,,perte ,,et ,,gain4 ,,histoire ,d',,un ,,converti ,,par ,,le ,r4 ,p4 ,,newman1 ,recteur de l',universit catholique de ,dublin1 ,suprieur de l',oratoire de ,birmingham1 etc4 ,ouvrage traduit de l'anglais sur la troisime dition1 ,,par ,m4 ,l',,abb ,,segondy1 du diocse de ,montpellier1 ,avec des ,notes du traducteur et une ,confrence de ,m4 le ,chanoine ,,oakeley1 en ,appendice4 ,adhuc modicum aliquantulum1 ,qui venturus est1 veniet1 et non tardabit1 ,justus autem meus ex fide vivit4 ,,deuxi,,me ,,dition1 ,,revue1 ,,corrig,e ,,et ,,augment,e ,,paris ,,tournai ,librairie de ,p4 ,lethielleux1 ,librairie de ,h4 ,casterman1 ,,rue ,,bonaparte1 #ff4 ,,rue ,,aux ,,rats1 #aa4 ,h4 ,,casterman ,,diteur4 #ahei4 ,,imprimatur ,mechlini1 #ae ,marti #ahef4 ,j4-,b4 ,,van ,,hemel1 ,vic4 ,gen4 ,imprimerie de ,,beau1 ,saint-,germain-en-,laye1 rue de ,paris1 #hd4 ,,avertissement ,,de ,l',,auteur ,en crivant ,perte et gain1 l'auteur ne s'est point propos d'en faire un ouvrage de controverse en faveur de la religion catholique4 ,c'est seulement une peinture de ce que quelques-uns appellent la marche de la pense et l'tat d'un esprit2 ou1 pour mieux dire1 parmi les diffrentes volutions de la pense et les diffrents tats de l'esprit1 c'est un cas particulier dont le dnoment est une conviction claire de l'origine divine du catholicisme4 ,ce rcit n'est pas1 non plus1 bas sur un fait1 pour nous servir d'une expression consacre4 ,ce n'est pas la propre histoire de l'esprit d'aucun des nouveaux convertis l'glise de ,rome4 ,les principaux caractres sont de pure invention2 et l'auteur dclare n'avoir voulu1 en aucun d'eux1 faire d'allusion personnelle4 ,c'est dans ce but qu'il a cr des corps ecclsiastiques et des localits imaginaires1 afin de ne pas courir le risque1 ce qui autrement aurait pu arriver1 de reprsenter1 sans le vouloir1 aux yeux du lecteur1 des personnages rels que l'crivain n'a pas eu du tout en vue4 ,cependant il s'est empar sans scrupule des discours et des actes qui caractrisent l'poque et le lieu o la scne se passe4 ,du reste1 lorsque1 dans un rcit1 une vrit gnrale ou un grand fait est individuellement spcifi1 il est impossible que1 malgr les efforts de l'auteur1 la reprsentation idale ne concide pas1 plus ou moins1 avec des exemples ou des personnages vivants4 ,ajoutons encore1 pour empcher une autre mprise1 qu'on n'a voulu faire d'aucun des acteurs de ce rcit le reprsentant propre des opinions religieuses qui ont exerc1 rcemment1 tant d'influence au sein de l'universit d',oxford4 #ba fvrier #ahdh4 ,,pr,,face ,,du ,,traducteur4 ,l'anne dernire1 au mois d'aot et de septembre1 nous nous trouvions sous le toit hospitalier des ,,pp4 ,oratoriens de ,birmingham1 dans le but d'ajouter quelques nouveaux renseignements ceux que nous avions pris dans un voyage antrieur touchant le mouvement religieux d',oxford4 ,avons-nous besoin de le dire8 dans cette admirable maison de l',oratoire1 il nous fut ais de remplir notre dessein3 n'avions-nous pas sous les yeux les fruits les plus beaux#a de ce mouvement providentiel8 ,dsireux1 toutefois1 de poursuivre cette belle tude notre retour sur le continent1 nous demandmes un jour l'un des bons pres de nous indiquer les ouvrages qui pourraient nous tre le plus utiles4--,bien volontiers1 nous rpondit-il2 mais voulez-vous avoir l'ide la plus exacte du mouvement religieux8 lisez ,loss and gain 7,perte et gain74 ,tout est l2 et les hommes1 et les controverses1 et l'atmosphre mme d',oxford4--,il ne nous fut pas difficile de dfrer ce conseil3 la parole de notre digne interlocuteur tait pour nous une autorit2 le nom de l'auteur de l'ouvrage nous tait non-seulement une garantie de son mrite1 mais un attrait4 ,nous nous empressmes donc de lire ,perte et gain4 ,l'intrt que nous prmes cette lecture fut si vif1 que nous emes ds lors la pense de faire connatre ce beau livre aux deux nations chrtiennes--la ,france et la ,belgique--qui1 par leurs prires1 ont une si large part ce qui se passe au del du dtroit4 ,le dessein que nous formions l'anne dernire1 nous le ralisons enfin aujourd'hui2 et1 nous l'avouerons avec franchise1 nous croyons que l'ouvrage du docteur ,newman jettera un nouveau jour sur la question peut-tre la plus importante des intrts catholiques au ,x,i,xe sicle4--,tout le monde a lu les belles paroles que nous a laisses ,bossuet#b touchant le schisme anglican4 ,quel tressaillement n'et pas t le sien1 si cet immortel gnie avait pu assister au spectacle qui se droule de nos jours en ,angleterre6 ,n'aurait-il pas cru toucher l'heure solennelle qu'il avait entrevue de son regard d'aigle1 il y a deux cents ans8 #a ,a l'exception d'un seul1 tous les pres et tous les novices de l',oratoire de ,birmingham sont des convertis4--,nous voudrions que tous ceux qui sont travaills par le doute passassent une semaine dans cette aimable retraite3 nous sommes convaincu que la plupart ne la quitteraient pas sans en emporter un trsor prcieux de lumire et de paix4 #b ,histoire des variations1 liv4 ,,vii4 ,mais qu'est-ce que ,perte et gain8 ,une rponse complte cette question exigerait de notre part certains dveloppements relatifs au temps o la scne se passe4 ,nous nous tions propos de faire ce travail2 mais1 ayant obtenu de ,m4 le chanoine ,oakeley de reproduire en franais une confrence que ce digne ecclsiastique a prononce ,londres sur le livre qui nous occupe1 et dans le sens que nous venons d'indiquer1 nous lui avons volontiers laiss la parole#c4 ,l'autorit de ce savant converti aura1 dans ces matires1 plus de poids que la ntre4 ,il nous suffira donc de donner une apprciation gnrale de l'ouvrage4 #c ,voy4 l',appendice4--,nous engageons nos lecteurs lire cette confrence avant ,perte et gain2 elle les aidera mieux comprendre l'ouvrage4 ,comme son titre seul le fait dj connatre1 ,perte et gain est l'histoire d'une me qui1 sous la double action de la volont prive et de la grce1 arrive des sentiers perdus de l'anglicanisme la vraie lumire1 ou1 pour nous servir des paroles de l'auteur1 c'est la peinture de la marche et de l'tat d'un esprit qui parvient se convaincre de l'origine divine du catholicisme4 ,une semblable question est belle1 leve1 et l'on comprend tout de suite quel intrt saisissant elle doit avoir1 traite par une main habile4 ,qui de nous n'aime contempler ces nobles luttes d'une me qui a soif de la vrit1 et qui la cherche au prix des plus grands sacrifices8 ,oui1 ces combats secrets o ne se verse pas le sang1 mais o l'on immole toujours quelque passion chrie1 nous rvlent le beau ct de notre dignit humaine1 et nous en sommes fiers4 ,n'allons pas croire1 toutefois1 que l'analyse de cette transformation de l'homme intrieur soit un problme facile4 ,savez-vous par quelle voie la lumire se propage8 demandait ,dieu son serviteur#d2 qui peut dire1 aussi1 et plus forte raison1 par quels sentiers le soleil qui n'a pas de couchant#e arrive faire pntrer ses rayons dans une me8 ,il faut un il bien exerc pour saisir tous ces fils mystrieux par lesquels une intelligence est lie l'erreur1 et pour suivre ce travail sans bruit qui fait tomber un un les voiles pais dont ses yeux taient couverts4 ,mais quelque difficile que pt tre la tche1 elle n'tait pas au-dessus des forces du savant oratorien3 disons mieux1 le ,r4 ,p4 ,newman semblait destin1 plus que tout autre1 faire une uvre si dlicate3 sa naissance et sa premire ducation1 sa position antrieure1 ,oxford1 le rle si providentiel qu'il a jou dans le mouvement religieux1 sa haute intelligence1 son rudition immense1 sa vie de mditation et de prire1 son exprience du catholicisme1 tout le rendait minemment propre nous tracer l',histoire d'un converti4 ,aussi est-ce une heureuse pense que l'illustre crivain a eue1 quand il a rsolu d'crire ,perte et gain2 nous ne saurions trop lui en tre reconnaissants4 #d ,job4 ,,xxxviii1 #bd4 #e ,isae1 ,,lx1 #bj4 ,autant le but de ,perte et gain est lev1 autant le plan en est simple2 et cependant1 comme uvre d'art1 c'est un vrai chef-d'uvre 7a master piece71 nous dit ,m4 ,brownson#f4 ,le ,r4 ,p4 ,newman s'y rvle1 en effet1 comme un crivain de premier ordre1 il nous y montre mme une nouvelle face de son talent4 ,tout le monde reconnaissait dans le pieux ex-fellow d',oriel un rudit profond1 un habile controversiste1 un orateur loquent1 mais on n'avait peut-tre pas souponn chez lui1 du moins en ,france1 cette science si varie1 cette connaissance intime du cur humain1 ce sentiment si vrai de tout ce qui est beau4 ,a ct du thologien et du philosophe1 nous trouvons dans ,perte et gain le moraliste1 le pote1 le littrateur consomm4 ,et c'est l'ensemble de toutes ces brillantes qualits que l'ouvrage doit la perfection qui le distingue3 de l ces belles scnes o l'crivain s'adresse tour tour l'esprit1 l'imagination1 au cur2 de l ces esquisses1 si habilement traces1 des caractres de tout rang et de tout ge2 de l cette description si vraie des murs de l'universit d',oxford comme de celles de la famille anglaise2 de l ces dialogues si pleins de science et d'esprit2 de l cette logique si serre1 cette sensibilit si exquise1 cet enthousiasme si pieux1 cette analyse si dlicate de la marche de l'esprit vers la vrit1 de l1 enfin1 cet attrait soutenu qu'on retrouve mme dans des discussions qui1 sous la plume de tout autre1 seraient fastidieuses ou sches4 #f ,m4 ,brownson est le clbre converti des tats-,unis4 ,c'est de lui que ,m4 ,cousin crivait en #ahch3 ,m4 ,brownson a publi une apologie de mes principes o brille un talent de pense et de style qui1 rgulirement dvelopp1 promet l',amrique un crivain philosophique de premier ordre4 ,aprs avoir expriment l'impuissance de la philosophie humaine donner la vrit1 comme il l'a racont lui-mme1 ,m4 ,brownson s'est uni l'glise catholique1 en #ahde4 ,aujourd'hui1 il rdige la ,revue qui porte son nom3 ,brownson's ,quarterly ,review4 ,mais ce n'est ici proprement que le ct littraire de ,perte et gain4 ,ce qui fait de ce livre une uvre prcieuse1 c'est qu'il nous offre une peinture parfaite du monde religieux de l',angleterre aux temps prsents2 c'est un tableau anim o sont groups avec art les fruits divers de la ,rforme4 vangliques1 ,cambdniens1 partisans de la ,haute glise1 ,confrres de ,plymouth1 dfenseurs des glises-branches 7branch-theorists71 hommes du juste milieu1 etc41 etc43 toutes ces innombrables sectes1 nes du libre examen1 posent devant les yeux du lecteur avec leur cachet propre et distinctif2 il n'y a pas jusqu'aux fanatiques dclamateurs d',exeter-,hall qui n'y aient leur reprsentant furibond1 reconnaissable entre tous1 comme de droit4 ,le talent et les ressources dont le ,r4 ,p4 ,newman a fait preuve dans cette partie essentielle de son livre sont immenses2 aussi n'y a-t-il1 peut-tre1 que ceux qui sont dj au courant de la controverse anglicane qui puissent sentir tout le mrite de l'ouvrage sous ce rapport4 ,nous ne craignons pas de l'affirmer3 ,perte et gain est le rsum le plus parfait des systmes religieux qui s'agitent cette heure en ,angleterre4 ,toutefois1 parmi les sectes que le savant oratorien nous peint avec tant de vrit1 se dessine ce qu'on a appel l'cole d',oxford4 ,une chose que nous avons souvent entendu rpter aux convertis1 c'est que1 en gnral1 on a faussement jug le mouvement religieux et qu'on ne l'a pas envisag sous son vritable point de vue4 ,il n'y a rien d'tonnant en cela4 ,pour apprcier compltement une cole1 il ne suffit pas d'en connatre les doctrines2 il faut aussi avoir la clef de l'tat des esprits qui ont embrass ces doctrines4 ,qui ne le sait8 l'ducation1 les prjugs et les traditions locales sont les lments multiples qui1 avec beaucoup d'autres encore1 clairent ou obscurcissent nos vues1 nos thories1 nos systmes2 qui en dterminent1 jusqu' un certain point1 le degr de bont ou de malice4 ,or1 c'est sans doute cette connaissance intime des hommes d',oxford qui a fait dfaut au grand nombre2 et1 priv de ce flambeau ncessaire1 on n'a vu les choses qu' demi1 sinon sous un faux jour4 ,grce au docteur ,newman1 nous pensons qu'on pourra dsormais se faire une ide plus juste du mouvement religieux1 et qu'on en saisira mieux le caractre4 ,son livre1 en effet1 nous introduit dans le secret du mouvement lui-mme2 il nous dvoile ce qu'il a eu de srieux ou de superficiel2 il nous fait comprendre l'tat des esprits2 il nous montre par quels labeurs les hommes droits se sont approchs de l'glise1 dans quelles penses ils s'y sont unis3 spectacle mouvant qui1 pour le philosophe comme pour le chrtien1 renferme de trs-graves leons4 ,cet ouvrage1 a dit l'auteur que nous citions plus haut1 nous explique bien des choses qui jusqu' ce jour nous taient inintelligibles 7which were hitherto unintelligible7#g2 et1 avec une loyaut qui l'honore1 il demande pardon au ,r4 ,p4 ,newman de l'avoir combattu pendant de si longues annes4 ,perte et gain a fait ce qu'un autre bel et profond crit#h du mme auteur n'avait pas su produire4 ,la ,revue de ,dublin a t plus loin encore que ,m4 ,brownson3 elle a positivement assur aux catholiques du ,royaume-,uni que1 malgr leur cohabitation sur le mme sol avec les anglicans1 ils avaient prendre dans l',histoire d'un converti des renseignements qui leur taient inconnus4 #g ,brownson's ,quarterly ,review4 ,oct4 #ahed4 #h ,histoire du dveloppement de la doctrine chrtienne4 ,les habiles dfenseurs de la foi catholique n'ont pas manqu l',angleterre4 ,milner1 par exemple1 a rendu1 au commencement de ce sicle1 de grands services l'glise4 ,il tait rserv au docteur ,newman de rsumer avec son beau talent les principales controverses1 et de mettre compltement nu ces bases d'argile sur lesquelles repose l'anglicanisme2 nous voulons dire1 ses formulaires--ses ,,xxxix ,articles1 son ,prayerbook4--,et qu'on ne croie pas que le savant oratorien crase ses adversaires sous le poids de son immense rudition4 ,non1 il cache plutt sa science4 ,des citations de textes eussent embarrass sa marche rapide2 il les a ngliges1 se contentant de quintessencier la doctrine des ,pres et des thologiens4 ,d'ailleurs1 comme il connat son anglicanisme fond1 il en sait tous les points les plus vulnrables1 et c'est l qu'il dirige ses coups4 ,aussi1 rien de plus intressant que de voir comment une seule interrogation lui suffit parfois pour pousser son adversaire au pied du mur4--,il est bon de l'observer ici3 l'auteur de ,perte et gain parle avec dignit de son ancienne communion2 tout en la combattant1 il n'a pas contre elle la moindre parole blessante4 ,ce qui ne l'empche pas1 et ce n'est que justice1 de poursuivre de son ridicule mordant les systmes religieux ns de cerveaux creux ou malades4 ,en rsum1 nous dirons que ce beau livre1 ,perte et gain1 nous offre1 avec l'histoire attrayante d'un converti1 un tableau des plus savants et des plus finement esquisss des doctrines de l'glise anglicane et de ses tendances actuelles4 ,plac dj au premier rang de la littrature anglaise par sa forme brillante1 la peinture parfaite des caractres1 le bon got de ses scnes si varies1 la disposition enfin de toutes ses parties1 cet ouvrage est surtout rempli d'enseignements prcieux pour tous les hommes qui ont cur le triomphe de l'glise1 ou qui aiment seulement connatre le courant des ides religieuses notre poque4 ,quoiqu'il ait dj huit ans de date1 cet ouvrage conserve toute son actualit4 ,depuis #ahdh1 ni la tendance1 ni l'esprit du mouvement n'ont chang4 ,a la surface1 il y a moins d'agitation1 mais au fond le travail est le mme2 travail immense1 qui doit ncessairement aboutir un rsultat magnifique#i4 ,la semence est jete1 nous disait dans notre dernier voyage un des savants convertis d',oxford2 il faudra bien qu'elle lve4 ,un an s'est peine coul depuis que ces paroles ont t prononces1 et1 parmi beaucoup d'autres1 l'glise a eu le bonheur de recevoir dans son sein trois hommes des plus recommandables par leur science1 leur vertu et leur position dans l'tablissement3 ,,mm4 ,wilberforce1 ,ffoulkes et ,palmer4 ,ces trois belles conversions ne disent-elles pas1 de la manire la plus vidente1 que le mouvement religieux est toujours plein de vie8 #i ,il semble que les meilleurs logiciens sont ceux qui franchissent le pas et vont droit l'glise romaine1 comme ,gfrrer et ,hurter en ,allemagne1 comme ,newman et les ,wilberforce en ,angleterre4 ,des mes ardentes ne resteront jamais sur ce point entre deux abmes o se tient le docteur ,pusey4 7,journal des ,dbats1 #e aot #ahhe47 ,encore quelques mots2 ils ne nous paraissent pas dplacs ici1 vu la nature de l'ouvrage4 ,si1 par hasard1 ce livre tombait entre les mains de quelqu'un de nos frres spars1 et que sa lecture lui apportt des lumires nouvelles1 veillt seulement quelques doutes1 nous l'engageons ne pas rejeter cette faveur divine1 mais se retirer dans la solitude de son me et prier4 ,quiconque se sent assez grand pour aspirer la vrit doit rechercher tous les moyens qui peuvent lui en assurer la possession4 ,et quel homme1 faisant profession de christianisme1 ne se sentirait cette noble ambition au cur8 ,la vrit n'est-elle pas l'aliment de l'intelligence humaine ici-bas8 et1 au del du temps1 n'est-ce pas elle qui est le fondement de la joie des lus#aj8 ,or1 la prire est le sine qu non de cette prcieuse conqute4 ,on a beau fouiller dans les livres1 se renfermer dans le silence du cabinet3 si l'on ne demande ,dieu le pain de l'me1 comme on lui demande1 tous les jours1 la nourriture du corps1 on peut tre sr de mourir d'inanition1 aprs des luttes dsespres4 ,l'tude est bonne sans doute pour quelques-uns1 mais la prire est indispensable pour tous4 ,l'tude ne peut faire que des demi-philosophes3 la prire seule1 le droit de former les vrais sages4 ,la prire1 c'est le soleil qui vivifie dans l'me le grain de la vrit1 qui en dveloppe la tige dlicate1 en fconde les fleurs et en mrit les fruits4 ,au reste1 le conseil que nous donnons1 nous semble-t-il1 n'a rien de captieux4 ,s'il est un acte libre1 un acte qui chappe toute sduction1 c'est bien la prire4 ,et quel protestant sincre pourrait craindre de s'adresser avec confiance au ,souverain ,dispensateur de tout don parfait8 ,qui est l'homme qui donne une pierre son fils1 lorsqu'il lui demande du pain8 ,ou1 s'il lui demande un poisson1 lui donnera-t-il un serpent#aa8 #aj ,gaudium de veritate4 ,s4 ,aug41 ,conf4 ,liv4 ,x1 ch4 ,,xxiii4 #aa ,s4 ,matth1 ,,vii1 #i et #aj4 99 99 99 99 99 ,p4 ,s4 ,ce n'est pas nous de parler de notre traduction2 on nous permettra seulement de dire que nous avons tch qu'elle ne ft pas trop indigne de l'illustre crivain que nous admirons comme gnie1 et dont les aimables vertus ont veill dans notre cur la plus profonde reconnaissance et le plus respectueux attachement4 ,les notes que nous avons mises1 soit au bas des pages1 soit la fin du livre1 nous ont paru indispensables4 ,jointes l',appendice1 elles jetteront1 croyons-nous1 assez de jour sur l'ouvrage pour en faire comprendre le fond tous nos lecteurs#ab4 #ab ,les personnes qui1 aprs avoir lu ,perte et gain1 dsireraient tudier plus fond la question du mouvement religieux1 feront bien de consulter les excellents ouvrages publis sur cette matire par ,m4 ,j4 ,gondon1 un des rdacteurs de l',univers4 ,pour toute rcompense de notre modeste travail1 nous ne demandons qu'une obole1 celle qui vient du cur3 que toute me aimante fasse l'aumne d'une prire la malheureuse patrie du glorieux martyr saint ,thomas4 ,novembre #aheh4 ,,perte ,,et ,,gain ,,premi,,re ,,partie4 ,,chapitre ,,premier4 ,l'ducation4 ,charles ,reding tait le seul fils d'un ministre anglican qui jouissait d'un gros bnfice dans un comt du centre4 ,son pre1 le destinant aux ordres1 l'envoya1 l'ge ordinaire1 une cole publique4 ,longtemps ,m4 ,reding avait pes dans son esprit les avantages et les inconvnients de l'ducation publique et de l'ducation prive1 et il avait enfin opt pour la premire4--,l'isolement1 se disait-il lui-mme1 n'est pas une sauvegarde pour la vertu4 ,qui peut dire les sentiments intimes d'un enfant8 ,expansif et heureux1 bon et soumis1 tel il peut toujours paratre1 alors cependant que le mal fait en lui de grands ravages4 ,au ,crateur seul appartient le secret des curs1 et personne ici-bas ne peut esprer d'en sonder les abmes1 d'en effleurer mme la surface4 ,je suis pasteur des mes2 mais quelle connaissance1 en vrit1 ai-je de mes paroissiens8 ,aucune4 ,leurs curs sont des livres scells pour moi4 ,quant ce cher enfant1 il est toujours mes cts1 il se suspend mon cou2 et pourtant son me est aussi loin de ma vue que s'il tait aux antipodes4 ,je ne l'accuse pas de rserve1 ce cher petit2 mais son amour et son respect pour moi le tiennent dans une espce de solitude enchante4 ,vainement j'essayerais de le connatre fond4 ,dans son heureuse ou triste sphre ,tout homme vit plein de mystre4 ,et tel est notre sort en ce monde4 ,nul ne peut connatre les secrtes penses de ,charles4 ,alors mme que je le garderais ici veillant sur sa conduite avec la mme sollicitude1 il viendrait nanmoins un jour o je trouverais qu'un serpent s'est gliss dans le cur de son innocence4 ,les enfants n'ont pas une connaissance pleine et entire du bien et du mal2 ne commettent-ils pas d'abord1 presque innocemment1 des actions mauvaises8 blouis par la nouveaut1 ils ne voient pas la laideur du vice2 abandonns eux-mmes1 ils n'ont personne auprs d'eux pour les avertir ou leur tracer des rgles de conduite2 aussi deviennent-ils les esclaves du mal1 tandis qu'ils sont encore apprendre quelle en est la nature4 ,ils vont l',universit1 et1 peine arrivs1 ils se livrent des excs dont l'normit est proportionne leur inexprience4 ,et puis1 aprs tout1 je ne suis pas1 moi1 de taille former un esprit aussi actif et aussi investigateur que le sien4 ,il me pose dj des questions auxquelles je ne sais que rpondre4 ,il ira donc une cole publique4 ,l1 il se formera au moins la discipline1 dt-il y trouver plus d'preuves qu'ici2 l1 il apprendra se vaincre1 avoir de l'nergie1 tre circonspect2 l1 il commencera acqurir l'esprit d'observation au milieu des mille petits vnements qu'il aura sous les yeux3 et de la sorte1 il sera prpar cette libert dont il doit invitablement jouir quand il ira ,oxford4 ,cette dcision tait ncessaire2 car d'excellentes qualits ,charles joignait une timidit naturelle1 une certaine rserve et une sensibilit excessive4 ,quoique d'un caractre gai1 il y avait nanmoins dans sa nature une teinte de mlancolie qui parfois le rendait un peu maussade4 ,charles fut donc envoy ,eton#ac4 ,l1 il eut la bonne fortune de tomber entre les mains d'un excellent matre1 qui1 l'levant dans les principes de la vieille glise d',angleterre1 d'aprs ,mant et ,doyley1 laissa dans son esprit une profonde impression religieuse4 ,grce elle1 il fut l'abri de tous les entranements des mauvaises socits1 soit l'cole1 soit1 plus tard1 ,oxford4 ,quand l'poque en fut venue1 il alla dans cette dernire ville1 ce sige clbre de la science1 et il entra au collge ,saint-,sauveur4 ,six mois sont dj couls depuis son inscription1 et quatre depuis sa rsidence1 au moment o commence notre histoire4 #ac ,eton dans le comt de ,buckingham4 ,le collge de cette ville est un des plus remarquables d',angleterre2 il fut fond par ,henri ,,vi1 en #adda4 ,soixante et dix lves y sont entretenus gratuitement2 on les appelle les coliers du roi1 ou simplement collgiens4 ,mais il y a1 en outre1 deux ou trois cents jeunes gens des meilleures familles4 ,parmi les hommes clbres qui ont fait leurs tudes dans cette belle institution1 on peut citer ,pitt1 ,fox1 ,canning1 ,wellington444 ,a ,oxford1 il n'est pas ncessaire de le dire1 ,charles avait rencontr un grand nombre de ses anciens condisciples3 mais parmi eux il trouva peu d'amis4 ,les uns taient trop lgers pour son caractre1 et il s'en tait loign2 d'autres1 amis intimes ,eton1 ayant maintenant de hautes relations1 l'avaient ouvertement mconnu leur arrive l',universit#ad1 ou1 tant entrs dans d'autres collges1 l'avaient perdu de vue4 ,en fait de connaissances1 ,oxford1 presque tout dpend de la proximit des chambres4 ,c'est la situation de l'escalier1 plutt que l'inclination1 qui dcide le choix des amis4 ,cela nous rappelle l'histoire de ce commerant de ,londres qui perdit un jour toute sa clientle1 parce qu'en embellissant sa maison il avait exhauss d'une marche la porte d'entre2 et1 d'ailleurs1 ne savons-nous pas tous quelle norme diffrence il y a pour nous-mmes entre des portes ouvertes et des portes fermes1 quand nous parcourons une rue borde de boutiques8 ,dans une ,universit1 toutes les heures de l'tudiant sont rgles4 ,un jeune homme exact se lve et va la chapelle1 il djeune1 s'occupe de ses tudes1 assiste au cours1 se promne1 dne4 ,dans toutes ces actions1 qui ne le voit8 il n'y a rien qui puisse l'engager monter un escalier autre que le sien2 et1 s'il le fait1 dix fois pour une il trouve absent l'ami qu'il cherche4 ,inutile d'ajouter qu'il est tout naturel que les tudiants de premire anne1 qui ont des sentiments et des intrts communs1 occupent le mme escalier4 ,c'est ainsi que ,charles ,reding fut amen faire la connaissance de ,william ,sheffield1 arriv l',universit en mme temps que lui4 #ad ,voyez la note ,a4 ,l'esprit des jeunes gens est souple et facile2 aisment ils s'accommodent du premier venu4 ,pour eux1 les causes d'attraction de l'un vers l'autre sont aussi bien dans les ressemblances que dans les contrastes2 la similitude des gots cre la sympathie2 l'admiration et l'estime naissent de la bienveillance dans les rapports ou d'une supriorit reconnue4 ,des liaisons ainsi formes durent souvent toute la vie1 et cela par la seule force de l'habitude et la puissance du souvenir4 ,ainsi il arrive frquemment1 lorsque nous cherchons un ami1 que le hasard nous sert autant qu'aurait pu le faire le choix le plus tudi4 ,quels taient le caractre et le degr de l'amiti qui se forma entre nos jeunes tudiants1 ,reding et ,sheffield1 ce n'est pas ici le lieu de l'expliquer fond4 ,qu'il nous suffise de dire que ce qu'ils avaient de commun1 c'tait d'tre galement tous deux novices1 d'avoir des talents remarquables et de frquenter le mme escalier4 ,la diffrence entre eux portait sur ceci3 ,sheffield avait longtemps vcu avec des gens plus gs que lui4 ,il avait lu beaucoup1 mais sans mthode2 opinions et faits1 spcialement par rapport aux controverses du jour1 il avait tout recueilli1 sans prendre toutefois aucune chose fort cur4 ,vif1 clairvoyant1 jamais embarrass1 et quelque peu suffisant1 tel tait ,sheffield4 ,charles1 au contraire1 n'avait jusqu'alors qu'une connaissance imparfaite des principes ou de leurs rapports2 mais il avait une comprhension plus profonde et traduisait davantage dans la pratique ce qu'il avait une fois acquis2 il tait aimable1 affectueux1 et cdait facilement aux autres1 except quand la voix du devoir se faisait clairement entendre4 ,ajoutons encore1 que dans la paroisse de son pre il avait eu l'occasion de voir diffrentes communions religieuses1 et d'acqurir par l une connaissance gnrale1 mais non formule en systme1 de leurs doctrines4 ,la suite de notre rcit fera mieux connatre nos deux tudiants4 ,,chapitre ,,ii4 ,les deux amis et un bachelier amateur d'architecture gothique4 ,il tait une heure de l'aprs-midi2 ,sheffield1 passant devant la chambre de ,charles1 en vit la porte ouverte4 ,le domestique du collge venait d'apporter la demi-ration ordinaire du lunch#ae1 et il tait occup faire le feu4 ,notre jeune tudiant entra4 ,nonchalamment appuy sur les bras de son fauteuil1 la toque sur la tte et revtu de sa toge1 ,charles mangeait son pain et son fromage4 ,sheffield1 le voyant dans cette situation1 lui demanda s'il dormait aussi bien qu'il paraissait manger et boire1 accoutr de cette manire4 ,j'tais sur le point d'aller faire un tour au ,meadow#af1 rpondit ,charles4 ,nous voici l'poque de l'anne qui fait mes dlices3 ,nunc formosissimus annus4 ,a cette heure1 tout dans la nature est beaut3 les aubours ont dj fleuri1 et l'aubpine a tal ses blanches corolles4 ,ce pays possde vraiment une admirable varit d'arbres4 ,je n'en vis jamais de semblable4 ,comme ils sont dlicieux les platanes avec leurs feuilles demi ouvertes1 si nombreuses et si verdoyantes6 ,comme ils sont beaux1 ces deux ou trois saules qui dploient leur verdure sombre sur le ,cherwell#ag6 ,je m'imagine que quelques dryades les habitent4 ,revenez-vous sur vos pas1 vous avez votre droite le ,long ,walk1 et devant vos yeux s'talent les admirables monuments d',oxford#ah1 vus entre les ormes4 ,on dit qu'il y a ici des dons#ai qui se souviennent du temps o cette avenue ne formait qu'un berceau1 et o l'on pouvait s'y promener l'abri de l'orage4 ,quant moi1 je sais bien que j'y ai t tremp l'autre jour4 #ae ,le lunch1 ou luncheon1 est une collation entre le djeuner et le dner4 ,le lunch des tudiants d',oxford se compose ordinairement de pain et de fromage 7bread and cheese74 #af ,le ,meadow1 dlicieuse promenade1 plante d'arbres magnifiques4 ,elle a #ej ares de superficie4 #ag ,le ,cherwell1 charmante petite rivire4 #ah ,voyez la note ,b4 #ai ,dans l'argot des tudiants d',oxford1 le mot don veut dire grand seigneur universitaire4 ,sheffield se prit rire2 il invita ,charles en mme temps mettre son castor1 pour faire une course avec lui d'un autre ct4 ,il avait besoin d'une longue promenade2 les cours lui avaient bris la tte4 ,le vieux ,jennings avait comment ,paley d'une manire si pouvantable qu'il en tait tout malade4 ,l'ennuyeux professeur avait parl des ,aptres comme n'tant ni trompeurs1 ni tromps1 de leurs miracles visibles et de leur mort comme tmoignage2 mais de telle sorte que lui1 ,sheffield1 ne savait plus s'il tait un ens physiologicum ou un totum metaphysicum1 lorsque ,jennings avait eu la cruaut de lui demander de redire l'argument de ,paley4 ,l'lve n'ayant pas reproduit les paroles du matre1 l'ami ,jennings s'tait pinc les lvres et avait recommenc sa thse4 ,dans son enthousiasme froid1 il s'tait appliqu si fortement sa propre analyse1 qu'il n'avait pas entendu sonner l'heure4 ,en vain toute la classe avait frapp des pieds1 us de ses mouchoirs1 regard ses montres1 notre professeur avait poursuivi sa marche vingt minutes au del du temps prescrit4 ,il continuerait mme encore1 ajouta ,sheffield1 s'il n'avait t interrompu par un incident qui n'eut de pareil que celui des oies du ,capitole4 ,car1 au moment qu'il avait peu prs rpt la moiti de sa thse1 et que1 parvenu la fin d'une priode1 il s'arrtait pour juger de son impression sur l'auditoire1 ne voil-t-il pas que cet original de ,lively1 pouss on ne sait par quelle heureuse inspiration1 a subitement rompu le silence1 propos de rien1 fait un signe de tte1 et d'un ton dgag3 ,s'il vous plat1 monsieur1 s'est-il cri1 quelle est votre opinion touchant l'infaillibilit du ,pape8 ,a ces mots tout le monde est parti d'un grand clat de rire1 ,jennings except2 au contraire1 notre professeur commenait froncer le sourcil1 et l'on ne peut mme dire ce qu'il en serait advenu1 lorsque1 par hasard1 ses yeux sont tombs sur sa montre4 ,troubl cette vue1 il a ferm son livre et sur-le-champ congdi l'auditoire4 ,la chose est assez comique1 repartit ,charles en riant4 ,toutefois je vous assure1 ,sheffield1 que ,jennings1 malgr sa roideur et son air si froid1 est au fond1 mon avis1 un trs-bon enfant4 ,dernirement1 il m'a tmoign beaucoup d'intrt dans une conversation2 il est mme sorti de ses habitudes pour me faire quelques faveurs4 ,sa charit envers les pauvres est inpuisable2 et l'on s'accorde dire que ses discours ,sainte-,croix sont excellents4 ,sheffield rpliqua qu'il aimait que les gens eussent des manires naturelles1 et qu'il avait en horreur ces faons affectes et pompeuses4 ,quel bien cela pouvait-il faire8 ,et quelle porte cela avait-il8 ,voil ce que j'appelle du puritanisme1 rpondit ,charles2 ma manire de voir1 c'est de prendre chacun pour ce qu'il est1 et non pour ce qu'il n'est pas3 l'un a cette qualit1 l'autre celle-l2 mais nul n'est parfait4 ,pourquoi ne pas fermer les yeux sur ce qu'on n'aime point1 et ne pas admirer ce qui nous plat8 ,voil la science du savoir-vivre1 la seule vraie sagesse1 et certainement notre devoir1 par-dessus le march4 ,sheffield jugea cette rponse prosaque et fausse4 ,nous devons avoir un systme arrt1 ajouta-t-il2 sans cela1 une chose est aussi bonne qu'une autre4 ,mais je ne puis rester ici toute la journe1 et nous devrions dj tre la promenade4 ,ce disant1 il ta ,charles sa toque et lui mit la place son chapeau4 ,allons1 sortons4--,il faut donc que je renonce au ,meadow4--,sans doute2 vous devez vous promener en castor4 ,j'ai besoin de vous pour aller jusqu' ,oxley1 village qui n'est pas loin de notre route1 et dont1 au reste1 tous les ministres1 tt ou tard1 deviennent vques4 ,peut-tre cette promenade nous portera-t-elle bonheur4 ,les deux amis sortirent1 quips de la tte aux pieds selon la tenue la plus irrprochable d',oxford1 d'une recherche et d'une lgance exquises4 ,sheffield entrait dans ,high ,street#bj1 lorsque ,charles l'arrtant3 a m'ennuie toujours1 dit-il1 d'aller en chapeau dans cette rue2 on est sr de rencontrer un ,censeur4--,tous ces costumes d',universit sont du pur charlatanisme1 rpliqua ,sheffield2 est-ce qu'ils nous rendent meilleurs8 ,a dire vrai1 ce sont des masques et pas autre chose4 ,et puis1 notre robe est si affreusement laide6--,je ne souscris pas une condamnation si entire1 reprit ,charles4 ,oxford est un sige important1 et il convient qu'on y ait un costume spcial4 ,je vous l'avoue1 lorsque1 pour la premire fois1 je vis la procession des ,chefs ,sainte-,marie1 j'en fus profondment touch4 ,d'abord444--,naturellement les massiers1 dit ,sheffield en l'interrompant4 ,d'abord1 l'orgue se fait entendre1 et chacun se lve2 puis1 le vice-chancelier s'avance dans son costume rouge1 et1 par une inclination1 salue le prdicateur1 qui se dirige vers la chaire2 viennent ensuite les diffrents ,chefs rangs en ordre1 et1 enfin1 aprs eux1 les ,censeurs4 ,cependant1 vous apercevez la tte du prdicateur qui monte posment l'escalier de la chaire2 arriv son sige1 il ferme la porte1 jette un regard la tribune de l'orgue pour saisir le psaume1 et aussitt les chants commencent4 ,a cette description1 ,sheffield se mit rire4 ,eh bien1 ,charles1 j'approuve votre exemple4 ,le prdicateur est1 ou est suppos tre1 un homme de talent2 il va commencer son discours3 thologiens et tudiants d'une grande universit sont l pour l'entendre4 ,la parade ne fait que me reprsenter exactement le grand fait moral qui est devant nous4 ,ceci1 je le comprends2 je ne l'appelle pas du charlatanisme2 mais ce que je qualifie de ce nom1 ce sont les formes extrieures sans me4 ,or1 je dois le dire1 le sermon lui-mme et la prire qui le prcde444 ,mais comment l'appelle-t-on cette prire8--,la prire de demande#ba4--;,eh bien1 et sermon et prire1 tout a n'est souvent que du charlatanisme4 ,je vais rarement aux discours de l',universit1 mais je les ai assez suivis pour ne plus y assister1 moins de contrainte4 ,le dernier prdicateur que j'y ai entendu tait de la campagne4 ,oh6 ce fut merveille6 ,il commena d'abord en criant du ton le plus aigu3 ,vous prierez4 ,quelle rapsodie6 ,vous prierez4 ,parce que le vieux ,latimer ou ,jewell a dit3 ,vous prierez1 il ne faut donc plus dire3 ,prions4 ,puis il nous jeta ces mots1 continua ,sheffield1 en prenant un ton pompeux qu'il levait et baissait tour tour3 ,spcialement pour cette branche pure et apostolique de l'glise tablie 7ici notre homme se leva sur la pointe des pieds71 tablie dans ces tats4 ,vint ensuite3 ,pour notre ,souveraine et ,reine1 ,lady ,victoria1 dfenseur de la foi2 dans toutes les causes et sur toutes les personnes tant civiles qu'ecclsiastiques1 dans l'tendue de ce royaume1 juge suprme4 ,a ce mot1 silence imposant2 on entend clairement la chute de l'tui sermon#bb sur le coussin de la chaire2 on dirait que la nature ne peut crer1 ni l'esprit humain soutenir une pense plus forte4 ,aprs cette pause1 toujours sur le mme ton nasillard3 ,pour les pieux et bienfaisants fondateurs des collges de ,tous les ,saints et de ,leicester4 ,mais son chef-d'uvre fut l'numration emphatique de tous les docteurs1 ainsi que des deux ,censeurs#bc1 comme si l'antithse des nombres avait la puissance du burin1 et devait nous reproduire tous ces excellents personnages en un dlicieux tableau vivant4--,cette description originale amusa ,charles2 il rpliqua nanmoins que1 pour lui1 il n'avait jamais entendu un sermon sans en retirer quelque profit1 moins qu'il n'y mt de la mauvaise volont2 et ce sujet1 il cita la rponse que lui fit un jour son pre cette demande1 s'il ne lui tait pas arriv quelquefois de faire un sermon mdiocre3 ,mon cher fils1 lui avait-il dit1 tous les sermons sont excellents4 ,paroles qui1 cause mme de leur simplicit1 s'taient profondment graves dans sa mmoire4 #bj ,cette rue1 large et se dveloppant en forme de courbe1 prsente une perspective admirable4 ,en se plaant non loin du collge de la ,madeleine1 on saisit dans un seul coup d'il les btiments de l',universit1 le ,collge de la ,reine1 l'glise de ,sainte-,marie1 le ,collge de toutes mes et celui de tous saints4 #ba ,au commencement du service anglican1 le ministre engage l'assistance prier pour les diffrents besoins qu'il numre4 #bb ,les ministres anglicans ont l'habitude de porter en chaire leurs discours crits qu'ils enferment dans une espce d'tui4 #bc ,les ,censeurs ont principalement pour charge de veiller l'observation des rgles universitaires4 ,il n'y a que deux ,censeurs2 leurs fonctions sont annuelles4 ,tous les collges1 l'exception d'un seul1 ayant droit d'lection tour de rle1 chaque anne il y a deux de ces tablissements qui nomment1 chacun1 un censeur4 ,cependant nos deux tudiants avaient parcouru ,high ,street1 cette rue prohibe1 et traversaient le pont#bd1 lorsque sur le ct oppos ils virent devant eux un homme de haute taille et d'une contenance roide4 ,sheffield n'eut pas de peine le reconnatre2 c'tait un bachelier de ,nun's ,hall1 et un importun1 au moins de second ordre4 ,quoique revtu de sa toge et coiff de sa toque1 il paraissait avoir l'intention de faire une promenade dans les champs4 ,comme il prit le sentier qu'ils devaient suivre eux-mmes1 ils essayrent de marcher derrire lui2 mais leur pas tait trop rapide et celui du bachelier trop lent pour qu'ils ne l'atteignissent pas bientt4 #bd ,le pont de la ,madeleine4 ,peindre un importun dans un rcit n'est pas chose facile1 et cela1 parce que c'est un importun4 ,un conte doit tendre vite son dnoment3 un importun1 au contraire1 trane toujours en longueur4 ,ce n'est que dans une course de longue haleine qu'on peut le reconnatre1 et alors on sent qui il est3 on le trouve oppressif2 semblable au sirocco1 que l'indigne devine tout de suite1 tandis que l'tranger s'y trompe souvent4 ,tenet1 occiditque4 ,si vous n'entendez de lui qu'un seul discours1 peut-tre le jugerez-vous un homme instruit et agrable2 mais si son bavardage il n'y a jamais de fin2 s'il vous dbite une seule et mme prose toutes les fois qu'il vous rencontre2 s'il vous tient sur vos jambes jusqu' dfaillance2 s'il vous garde sans piti1 quand vous voudriez remplir un engagement1 ou assister une conversation intressante1 alors il n'y a pas s'y tromper3 la vrit vous saute aux yeux1 apparent dir facies1 vous tes sous les griffes d'un importun4 ,vous pouvez cder1 vous pouvez fuir1 mais vous ne sauriez vaincre4 ,de l n'est-il pas vident qu'un importun ne peut tre reprsent dans un rcit1 sans quoi le rcit serait aussi importun que notre individu lui-mme8 ,donc1 lecteur1 vous devez croire sur parole que cet homme la taille roide1 ce ,m4 ,bateman1 est rellement ce que vous ne sauriez dcouvrir d'une autre manire1 et nous savoir gr du motif qui nous a fait affirmer plutt que dmontrer notre proposition4 ,sheffield salua poliment notre bachelier1 et et voulu poursuivre sa route2 mais ,bateman1 entran par sa nature1 ne le permit pas4 ,le saisissant par la main3 ,seriez-vous dispos1 dit-il1 jeter un coup d'il dans la jolie chapelle que nous faisons restaurer dans les champs8 ,c'est une vraie perle1 dans le style le plus pur du quatorzime sicle4 ,elle tait dans un bien triste tat1 on et dit d'une table2 mais nous avons ouvert une souscription1 et nous allons mettre tout en ordre4--,nous nous rendons ,oxley1 rpondit ,sheffield1 vous nous entraneriez hors de notre route4--,pas du tout1 rpliqua ,bateman2 ce n'est pas un jet de pierre du chemin4 ,vous ne pouvez me refuser cette faveur4 ,je suis sr que notre uvre aura toutes vos sympathies4 ,il s'empressa ensuite de leur faire l'histoire de la chapelle3 tout ceci a exist2 tout ceci aurait pu tre2 tout ceci n'existait pas2 tout ceci devait se faire4 ,ce sera1 continua-t-il1 un vrai spcimen de chapelle catholique2 nous avons mme l'intention de tenter une dmarche auprs de l'vque1 afin qu'il la ddie au ,royal ,martyr4 ,pourquoi n'aurions-nous pas notre saint ,charles1 aussi bien que les catholiques romains8 ,quel doux plaisir ne sera-ce pas1 d'ailleurs1 d'entendre la cloche jeter1 chaque soir1 ses tintements sur la bruyre sombre1 par tous les temps1 et travers toutes les pripties et les hasards de cette vie mortelle6 ,sheffield lui demanda quelle assemble il pensait runir cette heure4 ,voil une ide peu leve1 rpondit ,bateman2 ce n'est pas une question4 ,dans les vritables glises catholiques1 le nombre des assistants ne fait rien la chose2 le service divin se clbre pour ceux qui y viennent et non pas pour ceux qui sont dehors4 ,cette rponse1 rpliqua ,sheffield1 je la comprends dans la bouche d'un catholique romain1 parce que dans son glise on suppose un sacrifice offert par un prtre1 avec ou sans assistance4 ,et puis1 les chapelles catholiques sont bties souvent sur les corps des martyrs1 ou dans un lieu remarquable par quelque miracle1 mais notre service1 nous1 est la prire en commun2 et comment pouvons-nous le clbrer sans une assemble8 ,bateman rpondit que1 alors mme que les membres de l',universit n'y viendraient pas1 ce quoi il s'attendait1 au moins la cloche serait un mmento de loin comme de prs4 ,ah6 je vois1 reprit ,sheffield1 son usage sera l'inverse de ce que vous disiez tout l'heure3 elle servira1 non pour ceux qui viendront1 mais pour ceux qui seront dehors4 ,l'assemble sera au dehors1 et non au dedans2 c'est une affaire d'extrieur4 ,je me rappelle avoir vu autrefois une haute tour d'glise2 c'est ainsi1 du moins1 qu'elle paraissait de la route2 mais quand on la regardait sur le ct1 on ne voyait qu'une mince muraille1 btie pour simuler une tour2 et cela1 afin de donner un aspect imposant l'difice4 levez aussi un bout de muraille1 et placez-y la cloche4--,il y a un autre motif qui nous a fait entreprendre cette restauration1 repartit ,bateman1 motif tout fait indpendant du culte4 ,c'est que cette chapelle date d'un temps immmorial1 et qu'elle fut consacre par nos anctres catholiques4 ,sheffield objecta qu'il y aurait autant de raison pour y dire la messe que pour conserver le btiment4 ,la messe1 nous la conservons1 rpondit ,bateman2 nous offrons la ntre1 tous les dimanches1 selon le rite de celui que l'honnte ,pierre ,heylin appelle le ,cyprien#be de l',angleterre2 que pouvez-vous dsirer de plus8 ,cette rponse fut-elle comprise de ,sheffield8 ,qui le sait8 ,mais au moins elle tait hors de la porte de ,charles4 ,cette messe anglaise tait-ce la ,prire ,commune1 ou le service de la communion1 ou la litanie1 ou le sermon1 ou une partie quelconque de ces choses8 ,ou bien les paroles de ,bateman taient-elles un vritable aveu qu'il existait des ministres qui1 cette poque1 clbraient la messe papiste une fois la semaine8 ,la pense prcise de ,bateman est perdue pour la postrit2 car ils taient arrivs1 en causant ainsi1 la porte de la chapelle4 ,cet difice avait t autrefois une aumnerie2 ct se trouvait une petite ferme4 ,quant la population1 on voyait videmment que la restauration de la chapelle ne lui tait pas ncessaire4 ,au moment d'entrer1 ,charles resta en arrire et dit tout bas son ami qu'il ne connaissait pas ,bateman#bf4 ,une prsentation eut donc lieu4--,reding de ,saint-,sauveur4--,bateman de ,nun's ,hall4 ,la crmonie tant faite1 en guise d'eau bnite1 ils entrrent tous ensemble dans la chapelle4 #be ,il s'agit de ,laud4 ,p4 ,heylin a crit la vie de ce thologien anglican4 #bf ,deux ,anglais1 surtout deux gentlemen1 ne s'adressent jamais la parole jusqu' ce qu'ils aient t prsents l'un l'autre 7introduce74 ,une semblable rserve1 c'est1 dit-on1 de la libert individuelle4 ,quant la forme de la prsentation1 elle n'est pas plus difficile que celle qui est dans le texte4 ,l'difice tait aussi beau que les paroles de ,bateman avaient pu le faire supposer2 la restauration en avait t faite avec beaucoup de got4 ,on y remarquait un autel de pierre du meilleur style1 une crdence1 une piscine qui ressemblait un tabernacle1 et une paire de chandeliers de cuivre4 ,charles demanda quoi servait la piscine1 dont il ignorait mme le nom4 ,on lui rpondit qu'il y avait toujours1 autrefois1 une piscine dans les vieilles glises d',angleterre1 et qu'on ne pouvait faire une restauration intelligente sans la replacer4 ,il s'informa ensuite de l'objet de ce coffre1 ou espce d'armoire1 si admirablement travaill1 qu'on apercevait sur l'autel2 et il apprit que nos surs1 les glises de l'obdience de ,rome1 avaient toujours un tabernacle pour garder le pain consacr4 ,aprs cette rponse1 ,charles se tut4 ,profitant de ce silence1 ,sheffield demanda connatre l'usage des niches2 et ,bateman lui dit que les images des saints taient sans doute prohibes par les canons1 mais que ses amis en ces matires faisaient ce qu'ils pouvaient4 ,interrog enfin sur l'emploi des chandeliers1 notre bachelier rpondit que1 vu les dispositions de leur vque l'gard des catholiques1 ils avaient quelque crainte que ce prlat ne mt opposition l'emploi du luminaire dans le service1 au moins tout d'abord2 mais qu'il tait vident que les chandeliers taient faits pour porter des cierges4 ,ayant eu le temps convenable pour voir et admirer1 ,reding et ,sheffield se disposrent reprendre leur course4 ,ils ne purent1 toutefois1 esquiver une invitation djeuner1 sous peu de jours1 au domicile de ,bateman1 dans le ,turl#bg4 #bg ,si le lecteur s'est donn la peine de parcourir la confrence de ,m4 le chanoine ,oakeley ayant de lire ,perte et gain1 il comprendra facilement que ,bateman appartient la coterie des amateurs catholiques1 selon l'expression caractristique du digne ex-fellow de ,balliol4 ,ce jeune bachelier est un des reprsentants du ct superficiel du mouvement religieux4 ,aussi ne doit-on pas tre tonn s'il ne se convertit pas4 ,,chapitre ,,iii4 ,un cur ouvert et aimant4--,un homme vues4 ,aucun des deux amis n'avait encore1 en fait de religion1 ce qu'on appelle des vues4 ,par ce mot1 nous n'entendons pas dire qu'ils n'eussent dj une opinion arrte sur cette importante matire1 les juger ainsi serait une erreur2 mais nous voulons faire comprendre qu'aucun d'eux 7et comment l'auraient-ils pu leur ge87 n'avait fait reposer sa religion sur une base intellectuelle4 ,aussi bien1 expliquons d'une manire plus claire ce que sont des vues1 ce qu'on entend par un homme vues1 et quel est l'tat de ceux qui n'ont pas de vues4 ,lors donc que des personnes jettent les yeux1 pour la premire fois1 sur le monde de la politique ou de la religion1 tout ce qu'elles voient produit sur leur esprit le mme effet qu'un paysage qui s'offrirait1 galement pour la premire fois1 un homme jusqu'alors aveugle4 ,tout leur parat gale distance2 il n'y a pas de perspective4 ,la relation d'un fait avec un fait1 d'une vrit avec une vrit1 le rapport entre un fait et une vrit1 entre une vrit et un fait1 comment telle chose mne telle autre1 quels sont les principes premiers et les principes secondaires3 tout cela elles ont l'apprendre4 ,c'est pour elles une science nouvelle1 et elles ignorent leur ignorance mme sur ce point4 ,dans leur esprit1 le monde d'aujourd'hui n'a aucun rapport avec le monde d'hier2 le temps n'est pas le torrent qui se prcipite1 mais il s'immobilise devant elles1 rond et plein comme la lune4 ,elles ne connaissent pas l'histoire de dix ans1 encore moins celle d'un sicle2 pour elles le pass ne vit pas dans le prsent2 elles ne comprennent pas l'intrt des questions qui s'agitent2 les noms ne font natre en elles aucune association d'ides1 et les individus n'veillent dans leur mmoire aucun souvenir4 ,elles entendent bien parler et des hommes1 et des choses1 et des projets1 et des luttes1 et des principes2 mais tout va et vient comme le vent2 rien ne fait impression1 rien ne pntre1 rien ne se fixe dans leur esprit4 ,elles ne savent pas ranger leurs ides2 elles n'ont pas de systme4 ,elles entendent et elles oublient1 ou tout au plus elles se rappellent ce qu'elles ont entendu autrefois1 mais sans pouvoir dire en quel lieu4 ,de l nulle consistance dans leur argumentation2 aujourd'hui elles raisonneront d'une manire et demain d'une autre1 au moins indirectement1 c'est--dire l'aventure4 ,les fils de leur raisonnement divergent2 rien ne vient sa place2 il n'y a pas d'ide mre sur laquelle s'appuie leur esprit1 d'o procdent leurs jugements sur les hommes et les choses4 ,et tel est l'tat de bien des gens1 pendant toute leur vie4 ,aussi quels misrables politiques1 ou hommes d'glise ne font-ils pas1 moins que leur bonne fortune ne les ait mis entre des mains sres1 et qu'ils ne soient mens par d'autres1 ou qu'ils ne soient engags dans un parti4 ,autrement1 voyez-les1 ils sont la merci des vents et des vagues2 et1 sans tre radicaux1 whigs1 tories1 ou conservateurs1 partisans de la haute ou de la basse glise#bh1 ils agissent1 ou comme un whig1 ou comme un tory1 ou comme un catholique1 ou comme un dissident1 selon que le caprice les pousse1 que les vnements ou les partis les mnent4 ,si parfois leur amour-propre est bless1 ils se consolent dans la pense que leur conduite est la preuve qu'ils sont des hommes libres1 modrs1 sans passions1 des hommes du juste-milieu1 et non des hommes de parti2 tandis que1 dans le fait1 ils sont les plus malheureux des esclaves2 car notre force1 en ce monde1 c'est d'tre les sujets de la raison1 et notre libert d'tre les captifs de la vrit4 #bh ,la haute glise1 ou les partisans de l'glise et de l'tat 7the church and state72 l'glise basse1 ou le parti puritain1 qui ne reconnat que la ,bible pour rgle de foi4 ,et maintenant1 qu'y a-t-il d'tonnant que ,charles1 jeune imberbe d'une vingtaine d'annes1 n'et pas des vues profondes en fait de religion ou de politique8 ,toutefois un homme d'intelligence ne se permet pas de juger des choses l'aventure et au hasard4 ,par une espce de respect qu'il se doit1 il est oblig de se tracer une rgle de conduite quelconque1 vraie ou fausse2 et ,charles gotait beaucoup la maxime qu'il a dj mise1 savoir3 qu'il faut estimer les gens d'aprs ce qu'ils sont1 et non d'aprs ce qu'ils ne sont pas4 ,il considrait comme un premier devoir d'aimer tous les hommes1 de les regarder tous d'un il de bont2 son cur tait fortement pntr du sentiment que le pote a exprim dans ces vers populaires3 ,quoique souill du mal1 ce honteux diadme1 ,le chrtien1 ici-bas1 porte un front radieux2 ,par le prtre du ,christ1 au jour de son baptme1 ,ne fut-il pas marqu d'un sceau tout glorieux8 ,quand il rencontrait dans ses promenades un laboureur ou un cavalier1 un gentilhomme ou un mendiant1 il aimait se dire3 ,voil un chrtien4 ,et lorsqu'il vint ,oxford1 il y entra avec un enthousiasme si simple et si chaleureux1 qu'on et dit presque celui d'un enfant4 ,son respect1 il le portait jusqu' honorer mme le velours du vice-,censeur2 que dis-je8 le bonnet cornes qui prcde le prdicateur avait aussi des droits sa dfrence4 ,sans tre pote1 il tait dans la saison de la posie1 l'poque du dlicieux printemps1 alors que l'anne est dans toutes ses splendeurs1 tout y tant nouveau4 ,la nouveaut tait la beaut elle-mme pour un cur aussi ouvert et aussi aimant que le sien2 non pas seulement parce que c'tait de la nouveaut1 et que comme telle1 elle a ses propres charmes1 mais bien parce que1 quand les objets nous apparaissent pour la premire fois1 nous les voyons dans une aimable confusion1 qui est le principal lment de la potique4 ,mais mesure que le temps marche et que nous arrivons numrer1 classer et apprcier les choses1 mesure que nous agrandissons nos vues1 nous avanons vers la philosophie et la vrit2 mais nous nous loignons de la posie4 ,dans notre jeunesse1 nous allmes un jour par un soleil brlant d't nous promener sur la route qui va d',oxford ,newington1 route fort triste1 comme le savent bien tous ceux qui l'ont parcourue4 ,cependant1 c'tait du nouveau pour nos yeux1 et nous vous l'assurons1 lecteur1 croyez-le ou ne le croyez pas1 riez ou non1 comme il vous plaira1 cette route1 dans cette circonstance1 nous parut d'une beaut touchante4 ,elle veilla dans notre cur une douce mlancolie1 mlancolie dont la vague sensation nous meut encore quand nous jetons un regard en arrire sur ce voyage accompagn de tant de poussire et de fatigue4 ,et pourquoi8 ,parce qu'alors chaque objet que nous rencontrions tait inconnu et plein de mystre4 ,un arbre ou deux1 distance1 nous semblaient le commencement d'une grande fort ou d'un parc d'une tendue sans limites3 une colline cachait derrire elle un vallon1 et ce vallon avait son histoire2 les sentiers eux-mmes1 avec leurs haies verdoyantes aux mille dtours capricieux1 frappaient notre imagination4 ,telles furent les impressions du premier voyage2 mais quand nous emes frquent souvent la mme voie1 alors l'esprit ne se prta plus l'action1 la scne cessa d'tre enchanteresse1 la triste ralit seule resta1 et nous demeurmes convaincu que cette route d',oxford ,newington tait la plus ennuyeuse et la plus dtestable que nous eussions jamais parcourue4 ,mais revenons notre histoire4 ,nous avons fait le portrait de ,reding4 ,quant ,sheffield1 sans avoir dans l'esprit plus de vues relles que ,charles1 nanmoins cette poque il cherchait en acqurir1 mais il tait bien plus en danger d'en accueillir de fausses4 ,en d'autres termes1 c'tait un homme vues1 dans le mauvais sens de l'expression4 ,il n'tait pas satisfait des choses telles qu'elles sont2 il tait censeur1 impatient de rduire tout en systme2 il exagrait les principes1 aimait la discussion1 soit pour le plaisir de l'exercice1 soit parce que son esprit tait inquiet3 au fond1 il n'avait rien fortement cur4 ,aucun de nos deux amis ne prenait un vif intrt aux controverses qui s'agitaient alors l',universit et dans le pays touchant la haute et la basse glise4 ,sheffield avait une espce de mpris pour cette polmique1 et ,reding trouvait de mauvais got de se montrer original ou de se faire distinguer en quoi que ce ft4 ,une de ses connaissances d',eton l'avait engag un jour venir entendre un des meilleurs prdicateurs du parti catholique1 et lui avait offert de le prsenter2 mais il avait dclin cet honneur4 ,il n'aimait pas1 disait-il1 se mler aux partis2 il tait venu ,oxford pour prendre ses grades et non pour y embrasser des opinions4 ,en agissant autrement1 il aurait craint la dsapprobation de son pre2 et puis1 il sentait de la rpugnance pouser de telles ides et se faire l'ami de telles personnes1 par cela seul que les autorits de l',universit taient opposes tout ce mouvement4 ,a ses yeux1 les chefs de l'agitation taient des dmagogues1 et les dmagogues1 il les avait en grande horreur1 il les mprisait4 ,il ne pouvait pas comprendre comment des ecclsiastiques1 hommes respectables d'ailleurs1 travaillaient grouper auteur d'eux de jeunes sous-gradus2 plus d'une histoire mme qu'il entendit sur leurs intrigues le blessa4 ,en outre1 il n'aimait pas les spcimens de leurs partisans qu'il avait eu l'occasion de voir2 c'taient des hommes prsomptueux ou qui parlaient haut1 comme on disait alors4 ,ils faisaient des actions ridicules1 extravagantes1 et parfois ngligeaient leurs devoirs de collge pour des choses qui ne les regardaient en aucune faon4 ,charles avait eu sans doute du malheur2 car cette apprciation n'est pas le vrai portrait des hommes les plus remarquables de cette poque qui1 certainement1 font encore aujourd'hui1 comme ecclsiastiques ou comme laques1 la force de l'glise anglicane4 ,mais dans toutes les runions d'hommes1 la paille et les immondices 7selon les paroles de ,bacon7 flottent sur l'eau1 tandis que l'or et les pierreries tombent au fond et demeurent cachs2 ou1 pour mieux dire encore1 bien des hommes1 la plupart des hommes1 sont un mlange de qualits prcieuses et de dfauts3 les dfauts surnagent1 les bonnes qualits restent dans l'abme4 ,,chapitre ,,iv4 ,le charlatanisme en religion4 ,bateman tait un de ces caractres complexes dont nous venons de parler4 ,il y avait du bon chez lui1 il ne manquait pas de mrite2 mais il tait absurde2 aussi servit-il de thme la conversation de nos deux amis pendant le reste de leur promenade4 ,j'aimerais qu'on vt moins de charlatanisme et de grimaces en tout lieu1 dit ,sheffield2 on pourrait en emporter d'ici des charretes1 et mme sans que rien y part4--,si l'on faisait votre got1 rpondit ,charles1 vous useriez les routes au point qu'on ne pourrait plus se promener4 ,nous sommes obligs de marcher dans cette voie que vous nommez charlatanisme4 ,nous la foulons aux pieds1 mais enfin nous nous en servons4--,je ne puis admettre un tel systme2 c'est tout simplement faire le mal pour arriver au bien4 ,oui1 je vois partout la comdie4 ,je vais ,sainte-,marie1 et l j'entends des hommes qui dbitent des lieux communs1 tantt d'une voix spulcrale1 tantt d'un ton aigu1 d'autres fois avec une certaine emphase mesure1 claire1 calme1 et un regard tudi1 comme1 par exemple1 ce prdicateur de ,bampton qui1 il n'y a pas longtemps1 nous soutenait1 propos de la rsurrection des corps1 que tous les essais pour ranimer un cadavre1 au moyen de mthodes naturelles1 avaient compltement chou4 ,si je pntre dans la salle o se donnent les grades1 dans la salle de la ,convocation1 l1 pendant des heures entires1 je suis oblig de subir un latin ridicule1 d'entendre accorder des grces1 des dispenses1 de voir les ,censeurs monter1 descendre pour rien absolument2 et tout cela1 afin de conserver l'esprit de choses vieillies depuis des sicles1 alors que le travail rel pourrait se faire en un quart d'heure4 ,je rencontre ,bateman1 et voil mon homme qui me parle de jubs sans crucifix1 de piscines sans eau1 de niches sans statues1 de chandeliers sans lumires1 de messes sans pape2 et1 moi1 je dis avec ,shakespeare3 ,le monde est un vrai thtre4 ,ce n'est pas tout3 je m'adresse ,shaw1 ,turner1 ,brown1 hommes de caractres bien diffrents1 lves de ,gloucester 7vous comprenez de qui je parle71 et ils nous prchent qu'il faut placer des crucifix aux carrefours1 afin d'exciter chez les passants des sentiments religieux4 --,pour ma part1 je pense que vous tes trop svre envers tous ces hommes-l1 dit ,charles2 votre discours ressemble beaucoup de la dclamation2 si l'on vous croyait1 il faudrait abolir toutes les formes extrieures4 ,vous me faites l'effet de cet homme qui1 dans un des romans de miss ,edgeworth1 ferme ses oreilles la musique1 afin de pouvoir rire son aise des danseurs4--,a quelle musique ferm-je les oreilles8--,a la signification de tous les divers actes dont nous venons de parler2 les sentiments pieux qui accompagnent la vue des images1 voil la musique4--,sans doute1 pour ceux qui dj ont ces sentiments2 mais rtablir les images en ,angleterre pour faire natre des sentiments1 c'est tout juste danser pour crer la musique4--,je crois que vous ne rendez pas justice notre pays1 mon cher ,sheffield2 nous sommes un peuple religieux4--,eh bien1 je vais vous prsenter la chose d'une autre manire3 ,aimez-vous la musique8--,avez-vous donc oubli la frayeur que j'occasionnai une certaine personne avec mon violon8--,aimez-vous la danse8--,a dire vrai1 je ne l'aime pas du tout4--,ni moi non plus1 reprit ,sheffield1 et je ne puis penser sans rire ce que je fis1 tant encore enfant1 pour y chapper4 ,la danse est quelque chose de si absurde2 et puis1 il fallait se montrer poli et aimable envers des jeunes filles lgres ou prcieuses4 ,je me conduisis parfois leur gard avec tant de grossiret1 que je fus humili de mon impolitesse2 aussi ne savais-je plus comment me tirer d'embarras4--,j'ignorais1 mon cher ami1 que nous eussions entre nous un point de ressemblance aussi frappant4 ,oh6 quelle humiliation j'eus souffrir1 lorsqu'il fallut se tenir debout1 prt danser1 et figurer avec une dame6 ,tous les yeux tourns sur moi qui tais si gauche6 ,bien des jours avant1 comme aprs1 ce me fut un martyre4 ,cependant1 ils taient arrivs au pied d'une pente roide qui mne une espce de plateau sur le bord duquel se trouve ,oxley1 et ils s'arrtrent un instant pour voir des cavaliers qui sautaient des barrires4 ,ils montrent ensuite la colline et se retournrent vers ,oxford4 ,peut-tre1 dit ,charles1 appellerez-vous toutes ces flches et ces tours un magnifique simulacre1 parce que vous en apercevez le fate sans en dcouvrir la base8--,o en tions-nous de notre discussion8 reprit ,sheffield1 se rappelant qu'ils s'en taient carts pendant les dix dernires minutes3 oh6 je m'en souviens1 j'y suis4 ,je disais donc que vous aimiez la musique1 mais que vous dtestiez la danse4 ,pour d'autres1 la musique est l'aiguillon qui les pousse danser2 pour vous1 c'est le contraire2 la danse mme diminue le sentiment de plaisir que vous cause la musique4 ,eh bien1 pareillement1 c'est un acte de pdantisme de vouloir rendre une nation religieuse1 comme l',angleterre1 plus religieuse encore1 en plaant des images dans les rues4 ,un tel procd n'est pas anglais1 et il ne peut que nous blesser4 ,s'il tait dans le gnie de ce peuple1 il serait venu naturellement1 sans qu'on nous y et engags4 ,comme la musique entrane la danse1 ainsi la religion nous et fait adopter les images4 ,mais de mme que la danse n'ajoute rien aux charmes de la musique pour ceux qui n'aiment pas danser1 de mme1 les crmonies n'agrandiront pas le sentiment religieux chez ceux qui dtestent les crmonies4--,donc1 vos yeux les catholiques romains sont des charlatans1 puisqu'ils emploient des crucifix8--,halte-l2 vous sortez maintenant de la question4 ,les catholiques romains croient que les images possdent une certaine vertu4 ,sans doute c'est absurde1 mais en les honorant ils sont consquents avec leurs principes4 ,ils n'exposent pas les images pour en faire des montres d'apparat1 pour veiller des sentiments dans le cur de ceux qui les contemplent1 ainsi que le voudrait ,gloucester1 mais ils les honorent d'un culte solide1 naturel et ardent3 leurs yeux1 elles disent plus qu'elles ne paraissent2 ce ne sont pas de simples reprsentations4 ,ils leur rendent des honneurs religieux1 soit parce que de grands saints les ont autrefois vnres1 soit parce qu'en temps de peste on s'est adress elles1 soit parce qu'elles ont opr des miracles1 soit parce qu'elles ont remu leurs yeux1 inclin leur tte2 ou1 au moins1 parce qu'elles ont t bnites par la main du prtre1 et qu'elles ont des relations mystrieuses avec la grce invisible4 ,tout cela1 je l'avoue1 est superstitieux2 mais tout cela a une ralit4 ,charles n'tait pas satisfait de cette argumentation4 ,une image est un mode d'enseignement1 rpliqua-t-il4 ,voulez-vous donc dire qu'un homme est un saltimbanque parce qu'il se mprend sur le mode d'enseignement le plus convenable son pays8--,cette qualification1 je ne l'ai pas donne ,gloucester1 repartit ,sheffield2 j'ai seulement soutenu qu'un pareil mode d'enseignement1 chez des protestants1 tait du charlatanisme et une farce4--,mais votre principe vous conduira trop loin1 et1 d'ailleurs1 il se dtruit lui-mme4 ,ne vous rappelez-vous pas le passage d',aristote que nous cita1 l'autre jour1 ,thompson1 passage qu'il avait rencontr dans une de ses leons avec ,vincent1 et qui nous paraissait si subtil1 savoir3 que les habitudes sont cres par ces mmes actes dans lesquels elles se manifestent lorsqu'elles sont produites8 ,c'est en s'essayant nager qu'on apprend bien nager4 ,j'en viens ,bateman4 ,il dsire1 sans aucun doute1 introduire dans nos glises les piscines et les tabernacles2 or1 attendre1 avant de commencer1 qu'on ait accept cette rforme1 c'est agir comme un homme qui ne va pas l'eau sans savoir nager4--,soit2 mais quel bien en reviendra-t-il ,bateman1 quand l'usage de la piscine sera devenu universel8 ,qu'est-ce que cela signifie8 ,dans l'glise romaine1 la piscine a son emploi1 je le sais1 quoique j'ignore lequel2 on s'en sert pendant la messe4 ,mais que ,bateman rende universel l'usage des piscines1 et qu'aura-t-il cr1 sinon le rgne d'un charlatanisme universel8--,mais1 mon cher ,sheffield1 combien de choses n'y a-t-il pas qui1 dans le cours des ges1 ont chang leur destination premire1 et toutefois en conservent encore une1 quoique diffrente8 ,la perruque d'un juge n'est pas du charlatanisme1 cependant elle a dj son histoire4 ,la reine1 son couronnement1 porte un vtement qu'on dit tre catholique romain2 est-ce du charlatanisme8 ,ne vous figure-t-il pas1 en traits ineffaables1 la divinit qui entoure un roi1 quoique ce vtement ait perdu la signification qu'y attachait l'glise de ,rome8 ,ou seriez-vous du nombre de ceux qui1 selon un vieux calembour sur le mot ,majest#bi1 estiment la chose elle-mme une farce8--,vous prohibez donc l'introduction des piscines et des chandeliers qui n'ont aucun but8--,je pense1 mon ami1 qu'il y a une grande diffrence entre faire revivre une chose et la conserver3 la conserver parat naturel1 mme quand son emploi a cess2 la faire revivre1 quand elle est dj morte1 c'est contre nature4 ,mais ceci est une question de prudence et de jugement4--,ainsi donc1 vous condamnez ,bateman1 conclut ,sheffield4 #bi ,dpouillez majesty--la majest--de ses dehors 7of its externals71 c'est--dire enlevez ce mot sa premire et sa dernire lettre1 que reste-t-il8 ajest1 a jest1--une farce4--,ce calembour1 qui existe dans l'original1 ne peut1 comme on le voit1 se traduire en franais4 ,il y eut un moment de silence4 ,charles reprit ensuite3 ,mais peut-tre ces hommes dsirent actuellement introduire les ralits aussi bien que leurs formes extrieures2 peut-tre dsirent-ils employer la piscine aussi bien que l'avoir444 ,sheffield1 continua-t-il brusquement1 pourquoi les costumes de crmonie dans l'glise ne sont-ils pas du charlatanisme1 si les piscines mritent ce nom8--,ces costumes444 rpondit ,sheffield paraissant rflchir1 non1 ces costumes ne sont pas du charlatanisme2 car prcher1 je suppose1 est la fonction la plus haute dans notre glise1 et l'on y consacre les plus riches vtements4 ,les robes d'un grand prdicateur1 je le sais1 cotent bien des livres2 j'en ai connu un1 prs de chez nous1 qui1 son dpart1 reut en prsent1 de certaines dames1 un assortiment complet1 et une douzaine de pantoufles brodes1 par-dessus le march4 ,mais tout cela est convenable1 si la prdication est le principal office du clerg4 ,vient ensuite le sacrement#cj1 et il exige le surplis et le capuchon4 ,et le capuchon1 rpta-t-il tout pensif444 mais quoi sert-il8 ,non1 c'est l'charpe4 ,le capuchon ne se porte que dans la chaire de l',universit4 ,qu'est-ce que l'charpe8 ,elle appartient aux chapelains1 c'est--dire aux personnes444 ,je n'en sors pas4--,mon cher ,sheffield1 vous vous tes vous-mme coup la gorge4 ,vous avez essay d'expliquer le symbolisme des vtements du clerg1 et vous ne l'avez pu4 ,seriez-vous encore dispos appeler cela du charlatanisme8 ,rpondez-moi cette seule question3 ,pourquoi un ecclsiastique porte-t-il un surplis quand il lit les prires8 ,mieux encore1 je vous poserai la question plus simplement3 ,pourquoi un ecclsiastique seul a-t-il le pouvoir de lire les prires dans l'glise8 pourquoi ne le puis-je pas moi-mme8 ,sheffield hsita et parut srieux4 ,savez-vous bien1 dit-il ensuite1 que vous avez tout juste pos une objection de ,jrmie ,bentham8 ,dans son glise d',angleterre1 cet crivain propose1 si ma mmoire est fidle1 d'enseigner un enfant de la paroisse lire la liturgie2 et il demande pourquoi on envoie un jeune homme l',universit1 pendant trois ou quatre ans1 frais normes2 pourquoi on lui apprend le latin et le grec1 et cela pour faire une simple lecture qu'un enfant aurait appris faire chez une matresse d'cole4 ,quelle est la vertu d'une lecture faite par un ministre8 ,voil peu prs les paroles de ,bentham4 ,et1 ajouta ,sheffield avec lenteur1 dire vrai1 je ne sais que lui rpondre4 ,cette dernire rflexion tonna ,reding2 il en fut mme choqu et embarrass2 il ne savait que dire1 lorsque1 peut-tre heureusement1 la conversation fut interrompue4 #cj ,la cne4 ,,chapitre ,v4 ,oxford3 une vue d'intrieur par un vieux don4 ,chaque anne amne des changements et des rformes4 ,nous ignorons l'tat actuel de l'glise d',oxley2 elle peut avoir jub1 piscine1 sedilia#ca1 toutes choses nouvelles1 comme aussi avoir subi une rforme en sens contraire1 c'est--dire le dossier des bancs tourn par principe vers la table de communion1 et la chaire place au milieu des bas-cts4 ,mais l'poque o nos jeunes gens traversrent le cimetire1 il n'y avait rien1 en bien ni en mal1 qui pt les attirer dans l'intrieur de l'difice1 et ils passaient outre1 lorsqu'ils aperurent1 en s'loignant de l'glise1 ce que ,sheffield appelait un vieux don4 ,c'tait un fellow#cb connu de ,charles1 un homme de bonne famille et possesseur d'un petit patrimoine4 ,il avait fait ses tudes l',universit en mme temps que ,m4 ,reding1 et parfois il avait t son hte au presbytre4 ,aussi ,charles le connaissait depuis son enfance2 et maintenant qu'il tait ,oxford1 il en avait reu1 comme c'tait naturel1 plusieurs petites attentions4 ,un jour qu'il s'tait trop attard pour son dner1 le bon fellow l'avait invit sa table2 une autre fois1 il l'avait emmen une partie de pche ,faringdon2 il lui avait galement promis des billets pour des dames de sa connaissance1 qui devaient venir la ,commmoration#cc4 ,c'tait un homme clairvoyant1 d'un caractre facile1 la parole libre1 aux dsirs borns1 d'une sensibilit assez calme1 d'une dlicatesse peu romanesque1 et sans ostentation dans ses croyances religieuses3 en d'autres termes1 irrprochable dans sa conduite1 il dtestait nanmoins toute parade de religion et ne pouvait souffrir les prtentions en ce genre4 ,connaissant l',universit depuis trente ans1 il pouvait en porter un jugement quitable sur la plupart des choses4 ,il tait venu ,oxley pour faire des funrailles la place d'un ami1 et il retournait chez lui4 ,il appela ,charles de loin4 ,celui-ci1 embarrass tout d'abord de se trouver avec deux amis si diffrents et dans des rapports si opposs1 ne tarda pas se remettre un peu1 en voyant l'indiffrence de ,m4 ,malcolm2 et tous les trois rentrrent ensemble dans la ville4 ,reding1 toutefois1 jusqu'au dernier moment1 garda un reste de gne et de malaise1 surtout aux approches d',oxford1 o il rencontra des personnes de diffrents partis1 qui le saluaient en passant4 #ca ,siges gothiques en pierre1 pour le clbrant1 le diacre et le sous-diacre4 ,ils sont construits dans l'paisseur de la muraille du sanctuaire1 du ct de l'ptre4 ,on en voit des modles1 en ,angleterre1 dans les glises et les chapelles bties par le clbre ,pugin4 #cb ,le fellow est un membre de l',universit qui jouit d'un legs 7fellowship7 fond au profit d'un collge4 ,tous les collges ont leurs fellows2 le nombre de ces sortes de bnficiers s'lve quelquefois jusqu' trente pour un seul tablissement4 ,les revenus des fellowships varient entre #b1ejj et #h1gej francs4 ,les fellows ne peuvent se marier2 ils ont cependant la libert de le faire2 mais dans ce cas ils perdent leur fellowship1 qui1 au reste1 est remplac ordinairement par un bnfice dans l'intrieur du pays1 s'ils sont ministres4 #cc ,la fte de la ,commmoration est d'origine catholique4 ,jadis elle tait consacre prier pour les bienfaiteurs de l',universit3 on disait une messe pour eux2 aujourd'hui on se contente de faire prononcer un discours en leur honneur4--,nous nous dispensons de toute rflexion2 le lecteur n'aura pas de peine tirer la conclusion de ce fait4 ,qu'il nous suffise de dire qu' ,oxford la plupart des monuments et des usages ont conserv leur cachet catholique444 ,peut-tre est-ce ces restes de respect pour la religion de ses pres que cette ville doit le privilge d'avoir donn naissance au grand ,mouvement religieux4 ,par forme d'observation1 ,charles dit qu'ils avaient vu dans la campagne une jolie petite chapelle qui tait en voie de restauration4 ,m4 ,malcolm se prit rire4 ,ainsi1 ,charles1 rpliqua-t-il1 vous mordez aux nouveauts du jour8 ,quelles nouveauts8 s'cria le jeune tudiant1 qui1 troubl ce reproche1 ajouta pour s'excuser que c'tait seulement par hasard qu'un ami les avait conduits cette chapelle4 ,vous me demandez quelles nouveauts8 reprit ,m4 ,malcolm2 eh bien1 la plus nouvelle1 la dernire4 ,oxford est le lieu des nouveauts2 elles ne manquaient pas non plus de mon temps4 ,la plus grande partie des rsidents1 les lves1 changent tous les trois ans2 les fellows et les tuteurs1 tous les six2 et chaque gnration a sa nouveaut4 ,non1 il n'y a pas de principe de stabilit dans cette ville1 except pour les chefs1 qui s'y fixent et qui restent les mmes jusqu' la fin de leur carrire4 ,quel est le caprice du moment parmi vous autres les nouveaux venus8 continua-t-il3 est-ce la bouteille ou le cigare8 ,charles sourit modestement2 ,j'espre1 ajouta-t-il1 que l'habitude de la boisson a entirement disparu4 ,des choses plus mauvaises peuvent s'introduire1 repartit ,m4 ,malcolm2 mais la mode est de tous les pays4 ,autrefois1 nous avions ici le club de la ,dclamation1 peut-tre est-il encore en faveur2 auparavant c'tait la ,socit ,philharmonique4 ,nous avons vu la gologie faire fureur2 maintenant1 c'est la thologie3 et bientt ce sera l'architecture1 ou les antiquits du moyen ge1 ou les ditions1 ou les manuscrits4 ,chaque mode s'use son tour4 ,tout dpend d'un ou de deux hommes d'action4 ,mais le secrtaire se marie1 ou le professeur obtient un canonicat2 de l des runions moins rgulires1 des runions sans consquence1 et ainsi peu peu la chose dprit et meurt4 ,sheffield demanda si le mouvement actuel n'tait pas trop gnral dans le pays pour lui assigner une telle chute4 ,il n'en savait pas long sur ce point2 mais les journaux en taient tout remplis1 et dans le voisinage c'tait le sujet de toutes les conversations3 le mouvement ne s'arrtait pas ,oxford4 ,j'ignore ce qui se passe dans l'intrieur du pays1 rpondit ,m4 ,malcolm2 la question est vaste2 mais le mouvement n'a pas ici des lments de dure4 ,ces messieurs obtiendront des bnfices et se marieront1 et ce sera la fin de l'histoire4 ,je ne parle pas contre eux1 je les crois des hommes trs-respectables2 mais ils sont emports par le flux de la mode4 ,charles fit observer qu'il tait fcheux que cette agitation alimentt l'esprit de parti4 ,oxford1 ajoutait-il1 devrait tre un lieu de calme et d'tude2 la paix et les ,muses sont des compagnes insparables2 et cette heure on parle1 on discute dans chaque quartier4 ,les tudiants ne peuvent plus remplir leurs devoirs comme l'ordinaire1 ni accepter chacun comme il se prsente2 mais ils sont obligs de prendre part aux questions1 d'avoir gard de certaines choses qu'au fond ils rejettent1 et d'affecter des opinions quand ils n'en ont rellement aucune4 ,m4 ,malcolm donna son assentiment d'un air distrait1 occup d'un point de vue qui s'offrait ses yeux1 et qu'il paraissait considrer avec plaisir4 ,on trouve laide cette partie du pays1 dit-il1 et peut-tre avec raison2 mais1 soit habitude ou non1 quant moi1 ce comt me plat et je lui trouve toujours des charmes4 ,les effets de lumire y changent tout instant1 de sorte que le paysage1 si l'on peut parler ainsi1 varie chaque pas4 ,j'ai vu l-bas ,shotover prendre les nuances les plus opposes1 quelquefois pourpres1 d'autres fois couleur de safran brillant ou orange fonc4 ,et il s'arrta4 ,oui1 vous parlez de l'esprit de parti2 en vrit1 il y en a beaucoup ici444 ,non1 je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup1 continua-t-il1 sortant de sa distraction4 ,certainement il y a des divisions ,oxford1 mais les divisions et la rivalit y sont l'tat de permanence4 ,les socits diverses ont chacune leurs intrts et leur honneur maintenir1 et elles se querellent1 comme les ordres religieux dans l'glise de ,rome4 ,je me trompe1 la comparaison est exagre4 ,oxford ressemble plutt une aumnerie pour les veuves des ministres4 ,la vanit1 la jalousie1 les bavardages y sont l'ordre du jour4 ,c'tait de mme en mon temps4 ,les deux grandes ladies1 dame ,vice-,chancelier et dame ,thologien-,professeur ne peuvent tre d'accord1 et elles ont chacune leurs adeptes4 ,un jour1 c'est le ,vice-,chancelier lui-mme qui1 d'un coup de balai1 met la porte de la ,convocation#cd tous les jeunes matres2 et de l grande colre parmi ceux-ci4 ,un autre jour1 c'est ,m4 ,slaney1 doyen de ,saint-,pierre1 qui ne se fait pas scrupule de dire dans une diligence que ,m4 ,wood n'est pas un savant1 sur quoi ,wood1 son tour1 l'appelle le calomniateur ,slaney4 ,ici1 c'est le vieux ,m4 ,barge1 ex-doyen fellow de ,saint-,michel1 qui s'imagine que sa jolie fiance n'a pas t reue avec les honneurs convenables4 ,l1 c'est le docteur ,crotchet1 qu'une influence funeste carte1 pendant bien des annes1 de l'vch qui lui est destin4 ,d'un autre ct1 c'est ,m4 le professeur ,carraway qui a t peint d'une manire infme1 dans la ,revue d',edimbourg1 par un lve paresseux qu'il avait humili aux examens4 ,mais1 voici 7majora movemus7 que trois collges forment mutuellement le vu d'une mortelle opposition un quatrime2 ou enfin1 que les jeunes matres1 hommes de labeur1 trament une conspiration contre les chefs4 ,maintenant1 toutefois1 nous sommes en progrs2 si nous nous querellons1 que ce soit une rivalit d'intelligence et de devoir1 et non une rivalit d'intrts matriels ou de caractres2 combattons pour des ralits et non pour des ombres4 #cd ,la ,convocation est le grand conseil1 et la suprme autorit de l'universit4 ,tous les docteurs et tous les matres en font partie4 ,a lui seul le collge de ,christ church 7glise du ,christ7 fournit environ #ejj membres4 ,en #ahde1 lors de l'affaire de ,m4 ,ward touchant son livre3 ,ideal of a christian church1 on vit arriver ,oxford #acjj membres de la ,convocation4 ,ces rflexions plurent ,sheffield1 et il fit observer que l'tat actuel des choses tait plus rel que ce qu'on avait vu jusqu'alors1 et qu'il avait par consquent plus d'lments de vie4 ,m4 ,malcolm ne parut pas l'entendre1 car il ne rpliqua point4 ,aux approches du pont1 la conversation tomba4 ,tandis qu'ils s'avanaient dans ,high ,street1 ,sheffield lana furtivement un regard ,charles4 ,pour eux1 c'tait un triomphe et un amusement tout la fois de se voir hors des traits d'un ,censeur1 qui parcourait la mme rue1 grce au matre#ce sous la protection duquel ils marchaient4 #ce ,matre4 ,ce grade rpond celui de licenci1 en ,france4 ,,chapitre ,,vi4 ,un djeuner assez srieux4 ,avant leur promenade ,oxley1 ,charles avait dj eu plusieurs fois l'occasion de voir1 sous une forme ou l'autre1 les penses de ,sheffield touchant les ralits et le charlatanisme2 et les discours de son ami avaient commenc faire impression sur lui4 ,il sentait qu'au fond il y avait du vrai1 et ce vrai tait nouveau ses yeux4 ,reding n'tait pas d'un caractre laisser une vrit dormir dans son esprit4 ,elle ne s'y panouissait pas trs-vite1 mais on pouvait tre sr qu' la fin elle porterait des fruits1 et qu'elle modifierait ses opinions acquises4 ,dans le cas prsent1 il vit que le principe de ,sheffield tait plus ou moins oppos sa maxime favorite1 savoir3 que c'est un devoir d'tre content de tout le monde4 ,deux contradictions1 se dit-il1 ne sauraient tre vraies en mme temps3 lorsque l'affirmative est vraie1 la ngative doit tre fausse4 ,toutes les doctrines ne peuvent tre galement fondes3 il y a une vrit et une erreur4 ,la thorie de la vrit dogmatique1 comme oppose au latitudinarisme1 s'tait ainsi graduellement tablie dans son esprit pendant ces premiers trimestres4 ,il ne connaissait rien pourtant ni du nom1 ni de l'histoire de ces deux thories2 il ne souponnait pas mme le travail qui se faisait en lui4 ,laissons-lui voir toutefois dvelopper sous ses yeux les absurdits du principe latitudinaire1 et il est probable qu'il lui fera une opposition plus forte encore4 ,parmi d'autres singularits1 ,bateman croyait que mettre ensemble des personnes de sentiments contraires1 c'tait le meilleur moyen de crer une socit agrable ou au moins utile4 ,il avait fait de son mieux pour donner cet lment de perfection son djeuner1 auquel assistaient nos deux amis4 ,il n'avait pas toutefois atteint compltement son but1 n'ayant pu runir1 malgr tous ses efforts1 que trois convives1 outre ,charles et ,sheffield4 ,on remarquait d'abord ,m4 ,freeborn1 jeune matre vanglique1 avec qui ,sheffield tait en connaissance4 ,venait ensuite un jeune tudiant intelligent1 mais non trs-circonspect1 qui1 aprs avoir t gt dans sa famille et ayant toujours bourse pleine1 se proclamait amateur de l'esthtique3 au collge1 toutes les autorits vivaient constamment dans la crainte de le voir devenir papiste un beau matin4 ,le troisime1 enfin1 tait un de ses amis1 jeune homme au maintien aimable et modeste1 qui avait des yeux vifs et perants comme une souris1 et mangeait son pain et son beurre dans un profond silence4 ,nos convives venaient de se mettre table4 ,sheffield versait le caf2 une assiette de muffins courait la ronde1 et ,bateman1 une casserole en main1 en retirait les ufs dj cuits4 ,tout coup notre jeune imprudent1 dont le nom tait ,white1 fit observer combien tait belle la coutume catholique de prendre les ufs pour l'emblme de la fte ,pascale4 ,c'est vraiment catholique1 dit-il2 car cet usage est conserv dans certaines parties de l',angleterre1 se retrouve en ,russie1 et est en vigueur ,rome mme1 o un uf accompagne chaque plat pendant la semaine de ,pques1 aprs1 je crois1 avoir t bnit4 ,cet usage1 d'ailleurs1 est aussi expressif et aussi significatif que catholique4--,magnifique1 en vrit6 reprit leur hte3 un usage si charmant et si dlicieux6 ,je m'tonne que nos rformateurs n'y aient pas song1 ni le profond ,hooker1 qui aimait tant les figures1 ni ,jewell4 ,vous n'avez pas sans doute oubli le bton que celui-ci donna ,hooker3 c'tait une figure1 tout comme l'envoi du bton d'lise1 par son serviteur1 l'enfant mort4--,oh6 mon cher ,bateman1 s'cria ,sheffield1 vous faites de ,hooker un ,gizi4--,c'est bien la conclusion d'une pareille plaisanterie1 dit ,m4 ,freeborn2 vous ne pourrez jamais voir o mne un symbole4 ,un symbole prouve tout et ne prouve rien4--,sans doute jusqu' ce qu'il ait une sanction1 reprit ,white2 mais quand l'glise catholique l'a sanctionn1 nous sommes srs d'tre dans le vrai4--,oui1 certes1 dit ,bateman2 en d'autres termes1 c'est bon parce que c'est catholique4--,oui1 continua ,white1 les choses changent de nature entre les mains de l'glise catholique3 on nous permet de faire le mal pour arriver au bien4--,qu'est-ce dire8 s'cria ,bateman4--,eh bien1 reprit ,white1 l'glise fait du mal le bien4--,mon cher ,white1 reprit notre hte d'un ton grave1 c'est aller trop loin4 ,m4 ,freeborn suspendit son opration gastronomique et se rejeta sur le dos de sa chaise4 ,l'idoltrie1 continua ,white1 n'est-elle pas une erreur8 cependant le culte des images est lgitime4 ,m4 ,freeborn tait dans un tat de consternation4 ,votre exemple est mal choisi1 ,white1 dit ,sheffield2 il y a dans le monde des gens assez peu catholiques pour penser que le culte des images est aussi mauvais que l'idoltrie elle-mme4--,distinction jsuitique6 s'cria ,freeborn avec motion4--,eh bien1 rpliqua ,white1 qui ne paraissait pas avoir grand'peur du jeune matre s-arts1 quoique celui-ci ft plus g que lui1 je prendrai un meilleur exemple3 qui ne sait que le baptme confre la grce8 cependant il y avait1 chez les paens1 des rites baptismaux1 et naturellement ils taient diaboliques4--,je ne serais pas dispos1 monsieur ,white1 vous faire toutes les concessions que vous voudriez touchant la vertu du baptme1 dit ,freeborn4--,ni mme touchant le baptme chrtien8 demanda ,white4--,il est facile1 rpondit ,freeborn1 de prendre le signe pour la chose signifie4--,ni mme touchant le baptme catholique8 rpta ,white4--,le baptme catholique est une vraie supercherie et une illusion1 rpondit ,freeborn4--,oh6 mon cher ,freeborn1 s'cria ,bateman1 votre tour vous allez trop loin1 en vrit4--,catholique1 catholique2 j'ignore ce que vous voulez dire1 reprit ,freeborn4--,j'entends par l1 dit ,white1 cette glise ,une et ,catholique dont parle le ,symbole2 c'est trs-intelligible4--,mais qu'entendez-vous par l'glise catholique8 demanda ,freeborn4--,l'glise ,anglicane1 rpondit ,bateman4--,l'glise ,romaine1 rpondit ,white1 tous deux parlant en mme temps4 ,il y eut un clat de rire gnral4 ,il n'y a pas de quoi rire1 reprit ,bateman1 l'glise ,anglicane et l'glise ,romaine ne sont qu'une mme glise4--,une mme glise8 ,impossible6 s'cria ,sheffield4--,bien plus qu'impossible1 ajouta ,m4 ,freeborn4--,je ferais une distinction1 dit ,bateman2 je dirais qu'elles sont une mme glise1 mis part les corruptions de l'glise ,romaine4--,en d'autres termes1 elles forment une mme glise1 except ce en quoi elles diffrent1 dit ,sheffield4--,prcisment1 comme vous dites1 reprit ,bateman4--,je dirais plutt1 ajouta ,m4 ,freeborn3 ,elles sont deux1 except ce en quoi elles s'accordent4--,voil la vraie conclusion1 dit ,sheffield4 ,bateman soutient que l'glise anglicane et l'glise romaine sont une mme glise1 except ce en quoi elles sont deux2 et ,freeborn1 qu'elles sont deux1 except ce en quoi elles sont une4 ,par bonheur1 en cet instant1 le garon de cuisine entra avec un plat de saucisses2 mais cet incident n'amena pas de diversion2 la controverse continua4 ,deux personnes ne l'aimaient point3 ,freeborn1 qui tout simplement dtestait la doctrine en discussion1 et ,reding1 qui la jugeait inopportune4 ,mais c'tait la mauvaise fortune du premier d'indisposer ,charles contre lui aussi bien que les autres1 et d'tre oblig de vaincre sa rpugnance prendre part la dispute4 ,dans le fait1 ,freeborn pensait que la thologie elle-mme est une duperie1 comme substituant1 son avis1 des notions intellectuelles sans valeur aux vrits fondamentales de la religion4 ,c'est pourquoi il continua faire observer1 en posant son couteau et sa fourchette1 que pour lui c'tait un mystre qu'on ft reposer la religion vritable sur des distinctions mtaphysiques ou sur des observances extrieures2 que l'criture avait un enseignement tout fait contraire2 que l'criture parlait beaucoup de foi et de saintet1 mais ne disait pas un mot sur les glises et leurs formes4 ,il continua1 disant que c'tait la grande et malheureuse tendance de l'esprit humain1 de mettre entre lui et son ,crateur un mdiateur de son invention1 et qu'il importait peu que ce mdiateur ft un rite1 ou un symbole1 ou une forme de prire1 ou les bonnes uvres1 ou la communion avec des glises particulires3 toutes ces choses taient des baumes trompeurs pour l'me1 si on les regardait comme ncessaires4 ,le seul moyen lgitime d'en user1 c'tait de s'en servir avec la conviction qu'on pouvait s'en passer4 ,freeborn ajoutait qu'aucune de ces choses n'allait la racine de la religion2 car la foi1 c'est--dire la ferme croyance que ,dieu nous a pardonn1 tait le seul objet indispensable2 que l o ce seul objet se trouvait1 tout autre tait superflu1 et que l o il faisait dfaut1 aucun autre ne pouvait le remplacer4 ,ce point1 il le dfendait si fort1 qu' ses yeux 7et il avoua que c'tait non-seulement sa conviction1 mais une vrit certaine71 quand on avait la foi on pouvait professer toute espce de religion3 tre arminien1 calviniste1 piscopal1 presbytrien1 swendenborgien1 voire mme unitaire1 aller plus loin encore1 ajouta-t-il en jetant un coup d'il sur ,white1 tre papiste mme1 et cependant tre dans la voie du salut4 ,freeborn s'tait laiss aller des concessions plus larges qu'il ne l'et fait dans ses moments de calme2 mais il tait un peu irrit1 et il dsirait profiter de la parole son tour4 ,d'ailleurs1 c'tait pour lui une occasion favorable de faire une grande profession de foi4 ,merci pour votre libralit l'gard de ces pauvres papistes1 dit ,white4 ,d'aprs vous1 ils sont sauvs1 s'ils sont hypocrites2 ils peuvent extrieurement professer le catholicisme1 et rester protestants dans le cur4--,les ,unitaires aussi1 dit ,sheffield1 sont vos obligs4 ,il parat qu'on n'a pas besoin de craindre que l'on croie trop peu1 pourvu qu'on sente beaucoup4--,mieux encore1 reprit ,white2 si l'on se croit pardonn1 on n'a pas croire autre chose4 ,reding ajouta son mot3 il fit observer que1 dans le ,prayer-,book#cf1 la croyance la ,sainte-,trinit est reprsente1 non comme une chose indiffrente1 mais comme une vrit1 avant tout1 ncessaire au salut4 ,votre rponse1 ,reding1 n'est pas directe1 rpliqua ,sheffield4 ,la remarque de ,m4 ,freeborn est qu'il n'y a pas de ,symbole dans la ,bible2 et vous1 vous rpondez qu'il y en a un dans le ,prayer-,book4--,alors la ,bible enseigne une chose1 et le ,prayer-,book en enseigne une autre1 objecta ,bateman4--,non1 rpondit ,freeborn2 le ,prayer-,book tire seulement une dduction de la ,bible4 ,le ,symbole d',athanase est une cration humaine2 il est vrai1 mais c'est une uvre d'homme2 et il doit tre admis1 selon les expressions formelles des ,articles1 parce qu'il est fond sur l'criture4 ,les ,symboles sont utiles1 leur place1 de mme que l'glise2 mais ni ,symbole ni glise ne sont la religion4--,mais alors1 pourquoi prnez-vous si haut votre doctrine touchant la foi seule8 demanda ,bateman2 car ces mots ne sont pas dans l'criture1 et ils ne sont qu'une dduction humaine4--,ma doctrine6 s'cria ,freeborn2 mais elle est dans les ,articles4 ,les ,articles disent positivement que nous sommes justifis par la foi seule4--,les ,articles ne sont pas l'criture1 pas plus que le ,prayer-,book1 repartit ,sheffield4--,ils ne disent pas non plus1 ajouta ,bateman1 que la doctrine qu'ils enseignent soit ncessaire au salut4 #cf ,voy4 la note ,c4 ,tout ceci ne plaisait pas beaucoup ,freeborn1 quoiqu'il l'et provoqu4 ,il avait la fois quatre adversaires2 et le cinquime convive1 qui gardait le silence1 paraissait sympathiser avec eux4 ,sheffield parlait par malice2 ,white par habitude2 ,reding tait entr dans la discussion parce qu'il n'avait pu s'en dispenser2 et ,bateman raisonnait d'aprs un principe3 il croyait qu'il allait perfectionner les vues de ,freeborn par ce cours de controverse4 ,au moins ne perfectionna-t-il pas son caractre qui1 en ce moment1 subissait une dure preuve4 ,la plupart des convives n'taient pas gradus2 lui1 ,freeborn1 tait matre3 c'tait trop fort de la part de ,bateman4 ,il acheva en silence sa saucisse qui tait devenue froide4 ,la conversation languit2 il y eut recrudescence de rties et de muffins2 on enleva les tasses caf1 et le th coula pleins flots4 ,,chapitre ,,vii4 ,une controverse entre un vanglique1 un no-catholique1 l'homme vues et le bachelier4 ,freeborn n'aimait pas tre battu2 il revint la charge4 ,la religion1 d'aprs lui1 tait une affaire de cur3 celui dont le cur n'tait pas droit ne pouvait interprter convenablement l'criture4 ,jusqu' ce que nos yeux fussent clairs1 disputer sur le sens de l'criture1 essayer d'en tirer des dductions1 c'tait battre la campagne3 c'tait comme des aveugles disputant sur les couleurs4 ,si ce que vous dites est vrai1 reprit ,bateman1 nul ne peut absolument raisonner sur la religion2 cependant1 vous avez t le premier le faire1 ,freeborn4--,naturellement1 rpondit celui-ci1 ceux qui ont trouv la vrit sont les seules gens capables de raisonner sur cette matire1 car ils ont le don4--,et ils sont les derniers pouvoir en convaincre les autres1 repartit ,sheffield2 car le don n'est que pour eux4--,c'est pourquoi les vrais chrtiens devraient discuter entre eux1 et pas avec d'autres1 dit ,bateman4--,mais ce sont prcisment ceux-l qui n'en ont pas besoin1 reprit ,sheffield4 ,raisonner appartient ceux qui ne sont pas convertis1 et non aux convertis4 ,la discussion est le moyen ordinaire des recherches4 ,freeborn continua soutenir que la raison d'un homme non converti tait charnelle1 et que dans cet tat on ne pouvait comprendre l'criture4 ,j'ai toujours pens1 dit ,reding1 que la raison est un bienfait gnral1 tandis que la foi est une grce spciale et personnelle4 ,si la foi est vraiment rationnelle1 tout le monde doit voir qu'elle a ce caractre2 autrement1 d'aprs la nature du cas1 elle n'est pas rationnelle4--,mais saint ,paul nous prche1 rpondit ,freeborn1 que pour l'homme charnel les choses de l'esprit sont folie4--,mais1 aprs tout1 repartit ,reding1 comment arriver la vrit1 si ce n'est par la raison8 ,c'est elle qui nous doit servir de guide3 aux brutes de se diriger par l'instinct1 l'homme de se conduire par la raison4 ,ils taient tombs sur un sujet difficile2 tous prouvaient une sorte d'embarras1 except ,white1 qui n'avait pas pris part cette dernire controverse1 et qui tait simplement fatigu4 ,mais il voulut prendre sa revanche3 ,le monde serait bien triste1 dit-il1 si les hommes se conduisaient par la raison4 ,ils peuvent croire qu'il en est ainsi1 mais au fond il n'en est rien4 ,dans le fait1 ils sont dirigs par leurs sentiments1 leurs affections1 par le sentiment du beau1 du bon1 du saint4 ,la religion est le beau2 les nuages1 le soleil et les cieux1 les champs et les bois sont la religion4--,d'aprs vous1 repartit ,freeborn1 toutes les religions seraient vraies1 les bonnes comme les mauvaises4--,non1 rpondit ,white1 les rites du paganisme sont sanguinaires et impurs1 ils ne sont pas beaux2 et le mahomtisme est aussi froid et aussi sec que toute assemble calviniste4 ,les mahomtans n'ont ni prtres ni autels1 rien absolument1 sinon une chaire et un prdicateur4--,comme ,sainte-,marie1 fit observer ,sheffield4--,prcisment4 ,dans notre glise d',angleterre nous n'avons ni vie ni posie2 l'glise ,catholique seule est belle4 ,vous verriez ce quoi je fais allusion1 si vous visitiez les cathdrales du continent1 ou mme seulement une glise catholique de nos grandes cits4 ,clbrant1 diacre et sous-diacre1 acolytes avec leurs chandeliers1 encens et plain-chant1 tout concourt une mme fin1 au mme acte religieux4 ,on voit que c'est un vrai culte2 les yeux1 les oreilles1 l'odorat1 chaque sens en un mot reconnat cette vrit4 ,les fidles genoux1 rcitant leur chapelet ou faisant leurs actes2 le chur chantant le ,kyrie2 le prtre et ses ministres inclinant profondment la tte et disant alternativement le ,confiteor2 voil un culte1 et il est bien suprieur la raison4 ,ces paroles furent prononces avec me2 mais elles ne s'harmonisaient pas avec la conversation qui les avait prcdes1 et la posie de ,white fut presque aussi dsagrable l'assemble que la prose de ,freeborn4 ,white1 dit ,sheffield1 vous deviendrez catholique ne plus en revenir4--,mon cher ami1 ajouta ,bateman1 pensez ce que vous dites2 certainement vous n'tes jamais entr dans une chapelle schismatique4 ,oh1 fi donc6 ,freeborn fit observer gravement que si les deux glises taient une1 comme on l'avait soutenu1 il ne voyait pas1 malgr tout ce qu'on pourrait dire1 pourquoi c'tait mal de passer d'une glise l'autre4 ,vous oubliez1 dit ,bateman ,white1 que vous avez ou que vous pourriez avoir toutes ces choses dans notre propre glise1 sauf les corruptions de ,rome4--,les corruptions de ,rome1 rpliqua ,white1 je ne sais trop ce que vous entendez par l4 ,freeborn murmura d'une manire sensible4 ,oui1 je ne sais trop ce que vous entendez par l1 rpta ,white avec vivacit2 mais quel rapport cela a-t-il avec le sujet8 ,il faut prendre les choses comme on les trouve4 ,je n'aime pas dans l'glise ,catholique ce qui est mauvais1 si toutefois il y a du mauvais1 mais j'y aime ce qui est bon4 ,je ne la recherche pas pour ce qui est mauvais1 mais pour ce qui est bon4 ,vous ne pouvez contester que ce que j'y admire est excellent et trs-beau4 ,vous faites vous-mme des efforts pour l'introduire dans votre glise4 ,vous donneriez vos deux oreilles1 vous le savez bien1 pour entendre le ,dies ir4 ,a ce mot clata un rire gnral4 ,white tait ,irlandais4 ,ce fut une interruption heureuse4 ,l'assemble se leva de table1 et au mme instant un coup1 qui retentit la porte1 vint propos couper le fil de la conversation4 ,c'tait un marchand de gravures portant sous le bras un grand livre de planches4 ,soyez le bienvenu1 monsieur ,baker1 dit ,bateman2 dposez votre portefeuille1 ou plutt donnez-le-moi4 ,messieurs1 je voudrais avoir votre opinion sur un point que j'ai cur4 ,vous savez1 ,freeborn1 que je dsire vous montrer ma chapelle2 ,sheffield et ,reding l'ont dj visite4 ,eh bien1 maintenant1 regardez4 ,bateman ouvrit le portefeuille2 il contenait des vues du ,campo ,santo1 ,pise4 ,les feuilles taient tournes lentement et en silence4 ,parmi les spectateurs1 les uns admiraient1 les autres ne savaient que penser1 d'autres taient curieux de savoir ce qu'il adviendrait de tout cela4 ,quel plan me prtez-vous8 continua ,bateman4 ,vous me blmiez1 ,sheffield1 de ce que ma chapelle serait inutile4 ,or1 j'ai l'intention d'y joindre un cimetire2 le terrain n'y manque pas2 et la chapelle deviendra une chantry#cg4 ,mais qu'allez-vous dire1 quand nous aurons reproduit en sculpture et en peinture1 autour du cimetire1 tous ces magnifiques monuments du moyen ge8 ,eh bien1 ,sheffield1 monsieur le critique1 que dites-vous de tout cela8--,un plan vraiment admirable6 rpondit ,sheffield2 il renverse toutes mes objections444 ,une chantry6 qu'est-ce que c'est que a8 ,n'y dit-on pas la messe pour les morts8--,oh1 non1 non1 non1 s'cria ,bateman1 qui avait peur de ,freeborn2 nous n'aurons rien de votre papisme4 ,ce sera une simple et innocente chapelle o l'on fera le service4 ,cependant ,sheffield examinait les planches avec attention4 ,il s'arrta l'une d'entre elles4 ,que voulez-vous faire de cette figure8 demanda-t-il1 indiquant une image de la ,madone4--,ah6 le mieux1 le plus sr sera de ne pas s'y arrter2 certainement1 certainement4 ,sheffield reprit bientt3 ,mais voyez donc6 mon bon ami1 que faites-vous de ces saints et de ces anges8 ,regardez1 il y a ici une lgende complte4 ,avez-vous l'intention d'avoir cela8 ,voici encore3 c'est une srie de miracles et une femme invoquant un saint qui est au ciel4 ,bateman jeta sur la planche un regard circonspect et ne rpondit pas1 il aurait voulu fermer le livre2 mais ,sheffield dsirait en voir davantage4 ,il ajouta cependant3 ,oh6 oui1 c'est vrai1 il y a l certaines choses2 mais j'ai un expdient pour tout cela1 j'ai l'intention de rendre toutes ces figures allgoriques4 ,la ,sainte ,vierge sera l'glise1 et les saints deviendront les vertus cardinales et les autres2 et quant la vie de ce saint1 saint ,ramieri1 elle reprsentera le voyage d'un plerin catholique4--,bien2 mais alors1 il vous faut enlever tous ces papes et vques1 ces chapes et calices1 reprit ,sheffield1 et mettre leurs noms nouveaux sous les autres figures1 afin qu'on ne puisse pas les prendre pour des saints et des anges4 ,peut-tre feriez-vous mieux de faire sortir de leurs bouches des lgendes en vieil anglais4 ,ce saint ,thomas est vigoureux2 faites-lui dire3 ,je suis ,m4 ,sans-,peur1 ou1 ,je suis le gant ,dsespoir2 et1 puisque cette belle sainte porte une espce de plat1 faites-en madame ,comfort4 ,mais regardez ici1 continua-t-il1 toute une bande de dmons2 est-ce que vous allez les faire peindre aussi8 ,bateman essaya de fermer le livre de force4 ,sheffield