,,erne/ ,,dimnet ,,figures ,,de ,,mo9es ,,p>is ,,librairie ,,acad,,mique ,,p]r9 ,,et ,cie1 ,,libraires-,,diteurs #ce1 ,,quai ,,des ,,gr&s-,,augu/9s1 #ce #aiji ,t\s droits de reproduction et de traduction rs]vs p\r t\s pays4 ,publi%$ ,febru>y tw5ty fif? n9ete5 hundr$ & n9e4 ,privilege ( ,copyright 9 ! ,unit$ ,/ates res]v$1 "u ! ,act approv$ ,m>* ?ird1 nivete5 hundr$ & five by ,p]r9 & ,c4 ,att5de ,c>?usi5ses1 ,ci/]ci5ses et div]s religionis mona*os ac moniales1 qualit] omni nocte ad psall5dum ,dom9o assurgunt4 ,imitat41 ,i1 #be4 ,paix et mlancolie ,veill5t l prs des morts1 ,et l'me recueillie ,des vagues de la vie ,croit y t\*] les bords4 ,p\rquoi v\s f]mez-v\s1 maisons de la prire8 ,e/-il une heure1 ,dieu1 dans la nature entire ,o le cur soit las de pri]8 ,,lam>t9e1 ,h>monies4 ,,figures ,,de ,,mo9es ,,les ,b,n,,dict9s ,,anglais ,,de ,,d\ai ,le dp>tem5t du ,nord app>at sur la c>te comme un long ruban1 s]r entre la ,belgique d'un ct1 et1 de l'autre1 entre l',artois1 la ,pic>die1 la ,france et la ,*ampagne4 ,les ,p>isi5s l'appell5t la ,fl&re et le voi5t s\s les c\leurs dont ,rod5ba* leur a pe9t sa patrie4 ,il y a cep5dant des diffr5ces s+ulires entre les habitants d'une rgion si t5due et s\mise des influ5ces si div]ses4 ,les ,flam&s de ,b]gues et de ,cassel ne ressembl5t en ri5 aux populations des quatre arrondissem5ts mridionaux et dans ceux-ci mmes la v>it e/ assez gr&e p\r eng5dr] p>fois l'antipa?ie4 ,entre la ,fl&re proprem5t dite et ce qui tait le diocse de ,fnelon1 ,lille e/ t\t fait "p dans un pays bas1 humide et de population mle4 ,c'e/ une gr&e ville neuve1 bruyante1 b\euse et tri/e1 o le peuple e/ s+ulirem5t grossi]4 ,les g5s du pays d'h]bages et de =ts1 situ v+t ou tr5te lieues au sud1 entre la ,sambre et les ,ard5nes1 qui y vi5n5t quelquefois p\r leurs affaires1 s'y s5t5t mal l'aise et dpayss4 ,au contraire les vieilles villes du bass9 de l',escaut1 le ,quesnoy1 ,val5ci5nes1 ,cond1 ,cambrai1 ,d\ai1 veill5t en eux une curiosit sympa?ique4 ,ce sont des pays qu'on avait t\j\rs sus assez prs p\r espr] les voir1 qu& on en r5contrait les noms dans l'hi/oire des gu]res de ,l\is ,,xiv4 ,on y tait soldat1 on y allait p\r des procs1 p\r pass] son baccalaurat1 ou simplem5t p\r voir les cavalcades ou les gr&s m>*s4 ,je me rappelle ma curiosit qu& on m'am5a ,cambrai p\r y comm5c] mes tudes en sixime4 ,c'e/ au ,quesnoy que je vis p\r la premire fois plusieurs des m]veilles qui m'avai5t fait rv]3 des remp>ts avec de gr&s tas de b\lets noirs1 brillants et rangs1 un gr& bateau sur le canal1 et un m\l9 v5t qui t\rnait et sifflait4 ,cambrai m'(frit bi5 d'autres objets d'tonnem5t4 ,les remp>ts s'y dressai5t autrem5t fi]s sur la pr(ondeur sombre des fosss2 les portes y tai5t monum5tales1 colonnes et sculptures1 avec des traces de b\lets de canon4 ,qu& n\s entrmes en ville1 je s5tis t\t c\p que je ne ressortirais plus que collgi5 conduit la prom5ade1 et ,cambrai me p>ut tri/e4 ,cep5dant n\s allmes longtemps p> la ville au beau soleil d'octobre1 et je vis p\r la premire fois une ca?drale1 une gr&e glise orne de tableaux imm5ses1 un palais piscopal1 de va/es places1 des sm9aires1 collges et c\v5ts1 p\r la plup>t puissants difices du ,x,v,i,i,ie sicle1 dont je ne me lassais pas de reg>d] les innombrables f5tres et les toitures normes4 ,dans la ca?drale1 n\s vmes1 d]rire le *ur1 la spulture des ar*evques4 ,sur un s>cophage1 demi-c\*e1 on me montra la noble figure de ,fnelon4 ,j'avais lu le ,tlmaque et j'avais un gt extraord9aire p\r les ,fables4 ,je connaissais aussi le portrait de ,sa9t-,simon qui me faisait1 sans que je susse p\rquoi1 l'effet de la musique4 ,c'tai5t bi5 ces yeux dont le feu sortait comme un torr5t4 ,il y avait une noblesse inexprimable rp&ue sur les gr&s traits du visage1 dans le ge/e l5t et p]suasif4 ,je reg>dais de t\tes mes =ces4 ,sur une place sil5cieuse1 d]rire un j>d9 bass9s et jets d'eau1 qui me p>ut my/rieux et ferique1 n\s n\s arrtmes aussi devant ce qui re/e du palais du pr9ce-vque3 une entre magnifique1 une sorte de d\ble portique avec des guirl&es1 des cussons et des devises4 ,j'ai vcu neuf ou dix ans ,cambrai1 j'y ret\rne encore quelquefois3 la /atue et la porte du palais de ,fnelon me p>l5t t\j\rs comme en cette j\rne d'octobre4 ,on n\s conduisait p>fois n\s prom5] sur la r\te de ,d\ai4 ,une vieille pi]re blan*e indiquait le *em94 ,je ne savais de ,d\ai que ce que mes cam>ades me disai5t et je n'y p5sais pas autrem5t2 cep5dant1 un de mes oncles y avait t pr(esseur1 et il me semblait naturel et probable que j'y vivrais moi-mme quelque j\r4 ,qu& je fus en troisime1 je me pris d'une passion p\r l'anglais4 ,on n\s l'appr5ait p> une m?ode svre1 mais la langue me p>aissait la fois trange et facile et me faisait s5tir s\s les mots une me autre que la ntre que je v\lais atte9dre4 ,les lves de seconde expliquai5t le ,sket* ,book de ,wa%+ton ,irv+4 ,je l'empruntais con/amm5t mon vois93 je lisais et relisais les pages *>mantes qui me peignai5t un ,nol anglais1 ou les hi/oires mlancoliques et s5tim5tales o je croyais voir p\r la premire fois une expression ju/e et pntrante de la vie relle4 ,la langue cisele1 savante1 potique1 me ravissait4 ,cette anne-l1 j'eus en prix l',apologia du c>d9al ,newman4 ,ce *ef-d'uvre avait t traduit trs exactem5t et avec une c]ta9e lgance p> un ,m4 ,du ,pr de ,sa9t-,maur4 ,newman avait crit1 p\r la traduction1 une v+ta9e de pages de notes o il dbr\illait l'usage des ,franais l'*eveau des p>tis religieux dans l'anglicanisme et celui1 plus embr\ill encore1 de la con/itution d',ox=d4 ,le livre n'avait eu aucun succs4 ,il tait tomb peu peu au rang des ouvrages que les diteurs v5d5t au rabais aux in/itutions religieuses4 ,il y en avait un /ock la librairie et on faisait si peu de cas de ce pauvre livre c\v]tures grises qu'on n'osait mme pas le montr] la di/ribution des prix4 ,j'eus le mi5 p>ce que j'tais assez =t la balle au mur4 ,il s]ait inutile d'essay] de dcrire l'impression que cette m]veilleuse hi/oire d'me fit sur moi4 ,ox=d e/ vivant dans l',apologia avec sa posie propre qui ne ressemble aucune autre4 ,quant au progrs religieux de ,newman1 il s'accompagnait d'une vie intrieure noble et mle1 d'un gt de vrit et de beaut1 trs huma9 et trs lev1 que je n'avais jamais vus rassembls dans une vie de sa9t4 ,le pauvre livre mpris m'en*anta p> ce qu'il m'appr5ait1 p> ce qu'il me faisait dev9] et p> les problmes que mon esprit se posait lui-mme *aque fois que je l'ouvrais4 ,la p5se anglaise m'attira ds lors p> son orig9alit et sa fra*eur et je dev9s curieux de t\t ce qui me v5ait de ce ct4 ,je ne me rappelle pas comm5t je connus l'exi/5ce du mona/re anglais de ,d\ai4 ,n\s lisions beauc\p une trs intressante hi/oire des p]scutions p> un gr& vicaire de ,cambrai1 ,m4 ,de/ombes1 dont je vois encore la f9e et spirituelle figure4 ,il y e/ "q *aque in/ant du collge qui vit sur ses bancs ,s\?well1 ,campian et tant de confesseurs de la foi1 mais je ne croyais pas que ri5 subsi/t de ce sm9aire fameux4 ,quelqu'un me prta aussi la traduction du ,j\rnal du collge p5dant la rvolution4 ,c'e/ le rcit trs atta*ant d'une captivit assez longue que les tudiants et la plup>t de leurs matres subir5t dans la citadelle de ,d\ll5s4 ,quelque temps aprs1 je sus que ,d\ai possdait t\j\rs un collge anglais et mon imag9ation comm5a travaill] sur ceux qui l'habitai5t4 ,je les voyais dans les dispositions o mes lectures m'avai5t montr leurs lo9ta9s anctres1 graves1 rfl*is et mprisant la mort sans emportem5t4 ,n\s passions1 comme de ju/e1 notre baccalaurat ,d\ai4 ,c'e/ cette grave affaire qui m'y conduisit p\r la premire fois4 ,le s\ci de repass] des dates ne n\s laissait gure le loisir de n\s prom5] en t\ri/es et n\s ne quittions une petite p5sion appele ,sa9t-,am1 o n\s desc5dions1 que p\r all] la ,facult4 ,cette maison t\*ait l'glise ,sa9t-,jacques qui1 jusqu' la ,rvolution1 avait t celle des ,rcollets anglais4 ,un joli j>d9 tri/e1 plant de poiri]s dj *>gs de fruits1 s't5dait le long de l'glise3 n\s y re/ions de longues heures sur un banc c\t] les clo*es--les plus belles de la ville1--gr5ant un glas inf9i4 ,devant l'glise1 une gr&e maison du ,x,v,i,ie sicle dom9ait un j>d9 ent\r de murs et de fosss3 c'tait l'anci5 c\v5t des ,rcollets4 ,d\ai avait eu1 au ,x,v,ie sicle1 une clbre univ]sit4 ,qu& ,ox=d dev9t prote/ant1 les ca?oliques anglais se rassemblr5t au c5tre intellectuel le plus pro*e4 ,c'e/ a9si que ,d\ai eut c9q tablissem5ts britanniques3 un c\v5t francisca91 un mona/re bndict91 le ,collge anglais ou des ,gr&s ,anglais1 comme on l'appelle encore1 celui des cossais et un autre p\r les ,irl&ais1 dont il ne re/e ri54 ,la maison des francisca9s1 comme leur glise1 n'avait pas subi le mo9dre *angem5t4 ,un beau soir de diman*e1 il y eut une fte sur l'esplanade1 le long de la rivire4 ,la *aleur avait t accablante et la soire avait le calme pr(ond des plus beaux soirs d't4 ,je fus frapp du recueillem5t de la f\le4 ,a "p trois j\rs dans l'anne o un v5t de folie semble s\ffl] sur la ville1 le peuple de ,d\ai n'e/ jamais bruyant4 ,cette multitude se dplaait l5tem5t1 sans cris ni dsordre1 et semblait j\ir de la fra*eur comm5ante comme si elle n'et eu qu'une seule me4 ,les l>ges quais de la ,sc>pe et l'imm5se esplanade p>aissai5t plus va/es de la prs5ce de ces milli]s d'hommes4 ,je suivais di/raitem5t la f\le qu& je vis v5ir en s5s inv]se trois hommes d'un aspect s+uli]4 ,vtus de noir1 ils avai5t la pleur de visage1 les *eveux et les s\rcils foncs que le mlange de sang irl&ais donne frquemm5t aux ,anglais ca?oliques4 ,le plus g portait le paletot f]m et le haut col roma91 ses deux compagnons avai5t la biz>re coiffure en losange des tudiants d',ox=d4 ,ils s'avanai5t sil5cieux1 le pas grave et assur2 p]sonne que moi ne les reg>dait4 ,je s]ais ridicule en disant que cette app>ition de trois ,anglais1 un mo9e et deux sm9>i/es1 me fit battre le cur et que mes yeux ne p\vai5t se dta*] de leurs hautes et sombres figures4 ,mais j'tais jeune1 sans nulle expri5ce1 imag9atif et ard5t3 ces trois hommes tai5t p\r moi une civilisation1 une p5se1 et surt\t l'inc>nation d'une hi/oire crite avec le sang des m>tyrs4 ,je les reg>dais s'loign]1 le cur ple9 d'aspirations de t\tes sortes4 ,de ce premi] passage ,d\ai leur s\v5ir fut celui que je g>dai le plus vif avec celui d'un recueillem5t s+uli] rp&u sur la ville4 ,deux ou trois ans aprs1 je rev9s ,d\ai faire mon appr5tissage de trs jeune pr(esseur4 ,le collge ,sa9t-,jean tait tabli dans un anci5 c\v5t d',ursul9es1 dont il re/ait quelques morceaux assez lgants4 ,les btim5ts =mai5t un quadrilatre aut\r d'une va/e c\r ombrage p> quelques vieux arbres et sp>e p> une grille d'un trs beau j>d9 que l'on cont9uait appel] le p>c1 comme au ,x,v,ie sicle#a4 ,a trav]s les arbres on ap]cevait le dme de l'glise ,sa9t-,pi]re4 #a ,le p>c de madame de ,lafayette1 dont p>le madame de ,svign1 ne p\vait all] que de la rue de ,vaugir>d ,sa9t-,sulpice4 ,le trs agrable j>d9 du collge ,/anislas s'appelle aussi le p>c1 comme au temps o la pr9cesse ,belgiojoso s'y prom5ait4 ,sa9t-,jean tait la maison la plus ordonne4 ,la rgle y tait au/re et cep5dant on l'acceptait4 ,plusieurs pr(esseurs gs avai5t vieilli au collge1 comme vieilliss5t les prtres1 sans le s5tir ni s'en d\t]4 ,n\s ne faisions jamais de visites4 ,qu& quelqu'un manquait la table de communaut1 l'vnem5t tait comm5t4 ,une vie a9si rgle et solitaire dans un milieu qui a sa physionomie et comme son me propres dveloppe une att5tion aux *oses que la vie de socit ignore ou dtruit4 ,p\r n\s1 le collge et la ville tai5t des p]sonnes4 ,la langue anglaise a une expression d'une =ce s+ulire p\r m>qu] le progrs qu'un lieu1 un monum5t1 une uvre d'art fait ins5siblem5t dans l'me d'une p]sonne3 to gr[ ^u "o1 gr&ir non pas en soi1 mais sur soi1 c'e/--dire presque contre soi et malgr qu'on en ait4 ,le *>me de ,d\ai1 les expressions nuances de sa physionomie de vieille ville1 n\s pntrai5t a9si l5tem5t et srem5t4 ,ce qui frappait d'abord1 c'tait1 comme je l'ai dit dj1 le sil5ce pr(ond qui rgnait4 ,la ville tait imm5se p\r sa population4 ,val5ci5nes1 qui e/ aussi peuple1 c\vre moiti mo9s d'espace et les rues en p>aiss5t troites et gr\illantes4 ,d\ai avait de gr&s espaces vides3 les quais1 l'esplanade1 un m>* aux btes qu'on appelait le ,b>let1 dont on ne voyait pas les limites et o les plus gr&es foires du monde euss5t t l'aise4 ,il y avait en ville plusieurs cas]nes d]rire lesquelles des c\rs ins\ponnes s't5dai5t p]te de vue4 ,les c\v5ts1 les collges tai5t t\s au l>ge1 entre des prom5oirs1 des c\rs et des potag]s4 ,le lyce1 tabli dans les btim5ts du collge d',an*91 en avait cons]v l'imm5se enclos4 ,enf91 presque p>t\t1 d]rire les vieilles maisons p>lem5taires haute porte co*re et six f5tres de faade1 se ca*ai5t des *>milles et de pr(onds j>d9s4 ,quelquefois1 p> la porte ouv]te d'une troite maison1 on ap]cevait une confusion d'arbu/es ou d'arbres fruiti]s en fleurs dbordant de t\tes p>ts sur des murs et que la m9e *tive du logis ne laissait gure dev9]4 ,t\t ce vide et cette t5due faisai5t un gr& sil5ce et une gr&e solitude4 ,je ne me s\vi5s pas d'avoir vu jamais plus de deux ou trois p]sonnes la fois dans la rue ,sa9t-,jean1 qui ab\tissait cep5dant au c5tre de la ville et s\v5t mes pas y rompai5t seuls le sil5ce4 ,le c>illon du beffroi--vieux beffroi espagnol de haute figure--s'ent5dait de p>t\t qu& l'heure ou la demie lui faisai5t repr5dre infatigablem5t ses petits airs t\j\rs les mmes1 et dont on ne savait jamais s'ils tai5t gais ou tri/es4 ,c]ta9em5t ce repos absolu tait l'atmosphre mme de ,d\ai et les habitants le s5tai5t4 ,une fois p> an1 dans le mois de juillet1 on prom5ait p> la ville une de ces familles de gants1 protecteurs des cits flam&es1 et p5dant trois j\rs le c>illon s'veillait avec l'aube et rptait un refra9 que vieux et jeunes repr5ai5t jusqu'au soir dans une gris]ie de joie1 de soleil et de bire blan*e4 ,mais cette petite fivre ne durait que d'un diman*e un m>di et le m]cr$i mat9 le sil5ce rev5ait plus pr(ond que jamais4 ,les ,d\aisi5s tai5t r5f]ms1 casani]s et g>dai5t leurs