,,mile ,,faguet ,de l',acadmie ,franaise ,les ,prjugs ,ncessaires ,,p>is ,,soci,t ,,fran,,aise ,d',,imprim]ie ,,et ,,de ,,librairie ,,anci5ne ,,librairie ,,lec,,ne1 ,,oud9 ,,et ,cie #ae1 rue de ,cluny1 #ae #aiaa ,,en ,,v5te ,a ,,la ,m,,me ,,librairie ,ouvrages de ,m4 mile ,faguet ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,seizime sicle4--,dix-septime sicle4--,dix-huitime sicle4--,dix-neuvime sicle1 tudes littraires1 quatre volumes 9-#ah jsus1 bro*s #c #ej ,*aque volume se v5d sp>m5t4 ,politiques et ,morali/es du dix-neuvime sicle4 ,trois sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,l'ouvrage e/ complet en trois sries4 ,*aque volume se v5d sp>m5t4 ,politique comp>e de ,montesquieu1 ,r\sseau et ,voltaire4 ,un vol4 9-#ah jsus1 troisime mille #c #ej ,propos littraires4 ,c9q sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* 7*aque volume se v5d sp>m5t7 #c #ej ,propos de ?tre4 ,c9q sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* 7*aque volume se v5d sp>m5t7 #c #ej ,le ,libralisme4 ,un volume 9-#ah jsus1 huitime mille1 bro* #c #ej ,l',anticlricalisme4 ,un vol4 9-#ah jsus1 septime mille1 bro* #c #ej ,le ,socialisme en #aijg4 ,un vol4 9-#ah jsus1 huitime mille1 bro* #c #ej ,le ,pacifisme4 ,un vol4 9-#ah jsus1 troisime mille1 bro* #c #ej ,le ,fm9isme4 ,un vol4 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,discussions politiques4 ,un vol4 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,la ,dmission de la ,morale4 ,un volume 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,en lisant ,nietzs*e4 ,un volume 9-#ah jsus1 c9quime mille1 bro* #c #ej ,p\r qu'on lise ,platon4 ,un vol4 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,am\rs d'hommes de lettres4 ,un volume 9-#ah jsus1 c9quime mille1 bro* #c #ej ,simplification simple de l'or?ographe4 ,une piqre 9-#ah jsus #j #fj ,madame de ,ma9t5on ,in/itutrice4 ,un volume 9-#ab1 orn d'un portrait1 #c;e dition1 bro* #a #ej ,corneille4 ,un vol4 9-#h ,illu/r1 #i;e dition1 bro* #b ,la ,fonta9e4 ,un vol4 9-#h ,illu/r1 #aa;e dition1 bro* #b ,voltaire4 ,un vol4 9-#h illu/r1 #h;e dition1 bro* #b ,disc\rs de rception l',acadmie franaise1 avec la rponse de ,m4 mile ,ollivi]4 ,une bro*ure 9-#ah jsus #a #ej ,rponse de ,m4 mile ,faguet au disc\rs de rception de ,m4 ,r5 ,d\mic4 ,sance de l',acadmie franaise du #g avril #aiaj4 ,une bro*ure 9-#ah jsus #a ,c\rs de posie franaise4 ,leon d'inauguration4 ,une piqre #j #ej ,les ,prjugs ncessaires ,,*apitre ,i ,l',,animal ,,social ,c'e/ encore une "q si l'homme e/ n p\r la socit1 si l'homme e/ un animal social4 ,inconte/ablem5t il en a l'air1 puisqu'on n'a po9t r5contr1 si ce n'e/ de faon t\t exceptionnelle et accid5telle1 un homme vivant isol1 ni mme un homme vivant solitairem5t en famille1 ent\r /rictem5t de sa femme et de ses enfants1 comme un oiseau4 ,l'homme a inconte/ablem5t l'air d'tre n p\r vivre en socit4 ,cep5dant on peut rfl*ir ceci4 ,l'homme1 s'il ne ressemble pas aux animaux insociaux1 ne ressemble pas non plus aux btes sociales1 aux btes =mant des socits animales1 et c'e/ quoi l'on n'a pas assez rfl*i4 ,p>mi les animaux il y en a qui ne viv5t que familialem5t1 mle1 femelle1 petits4 ,ils ne sont pas sociaux4 ,il y en a qui viv5t en socit3 f\rmis1 abeilles4 ,les premi]s sont trs loigns du type huma92 mais les autres n'en sont pas mo9s loigns2 c> l'in/9ct social e/ *ez eux si =t qu'il n'y a plus proprem5t p>l] d'in/9ct individuel et qu'on peut d\t] s'il y a une me de f\rmi et s'il n'y a pas seulem5t une me de la f\rmilire1 si la f\rmi e/ un animal ou si ce n'e/ pas la f\rmilire qui en e/ un1 si l'abeille e/ un animal ou si elle n'e/ pas seulem5t un organe de cet animal3 la ru*e4 ,donc1 ou insociaux et incomp>ables l'homme1 ou tellem5t plus sociaux que l'homme qu'ils sont galem5t incomp>ables l'homme2 voil les animaux que n\s connaissons4 ,il y a des int]mdiaires4 ,il y a les animaux grgaires1 qui ne viv5t pas en socits1 qui n'ont pas d'organisation sociale1 mais qui viv5t en tr\pes et qui obiss5t1 d'une faon accid5telle1 des impulsions communes4 ,les m\tons ne sont pas organiss en socit1 mais ils aim5t se suivre1 et en cas de dang] ils se gr\p5t et se s]r5t les uns contre les autres4 ,les hirondelles se runiss5t en socit1 soit d'une faon accid5telle1 soit d'une faon int]mitt5te4 ,en cas de msav5ture de l'une d'elles1 elles lui prt5t t\tes sec\rs et se prodigu5t p\r elles en bons (fices4 ,aux poques de d"p p\r d'autres climats1 elles se con/itu5t en socit trs rgle et trs discipl9e4 ,c'e/ aux animaux grgaires beauc\p plus qu'aux animaux insociaux ou aux animaux sociaux que l'homme ressemble4 ,il a des in/9cts sociaux qu'il laisse volonti]s dormir tant que la socit dont il fait p>tie n'e/ pas en dang]1 qui se rveill5t1 quelquefois trs n]giques1 qu& cette socit c\rt un pril4 ,il a des in/9cts individuels1 trs ombrageux1 qui font qu'il s\ffre trs vivem5t des exig5ces de cette socit ou seulem5t de son exi/5ce qu& elle n'e/ pas en dang] et qu'il ne se s5t pas engag dans un dang] qu'elle c\rt4 ,les sociologues qui ont assimil la socit un organisme1 un gr& animal et qui ont assimil l'homme une cellule1 d'abord ont t conva9cus de p>faite inexactitude sci5tifique2 ensuite ont rvolt l'homme1 qui ne veut nullem5t tre rduit au rle d'un polype dans un polypi] et qui s'crie comme ,mi*elet3 ,qu'on me r5de mon moi2 j'y ti5s4 ,ceux mmes qui ont dit seulem5t3 ,ce ne sont pas tant les bi5s qu'il faut socialis]2 il faut socialis] les p]sonnes1 ont rvolt galem5t et du re/e ont ouv]t quelques yeux f]ms en faisant bi5 compr5dre1 p> la nettet r$\table de la =mule1 que celui-l qui socialise les bi5s1 socialise du mme c\p les p]sonnes et que celui-l qui ne veut pas qu'on socialise ses bi5s acquis1 ou acqurir1 e/ un homme qui ne veut pas qu'on socialise sa p]sonne et qu'on le fasse r\age d'une ma*9e4 ,a9si con/itu1 individuali/e trs net et trs jal\x1 rpugnant au phalan/re1 rpugnant au c\v5t1 rpugnant la communaut1 sans laquelle1 rem>quez-le bi51 il n'y a pas de vritable socit1 mais seulem5t un comm5cem5t de socit1 un essai de socit1 seulem5t de quoi en faire une2 rpugnant t\t cela1 mme dans les socits antiques1 qui comp>es aux ntres sont ultrasociales2 e/-ce que vraim5t l'homme e/ un tre n p\r la socit1 1 p> sa nature mme8 ,p> sa nature mme1 je ne crois pas4 ,il me semble tre n p\r tre un animal familial et aussi1 mais t\t au plus1 grgaire2 familial1 c'e/--dire vivant avec sa femme et ses enfants jusqu' ce que ses enfants soi5t levs2 grgaire1 c'e/--dire reconnaissant les autres hommes comme des congnres et s'associant eux1 leur donnant sec\rs et recevant d'eux assi/ance en cas de dang]4 ,en le considrant dans les traits gnraux de sa nature1 qui doiv5t n\s donn] l'image de sa nature primitive1 il n'y a ri5 de plus4 ,r\sseau en ce po9t a raison1 qui s'ob/9e dmontr] que la nature n\s a faits p\r tre sauvages4 ,il n'a tort1 comme n\s le v]rons plus lo91 que qu& il croit que l'tat social e/ n p> has>d4 ,il a raison en p5sant que l'homme a pu vivre trs longtemps l'tat purem5t familial2 il a mme raison trs probablem5t1 en supposant que l'homme a vcu effectivem5t des sicles en cet tat4 ,mais1 sans all] plus lo91 comm5t mme e/-il dev5u animal familial 7ce qui revi5t se dem&] comm5t a-t-il exi/78 ,locke prt5dait que l'homme primitif s'atta*ait une femme1 comme les autres animaux1 p> dsir sexuel puis p\r n\rrir les petits jusqu' ce qu'ils n'euss5t plus beso9 de so9s1 et c'e/--dire1 la diffr5ce des autres animaux1 p5dant un temps extrmem5t long1 les premi]s ns tant suivis d'autres avant que les premi]s puss5t p\rvoir leur subsi/ance1 donc la mre n'tant jamais ab&onne1 t\j\rs ratta*e de n\veau l'homme p5dant un temps qui p\vait tre de v+t ou tr5te ans3 les enfants non levs1 de l'un l'autre1 font la *ane2 et de cette *ane l'homme et la femme sont atta*s l'un l'autre4 ,sans m'arrt] cette ide qu'il n'y aurait mme pas beso9 de cela1 puisque n\s voyons des animaux dont les petits sont compltem5t levs en quatre mois1 comme les hirondelles1 pratiqu] la monogamie2 sans m'arrt] cette ide1 p>ce que l'homme se montre tellem5t polygame dans la priode hi/orique qu'il e/ probable qu'il l'tait l'tat primitif et avait beso91 p\r re/] familial1 de la ncessit d'lev] les jeunes1 ncessit qui1 comme on a vu1 se prolongeait indf9im5t2 je tr\ve l'ide de ,locke p>faitem5t ju/e4 ,r\sseau la conte/e4 ,il croit que les mles et les femelles s'unissai5t =tuitem5t1 selon la r5contre1 l'occasion et le dsir1 et se quittai5t avec la mme facilit4 --,mais alors l'humanit n'a jamais exi/2 c> la femelle r5due mre e/ morte de faim p5dant les huit j\rs qui ont suivi son acc\*em5t6 --,non1 dit ,r\sseau3 v\s raisonnez sur les faits de l'tat nature avec vos ides d'homme mod]ne4 ,la mre l'tat de nature e/ deb\t ds le l5dema9 de son acc\*em5t1 *]*e et tr\ve sa pture et allaite son enfant d'abord p\r son propre beso91 puis1 l'habitude le lui ayant r5du *]1 p\r son beso9 lui1 et sitt qu'il a la =ce de *]*] sa pture il ne t>de pas quitt] sa mre444 ,ici1 ,r\sseau r5contre ,locke et il le rfute a9si3 ,m4 ,locke pr\ve t\t au plus qu'il p\rrait bi5 y avoir dans l'homme un motif de demeur] atta* la femme lorsqu'elle a un enfant2 mais il ne pr\ve nullem5t qu'il a d s'y atta*] avant l'acc\*em5t et p5dant le temps de la grossesse4 ,si telle femme e/ indiffr5te l'homme p5dant ces neuf mois1 si mme elle lui devi5t inconnue1 p\rquoi la sec\rra-t-il aprs l'acc\*em5t8 ,p\rquoi lui aid]a-t-il lev] un enfant qu'il ne sait pas seulem5t lui app>t5ir et dont il n'a ni rsolu ni prvu la naissance8444 ,l'un s'en va d'un ct et l'autre de l'autre1 et il n'y a pas app>5ce qu'au b\t de neuf mois ils ai5t s\v5ir de s'tre connus444 ,une autre femme peut donc cont5t] les n\veaux dsirs de l'homme aussi commodm5t que celle qu'il a dj connue et un autre homme cont5t] de mme la mme femme1 suppos] qu'elle soit presse du mme apptit p5dant l'tat de grossesse1 de quoi l'on peut raisonnablem5t d\t]4 ,que si dans l'tat de nature la femme ne ress5t plus la passion de l'am\r aprs la conception1 l'ob/acle sa socit avec l'homme en devi5t encore plus gr&1 puisqu'alors elle n'a plus beso91 ni de l'homme qui l'a fconde ni d'aucun autre4 ,il n'y a donc dans l'homme aucune raison de re*]*] la mme femme1 ni dans la femme aucune raison de re*]*] le mme homme4 ,et le raisonnem5t de ,m4 ,locke tombe en ru9e4 ,il tombe peut-tre en ru9e2 mais alors je me dem&e comm5t l'humanit a exi/2 c> ,r\sseau a beau dire1 une femme1 au d]ni] t]me de sa grossesse et dans les j\rs qui suiv5t son acc\*em5t1 tr\ve difficilem5t sa pture4 --,aussi beauc\p succomb5t-elles2 mais il suffit que quelques-unes subsi/5t p\r que l'humanit subsi/e elle-mme1 trs peu d'exemplaires d'abord1 un plus gr& nombre ensuite4 --,soit2 mais alors je dem&]ai seulem5t comm5t la famille a comm5c d'tre4 ,dans le sy/me de ,r\sseau il n'y a pas de raison p\r qu'elle comm5ce jamais1 p\r qu'une premire famille exi/e jamais4 ,un j\r que l'on dem&ait cela ,r5an1 s\s cette =me3 ,comm5t la socit a-t-elle comm5c8 il rpondit3 ,mon ,dieu1 p> has>d4 ,le has>d a beauc\p de "p dans l'exi/5ce des *oses4 --,mais encore8 --,eh bi51 il s'e/ tr\v un an?ropode1 qui1 p5dant que sa femelle tait en gs9e au fond d'une grotte1 s'e/ plac l'entre1 a arra* un sap9 et a dit3 ,p]sonne n'entr]a6--,il avait cr la famille1 la socit1 la patrie1 la civilisation1 la morale1 ,dieu444 ,c'tait un bon *impanz444--,le ton dont il le dit1 je ne puis pas l'crire4 ,voil qui e/ bi5 et p>faitem5t c]ta9 du re/e4 ,mais ,r5an n'avait pas expliqu comm5t et p\rquoi le bon *impanz s'tait atta* sa femelle avant les d\leurs de l'enfantem5t1 depuis la conception jusqu'au t]me4 ,il avait1 comme ,locke1 esquiv la pr9cipale difficult4 ,il e/ bi5 c]ta9 p\rtant que quelques hommes primitifs1 quelques-uns au mo9s1 sont re/s auprs de leurs femmes primitives depuis la premire r5contre jusqu' l'acc\*em5t4 ,mais p\rquoi y sont-ils re/s8 ,d'abord peut-tre p> simple esprit de ret\r la *ose gte4 ,il e/ vraisemblable que le primitif1 comme encore le paysan1 soit beauc\p mo9s polygame que l'homme civilis et revi5ne la femme qu'il a connue d'abord1 comme la s\rce connue d'un plaisir2 et qu& ,r\sseau le voit c\rant une autre1 il fait prcism5t ce qu'il repro*e ses adv]saires2 il raisonne sur les tres primitifs en homme de civilisation4 ,mais encore1 comme je suis trs conva9cu de la polygamie foncire du sexe mascul91 a9si que je l'ai dj indiqu1 je ne donne cette raison que comme vraisemblable4 ,il faut t5ir plus de compte de l'habitude1 qui1 p> elle seule1 qui p> elle-mme1 ram5ait sans d\te assez naturellem5t l'homme la premire femme qu'il et connue4 ,cette raison1 en vrit1 s]ait suffisante4 ,et enf9 et surt\t1 quoi il e/ biz>re que ,r\sseau n'ait pas song et quoi ,locke1 sans le dire1 tant c'tait simple1 a d p5s]1 c'e/ la ncessit mme ou la quasi-ncessit qui atta*ait l'homme sa pauvre compagne4 ,r\sseau ici encore raisonne sur l'tat primitif avec les donnes de la civilisation1 ce qu'il repro*e ,locke et ,hobbes4 ,il voit l'homme primitif ,a fcondant la femme ,b1 puis passant la femme ,c1 et a9si de suite2 mais p\r que cette papillonne ft si facile1 il faudrait que les hommes primitifs fuss5t trs rappro*s les uns des autres1 et dj la socit s]ait fonde2 il faudrait qu'elle le ft4 ,c'e/ une socit dj exi/ante et depuis longtemps que1 sans y rfl*ir1 ,r\sseau se figure4 ,ce qu'il faut se figur]1 ce sont de va/es ds]ts o les hommes vont errant et se r5contr5t assez r>em5t4 ,beauc\p meur5t sans avoir procr1 comme des insectes dans un bois4 ,deux individus du sexe diffr5t se r5contr5t2 ils ne connaiss5t qu'eux de leur espce4 ,ils s'uniss5t4 ,p> attrait p]si/ant1 habitude1 beso9 de sec\rs mutuel1 ils ne se quitt5t pas4 ,voil l'union qui dure depuis l'poque de la conception1 jusqu' celle de l'acc\*em5t4 ,a cette poque1 *ez l'homme la piti int]vi5t1 comme dans l'hypo?se de ,r5an1 et la peur de p]dre une amie1 une compagne et une esclave4 ,aussitt aprs la naissance de l'enfant1 l'am\r mat]nel s'veille *ez la mre1 si =t1 que l'homme1 se s5tant ab&onn1 ab&onne lui-mme1 trs s\v5t1 la mre et l'enfant4 ,mais s\v5t aussi l'habitude prise et la peur de la solitude reti5n5t le pre4 ,s'il re/e1 l'am\r pat]nel s'veille *ez lui voir l'enfant gr&ir1 tre amusant1 lui ressembl]4 ,d'autres enfants survi5n5t4 ,le pre re/e t\j\rs4 ,voil une famille fonde4 ,d'autres exi/5t1 clairsemes1 sp>es les unes des autres p> des vallons1 des pla9es et des montagnes2 mais il y a des familles huma9es sur la t]re4 ,les plus nombreux1 p>mi les huma9s1 sont encore ceux qui err5t et l1 s'acc\plant au has>d et dont la progniture prit presque t\j\rs en bas ge2 mais il exi/e des familles huma9es sur la t]re4--,ds que la famille exi/e1 il y a ho/ilit de ceux qui sont en famille contre ceux qui re/5t errants1 plus errants1 c> t\s le sont encore1 et qui sont un dang] p\r les relativem5t sd5taires1 qui peuv5t viol5t]1 maltrait] leurs femmes1 les enlev]1 etc4 ,la famille conti5t dj l'ho/ilit de la socit contre l'individu4 ,je ne dis pas qu'elle conti5ne la socit1 je dis qu'elle conti5t dj un des s5tim5ts qui s]ont c>actri/iques et con/itutifs de la socit4 ,voil donc l'homme l'tat familial1 comme beauc\p d'autres animaux1 mais avec cette p>ticul>it trs importante que p> la ncessit d'lev] des enfants qui s'lv5t trs l5tem5t1 il e/ en tat familial prolong et qu'au lieu d'tre en tat familial annuel1 il e/ en tat familial dc5nal1 qu9dc5nal1 vig9t5nal4 ,en un mot1 il e/ m>qu naturellem5t p\r avoir la mme femme jusqu'au mom5t o elle ne procre plus1 et alors p\r l'ab&onn] et la laiss] m\rir2 plus probablem5t1 si l'on ti5t compte d'une si longue habitude1 p\r la g>d] jusqu' sa mort lui ou jusqu' sa mort elle4 ,l'homme e/ naturellem5t cr p\r la famille p]si/ante1 prolonge et p]man5te4 ,c'e/ l'tre familial p> excell5ce4 ,ce qui *ez c]ta9s animaux1 comme les hirondelles1 =mant un c\ple indissoluble1 ne p>at qu'un gt et n'e/ impos p> aucune ncessit1 e/ p\r l'homme au mo9s une quasi-ncessit naturelle4 ,il s\ffre s'y s\mettre2 mais il s\ffre s'y drob]4 ,plus s'y drob] qu' s'y s\mettre8 ,cela dp5d des c>actres4 ,mais il s\ffre s'y drob]4 ,il suffit p\r que la famille soit un fait trs gnral et qui1 ds qu'il exi/e1 p> l'avantage qu'il donne l'homme familial1 l'homme ent\r des si5s1 sur l'homme isol1 t5d dev5ir univ]sel4 ,mais voici dj un gr& *angem5t4 ,la famille t5d fix] l'homme1 faire de l'homme1 d'tre errant1 un tre sd5taire4 ,je dis seulem5t qu'elle t5d cela4 ,c> c'e/ bi5 dit s'il le peut1 et encore faut-il qu'il soit trs errant p\r *]*] sa n\rriture4 ,mais1 p\r n\rrir la femme qu& elle e/ immobilise ou peu prs p> l'enfant en bas ge2 p\r n\rrir l'enfant qui ne m>*e pas ou m>*e mal1 l'homme e/ =c de s'+ni] s'c>t] peu1 s'c>t] le mo9s possible4 ,c]tes1 la ,g5se a p>faitem5t raison de dire que ,dieu a mis l'homme primitif dans un j>d94 ,il ne faut pas rire de cela4 ,cela signifie que la t]re primitive1 non puise p> l'homme1 tait tellem5t productive en fruits de t\te sorte que l'homme n'avait pas beso9 d'expditions de *asse1 d'expditions de p*e et d'expditions de cueillettes1 excessives et viol5tes1 p\r se n\rrir4 ,sans d\te encore1 en raction contre ,lucrce et contre le tableau trop tragique que le gr& pote n\s trace de la condition des premi]s hommes#a1 ,r\sseau a relativem5t raison de n\s assur] que les hommes n'avai5t pas tant cra9dre de la d5t des btes froces gnralem5t peu agressives2 sans d\te encore il a bi5 raison de dire que la femme e/ une espce de s>igue et que1 p\vant port] ses enfants dans ses bras1 elle n'e/ pas aussi immobilise p> la mat]nit qu'on l'a si s\v5t prt5du4 #a ,lucrce1 du re/e1 ne laisse pas de suppos] la condition des premi]s hommes comme relativem5t facile1 et1 somme t\te1 il e/ plus optimi/e que moi cet g>d3 ,gl&if]as int] curabant corpora qu]cus ,pl]umque1 et qu nunc hib]no tempore c]nis ,arbuta puniceo fi]i matura colore1 ,plurima tum tellus etiam majora f]ebat2 ,multaque prt]ea novitas tum florida mundi ,pabula dura tulit mis]is mortalibus ampla4 ,quelquefois mme ,lucrce fait le mme raisonnem5t que ,r\sseau sur l'tat de nature1 suprieur c]ta9s g>ds l'tat de civilisation1 et sur les maux que la civilisation apporte avec elle3 ,nec nimio tum plus quam nunc mortalia scla ,dulcia l9quebant lam5tis lum9a vit4 ,unus enim tum quisque magis depr5sus eorum1 ,pabula viva f]is prbebat444 ,at non multa virum sub signis millia ducta444 444 nec turbida ,ponti quora ldebant naves444 ,tunc p5uria de9de cibi langu5tia leto ,membra dabat3 contra nunc r]um copia m]sat4 ,illi imprud5tes ipsi sibi spe v55um ,v]gebant3 nunc dant aliis sol]tius ipsi4 ,c'e/ exactem5t l'argum5tation v+t fois rpte de ,r\sseau4 ,t\t cela e/ ju/e et explique que l'homme ait pu vivre et vivre en famille4 ,mais n'e/-il pas vid5t que1 p\r la re*]*e seulem5t de sa commodit1 l'homme pre de famille a d t\t de suite song] se mobilis] le mo9s possible8 ,de l ses essais de dome/ication des animaux et ses essais d'agriculture4 ,il s'e/ ap]u qu'il y avait des animaux que l'on p\vait traire et que l'on p\vait mang] sans c\rir aprs trav]s la t]re1 que l'on p\vait avoir prs de soi et traire l'heure opportune et tu] et mang] au mom5t utile1 la condition d'tre plusieurs et de comb9] et d'alt]n] les ef=ts de surveillance1 de sorte que la dome/ication des animaux1 ne de l'exi/5ce de la famille1 en confirme et en augm5te la ncessit4 ,il s'e/ ap]u qu'il n'y a qu'une saison des fruits et qu'ils se cons]v5t mal et que l'hiv] e/ une saison o l'on meurt2 et il s'e/ avis de mettre de ct c]ta9es gra9es qui se cons]v5t mieux que les fruits1 puis de mettre ces gra9es dans la t]re1 sa porte1 p\r les rcolt] plus facilem5t l'poque o elles ont fructifi4 ,et c'tait1 aprs la dome/ication des animaux1 la dome/ication des vgtaux4 ,cette dome/ication1 plus encore que la prcd5te1 ncessitait une famille nombreuse1 et plus encore que la prcd5te1 ne du beso9 d'tre un peu fixe1 fixait davantage1 et cette fois d'une faon df9itive2 et encore1 ne des beso9s familiaux1 p]suadait d'augm5t] la famille en t5due1 d'augm5t] le nombre des enfants et1 le nombre des enfants augm5tant1 r5dait plus =te cette *ane qui unissait l'homme la femme depuis le premi] enfant n jusqu'au v+time et consolidait la famille prolonge jusqu' la faire indissoluble4 ,la famille a cr la dome/ication et l'agriculture1 et la dome/ication et l'agriculture le lui ont bi5 r5du1 en la faisant de plus en plus prolonge1 de plus en plus nombreuse1 de plus en plus p]man5te1 en tant que de plus en plus ncessaire4 ,la nature a fait l'homme cueilleur1 trayeur1 *asseur1 p*eur4 ,la quasi-ncessit de la monogamie a cr la famille4 ,la famille a fait l'homme b]g] et agriculteur4 ,voil l'homme familial1 ent\r d'enfants1 ent\r de tr\peaux1 cultivant la t]re1 habitant des cav]nes1 et comme il n'y en a pas assez et qu'elles sont assez mal places1 con/ruisant p\r lui1 p\r ses enfants et p\r ses tr\peaux des cav]nes artificielles trav]s les pla9es2 voil l'homme familial4 --,mais l'homme social1 je ne le vois pas4 --,moi non plus2 il n'e/ pas n et je ne vois absolum5t aucune ncessit p\r qu'il naisse4 ,locke 7et tant d'autres7 croit que la socit e/ ne de la famille4 ,je ne vois pas du t\t p\rquoi elle en s]ait ne4 ,il n'y avait aucune ncessit cela4 ,l'homme primitif dev5ant familial1 l'homme familial dev5ant b]g] et agriculteur1 voil qui e/ ncessaire ou quasi ncessaire2 l'homme familial dev5ant homme social1 il n'y a cela ncessit d'aucune sorte4 ,ai-je beso9 de dire qu'au contraire8 ,l'homme familial1 ent\r de ses enfants1 de ses petits-enfants1 de ses tr\peaux1 de ses *i5s et de ses *amps1 voit dans t\t homme qui n'app>ti5t pas sa famille un trang] qui peut dev5ir un ennemi1 un demi-ennemi1 p\r lequel il n'a aucune espce de sympa?ie1 avec lequel il n'a ni aucun intrt entr] en socit1 ni aucune envie de s'associ]4 ,t\t au plus--la bont tant le luxe des hommes =ts et la piti le luxe des hommes =ts qui se s\vi5n5t d'avoir t faibles ou qui song5t qu'ils peuv5t le dev5ir1--t\t au plus assi/]a-t-il l'trang] errant qui sollicit]a sa piti2 c> la piti1 nullem5t l'in/9ct social1 e/ naturelle l'homme4 ,r\sseau a trs bi5 vu cela et a trs judicieusem5t cit ,juvnal3 ,mollissima corda ,humano g5]i d>e se ,,natura fatetur ,,qu ,,lacrimas ,,d$it4 ,t\t au plus il f]a cela en faveur d'un tre qui lui p>atra tre de la mme nature que lui1 et po9t dang]eux2 quant s'associ] tel autre patri>*e qui1 au del de l'horizon1 vit de la mme faon que lui1 il n'y a cela aucune raison soit d'intrt1 soit de s5sibilit1 soit de ncessit des *oses1 aucune4 ,je ne compr5ds absolum5t pas les philosophes qui ont fait driv] la socit de la famille2 je ne compr5ds que leur erreur1 qui consi/e1 encore1 raisonn] sur les tats primitifs avec des ides de civiliss1 et1 p>ce que les socits actuelles sont des runions de famille1 croire que de la famille l>gie e/ ne la premire socit antique4 ,l'homme familial1 non social1 e/ un produit ncessaire1 ou quasi ncessaire1 de la nature de l'homme1 de la faon dont les femmes enfant5t et de la faon dont les enfants s'lv5t2 l'homme familial1 b]g]1 agriculteur1 patri>*e2 mais les *oses naturelles s'arrt5t l4 ,de quoi donc e/ ne la socit8 ,de la gu]re4 ,c'e/ la gu]re qui a contra9t l'tat social l'tre huma9 qui de soi n'y avait aucun gt et ne p\vait y avoir aucun gt4 ,c'e/ la gu]re qui a fait de l'tre familial un tre social et qui1 de ce fait1 a presque compltem5t *ang sa nature et a sub/itu en lui des s5tim5ts absolum5t factices ses s5tim5ts naturels1 ces s5tim5ts naturels que n\s avons dmls et reconnus au c\rs de l'analyse qui prcde2 c'e/ la gu]re qui a fait l'homme que n\s connaissons1 que n\s c\doyons t\s les j\rs et que n\s sommes4 ,mais de quoi e/ ne la gu]re elle-mme8 ,de la multiplication des tres huma9s1 multiplication que l'tat familial avait assez rapidem5t produite4 ,lorsque1 p> la prolification considrable1 ignore aux temps de sauvag]ie proprem5t dite1 les familles ne fur5t plus isoles1 sp>es les unes des autres p> de l>ges espaces de t]re incultes1 mais se rappro*r5t et se t\*r5t dans telle ou telle rgion1 qu& les hritages1 comme dit ,r\sseau1 se fur5t accrus en nombre et en t5due au po9t de c\vrir le sol enti] et de se t\*] t\s1 les uns ne pur5t plus s'agr&ir qu'aux dp5s des autres et les surnumraires444 fur5t obligs de recevoir ou de ravir leur subsi/ance de la ma9 des ri*es disons simplem5t des possesseurs et de l comm5cr5t natre1 selon les div]s c>actres des uns et des autres1 la dom9ation et la s]vitude ou la viol5ce et les rap9es4 ,laissons de ct ceux qui reoiv5t2 ils ne tr\bl5t ri52 ils con/itu5t seulem5t une catgorie de s\s-hommes2 mais ceux qui raviss5t1 ceux qui t5t5t de vivre de rap9es1 con/itu5t une catgorie d'ennemis4 ,l'ennemi e/ n4 ,p\r se g>antir contre lui1 la famille suffit longtemps2 elle e/ =te1 elle e/1 sans organisation sociale1 lgale1 trs bi5 organise2 mais peu peu1 mesure que le nombre des in/alls augm5te1 le nombre des surnumraires augm5te aussi et ils =m5t de vritables armes errantes qui prt5d5t vivre des produits du sol qu'ils ne cultiv5t po9t1 qu'ils v\drai5t cultiv] peut-tre et qu'ils ne peuv5t pas cultiv]4 ,ils sont trs =ts contre *aque famille2 mais il ne faut pas *aque famille beauc\p d'esprit p\r compr5dre qu'ils s]ai5t assez faibles contre plusieurs familles runies4 ,de l l'ide d'association int]familiale4 ,de l des rudim5ts de socit4 ,on se gr\pe temporairem5t p\r la df5se avec dlibration et ent5te des *efs de famille1 avec lection1 quelquefois1 d'un *ef militaire p\r comm&] les hommes valides et ref\l] les m>audeurs4 ,ceci e/ l'tat grgaire1 de l'humanit4 ,il n'y a pas socit2 il y a associations temporaires1 int]mitt5tes1 presque phmres1 aux mom5ts de dang] seulem5t1 comme il y a gr\pem5t des m\tons contre le l\p4 ,peu peu1 l'humanit dev5ant plus d5se1 le nombre des surnumraires augm5te et le dang]1 d'int]mitt5t et r>e1 devi5t frqu5t1 et de frqu5t p]man5t4 ,la df5se aussi doit dev5ir p]man5te et l'association accid5telle devi5t socit cont9ue4 ,on tablit des lois1 un droit qui n'e/ que la conscration des *oses exi/antes1 considres comme devant subsi/] et qui n'e/ donc que la =ce rgul>ise2 on tablit des int]prtes des lois1 soit contre les surnumraires qui p\r vivre sur le bi5 des autres v\drai5t us] de viol5ce1 soit contre les surnumraires qui p\r vivre sur les bi5s des autres v\drai5t us] de ruses2 on tablit un conseil de dlibrateurs et de lgislateurs2 on tablit un ou plusieurs *efs de la peuplade considre comme =ce arme4 ,la socit e/ fonde1 la socit exi/e4 ,mais d'autres socits1 exactem5t p\r les mmes raisons1 se sont fondes ailleurs4 ,de ces socits les unes sont plus ri*es1 les autres sont plus pauvres1 les autres sont plus =tes en nombre1 les autres plus faibles que la socit que n\s considrions jusqu'ici4 ,de ces socits l'une qui e/ plus pauvre1 habitant un pays mo9s f]tile1 ou qui e/ plus ri*e mais qui e/ ambitieuse1 t5te de s'emp>] des t]res1 t\t ou p>tie1 de la ntre4 ,il faut se df5dre1 non plus contre les antisociaux1 mais contre telle ou telle socit1 antisociale l'g>d des autres4 ,r5=cem5t de la ncessit de df5se1 r5=cem5t de la ncessit de cohsion et de conc5tration sociales4 ,il y a plus3 celui qui n'attaque jamais tant t\j\rs attaqu au mom5t favorable son antagoni/e1 la ncessit se montre bi5tt de faire la gu]re au mom5t qui n\s e/ favorable n\s1 et c'e/--dire de se df5dre en attaquant4 ,ce temps v5u1 la gu]re e/ virtuellem5t p]man5te1 et p>ce qu'elle e/ p]man5te elle r5d la socit non seulem5t p]man5te1 elle l'tait1 mais sociale l'tat aigu1 p\r a9si p>l]1 c'e/--dire conc5tre et ramasse sur elle-mme1 t\j\rs1 avec le maximum de t5sion4 ,et alors r5v]sem5t de t\tes les valeurs2 ce n'e/ plus l'agriculteur pati5t et paisible qui e/ l'homme le plus utile la socit1 c'e/ l'homme ex]c aux armes2 ce n'e/ plus l'inv5teur d'une n\velle *>rue1 c'e/ l'inv5teur d'une arme n\velle2 ce n'e/ plus le laborieux d\x1 *>meur de btes de trait ou de btes de somme1 c'e/ l'intrpide1 l'homme d'lan et d'imptueuse saillie1 etc4 ,c'e/ donc la gu]re qui a cr l'tat social et disons t\t de suite qui le ma9ti5t2 c> si la cra9te de la gu]re n'exi/ait pas1 l'homme1 ne voyant plus l'intrt de l'exi/5ce de la socit et n'pr\vant plus que les gnes qui lui vi5n5t d'elle1 lim9]ait trs vite l'in/9ct social1 t\t artificiel1 et revi5drait trs vite au simple in/9ct familial1 lequel e/ naturel1 ou t\t au plus l'in/9ct grgaire4 ,la gu]re e/ le fondem5t mme de la socit4 ,c'e/ ce que bi5 des philosophes1 ,hobbes et ,pr\dhon entre autres1 ont mis en lumire1 nul plus =tem5t1 plus magi/ralem5t1 plus inv9ciblem5t que ,m4 ,anatole ,france dans la fameuse page que t\t le monde connat1 mais qu'on n'aura jamais assez cite3 ,les v]tus militaires ont enfant la civilisation t\t entire4 ,indu/rie1 art1 police1 t\t sort d'elles4 ,un j\r des gu]ri]s arms de lances de silex se retran*r5t1 avec leurs femmes et leurs tr\peaux1 d]rire une ence9te de pi]res brutes4 ,ce fut la premire cit4 ,ces gu]ri]s bi5faisants fondr5t a9si la patrie et l'tat4 ,ils assurr5t la scurit publique2 ils suscitr5t les arts et les indu/ries de la paix qu'il tait impossible d'ex]c] avant eux4 ,ils fir5t natre peu peu t\s les gr&s s5tim5ts sur lesquels l'tat repose encore auj\rd'hui2 c> avec la cit ils fondr5t l'esprit d'ordre1 de dv\em5t et de sacrifice1 l'obissance aux lois et la frat]nit des citoy5s4 ,le dirai-je8 ,plus j'y songe et mo9s j'ose s\hait] la f9 de la gu]re4 ,j'aurais peur qu'en disp>aissant1 cette gr&e et t]rible puissance n'emportt avec elle les v]tus qu'elle a fait natre et sur lesquelles t\t notre difice social repose encore auj\rd'hui4 ,supprimez les v]tus militaires1 et t\te la socit civile s'cr\le4 ,mais cette socit et-elle le p\voir de se recon/itu] sur de n\velles bases1 ce s]ait pay] trop *] la paix univ]selle que de l'a*et] au prix des s5tim5ts de c\rage1 d'honneur et de sacrifice que la gu]re entreti5t au cur des hommes4 ,en crant l'tat social1 la gu]re a donc pr(ondm5t *ang la nature de l'homme1 et l'homme social n'e/ pas un homme naturel2 l'homme social e/ un tre artificiel qui e/1 s9on le contraire de l'homme naturel1 du mo9s extrmem5t diffr5t de lui4 ,la nature n'ayant aucunem5t de/9 l'homme la socit1 c'e/ avec raison que l'on oppose la socit et la nature comme ant9omiques1 et c'e/ ce qui explique que l'homme1 si s\v5t1 se tr\ve d\ble et s5t une p>tie de lui-mme se t\rn] et se ret\rn] contre lui4 ,c'e/ que1 d\ble1 il l'e/ en effet4 ,il l'e/ comme une libellule que c]ta9es circon/ances aurai5t =ce vivre en abeille ou comme une f\rmi que c]ta9es circon/ances aurai5t =ce de vivre comme une araigne4 ,cela ne va pas jusque-l1 puisque libellule et f\rmi m\rrai5t1 et l'homme e/ trs s\ple2 c'e/ l'animal qui se plie le plus facilem5t t\s les ent\rs et t\s les climats1 p> consqu5t sans d\te1 et les faits le pr\v5t1 t\tes les manires de vivre2 mais il n'en e/ pas mo9s qu'il s'c>te de sa nature en vivant en socit t\t autant1 au mo9s1 qu'on s'c>te de soi en obissant1 non plus une ncessit int]ne1 mais une ncessit extrieure4 ,qu'il ft propre cette ncessit1 c'e/ vid5t1 puisqu'il s'y e/ accommod2 mais ce n'e/ pas dire qu'il y ft dispos4 ,j'ai connu un homme qui me reprs5tait bi5 l'homme4 ,il tait pr(esseur et il ne savait pas p>l]2 il tait pr(esseur et il n'avait pas d'autorit sur ses lves2 il tait pr(esseur et il ne savait pas1 au beso91 improvis] des ides2 il tait pr(esseur et il ne savait pas traduire la p5se d'un auteur en la mettant la porte de ceux qui il p>lait4 ,il a t pr(esseur cep5dant et e/im2 mais il a bi5 s\ff]t4 ,il l'a t p>ce qu'il avait des facults gnrales peu prs adaptables au mti]2 il a bi5 s\ff]t p>ce qu'il n'avait pas la vocation4 ,l'homme e/ a9si2 il a des capacits d'tre social1 mais il n'en a pas la vocation4 ,et il s\ffre4 ,or1 p\r se pli] l'tat social1 l'homme a d se crer un in/9ct4 ,il a d se crer un in/9ct social4 ,ce que l'abeille a reu des ma9s mmes de la nature1 il a d se le donn] =ce d'n]gie1 de pati5ce1 de rsignation vig\reuse et aussi1 ce qui lui a facilit la t*e1 =ce d'in/9ct d'imitation1 d]ni] lm5t sans lequel1 je crois1 il n'aurait pas russi4 ,l'hrdit a fait le re/e qui a r5du trs aise1 il faut le dire1 l'adaptation des d]ni]s v5us4 ,mais l'hrdit e/ naturellem5t contr>ie p> l'atavisme1 qui reproduit dans l'homme mod]ne c]ta9s traits de l'homme primitif4 ,lombroso et ,nietzs*e me sembl5t p>faitem5t raisonnables qu& ils considr5t le m*ant1 le malfaiteur1 le crim9el1 l'tre insocial1 comme un arrir et un homme des premi]s temps de l'humanit4 --,et l'homme des premi]s temps de l'humanit tait1 selon ,r\sseau1 le plus d\x des animaux4 --,et ,r\sseau et ,nietzs*e et ,lombroso sont au fond p>faitem5t d'accord3 le crim9el e/ un homme des premi]s temps de l'humanit1 contr>i p> le monde social o il e/ =c de vivre2 en soi1 il n'e/ qu'insocial et n p\r la cueillette1 la *asse et la p*e2 contr>i p> ses ent\rs1 il e/ insocial violemm5t1 ce qui e/ t\t naturel4 99 99 99 99 99 ,cet in/9ct social que l'homme e/ =c de se donn] p\r vivre dans la socit ant9aturelle et ncessaire se compose d'un c]ta9 nombre de croyances1 axiomes1 doxies1 p>faitem5t ncessaires aussi2 mais qui ne sont vraies ou pr\ves vraies que p> le beso9 que les hommes en socit ont pr\v de les avoir et qu'il n'aurait pas--p\r la plup>t--ou qu'il aurait un mo9dre degr1 s'il n'tait pas =c d'tre animal social4 ,les unes sont des croyances qu'il avait dj1 qu'il p\vait avoir1 quelques-unes qu'il devait avoir1 dans l'tat grgaire1 dans l'tat familial et mme dans l'tat errant2 mais l'tat social les a confirmes et corrobores2--les autres ont t cres de t\tes pices p> l'tat social lui-mme4 ,ce sont ces croyances que j'appelle des prjugs ncessaires4 ,en les appelant prjugs1 je n'ent5ds po9t dire qu'elles soi5t fausses2 j'ent5ds dire que les hommes1 en gr&e majorit1 les accept5t sans preuves et1 inconsciemm5t1 p> le seul beso9 qu'ils s5t5t qu'ils en ont1 les accept5t et les pr(ess5t non a ratione1 mais ad usum1 avec1 du re/e1 un s5tim5t si pr(ond1 quoique confus1 de leur utilit1 qu'il n'y a ri51 tant que l'in/9ct social dure1 quoi ils croi5t plus =tem5t1 avec quoi ils soi5t plus =t en tat1 non seulem5t d'adhsion1 mais d'adhr5ce4 ,les prjugs ncessaires sont des vrits ou des erreurs dont les hommes ont beso9 p\r vivre en socit1 que le beso9 de vivre en socit leur impose comme atta*es lui-mme et comme des =mes de lui-mme2 ce sont des aspects div]s de l'in/9ct social1 lequel n'e/ lui-mme qu'un beso9 non primitif et qu'une ncessit hi/orique2 il ne faut pas les pr5dre1 comme on fait s\v5t1 p\r des sugge/ions ou des =mes du v\loir vivre2 ils sont des sugge/ions ou des =mes ou des aspects du v\loir vivre socialem5t1 et c'e/ p\r cela qu'ils *ang5t1 se mtamorphos5t1 se sub/itu5t les uns aux autres1 fl*iss5t et se relv5t1 etc42 t&is que s'ils tai5t des =mes du v\loir vivre1 ils s]ai5t1 au mo9s1 beauc\p mo9s v>iables et aurai5t quelque *ose de p]man5t et d't]nel4 ,en les passant en revue1 ou en passant en revue les pr9cipaux1 il faudra s'atta*] di/+u] ceux qui sont uniquem5t des =mes de l'in/9ct social1 des =mes du v\loir vivre socialem5t2--ceux qui ne sont pas ou ne sembl5t pas tre des =mes du v\loir vivre socialem5t1 mais qui ont t inv5ts p> l'in/9ct social comme des auxiliaires excell5ts du v\loir vivre socialem5t2--ceux enf9 qui sont ou sembl5t tre des =mes du v\loir vivre1 proprem5t dit1 mais qui1 pris p> l'in/9ct social comme =mes du v\loir vivre socialem5t1 ont revtu1 s\s cette espce1 un c>actre n\veau1 p>ticuli]1 quelquefois trs diffr5t4 ,,*apitre ,,ii ,l',,am\r ,,de ,,la ,,vie ,l'am\r de la vie e/ une =me du v\loir vivre1 s'il n'e/ le v\loir vivre lui-mme1 et je nglige les di/9ctions subtiles qu& elles n'ont pas d'utilit1 et l'on peut assur] sans cra9te qu'il exi/ait avant l'inv5tion sociale2 mais l'inv5tion sociale en a fait une *ose si5ne et trs diffr5te de ce que probablem5t il tait4 ,l'am\r de la vie *ez le primitif e/ le dsir d'action2 c> on ne se s5t vivre que dans l'action2 et le dsir de vivre longtemps4 ,ces deux dsirs se contr$is5t2 c> se jet] dans l'action on risque d'abrg] sa vie1 et v\loir prolong] sa vie on la trane dans une timidit dprimante4 ,l'homme primitif e/ p>tag entre ces deux s5tim5ts et tantt se jette dans l'acte prilleux avec ivresse1 tantt se ramne la vie calme et circonspecte4 ,mais le gr& trompeur1 p\r p>l] la langue de ,s*op5hau]1 de ,h>tmann et de ,r5an1 le gr& trompeur qui n\s pipe en vue d'une f9 transc5dantale qui n\s dpasse inf9im5t1 lui conseille plutt la seconde de ces deux exi/5ces4 ,l'impulsion s]ait plutt de m5] la vie c\rte et bonne1 c'e/--dire de la m5] en t\te ardeur et en t\te expansion tant qu'elle vaut1 et ceci mme1 quoique impulsif1 s]ait assez raisonnable2 c> travaill] p\r sa vieillesse1 c'e/--dire p\r un temps qui probablem5t ne vi5dra pas1 c'e/ travaill] p\r l'inc]ta91 comme dit ,pascal4 ,travaill] p\r l'inc]ta91 sacrifi] le prs5t qui e/ sr l'av5ir qui n'e/ qu'une hypo?se1 c'e/ prcism5t quoi le gr& trompeur n\s convie4 ,en langage mo9s my?ologique1 l'in/9ct d'p>gne l'emporte tellem5t--s\v5t du mo9s--sur l'in/9ct de dp5se qu'il fait qu'on j\e2 puisque travaill] p\r l'inc]ta9 n'e/ pas autre *ose que j\]2 qu'il fait qu'on j\e p\r soi-mme contre soi-mme4 ,dans les deux cas du re/e1 dans celui de vie int5se et dans celui de vie d'p>gne1 il y a am\r de la vie1 et probablem5t1 am\r gal de la vie4 ,or l'am\r de la vie consi/ant1 en tant qu'ide1 croire que la vie e/ belle1 e/ trs vraisemblablem5t une illusion4 ,il y a une dup]ie n\s faire croire que la vie e/ belle1 si quelqu'un n\s y fait croire2 il y a auto-sugge/ion sductrice si n\s y croyons de n\s-mmes1 et dans ce cas c'e/ de n\s-mmes que n\s sommes dupes4 ,quelque *ose en n\s1 comme *ez les animaux et les vgtaux1 veut que n\s vivions1 et cause de cela n\s n\s p]suadons que la vie e/ belle4 ,jean ,paul a bi5 dit cela3 ,n\s aimons la vie1 non p>ce qu'elle e/ belle1 mais p>ce qu'il faut que n\s l'aimions1 et puis n\s faisons ce raisonnem5t3 n\s aimons la vie1 donc elle e/ belle4 ,t\t tre anim peut dire de la vie ce que ,musset a dit de la ,muse3 ,la vie e/ t\j\rs belle ,mme p\r l'ins5s1 mme p\r l'impuissant2 ,c> sa beaut p\r n\s1 c'e/ notre am\r p\r elle4 ,l'am\r de la vie1 s\s ses deux =mes1 e/ donc un de ces prjugs que j'appelle prjugs ncessaires naturels et dont la socit s'emp>e p\r en faire des prjugs ncessaires sociaux4 ,voyons ce qu'elle en fait4 ,elle le pr5d s\s ses deux =mes et elle l'altre s\s ses deux =mes4 ,elle dit l'homme3 ,tu veux vivre et tu z raison4 ,tu veux vivre d'une faon int5se1 tu es dans le vrai2 tu veux vivre d'p>gne1 tu es dans une autre catgorie du vrai4 ,seulem5t c'e/ collectivem5t que tu vivras d'une faon int5se et c'e/ collectivem5t aussi que tu vivras d'une vie d'p>gne4 ,la cit a beso9 de vivre longtemps1 trs longtemps1 t]nellem5t4 ,p\r cela elle a beso9 de travailleurs pati5ts1 t5aces1 conomes1 p>cimonieux1 qui viv5t d'p>gne et de travail1 comme dit ,bossuet4 ,v\s s]ez ces hommes-l4 ,elle a beso9 aussi d'tres n]giques qui se jett5t dans le dang] sans hsitation et sans calcul du risque1 qu& elle e/ en pril4 ,v\s s]ez aussi ces hommes-l4 ,ayez l'am\r de la vie1 s\s ses deux =mes1 dans la patrie4 ,aimez vivre longtemps1 si v\s v\lez1 mais surt\t aimez que la patrie vive longtemps2 aimez-v\s vivant longtemps dans la patrie vivant t\j\rs2 transposez votre am\r de la vie longue4 ,et v\s aimez la vie int5se2 vivez int5sm5t dans les limites1 assez re/re9tes1 il e/ vrai1 o je le p]mets2 mais comptez sur les occasions que je v\s donn]ai ou qui vi5dront1 de vivre int5sm5t p\r la patrie en dang]2 transposez votre am\r de la vie viol5te2 rs]vez1 en somme1 cet am\r et les =ces qu'il v\s donne p\r les mom5ts o la patrie vivra prcism5t de cette vie-l4 ,ce qu'il faut rem>qu]1 c'e/ que la socit ti5t ce d\ble langage t\s2 elle ne dit pas aux conomes de la vie3 vivez d'p>gne2 et aux prodigues de la vie3 vivez prodigalem5t4 ,elle dit t\s3 selon les circon/ances et selon mes beso9s1 vivez int5sm5t ou vivez d'p>gne4 ,elle contr>ie donc t\t le monde1 les uns qu'elle reti5t et rprime dans les temps de paix1 et les autres qu'elle aiguillonne dans les temps de gu]re2 elle =ce t\j\rs1 en somme1 *acun aim] la vie de la faon qu'il ne l'aime pas4 --,alors1 t\t compte fait1 elle dtruit l'am\r de la vie4 --,non t\t fait1 mais un peu1 et c'e/ prcism5t ce qu'elle veut4 ,elle prt5d transpos] l'am\r de la vie de l'individu la cit1 trans=m] l'am\r de la vie p]sonnelle en am\r de la vie collective2 p\r cela1 il faut que l'individu aime beauc\p mo9s la vie p]sonnelle1 s\s quelque =me que ce soit2 il faut que l'am\reux de vie dang]euse vive en bon citoy5 dans le se9 de sa ville p5dant les temps de tranquillit et que le paisible b\rgeois devi5ne un hros dans les temps de crise4 ,elle y russit du re/e assez bi51 p>ce que l'animal huma9 e/ assez s\ple p\r se mtamorphos] a9si et p\r vivre collectivem5t avec d't]nels regrets de ne p\voir vivre p]sonnellem5t et des ret\rs furtifs1 peu prs quotidi5s du re/e1 v]s la vie p]sonnelle4 ,elle fait plus3 elle trans=me l'am\r de la vie en am\r de la mort p\r la vie2 elle trans=me l'am\r de la vie p]sonnelle en am\r de la mort p]sonnelle p\r la vie collective4 ,le s5tim5t au fond e/ re/ le mme1 c'e/ t\j\rs le v\loir vivre4 ,seulem5t c'e/ le v\loir vivre social sub/itu au v\loir vivre p]sonnel4 ,le hros qui meurt p\r sa cit dit ceci3 ,je veux vivre2 j'aime la vie2 mais je vis si socialem5t que c'e/ dans la mort de la cit que je m\rrais et qu'assurant la vie de la cit p> ma mort1 je vis1 je vis imm5sm5t2 je satisfais imm5sm5t mon v\loir vivre4 ,p\r bi5 voir que c'e/ bi5 le s5tim5t primitif trs trans=m1 mais encore le s5tim5t primitif1 songez au suicide motif p]sonnel4 ,c'e/ p> am\r de la vie qu'on se tue2 c'e/ p> un dsir de s\lagem5t qui n'e/ pas autre *ose que dsir de bonheur1 et dsir de bonheur et am\r de la vie se confond5t p>faitem5t4 ,l'homme qui se tue ou espre obscurm5t une autre vie o il s]a db>rass des maux de celle-ci--ce que j'ai t\j\rs eu t5dance croire1 p>ce que l'homme ne peut gure se figur] le nant1 se figur] lui-mme ananti--ou veut pr\v] dans l'in/ant qui le dlivre un bonheur int5se1 incomp>able1 d'tre dlivr4 ,c'e/ t\j\rs l'ess5ce mme de l'am\r de la vie1 savoir l'am\r du bonheur3 ,et spe usque adeo mortis =mid9e1 vit ,p]cipit humanos odium lucisque vid5d1 ,ut sibi consciscant mr5ti pectore letum1 ,obliti fontem cur>um hunc esse timorem4 ,t\s les hommes1 dit ,pascal1 re*]*5t d'tre heureux4441 jusques ceux qui vont se p5dre4 ,or l'acte du hros qui meurt p\r sa patrie e/ un suicide raison collective4 ,sa mort1 c'e/ vivre int5sm5t1 une m9ute1 p\r la vie collective et dans la vie collective de la cit4 ,voil ce que la socit fait d'un in/9ct p]sonnel et comm5t elle l'altre1 le trans=me et le transfigure4 ,voil l'hi/oire d'un prjug ncessaire naturel dev5ant1 puis dev5u prjug ncessaire social4 ,l'am\r de la vie p]sonnelle devi5t am\r de la vie sociale1 p> une suite d'abdications3 s'il tait am\r de la vie d'p>gne1 dev5ant1 plus ou mo9s1 mais =c de dev5ir et dev5ant am\r de la vie int5se2 s'il tait am\r de la vie int5se1 dev5ant1 plus ou mo9s1 mais =c de dev5ir et dev5ant am\r de la vie d'p>gne2 enf91 d]nire abdication1 allant jusqu' se r5onc] et dev5ant1 =ce d'am\r de la vie sociale1 l'am\r de la mort p]sonnelle4 ,la socit disloque l'homme et le ret\rne du recto au v]so2 elle =ce les hommes diffr5ts de c>actres *ang] p>tiellem5t leurs c>actres entre eux1 de manire =m] un c>actre commun de la cit2 elle les =ce enf9 se prfr] quelque *ose et quelque *ose qui n'e/ ni une p\se ni un enfant2 et se prfr] cela jusqu' y sacrifi] la vie1 ce dont on n'avait pas mme l'ide dans la vie familiale et ce qui e/ une rvolution radicale2 si radicale1 qu& on y songe1 qu'on rit de l'argum5t t\j\rs oppos aux rvolutionnaires radicaux3 mais il faudrait p\r cela *ang] la nature huma9e6--,mon ,dieu1 ce ne s]ait pas la premire fois qu'elle aurait t *ange4 ,,*apitre ,,iii ,,le ,,libre ,,arbitre ,n\s voici1 cette fois1 comme je crois1 en prs5ce d'un prjug ncessaire social1 d'un prjug ncessaire inv5t p> la socit elle-mme4 ,le libre arbitre e/ la croyance que j'ai que qu& je fais quelque *ose1 je le fais p>ce que je le veux4 ,je p\vais ne pas le v\loir1 et ce quelque *ose n'aurait pas t4 ,e/-ce que je veux ramass] cette pi]re et la jet]8 ,si je ne le veux pas1 elle re/]a sa place et un fait qui aurait pu tre n'aura pas t4 ,si je le veux1 elle s]a ramasse1 leve1 jete une c]ta9e di/ance2 et un fait qui aurait pu ne pas tre aura t4 ,je suis donc crateur de faits4 ,il dp5d de moi que1 dans le monde1 des faits exi/5t ou n'exi/5t pas4 ,je suis crateur1 je suis faiseur de miracles2 c> un miracle c'e/ un fait qui n'tait pas cont5u dans un fait prcd5t et ncessit p> lui1 qui p\vait et qui devait ne pas tre et qui n'a t que p>ce qu'il a t cr de ri5 p> une volont2 je suis faiseur de miracles1 je suis crateur1 je suis ,dieu4--,il n'e/ pas impossible4 ,seulem5t c'e/ invraisemblable4 ,il se peut que ce soit une illusion4 ,il se peut que ce soit--il faut t\j\rs rev5ir l'admirable =mule de ,sp9oza--l'illusion psy*ologique d'un tre qui se saisit comme cause et qui ne se saisit pas comme effet1 qui se saisit comme ag5t et qui ne se saisit pas comme agi1 qui se saisit comme actif et qui ne se saisit pas comme passif1 qui1 *anon dans la *ane cont9ue1 voit le *anon qui le suit et ne voit pas le *anon qui le prcde et ds lors croit le *anon qui le suit produit p> lui et ne songe pas se croire produit p> le *anon qui le prcde4 ,mais p\rquoi ne n\s saisirions-n\s pas comme produits1 comme effets1 comme agis8 ,p>ce que n\s avons les yeux devant la tte et non pas d]rire la tte2 p>ce que n\s allons en avant et non pas en arrire4 ,ce que n\s appelons un effet1 c'e/ ce qui vi5t aprs quelque *ose et qui n\s semble en prov5ir p>ce qu'il y succde4 ,le po/ hoc ergo propt] hoc n\s dom9e4 ,or1 qu& n\s n\s considrons n\s-mmes1 t\t ce qui vi5t aprs n\s1 prvu p> n\s1 n\s le considrons comme v5ant de n\s1 ce qui e/ vrai1 mais comme v5ant de n\s premire cause2 t&is qu'il vi5t de n\s cause de lui mais effet d'autre *ose2 t&is qu'il vi5t de n\s *anon entre lui et ce qui n\s prcde2 t&is qu'il vi5t de n\s effets n\s-mmes d'une cause qui elle-mme tait effet d'une cause prcd5te1 et a9si de suite en rebr\ssant jusqu' l'inf9i4 ,n\s m>quons la communication1 vid5te1 entre ce qui n\s suit et n\s2 n\s c\pons la communication1 invisible p\r n\s1 entre n\s et notre cause1 entre notre acte et la cause de notre acte4 ,n\s sommes la b\le de bill>d qui1 p\sse p> le j\eur et r5contrant une autre bille1 croit la p\ss]1 se croit cratrice d'un m\vem5t1 alors qu'elle ne fait que le transmettre4 ,c'e/ tellem5t vrai que ce libre arbitre1 cette facult de cration1 n\s croyons y croire1 mais n\s n'y croyons pas4 ,n\s n'y croyons pas2 puisque n\s n'y croyons que *acun p\r lui et po9t du t\t p\r les autres4 ,p\r n\s1 n\s disons3 ,je f]ai ceci p>ce que je le veux1 et il e/ possible que ce ne soit po9t1 p>ce que je ne le v\drai pas4 ,p\r les autres1 n\s disons3 ,je le connais2 il f]a ceci2 il ne f]a pas autre *ose4 ,donc n\s ne le croyons pas libre4 ,et s'il fait ce que n\s n'avions pas prvu1 n\s ne disons pas3 ,ah6 il p>at qu'il tait libre6 n\s disons3 ,je ne connaissais pas t\t son c>actre2 il y a des lm5ts de son c>actre que je ne connaissais pas2 si je les avais connus1 j'aurais prvu autrem5t4 ,donc n\s ne le croyions pas libre2 la d]nire *ose dont n\s conv5ions1 ou plutt celle dont n\s ne conv5ons rellem5t jamais1 c'e/ qu'un de nos semblables soit libre4 ,c'e/ ce qui faisait dire bi5 spirituellem5t ,*]buliez3 ,il faudrait1 dans la vie pratique1 croire n]giquem5t son libre arbitre et ne pas croire celui des autres4 ,p\rquoi8 ,d'abord p\r tre n]giques2 ensuite p\r tre indulg5ts2 p\r exig] beauc\p de soi et p\r exig] peu des autres et ne jamais leur en v\loir de ce qu'ils n'ont pas fait ce qu'ils ne p\vai5t pas faire4 ,mais rem>quez que ce que ,*]buliez v\lait qu'on ft1 c'e/ prcism5t ce que n\s faisons2 et il le savait bi51 seulem5t il v\lait que n\s le fissions encore davantage2 mais c'e/ bi5 ce que n\s faisons2 n\s ne saisissons notre lib]t qu'en n\s-mmes1 c'e/ devant l'acte faire p> n\s que n\s croyons qu'il dp5d de n\s qu'il soit ou qu'il ne soit pas2 c'e/ devant les actes faire p> les autres que n\s sommes p]suads qu'il ne dp5d pas d'eux1 mais d'une comb9aison des circon/ances qui ne dp5d5t pas d'eux et de leur c>actre1 qui ne dp5d pas d'eux non plus que cet acte1 soit ou ne soit po9t4 ,donc n\s n\s croyons libres2 mais n\s ne croyons pas l'homme libre2 donc n\s ne croyons pas au libre arbitre4 ,le libre arbitre n'e/ qu'une illusion prive1 dome/ique et p]sonnelle2 c'e/ un dieu l>e4 --,mais de ce que n\s croyons t\s les hommes dt]m9s1 n'en devons-n\s pas conclure *acun "p soi que n\s sommes dt]m9s n\s-mmes8 --,oui et p> consqu5t1 non seulem5t le libre arbitre e/ une illusion1 mais il n'e/ qu'une demi-illusion2 n\s n'y croyons pas p\r les autres et n\s n'y croyons qu' demi p\r n\s-mmes2 n\s n\s disons3 ,*acun fait ce qu'il e/ ncessaire qu'il fasse--et moi aussi4 ,cep5dant ceci n'e/ qu'une rflexion philosophique1 un ret\r philosophique sur n\s-mmes et p> consqu5t n'a d'influ5ce que sur notre esprit1 ne pntre pas plus lo91 ne desc5d pas plus fond4 ,il en e/ de cela comme de nos dfauts4 ,qu& n\s rfl*issons sur ceci que t\s les hommes ont des dfauts1 n\s conv5ons que n\s en avons2 n\s disons3 ,j'ai les mi5s2 seulem5t n\s ne le croyons jamais4 ,la preuve1 c'e/ que n\s disons3 ,j'ai mes dfauts2 mais que n\s ne savons jamais lesquels et que n\s pr5ons t\s nos dfauts p\r des qualits4 ,que n\s croyions avoir des dfauts ce n'e/ qu'une conviction philosophique1 gnrale1 ab/raite et sup]ficielle4 ,les confesseurs sav5t cela4 ,ils sav5t que les pnit5ts confess5t leurs actes c\pables2 ce sont des faits1 qu'ils n'ont qu' rappro*] du comm&em5t p\r voir qu'ils sont dlictueux2 l ils voi5t clair2 c'e/ matriel2--mais ne confess5t jamais leurs dfauts2 et qu& on les amne sur ce t]ra91 ne font pas autre *ose que leur loge2 p]sonne n'ent5d plus d'apologies ni plus de pangyriques de soi-mme qu'un confesseur4 ,il en va de mme du libre arbitre2 lynx env]s nos p>eils et taupes env]s n\s1 n\s voyons trs bi5 que les autres sont dt]m9s2 n\s croyons voir que n\s ne le sommes po9t et qu&1 p> rflexion et p> mode/ie1 n\s p5sons que n\s p\vons l'tre1 n\s ne faisons que le p5s] sans y croire2 en le p5sant et p\r le p5s]1 n\s n\s sommes reg>ds comme n\s reg>d]ions un trang]1 n\s n\s sommes mis1 p\r n\s reg>d]1 dans la peau d'un autre2 mais la peau d'un autre e/ un vtem5t o l'on n'e/ jamais qu'en imag9ation et o l'on ne demeure po9t4 ,donc n\s croyons inv9ciblem5t notre libre arbitre2 mais n\s ne croyons pas au libre arbitre de l'homme4 ,donc l'inv9cible croyance de l'homme son libre arbitre1 dont on fait tant d'tat1 n'a1 aux yeux du philosophe1 aucune espce de valeur4 ,cep5dant la croyance de *aque homme son libre arbitre e/ un fait psy*ologique indniable et sur lequel il re/e s'expliqu]4 ,il remonte c]ta9em5t la plus haute antiquit1 mme1 probablem5t1 prhi/orique4 ,t\s les anci5s1 sauf exceptions que je connais1 mais trs r>es et t\tes conte/ables encore1 y ont cru4 ,la *ose e/ bi5 naturelle4 ,l'homme antique p>tait du fait psy*ologique p]sonnel1 l'affirmation du libre arbitre1 la consci5ce affirmant *aque homme qu'il veut et qu'il peut v\loir1 et il transportait cette ide au monde extrieur et il voyait dans t\t fait naturel l'effet d'une volont p]sonnelle3 le dieu qu'il voyait dans le fleuve1 dans la m] ou dans le ciel tait un surhomme trs puissant qui lanait l'eau comme l'homme lance une pi]re et qui crait l'inondation1 la tempte ou l'orage p>ce qu'il le v\lait4 ,l'homme1 c]ta9 de sa volont1 peuplait l'univ]s de volonts2 se connaissant comme crateur1 peuplait l'univ]s de crateurs2 se s5tant dieu1 peuplait l'univ]s de dieux3 ,quippe ita =mido mortales cont9et omnes1 ,quod multa 9 t]ris fi]i cloque tu5tur1 ,quorum op]um causas nulla ratione vid]e ,possunt ac fi]i div9o num9e r5tur4 ,or cette conception gnrale que l'homme avait de l'univ]s lui rev5ait en quelque sorte1 se ret\rnait sur lui1 influait sur la conception qu'il avait de lui-mme