le dfaut des orateurs politiques1 hommes du prs5t avant t\t1 d'avoir l'oeil trop fix sur les contempora9s et pas assez sur la po/rit4 ,ces deux hommes1 ,b>nave et ,mirabeau1 prs5tai5t d'ailleurs un contra/e p>fait4 ,dans l'assemble1 qu& l'un ou l'autre se levait1 ,b>nave tait t\j\rs accueilli p> un s\rire1 et ,mirabeau p> une tempte4 ,b>nave avait en propre l'ovation du mom5t1 le triomphe du qu>t d'heure1 la gloire dans la gazette1 l'applaudissem5t de t\s1 mme du ct droit4 ,mirabeau avait la lutte et l'orage4 ,b>nave tait un assez beau jeune homme1 et un trs beau p>leur4 ,mirabeau1 comme disait spirituellem5t ,riv>ol1 tait un mon/rueux bav>d4 ,b>nave tait de ces hommes qui pr5n5t *aque mat9 la mesure de leur auditoire2 qui tt5t le p\ls de leur public2 qui ne se has>d5t jamais hors de la possibilit d'tre applaudis2 qui bais5t t\j\rs humblem5t le talon du succs2 qui arriv5t la tribune1 quelquefois avec l'ide du j\r1 le plus s\v5t avec l'ide de la veille1 jamais avec l'ide du l5dema91 de peur d'av5ture2 qui ont une faconde bi5 nivele1 bi5 plane et bi5 r\lante1 sur laquelle *em95t et circul5t petit bruit avec leurs div]s bagages t\tes les ides communes de leur temps2 qui1 de cra9te d'avoir des p5ses trop peu imprgnes de l'atmosphre de t\t le monde1 mett5t sans cesse leur jugem5t dans la rue comme un !rmomtre leur f5tre4 ,mirabeau1 au contraire1 tait l'homme de l'ide neuve1 de l'illum9ation s\da9e1 de la proposition risque2 f\gueux1 *evel1 imprud5t1 t\j\rs inatt5du p>t\t1 *oquant1 blessant1 r5v]sant1 n'obissant qu' lui-mme2 *]*ant le succs sans d\te1 mais aprs beauc\p d'autres *oses1 et aimant mieux encore tre applaudi p> ses passions dans son coeur que p> le peuple dans les tribunes2 bruyant1 tr\ble1 rapide1 pr(ond1 r>em5t transp>5t1 jamais guable1 et r\lant ple-mle dans son cume t\tes les ides de son poque1 s\v5t =t rudoyes dans leur r5contre avec les si5nes4 ,l'loqu5ce de ,b>nave ct de l'loqu5ce de ,mirabeau1 c'tait un gr& *em9 ctoy p> un torr5t4 ,auj\rd'hui que le nom de ,mirabeau e/ si gr& et si accept1 on a pe9e se faire une ide de la faon excessive dont il tait trait p> ses collgues et p> ses contempora9s4 ,c'tait ,m4 de ,guill]my s'criant t&is qu'il p>lait3 ,m4 ,mirabeau e/ un sclrat1 un assass96 ,c'tai5t ,,mm4 d',ambly et de ,lautrec vocifrant3 ,ce ,mirabeau e/ un gr& gueux6 ,aprs quoi ,m4 de ,f\cault lui montrait le po+1 et ,m4 de ,virieu disait3 ,monsieur ,mirabeau1 v\s n\s insultez6 ,qu& la ha9e ne p>lait pas1 c'tait le mpris4 ,ce petit ,mirabeau6 disait ,m4 de ,ca/ellanet au ct droit4 ,cet extravagant6 disait ,m4 ,lap\le au ct gau*e4 ,et1 lorsqu'il avait p>l1 ,robespi]re grommelait entre ses d5ts3 ,cela ne vaut ri54 ,quelquefois cette ha9e d'une si gr&e p>tie de son auditoire laissait trace dans son loqu5ce1 et1 au milieu de son magnifique disc\rs sur la rg5ce1 p> exemple1 il *appait ses lvres ddaigneuses des p>oles comme celles-ci1 p>oles mlancoliques1 simples1 rsignes et hauta9es1 que t\t homme dans une situation p>eille devrait mdit]3 ,p5dant que je p>lais et que j'exprimais mes premires ides sur la rg5ce1 j'ai ent5du dire avec cette indubitabilit *>mante laquelle je suis ds longtemps apprivois3 ,cela e/ absurde6 cela e/ extravagant6 cela n'e/ pas proposable6 ,mais il faudrait rfl*ir4 ,il p>lait a9si le #be m>s #agia1 sept j\rs avant sa mort4 ,au dehors de l'assemble1 la presse le d*irait avec une trange fureur4 ,c'tait une pluie battante de pamphlets sur cet homme4 ,les p>tis extrmes le mettai5t au mme pilori4 ,ce nom1 ,mirabeau1 tait prononc avec le mme acc5t la cas]ne des g>des du corps et au club des ,cordeli]s4 ,m4 de ,*ampc5etz disait3 ,cet homme a la petite vrole l'me4 ,m4 de ,lambesc proposait de le faire enlev] p> v+t cavali]s et conduire aux galres4 ,m>at crivait3 ,citoy5s1 levez huit c5ts pot5ces1 p5dez-y t\s ces tratres1 et leur tte l'infme ,riquetti l'an6 ,et ,mirabeau ne v\lait pas que l'assemble nationale p\rsuivit ,m>at1 se cont5tant de rpondre3 ,il p>at qu'on publie des extravagances4 ,c'e/ un p>agraphe d'homme ivre4 ,a9si1 jusqu'au #a;er avril #agia1 ,mirabeau e/ un gueux#b1 un extravagant#c1 un sclrat1 un assass9#d1 un f\#e1 un orateur du second ordre#f1 un homme mdiocre#g1 un homme mort#h1 un homme ent]r#i1 un mon/rueux bav>d#aj1 hu1 siffl1 conspu plus encore qu'applaudi#aa2 ,lambesc propose p\r lui les galres4 ,m>at la pot5ce4 ,il meurt le #b avril4 ,le #c1 on inv5te p\r lui le ,pan?on4 ,gr&s hommes6 v\lez-v\s avoir raison dema91 m\rez auj\rd'hui4 #a3 ,faute de franais4 ,il faudrait1 qui vaut davantage4 #b3 ,,mm4 d',ambly et de ,lautrec4 #c3 ,m4 ,lap\le4 #d3 ,m4 de ,guill]my4 #e3 ,j\rnaux et pamphlets du temps4 #f3 ,id4 ,id4 #g3 ,id4 ,id4 #h3 ,t>get4 #i3 ,duport4 #aj3 ,riv>ol4 #aa3 ,pelleti]4 ,,iii ,le peuple1 cep5dant1 qui a un s5s p>ticuli] et le rayon visuel t\j\rs s+ulirem5t droit1 qui n'e/ pas ha9eux p>ce qu'il e/ =t1 qui n'e/ pas envieux p>ce qu'il e/ gr&1 le peuple1 qui connat les hommes1 t\t enfant qu'il e/1 le peuple tait p\r ,mirabeau4 ,mirabeau tait selon le peuple de #hi1 et le peuple de #hi tait selon ,mirabeau4 ,il n'e/ pas de plus beaux spectacles p\r le p5seur que ces embrassem5ts troits du gnie et de la f\le4 ,l'influ5ce de ,mirabeau tait nie et tait imm5se4 ,c'tait t\j\rs lui1 aprs t\t1 qui avait raison2 mais il n'avait raison sur l'assemble que p> le peuple1 et il g\v]nait les *aises curules p> les tribunes4 ,ce que ,mirabeau avait dit en mots prcis1 la f\le le r$isait en applaudissem5ts2 et1 s\s la dicte de ces applaudissem5ts1 bi5 contre-coeur s\v5t1 la lgislature crivait4 ,libelles1 pamphlets1 calomnies1 injures1 int]ruptions1 m5aces1 hues1 clats de rire1 sifflets1 n'tai5t t\t au plus que des caill\x jets dans le c\rant de sa p>ole1 qui s]vai5t p> mom5ts la faire cum]4 ,voil t\t4 ,qu& l'orateur s\v]a91 pris d'une subite p5se1 montait la tribune2 qu& cet homme se tr\vait face face avec son peuple2 qu& il tait l deb\t et m>*ant sur l'envieuse assemble1 comme l'homme-,dieu sur la m]1 sans tre engl\ti p> elle2 qu& son reg>d s>donique et lum9eux1 fix du haut de cette tribune sur les hommes et sur les ides de son temps1 avait l'air de mesur] la petitesse des hommes sur la gr&eur des ides1 alors il n'tait plus ni calomni1 ni hu1 ni injuri2 ses ennemis avai5t beau faire1 avai5t beau dire1 avai5t beau amoncel] contre lui1 le premi] s\ffle de sa b\*e ouv]te p\r p>l] faisait cr\l] t\s ces entassem5ts4 ,qu& cet homme tait la tribune dans la fonction de son gnie1 sa figure dev5ait spl5dide et t\t s'van\issait devant elle4 ,mirabeau1 en #agia1 tait donc t\t la fois bi5 ha et bi5 aim2 gnie ha p> les beaux esprits1 homme aim p> le peuple4 ,c'tait une illu/re et dsirable exi/5ce que celle de cet homme qui disposait son gr de t\tes les mes alors ouv]tes v]s l'av5ir2 qui1 avec de magiques p>oles et p> une sorte d'al*imie my/rieuse1 conv]tissait en p5ses1 en sy/mes1 en volonts raisonnes1 en plans prcis d'amlioration et de r=me1 les vagues in/9cts des multitudes2 qui n\rrissait l'esprit de son temps de t\tes les ides que sa gr&e intellig5ce miettait sur la f\le2 