impressions p\r eux4 ,deux fois p> sema9e il y avait musique sur la place ,sa9t-,jacques4 ,c'tait une gr&e et l>ge prom5ade de hauts tilleuls trav]s lesquels on voyait la faade des ,gr&s ,anglais4 ,t\te la ville v5ait la musique4 ,dans l'int]valle des morceaux on se prom5ait et pe9e un lg] murmure s'levait au-dessus de la f\le compacte4 ,qu& les premi]s rangs arrivai5t aux d]ni]s arbres1 on faisait volte-face comme p\r une danse antique et l'on rev5ait pas mesurs v]s le kiosque4 ,je me rappelle un diman*e de musique sur l'exigu gr&e place d',antibes4 ,quelle *anson de cigales huma9es bruissait entre les palmi]s et les hautes maisons balconnes s\s le c>r de ciel bleu4 ,comme de t\tes les mes p>tait la rapide fuse des gaiets mridionales6 ,la place ,sa9t-,jacques tait un endroit recueilli1 o les petites n\velles et les petites intrigues se rp&ai5t my/rieusem5t1 sans qu'on et beso9 de les dire4 ,les plus lg]s indices suffis5t des auto*tones dont les mes et les vies sont t\tes p>eilles4 ,une vieille ville close ressemble la cit muette des f\rmis4 ,ri5 ne s'ent5d et p\rtant les mo9dres impressions s'y propag5t4 ,p\r n\s qui tions en m>ge de l'exi/5ce commune et vivions surt\t d]rire nos murs1 n\s n'ent5dions que le sil5ce4 ,c'tait un des *>mes de notre vie4 ,les maisons h]mtiquem5t f]mes devant lesquelles c]ta9s d'entre n\s passai5t et repassai5t depuis tr5te ans1 ne n\s semblai5t pas inhospitalires4 ,elles avai5t leur physionomie et n\s les aimions dans leur rs]ve4 ,plusieurs avai5t une hi/oire4 ,n\s le savions et ne n\s s\ciions pas de ml] des ralits peut-tre blessantes ce que n\s voyions dans le lo9ta9 des temps passs4 ,quelques vieux mdec9s1 quelques vieux prtres s+uli]s ou autoritaires et dont on avait un peu peur1 quelques savants ou arti/es1 r5contrs la biblio?que ou au muse et dont la figure dev5ait familire1 faisai5t t\t notre c]cle d'mes vivantes4 ,le re/e tait nigme p5dant quelque temps1 puis dev5ait cadre et *oses de t\s les j\rs1 comme n\s le dev5ions n\s-mmes qu& on n\s avait vus quelques annes1 all] et v5ir p> c]ta9es rues4 ,un jeune pe9tre1 un pote qui devait dev5ir mon ami et dont je suivais les song]ies la trace1 un vieil abb mtaphysici5 m'intressai5t1 mais l'ide p>isi5ne et mod]ne de les all] voir1 d'tre prs5t1 de leur dire des phrases banales1 alors qu'en ralit ils tai5t une p>tie de mon exi/5ce et donnai5t un corps mes rves1 m'aurait surpris et effray comme un extraord9aire manque de gt4 ,n\s g>dions intact le s5tim5t que les ,anglais appell5t wond]+1 la curiosit de *oses que n\s ne saurions jamais4 ,c]ta9s endroits que l'trang] de passage et pe9e rem>qus n\s attirai5t p> un *>me sans cesse plus pr(ond3 un mlancolique j>d9 dans la rue d',arras2 un autre1 trs vieux--c> il n'tait plus de niveau avec la rue1--prs du remp>t1 v]s la porte d'qu]*91 sorte d'd5 o t\t croissait dans une confusion vig\reuse2 la fabrique de clo*es aussi4 ,elle avait l'air mona/ique de c]ta9es vieilles manufactures4 ,on ne voyait jamais p]sonne dans sa va/e c\r circulaire et le sil5ce y tait plus pr(ond que p>t\t ailleurs4 ,on se dem&ait p> quelle magie se fondai5t les clo*es qui passai5t p>fois fleuries et enguirl&es sur un *>iot et dont n\s ent5dions l'imm5se conc]t quelques veilles de ftes4 ,ces lieux avai5t un *>me 9puisable1 dont aucune analyse ne donnait la =mule2 avec le mme aspect ils euss5t t autres dans une autre ville et il fallait tre naturalis p\r les aim]1 comme n\s les aimions1 avec le s5s de leur my/re4 ,c]ta9es vieilles faades hi/oriques avai5t le mme p\voir4 ,la ville tait ple9e de ces s\v5irs de pi]re o revivai5t l'anci5ne univ]sit1 avec ses sm9aires1 les temps de la dom9ation espagnole1 des mo9es1 des savants1 des soldats et des arti/es4 ,au co9 de la rue des ,wez s'levait une gr&e maison badigeonne o s'abrite la biblio?que de l'cole d'artill]ie4 ,c'e/ l qu',e/ius et ,/apleton faisai5t leurs c\rs devant des c5ta9es d'tudiants4 ,c'e/ l que quelques annes avant la ,rvolution1 un petit lieut5ant corse1 figure ple1 prt5tions littraires et /udieuses1 avait fait une tude appr(ondie de la bataille de ,d5a9 et du rle que ,vill>s y j\a4 ,*aque fois que cette *tive silh\ette de ,bonap>te m'app>aissait1 au seuil troit1 je me ress\v5ais qu'au mme temps1 six lieues de l1 ,*ateaubri& tait1 lui aussi1 s\s-lieut5ant1 ,cambrai1 mo9s lieut5ant1 plus ambitieux et plus littraire qu'il ne lui a plu de n\s le dire4 ,c'tai5t l de gr&s s\v5irs4 ,ils m'm\vai5t mo9s pr(ondm5t qu'une brve inscription sur une pauvre b\tique1 aux abords de la collgiale ,sa9t-,pi]re3 ,,ici ,,travailla ,,et ,,m\rut ,,jean ,,bellegambe ,,surnomm ,,le ,,maitre ,,des ,,c\leurs ,,pe9tre ,,excell5t 7#afjj-afbf74 ,quelle vie de gr& arti/e laborieux et vivant avec ses rves1 a t ens]re dans un pome lapidaire plus sobre la fois et plus clatant8 ,l'en*antem5t de cette inscription m'a bi5 des fois ret5u immobile devant la pauvre maison longtemps aprs que la musique et la c\leur de ces l5tes et nobles syllabes fuss5t entres p\r t\j\rs dans ma mmoire4 ,le collge anglais tait contigu la prison et faisait avec elle un c>r de deux trois c5ts mtres de ct4 ,on y entrait p> la rue ,sa9t-,b5ot1 ruelle ds]te l'entre de laquelle tait une anci5ne maison de po/es o naquit ,sa9t-,*rti5 et qui ab\tissait l'glise des ,*>treux4 ,de hauts murs1 surlevs p\r le jeu de balle1 faisai5t vis--vis une range d'humbles maisons de deux f5tres et de deux tages4 ,on ne voyait du collge que les ttes des tilleuls1 dom9ant ces murs1 mais de c]ta9es heures on ent5dait1 suivant la saison1 le bruit sec de la balle de cricket sur la batte1 o le bruit s\rd du ballon r5voy d'un camp l'autre4 ,des voix grles ou viriles s'levai5t de temps en temps avec l'intonation gutturale ou nasale qui dfigure l'anglais ds qu'on le crie4 ,du quai de la ,sc>pe1 on voyait t\t l'tage suprieur du btim5t c5tral avec l'horloge et un campanile1 les f5tres et la fl*e aigu d'une svelte *apelle go?ique4 ,la porte n'tait jamais ouv]te4 ,on n'ent5dait jamais dire que qui que ce ft allt *ez les ,anglais4 ,au temps de la vieille univ]sit1 qu& les nations tai5t surs1 quelques pr(esseurs ou prsid5ts des tablissem5ts britanniques s'tai5t fait ,d\ai une rputation de prdicateurs1 plusieurs y avai5t mme ex]c des fonctions pa/orales4 ,mais 'avait surt\t t des sculi]s des ,gr&s-,anglais4 ,les bndict9s avai5t t\j\rs t plus enf]ms dans leurs habitudes clau/rales et depuis leur ret\r1 en #ahah1 leur devise avait sembl tre3 ni amis ni ennemis4 ,ils avai5t mme r5onc depuis qu9ze ou v+t ans pr5dre des lves franais et ils vivai5t comme dans une le4 ,les ,d\aisi5s avai5t une sorte de connaissance ?orique de leur exi/5ce1 c'tait t\t4 ,les ttes se levai5t pe9e aux f5tres qu& le miroir flam& annonait l'appro*e prcipite des jeunes ,anglais portant sur leurs paules un long canot ou le pesant attirail du foot-ball4 ,c]ta9s vieux prtres p>aissai5t surpris qu'on leur dem&t s'ils avai5t jamais visit le collge2 d'autres y tai5t alls une ou deux fois en tr5te ans1 ent5dre quelque (fice1 et avai5t cons]v le s\v5ir de la musique la plus religieuse et la plus pntrante4 ,on ne citait p]sonne qui et t famili] dans cette ence9te impntrable4 ,l'atmosphre de rs]ve qui l'ent\rait de t\tes p>ts1 trans=ma1 ds les premires sema9es de mon sj\r ,d\ai1 ce qui avait t un lieu de rves1 en une sorte de ds]t inaccessible et glac4 ,j'appro*ais r>em5t du collge dans mes longues fln]ies d'am\reux de vieilles maisons et je pr5ais1 comme t\t le monde1 le *em9 de n'y p5s] jamais4 ,un diman*e de novembre1 me prom5ant seul sur la r\te borde de peupli]s qui ramne en ville p> la porte de ,val5ci5nes1 j'admirais avec quelle noblesse le dme de ,sa9t-,pi]re f]me la p]spective entre les deux mlancoliques ranges d'arbres ass\pis4 ,il n'y avait ni v5t1 ni soleil1 ni bruit que celui des feuilles mortes1 ni ri5 qui pt tr\bl] le pr(ond repos d'un diman*e de novembre aux abords d'une ville dont t\t le trafic se faisait sur un canal4 ,a un qu>t d'heure de la porte je fus dpass p> une voiture de matre attele de beaux *evaux4 ,trois bndict9s y tai5t assis4 ,ils portai5t leur co/ume religieux1 sans d\te cause du diman*e et leurs figures ples ressortai5t plus ples encore sur le capu*on et l'lgante pl]9e noire qui di/+u5t la congrgation anglaise4 ,aucun de ces hommes ne p>lait4 ,ils me reg>dr5t quelque temps avec la fixit d'expression c>actri/ique des g5s qui rv5t ou qui se croi5t exam9s4 ,de n\veau je s5tis se rveill] le dsir de pntr] dans l'me de ces hommes que leur orig9e1 leur vocation et leur vie mettai5t "p de t\s ceux que j'appro*ais4 ,quiconque e/ agit du dsir de savoir ce que sont les vies autres que la si5ne n'en e/ s\v5t possd que p> une p]suasion secrte que ces vies se suffis5t elles-mmes1 et qu'elles ont une vitalit v]s laquelle la si5ne aspire sans y avoir jamais atte9t4 ,cette curiosit n'e/ que le beso9 pr(ond d'une me faible1 en qute de la =mule ou du s\ti5 o elle espre tr\v] lumire et repos4 ,la vie religieuse supposant un idal absorbant et la r5onciation volontaire l'esclavage des passions et des dsirs sans cesse r5aissants semble la plus libre1 la plus indp5dante qui puisse tre4 ,elle runit la dom9ation intellectuelle du philosophe et l'n]gie sup]be du soldat1 ad\cies p> la posie et la mlancolie du clotre4 ,la p5se de cette exi/5ce close et cep5dant heureuse me hantait4 ,je ne songeais pas que notre exi/5ce1 n\s aussi1 tait limite un troit espace1 protge p> des murs et embellie p> un j>d9 et que n\s p>aissions aussi heureux qu'on peut l'tre dans notre solitude1 sans que cep5dant la soif d'autre *ose qui fait le *>me et le t\rm5t de cette valle de l>mes ft plus apaise *ez n\s que *ez le re/e des huma9s4 ,des mois passr5t1 les longs mois d'hiv] o la musique ne j\ait plus sur la place ,sa9t-,jacques trav]se de bises et de rafales4 ,n\s tr\vions d'autres h>monies dans les quelques salles du ,muse4 ,d\ai n'a pas l'clat arti/ique de ,val5ci5nes4 ,la patrie de ,watteau1 de ,pat]1 de ,c>peaux n'a gure de rivales4 ,cep5dant ,d\ai comme dans presque t\tes les villes du ,nord1 il y a une bonne cole d'art et des amateurs plus arti/es que beauc\p de g5s qui ti5n5t le p9ceau ou l'bau*oir4 ,il n'y re/e que peu de *ose de ,jean ,bollogne qui passa d'ailleurs sa vie en ,italie et que presque t\t le monde appelle ,jean de ,bologne1 ni de ,bellegambe dont les uvres sont p\r la plup>t dans les muses d',allemagne4 ,mais la petite gal]ie d\aisi5ne n'en e/ pas mo9s un endroit dlicieux o un homme att5tif peut se faire une ducation arti/ique assez complte4 ,on peut comm5c] p> la posie d\ce et accessible des frres ,breton ou des ,duhem1 pe9tres du pays1 s'affectionn] la pe9ture savante des ,flam&s dans une salle qui comm5ce p> des scnes de g5re et f9it p> quelques triomphants tableaux de ,rub5s1 de ,van ,dyck et de ,frans ,hals1 et pass] de l une admirable salle itali5ne o se tr\ve la collection ,escalli]4 ,le docteur ,escalli] tait mdec9 ,flor5ce3 il tait amateur et savant antiquaire2 v]s la f9 de sa vie il rapporta s\s le ciel natal sa collection3 tr5te ou qu>ante toiles p>mi lesquelles on ne tr\v]a pas une seule copie et o clate un portrait de femme de ,p>is ,bordone4 ,le j\r o l'on se s5t attir autant p> la grce de ces ,itali5s que p> la ri*esse de ,rub5s ou mme l'lgance de ,van ,dyck1 on peut tre reconnaissant au petit muse et l'homme qui a enri*i la petite ville sept5trionale des trsors de ,v5ise4 ,mdec9 arti/e1 homme de bi5 qui z p5s que d'autres admirations que la ti5ne consol]ai5t ces exiles de se voir1 toi disp>u1 s\s un climat gris et dans une lumire froide1 tu n'z pas oblig que des +rats et l'am\r des *oses belles que tu lguais tes desc5dants n'a pas t\j\rs t p]du6 ,un soir du mois de mai1 n\s ent5dmes du j>d9 les notes d'un trange c>illon4 ,ces clo*es semblai5t trs lo9ta9es et cep5dant pro*es1 h>monieuses et p\rtant rudes et mtalliques4 ,n\s sortmes1 et1 trav]s les rues tides1 dans la brune comm5ante1 n\s *]*mes dans quel clo*] *antai5t ces trangres4 ,les sons my/rieux n\s guidant1 n\s arrivmes la rivire1 dans le qu>ti] de la prison endormie1 et devant le collge anglais3 les clo*es biz>res qui rsonnai5t dans le petit campanile tai5t des clo*es d'aci]1 inv5tion britannique rc5te alors1 les mmes dont le t9tem5t innombrable aj\te encore la tri/esse des soirs de diman*e ,londres4 ,n\s fmes l5tem5t le t\r du mona/re4 ,a l'angle de la rue ,sa9t-,b5ot1 vis--vis l'glise des ,*>treux1 n\s n\s arrtmes4 ,au-dessus de n\s des voix mles *antai5t un cantique du mois de ,m>ie1 le soir tombait et les arbres p>pillai5t un bruissem5t et une faible odeur pr9tanire4 ,qu& le cantique cessa n\s revnmes sur nos pas3 la ville tait dj endormie4 ,a la r5tre d'octobre n\s emes ,sa9t-,jean un jeune lve anglais4 ,son pre avait pass quelques annes au collge tr5te ans aup>avant et1 le mom5t d'envoy] son fils sur le cont95t v5u1 il avait crit un anci5 pr(esseur qu'il supposait vivant1 et qui1 p> has>d1 l'tait1 et lui avait confi ce fils4 ,c'tait un g>on de qu9ze ou seize ans1 intellig5t1 et possdant au plus haut degr les c>actri/iques de son pays4 ,je n'avais jamais vu de prs aucun ,anglais et j'tudiai celui-ci avec un vif intrt4 ,je fus frapp de le tr\v] incomp>ablem5t plus homme que ses cam>ades franais4 ,il avait une confiance sans bornes en son pre et t5ait compte des mo9dres mots qu'il lui crivait4 ,mais dans les limites que l'obissance lui m>quait1 il montrait *aque in/ant une indp5dance de jugem5t et de rsolution qui exi/e p>fois *ez nos enfants1 mais que leur lgret ou une sorte de respect huma9 dissimule et qui mettait un abme entre eux et lui4 ,il avait des op9ions faites sur une f\le de po9ts o les ,franais n'en ont jamais1 p>ce qu'ils pass5t brusquem5t du rve de l'enfance l'indiffr5ce ou au scepticisme de leurs v+t ans4 ,il jugeait les hommes aussi1 promptem5t et fran*em5t1 et avait le mpris facile4 ,il tait d\x1 sociable et obligeant1 mais dans les limites que j'ai s\v5t eu occasion depuis de voir que les ,anglais ne fran*iss5t gure4 ,t5ace et p]svrant1 il avait les dc\ragem5ts subits et pr(onds1 les impuissances devant des ob/acles