et le confirmait dans cette crance qu'il avait qu'il tait une cause1 un crateur et un dieu4 ,comme il voyait un dieu p>t\t p>ce qu'il se considrait comme tel1 aussi et d'autant plus il se considrait comme un crateur et comme un dieu p>ce qu'il ne voyait nulle "p ri5 que des dieux et des crateurs4 ,l'homme se fait l'image du monde p>ce qu'il comm5ce p> faire le monde la si5ne2 mais il se fait l'image du monde autant qu'il fait le monde son image1 et il y a rciprocit1 concordance et r5=cem5t indf9i d'une des croyances p> l'autre4 ,mais qu& les sci5ces naturelles1 l5tem5t et pniblem5t1 se sont faites2 qu& l'homme a appris ou cru appr5dre qu'il n'y a dans la nature qu'un en*anem5t de causes et d'effets o aucune volont p]sonnelle n'int]vi5t2 qu'on ne saurait dc\vrir dans la nature aucun ag5t volontaire de faits p>ticuli]s1 mais seulem5t des lois immuables et inflexibles2 alors1 le rgne de la loi tant le rgime de la ncessit2 alors1 l'univ]s considr comme un mcanisme n'admettant pas de petites causalits p>ticulires t\t b\t de *amp1 de prairie1 de vallon ou de =t2 alors l'homme e/ app>u lui-mme comme un p>adoxe1 comme une exception trange1 comme un mon/re4 ,il s'e/ dit3 ,je s]ais le seul fragm5t du monde qui ft s\/rait l'en*anem5t des effets et des causes et d'o p>tirai5t des *anes d'effets ne comm5ant pas avant moi6 ,ce s]ait extraord9aire6 ,l'affirmation intime n'avait pas cess1 la consci5ce affirmant le libre arbitre p>lait encore t\t autant qu'aup>avant *aque acte faire2 mais l'tat de rflexion1 mais1 comme p5seur1 l'homme comm5ait d\t] de son libre arbitre4 ,a la vrit1 ni l'ide de la ncessit1 du c>actre ncessaire des lois naturelles1 ne s'e/ jamais impose absolum5t1 ni mme1 et cela e/ trs curieux1 le my?ologisme lui-mme n'a compltem5t disp>u4 ,on a fait rem>qu] que le dt]m9isme absolu1 ma?matique1 des lois naturelles1 n'e/ po9t dmontr2 que les lois naturelles admett5t une c]ta9e cont+5ce1 p\r p>l] un peu grossirem5t mais sans improprit une c]ta9e la/icit1 et que de croire les faits naturels en*ans d'une faon absolum5t troite1 avec une rigueur absolue1 c'tait beauc\p plus une ide sy/matique qu'une ide pr\ve et beauc\p plus une sugge/ion de l'imag9ation excite p> le spectacle gnral du monde qu'une vrit d'vid5ce puise dans l'obs]vation2 que1 p> consqu5t1 sans qu'il ft une *imre et un mon/re1 sans qu'il ft hors nature et contre nature1 l'homme p\vait j\ir d'une lib]t relative1 n'tre que le mo9s dt]m9 des producteurs de =ce dans l'ample se9 de la nature1 tre dt]m9 dans une sphre assez l>ge1 libre dans une sphre plus troite1 considrable encore2 avoir en lui une =ce p>ticulire non dt]m9e1 non indt]m9e1 mais dt]m9ante1 produisant rellem5t c]ta9s effets trs importants p\r lui1 trop faibles du re/e1 et qu'on ne craigne ri5 l-dessus1 p\r tr\bl] l'ordre univ]sel des *oses4 ,d'autres1 plus h>dis1 ont ressuscit le my?ologisme lui-mme s\s des appellations philosophiques4 ,ils ont ram5 le concept de =ce au concept de volont1 faisant exactem5t avec rflexion ce que le paen faisait d'in/9ct4 ,s*op5hau] n\s dit3 ,savez-v\s bi5 ce que c'e/ qu'une =ce8 ,v\s n'en savez ri5 du t\t4 ,mais v\s savez trs clairem5t ce que c'e/ qu'une volont4 ,v\s saisissez cela en v\s-mme t\tes les fois que v\s agissez4 ,donc ram5] le concept de =ce celui de volont1 c'e/ ram5] quelque *ose d'inconnu quelque *ose d'inf9im5t plus connu et mme la seule *ose que n\s connaissions immdiatem5t4 ,donc considrons t\t l'univ]s comme un sy/me de =ces1 considrons t\s les fragm5ts de l'univ]s comme des tres v\lants1 comme des volonts2--t\t vit1 t\t e/ ple9 d'mes1 comme dit ,hugo2--reconnaissons dans t\s les tres notre propre ess5ce2 r5dons-n\s compte de t\t ce qui se passe hors n\s p> ce qui se rvle en n\s1 immdiatem5t1 notre consci5ce1 et voil le monde compris4 ,ces deux ides1 qui1 du re/e1 peuv5t tre vraies1 n'ont pas eu une trs gr&e influ5ce sur l'esprit des hommes mod]nes4 ,la premire1 quoique plus mode/e et plus mesure que la seconde1 a p\r elle1 c]ta9em5t1 l'impossibilit de con/at] avec la d]nire vid5ce le dt]m9isme absolu des lois naturelles2 elle a contre elle la vraisemblance trs =te1 trs imposante1 de ce dt]m9isme1 de cette ncessit4 ,que les lois naturelles admett5t une c]ta9e cont+5ce1 ri5 ne pr\ve absolum5t le contraire1 mais c'e/ surt\t le contraire qui e/ si approximativem5t dmontr que n\s y croyons1 s9on comme ce qui e/ vid5t1 du mo9s comme ce qui va l'tre4 ,nietzs*e1 quelque "p1 n\s met en g>de de t\tes ses =ces contre les vrits press5ties4 ,oh6 comme il a raison et raison encore d'aj\t]3 ,entre les vrits diligemm5t dc\v]tes et ces *oses press5ties1 il re/e cet abme infran*issable que celles-l sont dues l'intellig5ce et celles-ci une incl9ation4 ,oui bi52 mais ,nietzs*e n\s met en g>de surt\t contre les vrits press5ties qui ont ce c>actre d'tre dsires de n\s4 ,voil o il voit le pril1 trs ju/em5t4 ,de ce que v\s dsirez une *ose v\s la press5tez comme vrit2 mais ce dsir1 lo9 d'tre une preuve1 s]ait plutt une preuve que v\s v\s f\rvoyez4 ,la faim ne pr\ve pas qu'il y a un alim5t p\r la satisfaire2 press5tir ne signifie pas con/at] l'exi/5ce d'une *ose1 mais la t5ir p\r possible dans la mesure o on la dsire1 et donc le press5tim5t ne fait pas avanc] d'un pas dans le pays de la c]titude4 ,trs bi52 or le dt]m9isme absolu des *oses et notre dt]m9isme n\s1 comme consqu5ce1 notre non-lib]t1 ne sont pas des *oses que n\s dsirons1 mais au contraire que n\s craignons beauc\p qui ne soi5t vraies1 dont n\s avons une horreur naturelle4 ,donc1 que n\s les press5tions comme vrits alors que n\s ne les dsirons po9t1 cela pr\ve que ce n'e/ po9t notre intrt qui n\s les fait press5tir et que c'e/ bi5 notre intellig5ce qui les press5t4 ,c'e/ dans ces conditions et c'e/ ce po9t que n\s en sommes p\r ce qui e/ du c>actre ncessaire des lois naturelles4 ,quant au my?ologisme de ,s*op5hau]1 an?ropomorphisme qu'on aurait envie d'appel] effront si l'on n'tait pas poli1 il contr>ie t\tes nos habitudes d'esprit si pniblem5t acquises et dont n\s croyions avoir le droit d'tre un peu fi]s4 tait-ce la pe9e d'avoir fait tant d'ef=ts sec\] cette habitude de n\s voir p>t\t n\s-mmes1 t\j\rs n\s1 n\s p>t\t1 ce qui faisait qu'on disait de n\s3 et ple9 de son image1 il se voit en t\s lieux2 p\r qu'un philosophe n\s convie rev5ir cette enfance et dire3 ,o ,univ]s1 ent5dez-v\s le nom dont je v\s nomme8 ,du mi54 ,nietzs*e malmne un peu son vnrable matre et qu'il vnrait1 sur ce po9t2 et fait rem>qu] les mfaits d'une mtaphore3 le mot de volont1 *ez ,s*op5hau]1 dgnra entre les ma9s de son inv5teur1 cause de sa rage philosophique des gnralisations1 p\r le plus gr& malheur de la sci5ce2 c> c'e/ faire de cette volont une mtaphore potique que de prt5dre attribu] t\tes les *oses de la nature une volont444 ,j'aj\te que1 celui qui veut trop pr\v] arrivant s\v5t ce rsultat que son lecteur pr5ne sa p5se reb\rs1 ,s*op5hau]1 p> son extrme idalisme1 n\s dirige sans le v\loir v]s l'ide contraire4 ,il veut idalis] la nature en la montrant comme un sy/me de volonts p>eilles la ntre3 t\t e/ volont4 ,mais n\s montr] la nature semblable n\s1 il n\s amne simplem5t n\s voir semblables la nature4 ,en n\s disant3 ,les =ces de la nature sont des volonts1 il n\s conduit n\s dire3 c'e/ peut-tre nos volonts qui sont des =ces aveugles2 ce n'e/ peut-tre pas la nature qui me ressemble1 mais moi qui ressemble la nature2 la nature e/ comme moi2 oui1 moi plutt comme elle2 et elle e/ t\te faite de =ces in9tellig5tes et fatales3 moi de mme4 ,en idalisant la nature1 ,s*op5hau] n'a peut-tre russi qu' matrialis] l'homme ses propres yeux4 ,mais ce n'e/ pas seulem5t la conception mcani/e de l'univ]s qui a battu en br*e la croyance au libre arbitre4 ,les psy*ologues ont analys l'acte de volont lui-mme et ont cru voir qu'il n'e/ pas simple et qu'il se dcompose en plusieurs lm5ts t\s rductibles des faits de nature1 analogues ceux que n\s voyons hors l'homme1 et que p> consqu5t cette espce de p\voir transc5dant1 surnaturel1 que j'aurais de crer un fait n'exi/e pas4 ,d]rire ce que j'appelle ma volition il y a moi-mme4 ,mais ce moi e/ un compos d'une f\le de t5dances accumules p> l'hrdit1 p> le tempram5t1 p> l'ducation4 ,c'e/ de ce compos que sort l'acte de v\loir2 cet acte n'e/ qu'une rsultante qui son t\r a des rsultats4 ,mille faits dposs dans une organisation qui e/ moi conv]g5t un fait que j'appelle une volition1 puis un autre que j'appelle une seconde volition1 et de t\tes ces volitions je fais une facult2 t\tes ces volitions1 je les attribue une facult que j'appelle ma volont4 ,je ne fais qu'envelopp] s\s un nom des faits de mme c>actre et de mme c\leur qui passai5t p> moi1 comme il e/ possible que la plante se croie l'auteur et la cause de la fleur1 alors qu'elle n'e/ qu'une us9e amnage p\r transmettre des sucs de la t]re une corolle4 ,le v\loir 7,nietzs*e7 e/ quelque *ose de compliqu qui n'a d'unit qu'en tant que mot1 et c'e/ dans ce mot unique que rside le prjug populaire qui a eu sa matrise sur les philosophes444 ,dans t\t v\loir il y a une multiplicit de s5sations qu'il faut savoir dcompos]3 #a la s5sation du po9t de d"p de la volition dsir2 #b la s5sation de l'ab\tissant b2 #c la s5sation d'un va-et-vi5t entre ses deux tats2 #d la s5sation d'un ef=t musculaire4442 #e la s5sation de la rflexion m5suration de la di/ance p>c\rir entre le dsir et le b2 #f le p5*ant au comm&em5t444 un homme qui veut ordonn] quelque *ose son tre intime1 lequel obx ou du mo9s e/ suppos obissant4 ,t\s ces faits1 si diffr5ts1 entr5t dans la volition qu& n\s pr5ons la pe9e de l'analys]4 ,la volition n'e/ donc pas un fait simple1 c'e/ t\t un drame qui se passe en n\s2 c'e/ une comb9aison de p5ses1 de s5tim5ts et d'ef=ts2 c'e/ un complexus4 ,p\rtant il faudrait que la volition ft un fait simple1 comme le vulgaire croit qu'il l'e/1 p\r que le libre arbitre exi/t4 ,le libre arbitre e/ une dcision s\v]a9e1 un nutus1 ou il n'e/ pas2 il n'e/ que s'il e/ indcomposable4 ,s'il se dcompose s\s nos yeux1 il n'e/ qu'un mot s\s lequel1 p> impuissance l'analyse1 l'homme qui agit a rang t\s les phnomnes qui prcd5t l'action1 et ce mot n'a qu'une valeur de syn?se grossire1 sup]ficielle et p>faitem5t arbitraire4 ,d'autres vi5n5t dire#b3 ,un acte de la volont e/ trs analogue un m\vem5t rflexe4 ,c'e/ un m\vem5t rflexe auquel on cons5t1 et c'e/--dire auquel on pr5d plaisir4 ,devant un objet qui passe rapidem5t deux doigts de mes prunelles je f]me les yeux3 m\vem5t rflexe4 ,devant une scne plaisante ou t\*ante je ris ou je pleure3 m\vem5t rflexe auquel je cons5s1 auquel je pr5ds un plaisir d'une nature ou d'une autre4 ,devant un ob/acle1 je veux le va9cre3 m\vem5t rflexe auquel je cons5s1 auquel je pr5ds plaisir4 ,quel plaisir8 ce plaisir de comm&] dont p>lait ,nietzs*e3 ce que j'appelle volition n'e/ que l'acquiescem5t un m\vem5t rflexe n]gique1 qui e/ raction de ma =ce contre un ob/acle4 #b ,cf4 ,s*]]1 tudes sur la littrature contempora9e1 t4 ,,viii1 article #h1 la ,crise actuelle de la morale1 un *apitre admirable1 qui e/ t\t un livre4 ,donc les images dt]m95t les ides et les ides dt]m95t les actes1 mcaniquem5t1 automatiquem5t4 ,seulem5t les actes drivant d'ides qui n\s font plaisir1 n\s les appelons des actes volontaires4 ,n\s en suivons le m\vem5t initial avec une vive complaisance1 et c'e/ p\r cela que n\s croyons les v\loir1 ou plutt c'e/ cette complaisance que n\s appelons la volont4 ,on p\rrait dire que l o n\s n\s croyons des tres de volont n\s sommes simplem5t de bonne volont4 ,c'e/ ce sy/me que ,ma9e de ,biran press5tait qu& il disait dj3 ,la lib]t s]ait-elle autre *ose que la consci5ce d'un tat de notre me1 tel que n\s dsirons qu'il soit8 ,c'e/ ce sy/me que ,?odule ,ribot rsume excellemm5t en disant3 ,l'acte volontaire diffre du rflexe simple en ce qu'il e/ le rsultat d'une organisation n]veuse t\t entire1 laquelle reflte elle mme la nature de l'organisme t\t enti]4 ,en d'autres t]mes l'acte volontaire e/ un rflexe auquel il se tr\ve que s'associ5t les dispositions de t\t notre tre4 ,la volont e/ une h>monie d'un dsir p]man5t et d'un accid5t physiologique qui se produit au fond de n\s4 ,de l le s5tim5t1 la s5sation de plnitude que n\s avons dans l'acte dit volontaire4 ,voltaire dit trs bi53 ,la lib]t dans l'homme e/ la sant de l'me4 ,c'e/ cela mme4 ,n\s n\s s5tons libres et n\s croyons v\loir qu& il y a accord3 de l'motion qu'un fait extrieur produit en n\s1 du fait de raction qui drive de cette motion1 enf9 de nos dsirs et dispositions antrieures et gnrales4 ,cet accord e/ une h>monie de l'me1 une sant m5tale4 ,mais le nutus1 l'acte div9 ou imprial1 l'acte simple et dcisif1 le3 que l'acte soit et l'acte e/1 a disp>u4 ,la croyance au libre arbitre a donc t branle p> des assauts intellectuels donns de t\s cts2 seulem5t dans la pratique elle semble bi5 absolum5t 9branlable4 ,l'homme dans l'action croira t\j\rs qu'il dp5d de lui1 et d'un lui qu'il a sa disposition1 de faire telle *ose ou de ne la po9t faire et que l'acte qu'il a fait hi] e/ un fait qui p\vait ne pas tre et qui n'aurait pas t s'il n'avait pas v\lu qu'il ft4 ,ceci e/ comme indrac9able4 ,le philosophe qui e/ le plus conva9cu que le libre arbitre n'exi/e pas agit en homme qui e/ absolum5t conva9cu du libre arbitre1 et se flicite et se fait des repro*es en homme qui e/ absolum5t sr qu'il a fait ce qu'il p\vait ne faire pas4 ,d'o vi5t ce phnomne psy*ologique cont9u8 ,d'o vi5t cette loi psy*ologique8 ,de l'tat social1 je crois4 ,je ne rpugn]ais nullem5t voir dans la croyance au libre arbitre une loi de l'esprit antrieure l'tat social et que l'tat social aurait seulem5t modifie et confirme2 puisque l'on sait que p>mi les prjugs ncessaires je crois en dml] qui remont5t plus haut que l'inv5tion sociale2 mais enf9 je crois que la croyance au libre arbitre e/ une sugge/ion de l'in/9ct social4 ,rem>quez en effet que l'homme l'tat primitif1 selon t\tes les app>5ces1 se laisse vivre2 il se laisse vivre selon sa nature et soit paisiblem5t1 soit violemm5t2 et aussi tantt paisiblem5t1 tantt violemm5t2 mais il se laisse vivre4 ,il e/ impulsif et il ne se connat que comme impulsif2 il suit docilem5t ses in/9cts2 il ne se d\te nullem5t qu'il y ait en lui une puissance de cration qui1 contre ses impulsions mmes1 soit capable de produire un fait2 c'e/ bi5 lui qui vit p> des rflexes auxquels il adhre et uniquem5t p> l4 ,qu'il ait consci5ce1 mme obscure1 du libre arbitre3 c'e/ ce qui ne m'app>at pas le mo9s du monde4 --,mais cep5dant il adore ou plutt il r$\te aut\r de lui mille =ces naturelles qu'il pr5d p\r des volonts1 a9si qu'il a t dit plus haut2 il adore ou il r$\te mille *oses qu'il pr5d p> des surhommes1 et s'il les pr5d p\r des surhommes1 c'e/ bi5 qu'il les considre comme analogues lui1 et s'il les ti5t p\r des volonts agissantes1 c'e/ bi5 qu'il se considre lui-mme comme une volont qui agit4 --,ce n'e/ pas t\t fait cela4 ,d'abord la religion1 comme n\s v]rons plus lo91 n'e/ l'tat prcis et peu prs coordonn que s\s le rgime social2 ensuite1 si1 comme je le crois1 l'homme primitif a eu une religion1 s'il a ador1 c'e/--dire r$\t des puissances inquitantes dans le torr5t1 la montagne1 l'air et la m]1 il les a considres comme des tres impulsifs et non po9t du t\t comme des volonts2 il les a considres comme des gnies puissants et capricieux1 comme des =ces en acte incessant1 non po9t comme des intellig5ces dlibrant1 dcidant et v\lant4 ,le sauvage avec son fti*e n\s donne une ide de cet tat d'esprit4 ,le fti*e e/ un tre protecteur1 malicieux et jal\x et il a une c]ta9e puissance au s]vice de sa bi5veillance1 de sa malice et de sa jal\sie4 ,voil t\t4 ,reprs5te-t-il1 aux yeux du sauvage1 un tre qui rfl*it1 qui dlibre1 qui pse les motifs1 qui dcide et qui f9alem5t a une volont8 ,po9t du t\t4 ,de mme l'homme primitif1 dans l'horreur des =ts qui le pntr5t de my/rieuse cra9te1 voyait un tre1 c]ta9em5t1 mais un tre passionn et non un tre volontaire1 et ni il n'attribuait ses dieux un libre arbitre en l'empruntant lui-mme1 ni il ne voyait dans ses dieux un libre arbitre1 p\r se dem&] si lui-mme il n'tait po9t d\ de cette facult4 ,l'homme primitif p>at avoir t un animal soit f\gueux1 soit timide1 ou1 et c'e/ plutt mon avis1 un animal tantt timide1 tantt f\gueux1 obissant ses impulsions1 ses rflexes et trs lo9 d'tre assez rfl*i p\r se s5tir ou s'imag9] tre libre4 ,une fois en socit1 et n\s savons comm5t il y e/ v5u1 voyez comme cette ide de libre arbitre p]sonnel lui e/ suggre et impose p> t\t ce qui l'ent\re4 ,la socit a beso9 d'individus obissants1 consacrs au s]vice de l'tat1 dv\s la *ose publique2 elle n'a pas beso9 d'impulsifs2 elle les a en dfiance et en horreur4 ,donc elle les rprime4 ,elle les rprime p\rquoi et de quel droit8 ,elle ne se le dem&e pas2 elle les rprime p>ce qu'il e/ de son intrt de les rprim]4 ,mais elle r5contre l'individu1 trs passionn d'autonomie individuelle1 qui lui dit1 beauc\p plus confusm5t que je ne vais l'crire1 mais qui lui dit3 ,p\rquoi me rprimes-tu8 ,j'ai fait ce que j'avais envie de faire1 donc ce qu'il fallait que je fisse1 ce que je ne p\vais pas m'ab/5ir de faire8 --,non2 tu p\vais agir autrem5t1 puisque444 puisque d'autres agiss5t autrem5t4 --,c'e/ qu'ils ont un autre c>actre4 ,donc je devais agir comme j'ai agi1 ayant un autre c>actre qu'eux4 --,ils sont les bons et toi le m*ant4 --,peut-tre444 --,et il n'e/ pas plus difficile d'tre bon que d'tre m*ant4 ,donc tu p\rrais tre bon2 il suffit de prfr] le bi5 au mal4 --,je ne puis pas4 --,tu le peux1 puisqu'ils le peuv5t1 et facilem5t2 il suffit de444 --,de quoi8 --444 ,de v\loir4 ,le mot e/ tr\v4 tant comp>s les uns aux autres au po9t de vue de l'intrt social1 tant obs]v combi5 aism5t ceux qui sont dv\s l'intrt social y sont adhr5ts en effet2 tant suppos que ceux qui n'y sont pas dv\s p\rrai5t facilem5t l'tre2 tant conclu qu'il ne leur manque qu'un je ne sais quoi qui doit dp5dre d'eux1 la socit inv5te la volont indp5dante et l'me matresse d'elle-mme4 ,et peu peu elle conva9c les individus4 ,l'individu conva9cu d'avoir nui et puni p\r cela1 tombe d'accord qu'il a nui2 cela e/ inconte/able2 mais po9t1 d'abord1 qu'il e/ c\pable d'avoir nui1 c'e/--dire qu'il p\vait ne pas nuire4 ,mais peu peu le regret d'avoir nui qu'il pr\ve1 p>ce qu'il e/ puni1 p>ce qu'il e/ mpris et ha1 p>ce qu'il e/ p\rsuivi de hues1 se prs5te lui s\s cette =me3 peut-tre aurait-il t possible que je ne nuisisse pas4 ,ceci n'e/ encore qu'un regret1 mais ml d'une hypo?se qui va gr&ir4 ,le nuisible se dit encore3 ,peut-tre suis-je victime d'un dieu1 d'un dmon malveillant qui a fait que je fusse nuisible4 ,le nuisible se dit plus t>d3 ,peut-tre1 comme ils le dis5t1 dp5dait-il de moi que je ne nuisisse pas2 peut-tre e/-il en moi1 ce mauvais dmon qui m'a p\ss mal faire4 ,et alors le nuisible se maudit d'avoir en lui un esprit du mal4 ,le regret e/ dev5u remords2 l'ide de lib]t e/ ne de l'ide de responsabilit3 il fallait bi5 que je fusse libre puisqu'on me punit d'avoir fait le mal et puisque moi-mme je me repro*e de l'avoir fait2 l'ide de responsabilit e/ ne de la punition1 considre comme mrite puisqu'il y en a qui l'vit5t4 ,jamais le regret ne devi5drait remords1 jamais l'ide de responsabilit ne vi5drait1 sans la comp>aison que l'on fait1 et que le nuisible fait lui-mme1 entre le nuisible et ceux qui ne nuis5t pas1 et sans cette ide qu'on peut imit]1 qu'on peut se model] sur les autres3 ,ce n'tait pas votre c>actre2 mais n'avez-v\s pas eu de bons exemples et ne p\viez-v\s pas les imit]8 ,or exemple1 comp>aison des uns avec les autres1 assurance qu'on peut imit] et qu'il e/ possible et mme facile de dev5ir ce que sont les bons1 c'e/ de t\t cela que se compose et que se fait l'ide du libre arbitre1 et t\t cela ne peut exi/] que dans une socit organise4 ,c'e/ a9si que nat la croyance au libre arbitre4 ,elle s'implante et se =tifie dans l'homme qu& et qu& l'in/9ct social1 comme on disait autrefois1 et en proportion de cet in/9ct4 ,elle cre les gr&s honntes g5s1 et les lgislations rig\reuses1 et les ju/ici]s froces1 et les philosophies exaltes et esc>pes4 ,elle r$\ble la v]tu des v]tueux2 c> leur v]tu1 ils la s5tai5t bi5 en eux comme une disposition tre pur1 tre ju/e et bi5 mrit] de ses semblables2 mais1 croire que c'e/ une disposition dont ils dispos5t1 ils la s5t5t plus eux1 produite p> eux1 cre p> eux et ils en sont fi]s et ils la *riss5t davantage1 comme un enfant1 et ne veul5t pas s'en sp>]1 comme d'un enfant4 ,elle e/ p\r eux leur crature magnifique et leur uvre glorieuse1 et se dire3 je suis matre de moi1 ils se s5t5t matres d'un univ]s4 ,cette croyance cre aussi les gr&s rep5tants et fait les gr&es conv]sions4 ,le conv]ti--et l'tymologie du mot e/ bi5 significative et elle e/ trs ju/e--e/ un homme qui l'on a p]suad ou qui s'e/ p]suad qu'il peut se ret\rn] et qui se ret\rne en effet2 et c'e/--dire que ses p5*ants1 trs =ts1 re/5t les mmes1 mais pr5n5t une autre direction1 s\s l'influ5ce de cette ide qu'ils p\rrai5t tre autres4 ,l'ide n'e/ pas une =ce1 mais elle en devi5t une en se pntrant de passion4 ,or ici elle se pntre des passions mmes qu'il s'agit1 non pas de *ang]1 mais de conv]tir4 ,l'homme ard5t p\r le mal1 c'e/--dire p\r le tr\ble de la cit1 si on lui a p]suad qu'il dp5d de lui d'tre honnte homme1 re/e le mme1 seulem5t sur un autre plan3 il met au s]vice de la cit ses ardeurs et ses viol5ces et il devi5t un t]rible honnte homme1 effray] les honntes g5s ord9aires4 ,et il croit s'tre *ang1 ce qui donne ses ardeurs et ses viol5ces comme une raideur n\velle4 ,les hros de la cit et de l'glise1 cette autre cit1 sont gnralem5t des conv]tis 7dont la conv]sion remonte quelquefois l'enfance7 et que l'ide du libre arbitre exalte4 ,la croyance au libre arbitre cre les philosophies esc>pes comme le /ocisme et les lgislations draconi5nes4 ,aussitt que cette ide s'e/ emp>e des esprits que l'homme e/ matre de lui1 les philosophes exig5t t\t de lui1 lui dem&5t t\t et les lgislateurs n'ont pas assez de rigueurs p\r l'homme qui il suffisait de v\loir tre honnte homme et qui n'a pas v\lu l'tre2 aussitt que l'ide de responsabilit s'obscurcit ou d\te d'elle-mme la lgislation crim9elle fl*it4 ,ici une objection3 il n'e/ donc pas vrai que c'e/ en n\s-mme que n\s pr5ons l'ide du libre arbitre et il n'e/ donc pas vrai que n\s ne croyions gure celui des autres1 puisque3 #a c'e/ la socit qui n\s donne cette ide2 #b ceux qui l'ont1 s'ils sont philosophes ou lgislateurs1 philosophes la pr*5t1 lgislateurs en font le pr9cipe d'une lgislation qui s'applique aux autres4 ,je rponds3 #a ,c'e/ en n\s homme social1 c'e/ en n\s homme ptri depuis des sicles p> la socit et pntr d'in/9ct social que n\s pr5ons le s5tim5t dsormais inv9cible du libre arbitre4 ,autrem5t dit1 c'e/ la dlibration qui n\s donne le s5tim5t ou l'illusion du libre arbitre1 et c'e/ la socit qui a fait de l'homme un dlibrateur4 ,l'homme primitif ne dlibre pas4 ,mais depuis le temps que l'homme social dlibre1 il s'e/ habitu suffisamm5t croire qu'il dlibre librem5t et il va mme jusqu' croire rsultats d'une dlibration rapide ses actes les mo9s dlibrs4 #b ,l'homme pr5d en lui-mme son s5tim5t du libre arbitre et ne croit jamais beauc\p celui des autres4 ,s'il ne croyait pas son libre arbitre1 il pr5drait le *em9 de ret\rn] l'tat in/9ctif et impulsif2 mais avant d'y tre rev5u1 la di/ance tant trop gr&e fran*ir1 il devi5drait dr\t1 trbu*ant1 ab\lique1 f\4--,s'il croyait radicalem5t au libre arbitre des autres1 ne p\vant jamais prvoir ce que les autres f]ai5t1 ne p\vant compt] sur p]sonne1 se s5tant ent\r d'tres imprvisibles crateurs de faits inatt5dus1 ne p\vant plus calcul]1 tant dans le monde des hommes comme s'il tait dans un monde de *oses o les miracles s]ai5t p]ptuels1 il vivrait comme en un rve peupl de fantmes capricieux et il devi5drait f\ t\t de mme4 ,la sant du g5re huma9 e/ faite de la croyance de *acun en son libre arbitre2 le s5s commun du g5re huma9 e/ fait de la non-croyance de *aque individu en la lib]t des autres4 ,t\t cela e/ vrai selon moi4 ,mais d'abord il n'y a pas ici de croyance absolue1 radicale1 il n'y a pas de foi2 il y a bi5 quelque *ose1 en vrit1 qui e/ assez rappro* de la foi1 mais enf9 il n'y a pas de foi4 ,prcism5t p>ce que n\s ne croyons pas au libre arbitre des autres1 prcism5t cause de cela1 ne p\vant pas t\t fait ignor] que les hommes se ressembl5t1 avec un peu de rflexion n\s en v5ons d\t] un peu de notre libre arbitre n\s2 et aussi p>ce que n\s croyons notre libre arbitre1 n\s ne p\vons pas d\t] absolum5t du libre arbitre d'tres que n\s p5sons bi51 malgr t\t1 tre faits peu prs comme n\s-mmes4 ,de sorte qu'il y a l une s+ulire1 mais trs relle1 je crois1 int]section d'ides3 n\s croyons notre libre arbitre et supposons celui des autres2 n\s croyons le dt]m9isme des autres et supposons le ntre2 notre lib]t et le dt]m9isme des autres e/ une vrit1 notre dt]m9isme et la lib]t des autres e/ une vraisemblance4 ,ce n'e/ qu'un tat d'me confus2 cela n'a pas le s5s commun2 mais c'e/ rel4 ,premi] po9t4 ,ensuite et en mme temps1 dans le philosophe qui pr*e la morale du libre arbitre1 dans le lgislateur qui pr5d le libre arbitre p\r pr9cipe de sa lgislation crim9elle1 dans le ju/ici] qui applique cette lgislation d'une faon trs rig\reusem5t con=me son esprit1 il y a cette ide que les hommes1 sans d\te1 ne sont pas libres1 mais que s\s l'autorit d'une morale qui les proclame tels1 s\s la t]reur d'une lgislation et d'une jurisprud5ce qui les trait5t comme tels1 ils f]ont comme s'ils l'tai5t4 ,le libre arbitre devi5t ici une fiction lgale1 fiction de lgislation morale ou fiction de lgislation politique4 ,et c'e/ cette fiction qui g\v]ne telle ou telle cole philosophique ou l'tat4 --,mais comm5t quelqu'un peut-il croire qu'un seul tre au monde1 n'tant pas libre1 f]a comme s'il tait libre1 ce qui e/1 cette fois on l'a tr\ve1 la plus absurde des absurdits4 --,mais1 c'e/ la sugge/ion6 ,le philosophe et le lgislateur ne croi5t pas que des tres non libres agiront proprem5t comme s'ils tai5t libres2 ils croi5t qu'ils f]ont t\s les ge/es qu'ils f]ai5t s'ils tai5t libres1 qu'ils s]ont possds de l'image des actes que f]ai5t des tres libres et qu'on leur dcrit2 et que1 trs dt]m9s p> cette sugge/ion mme1 ils f]ont des actions attribuables des tres libres4 ,or l'action seule importe2 et cela e/ trs raisonnable4 ,ce n'e/ pas autre *ose que l'admirable pr5ez de l'eau bnite de ,pascal4 ,philosophes et lgislateurs du libre arbitre font pr5dre de l'eau bnite leurs adm9i/rs ou leurs disciples4 99 99 99 99 99 ,le libre arbitre e/ dev5u une des lois de l'humanit4 ,cru p> l'individu1 il le s\ti5t dans la vie1 dans ses entreprises1 dans ses travaux1 dans ses luttes contre les autres et contre lui-mme2--il se confond avec ses passions p\r leur donn] l'app>5ce de *oses plus intimes1 plus pr(ondm5t nes de lui-mme1 plus si5nes2 et une passion n'e/ jamais plus =te que qu& celui qui en e/ la victime croit en tre la cause et dit3 ,je suis orgueilleux p>ce que je veux tre2 je ne suis pas ambitieux1 mais je crois qu'il faut l'tre1 et c'e/ a9si que je le suis1 etc42--il se confond avec le devoir1 et ne se croyant oblig que p>ce qu'on e/ libre1 ou se croyant libre p>ce qu'on se s5t oblig1 on fait son devoir p\r s'obir1 et on s'obx en obissant au devoir1 et celui qui a dit3 ,le premi] des devoirs e/ de croire au devoir devait donn] p\r corollaire sa belle maxime3 ,et la premire manire de croire au devoir e/ de croire son libre arbitre2 et donc le premi] des devoirs e/ de se croire libre2 ou1 en d'autres t]mes1 le premi] des devoirs e/ de croire qu'on peut faire son devoir4 ,cru p> les collectivits1 le libre arbitre donne l'ide de la responsabilit et1 p> consqu5t1 de la culpabilit1 et t\te la rpression sociale e/ fonde sur cette ide4 ,s'il n'y avait pas de libre arbitre1 il n'y aurait pas de c\pable4 ,v\lez-v\s ne pas croire c\pable le plus gr& des crim9els1 fait rem>qu] ,nietzs*e2 connaissez m9utieusem5t t\te sa vie2 son crime alors v\s p>atra si exactem5t la consqu5ce de t\t ce qui lui e/ arriv1 qu'il v\s app>atra comme ncessaire1 comme n'ayant pas pu ne pas tre et que le crim9el v\s sembl]a p>faitem5t irresponsable2 de sorte que1 bi5 contrairem5t son desse91 c'e/ l'int]rogatoire du prsid5t sur les antcd5ts de l'accus qui e/1 plus que t\te autre *ose1 de nature disculp] le crim9el4--,la notion de culpabilit e/ donc fonde t\t entire sur la croyance au libre arbitre1 et la notion de culpabilit e/ la base mme de t\te la lgislation rpressive et de t\t le rgime rpressif4 ,a la vrit1 je prt5ds1 moi1 que la socit n'a nullem5t beso9 de croire un homme c\pable p\r le punir4 ,elle n'a beso9 que de le croire dang]eux p\r le rprim]1 et mme p\r le supprim]4 ,et1 se plac] ce po9t de vue1 il y a un r5v]sem5t complet de la "q4 ,celui1 ma9t5ant1 qu'on aura le plus raison non pas de punir1 mot qui n'a plus de s5s1 mais de rprim]1 ce s]a le mo9s c\pable1 ce s]a cet homme dont n\s p>lions t\t l'heure1 dont l'hrdit et t\s les antcd5ts sont tels qu'il tait impossible qu'il ne ft pas un violeur et un meurtri]2 c'e/ lui qui videmm5t e/ le plus dang]eux p\r la socit4 ,cela e/ c]ta92 comme l'inv]se le plus c\pable des hommes c'e/ le plus honnte1 qu& il a fait une lgre faute1 c'e/ le sa9t qu& il a commis une peccadille4 ,un homme si pur1 si irrpro*able1 si impeccable qu'il tait croire et mme qu'il tait vid5t qu'il avait le libre arbitre absolu1 cet homme-l commet une faute4 ,qu'en doit-on conclure1 s9on qu'il l'a v\lue et qu'il e/1 p\r l'avoir v\lue1 le plus c\pable des hommes8 --,donc1 se plac] au po9t de vue de la culpabilit1 il ne faut punir que les honntes g5s2 et se plac] au po9t de vue de la nocivit1 il ne faut rprim] que les innoc5ts1 que ceux qui ont le plus innocemm5t commis des crimes4 --,cela e/ inconte/able2 mais c'e/ ce qui ne peut pas entr] dans l'esprit de l'homme social1 lev depuis c9quante sicles dans l'ide du libre arbitre4 ,qu& on lui prs5te un crim9el mon/rueux1 il s5t bi5 que cet tre e/ trs dang]eux p\r la socit2 mais il ne peut pas s'emp*] de se dire3 ,mais1 cep5dant4441 s'il n'e/ pas c\pable8 ,je n'ai pas le droit de le punir4 ,on lui rpond3 ,c]tes ,v\s n'avez pas le droit de le punir6 ,mais v\s avez le droit de lui c\p] le c\4 --,je sais bi52 p\r me df5dre2 mais encore1 c'e/ un innoc5t que je tue2 je ne puis pas me rs\dre cela4 ,la notion du libre arbitre arrte t\j\rs ou au mo9s inquite l'homme qui a jug] un crim9el *ez lequel on lui dmontre que le libre arbitre n'exi/e pas4 ,la ncessit de se df5dre ne lui suffit po9t4 ,p\r r$ev5ir svre et p\r ne pas se laiss] dvor]1 il faut qu'il revi5ne la conception du libre arbitre commun t\s les hommes et gal *ez t\s les hommes1 ce qui lui p]met de considr] le plus crim9el comme le plus c\pable4 ,or c'e/ cette conception du libre arbitre commun t\s les hommes et gal *ez t\s les hommes que l'in/9ct social1 p\r df5dre la socit1 avait in/9ctivem5t inv5te4 ,le libre arbitre tait ce qu'il tait bon que l'on crt et ce qu'il tait ncessaire que l'on crt p\r df5dre la socit contre les antisociaux4 ,c'tait une vrit sociale4 ,une vrit sociale e/ ce que l'intrt social po/ule qui soit vrai4 ,soit au po9t de vue individuel1 soit au po9t de vue social1 le libre arbitre e/ donc t\t au mo9s une illusion salutaire et peut tre une illusion indisp5sable4 ,a cause de cela1 il e/ peut-tre inv9cible2 en t\t cas1 il rsi/e ob/9m5t aux objections4 ,c'e/ lui surt\t1 et l'am\r de la vie1 que s'applique le mot pr(ond de ,nietzs*e1 qu'il e/ probable que j'aurai l'occasion de rpt]3 ,savez-v\s ce que sont les vrits de l'homme8 ,ce sont ses erreurs irrfutables4 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,morale ,la morale 7quelle qu'elle soit et je *]*e ici la df9ition la plus gnrale possible7 e/ le s5tim5t que l'on a que l'on peut se g\v]n] soi-mme1 que on n'e/ pas entirem5t impulsif4 ,a la considr] aussi gnralem5t1 la morale n'e/ pas une inv5tion de la socit et il y a une morale prsociale4 ,la preuve c'e/ qu'il y a une morale des animaux4 ,les animaux ne font pas t\j\rs ce que l'impulsion du mom5t leur comm&e4 ,tant s'en faut4 ,ils sav5t prfr] leur intrt p]sonnel gnral leur intrt p]sonnel actuel et mom5tan4 ,ils sav5t s'ab/5ir de mang] plutt que de t\*] une n\rriture qu'ils ont quelque raison de croire nocive ou seulem5t qu'ils ne connaiss5t pas4 ,ils sav5t contrefaire le mort1 et trs longtemps1 p\r tromp] l'ennemi1 c'e/--dire p\r s'assur] la vie dans l'av5ir aux dp5s de la vie dans le mom5t prs5t4 ,ils sav5t ne pas se laiss] tromp] p> eux-mmes4 ,ils sav5t prfr] une esprance une ralit4 ,ils sav5t l*] la proie p\r quelque *ose qui peut tre une ombre4 ,ils sav5t1 en un mot1 se dom9]1 se surpass]1 se surmont]2 et1 se g\v]n] tant prvoir1 ils ont1 s9on ple9em5t1 du mo9s dj un trs haut degr1 le g\v]nem5t de soi-mme4 ,t\t cela e/ de la sagesse2 t\t cela e/ une moralit1 telles enseignes que l'on sait assez que beauc\p d'hommes sont cet g>d trs infrieurs aux animaux1 sur quoi n\s aurons rev5ir4 ,or cette morale lm5taire1 il e/ peu d\teux que les hommes ne l'euss5t1 ou du mo9s qu'un c]ta9 nombre d'hommes ne l'euss5t avant l'inv5tion sociale4 ,c'e/ prcism5t elle1 conjo9tem5t avec l'intellig5ce1 avec quoi du re/e elle se confond alors1 qui a p]mis l'homme de n'tre pas t\j\rs va9cu p> les animaux plus =ts que lui et de sauv] son espce2 c'e/ prcism5t elle1 conjo9tem5t avec la s5sibilit1 qui a p]mis l'homme de pass] de l'tat errant l'tat familial1 l'in/9ct d'tat familial tant fait de d\ceur1 reconnaissance et piti l'g>d de la femme2 ceci e/ du s5tim5t2 mais aussi de la prvoyance confuse que l'on s]a mieux1 au prix de quelques sacrifices prs5ts1 dans l'tat familial que dans l'tat errant4 ,cette morale prsociale n'e/ gure autre *ose1 me dira-t-on1 que le v\loir vivre bi5 ent5du et l'esprit de cons]vation bi5 ent5du4 ,a c\p sr2 mais ds que v\s introduisez le mot bi5 ent5du dans la =mule1 v\s y introduisez de l'intellig5ce et de la moralit1 de l'intellig5ce qui calcule et de la moralit qui comm&e1 ou qui p]suade1 de prfr] la j\issance immdiate la j\issance dsire1 espre et prvue long t]me4 ,cette morale prsociale ne conti5t ni ne comporte1 ce me semble1 l'ide du libre arbitre ou elle ne le conti5t qu'en puissance1 si l'on veut1 et de telle manire que sans l'inv5tion sociale il n'app>atrait jamais4 ,l'homme primitif calcule que1 dans son intrt de dema9 et des j\rs suivants1 il e/ telle et telle *ose qu'il ne doit pas faire et telles qu'il doit faire2 il va peut-tre jusqu' calcul] qu'il vivra plus heureux en g>dant la femme qu'il a prise qu'en l'ab&onnant2 mais il n'a pas l'ide de sa puissance plus ou mo9s gr&e agir contre une p>tie de lui-mme1 ce qui e/ la df9ition mme du libre arbitre2 il n'a pas appris se sc9d]1 ce qui e/ la condition mme de la dlibration2 il ne dlibre pas2 son calcul mme ne peut s'appel] un calcul qu'en langue mod]ne et n'e/ pas proprem5t un calcul2 c'e/ la reprs5tation d'un mom5t futur comme mom5t actuel2 c'e/1 sans analyse1 lui se voyant dans l'av5ir comme s'il se voyait dans le prs5t1 c'e/ lui se voyant heureux p>ce qu'il n'a pas mang de telle plante suspecte1 se voyant vivant p>ce qu'il a fait le mort devant un ennemi1 se voyant respirant p>ce que1 p\rsuivi p> un animal1 il e/ mont sur un arbre1 etc4 ,il faudra la notion des devoirs env]s les autres p\r que naisse1 comme po/ule p> ces devoirs1 la notion du libre arbitre4 --,cep5dant il a dj1 il s5t dj des devoirs env]s soi-mme1 et ju/em5t v\s v5ez de les dcrire4--,po9t4 ,il n'y a pas de devoir env]s soi-mme2 il n'y a de devoirs qu'env]s les autres1 il n'y a de devoirs env]s soi-mme que relativem5t aux autres comme b et objet1 et s'il n'y avait pas d'autrui1 l'homme n'aurait pas de devoir du t\t4 ,l'homme primitif n'a pas l'ide qu'il se doit lui-mme de se cons]v]1 de se sauv]1 de se ma9t5ir vivant2 ri5 n'e/ plus trang] sa p5se2 il a le simple s5tim5t de se cons]v]1 une volont de p]svr] dans l'tre1 un in/9ct de la cont9uit de son exi/5ce1 in/9ct de cont9uit qui lui donne ces reprs5tations de mom5ts futurs comme de mom5ts actuels1 de quoi j'ai p>l4 ,l'homme primitif e/ simplem5t un animal qui1 comme d'autres animaux1 ne vit pas exclusivem5t dans la m9ute qu'il vit2 ri5 de plus2 la preuve peut-tre1 c'e/ que v\s ne v\s le figurez pas1 sans d\te1 p>ce qu'il aura mang des *ampignons vnneux et qu'il s]a malade1 ayant des remords1 mais simplem5t ayant des regrets4 ,il n'a donc pas de devoirs env]s soi-mme1 et il ne peut pas du s5tim5t de ces devoirs tir] la notion du libre arbitre4 ,il a une morale mais il n'a pas de consci5ce2 il a une morale1 puisqu'il n'e/ pas purem5t impulsif2 il n'a pas de consci5ce1 n'ayant ni la notion du devoir ni la notion de la lib]t2 il e/ int]mdiaire entre l'tre impulsif et l'tre de consci5ce2 il e/ une impulsivit refrne p> un c]ta9 g\v]nem5t automatique de soi4 ,la socit nat2 la morale proprem5t dite1 la morale avec consci5ce morale et notion du libre arbitre nat avec la socit4 ,n'allons pas si vite4 ,la morale sociale exi/e *ez les animaux2 et il ne faudrait donc pas dire que la morale proprem5t dite naisse avec la socit huma9e4--,oui1 la morale sociale exi/e *ez les animaux2 elle exi/e *ez les animaux qui viv5t en socit1 abeilles1 f\rmis2 elle exi/e aussi *ez les animaux qui se mett5t en socit c]ta9s mom5ts prcis1 oiseaux migrateurs1 ou qui se mett5t en socit un mom5t quelconque1 en cas de pril commun ou en cas de malheur arriv l'un des leurs1 hirondelles4 ,t\s ces animaux ont une morale sociale4 ,mais d'abord c'e/ une morale rigide1 inflexible1 insusceptible de progrs1 ou1 p\r c>t] ce mot de progrs1 dont l'emploi e/ p> trop absurde1 insusceptible de v>iations1 d'volution1 une morale qui ressemble--et qui e/ peut-tre cela-- une raison cri/allise1 une raison qui aurait t s\ple et qui s'e/ n\e4 ,l'animal e/ capable de v>iations en son intellig5ce1 il ne l'e/ pas en sa morale2 des circon/ances n\velles il oppose ou il adapte un expdi5t n\veau2 de sa morale il ne *ange ri52 il inv5te en intellig5ce1 il n'inv5te pas en morale2 et il n'en e/ pas trs diffremm5t dans l'homme1 mais cep5dant il n'en e/ pas de mme4 ,ensuite1 et ce n'e/ gure qu'un po9t de vue diffr5t de la mme *ose1 la morale de l'animal n'admet aucun degr la lib]t individuelle4 ,le salut de l'tat e/ /rictem5t1 absolum5t1 intgralem5t1 son pr9cipe4 ,inutile de le faire rem>qu] une fois de plus p\r les abeilles et les f\rmis3 l l'individu n'e/ ri5 et il semble qu'il n'y ait qu'un seul corps mille organes et une seule me4 ,mais rem>quez nos nobles surs les hirondelles3 qu& elles migr5t elles font des ex]cices prp>atoires2 elles s'essay5t aux longs vols1 aux longs raids4 ,p\rquoi8 ,p\r pr\v] les =ces des jeunes4 ,peut-tre2 mais surt\t p\r pr\v] les =ces des vieilles et p\r savoir si elles p\rront effectu] le voyage4 ,et celles qui se rvl5t incapables de le f\rnir8 ,elles sont tues4 ,p\rquoi8 ,qu'importe la communaut que l'individu invalide soit de/9 m\rir dans quelques j\rs1 faute d'insectes mang]8 ,qu'on le laisse m\rir ici ou tomb] m\rant en voyage4--,c'e/ ici1 *ez cet animal1 qui p\rtant n'e/ pas1 l'ord9aire1 un animal social1 qui n'e/ pas un animal de socits animales1 que1 cep5dant1 int]vi5t l'ide /ricte et absolue de corps social4 ,il ne faut pas qu'un seul individu du corps social s'en dta*e1 mme p\r m\rir1 s'en dta*e p\r m\rir de mort isole2 il n'a pas mme cette tri/e lib]t individuelle2 il faut que le corps social t\t enti]1 comme un seul animal1 aille de ,france en gypte1 ou au mo9s aux pays o il y a des insectes4 ,la socit des hirondelles tue un individu comme un animal se c\p]ait une p>tie morte de lui-mme qui le gn]ait ou1 simplem5t1 qu'il ne v]rait plus comme p>tie de lui-mme4 ,a ce mom5t1 p\r ce mom5t1 la socit des hirondelles e/ dev5ue une ru*e1 un seul corps mille organes et une seule me4 ,p>ce qu'elle e/ dev5ue une socit animale proprem5t dite p\r un mom5t1 p\r ce mom5t l'ide de la mo9dre lib]t individuelle a compltem5t disp>u4 ,voil les diffr5ces1 s5sibles s9on pr(ondes1 entre les socits animales et les socits huma9es4 --,de sorte que les anci5s1 qui ne connaissai5t pas la lib]t individuelle1 tai5t des animaux8 --,oui2 ou du mo9s il y a du vrai4 ,les socits antiques1 tant plus prs de leur orig9e1 tant plus prs de l'orig9e des socits1 c'e/--dire de la gu]re1 p\r mieux p>l] vivant dans leur orig9e1 vivant s\s le rgime vrai de la gu]re1 s\s le rgime de la gu]re sans prisonni]s ou avec prisonni]s dev5ant esclaves1--et la nation vraim5t patriote1 v\lant vraim5t tre et re/] une socit indivisible1 ne f]ait pas de prisonni]s p\r que l'ennemi n'en ft pas et p\r que le citoy51 sa*ant ce qui l'att5d la gu]re1 se battt t\j\rs comme un dsespr1--les nations antiques1 vivant s\s ce rgime1 tai5t des socits plus vois9es des socits animales1 atta*es trs =tem5t l'ide de l'indivisibilit du corps social1 comptant un acte de lib]t individuelle comme une scession et t]riblem5t dfiantes et jal\ses l'g>d de t\t individualisme4 ,cep5dant1 je n'ai pas beso9 d'indiqu] quelle quantit norme de lib]t individuelle les rpubliques antiques admettai5t1 comp>ativem5t aux rpubliques animales2 et cela1 encore un c\p1 p>ce que l'animal huma9 n'e/ pas n p\r la socit1 mais a t =c la socit p> la gu]re et p>ce qu'a9si on voit t\j\rs re/] un animal individuel dans l'animal social que l'homme e/ dev5u4 ,donc la socit e/ ne et elle inv5te la morale sociale2 c'e/--dire elle inv5te ce qu'il faut que les hommes croi5t p\r que la socit3 #a subsi/e2 #b se ma9ti5ne un c]ta9 niveau2 #c croisse4 ,ce qu'il faut1 p\r que la socit subsi/e1 c'e/ que *aque citoy5 soit sa91 soit =t1 se ma9ti5ne =t jusqu' un ge trs avanc1 donc soit sobre1 temprant1 ex]c1 dur p\r lui-mme1 endurant1 dompteur de ses dsirs1 contempteur des j\issances1 des plaisirs et de la mollesse1 un sp>tiate ou un /oque comme on dira plus t>d4 ,bref1 la socit impose l'individu des devoirs env]s lui-mme4 ,n\s avons vu que ces devoirs n'exi/ai5t pas *ez l'homme l'tat primitif4 ,c'e/ la socit qui inv5te les devoirs de l'homme env]s soi-mme1 ou bi5 plutt qui1 ayant beso9 de devoirs de l'homme env]s les autres1 inv5te des devoirs de l'homme env]s les autres qui impliqu5t d'abord des obligations de l'homme env]s soi-mme4 ,il n'y a que des devoirs env]s les autres2 mais le premi] devoir env]s les autres e/ de se faire capable de remplir ses devoirs env]s autrui4 ,les devoirs env]s soi-mme sont des devoirs env]s autrui comm5ant leur m\vem5t v]s autrui dans l'ence9te de notre p]sonne4 ,ri5 de plus ju/e1 int]prt raisonnablem5t1 que le prov]be populaire3 ,*>it bi5 ordonne comm5ce p> soi-mme4 ,oui1 c'e/--dire *>it bi5 ordonne comm5ce p> duret env]s soi-mme p\r tre *>itable env]s le pro*a94 ,traduction qui corrige le texte1 comme t\te bonne traduction doit faire4 ,donc devoirs env]s soi-mme1 devoirs sociaux2 devoirs env]s soi-mme1 devoirs p\r que la socit subsi/e2 devoirs env]s soi-mme1 devoirs inv5ts p> la socit au pr(it des autres4 --,c'e/ peut-tre le mom5t1 me dirait quelqu'un qui m'aurait beauc\p lu1 de v\s faire rem>qu] que1 qu& v\s avez fait de l'honneur le pr9cipe de t\te la morale1 c'e/ un devoir env]s soi-mme que v\s avez ratta* la morale t\t entire4 --,po9t du t\t1 je crois4 ,qu& j'ai ratta* t\te la morale au s5tim5t de l'honneur1 j'ai ratta* t\te la morale un devoir env]s les autres2 c> il faut et j'ai insi/ sur ce po9t1 qu'il y ait autrui p\r qu'il y ait de l'honneur4 ,l'homme primitif n'a pas d'honneur1 non plus que l'animal2 il n'a que le s5tim5t de l'intrt bi5 ent5du4 ,mais aussitt que la socit exi/e1 elle cre d'une "p le devoir d'tre utile ses concitoy5s1 d'autre "p le dsir de se di/+u] des citoy5s inutiles ou mo9s utiles1 de se di/+u] p>mi ses concitoy5s1 de se di/+u] aussi des animaux qui n'ont pas l'honneur de =m] une socit ou d'en =m] une aussi belle que celle dont on fait p>tie4 ,la socit cre l'honneur1 c'e/--dire un devoir complet puisqu'il e/ la fois devoir env]s soi-mme et devoir env]s les autres1 devoir de s'e/im] trs haut et de faire ce qu'il faut faire p\r se p\voir e/im]2--devoir de s]vir les autres2 c> celui-l qui se s5t inutile ne s'e/ime po9t2--devoir enf9 de surpass] les autres1 et p\r surpass] les autres1 de se surmont] et surmont] les autres indf9im5t4 ,l'honneur e/ donc devoir env]s soi-mme p\r les autres et devoir env]s les autres en considration de soi-mme2 il lie et n\e la p]sonnalit et la collectivit du li5 et du nud le plus =t et le plus troit que je sa*e2 et c'e/ lui qui1 dans le s]vice la collectivit1 sauve l'individualit laquelle l'individu huma9 ne r5once jamais4 ,mais c'e/ bi5 la socit qui le cre2 il n'exi/]ait pas sans elle4 ,en mme temps que la socit inv5te ce qu'il faut que les hommes croi5t p\r que la socit subsi/e1 elle inv5te ce qu'il faut que les hommes croi5t p\r que la socit se ma9ti5ne un c]ta9 niveau4 ,dans ce desse91 elle cre une morale qui e/ une sorte de discipl9e1 qui e/1 comme a trs bi5 dit ,nietzs*e1 une contra9te prolonge4 ,l'homme primitif se contra9t1 je l'ai dit2 mais il se contra9t1 s9on accid5tellem5t1 ce s]ait peut-tre trop dire1 du mo9s d'une faon int]mitt5te2 le plus s\v5t il se laisse all]1 il gte le trs vif plaisir d'tre impulsif4 ,l'homme en socit appr5d que1 le dang] tant p]man5t1 la contra9te doit tre de t\s les mom5ts et t]nelle4 ,l'impulsivit doit tre rduite son m9imum2 il faudrait qu'elle ft supprime4 ,la socit1 contr>iant la nature1 n\s =ce de croire1 contre notre nature mme1 qu'il faut n\s pli] sans cesse1 obir sans cesse dans une mme direction2 qu' ce prix sont les *oses belles1 mme en art--,nietzs*e a l-dessus une page trs pntrante--qu' ce prix sont les *oses =tes1 solides1 p]man5tes2 et1 n\s sollicitant n\s admir] dans ces *oses p]man5tes1 produits de la contra9te prolonge1 elle n\s amne1 ce qui e/ le d]ni] t]me de son art1 aim] la s]vitude4 ,elle la p>e des plus beaux noms2 elle l'appelle s]vice de l'tat1 dv\em5t l'tat1 sacrifice l'tat1 magnanimit1 agr&issem5t de l'me jusque-l qu'une me huma9e embrasse la patrie t\t entire2 mais enf9 c'e/ la s]vitude1 c'e/ le r5oncem5t soi-mme au s]vice et au projet de quelque *ose qui1 quoi qu'on en veuille et puisse dire1 n'e/ pas moi4 ,le triomphe de cette ma9mise de la collectivit sur l'individu1 c'e/ l'tat antique et c'e/ encore plus1 ou du mo9s l'exemple e/ plus net1 la royaut franaise au temps de ,l\is ,,xiv4 ,*ez les anci5s1 l'individu se fait esclave d'une ab/raction1 l'tat2 oh6 d'une ab/raction qu'il s5t si bi5 vivante dans les magi/rats1 dans les prtres des dieux indigtes1 dans les patrici5s1 dans t\s les citoy5s et dans *acun d'eux1 dans aspect mme des sept ,coll9es et de ce qui les c\vre1 que sa s]vitude a o se pr5dre2 mais enf9 il se fait esclave d'une ab/raction3 respublica4 ,s\s ,l\is ,,xiv1 l'individu voit la patrie conc5tre1 rsume1 ramasse en un seul homme qui e/ t]nel4 ,c'e/ la fiction mon>*ique1 fiction qui e/ la =mule la plus aigu1 p\r a9si p>l]1 et la plus int5se1 du patriotisme4 ,en un homme t]nel1 qui se r5\velle de pre en fils1 la patrie vit1 que v\s p\vez aim] comme une p]sonne1 s\s une =me *>nelle1 dont v\s avez le portrait1 que v\s connaissez enfant1 jeune homme1 homme mr1 vieill>d1 qui a une biographie p]sonnelle1 qui e/ la patrie et qui e/ un homme1 qui e/ un homme et qui e/ la nation4 ,il y a l une manire d'inc>nation1 extrmem5t favorable aux in/9cts de s]vitude1 de dv\em5t et de dvotion4 ,la mort morale de ceux qui1 aprs avoir j\i de la prs5ce du roi1 en tai5t privs1 dit t\t simplem5t que dans t\te l'hi/oire peut-tre il n'y a pas eu de patriotisme gal celui du ,franais du ,x,v,i,ie sicle4 ,a9si la socit met l'individu au s]vice de la collectivit1 c'e/--dire au s]vice de la volont de t\s ou d'un seul reprs5tant t\s4 ,inutile de dire que1 p\r cela1 qu'en cela elle le trans=me radicalem5t4 ,c> la premire *ose qu'elle lui suggre1 c'e/ de n'tre plus lui-mme4 ,il ne faut pas d'orig9aux dans une socit o avant t\t1 exclusivem5t s'il e/ possible1 *acun e/ p\r t\s4 ,la morale sociale exige l'uni=mit sociale4 ,il y a un patron des citoy5s sur lequel t\s les citoy5s doiv5t se model] et dont ils ne doiv5t s'c>t] que p> des diffr5ces qui sont tolres p\r qu'ils j\iss5t un peu d'eux-mmes1 mais qui doiv5t re/] trs lgres4 ,il exi/e de nos j\rs une morale-sci5ce-des-murs qui ne laisse pas d'avoir son idal et de t5dre1 p> une sorte d'expdi5t que j'ai analys ailleurs1 une srie d'amliorations et de surlvations2 mais dont le fond cep5dant consi/e connatre les murs de ses concitoy5s et1 somme t\te1 s'y con=m]4 ,c'e/ l'esprit gnral de la morale sociale4 ,qu& je relis le de ,(ficiis1 qui e/1 du re/e1 un ouvrage trs e/imable1 je ne saurais dire quel po9t je crois lire un livre inspir p> la morale-sci5ce-des-murs4 tre ce qu'e/ un citoy5 roma91 ce qu'il doit tre p\r la df5se de sa cit et le ma9ti5 de sa cit un c]ta9 niveau1 ne pas se dvelopp] individuellem5t1 se faire de plus en plus tre collectif1 rsum] en soi les murs de sa ville2 voil le de ,(ficiis1 voil l'esprit gnral de la morale-sci5ce-des-murs1 voil l'esprit gnral de la morale sociale4 ,elle n'aime pas la re*]*e ds9tresse de la connaissance4 ,tmo9 les ,a?ni5s qui n'ont jamais aim les philosophes1 tmo9 les ,sp>tiates qui1 ce qui vaut bi5 mieux ce po9t de vue1 n'en ont jamais eu4 ,c'e/ que le progrs des connaissances huma9es mne la disp]sion des esprits et la disp]sion des esprits l'individualisme1 en faisant deux hommes de la mme cit trs s5siblem5t1 trop s5siblem5t diffr5ts l'un de l'autre4 ,entre un lettr et un savant1 un pote et un mdec91 un +nieur et un arti/e1 il y a des diffr5ces telles1 d'esprit1 et p> suite de c>actre1 ou au mo9s d'humeur1 et p> suite de murs et d'habitudes1 qu'ils ne se s5t5t plus solidaires1 qu'ils ne se s5t5t plus en communaut4 ,je me s5s plus vois91 peut-tre tort1 mais il me le semble1 et cela suffit p\r cette dissm9ation dont je p>le1 d'un ,snque l'anci5 ou d'un ,qu9tili5 que de mon vois9 l'+nieur2 et p\r celui-ci je suis un tre surann et arrir1 assez analogue un diplodocus1 et il ne peut gure p>l] de moi sans hauss] les paules4 ,mi*elet fait rem>qu] qu'il e/ assez probable que les tempram5ts aussi se sont individualiss2 qu'autrefois la vieille mdec9e soignait les maladies p> classes et ne se trompait gure2 c> on tait malade p> classes aussi1 tributim2 que ma9t5ant les maladies sont individuelles4 ,t\tes *oses auj\rd'hui1 dit-il encore1 sont dev5ues p]sonnelles4 ,il va un peu lo9 mais il y a du vrai4 ,c'e/ de cela que la morale sociale ne veut po9t4 ,c> cette multiplication d'individualismes imp]mables les uns aux autres po/ule la lib]t1 exige la lib]t d'ducation1 de p5se1 de gr\pem5t entre g5s ayant la mme faon de p5s]1 et t\te lib]t1 ou individuelle1 ou d'association1 re/re9t l'tat4 ,c'e/ bi5 p\r cela que la socit a inv5t la morale unique et univ]selle4 ,il exi/e une morale1 la mme ,a?nes et ,rome1 la mme *ez les civiliss et *ez les b>b>es1 la mme p\r les pauvres et les ri*es1 la mme p\r les gr&s et les petits444 ,voil ce dont ret5tiss5t t\s les de ,(ficiis anci5s et mod]nes1 issus de la morale sociale1 de la morale (ficielle4 ,il le faut bi53 la morale unique et univ]selle e/ l'uni=me que jette la socit sur t\s les individus p\r qu'ils soi5t aussi p>eils que possible1 ce qui e/ ess5tiel ses desse9s1 c'e/--dire ses intrts4 ,la socit e/ une arme1 et une arme doit avoir un uni=me p\r se reconnatre2 il faudrait mme qu'elle et un uni=me intrieur1 et c'e/1 p> cette morale unique et univ]selle1 ce qu'on *]*e4 ,la socit t5d de t\tes ses =ces l'unanimit et c>te d'in/9ct t\t ce qui en loigne et accueille d'in/9ct1 et mme inv5te1 t\t ce qui en rappro*e4 ,rem>quez que cette uni=misation1 peut-tre regrettable du ct des hauteurs de l'humanit1 e/ excell5te en bas4 ,j'ai p>l de ces hommes qui1 p> leur impuissance habituelle se dom9]1 rprim] leurs passions1 se reprs5t] le mom5t futur et prfr] leur bi5-tre dans ce mom5t leur j\issance dans le mom5t actuel1 sont au-dess\s des animaux4 ,ces hommes sont trs nombreux2 c> l'homme e/ au-dessus et au-dess\s des animaux2 il e/ au-dessus p> sa raison qu& sa raison met ses passions la raison2 il e/ infrieur aux animaux qu& ses passions l'emport5t habituellem5t1 p>ce que ses passions sont beauc\p plus vives que celles des btes4 ,les animaux le sav5t bi5 qui1 sans d\te1 obiss5t l'homme passionn p>ce qu'il