qui1 sans rel*e et t\r de bras1 battait et flagellait sur la table de la tribune1 comme le bl sur l'aire1 les hommes et les *oses de son sicle1 p\r sp>] la paille que la rpublique devait consum]1 du gra9 que la rvolution devait fcond]2 qui donnait la fois des insomnies ,l\is ,,xvi et ,robespi]re1 ,l\is ,,xvi1 dont il attaquait le trne1 ,robespi]re1 dont il et attaqu la guillot9e2 qui p\vait se dire *aque mat9 en s'veillant3 ,quelle ru9e f]ai-je auj\rd'hui avec ma p>ole8 qui tait pape1 en ce s5s qu'il m5ait les esprits2 qui tait ,dieu1 en ce s5s qu'il m5ait les vnem5ts4 ,il m\rut temps4 ,c'tait une tte s\v]a9e et sublime4 #ia la c\ronna4 #ic l'et c\pe4 ,,iv ,qu& on suit pas pas la vie de ,mirabeau depuis sa naissance jusqu' sa mort1 depuis l'humble pisc9e baptismale du ,bignon jusqu'au ,pan?on1 on voit que1 comme t\s les hommes de sa trempe et de sa mesure1 il tait prde/94 ,un tel enfant ne p\vait manqu] d'tre un gr& homme4 ,au mom5t o il vi5t au monde1 la grosseur surhuma9e de sa tte met la vie de sa mre en dang]4 ,qu& la vieille mon>*ie franaise1 son autre mre1 mit au monde sa r5omme1 elle manqua aussi en m\rir4 ,a l'ge de c9q ans1 ,poisson1 son prcepteur1 lui dit d'crire ce qui lui vi5drait dans la tte4 ,le petit1 comme dit son pre1 crivit littralem5t ceci3 ,monsieur moi1 je v\s prie de pr5dre att5tion votre criture et de ne pas faire de pts sur votre exemple2 d'tre att5tif ce qu'on fait2 obir son pre1 son matre1 sa mre2 ne po9t contr>i]2 po9t de dt\rs1 de l'honneur surt\t4 ,n'attaquez p]sonne1 hors qu'on ne v\s attaque4 ,df5dez votre patrie4 ,ne soyez po9t m*ant avec les dome/iques4 ,ne famili>isez pas avec eux4 ,ca*] les dfauts de son pro*a91 p>ce que cela peut arriv] soi-mme#a4 ,a onze ans1 voici ce que le duc de ,niv]nois crit de lui au bailli de ,mirabeau1 dans une lettre date de ,sa9t-,maur1 du #aa septembre #agfj3 ,l'autre j\r1 dans des prix qu'on gagne *ez moi la c\rse1 il gagne le prix1 qui tait un *apeau1 se ret\rne v]s un adolesc5t qui avait un bonnet1 et1 lui mettant sur la tte le si51 qui tait encore =t bon3 ,ti5s1 dit-il1 je n'ai pas deux ttes4 ,ce jeune homme me p>ut alors l'emp]eur du monde2 je ne sais quoi de div9 transpira rapidem5t dans son attitude2 j'y rvai1 j'en pleurai1 et la leon me fut =t bonne4 ,a d\ze ans1 son pre disait de lui3 ,c'e/ un coeur haut s\s la jaquette d'un bamb94 ,cela a un trange in/9ct d'orgueil1 noble p\rtant4 ,c'e/ un embryon de matamore b\riff qui veut aval] t\t le monde avant d'avoir d\ze ans#b4 ,a seize ans1 il avait la m9e si h>die et si hauta9e1 que le pr9ce de ,conti lui dem&e3 ,que f]ais-tu si je te donnais un s\fflet8 ,il rpond3 ,cette "q et t emb>rassante avant l'inv5tion des pi/olets deux c\ps4 ,a v+t et un ans 7#aggj71 il comm5ce crire une hi/oire de la ,corse au mom5t o quelqu'un v5ait d'y natre#c4 ,s+uli] in/9ct des gr&s hommes6 ,a cette mme poque1 son pre qui le t5ait bi5 svrem5t1 porte sur lui ce prono/ic trange3 ,c'e/ une b\teille ficele depuis v+t-un ans4 ,si elle e/ jamais db\*e t\t c\p sans prcaution1 t\t s'en ira4 ,a v+t-deux ans1 il e/ prs5t la c\r4 ,mme lisabe?1 alors ge de six ans1 lui dem&e s'il a t inocul4 ,et t\te la c\r de rire4 ,non1 il n'avait pas t inocul4 ,il portait en lui le g]me d'une contagion qui plus t>d devait gagn] t\t un peuple4 ,il se produit la c\r avec une extrme assurance1 portant dj le front aussi haut que le roi1 trange p\r t\s1 odieux p\r beauc\p4 ,il e/ aussi entrant que j'tais f>\*e1 dit le pre1 qui n'avait jamais v\lu s'env]saill]1 lui1 oiseau hag>d dont le nid fut entre quatre t\relles4--,il ret\rne les gr&s comme fagots4 ,il a ce t]rible don de la famili>it1 comme disait ,grgoire le ,gr&4 ,et puis1 le vieux et fi] g5tilhomme aj\te3 ,comme depuis c9q c5ts ans on a t\j\rs s\ff]t des ,mirabeaux qui n'ont jamais t faits comme les autres1 on s\ffrira encore celui-ci4 ,a v+t-quatre ans1 le pre1 philosophe agricole1 veut pr5dre son fils avec lui et le faire rural4 ,il n'y peut russir4 ,il e/ bi5 malais de mani] la b\*e de cet animal f\gueux6 s'crie le vieill>d4 ,l'oncle1 le bailli1 exam9e froidem5t le jeune homme et dit3 ,s'il n'e/ pas pire que ,nron1 il s]a meilleur que ,m>c-,aurle4 ,en t\t1 laissons mrir ce fruit v]t1 rpond le m>quis4 ,le pre et l'oncle correspond5t entre eux sur l'av5ir du jeune homme dj si av5tur dans la mauvaise vie4 ,ton neveu l',ouragan1 dit le pre4 ,ton fils1 monsieur le comte de la ,b\rrasque1 rplique l'oncle4 ,le bailli1 vieux m>91 aj\te3 ,les tr5te-deux v5ts de la b\ssole sont dans sa tte4 ,a tr5te ans1 le fruit mrit4 ,dj les n\veauts comm5c5t reluire dans l'oeil pr(ond de ,mirabeau4 ,on voit qu'il e/ ple9 de p5ses4 ,ce c]veau e/ un f\rneau encombr1 dit le prud5t bailli4 ,dans un autre mom5t1 l'oncle crit cette obs]vation d'homme effray3 ,qu& il passe quelque *ose dans sa tte1 il avance le front1 et ne reg>de plus nulle "p4 ,de son ct1 le pre s'tonne de ce ha*em5t d'ides qui voit p> clairs4 ,il s'crie3 ,f\illis dans sa tte1 biblio?que r5v]se1 tal5t p\r bl\ir p> des sup]ficies1 il a hum t\tes les =mules et ne sait ri5 sub/anci]6 ,il aj\te1 ne compr5ant dj plus sa crature3 ,dans son enfance1 ce n'tait qu'un mle mon/rueux au moral comme au physique4 ,auj\rd'hui c'e/ un homme t\t de reflet et de rv]bre1 un f\ tir droite p> le coeur et gau*e p> la tte1 qu'il a t\j\rs quatre pas de lui4 ,et puis le vieill>d aj\te1 avec un s\rire mlancolique et rsign3 ,je t*e de v]s] sur cet homme ma tte1 mon me et mon coeur4 ,enf91 comme l'oncle1 il a aussi p> mom5ts ses press5tim5ts1 ses t]reurs1 ses anxits1 ses d\tes4 ,il s5t1 lui pre1 t\t ce qui se remue dans la tte de son fils1 comme la rac9e s5t l'branlem5t des feuilles4 ,voil ce qu'e/ ,mirabeau tr5te ans4 ,il tait fils d'un pre qui s'tait df9i a9si lui-mme3 ,et moi aussi1 madame1 t\t g\rd et l\rd que v\s me voyez1 je pr*ais trois ans2 six1 j'tais un prodige2 d\ze1 un objet d'espoir2 v+t1 un brlot2 tr5te1 un politique de ?orie2 qu>ante1 je ne suis plus qu'un bonhomme4 ,a qu>ante ans1 ,mirabeau e/ un gr& homme4 ,a qu>ante ans1 il e/ l'homme d'une rvolution4 ,a qu>ante ans1 il se dcl>e aut\r de lui en ,france une de ces =midables an>*ies d'ides o se fond5t les socits qui ont fait leur temps4 ,mirabeau en e/ le despote4 ,c'e/ lui qui1 sil5cieux jusqu'alors1 crie1 le #bc ju9 #aghi1 ,m4 de ,brz3 ,allez dire ,,votre ,,ma,,tre444 ,votre matre6 c'e/ le roi de ,france dcl> trang]4 ,c'e/ t\te une frontire trace entre le trne1 et le peuple4 ,c'e/ la rvolution qui laisse *app] son cri4 ,p]sonne ne l'et os avant ,mirabeau4 ,il n'app>ti5t qu'aux gr&s hommes de prononc] les mots dcisifs des poques4 ,plus t>d1 on insult]a ,l\is ,,xvi plus gravem5t en app>5ce1 on le battra t]re1 on le raill]a dans les f]s1 on le hu]a sur l'*afaud4 ,la ,rpublique en bonnet r\ge mettra ses po+s sur ses han*es1 et lui dira des gros mots1 et l'appell]a ,l\is ,capet4 ,mais il ne s]a plus ri5 dit ,l\is ,,xvi d'aussi r$\table et d'aussi effectif que cette p>ole fatale de ,mirabeau4 ,l\is ,capet1 c'e/ la royaut frappe au visage2 votre matre1 c'e/ la royaut frappe au coeur4 ,aussi1 