qu'un ,franais voit pe9e1 si frqu5ts *ez l',anglais isol et qui l'emp*]ai5t jamais de faire aucun progrs dans la vie et sur le globe1 si quelques in/9cts dom9ateurs ne possdai5t t\te la race et n'entranai5t les faiblesses des individus comme un torr5t4 ,dans le comm]ce ord9aire il tait honneur et la droiture mmes4 ,il se tr\vait connatre un des bndict9s et deux lves de ,sa9t-,edmond4 ,le diman*e qui suivit son arrive1 je le conduisis les voir4 ,c'tait un peu avant l'heure de vpres4 ,au mom5t o n\s fran*issions la petite porte que je n'avais jamais vue ouv]te1 le c>illon d'aci] comm5a son trange h>monie4 ,la c\r tait presque ds]te4 ,deux ou trois religieux se prom5ai5t sp>m5t gr&s pas rapides s\s une gal]ie colonnes qu'on appelait la piazza4 ,quelques lves en gr&s cols rassemblai5t htivem5t leur attirail de jeux3 bi5tt ils gagnr5t les dortoirs o une rgle que nos collges ignor]ont longtemps encore les appelait leur toilette avant de desc5dre l'(fice4 ,un de ces petits g>ons s'(frit cep5dant polim5t n\s conduire la *apelle4 ,n\s passmes devant un rfectoire go?ique et montmes p> un escali] aux sombres lambris jusqu'au premi] tage4 ,a droite1 un long corridor s'enfonait v]s les qu>ti]s des lves3 il tait cir et lambriss1 orn de tableaux et de gravures2 des portes cadres de *nes faisai5t face aux f5tres trav]s lesquelles on voyait une aile du collge et un trs gr& j>d94 ,une odeur s+ulire et que je n'ai jamais s5tie ailleurs rgnait dans ce corridor1 lieu rguli] et o l'on ne p>lait jamais4 ,c'tait un mlange de la cire et de l'enc5s qui filtrait de la *apelle1 sur un fond balsamique inexplicable1 comme si un gr& bois de plus se ft tr\v dans le vois9age4 ,un mo9e aveugle s'avanait d'un pas assez f]me dans ce corridor1 de temps autre t\*ant rapidem5t la muraille de la ma94 ,une porte de *ne noircie donnait accs dans la *apelle4 ,pug9 qui l'a con/ruite et qui con/ruisait ses glises en pote et en *rti5 aurait t cont5t de l'impression que celle-ci me fit4 ,qui dira le ri5 qui1 surt\t en ar*itecture1 sp>e le beau du passable8 ,rusk9 dit1 quelque "p1 de je ne sais quelle glise ogivale mod]ne1 que ceux qui l'ont faite n'y croyai5t pas4 ,pug9 avait cru de t\t son cur sa *apelle4 ,c'tait un simple vaisseau dont les proportions faisai5t t\te la grce4 ,mais la hauteur et la pr(ondeur de cette nef avai5t une attraction de *ose vivante4 ,on tait pe9e s\s l'envolem5t de la vote que la froideur de l'homme qui reg>de s'van\issait dans l'attirance des longues lignes sduisantes et victorieuses1 dans le my/re des p>ties hautes noyes dans l'ombre1 dans l'clat des m9ces lancettes o la lumire extrieure semblait se cond5s] sans os] les trav]s]4 ,trois rangs de /alles sculptes1 tages de *aque ct1 laissai5t au milieu une l>ge alle o l'aigle du pupitre seul t5dait ses ailes de cuivre clair4 ,de hautes tor*res s'allumai5t et l1 t&is que le c>illon semblait cont9u] trs lo9 son appel4 ,deux ou trois enfants de *ur en noir et blanc disposai5t des livres3 ils allai5t comme des ombres4 ,le c>illon se tut2 trois heures sonnr5t2 une petite clo*e discrte et trs d\ce sonna2 le cortge mona/ique fit son entre4 ,ri5 ne p\rrait donn] l'impression de la religion1 comme ce pas recueilli4 ,v+t enfants de *ur s'avanai5t d'abord1 puis sur deux lignes1 les lves uni=mm5t vtus de noir1 puis les religieux1 les ma9s s\s leur scapulaire1 la tte encapu*onne1 et enf9 l'(ficiant avec le diacre et le s\s-diacre en ri*es ornem5ts go?iques4 ,l'orgue1 plac au-dessus de nos ttes1 comm5a une modulation inf9im5t l5te et d\ce1 prire et supplication1 bi5 plus que musique1 t&is que mo9es1 enfants et t\t le *ur1 incl9s v]s la croix1 rcitai5t les prires secrtes3 puis le ,deus 9 adjutorium4 ,t\s ceux qui ont ent5du un (fice grgori5 sav5t la signification de ces premires p>oles de vpres1 dites plutt que *antes4 ,depuis quelques annes1 les bndict9s anglais avai5t adopt la prononciation itali5ne du lat91 et cette s\rd9e la voix naturelle de l'(ficiant semblait la r5dre trs lo9ta9e4 ,t\t le *ur rpondit4 ,les voix tai5t mles et de timbre un peu mtallique2 elles s'levai5t et s'abaissai5t ensemble s\s une impulsion rapide4 ,les psaumes se succdr5t4 ,c'tai5t les mmes que j'avais ent5dus depuis mon enfance et cep5dant combi5 diffr5ts4 ,les endroits mme que j'aimais surt\t1 ceux o le son des p>oles ne manquait jamais de me transport] lo91 bi5 lo9 de la t]re de t\s les j\rs1 avai5t leur anci5 *>me1 mais aussi un *>me n\veau1 comme si j'eusse assi/ p\r la premire fois un (fice ca?olique4 ,ces vpres tai5t une sorte d'hymne v>ie et p\rtant sans heurts dont le m\vem5t cont9u b]ait et levait1 dont je s\haitais le progrs et r$\tais la f9 comme d'un drame4 ,aprs les oraisons1 le prieur sortit de sa /alle et lut une c\rte homlie4 ,sa voix montait et desc5dait avec les phrases4 ,c'tait la premire fois que je suivais cette mlope de la lecture anglaise qui devait me dev5ir familire et mes oreilles en re/ai5t tonnes comme du *ant des vpres4 ,aprs le salut1 qu& la *apelle fut vide et qu'il n'y re/a plus que le p>fum de l'enc5s flottant dans la pnombre1 n\s passmes *ez le ,prieur4 ,c'tait un gr& homme1 sans ri5 d'anglais dans les traits du visage1 figure spirituelle et railleuse4 ,il n\s reut avec une aisance d'homme du monde trs diffr5te de la politesse ecclsia/ique1 n\s fit des que/ions un peu curieuses1 de gr& seigneur1 n\s dit de rev5ir tant que n\s v\drions et n\s congdia4 ,cet accueil ari/ocratique n'allait pas t\t fait avec l'impression potique que je g>dais de mes vpres et il m'tonna4 ,je devais m'habitu] peu peu tr\v] ces religieux trs diffr5ts1 suivant qu'on les voyait au *ur1 mo9es abms devant la gr&eur de ,dieu1 ou ,anglais indp5dants et l'aise dans le comm]ce des hommes4 ,t&is que mon jeune compagnon retr\vait ses amis1 un frre conv]s1 ,irl&ais bad91 me montra le rfectoire4 ,c'tait une gr&e salle go?ique plafond pe9t1 en t\t semblable aux halls des collges d',ox=d4 ,il y avait une table p\r le ,prieur et les pres1 une p\r les jeunes pr(s non prtres1 et une autre p\r les frres lais4 ,au milieu1 une *aire pr*] o se faisait la lecture4 ,t\s les meubles tai5t anglais et l'on se ft cru bi5 lo9 de ,france4 ,aux murs tai5t susp5dus des portraits1 au/res figures de mo9es1 d'abbs et d'vques du ,x,v,ie et du ,x,v,i,ie sicle4 ,all51 fondateur du collge dans les temps tr\bls d'lisabe?1 tait l avec sa b>be c\rte1 son reg>d clair et sa b>rette r\ge de c>d9al4 ,les vques reg>dai5t du haut de leurs coll]ettes blan*es2 les mo9es tai5t raides dans leurs cadres4 ,l'expression de t\tes ces figures tait uni=mm5t svre4 ,ces hommes tai5t bi5 ceux dont j'avais lu l'hi/oire dans les livres de ,m4 ,de/ombes3 ils savai5t ce que c'tait qu'tre un ,d[ay prie/1 ou prp>] les autres ce titre r$\table4 ,la tri/esse de l'exil et plus encore d'une cause va9cue1 les esprances dues1 le c\rage r5\vel1 la p5se des trav]ses prilleuses1 des espions dev9s ds le port1 des trahisons1 des m&ats d'arrt1 de la fuite et des ca*ettes1 de la ,t\r et du procs1 p\r ab\tir enf9 la claie1 au poteau et au gibet de ,tyburn1 se lisai5t sur ces fronts ples4 ,dehors1 les enfants j\ai5t avec des appels et des cris qui n'tai5t pas ceux de ,france4 ,il me semblait vivre un songe4 ,je rev9s s\v5t4 ,ds ma seconde visite1 je fis connaissance avec les biblio?ques et n\ai promptem5t une intimit avec elles4 ,celle des ,pres tait s\s les combles et contigu une vieille salle de bill>d t\j\rs ds]te4 ,en haut des traves on lisait les inscriptions lat9es habituelles3 ,patres1 ,concionatores1 ,grammatici1 etc4 ,dans des armoires tai5t enf]mes quelques pices assez prcieuses1 plusieurs des vieilles *ansons1 entres autres1 dont ,mac ,ph]son avait tir ,ossian4 ,il rgnait dans cette gr&e pice isole plus que du recueillem5t et le s5tim5t de la solitude y causait facilem5t une sorte d'oppression4 ,je me t5ais plus volonti]s dans la biblio?que des lves o p]sonne ne v5ait l'aprs-midi et o les bruits de la maison faisai5t un fond de vie sans tr\bl] la tranquillit4 ,il y avait l des j\rnaux et des revues auxquels je ne t\*ais jamais1 ayant encore p\r la vie et le j\rnali] le dda9 sup]be de la jeunesse4 ,mais1 sur les rayons1 qu9ze ou dix-huit c5ts volumes bi5 relis appelai5t l'il et la ma93 potes1 romanci]s1 biographes1 hi/ori5s4 ,je m'm]veillais de la l>geur d'ides qui prsidait au *oix des lectures de g>ons de seize ans4 ,je me s\v5ais avec un petit m\vem5t de rancune que l'on m'avait confisqu un ,vicaire de ,wakefield que je lisais en rhtorique1 et que ,lam>t9e1 qu'il faut p\rtant lire avant v+t ans1 n\s tait svrem5t prohib4 ,je voyais ce que mes jeunes amis anglais lisai5t1 j'ent5dais leurs rflexions3 elles tai5t sa9es et fran*es1 sans prud]ie ni outrecuidance4 ,je compr5ais mieux ce que j'avais t\j\rs rv3 une ducation base sur la confiance1 sur la c]titude que1 dans l'enfance1 un idal d'honneur et de puret tr\ve presque infailliblem5t des in/9cts qui lui rpond5t et que la protection outrance qui e/ l'esprit de l'ducation des ,franais ne fait que recul] des difficults 9vitables et laisse p>fois d]rire elle des infirmits sans remde4 ,il rgnait au collge ,anglais une atmosphre d'innoc5ce et cep5dant je voyais qu' la veille d'en sortir1 les ans tai5t dj des hommes1 p>lant et raisonnant en hommes4 ,un air si d\x faisait des tempram5ts robu/es4 ,les enfants n'avai5t pas non plus la sup]/ition des succs classiques1 comme on le voit dans les collges o les pr9cipes et la m?ode de ,mgr ,dupanl\p se sont cons]vs4 ,le premi] de classe adul p> ses matres et ses cam>ades1 passablem5t orgueilleux et m]veilleusem5t prp> tr\v] la vie incomprh5sible et absurde1 n'tait pas connu au collge ,anglais4 ,on n'y connaissait pas non plus l'lve sage1 bi5 qu'il s'y tr\vt quelques t\rdis p\r faire contra/e4 ,les jeunes ,anglais qui laissai5t une trace ,sa9t-,edmund's avai5t t la fois des coli]s dociles et sans prt5tions1 des esprits brillants1 avec une facilit p\r le v]s ou une loqu5ce naturelle--deux po9ts p>ticulirem5t e/ims--et des amateurs de sport habiles ou intrpides4 ,ceux qui le c>actre1 l'allure et un ri5 de tmrit avai5t manqu tai5t promptem5t oublis ou l'on se les rappelait comme d'intellig5ts nigauds4 ,les tudes t5ai5t pe9e la moiti de l'exi/5ce dans cette ducation qui v\lait tre une ducation complte4 ,*aque j\r1 il y avait de longues heures de lib]t3 on les passait au foot-ball ou au cricket1 s\v5t la biblio?que1 p>fois sur les bancs1 l'ombre1 dans la c\r raccommod] des balles ou des eng9s de p*e4 ,qu& il faisait trs froid1 le ,prieur donnait un demi-cong et l'on s'en allait sur la glace des m>ais1 nombreux aut\r de ,d\ai1 ou sur celle du canal1 avec l'ambition de battre c]ta9 record trs anci51 en dpassant une cluse trs lo9ta9e4 ,qu& il faisait trs *aud1 le ,prieur donnait un demi-cong et l'on allait se baign] la rivire1 plus t>d1 dans une jolie campagne qu'on a*eta1 et qui1 en mo9s de deux ans1 prit la physionomie la plus anglaise du monde1 ou encore l'tang de ,goelz9 o l'on p*ait la ligne jusqu' la fra*eur4 ,on vivait avec les saisons4 ,les dates obs]ves dans la vieille ,anglet]re n'tai5t pas mconnues4 ,on j\ait au foot-ball s\s le ciel gris et dans le gazon b\eux de la ,b]ce ,gayant tant que durait l'hiv]1 mais le ,sam$i-,sa9t ouvrait le temps du cricket3 battes et gui*ets entrai5t en jeu et les balles sifflai5t p> la c\r accompagnes du cri inquitant3 heads6 heads6 ,il y avait de vieux congs de fondation1 qu'on appelait c>riage-days 7j\rs de voitures7 du temps o l'on s'entassait dans un *> bancs p\r all]1 p> le pav1 visit] les antiques vois9es de ,d\ai3 ,arras ou ,val5ci5nes1 plus r>em5t ,cambrai4 ,il y avait surt\t le temps de ,nol o tudes1 corridors et salles tai5t enguirl&s de sap9 odorant1 o1 aprs la messe de m9uit1 le ,prieur ayant ret5u t\t le c\rri] le jetait ple-mle p> l'tude c5t ma9s avides1 o l'on passait les j\rnes dans une lib]t et un loisir dlicieux1 c\ps de visites aux ptissi]s1 et o1 *aque soir1 jusqu' l'piphanie1 on j\ait la comdie1 le drame1 et ,%akespe>e et mme l'opra1 l'allgre opra-oprette de ,m4 ,sullivan4 ,t\t ce m\vem5t1 ce bruit et cette dissipation re/ait l'intrieur4 ,d\ai n'en savait ri5 et l'on p\vait1 comme je l'avais fait longtemps1 imag9] ces ,anglais mod]nes s\s les traits des contempora9s de ,campian4 ,naturellem5t1 je me fis des amis p>mi les religieux4 ,je les tudiais curieusem5t4 ,il y en avait de gais1 de dlicieusem5t gais et jeunes1 plus ou mo9s ,irl&ais s\v5t1 spirituels et railleurs4 ,il y en avait de rfl*is1 ,anglais visages ples et au reg>d pr(ond4 ,il y en avait qui s'ennuyai5t et qui ,d\ai ne suffisait plus4 ,ils v\lai5t ce que la langue des ,anglais ca?oliques appelle t\j\rs la mission2 la vie fivreuse que le prtre mne dans les faub\rgs de ,liv]pool ou de ,c>diff3 la lutte incessante p\r disput] de pauvres jeunes filles au m>iage mixte ou de vieux hommes ab&onns1 l'aumne prote/ante2 la re*]*e sans trve de brebis t\j\rs errantes et t\j\rs en dang] de se p]dre2 ou encore le travail de ,sisyphe p\r s\t5ir une cole4 ,ou bi5 la no/algie les avait pris4 ,d\ai1 o ils tai5t v5us t\t petits et qu'ils devai5t aim] t\j\rs1 leur dev5ait odieux p\r un temps1 avec ses ciels bas1 sa rivire t]nelle et ses maisons closes4 ,home1 home6 ,il leur fallait les prairies et le v]t pr(ond du ,midl&1 ou les coll9es de ,malv]n ou mme la bise glace des comts du ,nord1 le ,black ,nor? d'o ils v5ai5t presque t\s4 ,le *>me subtil du long et pr(ond paysage anglais les avait repris1 celui du ciel *angeant1 de la temprature capricieuse1 celui mme de la pluie fconde et *antante que ,wordswor? aimait tant4 ,dans les d]nires annes1 le collge fut rig en abbaye et le ,prieur dev9t abb crosse1 mitre et anneau4 ,ce fur5t des annes de ri*esse et d'lgance4 ,un ami opul5t v9t s'in/all] au collge et prit plaisir l'embellir1 comme il conv5ait une abbaye4 ,des con/ructions s'levr5t3 un gr& clotre1 un va/e qu>ti] d'htes4 ,t\te une p>tie du collge avec son sil5ce1 son con=t1 son luxe solide et discret1 ressemblait un de ces *teaux anglais assis au dt\r d'un p>c et o la vie semble c\l] dans une paix t]nelle4 ,n\s