a des moy5s de se faire obir1 mais qui ne se laiss5t vritablem5t dome/iqu] que p> l'homme qui leur ressemble1 c'e/--dire qui1 au mo9s avec eux1 e/ calme1 d\x1 pati5t et veut t\j\rs la mme *ose1 sagesse animale1 raison animale1 que les animaux compr5n5t4 ,or1 ces s\s-hommes dont je p>le1 la socit1 qui ne peut pas les s\ffrir1 qui voit en eux les tres insociaux p> excell5ce1 les supprime1 les rprime1 ou les lve4 ,elle supprime les plus dsesprs1 ceux qui1 p> atavisme1 sont ns p\r err] solitaires dans les bois2 elle rprime ceux qui sont mo9s arrirs et qui sont susceptibles d'tre m5s p> l'intimidation ou le s\v5ir d'une punition subie2 elle lve les mo9s bas placs1 ceux qui d'eux-mmes ne se f]ai5t pas un g\v]nem5t de vie1 mais qui sont capables d'en recevoir un4 ,elle les lve1 assez peu1 mais suffisamm5t p\r qu'on ne soit pas =c de les supprim] ou de les enf]m]2 elle les lve p> son exi/5ce mme1 p> l'atmosphre qu'elle cre aut\r d'eux1 p> l'habitat qu'elle leur fait1 p> l'adaptation in/9ctive de l'animal aux ent\rs2 elle les lve p> l'exemple1 p> l'appel incessant leur in/9ct d'imitation qui les r5d semblables en app>5ce aux tres p>mi lesquels ils viv5t2 elle les lve enf9 p> sa morale qui s'ins9ue en eux ds l'enfance et qui j\e le rle d'une sugge/ion4 ,beauc\p d'hommes1 sans aucun s5tim5t moral1 agiss5t des annes1 t\te leur vie1 en faisant t\s les ge/es de la moralit sociale1 au mo9s lm5taire4 ,quelquefois1 brusquem5t1 ils se rvl5t tres de passion sauvage ou de passion morbide4 ,c'e/ qu'une circon/ance extraord9aire1 inatt5due d'eux1 viol5te1 leur a s\ffl sur les yeux4 ,a9si la socit se ma9ti5t un c]ta9 niveau p> une morale d'uni=mit qui t5d l'unanimit et qui donne t\s1 ou peu prs t\s1 des murs s5siblem5t p>eilles1 con=mes l'intrt social4 ,et enf9 la socit ne v\lant pas seulem5t exi/]1 ne v\lant pas seulem5t se ma9t5ir un c]ta9 niveau1 mais v\lant crotre1 inv5te une morale suprieure qu'elle sup]pose aux deux morales prcd5tes4 ,p> ses sages1 p> ses hommes d'tat1 p> ses prtres1 elle fait appel aux s5tim5ts gnreux4 ,elle fait appel aux s5tim5ts d'abngation et de sacrifice4 ,elle fait ent5dre qu'il e/ beau de se sacrifi] p\r ses concitoy5s1 p\r ses frres1 que la beaut morale e/ une telle supriorit sur t\te *ose bonne et sur t\te *ose belle que la plus heureuse de/9e huma9e e/ de l'atte9dre4 ,elle v]se une sorte d'ivresse de dv\em5t dans les mes des citoy5s4 ,elle in/itue le culte des hros4 ,elle les montre plus vivants dans la mort que les plus heureux des vivants4 ,elle les montre envis1 c'e/--dire heureux1 puisque c'e/ l'envie qu'on inspire qu'on mesure le bonheur qu'on a4 ,excitant une f\le de s5tim5ts div]s1 trs antrieurs elle1 p\r les trans=m] son pr(it1 le gt du risque1 le dsir d'tre connu et cit avec honneur p>mi les hommes1 le dsir de se survivre et de vivre aprs la mort dans la mmoire de ceux qui f\l]ont la t]re2 elle cre un monde p> del le monde et une vie p> del la vie1 rgion suprieure o ceux qu'elle a a9si1 non seulem5t levs1 mais surlevs1 viv5t puissamm5t1 glorieusem5t1 sans plus di/+u] ce qui doit prcd] leur mort individuelle de ce qui doit la suivre4 ,le b e/ atte9t1 le desse9 rempli3 l'individu n'e/ plus individu que comme puissance2 il n'e/ plus individu comme proccupation actuelle de soi-mme2 le moi g/e e/ aboli1 le moi glorieux e/ cr2 le moi individuel e/ aboli1 le moi collectif e/ cr4 ,le ,roma9 m\rant en faisant triomph] ,rome vit avec une puissance extraord9aire1 avec un accroissem5t de vie incalculable1 puisque ,rome s'accrot et que lui c'e/ ,rome et que ,rome c'e/ lui4 ,la socit cre a9si des s5tim5ts sublimes et des devoirs sublimes1 navem5t1 p\r son pr(it4 ,elle j\e exactem5t ici le rle de ce gr& trompeur dont n\s avons p>l et qui1 selon c]ta9s philosophes1 n\s pipe et n\s fait agir p\r des f9s qui n\s dpass5t inf9im5t4 ,et p> p>5?se il e/ assez probable que c'e/ l'action sugge/ionnante de la socit sur les individus qui a inspir nos philosophes cette ide d'une action sugge/ionnante de la nature et d'une gr&e tromp]ie p\rsuivie p> la nature sur les individus4 ,que le gr& trompeur exi/e1 je ne suis pas assez mtaphysici5 p\r le savoir2 mais ce que je sais1 c'e/ que la socit e/ ce gr& trompeur dans les limites de la portion de l'humanit qu'elle sugge/ionne4 ,elle fait travaill] ses ouvri]s dans les s\bassem5ts de sa ca?drale qu'ils ne v]ront jamais en leur donnant l'halluc9ation de la ca?drale btie4 ,l'analogie e/ exacte4 ,e/-ce que l'ouvri] qui comm5ce la ca?drale songe qu'il la v]ra ou qu'il ne la v]ra pas8 ,il ne songe ni l'un ni l'autre4 ,il ne rfl*it pas sur les cont+5ces4 ,il la voit2 il la voit1 mort ou vivant1 et dans cette vision l'accid5t de la mort individuelle e/ simplem5t supprim4 ,a9si la socit fait travaill] ses ouvri]s-hros2 et1 nave trompeuse1 elle e/ la premire les admir]4 ,cette admiration e/ une p>tie inconsci5te de sa tromp]ie4 ,si ces ouvri]s ne se s5tai5t pas admirs p> elle1 ils ne travaill]ai5t pas4 ,mais ils se s5t5t admirs1 magnifis1 glorifis1 bnis et leur t\r1 navem5t aussi1 ils tromp5t la socit4 ,ils lui font croire1 p> l'admiration qu'ils lui inspir5t1 dans l'admiration qu'ils lui inspir5t1 non seulem5t qu'elle e/ leur oblige1 ce qui e/ vrai1 mais que c'e/ p\r eux qu'elle agit1 p\r leur gloire1 p\r leur bonheur suprieur1 p\r leur immortalit4 ,figurez-v\s le gr& trompeur n\s conduisant ses f9s transc5dantes que n\s ne compr5ons pas2 oui2 mais en mme temps s'imag9ant1 ce qui e/ peut-tre vrai et je ne suis pas de son conseil1 qu'il n\s fait heureux1 qu'il n\s fait gr&s1 qu'il n\s fait une de/9e enviable4 ,tel e/ le s5tim5t de la socit l'g>d de ses bons s]viteurs4 ,de cette comb9aison de trompeur tromp et de tromps qui sont rciproquem5t trompeurs1 se fait le bi5 social ou du mo9s ce que les hommes considr5t comme le bi5 social2 et cela en t\t cas e/ un des plus gr&s et des plus beaux spectacles que n\s (fre l'humanit et qu'elle puisse (frir qui la reg>de4 ,rem>quez cep5dant que la socit n'appr\ve et n'exalte que les conduites sublimes qui lui sont utiles4 ,elle re/e indiffr5te la v]tu en soi1 l'hrosme en soi4 ,elle ne le compr5d mme pas1 elle ne le voit po9t4 ,le sa9t1 l'ascte1 le /oci51 lui sont trang]s2 elle les reg>de comme des orig9aux sans importance2 ils pass5t ct d'elle2 elle passe ct d'eux4 ,nul d\te que ,rome n'ait considr les m>tyrs avec indiffr5ce qu& elle ne les considrait pas avec ha9e comme ennemis publics1 a9si qu'on le lui disait4 ,ils meur5t p\r leur foi3 qu'e/-ce que cela me fait8 --,cep5dant m\rir p\r une ide1 c'e/ la v]tu pure4 --,ils ne meur5t pas p\r moi4 ,qui tes-v\s p\r me t5ir ce langage8 ,un *rti58 ,et en effet p]sonne1 sauf un *rti51 ne p\vait t5ir ce langage4 ,m>c-,aurle lui-mme ayant p]scut les *rti5s1 on ne peut gure suppos] qu'en son = intrieur il les admirt1 et p\rtant il se connaissait en v]tu pure4 ,la socit n'admire que les v]tus qu'elle inspire4 ,seulem5t1 cultiv] a9si la plante huma9e1 on lui fait produire des fruits qu'on n'a po9t imag9s1 non sua poma4 ,a crer dans l'homme une v]tu lm5taire1 puis une v]tu moy5ne1 puis un idal de v]tu1 on l'habitue1 je veux dire on habitue les mieux d\s p>mi les hommes se faire eux-mmes une morale de plus en plus leve qui p\rra se r5dre indp5dante de ces desse9s de la socit qui ont prsid son laboration4 ,il se tr\ve des hommes qui1 pntrs hrditairem5t du s5tim5t du devoir1 confirms dans ce s5tim5t p> leur ducation1 enfoncs plus avant dans ce s5tim5t p> leurs rflexions et p> la passion gnreuse de la lutte contre les passions1 arriv5t ador] le devoir p\r lui-mme1 le devoir p\r la beaut du devoir1 le devoir pur4 ,ils ne nglig]ont pas les devoirs sociaux1 sa*ant bi5 que le devoir social e/ une p>tie du devoir1 puisqu'il e/ devoir de reconnaissance1 devoir de fidlit1 devoir de solid>it2 ils ne nglig]ont pas leurs devoirs sociaux et mettront mme un po9t d'honneur s'en acquitt] mieux que la plup>t1 p\r ne po9t se faire dire3 o places-tu ta sagesse2 et ne la places-tu pas lo9 du pril et du poids du j\r82 ils ne nglig]ont po9t1 et t\t au contraire1 leurs devoirs sociaux2 mais ils s]ont p]suads que t\t le devoir n'e/ pas l et que le mettre l c'e/ le rtrcir2 en de de la socit1 ils v]ront eux-mmes1 ils v]ront leur p]sonne morale qu'il s'agit de p]fectionn]1 de r5dre meilleure mme en *oses dont la socit n'a pas beso92 qu'il s'agit de r5dre plus droite1 plus pure1 plus occupe d'entreti5s sublimes1 /atue vivante de l'honneur2 au del de la socit1 ils se v]ront et se reconnatront des devoirs env]s l'humanit2 ils dc\vriront cette socit du g5re huma91 societas g5]is humani1 que dmlai5t dj ,cicron et ,snque et qui la dmlai5t plus facilem5t qu'un mod]ne ne le peut faire p>ce que leur pays avait peu prs1 p> la conqute1 ralis cette socit et t5dait entirem5t la ralis] p> la paix roma9e2 ils se v]ront citoy5s du g5re huma91 ce qui ne laiss]a pas de les gn] s\v5t comme citoy5s d'une patrie p>ticulire1 et ils v]ront natre de l des conflits de devoirs qui t\rm5t]ont leurs curs et ex]c]ont leur esprit4 ,la socit1 en crant la morale1 a cr un pr9cipe d'action et un pr9cipe d'ab/5tion qui tai5t son s]vice1 qui tai5t p\r son beso9 et qui ont f9i1 en se dveloppant et en s'agr&issant1 p> la dpass]4 ,considre comme prjug ncessaire1 la morale e/ le plus imprieux des prjugs1 peut-tre p>ce qu'il e/ le plus indisp5sable4 ,nietzs*e l'appelle tantt la ,circ des philosophes1 tantt la ,circ de l'humanit1 spirituellem5t1 mais avec une exactitude insuffisante peut-tre1 puisque ,circ trans=mait les hommes en animaux et que ,nietzs*e dcl>e lui-mme que1 sans les erreurs qui rsid5t dans les donnes de la morale1 l'homme s]ait re/ animal4 ,la morale e/ une ,circ asc5dante4 ,mais c'e/ bi5 une magici5ne imprieuse et qui prt5d ram5] t\t elle et t\t g\v]n]4 ,bi5 avant ,platon1 qui n'a fait que sy/matis] t\t cela1 elle a prt5du ram5] t\tes les actions huma9es et t\tes les facults huma9es elle-mme comme leur d]nire f94 ,elle a dit l'ouvri] en le faisant frmir sur les consqu5ces sociales d'une dsobissance cet ordre3 ,tu n'ex]c]as qu'un mti] qui r5dra l'homme plus sa91 ou t\t au mo9s tu n'en ex]c]as pas qui puisse le dprim] physiquem5t et moralem5t4 ,elle a dit l'arti/e en lui inspirant la mme t]reur3 ,tu ne dprav]as po9t2 et1 de plus1 tu n'auras de valeur vraie et tu ne s]as respectable que si p> ton art tu inspires des s5tim5ts nobles4 ,elle a dit l'orateur3 ,tu ne s]as respectable et digne mme du nom d'orateur que si tu es mon s]vice2 que si1 f9alem5t1 tes disc\rs t5d5t me ralis] davantage et ralis] mon rgne p>mi les hommes4 ,elle a dit l'homme d'tat en lui inspirant la mme t]reur3 ,la politique1 c'e/ moi2 et qu& elle n'e/ pas moi1 elle n'e/ qu'un moy5 dte/able et honteux d'arriv] la puissance2 autrem5t dit1 la politique1 c'e/ moi ou une escroqu]ie4 ,la politique c'e/ l'art d'am5] les hommes vivre moralem5t et de plus en plus moralem5t4 ,elle a dit au savant en lui inspirant les mmes t]reurs3 ,pr5ds g>de que la connaissance ne soit immorale2 et si elle te p>at telle1 ne la divulgue pas4 ,une vrit immorale n'a pas le droit d'tre vraie1 ou plutt elle n'e/ pas vraie2 c> je suis t\te vrit et il n'y a de vrit que relativem5t moi et proportionnellem5t moi4 ,et les savants eux-mmes1 tant e/ gr&e la =ce d'intimidation de la morale1 se sont rclams de la morale mme p\r lui rpondre et ont dit3 ,mais il e/ moral de ne pas se tromp] et de ne pas tromp] les autres2 n\s sommes moraux en ne m5tant pas4 ,ils ont cru devoir faire leurs excuses la morale4 ,si la morale e/ si sductrice et si imprieuse1 c'e/ que l'homme s5t bi5 que sans elle il p\rrait vivre2--et c'e/ p\r cela que si s\v5t il se surpr5d en v\loir sec\] le j\g1--mais non pas de la faon n\velle dont les circon/ances l'ont =c de vivre1 c'e/--dire de la faon sociale2 il s5t que la morale e/ le li5 mme de la socit1 ou bi5 plutt que la socit ncessaire suggre la morale comme une =me de sa ncessit1 comme la maxime de sa ncessit et que le contrat social1 c'e/ la conv5tion morale4 ,de sorte que ceux qui ni5t la morale peuv5t avoir raison1 peuv5t avoir raison en disant qu'il n'y a l d'abord qu'une conv5tion et ensuite qu'une habitude2 mais sont t\j\rs dans le faux1 dans le faux social p>ce que la vrit sociale e/ qu'il y ait un g\v]nem5t des hommes p> eux-mmes1 dans leurs relations entre eux et p\r leurs relations entre eux et que ce g\v]nem5t e/ une morale1 plus ou mo9s leve1 plus ou mo9s pure1 plus ou mo9s noble1 mais une morale t\j\rs1 une morale1 c'e/--dire sacrifi] quelque *ose de soi quelque *ose qui n\s dpasse4 ,cela e/ si vrai que les ngateurs de la morale1 en ?orie1 n'exi/5t pas4 ,on ne nie la morale qu'en action4 ,a la vrit1 de cette faon-l1 on la nie bi54 ,les ngateurs de la morale ont t\j\rs une p5se de d]rire la tte qui e/ une p5se morale4 ,nietzs*e3 ,je nie la moralit comme je nie l'al*imie2 je nie les hypo?ses1 mais non pas qu'il y ait eu des al*imi/es qui ont cru ces hypo?ses et qui se sont fonds sur elles4 ,je nie l'immoralit2 je ne nie pas qu'il y ait beauc\p d'hommes qui se s5t5t immoraux2 je nie qu'il y ait vraim5t une raison p\r qu'ils se s5t5t a9si4 ,je ne nie po9t1 n'tant pas f\1 qu'il faut vit] et combattre beauc\p d'actions dites immorales1 qu'il faut excut] et enc\rag] beauc\p de celles qu'on dit morales3 mais je crois qu'il faut faire l'une et l'autre *ose p\r d'autres raisons qu'on l'a fait jusqu' prs5t4 ,il faut que n\s *angions notre faon de voir p\r arriv] *ang] notre faon de s5tir4 ,t\tes les fois que v\s ent5drez ni] la morale1 le dialogue suivant p\rra s'tablir entre votre vois9 et v\s3 ,quel e/ cet homme qui nie la morale8--,c'e/ un homme qui en *]*e une4 ,,*apitre ,v ,,les ,,religions ,les religions1 comme l'a trs bi5 dit ,secrtan1 dont la df9ition1 quoique un peu l\rde1 me p>at la plus ju/e1 sont des dt]m9ations de la vie huma9e p> le s5tim5t d'un li5 unissant l'esprit huma9 l'esprit ou aux esprits my/rieux dont il reconnat la dom9ation sur le monde et sur lui-mme et auxquels il aime se s5tir uni4 ,ce beso9 de dt]m9] a9si la vie huma9e me p>at remont] plus lo9 que l'inv5tion sociale4 ,considres comme prjugs ncessaires1 les religions s]ai5t donc au nombre de ces croyances antrieures elle1 que la socit pr5d en ma9 et modifie son s]vice1 p\r ses beso9s et p\r ses f9s4 ,ce que n\s savons des sauvages1 qui ne sont pas des hommes primitifs1 mais qui doiv5t se rappro*] de cela1 n\s p]met de croire en effet que les religions sont aussi anci5nes que l'homme mme ou trs peu prs4 ,ds que l'homme a err sur la t]re1 il a eu peur1 et je ne s]ais pas trs loign de croire aussi que ds qu'il a err sur la t]re il a eu gr4 ,il a eu peur des =ces inconnues qui lui faisai5t mal ou qui le m5aai5t de mort1 froid1 trop gr&e *aleur1 v5ts1 temptes1 orages1 f\dre1 eau torr5tielle1 inondations1 inc5dies allums p> la f\dre1 poisons1 etc4 ,mais on peut bi5 croire aussi qu'il a eu gratitude env]s la s\rce fra*e qui tan*ait sa soif1 l'ombre reposante des =ts1 l'arbre qui lui donnait des fruits4 ,or1 de t\t cela1 qu'il ne p\vait considr]1 p>tant de lui-mme1 que comme des p]sonnages suprieurs1 malveillants ou bi5veillants1 il a fait des dieux4 ,j'ai lu1 dit ,bayle1 dans le voyage du *evali] ,dra*1 que les habitants sauvages de la ,n\velle ,albion pr5ai5t les ,anglais p\r des dieux p>ce que1 leur montrant leurs plaies1 ils en recevai5t des empltres et des ongu5ts qui les gurissai5t2--et au contraire les ,espagnols fur5t pris p\r des dieux dans l',amrique cause du mal qu'ils faisai5t p> leurs canons1 et l'on prit leur navire p\r un oiseau qui les et ports du ciel en t]re4 ,voil prcism5t la religion primitive3 un ,dieu e/ un tre suprieur qui e/ capable de faire du mal et qu'on cra9t2--un ,dieu e/ un tre suprieur qui e/ capable de faire du bi5 et qu'on aime4 ,primus 9 orbe ,deos fecit ,timor e/ faux1 ou du mo9s incomplet4 ,il faut dire ,et ,timor et gaud5s fec]unt ,gratia divos4 ,et si l'on veut1 comme je le crois1 que les premires impressions fur5t de t]reur et qu'il fallut quelques rflexions p\r que l'homme aimt la s\rce aprs avoir cra9t le torr5t1 disons3 ,prima ,deos fecit ,=mido1 proxima fecit ,gratia4 ,t\j\rs e/-il que la cra9te et l'am\r reconnaissant sont les pr9cipes mmes des religions4 ,la cra9te dom9e longtemps l'homme1 l'homme tant beauc\p plus s5sible la puissance t]rible des dieux qu' leurs faveurs1 qui lui sembl5t av>es et mom5tanes2 et le droit la vie tant un s5tim5t naturel l'homme et beauc\p de mditations lui tant ncessaires p\r arriv] cette ide que la vie mme1 quelle qu'elle soit1 e/ une faveur cont9ue et incomp>able de la nature4 ,la cra9te donc dom9e longtemps4 ,on adore surt\t des dieux m*ants1 p\r les apais]2 on les considre comme t]nellem5t irrits1 la nature n\s p>aissant surt\t quelque *ose qui n\s rep\sse et qui tr\ve t\j\rs que n\s empitons sur elle4 ,le ,dieu de la ,bible1 quoique ,dieu unique1 e/ beauc\p plus un ,dieu t]rible qu'un ,dieu bon et favorable2 c'e/ un ,dieu qui tr\ve t\j\rs qu'on ne lui obx pas assez et po9t assez correctem5t1 et qui t\j\rs punit et t\j\rs se v5ge4 ,la plup>t des crmonies du paganisme sont de/9es beauc\p plus dt\rn] les in=tunes que l'on cra9t d'en haut qu' s'attir] les faveurs que l'on en dsire ou qu' rem]ci] des faveurs qu'on en a reues4 ,c'e/ surt\t la f\dre grondant ou lance qu'on reconnat ,zeus4 ,traduisant1 sans d\te1 un vieux pote grec1 ,horace dit ,clo tonantem ,cr$idimus ,jovem regn>e4 ,et encore3 ,p>cus deorum cultor et infrequ5s444 444 nunc retrorsum ,vela d>e atque it]>e cursus ,cogor relictos4 ,namque ,diespit]1 ,igni corusco nubila divid5s ,pl]umque1 p] purum tonantes ,egit equos444 ,tacite encore1 trs arrir1 t\t ple9 de sup]/itions1 voyant donc1 trs probablem5t1 la religion s\s l'angle des anci5s temps1 prt5d que les dieux ont plus cur de punir l'homme et se v5g] que de lui assur] la scurit3 ,neque enim unquam atrocioribus populi romani cladibus magisve ju/is approbatum e/ non esse cur deis securitatem no/ram1 esse ultionem4 ,n\s aurons rev5ir sur ce po9t de vue propos de la ,nmsis1 dont1 p>ce qu'elle e/ une ide trs p>ticulire1 n\s f]ons un *apitre "p4 ,cep5dant ce d\ble s5tim5t de t]reur mle de reconnaissance1 am5ait peu peu une religion bilatrale1 qui admettait dans le monde des dieux favorables l'homme et des dieux irrits contre l'homme et v\lant t\j\rs sa p]te1 en un mot des ,dieux du bi5 et des ,dieux du mal4 ,d'aprs ,plut>que1 le roi ,amasis1 cette "q3 quoi de plus bi5faisant8 rpondit3 ,dieu2 et cette "q3 quoi de plus malfaisant8 le ,dmon4 ,le roi ,amasis tait dj mani*en4 ,les anci5s prtres de l'trurie1 au tmoignage encore de ,plut>que1 tai5t assurs que ,jupit] avait deux f\dres1 l'une favorable1 autant qu'une f\dre peut tre favorable quelque *ose1 et l'autre fune/e2 et que de son premi] m\vem5t1 et sans consult] p]sonne1 il lanait la premire et qu'il ne lanait l'autre que sur le conseil des autres dieux4 ,ceci1 sans compt] que c'e/ une hi/oire *>mante1 e/ la transition de la seconde phase la troisime1 la premire tant celle o surt\t on cra9t les dieux1 la seconde tant celle o la fois on les cra9t et on les aime1 la troisime tant celle o surt\t on a confiance en eux4 ,on arrive en effet les considr] comme auteurs des bi5s et se dem&] p\rquoi le mal exi/e et s'+ni] tr\v] une rponse qui ju/ifie les dieux de l'exi/5ce du mal et qui le mette en dehors d'eux4 ,ne faut-il pas rem>qu]1 en effet1 que dans t\t le paganisme roma9 l'pi?te de trs bon prcde celle de trs gr& dans l'numration des titres de ,jupit]1 ce qui fait dire ,cicron3 ,ipse ,jupit]1 id e/ juvans pat]1 quem appellamus a poetis patrem ,divum atque hom9um2 a majoribus no/ris optimum maximum et quidem ,,ante ,,optimum1 ,,id ,,e/ ,,b5efic5tissimum1 ,,quam ,,maximum1 quia majus e/ c]teque ,,gratius prodesse omnibus quam opes magnas hab]e4 ,ne faut-il pas rem>qu] que de trs haute antiquit1 t\t en cons]vant les dieux m*ants1 on ne div9isait p>mi les hommes que ceux qui avai5t t bi5faiteurs8 ,ne faut-il pas rem>qu] que les ,scy!s dir5t ,alex&re3 ,si tu es n ,dieu1 tu dois faire du bi5 aux hommes et non pas leur nuire8 ,ne faut-il pas rem>qu] que le philosophe ,antipat] df9issait ,dieu3 un animal heureux1 immortel et bon l'homme8 ,enf9 c'tait un prov]be1 *ez les ,grecs comme *ez les ,lat9s1 que la meilleure manire d'imit] les dieux tait de faire le bi51 et que jamais l'homme ne se rappro*ait plus des dieux que qu& il sauvait un homme4 ,au fond1 t\te religion e/ faite de pessimisme et d'optimisme2 mais les religions1 en gnral1 pass5t du pessimisme l'optimisme1 mesure que cette ide se fait p>mi les hommes que la faveur e/ gratuite et que le mal inflig peut tre une punition2 ou seulem5t que la faveur e/ gratuite et que le mal inflig peut-tre l'acte de quelqu'un qui l'on dplat4 ,j\ant avec ses ides1 comme t\j\rs1 ,bayle dit d'abord3 ,de t\tes les v]tus de ,dieu1 c'e/ la bont qui s]ait la plus visible si les hommes se s]vai5t de rflexion4 ,quelle bont n'e/-ce pas d'avoir atta* du plaisir t\tes les actions ncessaires et de n\s avoir r5dus susceptibles du plaisir en une inf9it de faons8 ,on a beau dire que n\s le sommes encore plus du *agr9 et de la d\leur1 cela n'e/ pas vrai1 et qu& il s]ait vrai1 n\s ne devrions pas p\r cela mconnatre la gr&e bont de ,dieu1 puisqu'il n\s s]ait ais de voir que les plaisirs dont n\s j\issons vi5n5t des lois qu'il a poses dans la nature et que nos *agr9s vi5n5t du mauvais usage que n\s faisons de notre raison4 ,r\sseau repr5dra cela plus t>d4--,bayle dit1 donc1 cela et puis il aj\te1 p\r j\ir du plaisir de se rfut]3 ,notez en passant que cette diffr5ce qu'on obs]ve et que l'on fonde sur les suites du mauvais usage que n\s faisons de notre lib]t p\rrait ne pas cont5t] des adv]saires difficiles2 c> ils dirai5t que cela mme que l'homme abuse de la raison p\r se *agr9] mal propos e/ un gr& malheur et doit tre mis dans le p>tage des afflictions2 de sorte que si l'on fait le p>allle des bi5s et des maux que la ,provid5ce fait l'homme1 il ne faut pas mo9s compt] les maux qui naiss5t de la faiblesse de la raison que les maladies1 la faim1 le froid et autres incommodits4 ,il e/ vrai2 mais la mditation de l'homme sur lui-mme1 nulle au comm5cem5t de l'humanit1 progressant trav]s les sicles1 am5ant de plus en plus l'homme se considr] comme l'auteur de beauc\p de ses maux1 d*>geant d'autant la responsabilit div9e et s'arrtant l1 du mo9s p\r la plup>t des hommes et n'allant pas1 ce qui comm5ce tre un peu raff91 jusqu' accus] les dieux des mfaits mmes de l'homme contre lui2 la mditation de l'homme fait pass] les religions du pessimisme presque intgral un pessimisme ml d'optimisme2 puis une conception mi-p>tie optimi/e mi-p>tie pessimi/e2 puis une conception optimi/e o le pessimisme ne fait plus qu'une difficult ou qu'une ombre4 ,ce passage1 le naf ,plut>que le m>que et le c>actrise trs bi5 dans les lignes s\v5t cites3 ,pricls disait de lui-mme en m\rant que nul ,a?ni5 n'avait jamais p> sa faute port robe noire2 et il me semble que c'e/ en cela qu'il mritait son surnom d',olympi51 lequel autrem5t et t trop arrogant et sup]be1 mais qui1 le pr5dre a9si1 ne devait tre ni odieux ni envi1 mais plutt trs sant et conv5able p\r1 en nature si bnigne et dbonnaire et en si gr&e lib]t d'action1 avoir cons]v ses ma9s nettes et pures4 ,c'e/ a9si que n\s rputons les dieux tre auteurs de t\s bi5s et causes de nuls maux et dignes en cela de rgir et g\v]n] le monde1 n\s c>tant des dires des potes1 lesquels mett5t nos esprits en tr\ble et en confusion p> leurs folles fictions qui se contr$is5t1 att5du qu'ils appell5t le ciel sj\r trs sr1 non tremblant1 non agit des v5ts1 non voil de nues1 t\j\rs d\x et s]e91 en t\t cas clair d'une pure lumire1 digne habitation de natures s\v]a9em5t heureuses et immortelles2 et puis dcriv5t les dieux eux-mmes ple9s de diss5sions1 d'inimitis1 de colre et autres passions qui ne convi5n5t pas mme l'homme sage et de sa9 ent5dem5t4 ,c'e/ que les potes et p>ticulirem5t ,homre1 qui e/ surt\t vis ici1 sont placs *ronologiquem5t--et aussi p> leur gnie comprh5sif--entre la phase religieuse pessimi/e de l'humanit et la phase religieuse optimi/e de l'humanit et1 voyant les dieux se transfigur]1 les voi5t s\s leurs deux figures4 ,c'e/ a9si que le s5tim5t religieux en sa ligne gnrale1 et qu& on veut ne pas t5ir compte des rgressions1 des s9uosits et des pripties et des p>ticul>its1 va de la t]reur des dieux l'am\r de ,dieu1 d'une conception pessimi/e et dsespre de l'univ]s une conception consolante du g\v]nem5t du monde et de div9its considres surt\t comme ho/iles et =midables qu'il faut apais] p> du sang huma9 une div9it qui v]se son sang p\r l'homme et dans le se9 de laquelle on se rfugie comme dans le se9 du consolateur et p\r se consol] de ce qu'elle a fait4 ,j'ai p>l jusqu'ici des religions indp5damm5t de la socit et indp5damm5t de l'influ5ce que les socits ont eue sur elles4 ,v5ons ce po9t de vue4 ,l'homme primitif a1 je crois1 comme je l'ai dit1 le s5tim5t religieux4 ,il s5t des puissances my/rieuses dans t\t ce qui l'ent\re2 il les cra9t1 il en aime quelques-unes2 voil la premire phase4 ,mais1 comme surt\t il les r$\te1 il lui vi5t l'ide de s'attribu] lui-mme un ,dieu protecteur qui le s\ti5ne contre les malices des autres dieux4 ,comm5t cette ide1 la plus difficile expliqu] dans t\te l'hi/oire des religions1 lui vi5t-elle8 ,probablem5t de circon/ances obs]ves et ratta*es l'ide gnrale du surnaturel4 ,le primitif se croit ent\r de dieux4 ,d'autre "p1 il r5contre un objet qui l'intresse p> sa beaut ou p> sa biz>r]ie3 ,des plantes1 des caill\x1 des corces biz>res1 ,du lit s* des flots les coquillages r>es1 ,t\t ce qui sduit l'il et fixe le reg>d444 ,cet objet1 il l'emporte avec lui comme une compagnie2 il lui p>le1 il s'entreti5t avec lui2 il en fait dj une p]sonne4 ,si le j\r o il l'a tr\v il lui arrive bonne av5ture de *asse1 de p*e ou de cueillette1 il attribue au petit compagnon cette =tune1 cette *ance1 et il le cons]ve avec religion4 ,si c'e/ le contraire1 il le jette ou il le brise1 et cet acte n'e/ pas mo9s religieux que l'autre3 l'homme a vu dans son petit compagnon un ,dieu m*ant4--,voil le fti*e4 ,brang] crivait ,lam5nais3 ,j'ai connu un petit enfant qui avait un ,jsus de cire4 ,sa bonne1 en t\*ant la /atuette1 la brisa4 ,l'enfant se mit pleur] en disant3 ,je n'ai plus de bon ,dieu2 je vais m\rir4 ,l'enfant avait le s5tim5t religieux s\s =me de fti*isme4 ,l'homme primitif a le mme s5tim5t1 seulem5t plus viril2 et passe l'g>d de son fti*e de la vnration la colre3 ,*acun avait le si5 qu'il brisait son gr1 ,a qui l'on prodiguait le respect ou l'insulte1 ,selon que le has>d vrifiait le culte4 ,le fti*isme me p>at l'tat int]mdiaire entre la religion vague des =ces de la nature et la religion des dieux de la cit4 ,il a d tre la religion c>actri/ique de l'tat familial4 ,*aque *ef de famille avait son fti*e protecteur de sa p]sonne et de ce qui tait atta* sa p]sonne2 et au c\ de la femme et des enfants on susp5dait d'autres fti*es probablem5t considrs comme subordonns au fti*e du *ef de famille4 ,la religion des =ces naturelles cont9ue1 du re/e1 tantt en accord1 tantt en dsaccord avec le culte fti*i/e2 mais elle e/ plus lo9ta9e1 mo9s intime4 ,l'homme cont9ue cra9dre la f\dre et aim] la bonne naade de la s\rce fra*e2 mais1 t\t en le craignant quelquefois1 il a plus de confiance dans son ,dieu p]sonnel4 ,le fti*isme e/ la religion rappro*e de l'homme1 une religion familire1 une religion o l'homme dispose de l'objet de son culte et1 intimid p> lui1 peut-tre l'intimide2 une religion o1 en t\t cas1 il y a t\j\rs plus de confiance que de t]reur4 ,le fti*e e/ un hte qui s]ait un ,dieu4 ,on a t\j\rs1 quoique le respectant beauc\p1 quelque prise sur lui1 et l'on a lieu d'espr] qu'en le traitant bi5 on en s]a t\j\rs1 malgr ses caprices1 plutt protg que p]scut4 ,j'ai t\j\rs p5s que le fti*isme1 l o il a exi/--c> il n'e/ pas sr qu'il ait exi/ p>t\t--a ret>d le mom5t o la religion des =ces naturelles devait s'ad\cir et pass] du pessimisme prpondrant l'optimisme relatif4 ,du mom5t que j'ai un ,dieu p]sonnel qui surt\t me protge1 je ne *]*e pas ou je *]*e mo9s des dieux protecteurs dans la nature et je reg>de davantage la nature comme une collection de mon/res div9s444 --,cette collection de mon/res se conc]te-- qui e/ conjure contre moi4 ,le fti*isme1 beso9 d'avoir un ,dieu p\r soi1 issu de la t]reur qu'inspire la nature1 entreti5t et r$\ble cette t]reur4 ,l'enfant se jette au giron de sa mre p> peur des figures trangres1 et il a peur des figures trangres tant qu'il a le giron mat]nel o se rfugi] et d'autant plus qu'il l'a sans cesse4 ,qu& l'homme passe de l'tat familial l'tat social1 comme la famille avait ses fti*es1 la tribu1 la cit a les si5s4 ,l'homme se complique4 ,il e/ lui-mme et il e/ la cit1 il vit en lui-mme et en sa famille2 et il vit dans la cit4 ,le fti*e devi5t totem1 ou plutt le fti*e re/e p\r *aque homme1 p\r *aque famille1 et le totem app>at1 qui protge la cit t\t entire4 ,c'e/ ici que comm5ce l'int]v5tion de la cit dans la religion4 ,la cit ne cre pas la religion2 mais elle la trans=me1 l'altre et la fait s]vir ses f9s4 ,d'un prjug ncessaire p]sonnel elle fait un prjug ncessaire social4 ,elle compr5d trs bi51 en effet3 #a que la religion peut tre antisociale2 #b qu'elle peut tre socialise2 #c qu'il y a le plus gr& intrt p\r la cit ce qu'elle ne soit pas antisociale et1 si l'on peut arriv] jusque-l1 ce qu'elle soit socialise4 ,la religion peut tre antisociale4 ,d'abord l'homme conva9cu qu'il e/ protg1 lui et sa famille1 p> un ,dieu bi5veillant et qui e/ =t1 peut n'tre pas atta* la socit p> un li5 trs solide4 ,il se s5t protg p> autre *ose4 ,ri5 n'a d tre suspect aux premires socits comme le fti*e4 ,le ,totem1 n du fti*e et agr&issem5t du fti*e1 a d avoir le fti*e en horreur4 ,oppos] le ,totem au fti*e et absorb] t\s les fti*es dans le ,totem a d tre un des ex]cices naturels et in/9ctifs de l'in/9ct social4 ,d'autre "p1 cr plus t>d1 mais p\vant1 ds l'orig9e des socits1 se dess9] dj un gr\pe social peut avoir des fti*es communs ou app>5ts les uns aux autres1 de mme c>actre1 de mme orig9e commune1 de la mme rgion p> exemple1 corces de la mme =t1 coquillages de la mme rivire1 et ces citoy5s peuv5t tre relis entre eux p> cette communaut et ce p>5tage des fti*es et =m] p> ce fait une cit dans la cit1 une tribu dans la tribu1 un tat dans l'tat4 ,voil ce que la cit reg>d]a d'un trs mauvais il et combattra de t\t son p\voir4 ,ce qu'elle admettra seulem5t1 c'e/ la gr&e religion univ]selle l'g>d des puissances de la nature et la religion nationale1 civique1 patriotique l'g>d du ,totem ou des ,totems nationaux4 ,le gr& ?ologi5 anci51 le pontifex maximus des religions antiques1 c'e/ ,jean-,jacques ,r\sseau4 ,que veut-il8 ,deux *oses seulem5t1 et c'e/ bi5 en deux articles seulem5t que se rsume sa fameuse religion civile4 ,il veut qu'on croie en ,dieu rmunrateur et v5geur et que l'on croie au ,contrat social4 ,dieu rmunrateur et v5geur1 c'e/1 rsum et ramass en un seul1 t\s les gr&s dieux naturels des religions antiques1 protecteurs des uns1 t]ribles aux autres1 disp5sateurs des faveurs et des dfaveurs1 peut-tre selon une c]ta9e loi de ju/ice1 en t\t cas puissants g\v]neurs de l'univ]s s\s lesquels il e/ bon1 ne ft-ce que p\r vit] l'orgueil et la viol5ce individuali/e 77 que le citoy5 s'incl9e et ploie4 ,et le ,contrat social1 c'e/ le ,totem1 c'e/ le ,dieu national1 c'e/ l',esprit de la cit2 c'e/ l',esprit social4 ,c'e/ un ,dieu2 le citoy5 lui prte s]m5t1 comme une div9it1 t\t aussi bi5 et t\t autant qu'au ,dieu rmunrateur et v5geur4 ,il jure de lui obir et d'y croire4 ,il jure une foi en lui4 ,s'il n'avait pas cette foi il s]ait mauvais citoy51 il ne s]ait pas citoy54 ,et s'il manque son s]m5t1 si1 ayant prt ce s]m5t1 il se conduit comme s'il ne l'avait pas prt1 alors1 t\t autant p\r tre infidle son s]m5t au contrat social que p\r tre infidle son s]m5t ,dieu1 t\t autant p\r manqu] l',esprit social que p\r manqu] la ,div9it proprem5t dite1 il s]a puni de mort1 comme infidle1 comme impie1 ou1 si v\s v\lez1 non comme impie1 mais comme p>jure1 p>ce que le ,contrat social e/ un ,dieu1 l',esprit social e/ un ,dieu t\t autant que l'tre suprme4--,et de quoi1 qu& il s'agit de voir o e/ la volont gnrale1 qu& il s'agit de dgag]1 de dml]1 de reconnatre l',esprit social1 de quoi ,r\sseau ne veut-il pas1 quoi rpugne-t-il1 qu'e/-ce qu'il rcuse et rep\sse8 ,les suffrages des citoy5s qui se s]ont associs1 ligus1 ent5dus1 conc]ts2 c'e/--dire non pas les fti*es p>ticuli]s1 je le reconnais1 mais les fti*es associs1 les fti*es de corps1 de corporation1 de g5tes1 bi5 plus dang]eux p\r le ,totem national que les fti*es p]sonnels1 lesquels ne sont pas un dang]1 tant trs faibles4 ,r\sseau a cr le ,dieu national4 ,non pas2 il l'a r5\vel des socits antiques1 et comme les socits antiques il l'in/alle1 titre de pair1 ct du ,dieu crateur ou dmiurge4 ,la socit antique1 en effet1 s'ap]oit que la religion peut tre socialise4 ,elle peut l'tre de deux faons1 en s5s inv]se3 la condition que l'individu se dp]sonnalise en ab&onnant son fti*e qui tait un ,dieu atta* sa p]sonne et comme un d\ble de lui-mme et s'agr&isse1 s'l>gisse1 se socialise jusqu' n'ador] que le ,totem national et n'avoir confiance qu'en lui2-- la condition aussi que l'individu qui adore les gr&es =ces naturelles les adore comme ratta*es la cit1 les adore comme nationales4 ,d'un ct l>gir le fti*e jusqu'au ,totem2 d'autre ct rapetiss] le gr& ,dieu et le ram5] n'tre gure qu'un ,totem2 c'e/ le d\ble jeu naturel et c'e/ le d\ble ef=t in/9ctif de la cit4 ,de l la gu]re l'idoltrie1 c'e/--dire aux petits dieux p]sonnels1 familiaux ou g5tiliaux2 de l aussi la trans=mation biz>re des ,dieux naturels en ,dieux nationaux4 ,il y a un ,dieu univ]sel1 qui a cr le ciel et la t]re1 qui a cr t\s les hommes1 mais qui en mme temps e/ le ,dieu troit du peuple hbreu1 un ,dieu la fois mondial et national2 il faudrait dire3 ,dieu qui e/ un ,dieu4 ,il y a une desse de l'ordre univ]sel et de l'intellig5ce univ]selle qui e/ en mme temps la desse locale des ,a?ni5s ou plutt qui e/ ,a?nes elle-mme2 il y a un roi de l'air1 du ciel1 des a/res et des mtores1 mais qui e/ en mme temps le ,dieu d'un petit roc qui s'appelle le ,capitole et le ,dieu d'un petit peuple qui s'appelle ,roma94 ,d'autre "p1 la cit ne peut pas extirp] le fti*e2 elle ne l'extirp]a jamais2 s\s t\tes les religions1 ou trav]s t\tes les religions1 il rep>atra t\j\rs et t\tes les religions s]ont =ces de le tolr] s\s un nom ou s\s un autre2 la cit ne peut pas extirp] le fti*e2 mais elle le combat4 ,elle admet ici et l les ,dieux l>es1 mais elle combat les gnies p>ticuli]s1 les div9its p>ticulires1 surt\t qu& ceux qui croi5t les avoir les considr5t comme inspiratrices2 ce qui a tu surt\t ,socrate1 c'e/ son dmon4 ,mais ce que la cit combat avec le plus d'n]gie1 c'e/ l'association des fti*es1 c'e/ le fti*isme collectif2 c'e/1 sp>e1 di/9cte de la religion nationale1 une religion rassemblant un c]ta9 nombre de membres de l'tat dans un culte qui n'e/ pas celui de l'tat4 ,cela lui p>at1 non sans quelque raison1 une patrie dans la patrie1 une communaut d'mes =mant lot1 rcif et citadelle1 au milieu de la gr&e communaut d'mes4 ,l'attitude d',a?nes en face des my/res d'leusis et de l',orphisme e/ bi5 rem>quable1 cet g>d4 ,a?nes avait p\r les orphiques et les sectateurs d'leusis un mlange de mpris1 de cra9te et de dfiance4 ,elle mprisait1 comme n\s l'appr5n5t ,?ophra/e et ,platon1 ces orphotli/es qui s'en allai5t frapp] la porte des ri*es1 apportant leurs =mules et leurs rites et remettant les p*s de t\te la famille depuis les anctres jusqu'aux petits enfants2 elle craignait les colres de dieux p>ticuli]s ou plutt de dieux gnraux invoqus d'une faon p>ticulire et p\vant avoir p\r ceux qui les invoquai5t des faveurs p>ticulires se t\rnant en dfaveurs l'g>d de la gnralit2 et c'e/ p\r cela qu'elle n'osait pas int]dire ces my/res2 mais surt\t elle v\lait qu'on n'en p>lt pas2 la divulgation des my/res tait rig\reusem5t int]dite1 p>ce que ce qui n'tait pas dang]eux1 cru et pratiqu p> un gr\pe d'orig9aux ou d'exc5triques1 p\vait l'tre1 pratiqu et cru p> une fraction importante de la population et dev5ant religion contre religion2 il fallait que l'orphisme demeurt conciliabule et conv5t d'initis sans prt5tions la prdication et la propag&e4 ,quant l'attitude de ,rome devant le *ri/ianisme1 elle e/ plus significative encore4 ,voltaire dit t\j\rs3 ,rome n'a jamais p]scut les *rti5s2 non jamais2 c> elle les a p]scuts1 non comme *rti5s1 mais comme ennemis de l',empire4--,or ri5 ne dit plus =tem5t que c'e/ la fondation mme d'une religion trangre la religion nationale qui tait considre p> la cit antique comme crime contre la cit elle-mme4 ,c>1 que des g5s qui ne =mai5t aucunem5t un p>ti politique1 qui ne se rvoltai5t jamais et qui ne fom5tai5t aucune rvolte--les a-t-on vus mut9s8 les a-t-on vus rebelles8--qui obissai5t /rictem5t aux lois politiques de l',empire1 fuss5t cep5dant massacrs2 cela montre assez que le seul fait d'avoir un ,totem autre que les ,totems nationaux tait t5u et p\r crime et p\r dang]4 --,mais1 comme dit t\j\rs ,voltaire avec une navet surpr5ante1 les ,roma9s si tolrants1 qui admettai5t dans leur ,pan?on les quatre mille dieux de l'univ]s6 --,prcism5t6 ,en apport] un de plus c'e/ faire adhsion la religion nationale1 qui e/ le poly?isme2 mais en proclam] un comme seul et unique p\r t\t l'univ]s et comme excluant1 lim9ant et ext]m9ant t\s les autres1 c'e/ ni] le poly?isme qui e/ la religion nationale2 et c'e/ cela qui e/ le crime4 ,ho/iles aux religions p>ticulires1 favorables aux religions naturelles la condition de les trans=m] en religions d'un c>actre mixte1 en religions naturelles-nationales1 les cits song5t surt\t et c'e/ leur c>actre le plus m>qu en *oses religieuses1 faire des dieux nationaux qui soi5t bi5 vritablem5t des dieux du pays en tant qu'y tant ns4 ,elles trans=m5t de t\t leur c\rage les gr&s hommes locaux en div9its4 ,ceux-ci sont les vritables ,totems1 les gr&s fti*es de la patrie4 ,ils ti5n5t au sol d'o ils sont sortis1 o ils sont r5trs avec honneur et avec gloire et qu'ils cont9u5t habit]4 ,ils sont immortels1 que p]sonne ne songe le ni] puisqu'on p>le d'eux autant et beauc\p plus que des hommes vivants et puisque leurs exemples1 mls aux actions des hommes et les crant1 sont un acte p]man5t qui vi5t d'eux4 ,la cit insi/e beauc\p sur cette ide1 sur ce s5tim5t1 p>ce qu'elle a bi5 consci5ce de ce qu'elle e/1 une association non seulem5t dans l'espace1 mais dans le temps1 trav]s les temps1 et que cette association des vivants avec les morts et des morts avec les vivants ne peut s'obt5ir1 d'abord que p> le culte des morts dans *aque famille1 ensuite que p> le culte des morts glorieux p> la tribu t\t entire les considrant comme pres communs de la cit4 ,cela dev5ait quelquefois une dvotion p>ticulire1 trs analogue celles que l'on tr\ve plus t>d dans le *ri/ianisme4 ,l'antiquit a connu l',imitation des ,dieux1 comme n\s avons connu l',imitation de ,jsus-,*ri/4 ,py?agore enseignait que l'acquisition de la vrit tait l'unique moy5 de p>v5ir tre semblable aux dieux2 mais que1 p\r connatre la vrit1 il fallait la re*]*] avec une me purifie et qui et dompt les passions du corps4 ,les ,py?agorici5s1 p> suite1 assurai5t qu'on se p]fectionne de trois manires3 en conv]sant avec les dieux2 c> p5dant ce comm]ce on s'ab/i5t de t\te mauvaise action et l'on se r5d semblable la ,div9it autant qu'une p>eille *ose e/ possible2--en faisant du bi5 aux autres2 c> c'e/ le propre de la ,div9it et faire de mme c'e/ l'imitation des dieux2--enf9 en sortant de la vie4 ,les hommes qui ont a9si imit les dieux sont comme des int]mdiaires entre les dieux et les hommes et doiv5t tre honors comme des div9its de second ordre4 ,les div9its huma9es de l'antiquit1 si je puis a9si p>l]1 ont t les hros1 les bi5faiteurs et les sages4 ,on a reconnu en eux comme une manation de la ,div9it1 dont ils drivai5t en quelque sorte eux les attributs c>actri/iques4 ,ils comblai5t1 ce qui a t\j\rs t le dsir secret des anci5s1 la di/ance entre la t]re et le ciel4 ,plus la cit eut consci5ce de sa p]ptuit dans le temps1 c'e/--dire d'elle-mme1 plus le culte des hros 7,a?nes1 ,sp>te1 ,rome7 y fut n]gique et plus le culte des hros fut ard5t et pr(ond dans un peuple1 plus ce peuple fut longtemps =t4 ,p> le culte des hros1 la cit1 d'une "p combattait le fti*isme et lui donnait p\r a9si p>l] un quival5t et un succdan2 d'autre "p1 sans combattre prcism5t la religion des puissances naturelles1 mais en habituant les esprits cette ide qu'un ,dieu a pu tre un homme1 an?ropomorphisait de plus en plus les dieux naturels et p> consqu5t les r5dait plus propres tre des totems1 des dieux nationaux1 un ,dieu national ayant beso9 d'tre localis1 d'avoir un tat civil4 ,jamais les dieux naturels ne fur5t compltem5t an?ropomorphiss et nationaliss2 mais ils le fur5t moiti4 ,le ,dieu naturel re/ait t\j\rs le ,dieu de son lm5t1 air1 feu1 eau1 t]re1 =t1 soleil2 mais il tait aussi un ,dieu de cit3 ,posidon dans le c]veau d'un b\rgeois d',a?nes e/ le ,dieu de la m] et un anci5 amiral a?ni54 ,en possession de ces lm5ts religieux3 dieux naturels nationaliss1 dieux nationaux proprem5t dits1 qu& une tradition en a tabli1 hros lg5daires ou hi/oriques trans=ms en dieux1 la cit a les lm5ts d'une religion sociale2 elle n'a po9t encore une religion sociale4 ,qu'e/-ce qu'une religion sociale8 ,une dt]m9ation de la vie huma9e p> le s5tim5t d'un li5 unissant l'esprit huma9 aux esprits dont il reconnat la dom9ation sur lui-mme et auxquels il aime se s5tir uni8 ,po9t du t\t4 ,une religion sociale e/ une religion qui f]a aim] la socit et qui amn]a les citoy5s se dv\] elle4 ,voil la religion qu'in/9ctivem5t la socit veut4 ,elle dirig]a donc la religion du ct de la morale2 elle moralis]a la religion4 ,c'e/ le gr& phnomne social dans l'ordre des *oses religieuses4 ,la religion du primitif n'e/ pas morale4 ,elle e/ faite de beauc\p de t]reur1 d'un peu de gratitude et d'un peu d'am\r4 ,elle ne lui comm&e ri51 si ce n'e/ d'apais] le ,dieu m*ant et de rem]ci] le ,dieu bon4 ,elle ne lui prescrit aucun devoir4 ,la religion du familial n'e/ pas morale4 ,elle ne lui suggre que d'lev] ses enfants dans la cra9te du ,dieu m*ant et dans la reconnaissance env]s le ,dieu bon4 ,elle ne lui prescrit aucun devoir proprem5t dit4 ,le familial ne peut pas savoir que les dieux veul5t qu'il soit bon fils1 bon m>i et bon pre2 ri5 absolum5t ne peut lui donn] une ide de cela4 ,la religion1 jusqu'au mom5t o la socit exi/e1 n'a aucun c>actre moral4 ,ds que la socit exi/e1 la socit a un intrt1 et trs gr&1 p]suad] au citoy5 que les dieux veul5t qu'il soit bon citoy54 ,elle a intrt exploit] son pr(it un des s5tim5ts les plus =ts1 un des s5tim5ts les plus gros d'actions que l'homme ait en lui4 ,elle fait donc des dieux bons et elle fait les dieux bons4 ,elle fait des dieux bons et cela ne lui e/ pas difficile1 puisqu'elle n'a qu' lev] au rang des dieux les bi5faiteurs de la cit4 --,encore faut-il que les citoy5s se prt5t ce jeu6 --,comm5t ne s'y prt]ont-ils pas puisque le hros bi5faisant1 #a e/ une =ce1 comme un torr5t et un c\p de v5t2 #b e/ une =ce bi5faisante et salutaire1 comme la s\rce qui rafra*it ou la cav]ne qui protge8 ,l'assimilation d'un homme une =ce de la nature1 voil1 semble-t-il1 la difficult1 le gr& pas fran*ir4 ,la difficult n'e/ pas si =te1 le pas n'e/ pas si gr& qu'il p>at4 ,p\rquoi8 ,a cause de l'organisation ari/ocratique de l'humanit p> la nature1 cause de l'organisation naturellem5t ari/ocratique de l'humanit1 cause de l'ari/ocratie naturelle4 ,quanto homo hom9i pr/at--combi5 un homme l'emporte sur un autre homme1 dit le comique lat94 ,il y a de si gr&es diffr5ces entre un homme et un autre homme que l'humanit1 ds qu'elle e/ rassemble1 voit dans son se9 des hommes tellem5t suprieurs qu'elle e/ dispose t\t naturellem5t1 ds qu'ils sont morts1 les considr] comme des =ces bi5faisantes de la nature qui se sont inc>nes en hommes1 comme des visiteurs my/rieux du monde de la div9it trav]s le monde huma94 ,qu'on ne n\s p>le plus1 dit ,platon1 de ces dieux qui se promn5t p>mi les hommes1 inv5tions malsa9es des potes444--,comm5t donc6 rpondra l',a?ni5 qui aura quelque *ose en lui de l'homme primitif2 mais des dieux se prom5ant p>mi les hommes1 c'e/ ce qui arrive t\s les j\rs1 et ,pricls en e/ un1 et ,phidias en e/ un1 et ,socrate en e/ un1 et soyez assur que v\s en tes un autre4 ,ce qui frappe alors l'humanit et en vrit sans qu'elle y mette beauc\p d'imag9ation1 c'e/ la s+ulire ressemblance1 malgr des diffr5ces dj s5sibles et qui s'accus]ont plus t>d1 de l'humanit avec la nature4 ,l'humanit a ses sommets1 ses dpressions et ses platitudes2 l'humanit a ses =ces bi5faisantes1 ses =ces malfaisantes et ses *oses neutres2 l'humanit a ses gr&eurs et ses petitesses2 l'humanit a ses convulsions1 ses orages1 ses temptes et ses bonaces2 l'humanit a ses montagnes1 ses volcans1 ses pla9es et ses m>cages4 ,assimil] les hommes qui ont bi5 mrit de l'humanit des =ces de la nature bi5faisantes env]s l'homme1 des dieux bons1 e/ donc la *ose la plus naturelle du monde4 ,donc la socit fait des dieux bons4 ,elle fait1 de plus1 les dieux bons2 elle fait bons les dieux1 indiffr5ts au bi5 et au mal que l'humanit a adors jusqu' prs5t et qu'elle cont9ue ador]4 ,elle les fait bons p>ce qu'elle a beso9 qu'ils le soi5t4 ,p\r cela elle les humanise4 ,d\ble m\vem5t dans le mme s5s3 les gr&s hommes devi5n5t des quasi =ces naturelles bi5faisantes2 les =ces naturelles devi5n5t des quasi hommes suprieurs qui sont bi5faisants et moraux et qui protg5t les socits4 ,rem>quez que dans ce jeu qu'elle doit j\] et qu'elle ne peut pas s'emp*] de j\]1 la socit e/ s+ulirem5t aide p> ceci3 on obs]ve1 on con/ate que les bons citoy5s russiss5t1 que1 f9alem5t du mo9s1 ils sont heureux1 que l'homme prvoyant1 sage1 conome1 qui e/ fidle sa femme1 qui lve bi5 ses enfants1 e/ en honneur dans la cit et j\it d'un bel ge mr et d'une belle vieillesse1 cela p> le jeu naturel de la socit peu prs bi5 organise4 ,mais1 puisqu'on croit encore aux dieux trs puissants et disp5sateurs du bonheur et du malheur1 p\r que l'homme de bi5 soit heureux1 ne faut-il pas que les dieux le veuill5t8 ,donc1 ils aim5t le bi51 donc ils sont bons1 donc ils sont moraux3 les dieux sont moraliss mesure que la socit se moralise p>ce qu'elle a beso9 de la morale4 ,cela e/ si vrai qu'il se produit un d\ble c\rant4 ,p>mi les hommes qui philosoph5t sur la nature des dieux1 les uns sont frapps de ce qu'tai5t les dieux dans les premires conceptions de l'humanit et1 les tr\vant immoraux1 les incrim95t et les insult5t4 ,ce que t\s les potes morali/es grecs ont dit des dieux a d se dire plus ou mo9s haut ds les premi]s temps de l'humanit sociale4 ,les autres1 et gnralem5t les prtres et ceux qui ont l'me sac]dotale1 les ,sophocle des premi]s temps de l'humanit1 s'ef=c5t de prs5t] les dieux comme ayant t mal compris1 comme ayant t calomnis p> leurs premi]s adorateurs et comme tant trs bons1 trs moraux1 trs purs1 meilleurs1 plus moraux et plus purs que la socit elle-mme2 et ils oppos5t les lois non crites1 que1 de leur grce1 ils prt5t aux dieux1 aux lois crites1 insuffisamm5t nobles et v]tueuses1 de la cit4 ,ou l'on ne veut plus de dieux immoraux1 ou l'on moralise les dieux4 ,les deux c\rants sont dans ,homre1 ce qui me f]ait croire qu'il y a plusieurs ,homres1 si d'autre "p je ne savais que dans un homme il y a plusieurs hommes1 et que dans un pote il peut y avoir plusieurs p5seurs4 ,les deux c\rants sont dans ,homre3 il a une ?odice immorale avec ses dieux qui sont des hommes passionns et assez vila9em5t passionns2 il a une ?odice morale avec ses dieux qui sont sociaux1 qui sont protecteurs de la bont1 de la piti1 de l'hospitalit1 de la fidlit au s]m5t1 etc4 ,a9si la socit fait des dieux moraux1 r5d moraux1 comme elle peut1 les dieux qui exi/ai5t avant elle et qui subsi/5t4 ,ce qu'elle fait l1 elle le fait t\t naturellem5t1 se bornant presque pr5dre la faon de vivre et p> consqu5t la faon de s5tir et p> consqu5t la faon de p5s] de la majorit des citoy5s et l'ent\r] d'une aurole surnaturelle2 elle fait cela quotidi5nem5t1 au j\r le j\r1 sans se lass]2 et qu& elle se lasse1 un fondateur de religion arrive1 qui1 t\t simplem5t1 regagnant le temps p]du1 obs]vant de combi5 e/ en avance la faon de vivre1 de s5tir et de p5s] de la majorit sur la religion (ficielle1 voyant nettem5t ce n\vel esprit public1 accommode la religion t]nelle cet esprit gnral n\veau4 ,oui1 la page de ,nietzs*e laquelle v\s songez e/ excell5te de t\t po9t3 ,les vritables inv5tions des fondateurs de religion sont1 d'une "p3 d'avoir fix une faon de vivre dt]m9e1 des murs de t\s les j\rs1 qui agiss5t comme une discipl9e de volont et du mme c\p supprim5t l'ennui2 et d'autre "p d'avoir donn cette vie une int]prtation1 au moy5 de quoi elle app>at enveloppe de l'aurole d'une valeur suprieure1 en sorte qu'elle devi5t ma9t5ant un bi5 p\r lequel on lutte et l'on sacrifie p>fois sa vie4 ,des deux inv5tions1 sans d\te1 la seconde e/ la plus importante3 la premire1 la faon de vivre1 exi/ait dj1 mais ct d'autres faons de vivre et sans qu'elle se r5dt compte de la valeur qu'elle avait4 ,l'importance1 l'orig9alit du fondateur de religion se manife/e gnralem5t p> le fait qu'il voit1 qu'il di/+ue la faon de vivre et que1 lui le premi]1 il dev9e quoi elle peut s]vir1 comm5t on peut l'int]prt]4 ,sa9t ,paul tr\va aut\r de lui la vie des petites g5s des prov9ces roma9es2 il l'int]prta2 il y mit un s5s suprieur et p> l mme le c\rage de mpris] t\t autre g5re de vie1 le tranquille fanatisme que reprir5t plus t>d les ,frres ,moraves444 ,b\ddha1 de mme1 tr\va1 dissm9e dans t\tes les classes de son peuple1 cette espce d'hommes qui1 p> p>esse1 e/ bonne et bi5veillante1 in(f5sive surt\t1 et qui1 galem5t p> p>esse1 vit dans l'ab/95ce et presque sans beso9s2 il s'ent5dit attir] inv9ciblem5t cette espce d'hommes dans une croyance qui promettait d'vit] le ret\r des misres t]re/res1 travail1 action4 ,ent5dre cela fut son trait de gnie4 ,p\r tre fondateur de religion1 il faut une sorte d'infaillibilit psy*ologique dans la dc\v]te d'une c]ta9e catgorie d'mes moy5nes qui n'ont pas encore reconnu qu'elles tai5t de mme espce4 ,c'e/ le fondateur de religion qui les runit et c'e/ p\rquoi la fondation d'une religion devi5t t\j\rs une longue fte de reconnaissance4 ,la socit fait les dieux bons2 elle fait des dieux bons avec des hommes4--,elle fait des dieux bons autrem5t encore qu'avec des hommes4 ,elle en fait avec les v]tus huma9es4 --,trs t>divem5t3 la my?ologie p> ab/raction e/ la d]nire en date de t\tes les my?ologies4 --,t>divem5t peut-tre4 ,on ne tr\ve pas1 que je croie1 de my?ologie p> ab/raction dans ,homre ni dans ,hsiode4 ,rem>quez t\tefois qu',homre fait des pomes piques1 o la my?ologie p> ab/raction tr\v]ait peu de place et ,hsiode une ?ogonie1 o les dieux1 tant des tres qui s'eng5dr5t les uns les autres1 la my?ologie p> ab/raction tr\v]ait place mo9s encore4 ,je ne s]ais pas tonn que les ab/ractions difies remontass5t assez haut4 ,notez quelle poque lo9ta9e les ,grecs comm5c5t avoir au nombre de leurs dieux la ,piti1 la ,t]reur1 l',esprit d'opportunit1 la ,*ance 71 1 1 74 ,ils sembl5t avoir t\j\rs exi/4 ,c'e/ que les dieux sont des =ces--t\j\rs--et qu'il y a des =ces naturelles1 des =ces syn?tiques qui sont des hommes1 et des =ces1 encore1 qui sont les s5tim5ts ou les ides qui n\s p\ss5t ou qui n\s reti5n5t4 ,l'homme s5t ces =ces en lui ou *ez les autres et il ne sait pas ce que c'e/1 mais il sait qu'elles sont s+ulirem5t puissantes et il les isole1 autrem5t dit il les ab/rait et il les div9ise4 ,elles sont peut-tre extrieures1 se dit-il1 et s\ffl5t sur n\s2 elles sont peut-tre intrieures et s\ffl5t en n\s1 n\s inspir5t2 il n'en sait ri52 mais il les div9ise comme t\tes les =ces4 ,lucrce1 qui ne croit pas un ,dieu provid5ce et qu'on puisse pri]1 s'en fait un de la nature et le prie3 ,quod procul a nobis flectat ,natura gub]nans4 ,le mot de ,fu/el e/ bi5 pr(ond3 ,l'homme e/ port se faire une religion de t\t ce qui remplit son me4 ,a9si font t\s les hommes et ils div9is5t1 comme les =ces naturelles1 les =ces qu'ils port5t en