dat] de ce mot1 ,mirabeau e/ l'homme du pays1 l'homme de la gr&e meute sociale1 l'homme dont la f9 de ce sicle a beso94 ,populaire sans tre plbi51 *ose r>e en des temps p>eils6 ,sa vie prive e/ rsorbe p> sa vie publique4 ,honor de ,riquetti1 cet homme p]du1 e/ dsormais illu/re1 c\t et considrable4 ,l'am\r du peuple lui fait une cuirasse aux s>casmes de ses ennemis4 ,sa p]sonne e/ la plus claire de t\tes celles que la f\le reg>de4 ,les passants s'arrt5t qu& il trav]se une rue2 et1 p5dant les deux annes qu'il remplit1 sur t\s les co9s de murs de ,p>is les petits enfants du peuple criv5t sans faute son nom1 que1 quatrev+ts ans aup>avant1 ,sa9t-,simon1 avec son dda9 de duc et pair1 crivait ,mirebaut1 sans se d\t] qu'un j\r ,mirebaut f]ait ,mirabeau4 ,il y a des p>alllismes bi5 frappants dans la vie de c]ta9s hommes4 ,cromwell1 encore obscur1 dsesprant de son av5ir en ,anglet]re1 veut p>tir p\r la ,jamaque2 les rglem5ts de ,*>les ,i] l'en emp*5t4 ,le pre de ,mirabeau1 ne voyant aucune exi/5ce possible en ,france p\r son fils1 veut envoy] le jeune homme aux colonies holl&aises2 un ordre du roi s'y oppose4 ,or1 tez ,cromwell de la rvolution d',anglet]re1 tez ,mirabeau de la rvolution de ,france1 v\s tez peut-tre des deux rvolutions deux *afauds4 ,qui sait si la ,jamaque n'et pas sauv ,*>les ,i]1 et ,batavia ,l\is ,,xvi8 ,mais non1 c'e/ le roi d',anglet]re qui veut g>d] ,cromwell2 c'e/ le roi de ,france qui veut g>d] ,mirabeau4 ,qu& un roi e/ condamn mort1 la provid5ce lui b&e les yeux4 ,*ose trange que ce qu'il y a de plus gr& dans l'hi/oire d'une socit ti5ne si s\v5t ce qu'il y a de plus petit dans la vie d'un homme6 ,la premire p>tie de la vie de ,mirabeau e/ remplie p> ,sophie1 la seconde p> la rvolution4 ,un orage dome/ique1 puis1 un orage politique1 voil ,mirabeau4 ,qu& on exam9e de prs sa de/9e1 on se r5d raison de ce qu'il y eut en elle de fatal et de ncessaire4 ,les dviations de son coeur s'expliqu5t p> les sec\sses de sa vie4 ,voyez4 ,jamais les causes n'ont t n\es de plus prs aux effets4 ,le has>d lui donne un pre qui lui enseigne le mpris de sa mre2 une mre qui lui enseigne la ha9e de son pre2 un prcepteur1 c'e/ ,poisson1 qui n'aime pas les enfants1 et qui lui e/ dur p>ce qu'il e/ petit et p>ce qu'il e/ laid2 un valet1 c'e/ ,grv91 le l*e espion de ses ennemis2 un colonel1 c'e/ le m>quis de ,lamb]t1 qui e/ aussi impitoyable p\r le jeune homme que ,poisson l'a t p\r l'enfant2 une belle-mre 7non m>ie71 c'e/ madame de ,pailly1 qui le hait p>ce qu'il n'e/ pas d'elle2 une femme1 c'e/ mademoiselle de ,m>ignane1 qui le rep\sse2 une ca/e1 c'e/ la noblesse1 qui le r5ie2 des juges1 c'e/ le p>lem5t de ,besanon1 qui le condamn5t mort2 un roi1 c'e/ ,l\is ,,xv1 qui l'emba/ille4 ,a9si1 pre1 mre1 femme1 son prcepteur1 son colonel1 la magi/rature1 la noblesse1 le roi1 c'e/--dire t\t ce qui ent\re et ctoie l'exi/5ce d'un homme dans l'ordre lgitime et naturel1 t\t e/ p\r lui trav]se1 ob/acle1 occasion de *ute et de contusion1 pi]re dure ses pi$s nus1 buisson d'p9es qui le d*ire au passage4 ,la famille et la socit t\t ensemble lui sont m>tres4 ,il ne r5contre dans la vie que deux *oses qui le trait5t bi5 et qui l'aim5t1 deux *oses irrgulires et rvoltes contre l'ordre1 une matresse et une rvolution4 ,ne v\s tonnez donc pas que p\r la matresse il brise t\s les li5s dome/iques1 que p\r la rvolution il brise t\s les li5s sociaux4 ,ne v\s tonnez pas1 p\r rs\dre la "q dans les t]mes o n\s l'avons pose en comm5ant1 que ce dmon d'une famille devi5ne l'idole d'une femme en rbellion contre son m>i1 et le dieu d'une nation en divorce avec son roi4 #a3 ,ce s+uli] docum5t e/ cit textuellem5t dans une lettre 9dite du m>quis au bailli de ,mirabeau1 du #i dcembre #aged4 #b3 ,lettre 9dite ,mme la comtesse de ,ro*e=t1 #bi novembre #agfa4 #c3 #ae aot #agfi4 ,v ,la d\leur que causa la mort de ,mirabeau fut une d\leur gnrale1 univ]selle1 nationale4 ,on s5tit que quelque *ose de la p5se publique v5ait de s'en all] avec cette me4 ,mais un fait frappant1 et qu'il faut bi5 dire p>ce qu'il s]ait +nu de l'attribu] l'admiration emporte et irrfl*ie des contempora9s1 c'e/ que la c\r porta son deuil comme le peuple4 ,un s5tim5t de pudeur insurmontable n\s emp*e de sond] ici de c]ta9s my/res1 p>ties honteuses du gr& homme1 qui d'ailleurs1 selon n\s1 se p]d5t heureusem5t dans les colossales proportions de l'ensemble2 mais il p>at pr\v que dans les d]ni]s temps de sa vie la c\r affirmait avoir quelques raisons d'espr] en lui4 ,il e/ pat5t qu' cette poque ,mirabeau se cabra plus d'une fois s\s l'entranem5t rvolutionnaire2 qu'il manife/a p> mom5ts l'envie de faire halte et de laiss] rejo9dre2 que lui1 qui avait tant d'hale9e1 il ne suivit pas sans ess\fflem5t la m>*e de plus en plus acclre des ides n\velles1 et qu'il essaya en quelques occasions d'enray] cette rvolution laquelle il avait =g des r\es4 ,r\es fatales1 qui crasai5t tant de *oses vnrables en passant6 ,il y a encore auj\rd'hui beauc\p de p]sonnes qui p5s5t que si ,mirabeau avait eu plus longue vie1 il aurait f9i p> mat] le m\vem5t qu'il avait d*an4 ,a leur s5s1 la rvolution franaise p\vait tre arrte1 p> un seul homme la vrit1 qui tait ,mirabeau4 ,dans cette op9ion1 qui s'autorise d'une p>ole que ,mirabeau m\rant n'a videmm5t pas prononce#a1 ,mirabeau expir1 la mon>*ie tait p]due2 si ,mirabeau avait vcu1 ,l\is ,,xvi ne s]ait pas mort2 et le #b avril #agia a eng5dr le #ba janvi] #agic4 ,selon n\s1 ceux qui avai5t cette p]suasion alors1 ceux qui l'ont eue auj\rd'hui1 ,mirabeau lui-mme1 s'il croyait cela possible de lui1 t\s se sont tromps4 ,pure illusion d'optique *ez ,mirabeau comme *ez les autres1 et qui pr\v]ait qu'un gr& homme n'a pas t\j\rs une ide nette de l'espce de puissance qui e/ en lui6 ,la rvolution franaise n'tait pas un fait simple4 ,il y avait plus et autre *ose que ,mirabeau en elle4 ,il ne suffisait pas ,mirabeau d'en sortir p\r la vid]4 ,il y avait dans la rvolution franaise du pass et de l'av5ir4 ,mirabeau n'tait que le prs5t4 ,p\r n'indiqu] ici que deux po9ts culm9ants1 la rvolution franaise se compliquait de ,ri*elieu dans le pass et de ,bonap>te dans l'av5ir4 ,les rvolutions ont cela de p>ticuli] que ce n'e/ pas qu& elles sont encore grosses qu'on peut les tu]4 ,d'ailleurs1 en supposant mme la "q mo9s abondante qu'elle ne l'e/1 il e/ obs]v] que1 dans les *oses politiques surt\t1 ce qu'un homme a fait ne peut gure jamais tre dfait que p> un autre homme4 ,le ,mirabeau de #ia tait impuissant contre le ,mirabeau de #hi4 ,son oeuvre tait plus =te que lui4 ,et puis les hommes comme ,mirabeau ne sont pas la s]rure avec laquelle on peut f]m] la porte des rvolutions4 ,ils ne sont que le gond sur lequel elle t\rne1 p\r se clore1 il e/ vrai1 comme p\r s'ouvrir4 ,p\r f]m] cette fatale porte1 sur les panneaux de laquelle font incessamm5t ef=t t\tes les ides1 t\s les intrts1 t\tes les passions mal l'aise dans la socit1 il faut mettre dans les f]rures une pe en guise de v]r\4 #a3 ,j'emporte le deuil de la mon>*ie4 ,aprs moi les factieux s'endisput]ont les morceaux4 ,cabanis a cru ent5dre