devnmes trs civiliss1 cela se s5tit des nuances de prononciation1 des r=mes dans le vtem5t1 des faons dgages qui n'tai5t pas dans la tradition qu& ,d\ai s'appelait encore ,d[ay4 ,n\s emes des visiteurs di/+us4 ,on s'arrtait l',abbaye en allant ,rome ou ,p>is4 ,on voyait p>fois des voyageuses trs lgantes1 dans la tribune1 p5dant la gr&'messe3 on ap]cevait des c\rri]s et des femmes de *ambre4 ,je crois bi5 que t\s les ,pres n'appr\vai5t pas cette agitation insolite4 ,la tradition bndict9e a t\j\rs mis quelque *ose de seigneurial dans l'hospitalit1 mais ,d\ai tait une abbaye trop rc5te et rappelait des s\v5irs trop svres1 p\r que le *angem5t ne ft pas p]u4 ,on le s5tait1 qu& un bndict9 voyageur1 pl]9 de l'rudition mona/ique1 comme ,don ,mackey1 le savant diteur de sa9t ,franois de ,sales1 s'arrtait quelques j\rs ,sa9t-,edmond4 ,la joie tait t\te autre sur c]ta9s visages que si l'on et vu un pair hrditaire4 ,le passage de ces mo9es savants tait une fte et faisait s5tir une fi]t4 ,je pr5ais ma "p de ce bonheur familial3 un mo9e savant m'app>aissait comme la ralisation d'un d\ble idal1 et le tranquille s\rire de ces hommes atta*s au pass1 comme n\s le sommes au prs5t1 et lisant les j\rnaux comme des pices d'ar*ives1 tait une gr&e leon4 ,la plup>t de ces religieux tai5t libraux en politique4 ,le cl]g de la ville1 se plaignait p>fois de ce qu'ils ne v\luss5t lire aucun j\rnal d'opposition et cruss5t l'av5ir du rgime rpublica94 ,ils tai5t ,anglais et concrets1 respectueux des p\voirs tablis et conva9cus qu'un fait s'impose p> lui-mme et qu'il faut tre ,franais p\r atta*] une importance s\v]a9e une ide qui n'e/ encore qu'une ide4 ,cette bonne foi et cette faon britannique d'envisag] l'hi/oire1 devai5t tre branles p> un c\p f\droyant4 ,j'avais quitt ,d\ai depuis longtemps1 qu& la loi sur les ,associations v9t en "q1 mais je pr(itais de t\tes les occasions p\r y rev5ir et je me proccupais du sort de mon *] vieux collge4 ,les ,pres vivai5t dans une gr&e srnit4 ,ils tai5t dans leur maison depuis trois c5ts ans3 qui p\vait dire que leur exi/5ce ne ft pas autorise8 ,d'ailleurs1 la droiture de ,m4 ,waldeck-,r\sseau avait t vid5te1 et ,m4 ,combes n'tait pas si noir qu'on le disait4 ,n'avait-il pas fait des promesses sol5nelles aux dputs de la circonscription et au maire de ,d\ai8 ,j'essayai va9em5t d'branl] cet optimisme d'honntes g5s incapables de s\ponn] la f\rbe4 ,il y avait des moy5s faciles de t\rn] la loi1 et de mettre le collge l'abri p5dant la t\rm5te4 ,ces f9esses lgales ne plur5t pas la simplicit bndict9e4 ,un beau j\r1 au mom5t mme o l',abb recevait la n\velle et =melle assurance que ,m4 ,combes se g>d]ait bi5 de t\*] aux fondations britanniques1 le liquidateur se prs5ta muni de papi]s au!ntiques1 et mit les scells p>t\t4 ,a9si f9it le ,collge ,anglais de ,d\ai1 aprs trois sicles d'exi/5ce1 et a9si f9it l'un des plus *>mants rves veills que j'aie faits4 ,dans la /upide proscription en bloc que ,combes fit des ordres religieux1 l'expulsion des ,bndict9s ,anglais fut une brutalit plus /upide que les autres1 et je ne la p>donn]ai pas facilem5t ce g>de *amptre dont le has>d fit un premi] m9i/re4 ,j'ai un s]rem5t de cur1 *aque fois que j'ap]ois du *em9 de f] la petite fl*e aigu qui signale de lo9 le *ef-d'uvre de ,pug94 ,jamais plus1 je n'entr]ai dans cette *apelle2 je n'ent5drai plus ces voix t\t ensemble amies et trangres4 ,avec un gr& pan de l'hi/oire religieuse de la ,france1 un gr& pan de ma vie s'e/ cr\l4 ,mai #aijd4 ,,la ,,trappe ,des prairies et des bois1 dans un long pays onduleux et v]t1 puis1 une belle =t borde de bruyres roses1 puis une pla9e ds]te1 quoique f]tile et cultive comme un j>d91 et droite1 prs de la lisire du bois1 la ,trappe1 tri/e et sil5cieuse1 s\s un ciel de septembre1 bleu et blanc et agit4 ,je ne l'ai pas revue depuis mon enfance4 ,la brique f9e et les pi]res bleues de la *apelle me sembl5t un peu plies2 l'ardoise grise des toitures aussi2 les ?uyas et les sap9s qui font au mona/re une ce9ture sombre ont extraord9airem5t gr&i2 on ne voit pas une =me huma9e dans la campagne3 pas app>5ce des c>rioles sonnantes qui am5ai5t les gais pl]9s d'antan3 je tr\ve que le paysage e/ dev5u plus =t1 plus rude1 plus rel et mo9s potique que lorsque je le voyais p> mes yeux d'enfant3 ces arbres gr&is1 sec\s p> un v5t d'oue/ inquitant me font s5tir que v+t ou v+t-c9q ans ont pass et que ma vie passe aussi4 ,les mo9es ont lev une sorte de tumulus disgracieux sur lequel e/ un calvaire4 ,on suit t\j\rs le mme *em9 de t]re1 le long du bois1 et1 en appro*ant de l'htell]ie1 le mme s5ti] un peu plus troit entre les sap9s l>gis4 ,une =me brune va et vi5t aux abords de la petite porte d'entre3 c'e/ le frre hteli] qui promne sa mditation1 t&is que les autres font la sie/e4 ,il faut faire un peu d'in/ances p\r entr]3 on ne reoit plus les htes comme autrefois1 on a fait une r=me3 d'ailleurs midi vi5t de sonn] et le frre cuis9i] s]a p>ti4 ,j'insi/e1 il y a si longtemps que je ne suis v5u1 je ne drange pas s\v5t les habitudes de la communaut2 d'ailleurs je mang]ai n'importe quoi4 ,le frre hteli] rfl*it3 le cas lui p>at grave et exceptionnel4 ,enf9 son front s'claircit1 il s\rit3 oui1 oui1 entrez6 il y aura t\j\rs des pommes de t]re et une omelette4 ,n\s trav]sons la c\r de l'htell]ie4 ,ri5 n'a *ang3 les espali]s tapiss5t t\j\rs la faade1 des petites pommes du ,japon brill5t comme autrefois dans une haie qui c\pe le j>d9 en deux2 seulem5t1 je m'tonne de voir que t\t e/ dev5u plus petit4 ,l'anci5 pre hteli] e/ mort1 trs mort4 ,celui auquel le frre me prs5te dans le ve/ibule dall de gr&es pi]res bleues e/ un homme d'au mo9s soixante-qu9ze ans1 trs maigre dans sa robe blan*e1 l'air frileux malgr le soleil qui lutte n]veusem5t avec le v5t1 le reg>d lo9ta9 s\s des paupires l\rdes4 ,un prtre qui f9it sa retraite e/ deb\t dans la salle des htes1 b\clant son sac4 ,il embrasse le pre hteli]1 ils se font des adieux naturels et s9cres o ils p>l5t de la mort et du temps en t]mes simples qui saisiss5t4 ,le prtre p>ti1 je m'assi$s4 ,la salle e/ haute1 blan*e et froide4 ,une gr&e horloge l'emplit de son tic-tac4 ,c]ta9em5t la ,trappe tait mo9s tri/e autrefois1 ou cette heure de midi e/ plus sil5cieuse et vide que la nuit4 ,le vieil hteli] va du gui*et de la cuis9e la table1 sans ri5 dire et avec une l5teur surnaturelle3 il apporte une assiette1 un v]re1 une b\teille de bire =te4 ,la figure du frre cuis9i] p>at au gui*et1 il me fait signe1 il ne m'en veut pas1 il va me faire mon omelette4 ,en effet1 la voil qui arrive1 inf9im5t l5te1 puis trois pommes de t]re et du fromage4 ,n\s disons alors le bndicit et le vieil hteli] s'assi$ ma gau*e1 un peu fatigu d'avoir t tant de fois du gui*et la table4 ,l'horloge tique-taque bruyamm5t1 sc&alise de voir qu'on mange cette heure1 elle fait un gr& ronflem5t mtallique et mcont5t et sonne midi et demi avec un pr(ond s\pir4 ,le pre hteli] me p>le4 ,sa voix e/ comme son reg>d1 trs lo9ta9e4 ,jamais je n'ai ent5du de voix semblable3 on dirait la voix d'une me et je prte l'oreille dans le pr(ond sil5ce de la *ambre4 ,le ,pre dev9e1 je ne sais comm5t1 que je demeure ,p>is3 il me fait des que/ions2 n\s p>lons de l'abb ,loisy1 de l'extrme difficult de se ma9t5ir dans la bonne doctr9e qu& on s'c>te de la tradition1 du dang] de l'orgueil4 ,de temps en temps la voix lo9ta9e expose longuem5t et avec une sorte de complaisance des objections subtiles et r$\tables1 mais un texte de la ,bible ou d'un sa9t ,pre vi5t t\j\rs propos p\r r5v]s] le va9 *afaudage4 ,ces hommes n'ont donc pas lu1 dit le pre1 ce que le ,sa9t-,esprit lui-mme dit dans l'criture sa9te4 ,bi5tt ce vieux pre hteli] m'intresse vivem5t4 ,dans la rgion loigne d'o sa voix s'lve il a des p5ses qui tonn]ai5t s+ulirem5t ceux qui reg>d5t un ,trappi/e comme un automate habill de bure4 ,voil soixante ans qu'il e/ la ,trappe o il e/ entr presque enfant1 et sa p]sonnalit e/ autrem5t m>que que celle de la plup>t des g5s du monde4 ,je m'ap]ois bi5tt que1 sans qu'il s'en d\te1 il a des gts de raff91 d'arti/e et de pote4 ,il a eu un j\r une discussion avec un monsieur qui devait tre un pr(esseur et dont les ides religieuses qu'il se rappelle et rsume m]veille1 lui faisai5t horreur4 ,cet homme s\ffrait de ses d\tes et sa figure avait une noblesse dans son inquitude4 ,il y a de ces malheureux1 me dit le pre1 qui s]ai5t des sa9ts si ,dieu les clairait4 ,on voit bi5 qu'il a une sympa?ie p\r t\t homme qui s5t vivem5t4 ,il aime la beaut1 l'art1 l'loqu5ce4 ,il s't5d sur la puissance de p>ole du ,pre ,abb qui e/ encore trs jeune et a une facilit incroyable4 ,l'lgance le ravit4 ,il me dit t\t c\p qu'il e/ trang]1 il e/ n dans une vieille ville des bords du ,rh94 ,on ne s'en d\t]ait gure3 sa phrase l5te e/ d'une puret s+ulire4 ,c'e/ qu'il a t\j\rs pris plaisir rem>qu] des t]mes *oisis et une prononciation di/+ue4 ,l'anne d]nire1 des ,we/phali5s sont v5us visit] la ,trappe3 il a t frapp de la diffr5ce de leur allem& d'avec celui de la prov9ce rhnane4 ,l'un d'eux1 un monsieur videmm5t du gr& monde1 avait une faon dlicieuse de prononc] le mot a*tzig4 ,et la voix lo9ta9e rpte a*tzig1 a*tsig1 avec complaisance4 ,je m'tonne qu'un ,trappi/e qui n'a comm5c p>l] qu' soixante ans aime tant le beau langage et ait appris p>l] si bi54 ,le vieil hteli] s\rit4 ,app>emm5t on p>le1 la ,trappe1 bi5 plus que je ne croyais4 ,on p>le p5dant le noviciat et qu& on fait ses tudes1 on p>le au *apitre et il semble mme qu'on y p>le quelquefois avec animation1 on pr*e1 on va voir le ,pre ,abb4 ,en somme on a une vie bi5 mo9s r5f]me que je ne supposais1 et il y a quelque mrite1 mme un ,trappi/e1 tre obissant1 *>itable dans ses jugem5ts et modr dans leur expression4 ,le pre hteli] e/ vieux1 il a connu plusieurs abbs1 il n'e/ donc pas cra9dre que je sa*e quel e/ celui dont il p>le et qui e/ depuis longtemps dans son tombeau4 ,eh bi56 celui-l avait plus de zle que de sci5ce4 ,p>fois1 au *apitre ou l'glise1 il lui arrivait de laiss] *app] des affirmations surpr5antes et qui faisai5t se relev] les ttes avec un m\vem5t tonn4 ,le pre hteli] att5dait un j\r ou deux1 puis allait frapp] la porte de l',abb4 ,mon ,rvr5d ,pre1 v\s avez dit ceci ou cela4 ,v\s avez surpris la communaut4 ,l',abb rpondait qu'il avait vu cette doctr9e dans un livre1 mais le livre ouv]t et le passage lu il p>aissait t\j\rs que le pre abb n'avait pas bi5 lu4 ,cet ,abb-l n'aimait pas le pre hteli]444 ,le pre hteli] re/e sil5cieux un long mom5t3 il me reg>de de ses yeux te9ts4 ,t\t c\p sa voix lo9ta9e se fait plus tnue encore p\r une confid5ce3 ce ,pre ,abb tait ,jansni/e4 ,un beau j\r le pre hteli] entrant *ez lui l'improvi/e l'avait tr\v lisant1 quoi8 l',augu/9us4 ,n\veau sil5ce p5dant lequel cette rvlation me jette dans un abme de rflexions et de d\tes4 ,l'horloge affirme avec =ce que le pre hteli] n'aurait pas d racont] cela4 ,le vide et le sil5ce de la salle b\rdonn5t mon oreille4 ,je me s5s un peu mal l'aise p\r expliqu] au vieux ,trappi/e que1 malgr ce que je vi5s d'ent5dre1 je reg>de t\j\rs la ,trappe comme une ,?bade et que peut-tre l',abb se s]vait du gros livre de ,jansnius comme ,*rysale de son ,plut>que4 ,p> bonheur1 on ent5d dans le ve/ibule les clats d'une voix jeune et bruyante4 ,cette voix rpte qu'avec de la bire1 du pa9 et du fromage on djeune =t bi54 ,la porte s'ouvre et un jeune cur p>at au seuil1 un peu ple d'avoir eu trop faim4 ,on s'empresse et un troisime djeun]1 vrai djeun] d'ana*orte cette fois1 remonte bi5tt de la cave4 ,le pre hteli] regrette la conv]sation ?ologique o n\s tions1 mais1 comme il faut tre hospitali]1 il met le disc\rs sur la ,sp>ation4 ,le jeune cur e/ int>issable4 ,il dcl>e que t\t le monde m\rra de faim1 mais que le ,pape ne peut song] une m9ute accept] la loi4 ,sa p>oisse e/ peuple de paysans av>es qui ne donn]ont jamais un s\4 ,n'importe4 ,il faut lutt]4 ,on dira la messe dans une grange et on v]ra bi5 qui ti5t la religion et qui n'y ti5t pas4 ,le frre hteli] qui e/ un ami du jeune cur e/ r5tr avec lui4 ,il l'c\te sil5cieux1 approbateur et un peu n>quois1 en pr5ant de l>ges prises de tabac4 ,bi5tt1 comme il e/ ,belge1 il comm5ce un p>allle complaisant entre la situation des ca?oliques dans son petit pays et celle des ca?oliques de ,france4 ,v\s tes p\rtant tr5te-six millions1 dit-il4 ,le jeune cur sait bi5 que c'e/ vrai1 puisque c'e/ dans les gographies4 ,il mange un peu n]veusem5t son ,port-,salut4 ,cep5dant le frre hteli]1 p\rsuivant ses avantages1 fait un tableau p>adisiaque de la vie p>oissiale et ecclsia/ique au diocse de ,namur4 ,il apporte des *iffres4 ,peu peu la conv]sation dvie et le pre hteli] lui-mme1 sortant d'une rv]ie1 comm5ce p>l] millions et millionnaires4 ,le frre hteli] s'assi$ et cont9ue de mani] avec aisance des sommes normes4 ,le jeune cur mal9 laisse ent5dre que les ,trappi/es sont imm5sm5t ri*es et le frre hteli]1 p\r ne pas rpondre1 pr5d plusieurs prises c\p sur c\p4 ,une heure et demie appro*e4 ,c'e/ l'heure de la visite4 ,j'ai fait pass] ma c>te au ,pre ,abb et on vi5t dire qu'il m'att5d dans la gal]ie4 ,ce ,pre ,abb e/ t\t jeune1 d'allure presque lgante4 ,il me laisse pe9e bais] son am?y/e4 ,il met aussitt la conv]sation sur des sujets qui ne m'ennui]ont pas4 ,on se croirait *ez un de ces religieux curieux et polis qu'on r5contre ,rome et qui sav5t p>l] de t\t4 ,moi-mme je pr5ds le ton du monde444 ,une heure et demie sonne4 ,le ,pre ,abb a quelque affaire4 ,n\s n\s sp>ons sans que je songe que n\s sommes au ds]t et sans que le pre abb me dise qu'il faudra m\rir4 ,la visite comm5ce4 ,on trav]se les clotres c\v]ts d'inscriptions au/res et orns d'un *em9 de croix4 ,on trav]se l'glise o se clbre l'(fice nocturne1 puis le dortoir avec la tte de mort qui invite si trangem5t au sommeil4 ,puis on monte dans les gr5i]s de la brass]ie o rgne l'odeur du gra9 brl1 on visite la f]me o un *i5 d'aspect t]rible vi5t dem&] frocem5t une c>esse au pre hteli]4 ,celui-ci ne p>le presque plus4 ,il glisse trav]s le mona/re sur ses vieux s\li]s appesantis4 ,au sortir d'une c\r1 n\s n\s tr\vons dans un petit cimetire