eux4 ,les ,grecs1 qui les premi]s de mmoire d'homme1 mais non pas1 sans d\te1 les premi]s rellem5t1 ont cr une my?ologie p> ab/raction1 ont1 les premi]s1 eu l'ide des ides =ces1 *res ,m4 ,f\ille4 ,n'oubliez pas que ce m\vem5t intellectuel a en lui-mme une telle puissance que ,platon1 avec son sy/me des ides1 des ides vivantes1 subsi/ant au se9 de ,dieu1 a t\t simplem5t v\lu sub/itu] un ,olympe d'ides un ,olympe de surhommes4 ,p> t\s ces moy5s1 la socit1 de plus en plus1 humanise et moralise les dieux1 et c'e/--dire qu'elle les socialise4 ,il n'y a presque plus de place dans le royaume des dieux p\r les dieux antiques4 ,t\t presque e/ ,dieu1 except les dieux eux-mmes4 ,pressez-v\s1 dieux1 place au gr& homme6 ,pressez-v\s1 dieux1 place l'ide6 ,pressez-v\s1 dieux1 place au s5tim5t6 ,pressez-v\s1 dieux1 place la morale s\s t\tes ses =mes6 ,au fond1 la socit a soif de morale et peur de la religion4 ,elle a peur1 comme t\t tre au monde1 de ce qui n'e/ pas elle4 ,la morale1 c'e/ elle-mme2 c'e/ elle qui l'a faite la mesure ju/e de ses beso9s4 ,la religion t]nelle1 cration de l'animal my/ique et qui ne disp>atra que qu& l'homme cess]a d'tre un animal my/ique1 c'e/--dire sans d\te jamais1 la gne comme une =me de l'individualisme4 ,c'e/ l'individu qui a vu des dieux1 p>s et rdant aut\r de lui dans l'univ]s2 c'e/ l'individu qui a eu son ,dieu p]sonnel1 son fti*e1 son amulette1 qui l'a encore1 soit qu'il l'appelle son gnie1 soit qu'il l'appelle son daimon1 soit qu'il l'appelle sa consci5ce4 ,la socit combat la religion comme elle combat l'individualisme4 ,elle la combat comme elle peut4 ,elle la combat respectueusem5t2 elle la combat avec des dt\rs2 elle la combat en l'attirant et en l'absorbant2 elle la moralise2 elle la pntre de morale sociale2 elle p]suade aux dieux qu'ils sont des tres qui s'intress5t la socit et qui n'ont de ri5 plus s\ci que d'elle4 ,en cela elle l'altre pr(ondm5t4 ,elle fait de la religion une *ose qui intresse *aque homme1 sans d\te1 c'e/ ce qu'elle concde2 mais qui intresse bi5 plus la cit1 sur qui la cit se fonde1 et c'e/ un dt\r trs +nieux p\r fond] la religion sur la cit et l'enf]m] dans l'ence9te sacre des remp>ts4 ,en cela elle l'absorbe1 plus ou mo9s1 quelquefois compltem5t4 ,qu'e/-ce que le ,dieu d',isral1 si ce n'e/ ,isral lui-mme8 ,la socit russit dans cette manuvre qui lui e/ ncessaire1 dont la ncessit s'impose elle4 ,elle confond la religion avec elle4 ,il n'y a pas1 *ez les anci5s1 de di/9ction entre le g\v]nem5t temporel et le g\v]nem5t spirituel2 il n'y a pas deux puissances4 ,mais vi5dra quelqu'un qui affirm]a que la socit e/ une *ose et que la religion en e/ une autre2 que la socit e/ obissance dv\e de *acun t\s2 mais que la religion e/ obissance1 jusqu'au sacrifice1 de *acun au dieu qui lui p>le et qui p>le en lui2 que1 donc1 ce n'e/ pas la socit de faire la religion1 ni de la dfaire1 ni de la refaire et qu'elle n'a qu' la respect] dans son doma9e1 comme la religion respect]a la puissance sociale dans le si54 ,il affirm]a cela et il s]a trs puissant2 c> cette religion affran*ie1 cette religion libre1 cette religion1 non pas insociale1 mais asociale1 qu'il apport]a1 il la fond]a1 non sur des lg5des primitives1 non sur des p]sonnalits illu/res1 non pas mme sur la morale sociale1 sur une morale sociale2 mais sur une morale univ]selle1 dbordant la cit1 dpassant la cit1 t\tes les cits1 et du re/e tellem5t pure1 tellem5t leve1 tellem5t sublime1 que cette religion ne p\rra tre ni attaque comme immorale1 ni moralise1 tant plus morale que t\t2 ni socialise1 tant plus morale que *aque morale sociale1 quelle qu'elle soit4 ,la morale sociale de ce temps-l et la religion sociale de ce temps-l rsi/]ont de t\tes leurs =ces1 c> elles v]ront en pril la socit qui1 aprs avoir refondu les anci5nes religions1 s'tait confondue avec elles a9si modifies4 ,mais la morale sociale et la religion sociale de ce temps-l s]ont ref\les et surmontes p> la religion n\velle3 ,tu z va9cu1 ,galilen6 ,du re/e1 les hommes1 inv9ciblem5t sociaux1 ne t>d]ont pas beauc\p trait] cette religion1 la compr5dre1 la s5tir et y vivre1 comme si elle tait d'inv5tion sociale4 ,ils la socialis]ont1 ils la nationalis]ont4 ,ils la socialis]ont3 ils ramn]ont les prceptes de la morale vanglique des prceptes de morale sociale1 p> des accommodem5ts1 des tempram5ts et des rtrcissem5ts imprvus1 au gr& sc&ale des croyants purs1 si bi5 que l'vangile ne s]a plus considr que comme un idal potique et inaccessible et que la morale sociale1 en face du *ri/ianisme tel qu'il s]a pratiqu1 p\rra dire3 ,je te vaux2 tu ne comm&es que ce que j'ordonne et tu n'es que ce que j'tais avant que tu fusses v5u4 ,ils la nationalis]ont3 *aque peuple1 un mom5t donn1 aura son *ri/ianisme1 malgr le contres5s cont5u dans ce seul mot2 au mo9s *aque peuple aura sa nuance p>ticulire de *ri/ianisme et sa faon trs p>ticulire de croire la religion univ]selle4 ,alors le *ri/ianisme s]a dev5u une religion analogue aux religions antiques2 je veux dire *aque fraction de *ri/ianisme s]a dev5ue une religion analogue aux religions antiques1 une religion p\r laquelle on se battra1 p\r laquelle on f]a la gu]re1 soit de peuple peuple1 soit de p>tie d'un peuple p>tie d'un peuple1 etc4 ,et alors aussi1 cause de cela1 *>geant le *ri/ianisme des accusations dont la morale sociale antique *>geait la religion qu'elle avait devant elle1 la philosophie v\dra remplac] le *ri/ianisme p> une religion naturelle1 comme elle dira1 c'e/--dire p> une religion sociale1 laquelle du re/e e/ le contraire1 et dcl>]a le *ri/ianisme surann et surmont1 et v\dra rev5ir1 rve de ,voltaire comme de ,r\sseau1 la socit antique1 une seule puissance4 ,tu z va9cu1 ,juli5 l',apo/at4 ,non pas sans d\te1 p>ce que1 qu& on a affaire au *ri/ianisme1 il n'y a qu' remont] son orig9e1 il n'y a qu' remont] son livre1 il n'y a qu' remont] son me1 p\r rec\vr] la religion1 c'e/--dire une doctr9e fonde sur une morale indpassable et ratta*ant cette morale une conception surnaturelle4 ,je n'ai v\lu que montr] que les religions sont reues p> les socits qui1 les altrant1 les modifiant1 en bi5 ou en mal1 les aju/ant leur mesure1 moralisant celles qui sont immorales1 dmoralisant celles qui sont trop morales p\r les ncessits sociales1 en font de simples expdi5ts1 des prjugs sociaux ncessaires1 des croyances ad usum et ex usu1 des f]m5ts de vie sociale dont la v]tu e/ /rictem5t limite aux beso9s sociaux con/ats1 mesurs et prvus1 des in/rum5ta regni aux ma9s de l'in/9ct social sducteur et dom9ateur4 ,,*apitre ,,vi ,,la ,,vie ,,future ,pi]re ,pomponace naquit ,mant\e en #adfb et m\rut on ne sait qu&1 ,bologne probablem5t4 ,il tait de si petite taille1 qu'il s'en fallait de peu qu'il ne ft un na9 au!ntique4 ,il s'occupa de philosophie ari/otlici5ne et de sci5ces occultes4 ,il s'appliquait ses mditations d'une telle =ce1 qu'il ngligeait de mang]1 de boire1 de dormir et mme de cra*]1 ce qui cette poque passait p\r une ncessit naturelle4 ,il en dev5ait presque f\ et il se r5dit ridicule t\t le monde4 ,c'e/ lui-mme qui le dit avec une navet *>mante3 ,voil ce qui me presse1 ce qui m'angoisse1 ce qui me prive de sommeil et me r5d f\444 ,tel e/ mon sort1 tre rong de p5ses et de s\cis cont9uels1 n'avoir pas soif1 n'avoir pas faim1 ne pas mang]1 ne pas dormir1 ne pas cra*]1 tre moqu de t\t le monde3 ,i/a sunt qu me premunt1 qu me angu/iant1 qu me insomnem et insanum r$dunt444 p]petuis curis et cogitationibus rodi1 non sitire1 non famesc]e1 non dormire1 non com$]e1 non expu]e1 ab omnibus irrid]i4 ,il enseignait la philosophie ,pad\e avec un gr& succs1 nonob/ant les raill]ies dont il se pla9t1 trs contr$it et rduisant ses contradicteurs au sil5ce p> des traits de plaisant]ie =t spirituels4 ,il s'inquitait extrmem5t de la "q de l'immortalit de l'me4 ,il n'en tr\vait pas la preuve dans ,ari/ote et il t5ait extrmem5t montr] que la preuve n'en tait pas dans ,ari/ote1 *ose trs importante alors2 et que1 d'aprs t\t ce qu'on p\vait lire dans le pripa?tique1 l'me immortelle tait neutrum problema4 ,en consqu5ce1 il pr(essait qu'aucune argum5tation rationnelle ne p\vait conduire soit l'affirmation1 soit la ngation de l'immortalit de l'me4 ,du re/e1 il n'en assurait que davantage que p]sonnellem5t il y croyait2 puisqu'il n'y p\vait croire que sur la p>ole de ,dieu et sa rvlation cont5ue dans les critures4 ,la position qu'il pr5ait a9si dplaisait =t aux ?ologi5s1 p>ce que les ?ologi5s se p>tag5t en deux classes3 ceux qui croi5t aux vrits religieuses d'autant plus qu'elles sont inaccessibles la raison proprem5t huma9e1 la raison non aide1 et qui s]ai5t dsols que ce qu'ils pr(ess5t1 le bon s5s huma9 sufft p\r l'tablir2 et n\s avons en notre ,pascal un beau spcim5 de cette classe-l2--et ceux qui ne sont po9t f*s que les raisons huma9es a*em95t au mo9s v]s la croyance1 ceux que les raisons huma9es appui5t1 assur5t1 peut-tre rassur5t dans leur foi et de qui l'on dirait1 n'tait le sc&ale1 que la p>ole de ,dieu e/ ncessaire1 mais ne suffit pas4 ,les ?ologi5s du temps de ,pomponace tai5t p\r la plup>t de cette seconde classe4 ,pomponace tait-il de la premire ou affectait-il d'en tre et tait-il vraim5t heureux que la raison huma9e ne pr\vt po9t l'me immortelle p\r y p\voir croire d'une faon plus purem5t religieuse2 ou cette attitude n'tait-elle qu'un biais p\r se df5dre contre les incrim9ations8 ,la seconde hypo?se me p>at plus vraisemblable1 p>ce qu'il avait1 dans le s5s de la mortalit de l'me1 au mo9s des prfr5ces purem5t huma9es1 sans d\te1 mais que n'ont pas1 l'ord9aire1 ceux qui sont conva9cus a ,deo de l'immortalit4 ,il disait1 et cela s5t bi5 picure1 que1 puisque l'homme aime naturellem5t le bonheur1 il suffit1 p\r en faire un honnte homme1 de lui montr] que le bonheur de la vie consi/e dans la pratique de la v]tu et la misre dans la pratique du vice4 ,il disait encore que c'e/ aux brutaux qu'il faut propos] l'immortalit de l'me p\r les ret5ir sur la p5te du vice1 que beauc\p d'criva9s l'ont propose a9si sans y croire1 mais en vue de la gurison de ceux qui ont beso9 de cette mdication1 sicut m$icus ad grum2 enf9--ce qui e/ une ide trs haute--il disait que ceux qui pr(ess5t la mortalit de l'me sauv5t la v]tu1 sauv5t la raison d'tre de la v]tu1 lui p]mett5t d'exi/]1 n'y ayant v]tu que l o il n'y a ni esprance de rcomp5se ni cra9te du *tim5t1 et l'ide du *tim5t et de rcomp5se ressortissant la morale des esclaves3 ,aff]5tes animam mortalem melius vid5tur salv>e rationem virtutis quam aff]5tes ipsam immortalem2 nam spes prmii et pn timor vid5tur s]vilitatem quamdam import>e4 ,pomponace m'e/ trs suspect comme p>tisan de l'immortalit de l'me4 ,l'immortalit de l'me ne saurait1 en effet1 tre pr\ve p> des argum5ts huma9s1 et ,desc>tes1 avec sa belle di/9ction entre la sub/ance matrielle et la sub/ance spirituelle1 laquelle tant spirituelle ne prit po9t1 s'e/ puis en va92 c> il aurait fallu pr\v] deux *oses1 d'abord qu'il e/ vraim5t impossible qu'une *ose spirituelle prisse et1 d'autre "p1 qu'il e/ impossible que la matire p5se2 et ni l'une ni l'autre de ces deux ass]tions n'e/ pr\ve ni susceptible de l'tre4 ,au fond1 ,desc>tes n'e/ conva9cu que d'une *ose1 c'e/ qu'il n'y a pas de ju/ice d'outre-tombe si l'me n'e/ pas immortelle1 et que1 p> consqu5t1 si l'me n'e/ pas immortelle1 il n'y a pas de ju/ice1 puisqu'il s'en faut de beauc\p que t\te ju/ice soit ralise ici-bas4 ,au fond1 ,desc>tes raisonne comme ,kant et voit1 croit voir1 que la morale po/ule les rcomp5ses et les pe9es d'outre-tombe comme sa sanction et p>tant l'me immortelle comme condition de sa sanction4 ,la preuve1 c'e/ son a*>nem5t contre l'me des animaux4 ,son a*>nem5t contre l'me des animaux n'e/ que le fait d'un homme qui prvoit l'objection4 ,l'objection e/ celle-ci3 ,si1 p\r que la ju/ice soit ralise1 il faut1 puisqu'elle ne l'e/ pas sur cette t]re1 que les malheureux d'ici bas reoiv5t une comp5sation dans un autre sj\r2 et si1 p\r qu'ils reoiv5t cette comp5sation1 il faut que leur me soit immortelle2 il e/ ncessaire que l'me des animaux aussi soit immortelle1 p\r que les btes qui ont t lses ici-bas soi5t rcomp5ses ailleurs et que ju/ice soit4--,a quoi ,desc>tes rpond3 ,oui2 mais les animaux n'ont pas d'me2 ils ne sont que des mcanismes1 et env]s des mcanismes la ju/ice div9e n'e/ oblige aucune rp>ation et les animaux peuv5t sembl] s\ffrir sans qu'il y ait inju/ice cela4 ,la ju/ice div9e e/ sauve4 ,il y aurait un t]rible dang] croire que les animaux ai5t une me2 c> alors3 ou il faudrait admettre un p>adis des animaux2 ou1 ceci non admis1 croire que la ju/ice div9e ne s'ex]ce qu'env]s l'homme4 ,n\s *appons cette d\ble conclusion en niant l'me des btes4--,a9si p5se ,desc>tes4 ,ce n'e/ pas moi qui le fais p>l]2 c'e/ lui qui le dit3 ,aprs l'erreur de ceux qui ni5t ,dieu1 il n'y en a po9t qui loigne plutt les esprits faibles que d'imag9] que la nature des btes soit de mme nature que la ntre et que p> consqu5t n\s n'avons ri5 cra9dre ni espr] aprs cette vie non plus que les m\*es ou les f\rmis2 au lieu que lorsqu'on sait combi5 elles diffr5t on compr5d beauc\p mieux les raisons qui pr\v5t que la ntre e/ d'une nature entirem5t indp5dante du corps et p> consqu5t qu'elle n'e/ po9t sujette m\rir avec lui444 ,a9si p>le ,desc>tes dc\vrant bi5 sa p5se de d]rire la tte4 ,mais il n'a pas vu qu'il y a un t]rible dang] aussi raisonn] comme il fait1 p>ce que son raisonnem5t peut se ret\rn] contre lui et n\s invite presque le ret\rn]4 ,ceux qui il p>at ins5s de considr] un animal comme une montre1 ceux qui dis5t1 comme ,mme de ,svign3 une montre qui e/ s5sible1 une montre qui e/ reconnaissante1 une montre qui aime6 ceux-l1 ou croi5t l'me immortelle des btes1 ou1 reculant devant cette conclusion1 incl9]ont ne pas croire l'me immortelle des hommes en disant3 p\rquoi n'y aurait-il pas inju/ice l'g>d des hommes comme il y en a une l'g>d des animaux8 ,la "q re/e dlicate4 ,il e/ bi5 c]ta9 que l'homme croit l'immortalit de son me surt\t cause du po/ulatum de l'ide de ju/ice et du po/ulatum de la morale dem&ant une sanction2 mais les difficults re/5t4--,l'homme ne croit-il l'immortalit de l'me qu' cause de ces deux po/ulats8 ,je ne p5se pas4 ,l'homme croit p>t\t l'me immortelle1 sauf exceptions si r>es et si ngligeables cause de la /upidit des excepts1 que l'on peut n'en t5ir po9t compte4 ,que les anci5s ,hbreux n'y ai5t po9t cru1 cela ne me p>at pas dmontr4 ,que leur ,dieu ne leur p>le que de rcomp5ses t]re/res1 cela e/ t\t fait dans l'esprit de leur race1 mais ne pr\ve po9t du t\t qu'ils n'ai5t pas cru d'autres rcomp5ses que celles-ci2 et que ,jsus1 qui a t\t r5\vel en morale1 mais qui n'a ri5 inv5t en religion1 leur ait p>l de ciel et d'enf]1 c'e/ p\r moi une gr&e prsomption que cette conception tait une croyance populaire assez rp&ue avant ,jsus4--,mais1 qu& mme il s]ait vrai que les anci5s ,hbreux n'euss5t pas cru en l'immortalit de l'me1 cela ne s]ait encore qu'une exception peu considrable1 ,isral tant un bi5 petit peuple dans l'ample se9 de l'humanit4 ,t\s les hommes1 sauf1 et peut-tre1 quelques peuplades1 ont cru et croi5t l'me immortelle4 ,il e/ inf9im5t probable que l'homme primitif y a cru4 ,or il p>at bi5 que homme primitif n'y a pas cru cause des po/ulats de la ju/ice et de la morale ou cause de l'un des deux4 ,dans ,homre1 le sj\r des morts n'e/ ni un lieu de rcomp5ses ni un lieu de *tim5t4 ,il e/ analogue aux limbes2 il e/ un monde o l'on s'ennuie4 ,il y a bi5 int]polation8 il e/ possible comme un rudim5t d'enf] et d'lyse dans ,homre4 ,d'lyse1 quoi l'on ne songe jamais1 non pas dans la ,necuia1 mais dans la ,tlma*ie3 ,toi1 ,mnlas1 dit ,prote1 p>ce qu'en p\sant ,hlne tu es dev5u g5dre de ,jupit]1 tu n'es po9t condamn m\rir ni subir le de/9 dans ,argos fconde en c\rsi]s4 ,mais les dieux t'env]ront aux ,*amps lyses1 aux conf9s de la ,t]re o dj rside le blond ,rhadaman!4 ,en ces lieux la vie e/ facile aux hommes2 ils ne connaiss5t po9t les neiges1 les longues pluies1 les glaces2 mais t\j\rs l',ocan1 p\r les rafra*ir1 exhale la d\ce hale9e de ,zphyre4--,et dans la ,necuia il y a ,m9os jugeant les morts 78--ri5 de plus7 et1 supplicis1 ,tityos1 ,tantale et ,sisyphe1 ri5 de plus4 ,mme suppos] que ces c\rts passages soi5t du mme temps que le fond de la ,necuia1 on rem>que comme ils sont re/re9ts et confus et comme hsitants4 ,du temps de la ,necuia comm5ait s'introduire dans les esprits1 vague encore et borne quelque hros du crime ou du bonheur1 l'ide d'un sj\r de flicit et d'un sj\r de d\leurs aprs la mort4 ,mais1 t\t compte fait1 le fond de la conception homrique sur ce po9t1 c'e/ un sj\r neutre et vague1 plutt d\l\reux que bi5heureux1 plutt tri/e1 au mo9s1 que s]e91 o les morts regrett5t la vie et qui e/ de/9 t\s1 sans p>tage entre rcomp5ss et punis4 ,il n'y a l de net que l'ide de demi-survie4 ,on peut donc p5s] que les primitifs ont cru l'me immortelle1 et1 bi5 plutt1 au corps affaibli1 mais immortel1 l'ombre immortelle du corps1 sans aucune raison tire de l'ide de ju/ice ou de l'ide de morale4 ,ils y ont cru sans d\te cause des app>itions1 des halluc9ations qui mettai5t devant leurs yeux leurs p>5ts ou leurs amis morts2 cause des songes o passai5t devant eux et leur p>lai5t les mmes p>5ts et amis1 et cela d'autant plus que1 voyant en rve et leurs amis vivants et leurs amis morts et leurs animaux dome/iques morts et leurs animaux dome/iques vivants1 ils tai5t autoriss croire que la vie des tres vivants ne s'arrte pas2 qu'il en re/e quelque *ose1 quelque *ose qui ressemble une image de rve ou un fantme1 un corps a/ral1 sans consi/ance1 sans pr(ondeur1 et que t\s les tres qui ont vcu doiv5t encore ,volit>e cava sub imag9e =m4 ,ils y croyai5t surt\t p>ce que l'ide de nant1 d'anantissem5t1 d'annihilation1 e/ une ide ab/raite1 qui ne se conoit qu'ab/raitem5t1 que logiquem5t1 jamais1 et c'e/ impossible1 s\s =me d'image1 et que ce qui ne se conoit pas s\s =me d'image n'e/ pas rellem5t conu et1 en vrit1 e/ inconcevable4 ,jamais n\s-mmes1 habitus raisonn]1 ab/raire1 n\s ne n\s figurons n\s-mmes dev5us ri51 vraim5t ri54 ,a ct de l'ide t\t ab/raite du ri51 il y a t\j\rs une ide-image de n\s rduits1 de n\s effacs1 de n\s pe9e vivants1 mais de n\s tant encore4 444 ,ubi se videas hom9em indign>i] ipsum ,po/ mortem =e ut aut putescat corpore po/o1 ,aut flammis int]fiat malisve f]>um2 ,scire licet non s9c]um son]e1 atque subesse ,ccum aliquem cordi /imulum1 quamvis neget ipse ,cr$]e se quemquam sibi s5sum 9 morte futurum4 ,non1 ut op9]1 enim dat quod promittit et unde ,nec radicitus e vita se tollit et eieit2 ,s$ facit esse sui quiddam sup] inscius ipse4 ,vivus enim sibi cum proponit quisque futurum ,corpus uti volucres lac]5t 9 morte f]que1 ,ipse sui mis]et neque enim se dividit illim ,nec removet satis a projecto corpore2 et illum ,se f+it1 s5suque suo contam9at ad/ans4 ,en somme1 n\s ne n\s reprs5tons la mort que comme un m9imum de la vie4 ,les animaux ne sembl5t pas avoir ide de la mort2 mais seulem5t de la s\ffrance et du dang] de s\ffrir4 ,en consqu5ce1 ils doiv5t avoir l'ide vague d'une vie indf9ie telle qu'ils l'ont4 ,l'homme1 qui sait qu'il m\rra1 ne peut avoir l'ide d'une vie d'outre-tombe semblable celle-ci2 mais il a l'ide d'une vie d'outre-tombe int]mdiaire1 si l'on peut a9si p>l]1 entre la vie et le nant et qui1 tant celle d'une ombre1 d'un corps inconsi/ant1 n'a pas de raison de cess]4 ,peut-tre aussi1--et j'av\e que1 sans aucune raison solide d'y croire et assurm5t sans docum5t1 j'incl9e v]s cette op9ion1--peut-tre aussi le primitif ne croit-il la survie que p\r un temps1 p\r un temps trs long1 mais p\r un temps4 ,l'ide d't]nit e/ trop ab/raite p\r lui4 ,il peut croire que le mort exi/e tant qu'il app>at dans les halluc9ations et dans les rves de ceux qui l'ont connu1 de ses fils1 de ses petits-enfants2 et puis1 qu'il dim9ue d'exi/5ce jusqu' une disp>ition peu prs complte1 s'effaant aux d]nires limites de l'tre4 ,au fond1 c'e/ comme cela1 bi5 peu prs1 que n\s n\s figurons l'immortalit4 ,revoir ceux que n\s avons aims1 ceux que n\s avons p]dus1 quos fun]e m]sit ac]bo2 voir1 de quelque "p1 ceux que n\s aurons laisss ici-bas et savoir qu'ils sauront que n\s exi/ons encore1 c'e/ cela presque que se borne notre espoir de la vie future2 au del comm5ce le vague et une esprance1 vague aussi1 qui ne se pr5d ri5 et qui1 cause de cela1 n'a ri5 d'n]gique ni d'ard5t4 ,peu n\s importe1 ou plutt n\s n'y songeons pas4 ,l'hi/ori5 seul--mais1 oui--qui vit p> curiosit du pass1 c'e/--dire de l'av5ir1 v\drait vivre t]nellem5t1 p\r savoir ce qui arriv]a et de quelle manire le prs5t qu'il voit auj\rd'hui acc\*]a4 ,c'e/ p>mi les hi/ori5s qu'il doit y avoir le plus d'hommes dsireux de l'me immortelle et1 p> consqu5t1 le plus de croyants en l'immortalit de l'me4 ,le primitif croit donc une survie1 plus ou mo9s nettem5t et surt\t sans ide de rcomp5ses ou de *tim5ts dans cette survie4 ,ds que les socits sont nes1 t\t *ange trs s5siblem5t4 ,la croyance en l'immortalit e/ encore une de ces *oses excell5tes p\r elle1--elle doit le s5tir t\t de suite1 c'e/--dire en quelques sicles1--que la socit peut trans=m] son pr(it4 ,la socit1 c'e/ ,dante2 elle inv5te un ,enf] et des ,*amps lyses p\r y mettre ses ennemis et ses amis4 ,rem>quez-v\s dans ,homre1 en ce comm5cem5t1 en ce rudim5t d'enf] et de ciel dont n\s avons p>l1 qui sont ceux qui sont au ciel1 qui sont ceux qui sont aux enf]s8 ,au ciel1 non pas les v]tueux1 mais les amis et les allis des dieux2 aux enf]s1 les ennemis des dieux4 ,de mme que la socit ramne la religion tre une religion sociale et en fait un in/rum5t de son rgne1 de mme elle fait de la croyance en l'immortalit une *ose son pr(it et un ag5t de son autorit2 de mme qu'elle moralise la religion1 elle pntre de moralit la croyance en la vie future et elle dcide que la vie future s]t rcomp5s] les s]viteurs de la moralit sociale et punir les contempteurs de la moralit sociale4 ,elle inv5te l'ide de ju/ice1 qui n'exi/e aucunem5t dans la nature1 et qui ne p\vait pas exi/] dans l'homme primitif1 et qui e/ favorable son in/itution et au ma9ti5 de son in/itution1 et comme1 soit du fait de la nature1 soit du fait de la socit elle-mme1 la ju/ice complte n'exi/e nulle "p1 elle la rtablit en expectative p> cette hypo?se1 qui devi5t une foi1 que t\tes les infractions la ju/ice s]ont rp>es dans un autre monde1 que t\tes les lacunes de la ju/ice1 p\r a9si p>l]1 s]ont combles ailleurs4--,elle inv5te la morale et1 une fois qu'elle l'a inv5te1 elle e/ bi5 =ce de reconnatre que la morale po/ule quelqu'un qui la sanctionne comme rmunrateur et punisseur p\r faire rgn] l'accord vraisemblablem5t raisonnable et c\p sr s\hait du bi5 et du bonheur4 ,ce quelqu'un qui sanctionne la morale comme rmunrateur et punisseur1 c'e/ elle-mme autant qu'elle peut l'tre2 mais comme il s'en faut qu'elle puisse l'tre intgralem5t1 elle r5voie une autre cit1 une autre socit1 le so9 de complt] son uvre et assure que son uvre s]a complte4 ,les dieux devi5n5t alors la c\r suprme qui rectifie les jugem5ts de la nature et de la socit elle-mme1 qui juge en d]ni] ressort1 p\r leur donn] solution absolum5t ju/e1 les procs inju/em5t p]dus et les procs inju/em5t gagns ici-bas1 qui a*ve et qui consomme la ju/ice4 ,l',olympe ou1 si l'on veut1 ,m9os1 aque et ,rhadaman! sont1 projete dans l'au-del1 la socit telle qu'elle v\drait tre et telle qu'il faudrait qu'elle ft4 ,ri5 de t\t cela n'exi/ait dans la conception primitive de la vie future2 mais l'in/9ct social1 l'in/9ct ju/ice-et-morale1 r5contrant cette conception et la tr\vant1 ce qui e/ heureux1 un peu vide1 l'a remplie de moralit et de ju/ice p\r la faire s]vir ses desse9s2 quoi les hommes se sont laisss trs facilem5t entran] c>1 d'une "p croyant inv9ciblem5t la vie future p\r les raisons que n\s avons dites2 et d'autre "p ayant soif de ju/ice ds qu'ils sont runis en socit et tant comme tonns qu'elle ne soit pas2 et d'autre "p v\lant avec une c]ta9e navet1 mais v\lant t\j\rs1 que le bi5 mne au bi5-tre2 ils sont heureux que cette esprance qu'ils avai5t de la vie future se remplisse d'un espoir de ralisation de la ju/ice et d'un espoir de bi5-tre1 rcomp5se et ab\tissem5t du bi54 ,et comme t\t cela e/ naturel et s'arrange et se compose naturellem5t dans leurs esprits6 ,la vie future tait un prolongem5t de la vie individuelle2 l'homme dev5u social1 la vie future devi5t un prolongem5t de la vie sociale1 un prolongem5t de la vie sociale avec complm5t et rp>ation4 ,la vie sociale *]*e assur] la ju/ice et *]*e accord] la pratique du bi5 avec le bonheur2 la vie future ralise la ju/ice1 fait qu'enf9 elle e/2 et ralise l'quation v]tu-bonheur1 crime-malheur4 ,l'homme se voit1 p> la mort1 passant d'une socit imp>faite une socit p>faite1 d'une socit qui a beso9 d'tre complte une socit qui complte1 d'une socit au mo9s moiti fausse une socit vraie1 d'une socit qui *]*e le vrai une socit qui l'a tr\v4 ,et c'e/ ici1 peut-tre1 ce qu'il me semble1 que nat l'ide d't]nit1 qui devait tre bi5 indi/9cte1 peut-tre n'tre po9t1 dans le c]veau des primitifs4 ,possd de cette ide de rp>ation dont n\s v5ons de p>l]1 l'homme1 ce me semble1 a un scrupule1 une gne1 quelque *ose qui l'arrte1 une d]nire objection et une d]nire rvolte4 ,il dit3 ,il n'y a jamais rp>ation6 ,une vie de ju/ice corrige un peu une vie o l'on a vcu inju/em5t2 mais ne l'efface pas1 ne fait po9t qu'elle n'a pas t4 ,il re/e t\j\rs que j'ai s\ff]t inju/em5t4 ,en mettant b\t b\t ma vie actuelle1 o je suis ls1 et ma vie future1 qui e/ selon la ju/ice1 je ne suis plus ls que p>tiellem5t1 mais je le suis encore4 ,je n'ai pas mon compte4--,p\r que le compte y soit1 il faut qu'une vie o l'honnte homme a t ls soit comp5se p> une vie qui soit incomm5surable avec la premire4 ,or1 il n'y a d'incomm5surable avec le temps que l't]nit4 ,il faut1 donc1 p\r que la ju/ice soit1 que ma vie de misres immrites ne soit plus qu'un po9t1 ne soit plus mme un po9t dans ma vie totale1 que ma vie de misres immrites ne soit plus qu'une g\tte d'eau p]due dans un ocan de flicits o elle ne peut plus se retr\v]4 ,alors j'ai mon compte4 ,non1 je ne l'ai pas encore1 p>ce que l'ide d't]nit n'e/ jamais concevable l'homme et ne lui reprs5te jamais que quelque *ose d'imm5sm5t long2 mais cep5dant1 avec un ef=t d'ab/raction1 j'arrive me faire comme une ide hypo?tique ou plutt asymptotique de l't]nit1 et je convi5s que la rp>ation e/ trs peu prs faite4--,cette ide d't]nit a t inv5te p> un bi5faiteur de l'humanit et accepte avec bonheur p> les affams de ju/ice et de sanction morale qui ont fait t\s leurs ef=ts p\r la compr5dre et p\r se figur] qu'ils la compr5ai5t1 qui l'ont comprise du re/e assez p\r que leurs esprances et les exig5ces de leur consci5ce fuss5t satisfaites4 ,une rv]ie t\te contraire1 ou au mo9s trs diffr5te1 a occup les hommes1 j'ent5ds la mtempsycose1 crue trs gnralem5t *ez les gypti5s1 *ez les ,indi5s1 trs *rie de ,py?agore1 comme des ,grecs 7,platon1 ,phdon7 et des ,lat9s 7,virgile1 ,ennius74 ,cette croyance et ceci qu'elle n'a jamais pris trs gr&e consi/ance et longuem5t p>mi les hommes sont *oses galem5t dignes d'intrt4 ,cette croyance met bi5 en lumire que l'homme1 en rvant vie future1 rve surt\t de la vie actuelle et d'un ret\r cette vie4 ,la mtempsycose1 soit que1 p\r n\s punir1 elle n\s ramne dans le corps d'un animal ou mme d'un vgtal1 comme les ,indi5s le croyai5t1 ou mme d'un m9ral1 comme ,victor ,hugo l'imag9ait2 soit qu'elle n\s ramne dans le corps d'un homme1 comme ,py?agore semble l'avoir cru2 dtruit l'enf] t]nel1 la punition t]nelle des m*ants et comme ,ovide le fait dire ,py?agore3 ,o g5us attonitum gelid =mid9e mortis ,quid ,/yga1 quid t5ebras et nom9a vana timetis1 ,mat]iem vatum1 falsique p]icula mundi8 ,corpora sive rogus flamma1 seu tabe vetu/as ,ab/ul]it1 mala posse pati non ulla putetis4 ,elle dtruit galem5t le ciel1 le sj\r des ju/es rcomp5ss2 c>1 la vrit1 la mtempsycose1 c'e/ la vie t]nelle3 ,morte c>5t anim1 ,,semp]que1 priore relicta ,s$e1 novis domibus vivunt habitantque recept4 ,mais ce n'e/ nullem5t la rcomp5se t]nelle1 la comp5sation t]nelle des misres endures inju/em5t2 puisque la plus belle rcomp5se s]a de vivre seulem5t dans la p]sonne d'un homme plus illu/re1 plus haut plac et plus heureux1 puis d'un autre plus heureux encore4 ,mais la vie de l'homme le plus heureux e/ lo9 encore de la flicit vritable et1 aux dsireux de la mtempsycose1 quelqu'un p\rra t\j\rs dire le t]rible mot pessimi/e d'ne dans ,virgile3 ,qu lucis mis]is tam dira cupido#c8 #c ,v]s qui1 du re/e1 e/ de ,lucrce3 ,qu mala nos subigit vitai tanta cupido8 ,sur quoi il y aurait beauc\p rfl*ir4 ,a*ille1 dans la ,necuia1 dit ,ulysse3 ,ne me p>le pas de la mort6 ,j'aim]ais mieux tre le m]c5aire d'un pauvre homme1 pe9e assur de sa subsi/ance1 que de rgn] sur t\s ceux qui ne sont plus1 t&is qu'ne s'tonne qu'un homme qui a le bonheur d'tre mort puisse dsir] rev5ir sur la t]re4 ,il e/ vrai qu',a*ille e/ mort et qu'ne e/ encore vivant1 ce qui fait une diffr5ce4 ,mais les auteurs ont-ils t5u compte de cette diffr5ce et n'e/-ce pas leur p5se eux qu'ils ont exprime8 ,il e/ assez probable que c'e/ leur p5se4 ,il y a entre ,homre et ,virgile la di/ance d'une poque de civilisation comm5ante1 vois9e encore des temps primitifs1 une civilisation a*eve1 la di/ance d'une humanit encore in/9ctive une humanit qui a beauc\p rfl*i1 la di/ance de l'adolesc5ce l'ge mr4 ,quoi qu'il en soit1 la croyance la mtempsycose indique que l'homme1 qu& il rve la vie future1 rve communm5t d'un ret\r la vie qu'il mne1 la vie actuelle retr\ve4 ,il dit1 comme ,lam>t9e dans la ,vigne et la maison3 ,dans l'immuable se9 qui conti5dra nos mes ,ne rejo9drons-n\s pas t\t ce que n\s aimmes ,au foy] qui n'a plus d'abs5ts8 ,toi qui =mas ces nids remb\rrs de t5dresses4 ,o la ni*e huma9e e/ *aude de c>esses1 ,e/-ce p\r en faire un c]cueil8 ,n'z-tu pas dans un co9 de tes globes sans nombre ,une p5te au soleil1 une valle l'ombre1 ,p\r y rebtir ce d\x seuil8 ,non plus gr&1 non plus beau1 mais p>eil1 mais le mme4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,mme la conception du ret\r la vie dans le corps d'un animal e/ trs significative4 ,elle indique que l'homme1 s'il doit tre puni1 dsir]ait tre ici1 sur la t]re qu'il connat1 en revoyant encore les mmes *oses4 ,peut-tre mme n'implique-t-elle pas l'ide de punition ni de rcomp5se2 peut-tre le dsir de ret\r cette vie1 ml d'un c]ta9 dsir de *angem5t1 amne l'homme considr] avec complaisance le ret\r la vie dans le corps d'un animal dont il a s\v5t envi c]ta9es supriorits4 ,ri5 d'tonnant ce qu'un *asseur accepte avec intrt l'ide de rev5ir dans le corps d'un *eval ou d'un *i5 et ce qu'un pote s\haite de survivre dans celui d'un oiseau3 ,mi*elet3 ,n\s s]a-t-il donn de v5ir tire-d'ailes revoir ce *] foy] de travail et d'am\r2 de dire un mot encore en langue d'hirondelles1 ceux qui mme alors g>d]ont notre cur8 ,mais ce qui pr\ve aussi que l'ide de vie future e/ dev5ue surt\t1 *ez les sociaux et *ez les civiliss1 l'ide d'un supplm5t judiciaire de la vie1 l'ide d'une vie prolonge p\r la pe9e ou la rcomp5se1 c'e/ que la mtempsycose n'a pas russi4 ,la mtempsycose--si v>ie1 du re/e1 si mle1 qu'on a pe9e la bi5 circonscrire et la faire t5ir dans une =mule--e/ une survivance1 t\t compte fait1 de l'tat primitif2 elle e/ le rve de l'homme qui surt\t veut survivre2 et qui1 de plus1 p> curiosit et p> fantaisie d'imag9ation1 v\drait survivre dans un tre autre que celui qu'il e/2 peut-tre qui1 p> suite de l'obs]vation qu'il a faite des mtamorphoses de quelques animaux1 croit que c'e/ une loi de l'univ]s que la mtamorphose des tres2 et la mtempsycose peut tre le rve d'une nuit d't d'un naturali/e2 mais p>ce qu'elle n'tait pas une ide d'homme social et une ide ayant une utilit sociale1 elle n'a pas eu un crdit univ]sel ni un long crdit p>mi les hommes4 ,la vie future huma9e1 c'e/ une rclamation et une exig5ce de l'ide de ju/ice et du s5tim5t moral2 c'e/ la morale dem&ant une sanction et la ju/ice v\lant tre ralise1 ide sociale p> excell5ce1 puisque c'e/ v\loir que le prteur soit ju/e et v\loir que ,caton soit rcomp5s et ,catil9a puni2 ide religieuse aussi1 mais sociale-religieuse1 en ce qu'elle e/ ne pas v\loir que les dieux soi5t indiffr5ts1 comme ceux d'picure1 mais provid5tiels et quitables1 comme un bon consul1 consules mundi1 et se tr\v5t t\j\rs1 en d]ni] compte1 avoir raison4 picure e/ naturi/e et1 ayant pr(ondm5t consci5ce de l'indiffr5ce de la nature t\te morale et t\te ju/ice1 fait les dieux cette image et les loigne de l'homme autant que la nature e/ loigne de lui4 ,le croyant en l'immortalit de l'me rappro*e les dieux de l'homme et les considre comme des magi/rats qui ne s]ai5t pas intgres s'il n'y avait que cette vie d'ici-bas4 ,il en cre une autre o les magi/rats cle/es rintgr5t le droit4 ,il suffit3 il a ju/ifi les dieux2 absolvitque deos4 ,a9si fait le peuple aux reprs5tations ?trales qui lui sont de/9es3 il veut que la v]tu soit rcomp5se et le vice puni4 ,que p\rrait-il v\loir autre *ose8 ,ils ne le sont pas t\j\rs dans la vie vraie4 ,dans la vie imag9aire1 dans la vie qu'on inv5te 7trs analogue la vie future7 c'e/ votre devoir de montr] la ju/ice ralise4 ,le peuple traite l'auteur comme une provid5ce littraire1 puisqu'il e/ un dmiurge en critures2 et1 dpositaire de l'in/9ct social1 il veut que le magi/rat fasse rgn] la ju/ice autant qu'il le peut et que ceux qui crent un monde1 rel ou imag9aire1 fass5t ce quoi ils sont t5us1 ralis5t la ju/ice absolum5t4 ,,*apitre ,,vii ,,la ,n,m,,sis ,cette ju/ice des dieux1 du re/e1 ne s'ex]ce pas seulem5t au del des limites de l'exi/5ce t]re/re4 ,elle s'ex]ce ici-bas1 avec une sorte de s\rnois]ie spirituelle qui lui donne l'app>5ce de la malignit1 mais qui n'e/1 qu& on y rfl*it sagem5t1 qu'une =me1 un peu aigu1 de la ju/ice4 ,solon disait ,crsus1 n\s assure ,hrodote3 ,e/-ce moi qu'il faut dem&] si la de/9e de l'homme e/ d'tre heureux1 moi qui sais que t\s les dieux sont envieux et an>*i/es 7 74 ,le bon ,plut>que s'indigne de ce blasphme2 mais il ne pntre pas le fond des *oses4 ,les dieux sont jal\x des hommes et ne veul5t pas qu'ils soi5t trop heureux1 qu'ils soi5t semblables des immortels2 et qu& ils le sont un temps trop long1 ils plong5t brusquem5t les heureux dans un abme d'in=tunes p\r leur rappel] leur condition4 ,voil un s5tim5t bi5 ari/ocratique6--,non pas2 c'e/ un s5tim5t dmocratique au premi] *ef4 ,le peuple1 au-dessus de son ari/ocratie trop heureuse1 trop brillante et trop orgueilleuse1 met une autre ari/ocratie1 une ari/ocratie comp5satrice1 qui e/ une m5ace p]ptuelle p\r l'ari/ocratie d'ici-bas4 ,ne v\s fiez pas votre bonheur4 ,n\s sommes jal\x de v\s1 et cette jal\sie e/ appr\ve des dieux p>ce qu'elle e/ une =me de l'ide d'galit et que l'ide d'galit e/ l'ide de ju/ice elle-mme4 ,et cette jal\sie1 les dieux1 p>ce qu'ils l'appr\v5t1 ils l'pr\v5t et ils v\s la f]ont s5tir tt ou t>d4 ,ne le voyez-v\s pas8 ,obs]vez ces *utes pr(ondes qui p5d5t aux sommets les plus hauts1 ces brusques ret\rs de =tune8 ,ce sont des rev]s quitables2 ce sont des comp5sations p> quoi la ju/ice et l'ordre sont rtablis4 ,crsus n'e/ pas c\pable2 il e/ trop heureux2 il doit connatre le malheur2 il le connatra2 il s]a t\t prs de la mort et d'une mort horrible2 mais1 comme il a reconnu la ju/esse des p>oles de ,solon1 comme il a expi son bonheur1 son bonheur lui s]a p>donn et il aura une vieillesse heureuse4 dipe n'e/ pas c\pable2 il e/ trop heureux1 trop orgueilleux aussi de son bonheur et de sa supriorit intellectuelle4 ,il a dc\v]t le secret de la ,sph9x1 rsolu ses nigmes1 il e/ dev5u roi puissant2 il doit connatre le malheur2 il le connatra2 mais comme il s'e/ humili1 comme il a expi1 comme il a accept ses s\ffrances1 les mrites de l'expiation en f]ont un tre sacr1 un sa9t1 dont le tombeau my/rieux protg]a1 bnira la t]re o il e/4 ,bi5 des s5tim5ts div]s se runiss5t1 se ml5t et1 p\r a9si p>l]1 flott5t dans cette conception de la ,nmsis3 le s5tim5t dmocratique3 le bonheur des gr&s e/ insol5t1 p> lui-mme1 ne fuss5t-ils pas insol5ts ni injurieux eux-mmes2 il doit tre av]ti p> des rev]s2 ,dieu les frappe p\r n\s av]tir1 p\r les av]tir1 p\r n\s av]tir t\s1 eux et n\s2--le s5tim5t ari/ocratique aussi3 il y a1 au-dessus de l'ari/ocratie huma9e1 une ari/ocratie cle/e qui n'aime pas les trop heureux1 qui aime la temprance1 la modration et non pas sans d\te l'galit1 mais une c]ta9e quival5ce df9itive p>mi les hommes et qui e/ ce que devrait tre l'ari/ocratie huma9e et qui donne celle-ci l'exemple et les leons2--le s5tim5t d'une c]ta9e ju/ice imman5te de la nature1 d'un rve de ju/ice que la nature ralise moiti2 les plus hauts sommets1 acrocrauni5s1 sont les plus f\droys1 les gr&s p9s sont en butte aux c\ps de la tempte et la rage des v5ts brise plutt le fate des palais de nos rois que des toits des b]g]s2 de mme dans la socit les gr&eurs sont scabreuses et les sommits sont glissantes2 l'univ]s n'e/ pas si inju/e qu'il p>at2 il a comme des essais de rtablissem5t de l'ordre que si s\v5t il viole ou semble viol]2 t\t cela e/ une demi-rvlation de la ju/ice df9itive et suprme qui doit se ralis] ailleurs2 les premi]s s]ont les d]ni]s4 ,l'ide de la ,nmsis e/ t]nelle2 elle e/ mo9s =te *ez n\s que *ez les anci5s1 qui avai5t plus d'imag9ation que n\s2 elle e/ s5sible encore2 le peuple dit3 ,qu'il ne soit pas si fi]6 ,il ne sait pas ce qu'il devi5dra2 nul ne peut dire3 ,j'ai t heureux1 avant sa mort4 ,c'e/ le mot de ,solon1 t\j\rs rpt1 t\j\rs vrai du re/e4 ,les hommes ont peur du bonheur4 ,ils n'ont pas tort1 puisque le bonheur les enivre1 les jette dans la fureur et la dm5ce2 ils y voi5t comme une t5tation de quelque ,dieu jal\x4 ,l'in/9ct social1 qui dsire qu'il y ait de la modration dans les dsirs1 inspire aux hommes une frayeur salutaire de ce qu'ils convoit5t le plus et met comme un remords dans la concupisc5ce4 ,il enseigne aux petits de ne pas envi] des succs qui ne sont qu'un pige2 aux gr&s de ne pas se fi] une gr&eur qui e/ un dang]4 ,,*apitre ,,viii ,,la ,r,,v]sibilit ,,des ,,fautes ,les hommes ont cru et beauc\p d'hommes croi5t encore la rv]sibilit des fautes1 c'e/--dire la solid>it dans le crime1 c'e/--dire ceci que1 p>ce que les pres ont p*1 les fils peuv5t tre punis1 doiv5t tre punis4 ,ce dogme e/ peut-tre aussi anci5 que les socits huma9es4 ,solon dit avec une cl>t absolue et une dcision tran*ante3 ,la vigilance de ,zeus n'oublie jamais celui dont l'me e/ crim9elle et1 en dpit de t\t1 il se montre la f94 ,mais l'expiation arrive t\t de suite p\r l'un1 plus t>d seulem5t p\r l'autre2 si les c\pables y *app5t eux-mmes1 si la ju/ice des dieux ou la de/9e v\lue p> les dieux1 ne se prcipite pas p\r les frapp]1 elle vi5t cep5dant un j\r3 les enfants innoc5ts ou les gnrations suivantes pay5t la dette des pres4 ,p9d>e dit t\t de mme3 ,*acun e/ responsable des uvres de ses anctres et de leur de/9e4 ,l'expiation e/ atavique4 ,on sait qu'un des (fices des prtres ou religieux orphiques tait de remettre les p*s de t\te la famille qui se confiait eux1 depuis les anctres jusqu'aux d]ni]s des petits-enfants4 ,cette solid>it de t\te une famille1 voire de t\t un peuple1 voire de t\te l'humanit dans la faute1 e/ une ide qui remplit t\te la ,bible4 ,l'humanit e/ punie p> la faute de son premi] pre env]s ,dieu4 ,adam a condamn t\s ses enfants1 il les a t\s envelopps dans son crime4 ,comm5t l'aurais-je fait si je n'tais pas n8--,si ce n'e/ toi1 c'e/ donc ton pre4 ,c>1 comme p>le ,job1 qui peut r5dre pur celui qui e/ n d'une s\rce impure8 et3 ,qu'e/-ce que l'homme p\r tre sans ta*e et p\r p>atre ju/e tant n d'une femme8 et comme p>le ,david3 ,v\s savez que j'ai t =m dans l'iniquit et que ma mre m'a conu dans le p*4 ,je ne multipli]ai pas ces exemples4 ,il ne faut pas croire que des mod]nes seulem5t ai5t prote/ contre cette conception qui blesse notre s5tim5t de ju/ice individuelle en faisant1 du crime et de la faute1 des *oses qui ne sont plus individuelles4 ,!ognis s'indignait dj contre cette ide#d4 ,pr(ondm5t inquiet de l'inju/ice des dieux sur la t]re1 repro*ant ,zeus de mettre sur le mme rang ici-bas le prv>icateur et le ju/e1 le modr et le viol5t1 plus =te raison il s'indignait de ce que les fautes des c\pables retombass5t sur les innoc5ts3 ,gr& ,zeus1 s'il plat aux dieux que le sclrat aime la viol5ce1 que ne leur plat-il aussi qu'il expie ensuite lui-mme le mal qu'il a fait1 sans que les transgressions des pres fass5t plus t>d le malheur des enfants et que les enfants d'un pre inju/e1 qui p5s5t et agiss5t selon la ju/ice1 qui craign5t ta colre1 fils de ,*ronos1 et se di/+u5t p>mi leurs concitoy5s p> leur am\r de la ju/ice1 n'ai5t po9t pay] les crimes pat]nels8 ,telle devrait tre la volont des div9its bi5heureuses2 mais en ralit le c\pable *appe1 et c'e/ sur un autre que1 plus t>d1 tombe le *tim5t4 #d ,cf4 ,jules ,gir>d1 le ,s5tim5t religieux en ,grce4 ,deux sicles aprs1 ,bion de ,bory/hne1 philosophe cynique1 qui tait trs spirituel1 fit rem>qu] que les dieux1 en *tiant les enfants des c\pables1 sont aussi ridicules1 s9on un peu plus1 qu'un mdec9 qui drogu]ait un fils ou un petit-fils p\r la maladie de son pre ou de son aeul--sans se d\t] que c'e/ prcism5t ce que font les mdec9s dans quatre-v+ts cas sur c5t4 ,transport *ez les mod]nes p> le *ri/ianisme1 qui en cela a accept l'hritage de la ,bible1 le dogme de la rv]sibilit des pe9es a tonn beauc\p d'esprits1 qui les uns l'ont rejet1 les autres ont *]* l'expliqu]1 les autres ont tir de son absurdit mme1 ou1 si l'on veut1 de ce qu'il avait de p>adoxal1 une raison de l'admettre4 ,pascal raisonne a9si3 ,le p* orig9el e/ folie devant les hommes2 mais on le donne p\r tel4 ,v\s ne me devez donc pas repro*] le dfaut de raison en cette doctr9e puisque je la donne p\r tre sans raison4 ,mais cette folie e/ plus sage que t\te la sagesse des hommes2 c> sans cela que dira-t-on qu'e/ l'homme8 ,t\t son tat dp5d de ce po9t imp]ceptible4 ,et comm5t s'en ft-il ap]u p> sa raison1 puisque c'e/ une *ose au-dessus de sa raison1 et puisque sa raison1 bi5 lo9 de l'inv5t] p> ses voies1 s'en loigne qu& on le lui prs5te8 ,oui1 assurm5t le p* orig9el e/ un sc&ale de notre ent5dem5t4 ,il e/ sans d\te qu'il n'y a ri5 qui *oque plus notre raison que de dire que la faute du premi] homme ait r5du c\pables ceux qui1 tant si loigns de cette s\rce1 sembl5t incapables d'y p>ticip]4 ,cet c\lem5t ne n\s p>at pas seulem5t impossible1 il n\s p>at trs inju/e2 c> qu'y a-t-il de plus contraire aux rgles de notre misrable ju/ice que de damn] t]nellem5t un enfant incapable de volont p\r un p* commis six mille ans avant qu'il ft un tre8 ,c]ta9em5t ri5 ne n\s heurte plus que cette doctr9e4 ,mais cep5dant considrez que ce my/re e/ intelligible en ce s5s que c'e/ n\s qui s]ions in9telligibles s'il n'tait pas3 ,sans ce my/re1 le plus incomprh5sible de t\s1 n\s sommes incomprh5sibles n\s-mmes4 ,le nud de notre condition pr5d ses replis et ses t\rs dans cet abme2 de sorte que l'homme e/ plus inconcevable sans ce my/re que ce my/re n'e/ inconcevable l'homme4 ,en effet1--voici le raisonnem5t1--l'homme e/ incomplet1 donc l'homme e/ d\ble1 et sa duplexit e/ explique p> la *ute3 ,si l'homme n'avait jamais t que corrompu1 il n'aurait aucune ide ni de la vrit ni de la batitude4 ,si l'homme n'avait jamais t corrompu1 il j\irait dans son innoc5ce et de la vrit et de la flicit avec assurance4 ,mais 7malheureux que n\s sommes et plus que s'il n'y avait pas de gr&eur dans notre condition71 n\s avons une ide du bonheur et n\s ne p\vons pas y arriv]2 n\s s5tons une image de la vrit et n\s ne possdons que le m5songe1 incapables d'ignor] absolum5t et de savoir c]ta9em5t1 tant il e/ manife/e que n\s avons t dans un degr de p]fection dont n\s sommes d*us#e4 #e ,sur quoi l'intrpide ,erne/ ,havet s'crit3 ,il le suppose1 il ne le pr\ve pas1 et p> o le pr\v]ait-il8 ,comm5t savoir qu'on e/ dans le faux si on ne connat pas le vrai8444--,si ,pascal avait crit inc]titude au lieu de m5songe 7et son raisonnem5t re/]ait le mme71 je suppose qu',havet n'aurait pas le front de s'inscrire en faux4 ,on voit comm5t ,pascal explique la rv]sibilit4 ,il explique l'impuissance1 l'inc]titude et l'incohr5ce de l'homme p> une rupture d'quilibre2 cette rupture d'quilibre1 c'e/ la *ute4 ,mais la *ute e/ le fait d'un seul homme4 ,puisque la rupture d'quilibre subsi/e1 il faut bi5 croire que sa faute s'e/ t5due ses desc5dants1 ce qui r5d l'homme intelligible4 ,je dis cela un peu p\r montr] que ,s*]] a t lg] en disant que sur ce po9t ,pascal n'avait que pos la "q3 ,on sait quoi s'en t5ir avec des apologi/es de cette trempe1 et si de cette manire les que/ions ne sont pas rsolues1 du mo9s elles sont vig\reusem5t poses4 ,pascal n'a pas seulem5t pos la "q2 il l'a s9on rsolue1 du mo9s trs vig\reusem5t argum5te4 ,le dfaut de son argum5tation n'e/ que celui-ci3 l'homme e/ incomplet1 donc il e/ d\ble1 donc il e/ en deux morceaux1 ce qui indique cassure4 ,non4 ,p\rquoi s]ait-il d\ble8 ,il e/ incomplet1 comme t\s les animaux1 voil t\t ce que n\s en savons4 ,et qu'il soit incomplet1 cela ne po/ule aucune espce d'explication4 ,l'tonnant s]ait qu'il ne le ft pas4 ,guizot1 dont la discussion vaut qu'on la pr5ne =t au srieux1 a1 lui aussi1 entrepris de df5dre le p* orig9el4 ,il le ratta*e =tem5t la "q de l'exi/5ce du mal sur la t]re4 ,dieu a d crer l'homme p\r la v]tu et le bonheur1 aimant la v]tu et n'tant pas m*ant4 ,or1 l'homme e/ vicieux et misrable4 ,c'e/ inexplicable1 mo9s de suppos] que l'homme a mrit p> une premire faute de n'tre pas innoc5t et de n'tre pas heureux4 ,et il a a9si corrompu sa nature1 qui1 p> hrdit1 s'e/ transmise corrompue t\s ses desc5dants4 ,raisonnem5t spcieux1 mais trs fragile4 ,sur le premi] po9t1 si l'homme p> une premire faute a dmrit de ,dieu1 c'e/ donc que ,dieu l'avait cr capable de faute1 donc non innoc5t1 ce qui e/ le contraire de ce que ,dieu aurait d faire s'il e/ bon4 ,sur le second po9t1 que l'homme ait en p*ant corrompu sa nature et celle de t\s ses desc5dants1 cela aussi n'a pu tre possible que p> la volont de ,dieu2 et ,dieu qui devi5t responsable de cette inju/ice qui consi/e en ce que les fautes ne soi5t pas p]sonnelles1 devi5t responsable de cette iniquit qui consi/e en ce que j'ai p* en ,adam4 ,aj\tez que ma nature hrditaire et moi1 cela fait deux2 que si c'e/ ,adam1 c'e/--dire ma nature hrditaire1 qui p*e en moi1 ce n'e/ pas moi1 ce n'e/ pas le moi volontaire4 ,je suis de mauvaise nature et de bonne volont4 ,punir un homme de bonne volont cause de sa mauvaise nature e/ trs inju/e1 surt\t qu&1 de cette mauvaise nature1 c'e/ le punisseur1 a9si que n\s avons essay de le dmontr]1 qui e/ la cause4 ,il n'e/ pas probable que ce soit dans des ides ?ologiques que les anci5s1 au mo9s les anci5s qui tai5t poly?i/es1 ai5t pris l'ide de la rv]sibilit des pe9es4 ,cette ide e/ selon moi une ide t\te sociale1 qui a r5contr1 *em9 faisant1 des ides ?ologiques et qui s'y e/ accommode1 qui s'y e/ aju/e plus ou mo9s4 ,c'e/ une ide t\te sociale4 ,l'homme1 vivre en socit1 s'e/ ap]u3 #a que les maladies se transmettai5t des pres aux enfants1 ce qui e/ beauc\p plus s5sible dans la vie sociale1 rassemble et ress]re1 que dans la vie familiale ou grgaire2 #b et surt\t que la cit s\ffrait t\j\rs des erreurs et des sottises des anctres1 beauc\p plus que de ses erreurs et sottises prs5tes1 actuelles4 ,du mo9s1 c'e/ a9si que les *oses app>aiss5t4 ,on ne voit pas1 on voit mal les imprud5ces que l'on commet socialem5t2 on e/ t\j\rs port ne pas les voir ou s'aveugl] sur elles2 on voit trs bi51 trop bi51 on s'exagre les fautes autrefois commises et dont les consqu5ces ou ce qui semble en tre les consqu5ces1 clat5t aux yeux l'heure o l'on e/4--,l'homme a donc deux raisons p\r une de croire la rv]sibilit des fautes commises4 ,la premire de ces deux raisons e/ trs =te4 ,le spirituel ,bion de ,bory/hne1 qu& il disait que punir les petits-enfants p\r la faute des aeux c'tait comme purg] un petit-fils p\r la maladie de son gr&-pre1 croyait triomph] et tait un peu battu2 il donnait contre la raison qui e/ p\r4 ,oui1 ju/em5t1 les mdec9s soign5t en n\s les maladies de nos aeux1 et les anci5s n'tai5t pas sans s'tre ap]u de cela4 ,a la vrit1 n\s le savons mieux qu'eux1 et1 p> p>5?se1 c'e/ mesure que n\s connaissons mieux la rv]sibilit des maladies que n\s croyons mo9s la rv]sibilit des fautes2 mais enf9 ils ne laissai5t pas d'avoir t frapps de l'hrdit des tats morbides4 ,cette hrdit tait p\r ,brunetire un trs gr& argum5t en faveur du p* orig9el1 et1 avec les ress\rces de son gnie1 il lui donnait une =ce extraord9aire4 ,ici1 rptait-il1 n\s sommes sur un t]ra9 bi5 solide1 celui des faits4 ,n\s croyons l'hrdit physiologique et n\s croyons l'hrdit morale1 n\s croyons que les dia?ses se transmett5t et que les c>actres se transmett5t2 or1 qu'il y ait une hrdit crim9elle et p> consqu5t une solid>it crim9elle1 non seulem5t c'e/ analogue1 mais c'e/ la mme *ose4 ,c'e/ la mme *ose1 oui2 ab/raction faite de la lib]t1 ab/raction faite de la volont4 ,si n\s sommes absolum5t dt]m9s1 si notre hrdit n\s =ce absolum5t faire t\s les actes que n\s faisons1 il e/ inconte/able que la faute n'e/ pas p]sonnelle et qu'en moi c'e/ t\te la srie de mes asc5dants qui fait le mal2 mes asc5dants et moi n\s ne sommes qu'une longue *ane1 qu'une longue c\rroie de transmission du p*2 p\r mieux dire1 qu'un seul animal se prolongeant dans le temps et qui fait1 comme si c'tait d'un seul c\p1 t\s les actes mauvais que l'on voit commis4 ,mais s'il n'y a *ez n\s ni volont ni lib]t1 il n'y a pas responsabilit4 ,or1 c'e/ prcism5t de responsabilit qu'il s'agit avec le p* orig9el4 ,le p* orig9el impute moi comme responsable la faute de l'aeul4 ,il me condamne et me damne1 comme dit ,pascal1 donc me ti5t p\r c\pable p\r une faute qui n'e/ pas de moi4 ,donc il croit ma volont1 ma lib]t et en mme temps il m'impute un acte o1 p> df9ition1 ma lib]t n'e/ p\r ri51 et c'e/ en cela qu'il e/ incohr5t4 ,il y a hrdit de dia?ses1 oui2 et solid>it de dia?ses1 oui2 hrdit de c>actres1 oui2 et solid>it de c>actres1 oui2 mais hrdit et solid>it de culpabilit1 non2 puisque la culpabilit c'e/ prcism5t l'homme considr comme p]sonnel1 considr comme ne dp5dant pas de ses procrateurs1 ou considr en ce qui1 dans lui1 ne dp5d pas de ses procrateurs#f4 #f ,cf4 ,s*]]1 tudes sur la littrature contempora9e1 ,,iv1 #ac1 et ,,viii1 #h4 ,il n'en e/ pas mo9s que l'hrdit morbide devait s+ulirem5t frapp] les anci5s et les incl9] trs naturellem5t1 je le reconnais1 v]s l'ide de la rv]sibilit des fautes4 ,si1 d'une "p1 ils voyai5t1 ce qui n'tait pas se tromp]1 les maladies se transmettre2 si1 d'autre "p1 ils croyai5t--c'e/ ici que l'ide sociale r5contre l'ide religieuse comme je l'annonais--que la maladie e/ un *tim5t1 e/ une maldiction1 ne les voil-t-il pas ple9em5t dans l'ide complexe d'une hrdit morbide qui e/ une punition1 qui desc5d1 qui c\le1 comme disait ,pascal1 des pres aux fils8 ,or1 ju/em5t ils croyai5t que la maladie e/ un *tim5t1 une maldiction4 ,la rv]sibilit des fautes leur app>aissait donc dans la rv]sibilit des maladies4 ,de la r5contre d'une ide de fait1 ide sociale1 et d'une croyance religieuse1 sortait comme =cm5t la croyance la rv]sibilit des erreurs1 des fautes et des crimes4 ,plus encore1 peut-tre elle sortait de cette considration1 sociale aussi1 du malheur social1 du malheur politique que les anctres v]s5t1 p\r a9si p>l]1 sur leurs desc5dants4 ,c'e/ videmm5t la faute d',alcibiade ou de ,clon1 si la ,rpublique e/ tombe si bas et se tr\ve si malheureuse4 ,ils ont commis des fautes4 ,c'e/ n\s qui en sommes punis4 ,comme fait1 c'e/ inconte/able4 ,e/-ce ju/e8 ,il ne semble pas4 ,mais enf9 c'e/ l'ordre naturel4 ,et que ce soit l'ordre naturel1 cela n'indique-t-il pas qu'il y a un quelque *ose qui veut que les fautes soi5t payes1 un quelque *ose1 qui du re/e n\s dpasse et n\s surplombe et qui ne s'arrte pas p>ce que notre vie individuelle s'arrte1 dont la loi de comp5sation va son *em9 et1 non satisfaite au temps d'une gnration1 se satisfait au temps des gnrations suivantes8 ,ce quelque *ose1 c'e/ la ju/ice1 c'e/ la ,dik1 c'e/ un ,dieu p\r qui1 p>ce qu'il e/ t]nel1 l'humanit e/ un seul homme2 et que le petit-fils soit puni p\r les fautes du gr&-pre1 ce n'e/ pas autre *ose qu'un homme puni