cela4 ,,vi ,n\s avons essay de c>actris] ce qu'a t ,mirabeau dans la famille1 puis ce qu'il a t dans la nation4 ,il n\s re/e exam9] ce qu'il s]a dans la po/rit4 ,quelques repro*es qu'on ait pu ju/em5t lui faire1 n\s croyons que ,mirabeau re/]a gr&4 ,devant la po/rit1 t\t homme et t\te *ose s'abs\t p> la gr&eur4 ,auj\rd'hui que presque t\tes les *oses qu'il a semes ont donn leurs fruits dont n\s avons gt1 la plup>t bons et sa9s1 quelques-uns am]s2 auj\rd'hui que le haut et le bas de sa vie n'ont plus ri5 de disp>ate aux yeux1 tant les annes qui s'c\l5t mett5t bi5 les hommes en p]spective2 auj\rd'hui qu'il n'y a plus p\r son gnie ni adoration ni excration1 et que cet homme1 furieusem5t ballott1 tant qu'il vcut1 d'une extrmit l'autre1 a pris l'attitude calme et s]e9e que la mort donne aux gr&es figures hi/oriques2 auj\rd'hui que sa mmoire1 si longtemps trane dans la fange et baise sur l'autel1 a t retire du pan?on de ,voltaire et de l'g\t de ,m>at1 n\s p\vons froidem5t le dire3 ,mirabeau e/ gr&4 ,il lui e/ re/ l'odeur du pan?on et non de l'g\t4 ,l'imp>tialit hi/orique1 en nettoyant sa *evelure s\ille dans le ruisseau1 ne lui a pas de la mme ma9 enlev son aurole4 ,on a lav la b\e de ce visage1 et il cont9ue de rayonn]4 ,aprs qu'on s'e/ r5du compte de l'imm5se rsultat politique que le total de ses facults a produit1 on peut envisag] ,mirabeau s\s un d\ble aspect1 comme criva9 et comme orateur4 ,ici n\s pr5ons la lib]t de ne pas tre de l'avis de ,riv>ol1 n\s croyons ,mirabeau plus gr& comme orateur que comme criva94 ,le m>quis de ,mirabeau son pre avait deux espces de /yle1 et comme deux plumes dans son critoire4 ,qu& il crivait un livre1 un bon livre p\r le public1 p\r l'effet1 p\r la c\r1 p\r la ,ba/ille1 p\r le gr& escali] du ,palais de ju/ice1 le digne seigneur se drapait1 se roidissait1 se b\rs\flait1 c\vrait sa p5se1 dj =t obscure p> elle-mme1 de t\tes les amp\les de l'expression2 et l'on ne peut se figur] s\s quel /yle la fois plat et b\ffi1 l\rd et tranant en longues queues de phrases int]m9ables1 *>g de nologismes au po9t de n'avoir plus nulle cohsion dans le tissu1 s\s quel /yle1 disons-n\s1 t\t ensemble incolore et incorrect1 se trave/issait l'orig9alit naturelle et inconte/able de cet trange criva91 moiti g5tilhomme et moiti philosophe2 prfrant ,quesnay ,socrate et ,lefranc de ,pompignan ,p9d>e2 ddaignant ,montesquieu comme arrir et t5ant tre h>angu p> son cur2 habitant amphibie des rv]ies du dix-huitime sicle et des prjugs du seizime4 ,mais1 qu& cet homme1 ce mme homme1 v\lait crire une lettre1 qu& il oubliait le public et ne s'adressait plus qu' la longue m9e roide et froide de son vnrable frre le bailli1 ou sa fille la petite ,saillannette#a1 la plus molli5te femme qui fut jamais1 ou encore la jolie tte rieuse de madame de ,ro*e=t1 alors cet esprit tumfi de prt5tion se dt5dait2 plus d'ef=t1 plus de fatigue1 plus de gonflem5t apoplectique dans l'expression2 sa p5se se rp&ait sur la lettre de famille et d'intimit1 vive1 orig9ale1 colore1 curieuse1 amusante1 pr(onde1 gracieuse1 naturelle enf91 trav]s ce beau /yle gr& seigneur du temps de ,l\is ,,xiv1 que ,sa9t-,simon p>lait avec t\tes les qualits de l'homme et madame de ,svign avec t\tes les qualits de la femme4 ,on a pu en jug] p> les fragm5ts que n\s avons cits4 ,aprs un livre du m>quis de ,mirabeau1 une lettre de lui1 c'e/ une rvlation4 ,on a pe9e y croire4 ,buffon ne compr5drait pas cette v>it de l'criva94 ,v\s avez deux /yles et v\s n'avez qu'un homme4 ,s\s ce rapport1 le fils t5ait quelque peu du pre4 ,on p\rrait dire1 avec beauc\p d'ad\cissem5ts et de re/rictions nanmo9s1 qu'il y a la mme diffr5ce entre son /yle crit et son /yle p>l4 ,notons seulem5t ceci1 que le pre tait l'aise dans une lettre1 le fils dans un disc\rs4 ,p\r tre lui1 p\r tre naturel1 p\r tre dans son milieu1 il fallait l'un sa famille1 l'autre une nation4 ,mirabeau qui crit1 c'e/ quelque *ose de mo9s que ,mirabeau4 ,soit qu'il dmontre la jeune rpublique amrica9e l'inanit de son ordre de ,c9c9natus1 et ce qu'il y a de gau*e et d'inconsi/ant dans une *eval]ie de lab\reurs2 soit qu'il taqu9e sur la lib]t de l',escaut ,joseph ,,ii1 cet emp]eur philosophe1 ce ,titus selon ,voltaire1 ce bu/e de cs> roma9 dans le gt ,pompad\r2 soit qu'il f\ille dans les d\bles fonds du cab9et de ,b]l9 et qu'il en tire cette ,hi/oire secrte que la c\r de ,france fait livr] juridiquem5t aux flammes sur l'escali] du ,palais2 maladress insigne1 c> de ces livres brls p> la ma9 du b\rreau il s'*appait t\j\rs des flamm*es et des t9celles1 lesquelles se disp]sai5t au lo91 selon le v5t qui s\fflait1 sur le toit v]m\lu de la gr&e socit europenne1 sur la *>p5te des mon>*ies1 sur t\s les esprits1 ple9s d'ides inflammables1 sur t\tes les ttes1 faites d't\pe alors2 soit qu'il invective au passage cette *>rete de *>latans qui a fait tant de bruit sur le pav du dix-huitime sicle1 ,neck]1 ,beaum>*ais1 ,lavat]1 ,calonne et ,caglio/ro2 quel que soit le livre qu'il crit enf91 sa p5se suffit t\j\rs au sujet1 mais son /yle ne suffit pas t\j\rs sa p5se4 ,son ide e/ con/amm5t gr&e et haute2 mais1 p\r sortir de son esprit1 elle se c\rbe et se rapetisse s\s l'expression comme s\s une porte trop basse4 ,except dans ses loqu5tes lettres madame de ,monni]1 o il e/ lui t\t enti]1 o il p>le plutt qu'il n'crit1 et qui sont des h>angues d'am\r#b comme ses disc\rs la ,con/ituante sont des h>angues de rvolution2 except l1 disons-n\s1 le /yle qu'il tr\ve dans son critoire e/ en gnral d'une =me mdiocre1 pteux1 mal li1 m\ aux extrmits des phrases1 sec d'ailleurs1 se composant une c\leur t]ne avec des pi?tes banales1 pauvre en images1 ou n'(frant p> places1 et bi5 r>em5t encore1 que des mosaques biz>res de mtaphores peu adhr5tes entre elles4 ,on s5t en le lisant que les ides de cet homme ne sont pas1 comme celles des gr&s prosateurs-ns1 faites de cette sub/ance p>ticulire qui se prte1 s\ple et molle1 t\tes les ciselures de l'expression1 qui s'ins9ue b\illante et liquide dans t\s les reco9s du m\le o l'criva9 la v]se1 et se fige ensuite2 lave d'abord1 granit aprs4 ,on s5t1 en le lisant1 que bi5 des *oses regrettables sont re/es dans sa tte1 que le papi] n'a qu'un peu prs1 que ce gnie n'e/ pas con=m de faon s'exprim] compltem5t dans un livre1 et qu'une plume n'e/ pas le meilleur conducteur possible p\r t\s les fluides comprims dans ce c]veau ple9 de tonn]res4 ,mirabeau qui p>le1 c'e/ ,mirabeau4 ,mirabeau qui p>le1 c'e/ l'eau qui c\le1 c'e/ le flot qui cume1 c'e/ le feu qui t9celle1 c'e/ l'oiseau qui vole1 c'e/ une *ose qui fait son bruit propre1 c'e/ une nature qui accomplit sa loi4 ,spectacle t\j\rs sublime et h>monieux6 ,mirabeau la tribune1 t\s les contempora9s sont unanimes sur ce po9t ma9t5ant1 c'e/ quelque *ose de magnifique4 ,l1 il e/ bi5 lui1 lui t\t enti]1 lui t\t-puissant4 ,l1 plus de table1 plus de papi]1 plus d'critoire hrisse de plumes1 plus de cab9et solitaire1 plus de sil5ce et de mditation2 mais un m>bre qu'on peut frapp]1 un escali] qu'on peut mont] en c\rant1 une tribune1 espce de cage de cette sorte de bte