o l'ombre de la haute abside de l'glise fait rgn] une gr&e fra*eur et une tranquillit t]nelle4 ,les petites croix noires port5t t\j\rs en lettres blan*es l'inscription ,frre ,n41 mort l'ge de444 ans4 ,la visite e/ f9ie et je vois que le pre hteli] e/ bi5 fatigu4 ,il e/ vieux p\r a9si mont] et desc5dre4 ,je dem&e ret\rn] l'glise4 ,je m'ag5\ille dans la tribune d'o l'on voit fuir les lignes s\ples de la vote ogivale4 ,le soleil a envahi t\te la p>tie suprieure de l'glise et l'on s5t une tideur4 ,cep5dant le v5t d'oue/ cont9ue se j\] follem5t dehors1 dans les arbres et sur les toits3 il *ante et gronde et siffle et s\ffle p\r rire sur l'armature plombe des vitraux4 ,je mdite sur le calme de cette solitude1 je fais des comp>aisons et des exam5s de consci5ce4 ,a trois heures je remonte bicyclette4 ,la ma*9e agile me porte4 ,je trav]se des bois1 des prairies1 des plateaux o l'h]be s*e ondule4 ,p>fois la r\te fait le gros dos et je vois de gr&s paysages calmes4 ,dans le ciel bleu les nuages blancs font aussi des r&onnes4 ,septembre *ante p>t\t sa *anson mlancolique4 ,septembre #aije4 ,,la ,,vall,e ,,du ,,cadi ,,et ,l',,abbaye ,,de ,,sa9t-,,m>t9 ,,du ,,canig\ ,aprs tr5te heures d'une c\rse v]tig9euse trav]s le pays de ,france1 dans la brume de dcembre et les tnbres glaciales1 puis1 s\da91 au rveil1 s\s un ciel trs bleu1 dans des campagnes blan*es semes de villes blan*es aussi1 le long de la ,mdit]rane ou p>-dessus les tangs sals1 on arrive enf9 ,p]pignan4 ,vieille ville o ne rsonne que le catalan sc&1 o l'on voit des mantilles et des f\l>ds sur des co/umes p>isi5s1 des figures f9es et des yeux noirs1 et que l'on jur]ait espagnole1 si les ruelles les plus tortueuses1 celles o les tages dbordants se p5*5t plus m5aants1 ne portai5t sottem5t les noms de nos gloires rpublica9es1 depuis ,r\get de l',isle jusqu' ,gambetta et probablem5t ,f]ry4 ,ce s5tim5t des h>monies entre les noms et les rues e/ commun t\tes les municipalits du ,midi4 ,au del de ,p]pignan1 le *em9 de f] s'engage dans la valle de la ,tet4 ,la f]tilit de cette valle l'a r5due clbre4 ,je l'ai vue presque entirem5t c\v]te des eaux qu'y amn5t d'innombrables canaux d'irrigation3 seuls les olivi]s jetai5t sur ces campagnes les c\leurs de la vie2 mais on imag9e aism5t ce que doit tre la ferie de cette vgtation qu& la fleur des am&i]s se mle au feuillage des vignes et des figui]s dans des *amps que sp>5t des haies de gr5adi]s et d'agaves4 ,deux *anes de montagnes c\r5t p>alllem5t la voie f]re3 droite les ,corbires1 gau*e les ,pyrnes1 ou plutt les ramifications sans nombre qui ab\tiss5t l'norme massif du ,canig\4 ,peu peu ces montagnes se rappro*5t et s'lv5t4 ,qu& on a dpass ,ille1 la m>*e du tra9 devi5t pnible2 la ,tet1 rapide et encaisse1 n'e/ plus qu'un torr5t2 des villages tri/es s'accro*5t r\getres et s]rs au flanc des montagnes2 t\t devi5t pauvre et au/re4 ,cette s5sation de ds]t va croissant4 ,les /ations sont de plus en plus grises1 petites1 provisoires2 ri5 n'y remue1 p]sonne presque qui desc5de ou qui monte4 ,enf91 on atte9t ,prades2 la locomotive y entre sans bruit1 sans arrt brusque2 on s5t bi5 qu'elle e/ fatigue de sa c\rse et qu'elle n'ira pas au del4 ,en voiture6 ,n\s montons dans une dilig5ce attele de trois jolis *evaux t>bes f9s et n]veux4 ,bi5 qu'il fasse un v5t t]rible et que des flocons de neige voltig5t dans l'air1 je me s]re dans mon manteau et je pr5ds la seule place qui convi5ne un vrai voyageur1 ct du co*]4 ,ce co*]-l n'e/ pas du t\t vulgaire3 il a la b>be aussi noire que n'importe quel ,catalan bi5 m>qu1 et avec cela1 *ose plus r>e1 une expression intellig5te et ouv]te2 d'ailleurs1 nullem5t loquace2 je comm5ce une tude appr(ondie de la langue catalane en dem&ant avec -propos comm5t on dit *eval4 ,cela se dit caball4 ,n\s trav]sons ,prades4 ,honnte s\s-prfecture sans prt5tions dplaces4 ,n\s la trav]sons d'un tra9 d'enf]4 ,en ,r\ssillon les *evaux ne connaiss5t que deux allures3 ou bi5 ils brl5t le pav en faisant feu des quatre pi$s1 ou bi5 ils s'avanc5t rveurs et la tte baisse ct d'un montagn>d aussi peu press qu'eux4 ,la r\te conduit en ,espagne p> ,montl\is et ,puigc]da4 ,a droite1 la ,tet c\le dans un pr(ond rav9 sur un lit de caill\x multicolores4 ,de t\s les cts1 la montagne2 vis--vis1 tage en une multitude de t]rasses s\t5ues p> des murailles en pi]res s*es et c\v]tes des d]ni]s olivi]s4 ,au lo91 le vieux ,canig\1 t]nellem5t *auve et blanc4 ,n\s dpassons ,ria4 ,un pont roma9 dess9e son ossature branlante en face d'une con/ruction d'aspect s9i/re1 moiti glise1 moiti =t]esse4 ,la valle va se ress]rant4 ,bi5tt elle n'e/ plus qu'un dfil4 ,la r\te s]p5te entre les p>ois pic de la ,tr5cada d',ambulla3 des ro*es mont5t d'un seul jet des c5ta9es de pi$s1 biz>res1 taillades1 brles1 avec des po9tes aigus ou des blocs surplombant en quilibre4 ,n\s croisons peu de di/ance un *evri] et un muleti]1 deux types si ess5tiellem5t pyrnens4 ,a six kilomtres de ,prades1 on se tr\ve inop9m5t en face de l'tonnante petite =t]esse de ,villefran*e1 vrai bij\ en*ss dans un dfil troit et pr(ond4 ,la valle se bifurque3 une r\te monte gau*e v]s le ,canig\2 s\s le pont qui donne accs dans la ville1 un torr5t assez considrable rejo9t la ,tet avec une cume et un gr& bruissem5t contre les ro*es4 ,cette r\te e/ celle de ,v]net2 ce torr5t se nomme le ,cadi2 la valle troite dans laquelle il c\le e/ celle o j'ai pass quatre mois d'hiv]4 ,elle n'e/ pas bi5 va/e la valle du ,cadi3 elle n'a pas deux lieues de long1 il s'en faut1 et je crois qu'aux endroits les plus l>ges1 ceux qui donn5t aux petits ,catalans l'ide d'une va/e pla9e1 elle a bi5 c9q c5ts mtres4 ,elle compte en t\t quatre villages3 ,villefran*e1 ,cornell1 ,v]net et ,ca/ell4 ,que de fois j'ai fait dans un aprs-midi l'inspection complte de mes doma9es en m>*ant au petit pas6 ,mais si ma valle e/ petite1 elle e/ trs belle et intressante4 ,le ,canig\ la dom9e3 il l'enf]me dans ses bras gigantesques2 un ciel presque t\j\rs pur l'claire1 un peuple curieux1 franais de cur mais espagnol de murs1 l'habite2 et dans ces quatre hameaux =ms de maisons cr\lantes1 il n'e/ pas un endroit qu'un monum5t1 un site1 une lg5de1 une *ronique ne dsigne l'att5tion du voyageur4 ,petite valle1 tant de fois p>c\rue1 tudie1 scrute1 apprise p> cur2 tant de fois admire qu& le soleil la p>ait de fte1 et p>fois1 maudite t\t bas1 qu& le br\ill>d faisait voile l\rdem5t au flanc des montagnes1 ou qu& le v5t1 =ce de *]*] une entre dans ce massif ro*eux1 s'y prcipitait follem5t2 qu& une *ambre d'htel1 froide1 tri/e1 et dont la ma9 d'un ami ne heurtait jamais la porte faisait song] au petit cab9et de travail *aud et rang1 o la lumire de la lampe filtrait sur les livres trav]s l'abat-j\r rose4 ,villes d'hiv]6 j\ets du soleil1 esclaves de ses caprices2 c'e/ lui qui fait les bons et les mauvais j\rs1 la joie et la tri/esse1 la vie et la maladie4 ,heureux celui qui son l>ynx ou sa poitr9e p]mett5t de *oisir son temps et de mettre un ciel pur dans son it9raire6 ,villefran*e1 dire vrai1 n'e/ pas absolum5t dans la valle du ,cadi1 bi5 que celui-ci r\le contre ses murailles3 elle e/ dans la valle de la ,tet4 ,mais elle e/ si prs de notre valle2 elle tait tellem5t dans le rayon de mes fln]ies1 surt\t elle e/ si jolie que ceux qui la v]ront aprs moi compr5dront l'adoption et l'annexion4 ,on pr\ve une surprise dlicieuse1 la premire fois qu'on l'ap]oit au t\rnant de la r\te3 =t]esse en m9iature1 svelte1 gracieuse1 et en mme temps crne et comiquem5t m5aante4 ,brave petite ville6 ,comme elle a bi5 compris sa mission6 ,p5s] qu'elle e/ l en s5t9elle p]due contre la pauvre *re vieille ,espagne6 ,aussi1 pas de ces monticules s\rnois1 ouats de gazon1 et dissimulant de vrais mon/res1 des inv5tions dte/ables de meurtre4 ,non1 non2 mais des ba/ions l'air *eval]esque1 avec1 aux angles1 des t\relles en encorbellem5t gracieuses et f9ies1 des remp>ts crnels soigneusem5t c\v]ts en prvision d'une arquebusade plongeante1 un pont-levis levi] et *anes1 une porte en m>bre rose4 ,et la petite ,villefran*e s'l>git tant qu'elle peut2 elle se fait grosse1 elle se fait gr&e1 elle se gu9de sur *aque ct de la montagne3 impossible de pass]6 ,il faut subir l'humiliation des f\r*es caud9es du pont-levis4 ,on fran*it la porte1 on ap]oit un corps de g>de1 des magas9s1 des portes numrotes1 des avis brefs et militaires4 ,il y a une gurite4 ,on s5t bi5 qu'on aura des explications f\rnir1 qu'on s]a peut-tre conduit devant ,m4 d',artagnan1 comm&ant de place4 ,mais il n'y a p]sonne dans la gurite1 p]sonne dans les corps de g>de1 et ri5 dans les magas9s4 ,j'ai vu un j\r t\te la g>nison dans la gr&'rue4 ,le comm&ant de place1 un digne g>de d'artill]ie sans autre *ose de d',artagnan que le sabre et le manteau1 causait avec une t\te petite fillette aux yeux int]rogateurs et c&ides1 et la g>nison compose d'un seul et unique artilleur se prom5ait en b\rg]on blanc1 en portant alt]nativem5t *aque pi$ d'un ct du ruisseau l'autre3 ce jeu p>aissait l'amus] beauc\p4 ,les tr\pes de ,villefran*e n'ont pas t\j\rs t rduites un effectif aussi peu imposant4 ,avant la ,rvolution1 le rgim5t de ,lorra9e t\t enti] y t5ait g>nison1 et jusqu' ces d]nires annes quelques compagnies du #afj;e de ligne avai5t leur qu>ti] dans ce qu'on appelle le *teau4 ,c'e/ un =t1 vieux /yle1 con/ruit comme t\tes les df5ses de la place1 p> ,vauban4 ,il s'lve mi-cte1 quelque c5t c9quante mtres au-dessus de la ,tet et comm&e la r\te de ,prades1 celle de ,puigc]da1 et mme1 prcaution peu ncessaire1 celle de ,v]net4 ,ce nid d'aigle devait tre inabordable1 et il n'e/ pas impossible qu'il ait encore auj\rd'hui sa valeur /ratgique3 en t\t cas on pr5d t\j\rs so9 de v\s av]tir qu'il e/ df5du de dess9] ou de pr5dre des photographies aux al5t\rs1 s\s les pe9es les plus svres4 ,ce =t tait en mme temps une prison d'tat4 ,je regrette de ne p\voir dire que le ,masque de ,f] y fut enf]m3 les lecteurs de ,miss ,radcliffe se consol]ont en appr5ant que ses murailles s]vir5t de tombeau deux hrones d'un sombre drame3 deux complices de la ,br9villi]s4 ,quoi qu'il en soit1 le *teau e/ ma9t5ant ds]t3 les s\s-lieut5ants qui y billai5t1 y j\ai5t aux c>tes ou y lisai5t autre *ose que ,miss ,radcliffe1 ont d b\cl] leur valise avec un c]ta9 plaisir3 la socit ne devait pas tre anime4 ,p\rtant1 ,villefran*e e/ une petite ville di/+ue2 mme dans ces j\rs de dcad5ce1 elle a encore un notaire1 un mdec91 un juge de paix et le meilleur bill>d du pays4 ,les maisons1 presque t\tes trs va/es1 ont cet air de mlancolie qui trahit le regret de j\rs meilleurs2 la gr&'porte ouvre sur ces passages vots1 retraits brusquem5t c\ds qui donn5t tant de pittoresque aux con/ructions espagnoles2 presque t\tes les baies sont c9tres2 c]ta9es f5tres avai5t des bordures et des m5eaux sculpts1 mais ces ri*esses ont t peu peu dc\v]tes et enleves p> les t\ri/es qui ravag5t le pays2 il n'en re/e que deux ou trois4 ,en revan*e1 on tr\ve encore beauc\p de pices curieuses de f]ronn]ie1 cette autre gr&e coquett]ie de l'ar*itecture espagnole3 des grillages de f5tres1 des balu/rades de balcon1 des rampes en f] =g4 ,les guides1 en p>lant de ,villefran*e1 ne manqu5t jamais d'aj\t] qu'elle e/ entirem5t btie de m>bre rose4 ,ces deux mots ne sont-ils pas feriques8 ,les potes les plus oss1 en dcrivant les villes les mo9s relles1 ont s\v5t dit qu'elles tai5t en m>bre1 mais pas rose4 ,or ,villefran*e e/ rellem5t btie en m>bre rose4 ,malheureusem5t on ne s'en ap]oit pas4 ,le m>bre n'e/ pas taill1 et une p\ssire sculaire a t]ni les reflets r\getres que les facettes ont pu donn]4 ,villefran*e e/ donc plutt grise4 ,ce m>bre rose1 si commun dans les ,pyrnes que les montagnes en sont colores1 e/ d'un usage j\rnali] dans la con/ruction3 on en fait des bordures de trottoirs1 des rebords de f5tres1 des pila/res de portes4 ,qu& il e/ poli ou m\ill1 il pr5d une c\leur riante de *air nuance1 rose et f9e4 ,l'glise e/ un vieux monum5t datant au plus t>d du ,x,i,ie sicle1 mais dans un tat p>fait de cons]vation4 ,les mo9dres villages du ,r\ssillon ont s\v5t des glises aussi anci5nes et dont c]ta9es p>ties sont p>fois trs belles4 ,ce sont des tmoignages t\*ants de la pit du peuple p5dant la dom9ation des rois d',aragon4 ,on entre dans l'glise de ,villefran*e p> deux portails sculpts dont l'un supporte une belle ar*ivolte rubans et fleurons2 les f]rures de la porte sont rem>quables4 ,l'intrieur1 trs mal clair et d'une fra*eur glaciale1 se compose de deux nefs gr&es arcades surbaisses portant sur des pili]s massifs4 ,la gr&e nef se t]m9e p> une sill]ia1 isole1 suivant l'habitude espagnole et dont une /alle en p>ticuli] m'a p>u d'un travail anci5 et dlicat4 ,jusqu' la ,rvolution1 il y eut ,villefran*e une collgiale dp5dant de celle de ,cornell et compose de c9q ou six *ano9es4 ,ils entrai5t dans ces /alles p> une ouv]ture place au fond de l'glise et communiquant directem5t avec leur maison3 le peuple n'avait directem5t accs que dans la seconde nef beauc\p mo9s orne4 ,le matre-autel colonnes canneles e/ trs beau4 ,les autels latraux sont dcors1 comme dans t\t le pays1 d'ex-voto1 de fresques suraj\tes et d'un trs mauvais gt1 de /atues c\v]tes de soie1 de vel\rs et de bij\x4 ,l'ensemble n'e/ nullem5t banal3 la nef pr9cipale1 conue sur de l>ges proportions1 e/ imposante et vraim5t monum5tale4 ,j'ai vu dans la sacri/ie des ar*ives assez importantes1 mais dont malheureusem5t on n'a fait qu'un essai de classem5t2 elles devrai5t t5t] un rudit curieux de l'hi/oire ecclsia/ique de ce pays o presque *aque village avait une fondation mona/ique et o les docum5ts ne manqu5t pas4 ,villefran*e1 en catalan ,villafranca1 s'e/ aussi appele ,lib]ia4 ,elle e/ fire de son nom et il semble qu'en effet elle ait t jal\se de ses fu]os2 en t\t cas1 elle n'a pas cra9t1 l'occasion1 de j\] son petit rle rvolutionnaire4 ,avant mme la conqute de ,ri*elieu1 elle s'tait (f]te aux ,franais s\s la condition de cons]v] ses privilges2 aprs l'annexion du ,r\ssillon1 il p>at que les s5tim5ts de la fire petite ville *angr5t de n\veau1 c> en #afgd les pr9cipales familles ourdir5t contre la ,france