dans sa vieillesse p\r les fautes de sa jeunesse4--,de la r5contre d'une ide de fait1 ide sociale1 et d'un tat d'me religieux sortait comme =cm5t1 assez naturellem5t du mo9s1 la croyance en la rv]sibilit des erreurs1 des fautes et des crimes4 ,rem>quez que l'tat social enfonce cette ide de la solid>it morale dans les esprits1 p\r ce qui e/ du temps o l'on vit4 ,ceci e/ la solid>it du mal1 si bi5 analyse p> ,r5\vi]4 tes-v\s c\pable qu& v\s faites le mal8 ,jamais compltem5t4 ,jamais la faute ne v\s e/ imputable v\s seul4 ,v\s faites le mal1 p>ce que1 dans l'tat social1 v\s tes =c de faire le mal p> le mal qu'on fait aut\r de v\s4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui abus5t de la *>it1 v\s ne faites pas la *>it ou la faites mo9s que v\s ne devriez la faire4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui se p\ss5t p> l'intrigue1 v\s tes =c d'intrigu] un peu4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui us5t de *>latanisme1 v\s ne p\vez pas v\s pass] ni v\s ab/5ir absolum5t de *>latanisme4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui sont de trs gr&s voleurs1 v\s tes =c de vol] un peu p\r n'tre pas cras p> la concurr5ce4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui conquir5t les femmes p> leurs flatt]ies et cajol]ies1 v\s tes =c de conqurir et ret5ir la vtre p> autre *ose que votre seule v]tu4 ,p>ce qu'il y a des g5s qui tu5t1 v\s tes =c de tu]1 en lgitime df5se1 il e/ vrai1 ou en quasi lgitime df5se2 mais enf91 v\s tuez ou v\s v\s disposez tu]1 v\s v\s prp>ez tu]2 v\s avez un revolv] dans votre po*e4 ,c'e/ la solid>it du mal2 c'e/ une des plaies sociales les plus tri/es1 c'e/ la plaie sociale p> excell5ce4 ,donc le crime n'e/ pas p]sonnel1 il n'e/ pas t\t fait p]sonnel4 ,dans votre faute il y a de la faute d'un autre2 dans la faute d'un autre il y a de votre faute4 ,v\s tes complice de t\t le monde1 t\t le monde e/ complice de v\s4 ,la complicit sociale n\s enveloppe et n\s pntre1 et n\s rayonnons en t\s s5s dans la complicit sociale4 ,la socit p*e en moi1 p>ce que la socit p*e en commun1 p*e globalem5t4 ,t\te faute e/ p>tiellem5t un acte p]sonnel1 p>tiellem5t un acte social4 ,mais alors1 si les fautes ne sont que p>tiellem5t p]sonnelles1 s'il y a une solid>it du mal1 p\rquoi le remde de la faute1 p\rquoi le *tim5t1 ne s]ait-il pas1 lui aussi1 non p]sonnel1 mais social8 ,p\rquoi ne s]ions-n\s pas solidaires dans le *tim5t comme dans la faute1 dans la mdication comme dans la maladie8 ,p\rquoi les dieux ne me punirai5t-ils pas p\r la faute d'un autre1 puisque la faute d'un autre1 je l'ai commise1 puisque la faute d'un autre1 j'en suis p>tiellem5t c\pable8 ,et la socit1 ne vivant pas un seul mom5t1 mais se prolongeant dans le temps1 tant un tre qui engrne en lui les vies successives des hommes1 p\rquoi ne s]ais-je pas aussi responsable des fautes des hommes du temps pass que des fautes des hommes de mon temps8 ,je p*e p> la faute d',alcibiade ou de ,pricls 7c'e/ dans ,platon71 cela me d*>ge1 oui2 mais cela me *>ge aussi1 c> il y a une solid>it entre ,pricls et moi1 et si ,pricls p*e en moi1 j'ai p* d'avance en ,pricls4 ,mais oui2 c> si ,pricls a tabli telles et telles in/itutions1 tel et tel esprit gnral de la cit1 tel tat social1 c'e/ cause du c>actre gnral des ,a?ni5s1 qui exigeait ou comportait ces in/itutions et cet esprit2 donc c'e/ en prvision de n\s1 c'e/ en prvision de moi2 j'ai p* d'avance en ,pricls4 ,solid>it sociale dans un temps donn1 solid>it sociale mme trav]s les temps1 solid>it du mal entre les citoy5s d'un mme temps1 solid>it du mal mme entre les citoy5s trav]s les temps2 solid>it du *tim5t puisqu'il y a solid>it du mal2 voil l'ide t\t entire4 ,de la r5contre de plusieurs ides de fait1 ides sociales1 et d'une croyance religieuse1 e/ sortie1 comme =cm5t1 la croyance en la rv]sibilit des erreurs1 des fautes1 des crimes et des punitions4 ,cette croyance e/ donc beauc\p plus naturelle et mme beauc\p plus logique qu'on ne croit4 ,c'e/ elle qui e/1 plus que d'autres1 le produit naturel de l'tat social et de l'in/9ct social lui-mme4 ,il a fallu le progrs de l'individualisme mod]ne p\r qu'elle s'obscurct et p\r qu'elle p>t fausse et comme b>b>e4 --,mais e/-elle morale8 ,n'e/-elle pas1 cont5ant videmm5t un c]ta9 fatalisme1 n'e/-elle pas une immoralit8--,comme cela dp5d des po9ts de vue6 ,vue dans un reg>d en arrire1 cette ide e/ d'une moralit trs d\teuse2 vue dans un reg>d en avant1 ce quoi on ne songe jamais1 elle e/ d'une moralit trs apprciable4 ,si je songe que je suis puni p\r les fautes de ,napolon ,i]1 ce qui du re/e e/ p>faitem5t vritable1 je tr\ve cela trs immoral2 mais si je songe que mes desc5dants s]ont punis p\r mes fautes1 je ne vois ri5 qui puisse me p\ss] davantage n'en pas commettre4 ,si je p5se qu'en contractant telle maladie que je puis ne pas contract]1 je gte t\te ma po/rit2 si je p5se qu'en faisant p> cupidit1 p> am\r du con=t et du luxe un m>iage honteux avec une folle1 une idiote1 une malade2 ou1 simplem5t1 qu'en faisant un m>iage sans am\r1 je risque trs =t d'avoir des enfants et des petits-enfants malades1 arrirs ou t\t au mo9s mal v5us2 si je songe1 citoy51 qu'en obissant mes passions ou mes intrts1 je contribue crer des in/itutions mauvaises qui ru9]ont mon pays1 qui f]ont vivre mes enfants et mes neveux s\s un despotisme odieux1 d'un homme ou de la f\le1 ou s\s la m5ace imprieuse d'un trang] insol5t1 ou s\s la dom9ation d'un trang] qui ces in/itutions auront fait trs facile la m>*e victorieuse jusqu'au cur de mon pays2 si je songe t\t cela1 la loi1 vraie ou fausse1 de la rv]sibilit des fautes et de la rv]sibilit des *tim5ts m'app>atra comme la *ose du monde la plus propre me ma9t5ir1 comme jal\sem5t1 comme passionnm5t1 dans la v]tu1 dans la probit1 dans la droiture et1 sans all] si lo91 dans le bon s5s4 ,du fond du pass mes aeux me cri5t3 ,tu es malheureux1 p>ce que n\s avons t crim9els et f\s2 c'e/ la loi et je me rvolte2--mais du fond de l'av5ir mes enfants me cri5t3 ,sauve-n\s6 ,ne n\s tue pas6 ,ne n\s fais pas natre p\r n\s tu]6 ,ne n\s fais pas natre m\rants6 ,n\s dp5dons de ta v]tu et de ta sagesse2 n\s dp5dons de ton bon s5s2 n\s dp5dons de ta civilisation ou de ta b>b>ie2 fils de ton corps1 n\s dp5dons de ton me4 ,ne n\s sacrifie pas tes intrts d'un j\r et tes passions d'une m9ute4 ,vis en n\s p> ta prvision1 p> ta prvoyance1 p> ta prud5ce4 ,vis en n\s1 ce qui e/ peut-tre la seule faon d'tre immortel1 et ce qui trs probablem5t a donn le dsir et p> consqu5t l'ide de l'immortalit4 ,et le prjug qui met a9si l'individu en prs5ce de l'innombrable po/rit comme devant un imm5se conseil de famille qui a la fois le supplie1 l'adjure1 l'exhorte et le juge1 e/ une des =mes1 accid5telles et imprvues1 je le veux bi51 mais imposantes et mme t]ribles1 de la morale t]nelle4 ,,*apitre ,,ix ,,le ,,culte ,,de ,,la ,,=ce ,la premire *ose dont les hommes s'ap]ur5t qu& ils fur5t en socit et mme avant1 sans d\te1 mais beauc\p plus qu& ils y fur5t1 fut qu'il y a entre les hommes des diffr5ces trs considrables et que tel homme beauc\p plus =t qu'un autre tr\ve t\j\rs son suprieur en =ce4 ,l'9galit e/ une loi naturelle dans l'humanit comme dans la nature proprem5t dite4 ,les hommes en ont conclu que la =ce tait un privilge1 une *ose accorde1 un don des puissances suprieures1 quelque *ose de my/rieux ayant une orig9e transc5dantale4 ,n\s ne sommes pas encore si lo9 des orig9es de l'humanit que v\s n'ayez rem>qu ceci que n\s n\s faisons un mrite des qualits que n\s n'avons aucun mrite possd]4 ,de quoi sommes-n\s fi]s8 ,de notre =ce1 de notre grce1 de notre beaut1 de notre adresse1 de notre esprit4 ,de notre bont1 de notre pati5ce1 de notre labeur1 jamais1 ou trs r>em5t et p> rflexion4 ,p\rquoi cela8 ,p>ce que =ce1 grce1 adresse1 beaut1 esprit1 n\s vi5n5t de la nature1 n\s sont inns2 et que bont1 pati5ce1 application1 labeur1 vi5n5t de n\s1 ou n\s p>aiss5t v5ir de n\s1 sont ou p>aiss5t tre des produits de notre volont4 ,de sorte que ce quoi n\s n'avons aucun mrite c'e/ de quoi n\s tirons vanit2 et ce qui e/ t\t notre mrite c'e/ de quoi n\s ne n\s flattons po9t4 ,ce que dit ,la ,ro*ef\cauld du cur et de l'esprit n'e/ po9t contradictoire ce que je fais rem>qu]4 ,il dit3 ,*acun dit du bi5 de son cur et p]sonne n'ose en dire de son esprit4 ,mais1 s'il v\s plat1 cela ti5t ce que l'on dit le contraire de ce qu'on p5se4 ,*acun dit du bi5 de son cur p>ce que t\t le monde sait qu'il n'e/ pas vrai que n\s soyons fi]s de notre bont2 et1 t\t le monde sa*ant que n\s sommes trs fi]s de notre esprit1 n\s n'osons pas en dire du bi51 p>ce que ce s]ait manqu] de mode/ie1 p>ce que ce s]ait tal] notre vanit2 et donc c'e/ bi5 de notre esprit que n\s sommes fi]s et de notre cur que n\s ne le sommes pas4 ,la *ose de soi que l'on peut l\] sans ridicule1 c'e/ la *ose dont t\t le monde sait que n\s ne n\s enorgueillissons po9t4 ,d'o vi5t donc que n\s ne n\s faisons pas un mrite des *oses qui1 dp5dant de n\s1 font prcism5t notre mrite8 ,mais ju/em5t de ce que n\s croyons qu'elles dp5d5t de n\s4 ,je suis bon1 je suis pati5t1 je suis discipl91 je suis travailleur444 et1 tant conva9cu que c'e/ p>ce que je le veux1 je suis p]suad que t\t le monde p\rrait l'tre comme moi4 ,donc aucune supriorit4 ,je suis beau1 je suis adroit1 j'ai de la grce1 j'ai de l'esprit4 ,a cela je ne suis p\r ri54 ,j'ai apport t\t cela en naissant4 ,et les autres1 une inf9it d'autres1 p\rront se trm\ss] tant qu'ils v\dront et tant qu'ils p\rront1 ils n'auront ni ma beaut ni mon adresse1 etc4 ,donc c'e/ un privilge2 je suis un privilgi1 je suis un favori des dieux4 ,les hommes ont t frapps des privilges de quelques-uns et ont considr ceux-ci comme des favoriss1 comme des favoris1 comme des lus de quelqu'un et comme des tres dsigns p> ce quelqu'un4 ,ils ont t frapps d'abord du privilge de la =ce physique1 la plus s5sible1 la plus inconte/able1 la plus indiscutable1 la plus capable de se pr\v] *aque in/ant et la plus utile1 aux temps primitifs4 ,trs longtemps ce fut le plus vig\reux qui fut le *ef4 ,inutile d'insi/]4 ,ils s'ap]ur5t ensuite de l'importance de la =ce intellectuelle2 mais ici les *oses tai5t mo9s inconte/ables et mo9s vite pr\ves1 plus div]g5tes du re/e4 ,la =ce intellectuelle s'appliquait1 comme elle s'applique encore1 en diffr5ts s5s1 des objets div]s4 ,elle s'appliquait1 d'une "p1 aux inv5tions1 inv5tion du feu1 inv5tion de la *>rue1 inv5tion de la r\e1 etc4 ,autrem5t dit1 il y avait des hommes de gnie4 ,les hommes de gnie ont en gnral cette de/9e d'tre assomms dans leur temps et d'tre adors comme des dieux dans les temps suivants4 ,et cela e/ bi5 naturel4 ,p> leur inv5tion ils contr>i5t les habitudes1 ils b\lev]s5t t\te la vie de leurs contempora9s2 ils les =c5t faire un ef=t d'adaptation une vie n\velle4 ,ils sont des ennemis4 ,voyez t\t homme1 de nos j\rs1 qui1 en indu/rie1 inv5te un n\veau procd4 ,il e/ dte/ de t\s les indu/riels qu'il oblige r5\vel] t\t leur matriel et1 s'il tait entre leurs ma9s1 p]sonne ne p\rrait rpondre de lui4 ,a9si en a-t-il t des premi]s inv5teurs4 ,on reconnaissait leur =ce intellectuelle1 sans d\te mais1 comme elle tait fune/e1 on la reconnaissait p\r la maudire et ils passai5t non p\r demi-dieux1 mais p\r magici5s4 ,c'e/ la mme *ose1 mais avec une diffr5ce au po9t de vue s5tim5tal4 ,seulem5t1 au b\t d'une gnration ou de deux1 le bi5fait de l'inv5tion s'tant montr d'une faon clatante et l'inv5tion elle-mme s'tant gnralise et l'ef=t d'adaptation aux procds n\veaux n'exi/ant plus1 la mmoire de l'inv5teur tait honore1 son nom glorieux et bni et le magici5 passait demi-dieu4 ,d'autre "p1 la =ce intellectuelle s'ex]ait l'organisation et l'adm9i/ration de la cit et aux oprations de la gu]re4 ,ici elle tait conte/e encore1 s\v5t2 mais s\v5t aussi reconnue4 ,on avait affaire non plus au gnie2 mais au tal5t1 et au tal5t s'adaptant la vie telle qu'elle tait1 t\t au plus l'amliorant p> petits progrs au lieu de la b\lev]s]3 ,c'e/ s\s cette =me que la =ce fut t\t p>ticulirem5t honore et respecte4 ,concurremm5t celle-ci1 deux =ces trs analogues c]ta9s po9ts de vue1 quoique trs diffr5tes c]ta9s autres1 se rvlr5t4 ,ce fur5t des =ces de rassemblem5t et de cohsion4 ,un c]ta9 nombre d'hommes1 non plus vig\reux individuellem5t que les autres1 non plus intellig5ts individuellem5t que les autres1 avai5t l'in/9ct de rassemblem5t1 s'unissai5t et v\lai5t re/] unis4 ,v\lant re/] unis1 ils s'avisr5t que1 p\r re/] a9si1 il fallait s'obir les uns aux autres d'une faon trs exacte et trs rgulire1 s'obir d'aprs un classem5t des individus et d'aprs un rglem5t trs prcis4 ,ils crr5t la hir>*ie et la discipl9e4 ,rassemblem5t1 hir>*ie et discipl9e1 c'tait la cohsion et p> la cohsion ils tai5t =ts4 ,une n\velle =ce tait cre4 ,la ca/e des gu]ri]s exi/ait4 ,quelquefois elle n'tait pas autre *ose que le re/e et la desc5dance d'une nation trangre qui avait envahi le pays et qui l'avait conquis4 ,quelquefois elle tait auto*tone et se composait des hommes qui1 ayant df5du le pays plus brillamm5t ou plus heureusem5t que d'autres1 avai5t pris dans les camps l'habitude de la hir>*ie et s'tai5t ap]u qu'il n'y avait qu' la ma9t5ir en temps de paix 7c'e/--dire en temps de trve7 p\r dom9] t\te la ville1 p\r se tr\v] plus prts que les autres au mom5t de la gu]re suivante1 p\r en rev5ir avec une =ce plus gr&e encore de cohsion2 et a9si de suite4 ,la f\le les honorait comme les anci5s inv5teurs et comme les organisateurs1 lgislateurs et adm9i/rateurs actuels1 quoiqu'ils n'euss5t ni gnie ni tal5t1 mais p>ce qu'ils avai5t la =ce et aussi p>ce que1 dans cette =ce1 elle admirait le tal5t d'avoir de la =ce1 l'in/9ct de rassemblem5t1 d'union1 de hir>*ie et de cohsion2 et ce titre ils tai5t1 eux aussi1 des favoriss des dieux1 des favoris1 des lus1 des privilgis et des surhommes4 ,qu& ,platon1 dans sa ,rpublique1 organise sa fantaisie sa ca/e des gu]ri]s1 qu& il les montre sobres1 durs eux-mmes1 troitem5t unis1 ne possdant ri5 individuellem5t1 il ne fait qu'exagr] les v]tus relles que la f\le admira dans les premi]s gu]ri]s et qui lui imposr5t1 qui fir5t qu'elle les considra comme une race p>ticulire4 ,exactem5t de la mme manire1 mais s'appuyant d'une autorit plus haute et admettant des lm5ts my/iques1 s'organisr5t les ca/es sac]dotales4 ,elles se composr5t des hommes qui avai5t l'in/9ct du rassemblem5t et de la cohsion p> la hir>*ie4 ,mais elles s'appuyr5t sur les croyances religieuses du peuple et elles s'appliqur5t les int]prt]1 les codifi]1 en quoi elles rpondai5t un vague beso9 et un dsir4 ,elles s'appuyr5t aussi sur des lg5des1 sur des s\v5irs2 elles passr5t1 ce qu'elles ne se s\cir5t po9t de dm5tir et ce qu'elles s'appliqur5t confirm]1 p\r possd] d'anci5s secrets bi5faisants ou r$\tables1 bi5faisants et r$\tables1 selon les mrites des uns et des autres4 ,elles inspirr5t la confiance1 le respect et la t]reur4 ,mais leur pr9cipale autorit1 c'tait leur =ce1 et leur =ce1 c'tait la cohsion4 ,comme la ca/e gu]rire1 la ca/e sac]dotale tait hir>*ise et discipl9e4 ,comme la ca/e gu]rire1 elle tait s]re aut\r d'un drapeau et aut\r d'un *ef2 comme la ca/e gu]rire1 elle avait sa rgle elle1 sa loi p>ticulire1 laquelle elle obissait /rictem5t4 ,comme la ca/e gu]rire1 elle tait non seulem5t une =ce1 ce qui aurait suffi p\r qu'elle ft respecte et mme obie2 mais elle tait une =ce au s]vice de la cit1 une des =ces sociales3 la ca/e gu]rire df5dait la cit contre l'ennemi2 la ca/e sac]dotale df5dait la cit contre les dieux1 t\j\rs r$\ts l'gal de l'ennemi4 ,elle les apaisait1 elle les ad\cissait1 elle les ds>mait1 peut-tre elle les trompait4 ,elle les r5dait favorables4 ,elle les va9quait presque3 c> prvoir c'e/ va9cre1 et elle pntrait leurs desse9s4 ,elle savait ce qu'ils v\drai5t1 sci5ce qui p]mettait1 non pas sans d\te de leur dsobir1 mais de pr5dre ses dispositions p\r leur obir de la faon la plus favorable4 ,elle les faisait p>l]1 ce qui tait les ds>m] demi1 puisque la =ce la plus r$\table e/ la =ce muette1 dont on ne sait quoi att5dre et quoi n'att5dre po9t4 ,a9si la cit respirait1 encadre entre ses deux armes df5sives1 l'une qui avait l'habitude de l'ennemi t]re/re1 qui le connaissait1 qui le t5ait du reg>d1 qui l'piait1 qui surveillait t\s ses m\vem5ts1 qui tait t\j\rs prte la df5se1 t\j\rs prte aussi p\r les mom5ts o le bon moy5 de se df5dre e/ d'attaqu]2 l'autre qui avait l'habitude de l'ennemi cle/e1 qui le connaissait1 qui savait ses exig5ces1 ses susceptibilits et ses impati5ces1 qui ne le quittait po9t des yeux1 qui l'amusait1 qui l'endormait1 qui lui payait ranon1 qui lui cdait quelque *ose p\r avoir davantage1 qui signait avec lui des traits1 concluait avec lui des alliances et avait t\j\rs des intellig5ces dans la place4 ,il en e/ de ces =ces de cohsion dans la cit1 comme des =ces de cohsion dans le g5re huma9 lui-mme4 ,dans le g5re huma91 les hommes qui ont volont de puissance et qui se reconnaiss5t et se r5contr5t dans cette volont de puissance1 acquir5t la volont de puissance collective2 ds ce mom5t1 ils font un peuple1 fut-il compos de c5t familles2 ils =m5t noyau et ils s'annex5t les p>ties molles de l'humanit4 ,de mme dans la cit faite1 cont9uant le mme m\vem5t1 les individus d\s de volont de puissance et se r5contrant et se reconnaissant dans cette volont1 acquir5t1 se donn5t et ma9ti5n5t en eux une volont de puissance collective1 =m5t noyau1 =m5t c5tre1 se ramass5t et se contract5t n]giquem5t et s\mett5t eux1 cli5tlis5t1 les p>ties molles de la cit4 ,ces deux =ces de cohsion tai5t sans d\te les plus capables de ma9t5ir la cit dans l'obissance2 mais ce sont prcism5t elles qui1 avec le temps1 enseignr5t la f\le se pass] d'elles et sec\] leur j\g4 ,en effet1 on obx in/9ctivem5t la =ce physique2 on obx in/9ctivem5t la supriorit intellectuelle2 on obx encore in/9ctivem5t1 je l'ai dit1 la cohsion dans laquelle on reconnat une =ce qui e/ prcism5t l'in/9ct et la volont de cohsion4 ,mais p\r ce qui e/ de celle-ci1 on se dit assez naturellem5t qu'tant compose d'individus qui n'ont individuellem5t ni supriorit physique ni supriorit intellectuelle1 une ca/e n'e/ qu'artificiellem5t privilgie et que son privilge e/ t\t factice2 que ce qui fait sa =ce1 savoir l'in/9ct de cohsion1 on peut facilem5t se le donn] et qu'il y suffit de v\loir4 ,le j\r donc arrive o la f\le1 ne ft-ce que p> esprit d'imitation et du re/e p>ce qu'elle e/ in/ruite1 se donne elle-mme l'in/9ct de cohsion1 s'ent5d1 se conc]te1 se ramasse et se contracte et devi5t elle-mme une =ce2 il ne faut pas dire la =ce du nombre2 c> le nombre n'a aucune =ce1 mais la =ce du nombre qui s'e/ ramass1 qui s'e/ donn un c5tre1 qui s'e/ donn des *efs et qui a pris consci5ce de lui-mme4 ,alors la ca/e des gu]ri]s et la ca/e sac]dotale sont rprimes et dim9ues2 et c'e/ la f\le ou plutt la pluralit de la f\le qui g\v]ne dans la socit4 ,cela e/ plus ju/e1 dis5t quelques-uns4 ,cela n'e/ ni plus ni mo9s ju/e1 c'e/ t\j\rs et peut-tre plus que jamais la =ce qui g\v]ne4 ,seulem5t c'e/ une autre =ce4 ,les hommes ont ador la =ce physique2 ils ont ador la =ce intellectuelle2 ils ont ador la =ce d'in/9ct de cohsion2 ils ador5t encore la =ce d'in/9ct de cohsion unie au poids du nombre4 ,pascal a trs bi5 vu t\t cela4 ,l'humanit a le dsir de la ju/ice2 seulem5t1 ne p\vant pas ralis] la ju/ice1 elle a suppos que la ju/ice tait avec la =ce1 avec une =ce1 celle-ci1 celle-ci ou celle-l4 ,ne p\vant pas =tifi] la ju/ice1 ils ont ju/ifi la =ce4--,si on avait pu1 on aurait mis la =ce entre les ma9s de la ju/ice2 mais comme la =ce ne se laisse pas mani] comme on veut1 p>ce que c'e/ une qualit palpable1 au lieu que la ju/ice e/ une qualit spirituelle dont on dispose comme on veut1 on a mis la ju/ice entre les ma9s de la =ce et a9si on appelle ju/ice ce qu'il e/ =ce d'obir4--,il e/ ju/e que ce qui e/ ju/e soit suivi2 il e/ ncessaire que ce qui e/ le plus =t soit suivi4 ,la ju/ice sans la =ce e/ impuissante2 la =ce sans la ju/ice e/ tyrannique4 ,la ju/ice sans la =ce e/ contr$ite on la conte/e t\j\rs p>ce qu'il y a t\j\rs des m*ants4 ,la =ce sans la ju/ice e/ accuse d'tre arbitraire1 d'tre la viol5ce4 ,il faut donc mettre ensemble la ju/ice et la =ce2 faire que ce qui e/ ju/e soit =t et que ce qui e/ =t soit ju/e4 ,mais la ju/ice e/ sujette disputes2 la =ce e/ trs reconnaissable et sans dispute4 ,a9si on n'a pas pu donn] la =ce la ju/ice p>ce que la =ce a contr$it la ju/ice et a dit qu'elle la ju/ice tait inju/e2 et a dit que c'tait elle la =ce qui tait ju/e4 ,et a9si1 ne p\vant faire que ce qui ft ju/e ft =t1 on a fait que ce qui e/ =t ft ju/e4 ,les s\v]a9s sont t5us p\r ju/es p>ce qu'ils ont la =ce2 les ca/es sont t5ues p\r ju/es p>ce qu'elles ont la =ce1 j'ai dit laquelle4 ,la pluralit enf9 e/ t5ue p\r ju/e ds qu'elle s'e/ donn la cohsion4 ,les seules rgles univ]selles sont les lois du pays aux *oses ord9aires2 la pluralit aux autres4 ,d'o vi5t cela8 ,de la =ce qui y e/4 ,=ce de c\tume1 voil p\r les lois2 =ce proprem5t dite1 voil p\r la pluralit4 ,la pluralit n'a aucune autorit1 ri5 qui pr\ve qu'elle ait raison2 c'e/ l'avis des mo9s habiles2 mais elle e/ la meilleure voie1 p>ce qu'elle e/ visible et qu'elle a la =ce p\r se faire obir4--,p\rquoi suit-on la pluralit8 ,e/-ce cause qu'ils ceux qui sont les plus nombreux ont plus de raison8 ,non2 mais plus de =ce4 ,t\t cela e/ la vrit mme4 ,je n'y aj\t]ai que ceci1 c'e/ que les hommes ne font pas1 je crois1 le raisonnem5t que ,pascal leur prte4 ,ils le font aprs c\p1 comme il le fait lui-mme2 ils ne le font pas avant1 ni en mme temps4 ,ils ne se dis5t pas3 il faut attribu] la ju/ice la =ce1 puisque n\s ne p\vons pas donn] la =ce la ju/ice2 il faut ju/ifi] la =ce puisque n\s ne p\vons pas =tifi] la ju/ice2 ils ne se dis5t pas cela2 simplem5t ils aim5t la =ce1 ou1 si l'on veut1 la =ce leur impose et ils ont p\r elle une manire de culte2 et ils l'aim5t successivem5t dans la vigueur physique1 dans la supriorit intellectuelle1 dans l'n]gie de cohsion ou syn]gie sociale1 enf9 dans la pluralit approximativem5t consci5te d'elle-mme4 ,de plus1 ils aim5t la ju/ice1 c'e/--dire l'galit2 c> qu& on analyse l'ide de ju/ice on n'y tr\ve que l'ide d'un niveau1 l'ide que p]sonne ne doit avoir plus qu'un autre4 ,et cette ide e/ contraire et contradictoire l'ide de =ce et la heurte dans l'esprit des hommes1 la heurte absolum5t1 si absolum5t que je ne crois pas que ce soit la ju/ice que les hommes1 mme p> expdi5t1 attribu5t la =ce2 l'incompatibilit e/ trop =te4 ,ce qu'ils attribu5t la =ce1 c'e/ la raison4 ,ils ne ju/ifi5t pas prcism5t la =ce 7 mo9s d'attribu] aux mots ju/e et ju/ifi] un s5s trs l>ge1 et c'e/ ce que fait ,pascal71 ils rationalis5t la =ce2 ils veul5t croire qu'elle a raison2 ils croi5t qu'elle a raison4 ,ceux qui ont p>l du droit de la =ce ont gt p> une expression impropre une ide ju/e4 ,dans l'esprit des hommes la =ce n'a jamais le droit2 mais elle a raison2 il e/ croire qu'elle a raison1 que ce qu'elle fait e/ encore le meilleur qui se puisse faire4 ,ils sont am5s cette conception gnrale p> t\t ce qu'ils voi5t1 p> le spectacle de la nature et p> celui de la socit2 p> le spectacle de la nature qui n'a aucun s\ci de ju/ice1 et c'e/--dire d'galit et o t\t simplem5t les plus =ts viv5t et les plus faibles meur5t2 p> le spectacle de la socit o1 successivem5t1 les plus =ts en raison de telle =ce et les plus =ts en raison de telle autre =ce rgn5t1 dom95t et opprim5t4 ,et qu& ils en arriv5t au rgne de la pluralit1 ils sont plus conva9cus que jamais de cette ide1 puisque1 ayant v\lu r5v]s] la =ce1 ils s'ap]oiv5t qu'ils n'ont fait qu'en intronis] une autre1 et la plus inepte de t\tes4 ,il n'y a donc jamais que la =ce1 se dis5t-ils alors4 ,et p\rquoi non8 ,qu'il n'y ait jamais que la =ce1 c'e/ peut-tre le signe que la =ce a raison1 que le rgne de la =ce e/ con=me l'ordre naturel du monde1 que c'e/ a9si que le monde e/ et que v\loir qu'il ft autrem5t1 ce s]ait la raison contre la raison1 *ose m9emm5t irrationnelle1 ce s]ait une raison individuelle contre la raison univ]selle1 *ose au mo9s va9e4 ,le culte de la =ce e/ *ez les hommes une sorte de culte de con/atation3 les *oses sont a9si2 elles sont tellem5t a9si que les v\loir autrem5t e/ de l'imag9ation1 donc n'e/ pas du bon s5s2 et une *ose e/ trs raisonnable qu& elle ne peut tre combattue et contr$ite que p> une *imre4 ,les hommes ne tr\v5t pas la =ce ju/e1 ils la tr\v5t rationnelle4 ,ils prote/5t t\j\rs contre elle au nom du droit1 et reconnaissant t\j\rs qu'il e/ draisonnable de prote/] contre elle2 mais ils reconnaiss5t p> l mme qu'elle e/ raisonnable1 qu'il y a en elle je ne sais quelle raison suprieure et transc5dante4 ,les hommes honor]ont t\j\rs la =ce s\s ses diffr5tes =mes1 d'abord p> in/9ct naturel1 ensuite p> in/9ct social1 p> s5tim5t qu'ils se sont t\j\rs rallis dans leur cit aut\r de ce qui tait =t2 enf9 p> cette conception gnrale1 que1 si inju/e qu'elle soit t\j\rs1 la =ce a en elle le vrai secret1 la raison pr(onde des *oses1 ce p> quoi le monde e/ ce qu'il e/1 l'esprit p\vant le rv] autrem5t1 mais non pas le faire autre4 ,,*apitre ,x ,l',,ari/ocratie ,le culte de l'ari/ocratie e/ trs analogue au culte de la =ce1 trs analogue surt\t au culte de la =ce de cohsion1 et l'ari/ocratie elle-mme e/ trs analogue une ca/e2 cep5dant il y a des diffr5ces4 ,j'appelle ari/ocratie t\te olig>*ie1 en donnant au mot olig>*ie un s5s trs t5du4 ,j'appelle ari/ocratie t\te p>tie de la nation qui e/ gr\pe1 soit p> des aff9its de naissance1 soit p> des aff9its lectives1 qui se connat comme gr\pe1 qui e/ p> son ducation suprieure la masse1 ou diffr5te de la masse2 et qui ex]ce sur la masse soit une autorit1 soit une influ5ce4 ,donc l'ari/ocratie dpasse la ca/e4 ,elle peut tre1 selon les cas1 suprieure la ca/e gu]rire et la ca/e sac]dotale2 elle peut tre compose de la ca/e gu]rire et de la ca/e sac]dotale2 elle peut tre compose de la ca/e gu]rire1 de la ca/e sac]dotale et d'autre *ose en outre2 elle peut tre de naissance2 elle peut tre lective1 la condition1 dans ce cas1 que p\r telle raison ou p\r telle autre1 quoique lective elle *ange peu de p]sonnel1 et que ses membres se reconnaiss5t t\j\rs comme =mant un gr\pem5t peu v>iable2 elle peut tre p>tie de naissance1 p>tie lective2 elle peut tre con/itue p> la ri*esse1 la condition1 dans ce cas1 que p\r telle raison ou p\r telle autre1 elle v>ie peu et soit compose d'hommes qui de pres en fils se reconnaiss5t comme faisant p>tie du mme rassemblem5t social4 ,un gr\pem5t quelconque d'hommes se di/+uant1 p> une diffr5ce d'ducations et d'habitudes1 de la masse du corps social et ex]ant sur le corps social soit autorit1 soit influ5ce1 c'e/ une ari/ocratie4 ,la plup>t des ari/ocraties vi5n5t de la conqute d'un peuple p> un autre1 et celles qui sont de ce g5re sont t\j\rs les plus =tes4 ,nietzs*e dit trs bi53 ,il ne faut pas se faire d'illusions humanitaires sur l'hi/oire des orig9es d'une socit ari/ocratique4 ,la vrit e/ dure4 ,des hommes d'une nature re/e naturelle1 des b>b>es1 dans le s5s le plus r$\table du mot1 des hommes de proie en possession d'une =ce de volont et d'un dsir de puissance encore 9branl se sont jets sur des races plus faibles1 plus polices1 plus pacifiques1 peut-tre comm]antes ou pa/orales1 ou encore sur des civilisations amollies et vieillies1 *ez qui les d]nires =ces vitales s'teignai5t dans un brillant feu d'artifice d'esprit et de corruption4 ,la ca/e noble fut l'orig9e t\j\rs la ca/e b>b>e4 ,sa supriorit ne rsidait pas avant t\t dans sa =ce physique1 mais dans sa =ce psy*ique4 ,elle se composait d'hommes plus complets4 ,telles sont videmm5t1 p\r la plup>t1 les ari/ocraties primitives2 le phnomne se r5\velant du re/e1 t\tes les fois qu'un peuple fl*it et n'e/ pas annex p> son vois91 mais1 ce qui e/ meilleur p\r lui1 reoit sur son t]ritoire une peuplade errante qui le subjugue et le rduit en s]vage4 ,quelquefois1 du re/e1 c'e/ du se9 mme du peuple que s'lance le conqurant qui doit dev5ir son ari/ocratie4 ,en ,france1 en #aghi1 pr(itant du fl*issem5t1 de la dsorganisation1 de la quasi-disp>ition de l'anci5ne ari/ocratie1 une arme d'hommes de ,france1 plus complets que ceux qui dom9ai5t1 se jette sur le p\voir1 s'en emp>e1 brise les ob/acles1 au c5tre et dans les prov9ces1 p> les moy5s ord9aires de la conqute2 et cre une ari/ocratie1 d'abord militaire1 ensuite b\rgeoise1 qui g\v]ne et exploite le pays p5dant un sicle et dont le g\v]nem5t1 quoique trs m5ac p> d'autres =ces1 dure encore4 ,il e/ possible cep5dant que s\v5t1 sans conqute1 une ari/ocratie se soit =me spontanm5t4 ,elle s'e/ =me des meilleurs1 c'e/--dire des plus complets1 comme une ca/e1 se confondant s\v5t avec une ca/e ou en enveloppant plusieurs en elle-mme1 et elle a dom9 tant qu'elle a t fidle ses pr9cipes3 supriorit1 cohsion4 ,l'ari/ocratie1 *ez les peuples primitifs1 e/ plus =te1 soit qu'elle soit fille de la conqute1 soit qu'elle soit auto*tone1 qu& elle se confond dans les s\v5irs populaires avec les orig9es mmes de la nation4 ,ces orig9es sont t\j\rs lg5daires1 et ce qui e/ lg5daire a t\j\rs un c>actre religieux4 ,un respect religieux s'aj\te donc1 l'g>d des nobles1 au respect naturel que la =ce de cohsion1 elle seule1 inspire dj4 ,on appelle les nobles pres1 ce qui veut dire qu'ils sont les fils des pres de la patrie et qu'on honore en eux1 non sans quelque sup]/ition1 cette tradition de pat]nit4 ,surt\t on les considre comme des *efs t\t tr\vs4 ,la cit1 en ces temps-l1 e/ un camp--et elle n'a pas cess d'tre cela2 seulem5t on en avait alors le s5tim5t plus vif--et dans un camp on a beso9 de *efs4 ,or on ne se dissimule pas ce que val5t des *efs militaires lus1 combi5 ils sont t\j\rs conte/s et de peu d'autorit sur leurs tr\pes4 ,le *ef1 et p>ticulirem5t le *ef militaire1 t\t tr\v1 agre s+ulirem5t1 ce po9t que p5dant longtemps on n'a pas mme l'ide d'en pr5dre d'autres4 ,pascal analyse bi5 cet tat d'esprit o il entre1 comme n\s v5ons de le voir1 tant de *oses div]ses3 sup]/ition1 respect de la =ce1 s5s pratique de l'intrt public1 etc41 et que doiv5t combattre d'autres s5tim5ts3 in/9ct d'galit1 am\r-propre1 mme scrupules de pit3 ,le peuple honore les p]sonnes de gr&e naissance in/9ctivem5t1 ou hrditairem5t1 sans raison4 ,les demi-habiles les mpris5t1 disant que la naissance n'e/ pas un avantage de la p]sonne gr&eur naturelle1 mais du has>d gr&eur d'tablissem5t4 ,les habiles les honor5t1 non p> la p5se du peuple c'e/--dire sans p5se1 mais p> la p5se de d]rire ils ne sont pas bons en soi2 mais il e/ bon qu'on les croie bons p\r qu'il y ait /abilit politique4 ,les dvots qui ont plus de zle que de sci5ce les mpris5t1 malgr cette considration qui les fait honor] p> les habiles1 p>ce qu'ils en jug5t p> une n\velle lumire que la pit leur donne il n'y a de vraie gr&eur que celle qui vi5t de ,dieu et qui ratta*e l'homme ,dieu2 mais les *rti5s p>faits mettons1 p\r gnralis]1 les dvots p>faits les honor5t p> une autre lumire suprieure p>ce qu'ils sav5t que cette gr&eur fausse1 tant v\lue des dieux p\r le salut de la cit1 e/ vraie en ce s5s et d'une vrit div9e elle-mme4 ,a9si peuv5t s5tir1 mme dans des temps trs antrieurs aux ntres1 les citoy5s l'g>d des patrici5s1 et t\t cela "p d'un respect in/9ctif et ab\tit un respect social et se rsume en une dfr5ce gnrale1 trav]se de d\tes qui auront leurs effets plus t>d4 ,de son ct1 l'ari/ocratie1 si elle sait son mti]1 et t\t contribue le lui faire savoir1 s'organise et se dresse d'elle-mme en classe d'lite1 de manire p]ptu] les raisons que le peuple a de la respect] et de lui obir4 ,la supriorit donne le dsir p]ptuel d'augm5t] sa supriorit4 ,le patrici5 en consqu5ce a1 avant t\t1 le respect de soi-mme3 ,l'me noble1 dit ,nietzs*e1 a non pas l'am\r de soi1 mais le respect de soi4 ,le patrici5 se fait une morale fonde sur l'honneur1 sur le con/ant beso9 de s'lev] au-dessus de ceux qu'il dom9e et de se di/+u] de ceux dont dj il diffre4 ,il se fait une me d'exception4 ,*ez ceux qui sont peu intellig5ts1 ce beso9 de supriorit s'exprime p> des procds qui rabaiss5t et humili5t les infrieurs1 et cela e/ d'une lam5table indig5ce2 mais1 *ez ceux qui compr5n5t1 il a p\r dm>*e de s'lev] sans cesse et de s\hait] que les infrieurs s'lv5t et de les y aid] p\r avoir une n\velle raison d'asc5sion et de p]fectionnem5t4 ,le patrici5 se fait une me dure p\r lui-mme1 aussi p\r les autres1 mais surt\t p\r lui1 af9 de p\voir exig] des autres ce qu'il exige de lui-mme2 il se donne une ducation spciale trs laborieuse p\r qu'il y ait t\j\rs1 d'homme homme1 une diffr5ce m>que entre la f\le et lui il se donne des s5tim5ts p>ticuli]s3 pr(ond respect de la vieillesse--,nietzs*e rem>que bi5 cela--p\r ma9t5ir =tem5t l'ide de tradition qui e/ une p>tie de sa =ce2 culte du srieux et de la dignit dans la vie publique et prive1 p\r que la famili>it n'int]vi5ne pas1 o se p]drait au mo9s le pre/ige extrieur2 susceptibilit1 ou po9t d'honneur1 p\r que l'ide se rp&e et se ma9ti5ne comme un prov]be qu'un noble ne peut pas tre injuri sans qu'il en cote la vie l'insult ou l'insulteur4 ,surt\t il p\sse au d]ni] degr l'in/9ct de cohsion qui e/ l'ess5tiel mme de sa =ce2 il e/ dv\ ses amis et il considre t\s les hommes de sa classe comme des amis p\r lesquels il e/ prt t\s les sacrifices et sur lesquels il compte absolum5t au beso94 ,surt\t il se p]suade1 p\r le p]suad] aux autres1 que le plus gr& ami qu'il ait au monde c'e/ le pays1 et que le pays e/ comme son ,dieu dome/ique qui le protge et qu'il protge et qui il e/ indissolublem5t li et uni4 ,ce s5tim5t e/ mme un de ceux qui1 aprs l'avoir longtemps fait vnr]1 loign]a de lui le peuple1 qui f9ira p> se dire que la patrie e/ la *ose des patrici5s et leur affaire2 mais n'importe pas au peuple1 qui n'en retire ri5 et qui peut s'en ds9tress]2 mais ceci ne vi5dra que plus t>d4 ,les patrici5s doiv5t avoir le mpris absolu des ri*esses1 p>ce que le s5tim5t du peuple l'g>d des ari/ocrates doit tre un s5tim5t de respect moral o l'envie n'entre po9t2 or c'e/ la ri*esse beauc\p plus que le tal5t ou mme la puissance qui excite l'envie2 une ari/ocratie ru9e le s5tim5t ari/ocratique qu& elle se trans=me en pl\tocratie 7,platon1 voyant bi5 cela1 a v\lu que ses nobles ne possdass5t ri572 si les nobles sont ri*es1 ils doiv5t vivre comme g5s de mdiocre =tune et consacr] leurs ri*esses aux plaisirs et ftes publics1 embellissem5t des villes1 etc41 de manire qu'il soit bi5 app>5t1 comme dit ,montesquieu1 que la =tune e/ aussi onreuse que la pauvret4 ,en un mot1 comme dit ,montesquieu encore1 l'ari/ocratie mettant les mmes g5s1 savoir les ari/ocrates1 s\s la puissance des lois en mme temps qu'elle les en retire1 il e/ difficile ces g5s de se rprim] et il e/ indisp5sable qu'ils se rprim5t1 d'o suit qu'il leur faut une gr&e v]tu et qui e/ celle dont n\s v5ons d'numr] les lm5ts1 mais v]tu trs r>e et extraord9aire4 ,enf9 les ari/ocraties intellig5tes compr5n5t le pr9cipe de de/ruction qu'elles port5t en elles1 la maladie con/itutionnelle qui peut les rong] et les dtruire4 ,elles compr5n5t qu'elles sont des h>as de/9s con/itu] et ma9t5ir une race d'lite et que prcism5t les races d'lite s'puis5t trs vite4 ,elles ne compr5n5t pas cela sci5tifiquem5t1 mais elles le compr5n5t l'us]1 p> l'expri5ce et p> la vue des *oses4 ,l'extrme corruption1 dit ,montesquieu1 e/ qu& les nobles devi5n5t hrditaires2 du mo9s1 qu& il n'y a dans une ari/ocratie que des nobles hrditaires4 ,c> alors il se produit un r5v]sem5t des valeurs4 ,les nobles hrditaires1 desc5dants des gr&es familles1 atte9ts la plup>t p> l'puisem5t de la race1--auquel l'adultre mme n'a pas su remdi]1 p>ce que le plus s\v5t il a lieu entre p]sonnes prcism5t de la mme classe sociale1--sont mpriss individuellem5t p> le peuple1 et alors le peuple reporte son in/9ct ari/ocratique1 reporte son respect des supriorits sur les mieux d\s des plbi5s1 sur ceux des plbi5s que leur intellig5ce1 leur n]gie ou seulem5t leur loqu5ce dsign5t comme *efs2 de sorte qu'il y a deux ari/ocraties1 l'une tablie1 in/alle1 lgale1 laquelle l'in/9ct ari/ocratique ne s'atta*e plus1 l'autre en puissance1 v]s laquelle l'in/9ct ari/ocratique va t\t droit4 ,ce qu'il faut donc1 c'e/ adjo9dre l'ari/ocratie lgale ces lm5ts ari/ocratiques n\veaux qui la r5\vell]ont1 la =tifi]ont1 la raviv]ont1 et a9si confisqus1 a9si capts1 emp*]ont qu'une autre ne se =me4 ,dans ces conditions1 l'in/9ct ari/ocratique populaire e/ ma9t5u et n'a aucune raison de fl*ir4 ,cela e/ naturel1 puisque ce qui l'a suscit cont9ue tre et cont9ue agir4 ,ce qui a suscit l'in/9ct ari/ocratique aux orig9es de la cit1 c'e/ l'exi/5ce d'un c]ta9 nombre d'hommes e/ims suprieurs et dans lesquels on p\vait avoir confiance4 ,en s'adjoignant les supriorits d'auj\rd'hui1 l'ari/ocratie ne fait que cont9u]1 que prolong] cela mme qui l'a cre4 ,elle e/ dans la vrit vivante de son in/itution et elle rveille indf9im5t le s5tim5t qui a accueilli son in/itution1 ou1 p\r mieux dire1 d'o son in/itution e/ sortie4 ,comm5t le s5tim5t ari/ocratique du peuple s'affaiblit-il et comm5t les ari/ocraties disp>aiss5t-elles8 ,n\s avons dj r5contr quelques rponses cette "q4 ,n\s avons vu qu'une ari/ocratie disp>at naturellem5t qu& elle e/ exclusivem5t hrditaire1 p>ce que le s5tim5t ari/ocratique populaire1 s'il s'atta*e la naissance1 s'atta*e encore plus la supriorit et probablem5t ne s'atta*e la naissance qu'en raison de la supriorit qu'elle suppose4 ,or ce qui e/ une vrit p5dant un c]ta9 temps1 savoir la supriorit des fils des hommes suprieurs1 ne l'tant plus aprs un temps plus long1 le s5tim5t ari/ocratique du peuple se dta*e des desc5dants abt>dis et traite de prjug et de sup]/ition le respect de la race4 ,une ari/ocratie disp>at encore1 n\s l'avons vu1 qu& elle devi5t ri*e1 qu& elle se trans=me en pl\tocratie2 d'abord p>ce que la ri*esse dtruit en elle les v]tus qui la faisai5t respect] et qui la f]ai5t respect] encore2 ensuite p>ce que le luxe1 le fa/e1 les dp5ses d'o/5tation1 excit5t l'envie du peuple et dtruis5t en lui le respect4 ,*ose intressante p\r le morali/e4 ,le peuple1 semble-t-il1 ne devrait qu'tre reconnaissant env]s l'homme des hautes classes qui e/ prodigue1 puisque la prodigalit e/ peu prs le seul moy51 le plus pratique en t\s cas et peut-tre le plus sa91 de faire p>ticip] le peuple la =tune des gr&s4 ,c'e/ la prodigalit qui entreti5t l'indu/rie et c'e/ l'indu/rie qui fait vivre le peuple4 ,la prodigalit e/ inf9im5t suprieure l'aumne1 puisque la prodigalit entreti5t le travailleur et que l'aumne n'entreti5t gure que le fa9ant4 ,t\tefois le peuple ne fait jamais1 presque jamais1 ce raisonnem5t4 ,trs idali/e en cela1 il n'apprcie que l'int5tion1 et l'int5tion de celui qui fait l'aumne tant videmm5t de sec\rir son pro*a9 et l'int5tion du prodigue n'tant aucunem5t philan?ropique1 il mprise le prodigue purem5t et simplem5t4 ,il se contr$it mme sur ce po9t2 c> il e/ime le ri*e qui fait travaill] et il mprise le prodigue1 sans rfl*ir que le prodigue e/ l'homme du monde qui fait le plus travaill] et que1 trs s\v5t1 entre le ri*e qui fait travaill] et le prodigue la nuance e/ difficile saisir et ces deux p]sonnages se confond5t4 ,t\j\rs e/-il que le meilleur moy5 p\r une ari/ocratie de dtruire le s5tim5t ari/ocratique dans le peuple1 c'e/ d'tre ri*e et d'tre fa/ueuse4 ,l'envie1 excite p> le spectacle de la ri*esse en ex]cice1 ronge peu peu le respect et n'en laisse ri54 ,la dim9ution progressive du s5tim5t ari/ocratique en ,anglet]re1 de nos j\rs1 e/ un exemple assez frappant1 je crois1 de ce que j'avance4 ,l'ari/ocratie disp>at encore comme d'elle-mme1 t\t a9si que disp>at dans les corps vivants un organe qui ne fait plus sa fonction4 ,c'e/ connu4 ,on sait assez1 et je n'insi/]ai pas1 t\te l'hi/oire de ,france depuis ,l\is ,,xiv4 ,ils ne rsidai5t plus1 t\t fut l4 ,les g5til%ommes et les vques ne rsidant plus1 n'tant plus ni dans leurs *teaux ni dans leurs palais1 et qu& ils y tai5t1 ne se mlant plus au peuple p\r le dirig]1 le guid] et le s\t5ir1 ils en v9r5t n'tre plus ri5 dans le corps social4 ,ce fut un suicide4 ,ce fut un suicide un peu aid1 comme il y en a beauc\p p> le monde2 c> la royaut1 peu avise en cela et v\lant de t\tes ses =ces *ang] la mon>*ie en despotisme1 ce qui e/ dang]eux1 y prta la ma92 mais ce fut un suicide2 l'ari/ocratie franaise tait morte qu& on la tua1 et il n'y a ri5 de plus ju/e que le mot de ,*ateaubri&3 la ,rvolution tait faite qu& elle clata4 ,il exi/e1 p\r a9si p>l]1 des succdans d'ari/ocratie1 des ari/ocraties relatives1 je ne dis pas de fausses ari/ocraties1 c> elles sont relles1 mais enf9 des ari/ocraties qui n'ont pas t\te la ralit des ari/ocraties vritables1 et elles exi/5t au se9 des dmocraties les plus dcl>es4 ,c'e/ d'abord la classe ri*e1 quelle que soit son orig9e4 ,la classe ri*e a quelques-uns des c>actres de l'ari/ocratie3 elle e/ diffr5te de la masse p> ses habitudes de vie2 elle peut s'en di/+u] p> des diffr5ces d'ducation2 elle se gr\pe in/9ctivem5t p> la communaut de ses habitudes de vie2 elle ex]ce sur la masse une c]ta9e influ5ce4 ,elle e/ une manire d'ari/ocratie1 et c'e/ bi5 p\rquoi la dmocratie extrme ti5t ess5tiellem5t la dtruire4 ,seulem5t elle e/ une ari/ocratie ess5tiellem5t sans pre/ige et laquelle manque prcism5t ce qui fonde et ce qui s\ti5t l'ari/ocratie vritable1 le respect de la "p du peuple4 ,la classe ri*e e/ envie et cra9te2 envie1 il e/ inutile de dire p\rquoi2 cra9te1 p>ce qu'elle a en ma9 une =ce qui peut faire fl*ir en sa faveur et au dtrim5t de l'homme du peuple la police1 l'adm9i/ration1 la magi/rature et la loi4 ,elle e/ donc envie et cra9te2 mais c'e/ l t\s les s5tim5ts qu'elle inspire2 elle n'e/ pas respecte1 le peuple n'e/ pas fi] d'elle2 elle n'a donc pas d'autorit2 elle n'a qu'une influ5ce indirecte2 elle a une influ5ce en raison de la peur qu'elle inspire2 mais l'influ5ce qui e/ en raison de l'intimidation e/ ngative4 ,cette influ5ce-l prs]ve1 elle n'agit pas2 elle emp*e qu'on ne fasse quelque *ose contre v\s2 elle n'obti5t pas qu'on fasse p\r v\s quelque *ose4 ,un membre de la classe ri*e peut dire peu prs3 ,on ne peut ri5 contre moi2 mais je ne peux ri54 ,la pl\tocratie e/ socialem5t une ari/ocratie invulnrable et impuissante4 ,ce n'e/ qu'une demi-ari/ocratie4 ,c'e/ p\r cela qu'elle fait tant d'ef=ts1 quelquefois p\r s'attribu] le privilge de vote et de dlibration dans les affaires politiques 7sy/me c5sitaire72 t\j\rs p\r pes] p> son conc\rs f9anci] dans les lections1 de manire rev5ir indirectem5t au sy/me c5sitaire4 ,et cela mme fait qu'elle n'e/ pas exactem5t la demi-ari/ocratie que je disais t\t l'heure1 une ari/ocratie invulnrable et impuissante4 ,elle e/ quelque *ose de plus4 ,mme1 si elle se conc]tait1 elle s]ait plus que quelque *ose de plus4 ,mais elle n'a pas les mmes raisons de se conc]t] et de se donn] de la cohsion que l'ari/ocratie de naissance2 elle n'e/ pas depuis des sicles s\de et cim5te p> la communaut d'orig9e et p> de multiples alliances4 ,t\t au plus 7et cela s'ap]oit71 qu& une p>tie de cette classe ri*e se tr\ve avoir une communaut d'orig9e plus ou mo9s au!ntique et tre b\lonne p> des alliances consangu9es1 cette p>tie de la classe ri*e pr5d figure d'ari/ocratie1 comme il e/ trs naturel1 et ne laisse pas d'avoir dans le pays plus que de l'influ5ce4 ,mais encore1 mme qu& la =ce de cohsion exi/e dans une pl\tocratie1 le p5*ant populaire1 le s5tim5t populaire s'atta*ant une ari/ocratie nationale et hi/orique lui manqu]a t\j\rs1 et c'e/--dire que lui manqu]a t\j\rs l'ess5tiel4 ,a un c]ta9 g>d1 mme1 la f\le ici ne se trompe pas1 non seulem5t son po9t de vue1 mais mme sur le fond des *oses1 p>ce que la ri*esse in9tellig5te1 au mo9s celle-ci1 fausse les ides publiques1 rp& une ide qui e/ errone et dang]euse2 elle rp& l'ide que la ri*esse e/ une valeur1 e/ la premire des valeurs1 ce qui e/ faux et ce qui1 donnant le dsir furieux d'acqurir cette premire des valeurs1 e/ socialem5t dang]eux4 ,nietzs*e dit l-dessus de =t bonnes *oses3 ,dang] dans la ri*esse il y a un dang] dans la ri*esse3 ,seul devrait possd] celui qui a de l'esprit2 autrem5t la =tune e/ un pril public4 ,c> celui qui possde1 lorsqu'il ne s'ent5d pas utilis] les loisirs que lui donne la =tune1 cont9u]a t\j\rs v\loir acqurir du bi53 cette aspiration s]a son amusem5t1 sa ruse de gu]re dans la lutte contre l'ennui4 ,c'e/ a9si que la mode/e aisance qui suffirait l'homme intellectuel se trans=me p\r l'homme am\reux de l'arg5t en vritable ri*esse1 rsultat trompeur de dp5dance et de pauvret intellectuelles4 ,cep5dant le ri*e app>at t\t autrem5t que p\rrait le faire att5dre son orig9e misrable2 c> il peut pr5dre le masque de la culture et de l'art4 ,il peut a*et] ce masque4 ,p> l il veille l'envie des pauvres et des illettrs1 qui jal\s5t t\j\rs1 en somme1 l'ducation et qui ne voi5t pas que celle-ci n'e/ qu'un masque et il prp>e a9si peu peu un b\lev]sem5t social4 ,c> la brutalit1 s\s un v]nis de luxe1 de vant>dise hi/rionesque1 p> quoi le ri*e fait talage de ses prt5dues j\issances de civilis1 voque *ez le pauvre l'ide que l'arg5t seul importe1 t&is qu'en ralit si l'arg5t importe quelque peu1 l'esprit importe bi5 davantage4 ,cette confusion1 trs bi5 obs]ve p> ,nietzs*e1 entre l'ari/ocratie de l'arg5t et l'ari/ocratie de l'art et du tal5t1 cette confusion faite trs innocemm5t p> la f\le2 aj\tez cette ide qu'elle a--beauc\p mo9s errone du re/e--que les arti/es1 les hommes de lettres1 les potes1 les hommes de t\s les arts1 travaill5t simplem5t p\r cette classe ri*e1 p\r lui plaire1 p\r tre rcomp5s p> elle et p\r y pntr]2 t\t cela fait r5tr]1 ses yeux1 la classe intellectuelle dans la classe pl\tocratique2 fait qu'en son esprit ces deux classes se confond5t et1 mme sans prp>] un b\lev]sem5t social1 confirm5t la f\le dans son animadv]sion l'g>d de t\te ari/ocratie4 ,dans t\s les pays1 mais p>ticulirem5t dans les pays c5traliss1 une autre ari/ocratie de second ordre se =me t\j\rs1 c'e/ savoir l'adm9i/ration1 le corps des fonctionnaires4 ,le corps des fonctionnaires a une c]ta9e cohsion2 il a des aff9its lectives trs naturelles1 puisqu'il s'occupe des mmes *oses diffr5ts po9ts de vue2 il ne laisse pas d'tre hrditaire1 les fils ayant le plus gr& intrt suivre la c>rire de leurs pres1 ce qui ne fait pas qu'ils la suiv5t t\j\rs1 mais ce qui fait qu'ils la suiv5t s\v5t2 les membres de ce corps ont une ducation spciale1 la mme peu prs1 int]mdiaire entre l'ducation primaire et l'ducation suprieure2 enf9 ils ont de l'autorit sur la masse de la nation4 ,ils =m5t donc une manire d'ari/ocratie4 ,cela e/ si vrai que1 comme t\te ari/ocratie qui n'e/ pas le g\v]nem5t lui-mme1 ils =m5t fre91 ob/acle et borne du ct du g\v]nem5t2 ils l'arrt5t1 ils le gn5t et ils rectifi5t son action4 ,dans les pays o le g\v]nem5t *ange s\v5t1 c'e/ eux qui1 ne *angeant pas1 ne *angeant gure ou *angeant l5tem5t p>ce qu'ils ne sont pas remplaables en un t\rne-ma91 ma9ti5n5t une c]ta9e unit et une c]ta9e /abilit sociales trav]s les pripties politiques4 ,ce sont bi5 l les c>actres et c'e/ bi5 l le rle d'une ari/ocratie2 le corps des fonctionnaires e/ une ari/ocratie de second ordre1 analogue aux *evali]s dans l'empire roma91 plus c>actrise1 plus importante et plus considrable que l'ordre des *evali]s roma9s4 ,il y a mme ceci d'intressant que dans les pays o la dmocratie absolue1 c'e/--dire le collectivisme1 s'tablirait1 il re/]ait une ari/ocratie1 ce s]ait celle des adm9i/rateurs1 di/ributeurs du travail1 inspecteurs du travail et di/ributeurs des alim5ts2 il re/]ait cette ari/ocratie1 et plus nombreuse que jamais1 et plus =te que jamais2 c> tant donne la sci5ce trs complique qu'il faudrait qu'elle et1 elle s]ait encore mo9s remplaable ma9 leve que celle d'auj\rd'hui4 ,le corps des fonctionnaires e/ donc une ari/ocratie trs relle1 et qui peut dev5ir une ari/ocratie de plus en plus solide et de plus en plus active4 ,je n'ai pas beso9 de dire qu' elle comme la prcd5te manque le viatique mme d'une ari/ocratie vritable1 d'une ple9e ari/ocratie1 savoir l'ass5tim5t populaire1 la complicit ari/ocratique du peuple4 ,dans les pays de sy/me p>lem5taire1 le p]sonnel politique fait encore une ari/ocratie trs nette4 ,dans les pays de sy/me p>lem5taire1 un trs petit nombre seulem5t de citoy5s ayant le temps et le gt de s'occup] con/amm5t de politique1 ce petit nombre =me une classe de la nation1 d'ducation peu prs p>eille1 savoir lm5taire1 d'aff9its naturelles1 de comm]ce j\rnali]4 ,cette classe fait sortir d'elle-mme un c]ta9 nombre de *efs qu'elle fait nomm] aux lections1 qui devi5n5t reprs5tants de la nation1 qui sont trs peu prs t\j\rs les mmes1 que leurs fils1 g5dres et neveux remplac5t et qui g\v]n5t le pays4 ,ces reprs5tants de la nation sont trs proprem5t une ari/ocratie4 ,le g\v]nem5t p>lem5taire1 quelque suffrage univ]sel qu'il y ait1 e/ un g\v]nem5t ess5tiellem5t ari/ocratique1 et c'e/ p\r cela que les dmocrates radicaux sont trs n]giquem5t p\r l'abolition du sy/me p>lem5taire4 ,cette ari/ocratie1 comme dans t\s les pays o il y en a plusieurs1 gne considrablem5t les autres1 ne p\vant1 naturellem5t1 en support] aucune autre4 ,elle gne la pl\tocratie qu'elle veut appauvrir1 ou qu'elle veut pli] ses desse9s et pr5dre comme auxiliaire2 et tantt elle ngocie avec elle1 tantt elle pr5d des mesures p\r l'affaiblir en la dp\illant2 t\j\rs elle la surveille et la gne4 ,elle met la torture l'adm9i/ration dans le doma9e de qui elle s'+re et laquelle elle veut t\j\rs se sub/itu]4 ,adm9i/rez2 mais comme n\s ent5drons que v\s adm9i/riez2 et que t\tes vos mesures1 t\tes vos modifications1 t\tes vos dm>*es et t\tes vos nom9ations soi5t inspires p> n\s et diriges en vue de nos intrts4 ,cette ari/ocratie n'e/ ni aime1 ni respecte1 ni hae1 ni mprise du peuple4 ,sauf c]ta9s sursauts am5s p> des circon/ances exceptionnelles1 elle lui e/ indiffr5te4 ,on la considre comme un expdi5t4 ,au fond1 le dsir d'en tre db>rass et de faire ses affaires directem5t1 ml de la cra9te de ne pas p\voir les faire1 de la cra9te aussi de remplac] une ari/ocratie p> le despotisme1 dom9e dans l'esprit du peuple aux pays du sy/me p>lem5taire4 ,jusque dans les pays les plus loigns des socits primitives1 le rgime mme des ca/es a laiss des traces et des hritages1 soit p> l'effet d'une ncessit matrielle1 soit p> l'effet d'une ncessit morale1 et ces hritages des ca/es sont encore des manires d'ari/ocraties4 ,l'arme p]man5te e/ une ari/ocratie1 et l o il n'y a pas d'arme proprem5t p>l] p]man5te1 le corps des (fici]s e/ une ari/ocratie4 ,il a une ducation t\te spciale1 une cohsion trs n]gique1 des traditions1 un c>actre et une m5talit t\tes p>ticulires et qui font de lui presque une p]sonne collective2 comme l'adm9i/ration1 davantage peut-tre1 il e/ en p>tie hrditaire4 ,dans les pays o il pr5drait sur les tr\pes1 mme passant un temps c\rt s\s ses ordres1 une gr&e autorit et un gr& asc5dant1 il s]ait matre du pays1 ce qui fait que les dmocraties ont son g>d une dfiance inv9cible et se p]suad]ont t\j\rs que la gu]re ne peut avoir lieu1 que l're de la gu]re e/ close1 p\r s'autoris] limit] ou abolir cette ari/ocratie m5aante4 ,la vrit e/ que les socits n'ayant t cres que p> la gu]re1 si la gu]re disp>at1 les socits di/9ctes disp>atront trs vite aprs elle2 mais que1 tant que les socits dur]ont1 comme elles n'exi/5t qu'en prvision de la gu]re1 les armes1 avec1 comme lm5t p]man5t1 le corps des (fici]s1 leur s]ont absolum5t ncessaires4 ,l'utopie qui p\rrait la rigueur se ralis]1 c'e/ le g5re huma9 sans socits di/9ctes2 la *imre pure1 c'e/ les armes disp>aissant et les socits ne laissant pas de subsi/]4 ,le cl]g aussi e/ une ari/ocratie4 ,il a une ducation t\te spciale1 une cohsion extrmem5t n]gique1 plus que des traditions1 un dogme traditionnel1 un c>actre et une m5talit t\tes p>ticulires1 qui font de lui presque t\t fait une p]sonne collective4 ,il ressemble trait p\r trait l'arme4 ,il e/ mme hrditaire en gr&e p>tie dans les pays o les prtres se m>i5t1 et1 dans les autres1 il e/ hrditaire d'une c]ta9e sorte2 il pratique une hrdit d'adoption qui a les mmes effets que l'hrdit naturelle4 ,il a m9emm5t le c>actre ari/ocratique4 ,il l'a d'autant plus1 naturellem5t1 qu'il e/ sp> de l'tat1 c'e/--dire du g\v]nem5t4 ,fonctionnaires1 les prtres =m5t une ari/ocratie subordonne1 comme l'adm9i/ration et l'arme1 