fauve1 o l'on peut all] et v5ir1 m>*]1 s'arrt]1 s\ffl]1 halet]1 crois] ses bras1 crisp] ses po+s1 pe9dre sa p>ole avec son ge/e1 et illum9] une ide avec un c\p d'oeil2 un tas d'hommes qu'on peut reg>d] fixem5t2 un gr& tumulte1 magnifique accompagnem5t p\r une gr&e voix2 une f\le qui hait l'orateur1 l'assemble1 enveloppe d'une f\le qui l'aime1 le peuple2 aut\r de lui t\tes ces intellig5ces1 t\tes ces mes1 t\tes ces passions1 t\tes ces mdiocrits1 t\tes ces ambitions1 t\tes ces natures div]ses et qu'il connat1 et desquelles il peut tir] le son qu'il veut comme des t\*es d'un imm5se clavec92 au-dessus de lui la vote de la salle de l'assemble con/ituante1 v]s laquelle ses yeux se lv5t s\v5t comme p\r y *]*] des p5ses1 c> on r5v]se les mon>*ies avec les ides qui tomb5t d'une p>eille vote sur une p>eille tte4 ,oh6 qu'il e/ bi5 l sur son t]ra91 cet homme6 qu'il y a bi5 le pi$ f]me et sr6 ,que ce gnie qui s'amo9drissait dans des livres e/ gr& dans un disc\rs6 comme la tribune *ange heureusem5t les conditions de la production extrieure p\r cette p5se6 ,aprs ,mirabeau criva91 ,mirabeau orateur1 quelle transfiguration6 ,t\t en lui tait puissant4 ,son ge/e brusque et saccad tait ple9 d'empire4 ,a la tribune1 il avait un colossal m\vem5t d'paules comme l'lphant qui porte sa t\r arme en gu]re4 ,lui1 il portait sa p5se4 ,sa voix1 lors mme qu'il ne jetait qu'un mot de son banc1 avait un acc5t =midable et rvolutionnaire qu'on dmlait dans l'assemble comme le rugissem5t du lion dans la mnag]ie4 ,sa *evelure1 qu& il sec\ait la tte1 avait quelque *ose d'une cr9ire4 ,son s\rcil remuait t\t1 comme celui de ,jupit]1 cuncta surp]cilio mov5tis4 ,ses ma9s quelquefois semblai5t ptrir le m>bre de la tribune4 ,t\t son visage1 t\te son attitude1 t\te sa p]sonne tait b\ffie d'un orgueil pl?orique qui avait sa gr&eur4 ,sa tte avait une laideur gr&iose et fulgurante dont l'effet p> mom5ts tait lectrique et t]rible4 ,dans les premi]s temps1 qu& ri5 n'tait encore visiblem5t dcid p\r ou contre la royaut2 qu& la p>tie avait l'air presque gale entre la mon>*ie encore =te et les ?ories encore faibles2 qu& aucune des ides qui devai5t plus t>d avoir l'av5ir n'tait encore arrive sa croissance complte2 qu& la rvolution1 mal g>de et mal arme1 p>aissait facile pr5dre d'assaut1 il arrivait quelquefois que le ct droit1 croyant avoir jet bas quelque mur de la =t]esse1 se ruait en masse sur elle avec des cris de victoire2 alors la tte mon/rueuse de ,mirabeau app>aissait la br*e et ptrifiait les assaillants4 ,le gnie de la rvolution s'tait =g une gide avec t\tes les doctr9es amalgames de ,voltaire1 d',helvtius1 de ,did]ot1 de ,bayle1 de ,montesquieu1 de ,hobbes1 de ,locke et de ,r\sseau1 il avait mis la tte de ,mirabeau au milieu4 ,il n'tait pas seulem5t gr& la tribune1 il tait gr& sur son sige2 l'int]rupteur galait en lui l'orateur4 ,il mettait s\v5t autant de *oses dans un mot que dans un disc\rs4 ,la ,fayette a une arme1 disait-il ,m4 de ,suleau1 mais j'ai ma tte4 ,il int]rompait ,robespi]re avec cette p>ole pr(onde3 ,cet homme ira lo91 c> il croit t\t ce qu'il dit4 ,il int]pellait la c\r dans l'occasion3 ,la c\r affame le peuple4 ,trahison6 ,le peuple lui v5dra la con/itution p\r du pa94 ,t\t l'in/9ct du gr& rvolutionnaire e/ dans ce mot4 ,l'abb ,sieys6 disait-il1 mtaphysici5 voyageant sur une mappemonde4 ,posant a9si une t\*e vive sur l'homme de ?orie t\j\rs prt enjamb] les m]s et les montagnes4 ,il tait p> mom5ts d'une simplicit admirable4 ,un j\r1 ou plutt un soir1 dans son disc\rs du #c mai1 au mom5t o il luttait1 comme l'a?lte deux ce/es1 du bras gau*e contre l'abb ,maury et du bras droit contre ,robespi]re1 ,m4 de ,cazals1 avec son assurance d'homme mdiocre1 lui jette cette int]ruption3--,v\s tes un bav>d1 et voil t\t4 ,mirabeau se t\rne v]s l'abb ,g\tes1 qui occupait le fauteuil3 ,monsieur le prsid5t1 dit-il avec une gr&eur d'enfant1 faites donc taire ,m4 de ,cazals1 qui m'appelle bav>d4 ,l'assemble nationale v\lait comm5c] une adresse au roi p> cette phrase3 ,l'assemble apporte aux pi$s de votre maje/ une (fr&e1 etc4--,la maje/ n'a pas de pi$s1 dit froidem5t ,mirabeau4 ,l'assemble veut dire un peu plus lo9 qu'elle e/ ivre de la gloire de son roi4--,y p5sez-v\s8 objecte ,mirabeau2 des g5s qui font des lois et qui sont ivres6 ,quelquefois il c>actrisait d'un mot qu'on et dit traduit de ,tacite1 l'hi/oire et le g5re de gnie de t\te une maison s\v]a9e4 ,il criait aux m9i/res p> exemple3 ,ne me p>lez pas de votre duc de ,savoie1 mauvais vois9 de t\te lib]t6 ,quelquefois il riait4 ,le rire de ,mirabeau1 *ose =midable4 ,il raillait la ,ba/ille4 ,il y a eu1 disait-il1 c9quante-quatre lettres de ca*et dans ma famille1 et j'en ai eu dix-sept p\r ma "p4 ,v\s voyez que j'ai t trait en an de ,norm&ie4 ,il se raillait lui-mme4 ,il e/ accus p> ,m4 de ,valfond d'avoir p>c\ru1 le #f octobre1 les rangs du rgim5t de ,fl&re1 un sabre nu la ma91 et p>lant aux soldats4 ,quelqu'un dmontre que le fait conc]ne ,m4 de ,gama*es1 et non pas ,mirabeau2 et ,mirabeau aj\te3 ,a9si1 t\t pes1 t\t exam91 la dposition de ,m4 de ,valfond n'a ri5 de bi5 f*eux que p\r ,m4 de ,gama*es1 qui se tr\ve lgalem5t et vhm5tem5t s\ponn d'tre =t laid1 puisqu'il me ressemble4 ,quelquefois il s\riait4 ,lorsque la "q de la rg5ce se dbat devant l'assemble1 le ct gau*e p5se ,m4 le duc d',orlans1 et le ct droit ,m4 le pr9ce de ,cond1 alors migr en ,allemagne4 ,mirabeau dem&e qu'aucun pr9ce ne puisse tre rg5t sans avoir prt s]m5t la con/itution4 ,m4 de ,montlosi] objecte qu'un pr9ce peut avoir des raisons p\r ne pas avoir prt s]m5t2 p> exemple1 il peut avoir fait un voyage outre-m]444--,mirabeau rpond3 ,le disc\rs du prop9ant va tre imprim2 je dem&e en rdig] l'erratum4 ,outre-m]1 lisez3 outre-,rh94 ,et cette plaisant]ie dcide la "q4 ,le gr& orateur j\ait a9si quelquefois avec ce qu'il tuait4 ,a en croire les naturali/es1 il y a du *at dans le lion4 ,une autre fois1 comme les procureurs de l'assemble avai5t b>b\ill un texte de loi de leur mauvaise rdaction1 ,mirabeau se lve3 ,je dem&e faire quelques rflexions timides sur les conv5ances qu'il y aurait ce que l'assemble nationale de ,france p>lt franais1 et mme crivt en franais les lois qu'elle propose4 ,p> mom5ts1 au beau milieu de ses plus viol5tes dclamations populaires1 il se rappelait t\t c\p qui il tait1 et il avait de fires saillies de g5tilhomme4 ,c'tait une mode oratoire alors de jet] dans t\t disc\rs une imprcation quelconque sur les massacres de la ,sa9t-,b>?lemy4 ,mirabeau faisait son imprcation comme t\t le monde2 mais il disait en passant3 ,monsieur l'amiral de ,coligny1 qui1 p> p>5?se1 tait mon c\s94 ,la p>5?se tait digne de l'homme dont le pre crivait3 ,il n'y a qu'une msalliance dans ma famille1 les ,mdicis4--,mon c\s9 monsieur l'amiral de ,coligny1 c'et t imp]t95t la c\r de ,l\is ,,xiv1 c'tait sublime la c\r du peuple de #agia4 ,dans un autre in/ant il p>lait aussi de son digne c\s9 monsieur le g>de des sceaux#c2 mais c'tait d'un autre ton4 ,le #bb septembre #aghi1 le roi fait (frir l'assemble l'ab&on de son arg5t]ie et de