une conjuration dont les dtails ne manqu5t pas d'un intrt romanesque4 ,p5dant la nuit du v5dr$i au sam$i de la ,passion1 deux c5ts ,espagnols devai5t s'enf]m] dans une va/e grotte appele auj\rd'hui ,corta ,ba/]a1 une petite di/ance des =tifications4 ,des miquelets portant leurs armes ca*es dans des bottes de paille entr]ai5t sitt l'ouv]ture des portes2 un signal donn1 ,espagnols1 habitants et miquelets tomb]ai5t sur la g>nison2 un corps de tr\pes p>ti la veille de ,puigc]da n'aurait plus qu' entr] dans la ville et le ,confl5t r$ev5ait espagnol4 ,ce plan *\a p> la trahison d'une femme4 ,l'am\r fut plus =t que le patriotisme4 ,la fille d'un des pr9cipaux conspirateurs1 da ,iez de ,ll>1 ayant ent5du1 trav]s une cloison1 qu'on jurait la mort des ,franais1 c\rut av]tir son amant1 ,m4 de ,p]lan1 lieut5ant du roi4 ,quelques heures aprs1 les conspirateurs tai5t arrts et appliqus la torture4 ,le pre d',iez prit de la ma9 du b\rreau1 et sa tte fut expose dans une cage de f] sur une des portes de la ville4 ,que si l'on me dem&e ce qu'il adv9t d',iez1 je rpondrai1 mon gr& regret1 que je l'ignore3 son hi/oire1 avec de semblables dbuts1 n'a pu tre que trs dramatique4 ,je sais cep5dant sa d*>ge que1 d'aprs une anci5ne relation catalane1 elle ne fut pas seule c\pable1 et que le vrai dlateur fut un transfuge espagnol du nom de ,colom9z3 ce tratre fut1 malgr t\t1 ent]r dans l'glise2 on y voit encore sa tombe2 comme celle de ,jansnius dans la ca?drale d',ypres1 elle ne porte qu'un nom et une date4 ,telle e/ la petite ,villefran*e4 ,j'av\e ma prdilection p\r elle3 son c>actre1 sa physionomie et son hi/oire m'avai5t sduit4 ,je suis desc5du s\v5t jusqu' quelque di/ance de ses portes p\r voir le soleil se c\*] d]rire elle2 elle avait1 cette heure1 un *>me indicible2 son beffroi1 son glise1 le clo*] des ,francisca9s1 les crneaux du remp>t semblai5t d'une lgret ari5ne sur le brillant transp>5t qui c\rait d'une montagne l'autre4 ,cette porte d'or me p>aissait une entre m]veilleuse sur le pays d',espagne dont je n'avais ri5 vu alors1 pays fanta/ique1 voqu en lisant ,gauti] et ,irv+1 *amp de rves sur lequel les collgi5s s'att>d5t1 les yeux fixes1 en feuilletant l'atlas1 comme le voyageur l'indicateur et en se rptant des noms qui sont des pomes4 ,remontons ma9t5ant le c\rs du ,cadi4 ,le jeune c]vel desc5d v]s la ,tet en c\rant tant qu'il peut4 ,combi5 diffr5t des gr&es rivires de la pla9e1 maje/ueuses1 calmes dans leur =ce1 r\tes m\vantes et n\rricires de prov9ces6 ,il c\rt sans cesse1 ni trve1 ni raison2 sautant p>-dessus les galets1 r\lant d'un air di/rait qu& sa r\te e/ droite mais cumant de colre aux t\rnants2 tantt brillant comme l'arg5t et jetant des t9celles1 tantt presque pr(ond et dplaant avec rgul>it des nappes paisses d'un v]t transp>5t1 mais t\j\rs irrfl*i1 bruyant et va9 comme la jeunesse4 ,il suit le pi$ d'un *anon sans importance o croiss5t en f\le les cy/es aux feuilles de lauri] et qu'il faudrait voir qu& le pr9temps s'e/ vraim5t dcl> et que ces arbu/es se c\vr5t de fleurs4 ,la r\te monte p>alllem5t au torr5t2 elle devi5t raide3 ,villefran*e n'e/ qu' c9q kilomtres de ,v]net et celui-ci e/ plus de deux c5ts mtres au-dessus4 ,entre la r\te et le rio1 ce qu'il y a de pla9e e/ assez cultiv3 quelques *amps1 quelques prairies maigres et ples bordes de saules mutils1 des mtairies ent\res de gr&s noiseti]s4 ,il n'y a pas de haies4 ,*acun isole son bi5 en levant aut\r un remp>t de pi]res s*es ramasses dans le torr5t4 ,quelques-unes de ces murailles grises sont con/ruites avec d'normes galets qu'un homme ne remu]ait pas2 p>fois elles s'l>giss5t et le s5ti] cont9ue sans pe9e sur la crte sa r\te sans cesse int]rompue4 ,des arbres y jett5t rac9e2 les bran*es se d=m5t au gr des blocs qu'elles treign5t2 on enfonce des pi]res dans les f5tes de l'corce1 elle se ref]me avec le temps et l'on ne di/+ue plus ce qui e/ pi]re de ce qui e/ bois4 ,s\v5t une espce de li]re petites feuilles colle sa trame sur l'app>eil cyclopen de ces murs et semble v\loir les cim5t]4 ,on se promne avec quelque difficult dans le ddale de cette sorte d'*iqui]2 l'impression gnrale e/ mlancolique4 ,c'e/ dans un cadre peu prs semblable que ,manzoni a plac le gr& paysage calme sur lequel s'ouvr5t les ,fiancs2 c'tait entre des murailles p>eilles que don ,abbondio s'avanait rveur1 t5ant son brviaire d]rire son dos et faisant vol] droite et gau*e les caill\x du *em94 ,a gau*e de la r\te1 des montagnes r\sses1 rav9es1 incultes et assez disgracieuses vi5n5t s'arc-b\t] contre le ,canig\4 ,le gant des ,pyrnes-,ori5tales app>at de l t\t environn de maje/4 ,aux environs de ,figuires et de ,g]one d'o on le voit isol et prcis comme sur la c>te1 mme des portes de ,p]pignan1 on peut en avoir une vue panoramique plus t5due4 ,ses innombrables ramifications acc\r5t v]s lui de t\s les po9ts de l'horizon2 ses quatre pics se sp>5t et se dta*5t plus nettem5t2 mais en remontant de ,villefran*e v]s ,cornell1 si sa composition p>at mo9s complexe1 combi5 elle gagne en unit1 en h>monie et en sublimit4 ,les contre=ts du sommet s'tag5t de *aque ct avec une rgul>it p>faite2 ils s'lv5t et se dploi5t l5tem5t en imm5se v5tail1 tantt ro*eux et pres1 tantt assombris et m>brs p> ce qui re/e des anci5nes =ts de p9s4 ,enf91 au milieu1 le pic suprme1 cont9uant rgulirem5t la crte1 s'lve en c\rbe presque p>faite4 ,un imm5se plan neigeux d'une blan*eur bl\issante desc5d v]s un lac ca* un peu plus bas4 ,s\v5t1 au lev] du soleil1 ce glaci] s'ent\re d'une ce9ture de nuages1 mais le soir1 qu& la temprature1 en s'abaissant1 rs\t ces vapeurs ou que la brise les dissipe1 on le voit seul clair et comme ros p>-dessus la pnombre qui enveloppe dj la valle2 aucun trang] ne passe l'hiv] dans la valle de ,v]net sans admir] plusieurs fois ces te9tes magiques4 ,cornell e/ bti sur un des contre=ts sept5trionaux du ,canig\4 ,c'e/ un petit village1 pittoresque comme t\s les villages de montagnes1 mais o j'ai admir1 dans la disposition des rues et la con/ruction des maisons1 cette sorte d'in/9ct ar*itectural qui semble naturel l'homme qu& le climat ne le proccupe pas1 et surt\t qu& l'abondance des matriaux lui p]met de s'ab&onn] sa fantaisie4 ,une porte de j>d9 devi5t facilem5t un portique2 un pont sur un troit ruisseau s'lve et se c9tre2 une arcade de m>bre r\ge surmonte d'une petite vi]ge protge une fonta9e2 sans aucune raison app>5te que l'horreur de la ligne droite1 les maisons recul5t ou s'avanc5t ou se t\rn5t de biais ou dbord5t sur la rue avec des cascades d'escali]s p>-dessus des entres votes et obliques1 et des envoles de colonnettes p\r s\t5ir un lg] balcon4 ,ce petit village1 qui ne compte pas c9q c5ts mes1 a l'glise la plus intressante du ,confl5t4 ,une faade crnele surmonte d'une t\r sans fl*e1 au sommet de laquelle les clo*es1 confiantes dans l't]nelle srnit du ciel1 se balanc5t j\r dans deux baies c9tres4 ,le portail e/ un morceau d'une beaut a*eve4 ,six colonnes en m>bre blanc *apiteaux emblmatiques reprs5tant des dragons et des bli]s1 port5t trois ar*ivoltes dont la premire e/ unie1 la seconde rubanne et la troisime enguirl&e de fleurons4 ,au milieu du tympan si ri*em5t encadr1 la ,sa9te ,vi]ge1 assise1 porte l',enfant ,jsus sur ses g5\x2 d'une ma91 il bnit1 de l'autre il ti5t la petite glise symbolique3 de *aque ct1 un ange avec un enc5soir4 ,l'ar*itecture romane ne p\rrait montr] beauc\p de spcim5s d'un travail aussi dlicat3 le m>bre blanc a pris cette c\leur vieil ivoire1 uvre unique des sicles et d'une lumire pure4 ,l'intrieur compos de trois nefs a mo9s d'intrt3 imm5ses autels en bois1 trop sculpts1 trop dors1 trop compliqus2 sa9ts multiples1 confessionnaux b>oques devant lesquels on s'arrte p]plexe2 vitraux aux c\leurs viol5tes1 tableaux aussi mauvais4 ,au milieu de ce f\illis on tr\ve p\rtant encore une p]le3 au fond de l'abside1 dans l'ombre projete p> le matre-autel s'lve un beau retable en albtre1 sculpt au ,x,i,ve sicle p> ,cascall de ,b]ga4 ,il en re/e quatre scnes de la ,passion et quatre scnes de la vie de la ,sa9te ,vi]ge4 ,cornell doit son glise la munific5ce des comtes de ,c]dagne4 ,ils s'y fir5t btir1 au ,x,ie sicle1 une maison que les *>tes appell5t ,palatium ,cornelianum2 l'glise e/ du sicle suivant4 ,comme celle de ,villefran*e1 elle fut longtemps dess]vie p> un *apitre rguli]3 cette valle ret5tissait con/amm5t des l\anges de ,dieu4 ,a trois kilomtres de ,prades1 c'tait l'abbaye de ,sa9t-,mi*el de ,cuxa1 un peu plus lo9 la collgiale de ,villefran*e1 et1 des f5tres de leur maison de ,cornell1 les *ano9es de ,sa9t-,augu/l9 p\vai5t voir la t\r de ,sa9t-,m>t9 du ,canig\ dans l'au/re paysage o les fils de sa9t ,b5ot l'avai5t place4 ,on a presque con/amm5t cette t\r devant les yeux en avanant v]s ,v]net4 ,elle semble comme enca/re1 une gr&e hauteur1 entre deux de ces innombrables aiguilles de ro*] s]res v]s l'endroit o les deux v]sants de la valle1 =ce de se rappro*]1 f9iss5t p> se jo9dre1 et o le ds]t comm5ce4 ,du mme ct1 p>-dessus le sommet d'une trs svelte et trs lgante montagne1 la ,pea1 des pics neigeux affleur5t4 ,enf91 au nord1 une triple *ane de montagnes tage ses te9tes dcroissantes4 ,en appro*ant du village1 de beaux platanes ombrag5t la r\te2 on dpasse un mamelon c\v]t de l'amphi?tre cr\lant des maisons du vieux ,v]net et l'on se tr\ve sur une place borde de maisons de bonne app>5ce4 ,une fonta9e surmonte d'un bu/e de ,rpublique arrogante sp>e les deux p>ties du village4 ,l comm5ce le ,neuf-,v]net1 un pays absolum5t civilis1 o v\s tr\v]ez non seulem5t une cole et une mairie sp>es et di/9ctes1 mais mme une ph>macie et une g5d>m]ie4 ,de la place1 "p une rue comme on n'en v]rait pas ,prades1 une rue sup]be1 avec des villas1 des baz>s1 un bureau de tabac1 un bureau de po/e et mme une b\tique de p>fumeur4 ,enf91 l'extrmit de cette rue1 isol dans un p>c rellem5t trs beau1 entre la ,pea et le ,cadi1 s\s de gr&s arbres et entre des p>t]res1 le dcor ord9aire des villes d'eaux3 des htels1 des !rmes1 un cas9o1 des *alets4 ,l tait notre qu>ti] gnral1 et c'e/ l que n\s crivmes ces lignes1 aux rayons d'un *aud soleil d'avril1 au bruit d'une cascade dont les eaux ne se taisai5t ni j\r ni nuit1 en face de trois gr&s p9s o une arme de m\*]ons dansait la s>ab&e1 p5dant que les neiges respl5dissai5t et que la *aleur int5se levait une vapeur subtile sur les *nes-v]ts des premires p5tes4 ,en gnral ce sj\r e/ agrable3 la montagne le protge contre les v5ts2 le soleil ne le quitte que t>divem5t et si le ciel n'e/ pas t\j\rs de ce bleu pr(ond qui *>me1 l'air y a t\j\rs la puret et l'espce de subtilit capiteuse et rcon=tante des hautes c\*es atmosphriques4 ,cette nature gr&iose1 cet air translucide1 cet oxygne vivifiant n'attir5t pas au ,v]net que des t\ri/es frileux4 ,mme p>mi ceux que la =tune a combls il y a des malheureux3 cette scne de joie voit des hommes qui s\ffr5t2 ils vi5n5t *]*] dans ces hauteurs un t]ra9 de lutte dfavorable la tub]culose de/ructrice4 ,il a t de mode d'appel] cette maladie le mal des aff9s ou des prde/9s4 ,aprs ,millevoye1 on ne *antait plus que des hros aux pales c\leurs4 ,bi5 des littratures n\velles ont fait oubli] ce qu'on appelait un peu brutalem5t la littrature poitr9aire4 ,les balles ne *oisiss5t p]sonne1 la maladie non plus2 des hommes qui ont vcu la vie trop vite en sont atte9ts comme eux dont le travail a passionn l'exi/5ce2 les j\isseurs sans horizon comme les *]*eurs d'idal4 ,mais1 malgr t\t1 il y a quelque *ose de d\l\reusem5t potique et de pr(ondm5t t\*ant dans cet alanguissem5t qui s'attaque l'homme dans la fleur de sa jeunesse1 le m9e peu peu1 sans lui enlev] l'intellig5ce1 ni lui refroidir le cur1 ni lui t] l'espoir1 jusqu' ce qu'enf9 son corps succombe sans que son me se soit affaiblie1 et s\v5t mme p>ce que l'me e/ re/e trop active et trop fire4 ,mal la fois cruel et d\x1 mort semblable un sommeil1 agonie sans spasme1 transition ins5sible de cette vie l't]nit1 que de fois mes yeux se sont remplis de l>mes en voyant vos ravages1 que de fois mon cur s'e/ s]r en v\s voyant f9ir trop tt une vie de noblesse et de travail3 ,ozanam1 ,h5ri ,p]reyve1 ,alb]t de la ,f]ronnays1 et tant d'autres1 les uns illu/res1 les autres mode/es et inconnus mais qui euss5t port des fruits4 ,le cur bat d'esprance en p5sant que des *]*eurs1 conqurants de la vie1 plus gr&s c]tes mille fois que les tueurs d'hommes les plus clbres1 s'a*>n5t la dc\v]te du g]me my/rieux qui tu]a le g]me ennemi ca* dans les pr(ondeurs de la vitalit4 ,c5t mille familles de mo9s s]ont en deuil *aque anne2 p>5ts et amis ne connatront plus cette horrible succession de joies et d'al>mes aut\r d'un fils ou d'un ami4 ,dj1 la sci5ce a fait un gr& pas3 une m?ode aussi simple que rationnelle donne des rsultats inesprs3 grce l'air pur des hautes montagnes on ne peut plus dire que la mort a m>qu t\s ceux que la phtisie t\*e4 ,les habitants du village n'tai5t pas en*ants1 p>at-il1 qu& on dcida la con/ruction d'un sanatorium quelques pas de *ez eux4 ,ils se sont conva9cus depuis que leurs cra9tes tai5t *imriques1 mais ils n'en ont pas mo9s cons]v la plus fire indp5dance vis--vis des ,p>isi5s qui vi5n5t pass] l'hiv] *ez eux4 ,le ,catalan1 comme le ,basque1 a la plus haute ide de sa p]sonnalit nationale3 la dm>*e d'un de ces montagn>ds1 la manire dont il porte son bret1 le reg>d de ses yeux noirs1 t\t1 jusqu' la t\rnure de ses m\/a*es1 trahit cette conviction et le di/+ue au premi] c\p d'il des habitants des pla9es1 o des communications plus faciles ont acclr le mlange des sangs1 modifi le type et oblitr les habitudes locales4 ,bi5 qu'on voie dans la valle de la ,tet quelques-uns de ces bonnets c>lates si communs en ,catalogne1 le co/ume des hommes e/ peu prs celui de t\s les montagn>ds des ,pyrnes4 ,les ri*es ne port5t plus l'ample cappa d\ble de c\leurs clatantes1 ni les pauvres les *les rps qui leur donn5t en ,espagne une attitude classique4 ,en revan*e1 quelques femmes aim5t encore les oppositions viol5tes de nuances1 les corsages applications1 les b&es de vel\rs noir sur les jupes de c\leur4 ,mme celles que le s\ci de la mode proccupe ne se