ils sont un de ces corps int]mdiaires dp5dants dont p>lait ,montesquieu2 non fonctionnaires1 ils sont purem5t et simplem5t un corps autonome ayant autant de cohsion1 mais n'ayant plus d'atta*es du ct du g\v]nem5t2 ils sont une ari/ocratie indp5dante4 ,t\te sp>ation de l'glise et de l'tat e/ une mesure ess5tiellem5t ari/ocratique4 ,la t5dance des peuples mod]nes la sp>ation de l'glise et de l'tat e/ une rgression1 que je suis du re/e trs lo9 de blm]1 mais qui va t\t fait l'encontre des t5dances dmocratiques4 ,faut-il en conclure que les nations dmocratiques qui ont fait cette sp>ation revi5dront l'union de l'tat et de l'glise8 ,non1 mais que1 r5contrant l'glise comme corps ari/ocratique et plus ari/ocratique que jamais1 ils pr5dront des mesures la dtruire radicalem5t4 99 99 99 99 99 ,il exi/e enf9 des444 le mot manque un peu444 ce que j'appell]ai des faits ari/ocratiques2 qui ne sont pas des ari/ocraties1 puisqu'ils ne sont pas des corps et t\t au contraire2 qui n'ont pas la cohsion1 l'hrdit1 les traditions1 les aff9its1 ri5 de t\t cela2 mais que le peuple reconnat p>faitem5t1 non sans quelque raison1 comme lm5ts ari/ocratiques1 comme quelque *ose qui s5t l'ari/ocratie4 ,ce sont les hommes suprieurs4 ,les hommes suprieurs sont des faits ari/ocratiques1 p> cela seul qu'ils sont suprieurs la moy5ne4 ,ils sont ns directeurs1 ils sont ns *efs4 ,le peuple sait cela et1 selon les temps1 il les adopte1 les exalte et les div9ise2 ou les cra9t1 les hait1 les ref\le et les rprime4 ,le premi] temps e/ celui du culte des hros2 le second temps e/ celui du culte de la mdiocrit4 ,ils ont *acun leur raison d'tre4 ,a la vrit1 les hommes suprieurs ne sont pas trs dang]eux1 puisque p> leur supriorit mme1 qui n'e/ pas du t\t celle d'une ca/e ou d'une classe dirigeante1 qui e/ ess5tiellem5t individuelle1 ils ne peuv5t pas faire corps1 ni mme faisceau1 et sont presque radicalem5t sp>s les uns des autres4 ,ils s'essay5t1 sans d\te1 se gr\p]2 le gr\pem5t e/ naturel aux hommes1 n'euss5t-ils d'autre aff9it que de ne pas avoir d'aff9its1 et ne fuss5t-ils semblables qu'en ceci qu'ils sont plusieurs ne ressembl] p]sonne1 ce qui e/ encore une similitude2 ils s'y essay5t donc2 ils fond5t des acadmies1 des socits1 des encyclopdies2 mais ils ne s'ent5d5t jamais beauc\p2 leurs corporations ne sont gure que p\r la crmonie1 du re/e agrables1 et leurs encyclopdies dur5t peu et meur5t aprs une exi/5ce trav]se de discordes4 ,jamais ils ne =m5t une ari/ocratie4 ,ils ne sont donc pas dang]eux mais le peuple1 aux temps de culte de la mdiocrit1 les voit comme p\vant faire une ari/ocratie2 il les reg>de comme une ari/ocratie en puissance1 qui ne laiss]ait pas d'tre gnante si elle p>v5ait tre1 qui1 en t\t cas1 s]ait d'une bi5veillance un peu ddaigneuse et il a p\r eux une dfiance mle d'intrt1 mais qui e/ insurmontable4 ,t\s ces rsidus ari/ocratiques1 comme aurait dit ,augu/e ,comte1 sont de/9s subsi/] plus ou mo9s longtemps2 mais ce qui me p>at c]ta91 c'e/ qu'il exi/]a t\j\rs une ari/ocratie quelconque1 ne ft-ce que celle de l'adm9i/ration du travail et de l'alim5tation que n\s prvoyions plus haut et qui exig]ait encore le ma9ti5 et mme un s+uli] agr&issem5t de l'cole ,polyte*nique4 ,les ari/ocraties se succd5t1 mais l'ari/ocratisme e/ t]nel4 ,seulem5t l'esprit dmocratique le rappro*e asymptotiquem5t1 le rappro*e de plus en plus1 du rgime dmocratique pur4 ,p> exemple1 si cela doit arriv]1 qu& il n'y aura d'autre ari/ocratie que l'adm9i/ration du travail et de l'alim5tation1 il y aura encore une ari/ocratie1 mais un m9imum d'ari/ocratie2 le peuple n'obira plus des lgislateurs1 des *efs militaires1 des consuls1 etc42 il n'obira plus1 comme les naturels du ,p>aguay leurs jsuites1 qu' des piqueurs et des di/ributeurs de vivres4 ,en dehors de cela1 il se s5tira dans un rgime d'exacte1 de prcise1 de p>faite galit4 ,montesquieu a trs bi5 vu cela3 ,le ,p>aguay peut n\s f\rnir un autre exemple de lgislation communautaire444 ,ceux qui v\dront faire des in/itutions p>eilles tabliront la communaut des bi5s444 et la cit faisant le comm]ce et non pas les citoy5s1 ils donn]ont nos arts sans notre luxe et nos beso9s sans nos dsirs4 ,ils proscriront l'arg5t1 dont l'effet e/ de grossir la =tune des hommes au del des bornes que la nature y avait mises1 d'appr5dre cons]v] inutilem5t ce qu'on a ramass de mme1 de multipli] l'inf9i les dsirs et de suppler la nature qui n\s avait donn des moy5s trs borns d'irrit] nos passions et de n\s corrompre les uns les autres4 ,voil la vraie dmocratie1 voil l'galit relle1 aussi relle qu'elle peut l'tre1 c'e/--dire incomplte encore1 mais ne comportant et n'admettant qu'un m9imum 9vitable d'9galit4 ,qu'e/-ce donc en soi que la dmocratie1 puisque j'essaye de df9ir l'in/9ct ari/ocratique et que l'on df9it bi5 p> les contraires et que l'on ne df9it nettem5t que p> les contraires8 ,montesquieu me p>at s'tre tromp1 demi1 du re/e1 en pr5ant p\r la corruption de la dmocratie ce qui en e/1 ce me semble1 le pr9cipe4 ,il dit3 ,le pr9cipe de la dmocratie se corrompt1 non seulem5t lorsqu'on p]d l'esprit d'galit1 mais encore qu& on pr5d l'esprit d'galit extrme et que *acun veut tre l'gal de ceux qu'il *oisit p\r comm&]4 ,p\r lors1 le peuple1 ne p\vant s\ffrir le p\voir mme qu'il confie1 veut t\t faire p> lui-mme1 dlibr] p\r le ,snat1 excut] p\r les magi/rats et dp\ill] t\s les juges444 ,le peuple v\lant faire les fonctions des magi/rats1 on ne les respecte plus2 les dlibrations du ,snat n'ont plus de poids2 on n'a donc plus d'g>d p\r les snateurs ni p> consqu5t p\r les vieill>ds2 que si l'on n'a plus de respect p\r les vieill>ds on n'en aura pas non plus p\r les pres2 les m>is ne mrit5t pas plus de dfr5ce1 ni les matres de s\mission4 ,t\t le monde p>vi5dra aim] ce lib]t9age2 les femmes1 les esclaves1 les enfants1 n'auront de s\mission p\r p]sonne2 il n'y aura plus de murs1 plus d'am\r de l'ordre1 enf9 plus de v]tu4 ,il me semble que ce qui e/ p\r ,montesquieu la df9ition de la dmocratie corrompue e/ la df9ition de la dmocratie mme4 ,le dmocratisme c'e/ le dsir d'tre gal qui que ce soit dans la cit1 ou je ne vois pas trop ce qu'il s]ait4 ,le dmocratisme1 c'e/ le dsir1 dans le peuple1 de t\t faire p> soi-mme et de ne po9t reconnatre au-dessus de lui des g5s1 quels qu'ils soi5t1 qui prt5d5t faire sa place et faire mieux qu'il ne f]ait4 ,montesquieu1 en un autre endroit1 p>le de ses *]s ,roma9s qui1 ayant1 plbi5s1 conquis le droit d'accession t\tes les magi/ratures1 cont9ur5t p5dant trs longtemps n'y nomm] que des patrici5s4 ,voil la dmocratie non corrompue1 dirait ,montesquieu4 ,je dis simplem5t que ces plbi5s-l n'tai5t pas dmocrates1 puisque1 en ple9e dmocratie lgale1 ils tai5t dom9s p> l'in/9ct ari/ocratique jusqu' ma9t5ir de fait l'ari/ocratie4 ,le dmocratisme comm5ce et non entre en dcad5ce v\loir l'galit et v\loir que le peuple fasse t\t p> lui-mme 7p> tel procd ou p> tel autre74 ,la dmocratie e/ donc1 t\t d'abord1 l'apo?ose de l'incompt5ce2 le dmocratisme e/ le culte des zros4 ,voltaire1 qui du re/e e/ un des dieux de la dmocratie1 tant il e/ vrai que le monde e/ une des sept c5ts comdies dont s'amuse l't]nel1 comme dis5t les ,vdas1 ,voltaire disait3 ,qu& la populace se mle de raisonn]1 t\t e/ p]du2 et3 ,il ne s'agit po9t de rtablir la con/itution a?ni5ne2 je n'aime pas le g\v]nem5t de la canaille4 ,il v\lait dire3 le peuple croit p\voir raisonn]2 qu& il s'en mle t\t e/ p]du1 p>ce que1 des raisonnem5ts clairs de quelque savoir se sub/itu5t des raisonnem5ts qui sont t\t d'in/9ct et de s5tim5t4 ,l'in/9ct dmocratique consi/e v\loir remplac] ceux qui sav5t quelque *ose p> ceux qui ne sav5t ri51 prcism5t p>ce qu'ils ne sav5t ri5 et p>ce que1 ds lors1 ce qu'ils s5t5t ne peut pas tre contr>i p> ce qu'ils sav5t4 ,l'incompt5ce e/ considre comme une puret1 et l'ignorant n'e/ pas intronis malgr son ignorance1 mais cause et en honneur de son ignorance mme4 ,ri5 n'claire mieux l-dessus que le contraire mme de ceci1 savoir le rve un peu +nu d'un ari/ocrate radical4 ,nietzs*e rve ceci3 ,de la dom9ation des compt5ces4--,il e/ facile1 ridiculem5t facile1 d'labor] un modle p\r le *oix d'un corps lgislatif4 ,il faudrait d'abord mettre "p dans un pays les hommes1 du re/e loyaux et dignes de confiance1 qui s]ai5t matres connaisseurs en c]ta9es *oses et reconnatrai5t rciproquem5t leurs capacits dj cooptation4 ,dans l'assemble =me de ces hommes-ci1 il faudrait faire un *oix plus re/re9t qui dt]m9]ait les spcialits et les compt5ces de premi] ordre dans *aque ordre de connaissance1 et ce *oix se f]ait p> l'e/ime et la g>antie mutuelle seconde cooptation4 ,le corps lgislatif a9si compos1 les voix et dcisions de *aque homme spcialem5t compt5t devrai5t seules dcid] dans *aque "q p>ticulire1 et l'honorabilit de t\s les autres devrait tre assez gr&e p\r que1 ne ft-ce que p> simple conv5ance1 ils ab&onnass5t la dcision ceux-ci sur cette "q spciale4 ,de sorte que1 /rictem5t1 la loi en *aque espce natrait de la dcision des plus raisonnables444 ,mais si1 comme je l'ai dit1 il e/ facile1 ridiculem5t facile d'labor] une p>eille con/ruction1 il n'y a pas de puissance assez =te sur la t]re p\r la ralis]1-- mo9s que la croyance en l'utilit suprieure de la sci5ce ne devi5ne vid5te1 mme p\r le plus malveillant1 et que l'on ne prfre cette croyance en la foi au nombre4 ,c'e/ dans le s5s de cet av5ir qu'il faut dire3 ,respect p\r l'homme compt5t et bas t\s les p>tis6 ,voil qui e/ prcism5t le contraire de ce que p5se l'in/9ct dmocratique4 ,il p5se que la compt5ce rs\drait les que/ions dans le s5s de la raison 7relativem5t1 huma9em5t72 que la loi natrait de la dcision du plus raisonnable1 et c'e/ devant quoi il recule avec horreur1 sur cette considration qu' agir a9si jamais une loi ne s]ait l'expression d'une passion1 *ose qu'il ne peut pas mme envisag] de sang-froid4 ,c> l e/ le po9t4 ,on se dem&e t\j\rs p\rquoi1 dans les temps dmocratiques1 le peuple a horreur de la compt5ce1 n'a qu'un pr9cipe1 savoir que les affaires ne doiv5t tre traites que p> ceux qui ne les connaiss5t pas1 l'exclusion de ceux qui les connaiss5t4 ,on dit3 la dmocratie e/ le culte des nullits4 ,soit2 mais encore p\rquoi l'e/-elle8--,mais1 p>ce que savoir quelque *ose sur une "q1 je ne dis pas te la passion1 mais dim9ue la passion avec laquelle on la traite2 ce qui e/ prcism5t ce dont le dmocratisme ne veut pas1 v\lant que la loi soit l'expression des div]ses passions qui l'anim5t4 ,leibniz rem>quait qu'il tait trs difficile qu'un homme intellig5t entrt dans un g\v]nem5t mon>*ique4 ,il avait raison s'il p>lait de mon>*ie absolue1 un mon>que absolu rpugnant1 sauf s'il e/ trs intellig5t lui-mme1 7et encore67 un m9i/re intellig5t qui contr>i]a trs probablem5t ses p5*ants4 ,or1 n'y ayant ri5 qui soit plus semblable au despotisme p]sonnel que le despotisme populaire1 la rem>que de ,leibniz s'applique la dmocratie1 qui n'admet pas qu'un de ses m9i/res ait une op9ion lui1 qui veut que ceux qui sollicit5t ses suffrages lui dis5t1 comme le c&idat de la comdie3 ,t\t ce que v\s v\lez1 je le veux encore plus que v\s2 qui veut qu'ils lui dis5t1 comme ,m4 ,h5ry ,m>et en #ahgh3 ,mon concurr5t v\s dira3 ,voil ce que je veux2 moi1 je v\s dis3 ,qu'e/-ce que v\s v\lez82 et qui a t\j\rs peur que de savoir quelque *ose cela n'amne avoir une op9ion p]sonnelle4 ,le peuple1 aux temps dmocratiques1 ne veut avoir p\r m9i/res que des simples d'esprit ou des simples d'esprit volontaires1 se fiant du re/e plus ceux-l qu' ceux-ci1 p>ce que ceux-l sont plus srs1 comme le montre prcism5t le petit exemple cit plus haut1 ,m4 ,m>et s'tant lass assez vite de v\loir ce que t\t le monde v\lait4 ,on a dit que le s5tim5t ari/ocratique1 qu& il e/ pr\v p> le peuple1 e/ le s5tim5t confus qu'on n'e/ qu'un imbcile4 ,ce n'e/ pas faux2 mais ce qui me semble encore plus vrai c'e/ qu'aux temps dmocratiques le s5tim5t dmocratique e/ le s5tim5t qu'on e/ un imbcile et qu' cause de cela t\t le monde doit l'tre1 ut fiat qualitas4 ,la dmocratie e/ aussi--et ce n'e/ qu'un autre aspect du mme s5tim5t--le gt de l'galit relle1 c'e/--dire le gt du nivellem5t des conditions2 c'e/ p\r cela qu'elle veut t\t faire p> elle-mme1 qu'elle ne veut pas de *efs1 mme lus p> elle et cont9uellem5t rvocables p> elle1 p>ce qu'encore ils sont des *efs tant qu'elle ne les a pas rvoqus2 elle ne veut que des dlgus m&at impratif1 c'e/--dire des commissionnaires4 ,qu'elle ne veuille pas de *efs1 cela signifie qu'elle a p]du la notion de la hir>*ie et de la discipl9e1 c'e/--dire la notion que la patrie e/ un camp1 et c'e/--dire la notion de la patrie2 c> la patrie e/ t\j\rs un camp1 n'e/ jamais autre *ose1 et qu& on dit3 ,ce qui faisait la v]tu roma9e1 c'tait ,annibal aux portes de ,rome2 il faut t\j\rs aj\t]3 ,annibal e/ t\j\rs aux portes de ,rome4 ,le dmocratisme1 le plbianisme1 n'e/ pas autre *ose que l'oubli de la patrie1 ou t\t au mo9s1 et cela pratiquem5t revi5t au mme1 la mconnaissance de ce qu'elle e/1 c'e/--dire une arme4 ,et ici j'ai bi5 l'air d'tre en contradiction avec ,montesquieu1 c> si1 selon ses df9itions1 la v]tu politique e/ l'am\r de la patrie et si je ti5s p\r pr9cipe de la dmocratie l'oubli de la patrie1 c'e/--dire le vice politique1 je suis en contradiction avec lui1 qui affirme que le pr9cipe des rpubliques c'e/ la v]tu politique4 ,il n'y a qu'une contradiction app>5te4 ,montesquieu veut dire1 et t\s ses textes le pr\v5t1 qu'il faut que la v]tu soit le pr9cipe des rpubliques1 que la v]tu doit tre le pr9cipe des rpubliques1 que si les rpubliques n'ont pas ce pr9cipe elles n'en ont pas1 n'ont ri5 qui les s\ti5ne et doiv5t prir4 ,et cela e/ bi5 vid5t1 c> les rpubliques1 dmocratiques surt\t1 puisqu'elles s't5t t\t autre pr9cipe 7cra9te1 obissance1 honneur71 sont bi5 =ces de possd] d'autant plus le pr9cipe de la v]tu politique1 sans quoi elles ne sont plus ri5 du t\t4 ,mais il ne dit po9t qu'en fait les rpubliques ai5t t\j\rs ce pr9cipe4 ,et je dis qu'en fait les rpubliques dmocratiques ne l'ont jamais si elles sont vritablem5t dmocratiques et que1 qu& elles l'ont1 dmocratiques elles ne le sont po9t4 ,qu'une rpublique1 p> v]tu politique1 p> am\r de la patrie1 nomme t\j\rs p\r ses magi/rats les hommes les plus compt5ts et les plus intgres2 qu'elle cons]ve trs n]giquem5t les traditions2 qu'elle ait un culte p\r son arme et qu'elle la considre comme son me2 qu'elle ait des in/itutions cons]vatrices de t\t ce qui a fait la gr&eur du pays1 avec la conviction que ce qui a fait cette gr&eur la doit faire encore1 la patrie1 comme l'humanit1 se composant de plus de morts que de vivants et vivant surt\t de l'esprit des morts2 qu'elle se s\cie beauc\p plus de la lib]t que de l'galit1 la lib]t mettant *aque individu dans t\te sa valeur1 de quoi la patrie fait son pr(it et l'galit dim9uant les =ts sans augm5t] les faibles1 d'o rsulte p\r la patrie une p]te s*e2 que la f\le n'y veuille pas faire t\t p> elle-mme1 mais assigne des corps compt5ts1 qu'elle laisse libres1 le so9 de rgl] dans l'intrt de t\s1 *acun les affaires o il se connat et qu'il peut trait] selon le savoir et non selon la passion ou le caprice2 qui dira que cette rpublique e/ dmocratique et qui ne dira que cette rpublique e/ la plus idalem5t ari/ocratique de l'univ]s8 ,et ma9t5ant1 p\r dml] encore mieux peut-tre ce que c'e/ que l'in/9ct ari/ocratique1 dem&ons-n\s comm5t une nation passe de l'in/9ct ari/ocratique l'in/9ct contraire4 ,p> une suite de transitions qui sont t\j\rs peu prs les mmes4 ,l'ide de patrie s'efface4 ,comm5t8 ,p> la trop gr&e victoire ou la trop gr&e dfaite4 ,comm5t v\drait-on que le ,roma9 s5tt la patrie prs5te et pro*e et le t\*ant1 lui la t\*ant aussi1 qu& l'ennemi e/ un ,p>! qui e/ c9q c5ts lieues et un ,breton qui n'e/ gure plus prs8--,et comm5t v\drait-on que le ,grec1 conquis p> le ,macdoni51 conquis p> le ,roma91 cras p> ces colosses1 et de la patrie autre *ose qu'une ide vague8--,et1 d'autre "p1 quelquefois1 un peuple non conquis1 mais bless grivem5t1 p\r ne pas song] un ef=t surhuma9 qu'il faudrait faire1 se p]suade qu'on ne l'a*v]a pas1 qu'il n'e/ plus m5ac p>ce qu'il ne m5ace plus p]sonne2 que1 du re/e1 l're des gu]res e/ f9ie1 qu'il fond]a la paix univ]selle en la pr*ant2 et1 se donnant ces raisons1 il vit comme si la gu]re avait disp>u du monde1 auquel cas il e/ trs vrai que la patrie s]ait inutile et que l'on p\rrait p> consqu5t vivre en pur rgime dmocratique4 ,la disp>ition ou l'affaiblissem5t des religions1 entranant en p>tie la disp>ition de la morale1 puisque la religion e/ la =me que le peuple donne la morale et puisque la morale ne lui e/ presque accessible que s\s cette =me1 te ces s5tim5ts d'abngation1 de prfr5ce cont9uelle de l'intrt public au si5 propre#g1 de r5oncem5t soi-mme#h1 qui sont les lm5ts mmes de la v]tu politique#i et laiss5t t\te sa libre c>rire l'envie et la jal\sie1 ces p>ties honteuses de l'me1 comme dit ,nietzs*e1 qui peuv5t tant qu'elles v\dront se dguis] p> pudeur en am\r de l'galit et en am\r de la ju/ice4 #g ,montesquieu4 #h ,id4 #i ,cet excell5t ,claude ,dup91 qu'il faut honor]1 non seulem5t comme bisaeul de ,george ,s&1 mais comme m>i de la protectrice de ,r\sseau et comme =t bon conomi/e1 fait cette rem>que sur ces mots de ,montesquieu3 ,cette v]tu1 que ,montesquieu va df9ir3 l'am\r de la patrie1 n'e/ po9t un r5oncem5t soi-mme4 ,au contraire1 lo9 de port] l'homme l'abngation de ses intrts1 elle lui donne un extrme dsir de voir l'tat florissant et tranquille4 ,dans cette prosprit et cette tranquillit publique le citoy5 tr\ve la fois sa tranquillit p>ticulire1 son indp5dance1 la possession et la j\issance paisible de ses bi5s1 l'esprance de les augm5t] p> la lib]t du comm]ce et celle d'tre lev de plus hautes dignits4--,=t bi52 mais comme la plup>t du temps1 ce que la v]tu politique1 ce que l'am\r de la patrie dem&e au citoy51 c'e/ une mise de fonds--je p>le un conomi/e--dont ses arrire-neveux seulem5t recueill]ont le bnfice1 c'e/ p>faitem5t une gr&e abngation et un gr& r5oncem5t soi-mme1 ou une considration de ses arrire-neveux et des arrire-neveux des autres1 qui e/ prcism5t am\r de la patrie et abngation en sa faveur1 qu'il faut au citoy5 p\r cons5tir les sacrifices que la v]tu politique lui dem&e4 ,claude ,dup9 n'e/ pas seulem5t peu idali/e1 il e/ un peu myope4 ,je dis cela en passant p\r faire compr5dre les rapports qu'il y a entre la religion et la patrie et aussi p\rquoi le peu religieux ,montesquieu a t jusqu' dire3 ,les pr9cipes du *ri/ianisme1 bi5 gravs dans le cur1 s]ai5t inf9im5t plus =ts que ce faux honneur des mon>*ies1 ces v]tus huma9es des rpubliques et cette cra9te s]vile des tats despotiques4 ,quelquefois aussi la prosprit comm]ciale et indu/rielle am5ant la ri*esse et la ri*esse ne produisant pas d'autres s5tim5ts1 *ez ceux qui ne la possd5t pas et mme *ez ceux qui la possd5t1 que le dsir de l'acqurir1 ce mobile l'emporte sur t\s les autres1 et ds qu'il l'emporte il n'y a plus de place dans les mes p\r l'abngation1 le r5oncem5t et autres v]tus rpublica9es1 lesquelles disp>ues il ne re/e que le combat p\r la vie entre citoy5s4 ,l'ambition aussi1 militaire ou autre1 contribue beauc\p faire pass] une nation de l'tat d'me ari/ocratique l'tat d'esprit dmocratique4 ,l'ambition e/ la *ose du monde la plus favorable et la plus dfavorable l'agr&issem5t de la patrie4 ,qu& elle e/ volont de puissance1 elle tire de l'individu t\t ce qui e/ en lui et1 p\r a9si dire1 un peu plus et en fait une cellule sociale d'une ri*esse extraord9aire1 d'o il suit que l'ambition s\s cette =me e/ un imm5se bi5fait p\r la socit et un devoir p\r l'individu4 ,qu& elle e/ avidit de j\issances ou exig5ce de la vanit1 elle ne dveloppe plus les facults utiles et nobles de l'homme1 mais seulem5t ses facults indu/rielles4 ,elle s'accommode de l'intrigue1 de la c\rtisan]ie1 du *>latanisme1 des compromissions1 des transactions1 des m>*s1 des f\rb]ies1 des escroqu]ies qui *app5t la loi1 de t\t ce qu'on peut appel] les brig&ages sociaux4 ,or1 de ces deux ambitions1 la premire s'aju/e bi5 au rgime ari/ocratique1 la seconde a beso91 soit du rgime mon>*ique1 soit du rgime dmocratique4 ,la premire consi/ant en ceci3 un homme de la classe noble veut g\v]n]2 un homme de la classe plbi5ne veut entr] dans la classe noble2 e/ son aise dans le rgime ari/ocratique1 p>ce qu'on ne g\v]ne jamais seul et qu'il faut1 p\r g\v]n]1 s'associ] des compagnons de g\v]nem5t et des in/rum5ts de g\v]nem5t qu'on ne tr\ve jamais que dans une classe dresse aux affaires et qui les connaisse p\r a9si dire hrditairem5t1 2 p>ce que l'homme du peuple qui veut p>ticip] au g\v]nem5t1 entr] dans la classe des g\v]nants1 ne le peut honntem5t1 mritoirem5t et utilem5t1 que qu& il se fait jug]1 non p> la f\le qui ne connat ri5 aux affaires1 mais p> une classe qui les connat1 qui s'ap]oit qu'il les connat et qui l'adopte1 ayant intrt l'adopt] p\r avoir une =ce de plus en elle et contre elle une =ce de mo9s4 ,quelques mois avant sa mort1 ,?i]s croyait rev5ir au p\voir et s'y ma9t5ir de nombreuses annes2 c'e/ trs huma94 ,et ,gambetta8 lui dit-on4 --,je pr5ds ,gambetta4 ,je lui donn]ai un m9i/re4 --,lequel8 --,les affaires trangres4 --,h6 --,oui4 ,il connat la ,france4 ,il ne la connat pas mal4 ,mais il ne connat pas l',europe1 et il aura beso9 de moi p\r la connatre4 ,je la lui appr5drai4 ,ceci e/ l'image mme d'une ari/ocratie adoptant un homme n\veau4 ,quant l'ambition qui e/ dsir de j\issance ou exig5ce de vanit1 elle ne s'accommode que d'une mon>*ie ou d'une dmocratie1 p>ce que c'e/ l que ses moy5s1 intrigue1 c\rtisan]ie1 *>latanisme1 f\rb]ie1 sont de mise et port5t fruit4 ,montesquieu rem>que trs judicieusem5t que l'ambition p]sonnelle e/ p]nicieuse dans une rpublique et a de bons effets dans une mon>*ie1 en ce s5s qu'elle donne la vie ce g\v]nem5t1 sans y tre dang]euse1 p>ce qu'elle y peut tre sans cesse rprime4 ,il e/ vrai2 mais si l'ambition peut tre en effet rprime dans une mon>*ie =te1 d'une "p elle ne laisse pas d'y tre dang]euse qu& l'ambitieux plat au pr9ce1 d'autre "p la mon>*ie a ju/em5t ce dfaut que l'ambition vulgaire y e/ comme *ez elle1 captant p> de bas moy5s la faveur s\v5t facile sduire d'un seul homme2 et l'ambition suprieure y e/ gne et rprime1 consi/ant v\loir g\v]n]1 ce qu'il e/ r>e que le pr9ce p]mette4 ,que l'ambition vulgaire et fune/e l'tat soit exactem5t dans les mmes conditions de ses ex]cices et dm>*es dans la mon>*ie et la dmocratie1 c'e/1 je crois1 ce que le fameux passage1 un peu dclamatoire1 mais au fond trs ju/e1 de ,montesquieu sur les c\rs dmontr]a assez bi53 ,l'ambition dans l'oisivet1 la bassesse dans l'orgueil1 le dsir de s'enri*ir sans travail1 l'av]sion p\r la vrit1 la flatt]ie1 la trahison1 la p]fidie1 l'ab&on de t\s ses engagem5ts1 le mpris des devoirs du citoy51 la cra9te de la v]tu du pr9ce1 l'esprance de ses faiblesses444 =m5t1 je crois1 le c>actre du plus gr& nombre des c\rtisans1 m>qu dans t\s les lieux et dans t\s les temps4 ,ri5 de plus exact2 mais remplacez le mot pr9ce p> le mot peuple1 relisez t\t le passage et voyez si t\s les mots1 littralem5t1 ne s'appliqu5t pas aux c\rtisans de la dmocratie aussi bi5 qu'aux c\rtisans de la mon>*ie et mme peut-tre un peu plus8 ,mutato nom9e de te fabula n>ratur4 ,l'ambitieux vulgaire1 l'ambitieux de titres et d'arg5t1 a donc beso9 de la mon>*ie ou de la dmocratie2 il a beso9 de ou de 1 et ce n'e/ que l'aropage qui le gne4 ,donc1 qu&1 dans un peuple1 l'ambition malpropre1 ou seulem5t l'ambition enfant9e1 p> opposition l'ambition virile1 comm5ce se rp&re1 gagn]1 l'emport] sur l'autre1 la g5t ambitieuse vise1 assez indiffremm5t1 la mon>*ie ou la dmocratie4 ,c'e/ l'hi/oire des dmagogues d',a?nes1 des dmagogues roma9s1 dmagogues d'abord1 cs>i5s ensuite1 des dmagogues franais1 jacob9s d'abord1 napoloni5s ensuite1 c'e/ l'hi/oire univ]selle4 ,de la valeur de l'ambition dp5d ou l'ari/ocratisme ou le dmocratisme et le mon>*isme2 la dgradation de l'ambition incl9e les peuples la dmocratie ou la mon>*ie absolue1 fait pass]1 contribue faire pass] les peuples de l'tat d'esprit ari/ocratique l'tat d'esprit contraire4 ,une cause encore de ce passage1 quelquefois brusque1 de l'tat ari/ocratique l'tat dmocratique1 e/ la disp>ition1 dans un peuple1 de la classe moy5ne4 ,la classe moy5ne n'e/ pas seulem5t l'*elon int]mdiaire entre la plbe et la classe dirigeante4 ,elle e/ l'us9e d'laboration du plbi5 asc5dant la classe haute4 ,elle mnage l'tape et fait que l'tape e/ f\rnie dans des conditions favorables et heureuses4 ,le fils1 intellig5t et de t\tes faons bi5 d\1 d'un plbi5 a beso9 de ne pas pass] brusquem5t de la plbe dans le patriciat1 o il s]ait maladroit1 malavis1 inexprim5t et dpays4 ,il faut1 ou que lui-mme fasse un /age dans la classe moy5ne p\r s'y aff9]1 avant d'entr] dans la classe dirigeante1 ou1 et plus s\v5t1 que son fils seulem5t1 aprs le /age fait p> son pre1 pntre dans la classe suprieure4 ,la classe int]mdiaire e/ le lam9oir de la plbe se dirigeant v]s le patriciat4 ,il faut donc qu'elle exi/e4 ,elle a une importance sociale considrable et comme une mission sociale de premi] ordre4 ,or1 il arrive qu'elle disp>at4 ,c'e/ mme trs facile et p> consqu5t trs frqu5t4 ,l'encombrem5t des c>rires qui lui sont rs]ves1 les difficults1 en consqu5ce1 de la vie1 les m>iages t>difs1 le peu de po/rit1 dim9u5t l'importance numrique de la classe moy5ne4 ,elle disp>at ou plutt se r5\velle1 p> l'accession de la plbe1 mais si rapidem5t1 qu'elle n'e/ plus une classe1 qu'elle n'e/ plus con/itue et /able1 qu'elle n'e/ plus cons]vatrice de traditions1 de murs1 de c\tumes1 d'ides gnrales1 de prjugs1 si l'on veut1 qui lui soi5t propres2 elle n'e/ plus qu'une plbe dgrossie4 ,alors l'ari/ocratie se tr\ve directem5t et sans int]mdiaire en contact avec la plbe2 alors la difficult1 p\r la plbe1 d'entr] dans le patriciat e/ plus gr&e2 c> l'tape rgulire racc\rcit les di/ances1 bi5 lo9 qu'elle les augm5te2 et l'ari/ocratie1 qui puisait ses recrues dans le plbianisme aff91 hsite1 non sans quelque raison1 les puis] dans cette classe int]mdiaire qui n'e/ plus que le plbianisme brut1 ou peu s'en faut1 et le jeu naturel1 si salutaire1 de l'asc5sion et de la cooptation e/ dtruit4 ,une des causes du brusque passage1 ,rome1 de l'ari/ocratie la dmocratie cs>i5ne1 e/ qu'il n'y a jamais eu ,rome de classe moy5ne nombreuse1 considrable et solidem5t con/itue4 ,une cause encore1 et peut-tre la plus importante1 de ce passage e/ l'infiltration des peuples trang]s dans une nation4 ,si1 p> suite soit de l'abaissem5t de la natalit1 soit de la non*alance des citoy5s1 le peuple ,a e/ ins5siblem5t pntr p> un trs gr& nombre d'individus du peuple ,b1 il se produit une invasion pacifique1 une invasion l'amiable1 beauc\p plus dang]euse que l'invasion gu]rire et torr5tielle4 ,le peuple ,a e/ encombr de mtques qui affaibliss5t en lui le s5tim5t national4 ,il faut bi5 s'ent5dre4 ,le mtque n'e/ po9t l'ennemi du peuple qui l'a adopt4 ,s\v5t mme il l'aime4 ,mais il l'aime d'une manire qui n'e/ pas favorable la gr&eur1 la =ce de ce pays4 ,il l'aime p>ce qu'il s'y tr\ve bi54 ,il le ti5t p\r sa patrie dans le s5s du prov]be3 ubi b5e1 ibi patria4 ,or1 c'e/ le contraire qui fait le vrai patriotisme4 ,le vrai patriote e/ celui qui dit3 quamquam male1 ibi patria1 et qui regrette l'trang] le malaise mme qu'il pr\vait dans son pays4 ,le mtque1 donc1 aime sa n\velle patrie1 condition qu'il y soit l'aise4 ,c'e/ lui qui s]a trs favorable l'abolition du s]vice militaire1 aux impts supports uniquem5t p> la classe ri*e1 c'e/--dire ne produisant presque ri51 en un mot t\tes les mesures dmocratiques1 et qui se drob]a le plus possible t\s les sacrifices que le vrai patriote1 que l'auto*tone cons5t avec joie4 ,cette infiltration de l'lm5t trang] dans un peuple fut la cause pr9cipale de la dcad5ce d',a?nes1 de la dcad5ce de ,rome4 ,on a rem>qu que l'empire roma9 ne fut pas conquis p> les b>b>es1 qu'il se donna progressivem5t aux b>b>es1 leur accordant des t]res1 les pr5ant comme soldats1 comme ,a?nes pr5ait des m]c5aires1 les admettant l'empire1 l5tem5t imbib p> eux1 si bi5 que la conqute tait faite qu& l'invasion se d*ana4 ,sans insi/] sur ceci qui e/ un peu en dehors de notre sujet1 il p>at peu d\teux aux hi/ori5s que ds le temps des gu]res civiles1 le gr& nombre d'trang]s dev5us citoy5s roma9s avait *ang l'esprit de la ville et fait de ,rome une espce d',antio*e ou de ,cor9!4 ,la ville mondiale s]a t\j\rs cosmopolite2 la ville cosmopolite ne se considr]a jamais comme un camp2 la ville qui ne se considr]a pas comme un camp s]a t\j\rs prte1 soit la dmocratie1 soit la mon>*ie despotique4 ,voil d'o p>t5t l'in/9ct dmocratique et la dmocratie elle-mme4 ,o mn5t-ils8 ,il faut rem>qu] d'abord que l'in/9ct dmocratique dveloppe extraord9airem5t vite ses consqu5ces1 p>ce qu'il s'entrane lui-mme avec une extraord9aire rapidit4 ,ds qu'il dom9e1 il e/ unanime4 ,en effet1 n'y ayant p\r l'ari/ocrate lui-mme1 et p\r le plus ari/ocrate des ari/ocrates1 d'autre moy5 d'tre quelque *ose que de plaire au peuple pntr de s5tim5ts dmocratiques1 ou ce sont t\s les moy5s dmocratiques qu'il emploi]a1 flatt]ies1 m]cantilisme1 sur5*res1 *>latanisme1 et il ne f]a que confirm] dans la nation l'tat d'me dmocratique2--ou il s'ab/i5dra1 dira1 comme ,nietzs*e1 que s'occup] de politique e/ une indc5ce et devi5dra un migr l'intrieur1 c'e/--dire ne compt]a p\r ri51 non seulem5t comme influ5ce1 mais mme comme unit dans l'tat2--et dans les deux cas la dmocratie suivra son c\rs1 de plus en plus prcipit4 ,p\r que l'ari/ocratie exi/e 7et c'e/ un truism71 il faut que le peuple surt\t soit ari/ocrate4 ,une fois que l'in/9ct dmocratique s'e/ emp> de l'me d'un peuple1 il l'amne successivem5t t\tes les dm>*es qui peuv5t et qui doiv5t diss\dre et pulvris] ce peuple mme4 ,en effet1 le dmocratisme c'e/ l'am\r de la ju/ice1 c'e/--dire de l'galit1 tant ent5du1 en bon esprit dmocratique1 que ds qu'il y a 9galit il y a inju/ice et qu'il e/ ju/e que t\t homme soit exactem5t autant qu'un autre4 ,or l'esprit galitaire s'attaque d'abord t\tes les 9galits sociales4 ,le privilge de la naissance p>at mon/rueux3 ,v\s v\s tes donn la pe9e de natre4 ,p\r cela1 en v]tu de cela1 v\s tes *ef4 ,y a-t-il ri5 de plus inique8 ,les privilges dus la naissance s]ont abolis4 ,on ne natra plus *ef1 on ne natra plus noble4 ,bi54 ,mais1 s'il v\s plat1 natre ri*e n'quivaut-il pas natre noble8 ,non seulem5t il y quivaut2 mais il e/ un avantage beauc\p plus considrable4 ,montesquieu fait rem>qu] que natre noble1 en #agdj1 fait gagn] un enfant une v+ta9e d'annes sur les autres4 ,voltaire dit exactem5t la mme *ose de la ri*esse et il a t\t autant raison1 beauc\p plus1 puisqu'avec l'arg5t on a*te la noblesse1 ce qui fait que l'enfant qui nat ri*e e/ plus favoris ds sa naissance que l'enfant qui nat pauvre4 ,la ri*esse e/ donc une 9galit de naissance t\t autant1 au mo9s1 que la noblesse4 ,donc il faut abolir l'enfant naissant ri*e1 il faut abolir l'hritage4 ,ut fiat qualitas4 ,la noblesse1 en disp>aissant1 a dc\v]t une autre 9galit qu'elle ca*ait et qui app>at4 ,bi54 ,mais dtruire l'hritage suffit-il8 ,non2 c> il suffit que le pre soit ri*e jusqu' sa mort p\r que l'enfant ait un privilge de naissance4 ,il s]a mieux lev1 mieux in/ruit1 mieux dress1 mieux arm2 il aura le privilge de l'ducation que sa naissance lui aura valu4 ,encore deux classes3 celle de ceux qui ont pu tre levs1 celle de ceux qui n'ont pas pu l'tre4 ,il ne suffit donc pas d'abolir l'hritage1 il faut abolir la ri*esse elle-mme1 l'aisance elle-mme1 ou la faire gale entre t\s4 ,ut fiat qualitas4 ,l'hritage1 en disp>aissant1 a dc\v]t une autre 9galit qu'il ca*ait et qui app>at4 ,bi54 ,que la ri*esse disp>aisse4 ,mais1 ce n'e/ encore ri54 ,l'on n'a aboli que les 9galits sociales4 ,on se tr\ve en prs5ce des 9galits naturelles4 ,tel homme e/ plus intellig5t qu'un autre1 plus +nieux1 plus adroit1 plus habile1 plus loqu5t1 d'une capacit de travail plus gr&e4 ,voil les 9galits naturelles4 ,sont-elles plus ju/es p>ce qu'elles sont naturelles8 ,en quoi8 ,p\rquoi8 ,elles ne sont pas plus ju/es et elles sont plus d\l\reuses4 ,elles sont plus d\l\reuses que les 9galits sociales1 p>ce que1 mme qu& on s\ffrait le plus de celles-ci1 on a t\j\rs s5ti qu'on p\vait les abolir2 t&is que les 9galits naturelles1 on s5t qu'elles sont inde/ructibles4 ,mme de ,/al a un mot trs ju/e1 et mme pr(ond1 p>mi tant d'autres2 elle dit3 ,la ,rvolution franaise n'a pas tabli l'galit4 ,elle a remplac une 9galit p> une autre4 ,elle a remplac les 9galits sociales p> les 9galits naturelles4 videmm5t6 ,elle a remplac les 9galits sociales--ou plutt quelques-unes2 c> elle n'a pas t l'9galit des =tunes--p> l'9galit naturelle3 diffr5ce d'intellig5ce1 d'adresse1 d'habilet et de puissance de travail entre les hommes4 ,or1 en cela1 le b tant l'galit1 elle a rtrograd plutt qu'avanc4 ,c> les 9galits sociales contr>iai5t les 9galits naturelles1 les ref\lai5t et les rprimai5t3 un enfant bi5 d\ tait1 p> les enfants bi5 ns1 bi5 levs et bi5 r5ts1 emp* de p]c] et d'arriv] la lumire1 au dveloppem5t de lui-mme et la puissance4 ,si l'9galit sociale avait absolum5t emp* les 9galits naturelles de sortir leur effet1 elle et bi5 mrit de l'galit1 les 9galits naturelles tant1 qu& elles sont laisses libres1 beauc\p plus envahissantes1 dom9antes1 accap>euses et oppressives que les 9galits sociales1 lesquelles se cont5t5t le plus s\v5t d'honneurs et d'oisivet4 ,donc1 avoir supprim les 9galits sociales1 en supposant qu'on les ait dtruites1 on n'a ri5 fait p\r l'galit1 et peut-tre au contraire4 ,les privilges sociaux1 en disp>aissant1 ont dc\v]t les privilges naturels qu'ils ca*ai5t et qui app>aiss5t4 ,il faudrait supprim] les 9galits naturelles elles-mmes et les 9galits naturelles surt\t1 ut fiat qualitas4 ,on ne peut pas les dtruire1 mais on peut les neutralis]4 ,a mon avis on f]ait mieux de les dtruire1 t\te va9e s5sibilit mise de ct4 ,a ,sp>te on immolait sans piti les enfants mal con=ms4 ,p\rquoi8 p>ce que ,sp>te tait une socit ari/ocratique qui ne v\lait cons]v] comme citoy5s que les meilleurs au po9t de vue de la df5se du pays4 ,une socit dmocratique doit faire la mme *ose1 c'e/--dire l'inv]se1 et o/racis] p> la mort les enfants bi5 d\s1 qui sont une m5ace p\r l'galit4 ,sans all] jusque-l1 si1 je ne sais p\rquoi1 du re/e1 on ne veut pas y all]1 on peut neutralis] les 9galits naturelles4 ,on peut faire leur g>d ce qu'on fait l'g>d des fils de rois3 c> prcism5t ils sont des fils de rois selon la t]m9ologie de ,gob9eau4 ,a l'g>d des fils de rois1 on peut1 soit les tu]1 soit les rduire l'impuissance4 ,la premire ,rpublique a tu ,l\is ,,xvi p>ce qu'il migrait2 la troisime ,rpublique a =c ses petits-neveux migr] p>ce qu'ils rsidai5t4 ,il n'y a pas illogisme1 il y a deux faons diffr5tes de rduire ri54 ,de mme l'endroit des hommes suprieurs p> l'intellig5ce1 l'adresse ou la puissance de travail1 il faut pratiqu] l'o/racisme dprimant2 il faut pratiqu] la /rilisation2 il faut en faire des migrs l'intrieur1 en ne leur accordant ni faveurs1 ni honneurs1 ni places1 ni fonctions1 ni occasions de travaill]1 et les ram5] a9si un nirvana in(f5sif4 ,ut fiat qualitas4 ,c'e/ le sy/me de ,babeuf que j'expose ici1 de ,babeuf1 le plus logique et peut-tre le seul logique des rvolutionnaires dmocrates4 ,c'e/ du re/e1 in/9ctivem5t et fatalem5t1 le sy/me que suiv5t les dmocraties en abaissant progressivem5t le niveau de leurs dlgations p>lem5taires et p> l le niveau des fonctionnaires de l'tat1 puisque ce sont leurs dlgations p>lem5taires qui indirectem5t1 mais rellem5t1 nomm5t ceux-ci2 et du re/e1 en faisant progressivem5t de t\tes les fonctions des fonctions d'tat1 p\r que t\t ce qui agira dans l'tat passe s\s ce niveau t\j\rs et indf9im5t rabaiss2 et encore en mlant t\te nom9ation des que/ions politiques af9 que soit prfr l'homme compt5t1 celui qui1 se s5tant incompt5t1 aura remplac l'aptitude p> une op9ion politique1 supriorit qu'il e/ t\j\rs la porte de t\t le monde de se donn]4 ,a9si la dmocratie1 lim9ant peu peu t\te supriorit inv5te p> l'in/9ct social1 puis t\te supriorit inv5te p> la nature1 affaiblit les muscles et les n]fs de l'tat2 ut fiat qualitas1 ce qui e/1 au po9t de vue qu'elle a adopt1 non seulem5t le s\v]a9 bi51 mais le seul bi54 ,telles sont1 selon moi1 les transitions p> lesquelles les peuples pass5t de l'in/9ct ari/ocratique l'in/9ct dmocratique et de l'tat ari/ocratique l'tat de dmocratie intgrale4 ,,*apitre ,,xi ,,le ,,m>iage ,de t\tes les victoires de la socit sur la nature1 le m>iage monogamique e/ la plus clatante1 la plus vig\reuse et peut-tre la plus fconde4 ,l'homme e/ polygame de nature1 ce qui e/ suffisamm5t indiqu p> ce fait que la grossesse de sa compagne e/ trs longue et que1 p5dant cette grossesse1 ne cess5t ni ses dsirs lui ni ses beso9s4 ,a la vrit1 l'homme a tellem5t *ang1 mme naturellem5t1 mme physiologiquem5t1 que j'ai s\v5t p5s qu'en des temps trs anci5s il avait pu tre beauc\p plus prde/9 la monogamie qu'il n'y p>at le considr] p5dant la priode hi/orique4 ,n'a-t-il pas pu tre1 aux temps primitifs1 comme l'imm5se majorit des animaux1 sollicit p> les dsirs de l'am\r seulem5t p5dant une saison de l'anne et assez c\rte8 ,et ne se s]ait-il pas fait lui-mme am\reux en t\te saison1 comme dit le peuple1 s\s l'influ5ce de ses passions et de son imag9ation et p> un entranem5t progressif8 ,cela expliqu]ait cette anomalie qui consi/e en ce que1 con/itu p\r vivre c5t c9quante ans au mo9s1 en jug] p> la longueur de sa priode de croissance1 il ne vit que la moiti de ce temps2 il aurait racc\rci sa vie p> cet excs1 p>mi beauc\p d'autres4 ,cela expliqu]ait aussi les lg5des1 qui sont peut-tre des s\v5irs confus et traditions confuses1 sur la longueur d'exi/5ce des hommes antdiluvi5s4 ,quoi qu'il en soit1 cela a pu tre4 ,si cela a t1 si les hommes des premi]s ges ne pratiquai5t l'am\r sexuel qu'en une seule saison de l'anne1 ils p\vai5t tre monogames1 leurs compagnes tant grosses et eux ab/95ts prcism5t p5dant le laps de temps qui sp>e un pr9temps d'un autre4 ,mais il re/e la priode d'allaitem5t1 peu favorable au comm]ce sexuel et qui n\s ramne l'hypo?se de la polygamie *ez les primitifs1 mme euss5t-ils t exclusivem5t pr9tani]s4 ,donc le polygamisme de l'homme e/ encore l'hypo?se la plus vraisemblable4 ,non seulem5t les t\t faits primitifs1 les errants1 mais les familiaux ont t polygames1 ceux-ci du re/e plus que ceux-l2 c> la monogamie devait tre assez frqu5te *ez les errants1 trs isols1 trs loigns les uns des autres1 comme je l'ai dit2 et la polygamie assez frqu5te *ez les familiaux1 la femme errante v5ant *]*] asile la f]me1 l'isba1 la hutte du familial primitif1 mme qui avait compagne1 s'y r5dant utile1 y dev5ant agrable et passant au rang de compagne adjo9te4 ,que la polygamie ft l'tat ord9aire des primitifs1 cela fait peu de d\te mes yeux4 ,la socit1 primitive encore1 c> plus t>d elle f]a un peu le contraire1 cra et imposa le m>iage p\r le beso9 qu'elle en avait et inv5ta le prjug monogamique comme t\s les autres prjugs sociaux1 p\r le beso9 qu'elle avait de ce prjug4 ,elle en avait beso91 comme dit ,montesquieu1 p>ce que la cont95ce publique e/ naturellem5t jo9te la propagation de l'espce2 p>ce que la polygamie t>it1 en la disp]sant1 la puissance virile2 p>ce qu'elle t>it aussi la fcondit fm99e1 la cra9te1 *ez le polygame1 du trop gr& nombre d'enfants1 l'am5ant faire de la plup>t de ses compagnes seulem5t des in/rum5ts de plaisir1 d'o rsulte t\te une catgorie de femmes inutiles la socit4 ,aussi la polygamie1 mme dans les pays o elle e/ lgale1 n'e/ qu'une tolrance1 n'e/ nullem5t recomm&e p> la loi religieuse et elle *ange peu du re/e l'tat social1 l'imm5se majorit des hommes pratiquant la monogamie et la loi ne p]mettant qu'aux ri*es d'tre polygames4 ,c'e/ un privilge ari/ocratique4 ,les ,ori5taux manqu5t r>em5t de n\s dire3 ,n\s sommes polygames comme v\s1 qu& n\s sommes dans l'aisance1 avec cette seule diffr5ce que n\s avons un h>em conc5tr et v\s un h>em disp]s2 et1 comme *ez v\s1 la rgle gnrale e/ qu'un homme soit l'p\x d'une seule femme4 ,la socit a t\j\rs protg le m>iage monogamique avec des t5dresses qui entranai5t des rigueurs4 ,la cons]vation de l'tat l'exigeait4 ,l'tat a t\j\rs t5u aux hommes le disc\rs que le c5seur ,metellus ,numidius t9t aux ,roma9s3 ,s'il tait possible de n'avoir po9t de femmes1 n\s v\s dlivr]ions de ce mal2 mais comme la nature a tabli que l'on ne peut gure vivre heureux avec elles ni subsi/] sans elles1 il faut avoir plus d'g>d notre cons]vation qu' nos satisfactions passagres4 ,l'tat roma9 tablit des pe9es p\r ceux qui n'tai5t pas m>is et des rcomp5ses et une multitude d'honneurs v>is p\r ceux qui tai5t4 ,il alla jusqu' int]dire le m>iage aux vieill>ds1 df5dant un homme qui avait soixante ans d'p\s] une femme qui en avait c9quante1 ce que du re/e je ne compr5ds pas bi52 c> ce qu'il faut df5dre au vieill>d c'e/ mo9s de faire un m>iage inutile1 en p\sant une c9quant5aire1 que de faire1 en p\sant une jeune fille1 un m>iage inutile aussi1 mais qui1 de plus1 vole une p\se quelque jeune homme et emp*e des enfants de v5ir au monde4 ,aussi ,tibre int]dit-il aux vieill>ds d'p\s] une femme au-dessus de c9quante ans et aussi au-dess\s4 ,mais ,claude rev9t au sy/me antrieur4 ,doit-on s\ponn] ,claude d'avoir p5s que le m>iage d'un vieill>d avec une jeune fille e/ mo9s infcond1 comme le p5sait ,corvis>t1 qu'on ne croit premire vue8 ,t\j\rs e/-il que t\tes les ides roma9es tai5t t\rnes du ct de la monogamie fconde4 ,augu/e exprimait l'esprit roma9 qu& il disait aux *evali]s roma9s clibataires3 ,la cit ne consi/e pas dans les maisons1 les portiques1 les places publiques3 ce sont les hommes qui font la cit4 ,v\s ne v]rez pas1 comme dans les fables1 sortir des hommes de dess\s t]re p\r pr5dre so9 de la *ose publique4 ,ce n'e/ po9t p\r vivre seuls que v\s re/ez dans le clibat2 *acun de v\s a des compagnes de table et de lit1 et v\s ne *]*ez que la tranquillit dans le lib]t9age4 ,mon unique objet e/ la p]ptuit de la ,rpublique4 ,l'unique objet des socits a t la p]ptuit de la ,rpublique2 et c'e/ p\rquoi1 p> les murs autant que p> les lois1 elles ont exalt le m>iage et l'ont fait considr] comme le fondem5t mme de t\te morale4 ,l'homme moral1 p\r elles1 c'e/ l'homme m>i de bonne heure1 fidle sa femme1 exigeant imprieusem5t que sa femme lui soit fidle1 fidle ses enfants et exigeant imprieusem5t que ses enfants lui soi5t fidles1 c'e/--dire obissants4 ,c'e/ cet homme-l qui e/ l'homme social1 la cellule pure et sa9e du corps social4 ,il e/ digne de t\s les respects1 de t\tes les dignits1 de t\tes les faveurs4 ,celui des deux consuls qui a le plus d'enfants pr5d les faisceaux le premi]4 ,celui des snateurs qui a le plus d'enfants e/ inscrit le premi] et op9e le premi]4 ,d'aprs cette conception1 la premire v]tu des femmes et la seule presque dont on ti5ne compte e/ la *a/et4 ,t\t le re/e e/ secondaire1 puisqu'il n'importe pas directem5t la p]ptuit de la ,rpublique4 ,faire considr] la femme la *a/et et la fidlit comme son honneur1 c'e/--dire comme sa morale1 faire considr] au m>i la *a/et et la fidlit de sa femme comme son honneur lui1 ce qui e/ une absurdit1 mais ce qui importe inf9im5t p\r la moralit publique1 p\r la puret des gnrations1 p\r la /abilit et la cont9uit des familles2 c'e/ l'ef=t con/ant de la cit comme lgislatrice et de la cit comme morali/e1 comme ag5t de moralisation1 comme con/itutrice des murs1 comme prdicatrice de morale2 c'e/ ce qu'elle met dans la loi et ce qu'elle met dans t\s ses disc\rs4 ,montesquieu1 sur un passage de ,dion ,cassius qui e/ susceptible de plusieurs int]prtations1 raisonne a9si3 ,dans le ,snat de ,rome compos de graves magi/rats1 de jurisconsultes et d'hommes ple9s de l'ide des premi]s temps1 on proposa1 s\s ,augu/e1 la correction du luxe et des murs des femmes4 ,il luda avec art4 ,c'e/ qu'il fondait une mon>*ie et dissolvait une ,rpublique4 ,montesquieu n'a pas t\t fait raison4 ,un fondateur de mon>*ie n'a pas intrt la dissolution des murs1 aucune socit n'y ayant intrt2 mais il e/ trs vrai qu'une socit ari/ocratique a plus d'intrt la puret des murs qu'une dmocratie1 soit cs>i5ne1 soit populaire3 une socit ari/ocratique a beso9 d'une nation o t\t le monde soit ari/ocrate1 c'e/--dire o t\t le monde soit s\cieux d'tre asc5dant et fondateur de famille asc5dante2 une socit dmocratique peut rel*] quelque *ose de cette rigueur1 se proposant non la t5sion de la patrie1 de manire lui faire produire son plus gr& ef=t1 mais l'aisance1 la facilit et la d\ceur des relations1 au risque que le pays soit surpass1 surmont et va9cu p> d'autres1 ce quoi elle n'atta*e pas une trs gr&e importance4 ,d\ce philosophie qui1 relativem5t1 tait p]mise ,rome au temps d',augu/e2 mais il aurait fallu voir1 au temps d',augu/e1 de ,tibre ou mme des ,anton9s1 un ,annibal desc5dant des ,alpes4 ,dans cette contra9te cont9ue qu'elle ex]ce p\r con/itu] la famille =te1 ca/a domus1 la socit r5contre la nature qui p\sse plutt la polygamie1 l'homme surt\t2 elle r5contre le dsir de divorce1 *ez l'homme surt\t1 *ez la femme quelquefois4 ,elle e/ emb>rasse2 c> son premi] intrt e/ la multiplication de l'espce1 et le ma9ti5 des m>iages o la discorde rgne entre les p\x e/ contraire la multiplication de l'espce2 et le divorce e/ favorable la multiplication de l'espce4 ,mais1 d'autre "p1 le ma9ti5 des m>iages1 mme de ceux o rgne la discorde1 e/ favorable la multiplication de l'espce en ce s5s qu'il cons]ve les enfants1 ne les disp]se pas1 ne les met pas1 de mauvaises1 dans de plus mauvaises encore conditions d'levage2 et le divorce e/ dfavorable la multiplication de l'espce en ce s5s et qu'il disp]se les enfants et les met dans les plus mauvaises conditions d'levage et qu'il dprave les p>5ts1 non pas t\s1 mais un c]ta9 nombre4 ,le m>iage indissoluble a un c>actre r$\table et sacr qui donne aux conjo9ts une m5talit p>ticulire2 ils se s\mett5t au m>iage comme une fatalit1 comme une p>tie de la fatalit univ]selle1 comme une des nombreuses *oses de ce monde qui sont fatales et ils y pli5t leurs esprits comme une fatalit2 ils l'accept5t gravem5t et le support5t avec srieux2 le m>iage indissoluble e/ une cole1 s9on de /ocisme1 du mo9s de philosophie grave et virile2 p>ce qu'il e/ une fatalit1 il pr5d le c>actre d'un devoir4 ,le m>iage dissoluble a quelque c>actre de l'union libre2 on le contracte lgrem5t1 comme engagem5t trs facilem5t rvocable4 ,on y entre comme en un lieu d'o il e/ trs ais de sortir4 ,on a t\j\rs l'impression que l'on n'y e/ po9t1 mais que l'on y passe4 ,il donne une m5talit qui n'e/ pas suffisamm5t srieuse4 ,c'e/ l son gr& dfaut p\r moi1 c'e/ presque son unique dfaut4 ,j'ai fait rem>qu] ceci propos du ,demi-,monde de ,dumas fils4 ,on avait n qu',olivi] de ,jal91 ce p]sonnage le plus honnte homme du monde selon l'auteur1 qui r5seigne1 sur les mauvaises murs d'une femme dont il a t l'amant1 quelqu'un qui va l'p\s] et qu'il connat depuis quelques j\rs1 avait p>u en effet trs honnte homme au public de son temps2 puis1 que1 peu peu1 il avait p>u un homme assez rpugnant aux n\veaux publics4 ,je donnai cette explication que cela t5ait t\t simplem5t ce que1 depuis l'app>ition du ,demi-,monde1 le m>iage avait t aboli4 ,qu& le m>iage indissoluble exi/ait1 c'tait une *ose si r$\table1 si fune/e1 que d'p\s] une c\rtisane qui devait g>d] votre nom t\te sa vie1 qu'av]tir celui qui allait faire cette sottise tait honnte en somme1 quoique inquitant4 ,mais1 du mom5t que le m>iage n'e/ qu'une union libre lgale1 se m>i] avec une c\rtisane qu'on p\rra quitt] ds qu'on saura qu'elle l'e/ et qui ne g>d]a pas votre nom1 e/ une *ose si peu grave1 si peu importante1 un incid5t dsagrable1 mais si peu fune/e1 dans la vie1 qu'av]tir cet homme n'e/ plus qu'une g\jat]ie inutile1 n'e/ plus aucunem5t excusable4 ,et donc1 les publics des deux temps avai5t raison4 ,l'exemple me semble topique4 ,le m>iage indissoluble e/ une *ose t]riblem5t grave et qui donne de la gravit ceux qui le contract5t4 ,le m>iage dissoluble e/ *ose lgre et qui donne de la lgret ceux qui le contract5t1 ou qui leur laisse celle qu'ils avai5t4 ,or cette m5talit srieuse1 c'e/ prcism5t celle que la socit dsire qu'ai5t les citoy5s et p> le m>iage indissoluble elle la leur inspire4 ,elle fait le m>iage indissoluble1 non p\r lui-mme1 ayant plutt intrt son contraire1 mais p\r prp>] l'tat d'me que le m>iage indissoluble cre et dont elle a beso9 plus peut-tre que d'autre *ose4 ,montesquieu 7dans les ,p]sanes1 il e/ vrai7 e/ lg] sur ce sujet4 ,le divorce tait p]mis dans la socit paenne2 il fut df5du aux *rti5s4 ,ce *angem5t1 qui p>ut d'abord de si petite consqu5ce p>ut-il tel et p\rquoi8 passons eut ins5siblem5t des suites t]ribles et telles qu'on peut pe9e les croire4 ,on ta non seulem5t t\te la d\ceur du m>iage mais aussi on donna atte9te sa f92 en v\lant ress]r] ses nuds on les rel*a1 et au lieu d'unir les curs1 comme on le prt5dait1 on les rel*a p\r jamais444 ,on v\lut fix] le cur2 c'e/--dire ce qu'il y a de plus v>iable et de plus incon/ant dans la nature3 on atta*a sans ret\r et sans esprance des g5s accabls l'un de l'autre et presque t\j\rs mal assortis1 et l'on fit comme ces tyrans qui faisai5t li] des hommes vivants des corps morts4 ,ri5 ne contribuait plus l'atta*em5t mutuel que la facilit du divorce2 un m>i et une femme tai5t ports s\ffrir patiemm5t les pe9es dome/iques1 sa*ant qu'ils tai5t matres de les faire f9ir et ils g>dai5t s\v5t ce p\voir en ma9 t\te leur vie sans en us]1 p> cette seule considration qu'ils tai5t srs de p\voir le faire444 ,il n'en e/ pas de mme des *rti5s que leurs pe9es prs5tes dsespr5t p\r l'av5ir4 ,ils ne voi5t dans les dsagrm5ts du m>iage que leur dure et1 p\r a9si dire1 leur t]nit4 ,de l vi5n5t les dgts1 les discordes1 les mpris2 et c'e/ autant de p]du p\r la po/rit4 ,a pe9e a-t-on trois ans de m>iage qu'on en nglige l'ess5tiel2 on passe ensemble tr5te ans de froideur#aj4 ,il se =me des sp>ations inte/9es aussi =tes et peut-tre plus p]nicieuses que si elles tai5t publiques2 *acun vit et re/e de son ct1 et t\t cela au prjudice des races futures4 ,bi5tt un homme1 dgt d'une femme t]nelle1 se livre aux filles de joie1 comm]ce honteux et si nuisible la socit1 lequel1 sans remplir l'objet du m>iage1 n'en reprs5te t\t au plus que les plaisirs4 ,il ne faut donc pas s'tonn] si l'on voit *ez les *rti5s tant de m>iages f\rnir un si petit nombre de citoy5s4 ,le divorce e/ aboli2 les m>iages mal assortis ne se raccommod5t plus ne se rp>5t plus p> le fait d'en contract] d'autres2 c'e/ mal crit1 les femmes ne pass5t plus1 comme *ez les ,roma9s1 successivem5t dans les ma9s de plusieurs m>is1 qui en tirai5t *em9 faisant le meilleur p>ti possible444 ,si ,lacdmone il avait t tabli que les m>is *angeass5t de femme t\s les ans1 il en s]ait n un peuple innombrable4 ,il e/ assez difficile de faire bi5 compr5dre la raison qui a port les *rti5s abolir le divorce444 #aj ,on voit d'o vi5t 7peut-tre7 le mot de ,ta9e1 si joli du re/e3 ,on s'tudie trois sema9es1 on s'aime trois mois1 on se qu]elle trois ans1 on se supporte tr5te ans1 et les enfants recomm5c5t4 ,la "p faite de la plaisant]ie1 du bad9age et du p>adoxe1 il re/e de ce passage que ,montesquieu3 #a considre l'union libre comme plus productrice de fidlit que le m>iage2 #b considre surt\t la multiplicit des enfants4 ,sur le premi] po9t il se rfute lui-mme--en pr5d-il le so98 on le dirait--en n\s p>lant de ces ,roma9s qui *angeai5t de femmes avec tant de facilit et si frquemm5t4 ,s'il e/ vrai qu'tre matre de faire f9ir les pe9es du m>iage et savoir qu'on en e/ matre porte les s\t5ir patiemm5t1 comm5t ces ,roma9s ne re/ai5t-ils pas t\te leur vie sans us] du divorce2 comm5t usai5t-ils si volonti]s et si s\v5t de ce remde qu'il suffirait1 selon ,montesquieu1 de possd] p\r n'avoir nulle envie de s'en s]vir8 ,la vrit e/ que l'union libre ne p\sse pas plus la fidlit et la con/ance que le m>iage1 et que1 malgr l'esprit de contradiction huma91 il ne suffit pas de p\voir se quitt] p\r re/] ensemble4 ,quant aux enfants1 il e/ bon de considr] les enfants faire1 mais il e/ bon de considr] aussi les enfants lev]1 et ,montesquieu1 ou1 si l'on veut1 son ,p]san1 ne considre les enfants qu' ce premi] po9t de vue4 ,qu'il y en ait beauc\p1 