sa vaisselle p\r les beso9s de l'tat4 ,le ct droit admire1 s'extasie et pleure4 ,quant moi1 s'crie ,mirabeau1 je ne m'apitoie pas aism5t sur la faence des gr&s4 ,son dda9 tait beau1 son rire tait beau1 mais sa colre tait sublime4 ,qu& on avait russi l'irrit]1 qu& on lui avait t\t c\p enfonc dans le flanc quelqu'une de ces po9tes aigus qui font bondir l'orateur et le taureau1 si c'tait au milieu d'un disc\rs1 p> exemple1 il quittait t\t sur-le-*amp1 il laissait l les ides entames2 il s'inquitait peu que la vote de raisonnem5ts qu'il avait comm5c btir s'cr\lt d]rire lui faute de c\ronnem5t2 il ab&onnait la "q net et se ruait tte baisse sur l'incid5t4 ,alors1 malheur l'int]rupteur6 malheur au torador qui lui avait jet la v&]ille6 ,mirabeau fondait sur lui1 le pr5ait au v5tre1 l'enlevait en l'air1 le f\lait aux pi$s4 ,il allait et v5ait sur lui1 il le broyait1 il le pilait4 ,il saisissait dans sa p>ole l'homme t\t enti]1 quel qu'il ft1 gr& ou petit1 m*ant ou nul1 b\e ou p\ssire1 avec sa vie1 avec son c>actre1 avec son ambition1 avec ses vices1 avec ses ridicules2 il n'omettait ri51 il n'p>gnait ri51 il ne manquait ri52 il cognait dsesprm5t son ennemi sur les angles de la tribune2 il faisait trembl]1 il faisait rire2 t\t mot portait c\p1 t\te phrase tait fl*e2 il avait la furie au coeur1 c'tait t]rible et sup]be4 ,c'tait une colre lionne4 ,gr& et puissant orateur1 beau surt\t dans ce mom5t-l6 ,c'e/ alors qu'il fallait voir comme il *assait au lo9 t\s les nuages de la discussion6 ,c'e/ alors qu'il fallait voir comme son s\ffle orageux faisait m\tonn] t\tes les ttes de l'assemble6 ,*ose s+ulire6 il ne raisonnait jamais mieux que dans l'emportem5t4 ,l'irritation la plus viol5te1 lo9 de disjo9dre son loqu5ce dans les sec\sses qu'elle lui donnait1 dgageait en lui une sorte de logique suprieure1 et il tr\vait des argum5ts dans la fureur comme un autre des mtaphores4 ,soit qu'il fit rugir son s>casme aux d5ts acres sur le front ple de ,robespi]re1 ce r$\table inconnu qui1 deux ans plus t>d1 devait trait] les ttes comme ,phocion les disc\rs2 soit qu'il m*t avec rage les dilemmes fil&reux de l'abb ,maury1 et qu'il les recra*t au ct droit1 tordus1 d*irs1 disloqus1 dvors demi et t\t c\v]ts de l'cume de sa colre2 soit qu'il enfont les ongles de son syllogisme dans la phrase molle et flasque de l'avocat ,t>get1 il tait gr& et magnifique1 et il avait une sorte de maje/ =midable que ne drangeai5t pas ses bonds les plus effrns4 ,nos pres n\s l'ont dit1 qui n'avait pas vu ,mirabeau en colre n'avait pas vu ,mirabeau4 ,dans la colre son gnie faisait la r\e et talait t\tes ses spl5deurs4 ,la colre allait bi5 cet homme1 comme la tempte l'ocan4 ,et1 sans le v\loir1 dans ce que n\s v5ons d'crire p\r figur] la surnaturelle loqu5ce de cet homme1 n\s l'avons pe9te p> la confusion mme des images4 ,mirabeau1 en effet1 ce n'tait pas seulem5t le taureau1 ou le lion1 ou le tigre1 ou l'a?lte1 ou l'ar*]1 ou l'aigle1 ou le paon1 ou l'aquilon1 ou l'ocan2 c'tait1 dans une srie indf9ie de surpr5antes mtamorphoses1 t\t cela la fois4 ,c'tait ,prote4 ,p\r qui l'a vu1 p\r qui l'a ent5du1 ses disc\rs sont auj\rd'hui lettre morte4 ,t\t ce qui tait saillie1 relief1 c\leur1 hale9e1 m\vem5t1 vie et me1 a disp>u4 ,t\t dans ces belles h>angues auj\rd'hui e/ gisant t]re1 plat sur le sol4 ,o e/ le s\ffle qui faisait t\rbillonn] t\tes ces ides comme les feuilles dans l'ouragan8 ,voil bi5 le mot2 mais o e/ le ge/e8 ,voil le cri1 o e/ l'acc5t8 ,voil la p>ole1 o e/ le reg>d8 ,voil le disc\rs1 o e/ la comdie de ce disc\rs8 ,c>1 il faut le dire1 dans t\t orateur il y a deux *oses1 un p5seur et un comdi54 ,le p5seur re/e1 le comdi5 s'en va avec l'homme4 ,talma meurt t\t enti]1 ,mirabeau demi4 ,dans l'assemble con/ituante il y avait une *ose qui p\vantait ceux qui reg>dai5t att5tivem5t1 c'tait la conv5tion4 ,p\r quiconque a tudi cette poque1 il e/ vid5t que ds #aghi la conv5tion tait dans l'assemble con/ituante4 ,elle y tait l'tat de g]me1 l'tat de foetus1 l'tat d'bau*e4 ,c'tait encore quelque *ose d'indi/9ct p\r la f\le1 c'tait dj quelque *ose de t]rible p\r qui savait voir4 ,un ri5 sans d\te2 une nuance plus fonce que la c\leur gnrale2 une note dtonnant p>fois dans l'or*e/re2 un refra9 morose dans un *oeur d'esprances et d'illusions2 un dtail qui (frait quelque discordance avec l'ensemble2 un gr\pe sombre dans un co9 obscur2 quelques b\*es donnant un c]ta9 acc5t de c]ta9s mots2 tr5te voix1 ri5 que tr5te voix1 qui devai5t plus t>d se ramifi]1 suivant une effrayante loi de multiplication1 en ,girond9s1 en ,pla9e et en ,montagne2 #ic1 en un mot1 po9t noir dans le ciel bleu de #hi4 ,t\t tait dj dans ce po9t noir1 le #ba janvi]1 le #ca mai1 le #i !rmidor1 sanglante trilogie2 ,buzot qui devait dvor] ,l\is ,,xvi1 ,robespi]re qui devait dvor] ,buzot1 ,vadi] qui devait dvor] ,robespi]re1 tr9it s9i/re4 ,p>mi ces hommes1 les plus mdiocres et les plus ignors1 ,hbr>d et ,putra9k1 p> exemple1 avai5t un s\rire trange dans les discussions1 et semblai5t g>d] sur l'av5ir une p5se quelconque qu'ils ne disai5t pas4 ,a notre avis1 l'hi/ori5 devrait avoir des microscopes p\r exam9] la =mation d'une assemble dans le v5tre d'une autre assemble4 ,c'e/ une sorte de ge/ation qui se reproduit s\v5t dans l'hi/oire1 et qui1 selon n\s1 n'a pas t assez obs]ve4 ,dans le cas prs5t1 ce n'tait c]tes pas un dtail insignifiant sur la surface du corps lgislatif que cette excroissance my/rieuse qui cont5ait l'*afaud dj t\t dress du roi de ,france4 ,c'tait une *ose qui devait avoir une =me mon/rueuse que l'embryon de la conv5tion dans le flanc de la con/ituante4 ,oeuf de vaut\r port p> une aigle4 ,ds lors1 beauc\p de bons esprits dans l'assemble con/ituante s'effrayai5t de la prs5ce de ces quelques hommes impntrables qui semblai5t se t5ir en rs]ve p\r une autre poque4 ,ils s5tai5t qu'il y avait bi5 des ouragans dans ces poitr9es dont il s'*appait pe9e quelques s\ffles4 ,ils se dem&ai5t si ces aquilons ne se d*an]ai5t pas un j\r1 et ce que devi5drai5t alors t\tes les *oses ess5tielles la civilisation que #hi n'avait pas drac9es4 ,rabaut ,sa9t-ti5ne1 qui croyait la rvolution f9ie et qui le disait t\t haut1 flairait avec inquitude ,robespi]re1 qui ne la croyait pas comm5ce et qui le disait t\t bas4 ,les dmolisseurs prs5ts de la mon>*ie tremblai5t devant les dmolisseurs futurs de la socit4 ,ceux-ci1 comme t\s les hommes qui ont l'av5ir et qui le sav5t1 tai5t hauta9s1 h>gneux et arrogants1 et le mo9dre d'entre eux c\doyait ddaigneusem5t les pr9cipaux de l'assemble4 ,les plus nuls et les plus obscurs jetai5t1 selon leur humeur et leur fantaisie1 d'insol5tes int]ruptions aux plus graves orateurs2 et1 comme t\t le monde savait qu'il y avait des vnem5ts p\r ces hommes dans un pro*a9 av5ir1 p]sonne n'osait leur rpliqu]4 ,c'e/ dans ces mom5ts o l'assemble qui devait v5ir un j\r faisait peur l'assemble qui exi/ait1 c'e/ alors que se manife/ait avec spl5deur le p\voir d'exception de ,mirabeau4 ,dans le s5tim5t de sa t\te-puissance1 et sans se d\t] qu'il ft une *ose si gr&e1 il criait au gr\pe s9i/re qui