continua3 ,la tentation de ,saint ,antoine2 qu'est-ce que ceci8 voil le diable sous la forme d'un chat assis sur un baril de vin4--,en vrit1 en vrit1 s'cria ,bateman1 pouss bout et s'emparant du livre1 vous tes mchant1 oui1 trs-mchant4 ,nous y reviendrons quand vous serez plus srieux4 ,il faut l'avouer1 ,sheffield tait agaant1 et son ami1 de meilleure humeur que bien des personnes ne l'eussent t sa place4 ,cependant ,freeborn1 qui s'tait empar de sa toge dans l'intervalle1 fit un signe de tte son hte et s'en alla tout seul4 ,il fut bientt aprs suivi de ,white et ,willis4 #cg ,chapelle dans laquelle le bnficier dit la messe certains jours4 ,mon cher1 je vous l'assure1 dit ,bateman ,sheffield1 lorsque ces derniers furent sortis1 vous et ,white1 chacun votre manire1 vous tes trs-hardis dans votre faon de parler1 et cela devant les autres galement4 ,je voulais apprendre ,freeborn un peu du bon ,catholicisme1 et vous avez tout gt4 ,j'esprais que quelque chose serait sorti de ce djeuner2 mais pensez seulement ,white6 ,tout est perdu2 ,freeborn racontera la chose sa coterie4 ,c'est trs-mal4 ,et vous1 mon cher1 vous ne valez pas beaucoup mieux2 vous n'tes jamais srieux4 ,que vouliez-vous donc dire1 en affirmant que notre glise n'est pas une avec l'glise de ,rome8 c'tait donner un grand avantage ,freeborn4 ,sheffield prit un certain air d'aisance provocateur1 et1 le dos appuy contre la chemine1 tandis que le bout de son habit jouait avec le tuyau de la bouilloire1 il rpliqua3 ,vous aviez un trs-singulier attelage tirer4 ,puis lanant un regard de ct son hte1 et rejetant sa tte en arrire3 ,et pourquoi1 ajouta-t-il1 avez-vous eu1 vous1 le plus rgl des hommes1 l'audace de dire que l'glise d',angleterre et l'glise ,romaine ne faisaient qu'une mme glise8--,il doit en tre ainsi1 rpondit ,bateman4 ,il n'y a qu'une glise2 le ,symbole l'affirme4 ,voulez-vous en faire deux8--,je ne parle pas de doctrine1 rpliqua ,sheffield1 mais d'un fait4 ,je ne voulais pas soutenir qu'il y et deux glises1 ni contester qu'il n'y en avait qu'une4 ,je niais seulement ce fait1 que ce qui videmment forme deux corps n'en fasse qu'un4 ,bateman rflchit un instant1 tandis que ,charles s'amusait avec le tisonnier gratter la suie dans le fond de la chemine4 ,notre jeune tudiant n'avait pas l'envie de parler1 mais il n'tait pas fch d'entendre un argument de ce genre4 ,mon bon ami1 reprit ,bateman d'un ton magistral1 vous faites une distinction entre une glise et un corps2 cette distinction1 je ne la comprends pas tout fait4 ,vous dites qu'il y a deux corps1 et cependant rien qu'une glise4 ,si c'est ainsi1 l'glise n'est pas un corps1 mais quelque chose d'abstrait1 un pur nom1 une ide gnrale4 ,est-ce bien l votre pense8 ,avec une pareille doctrine1 vous tes un honnte calviniste4--,vous en tes un autre1 rpliqua ,sheffield1 car si de deux glises visibles1 celle d',angleterre et celle de ,rome1 vous n'en faites qu'une1 cette glise une doit tre invisible1 et non pas visible4 ,ainsi1 si je cre une glise abstraite1 vous en faites une invisible4--,je ne vois pas cela4--,prouvez que les deux glises n'en font qu'une1 et je prouverai1 mon tour1 quelque autre chose4--,quelque paradoxe1 sans doute4--,naturellement1 c'en est un fameux1 mais il vous appartient1 et non moi4 ,prouvez que les glises d',angleterre et de ,rome n'en font qu'une1 en un sens quelconque1 et je prouverai par des arguments semblables que nous et les ,wesleyens nous ne faisons qu'un4 ,le dfi tait beau4 ,bateman toutefois prit soudain un air grave1 et resta silencieux4 ,nous traitons des sujets sacrs1 dit-il enfin d'un ton calme1 nous traitons des sujets trs-sacrs2 nous devons tre respectueux2 et son visage s'allongea dmesurment4 ,sheffield partit d'un clat de rire2 ,reding ne put y rsister4 ,qu'est-ce donc8 s'cria ,sheffield2 ne soyez pas si svre2 qu'ai-je fait8 ,o avons-nous touch au sacr8 ,je rtracte mes paroles4--,oh6 il n'a pas d'intention mauvaise1 ajouta ,charles1 non4 ,il est plus srieux qu'il ne parat2 rpondez-lui2 j'y suis intress4--,croyez-le1 mon ami1 je dsire traiter ce sujet srieusement1 reprit ,sheffield1 je recommencerai4 ,je suis trs-pein1 oui1 vraiment4 ,laissez-moi faire mon objection d'une faon plus respectueuse4 ,bateman laissa tomber son srieux4 ,mon brave ,sheffield1 dit-il1 c'est la chose qui est inconvenante1 et non la manire4 ,comparer votre sainte ,mre aux schismatiques ,wesleyens1 c'est manquer compltement de respect4--,eh bien1 je me repens1 repartit ,sheffield2 c'tait de l'indcision touchant la foi2 c'tait trs-inconvenant1 je l'avoue4 ,que voulez-vous de plus8 ,regardez-moi2 cela suffit-il8 ,et maintenant dites-moi1 dites-moi1 je vous prie1 comment ne faisons-nous qu'un seul corps avec les ,papistes1 tandis que les ,wesleyens n'en font pas un avec nous8 ,bateman le regarda et fut satisfait de l'expression de sa figure3 ,c'est une trange question de votre part1 rpondit-il ensuite2 je vous croyais plus fin4 ,ne voyez-vous pas que nous avons la succession apostolique aussi bien que les ,catholiques ,romains8--,mais les ,papistes1 rpliqua ,sheffield1 soutiennent que ce n'est pas assez pour l'unit2 ils disent que nous devrions tre en communion avec le ,pape4--,l est leur erreur1 reprit ,bateman4--,eh1 c'est justement ce que les ,wesleyens disent de nous1 repartit ,sheffield4 ,lorsque nous refusons de reconnatre leur succession1 ils disent que c'est l notre erreur4--,leur succession6 de succession1 ils n'en ont pas4--,certainement1 ils en ont une3 ils ont la succession ministrielle4--,elle n'est pas apostolique4--,sans doute1 mais elle est vanglique2 c'est une succession de doctrine1 dit ,sheffield4--,doctrine6 vanglique6 qui jamais entendit ces mots8 ,ce n'est pas assez2 la doctrine sans les vques ne suffit pas4--,et la succession non plus sans le ,pape4--,ils agissent contre les vques1 rpliqua ,bateman1 ne voyant pas trop o il se jetait4--,et nous aussi nous agissons contre le ,pape1 repartit ,sheffield4--,nous soutenons que le ,pape n'est pas ncessaire4--,et ils soutiennent que les vques ne le sont pas non plus4 ,nos combattants taient hors d'haleine1 et ils se reposrent pour voir o ils en taient venus4 ,bateman reprit l parole3 ,mon bon monsieur1 ceci est une question de fait et non l'affaire d'une argumentation subtile4 ,la question est de savoir s'il n'est pas vrai1 d'une part1 que les vques sont ncessaires la notion de l'glise1 et s'il n'est pas faux1 de l'autre1 que les ,papes le soient4--,non1 non1 repartit ,sheffield1 la question est celle-ci3 ,l'obissance nos vques n'est-elle pas ncessaire pour faire des ,wesleyens et de nous un seul corps8 et l'obissance leur ,pape n'est-elle pas ncessaire pour faire un mme corps de nous et des ,catholiques ,romains8 ,vous admettez un point et vous niez l'autre2 je les maintiens tous les deux4 ,admettez-les ou rejetez-les ensemble2 je suis consquent1 vous ne l'tes pas4 ,bateman tait embarrass4 ,en un mot1 ajouta ,sheffield1 la succession n'est pas l'unit1 pas plus que la doctrine4--,n'est pas l'unit8 ,qu'est-ce donc que l'unit8--,c'est un gouvernement ,,un4 ,bateman se prit rflchir4 ,l'ide est draisonnable1 dit-il4 ,nous1 nous avons la possession2 nous1 nous sommes tablis depuis le temps du roi ,lucius1 ou depuis que saint ,paul a prch dans ce pays1 occupant l'le1 ayant une glise qui se perptue1 et possdant le mme territoire1 la mme succession1 la mme hirarchie1 la mme position civile et politique1 les mmes glises4 ,oui1 continua-t-il1 nous avons les mmes tablissements1 des souvenirs de dix sicles1 une doctrine grave et perptue sur la pierre2 tout l'enseignement mystique des saints anciens4 ,que peuvent comparer les ,mthodistes nos rites catholiques1 aux autels1 au sacrifice1 aux jubs1 aux fonts baptismaux1 aux niches8 ,ils nomment tout cela superstition4--,ne vous fchez pas contre moi1 ,bateman1 reprit ,sheffield1 mais avant d'aller plus loin1 je veux vous proposer une allgorie4 ,ici1 nous avons l'glise d',angleterre2 c'est un tablissement protestant autant qu'il puisse l'tre3 vques et peuple1 tous1 except votre petit parti1 l'appellent protestant2 le corps vivant s'appelle lui-mme ainsi4 ,le corps vivant rejette le ,catholicisme1 repousse le nom et la chose1 dteste l'glise de ,rome1 se moque de la puissance sacramentelle1 mprise les ,pres1 est jaloux du sacerdoce1 est une ralit protestante1 un simulacre de ,catholicisme4 ,cette ralit existante1 qui est pleine de vie et non un fantme1 vous prtendez l'clipser avec vos uvres denteles de jubs1 de dorsals#ch1 de btons pastoraux1 de crosses1 de mitres et d'autres choses semblables4 ,or1 voulez-vous entendre mon apologue8 ,n'en seriez-vous pas fch8 ,ayant pris le silence de son hte pour un assentiment1 ,sheffield continua3 ,eh bien1 il y avait une fois un petit ngre qui1 voyant son matre sorti1 se glissa furtivement dans sa garde-robe et voulut se faire beau garon aux dpens de son seigneur4 ,qu'arriva-t-il8 on le vit alors dans les rues1 nu comme auparavant2 mais il allait et venait se pavanant de haut en bas1 affubl d'un chapeau cornes et ayant aux mains une paire de gants blancs de chevreau4--,loin de moi6 sortez d'ici1 homme pervers et dsesprant6 s'cria ,bateman1 tout en lui jetant le coussin du sofa la tte4 ,dans l'intervalle1 ,sheffield gagnait la porte la course1 et il se trouva bien vite dans la rue avec ,charles4 #ch ,ouvrage gothique derrire le matre-autel1 au fond de l'abside2 il se compose ordinairement d'une suite de niches renfermant des statues de saints4 ,un grand nombre des glises nouvellement bties1 en ,angleterre1 offrent des dorsals admirables4 ,,chapitre ,,viii4 ,les temps nouveaux4--,le bon vieux temps4 ,laissons ,sheffield et ,charles aller leur chemin1 et suivons ,white et ,willis4 ,c'tait un jour de fte1 et ils n'avaient pas eu de cours2 ils se promenaient bras dessus bras dessous dans ,broad street1 avec beaucoup d'intimit4 ,willis sortit de son mutisme3 ,je ne puis1 dit-il1 supporter ce ,freeborn2 il est si fat6 et je l'aime d'autant moins que je suis oblig de le voir4--,vous l'avez connu ailleurs1 je suppose8 reprit ,white4--,grce cette connaissance1 il m'a men quelquefois prendre le th dans ses runions spirituelles1 et il m'a prsent au vieux ,m4 ,grimes1 bon fogie#ci1 au cur excellent1 mais un vanglique terrible1 moins mchant toutefois que sa femme4 ,grimes est proprement le crateur des ,pieux ,buveurs de th1 et ,freeborn en fait son modle4 ,ils runissent autant de personnes qu'ils peuvent1 une vingtaine peut-tre1 tudiants de premire anne1 bacheliers et matres1 qui s'asseyent en cercle1 la tasse et la soucoupe en main1 et l'agenouilloir aux pieds4 ,un ennuyeux personnage de ,capel ,hall#dj ou de ,saint-,marc1 qui parle peine anglais1 sous prtexte de faire une question thologique ,m4 ,grimes1 prore sur le pch originel1 sur la justification1 sur l'assurance du salut1 et monopolise la conversation4 ,cependant le cabaret est enlev1 et une lecture de la ,bible le remplace4 ,le vieux ,grimes commente2 pour un laque1 ce qu'il dit est excellent sans doute4 ,c'est une bonne vieille me2 mais nul dans le salon ne peut y rsister4 ,madame ,grimes elle-mme s'endort sur son tricot1 et quelques-uns des bien-aims frres ronflent trs-distinctement4 ,le commentateur1 toutefois1 n'entend rien que lui-mme4 ,enfin il s'arrte2 ses auditeurs se rveillent1 et l'on use des agenouilloirs4 ,aprs quoi l'on se retire2 et ,m4 ,grimes et l'homme de ,saint-,marc appellent cela une soire profitable4 ,je ne puis comprendre qu'on assiste deux fois pareille runion4 ,il en est pourtant qui n'y manquent jamais4--,ils y vont sur la foi1 dit ,white2 sur la foi en ,m4 ,grimes4--,la foi dans le vieux ,grimes6 rpliqua ,willis1 un vieux lieutenant demi-solde6--,voici une glise ouverte1 reprit ,white1 c'est tonnant2 entrons-y4 #ci ,dans l'argot des tudiants d',oxford1 ce mot dsigne un caractre complexe3 le fogie est un homme ennemi des nouveauts1 aimant le comfortable1 et prtant en outre au ridicule4 #dj ,voy4 la note ,d4 ,ils entrrent4 ,une vieille femme nettoyait les bancs1 comme si le service allait avoir lieu4 ,tout sera mis en ordre1 dit ,willis4 ,nous n'aurons pas de femmes1 mais des sacristains et des servants4--,puis1 tous ces bancs s'en iront o ils voudront4 ,avez-vous jamais vu une glise plus belle pour le service8--,o voudriez-vous placer la sacristie8 demanda ,willis2 ce cabinet doit servir de vestiaire1 mais il ne sera jamais assez grand4--,tout dpend du nombre d'autels que l'glise peut admettre4 ,chaque autel doit avoir sa table et son armoire dans la sacristie4--,un d'abord1 dit ,willis se mettant compter1 l o se trouve la chaire2 ce sera le matre-autel2 un second1 derrire1 pour ,notre-,dame2 deux ensuite3 un de chaque ct du sanctuaire4 ,en somme1 dj quatre4 ,a qui les ddierez-vous8--,l'glise n'est pas assez large pour ces deux derniers1 objecta ,white4--,oh6 elle l'est suffisamment2 j'ai vu1 l'tranger1 des autels avec une seule marche1 et ils n'exigeaient pas beaucoup d'espace4 ,je pense aussi que cette muraille admettrait une arche4 ,voyez la profondeur de la fentre2 on pourrait gagner du terrain4--,non1 rpliqua ,white2 le sanctuaire est trop troit4 ,et il se mit mesurer le pav avec son mouchoir4 ,quelle est1 votre avis1 la largeur d'un autel en dehors du mur8 ajouta-t-il4 ,en levant les yeux1 il aperut dans l'glise des dames de leurs connaissances1 les jolies misses ,bolton1 demoiselles trs-catholiques1 vraiment bonnes et charitables1 en outre4 ,nous ne pouvons pas ajouter qu' cette poque elles fussent beaucoup plus prudentes que les deux jeunes gens qu'elles rencontraient en ce moment2 et si quelque belle lectrice prend notre rapport sur leur compte pour une apprciation gnrale des dames favorables au catholicisme1 nous demandons de dire ouvertement que nous ne les proposons1 d'aucune manire1 comme des types d'une classe4 ,dans de telles personnes on devait retrouver1 comme nous le savons bien1 de l'amabilit et des curs trs-tendres2 mais nous ne saurions1 sans manquer la vrit historique1 parer les misses ,bolton de cette prudence ni de ce bon sens qui brillaient chez tant d'autres dames de leur part4 ,toutefois1 elles n'avaient pas une forte tte1 ces deux surs avaient les mains toujours ouvertes1 et leur but1 en entrant dans l'glise 7qui n'tait pas celle de leur paroisse71 tait de voir la vieille femme1 l'objet et l'instrument1 la fois1 de leur bienfaisance4 ,elles avaient lui dire un mot sur ses petits enfants1 auxquels elles portaient de l'intrt4 ,comme on peut le supposer1 elles n'en savaient pas long sur les matires ecclsiastiques3 elles en savaient encore moins sur leur propre compte4 ,ce dernier dfaut1 ,white ne pouvait le corriger1 quoi qu'il et fait et quoi qu'il ft2 le mieux1 pour lui1 c'tait de remdier au premier1 et il y travaillait un peu chaque rencontre4 ,les deux socits quittrent l'glise en mme temps1 et nos gentlemen reconduisirent ces dames chez elles4 ,nous nous figurions1 miss ,bolton1 dit ,white se tenant une distance respectueuse2 nous nous figurions l'glise ,saint-,jacques dj catholique1 et nous tachions d'arranger les choses comme elles devraient l'tre4--,quelle tait votre premire rforme8 demanda miss ,bolton4--,je crains qu'elle ne ft trs-dure pour votre protge1 la vieille femme qui nettoie les bancs4--,sans doute1 parce qu'il n'y aurait plus de bancs nettoyer8--,ce ne serait pas seulement cause de son office1 mais de sa personne1 ou plutt de son sexe1 qu'elle devrait quitter l'glise4--,impossible6 les femmes devront donc rester protestantes8--,oh6 non1 la bonne vieille femme reparatra1 mais sous un autre caractre1 ce sera une veuve4--,et qui remplira son emploi actuel8--,un sacristain3 un sacristain en cotta#da4 ,aimez-vous la cotta longue ou la courte8 continua ,white en se tournant vers la plus jeune demoiselle4--,moi8 rpondit miss ,charlotte2 je l'oublie toujours2 mais je crois que vous nous avez dit que celle de ,rome tait la courte2 je suis pour celle-l4--,vous savez1 ,charlotte1 reprit la sur ane1 qu' cette heure il se poursuit en ,angleterre une grande rforme dans les vtements ecclsiastiques4--,je dteste toutes les rformes1 rpliqua ,charlotte1 depuis celle de ,luther jusqu' celles d'aujourd'hui4 ,au reste1 nous avons dj avanc un peu notre chape2 vous l'avez vue1 monsieur ,white8 c'est un si joli modle6--,avez-vous dtermin ce que vous en ferez8 demanda ,willis4--,nous avons du temps pour y penser1 rpondit la plus jeune sur2 elle nous prendra quatre annes pour la finir4--,quatre annes6 s'cria ,white2 d'ici l nous serons tous de vrais catholiques1 l',angleterre sera convertie4--,elle sera faite temps pour l'vque1 dit ,charlotte4--,oh ce n'est pas assez bon pour lui1 reprit miss ,bolton2 mais cela peut servir dans l'glise pour l',asperges me4 ,que les choses seront changes6 continua-t-elle2 cependant l'ide d'un cardinal ,oxford ne me sourit gure4 ,faut-il que nous soyons ,romains jusque l8 ,je ne vois pas ce qui nous empcherait d'tre de vrais catholiques sans le ,pape4--,il n'est pas ncessaire de s'effrayer1 rpondit ,white avec sagesse2 les choses ne vont pas si rapidement4 ,les cardinaux ne sont pas si bon march4--,les cardinaux ont une tenue si splendide1 et tant d'apparat6 dit miss ,bolton2 j'ai ou dire qu'ils ne marchent jamais sans avoir deux domestiques derrire eux1 et qu'ils quittent toujours le salon avant que la danse commence4--,eh bien1 je crois qu',oxford est prcisment fait pour des cardinaux1 dit miss ,charlotte2 peut-il y avoir quelque chose de plus triste que les soires du ,prsident8 ,je m'imagine voir le docteur ,bone cardinal1 quand il se promne au parc4--,c'est l le gnie de l'glise ,catholique1 reprit ,white2 vous comprendrez mieux cela en son temps4 ,nul n'est son propre matre4 ,le ,pape lui-mme ne peut faire ce qu'il veut2 il dne tout seul1 et1 s'il parle1 c'est d'aprs ses prdcesseurs4--,naturellement1 dit ,charlotte1 car il est infaillible4--,bien plus1 s'il commet des fautes dans l'exercice de ses fonctions1 continua ,white1 il est oblig de les coucher par crit et de s'en confesser1 de peur qu'elles ne servent de prcdents4--,et il est oblig1 pendant les solennits1 d'obir au matre des crmonies1 contre son propre jugement1 ajouta ,willis4--,ne disiez-vous pas que le ,pape se confesse1 monsieur ,white8 demanda miss ,bolton2 cela m'a toujours intrigue de savoir si le ,pape est soumis la confession comme un autre homme4--,oh6 certainement1 rpondit ,white1 il n'y a d'exception pour personne4--,eh bien1 dit ,charlotte1 je ne puis me reprsenter au pied d'un confessionnal ,m4 ,hurst de ,saint-,pierre1 qui vient nous chanter des romances1 ni aucun des chefs si graves de nos tablissements1 eux qui saluent avec tant de hauteur4--,ils auront tous se confesser1 reprit ,white4--,tous8 demanda miss ,bolton2 mais non pas les convertis8 ,je croyais que c'tait seulement les anciens catholiques4 ,il y eut un moment de silence4 #da ,mot italien pour dsigner le surplis4 ,que deviendront les chefs de nos tablissements8 demanda miss ,charlotte4--,des abbs ou des suprieurs1 rpondit ,white4 ,ils porteront des crosses2 et quand ils diront la messe1 il y aura1 par surcrot1 un cierge allum4--,quel majestueux et excellent abb va faire le ,vice-,chancelier6 s'cria miss ,bolton4--,oh6 non2 il est trop petit pour un abb1 reprit sa sur4 ,mais vous avez oubli le ,chancelier lui-mme2 vous avez pourvu tous les autres1 ce me semble3 qu'allez-vous faire de lui8--,le ,chancelier est tout mon embarras1 rpondit ,white avec gravit4--,faites-en un chevalier du ,temple1 dit ,willis4--,le duc#db est un personnage gnant1 reprit ,white1 toujours srieusement2 je ne sais ce qu'il deviendra4 ,un chevalier du ,temple444 oui2 ,malte est aujourd'hui une possession anglaise2 il pourrait ressusciter l'ordre4 ,les deux demoiselles se mirent rire4 ,mais vous n'avez pas complt votre plan1 monsieur ,white1 dit miss ,bolton4 ,les chefs des tablissements sont des femmes3 comment peuvent-ils se faire moines8--,oh6 leurs femmes iront au couvent1 dit ,white2 ,willis et moi1 nous avons dj fait des recherches dans ,high street1 et les rsultats sont on ne peut plus satisfaisants4 ,certaines maisons de cette rue taient autrefois des tablissements de l',universit1 et il sera facile de les convertir en couvents4 ,la seule chose qui manquera1 c'est de mettre des grilles aux fentres4--,avez-vous dj une ide de l'ordre auquel elles s'uniront8 demanda miss ,charlotte4--,cela dpend d'elles-mmes1 rpondit ,white2 aucune contrainte ne leur sera faite4 ,a elles de faire leur choix4 ,mais il sera utile d'avoir deux couvents3 l'un d'un ordre actif1 et l'autre contemplatif2 les ,ursulines1 par exemple1 et les ,carmlites de la rforme de sainte ,thrse4 #db le duc de ,wellington qui1 cette poque1 tait chancelier de l'universit d',oxford4 ,jusqu'alors la conversation s'tait tenue sur la limite de la plaisanterie et du srieux2 ce moment1 elle prit un ton plus rflchi et plus doux3 ,les nonnes de sainte ,thrse ont une rgle trs-rigide1 ce me semble1 monsieur ,white8 dit miss ,bolton4--,oui1 rpondit celui-ci1 j'aurais des craintes pour mesdames les ,prsidentes et mesdames les ,principales qui feraient ce sacrifice4--,peut-tre de plus jeunes personnes1 dit-elle timidement1 pourraient mener l'affaire avec plus d'assurance4 ,on tait arriv la maison1 et ,white agita poliment la sonnette4 ,des personnes plus jeunes1 reprit-il1 sont trop dlicates pour un tel sacrifice4 ,miss ,bolton se tut4 ,et que deviendrez-vous1 monsieur ,white8 dit-elle ensuite4--,je n'en sais rien4 ,j'ai song aux ,cisterciens3 ils ne parlent jamais4--,oh6 les chers ,cisterciens6 s'cria-t-elle3 ,saint ,bernard n'en tait-il pas un8 le dlicieux homme1 le cleste1 et si jeune6 ,j'ai vu son portrait3 quels yeux6 ,white tait un gentleman de bonne mine4 ,la nonne et le moine changrent un coup d'il trs-respectueux1 et se salurent2 l'autre couple excuta la mme crmonie2 puis le salut se donna en diagonale4 ,les deux demoiselles tant rentres chez elles1 nos jeunes gens se retirrent4 ,suivons les misses ,bolton l'tage suprieur4 ,en entrant dans le salon1 elles trouvrent leur mre assise prs de la fentre1 en chapeau et en chle2 elle feuilletait un livre de cet air vague qui annonce qu'une personne est occupe1 si toutefois cette expression est permise1 attendre plutt qu' faire toute autre chose4 ,mes chres enfants1 dit-elle leur apparition1 o avez-vous t8 ,les cloches ont cess depuis un bon quart d'heure2 je crains qu'il ne vous faille renoncer l'glise ce matin4--,impossible1 chre maman1 rpondit la sur ane2 nous sommes sorties neuf heures et demie prcises2 nous n'avons pas dpens deux minutes chez le mercier1 et nous voici de retour4--,la seule chose que nous ayons faite1 en outre1 ajouta ,charlotte1 a t de jeter un regard dans ,saint-,jacques1 dont la porte tait ouverte1 pour dire un mot ou deux la pauvre vieille ,wiggins4 ,m4 ,white tait l1 ainsi que ,m4 ,willis2 et ces messieurs nous ont ramenes4--,oh6 je comprends1 reprit madame ,bolton2 c'est l'habitude1 lorsque des jeunes gens et des demoiselles se rencontrent4 ,mais1 dans tous les cas1 il est trop tard pour aller l'glise4--,non1 dit ,charlotte1 partons immdiatement2 nous arriverons pour la premire leon4--,ma chre enfant1 comment pouvez-vous me proposer une pareille chose8 je ne voudrais pas le faire pour tout au monde2 c'est si honteux6 ,mieux vaut ne pas y aller du tout4--,oh6 trs-chre maman1 repartit la sur ane1 cela est trs-certainement un prjug4 ,pourquoi aller l'glise toujours au mme moment8 ,c'est une rgle si gnante que de s'y rendre tous la fois et de s'attendre les uns les autres6 videmment1 il est plus raisonnable d'y aller quand on le peut3 tant de choses peuvent vous retarder6--,eh bien1 ma chre ,louisa1 reprit la mre1 j'aime la vieille mthode4 ,on nous disait toujours3 ,soyez vos places avant les paroles ,lorsque le mchant1 et au plus tard avant celles-ci3 ,bien-aims frres4 ,voil la bonne vieille mthode4 ,m4 ,jones et ,m4 ,pearson avaient d'ailleurs l'habitude de s'asseoir1 au moins cinq minutes1 dans la chaire pour nous donner le temps d'arriver2 et puis1 avant de commencer1 ils jetaient un regard autour d'eux4 ,m4 ,jones avait mme la coutume de prcher contre les retardataires4 ,je ne puis discuter1 mais il me parat raisonnable que les bons chrtiens entendent l'office en entier4 ,sans cela1 ils pourraient aussi bien dserter l'glise avant qu'il soit fini4--,mais1 maman1 dit ,charlotte1 c'est l'usage des pays trangers3 on va l'glise et l'on en sort volont4 ,c'est si bien selon la dvotion6--,ma chre fille1 reprit madame ,bolton1 je suis trop vieille pour comprendre tout cela2 c'est au-dessus de mon esprit4 ,je suppose que ,m4 ,white vous a dbit cette doctrine1 ,c'est un excellent jeune homme1 fort aimable et trs-poli2 je n'ai rien dire contre sa personne1 sinon qu'il est jeune1 et qu'en vieillissant il modifiera ses ides4--,tandis que nous parlons1 le temps marche1 dit ,louisa2 il est absolument impossible maintenant d'aller l'glise4--,ma chre ,louisa1 je ne voudrais pas remonter le bas-ct pour tout au monde2 positivement1 je m'enfoncerais sous terre2 quel mauvais exemple6 ,comment avez-vous pu y penser8--,ds lors1 je crois qu'il n'y a rien faire1 reprit ,louisa en tant son chapeau2 mais1 en vrit1 c'est bien triste de rendre le culte si froid et si gnant4 ,l'assistance serait double1 si l'on pouvait y aller tard4--,eh bien1 ma chre1 toutes choses sont changes prsent3 dans ma jeunesse1 les catholiques taient les gens rgles strictes1 et nous1 nous tions les personnes de dvotion2 aujourd'hui1 c'est l'inverse4--,mais n'est-il pas vrai1 chre maman8 dit ,charlotte2 ce concours continuel1 ce flux et ce reflux1 ce changement1 et pourtant cette affluence1 n'est-ce pas quelque chose de plus beau que cette manire de prier aussi sche que le pupitre8 ,il y a tant de libert et de naturel6--,libert et aisance1 je crois1 repartit la mre2 fi donc1 ,charlotte6 comment pouvez-vous parler contre le magnifique service de l'glise6 ,vous m'affligez4--,je ne blme pas1 maman2 je critique seulement cette coutume puritaine qui ne fait pas plus partie de notre glise que les bancs eux-mmes4--,la prire commune est offerte pour ceux qui peuvent venir1 ajouta ,louisa2 aller l'glise serait ds lors un privilge et non un simple devoir4--,eh bien1 ma chre enfant1 de pareils principes je ne saurais les comprendre4 ,il y avait un jeune homme du nom de ,georges ,ashton qui sortait toujours de l'glise avant le discours2 et lorsqu'on le reprenait l-dessus1 il rpondait qu'il ne pouvait supporter un prdicateur hrtique4 ,un enfant de dix-huit ans6--,mais1 maman1 que doit-on faire lorsque le prdicateur est hrtique8 ,quel autre moyen employer8 ,c'est si affligeant pour un esprit catholique6--,catholique1 catholique6 s'cria madame ,bolton avec humeur2 donnez-moi le bon vieux ,george ,,ii et la religion protestante4 ,c'tait le bon temps4 ,tout alors marchait en rgle4 ,pas de disputes1 pas de divisions1 pas de diffrends dans les familles4 ,mais aujourd'hui1 tout va autrement4 ,ma tte est bouleverse1 je le dclare2 tant de choses tranges1 extravagantes1 arrivent mes oreilles6 ,les deux surs ne rpondirent pas2 l'une jeta un coup d'il par la fentre1 l'autre se disposa sortir du salon4 ,eh bien1 c'est un contre-temps rciproque1 reprit la mre2 vous m'avez les premires empche d'aller l'glise1 et moi ensuite je vous ai retenues4 ,mais je souponne1 chre ,louisa1 que mon dsappointement est plus grand que le vtre4 ,louisa s'loigna de la fentre4 ,j'estime le ,prayer-,book plus que vous ne pouvez le faire1 ma chre enfant1 continua-t-elle2 car j'ai expriment ce qu'il vaut dans une affliction profonde4 ,puisse-t-il s'couler de longs jours1 chres filles1 avant que vous le connaissiez dans de pareilles circonstances6 mais si l'affliction vient vous visiter1 sachez-le1 toutes ces nouvelles fantaisies et ces modes s'vanouiront vos yeux1 comme le vent1 et le bon vieux ,prayer-,book sera seul votre refuge4 ,ces paroles murent nos deux demoiselles4 ,approchez1 mes enfants2 je vous ai parl trop srieusement1 ajouta-t-elle4 ,allez1 emportez vos effets1 revenez ensuite1 et occupons-nous un ouvrage paisible avant le lunch4 ,,chapitre ,,ix4 ,le sermon assez lastique du docteur ,brownside4 ,il est des personnes qui en prsence de difficults intellectuelles se tourmentent1 et font pour les rsoudre de continuels efforts que ne couronne pas toujours le succs4 ,charles tait d'une autre trempe de caractre2 une ide nouvelle n'tait pas perdue pour lui1 mais elle ne l'inquitait pas4 ,si elle tait obscure ou oppose son apprciation habituelle des choses1 il la laissait aller son chemin1 trouver d'elle-mme sa place1 et se formuler en lui par l'action lente1 mais spontane1 de son esprit4 ,en soi1 pourtant1 la perplexit est un tat peu agrable1 et volontiers il s'en serait dfait1 si c'et t possible4 ,au moyen de conversations semblables celles que nous avons cites1 et de beaucoup d'autres dont nous faisons grce au lecteur2 en outre1 d'aprs la diversit de vues qu'il avait rencontre ,oxford1 ,charles en tait venu1 au bout d'une anne1 quelques conclusions1 peu nouvelles sans doute1 mais trs-graves3 d'abord1 qu'il y a une infinit d'opinions dans le monde touchant les matires les plus importantes2 secondement1 que toutes choses ne sont pas galement vraies2 troisimement1 que c'est un devoir d'embrasser les opinions vraies2 et quatrimement1 qu'il est bien difficile d'arriver la connaissance de ces dernires4 ,comme nous l'avons dit1 il s'tait accoutum1 dans le principe1 fixer son esprit sur les personnes et non sur les opinions1 aimer dans chacun ce qui tait bon2 mais il tait alors arriv sentir qu'il n'tait pas honorable1 pour ne pas dire plus1 d'embrasser des opinions fausses4 ,peu importait qu'on crt sincrement ces opinions2 il ne pouvait avoir pour une personne qui embrassait ce que ,sheffield appelait du charlatanisme le mme respect qu'il prouvait pour celle qui embrassait une ralit4 ,white et ,bateman en taient des preuves vivantes3 ils taient certainement d'excellents garons1 mais comment souffrir leur langage chimrique1 quoique eux-mmes ne le crussent pas tel8 ,pareillement1 si le systme catholique de ,rome tait faux1 il n'tait pas moins clair 7laissant de ct des considrations plus hautes7 qu'un homme qui croyait au pouvoir des saints et les invoquait tait acteur d'une grande comdie1 quelque sincre qu'il ft4 ,il prenait des mots pour des choses1 et jusque l1 lui1 ,charles1 ne pouvait le respecter1 pas plus qu'il ne respectait ,white et ,bateman4 ,de mme de l',unitaire3 si celui-ci croyait que la puissance de la nature humaine abandonne ses propres forces est ce qu'elle n'est pas2 si ds son origine l'homme est un tre tomb1 et que lui le crt debout1 il s'attachait une absurdit4 ,il pouvait racheter ou couvrir cette tache par mille qualits prcieuses1 la tache resterait toujours2 justement comme nous regarderions un bel homme dfigur par la perte d'un il ou d'une main4 ,de plus1 si un chrtien de profession faisait du ,trs-,haut un tre simplement misricordieux1 et que cet tre1 au contraire1 selon la doctrine de l'glise ,anglicane1 ft un ,dieu qui punt par amour de la justice1 ce chrtien faisait une idole ou une chimre de l'objet de sa religion et 7 part des ides plus srieuses sur son compte7 lui1 ,charles1 ne pouvait le respecter4 ,et c'est ainsi que1 graduellement1 le principe du dogmatisme devint un lment essentiel dans les vues religieuses de ,reding4 ,graduellement1 et d'une manire imperceptible lui-mme1 disons-nous2 car les penses que nous avons exposes ne lui vinrent qu' des poques diffrentes2 mais il les reprenait toujours au point o il les avait quittes en dernier lieu4 ,ses cours et ses autres devoirs particuliers1 ses amis et ses rcrations taient le principal objet de la journe2 il y avait nanmoins1 chez lui1 un secret courant qui tait toujours en action1 et qui venait retentir l'oreille de son esprit ds que les autres bruits se calmaient4 ,s'il faisait sa toilette le matin1 s'il s'asseyait sous les htres du jardin du collge1 lorsqu'il errait dans la prairie1 lorsqu'il allait en ville payer une note ou faire une visite1 lorsque le soir il se jetait sur son sofa1 aprs avoir ferm sa porte1 des penses analogues celles que nous avons dcrites s'agitaient dans sa tte4 ,cependant les discussions et les travaux1 dont ,oxford tait le thtre1 touchaient leur fin2 car le temps de la ,trinit tait dj pass1 et la ,commmoration approchait4 ,or1 il arriva1 le dimanche avant cette dernire fte1 que le sermon de l',universit fut prch par un personnage de distinction1 venu la ville pour prendre part cette solennit4 ,ledit personnage n'tait rien moins que le trs-rvrend docteur ,brownside1 nouveau doyen de ,nottingham1 pendant quelque temps professeur ,huntingdonien de thologie1 et l'un des plus subtils penseurs universitaires du jour1 sinon le plus profond4 ,une taille plus que mdiocre1 un nez affubl de lunettes1 un front chauve1 des cheveux noirs aux boucles arrondies1 des lvres souriant avec affectation1 un certain air compass dans les formes1 tel tait au physique notre prdicateur4 ,ajoutons en outre qu'il savait donner de la pompe son geste1 et qu'il maniait avec facilit une prononciation distincte et musicale1 de sorte que tout son auditoire pouvait l'entendre sans efforts4 ,comme thologien1 le docteur ,brownside paraissait n'avoir jamais eu de difficult sur n'importe quel sujet4 ,il tait si clair ou si superficiel1 qu'il voyait au fond de toutes ses penses2 aussi bien1 puisque le docteur ,johnson nous assure que toutes les eaux peu profondes sont claires1 peut-tre pouvons-nous le dsigner par les deux pithtes4 ,pour lui1 la ,rvlation1 au lieu d'tre l'abme des conseils de ,dieu1 avec ses bauches obscures et ses grandes ombres1 tait une plaine ouverte et brillante1 sillonne par des routes droites et macadamises4 ,sans doute1 il ne niait pas l'incomprhensibilit divine elle-mme1 comme quelques hrtiques anciens2 mais il soutenait que dans la ,rvlation tout ce qui tait mystrieux avait t laiss de ct1 et que ,dieu ne nous avait fait connatre que ce qui tait pratique et ce qui nous regardait directement4 ,toutefois1 c'tait pour lui un prodige que tout le monde ne ft pas de son avis1 en acceptant cette manire de voir simple et naturelle qui1 ses yeux1 tait l'vidence elle-mme2 et il attribuait ce phnomne1 qui n'tait pas rare1 quelque dfaut d'intelligence ou au manque de quelque fil de l'esprit1 comme il peut advenir4 ,le docteur ,brownside tait un prdicateur populaire1 c'est--dire que1 quoiqu'il et peu de partisans1 il avait toujours un trs-bel auditoire2 et l'occasion dont il s'agit ici1 l'glise pouvait peine contenir les nombreux tudiants venus pour l'entendre4 ,il commena son discours en faisant observer que c'tait une chose tonnante de voir si peu de bons dialecticiens dans le monde1 alors que la facult du raisonnement tait un des apanages de la nature humaine1 celui qui la distinguait des brutes4 ,on avait dit1 il est vrai1 que les brutes raisonnaient2 mais c'tait dans un sens analogique du mot raison et un exemple de cette ambigut de langage ou de la confusion d'ides dont il parlait en ce moment4 ,pareillement1 nous disons que la raison pour laquelle le vent souffle1 c'est qu'il y a un changement de temprature dans l'atmosphre2 et que la raison pour laquelle les cloches sonnent1 c'est qu'un sonneur les balance2 mais qui oserait dire que le vent raisonne ou que les cloches raisonnent8 ,il y avait1 croyait-il1 un fait 7et il appuya fortement sur ce mot71 non parfaitement constat1 de brutes qui raisonnent4 ,on avait soutenu que si1 en cherchant son matre1 le chien1 cet animal si intelligent1 rencontrait trois routes1 aprs en avoir flair deux1 il prenait hardiment la troisime1 sans autre investigation pralable2 ce qui1 en supposant le fait vrai1 tait un exemple d'un syllogisme disjonctif et hypothtique4 ,dugald ,stewart avait aussi parl d'un singe qui cassait des noix derrire une porte1 ce qui1 n'tant pas une imitation stricte d'une chose que l'animal aurait pu voir actuellement1 impliquait un acte d'abstraction par lequel cette brute intelligente s'tait d'abord leve la notion gnrale des casse-noisettes1 qu'elle avait pu voir dans un cas particulier1 en argent ou en acier1 sur la table de son matre1 et qu'ensuite1 descendant de cette ide gnrale1 elle lui avait donn un corps1 et l'avait obtenu sous la forme d'un expdient de sa propre invention4 ,les brutes raisonnent3 telle avait donc t l'assertion2 toutefois1 le docteur ,brownside pouvait prsentement admettre que la facult du raisonnement tait le caractre propre de l'espce humaine1 et que1 tel tant le cas1 il tait vraiment trange de trouver si peu de personnes qui raisonnassent bien4 ,aprs cette introduction1 notre prdicateur en vint attribuer ce dfaut le nombre des diffrences religieuses qui sont dans le monde4 ,il dit que les questions les plus clbres en religion n'taient que des questions de mots2 que les combattants ignoraient leur propre dessein ou celui de leurs adversaires2 et qu'une teinte de bonne logique aurait mis fin toutes les discussions qui avaient troubl le monde pendant des sicles1 aurait empch bien des guerres sanglantes1 bien de furieux anathmes1 bien des excutions cruelles et nous et pargn bien de lourds in-folio4 ,il alla jusqu' supposer que1 dans le fait1 il n'y avait ni vrit ni erreur dans les dogmes reus en thologie2 que c'taient des modes1 ni bons ni mauvais en eux-mmes1 mais personnels1 nationaux ou priodiques1 manifestant seulement le travail de l'intelligence sur les grandes vrits religieuses2 que le tort consistait non les admettre1 mais appuyer fortement sur eux3 en d'autres termes1 que c'tait vouloir absolument habiller un ,hindou en ,finnois1 et donner le boomarang#dc un rgiment de dragons4 #dc ,petit bton recourb par un bout1 dont se servent dans leurs jeux1 avec beaucoup d'adresse1 des sauvages d'une tribu d',australie4 ,il continua1 faisant observer que1 d'aprs les assertions prcdentes1 on pouvait voir clairement sous quel point de vue les formulaires anglicans devaient tre accepts3 c'tait notre mode d'exprimer des vrits ternelles1 qu'on aurait pu aussi bien traduire d'une autre manire1 comme tout penseur dialecticien le comprendrait sans peine4 ,ds lors1 on ne devait leur faire subir aucune altration2 il fallait les conserver dans leur intgrit1 sans oublier toutefois qu'ils taient la thologie anglicane1 et non la thologie abstractivement prise2 et que1 quoique le ,symbole d',athanase ft bon pour nous1 il ne s'ensuivait pas qu'il le ft aussi pour nos voisins3 bien plus1 que ce qui1 nos yeux1 tait l'oppos de ce ,credo1 pouvait convenir mieux d'autres1 tre leur mode d'exprimer les mmes vrits4 ,il termina son discours par un mot en faveur de ,nestorius1 deux pour ,abeilard1 trois pour ,luther1 ce grand gnie1 qui vit que1 glises1 symboles1 rites1 personnes n'taient rien en religion1 et que l'esprit intrieur1 la foi1 selon son expression1 tait absolument tout en tout4 ,il avertit enfin ses auditeurs que les choses n'iraient bien l',universit que lorsque ce grand principe serait tellement admis qu'ils en viendraient1 non pas rejeter leurs formulaires propres et distinctifs1 mais regarder leurs contradictions directes comme tant galement agrables au divin auteur du ,christianisme4 ,charles ne comprit pas tout l'ensemble du sermon2 mais il en saisit assez pour tre convaincu que ce discours tait diffrent de tous ceux qu'il avait entendus dans sa vie4 ,il fit plus que douter si1 aprs l'avoir ou1 son pre n'en aurait pas fait une exception sa maxime favorite4 ,il se retira1 cherchant en lui-mme ce que le prdicateur avait pu vouloir exprimer1 et se demandant s'il l'aurait mal compris4--,voulait-il dire que les ,unitaires taient seulement de mauvais dialecticiens1 mais qu'ils pouvaient tre d'aussi bons chrtiens que les croyants orthodoxes8 ,c'tait bien l sa pense4 ,mais1 quoi donc6 si1 aprs tout1 il tait dans le vrai8--,un instant ,charles s'abandonna cette ide4--,ds lors tout homme est1 plus ou moins1 ce que ,sheffield appelle un comdien1 et nous n'avons pas nous inquiter de qui que ce soit4 ,donc1 j'avais raison dans le principe de vouloir accepter chacun pour ce qu'il est4 ,rflchissons4 ,tout homme un comdien444 ,les comdiens sont respectables1 ou plutt personne n'est respectable4 ,nous ne pouvons agir sans quelque forme extrieure de croyance2 l'une n'est pas plus vraie que l'autre2 c'est--dire toutes sont galement vraies444 ,toutes sont vraies4 ,c'est bien le meilleur ct par o l'on puisse prendre la question2 aucune n'est comdie1 toutes sont vraies4 ,toutes sont vraies8 impossible6 l'une aussi vraie que l'autre8 ,eh bien1 donc1 il est aussi vrai que notre ,seigneur est un pur homme qu'il est certain qu'il est un ,dieu4 ,impossible qu'il ait voulu exprimer cela2 que voulait-il dire8 ,ainsi pensait ,charles1 troubl d'une manire pnible4 ,cependant1 malgr cet tat de perplexit1 deux convictions naquirent en lui3 la premire1 bien triste sans doute1 tait qu'il ne pouvait recevoir pour vangile tout ce qui tait prch du haut de la chaire1 mme par les autorits d',oxford et les thologiens de renom2 la seconde1 que son aimable disposition d'autrefois d'accepter chacun pour ce qu'il est offrait des dangers1 conduisant1 sans beaucoup de peine1 la tolrance de toutes sortes de croyances1 et arrivant1 par une dduction lgitime1 au sentiment exprim dans la ,prire universelle de ,pope1 prire que son pre lui avait toujours prsente comme un modle achev du philosophisme superficiel3 ,pre de l',univers1 en tous lieux1 en tout ge1 ,constamment ador1 comme un suprme honneur1 ,du barbare farouche1 et du saint et du sage1 ,toi1 le grand ,jehovah1 ,jupiter ou ,seigneur4 ,,chapitre ,x4 ,l'homme du juste milieu et les partis d',oxford4 ,charles consacra ce trimestre son premier examen1 ce qui l'obligea rester encore quelques jours ,oxford aprs le dpart de ses condisciples pour les grandes vacances4 ,ainsi vint-il faire la connaissance de ,m4 ,vincent1 un des plus jeunes tuteurs#dd1 lequel fut assez bon pour l'inviter dner1 le dimanche1 au rfectoire1 et qui plusieurs fois lui fit faire1 le matin1 quelques tours de promenade1 avec lui1 dans l'alle des ,fellows4 #dd ,le tuteur 7tutor7 n'est autre que le professeur du collge4 ,le nom de professeurs 7professors7 ne se donne qu'aux professeurs eux-mmes de l',universit4 ,au lieu de se rendre dans sa classe pour donner ses leons1 le tuteur reoit les lves chez lui4 ,peu d'annes suffisent1 ,oxford1 pour mettre une grande diffrence dans la position des personnes4 ,c'est ainsi que ,m4 ,vincent devint ce qu'on appelle un don aux yeux de quelques tudiants qui avaient presque son ge4 ,au reste1 ,vincent paraissait plus g qu'il n'tait en ralit4 ,d'une constitution forte1 il avait le teint fleuri et de grands yeux bleus2 sa poitrine et ses poignets talaient un grand luxe de linge4 ,quoique homme d'intelligence1 lecteur intrpide1 travailleur infatigable1 et un des premiers tuteurs1 il tait galement bon convive2 il mangeait et buvait1 il se promenait et montait cheval avec autant d'ardeur qu'il en mettait expliquer ,aristote ou bourrer ses lves de thtre grec4 ,ce qui est plus trange encore1 avec tout cela1 ,vincent avait quelque chose du valtudinaire4 ,il avait quitt l'cole1 grce la participation une bourse1 et partout1 l'cole comme l',universit1 il s'tait acquis la rputation d'tre un rudit de premier ordre4 ,strict observateur de la discipline1 sa manire1 il avait sous ses ordres les lves du collge4 ,comme il y avait de la bonhomie dans sa nature1 ceux-ci le regardaient avec des sentiments mls de crainte et de bon vouloir4 ,ils riaient de lui1 mais ils lui obissaient ponctuellement4 ,aussi bien1 notre tuteur savait faire un bon discours1 lire les prires avec onction1 et parfois1 dans la conversation1 il trouvait l'accent d'une spiritualit vanglique4 ,les jeunes tudiants dclaraient mme qu'ils pourraient dire combien de porto il avait bu au rfectoire1 comme rcompense de ses pieuses rponses la prire du soir2 et l'on se rappelait qu'une fois1 pendant le ,confiteor1 dans la chaleur de sa contrition1 il avait pouss l'norme coussin de velours o s'appuyaient ses coudes sur la tte des gentlemen commoners#de qui taient assis plus bas que lui4 #de ,voy4 la note ,b4 ,vincent avait juste assez d'originalit d'esprit pour se donner une excuse de former son propre parti en religion2 ou comme il le disait lui-mme1 de n'tre pas homme de parti2 il en avait en mme temps assez peu pour prendre toujours des fictions pour des vrits et changer des riens pompeux en oracles4 ,ses manires taient celles d'un augure2 il dnonait les partis et l'esprit du parti1 et croyait se garder libre en vitant tout le monde1 et en embrassant toutes les opinions4 ,il tait persuad que la vrit se trouvait dans le via media1 et1 pour l'acqurir1 il pensait que c'tait assez de s'loigner des extrmes1 sans avoir une connaissance exacte de ce juste-milieu4 ,il n'avait pas assez de pntration d'esprit pour pousser une vrit jusqu' ses dernires limites1 ni assez de hardiesse pour l'embrasser dans sa simplicit2 mais il tait sans cesse affirmant une chose1 la niant ensuite1 balanant ses ides dans une position impossible1 et noyant ses paroles dans un dluge d'exceptions inintelligibles4 ,quant aux hommes et aux opinions du jour et du lieu1 il aurait voulu en gnral les suivre1 s'il avait t libre2 mais il tait oblig d'avoir un esprit lui1 et cela le poussait de terribles expdients lorsqu'il voulait se distinguer des autres4 ,s'il avait t plus g qu'eux1 il aurait parl des jeunes ttes1 des ttes chaudes2 mais vu que ces messieurs taient des hommes graves et froids1 et qu'ils le dpassaient de quatorze ou quinze ans1 il ne trouvait rien de mieux que de secouer la tte1 de murmurer contre l'esprit de parti1 de refuser de lire leurs ouvrages par crainte d'tre d'accord avec eux1 et de se faire une gloriole de son aversion pour leur socit4 ,en ce moment1 il tait sur le point de partir pour faire un voyage sur le continent1 dans le but de se remettre de ses travaux de l'anne2 il tenait1 toutefois1 salles et chapelles ouvertes pour les tudiants qui attendaient l'poque de leur examen ou la note de leur pension payer4 ,c'est dans ces circonstances que ,vincent remarqua ,charles comme un jeune homme intelligent et modeste1 dont on pourrait faire quelque chose4 ,dans cette pense1 parmi d'autres politesses1 il l'avait invit djeuner un ou deux jours avant son dpart4 ,un djeuner de tuteur est toujours une affaire dlicate pour l'hte1 comme pour les convives2 et ,vincent se piquait du tact avec lequel il se tirait d'embarras4 ,la partie matrielle tait assez facile3 petits pains1 rties1 muffins1 ufs1 agneau froid1 fraises1 formaient le menu1 et1 au moment convenable1 le servant du collge apporta des ctelettes de mouton et du jambon grill2 et chacun satisfait mangeait de tout cur ou plutt selon son apptit4 ,c'tait une plus dure tche d'entretenir un courant d'ides1 ou au moins de paroles1 ce sans quoi le djeuner n'et gure t meilleur qu'une auge immonde4 ,la conversation1 ou plutt le mono-polylogue1 comme l'appelle un grand artiste1 se droula peu prs ainsi qu'il suit3 ,monsieur ,bruton1 quelles nouvelles du ,straffordshire8 ,les poteries marchent-elles bien maintenant8 ,nos poteries gagnent de l'importance4 ,vous n'avez pas besoin de regarder la tasse et la soucoupe qui sont devant vous1 monsieur ,catley3 elles viennent du ,derbyshire4 ,aujourd'hui1 on voit partout de la faence anglaise sur le continent4 ,j'ai trouv moi-mme1 dans le cratre du ,vsuve1 une demi-soucoupe sur laquelle tait dessin un saule4 ,monsieur ,sikes1 je pense que vous avez t en ,italie8--,non1 monsieur1 j'tais sur le point d'y aller2 ma famille est partie1 il y a une quinzaine2 mais j'ai t retenu ici par ces maudites btises4--,vos responsiones1 reprit le tuteur sur un ton de reproche2 ce dlai est bien fcheux pour vous2 car la saison sera extraordinairement belle1 si les mtorologistes de la sur#df de notre ,universit ne se trompent point dans leurs prdictions4 ,quels sont les examinateurs1 monsieur ,sikes8--,butson de ,leicester est un des plus svres1 monsieur2 il rejette un candidat sur trois4 ,la semaine dernire1 il a refus ,patch de ,saint-,georges1 et ,patch a jur de le tuer2 depuis lors1 ,butson ne se promne qu'accompagne d'un bouledogue4--,ces bruits sont de ceux qui courent souvent1 mais il ne faut pas y croire4 ,si c'est vrai1 ,m4 ,patch n'aurait pas pu donner une meilleure preuve que son rejet tait mrit4 #df ,l'universit de ,cambridge4 ,ici1 un moment de silence1 pendant lequel le pauvre ,vincent avala la hte deux ou trois bouches de pain et de beurre1 tandis que les fourchettes et les couteaux de ses convives rsonnaient sur les assiettes4 ,monsieur1 est-il vrai1 s'cria enfin quelqu'un1 que le vieux ,principal va se marier8--,ce sont des matires dont il faut toujours s'assurer la source1 monsieur ,atkins1 rpondit ,vincent2 antiquam exquirite matrem1 ou plutt patrem2 ha1 ha6 ,un peu plus de th1 monsieur ,reding2 cela n'agitera pas vos nerfs4 ,je suis quelque peu recherch dans mon th2 celui-ci est venu par voie de terre travers la ,russie2 l'air de la mer dtruit l'arome de notre th ordinaire4 ,a propos d'air1 monsieur ,tenby1 je crois que vous tes chimiste4 ,avez-vous remarqu les nouvelles expriences sur la composition et la dcomposition de l'air8444 ,non8 ,j'en suis surpris2 elles mritent votre plus srieuse attention4 ,c'est maintenant assez bien tabli qu'en aspirant des gaz on obtient la gurison de toute espce de maladies4 ,on commence parler de cures par le gaz comme on a parl des cures par l'eau4 ,le grand chimiste tranger1 le professeur ,scaramouche1 a le mrite de la dcouverte4 ,les effets sont tonnants1 tout fait tonnants2 et il y a plusieurs concidences remarquables4 ,vous savez que les mdecines sont toujours dsagrables3 eh bien1 ces gaz1 galement1 sont ftides4 ,le professeur gurit par les mauvaises odeurs et il a pouss sa science une telle perfection qu'il a pu les classer d'une manire positive4 ,il y a six mauvaises odeurs lmentaires1 lesquelles se partagent en une grande varit de subdivisions4 ,que dites-vous1 monsieur ,reding8444 ,distinctif8 ,oui1 il y a quelque chose de trs-distinctif dans les odeurs4 ,mais ce qu'il y a de plus beau1 la merveilleuse concidence dont je parle1 c'est que la dcomposition dernire des gaz ftides leur assigne prcisment le mme nombre que celui des maladies reconnues d'aprs les plus rcents traits de pathologie4 ,chaque maladie a son gaz2 et ce qu'il y a de plus singulier1 un rcipient o l'on a fait le vide est un spcifique pour certains cas dsesprs4 ,par exemple1 on a opr ainsi plusieurs cures d'hydrophobie4 ,monsieur ,seaton1 continua-t-il en s'adressant un tudiant de premire anne1 qui1 son djeuner fini1 tait assis tristement sur sa chaise1 les yeux baisss1 et jouait avec son couteau2 monsieur ,seaton1 vous regardez ce tableau 7le tableau tait presque derrire ,seaton72 je ne m'en tonne pas2 il m'a t donn par ma bonne vieille mre qui mourut il y a plusieurs annes4 ,il reprsente une belle vue d',italie4 ,vincent se leva1 et tout le monde aprs lui4 ,les convives se grouprent autour du tableau4 ,je prfre le vert de l',angleterre1 dit ,reding4--,l',angleterre n'a pas cette brillante varit de couleurs1 reprit ,tenby4--,mais il y a quelque chose de si agrable dans le vert4--,vous savez probablement1 monsieur ,reding1 dit le tuteur1 que le vert est abondant en ,italie1 et qu'en hiver mme il y en a plus qu'en ,angleterre2 seulement1 il y a aussi d'autres couleurs4--,mais je ne puis m'empcher de croire que ce mlange de couleurs n'offre pas le calme du paysage anglais4--,le calme1 par exemple1 de ,binsey ou de ,port-,meadow1 en hiver1 reprit ,tenby4--,dites en t1 rpliqua ,charles2 si vous choisissez le lieu1 je choisirai la saison4 ,l',universit entre en vacances au moment qu',oxford commence taler tous ses charmes4 ,les promenades et les prairies sont maintenant si odorantes et si splendides1 le foin est presque enlev1 et le nouveau gazon commence paratre4--,reding devrait passer ici les grandes vacances1 dit ,tenby3 reste-t-on ,oxford pendant ce temps1 monsieur8--,voulez-vous dire qu'on y meurt avant qu'elles se terminent1 monsieur ,tenby8 rpliqua ,vincent4 ,il est vrai toutefois1 continua-t-il1 que bien des jeunes gens1 comme ,m1 ,reding1 croient que c'est la plus agrable saison de l'anne4 ,j'aime ,oxford2 mais ce n'est pas ma demeure en dehors du temps de mes tudes4--,eh bien1 quant moi1 j'aimerais y rester1 reprit ,charles4 ,mais je pense qu'on ne le permet pas aux sous-gradus4 ,m4 ,vincent rpondit1 avec plus de gravit qu'il n'tait ncessaire3 ,non4 ,c'tait l'affaire du ,principal2 mais1 selon lui1 celui-ci n'y consentirait pas4 ,vincent ajouta que certainement il y avait des partis qui restaient ,oxford pendant les grandes vacances4 ,ceci fut dit avec mystre4 ,charles rpliqua que si c'tait contre les rgles du collge1 il n'y avait rien esprer2 autrement1 puisqu'il tudiait pour prendre ses grades1 rien ne lui plairait tant que de passer ses grandes vacances ,oxford1 en juger par le charme des dix derniers jours4 ,c'est un compliment l'adresse de vos compagnons1 monsieur ,reding1 dit ,vincent4 ,en ce moment1 la porte s'ouvrit1 et le pourvoyeur entra avec le menu du dner1 sur lequel ,m4 ,vincent devait jeter un coup d'il3 ,watkins1 dit-il1 en lui remettant la note1 je suis presque sr qu'aujourd'hui c'est un des jenes#dg de l'glise4 ,allez voir1 ,watkins1 et donnez-moi un mot de rponse4 ,le pourvoyeur1 qui n'avait jamais eu de semblable commission remplir durant toute sa carrire1 fut tonn1 et il sortit la hte du salon pour chercher dans son esprit le meilleur moyen de s'acquitter de son devoir4 ,la question du tuteur parut frapper aussi la compagnie1 car il y eut un prompt silence1 qui fut suivi d'une agitation de pieds et de saluts d'adieu4 ,on et dit que1 quoique au djeuner ces messieurs eussent mis en lieu sr jambon1 mouton et le reste1 ils ne voulaient pas risquer leur dner4 ,watkins revint plus tt qu'on ne pouvait s'y attendre4 ,il dit ,m4 ,vincent qu'il avait raison3 d'aprs le calendrier1 ce jour-l1 c'tait la fte des ,aptres4 ,vous voulez dire la vigile de ,saint-,pierre1 ,watkins1 reprit ,m4 ,vincent3 c'est ce que je pensais4 ,alors1 donnez-nous un bon bifteck et un filet de mouton3 pas d'oignons de ,portugal1 ,watkins1 ni de gele2 ajoutez-y un simple pouding1 une charlotte1 ,watkins3 et cela suffit4 #dg ,le jene proprement dit n'existe plus parmi les anglicans4 ,les plus svres d'entre eux1 les hommes de la vieille cole1 se contentent1 quand vient un de ces jours de pnitence d'aprs leur calendrier1 de joindre du poisson sal leur dner1 qui est toujours gras4--,nous n'entendons pas parler ici des ,pusistes2 ils forment une honorable exception2 mais1 en cela comme dans leurs doctrines1 ils diffrent des principes et des pratiques de l'glise anglicane4 ,watkins disparut4 ,charles se trouva alors seul avec l'autorit du collge1 qui commena lui parler d'un ton plus confidentiel4 ,monsieur ,reding1 dit ,vincent1 je n'aimais pas vous interroger en prsence des autres convives2 je comprends toutefois que vous n'ayez pas d'intention particulire dans l'loge que vous faites d',oxford1 comme sjour pendant les vacances4 ,dans la bouche de certains autres1 ce langage aurait t suspect4 ,charles tait tout surpris4 ,a dire vrai1 monsieur ,reding1 les choses allant comme elles vont1 c'est souvent une marque de parti que cette rsidence ,oxford pareille poque1 quoique1 sans doute1 il n'y a rien dans la chose elle-mme qui ne soit naturel et lgitime4 ,charles redoubla d'attention4 ,mon bon monsieur1 continua le tuteur1 vitez les partis1 je vous y engage fort4 ,vous tes jeune encore parmi nous4 ,j'ai toujours t inquiet par rapport aux jeunes gens de talent2 l',universit1 le plus grand danger pour le talent1 c'est d'tre absorb dans un parti4 ,reding rpondit qu'il esprait n'avoir jamais donn lieu l'observation de son tuteur4 ,non1 rpliqua ,m4 ,vincent2 non1 ajouta-t-il avec une lgre hsitation2 non1 je ne sais rien l-dessus4 ,mais j'ai jug que certaines de vos remarques et de vos questions au cours indiquaient une personne qui pousse les choses trop loin1 et qui dsire se crer un systme4 ,charles fut tellement confondu par ce reproche que le mystre inexpliqu des grandes vacances s'chappa de sa tte4 ,il rpondit qu'il tait trs-pein et trs-oblig2 et il tcha de se rappeler ce qu'il aurait pu dire qui prtt un fondement l'observation de son tuteur4 ,ne pouvant s'en souvenir en ce moment1 il continua3 ,je vous l'assure1 monsieur2 je connais si peu les partis de cette ville1 que c'est peine si j'en connais les chefs4 ,j'ai entendu citer quelques personnes2 mais1 si j'essayais de me les rappeler1 je pense que je confondrais les noms et les opinions4--,je le crois1 dit ,vincent2 mais vous tes si jeune1 je vous mets en garde contre les tendances4 ,vous pouvez vous trouver subitement absorb1 avant de savoir o vous en tes4 ,charles crut l'occasion favorable pour faire quelques questions sur des points qui le tourmentaient4 ,il demanda si le docteur ,brownside tait regard comme un thologien bon suivre4 ,je soutiens1 voyez-vous1 rpondit ,vincent1 que toutes les erreurs sont des contrefaons de la vrit4 ,les hommes intelligents disent des choses vraies1 monsieur ,reding1 vraies dans leur substance1 mais 7parlant voix basse7 ils vont trop loin4 ,on pourrait mme montrer que toutes les sectes1 en un sens1 ne sont que des portions de l'glise ,catholique4 ,je ne dis pas des portions vraies1 ceci est une autre question2 mais elles renferment de grands principes4 ,les ,quakers reprsentent le principe de la simplicit et de la pauvret vanglique2 ils ont mme un costume eux comme les moines4 ,les ,indpendants reprsentent les droits des laques2 les ,wesleyens chrissent le principe de la dvotion2 les ,irvingites1 le symbolisme et le mysticisme2 la ,haute glise1 le principe de l'obissance2 les ,libraux sont les gardiens de la raison4 ,nul parti ds lors1 mon avis1 n'est entirement vrai1 ni entirement faux4 ,quant au docteur ,brownside1 il y a eu certainement bien des opinions soutenues sur sa thologie2 cependant1 c'est un homme habile1 et je pense que vous acquerrez du bon1 oui1 du bon1 dans son enseignement4 ,mais1 souvenez-vous-en1 je ne vous le recommande pas4 ,pourtant je le respecte2 et je crois qu'il dit bien des choses trs-dignes de votre attention4 ,je vous conseillerais donc de prendre dans ses discours ce qui est bon1 et de ne pas vous attacher ce qui est mauvais4 ,ceci1 croyez-le1 monsieur ,reding1 est1 dans ces matires1 la rgle la plus claire1 et la rgle d'or en mme temps44 ,charles rpondit que ,m4 ,vincent l'estimait une trop haute valeur1 qu'il sentait fort bien qu'il avait apprendre avant de pouvoir porter des jugements2 et qu'il dsirait fort connatre si son tuteur pourrait lui recommander un ouvrage o il vt d'un coup d'il quelle tait la vraie doctrine de l'glise d',angleterre sur un certain nombre de points qui le tourmentaient4 ,m4 ,vincent rpliqua qu'il devait prendre garde ne pas dissiper son esprit dans de telles lectures4 ,a une poque o ses devoirs de l',universit avaient un droit rel sur lui1 il devait s'loigner de toutes les controverses et de tous les hommes du jour4 ,il lui conseillerait de ne pas lire d'auteurs vivants4 ,lisez seulement les auteurs morts1 continua-t-il4 ,les auteurs morts sont srs4 ,nos grands thologiens 7et il se leva debout7 taient des modles4 ,il y avait des gants sur la terre en ce temps-l1 comme l'a dit un jour au docteur ,johnson ,george ,,iii1 en lui parlant de ces hommes4 ,ils avaient la profondeur1 et la puissance1 et la gravit1 et la plnitude du talent1 et l'rudition4 ,et il y avait en eux de la substance1 cette substance relle que l'on pouvait appeler vraiment anglaise4 ,ils avaient cette richesse aussi1 une mine si fconde de penses1 un tel monde d'opinions1 une telle activit d'esprit1 des ressources si inpuisables1 une telle varit aussi4 ,et puis1 ils taient si loquents6 le majestueux ,hooker1 ,taylor l'imagination si belle1 le brillant ,hall1 la science de ,barrow1 le jugement droit de ,south1 la logique serre de ,chillingworth1 l'honnte et le bon vieux ,burnet1 etc41 etc4 ,en le prenant sur ce ton1 ,vincent pouvait parler sans fin2 il lui plut pourtant de s'arrter4 ,c'tait de la prose1 mais cette prose tait agrable ,charles4 ,il en connaissait assez sur ces crivains pour trouver de l'intrt entendre parler d'eux1 et1 pour lui1 ,vincent semblait dire bien des choses1 tandis que1 dans le fait1 son discours tait fort pauvre4 ,lorsque le tuteur s'arrta1 notre jeune tudiant rpondit qu'il croyait que certaines personnes de l',universit poussaient l'tude de ces auteurs4 ,m4 ,vincent prit un air grave4 ,c'est vrai1 rpliqua-t-il2 mais1 mon jeune ami1 je vous ai dj donn entendre que les choses indiffrentes elles-mmes sont employes comme instruments de parti4 ,en ce moment1 les noms de nos plus grands thologiens ne sont que le mot d'ordre qui sert indiquer les opinions des personnes vivantes4--,ces opinions1 je suppose1 reprit ,charles1 ne doivent pas se trouver dans ces auteurs4--,je ne dis pas cela1 rpondit ,m4 ,vincent4 ,j'ai le plus grand respect pour les personnes en question1 et je ne nie pas qu'elles n'aient fait du bien notre glise en ramenant l'attention1 en ces jours de relchement1 sur l'ancienne thologie de l'glise d',angleterre4 ,mais c'est une chose que d'tre d'accord avec ces messieurs1 et c'en est une autre 7frappant sur l'paule de ,charles71 c'en est une autre d'embrasser leur parti4 ,ne faites d'aucun homme votre matre2 acceptez de tous ce qui est bon2 pensez bien de tous1 et vous serez un homme sage4 ,reding demanda1 avec une certaine timidit1 si cette doctrine ne ressemblait pas celle que le docteur ,brownside avait prche du haut de la chaire de l',universit2 mais peut-tre ,m4 ,vincent soutenait-il une tolrance d'opinions dans un sens diffrent8 ,le tuteur rpondit d'une manire un peu brve1 qu'il n'avait pas entendu le sermon du docteur ,brownside2 mais que1 pour lui1 il avait parl seulement des personnes de notre communion4 ,notre glise1 ajouta-t-il1 admet dans son sein une grande libert de penses4 ,nos plus grands thologiens mme diffrent entre eux beaucoup d'gards2 bien plus1 l'vque ,taylor diffre de lui-mme4 ,c'est l un grand principe dans l'glise d',angleterre4 ,ses vritables enfants s'accordent diffrer d'opinions4 ,en vrit1 continua-t-il1 c'est l cette indpendance vigoureuse1 forte et noble de l'esprit anglais1 qui refuse de s'assujettir des formes artificielles1 et qui ressemble1 dirai-je1 une grande et magnifique production de la nature2 c'est un arbre riche dans son feuillage et aux branches capricieuses2 un arbre qui n'est pas languissant dans une serre chaude ou sous la dpendance malheureuse d'un mur de jardin1 mais qui1 dans une magnificence nglige1 rpand ses fruits sur une terre libre pour l'oiseau de l'air1 la bte des champs et toute espce d'animaux1 afin qu'ils s'en nourrissent et qu'ils y trouvent tous des jouissances4 ,lorsque ,charles sortit1 il essaya de rsumer ce qu'il avait gagn la conversation de ,m4 ,vincent4 ,il n'avait pas obtenu prcisment ce qu'il avait demand 7quelques rgles pratiques pour guider son esprit et le faire marcher droit71 mais seulement quelques conseils utiles4 ,dj il s'tait loign des partis1 et ce qu'il avait vu des hommes qui y taient attachs avait scandalis sa conscience4 ,vincent l'avait confirm dans sa rsolution de les viter et de s'appliquer ses devoirs de collge4 ,il tait satisfait d'avoir eu cette conversation avec lui2 mais que signifiait ce soupon de sa tendance pousser les choses trop loin1 et se mler par l aux partis8 ,il fut oblig de se rsigner l'ignorance sur ce sujet et de se contenter d'tre sur ses gardes l'avenir4 ,,chapitre ,,xi4 ,une rencontre4 ,l'occasion ne s'est pas offerte d'informer le lecteur que1 pendant la dernire ou l'avant-dernire semaine1 ,charles avait1 par hasard1 rencontr plusieurs fois ,willis1 l'ombre de ,white au djeuner de ,bateman4 ,le jour o il l'avait vu chez celui-ci1 il avait aim son air quand il gardait le silence4 ,il avait t moins content de sa personne quand il l'avait entendu parler2 il ne pouvait1 toutefois1 s'empcher de lui porter de l'intrt1 vu surtout que ,willis paraissait l'avoir pris en affection4 videmment1 ce dernier aimait ,charles et semblait dsireux d'entretenir avec lui de bons rapports4 ,charles1 pourtant1 gotait aussi peu sa manire de parler que celle de ,white2 et lorsqu'il visita pour la premire fois son logement1 il y trouva bien des choses qui choqurent son bon sens et ses principes religieux4 ,un grand crucifix d'ivoire1 enferm sous verre1 se faisait remarquer entre les fentres2 une gravure reprsentant la ,sainte-,trinit1 selon l'usage des pays catholiques1 tait suspendue au-dessus de la chemine2 vis--vis tait un tableau de la ,madone et de saint ,dominique2 sur la chemine elle-mme1 se voyaient un rosaire1 un encensoir et d'autres signes de catholicisme dont ,charles ne connaissait pas l'usage2 un missel1 un rituel et quelques traits catholiques taient sur la table2 et1 comme il arriva chez ,willis d'une manire inattendue1 il le trouva dans son fauteuil1 revtu d'un habit qui ressemblait plutt une soutane qu' une robe de chambre1 et occup lire le brviaire4 ,virgile et ,sophocle1 ,hrodote et ,cicron paraissaient s'tre cachs dans les coins1 comme d'impurs paens2 ou avoir fui devant la terrible prsence de l'ancienne glise4 ,charles avait pris sur lui de protester contre quelques-unes de ces singularits1 mais tous ses efforts taient rests inutiles4 ,la veille de son dpart pour rentrer dans sa famille1 il dut aller ,folly ,bridge payer une note4 ,a son retour1 il passait prs d'une chapelle qu'il avait toujours regarde comme appartenant des dissidents2 quelle ne fut pas sa surprise d'en voir sortir ,willis6 ,a peine s'il put en croire ses yeux2 il savait bien que ce jeune tudiant avait t retenu ,oxford comme lui1 mais quel motif l'avait pouss une visite aussi extraordinaire que celle qu'il venait de faire8 c'est ce que ,charles ne pouvait dcider4 ,willis6 cria-t-il1 comme il s'arrtait4 ,a cet appel1 ,willis rougit tout en s'efforant de paratre l'aise4 ,faites quelques pas avec moi1 ajouta ,charles4 ,qu'avez-vous donc faire dans cette chapelle8 ,n'est-ce pas une assemble de dissidents8--,une assemble de dissidents6 s'cria ,willis1 surpris et offens son tour2 et quel motif a pu vous faire croire que je frquentais une assemble de dissidents8--,pardon1 reprit ,charles1 je m'en souviens1 maintenant2 c'est une salle d'exposition4 ,cependant c'tait autrefois une chapelle2 c'est ce qui m'a tromp4 ,n'est-ce pas ce qu'on appelait l'ancienne ,chapelle ,mthodiste8 ,jamais je n'y ai mis les pieds2 on y montrait le ,dio-astro-doxon2 c'est le nom1 je crois1 qu'on donnait cette exposition4 ,charles tirait en long son discours1 afin de faire oublier sa mprise1 car il tait honteux du reproche qu'il avait fait4 ,willis ne savait s'il voulait plaisanter1 ou s'il parlait srieusement4 ,reding1 lui dit-il1 ne continuez pas2 vous m'offensez4--,qu'est-ce donc8 repartit ,charles4--,vous en savez bien assez2 vous vous plaisez cependant me tourmenter4--,pas du tout4--,eh bien1 c'est l'glise catholique4 ,un instant ,charles ne rpliqua pas3 ,mon ami1 dit-il ensuite1 mes yeux votre explication ne vous justifie gure2 appelez-la comme vous voudrez1 cette assemble est une assemble dissidente2 pourtant elle n'est pas de l'espce que je m'imaginais4--,laquelle voulez-vous dire8--,plutt1 dites-moi vous-mme quelle tait votre intention en allant dans un tel lieu8 car sachez-le1 vous avez agi contre votre serment4--,mon serment6 ,quel serment8--,il n'y a pas de serment cette heure1 mais vous en avez fait un1 il y a peu de temps encore2 c'est1 du reste1 un engagement solennel que tout tudiant est oblig de prendre4 ,ne vous rappelez-vous pas votre inscription chez le ,vice-,chancelier1 ni quelles dclarations et quels serments vous avez faits8--,j'ignore ce que j'ai fait2 mon tuteur ne m'a rien dit sur cela4 ,j'ai appos ma signature sur un ou deux livres4--,vous avez fait plus1 j'en ai t inform trs-exactement1 vous vous tes solennellement engag garder les ,statuts4 ,or1 un des ,statuts dfend d'aller dans toute espce de chapelle ou d'assemble de dissidents4--,les catholiques ne sont pas dissidents4--,oh6 ne parlez pas ainsi2 vous savez que la pense du ,statut est de les regarder comme tels4 ,il veut nous tenir loigns de toute espce de culte1 le ntre except4--,mais c'est une dclaration ou un vu illgal2 donc il ne lie pas4--,o avez-vous trouv ce faux-fuyant8 ,c'est sans doute le prtre de cette chapelle qui vous l'a mis dans la tte4--,ce prtre1 je ne le connais pas2 je ne lui ai jamais adress la parole4--,en tout cas1 cette rponse n'est pas de vous1 et elle ne vous sert de rien4 ,je ne suis pas casuiste1 mais si notre engagement est illgal1 vous ne devriez pas continuer jouir des avantages auxquels il donne droit4--,quels avantages8--,votre toque et votre toge2 l'ducation de l',universit2 la chance d'un scholarship#dh ou d'un fellowship4 ,renoncez toutes ces choses1 et puis dclarez1 si vous voulez1 et selon les rgles1 que vous tes libr de votre engagement2 mais ne voguez pas sous un faux pavillon4 ,n'acceptez pas le bienfait1 et brisez la stipulation4--,vous le prenez trop au srieux2 il y a une cinquantaine de statuts que vous ne gardez pas vous-mme plus que moi4 ,vous tes trs-inconsquent4--,si nous ne les suivons pas1 c'est sur des points1 je suppose1 dont les autorits ne pressent pas l'excution3 par exemple1 on ne nous oblige pas nous vtir d'habits bruns1 quoique les ,statuts l'ordonnent4--,mais on a bien l'intention de vous dfendre de vous promener en castor dans ,high ,street1 rpliqua ,willis1 cela est si vrai que les ,censeurs montent et descendent constamment la rue1 et vous renvoient au collge1 s'ils vous prennent en flagrant dlit4--,mais ceci est une autre affaire1 rpartit ,charles changeant de terrain2 votre cas vous est matire de religion4 ,il ne peut tre permis de se rendre des assembles ou des endroits de culte tranger4--,mais1 rpliqua ,willis1 si nous ne faisons qu'une mme glise avec les ,catholiques ,romains1 je ne puis comprendre1 sur mon honneur1 comment c'est mal pour nous d'aller eux1 ou pour eux de venir nous4--je ne suis pas thologien1 je ne comprends pas ce qu'on entend par l'glise une1 dit ,charles2 mais je sais bien qu'il n'y a pas dans le pays d'vque1 d'ecclsiastique1 ni d'homme d'glise sens qui ne tournt cet argument contre vous4 ,c'est une pure absurdit4--,ne parlez pas de la sorte1 je vous prie1 je me sens entran de tout mon cur vers le culte catholique3 notre service est si froid6--,c'est prcisment la raison de tout opinitre dissident1 rpondit ,charles4 ,chaque pauvre paysanne1 qui1 n'en sachant pas plus long1 court aprs les ,mthodistes1 ou aprs le cher ,m4 ,spoutaway1 ou aprs le prdicateur savetier1 vous dit 7je l'ai entendu de mes oreilles73 ,oh6 monsieur1 je suppose que nous devons aller l o nous trouvons le plus de bien4 ,m4 tel et tel va mon cur1 il m'attendrit4 ,willis se mit rire4 ,eh bien1 par le temps o nous sommes1 dit-il1 la raison n'est pas mauvaise1 je crois4 ,pauvres mes6 quels meilleurs moyens ont-elles pour juger de leur religion8 ,comment pouvez-vous esprer qu'elles goteront ces paroles3 ,l'criture nous touche8 ,quant ma dmarche1 vous y donnez rellement trop d'importance4 ,c'est seulement la seconde fois que j'ai visit la chapelle catholique1 et1 je vous le dis srieusement2 je m'y trouve l'me pleine de respect et de pit2 comme vous voudriez tre aussi1 je pense4 ,j'en sors vraiment meilleur3 je ne puis prier dans notre glise2 il y a l une mauvaise odeur qui m'indispose2 et puis1 les bancs masquent tout3 comment voir travers une planche de sapin8 ,mais ici1 quand je suis entr1 je trouve tout silencieux et calme2 l'espace est ouvert1 et1 dans un demi-jour1 se montre le tabernacle1 indiqu par la lampe4 ,charles paraissait mal l'aise4 ,willis1 dit-il1 vous m'embarrassez4 ,que le ciel me garde de rien dire contre les ,catholiques ,romains3 je ne sais rien sur leur compte4 ,mais ce que je sais1 c'est que vous n'tes pas membre de leur communion1 et que vous n'avez rien faire chez eux4 ,s'ils ont dans leur glise les choses sacres dont vous parlez1 il est certain1 cependant1 que ces choses ne sont pas les vtres2 vous tes un intrus4 ,je suis trs-ignorant sur cette matire2 je n'aime pas porter un jugement4 ,mais1 laissez-moi vous le dire1 c'est se faire un jeu des choses saintes que de courir ici et l1 de toucher aux objets et de les goter1 de les accueillir et de les rejeter ensuite4 ,je n'aime pas ces manires1 ajouta-t-il avec vhmence2 c'est prendre des liberts avec ,dieu4--,oh6 mon cher ,reding1 ne parlez pas si svrement1 repartit le pauvre ,willis2 qu'ai-je fait de plus que vous ne fussiez prt faire1 si vous tiez en ,france ou en ,italie8 ,est-ce donc que vous n'entreriez pas dans les glises sur le continent8--,je veux seulement dcider un cas qui est devant mes yeux1 rpondit ,charles2 quand j'irai l'tranger1 alors ce sera le moment de rsoudre votre question4 ,c'est bien assez de connatre ce qu'on doit faire prsentement2 or1 il est clair pour moi que vous avez mal fait4 ,comment tes-vous arriv cette chapelle8--,white m'y a conduit4--,alors1 il y a dans le monde un homme plus irrflchi que vous4 ,y a-t-il beaucoup d'tudiants qui la frquentent8--,je l'ignore2 un ou deux y sont venus par curiosit2 ils n'ont pas l'habitude d'y venir1 au moins d'aprs ce qu'on m'a dit4--,eh bien1 reprit ,charles1 il faut que vous me promettiez de ne pas y retourner4 ,allons1 je ne vous lche pas que vous ne m'ayez fait cette promesse4--,c'est trop demander1 dit ,willis avec douceur4 ,dgageant alors son bras des mains de son ami1 il s'loigna subitement1 en criant3 ,au revoir1 au revoir2 notre prochaine partie de plaisir1 au revoir6 #dh ,a son origine1 c'est--dire au moyen ge1 le scholarship tait une bourse fonde au profit des tudiants pauvres2 aujourd'hui il consiste simplement dans le prix d'un concours auquel tous les tudiants peuvent prendre part1 pourvu qu'ils aient dix-neuf ans4 ,il n'y avait rien faire4 ,charles revint lentement au collge1 se disant lui-mme3 ,mais1 aprs tout1 si l'glise catholique de ,rome est la vritable glise8 ,je voudrais savoir ce qu'il faut croire1 nul ne sait me satisfaire sur ce point1 et me voil ainsi abandonn moi seul4 ,il lui vint ensuite l'esprit3 ,je suppose que j'en sais assez pour ma direction personnelle1 plus mme que je ne pratique1 et je devrais certainement tre content et plein de reconnaissance4 ,,chapitre ,,xii4 ,le pressentiment4 ,charles tait un fils affectueux1 aussi trouvait-il un bonheur ineffable vivre au sein de sa famille pendant les grandes vacances4 ,lev de bonne heure1 il travaillait jusqu'au lunch1 et1 ds ce moment1 il tait tout entier son pre1 sa mre et ses surs1 pour le reste de la journe4 ,il aimait le calme de la campagne2 il aimait le cours monotone du temps1 alors qu'un jour n'est pas diffrent d'un autre2 et aprs avoir respir l'atmosphre brlante d',oxford1 le presbytre avec sa solitude lui tait comme un port aprs l'agitation des vagues4 ,les mille opinions et les perplexits diverses qui l'avaient envahi de toutes parts au collge taient cette heure comme le bruit lointain de l',ocan2 elles le rappelaient la jouissance de sa scurit prsente4 ,les prairies ondoyantes1 les haies vertes1 la vaste bruyre1 les champs de vaine pture avec leur dveloppement profond d'ormes sombres1 la haute futaie qui frange le sentier de l'horizon d'un village l'autre1 et qui1 coupe de temps en temps1 se dessine en groupes ou se perd dans les taillis1 la porte elle-mme1 et la barrire#di et la grand'route2 tout cela avait des charmes pour notre jeune ami1 non pas sans doute ceux de la nouveaut1 mais ceux des vieilles connaissances2 c'tait toute la posie des souvenirs4 ,malgr son tat de dilapidation et de dlabrement1 avec son escalier extrieur1 ses galeries disgracieuses1 ses fentres profondes1 ses bancs incommodes1 sa table basse1 son vestiaire abandonn et son odeur humide et terreuse1 l'glise1 elle aussi1 veillait des penses agrables dans l'homme intrieur2 car c'tait l que1 pendant plusieurs annes1 il avait entendu son pre1 tous les dimanches1 faire la lecture et prcher2 l se trouvaient les tombeaux antiques avec leurs inscriptions latines et leurs devises tranges1 les criteaux noirs avec des lettres blanches1 les ,resurgam1 les crnes grimaants1 les seaux incendie1 les couleurs fanes de la milice1 et le vieux clerc1 brave homme1 presque pass l'tat d'immeuble1 portant toujours sa perruque galloise sur les oreilles et disant ses rpons tort et travers4 ,toutes ces choses avaient frapp l'imagination de ,charles dans son enfance et elles lui avaient laiss un profond sentiment de respect4 ,et puis d'ailleurs1 il tait l dsormais dans sa maison2 l il retrouvait son appartement bien connu1 la routine avec ses dlices1 son propre arrangement1 son comfort3 en un mot1 son chez lui1 vieil et vritable ami1 d'autant plus cher son cur que maintenant il en connaissait d'autres4--,o serai-je dans un temps venir8 se dit-il un jour lui-mme2 je l'ignore4 ,je ne suis qu'un enfant2 bien des vnements1 auxquels je n'ai pas song1 que mon imagination ne saurait mesurer1 peuvent m'arriver avant que je meure1 si toutefois je vis4 ,mais ici1 au moins1 et en ce moment1 je suis heureux1 et je veux jouir de mon bonheur4 ,certaines personnes disent que le plus beau temps de la vie est celui de l'cole2 cela n'exclut pas le collge4 ,je suppose que ce sont les soucis qui rendent la vie si lourde4 ,pour le moment1 je n'ai ni soucis1 ni responsabilit2 j'en aurai bien sans doute un peu pour prendre mes grades4 ,les soucis sont une terrible chose2 j'en ai eu quelque ide autrefois1 l'cole4 ,que c'est curieux penser3 un jour j'aurai vingt-cinq ou trente ans6 ,comme les semaines s'coulent vite6 les vacances touchent dj leur terme6 ,oh6 je suis si heureux6 cela me fait peur4 ,mais j'aurai de l'nergie au jour venu4 #di ,la barrire d'enclos ou de haie 7the style74 ,la forme en est trs-varie et trs-ingnieuse4 ,parfois cependant les penses de ,charles prenaient une tournure plus triste1 et il anticipait sur l'avenir d'une manire plus vive qu'il ne jouissait du prsent4 ,un ami de la maison1 ,m4 ,malcolm1 tait venu les voir aprs une absence de plusieurs annes4 ,sa visite fit plaisir ,reding2 et le bon fellow partagea ce bonheur4 ,un nouveau pays et un cercle de famille avaient pour lui des charmes ineffables1 aprs sa vie de garon au collge4 ,m4 ,malcolm avait t un grand ami de ,charles et de ses surs pendant leur enfance4 ,mais cette heure1 l'affection que ceux-ci lui conservaient ne vivait1 en grande partie1 que de souvenirs4 ,lorsqu'il leur racontait des histoires amusantes1 ou qu'il leur permettait de grimper sur ses genoux et de lui enlever ses lunettes1 il faisait tout ce qu'il faut pour gagner des curs d'enfants2 mais c'est avec d'autres armes qu'on parvient conqurir le cur de la jeunesse4 ,qu'y a-t-il donc de surprenant que ,m4 ,malcolm ne vct dans leur esprit que par prescription8 ,le brave homme ne savait rien de cela1 et il n'y aurait pas1 au reste1 beaucoup song1 si toutefois il s'en tait aperu2 car1 semblable bon nombre de personnes avances en ge1 il se faisait trop lui-mme son propre centre1 ne se donnait pas la peine de pntrer dans l'esprit des autres1 ne s'inquitait pas de leur faire plaisir1 ni de trouver en eux sa satisfaction4 ,il tait bon et affable envers ,charles et ses surs comme il l'aurait t l'gard d'un serin ou d'un bichon2 c'tait une espce d'amour externe2 et quoique les enfants de ,m4 ,reding fussent trs-bien avec lui1 ils ne sentaient pas son absence quand il partait1 ils n'auraient pas t peins d'apprendre qu'il ne devait plus revenir4 ,charles le conduisait dans la campagne1 il lui timbrait ses lettres1 avait soin de lui faire arriver les journaux de la ville voisine2 il coutait ses histoires sur ,oxford et sur les hommes d',oxford4 ,il l'aimait vraiment1 il dsirait mme lui tre agrable2 mais quant le consulter sur des matires srieuses1 ou s'adresser lui pour demander des consolations dans ses peines1 il aurait plutt eu la pense de se confier ,daniel le colporteur ou au vieil ,isaac qui1 le dimanche1 jouait du basson4 ,comment vos pches se trouvent-elles cette anne1 monsieur ,malcolm8 demanda un jour ,m4 ,reding son hte1 aprs le dner4--,vous devriez savoir que nous n'avons pas de pches ,oxford1 rpondit ,m4 ,melcolm4--,alors1 ma mmoire me trompe2 mais1 il me semble y avoir vu des pches d'octobre1 et de trs-belles pches mme4--,ah6 vous voulez parler des pches du vieux ,tom ,spindel1 le jockey1 reprit ,m4 ,malcolm4 ,c'est vrai1 il avait un pan de mur de briques1 et il en tait trs-fier4 ,mais quand les pches arrivent1 il n'y a personne ,oxford pour les manger2 aussi1 l'arbre comme le fruit y est une grande raret4 ,oxford n'tait pas si dpourvu autrefois1 il y reste les vieux mriers1 en souvenir de jours meilleurs4--,a cette poque galement1 je le suppose1 dit ,charles1 les fruits les plus coteux n'y taient pas cultivs4 ,les mriers sont le tmoignage non-seulement d'un collge nombreux1 mais des gots simples4--,charles fait secrtement la guerre nos serres chaudes1 dit ,m4 ,reding1 comme si notre premier pre ne prfrait pas les fruits et les fleurs au buf et au mouton4--,pas du tout1 rpliqua ,charles1 je regarde les pches comme une chose excellente2 et quant aux fleurs1 j'aime passionnment leurs odeurs4--,charles a ds lors quelque thorie sur les odeurs1 je le parierais1 reprit son pre2 je ne connus jamais d'enfant qui dcidt ainsi de ses gots et de ses rpugnances selon la fantaisie4 ,il commena aimer les olives ds qu'il lut l'dipe de ,sophocle1 et je crois vraiment que bientt1 par dgot du roi ,guillaume1 il ne mangera plus d'oranges4--,tout le monde agit ainsi1 repartit ,charles4 ,qui ne voudrait tre la mode8 ,notre tante ,catherine appelle une anne son chapeau dlicieux1 et le traite d'pouvantail l'anne suivante4--,vous avez raison1 papa1 dans cette circonstance1 dit la fille2 sans savoir quel est son motif1 je sais que ,charles en a un pour savourer le parfum de la rose ou distiller la lavande4--,quel est-il1 ma chre ,marie8--,vous tes des restes des berceaux d'den1 rpondit la fille4--,eh bien1 papa1 c'tait prcisment la raison que vous donnez4--,il y a plus que celle-l1 reprit ,m4 ,reding1 si toutefois je connus jamais ce que c'tait4--,il pense que l'odorat est un sens plus spirituel que les autres1 ajouta ,marie en souriant4--,quel enfant n pour les paradoxes6 s'cria sa mre4--,cependant1 c'est ainsi d'une certaine faon1 reprit ,charles2 mais je ne puis l'expliquer4 ,les odeurs et les sons sont plus ariens1 moins matriels2 ils n'ont pas de forme1 de mme que les anges4 ,m4 ,malcolm se mit rire4 ,soit1 je vous l'accorde1 ,charles1 dit-il2 les anges ont de la longueur sans largeur4--,avez-vous jamais ou pareille chose8 s'cria madame ,reding riant son tour2 ne l'encouragez pas1 monsieur ,malcolm2 vous tes pire que lui4 ,des anges longs sans largeur6--,ils passent d'un lieu l'autre2 ils vont1 ils viennent1 continua ,m4 ,malcolm4--,les odeurs voquent le pass si vivement6 ajouta ,charles4 ,mais les sons1 assurment1 veillent ce pass plus que les odeurs1 dit ,m4 ,malcolm4--,pardon1 c'est l'inverse1 mon avis1 rpliqua ,charles4--,c'est un paradoxe1 mon jeune ami2 l'odeur du rosbif n'a jamais eu d'autre puissance que d'veiller chez un homme le souvenir du dner2 mais les sons meuvent et inspirent les mes4--,mais1 monsieur1 reprit ,charles1 songez que les odeurs sont compltes en elles-mmes1 sans tre formes de parties4 ,songez combien diffrente est l'odeur entre une rose et un illet1 entre un illet et un pois de senteur1 entre un pois de senteur et une girofle1 entre une girofle et le lilas1 entre le lilas et la lavande1 entre la lavande et le jasmin1 entre le jasmin et le chvre-feuille1 le chvre-feuille et l'aubpine1 l'aubpine et la jacinthe1 la jacinthe444--,grce6 grce6 ,charles1 vous allez nous donner tout le catalogue de ,loudon4--,et ce ne sont que les odeurs des fleurs2 quelle diffrence d'odeur entre les fleurs et les fruits1 les fruits et les pices1 les pices et le rosbif ou les ctelettes de porc1 et ainsi de suite6 ,voici maintenant ma conclusion3 ces odeurs sont parfaitement distinctes les unes des autres et sui generis2 elles ne peuvent jamais tre confondues2 cependant1 chacune se communique la perception en un instant4 ,la perspective demande un grand espace1 un air est une succession de sons2 mais les odeurs sont d'un seul trait spcifiques et compltes1 quoique indivisibles4 ,qui jamais a pu partager en deux une odeur8 ,elles ne demandent ni temps ni espace2 ainsi elles sont immatrielles ou spirituelles4--,charles n'a pas t ,oxford pour rien1 dit sa mre en riant et en jetant un coup d'il ,marie2 voil ce que j'appelle de la vigoureuse logique6 ,bien termin1 ,charles1 s'cria ,m4 ,malcolm2 et maintenant1 puisque vous avez des notions si claires sur la puissance des odeurs1 vous devriez1 comme un certain homme1 tre satisfait en flairant votre dner1 et engraisser par ce moyen4 ,c'est une honte de vous voir assis table4--,eh bien1 monsieur1 il est au moins des gens qui paraissent s'engraisser avec le tabac4--,fi donc6 ,charles2 vous m'avez vu user de ma bote au rfectoire pour me tenir veill aprs le repas2 mais certainement jamais autre part4 ,je prends ma tabatire avec moi simplement comme un jouet2 j'y tiens1 parce qu'on m'en a fait cadeau4 ,il vous aurait fallu vivre au temps de ma jeunesse4 ,vous auriez vu alors le vieux docteur ,troughton de ,nun's ,hall qui tenait son tabac dans sa poche1 et la vieille ,vice-,principale1 madame ,daffy1 qui avait l'habitude d'en mettre une trane sur son bras et de l'aspirer bravement4 ,les docteurs en mdecine1 eux aussi1 non moins que leurs confrres en thologie1 en usaient avec largesse2 ceux-l1 comme un prservatif contre les infections1 ceux-ci contre le sommeil dans l'glise4--,maintenant1 ils prennent du vin contre les infections1 dit ,m4 ,reding2 c'est un prservatif plus sr4--,du vin6 s'cria ,m4 ,malcolm1 oh6 ils n'en buvaient pas moins jadis1 l'avez-vous donc oubli8 ,en certaines occasions solennelles1 ils se faisaient mme un point d'honneur d'enivrer tout le collge1 depuis le ,vice-,principal jusqu'aux domestiques4 ,grce leurs femmes1 les chefs des tablissements restaient dans les bornes du devoir2 nanmoins1 je vous l'assure1 le ,dieu de la gaiet s'approchait trs-prs de ,m4 le ,vice-,chancelier lui-mme4 ,vivait alors le vieux docteur ,sturdy1 de ,saint-,michel1 le grand martinet de son temps4 ,un jour1 le roi passait ,oxford2 ,sturdy1 homme de haute taille1 la contenance roide et la face de fer1 devait aller sa rencontre1 en procession1 ,magdalen-,bridge1 et il descendait1 prcd de ses masses d'or et d'argent1 de ses porte-verges1 des chapeaux cornes et du reste4 ,or1 parmi les gens de sa suite1 pas un qui ne ft ivre4 ,je vous laisse penser l'effroi du bon vieil homme3 ,sa ,majest dans le lointain1 et sous son propre nez tout son monde chancelant de droite et de gauche1 et le menaant de le quitter pour le ruisseau avant la fin de la marche4--,personne ne peut s'enivrer avec du tabac1 je vous l'accorde1 reprit ,m4 ,reding2 mais si le vin a fait du mal quelques-uns1 il a fait tant de bien d'autres6--,la poudre pour les cheveux n'est pas meilleure que le tabac1 ajouta ,marie1 qui prfrait le premier sujet de conversation4 ,vous connaissez le vieux ,m4 ,butler1 de ,cooling2 sa perruque est si grande et si couverte de poudre1 que toutes les fois qu'il remue la tte1 je suis sre d'ternuer4 --,ah6 mais ce ne sont l que des accidents1 mademoiselle1 repartit ,m4 ,malcolm1 troubl par ce coup port la conversation et s'chappant1 de mauvaise grce1 d'un autre ct2 des accidents aprs tout4 ,les vieilles gens sont toujours les mmes2 et les jeunes aussi4 ,chaque ge a ses caprices4 ,si ,m4 ,butler ne portait pas perruque1 il y aurait nanmoins chez lui quelque chose de singulier et d'trange pour de jeunes yeux4 ,charles1 ne devenez pas vieux garon4 ,personne ne s'inquite des vieilles gens4 ,mariez-vous1 mon cher2 choisissez de bonne heure une femme jeune et vertueuse1 qui aura pour vous de douces attentions4 ,charles rougit lgrement1 et sa sur se mit rire1 comme si sur ce point il y avait quelque mystre entre eux4 ,m4 ,malcolm continua3 ,n'attendez pas jusqu' l'ge o vous aurez besoin de quelqu'un qui vous achte de la flanelle pour votre rhumatisme ou la goutte2 mariez-vous de bonne heure4--,vous voulez bien1 toutefois1 qu'auparavant je prenne mes grades8--,certainement1 prenez votre titre de matre s-arts1 si vous voulez2 mais ne devenez pas vieux fellow4 ,n'attendez pas la quarantaine2 on fait souvent d'tranges bvues4--,lorsque le temps viendra1 notre bien-aim ,charles fera1 j'en suis sre1 un bon et affectueux mari1 rpondit la mre2 et ce temps viendra1 mais pas encore4 ,oui1 mon cher enfant1 ajouta-t-elle en lui faisant un signe de tte1 vous ne pourrez chapper votre destine quand l'heure sera venue4--,il faut que vous le sachiez1 dit ,m4 ,reding son hte1 ,charles1 en ce moment1 est romanesque dans ses ides2 ses yeux1 je le crois1 personne n'est assez bon pour lui4 ,oh6 mon cher fils1 que je ne vous inquite pas3 je ne fais allusion rien de srieux2 mais1 quoi qu'il en soit1 notre jeune tudiant ne s'est pas bien tir d'affaire auprs de quelques demoiselles qui s'attendaient plus d'attention de sa part4--,je vous assure1 papa1 reprit ,marie1 que ,charles est plein d'attentions quand il y a lieu1 et qu'il pie toujours le moment de rendre service2 seulement1 il se tire mal du babillage fminin4--,tout viendra en son temps1 ma chre1 reprit madame ,reding2 un bon fils fait un bon mari4--,et un tendre papa1 ajouta ,m4 ,malcolm4--,oh6 grce1 monsieur1 s'cria le pauvre ,charles2 comment ai-je mrit tout ceci8--,soit1 continua ,m4 ,malcolm2 et les demoiselles1 galement1 doivent se marier de bonne heure4--,allons1 ,marie1 voici votre tour1 s'cria ,charles2 et prenant sa sur par la main1 il releva le chssis et s'chappa avec elle dans le jardin4 ,ils traversrent la pelouse et vinrent se rfugier dans un bosquet4 ,que c'est trange6 dit ,marie comme ils parcouraient l'alle tortueuse1 nous aimions tant ,m4 ,malcolm dans notre enfance2 aujourd'hui1 je l'aime encore1 sans doute1 mais il ne me parat plus le mme4--,nous sommes plus gs1 lui rpondit son frre2 d'autres objets nous proccupent4--,il tait si bon6 continua ,marie2 avec quelle impatience n'attendions-nous pas le jour o il devait venir6 ,faites en sorte d'tre sages quand ,m4 ,malcolm sera ici1 nous disait alors maman2 et l'on pouvait tre sr que le brave homme nous apportait ou un gteau des rois1 ou une arche de ,no1 ou quelque chose de semblable4 ,et puis il jouait avec nous1 et nous permettait de lui faire des niches4--,ce n'est pas lui qui est chang1 reprit ,charles1 mais nous2 nous avons dj chang1 et nous changerons encore4--,quelle bndiction n'est-ce pas1 dit sa sur1 que nous soyons si heureux comme famille6 ,si nous changeons1 changeons tous ensemble1 comme les pommes d'un mme arbre3 quand l'une tombe1 les autres tombent galement4 ,et c'est ainsi que nous resterons toujours les mmes les uns l'gard des autres4--,c'est une bndiction1 vraiment1 repartit ,charles2 nous sommes combls de tant de faveurs que parfois j'en suis effray4 ,sa sur le regarda fixement4 ,il fit un lger sourire pour faire oublier le ct trop srieux de ses paroles4 ,vous sauriez ce quoi je fais allusion1 chre ,marie1 si vous aviez lu ,hrodote4 ,un tyran de la ,grce1 redoutant son excessive prosprit1 voulut faire la fortune le sacrifice de l'objet qu'il estimait le plus2 il prit donc un anneau de son doigt et le jeta dans la mer4 ,il s'imposait ce sacrifice pour prvenir les terribles coups du ciel4--,mais1 mon trs-cher ami1 si nous ne faisons que jouir avec reconnaissance des bienfaits de ,dieu1 et que nous prenions garde d'y attacher nos curs ou d'en abuser1 pourquoi craindrions-nous d'en voir tarir la source8--,eh bien1 bonne ,marie1 il y a un texte qui pse toujours sur mon esprit3 ,rjouissez-vous avec tremblement4 ,je ne puis prendre rien un plaisir complet et sans limites4--,pourquoi pas1 si vous considrez tout comme un bienfait de ,dieu8--,je ne puis m'en dfendre2 c'est ma manire de voir2 cela peut tre de la prudence goste1 pour ce que j'en sais1 mais je suis sr que si je donnais mon cur une crature1 je la ravirais ,dieu4 ,qu'il me serait facile d'idoltrer ces dlicieuses promenades que nous connaissons depuis tant d'annes6 ,ils se promenrent en silence4 ,eh bien1 reprit ,marie1 quelque malheur qui arrive1 comme famille nous ne serons affects par aucun changement4 ,tant que nous serons nous1 nous serons les uns l'gard des autres ce qu'aucune chose trangre ne pourrait tre pour nous1 le bonheur lui-mme comme l'infortune4 ,charles ne rpondit pas4 ,qu'avez-vous donc1 ,charles8 dit-elle en s'arrtant et en fixant les yeux sur lui2 puis elle carta doucement ses cheveux1 et caressant son front1 elle ajouta3 ,vous tes si triste aujourd'hui6--,trs-chre ,marie1 il n'y a rien vraiment2 je pense que c'est ,m4 ,malcolm qui m'a drang4 ,c'est si stupide de parler de l'avenir d'un garon comme moi4 ,ne prenez pas cet air inquiet1 je n'ai rien en tte3 seulement1 cela m'ennuie4 ,marie laissa chapper un sourire4 ,ce que je voulais dire1 continua ,charles1 c'est que nous ne pouvons compter sur rien ici-bas1 et que c'est folie d'difier sur l'avenir4--,mais nous pouvons nous reposer les uns sur les autres1 rpta sa sur4--,ah6 chre amie1 ne parlez pas ainsi1 cela m'effraie4 ,marie considra son frre avec surprise et fut presque effraye elle-mme3 ,trs-chre1 continua-t-il1 je n'ai rien en tte2 mais toutes choses sont si incertaines en ce monde6--,nous sommes srs l'un de l'autre1 ,charles4--,oui1 ,marie1 et il l'embrassa avec affection1 c'est vrai1 trs-vrai4 ,puis il ajouta3 ,tout ce que je voulais dire1 c'est qu'il y a de la prsomption parler de la sorte4 ,david et ,jonathas furent spars2 n'en fut-il pas de mme de saint ,paul et de saint ,barnab8 ,de grosses larmes roulrent dans les yeux de ,marie4 ,oh6 quel imbcile je suis1 reprit ,charles1 de vous tourmenter ainsi pour rien6 ,non1 je veux seulement dire qu'il n'y a qu'un tre seul qui ne puisse pas mourir1 qui ne change jamais3 un seul6 ,il n'y a pas de mal se le rappeler4 ,vous souvenez vous des beaux vers de ,cooper8 ,je les sais sans les avoir appris2 ils me frapprent si fort la premire fois que je les lus6 ,et il se mit les rciter3 ,en ,toi1 ,verbe ternel1 tout esprit a sa source1 ,son centre et son appui4 ,mais1 hlas6 dans sa course ,s'il s'loigne de ,toi1 soudain1 dans son malheur1 ,il erre sans espoir1 sans paix et sans honneur4 ,par ,toi1 ,verbe ternel1 le fardeau de la vie ,est rendu moins pesant4 ,l'ardeur qui vivifie1 ,la force dans les maux1 les succs glorieux3 ,voil tes dons4 ,mais ,toi1 souverain gnreux1 ,de ces dons ,tu nous es toi-mme la couronne1 ,vois notre pauvret2 fais-nous1 fais-nous l'aumne4 ,quelle richesse en nous1 si ,tu veux nous bnir6 ,ici-bas1 accomplis toujours ton saint dsir4 ,,chapitre ,,xiii4 ,un assaut chaleureux mais prmatur4 ,cependant le mois d'octobre venait de s'ouvrir1 et naturellement les penses de ,charles se tournrent de nouveau vers ,oxford4 ,les dernires semaines des vacances coules1 notre jeune tudiant s'empressa de faire ses malles4 ,m4 ,reding vit partir son fils avec peine2 son motion fut plus grande mme que lorsqu'il l'envoya pour la premire fois l'cole4 ,il voulut1 malgr la goutte qui le tourmentait1 le conduire lui-mme en phaton la ville voisine1 d'o l'omnibus se rendait au chemin de fer4 ,mais lorsque le moment de la sparation arriva1 il ne pouvait laisser aller sa main1 comme s'il avait eu dire quelque chose qu'il ne pt se rappeler1 ou exprimer une pense qui le tourmentt4 ,allons1 dit-il enfin1 nous serons bientt ,nol4 ,il faut nous quitter2 quoi bon retarder davantage8 crivez-nous dans peu de jours1 cher enfant1 et dites-nous bien tout ce qui vous concerne1 vous et vos matres4 ,parlez-nous de vos amis2 ce sont sans doute d'excellents garons2 mais j'ai grande confiance dans votre sagesse2 vous en avez plus que certains d'entre eux4 ,votre tuteur parat un homme estimable1 d'aprs ce que vous m'avez dit4 ,il continua1 rappelant les conversations qu'il avait eues souvent avec ,charles4 ,c'est un homme solide1 d'un jugement sain1 que ce ,m4 ,vincent4 ,sheffield a trop d'esprit2 il est jeune3 vous avez une tte plus mre4 ,il n'est pas ncessaire que j'aille plus loin2 je vous ai dj dit tout cela et vous pourriez1 d'ailleurs1 arriver trop tard pour le chemin de fer4 ,allons1 que ,dieu vous bnisse1 mon bon ,charles1 et qu'il fasse de vous une bndiction pour nous tous4 ,puissiez-vous tre encore plus heureux et meilleur que votre pre6 ,j'ai toujours t bni pendant ma vie1 prodigieusement bni4 ,les bndictions ont t rpandues sur moi bien au del de mes mrites1 puissiez-vous en obtenir deux fois plus6 ,au revoir1 mon bien-aim ,charles1 au revoir4 ,charles1 avant de rentrer au collge1 devait passer un ou deux jours chez un de ses parents qui demeurait tout prs de ,londres4 ,pendant son sjour dans cette maison1 il lui arriva une lettre transmise de chez lui1 et date de cette dernire ville4 ,c'tait ,willis qui lui crivait pour lui annoncer qu'il avait pris une rsolution importante1 et qu'il ne reviendrait pas ,oxford4 ,charles se retrouvait subitement dans le monde1 plong dans le tourbillon des opinions4 ,quel triste contraste avec sa vie calme de famille6 ,il n'y avait pas se tromper sur le vrai sens de la lettre2 et notre jeune ami partit tout de suite avec l'esprance d'en trouver l'auteur la maison d'o elle tait date4 ,c'tait un logement au bout du quartier ouest de la ville4 ,il y arriva vers midi4 ,il trouva ,willis en compagnie d'un personnage qui paraissait plus g que lui de deux ou trois ans4 ,a la vue de ,charles1 ,willis tressaillit3 ,qui l'aurait pens6 ,qu'est-ce qui vous amne ici8 s'cria-t-il1 je vous croyais dans votre famille2 et s'adressant son compagnon3 ,c'est l'ami dont je vous ai entretenu1 ,morley4 ,quelle heureuse runion6 ,asseyez-vous1 cher ,reding2 j'ai bien des choses vous dire4 ,charles s'assit tout en suspens1 et ses yeux se fixrent sur ,willis avec une si vive anxit1 que celui-ci fut forc de s'expliquer brivement3 ,reding1 dit-il1 je suis catholique4 ,terrifi ces mots1 ,charles se jeta en arrire sur sa chaise et plit4 ,mon cher ,reding1 qu'avez-vous donc8 ,pourquoi ne me parlez-vous pas8 ,vaines demandes2 ,charles gardait le silence2 la fin1 se penchant en avant1 les coudes appuys sur ses genoux1 et la tte dans ses mains1 il dit voix basse3 ,o ,willis1 qu'avez-vous fait6--,ce que j'ai fait8 ,ah6 ce que vous devriez faire1 vous1 ainsi que la moiti d',oxford4 ,o ,reding1 si vous connaissiez mon bonheur6--,hlas6 hlas6 mais quel bien fait ici ma prsence8 ,soyez heureux1 ,willis2 adieu6--,non1 mon cher ,reding1 vous ne me quitterez pas si vite1 tant venu me trouver si inopinment4 ,vous avez fait d'ailleurs une longue course4 ,asseyez-vous1 vous tes un brave garon4 ,nous prendrons notre lunch1 et vous ne nous quitterez pas sans y participer4 ,tout en parlant1 il prit le chapeau de ,charles1 et celui-ci1 sous le poids de sentiments divers1 le laissa