rsign5t pas ab&onn] la coiffure traditionnelle1 le f\l>d de soie blan*e ou le petit bonnet catalan4 ,ce d]ni] e/ p>ticulirem5t gracieux3 on le rs]ve p\r les gr&s j\rs2 il se compose simplem5t d'une l>ge b&e et d'une coiffe rejete trs en arrire qui ens]re le *ignon3 les ri*es ,catalanes d'autrefois employai5t p\r ces lgres coiffures des d5telles presque sans prix4 ,a l'glise1 qu& elles se confess5t ou qu'elles communi5t1 et aux ent]rem5ts1 elles port5t le capuxo1 sorte de voile qui c\vre la tte et les paules et les fait ressembl] autant de religieuses4 ,pass un c]ta9 ge1 elles remplac5t le bonnet et le f\l>d blanc p> un capulet de soie noire plus ample et que le *le cont9ue h>monieusem5t2 c'e/ un cadre conv5able aux visages m9ces1 aux traits fi]s et l'expression grave qui sont1 s9on univ]sels1 du mo9s assez communs p\r tre encore les c>actri/iques de la race4 ,le diman*e1 il y a afflu5ce sur la r\te ombrage qui mne ,prades1 la ,rambla du ,v]net4 ,les gr&es lgantes se di/+u5t p> la *aussure2 l'in/> des trangres qu'elles admir5t p5dant la saison1 et que le docteur oblige port] une *aussure hyginique1 elles arbor5t des espces de sabots4 ,jusqu'au c\*] du soleil les rues sont encombres des rangs s]rs de ces prom5euses4 ,on ne voit presque po9t d'hommes3 ils sont ailleurs4 ,le diman*e ils mett5t des complets p>isi5s et des *apeaux1 et vont s'empoisonn] de tabac et d'abs9! dans deux va/es et magnifiques cafs qu'on ne s'att5dait gure tr\v] dans ces montagnes4 ,qu& ils sort5t de l1 trs t>d1 leurs yeux p>aiss5t plus noirs1 leurs m\/a*es plus fires2 ils pass5t prs de v\s la tte droite et l'expression hauta9e4 ,ils f]ai5t mieux de j\] aux dom9os en buvant du sirop de groseille comme leurs c\s9s de l'autre ct de la *ane1 ou bi5 mieux encore de j\] la balle1 au gr& air1 comme les pelot>is de ,biscaye4 ,quelques philan?ropes v\drai5t1 m'a-t-on dit1 =m] une ligue dansante qui vidt les cab>ets et promt de n'volu] que sur la place publique4 ,on rev]rait plus s\v5t ces danses antiques conduites p> les cornemuses des jugl>s et qu'on appelle ballas au ,v]net1 contrapas ,arles et cascaballades ,cret4 ,elles ont1 p>at-il1 beauc\p de c>actre4 ,je suis malheureusem5t dans l'impossibilit de les dcrire4 ,a ,v]net le ball n'e/ dans que p> les hommes3 c'e/ aut\r d'un arbre de la lib]t qui n'a pas prospr qu'ils dans5t en ronde ce pas aussi gracieux que difficile4 ,ces danses1 qu'on dit d'orig9e arabe--en ,r\ssillon on dit un peu trop de *oses d'orig9e arabe1--devi5n5t r>es4 ,elles disp>atrai5t c]ta9em5t si le ,catalan ne t5ait jal\sem5t ses usages4 ,sa langue lui e/ encore plus *re4 ,dans la plus gr&e p>tie du ,r\ssillon on cont9ue p>l] catalan4 ,le dialecte des ,catalans de ,france ne diffre pas au fond de celui des ,catalans espagnols1 mais il subit le sort de t\s les dialectes juxtaposs une langue plus p>faite3 il cesse d'tre un in/rum5t littraire4 ,t&is qu' ,b>celone o dans les qu>ti]s les plus ri*es1 sur les paseos la mode1 trois ou quatre p]sonnes pe9e sur c5t p>l5t ca/illan1 la littrature catalane g>de entire son autonomie et manife/e sa vitalit p> des pomes comme ceux de ,v]dagu] et de ,balagu]2 en ,r\ssillon1 la langue crite n'exi/e p\r a9si dire plus3 quelques *ansons1 quelques cantiques sur de vieux airs de compla9tes en sont t\s les monum5ts4 ,les g5s ri*es compr5n5t le catalan1 mais ils ne le p>l5t plus volonti]s et ils df5d5t leurs enfants de s'en s]vir4 ,au contraire1 dans la montagne et mme p>t\t ailleurs qu' ,p]pignan1 les ,r\ssillonnais qu'on ent5d *ang] entre eux quelques mots franais1 le font p> manire de jeu1 et il n'e/ pas r>e que les g5s un peu gs ne rpond5t qu'en catalan aux que/ions qu'on leur fait4 ,c'e/ d'ailleurs une langue trs ry?me et agrable l'oreille qu& on n'exagre pas une altration dlicate des sifflantes qui devi5t un dfaut sitt qu'elle cesse d'tre une coquett]ie4 ,en mme temps qu'une littrature commune aux ,catalans des deux v]sants pyrnens1 le s5tim5t d'une nationalit commune a disp>u peu peu3 les ,catalans sont aussi ,franais que les ,bretons ou les ,flam&s4 ,une accusation de sp>atisme porte assez lgrem5t contre eux1 il y a quelques annes1 dans la ,revue des ,deux ,mondes1 p> l'auteur d'un article sur la littrature de ,catalogne1 les a pr(ondm5t blesss4 ,il y a rellem5t1 p>at-il1 des t5dances de ce g5re en ,c]dagne1 dans les hautes valles qui t\*5t la crte frontire et la ,rpublique d',&orre1 mais il s]ait inju/e de les t5dre t\s les habitants des ,pyrnes-,ori5tales4 ,p5dant les gu]res de la ,rvolution1 plusieurs villes ont fait aux ,espagnols une rsi/ance c\rageuse1 et depuis lors on n'a pas vu le mo9dre m\vem5t nationali/e3 il n'y a mme jamais eu de rsi/ance lectorale considrable2 le suffrage univ]sel1 en ,r\ssillon comme ailleurs1 se plie avec une s\plesse m]veilleuse aux *angem5ts de g\v]nem5t4 ,les ,catalans n'ont d'ailleurs gure de sujets de mcont5tem5t4 ,ils lis5t peu les j\rnaux franais2 leurs montagnes les mett5t l'abri des trpidations populaires communes dans les gr&es agglomrations et les c5tres ouvri]s2 le travail des *amps leur donne une aisance trs mode/e mais assure3 ils se tr\v5t heureux4 ,assurm5t cette mdiocrit d'or n'e/ pas l'idal que je rve3 des beso9s matriels mo9s tyranniques1 une culture gnrale *aque gnration plus complte1 une lvation con/ante des s5tim5ts1 voil ce que j'att5ds des r=mes et de l'apo/olat de l'av5ir4 ,mais quelle diffr5ce p\rtant de la vie de lib]t des paysans du ,v]net l'atmosphre de mcont5tem5t1 d'artificialit et de s]vitude o l'ouvri] des villes s'agite fbrilem5t4 ,il y a quelques m9es de f] dans la montagne2 on les exploite comme les exploitai5t les ,roma9s2 on fond le m9]ai p> une antique m?ode catalane bi5 connue3 nul progrs depuis des sicles4 ,mais il n'y a pas de grve2 la m9e1 presque ciel ouv]t1 laisse circul] l'air pur2 le mot de m9eur n'voque pas l'ide d'un tre hve et spectral1 fanta/ique au sortir d'un monde my/rieux4 ,v]s le soir1 les m9eurs du ,v]net sort5t gaiem5t de leurs retraites des hauteurs1 et j'ai plaisir c\t] leurs *ants plusieurs c5ta9es de mtres au-dessus de moi1 dans les s5ti]s de la ,pea4 ,le lab\reur catalan n'e/ po9t p>esseux3 en gravissant le ,canig\1 on ap]oit p>fois qu9ze et seize c5ts mtres les petites murailles qui s\ti5n5t son *amp d'orge1 mais il e/ libre du travail s]vile et sans trve de l'homme que *aque passage de la navette1 *aque rvolution du volant oblige un m\vem5t4 ,il s'assi$ p>fois au bord du sillon1 et en r\lant une cig>ette1 reg>de le vol t\rnoyant d'un c\ple de faucons2 ses deux va*es brunes p5*5t leurs ttes p5sives et j\iss5t de ce repos4 ,la vie des g5s du ,v]net a t\j\rs une app>5ce de gaiet et de lib]t4 ,il se =me un rassemblem5t qu& le *>cuti] procde devant sa porte une immolation1 et l'on discute le noble animal2 les pe9tres ou le m5uisi] travaill5t une faade3 les vois9s s'en proccup5t et donn5t leur avis4 ,le soir1 entre quatre et c9q heures1 la place du village e/ une scne d'animation4 ,la m>maille *appe de l'cole se b\scule et crie confusm5t2 les femmes se rassembl5t aut\r de la fonta9e1 dpos5t leurs cru*es de f] battu et il s'lve un gr& caquetage1 t&is que va*es et *evaux p\ss5t leurs ttes entre cru*es et alc>azas et que des *vres impati5tes donn5t d'affectueux c\ps de corne dans les jupes de leurs matresses4 ,c> il y a une t\*ante confrat]nit entre les animaux et leurs matres3 on vit s\s le mme toit2 j'ai vu s\v5t deux *vres fauves foltr] s\s l'auv5t d'une vieille maison en att5dant qu'on leur ouvrt la porte4 ,c'e/ m]veille que les maladies pidmiques soi5t relativem5t r>es au vieux ,v]net3 t\t y e/ p\r le pittoresque et ri5 p\r l'hygine4 ,une qu9za9e de ruelles plus troites1 plus tortueuses1 plus raides que p>t\t ailleurs1 mont5t confusm5t l'assaut du plateau4 ,l1 s'lv5t l'glise et une vieille t\r lz>de4 ,les maisons les plus loignes ne sont pas trois c5ts mtres de l'glise1 et p\rtant il faut l'trang] qui veut y mont] sans guide1 du temps1 de la pati5ce p\r tr\v] le vrai *em9 et de la gr&eur d'me p\r brav] les s\rires lgrem5t n>quois des appr5tis tailleurs assis1 les jambes croises1 dans l'embrasure des f5tres ouv]tes4 ,il faut voir ces rues le soir1 au clair de lune1 dans cette lumire trange qui transfigure les objets famili]s1 les ombres crues et les silh\ettes agr&ies des gal]ies suprieures1 les desc5tes brusques et les t\rnants inatt5dus2 t\t cela donne l'impression d'un pays bi5 exotique1 mais cela fait frissonn] l'homme du ,nord acc\tum aux rues l>ges1 aux maisons trs claires1 au jeu libre de l'eau1 de l'air et de la lumire4 ,les ,catalans aim5t ces rues sombres1 ils ont mo9s *aud dans ces hautes maisons qui se protg5t l'une p> l'autre1 et ils ont t\j\rs assez d'air1 c> en ,r\ssillon on n'e/ pas prs de voir ce phnomne trange3 une porte bi5 jo9te et une f5tre qui f]me4 ,le lecteur ne me p>donn]ait pas de t]m9] ce tableau htif d'ailleurs et trs mal ordonn du peuple catalan tel que j'ai pu le voir1 si je ne disais un mot de ses s5tim5ts religieux4 ,sa foi re/e entire2 il ne connat ni l'incrdulit ni l'ho/ilit sy/matique que l'on r5contre mme la campagne4 ,ses murs re/5t pures1 les familles sont assez nombreuses1 la crim9alit peu considrable4 ,on s5t que p5dant des sicles le pays a d tre pr(ondm5t religieux4 ,les femmes s'arrt5t assez s\v5t p\r dire leur *apelet dans l'glise2 des ci]ges y brl5t presque con/amm5t2 c]ta9s pl]9ages attir5t des f\les considrables4 ,j'ai t t\* de la manire dont les crmonies de la ,sema9e sa9te tai5t clbres4 ,le diman*e des ,rameaux1 l'glise tait comble1 les assi/ants t5ant la ma9 une bran*e de lauri] orne1 comme dans t\t le ,midi1 d'oranges1 de figues1 de rubans multicolores2 n'et t la *aleur et la lumire int5se1 on et dit une =t d'arbres de ,nol4 ,le ,jeudi-,sa9t e/ une gr&e fte univ]sellem5t *me4 ,le ,v5dr$i-,sa9t1 il se fait une manife/ation de foi telle qu'on n'en v]rait pas de plus belle dans les p>ties les plus *rti5nes de la ,belgique ou de l',espagne4 ,a six heures du mat91 hommes et femmes1 sans presque d'exceptions1 font le ,*em9 de la ,croix dans les rues montueuses du ,vieux-,v]net4 ,un vieill>d portait un gr& crucifix devant lequel1 aux /ations1 t\t ce peuple s'ag5\illait dans la p\ssire4 ,le recueillem5t de cette f\le dans le gr& sil5ce du mat92 le soleil levant t9celant sur la frange neigeuse du ,canig\2 les prires catalanes demi comprises1 cet ensemble pittoresque m'et t\*2 mais j'tais bi5 plus t\* de la signification purem5t *rti5ne de cette scne et de l'effet que ce ret\r in/9ctif de t\s les ans la plus gr&e dvotion ca?olique peut avoir p\r le salut de ce peuple4 ,c> si c]ta9es traditions *rti5nes re/5t vivaces1 je cra9s qu'elles ne le soi5t que p> une sorte de vitesse acquise p5dant des sicles mais qui ira s'affaiblissant4 ,la mme tradition qui donne naissance ces gr&s actes de foi cons]ve des usages ridicules et presque b>b>es4 ,a la f9 de l'(fice de tnbres1 la rubrique fit fragor et /repitus e/ int]prte p> les petits ,catalans d'une manire indc5te4 ,s\s prtexte de frapp] sur les ,juifs ils apport5t des maillets dont ils cogn5t au has>d sur t\t ce qui leur p>at sonore dans la tribune d'orgues1 p5dant que dans la nef1 l'assi/ance remue ses *aises et frappe du pi$4 ,on quitte l'glise au milieu de ce bruit et d'un nuage de p\ssire4 ,cet atta*em5t une c\tume in9tellig5te trahit un peuple mal clair4 ,malgr les ef=ts d'un cl]g modle1 les p>5ts sont peu exacts envoy] leurs enfants au cat*isme et l'on aime assez une messe o il n'y ait po9t de prne4 ,les traditions s'effac]ont mesure que la langue et les usages franais s'implant]ont2 une in/ruction *rti5ne incomplte oppos]a une b>rire insuffisante l'invasion de l'indiffr5ce gnrale2 le ,r\ssillon1 au po9t de vue religieux comme aux autres1 e/ sur la voie de l'assimilation t]ne et sans c>actre qui nivelle t\t en ,france4 ,les ,catalans m'ont ret5u bi5 longtemps au ,v]net4 ,faisons une d]nire fois le pl]9age de ,sa9t-,m>t9 du ,canig\ et n\s aurons revu entirem5t ma valle4 ,on remonte t\j\rs le ,cadi2 il suit une longue et troite prairie seme de saules et de c\dri]s4 ,a droite1 de gr&es artes ro*euses font des saillies noires entre des b\lis presque v]ticaux4 ,a gau*e1 une montagne c\v]te de *nes v]ts4 ,en appro*ant du hameau de ,ca/ell1 cette montagne s'abaisse1 le *em9 t\rne et l'on se tr\ve en prs5ce d'une scne gr&iose4 ,une gorge pr(onde s'ouvre brusquem5t1 dom9e de t\tes p>ts p> un amoncellem5t confus de ro*]s v]dtres1 aigus1 pic1 sombres et m5aants4 ,ces rocs sont plus hauts1 ces abmes sont plus l>ges encore qu'ils ne le p>aiss5t3 on s5t que la vision juge mal1 qu'on e/ le j\et de ces illusions frqu5tes dans les montagnes4 ,ces aiguilles de pi]re1 nettes au premi] c\p d'il1 devi5n5t indi/9ctes qu& on les reg>de plus att5tivem5t1 qu& on *]*e supput] la hauteur des arbres qui croiss5t dans les anfractuosits4 ,le torr5t r\le avec un bruit s\rd et pr(ond trav]s un *aos de blocs normes4 ,a mesure qu'on s'lve sur le *em9 muleti] qui conduit v]s l'abbaye1 qu& les maisons disp>aiss5t et qu'on n'a plus d'autre horizon que ces murailles implacables1 on se s5t trs seul et trs petit2 on pr\ve le s5tim5t d'intimidation que produit une va/e glise solitaire ou l'abord d'un p]sonnage trs suprieur et r$\t4 ,aprs une demi-heure d'asc5sion1 on atte9t la crte ro*euse4 ,elle a d tre longtemps infran*issable t\t autre que l'is>d au j>ret d'aci]1 mais les mo9es l'ont c\pe d'une br*e qu'ils appelai5t porta =ana1 la porte du dehors1 et qui m>quait les limites de leur ds]t4 ,sitt cette ouv]ture trav]se1 le s5ti] t\rne sur une troite corni*e qui comm&e une vue magnifique de la valle1 au fond de laquelle le ,v]net app>at rduit et aplati4 ,presque aussitt1 on ap]oit une t\r solitaire dresse tri/e et m5aante sur un f\illis de plantes de t\tes sortes o l'on ent5d le frtillem5t des lz>ds4 ,cette t\r e/ celle-l mme qu'on a con/amm5t devant les yeux en montant de ,villefran*e ,v]net et dont l'emplacem5t contre une muraille de roc impntrable semble si p>adoxal4 ,c'tait le clo*] de l'glise extrieure4 ,les g5s de ,ca/ell n'avai5t po9t de cur et montai5t l'abbaye p\r