c\pait la p>ole la con/ituante3 ,sil5ce aux tr5te voix6 et la conv5tion se taisait4 ,cet antre d'ole re/a sil5cieux et cont5u tant que ,mirabeau t9t le pi$ sur le c\v]cle4 ,mirabeau mort1 t\tes les arrire-p5ses an>*iques fir5t irruption4 ,n\s le rptons d'ailleurs1 n\s croyons que ,mirabeau e/ mort propos4 ,aprs avoir d*an bi5 des orages dans l'tat1 il e/ vid5t que p5dant un temps il a comprim s\s son poids t\tes les =ces div]g5tes auxquelles il tait rs]v d'a*ev] la ru9e qu'il avait comm5ce2 mais elles se cond5sai5t p> cette compression mme1 et tt ou t>d1 selon n\s1 l'explosion rvolutionnaire devait tr\v] issue et jet] au lo9 ,mirabeau1 t\t gant qu'il tait4 ,concluons4 ,si n\s avions rsum] ,mirabeau d'un mot1 n\s dirions3 ,mirabeau1 ce n'e/ pas un homme1 ce n'e/ pas un peuple1 c'e/ un vnem5t qui p>le4 ,un imm5se vnem5t6 la *ute de la =me mon>*ique en ,france4 ,s\s ,mirabeau1 ni la mon>*ie ni la rpublique n'tai5t possibles4 ,la mon>*ie l'excluait p> sa hir>*ie1 la rpublique p> son niveau4 ,mirabeau e/ un homme qui passe dans une poque qui prp>e4 ,p\r que l'env]gure de ,mirabeau s'y dployt l'aise1 il fallait que l'atmosphre sociale ft dans cet tat p>ticuli] o ri5 de prcis et d'enrac9 dans le sol ne rsi/e1 o t\t ob/acle l'essor des ?ories se ref\le aism5t1 o les pr9cipes qui f]ont un j\r le fond solide de la socit future sont encore en susp5sion1 sans trop de =me ni de consi/ance1 att5dant1 dans ce milieu o ils flott5t ple-mle en t\rbillon1 l'in/ant de se prcipit] et de se cri/allis]4 ,t\te in/itution assise a des angles auxquels le gnie de ,mirabeau se ft peut-tre bris l'aile4 ,mirabeau avait un s5s pr(ond des *oses1 il avait aussi un s5s pr(ond des hommes4 ,a son arrive aux tats gnraux1 il obs]va longtemps en sil5ce1 dans l'assemble et hors de l'assemble1 le gr\pe alors si pittoresque des p>tis4 ,il dev9a l'insuffisance de ,m\ni]1 de ,mal\et et de ,rabaut ,sa9t-ti5ne1 qui rvai5t une conclusion anglaise4 ,il jugea froidem5t la passion de ,*apeli]1 la brivet d'esprit de ,ption1 la mauvaise emphase littraire de ,volney2 l'abb ,maury1 qui avait beso9 d'une position2 d'prmesnil et ,adri5 ,duport1 p>lem5taires de mauvaise humeur et non tribuns2 ,rol&1 ce zro dont la femme tait le *iffre2 ,grgoire1 qui tait l'tat de somnambulisme politique4 ,il vit t\t de suite le fond de ,sieys1 si peu pntrable qu'il ft4 ,il enivra de ses ides ,camille ,desm\l9s1 dont la tte n'tait pas assez =te p\r les port]4 ,il fasc9a ,danton1 qui lui ressemblait en mo9s gr& et en plus laid4 ,il n'essaya aucune sduction prs des ,guill]my1 des ,lautrec et des ,cazals1 sortes de c>actres insolubles dans les rvolutions4 ,il s5tait que t\t allait m>*] si vite1 qu'on n'avait pas de temps p]dre4 ,d'ailleurs1 ple9 de c\rage et n'ayant jamais peur de l'homme du j\r1 ce qui e/ r>e1 ni de l'homme du l5dema91 ce qui e/ plus r>e encore1 t\te sa vie il fut h>di avec ceux qui tai5t puissants2 il attaqua successivem5t dans leur temps ,maupe\ et ,t]ray1 ,calonne et ,neck]4 ,il s'appro*a du duc d',orlans1 le t\*a et le quitta aussitt4 ,il reg>da ,robespi]re en face et ,m>at de trav]s4 ,il avait t successivem5t enf]m l'le de ,rh1 au *teau d',if1 au =t de ,j\x1 au donjon de ,v9c5nes4 ,il se v5gea de t\tes ces prisons sur la ,ba/ille4 ,dans ses captivits1 il lisait ,tacite4 ,il le dvorait1 il s'en n\rrissait2 et1 qu& il arriva la tribune en #aghi1 il avait encore la b\*e ple9e de cette moelle de lion4 ,on s'en ap]ut aux premires p>oles qu'il pronona4 ,il n'avait pas l'intellig5ce de ce que v\lai5t ,robespi]re et ,m>at4 ,il reg>dait l'un comme un avocat sans causes et l'autre comme un mdec9 sans malades1 et il supposait que c'tait le dpit qui les faisait divagu]4 ,op9ion qui d'ailleurs avait son ct vrai4 ,il t\rnait le dos compltem5t aux *oses qui v5ai5t si gr&s pas d]rire lui4 ,comme t\s les rgnrateurs radicaux1 il avait l'oeil bi5 plus fix sur les que/ions sociales que sur les que/ions politiques4 ,son oeuvre1 lui1 ce n'e/ pas la rpublique1 c'e/ la rvolution4 ,ce qui pr\ve qu'il e/ le vrai gr& homme ess5tiel de ces temps-l1 c'e/ qu'il e/ re/ plus gr& qu'aucun des hommes qui ont gr&i aprs lui dans le mme ordre d'ides que lui4 ,son pre1 qui ne le compr5ait pas plus1 quoiqu'il l'et eng5dr1 que la con/ituante ne compr5ait la conv5tion1 disait de lui3 ,cet homme n'e/ ni la f9 ni le comm5cem5t d'un homme4 ,il avait raison4 ,cet homme tait la f9 d'une socit et le comm5cem5t d'une autre4 ,mirabeau n'importe pas mo9s l'oeuvre gnrale du dix-huitime sicle que ,voltaire4 ,ces deux hommes avai5t des missions semblables1 dtruire les vieilles *oses et prp>] les n\velles4 ,le travail de l'un a t cont9u et l'a occup1 aux yeux de l',europe1 durant t\te sa longue vie4 ,l'autre n'a p>u sur la scne que peu d'in/ants4 ,p\r faire leur besogne commune1 le temps a t donn ,voltaire p> annes et ,mirabeau p> j\rnes4 ,cep5dant ,mirabeau n'a pas mo9s fait que ,voltaire4 ,seulem5t l'orateur s'y pr5d autrem5t que le philosophe4 ,*acun attaque la vie du corps social sa faon4 ,voltaire dcompose1 ,mirabeau crase4 ,le procd de ,voltaire e/ en quelque sorte *imique1 celui de ,mirabeau e/ t\t physique4 ,aprs ,voltaire1 une socit e/ en dissolution2 aprs ,mirabeau1 en p\ssire4 ,voltaire1 c'e/ un acide2 ,mirabeau1 c'e/ une massue4 #a3 ,mme du ,saillant4 #b3 ,n\s ent5dons ne qualifi] a9si que celles de ces lettres qui sont passion pure4 ,n\s jetons sur les autres le voile qui convi5t4 #c3 ,m4 de ,b>5t94 ,sance du #bd ju9 #aghi4 ,,vii ,si ma9t5ant1 p\r complt] l'ensemble que n\s avons essay d'bau*] de ,mirabeau et de son poque1 n\s reportons les yeux sur n\s1 il e/ ais de voir1 au po9t o se tr\ve auj\rd'hui le m\vem5t social comm5c en #hi1 que n\s n'aurons plus d'hommes comme ,mirabeau1 sans que p]sonne puisse dire d'ailleurs prcism5t de quelle =me s]ont les gr&s hommes politiques que n\s rs]ve l'av5ir4 ,les ,mirabeau ne sont plus ncessaires1 donc ils ne sont plus possibles4 ,la provid5ce ne cre pas des hommes p>eils qu& ils sont inutiles4 ,elle ne jette pas de cette gra9e-l au v5t4 ,et en effet1 quoi p\rrait s]vir ma9t5ant un ,mirabeau8 ,un ,mirabeau1 c'e/ une f\dre4 ,qu'y a-t-il f\droy]8 ,o sont dans la rgion politique les objets trop haut placs qui attir5t le tonn]re8 ,n\s ne sommes plus comme en #aghi1 o il y avait dans l'ordre social tant de *oses disproportionnes4 ,auj\rd'hui le sol e/ peu prs nivel2 t\t e/ plan1 ras1 uni4 ,un orage comme ,mirabeau qui pass]ait sur n\s ne tr\v]ait pas un seul sommet o s'accro*]4 ,ce n'e/ pas dire1 p>ce que n\s n'aurons plus beso9 d'un ,mirabeau1 que n\s n'ayons plus beso9 de gr&s hommes4 ,bi5 au contraire4 ,il y a c]tes beauc\p travaill] encore4 ,t\t e/ dfait1 ri5 n'e/ refait4 ,dans les mom5ts comme celui o n\s sommes1 le p>ti de l'av5ir se divise en deux classes1 les hommes de rvolution1 les hommes de progrs4 ,ce sont les hommes de rvolution qui d*ir5t la vieille t]re politique1 creus5t le sillon1 jett5t la sem5ce2 mais leur temps e/ c\rt4 ,aux hommes de progrs app>ti5n5t la l5te et laborieuse culture des pr9cipes1 l'tude des saisons propices la greffe de