faire4 ,o ,willis1 vous voil donc spar de nous pour toujours2 vous avez choisi votre chemin2 pour nous nous gardons le ntre2 nos voies sont diffrentes4--,non1 mon ami2 il faut que vous me suiviez1 et nous serons encore unis4 ,charles fut presque offens4 ,je dois absolument vous quitter1 si vous parlez de la sorte1 reprit-il1 et il se leva4--,pardon1 ,charles1 je vous prie1 je ne le ferai plus2 mais je ne pouvais m'en empcher4 ,je ne suis pas dans un tat normal2 je suis si heureux6 ,il vint une pense ,reding4 ,racontez-moi1 ,willis1 votre vritable position2 en quel sens tes-vous catholique8 ,qu'est-ce qui vous empche de revenir avec moi ,oxford8 ,le compagnon de ,willis s'interposa3 ,je prends peut-tre une trop grande libert1 dit-il2 mais ,m4 ,willis a t rgulirement reu dans l'glise catholique4--,je ne vous ai pas prsent1 mon cher1 reprit ,willis4 ,reding1 permettez-moi de vous prsenter ,m4 ,morley2 ,morley1 monsieur ,reding4 ,oui1 ,reding1 je dois monsieur d'tre catholique4 ,nous avons fait ensemble un tour sur le continent1 et nous avons rencontr en ,france un excellent prtre qui a consenti recevoir mon abjuration4--,je pense que ce prtre aurait bien fait d'examiner l'tat de votre esprit avant d'agir ainsi1 reprit ,charles2 ,willis1 vous n'tes pas homme devenir catholique4--,que voulez-vous dire8--,que vous tes plutt un dissident qu'un catholique4 ,je vous demande pardon1 ajouta-t-il1 voyant le regard anim de ,willis1 mais permettez-moi d'tre franc4 ,vous vous tes attach l'glise de ,rome1 non comme un enfant sa mre1 mais comme un esprit fantasque et vagabond4 ,vous en avez fait une affaire d'imagination1 de got2 ou bien1 excusez-moi1 vous avez agi comme un enfant gourmand vis--vis d'un objet qui le tente1 et vous avez poursuivi votre but en dsobissant aux autorits tablies4 ,pouss bout par ce langage1 ,willis rpliqua qu'il croyait se rappeler un texte qui proclamait qu'il vaut mieux obir ,dieu qu'aux hommes4 ,je vois que vous avez dsobi aux hommes1 repartit ,charles2 j'espre que vous avez obi ,dieu4 ,willis le trouva brusque et ne voulut pas rpondre4 ,m4 ,morley prit la parole3 ,si vous connaissiez mieux les circonstances1 dit-il1 vous jugeriez diffremment sans doute4 ,je regarde ,m4 ,willis comme tant prcisment l'homme pour qui c'tait un devoir de se runir l'glise1 et il fera un trs-bon catholique4 ,s'il y a quelqu'un qui mrite des reproches1 c'est moi que vous devez blmer1 et non le vnrable prtre qui a reu son abjuration4 ,l'excellent homme voyait sa pit1 ses larmes1 son humilit1 son dsir ardent2 mais il n'a connu l'tat de son esprit que par moi qui parlais mieux le franais que ,willis4 ,il a eu1 toutefois1 assez de conversations avec lui en franais et en latin4 ,il ne pouvait rejeter une me qui lui demandait de la sauver2 c'tait impossible4 ,si vous aviez t sa place1 vous auriez agi de mme4--,soit1 monsieur2 peut-tre ai-je t injuste son gard et envers vous1 reprit ,charles2 nanmoins1 je n'augure pas bien de cette conduite4--,vous jugez1 monsieur1 permettez-moi de vous le dire1 de choses que vous ne connaissez pas1 rpondit ,m4 ,morley4 ,vous ignorez ce que c'est que la ,religion ,catholique2 vous ne savez pas ce qu'est la grce ou le don de la foi4 ,l'interlocuteur tait laque2 il parlait avec une force d'autant plus pntrante qu'elle tait calme4 ,charles sentit un blme indirect dans le ton de ,m4 ,morley4 ,sa bonne ducation lui fit comprendre qu'il avait t trop violent en prsence d'un tranger2 cependant1 il ne se sentait pas moins sr de sa cause4 ,il se tut avant de rpondre2 puis il ajouta en peu de mots1 qu'il ne connaissait pas l'glise ,romaine1 mais qu'il connaissait ,m4 ,willis4 ,il ne pouvait s'empcher d'exprimer son opinion sur le funeste rsultat de cette affaire4 ,j'ai toujours t catholique1 reprit ,m4 ,morley2 ainsi1 je ne puis porter un jugement sur les membres de l'glise anglicane2 mais ce que je sais1 c'est que l'glise ,catholique est la seule vritable4 ,je puis me tromper en bien des choses1 je ne puis errer sur ce point4 ,d'autre part1 je sais que la foi catholique est une1 et qu'aucune autre glise n'a la foi4 ,l'glise d',angleterre n'a pas la foi4 ,la foi1 vous ne l'avez pas non plus1 mon cher monsieur4 ,m4 ,morley venait de frapper un grand coup4 ,les controverses d',oxford revinrent en ce moment l'esprit de ,charles2 mais il retrouva aussitt son aplomb4 ,vous ne vous attendez pas1 je pense1 dit-il en souriant1 que moi1 qui suis encore un enfant1 je sois en tat d'argumenter avec vous1 de dfendre mon glise1 ou d'expliquer sa foi4 ,je suis content de garder cette foi1 de croire ce qu'elle croit1 sans faire profession d'tre thologien4 ,cette doctrine est celle que j'ai apprise ,oxford4 ,n'tant qu'un simple tudiant1 quel peut tre mon bagage scientifique8 ,peu de chose4 ,excusez-moi donc1 monsieur1 si je refuse la controverse avec vous4 ,il tait naturel que j'argumentasse avec ,willis2 nous sommes gaux1 et nous nous comprenons l'un l'autre2 mais1 je le rpte1 je ne suis pas thologien4--,mon cher ,reding1 s'cria ,willis ces mots1 je vous dis seulement1 venez et voyez4 ,ne restez pas la porte1 occup de syllogismes2 mais pntrez dans la grande demeure de l'me1 entrez et adorez4--,mais1 rpliqua ,charles1 certainement1 ,dieu veut que nous nous laissions guider par la raison4 ,je ne veux pas dire que la raison est tout1 mais du moins elle est quelque chose4 videmment1 nous ne pouvons agir sans elle ou contre elle4--,mais le doute n'est-il pas un tat pouvantable8 un tat trs-prilleux8 ,oui1 il n'y a de sr que l'tat de foi4 ,or1 avez-vous la foi1 dans votre glise8 ,je vous connais assez pour affirmer que vous ne l'avez point3 o donc en tes-vous8--,willis1 vous m'avez trs-mal compris2 dix mille penses traversent l'esprit1 et en admettant mme qu'il soit sage de tourner contre un homme quelques-unes de ses paroles1 peut-on regarder comme des convictions tout ce qui sort de sa bouche8 ,cela1 me semble-t-il1 ne serait pas juste4 ,vous devez faire allusion quelques mots que j'ai oublis1 et qui n'taient pas l'expression relle de mes sentiments4 ,voulez-vous dire que je n'ai pas de culte8 ,et le culte ne suppose-t-il pas la foi8 ,j'ai beaucoup apprendre1 j'en suis convaincu2 mais c'est auprs de l'glise qui protgea mon berceau et qui rpond mes besoins1 que je veux m'instruire des choses divines4--,il avoue qu'il n'a pas la foi2 il avoue qu'il est dans le doute4 ,mon cher ,reding1 pouvez-vous1 consciencieusement1 soutenir que vous tes dans une ignorance invincible aprs ce qui s'est pass entre nous8 ,or1 supposez1 pour une seconde1 que le ,catholicisme est vrai1 n'est-il pas certain que vous avez prsentement une occasion de l'embrasser8 ,et si vous ne le faites pas1 tes-vous dans un tat o vous pourriez mourir en sret8 ,reding tait embarrass1 c'est--dire qu'il ne pouvait analyser et traduire assez promptement en paroles la rponse que sa raison lui suggrait aux interrogations rapides de ,willis4 ,m4 ,morley avait gard le silence1 de peur que ,charles n'et la fois deux adversaires combattre4 ,mais voyant que ,willis se taisait et que ,charles ne rpliquait pas1 il prit la parole4 ,il dit que1 dans l'criture1 tous ceux qui avaient t appels avaient obi promptement1 et que ,notre-,seigneur n'avait pas voulu mme permettre un jeune homme d'aller ensevelir son pre4 ,charles rpondit que dans ce cas la voix du ,christ s'tait fait positivement entendre2 il tait sur la terre dans un corps visible2 mais1 maintenant1 la question vritable tait3 ,quelle est la voix du ,christ8 et puis1 l'glise de ,rome parle-t-elle1 oui ou non1 la parole du ,christ8 videmment nous devions agir avec prudence2 le ,christ ne pouvait dsirer que nous agissions autrement4 ,quant lui1 il n'avait pas de doute qu'il ne ft o la ,providence le voulait2 mais alors mme qu'il aurait des doutes pour savoir si le ,christ l'appelait autre part 7pure hypothse pour le moment71 il avait la conviction que le divin matre l'appellerait par la voix et la mthode d'un examen srieux4 ,cette prudence tait le moyen divinement tabli pour arriver la vrit4--,prudence6 s'cria ,willis1 une prudence comme celle de saint ,thomas1 je suppose1 lorsqu'il voulut voir avant de croire4 ,charles hsitait pour rpondre4 ,je le vois1 continua ,willis2 et1 se levant debout1 il saisit le bras de ,reding3 ,venez1 mon cher ami1 venez avec moi tout de suite2 allons trouver un bon prtre qui demeure deux pas d'ici4 ,vous serez reu aujourd'hui mme4 ,mettez votre chapeau4 ,et avant que ,charles pt montrer de la rsistance1 il tait dj moiti hors de la chambre4 ,il ne put s'empcher de rire1 malgr cette vexation4 ,il dgagea son bras1 et s'assit rsolument3 ,pas si vite1 dit-il1 nous ne sommes pas tout fait de cette espce de gens4 ,willis parut un moment embarrass4 ,soit1 dit-il ensuite1 du moins vous devez aller en retraite2 vous devez y aller sur-le-champ4 ,morley1 savez-vous quand ,m4 de ,mowbray ou le pre ,augustin donnera sa prochaine retraite8 ,reding1 c'est prcisment ce qui vous manque1 et ce dont tout ,oxford a besoin4 ,j'espre que vous ne me refuserez pas4 ,charles le regarda en face et sourit4 ,ce n'est pas ma ligne de conduite1 dit-il enfin4 ,je me rends ,oxford2 rien ne peut m'empcher d'y aller4 ,je suis venu ici pour vous rendre service2 je ne puis y russir1 je m'en vais donc4 ,si je pouvais vous tre utile444 mais il n'y a plus d'espoir4 ,oh6 cela me fait mal au cur4 ,et il se mit frotter son chapeau avec ses gants1 comme s'il tait sur le point de se lever1 tout en ayant de la peine le faire4 ,morley entra alors en lice4 ,il parla tout le temps comme un homme de bonne ducation et d'une vraie pit1 mais avec une grande ignorance des protestants1 ou de la manire dont on doit les traiter4 ,excusez-moi1 monsieur ,reding1 dit-il1 si1 avant votre dpart1 j'ajoute encore un mot4 ,je suis trs-sensible la lutte qui assig votre esprit1 et je vous assure que ce n'est pas moi de vous parler avec svrit ou rigueur4 ,la lutte entre une conviction et les motifs terrestres est souvent trs-longue2 puisse-t-elle avoir bientt une heureuse fin en vous6 ,ne vous offensez point si je vous rappelle que les plus chers et les plus forts liens1 tels que ceux qui vous rattachent l'glise protestante1 peuvent tre dans certains cas sur la lisire des motifs terrestres4 ,c'est une espce de martyre d'avoir rompre de tels nuds2 mais ceux qui ont ce courage reoivent la rcompense des martyrs4 ,et puis1 l',universit vous respirez une atmosphre qui sert entretenir le cours habituel de vos penses2 l'avenir1 les succs dans sa carrire1 la bonne opinion des amis1 voil ce qui proccupe ,oxford2 et toutes ces choses conspirent contre vous4 ,elles doivent touffer la bonne semence4 ,eh bien1 j'aurais dsir que vous eussiez t capable de suivre d'un seul coup le dictamen de la conscience4 ,mais la lutte doit se prolonger tout le temps marqu2 esprons que tout finira bien4 --,je ne puis persuader ces braves gens1 pensait ,charles1 en fermant la porte d'entre1 que je ne suis pas dans un tat de conviction ni de lutte contre cette conviction2 quelle absurdit6 ,je viens ici pour rappeler un dserteur1 et je suis moi-mme apprhend au corps1 et1 contre ma volont formelle1 on me pousse la hte une profession de foi4 ,est-ce que ces choses arrivent tous les jours1 ou est-ce ma destine1 moi1 d'tre ainsi jet au milieu de controverses pour lesquelles je ne suis pas prt8 ,moi6 ,catholique ,romain6 ,quel contraste avec la quitude de ,hartley 7c'tait le nom de la demeure paternelle76 ,a mesure qu'il continuait penser la scne qui venait d'avoir lieu1 il en tait moins satisfait1 ou pour mieux dire1 moins content de lui-mme4 ,il tait venu pour faire la leon ,willis1 et c'tait lui qu'on avait sermonn2 il avait d'ailleurs laiss entrevoir l'tat secret de son esprit2 mais non1 il n'avait rien dvoil4 ,sans doute1 il avait donn entendre qu'il cherchait la vrit religieuse1 mais tout ,protestant cherche2 il n'aurait pas t ,protestant s'il n'avait pas agi de la sorte4 ,naturellement il cherchait la vrit2 c'tait l son devoir2 il se rappelait parfaitement que son tuteur lui avait dmontr1 dans une certaine circonstance1 le devoir du jugement priv4 ,c'est en cela que consiste la diffrence entre les ,protestants et les ,catholiques2 les ,catholiques commencent par la foi1 les ,protestants par l'examen2 et voil ce qu'il aurait d dire ,willis4 ,il tait fch de ne l'avoir pas dit2 cela aurait simplifi la question1 et dmontr combien il tait loin d'tre chancelant4 ,chancelant6 quelle extravagance6 ,il aurait bien voulu que cette pense lui ft venue pendant la conversation2 c'tait1 toutefois1 un adoucissement qu'elle lui vnt cette heure3 elle justifiait sa position4 ,,chapitre ,,xiv4 ,rentre au collge peu agrable4 ,le premier jour du trimestre de la ,saint-,michel est le plus brillant de l'anne1 pour un tudiant1 en ce qui touche l'ameublement de sa chambre4 ,quoique ,charles regrettt la maison paternelle1 il se rjouissait de revoir le vieil ,oxford4 ,a son entre au collge1 le portier l'avait reconnu1 et son domestique lui avait souri1 en le saluant comme il montait l'escalier aux marches uses4 ,pour lui souhaiter la bienvenue1 un feu magnifique brlait dans le foyer2 le charbon ptillait1 se divisait et lanait une flamme blanche qui contrastait avec les barres et les plaques de la grille1 nouvellement noircies4 ,une bouilloire de cuivre toute luisante sifflait et gmissait sous l'action intrieure de l'eau en bullition4 ,la glace de la chemine avait t nettoye1 le tapis battu1 les rideaux frachement lustrs4 ,un plateau th et ses accessoires taient sur la table2 on y voyait en outre la note du trimestre1 deux ou trois cartes de marchands qui dsiraient sa pratique et une lettre d'un ami qui l'avait prcd ,oxford4 ,le portefaix arriva avec ses malles1 et il venait de recevoir une large rtribution1 lorsque1 au moment que la porte se fermait1 ,sheffield s'lana dans la chambre en habit de voyage4 ,eh bien1 mon vieux1 comment va la sant8 s'cria-t-il1 en secouant de toutes ses forces les deux mains de ,charles1 ou plutt ses bras4 ,nous voici donc de retour2 j'arrive l'instant1 comme vous4 ,o avez-vous pass vos vacances8 ,allons1 racontez-nous toute votre histoire4 ,mais donnez-moi d'abord du th1 et devisons ensuite de bonne et joyeuse humeur4 ,charles aimait ,sheffield1 il aimait ,oxford1 il tait content d'tre revenu2 toutefois1 il lui restait un peu de mal du pays1 et il n'tait pas en train de s'harmoniser la turbulence de la bonne nature de ,sheffield2 d'ailleurs1 la conversation avec ,willis pesait encore sur son esprit4 ,avez-vous appris les nouvelles8 continua ,sheffield3 j'ai dj pass assez de temps dans le collge pour les recueillir4 ,jack1 mon ami1 ,jack le marmiton1 en tait tout occup au moment que j'entrais1 et ,jack est un brave et honnte garon qui sait tous les cancans de la ville4 ,j'ignore ce que cela signifie1 mais ,oxford1 cette heure1 a un trs-vilain intrieur4 ,le bruit court que quelques personnes se sont converties l'glise de ,rome1 et l'on dit qu'il y a dans ces murs des trangers sur le compte desquels plane le mystre4 ,jack1 qui est lui-mme un peu thologien1 rapporte qu'il a entendu le ,principal donner pour certain qu'au fond de tout ceci il y avait des ,jsuites2 et je ne sais ce qu'il veut dire1 mais il dclare qu'il a vu de ses propres yeux le ,pape se promener dans ,high ,street avec un prtre4 ,je lui ai demand comment il l'avait reconnu4 ,il m'a rpondu qu'il avait connu le ,pape son chapeau rabattu et sa longue barbe2 et d'ailleurs1 le portier lui avait assur que c'tait le ,pape4 ,a ce qu'il parat1 les dons se sont runis plusieurs fois2 on raconte que certains tuteurs seront privs de leur droit la ration1 et que leurs noms seront affichs la porte du magasin beurre4 ,on assure encore que le ,marchal#ej monte la garde devant la chapelle catholique avec deux bouledogues#ea4 ,enfin1 pour complter les nouvelles1 on rapporte malicieusement1 que ce vieil ivrogne de ,topham1 ayant t appel pour couper les cheveux au gardien de ,sainte-,marie1 lui a fait sur le sommet de la tte une belle et blanche tonsure4 #ej ,espce d'huissier4 #ea ,dans l'argot des tudiants d',oxford1 deux domestiques des ,censeurs4 --,mon cher ,sheffield1 comme vous y allez6 repartit ,charles4 ,eh bien1 moi1 je puis vous donner quelques vraies nouvelles qui se rapportent ces bruits1 et elles ne sont pas des plus agrables4 ,avez-vous connu ,willis de ,saint-,george8--,je pense l'avoir vu une fois chez vous2 c'est un jeune homme modeste1 au regard doux1 et qui ne lchait jamais une parole4--,oh6 je vous assure qu'il a assez de langue quand a lui convient1 reprit ,charles2 je crois1 cependant1 ajouta-t-il d'un ton rflchi1 qu'il est fort chang1 mais ce n'est pas en mieux4--,eh bien1 quel est le fin mot8--,il s'est fait catholique4--,quel fou6 ,il y eut un moment de silence4 ,charles se sentit embarrass4 ,je ne puis pas dire1 reprit-il ensuite1 que j'aie t surpris2 cependant1 je l'aurais t moins1 si c'et t ,white4--,oh6 ,white ne deviendra pas catholique2 ce n'est pas dans son sang4 ,c'est un poltron4--,des fous et des poltrons6 c'est donc ainsi que vous divisez le monde1 ,sheffield8 ,pauvre ,willis6 on doit cependant respecter un homme qui agit selon sa conscience4--,sa conscience6 mais qu'en sait-il de sa conscience8 repartit ,sheffield4 ,quoi6 l'ide d'absorber librement le tas de vieilleries que tout catholique doit croire6 ,de sang-froid se mettre un collier autour du cou1 et dposer poliment sa chane entre les mains d'un prtre444 ,et puis le confessionnal6 ,c'est merveilleux6 ,et il se mit briser le charbon avec le tisonnier4 ,tout cela est trs-bien1 continua-t-il1 si l'on est n catholique2 quoique je ne suppose pas que les ,papistes croient rellement tout ce qu'ils sont obligs de professer2 mais qu'un ,anglais1 un gentleman1 un homme d',oxford1 jouissant de tant de prrogatives1 puisse se nourrir ainsi d'immondices1 remuer et ramasser les mensonges morts des sicles de tnbres3 c'est un prodige6 --,eh bien1 s'il y avait une chose qui pt me faire estimer la ,religion ,romaine1 reprit ,charles1 c'est prcisment ce que vous dtestez si fort3 je donnerais deux pence#eb1 si un homme en qui je puisse avoir confiance voulait me dire3 ,ceci est la vrit4 ,nous serions dlivrs de ces ternelles disputes4 ,ne seriez-vous pas heureux si saint ,paul pouvait revivre8 ,je me suis souvent dit moi-mme3 ,oh6 si je pouvais demander ceci ou cela ce grand ,aptre6--,mais l'glise ,catholique n'est pas tout fait saint ,paul1 j'imagine1 reprit ,sheffield4--,certainement non2 mais en supposant que vous crussiez qu'elle a l'inspiration d'un ,aptre1 comme tout ,catholique ,romain le pense1 quelle consolation ne serait-ce pas pour vous de savoir1 hors de tout doute1 ce que vous devez croire sur ,dieu et de quelle manire vous devez l'honorer et lui plaire6 ,je vous comprends1 vous dites3 ,je ne puis croire ceci ou cela2 or1 vous auriez d dire plutt3 ,je ne puis croire que le ,pape a rellement le pouvoir de dcider ceci ou cela2 car1 s'il a ce pouvoir1 il ne vous reste qu' accepter sa dcision1 et ne pas dire3 ,je ne saurais la croire4 ,sheffield regarda fixement son ami3 ,nous vous verrons papiste un de ces beaux jours1 reprit-il4--,sottise1 repartit ,charles2 vous ne devriez pas dire de pareilles choses1 mme en plaisantant4--,je ne plaisante pas2 je parle srieusement3 vous allez en plein sur cette route4--,eh bien1 si j'y suis1 c'est que vous m'y avez amen1 rpliqua ,reding1 dsirant carter au plus tt ce sujet de controverse2 car c'est vous qui m'avez toujours parl contre le charlatanisme1 et qui vous moquiez du roi ,charles et de ,laud1 de ,bateman et de ,white1 des jubs et des piscines4 #eb ,vingt centimes4 ,maintenant vous voil ,pusiste1 repartit ,sheffield un peu dconcert4--,vous me donnez l1 mon cher ami1 le nom d'un excellent homme que je connais peine de vue2 mais ce que je veux dire1 c'est que personne ne sait ce qu'il faut croire1 personne n'a une foi dfinie1 except les ,catholiques et les ,pusistes2 personne ne dit3 ,ceci est vrai1 cela est faux2 ceci vient des ,aptres1 cela n'en vient pas4--,alors1 vous croiriez des ,turcs qui viendraient vous avec leur seul ,allah et ,mahomet son prophte8--,je n'ai pas dit qu'un symbole ft tout1 ni qu'une religion ne pt tre fausse avec un symbole2 mais une religion qui n'a pas de symbole ne peut tre vraie4--,eh bien1 cela ne me frappe aucunement1 repartit ,sheffield4 ,charles reprit3 ,aprs votre dpart1 la fin du trimestre1 nous avons t sous la direction de ,vincent2 vous savez que j'tais rest pour mon examen2 le tuteur1 je dois l'avouer1 s'est montr fort honnte2 oui1 trs-honnte4 ,or1 j'eus un jour un entretien avec lui sur les diffrents partis d',oxford1 et dans le moment mme il me plut beaucoup2 mais ensuite1 plus je rflchis ses paroles1 moins je fus satisfait2 en d'autres termes1 je n'avais reu de lui rien de dfini4 ,il ne disait pas3 ,ceci est vrai1 cela est faux1 mais3 ,soyez franc1 soyez franc2 soyez bon1 soyez bon2 n'allez pas trop loin1 tenez-vous dans un juste milieu1 soyez sur vos gardes1 vitez les partis1 suivez nos thologiens1 suivez-les tous4 ,ce qui se rduisait dire3 ,mettez un grain de sel sur la queue de l'oiseau4 ,j'avais besoin d'une direction pratique1 et non de vrits abstraites4--,vincent est un farceur1 s'cria ,sheffield4--,le docteur ,pusey1 au contraire1 continua ,charles1 est1 assure-t-on1 toujours affirmatif4 ,il dit3 ,ceci est apostolique1 cela est dans les ,pres2 saint ,cyprien affirme ceci1 saint ,augustin nie cela2 ceci est bien1 cela est mal2 je vous ordonne1 je vous dfends4 ,ce langage je le saisis2 mais je ne comprends pas qu'on m'impose des devoirs qui sont trop lourds pour mes paules4 ,je ne comprends pas1 je n'aime pas1 qu'ayant une volont propre1 je n'aie pas les moyens de m'en servir lgitimement4 ,dans un tel cas1 me dire d'agir par moi-mme1 c'est imiter ,pharaon qui commandait aux ,isralites de faire des briques sans paille4 ,m'ordonner de chercher1 de juger1 de dcider1 vraiment c'est absurde3 qui me l'a appris8 --,mais les ,pusistes ne sont pas toujours si affirmatifs1 rpliqua ,sheffield2 ,smith1 par exemple1 ne parle jamais d'une manire dcisive sur les questions pineuses4 ,j'ai connu une personne qui allait passer quelques annes en ,italie et devait forcment se trouver une grande distance de toute chapelle anglaise4 ,avant de partir1 elle vint demander ,smith si elle pourrait se rendre aux glises catholiques1 mais ce fut en vain2 elle ne put jamais obtenir de rponse2 notre ,pusiste ne voulut pas lui donner un oui ou un non4--,ds lors1 ,smith n'aura pas eu beaucoup de partisans1 et voil tout4--,mais il en a plus que le docteur ,pusey4--,eh bien1 je ne puis le comprendre2 il ne devrait pas en avoir4 ,peut-tre ne lui resteront-ils pas fidles4--,la vrit est1 reprit ,sheffield1 que je le souponne d'tre au fond un peu sceptique4--,j'honore l'homme qui difie1 repartit ,reding1 et je mprise l'homme qui dtruit4--,je suis port1 mon cher ami1 croire que vous avez une notion fausse de ces deux mots1 difier1 dtruire4 ,coventry1 dans ses ,dissertations1 prouve d'une manire claire que le ,christianisme n'est pas une religion de doctrines4--,qu'est-ce que ,coventry8--,vous ne connaissez pas ,coventry8 ,c'est un des crivains les plus remarquables de cette poque3 il est ,amricain1 et1 je crois1 congrgationaliste4 ,oh6 je vous l'assure1 ,coventry est un auteur lire1 malgr ses erreurs sur le gouvernement de l'glise4 ,vous ne serez bien au courant de la littrature du jour1 que lorsque vous aurez fait connaissance avec lui4 ,ce n'est pas un homme de parti2 il correspond avec les premiers personnages de l'poque4 ,lorsqu'il tait en ,angleterre1 il a log chez le doyen d',oxford1 qui a publi une dition anglaise de ses ,dissertations1 avec prface4 ,lui et lord ,newlights taient regards comme les deux hommes les plus spirituels au meeting de l',association ,britannique1 il y a deux ans4--,je n'aime pas lord ,newlights1 dit ,charles2 il me semble qu'il n'a pas de principes1 de principes religieux fixes et dfinis4 ,on ne sait o le saisir4 ,telle est l'opinion de mon pre2 je l'ai entendu souvent parler de ,newlights4--,il est trange que vous vous serviez du mot principes1 reprit ,sheffield2 car c'est prcisment le point sur lequel ,coventry insiste avec force4 ,il dit que le ,christianisme n'a pas de symbole2 que c'est l le caractre principal par o il se distingue des autres religions2 que vous chercheriez en vain un symbole dans le ,nouveau ,testament2 mais que l'criture est pleine de principes4 ,l'ide est trs-ingnieuse1 et m'a paru vraie1 quand j'ai lu son livre4 ,d'aprs lui1 donc1 le ,christianisme n'est pas une religion de doctrines ni de mystres2 et si vous cherchez du dogmatisme dans l'criture1 vous tes dans l'erreur4 ,charles tait troubl4 ,certainement1 dit-il1 premire vue1 il n'y a pas de symbole dans l'criture444 ,pas de symbole dans l'criture8 rpta-t-il lentement1 comme s'il et pens tout haut4 ,pas de symbole dans l'criture1 donc il n'y a pas de symbole4 ,mais le ,symbole d',athanase1 ajouta-t-il avec empressement1 est-il dans l'criture8 ,il est dans l'criture ou il n'y est pas2 voyons4 ,que soutenait ,freeborn le trimestre dernier8444 ,dites-moi1 ,sheffield1 le doyen d',oxford affirme-t-il que le symbole se trouve dans l'criture ou qu'il n'y est pas8 ,peut-tre n'exposez-vous pas bien l'ide de ,coventry2 quel est votre sentiment8--,eh bien1 je vous avouerai avec franchise que mon opinion1 en juger par sa prface1 est que le doyen ne se ferait pas scrupule de dire que le symbole n'est pas dans l'criture1 mais que c'est une addition scolastique4--,mais quoi6 mon cher ami1 voudriez-vous donner entendre que lui1 dignitaire de l'glise1 tiendrait le ,symbole d',athanase pour une erreur1 parce qu'il reprsente le ,christianisme comme une rvlation de doctrines ou de mystres qu'on doit accepter par la foi8--,je puis me tromper1 rpondit ,sheffield2 mais c'est ainsi que je l'ai compris4--,aprs tout1 reprit ,charles tristement1 ce n'est pas beaucoup plus trange que ce qu'un autre doyen1 dont j'ai oubli le nom1 prchait ,sainte-,marie avant les vacances2 cela fait partie du mme systme4 ,le fait eut lieu aprs votre dpart1 ou vers la fin du trimestre4 ,vous n'allez pas aux sermons2 j'ai envie de ne pas y aller1 non plus4 ,je ne puis entrer dans l'argumentation du doyen2 cela n'en vaut pas la peine4 ,eh bien1 ajouta-t-il en se levant et en tirant ses bras1 je suis fatigu2 en soi1 pourtant1 la journe n'a pas t trs-dure2 mais ,londres est une ville si bruyante6--,vous dsirez que je vous souhaite le bonsoir1 dit ,sheffield4 ,charles ne rejeta pas le compliment1 et les deux amis se sparrent4 ,,chapitre ,,xv4 ,les ,,xxxix ,articles4 ,pour la tranquillit de l'esprit de ,charles1 il ne pouvait y avoir de cours plus fcheux que celui auquel il assista pendant ce trimestre2 cependant1 telle est notre ignorance de l'avenir1 qu'il le salua avec bonheur1 comme s'il devait lui apporter une rponse toutes les perplexits dans lesquelles avaient concouru le jeter1 chacun leur manire1 ,sheffield1 ,bateman1 ,freeborn1 ,white1 ,willis1 ,m4 ,morley1 le docteur ,brownside1 ,m4 ,vincent et l'tat gnral d',oxford4 ,notre jeune ami avait fait preuve de tant de moyens dans la premire partie de l'anne1 et il avait tudi avec tant de zle1 que ses tuteurs l'envoyrent prmaturment au cours des ,articles4 ,ce cours tait de premier ordre1 vu surtout que le tuteur qui le donnait tait parfaitement matre de sa matire4 ,il savait toute l'histoire des ,articles#ec2 il pouvait dire comment ils taient arrivs la forme actuelle1 par quelles vicissitudes ils taient passs1 les additions qu'on y avait faites1 l'poque de ces additions1 et enfin ce qu'on en avait retranch4 ,a cette rudition se joignait naturellement une explication du texte dduite1 autant que possible1 de l'expos historique ainsi donn4 ,le professeur faisait intervenir1 en outre1 dans le cours tous les ,rformateurs anglais et trangers2 et rien n'y manquait1 au moins dans sa pense1 pour fortifier un jeune tudiant dans la croyance et la discipline de l'glise d',angleterre4 #ec ,les ,,xxxix ,articles furent rdigs en #aefb et confirms par la reine et les vques en #aega4 ,or1 tel ne fut pas l'effet produit sur ,reding4 ,soit qu'il et form des esprances exagres1 soit pour toute autre cause1 il arriva qu'il n'prouva que plus vivement le sentiment du vieux pre de la comdie1 aprs la consultation des avocats3 ,incertior sum multo quam ante4 ,il vit que la profession de foi contenue dans les ,articles n'tait qu'un amalgame de morceaux d'orthodoxie1 de luthranisme1 de calvinisme1 de zwinglianisme1 et tout cela ne reposant sur aucun principe4 ,il vit que cette profession n'tait que l'uvre du hasard1 si toutefois le hasard existe2 qu'elle avait revtu cette forme particulire dans laquelle l'glise d',angleterre la reoit aujourd'hui1 alors qu'elle aurait pu en prendre toute autre2 et qu'il n'y avait pas de raison pour que les ,anglicans de ce jour ne fussent pas ,calvinistes1 ,presbytriens1 ou ,luthriens aussi bien qu'piscopaux4 ,ce fait historique ne faisait que centupler la difficult1 ou plutt l'impossibilit de dire quelle tait la foi de l'glise d',angleterre4 ,presque sur chaque point de la controverse1 le texte de la doctrine tait vague ou contradictoire1 et il y avait un poids imposant de tmoignages extrieurs en faveur d'interprtations opposes4 ,il s'arrta une ou deux fois1 aprs le cours1 pour demander des renseignements ,m4 ,upton1 le tuteur1 qui tait trs-dispos les lui fournir2 mais ses dmarches n'aboutirent rien1 en ce qui regarde l'objet qu'il avait en vue4 ,une difficult particulire tourmentait ,charles2 c'tait de savoir1 si1 selon les ,articles1 la vrit divine nous tait transmise directement1 ou si nous avions la chercher nous-mmes dans l'criture4 ,plusieurs ,articles veillaient en lui ce doute4 ,il le proposa son tuteur1 et ,m4 ,upton1 ecclsiastique de la ,haute glise1 lui rpondit que la doctrine du salut ne nous tait pas transmise1 que nous n'avions pas la chercher1 non plus1 mais qu'elle nous tait propose par l'glise1 et que c'tait l'individu se la prouver4 ,charles ne comprenait pas cette distinction entre chercher et prouver2 car comment pouvons-nous prouver1 sinon en cherchant les raisons 7dans l'criture78 ,il prsenta sa proposition sous une autre forme4 ,il demanda si la ,religion ,chrtienne permettait le jugement priv8 ,ce n'tait pas l une question abstraite1 mais bien pratique4 ,s'il avait fait la mme question un ,wesleyen ou un ,indpendant1 il aurait obtenu une rponse absolue dans le sens affirmatif2 s'il l'avait faite un ,catholique1 celui-ci lui aurait dit que nous usons de notre jugement priv pour trouver l'glise1 et qu'ensuite l'glise le remplace2 mais il ne put obtenir une rponse claire de ce thologien d',oxford4 ,d'abord1 on lui dit que certainement nous devons user de notre jugement priv dans la dtermination de la doctrine religieuse2 mais ensuite on lui assura que c'tait un pch 7comme indubitablement c'en est un7 de mettre en doute la doctrine de la ,sainte-,trinit4 ,or1 tandis que1 d'une part1 on lui disait que douter de cette doctrine c'tait un pch1 dans une autre conversation on lui soutenait que notre tat le plus haut1 ici-bas1 c'est l'tat de doute4 ,qu'est-ce que cela voulait dire8 ,assurment la certitude tait de toute ncessit sur quelques points1 comme par exemple sur l'objet du culte2 comment pouvons-nous honorer d'un culte ce dont nous doutons8 ,les deux actes taient d'ailleurs mis en contraste par l'vangliste3 ,lorsque les disciples virent ,notre-,seigneur aprs sa rsurrection1 il l'adorrent1 mais quelques-uns doutaient4 ,toutefois1 malgr ce fait1 on disait ,charles qu'il y avait de l'impatience dans la seule ide de dsirer la certitude4 ,dans une autre circonstance1 notre jeune tudiant demanda si les anathmes du ,symbole d',athanase s'appliquaient toutes ses clauses2 par exemple1 s'il tait ncessaire au salut de croire qu'il y a unus ternus1 comme porte le latin2 ou tel le ,pre444 tel le ,saint-,esprit2 ou que l',esprit-,saint est par lui-mme ,dieu et ,seigneur2 ou que le ,christ est ,un par l'assomption#ed de l'humanit en ,dieu4 ,il ne put obtenir de rponse4 ,m4 ,upton lui dit qu'il n'aimait pas les questions pousses l'extrme2 qu'il ne pouvait et qu'il ne dsirait pas y rpondre2 que le ,symbole avait t crit comme une espce de protestation contre des hrsies qui n'existaient plus4 ,reding demanda si cela voulait dire que le ,symbole ne contient pas une manire de voir distincte1 lui propre1 qui seule est sre1 ou si cela voulait dire qu'il est simplement une ngation de l'erreur4 ,les clauses1 observa-t-il1 en sont positives et non ngatives4 ,il ne put obtenir d'autre rponse1 sinon que ce ,symbole enseigne que les doctrines de la ,trinit et de l',incarnation sont ncessaires au salut1 tout en laissant videmment incertain ce en quoi consistent ces doctrines4 #ed ,il faut prendre ce mot dans le sens du latin1 assumptio4 ,un autre jour il demanda comment les pchs graves commis aprs le baptme taient pardonns4 tait-ce par la foi1 o ne l'taient-ils pas du tout en cette vie8 ,on lui rpondit que les ,articles n'en disaient rien2 que la doctrine papiste sur le pardon et sur le purgatoire tait errone1 et qu'il ferait bien d'carter et les questions curieuses et les rponses subtiles4 ,a un autre cours1 une nouvelle question se prsenta1 savoir3 si1 par la prsence relle on entendait une prsence du ,christ dans les lments1 ou dans l'me1 c'est--dire dans la foi du communiant2 en d'autres termes1 si la prsence tait rellement telle1 ou si elle n'tait qu'un simple nom4 ,m4 ,upton dclara que c'tait une question en litige4 ,un jour1 ,charles demanda si le ,christ tait prsent en fait1 ou seulement par ses effets4 ,m4 ,upton rpondit sans hsiter3 ,par ses effets1 ce qui1 aux yeux de ,reding1 signifiait qu'il n'y avait pas du tout de prsence relle4 ,charles avait eu quelque peine accepter la doctrine des chtiments ternels2 elle lui paraissait le point le plus ardu de la ,rvlation4 ,puis il se dit lui-mme3 ,mais qu'est-ce que la foi dans sa vritable notion1 si ce n'est une acceptation de la parole de ,dieu1 alors que la raison semble lui tre oppose8 ,comment la foi existerait-elle1 s'il n'y avait rien pour l'prouver8 ,cette pense le satisfit compltement4 ,la seule question rsoudre tait3 ,ce dogme fait-il partie de la parole rvle8 ,je puis l'accepter1 se dit-il1 s'il est certain pour moi que je suis oblig de le croire3 mais si je n'tais pas tenu de le croire1 je n'aurais pas la force de l'admettre4 ,c'est pourquoi il demanda ,m4 ,upton si c'tait une doctrine de l'glise d',angleterre2 si la croyance en tait exige par les ,articles4 ,il ne put obtenir de rponse4 ,cependant s'il ne croyait pas ce dogme1 il sentait tout l'difice de sa foi trembler sous ses pieds4 ,immdiatement aprs vint la doctrine de l'expiation4 ,il est difficile d'apporter des exemples de ce genre1 sans faire natre dans l'esprit du lecteur cette ide que ,charles tait hardi et captieux dans ses questions4 ,m4 ,upton1 nanmoins1 tout en gardant son opinion sur ,reding1 n'attribua jamais cette manire d'agir l'orgueil1 ni l'oubli du respect qui lui tait d lui-mme4 ,naturellement ,charles tait proccup de son sujet1 et il aurait voulu faire part de ses perplexits ,sheffield1 s'il n'avait fortement redout de rendre ainsi la chose pire4 ,il pensa que ,bateman pourrait lui tre de quelque utilit1 et il s'ouvrit lui dans une promenade qu'ils firent ensemble la campagne4 ,que devait-il faire8 ,a son arrive ,oxford1 on lui avait dit que lorsqu'il prendrait ses grades il aurait signer les ,articles1 non sur la foi1 mais sur la raison2 les ,articles1 pourtant1 taient incomprhensibles3 et comment pouvait-il se prouver ce qu'il ne pouvait s'expliquer8 ,bateman paraissait peu dispos entamer cette matire3 ,oh6 mon cher ami1 dit-il enfin1 vous tes vraiment dans un tat de surexcitation d'esprit2 je n'aime pas vous parler maintenant1 vous ne verrez pas les choses d'une manire droite et claire1 vous ne les prendrez pas dans leur sens naturel4 ,quel fantme allez-vous voquer6 ,vous assistez1 dans votre seconde anne1 au cours des ,articles1 et peine avez-vous commenc1 que vous songez ce que vous penserez ou ne penserez pas la fin de vos tudes4 ,ne demandez rien sur les ,articles prsentement3 attendez1 au moins1 que vous ayez fini le cours4--,je n'ai pas l'habitude de faire de l'embarras ni de me tourmenter1 repartit ,charles1 quoique1 je l'avoue1 je ne sois pas tranquille comme je devrais l'tre4 ,j'entends exprimer tant d'opinions diffrentes dans les conversations6 ,et si je suis l'glise1 que vois-je8 le prdicateur attaquer violemment son confrre2 en dernier lieu1 je me mets l'tude des ,articles1 et1 en vrit1 je ne puis voir ce qu'ils enseignent4 ,par exemple1 je ne puis saisir leur doctrine sur la foi1 les sacrements1 la prdestination1 l'glise1 l'inspiration de l'criture4 ,et1 d'ailleurs1 leur langage est si en dsaccord avec le ,prayer-,book6 ,upton a dmontr tout cela de la manire la plus vidente1 dans son cours4--,mon trs-respectable ami1 reprit ,bateman1 songez un instant aux grands hommes qui ont sign les ,articles4 ,peut-tre le roi ,charles lui-mme1 ,laud bien certainement1 tous les grands vques de l'poque1 et ceux de la gnration suivante4 ,songez au trs-orthodoxe ,bull1 au savant ,pearson1 l'loquent ,taylor1 ,montague1 ,barrow1 ,thorndike1 au bon vque ,horne et ,jones de ,nayland4 ,ne pouvez-vous pas faire ce qu'ils ont fait8--,l'argument est trs-fort1 rpondit ,charles2 je l'ai senti2 vous voulez donc dire que je dois signer sur la foi8--,oui1 sans doute1 si c'est ncessaire4--,et comment dois-je signer quand je passerai matre1 ou lorsque je recevrai les ordres8--,voil ce que j'appelle se tourmenter gratuitement4 ,vous n'tes pas content de votre jour prsent1 vous vous transportez cinq annes en avance4 ,charles se mit rire4 ,ce n'est pas tout fait cela1 dit-il1 je voulais seulement connatre votre opinion2 toutefois1 il y a l du vrai4 ,et il changea de sujet4 ,pendant quelque temps1 ils parlrent de choses insignifiantes1 mais1 aprs une pause1 les penses de ,charles revinrent aux ,articles4 ,dites-moi1 ,bateman1 reprit-il1 comme simple sujet de curiosit1 de quelle manire vous avez souscrit1 quand vous avez pris vos grades4--,oh6 je n'eus pas du tout d'embarras1 rpondit ,bateman2 les exemples de ,bull et de ,pearson3 me suffisaient4--,alors vous avez sign sur la foi4--,pas prcisment1 mais ce fut cette pense qui aplanit toutes les difficults4--,auriez-vous pu signer sans cela8--,comment pouvez-vous me faire cette question8 videmment4--,eh bien1 dites-moi alors quel tait votre motif4--,oh6 des motifs6 j'en avais beaucoup4 ,mais je ne puis me rappeler la minute de choses dj passes depuis quelque temps4--,avouez-le1 c'tait une matire de difficult2 vous venez de le dire tout l'heure4--,pas du tout2 ma difficult ne tombait pas sur mon opinion personnelle1 mais sur la manire de prsenter la matire d'autres4--,quoi6 est-ce qu'on vous tenait pour suspect8--,non1 non1 vous tes compltement dans l'erreur4 ,voici ma pense3 par exemple1 un ,article dit que nous sommes justifis par la foi seule4 ,or1 le sens protestant de ce passage est un point contraire la doctrine de nos grands thologiens4 ,la question tait de savoir ce que je devais rpondre quand on me demanderait mon opinion sur cet ,article4--,je comprends1 dit ,charles2 prsent1 expliquez-moi comment vous avez rsolu le problme4--,eh bien1 je ne nie pas que le sens protestant ne soit hrtique1 rpondit ,bateman1 ni que tel ne soit le caractre de beaucoup d'autres choses dans les ,articles2 mais il n'est pas ncessaire de les prendre dans le sens protestant4--,alors1 dans quel sens8--,eh bien1 d'abord1 il n'est pas ncessaire de les prendre dans un sens quelconque4 ,ne riez pas2 coutez4 ,de graves autorits1 comme ,laud et ,bramhall1 paraissent avoir admis que nous signons les ,articles seulement comme des articles de paix2 non pas comme les acceptant en ralit1 mais comme n'y tant pas opposs4 ,c'est pourquoi1 lorsque nous signons les ,articles1 nous ne faisons que nous engager ne pas prcher contre eux4 ,reding rflchit4 ,bateman1 dit-il ensuite1 est-ce que cette manire d'interprter la signature des ,articles ne permettrait pas aux ,unitaires d'entrer dans l'glise8 ,bateman l'avoua1 mais la ,liturgie les en tiendrait loigns4 ,charles fit observer qu'ils pourraient prendre galement la ,liturgie comme une ,liturgie de paix4 ,bateman reprit de nouveau3 ,si vous avez besoin d'un principe palpable pour l'interprtation des ,articles et de la ,liturgie1 je puis vous en donner un4 ,vous savez1 continua-t-il aprs un court silence1 ce que nous acceptons8 eh bien1 nous donnons aux ,articles une interprtation catholique4 ,charles prit un air attentif4 ,il est clair1 continua ,bateman1 qu'aucun crit ne peut tre une lettre morte2 il doit tre l'expression de la pense de quelqu'un2 et la question est de savoir de qui est ce qu'on peut appeler la voix qui s'exprime par les ,articles4 ,or1 si les vques1 si les chefs des tablissements1 les autorits et autres dignitaires taient unanimes dans leurs vues religieuses1 et que tous1 comme un seul1 dissent3 ,les ,articles signifient ceci et non cela1 en vertu de leur position1 ils en seraient les interprtes lgitimes2 et les ,articles auraient le sens que ces messieurs leur donneraient4 ,mais ceux-ci ne sont pas d'accord entre eux2 quelques-uns mme sont diamtralement opposs aux autres4 ,l'un rejette la succession apostolique1 l'autre la soutient2 celui-ci repousse la justification luthrienne1 celui-l l'admet2 un premier nie l'inspiration de l'criture1 un second regarde ,calvin comme un saint1 un troisime considre la doctrine de la grce sacramentelle comme une superstition1 un quatrime se fait le partisan de ,nestorius contre l'glise1 un cinquime est ,sabellien4 ,il est donc vident que les ,articles n'ont aucun sens1 si l'on doit tenir compte de la voix collective des vques1 des doyens1 des professeurs et autres4 ,ceux-ci ne peuvent suppler ce que les scolastiques appelleraient la forme des ,articles4 ,mais peut-tre les auteurs eux-mmes des ,articles pourront suppler cette forme8 ,nullement2 car1 d'abord1 nous ne connaissons pas d'une manire certaine ces auteurs2 et puis1 les ,articles ont pass par tant de mains et par tant de corrections1 que quelques-uns au moins des auteurs primitifs ne voudraient pas en prendre la responsabilit aujourd'hui4 ,venons-en aux assembles qui les ratifirent4 ,mais elles aussi taient de sentiments diffrents2 le dix-septime sicle ne soutint pas la doctrine du seizime4 ,tel est l'tat de la question4 ,d'autre part1 nous1 nous disons que si l'glise ,anglicane est une portion de l'glise ,une et ,catholique1 elle doit ncessairement garder la doctrine catholique4 ,c'est pourquoi1 tout le ,symbole ,catholique1 la doctrine connue des ,pres1 de saint ,ignace1 de saint ,cyprien1 de saint ,augustin1 de saint ,ambroise1 est la forme1 le seul vritable sens et l'interprtation des ,articles4 ,ceux-ci peuvent tre quivoques en eux-mmes2 ils peuvent avoir t rdigs avec des intentions diffrentes par les personnes qui les composrent1 mais ce sont des accidents3 l'glise ne connat pas les individus1 elle s'interprte elle-mme4 ,reding prit quelque temps pour rflchir ce qu'il venait d'entendre4 ,tout ceci1 dit-il ensuite1 repose sur le principe fondamental que l'glise d',angleterre est une partie intgrante de ce corps visible dont saint ,ignace1 saint ,cyprien et les autres ,pres taient vques1 suivant les paroles de l'criture1 un seul corps1 une seule foi4 ,bateman en convint4 ,charles continua3 ,ds lors les ,articles ne doivent pas tre considrs dans le principe comme enseignement2 en eux-mmes1 ils n'ont pas de sens2 de l'aveu gnral1 ils sont ambigus2 ils ont t extraits de sources htrognes2 mais tout cela n'est rien1 car tous doivent tre interprts par l'enseignement de l'glise ,catholique4 ,bateman approuva en somme1 tout en faisant observer que ,charles avait prsent la thse d'une manire trop forte4 ,mais si les ,articles contredisent une doctrine des ,pres1 dois-je forcer la lettre8--,si un tel cas arrivait1 la thorie ne se soutiendrait pas1 rpondit ,bateman2 ce serait seulement une farce grossire4 ,vous ne pourrez jamais signer un ,article dans un sens que ses paroles ne comporteraient pas4 ,mais1 heureusement1 ou plutt providentiellement1 telle n'est pas notre position3 nous avons simplement expliquer des ambiguts et harmoniser des divergences4 ,l'interprtation catholique ne fait pas au texte une violence plus grande que toute autre rgle ne pourrait le faire4--,je ne connais rien des ,pres1 reprit ,charles1 et je ne suis pas le seul2 comment apprendre interprter les ,articles d'une manire pratique8--,par le ,prayer-,book2 le ,prayer-,book est la voix des ,pres4--,comment donc8--,parce que le ,prayer-,book est ancien1 de l'aveu de tout le monde1 et que les ,articles sont rcents4 ,charles garda de nouveau le silence3 ,c'est trs-plausible1 dit-il enfin2 et il rflchit encore4 ,il demanda ensuite3 ,cette manire de voir est-elle reue8--,aucune manire de voir n'est reue1 rpondit ,bateman2 les ,articles seuls sont reus1 mais il n'existe absolument pas d'autorit pour leur interprtation4 ,c'est ce que je disais tout l'heure3 vques et professeurs ne s'accordent pas entre eux4--,mais est-ce une manire de voir tolre8--,on l'a certainement combattue avec force2 mais elle n'a jamais t condamne4--,ceci n'est pas une rponse1 rpliqua ,charles1 qui1 la tournure de ,bateman1 voyait o gisait la vrit4 ,y a-t-il un seul vque aujourd'hui qui admette cette rgle8 ,y a-t-il jamais eu un seul vque qui l'admt8 ,a-t-elle jamais t admise formellement comme soutenable par un seul vque8 ,est-ce une rgle tablie pour aplanir les difficults qu'on rencontre8 ,a-t-elle une existence historique8 ,bateman ne put que donner une rponse ces questions mesure qu'elles lui taient adresses4 ,je le croyais ainsi1 reprit ,charles aprs avoir entendu cette rponse4 ,je connais1 au reste1 la personne dont vous m'avez expos la manire de voir2 quoique je n'aie jamais entendu1 avant cette heure1 dvelopper cette thorie devant moi4 ,c'est spcieux1 je l'avoue2 je ne vois pas que cette rgle n'et pu suffire1 si on l'avait sanctionne d'une manire quelconque2 mais vous n'avez pas de sanction me montrer4 ,telle que la chose existe1 c'est une pure thorie mise en avant par quelques individus4 ,notre glise pourrait avoir adopt ce mode d'interprter les ,articles3 mais1 d'aprs ce que vous dites1 elle ne l'a pas fait certainement4 ,je suis o j'en tais4 ,,chapitre ,,xvi4 ,m4 ,freeborn1 un vrai vanglique1 expose sa nbuleuse doctrine4 ,la pense vint ,reding que peut-tre1 aprs tout1 ce qu'on appelait la ,religion vanglique tait le vrai ,christianisme4 ,ses professeurs1 il le savait1 taient des hommes actifs et influents1 et avaient t beaucoup perscuts autrefois4 ,freeborn l'avait surpris1 offens mme au djeuner de ,bateman1 avant les vacances1 mais ,freeborn avait dans sa personne quelque chose de srieux1 et peut-tre s'tait-il fait mal comprendre4 ,cette pense1 toutefois1 passa aussi vite qu'elle tait venue1 et il peut se faire qu'elle ne se serait plus prsente l'esprit de notre jeune tudiant1 lorsque le hasard vint lui fournir quelques donnes pour rsoudre la question4 ,une aprs-midi1 il tait flner au parc1 en extase devant un de ces remarquables effets de lumire qui1 cette poque de l'anne1 sont frquents dans le voisinage d',oxford3 tandis que le soleil descendait vers l'horizon1 la lumire colorait d'une teinte or pale et brun ,marston1 ,elsfield et leurs petits bosquets demi dpouills de leur feuillage4 ,tout coup ,charles se trouva surpris et abord par ledit ,freeborn in propri person4 ,freeborn prfrait de beaucoup la causerie du tte--tte une controverse dans une runion2 il se sentait plus fort dans de longues conversations faites loisir1 et il tait bientt hors d'haleine lorsqu'il avait mettre et aiguiser ses paroles au milieu des voix toujours varies d'une table de djeuner4 ,il jugea l'occasion favorable pour faire du bien un pauvre jeune homme qui ne distinguait pas la craie du fromage1 et qui1 grce ses lumires1 pourrait tre1 selon ses expressions1 converti au salut4 ,ils entrrent donc en conversation2 ils parlrent de la dmarche accomplie par ,willis4 ,freeborn la qualifia de dplorable4 ,charles ne savait pas encore o il en tait1 lorsqu'il lui arriva de demander ,freeborn ce qu'il entendait par la foi4 ,la foi1 rpondit ,freeborn1 est un don divin et l'instrument de notre justification dans la pense de ,dieu4 ,par nature1 nous lui sommes tous odieux1 jusqu' ce qu'il nous justifie librement cause du ,christ4 ,la foi est comme une main qui nous applique personnellement les mrites du ,christ1 elle est notre justification4 ,or1 de quoi pouvons-nous avoir besoin1 ou que pouvons-nous possder qui soit plus prcieux que ces mrites8 ,donc1 la foi est tout1 et accomplit tout pour nous4 ,vous voyez par l combien il importe d'avoir une ide exacte de la justification par la foi seule4 ,si nous sommes bien tablis sur ce point capital1 le reste ne doit pas nous proccuper2 d'un seul trait1 nous verrons la folie des querelles touchant les crmonies1 touchant les formes du gouvernement de l'glise1 touchant1 dirais-je mme1 les ,sacrements ou les ,symboles2 et alors les choses extrieures seront ngliges1 ou n'obtiendront tout au plus qu'une place secondaire4 ,reding fit observer que sans doute ,freeborn ne voulait pas dire que les bonnes uvres ne fussent pas ncessaires pour obtenir la faveur de ,dieu2 mais si elles l'taient1 comment la justification existait-elle par la foi seule8 ,souriant une pareille question1 ,freeborn rpondit qu'il esprait que ,charles aurait1 dans peu de temps1 des vues plus claires4 ,c'tait une affaire trs-simple3 la foi ne justifiait pas seulement1 elle rgnrait aussi4 ,elle tait la racine de la sanctification1 aussi bien que du divin accueil4 ,le mme acte qui servait nous conduire la faveur de ,dieu nous rendait galement propres recevoir cette faveur4 ,ainsi les bonnes uvres taient assures1 parce que la foi ne serait pas vritable1 si elle n'avait la certitude de produire de bonnes uvres en temps opportun4 ,reding jugea cette manire de voir simple et claire1 quoiqu'elle lui rappelt dsagrablement le docteur ,brownside4 ,freeborn ajouta que cette doctrine tait prcieuse pour le pauvre1 qu'elle renfermait tout l'vangile dans une coque de noix1 qu'elle dispensait de critique1 de la connaissance des ges primitifs1 des professeurs2 en un mot1 de toute autorit sous une forme quelconque4 ,elle faisait table rase de la thologie4 ,il n'tait pas ncessaire de faire remarquer cette dernire consquence ,charles2 mais il la laissa passer1 parce qu'il dsirait prouver le systme dans ses propres mrites4 ,vous parlez de la vraie foi1 dit-il1 comme produisant les bonnes uvres2 vous dites que ce n'est pas la foi qui justifie1 mais la vraie foi1 et que la vraie foi produit les bonnes uvres4 ,en d'autres termes1 je suppose1 la foi1 qui est certaine d'tre fconde1 ou la foi fconde1 justifie4 ,or1 raisonner ainsi1 c'est comme si l'on disait3 ,la foi et les uvres sont les moyens runis de la justification4--,oh6 non1 non1 s'cria ,freeborn1 cela est une doctrine dplorable3 c'est compltement oppos l'vangile1 c'est antichrtien4 ,nous sommes justifis par la foi seule1 en dehors des bonnes uvres4--,je me trouve prcisment au cours des ,articles1 reprit ,charles1 et ,upton nous a dit que nous devons faire une distinction de ce genre3 par exemple1 le duc de ,wellington est ,chancelier de l',universit1 mais quoiqu'il soit aussi bien ,chancelier que duc1 cependant il ne sige la ,chambre des ,lords que comme duc1 et non comme ,chancelier4 ,ainsi1 quoique la foi soit aussi vritablement fconde qu'elle est la foi1 cependant elle ne justifie pas comme tant fconde1 mais comme tant la foi4 ,est-ce l votre pense8--,nullement1 rpondit ,freeborn2 c'tait l la doctrine de ,mlanchthon4 ,a force d'explications1 il rduisit une vertu cardinale une simple question de mots2 il fit de la foi un pur symbole3 mais c'est s'carter du vrai vangile4 ,la foi est l'instrument et non un symbole de la justification4 ,elle n'est vraiment qu'une simple apprhension#ee et pas autre chose3 c'est l'acte qu'un mendiant pourrait hasarder sur un roi qui passe1 en le saisissant1 et en se cramponnant lui4 ,la foi est aussi pauvre que ,job sur les cendres2 comme ce ,patriarche dpouill de tout orgueil1 de faste et de bonnes uvres1 elle est couverte d'ignobles haillons3 elle est sans aucun bien4 ,je le rpte1 c'est une simple apprhension4 ,maintenant1 vous voyez1 n'est-ce pas1 quelle est ma pense8--,je ne sais si je vous comprends bien1 rpondit ,charles3 vous dites qu'avoir la foi c'est saisir les mrites du ,christ1 et que nous les possdons1 ces mrites1 pourvu que nous arrivions les saisir4 ,mais videmment tous ceux qui les saisissent ne les obtiennent pas2 car les hommes corrompus qui ne songent jamais se repentir entirement1 ou qui n'ont pas une vritable haine du pch1 seraient heureux de s'en saisir et de se les approprier1 s'ils pouvaient le faire4 ,ils voudraient bien gagner le ciel pour rien4 ,la foi1 ds lors1 doit tre une espce particulire d'apprhension4 ,quelle est cette espce8 ,on ne peut se tromper sur de bonnes uvres2 mais on le peut sur une apprhension4 ,qu'est-ce qu'une vritable apprhension8 ,qu'est-ce que la foi8--,quelle ncessit1 mon cher ami1 repartit ,freeborn1 de connatre mtaphysiquement ce que c'est que la vraie foi1 si nous la possdons et si nous en jouissons8 j'ignore ce que c'est que le pain1 mais je le mange2 pour en user1 vais-je attendre qu'un chimiste en ait fait l'analyse8 ,non1 je le mange1 et ensuite j'en prouve les bons effets4 ,et de mme1 soyons contents de connatre1 non ce que c'est que la foi1 mais ce qu'elle produit1 et jouissons de notre bonheur en la possdant4--,je n'ai pas envie de faire intervenir la mtaphysique1 rpliqua ,charles1 j'accepte votre propre exemple4 ,supposez que je suspecte le pain qui est devant moi de renfermer de l'arsenic ou d'tre simplement malsain1 serait-il tonnant que je cherchasse connatre le fait avec certitude8--,avez-vous agi ainsi1 ce matin1 votre djeuner8--,je ne puis suspecter mon pain4--,mais alors pourquoi suspectez-vous la foi8--,parce qu'elle est1 pour ainsi parler1 une nouvelle substance 7,freeborn soupira71 parce que je n'y suis pas habitu1 bien plus1 parce que je la suspecte4 ,je dois dire que je la suspecte2 car1 bien que je connaisse peu cette matire1 je sais parfaitement1 d'aprs ce qui s'est pass dans la paroisse de mon pre1 quels excs peut conduire cette doctrine1 si l'on n'y prend garde4 ,vous dites que c'est une doctrine prcieuse pour les pauvres2 eh bien1 ils vont trs-vraisemblablement prendre une chose pour une autre1 et tout le monde fera de mme4 ,si donc1 on nous dit que nous n'ayons qu' saisir les mrites du ,christ1 et qu'il n'est pas ncessaire de nous tourmenter pour le reste2 que1 si la justification a eu lieu1 les bonnes uvres viendront ensuite2 que tout est fini et que le salut est parfait1 pourvu que nous continuions avoir la foi1 je pense que nous devrions tre passablement srs que nous avons la foi1 une foi relle1 une relle apprhension1 avant de fermer nos livres et de nous reposer4 #ee ,il faut prendre cette expression dans le sens du mot latin apprehensio4 ,freeborn tait contrari d'avoir entam cette discussion2 il tait pein 7comme il aurait voulu le dire71 de voir s'veiller dans ,charles l'orgueil de l'homme naturel1 ou l'aveuglement de sa raison charnelle2 mais il n'y avait pas moyen de reculer1 il fallait donner une rponse4 ,il y a1 je le sais1 plusieurs sortes de foi1 dit-il1 et sans doute il vous faut tre sur vos gardes pour ne pas prendre une foi fausse la place de la vraie foi4 ,bien des personnes1 comme vous l'observiez trs-exactement1 commettent cette faute1 et le plus important1 tout ce qu'il y a d'important1 dirai-je1 c'est d'aller droit4 ,d'abord1 il est clair que la foi n'est pas la simple croyance aux faits1 l'existence d'un ,dieu ou l'vnement historique de la venue du ,christ en ce monde et de son dpart2 elle n'est pas la soumission de la raison aux mystres1 ni cette espce de confiance1 non plus1 qui est requise pour exercer le don des miracles2 elle n'est ni la connaissance ni l'acceptation du contenu de la ,bible4 ,je dis1 elle n'est pas la connaissance1 elle n'est pas l'assentiment de l'intelligence1 elle n'est pas un fait historique1 elle n'est pas une foi morte3 la vraie foi justifiante n'est rien de tout cela1 elle est tablie dans le cur et les affections4 ,aprs un court silence il ajouta3 ,maintenant1 ce me semble1 j'ai assez bien dcrit ce que c'est que la foi justifiante pour l'usage pratique4--,en dcrivant ce que la foi n'est pas1 vous voulez dire8 rpliqua ,charles aprs un moment d'hsitation4 ,la foi justifiante ds lors est1 je le suppose1 la foi vivante4--,n'allez pas si vite1 monsieur ,reding4--,eh bien1 si ce n'est pas la foi morte1 c'est la foi vivante4--,elle n'est ni la foi vivante1 ni la foi morte1 mais la foi1 la simple foi qui justifie4 ,mlanchthon causa bien du chagrin ,luther pour avoir soutenu que la foi vivante et efficace justifie4 ,allez1 mon jeune ami1 j'ai tudi cette question avec le plus grand soin4--,alors1 dites-moi1 reprit ,charles1 ce que c'est que la foi1 puisque je ne puis l'expliquer clairement4 ,par exemple1 si vous disiez 7ce que vous ne dites pas7 que la foi est la soumission de la raison aux mystres1 ou l'acceptation de l'criture comme document historique1 je comprendrais parfaitement votre pense2 cela est une donne claire4 ,mais quand vous venez dire que la foi qui justifie est une apprhension du ,christ1 qu'elle n'est ni la foi vivante1 ni la foi fconde1 ni la foi active1 mais un quelque chose qui1 dans le fait et en ralit1 est distinct de toutes ces sortes de foi1 je l'avoue1 je ne sais quoi m'en tenir4 ,freeborn dsirait sortir de l'argumentation4 ,oh6 s'cria-t-il1 si1 un seul jour1 vous prouviez rellement la puissance de la foi6 comme elle change le cur1 ouvre les yeux1 donne un nouveau got spirituel1 un sens nouveau l'me6 ,si1 un seul jour1 vous connaissiez ce que c'est que d'tre aveugle1 et puis de voir1 vous ne demanderiez pas de dfinition4 ,les trangers ont besoin de descriptions verbales1 mais les hritiers du royaume se contentent de jouir4 ,oh6 si vous pouviez seulement parvenir rejeter les folles imaginations1 vous dpouiller de votre amour-propre1 et exprimenter en vous-mme le merveilleux changement1 vous ne voudriez plus vivre que de louanges et d'actions de grces1 au lieu d'argumentations et de critique4 ,charles tait touch de cette parole ardente3 ,mais1 dit-il1 c'est la raison qui doit nous conduire1 et je ne vois pas que j'aie plus de motifs1 ni mme autant1 pour vous couter que pour couter l'glise romaine1 qui m'enseigne qu'il ne m'est pas possible d'avoir vritablement cette certitude de la foi avant de croire1 mais que cette certitude me sera divinement accorde quand je croirai4--,sans doute1 reprit ,freeborn d'un air grave1 vous ne voulez pas comparer le chrtien spirituel1 ,luther1 par exemple1 croyant sa doctrine cardinale sur la justification1 ce dvot formaliste1 esclave de la loi et superstitieux1 tel que le ,papisme peut le faire1 avec ses rites charnels et ses remdes empiriques1 qui jamais ne peuvent purifier l'me compltement1 ni la rconcilier avec ,dieu8--,je n'aime pas vous entendre parler ainsi1 rpliqua ,charles3 le ,papisme m'est bien peu connu2 mais1 dans mon enfance1 j'entrai un jour par hasard dans une chapelle catholique romaine1 et vraiment je n'ai jamais vu1 dans ma vie1 une dvotion semblable3 quel respect dans l'assistance prosterne genoux6 quelle profonde attention de la part de tous l'action qui se passait sous les yeux6 ,cette action1 je ne la compris pas1 mais1 j'en suis sr1 si vous aviez t prsent1 vous n'auriez jamais appel la ,religion ,catholique1 tort ou raison1 une pure forme extrieure ou un culte charnel4 ,freeborn rpliqua qu'il tait profondment pein de l'entendre exprimer de tels sentiments1 et de le voir infect ce point des erreurs du jour2 et il se mit maladroitement parler du ,pape comme de l',antechrist2 il aurait mme pouss jusqu' la prophtie1 si le jeune tudiant avait dit une seule parole pour alimenter la controverse4 ,comme il garda le silence1 le zle de ,freeborn se consuma et la conversation fut interrompue4 ,quelque temps aprs1 ,charles se hasarda reprendre le mme sujet4 ,si je vous comprends1 dit-il1 la foi apporte avec elle sa propre vidence4 ,de mme que je mange mon pain au djeuner sans hsitation sur sa salubrit1 ainsi1 quand j'ai rellement la foi1 je le sais d'une manire certaine1 et je n'ai pas besoin de faire des preuves pour m'en assurer8--,prcisment1 comme vous dites1 rpondit ,freeborn2 vous commencez saisir ma pense2 vous progressez4 ,l'me est claire pour voir qu'elle a rellement la foi4--,mais comment1 demanda ,charles1 pouvons-nous tirer de leur dangereuse mprise ceux qui croient avoir la foi1 alors qu'ils ne l'ont point8 ,n'y a-t-il pas un moyen qui leur permette de dcouvrir qu'ils sont dans l'illusion8--,il n'est pas tonnant1 rpondit ,freeborn1 que ce moyen manque2 il y a bien des personnes1 dans le monde1 qui se trompent elles-mmes4 ,certains hommes s'attribuent leur propre justice1 ils sont confiants dans leurs uvres1 et ils se croient sauvs1 alors qu'ils sont dans un tat de perdition2 on ne peut donner des rgles formelles qui puissent aider leur raison dcouvrir leur mprise4 ,ainsi en est-il de la foi fausse4--,eh bien1 il me parat tonnant1 repartit ,charles1 qu'on n'ait pas tabli une rgle naturelle et facile pour dcouvrir cette illusion2 je suis tonn que la foi fausse ressemble si exactement la vraie foi1 que l'vnement seul indique la diffrence entre elles4 ,tout effet implique une cause3 si une apprhension du ,christ produit les bonnes uvres1 et qu'une autre ne les produise pas1 il doit y avoir dans l'une une chose qui n'existe pas dans l'autre4 ,qu'est-ce qui se trouve dans une vraie apprhension qu'on ne puisse pas trouver dans une fausse8 ,le mot apprhension1 d'ailleurs1 est si vague2 il n'veille chez moi aucune ide bien dfinie1 et pourtant la justification en dpend4 ,est-ce1 par exemple1 le besoin senti de repentir ou d'amendement8--,non1 non1 la vraie foi est complte sans conversion2 la conversion vient aprs2 mais la foi est la racine4--,est-ce l'amour de ,dieu qui distingue la vraie foi de la fausse8--,l'amour8 reprit ,freeborn2 vous devriez lire ce que ,luther dit dans son clbre commentaire sur les ,galates4 ,il appelle une pareille doctrine3 pestilens figmentum1 diaboli portentum2 et il s'crie contre les ,papistes3 ,pereant sophist cum su maledict gloss4--,donc elle ne diffre en rien de la foi fausse4--,ce n'est pas cela1 elle en diffre par ses fruits3 ,c'est leurs fruits que vous les connatrez4--,cela revient encore au mme point2 les fruits viennent aprs2 mais un homme1 parat-il1 doit trouver sa consolation dans sa justification avant que les fruits viennent1 avant qu'il sache que sa foi produira ces fruits4--,les bonnes uvres sont les fruits ncessaires de la foi2 ainsi parlent les ,articles4 ,charles ne fit pas de rponse1 mais il se dit part lui3 ,mon bon ami1 en ce point1 n'a pas certes la plus lucide des ttes4 ,puis haute voix3 ,eh bien1 je dsespre de pntrer au fond de ce sujet4--,c'est naturellement un principe trs-simple1 rpondit ,freeborn d'un air de supriorit1 quoique d'un ton doux3 ,fides justificat ante et sine charitate2 mais la foi requiert une lumire divine pour l'embrasser4 ,ils marchrent un moment en silence2 et comme le jour tombait1 ils regagnrent leur demeure4 ,arrivs aux btiments de ,clarendon1 ils se sparrent4 ,,chapitre ,,xvii4 ,une runion discordante d'vangliques4 ,freeborn n'tait pas d'un caractre laisser aller un jeune homme comme ,charles sans tenter un nouvel effort pour le gagner2 et peu de jours aprs il l'invita venir prendre le th chez lui4 ,charles s'y rendit l'heure indique1 par une soire humide et froide du triste novembre4 ,il trouva cinq ou six personnes dj runies4 ,c'tait tout un monde nouveau pour notre tudiant3 figures1 manires1 discours2 tout lui tait tranger et ne rappelait ni l'cole d',eton1 ni ,oxford lui-mme4 ,il fut prsent2 et la conversation qui continuait ne fit qu'ajouter l'embarras caus par ces nouvelles connaissances4 ,c'tait un feu mesur de remarques srieuses1 entrecoupes de silences que relevaient seulement des hem accidentels1 l'absorption lente du th1 le bruit des cuillers tombant sur les soucoupes et le mouvement machinal des chaises1 quand la servante affaire de la maison venait subitement apporter la bouilloire pour la thire ou des rties pour la table4 ,dans la runion1 il n'y avait pas de naturel ni de laisser-aller1 mais une grande intention d'tre utile4 ,avez-vous vu le dernier ,journal ,spirituel8 demanda voix basse n #a n #b4 ,n #b venait de le lire4 ,c'est un trs-remarquable article sur l'agonie du ,pape1 dit n #a4--;,il ne faut dsesprer de personne1 rpondit n #b4--;,j'en ai entendu parler1 dit n #c1 mais je ne l'ai pas vu4 ,silence4 ,de quoi s'agit-il8 demanda ,reding4--,du dernier ,pape ,sixte ,,xvi1 rpondit n #c2 il parat qu'il est mort croyant4 ,sensation4 ,la figure de ,charles exprima le dsir d'en savoir davantage4 ,le journal donne cette nouvelle d'aprs une excellente autorit1 reprit n #b4 ,m4 ,o',niggins1 l'agent de la branche de la ,socit des ,traits pour la conversion des prtres catholiques1 se trouvait ,rome pendant la dernire maladie du ,pape4 ,il sollicita une audience1 qui lui fut accorde4 ,arriv prs du malade1 il commena tout de suite lui parler de la ncessit du changement du cur1 de la croyance au seul espoir des pcheurs et du renoncement tous les mdiateurs crs4 ,il lui annona la ,bonne ,nouvelle1 et lui garantit qu'il y avait un pardon pour tous4 ,il le mit en garde contre la fiction de la rgnration baptismale2 et puis1 continuant lui apporter la parole1 il le pressa1 quoique la onzime heure1 de recevoir la ,bible1 toute ,bible et rien que la ,bible4 ,le ,pape couta avec une attention marque et fut profondment mu4 ,l'exhortation finie1 ,sixte ,,xvi rpondit ,m4 ,o',niggins1 qu'il esprait ardemment que tous les deux ne mourraient pas sans se trouver ensemble dans la mme communion1 ou quelque chose de ce genre4 ,il dclara en outre1 ce qui est tonnant1 qu'il mettait sa seule confiance dans le ,christ1 source de tous les mrites2 phrase bien remarquable dans sa bouche4--,en quelle langue s'est faite la conversion8 demanda ,charles4--,on ne le dit pas1 rpondit n #b2 mais je suis peu prs certain que ,m4 ,o',niggins sait parfaitement le franais4--,il ne me semble pas1 repartit ,charles1 que les concessions du ,pape soient plus grandes que celles que font1 tous les jours1 des membres de notre propre glise1 lesquels nanmoins sont accuss de papisme4--,mais les concessions de ces messieurs leur sont arraches par force1 rpliqua ,freeborn1 tandis que celles du ,pape taient volontaires4--,ce parti rtrograde vers les tnbres1 ajouta n #b2 le ,pape marchait vers la lumire4--,on doit interprter tout pour le mieux chez un vrai ,papiste1 reprit ,freeborn1 et tout pour le pire chez un ,pusiste4 ,c'est la fois de la charit et du sens commun4--,ce ne fut pas tout1 continua n #b2 le ,pape rassembla les cardinaux1 leur protesta qu'il dsirait ardemment la gloire de ,dieu1 dit que la religion intrieure tait tout en tout et que les formes n'taient rien sans un cur contrit1 enfin qu'il avait la confiance d'tre bientt au ciel1 ce qui1 vous le comprenez1 tait le rejet de la doctrine sur le purgatoire4--,c'est un brandon tir du feu1 je l'espre1 dit n #c4--,on l'a observ souvent1 ajouta n #d1 et cela m'a frapp moi-mme3 le moyen de convertir les ,catholiques ,romains1 c'est de convertir d'abord le ,pape4--,la mthode1 au moins1 est sre1 repartit ,charles avec timidit1 craignant d'en avoir trop dit2 mais son ironie passa inaperue4 ,l'homme ne peut faire ces choses1 reprit ,freeborn2 mais la foi a cette puissance4 ,la foi peut descendre mme jusqu'aux plus grands pcheurs4 ,vous voyez maintenant1 peut-tre mieux que par le pass1 ajouta-t-il en se tournant vers ,charles1 ce que j'entendais par la foi l'autre jour4 ,ce pauvre vieillard pouvait n'avoir pas de mrites2 il avait pass une longue vie en opposition avec la croix4 ,vos difficults continuent-elles8 ,charles avait souvent pens srieusement sa premire conversation avec ,freeborn3 ,eh bien1 rpondit-il1 je ne crois pas qu'elles soient aussi grandes4 ,freeborn parut satisfait4 ,je veux dire1 ajouta ,reding1 que l'ide se soutient mieux que je ne le croyais d'abord4 ,freeborn eut l'air contrari4 ,charles1 rougissant un peu1 fut oblig de continuer au milieu d'un silence gnral4 ,vous disiez1 il vous en souvient1 que la foi justifiante existe sans l'amour ou sans aucune autre grce qu'elle-mme1 et que personne ne peut absolument expliquer ce qu'elle est1 si ce n'est plus tard1 d'aprs ses fruits2 qu'il n'y a pas de critrium au moyen duquel on s'examine soi-mme pour voir si on se trompe1 lorsqu'on croit avoir la foi2 de sorte que le bon et le mchant peuvent prendre chacun1 galement1 pour soi les promesses et les privilges propres l'vangile4 ,cette doctrine1 je la trouvai certainement dure tout d'abord2 mais ensuite cette ide me frappa1 que peut-tre la foi est le rsultat d'un tat d'esprit antrieur1 rsultat bni d'un tat bni2 et c'est pourquoi elle peut tre considre comme la rcompense d'une obissance antrieure2 et la foi trompeuse1 ou ce qui simplement ressemble la foi1 tre un juste chtiment4 ,autant l'expression de la premire partie de ce discours tait vague1 autant la conclusion en tait claire4 ,personne ne s'y trompa1 et l'motion de tous fut sensible4 ,il n'y a rien de semblable un mrite antrieur1 dit n #a3 tout est grce4--,pas de mrite1 je le sais1 reprit ,charles1 mais444--,nous ne devons pas nous jeter dans la doctrine de condigno ou de congruo1 dit n #b4--,mais1 videmment1 rpliqua ,charles1 c'est une cruaut de dire aux ignorants et la foule3 ,croyez1 et d'un seul coup vous serez sauvs2 n'attendez pas les fruits1 rjouissez-vous tout de suite1 sans accompagner cette doctrine d'une description claire de ce que c'est que la foi1 et sans prmunir ces pauvres gens contre leur propre illusion par une ducation religieuse4--,c'est l1 rpondit ,freeborn1 la vritable gloire de cette doctrine d'tre prche aux plus misrables des hommes4 ,elle leur dit3 ,venez tels que vous tes4 ,n'essayez pas de vous rendre meilleurs4 ,croyez que vous tes sauvs1 et le salut est vous2 les bonnes uvres viendront aprs4--,au contraire1 reprit ,charles continuant sa thse1 lorsqu'on dit que la justification suit le baptme1 il y a l quelque chose d'intelligible1 de prcis1 dont tout le monde peut s'assurer4 ,le baptme est un signe extrieur et non quivoque2 tandis que si un homme a ce sentiment secret appel la foi1 nul autre que lui ne peut en rendre tmoignage2 or1 cet homme ne peut tre un tmoin impartial4 ,reding avait enfin russi mettre cette sombre assemble dans un tat de grande excitation4 ,mon cher ami1 dit ,freeborn1 je m'attendais mieux que cela2 dans peu de temps1 je l'espre1 vous verrez les objets sous d'autres couleurs4 ,le baptme est un rite extrieur4 ,qu'y a-t-il1 que peut-il y avoir de spirituel1 de saint ou de cleste dans le baptme8--,mais vous me dites vous-mme que la foi1 non plus1 n'est pas spirituelle1 rpliqua ,charles4--,je vous le dis6 et quand donc8--,eh bien1 rpondit ,charles un peu dconcert1 au moins vous ne la croyez pas sainte4 ,freeborn fut embarrass son tour4 ,si elle est sainte1 continua ,charles1 elle a quelque chose de bon en elle2 elle a quelque valeur2 elle ne porte pas d'ignobles haillons4 ,tout bien1 dites-vous1 arrive ensuite4 ,vous dites que ses fruits sont saints1 mais que la foi n'est elle-mme absolument rien4 ,il y eut un silence momentan1 et un peu d'agitation dans les esprits4 ,oh6 la foi est certainement un sentiment saint1 dit n #a4--,non1 il est spirituel1 mais non pas saint1 repartit n #b2 c'est un simple acte1 l'apprhension des mrites du ,christ4--,il a son sige dans les affections1 dit n #c2 la foi est un sentiment du cur2 c'est la confiance1 c'est la croyance que le ,christ est mon ,sauveur3 tout cela est distinct de la saintet4 ,la saintet veille l'ide d'une justice relevant de soi4 ,la foi est paix et bonheur1 mais elle n'est pas la saintet4 ,la saintet vient ensuite4--,rien ne peut produire la saintet1 si ce n'est ce qui est saint1 reprit ,charles2 c'est une espce d'axiome3 les fruits tant saints1 la foi1 qui en est la racine1 doit tre sainte4--,vous pourriez aussi bien soutenir que la racine de la rose est rouge1 et celle du lis blanche1 rpliqua n #c4--,pardon1 s'cria ,freeborn2 c'est1 comme dit mon ami1 une apprhension4 ,l'apprhension1 c'est l'acte de saisir2 il n'y a pas plus de saintet dans la foi justifiante que dans l'acte d'une main qui s'empare d'une substance qu'elle trouve devant elle4 ,c'est l la grande doctrine de ,luther dans son commentaire sur les ,galates4 ,la foi n'est rien en elle-mme2 c'est un simple instrument3 voil ce qu'il enseigne1 lorsqu'il s'lve avec tant de force contre la notion de la foi justifiante comme tant accompagne de l'amour4 ,je ne puis souscrire cette doctrine1 reprit n #a4 ,elle peut tre vraie en un certain sens2 mais elle jette des pierres d'achoppement dans la voie de ceux qui cherchent4 ,luther ne pouvait vouloir dire ce que vous soutenez1 j'en suis convaincu4 ,la foi justifiante est toujours accompagne de l'amour4--,c'est ce que je croyais1 dit ,charles4--,c'est tout fait la doctrine de ,rome1 reprit n #b2 c'est la doctrine de ,bull et de ,taylor4--,dans le sens que ,luther l'appelle venenum infernale1 repartit ,freeborn4--,c'est prcisment la doctrine que prchent en ce moment les ,pusistes1 dit n #c4--;,au contraire1 repartit n #a1 c'est celle de ,mlanchthon4 ,regardez1 continua-t-il en tirant de sa poche son portefeuille1 j'ai not ses paroles1 lorsque ,shuffleton les cita l'autre jour dans la salle de thologie3 ,fides significat fiduciam2 in fiduci inest dilectio2 ergo etiam dilectione sumus justi4 ,trois membres de la runion s'crirent que c'tait impossible2 le papier passa de main en main dans un silence solennel4 ,calvin dit la mme chose1 ajouta n #a d'un air de triomphe4 ,je pense1 reprit n #d1 d'une voix basse1 douce et soutenue1 qui contrastait avec l'animation qui s'tait subitement manifeste dans la conversation1 je pense que la controverse 7hem7 peut aisment se vider4 ,c'est une question de mots entre ,luther et ,mlanchthon4 ,luther dit3 7hem7 ,la foi existe sans l'amour1 voulant exprimer que la foi justifie sans l'amour4 ,mlanchthon1 d'autre part1 dit3 7hem7 ,la foi existe avec l'amour1 voulant exprimer que la foi justifie avec l'amour4 ,or1 tous les deux sont dans le vrai3 ,car 7hem7 la foi-sans-l'amour justifie1 cependant la foi justifie non-sans-l'amour4 ,il y eut un moment de silence1 tandis que les deux partis laboraient cette explication4 ,au contraire1 ajouta-t-il1 c'est la doctrine papiste que la foi-avec-l'amour justifie4 ,freeborn exprima son dissentiment2 il croyait que ,c'tait l la doctrine de ,mlanchthon condamne par ,luther4 ,vous voulez dire1 reprit ,charles1 que la justification est donne la foi avec l'amour1 et non la foi et l'amour4--,vous avez exprim ma pense1 rpondit n #d4--;,et quelle diffrence mettez-vous entre le mot avec et le mot et8 ,n #d rpondit sans hsiter3 ,la foi est l'instrument1 l'amour le sine qu non4 ,ns #b et #c se rcrirent en l'interrompant2 ils croyaient que c'tait en revenir au lgal#ef que d'introduire la phrase sine qu non2 c'tait introduire des conditions4 ,la justification tait inconditionnelle4 ,mais la foi n'est-elle pas une condition8 demanda ,charles4--,certainement non1 rpondit ,freeborn2 condition est un mot lgal4 ,comment le salut peut-il tre libre et entier1 s'il est conditionnel8--,il n'y a pas de condition1 dit n #c2 tout doit venir du cur4 ,nous croyons avec le cur1 nous aimons avec le cur1 nous obissons avec le cur2 non que nous y soyons obligs1 mais parce que nous avons une nouvelle nature4--,n'y a-t-il pas obligation d'obir8 demanda ,charles tonn4--,pas d'obligation pour les rgnrs1 rpondit n #c2 ils sont au-dessus de toute obligation2 ils sont dans un nouvel tat4--,mais1 certainement1 les ,chrtiens sont sous une loi1 reprit ,charles4--,certainement non1 repartit n #b2 la loi est abolie sous le ,christ4--,prenez-y garde1 dit n #a1 vous tes sur la lisire de l',antinomianisme4--,pas du tout1 rpondit ,freeborn2 un ,antinomien soutient ouvertement qu'il peut briser la loi1 un croyant spirituel dit qu'il n'est pas tenu de l'accomplir4 #ef ,allusion la loi judaque4 ,il s'leva alors au sein de l'assemble une nouvelle discussion4 ,comme il paraissait qu'elle serait aussi interminable qu'elle tait ennuyeuse1 ,reding saisit l'occasion de souhaiter le bonsoir son hte et de s'en aller la drobe4 ,il n'avait jamais eu beaucoup de penchant pour la doctrine vanglique1 et ,freeborn et ses amis1 qui connaissaient leur propre croyance mieux que le reste de leur secte1 lui avaient dmontr qu'il n'avait pas grand'chose gagner en tudiant davantage cette doctrine4 ,ces messieurs1 en consquence1 ne figureront plus dans notre livre4 ,,chapitre ,,xviii4 ,le deuil de famille4 ,lorsque ,charles entra dans sa chambre1 il vit sur la table une lettre de chez lui1 et1 sa grande terreur1 elle avait une large bordure noire4 ,il s'empressa d'en briser le cachet4 ,hlas elle annonait la mort subite de son pre4 ,la goutte1 aprs l'avoir tourment pendant plusieurs semaines1 avait fini par lui attaquer l'estomac et elle l'avait emport en quelque heures4 ,o mon pauvre ,charles1 laissez-moi partager toutes vos douleurs6 quelle longue nuit6 quel indicible rveil6 et puis quelle triste journe6 ,dans l'aprs-midi1 vous tiez dj chez vous3 cruel changement1 depuis les quelques semaines que vous aviez quitt cette demeure tant aime6 que vos sentiments taient diffrents alors6 ,et qu'tait devenu celui qui vous avait accompagn jusqu' l'omnibus du chemin de fer8 ,pour peindre une telle douleur1 la parole est impuissante444 ,et puis trouver sa mre1 ses surs et le mort444 ,les funrailles ont eu lieu depuis plusieurs jours4 ,charles doit passer la maison le reste du trimestre1 et il ne retournera pas ,oxford avant la fin de janvier4 ,les signes de douleur ont disparu2 la maison parat joyeuse comme auparavant2 le feu est aussi brillant1 les miroirs aussi purs1 l'ameublement aussi bien rang2 les tableaux sont les mmes1 les ornements de la chemine sont l comme toujours1 et la pendule imperturbable continue sonner les heures4 ,les habitants du presbytre1 il est vrai1 portent les marques d'une sparation cruelle2 mais ils conversent comme de coutume et sur les sujets ordinaires2 ils se livrent aux mmes occupations1 ils travaillent1 ils lisent1 ils se promnent dans le jardin1 ils dnent4 ,au dehors1 il n'y a pas de changement1 mais dans le cur quelles angoisses sous le coup d'une perte dchirante6 ,lui1 en effet1 il n'est pas l aujourd'hui1 il n'y sera pas demain non plus2 il n'est pas simplement absent1 mais1 comme ils le savent bien1 il est parti pour ne plus jamais revenir444 ,son absence du moment est leur esprit un signe et un souvenir qu'il sera absent toujours4 ,mais c'est surtout au dner que cette pense les frappe2 car ,charles doit dsormais occuper table une place qu'il n'a remplie parfois jusqu' ce jour que comme dlgu1 et en prsence de celui auquel il succde3 son pre1 n'ayant gure au del de l'ge mr1 avait l'habitude de dcouper lui-mme4 ,et lorsque1 au repas principal1 ,charles levait les yeux1 il rencontrait le regard troubl d'une personne qui1 de la chaise qu'elle occupait1 avait devant elle un mmento encore plus vivant de leur perte commune3 ,aliquid desideraverunt oculi444 ,m4 ,reding avait laiss sa famille dans une bonne position de fortune4 ,quoique ce ft pour elle un adoucissement sa perte1 peut-tre en ce moment sa douleur en fut-elle augmente4 ,n4 ,reding avait toujours t un pre bon et indulgent4 ,c'tait un trs-respectable ecclsiastique de la vieille cole1 un ministre aux sentiments pieux1 un gentleman par l'ducation1 un homme exemplaire dans ses relations sociales4 ,il n'tait pas grand lecteur et n'avait jamais t dans une situation acqurir la science thologique2 il croyait sincrement tout le contenu du ,prayer-,book1 mais ses sermons taient rarement dogmatiques4 ,c'taient des discours pleins de raison1 le langage d'un homme mr sur les devoirs moraux4 ,m4 ,reding distribuait la communion aux trois grandes ftes1 voyait son vque deux ou trois fois l'an1 vivait en bons termes avec les gentilshommes campagnards du voisinage1 tait charitable envers le pauvre1 hospitalier dans sa demeure1 et1 sans tre exagr1 il se montrait ferme partisan des intrts tories dans son comt4 ,il tait incapable de toute action blessante1 mesquine1 basse ou impolie4 ,il mourut estim des grandes maisons d'alentour et pleur par ses paroissiens4 ,la mort de son pre tait la premire dure preuve que ,charles et subie1 et il sentit qu'elle tait relle4 ,comme s'vanouissaient1 en prsence de cette infortune palpable1 les petites anxits qui l'avaient tourment rcemment6 ,il comprit alors la diffrence qui existe entre ce qui est rel et ce qui ne l'est point4 ,tous les doutes1 les recherches1 les conjectures1 les ides qui l'avaient agit propos des matires thologiques lui parurent autant de fantmes qui voltigeaient devant ses yeux aux heures brillantes1 mais qui n'avaient pas de racines dans son me1 et qui1 semblables aux feuilles mortes de dcembre1 s'envolaient loin de lui au jour de l'affliction4 ,il sentit alors o habitait son cur1 o tait sa vie4 ,sa naissance1 sa famille1 son ducation1 le toit paternel taient de grandes ralits2 ces ralits son tre se trouvait uni2 il avait grandi leur ombre4 ,il comprit qu'il devait rester ce que la ,providence l'avait fait4 ,ce qu'on appelle la poursuite de la vrit lui paraissait un vain rve4 ,il avait de grands devoirs1 des devoirs vidents remplir envers la mmoire de son pre1 envers sa mre1 envers ses surs et sa position2 et c'est les accomplir religieusement qu'il devait dsormais s'appliquer4 ,comme si elles l'avaient tromp1 il se sentit dgot de toutes les thories1 et il rsolut secrtement de n'avoir plus rien dmler avec elles4 ,que le monde allt comme il pourrait1 quoi qu'il arrivt1 pour lui sa place et son chemin taient clairement indiqus4 ,il reviendrait ,oxford1 il s'appliquerait avec ardeur ses tudes1 il carterait toute distraction1 il s'loignerait des routes de traverse1 et il ferait de son mieux pour bien passer son examen4 ,l'glise d',angleterre telle qu'elle tait1 ses ,articles1 ses vques1 ses prdicateurs avaient suffi des personnes meilleures que lui2 pourquoi ne s'en contenterait-il pas8 ,au reste1 il ne pouvait mieux faire que d'imiter la vie et la mort de son pre bien-aim3 une existence paisible la campagne1 loin de toutes les agitations1 un cercle de personnes pieuses1 un travail utile parmi les pauvres1 le soin de l'cole du village1 et1 la fin1 la mort du juste1 tels devraient tre ses rves4 ,en ce moment1 et pour quelque temps encore1 il avait des devoirs spciaux remplir envers sa mre2 il dsirait1 autant que possible1 remplacer auprs d'elle celui qu'elle avait perdu4 ,pauvre mre6 que de grandes preuves lui restaient subir6 ,si lui1 ,charles1 prouvait tant de peine quitter ,hartley1 que serait-ce pour elle8 ,encore quelques mois1 et elle devrait s'loigner d'un lieu qui lui avait toujours t cher1 mais qui maintenant tait sacr pour son cur2 encore quelques mois1 et elle devrait dmeubler sa vieille habitation et s'occuper du travail si rude d'un dmnagement3 quelle situation6 ,une tte fatigue et un cur malade1 au moment o elle avait le plus besoin de sang-froid et d'nergie444 ,telles furent les penses qui assigrent l'esprit de ,charles1 pendant ces semaines de tristesse4 ,la mort avait tourn une feuille de sa vie3 il ne pouvait plus tre ce qu'il avait t4 ,les hommes arrivent l'ge viril des poques diffrentes4 ,dans une famille1 les plus jeunes1 comme les moines dans un monastre1 peuvent rester enfants jusqu' ce qu'ils aient atteint l'ge mr2 mais les ans1 si leur pre vient mourir prmaturment1 passent tout coup la virilit1 alors qu'ils arrivent peine l'adolescence4 ,charles tait un jeune homme intelligent1 mais peine form1 quand il avait quitt ,oxford2 il y revint homme fait4 ,,deuxi,,me ,,partie4 ,,chapitre ,,premier4 ,les partis politiques4 ,a quatre milles environ d',oxford1 sur le penchant d'un coteau long et escarp1 se trouve un village fortement bois qui donne sur les forts du ,berkshire1 et d'o l'il peut jouir d'une belle vue de la ville aux nombreuses tours#eg4 ,sur le large sommet de ce coteau s'tendait autrefois un bois de chtaigniers2 aujourd'hui1 il est couvert de racines d'arbres1 de gents et d'un doux gazon4 ,en dessous se voit du sable rouge qui contraste avec la verdure et en fait ressortir davantage l'clat4 ,la pluie n'y sjourne pas longtemps1 de sorte que la promenade y est toujours possible4 ,on y respire galement un air frais et salutaire1 bien diffrent de l'atmosphre lourde de l',universit1 qui se trouve plus bas4 ,le gent tait encore en fleur1 la fin du mois de juin1 lorsque ,reding et ,sheffield fixrent leur sjour l'extrmit de ce village1 dans une petite chaumire1 si bien cache par les arbres et tellement environne de prairies1 qu'il et t difficile un tranger de la dcouvrir4 ,c'est dans ce lieu qu'ils voulaient passer leurs dernires vacances1 avant de se prsenter pour leur examen4 #eg ,oxford4 ,dix-huit mois s'taient couls depuis la grande infortune de ,charles1 et le temps n'avait pas t inutilement employ par nos deux amis4 ,ils avaient tudi avec beaucoup de persvrance4 ,sheffield avait mme obtenu le prix de posie latine4 ,charles1 de son ct1 avait fait taire ses perplexits religieuses4 ,naturellement1 il connaissait un plus grand nombre de personnes de tous les partis1 il connaissait mieux leurs principes et leurs caractres2 mais il ne s'appesantissait sur rien2 il n'essayait pas de dterminer la valeur ou les difficults de telle ou telle question4 ,il prenait les choses comme elles venaient1 et1 tout en s'appliquant ses tudes1 il profitait avec reconnaissance des privilges religieux que lui offrait le systme du collge4 ,une anne environ lui restait avant son examen1 et comme sa mre et ses surs n'avaient pas encore arrang leurs plans1 allant d'un ami chez l'autre1 il avait accd une proposition que lui avait faite ,sheffield de prendre un tuteur pendant les vacances et de chercher un site pour tudier dans le voisinage d',oxford4 ,ils avaient tous les deux beaucoup de motifs d'esprer les plus grands honneurs que dcerne l',universit3 c'taient des jeunes gens pleins de savoir et d'intelligence2 ils avaient tudi avec suite1 et avaient eu l'avantage d'assister des cours excellents4 ,le flanc de la colline forme une large et longue excavation ou amphithtre sur un des cts du village d',horsley4 ,les deux points extrmes peuvent se trouver un demi-mille en ligne directe2 mais la distance est plus grande quand on suit le sentier qui serpente sur la crte1 travers le gazon et la bruyre4 ,leur tuteur n'avait pu trouver un logement dans le village1 et tandis que les deux jeunes gens demeuraient une extrmit de l'endroit que nous avons dcrit1 ,m4 ,carlton1 peine leur an de trois ans1 s'tait tabli dans une ferme l'extrmit oppose4 ,la ferme1 d'ailleurs1 lui convenait davantage2 elle le rapprochait d'un hameau qu'il avait desservir pendant les vacances4 ,une aprs-midi1 nos deux tudiants taient couchs sur l'herbe1 attendant l'heure du dner et considrant leur ami qui venait leur rencontre3 un petit volume classique tait dans leurs mains4 ,je ne crois pas1 disait ,reding ,sheffield1 que vous avez pour ,carlton la mme estime que moi4 ,je le trouve si attrayant1 d'un caractre si uniforme1 si aimable1 si bienveillant6 ,je ne connais personne qui plus que lui ait le talent de rapprocher les curs1 de leur inspirer de la confiance et d'veiller en eux des sentiments d'amiti rciproque4--,vous vous trompez1 rpondit ,sheffield1 si vous croyez que je ne l'estime pas et que je ne l'aime point2 il est impossible de ne pas l'aimer4 ,mais ce n'est pas l'homme qui pourrait avoir de l'influence sur moi4--,il est trop anglican pour vous1 reprit ,charles4--,pas du tout1 si ce n'est d'une faon indirecte4 ,le reproche que je lui fais1 c'est que tout en ayant beaucoup de penses remarquables1 beaucoup de penses profondes en dtail1 il soit compltement incapable de saisir les liens qui les unissent entre elles et d'en tirer des consquences4 ,il ne voit jamais une vrit moins qu'il ne la touche du doigt4 ,il est toujours chercher1 ttonner1 et1 comme au jeu de cache-cache1 il brle constamment sans rien dcouvrir4 ,au reste1 je sais qu'il y a des milliers de personnes qui ne voient pas un pouce au del de leur nez1 et qui digrent parfaitement des contradictions4 ,mais ,carlton est vraiment un homme d'intelligence2 ce n'est pas un penseur ordinaire1 et c'est ce qui m'agace4 ,je sais que j'cris d'une manire obscure et que souvent je ne dispose pas dans un ordre convenable la suite de mes ides2 mais si je fais un travail pour lui1 on peut tre sr qu'il laissera de ct la pense ou le trait que je prise le plus1 sur lequel repose toute l'argumentation1 qui lie toutes les parties ensemble1 et puis1 il viendra me dire froidement3 ,c'est extravagant1 ou c'est cherch2 ne voyant pas qu'en effaant ce trait il fait une absurdit du reste4 ,c'est un homme enlever un arceau sa clef de vote1 et btir ensuite tranquillement sa maison dessus4--,ah6 vous voil revenu encore votre ancienne faiblesse3 un dsir immodr de vues positives4 ,pour moi1 ce que j'aime dans ,carlton1 c'est son calme2 disant toujours assez1 jamais trop2 jamais ne vous importunant1 ne vous surchargeant jamais de questions2 toujours pratique1 jamais dans les nuages4 ,gardez-moi d'un homme vues1 je ne saurais vivre une semaine avec lui 7j'excepte toujours les personnes prsentes74--,si vous considrez avec quelle ardeur j'ai tudi1 et combien peu j'ai parl cette anne-ci1 votre reproche est svre1 ,charles4 ,n'ai-je pas t l'un des seize lves du vieux ,thruston1 les vacances passes8 ,le brave homme6 ,tout en nous attelant aux ,moralistes et ,agamemnon1 il nous donnait de gros dners et fumait son cigare avec nous4 ,il sait ses livres par cur1 peut rpter ses pices au rebours1 et connat un gramme prs ce que pse ,aristote2 mais quant la synthse1 aux ides1 la posie1 oh6 c'tait dsolant2 on n'y sentait que tnbres4--,et sur quatre mois1 repartit ,charles1 vous y tes rest six semaines1 ,sheffield4 ,carlton venait de les rejoindre1 et aprs les salutations rciproques il s'assit avec eux sur l'herbe4 ,reding et moi1 dit ,sheffield1 nous dbattions si ,nicias tait un homme de parti4--,naturellement1 reprit ,carlton1 vous avez d'abord dfini vos termes4--,eh bien1 rpondit ,sheffield1 j'entends par un homme de parti celui qui non-seulement appartient un parti1 mais qui en a l'animus4 ,nicias ne cra pas un parti1 il le trouva form2 il se trouva la tte de ce parti4 ,nicias n'tait pas plus homme de parti qu'un prince qui est n souverain de ses tats4--,je partage votre ide1 reprit ,carlton2 toutefois1 je voudrais savoir ce que c'est qu'un parti1 et ce que c'est qu'un homme de parti4--,un parti1 rpondit ,sheffield1 est simplement un corps extra-constitutionnel ou extra-lgal4--,l'action d'un parti1 ajouta ,charles1 est l'exercice d'une influence la place de la loi4--,mais1 ,reding1 en supposant qu'il n'y ait pas de loi existante l o l'influence s'exerce8 demanda ,carlton4 ,charles avait s'expliquer3 ,certainement1 dit-il1 l'tat n'a pas fait de lois pour tous les cas possibles4--,par exemple1 continua ,carlton1 un premier ministre1 ainsi l'ai-je compris1 n'est pas reconnu dans la constitution2 il exerce son influence en dehors de la loi1 mais non pas1 consquemment1 contre aucune loi existante2 et il serait absurde de parler de lui comme d'un homme de parti4--,les partis parlementaires sont galement reconnus chez nous1 quoique extra-constitutionnels1 dit ,sheffield4 ,nous les appelons des partis2 mais qui voudrait appeler le duc de ,devonshire ou lord ,john ,russell un homme de parti1 dans le mauvais sens du mot8--,il me semble1 reprit ,carlton1 que la formation d'un parti est simplement le retour au mode primitif de la formation de la socit4 ,rappelez-vous ,djocs2 il forma un parti2 il obtint de l'influence2 et il jeta les fondements de l'ordre social4--,la loi commence certainement par une influence1 dit ,reding2 car elle prsuppose un lgislateur2 puis elle se substitue cette influence4 ,a partir de ce moment1 l'exercice de l'influence est un signe de parti4--,vous parlez d'une manire trop large1 comme vous venez de le reconnatre vous-mme1 reprit ,carlton1 vous devriez dire que la loi commence par se substituer l'influence et que1 proportion qu'elle s'y substitue1 l'exercice de l'influence implique l'action d'un parti4 ,par exemple1 la couronne n'a-t-elle pas une influence personnelle immense8 ,nous parlons du parti de la cour2 cependant ce parti n'entre pas en conflit avec la loi1 il est tabli pour concilier le peuple celle-ci4--,mais il est reconnu par la loi et par la constitution1 comme le fut la dictature1 fit observer ,charles4--,eh bien1 prenez l'influence du clerg1 reprit ,carlton2 nous faisons grand cas de cette influence comme principe supplmentaire la loi et comme lui prtant un appui2 pourtant ce principe n'a pas t cr ni dfini par la loi4 ,la loi ne reconnat pas1 dans chaque paroisse1 le personnage qu'un crivain appelle1 avec justesse1 un gentleman rsident4 ,l'influence1 ds lors1 la place de la loi1 n'est pas ncessairement l'action d'un parti4--,de mme1 dit ,sheffield1 le caractre national est une influence distincte de la loi1 selon cet aphorisme3 ,quid leges sine moribus8--,la loi1 reprit ,carlton1 ne se forme et ne s'tend que graduellement4 ,or1 donc1 tant qu'il n'y a pas de loi1 il y a le rgne de l'influence2 il y a un parti sans qu'il y ait ncessairement ce qu'on appelle l'action d'un parti4 ,ceci est la justification des whigs et des tories1 au temps prsent4 ,ils supplent1 comme le dit ,aristote traitant d'une autre matire1 au dfaut de la loi4--,charles ,ier exera une influence royale1 ,walpole une influence ministrielle2 mais l'influence1 et non la loi1 tait le principe d'action dans les deux circonstances4 ,l'objet et les moyens pouvaient tre mauvais1 mais la marche elle-mme ne pouvait tre appele l'action d'un parti4--,vous voudriez donc justifier1 rpliqua ,charles1 les associations et les socits qui existaient1 par exemple1 ,athnes1 non pas dans le cas o elles se faisaient justice elles-mmes1 comme on dit1 mais dans celui o il n'y avait pas d'autorit tablie pour faire justice4 ,c'tait un retour au prcdent de ,djocs4--,manzoni1 dit ,sheffield1 nous fournit un exemple frappant de la chose1 au commencement de ses ,promessi sposi1 lorsqu'il fait voir qu'au ,x,v,ie sicle la protection due au faible par la loi ne se trouvait presque exclusivement que dans les factions et les compagnies4 ,je ne puis me rappeler les faits en particulier1 mais il montre le clerg occup tendre ses immunits1 la noblesse ses privilges1 l'arme ses exemptions1 les commerants et les artisans leurs corporations4 ,les juristes eux-mmes ainsi que les mdecins formaient un corps part4 ,ainsi1 reprit ,carlton1 les constitutions ont t moules et perfectionnes graduellement par des corps extra-constitutionnels1 soit qu'ils se runissent sous la protection de la loi1 soit qu'ils fussent remplacs par une disposition sage de la loi relative au but qu'ils se proposaient4 ,au moyen ge1 l'glise tait un immense corps extra-constitutionnel4 ,les rois germains et anglo-normands voulurent soumettre son action la loi2 les parlements modernes l'ont remplace par celle-ci4 ,a cette poque1 l'tat revendiquait le droit des investitures2 aujourd'hui1 l'tat marie1 enregistre1 rgit les pauvres1 exerce la juridiction ecclsiastique la place de l'glise4--,cette manire de voir fait de la ,rforme ou de la ,rvolution un vritable ostracisme1 dit ,sheffield2 il y a une lutte d'influence contre influence1 et l'un des combattants finit tt ou tard par se dbarrasser de l'autre4 ,ni la loi ni la ,constitution ne sont mises en question1 mais la volont du peuple ou de la cour rejette soit l'individu trop privilgi1 soit le monarque1 soit la religion4 ,ce qui n'est pas sous la loi n'a rien faire avec la loi1 et n'a pas le droit d'invoquer son intervention4--,une pense m'a frapp quelquefois1 dit ,charles1 elle s'accorde avec ce que vous avez dit4 ,dans la seconde moiti du sicle dernier1 il s'est form graduellement dans l'tat un parti populaire qui tend aujourd'hui se faire reconnatre comme constitutionnel1 ou qui dj est ainsi reconnu4 ,mon pre n'a jamais pu souffrir les journaux 7je veux dire leur systme72 il soutenait que c'tait un nouveau pouvoir dans l'tat4 ,certes1 je ne veux pas dfendre ce qu'il condamnait3 un tas de vilaines choses1 des principes funestes1 l'arrogance et la tyrannie des rdacteurs1 mais je contrle le sujet par l'application de votre thorie4 ,la grande masse du peuple est imparfaitement reprsente dans le ,parlement2 la ,chambre des ,communes n'est pas sa voix1 mais la voix de quelques grands intrts4 ,en consquence1 la ,presse vient pour faire ce que la ,constitution n'a pas fait1 pour former le peuple en une vaste association de protection mutuelle4 ,et cela a lieu en vertu du mme droit dont usa ,djocs pour runir le peuple autour de lui1 cette association ne vient pas empiter sur le domaine de la loi1 elle btit sur un terrain auquel la ,constitution n'a pas pourvu4 ,elle tend1 ds lors1 tre ultrieurement reconnue par la ,constitution4 --,il y a1 reprit ,carlton1 un autre phnomne remarquable du mme genre qui se dveloppe en ce moment2 je veux dire1 l'influence de l'agitation4 ,je ne suis pas assez homme politique pour en parler en bien ou en mal2 notre instinct naturel s'oppose cette influence2 mais elle peut tre ncessaire4 ,cependant l'agitation parvient chaque jour se faire accepter comme l'instrument lgitime par lequel les masses manifestent leurs dsirs et en assurent l'accomplissement4 ,de mme qu'un bill passe au ,parlement1 aprs des lectures1 des discussions1 des discours1 des votes et autres choses semblables2 de mme la marche par laquelle un acte de la volont populaire devient loi est une longue agitation qui se traduit par des ptitions nombreuses1 et qui1 antrieure l'action parlementaire1 se dveloppe avec elle4 ,le premier exemple de ce genre a eu lieu1 il y a environ cinquante ou soixante ans1 lorsque444 ,hol6 qui est-ce qui galope ainsi vers nous8--,tiens1 c'est le vieux ,vincent1 dit ,sheffield4--,il vient juste temps pour dner1 reprit ,charles4--,comment allez-vous1 ,carlton8 s'cria ,vincent3 comment vous portez-vous1 monsieur ,sheffield8 ,monsieur ,reding1 votre sant est-elle bonne8 ,vous justifiez toujours votre nom#eh1 je suppose2 je vous ai connu1 en tout temps1 homme d'tude4 ,quant moi1 continua-t-il1 je suis cette heure un homme dispos manger1 et je viens pour dner avec vous1 si vous me le permettez4 ,avez-vous une place pour mon cheval8 ,il y avait tout auprs l'curie d'une ferme4 ,charles y conduisit le cheval1 et