normm5t1 innombrablem5t1 c'e/ quoi il atta*e exclusivem5t sa p5se1 et qu'ils soi5t quasi ab&onns1 ab&onns t\t fait1 la *>ge de l'tat1 mal levs1 de/9s p> leur ducation dev5ir des outlaw1 c'e/ de quoi il ne se proccupe pas4 ,or la "q la plus importante dans le divorce1 c'e/ la "q de l'enfant dans le divorce4 ,beauc\p plus srieux dans l',esprit des ,lois1 7puisque ,montesquieu n'a crit l',esprit des ,lois que p\r repr5dre t\tes les que/ions traites dans les ,p]sanes et p\r montr] qu'elles p\vai5t tre ennuyeuses71 ,montesquieu y accepte le divorce sans en faire l'loge4 ,surt\t il montre une dfiance trs gr&e l'g>d de la rpudiation1 si jolim5t dcore de nos j\rs du nom de divorce p> cons5tem5t d'un seul1 et qui n'e/ pas autre *ose qu'un acte de sauvag]ie4 ,surt\t il se montre contraire la rpudiation de la femme p> le m>i et favorable la rpudiation du m>i p> la femme1 ce qui me p>at le bon s5s mme3 ,il e/ quelquefois si ncessaire aux femmes de rpudi] et il leur e/ t\j\rs si f*eux de le faire que la loi e/ dure qui donne ce droit aux hommes sans le donn] aux femmes4 ,entre les ma9s de l'homme1 la rpudiation n'e/ qu'un n\vel abus de sa puissance4 ,mais une femme qui rpudie n'ex]ce qu'un tri/e remde4 ,c'e/ t\j\rs un gr& malheur p\r elle d'tre contra9te d'all] *]*] un second m>i qu& elle a p]du la plup>t de ses agrm5ts *ez un autre444 ,c'e/ donc une rgle gnrale que dans t\s les pays o la loi accorde aux hommes la facult de rpudi] elle doit aussi l'accord] aux femmes4 ,il y a plus3 dans les climats o les femmes viv5t s\s un esclavage dome/ique1 il semble que la loi doive p]mettre aux femmes la rpudiation et aux m>is seulem5t le divorce c'e/--dire1 d'aprs la df9ition que ,montesquieu donne plus haut du divorce1 la dissolution du m>iage p> cons5tem5t mutuel3 au m>i le droit de rpudi] si la femme y cons5t2 la femme le droit de rpudi] sans le cons5tem5t du m>i4 ,et cela me p>at t\t fait con=me la ju/ice4--,a moi aussi4 ,p\r rev5ir1 la socit se tr\ve donc en prs5ce de cette ant9omie3 le divorce1 qui c]ta9em5t lui e/ utile1 et l'indissolubilit du m>iage1 qui lui e/ utile c]ta9em5t2 le divorce qui1 c]ta9s g>ds1 dissolvant la famille et p> suite la socit1 e/ trs fune/e la socit2 l'indissolubilit du m>iage qui1 gtant la famille et p> suite la socit1 e/ trs fune/e la socit4 ,dans cet emb>ras1 la socit fait comme elle peut4 ,en pr9cipe1 elle e/ surt\t favorable l'indissolubilit du m>iage1 mme *ez les ,roma9s1 mme *ez t\s les anci5s1 p>ce que cette m5talit de l'homme et de la femme m>is indissolublem5t e/ surt\t ce qu'elle considre1 et avec une extrme bi5veillance4 ,ce prjug de la fatalit de l'union conjugale1 c'e/ elle qui l'a fait p\r donn] l'p\x cet tat d'me srieux et grave qui en fait un homme prp> accept] t\s les devoirs2 en un mot1 c'e/ elle qui a mis le devoir dans l'union conjugale p\r bnfici] d'une me a9si prp>e d'autres devoirs et t\s4 ,c'e/ cela1 sans aucun d\te p\r moi1 que la socit considre le plus et cause de cela elle e/ trs p>ticulirem5t favorable au m>iage indissoluble4 ,mais les raisons qu'elle aurait d'accept] au mo9s le divorce et l'intrt qu'elle aurait l'admettre et encore la considration des conjo9ts1 dcidm5t trop malheureux dans c]ta9s cas1 la t\*5t aussi2 d'autant que1 mme au po9t de vue social1 il ne faut pas qu'il y ait des individus trop malheureux qui peuv5t dev5ir des crim9els4 ,de t\t cela il suit que la socit f9it t\j\rs p> p]mettre le divorce en l'ent\rant de g>anties1 c'e/--dire de difficults1 ceci tant ncessaire que le divorce ne soit qu'une extrmit1 non un caprice1 et que deux p\x1 surt\t s'ils sont pre et mre1 ne se sp>5t que qu& il y a app>5ce qu'ils ne peuv5t tre que sp>s ou meurtri]s ou suicids4 ,les anci5nes lois roma9es n'avai5t p]mis la rpudiation 7sauf le cas d'adultre1 de t5tative de meurtre et de falsification des clefs7 qu' la condition que le m>i donnt la moiti de ses bi5s sa femme et l'autre moiti ,crs4 ,voil ce qui s'appelle un fre94 ,ce fre9 fut t plus t>d1 et l'on ne voit pas que la ,rpublique ni l',empire ai5t eu beauc\p se l\] de cette mesure librale4 99 99 99 99 99 ,en face de l'adultre la socit se tr\ve dans une position analogue celle o elle se tr\ve relativem5t au divorce4 ,l'adultre rel*e le li5 familial et le =tifie2 l'adultre dim9ue le nombre des enfants et l'augm5te4 ,il rel*e le li5 familial2 cela a peu beso9 d'tre expliqu2 il l'augm5te dans beauc\p de cas1 p>ce qu'il e/ comme une s\pape de sret1 comme une div]sion utile1 le m>i adultre ayant mo9s de raison de tr\v] sa femme insupportable et d'avoir de la mauvaise humeur contre elle et tant comme un prisonni] qui aurait la lib]t de se prom5] quelques heures p> j\r et qui1 p> consqu5t1 ne tr\v]ait pas sa prison trop odieuse qu& il y r5tr]ait2 la femme adultre tant dans les mmes conditions et n'ayant plus dans son m>i qu'un compagnon et non un geli]4 ,il arrive trs s\v5t que les mnages o les deux conjo9ts pratiqu5t l'adultre sont ple9s de d\ceur et de bonne grce et que l'adultre se tr\ve tre un moy5 qu'ont pris les conjo9ts p\r n'avoir po9t beso9 du divorce et p\r ne po9t le dsir]4 ,d'autre "p1 l'adultre augm5te le nombre des enfants1 le m>i adultre portant des enfants dans un mnage o le dgt mutuel des conjo9ts f]ait qu'il n'y en et plus2 et l'adultre de la femme apportant des enfants dans une maison o le dgt mutuel des conjo9ts f]ait qu'il ne s'en produist plus4 ,mais l'adultre dim9ue le nombre des enfants1 les adultres1 femme *ez un autre que son m>i1 m>i *ez une autre que sa femme1 ayant s\v5t d'importantes raisons de pr5dre t\s les moy5s possibles de n'en po9t faire natre2 la femme adultre se tr\vant1 au po9t de vue de la natalit1 dans les mmes conditions que la c\rtisane2 le m>i adultre se tr\vant *ez la femme adultre dans les mmes conditions que l'homme *ez la c\rtisane proprem5t dite4 ,la socit1 devant ce phnomne si complexe de l'adultre1 se tr\ve donc dans une sorte de p]plexit4 ,elle se range gnralem5t du ct de cette ide3 l'adultre considr comme elle nuisible4 ,d'abord p>ce que trs longtemps rgne en elle le prjug de l'homme propritaire de la femme1 ce qui e/ absurde1 c> l'homme n'e/ propritaire que de la femme qui l'aime exclusivem5t--dans ce cas1 la vrit1 il l'e/ bi5--et la femme n'e/ propritaire que de l'homme qui l'aime exclusivem5t1 et dans ce cas1 la vrit1 elle l'e/ bi52 mais1 ce qui e/ une survivance trs naturelle de l'tat primitif4 ,ensuite p>ce que la socit considre1 peut-tre avec raison1 que l'adultre emp*e de natre plus d'enfants qu'il n'en produit1 l'homme adultre en produisant peu *ez la femme adultre et l'homme =c de n'tre pas adultre en produisant encore *ez lui1 malgr le dgt1 p> impossibilit d'en produire ailleurs2 et la socit j\e ici1 dans son intrt1 le rle d'une div9it proliphile qui f]ait des conjo9ts des amants malgr eux4 ,enf9 p>ce que la socit se p]suade1 peut-tre avec raison1 que d'impos] aux p\x la ncessit conjugale cre en eux une m5talit impliquant l'ide de l'am\r conjugal t5u p\r un devoir2 et les expressions un peu ridicules1 mais trs sociales1 de devoir conjugal 7celle-ci usite depuis trs longtemps7 et de le m>i doit sa femme l'am\r444 7celle-ci rcemm5t propose71 sont des signes peut-tre div]tissants1 mais trs c>actri/iques1 de cette manire de voir4 ,somme t\te1 la socit rprime ou veut rprim] trs n]giquem5t l'adultre4 ,elle e/ si dcide sur ce po9t qu'elle veut1 ,rome--ce que ,m4 ,paul ,adam dem&ait rcemm5t qui ft mis dans la loi mod]ne--que l'adultre soit p\rsuivi p> publique accusation1 p> le m9i/re public2 c'e/--dire que1 le m>i1 soit ignorance1 soit tolrance1 ne p\rsuivant pas1 la socit p\rsuive4 ,montesquieu appr\ve cette faon d'agir3 ,la loi roma9e1 qui v\lait que l'accusation de l'adultre ft publique1 tait admirable p\r ma9t5ir la puret des murs4 ,elle tait admirable1 soit que1 dans une rpublique1 une si gr&e violation de murs intresst le g\v]nem5t2 soit que le drglem5t de la femme pt faire suspect] celui du m>i2 soit enf9 que l'on craignt que les honntes g5s mme n'aimass5t mieux ca*] ce crime que le punir1 l'ignor] que le v5g]4 ,je reti5s seulem5t ceci que1 s\mettant l'adultre l'accusation publique1 la socit proclamait que l'adultre e/ un crime comme le vol ou le meurtre1 un crime contre la socit t\t entire1 un crime qui intresse non quelqu'un1 mais t\t le monde et dont p> consqu5t la socit doit connatre4 ,mais 7quoique ,sixte-,qu9t ait v\lu faire revivre1 en p>tie et d'une faon dt\rne1 l'accusation publique de l'adultre en dcrtant qu'un m>i qui n'irait po9t se pla9dre lui des dbau*es de sa femme s]ait puni de mort7 l'accusation publique de l'adultre fut assez vite ab&onne4 ,la loi ,julia ordonna qu'on--qu'un dlateur--ne pt accus] une femme d'adultre qu'aprs avoir accus son m>i de favoris] ses drglem5ts1 ce qui1 excluant de l'affaire le plus gr& nombre des cas1 savoir les m>is qui tai5t tromps sans le savoir1 fit tomb] en dsutude cette procdure4 ,montesquieu dit ce propos3 ,on p\vait cra9dre qu'un malhonnte homme1 piqu des mpris d'une femme1 indign de ses refus1 outr de sa v]tu mme1 ne =mt le desse9 de la p]dre4 ,et c'e/ ce que p5sait ,con/ant9 qu& il disait ce propos3 ,c'e/ une *ose indigne que les m>iages tranquilles soi5t tr\bls p> l'audace des trang]s4 ,cette objection n'e/ p]t95te que dans l'hypo?se d'une action introduite p> un dlateur2 mais il suffisait de dcid] que l'action contre l'adultre ne p\rrait tre introduite que p> le prteur1 que p> l'autorit publique4 ,la vrit e/ que la socit1 tant qu'elle a admis et v\lu l'accusation publique de l'adultre1 considrait l'adultre comme un crime public2 et que plus t>d elle l'a considr comme un crime priv1 n'intressant qu'un p>ticuli]1 lequel n'e/ condamnable que moralem5t de le tolr] et n'e/ pas condamnable du t\t s'il l'ignore4 ,dcl91 rel*em5t de l'in/9ct social1 qu'il se trompe du re/e sur ce qui lui importe ou qu'il ait raison2 mais dcl9 et rel*em5t de l'in/9ct social4 ,qu& ,m4 ,paul ,adam veut ressuscit] cette procdure1 il e/ homme social p> excell5ce1 t5ant l'adultre p\r un si gr& crime env]s t\s que1 p\r le rprim]1 il ne faut pas cra9dre d'ouvrir les yeux et de p]c] le cur de celui-l mme env]s qui1 p>ticulirem5t1 il e/ commis2 qu'il ne faut pas cra9dre1 p\r punir le c\pable1 de meurtrir aussi l'(f5s4 ,c'e/ le mme esprit d'intrt social qui a ma9t5u jusqu' nos j\rs1 dans le code mme1 la pe9e de mort contre l'adultre surpris en flagrant dlit4 ,le code ne la prescrit pas1 mais il l'admet4 ,il inscrit que1 qu& le m>i surpr5d sa femme en flagrant dlit d'adultre1 le meurtre de la femme et de l'amant e/ excusable4 ,ce n'e/ pas une prescription1 mais c'e/ un enc\ragem5t2 c> si un homme naturellem5t port p> sa passion1 quelquefois p> son intrt1 tu]1 v\s dites1 avec votre autorit de lgislateur1 qu'il e/ excusable de le faire1 v\s aj\tez sa passion et son intrt une sorte de mobile lgal1 v\s l'autorisez1 v\s faites qu'il se considre comme un ju/ici]1 comme un ag5t de la loi et qu'il se ti5drait p\r mauvais citoy5 p> faiblesse s'il n'tait pas meurtri]4 ,a9si la socit a ma9t5u la pe9e de mort contre l'adultre dans c]ta9s cas limitativem5t spcifis1 en confiant l'(f5s le so9 et l'honneur de l'appliqu]4 ,si la pe9e de mort tait abolie1 les m>is tromps s]ai5t les seuls en ,france qui re/ass5t inve/is du droit de la dcrt] et aussi de la faire subir4 ,il n'y aurait d'excuteurs des hautes uvres que les m>is1 sur m&at donn p> eux-mmes4 ,cela m>que combi5 la socit considre encore l'adultre comme le plus gr& des crimes4 ,seulem5t elle e/ re/e trs s+ulire dans sa faon de considr] l'adultre selon les sexes4 ,elle punit l'adultre fm99 o qu'il soit commis1 elle ne punit l'adultre mascul9 que s'il e/ commis au domicile conjugal4 ,elle excuse le m>i qui tue sa femme surprise p> lui en flagrant dlit d'adultre2 elle n'excuse pas la femme qui tue son m>i dans le mme cas4 ,elle ti5t1 trs videmm5t1 l'adultre mascul9 comme beauc\p mo9s grave que l'adultre fm994 ,cette s+ul>it doit tr\v] elle-mme son explication4 ,il me semble que l'explication e/ celle-ci4 ,v\lant la famille1 la maison1 *a/e1 au/re et rgle 7ca/a domus71 la socit se place1 p\r a9si p>l]1 dans cette maison et dit3 ,j'en c>t]ai t\t ce qui e/ impur4 ,l'adultre de la femme1 mme commis au dehors1 p>ce qu'il apporte des enfants adultr9s ici1 je le frapp]ai4 ,l'adultre du m>i1 s'il e/ commis ici1 je le frapp]ai4 ,l'adultre du m>i commis au dehors1 s'il e/ commis avec une femme m>ie1 je le frapp]ai sur la p]sonne de cette femme m>ie1 c> je suis aussi dans la maison de cette femme m>ie et je protge cette maison-l comme celle-ci4 ,l'adultre du m>i commis avec une femme qui n'e/ pas m>ie1 je ne le frapp]ai nullem5t1 c> il n'intresse ni cette maison ni une autre1 ni cette famille ni une autre2 il a t commis 9 domo nullius ou 9 domo omnium2 il e/ une faute morale1 non un crime social2 il n'intresse pas la socit4 ,dans cette p5se1 je frappe t\j\rs la femme1 soit p> la ma9 du m>i1 soit p> la mi5ne2 je ne frappe le m>i que dans c]ta9s cas4 ,voyez l-dessus un passage de ,montesquieu1 peu connu1 p>ce qu'il e/ un endroit o on ne le *]*]ait gure#aa et qui e/ extrmem5t significatif1 qui rsume l'esprit juridique de la socit p\r ce qui e/ de sa p>tialit l'g>d de la femme4 ,la loi roma9e1 admettant la dem&e de divorce faite p> le m>i p\r infidlit de la femme1 n'admettait pas la dem&e de divorce faite p> la femme p\r infidlit du m>i2 l'glise admettait la dem&e de sp>ation dans les deux cas2 les lois franaises que connaissait ,montesquieu n'admettai5t que la dem&e de sp>ation faite p> le m>i p\r infidlit de la femme4 ,raisonnem5t de ,montesquieu sur ces disp>ates4 ,comme le m>i peut dem&] la sp>ation cause de l'infidlit de sa femme1 la femme la dem&ait autrefois 7au moy5 ge1 ,beaumanoir1 ,c\tume du ,beauvoisis7 cause de l'infidlit du m>i4 ,cet usage1 contraire la disposition des lois roma9es1 s'tait introduit dans les c\rs d'glise o l'on ne voyait que les maximes du droit canonique et1 effectivem5t1 ne reg>d] le m>iage que dans les ides purem5t spirituelles et dans le rapport aux *oses de l'autre vie1 la violation e/ la mme4 ,mais les lois politiques et civiles de presque t\s les peuples ont avec raison di/+u ces deux *oses4 ,elles ont dem& des femmes un degr de ret5ue et de cont95ce qu'elles n'exig5t pas des hommes1--p>ce que la violation de la pudeur suppose dans les femmes un r5oncem5t t\tes les v]tus2--p>ce que la femme1 en violant les lois du m>iage1 sort de l'tat de sa dp5dance naturelle2--p>ce que la nature a m>qu l'infidlit des femmes p> des signes c]ta9s2--outre que les enfants adultr9s de la femme sont ncessairem5t au m>i et la *>ge du m>i1 au lieu que les enfants adultr9s du m>i ne sont pas la femme ni la *>ge de la femme4 #aa ,esprit1 ,,xxvi1 #ai4 ,montesquieu a mis ici1 avec sa cl>t ord9aire1 t\tes les raisons p\rquoi la socit e/ plus svre la femme c\pable qu'au m>i c\pable2 et elles me p>aiss5t t\tes rationnellem5t fausses1 t\tes socialem5t plausibles4 ,repr5ons3 7#a7 ,en quoi la violation de la pudeur suppose-t-elle dans les femmes un r5oncem5t t\tes les v]tus8 ,il n'y a ri5 de mo9s pr\v ni de plus dm5ti p> les faits4 ,il y a des femmes qui ont r5onc la pudeur et qui n'ont r5onc aucune autre v]tu3 ,p>ce que je suis c\rtisane1 disait cette dame1 que cite ,montaigne1 faut-il aussi que je sois punaise82--et il y a des femmes trs p>faitem5t *a/es qui1 de t\tes les v]tus1 n'ont que celle-ci4 7#b7 ,la femme1 en violant les lois du m>iage1 sort de l'tat de sa dp5dance naturelle2 oui1 mais en quoi cette dp5dance e/-elle naturelle et qui a dit que l'homme ft seigneur et la femme s]ve8 ,la nature n'indique qu'une *ose1 c'e/ qu'ils doiv5t tre associs4 7#c7 ,la nature a m>qu l'infidlit de la femme p> des signes c]ta9s4 ,quels signes m>quant l'infidlit de la femme1 plus c]ta9s que ceux qui m>qu5t l'infidlit des hommes8 ,les enfants8 ,alors la femme qui e/ infidle sans concevoir e/ hors de cause4 7#d7 ,les enfants adultr9s de la femme sont au m>i et la *>ge du m>i4 ,mais les enfants que fait le m>i hors de sa maison sont la *>ge de sa femme6 ,oui bi52 ils sont la *>ge de sa femme1 p>ce qu'une p>tie de la =tune du m>i ou de ce qu'il gagne va eux2 ils sont la *>ge de sa femme p>ce que1 du mom5t qu'il a fait des enfants ailleurs1 le m>i s'ab/i5t d'en faire la maison1 ce qui prive la femme d'une joie auj\rd'hui et d'un s\ti5 plus t>d4 ,il n'y a ri5 de plus onreux la femme1 moralem5t et matriellem5t1 que les enfants extrieurs du m>i4 ,ri5 de t\t cela ne ti5t deb\t4 ,mais1 socialem5t1 t\t cela se ti5t assez bi54 7#a7 ,la violation de la pudeur *ez les femmes suppose le r5oncem5t t\tes les v]tus en ce s5s que la socit a limit la pudeur t\tes les v]tus des femmes2 elle ne leur a dem& que celle-ci p>ce que c'tait celle qui lui importait le plus4 ,cela e/ si vrai que le mot la v]tu des femmes ne veut ri5 dire autre *ose que la cont95ce fm99e4 ,or il e/ bi5 c]ta9 que si v\s mettez t\tes les v]tus des femmes dans la pudeur1 qu& elles ont p]du celle-ci elles les ont p]dues t\tes4 ,cela e/ mme un peu vrai1 un peu rel1 cause de l'inv5tion sociale1 p>ce que la femme qui a p]du la pudeur n'a po9t du t\t p]du ses autres v]tus1 non1 mais ne tr\ve presque plus occasion de les ex]c]4 ,elle e/ outlaw2 elle e/1 comme on dit1 en m>ge de la socit1 et la plup>t des v]tus s'ex]ant en commun ou avec un c]ta9 conc]t1 la femme outlaw peut difficilem5t pratiqu] les v]tus et ne semble pas les pratiqu]1 d'o il suit qu'elle passe p\r ne les pratiqu] po9t4 ,et qu& elle en pratique une qui peut tre pratique sans le conc\rs de p]sonne1 qu& elle e/ bonne mre1 p> exemple1 il y a un c]ta9 tonnem5t *ez les nafs#ab4 #ab ,ou *ez les sociaux intransigeants4 ,bonald3 ,n'en croyez pas les romans3 il faut tre p\se p\r tre mre4 ,aj\tez que l'op9ion ayant une gr&e puissance et ceci tant trs vrai qu'en attribuant des vices quelqu'un on les lui donne1 beauc\p de femmes irrgulires p]d5t en effet les v]tus qu'elles avai5t et que l'op9ion gnrale n'admet pas qu'elles ai5t4 ,c'e/ ce qui fait que ,montesquieu n'e/ pas dans le faux comme sociologue qu& il crit 7trs lo9 du passage prcdemm5t cit1 ,,vii1 #i7 ,il y a tant d'imp]fections atta*es la p]te de la v]tu *ez les femmes1 t\te leur me en e/ si =t dgrade1 ce po9t pr9cipal t en fait tomb] tant d'autres1 que l'on peut reg>d] dans un tat populaire l'incont95ce publique comme le d]ni] des malheurs444 7#b7 ,la femme1 en violant la loi du m>iage1 sort de l'tat de sa dp5dance naturelle4--,elle sort de l'tat de sa dp5dance sociale4 ,elle peut re/] l'associe de son m>i2 elle peut re/] trs dp5dante de lui p\r ce qui e/ de t\te l'adm9i/ration dome/ique2 seulem5t elle e/ sortie de sa dp5dance sociale en niant p> le fait qu'elle ft sa *ose2 ou1 et bi5 plutt1 qu'elle ft sa p]sonne1 la p]sonne dont il e/ l'me1 ce qui1 au po9t de vue social1 e/ t5u p\r ncessaire1 la famille n'exi/ant plus1 la maison n'exi/ant plus si elle n'a plus son unit1 et dans la p]sonne de qui8 de celui des deux qui e/ citoy54 ,qu& n\s dem&ons le suffrage politique p\r les femmes1 on n\s dit3 ,pr5ez g>de3 se considr] comme p\vant avoir une op9ion politique diffr5te de celle de leur m>i1 elles s]ont am5es se considr] comme p\vant avoir t\te une morale autre que la si5ne et qui n'aura aucun compte lui r5dre4 ,conception suranne et gnralisation abusive1 mais qui ressortiss5t trs bi5 l'in/9ct social tel qu'il exi/e gnralem5t3 la femme doit avoir son me dans le c]veau de son m>i2 elle ne doit pas avoir une me p>ticulire4 7#c7 ,les enfants adultr9s de la femme sont la *>ge du m>i4--,et les enfants adultr9s du m>i sont la *>ge de sa femme1 n\s le savons trs bi51 dit la socit2 mais les *oses sont trs 9gales2 ce qui importe1 c'e/ qu'il n'y ait pas de bt>ds dans la maison du citoy51 de bt>ds peut-tre fils d'trang]1 peut-tre fils d'esclave1 qui n'auront pas dans le sang les traditions1 les murs1 l'me de la maison1 qui s]ont de race basse et qui sig]ont au ,snat ou qui vot]ont au ,comitium comme des patrici5s ou comme des hommes libres4 ,que les enfants extrieurs du m>i1 ns d'une c\rtisane1 suiv5t leur *em9 aux bas cts de la socit2 mais que les enfants extrieurs de la femme ns on ne sait de qui1 ne s'in/all5t pas dans la maison1 qui e/ une cellule sociale4 99 99 99 99 99 ,on voit qu'une socit1 et p>ticulirem5t une socit ari/ocratique1 a t\tes ses raisons1 t\t compte fait1 p\r favoris] le m>iage1 p\r rep\ss] le divorce1 p\r tre trs dure p\r l'adultre1 p\r tre trs svre p\r les bt>ds et p\r ent\r] le m>iage indissoluble1 ou trs peu prs indissoluble1 d'une aurole1 d'un pre/ige qui crent une op9ion1 qui crent une m5talit p>ticulire4 ,la socit dmocratique n'a plus qu'une p>tie de ces raisons et devi5t favorable au divorce1 indulg5te l'adultre1 condesc5dante la bt>dise1 mo9s jal\sem5t protectrice de la famille4 ,,*apitre ,,xii ,,la ,,propri,t ,si n\s avons vu l'in/9ct social p\vant hsit] sur la "q du m>iage indissoluble et sur les que/ions connexes1 il me semble que n\s devons le voir hsitant bi5 plus sur la "q de la proprit individuelle4 ,ici il a affaire un in/9ct antrieur lui qu'il ne sait pas s'il doit combattre et dtruire1 ou absorb] p\r le trans=m]1 comme il a fait l'in/9ct religieux4 ,l'homme qui a une proprit y ti5t de t\te son me et ce n'e/ que p\r la g>d]1 c'e/ bi5 clair1 qu'il s'e/ associ d'autres propritaires1 qu'il a dsir et accept l'tat social4 ,la socit e/ ne de la proprit m5ace p> la gu]re4 ,mais une fois la socit faite et t\te-puissante1 a-t-elle intrt ce que l'in/9ct propriti/e re/e ce qu'il e/ ou ce qu'il se trans=me en un am\r de la proprit collective1 de la proprit non plus seulem5t protge1 mais possde p> l'tat lui-mme8 ,la socit se dit1 assez naturellem5t1 que son intrt s]ait que la proprit ft collective1 que la proprit ft sociale4 ,l'tat1 possdant t\t1 rgl]ait d'une faon ordonne1 prcise1 bi5 conc]te1 bi5 p]t95te aux beso9s1 bi5 m?odique1 l'exploitation de t\t4 ,il en rsult]ait p\r t\s et *acun le plus gr& bi5 huma9em5t ralisable4 ,ou je me trompe1 ou c'e/ a9si que l'in/9ct social raisonne sur cette affaire ds qu'il exi/e1 et il doit s'ef=c] de sub/itu] l'am\r de la proprit individuelle un prjug social en faveur de la proprit collective4 ,seulem5t il n'y russit quasi jamais4 ,les exemples qu'on n\s donne de proprit collective *ez les peuples anci5s sont trs r>es et encore sont presque t\s trs peu tablis4 ,ici la socit r5contre sa limite1 savoir l'individualisme1 l'tat de remp>t presque inexpugnable4 ,elle doit se dire3 ,ils ti5n5t donc leurs proprits plus qu' leur vie1 puisque je les ai am5s m\rir p\r la patrie et que je ne puis pas les am5] se dp\ill] de leurs bi5s p\r la patrie8 ,c'e/ presque cela4 ,il en e/ de la communaut des bi5s trs peu prs comme de la communaut des femmes2 *aque homme veut avoir son bi51 en pr(itant quelquefois en ca*ette de celui des autres2 mais ne peut pas compr5dre le plaisir qu'il y aurait possd] collectivem5t la proprit de t\s4 ,c'e/ ici1 famille p>ticulire1 proprit p>ticulire1 le d]ni] retrait1 le =t de l'individualisme1 o il se df5d prem5t4 ,p\rquoi8 ,on peut trs srieusem5t se le dem&]4 ,p\r la famille individuelle1 non pas trs srieusem5t2 c> on peut considr] comme irrductible le s5tim5t naturel qui porte un homme dsir] des enfants dont il soit trs probablem5t le pre2 et non des enfants qui1 tant de t\s1 ne l'intress5t po9t1 quoique tant aussi de lui4 ,p\r la proprit individuelle on peut se dem&] p\rquoi elle e/ aime d'un am\r si pre4 ,il y a l un prjug s+uli]4 ,l'homme croirait-il que la proprit le fait indp5dant1 augm5te son indp5dance8 ,c'e/ le contraire4 ,nietzs*e dit trs bi53 ,c'e/ la proprit qui possde4 ,ce n'e/ que jusqu' un c]ta9 degr que l'homme ri*e e/ plus indp5dant et plus libre2 un *elon de plus1 et la proprit devi5t le matre1 le propritaire l'esclave2 il faut1 du mom5t qu'il possde1 qu'il sacrifie son temps1 sa mditation1 p\r engag] des relations1 s'atta*] un lieu1 s'incorpor] un tat1 t\t cela peut-tre l'encontre de ses beso9s intimes et ess5tiels4 ,je ne sais pas p\rquoi ,nietzs*e dit3 ,ce n'e/ que jusqu' un c]ta9 degr que444 et croit possd p> la proprit seulem5t le gr& propritaire4 ,t\t homme qui possde e/ possd1 ne possdt-il qu'un tr\ de lz>d2 t\t homme qui reg>de l'indp5dance comme le plus gr& bi5 se g>de soigneusem5t d'tre propritaire2 il se borne amass] un mdiocre pcule p\r sa vieillesse et l'tablissem5t de ses enfants1 s\s =me1 p> exemple1 d'une assurance et ne va pas au del1 sa*ant bi5 que se faire propritaire fonci]1 c'e/1 au mti] qu'on ex]ce1 en aj\t] un autre trs pnible1 ple9 de so9s et de tracas1 ce qui e/ une s+ulire manire de se faire indp5dant2 que mme le possesseur de valeurs immobilires a des s\cis de placem5t de fonds2 que dans t\s les cas il y a une adm9i/ration dont on se *>ge et qu'on sup]pose ses autres travaux4 ,ce n'e/ donc pas du t\t1 mo9s d'une erreur invraisemblable1 la volont d'indp5dance qui p\sse possd]2 c'e/ la volont de puissance4 ,on veut possd] p\r se s5tir agr&i4 ,on veut possd] p\r tre plus que soi1 p\r tre plus d'un4 ,le propritaire e/ heureux de voir des hommes travaill] p\r lui sur ses t]res4 ,p\r lui n'a absolum5t aucun s5s2 c> ils travaill5t p\r vivre1 et lui1 de ce qu'ils travaill5t1 ne vit pas davantage4 ,mais il y a l une fiction2 c'e/ son pr(it que ces g5s sembl5t travaill] et il j\it de cette fiction1 encore qu'en d]nire analyse1 de ce qu'ils travaill5t c5sm5t p\r lui1 il n'en rsulte p\r lui que s\cis et tracas4 ,le propritaire de valeurs immobilires e/ heureux d'avoir un nombreux dome/ique4 ,ces g5s-l le s]v5t4 ,il en e/ agr&i1 augm5t2 il e/ plus d'un4 ,le s]v5t n'a aucun s5s2 c> ils ne le s]v5t po9t2 ils font p>tie seulem5t d'une adm9i/ration complique qu'il a cre aut\r de lui et qui l'encombre et o il e/ emptr4 ,mais il y a l une fiction2 ces g5s-l sembl5t le s]vir et il j\it de cette fiction1 encore qu'en d]nire analyse il n'a inv5t p\r lui qu'une faon plus emb>rasse et p> consqu5t plus difficile de vivre1 ce qui e/ s'ass]vir et non se libr]4 ,c'e/ donc la seule volont de puissance1 la seule volont d'agr&issem5t du moi qui p\sse l'homme s'enri*ir et possd]4 ,mais cette volont e/ t]rible1 magnifique1 =midable et inv9cible4 ,je le p5se bi52 c'e/ une =me ou plutt une excroissance de la volont de vivre4 ,le malade ne dem&e qu' vivre moiti2 le proltaire ne dem&e qu' vivre mdiocrem5t2 l'homme qui vit aism5t s\haite possd]1 c'e/--dire vivre d'une vie qui lui semble plus l>ge1 plus gr&e1 plus t5due1 qui lui p>at t5ir plus de place au soleil4 ,on n'a pas rem>qu1 je crois1 l'analogie du dsir des ri*esses avec le dsir de la vie future4 ,elle e/ frappante4 ,l'ambitieux de vie future veut prolong] sa vie dans le temps1 l'ambitieux de bi5s t]re/res veut l>gir sa vie dans l'espace2 et c'e/ bi5 p\r cela que1 s9on t\j\rs--c> l'homme e/ insatiable--du mo9s s\v5t1 l'homme qui croit =tem5t la vie future a peu de s\ci des bi5s t]re/res et que l'homme qui veut s'l>gir dans l'espace e/ t\t de suite s\ponn1 et trs raisonnablem5t1 de ne pas croire beauc\p sa prolongation dans l't]nit4 ,quoi qu'il en soit1 l'homme dsire passionnm5t possd]1 c'e/--dire mettre son nom sur un c]ta9 nombre de *oses et de g5s qui ne lui app>ti5n5t pas1 mais qui p>atront a9si lui app>t5ir4 ,la socit s'ap]oit trs bi5 que ce p5*ant e/ inv9cible et indrac9able4 ,quelquefois elle essaye de l'extirp]1 au mo9s p>tiellem5t4 ,elle tablit1 comme ,sp>te1 le p>tage gal des t]res1 et c'e/--dire qu'elle satisfait l'in/9ct propriti/e en en tant le plaisir de possd] plus qu'un autre1 ce qui e/ videmm5t son plus gr& plaisir4 ,elle imag9e dans la ,rpublique de ,platon une nation o au mo9s les ari/ocrates ne possd]ai5t ri5 qu'en commun1 et c'e/--dire qu'elle veut dgrad] l'in/9ct propriti/e1 le raval]1 le laiss] ddaigneusem5t la plbe1 en faire un in/9ct /rictem5t populaire2 ce qu'au fond il e/ un peu2 c> l'homme suprieur sait la vanit de la proprit et ne ti5t pas possd]4 ,elle inspire la conception conv5tuelle1 p> laquelle un c]ta9 nombre d'individus pr5n5t leur plaisir possd] en commun sans ri5 possd] individuellem5t1 et cette conception e/ exactem5t celle des ari/ocrates de ,platon2 les mo9es ont un in/9ct social trs n]gique1 qui leur p]suade que le plaisir et l'orgueil de possd] peuv5t tre collectifs et que la joie de dire3 ,ceci e/ moi peut subsi/] en se conv]tissant en la joie de dire3 ,ceci e/ n\s4 ,enf91 presque en t\s les temps1 la socit rve de proprit non p]sonnelle1 non conv5tuelle aussi1 mais nationale1 et imag9e avec plaisir une nation o p]sonne ne possd]ait ri5 et o t\t le monde possd]ait t\t1 ce qui d'une "p ralis]ait l'galit1 d'autre "p mettrait de l'ordre et de la rgul>it dans l'exploitation des bi5s possds4 ,la socit1 jusqu' nos j\rs du mo9s1 *\e t\j\rs dans ces projets4 ,elle se heurte l'in/9ct1 qui semble inexpugnable1 de proprit p]sonnelle et familiale4 ,l'tat familial1 sur ce po9t1 survit trav]s l'tat social4 ,la proprit n'e/ pas autre *ose que l'individualisme d\bl de l'in/9ct familial1 re/ant intact et se df5dant au milieu de la socit1 qui sur tant d'autres po9ts l'a dompt1 ass]vi ou trans=m4 ,alors1 je veux dire dans ces conditions1 qui sembl5t t]nelles1 la socit cde l'in/9ct individuel et familial2 mais1 comme t\j\rs1 y cde en le t\rnant autant qu'elle peut son pr(it et1 s9on1 cette fois1 en le trans=mant1 du mo9s en le modifiant4 ,elle se dit que la proprit individuelle n'e/ peut-tre pas aussi antisociale qu'on e/ dispos le croire au premi] abord2 que peut-tre mme elle e/ favorable la socit2 que l'ambition de possd] tire de l'individu t\t ce qu'il peut avoir et donn] d'n]gie2 que1 si l'exploitation individuelle du sol e/ videmm5t dsordonne1 irrgulire et an>*ique1 l'exploitation nationale p\rrait bi5 tre non*alante1 passive et in]te et qu'il y aurait exactem5t les mmes diffr5ces entre celle-l et celle-ci qu'entre le travail libre et le travail esclave2 et que p> consqu5t ce que l'exploitation p]d d'un ct1 elle le regagne de l'autre1 si tant e/ que l'avantage df9itif ne soit pas du ct de l'exploitation individuelle1 malgr ses imp]fections2 elle se dit surt\t que la proprit1 si elle n'e/ pas trop considrable1 moralise l'homme au po9t de vue social1 l'atta*e sa patrie et au co9 de sa patrie o il rside1 le /abilise1 le fait rguli]1 s'oppose ce qu'il peut avoir d'in/9cts nomades et av5tureux et que ce sont l des bnfices sociaux trs considrables4 ,mais elle se dit aussi que moralis] et /abilis] une p>tie de la population1 celle qui aura su acqurir1 c'e/ dmoralis] et d/abilis] d'autant la p>tie de la population qui n'aura pas su acqurir et possd]2 et1 sur t\tes ces ides ensemble1 elle se fait un idal t\t contraire celui que n\s avons vu qu'elle c>essait t\t l'heure1 aussi g/e du re/e1 c'e/--dire aussi =tem5t impos p> l'in/9ct social4 ,elle dsire que t\s les citoy5s possd5t ou que le plus gr& nombre de citoy5s possde4 ,elle fait des p>tages gaux de t]res1 qui1 naturellem5t1 ne se ma9ti5n5t pas1 des possesseurs les uns p]dant leurs bi5s p> infriorit intellectuelle ou morale et les autres1 p> supriorit intellectuelle ou morale1 augm5tant les leurs2--elle fait de gr&s ef=ts p\r que ces p>tages gaux se ma9ti5n5t cep5dant1 proposant 7,platon1 ,lois1 ,,xi7 qu'un pre ayant plusieurs enfants en *oisisse un p\r succd] sa portion et donne les autres en adoption quelqu'un qui n'a po9t d'enfants1 af9 que le nombre des citoy5s soit t\j\rs gal celui des p>tages2--elle propose 7,phalz de ,*alcdo9e dans ,ari/ote1 ,politique1 ,,ii1 #g7 que les ri*es donn5t des dots aux filles des pauvres2--lorsque la diffr5ce devi5t trop gr&e entre les =tunes des ri*es et les conditions des pauvres1 elle propose ou impose 7loi agraire7 un n\veau p>tage des t]res1 ce qui e/ un expdi5t p\r un nombre d'annes assez re/re9t2--elle s'attaque l'hritage3 tantt elle ne p]met pas au citoy5 de te/] 7lois d',a?nes antrieures ,solon7 p\r que le p>tage gal entre les enfants dim9ue les p>ts1 ne p]mette pas que tombe aux ma9s d'un seul une "p disproportionne1 conjure1 comme dit ,montesquieu1 la fune/e diffr5ce entre la ri*esse et la pauvret2--tantt1 p>tage entre le s5tim5t de la lib]t individuelle et de l'intrt social1 elle re/re9t seulem5t la lib]t de te/] et1 assurant aux enfants non favoriss p> le te/ateur une portion lgale1 emp*e la portion du favoris d'tre trop =te2--tantt elle *>ge l'hritage d'une r$evance si =te env]s l'tat1 qu'elle l'annule en trois gnrations1 l'tat1 en ce laps de temps1 p> ses reprises *aque dcs1 ayant absorb t\t l'hritage primitif4 ,en un mot1 elle ma9ti5t et elle ref\le la proprit individuelle2 elle la s\ti5t et elle la rprime2 elle l'enc\rage et elle la ronge4 ,son objet1 ce n\veau po9t de vue qu'elle a adopt1 c'e/ beauc\p de petits propritaires et1 p\r cela1 une loi de maximum sur les proprits4 ,t\t citoy5 p\rra tre propritaire2 nul ne p\rra possd] plus de444 7*iffre fix]74 ,c'e/ le rve de ,r\sseau dans sa con/itution de ,pologne2 c'e/1 t\tes diffr5ces ngliges et en pr5ant la moy5ne1 l'idal de t\s les politiques de la ,rvolution franaise1 jusqu' ,babeuf exclusivem5t4 ,qu'e/-ce dire8 ,que la socit1 ne p\vant pas extirp] le prjug propriti/e1 lui cde1 le trompe et le dt\rne4 ,elle lui cde en lui p]mettant d'exi/]1 de se manife/]1 de s'ex]c]4 ,elle le trompe en lui laissant croire qu'il s'ex]ce alors qu'il s'ex]ce pe9e1 un propritaire n'tant qu'un usufruiti] et sa =tune1 t\t compte fait1 app>t5ant l'tat beauc\p plus qu' lui1 beauc\p plus surt\t qu' ses enfants p\r qui il l'a acquise et la cons]ve4 ,elle le dt\rne de son b1 sans qu'il s'en ap]oive1 la soif d'acqurir dcuplant l'n]gie de l'homme et lui faisant dploy] des ef=ts qu'il croit qui sont son pr(it1 mais qui1 p> les mesures qu'a prises l'tat1 n'ont d'effets rels que dans l'activit gnrale1 la production gnrale et la prosprit gnrale1 sans pr(its s5sibles p\r lui4 ,excit] la cupidit de l'homme p\r que1 croyant travaill] p\r lui1 il travaille p\r la socit1 c'e/ le jeu que la socit a f9i p> adopt] relativem5t l'in/9ct propriti/e4 ,la socit1 ici1 e/ un matre qui va la *asse aux truffes avec un animal famili] et qui1 *aque truffe dc\v]te1 lui donne un gl&4 ,le propritisme e/ un prjug naturel que la socit1 ne p\vant dtruire1 a endigu et canalis4 ,une fois qu'elle l'a eu canalis solidem5t1 elle n'a plus eu intrt le dtruire et n'a plus eu intrt qu' l'enc\rag] et l'activ]4 ,elle l'a revtu alors de favorables noms et d'appellations logieuses4 ,elle le nomme p>gne1 conomie1 esprit d'ordre1 esprit de prvoyance1 esprit de discipl9e env]s soi-mme4 ,elle met la proprit au nombre des droits de l'homme et dcl>e sacres1 p\r les individus1 ces proprits qu'elle ronge1 sape et m9e sans cesse son pr(it4 ,elle e/1 leur g>d1 comme une f\rmilire qui df5d n]giquem5t ses puc]ons contre t\s leurs ennemis1 la condition de les traire1 et que ses puc]ons rem]ci5t de sa sollicitude avec une inf9ie reconnaissance4 ,cep5dant son rve primitif n'e/ pas dissip4 ,il ne l'e/ ni p> les difficults de son excution1 ni p> cette considration que le rgime actuel e/ peut-tre1 aprs t\t1 le meilleur p\r elle et le plus favorable p\r elle4 ,il en e/1 mutatis mut&is1 p\r la socit1 de la proprit comme de la religion4 ,elle a tellem5t socialis la religion qu'elle p\rrait tre satisfaite des rsultats obt5us2 il lui re/e t\j\rs ce regret que1 malgr t\t1 la religion soit autre *ose qu'elle1 que l'in/9ct religieux ne soit pas t\t enti] cr p> elle1 sorti d'elle1 dc\lant d'elle1 ne soit pas elle-mme prise un c]ta9 po9t de vue4 ,de mme1 si socialise que soit la proprit1 si tromp et dt\rn au pr(it de l'tat que soit l'in/9ct propriti/e1 la socit regrette t\j\rs que la proprit ne soit pas purem5t sociale4 ,a mesure que les socits devi5n5t plus dmocratiques1 une t5dance sociale se manife/e1 plus accuse1 dans ce s5s2 contr>ie du re/e p> une autre4 ,une t5dance sociale se manife/e dans ce s5s1 p>ce que l'esprit d'galit s'e/ rp&u et que l'galit tr\ve son compte au nivellem5t des =tunes et ne le tr\ve mme complet que l4 ,cette t5dance e/ contr>ie p> une autre1 p>ce que si la dmocratie /atique veut le nivellem5t des =tunes1 la dmocratie en m>*e a p\r premi] ge/e de s'appropri] des =tunes1 soit en les acqurant p> le travail1 soit en se les adjugeant dans une crise sociale comme la ,rvolution franaise4 ,il en rsulte que les dmocraties mod]nes ne sont socialisatrices des proprits que p>tiellem5t1 non po9t unanimem5t4 ,c'tait la plbe roma9e qui tait unanimem5t1 s9on socialisatrice des proprits1 ce sy/me n'tant po9t inv5t1 du mo9s unanimem5t agr>i5ne1 c'e/--dire p>tagi/e1 p>ce qu'elle n'avait ri52 et elle le fut1 comme le dit ,montesquieu1 cont9uellem5t1 aussi bi5 au temps de la frugalit1 de la p>cimonie et de la pauvret qu'aux temps o le luxe des ,roma9s fut port l'excs4 ,dans les dmocraties mod]nes il n'y a pas de plbe1 il y a plusieurs plbes sup]poses les unes aux autres et les deux ou trois plbes suprieures1 plbes relativem5t ce qui e/ au-dessus d'elles1 b\rgeoisies relativem5t ce qui e/ au-dess\s1 dsireuses de p>tag] qu& elles lv5t les yeux1 et rpugnant p>tag] qu& elles les baiss5t1 t5dant une socialisation qu& elles veul5t rabaiss] ceux qui les dpass5t1 ne se s\ciant pas de socialis] qu& elles song5t que cela lv]ait ceux qu'elles dom95t1 se cont5t5t de s\hait] qu'on tonde le ri*e1 le ri*e tant t\j\rs1 p> df9ition1 celui qui l'e/ plus qu'on ne l'e/4 ,or en cela les plbes sont prcism5t dans l'tat d'me de l'tat lui-mme1 lequel n'enc\rage la possession que p\r en pr(it]4 ,il e/ donc croire que le prjug propriti/e1 entret5u avec so91 peut-tre avec raison1 p> la socit1 crotra et s'aviv]a1 t\t au trav]s des attaques dont il e/ l'objet1 plutt qu'il ne t5dra s'te9dre4 ,,*apitre ,,xiii ,,le ,,ama ,,nescire ,de t\t temps l'homme a t p>tag entre le dsir de savoir et un in/9ct secret qui l'av]tissait que savoir lui e/ inutile4 ,la ,g5se croit que la *ute de l'homme vi5t de ce qu'il a v\lu savoir ce que ,dieu s'tait rs]v de connatre4 ,l'homme a v\lu tre comme un ,dieu1 et c'e/ p\r cela qu'il a t condamn une vie de misre1 ou1 si l'on prfre1 c'e/ p\r cela qu'il s'e/ condamn une vie de misre et d'in=tunes4 ,l',ecclsia/e dit3 ,j'ai appliqu mon me p\r acqurir la sci5ce et la doctr9e et j'ai vu que cela aussi e/ vanit1 travail et affliction d'esprit2 p>ce qu'une gr&e sagesse e/ accompagne d'une gr&e indignation et que plus on a de sci5ce plus on a de pe9e4 ,prom?e a t puni1 mo9s sans d\te p\r avoir donn aux hommes quelque *ose d'utile que p\r avoir drob aux dieux et divulgu un des secrets qui leur app>ti5n5t4 ,il e/ le type de l'inv5teur qui dplat la ,div9it et qui e/ frapp p> elle4 ,le my! de ,psy* e/ analogue4 ,psy* e/ punie de sa curiosit1 de son indiscrtion1 de sa dmangeaison de savoir2 elle p]d t\t son bonheur v\loir le connatre1 v\loir en connatre la raison1 la cause et l'auteur4 ,sml1 p\r avoir v\lu voir ,zeus1 non pas comme il lui p]mettait de le contempl]1 mais dans t\te la vrit de sa gloire div9e1 fut consum p> les rayons qui manai5t du dieu4 ,il e/ vid5t que ceci e/ une =me de la ,nmsis2 mais c'en e/ une =me p>ticulire4 ,la ,nmsis ne veut pas que l'homme soit trop puissant1 ou trop heureux1 p>ce que la puissance et le bonheur sont apanages des dieux4 ,au fond du my! il y a ceci3 la puissance et le bonheur1 dlogeant l'homme de sa position naturelle1 le dpaysant1 le dsori5t5t et le jett5t1 p> une sorte de dsquilibre et de dm5ce1 dans le malheur4 ,la ,nmsis1 s\s sa =me de puissance my/rieuse p\rsuivant celui qui a appris1 ne veut pas que l'homme sa*e au del1 sans d\te1 d'une c]ta9e limite1 au del de ce qu'il doit savoir p\r ses beso9s4 ,p\rquoi cela8 ,p>ce que le savoir aussi e/ apanage des dieux qui sav5t p\r l'homme ce qu'il lui faut et que l'homme p> consqu5t e/ impie1 n'a pas confiance1 v\loir le savoir lui-mme4 ,au fond du my! il y a ceci3 la sci5ce aveugle2 tant div9e1 c'e/--dire inf9ie1 n'tant jamais puise1 la re*]*e qu'on en fait l>git indf9im5t le c]cle de l'ignorance1 et c'e/ v\loir p>c\rir et p]c] ce c]cle1 que les yeux de l'homme s'us5t et s'teign5t4 ,le *ri/ianisme a adopt ces maximes4 ,sa9t ,paul p>le avec dda9 de la sci5ce qui enfle1 p\r l'oppos] la *>it qui difie4 ,sa9t ,jean a mis la passion du savoir de pair avec celle du plaisir et celle de la dom9ation3 ,omne quod e/ 9 mundo e/ concupisc5tia c>nis1 et concupisc5tia oculorum et sup]bia vitae2 t\t ce qui e/ sur la t]re e/ concupisc5ce de la *air1 ou concupisc5ce des yeux ou orgueil de la vie4 ,ce que sa9t ,augu/9 a int]prt p> libido s5ti5di1 libido sci5di1 libido dom9&i1 passion de s5tir1 passion de savoir1 passion de dom9]4 ,dante ne manque pas de mettre ,ulysse dans son ,enf] p>ce que1 p> dsir de connatre1 il a os fran*ir les colonnes d',h]cule et a dc\v]t l',ocan4 ,l',imitation de ,jsus-,*ri/ insi/e sur ce po9t3 ,aprs avoir beauc\p lu et beauc\p appris1 il en faut t\j\rs rev5ir l'unique pr9cipe de t\tes *oses2 c'e/ moi qui donne l'homme la sci5ce et qui claire l'intellig5ce des petits enfants plus que l'homme ne p\rrait p> aucun enseignem5t444 ,malheur ceux qui int]rog5t les hommes sur t\tes sortes de que/ions curieuses et qui s'inquit5t peu de me s]vir444 ,c'e/ moi qui1 en un mom5t1 lve l'me humble et la fais pntr] plus avant dans la vrit t]nelle que ne le p\rrait celui qui aurait tudi dix ans dans les coles444 ,quelques-uns1 en m'aimant a9si1 ont appris des *oses t\tes div9es dont ils p>lai5t d'une manire admirable2 ils ont fait plus de progrs en quittant t\t que p> une pr(onde tude4 ,pascal rem>que que les trois concupisc5ces ont fait trois sectes et que les philosophes n'ont fait autre *ose que de suivre une des trois concupisc5ces444 ,les uns le *]*5t le vrai bi5 dans l'autorit libido dom9&i2 ce sont sans d\te les /oci5s1 qui se prt5d5t au-dessus des rois qu& ils sont sages2 les autres dans les volupts libido s5ti5di2 ce sont les picuri5s2 les autres dans les curiosits et dans les sci5ces ,platon1 qui a confondu la sci5ce et la v]tu1 et ,ari/ote1 qui n'a *]* qu' savoir4 ,et p> ce qui suit1 o il p>le de ceux qui ont plus appro* du vrai en lim9ant t\s les bi5s qui peuv5t tre possds individuellem5t1 comme n'tant pas des bi5s1 on voit assez qu'il croit dans l'erreur autant ceux qui ont confiance dans le savoir que ceux qui fond5t sur la dom9ation ou sur le plaisir4 ,jean-,jacques ,r\sseau attribue1 comme on sait assez1 t\t le malheur huma9 la sci5ce2 mais1 p\r plus de prcision1 voyons bi5 comme il raisonne4 ,c'e/ a9si4 ,e/-il vrai que n\s sommes malheureux8 ,v\s le reconnatrez4 ,y avait-il dans la condition huma9e1 la civilisation n'ayant pas comm5c1 de quoi l'tre8 ,on ne le voit po9t4 ,remontez l'orig9e de t\s vos maux1 de *acun de vos maux1 v\s tr\v]ez un savoir1 quelque *ose que l'on a appris4 ,les malheureux artisans s\ffr5t dans les m9es et les us9es2 cela vi5t de ce qu'on a dc\v]t le f] et la manire de le travaill]2--v\s1 ri*e et prt5dum5t heureux1 v\s v\s puisez de mollesse dans vos app>tem5ts1 ou v\s tes saisis p> le froid et r5dus malades ds que v\s en sortez2 c'e/ qu'on a inv5t les maisons con=tables au lieu de cont9u] la vie de ple9 air2--ne v\s plaignez pas des maladies3 t\tes vi5n5t de la sci5ce de la cuis9e et quelques-unes en mme temps de la sci5ce de la mdec9e1 qui se trompe s\v5t et sur laquelle on se trompe1 ce qui v\s donne une affection relle propos d'une autre que v\s croyiez avoir2--ne v\s plaignez mme pas des tragdies de la nature2 ce n'e/ pas l'ar*itecture qui a inv5t les tremblem5ts de t]re2 mais c'e/ p>ce que n\s habitons des maisons hautes matriaux l\rds que les tremblem5ts de t]re n\s cras5t2 l'ar*itecture n'a pas fait les tremblem5ts de t]re1 mais elle les a faits dang]eux4 ,nos passions mmes sont les fruits malsa9s d'une sci5ce malsa9e4 ,elles sont excites p> t\t ce qu'on a dc\v]t p\r les satisfaire et r$\bles p> t\t ce qu'on a inv5t p\r les ass\vir4 ,en elles-mmes elles sont bnignes2 f\ettes p> la sci5ce de leurs objets1 p> la connaissance m9utieuse et appr(ondie de ce quoi elles aspir5t1 elles sont dev5ues ambitieuses1 furieuses et mortelles4 ,l'am\r ne s]ait que trs languissant et ne s]ait que salutaire1 sans t\tes les mditations sur l'am\r faites p> les philosophes et les potes2--il en e/ de mme de l'ambition1 et c'e/ ,homre qui a fait ,alex&re2--il en e/ de mme de la g\rm&ise1 et s'il e/ trs vrai que ce sont les g\rm&s qui ont fait les cuis9i]s1 encore plus l'e/-il que ce sont les cuis9i]s qui ont fait les g\rm&s4 ,il en e/ a9si de t\tes les passions4 ,donc j'ai bi5 peur que quelqu'un ne s'avise un j\r de me rpondre que t\tes ces gr&es *oses1 savoir les arts1 les sci5ces et les lois ont t trs sagem5t inv5tes p> les hommes comme une pe/e salutaire p\r prv5ir l'excessive multiplication de l'espce1 de peur que ce monde qui n\s e/ de/9 ne devnt la f9 trop petit p\r ses habitants4--,p]fectibilit1 c'e/ ce qui di/+ue l'homme des animaux2 oui1 et c'e/ ce qui fait sa p]te1 c'e/ ce qui l'lve au-dessus des btes1 puis le rabaisse au-dess\s d'elles et l'en di/+ue t\j\rs2 il s]ait tri/e p\r n\s d'tre =cs de conv5ir que cette facult di/9ctive et presque illimite e/ la s\rce de t\s les malheurs de l'homme1 que c'e/ elle qui le tire1 =ce de temps1 de cette condition orig9elle dans laquelle il c\l]ait des j\rs tranquilles et innoc5ts2 que c'e/ elle qui1 faisant clore avec les sicles ses lumires et ses erreurs1 ses vices et ses v]tus1 le r5d la longue le tyran de la nature et de lui-mme4 ,il s]ait affreux d'tre oblig de l\] comme un tre bi5faisant celui qui le premi] suggra l'habitant des rives de l',ornoque l'usage de ces ais qu'il applique sur les tempes de ses enfants et qui leur assure une p>tie du mo9s de leur imbcillit et de leur bonheur orig9el4 ,la position de la socit en face du ,ama nescire e/ trs curieuse4 ,elle e/ d\ble et p> consqu5t ple9e d'emb>ras2 elle e/ d\ble et emb>rasse et p> consqu5t ple9e de duplicit4 ,d'une "p1 la socit sait trs bi5 qu'elle a beso9 de vrit et de savoir4 ,ce sont les progrs de la socit et les exig5ces de la socit en raison de ces progrs1 qui ont fait de la vrit une valeur4 ,les hommes primitifs avai5t peu beso9 de vrit4 ,savoir que telles plantes sont vnneuses2 savoir que telle saison e/ bonne p\r sem] les crales1 savoir que tels simples sont des remdes assez efficaces1 c'e/ peu prs t\t ce qu'il importait aux hommes de connatre4 ,mais la socit tant faite1 elle a eu beso9 d'exactitude4 ,cette *ose odieuse aux hommes primitifs1 odieuse encore la plup>t des femmes1 l'exactitude1 e/ un beso9 social4 ,il faut1 si humble qu'elle soit1 que la socit ait de l'exactitude dans son adm9i/ration1 c'e/--dire des r5seignem5ts srs1 prcis1 sans aucun flottem5t1 sur ses beso9s1 ses ress\rces1 ses dp5ses2 il faut qu'elle ait des r5seignem5ts exacts sur ses ennemis1 leur nombre1 la di/ance o ils sont2 il faut qu'elle ait des r5seignem5ts exacts sur la manire dont elle a russi va9cre et sur la manire dont elle a t va9cue4 ,vrit adm9i/rative1 vrit gographique1 vrit hi/orique1 s'impos5t comme moy5s de salut1 comme ncessits p\r la vie4 ,le hableur de place publique diss]tant sur les *oses d'adm9i/ration1 le voyageur romanesque et romanci]1 l'hi/ori5 pote pique1 t\s g5s *>mants et que c'e/ plaisir d'c\t]1 devi5n5t1 au gr& regret de *acun1 mais il faut bi5 qu'on s'y rsigne1 des ennemis publics4 ,v]a pro gratis loqui necessitas cogit4 ,la vrit n'a d'importance que sociale1 mais elle a une importance sociale de premi] ordre4 ,elle e/ une valeur sociale1 elle e/ la premire des valeurs sociales4 ,a ce titre1 la socit la l\e1 l'honore et l'impose4 ,mais1 comme il arrive t\j\rs1 c> l'homme e/ gnralisateur1 de ce que la vrit1 c]ta9e vrit1 c]ta9es espces de vrit1 import5t la socit1 il en e/ conclu1 assez gnralem5t1 qu'il faut la *]*] en t\tes *oses1 en sci5ces proprem5t dites1 en morale1 en politique gnrale1 en mtaphysique1 en religion1 et qu'il ne peut en rsult] que du bi51 comme de la re*]*] en *oses intressant la cit il n'e/ rsult et il ne rsulte que du bi5 social4 ,une *ose du re/e1 l'us]1 se rvle1 trs intressante3 c'e/ que la re*]*e de la vrit1 la re*]*e de la connaissance1 fait l'homme relativem5t heureux2 que la vie sci5tifique e/ une vie heureuse2 et alors la sci5ce ayant le mme agrm5t que l'art1 dev5ant une manire d'art1 dev5ant un art la re*]*e du vrai comme l'art e/ un art la re*]*e du beau1 la sci5ce dev5ant l'art du vrai1 ce qu'elle avait d'odieux disp>at1 le savant vaut le pote4 ,et de ces deux ides3 utilit sociale de la sci5ce1 contribution de la re*]*e sci5tifique au bonheur individuel1--l'homme *]*ant t\j\rs la conjonction du bonheur individuel et du bonheur social1--nat cette troisime ide3 la sci5ce e/ la premire des valeurs2 non seulem5t la premire des valeurs sociales1 mais la premire des valeurs1 absolum5t1 et il n'y a d'important que la vrit4 ,c'e/ l'ide peut-tre de ,socrate2 c'e/ l'ide c]ta9em5t de ,platon et d',ari/ote1 malgr les diffr5ces qu'il y a entre eux c'e/ l'ide hellnique p> excell5ce2 c'e/ l'ide qui1 aprs avoir trav]s1 plus ou mo9s triomphante1 t\te l'antiquit1 e/ le fond mme de la civilisation mod]ne4 ,mais ici la socit1 l'in/9ct social hsite1 et il faut conv5ir qu'il a quelque raison d'hsit]4 ,il se dem&e1 lui t\j\rs utilitaire1 d'abord si la re*]*e de t\te vrit1 de t\te la vrit1 lui e/ bi5 utile1 et il ne voit pas trop ce que l'explication de la nature et l'explication du surnaturel p\rrait bi5 lui apport]4 ,la connaissance e/ p\r lui un div]tissem5t extrasocial1 une curiosit de mditatifs qui ne l'intresse en quoi que ce soit4 ,il se dem&e ensuite1 ce qui e/ plus grave1 si la re*]*e de la vrit n'irait pas contre lui-mme4 ,il se dem&e si la socit ne repose pas sur des conv5tions faisant (fice de vrit que la re*]*e de la vrit p\rrait mettre en discussion1 en d\te et dsautoris]4 ,intimem5t associe comme n\s l'avons vu1 la religion qu'elle a rectifie son usage1 qu'elle a socialise2 la morale qu'elle a rectifie son usage1 qu'elle a socialise2 des op9ions gnrales1 de diffr5tes sortes1 qui sont nes d'elle et du beso9 qu'elle avait qu'elles fuss5t et qui ne sont ri5 mo9s que pr\ves2 la ,socit a peur que la re*]*e de la vrit ne batte en ru9e la religion1 la morale et les op9ions gnrales nes de la socit et p\r son s]vice4 ,cela en t\s les temps4 ,a telle poque la socit a peur p\r le pr9cipe ari/ocratique sur lequel elle repose et que la sci5ce m5ace de ram5] l'tat de conception fausse2 telle poque elle a peur p\r le pr9cipe dmocratique que la sci5ce m5ace de ram5] l'tat de conception contre nature et absolum5t artificielle4 ,elle a peur p\r la morale qu'elle a tellem5t faite si5ne que de dmontr] qu'elle e/ individuelle et qu'elle a p\r b le bonheur p]sonnel ou la p]fection et la sa9tet p]sonnelle1 s]ait t] la socit son rle de cratrice et dificatrice de la morale et1 p> consqu5t1 son autorit my/ique1 ne lui laissant que son c>actre de ncessit matrielle4 ,elle a peur p\r elle-mme enf91 p\r elle-mme en soi1 si je puis dire1 s5tant bi5 que1 ne d'une ncessit hi/orique1 ne d'une circon/ance1 ne d'un accid5t1 la vrit c5t fois sculaire et qui fait m9e d'tre sculaire encore longtemps1 mais enf9 d'une ncessit hi/orique1 d'une circon/ance et d'un accid5t2 elle n'a pas en elle une vrit ess5tielle1 une vrit t]nelle et t]nellem5t 9branlable et qu'elle peut tre1 p> la re*]*e du vrai1 dmontre comme fausse1 ou t\t au mo9s1 p> le vrai absolu1 dmontre comme relative4 ,p\r ces raisons1 p]sonne n'a peur de la vrit1 p]sonne n'a peur de la connaissance comme la socit4 ,elle l'aime p\r soi2 elle l'aime en *oses adm9i/ratives1 en *oses gographiques1 en *oses de /ati/ique1 en *oses hi/oriques4 ,en *oses gnrales1 elle ne l'aime pas4 ,cdant l'op9ion gnrale qui s'e/ faite1--qu& elle s'e/ faite1--que la vrit e/ t\j\rs bonne1 bonne en t\tes *oses1 et que la re*]*e de la vrit e/ t\j\rs bonne1 bonne en t\tes *oses1 la socit fe9t de favoris] la re*]*e de la vrit2 elle in/itue des *aires1 des laboratoires de sci5ce absolum5t libre2 mais elle s'arrange t\j\rs de manire codifi] et impos] trs peu prs une sci5ce (ficielle1 c'e/--dire une vrit (ficielle qui e/ celle qui e/ accommode la socit telle qu'elle e/ un mom5t donn1 qui e/ celle qui1 ce mom5t1 dmontr]a la socit telle qu'elle e/ comme tant bonne4 ,il y aura une sci5ce ari/ocratique dans les pays d'ari/ocratie1 une sci5ce mon>*ique dans les pays de mon>*ie et une sci5ce dmocratique dans les pays de dmocratie4 ,on n\s p>le auj\rd'hui d'un ,dieu rpublica91 