telle ou telle ide1 le travail au j\r le j\r1 l'arrosem5t de la jeune plante1 l'engrais du sol1 la rcolte p\r t\s4 ,ils vont c\rbs et pati5ts1 s\s le soleil ou s\s la pluie1 dans le *amp public1 pi]rant cette t]re c\v]te de ru9es1 extirpant les *icots du pass qui accro*5t encore et l1 drac9ant les s\*es mortes des anci5s rgimes1 s>clant les abus1 cette mauvaise h]be qui p\sse si vite dans t\tes les lacunes de la loi4 ,il leur faut bon oeil1 bon pi$1 bonne ma94 ,dignes et consci5cieux travailleurs1 s\v5t bi5 mal pays6 ,or1 selon n\s1 l'heure qu'il e/1 les hommes de rvolution ont accompli leur t*e4 ,ils ont eu t\t rcemm5t encore leurs trois j\rs de semailles en juillet4 ,qu'ils laiss5t faire ma9t5ant les hommes de progrs4 ,aprs le sillon1 l'pi4 ,mirabeau1 c'e/ un gr& homme de rvolution4 ,il n\s faut ma9t5ant le gr& homme du progrs4 ,n\s l'aurons4 ,la ,france a une initiative trop importante dans la civilisation du globe1 p\r que les hommes spciaux lui fass5t jamais faute4 ,la ,france e/ la mre maje/ueuse de t\tes les ides qui sont auj\rd'hui en mission *ez t\s les peuples4 ,on peut dire que la ,france1 depuis deux sicles1 n\rrit le monde du lait de ses mamelles4 ,la gr&e nation a le sang gnreux et ri*e et les entrailles fcondes2 elle e/ 9puisable en gnies2 elle tire de son se9 t\tes les gr&es intellig5ces dont elle a beso92 elle a t\j\rs des hommes la mesure de ses vnem5ts1 et il ne lui manque dans l'occasion ni des ,mirabeau p\r comm5c] ses rvolutions ni des ,napolon p\r les f9ir4 ,la provid5ce ne lui refus]a c]ta9em5t pas le gr& homme social1 et non plus seulem5t politique1 dont l'av5ir a beso94 ,en att5dant qu'il vi5ne1 sans d\te1 peu d'exceptions prs1 les hommes qui font de l'hi/oire p\r le mom5t sont petits2 sans d\te il e/ tri/e que les gr&s corps de l'tat manqu5t d'ides gnrales et de l>ges sympa?ies2 sans d\te il e/ affligeant qu'on emploie des badigeonnages le temps qu'on devrait donn] des con/ructions2 sans d\te il e/ trange qu'on oublie que la s\v]a9et vritable e/ celle de l'intellig5ce1 qu'il faut avant t\t clair] les masses1 et que1 qu& le peuple s]a intellig5t1 alors seulem5t le peuple s]a s\v]a92 sans d\te il e/ honteux que les magnifiques prmisses de #hi ai5t am5 de c]ta9s corollaires comme une tte de sirne amne une queue de poisson1 et que des g*eurs ai5t pauvrem5t plaqu tant de lois de pltre sur des ides de granit2 sans d\te il e/ dplorable que la rvolution franaise ait eu de si maladroits acc\*eurs2 sans d\te4 ,mais ri5 d'irrp>able n'a encore t fait2 aucun pr9cipe ess5tiel n'a t t\ff dans l'enfantem5t rvolutionnaire2 aucun avortem5t n'a eu lieu2 t\tes les ides qui import5t la civilisation future sont nes viables1 et pr5n5t *aque j\r =ce1 taille et sant4 ,c]tes1 qu& #ahad e/ arriv1 t\tes ces ides1 filles de la rvolution1 tai5t bi5 jeunes et bi5 petites encore1 et t\t fait au b]ceau2 et la re/auration1 il faut en conv5ir1 leur a t une maigre et mauvaise n\rrice4 ,cep5dant1 il faut en conv5ir aussi1 elle n'en a tu aucune4 ,le gr\pe des pr9cipes e/ complet4 ,a l'heure o n\s sommes1 t\te critique e/ possible2 mais l'homme sage doit avoir p\r l'poque entire un reg>d bi5veillant4 ,il doit espr]1 se confi]1 att5dre4 ,il doit t5ir compte aux hommes de ?orie de la l5teur avec laquelle p\ss5t les ides2 aux hommes de pratique1 de cet troit et utile am\r des *oses qui sont1 sans lequel la socit se dsorganis]ait dans les expri5ces successives2 aux passions1 de leurs digressions gnreuses et fcondantes2 aux intrts1 de leurs calculs qui ratta*5t les classes entre elles dfaut de croyances2 aux g\v]nem5ts1 de leurs ttonnem5ts v]s le bi5 dans l'ombre2 aux oppositions1 de l'aiguillon qu'elles ont sans cesse au po+ et qui fait trac] au boeuf le sillon2 aux p>tis mitoy5s1 de l'ad\cissem5t qu'ils apport5t aux transitions2 aux p>tis extrmes1 de l'activit qu'ils imprim5t la circulation des ides1 lesquelles sont le sang mme de la civilisation2 aux amis du pass1 du so9 qu'ils pr5n5t de quelques rac9es vivaces2 aux zlateurs de l'av5ir1 de leur am\r p\r ces belles fleurs qui s]ont un j\r de beaux fruits2 aux hommes mrs1 de leur modration2 aux hommes jeunes1 de leur pati5ce2 ceux-ci1 de ce qu'ils font2 ceux-l1 de ce qu'ils veul5t faire2 t\s1 de la difficult de t\t4 ,n\s ne ni]ons pas d'ailleurs t\t ce que l'poque o n\s vivons a d'orageux et de tr\bl4 ,la plup>t des hommes qui font quelque *ose dans l'tat ne sav5t pas ce qu'ils font4 ,ils travaill5t dans la nuit sans y voir4 ,dema91 qu& il f]a j\r1 ils s]ont peut-tre t\t surpris de leur oeuvre4 ,*>ms ou effrays1 qui sait8 ,il n'y a plus ri5 de c]ta9 dans la sci5ce politique2 t\tes les b\ssoles sont p]dues2 la socit *asse sur ses ancres2 depuis v+t ans on lui a dj *ang trois fois ce gr& mt qu'on appelle la dyna/ie1 et qui e/ t\j\rs le premi] frapp de la f\dre4 ,la loi df9itive de ri5 ne se rvle encore4 ,le g\v]nem5t1 tel qu'il e/1 n'e/ l'affirmation d'aucune *ose2 la presse1 si gr&e et si utile d'ailleurs1 n'e/ qu'une ngation p]ptuelle de t\t4 ,aucune =mule nette de civilisation et de progrs n'a encore t rdige4 ,la rvolution franaise a ouv]t p\r t\tes les ?ories sociales un livre imm5se1 une sorte de gr& te/am5t4 ,mirabeau y a crit son mot1 ,robespi]re le si51 ,napolon le si54 ,l\is ,,xviii y a fait une rature4 ,*>les ,x a d*ir la page4 ,la *ambre du #g aot l'a recolle peu prs1 mais voil t\t4 ,le livre e/ l1 la plume e/ l4 ,qui os]a crire8 ,les hommes actuels sembl5t peu de *ose sans d\te2 cep5dant quiconque p5se doit fix] sur l'bullition sociale un reg>d att5tif4 ,c]tes1 n\s avons f]me confiance et f]me espoir4 ,eh6 qui ne s5t que1 dans ce tumulte et dans cette tempte1 au milieu de ce combat de t\s les sy/mes et de t\tes les ambitions qui fait tant de fume et tant de p\ssire1 s\s ce voile qui ca*e encore aux yeux la /atue sociale et provid5tielle pe9e bau*e1 d]rire ce nuage de ?ories1 de passions1 de *imres qui se crois5t1 se heurt5t et s'entre-dvor5t dans l'espce de j\r brumeux qu'elles d*ir5t de leurs clairs1 trav]s ce bruit de la p>ole huma9e qui p>le la fois t\tes les langues p> t\tes les b\*es1 s\s ce viol5t t\rbillon de *oses1 d'hommes et d'ides qu'on appelle le dix-neuvime sicle1 quelque *ose de gr& s'accomplit8 ,dieu re/e calme et fait son oeuvre4 ,,table ,,b ,,de ,,cette ,,publication ,,j\rnal ,,des ,,id,,es ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,lectures ,d',,un ,,jeune ,,jacobite ,,de #ahai ,,hi/oire ,,fragm5ts ,,de ,,critique ,,?,,tre ,,fantaisie ,,j\rnal ,,des ,,id,,es ,,et ,,des ,,op9ions ,d',,un ,r,,volutionnaire ,,de #ahcj ,,a\t ,,septembre ,,octobre ,,novembre ,d,,cembre ,,janvi] ,f,,vri] ,,m>s ,,d]ni]s ,,feuillets ,,sans ,,date #ahbc-ahbd ,,sur ,,voltaire ,,sur ,,walt] ,,scott1 ,a ,,propos ,,de ,qu5t9 ,durw>d4 ,,sur ,l',,abb ,,de ,,lam5nais1 ,a ,,propos ,,de ,l',essai sur l'indiffr5ce en matire de religion ,,sur ,,"l ,,byron1 ,a ,,propos ,,de ,,sa ,,mort ,,id,,es ,,au ,,has>d #ahbg ,,fragm5t ,d',,hi/oire #ahcj ,,sur ,m4 ,,dovalle #ahbe-ahcb ,,gu]re ,,aux ,d,,molisseurs6 #ahbe #ahcb #ahcc ,,ymb]t ,,galloix #ahcd ,,sur ,,mirabeau