le cavalier1 sans aucun retard1 cause de l'heure avance1 entra dans le cottage pour faire une courte toilette4 #eh ,jeu de mots4 ,reding se prononce comme reading 7liseur1 studieux74 ,,chapitre ,,ii4 ,les partis religieux4 ,quelques instants aprs1 ils taient tous table dans un petit salon qui tait la pice omnibus du cottage4 ,nos deux tudiants n'avaient pas toute la maison leur service1 quoiqu'elle ne ft pas bien grande2 elle servait aussi d'habitation un jardinier1 qui portait ses lgumes au march d',oxford et dont la femme faisait1 comme on dit1 le mnage de ses locataires4 ,le dner tait en rapport avec l'appartement1 l'appartement avec le dner4 ,la table de travail avait t dbarrasse la hte pour mettre la nappe1 qui n'tait pas d'une blancheur irrprochable2 et sur une seconde table1 la seule qui restt1 s'talait un grand luxe d'assiettes1 de couteaux et de fourchettes au milieu de livres de toute espce1 in-octavo et in-douze1 relis et brochs1 qui se dressaient1 rangs en piles1 ou taient jets et l en dsordre4 ,les autres ornements dudit meuble taient un encrier1 quelques mains de papier grand format1 un chapeau de paille1 une montre d'or1 une brosse habits1 quelques bouteilles de gingerbeer1 une paire de gants1 un porte-cigares1 une cravate1 un chausse-pied1 une petite ardoise1 un grand couteau fermoir1 un marteau et un joli pupitre marquet4 ,j'aime ces courses dans la campagne1 dit ,vincent ds qu'ils furent table2 la campagne n'a plus d'effet sur moi lorsque je l'habite comme vous faites2 mais je la trouve dlicieuse comme excitant4 ,visitez-la2 ne l'habitez point1 si vous voulez en jouir4 ,l'air de la campagne est un stimulant4 ,les stimulants1 monsieur ,reding1 doivent se prendre avec modration4 ,vous1 vous tes du parti de la campagne2 moi1 je ne suis d'aucun parti4 ,je vais ici1 l1 comme l'abeille2 je gote de chaque objet1 je ne m'arrte aucun4 ,sheffield lui fit observer que de cette manire il appartenait plutt tous les partis qu' aucun4 ,c'est impossible1 rpliqua ,vincent2 je soutiens que c'est entirement impossible4 ,on ne peut tre la fois de deux partis4 ,croyez-le bien2 il serait aussi facile de se trouver simultanment en deux endroits4 tre uni deux1 c'est n'tre uni aucun4 ,tenez-le pour certain1 mon jeune ami1 les principes antagonistes se corrigent les uns les autres4 ,c'est un morceau de philosophie dont vous me saurez gr un jour1 quand vous serez plus g4--,j'ai entendu rapporter1 reprit ,sheffield1 un fait remarquable qui a lieu en ,amrique1 et qui confirme videmment ce que vous dites1 monsieur4 ,aux tats-,unis les professeurs sont parfois de deux ou trois religions en mme temps1 suivant qu'on les considre historiquement1 personnellement ou officiellement4 ,de cette manire1 peut-tre arrivent-ils au juste-milieu4 ,vincent provoquait souvent le rire chez les autres1 mais il ne comprenait pas lui-mme la plaisanterie1 et il ne pouvait jamais voir la diffrence entre l'ironie et le srieux4 ,il ne sut donc que rpondre4 ,charles vint son secours4 ,avant le dner1 dit-il1 nous nous amusions dvelopper une question que vous regarderez1 je le crains1 comme un grand paradoxe4 ,nous soutenions que les partis sont des choses bonnes1 ou plutt ncessaires4--,vous ne me rendez pas justice1 rpondit ,vincent1 si vous croyez que telle est ma pense4 ,je partage en deux vos paroles3 ,les partis ne sont pas choses bonnes1 mais choses ncessaires2 ils ressemblent aux limaons2 je ne leur envie pas leurs troites coquilles2 je n'essaierai pas de m'y loger4--,vous voulez dire1 reprit ,carlton1 que les partis font notre sale besogne2 ils sont nos btes de somme2 nous ne pourrions avancer sans eux1 mais nous n'avons pas besoin de nous y identifier2 nous pouvons nous tenir l'cart4--,cela1 dit ,sheffield1 ressemble la doctrine de ces dvots qui soutiennent que c'est un pch de se livrer des occupations terrestres1 quoiqu'elles soient ncessaires2 c'est aux mchants s'y adonner et travailler pour les lus4--,il y aura toujours assez de gens qui aimeront s'enrler sous le drapeau d'un parti sans qu'il soit ncessaire de le leur prescrire1 rpliqua ,vincent2 notre affaire1 nous1 c'est de les mettre profit1 de nous en servir1 mais en mme temps de nous tenir distance4 ,je crois que tous les partis renferment du bon1 seulement ils vont trop loin4 ,pour moi1 je fais des emprunts chacun en particulier1 je coopre tous en tant qu'ils sont dans le vrai1 mais je ne vais pas au del4 ,ainsi je tire le bien de tous1 et je fais tous du bien2 car je les favorise en ce que chacun a de vrai4 --,m4 ,carlton va plus loin que vous1 monsieur1 reprit ,sheffield4 ,il soutient que l'existence des partis n'est pas seulement ncessaire et utile1 mais encore lgitime4--,m4 ,carlton n'est pas homme soutenir des paradoxes1 repartit ,vincent4 ,je suppose qu'il ne voudrait pas dfendre les opinions extrmes qui1 hlas6 existent chez nous en ce moment1 et qui font tous les jours de nouveaux progrs4--,je parlais des partis politiques1 reprit ,carlton2 mais je suis dispos tendre ma proposition aux partis religieux galement4--,mais1 mon brave ,carlton1 rpliqua ,vincent1 l'criture condamne les partis religieux4--,certainement1 je ne veux pas m'opposer l'criture1 rpondit ,carlton1 et je parle sauf correction du livre sacr2 mais je soutiens que1 lorsque1 n'importe o1 une glise ne dcide pas certains points religieux1 jusque l elle en laisse la dcision aux individus2 et puisque vous ne pouvez esprer que tout le monde soit du mme sentiment1 vous devez vous attendre des diffrences d'opinions4 ,or1 l'expression de ces diffrentes opinions par les diffrentes personnes qui les soutiennent est ce qu'on appelle un parti4--,m4 ,carlton s'est montr suprieur1 monsieur1 sur la thse gnrale1 avant le dner1 dit ,sheffield2 et maintenait il tire la consquence que toutes les fois qu'il y a des partis dans une glise1 cette glise ne doit s'en prendre qu' elle-mme4 ,ils sont le rsultat logique du jugement priv2 et plus vous avez de personnes qui usent du jugement priv1 plus vous avez de partis4 ,vous tes donc rduit cette alternative3 ,pas de tolrance1 ou pas de partis2 et il vous faut admettre les partis1 moins de refuser la tolrance4--,sheffield exprime mes ides d'une manire plus forte que je ne le ferais1 reprit ,carlton2 mais j'admets assez ce qu'il dit4 ,prenez1 par exemple1 l'glise de ,rome2 elle a dcid bien des points de thologie2 mais il y en a plusieurs qu'elle n'a pas rsolus4 ,or1 sur toutes les questions o il n'y a pas de dcision ecclsiastique1 il y a tout de suite un parti chez les ,catholiques ,romains2 la dcision est-elle enfin porte1 ds ce moment le parti cesse4 ,de l la clbre dispute des ,dominicains et des ,franciscains sur l',immacule ,conception2 les deux ordres ont continu controverser parce que l'autorit n'avait pas donn de dcision ds le principe du dbat2 d'autre part1 au contraire1 lorsque les ,jsuites et les ,jansnistes se disputaient sur la grce1 le ,pape dcida en faveur des premiers1 et la controverse finit sur-le-champ4--,sans doute1 rpondit ,vincent1 mon bon et digne ami le rvrend ,charles ,curlion1 fellow de ,leicester1 et jadis laurat au concours du prix ,irlande1 ne prfre pas l'glise de ,rome l'glise d',angleterre8 ,carlton se mit rire3 ,vous ne me suspectez pas sur ce point1 je pense1 rpondit-il4 ,tout ce que je dis1 c'est que notre glise1 d'aprs sa constitution1 admet1 approuve le jugement priv2 et que le jugement priv1 tel qu'on l'applique1 renferme ncessairement des partis4 ,dans l'glise de ,rome1 vous trouvez un mince jugement priv qui admet des partis occasionnels ou locaux2 mais le vaste jugement priv1 qui est en usage chez nous1 reconnat les partis comme un lment mme de l'glise4--,bien1 bien1 mon cher ,carlton444 rpliqua ,vincent en fronant le sourcil et en prenant un air d'importance1 quoiqu'il n'et rien de particulier rpondre4 ,vous voulez dire1 reprit ,sheffield1 si je vous comprends1 que c'est un acte de sotte hypocrisie de secouer la tte et de faire de grands yeux monsieur tel ou tel1 parce qu'il est chef d'un parti religieux1 tandis que nous rendons au ,ciel des actions de grces pour le bienfait de notre glise pure et rforme4 ,la puret1 en effet1 la rforme1 l'apostolicit1 la tolrance1 toutes ces gloires1 tous ces orgueils de l'glise d',angleterre font de l'action des partis et de l'esprit de parti un second bienfait qui devrait galement exciter notre reconnaissance4 ,les partis forment un de nos plus beaux ornements1 monsieur ,vincent4--,une opinion ou un argument ne perd rien entre vos mains1 monsieur ,sheffield1 reprit ,carlton2 mais ma pense tait simplement que les chefs de parti ne dshonorent pas l'glise1 moins que lord ,john ,russell ou sir ,robert ,peel n'occupent un poste dshonorant dans l'tat4--,mon jeune ami1 dit ,vincent1 en achevant son mouton et en repoussant son assiette1 mes deux jeunes amis 7vu que ,carlton n'est gure plus g que ,sheffield71 puissiez-vous acqurir un peu plus de jugement4 ,lorsque vous aurez atteint mon ge 7c'est--dire deux ou trois ans de plus que ,carlton71 vous apprendrez mettre de la sobrit en toutes choses4 ,monsieur ,reding1 encore un verre de vin4 ,voyez cette pauvre enfant1 comme elle chancelle sous son pouding de groseilles6 allez son secours1 monsieur ,sheffield4 ,la vieille femme fait mieux la cuisine que je ne m'y attendais4 ,comment votre viande de boucherie vous arrive-t-elle ici1 ,carlton8 ,j'avais envie de vous apporter un beau brochet que j'ai vu dans notre cuisine1 mais je croyais que vous n'aviez pas les moyens de le faire cuire4 ,le dner fini1 la socit se leva de table4 ,on alla se promener dans la prairie4 ,un autre sujet fut entam4 ,willis de ,saint-,george n'tait-il pas de vos amis1 monsieur ,reding8 demanda ,vincent4 ,charles tressaillit3 ,je l'ai connu un peu444 je l'ai vu plusieurs fois4--,vous savez qu'il nous a quitts1 continua ,vincent1 et qu'il s'est uni l'glise de ,rome4 ,on assure maintenant qu'il nous revient4--,triste histoire en tout cas1 reprit ,charles2 oui1 trs-triste1 si ceci est vrai4--,vous voulez dire1 repartit ,vincent1 en le reprenant comme s'il et commis une erreur de paroles1 vous voulez dire plutt3 dnoment heureux2 la seule chose qui lui restt faire4 ,vous savez qu'il a t sur le continent4 ,tous ceux qui ont du penchant se faire papistes devraient faire ce voyage3 ,carlton1 nous vous y enverrons bientt4 ,d'ici1 les choses paraissent sous un jour favorable2 l1 l'glise de ,rome se voit sous son vrai jour4 ,j'ai fait moi-mme ce voyage1 et je sais ce qu'il en est4 ,quel tas de mendiants dans les rues de ,rome et de ,naples6 ,quelle salet6 quelle misre6 ,nulle propret2 absence complte de comfort2 et puis1 quelle superstition6 quel abus de la vritable gravit vanglique6 ,ils se poussent1 ils se battent pendant la messe2 ils bredouillent leurs prires avec la vitesse du railway2 ils adorent la ,vierge comme une desse2 et ils voient des miracles tous les coins de rue4 ,leurs images sont pouvantables1 et leur ignorance prodigieuse4 ,eh bien1 ,willis a vu toutes ces choses1 et je tiens d'autorit sre1 dit-il mystrieusement1 qu'il est entirement dgot de toute cette boutique et qu'il revient nous4--,est-il en ce moment en ,angleterre8 demanda ,charles4--,on dit qu'il est dans le ,devonshire auprs de sa mre1 qui1 vous le savez peut-tre1 est veuve1 et laquelle il a caus bien du chagrin4 ,pauvre sot1 qui ne voulait pas suivre l'avis de ttes plus mres que la sienne6 ,un ami me l'envoya un jour2 mais je ne pus rien en obtenir4 ,je ne pouvais saisir ses arguments1 ni lui les miens4 ,l'entrevue n'eut aucun rsultat4 ,il a voulu absolument tenter l'preuve1 et il en est puni4 ,il y eut un moment de silence2 puis ,vincent ajouta3 ,je suppose que ,carlton pense que de telles perversions sont aussi ncessaires que les partis dans l'glise protestante pure8--,je ne puis dire1 ,carlton1 que vos paroles me satisfassent1 reprit ,charles1 et je suis heureux d'avoir la sanction de ,m4 ,vincent4 ,si les partis politiques rendaient les hommes rebelles1 tout parti politique serait ds lors inexcusable2 ainsi en est-il d'un parti religieux1 s'il mne l'apostasie4--,les ,whigs1 vous le savez1 repartit ,sheffield1 furent accuss1 dans la dernire guerre1 d'tre pour ,bonaparte2 les accidents de ce genre ne peuvent atteindre les rgles gnrales ni les coutumes tablies4--,eh bien1 malgr cela1 reprit ,charles1 je ne puis croire que les motifs qui justifient les partis politiques excusent les partis religieux4 ,a mon avis1 se faire chef d'un parti religieux1 c'est quelque chose de mprisable4--,loyola et saint ,dominique taient-ils mprisables8 demanda ,sheffield4--,ils avaient1 eux1 la sanction de leurs suprieurs1 rpondit ,charles4--,reding1 vous tes certainement svre pour les partis1 dit ,carlton2 un homme1 individuellement1 peut crire1 prcher et publier ce qu'il croit tre la vrit sans commettre de faute2 pourquoi donc commence-t-il avoir tort lorsqu'il fait cela avec d'autres8--,les manuvres d'un parti1 rpondit ,charles1 dshonorent la vrit4--,ne vous rappelez-vous plus l'histoire8 reprit ,carlton2 n'y voyons-nous pas ,athanase en lutte contre le monde entier1 et le monde entier luttant contre ,athanase8--,alors1 rpliqua ,charles1 je dirai seulement qu'un homme de parti doit se tenir bien au-dessus ou bien au-dessous du vulgaire4--,ici encore1 je ne saurais partager votre ide2 vous supposez qu'un chef de parti a la conscience de ce qu'il fait1 et qu'ayant cette conscience il peut tre1 selon vos paroles1 bien au-dessus ou bien au-dessous du vulgaire2 mais quel besoin a-t-il de se dire lui-mme qu'il forme un parti8--,voil qui est plus difficile concevoir1 s'cria ,vincent1 que toute autre opinion qui ait t avance cette aprs-midi4--,il n'y a pas de difficult1 rpondit ,carlton4 ,prtendriez-vous qu'il n'y et qu'un seul moyen d'obtenir de l'influence8 videmment1 il y a une influence qui n'a pas conscience d'elle-mme4--,je croirais aussi volontiers1 repartit ,vincent1 que la beaut ignore ses charmes4--,c'est l une pense mesquine4 ,un homme est assis dans sa chambre et il crit2 ne peut-il pas ignorer ce qu'on pense de lui8--,je croirais ceci encore moins1 appuya ,vincent2 la beaut est un fait2 l'influence est un effet4 ,les effets supposent des agents2 une action suppose une volont1 une conscience4--,il y a diffrents modes d'influence1 fit observer ,sheffield2 l'influence est souvent spontane et presque fatale4--,comme la lumire sur la face de ,mose1 ajouta ,carlton4--,on dit que ,bonaparte avait un sourire irrsistible1 reprit ,sheffield4--,qu'est-ce que la beaut elle-mme1 sinon une influence spontane8 continua ,carlton2 ne vous rappelez-vous pas la jeune et aimable ,lavinia de ,thompson8--,eh bien1 messieurs1 s'cria ,vincent1 lorsque je serai chancelier1 je donnerai un prix pour un essai sur l',influence morale1 ses espces et ses causes1 et c'est ,m4 ,sheffield qu'il sera dcern2 quant ,carlton1 il sera mon professeur de posie lorsque je serai la ,convocation4 ,vous allez dire1 cher lecteur1 que nos amis firent une bien courte promenade sur la colline1 si nous vous annonons qu'ils rentraient dj1 en baissant la tte1 sous la petite porte du cottage4 ,mais la littera scripta1 dans sa prcision1 abrge merveilleusement la vagabonde vox emissa1 et il y eut peut-tre d'autres choses dites dans la conversation1 dont l'histoire n'a pas daign fixer le souvenir4 ,en tout cas1 nous sommes oblig d'introduire de nouveau nos amis dans la salle o ils avaient pris leur repas1 et o ils trouvrent le th tout prpar et la bouilloire dj sur la table4 ,le pain et le beurre taient excellents1 et ils en firent justice comme s'ils ne venaient pas de dner4 ,je vois que vous conservez votre th dans des botes d'tain1 dit ,vincent2 je prfre le cristal4 ,n'pargnez pas le th1 monsieur ,reding3 gnralement les hommes d',oxford n'ont pas de reproche se faire sur ce point4 ,lord ,bacon dit que le premier et le meilleur jus du raisin1 de mme que le premier1 le plus pur et le meilleur commentaire sur l'criture1 n'est pas press ni extrait par force1 mais qu'il provient d'une exsudation naturelle4 ,c'est ce qui a lieu en ,italie de nos jours2 et l'on appelle ce jus lagrima2 ainsi en est-il du th et du caf4 ,prenez-en une grande quantit1 versez-y de l'eau1 retirez la liqueur2 retirez-la tout de suite1 ne la laissez pas se reposer1 elle devient un poison4 ,je suis grand amateur de th2 le pote l'a dit avec raison3 ,il rjouit1 mais il n'enivre pas4 ,il a parfois un singulier effet sur mes nerfs2 il me fait siffler2 c'est ce que l'on m'assure2 mais je ne m'en suis jamais aperu4 ,parfois aussi il a un effet dyspeptique4 ,je trouve qu'il ne faut pas le prendre trop chaud4 ,nous autres ,anglais1 nous buvons nos liqueurs trop chaudes4 ,ce n'est pas le dfaut des ,franais2 non1 certes4 ,en ,france1 dans l'intrieur du pays1 on ne peut avoir pour son djeuner que du vin acide et des raisins2 c'est un autre extrme1 et il m'a jadis terriblement prouv4 ,cependant les acides ont galement sur certaines personnes un effet agrable et sdatif1 la limonade surtout4 ,mais rien ne me va aussi bien que le th4 ,carlton1 continua-t-il mystrieusement1 connaissez-vous le remde prventif de feu le docteur ,baillie contre la flatulence que produit le th8 ,et vous1 monsieur ,sheffield8 ,tous les deux rpondirent ngativement4--,des fleurs de camomille3 un peu de camomille1 pas beaucoup4 ,quelques personnes mchent de la rhubarbe1 mais un peu de camomille dans le th n'est pas perceptible4 ,ne faites pas la grimace1 monsieur ,sheffield2 je dis un peu2 un peu de chaque chose1 et c'est parfait3 ne quid nimis4 vitez les extrmes4 ,ainsi en doit-il tre du sucre4 ,monsieur ,reding1 vous en mettez trop dans votre th4 ,j'tablis cette rgle3 le sucre ne devrait pas tre un lment substantif dans le th1 mais un adjectif2 le th a une pret naturelle3 le sucre n'a pour but que de la faire disparatre2 son emploi est ngatif4 ,quand il y entre au del1 c'est trop4 ,eh bien1 ,carlton1 il est temps que je voie aprs mon cheval4 ,je crains que pour lui cette aprs-midi n'ait pas t aussi agrable que pour moi4 ,je me suis fort amus dans votre villa suburbaine4 ,quelle dlicieuse lune6 mais j'ai un bout de chemin assez dur parcourir4 ,je n'ose pas galoper sur les ornires cause des carrires de sable qui sont prs de la route4 ,monsieur ,sheffield1 faites-moi le plaisir de me montrer le chemin de l'curie4 ,au revoir1 ,carlton2 bonsoir1 monsieur ,reding4 ,lorsqu'ils furent seuls1 ,charles demanda ,carlton1 s'il croyait rellement que les chefs actuels du ,mouvement d',oxford fussent exempts de l'esprit de parti4 ,il ne faut pas vous mprendre sur mon opinion1 rpondit le tuteur2 je ne connais pas trs-bien ces messieurs1 mais je sais que ce sont des hommes d'un grand mrite et d'un caractre lev2 et je veux les juger avec toute la faveur possible4 ,ils sont attaqus dloyalement1 c'est un fait4 ,ainsi1 ils sont accuss de vouloir faire de la parade1 de viser l'influence et au pouvoir1 d'aimer l'agitation1 et que sais-je8 ,je ne puis nier que certains de leurs actes n'aient une apparence fcheuse et ne donnent un caractre plausible ces reproches4 ,je voudrais qu'en certaines occasions ils eussent agi autrement4 ,je pense1 toutefois1 qu'il est de toute justice de se dire que l'existence des partis n'est pas leur faute4 ,ils ne font que revendiquer leurs droits de naissance comme ,protestants4 ,lorsque l'glise ne parle pas1 d'autres veulent parler sa place2 et les hommes instruits ont plus que personne le droit de le faire4 ,de mme1 lorsque des hommes instruits prennent la parole1 d'autres veulent les entendre2 et c'est ainsi que la formation d'un parti est plutt le fait de ceux qui suivent1 que de ceux qui sont la tte4 ,,chapitre ,,iii4 ,une conversion4 ,sheffield avait quelques amis ,chalton1 village voisin1 chez un scholar de ,saint-,michel1 qui y possdait une petite cure et un presbytre4 ,l'un d'entre eux tait galement connu de ,charles2 c'tait notre ami ,white1 qui prparait son examen1 et qui1 durant les six derniers mois1 s'tait efforc de regagner le temps qu'il avait gaspill pendant ses premires annes ,oxford4 ,charles1 depuis leur premire rencontre1 l'avait perdu de vue1 ou peu prs1 et cette poque de leur vie1 un temps si considrable ne pouvait s'couler sans modifier leurs caractres en bien ou en mal1 peut-tre aussi des deux manires la fois4 ,carlton et ,charles1 qui taient souvent rests seuls cause des courses frquentes de ,sheffield ,chalton1 rentraient un soir de leur promenade1 lorsqu'ils trouvrent sur leur chemin ,white1 qui revenait d',oxford1 o il avait t faire une visite ,m4 ,bolton4 ,a peine avaient-ils fait quelques pas qu'ils furent rejoints par ,sheffield et le ministre de ,chalton1 ,m4 ,barry2 et la socit se trouva alors compose de cinq personnes4 ,ainsi vous allez perdre ,upton8 disait ,barry ,reding2 c'est un excellent tuteur2 vous aurez de la peine vous en passer4 ,qui le remplace8--,nous l'ignorons1 rpondit ,charles2 le ,principal fera1 probablement1 venir de l'intrieur du pays un des jeunes fellows4--,oh6 mais vous ne retrouverez pas un homme comme ,upton1 dit ,carlton2 il connaissait si parfaitement sa matire6 ,son cours sur ,agricola1 de l'avis de vos messieurs1 aurait pu tre publi4 ,c'tait un commentaire magistral1 minutieux et vif sur le texte1 qu'il envisageait sous tous les rapports4--,oui1 c'tait l qu'il brillait1 reprit ,charles2 cependant il ne surchargeait pas ses cours1 et il ne disait rien qui ne ft utile et ncessaire4--,il a obtenu un gros bnfice1 dit ,barry1 et de plus un presbytre parfaitement appropri et tout neuf1 qui n'est qu' une heure de ,londres par le chemin de fer4--,et #ejj livres sterling1 ajouta ,white2 c'est ce que m'a dit ,m4 ,bolton1 qui a t voir la cure4 ,c'est dans le voisinage de ma future rsidence2 le pays est fort beau1 et il y a plusieurs bonnes maisons aux alentours4--,on dit qu'il va pouser la fille du doyen de ,selsey1 reprit ,barry2 ,miss ,juliette1 la treizime1 une fort jolie personne4 ,connaissez-vous la famille8--,oui1 rpondit ,white1 je les connais tous2 c'est une famille charmante2 madame ,bland est une dlicieuse femme1 pleine de distinction4 ,c'est une bonne fortune pour moi d'tre sous la juridiction du doyen4 ,je pense que nous nous entendrons4--,c'est un homme instruit1 ajouta ,barry2 ses discours sont toujours bien crits4 ,en son temps1 il avait un nom connu ,cambridge4--,mais dites donc1 ,white1 s'cria ,sheffield1 est-ce qu'il n'a pas crit dernirement contre vos amis d',oxford8--,mes amis6 rpondit ,white1 qui voulez-vous dire8 ,il a crit contre les partis et les chefs de parti2 et c'est avec raison1 je pense4 ,oh6 oui1 il faisait allusion au pauvre ,willis et certains autres4--,il y avait plus que cela1 reprit ,sheffield2 il s'est lev contre certains discours et certaines pratiques qui ont eu lieu ,sainte-,marie4--,eh bien1 quant moi1 franchement1 je ne saurais approuver tout ce qu'on prche du haut de cette chaire1 dit ,white4 ,je sais1 comme un fait positif1 que ,willis se plat rapporter ce qu'il a entendu dans cette chapelle ses penchants au ,papisme4--,je voudrais que prdicateurs et auditeurs1 reprit ,barry1 s'en allassent tous ensemble une bonne fois2 alors1 nous aurions enfin le calme ncessaire pour nous livrer aux vritables tudes de l',universit4--,prenez garde vos paroles1 ,barry1 dit ,sheffield2 vous exceptez sans doute les personnes prsentes8 ,vous1 ,white1 vous tes bien1 je pense1 dans la catgorie des auditeurs8--,moi6 s'cria ,white2 pas du tout4 ,je suis all jadis1 comme la plupart des tudiants1 ,sainte-,marie pour entendre le prdicateur2 mais je crois qu'il est souvent peu judicieux1 qu'il frise mme l'erreur4 ,la tendance de ses discours1 c'est de nous faire prendre en aversion notre propre glise4--,si ma mmoire ne me trompe1 reprit ,sheffield1 il me semble qu'un de mes amis m'a soutenu contre notre glise des propositions dix fois aussi fortes qu'un prdicateur quelconque l'ait jamais fait dans ,oxford4--,vous voulez parler de moi1 rpliqua ,white avec chaleur2 vous m'avez trs-mal compris4 ,j'ai toujours t fort dvou l'glise d',angleterre4 ,vous ne m'avez jamais entendu dire la moindre chose qui ne s'allit pas avec l'attachement le plus ardent pour elle4 ,c'est vrai1 je n'ai jamais ni les droits de l'glise romaine tre une branche de l'glise catholique1 je ne le nierai jamais2 cela est tout fait une autre question2 il y a bien des choses que nous pouvons emprunter avec beaucoup d'avantage aux ,papistes2 mais j'ai toujours aim et j'espre vnrer toujours ma propre mre1 l'glise de mon baptme4 ,la figure de ,sheffield prit une singulire expression1 et personne ne dit mot4 ,white continua1 tchant de garder un air d'indiffrence3 ,il est remarquable que ,m4 ,bolton1 qui1 quoique laque et non thologien1 est un homme sens1 pratique et clairvoyant1 n'a jamais aim cette chaire2 il a toujours prophtis qu'il n'en sortirait rien de bon4 ,comme le silence continuait1 ,white se mit attaquer ,sheffield4 ,je vous dfie1 dit-il avec une affectation de gaiet1 de prouver ce quoi vous avez fait allusion2 c'est honteux6 ,il est ais de parler contre les autres1 de les appeler des hommes peu judicieux1 extravagants1 et que sais-je8 ,vous tes la seule personne444--,bien1 bien1 trs-bien1 mon ami1 rpliqua ,sheffield2 nous ne faisons que vous canoniser1 et je reprsente l'avocat du diable4 ,charles dsirait avoir quelques renseignements sur ,willis2 il dtourna donc le courant des ides de ,white1 en lui demandant1 aprs s'tre approch de lui1 s'il y avait quelque chose de vrai dans ce que ,vincent lui avait racont plusieurs semaines auparavant4 ,white avait-il eu rcemment des nouvelles de ,willis8 ,white ne savait presque rien de positif sur ce jeune homme1 et ne pouvait affirmer si ce bruit tait vrai ou faux4 ,ce qu'il y avait de sr1 c'est que ,willis tait de retour du continent et qu'il vivait dans sa famille4 ,il ne s'tait donc pas livr l'glise de ,rome1 soit comme tudiant en thologie1 soit comme novice2 mais ,white ne pouvait en dire davantage4 ,autre chose cependant3 il avait appris1 et le fond d'une lettre qu'il avait reue de ,willis lui-mme corroborait ce rapport2 il avait appris qu'il tait trs-prononc sur ce point1 que l'glise de ,rome et l',anglicanisme forment deux religions diffrentes2 que ces deux religions1 nous ne pouvons les amalgamer ensemble2 qu'il nous faut tre ou ,romains ou ,anglicans1 mais que nous ne pouvons tre ni ,anglo-,romains1 ni ,anglo-,catholiques4 ,voil ce qu'un ami m'a rapport1 continua ,white4 ,quant la lettre que ,willis m'a crite1 je ne puis comprendre tout fait sa pense2 mais il y parle longuement de la ncessit de la foi pour devenir catholique4 ,il dit que personne ne devrait passer l'glise de ,rome pour ce seul motif1 qu'il croit l'aimer davantage2 que lui1 ,willis1 a vu par exprience que nul ne peut vivre rien que de sentiment2 que tout le systme du culte dans l'glise romaine est diffrent du ntre2 bien plus1 que la vritable ide du culte1 l'ide de la prire1 que la doctrine de l'intention elle-mme1 considre dans toutes ses parties1 constitue une nouvelle religion4 ,il ne parle pas de lui-mme d'une manire positive2 mais il dit1 en gnral1 que tout cela pourrait tre cause d'un grand dcouragement pour un converti et le faire revenir sur ses pas4 ,en somme1 le ton de sa lettre est celui d'un homme dsappoint1 et qu'on pourrait ramener aisment3 au moins telle a t mon impression4--,j'admets bien qu'il est plus triste2 mais il est aussi plus sage1 reprit ,charles2 j'ignorais qu'il et en lui cette qualit4 ,il y a dans tout cela plus de bon sens qu'une personne aussi excitable qu'il me paraissait tre ne peut ordinairement en montrer2 mais en mme temps1 il n'y a rien qui prouve de sa part le regret de s'tre converti4--,je vous l'ai accord1 rpondit ,white2 toutefois l'effet de sa lettre est d'empcher d'autres de le suivre1 en mettant des obstacles dans leur chemin2 et d'ailleurs1 il nous faut rattacher tout ceci au fait de son retour dans sa famille4 ,charles rflchit un instant4 ,le tmoignage de ,vincent1 reprit-il1 est la confirmation ou la simple exagration de ce que vous venez de dire2 cela dpend de la source o il a puis ses renseignements4 ,il se dit ensuite lui-mme3 ,white1 galement1 a plus de sagesse que je n'aurais cru2 il a parl de ,willis avec beaucoup de bon sens4 ,que lui est-il arriv8 ,nos voyageurs parvinrent bientt un endroit o la route formait deux sentiers1 et tandis que les deux habitants de ,chalton prenaient droite1 ,carlton et ses lves tournrent gauche4 ,un peu plus loin1 le tuteur se spara de ,charles et de ,sheffield1 et les deux amis atteignirent leur cottage juste temps pour voit le coucher du soleil4 ,,chapitre ,,iv4 ,le clibat dans l'glise anglicane4 ,quelques jours aprs1 ,carlton1 ,sheffield et ,reding s'entretenaient en plein air1 aprs le dner1 sur le compte de ,white4 ,comme il est chang1 disait ,charles1 depuis que je l'ai vu pour la premire fois6--,chang6 s'cria ,sheffield2 il tait jadis enjou comme un petit chat1 il est devenu triste et ennuyeux comme une vieille chatte4--,il est chang en mieux1 reprit ,charles2 sa conversation a maintenant quelque chose de sens et de ferme1 mais il n'tait gure sage il y a deux ans4 ,il tudie aussi avec beaucoup d'ardeur4--,il a quelque raison de le faire1 mon cher1 car il est terriblement en retard4 ,mais il y a une autre cause son ardeur2 peut-tre la connaissez-vous8--,moi8 non1 en vrit4--,je croyais que vous la saviez1 reprit ,sheffield4 ,vous avez certainement entendu dire qu'il est fianc une demoiselle d',oxford6--,fianc6 quelle absurdit6--,je ne vois pas cela du tout1 mon cher ,reding1 repartit ,carlton4 ,white en a bien le moyen2 il a une bonne cure en perspective2 et1 de plus1 il ne perd pas son temps1 de cette manire1 ce qui est important dans la vie1 o on le prodigue si souvent4 ,white se trouvera bientt tabli1 selon toute la force du mot1 dans ses ides1 dans sa vie1 dans sa carrire44 ,charles ne put s'empcher d'exprimer sa surprise4 ,il se rappelait que lors de sa premire rencontre avec ,white1 celui-ci s'tait montr un trs-ardent dfenseur du clibat ecclsiastique4 ,carlton et ,sheffield se mirent rire4 ,eh6 pensez-vous1 dit le premier1 qu'un jeune homme de dix-huit ans puisse avoir une opinion sur un tel sujet1 ou qu'il se connaisse assez pour prendre une rsolution dans son propre cas8 ,en toute justice1 peut-on regarder un homme comme invinciblement li toutes les opinions et toutes les paroles extravagantes qu'il a mises au sortir de l'cole8--,white avait lu quelque livre exalt1 reprit ,sheffield1 o il avait vu quelque belle nonne sculpte sur le jub d'un sanctuaire1 et il avait t sduit par le roman1 comme d'autres l'ont t et le sont encore4--,ne croyez-vous pas1 dit ,carlton1 que tous ces braves garons qui1 cette heure1 sont si pleins de la puret sacerdotale1 de la batitude anglique et du reste1 seront tous1 depuis le premier jusqu'au dernier1 maris d'ici dix ans8--,j'accepterais le pari1 reprit ,sheffield1 que l'un se prononcera de bonne heure1 un autre plus tard1 mais qu'il y a un temps marqu pour tous4 ,dix ou douze annes coules1 comme dit ,carlton1 et nous trouverons ,a4 ,b4 dans un vicariat1 l'heureux pre de dix enfants2 ,c4 ,d4 faisant une cour assidue un objet chri1 jusqu' ce qu'un bnfice lui arrive2 ,e4 ,f4 dans sa lune de miel2 ,g4 ,h4 favoris de deux jumeaux par ,mme ,h2 ,i4 ,k4 tout transport de bonheur1 parce qu'il vient d'tre accept2 quant ,l4 ,m41 il peut rester ce que ,gibbon appelle une colonne au milieu des ruines1 et colonne trs-chancelante4--,croyez-vous donc1 rpliqua ,charles1 que les hommes pensent si peu ce qu'ils disent8--,vous prenez les choses trop au srieux1 ,reding1 repartit ,carlton2 qui ne change pas d'opinions de vingt trente ans8 ,un jeune homme entre dans la vie avec les ides de son pre ou de son tuteur2 mais il finit par les changer1 tt ou tard1 pour les siennes propres4 ,plus il est modeste et timide1 plus il est crdule1 et plus longtemps il parle le langage des autres2 mais la force des circonstances ou la vigueur de son esprit l'oblige infailliblement1 la fin1 avoir un esprit lui1 suppos qu'il ait quelque valeur4--,mais je souponne1 dit ,reding1 que la dernire gnration1 celle des pres comme celle des tuteurs1 n'avait pas des ides trs-exaltes sur le clibat ecclsiastique4--,souvent les circonstances1 rpondit ,carlton1 nous imposent des opinions que nous suivons pendant un temps4--,eh bien1 j'honore les hommes qui portent leurs habits de famille2 je ne respecte pas du tout ceux qui commencent par les modes trangres1 et qui ensuite les abandonnent4--,quelques annes de plus1 reprit ,carlton en souriant1 rendront votre jugement moins svre4--,je n'aime pas les bavards1 continua ,charles2 je crois1 j'espre ne les aimer jamais4--,je sais bien ce qu'il y a au fond de tout ceci1 reprit ,sheffield2 mais je ne puis rester plus longtemps2 il faut que je rentre pour tudier4 ,reding aime trop le commrage4--,qui bavarde autant que vous8 rpliqua ,charles4--,mais je parle vite1 quand je bavarde1 riposta ,sheffield1 et je fais beaucoup de besogne2 puis je me tais4 ,mais vous1 vous parlez fastidieusement1 et vous rvez1 et vous soupirez1 et vous parlez encore4 ,ce disant1 il les quitta4 ,qu'est-ce que cela signifie8 demanda ,carlton4 ,charles rougit un peu et se mit rire3 ,carlton1 rpondit-il1 vous tes un homme qui je confie des choses que je ne dirais pas d'autres2 quant ,sheffield1 il s'imagine qu'il a trouv cela de lui-mme4 ,son tuteur le regarda vivement et avec un air de curiosit4 ,je suis honteux de moi-mme1 continua ,charles en riant et paraissant confus2 je vous ai fait croire que j'avais quelque chose d'important vous communiquer1 tandis que1 en ralit1 je n'ai rien4--,alors1 parlez ouvertement4--,a dire vrai444 ,non1 rellement1 c'est trop absurde4 ,je me suis moqu de moi-mme4 ,il fit quelques pas pour s'en aller2 puis il revint4 ,eh bien1 reprit-il1 voici le fait3 ,sheffield s'imagine que j'ai moi-mme un secret penchant pour444 le clibat4--,un penchant pour qui8 demanda le tuteur4--,un penchant pour le clibat4 ,il y eut un moment de silence1 et la figure de ,carlton changea un peu4 ,oh6 mon cher ami1 dit-il avec bienveillance1 vous tes donc un des leurs2 mais tout cela passera4--,peut-tre1 rpondit ,charles3 je n'insiste pas sur cette matire4 ,c'est ,sheffield qui m'en a fait parler4 ,une diffrence relle de sentiments et de vues venait videmment d'tre exprime par les deux amis1 trs-sympathiques d'ailleurs1 et trs attachs l'un l'autre4 ,il y eut un silence de quelques secondes4 ,vous tes ordinairement un jeune homme trs-sens1 ,reding1 reprit ,carlton2 je suis surpris que vous adoptiez cette opinion4--,ce n'est pas chez moi une opinion nouvelle1 rpondit ,charles2 vous allez sourire1 mais je l'avais ds l'cole1 n'tant encore qu'un enfant1 et j'ai toujours pens depuis lors que je ne me marierais jamais2 non que ce sentiment n'ait pas eu d'intermittence1 mais c'est l'tat habituel de mon esprit4 ,mes penses1 en gnral1 sont tournes de ce ct-l4 ,si je me mariais1 je redouterais le chtiment de ,thalaba#ei4 ,carlton mit sa main sur l'paule de ,charles et la secoua doucement3 ,reding1 dit-il1 cela me surprend4 ,puis1 aprs un court silence3 ,j'ai toujours pens que le clibat et le mariage taient bons chacun sa manire4 ,dans l'glise de ,rome1 je le vois1 le clibat produit un grand bien2 mais1 soyez-en convaincu1 mon cher ami1 vous faites une grosse bvue si vous voulez introduire le clibat dans l'glise anglicane4--,il n'y a rien contre le clibat dans le ,prayer-,book1 ni dans les ,articles1 rpliqua ,charles4--,c'est possible2 mais l'esprit1 l'organisation et le travail de notre glise y sont entirement contraires4 ,par exemple1 nous n'avons pas de monastres pour secourir les pauvres2 et si nous en avions1 je pense que dans l'tat o sont les choses1 une femme de ministre serait1 par son utilit pratique et relle1 infiniment suprieure tous les moines qui ont jamais port tonsure4 ,je vous l'avoue1 je crois que l'vque d',ipswich est presque justifi lorsqu'il tablit que nul1 sinon les ministres maris1 n'aura1 de sa part1 des chances pour son avancement4 ,j'approuve aussi l'vque d',abingdon1 qui s'est fait une rgle d'accorder en dot ses meilleurs bnfices aux demoiselles les plus vertueuses de son diocse4 ,carlton avait parl avec plus d'nergie qu' l'ordinaire4 #ei ,dans un pome de ,southey intitul ,thalaba1 ce hros trouve sa femme morte le jour mme de ses noces4 ,charles rpondit qu'il n'avait pas envisag l'-propos ou la possibilit de la chose1 qu'il avait seulement song ce qui lui avait paru le meilleur en soi1 et ce qu'il ne pouvait s'empcher d'admirer4 ,je n'ai pas parl du clibat ecclsiastique1 fit-il observer1 mais du clibat en gnral4--,le clibat n'a pas de place dans nos ides ni dans notre systme de religion1 croyez-moi1 dit le tuteur4 ,il est indiffrent qu'il y ait quelque chose de contraire dans les ,articles2 la question ne roule pas sur des rgles formelles1 mais sur ceci3 l'esprit de l',anglicanisme n'est-il pas tout fait en dsaccord avec cette discipline8 ,l'exprience de trois sicles est certainement suffisante comme preuve2 si nous ne connaissons pas le caractre de notre religion au bout de ce temps1 quand le connatrons-nous8 ,il y a des formes de religion dont toute l'existence n'a pas eu cette dure4 ,or1 examinez les cas de clibat par amour du clibat dans cette priode1 et quelle en sera la somme totale8 ,il y a quelques exemples2 mais ,hammond lui-mme1 qui mourut clibataire1 fut sur le point de se marier pour rpondre au dsir de sa mre4 ,d'autre part1 si vous cherchez les types de notre glise1 pouvez-vous en dsigner de plus vrais que leurs excellences maries1 le profond ,hooker1 le pieux ,taylor et ,bull le controversiste8 ,le premier de tous les primats rforms tait mari4 ,pole et ,parker personnifient d'une manire frappante les deux systmes1 le romain et l'anglican4--,eh bien1 rpondit ,charles1 il me parat qu'il est aussi tyrannique de contraindre au mariage que d'obliger au clibat1 et c'est ce quoi vous poussez rellement4 ,vous me dites que quiconque ne se marie pas est une brebis noire4--,ce n'est pas pour vous une difficult pratique en ce moment2 personne ne vous demande d'aller prcisment1 cette heure1 entreprendre le voyage du ,clibataire#fj avec ,aristote en main et la liste de classe#fa en perspective4--,excusez-moi1 mon cher ,carlton1 si je vous ai dit quelque folie2 vous ne supposez pas que je discute avec d'autres sur de pareils sujets4 #fj ,roman anglais dont le hros court le monde la recherche d'une femme4 #fa ,la liste de classe 7class-list7 c'est--dire la liste de ceux qui ont russi dans leur examen2 elle est divise en quatre catgories1 selon le mrite des candidats reus4 ,,chapitre ,v4 ,le clibat est-il contre nature8 ,tout en causant1 ils taient arrivs l'habitation de ,carlton1 o se trouvaient prcisment les livres que ,charles avait plus particulirement tudier alors2 et ils firent1 avant d'entrer1 deux ou trois tours sous de beaux htres plants devant la maison4 ,expliquez-moi1 ,reding1 car je ne vous comprends pas1 dit le tuteur1 quelles sont vos raisons pour admirer un tat qui1 videmment1 est contre nature4--,n'en parlons pas davantage1 mon cher ,carlton1 rpondit ,charles1 j'arriverais faire rire de moi4 ,laissons1 je vous prie1 toutes choses en paix1 qu'elles soient bonnes ou mauvaises4 ,il tait clair qu'un sentiment pnible s'agitait en lui2 les paroles et le ton taient trop srieux pour la circonstance4 ,carlton comprit galement que la question qui1 tout d'abord1 lui avait paru secondaire1 tait au fond plus importante2 sans cela1 il n'y aurait pas mis tant d'insistance1 selon le dsir de ,charles4 ,non1 reprit-il2 puisque nous sommes sur cette matire1 permettez-moi de connatre votre opinion4 ,il a t dit1 ds l'origine3 ,croissez et multipliez2 donc le clibat est contre nature4--,surnaturel1 repartit ,charles en souriant4--,n'est-ce pas l un mot vide de sens8 objecta ,carlton4 ,butler nous apprend qu'il y a une analogie entre la nature et la grce2 autrement1 vous pourriez comparer le paganisme la nature2 et1 partout o le paganisme lui est contraire1 soutenir qu'il est surnaturel4 ,les convulsions des ,wesleyens sont en dehors de la nature2 pourquoi ne pas les appeler surnaturelles8--,je crois1 rpliqua ,charles1 que nos thologiens1 ou au moins quelques-uns d'entre eux1 sont ici pour moi3 ,jrmie ,taylor1 par exemple4--,vous ne m'avez pas expliqu ce que vous entendez par le mot surnaturel1 ,charles1 j'ai besoin1 vous le savez1 de connatre votre pense4--,il me parat que le christianisme1 tant la perfection de la nature1 lui ressemble et en diffre en mme temps2 il lui ressemble l o il est le mme et autant qu'elle2 il en diffre l o il est autant et plus qu'elle4 ,j'entends par surnaturel la perfection de la nature4--,donnez-moi des exemples4--,des exemples1 en voici3 ,notre-,seigneur dit3 ,vous avez appris qu'il a t dit des temps anciens444 mais moi je vous dis2 ce contraste entre les deux membres de phrase indique la voie plus parfaite1 ou l'vangile444 ,il est venu non pour dtruire la loi1 mais pour l'accomplir444 ,je ne puis me rappeler tout de suite444 ,ah6 voici encore un cas applicable au sujet2 ,notre-,seigneur abolit la permission qui avait t donne aux ,juifs cause de la duret de leurs curs4--,cet exemple ne va pas tout fait la question1 mon ami2 car les ,juifs1 dans leurs divorces1 taient tombs au-dessous de la nature4 ,que l'homme ne spare pas444 telle fut la rgle dans le paradis4--,cependant1 il est certain que l'ide d'un ,aptre non mari1 chaste1 vivant dans le jene et le dnment1 et la fin martyr1 est une ide plus haute que celle d'un des anciens ,isralites1 assis sous sa vigne et son figuier1 regorgeant de biens temporels1 et entour de ses enfants et de ses petits-enfants4 ,je ne condamne ni ,gdon ni ,caleb2 je dveloppe saint ,paul4--,le cas de saint ,paul est un cas tout particulier4--,mais il tablit lui-mme la maxime gnrale qu'il est bon pour tout homme de demeurer comme il tait lui-mme4--,nous arrivons maintenant une question de critique3 que veut dire le mot bon8 ,je puis croire qu'il signifie avantageux1 et ce que dit l',aptre touchant les misres prsentes confirme cette interprtation4--,je n'en viendrai pas une question de critique1 reprit ,charles2 mais prenez ce texte3 ,ma mre m'a conu dans l'iniquit4 ,ces paroles ne montrent-elles pas que1 en dehors et par-dessus la doctrine du pch originel1 il y a1 pour ne pas dire pis1 grand risque que le mariage ne conduise au pch les personnes engages dans cet tat8--,mon cher ,reding1 rpondit ,carlton tonn1 vous donnez dans le ,gnosticisme4--,non pas sciemment4 ,comprenez ce que je veux dire2 ce n'est pas un sujet sur lequel je puisse parler2 mais1 sans vouloir soutenir que les personnes maries doivent pcher 7ce qui serait du ,gnosticisme71 il me parat qu'il y a danger de pcher4 ,permettez-moi de ne rien ajouter sur cette matire4 --,j'ai toujours eu pour principe1 reprit le tuteur1 aprs avoir rflchi un moment1 de considrer le ,christianisme comme ayant pour fin la perfection de l'homme tout entier1 en tant que corps1 me et esprit4 ,ne vous mprenez pas sur le sens de mes paroles4 ,les ,panthistes disent le corps et l'intelligence1 laissant de ct le principe moral2 mais1 moi1 je dis l'esprit aussi bien que l'intelligence4 ,l'esprit1 principe de la foi religieuse ou de l'obissance1 doit tre le principe matre2 l'hegemonicon4 ,a l'esprit sont soumis l'intelligence et le corps1 mais comme cette suprmatie n'implique pas le mauvais usage1 l'esclavage de l'intelligence1 elle n'implique pas non plus celui du corps2 l'intelligence et le corps doivent tre bien traits4--,pour moi1 au contraire1 rpliqua ,charles1 je pense que cette suprmatie implique1 dans un certain sens1 l'esclavage de l'intelligence et celui du corps en mme temps4 ,qu'est-ce que la foi1 sinon la soumission de l'intelligence8 ,et1 de mme que toute haute pense est retenue captive1 ainsi il nous est expressment recommand de rduire le corps en servitude4 ,l'intelligence et le corps sont bien traits1 lorsqu'ils sont traits de manire devenir les instruments du principe souverain lui-mme4--,voil ce qui1 pour moi1 est contre nature1 dit ,carlton4--,et c'est ce que j'entends par surnaturel1 rpliqua ,charles avec un peu de vivacit4--,mais comment donc est-ce une chose surnaturelle1 ou une addition la nature1 que d'en dtruire une partie8 demanda ,carlton4 ,charles tait embarrass4 ,c'tait1 dit-il1 une voie vers la perfection2 mais il croyait que la perfection n'aurait lieu qu'aprs la mort4 ,notre nature ne pouvait tre parfaite avec un corps corruptible2 le corps tait trait ici-bas comme un corps de mort4 ,eh bien1 ,charles1 reprit ,carlton1 d'aprs moi1 vous faites du ,christianisme une religion trs-diffrente de celle que notre glise admet4 ,et il se tut un moment4 ,voyez donc1 continua-t-il1 comment pouvons-nous nous rjouir dans le ,christ1 comme ayant t rachets par lui1 si nous sommes dans cette espce d'tat de tristesse et de pnitence8 ,que n'a pas dit saint ,paul sur la paix1 l'action de grces1 la confiance1 le bonheur1 et le reste6 ,les choses anciennes sont passes2 la loi judaque est dtruite2 le pardon et la paix sont venus3 voil l'vangile4--,ne pensez-vous donc pas1 dit ,charles1 que nous devons nous attrister pour les fautes dans lesquelles nous sommes entrans chaque jour1 et pour les pchs plus graves que nous pouvons avoir commis de temps autre8--,sans doute2 c'est ce que nous faisons dans les prires du matin et du soir1 et dans le service de la communion4--,bien2 mais supposez qu'un jeune homme1 comme il arrive si souvent1 ait nglig ses devoirs religieux1 et qu'il ait en mme temps sur la conscience tout un fardeau de pchs1 de pchs abominables2 pensez-vous1 lorsqu'il revient un nouveau genre de vie et qu'il va la communion1 qu'il soit pardonn tout de suite en disant tout simplement son ,confiteor1 en le disant mme avec cette contrition que les grands pcheurs devraient avoir8 ,pensez-vous qu'il n'ait plus rien craindre touchant ses fautes passes8--,je dirais oui1 rpondit ,carlton4--,vraiment8 reprit ,charles tout pensif4--,il va sans dire1 ajouta ,carlton1 que je le suppose rellement contrit ou pnitent4 ,sa conduite future prouvera s'il l'est ou s'il ne l'est pas4--,je ne puis en aucune manire admettre ce sentiment2 je pense que des hommes trs-srieux s'affligeraient mme pour une faute lgre1 et qu'ils ne croiraient pas avoir obtenu leur pardon pour l'avoir simplement demand4--,sans doute2 mais ,dieu pardonne ceux qui ne se pardonnent pas eux-mmes4--,c'est--dire1 repartit ,charles1 ceux qui n'prouvent pas tout de suite la paix1 l'assurance et la consolation2 ceux qui ne jouissent pas de la joie parfaite de l'vangile4--,ces personnes s'affligent1 mais elles se rjouissent en mme temps4--,mais1 dites-moi1 ,carlton1 ce chagrin1 ce trouble1 cette crainte de se pardonner soi-mme1 tout cela est-il agrable ,dieu8--,assurment4--,donc une pnitence volontaire pour le pch commis lui est agrable2 et s'il en est ainsi1 qu'importe que la pnitence tombe sur l'me ou sur le corps8--,mais ce n'est pas proprement une pnitence volontaire1 la pnitence volontaire implique une intention2 la douleur du pch est quelque chose de spontan4 ,lorsque vous vous affligez vous-mme dessein1 vous vous loignez sur-le-champ du pur ,christianisme4--,eh bien1 je m'imaginais que le jene1 l'abstinence1 le travail et le clibat pouvaient tre regards comme une expiation du pch4 ,ce n'est pas l une ide extravagante2 rappelez-vous le docteur ,johnson1 devenu homme1 se tenant la pluie au milieu du march de ,lichfield1 pour expier une dsobissance de son jeune ge commise envers son pre4--,mon cher ,reding1 reprit ,carlton1 laissez-moi vous ramener ce que vous disiez au dbut de cet entretien1 et la rponse que je vous faisais3 ce que vous soutenez en ce moment ne sert qu' rendre ma rponse plus exacte4 ,vous avez commenc par dire que le clibat tait une perfection de la nature2 maintenant1 vous en faites une pnitence2 d'abord c'est un tat excellent et glorieux1 puis c'est un remde et une punition4--,peut-tre1 la pnitence est-elle notre plus haute perfection en ce monde1 rpondit ,charles2 mais1 je l'ignore1 je ne prtends pas avoir des ides claires sur la question4 ,j'ai parl plus que je n'aime le faire en gnral4 ,renonons enfin ce sujet4 ,ils passrent donc aux matires qui taient en rapport avec les tudes de ,charles4 ,rentrs ensuite la maison1 ils travaillrent sur ,polybe4 ,on ne peut nier1 toutefois1 que le reste du jour les manires de ,carlton n'eussent quelque chose de singulier1 comme s'il avait t contrari4 ,le lendemain matin1 il avait repris son air habituel4 ,,chapitre ,,vi4 ,abdication du jugement priv4 ,arrter la marche de l'esprit est chose impossible4 ,pendant deux ans1 ,charles avait loign ses penses de controverses religieuses2 vains efforts3 ses vues sur la religion avaient progress tous les jours son insu4 ,cela devait tre ainsi1 suppos qu'il dt vivre d'une vie quelque peu religieuse4 ,s'il devait honorer son crateur et lui obir1 des actes intellectuels1 des conclusions et des jugements devaient accompagner ce culte et cette obissance4 ,il pouvait ne pas formuler sa propre croyance jusqu' ce que les questions lui eussent t poses2 mais1 le cas chant1 une seule discussion avec un ami1 comme par exemple celle qu'il avait eue avec son tuteur1 devait produire au jour ce qu'il regardait comme sa propre opinion1 prciser les limites de chaque opinion telle qu'il la croyait1 et dterminer les rapports de ces opinions entre elles4 ,il n'avait pas encore donn de nom ces opinions1 encore moins avaient-elles pris dans son esprit la forme scientifique2 elles ne pouvaient1 non plus1 dans son tat1 tre exprimes dans le langage de la thologie4 ,charles tait tout simplement un jeune homme de vingt-deux ans1 qui professait1 dans une heure de conversation avec un ami1 ce qui tait rellement la doctrine et les usages du ,catholicisme sur la pnitence1 le purgatoire1 les conseils de perfection1 la mortification personnelle et le clibat ecclsiastique4 ,il n'tait donc pas tonnant que tout cela tourmentt ,carlton1 quoiqu'il ne vt1 pas plus que ,charles1 que tout ce ,catholicisme tait en fait cach sous les aveux de son lve4 ,mais il sentait1 dans les principes avancs par celui-ci1 se rvler une chose trs-diffrente de l'glise d',angleterre1 selon ses propres expressions2 une chose nouvelle pour lui1 et peu agrable1 qui en mme temps avait un corps1 une vie1 qui ne pouvait disparatre comme un son vague et rapide1 comme une nue fugitive1 mais qui1 reposant sur un fondement rel1 se faisait sensiblement reconnatre et manifestait son existence avec force4 ,ici1 nous voyons ce qu'une personne entend quand elle dit que le systme catholique va son esprit1 qu'il ralise ses ides sur la religion1 qu'il rpond ses sympathies1 et autres choses semblables2 et que l-dessus elle se fait catholique4 ,on dit souvent d'une telle personne qu'elle procde par la voie du jugement priv1 qu'elle choisit sa religion d'aprs l'ide qu'elle s'est faite de sa nature4 ,or1 on ne peut nier que ceux qui sont trangers l'glise ne doivent commencer par le jugement priv2 ils s'en servent d'abord1 mais ils s'en passeront plus tard3 comme un homme1 dans la rue1 se sert d'une lampe pendant une nuit obscure et l'teint en rentrant dans sa maison4 ,que penserait-on de lui1 s'il l'apportait tout allume dans le salon8 ,que lui dirait l'heureuse socit de dames lgantes et de gentlemen en grande toilette qui est runie l1 devant un ardent foyer1 et la lumire des lustres tincelants1 s'il entrait dans la salle avec un gros paletot1 le chapeau sur la tte1 un parapluie sous le bras1 et une grande lanterne d'curie la main8 ,d'autre part1 quelle ide donnerait-il de sa personne1 s'il allait en toilette de bal se jeter au milieu d'une nuit pouvantable et des lments de la nature en furie8 ,lorsque le roi entra pour voir les convives1 il vit un homme qui n'avait pas la robe nuptiale3 il vit un homme qui tait dtermin vivre dans l'glise comme il vivait avant de lui tre uni1 qui voulait conserver ses privilges1 qui ne voulait pas changer la raison pour la foi1 qui ne voulait pas harmoniser ses penses et ses actes la scne glorieuse qui l'environnait1 qui cherchait ttons le trsor cach et fouillait pour trouver la perle de prix dans le temple mme du ,dieu des armes1 temple majestueux1 clatant1 tout orn de pierreries2 un homme qui fermait ses yeux et mditait1 quand il pouvait les ouvrir et voir4 ,il n'y a donc pas d'absurdit ni d'inconsquence dans une personne qui use d'abord du jugement priv1 et qui1 ensuite1 le condamne4 ,les circonstances changent les devoirs4 ,cependant1 aprs tout1 la personne dont il s'agit1 parler strictement1 ne juge pas avec ses propres ides le systme extrieur qui lui est offert2 mais elle prend les donnes de ce systme pour confirmer et pour justifier des jugements privs1 des sentiments personnels et des dispositions dj existantes4 ,charles1 par exemple1 prouvait une difficult dterminer comment et quand les pchs du chrtien sont pardonns2 dans sa pense1 galement1 le clibat tait un tat meilleur que le mariage4 ,certainement il n'tait pas la premire personne de l'glise d',angleterre qui et eu de semblables ides2 sans doute elles s'taient prsentes bon nombre d'autres avant lui2 ces personnes1 toutefois1 ayant regard autour d'elles1 n'avaient rien vu qui autorist leurs sentiments1 et1 en consquence1 ces sentiments s'taient corrompus ou teints dans leurs curs4 ,mais lorsqu'un homme1 dans cet tat d'esprit1 vient rencontrer autour de lui l'ombre du ,catholicisme1 immdiatement le puissant ,symbole produit son influence sur son me4 ,cet homme voit que ce ,symbole justifie ses penses1 qu'il explique ses sentiments2 qu'en outre il les nombre1 les corrige1 les harmonise1 les complte2 et il est amen demander aussitt sur quelle autorit s'appuie cet enseignement tranger4 ,or1 quand il dcouvre que cet enseignement est celui qui tait reu autrefois en ,angleterre1 du nord au sud1 depuis les premiers temps o le ,christianisme y avait fait son apparition2 que1 en remontant aux souvenirs historiques les plus anciens1 ,christianisme et ,catholicisme sont synonymes2 quand il voit que cet enseignement forme encore la foi de la plus grande partie du monde chrtien1 tandis que la foi de son propre pays n'est admise que dans les bornes de son territoire et dans celles de ses colonies2 bien plus1 qu'il est difficile de dire quelle est la foi de l',angleterre1 ou mme si elle a une foi2 quand cet homme1 disons-nous1 dcouvre ces vrits1 alors il se soumet l'glise ,catholique ,romaine1 non par la voie de la critique1 mais comme un disciple son matre4 ,en parlant ainsi1 sans doute1 on ne peut nier1 d'une part1 qu'il peut y avoir des hommes qui s'unissent l'glise catholique sur des motifs imparfaits ou par une route fausse2 qui choisissent cette glise avec l'esprit de critique1 et qui1 non subjugus par sa majest ou sa grce1 conservent ce malheureux esprit lorsqu'ils en sont dj membres4 ,ces hommes1 s'ils persistent dans ce travers1 et n'apprennent pas tre humbles1 courent le danger de retomber dans l'abme4 ,d'autre part1 on ne peut nier1 non plus1 que d'autres hommes non catholiques peuvent choisir1 par exemple1 le ,mthodisme1 de la manire que nous avons explique plus haut1 et cela1 parce qu'il confirme et justifie le sentiment intrieur de leurs curs4 ,ceci est certainement possible spculativement1 quoiqu'il soit embarrassant de dire ce qu'il y a de si vnrable1 de si imposant1 de si surhumain dans les confrences ,wesleyennes pour persuader quelqu'un de les accepter comme un prophte2 cependant1 aprs tout1 nous concevons que le fait repose sur une autre base2 savoir1 que les ,wesleyens et autres sectaires se placent au-dessus de leur systme2 et quoiqu'ils puissent physiquement se trouver assis au-dessous de leur prdicateur1 nanmoins1 par l'tat de leurs mes1 de leur esprit1 de leur intelligence et de leur jugement1 ils sont levs bien au-dessus de lui4 ,mais revenons au hros de notre histoire4 ,quel mystre que l'me humaine6 ,voil ,charles occup d',aristote et d',euripide1 de ,thucydide et de ,lucrce1 et toutefois1 pendant ce travail1 il s'avance toujours vers l'glise1 vers la mesure de la plnitude de l'ge du ,christ4 ,sa mre lui avait dit qu'il ne pouvait chapper sa destine3 c'tait vrai1 quoique cette parole dt s'accomplir d'une manire qu'elle ne pouvait imaginer1 ni mme rver dans son cur aimant4 ,il ne pouvait chapper la destine de devenir un lu de ,dieu2 cette sublime destine que la grce de son ,rdempteur avait imprime dans son me au baptme1 que son bon ange y avait vue trace en caractres lumineux1 et pour laquelle il avait dploy un zle ardent afin de la conserver pure et brillante2 cette destine que sa propre coopration aux bndictions du ciel avait fortifie en lui et mise hors de pril2 il ne pouvait chapper la destine1 au temps marqu par ,dieu1 de devenir catholique4 ,ce temps sans doute pouvait tarder encore1 les anges pouvaient tre inquiets1 l'glise aurait peut-tre supplier1 comme si elle et t frustre de la promesse qui lui annonait un tranger de plus1 un enfant dj2 mais le fait devait s'accomplir3 c'tait crit au ciel1 et la marche lente du temps le faisait avancer plus prs chaque minute4 ,et mme avant cette heure bnie1 telle qu'une fleur close rpand ses parfums en tout lieu1 ainsi des odeurs tranges1 inconnues1 dlicieuses pour les uns1 dsagrables pour d'autres1 s'chappaient de sa personne sur les ailes des vents1 et l'on se demandait avec surprise la cause de ce phnomne mystrieux1 et l'on considrait ,charles avec anxit et inquitude1 tandis que lui-mme n'avait pas conscience de son propre tat4 ,soyons patients comme son ,crateur est patient1 et supportons qu'il fasse avec lenteur un ouvrage qu'il fera bien4 ,hlas6 tandis que ,charles s'tait avanc d'un ct1 ,sheffield avait march dans une autre voie4 ,quelle route avait-il suivie8 c'est ce que nous verrons au chapitre suivant1 dans une conversation qui eut lieu entre les deux amis4 ,,chapitre ,,vii4 ,le symbole de saint ,athanase interprt par l'glise anglicane4 ,carlton avait ouvert pour la fte des ,saints la petite glise qu'il desservait pendant les grandes vacances4 ,n'tant pas mme d'y runir une assemble1 et l'glise d',horsley tant ferme toute la semaine1 sauf le dimanche1 il avait demand ses lves de l'y accompagner le jour de ,saint-,matthieu4 ,comme la saison tait belle et la promenade agrable1 ils acceptrent volontiers4 ,lorsque le service de l'glise fut termin1 ,carlton eut visiter un malade qui demeurait un peu plus loin1 et les deux jeunes gens revinrent ensemble4 ,j'ignorais que ,carlton ft un homme de parti si avanc1 dit ,sheffield1 est-ce que sa lecture du ,symbole d',athanase ne vous a pas frapp8--,ce n'est pas une marque de parti1 assurment1 rpondit ,charles4--,lire ce symbole dans des jours comme les ntres est une marque de parti1 je pense2 c'est marcher hors de la voie commune4 ,charles ne voyait pas comment ce pouvait tre un acte de parti1 que d'obir1 dans une matire si vidente1 la direction formelle#fb du ,prayer-,book4 ,la direction6 reprit ,sheffield2 mais la question est de savoir si cette direction oblige maintenant4 ,c'est le sentiment1 l'interprtation de l'glise d'aujourd'hui qui doit en dterminer l'obligation4--,la vue prim facie de la matire1 repartit ,charles1 est que ceux-l sont les plus loigns de l'esprit de parti1 qui ne font que suivre les ordonnances du ,prayer-,book4--,pas du tout2 l'adhsion stricte des coutumes anciennes peut certainement tre la marque d'un parti4 ,il y a dix ans1 avant que l'tude de l'histoire ecclsiastique ft remise en vigueur1 l',arianisme et l',athanasianisme taient compltement laisss dans l'oubli1 ou1 tout au plus1 taient-ils regards comme des questions de mots1 au moins par le plus grand nombre3 l'un paraissait aussi bon que l'autre4--,je dirai comme vous1 en un sens2 j'admettrai que bon nombre de personnes1 par exemple1 les illettrs1 qui vivaient dans les communauts ariennes parlaient le langage arien1 et cependant n'avaient pas d'intention mauvaise4 ,je crois avoir entendu raconter qu'un ancien missionnaire des ,goths ou des ,huns tait arien4--,eh bien1 je parlerai d'une manire plus prcise4 ,un savant d',oxford1 il y a environ dix ans1 allait publier une histoire du concile de ,nice4 ,le libraire lui proposa de mettre en tte de son livre un portrait de saint ,athanase1 qu'il avait trouv dans un ancien volume2 mais l'auteur en fut fortement dissuad par un de ses confrres ecclsiastiques qui parlait1 non d'aprs son propre sentiment1 mais d'aprs ce motif1 que saint ,athanase tait un nom trs-impopulaire parmi nous4--,une hirondelle ne fait pas le printemps4--,cet ecclsiastique1 continua ,sheffield1 tait un ami des crivains actuels les plus dvous la ,haute glise4--,il y a toujours eu dans notre glise1 rpondit ,charles1 une cole htrodoxe1 je ne l'ignore pas1 mais elle n'a jamais t puissante4 ,votre ami peu scrupuleux en tait membre4--,je ne le crois pas2 il vivait en dehors de la controverse et s'occupait de littrature2 c'tait un ministre accompli et un homme de pit4 ,il n'exprima pas un sentiment personnel2 il ne fit que tmoigner d'un fait1 de l'impopularit du nom d',athanase1 fait que personne ne conteste4--,qu'y a-t-il l d'tonnant8 ,on connaissait si peu l'histoire4 ,saint ,athanase1 vous le savez1 n'a pas crit le symbole qui porte son nom4 ,on peut bien penser que cet auteur exagre parfois1 sans croire cependant que le symbole soit erron4--,ce n'est pas tout1 reprit ,sheffield3 vous connaissez le professeur de thologie nomm ,beatson3 on ne l'appellera1 en aucun sens1 un homme de parti2 ce sont les tories qui l'ont nomm professeur1 et jamais on ne l'a vu se compromettre par aucune thorie librale en matires thologiques4 ,or1 un tudiant qui assistait ses cours particuliers m'a assur qu'il avait dit son auditoire3 ,je crois1 messieurs1 que l'ancienne interprtation du ,symbole par l'glise d',angleterre a fini avec ,bull4 ,aprs que ,locke eut pris la plume1 la vieille phrasologie orthodoxe tomba en discrdit4--,peut-tre voulait-il dire1 rpliqua ,charles1 que l'rudition s'teignait1 ce qui est vrai4 ,le vieux langage thologique est tout fait un langage savant2 naturellement on dut l'abandonner quand on n'tudiait pas les ,pres ni les scolastiques2 mais lorsque les tudes ont port de nouveau sur ces auteurs1 ce langage a t ressuscit4--,non1 non1 ,beatson s'est exprim beaucoup plus clairement dans une autre circonstance4 ,parlant des symboles et autres choses semblables3 ,je crois1 a-t-il dit1 que tous les laques instruits de notre glise sont en gnral ,sabelliens4 #fb ,il est prescrit aux ministres de l'glise anglicane de lire ou de chanter le ,symbole d',athanase dans treize des principales ftes de l'anne4 ,charles tait silencieux et savait peine que rpondre4 ,sheffield continua3 ,il y a quelques annes1 n'tant encore qu'un enfant1 j'assistais une conversation dans laquelle un de mes prcepteurs communiquait un plan d'histoire des conciles un thologien des plus savants et des plus orthodoxes1 un homme dont le nom n'a jamais t associ aucun parti1 et qui compte de hauts dignitaires dans sa famille4 ,cet homme1 bon et intelligent1 couta avec politesse1 il applaudit au projet2 puis1 il ajouta en riant3 ,savez-vous bien que vous avez choisi prcisment le plus ennuyeux sujet de l'histoire de l'glise8 ,les conciles1 en effet1 commencent au ,symbole de ,nice et embrassent peu prs tous les points doctrinaux4--,mon cher ,sheffield1 laissez-moi vous le dire1 vous tes tomb dans un cercle particulier ou dans un parti d'hommes1 trs-respectables1 excellents1 je n'en doute pas1 mais qui ne sont pas prcisment les purs modles de notre glise4--,je ne les cite pas comme des autorits1 mais comme des tmoins4--,pourtant1 je sais trs-bien qu' la fin du dernier sicle il s'leva entre certains savants et l'vque ,horsley une controverse dans laquelle celui-ci expliqua1 d'une manire claire1 une partie au moins de la doctrine d',athanase4--,vous vous trompez1 sa controverse n'tait pas une dfense du ,symbole d',athanase1 je le sais pertinemment2 car ce sujet s'est prsent au cours d',upton sur les ,articles4 ,ce fut avec ,priestley qu'il eut cette polmique4 ,mais1 quoi qu'il en soit1 nos thologiens se contentent de penser que tout cela est trs-beau1 comme les sermons du mme auteur sur les prophties4 ,c'est une autre question de savoir s'ils reconnaissent le mrite de l'un ou de l'autre de ces ouvrages4 ,ils acceptent les termes scolastiques sur la ,trinit1 de la mme manire qu'ils acceptent la doctrine que le ,pape est l',antechrist4 ,lorsque ,horsley parle du ,pape1 ou de quelque chose de semblable1 les bons vieux ecclsiastiques s'crient3 ,certainement1 certainement2 oh6 oui1 c'est la doctrine de l'ancienne glise d',angleterre1 croyant qu'il est bon de maintenir cette ide1 ou au moins d'en faire profession1 lorsqu'il en est question2 mais s'en souciant fort peu eux-mmes1 et n'y pensant mme pas d'un bout de l'anne l'autre4 ,et ainsi en est-il de la doctrine sur la ,trinit4 ,ils disent3 le grand ,horsley1 le puissant ,horsley1 et voil tout4 ,ils ne discutent pas sa doctrine2 ils ne s'en inquitent gure non plus2 ils le regardent comme un preux champion1 arm de pied en cap1 qui a terrass son adversaire1 qui a coup la tte quelque insolent non protectionniste1 un chartiste insens1 o quelque novateur en religion1 qui1 sous le couvert de la thologie1 avait fait une charge contre les dmes et les taxes pour l'entretien de l'glise4 --,je ne puis avoir une si mauvaise ide de nos thologiens actuels1 repartit ,charles4 ,je sais qu'ici mme1 ,oxford1 il y a des crivains orthodoxes que personne ne peut appeler des hommes de parti4--,arrtez1 mon ami1 comprenez-moi bien1 je ne parlais pas contre eux1 je disais seulement que ces ides anti-athanasiennes n'taient pas rares4 ,j'ai t mme d'entendre bien des choses sur la matire chez mon prcepteur particulier1 et j'ai toujours t sur mes gardes depuis mon arrive ,oxford4 ,l'vque de ,derby tait un ami de ,sheen1 mon prcepteur4 ,lors de sa promotion1 je me trouvais avec celui-ci1 et ,sheen me confia que l'vque lu lui avait crit cette occasion3 ,quel auteur lirai-je8 je ne connais rien en fait de thologie4 ,je crois qu'on lui recommanda1 ou qu'on lui proposa de lire la ,bible de ,scott4--,il est facile de citer des exemples1 quand on a ses coudes franches4 ,ce que vous dites est videmment un expos votre manire4--,prenez encore ,shipton1 qui est mort dernirement1 continua ,sheffield2 quelle magnifique position n'avait-il pas dans l'glise8 cependant tout le monde sait trs-bien qu'il regardait comme une erreur d'employer le mot personne dans la doctrine sur la ,trinit4 ,ce qui rend ceci plus tonnant1 c'tait sa grande svrit envers les ecclsiastiques 7les ,tractariens par exemple71 qui esquivaient le sens des ,articles4 ,or1 ,shipton tait parfaitement quitable et juste2 il mprisait l'argent2 l'opinion publique le proccupait peu2 et toutefois il tait ,sabellien4 ,aurait-il mang le pain de l'glise1 comme on disait1 mme un seul jour1 s'il n'avait pas cru que ses opinions n'taient pas incompatibles avec sa charge de doyen de ,bath et de ,dorchester8 ,n'est-il pas vident qu'il croyait que la pratique de l'glise avait modifi1 avait rinterprt ses propres formulaires8--,cependant1 mon cher ami1 la pratique de l'glise ne peut rendre noir ce qui est blanc1 ni faire dire oui un texte qui dit non4 ,je ne nierai pas que les paroles sont souvent vagues et incertaines dans leur sens1 et qu'elles ont besoin frquemment de commentaires2 cet gard1 l'enseignement du jour a une grande influence pour fixer la valeur des termes2 mais la question est de savoir si l'enseignement oppos de chaque doyen1 de chaque prbendier1 de chaque ecclsiastique1 de chaque vque dans notre glise1 pourrait rendre ,sabellien le ,symbole d',athanase2 pour moi1 je ne le pense pas4--,certainement1 non1 rpondit ,sheffield2 mais les ecclsiastiques dont je parle soutiennent simplement qu'ils ne sont pas tenus tous les dtails du ,symbole1 mais seulement la grande ide qu'il y a une ,trinit4--,grande ide6 s'cria ,charles1 grande sottise6 ,un ,unitaire ne rpudierait pas cette doctrine4 ,n'admet-il pas le ,pre1 le ,fils et l',esprit-,saint1 bien qu'il croie que le ,fils est une crature et l',esprit une influence8--,eh bien1 quant moi1 je ne vois pas pourquoi1 si le doyen ,shipton fut un membre saint de l'glise1 le docteur ,priestley ne l'aurait pas t galement4 ,mais mon doute est de savoir1 si1 suppos que les ,tractariens n'eussent point paru1 ,priestley n'aurait pas t1 s'il avait vcu dans ce temps-ci1 je ne dirai pas un membre parfait1 mais assez digne pour mriter des bnfices dans notre glise4--,si les ,tractariens n'eussent point paru6 c'est--dire si notre glise tait autre qu'elle n'est4 ,qu'est-ce que cette cole1 sinon un enfantement1 un produit de l'glise8 ,et si l'glise n'avait pas donn le jour un parti qui prt sa dfense1 elle en aurait fait natre certainement un autre4 ,non1 non1 ,charles2 je vous garantis que la vieille cole doctrinale tait tout fait tombe1 lorsque les ,tractariens parurent1 et je vous avoue que j'aurais aim qu'ils eussent laiss les choses tranquilles4 ,il y avait encore1 cette poque1 la doctrine de la succession ,apostolique2 mais quelques bons vieux hommes taient ses seuls aptres restants dans l'glise4 ,il leur arriva mme1 dans une occasion1 qu'un grand personnage se moqua compltement de leur persistance conserver ce point4 ,il leur soutint que leur doctrine s'en allait avec les non-jureurs#fc4 ,vous tes si peu nombreux1 leur dit-il1 que nous pouvons vous compter4 #fc ,les non-jureurs sont ceux qui soutiennent la doctrine primitive de l'glise anglicane1 contenue dans les ,homlies1 sur l'obissance passive et la non rsistance1 et qui adhrent au premier rituel d'douard ,,vi4 ,la conversation ne plaisait pas ,charles1 et cela pour plusieurs motifs4 ,il n'aimait pas ce qui lui paraissait une attaque de la part de ,sheffield contre l'glise d',angleterre2 et1 d'ailleurs1 il commenait prouver des doutes et des craintes pnibles que cette attaque ne repost sur de solides fondements1 craintes et doutes auxquels il ne voulait pas tre expos4 ,il garda donc le silence1 et1 aprs un court intervalle1 il essaya de changer de sujet2 mais ,sheffield avait engag la partie1 il ne voulait pas la perdre2 il commena de nouveau3 ,j'ai parl1 dit-il1 du parti libral de notre glise4 ,dans l'glise1 il y a quatre partis4 ,parmi eux1 le vieux parti tory1 ou le parti de la campagne1 qui videmment est le plus nombreux1 n'a pas du tout d'opinion2 il se contente d'accepter la thologie ou la non-thologie du jour1 et l'on ne peut pas dire proprement qu'il ait ce que le ,symbole appelle la foi ,catholique4 ,il ne la rpudie pas2 il peut tre incroyant son insu2 mais1 en tout cas1 il ne donne aucun signe positif qu'il ait vraiment cette foi2 il ne fait que la traiter avec respect4 ,j'ose dire qu'il n'y a pas dans tout ce parti un ministre de campagne1 qui1 d'un bout de l'anne l'autre1 fasse un seul jour ce que les ,catholiques appellent un acte de foi1 touchant le mystre spcial et trs-distinct contenu dans les clauses du ,symbole d',athanase4 ,voyant que ,charles paraissait froiss1 ,sheffield ajouta3 ,je ne parle pas de tel ou tel ecclsiastique en particulier1 mais de la grande majorit d'entre eux4 ,aprs le parti tory vient le parti libral1 qui n'aime pas non plus le ,symbole d',athanase1 comme je vous l'ai dj dit4 ,en troisime lieu1 nous avons le parti vanglique4 ,je sais que vous possdez un des numros des ,traits sur la foi objective4 ,or1 ce ,trait parat prouver que les vangliques sont implicitement ,sabelliens1 et qu'ils tendent avouer cette croyance4 ,la mme marche a dj t effectivement suivie par leurs confrres du continent et de l',amrique4 ,les protestants de ,genve1 de ,hollande1 d',ulster et de ,boston sont tous devenus1 je crois1 ,unitaires1 ou chose semblable4 ,le docteur ,adam ,clarke1 le clbre ,wesleyen1 admettait1 lui aussi1 le principe distinctif du ,sabellianisme1 comme ,doddridge1 dit-on1 l'avait fait antrieurement4 ,toutes choses considres1 je pense que j'ai bien prouv ma thse touchant ma premire assertion3 savoir1 qu'en ce temps-ci c'est une marque de parti que de sortir de la voie commune pour lire le ,symbole d',athanase4--,je ne suis nullement d'accord avec vous l-dessus1 mon cher ,sheffield2 vous discutez sans preuves suffisantes1 et vous tirez de terribles conclusions de bien faibles prmisses4 ,voil1 du moins1 ce qu'il me semble4 ,je voudrais aussi que vous n'eussiez pas parl de prouver une thse1 comme si de pareils sujets taient de simples matires discussion4 ,je n'aime pas non plus que vous preniez le mauvais ct des choses2 c'est en gnral votre tendance4--,reding1 je dis ce que je pense1 et il en sera toujours de mme4 ,je ne veux pas tre un homme de parti4 ,je n'essaie pas1 comme ,vincent1 de concilier les choses opposes4 ,il est de tous les partis2 je ne suis d'aucun4 ,je crois voir assez bien le vide de tous4--,o mon cher ami1 s'cria ,charles en dtresse1 songez ce que vous dites2 vous n'avez pas certainement envie de maintenir vos paroles4 ,a vous entendre1 on supposerait qu' vos yeux la croyance au ,symbole d',athanase n'est qu'une simple opinion de parti4 ,sheffield resta d'abord silencieux2 il reprit ensuite3 ,eh bien1 je vous demande pardon1 si j'ai dit quelque chose qui pt vous contrarier1 ou si je me suis exprim trop vivement2 mais1 videmment1 il n'est pas ncessaire de croire ce que tant de gens ne croient pas1 ou traitent avec indiffrence4 ,la conversation tomba1 et peu d'instants aprs ,carlton vint leur rencontre sur un poney qu'il avait emprunt la ferme4 ,,chapitre ,,viii4 ,les ,,xxxix ,articles mis en regard du symbole catholique4 ,pendant deux ans environ1 ,reding avait banni ses doutes touchant les ,articles2 mais c'tait diffrer le paiement d'une dette3 c'tait un sursis1 et non une quittance4 ,les deux conversations que nous avons rapportes1 l'ayant fait s'expliquer sur des matires trs-importantes1 d'abord avec l'un1 ensuite avec l'autre de ses amis1 tous deux galement lis par les ,articles1 lui rappelrent tristement son obligation envers l',universit et l'glise4 ,l'poque d'ailleurs de son examen et de l'obtention de ses grades1 approchant de plus en plus1 le fit penser que le temps venait o il devrait tre prt acquitter cette dette4 ,un jour1 c'tait vers la fin des vacances1 ,charles se promenait avec ,carlton2 tout en devisant1 il avait t amen parler du nombre des opinions religieuses et des partis d',oxford qui produisaient de si mauvais effets1 en donnant lieu tant de discours1 tant de critiques1 et peut-tre aussi un peu de scepticisme4 videmment1 dit-il ensuite1 tout cela est un mal dans une ville d'ducation2 je craindrais cependant1 ,carlton1 que ce mal ne soit invitable1 si votre doctrine sur les partis est vraie2 car s'il tait un lieu o les diffrences des opinions religieuses doivent se produire1 c'est bien au sein d'une ,universit4--,je suis loin de le nier1 rpondit ,carlton2 mais tous les systmes ont leurs dfauts3 constitution politique1 thologie1 rituel1 rien n'est parfait4 ,un seul systme vient directement et simplement du ciel1 c'est le systme judaque2 encore mme a-t-il t aboli cause de sa strilit4 ,ceci n'est pas une atteinte la perfection de la ,rvlation divine1 car cette strilit provient du sujet sur lequel et par lequel elle oprait4 ,il y eut un moment de silence3 ,c'est le dfaut de la plupart des jeunes penseurs1 continua ,carlton1 d'tre impatients1 s'ils ne trouvent pas la perfection en toutes choses2 ils ont le zle de tous les novices4 ,autre silence4 ,il reprit de nouveau3 ,quelle forme de religion est moins controversable que la ntre sous tous les rapports8 ,vous voyez les inconvnients de notre propre systme1 parce que vous les exprimentez1 mais vous n'avez pas senti1 vous ne pouvez mme connatre ceux des autres4 ,charles ne rpondait pas2 il marchait1 arrachant et broyant les feuilles des arbustes et des buissons travers lesquels tournait le sentier4 ,rompant enfin son mutisme3 ,carlton1 dit-il1 laissez-moi vous faire une confidence que je ne ferais pas tout autre4 ,vous savez qu'il y a environ deux ans j'tais trs-inquiet par rapport aux ,articles2 rellement1 je ne pouvais pas les comprendre1 et leur histoire ne faisait qu'aggraver la difficult4 ,je rejetai alors loin de moi ce sujet d'tudes2 mais voici venir mon examen et mon grade1 et ces matires vont m'occuper encore4--,il faut que vous ayez t admis de bonne heure au cours des ,articles4--,peut-tre n'tais-je pas la hauteur du sujet4--,loin de moi une pareille pense2 mais quant la chose elle-mme1 mon bon ami1 sachez-le1 c'est ce qui arrive chaque jour1 et spcialement aux jeunes gens rflchis comme vous4 ,cela ne devrait pas vous tourmenter4--,mais mon inquitude1 reprit ,charles1 nat de la crainte que j'ai que mes anciennes difficults ne reviennent1 et que je ne sois pas capable de les repousser4--,vous devriez prendre toutes ces choses avec calme1 rpliqua ,carlton2 toutes choses1 comme je l'ai dit1 ont leurs difficults4 ,si vous attendez jusqu' ce que chaque objet soit comme il devrait tre1 ou pourrait tre d'aprs vos ides1 vous ne ferez rien et vous perdrez votre temps4 ,le monde moral n'est pas un pays de plaine2 il a aujourd'hui ses points tracs1 sa gographie1 ses routes4 ,vous ne pouvez marcher travers champs2 si vous tentez un steeple-chase1 ,vous vous casserez le cou pour vos peines4 ,les formes de religion sont des faits2 elles ont chacune leur histoire4 ,elles taient avant vous1 elles vous survivront4 ,il vous faut faire un choix1 vous ne pouvez crer4--,je sais que je ne puis crer une religion2 peut-tre1 non plus1 ne puis-je en trouver une meilleure que la mienne4 ,je n'ai pas besoin de tenter l'entreprise2 mais ma difficult n'est pas l4 ,prenez votre propre figure4 ,je m'en vais au petit trot1 le long de ma route2 tout coup1 voil une haute barrire solidement ferme clef1 et mon pauvre poney ne peut la franchir4 ,que faire8 ,je ne me plains pas2 mais tel est le fait1 ou du moins tel il peut tre4--,le poney doit franchir la barrire1 ou1 s'il ne le peut1 il faut qu'il y ait une autre voie4 ,autrement1 quoi sert une route8 ,en religion1 toutes les routes ont leurs obstacles2 l'une a une porte solide qui la coupe1 l'autre se droule travers un marais4 ,ne doit-on pas aller en avant8 ,la religion doit-elle aboutir une barrire infranchissable8 ,le ,christianisme doit-il s'teindre8 ,mais o irez-vous8 ,non pas certainement au ,mthodisme ni la ,confraternit de ,plymouth4 ,quant l'glise ,papiste1 je souponne qu'elle prsente plus de difficults que la ntre4 ,il faut sacrifier son jugement priv4--,tout cela est trs-bien1 reprit ,charles2 mais ce qui est trs-utile peut cependant tre tout fait impossible4 ,les plus belles paroles sur la ncessit d'arriver la maison avant la nuit ne rendront pas mon pauvre petit poney capable de franchir la porte4--,non1 certainement2 mais si vous aviez l'ordre de la part d'un prince bienveillant1 votre souverain et votre bienfaiteur1 de suivre la route sans broncher jusqu'au soir1 et que vous dussiez le rencontrer au bout de votre voyage1 vous seriez bien sr que celui qui vous a marqu la fin vous a galement indiqu les moyens4 ,et quant la difficult prsente1 vous devriez chercher un expdient quelconque d'ouvrir la porte1 ou de passer travers la haie1 ou1 d'une manire ou d'une autre1 de trouver un chemin1 en sorte que vous pussiez tourner l'obstacle4 ,charles rpondit qu'en aucun cas il n'aimait ce mode d'argumentation2 il lui semblait dangereux1 il ne voyait ni o il menait1 ni o il aboutissait4--,eh6 pourquoi1 dit-il ensuite brusquement1 pourquoi pensez-vous qu'il y a plus de difficults dans l'glise de ,rome8--videmment1 il y en a davantage2 s'il est difficile de mordre aux ,articles1 ne l'est-il pas plus de digrer le ,symbole du ,pape ,pie8--,le ,symbole du ,pape ,pie8 ,je ne le connais pas6 ,je suis peu vers dans cette matire4 ,que dit ce symbole8--,oh6 il parle d'infaillibilit1 de transsubstantiation1 de culte des ,saints1 et que sais-je8 je suppose que vous ne pourriez souscrire compltement toute cette doctrine4--,pourquoi pas8444 ,tout dpend1 reprit ,charles avec lenteur1 de la valeur de l'autorit qui me la transmettrait4 ,il s'arrta1 puis continuant3 ,naturellement1 je pourrais y souscrire1 si elle m'tait transmise par la mme autorit qui m'enseigne la ,sainte ,trinit4 ,quant aux ,articles1 ils ne me parviennent sur aucune autorit1 ce sont des vues particulires des personnes du ,x,v,ie sicle2 et d'ailleurs1 il n'est pas clair jusqu' quel point ils sont ou ne sont pas modifis par les vues sans autorit du ,x,i,xe4 ,je suis donc oblig d'exercer mon propre jugement1 et je puis vous dire avec franchise que mon jugement est au-dessous d'une si grande tche4 ,au moins1 c'est ce qui me trouble1 toutes les fois que ce sujet se prsente mon esprit2 car je l'ai rejet loin de moi4--,alors1 dit ,carlton1 recevez les ,articles sur la foi4--,vous voulez dire1 repartit ,charles1 que je dois considrer notre glise comme infaillible4 ,carlton sentit la difficult4 ,non1 rpondit-il2 mais il vous faut agir comme si elle tait infaillible1 par un sentiment de devoir4 ,charles sourit2 puis1 soudain devenant grave1 il resta immobile et baissa les yeux3 ,si je dois me crer une glise infaillible1 dit-il1 si je dois renoncer mon jugement priv1 si je dois procder par la foi1 il existe une glise qui a sur nous tous des droits plus grands que l'glise d',angleterre4--,mon cher ,reding1 rpliqua ,carlton avec motion1 o avez-vous pris ces ides8--,je l'ignore2 quelqu'un a dit qu'elles taient dans l'air4 ,je n'en ai parl personne4 ,il m'est arriv seulement1 la premire anne1 d'avoir une ou deux discussions sur cette matire4 ,j'ai banni ce sujet de mon esprit1 mais quand une fois je commence1 vous le voyez1 je parle malgr moi4 ,ils se promenrent un moment en silence4 ,voulez-vous dire1 reprit ,carlton1 qu'il est trs-difficile de comprendre et d'admettre les ,articles8 ,pour moi1 ils sont assez clairs1 et ils parlent le langage du sens commun4--,eh bien1 quant moi1 repartit ,reding1 il me semble parfois qu'ils sont en contradiction avec eux-mmes1 d'autres fois avec le ,prayer-,book2 de sorte que je les suspecte4 ,je ne sais ce que je vais signer1 quand il faudra poser cet acte4 ,cependant1 je dois signer ex animo4 ,une soumission aveugle1 je pourrais la faire2 mais une dclaration aveugle1 je ne puis la donner4--,citez-moi quelques exemples4--,ainsi1 les ,articles admettent positivement la doctrine luthrienne de la justification par la foi seule2 et cette doctrine est rejete implicitement par le ,prayer-,book dans chacun de ses offices4 ,ils en appellent aux ,homlies comme autorit2 or1 les ,homlies parlent des livres apocryphes comme tant inspirs2 ce que nient implicitement les ,articles4 ,les ,articles sur l'ordination sont contraires dans leur esprit au service de l'ordination4 ,un article sur les sacrements exprime la doctrine de ,mlanchthon1 un autre celle de ,calvin4 ,tel ,article parle de l'autorit de l'glise dans les controverses de foi1 tel autre fait de l'criture un juge sans appel4 ,voil les points qui1 en ce moment1 se prsentent mon esprit4--,assurment beaucoup d'entre eux1 reprit ,carlton1 ne sont que de simples difficults de mots2 et toutes ces difficults apparentes peuvent tre surmontes avec un peu de peine4--,d'autre part1 continua ,charles1 ce qui m'a frapp1 c'est que l'glise de ,rome est incontestablement consquente dans ses formulaires2 c'est mme le reproche que lui adressent quelques-uns de nos crivains3 ils la trouvent trop systmatique4 ,cela peut tre un systme dur1 un systme de fer1 mais il est logique4 ,carlton ne voulut pas l'interrompre1 jugeant qu'il tait mieux de l'entendre exposer sa difficult entire4 ,charles continua donc3 ,lorsqu'un systme est logique1 au moins il ne se condamne pas lui-mme4 ,la logique n'est pas la vrit1 mais la vrit est logique4 ,or1 je ne suis pas capable1 je l'avoue1 de dcider si tel systme est vrai1 mais je puis bien juger s'il est consquent avec lui-mme4 ,quand un oracle quivoque1 il porte avec lui sa propre condamnation4 ,je suis port croire qu'il y a dans l'criture quelque chose sur ce sujet1 une comparaison1 sous ce rapport1 entre les prophties paennes et les prophties inspires4 ,ce qui m'a galement frapp1 c'est que saint ,paul donne ce caractre de l'hrtique1 qu'il se condamne lui-mme1 portant sa condamnation sur sa figure4 ,en outre1 je me trouvais un jour dans la socit de ,freeborn 7que vous connaissez peut-tre7 et d'autres personnes du parti vanglique1 et ces messieurs dmontrrent1 s'il fallait les en croire1 que ,luther et ,mlanchthon ne s'accordent pas sur le point capital de la justification par la foi3 circonstance qui ne nous a pas t explique au cours des ,articles4 ,j'ai lu aussi quelque part1 ou j'ai entendu prcher1 que les anciens hrtiques taient toujours inconsquents2 qu'ils ne pouvaient jamais exposer clairement leurs ides1 encore moins s'accorder entre eux2 et ainsi1 qu'ils le voulussent ou non1 ils ne pouvaient s'empcher de faire connatre aux simples leur vrai caractre par leur bavardage4 ,charles s'arrta2 puis continuant3 ,ceci m'a encore frapp3 ,il n'y a pas de prophte de la vrit sur la terre1 ou bien l'glise de ,rome est ce prophte4 ,appelez-le aptre1 messager1 matre1 comme il vous plaira1 il est vident pour moi1 d'aprs notre croyance une glise visible1 qu'il existe encore un prophte2 et le sens commun nous dit ce que doit tre le messager de ,dieu4 ,d'abord1 il ne doit pas se contredire1 comme je viens de le soutenir4 ,secondement1 un prophte de ,dieu ne peut souffrir de rival1 mais il condamne tous ceux qui ont des prtentions particulires1 comme font les prophtes dans l'criture4 ,or1 il est impossible de dire si notre glise reconnat ou non le ,luthranisme de l',allemagne1 le ,calvinisme de la ,suisse1 les sectes ,nestoriennes et ,monophysites de l',orient4 ,elle ne nous expose pas non plus1 d'une manire claire1 sa pense sur l'glise de ,rome4 ,le seul endroit o elle reconnaisse son existence1 c'est dans les ,homlies1 et l1 elle en parle comme de l',antechrist4 ,la position de l'glise ,grecque1 non plus1 n'est pas bien dfinie dans la doctrine anglicane4 ,d'autre part1 l'glise de ,rome prim facie a cette marque d'un prophte1 d'un prophte tel que l'criture nous le dpeint3 elle n'admet pas de rivaux1 et anathmatise toute doctrine qui est contraire la sienne propre4 ,autre chose3 ,un prophte de ,dieu est naturellement l'aise avec son message2 il n'est pas impuissant et sans vie au milieu des erreurs et de la lutte des opinions4 ,il sait ce qu'on lui a donn faire connatre1 jusqu'o s'tend sa doctrine2 il peut agir comme un arbitre2 il est la hauteur des vnements4 ,or1 cela parle encore en faveur de l'glise de ,rome4 ,a mesure que les sicles se droulent1 elle est toujours sur le qui-vive2 elle interroge tout nouveau venu2 elle sonne l'alarme1 brise toute doctrine trangre1 revendique1 dtermine et perfectionne ce qui est nouveau et vrai4 ,l'glise de ,rome m'inspire la confiance1 je sens que je puis me fier elle4 ,c'est une autre question de savoir si elle est vraie3 pour le moment1 je ne prtends pas le dcider4 ,mais je n'ai pas la mme confiance en notre propre glise4 ,je l'aime plus que je n'ai confiance en elle3 elle me laisse sans foi4 ,maintenant1 vous voyez l'tat de mon esprit4 ,il laissa chapper un profond soupir1 comme s'il se ft dbarrass d'un fardeau4 ,eh bien1 dit ,carlton1 lorsque ,charles eut cess1 tout cela est une thorie fort belle2 savoir si elle s'accorde avec les faits1 c'est une autre question4 ,pour nous1 nous avons toujours cru jusqu' prsent que ,chillingworth avait raison quand il nous montre ,papes contre ,papes1 ,conciles contre ,conciles1 et ainsi de suite4 ,soyez sr1 mon ami1 que les controversistes protestants ne vous laisseront pas admettre cette parfaite harmonie de la doctrine papiste2 ce qui est certain1 c'est que vous avez tudi fort peu1 et que vous jugez de la vrit1 non d'aprs les faits1 mais d'aprs des ides2 je veux dire que pour vous c'est assez si des ides se soutiennent mutuellement4 ,quoique vous ne vouliez pas le reconnatre1 cependant1 en matire de faits1 l'harmonie1 vos yeux1 est la vrit4 ,les faits rpondent-ils aux thories1 vous n'en savez rien1 et vous ne vous en informez pas4 ,je ne suis pas trs-vers dans le sujet2 mais j'en sais assez pour tre sr que les ,papistes auraient plus de peine que vous ne vous l'imaginez prouver l'enchanement logique de leur systme4 ,par exemple1 ils en appellent aux ,pres1 et cependant ils placent le ,pape au-dessus de ceux-ci2 ils maintiennent l'infaillibilit de l'glise et la prouvent par l'criture1 et puis ils prouvent l'criture par l'glise4 ,ils croient qu'un ,concile gnral est infaillible lorsque le ,pape l'a confirm1 mais pas avant cette sanction4 ,bellarmin1 il me semble1 donne la liste des ,conciles gnraux qui ont err4 ,jamais1 non plus1 je n'ai pu m'expliquer la doctrine de ,rome sur les indulgences4 ,charles rflchit sur ces paroles3 ,peut-tre avez-vous raison1 dit-il ensuite2 je devrais connatre les faits plus exactement avant de porter un jugement sur ces matires4 ,mais1 mon cher ,carlton1 je vous proteste1 et vous pouvez vous imaginer avec quelle peine je vous fais cet aveu1 je vous proteste que si l'glise de ,rome est aussi ambigu dans son enseignement que la ntre1 je serais en voie de devenir sceptique sur ce fondement1 que je n'ai pas d'autorit comptente pour me fixer ma croyance4 ,l'thiopien disait3 ,comment puis-je le savoir1 moins que quelqu'un ne me l'apprenne8 et saint ,paul3 ,la foi vient par l'oue4 ,si personne ne rclame ma foi1 comment puis-je l'exercer8 ,du moins1 je courrai le risque de devenir ,latitudinaire2 car si l'criture seule est mon guide1 videmment il n'y a pas de ,symbole crit pour nous dans le livre sacr4--,notre affaire1 rpondit ,carlton1 est de prendre le meilleur ct des choses1 et non le pire4 ,retenez bien ceci1 ,charles1 c'est qu'il faut vous mettre en garde contre toute vue force ou maladive des choses4 ,soyez gai1 soyez naturel1 et tout sera facile4--,carlton1 vous tes toujours bon et plein de bienveillance1 repartit ,charles2 mais aprs tout 7et je voudrais pouvoir vous le faire comprendre71 vous n'avez pas un mot dire relativement ma difficult sur la signature des ,articles4 ,comment dois-je sauter par-dessus le mur8 ,que m'importe1 moi1 que les autres communions aient aussi leurs murailles franchir6 ,ils s'approchaient alors de la maison1 et ils finirent leur promenade en silence1 chacun d'eux absorb dans les penses que la conversation avait fait natre4 ,,chapitre ,,ix4 ,un systme d'espionnage4 ,cependant les vacances s'coulaient avec une douce et charmante rapidit4 ,les jours succdaient tranquillement aux jours2 et dans leurs occupations habituelles1 nos deux tudiants ajoutaient insensiblement1 mais d'une manire certaine1 la somme de leurs connaissances et leur progrs intellectuel4 ,avant de les mettre de ct1 ils avaient lu une dernire fois historiens et orateurs2 ils avaient approfondi la philosophie1 parcouru les commentaires1 complt les analyses et les rsums4 ,tout cela tait un travail de solitude4 ,tandis que d'autres peut-tre voguaient de ,londres ,bombay1 ou la ,havane1 et que les mois pouvaient1 rtrospectivement1 leur paratre comme des annes1 pour ,reding et ,sheffield la semaine tait peine commence qu'elle touchait sa fin4 ,lorsque octobre arriva et qu'ils revirent leurs amis d',oxford1 tout d'abord ils crurent qu'ils avaient bien des choses leur raconter2 mais1 ds leur premire conversation1 ils trouvrent qu'ils n'avaient parler que de leurs tudes et de leurs affaires personnelles2 ils furent donc rduits au silence1 malgr leur dsir de causerie4 ,la saison avait chang4 ,ce changement leur rappela que ,horsley convenait un sjour d't et non une habitation permanente4 ,dj des brouillards lourds et gris s'attachaient aux flancs de la colline2 les gros vents et les orages taient venus2 le gazon s'tait fltri1 et lorsque ,charles et son ami restaient dans le cottage1 ils avaient remarqu que les portes et les fentres ne fermaient pas bien1 et que la chemine fumait4 ,vinrent ensuite ces fruits qui sont la fte funbre de l'anne1 la mre et la noix2 la noix1 insipide et sans jus2 la mre1 noire1 juteuse1 mais pre et moisie en mme temps1 comme si on la cueillait sur la terre humide et non sur l'arbre4 ,ainsi ce lieu si frais1 s'tant dpouill de ses charmes1 semblait les inviter lui-mme le quitter4 ,reding jeta un coup d'il autour de lui1 et se prpara au dpart comme un conviva satur4 ,ces mots3 ,edisti satis1 tempus abire lui semblaient crits sur tous les objets4 ,les hirondelles taient parties2 les feuilles taient ples2 le soleil effleurait peine l'horizon4 ,aux esprances du printemps1 la paix et au calme de l't avaient succd les tristes ralits de l'automne4 ,charles allait se prcipiter au milieu d'un monde qui l'avait laiss tranquille sur la montagne2 l1 il avait vcu sans querelles1 sans distractions1 sans dsappointements1 et1 cette heure1 toutes ces misres allaient faire partie de son existence4 ,hlas6 il n'tait qu'un enfant d',adam2 ,horsley avait t seulement un rpit2 et il avait encore vivant dans sa mmoire le grand revers qui l'avait frapp deux annes auparavant3 ,quel t enchanteur6 ,quel triste automne6 ,plein de ces penses1 il ramassa ses livres et ses papiers1 et se dirigea vers ,saint-,sauveur4 ,oxford aussi avait perdu ses yeux presque tout son prestige4 ,la fracheur de son admiration pour cette ville tait passe2 maintenant1 il voyait des dfauts l o d'abord tout lui avait paru bon1 excellent2 le merveilleux des choses et des personnes s'tait vanoui4 ,aussi bien1 il y avait des changements3 parmi ses condisciples1 les uns avaient dj pris leurs grades et taient partis2 d'autres tudiaient dans l'intrieur du pays2 d'autres habitaient de nouveaux collges pour y jouir d'un ,fellowship4 ,une foule de figures plus jeunes se faisaient remarquer au rfectoire et la chapelle1 et ,charles savait peine leurs noms4 ,les chambres o autrefois il venait se rcrer familirement taient occupes aujourd'hui par des inconnus qui prtendaient avoir sur elles le droit qui1 dans sa pense1 ne pouvait appartenir qu' leurs anciens possesseurs4 ,le collge lui paraissait dchu2 il y avait une troupe remuante qui n'y tait pas auparavant3 un certain nombre de petits garons1 une grande quantit de gamins4 ,mais la vraie peine de ,charles1 ce qui devenait de plus en plus vident son cur alarm1 c'tait de voir que son intimit avec ,sheffield tait un peu refroidie4 ,ils avaient bien pass leurs vacances ensemble1 ils avaient pu se connatre mieux que jamais2 nanmoins1 leur sympathie mutuelle n'tait plus aussi forte1 ils ne partageaient ni les mmes gots ni les mmes rpugnances2 en un mot1 leurs esprits n'taient pas aussi homognes qu'ils l'avaient cru1 alors qu'ils taient tudiants de premire anne4 ,il n'y avait pas autant d'abandon de cur dans leurs conversations1 et ils souffraient plus aisment de se trouver spars l'un de l'autre4 ,ils tudiaient tous les deux pour les honneurs1 ils tudiaient ardemment2 mais ,sheffield tait tout entier son uvre1 et la religion pour lui ne venait que sur le second plan4 ,il n'avait ni doutes1 ni difficults1 ni anxits1 ni chagrins qui l'affectassent beaucoup4 ,ce n'tait pas la certitude de la foi qui tait le soleil de son me et qui dissipait chez lui les nuages de la faiblesse humaine2 disons mieux1 il n'prouvait pas le besoin de cette contemplation de l',invisible qui est la vie du chrtien4 ,sa rputation tait pure1 sa conduite exemplaire2 mais il se contentait de ce que lui offrait ce monde prissable4 ,pour ,charles1 au contraire1 son trait caractristique1 peut-tre au-dessus de tout1 tait un sentiment habituel de la prsence divine4 ,ce sentiment1 sans doute1 ne lui assurait pas une conformit constante de penses et d'actions3 il tait cependant la colonne de feu qui marchait devant lui et lui servait de guide4 ,charles sentait qu'il tait la crature de ,dieu1 qu'il aurait un compte lui rendre1 qu'il lui appartenait sans rserve4 ,il dsirait beaucoup russir dans son examen2 il ne pouvait y songer sans tressaillement2 mais l'ambition n'tait pas sa vie2 quelques minutes lui auraient suffi pour se remettre d'un insuccs4 ,dans cet tat de choses1 les seuls objets sur lesquels nos deux amis parlassent librement taient ceux qui avaient rapport leurs tudes4 ,ils travaillaient ensemble1 ils s'examinaient l'un l'autre1 ils se prtaient leurs cahiers et se les corrigeaient rciproquement1 ils se rsolvaient mutuellement leurs difficults4 ,peut-tre ,sheffield1 quoique trs-fin1 s'aperut-il peine qu'il y avait un certain relchement dans leur intimit4 ,la controverse religieuse1 dans sa nouveaut1 avait t la nourriture de son intelligence active2 maintenant1 elle avait perdu son charme1 et les livres l'avaient remplace4 ,pour ,reding1 c'tait le contraire2 il avait trouv de l'intrt aux questions religieuses pour l'amour d'elles-mmes1 et lorsqu'il se les tait interdites1 il s'tait impos un vrai sacrifice4 ,aujourd'hui donc qu'elles venaient de nouveau se prsenter forcment son esprit1 il ne pouvait esprer de ,sheffield cette assistance d'ami dont il avait un si grand besoin4 ,une preuve plus forte encore lui tait rserve4 ,nous devons dire au lecteur qu'il y avait cette poque un systme d'espionnage poursuivi par diffrents hommes1 bien intentionns d'ailleurs1 qui croyaient rendre un vritable service l',universit en signalant les jeunes membres qui taient enclins1 comme on disait1 au ,papisme4 ,systme erron4 ,ces messieurs ne s'apercevaient pas qu'une telle marche renfermait le danger de disposer au ,catholicisme ces esprits ardents en leur faisant de faux rapports sur la religion romaine1 et celui de les forcer aller plus loin ensuite1 en leur montrant l'incompatibilit de leurs opinions avec leur position dans l'glise ,anglicane4 ,des ides qui auraient repos tranquilles dans leurs ttes1 ou se seraient vanouies tt ou tard1 taient1 par l mme1 fixes1 dfinies1 tablies en eux2 et la crainte de la censure du monde ne servait plus les retenir1 lorsqu'une fois elle avait t encourue4 ,quand ,charles se rendit la soire de ,freeborn1 c'tait la barre qu'on le traduisait4 ,on l'admit non-seulement pour lui faire la leon1 mais pour le soumettre un examen inquisitorial2 et n'ayant pas promis d'tre un sujet pour l'impression spirituelle1 il fut un sujet pour la censure spirituelle4 ,il devint un homme signal dans les cercles de ,capel-,hall et de ,saint-,marc4 ,ses rapports avec ,willis1 les questions qu'il avait faites au cours des ,articles1 quelques remarques isoles dans certaines runions2 tout avait t recueilli et avait aggrav le cas contre lui4 ,un jour1 en rentrant dans son appartement1 il trouva ,freeborn1 qui tait venu lui rendre visite1 occup fouiller dans ses livres3 un volume de sermons de l'cole du jour1 emprunt un ami pour claircir ,aristote1 reposait sur sa table1 et dans les rayons de sa bibliothque un des plus philosophiques ,traits pour le temps#fd tait plac entre un ,hermann de ,metris et un ,thucydide4 ,un autre jour1 la porte de sa chambre coucher tait ouverte1 et n #b de la runion au th vit une gravure religieuse d',overbeck appendue la muraille4 #fd ,srie de publications dans lesquelles plusieurs des