disait spirituellem5t ,alfr$ de ,musset4 ,a9si la socit combat plus ou mo9s ouv]tem5t le prjug qui e/ n d'elle-mme1 l'op9ion que la sci5ce e/ la m?ode de salut et que la vrit e/ le salut mme4 ,elle combat cette op9ion en t\t ce qui ne la reg>de pas p]sonnellem5t et directem5t1 cont9uant s'y rang] en ce qu'elle voit di/9ctem5t qui la reg>de2 et1 au fond et en gnral1 elle en revi5t au prjug de l'ignorance1 au ,ama nescire4 ,la religion dit3 ,ne v\s occupez pas de tant de *oses qui v\s dpass5t2 je suis la vraie sci5ce1 la sci5ce de vie1 la seule ncessaire4 ,la socit1 cette religion temporelle1 dit t\t de mme3 ,ne v\s occupez pas de tant de *oses qui probablem5t v\s dpass]ont t\j\rs2 je suis la vraie sci5ce1 la seule ncessaire1 la sci5ce de vie sociale4 ,ce que je veux qu'on sa*e1 c'e/ ce qui peut avoir importance p\r que je vive2 ce que je veux qu'on re*]*e1 c'e/ ce qui peut import] p\r que je me dveloppe et m'agr&isse2 p\r t\t le re/e1 aimez une discrtion salutaire et une ab/5tion trs prud5te2 aimez ce qui ne v\s c>t]a ni de moi ni des conv5tions utiles sur lesquelles je repose ou avec lesquelles j'ai fait un accommodem5t qui a aj\t ma =ce4 ,aimez ignor] ce qui e/ en dehors de moi4 ,ce qui n'e/ pas avec moi peut tre contre moi2--et contre v\s1 puisque v\s ne vivez qu'en moi et p> moi4 ,,*apitre ,,xiv ,,luttes ,,et ,,trans=mations ,les prjugs sociaux sont gnralem5t assez bi5 d'accord entre eux4 ,ils t5d5t au mme b1 la cons]vation sociale2 ils sont ns du beso9 qu'on en a1 ou ils se sont accommods ce beso9 et altrs dans le s5s de ce beso94 ,tant de communauts les font comme p>5ts et allis les uns des autres4 ,cep5dant ils ne laiss5t pas de se heurt] quelquefois et d'entr] dans une lutte1 le plus s\v5t s\rde1 quelquefois plus accuse4 ,il y a lutte surt\t entre ceux qui1 quoique socialiss et trs socialiss1 sont cep5dant antrieurs la socit et ceux qui sont purem5t des produits directs de la socit elle-mme2 bref1 entre les prjugs socialiss et les prjugs sociaux4 ,il e/ naturel1 p> exemple1 que l'am\r de la vie soit en lutte s\v5t avec l'in/9ct du sacrifice de la vie4 ,l'am\r de la vie e/ un s5tim5t in/9ctif1 qui1 labor p> la rflexion1 e/ dev5u mo9s impulsif1 e/ dev5u une op9ion1 mais une op9ion encore trs mle d'in/9ct1 d'une =ce norme sur l'esprit1 mme sur l'esprit qui veut la combattre4 ,l'in/9ct du sacrifice de la vie e/ un in/9ct acquis1 laborieusem5t acquis1 que la vie sociale a f9i p> inculqu] dans l'esprit et mme dans le cur de l'homme4 ,c'e/ bi5 un in/9ct1 puisque celui qui sacrifie sa vie sa patrie ne raisonne pas1 ne dlibre pas1 proprem5t p>l] ne veut pas1 et c'e/ sa gloire mme d'avoir tant v\lu qu'il n'ait plus beso9 de v\loir2 ou c'e/ la gloire de sa race qu'elle ait tant v\lu que son produit n'ait plus beso9 de v\loir2 c'e/ bi5 un in/9ct1 mais c'e/ un in/9ct acquis et acquis longuem5t et pniblem5t4 ,ri5 d'tonnant ce que1 contre lui1 l'anci5 in/9ct1 l'in/9ct naturel1 hrditaire aussi--ou rompant l'hrdit comme =ce atavique1--se rvolte contre l'in/9ct n\veau et le combatte4 ,c'e/ l'individualisme contre la socit1 c'e/ l'individu ance/ral se rveillant et se dem&ant d'o vi5t le droit la socit de v\loir qu'il ne vive qu'en elle1 ce po9t de m\rir p\r qu'elle vive4 ,la rponse de la socit e/3 ,tu ne s]ais pas v5u la vie si je n'exi/ais pas1 et c'e/ p>faitem5t vrai2 mais l'in/9ct rsi/e4 ,ces luttes de l'in/9ct de vie individuelle contre l'in/9ct de vie sociale non seulem5t sont dramatiques1 mais elles contribu5t con/itu] le devoir1 le devoir s'alim5tant du s\v5ir de ces luttes mmes et de la pe9e que cot5t ces sacrifices2 s'en alim5tant et mme en naissant1 c> si ces d*irem5ts n'exi/ai5t pas et si les sacrifices n'exi/ai5t pas1 il n'y aurait pas de devoir1 il y aurait automatisme4 ,le patriotisme n'exi/e qu' la condition qu'on ait envie de dsobir la patrie1 puisqu'il n'exi/e qu' la condition qu'il soit dur de lui obir4 ,les hros de ,corneille ne sont des hros que p>ce qu'ils sont1 et assez longtemps1 sur le po9t de ne pas l'tre2 et ,corneille n'e/ une cole de devoir que p>ce qu'il n\s montre des hommes qui ont t\tes les pe9es du monde le faire1 mais qui le font4 ,l'in/9ct d'am\r de la vie r5d l'in/9ct de sacrifice le s]vice de l'branl]1 p\r que1 n'tant plus in/9ct qu' demi1 il ait le mrite de cont5ir de la volont4 ,la socit e/ assise et fonde sur le devoir prcism5t p>ce qu'il y a deux in/9cts dans l'homme et qu'ils lutt5t l'un contre l'autre4 ,la socit a livr] une t]nelle bataille contre la nature1 et son hi/oire1 depuis sa naissance jusqu' sa mort1 n'e/ que le bullet9 de ses victoires4 ,de mme1 quoique t\te la morale1 mon avis1 soit une inv5tion de la socit1 la morale individuelle e/ s\v5t en lutte avec la morale sociale4 ,la morale individuelle1 mon avis1 n'e/ pas le g]me d'o sort la morale sociale2 elle e/1 au contraire1 le d]ni] *elon o s'lve la morale huma9e aprs avoir trav]s la morale sociale3 la morale des animaux se sup]pose la morale sociale des animaux2 la morale sociale des animaux se sup]pose la morale sociale huma9e2 la morale sociale huma9e se sup]pose la morale individuelle1 qui n'e/ plus3 je dois2 mais3 je me dois4 ,cette morale1 labore du re/e p> la morale sociale et qui en e/ le d]ni] produit1 dpasse et surpasse la morale sociale1 se fait des rgles elle-mme1 selon le s5tim5t et selon l'ide de l'honneur2 et1 dpassant et surpassant la morale sociale1 ne laisse pas de s'ap]cevoir un mom5t donn1 telles circon/ances tant donnes1 qu'elle la dpasse et la surpasse en effet4 ,elle se r5d compte1 c]ta9em5t1 de t\tes les raisons d'tre de la morale sociale et elle l'appr\ve d'exi/]2 mais cep5dant elle se s5t au-dessus d'elle4 ,elle se dem&e si elle n'e/ pas une illusion de l'am\r-propre et de la vanit2 mais qu& elle s'e/ bi5 int]roge sur ce po9t et qu&1 en consci5ce1 elle s'e/ rpondu ngativem5t1 elle se s5t pieusem5t ins\mise aux lois p>ce qu'elle se s5t lgislatrice elle-mme au del des lois et elle peut entr] en conflit avec la morale sociale4 ,v\s songez avec raison l',antigone de ,sophocle4 ,qu& ,antigone oppose aux lois crites les 1 les lois qui ne sont crites nulle "p et auxquelles elle se range1 c'e/ elle-mme qu'elle s5t lgislatrice au del des lois1 du droit de son gr& cur1 de sa haute intellig5ce et de sa vue plus complte de l'humanit4 ,jamais on n'a oppos d'une faon plus =te et plus loqu5te la morale sociale et la morale d'un seul1 la socit lgislatrice et le lgislateur isol sr d'avoir raison contre la socit lgislatrice1 la sci5ce d'un contre la sci5ce de t\s4 ,le plus sage des ,grecs1 aprs un autre peut-tre1 a v\lu dire que tel individu ne se sp>e de la socit que p>ce qu'il la dpasse et en la dpassant y r5tre vritablem5t1 p>ce qu'il se place l'avance dans une socit qui dpass]a celle d'auj\rd'hui et relativem5t laquelle il e/ au c5tre1 lo9 de se tr\v] au dehors4 ,c> le conflit de la morale individuelle et de la morale sociale e/ la condition mme du progrs moral1 non po9t la seule1 mais une condition trs importante4 ,une socit ne peut pas s'amlior] en se reg>dant2 elle se tr\ve trop sage1 ce qu'elle a fait contre la sagesse ayant t fait con=mm5t son tempram5t1 ses passions matresses1 auxquelles elle ti5t4 ,elle peut s'amlior]1 il e/ vrai1 en considrant les nations trangres1 et peu de *oses m'ont p>u plus judicieuses dans t\te l'hi/oire que les nations anci5nes envoyant *]*] des lois p\r elles dans les pays trang]s4 ,mais elle s'amliore surt\t p> les individus ns dans son se91 qui s'lv5t au-dessus d'elle1 qui conoiv5t une morale individuelle plus pure1 qui conoiv5t p\r eux-mmes une morale plus pure2 que l'tat1 gnralem5t1 fait prir comme ennemis publics2 qui laiss5t des disciples et dont la morale individuelle e/ trans=me p> la propag&e de ces disciples en morale sociale2--avec le d*et qui se produit t\j\rs dans ces hi/oires-l4 ,il e/ donc d'intrt public que la morale publique soit combattue quelquefois p> la morale individuelle4 99 99 99 99 99 ,en conflit encore1 s\v5t1 la religion et l'tat1 et ici n\s r5trons dans la catgorie des ides gnrales prsociales dont la socit a comme hrit et qu'elle a trans=mes selon ses intrts1 son image et son pr(it4 ,la socit socialise la religion qu'elle reoit qu& elle se =me4 ,elle l'ad\cit1 elle la civilise1 elle la moralise comme n\s avons vu4 ,mais la religion rsi/e de t\tes sortes de faons2 elle rsi/e tantt comme arrire1 tantt comme en avance1 t\j\rs comme individuelle4 ,comme arrire4 ,surt\t dans les comm5cem5ts et p5dant trs longtemps1 elle rsi/e aux lgislations qu'elle n'inspire pas et qui sont le rsultat soit des ncessits sociales1 soit des emprunts faits aux nations qui ont d'autres dieux2 et elle rsi/e1 quelquefois avec raison1 aux murs n\velles qui sont en contradiction avec les murs inspires et consacres p> les anci5s dieux4 ,la lutte du pass et du prs5t a trs s\v5t1 le plus s\v5t1 c\leur religieuse1 plus mme1 quelquefois1 que la religion ne v\drait2 c> si la religion se rclame du pass1 le pass qui veut survivre se rclame encore plus de la religion4 ,comme en avance4 ,aprs une rvolution religieuse qui m>que t\j\rs une rvolution s\rde et inap]ue des murs1 la religion j\e le rle que v\s voyiez j\ t\t l'heure p> la morale individuelle2 elle juge la socit1 non plus d'aprs un pass vnrable et donn p\r sacr1 mais d'aprs un idal qu'elle s'e/ fait et qu'elle veut impos]4 ,dans ce cas1 elle a p\r elle les jeunes et non pas les vieill>ds1 les gnrations qui mont5t et non celles qui dcl95t4 ,dans ce cas1 elle e/ plus morale1 p\r un temps1 que la socit laquelle elle s'adresse et que la religion1 socialise depuis longtemps1 qu'elle prt5d surmont] et remplac] en la dpassant4 ,p5dant t\te la priode de luttes1 avec des tri/esses1 des misres et des horreurs 9vitables1 il y a une r5aissance des n]gies1 des gr&s espoirs1 des gr&es =ces morales4 ,la religion n\velle s'tablit1 r=me et r=mante1 purifie et purifiante1 r=mant et amliorant surt\t1 je crois1 celle ct de laquelle elle s'in/alle2 =ce morale1 du re/e1 et1 t\t compte fait1 trs apprciable2--jusqu' ce que1 son t\r1 elle soit socialise p> la socit qui l'a admise4 ,comme individuelle4 ,la religion e/ t\j\rs p>tiellem5t individuelle4 ,elle e/ une =me1 la plus belle1 de cet individualisme antrieur la socit et qui au se9 de la socit veut t\j\rs r5atre4 ,la religion a beau tre socialise au po9t de se confondre app>emm5t avec l'tat1 elle n'e/ jamais socialise compltem5t4 ,s'il y a des dieux de l'tat et qui sont les plus gr&s1 il y a des dieux de g5s1 des dieux de famille1 des dieux individuels4 ,l'tat ne gte po9t beauc\p cela4 ,il e/ bi5 rem>quable que l'tat roma9 n'ait jamais v\lu que les plbi5s euss5t des dieux autres que ceux de l'tat4 ,il tolrait ceux des patrici5s1 comme s\v5irs de famille et comme conscration de cette ari/ocratie mme sur laquelle1 t\t compte fait1 il reposait et laquelle il fallait donn] ou laiss] un c>actre sacr4 ,mais po9t de dieux p>ticuli]s p\r le plbi51 qui ne doit ador] que ,rome en elle-mme et en la p]sonne des dieux qui la protg5t4 ,l'tat gte donc peu les dieux de famille et les dieux dome/iques4 ,ils exi/5t p\rtant t\j\rs1 au mo9s en ce s5s que *acun1 p>mi les dieux communs1 *oisit son dieu ou ses dieux p>ticuli]s1 qu'il ent\re et p\rsuit d'une dvotion p>ticulire4 ,ils exi/5t p\rtant t\j\rs en ce s5s qu'en dehors de la religion (ficielle le croyant s'affilie tels ou tels my/res o il tr\ve une religion di/9cte de celle de la cit4 ,ils exi/5t p\rtant t\j\rs en ce s5s que brusquem5t t\te une p>tie de la population adopte1 et avec une sorte de fureur1 des dieux v5us d',ori5t et fait trembl] de sc&ale1 d'indignation et de peur le g\v]nem5t1 mo9s effray de la dte/able morale qu'apporte1 p>at-il1 cette religion ba*ique1 que du fait mme que le peuple roma9 e/ en tra9 de *ang] de dieux1 de faire un s*isme1 de se sp>] religieusem5t des dieux du ,capitole4 ,et en effet1 qu'e/-ce dire8 ,c'e/ dire que la t5dance n'a pas pri1 qu'elle ne prit jamais1 de *oisir son dieu1 d'ador] individuellem5t1 d'ador] en dehors de l'tat1 d'ador] celui que l'on veut ador] et non pas celui que la cit prt5d impos] votre adoration4 ,et qu&1 de cette compression mme1 de cette +r5ce de l'tat dans la consci5ce individuelle1 dans le sanctuaire de l'me1 +r5ce que le citoy5 anci5 lui-mme s5t indiscrte et abusive2 de cette socialisation extrme1 dsordonne et tyrannique de la religion1 sort une religion qui sp>e nettem5t ce que l'individu doit l'tat et ce qu'il se doit lui-mme2 qui laisse vivre et respecte la cit des hommes1 mais rs]ve la cit de ,dieu2 qui s\/rait l'tat une p>tie de l'me de l'individu1 qui ne p]met pas l'tat de prt5dre y entr]1 y adm9i/r] et y g\v]n]2 qui fait la sp>ation de l'glise d'avec l'tat p\r la premire fois dans le monde1 d'une faon non plus furtive et demi inconsci5te1 mais nette1 dcisive et radicale2 qui1 la vrit1 mconnaissant que c'e/ l qu'e/ sa =ce et oubliant son pr9cipe1 se ratta*]a un j\r l'tat ou se laiss]a ratta*] lui1 mais qui t\j\rs reti5dra quelque *ose de ses orig9es1 et quoique alim5te1 protge1 s\t5ue p> l'tat1 ne se laiss]a jamais g\v]n] spirituellem5t p> l'tat1 ne se laiss]a jamais dogmatis] p> l'tat1 ne se laiss]a jamais socialis]2 et qui retr\v]a t\te sa =ce et t\te sa v]tu vivificatrice1 mme en des temps de peu de foi1 qu& de n\veau la sp>ation radicale entre elle et l'tat s]a faite2--cette religion aura apport au monde un rgime ess5tiellem5t rationnel1 un rgime o ce qui doit re/] l'homme1 au se9 de la socit1 de son autonomie naturelle1 s]a respect et sauv2 un rgime o l'homme1 ne se s5tant plus un simple r\age dans la ma*9e sociale1 p\rra avoir1 en mme temps que le respect de la socit1 le respect de lui-mme2 p\rra avoir1 en mme temps que le culte de la socit1 le culte de soi et un ard5t dsir de se cultiv]2 p\rra1 ne se bornant plus se laiss] lev]1 discipl9] et amlior] p> la socit1 v\loir s'amlior] lui-mme au del de la socit1 en vue d'un idal qui dpasse la socit et qui la surmonte2 p\rra1 quoique t\j\rs fidle l'tat1 outrepass] l'tat dans ses p]fectionnem5ts1 dans ses difications intrieures comme dans ses esprances2 d'autant plus dv\1 du re/e1 la socit que1 ne se s5tant plus sa *ose1 il se donn]a d'autant plus elle comme p]sonne4 99 99 99 99 99 ,a9si1 les conv5tions gnrales de l'humanit entr5t en conflit et en lutte quelquefois et mme s\v5t2 mais il e/ rem>qu] qu'elles entr5t en lutte le plus s\v5t1 comme n\s v5ons de le voir1 p\r un pr(it huma9 et mme social1 et que la lutte qui e/ entre elles e/ une condition et un facteur d'un progrs4 99 99 99 99 99 ,d'autre "p1 les conv5tions gnrales se trans=m5t les unes dans les autres4 ,n\s en avons vu un exemple bi5 frappant dans le culte de la =ce4 ,le culte de la =ce e/ d'abord le culte de la =ce physique2 puis il devi5t le culte de la =ce intellectuelle1 qui e/ le contraire de la =ce physique2 puis il devi5t le culte de la =ce de cohsion1 c'e/--dire qu'il devi5t l'ari/ocratisme2 et l'ari/ocratisme devi5t le dmocratisme qui e/ son contraire1 le culte de la =ce de cohsion s'tant transport de la cohsion d'une classe la cohsion de t\t un peuple1 ou plutt d'un p>ti embrassant la majorit d'un peuple#ac4 #ac ,c'e/ ce qui explique1 je crois1 un passage de ,montesquieu gnralem5t peu compris et qui tonne3 ,la meilleure ari/ocratie e/ celle o la p>tie du peuple qui n'a po9t "p la puissance e/ si petite et si pauvre que la p>tie dom9ante n'a aucun intrt l'opprim]4 ,a9si qu& ,antipat] tablit ,a?nes que ceux qui n'aurai5t pas deux mille dra*mes s]ai5t exclus du droit de suffrage1 il =ma la meilleure ari/ocratie qui ft possible1 p>ce que ce c5s tait si petit qu'il n'excluait que peu de g5s et p]sonne qui et quelque considration dans la cit4--,mais1 se dit-on1 ce n'tait nullem5t une ari/ocratie2 c'tait une dmocratie6 ,c]ta9em5t2 mais ,montesquieu sait bi5 qu'une dmocratie1 mo9s qu'elle ne soit faite d'une nation unanime dans t\tes ses ides1 ce qui n'arrive jamais1 e/ encore une ari/ocratie2 c'e/ une ari/ocratie trs l>gie2 c'e/ un p>ti qui1 sa*ant qu'il a la pluralit1 d'autre "p sa*ant qu'il a de la cohsion et que1 s'il n'a pas t\t fait la pluralit1 il l'entran]a1 s'attribue le g\v]nem5t1 exactem5t comme une ari/ocratie qui1 quoique m9orit1 p> sa =ce de cohsion et le pre/ige qu'elle en tire1 s'attribue le g\v]nem5t4 ,la dmocratie e/ donc une ari/ocratie trs nombreuse1 ce qu'tait l'ari/ocratie d',antipat]4 ,seulem5t1 ce n'e/ pas le petit peuple trs pauvre qu'elle lim9e du g\v]nem5t1 c'e/ la m9orit ri*e et la m9orit compt5te4 ,c'e/ l'ari/ocratie d',antipat] r5v]se4 ,mais il re/e qu'appel] la dmocratie une ari/ocratie nombreuse e/ trs exact4 ,dans cette volution du culte de la =ce1 la =ce intellectuelle a t\rn la =ce physique et l'a supplante2 puis la =ce de cohsion ari/ocratique a t\rn la =ce intellectuelle et l'a supplante2 puis la =ce de cohsion des plus nombreux a t\rn la =ce de cohsion ari/ocratique et l'a supplante son t\r2 et f9alem5t le culte de la =ce a ab\ti au g\v]nem5t de ceux qui sont individuellem5t les plus faibles4 ,une trans=mation semblable1--beauc\p mo9s complte1 jusqu' prs5t du mo9s1--a lieu p\r ce qui e/ de l'in/9ct de proprit4 ,l'in/9ct de proprit e/ d'abord /rictem5t et sauvagem5t p]sonnel2 le primitif e/ propritaire et ent5d tre propritaire de sa t]re1 de ses tr\peaux1 de ses femmes et de ses enfants2 puis1 l'in/9ct de proprit1 sans cess] d'tre encore trs p]sonnel1 devi5t familial2 le patri>*e considre que son bi5 e/ avant t\t sa proprit1 mais l'e/ aussi1 en quelque mesure1 de sa femme lgitime et de ses enfants4 ,la dot e/ une *ose bi5 considr] cet g>d4 ,le primitif vole sa femme ou l'a*te et il en e/ trs prcism5t propritaire2 le demi-civilis ne la vole plus et ne l'a*te plus2 c'e/ lui qui e/ pay2 c'e/ un progrs ou1 si v\s prfrez1 c'e/ un gr& *angem5t2 cela signifie que la femme n'e/ plus la *ose du m>i2 elle a son bi5 elle1 dont le m>i n'a que l'adm9i/ration2 elle p\rra se retir] en repr5ant son bi52 et son bi5 elle et celui de son m>i1 considrs globalem5t1 sont un bi5 de famille1 dj un bi5 collectif4 ,puis vi5t1 trs longtemps aprs1 l'in/9ct de proprit conv5tuelle1 et c'e/ une poque bi5 importante dans l'hi/oire de l'humanit4 ,des hommes1 trans=mant le s5tim5t familial1 se s5t5t assez unis1 assez frres1 p\r1 cons]vant et trs n]giquem5t l'in/9ct de proprit1 j\ir en commun d'une proprit qui app>ti5t t\s et qui n'app>ti5t aucun d'eux4 ,ici la trans=mation e/ trs =te1 =te ce po9t qu'on p\rrait croire que l'in/9ct de proprit a disp>u4 ,il e/ plus =t que jamais2 mais il a *ang de nature4 ,il a pris un c>actre ari/ocratique4 ,la volont de puissance individuelle s'e/ *ange en volont de puissance collective1 comme une ari/ocratie e/ un tyran plusieurs ttes au lieu d'tre un tyran tte unique4 ,le mo9e j\it de la ri*esse de son c\v5t p> une transposition de p]sonnalit4 ,il se voit absolum5t pauvre en sa p]sonne proprem5t dite1 mais il se voit ri*e1 influ5t1 puissant en la p]sonne de la communaut dont il e/ une cellule1 et il e/ heureux d'tre d'autant plus ri*e d'une faon qu'il e/ plus pauvre d'une autre2 et cela le *>me que la ri*esse commune qu'il contemple avec orgueil soit prcism5t le rsultat magnifique de son dnuem5t individuel2 et1 humble comme fait1 il e/ inf9im5t fi] et heureux comme cause4 ,la proprit conv5tuelle satisfait l'in/9ct de proprit comme on peut suppos] que la s\rce e/ satisfaite en contemplant la rivire4 ,sois petit comme s\rce et sois gr& comme fleuve4 ,e/-il possible1 sur cet exemple trs frappant1 d'imag9] que l'in/9ct propriti/e se trans=m]a encore en s'l>gissant encore et arriv]a se satisfaire d'une proprit nationalem5t collective1 d'une proprit o p]sonne1 ni individuellem5t1 ni conv5tuellem5t1 ne s]ait propritaire et o *acun ne se s5tirait possdant que dans la nation possdant t\t8 ,il e/ possible4 ,p\r mon compte je n'en crois ri51 p>ce qu'il me semble que la proprit conv5tuelle n'a*em9e pas la proprit sociale1 mais en dt\rne4 ,la proprit conv5tuelle e/ une proprit de g5s qui1 p> un t\r p>ticuli] de c>actre1 se sont sp>s autant de l'individualit que de la nationalit1 et autant de la nationalit que de l'individualit4 ,ils ne veul5t pas possd] individuellem5t1 mais non plus ils ne veul5t1 encore mo9s peut-tre1 possd] socialem5t4 ,ils se sont fait une p]sonne collective qui se s5t1 qui a consci5ce d'elle-mme1 surt\t en tant que di/9cte de la socit4 ,ils se sont fait une p]sonne collective qui e/ =me de p5*ants communs1 d'ides communes1 d'habitudes communes1 lesquels ne leur sont communs que p>ce qu'ils leur sont *]s et ne leur sont *]s que p>ce qu'eux-mmes sont loigns1 trs loigns1 et ddaigneux1 et trs ddaigneux des habitudes1 des ides et des p5*ants nationaux4 --,alors ils sont plus individuali/es que des individuali/es8 --,mais t\t ju/e6 ,ils n'ont pas autre *ose en eux qu'un individualisme intransigeant qui1 p\r s'affirm] et s'ex]c]1 s'e/ alli des individualismes du mme g5re et du mme c>actre et s'e/ =tifi p> eux2 et1 t\t au contraire d'tre un esprit de collectivisme gnral1 leur collectivisme e/ un collectivisme de scession1 et il ne peut donc pas tre un a*em9em5t au collectivisme gnral4 ,ce qu'il faudrait suppos]1 p\r que le propritisme individuel se trans=mt en propritisme collectif1 ce s]ait que t\s les citoy5s d'une nation euss5t entre eux les aff9its lectives qu'ont entre eux les mo9es d'un ordre2 et cette supposition e/ bi5 arbitraire et elle e/ contr$ite p> l'exemple mme des mo9es qui n'ont d'aff9its lectives entre eux que prcism5t p>ce qu'ils n'ont pas de trs =tes aff9its lectives avec les autres citoy5s de la nation4 ,on accepte la proprit collective p\r se sp>] de la masse2 ce n'e/ donc pas p\r qu'on l'accepte af9 de se noy] dans la masse2 on accepte la proprit collective p\r se di/+u]1 et c'e/ donc qu'on ne l'accept]ait pas p\r se confondre4 ,il e/ possible p\rtant que l'in/9ct propriti/e s'l>gisse jusqu' dev5ir l'in/9ct de proprit collective sociale2 mais il me semble que ce ne p\rrait tre que *ez un trs petit peuple1 o1 la gr&e rigueur1 on peut suppos] que les aff9its entre les citoy5s s]ai5t aussi =tes qu'entre les mo9es d'un ordre4 99 99 99 99 99 ,enf91 une trans=mation des prjugs gnraux qui e/ elle-mme assez gnrale e/ celle-ci4 ,r5an a rem>qu1 dans l',av5ir de la ,sci5ce1 je crois1 qu'au c\rs de l'volution d'un peuple la langue anci5ne qu'il a p>le et qu'il ne p>le plus devi5t la langue savante et la langue sacre4 ,de mme1 t\tes les religions des hommes devi5n5t en vieillissant des s5tim5ts e/htiques4 ,s5tim5t religieux1 s5tim5t mon>*ique1 s5tim5t ari/ocratique1 devi5n5t des s5tim5ts e/htiques1 des motions e/htiques4 ,ceux qui les g>d5t tr\v5t beau de les avoir et les cultiv5t avec des s5sations de beaut4 ,on a rem>qu assez le c>actre du s5tim5t religieux dans ,*ateaubri&4 ,son s5tim5t e/ l'am\r de la beaut cont5ue dans le *ri/ianisme2 son s5tim5t e/ l'am\r de l'motion que le *ri/ianisme lui fait ress5tir4 ,de mme le mon>*i/e e/ fidle ses rois p\r la beaut du s5tim5t mme de fidlit2 son royalisme e/ un loyalism4 ,ce qu'il aime dans la mon>*ie1 c'e/ qu'elle soit capable de lui inspir] un s5tim5t qui e/ beau et p> lequel il se di/+ue du vulgaire4 ,de mme1 l'ari/ocrate1 qu& l'ari/ocratie a disp>u1 la re/itue idalem5t en se p]suadant qu'elle e/ quelque *ose qui ne r5d plus de s]vices1 mais qui impose encore des devoirs1 qui impose une conception p>ticulire de la dignit et de l'honneur2 et il e/ fidle cette ari/ocratie t\te spirituelle et il l'aime p\r la beaut des s5tim5ts qu'elle lui suggre4 ,en un mot1 il y a une religion qui pr5d le c>actre my/ique1 un mon>*isme qui pr5d le c>actre my/ique et une ari/ocratie qui pr5d le c>actre my/ique4 ,et qu'on ne p5se po9t qu'en dev5ant s5tim5ts e/htiques les anci5nes croyances s'affaibliss5t4 ,*ez ceux qui les g>d5t elles gagn5t au contraire en pr(ondeur et en s9crit4 ,elles sont comme la vieille langue qui1 p>ce qu'on ne la p>le plus1 devi5t sacre p\r ceux qui sav5t encore la lire4 ,il e/ trange qu'on ait d\t de la s9crit du s5tim5t religieux de ,*ateaubri& s\s ce prtexte qu'il considrait la religion en arti/e4 ,on peut tr\v] que le s5tim5t religieux de ,*ateaubri& n'e/ pas trs pr(ond2 mais il e/ s9cre1 et ce n'e/ pas p>ce qu'il e/ arti/ique qu'il n'e/ pas pr(ond4 ,au contraire2 s'il tait plus ple9em5t arti/ique1 si ,*ateaubri& admirait la beaut du *ri/ianisme uniquem5t1 comme absolum5t incomp>able t\t autre1 alors il s]ait trs pr(ondm5t *rti5 et plus *rti5 peut-tre qu'un *rti5 aimant le *ri/ianisme p\r la =ce morale qu'il y tr\ve4 ,c> le s5tim5t e/htique1 qu& il e/ =t1 e/ absolum5t ds9tress1 et c'e/ ce qui fait qu'il e/ s9cre1 et c'e/ ce qui fait qu'il e/ pr(ond4 ,le *rti5 qui e/ mu de la beaut du *ri/ianisme jusque-l qu'il l'aim]ait passionnm5t1 mme s'il n'en retirait aucun rcon=t1 s'il n'y puisait aucune d\ceur d'me et s'il n'y tr\vait aucune esprance1 s]ait *rti5 p>mi les plus *rti5s d'entre les *rti5s4 ,de mme le mon>*i/e fidle une mon>*ie disp>ue et l'admirant avec une motion d'arti/e e/ le plus s9cre des mon>*i/es p>ce qu'il e/ le plus ds9tress1 et il e/ beauc\p plus s9cre que ,m4 de ,vill]oi aimant en ,l\is ,,xiv les faveurs qu'il en p\vait recevoir4 ,t\t a9si1 aim] une ari/ocratie vivante dont on fait p>tie pr\ve peu et la s9crit et la =ce de cet am\r1 et de plus d'un ari/ocrate de cette sorte on p\rrait dire3 ,un ari/ocrate e/ un homme qui s\s un rgime populaire s]ait dmocrate4 ,mais l'am\r p\r une ari/ocratie morte e/ un acte de ds9tressem5t qui pr\ve combi5 la beaut seule1 vraie ou prt5due1 du sy/me ari/ocratique v\s a t\*4 ,la survie s5tim5tale des op9ions anci5nes pr\ve donc1 non seulem5t qu'elles ont t puissantes1 mais qu'elles le sont1 qu'elles n'ont pas reu leur =ce des circon/ances1 des cont+5ces et des accid5ts1 mais qu'elles avai5t et qu'elles ont une trs gr&e =ce en elles-mmes4 ,gambetta disait3 ,il faut rduire le clricalisme tre un jeu de socit4 ,ne s'e/-il tr\v p]sonne p\r lui dire3 ,pr5ez g>de6 ,tant qu'on y j\]a1 c'e/ qu'il habit]a les esprits comme quelque *ose de trs intressant4 ,ce qu'il faudrait1 c'e/ qu'on n'y j\t plus4 ,les jeux antiques sur les tombeaux des morts pr\vai5t quelque *ose4--,quoi donc8--,qu'on les croyait encore vivants4 ,les op9ions anci5nes dev5ues s5tim5ts e/htiques sont des op9ions qui surviv5t dp\illes de leurs mobiles intresss et p> consqu5t qui sont trs vivaces4 ,elles peuv5t tre des g]mes de vgtations futures2 elles peuv5t tre des pi]res d'att5te des difices de l'av5ir4 ,,*apitre ,,xv ,,les ,,pr,,jug,s ,n,,cessaires ,les prjugs1 ou ce qu'on e/ conv5u d'appel] a9si1 p>aiss5t tellem5t ncessaires la vie huma9e et conditions de cette vie1 et d'autre "p tellem5t contr$its ou mis en d\te p> la raison1 que l'on s'e/ dem& s\v5t s'il n'y avait pas ant9omie entre la raison et la vie1 si l'homme ne vivait pas de m5songes ou d'illusions et s'il ne m\rait pas de raison et de vrit4 ,n\s avons dj vu que les my!s d've et du s]p5t1 de ,prom?e1 de ,psy* et t\te la doctr9e du ,ama nescire sont dans le s5s d'une rponse affirmative cette "q4 ,mme aux sicles des lumires il y a eu beauc\p de rflexions au s5s prcis du mot1 dans cette direction4 ,c'e/ ,duclos qui crit3 ,on dclame depuis un temps contre les prjugs2 peut-tre en a-t-on trop dtruit4 ,le prjug e/ la loi du commun des hommes4 ,la discussion en cette matire exige des pr9cipes srs et des lumires r>es4 ,la plup>t1 tant incapables d'un tel exam51 doiv5t consult] le s5tim5t intrieur qui e/ inspir p> le prjug lui-mme4 ,les plus clairs p\rrai5t encore en morale le prfr] s\v5t leurs lumires4 ,font5elle1 si admir avec raison p> ,nietzs*e1 crit de son ct3 ,ce qui ma9ti5t ce misrable monde1 c'e/ que l'ordre que la nature a v\lu tablir dans l',univ]s va t\j\rs son tra92 ce que la nature n'aurait pas pu obt5ir de notre raison1 elle l'obti5t de notre folie2 ce qui veut dire que n\s obissons1 soit naturellem5t1 soit socialem5t1 la socialisation tant une seconde nature1 des sugge/ions que notre raison rep\ss]ait1 encore que salutaires1 et que notre draison accepte1 ce qui n\s sauve4 ,il disait encore3 ,on p]drait c\rage si l'on n'tait s\t5u p> des ides fausses4 ,j\b]t rev5ait s\v5t sur cette ide3 ,il y a s\v5t plus d'esprit et plus de p]spicacit dans une erreur que dans une dc\v]te4--,mes dc\v]tes m'ont ram5 aux prjugs4 ,pascal disait3 ,lorsqu'on ne sait pas la vrit d'une *ose1 il e/ bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes1 comme p> exemple la lune1 qui l'on attribue le *angem5t des saisons2 c> la maladie pr9cipale de l'homme e/ la curiosit inquite des *oses qu'il ne peut pas savoir1 et il ne lui e/ pas si mauvais d'tre dans l'erreur que dans cette curiosit inutile4 ,j'ai fait rem>qu] au c\rs de cet essai que ,s*op5hau]1 avec son inv5tion du ,gr& ,trompeur1 n'avait fait que transpos] le rle de la socit l'g>d de l'individu4 ,le gr& trompeur1 c'e/ le prjug social qui n\s j\e salutairem5t en vue de ses f9s1 qui assure la p]ptuit de la race et de la cit en sacrifiant l'individu la cit et la race et qui n\s p]suade que c'e/ notre f9 que n\s p\rsuivons alors que n\s p\rsuivons celle de l'espce2--et il e/ possible que la nature agisse de mme1 mais c'e/ mo9s net4 ,nietzs*e a c5t fois oppos ces deux ides1 ces deux =ces et1 p\r a9si p>l]1 ces deux dxs3 vrit1 vie2 et les a montres en p>faite ant9omie1 la vie s'alim5tant d'illusions1 la vrit m5ant la mort4 ,prjug des prjugs c'e/--dire3 on a un prjug contre les prjugs2 on a tort4 ,il s]ait possible1 au fond1 que la con=mation vritable des *oses ft dang]euse et oppose aux conditions premires de la vie1 si bi5 que l'app>5ce s]ait prcism5t ncessaire p\r p]mettre de vivre4 ,notre monde empirique s]ait a9si limit dans les bornes de la connaissance p> les in/9cts de la cons]vation de soi3 n\s t5ons p\r vrai ce qui e/ bon1 ce qui e/ prcieux1 ce qui s]t la cons]vation de l'espce4 ,en admettant que le monde-vrit exi/e1 il se p\rrait qu'il ft encore de valeur mo9dre p\r n\s2 c> la dose d'illusion p\rrait tre d'un ordre suprieur p\r n\s cause de sa valeur de cons]vation-- mo9s que son c>actre d'app>5ce suffise p> lui-mme p\r qu'on rejette une *ose4--,critique du sa9t m5songe4--,p\r des f9s pieuses le m5songe e/ p]mis1 c'e/ une des ?ories de t\s les sac]doces444 ,les philosophes1 eux aussi1 ds qu'ils ont eu l'int5tion de pr5dre en ma9s la direction des hommes avec des arrire-p5ses sac]dotales1 se sont immdiatem5t rs]v le droit de m5tir2 ,platon avant t\s4--,ncessit des valeurs fausses4 ,on peut rfut] un raisonnem5t en dmontrant qu'il e/ conditionn2 mais p> l n'e/ pas supprime la ncessit de l'mettre4 ,les valeurs errones ne peuv5t tre ext]m9es p> le raisonnem5t2 il faut compr5dre la ncessit de leur prs5ce3 elles sont les consqu5ces de causes qui n'ont ri5 voir avec les raisons4--,qu'e/-ce1 en d]nire analyse1 que les vrits de l'homme8 ,ce sont ses erreurs irrfutables4--,p5dant d'normes espaces de temps l'intellect n'a eng5dr que des erreurs4 ,quelques-unes de ces erreurs se tr\vr5t tre utiles1 cons]vatrices de l'espce2 celui qui tomba sur elles accomplit la lutte p\r lui et ses desc5dants avec plus de bonheur4 ,il y a eu beauc\p de ces articles de foi errons1 qui1 transmis p> hritage1 ont f9i p> dev5ir une sorte de masse et de fonds huma9s444 ,ce n'e/ que =t t>divem5t que se prs5tr5t ceux qui niai5t ou mettai5t en d\te de p>eilles propositions2 ce n'e/ que =t t>divem5t que surgit la vrit1 cette =me la mo9s efficace de la connaissance4 ,il semble que l'on ne puisse pas vivre avec elle1 notre organisme tant accommod p\r l'oppos de la vrit444 ,la =ce de la connaissance ne rside pas dans son degr de vrit1 mais dans son anci5net1 son degr d'assimilation1 son c>actre en tant que condition de vie4 ,dans t\s les cas o ces deux *oses1 vivre et connatre1 semblai5t entr] en contradiction1 il n'y a jamais eu de lutte srieuse2 sur ce doma9e1 la ngation et le d\te tai5t de la folie444 ,jusqu' quel po9t la vrit supporte-t-elle l'assimilation p\r n'tre pas contraire la vie8 ,voil dsormais la "q1 voil l'expri5ce faire4 ,il y a beauc\p de vrai dans t\t ce que je vi5s de rapport] des p5seurs des deux d]ni]s sicles2 mais il me semble que la "q e/ t\j\rs p> eux demi mal pose1 pose ct1 trs prs du vrai po9t1 surt\t p> ,nietzs*e1 mais encore ct4 ,la vrit n'e/ pas oppose la vie1 contraire la vie1 fune/e la vie2 elle e/ oppose1 contraire et fune/e la vie sociale4 ,si la vrit e/ oppose la vie huma9e1 c'e/ que les hommes se sont mis en socit1 ce que du re/e il s'e/ tr\v ncessaire qu'ils fiss5t1 p> o t\s mes p5seurs ont encore raison1 et je dis qu'ils ont seulem5t pos la "q avec une prcision insuffisante4 ,les vrits ne contr>i5t que la vie sociale4 ,les prjugs sont l'in/9ct de cons]vation des socits s\s diffr5tes =mes4 ,les prjugs sont l'in/9ct social huma92 les hommes les ont comme les animaux ont l'in/9ct animal1 *acun selon son espce4 ,l'homme e/ religieux 7a une religion socialise7 et il e/ p]suad de son libre arbitre1 ari/ocrate1 propriti/e1 etc42 comme l'abeille fait sa ru*e1 la f\rmi sa f\rmilire et l'hirondelle ses migrations4 ,mais qu'e/-ce que c'e/ que l'in/9ct8 ,c'e/ de la raison fixe1 c'e/ de la raison fige1 c'e/ de la raison cri/allise4 ,il e/ p>faitem5t croire1 et les naturali/es n\s l'enseign5t ma9t5ant1 que l'animal a appris son in/9ct2 qu'il a *]* longtemps1--la pe9e de mort tant dcrte p\r ceux qui ne les tr\vai5t pas1 la survie tant dcrte p> ceux qui les tr\vai5t un peu1 au qu>t1 demi1--les conditions de vie1 les procds et m?odes suivre p\r se cons]v] et se p]ptu]4 ,il les a tr\vs2 ceux du mo9s qui les ont tr\vs ont subsi/4 ,mille espces contre une1 ne les ayant pas tr\vs ont disp>u4 ,ayant tr\v ses conditions de vie1 l'animal s'e/ arrt2 c> il ne ti5t qu' vivre1 et c'e/ la diffr5ce pr9cipale entre lui et n\s4 ,il s'e/ arrt1 et sa raison1 si inv5tive1 qui a t =ce d'tre si inv5tive p5dant des sicles1 s'e/ fixe1 n'a plus fait que les mmes ge/es1 les ge/es ncessaires et suffisants4 ,c'e/ alors qu'on a pu la nomm] in/9ct1 l'animal ne p>aissant plus qu'automatique et ayant l'air d'une mcanique rgle de t\te t]nit p\r t\te l't]nit4 ,seulem5t1 p\r l'obs]vateur att5tif1 l'animal devant une n\veaut qui le gne1 un ob/acle n\veau qui l'arrte1 sa*ant trs bi5 inv5t] quelque *ose qui n'tait nullem5t inscrit dans l'in/9ct1 on e/ bi5 =c de conv5ir qu'il e/ d\ de raison et que son in/9ct n'e/ qu'une raison ance/rale fixe ne v>ietur1 nisi necessitate int]c$5te4 ,l'animal e/ un animal raisonnable et raisonnant qui1 seulem5t1 arriv un c]ta9 po9t1 ne s5t plus la ncessit de ce que n\s appelons le progrs1 c'e/--dire le *angem5t1 et s'arrte un degr de civilisation qui lui p>at tre suffisant4 ,les animaux sont des ,*9ois4 ,il en e/ de mme de n\s1 avec cette diffr5ce que n\s avons t\j\rs beso9 de *angem5t et que n\s croyons t\j\rs que t\t *angem5t e/ un progrs4 ,les prjugs sociaux sont notre in/9ct animal1 et c'e/--dire qu'ils sont notre raison sculaire fixe1 relativem5t1 dans des procds1 et des m?odes de cons]vation sociale4 ,ces prjugs1 pntrs de raison sociale1 saturs de raison sociale1 mesure qu'ils se fix5t1 s'arrt5t et se conv]tiss5t en in/9ct2 et devi5n5t plus =ts et plus in9telligibles4 ,ils devi5n5t plus =ts1 p> la puissance1 d'abord1 de l'habitude et de l'hrdit1 p> la =ce1 ensuite1 de leur in9telligibilit mme4 ,ce sont des ides vagues qui g\v]n5t le monde en raison mme de leur vague et de l'impossibilit ou de la difficult de les analys] et de les affaiblir p> l'analyse4 ,l'homme n'e/ bi5 conva9cu que des *oses auxquelles il croit sans savoir p\rquoi4 ,et c'e/ a9si qu'il croit longtemps1 trs longtemps1 aux prjugs que la socit a faits et qui l'ont faite1 elle les crant p\r ses beso9s1 ses beso9s mme les crant p\r elle4 ,mais1 en mme temps qu'ils devi5n5t plus =ts1 ils devi5n5t plus in9telligibles1 les raisons s'loignant dans le pass p\r lesquelles ils tai5t adopts et qui faisai5t qu'ils tai5t compris4 ,alors la raison int]vi5t qui les dmontre faux ou qui les dmontre non pr\vs1 p>ce qu'elle n'en voit plus les raisons d'tre4 ,quelle raison8 ,non plus la raison sociale et socialisante1 qui n'e/ plus l1 qui s'e/ enky/e dans l'in/9ct2 mais la raison proprem5t dite1 la raison ab/raite1 la raison raisonnante1 qui *]*e non la vrit sociale1 mais la vrit en soi4 ,quelle raison8 ,la raison de l'tre primitif1 aff9 du re/e p> l'in/ruction et l'hrdit1 mais la raison de l'tre primitif1 individuel1 qui peut faire et qui doit faire1 t\t naturellem5t1 qu& il re*]*e le fond des *oses1 ab/raction de la socit1 ab/raction de l'accid5t social4 ,si n\s tions ns en socit1 comme je crois que quelques-uns le croi5t1 n\s n'aurions pas d'autre raison que la raison sociale et il n'y aurait pas plus d'an>*i/es et d'antipatriotes *ez n\s que *ez les f\rmis4 ,si n\s avions pu vivre l'tat individuel ou familial il n'y aurait pas *ez n\s de raison sociale1 il n'y aurait *ez n\s que de la raison raisonnante1 peut-tre peu aff9e1 mais allant t\t droit au vrai en soi sans s'inquit] d'un vrai aju/ des conditions spciales4 ,mais p>ce que n\s sommes la fois des animaux qui ne sont pas ns ncessairem5t p\r la socit et des animaux qui n'ont pas tr\v le moy5 de vivre autrem5t qu'en socit--la voil1 notre d\ble nature--n\s sommes la fois s\s la tyrannie de la raison socialisante et s\s la dom9ation de la raison ab/raite2 s\s la dom9ation de la raison ab/raite qui considre comme irrationnels les produits de la raison socialisante et s\s la tyrannie de la raison socialisante qui considre comme de/ructrices t\tes les conceptions de la raison ab/raite2 et n\s sommes victimes des combats en n\s de ces deux raisons reprs5tatives de nos deux natures4 ,a mesure que la socit devi5t plus sre1 plus assise1 et qu'elle cra9t mo9s la gu]re1 c> t\t e/ l1 la gu]re trangre ou la gu]re intrieure1 l'homme s'loigne de ses prjugs1 de t\s ses prjugs et s'tonne de les avoir eus1 s'tonne que des tres de son espce ai5t pu les avoir4 ,et de ce mme sang se peut-il que je sois8 et il revi5t sa nature primitive4 ,quelqu'un a dit--c'e/ peut-tre moi--que la ,rvolution franaise a t un ret\r l'animalit4 ,c'e/ une erreur3 la ,rvolution franaise a t un ret\r1 inspir p> ,r\sseau et c>ess d'avance p> lui1 l'humanit primitive1 une gageure faite p\r se pass] de t\t ce qui avait t le rsultat ncessaire1 la condition ncessaire et le s\ti5 ncessaire de l'in/itution sociale4 ,elle a t une sorte de moy5ne prise entre ces deux solutions de ,r\sseau1 s'int]rogeant lui-mme sur ce qu'il y aurait de pratique faire en p>tant de ses propres ?ories3 ,quoi donc8 ,faut-il dtruire les cits1 anantir le ti5 et le mi5 et ret\rn] vivre dans les =ts avec les ours8 ,consqu5ce la manire de mes adv]saires que j'aime autant prv5ir que de leur laiss] la honte de la tir]4--7#a7 ,o v\s1 qui la voix cle/e ne s'e/ po9t fait ent5dre et qui ne reconnaissez p\r votre espce d'autre de/9ation que d'a*ev] en paix cette c\rte vie2 v\s qui p\vez laiss] au milieu des villes vos fune/es acquisitions1 vos esprits inquiets1 vos curs corrompus et vos dsirs effrns1 repr5ez1 puisqu'il dp5d de v\s1 votre antique et premire innoc5ce2 allez dans les bois p]dre la vue et la mmoire des crimes de vos contempora9s et ne craignez pas d'avilir votre espce en r5onant ses lumires p\r r5onc] ses vices4--7#b7 ,quant aux hommes semblables moi dont les passions ont dtruit p\r t\j\rs l'orig9elle simplicit1 qui ne peuv5t plus se n\rrir d'h]bes et de gl&s1 ni se pass] de lois et de *efs4441 ceux qui sont conva9cus que la voix div9e appela t\t le g5re huma9 aux lumires et aux bonheurs des cle/es intellig5ces1 t\s ceux-l t*]ont1 p> l'ex]cice des v]tus qu'ils s'oblig5t pratiqu] en appr5ant les connatre1 de mrit] le prix t]nel qu'ils en doiv5t att5dre2 ils respect]ont les sacrs li5s des socits dont ils sont les membres2 ils aim]ont leurs semblables et les s]viront de t\t leur p\voir2 ils obiront scrupuleusem5t aux lois et aux hommes qui en sont les auteurs et les m9i/res2 ils honor]ont surt\t les bons et sages pr9ces qui sauront prv5ir1 gurir ou palli] cette f\le de maux t\j\rs prts n\s accabl]2 ils anim]ont le zle de ces dignes *efs1 en leur montrant1 sans cra9te et sans flatt]ie1 la gr&eur de leur t*e et la rigueur de leur devoir2 mais ils n'en mpris]ont pas mo9s une con/itution qui ne peut se ma9t5ir qu' l'aide de tant de g5s respectables qu'on dsire plus s\v5t qu'on ne les obti5t et de laquelle1 malgr t\s leurs so9s1 naiss5t t\j\rs plus de calamits relles que d'avantages app>5ts4 ,rsum3 que les innoc5ts et les purs fui5t la socit et revi5n5t la vie sauvage1 c'e/--dire la vie individuelle4 ,que les corrompus et les religieux re/5t dans la socit en la s]vant1 en la mprisant1 en n'en att5dant ri5 de bon4 ,or1 pr5ant une moy5ne entre ces deux solutions1 la ,rvolution a ma9t5u la socit en y introduisant le plus de vie individuelle possible1 en dtruisant le plus de hir>*ie possible1 en supprimant le plus possible l'homme corrompu et l'homme religieux1 en rappro*ant le plus possible la socit de l'insocit1 et c'e/ cette rgression1 gau*e du re/e et pas d'aveugle1 v]s l'tat primitif1 qui s]a au fond de t\tes les rvolutions plbi5nes diriges p> la raison pure se passant de la raison hi/orique4 ,qu& les prjugs sont a9si oublis1 mconnus1 mpriss1 qu& la raison socialisante a p]du ses titres1 on ne croit plus1 on ne veut plus croire qu' la raison ab/raite et la sci5ce et1 ce qui e/ div]tissant et trs naturel1 la raison ab/raite et la sci5ce devi5n5t leur t\r des objets d'admiration irraisonne et ignorante1 des div9its et1 en un mot1 des prjugs4 ,de mme qu' la f9 de la vie nat une d]nire illusion1 consolante encore1 qui e/ de croire que t\t ce qu'on a aim e/ illusion1 de mme au dcl9 des socits s'lv5t deux prjugs1 la raison et la sci5ce1 qui ont comme p\r mission de dtruire et pulvris] t\s les prjugs anci5s4 ,a telle poque l'ignorant le plus ignorant e/ p]suad1 aussi =t que l'tait le sauvage ance/ral de la v]tu de son fti*e1 que la raison1 non seulem5t expliqu]a t\t1 mais a t\t expliqu et que la sci5ce fait du bonheur4 ,nietzs*e a bi5 exprim cela4 ,il e/ arriv un mom5t o la connaissance1 la re*]*e du vrai1 l'aspiration au vrai prir5t place enf9 comme un beso9 au milieu des autres beso9s4 ,depuis lors1 non plus seulem5t la conviction et la foi1 mais encore l'exam51 la ngation1 la mfiance1 la contradiction1 t\t cela ensemble dev9t une puissance444 ,la connaissance dev9t un morceau de la vie mme et1 en tant que vie1 une puissance t\j\rs gr&issante4 ,t\j\rs gr&issante1 jusque-l qu'elle diss\t t\t ce qui n'e/ pas elle1 ou plutt t\t ce qui fut elle et qu'elle ne reconnat plus1 p>ce qu'il e/ anci5 et qu'il e/ sorti d'elle dans des conditions autres que les conditions prs5tes4 ,elle diss\t t\t ce qui e/ sorti d'elle1 alors qu'elle tait en contact avec les ralits contraignantes et 9luctables et qu'elle ne reconnat pas p>ce qu'elle e/ plus lo9 de ces ralits1 qui du re/e exi/5t t\j\rs et de temps en temps se rappro*5t4 ,elle e/ comme un ,saturne qui pulvris]ait ses enfants1 mais surt\t ceux qui1 tant presque aussi vieux que lui1 s]ai5t mconnus p> l'il de leur pre4 ,elle diss\t t\t ce qu'elle croit qui n'e/ plus elle et du re/e elle ne cre plus ri51 je veux dire ri5 qui1 comme les anci5s prjugs1 s\ti5ne les socits et leur donne la cohsion et la =ce4 ,elle appr5d t\t dsappr5dre et n'enseigne ri54 ,elle e/ comme un ,saturne qui dvor]ait ses enfants mais qui n'aurait pas l'excuse d'tre encore fcond4 ,salut au d]ni] prjug1 ext]m9ateur de t\s les autres6 ,il se peut que lui aussi soit utile2 il se peut que lui aussi soit ncessaire1 il se peut qu'il soit dans le plan4 ,pr\dhon a entrevu cela3 ,je conois que l'humanit1 s\mise aux conditions d'inf]tilit du sol444 c'e/ l1 ce me semble1 qu'il s'g>e f9isse p\r a9si dire volontairem5t1 non dans la dcrpitude1 mais au contraire dans la haute spiritualit4 ,arriv la p]fection1 l'homme doit f9ir4 ,p>v5u au plus haut degr de consci5ce1 d'intellig5ce1 de dignit1 dev5u ,dieu1 l'homme doit se mettre l'unisson de la ncessit et lgu] son me un monde plus jeune4 ,ce n'e/ pas t\t fait cela2 mais il y a quelque *ose4 ,ce n'e/ pas p> haute spiritualit que les socits priss5t2 c'e/ p> raison pure1 ce qui n'e/ pas exactem5t la mme *ose1 c'e/ p> raison dsocialisante1 succdant1 de lo91 la raison socialisatrice4 ,cela sans d\te e/ dans l'ordre4 ,supposons1 une fois de plus1 le ,gr& ,trompeur de ,s*op5hau]4 ,il n\s donne1 p\r que n\s vivions en socit1 t\tes les illusions qui sont ncessaires p\r cet objet2 mais il n\s donne aussi quelque *ose qui1 trs faible au comm5cem5t1 crotra peu peu1 qui e/ capable de dtruire t\tes ces illusions et qui1 un mom5t donn1 arriv]a en effet les dtruire4 ,p\rquoi8 ,p\r que n\s m\rions4 ,il a v\lu notre mort autant que notre vie et il a p\rvu l'une avec autant de sollicitude qu' l'autre4 ,il n\s a donn les =ces de vie et une =ce meurtrire4 ,il a v\lu notre exi/5ce et aussi notre suicide4 ,m9utieusem5t il n\s a g>nis de t\s les viatiques et aussi d'un poison et il a trac la c\rbe selon laquelle1 p> t\s les viatiques1 n\s crotrions et n\s lv]ions v]s la puissance et la gr&eur2 et1 p> l'effet du poison l5t1 n\s lim9]ions peu peu t\s les viatiques et tomb]ions dans la dissolution df9itive4 ,il a v\lu que les raisons de vivre euss5t leur temps et la raison de m\rir la si5ne4 ,p\rquoi8 ,p\r s'amus]8 ,peut-tre2 je n'en sais ri52 c> je ne suis pas dans son conseil4 ,peut-tre aussi1 et il s]ait trs sage s'il en tait a9si1 p>ce qu'il faut s'en all] qu& on a f9i son rle2 p>ce que *aque peuple a dans son tempram5t quelque *ose appr5dre et faire admir] l'humanit1 qu'il l'exprime en effet et le met en lumire2 puis ne p\rrait que le rpt] plus faiblem5t2 et qu'il doit se rsign] ce qu'un autre s'avance au prosc5ium4--,du mo9s la reprs5tation semble a9si rgle et1 si elle l'e/ a9si1 il faut bi5 que quelque *ose1 int]prte sans d\te de quelqu'un1 dise au vieux comdi53 ,solve s5esc5tem444 ,devant les nations qui meur5t1 comme devant les hommes qui se s5t5t m\rir1 la ,nature se dresse et dit de sa voix svre3 ,trve de l>mes1 vieux spulcre1 et assez de gmissem5ts1 et cde la place d'autres plus dignes ou simplem5t plus jeunes4 ,combi5 d'autres t'ont prcde qui valai5t mieux que toi ou t\t autant et qui sont mortes p>ce qu'elles avai5t en elles ce prcieux pr9cipe de mort qui p]met au monde de ne pas voir t\j\rs les mmes visages4 ,la vie n'e/ donne p]sonne en proprit1 *acun n'en a que l'usufruit4 ,tu te rvolt]ais contre la mort1 toi dont la vie cette heure mme n'e/ qu'une mort anticipe1 toi qui dors t\t veille et dont l'esprit e/ t\t hant de visions et de cau*em>s8 ,sors de ce monde comme tu y es entre4 ,le mme passage que tu fis de la mort la vie sans passion et sans frayeur1 refais-le de la vie la mort4 ,ta mort e/ une des pices de l'ordre de l'univ]s2 c'e/ une pice de la vie du monde4 ,fais place aux autres comme d'autres te l'ont faite4 ,c'e/ ju/ice1 puisque c'e/ galit4 ,l'galit e/ la premire pice de l'quit4 ,tu avais des pr9cipes de vie autant qu'une autre1 plus que plusieurs autres2 tu avais un pr9cipe de mort comme t\tes4 ,il y a des privilgis1 ce sont ceux qui viv5t plus longtemps que d'autres1 p>ce qu'ils ont des pr9cipes de vie plus actifs et plus p]si/ants1 peut-tre p>ce qu'ils les mnag5t et les respect5t plus et plus longtemps que d'autres4 ,mais il n'y a p]sonne qui ait le privilge de l't]nit4 ,tu es p>tie d'un ri51 d'un tat trs faible1 languissant et prcaire4 ,tu t'es leve peu peu p> le s5tim5t de volont de puissance collective1 p> le s5tim5t de hir>*ie1 p> le s5tim5t de discipl9e4 ,tu z t trs =te et en admiration aux yeux du monde2 tu z eu un n]gique am\r de la vie collective s\s =me d'absolu mpris de la vie individuelle2 tu t'es fait une ari/ocratie fire1 puissante et intellig5te qui a t g>di5ne des traditions1 c'e/--dire des procds pr\vs de vivre et de va9cre2 tu t'es fait une religion1 ou tu z pntr de ton esprit et de ton me la religion qu'on t'avait apporte et tu y z tr\v de n\velles raisons de te ma9t5ir sa9e et =te2 tu t'es fait un art selon ton esprit et selon ton cur p\r te repos] aux mom5ts de trves1 sans te d\t] que tu te crais a9si de n\velles raisons de te reconnatre1 de pr5dre consci5ce de toi dans t\te ta suite1 de t'admir]1 de t'aim]1 de te prfr] d'autres et1 p> consqu5t1 que tu crais p\r toi une n\velle =ce de vie2 mais tu t'en es bi5 ap]ue plus t>d et ton patriotisme s'e/ fait1 plus =t et plus pr(ond1 de l'hi/oire de ta p5se autant que de l'hi/oire de tes ge/es4 ,t\t cela a disp>u ou a dcl91 comme les =ces d'un homme sur qui l'ge a appesanti sa ma94 ,t\t cela a disp>u ou a dcl91 p>ce que tu n'y z plus t5u1 p>ce que tu n'y z plus atta* d'importance1 p>ce que t\t cela t'a ennuy2 p>ce que tu z dit comme cet emp]eur3 ,omnia fui1 nil exp$it2 et si tu z dit cela1 c'e/ que dcl9ai5t en toi1 se dveloppai5t *ez d'autres1 les f]m5ts de vie qui ne sont dposs1 p> moi1 *ez *acun1 que p\r un temps2 et il n'y a ri5 l qui doive te contri/]1 puisque c'e/ la loi commune laquelle tu cdes auj\rd'hui1 qui d'autres ont cd jadis1 qui ceux qui1 avec une trs gr&e satisfaction1 te reg>d5t disp>atre1 cd]ont dema94 ,tu vas ma9t5ant rev5ir plus ou mo9s l5tem5t au po9t de d"p4 ,ce qui fait les peuples1 c'e/--dire l'abngation de l'individu1 s'tant retir de toi1 tu r$evi5dras1 simplem5t1 un c]ta9 nombre d'individus4 ,ces individus1 comme ceux qui vivai5t avant l'inv5tion des socits1 ne se connatront plus les uns les autres et n'auront aucun dsir de se s]vir les uns les autres1 de s'en*an] p> des s]vices rciproques et de vivre de cette vie1 s+ulire la vrit1 qui consi/e se s5tir exi/] beauc\p plus dans la p]sonne des autres que dans la si5ne4 ,ils s]ont une manire de p\ssire disp]se et fuyante1 comme ont t les plus anci5s de leurs premi]s anctres2 c> s\vi5s-toi que tu z t p\ssire1 que tu z cess d'tre p\ssire et que tu ret\rn]as en p\ssire4 ,des peuplades trangres vi5dront1 de t\s les po9ts de l'horizon1 et s'emp>]ont de leur sol1 comme il e/ ju/e2 c> ce qui e/ con/itu en nation s'in/alle o il se tr\ve le mieux p\r se dvelopp] et s'accrotre2 et1 eux1 ils ne s'en ap]cevront pas trs di/9ctem5t1 puisque *acun ne ti5dra qu' vivre sa vie p]sonnelle1 avec un c]ta9 tonnem5t que d'autres ti5n5t vivre d'une vie collective4 ,toi1 tu auras disp>u3 la mort e/ une disp]sion4 ,il ne re/]a de toi qu'un nom1 glorieux du re/e et dont s'entreti5dront longtemps les hommes1 peut-tre une langue qu'ils pl]ont p5dant des sicles avec vnration1 avec ennui et avec quelque pr(it intellectuel4 ,tes membres se fondront peu peu dans le complexus physiologique des peuples qui habit]ont o tu z si longtemps habit1 comme les re/es d'un homme se fond5t et se dissm95t dans le suc des plantes et p> les plantes dans les animaux et p> les animaux dans les hommes4 ,mais toi-mme n'exi/]as plus1 t\t de mme que n'exi/e plus le *ne sculaire *ez qui la sve a f9i p> se t>ir et qui n'e/ plus que p\dre blan*e que la t]re attire soi et labore p\r la production de n\veaux tres4 ,peut-tre mme1 c> moi-mme ne connais pas t\s les secrets2 peut-tre mme t\s les peuples1 sans qu'il en re/e un1 f9iront-ils comme tu fais en ce mom5t1 p> p]dre l'in/9ct social1 et je crois bi51 en effet1 que l'in/9ct social n'e/ qu'un accid5t1 un peu long p\r des yeux huma9s1 mais un accid5t insignifiant au reg>d de l't]nel1 de la vie de c]ta9s tres2 et alors l'humanit repr5dra sa =me primitive qu'il e/ p>faitem5t possible qu'elle ait eu tort de quitt]4 ,et alors t\s les peuples du monde1 un peu plus tt un peu plus t>d1 s]ont arrivs au mme po9t1 ne s]ont plus mme des s\v5irs et s]ont confondus dans le nant1 ce que tu peux pr5dre p\r une considrable consolation4 99 99 99 99 99 ,voyl les bons adv]tissem5ts de no/re mre ,nature4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,*apitre ,i4--,l'animal social #a ,*apitre ,,ii4--,l'am\r de la vie #ca ,*apitre ,,iii4--,le libre arbitre #ci ,*apitre ,,iv4--,la morale #ge ,*apitre ,v4--,les religions #ajf ,*apitre ,,vi4--,la vie future #adf ,*apitre ,,vii4--,la ,nmsis #agj ,*apitre ,,viii4--,la rv]sibilit des fautes #age ,*apitre ,,ix4--,le culte de la =ce #aid ,*apitre ,x4--,l'ari/ocratie #baa ,*apitre ,,xi4--,le m>iage #bfg ,*apitre ,,xii4--,la proprit #cjj ,*apitre ,,xiii4--,le ,ama nescire #cae ,*apitre ,,xiv4--,luttes et trans=mations #ccj ,*apitre ,,xv4--,les prjugs ncessaires #ceb ,poiti]s4--,socit ,franaise d',imprim]ie