hommes qui ont cr le ,mouvement ,religieux d',oxford traitaient des questions de doctrine et de discipline ecclsiastique4 ,voy4 l',appendice4 ,les faits de ce genre taient souvent rapports au chef de la maison laquelle appartenaient les jeunes tudiants pris en flagrant dlit4 ,gardien vigilant de la puret du ,protestantisme de ses sous-gradus1 le chef recevait les informations avec reconnaissance2 on dit mme qu'il y ajoutait parfois une invitation dner4 ,que1 dans quelques cas1 cette manire d'agir ait russi effrayer et refroidir ceux qui en taient l'objet1 c'est ce qu'on ne saurait nier2 ce fut ainsi qu'on put faire de ,white un fils dvou et un ministre utile de l'glise d',angleterre2 mais c'tait un remde propre tuer ou gurir1 et il ne pouvait convenir des intelligences plus nobles et plus leves4 ,la suite nous apprendra quel effet cette conduite produisit sur ,charles4 ,il nous suffira pour le moment de rapporter les entrevues qu'il eut ce sujet avec le ,principal et le ,vice-,principal de son collge4 ,,chapitre ,x4 ,la rustication1 ou le renvoi temporaire4 ,lorsque ,charles se prsenta chez le ,vice-,principal1 le rvrend ,josu ,jennings1 pour lui demander la permission de loger dans un appartement particulier1 pendant les deux trimestres qui lui restaient jusqu' l'poque de son examen1 il lui fut rpondu par un refus courtois1 mais net4 ,sa surprise fut grande2 il avait considr cette dmarche comme une simple affaire de forme4 ,interdit1 il resta un moment silencieux2 puis se levant1 il allait se retirer4 ,la rougeur colorait ses joues2 un pareil refus tait une punition inflige seulement aux tudiants paresseux1 sur lesquels on ne pouvait pas compter ds qu'ils chappaient l'il du doyen du collge4 ,le ,vice-,principal paraissait attendre que ,charles lui demandt la raison de ce procd2 comme le jeune tudiant1 dans sa confusion1 ne semblait pas dispos le faire1 il condescendit ouvrir lui-mme la conversation4 ,ce n'tait pas1 dit-il1 qu'on voult infliger un blme la conduite morale de ,m4 ,reding1 non2 il avait toujours t un jeune homme de murs irrprochables1 et il avait soutenu la rputation qu'il avait apporte de l'cole2 mais les chefs avaient des devoirs remplir l'gard de la communaut1 et parmi ces devoirs1 l'un des plus imprieux leur commandait de mettre les sous-gradus l'abri de la contagion des malheureux principes qui dominaient dans ,oxford4 ,la surprise de ,charles1 s'il est possible1 fut encore plus grande1 et il balbutia qu'il devait y avoir un malentendu1 s'il avait t signal ,m4 le ,vice-,principal comme ayant des rapports avec aucun soi-disant parti de l',universit4 ,par cette forme d'expression1 monsieur ,reding1 repartit l'autorit du collge1 vous n'entendez pas nier qu'il n'existe des partis8 ,jennings tait un homme maigre et ple1 au nez aquilin et portant lunettes3 quoique libral dans sa croyance1 on l'et pris rellement pour un nourrisson de ce temps primitif de la ,rforme1 o les ,anabaptistes allumrent les bchers de ,smithfield4 ,par son ge1 son talent exerc et sa position1 il pouvait facilement dconcerter un infortun jeune homme qui avait encouru sa disgrce1 et quoique au fond il et un bon cur1 il usait assez souvent de son pouvoir4 ,charles ne savait que rpondre sa question1 et comme il se taisait1 elle lui fut rpte4 ,a la fin1 il dit que rellement1 dans sa position1 il n'avait pas le droit de parler contre personne1 et que s'il avait prononc ces paroles3 soi-disant parti1 c'tait afin de ne point paratre irrespectueux envers certains hommes qui pouvaient tre meilleurs que lui4 ,m4 le ,vice-,principal gardait le silence1 sans tre satisfait4 ,qu'appelez-vous un parti1 monsieur ,reding8 ,quelle serait votre dfinition de ce mot8 ,charles rflchit3 ,les personnes1 rpondit-il1 qui de leur propre autorit se liguent ensemble pour la dfense de vues personnelles4--,et voulez-vous dire que ces messieurs n'ont pas des vues qui leur soient propres8 demanda ,m4 ,jennings4 ,charles fut de son avis4 ,quelles sont vos vues relativement aux ,trente-neuf ,articles8 reprit le ,vice-,principal ex abrupto4 ,mes vues6 pensa ,charles2 que veut-il dire8 ,mes vues sur les ,articles6 est-ce mon opinion des choses en gnral8 ,veut-il demander s'ils sont en anglais ou en latin1 longs ou courts1 bons ou mauvais1 utiles ou dangereux1 ,catholiques ou non1 ,calvinistes ou rastiens8 ,cependant ,jennings tenait ses regards attachs sur le pauvre tudiant1 dont la confusion augmentait de plus en plus4 ,je pense1 rpondit ,charles1 faisant un effort suprme pour saisir les paroles de l'autorit1 je pense que les ,articles contiennent une doctrine divine1 saine1 et ncessaire pour ces temps-ci4--,c'est du second livre des ,homlies que vous parlez1 monsieur ,reding1 et non des ,articles8 ,d'ailleurs1 j'ai besoin de connatre votre opinion sur la matire4 ,aprs un moment de silence1 il continua3 ,qu'est-ce que la ,justification8--,la ,justification444 rpta ,charles d'un air rflchi2 puis rpondant d'aprs le texte des ,articles3 ,nous sommes1 dit-il1 rputs justes devant ,dieu par la foi1 cause seulement des mrites du ,christ1 et non par nos bonnes uvres et nos propres mrites4--,bien1 dit ,jennings2 mais vous n'avez pas rpondu ma question3 ,qu'est-ce que la ,justification8 ,la demande tait ardue1 car c'tait prcisment une des difficults de ,charles de savoir en quoi consiste la ,justification1 vu que les ,articles ne la dfinissent pas plus que la foi4 ,il rpondit1 en consquence1 que les ,articles n'en donnent pas la dfinition4 ,le ,vice-,principal parut mcontent4 ,les ,conciles gnraux peuvent-ils errer8--,oui1 rpondit ,charles4 ,c'tait bien4 ,qu'en disent les ,catholiques ,romains8--,ils pensent aussi qu'ils errent4 ,ceci tait compltement faux4 ,non1 reprit ,jennings2 ils les croient infaillibles4 ,charles gardait le silence2 ,jennings essaya de lui imposer sa dcision4 ,a la fin1 ,charles rpondit qu'il n'y avait que quelques ,conciles gnraux qui fussent admis comme infaillibles par l'glise de ,rome1 et qu'il croyait que ,bellarmin donnait une liste de ceux qui avaient err4 ,nouveau silence2 le front de ,jennings se couvrit de nuages4 ,il revint son premier sujet3 ,dans quel sens entendez-vous les ,articles1 monsieur ,reding8 demanda-t-il4 ,c'tait plus que ,charles ne pouvait dire2 il dsirait seulement beaucoup connatre leur vrai sens2 aussi s'effora-t-il de trouver dans sa tte la rponse admise4 ,dans le sens de l'criture1 dit-il4 ,c'tait vrai1 mais insuffisant4 ,ou plutt1 reprit ,jennings1 vous entendez l'criture dans le sens des ,articles4 ,par amour de la paix1 ,charles en convint4 ,mais cette concession fut en pure perte2 le ,vice-,principal poursuivit son avantage3 ,ils ne doivent pas s'interprter l'un l'autre1 monsieur ,reding1 autrement1 vous roulez dans un cercle vicieux4 ,laissez-moi vous rpter ma question3 ,dans quel sens interprtez-vous les ,articles8--,je veux les admettre1 rpondit ,charles1 dans le sens gnralement reu de notre glise1 comme les acceptent nos thologiens et nos vques actuels4 ,le ,vice-,principal parut satisfait4 ,charles ne put s'empcher d'tre candide1 et il ajouta d'un ton plus bas comme corollaire3 c'est--dire sur la foi4 ,ceci drangea tout encore2 ,jennings ne voulait pas admettre ce mot2 c'tait une confiance aveugle1 papiste4 ,c'tait trs-bien de la part de ,charles1 lorsqu'il vint pour la premire fois l',universit1 avant qu'il et tudi les ,articles1 de les admettre sur parole2 mais un jeune homme qui avait eu tant d'avantages1 qui avait pass trois annes ,saint-,sauveur et qui avait suivi le cours sur ces matires1 devait accepter l'interprtation reue1 non-seulement parce qu'elle tait reue1 mais comme la sienne propre1 par un assentiment libre de son intelligence4 ,il continua lui demander par quels textes il prouvait la doctrine protestante de la justification4 ,charles cita deux ou trois passages avec tant de bonheur que le ,vice-,principal commenait se calmer1 lorsque malheureusement1 en faisant une dernire question comme chose de pure forme1 il eut une rponse qui le confirma dans tous ses premiers soupons4 ,quelle est la doctrine de notre glise touchant l'intercession des saints8 ,charles rpondit qu'il ne se rappelait pas qu'elle et exprim une opinion sur ce sujet4 ,jennings l'invita rflchir2 ,charles rflchissait en vain4 ,eh bien1 quelle est votre opinion l-dessus1 monsieur ,reding8 ,charles1 croyant que c'tait un point tout fait libre1 jugea qu'il serait sage d'imiter la modration de notre glise4 ,il y a diffrentes opinions sur cette matire1 dit-il3 certaines personnes croient qu'ils intercdent pour nous1 d'autres pensent le contraire4 ,il est facile de se jeter dans les extrmes1 peut-tre serait-il mieux d'carter de telles questions et de s'en tenir l'criture2 le livre de la ,rvlation parle de l'intercession des saints1 mais il ne dit pas expressment qu'ils intercdent pour nous1 etc41 etc4 ,jennings se redressa dans son fauteuil2 la colre lui monta au front4 ,a la fin son visage s'assombrit compltement4--,c'est l votre opinion1 monsieur ,reding8--,charles commenait tre effray4--,s'il vous plat1 prenez le ,prayer-,book et cherchez le #bb;e ,article4 ,maintenant lisez4--,la doctrine romaine1 dit ,charles1 la doctrine romaine touchant le purgatoire1 le pardon1 le culte et l'adoration tant des images que des reliques1 et galement l'invocation des saints4--,arrtez-vous1 dit le ,vice-,principal2 relisez encore ces paroles4--,et galement l'invocation des saints4--,a vous maintenant1 monsieur ,reding4 ,charles tait embarrass2 il croyait avoir fait une bvue qu'il ne pouvait dcouvrir1 et il restait silencieux4 ,eh bien1 monsieur ,reding8 ,charles hasarda une rponse2 il dit qu'il pensait que ,m4 le ,vice-,principal avait parl de l'intercession des saints4 ,c'est vrai1 rpondit celui-ci4--,et le ,prayer-,book1 reprit ,charles timidement1 parle de l'invocation4 ,jennings fit un mouvement dans son fauteuil et rougit un peu4 ,eh6 dit-il1 donnez-moi le livre4 ,il lut l',article lentement1 et jeta un il scrutateur sur la page qui prcdait et sur celle qui suivait le texte4 ,ce fut en vain4 ,il reprit3 ,ainsi donc1 monsieur ,reding1 vous prtendez vous justifier par cette subtile distinction entre l'invocation et l'intercession1 comme si les ,papistes n'invoquaient pas les saints pour obtenir leur intercession1 et comme s'ils ne supposaient pas que ces bienheureux intercdent pour rpondre leur invocation8 ,les termes sont corrlatifs4 ,l'intercession des saints1 au lieu d'tre seulement un extrme1 comme vous l'entendez1 est une abomination papiste4 ,je rougis pour vous1 monsieur ,reding2 je suis pein de voir qu'un jeune homme d'un si bel avenir1 de grands talents et d'une moralit parfaite1 ait commis la faute d'employer un faux-fuyant si palpable pour luder l'autorit des formulaires de notre glise2 qu'il soit coupable d'un tel outrage au sens commun1 d'une violation si grossire des termes sur lesquels seuls il lui a t permis d'inscrire son nom sur les registres de ce collge4 ,je ne pouvais avoir une preuve plus manifeste que votre esprit a t perverti1 je dirai plus1 pour me servir de l'expression vraie1 que votre esprit a t dbauch par les sophismes et le jsuitisme1 qui1 malheureusement1 ont trouv accs parmi nous4 ,bonjour1 monsieur ,reding4 ,ainsi1 c'tait chose arrte3 ,charles devait tre renvoy chez lui4 ,le bannissement tait supportable4 ,avant de descendre1 il fit une visite de politesse au vieux ,principal1 digne homme en son temps4 ,le docteur ,bluett1 en effet1 avait cr jadis une paroisse dans un lieu sauvage du pays2 il avait instruit les ignorants et nourri les pauvres2 mais aujourd'hui1 la fin de sa carrire1 arrivant des jours mauvais1 on lui permettait1 pour des raisons impntrables1 de donner une preuve de ce malheureux levain puritain1 qui tait un lment secret de sa religion4 ,il avait jusque l tmoign de la bienveillance ,charles1 et son air froid1 dans cette circonstance1 fut trs-sensible notre ami4 ,nous avions espr1 monsieur ,reding1 dit-il1 qu'un jeune homme aussi bien pensant que vous l'tiez jadis aurait obtenu ici un fellowship1 qu'il s'y serait tabli1 et qu'il aurait t utile son sicle1 monsieur4 ,nous pensions que vous auriez t une colonne1 un arc-boutant de l'glise d',angleterre1 monsieur4 ,eh bien1 monsieur1 voici mes vux les plus ardents pour vous1 monsieur3 lorsque vous reviendrez pour votre grade de matre1 monsieur444 ,non1 je pense que c'est pour votre grade de bachelier444 ,quel grade est-ce1 monsieur ,reding8 tes-vous dj bachelier8 ,oh6 je vois votre toge4 ,charles rpondit qu'il n'avait pas encore pass son examen4 ,eh bien1 monsieur1 lorsque vous reviendrez pour votre examen1 dis-je444 pour votre examen4441 nous esprons que dans l'intervalle la rflexion et l'tude1 et peut-tre l'loignement de compagnons dangereux1 vous auront ramen une situation d'esprit plus sage1 monsieur ,reding4 ,charles tait bless du ton qu'on prenait son gard4 ,rellement1 monsieur1 dit-il1 si vous me connaissiez mieux1 vous comprendriez que je ne suis pas dans le cas ni d'prouver ni de faire du mal en restant ici jusqu' ,pques4--,quoi6 rester ici1 monsieur1 avec tous les tudiants8 s'cria le docteur ,bluett stupfi1 avec tous nos jeunes tudiants8 ,charles ne trouvait pas un mot rpondre2 il ne se reconnaissait pas dans une situation si nouvelle4 ,je ne puis comprendre1 monsieur1 dit-il enfin1 pourquoi je serais un compagnon dangereux pour les habitants au collge4 ,le menton du docteur ,bluett s'allongea1 et ses yeux prirent un aspect sombre4 ,vous corrompriez leur esprit1 monsieur1 rpondit-il2 vous corrompriez leur esprit4 ,puis il ajouta d'une voix spulcrale1 qui vint des dernires profondeurs de ses entrailles3 ,vous les mneriez1 monsieur1 quelque subtil jsuite444 quelque subtil jsuite1 monsieur ,reding4 ,,chapitre ,,xi4 ,la famille4 ,cependant madame ,reding s'tait fixe auprs de vieux amis dans le ,devonshire4 ,c'est l que ,charles passa l'hiver et les premiers jours du printemps avec elle et ses trois surs1 dont l'ane avait deux ans de plus que lui4 ,allons1 fermez enfin tous ces livres1 ,charles1 disait ,caroline1 la plus jeune des demoiselles1 ge seulement de quatorze ans2 faites place pour le th2 certainement1 vous avez assez tudi4 ,parfois vous passez une heure entire sans prononcer un mot2 au moins1 vous devriez nous dire ce que vous tudiez4--,ma chre ,caroline1 vous ne seriez pas plus savante1 si je vous le disais1 rpondit ,charles2 c'est de l'histoire grecque4--,oh6 reprit ,caroline1 j'en sais plus que vous ne pensez2 j'ai lu ,goldsmith1 une bonne partie de ,rollin1 et l',homre de ,pope en outre4--,bravo6 eh bien1 j'tudie l'histoire de ,plopidas2 savez-vous qui il tait8--,plopidas1 je dois le connatre4 ,oh6 je m'en souviens2 il avait une paule d'ivoire4--,bien dit1 ,caroline2 mais cela ne me donne pas une ide exacte de sa personne4 tait-ce une statue1 ou un homme en chair et en os1 avec cette paule dont vous parlez8--,oh6 il tait en vie2 quelqu'un le mangea1 je crois4--,eh bien1 tait-ce un dieu1 ou un homme8--,je me suis trompe2 c'tait une desse1 aux pieds d'ivoire444 ,non1 c'tait ,thtis4--,ma chre enfant1 dit madame ,reding1 ne parlez pas ainsi au hasard2 rflchissez avant de parler2 vous savez mieux que vous ne dites4--,maman1 elle a1 reprit ,charles1 ce que ,m4 ,jennings appellerait un esprit trs-inexact4--,je m'en souviens trs-bien maintenant1 s'cria ,caroline2 c'tait un ami d'paminondas4--,quand vivait-il8 demanda ,charles4 ,caroline se taisait4 ,oh6 ,caroline1 reprit lisa1 avez-vous donc oubli la mnmotechnie8--,jamais je n'ai pu l'apprendre2 je la dteste4--,je ne puis non plus la retenir1 dit ,marie2 donnez-moi les nombres naturels2 ils sont doux et bons comme des fleurs dans un carr2 mais je n'aime pas les fleurs artificielles4--,mais1 videmment1 reprit ,charles1 la mnmotechnie aide se rappeler un trs-grand nombre de dates dont1 sans cela1 on ne pourrait se souvenir4--,ces noms baroques sont mme plus difficiles prononcer que les nombres apprendre1 dit ,caroline4--,c'est parce que vous avez peu de dates retenir1 rpliqua ,charles2 mais l'criture ordinaire elle-mme est une mnmotechnie4--,cela est au-dessus de l'intelligence de ,caroline1 dit ,marie4--,que sont les mots1 sinon les signes artificiels des ides8 continua ,charles2 ils sont plus harmonieux1 mais tout aussi arbitraires4 ,il n'y a pas plus de raison pour que le son chapeau signifit l'objet particulier ainsi nomm que nous mettons sur la tte1 qu'il n'y en a pour que abuldistof s'crivt pour #aebj4--,o mon cher enfant1 s'cria madame ,reding1 comme vous y allez6 ,ne soyez pas paradoxal4--,ma bonne mre1 rpondit ,charles en se rapprochant du feu1 je ne veux pas tre paradoxal2 c'est seulement une gnralisation4--,gardez-la donc pour votre examen1 mon cher2 j'ose dire que l elle vous sera utile1 continua-t-elle en travaillant son ourlet2 la pauvre ,caroline sera tout aussi embarrasse en logique qu'en histoire4 --,me voil entre deux feux1 reprit ,charles1 en s'asseyant sur un petit tabouret aux pieds de sa mre3 ,caroline m'appelle stupide si je garde le silence et vous vous m'appelez paradoxal si je parle4--,le bon sens1 reprit sa mre1 est la monnaie d'or4--,et qu'est-ce que le sens commun8 demanda ,charles4--,c'est la monnaie d'argent1 reprit lisa4--,bien trouv1 dit ,charles2 c'est de la monnaie courante pour chaque heure4--,ou plutt1 reprit ,caroline1 c'est de la monnaie de cuivre2 car nous en avons besoin pour distribuer sans cesse1 comme des aumnes pour les pauvres4 ,on m'en demande toujours4 ,si je ne puis trouver quel tait le pre d',isaac1 ,marie me dit3 ,o ,caroline1 o est votre sens commun8 ,si je sors1 lisa court aprs moi3 ,caroline1 crie-t-elle1 vous n'avez pas le sens commun2 votre chle est mis tout de travers4 ,et lorsque je demande maman de prendre par les champs le plus court chemin pour aller ,dalton1 elle me dit3 ,faites usage de votre sens commun1 ma chre4--,il n'est pas tonnant que vous en ayez si peu1 pauvre enfant1 reprit ,charles2 il n'y a pas de banque qui pt soutenir un pareil cours4--,pas ainsi1 dit ,marie2 cela rentre dans sa banque dix fois plus vite que a n'en sort4 ,elle en reoit beaucoup de nous1 et ce qu'elle en fait1 personne ne peut le comprendre2 ou elle amasse1 ou elle spcule4--,comme le grand ,ocan1 qui reoit les fleuves1 et qui n'est jamais plein1 dit ,charles4--,cela se trouve quelque part dans l'criture1 reprit lisa4--,dans l',ecclsiaste1 rpondit ,charles2 et il continua le texte3 ,toutes les choses du monde sont difficiles2 l'homme ne peut les expliquer par ses paroles4 ,l'il ne se rassasie point de voir1 et l'oreille ne se lasse point d'couter4 ,sa mre soupira4 ,prenez ma tasse1 mon enfant1 dit-elle2 je n'en veux pas davantage4--,je sais pourquoi ,charles aime tant l',ecclsiaste1 reprit ,marie2 c'est parce qu'il est fatigu de l'tude3 ,de longues tudes sont une lassitude pour la chair4 ,je voudrais pouvoir vous aider1 ,charles4--,mon cher enfant1 je crois en vrit que vous travaillez trop1 dit sa mre2 songez seulement au nombre d'heures que vous avez consacres l'tude aujourd'hui4 ,vous tes toujours lev deux heures avant le soleil2 et je ne pense pas que vous vous soyez promen de toute la journe4--,c'est si triste de se promener seul1 chre mre2 et quant la promenade avec vous1 ou avec mes surs1 c'est assez agrable1 mais ce n'est pas un exercice4--,mais1 ,charles1 dit ,marie1 c'est absurde de votre part2 nous avons un temps dlicieux et que nous ne pouvions pas esprer cette poque1 vous devriez en profiter pour faire de longues promenades4 ,pourquoi ne vous dcidez-vous point aller droit aux plantations1 ou sur les hauteurs de ,hart-,hill1 ou faire une course d'ici ,dun-,wood8--,parce que les bois ne sont plus verts1 mais tristes et sombres1 chre sur2 ils inspirent la mlancolie4--,prcisment la plus belle poque de l'anne1 reprit sa mre2 c'est gnralement reconnu2 tous les peintres disent que l'automne est la saison pour voir les paysages4--,tout est alors couleur or et rouge brun1 ajouta ,marie4--,cela me rend triste1 reprit ,charles4--,quoi6 le bel automne vous rend triste1 s'cria sa mre4--,oh6 chre mre1 ,vous allez dire encore que je suis paradoxal2 je ne puis m'en dfendre1 j'aime le printemps2 mais l'automne m'attriste4--,charles parle toujours ainsi1 reprit ,marie2 il ne compte pour rien les riches couleurs dans lesquelles se mtamorphose le vert si calme2 il aime l'ennuyeuse uniformit de l't4--,non1 ce n'est pas cela2 je n'ai jamais rien vu1 par exemple1 de plus magnifique que le ,water-,walk de la ,madeleine1 en octobre2 c'est une prodigieuse varit de couleurs4 ,j'admire et je suis merveill2 mais je ne puis affectionner ni aimer ce spectacle4 ,la raison en est que je ne saurais sparer1 dans mon esprit1 la vue de ces choses de la fin qu'elles prsagent2 cette riche varit n'est que le signal de la maladie et de la mort4--,assurment1 repartit ,marie1 les couleurs ont leur beaut propre1 intrinsque2 nous pouvons les aimer pour elles-mmes4--,non1 non2 nous ne procdons que par association d'ides2 autrement1 pourquoi ne pas admirer un morceau de buf cru1 ou un crapaud1 ou d'autres reptiles1 qui sont aussi beaux et aussi brillants que les tulipes et les cerises1 et qui pourtant nous rvoltent1 parce que nous considrons ce qu'ils sont et1 non ce qu'ils paraissent8--,quelle est cette nouvelle ide8 dit sa mre1 en levant les yeux de dessus son ouvrage4 ,mon cher enfant1 vous plaisantez en comparant les cerises de la viande crue ou des crapauds4--,non1 ma bonne mre1 rpondit ,charles en riant1 non2 je disais qu'ils paraissent leur ressembler4--,un crapaud ressembler une cerise1 ,charles6 insista madame ,reding4--,oh6 chre mre1 je ne puis m'expliquer2 mais rellement je n'ai rien dit d'extraordinaire2 ,marie ne le pense pas4--,mais1 reprit celle-ci1 pourquoi ne pas associer des penses agrables avec l'automne8--,c'est impossible2 chre sur1 l'automne1 c'est la saison malade et l'agonie de la nature4 ,je ne puis contempler avec plaisir le dprissement de la mre de tout ce qui vit4 ,les couleurs si varies du paysage ne sont que les marques de la dissolution4--,charles1 vous avez une manire de voir outre et peu naturelle1 repartit ,marie2 remuez-vous1 et vous aurez de meilleures ides4 ,n'aimez-vous pas voir un beau coucher de soleil8 cependant c'est le moment o le soleil nous quitte4 ,charles demeura un moment silencieux1 puis il dit3 ,oui1 mais il n'y avait pas d'automne dans l'den2 le ,paradis avait ses levers et ses couchers de soleil1 mais les feuilles y taient toujours vertes et ne se fanaient point4 ,il s'y trouvait un fleuve pour les nourrir4 ,l'automne c'est la chute4 ,ainsi1 mon cher fils1 reprit madame ,reding1 vous n'allez pas vous promener par ces belles journes1 parce qu'il n'y avait pas d'automne dans l'den8--,oh6 rpondit ,charles en riant1 c'est cruel de me pousser ainsi bout4 ,ce que je voulais dire1 c'est que mes tudes sont un obstacle direct la promenade1 et que le beau temps ne me tente pas assez pour me les faire quitter4--,je suis heureuse de vous possder ici1 dit sa mre1 car nous pouvons vous forcer sortir de temps en temps2 je souponne qu'au collge vous ne vous promeniez pas du tout4--,ce n'est que pour un certain temps1 maman1 rpondit ,charles2 lorsque j'aurai subi mon examen1 je ferai des promenades aussi longues que celles que je faisais avec ,edward ,gandy1 l'hiver que je quittai l'cole4--,ah6 vous tiez alors si gai1 ,charles6 dit ,marie2 que vous tiez heureux de la pense d'aller ,oxford6--,mon cher1 reprit madame ,reding1 vous vous promnerez trop alors1 comme aujourd'hui vous vous promenez trop peu4 ,oui1 ,charles1 vous tes trop ardent en tout4--,ce n'est pas bien de lui faire un reproche d'tre laborieux1 dit ,marie3 vous le savez1 maman1 vous dsirez qu'il tudie pour les honneurs1 mais s'il doit les obtenir1 il faut qu'il tudie beaucoup4--,c'est vrai1 ma fille1 rpondit madame ,reding2 ,charles est un bon garon1 je le sais4 ,que nous serons heureuses de le voir tabli dans un bon vicariat6 ,charles soupira4 ,allons1 ,marie1 dit-il1 faites-nous un peu de musique1 maintenant le th est enlev4 ,jouez-moi cet air si beau de ,beethoven1 celui que j'appelle la voix des morts4--,oh6 ,charles1 vous donnez aux objets des noms si tristes6 s'cria ,marie4--,l'autre jour1 reprit lisa1 comme nous nous promenions1 le vent nous apporta un dlicieux parfum1 et il l'appela l'esprit du pass2 il dit aussi que le son de la harpe olienne est plein de remords4--,vous trouveriez tout cela fort joli1 repartit ,charles1 si vous le lisiez dans un pote2 mais vous l'appelez triste1 lorsque c'est moi qui le dis4--,sans doute1 rpondit ,caroline1 parce que les potes ne pensent jamais ce qu'ils disent1 et pourtant ils ne seraient pas potes s'ils n'taient mlancoliques4--,eh bien1 dit ,marie1 je vous ferai de la musique1 ,charles1 mais la condition que vous me permettrez1 un de ces matins1 de vous donner une bonne leon sur cette mlancolie qui1 je vous l'assure1 se dveloppe chez vous tous les jours4 ,,chapitre ,,xii4 ,confidence intime4 ,les perplexits de ,charles avaient bientt pris une forme dfinie son arrive dans le ,devonshire4 ,le fait seul de sa prsence dans sa famille1 et non ,oxford1 o il aurait d tre1 les avait ramenes dans son esprit2 l'approche du temps o il devait passer son examen et prendre son grade justifiait sa proccupation cet gard4 ,a dire vrai1 ces perplexits n'avaient pas acquis un dveloppement plus grand que celui que nous avons dpeint2 mais elles n'taient plus vagues ni indistinctes2 il les saisissait entirement2 il ne les croyait pas non plus insurmontables1 voyant alors d'une manire vidente les derniers obstacles vaincre4 ,la forme particulire dans laquelle elles se fixrent1 en se rsumant1 fut dtermine par les circonstances qui surgirent pour lui1 cette poque4 ,il se demanda d'abord comment il pourrait souscrire aux ,articles ex animo1 sans avoir une foi quelconque dans son glise comme autorit ayant droit les lui imposer2 et1 en second lieu1 comment il pourrait avoir foi dans son glise1 vu son histoire et sa situation prsente4 ,le fait de ces difficults tait une grande source de chagrins pour notre jeune ami4 ,ce qui aggravait son tat1 c'est qu'il n'avait personne avec qui il pt parler ou sympathiser sur cette matire4 ,le comble enfin de son malheur1 c'tait la ncessit de garder devers lui un secret qu'il n'osait confier d'autres1 et qui pourtant1 d'aprs ses prvisions1 devait tre rvl un jour4 ,telles taient les causes caches de l'abattement que ses surs remarquaient dans ,charles4 ,un jour1 il tait assis tout pensif devant le feu1 un livre la main1 lorsque ,marie entra4 ,je voudrais1 dit-elle1 que vous m'apprissiez l'art d'tudier le grec dans des charbons ardents4--,les pierres ont leur langage1 et il y a du bon en toutes choses1 rpondit ,charles4--,vous faites bien de vous comparer au mlancolique ,jacques4--,non pas ,jacques1 mais au bon duc ,charles1 qui fut banni dans la fort verte4--,c'est fcheux pour nous1 rpliqua ,marie1 puisque nous sommes les tres sauvages avec lesquels vous tes forc de vivre4 ,mon bon ,charles1 continua-t-elle1 j'espre que la triste affaire qui a t la cause de votre renvoi ne vous chagrine plus4--,en vrit1 ,marie1 il n'est pas agrable1 aprs avoir vcu dans les meilleurs termes avec tout le collge1 et en particulier avec le ,principal et ,jennings1 d'tre la fin chass comme un mauvais tudiant qu'on envoie conduire la charrette4 ,vous n'avez pas d'ide combien le vieux ,principal et ,jennings ont t svres4--,mon cher ami1 vous ne devez plus vous en proccuper1 comme je souponne que vous le faites4--,je ne sais pas o cela finira2 le ,principal a dit expressment que mon avenir l',universit tait bris4 ,je suppose qu'ils ne voudraient pas me donner un certificat1 si je dsirais un fellowship partout ailleurs4--,oh6 c'est une mprise momentane2 je suis sre que maintenant ils sont mieux informs4 ,aussi bien c'est pour nous une si bonne fortune de vous avoir ici1 que nous leur en devons de la reconnaissance4--,je crois pourtant avoir agi avec prudence1 ,marie2 je ne suis jamais all aux runions du soir1 ni aux sermons des clbres prdicateurs du jour4 ,je me demande ce qui a pu leur mettre ces ides dans la tte4 ,au cours des ,articles1 je faisais de temps en temps une question1 mais c'tait vraiment parce que je dsirais comprendre et saisir les matires4 ,a mon entre dans sa chambre1 ,jennings tomba sur moi2 je ne puis dire autrement4 ,il fut d'abord poli dans ses formes1 mais il y avait dans son regard quelque chose qui m'annonait l'orage4 ,il est trange qu'un homme d'un caractre fort comme lui n'ait pas su mieux dissimuler ses sentiments2 j'ai toujours pu deviner ses penses4--,croyez-moi1 ,charles1 vous aurez oubli tout cela l'anne prochaine4 ,ce sera comme un nuage d't qui vient et disparat4--,et puis1 cela me dcourage1 et interrompt forcment mes tudes4 ,j'y pense toujours1 et c'est en vain que je veux fixer mon esprit sur mes livres1 je ne sais plus retrouver mon nergie4 ,c'est trs-dur4--,marie soupira2--je voudrais pouvoir vous aider1 dit-elle1 mais les femmes peuvent si peu6 ,allons1 laissez-moi prendre le chagrin1 et gardez l'tude2 ce sera un excellent partage4--,et d'ailleurs1 continua ,charles1 que va penser ma mre1 quand la chose arrivera ses oreilles1 et il faut bien qu'elle lui parvienne6--,laissez donc6 ne faites pas une montagne d'une taupinire4 ,vous reviendrez ,oxford1 vous prendrez votre grade1 et personne ne saura rien de tout cela4--,non1 il n'en peut tre ainsi1 rpondit ,charles srieusement4 ,que voulez-vous dire8--,ces choses ne se dissipent pas de cette manire2 ce n'est pas un nuage d't3 cela pourrait bien tourner la pluie1 mon avis4 ,marie le regarda avec tonnement4 ,je veux dire1 reprit-il1 que je n'ai pas l'espoir qu'ils me laissent prendre mon grade1 pas plus qu'ils ne m'ont permis la rsidence ,oxford4--,c'est trs-absurde1 mon ami1 voil ce que j'entends par se proccuper d'enfantillages et faire des montagnes de taupinires4--,ma bonne ,marie1 reprit-il en lui prenant la main affectueusement1 ma seule vraie confidente et mon unique consolation1 je voudrais vous faire encore une confidence1 si vous pouviez la supporter4 ,marie tait effraye1 et son cur battait fort4 ,charles1 rpondit-elle en retirant sa main1 souffrir une peine quelconque me serait moins dur que de vous voir dans cet tat4 ,il est trop vident pour moi que quelque chose vous tourmente4 ,charles mit ses pieds sur le garde-feu1 et baissa les yeux4 ,je ne puis vous le confier1 dit-il enfin avec effort4 ,puis voyant la physionomie de sa sur combien il l'affligeait1 il ajouta1 souriant demi comme pour attnuer l'effet de ses paroles3 ,ma chre ,marie1 quand un pareil tmoignage est port contre quelqu'un1 on ne peut s'empcher de craindre qu'il n'ait t peut-tre dict par des motifs plausibles4--,impossible1 ,charles3 vous corrompre les autres6 vous falsifier le ,prayer-,book et les ,articles6 ,impossible4--,marie1 de nous deux qui serait le meilleur juge1 si ma figure tait sale et mon habit rp1 vous ou moi8 ,eh bien1 peut-tre ,jennings1 ou au moins l'opinion publique1 en sait plus sur ma personne que moi-mme4--,ne parlez pas ainsi1 rpliqua ,marie trs-mue2 vraiment1 vous me faites de la peine en ce moment4 ,que voulez-vous dire8 ,charles couvrit son visage de ses mains3 ,il n'y a rien faire1 rpondit-il1 vous ne pouvez m'aider ici2 je ne fais que vous chagriner4 ,je n'aurais pas d aborder ce sujet4 ,il y eut un moment de silence4 ,mon bien-aim ,charles1 reprit ,marie avec tendresse1 allons1 je supporterai tout tranquillement4 ,rien ne peut m'affliger autant que de vous voir aller de ce train-l4 ,mais1 en vrit1 vous m'effrayez4--,eh bien1 rpondit-il1 quand plusieurs personnes viennent me dire qu',oxford n'est pas ma place1 que ma position n'est pas l1 qui sait1 si elles ont tort ou raison8--,mais1 rellement1 est-ce tout8 et qui exige que vous passiez votre vie ,oxford8 ,ce n'est pas nous1 certainement4--,non1 mais ,oxford implique la ncessit d'obtenir un grade444 de prendre les ordres4--,maintenant1 mon cher ami1 parlez d'une manire claire2 ne me donnez pas des demi-mots2 faites-moi tout connatre4 ,et elle s'assit1 le regard plein d'anxit4 ,eh bien1 soit1 dit-il faisant un effort2 cependant1 je ne sais par o commencer4 ,tout ce que je puis dire1 c'est que bien des choses me sont arrives de diffrentes manires pour me montrer que je n'ai ni lieu1 ni position1 ni demeure2 que je ne suis pas fait pour l'glise d',angleterre1 que j'y suis un tranger4 ,il y eut un silence terrible2 ,marie devint trs-ple2 puis1 tirant prcipitamment une conclusion3 ,vous voulez dire1 ,charles1 reprit-elle avec vivacit1 que vous allez vous runir l'glise de ,rome4--,non1 ce n'est pas cela4 ,vous m'avez mal compris2 je ne veux dire que ce que j'exprime2 je vous ai tout rvl2 ma confession est complte4 ,voici ma pense entire3 je ne me sens pas ma place4--,cela ne suffit point1 vous devez m'en rvler davantage2 car1 comme je l'apprhende1 vous voulez dire ce que j'ai exprim moi-mme1 rien de moins4--,je ne saurais raconter les choses avec suite3 mais quelque part que j'aille1 avec quelque personne que je parle1 je me sens une autre sorte d'homme que je ne suis4 ,je ne puis vous communiquer ce sentiment intime2 vous ne me comprendriez pas4 ,la meilleure ide de mon tat vritable se trouve dans ces paroles du ,psalmiste3 ,je suis un tranger sur la terre4 ,nul ne pense et ne sent comme moi4 ,j'entends des sermons1 je cause de sujets religieux avec des amis1 et tout le monde me condamne4 ,le collge enfin vient1 lui aussi1 rendre son tmoignage contre moi1 et il me chasse hors de ses murs4--,oh6 ,charles1 reprit ,marie1 que vous tes chang6 ,et les larmes lui vinrent aux yeux4 ,vous tiez si gai1 si heureux autrefois6 ,vous trouviez tant de plaisir auprs de tout le monde et en toutes choses6 ,nous aimions tant rire et rpter3 ,les oies de ,charles sont des cygnes4 ,que vous est-il arriv8 ,elle se tut4 ,ne vous rappelez-vous pas1 continua-t-elle ensuite1 ces paroles de l',anne chrtienne#fe8 ,je ne puis les citer textuellement2 nous vous les appliquions4 ,il s'agit de l'esprance ou de l'amour qui rend tous les objets radieux par son sourire magique4 ,charles fut mu en se rappelant ce qu'il tait trois annes auparavant4 ,je suppose1 dit-il1 que je sors des ombres pour entrer dans les ralits4--,il y a eu bien des choses pour vous attrister1 repartit ,marie en soupirant2 et maintenant ces vilains livres vous fatiguent trop4 ,pourquoi concourir pour les honneurs8 quel bien en reviendra-t-il8 ,nouveau silence4 #fe ,recueil de posies religieuses par ,m4 ,keble4 ,il contient des hymnes et autres compositions pour chaque fte du calendrier anglican4 ,l'auteur y clbre1 la date du #be mars1 la bienheureuse mre de ,dieu4 --,je voudrais vous rapporter1 reprit ,charles1 le nombre des avis indirects qui m'ont t donns sur mon antipathie1 comme on pourrait l'appeler1 pour les choses telles qu'elles vont4 ,ce qui1 peut-tre1 m'a le plus frapp1 c'est un entretien que j'eus avec ,carlton1 ce tuteur avec qui j'ai tudi pendant les dernires vacances2 videmment si je ne pouvais m'entendre avec lui1 ou plutt s'il me condamnait comme les autres1 de qui devais-je attendre une parole en ma faveur8 ,d'ailleurs1 je ne puis supporter le faste et les faux-semblants que je vois partout4 ,je ne parle pas contre les individus2 ce sont de trs-bonnes personnes1 je le sais2 mais1 rellement1 si vous voyiez ,oxford tel qu'il est6 les chefs surtout avec leurs gros revenus1 je ne sais trop ce que vous en penseriez4 ,sans doute ces messieurs sont gnreux1 leurs femmes sont souvent simples et modestes1 on se plat le dire2 elles font aussi beaucoup de bien dans la ville1 je me garderais de les attaquer sur ce point2 mais je parle du systme4 ,reconnat-on des ministres du ,christ dans des hommes qui jouissent de revenus normes1 qui vivent dans des maisons richement meubles1 qui ont femme et enfants1 qui se font servir par des sommeliers et de magnifiques valets en livres1 qui donnent des dners splendides1 affectent des airs protecteurs et gracieux1 arrondissent leurs gestes1 et mesurent leurs paroles comme s'ils taient la crme de la terre1 mais qui n'ont rien de l'ecclsiastique1 si ce n'est l'habit noir et la cravate blanche8 ,puis viennent les vques et les doyens qui1 eux aussi1 tranent une femme au bras1 et qui ne peuvent entrer dans l'glise sans tre prcds d'un valet bien poudr1 portant un coussin et une peau de mouton chaude pour prserver leurs pieds du froid des pierres4 ,marie se mit rire4 ,eh bien1 mon cher ami1 dit-elle1 je ne croyais pas que vous eussiez vu tant d'vques1 de doyens1 de professeurs et de chefs d'tablissements ,saint-,sauveur2 vous avez eu bonne compagnie4--,mes yeux sont constamment en veil1 et les occasions ne m'ont pas manqu2 je ne puis entrer dans les dtails4--,je crois que vous avez t svre envers ces messieurs1 reprit ,marie2 quand un pauvre vieillard souffre d'un rhumatisme 7et elle soupira un peu71 il serait dur qu'il ne pt garantir ses pieds du froid4--,ah6 ,marie1 je ne saurais vous expliquer tout6 mais pntrez-vous1 je vous prie1 de ce que je dis1 et ne critiquez pas mes exemples ou mes paroles4 ,ce que je veux faire entendre1 c'est qu'il y a ,oxford une atmosphre mondaine qui est aussi loigne que possible de l'esprit de l'vangile4 ,je n'accuse pas les dons d'ambition ni d'avarice2 il n'en est pas moins vrai1 toutefois1 que la fin que se proposent les chefs d'tablissements1 les ,fellows et tous ces messieurs1 c'est de jouir d'abord de la terre1 et puis de servir ,dieu4 ,sans doute ils font du ciel l'objet final de leurs dsirs2 mais leur objet immdiat1 c'est d'tre dans l'aisance1 de se marier1 d'avoir de beaux revenus1 une position1 de l'honorabilit1 une maison commode1 une campagne agrable et un aimable voisinage4 ,il n'y a rien de surnaturel chez eux4 ,je l'avoue1 je crois que les ,pusistes sont les seules personnes de l'endroit qui aient des vues leves2 je devrais dire les seules personnes qui en fassent profession1 car je ne les connais pas assez pour en parler4 ,il pensait ,white4 ,vous m'entretenez l de choses que j'ignore1 ,charles1 mais je ne pense pas que toute cette jeunesse intelligente d',oxford ne recherche que ses aises et le bien-tre2 je ne crois pas non plus que dans l'glise de ,rome l'argent ait toujours t employ la meilleure fin4--,je ne disais rien de l'glise ,romaine1 pourquoi me la nommer8 ,c'est tout fait une autre question4 ,mon unique pense1 c'est qu'il y a ,oxford une atmosphre mondaine que je ne puis souffrir4 ,je n'emploie pas le mot mondaine dans sa plus mauvaise acception4 ,les gens y sont religieux et charitables2 mais 7je n'aime pas citer des noms propres71 mais je connais plusieurs dons qui ne paraissent pas faire entrer dans le caractre de leur religion1 eux1 la notion de la pauvret vanglique1 le danger des richesses1 l'abandon de toutes choses pour le ,christ3 ides qui sont les premiers principes de l'criture telle que je la lis et la comprends4 ,je l'avoue1 je crois que c'est la raison pour laquelle les ,pusistes sont si impopulaires4--,eh bien1 repartit ,marie1 je ne vois pas pourquoi vous tes si dgot du monde1 ainsi que de la place et des devoirs que vous devez y remplir1 parce qu'il s'y trouve des hommes mondains4 --,a propos1 je parlais de ,carlton1 reprit ,charles4 ,certes c'est un excellent garon que j'aime1 que j'admire et que je respecte beaucoup2 eh bien1 savez-vous qu'il a pos en axiome qu'un ecclsiastique de l'glise d',angleterre doit se marier8 ,il disait que le clibat peut tre chose trs-bonne dans d'autres communions1 mais qu'un homme se rendait ridicule et n'tait pas du sicle1 s'il restait clibataire dans notre glise4 ,le pauvre ,charles tait si srieux1 et la proposition qu'il nonait tait si monstrueuse1 que ,marie1 malgr sa profonde tristesse1 ne put s'empcher de rire aux clats3 ,je ne puis m'en dfendre1 dit-elle4 ,en vrit1 c'tait une assertion trs-extraordinaire4 ,mais1 mon cher ami1 ne craignez-vous pas que ,carlton ne vous enlve un beau jour par violence1 et qu'il ne vous marie quelque gentille demoiselle avant que vous sachiez o vous en tes8--,ne parlez pas sur ce ton1 ,marie1 rpliqua ,charles2 cette heure1 je ne puis supporter la plaisanterie4 ,ce que je veux dire1 c'est que1 considrant le bon sens de ,carlton et son coup d'il si juste en toutes choses1 je restai convaincu que l'glise d',angleterre est rellement1 d'aprs les dclarations implicites de mon rptiteur1 une forme de religion trs-diffrente de celle des ,aptres4 ,ces paroles rendirent ,marie srieuse4 ,hlas6 dit-elle1 nous voici sur un nouveau terrain1 il s'agit maintenant1 non de ce que l'glise pense de vous1 mais de ce que vous pensez de notre glise4 ,il y eut un moment de silence4 ,je souponnais que cela reposait au fond1 continua-t-elle2 je n'ai jamais pu croire qu'une poigne de gens1 dont quelques-uns n'taient rien pour vous1 venant vous dire que vous n'tiez pas votre place1 vous auraient fait penser ainsi1 moins que vous1 le premier1 n'eussiez eu ces sentiments4 ,voil la vrit relle2 et puis vous interprtez dans votre sens ce que les autres viennent vous dire4 ,il y eut encore un moment de silence pnible4 ,je vois1 reprit-elle1 comment tout cela ira4 ,quand vous prenez une chose cur1 ,charles1 je sais bien que vous ne l'abandonnez plus4 ,oui1 vos ides sont dj arrtes4 ,nous vous verrons ,catholique ,romain4--,marie1 rpliqua le frre avec tristesse1 voulez-vous1 vous aussi1 vous lever contre moi8 ,elle vit sa mprise4 ,non1 ,charles2 tout ce que je dis1 c'est que cela dpend de vous1 et non des autres4 ,si votre esprit l'a rsolu1 il n'y a plus rien faire4 ,ce ne sont pas les autres qui vous mnent1 qui s'lvent contre vous2 mon cher ami1 ne vous mprenez pas sur mes paroles1 et ne vous faites pas illusion4 ,vous avez une volont de fer4 ,en ce moment1 ,caroline entra dans la chambre4 ,je ne pouvais m'imaginer o vous tiez1 ,marie1 dit-elle2 il y a une ternit que ,perkins vous demande4 ,il s'agit de quelque chose pour le dner2 je ne sais quoi4 ,nous avons cherch en haut et en bas1 sans pouvoir deviner que vous aidiez ,charles dans ses tudes4 ,marie poussa un profond soupir et sortit de la chambre4 ,,chapitre ,,xiii4 ,perplexits d'une bonne sur4 ,l'entretien que nous venons de rapporter n'avait donn aucune satisfaction ni aucun soulagement aux anxits du frre et de la sur4 ,je ne puis trouver nulle part de sympathie1 se disait ,charles4 ,marie ne me comprend pas plus que les autres4 ,je ne puis manifester mes penses et mes sentiments2 et si j'essaie de le faire1 mes propositions et mes arguments me paraissent absurdes moi-mme4 'a t un grand effort de me confier elle2 et1 en un sens1 c'est autant de gagn1 car c'est une preuve surmonte2 mais autrement je n'ai rien obtenu par mon initiative1 et j'aurais aussi bien fait de me taire4 ,je n'ai russi qu' la chagriner sans soulager mon cur4 ,par parenthse1 elle est partie croyant le cas deux fois plus grave qu'il ne l'est4 ,j'allais la remettre dans le vrai1 lorsque ,caroline est entre4 ,ma seule difficult regarde les ordres1 et elle croit que je vais me faire ,catholique ,romain4 ,quelle absurdit6 ,mais les femmes vont vite en besogne2 donnez-leur un pouce1 et elles prennent une aune4 ,je ne connais pas les ,catholiques ,romains4 ,toute la question est de savoir si je m'attacherai au barreau ou l'glise4 ,j'avoue que je me suis exagr beaucoup les choses moi-mme2 j'aurais d commencer par ceci avec elle3 ,savez-vous1 aurais-je d lui dire1 que j'ai srieusement envie d'tudier le droit8 ,j'ai tout embrouill4 ,la pauvre ,marie1 de son ct1 tait dans un trouble d'esprit et de cur aussi pnible que nouveau pour elle2 cependant les affaires du mnage et ses devoirs obligs envers ses plus jeunes surs dtournrent un moment ses penses4 ,a dire vrai1 elle avait t prise au mot2 elle s'attendait peu ce qui allait lui arriver1 quand elle s'tait engage accepter le chagrin1 tandis qu'elle laissait les livres ,charles4 ,la douleur1 elle l'avait connue nagure2 mais jusqu'alors1 elle ne connaissait pas l'anxit4 ,l'tat de l'esprit de son frre avait t pour elle jusque l un simple sujet d'tonnement2 mais ds que cet tat lui eut t manifest clairement1 elle en fut effraye et rvolte4 ,c'tait comme si ,charles avait perdu son identit et se ft chang en un autre homme2 c'tait comme si jusque l il avait tromp sa confiance4 ,elle avait vu dans les journaux qu'il s'agissait beaucoup du parti d',oxford et de ses actes4 ,dans diffrents lieux o elle avait t en visite1 elle avait entendu parler d'glises qui suivaient la nouvelle mode1 et d'ecclsiastiques accuss1 en consquence1 de ,papisme1 reproche dont elle s'tait moque4 ,mais maintenant on lui apprenait dans sa maison mme qu'il y avait quelque chose de vrai dans ces bruits4 ,la chose toutefois restait incomprhensible son esprit1 et elle savait peine o elle en tait4 ,et que1 de toutes les personnes du monde1 son frre1 son propre ,charles1 avec qui de tout temps elle n'avait fait qu'un cur et qu'une me1 que ce frre1 jadis si aimable1 si religieux1 si bon1 si sens1 si prudent1 pt tre le premier qui jett sur sa voie les nouvelles opinions2 cela la mettait hors d'elle-mme4 ,et o ,charles avait-il puis ses ides8 ,des ides6 elle ne pouvait les appeler de ce nom2 il n'avait rien donner pour excuse2 c'tait un enivrement4 ,lui1 si intelligent1 d'un esprit si perant1 comment6 il n'avait rien de mieux pour sa justification que de dire que la femme de l'vque de ,monmouth tait trop jolie1 et que le vieux docteur ,stock s'asseyait sur un coussin6 ,oh6 tout cela tait bien triste1 en vrit6 ,et comment se faisait-il qu'il ft insensible aux bienfaits de son glise1 bienfaits dont il avait joui toute sa vie6 ,que lui manquait-il8 ,pour elle1 tout tait selon ses dsirs3 aller l'glise faisait son bonheur4 ,elle aimait entendre les leons et les collectes revenant chaque anne et marquant les diffrentes saisons4 ,les livres historiques et les prophtes1 en t2 la collecte3 ,levez-vous pour annoncer l',avent2 les belles collectes de l',avent lui-mme avec les leons d',isae1 qui se prolongent jusque dans le temps de l'piphanie3 tout cet ensemble tait une vraie musique son oreille4 ,les psaumes1 leur tour1 variant tous les dimanches1 taient pour son cur une consolation perptuelle1 toujours ancienne1 et cependant toujours nouvelle4 ,les additions de circonstance aussi3 le ,symbole d',athanase1 le ,benedictus1 le ,deus misereatur et l',omnia opera1 que son pre avait coutume de lire aux grandes ftes2 et la belle litanie2 toutes ces choses n'taient-elles pas ravissantes8 ,que pouvait-il dsirer de plus8 o pourrait-il en trouver autant8 ,c'tait un mystre pour sa raison1 et elle ne pouvait que se sentir pntre de reconnaissance de n'tre pas expose aux tentations1 quelles qu'elles pussent tre1 qui avaient agi sur l'esprit si solide de ce frre bien-aim6 ,puis1 elle s'tait berce de la douce pense de voir ,charles ministre et de l'entendre prcher2 d'avoir quelqu'un qui elle aurait le droit d'adresser des questions1 de demander des conseils quand elle le dsirerait4 ,ce rve tait fini2 elle ne pouvait plus compter sur son frre2 il avait fait sa confiance une blessure que le temps ne pourrait cicatriser3 cette confiance avait disparu pour toujours4 ,charles tait le seul homme de la famille2 il tait son seul soutien1 maintenant que le pre tait mort4 ,qu'allaient-elles devenir1 elles pauvres femmes8 tre dlaisse par son propre frre1 oh6 que c'tait dur6 ,et comment allait-elle prparer sa mre ce coup terrible8 ,car il fallait bien que1 tt ou tard1 cette triste affaire ft connue4 ,elle ne pouvait se faire illusion2 elle connaissait assez son frre pour tre sre que lorsqu'il s'tait mis rellement une chose en tte1 il ne l'abandonnait point sans des raisons convaincantes1 et elle ne voyait pas celles qui pourraient le dtourner de ces ides s'il avait des motifs pour les garder4 ,le moyen de rsoudre le problme confondait toute raison1 tout calcul4 ,mais enfin1 comment devait-elle apprendre ce malheur sa mre8 ,valait-il mieux le lui laisser souponner et le lui faire arriver ainsi1 ou fallait-il attendre jusqu' l'accomplissement du fait8 ,la question tait trop difficile rsoudre pour le prsent1 et elle prfra l'abandonner4 ,telle fut la situation de ,marie pendant plusieurs jours jusqu' ce que l'excitation de son esprit se changet en un tat dont une anxit triste tait l'lment latent et habituel4 ,cette anxit la quittait d'ordinaire l'heure de ses occupations1 mais elle se trahissait de temps autre par des soupirs subits et profonds1 ou par l'garement de ses penses4 ,ni le frre ni la sur1 tout en s'aimant autant que jamais1 n'avaient cette douceur et cette galit de caractre qui leur taient naturelles2 il fallait maintenant veiller sur soi1 et1 sans qu'on pt en dire la cause1 le cercle du soir tait plus triste qu'autrefois1 ,charles tait plus attentif envers sa mre2 pour tre davantage avec elle1 il n'apportait plus ses livres dans le salon4 ,il faisait la lecture haute voix1 mais il causait peu2 aussi lisa et ,caroline dsiraient que son examen ft pass1 afin qu'il pt reprendre sa gat naturelle4 ,quant ,mme ,reding1 ses observations allaient simplement constater que son fils tait un tudiant intrpide1 et qu'il se refusait une promenade ou une course cheval1 quelque beau temps qu'il ft4 ,c'tait une personne douce et tranquille1 aux sentiments vifs et aux habitudes rgles1 mais d'un esprit peu observateur4 ,elle avait vcu toute sa vie la campagne1 et jusqu' sa rcente infortune ayant peine connu le chagrin1 elle tait entirement incapable de comprendre comment les choses peuvent marcher1 sinon d'une seule manire4 ,charles ne lui avait pas dit le motif rel de son sjour la maison pendant l'hiver1 jugeant que c'et t l'affliger en pure perte2 encore moins avait-il song la fatiguer par l'expos de ses difficults religieuses1 qu'elle n'aurait pu apprcier2 c'et t1 galement1 sans rsultat positif4 ,quant sa sur1 il essaya de lui donner une explication de sa conversation antrieure1 dans la pense d'adoucir les craintes extrmes qu'il avait fait natre dans son esprit4 ,marie reut l'explication avec reconnaissance1 et dclara qu'elle tait console4 ,mais le coup tait port1 le soupon tait profondment entr dans son me2 c'tait toujours ,charles1 son bien-aim ,charles comme auparavant1 mais elle ne pouvait bannir de son esprit le cruel pressentiment qu'elle avait exprim dans son entretien4 ,,chapitre ,,xiv4 ,les nouvelles rformes4 ,un matin on vint annoncer ,charles qu'une personne1 qu'on avait fait entrer dans la salle manger1 le demandait4 ,en ouvrant la porte1 il se trouva en face du long et maigre ,bateman1 qui1 promu aux ordres1 venait d'tre nomm ministre d'une paroisse voisine4 ,charles ne l'avait pas vu depuis dix-huit mois1 et il lui serra la main avec beaucoup d'affection1 en le flicitant sur sa cravate blanche qui1 comme il le lui dit1 le transformait plus qu'il ne s'y serait attendu4 videmment les manires de ,bateman taient changes2 cela pouvait tre le fait de la circonstance1 mais il ne paraissait pas son aise2 peut-tre tait-ce le rsultat de sa prsence dans une maison trangre et de la proccupation de ce qu'il allait vraisemblablement tre prsent des dames qu'il n'avait jamais vues4 ,l'preuve devait bientt commencer pour le jeune ministre2 car ,charles l'invita au mme moment venir voir sa mre et dner ensuite avec eux4 ,le ciel est pur1 ajouta-t-il1 et il y a un excellent sentier entre ,boughton et ,melford4 ,bateman rpondit qu'il ne pouvait accepter la dernire invitation1 mais qu'il serait heureux d'tre prsent madame ,reding4 ,il suivit donc ,charles dans le salon1 et peu d'instants aprs il tait en conversation avec la mre et ses filles4 ,quel charmant coup d'il on a de la maison1 madame6 dit ,bateman4 ,du dehors on ne croirait pas une vue si spacieuse4--,non1 elle est cache par les arbres1 rpondit madame ,reding4 ,le flanc de la colline change si fort sa direction que1 dans le principe1 je croyais que le point de vue devait tre des fentres opposes4--,quelle est cette haute colline8 demanda ,bateman4--,c'est ,hart-,hill1 rpondit ,charles2 il y a un camp romain sur le sommet4--,nous pouvons apercevoir huit clochers de nos fentres1 reprit madame ,reding4 ,sonnez pour le lunch1 ma chre4--,ah6 madame ,reding1 repartit ,bateman1 nos anctres songeaient plus que nous btir des glises1 ou pour mieux dire1 plus que nous ne l'avons fait2 car1 en ce moment1 on excute des travaux prodigieux pour ajouter nos constructions ecclsiastiques4--,nos anctres ont galement fait beaucoup1 reprit madame ,reding4 ,ma chre1 combien d'glises furent bties dans ,londres1 sous la reine ,anne8 ,saint-,martin en tait une4--,cinquante1 rpondit lisa4--,cinquante taient projetes1 reprit ,charles4--,oui1 madame1 dit ,bateman2 mais par anctres j'entends les saints vques et autres membres de notre glise ,catholique1 antrieurement la ,rforme4 ,car1 quoique la ,rforme ait t un grand bienfait 7et il jeta un coup d'il vers ,charles71 cependant1 nous ne pouvons1 sans injustice1 oublier ce qui a t accompli avant cette poque par les ,catholiques ,anglais4--,ah6 les pauvres gens1 reprit madame ,reding1 ils ont fait une bonne chose1 en btissant des glises2 cela nous a pargn beaucoup de peine4--,restaure-t-on beaucoup d'glises dans ce pays8 demanda ,bateman1 un peu dconcert4--,ma mre ne fait que d'arriver ici1 comme vous1 rpondit ,charles2 oui1 on en restaure quelques-unes2 l'glise de ,barton que vous connaissez1 ajouta-t-il en s'adressant ,marie4--,avez-vous pouss vos promenades jusqu' ,barton8 demanda celle-ci ,bateman4--,pas encore1 miss ,reding1 pas encore2 sans doute1 on enlve les bancs4--,on en fait des siges1 dit ,charles1 et mme d'un trs-joli modle4--,les bancs sont dtestables1 reprit ,bateman2 toutefois1 la dernire gnration des titulaires les supportait sans se plaindre2 c'est tonnant6 ,un silence trs-naturel succda ces paroles4 ,charles le rompit en demandant au jeune ministre s'il se proposait de faire quelques amliorations ,melford4 ,bateman prit un air modeste4 ,rien d'important1 dit-il1 quelques petites choses ont t dj faites4 ,malheureusement1 j'ai un recteur de la vieille cole1 un pauvre homme1 qui est l'ennemi de toute espce de nouveaut4 ,ce fut avec un sentiment de malice1 par suite de son attaque contre le clerg du dernier sicle1 que ,charles engagea son ami faire un expos de ses rformes4 ,eh bien1 continua ,bateman1 il faut beaucoup de prudence dans ces matires1 sans cela on fait autant de mal que de bien3 on marche dans l'eau chaude avec tout le monde1 les marguilliers1 le comit paroissial1 les vieux recteurs1 la gentry de l'endroit1 et l'on ne satisfait personne4 ,c'est pour cette raison1 que je n'ai pas encore essay d'introduire le surplis dans la chaire1 except aux grandes ftes1 me proposant de familiariser peu peu mes paroissiens avec ce costume4 ,cependant1 je mets l'charpe ou l'tole1 et j'ai eu soin qu'elle ft de deux pouces plus large qu' l'ordinaire4 ,je porte aussi1 toujours1 la soutane dans ma paroisse4 ,j'espre que vous approuvez la soutane1 madame ,reding8--,c'est un costume trs-froid1 monsieur1 mon avis1 quand elle est de soie ou d'alpine2 elle habille aussi trs-mal1 quand elle est porte seule4--,spcialement par derrire1 dit ,charles1 la soutane est tout fait difforme4--,j'ai remdi cela1 reprit ,bateman4 ,vous avez remarqu miss ,reding1 j'en suis sr1 la soutane courte de l'vque4 ,elle ne vient qu'aux genoux1 et parat tre une continuation du gilet1 le frac tant port comme toujours4 ,eh bien1 mademoiselle1 j'ai adopt le mme costume avec ma longue soutane2 je mets mon habit par-dessus4 ,marie eut de la peine s'empcher de rire2 ,charles clata4 ,impossible1 ,bateman1 s'cria-t-il2 vous ne voulez pas dire que vous portez votre habit franais basques par-dessus votre longue soutane qui descend jusqu'aux chevilles88--,mais1 oui1 rpondit ,bateman d'un ton grave3 j'ai par l avis la chaleur et l'apparence extrieure1 et je suis sr que tous mes paroissiens me reconnaissent4 ,je pense que c'est un grand point1 miss ,reding4 ,quand je passe1 j'entends les petits enfants se dire3 ,voil le ministre6--,je le crois bien6 reprit ,charles4--,en vrit1 s'cria madame ,reding1 oubliant sa dignit habituelle1 qui jamais entendit choses semblables8 ,bateman la regarda avec surprise et stupeur4 ,vous alliez parler de vos amliorations dans l'glise1 reprit ,marie1 voulant dtourner l'attention du jeune ministre des paroles de sa mre4--,ah6 c'est vrai1 miss ,reding1 c'est vrai1 rpondit ,bateman4 ,je vous remercie de me le rappeler2 j'ai fait une digression sur mon costume444 ,j'aurais voulu abattre les galeries et diminuer la hauteur des bancs2 mais je n'ai pu excuter ce projet4 ,j'ai cependant abaiss de six pieds la chaire prcher4 ,or1 en faisant ainsi1 d'abord j'ai donn dans ma personne l'exemple de la condescendance et de l'humilit que je voudrais inspirer mes paroissiens4 ,mais ce n'est pas tout2 comme consquence de cet abaissement de la chaire1 nul dans les galeries ne peut me voir ni m'entendre prcher2 et cela est un avantage que j'ai l'air d'accorder aux auditeurs de la nef4--videmment1 c'est une ide heureuse1 dit ,charles4--,mais c'est aussi un avertissement pour les auditeurs eux-mmes de la nef1 continua ,bateman2 car on ne peut me voir ni m'entendre dans les bancs1 jusqu' ce que les cts en soient diminus--,une seule chose vous manque encore1 ajouta ,charles avec un air d'amabilit1 de crainte d'aller trop loin2 puisque vous avez une haute taille1 il vous faut prcher genoux1 sans quoi vous dtruiriez vos propres perfectionnements4 ,bateman parut satisfait4 ,je vous ai prvenu1 mon ami2 je prche assis4 ,il est plus conforme l'antiquit et la raison1 d'tre assis que d'tre debout4--,avec ces prcautions1 je pense que vous pourriez arriver mettre le surplis tous les dimanches4 ,vos paroissiens sont-ils contents8--,oh6 pas du tout1 loin de l1 mais ils n'ont rien dire3 le changement est si simple6--,y a-t-il encore autre chose8--,rien en ce qui regarde l'architecture2 mais j'ai opr une rforme dans les observances4 ,j'ai t assez heureux pour recueillir un trs-bel exemplaire de ,jewell en lettres gothiques1 et je l'ai plac dans l'glise1 en l'attachant la muraille avec une chane2 il servira aux personnes pauvres qui voudront le lire4 ,notre glise est proprement l'glise du pauvre1 madame ,reding4--,eh bien1 se dit ,charles part lui1 je soutiendrai toujours les vieux ministres contre les jeunes1 si telle doit tre la rforme de ceux-ci4 ,puis il reprit haute voix3 ,allons1 ,bateman1 il faut que vous voyiez notre jardin2 prenez votre chapeau1 et faisons un petit tour de promenade4 ,nous avons au bout du jardin une jolie terrasse4 ,aprs avoir ainsi fait poser ,bateman pour l'amusement de sa mre et de ses surs1 ,charles l'emmena1 et bientt ils se trouvrent sur la terrasse1 l'arpentant en long et en large1 et livrs une conversation des plus chaleureuses4 ,reding1 mon cher ami1 dit le jeune ministre1 que signifient les bruits qui courent en tout lieu sur votre compte8--,je n'en sais rien1 rpondit ,charles brusquement4--,eh bien1 voici1 reprit ,bateman2 mais je dsire toucher ce sujet avec toute la dlicatesse possible4 ,ne me rpondez pas1 si cela vous plat ainsi1 ou ne me rpondez que ce que vous voudrez3 veuillez toutefois excuser un vieil ami4 ,on dit que vous allez quitter l'glise de votre baptme pour l'glise de ,rome4--,ce bruit est-il bien rpandu8 demanda ,charles froidement4--,oh6 oui1 je l'ai appris ,londres3 une lettre d',oxford m'en faisait galement mention1 et un de mes amis l'a entendu raconter dans le pays de ,galles comme une chose positive1 un dner qui se donnait l'occasion de la visite de l'vque4--,ainsi1 pensa ,charles1 vous venez votre tour porter tmoignage contre moi4 ,eh bien1 mon bon ,reding1 continua ,bateman1 pourquoi gardez-vous le silence8 ,est-ce vrai8--,quoi donc8 que je suis catholique romain8 ,oh6 certainement2 ne comprenez-vous pas que c'est pour cela que je prpare mon examen avec tant d'ardeur8--,allons1 parlez srieusement1 ,reding2 voulez-vous m'autoriser contredire ce bruit1 et le nier jusqu' un certain point1 ou sous tous les rapports8--,sans doute1 contredisez-le de toute manire1 contredisez-le entirement4--,puis-je y donner un dmenti absolu1 sans rserve1 sans condition1 catgorique1 net8--,sans doute1 sans doute4 ,bateman ne pouvait pntrer la pense de ,charles1 et il ne se figurait pas quel point il le tourmentait4 ,je ne sais comment vous dchiffrer1 dit-il4 ,ils se promenrent en silence4 ,bateman reprit de nouveau4 ,vous voyez1 ,charles1 que ce serait un si prodigieux aveuglement qu'une telle dmarche1 un aveuglement tout fait inexcusable1 dans un homme comme vous1 qui avez connu ce que c'est que l'glise d',angleterre2 vous1 qui n'tes ni un dissident1 ni un laque illettr2 mais qui avez vcu ,oxford1 qui avez frquent tant d'hommes suprieurs1 qui avez vu ce que peut tre l'glise d',angleterre1 sa beaut grave1 son activit rgle et convenable2 vous qui avez vu les glises dcores comme elles devraient l'tre avec des chandeliers1 des ciboires1 des prie-,dieu1 des lutrins1 des antependium#ff1 des piscines1 des jubs et des sedilia2 vous qui1 dans le fait1 avez vu le service de l'glise parfaitement clbr1 et qui ne pouvez rien dsirer au del4 ,dites-moi1 mon cher ,reding1 continua-t-il en le prenant par sa boutonnire1 que vous manque-t-il8 ,qu'est-ce8 ,dites4 ,que vous alliez vous promener1 aurait rpondu ,charles s'il avait parl d'aprs sa pense2 mais il se contenta de dire qu'il ne dsirait rien1 sinon qu'on le crt quand il affirmait qu'il n'avait pas l'intention de quitter son glise4 ,bateman restait incrdule et croyait un secret4 ,peut-tre ignorez-vous1 reprit-il1 jusqu' quel point sont connues les circonstances de votre renvoi4 ,le vieux ,principal tait tout proccup de cette affaire4--,eh bien6 probablement qu'il en a parl tout le monde8--,oh6 oui1 rpondit ,bateman2 un de mes amis1 qui le connat et qui lui fit visite peu de temps aprs votre dpart1 a appris toute l'histoire de sa bouche4 ,le ,principal parla de vous avec beaucoup de bienveillance et dans les termes les plus flatteurs2 mais il ajouta que c'tait dplorable de voir combien votre esprit avait t perverti par les opinions du jour1 et qu'il n'aurait pas t tonn si vous eussiez fini par tre catholique romain1 mme pendant votre sjour ,saint-,sauveur2 qu'en tout cas1 vous le deviendriez certainement tt ou tard1 parce que vous souteniez que les ,saints qui rgnent avec le ,christ intercdent pour nous dans le ciel4 ,mais ce qui est plus trange1 c'est que lorsque cette histoire se rpandit au dehors1 ,sheffield assura qu'il n'en tait pas surpris1 qu'il avait toujours prvu ce rsultat4--,je lui en suis trs-reconnaissant4--,cependant vous m'autorisez contredire la nouvelle 7ainsi l'ai-je compris71 la contredire premptoirement8 cela me suffit4 ,c'est un grand soulagement1 une grande satisfaction1 pour mon esprit4 ,mais il faut que je vous quitte4--,je ne voudrais pas avoir l'air de vous renvoyer1 reprit ,charles2 mais1 videmment1 vous devez partir1 si vous voulez arriver chez vous avant la nuit4 ,j'espre que vous ne sentez pas trop la solitude1 ou que vous n'avez pas trop d'occupation dans votre paroisse4 ,quand vous vous ennuierez1 o que vous serez fatigu1 venez sans crmonie dner avec nous2 nous pouvons mme vous offrir un lit1 si cela vous convient4 #ff ,devants d'autel4 ,bateman le remercia1 et ils se dirigrent vers la porte d'entre4 ,au moment de sortir1 le jeune ministre s'arrta3 ,je dsirerais vous prter quelques livres1 dit-il4 ,permettez-moi de vous envoyer ,bramhall1 ,thorndike1 ,barrow sur l'unit de l'glise1 et les dialogues de ,leslie sur la ,religion romaine4 ,je pourrais vous en nommer d'autres1 mais je me contente de ceux-ci pour le prsent4 ,ils traitent parfaitement leur matire2 vous ne pourrez vous empcher d'tre convaincu4 ,je n'ajoute pas un mot2 adieu1 au revoir4 ,,chapitre ,,xv4 ,les corruptions de l'glise romaine4 ,quoique ,charles estimt et aimt beaucoup la socit de sa mre et de ses surs1 il n'tait pas fch d'avoir des relations d'hommes2 aussi accepta-t-il avec plaisir une invitation que lui envoya ,bateman de venir dner ,melford4 ,il dsirait galement montrer son ami1 ce que ses protestations ne pouvaient faire1 combien taient exagrs jusqu' l'absurde les bruits qui couraient sur son compte2 et comme ,bateman1 malgr le manque complet de sens commun1 tait1 au fond1 trs instruit et trs-vers dans les thologiens anglais1 ,charles pensait qu'il pourrait par occasion recueillir auprs de lui quelques ides dont il ferait son profit4 ,lorsqu'il arriva ,melford1 il y trouva un ,m4 ,campbell1 qu'on avait invit son intention4 ,c'tait un jeune homme sorti de ,cambridge1 et actuellement recteur d'une paroisse voisine2 il professait les mmes sentiments religieux que ,bateman1 et1 bien qu'un peu positif1 il se faisait remarquer par l'clat de son intelligence et la vigueur de son esprit4 ,nos deux invits et leur hte avaient t voir l'glise1 et naturellement au dner1 la conversation roula sur la renaissance de l'architecture gothique1 vnement qu'ils accueillaient tous avec une vraie satisfaction4 ,le sujet aurait t puis presque aussitt que mis sur le tapis1 cause de leur parfait accord sur cette matire1 si par bonheur ,bateman n'avait dclar1 d'un ton trs-affirmatif1 que1 s'il le pouvait1 il n'y aurait pas d'autre architecture que la gothique dans les glises d',angleterre1 ni d'autre musique que le chant grgorien4 ,la thse tait bonne1 clairement pose1 et elle fournissait carrire une trs-jolie discussion4 ,reding commena par dire que tous ces accessoires du culte1 soit musique1 soit architecture1 taient nationaux2 que c'tait le mode dans lequel les sentiments religieux se traduisaient dans des temps et dans des lieux particuliers4 ,d'aprs lui1 sans doute1 il n'tait pas dfendu de diriger l'expression extrieure de la religion dans un pays1 mais on ne pouvait la rendre obligatoire1 et ses yeux1 il tait aussi draisonnable d'imposer au peuple une seule forme de culte1 qu'il l'tait de le contraindre s'amuser d'une seule manire4 ,les ,grecs1 continua-t-il1 se coupaient les cheveux en signe de deuil1 les ,romains les laissaient crotre2 les ,orientaux voilaient leur tte quand ils priaient1 les ,grecs la dcouvraient2 les ,chrtiens tent leur chapeau dans l'glise1 les ,mahomtans leurs souliers2 un long voile est une marque de modestie en ,europe1 d'immodestie en ,asie4 ,on peut aussi bien essayer de changer la taille d'un peuple que les formes de son culte4 ,bateman1 laissez-nous vous raccourcir d'un pied1 et puis vous commencerez vos rformes ecclsiastiques4--,mais assurment1 mon digne ami1 rpondit l'amphitryon1 vous ne voulez pas dire qu'il n'y a pas de connexion naturelle entre un sentiment intrieur et son expression extrieure1 de sorte qu'une forme ne soit pas meilleure qu'une autre8--,non1 loin de l2 mais laissez ceux qui restreignent leur musique au chant grgorien lever des crucifix sur les grandes routes4 ,chaque forme est la reprsentation d'une localit ou d'une poque particulire4--,c'est ce que je dis du frac et de la longue soutane de notre ami1 reprit ,campbell2 c'est une confusion de temps diffrents1 de l'ancien et du moderne4--,ou d'ides diffrentes1 ajouta ,charles2 la soutane est catholique1 le frac est protestant4--,c'est l'inverse1 repartit ,bateman2 la soutane est l'habit anglican du vieux ,hooker1 le frac vient de la ,france catholique4--,en tout cas1 c'est ce que ,m4 ,reding appelle une confusion d'ides1 dit ,campbell2 et c'est la difficult que j'prouve unir ensemble le gothique et le grgorien4--,oh6 pardon1 rpliqua ,bateman1 c'est une mme ide2 elles sont toutes les deux minemment catholiques4--,vous ne pouvez pas tre plus catholique que ,rome1 je suppose1 repartit ,campbell2 pourtant il n'y a pas de gothique dans cette ville4--,rome est une ville part1 rpondit ,bateman4 ,en outre1 mon cher ami1 si nous nous rappelons seulement que ,rome a corrompu la pure doctrine apostolique1 pouvons-nous tre surpris qu'elle ait corrompu son architecture8--,pourquoi donc s'adresser ,rome pour le grgorien8 rpliqua ,campbell2 car ce chant1 sans doute1 tire son nom de ,grgoire ,ier1 vque de ,rome1 que les ,protestants regardent comme le premier spcimen de l',antechrist4--,eh6 que nous importe ce que pensent les ,protestants4--,ne nous disputons pas pour des mots1 ,bateman2 nous pensons l'un et l'autre que ,rome a corrompu la foi1 qu'elle soit l',antechrist ou non4 ,c'est ce que vous venez de dire vous-mme4--,c'est vrai2 mais je fais une petite distinction4 ,l'glise de ,rome n'a pas corrompu la foi1 mais elle a admis des corruptions dans son sein4--,cela ne suffit pas2 croyez-le1 nous ne pouvons avoir une base solide dans la controverse1 moins que dans nos curs nous ne pensions mal de l'glise de ,rome4--,eh6 que nous importe ,rome8 nous descendons de l'ancienne glise ,britannique2 nous ne nous occupons pas de ,rome1 et nous dsirons que ,rome ne s'occupe pas de nous2 mais cela ne fait pas son affaire4--,eh bien1 reprit ,campbell1 lisez seulement une page de l'histoire de la ,rforme1 et vous y verrez que l'me du mouvement tait cette doctrine1 que le ,pape est l',antechrist4--,pour les ultra-,protestants1 et non pour nous1 repartit ,bateman4--,oui1 des ultra-,protestants comme ceux qui ont crit les ,homlies4 ,mais1 je le rpte1 je ne dispute pas pour des mots4 ,voici ma pense3 de mme que cette doctrine tait la vie de la ,rforme1 de mme la croyance1 commune nous deux1 qu'il y a quelque chose de mauvais1 de corrompu et de dangereux dans l'glise de ,rome2 qu'elle renferme un esprit d',antechrist1 vivant en elle1 l'animant et la dirigeant2 cette croyance1 dis-je1 est ncessaire pour tre bon ,anglican4 ,il vous faut croire cela1 ou vous devez vous runir l'glise de ,rome4--,impossible6 mon cher ami2 nous avons toujours soutenu que ,rome et nous1 nous sommes deux glises surs4--,je dis1 reprit ,campbell1 que sans cette forte rpulsion1 vous ne pouvez carter les droits nombreux1 l'attraction puissante de l'glise de ,rome4 ,elle est notre mre444 ,oh6 quel mot6444 ,notre puissante mre6 ,elle ouvre ses bras4 ,quel parfum s'exhale de son sein6 ,elle est pleine de grces4 ,je le sens1 je l'ai senti depuis longtemps4 ,pourquoi ne me prcipit-je pas dans ses bras8 ,parce que je sens aussi qu'elle est conduite par un esprit qui n'est pas elle4 ,mais si cette mfiance que j'prouve son gard et si la certitude que j'ai de sa corruption m'taient dmontres fausses1 j'irais demain m'unir sa communion4 ,ceci n'est pas une doctrine difiante pour ,reding1 pensa ,bateman4 ,mon bon ,campbell1 dit-il1 vous tes paradoxal aujourd'hui4--,pas le moins du monde2 nos ,rformateurs ont compris que le seul moyen de rompre le lien de fidlit qui nous unissait ,rome1 c'tait de l'accuser d'une profonde corruption4 ,il en est de mme pour nos thologiens4 ,s'il est une doctrine sur laquelle ils se trouvent d'accord1 c'est que ,rome est l',antechrist ou un ,antechrist4 ,croyez-le bien1 cette doctrine est ncessaire pour lgitimer notre position4 --,je ne comprends pas tout fait ce langage1 que je vois aussi employ dans diffrentes publications1 dit ,reding4 ,il fait supposer que la controverse est un jeu1 et que les adversaires ne cherchent pas la vrit1 mais des arguments4--,il ne faut pas vous mprendre sur mes paroles1 monsieur ,reding1 repartit ,campbell2 ma pense est que vous ne pouvez pas jouer avec votre conviction que ,rome est antichrtienne1 si telle est votre croyance2 car si c'est ainsi1 il faut parler ainsi4 ,un pote a dit3 ,parlez doucement de la chute de notre sur4 ,non1 si c'est une chute1 nous ne devons pas en parler doucement4 ,tout d'abord on s'crie3 ,une si grande1 glise6 eh1 qui suis-je pour parler contre elle8 ,oui1 vous le devez1 si c'est vrai4 ,dites la vrit1 et moquez-vous du diable4 ,rappelez-vous que vous n'employez pas vos propres paroles2 vous avez la sanction et l'appui de tous nos thologiens4 ,vous le devez2 sans cela1 vous ne pouvez donner des raisons suffisantes pour rester en dehors de l'glise de ,rome4 ,vous devez proclamer haut1 non ce que vous ne pensez pas1 mais ce que vous pensez1 si rellement vous avez une conviction4 ,voici au moins une doctrine1 se dit ,charles lui-mme1 c'est placer la controverse dans une coque de noix4 ,bateman rpliqua3 ,mon cher ,campbell1 vous n'tes pas du progrs4 ,nous avons renonc toutes ces criailleries contre ,rome4--,ds lors1 le parti n'est pas aussi habile que je le croyais1 repartit ,campbell4 ,soyez-en sr1 ceux qui ont renonc leurs protestations contre ,rome1 ont dj leurs regards tourns vers elle1 ou n'ont pas d'yeux pour voir4--,tout ce que nous disons1 reprit ,bateman1 c'est que1 comme je l'ai dj exprim1 nous ne voulons pas nous occuper de ,rome4 ,nous ne disons pas3 ,anathme ,rome6 mais ,rome nous anathmatise4--,cela ne suffit point2 ceux qui sont rsolus rester dans notre glise1 et qui emploient des paroles douces l'gard de ,rome seront repousss sur leur propre terrain1 en dpit d'eux mmes1 et n'obtiendront pas de remercments pour leurs peines4 ,nul ne peut servir deux matres3 unissez-vous ,rome1 ou condamnez-la4 ,quant moi1 j'avoue que l'glise ,romaine a d'excellentes choses que je ne puis nier2 mais en pensant de la sorte1 et tout en l'admirant dans certains points1 je ne saurais vraiment m'empcher de parler comme je le fais4 ,cela ne serait ni loyal1 ni logique4 ,il a mieux fini qu'il n'avait commenc1 pensa ,bateman2 et il parla dans le mme sens4 ,oh6 oui1 c'est vrai1 trop vrai2 c'est pnible voir1 mais il y a dans l'glise de ,rome bien des choses contre lesquelles doit ncessairement s'lever tout homme raisonnable1 tout lecteur des ,pres et de l'criture1 tout membre vritable de l'glise ,anglo-,catholique4 ,ces paroles couronnrent la discussion1 et le reste du dner se passa trs-agrablement1 sinon d'une manire trs-spirituelle4 ,,chapitre ,,xvi4 ,du chant grgorien et de l'architecture gothique4 ,aprs le dner1 nos convives se rappelrent qu'ils n'avaient fait qu'effleurer la question du grgorien et du gothique4 ,comment cela s'est-il fait8 demanda ,charles4--,en tout cas1 nous y voil de nouveau1 dit notre hte2 et je vous l'avoue1 ,campbell1 j'aimerais entendre ce que vous avez dire sur la matire4--,a vrai dire1 ,bateman1 rpondit celui-ci1 je suis fatigu du sujet2 tout le monde me parat exagr4 ,a quoi bon discuter l-dessus8 vous ne serez pas d'accord avec moi4--,je ne vois pas a du tout1 rpliqua ,bateman2 on croit souvent tre en dsaccord1 simplement parce qu'on n'a pas le courage de s'expliquer4 ,excellente remarque1 pensa ,charles2 quel dommage que ,bateman1 avec tant de bonnes ides1 ait si peu de sens commun6 ,eh bien1 donc1 dit ,campbell1 mon objection au gothique et au grgorien runis1 c'est qu'ils reprsentent1 non pas une1 mais deux ides4 ,ayez de la musique dans les glises gothiques1 et gardez pour les basiliques le grgorien4--,mon bon ,campbell1 repartit ,bateman1 vous paraissez oublier que les hymnes et les chants grgoriens ont toujours accompagn les nefs1 les chapes1 les mitres et les calices gothiques4--,nos anctres faisaient ce qu'ils pouvaient1 reprit ,campbell2 ils taient grands en architecture1 petits en musique4 ,ils ne pouvaient employer ce qui n'tait pas encore invent4 ,ils chantaient le grgorien1 parce qu'ils n'avaient point ,palestrina4--,paradoxe6 paradoxe1 s'cria ,bateman4--,on ne peut le nier1 continua ,campbell3 il y a une troite relation entre l'origine et la nature de la basilique et celles du chant grgorien4 ,tous les deux existaient avant le ,christianisme2 tous les deux sont d'origine paenne2 et plus tard l'glise s'en est empare pour les consacrer son service4--,pardon1 dit ,bateman2 le grgorien est juif et non paen4--,je vous l'accorde par gard pour l'argumentation1 rpondit ,campbell2 mais1 au moins1 ils n'taient pas d'origine chrtienne4 ,d'ailleurs1 l'ancienne musique et l'ancienne architecture taient simples et limites dans leurs moyens de montrer leur art respectif4 ,on ne voit pas un vaste temple grec1 on ne trouve pas un seul long ,gloria grgorien4--,pas un seul6 s'cria ,bateman1 et le pauvre ,willis1 qui se plaignait sans cesse de l'ennui que lui causaient sur le continent les vieux chants grgoriens6--,je m'explique mal1 reprit ,campbell2 naturellement1 on peut rendre un morceau de plain-chant aussi long que l'on veut1 mais simplement par addition et non pas en dveloppant la mlodie4 ,on peut en mettre deux ensemble et en avoir ainsi un deux fois plus long que l'autre2 mais je parle d'une pice musicale qui1 videmment1 doit tre le dveloppement naturel d'ides arrtes et dont toutes les parties s'enchanent4 ,pareillement1 on peut faire un temple ionique deux fois aussi long et aussi large que le ,parthnon2 mais on perd la beaut des proportions en agissant ainsi4 ,voici donc ma pense sur l'architecture et la musique primitives3 c'est qu'elles atteignent vite leurs bornes1 qu'elles sont bientt puises et qu'elles ne peuvent rien au del4 ,tenter davantage1 c'est forcer un instrument musical au del de ses moyens4 ,bateman1 ajouta ,reding1 essayez seulement de faire jouer des quadrilles un violoncelle1 et vous verrez ce qu'on veut dire par forcer un instrument4--,eh bien1 repartit notre hte1 j'ai entendu ,lindley jouer toutes sortes d'airs lgers sur son violoncelle1 et c'est fort extraordinaire4--,extraordinaire1 c'est bien le mot1 reprit ,charles2 c'est fort extraordinaire4 ,vous dites3 ,comment peut-il produire cet effet8 c'est prodigieux pour une basse1 mais1 avouez-le1 ce n'est pas agrable en soi4 ,de mme1 j'prouve toujours une sensation pnible lorsque monsieur tel ou tel se prsente pour faire bler et braire sa dlicieuse flte comme un hautbois2 c'est forcer le pauvre instrument faire ce pourquoi il ne fut pas cr4--,c'est vrai la lettre en ce qui regarde le chant grgorien1 dit ,campbell2 les instruments qui existaient primitivement ne pouvaient pas jouer autre chose4 ,mais je parle sauf correction4 ,monsieur ,reding1 vous paraissez possder le sujet mieux que moi4--,j'ai toujours ou dire1 comme vous l'affirmez1 rpondit ,charles1 que la musique moderne n'a pris naissance qu'aprs que l'on a connu la puissance du violon4 ,corelli lui-mme1 qui crivait il n'y a pas encore deux sicles1 a trait peine du dmanch4 ,le piano1 galement1 je l'ai entendu assurer1 a presque donn naissance ,beethoven4--,la musique moderne ne pouvait donc exister dans les temps anciens1 faute d'instruments1 reprit ,campbell2 et1 de mme aussi1 l'architecture gothique ne pouvait exister avant que la construction des votes n'et atteint la perfection4 ,de grandes inventions mcaniques ont eu lieu1 soit en architecture1 soit en musique1 depuis l'poque des basiliques et du grgorien2 et chaque science y a gagn4--,c'est assez curieux1 dit ,reding3 une chose que j'ai souvent rpte s'applique parfaitement votre opinion4 ,quand des gens qui ne sont pas musiciens ont accus ,haendel et ,beethoven de n'tre pas simples1 j'ai toujours rpondu3 ,et l'architecture gothique est-elle simple8 ,une cathdrale exprime une ide1 mais varie l'infini et travaille dans toutes ses parties2 il en est de mme d'une symphonie ou d'un quatuor de ,beethoven4 --videmment1 ,bateman1 reprit ,campbell1 vous devez tolrer l'architecture paenne1 ou il vous faut logiquement exclure le grgorien1 qu'il soit paen ou juif2 vous devez tolrer la musique ou rprouver les fentres style flamboyant4--,et pour quoi optez-vous8 demanda notre hte2 pour le gothique avec ,haendel1 ou pour l'architecture romaine avec le grgorien8--,pour tous les deux leur place4 ,je prfre de beaucoup l'architecture gothique la classique4 ,a mes yeux1 elle est un vrai produit et une expansion du ,christianisme2 mais je ne voudrais pas1 pour cette raison1 exclure le style paen qui a t sanctifi par dix-huit sicles1 par l'amour exclusif de plusieurs pays chrtiens1 et par la sanction d'une foule de saints personnages4 ,je suis pour la tolrance4 ,faites dominer le gothique1 mais ayez du respect pour le classique4 ,la conversation se ralentit4 ,quoique j'aime la musique moderne1 reprit ,charles1 je ne saurais cependant aller jusqu' la dernire consquence o me conduirait votre doctrine4 ,je ne puis m'empcher d'aimer ,mozart1 mais assurment sa musique n'est pas religieuse4--,je n'ai pas pris la dfense de compositeurs particuliers1 rpliqua ,campbell2 la musique peut tre bonne1 et ,mozart et ,beethoven taient inadmissibles4 ,pareillement1 vous ne supposez pas1 parce que je tolre l'architecture romaine1 que j'aime voir des cupidons tout nus reprsenter des chrubins1 et des femmes mollement couches figurer les vertus cardinales4 ,il s'arrta4 ,d'ailleurs1 reprit-il1 comme vous venez de le dire1 nous devons consulter le gnie de notre pays et les apprciations religieuses de notre poque4--,eh bien1 dit ,bateman1 je pense que la perfection de la musique sacre1 c'est le grgorien combin avec l'harmonie2 on a ainsi les clbres chants d'autrefois et un peu de la richesse moderne4--,et moi1 je pense que ce serait le pire de tout1 repartit ,campbell2 c'est un mlange de deux choses dont chacune est bonne en soi1 mais qui sont incompatibles4 ,c'est le mlange du premier et du second service table4 ,c'est comme l'architecture de la faade de ,milan1 moiti gothique1 moiti grecque4--,c'est1 je crois1 ce qui a toujours lieu1 dit ,charles4--,nous ne devons pas lutter contre notre sicle1 continua ,campbell2 ce serait absurde4 ,je parlais seulement de ce qui est bien ou mal d'aprs les principes gnraux2 et1 vrai dire1 je ne saurais moi-mme ne pas aimer le mlange1 quoique je manque de bonnes raisons pour le dfendre4 ,bateman sonna pour le th2 ses amis dsiraient retourner chez eux de bonne heure2 on tait au mois de janvier1 saison peu favorable pour les promenades aprs dner4 ,eh bien1 ,campbell1 dit notre hte1 vous tes plus indulgent pour le sicle que pour moi2 vous lui permettez d'ajouter une basse chiffre aux tons grgoriens1 et vous riez de moi si je mets un frac par-dessus ma soutane4--,il n'y a pas de gloire1 repartit ,campbell1 tre l'auteur d'un type mixte4--,un type mixte6 s'cria ,bateman2 c'est plutt un tat de transition4--,a quel tat passez-vous8 demanda ,charles4--,a propos de transition1 dit ,campbell1 savez-vous que votre ami ,willis 7je ne connais pas son collge1 celui qui s'est fait catholique7 demeure dans ma paroisse1 et que j'ai l'esprance de lui voir faire une nouvelle transition1 en arrire4--,l'avez-vous vu8 demanda ,charles8--,non1 j'ai t pour lui faire visite2 malheureusement il tait sorti4 ,j'ai appris qu'il va encore la messe4--,mais o trouve-t-il une chapelle8 reprit ,bateman4--,a ,seaton4--,a sept bons milles de chez vous1 dit ,charles4--,oui1 rpondit ,campbell1 et il fait pied cette longue course1 tous les dimanches4--,cela ne ressemble pas une transition1 fit observer ,charles1 sinon qu'elle est physique4--,il faut bien aller quelque part1 repartit ,campbell2 je pense qu'il a continu de frquenter notre glise jusqu' la semaine o il s'est fait catholique4--,terribles sont ces dfections1 reprit ,bateman2 mais c'est trs-consolant1 c'est une satisfaction triste 7jetant un coup d'il ,charles7 que les victimes de l'illusion soient enfin recouvres4--,c'est trs-triste1 en vrit1 dit ,campbell4 ,je crains qu'il ne nous faille en attendre bien d'autres encore4--,pour moi1 je ne sais qu'en penser1 reprit ,charles4 ,le droit que l'glise a sur notre esprit est si puissant2 c'est un si cruel tourment de la quitter1 que je ne puis m'imaginer qu'un lien de parti fasse agir contre elle4 ,humainement parlant1 il est1 croyez-moi1 infiniment plus difficile de retenir ces hommes que de les ramener4--,oui1 s'ils changeaient par esprit de parti1 reprit ,campbell2 mais tel n'est pas le cas4 ,ils ne changent pas simplement parce que d'autres changent2 mais1 les malheureux6 parce qu'ils ne peuvent s'en empcher444 ,bateman1 auriez-vous l'obligeance de dire qu'on avance ma voiture devant la porte8444 ,comment peuvent-ils s'en empcher8 continua-t-il1 en se levant devant le feu2 leurs principes catholiques les poussent1 et il n'y a rien pour les faire revenir nous4--,pourquoi leur amour pour notre glise1 qui est la leur1 ne le ferait-il pas8 dit ,bateman2 c'est dplorable1 c'est impardonnable4--,ils s'en iront l'un aprs l'autre1 mesure qu'ils seront mrs1 reprit ,campbell4--,avez-vous entendu dire 7je ne crois pas beaucoup moi-mme ce bruit7 que ,smith a des tendances vers ,rome8 dit ,charles4--,ce n'est pas possible1 rpondit ,campbell tout pensif4--,impossible1 tout fait impossible1 s'cria ,bateman2 un tel triomphe pour nos ennemis6 je n'y croirai que lorsque je le verrai de mes yeux4--,ce n'est pas impossible1 rpta ,campbell tout en boutonnant et en arrangeant sa redingote2 ,smith a chang sa manire de voir444 ,on annona la voiture4 ,monsieur ,reding1 je crois que je puis vous pargner une partie de la route1 si vous voulez accepter une place dans mon cabriolet4 ,charles ne refusa pas l'invitation1 et peu d'instants aprs ,bateman se trouvait seul4 ,,chapitre ,,xvii4 ,questions pour celui qui il appartient4 ,campbell laissa son compagnon de voyage mi-chemin de ,melford ,boughton4 ,aprs avoir remerci son nouvel ami de son obligeance1 ,charles franchit une barrire sur le ct de la route1 et fut tout de suite engag dans l'ombre d'un taillis1 le long duquel se droulait le sentier4 ,c'tait par un beau clair de lune4 ,au bout de quelques instants1 il se trouva en vue d'une grande croix de bois4 ,en des jours meilleurs1 cette croix avait t un emblme religieux1 mais elle avait servi1 dans les derniers temps1 marquer la limite entre deux paroisses contigus4 ,la lune l'clairant en face1 le symbole sacr se dessinait majestueusement sur le ciel ple1 qui se refltait dans une nappe d'eau1 vnre encore dans le voisinage pour sa vertu miraculeuse4 ,charles1 sa grande surprise1 vit distinctement un homme genoux sur un petit monticule d'o s'lanait la croix2 il entendit mme des coups4 ,arm d'une discipline1 cet homme frappait ses paules nues1 en rcitant des paroles qui parurent ,reding tre une prire4 ,notre jeune ami s'arrta1 ne voulant pas l'interrompre1 embarrass toutefois pour passer outre2 mais l'tranger avait entendu le bruit de sa marche1 et en quelques secondes il disparut4 ,charles fut frapp d'une motion soudaine qu'il ne put matriser4 ,o temps bni1 s'cria-t-il1 alors que la foi tait une6 ,o heureux pnitent1 admirable chrtien1 qui avez une croyance1 qui savez comment obtenir votre pardon1 et qui pouvez commencer l ou d'autres finissent6 ,me voici1 moi1 avec mes vingt-deux ans1 incertain sur tout1 parce que je ne sais quoi donner ma confiance4 ,il se rapprocha de la croix1 ta son chapeau1 mit un genou en terre1 baisa le bois sacr1 et il pria un instant afin que quelles que fussent les consquences1 quelle que ft l'preuve1 quel que ft le sacrifice1 il obtnt la grce d'aller partout o ,dieu l'appellerait4 ,puis il se leva et s'approcha de la source froide2 il prit un peu d'eau dans le creux de sa main et la but4 ,il se sentit dispos prier le saint1 protecteur de cette fontaine 7saint ,thomas martyr1 croyait-il71 d'intercder pour lui et de l'aider dans la recherche de la vraie foi1 mais quelque chose lui murmura l'oreille3 ,c'est mal2 et il rprima ce dsir4 ,remettant donc son chapeau1 il passa outre1 et il continua son chemin d'un pas rapide4 ,sa mre et ses surs s'taient retires pour dormir1 et il monta sans dlai sa chambre4 ,en passant dans son cabinet1 il trouva sur sa table1 sans timbre de poste1 une lettre qu'on lui avait apporte pendant son absence4 ,il en brisa le cachet2 c'tait un crit anonyme qui commenait ainsi3 ,questions pour celui qui il appartient4 #a4 ,qu'entend-on par l'glise une dont parle le ,symbole8 ,c'est trop pour cette nuit1 se dit ,charles1 il est dj tard4 ,il replia la lettre et la jeta sur sa toilette4 ,c'est sans doute quelque personne bien intentionne1 qui pense me connatre4 ,il remonta sa montre1 billa et mit ses pantoufles4 ,qui1 dans le voisinage1 peut m'adresser cet crit8 ,il rouvrit la lettre4 ,cela vient certainement d'un catholique1 continua-t-il4 ,son esprit se porta sur la personne qu'il avait vue au pied de la croix2 peut-tre alla-t-il plus loin4 ,il s'assit1 et lut le papier in extenso4 ,questions pour celui qui il appartient4 #a4 ,qu'entend-on par l'glise une dont parle le ,symbole8 #b4 ,est-ce une gnralisation ou une ralit8 #c4 ,appartient-elle l'histoire du pass ou au temps prsent8 #d4 ,l'criture n'en parle-t-elle pas comme d'un royaume8 #e4 ,et comme d'un royaume qui doit durer jusqu' la fin8 #f4 ,qu'est-ce qu'un royaume8 ,et que veut dire l'criture lorsqu'elle appelle l'glise un royaume8 #g4 ,est-ce un royaume visible ou invisible8 #h4 ,un royaume peut-il avoir deux gouvernements1 surtout agissant dans des directions contraires8 #i4 ,l'identit des institutions1 des opinions ou de la race est-elle suffisante pour faire de deux nations un seul royaume8 #aj4 ,la forme de l'piscopat1 la hirarchie1 ou le ,symbole des ,aptres est-il suffisant pour faire une seule glise des glises de ,rome et d',angleterre8 #aa4 ,l o il y a des parties1 l'unit ne demande-t-elle pas l'union1 et une unit visible ne requiert-elle pas une union visible8 #ab4 ,comment peuvent-elles tre les mmes1 deux ,religions qui ont un culte tout fait diffrent et des ides diffrentes sur le culte8 #ac4 ,deux religions peuvent-elles n'en former qu'une1 lorsque ce que l'une regarde comme l'acte le plus sacr et le plus caractristique de son culte est appel par l'autre un mensonge blasphmatoire et une tromperie dangereuse8 #ad4 ,l'glise une du ,christ n'a-t-elle pas la foi une8 #ae4 ,une glise qui n'a pas la foi une peut-elle appartenir au ,christ8 #af4 ,qu'est-ce qu'une glise qui se contredit dans ses formulaires8 #ag4 ,et dans diffrents sicles8 #ah4 ,et dans ses formulaires compars avec ses thologiens8 #ai4 ,et dans ses thologiens et dans ses membres compars les uns aux autres8 #bj4 ,quelle est la foi de l'glise d',angleterre8 #ba4 ,combien de conciles admet l'glise d',angleterre8 #bb4 ,l'glise d',angleterre considre-t-elle les glises actuelles des ,nestoriens et des ,jacobites comme tant sous l'anathme1 ou comme formant une partie de l'glise visible8 #bc4 ,est-il ncessaire ou possible de croire quelqu'un1 sinon un vritable envoy de ,dieu8 #bd4 ,l'glise d',angleterre est-elle un envoy de ,dieu8 ,revendique-t-elle ce titre8 #be4 ,nous enseigne-t-elle la vrit1 ou nous ordonne-t-elle de la chercher8 #bf4 ,si elle laisse nous-mmes de rechercher la vrit1 les membres de l'glise d',angleterre la cherchent-ils avec cette ardeur que l'criture nous prescrit8 #bg4 ,est-elle en tat de scurit une personne qui vit sans foi1 quoiqu'elle paraisse avoir l'esprance et la charit8 ,charles tait accabl de sommeil avant d'arriver la vingt-septime question4 ,cela ne suffit pas1 se dit-il2 je perds seulement mon temps4 ,ces questions paraissent bien poses2 mais elles doivent rester l4 ,il dposa le papier1 dit ses prires1 et fut bien vite endormi4 ,le lendemain1 en s'veillant1 le sujet de la lettre se prsenta son esprit1 et pendant quelque temps il se prit y rflchir4 ,certainement1 dit-il1 je dsire beaucoup tre fix soit dans l'glise d',angleterre1 soit partout ailleurs4 ,je voudrais savoir ce que c'est que le ,christianisme2 je suis prt ne reculer devant aucune difficult pour le chercher2 si je le trouvais1 je l'accepterais avec empressement et reconnaissance4 ,mais c'est une uvre de temps2 tous les arguments crits du monde sont insuffisants pour donner quelqu'un une vue claire des choses en un quart d'heure4 ,il doit y avoir une marche suivre2 on peut l'abrger1 comme la mdecine abrge la marche de la nature1 mais on doit en subir la ncessit4 ,je me rappelle comment tous mes doutes religieux et mes thories s'vanouirent la mort de mon pauvre pre4 ,ils ne faisaient pas partie de moi1 et ils ne purent supporter l'orage4 ,la conviction est la vue de l'esprit et non une conclusion dduite de prmisses2 c'est ,dieu qui la travaille1 et ses oprations sont lentes4 ,au moins1 en est-il ainsi pour moi4 ,je ne puis croire tout d'un coup2 si je l'essaye1 je prendrai des mots pour des choses1 et je suis sr de m'en repentir4 ,si j'agis autrement1 je marcherai droit1 simplement par hasard4 ,je dois me mouvoir dans la voie qui semble celle de ,dieu2 je ne puis que me mettre sur la route2 une puissance plus haute doit m'atteindre et me pousser en avant4 ,maintenant1 j'ai vis--vis de moi un devoir direct que mon pre m'a laiss remplir1 c'est de faire de bonnes tudes4 ,c'est l le sentier du devoir4 ,je n'abandonnerai pas mes recherches1 mais je les ferai marcher dans ce sens4 ,dieu peut bnir mes tudes1 et m'y faire trouver la lumire spirituelle1 aussi bien qu'en toute autre chose4 ,sal cherchait les nesses de son oncle1 et il trouva un royaume4 ,tout vient en son temps4 ,quand j'aurai pris mon premier grade1 ce sujet me reviendra propos4 ,il soupira4 ,mon grade6 ces odieux ,articles6 plutt1 quand j'aurai pass mon examen4 ,mais quoi bon rester ici4 ,et il se leva la hte de son lit1 tout en faisant sur lui le signe de la croix4 ,ses yeux rencontrrent la lettre4 ,elle est bien crite2 mieux que ,willis ne pourrait le faire2 non1 elle n'est pas de ,willis4 ,il y a quelque chose que je ne puis comprendre par rapport ce jeune homme4 ,je voudrais bien savoir comment il s'entend avec sa mre4 ,je ne pense pas qu'il ait des surs4 ,,chapitre ,,xviii4 ,l'glise anglicane et l'glise romaine ne font-elles qu'une seule et mme glise8 ,campbell avait t enchant de ,reding1 et son intrt pour ce jeune homme n'avait pas diminu1 quoique ,bateman lui et fait entendre que l'attachement de ,charles pour l'glise d',angleterre tait en pril4 ,peu de temps aprs1 il lui fit une visite et l'invita dner4 ,lorsque ,charles lui eut rendu la mme politesse1 il commena s'tablir entre le recteur de ,sutton et la famille de ,boughton une liaison qui devint de l'intimit avec le temps4 ,campbell tait un vrai gentleman1 qui avait beaucoup voyag3 d'une intelligence vive1 d'un esprit ardent1 d'une franchise loyale1 il tait vers dans la thologie anglicane et plein de dvouement pour son glise2 quant sa position matrielle1 il jouissait d'une grosse cure dont les revenus faisaient de lui presque un dignitaire de l'tablissement4 ,marie tait charme de cette connaissance1 parce qu'elle plaait son frre sous l'influence d'un esprit qu'il ne pouvait point ne pas estimer2 d'ailleurs1 comme ,campbell avait une voiture1 naturellement il pargnerait ,charles1 en venant lui-mme ,boughton1 la perte d'une journe d'tude et la fatigue d'une promenade dans la boue pour aller au presbytre4 ,il arriva ainsi que ,campbell venait deux fois chez madame ,reding1 tandis que ,charles n'allait qu'une fois ,sutton4 ,mais quel que ft le rsultat de ces visites1 rien de particulier ne mrite d'en tre not dans notre rcit2 nous n'en parlerons donc pas4 ,un jour ,charles allait voir ,bateman4 ,a son entre dans le salon1 il fut tonn de trouver son ami et ,campbell occups leur collation et s'entretenant avec un troisime personnage4 ,il y eut un moment de surprise et d'hsitation son arrive4 ,en jetant les yeux sur l'tranger1 il sentit lui-mme un lger embarras qu'il ne put matriser4 ,c'tait ,willis1 et1 selon toute probabilit1 on travaillait le reconvertir4 ,charles1 videmment1 tait de trop2 mais il n'y avait rien faire2 il changea donc une poigne de main avec ,willis1 et accepta la pressante invitation que lui fit ,bateman de se mettre table et de partager leur pain et leur fromage4 ,charles s'assit en face de ,willis1 et pendant quelque temps il ne put le quitter des yeux4 ,tout d'abord1 il eut quelque peine croire qu'il et devant lui ce jeune homme imptueux qu'il avait connu deux ans et demi auparavant4 ,dans une socit nombreuse1 ,willis avait toujours gard le silence2 mais cette heure1 il tait compltement chang en cela comme en tout le reste4 ,il ne parlait pas plus qu'il ne fallait1 mais sa parole tait libre et aise4 ,le changement toutefois le plus remarquable tait dans son air et ses manires4 ,il avait perdu son teint de fracheur et de jeunesse2 l'expression de sa figure tait la vrit plus douce qu'auparavant et trs-calme1 mais on remarquait une lgre contraction de chaque ct de la bouche2 ses joues taient maigries1 et il avait l'air d'un homme de trente ans4 ,quand il entra en conversation et qu'il fut anim1 l'ancien ,willis reparut4 ,voil un plat qui doit nous tonner tous dans cette saison1 dit ,charles en se servant de crme1 car aucun de nous n'appartient au ,devonshire4--,cette crme n'est pas particulire ce comt1 rpondit ,campbell2 on la trouve sur le continent4 ,a ,rome1 il y a une espce de crme ou de fromage qui y ressemble et qui est trs-commune4--,comment le beurre et la crme peuvent-ils se conserver dans un climat si chaud8 demanda ,charles2 je croyais qu'on y substituait l'huile4--,il ne fait pas ,rome aussi chaud que vous vous l'imaginez1 repartit ,willis1 except pendant l't4--,l'huile8 c'est vrai1 dit ,campbell2 c'est pourquoi l'criture nous parle de la multiplication de l'huile et de la farine1 qui semblent rpondre au pain et au beurre4 ,a ,rome1 l'huile est excellente1 trs-limpide et trs-claire2 on peut la prendre comme du lait4--,elle a1 je suppose1 un got particulier1 dit ,charles4--,tout d'abord1 rpondit ,campbell2 mais on s'y accoutume bientt4 ,les substances telles que le lait1 le beurre1 le fromage et l'huile ont dans le principe un got spcial que l'usage fait disparatre4 ,le beurre de la fertile ,guernesey est trop fort pour les trangers1 tandis que les ,russes savourent l'huile de baleine4 ,la plupart de nos gots sont artificiels jusqu' un certain point4--,c'est certainement ainsi par rapport aux lgumes1 dit ,willis2 dans mon enfance1 je ne pouvais manger les fves1 les pinards1 les asperges ni les panais4--,c'est pourquoi1 reprit ,campbell1 votre menu d'ermite est non-seulement le plus naturel1 mais le seul naturellement agrable3 une crote de pain et de l'eau du torrent1 je suppose4--,ou les pois chiches du ,clerc de ,copmanhurst1 dit ,charles4--,le macaroni et les raisins de ,naples sont tout aussi naturels et plus agrables au got1 reprit ,willis4--,c'est plutt du luxe1 dit ,bateman4--,non1 rpondit ,campbell1 ce n'est pas du luxe2 le luxe1 dans son ide vraie1 est quelque chose de recherch4 ,ainsi ,horace parle de la peregrina lagos4 ,ce que la nature produit sponte su autour de nous1 quoique dlicieux1 n'est pas du luxe4 ,les canards sauvages ne sont pas du luxe dans votre ancien voisinage1 au milieu de vos marais d',oxford1 ,bateman2 il en est de mme des raisins ,naples4--,alors1 repartit notre hte1 les vieilles femmes d'ici donnent dans le luxe pour leur six pence de th1 car ce produit vient de la ,chine4 ,campbell se tut un instant4 ,ni lui ni ,bateman ne paraissaient leur aise2 on les et dit galement gns l'un vis--vis de l'autre2 cela pouvait provenir de l'arrive inattendue de ,charles1 ou de tout autre incident survenu auparavant4 ,a la fin1 ,campbell rpondit que les bateaux vapeur et les chemins de fer opraient d'tranges changements2 que le temps et l'espace disparaissaient1 et que bientt le prix serait la seule mesure du luxe4 ,le prix parat tre galement la mesure du grasso et du magro en ,italie1 dit ,willis2 car je crois qu'il y a des dispenses pour la viande de boucher en carme1 cause de la chert du pain et de l'huile4--,cela prouve1 remarqua ,campbell1 que le sicle de l'abstinence et du jene est pass2 car il est absurde de faire le carme avec du buf ou du mouton4--,oh6 ,campbell1 que dites-vous8 s'cria ,bateman3 ,pass6 sommes-nous lis par leurs pratiques relches d',italie8--,eh bien1 quant moi1 mon cher1 je crois que le jene ne convient pas notre sicle1 en ,angleterre comme ,rome4 ,prenez-y garde1 mes bons amis1 pensa ,charles2 serrez vos rangs1 ou votre prisonnier vous chappe4 ,quoi6 s'cria ,bateman1 ne pas jener le vendredi6 ,nous observions toujours cette loi trs-svrement ,oxford4--,cela vous fait honneur1 rpliqua ,campbell1 mais je suis de ,cambridge4--,mais que pensez-vous des ,rubriques et du ,calendrier8 reprit ,bateman4--,ils n'obligent pas1 rpondit ,campbell4--,ils obligent1 riposta ,bateman4 ,il y eut un moment de silence1 comme parmi les spectateurs d'un combat de boxeurs4 ,charles s'interposa3 ,bateman1 donnez-moi un morceau de votre excellent pain1 fait ici1 je suppose8--,mille pardons6 ,reding444 ,ils n'obligent pas8444 ,s'il vous plat1 ,willis1 passe-le-lui1 ,oui1 il vient de la ferme1 la porte voisine4 ,je suis heureux que vous l'aimiez444 ,je le rpte1 ils obligent1 ,campbell4--,singulire obligation1 quand ils n'ont jamais oblig1 repartit celui-ci2 ils existent depuis deux ou trois cents ans2 quand ont-ils t mis en vigueur8--,mais ils se trouvent dans le ,prayer-,book4--,oui1 et laissez-les-y reposer1 et ne les en faites jamais sortir2 ils y resteront jusqu' la fin de l'histoire4--,oh6 fi donc6 vous devriez venir en aide votre mre dans ses difficults1 et ne pas ressembler au prtre et au lvite4--,ma mre ne dsire point tre aide4--,quel langage6 que ferai-je8 que peut-on faire8 s'cria le pauvre ,bateman4--,que faire8 ,rien1 rpondit ,campbell2 n'est-ce pas ici comme une loi tombe en dsutude8 ,or1 une loi ne cesse-t-elle pas d'obliger quand on n'en presse pas l'accomplissement8 ,j'en appelle ,m4 ,willis4 ,willis1 ainsi interpell1 rpondit qu'il n'tait pas un thologien de morale2 mais il avait assist quelques cours1 et il croyait que c'tait la rgle catholique1 que lorsqu'une loi1 aprs sa promulgation1 n'tait pas observe par la majorit1 si le lgislateur1 connaissant cet tat de choses1 gardait le silence1 il tait cens rvoquer la loi ipso facto4 ,quoi6 dit ,bateman ,campbell1 vous en appelez l'glise de ,rome8--,non1 rpondit celui-ci2 j'en appelle toute l'glise catholique1 dont1 pour ce cas particulier1 ,rome1 par hasard1 a expos la doctrine4 ,c'est un principe de sens commun1 que1 si une loi n'est pas presse dans son excution1 la fin elle cesse d'obliger4 ,autrement1 ce serait une vraie tyrannie2 nous ne saurions plus o nous en sommes4 ,l'glise de ,rome ne fait qu'exprimer cette donne du sens commun4--,eh bien donc1 reprit ,bateman1 j'en appellerai galement l'glise ,romaine4 ,rome est une partie de l'glise ,catholique1 aussi bien que notre glise2 puis donc que l'glise de ,rome a toujours maintenu les jenes1 la loi n'est pas abolie2 la plus grande partie de l'glise ,catholique l'a toujours observe4--,mais elle ne l'observe pas1 rpliqua ,campbell2 aujourd'hui1 elle dispense du jene1 vous l'avez entendu4 ,willis s'interposa pour faire une question4 ,voulez-vous donc dire1 ,bateman1 que l'glise d',angleterre et l'glise de ,rome ne font qu'une mme glise8--,trs-certainement1 rpondit notre hte4--,est-ce possible8 dit ,willis2 quel sens attachez-vous au mot une8--,je le prends en tout sens1 except celui d'inter-communion4--,c'est--dire1 je suppose1 qu'elles sont une1 except qu'elles n'ont aucun rapport entre elles4 ,bateman en convint4 ,willis continua3 ,pas de rapport1 c'est--dire pas de relations sociales1 pas de consultations ni d'entente1 pas de commandement ni d'obissance1 pas de support mutuel1 en un mot pas d'union visible4 ,bateman approuva encore4 ,eh bien1 voici ma difficult1 ajouta ,willis3 je ne puis comprendre comment deux parties peuvent faire un seul corps visible1 si elles ne sont pas visiblement unies2 l'unit implique l'union4--,je ne vois pas cela du tout repartit ,bateman2 je ne le vois pas du tout4 ,non1 ,willis2 ne vous attendez pas ce que je vous cde l-dessus2 c'est un de nos principes4 ,il n'y a qu'une seule glise visible1 et c'est pourquoi les glises d',angleterre et de ,rome en forment toutes deux des parties4 ,campbell vit clairement que ,bateman s'tait jet dans une difficult1 et il vint lui porter secours sa faon4 ,il nous faut poser le cas1 dit-il1 d'une manire plus dfinie4 ,un royaume peut tre divis1 il peut tre dchir par des partis1 par des dissensions1 et cependant tre encore un royaume4 ,telle est1 je le comprends1 la condition relle de l'glise1 et c'est de la sorte que les glises d',angleterre1 de ,rome et de ,grce n'en forment qu'une4--,je suppose que vous m'accorderez1 rpondit ,willis1 que plus un parti rebelle est fort1 plus l'unit du royaume est menace2 et si la rbellion triomphe1 ou si les partis1 dans une guerre civile1 s'entendent pour partager entre eux l'autorit et le territoire1 alors sur-le-champ1 au lieu d'un royaume1 vous en avez deux4 ,il y a quelques annes1 la ,belgique tait une partie du royaume des ,pays-,bas2 l'appelleriez-vous encore maintenant une partie de ce mme royaume8 ,or1 tel parat tre le cas pour les glises de ,rome et d',angleterre4--,mais un royaume peut tre en tat de dcadence1 rpliqua ,campbell2 voyez l',empire ,turc en ce moment4 ,l'union entre les parties spares est si faible1 que chaque pacha peut tre appel souverain2 pourtant1 c'est un seul royaume4--,donc l'glise1 en ce moment1 objecta ,willis1 est un royaume qui tend sa dissolution8--,certainement4--,et elle finira par tomber8--,sans doute3 lorsque la fin arrivera1 selon la parole de ,notre-,seigneur3 ,quand le ,fils de l',homme viendra1 trouvera-t-il la foi sur la terre8 ,prcisment comme dans le cas du peuple lu3 le sceptre sortit de ,juda quand vint le ,messie4--,eh bien1 j'ose l'affirmer1 rpliqua ,willis1 l'glise a dj failli avant la fin1 d'aprs l'ide que vous vous faites de sa chute4 ,peut-il y avoir une sparation plus complte que celle qui existe aujourd'hui entre l'glise de ,rome1 celle de ,grce et celle d',angleterre8--,elles pourraient s'excommunier l'une l'autre1 repartit ,campbell4--,vous voulez donc assigner l'avance quelque chose de dfini dont l'accomplissement constituera une sparation relle4--,ne faites pas cela1 ,campbell1 dit ,reding1 c'est dangereux4 ,ne vous jetez pas dans une question morale2 car alors1 si la chose spcifie arrivait1 il deviendrait difficile de voir notre chemin4--,non1 reprit ,willis2 vous seriez certainement dans l'embarras2 mais vous vous retrouveriez1 je le sais4 ,dans ce cas1 vous choisiriez un autre ultimatum pour votre marque de schisme4 ,ce serait1 ajouta-t-il avec une certaine motion1 dans le plus profond abme un abme plus profond encore4 ,ces dernires paroles taient loin de s'harmoniser avec le ton de la conversation qui avait rgn jusque-l1 et elles firent clater notre hte1 qui1 pendant quelque temps1 tait rest auditeur impatient4 ,en vrit1 ,campbell1 votre marche est dangereuse1 dit-il2 je ne puis vous suivre4 ,il ne sera jamais bien de dire que l'glise va sa chute2 non l'glise ne peut faillir4 ,elle est toujours forte1 pure1 et parfaite1 selon le langage des prophtes4 ,voyez ses cathdrales1 les glises de ses abbayes et les autres sanctuaires2 voil le type de l'glise4--,mon cher ,bateman1 rpondit ,campbell1 je veux1 comme vous1 maintenir l'accomplissement des prophties faites l'glise2 mais il nous faut admettre le fait que les branches de l'glise sont divises1 tout en soutenant la doctrine que l'glise doit tre une4--,je ne suis pas de votre avis1 mon cher ami4 ,non1 il n'est pas ncessaire d'admettre cela4 ,il n'y a pas plusieurs glises2 il n'y a en tous lieux qu'une seule glise1 et elle n'est pas divise4 ,ce sont simplement les formes extrieures1 les apparences1 les manifestations de l'glise qui sont diffrentes4 ,l'glise est une autant que jamais4 ,c'est comme dans le pain consacr1 la substance matrielle est brise1 mais la prsence du ,christ reste une et la mme4 ,cette doctrine n'est pas admissible1 rpondit ,campbell2 et il se leva devant le feu1 videmment mal l'aise4 ,la nature ne vous a pas cr controversiste1 mon cher ,bateman1 se dit-il lui-mme4 ,c'est comme je le pensais1 reprit ,willis2 ,bateman1 vous dcrivez une glise invisible4 ,c'est l'indfectibilit de l'glise invisible1 et non celle de l'glise visible1 que vous soutenez4 ,les voil embourbs1 pensa ,charles2 mais je ferai de mon mieux pour sortir de l ce pauvre ,bateman4 ,non1 reprit-il2 ,bateman veut dire qu'une glise prsente dans quelques points particuliers une apparence diffrente d'une autre glise3 mais il ne s'ensuit pas que dans le fait elles n'aient pas aussi un accord visible4 ,toute diffrence implique un accord2 les glises d',angleterre et de ,rome s'accordent visiblement et diffrent de mme4 ,songez1 ,willis1 aux diffrents styles d'architecture1 et vous verrez quelle est sa pense4 ,une glise est une glise partout2 elle est visiblement une et la mme1 et cependant que de diffrences il y a d'glise glise6 ,nos glises sont gothiques1 celles du ,midi sont grecques4 ,quelle diffrence entre une basilique et la cathdrale d',york6 ,pourtant elles s'accordent visiblement ensemble4 ,personne ne les prendra1 ni l'une ni l'autre1 pour une mosque ou un temple juif4 ,mais on peut discuter pour savoir quel est le meilleur style2 l'un aime la basilique1 l'autre appelle ce style paen4--,c'est mon opinion1 dit ,bateman4--,un peu d'exagration1 comme de coutume1 reprit ,campbell4 ,la basilique est belle en son lieu4 ,il y a deux choses que le gothique ne peut produire1 la ligne ou la fort de colonnes rondes et polies1 et le dme gracieux s'arrondissant sur la tte du spectateur comme le bleu firmament4 ,tout le monde fut satisfait de cette diversion la controverse religieuse4 ,on continua donc avec beaucoup d'entrain la conversation plus lgre qu'on venait d'ouvrir4 ,je dois l'avouer1 dit ,willis2 les glises de ,rome ne m'impressionnent pas comme les glises gothiques2 je les respecte1 elles me pntrent d'une sainte terreur1 mais j'aime l'arcade gothique1 sa vue me fait plaisir4--,il y a d'autres raisons de ce sentiment1 reprit ,campbell2 ,rome1 les glises sont incompltes et malpropres4 ,rome est une ville de ruines2 les temples chrtiens sont btis sur des ruines1 et ils sont eux-mmes1 en gnral1 dlabrs ou prs de s'crouler2 ce sont1 passez-moi l'expression1 des ruines de ruines4 ,campbell tait sur un sujet plus facile que celui de l',anglo-,catholicisme1 et1 comme personne ne l'interrompait1 il continua son aise3 ,a ,rome1 d'normes et hauts contre-forts remplacent les colonnes1 et sont revtus de pltre froid ou de peintures1 au lieu de marbre1 ce qui donne aux glises un air indescriptible d'abandon4 ,willis ajouta qu'il s'tait souvent demand ce qui pouvait amener ,rome tant d'trangers1 c'est--dire tant de ,protestants4 ,c'est une ville si solitaire1 si triste6 continua-t-il8 ,qu'y trouve-t-on1 en effet8 ,un amas de dcombres1 un terrain ingal1 des chausses droites1 enfermes dans de hautes et monotones murailles2 les monuments antiques se perdant au milieu de solitudes immenses2 des palais ternis par le temps1 des arbres sans verdure1 des rues o l'on enfonce dans la boue jusqu' la cheville1 d'pais nuages de poussire et de paille qui vous aveuglent et vous touffent1 un climat trs-variable1 l'air du soir trs-dangereux4 ,naples est bien un paradis terrestre1 mais ,rome n'est qu'une ville de foi4 ,chercher les reliquaires qu'elle contient serait une vraie pnitence1 comme cela doit tre pour un vrai ,chrtien4 ,je comprends l'attrait des ,catholiques pour cette ville2 mais je suis surpris d'y voir des ,protestants4--,il y a un charme auprs des limina ,apostolorum1 dit ,reding1 ,saint-,pierre et ,saint-,paul ne sont pas l pour rien4--,il y a une raison plus palpable1 reprit ,campbell2 c'est que cette ville est un rendez-vous universel de toutes les parties du monde4 ,il n'y a pas de socit aussi varie que celle de ,rome4 ,vous allez un bal2 votre hte1 que vous saluez dans le premier salon1 est ,franais2 vous avancez1 vos yeux aperoivent la petite fille de ,massna en conversation avec ,mustapha-,pacha2 bientt vous vous trouvez assis entre un charg d'affaires yankee et un colonel russe2 et en face de vous un ,anglais se fait remarquer par son excentricit4 ,ici ,campbell1 aprs avoir regard sa montre1 jeta un coup d'il ,willis1 qu'il avait amen ,melford pour rendre sa visite ,bateman4 ,il tait temps pour eux de partir1 s'ils ne voulaient tre surpris par la nuit4 ,notre hte1 qui se trouvait fort mcontent depuis qu'il avait parl1 c'est--dire depuis environ un quart d'heure1 n'tait pas d'humeur faire des instances pour les retenir1 non plus que ,reding2 il se trouva donc bientt seul4 ,il approcha son fauteuil du feu4 ,pendant quelques instants1 il n'prouva que le sentiment d'un profond dgot4 ,a la fin1 pourtant1 ses penses commencrent se drouler1 et elles prirent la forme suivante3 ,c'est dommage1 c'est dommage1 se dit-il2 ,campbell est un homme trs-habile1 bien plus habile que moi2 c'est mme un homme instruit2 mais il n'a pas de tact4 ,c'est dplorable2 l'arrive de ,reding a t un malheur2 nous aurions pu1 toutefois1 la faire tourner notre avantage2 mais employer les arguments dont il s'est servi6 ,comment pouvait-il esprer de le convaincre8 ,il nous a rendus simplement la rise des autres444 ,comment s'est-il tir d'affaire8 ,il a dit que les ,rubriques ne lient pas4 ,qui jamais entendit pareil langage1 au moins de la part d'un ,anglo-,catholique8 ,comment prtendre tre bon ,catholique avec de telles ides8 ,mieux vaudrait s'appeler ,protestant ou ,erastien tout d'un coup2 on saurait au moins quoi s'en tenir4 ,quelle fcheuse impression cela doit avoir faite sur ,willis6 ,je m'en suis bien aperu2 il avait de la peine contenir un sourire2 mais ,campbell n'a aucun tact4 ,il va1 il va son chemin1 jetant ses penses1 qui sont trs-subtiles1 trs-originales1 certainement1 mais il ne tient jamais compte de la socit prsente4 ,et puis1 il est si positif1 si tranchant2 c'est trs-dsagrable1 je ne sais parfois comment je puis supporter tout cela4 ,oh6 voici une cruelle affaire1 l'effet doit en tre dsastreux4 ,pauvre ,willis6 je suis certain que nous ne l'avons pas fait avancer d'un pouce4 ,il m'a paru mme1 un moment1 qu'il riait de moi444 ,qu'a-t-il dit ensuite8 ,il y avait quelque autre chose1 je le sais4 ,ah6 je me souviens4 ,l'glise ,catholique est en ruines1 elle est brise en morceaux6444 ,quel paradoxe6 qui le croira1 si ce n'est lui8 ,j'avoue que je suis si vex1 que je ne sais que faire4 ,il se leva brusquement et se mit se promener en long et en large4 ,et tout cela1 parce que les vques n'interviennent point4 ,on ne peut le dire1 et c'est ce qu'il y a de plus triste1 mais ils sont au fond la cause du mal4 ,ils n'auraient qu' montrer leur petit doigt et rendre obligatoires les ,rubriques1 ds lors toute controverse serait finie444 ,mais je croyais qu'il y avait encore autre chose4 ,eh6 oui1 il a dit qu'il n'tait pas ncessaire de jener6 ,mais les tudiants de ,cambridge sont toujours singuliers1 ils ont toujours quelque caprice4 ,il aurait d venir ,oxford2 nous en aurions fait un homme4 ,on ne peut le nier1 il a plusieurs bons principes2 mais il court les thories1 caresse sa marotte et pousse les consquences l'extrme4 ,notre hte fut interrompu au milieu de ses rflexions par son clerc1 qui venait lui dire que ,john ,tims avait jur que sa femme ne ferait pas ses relevailles l'glise devant l'assemble1 et qu'il tait presque dcid faire baptiser son enfant par les ,mthodistes4 ,cet incident donna une nouvelle direction aux penses de ,bateman4 ,,chapitre ,,xix4 ,de quelques pratiques religieuses4 ,l'hiver avait t en gnral sec et agrable4 ,en fvrier et en mars1 les pluies furent si abondantes et les vents si forts que ,bateman ne vit gure ,charles ni ,willis4 ,il n'avait pas renonc1 pourtant1 ses projets sur ce dernier1 mais le difficile pour lui tait de trouver le meilleur moyen de les faire russir4 ,quant ,campbell1 il tait rsolu l'exclure de toute participation son uvre2 il hsitait1 au contraire1 l'gard de ,charles4 ,il l'avait trouv beaucoup moins catholique romain qu'il ne s'y attendait1 et il pensait qu'en se confiant lui1 et en le faisant son agent auprs de ,willis1 il parviendrait peut-tre lui donner une direction anglicane4 ,en consquence1 il lui fit part de sa sollicitude pour ramener ,willis l'glise de son baptme4 ,charles lui conseilla de laisser les choses en paix1 ajoutant qu'il pourrait russir loigner de ,rome le jeune converti sans le ramener l',anglicanisme4 ,cet avis ne dcouragea pas ,bateman4 ,le temps s'tant amlior1 celui-ci les invita tous deux dner1 un des derniers dimanches du carme4 ,il voulait ce jour-l livrer bataille1 et1 dans ce dessein1 il avait lu avec soin les ouvrages les plus populaires contre l'glise de ,rome4 ,aprs y avoir beaucoup rflchi1 il se dcida diriger son attaque sur quelques-uns des maux pratiques1 d'aprs lui1 de l'glise ,romaine1 comme tant plus faciles prouver que des points de doctrine ou d'histoire2 matires d'ailleurs dans lesquelles ,willis pouvait bien tre plus vers que lui cette poque4 ,il considrait1 en outre1 que si ,willis avait jamais t branl dans sa nouvelle foi sur le continent1 c'tait par les exemples pratiques qu'il avait eus sous les yeux du rsultat des doctrines particulires de sa croyance1 lorsqu'elles taient librement suivies4 ,enfin1 dire vrai1 notre ami n'avait pas une ide trs-claire du nombre des principes qui lui taient communs avec l'glise de ,rome1 ni du point o il devait s'arrter dans les diffrents dtails du ,symbole du pape ,pie4 ,c'est pourquoi il tait videmment plus sr de borner son attaque des matires de pratique4 ,vous voyez1 ,willis1 dit-il quand ils furent table1 que je vous ai servi du maigre1 ignorant si vous avez une dispense4 ,nous ferons gras1 nous autres2 mais ne pensez pas que nous ne jenions certains jours4 ,je ne suis nullement de l'avis de ,campbell2 toutefois nous ne jenons pas le dimanche4 ,telle est notre rgle1 et je crois qu'elle remonte aux premiers sicles4 ,willis rpondit qu'il ignorait les usages de la primitive glise3 mais je pense1 ajouta-t-il1 que tout le monde admet que les matires de discipline peuvent tre modifies par l'autorit comptente4--,sans doute1 repartit ,bateman1 pourvu que tout soit d'accord avec le texte inspir de l'criture2 et il s'arrta1 dvor du dsir d'aborder quelque grand sujet1 si c'tait possible4 ,ne sachant comment s'y prendre1 il vit qu'il devait se jeter in medias res1 et il ajouta3 ,tout ce qu'on trouve dans les glises du continent ne s'accorde pas1 je prsume1 avec le texte inspir4--,vous voulez parler1 je suppose1 dit ,willis innocemment1 des antependia1 des dorsals1 des autels de pierre1 des chapes et des mitres2 sans doute1 ces choses ne se trouvent pas dans l'criture4--,c'est vrai1 dit ,bateman2 mais quoiqu'elles ne se trouvent pas dans l'criture1 ces choses ne sont pas en contradiction avec la ,bible4 ,elles sont toutes trs-lgitimes2 mais le culte des ,saints1 spcialement celui de la ,sainte ,vierge1 le culte des ,reliques1 les prires marmottes dans une langue inconnue1 les ,indulgences et les ,communions rares sont1 je le crois1 en contradiction directe avec l'criture4--,mon cher ,bateman1 repartit ,willis1 vous paraissez vivre dans une atmosphre de controverse2 c'est comme ,oxford1 il y avait toujours chez vous quelque argument sur le tapis4 ,la religion nous est octroye pour jouir de ses charmes1 et non pour en faire un objet de dispute4 ,donnez-moi une autre tranche de ce gigot4--,oui1 ,bateman1 ajouta ,reding1 laissez-nous savourer votre dner4 ,willis le mrite1 car je crois qu'il a fait une bonne promenade aujourd'hui4 ,n'avez-vous pas t pied ,seaton8 ,une route de quatorze milles1 et un terrain accident4 ,en certains endroits1 le chemin doit tre encore boueux4--,c'est vrai1 dit ,bateman4 ,prenez un verre de ce vin1 ,willis2 il est bon2 c'est du madre que j'ai reu d'une de mes tantes4--,willis nous fait honte1 reprit ,charles1 nous qui n'avons eu qu'un pas faire de notre chambre jusqu' l'glise1 tandis que1 lui1 il a fait un plerinage la sienne4--,je n'attaque pas notre ami1 rpondit ,bateman2 il s'agissait seulement d'un point sur lequel je le croyais d'accord avec moi2 savoir1 qu'il y a bien des corruptions de culte dans les glises du continent4 ,voyant que son silence commenait tre remarqu1 ,willis rpondit qu'il pensait que les personnes non catholiques ne peuvent indiquer ce qui est corruption et ce qui ne l'est pas4 ,ici la controverse s'arrta encore2 ,willis ne paraissait pas d'humeur la poursuivre1 peut-tre aussi tait-il trop fatigu4 ,ils mangrent donc et ils burent1 se contentant d'assaisonner le repas de quelques lieux communs1 jusqu' ce que la nappe ft leve4 ,le dner fini1 on recula un peu la table1 et les trois amis se placrent devant le feu que ,bateman ranima4 ,deux d'entre eux au moins avaient mrit quelque relche1 et c'tait prcisment les deux qui1 se posant en mutuels adversaires1 allaient se battre dans la prochaine controverse4 ,l'un avait fait une longue course2 l'autre avait eu deux services entiers1 un baptme et un enterrement4 ,l'armistice dura un grand quart d'heure4 ,charles et ,willis employrent ce temps une causerie amicale4 ,bateman1 de son ct1 profita de ce rpit pour combiner ses moyens d'attaque4 ,se trouvant enfin prt pour l'assaut1 il l'ouvrit selon les rgles4 ,allons1 mon cher ,willis1 dit-il1 je ne puis vous lcher de la sorte2 je suis sr que ce que vous avez vu sur le continent vous a scandalis4 ,l'attaque tait presque grossire3 ,willis rpondit que s'il et t protestant1 il aurait t facilement choqu2 mais il tait catholique2 et un soupir presque imperceptible s'chappa de sa poitrine4 ,d'ailleurs1 s'il avait t tent de se scandaliser1 il se serait souvenu qu'il appartenait une glise qui ne peut errer dans aucune matire importante4 ,il ne s'tait pas joint l'glise pour critiquer1 mais pour apprendre4 ,j'ignore1 ajouta-t-il1 ce qu'on entend quand on dit que nous devons avoir la foi1 que la foi est une grce1 que la foi est le moyen de notre salut1 s'il n'y a aucun point sur lequel nous ayons l'exercer4 ,la foi marche contre la vue3 donc1 moins qu'il n'y ait des choses qui vous heurtent1 il n'y a rien contre quoi vous ayez marcher4 ,bateman cria au paradoxe4 ,s'il en est ainsi1 rpliqua-t-il1 pourquoi ne pas nous faire ,mahomtans8 ,nous aurions alors assez de matires pour exercer notre foi4 --,eh bien1 repartit ,willis1 supposons que votre ami1 homme honorable1 est accus de vol1 et que les apparences lui sont contraires2 admettriez-vous de prime abord l'accusation8 ,ce serait une belle preuve pour votre foi en lui2 et si par la suite il tait en mesure de montrer son innocence1 je ne crois pas qu'il vous ft trs-reconnaissant1 dans le cas o vous auriez attendu son explication pour prendre son parti2 la connaissance que vous aviez de sa personne ne vous permettait pas de le suspecter4 ,si donc1 je m'unis l'glise ayant foi en elle1 quoi que je puisse voir qui me surprenne1 ce n'est qu'une preuve pour ma foi4--,c'est vrai1 dit ,charles2 mais la foi doit avoir un fondement2 nous ne pouvons pas croire sans raison2 et la question est de savoir si certains actes de l'glise ne sont pas un sujet lgitime de former un jugement en sa faveur1 ou contre elle4--,un catholique1 comme je l'tais sur le continent1 rpondit ,willis1 a dj trouv ses motifs de crdibilit1 car il croit2 mais pour celui qui ne l'est pas1 un protestant par exemple1 je tiens pour certain qu'il aura probablement des ides fausses touchant le culte catholique4 ,il peut facilement arriver qu'il ne le comprenne pas4--,cependant il y a des gens qui ont autrefois t convertis par la seule vue de ce culte1 objecta ,reding4--,certainement1 rpondit ,willis2 ,dieu opre de mille manires4 ,dans le culte catholique1 il y a bien des choses capables de frapper un protestant1 mais il y en a aussi beaucoup qui doivent l'embarrasser2 par exemple1 la dvotion la ,sainte ,vierge1 dont parlait notre ami4 --,vous ne pouvez le nier1 reprit ,bateman2 cela est vident2 il est impossible que le culte rendu par les ,catholiques ,romains la ,sainte ,vierge ne porte pas atteinte la suprme adoration due au ,crateur seul4--,voil prcisment un exemple de ce que je disais1 rpondit ,willis1 vous jugez a priori2 vous ne connaissez pas la chose par exprience1 mais vous dites3 ,cela doit tre1 il ne peut en tre autrement4 ,telle est la manire dont un protestant juge et tire ses conclusions2 mais un catholique1 qui pratique et ne s'en tient pas des ides spculatives1 sent la vrit du contraire4--,il est des choses1 repartit ,bateman1 qui ressemblent tellement des axiomes qu'elles dispensent de l'preuve4 ,d'ailleurs1 l'usage journalier est trs-propre cacher au peuple le mal rel de certaines pratiques4--trange aveuglement que le vtre6 rpliqua ,willis2 vous ne voyez pas que cet argument est celui-l mme que les diffrentes sectes emploient contre vous autres ,anglicans4 ,l',unitaire1 par exemple1 dit que la doctrine de l',expiation doit nous conduire considrer le ,pre1 non comme un ,dieu d'amour1 mais seulement comme un ,dieu de vengeance2 et il appelle immoral le dogme de l'ternit des peines4 ,de mme le ,wesleyen ou le ,baptiste dclare qu'il est absurde de supposer qu'un homme puisse admettre la doctrine de la rgnration baptismale et tre en mme temps un homme spirituel1 et il dit que cette doctrine doit avoir un effet engourdissant sur l'esprit et dtruire sa simple confiance dans l'expiation du ,christ4 ,je prendrai un autre exemple4 ,beaucoup d'excellents ,catholiques1 qui n'ont jamais vu d',anglicans1 sont aussi incapables de se faire une ide exacte de votre position que vous l'tes1 vous1 de vous reprsenter la leur4 ,ils ne peuvent s'expliquer comment vous tes assez illogiques que de ne pas marcher en avant ou reculer4 ,bien plus1 ils soutiennent que l'tat de votre esprit1 tel que vous le manifestez1 est impossible2 ils ne croient pas sa ralit4 ,quant moi1 je puis dplorer votre tat2 je puis croire que vous tes illogiques1 et quelque chose de pis2 mais je sais que c'est un tat qui existe4 ,de mme donc que j'admets qu'une personne peut reconnatre une glise ,catholique1 sans croire cependant que cette glise est celle de ,rome2 de mme1 je vous demande1 sous forme d'argumentum ad hominem1 si vous ne devez pas croire que nous pouvons honorer la ,sainte ,vierge comme la premire des cratures1 sans porter atteinte l'honneur d ,dieu4 ,tout au plus1 devriez-vous nous appeler illogiques2 mais vous ne devriez pas nier que nous faisons ce que nous vous affirmons4--,j'tablis une distinction1 repartit ,bateman3 il est bien possible1 je vous l'accorde1 qu'un ,catholique instruit mette une diffrence entre la dvotion la ,sainte ,vierge et le culte rendu ,dieu2 mais je soutiens seulement que la multitude ne fera pas cette diffrence4--,je sais que c'est votre pense1 rpondit ,willis2 et cependant1 je le rpte1 vous parlez1 non d'aprs l'exprience1 mais sur une raison a priori4 ,vous ne dites pas3 ,cela est ainsi1 mais1 ,cela doit tre ainsi4 ,il y eut un moment de silence2 puis ,bateman reprit la parole4 ,vous nous donnerez peut-tre quelque peine1 dit-il en riant1 mais nous sommes rsolus de vous ramener nous1 mon bon ,willis4 ,or1 je vous le demande1 vous qui aimez la vrit3 vient-elle du ciel cette glise qui enseigne des mensonges8--,il nous faut dfinir les mots vrit et mensonge1 rpondit ,willis en riant aussi4 ,mais cette dfinition nous tant tous deux connue1 je n'ai pas de peine dclarer comme proposition vidente qu'une glise qui enseigne des mensonges ne vient pas du ciel4--,naturellement1 vous ne pouvez nier la proposition1 reprit ,bateman2 eh bien1 donc1 n'est-il pas certain qu' ,rome mme il y a des reliques que rejettent aujourd'hui tous les hommes instruits1 et lesquelles cependant sont encore vnres comme reliques8 ,par exemple1 ,campbell m'a dit que les ttes rputes de saint ,pierre et de saint ,paul1 dans une des grandes basiliques de ,rome1 ne sont pas certainement celles des aptres1 puisque la tte de saint ,paul fut trouve avec son corps1 aprs l'incendie qui1 il y a quelques annes1 dvora son glise4--,je ne connais pas ce cas particulier1 mon cher ami2 mais vous posez une vaste question1 qui ne peut tre rsolue en quelques mots4 ,si je devais parler1 voici comment j'tablirais ma thse4 ,je commencerais par cette proposition1 que l'existence des reliques n'est pas invraisemblable2 m'accordez-vous ce point8--,je n'accorde rien2 continuez4--,eh bien1 il y a un grand nombre de reliques paennes que vous admettez4 ,qu'est-ce que ,pompi et tout ce qu'on y trouve1 sinon un immense reliquaire paen8 ,pourquoi n'y aurait-il pas1 ,rome et ailleurs1 des reliques chrtiennes1 comme il y en a de paennes8--,c'est juste4--,bien2 et les reliques peuvent avoir un caractre d'authenticit4 ,on voit encore de nos jours le tombeau des ,scipion1 sur lequel se lisent les noms de ces grands hommes4 ,supposez qu'on y et trouv des cendres1 n'admettriez-vous pas que ce sont les cendres d'un ,scipion8--,a la question6 ,plus vite4--,saint ,pierre1 continua ,willis1 parle de ,david dont le tombeau est au milieu de vous jusqu' ce jour4 ,il n'y a donc rien d'tonnant qu'une relique sacre soit conserve onze sicles et reconnue pour tre telle1 lorsqu'une nation se fait un devoir de la garder4--,vous battez les buissons1 s'cria ,bateman avec impatience2 allez plus vite4--,laissez-moi suivre ma route2 donc1 il n'y a rien d'invraisemblable1 en considrant que les chrtiens ont toujours trait avec soin les monuments des choses sacres444--,vous ne l'avez pas prouv1 repartit ,bateman1 qui craignait une manuvre cache sous ces paroles4--,eh bien1 reprit ,willis1 vous n'en doutez pas1 je suppose1 au moins depuis le quatrime sicle1 alors que sainte ,hlne apporta de la ,terre ,sainte les monuments de la ,passion de ,notre-,seigneur et les enferma ,rome dans la basilique1 qui1 pour ce motif1 fut appele ,santa-,croce4 ,quant aux temps antrieurs l'poque de la perscution1 les chrtiens eurent naturellement peu d'occasions de montrer une dvotion semblable1 et les souvenirs historiques y sont moins nombreux2 toutefois1 l'existence de ce respect est aussi sre et aussi certaine qu'aucun fait de l'histoire4 ,on ramassa les os de saint ,polycarpe1 disciple de saint ,jean1 aprs qu'il eut t brl1 comme on avait fait de ceux de saint ,ignace avant lui1 aprs son exposition aux btes2 et l'on en fit autant des os et du sang de tous les martyrs4 ,personne ne doute de ce fait2 je n'ai jamais rencontr de dissidence sur ce point4 ,de mme encore1 les disciples prirent le corps de saint ,jean-,baptiste 7et il serait bien trange qu'ils ne l'eussent pas fait71 et ils l'ensevelirent dans le tombeau1 selon l'expression de saint ,marc1 qui en parle comme d'une chose connue4 ,or1 pourquoi n'aurait-on pas de la mme manire1 et mme plus forte raison1 pris soin des corps de saint ,pierre et de saint ,paul1 quand ce n'et t que pour les ensevelir avec dcence8 ,mais si l'on a pris soin de ces corps au moment de leur martyre1 est-il tonnant qu'on les ait ensuite conservs8--,mais ils ne peuvent se trouver en deux endroits la fois1 objecta ,bateman4--coutez-moi1 mon ami3 s'il existe une tradition que dans un certain lieu se trouve une relique d'un aptre1 de prime abord il y a une probabilit qu'elle est l2 la prsomption est en sa faveur4 ,pouvez-vous le nier8 ,eh bien1 si l'on dit que la mme relique se trouve en deux endroits1 alors l'une ou l'autre des deux traditions est fausse1 et prima facie leur valeur respective en est affaiblie4 ,cela1 je l'admets1 mais je me garderai bien de rejeter ces deux traditions la fois2 chacune d'elles a encore sa valeur1 quoique individuellement diminue4 ,or1 supposez qu'il existe des circonstances qui confirment l'une1 l'autre s'en trouve d'autant plus affaiblie1 et la fin la probabilit de sa vrit peut disparatre2 et quand1 un long temps s'tant coul1 les tmoignages lui restent toujours contraires1 alors cette tradition est compltement abandonne4 ,mais tout cela est l'uvre du temps4 ,d'ailleurs ce n'est pas plus une objection contre la doctrine et la pratique de la vnration des reliques d'entendre dire qu'un corps se trouve dans deux endroits1 que ce n'est une accusation contre l'histoire profane de voir1 propos de ,charles ,ier1 certains historiens nous soutenir qu'il fut enseveli ,windsor1 et d'autres ,westminster2 problme qui a t rsolu dans ces derniers temps#fg2 c'est une question de tmoignage1 et elle doit tre traite comme telle4--,mais si la tte de saint ,paul a t trouve sous l'glise qui porte son nom1 repartit ,bateman1 il est assez clair qu'elle n'a pas t conserve dans l'autre basilique4--,c'est vrai2 mais les questions graves de ce genre ne peuvent se dcider en un instant4 ,quant moi1 j'ignore les circonstances de ce fait1 et je ne prends que votre relation4 ,il faut donc prouver que c'est la tte de saint ,paul qu'on a trouve avec son corps2 car1 puisqu'il fut dcapit1 la tte et le corps ne sauraient tre joints ensemble4 ,voil une question2 et combien d'autres surgiraient6 ,il n'est pas facile d'tablir une question d'histoire4 ,on voit tous les jours revivre des controverses de ce genre qui semblaient rsolues4 ,c'est trs-bien pour des historiens profanes de renoncer tout d'un coup une tradition ou un tmoignage1 et pour une gnration de s'en moquer2 mais l'glise ne peut faire ainsi4 ,elle a une responsabilit religieuse1 et elle doit procder lentement4 ,supposez qu'il arrive que les ttes qui se trouvent ,saint-,jean de ,latran sont1 aprs tout1 celles des ,aptres1 et que l'glise les ait rejetes2 est-ce admissible8 ,on voit tous les jours revivre des questions historiques1 disais-je4 ,walpole ne prouva-t-il pas admirablement que les deux petits princes assistaient la procession du couronnement du roi ,richard8 ,cependant1 il y a quelques annes1 deux squelettes d'enfants furent trouvs dans la ,tour la place mme o l'on disait que les enfants d'douard avaient t assassins et enterrs par le duc de ,gloucester4 ,je parle de mmoire1 mais le fait gnral que je cite est incontestable4 ,ussher1 ,pearson et ,voss prouvrent que les petites ptres de saint ,ignace taient authentiques2 et aujourd'hui1 aprs un laps de deux sicles1 la question est encore dbattue d'une manire assez plausible4 #fg ,il est parfaitement tabli maintenant que ,charles ,ier a t enseveli au chteau de ,windsor1 dans la magnifique chapelle de ,saint-,george4 ,c'est en #ahac que les doutes sur la spulture de ce roi ont t claircis4 ,la crmonie de l'exhumation eut lieu sous les yeux de ,george ,,iv et d'un petit nombre de tmoins4 ,il y eut un nouveau silence1 pendant lequel ,bateman rflchit ses faits et ses arguments2 mais rien ne se prsentait pour l'heure4 ,willis continua3 ,vous devez remarquer aussi que les reliques comme celles que vous avez mentionnes sont ordinairement sous la garde de corps religieux4 ,or1 naturellement1 ceux-ci sont jaloux de toutes les tentatives faites pour prouver qu'elles sont fausses1 et1 dans un esprit de corps bien pardonnable1 ils les dfendent de toute leur puissance et soulvent des obstacles contre toute dcision oppose4 ,c'est ainsi que votre socit dfend1 trs-juste titre1 la rputation de sa fondatrice1 la reine ,boadice4 ,si un jugement tait port contre elle par tous les tribunaux du pays1 votre brave et loyal prsident l'abandonnerait-il8 ,non4 ,un pareil fait briserait son cur magnanime1 et comme un preux chevalier il voudrait mourir au service de sa dame4 ,donc1 et d'aprs le devoir religieux et d'aprs le sentiment humain1 c'est une chose trs-difficile de faire dsavouer une relique reconnue4--,eh bien1 reprit notre hte1 d'aprs mon pauvre jugement1 il me semble que c'est une honte de conserver1 par exemple1 des inscriptions que tout le monde sait tre fausses4--,mon cher ,bateman1 rpliqua ,willis1 vous tournez dans un cercle vicieux2 tout le monde ne sait pas cela2 c'est un point qui est en voie d'tre tabli1 mais qui ne l'est pas encore4 ,vous pouvez dire que des individus l'ont tabli1 ou qu'il peut tre tabli1 mais1 je le rpte1 il ne l'est pas encore4 ,des cas semblables arrivent frquemment en matires civiles1 sans que pour cela personne parle mal des individus ou des corps existants4 ,jusque dans ces dernires annes1 le ,monument de ,londres#fh portait une inscription attestant que cette ville avait t brle par nous1 pauvres ,papistes4 ,dj1 il y a un sicle1 ,pope1 le pote1 appelait la colonne un grand matamore qui relve sa tte pour mentir2 et cependant l'inscription n'a t enleve que depuis peu de temps4 ,ce fut1 je crois1 l'poque de la restauration du ,monument4 ,l'occasion tait favorable pour faire disparatre une calomnie sur laquelle jusqu'alors on ne s'tait pas prononc dfinitivement1 et sur laquelle on ne se pronona pas1 non plus1 par gard prim facie pour l'autorit de la relation contemporaine de la calamit que la colonne rappelait4 ,il n'y a jamais un point fixe du temps o l'on puisse dire3 ,maintenant la tradition est prouve fausse4 ,lorsqu'une croyance reue a t ostensiblement expose1 la question reste dormante jusqu' ce que l'on trouve de nouvelles preuves4 ,si aucune ne se produit1 une cause accidentelle1 comme la restauration d'un monument1 la fait la fin disparatre4 #fh ,voy4 la note ,e4 ,nous sommes un peu sortis du sujet1 pensa ,bateman2 et il s'agitait sur sa chaise tchant de rattraper le fil de son raisonnement4 ,reding fit une objection4 ,il dit que personne ne connaissait l'inscription du ,monument1 ni ne s'en inquitait1 tandis que l'on rendait un culte religieux aux deux ttes qui se trouvent ,saint-,jean de ,latran4 ,c'est cela1 s'cria notre hte1 c'est prcisment ce que j'allais dire4--,eh bien1 rpondit ,willis1 quant ce cas particulier1 rappelez-vous que j'accepte votre relation1 puisque j'ignore le fait4 ,mais considrons l'tendue de cette erreur4 ,on ne doute nulle part qu'au moins ce ne soient des ttes de martyrs4 ,la seule et l'unique question est donc celle-ci3 ,sont-elles les vritables ttes des ,aptres8 ,depuis un temps immmorial elles ont t conserves sur ou sous l'autel comme les ttes de saints ou de martyrs2 et il suffit d'une lgre connaissance des antiquits chrtiennes pour tre parfaitement certain qu'elles sont rellement de saintes reliques1 lors mme qu'elles seraient inconnues4 ,la seule erreur1 donc1 est que les ,catholiques ont vnr1 sous un faux nom1 ce qui1 aprs tout1 tait digne de vnration4 ,peut-tre en ont-ils attendu des miracles1 confiance bien lgitime2 peut-tre encore ont-ils t les tmoins de ces miracles1 et cette hypothse est bien naturelle1 vu que1 quoiqu'on se trompt sur leur vrai nom1 ces reliques taient nanmoins des reliques de saints2 mais enfin tout cela n'est certainement pas une si grande affaire4--,vous avez avanc gratuitement trois propositions1 rpliqua ,bateman3 #a qu'on n'a plac sous les autels que des reliques de saints2 #b que ces reliques ont toujours t l2 #c444 ,je sais qu'il y avait un troisime point2 voyons444--,c'est trs-vrai1 repartit ,willis en l'interrompant1 et je vous aiderai encore pour quelques autres4 ,j'ai avanc qu'il y a dans le monde des ,chrtiens appels ,catholiques2 de plus1 qu'ils pensent que c'est bien de vnrer les reliques2 mais1 mon cher ,bateman1 ces propositions taient les principes et non le sujet de notre discussion1 et si l'on devait les dmontrer1 il faudrait une controverse particulire2 je pense1 toutefois1 que nous avons assez de controverse pour aujourd'hui4--,oui1 ,bateman1 reprit ,charles2 il se fait tard4 ,je dois songer mon retour4 ,donnez-nous du th1 et laissez-nous partir4--,partir8 s'cria ,bateman2 mais nous venons peine de dner1 et nous n'avons encore rien fait jusqu' prsent4 ,j'avais beaucoup de choses dire4 ,il sonna cependant pour le th1 et la table fut dgarnie4 ,,chapitre ,,xx4 ,un beau mouvement d'enthousiasme inattendu et communicatif4 ,la conversation se ralentit4 ,bateman tait encore affair avec sa mmoire1 et il devenait1 aussi1 impatient4 ,le temps s'coulait1 et aucun coup n'avait t frapp4 ,willis1 de son ct1 commenait biller1 et ,charles paraissait dsireux d'en finir4 ,ces ,papistes1 se disait ,bateman part lui1 tablissent leurs propositions d'une manire fort plausible1 mais de trs-mauvaise foi certainement2 on doit tre la hauteur de leurs ruses4 ,j'ose le dire1 si la vrit tait connue1 on saurait que ,willis a pris des leons2 il parat si grave2 je suis convaincu qu'il tient en rserve bien des choses1 et qu'il se joue de mon ignorance4 ,qui sait8 ,peut-tre est-ce un jsuite dguis444 ,cette pense tait terrible1 et elle arrta pendant quelques secondes le cours de ses rflexions4 ,si je pouvais savoir ce qu'il pense rellement6 ,il est si difficile de les dchiffrer6 ,ils ne disent rien de ce qui se passe chez eux1 et ils sont sous l'obissance4 ,on ne sait quand il faut les croire4 ,je souponne qu'il a t cruellement dsappoint par le ,romanisme2 il est si maigre444 ,mais naturellement il ne l'avouera pas4 ,un tel aveu blesse l'amour-propre1 et il veut tre consquent4 ,il ne veut pas qu'on se moque de lui1 il tire donc le meilleur parti des choses4 ,je voudrais savoir comment il faut le traiter4 ,j'ai eu tort d'inviter ,reding2 videmment ,willis ne peut tre expansif devant un tiers4 ,il ressemble au renard qui a perdu sa queue4 ,j'ai manqu de tact en cela1 je le vois maintenant4 ,chose trs-importante que d'avoir du tact6 ,ceci en demande beaucoup4 ,j'avais tant de choses lui dire sur les indulgences1 et sur la raret des communions6 ,je pense que je dois lui parler de la messe4 ,ainsi se tourmentait notre hte intrieurement1 tout en faisant le th4 ,il tenta enfin son dernier assaut4 ,eh bien1 ,willis1 dit-il1 nous vous ramnerons parmi nous la ,nol prochaine4 ,je ne puis vous accorder un plus long terme2 je suis certain de mon fait2 cela demande du temps1 cela ira avec lenteur1 mais c'est sr4 ,quelle joie alors6 je ne sais pas ce qui vous arrte4 ,vous ne faites rien cette heure2 vous tes relgu dans un coin2 vous dissipez votre existence4 ,qu'est-ce qui vous retient8 ,willis1 prenant un air trange1 rpondit simplement3 ,ce qui me retient8 ,la grce4 ,bateman fut bahi de cette rponse1 mais il se remit bientt3 ,me prserve le ciel1 reprit-il1 de traiter ces choses la lgre1 ou de m'occuper de vous indment6 ,je sais1 mon cher ami1 que vous tes un jeune homme srieux2 mais1 dites-moi1 je vous prie1 avec quelles raisons vous justifiez la messe telle qu'on la clbre sur le continent4 ,comment peut-on l'appeler un culte raisonnable1 alors que tous les prtres conspirent pour la marmotter au galop1 comme s'il ne leur importait absolument pas qu'on y assistt1 ou qu'on en comprt le sens8 ,parlez1 mon brave1 parlez1 ajouta-t-il en le frappant doucement sur l'paule4--,ce sont des questions difficiles1 rpondit ,willis2 dois-je m'expliquer8 ,des questions trs-difficiles1 rpta-t-il d'un ton plus anim et s'chauffant mesure qu'il parlait2 je veux dire qu'on les considre trs-diversement4 ,il est difficile de faire passer dans l'esprit d'une personne l'ide d'une autre4 ,l'ide du culte1 dans l'glise ,catholique1 est diffrente de celle que vous en avez dans votre glise2 car1 en vrit1 les religions sont diffrentes4 ,ne vous y trompez pas1 mon cher ,bateman1 continua-t-il avec douceur1 notre religion n'est pas la vtre un peu plus ou un peu trop dveloppe1 comme il vous plat de le dire4 ,non1 elles diffrent dans l'espce et non pas dans la valeur4 ,la religion ,romaine est une religion1 l',anglo-,catholicisme en est une autre4 ,et quand le temps viendra 7et il viendra7 pour vous1 tranger comme vous tes aujourd'hui1 de vous soumettre au joug aimable du ,christ1 alors1 mon cher ami1 ce sera la foi qui vous rendra capable de supporter les manires et les usages des ,catholiques1 lesquels sans cela pourraient vous surprendre4 ,autrement1 vos habitudes ds longtemps contractes1 les rapports de certains actes extrieurs avec les vrais actes intrieurs de dvotion pourraient vous embarrasser1 lorsque vous auriez vous conformer d'autres habitudes et vous crer d'autres associations d'ides4 ,mais cette foi dont je parle1 le grand bienfait de ,dieu1 vous rendra capable alors de vous surmonter vous-mme1 de soumettre votre jugement1 votre volont1 votre raison1 vos affections1 vos gots et vos penchants aux rgles et aux usages de l'glise4 ,ah6 pourquoi faut-il que la foi soit ncessaire en une telle matire1 et que ce qui est si naturel et si vident quand on est catholique ait besoin d'une explication6 ,quant moi1 je vous le dclare1 et il joignit ses mains sur ses genoux1 et1 le regard fixe1 comme s'il se ft parl lui-mme1 il dit3 ,quant moi1 rien ne me parat si consolant1 si touchant1 si saisissant1 si capable de subjuguer l'me entire que la messe telle qu'on la clbre parmi nous4 ,je pourrais y assister toute une longue vie1 sans prouver jamais de fatigue4 ,la messe1 elle n'est pas une simple forme de paroles2 c'est une grande action1 la plus grande action qui puisse tre accomplie sur la terre4 ,c'est1 non une pure invocation1 mais1 si j'ose employer le mot1 l'vocation mme de l'ternel4 ,il descend sur l'autel en chair et en sang1 ,celui devant qui les anges s'inclinent et les dmons tremblent4 ,c'est ce majestueux vnement qui est la fin et l'explication de toutes les parties de la solennit4 ,des paroles sont ncessaires1 non comme fin1 mais comme moyen2 ce ne sont pas de simples supplications au trne de la grce1 ce sont les instruments de ce qui est beaucoup plus haut1 de la conscration1 du sacrifice4 ,comme si elles taient impatientes d'accomplir leur mission1 elles se htent4 ,elles se suivent rapidement2 car toutes sont des parties d'une action intgrale4 ,rapidement elles vont2 car elles sont les paroles terribles du sacrifice1 elles sont une uvre trop grande pour s'y appesantir2 selon ce qui fut dit au commencement3 ,ce que vous faites1 faites-le rapidement4 ,rapidement elles passent2 car le ,seigneur ,jsus va avec elles1 comme il passa sur le lac aux jours de sa vie terrestre1 appelant vite d'abord l'un1 puis l'autre4 ,rapidement elles passent1 parce que tel l'clair brille d'un bout l'autre du ciel1 telle est la venue du ,fils de l',homme4 ,rapidement elles passent2 car elles sont comme les paroles de ,mose1 lorsque le ,seigneur descendit dans la nue1 appelant le nom du ,seigneur quand il passait3 ,le ,seigneur1 le ,seigneur ,dieu1 misricordieux et aimable1 patient et riche en bont et en vrit4 ,et comme ,mose sur la montagne1 nous aussi nous nous htons1 nous inclinons nos ttes1 et nous adorons4 ,et de mme encore1 tous rangs autour de l'autel1 chacun sa place1 nous tenons nos yeux fixs sur le grand avnement1 attendant l'agitation de l'eau2 chacun sa place1 avec son cur1 ses besoins1 ses penses1 son intention1 ses prires2 chacun sa place1 attentif l'action qui s'opre1 attentif ses progrs1 s'unissant sa consommation4 ,c'est ainsi que1 du commencement la fin1 suivant sans peine et d'un cur plein d'espoir des prires magnifiques et suaves1 nous formons comme un concert de divers instruments qui concourent une douce harmonie1 dont le prtre de ,dieu est l'me et le soutien4 ,l se trouvent des petits enfants et des vieillards2 des laboureurs au cur simple et des lvites du sanctuaire2 des prtres qui se prparent pour cet auguste sacrifice1 et d'autres faisant leurs actions de grces2 l sont des vierges pures et des hommes pnitents4 ,mais de toutes ces mes s'lve une seule hymne eucharistique1 dont la grande action est la mesure et l'essor4 ,et vous me demandez1 mon cher ,bateman1 ajouta-t-il en se tournant vers lui1 si un tel culte n'est pas de pure forme et draisonnable6 ,il est merveilleux1 ce culte6 s'cria-t-il en se levant1 prodigieusement merveilleux666 ,quand donc ce cher et bon peuple sera-t-il clair8 ,o ,sapientia1 fortiter suaviterque disponens omnia1 o ,adona1 o ,clavis ,david et ,exspectatio gentium1 veni ad salvandum nos1 ,domine ,deus noster4 ,il n'y avait plus se tromper sur ,willis4 ,bateman tait immobile1 et presque effray de cet lan d'enthousiasme auquel il tait loin de s'attendre4 ,eh bien1 mon ami1 dit-il1 ce n'est donc pas vrai1 alors1 ce qu'on nous a rapport sur vos hsitations dans votre attachement l'glise de ,rome8 ,je vous en prie1 excusez-moi4 ,pour rien au monde1 je ne vous aurais tourment1 si j'avais connu la vrit4--,la figure de ,willis tait encore anime1 et il paraissait aussi jeune et aussi radieux qu'il l'tait deux annes auparavant4 ,il n'y avait rien de dur dans sa vivacit2 un sourire1 de la joie presque1 tait sur son visage4 ,on et dit toutefois qu'il tait honteux de son propre enthousiasme2 mais cela n'tait rien la sincrit vidente de ses paroles4 ,il prit les deux mains de ,bateman avant que celui-ci s'en apert1 le souleva de son sige1 et1 approchant sa bouche de son oreille1 il lui dit voix basse3 ,plt ,dieu que non-seulement vous1 mais tous ceux qui m'entendent en ce jour fussiez tout fait tels que je suis1 la rserve de ces chanes6 ,puis rappelant son hte que leur controverse s'tait prolonge fort tard1 et lui souhaitant une bonne nuit1 il sortit avec ,charles4 ,quand la porte fut ferme1 ,bateman resta quelques minutes le dos tourn vers le feu1 et il se laissa aller au cours de ses penses4 ,en vrit1 s'cria-t-il1 ,willis est tout fait un homme2 il m'a presque touch moi-mme4 ,quels moyens ont ces gens-l en leur pouvoir6 ,je l'avoue1 son contact a fait battre mon cur3 que l'enthousiasme est contagieux6 ,tout autre que moi aurait t branl4 ,c'est vraiment un excellent garon2 quel dommage que nous ne l'ayons pas gagn6 c'est prcisment l'homme qu'il nous faudrait4 ,il aurait fait un ,anglican admirable2 il aurait converti la moiti des dissidents de ce pays4 ,eh bien1 nous les aurons un jour2 il ne faut pas perdre patience4 ,mais cette ide de parler de me convertir6 compltement1 selon sa parole6 ,a propos1 que voulait-il dire par ces mots la rserve de ces chanes8 ,il s'assit1 rflchissant sur cette difficult4 ,d'abord il fut port croire qu'aprs tout son ami pourrait bien avoir quelque crainte sur sa position2 puis il pensa que peut-tre il avait un cilice ou une chanette sur le corps4 ,il finit par conclure que ,willis n'avait voulu rien dire du tout1 et qu'il n'avait fait que terminer la citation du texte#fi4 #fi ,act4 des ,ap4 ,,xxvi1 #bi4 ,aprs avoir pass quelque temps dans cet tat1 il jeta les yeux sur la thire1 se versa une dernire tasse de th et mangea un morceau de rtie4 ,il retira ensuite le charbon du feu1 teignit une des bougies1 et1 s'emparant de l'autre1 il quitta le salon et se prcipita1 comme un vlocipde1 au haut du rude escalier tournant qui conduisait sa chambre4 ,cependant ,willis et ,charles s'avanaient vers leurs demeures respectives4 ,pendant quelque temps ils parcoururent en silence le mme sentier4 ,charles avait t beaucoup plus mu que ,bateman1 ou1 pour mieux dire1 il avait t touch de l'enthousiasme de son ami4 ,il avait toutefois gard en lui ses impressions1 prouvant de la difficult exprimer ses sentiments1 et craignant d'tre emport hors des bornes4 ,quand ils furent sur le point de se sparer1 ,willis lui dit avec douceur3 ,vous irez bientt ,oxford1 mon trs-cher ,reding2 oh6 si vous tiez un des ntres6 ,vous avez cela en vous4 ,j'ai souvent pens vous pendant la messe4 ,notre vnr pasteur a clbr l'auguste sacrifice votre intention4 ,oh6 mon cher ami1 ne rejetez pas la grce2 coutez sa voix4 ,vous avez reu des bienfaits que d'autres n'ont pas eus4 ,ce qui vous manque1 c'est la foi4 ,je pense que vous avez assez de preuves pour tre converti4 ,mais la foi est un don2 priez pour obtenir ce grand bienfait1 sans lequel vous ne pouvez vous unir l'glise1 sans lequel444 ,et il s'arrta1 vous ne pouvez marcher droit quand vous appartiendrez notre communion4 ,et maintenant1 adieu2 hlas6 nos sentiers se divisent4 ,tout est facile celui qui croit3 que ,dieu vous accorde ce don de la foi1 comme il me l'a accord moi-mme6 ,adieu encore2 qui sait quand et o je vous reverrai6 ,fasse le ,seigneur que cela soit dans le sein de la ,jrusalem vritable1 de la reine des lus1 de la sainte glise ,romaine1 de notre mre tous6 ,il attira ,charles vers lui1 l'embrassa1 et il tait dj loin avant que celui-ci et pu trouver une parole4 ,charles pourtant n'aurait point parl1 quand mme il l'aurait pu1 tant son motion tait forte6 ,il s'loigna d'un pas rapide1 abattant avec sa canne les ronces et les petites branches que le ple crpuscule lui montrait dans son chemin4 ,on et dit que le baiser de son ami avait fait couler dans son me l'enthousiasme de ses paroles4 ,il se sentait possd1 sans savoir comment1 par un pouvoir suprieur et surnaturel qui semblait le rendre capable de transporter les montagnes et de marcher travers l',ocan4 ,avec l'hiver autour de lui1 il prouvait dans tout son tre comme un parfum de printemps1 alors que tout est nouveau et radieux4 ,il voyait qu'il avait trouv ce qu'il n'avait vraiment jamais cherch1 parce qu'il n'en avait pas mme souponn l'existence1 l'objet toutefois dont il avait toujours prouv le besoin3 une me sympathique la sienne4 ,il sentait qu'il n'tait plus seul en ce monde1 quoiqu'il perdt cette me vraiment sur de son me au moment mme qu'il l'avait trouve4 ,est-ce l1 se demanda-t-il1 la communion des ,saints8 ,hlas6 comment cela se pourrait-il1 tant1 moi1 dans une communion et ,willis dans une autre8 ,o puissante ,mre6 ,ces mots s'chapprent de ses lvres1 et il prcipita davantage sa marche1 escaladant les montes rudes et courant dans les valles qui le sparaient encore de ,boughton4 ,o puissante ,mre6 rpta-t-il sans trop avoir conscience de ses paroles4 ,o puissante ,mre6 je viens1 puissante ,mre6 je viens2 mais je suis loin de la demeure4 pargnez-moi un peu2 je viens aussi vite que je puis1 mais mon pied est lourd2 je ne suis pas comme d'autres1 puissante ,mre6 ,cependant il avait march deux milles dans cet tat d'excitation physique et mentale1 et naturellement il se sentit trs-fatigu4 ,il ralentit son pas1 et peu peu il revint lui2 mais il continua1 comme machinalement1 rpter3 ,o puissante ,mre6 ,mais1 quoi donc6 s'cria-t-il soudain1 o ai-je appris ces paroles8 ,willis ne les a pas employes4 ,en vrit1 je dois tre en garde contre ces voies tranges3 ,tout homme peut tre enthousiaste2 l'enthousiasme n'est pas la vrit444 ,o puissante ,mre6 ,hlas6 je sais o est mon cur6 mais il faut marcher par la raison4 ,o puissante ,mre6 ,,chapitre ,,xxi4 ,l'examen4 ,le temps arriva enfin o ,charles devait retourner ,oxford4 ,mais pendant le dernier mois1 des scrupules s'taient levs dans son esprit3 pouvait-il consciencieusement1 dans l'tat o il se trouvait1 se prsenter mme pour son examen8 ,on n'avait pas1 il est vrai1 de signature donner pour subir cette preuve1 mais il comprenait que les honneurs de la liste de classe n'taient destins qu' ceux qui adhraient bon fide l'glise d',angleterre4 ,il fit part de son embarras ,carlton1 qui s'effora de connatre fond l'tat de son esprit4 ,or1 telles furent les donnes qui semblrent rsulter pour celui-ci de ses observations3 ,charles n'avait aucune intention de s'unir1 prsentement ni plus tard1 l'glise de ,rome4 ,il sentait qu'en ce moment il ne pourrait prendre une pareille dcision sans commettre une faute vidente2 s'il le faisait1 il agirait simplement contre sa conscience4 ,dieu l'appelait-il autre part8 il n'en avait pas la certitude4 ,il comprenait que rien ne pouvait justifier un acte si srieux1 si ce n'est la conviction qu'il lui tait impossible de se sauver dans l'glise laquelle il appartenait2 et cette conviction1 il ne l'avait point4 ,il n'avait pas de preuves suffisantes ni dfinies contre son glise pour la quitter1 ni aucune ide arrte en faveur de l'glise de ,rome1 comme tant la seule glise du ,christ4 ,cependant il ne pouvait s'empcher de souponner qu'un jour il penserait autrement4 ,il concevait qu'un jour pouvait venir1 qu'il viendrait mme1 o il aurait cette conviction qu' prsent il n'avait pas1 et d'aprs laquelle il agirait naturellement1 en quittant l'glise d',angleterre pour celle de ,rome4 ,il ne pouvait dire clairement pourquoi il anticipait ainsi1 sinon parce qu'il y avait dans l'glise de ,rome bien des choses qu'il croyait vraies1 et d'autre part dans l'glise d',angleterre bien des choses qu'il croyait fausses2 et puis encore1 parce que1 plus il avait eu l'occasion d'entendre et de voir1 plus il avait eu de motifs d'admirer et de vnrer le systme de ,rome1 et d'tre mcontent1 au contraire1 de celui de son glise4 ,telles furent les remarques de ,carlton l'gard de son jeune ami4 ,aprs avoir srieusement tudi le cas1 il conseilla ,charles de se prsenter pour son examen4 ,il agit ainsi1 d'abord1 parce qu'il savait les changements qui s'oprent dans l'esprit de la jeunesse1 et la difficult pour ,reding de prdire quel serait l'tat de ses ides deux annes plus tard4 ,il prvoyait1 en second lieu1 qu'un avis contraire et t le moyen infaillible de tourner en conviction ses doutes actuels sur le peu de solidit de l',anglicanisme4 ,l'examen de ,charles eut donc lieu en son temps4 ,les candidats taient nombreux4 ,il s'en tira d'une manire honorable1 et son succs fut regard comme assur4 ,sheffield vint aprs lui1 et il subit son preuve avec clat4 ,on produisit la liste3 ,sheffield tait au premier rang1 ,charles au second4 ,dans ces sortes d'preuves1 il y a ncessairement toujours du hasard2 mais dans le cas actuel1 on peut expliquer la diffrence du succs des deux amis4 ,charles avait perdu quelque temps par suite de la mort de son pre et des affaires de famille qui en avaient t la consquence4 ,puis son renvoi de l',universit pendant les six derniers mois1 renvoi fort peu dshonorant1 lui avait fait beaucoup de tort4 ,en outre1 quoiqu'il et tudi avec soin et persvrance1 il n'avait pas concouru pour les honneurs avec le mme zle que ,sheffield4 ,ses difficults religieuses1 particulirement son indcision pour savoir s'il se prsenterait1 n'avaient pas t sans exercer une grande influence sur son application et son nergie4 ,comme le succs n'avait pas t le premier dsir de son cur1 la non-russite ne lui causa pas non plus une trs-grande peine4 ,il aurait sans doute prfr le succs2 mais il jugea et sentit bientt qu'il pouvait trs-bien s'en passer4 ,ensuite se prsenta la question de ses grades1 qu'il ne pouvait prendre sans souscrire aux ,articles4 ,il consulta ,carlton4 ,il n'y avait pas ncessit pour l'heure de devenir bachelier s-arts2 que pourrait-il y gagner8 ,il valait mieux diffrer cette dmarche4 ,il n'avait qu' partir et ne pas en parler2 personne n'en saurait rien2 et si1 au bout de six mois1 comme ,carlton le prdisait avec confiance1 il se trouvait dans un tat d'esprit plus calme1 alors il n'avait qu' revenir et poursuivre son but4 ,qu'allait-il faire de sa personne prsent8 ,il n'y avait pas l une grande difficult1 pour l'un comme pour l'autre1 d'mettre un avis4 ,on dcida qu'il serait mieux pour ,charles d'tudier avec un ecclsiastique dans l'intrieur du pays4 ,de cette manire1 il pourrait la fois se prparer aux ordres et s'clairer sur les points qui le troublaient4 ,il aurait par l1 en outre1 l'occasion de remplir quelques devoirs du ministre1 ce qui aurait pour rsultat de tranquilliser et de calmer son me4 ,quant aux livres qu'il devait tudier1 naturellement le choix en appartiendrait l'ecclsiastique qui serait charg de sa direction1 mais1 quant lui1 ajoutait ,carlton1 il ne lui recommandait pas les ouvrages ordinaires de controverse avec ,rome1 ces ouvrages pour lesquels l'glise ,anglicane est si clbre4 ,il lui conseillait plutt ceux qui taient d'un caractre positif1 qui traitaient les sujets au point de vue de la philosophie1 de l'histoire ou de la doctrine1 et qui dveloppaient les principes particuliers cette glise2 ainsi1 par exemple3 le grand ouvrage de ,hooker1 ou la ,defensio et l',harmonia de ,bull1 ou les ,vindici de ,pearson1 ou le magnifique travail de ,jackson sur le ,symbole4 ,a ces auteurs1 il pourrait ajouter ,laud sur la ,tradition1 quoique ce dernier et adopt la forme de controverse4 ,il pourrait encore lire avec fruit les ,antiquits de ,bingham1 ,waterland sur l'usage de l',antiquit1 ,wall sur le ,baptme des enfants1 et ,palmer sur la ,liturgie4 ,il ne devait pas non plus ngliger les auteurs pratiques et traitant de la dvotion1 tels que les vques ,taylor1 ,wilson et ,horne4 ,mais le point le plus important restait rsoudre3 o devait-il se fixer8 connaissait-il dans le pays un ecclsiastique qui voult le recevoir dans sa maison comme ami et lve8 ,charles pensa ,campbell1 avec qui il tait dans les meilleurs rapports4 ,carlton approuva2 il connaissait assez de rputation ce ministre pour tre certain que ,charles ne pouvait se placer en des mains plus sres4 ,reding1 en consquence1 fit la proposition au recteur de ,sutton1 et elle fut accepte4 ,ds lors il ne lui restait plus qu' payer quelques comptes1 emballer des livres laisss chez un ami1 et dire adieu1 au moins pour un temps1 aux clotres et aux dlicieux ombrages de l',universit4 ,il partit au mois de juin1 cette poque o toute la nature tale cette beaut frache et suave dont les charmes avaient ravi son cur au commencement de son sjour ,oxford1 trois annes auparavant4 ,,troisi,,me ,,partie4 ,,chapitre ,,premier4 ,la cruelle sparation4 ,nous allons franchir un assez long espace de temps4 ,dj1 une fois1 nous avons pris la libert d'omettre deux annes de la vie du hros de notre histoire2 nous nous permettons de nouveau de laisser dans l'oubli une triste priode non moins longue1 et le lecteur doit se transporter l'automne de la deuxime anne aprs celle o ,charles passa son examen1 sans prendre son grade#gj4 #gj ,le grade est confr dans une crmonie distincte de l'examen4 ,a cette poque1 notre intrt se trouve tout entier ,boughton et au presbytre de ,sutton4 ,quant ,melford1 l'ami ,bateman l'avait quitt pour l'administration d'une glise dans une ville manufacturire dont le district avait #aj1jjj mes1 et sur ce nouveau thtre il travaillait faire accepter son troupeau le surplis et les chandeliers dors4 ,willis avait galement suivi sa voie3 il avait dit adieu sa mre et son frre1 peu de temps aprs que ,charles fut parti pour passer son examen1 et cette heure il tait dans le couvent des ,passionnistes ,pennington1 sous le nom de ,pre ,louis de ,sancta-,cruce4 ,un soir1 vers la fin de septembre1 ,campbell tait en visite ,boughton1 et il se promenait dans le jardin avec miss ,reding4 ,en vrit1 ,marie1 lui disait-il1 je ne pense pas que ce soit un bien de le retenir4 ,les meilleures annes de sa vie passent1 sans que1 humainement parlant1 il y ait espoir de lui voir changer ses ides1 au moins jusqu' ce qu'il ait fait un essai de l'glise de ,rome4 ,il est trs-possible que l'exprience le fasse revenir sur ses pas4--,terrible situation1 rpondit ,marie6 ,comment pouvons-nous1 mme indirectement1 lui permettre de faire une telle dmarche8--,c'est un brave et excellent jeune homme1 rpliqua ,campbell2 c'est un caractre d'or4 ,tout le temps qu'il est rest avec moi1 il n'a fait aucune difficult2 il a lu entirement les livres que je lui ai recommands et d'autres encore4 ,je l'ai trouv toujours docile ma parole4 ,vous savez que je l'ai employ dans ma paroisse2 il a enseign le catchisme aux enfants et m'a servi d'aumnier4 ,pauvre jeune homme6 dj sa sant en souffre2 il voit qu'il n'y a pas de fin tout ceci3 l'esprance diffre rend le cur malade4--,il est si pnible de donner un appui quelconque une dmarche qu'on juge mauvaise6 dit ,marie4--,mais qu'y faire8 il n'est pas ncessaire que nous lui donnions notre appui4 ,charles pourtant ne peut rester toujours la lisire2 d'autant plus que nous avons fait une espce de compromis4 ,il voulait aller en avant ds la fin de la premire anne2 je ne crus pas devoir alors vous tourmenter ce sujet2 je me contentai de le retenir4 ,nous transigemes de cette manire3 il retira son nom des registres du collge1 car il n'y avait pas la moindre chance de lui faire jamais signer les ,articles1 et il consentit attendre encore une anne4 ,aujourd'hui1 ce temps est plus qu'coul1 et l'impatience le gagne4 ,ainsi ce n'est pas nous qui favoriserons sa dmarche1 c'est bien lui qui nous quittera4--,mais c'est si effrayant1 repartit ,marie2 et ma pauvre mre6 ,je crains vraiment que cela ne cause sa mort4--,ce sera un coup crasant1 il n'y a pas de doute cet gard2 qu'en sait-elle maintenant8--,je ne pourrais gure vous le dire4 ,elle en a t positivement informe1 il y a un an2 mais comme elle voit ,charles si frquemment1 et toujours le mme en apparence1 je crains qu'elle n'ait pas pris cela au srieux4 ,elle ne m'en a jamais parl4 ,j'imagine qu'elle pense que1 dans mon frre1 c'est une affaire de scrupule1 d'inquitude sans doute1 mais que cela passera4--,c'est moi le lui annoncer1 ,marie4--,eh bien1 je crois qu'il faut le faire1 repartit miss ,reding en soupirant2 et puisque c'est ainsi1 vous me rendrez vraiment un grand service1 en m'pargnant une tche pour laquelle je me sens incapable4 ,mais ayez auparavant un entretien avec ,charles4 ,quand viendra le moment dcisif1 il peut tre arrt par plus de difficults qu'il ne l'a suppos d'abord4 ,tel fut le plan convenu2 et ,campbell revint ,sutton1 tout proccup de la double mission qu'il avait remplir4 ,le pauvre ,charles tait assis devant une fentre ouverte1 et contemplait le paysage d'alentour1 lorsque ,campbell entra dans sa chambre4 ,le point de vue tait magnifique3 de hautes collines se perdaient dans le lointain1 et deux pas une rivire roulait ses flots rapides4 ,campbell entra sans tre aperu4 ,mettant la main sur l'paule de son jeune ami1 il lui demanda le sujet de ses rflexions2 ,charles se retourna et le regarda avec un sourire plein de tristesse3 ,je suis comme ,mose voyant la terre de la promesse1 dit-il4 ,o mon cher ,campbell1 quand viendra donc la fin8--,mon ami1 naturellement1 ce n'est pas moi de le dcider4--,depuis longtemps1 l'anne est termine3 puis-je enfin suivre ma voie8--,vous ne pouvez vous attendre1 ,charles1 ce que ni moi1 ni aucun de nous1 nous vous donnions un appui1 mme indirect1 pour une dmarche que1 malgr toute notre affection pour vous1 nous considrons comme une faute4--,c'est me dire3 ,agissez par vous-mme4 ,eh bien1 j'y consens4 ,campbell ne rpliqua pas d'abord2 puis il dit3 ,je devrai annoncer cette rsolution votre pauvre mre2 ,marie pense que cela va la tuer4 ,charles se cacha la figure dans ses mains4 ,non1 dit-il2 j'espre que ma mre et nous tous1 nous serons soutenus dans cette circonstance4--,je l'espre aussi de tout mon cur2 car ce sera un coup bien terrible pour vos surs4 ,mon cher ami1 ne tiendrez-vous aucun compte de tout cela8 ,considrez srieusement la peine relle que vous causez pour un bien qui n'est pas certain4--,croyez-vous que je n'y aie pas dj rflchi1 ,campbell8 ,n'est-ce rien pour un cur comme le mien de briser ses liens d'affection1 et de perdre l'estime et la tendresse de tant de personnes aimes8 ,oh6 'a t une pense des plus cruelles2 mais je l'ai puise1 je l'ai bue jusqu' la lie4 ,je me suis rendu familire cette perspective1 et maintenant je suis tranquille3 ,oui1 j'abandonne ma famille1 j'abandonne tous ceux qui m'ont connu1 aim1 estim1 tous ceux qui me voulaient du bien4 ,je le sais1 je me rends la rise du monde et je deviens proscrit4--,oh6 mon cher ami1 mettez-vous en garde contre une tentation trs-captieuse qui peut s'offrir vous dans cette circonstance4 ,dj1 avant cette heure1 j'avais eu la pense de vous en avertir4 ,la grandeur du sacrifice vous aiguillonne2 vous le faites1 parce qu'il vous en cote beaucoup4 ,charles sourit4 ,que vous me connaissez peu6 dit-il4 ,si telle et t la disposition de mon cur1 aurais-je attendu patiemment plus de deux annes8 ,pourquoi ne me serais-je pas prcipit en avant1 comme d'autres8 ,vous ne pouvez nier que je n'aie agi d'une manire raisonnable et avec une volont soumise4 ,mille fois j'ai cart ce sujet de mon esprit1 mais il est toujours revenu4--,je ne veux pas vous faire de la peine ni vous offenser1 ,charles2 mais c'est la plus malheureuse des illusions4 ,je voudrais vous mettre dans l'esprit qu'il se peut que vous vous abusiez4--,ah6 ,campbell1 quel oubli est le vtre6 ,ne savez-vous pas que cette pense est prcisment celle qui m'a retenu le plus longtemps8 ,je me disais3 ,peut-tre suis-je le jouet d'un rve4 ,oh6 si je pouvais trouver un moyen sr de sortir de mon sommeil6 ,vous savez quelles esprances j'avais fondes sur le changement de mes ides la mort de mon cher pre2 ce que j'avais pris auparavant pour des convictions s'vanouit alors comme un nuage4 ,peut-tre1 me disais-je1 celles-ci s'vanouiront-elles galement4 ,mais non2 les nuages reviennent aprs la pluie2 ils sont revenus1 revenus sans cesse1 plus lourds que jamais4 ,c'est une conviction enracine en moi2 et elle se soutient1 malgr la perspective de perdre une mre et des surs4 ,je me consume ici dans l'inaction1 alors que je pourrais rendre ma vie utile4 ,et pourquoi8 parce que cette dmarche m'pouvante4 ,dernirement1 cette conviction s'est dcuple en moi4 ,vous allez rire1 mais laissez-moi vous faire une confidence2 dernirement j'avais peur de monter cheval1 de me baigner1 ou de faire tout autre exercice de ce genre1 dans la crainte qu'il ne m'arrivt un accident1 et que je ne fusse emport de ce monde1 en laissant un grand devoir non accompli4 ,oui1 maintenant j'ai prouv que c'est une conviction vraie1 relle4 ,ma croyance l'glise de ,rome fait partie de moi-mme2 je ne puis agir contre cette croyance sans agir contre ,dieu4--,c'est une situation des plus dplorables1 certainement1 rpondit ,campbell1 qui se promenait en long et en large dans la chambre4 ,c'est une illusion1 j'en suis convaincu4 ,peut-tre le dcouvrirez-vous au moment mme que vous aurez accompli cette dmarche4 ,vous vous lierez solennellement un symbole tranger1 et peine l'engagement sera-t-il sorti de votre bouche1 que le nuage s'vanouira de devant vos yeux1 et que la vrit se montrera4 ,c'est une pense terrible6--,j'ai galement song cette possibilit1 repartit ,charles1 et elle a beaucoup influ sur moi4 ,elle m'a fait reculer4 ,mais aujourd'hui1 je crois que cet obstacle ressemble ces fantmes hideux qui1 dans les contes de fes1 obsdent les preux chevaliers lorsqu'ils veulent s'introduire de force dans un palais enchant4 ,rappelez-vous les paroles de ,thalaba3 ,le talisman1 c'est la foi4 ,si j'ai des motifs raisonnables pour croire1 la croyance est pour moi un devoir4 ,dieu prendra soin de son uvre4 ,je ne serai pas dlaiss au jour du besoin suprme4 ,la foi commence toujours avec une chance courir1 et elle est rcompense par la vue claire de la vrit4--,oui1 mon cher ami1 mais la question est de savoir si vos motifs sont fonds4 ,ma pense est que1 puisqu'ils ne le sont pas1 ils ne vous serviront de rien dans l'preuve4 ,vous trouverez alors1 trop tard malheureusement1 qu'ils taient illusoires4--,campbell1 rpliqua ,charles1 d'aprs moi1 toute raison vient de ,dieu4 ,nos motifs peuvent1 tout au plus1 tre imparfaits1 mais si1 aprs avoir pri1 s'tre livr des recherches1 avoir obi1 attendu1 en un mot1 si aprs avoir de notre ct rempli notre tche1 ils paraissent suffisants1 c'est la voix de notre ,pre qui nous appelle4 ,dans ce cas1 c'est lui-mme qui nous donne la conviction4 ,je suis entre ses mains4 ,la seule question qui reste est3 ,que veut-il que je fasse8 ,je ne puis me refuser une conviction qui me domine4 ,la semaine dernire encore elle s'est empare de moi tout autrement qu'elle ne l'avait jamais fait2 et1 en ce moment1 elle est si forte qu'attendre plus longtemps c'est rsister ,dieu4 ,ma soumission l'glise de ,rome n'est plus1 cette heure1 qu'une simple affaire de temps4 ,je veux1 mon cher ,campbell1 vous quitter en paix et rester toujours votre ami4 ,consentez donc me laisser partir4--,que je vous laisse partir6 sans doute1 si vous alliez vous runir l'glise ,catholique1 il ne serait pas ncessaire de me faire cette demande2 mais vous laisser partir1 comment pouvez-vous l'attendre de nous1 quand nous ne pensons pas ainsi8 ,songez notre position1 ,charles1 aussi bien qu' la vtre2 entrez dans nos sentiments4 ,quant moi1 je crois fermement 7et je ne vous ai jamais cach que telle est ma conviction71 je crois fermement que l'glise de ,rome est antichrtienne4 ,elle a dans son sein mille grces1 et sous plusieurs rapports elle est suprieure la ntre2 mais elle renferme quelque chose qui gte tout4 ,je n'ai pas confiance en elle4 ,or1 tel tant le cas1 comment puis-je vous permettre de vous unir cette glise8 ,non2 c'est comme si l'on disait3 ,laissez-moi aller me pendre2 laissez-moi aller dormir dans un endroit fivreux2 laissez-moi sauter dans un puits1 et vous voulez que je vous permette de partir8--,oh6 dit ,charles1 c'est en cela que nous diffrons d'une manire terrible2 nous ne pouvons nous trouver en plus grand dsaccord4 ,pour moi1 l'glise de ,rome est le prophte de ,dieu2 tandis que pour vous1 c'est le suppt de ,satan4--,je l'avoue1 telle est ma conviction4 ,si vous accomplissez cette dmarche1 vous vous trouverez dans les mains d'une ,circ qui vous transformera et fera de vous une brute4 ,charles rougit lgrement4 ,je ne continuerai pas1 ajouta ,campbell2 je vous fais de la peine2 et puis1 cela ne sert rien2 peut-tre ne fais-je qu'aggraver le mal4 ,ils ne dirent plus un mot pendant quelques instants4 ,a la fin1 ,charles se leva et se dirigea vers le jeune ministre1 lui prit la main et l'embrassa4 ,pendant deux ans1 ,campbell1 vous avez t pour moi un ami dvou et dsintress1 dit-il2 vous m'avez abrit sous votre toit2 et nous voil sur le point d'tre unis par des liens plus intimes4 ,que ,dieu vous rcompense2 mais laissez-moi partir1 car le jour se lve4--,c'est donc sans espoir6 ,ah6 du moins1 sparons-nous amis4 ,mais il faut que j'annonce cette triste nouvelle votre mre4 ,dix jours aprs cette conversation1 ,charles tait prt pour son voyage3 sa chambre tait remise en ordre1 sa valise ferme1 et la porte l'attendait le cabriolet qui devait le conduire jusqu' la premire diligence4 ,il devait passer par ,boughton4 ,campbell et ,marie avaient arrt ensemble que le mieux pour lui serait de ne voir sa mre qu'au moment de la sparation1 laquelle1 au reste1 elle avait t prpare par ,campbell lui-mme4 ,c'et t pour la mre comme pour le fils une peine inutile de se trouver plus tt en prsence l'un de l'autre4 ,charles descendit de voiture le cur mu1 et il courut la chambre de sa mre4 ,madame ,reding tait assise prs du feu et travaillait lorsqu'il entra4 ,elle lui tendit froidement la main2 ,charles s'assit4 ,ils ne se dirent rien durant quelques instants4 ,puis1 sans discontinuer son ouvrage1 la mre commena3 ,eh bien1 ,charles1 dit-elle1 vous allez donc nous quitter4 ,o et comment pensez-vous vivre1 lorsque vous serez entr dans votre nouvelle carrire8 ,charles rpondit qu'il n'avait song jusque l qu' l'importante dmarche d'o dpendait tout le reste4 ,il y eut de nouveau un moment de silence4 ,la mre reprit3 ,nulle part1 ,charles1 vous ne trouverez des amis comme ceux que vous aviez la maison4 ,elle continua3 ,vous avez eu tout souhait1 ,charles3 vous avez reu du ciel des talents1 les avantages d'une bonne ducation1 une heureuse position de fortune4 ,que d'efforts doivent faire bien des jeunes gens de mrite pour arriver o vous en tes6 ,charles rpondit qu'il avait le sentiment profond de ce qu'il devait la ,providence dans les choses temporelles1 ajoutant que c'tait seulement par un ordre divin qu'il les abandonnait4 ,nous mettions en vous notre espoir1 ,charles3 peut-tre avions-nous trop compt sur vous4 ,eh bien1 que ,dieu vous protge6 ,vous avez choisi vous-mme votre voie4 ,le pauvre ,charles assura que personne ne saurait comprendre ce qu'il lui en cotait pour abandonner des objets qui taient si chers son cur et qui faisaient partie de lui-mme3 sur la terre1 il n'estimait rien tant que le foyer de famille4 ,mais alors1 pourquoi nous quitter8 reprit la mre vivement2 il faut que vous fassiez votre volont6 ,vous agissez ainsi1 je suppose1 parce que cela vous plat4--,oh6 ma mre1 ma bonne mre6 si vous pouviez voir au fond de mon cur6 ,rappelez-vous ce que vous avez lu dans l'criture2 comment1 au temps des ,aptres1 on tait oblig de tout quitter pour le ,christ4--,nous sommes donc des paens8 ,merci1 ,charles1 je vous suis oblige pour ces paroles4 ,et elle laissa tomber une larme4 ,charles tait presque hors de lui-mme2 il ne savait que rpondre4 ,il se leva et1 appuyant son coude sur la chemine1 il cacha sa tte dans ses mains4 ,eh bien1 ,charles1 ajouta-t-elle en continuant travailler1 peut-tre viendra-t-il un jour444 ,sa voix trembla4 ,votre cher pre444 ,elle dposa son ouvrage4 ,c'est nous faire inutilement du chagrin1 reprit ,charles4 ,pourquoi resterais-je ici8 ,adieu pour le prsent1 chre mre4 ,je vous laisse en de bonnes mains1 non pas plus dvoues1 mais meilleures que les miennes2 vous me perdez1 moi1 vous gagnez un autre fils4 ,adieu pour le prsent2 nous nous reverrons quand vous le voudrez1 quand vous m'appellerez3 quel heureux jour que celui-l6 ,il se jeta ses pieds1 et posa sa tte sur ses genoux4 ,la mre ne put rsister plus longtemps3 elle se pencha sur lui et se mit caresser ses cheveux1 comme elle faisait quand il tait petit enfant4 ,a la fin1 un torrent de larmes s'chappa de ses yeux2 elles inondrent la figure et le cou de son fils4 ,un moment1 ,charles les supporta2 puis1 se levant tout coup1 il embrassa sa mre avec prcipitation1 et s'lana hors de la chambre4 ,quelques secondes aprs1 il avait vu ses surs1 s'tait arrach leurs embrassements1 tait remont dans son cabriolet ct de son flegmatique conducteur1 et1 doucement balanc dans tous les sens1 il se dirigeait vers ,collumpton4 ,,chapitre ,,ii4 ,deux nouveaux maris dj connus sous un autre aspect4 ,le lecteur demandera peut-tre o allait ,charles4 ,question embarrassante4 ,car notre jeune ami lui-mme n'avait videmment qu'une ide trs-vague de ce qu'il deviendrait1 du lieu mme o il fixerait ses pas1 et1 semblable au patriarche1 il partit ne sachant o il allait4 ,il n'avait jamais vu de prtre catholique1 qu'une seule fois dans son enfance1 en entrant dans une glise de la communion romaine2 dans le monde entier1 il ne connaissait aussi qu'un seul catholique1 et encore ignorait-il o il tait en ce moment4 ,mais il savait que les ,passionnistes avaient un couvent ,londres1 et il tait assez naturel que1 tout en ignorant si le jeune pre ,louis se trouvait l ou ailleurs1 il tournt ses pas vers ,san ,michaele4 ,cependant1 par un sentiment de sollicitude pour ,marie et le reste de sa famille1 il ne voulut pas avoir l'air de se rendre directement ,londres4 ,il rsolut donc d'aller ,oxford s'adresser ,carlton1 et de lui demander son avis sur ce qu'il y avait faire dans sa position prsente4 ,il semblait galement que cette dmarche serait pour les siens comme une dernire chance d'loigner ce qui leur tait une calamit si cruelle4 ,c'est donc vers ,oxford qu'il se dirigea4 ,comme il avait certaines affaires rgler ,bath1 il s'y arrta pour la nuit1 se proposant de continuer son voyage le lendemain matin4 ,il avait1 entre autres choses1 se procurer le ,jardin de l',ame et deux ou trois autres livres semblables qui pourraient lui l'tre d'un grand secours dans l'acte solennel qu'il allait accomplir son arrive ,londres4 ,dans cette pense1 il entra dans une librairie religieuse de ,danvers street4 ,pendant qu'il tait occup dans l'arrire-magasin feuilleter quelques ouvrages catholiques1 qui1 pour le public religieux1 avaient moins d'attrait que les brillants volumes vangliques et anglo-catholiques mis en talage1 il entendit la porte d'entre s'ouvrir1 et1 en jetant un coup d'il1 il aperut un visage connu4 ,c'tait un jeune ministre ayant au bras une jolie femme dont la toilette annonait une marie de frache date4 ,l'amour tait dans leurs yeux1 la joie dans leurs paroles2 leur dmarche et leur mise annonaient la richesse4 ,charles se sentit pris d'un grand malaise1 peu prs comme un homme qui1 atteint du mal de mer1 entendrait un des passagers demander des ctelettes de porc4 ,il se cacha derrire une pile de gros registres et d'autres articles de papeterie4 ,cela ne put toutefois l'empcher d'entendre de temps en temps les notes douces et harmonieuses de la conversation qui s'changeait entre les deux nouveaux venus4 ,avez-vous reu quelques-uns des bons ouvrages rimprims dernirement ,oxford8 dit au commis le jeune mari qui n'tait autre que ,white4--,oui1 monsieur2 mais quels sont ceux que vous dsirez8 ,le ,recueil des anciens ,thologiens1 ou bien1 les ,nouvelles ,adaptations ,catholiques8--,oh6 non2 pas les ,adaptations2 c'est un ouvrage extrmement dangereux4 ,je demande la vraie thologie de l'glise d',angleterre3 ,bull1 ,patrick1 ,hooker et les autres4 ,le commis alla chercher ces auteurs4--,je pense1 mon chri1 que c'est contre ces ,adaptations que l'vque nous a prvenus1 dit la jeune dame4--,non1 pas l'vque1 ,louisa1 mais sa fille4--,oh6 miss ,primrose1 c'est vrai4 ,elle nous a aussi recommand un livre2 vous rappelez-vous lequel8--,vous vous trompez1 mon amour1 c'tait un discours3 celui de ,m4 ,o',ballaway ,exeter ,hall2 mais je pense qu'il ne serait pas entirement de notre got4--,non1 non1 ,henri1 c'tait bien un livre1 mais je ne puis m'en rappeler le titre4--,vous voulez dire1 peut-tre1 la ,nouvelle ,rfutation du ,papisme du docteur ,grow2 mais celui-l1 c'est l'vque qui nous l'a recommand4 ,le commis revint4 ,oh6 quelle dlicieuse figure6 s'cria la jeune dame1 en regardant le frontispice d'un petit volume qu'elle tenait2 voyez1 mon cher ,henri1 qui cela vous rappelle-t-il8--,eh bien1 on a voulu reprsenter saint ,jean-,baptiste4--,il ressemble la petite ,angelina ,primrose2 ce sont ses cheveux4 ,je suis tonne que cette ressemblance ne vous frappe pas4--,oui1 oui1 elle me frappe1 mon bijou1 dit ,white en souriant4 ,mais il se fait tard1 vous ne pouvez rester plus longtemps expose au grand air3 vous n'avez rien pour couvrir votre cou4 ,j'ai choisi mes livres1 tandis que vous admiriez le petit saint ,jean4--,je ne puis me rappeler qui lui ressemble si fort444 oh6 je l'ai trouv3 c'est la tante d',anglina1 lady ,constance4--,venez1 ,louisa1 les chevaux pourraient galement avoir souffrir1 retournons chez nos amis4--,ah6 mais je voulais avoir un livre2 j'ai oubli lequel4 ,nommez-le-moi1 ,henri1 je serais si fche de ne l'avoir pas achet6--,est-ce le nouvel ouvrage sur le chant grgorien8--,ah6 c'est vrai1 j'en ai besoin pour les enfants de l'cole2 mais ce n'est pas celui-l4--,est-ce le ,presbytre ,catholique8 les ,chants des ,aptres8 l'glise d',angleterre plus ancienne que celle de ,rome8 l',anglicanisme des martyrs primitifs8 les ,aveux d'un ,perverti8 ,eustache ,beville8 le ,clibat modifi8--,non1 non1 non2 mon ,dieu6 quelle sotte mmoire6--,eh bien1 ,louisa1 vous reviendrez un autre jour2 ne restez pas plus longtemps1 ma chre2 cela suffit4--,oh6 je m'en souviens2 ce sont les ,abbayes et les ,abbs4 ,j'ai besoin de quelques ides pour la restauration des fentres du presbytre1 lorsque nous reviendrons la maison2 et puis1 notre glise1 vous le savez1 manque d'un porche pour les pauvres4 ,ce livre est rempli de dessins4 ,on trouva le livre1 et il fut ajout aux autres1 qui avaient dj t ports dans la voiture4 ,maintenant1 ,louisa444--,eh bien1 mon chri1 nous avons encore une course faire4 ,dites ,john de nous conduire chez ,sharp4 ,nous pouvons nous y rendre par la ,ppinire4 ,ce n'est qu' deux pas de notre route4 ,j'ai besoin de dire un mot cet homme relativement notre serre4 ,il n'y a pas de bon jardinier dans notre voisinage4--,a quoi bon y aller maintenant8 ,louisa1 nous ne reviendrons pas chez nous avant un mois2 et ce disant1 ,white1 avec une humble rsignation1 ordonna au cocher de les conduire chez le ppiniriste que ,louisa dsirait voir2 il fit en mme temps entrer sa femme dans la voiture1 et y monta aprs elle4 ,ds qu'ils furent sortis1 ,charles respira librement4 ,un texte svre de l'criture lui vint l'esprit1 mais il rprima tout sentiment de censure1 toute pense peu charitable1 et il ne songea plus qu'aux devoirs difficiles qu'il avait accomplir4 ,,chapitre ,,iii4 ,l'apostasie4 ,le lendemain1 ,charles arriva ,steventon1 sans aucun incident digne d'tre cit4 ,l'aprs-midi tant magnifique1 il laissa son porte-manteau l'omnibus1 et continua la route pied4 ,il fallait un certain courage pour oser1 dans une circonstance si importante1 affronter l'ennui de voyager seul2 ennui que ne pouvait gure adoucir la perspective de revoir une personne et un lieu qui lui taient si chers1 ,carlton et ,oxford4 ,il avait travers ,bagley ,wood1 lorsque les flches et les tours de l',universit s'offrirent tout coup ses yeux4 ,que d'aimables souvenirs elles veillrent en lui6 ,aprs avoir vcu loin d'elles deux annes entires1 il lui tait enfin donn de les revoir1 mais1 malheur6 c'tait pour les perdre de nouveau et sans retour4 ,devant lui tait le vieil ,oxford avec ses collines et ses prairies aussi gracieuses et aussi vertes que jamais4 ,a la premire vue de ce lieu tant aim1 il s'arrta1 croisant les bras sur sa poitrine et incapable d'avancer4 ,il reconnaissait chaque collge et chaque glise son toit et ses tourelles4 ,l',isis argent1 les saules au feuillage gris1 les plaines immenses1 les bois sombres1 ,shotover dans le lointain1 le charmant village o il avait vcu avec ,carlton et ,sheffield3 fort1 eau1 pierres1 toutes ces choses si calmes1 si brillantes1 il aurait pu les possder1 mais hlas6 il fallait leur dire adieu4 ,quelques avantages qu'il dt obtenir en se faisant catholique1 il allait nanmoins perdre tous ces riches et ineffables trsors4 ,quoique le but auquel il aspirait ft sans doute plus lev et plus parfait1 cependant il ne pouvait esprer de retrouver ailleurs rien de semblable ce qu'il avait maintenant sous les yeux4 ,il ne pourrait avoir un autre ,oxford1 il ne pourrait1 parmi les amis de son enfance et de sa jeunesse1 faire un choix pour son ge mr4--,il arriva cette porte si connue qui est sur la gauche1 et descendit dans la plaine4 ,personne n'tait l pour le saluer1 pour sympathiser avec lui2 personne qui pt croire seulement qu'il avait besoin de sympathie1 ni qu'il avait fait le sacrifice entier de toutes choses2 personne pour s'intresser lui1 pour lui montrer de la compassion2 personne pour le dfendre4 ,il avait beaucoup souffert1 mais qui croyait seulement ses souffrances8 ,le monde l'aurait plutt accus d'affliger les autres1 mais nul n'aurait cru ses peines4 ,en et-il parl lui-mme1 on lui aurait rpondu durement que chacun suit son bon plaisir1 et que s'il avait quitt ,oxford1 c'tait pour une fantaisie qu'il avait plus cur que le reste4 ,mais loin de l1 nul ne le connaissait2 il avait t absent environ trois annes2 trois annes6 c'est tout une gnration4 ,oxford avait t sa rsidence1 et ce lieu si cher l'avait oubli4 ,il se souvenait de son respect et de son enthousiasme lors de son arrive l',universit2 il y tait venu comme on s'approche d'un reliquaire vnr4 ,il se souvenait des esprances qui1 de temps autre1 lui avaient souri4 ,il se rappelait qu'il avait parfois rv un titre de rsidence dans une des anciennes fondations4 ,un soir1 il tait mont une tour avec un de ses amis pour observer les toiles1 et1 tandis que son compagnon tait activement occup aux aiguilles1 lui1 jeune homme terrestre1 il regardait les sombres cours que le gaz clairait ses pieds et se demandait s'il serait jamais fellow de tel ou tel collge qu'il distinguait de la masse des btiments acadmiques4 ,toutes ces choses taient passes comme un songe1 et il n'tait plus qu'un tranger l o il avait espr tablir son foyer4 ,cependant il s'approchait d',oxford4 ,il vit1 le long de la route1 passer deux deux des jeunes gens qui1 d'un pas lger1 finissaient leur modeste promenade quotidienne et arrivaient aux portes de la ville4 ,un objet1 qui1 un mille de distance1 lui avait paru une voiture deux chevaux1 vint s'offrir ses yeux priv de son cheval conducteur4 ,bientt se prsentrent dans le lointain une toque et une robe solennelles4 ,charles tait arriv la grand'route avant que cette apparition ft passe ct de lui3 c'tait un tuteur de collge que jadis il avait vu quelquefois4 ,il s'attendait tre reconnu2 mais le professeur continua sa marche1 aprs lui avoir jet un regard vague1 incertain1 qui semblait dire3 ,je vous ai vu quelque part1 mais pourtant vous m'tes tout fait tranger4 ,charles avait travers ,folly ,bridge2 des cavaliers passrent ses cts2 monts sur leurs chevaux et causant haute voix1 ils reconduisaient leurs montures leurs curies respectives4 ,il se dirigea vers ,christ-,church1 et pntra ,peckwater4 ,le crpuscule n'avait pas entirement disparu1 et le gaz s'allumait4 ,des groupes d'tudiants stationnaient et l1 le plus grand nombre en chapeau1 quelques-uns avec la toque1 un ou deux avec leur toge par surcrot2 d'autres appelaient leurs compagnons penchs aux fentres d'un second tage4 ,on voyait courir des domestiques chargs de dners dlicats1 et des garons ptissiers portant des desserts4 ,des individus vtus misrablement flnaient1 accompagns de leurs blenheims#ga1 sous ,canterbury ,gate4 ,plusieurs regardrent ,charles fixement1 mais personne ne le reconnut4 ,il se hta d'arriver ,oriel ,lane4 ,soudain il fut trs-surpris de recevoir le salut d'un passant4 ,il chercha de qui lui venait cette politesse2 c'tait un dcrotteur en retraite de son collge1 qui il avait donn parfois un schelling d'trennes4 ,il atteignit ,high ,street1 et se dirigea vers l'htel de l',ange4 ,mais qui s'avanait vers lui8 ,c'tait l'ombre d'un ,censeur4 ,charles prouva un frissonnement instinctif2 mais le fantme passa outre sans lui faire de mal4 ,semblable ,kehama1 il vivait sous l'influence d'un charme4 ,il tait enfin arriv son htel1 o il trouva son porte-manteau tout prpar4 ,il choisit immdiatement une chambre1 et aprs s'y tre compltement install1 il songea son dner4 #ga ,espce d'pagneuls4 ,notre jeune ami ne voulait pas perdre de temps1 et dsirait1 si c'tait possible1 se diriger vers ,londres le lendemain matin4 ,a ses yeux1 ce serait un grand point de terminer son voyage assez tt dans la semaine pour que1 le dimanche1 dans le cas o il en serait jug digne1 il pt offrir ses actions de grces dans l'immense et sainte communion de l'glise universelle1 pour les bienfaits qu'il avait reus4 ,il se dcida en consquence faire une tentative ce soir mme auprs de ,carlton4 ,il esprait1 s'il se rendait son logement entre sept et huit heures1 le trouver de retour du rfectoire4 ,dans cette pense1 il sortit tout de suite4 ,arriv au collge de son ancien tuteur1 il frappa la porte1 entra1 passa outre et franchit les roides degrs du vieil escalier de bois4 ,la porte extrieure tait ferme4 ,il descendit et trouva un domestique1 qui lui apprit que ,m4 ,carlton donnait un dner au rfectoire1 mais que le repas touchait sa fin4 ,notre visiteur se dcida attendre4 ,le domestique alluma les bougies dans le salon1 et ,charles s'assit auprs du feu4 ,un instant1 il se livra ses rflexions2 puis il regarda autour de lui pour trouver un sujet qui l'occupt4 ,ses yeux tombrent sur un journal d',oxford1 dat seulement de quelques jours4 ,voyons comment les choses vont ici1 se dit-il lui-mme en le prenant4 ,il parcourut un article aprs l'autre2 il regardait quels taient les prdicateurs de l',universit pendant la semaine1 quels tudiants avaient pris leurs grades1 quels taient les examinateurs publics1 etc41 etc444 lorsque son attention fut veille par le paragraphe suivant3 ,,une ,,apostasie ,,dans ,l',,glise4--,nous apprenons qu'une nouvelle victime vient de s'ajouter la liste de celles que le poison des principes ,tractariens a prcipites dans le sein de la ,sorcire de ,rome4 ,m4 ,reding de ,saint-,sauveur1 fils d'un respectable ecclsiastique de l'tablissement1 qui est mort aprs avoir mang toute sa vie le pain de l'glise1 vient enfin de se dclarer le sujet et l'esclave d'un vque italien4 ,des mcomptes dans son examen ont t1 dit-on1 la cause dterminante de cet acte insens4 ,le bruit court que des mesures lgales sont prpares pour infliger les amendes du statut du prmunire tous les apostats4 ,une proposition est galement arrte pour demander ,sa ,majest de consacrer l'argent ainsi obtenu l'rection d'un monument commmoratif des ,martyrs#gb chez la sur de notre ,universit4 #gb ,ce monument existe rellement ,oxford4 ,il a t rig en #ahda4 ,c'est une glorification de ,ridley1 ,latimer et ,cranmer1 trois hommes que le protestant ,cobbett range la tte de ceux dont il a dit3 ,c'taient tous sans exception ou des apostats1 ou des parjures1 ou des voleurs publics4 ,nous l'avouons1 ce monument est celui qui nous a le plus pniblement impressionn ,oxford4 ,ainsi1 pensa ,charles1 le monde1 comme toujours1 prend les devants sur moi4 ,il se prit chercher d'o ce bruit pouvait provenir1 et il avait presque oubli qu'il attendait ,carlton4 ,,chapitre ,,iv4 ,une conversation d'actualit4 ,tandis que ,charles apprenait1 dans le salon de son ami1 jusqu' quel point le monde s'intressait sa position et ses actes1 il servait au mme moment de sujet de conversation la socit runie dans le rfectoire voisin4 ,le th et le caf avaient dj t servis1 et les convives1 s'tant levs de table1 formaient un cercle autour du feu4 ,quel est ce ,m4 ,reding dont il est parl dans la ,gazette de la semaine dernire8 demandait un petit monsieur1 tir quatre pingles1 qui buvait son th petites gorges et se levait sur la pointe des pieds1 tout en parlant4 ,vous n'irez pas chercher loin la rponse1 rpondit son voisin1 qui1 se tournant vers leur hte1 ajouta3 ,carlton1 qui est ce ,m4 ,reding8--,un trs-aimable et fort honnte garon4 ,plt ,dieu que nous fussions tous aussi bons6 ,il a travaill avec moi durant une de ses grandes vacances2 c'est un excellent tudiant1 et il doit avoir russi dans son examen4 ,je n'ai plus entendu parler de lui depuis quelque temps4--,il a d'autres amis ici1 dit un nouvel interlocuteur3 ,je pense1 se tournant vers un jeune ,fellow de ,leicester1 que vous1 ,sheffield1 avez t intimement li avec lui4--,oui1 rpondit ,sheffield2 ,vincent le connat aussi4 ,c'est un jeune homme de premier mrite4 ,je le connais parfaitement4 ,l'assertion de la ,gazette sur son compte est fausse4 ,je n'ai jamais vu un tudiant qui se proccupt moins de ses succs4 ,c'tait l son plus grand dfaut4--,pourtant il y a du vrai dans cette nouvelle1 ajouta un autre convive4 ,hier1 j'ai rencontr un dner ,m4 ,malcolm1 qui parat avoir des relations avec la famille de ,m4 ,reding2 il m'a dit que les ides religieuses de ce jeune homme l'ont jet hors de la voie et ont gt ses tudes4 ,la conversation n'tait pas gnrale2 elle se morcela en plusieurs groupes1 selon que les convives se trouvaient runis4 ,le sujet1 non plus1 n'tait pas du got de tous2 il tait mme plutt pnible et dsagrable toute la socit1 l'exception de deux ou trois individus curieux et difficiles1 qui vivaient d'opposition au ,catholicisme4 ,en outre1 cette poque1 il arrivait souvent dans de semblables runions qu'on ne connaissait pas exactement les ides de son voisin sur cette question majeure1 et qu'il s'y trouvait aussi1 comme dans le cas actuel1 des amis de la personne accuse ou calomnie4 ,puis1 d'ailleurs1 on avait le noble sentiment et la conviction profonde du sacrifice accompli par ces hommes qui se sparaient de l'glise d',angleterre1 ce qui empchait d'en parler avec malveillance4 ,croyez-vous avoir beaucoup faire pour les examens de ce trimestre8 dit un convive un autre4--,je l'ignore4 ,nous avons deux tudiants qui s'en vont1 deux bons lves4--,qui vient la place de ,stretton8--,jackson de ,king4--,jackson8 vraiment8 il est1 je crois1 trs-fort en philosophie4--,oui1 trs-fort4--,nos tudiants connaissent bien leurs livres1 mais je ne dirais pas que la philosophie soit leur vocation4--,leicester en prsente quatre4--,ce sera une belle liste de classe1 d'aprs ce que j'entends4--,ah6 oui2 la ,saint-,michel1 la liste est toujours bien fournie4 ,cependant dans un autre groupe la conversation roulait sur le pauvre ,charles4 ,non1 croyez-moi1 l'article de la ,gazette est plus fond que vous ne pensez4 ,en gnral1 il y a beaucoup de mcomptes au fond de tous ces changements4--,pauvres diables6 ils n'en peuvent mais1 dit un autre son voisin1 voix basse4--,heureuse dlivrance1 aprs tout1 repartit celui-ci2 nous aurons un peu de paix1 enfin4--,eh bien1 dit le premier des deux1 en s'tirant et parlant en l'air1 comment un homme bien lev peut-il4448 ,sa voix fut couverte par la parole grave d'un petit homme qui jusque l avait gard le silence1 et qui1 passant sa tte entre les deux interlocuteurs1 s'adressa d'un ton dcisif un groupe qui tait plus loin3 ,tout cela1 dit-il1 est l'effet du rationalisme2 le mouvement tout entier est rationaliste4 ,d'ici trois ans1 tous ces hommes qui viennent d'apostasier seront infidles4 ,personne ne rpondit4 ,a la fin1 un autre membre de la runion s'avana vers l'ami de ,m4 ,malcolm et lui dit d'un ton mesur3 ,peut-tre ne savez-vous pas qu'il y a l quelque chose de drang dans ,m4 ,reding 7et il toucha son front d'une manire significative72 on m'a assur que c'tait un mal de famille4 ,une voix profonde1 puissante1 et rsonnante comme la grande cloche de ,bow1 s'leva d'un coin de la salle1 comme pour mettre fin la conversation3 ,je respecte infiniment ,reding1 dit-elle brusquement2 j'ai une grande estime pour lui4 ,c'est un honnte homme2 je voudrais que d'autres lui ressemblassent4 ,s'il en tait ainsi1 de mme que les ,pusistes se font ,catholiques1 peut-tre verrions-nous le vieux ,brownside et sa clique devenir ,unitaires4 ,mais ces messieurs prfrent ne pas bouger4 ,la plupart des personnes prsentes sentirent la vrit de cette remarque1 et il y eut un moment de silence4 ,il fut interrompu par un individu la voix claire et glapissante4 ,avez-vous jamais ou dire1 demanda-t-il en balanant sa tte ou plutt tout son corps1 vous est-il jamais arriv1 ,sheffield1 d'entendre dire que ce gentleman1 votre ami ,m4 ,reding1 lorsqu'il tait tudiant de premire anne1 avait eu une conversation avec quelque attach de la chapelle papiste dans cette ville1 la porte mme de cette chapelle1 aprs le dpart des tudiants pour les vacances8--,impossible1 ,fusby1 dit ,carlton en riant4--,c'est trs-vrai1 reprit ,fusby2 je le tiens du sous-marchal1 qui passait en ce moment4 ,depuis plusieurs annes j'ai les yeux sur ,m4 ,reding4--,ce rapport parat exact1 rpliqua ,sheffield1 car cela aurait eu lieu1 au moins1 voyons1 il y a cinq ou six ans4--,oh6 continua ,fusby1 vous en verrez encore deux ou trois suivre ,reding4--,eh bien1 ,fusby1 dit ,vincent1 qui avait entendu par hasard et qui s'avana vers eux1 vous ressemblez aux trois vieilles femmes de la ,fiance de ,lammermoor qui voulaient soigner le cadavre du seigneur de ,ravenswood4 ,fusby s'inclina1 mais ne rpondit point4 ,pas tous les trois la fois1 j'espre1 reprit ,sheffield4--,oh6 c'est tout fait une concentration1 une quintessence du sentiment protestant1 rpondit ,vincent2 je me considre comme un bon ,protestant2 mais le plaisir que vous avez pourchasser ces messieurs est compltement sensuel1 ,fusby4 ,le domestique du rfectoire entra en ce moment et annona tout bas ,carlton qu'un tranger l'attendait chez lui4 ,quand pensez-vous que vos jeunes gens vous arrivent8 demanda ,sheffield ,vincent4--,samedi prochain4--,ils viennent toujours tard1 reprit le premier4--,oui1 le collge de ,christ-,church s'est ouvert la semaine dernire4--,celui de ,saint-,michel s'est galement ouvert1 dit ,sheffield3 nous aussi1 nous avons commenc nos cours4--,nous avons un motif pour commencer un peu plus tard2 plusieurs de nos tudiants viennent du ,nord et de l',irlande4--,ce n'est pas une raison1 avec les chemins de fer4--,j'apprends qu'on a commenc le ntre1 dit ,vincent1 je croyais que l',universit s'y opposait4--,le ,pape a cd1 reprit ,sheffield2 nous pouvons bien faire de mme4--,ne me parlez pas du ,pape1 repartit ,vincent2 j'en suis dgot1 du ,pape4--,le ,pape8 demanda ,fusby1 qui venait de saisir ce mot1 avez-vous entendu dire que sa saintet vient en ,angleterre8--,oh6 oh6 s'cria ,vincent1 le ,pape venir en ,angleterre6 ,je ne puis rsister cela1 il faut que je parte4 ,bonsoir1 ,carlton3 o est ma toge8--,je crois que le domestique du rfectoire l'a appendue la muraille dans le couloir2 mais vous devriez rester et me protger contre ,fusby4 ,vincent ne l'couta pas4 ,fusby1 non plus1 ne profita pas de l'avertissement2 de sorte que le pauvre ,carlton1 avec la certitude qu'on l'attendait chez lui1 eut soutenir une bonne demi-heure de tte--tte avec ce dernier1 qui lui parlait in extenso du pape ,grgoire ,,xvi1 des jsuites1 des hommes suspects de l',universit1 de ,mde sur l',apostasie1 du relief ,bill des ,catholiques1 du trait du docteur ,pusey sur le ,baptme1 de la ,justification1 et de la nomination des professeurs de l'tablissement ,taylor4 ,a la fin1 cependant1 ,carlton fut libre4 ,il traversa la cour pas prcipits1 monta rapidement son escalier1 ouvrit la porte avec empressement et se dirigea vers son salon4 ,en ce moment1 une personne se levait pour venir sa rencontre3 ,impossible6 et pourtant c'tait vrai4 ,quoi6 ,reding6 s'cria-t-il4 ,qui l'aurait cru8 ,quel bonheur6 nous tions prcisment444 ,quel vent vous amne ici8 ajouta-t-il d'une voix mue2 puis1 d'un ton grave3 ,reding1 o en tes-vous8--,pas encore ,catholique1 rpondit ,charles4 ,il y eut un moment de silence4 ,cette rponse disait beaucoup3 c'tait un soulagement1 mais aussi un avis indirect4 ,asseyez-vous1 mon cher ,reding2 dsirez-vous prendre quelque chose8 ,avez-vous dn8 ,quel plaisir de vous revoir1 mon vieil ami6 ,est-il donc vrai que nous allons vous perdre8 ,ils furent bientt en conversation sur le grand sujet4 ,,chapitre ,v4 ,la conclusion pratique4 ,si votre rsolution est prise1 ,reding1 dit ,carlton1 il est inutile de parler de cela4 ,puissiez-vous trouver le bonheur quelque part que vous soyez6 ,vous serez toujours vous-mme2 oui1 quoique ,catholique ,romain1 vous serez toujours ,charles ,reding4--,je sais1 ,carlton1 que j'ai en vous un ami dvou et sympathique4 ,vous m'avez toujours cout2 jamais je n'ai reu de vous des paroles dures1 moins que je ne les mritasse4 ,vous me connaissez mieux que personne4 ,campbell a les plus aimables et les meilleures qualits de cur4 ,bientt il aura un titre de plus mon affection2 car 7je vous le confie sous le sceau du secret7 il va pouser ma sur4 ,il m'a souffert chez lui pendant ces deux dernires annes2 jamais il n'a t dur envers moi2 au contraire1 je l'ai toujours trouv prt quand j'ai eu besoin de causer avec lui4 ,et pourtant1 ,carlton1 il n'a pas le talent d'ouvrir mon cur comme vous4 ,parfois vos opinions ont diffr des miennes1 mais vous m'avez toujours compris4--,merci pour vos bonnes paroles1 ,charles2 mais1 quant moi1 c'est un vrai mystre que votre sparation d'avec nous4 ,j'entre dans vos raisons1 et malgr cela je vous jure que je ne vois pas comment vous arrivez une conclusion semblable4--,eh bien1 quant moi1 ,carlton1 c'est aussi clair que deux et deux font quatre4 ,vous1 au contraire1 vous dites deux et deux font cinq1 et vous vous tonnez ensuite que nous ne soyons pas d'accord4--,abandonnons ces choses une puissance plus haute4 ,j'espre1 ,reding1 que nous ne serons pas moins amis1 quand vous appartiendrez une autre communion4 ,nous nous connaissons l'un l'autre2 les choses extrieures ne nous changeront pas4 ,reding soupira2 il voyait clairement que sa conversion1 lorsqu'elle serait un fait accompli1 produirait sur ,carlton les mmes effets que sur ses autres amis4 ,il ne pouvait en tre autrement3 car lui-mme tait sr d'avoir d'autres sentiments l'gard de son ancien tuteur4 ,quelques instants aprs1 celui-ci reprit avec douceur3 ,est-il donc tout fait impossible1 ,reding1 de vous retenir encore la onzime heure8 ,quels sont vos motifs8--,ne discutons pas1 mon cher ,carlton2 j'en ai fini avec les arguments4 ,cependant1 si je dois parler pour vous satisfaire1 qu'il me suffise de vous dire que j'ai accompli vos dsirs4 ,vous m'aviez engag lire les thologiens de l'glise ,anglicane4 ,je les ai lus2 je leur ai mme consacr beaucoup de temps1 et maintenant je vais embrasser ce ,symbole qui seul est le centre vers lequel ils convergent dans leur enseignement spar2 le ,symbole qui soutient la divinit de la tradition avec ,laud1 l'accord des ,pres avec ,beveridge1 une glise visible avec ,bramhall1 un tribunal pour les dcisions dogmatiques avec ,bull1 l'autorit du ,pape avec ,thorndike1 la pnitence avec ,taylor1 les prires pour les morts avec ,ussher2 le clibat1 l'asctisme et la discipline ecclsiastique avec ,bingham4 ,je cherche l'glise qui1 dans ces points comme dans une infinit d'autres1 se rapproche le plus de l'glise ,apostolique2 qui soit la continuation de cette glise des ,aptres1 si toutefois celle-ci a t continue4 ,or1 en voyant que cette glise que je choisis est semblable celle des ,aptres1 je crois que rellement c'est la mme4 ,la raison a march la premire1 la foi doit suivre4 ,il s'arrta1 et ,carlton ne rpliqua point2 il y eut un moment de silence4 ,je vous le rpte1 reprit enfin ,charles1 il est inutile de discuter2 c'est une rsolution prise aprs de longues et mres rflexions4 ,je l'ai annonce ma mre1 et je lui ai fait mes adieux4 ,tout est arrt2 je ne puis revenir sur mes pas4--,est-ce l un bon sentiment8 rpliqua ,carlton d'un air de demi-reproche4--,comprenez-moi1 rpondit ,charles2 j'en suis venu cette rsolution aprs y avoir gravement rflchi4 ,elle est reste dans mon esprit l'tat de simple conclusion intellectuelle1 pendant une ou deux annes4 videmment1 cette heure1 je puis1 sans encourir de blme1 changer cette conclusion en une rsolution pratique4 ,mais nul d'entre nous ne peut assurer qu'au milieu du tourbillon du monde et des intrts de toute espce dont il sera assailli1 il conservera toujours devant sa conscience ces convictions habituelles et dterminantes1 d'aprs lesquelles c'est notre devoir d'agir4 ,c'est pourquoi je dis que le temps des arguments est pass4 ,j'agis d'aprs une conclusion dj tire4--,mais comment savez-vous1 ,charles1 si vous n'avez pas t influenc votre insu1 pour arriver ce rsultat8 ,une ide s'est empare de vous1 et vous n'avez pas t capable de la bannir4 ,la seule preuve1 la preuve ncessaire de la ralit de vos convictions serait1 d'aprs moi1 de vous les voir conserver au milieu des agitations de la vie4--,mais ces convictions ne me quittent point2 elles me dominent en tout temps et en tout lieu4--,oui1 seulement1 certaines heures1 comme vous l'avez avou vous-mme4 ,sans doute vous devez avoir une conviction profonde pour agir malgr les fcheux effets causs par une dmarche de ce genre4 ,considrez dans combien d'esprits vous jetez le trouble2 quel triomphe vous fournissez aux ennemis de toute religion6 quel encouragement ceux qui pensent qu'il n'y a pas de vrit6 ,songez combien vous affaiblissez notre glise6 ,eh bien1 d'aprs moi1 il faut que vous ayez des convictions trs-fortes pour aller en avant malgr tout cela4--,je reconnais1 je soutiens1 reprit ,charles1 que le seul motif suffisant pour justifier une telle dmarche1 c'est la conviction que le salut en dpend4 ,or1 je vous parle avec sincrit1 mon cher ,carlton1 en vous disant que je ne pense pas tre sauv si je reste dans l'glise d',angleterre4--,voulez-vous dire que le salut n'est pas possible dans notre glise8 rpliqua ,carlton un peu froidement444--,non2 je ne parle que de moi-mme2 ce n'est pas moi de juger les autres4 ,je dis seulement3 ,dieu m'appelle1 et je dois marcher au risque de mon me4--,dieu vous appelle6 qu'est-ce que cela signifie8 ,je n'aime pas ce langage2 c'est celui d'un dissident4--,vous n'ignorez pas que c'est le langage de l'criture4--,oui2 mais dans l'criture personne ne dit3 ,je suis appel4 ,la vocation est un acte du dehors1 l'acte d'autrui1 et non un sentiment intrieur4--,mais1 mon cher ,carlton1 comment peut-on1 notre poque1 arriver la vrit1 alors qu'il ne peut y avoir aucun appel du dehors8--,dans ce cas1 il me parat que c'est un avertissement indirect1 que nous devons rester o la ,providence nous a fait natre4--,voil prcisment un des points de la doctrine de l'glise ,anglicane que je ne puis bien comprendre4 ,mais pour combien d'autres sujets n'est-ce pas ainsi8 je vous le demande1 ,carlton3 ,les membres de l'glise d',angleterre doivent-ils chercher la vrit1 ou l'ont-ils reue depuis le commencement8 ,la cherchent-ils eux-mmes1 ou la vrit leur est-elle transmise8 ,carlton rflchit un moment et parut hsiter2 il rpondit ensuite que nous devions chercher la vrit4 ,c'tait une partie de nos preuves morales que d'aller cette recherche4 ,ds lors ne me parlez pas de notre position1 reprit ,charles4 ,cette rponse1 je l'attendais peine de votre part2 mais c'est ce que la majorit des membres de l'glise d',angleterre proclame4 ,on nous dit de chercher1 on nous donne des rgles pour faire cette recherche1 on nous fait exercer notre jugement priv2 mais arrivons-nous une conclusion diffrente1 on fait volte-face1 et on nous parle de notre position providentielle4 ,il y a plus3 ,dites-moi1 en supposant que nous devions tous chercher la vrit1 croyez-vous que les membres de l'glise d',angleterre la cherchent de la manire que l'criture l'ordonne8 ,songez combien l'criture insiste sur la difficult de trouver la vrit1 sur le zle la chercher1 sur le devoir d'en tre altrs4 ,non1 je ne puis croire que la masse du clerg anglais1 la masse des rsidents d',oxford1 chefs des tablissements et ,fellows des collges 7malgr leurs bonnes qualits1 que je me plais reconnatre71 ait jamais cherch la vrit4 ,ils ont accept ce qu'ils ont trouv tabli1 et n'ont absolument pas exerc leur jugement priv2 ou s'ils en ont fait usage1 'a t de la manire la plus vague et la plus superficielle4 ,admettons qu'ils aient consult l'criture3 dans quel but l'ont-ils fait8 seulement pour y trouver des preuves en faveur de ce qu'ils devaient souscrire1 l'poque o1 tant sous-gradus1 ils ont assist au cours des ,articles4 ,puis1 aprs dner1 en prenant un verre de vin1 ils parlent de tel ou tel ami qui s'est spar de l'glise1 et ils le condamnent2 bien plus 7jetant un coup d'il sur le journal plac sur la table71 ils prtendent indiquer les motifs de sa conduite4 ,cependant1 aprs tout1 qui vraisemblablement doit avoir raison8 ,est-ce cet homme qui a pass1 peut-tre1 des annes entires la recherche de la vrit1 qui constamment a demand au ciel sa direction divine1 et qui a pris tous les moyens en son pouvoir pour arriver la lumire8 ou bien1 sont-ce les gentlemen de l',angleterre qui restent tranquillement chez eux au sein de leur comfort8 ,non1 non2 ils peuvent parler de la recherche de la vrit1 du jugement priv1 comme d'un devoir1 mais ils n'ont jamais cherch1 jamais ils n'ont exerc leur jugement4 ,ils restent l o ils sont1 non parce que c'est la vrit1 mais parce qu'ils s'y trouvent1 parce que c'est leur position providentielle1 et position assez agrable par-dessus le march4 ,reding s'tait un peu anim1 tant sous l'influence pnible de l'article de la ,gazette4 ,mais1 sans tenir compte de ce fait1 il y avait dans sa situation assez de causes pour jeter son esprit hors de son tat habituel4 ,il se trouvait dans la crise d'une preuve particulire qu'il faut avoir sentie pour la comprendre3 peu d'hommes vont de sang-froid la bataille1 ou se prparent avec calme une opration chirurgicale4 ,carlton1 d'autre part1 tait un homme doux et modr qui ne prononait pas une parole de vivacit une fois l'an4 ,la conversation tomba4 ,a la fin1 ,carlton reprit3 ,j'espre1 ,reding1 que vous n'allez pas vous runir l'glise de ,rome simplement parce qu'il y a des gens gostes et draisonnables dans l'glise d',angleterre4 ,charles comprit qu'il ne se montrait pas son avantage1 et que1 relativement aux motifs de sa conversion1 il donnait lieu des conjectures qu'il voulait dtourner4 ,il est triste1 dit-il comme s'il se ft adress un reproche1 d'employer nos derniers instants en discussions4 ,pardonnez-moi1 ,carlton1 si j'ai dit quelque chose de trop fort ou de trop vif4 ,carlton le pensait ainsi2 il le croyait dans un tat de surexcitation2 mais quoi bon le lui dire8 ,il se contenta de serrer affectueusement la main que ,charles lui tendait1 et il ne rpondit pas4 ,il dit ensuite brusquement et d'un ton sec3 ,charles1 connaissez-vous quelque catholique romain8--,non2 je me trompe1 je connais ,willis2 mais je ne l'ai pas vu depuis deux ans4 a t entirement l'uvre de mon esprit4 ,carlton ne rpliqua pas tout d'abord2 puis1 d'un ton aussi sec et aussi brusque qu'auparavant3 ,je pense donc1 dit-il1 que vous aurez beaucoup souffrir quand vous connatrez ces gens-l4--,que voulez-vous dire8--,vous verrez1 je le crains1 que ce sont des hommes sans ducation4--,que savez-vous sur leur compte8--,je le souponne ainsi4--,mais qu'est-ce que cela fait mon but8--,c'est une chose laquelle vous devriez penser4 ,un ecclsiastique anglican est un gentleman2 vous pourrez avoir souffrir plus que vous ne croyez1 lorsque vous vivrez avec des hommes d'un esprit peu cultiv ou de manires communes4--,mon cher ,carlton1 ne parlez-vous pas de choses que vous ignorez compltement8--,soit2 mais vous devriez y penser1 vous devriez prendre la chose en considration4 ,j'en juge par leurs lettres et leurs discours qu'on lit dans les journaux4 ,charles rflchit un moment3 ,certainement1 rpondit-il ensuite1 je n'aime pas bien des choses qui sont faites et dites par des catholiques romains2 mais tout cela1 mes yeux1 n'est qu'une preuve et une croix2 je ne vois pas comment ce fait touche la grande question4--,non1 si ce n'est que vous pourriez vous trouver comme un poisson hors de l'eau4 ,vous pourrez vous trouver dans une position o il vous sera impossible de vous entendre avec personne1 o vous serez mis entirement de ct4--,eh bien1 reprit ,charles1 quant au fait1 je l'ignore2 il peut arriver qu'il soit tel que vous le dites2 mais1 pour moi1 la valeur de votre preuve est presque nulle4 ,dans toutes les communions1 la lie est la surface4 ,ce qui me choque dans les actes publics des catholiques ne doit pas tre la mesure1 que dis-je8 ne peut tre la mesure de l'esprit intrieur du ,catholicisme4 ,je ne voudrais pas juger de l'glise ,anglicane par ,exeter-,hall1 ni mme d'aprs les mandements des vques4 ,nous voyons l'intrieur de notre propre glise1 et nous ne connaissons que l'extrieur de celle de ,rome4 ,la comparaison n'est pas quitable4--,mais voyez leurs livres de pit1 continua ,carlton1 ils ne savent pas crire en anglais4 ,reding sourit1 et secouant doucement la tte3 ,ils crivent l'anglais1 je suppose1 rpondit-il1 d'une manire aussi classique que saint ,jean crivait le grec4 ,ici encore1 la conversation fit une halte1 et pendant quelques instants on n'entendit plus rien que le bouillonnement de la cafetire4 ,de la discussion ne devait sortir aucun bien1 comme on pouvait en juger ds le principe4 ,chacun avait sa manire de voir1 et cette vue particulire tait le commencement et la fin de la controverse4 ,charles se leva4 ,eh bien1 mon cher ,carlton1 dit-il1 il faut nous sparer2 il doit tre prs de onze heures4 ,il tira de sa poche un petit livre1 l',anne chrtienne4 ,vous m'avez vu souvent ce volume entre les mains1 continua-t-il2 acceptez-le en souvenir de moi4 ,en mon absence1 ce gage vous dira que je ne vous oublie point1 mais que je pense toujours vous4 ,il s'arrta trs-mu4 ,oh6 c'est trs-dur de vous quitter tous pour aller vers des trangers1 reprit-il2 je ne le dsirais pas1 mais je ne puis m'en empcher2 je suis appel1 j'y suis contraint4 ,il s'arrta encore2 les larmes coulaient le long de ses joues4 ,ce n'est rien1 dit-il en se remettant un peu1 ce n'est rien2 mais elle est dure1 cette heure3 peine un ami qui s'intresse moi2 des regards sombres1 des paroles amres444 ,je me satisfais moi-mme1 en suivant ma propre volont444 ,bien444 ,et il se mit regarder ses doigts et se frotter doucement les mains4 ,cela doit tre1 se dit-il tout bas lui-mme1 il faut aller au royaume1 travers les tribulations1 semer dans les larmes pour moissonner dans la joie4 ,autre silence1 et un nouveau cours de penses se prsenta3 ,oh6 reprit-il1 je crains tant1 je crains si fort que vous tous qui n'allez pas en avant ne retourniez en arrire6 ,vous ne pouvez rester fixes l o vous tes4 ,pendant un temps vous croirez qu'il en est ainsi2 puis1 vous nous ferez de l'opposition1 et vous croirez encore que vous conservez votre terrain1 parce que vous emploierez les mmes mots qu'auparavant2 mais et votre croyance et vos opinions dclineront4 ,vous serez moins fermes4 ,viendra enfin un jour o ceci vous frappera3 c'est que1 tout en diffrant des ,protestants1 vous discutez seulement sur des mots4 ,on nous appelle ,rationalistes2 prenez garde de tomber dans le ,libralisme4 ,et maintenant1 mon cher ,carlton1 vous1 le seul de mes amis d',oxford qui se soit montr patient et affectueux envers moi1 adieu4 ,puissions-nous nous retrouver bientt dans la paix et dans la joie6 ,je ne puis aller vous2 il faut que vous veniez moi4 ,ils s'embrassrent avec affection4 ,une minute aprs1 ,charles descendait l'escalier en courant4 ,,chapitre ,,vi4 ,le rail-way4 ,charles se coucha avec un violent mal de tte4 ,a son rveil1 il souffrait encore plus fort4 ,il ne lui restait plus rien faire qu' demander sa note et partir pour ,londres4 ,il ne put cependant quitter ,oxford sans dire un dernier adieu cette ville chrie4 ,il se leva vers sept heures1 et tandis que les tudiants sortaient de leurs chambres et se rendaient leurs chapelles respectives1 il fit un tour ,magdalen ,walk et ,christ ,church ,meadow4 ,quelque part qu'il allt1 il ne pouvait rencontrer personne1 ou1 du moins1 peu de monde4 ,les arbres de ,water-,walk taient diaprs des mille couleurs de la saison et formaient des berceaux sur sa tte1 tout en l'abritant sur le ct4 ,il atteignit ,addison's ,walk1 promenade qu'il avait vue1 la premire fois1 avec son pre1 son arrive l',universit1 six annes auparavant1 jour pour jour4 ,il continua sa course plus loin encore1 jusqu' ce qu'il arrivt en vue de la belle tour#gc1 qui enfin se dressa majestueusement au-dessus de sa tte4 ,la matine tait froide1 et une lgre couche de gele couvrait le sol3 les feuilles voltigeaient et l2 tout tait en harmonie avec ses sentiments4 tant rentr dans les btiments monastiques1 il ne rencontra que des servants avec des baquets de cendres1 et des vieilles femmes qui emportaient les restes de la cuisine4 ,il traversa le ,meadow et se dirigea vers le confluent du ,cherwell et de l',ists2 puis il revint sur ses pas4 ,une pense traverse son esprit6 ,hlas6 c'est pour la dernire fois666 ,personne ne pouvait le voir2 il jeta ses bras autour des saules qu'il affectionnait tant et les baisa4 ,ayant ensuite arrach quelques-unes de leurs feuilles noires1 il les mit dans sa poitrine4 ,je suis comme ,ondine1 dit-il1 qui tue avec un baiser4 ,nul ne s'intresse moi2 peine une personne qui me connaisse#gd4 ,il se rapprocha encore de ,long ,walk4 ,soudain1 en jetant les yeux dans cette alle1 il vit une toque et une toge2 il regarda avec anxit3 c'tait ,jennings1 il n'y avait pas s'y tromper1 et le ,vice-,principal se dirigeait vers lui4 ,charles avait toujours eu de l'estime pour ,jennings1 malgr sa svrit1 mais il n'aurait pas voulu le rencontrer pour tout au monde4 ,que faire8 ,il se mit derrire un gros orme et le laissa passer1 puis il s'loigna d'un pas rapide4 ,quand il eut gagn un peu de terrain1 il se hasarda tourner la tte2 mais1 par cette espce de fatalit ou de sympathie qui est si commune en pareil cas1 il vit en mme temps ,jennings qui se tournait aussi vers lui4 ,charles pressa sa marche et se retrouva bientt son htel4 #gc ,la tour du collge de la ,madeleine4 #gd ,pour comprendre cette scne1 il faut avoir visit ,oxford4 ,sans tre anglais1 on sent que l'atmosphre de cette ville1 au parfum antique et religieux1 est faite pour pntrer l'me d'une profonde impression magique qui ne saurait jamais plus s'effacer4 ,il faut plaindre l',anglais dont la jeunesse se passe loin d'un tel sjour4 ,il faudrait plaindre surtout celui qui1 aprs y avoir vcu1 se souviendrait1 sans motion1 de ces votes1 de ces clotres1 de ces ombrages1 de ces chants religieux4 7,comte de ,montalembert1 ,de l'avenir politique de l',angleterre47--,nous avons vu nous-mme un converti1 ex-fellow de l'un des plus beaux collges de l',universit1 laisser couler de grosses larmes sur son visage mle1 la lecture de la scne que le lecteur a maintenant sous les yeux4 ,ces larmes en disaient plus que de longs livres et sur le charme irrsistible d',oxford1 et sur le sublime sacrifice de ces hommes gnreux qui1 pour rpondre au cri de la conscience1 n'ont pas craint de s'arracher tout ce qu'ils admirrent et aimrent aux beaux jours de leur jeunesse4 ,chose tonnante6 quoique ,charles et aussi bien russi que ,carlton1 dans le rude assaut de leurs intelligences1 la veille au soir1 nanmoins cet entretien avait produit un certain malaise dans son esprit4 ,le temps de l'action tait venu2 l'argument tait pass1 comme il le disait lui-mme2 et revenir la discussion c'tait seulement obscurcir la claire perception qu'il avait de la vrit4 ,il commena se demander si rellement il avait assez de motifs clairs et puissants pour faire la dmarche qu'il allait accomplir1 et la pense lui vint qu'il perdrait le monde d'ici-bas sans gagner le monde futur4 videmment1 ,carlton le croyait dans un tat de surexcitation2 et si c'tait vrai6 ,peut-tre1 aprs tout1 ses convictions taient-elles un rve2 sur quoi reposaient-elles8 ,il essaya1 mais en vain1 de se rappeler ses meilleures raisons4 ,qui sait8 ce qu'on appelle la vrit1 est-ce quelque chose de rel8 ,une chose n'est-elle pas aussi bonne qu'une autre8 ,dans tous les cas1 n'aurait-il pas pu bien servir ,dieu dans la famille o il avait t plac par sa naissance8 ,il se rappela quelques lignes des thiques d',aristote1 empruntes par le philosophe un pote ancien1 dans lesquelles le pauvre ,philoctte1 abandonn1 dplore le stupide empressement officieux1 comme il l'appelle1 qui a t la cause de ses infortunes4 ,charles se demandait s'il ne s'tait pas trop occup1 lui aussi1 de ce qui ne le regardait point4 ,ne pouvait-il pas laisser les choses comme elles taient8 ,des hommes meilleurs que lui avaient vcu et taient morts dans le sein de l'glise d',angleterre4 ,et puis d'ailleurs1 si1 comme ,campbell le lui avait dit1 ses prtendues convictions s'vanouissaient au moment qu'il s'unirait l'glise ,romaine1 ainsi que dj cela lui tait arriv la mort de son pre8 ,il commena porter envie ,sheffield4 ,tout avait bien tourn pour son ami3 un brillant succs dans son examen1 une place de fellow2 et cela simplement parce qu'il avait pris les choses comme elles se prsentaient1 et qu'il n'avait pas couru aprs des visions4 ,charles se sentit violemment tent1 mais il ne fut ni abandonn ni vaincu4 ,son bon sens1 disons mieux1 son bon ange vint son secours4 videmment il n'tait pas en tat d'argumenter ni de juger cette heure4 ,des conclusions peses pendant plusieurs annes ne devaient pas tre mises nant par les penses d'un instant de trouble4 ,faisant donc un effort sur lui-mme pour rejeter toutes ces proccupations1 il ne songea plus qu' son voyage4 ,comment il arriva ,steventon1 il aurait eu de la peine le dire4 ,mais peu peu il se remit1 et il se trouva dans une voiture de premire classe sur le chemin de fer du ,great-,western1 s'avanant rapidement vers ,londres4 ,il regarda autour de lui pour reconnatre ses compagnons de voyage4 ,le compartiment de devant tait plein de voyageurs qui paraissaient former une seule socit1 causant ensemble avec beaucoup de volubilit et d'entrain4 ,des trois siges du compartiment o il se trouvait1 un seul1 en face de lui2 tait occup4 ,en considrant l'tranger1 il vit que c'tait un homme grave1 atteignant ou ayant pass l'ge mr4 ,sa figure avait cette expression fatigue ou plutt tourmente que mme une lgre souffrance physique1 si elle est habituelle1 donne tous les traits1 et ses yeux taient ples1 probablement par suite de longues tudes4 ,charles crut qu'il avait dj vu cette figure1 mais il ne put se rappeler en quel lieu ni quelle poque4 ,ce qui l'intressa davantage1 ce fut le costume de l'inconnu1 dont il avait rarement vu le pareil dans ses voyages4 ,ce costume avait un cachet tranger4 ,cela1 joint un petit livre d'offices que le voyageur tenait dans ses mains1 fit comprendre notre jeune ami qu'il tait en prsence d'un ecclsiastique romain4 ,son cur commena battre1 et il fut tent de quitter son sige2 il se sentit malade et prs de s'vanouir4 ,peu peu1 il devint plus calme1 et il voyagea quelque temps en silence1 dsirant et craignant toutefois de prendre la parole4 ,a la fin1 dans un moment d'arrt une station1 il adressa quelques mots en franais l'tranger4 ,celui-ci parut surpris1 il sourit1 et d'une voix hsitante et un peu mlancolique rpondit qu'il tait ,anglais4 ,charles s'excusa assez gauchement1 et il y eut un nouveau silence4 ,parfois leurs yeux se rencontraient1 et puis ils les dtournaient lentement l'un de l'autre1 comme deux personnes qui tchent de se reconnatre4 ,mais l'tranger crut qu'il avait interrompu trop brusquement la conversation1 et aprs quelques paroles vagues pour la rouvrir3 ,probablement1 monsieur1 dit-il1 je vous reconnais mieux que vous ne pouvez me reconnatre moi-mme4 ,a votre air1 vous tes un tudiant d',oxford4 ,charles en convint4 ,bachelier8 ,il tait tout prs de passer matre4 ,son compagnon de voyage1 qui n'tait pas en veine de causer1 continua lui adresser diffrentes questions de politesse sur l',universit3 ,quels collges nomment les censeurs cette anne8 ,les professeurs de l'tablissement ,taylor sont-ils choisis8 ,sont-ce des membres de l'glise d',angleterre8 ,le nouvel vque de ,bury a-t-il conserv son rang de ,principal8 etc41 etc4 ,aprs ces questions1 la conversation roula sur des lieux communs qui n'aboutirent rien4 ,charles avait tant de choses demander6 ,mille penses s'agitaient en lui2 son esprit en tait plein4 ,l1 en sa prsence1 se trouvait un prtre catholique prt pourvoir aux besoins de son me1 et cependant cette occasion allait probablement passer sans rsultat aucun4 ,aprs une ou deux tentatives infructueuses1 il abandonna la partie et se rejeta dans son coin4 ,son compagnon de voyage commena1 aussi tranquillement qu'il le put1 dire son office4 ,le temps s'coulait2 dj plusieurs stations avaient t franchies1 et le convoi s'approchait de ,londres4 ,cependant1 l'ecclsiastique avait termin son brviaire1 et son livre avait disparu dans une de ses poches4 ,un moment aprs1 ,charles demanda tout coup3 ,comment avez-vous suppos que je suis un tudiant d',oxford8--,non pas prcisment par votre air ni par vos manires1 mais je vous ai vu descendre de l'omnibus ,steventon1 et avec ce renseignement il est impossible de s'y mprendre4--,j'ai entendu d'autres personnes dire la mme chose2 cependant1 je ne puis m'expliquer quoi un tudiant d',oxford peut se reconnatre4--,pas seulement les tudiants d',oxford1 mais ceux de ,cambridge mme se laissent deviner leurs manires4 ,soldats1 lgistes1 bnficiers1 chaque classe porte des indications extrieures auxquelles on peut la reconnatre4--,je sais des personnes qui croient que l'criture indique la profession et le caractre4--,je n'en doute pas4 ,la dmarche est une autre indication2 mais tout le monde ne peut pas comprendre un langage si cach4 ,cependant1 c'est un langage aussi rel que des hiroglyphes sur un oblisque4--,c'est une pense terrible1 dit ,charles en soupirant1 que nous nous manifestions1 pour ainsi dire1 chaque fois que nous respirons4 ,l'tranger en convint4 ,l'tre moral de l'homme1 dit-il1 est concentr dans chaque instant de sa vie2 cet tre moral se trahit depuis le bout des doigts jusqu' la pointe des pieds4 ,peu de chose suffit pour indiquer ce qu'est un homme4 ,je pense que je parle un prtre catholique8 reprit ,charles4 ,ayant obtenu une rponse affirmative1 il demanda1 avec une sorte d'hsitation1 si ce qu'ils avaient dit ne dmontrait pas l'importance de la foi4 ,de prime abord1 continua-t-il1 on ne voit pas comment il est rationnel de soutenir qu'il est si important d'admettre telle ou telle doctrine1 d'en avoir un peu plus ou un peu moins1 moins que ce ne soit comme critrium du cur4 ,la physionomie de son compagnon s'claircit4 ,il fit observer pourtant1 que la foi ne se mesure pas par le plus ou le moins2 que1 ou nous croyons toute la parole rvle1 ou rellement nous n'en croyons aucune partie2 que nous devons croire sur la parole de l'glise ce que l'glise nous propose4 ,mais assurment1 rpliqua ,charles1 les soi-disant vangliques croient plus que les ,unitaires1 et les ecclsiastiques de la ,haute glise plus que les vangliques4--,la question1 reprit son compagnon de voyage1 est de savoir si l'on soumet sa raison1 implicitement1 ce qu'on a reu comme la parole de ,dieu4 ,charles en convint4 ,voudriez-vous donc dire1 continua le prtre1 que l',unitaire croit rellement comme la parole de ,dieu tout ce qu'il professe accepter1 alors qu'il ne tient aucun compte de tant de choses qui se trouvent dans cette parole sacre et qu'il les rejette8--,certainement1 non4--,et pourquoi8--,parce qu'il est vident que1 pour l',unitaire1 le dernier rgulateur de la vrit est1 non pas l'criture1 mais1 son insu1 quelque vue particulire de son esprit dont il fait la mesure du livre divin4--,ds lors il se croit lui-mme1 si l'expression est permise1 dit le prtre1 et il ne croit pas la parole extrieure de ,dieu4--,sans doute4--,eh bien1 pareillement1 continua-t-il1 pensez-vous qu'une personne ait une foi relle en ce qu'elle regarde comme la parole de ,dieu1 si elle nglige1 sans essayer de les comprendre1 des passages tels que ceux-ci3 ,l'glise1 colonne et soutien de la vrit2 ,celui qui vous pardonnerez les pchs1 ils lui seront pardonns2 ,si quelqu'un est malade1 qu'il appelle les prtres de l'glise1 et qu'ils l'oignent d'huile8--,oui1 repartit ,charles2 mais dans le fait1 nous ne professons pas d'avoir foi seulement au texte de l'criture4 ,vous savez1 monsieur1 ajouta-t-il en hsitant1 que d'aprs la doctrine anglicane nous interprtons l'criture par l'glise4 ,c'est pourquoi nous avons foi1 comme les catholiques1 non simplement dans l'criture1 mais dans toute la parole confie l'glise1 parole dont l'criture elle-mme fait partie4 ,son compagnon sourit4 ,combien y en a-t-il qui professent cette doctrine8 demanda-t-il4 ,mais n'insistons pas sur cette question4 ,je comprends la pense d'un catholique lorsqu'il dit qu'il se guide par la voix de l'glise4 ,cela signifie pratiquement1 par la voix du premier prtre qu'il rencontre4 ,en matire de doctrine1 il a foi la parole de tout prtre4 ,mais quelle est-elle8 o est-elle cette parole de l'glise1 dans laquelle croient les personnes dont vous parlez8 ,quand exercent-elles leur croyance8 ,bien loin que tous les anglicans s'accordent ensemble sur la foi1 n'est-ce pas un fait incontestable que ce que l'un affirme1 l'autre le nie8 ,ainsi1 un anglican1 alors mme qu'il le voudrait1 ne peut avoir foi dans ses ministres1 et ncessairement1 bon gr mal gr1 il fait un choix parmi eux4 ,comment donc la foi a-t-elle place dans la religion d'un anglican8--,eh bien1 rpondit ,charles1 je vous assure1 monsieur1 que j'ai vu beaucoup de personnes 7et1 si vous connaissiez l'glise d',angleterre comme moi1 il ne serait pas ncessaire de vous le dire7 qui1 d'aprs la science qu'elles possdent des vangiles1 ont une conviction absolue et le sentiment intime de la ralit des faits sacrs qui y sont contenus4 ,appelez cette conviction la foi1 ou donnez-lui un autre nom1 il n'en est pas moins vrai qu'elle est assez puissante pour influencer toute leur vie1 rgler leur cur et diriger leur conduite aussi bien que leur imagination4 ,je ne puis croire que ces personnes soient dshrites de la faveur de ,dieu1 cependant1 d'aprs vous1 elles n'ont pas la foi4--,pensez-vous que ces personnes croient et pratiquent tout ce qui leur est rapport comme tant dans l'criture8 demanda le prtre4--,sans doute1 rpondit ,charles1 autant qu'un homme puisse en juger4--,alors1 peut-tre1 pratiquent-elles la vertu de foi4 ,s'il y a des passages de l'criture auxquels elles demeurent insensibles1 comme par rapport aux ,sacrements1 la ,pnitence1 l',extrme-,onction1 au sige de ,pierre1 je devrais charitablement penser que ces passages n'ont jamais t offerts ni dvelopps leur esprit et leur conscience2 de mme qu'il peut arriver qu'une bulle du ,pape reste inconnue pendant quelque temps une contre lointaine de l'glise4 ,elles peuvent tre dans une ignorance involontaire#ge4 ,cependant je crains qu'en prenant la nation en masse1 il ne s'en trouve bien peu de ce genre4 ,charles rpliqua que cette rponse ne rsolvait pas pleinement la difficult4 ,la foi1 dans la position de ces personnes1 n'est pas du moins la foi dans la parole de l'glise4 ,son compagnon de voyage ne voulut pas en convenir1 il dit que ces personnes reoivent l'criture ,sainte sur le tmoignage de l'glise1 et qu'au moins elles croient la parole de ,dieu et ce qui s'ensuit4 #ge ,errantes invincibiliter circa aliquos articulos1 et credentes alios1 non sunt formaliter hretici1 sed habent fidem supernaturalem1 qu credunt veros articulos1 atque adeo ex e possunt procedere actus perfect contritionis1 quibus justificentur et salventur4--,,de ,,lugo1 de ,fide1 p4 #afi4 ,c'est pour moi un grand mystre1 reprit ,charles1 que le retour la vraie foi de tout le peuple anglais1 en tant que nation4 ,les preuves en faveur de la foi sont-elles assez videntes8 ,son nouvel ami parut surpris et assez peu satisfait4 ,sans doute1 rpondit-il4 ,en fait1 un homme peut avoir plus de preuves pour croire la mission divine de l'glise qu'il n'en a pour croire la divinit des quatre vangiles4 ,si donc1 il croit dj ces livres sacrs1 pourquoi ne croirait-il pas l'glise8--,mais la croyance aux vangiles est une croyance traditionnelle1 rpliqua ,charles2 cela fait toute la diffrence4 ,je ne vois pas comment une nation telle que l',angleterre1 qui a perdu la foi1 peut jamais la recouvrer2 car1 en matire de conversion1 la ,providence n'a gnralement visit que des nations simples et barbares4--,les convertis du peuple romain formaient1 je suppose1 une grande exception4--,nanmoins1 cela me parat une immense difficult4 ,je ne vois pas comment1 lorsque l'difice dogmatique a t renvers1 on peut le rebtir de nouveau4 ,il me semble qu'il y a dans la ,rvolution franaise de ,carlyle un passage qui va notre sujet4 ,l'auteur dplore la folie des hommes qui dtruisaient ce qu'ils ne pouvaient rtablir1 ce qui demanderait des sicles et une combinaison de circonstances heureuses pour se rdifier1 en un mot1 un symbole extrieur reu de tous4 ,je ne nie pas1 ,dieu m'en prserve6 l'objectivit de la ,rvlation1 ni ce dicton1 que la foi est une espce d'illusion heureuse et utile2 mais1 vraiment1 l'vidence de la doctrine rvle est tellement tablie sur des probabilits que je ne vois pas ce qui doit l'introduire dans une socit civilise1 o la raison a t cultive au plus haut point1 et o la discussion est la pierre de touche de la vrit4 ,bien des hommes disent3 ,oh6 que je voudrais avoir reu une ducation catholique6 mais1 cette ducation1 ils ne l'ont pas eue2 et ils se trouvent incapables de croire1 malgr leur bon dsir1 parce que l'vidence n'est pas assez grande leurs yeux pour soumettre leur raison4 ,qu'est-ce qui doit les faire croire8 ,depuis quelque temps son compagnon de voyage donnait des signes de dplaisir4 ,lorsque ,charles s'arrta1 le prtre se contenta de dire brivement1 mais avec calme3 ,ce qui doit les faire croire8 la volont1 leur volont4 ,reding hsitait4 ,le prtre continua3 ,s'il y a assez de preuves pour croire l'criture1 et nous voyons1 je le rpte1 que c'est ainsi1 il y en a galement plus qu'il ne faut pour croire l'glise4 ,l'vidence ne manque pas4 ,tout ce qu'elle rclame1 c'est d'tre prsente l'esprit ou de s'y imprimer4 ,si1 donc1 la croyance ne suit pas1 la faute en est la volont4--,eh bien1 dit ,charles1 je pense qu'il y a un sentiment gnral parmi les anglicans instruits1 que les droits de l'glise ,romaine ne reposent pas sur une base suffisamment intellectuelle2 que les preuves1 ou notes1 taient assez bonnes pour un sicle grossier1 mais non pas pour le sicle des lumires4 ,c'est ce qui me fait dsesprer du progrs du ,catholicisme4 ,son compagnon le regarda avec curiosit1 et lui dit tranquillement3 ,sachez-le1 il y a assez d'vidence pour une conviction morale que l'glise ,catholique ou ,romaine1 et nulle autre1 est la voix de ,dieu4--,voulez-vous dire1 reprit ,charles1 dont le cur battait avec violence1 qu'avant la conversion un homme ne peut arriver une conviction prsente1 inbranlable1 actuelle de cette vrit8--,je ne sais1 rpondit le prtre2 mais1 au moins1 il peut avoir une certitude morale habituelle1 c'est--dire une conviction et une seule1 une conviction ferme1 sans rivale1 ou mme sans doute raisonnable1 qui se prsente lui dans ses heures de solitude alors qu'il est le plus calme3 et qui1 dans le tumulte du monde1 lui apparat1 de temps en temps1 comme travers des nuages2 une conviction ainsi formule3 ,l'glise ,catholique ,romaine est la seule et unique voix de ,dieu1 le seul et unique chemin du salut4--,alors vous pensez1 dit ,charles avec une motion croissante1 que cet homme n'est pas oblig d'attendre de plus clatantes lumires8--,il n'en aura pas1 il ne peut en attendre d'autres avant sa conversion4 ,la certitude1 dans son sens le plus lev1 est la rcompense de ceux qui1 par un acte de leur volont1 embrassent la vrit1 lorsque la nature recule lchement4 ,il faut se hasarder4 ,la foi est une chance courir avant qu'on soit catholique2 c'est une grce ensuite4 ,on s'approche de l'glise par la voie de la raison1 on y vit dans la lumire de l',esprit4 ,charles exprima la crainte que bien des hommes excellents et fort instruits ne fussent tents de trouver en dfaut l'vidence du ,catholicisme et de cesser toutes recherches1 sur ce prtexte qu'il y a des arguments de part et d'autre4 ,ce n'est pas une certaine catgorie d'hommes1 rpondit le prtre1 ce sont tous les ,anglais qui donnent dans ce fcheux travers4 ,les ,anglais sont heureusement dous sous bien des rapports1 mais ils n'ont pas la foi4 ,d'autres nations1 qui leur sont infrieures beaucoup d'gards1 ont cette foi4 ,cependant rien ne peut la remplacer3 ni le sentiment de la beaut1 de la majest1 ou de l'antiquit du ,catholicisme2 ni l'apprciation de sa misricorde envers les pcheurs2 ni l'admiration pour les martyrs2 ni l'estime pour les anciens ,pres et pour leurs crits4 ,quelques individus peuvent avoir des murs douces et aimables1 ou un esprit de droiture qui mrite notre respect2 cependant1 jusqu' ce qu'ils aient la foi1 ils n'ont pas de fondement1 et leur difice s'croulera4 ,ils ne seront pas bnis1 ils ne feront rien en matire religieuse1 jusqu' ce qu'ils commencent croire sans rserve la parole de ,dieu1 quelle qu'elle soit2 jusqu' ce qu'ils se renoncent eux-mmes2 jusqu' ce qu'ils cessent de faire de quelqu'une de leurs ides leur propre symbole2 jusqu' ce qu'ils obligent leur volont perfectionner ce qui pour leur raison peut tre suffisant1 mais reste nanmoins incomplet4 ,et lorsqu'ils reconnatront cette lacune en eux1 et qu'ils tcheront d'y remdier1 alors ils verront beaucoup plus loin1 ils seront bientt sur la route du ,catholicisme4 ,dans tout cela1 il n'y avait rien de bien nouveau pour ,charles2 mais il tait heureux de l'apprendre de la bouche d'un autre1 et surtout d'un prtre4 ,il avait donc trouv de la sympathie et une autorit3 il se sentit rendu lui-mme4 ,la conversation s'arrta4 ,un moment aprs1 il confia son nouvel ami le motif qui le conduisait ,londres4 ,cette dclaration1 aprs ce que ,charles avait dj dit1 ne pouvait beaucoup surprendre son compagnon de voyage4 ,celui-ci connaissait le suprieur de ,san ,michaele1 et donnant sa carte ,reding1 il y crivit quelques paroles pour lui servir d'introduction auprs du bon pre4 ,cependant ils avaient atteint ,paddington1 et avant que le convoi ft compltement arrt1 le prtre1 ayant pris son sac de nuit de dessous son sige et s'tant envelopp d'un manteau1 tait sorti de voiture et s'loignait d'un pas rapide4 ,,chapitre ,,vii4 ,deux irvingites1 une plymouthiste et un no-juif assigeant une pauvre chambre4 ,charles dsirait naturellement accomplir son importante dmarche avec tout le calme possible2 et il avait pris1 son avis du moins1 les mesures les plus convenables pour atteindre ce but4 ,mais de semblables combinaisons tournent souvent d'une manire bien diffrente de ce que l'on avait espr4 ,c'est ce qui arriva notre jeune ami4 ,le couvent ds ,passionnistes tait situ l'est de ,londres2 jusque l1 c'tait bien4 ,or1 ,charles connaissait dans le voisinage un honnte diteur de publications religieuses avec lequel son pre avait eu des relations1 et il lui avait crit pour retenir une chambre dans sa maison4 ,il voulait y passer le peu de jours qu'il croyait devoir lui suffire pour prparer sa rception4 ,ce qui lui adviendrait ensuite1 il le laissait la sagesse de ceux entre les mains desquels il allait se trouver4 ,c'tait le mercredi2 il comptait avoir deux jours pour se disposer la confession et se prsenter ensuite ceux qui devaient recevoir son abjuration4 ,le meilleur plan et t de se rendre directement la maison des religieux1 o sans doute les bons ,pres1 en le logeant1 l'auraient mis l'abri de toute importunit1 et lui auraient donn les avis les plus sages sur ce qu'il avait faire4 ,mais nous devons lui pardonner si1 en accomplissant un si grand acte1 il aime le faire sa faon1 et nous ne devons pas tre svres son gard1 quoiqu'il n'ait pas choisi la meilleure voie4 ,en arrivant sa destination1 ,charles vit au maintien de son hte que non-seulement sa venue tait attendue1 mais qu'on en comprenait aussi le motif4 ,probablement l'article de la ,gazette d',oxford avait t copi par les journaux de ,londres4 ,autre contre-temps1 qui ne servit pas peu augmenter dsagrablement sa surprise4 ,en se rendant sa chambre1 il vit que le digne libraire avait un cabinet de lecture attenant sa boutique1 voisinage bien plus dangereux pour sa retraite qu'une salle de caf4 ,il ne fut cependant pas oblig de se mler aux diffrentes socits qui paraissaient frquenter ce lieu1 et il rsolut autant que possible de ne pas sortir de sa chambre4 ,le reste de la journe1 il l'employa crire ses amis4 ,sa conversation du matin l'avait tranquillis4 ,il se coucha calme et heureux1 dormit profondment1 se leva tard1 et1 dispos d'esprit et de corps1 il tourna ses penses vers les devoirs srieux de la journe4 ,le djeuner fini1 il consacra un temps assez long des exercices pieux2 puis1 ouvrant son pupitre1 il se mit au travail4 ,il commenait peine1 lorsque se prsenta le propritaire de la maison1 lequel1 aprs beaucoup d'excuses sur son importunit1 et des protestations qu'il ne voulait pas tre indiscret1 s'aventura demander si ,m4 ,reding tait catholique4 ,la question lui avait t pose lui-mme1 et il pensait qu'il pouvait solliciter une rponse de la personne la plus capable de fournir un renseignement authentique4 ,pour ,charles1 une pareille interruption tait dsagrable en soi1 et embarrassante par la forme dans laquelle la demande avait t faite4 ,dire qu'il tait sur le point de se faire catholique aurait t absurde2 aussi rpondit-il ngativement d'un ton bref4 ,m4 ,mumford lui apprit ensuite que deux de ses amis dsiraient s'entretenir quelques instants avec ,m4 ,reding4 ,charles ne pouvait faire d'objection cette requte3 il n'et pas t compris2 et un moment aprs1 on frappa la porte de sa chambre#gf4 #gf ,aprs avoir consacr les prcdents chapitres rfuter l'glise ,anglicane et les principales sectes qui ont eu quelque rapport avec le mouvement qu'il dcrit1 le ,r4 ,p4 ,newman a voulu1 avant de finir1 montrer en peu de mots l'absurdit de certaines opinions1 plus ou moins importantes1 qui ont aussi leurs partisans en ,angleterre4 ,de l cette espce de mise en scne de divers personnages qui viennent successivement passer devant les yeux du lecteur4 ,leur accorder une plus large place dans son ouvrage1 et paru l'auteur leur faire un trop grand honneur4 ,quant aux importunits dont ,charles est la malheureuse victime1 la veille de son abjuration1 elles ne sont1 croyons-nous1 que trop relles2 et plus d'un converti pourrait nous apprendre l-dessus des choses fort curieuses4 ,entrez1 dit-il1 et deux individus se prsentrent1 tous les deux lui paraissant inconnus4 ,cette circonstance fut pour lui une espce de soulagement2 car des craintes vagues et des soupons avaient commenc traverser son esprit relativement aux visages qu'il allait voir4 ,le plus jeune des deux visiteurs1 aux joues arrondies1 au nez retrouss vers l'il droit1 et la voix perante1 s'avana avec assurance2 il semblait esprer d'tre reconnu4 ,charles se souvint de l'avoir vu jadis1 mais en quel lieu1 il ne pouvait se le rappeler4 ,je crois vous avoir vu quelque part1 dit-il4--,oui1 monsieur ,reding1 rpondit l'individu qui ces paroles s'adressaient1 vous devez vous souvenir de m'avoir vu au collge4--,ah6 je me souviens2 vous tes ,jack1 le marmiton de ,saint-,sauveur4--,prcisment1 monsieur4 ,je vins au collge lorsque le jeune ,tom obtint la place de ,dennis4 ,et puis avec un signe de tte solennel1 notre jeune interlocuteur ajouta3 ,moi aussi1 j'ai obtenu de l'avancement4--,il me le semble1 ,jack2 mais que faites-vous8--,ah6 monsieur1 rpondit l'ancien marmiton1 nous ne devons parler sur ce sujet qu'avec beaucoup de gravit4 ,et il ajouta d'une voix compltement inarticule1 ses lvres ne paraissant pas vouloir se runir3 ,monsieur1 en ce moment1 je suis presque un ange4--,quoi6 un ange8 s'cria ,charles2 oh6 je sais2 il s'agit de quelque secte1 des ,sandemaniens4--,les ,sandemaniens1 reprit ,jack1 nous les avons en abomination4 ,ce sont des niveleurs2 ils apportent avec eux le dsordre et toute espce de mauvaises uvres4--,pardon1 mais il s'agit d'une secte1 quoique je ne me rappelle pas laquelle4 ,j'en ai entendu parler4 ,eh bien1 dites-moi1 ,jack1 qu'tes-vous8--,je suis1 rpondit ,jack1 comme s'il se ft confess au tribunal du ,proprteur1 je suis membre de la sainte glise ,catholique4--,bien1 ,jack1 mais ce n'est pas assez clair4 ,nous en sommes tous1 de cette glise2 tout le monde en dit autant4--coutez-moi jusqu'au bout1 monsieur ,reding1 reprit ,jack en agitant sa main2 coutez-moi1 monsieur1 et puis frappez4 ,je vous le rpte1 je suis membre de la sainte glise ,catholique qui se runit ,huggermugger ,lane4--,ah6 je vois2 c'est le nom que les ,dieux vous donnent1 mais que font les hommes8--,les hommes1 rpondit ,jack1 sans comprendre toutefois l'allusion1 les hommes nous appellent des ,chrtiens1 professant les opinions de feu le rvrend ,edward ,irving1 bachelier en thologie4--,maintenant je vous comprends trs-bien3 vous tes des ,irvingites2 je me rappelle4--,non1 monsieur1 pas des ,irvingites2 nous n'acceptons aucun homme pour guide2 nous allons partout o nous mne l',esprit2 nous avons renonc au don des langues4 ,mais je dois vous prsenter mon ami1 qui est plus qu'un ange1 ajouta-t-il avec modestie1 qui possde plus que la parole des hommes et des anges1 puisqu'il n'est rien moins qu'un aptre4 ,monsieur ,reding1 voici le rvrend ,alexandre ,highfly2 monsieur ,highfly1 ,m4 ,reding#gg4 #gg ,l'expos des doctrines1 fait ici par ,jack et ,m4 ,highfly1 est bien le rsum des opinions des ,irvingites1 secte qui s'appelle emphatiquement3 ,l'glise catholique et apostolique4 ,il est probable cependant que les ,irvingites1 dernire expression du ,mthodisme1 ont subi encore des modifications2 et c'est sans doute pour cela que l'auteur fait dire ,jack qu'ils ont renonc au don des langues4 ,car1 dans le principe1 les partisans d',irving tenaient beaucoup ce grand privilge1 de parler subito1 sous l'impulsion irrsistible de l',esprit1 une langue inconnue4 ,on aura1 enfin1 compris tout ce qu'il y avait de ridicule et de scandaleux dans toutes ces extases1 convulsions et inspirations dsordonnes4 ,m4 ,highfly tait un homme aux manires et l'air distingus4 ,son langage tait raffin1 et ses procds dlicats4 ,aussi ,charles1 en lui parlant1 changea de ton tout de suite4 ,il venait1 dit tout d'abord ,m4 ,highfly1 trouver ,m4 ,reding par un sentiment de devoir2 et il n'y eut rien dans sa conversation qui ne s'accordt avec cette dclaration4 ,il lui exposa qu'il avait entendu dire que ,m4 ,reding n'tait pas fix sur ses vues religieuses1 et il n'avait pas voulu perdre l'opportunit de rattacher un homme d'un aussi grand mrite la cause laquelle il s'tait dvou lui-mme4 ,je vois1 rpondit ,charles en souriant1 que je suis sur la place4--,c'est le march de ,glaucus et de ,diomde1 rpliqua ,m4 ,highfly1 puisque je vous demande votre coopration4 ,je vous range dans la socit des ,aptres4--,je me souviens1 dit ,charles4 ,c'est un des caractres de votre corps1 d'avoir un ordre d',aptres outre les vques1 les prtres et les diacres4--,ou plutt1 reprit le gentleman1 c'est notre trait spcialement caractristique2 car nous admettons les ordres de l'glise d',angleterre4 ,nous ne faisons que complter le systme de l'glise1 en rtablissant le ,collge des ,aptres4--,ce que je vous reprocherais1 dit ,charles1 si j'tais port le moins du monde couter vos rclamations1 ce seraient les vues trs-diffrentes que les diffrents membres de votre corps mettent en avant4--,il faut vous rappeler1 reprit ,m4 ,highfly1 que nous sommes sous un enseignement divin1 et que la vrit n'est communique l'glise que graduellement4 ,nous ne garantissons pas quelle sera demain notre croyance par celle que nous soutenons aujourd'hui4--,certainement1 rpliqua ,charles1 il m'a t dit par vos matres des choses que je dois regarder comme de simples opinions prives1 quoiqu'elles me paraissaient avoir un plus haut caractre4--,je disais donc1 reprit ,m4 ,highfly1 qu'en ce moment nous rtablissons l',apostolat des ,gentils4 ,l'glise d',angleterre a des vques1 des prtres et des diacres1 mais l'glise1 d'aprs l'criture1 davantage3 il est clair qu'elle doit avoir des ,aptres4 ,or1 d'aprs ce livre divin les ,aptres exeraient la suprme autorit1 et les trois ordres anglicans leur taient infrieurs4--,je suis dispos tre d'accord avec vous sur ce point1 dit ,charles4--,m4 ,highfly parut surpris et satisfait4--,nous ramenons l'glise1 ajouta-t-il1 un tat plus conforme l'criture4 ,peut-tre alors1 pouvons-nous compter sur votre coopration pour ce but8 ,nous ne vous demandons pas de vous sparer de l'tablissement1 mais de reconnatre l'autorit apostolique1 laquelle tous doivent se soumettre4--,mais cela ne vous frappe-t-il pas1 monsieur ,highfly1 repartit ,charles1 qu'il existe un corps de ,chrtiens1 et trs-important certes1 qui maintient avec vous1 et1 qui plus est1 a toujours parfaitement conserv cette vraie succession apostolique dans l'glise2 un corps1 veux-je dire1 qui croit que1 outre l'piscopat1 il y a un rang plus lev que cette dignit1 et auquel il donne le nom d',apostolat8--,au contraire1 rpondit ,m4 ,highfly1 je pense que nous rtablissons ce qui est rest comme mort depuis le temps de saint ,paul4 ,bien plus1 je dirai que c'est un ordre qui n'a jamais t en vigueur1 quoiqu'il fut dans les desseins du ,christ ds le commencement4 ,vous voudrez bien vous rappeler que les ,aptres taient juifs2 mais il n'y a jamais eu d',apostolat des ,gentils4 ,saint ,paul1 il est vrai1 tait ,aptre des ,gentils1 mais le dessein providentiel commenc en lui a t interrompu jusqu' ce jour4 ,il s'en alla ,jrusalem contre l'avis solennel de l',esprit4 ,maintenant1 nous arrivons1 nous1 pour complter cette uvre de l',esprit qui avait t arrte par l'inadvertance du premier ,aptre4 ,jack intervint dans la controverse3 ,je serais trs-heureux1 dit-il1 de savoir quelle communion religieuse1 outre la ntre1 a1 selon ,m4 ,reding1 toujours maintenu la succession des ,aptres comme une chose distincte de l'piscopat4--,il est vident1 rpondit ,charles1 que je veux parler des ,catholiques4 ,la ,papaut est le vritable ,apostolat2 le ,pape est le successeur des ,aptres1 particulirement de saint ,pierre4--,nous sommes trs-bien disposs envers les ,catholiques ,romains1 reprit ,m4 ,highfly avec un peu d'hsitation4 ,nous avons adopt une grande partie de leur rituel2 mais nous ne pensons pas que nous leur ressemblons en ce qui est notre principe1 caractristique et fondamental4--,permettez-moi de vous dire1 monsieur ,highfly1 rpliqua ,charles1 que c'est une raison pour tout ,irvingite 7je veux dire pour tout homme qui partage vos convictions7 de se faire catholique4 ,votre propre sens religieux vous a appris qu'il doit y avoir un ,apostolat dans l'glise4 ,vous reconnaissez que l'autorit des ,aptres n'tait pas temporaire1 mais essentielle et fondamentale4 ,quelle tait cette autorit1 c'est ce que nous voyons dans la conduite de saint ,paul envers saint ,thimothe4 ,il l'tablit sur le sige d'phse1 il lui confia une charge et1 dans le fait1 il tait son surveillant ou vque4 ,saint ,paul avait le soin de toutes les glises4 ,or1 tel est prcisment le pouvoir que le ,pape rclame1 qu'il a toujours rclam1 et qu'il a1 d'ailleurs1 revendiqu comme tant le successeur des ,aptres1 quoique les vques puissent l'tre aussi1 mais dans un sens plus gnral#gh4 ,c'est pourquoi les ,catholiques l'appellent le ,vicaire du ,christ1 l'vque des vques1 et lui donnent d'autres noms analogues4 ,je pense1 en outre1 qu'ils le considrent d'une manire spciale1 comme l'unique pasteur ou gouverneur de l'glise1 la source de la juridiction1 le juge des controverses et le centre de l'unit1 parce qu'il a les pouvoirs des ,aptres1 et particulirement ceux de saint ,pierre4 ,m4 ,highfly garda le silence4 ,ne pensez-vous pas1 ds lors1 continua ,charles1 que1 avant de venir me convertir1 vous devriez vous rattacher d'abord l'glise ,catholique8 ,au moins1 vous me prsenteriez votre doctrine avec plus d'autorit1 si vous veniez moi comme un de ses membres4 ,je vous avouerai mme franchement qu'il vous serait plus facile de me convertir au ,catholicisme qu' votre opinion actuelle4 ,jack jeta un coup d'il ,m4 ,highfly1 comme s'il avait attendu une rplique dcisive ce qui tait pour lui un nouveau point de vue2 mais ,m4 ,highfly fut d'un avis diffrent3 ,eh bien1 monsieur1 dit celui-ci1 je ne vois pas quel bien rsulterait d'une entrevue plus longue4 ,votre dernire remarque1 toutefois1 me conduit vous faire observer que le proslytisme n'tait pas l'objet de notre visite4 ,nous nous proposions seulement de vous informer qu'une grande uvre se forme1 afin d'appeler votre attention de ce ct-l1 et pour vous inviter y cooprer4 ,nous ne faisons pas de controverse4 ,nous ne dsirions que vous donner notre tmoignage1 et puis laisser la matire vos rflexions4 ,je crois1 par consquent1 qu'il n'est pas ncessaire d'abuser plus longtemps de vos moments prcieux4 ,ce disant1 il se leva ainsi que ,jack1 et tout en faisant force gracieux saluts et sourires1 auxquels ,charles rpondit de son mieux1 les deux visiteurs gagnrent la porte4 #gh ,successores sunt1 sed ita ut potius ,vicarii dicendi sint ,apostolorum quam successores2 contra1 ,romanus ,pontifex1 quia verus ,petri successor est1 non nisi per quemdam abusum ejus ,vicarius diceretur4--,,zaccar4 ,antifebr41 p4 #acj4 ,eh bien1 il aurait pu m'arriver pis1 pensa ,charles4 ,vraiment1 ils sont gentils2 ce sont des animaux bien dresss1 aprs tout4 ,j'aurais pu tomber sous la griffe des btes farouches d',exeter-,hall4 ,mais1 maintenant l'ouvrage444 ,qu'est-ce donc8 ajouta-t-il4 ,hlas6 c'tait un petit coup modeste1 mais bien distinct1 frapp sa porte2 il n'y avait pas s'y tromper4 ,qui est l8 ,entrez1 s'cria-t-il4 ,a ce mot1 la porte s'ouvrit doucement1 et une jeune dame1 assez avenante et mise avec recherche1 se prsenta4 ,charles1 contrari1 se leva prcipitamment2 mais il n'y avait pas moyen de fuir4 ,il fut oblig d'offrir une chaise2 puis il attendit1 tout oreilles1 ou plutt tout impatience1 que l'inconnue l'informt de sa mission4 ,un instant la jeune dame ne parla pas4 ,la tte penche de ct1 elle regardait le bout de son parasol1 avec lequel elle dcrivait lentement une circonfrence sur le tapis4 ,a la fin elle demanda1 sans lever les yeux1 s'il tait vrai 7et elle parlait doucement et de ce ton qu'on appelle spirituel71 s'il tait vrai1 comme on le lui avait appris1 que ,m4 ,reding qui elle avait l'honneur de s'adresser ft la recherche d'une religion plus sympathique son cur que celle de l'glise d',angleterre4 ,charles1 contenant avec peine sa mauvaise humeur1 rpondit brivement qu'il ne pouvait lui donner un renseignement sur le sujet de sa demande4 ,la question1 continua-t-elle1 pouvait paratre impertinente2 mais elle avait ses raisons4 ,quelques-unes de ses surs s'occupaient de l'organisation d'un nouveau corps religieux1 et l'acquisition de ,m4 ,reding1 son assistance1 ses conseils leur seraient particulirement prcieux1 vu surtout qu'elles n'avaient pas encore parmi elles de gentleman lev l',universit4 ,puis-je vous demander1 dit ,charles1 le nom de la socit que vous voulez fonder8--,le nom1 rpondit-elle1 n'est pas dtermin2 et c'est l vraiment un des points pour lesquels nous ambitionnerions le privilge de l'avis d'un homme aussi capable que ,m4 ,reding1 afin qu'il nous assistt dans nos dlibrations4--,et quels sont vos principes1 madame8--,ici encore1 rpliqua-t-elle1 il y a beaucoup faire3 les principes ne sont pas fixs1 non plus2 c'est--dire qu'ils ne sont qu'esquisss1 et nous priserions beaucoup vos inspirations4 ,bien plus1 naturellement vous auriez l'occasion1 comme vous en auriez le droit1 d'indiquer la doctrine laquelle vous vous sentez particulirement enclin4 ,charles ne savait que rpondre une offre aussi large4 ,elle continua3 ,peut-tre serait-il propos1 monsieur ,reding1 de vous dire quelque chose de particulier sur mon compte personnel4 ,je suis ne dans la communion de l'glise d',angleterre2 un moment j'ai t membre de la nouvelle ,connexion1 et prsent1 ajouta-t-elle1 d'une voix languissante et d'un ton de psalmodie1 en laissant tomber sa tte1 prsent je suis un frre de ,plymouth4 ,ceci devenait trop absurde2 et ,charles1 qui1 pendant quelques instants1 s'en tait amus1 commena n'avoir qu'une pense3 par quel moyen il pourrait la mettre la porte4 videmment la conversation tait abandonne la jeune dame2 elle continua3 ,nous sommes tous pour une religion pure4--,d'aprs ce que vous me dites1 reprit ,charles1 je conclus que chaque membre de votre nouvelle communaut a le droit de dsigner une ou deux doctrines de son choix4--,nous sommes tous pour l'criture1 monsieur1 et c'est pourquoi nous ne faisons qu'un4 ,nous pouvons diffrer1 mais nous restons d'accord4 ,cependant1 c'est comme vous dites1 monsieur ,reding4 ,je tiens1 moi1 pour l'lection et l'assurance du salut2 une de mes dignes amies est pour la perfection1 et une autre bonne sur pour le second avnement4 ,mais nous dsirons accueillir parmi nous toutes les mes altres du fleuve de vie1 quelles que soient leurs vues personnelles4 ,je crois que vous tenez pour les sacrements et les crmonies8 ,charles essaya de couper court l'entrevue1 en niant qu'il et une religion chercher1 ou une rsolution prendre2 mais il tait plus facile de terminer la conversation que de mettre fin la visite4 ,dsespr1 il se rejeta en arrire dans sa chaise1 les yeux demi ferms3 ,oh6 ces bons ,irvingites1 pensa-t-il1 braves gens qui viennent pour protester et qui s'vanouissent la premire parole d'opposition4 ,voil trois quarts d'heure que celle-ci m'assomme1 et je ne vois pas de raison pour qu'elle ne reste pas ici jusqu' la fin des sicles1 puisqu'elle est dj reste si longtemps4 ,vraiment elle n'a pas dans sa personne les lments du progrs ni de la dcadence4 ,elle ne mourra jamais3 que deviendrai-je alors8 ,la jeune dame1 en effet1 n'tait pas destine une mort naturelle2 car1 alors que le cas semblait dsespr1 on entendit un bruit dans l'escalier1 et1 peine le coup frapp la porte1 parut un homme grossier et niais1 qui s'cria en entrant3 ,j'espre1 monsieur1 qu'il n'y a pas encore de march fait2 j'espre que ce n'est pas trop tard4 ,congdiez cette jeune femme1 monsieur ,reding1 et permettez-moi de vous enseigner la vrit ancienne1 qui n'a jamais t abroge4 ,il ne fut pas ncessaire de renvoyer notre sur de ,plymouth4 ,car avec la mme bont qu'elle avait mise se dilater et s'panouir au soleil de la tolrance de ,charles1 ainsi elle se retira et disparut soudain1 sans qu'on pt dire de quelle manire1 devant les rudes accents de l'importun2 et ,reding se trouva tout coup entre les mains d'un autre bourreau4 ,c'est intolrable1 se dit-il lui-mme2 et se levant debout3 ,monsieur1 s'cria-t-il1 excusez-moi1 je suis particulirement occup ce matin1 et je dois vous demander de dcliner l'honneur de votre visite4--,que dites-vous1 monsieur8 repartit l'tranger2 et tirant de sa poche un portefeuille et un crayon1 il se mit regarder ,charles en face et noter ses paroles1 disant demi-voix comme il l'crivait3 ,il dcline l'honneur de ma visite4 ,puis1 il le regarda de nouveau1 tenant son crayon sur son papier3 ,maintenant1 monsieur8 dit-il4 ,charles s'avana vers lui1 et tendant son bras comme un homme qui conduit un troupeau d'oies ou de moutons1 il rpta tout en regardant la porte3 ,rellement1 monsieur1 je sens tout l'honneur de votre visite2 un autre jour1 monsieur1 un autre jour4 ,c'est trop1 c'est trop4--,c'est trop8 s'cria l'importun2 et moi qui ai attendu si longtemps au bas de l'escalier6 ,cette bgueule est reste prs d'une heure ici1 et vous ne pouvez maintenant me donner cinq minutes1 monsieur6--,eh bien1 monsieur1 rpondit ,charles1 je suis sr que vous venez pour un message qui sera aussi infructueux que celui de cette dame1 d'ailleurs1 je suis fatigu de toutes ces discussions religieuses1 j'ai besoin d'tre seul4 ,veuillez vous pargner une plus longue peine4 ,fatigu des discussions religieuses1 se dit l'tranger lui-mme1 notant ces paroles dans son portefeuille4 ,charles ne daigna pas faire attention cette action impertinente1 ni expliquer ses propres paroles2 il se prpara lui indiquer la porte4 ,son bourreau reprit3 ,peut-tre dsirez-vous savoir mon nom8 ,je suis ,zorobabel4 ,quoique vex1 ,reding comprit qu'il ne devrait pas rejeter l'ennui de la visite prcdente sur l'importun actuel2 il fit donc un effort pour rpondre3 ,zorobabel6 vraiment6 et ,zorobabel est-il votre prnom1 monsieur1 ou votre nom de famille8--,l'un et l'autre1 monsieur ,reding1 ou plutt1 je n'ai pas de nom de baptme1 et ,zorobabel est ma seule dsignation juive4--,vous venez donc voir s'il y a quelque apparence que je me fasse juif4--,il peut arriver des choses plus tranges1 monsieur2 par exemple1 j'tais moi-mme autrefois diacre de l'glise d',angleterre4--,vous n'tes donc pas juif8--,je suis juif par choix4 ,aprs bien des prires et une longue tude de l'criture1 je suis arriv cette conclusion que1 puisque le ,judasme fut la premire religion1 il doit aussi tre la dernire4 ,a mes yeux1 le ,christianisme n'est qu'un pisode de l'histoire de la ,rvlation4--,il n'est pas probable que vous ayez beaucoup de sectateurs avec une telle doctrine4 ,nous sommes tous pour le progrs1 cette heure1 et non pour le mouvement rtrograde4--,je ne suis pas de votre avis1 monsieur ,reding4 ,voyez ce que l'tablissement vient de faire2 il a envoy un vque ,jrusalem4--,oui1 mais c'est dans la pense de rendre les ,juifs ,chrtiens1 plutt que pour convertir les ,chrtiens au ,judasme4--,zorobabel crivit3 ,il pense que l'vque de ,jrusalem doit convertir les ,juifs2 il dit ensuite3 ,je ne partage pas votre opinion1 monsieur4 ,au contraire1 j'imagine que l'excellent vque se propose de faire revivre la distinction entre les ,juifs et les ,gentils1 ce qui est un premier pas vers la suprmatie de ceux-l4 ,car si les ,juifs ont jamais une place dans le ,christianisme1 comme ,juifs1 ce doit tre ncessairement la premire4 ,charles pensa qu'il valait mieux le laisser parler son aise4 ,zorobabel continua donc3 ,le bon vque en question sait bien que le ,juif est le frre an du ,gentil1 et c'est sa mission spciale de rtablir un piscopat juif sur le sige de ,jrusalem4 ,la succession juive a t interrompue depuis le temps des ,aptres4 ,et maintenant1 vous voyez la raison de ma visite chez vous1 monsieur ,reding4 ,on dit que vous penchez vers l'glise ,catholique4 ,je voudrais vous suggrer que vous vous trompez sur le centre de l'unit4 ,c'est le sige de ,jacques ,jrusalem qui est le vrai centre1 et non le sige de ,pierre ,rome4 ,le pouvoir de ,pierre est une usurpation sur ,jacques4 ,pour moi1 le vrai ,pape c'est l'vque actuel de ,jrusalem4 ,les ,gentils ont t au pouvoir trop longtemps4 ,a cette heure1 c'est le tour des ,juifs4--,vous paraissez admettre1 rpliqua ,charles1 qu'il doit y avoir un centre d'unit et un ,pape4--,certainement1 et un rituel aussi1 mais il doit tre juif4 ,je cherche des souscriptions pour rebtir le ,temple sur le mont ,moriah4 ,j'espre1 galement1 ngocier un emprunt1 et nous aurons un capital du ,temple donnant au moins1 d'aprs nos calculs1 quatre pour cent4--,jusqu'ici on a regard comme un pch1 rpliqua ,reding1 la tentative de reconstruire le ,temple4 ,d'aprs vous1 ,julien l',apostat aurait pris le meilleur chemin pour atteindre le but4--,son motif tait coupable1 monsieur1 mais l'acte tait bon4 ,le moyen de convertir les ,juifs1 c'est d'accepter d'abord leurs rites4 ,ceci est une des grandes dcouvertes de notre sicle4 ,nous devons faire le premier pas vers eux4 ,quant moi1 j'ai admis tout ce que l'tat actuel de leur religion rend possible2 et je ne dsespre pas de voir le jour o les sacrifices sanglants seront offerts sur la montagne du ,temple1 comme anciennement4 ,ici notre trange visiteur s'arrta4 ,voyant que ,charles ne rpliquait pas1 il ajouta d'un ton dgag et la hte3 ,ne puis-je pas esprer que vous souscrirez ce projet religieux1 et que vous adopterez l'ancien rituel8 ,celui des ,catholiques est d'hier compar au ntre4 ,charles rpondant d'une manire ngative1 ,zorobabel coucha sur son portefeuille3 ,il refuse de prendre part notre projet1 et il quitta la chambre aussi vite qu'il y tait entr4 ,,chapitre ,,viii4 ,le sige continu par un membre de la socit de la vrit et par un fanatique d',exeter-,hall4 ,charles n'tait pas au bout de ses preuves4 ,nous craignons qu' cette nouvelle le lecteur ne frissonne1 parce qu'il a1 dans cette affaire1 sa bonne part d'ennui4 ,toutefois le lecteur trouve cet adoucissement sa position3 il lit cette histoire dans un moment d'oisivet1 et ,charles en subissait la ralit une heure d'action et d'inquitude4 ,il s'tait donc coul peu de temps depuis le dpart de ,zorobabel1 lorsque le propritaire de la maison se prsenta de nouveau la porte4 ,il assura ,m4 ,reding que ce n'tait pas sa faute si les deux dernires personnes lui avaient fait visite4 ,la jeune dame s'tait faufile son insu1 et le gentleman avait forc le passage4 ,mais1 cette fois1 il venait solliciter rellement une entrevue pour un personnage grandes prtentions littraires1 avec qui il avait eu quelques rapports1 et qui tait venu du quartier ,ouest de ,londres pour le seul honneur de s'entretenir avec ,m4 ,reding4 ,charles gmit1 mais une seule rponse tait possible4 ,la journe d'ailleurs tait dj perdue1 et avec une espce de rsignation triste1 il donna la permission d'introduire l'tranger4 ,c'tait un homme la face pteuse1 d'environ trente-cinq ans1 qui1 tout en parlant1 relevait ses sourcils et avait un sourire particulier4 ,il commena par exprimer la crainte que ,m4 ,reding n'et t fatigu par ces visiteurs impertinents et inutiles1 gens sans intelligence1 dont le fanatisme aveugle ne pouvait inspirer que le mpris4 ,je connais assez les ,universits1 continua-t-il1 pour dclarer qu'il ne peut exister aucune affinit entre leurs membres et la masse des sectaires religieux4 ,vous avez eu parmi vous1 ,oxford1 des hommes trs-minents1 appartenant des coles trs-diffrentes2 cependant c'taient tous des hommes capables1 qui se sont fait distinguer par leur zle pour la vrit1 quoiqu'ils soient arrivs des opinions contradictoires4 ,reding1 ignorant o il voulait en venir1 resta dans une attitude expectante4 ,j'appartiens1 continua le nouveau visiteur1 une socit qui s'est consacre tendre parmi toutes les classes la recherche de la vrit4 ,tout esprit philosophique1 monsieur ,reding1 doit avoir senti un intrt profond pour votre parti1 l',universit4 ,notre socit1 dans le fait1 vous considre comme un des agents les plus remarquables de cette uvre si importante1 et je ne puis vous offrir1 individuellement1 un compliment plus flatteur1 vous dont le nom a paru nagure d'une manire si honorable dans les journaux1 qu'en vous nommant membre de notre ,socit de la ,vrit4 ,voici votre diplme1 ajouta-t-il eu lui remettant une feuille de papier4 ,charles y jeta un coup d'il4 ,c'tait une feuille1 partie grave1 partie imprime1 partie manuscrite4 ,un emblme de la vrit occupait le centre4 ,ce n'tait pas un soleil radieux1 ni une toile brillante1 comme on aurait pu l'attendre1 mais la lune dans une clipse totale1 environne des ttes de ,socrate1 de ,cicron1 de ,julien1 d',abailard1 de ,luther1 de ,benjamin ,franklin et de lord ,brougham1 en guise de chrubins4 ,puis venaient quelques phrases disant que l',association de la branche de ,londres1 faisant partie de la ,socit ,britannique et trangre de la ,vrit1 ayant la preuve du zle dploy dans la poursuite de la vrit par ,charles ,reding1 ,esq41 membre de l',universit d',oxford1 l'avait admis l'unanimit dans son sein1 et lui avait assign la haute et importante mission de membre associ et correspondant4 ,je remercie beaucoup la ,socit de la ,vrit1 dit ,charles lorsqu'il arriva au bout de la feuille1 pour cette marque de son bon vouloir2 je regrette1 toutefois1 d'avoir quelque scrupule l'accepter jusqu' ce qu'on ait fait disparatre quelques-uns des protecteurs dont les ttes couronnent le diplme4 ,par exemple1 je n'aime pas fort me trouver l'ombre de l'empereur ,julien4--,vous respecteriez cependant son amour de la vrit1 je prsume1 dit ,m4 ,batts4--,pas beaucoup1 je le crains1 monsieur1 en voyant que cet amour ne l'a pas empch d'embrasser sciemment l'erreur4--,non1 non1 pas l'erreur1 d'embrasser ce qu'il croyait tre la vrit2 et ,julien1 mon avis1 ne peut tre accus d'avoir dsert la vrit1 puisque dans le fait il fut toujours sa recherche4--,je crains qu'il n'y ait sur ce point une diffrence trs-marque entre vos principes et les miens4--,ah6 mon cher monsieur1 un peu d'attention nos principes ferait disparatre cette diffrence4 ,permettez-moi de vous offrir cette petite brochure1 dans laquelle vous trouverez tablies quelques vrits fondamentales1 sous la forme d'aphorismes4 ,j'appelle particulirement votre attention sur la page #h4 ,reding chercha cette page1 et lut ce qui suit3 ,de la poursuite de la vrit4 #a4 ,il est incertain que la vrit existe4 #b4 ,il est certain qu'on ne peut la trouver4 #c4 ,c'est une folie de se vanter de la possder4 #d4 ,le travail et le devoir de l'homme1 comme homme1 consistent non pas la possder1 mais la chercher4 #e4 ,son bonheur et sa vritable dignit consistent la poursuivre4 #f4 ,la poursuite de la vrit est une fin2 on doit s'y engager par amour d'elle-mme4 #g4 ,comme la philosophie est l'amour1 et non la possession de la sagesse1 ainsi la religion est l'amour1 et non la possession de la vrit4 #h4 ,de mme que le ,catholicisme commence par la foi1 de mme le ,protestantisme finit par l'examen4 #i4 ,comme il y a du dsintressement chercher1 ainsi il y a de l'gosme rclamer la possession4 #aj4 ,le martyr de la vrit est celui qui meurt en dclarant qu'elle est une ombre4 #aa4 ,c'est le martyre de toute la vie que de changer toujours4 #ab4 ,la crainte d'errer est la ruine de l'examen4 ,charles ne poussa pas plus loin sa lecture2 ce qui suivait avait le mme caractre4 ,il rendit la brochure ,m4 ,batts4 ,j'ai vu suffisamment1 dit-il1 les opinions de la ,socit de la ,vrit pour admirer leur originalit et leur franchise2 mais1 excusez-moi1 je ne saurais y trouver du bon sens4 ,il est impossible que je souscrive ce qui est si clairement oppos au ,christianisme4 ,m4 ,batts parut contrari4 ,nous ne voulons pas1 rpliqua-t-il1 nous opposer au ,christianisme2 nous dsirons seulement que le ,christianisme ne s'oppose pas nous4 ,il est trs-fcheux que nous ne puissions pas aller notre chemin1 quand nous permettons aux autres de suivre le leur4 ,a mes yeux1 il est imprudent1 dans un sicle comme le ntre1 de reprsenter le ,christianisme comme hostile au progrs de l'esprit1 et de faire des ennemis de la ,rvlation de ceux qui dsirent sincrement vivre tranquilles et laisser vivre les autres4--,mais les contradictions ne peuvent tre vraies1 repartit ,charles4 ,si le ,christianisme affirme que la vrit peut se trouver1 ce doit tre une erreur de soutenir qu'on ne peut la trouver4--,il y a de l'intolrance dans votre ,christianisme1 je le crois1 monsieur4 ,vous m'accorderez1 je suppose1 que le ,christianisme n'a rien faire avec l'astronomie ou la gologie4 ,et ds lors pourquoi se mlerait-il de philosophie8 ,c'et t inutile de prolonger la discussion4 ,charles rprima la rponse qui lui venait sur les lvres1 de l'alliance essentielle de la philosophie avec la religion4 ,il y eut un silence de plusieurs minutes1 et ,m4 ,batts1 la fin1 comprit cet avis indirect1 car il se leva d'un air dsappoint et souhaita le bonjour notre infortun ami4 ,aprs la fatigue et l'agitation causes par ces conversations successives1 peu importait maintenant ,charles qu'on le laisst ou non livr lui-mme1 car il ne se sentait plus en tat d'appliquer son esprit aux sujets dont il s'tait promis de s'occuper le matin4 ,au dpart de ,m4 ,batts1 il ne fit donc aucun effort pour travailler4 ,il se contenta de s'asseoir devant le feu1 triste1 abattu1 et en danger de retomber dans les penses de trouble dont l'avait fait sortir son compagnon du chemin de fer4 ,lors donc qu'au bout d'une demi-heure un nouveau coup se fit entendre la porte1 il admit le postulant avec une indiffrence calme1 comme si la fortune avait puis ses plus cruelles rigueurs et qu'il n'et plus rien craindre4 ,l'individu qui se prsenta tait un homme d'un ge mr1 au teint luisant et aux membres dodus4 ,il paraissait se trouver dans des conditions favorables qu'il avait su mettre profit4 ,son habit noir lustr contrastait avec la couleur rose de son visage et de son cou1 que n'emprisonnait pas un faux col4 ,son maintien tait roide et solennel4 ,tout cela ajout un dbit rapide lorsqu'il parlait1 lui donnait un grand air de dindon de basse-cour1 qui aurait frapp ,reding1 s'il et t moins las qu'il ne l'tait en ce moment de voir de nouvelles figures4 ,cet trange visiteur1 en entrant dans la chambre1 jeta autour de lui un coup d'il investigateur4 ,votre trs-humble1 dit-il d'un ton brusque4 ,vous paraissez abattu1 mon cher monsieur2 mais asseyez-vous1 monsieur ,reding1 et permettez-moi de profiter de l'occasion pour vous donner quelques bons avis4 ,vous pouvez deviner qui je suis mon aspect3 mon air parle de soi2 je ne dirai pas davantage1 je puis vous tre utile4 ,monsieur ,reding1 continua-t-il1 en rapprochant sa chaise de lui et en tendant sa main1 comme s'il allait le secouer1 n'avez-vous pas fait une mprise1 en pensant qu'il tait ncessaire de vous adresser l'glise de ,rome pour l'apaisement de vos difficults religieuses8--,je ne vous ai pas encore inform1 monsieur1 rpondit ,charles gravement1 que j'eusse des difficults4 ,excusez-moi si je suis brusque2 j'ai eu bien des personnes qui m'ont fait visite pour le mme objet4 ,c'est trs-obligeant de votre part1 mais je n'ai pas besoin d'avis4 ,quelle sottise que de venir ici6--,bien1 mon cher monsieur ,reding2 mais coutez-moi1 reprit son perscuteur1 en tendant les doigts de sa main droite et en ouvrant de grands yeux4 ,j'ai raison1 je crois d'apprhender que votre motif de quitter l'tablissement est que vous ne pouvez introduire le surplis dans la chaire et les chandeliers sur la table de communion4 ,or1 n'en faites-vous pas plus qu'il ne faut8 ,pardon1 mais vous ressemblez un homme qui ferait passer la ,tamise sur sa maison1 lorsqu'il a simplement besoin de nettoyer les marches de sa porte4 ,pourquoi vous adresser au ,papisme1 quand vous pouvez arriver votre but par une voie plus facile et meilleur march8 tablissez-vous pour votre propre compte1 mon cher monsieur2 agissez pour vous-mme2 formez une nouvelle communion1 six pence y suffiront2 et vous aurez alors votre surplis et les chandeliers au gr de vos dsirs1 sans renier l'vangile1 ou sans vous jeter dans les horribles abominations de la ,grande ,prostitue444 ,et il se redressa sur sa chaise1 les mains appuyes sur ses genoux carts1 considrant avec un air de satisfaction l'effet de ses paroles sur ,reding4 ,j'en ai eu assez de tout cela1 rpondit le pauvre ,charles4 ,en vrit1 vous n'tes qu'un de plus1 monsieur1 et je voudrais vous dire que vous n'avez rien de commun avec les autres2 mais je ne puis m'empcher de vous regarder comme la cinquime1 sixime1 ou septime personne 7je ne puis plus les compter7 qui est venue ce matin me donner1 avec les meilleures intentions sans doute1 des avis que je n'avais pas demands4 ,je ne vous connais pas1 monsieur2 vous ne m'avez pas t prsent2 vous ne m'avez pas mme dit votre nom4 ,il n'est pas d'usage de discourir sur des sujets personnels avec des trangers4 ,permettez-moi donc de vous remercier de votre bont me faire visite1 et puis1 de votre nouvelle bont sortir4 ,et ,charles se leva4 ,son perscuteur ne parut pas dispos se mouvoir1 ni faire attention ces paroles4 ,il attendit un moment1 dploya son mouchoir avec beaucoup de dlibration et se moucha2 il dit ensuite3 ,kitchens est mon nom1 monsieur2 le docteur ,kitchens4 ,l'tat de votre esprit1 monsieur ,reding1 ne m'est pas inconnu3 vous tes prsentement sous l'influence du vieil ,adam1 et1 en vrit1 dans une triste voie4 ,je m'y attendais4 ,aussi ai-je mis dans ma poche un petit trait que je vous presserai d'accepter avec toute la sollicitude chrtienne qu'un frre peut montrer envers un frre4 ,le voici4 ,j'ai la plus grande confiance dans sa vertu4 ,peut-tre en avez-vous entendu parler4 ,il est connu sous la dnomination de l'lixir spirituel de ,kitchens4 ,l'lixir a clair des millions d'mes2 et je prendrai sur moi de vous dire qu'il vous convertira dans les vingt-quatre heures4 ,son action est douce et agrable1 et ses effets merveilleux1 prodigieux1 quoiqu'il ne consiste qu'en huit pages in-#ab4 ,voici une liste des tmoignages donns pour quelques-uns des cas les plus remarquables4 ,j'ai connu moi-mme cent deux cas1 dans lesquels il a opr un changement salutaire en six heures2 soixante-dix-neuf1 dans lesquels son effet s'est produit en trois heures seulement2 et vingt-sept o la conversion a eu lieu immdiatement aprs sa lecture4 ,d'un seul coup1 de pauvres pcheurs qui1 cinq minutes auparavant1 ressemblaient aux dmoniaques de l'vangile1 reparaissaient vtus et sains d'esprit4 ,ainsi je suis au-dessous de la vrit1 monsieur ,reding1 lorsque j'affirme que je vous garantis un changement chez vous dans l'espace de vingt-quatre heures4 ,je n'ai jamais connu qu'un seul cas dans lequel il ait paru impuissant4 ,c'tait un mchant vieillard1 qui le garda dans sa main toute une journe1 et en silence1 sans aucun effet visible4 ,mais ici exceptio probat regulam1 car1 aprs plus ample information1 nous dcouvrmes que ce vieux pcheur ne savait pas lire4 ,aussi le ,trait lui fut-il administr doucement par une autre personne1 et avant que la lecture en ft termine1 je vous le jure1 monsieur ,reding1 il tomba dans un sommeil profond et salutaire1 transpira abondamment1 et se rveilla1 au bout de douze heures1 crature nouvelle1 parfaitement nouvelle1 et mr pour le ciel1 o il monta dans le courant de la semaine4 ,en ce moment1 nous faisons des expriences plus larges sur son action1 et nous trouvons que mme les feuilles spares du ,trait ont un effet relatif4 ,et1 ce qui vaut encore mieux par rapport vous1 c'est un spcifique admirable dans le cas de ,papisme4 ,il attaque directement la matire peccante2 et toute la pourriture des sacrements1 des saints1 de la pnitence1 du purgatoire et des bonnes uvres est vacue de l'me d'un seul coup4 ,charles restait silencieux et grave1 et semblait dispos accomplir quelque grand acte d'nergie1 plutt que d'couter un plus long bavardage4 ,le docteur ,kitchens continua3 ,avez-vous assist quelque discours contre la ,babylone mystique1 ou une des controverses publiques qui ont eu lieu dans un grand nombre de villes8 ,m4 ,makanoise1 un de mes bons amis1 a lutt sur dix points avec trente jsuites1 une bonne moiti de ceux de ,londres1 et il les a battus sur toutes les matires4 ,ne connaissez-vous aucune des lumires d',exeter-,hall8 ,n'avez-vous jamais entendu ,m4 ,gabb8 c'est un ,boanerges1 un vrai ,niagara de paroles3 quelle vie dans sa diction6 quelle vhmence6 quelle force6 ,sa voix seule suffit pour terrasser un homme4 ,il peut parler sept heures durant sans fatigue4 ,l'anne passe1 il a parcouru l',angleterre1 dbitant dans tout le pays1 en long et en large1 une seule1 mais terrible protestation contre la sorcire apocalyptique d',endor4 ,il commena ,devenport et finit ,berwick1 et il se surpassa lui-mme chaque meeting4 ,a ,berwick1 lieu de sa dernire reprsentation1 l'effet fut compltement formidable4 ,un de mes amis l'y a entendu4 ,il m'a assur1 quelque incroyable que la chose paraisse1 que la voix de ,m4 ,gabb avait bris des vitres dans une maison voisine1 et que deux prtres de ,baal1 qui taient leur cole d'externat1 un quart de mille environ1 avaient t si maltraits par le seul cho1 que l'un d'eux alla se coucher sur-le-champ1 et que l'autre a march avec des bquilles depuis lors4 ,il s'arrta un moment1 puis il reprit3 ,et quelle est la cause1 croyez-vous1 monsieur ,reding1 qui a produit sur eux cet effet8 ,c'tait la connaissance que possdait ,m4 ,gabb1 relativement au signe de la bte dont parle la ,rvlation3 il prouva1 monsieur ,reding1 et ce fut le coup le plus original de son discours1 il prouva que ce signe tait la croix1 la croix matrielle4 ,le moment tait enfin venu2 ,reding ne pouvait plus y tenir1 et1 par bonheur1 l'injure de ce cruel intrus lui fournissait les moyens aussi bien que le motif de le punir4 ,oh6 dit-il soudain1 alors je suppose1 docteur ,kitchens1 que vous ne pouvez tolrer la croix8--,oh6 non2 la tolrer6 mais c'est l',antechrist6--,vous ne pouvez en supporter la vue1 je le souponne1 docteur ,kitchens8--,je ne puis la supporter1 monsieur2 quel vrai ,protestant le pourrait8--,alors1 regardez6 dit ,charles1 tirant de son pupitre un petit crucifix qu'il mit devant les yeux du docteur ,kitchens4 ,celui-ci1 tout d'un coup1 se dressa sur ses pieds1 et1 reculant3 ,qu'est-ce que cela8 s'cria-t-il2 et son visage rougit et plit tour tour3 ,qu'est-ce que cela8 c'est la chose elle-mme2 et il fit un mouvement pour la saisir4 ,retirez-la1 monsieur ,reding1 c'est une idole2 je ne puis la supporter2 retirez-la4--,elle a vraiment1 se dit ,charles lui-mme1 un pouvoir magique sur lui2 et il la prsenta encore au fougueux sectaire1 tout en la tenant hors de ses atteintes4 ,retirez-la1 monsieur ,reding1 je vous en supplie6 s'cria le docteur en reculant toujours1 tandis que ,charles continuait le presser4 ,retirez-la1 c'est trop fort4 ,oh6 oh6 pargnez-moi1 pargnez-moi1 monsieur ,reding6444 ,nohestan#gi444 une idole6444 ,oh6 jeune ,antechrist1 dmon6444 ,c'est lui1 c'est lui444 ,torture6444 ,grce1 monsieur ,reding6 ,et le misrable docteur commena s'agiter1 toujours regardant le signe sacr et l'cartant de devant ses yeux4 ,charles1 cette heure1 tenait la victoire dans ses mains4 ,il y avait sans doute quelque difficult diriger vers la porte cet impertinent visiteur de l'endroit o il tait assis1 mais un seul effort suffit2 arriv l1 il ouvrit avec violence l'un des battants1 se prcipita dans l'escalier1 et se mit enjamber deux ou trois marches la fois4 ,oubliant tout alors1 sauf l'objet de sa terreur1 il vint fondre d'un seul trait sur deux personnes qui se disputaient pour monter1 et tandis qu'il jetait l'un contre la rampe1 il fit bravement rouler l'autre au bas de l'escalier4 #gi ,on lit au ,i,ve ,l4 des ,rois1 ch4 #ah4 v4 #d3 444 ,il 7zchias7 fit mettre en pices le serpent d'airain que ,mose avait fait1 parce que les enfants d',isral lui avaient brl de l'encens jusqu'alors1 et il l'appela ,nohestan--,c'est--dire d'aprs d',allioli1 petit airain1 petit cuivre1 vil cuivre4 ,,chapitre ,,ix4 ,le dernier assaut4 ,charles se jeta sur sa chaise et enferma le crucifix dans sa poitrine4 ,il tait fatigu de cette longue preuve et de l'effort par lequel elle s'tait soudain termine4 ,un bruit se fit entendre la porte1 et les coups se succdrent nombreux4 ,il n'y fit pas attention1 et se contenta de poser ses pieds sur le garde-feu en cachant son visage dans ses mains4 ,la sommation1 tout d'abord1 ne venait videmment que d'un seul individu1 mais le retard de ,charles rpondre donna un second le temps d'arriver1 et bientt il y eut une succession rapide de coups alternatifs de deux personnes4 ,charles les laissait frapper4 ,a la fin1 un des deux candidats rivaux la prsentation1 plus hardi que l'autre1 ouvrit doucement la porte4 ,le second1 qui1 aprs sa chute1 avait grimp en courant au haut de l'escalier1 se prcipita dans la chambre avant lui1 en s'criant3 ,un seul mot pour la ,nouvelle ,jrusalem#hj4--,par charit1 rpondit ,charles1 sans changer d'attitude1 par charit1 laissez-moi tranquille6 ,votre intention est bonne1 mais je n'ai pas besoin de vous1 monsieur1 je n'en ai pas besoin4 ,j'ai eu dj1 ici1 l',ancienne ,jrusalem et les ,aptres juifs2 les ,aptres gentils et le libre examen2 une religion de fantaisie et ,exeter-,hall4 ,quel est donc mon crime8 ,ne puis-je mourir en paix8 ,mon cher monsieur1 sortez3 je ne puis vous recevoir2 je suis puis4 ,il se leva alors et s'avana vers le nouvel intrus4 ,revenez une autre fois1 mon cher monsieur1 si vous tes rsolu me parler2 mais1 excusez-moi1 j'en ai eu rellement assez pour une journe4 ,ce n'est pas votre faute1 mon cher monsieur1 si vous tes le sixime ou le septime4 ,et il lui ouvrit la porte4 ,un fou vient de me renverser comme je montais1 reprit avec motion la personne qui ,charles s'tait adress4--,mille pardons pour sa grossiret1 mon cher monsieur1 mille pardons1 mais permettez-moi444 ,et en le saluant1 il le poussa hors de la chambre4 ,il se tourna ensuite vers l'autre tranger1 qui se tenait auprs de lui en silence3 ,et vous aussi1 monsieur4448 ,est-ce possible6 ,une extrme surprise se peignit sur son visage2 ,c'tait ,m4 ,malcolm4 ,les penses de ,charles prirent un nouveau cours1 et ses perscuteurs furent oublis sur-le-champ4 #hj ,ces seuls mots indiquent un partisan du visionnaire ,swedenborg4 ,l'histoire de la visite de ,m4 ,malcolm tait toute simple4 ,amateur de bouquins1 il avait souvent mis contribution le fonds du propritaire de ,charles pour augmenter sa bibliothque4 ,or1 en passant par ,londres pour se rendre au chemin de fer des comts de l',est1 il tait entr par hasard dans la boutique2 et1 comme le digne libraire tait la hauteur de son cabinet de lecture pour le bavardage1 ,m4 ,malcolm avait appris de lui que ,m4 ,reding1 qui tait sur le point de quitter l'tablissement1 se trouvait1 en ce moment1 l'tage suprieur4 ,m4 ,malcolm avait donc attendu avec impatience la fin de la visite du docteur ,kitchens1 et peu s'en tait fallu mme1 ce qui l'et fort contrari1 qu'il ne ft dpass par le bon ,swedenborgien4 ,comment vous portez-vous1 ,charles8 dit-il enfin1 avec un peu de roideur dans ses manires4 ,notre jeune ami1 de son ct1 n'tait pas moins embarrass dans son accueil4 ,vous avez eu1 ce matin1 un petit lever1 parat-il4 ,je croyais que je n'arriverais jamais vous voir4 ,asseyez-vous2 asseyons-nous1 et laissez-moi vous dire quelques mots4 ,malgr les preuves diverses que ,charles venait de subir de la part d'trangers1 il n'y avait peut-tre personne qu'il dsirt moins voir que ,m4 ,malcolm4 ,il ne pouvait s'empcher de l'associer1 dans son esprit1 avec l'image de son pre4 ,toutefois1 il ne se sentait pas dispos lui ouvrir son cur ni tenir compte de ses jugements4 ,ses sentiments taient un mlange de crainte par droit de prescription et de disposition amicale en mme temps4 ,c'tait un attachement n d'anciens souvenirs1 et un dsir de rester en bons rapports avec cette vieille connaissance de sa famille1 mais ce n'tait ni confiance1 ni amiti relle4 ,il rougit comme s'il se ft senti coupable1 sans comprendre clairement pourquoi4 ,eh bien1 ,charles ,reding1 dit ,m4 ,malcolm1 je pensais que nous nous connaissions assez l'un l'autre pour que j'aie droit tre averti de ce qui vous concerne4 ,charles rpliqua qu'il lui avait crit la veille au soir4 ,ah6 lorsqu'il n'y avait plus de temps pour rpondre votre lettre4 ,charles repartit qu'il voulait pargner un si bon ami444 ,il bgaya et ne put finir sa phrase4 ,un ami1 qui1 naturellement1 ne pouvait donner de conseils1 rpliqua schement ,m4 ,malcolm4 ,ces messieurs1 continua-t-il1 taient-ce quelques-uns de vos nouveaux amis qui vous rendaient visite8 ,ils m'ont tenu trois quarts d'heure dans la boutique1 et le dernier1 qui vient de sortir1 a failli me jeter par-dessus la rampe4--,non1 monsieur2 je ne les connais pas du tout4 ,c'taient les plus fcheux des importuns4--,comme un autre parat l'tre1 ajouta ,m4 ,malcolm4 ,charles fut vivement bless de ces paroles1 et d'autant plus qu'il n'avait rien rpondre4 ,eh bien1 ,charles1 reprit ,m4 ,malcolm sans le regarder1 je vous ai connu grand comme a2 mme quand vous tiez la mamelle4 ,vous tiez jadis un garon franc et ouvert1 j'ignore ce qui vous a gt4 ,ces jsuites1 peut-tre444 ,ce n'tait pas ainsi du vivant de votre pre4--,mon cher monsieur1 rpondit ,charles1 vos paroles me fendent le cur4 ,vous avez toujours t trs-bon pour moi4 ,si j'ai err1 'a t une erreur de jugement1 j'en suis dsol1 et j'espre que vous me le pardonnerez4 ,j'ai agi pour le mieux2 mais je me suis trouv1 comme il vous le faut comprendre1 dans une situation trs pnible4 ,il y a un an que ma mre sait ce que je mditais4--,situation pnible6 ,sornette6 ,que me parlez-vous de situation8 ,je vous aurais racont mille histoires sur ces ,catholiques4 ,j'en sais long sur eux4 ,une erreur de jugement6 vous vous moquez4 ,je sais bien comment arrive tout cela4 ,pareils faits ne me sont pas inconnus2 seulement1 je vous croyais un jeune homme plus sens4 ,faut-il vous citer le jeune ,dalton de ,sainte-,croix8 ,il va sur le continent et rencontre un prtre doucereux1 qui persuade au pauvre niais que l'glise ,catholique est l'ancienne et la vritable glise d',angleterre1 la seule religion digne d'un gentleman4 ,on le prsente au comte un tel1 la marquise une telle1 et ,dalton nous revient catholique4 ,il y en avait un autre4 ,comment s'appelait-il8 j'ai oubli son nom4 ,il appartenait une famille du ,berkshire4 ,celui-ci est sduit par un joli minois4 ,dsormais rien ne peut le satisfaire s'il n'pouse la jeune personne qui a charm son cur4 ,mais elle est catholique et ne peut se marier un hrtique4 ,aussi1 ma foi1 il renonce et la faveur de son oncle et son avenir dans le pays pour sa belle ,juliette4 ,il y avait encore un autre exemple444 mais1 inutile de les citer tous4 ,et maintenant1 je me demande quel motif vous a pouss vous-mme444 ,tout cela tait la meilleure justification du silence de ,charles envers ,m4 ,malcolm4 ,ce brave homme avait ses trente ou quarante annes d'exprience et1 comme quelques grands philosophes1 il faisait de cette exprience personnelle le critrium suprme du possible et du vrai4 ,je les connais1 continua-t-il1 je les connais3 une bande d'hypocrites et d'escrocs6 ,je pourrais vous raconter d'tranges histoires que j'ai vues de mes yeux sur le continent4 ,ces prtres ne mritent aucune confiance4 ,avez-vous jamais connu quelque prtre8--,non4--,avez-vous jamais vu une chapelle papiste8--,non4--,connaissez-vous quelque chose des livres catholiques1 de la doctrine catholique1 de la morale catholique8 ,ah6 je vous le garantis1 vous ne savez pas grand'chose de tout cela4 ,charles paraissait fort mal son aise4 ,eh bien1 alors qu'est-ce qui vous pousse vers eux8 ,charles ne savait que dire4 ,pauvre sot6 continua ,m4 ,malcolm1 vous n'avez pas un mot me donner en votre faveur4 ,tout ceci est une affaire de pure imagination4 ,vous allez comme l'oiseau au chasseur4 ,reding commena se remettre4 ,il comprit qu'il devait dire enfin quelque chose1 sans quoi son silence l'et condamn4 ,mon cher monsieur1 rpondit-il1 il n'est rien qu'on ne puisse tourner contre une personne quand on le veut4 ,or1 voyez4 ,si j'avais connu un prtre quelconque1 vous vous seriez cri sur-le-champ3 ,ah6 il vous a fascin4 ,si j'avais frquent les chapelles catholiques1 j'aurais t sduit par la musique ou l'encens4 ,que pouvais-je faire de mieux que de me confier moi-mme1 de marcher sous l'tendard de ma raison claire1 de consulter les amis que je trouvais autour de moi1 comme je l'ai fait1 et d'attendre avec patience jusqu' ce que je fusse sr de mes convictions8--,ah6 voil votre manire1 vous1 jeunes gens1 reprit ,m4 ,malcolm3 vous vous croyez tous infaillibles4 ,vous pensez1 et c'est ravir1 que des ttes plus ges ne sont rien ct de vous4 ,eh bien1 continua-t-il1 en mettant ses gants1 je vois que je ne suis pas capable de vous persuader4 ,pauvre et cher petit ,charles1 j'en suis fch pour vous4 ,qu'et dit votre pauvre pre1 s'il avait vcu pour tre tmoin de ceci8 ,pauvre ,reding6 quel terrible coup lui a t pargn6 ,mais peut-tre cela n'aurait point eu lieu4 ,je sais quel en sera le rsultat dfinitif4 ,vous nous reviendrez2 oui1 j'en suis certain et sr4 ,nous vous verrons revenir1 jeune insens1 aprs que vous aurez couru travers champs1 la bride sur le cou4 ,bien1 bien6 cela vaut mieux que de vivre sans frein4 ,il faut que vous ayez votre dada4 'aurait pu tre pire2 vous auriez pu manger votre fortune4 ,mais peut-tre la donnerez-vous1 comme tant d'autres1 quelque prtre artificieux4 ,c'est cruel1 bien cruel3 voire ducation perdue1 votre avenir ruin1 votre pauvre mre et vos surs abandonnes elles-mmes444 ,et vous ne me dites pas un mot4 ,il devint rveur4 ,quel monde de tribulations6 ,adieu1 ,charles4 ,maintenant vous tes haut et puissant2 vous voguez pleines voiles3 peut-tre reviendrez-vous1 un jour1 avec d'autres sentiments1 vers l'ami de votre pre4 ,adieu4 ,le cur de ,charles tait plein1 mais sa tte se trouvait fatigue et trouble1 son esprit abattu3 il n'eut donc pas un mot rpondre1 de sorte qu'il parut ,m4 ,malcolm stupide ou trs-rserv4 ,il ne put que presser chaleureusement la main que celui-ci lui abandonnait contre-cur1 et accompagner le brave homme jusqu' la porte de la rue4 ,,chapitre ,x4 ,le couvent des ,passionnistes4 ,cela ne finira donc jamais6 se dit ,charles1 en fermant la porte et en remontant l'escalier4 ,voil une journe compltement perdue2 et en vrit1 je ne saurais dire avec lesquels de ces importuns1 trangers ou amis1 mon temps a t le moins gaspill4 ,j'aurais d aller directement au couvent4 ,cette dernire pense frappa son esprit1 et il se plaa devant le feu1 en y rflchissant4 ,oui1 dit-il1 je ne diffrerai pas davantage4 ,quelle heure peut-il tre8 ,dj quatre heures6 ,il rflchit de nouveau3 ,je vais aller dner1 et puis1 je me sauverai bien vite chez mes bons ,passionnistes4 ,le restaurant o ,charles se rendit tait une certaine distance4 ,il ne lui fut donc possible d'arriver au couvent que vers les six heures4 ,ce monastre tait une simple construction en briques4 ,les ressources tant trs-restreintes1 on avait d sacrifier l'extrieur1 afin de pourvoir aux dpenses de l'intrieur4 ,l'difice tait galement incomplet4 ,une grande glise avait t construite1 mais ses murailles taient nues2 et1 part les autels qu'on y avait levs1 elle ne se faisait remarquer que par ses proportions bien prises1 un sanctuaire large1 de bonnes orgues et un chur convenable4 ,un corps de btiments adjacents pouvait loger environ une demi-douzaine de ,religieux2 mais la grandeur de l'glise demandait un tablissement plus vaste4 ,depuis lors sans doute les choses ont bien chang1 mais nous remontons ici aux premiers efforts de cette communaut anglaise1 une poque o elle avait peine cess de lutter pour son existence1 et o les amis et les membres ne faisaient que commencer y arriver4 ,dix annes seulement s'taient coules alors1 depuis que le plus svre des ordres modernes avait t introduit en ,angleterre4 ,au milieu de la tideur et de l'gosme du ,x,v,i,i,ie sicle2 deux cents ans aprs l'poque mmorable o saint ,philippe et saint ,ignace1 laissant de ct les austrits corporelles1 dont toutefois ils taient personnellement de si grands matres1 avaient prch la mortification de la volont et de la raison comme plus ncessaire un ge de civilisation1 le pre ,paul de la ,croix fut divinement pouss la fondation d'une communaut plus asctique1 sous certains rapports1 que les premiers ermites et les ordres du moyen ge4 ,quoique le jene1 la pauvret et le silence fussent au nombre des pratiques de mortification les plus strictement imposes la nouvelle congrgation1 c'tait surtout par la rigueur de ses pnitences corporelles qu'elle se distinguait4 ,dans la cellule de son vnrable fondateur1 sur le mont ,clien1 on voit encore aujourd'hui un fouet de fer1 garni de clous1 qui est un souvenir1 non-seulement des souffrances du pre ,paul lui-mme1 mais aussi de celles de sa famille italienne4 ,l'objet de ces mortifications n'tait pas moins remarquable que leur intensit4 ,la pnitence sans doute est1 un certain point de vue1 la fin de toute mortification1 mais dans l'esprit des ,passionnistes l'usage de la discipline est spcialement destin au profit du prochain4 ,ils appliquent leurs souffrances au soulagement des mes du purgatoire1 ou bien ils se les infligent pour rveiller la ferveur d'un auditoire inattentif4 ,dans leurs missions1 quand leurs discours semblent ne produire aucun effet1 on les a vus parfois dcouvrir soudain leur poitrine et leurs paules1 et se frapper de couteaux aiguiss ou de rasoirs1 en criant leur auditoire terrifi qu'ils ne feraient point misricorde leur chair1 jusqu' ce que ceux qui ils s'adressaient eussent piti de leurs mes4 ,cette charit dvorante ne s'arrta pas aux frontires de leur patrie4 ,pouss peut-tre par un souvenir attach sa maison1 pendant bien des annes1 le cur du pre ,paul se dirigea vers une nation du ,nord avec laquelle1 humainement parlant1 il n'avait aucun rapport4 ,en face de ,saint-,jean et ,saint-,paul1 maison des ,passionnistes sur le mont ,clien1 s'lvent l'ancienne glise et le monastre de ,san ,gregorio1 la source pure d'o le ,christianisme de l',angleterre est sorti4 ,l avait vcu le grand pape qui est appel notre ,aptre1 et qui plus tard monta sur la chaire de saint ,pierre4 ,de l partirent aussi1 pendant et aprs son pontificat1 ,augustin1 ,paulin1 ,juste et les autres saints qui convertirent nos barbares anctres4 ,leurs noms1 qui aujourd'hui sont inscrits sur les colonnes du portique1 sembleraient s'tre manifests au vnrable ,paul1 avoir travers son esprit et s'y tre fixs4 ,car1 chose trange6 la pense de l',angleterre se mlait ses prires habituelles1 et dans les dernires annes de sa vie1 aprs une vision qu'il eut pendant la messe1 comme s'il et t ,augustin ou ,mellitus1 il parlait de ses enfants d',angleterre4 ,il tait assez surprenant qu'un seul ,italien1 au cur de ,rome1 et cette poque l'ambitieuse pense de faire des novices ou des convertis dans notre patrie4 ,mais aprs la mort du vnrable fondateur1 l'intrt spcial que celui-ci avait montr pour notre le lointaine se manifesta dans un autre membre du mme ordre4 ,sur les ,apennins1 prs de ,viterbe1 vivait1 au commencement de ce sicle1 un petit berger1 dont l'esprit s'tait de bonne heure tourn vers le ciel4 ,un jour qu'il priait devant l'image de la ,madone1 il eut le pressentiment qu'il tait destin prcher l'vangile dans une rgion du ,nord4 ,il n'tait gure probable qu'un paysan romain pt jamais tre missionnaire2 plus tard1 il est vrai1 le jeune ptre devint frre1 et puis religieux dans la congrgation des ,passionnistes2 mais cela ne semblait pas augmenter pour lui les probabilits d'une mission lointaine4 ,cependant ,dieu avait ses vues1 et quoique les moyens extrieurs ne se produisissent pas1 peu peu l'impression de son enfance1 reste toujours vivante1 prit une forme plus caractrise1 et au lieu du ,nord en gnral1 ce fut le nom de l',angleterre qui se grava dans son cur4 ,chose tonnante6 aprs un certain nombre d'annes1 sans faire aucune dmarche1 puisqu'il vivait sous l'obissance1 notre paysan se trouva1 la fin1 sur le bord de cette mer orageuse du ,nord1 d'o ,csar1 jadis1 aspirait la conqute d'un nouveau monde4 ,mais il tait toujours aussi peu probable qu'auparavant qu'il traverst le dtroit4 ,nanmoins cela n'tait pas impossible2 aurait-il cru autrefois qu'il verrait jamais cette plage du grand ,ocan8444 ,et arrt sur le rivage1 le bon religieux aimait contempler les vagues agites1 et se demander si jamais viendrait le jour o elles le porteraient vers cette ,angleterre tant dsire4 ,ce jour arriva1 non pas toutefois par suite d'aucune dtermination de sa part1 mais par le soin de cette mme ,providence qui1 trente annes auparavant1 le lui avait fait pressentir4 ,a l'poque de notre rcit1 le pre ,domenico de ,matre ,dei tait dj familiaris avec l',angleterre4 ,il avait eu bien des peines1 d'abord par manque d'argent1 et puis1 plus encore1 par manque de sujets4 ,les annes s'coulaient1 et soit que la crainte de la svrit de la rgle 7quoique ce ft sans fondement1 puisqu'elle avait t mitige pour l',angleterre71 soit que les droits acquis des autres corps religieux en fussent la cause1 sa communaut ne grandissait pas4 ,il se sentait presque dcourag4 ,mais chaque uvre vient en son temps4 ,enfin1 les difficults diminurent peu peu1 et l'on vit quelques hommes pleins de zle1 les uns nobles de naissance1 d'autres distingus par leurs talents1 entrer dans la communaut4 ,parmi eux1 nous devons citer notre ami ,willis1 qui1 cette poque1 avait reu la prtrise4 ,quoique n bien loin de ,londres1 il n'tait pas le dernier venu4 ,et maintenant1 lecteur1 vous connaissez mieux les ,passionnistes que ,reding lui-mme1 au moment o il se dirigeait vers leur monastre#ha4 #ha ,a ces dtails si intressants donns par l'auteur1 nous croyons devoir ajouter quelques mots4 ,le ,r4 ,p4 ,dominique de la ,mre de ,dieu naquit ,viterbe1 le #d aot #agic4 ,il fit sa profession dans l'ordre des ,passionnistes l'ge de #bb ans4 ,c'est seulement en #ahdj qu'il quitta l',italie avec trois de ses confrres pour venir s'tablir ,boulogne1 en ,france4 ,mais le gouvernement d'alors qu'pouvantait tout habit de moine ne permit pas ces quatre religieux de vivre tranquillement au fond de leurs cellules4 ,obligs de sortir de la ,france1 ils allrent se rfugier ,ere1 prs ,tournai 7,belgique71 et ils y fondrent une maison4 ,deux ans plus tard1 le ,p4 ,dominique touchait enfin ce sol d',angleterre si ardemment dsir4 ,c'tait le #ag fvrier #ahdb4 ,depuis cette poque jusqu'au #bg aot #ahdi1 jour o il est mort subitement1 cet admirable religieux a opr un bien immense sur ce nouveau thtre de son zle4 ,ses vertus minentes1 surtout sa charit intelligente et douce1 ont attir la ,foi un grand nombre de protestants1 parmi lesquels on compte l'auteur lui-mme de ,perte et ,gain4 ,ce pieux serviteur de ,dieu a laiss de nombreux crits1 dont un seul1 croyons-nous1 a t traduit jusqu' prsent4 ,c'est un ouvrage intitul3 ,excellence de ,marie et de son culte1 en #b vol4 in-#ab4 ,le premier objet qui se prsenta ,charles fut la porte de l'glise4 ,comme elle tait ouverte1 il y entra4 ,les fidles arrivaient pour un office4 ,lorsqu'il eut pass le vestibule1 la personne qui le prcdait immdiatement lui prsenta le bout de ses doigts qu'elle avait tremps dans un bassin d'eau plac l'entre4 ,charles ignorant le but de cette action1 et se sentant embarrass de cette ignorance1 se retira de ct1 et chercha un coin pour s'y rfugier2 mais tout l'espace tait ouvert1 il n'y avait pas moyen de se cacher4 ,cependant1 chacun paraissait occup de soi4 ,nul ne fit attention lui1 et il se sentit ainsi plus l'aise4 ,il se tint debout prs de la porte1 et promena ses regards dans l'glise4 ,un grand nombre de cierges s'allumaient sur le matre-autel1 situ au centre d'une abside semi-circulaire4 ,il y avait environ une demi-douzaine d'autels latraux4 ,la plupart n'taient pas clairs4 ,on y voyait malgr cela quelques adorateurs solitaires4 ,sur l'un d'entre eux tait un grand crucifix antique1 aux pieds duquel brlait une lampe1 et celui-l tait visit par une suite non interrompue de personnes4 ,elles s'y arrtaient chacune cinq minutes1 lisaient quelques prires dans un tableau attach la balustrade1 et passaient outre4 ,a un autre autel1 qui se trouvait dans une chapelle au bout de l'un des bas-cts et qui tait surmont d'une image1 brlaient six longs cierges4 ,en regardant avec attention1 ,charles reconnut que c'tait une image de ,notre-,dame1 et que le petit ,enfant ,jsus tenait un rosaire4 ,l tait dj runie une assemble1 ou plutt on y clbrait un office qui lui tait inconnu4 ,c'tait rapide1 alternatif1 monotone4 ,comme cet exercice pieux paraissait interminable1 ,charles tourna ses yeux ailleurs4 ,il vit deux confessionnaux1 chacun environn d'un petit groupe de personnes genoux qui attendaient leur tour pour se prsenter au sacrement de ,pnitence2 les hommes d'un ct1 les femmes de l'autre4 ,au bas de l'glise taient trois ranges de bancs mobiles avec dossiers et agenouilloirs4 ,le reste de l'espace tait ouvert et rempli de chaises4 ,mais l'objet qui attirait surtout l'attention en ce moment1 c'tait le matre-autel4 ,cependant chaque fidle1 en entrant1 prenait une chaise et1 s'agenouillant derrire1 se mettait prier4 ,l'glise finit par se remplir4 ,riches et pauvres1 artisans1 jeunes lgants et ouvriers irlandais1 mres et enfants1 tous taient confondus1 sans autre distinction que la sparation des femmes d'avec les hommes4 ,une troupe de garons et de petits enfants1 mls quelques vieilles femmes1 avaient pris possession de la balustrade du chur1 et la secouaient avec des mouvements convulsifs comme dans l'attente de quelque chose4 ,quoique ,reding ft rest debout1 nul n'aurait fait attention lui2 mais il vit que le temps tait venu de s'agenouiller4 ,il alla se mettre au coin du banc le plus rapproch4 ,a peine avait-il pris place1 qu'une procession avec des cierges passa de la sacristie l'autel4 ,vint ensuite quelque chose qu'il ne put comprendre1 et soudain commena un chant qu'il reconnut tre une litanie1 aux paroles ,miserere et ,ora pro nobis4 ,une hymne suivit4 ,l'attention de l'assemble tait si profonde1 sa dvotion si ardente1 que ,reding pensa qu'il n'avait jamais1 jusqu' ce jour1 assist un vritable acte de culte4 ,ce qui le frappa particulirement1 ce fut que1 tandis que dans l'glise anglicane le ministre ou l'orgue est tout et le peuple rien1 sauf le clerc qui le reprsente1 ici c'tait prcisment l'inverse4 ,le prtre parlait peine ou du moins presqu' voix basse2 mais tous1 dans l'assemble1 comme un immense instrument ou ,panharmonicon1 ne formaient qu'une seule voix1 tout en paraissant n'agir1 chacun1 que d'aprs sa propre inspiration4 ,ils ne semblaient avoir besoin d'aucune impulsion trangre ni d'aucune direction1 quoique dans la litanie le chur chantt alternativement4 ,les paroles taient en latin1 mais on et dit que tous en comprenaient la valeur1 et qu'ils offraient leurs prires la ,sainte-,trinit1 au ,sauveur incarn1 la puissante ,mre de ,dieu et aux ,saints glorifis1 avec une ardeur gale l'nergie de leurs cantiques4 ,prs de ,charles se trouvaient un petit enfant et une pauvre femme qui chantaient de toute la force de leurs poumons4 ,il n'y avait pas s'y mprendre1 ,reding se dit lui-mme3 ,voil une religion populaire4 ,il jeta de nouveau un regard dans l'glise4 ,comme nous l'avons dit1 elle tait trs-simple1 et l'on voyait qu'elle n'tait pas finie2 mais le ,temple vivant qui s'y manifestait n'avait besoin ni de sculptures dlicates ni de marbres somptueux pour la parachever1 car la gloire de ,dieu l'avait claire1 et l',agneau en tait la lumire4 ,que c'est trange6 se dit ,charles lui-mme1 on appelle ce culte un culte de pure forme1 et cependant il parat comprendre indistinctement toutes les classes3 enfants et vieillards1 gens d'ducation et peuple1 hommes et femmes2 c'est l'uvre du mme ,esprit en tous1 qui d'un grand nombre ne fait qu'un seul corps4 ,pendant qu'il rflchissait ainsi1 il y eut un changement dans l'office4 ,un prtre1 ou un assistant1 tait mont quelques secondes sur l'autel et y avait pris un calice ou un vase qui s'y trouvait2 ,charles ne pouvait voir d'une manire distincte4 ,un nuage d'encens s'leva vers la vote4 ,soudain tous les fronts s'inclinrent jusqu' terre4 ,que signifiait cet acte8 ,la vrit brilla aux yeux de ,reding d'une manire terrible1 mais douce pourtant3 c'tait le ,seigneur incarn qui reposait sur l'autel1 et qui tait venu pour visiter et bnir son peuple2 c'tait l'auguste prsence qui fait d'une glise catholique un sanctuaire unique2 qui en fait ce qu'aucun autre lieu ne saurait tre1 un lieu saint444 ,a cette poque1 les offices du brviaire n'taient plus inconnus notre jeune ami1 et au moment o il se prosterna sur le pav1 dans un mouvement subit d'anantissement et de joie1 quelques paroles de ces grandes antiennes1 dont ,willis1 dans une circonstance1 avait cit quelques phrases1 lui vinrent sur les lvres3 ,o ,adona1 et ,dux doms ,israel1 qui ,moysi in rubo apparuisti2 ,o ,emmanuel1 ,exspectatio gentium et ,salvator earum1 veni ad salvandum nos1 ,domine ,deus noster4 ,aprs cette crmonie1 l'office ne dura plus longtemps4 ,en relevant la tte1 ,charles vit que l'assemble s'coulait avec rapidit et qu'on teignait les lumires4 ,il comprit qu'il fallait se hter4 ,il se dirigea donc vers un frre convers1 qui attendait pour fermer les portes1 et le pria de le conduire au suprieur4 ,le bon frre craignait que celui-ci ne ft occup en ce moment4 ,toutefois1 il conduisit ,charles dans une petite chambre bien propre1 o notre ami1 laiss lui-mme1 eut le temps de rassembler ses penses4 ,a la fin1 le suprieur parut4 ,c'tait un homme au-dessus de l'ge mr1 d'un maintien la fois grave et bienveillant4 ,les sentiments de ,reding taient indicibles1 mais tous pleins de charme4 ,son cur battait fort1 non de crainte ni d'anxit1 mais d'un frmissement de plaisir1 en pensant qu'il tait sous le toit d'une communaut catholique et en face d'un de ses prtres4 ,en un moment son trouble disparut1 et il se sentit enivr de joie4 ,a peine pouvait-il dominer son motion2 il craignait d'tre pris pour un fou4 ,il prsenta la carte de son compagnon de voyage4 ,le bon ,pre sourit1 en voyant le nom de l'ecclsiastique2 mais ce fut avec une satisfaction toute particulire qu'il lut les paroles aimables que celui-ci avait traces au crayon4 ,charles ne tarda pas s'entendre avec le suprieur4 ,grce ,willis1 il tait dj connu dans le couvent4 ,il fut arrt qu'il logerait tout de suite chez ses nouveaux amis1 et qu'il y resterait tant que cela lui conviendrait4 ,la premire chose faire1 c'tait de se prparer la confession1 et l'on esprait qu'ainsi il pourrait tre reu1 le dimanche suivant1 dans la communion catholique4 ,aprs cet acte solennel1 il aurait se prsenter l'vque1 au moment convenable1 pour lui demander le sacrement de ,confirmation4 ,peu de temps lui suffit pour faire transporter ses bagages au couvent1 et une heure aprs son entrevue avec le suprieur1 il tait assis seul1 avec plumes1 papier1 livres1 et devant un feu joyeux1 dans une cellule de sa nouvelle habitation4 ,,chapitre ,,xi4 ,le beau jour4 ,quelques mots vont nous conduire la fin de notre rcit4 ,c'tait le dimanche matin vers les sept heures2 ,charles avait t admis dans la communion de l'glise ,catholique depuis une heure environ4 ,il tait encore genoux dans l'glise des ,passionnistes1 devant le tabernacle1 jouissant d'une paix profonde et d'une srnit d'esprit qu'il n'aurait pas crues possibles sur la terre4 ,c'tait plus que le calme qui affecte sensiblement l'oreille1 lorsqu'une cloche s'arrte aprs avoir tint longtemps1 ou lorsqu'un vaisseau1 aprs le ballottement des vagues1 se trouve dans le port4 ,c'tait une sensation si douce1 qu'il se croyait report par le souvenir ses plus tendres annes1 qu'il lui semblait recommencer l'existence4 ,mais il y avait plus que le bonheur de l'enfance dans son me3 il lui paraissait sentir un roc sous ses pieds2 c'tait soliditas ,cathedr ,petri4 ,il continua rester genoux1 comme s'il et t dj dans le ciel1 ayant le trne de ,dieu en face1 et les anges tout autour de lui2 comme si1 en se remuant1 il dt perdre cette immense faveur4 ,a la fin1 il sentit une main lgre sur son paule1 et une voix lui dit3 ,reding1 je vais partir2 laissez-moi vous dire adieu auparavant4 ,il se retourna1 c'tait ,willis1 ou plutt le pre ,louis1 dans son costume sombre de ,passionniste1 sur lequel se dessinait un cur blanc du ct gauche de la poitrine4 ,willis le conduisit de l'glise la sacristie4 ,quelle joie1 ,reding6 s'cria-t-il quand la porte fut ferme2 quel jour de joie6 ,la fte de saint douard1 jour doublement bni dsormais4 ,mon suprieur m'a permis d'assister la crmonie2 vous ne m'avez pas vu1 mais j'ai t prsent tout4--,oh6 reprit ,charles1 que dirai-je8444 la face de ,dieu6 ,comme j'tais genoux1 il me semblait que je ne dsirais plus rien que de rpter avec le vieillard ,simon3 ,maintenant1 laissez-moi mourir1 puisque j'ai vu votre face4--,pour vous1 cher ,reding1 vous sentez dans votre me toute l'ardeur et tout l'enthousiasme d'un nophyte2 quant moi1 ces sentiments sont dj mousss par l'habitude4--,non1 ,willis1 non2 vous avez pris la meilleure part de bonne heure1 tandis que j'ai temporis4 ,trop tard1 je t'ai connue1 ,vrit ancienne2 trop tard je t'ai trouve1 premire et unique ,beaut6--,tout est bien1 mon cher ami1 except ce que le pch rend mauvais4 ,si vous avez pleurer la perte du temps avant votre conversion1 j'ai dplorer aussi de l'avoir perdu aprs la mienne4 ,vous parlez de dlai3 ne dois-je pas parler de prcipitation8 ,un ,dieu bon gouverne toutes choses444 ,mais il faut que je vous quitte4 ,vous rappelez-vous mes dernires paroles1 lorsque nous nous sparmes dans le ,devonshire8 ,j'y ai souvent pens depuis cette poque2 elles taient trop vraies alors4 ,je vous disais3 ,nos voies se divisent4 ,aujourd'hui elles restent encore diffrentes1 et cependant dsormais elles seront les mmes4 ,nous reverrons-nous ici-bas8 qui le sait8 mais encore un peu de temps1 et il y aura une runion ternelle devant le trne de ,dieu1 l'ombre de sa ,mre bnie et de tous les saints4 ,deus manifest veniet1 ,deus noster et non silebit4 ,charles prit la main du pre ,louis et la baisa4 ,s'tant jet genoux1 il reut la bndiction du jeune prtre4 ,puis le bon pre disparut par la porte de la sacristie2 et le nouveau converti rentra dans sa cellule temporaire1 si heureux dans le prsent qu'il ne songeait ni au pass ni l'avenir444 ,,fin4 ,,appendice4 ,,souvenirs ,,personnels ,,du ,,mouvement ,d',,oxford1 ,,avec ,,des ,,extraits ,,de ,,perte ,,et ,,gain ,,du ,,docteur ,,newman4 ,,conf,,rence ,,donn,e 7,,au ,,mois ,,de ,,mai #ahef7 ,,au ,,club ,,populaire ,,et ,,catholique ,d',,islington 7,a ,,londres7 ,,par ,,fr,d,,ric ,,oakeley1 ,matre s-arts de l',universit d',oxford1 cur de ,saint-,jean l'vangliste ,islingten1 chanoine du chapitre mtropolitain1 et ex-fellow du collge de ,balliol ,oxford4 ,l'origine1 le dveloppement et les rsultats du grand ,mouvement ,religieux qui a pris naissance l',universit d',oxford1 il y a environ un quart de sicle1 et qui en moins de douze ans a donn la ,sainte glise ,catholique plusieurs centaines de convertis1 ont t si compltement expliqus par le docteur ,newman1 dans ses clbres ,confrences sur les difficults de l',anglicanisme1 que ce serait une tmrit coupable de ma part de toucher un sujet sur lequel1 aprs l'illustre crivain1 on ne pourrait que divaguer ou dire des choses superflues4 ,c'est pourquoi1 dans le titre de ma ,confrence de ce jour1 j'ai eu soin de me renfermer dans des bornes qui me missent moi-mme l'abri de toute tentation ambitieuse1 et qui vous pargnassent1 vous1 mes amis1 un dsappointement4 ,mon simple dessein est de vous prsenter les souvenirs personnels d'une poque de ma vie qui1 aprs avoir donn lieu et des regrets et de la reconnaissance1 a t couronne par des rsultats qui sont pour nous tous un sujet commun de joie4 ,je dois cependant1 ds le dbut1 vous mettre en garde contre la supposition qui pourrait vous faire attendre de moi un article d'autobiographie1 ou ce qu'un de nos adversaires appellerait les ,aveux d'un converti4 ,ce n'est pas aujourd'hui mon but4 ,je ne viens pas non plus vous faire l',histoire du ,tractarianisme4 ,ce que je me propose1 c'est de me placer dans la position d'un tmoin tranger aux faits qu'il raconte1 et de considrer mon point de vue les matires d',oxford et les vnements qui en sont sortis4 ,si1 en traitant ce sujet1 je suis oblig de rapporter des circonstances auxquelles j'ai pris part1 c'est une ncessit que je dois subir2 mais je ferai de mon mieux pour remplir ma tche avec le moins de partialit ou d'amour-propre possible4 ,mes plus anciens souvenirs personnels1 relativement au premier coup port aux vieilles habitudes religieuses d',oxford1 remontent au professorat royal du docteur ,charles ,lloyd1 qui1 vers l'anne #ahbg1 reut de feu le ministre sir ,robert ,peel1 dont il avait t prcepteur1 la charge de l'vch d',oxford4 ,le docteur ,lloyd tait un ecclsiastique trs-instruit et de talents hors ligne4 ,il appartenait ce petit nombre d'hommes qui1 sous un systme corrompu1 se sentent assez forts pour se choisir un terrain eux et combattre sans peur les prjugs du jour4 ,ayant pass une partie de son adolescence dans la socit de prtres franais1 il s'tait form1 d'aprs leur conversation et leur conduite1 une ide des doctrines et de la vie des ,catholiques bien diffrente de celle qui est gnralement reue parmi les ,protestants4 ,sans doute1 sa premire ducation et ses rapports avec l',universit en avaient fait un protestant ferme2 mais en prenant la fonction si dlicate de professeur de ,thologie1 et en se trouvant disposer de l'influence que sa science et ses talents1 joints une facilit remarquable pour gagner l'affection des lves1 lui donnaient sur les tudiants de sa classe1 il chercha se dbarrasser1 autant qu'il put1 des entraves de sa position et se jeter1 comme on dirait ,oxford1 dans une nouvelle voie4 ,il choisit donc1 pour sujet de son cours de ,thologie l'histoire et la forme du ,prayer-,book anglican1 sujet qui l'amena1 et ses lves avec lui1 examiner le ,missel et le ,brviaire comme tant les sources d'o ont t tires les principales matires de ce livre de prires4 ,tout coup1 sans aucune cause connue1 on pria ,m4 ,booker de ,new ,bond ,street de fournir aux tudiants d',oxford tous les livres de liturgie et d'office que contenait son magasin4 ,m4 ,booker tait trop bon catholique pour traiter une telle demande comme une simple affaire de commerce1 et1 n'osant pas esprer un miracle1 il crut prudemment un complot4 ,par une singulire concidence1 il arriva que j'tais le seul protestant que ,m4 ,booker connt ,oxford1 et que le seul catholique que je connusse moi-mme c'tait ,m4 ,booker4 ,aussi je crois que ce fut grce moi que ses craintes furent dissipes et que la libre importation des missels et des brviaires eut lieu ,oxford4 ,cependant1 les leons du docteur ,lloyd continuaient avec un succs soutenu2 et j'ai1 ou1 pour mieux dire1 j'ai eu nagure entre les mains un ,prayer-,book anglican avec des feuillets intercals qui contenaient des renvois aux autorits catholiques1 d'aprs lesquelles le matre prouvait d'une manire triomphante les larges emprunts faits par les ,rformateurs anglais l'ancienne glise4 ,le pauvre docteur ,lloyd1 qui je ne puis penser sans qu'il s'veille en moi des sentiments d'attachement et de gratitude1 tomba1 bientt aprs1 victime de son zle dans la cause de l'mancipation ,catholique4 ,soudain on le vit changer sa politique dans cette question brlante1 et voter avec son patron1 sir ,robert ,peel1 lorsque le ministre1 en #ahbi1 adopta ce projet de loi4 ,cette conduite indisposa contre lui le roi ainsi que son propre clerg4 ,un jour qu'il sigeait dans la ,chambre des ,lords 7car cette poque il tait vque71 il fut pris d'une fivre dont il mourut au bout de trois semaines1 laissant ,oxford un vide qui1 jusqu' prsent1 n'a pu tre bien combl4 ,avec cet illustre professeur disparut l'tude des liturgies2 et les volumes suspects1 qui avaient t imports dans un lieu si trange et qui s'accordaient si mal avec les ouvrages des librairies d',oxford1 furent vendus ou cachs dans les rayons des bibliothques1 au moins pour un temps4 ,la semence1 toutefois1 avait certainement pris racine1 et elle devait porter ses fruits au moment opportun4 ,aux leons du docteur ,lloyd assistaient ,john-,henry ,newman et ,edward ,pusey1 quoique plus gs que la majorit de la classe4 ,parmi ceux qui taient un peu plus jeunes1 on remarquait ,m4 ,wilberforce l'ex-archidiacre1 ,m4 ,froude1 feu l'vque de ,salisbury et plusieurs autres1 au nombre desquels je me trouvais4 ,dans toute la classe1 il n'y avait personne sur qui ces leons fissent une impression plus profonde que sur feu ,richard ,hurrell ,froude4 ,bien diffrent de la plupart des hommes de son parti1 ,m4 ,froude ne vacilla jamais dans son adhsion aux principes catholiques1 ou1 dans tous les cas1 des principes religieux qui taient prodigieusement en avant de son poque4 ,l'enseignement du docteur ,lloyd1 relativement aux matires de liturgie1 trouva dans ce jeune homme de vingt et un ans un esprit dj mr pour recevoir des impressions favorables mme l'glise de ,rome1 et fortement contraires la ,rforme4 ,pendant sa vie si courte1 les impressions de ,m4 ,froude devinrent chaque anne plus profondes1 et elles s'taient transformes en convictions fermes et trs-nergiques par le moyen d'austrits personnelles1 de la retraite1 de l'tude et de la prire2 lorsque enfin 7comme toutes les convictions relles et mries7 elles commencrent produire leur effet sur le monde4 ,ce qui1 dans le docteur ,lloyd1 n'tait que de simples vues1 se changeait en motifs dans ,m4 ,froude2 et ce qui1 pour beaucoup d'lves de l'illustre professeur1 aurait vcu et serait mort comme une simple mode1 prit de larges racines1 grce l'influence de ,m4 ,froude1 et germa dans la suite en quelque chose d'intimement et d'efficacement pratique4 ,en effet1 cela se passait peu prs l'poque que ,m4 ,froude fit la conqute de ,m4 ,newman4 ,plusieurs annes aprs le temps auquel je me reporte1 les ,traits d',oxford firent leur apparition#hb dans les circonstances et pour le but que le docteur ,newman a pleinement dvelopps dans ses ,difficults de l',anglicanisme4 ,cependant1 le reste d'entre nous1 quoique fixs ,oxford et plus ou moins lis ensemble1 nous allions chacun dans notre propre direction1 qui de ce ct1 qui de celui-l2 quelques-uns s'loignant de toute pratique religieuse1 d'autres embrassant une religion trs-trangre notre ducation et notre caractre naturel4 ,de toutes les erreurs les plus accrdites touchant la controverse d',oxford1 il n'en est pas de plus palpable que celle qui suppose une ligue1 ou une union prmdite entre ceux qui finirent plus tard par se faire catholiques4 ,chacun de nous1 je puis vous l'assurer1 nous avions nos vues individuelles qui1 comme autant de lames aigus1 s'opposaient toute vraie combinaison4 ,il rsultait de l que1 sur beaucoup de questions importantes1 on nous trouvait dans des camps opposs4 ,nous avions tous nos occupations particulires1 nos propres intrts1 des runions diffrentes2 et lorsque les hommes dont les noms sont gnralement les plus mls au ,mouvement d',oxford se rencontraient dans un salon1 il y avait une certaine rserve froide et une crainte mutuelle de collision2 ce qui loin de favoriser1 gnait plutt les rapports entre nous4 ,aussi beaucoup des plus sincres partisans des opinions rgnantes se rendaient-ils dans des socits o ils trouvaient sans doute moins d'essor leur enthousiasme1 mais aussi moins de danger d'tre en dsaccord4 #hb ,le premier de ces traits parut en #ahcc4 ,pendant ce temps1 toutefois1 le levain de la vraie religion montait sous la surface4 ,les hommes 7et ils taient nombreux7 qui traitaient toute l'affaire avec mpris1 et qui pensaient srieusement que cette furore catholique tait une simple fantaisie du jour1 qui aurait son temps et qui s'vanouirait aussi vite et aussi compltement que l'intrt d'un nouvel opra2 ces hommes1 dis-je1 connaissaient peu l'tendue et la force de la puissance qu'ils avaient combattre4 ,ils ne savaient pas quels phnomnes s'accomplissaient dans les chefs de la controverse1 ces savants qui taient1 et non pas nous1 la vie et l'me de tout4 ,ils ignoraient quelles clarts des tudes patientes apportaient1 chaque jour1 leur intelligence2 quelle vigueur la mortification corporelle imprimait leur me2 quelle maturit une marche solide donnait leurs principes1 et surtout combien le dnoment se prcipitait sous l'influence de leurs prires persvrantes4 ,ces observateurs bien intentionns1 mais courte vue1 tiraient leurs arguments d'opposition de ce qui1 dans de semblables mouvements1 se fait le plus remarquer1 je veux dire des folies et des extravagances des disciples4 ,ceux-ci1 je le crois1 agirent souvent comme des aveugles providentiels1 destins dtourner l'attention de ce qu'il y avait de positif dans l'uvre4 ,de temps autre1 il est vrai1 une circonstance venait montrer qu'il y avait1 sous cette agitation1 un principe plus profond et une force plus relle qu'on ne le pensait2 mais ,oxford est habitu des troubles de ce genre1 et rarement on les y a vus survivre aux grandes vacances4 ,la controverse ,hampden1 la controverse ,faussett1 et je ne sais combien d'autres d'une moindre importance1 taient l pour prouver que les hommes qu'on avait sottement supposs morts1 enterrs et oublis1 taient1 en ralit1 pleins de vigueur et prts l'action au moment voulu4 ,mais le grand corps universitaire ne voyait que peu peu1 et ne voulait pas se convaincre que le cheval de bois qui s'avanait si pesamment et si majestueusement tait rempli de guerriers arms de pied en cap pour la lutte4 ,a la fin1 parut le clbre ,trait ,,xc#hc4 ,ce fut lui qui vritablement donna l'alarme1 en proposant une interprtation des ,,xxxix ,articles qui aurait permis de les signer en conscience aux personnes dj fort avances dans la voie du ,catholicisme4 ,l'esprit acadmique s'en mut1 et il trouva1 mais trop tard1 que le danger imminent ne pouvait dsormais tre cart par un sermon de circonstance ,sainte-,marie1 ni par le renvoi d'un sous-gradu suspect4 ,le malencontreux ,trait reut de l',hebdomadal ,board#hd une fltrissure qui fut pour lui un imprimatur plutt qu'un stigmate2 car le produit norme de sa vente permit son auteur de rassembler1 sous la forme d'une excellente bibliothque de thologie1 des matriaux pour tendre le mal4 ,cependant la thse de ce ,trait trouva des dfenseurs1 et1 il faut l'avouer1 ceux-ci exagrrent sa thorie touchant la signature des ,articles4 ,ils y firent entrer toute la doctrine romaine 7avec la plus grande puret d'intention1 j'aime le croire7 par la porte qui avait t ouverte pour admettre simplement la partie leve de l',anglicanisme2 et ils btirent sur la base du docteur ,newman des conclusions que celui-ci rejetait1 mais qu'il ne pouvait ostensiblement attaquer sans faire encourir l'tablissement un danger plus immdiat que celui qu'il lui crait par son silence4 #hc ,on trouve une excellente analyse de ce trait dans l'ouvrage de ,m4 ,j4 ,gondon1 intitul3 du ,mouvement religieux en ,angleterre4--,ce trait ,,xc parut en #ahda4 #hd ,l',hebdomadal ,board est un comit form de tous les chefs des tablissements d',oxford4 ,il est difficile de parler de ces incidents sans vous amener penser1 mes chers auditeurs1 que le docteur ,newman1 l'auteur de ce clbre ,trait1 agissait dans un esprit d'astuce et d'insubordination4 ,rien ne saurait tre plus loin de la vrit4 ,le docteur ,newman croyait1 d'une conviction ferme1 que les ,articles de l'glise d',angleterre pouvaient tre interprts1 en conscience1 de la manire qu'il l'tablissait1 et qu'ils l'avaient t par des hommes de mrite de cette communion depuis le commencement de son histoire4 ,il agissait aussi entirement en vue du systme tabli1 et 7si les autorits d',oxford avaient connu leur vritable intrt7 en vue de l',universit elle-mme4 ,il savait mieux que ces messieurs la profondeur et la ralit des aspirations vers ,rome2 il savait galement que le moyen d'encourager ces tendances1 c'tait d'arrter1 sans ncessit1 l'interprtation des ,trente-neuf ,articles4 ,j'avoue1 nanmoins1 qu'il tait impossible de faire la tentative de donner ce formulaire une interprtation nouvelle1 quoique vraie1 sans qu'il y et un semblant de subtilit de la part de l'auteur et la certitude d'un malentendu4 ,mais en encourant ces consquences1 le docteur ,newman faisait ce qu'il s'est montr toujours prt faire3 il se sacrifiait un devoir public manifeste4 ,si les autorits d',oxford avaient eu assez d'esprit pour se laisser guider par le docteur ,newman1 et si elles avaient permis au ,trait ,,xc d'atteindre son but sans lui chercher querelle1 je ne dis pas qu'elles eussent empch les conversions subsquentes l'glise1 mais elles les auraient retardes indfiniment4 ,grces soient rendues ,dieu qui en a ordonn d'une autre manire6 ,si le docteur ,newman veut me permettre de lui offrir le tmoignage d'une connaissance de prs de trente annes1 relativement un ct de son caractre1 je dirai que si jamais il y eut un homme qui agt simplement en vue de l'objet plac devant lui1 et qui ft dpouill de ce qu'on peut appeler l'esprit diplomatique1 cet homme c'est lui4 ,qu'un homme de ce genre pt tre mal compris du monde1 c'est un fait qui n'est ni nouveau ni inexplicable4--,il n'est pas inexplicable1 parce qu'il n'y a rien qui ennuie le monde 7si je puis user de cette expression familire7 comme la simplicit1 surtout quand il la trouve jointe une profondeur laquelle n'atteint pas sa pntration2 il n'est pas nouveau1 parce que ce fut le lot de saint ,paul et de ses compagnons d'tre regards comme des sducteurs1 quoique sincres#he4 #he ,,ii ,cor4 ,,vi1 #h4 ,tandis qu',oxford faisait son uvre sa manire1 un effort du mme genre1 quoique indpendant1 se poursuivait dans une petite chapelle qui n'est pas plusieurs milles de ,cavendish square#hf4 ,cette chapelle1 qu'on a potiquement ddie sainte ,marguerite1 ne devait certainement pas son nom une sainte quelconque1 mais une dame titre2 et je puis l'assurer1 en #ahci1 alors que je la connus pour la premire fois1 ses antcdents et son caractre rvlaient un tout autre calendrier que celui de l'glise4 ,c'tait le champ le plus strile qu'on pt imaginer pour faire un essai de ,catholicisme4 ,son origine tait protestante au dernier degr1 allant se perdre dans un sicle de tnbres trs-rapproch de nous1 et pire encore que la ,rforme4 ,le reprsentant de ses traditions et le type de son caractre 7encore avait-il pour lui l'avantage de l'antiquit7 tait un vieux clerc1 perruque brune1 qui avait connu l'difice homme et enfant1 presque depuis son origine4 ,cet difice avait t construit vers l'poque de la ,rvolution franaise1 et avait t d'abord une espce de temple du disme4 ,aprs une ou deux phases de transition1 il devint une chapelle la mode1 et sa chaire fut successivement occupe par des dfenseurs de l'tablissement1 de l',irvingisme1 de l',anglicanisme et d'une espce de ,tractarianisme modifi4 ,sous la dernire administration1 ce temple tait presque dsert4 ,dans cet tat de choses1 l'vque jugeait compltement inutile de remplacer le ministre sortant1 lorsqu'il accepta1 non sans quelque crainte1 je pense1 une offre que lui fit ,oxford d'y mettre un homme de son choix4 #hf ,a ,londres4 ,toute l'histoire de ,margaret-,chapel se retrouvait dans sa construction et dans son arrangement4 ,des galeries garnissaient les murailles2 les bancs fermaient l'espace4 ,naturellement1 il n'y avait pas de sanctuaire2 mais immdiatement en face de la table de communion1 et de manire la masquer1 s'levait une norme chaire1 d'o le pupitre et le banc du clerc se dtachaient et venaient finir dans le corps du btiment en chelle dcroissante de proportion4 ,telle tait ,margaret-,chapel1 lorsqu'elle passa sous l'administration d'un ecclsiastique d',oxford1 dont la principale qualit pour cette charge tait une ferme rsolution1 dt-il chouer1 d'appliquer les principes religieux qu'il avait appris d'hommes qui lui taient bien suprieurs en science et en talents4 ,ces principes1 on ne peut le nier1 se montrrent assez vrais et assez forts pour tenir bon contre des obstacles srieux4 ,le champ de l'action1 quelque dsavantageux qu'il ft1 donna libre carrire des essais religieux diffrents de ce qu'on aurait pu tenter1 mme ,oxford2 et cela1 tout en suivant les principes de cette ville1 et surtout celui de ces principes qui a t dfendu en thorie comme en pratique par le vritable fondateur de cette cole1 le docteur ,newman4 ,l'ordre et la beaut qu'on introduisit dans le culte divin taient choses nouvelles pour le ,londres protestant1 mais l'exprience prouva combien cette innovation tait en rapport avec les besoins de la nature humaine4 ,la chapelle elle-mme1 malgr sa difformit1 ne se montra pas aussi contraire qu'on aurait pu l'attendre l'introduction des crmonies4 ,grce des conseils judicieux et de gnreuses offrandes1 l'intrieur de l'difice prit un nouvel aspect4 ,la chaire et le pupitre furent enlevs de leur ancienne position2 et le pauvre clerc prit place1 contre-cur1 dans le corps de l chapelle1 sans pouvoir1 toutefois1 russir jamais chanter son amen d'un ton convenablement soumis4 ,la table de communion1 qualifie maintenant du nom d'autel1 tait couverte d'un tapis cramoisi1 sur lequel reposaient une croix et des chandeliers1 dont les cierges non allums restaient comme un signe permanent de l'inflexibilit piscopale et comme l'emblme d'une esprance patiente4 ,les cierges1 cependant1 ne demeurrent pas toujours teints2 car priodiquement la nuit remplaa le jour1 et parfois la nature vint nous favoriser d'un brouillard propice4 ,tout ceci1 mes amis1 doit vous paratre quelque chose d'infiniment absurde4 ,j'en conviens1 je ne saurais justifier ces cierges non allums1 et encore moins cet attachement excessif pour des brouillards4 ,mais1 part quelques extravagances de ce genre1 toute cette rforme1 je vous l'assure1 avait son ct srieux et sa ralit1 comme l'ont prouv1 vous l'admettez1 je pense1 ses rsultats auxquels on ne songeait pas mme alors3 ,margaret-,chapel a donn quelques vingtaines de convertis l'glise ,catholique1 en y comprenant quatre de ses ministres successifs2 et cela1 alors qu'on ne se proposait autre chose que de travailler l'avancement de l'glise d',angleterre4 ,cette chapelle a continu son uvre1 aprs que je l'ai eu quitte4 ,a cette heure elle est devenue une des plus magnifiques glises du royaume1 et elle est appele1 j'en suis convaincu1 poursuivre encore sa mission4 ,d'aprs quelles ides ou d'aprs quels principes elle a t administre depuis mon dpart1 c'est ce que j'ignore2 mais je sais que celui qui m'a succd dans l'administration1 et qui est encore son ministre actuel1 est un homme d'une vie irrprochable1 d'une trs-haute probit1 du plus aimable caractre et d'intentions trs-droites4 ,aussi ne dout-je pas qu'il ne sorte beaucoup de bien des efforts sincres d'un tel ecclsiastique1 quoique je ne puisse pas voir prsentement de quelle manire4 ,il me sera plus facile de dire quelle pense prsidait l'administration de ,margaret-,chapel1 lorsque j'en tais charg4 ,notre principal objet tait d'lever le caractre moral et religieux de notre troupeau1 par le moyen d'un enseignement aussi catholique que le permettait une loyale interprtation des formulaires reus4 ,nous tions persuads que1 puisque l'glise d',angleterre tait historiquement et positivement une glise nationale1 il y avait place dans son sein pour toutes les phases de la religion protestante qu'on pourrait faire entrer dans ses formulaires1 videmment latitudinaires de l'aveu de tous2 et1 de plus1 qu'il s'y trouvait aussi de la place pour cette forme extrme d',anglicanisme1 ,protestante seulement jusque-l qu'elle n'est pas ,romaine4 ,je ne veux pas1 pour l'heure1 dfendre cette manire de voir2 mais quelque absurde et peu justifiable qu'elle puisse paratre aujourd'hui1 je crois 7et c'est la seule excuse que j'apporterai en sa faveur7 que c'tait l1 au fond1 une honnte mprise4 ,quant la partie liturgique de la question1 nous tions convaincus que1 comme les ,articles de l'glise d',angleterre donnaient une grande latitude1 en ce qui touche la vraie doctrine2 ainsi ses rubriques donnaient1 galement1 une latitude non moins grande en ce qui regarde les crmonies4 ,mais il est vident que cette interprtation de l'objet dont il s'agit1 quoique vraie en thse gnrale1 tait renverse1 dans les deux cas1 par ce ,protestantisme d'esprit qui anime toute l'glise et toute la nation d',angleterre3 ,protestantisme qui1 aprs tout1 et non pas la lettre des formulaires1 est le vrai signe distinctif du caractre de la religion nationale4 ,le gnie de l'glise ,catholique s'harmonise avec ses doctrines et ses pratiques de dvotion4 ,c'est l le vritable secret de notre force et de nos succs4 ,la doctrine et les observances catholiques sont en tout point opposes aux maximes et l'esprit du monde4 ,laisses elles-mmes1 sans union1 sans rapports visibles1 sans traditions1 et1 par-dessus tout1 sans secours surnaturels1 cette doctrine et ces observances n'auront jamais de chance de succs dans la lutte avec les puissances des tnbres4 ,la doctrine romaine sans autorit1 et les pratiques catholiques sans fondement1 ne peuvent avantageusement lutter contre les comits paroissiaux1 les ,parlements et les ,conseils privs4 ,il n'est pas ncessaire d'avoir l'il prophtique pour prvoir que l'histoire des vingt dernires annes de l'glise anglicane sera l'histoire des vingt annes venir1 seulement avec une rptition plus marque des mmes traits4 ,les sentiments catholiques se dvelopperont l'ombre de la tolrance1 et ils se rpandront grce la lutte4 ,les vques anglicans n'agiront pas jusqu' ce qu'ils y soient contraints2 mais ils trouveront la punition de leurs dlais dans la rsistance vigoureuse de l'uvre qu'ils auront renverser4 ,on doit les plaindre1 et non pas les blmer4 ,la tche qu'ils ont remplir aurait dfi les forces d'un ,athanase ou d'un ,ambroise4 ,pour des hommes tranquilles1 produits de temps de calme1 c'est dj une besogne assez dure que de dtruire seulement l'empire du mal2 et1 cependant1 les autorits de l'glise d',angleterre ont entrepris une uvre plus rude encore1--elles luttent avec l',esprit de ,dieu4 ,me proposant de vous donner une juste ide du clbre rcit du docteur ,newman1 autour duquel je veux grouper toutes les observations de ma ,confrence de ce jour1 il m'est ncessaire de vous parler encore quelques instants de la partie esthtique 7ou de fantaisie7 du ,mouvement4 ,il est certain que parmi les hommes d'un esprit raffin1 mais d'une ducation superficielle1 comme il s'en trouve nos deux grandes universits1 plusieurs voulaient embrasser le ct facile du ,catholicisme et repousser le ct pnible2 suivre cette religion comme sentiment1 et ne pas en tenir compte comme rgle4 ,toute une coterie de ces amateurs catholiques venait de paratre1 et1 soit dit en passant1 je ne nierai pas que beaucoup d'entre nous ne fussent1 plus ou moins1 en danger de tomber dans cette grande erreur4 ,les uns s'attachrent l'architecture2 d'autres aux crmonies1 selon la pente de leur got naturel1 selon les socits1 locales ou trangres1 avec lesquelles ils taient le plus en rapport4 ,la manie de l'architecture tait1 bien des gards1 plus leve1 plus honorable et plus populaire que l'autre2 et pour cette raison1 peut-tre1 elle n'tait pas moins dangereuse4 ,c'est une bonne fortune pour la cause de la vrit1 lorsque l'erreur se trahit elle-mme4 ,or1 tel fut prcisment le cas dans les excs qui se rapportaient aux crmonies religieuses4 ,des rvrends furent accuss1 avec assez de vraisemblance1 de brler de l'encens en guise de pastilles2 et les fleurs sur l'autel furent dfendues avec un zle qui aurait fait honneur un confesseur de la foi4 ,on racontait aussi que certains ministres avaient fait des gnuflexions devant des vques1 malgr les protestations de ceux-ci1 que d'autres s'taient inopinment prsents eux en surplis ou en chapes4 ,on disait 7et sans doute par plaisanterie1 mais des plaisanteries de ce genre tmoignent de ralits71 on disait que la doctrine de l'intercession des saints avait t fonde sur la prire de saint ,chrysostome qu'on trouve dans le service du matin4 ,ce qu'il y a de sr1 c'est que le louez le ,seigneur avait suggr l'introduction des neuf allluia chants en chur4 ,un second avantage1 c'est que1 relativement ces extravagances1 les ,catholiques ,anglais1 comme les trangers1 nous taient visiblement opposs4 ,mais le contraire de tout cela tait vrai en ce qui regarde l'engouement architectural4 ,le got des crmonies n'est nullement anglais4 ,tous les prjugs de la nation devaient donc s'lever contre cette nouveaut4 ,mais il n'en est pas de mme de l'alliance du ,catholicisme avec l'art4 ,nos magnifiques cathdrales1 dont l'origine catholique est un fait d'histoire1 tandis que leur destination protestante n'est qu'un simple fait de possession1 sont des liens naturels entre l'ancienne religion et l'esprit national1 et ce n'est pas videmment sans raison qu'on les regardait1 avec les ides qu'elles font natre1 comme une base commune sur laquelle ,protestants1 ,anglicans et ,catholiques pourraient signer leur union4 ,la grande socit ,camden1 ,cambridge1 comptait parmi ses membres des dignitaires de l'tablissement1 et mme un vque4 ,ces messieurs1 cependant1 ne se proposaient qu'une renaissance religieuse4 ,il y a plus3 les ,catholiques ,anglais1 qui restrent toujours en dehors des sympathies de l',anglo-,catholicisme1 furent regards avec faveur cause de leur intrt bien connu pour cette face du grand prodige ,tractarien4 ,tout cela1 naturellement1 et pendant un certain temps1 paraissait un avantage2 mais le docteur ,newman1 il n'y avait pas s'y tromper1 ne put jamais voir avec la moindre satisfaction ce rsultat particulier de son uvre1 qu'il avait1 au reste1 prdit clairement4 ,il vit1 ds le principe1 ce que le fait prouva bientt1 que la phase architecturale du ,mouvement tait aussi vide que celle du rituel2 et cela1 pour les raisons que nous venons de donner1 et pour d'autres peut-tre4 ,il avait toujours dit que ce serait un jour malheureux pour la cause de la vrit que celui o l'ide de la beaut extrieure de la ,religion prendrait le pas sur l'ide de sa svrit4 ,or1 cela fit que les hommes 7 la tte desquels se trouvait le docteur ,newman7 qui regardaient les crmonies de la religion comme une expression de la majest1 de la beaut et de l'ordre divins1 s'efforcrent1 la mme poque1 avec plus ou moins de succs1 de tmoigner par leurs actes publics de l'importance d'une ,religion srieuse4 ,on craignait que1 une fois dpouill du caractre particulirement moral de l'enseignement d',oxford1 l'intrt pour la grande uvre manqut d'un contre-poids salutaire4 ,ce qui protgea surtout ,oxford contre les notions mal comprises ou superficielles1 ce furent les sermons que le docteur ,newman donnait1 toutes les semaines1 du haut de la chaire de ,sainte-,marie4 ,ces admirables discours taient suivis par tous ceux qui prenaient intrt la grande controverse1 et ils fournissaient l'aliment spirituel aussi bien qu'intellectuel qui soutenait le religieux ,oxford dans l'intervalle4 ,les esprits les plus profonds1 alors mme qu'ils n'en gotaient pas encore entirement les doctrines1 y trouvaient1 au moins1 matire faire des recherches4 ,les plus simples et les moins instruits des tudiants eux-mmes n'y assistaient jamais sans en emporter quelque leon inapprciable de sagesse et de vrit pratiques4 ,non-seulement la doctrine1 mais le culte anglican aussi trouvait ,sainte-,marie une vie et une puissance nouvelles4 ,la majest calme et le pathtique touchant qu'on savait y rpandre lui donnaient presque le cachet de vraies crmonies4 ,je vois encore1 cette heure1 le maintien recueilli des assistants qui annonait des curs pntrs jusqu'au fond du sentiment de leur acte religieux2 j'entends encore1 avec ses chutes plaintives et ses pauses saisissantes1 le chant mlodieux qui devenait pour les paroles sacres un commentaire admirable1 et qui donnait au narr de l'criture l'intrt le plus haut et la ralit la plus vivante4 ,telles furent donc1 parmi les influences rassurantes1 celles qui prservrent ,oxford en grande partie d'une fausse direction4 ,mais revenons notre sujet4 ,les rsultats de cet engouement pour l'architecture et pour les crmonies avaient1 dans les deux cas1 le mme cachet d'excentricit1 lorsqu'ils manquaient de ces puissants correctifs moraux et religieux4 ,ce qui correspond proprement l'art du moyen ge1 non moins qu'aux crmonies 7comme tout le monde l'admettra71 c'est le culte catholique et pas un autre2 aussi les glises bties1 d'aprs les modles catholiques1 pour le service protestant1 sont de tous les charlatanismes le plus grotesque1 parce que c'est le plus pompeux4 ,cependant1 vers cette poque1 le grand ,mouvement d',oxford1 celui qui tait bas sur des principes vraiment solides1 et qui tait environn son centre des ralits les plus srieuses1 devait se voir accuser faussement de toutes ces applications extravagantes4 ,les folies des disciples zls1 mais indiscrets1 ne voulurent pas s'teindre avec les cierges1 ni s'vaporer avec l'encens3 elles aspirrent vivre sur le bronze sculaire et la pierre imprissable4 ,des autels sans sacrifice1 des jubs qui ne cachaient pas de mystres1 des niches de saints1 des bas-cts sans processions1 et des sanctuaires sans la trs-sainte ,prsence donnaient un corps ces brillantes illusions et les perptuaient4 ,des piscines ouvertes appelaient1 mais en vain1 les restes des lments1 casuel ordinaire du clerc4 ,on construisait des bnitiers qui devenaient le rceptacle de la poussire et des toiles d'araigne2 des anges sculpts se trouvaient logs dans des demeures surprises de les voir2 et des dmons face hideuse s'chappaient1 comme en fuyant1 des porches du temple1 tandis que1 pour une raison contraire1 ils auraient bien pu continuer y habiter en toute scurit4 ,nous devons toutefois ajouter1 en bonne justice1 que les essais de ,catholicisme se faisaient aussi dans une sphre plus haute4 ,a la mme poque1 plusieurs tablissements religieux poursuivaient leur marche avec succs1 au profit de chacun de leurs membres en particulier1 comme de la communaut en gnral2 et cela1 malgr tous les dsavantages effrayants du systme protestant4 ,parmi ces maisons se faisait remarquer1 au premier rang1 sous tous les rapports1 le collge fond par le docteur ,newman ,littlemoor#hg1 prs d',oxford4 ,si je ne me trompe1 feu le ,r4 ,p4 ,dominique1 autorit de poids en ces matires1 a dit1 cette poque1 dans le ,tablet#hh1 que cette institution lui rappelait les monastres catholiques de la plus rigoureuse observance4 ,il m'a t donn plusieurs fois de passer quelques jours dans cette aimable retraite avec le docteur ,newman1 et1 j'aime le proclamer1 celui qui se rappelle le sentiment de calme religieux que l'me y prouvait2 la bibliothque avec son vrai parfum d'ouvrages thologiques2 les lecteurs studieux qu'on voyait dans cette salle1 chacun assis une table spare avec son in-folio2 le silence de ce lieu1 rendu sensible par le mouvement monotone de la pendule place sur la chemine2 celui encore qui a toujours partag le repas frugal et silencieux de la communaut1 dans un rfectoire bien pauvre1 ou qui a assist aux ,heures dans la sombre petite chapelle1 remarquable par son grand rideau rouge1 son crucifix et son air de solitude impntrable2--celui-l1 dis-je1 qui a t tmoin de ce spectacle1 doit reconnatre forcment qu'il n'y avait pas l de charlatanisme4 ,disons-le1 c'tait l'asctisme du dsert qui conduit au ,christ4 ,et qu'un tablissement si remarquable tous les points de vue1 si magistral dans sa conception1 si habilement dirig1 si dpourvu1 selon toutes les apparences1 de tout ce qui pouvait faire natre le dsir d'un changement ou l'espoir d'une amlioration2 qu'un tel tablissement pt tomber tout coup1 sans pression extrieure et sans dcadence intrieure1 c'tait l peut-tre la preuve la plus vidente pour ses htes qu'ils n'avaient pas de cit permanente#hi hors de l'glise de ,dieu4 #hg ,c'est dans cette maison de retraite que le pre ,newman a fait son abjuration avec deux de ses disciples1 le #i octobre #ahdh4 #hh ,journal anglais catholique4 #hi ,hb4 ,,xiii1 #ad4 ,cependant l'tat florissant et la rgularit habituelle des tablissements de ce genre ne devaient tre ni une garantie ni une sauvegarde contre les accidents qui1 comme le canon d'alarme1 servaient rveiller les plus calmes de leur sommeil1 et indiquer que quelque chose de dsastreux ou de triste se passait dans le lointain4 ,chaque maison religieuse a besoin d'une certaine classe de personnes1 qu'il tait singulirement difficile de gouverner dans l'tat de choses que je dcris1 je veux parler des frres lais4 ,on ne pouvait attendre de ces braves garons qu'ils se tirassent d'affaire avec le mme bonheur que leurs suprieurs en ge et en mrite2 et parfois ils devaient rabaisser le caractre de l'institution la plus florissante1 mettre sa stabilit en pril par un simple acte de gaucherie1 rsultat naturel de leur fausse position4 ,l'histoire suivante1 qui se rapporte ce sujet1 est un fait littralement vrai4 ,dans un certain tablissement qui affectait la vie religieuse1 c'tait la coutume des suprieurs d'admettre leur table les jeunes gens qui les servaient comme des espces de frres lais2 et1 je vous l'assure1 ce n'tait pas sans un acte de mortification de part et d'autre4 ,un jour frre ,isaac 7c'est le nom que nous donnerons notre hros7 chercha trs-naturellement chapper la cage dans laquelle on le retenait1 avec les plus pures intentions sans doute1 mais avec une prudence contestable2 il voulut se marier avec une personne qui demeurait de l'autre ct de la rue4 ,l'objet de ses affections se trouvant appartenir un rang de la socit un peu plus lev que le sien1 il devint ncessaire pour lui de rassembler et de montrer1 son plus grand avantage1 toutes les preuves qui pouvaient tablir qu'il tait un gentleman4 ,or1 parmi les nombreuses recommandations qu'il produisit en sa faveur se trouvait celle-ci1 que dans la famille au sein de laquelle il avait le bonheur de rsider1 ce jeune homme vivait dans les rapports les plus intimes avec les personnes de la maison1 et qu'il avait l'habitude d'tre un de leurs convives au dner4 ,il y avait encore une autre forme d'illusion innocente1 dont quelques esprits taient proccups1 et qui dpassait toutes les autres dans son absurdit presque incroyable4 ,il vous faut donc savoir1 mes amis1 que l'ide de conversion l'glise ,catholique1 que plusieurs personnes encourageaient cette poque1 tait1 non pas celle d'une soumission partielle son autorit1 mais bien celle d'une union entre l'glise ,catholique et l'tablissement1 ce qu'on appelait alors1 les glises d',angleterre et de ,rome4 ,ce plan1 s'il et t excutable1 avait sans doute plusieurs avantages sur celui des conversions spares3 il faisait moins de violence tous les sentiments nationaux1 sociaux1 domestiques1 ou personnels2 il nous promettait la conversion en masse de l',angleterre1 au lieu de sa conversion en dtail4 ,vous me direz1 peut-tre1 que parmi d'autres avantages1 ce plan nous aurait permis1 nous ecclsiastiques1 de garder nos bnfices4 ,je crois toutefois que ce point particulier en sa faveur n'et rien ajout auprs d'aucun de nous ce qu'il offrait par lui-mme d'attrayant4 ,je vous prsente ce projet sous son ct le plus beau1 parce que je suis oblig de vous avouer qu'il avait conquis un corps respectable de partisans4 ,au reste1 si vous tiez trop disposs le critiquer1 il faut que vous sachiez une chose qui rectifiera vos ides cet gard1 et qui vous empchera de lancer toute la borde de votre vertueuse indignation contre les pauvres ,pusistes4 ,le fait donc est que ce grand et intressant dessein trouva une certaine faveur auprs d'excellents catholiques4 ,il en eut un1 cependant1 qui1 malgr sa profonde sollicitude pour ramener au bercail les chercheurs d',oxford1 ne voulut jamais l'encourager1 ne ft-ce que pour une heure2 je veux parler du docteur ,wiseman1 qui dsapprouva1 ds le principe1 toute ide d'unit catholique base sur un pacte entre l'glise et l'tablissement4 ,c'tait toutefois une manire de voir qui1 en tant qu'elle n'impliquait pas le sacrifice d'une doctrine ou d'un principe fondamental1 pouvait tre embrasse par tout catholique1 et que quelques catholiques minents1 en effet1 taient disposs1 pour un certain temps1 regarder avec faveur1 ou1 au moins1 avec indulgence4 ,aussi1 lorsque1 d'aprs la tournure que ce projet prit dans la pratique1 je l'appelle absurde1 je dsire que l'on comprenne que je ne fais pas allusion l'ide elle-mme1 mais quelques-unes des consquences que renfermait le plan lui-mme4 ,or1 d'une manire ou d'une autre1 il nous arriva de ne pas songer1 chose merveilleuse6 que1 pour le succs de tout projet d'union1 le consentement des deux parties est ncessaire4 ,comme l',irlandais dans ses plans de mariage1 nous avions notre propre consentement dans l'affaire3 mais nous oubliions qu'il y en avait un autre demander4 ,tout tait pour le mieux444 d'un seul ct4 ,non-seulement les termes d'union taient rdigs1 mais ils taient dj accepts 7en imagination72 et l'on se reprsentait l',angleterre1 en idal1 comme une dpendance volontaire et florissante de l'glise6 ,nous n'avions pas lever des cathdrales1 car elles taient sous la main1 et elles comptaient au rang des plus riches et des plus belles2 sous leurs votes1 le culte catholique devait se trouver dans son lieu naturel4 ,les abbayes en ruine pourraient tre facilement restaures et devenir l'instrument de la charit envers les pauvres2 elles seraient 7comme on l'a dit spirituellement7 des workhouses d'union d'une nouvelle espce4 ,la rforme du personnel de l'tablissement prsentait une difficult plus grande1 mais non insurmontable1 pourtant4 ,les chapitres aussi reprendraient naturellement leur forme normale de socits ou de collges religieux2 et personne ne pouvait positivement prdire quel ne serait pas l'effet moral d'une mitre1 d'une crosse et d'une chape1 mme sur l'archevque de ,cantorbry4 ,la grande difficult1 toutefois1 tait bien moins avec les dignitaires qu'avec leurs femmes4 ,mais si les bons sentiments de ces dames ne les amenaient pas dsirer une sparation de biens1 l'obstacle pourrait tre lev1 en suspendant pour un temps la loi du clibat ecclsiastique4 ,tout cela1 il faut l'avouer1 tait un chteau en ,espagne bti sur une chelle gigantesque2 et je sens1 tout en vous faisant cette description1 combien il est impossible pour moi de vous persuader que je ne plaisante point4 ,mais je vous l'assure1 sans la moindre quivoque1 une bonne partie de ce que je viens de vous dire a t propos srieusement2 et ce qui1 dans mon discours1 a t naturellement ridiculis charge fort peu le tableau de l'glise ,utopique1 que plus d'un fut tent de raliser dans l'ardeur de son jeune zle4 ,maintenant1 mes amis1 je vous ai mis en tat1 je l'espre1 de goter mon premier extrait de ,perte et ,gain1 livre qui1 sans une certaine connaissance des temps auxquels il se rapporte1 doit tre absolument incomprhensible4 ,je n'ai pas besoin de vous dire que ,perte et ,gain1 quoique encore sans nom d'auteur#ij1 a t publiquement reconnu1 comme tant son uvre1 par le docteur ,newman1 qui a ainsi justifi le jugement qui fit prononcer1 tout de suite1 ceux qui connaissaient personnellement l'crivain1 que ce livre1 d'aprs ses caractres intrinsques1 devait sortir de sa plume4 ,car dans cette peinture magistrale des personnages1 dans ces esquisses si vraies de la nature humaine1 dans cette plaisanterie lgante et enjoue1 dans cette puret si bien sentie de pense et d'expression1 dans cette modestie de l'auteur passer sous silence la part qu'il a prise aux vnements qu'il raconte1 dans ce savoir et cette puissance d'argumentation2 de plus1 ajouterai-je1 dans cette bont exubrante du cur et dans cette charit de jugement qui distinguent cet ouvrage1 ils ne tardrent pas reconnatre l'esprit qui nagure avait brill d'un si vif clat du haut de la chaire de ,sainte-,marie1 et la voix qui1 dans le rfectoire d',oriel1 ravisait ses auditeurs1 tenant1 par mille charmes1 dans une captivit volontaire de confiance et d'amiti1 tout ce qu',oxford renfermait d'hommes d'lite4 #ij ,perte et ,gain1 en effet1 est sans nom d'auteur dans les trois ditions anglaises2 mais le ,r4 ,p4 ,newman a eu l'extrme bont de nous permettre de placer son nom en tte de notre traduction4 ,je vous exposais1 il n'y a qu'un instant1 mes amis1 les rsultats produits par le ,mouvement d',oxford sur quelques-uns de ses disciples les moins sagaces et les moins prudents2 je vous prie de vous rappeler ce que je vous ai dit l-dessus et de me permettre1 en mme temps1 de vous faire assister la conversation suivante1 qui a lieu entre deux jeunes gens et deux demoiselles1 qui s'taient laiss prendre ce qu'on appelle communment le ,pusisme1 par le ct le plus strile et le moins estimable4 ,et ici1 laissez-moi vous dire1 une fois pour toutes1 que j'emploie ce mot ,pusisme1 simplement pour ma commodit1 et non parce que je l'aime4 ,car1 d'abord1 il est irrespectueux l'gard d'un excellent homme1 qui n'a jamais dsir ni mrit d'tre regard comme le fondateur de l'cole de religion que ce mot dsigne2 et1 en second lieu1 il proclame une injustice vis--vis d'une grande et sainte uvre1 accomplie en dehors de l'glise1 en la reprsentant1 ce qu'elle ne fut jamais de la part de la gnralit de ses chefs1 comme une simple entreprise calcule d'avance et faite avec un esprit de sectaire4 ,la scne se passe ,oxford1 un jour de fte1 entre #aj et #aa heures du matin4 ,les deux jeunes gens1 ,white et ,willis1 ont djeun chez un de leurs amis1 et1 trouvant sur leur chemin une glise ouverte1 ils y entrent4 --,ici ,m4 le chanoine ,oakeley cite le passage qui commence par ces mots3 ,une vieille femme nettoyait les bancs444 ,jusqu' ceux-ci3 carmlites de la rforme de sainte ,thrse4 ,v4 p4 #ef4--,puis il continue3 ,l'auteur nous a dit que ces demoiselles ne se connaissaient pas elles-mmes2 et peut-tre quelques-uns d'entre vous suspectent dj que l'intrt de ces jeunes personnes1 sans qu'elles s'en doutassent1 ne se rapportait pas un objet purement ecclsiastique4 ,supposant que tel soit le cas1 ce que je me garderai bien d'affirmer1 on tait alors1 videmment1 arriv un point o cet intrt devait prendre un caractre d'inquitude et mme de tristesse4 ,et c'est l sans doute la raison qui fait dire notre auteur que1 tandis que la conversation s'tait jusque l tenue sur la limite de la plaisanterie et du srieux1 elle prit en ce moment un ton plus rflchi et plus doux4 --,m4 le chanoine ,oakeley continue la citation ci-dessus et la poursuit jusqu' ces mots3 tant de choses tranges1 extravagantes arrivent mes oreilles6--,il ajoute ensuite3 ,on doit reconnatre qu'au moins dans cet exemple1 les deux demoiselles avaient quelque chose dire en leur faveur4 ,mais un des plus malheureux effets du ,mouvement1 lorsqu'il tait mal compris des personnes ignorantes1 c'tait de soulever la jeunesse contre les pres et les mres1 ainsi que contre les pasteurs et les matres spirituels4 ,aussi le but de notre auteur1 dans ce brillant passage1 est sans doute de nous montrer que le bien ne saurait venir que des personnes qui cherchent la lumire au milieu de leurs perplexits d'esprit1 tout en accomplissant leur devoir1 avec humilit et patience1 dans l'tat de vie o il a plu ,dieu de les placer4 ,ne soyons donc pas surpris que ni ,white ni miss ,bolton ne deviennent pas catholiques dans la suite de l'histoire4 ,au contraire1 nous les voyons reparatre1 au chapitre #b de la ,i,i,ie partie1 comme mari et femme1 dans une position opulente et avec des vues modifies4 ,willis1 le moins loquace des deux amis1 se fait catholique d'une manire abrupte et peu satisfaisante1 mais il finit par devenir ,passionniste4 ,quant miss ,charlotte1 la plus jeune des surs1 elle quitte la scne1 sans mme qu'on fasse allusion son avenir4 ,notre auteur n'est rien moins que svre1 relativement son ancienne communion4 ,dans les personnes de ,campbell et de ,carlton1 il montre les principes de l'glise d',angleterre sous leur jour le plus favorable4 ,dans une sphre moins leve1 ,m4 et madame ,reding 7leur fille ,marie appartient une classe plus haute71 et mme notre amie madame ,bolton nous reproduisent avec honneur les effets de leur ducation4 ,tous ces personnages dploient plus ou moins les vertus calmes de famille1 unies un sentiment trs-rel et trs-pratique de la religion1 ces vertus qui sont un rsultat assez ordinaire de l'enseignement de l'glise ,anglicane4 ,mais le caractre minent du rcit est celui de son hros1 de ,charles ,reding4 ,franc1 pur d'intention et plein de confiance1 ce jeune homme passe du sein d'une famille chrie et de la solitude de sa paisible demeure1 dans le tourbillon d',oxford1 l'poque o le grand ,mouvement ,religieux est son apoge4 ,il entre l',universit avec un esprit candide1 pensant bien de toute autorit constitue et prt recevoir l'instruction de toute main4 ,bientt il trouve qu'au lieu de cette vrit unique qu'il est dispos recevoir1 il a choisir entre une foule d'opinions1 toutes soutenues avec une gale assurance1 sans qu'aucune puisse produire une sanction de quelque valeur4 ,il trouve que les oracles de l',universit1 lorsqu'on les interroge sur les points principaux de leur enseignement1 ne peuvent donner que des rponses douteuses et renvoyer l'tudiant investigateur au jugement priv1 dont celui-ci cherche prcisment secouer le fardeau4 ,c'est ainsi que du rle de disciple1 qui est naturel son ge et son caractre1 ,charles ,reding est investi brusquement de celui de juge1 malgr ses rpugnances et son inhabilet4 ,cependant1 quoique trs-circonspect dans ses dmarches et trs-consciencieux dans sa conduite1 il se trouve tout coup l'objet d'un espionnage et la victime d'un soupon4 ,ses plus innocentes remarques sont recueillies son prjudice1 et les explications qu'il en donne ne servent qu' le jeter davantage dans le discrdit4 ,sans qu'il le sache1 on lui fait la rputation d'un homme de parti2 ses esprances sont brises et son arrt scell4 ,tourment1 mal compris1 et jet hors de la synagogue1 il se trouve1 sans effort et presque sans l'avoir voulu1 un enfant de la sainte glise1 tel qu'un pauvre orphelin qui1 longtemps le jouet des trangers1 se rveillerait tout coup dans les bras d'une nouvelle mre4 ,le docteur ,newman nous dit1 et avec vrit1 que son rcit ne repose pas sur un fait4 ,charles ,reding est un caractre qui1 tout autant que je puis me le rappeler1 n'a pas eu son modle vivant au temps auquel il se rapporte2 mais1 bien certainement1 il reprsente une classe vritable de caractres1 et son histoire1 quoique une fiction1 tmoigne d'une vrit4 ,il y a eu1 notre poque1 des conversions qui ont fait voir le bien sortant du mal d'une manire plus clatante que celles qui taient le rsultat naturel de dispositions meilleures4 ,il y a eu des cas dans lesquels 7si nous considrons la loi ordinaire de la conduite de ,dieu71 on ne trouve d'autres prliminaires naturels ni d'autres prdispositions une si grande faveur1 qu'une intention droite4 ,il y en a eu d'autres1 peut-tre1 qui1 selon toute apparence1 avaient peine cette sauvegarde contre une illusion possible4 ,eh bien1 ,dieu a tout ordonn selon sa misricordieuse ,providence2 fortifiant ce qui tait bon1 corrigeant ou purifiant ce qui tait mauvais ou erron2 abandonnant1 hlas6 dans un petit nombre de cas1 le pch d'un esprit orgueilleux son chtiment naturel1 et punissant un changement trop prcipit par une apostasie malheureuse4 ,le prophte ,ose semble parler de ces exemples funestes1 lorsqu'il dit3 ,ils ont sem du vent et ils moissonneront des temptes2 il n'y demeurera pas un pi debout2 son grain ne rendra point de farine1 et s'il en rend1 les trangers la mangeront#ia4 #ia ,ose1 ,,viii1 #g4 ,mais il y avait aussi des cas diffrents de ceux dont ,charles ,reding est un exemple4 ,il y avait des hommes de dispositions simples1 innocentes1 vritables lments caractristiques du ,catholicisme4 ,ces hommes n'avaient ni dsir1 ni aspiration au del de la sphre o la ,providence les avait placs1 jusqu' ce que le terrain sur lequel ils paraissaient se tenir debout vnt leur manquer1 et qu'ils fussent pousss en avant par le simple instinct de leur propre conservation4 ,ils aimaient leurs verts cottages et leur belle terre natale4 ,les pays trangers avec leur esprit remuant et leur culte trange n'avaient pas d'attraits pour eux4 ,l o ils avaient toujours t1 c'est l qu'ils dsiraient rester toujours4 ,a leurs yeux1 les joies de l'enfance taient celles de l'ge mr4 ,mais ce n'est que dans l'glise ,catholique que la ralit de la vie rpond aux rves du jeune ge2 seule1 l'glise peut remplir d'un bonheur plus grand encore ces vides que le temps fait ncessairement dans le sanctuaire de nos premires joies4 ,avez-vous jamais lu les vers si beaux et si touchants de ,cooper sur la rception du portrait de sa mre8 ,qui ne comprend la consolation qu'un homme aussi sensible et trouv dans la contemplation de la sainte ,vierge6 ,eh bien1 il y avait des mes tendres1 affectueuses et souples1 qui aspiraient aprs quelque chose de meilleur et de plus durable que ce monde ou que les esprances d'ici-bas4 ,or1 comment le ,protestantisme1 mme dans sa forme la meilleure1 satisfit-il jamais ce besoin8 ,par des vues terrestres1 moins belles1 mais non moins fugitives que celles qui s'taient vanouies1 ou par des rves plus beaux sans doute1 mais tout aussi vaporeux4 ,mais1 nous dit le docteur ,newman1 lorsqu'un homme444 7citation jusqu' ces paroles3 comme un disciple son matre4 ,v4 pag4 #afi47--;,aprs quoi ,m4 le chanoine ,oakeley ajoute3 ,la premire des citations suivantes vous montrera ,charles au sein de sa famille2 la seconde1 au milieu de ses perplexits d',oxford2 la troisime1 dans son tat de transition2 la dernire1 enfin1 dans son tat de quitude4 --,ici1 premier extrait partir de ces mots3 ,charles tait un fils affectueux444 jusqu' ceux-ci3 j'aurai de l'nergie au jour venu4 ,v4 pag4 #he4--,m4 le chanoine ,oakeley ajoute3 ,le vague soupon exprim ici par ,charles1 que l'espce de bonheur qui l'environne ne rponde pas compltement aux besoins de son tre immortel1 est admirablement dvelopp dans la suite de l'histoire4 ,la visite de ,m4 ,malcolm1 un ami de la famille1 sert donner ce sentiment de crainte une forme un peu dfinie2 et ce sentiment se dessine encore mieux dans quelques conversations touchantes de ,charles avec sa sur ,marie4 ,bientt aprs1 le pre de ,charles meurt1 et alors viennent tous les tristes accessoires d'un deuil de famille4 ,ainsi sont briss pour ,charles les liens qui l'attachent sa maison terrestre4 ,diffrents vnements qui lui arrivent ,oxford agissent dans le mme sens4 ,le principal de ces vnements1 c'est le soupon d'excentricit religieuse auquel il se trouve expos1 et qui bientt se termine par un fait dcisif1 comme l'auteur va nous le raconter4 --,extrait1 depuis ces mots3 ,nous devons dire au lecteur444 jusqu' ceux-ci3 bannissement tait supportable4 ,v4 p4 #ahi4--,m4 le chanoine ,oakeley ajoute3 ,je ne vous raconterai pas1 mes chers auditeurs1 les dmarches1 qui1 au reste1 ne sont ni nombreuses ni difficiles1 par lesquelles ,charles est amen jusque sur le seuil de l'glise ,catholique4 ,maintenant1 il n'a plus qu'une preuve surmonter2 mais aussi c'est la plus terrible1 quoique ce ne soit pas la dernire4 --,extrait1 depuis ces mots3 ,charles descendit444 jusqu' ceux-ci3 vers ,collumpton4 ,v4 p4 #bgc4--,m4 le chanoine ,oakeley continue3 ,charles avait encore un bien rude temps affronter avant de se trouver sain et sauf dans le port4 ,cependant1 comme je ne me propose pas de vous donner une analyse de ,perte et ,gain1 ni mme une critique de cet ouvrage2 mais comme mon unique but en vous le citant1 c'est d'clairer le sujet que je traite1 je m'en vais au plus tt dbarrasser notre jeune tudiant de toutes ses misres4 --,citation du dernier chap4 de la ,i,i,ie partie4 ,m4 le chanoine ,oakeley termine sa confrence par ces rflexions3 ,ces deux amis sont arrivs l'glise catholique par des voies et des heures diffrentes4 ,willis s'y est runi ds le dbut de sa carrire4 ,sa dmarche ne porte pas le cachet d'une dlibration bien mrie2 on la dirait le fruit de la volont propre4 ,charles1 qui est du mme ge que le jeune converti1 et qui se trouve dans les mmes circonstances et dans les mmes occasions1 use de sa pleine libert tout le temps de sa prparation4 ,il passe au crible de sa raison tout argument qu'il rencontre1 et puise toutes les alternatives4 ,puis il se jette dans le sein de l'glise1 non-seulement sans un acte de choix1 mais peine avec un effort de volont1 tel qu'une grappe mre qui tomberait d'elle-mme dans les mains de celui qui la cueille4 ,la premire pense de ,charles1 comme nous venons de le voir1 c'est qu'il a tard trop longtemps2 la crainte de ,willis1 aprs de srieuses rflexions1 c'est que1 peut-tre1 il a agi avec trop de prcipitation4 ,il est certain qu'on peut arriver faire une bonne action par une fausse voie2 et des juges diffrents1 tout en se rjouissant avec ,charles et ,willis de leurs conversions1 jugeront d'une manire diffrente la marche respective par laquelle ces jeunes gens sont arrivs1 chacun sa faon1 au ,catholicisme4 ,certaines personnes disent parfois que la seule faute que commettent les convertis1 c'est de ne pas se convertir plus tt2 d'autres1 au contraire1 aprs avoir tudi des conversions particulires1 les croient trop prcipites et videmment trop peu mries4 ,les paroles que notre auteur met dans la bouche de ,willis peuvent tre prises1 il me semble1 comme exprimant sa pense sur cette question3 ,tout est bien1 dit-il1 except ce que le pch rend mauvais4 ,une conversion l'glise est l'acte le plus grand de la faveur divine sur la terre1 part le don de la persvrance2 et ,dieu accorde cette grce qui il veut1 de la manire qu'il lui plat1 au temps qui lui convient4 ,les uns1 il les appelle la premire heure1 d'autres la onzime4 ,il peut arriver que celui qui s'est converti de bonne heure ait t tmraire1 et que celui qui s'est converti tard ait temporis avec la grce2 et s'il en est ainsi1 il y a un pch 7plus ou moins grand7 dans la conduite1 quoique le rsultat tmoigne de la bndiction divine4 ,mais dans aucun des deux cas1 la faute n'a t assez considrable pour provoquer le retrait de cette grce divine2 grce1 permettez-moi de vous le rappeler1 qui apporte avec elle1 parmi d'autres privilges1 celui d'obtenir le pardon de tout pch commis dans la voie mme que ,dieu avait marque4 ,soyons donc toujours plus disposs1 en jugeant les conversions individuelles1 applaudir au bienfait reu qu' critiquer les fautes que l'on peut avoir commises au moment o ,dieu accordait ce bienfait4 ,les mmes considrations qui nous portent juger charitablement des conversions individuelles nous font galement apprcier avec indulgence le grand ,mouvement ,religieux lui-mme4 ,pour tout catholique qui en ignore l'origine1 qui ne sait pas le caractre et les intentions de ses chefs1 ce ,mouvement doit avoir prsent sans doute un spectacle inexplicable et peu satisfaisant4 ,il doit tre trs-difficile de comprendre pourquoi des hommes qui s'avanaient si loin n'allaient pas plus loin encore4 ,et de l il est arriv que les mmes personnes auxquelles les ,protestants reprochaient d'tre infidles leur glise1 taient accuses1 au contraire1 par les ,catholiques de lui tre trop servilement attaches4 ,cette anomalie1 toutefois1 tait parfaitement intelligible pour ceux qui taient plus rapprochs du thtre de l'action4 ,ils comprenaient que le dsir de rendre justice l'glise ,catholique s'accordait trs-bien1 jusqu' un certain point1 avec l'attachement le plus respectueux la communion qui prim facie avait droit la soumission de ses membres comme tant celle qui les avait vus natre1 qui les avait levs et qui avait t pour eux1 videmment1 le canal de bien des grces4 ,les chefs et les disciples du ,mouvement d',oxford 7ou du moins ceux qui je fais directement allusion7 dsiraient seulement connatre la volont de ,dieu envers eux2 et ils tchaient de la connatre par la seule voie lgitime1 celle du devoir4 ,le grand problme1 dont ils acceptaient par anticipation les consquences1 fut rsolu non par eux1 mais pour eux2 et lorsque la voix de ,dieu parla leurs curs de manire ne pas s'y mprendre1 ils se levrent et ils obirent4 ,qu'ils lui aient obi lorsqu'ils l'ont fait1 c'est une preuve qu'ils taient prts obir ds le commencement4 ,les conversions1 donc1 viennent nous donner le vritable commentaire et l'interprtation du ,mouvement4 ,c'est leurs fruits que vous les connatrez4 ,oui1 ce n'a pu tre que l'uvre de ,dieu qui a donn son glise des centaines d'enfants fidles et dvous comme rsultat direct de ce ,mouvement1 et des milliers comme son rsultat indirect4 ,et cependant il est probable que nous ne cueillerons de nos jours que les premiers fruits de cette grande moisson4 ,je le rpte1 les conversions1 si nombreuses et si multiformes1 si indpendantes dans leur origine et si semblables dans leur rsultat2 les conversions impliquant l'assujettissement de tant de puissantes intelligences1 la soumission de tant de volonts opinitres1 le sacrifice de tant de rapports aims1 l'immolation de tant d'attachements terrestres3 voil1 mes amis1 ce qui explique la crise religieuse d'o elles sont sorties2 comme1 aussi1 elles sont expliques1 leur tour1 par cette crise elle-mme4 ,l'importance du ,mouvement nous est une garantie que nous pouvons compter sur ces conversions2 le nombre et la valeur des conversions nous sont des preuves manifestes de la profonde ralit du ,mouvement4 ,,notes4 ,a ,les ,universits et les collges d',angleterre sont des institutions tout fait distinctes4 ,ncessit donc de se dpouiller tout d'abord de l'ide que rveille naturellement chez nous l',universit telle que nous l'avons en ,france4 ,l'origine des ,universits anglaises est de date fort recule4 ,elles furent dans le principe institues pour l'enseignement de tous1 sans distinction de classes4 ,l'origine des collges est bien diffrente4 ,ces tablissements sont dus des fondateurs qui les ont dots de proprits foncires1 dont la possession et la transmission se font en vertu de chartres de corporation1 donnes ces tablissements4 ,mais les fondateurs les ont institus avec une destination dtermine1 ou abandonne au choix de celui qui tait appel les diriger4 ,dans ces collges1 les tudiants se prparaient recevoir plus tard le haut enseignement des ,universits4 ,mais on vit ces derniers tablissements tre peu prs abandonns1 et les collges recevoir presque exclusivement le soin d'instruire la jeunesse4 ,sous ,henri ,,viii1 il fut dcid que pour tre admis dans les ,universits1 il fallait avoir d'abord t reu dans l'un des collges tablis prs d'elles4 ,or1 les collges tant des institutions prives1 o une certaine classe1 un certain nombre de personnes pouvaient seules tre admises1 les ,universits elles-mmes1 d'institutions publiques1 devinrent des institutions privilgies4 ,on vit plus tard1 sous la reine ,elisabeth1 le grand snchal de l',universit d',oxford dcrter qu'il faudrait1 pour tre admis dans les collges1 jurer les trente-neuf ,articles qui constituent les dogmes du culte anglican4 ,le bienfait de l'instruction tait dj devenu le privilge des nobles et des riches2 il devint alors celui d'une secte1 et cet tat de choses s'est continu jusqu' nos jours4 ,les ,universits ont conserv leurs professeurs titulaires qui jouissent d'normes revenus2 mais ces messieurs1 laissant aux collges le soin de faire le cours1 possdent peu prs des sincures4 ,ce sont aujourd'hui les collges qui enseignent2 les ,universits constatent seulement la science1 en faisant subir les examens et confrant les diffrents grades4 ,ces tablissements sont tout fait indpendants du gouvernement1 qui n'exerce pas mme sur eux un droit de surveillance4 ,l',universit de ,londres1 fonde il y a peu d'annes1 est tablie sur des bases plus librales4 ,elle diffre de celles d',oxford et de ,cambridge1 en ce qu'elle n'est pas exclusivement anglicane3 elle est ouverte toutes les croyances4 ,l',universit fonde ,dublin par ,elisabeth1 quoique base sur les principes protestants des ,universits d',oxford et de ,cambridge1 est cependant moins intolrante que celles-ci1 car elle admet les tudiants catholiques aussi bien que les dissidents venir recevoir l'instruction chez elle4 ,mais on s'imagine aisment avec quelle rpugnance des parents catholiques1 en ,irlande surtout1 se dcident confier l'ducation de leurs enfants des matres anglicans4 ,les ,catholiques peuvent non-seulement y recevoir l'instruction1 mais ils sont autoriss habiter l',universit1 et y prendre des grades4 ,toutefois1 ils ne peuvent devenir ni fellows ni scholars4 ,a ,cambridge1 les ,catholiques peuvent habiter les collges et suivre les cours1 mais on ne leur donne pas de grades4 ,a ,oxford1 l'intolrance est absolue3 les ,catholiques ne peuvent ni y tre instruits1 ni y habiter4 ,voil les trois systmes aujourd'hui en vigueur dans les ,universits anglaises4 ,il serait difficile de donner une explication satisfaisante et raisonnable de ces diffrences4 ,on ne comprend pas que la prsence des ,catholiques ,romains puisse tre dangereuse ,oxford1 tandis qu'elle ne l'est pas ,cambridge2 et comment on leur donne plus de libert ,dublin qu'en ,angleterre1 lorsque1 vu leur nombre et leur influence en ,irlande1 on devrait se mfier d'eux bien davantage qu' ,cambridge ou ,oxford4 ,du ,mouvement ,religieux en ,angleterre1 par ,j4 ,,gondon4 ,n4 ,b4 ,depuis que ,m4 ,jules ,gondon a crit ces lignes1 deux grands faits se sont accomplis3 ils mritent d'tre indiqus4 #a ,aprs bien des efforts1 dignes de succs1 l',irlande a enfin son ,universit ,catholique1 ,dublin mme4 ,l'inauguration de cet tablissement a eu lieu au mois de novembre de l'anne #ahed4 ,c'est grce l'nergie des vques du pays et la gnrosit des braves ,irlandais que cette magnifique institution a pu tre fonde4 ,jusqu' prsent1 toutefois1 l',universit n'est pas complte1 puisqu'elle n'a que trois pdagogies2 mais encore un peu de temps1 et elle embrassera toutes les branches des sciences humaines4 ,dans la cration d'une ,universit catholique en ,irlande1 nous ne pouvons nous empcher de reconnatre la main divine2 mais o le fait providentiel nous frappe surtout1 c'est dans le choix de la personne qui a t confie une uvre si colossale4 ,qui1 en effet1 mieux que le rvrend pre ,newman1 pouvait connatre les besoins si tendus d'une institution semblable8 qui1 mieux que lui1 pouvait donner la vie cet immense corps aprs l'avoir cr8 ,quel autre et possd1 au mme degr1 cet ascendant du gnie et de la vertu qui inspire la confiance1 attire le talent1 fconde les uvres1 leur assure le succs1 la gloire1 une stabilit pour des sicles8 ,que d'vnements1 enfin1 n'ont pas d s'accomplir1 pour que le savant et pieux ex-fellow d',oriel devnt le premier ,recteur d'une ,universit ,catholique en ,irlande8 ,a l'poque de la conversion de son illustre ami1 le docteur ,pusey crivit ces lignes dans une lettre devenue clbre3 ,et y avait l 7dans le docteur ,newman7 un homme destin tre un grand instrument de ,dieu1 propre par toutes ses qualits raliser de grandes choses444 ,il nous a quitts sans se douter de sa valeur4 ,il me semble qu'il a t transplant dans une autre partie du vignoble o toute l'nergie de son puissant esprit pourra tre employe1 tandis qu'elle ne l'tait pas chez nous4 ,c'est maintenant surtout que ces belles paroles se ralisent4--,qu'on nous permette de le dire1 en passant3 aprs tout ce qui a eu lieu depuis dix ans en ,angleterre1 la conduite du docteur ,pusey reste une nigme mystrieuse2 ses anciens amis eux-mmes ne savent comment expliquer la position que garde le savant professeur4 ,puisse-t-il1 enfin1 voir la lumire6 ,quel est l'avenir rserv l',universit ,catholique de ,dublin8 ,le rvrend pre ,newman va lui-mme rpondre3 ,je vous flicite1 messieurs1 de la noble entreprise que vous avez si heureusement commence4 ,pour moi1 qui ne l'ai connue qu'aprs son autorisation par le ,saint-,sige1 je n'ai jamais1 un seul instant1 dout de son succs1 parce qu'elle nous vient de ,rome4 ,je ne vivrai peut-tre pas assez pour tre tmoin de ses rsultats2 mais cet avenir n'altre en rien ma confiance2 car je sais que dans une uvre aussi importante que la vtre1 l'excution est laborieuse1 et que plus les bienfaits sont grands1 plus grandes sont les difficults4 7,discours d'inauguration1 #ad nov4 #ahed74 ,les esprances du ,r4 ,p4 ,newman paraissent devoir se raliser plus vite qu'on ne l'avait pens4 ,la premire anne scolaire1 qui vient de finir1 a eu un succs qu'on n'osait pas attendre2 outre les ,irlandais1 l',universit ,catholique a vu dans son sein des ,anglais1 des cossais et des ,franais4 ,toutes les classes de la socit y ont t reprsentes1 depuis la pairie jusqu'aux humbles scholars4 ,nous faisons les vux les plus ardents pour que cette grande uvre atteigne le but que se sont propos les bons vques d',irlande en la crant4 ,nous lui souhaitons les succs de la nouvelle ,universit de ,louvain1 qui continue avec tant d'clat la gloire de sa devancire4--,quand le clerg1 en ,france1 aura-t-il son ,universit catholique8 #b ,le ,parlement a aboli1 cette anne 7#ahef71 les serments qui fermaient aux ,catholiques les portes de l',universit d',oxford4 ,a la premire vue1 cet acte semble consacrer une grande libert de plus2 mais1 qu'on ne s'y trompe pas1 dans le fait1 l'accs de l',alma ,mater sera interdit comme auparavant tout vrai ,catholique4 ,car l'acte du ,parlement ne changera rien l'enseignement1 aux pratiques et aux usages traditionnels des collges acadmiques3 l'atmosphre restera la mme1 elle sera anglicane4 ,on peut juger de ce qui aura lieu ,oxford par ce qui se passe ,cambridge4 ,ici1 en effet1 tous les jeunes ,catholiques qui dsirent suivre les cours de l',universit sont absolument soumis aux mmes rglements que les ,protestants3 ils doivent assister aux mmes exercices religieux1 entendre prcher constamment une doctrine hrtique1 faire depuis le matin jusqu'au soir des actes contraires leur croyance4 ,quel est1 aprs cela1 le ,catholique1 digne de ce nom1 qui oserait envoyer son fils l',universit d',oxford8 ,recevoir l'enseignement1 de pareilles conditions1 n'est-ce pas apostasier8 ,au reste1 bien des personnes ont une fausse ide des coles mixtes du ,royaume-,uni4 ,on croit gnralement1 que parce qu'une cole ouvre ses portes tout le monde sans exception1 l'enseignement religieux qui y est donn est tel qu'il puisse s'accommoder toutes les croyances2 cela est une erreur4 ,pratiquement1 chaque cole a ses principes religieux qu'elle tche d'inculquer son auditoire4 ,si l'cole mixte est cre par l'tat1 elle est tout fait anglicane2 si elle appartient aux ,wesleyens1 elle enseigne le ,mthodisme2 si elle doit sa fondation aux ,anabaptistes1 elle prche les doctrines des ,anabaptistes1 et ainsi de toutes les autres4 ,c'est ne pas connatre l'esprit des sectaires1 c'est surtout ne pas connatre le caractre anglais1 que de supposer qu'il puisse en tre autrement4 ,l',universit de ,londres1 cre seulement depuis quelques annes1 semble faire exception3 l1 l'enseignement religieux est purement ngatif4 ,mais pour bien apprcier cet tat de choses1 il faut tenir compte de deux observations qui diminuent infiniment l'importance que quelques hommes1 un point de vue trs-dangereux1 voudraient attribuer l'existence de cette ,universit4 ,la premire de ces observations est relative aux collges annexs4 ,ces collges1 en effet1 ont le droit d'lever chez eux les jeunes gens qui vont plus tard se prsenter ,londres pour prendre leurs grades4 ,ils peuvent donc donner l'enseignement religieux qui leur convient1 sans que l',universit ait rien y voir4 ,le magnifique collge catholique d',oscott est dans ce cas4 ,la seconde observation est relative l',universit de ,londres elle-mme4 ,l'enseignement religieux de cette universit est purement ngatif1 c'est vrai2 mais c'est aussi un fait de notorit publique1 que les ,protestants1 qui ont une croyance dfinie1 ne permettent pas leurs enfants d'aller suivre des cours dont les professeurs peuvent impunment enseigner des doctrines antichrtiennes4 ,ces cours ne sont frquents que par des jeunes gens dont les parents vivent dans une complte indiffrence en matire de religion4 ,b ,a ,oxford1 ce qu'il y a de plus rare1 ,c'est un btiment qui ne soit pas historique4 ,toutes ces longues murailles entrecoupes de tourelles1 ces toits surmonts de dmes1 ces porches en ogives1 ce sont des rois et des reines1 des cardinaux1 des ministres ou des princes qui les ont btis3 on dirait que les simples bourgeois ont t bannis lors de la construction de la ville savante4 ,le voyageur est comme tourdi des grands noms que lui redit son guide1 en le promenant travers tous les magnifiques collges4 ,a celui de ,sainte-,madeleine 7car la protestante ,universit d',oxford a conserv toutes les anciennes dnominations catholiques de collges de ,tous saints1 de ,toutes mes2 de ,corpus ,christi1 etc41 etc471 on vous montre le tombeau du fondateur ,waynflete1 chancelier du malheureux ,henri ,,vi4 ,au ,queen's college1 on vous cite ,robert d',eglesfield1 confesseur de la reine ,philippa d',espagne1 femme d'douard ,,iii4 ,a ,university college1 c'est ,alfred1 roi troubadour et guerrier1 qui le premier rassembla dans ce lieu quelques enfants de la harpe et de la science4 ,plus loin1 ,oriel college1 vous entendez le nom d',edward ,,ii4 ,balliol college redit celui de son fondateur1 ,jean ,balliol1 pre de ,balliol1 roi d'cosse4 ,puis vous entendez citer les patrons1 les saints de la rformation protestante1 le chaste ,henri ,,vii1 la vierge-reine ,elisabeth et le cardinal ,wolsey4 ,dans ces vastes et nobles collges1 les chapelles attirent toujours l'attention des voyageurs2 c'est la partie la plus soigne4 ,pas une pierre ne manque leurs votes1 pas une feuille leurs corniches2 les statues mmes de ces saints que l'on n'y vnre plus sont rpares avec un soin extrme4 ,nous avons remarqu des ttes nouvelles remises sur les corps de sainte ,ursule et de sainte ,brigitte4 ,en vrit1 si1 comme je le crois1 le ,catholicisme rentre un jour dans ses vieilles glises d',angleterre1 il n'aura y rapporter que des tabernacles et des confessionnaux444 ,parmi les difices sacrs de l',universit1 l'glise de ,new college est ce qu'il y a de plus cit3 c'est l que nous avons admir de beaux vitraux444 ,on nous a montr dans le sanctuaire de cette chapelle la crosse de ,wikeham1 vque de ,winchester4 ,ce bton pastoral est en vermeil et orn de pierres prcieuses incrustes1 et a sept pieds de haut2 il porte dans sa partie recourbe la figure du saint fondateur du collge4 ,il me semble que cette crosse doit faire un singulier effet entre les mains d'un vque protestant4 ,a ,jesus college1 on fait voir aux visiteurs une montre qui a appartenu ,charles ,ier4 ,qui n'aurait cru autrefois que la montre d'un roi ne devait lui indiquer que des heures heureuses6444 ,et cependant cette montre lui a fait voir le #bi janvier #afdh1 sa dernire heure1 celle de son excution6 ,ce collge a conserv aussi un norme trier qui servait jadis ,elisabeth1 et un bol en vermeil qui contient dix gallons et pse #bgh onces444 ,dans diffrents endroits nous avons vu de ces vases normes o les ,anglais aiment faire brler le punch pour leurs grands jours de fte et de rjouissance4 ,au muse ,ashmolen 7the ,ashmolean museum7 fond par ,elias ,ashmole1 et bti par sir ,christopher ,wren1 il y a une foule de choses curieuses que bien des gens appellent vieilleries1 entre autres3 ,un amulette1 jadis port par ,alfred le ,grand2 d'un ct est la figure de saint ,cuthbert1 et de l'autre une fleur grossirement taille4 ,les ornements sont d'or1 et sur une plaque on lit en lettres saxonnes3 ,alfred m'a fait faire4 ,l'pe offerte par ,lon ,x ,henri ,,viii6444 ,le livre qui explique toutes ces curiosits dit que ce qu'il y a de plus curieux dans cette pe1 c'est la poigne qui est de cristal et d'argent4 ,ce qui nous a sembl le plus curieux1 nous1 c'est de voir cette pe donne au dfenseur de la foi par les mains d'un pape1 prcieusement conserve par le prince apostat6 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,le collge de la ,trinit possde un magnifique calice en vermeil1 jadis de l'abbaye de ,saint-,alban444 ,le collge de ,christ-,church dploie une belle faade de plus de quatre cents pieds2 la porte principale1 flanque de quatre tourelles1 est surmonte d'une haute tour termine en dme4 ,c'est au fameux ,christopher ,wren que l'on doit la rgularit et la majest de ce monument4 ,la grande salle ou le rfectoire1 l'escalier1 le vestibule1 sa vote surtout1 sont trs-remarquables4 ,le rfectoire a #aae pieds de long1 #dj de large et #ej de haut4 ,comme l'honneur de recevoir les rois d',angleterre appartient ,christ-,church college1 cette vaste salle a bien des fois reu des convives couronns3 ,henri ,,viii1 en #aecc2 la reine-vierge1 en #aeff2 ,jacques ,ier le bel esprit1 en #aeia1 et1 plus tard1 son infortun fils4 ,en #ahad1 on vit sous ces nobles votes une bien illustre assemble3 ,george ,,iv1 alors prince rgent2 ,alexandre1 empereur de toutes les ,russies2 ,franois1 empereur d',allemagne et roi des ,romains2 ,guillaume1 roi de ,prusse2 le feu duc d',york1 la grande duchesse d',oldenbourg444 ,oxford se souvient avec fiert de cette visite1 de cet hommage rendu aux muses par des empereurs et des rois qui s'honorrent de recevoir des diplmes de membres de son ,universit444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,dans la chapelle de ,christ-,church college1 on montre la chsse de sainte ,frideswide2 elle est surmonte d'un dais de pierre petits pinacles gothiques d'un travail prcieux444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,les dix-neuf collges runis de l',universit1 et les cinq halls comptent prs de cinq mille tudiants444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,dans cette ,angleterre1 que certaines gens nous citent sans cesse comme la terre classique de la libert1 les tudiants des ,universits ne sont pas indistinctement confondus4 ,nous avons vu dans les rfectoires des places privilgies pour les jeunes nobles 7sons of noblemen74 ,le fils d'un noble1 d'un homme titr a deux habits3 celui des grands jours est de soie violette damasse1 richement orn de galons d'or2 celui des jours ordinaires est une toge de soie noire4 ,aprs ces fils d'hommes titrs viennent les gentlemen commoners1 qui ont deux toges de soie3 l'une unie1 et l'autre charge de glands de soie noire4 ,les simples commoners ont la toge en laine et sans manches4 ,les nobles ont la toque de velours avec le gland d'or2 les gentlemen1 en velours1 mais avec un gland de soie1 et les commoners1 en drap noir avec une touffe de soie444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,le premier dignitaire de l',universit est le chancelier2 on a toujours soin de le choisir dans les hauts rangs de la ,socit2 il faut qu'il ait t lev ,oxford1 car on veut que ce protecteur aime l',universit avec tous les souvenirs de son jeune ge4 ,le vice-chancelier1 nomm par le chancelier1 est tenu rsidence2 c'est lui qui1 de concert avec quatre pro-vice-chanceliers1 surveille tous les collges et les halls1 y maintient la discipline et l'observance des anciens statuts444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,la bibliothque ,bodleyenne#ib fonde par sir ,thomas ,bodley1 est la plus riche et la plus remarquable de toutes les bibliothques des diffrents collges d',oxford4 ,tout membre gradu a droit d'y venir tudier4 ,on y voit un grand nombre de manuscrits orientaux3 elle compte #dcj1jjj volumes444 #ib ,en parcourant cette belle bibliothque1 l'anne dernire1 nous n'avons pas t peu surpris de voir parmi les nombreux portraits dont elle est orne1 celui d'un prtre catholique en surplis4 ,notre tonnement a cess1 lorsque nous avons lu sur le catalogue le nom du personnage que cette toile reprsente2 c'est le pre ,le ,courayer1 si tristement clbre4 ,il doit l'honneur de se trouver dans une place si trange son ouvrage1 intitul3 ,dissertations sur la validit des ordinations anglicanes4 ,je vous ai parl du chancelier4442 mais il faut que je vous cite encore une autre charge que les temps auraient pu supprimer1 et que l',universit a conserve1 celle de barbier ou tonsor4 ,le barbier est encore un personnage1 les dignitaires lui doivent les gards de la fraternit1 et lui donnent souper une fois par an dans les grands appartements4 ,il ne frise ni ne poudre plus1 il rase rarement2 mais il n'en est pas moins incorpor et immatricul4 ,lettres sur l',angleterre1 par ,m4 le vicomte ,,walsh1 #ahbi4 ,lettre ,x47 ,c ,le ,prayer-,book 7livre de prires7 est un recueil qui renferme les prires du matin et du soir1 le service de la ,cne1 les rgles liturgiques pour le ,baptme1 la ,confirmation et le ,mariage1 un catchisme anglican et les ,,xxxix ,articles4 ,c'est sous ,charles ,,ii que l'usage de ce livre1 dans sa forme actuelle1 fut ordonn par la ,convocation 7grand conseil ecclsiastique74 ,le ,parlement l'a enregistr dans ses actes4 ,aux yeux des ,anglicans purs1 le ,prayer-,book est une autorit1 c'est l'enseignement mme de l'glise2 mais les esprits qui sont consquents avec le principe du jugement priv demandent sur quoi l'on s'appuie pour donner une si grande valeur ce livre4 ,les questions que ceux-ci soulvent sur ce point ne sont pas faciles rsoudre2 disons mieux1 elles sont insolubles 7,voy4 la lettre de ,froude ,m4 ,kble72 et le ,prayer-,book comme la ,bible elle-mme1 est un livre que chacun interprte sa faon4 ,d ,les ,halls 7salles7 jouissent des mmes privilges que les collges2 mais ces tablissements ne sont pas incorpors l',universit4 ,chacun d'eux vit sous l'administration particulire d'un principal4 ,de ces anciennes et nombreuses maisons1 il n'en reste plus que cinq1 savoir3 #a ,hall de ,saint-,edmond 7,st4 ,edmond ,hall74 ,elle tire son nom de saint ,edmond1 archevque de ,cantorbry1 qui vivait sous le rgne de ,henri ,,iii1 au ,x,i,i,ie sicle4 #b ,hall de ,sainte-,marie 7,st4 ,mary ,hall71 btie en #accc1 par douard ,,ii4 #c ,hall du ,nouvel ,htel 7,new ,inn ,hall71 btie en #acdi1 par ,jean ,trilleck1 vque d',hereford4 #d ,hall de ,saint-,alban 7,st4 ,alban's ,hall71 rige sous le rgne du roi ,jean4 ,elle tire son nom de ,robert de ,saint-,alban1 qui probablement la fit btir pour en faire son habitation4 #e ,hall de la ,madeleine 7,magdalen ,hall74 ,le btiment qui porte aujourd'hui ce nom a t construit en #ahbj4 ,l'ancienne ,hall du mme nom se trouvait ct du beau collge de la ,madeleine4 ,il a fallu un acte du ,parlement pour pouvoir oprer le transfert4 ,e ,le ,monument1 ,londres1 est une colonne dorique1 leve en #afga1 par ordre du ,parlement1 en mmoire de l'incendie de #afff1 qui consuma presque toute la ,cit4 ,cette colonne a #ff mtres de hauteur2 une balustrade entoure son chapiteau1 et des flammes de cuivre brillent sur son sommet4 ,a l'poque o eut lieu l'incendie1 la haine populaire attribua cette calamit aux ,papistes4 ,on prtendit qu'ils avaient voulu exterminer les ,anglicans1 rtablir le dogme catholique et plonger la nation dans la servitude4 ,une calomnie si rvoltante fut grave sur le pidestal du ,monument1 et elle y resta jusqu'en #ahbi1 anne de l'mancipation des ,catholiques4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages4 ,avertissement de l'auteur ,i ,prface du traducteur ,,iii ,,premi,,re ,,partie4 ,chap4 ,ier4 ,l'ducation #dc ,,ii4 ,les deux amis et un bachelier amateur d'architecture gothique #ag ,,iii4 ,un cur ouvert et aimant4--,un homme vues #bf ,,iv4 ,le charlatanisme en religion #ca ,v4 ,oxford3 une vue d'intrieur par un vieux don #cf ,,vi4 ,un djeuner assez srieux #da ,,vii4 ,une controverse entre un vanglique1 un no-catholique1 l'homme vues et le bachelier #df ,,viii4 ,les temps nouveaux4--,le bon vieux temps #ee ,,ix4 ,le sermon assez lastique du docteur ,brownside #fc ,x4 ,l'homme du juste milieu et les partis d',oxford #gj ,,xi4 ,une rencontre #hj ,,xii4 ,le pressentiment #he ,,xiii4 ,un assaut chaleureux mais prmatur #id ,,xiv4 ,rentre au collge peu agrable #ajb ,,xv4 ,les ,,xxxix ,articles #ajh ,,xvi4 ,m4 ,freeborn1 un vrai vanglique1 expose sa nbuleuse doctrine #aah ,,xvii4 ,une runion discordante d'vangliques #abf ,,xviii4 ,le deuil de famille #acb ,,deuxi,,me ,,partie4 ,chap4 ,ier4 ,les partis politiques #acg ,,ii4 ,partis religieux #add ,,iii4 ,une conversion #aec ,,iv4 ,le clibat dans l'glise anglicane #aeg ,v4 ,le clibat est-il contre nature8 #afb ,,vi4 ,abdication du jugement priv #afg ,,vii4 ,le symbole de saint ,athanase interprt par l'glise anglicane #aga ,,viii4 ,les ,,xxxix ,articles mis en regard du symbole catholique #agh ,,ix4 ,un systme d'espionnage #ahf ,x4 ,la rustication1 ou le renvoi temporaire #aia ,,xi4 ,la famille #aig ,,xii4 ,confidence intime #bjb ,,xiii4 ,perplexits d'une bonne sur #baj ,,xiv4 ,les nouvelles rformes #bad ,,xv4 ,les corruptions de l'glise romaine #bbj ,,xvi4 ,du chant grgorien et de l'architecture gothique #bbe ,,xvii4 ,questions pour celui qui il appartient #bcj ,,xviii4 ,l'glise anglicane et l'glise romaine ne font-elles qu'une seule et mme glise8 #bcd ,,xix4 ,de quelques pratiques religieuses #bdd ,,xx4 ,un beau mouvement d'enthousiasme inattendu et communicatif #bih ,,xxi4 ,l'examen #bfb ,,troisi,,me ,,partie4 ,chap4 ,ier4 ,la cruelle sparation #bfg ,,ii4 ,deux nouveaux maris dj connus sous un autre aspect #bge ,,iii4 ,l'apostasie #bgh ,,iv4 ,une conversation d'actualit #bhb ,v4 ,la conclusion pratique #bhf ,,vi4 ,le rail-way #bic ,,vii4 ,deux irvingites1 une plymouthiste et un no-juif assigeant une pauvre chambre #cjd ,,viii4 ,le sige continu par un membre de la socit de la vrit et par un fanatique d',exeter-,hall #cde ,,ix4 ,le dernier assaut #cbd ,x4 ,le couvent des ,passionnistes #cbi ,,xi4 ,le beau jour #ccf ,appendice4--,souvenirs personnels du ,mouvement d',oxford1 avec des extraits de ,perte et ,gain du docteur ,newman4--,confrence par ,frdric ,oakeley #cci ,notes #cfc ,,fin ,,de ,,la ,,table4 ,imprimerie ,,de ,,beau1 ,saint-,germain-en-,laye4