ent5dre la messe4 ,cette glise de pauvres montagn>ds devait tre petite et nue3 un rude dess9 c\leur d'ocre tait t\t l'ornem5t des murailles4 ,le contra/e e/ gr& entre cette ru9e et celle de l'glise abbatiale qui app>at brusquem5t un peu plus haut4 ,ici on voit la beaut et l'on s5t t\j\rs de la vie4 ,la nature a comm5c depuis plus d'un sicle avec l'uvre de l'homme cette lutte foltre d'o elle f9it t\j\rs p> sortir victorieuse1 que son caprice soit de dtruire ou1 au contraire1 de cons]v]4 ,de robu/es arbrisseaux dans5t au v5t sur des re/es de votes o ils triomph5t dans une paisse c\*e de t]re v5ue on ne sait d'o4 ,de gr&es ronces se tord5t dans les f5tres ou ramp5t en haut des murailles4 ,des buissons d'p9e font bonne g>de l'entre des escali]s4 ,des fleurettes blan*es s\ri5t p>t\t entre les pi]res4 ,mais p>mi cette bac*anale pr9tanire1 dans la gris]ie du soleil et de la brise1 la grce d'une conception d'arti/e s'impose sans pe9e au reg>d le mo9s att5tif4 ,il y a une s+ulire lgance dans les baies ouv]tes de la t\r blan*e4 ,la *apelle romane n'a plus ni toiture ni porte et on y entre p> une ouv]ture bante4 ,mais d'o vi5t1 qu'une fois entr1 on ne se dcide plus sortir8 ,quel sortilge un ar*itecte mort depuis sept c5ts ans a-t-il atta* ces lignes =tes et s\ples8 ,aucune de ces *oses n'a l'air va9cu et humili qui m'opprimait devant la ru9e de l'glise extrieure4 ,les mo9es1 ent]rs dans la crypte1 ne doiv5t pas se s5tir ab&onns4 ,une p5se vit t\j\rs prs d'eux1 une h>monie p>le encore avec la brise aux r>es visiteurs qui leur apport5t un requiem sans tri/esse4 ,voici le tombeau du comte ,guifr$4 ,l'an #ajjg1 il se fit mo9e et v\lut creus] lui-mme sa fosse dans le granit du clotre4 ,la pi]re qui la c\vrait e/ une curiosit de muse1 mais le comte ,guifr$ e/ immortel4 ,j'ai apport le pome de ,jac9to ,v]dagu] o j'ai essay p5dant l'hiv] d'appr5dre quelques mots de catalan4 ,p]sonne ne connat en ,france don ,jac9to ,v]dagu]1 ni le comte ,guifr$4 ,cep5dant ,v]dagu] e/ un vrai pote1 et ,guifr$ fut un vrai *evali]4 ,ses *a/es am\rs et ses nobles ge/es mett5t une s9crit dans l'emphase sonore des /rophes catalanes et nulle "p autant que dans ce pome1 s9on peut-tre dans celui de ,roncevaux1 le ,pyrne n'app>at plus magique et sa beaut plus inaccessible4 ,don ,v]dagu] e/ v5u ici4 ,il a rv sur ces t]rasses ari5nes o les religieux--bndict9s de ,t>ragone--faisai5t vol] au v5t leurs scapulaires noirs4 ,il a ent5du la pla9te muette de ,sa9t-,mi*el de ,cuxa rpondre celle du campan> de ,sa9t-,m>t9 du ,canig\3 la voici1 h>monieuse et presque cont5ue1 dans l'pilogue de son ouvrage3 ,campanes ja no t9*1 li responia ,lo f]r5y campan> de ,sant ,m>ti2 ,oh6 qui pogus tornrmeles un dia6 ,p] toc> morts pels monjos les voldria ,p] toc> morts pels monjos y p] mi8 ,je n'ai plus de clo*es1 lui rpondait ,le robu/e campanile de ,sa9t ,m>t92 ,oh6 qui p\rra me les r5dre un j\r1 ,p\r sonn] mort p\r les mo9es de jadis1 ,p\r sonn] mort p\r les mo9es et p\r moi8 ,quel bonheur que le petit mona/re pyrnen1 avant de disp>atre p\r t\j\rs s\s son l9ceul de plantes folles1 ait tr\v ce *antre b>celonais4 ,il ne prira pas t\t enti]4 ,arra*ons-n\s au *>me de ces dbris4 ,p>-dessus la l>geur du prcipice1 je jette un d]ni] c\p d'il sur ma valle4 ,le ,v]net1 le ,canig\1 la petite pla9e1 la montagne de ,villefran*e se dr\l5t devant moi4 ,bi5tt je ne les v]rai plus qu'en s\v5ir4 ,encore une tape fran*ie4 ,encore rempli un de ces cadres o des figures amies app>aiss5t dans les scnes gr&es ou vulgaires o on les r5contra4 ,un d]ni] c\p d'il sur ce gr& paysage4 ,desc5dons1 le d"p appro*e4 ,il y aura du plaisir aux effluves inc]ta9s et d\x des pla9es v]tes et des feuillages humides4 ,je vais retr\v]1 avec des paysages famili]s1 de vieilles affections dont l'acc\tumance a r5du la voix mo9s haute et mo9s claire1 mais qui sont p\rtant le gr& fond de cette musique du cur dont ,platon p>le quelque "p4 ,je les ent5ds plus di/9ctes mesure que l'heure du d"p appro*e4 ,joies complexes et s+ulires du ret\r6 ,avril #ahid4 ,,une ,,abbaye ,,au ,x,v,i,i,ie ,,si,,cle ,,liessies ,,v]s #agbj ,liessies e/ un village de sept huit c5ts mes1 situ l'extrmit sud-e/ du dp>tem5t du ,nord1 deux lieues d',avesnes1 et une lieue et demie de ,solre-le-,*teau4 ,quelques p]sonnes connaiss5t ,avesnes1 *ef-lieu d'arrondissem5t1 autrefois ville =te et dont quelques p>ties du remp>t subsi/5t4 ,c'e/ le sige d'un tribunal de premire in/ance1 et il y re/e une petite g>nison4 ,dans les temps peu loigns o l'on allait ,trlon et de l ,*imay p> la r\te1 on arrivait1 un peu aprs avoir dpass ,sa9s1 un t\rnant o la vue dev5ait intressante4 ,depuis un qu>t d'heure dj on rem>quait droite1 entre la r\te et le bois1 un l>ge *em9 v]t bord d'arbres sup]bes et qui a d tre une magnifique av5ue4 ,au t\rnant1 on se tr\vait dans un fond1 au-del duquel la =t se relve l5tem5t avec beauc\p de grce4 ,a droite et l'extrmit de l'av5ue1 on ap]cevait1 non sans tonnem5t1 un petit temple grec d'un /yle pur1 s\t5u p> quatre belles colonnes monoli!s1 en m>bre r\ge4 ,un peu plus lo91 au sommet de la b\cle dcrite p> la r\te1 un vieux ca/el en briques plies levait ses poivrires1 et gau*e1 de l'autre ct d'un pont1 un tang et quelques prs rejoignai5t la lisire du bois4 ,en dpit d'une ou deux maisonnettes blan*es assises assez gaiem5t au bord de la r\te1 il rgnait dans cette clairire un sil5ce et une mlancolie4 ,l'endroit p>aissait sombre4 ,le petit vieux *teau tait df5du p> une haute porte entre deux t\relles qui ne laissai5t ri5 ap]cevoir de la c\r1 et la faade de d]rire1 btie trs en contrebas du *em91 tait attri/e p> de gr&s sap9s et p> un ruisseau pr(ondm5t encaiss4 ,les volets tai5t f]ms1 sauf ceux d'une f5tre plus gr&e au rez-de-*ausse1 p> laquelle on ap]cevait un bill>d anci54 ,v\s dem&iez des r5seignem5ts sur cette tri/e demeure1 sur le petit temple4 ,le *teau1 v\s rpondai5t les bonnes g5s1 avait app>t5u ,m4 de ,talleyr&1 et ses ,mmoires y tai5t enf]ms p\r c5t ans4 ,le petit temple avait t aussi bti p> lui3 c'tait un temple prote/ant ou paen4 ,le matre avait fait v5ir ces belles colonnes r\ges de ,liessies4 ,on compr5ait alors qu'il y et comme une maldiction sur cette jolie valle1 et le petit temple bti de matriaux d'glise p>aissait lugubre dans l'ombre des *nes druidiques4 ,mais qu'tait-ce donc que ,liessies8 ,dj ,avesnes on v\s avait dit que le c>illon provi5t de la mme abbaye et que1 t\t joli qu'il e/1 il n'e/ pas beauc\p prs celui qu'ent5dai5t les mo9es4 ,une belle r\te blan*e s'enfonce dans les bois1 gau*e de l'tang du ,pont-de-,sa9s4 ,en une heure et demie elle conduit ,liessies4 ,au sortir du bois on se tr\ve sur un plateau assez lev d'o l'on ap]oit un va/e horizon de prairies et de =ts4 ,l e/ ,liessies1 endormi au fond d'une cuvette v]doyante et heureuse3 on n'y ent5d que le *ant des coqs2 *aque mtairie e/ att5ante son bi5 et il ne se fait presque po9t de *>rois4 ,qui croirait que1 p5dant sept ou huit c5ts ans1 le nom de ce petit village fut celui d'une puissante abbaye bndict9e8 ,on retr\ve encore en les *]*ant l'infirm]ie du mona/re et une f]me qui t\*ait la maison de l',abb4 ,deux hautes colonnes l'entre d'un pont m>qu5t l'emplacem5t d'une porte monum5tale1 mais de l'abbaye elle-mme il ne re/e aucun ve/ige4 ,j'ai p>c\ru c5t fois les lieux que c\vrait cet norme mona/re avec ses trois clotres1 ses j>d9s1 sa c\r d'honneur1 sa pot]ne1 ses f]mes1 sa brass]ie et un somptueux logis abbatial4 ,ri51 ri5 ne dcle l'il le plus att5tif que les *oses n'ont pas t\j\rs t ce qu'on les voit3 une r\te qui ressemble t\tes les r\tes1 des haies bi5 tailles1 deux ou trois j>d9ets1 des prairies o l'h]be p\sse luisante et drue1 puis des bois4 ,pas un t]tre1 pas une ligne /rile qui fasse dev9] des ru9es4 ,s\s le mo9dre rayon de soleil ce co9 de village app>at le plus riant qui se puisse rv]4 ,quelques appellations locales sont les seuls s\v5irs qui p]si/5t3 on dit t\j\rs l'tang des ,mo9es1 la prom5ade des ,aptres1 le ,vignoble 7c'e/ une coll9e auj\rd'hui c\v]te de sap9s71 le ,bois l',abb4 ,le langage des hommes e/ plus fidle que leur mmoire4 ,qu'e/ dev5ue cette montagne de pi]res8 ,l'abbaye fut scul>ise en #agia4 ,en #agic1 l'glise fut pille et les btim5ts fur5t v5dus un paysan qui arra*a les bois et les f]rures4 ,aprs lui v9t un *ano9e du ,sa9t-,spulcre de ,cambrai qui vcut tr5te ans1 misrable1 dans cette dsolation1 fuyant de *ambre en *ambre l'cr\lem5t des toits et la lz>de des murailles4 ,enf91 en #ahcf1 un entrepr5eur a*eta t\t ce qui re/ait et fit place nette4 ,les g5s du village avai5t t mis en demeure p> le prfet de *oisir entre leur glise p>oissiale et celle de l'abbaye3 ils prfrr5t g>d] la leur qui tait plus petite et mo9s belle et dem&]ait mo9s d'entreti54 ,un pote des environs1 lam>t9i5 au front mlancolique1 v9t visit] ces dbris1 au mom5t de disp>atre3 ,salut1 lieux sacrs1 ru9es imposantes6 ,je ne vi5s pas tr\bl] vos reliques m\rantes1 ,salut1 je suis un faible et pauvre voyageur6444 ,v]s ces lieux dsols pas l5ts je m'avance444 ,les clotres tai5t encore deb\t3 ,s\s tes longs corridors le v5t gronde2 la pluie ,efface1 en s'infiltrant dans tes murs dlabrs1 ,les dess9s dlicats de tes plafonds dors4 ,l'glise n'avait plus de toiture1 et t\s les m>bres en avai5t t arra*s1 mais le gros uvre re/ait enti]4 ,des colonnes1 deb\t p>mi tes blancs dcombres1 ,app>aiss5t1 le soir1 comme de noires ombres ,qui1 sortant des tombeaux1 s'en revi5drai5t err] ,dans ta nef en ru9es et sur elle pleur]4 ,l'h]be crot dans la c\r du clotre solitaire444 ,la biblio?que avait t en p>tie brle1 mais il s'en retr\ve des p>ties assez considrables ,lille et ,mons2 le c>tulaire fut prs de c5t ans en ,anglet]re1 presque oubli1 dans la biblio?que de ,sir ,?omas ,philip2 il e/ ma9t5ant aux ,ar*ives royales de ,belgique2 enf9 un habitant de ,liessies1 vieill>d d'un abord *>mant et d'une culture dlicate1 ,m4 ,*>les ,lhomme1 a rassembl avec une pati5te dvotion les livres1 *>tes1 objets d'art et reliques de t\tes sortes qui re/ai5t et l1 dans le pays4 ,dieu veuille que cet homme aimable et savant fasse longtemps encore les honneurs de sa collection6 ,c'e/ lui que je dois le j\rnal manuscrit dont j'ai tir les matriaux1 non c]tes d'une tude1 mais d'une rv]ie d'amateur trs am\reux du pass et trs ignorant de ce qu'on appelle l'hi/oire4 ,ce j\rnal e/ s+ulirem5t intressant1 mais si mon lam>t9i5--il s'appelait ,m4 ,lebeau--l'avait pu lire1 il aurait t frapp de la di/ance qui sp>e les potes d'avec les objets qu'ils *ant5t4 99 99 99 99 99 ,il faut remont] trs haut p\r esquiss] l'hi/oire de l'abbaye de ,liessies4 ,v]s l'an de ,jsus-,*ri/ #gfj1 ,wib]t1 comte du palais1 *assant dans un doma9e qu'il avait reu de ,pp91 roi des ,francs1 rem>qua la beaut du lieu abondant en pturages1 en rivires et en gibi]4 ,ne s]ait-il pas utile et agrable au ,seigneur1 se dit-il1 d'y con/ruire une glise et un c\v5t1 d'y tablir de sa9ts religieux et de faire a9si *ant] les l\anges du ,t\t-,puissant en des lieux jusqu'alors ds]ts et inhabits8 ,le comte du palais communiqua cette p5se sa pieuse p\se ,ada2 et ensemble ils la mir5t excution4 ,aprs qu'ils eur5t p>faict l'glise et trs bi5 ordonn leur mona/re1 ils s'en allr5t p> dev]s aulcuns abbs et vesques dem&ant quelque relique de div]s sa9s4 ,l'glise ddie et consacre1 ils la p\rvur5t d'un ,abb4 ,ils avai5t ung fils appel ,gunt>d in/ant ds sa jonesse en la sa9cte escripture et en la discipl9e de religion4 ,ses p>5ts lui ordonnr5t et commir5t aulcunes p]sonnes dvotes et de bonne religion desquels il s]ait abb et recteur4 ,or1 ,wib]t et ,ada avai5t aussi deux filles1 ,hiltrude et ,b]!4 ,hiltrude tait belle de face1 mais encore plus belle de foy1 noble de p>5ts mais trop noble de bonnes meurs et bonne conv]sation3 son frre ,gunt>d lui e/oit comme sa9ct ,jrme1 elle e/oit son frre comme sa9cte ,eu/o*ie4 ,un jeune leude de ,b\rgogne tant v5u la dem&] en m>iage1 elle rpondit3 ,j'aime ,jhsus-,*ri/2 lui ay promis foy et lui dsire tre p\se4 ,et comme on la pressait1 m9uit1 elle prit aulcunes de ses s]vantes avec elle et s'enfuit en un bois pro*a9 et l se absconsa et mu*a de ses p>5s4--,ceux-ci1 tri/es et tr\bls1 vir5t bi5 que la rsolution de leur fille tait 9branlable4 ,ils p]suadr5t donc au jeune leude de r5onc] sa p\rsuite et1 en effet1 aprs quelque temps1 il p\sa ,b]!1 sur d',hiltrude4 ,or1 avant le d"p de ,b]!1 on alla qurir ,hiltrude o elle tait mu*e p\r la m>i] aussy1 mais son p\x immortel ,jhsus-,*ri/4 ,albric1 vque de ,cambrai1 lui donna le voile4 ,on lui con/ruisit prs du *ur des religieux un petit oratoire4 ,et t\j\rs elle e/oit l'glise en jenes et oraisons4 ,aprs l'oraison1 allait c\t] la leon que lui faisait son rvr5d frre ,gunt>d1 ne plus ne mo9s que jadis faisait sa9cte ,s*ola/ique de son frre sa9ct ,b5ot4 ,aprs avoir ou la leon1 ret\rnait sa sauveg>de de ju/ice1 c'e/--dire sil5ce4 ,elle vcut a9si dix-sept ans1 puis fut prise d'une langueur et m\rut encore jeune1 le v+t septime de septembre1 et on luy fit un spul*re o son corps fut honorablem5t enseveli auprs du gr& autel1 du ct du sept5trion4 ,et aprs1 fut mise au dit spul*re une tombe de pi]re sur laquelle e/oit escrit en cette manire3 icy repose le corps de ,hiltrude1 vi]ge1 laquelle trpassa le v+t septime de septembre4 ,telle e/ la *>mante hi/oire de sa9te ,hiltrude1 vi]ge de *ez n\s4 ,il ne re/e ri5 de l'abbaye de ,liessies1 mais ,hiltrude1 aprs d\ze sicles1 e/ t\j\rs aime et vnre2 son corps e/ enti] dans une *sse2 on boit t\j\rs la fonta9e o elle s'abreuva t&is qu'elle fuyait au bois la p\rsuite du leude de ,b\rgogne4 ,l'endroit e/ un vallon sauvage4 ,a quelques pas de la s\rce s'lve une rude *apelle du ,x,v,ie sicle qui app>t9t ,montalemb]t1 gr& amateur de belles lg5des1 et t\s les ans1 le v+t-septime de septembre1 on y vi5t en pl]9age4 99 99 99 99 99 ,les religieux de ,gont>d tai5t des *ano9es rguli]s4 ,au ,x,ie sicle1 ,gonti]1 prieur de ,cresp91 fut lu abb de ,liessies1 et ds lors les mo9es suivir5t la rgle bndict9e4 ,une s*e *ronique lat9e n\s r5seigne seule sur l'hi/oire de l'abbaye p5dant trois c5ts ans4 ,elle e/ rapide comme le temps et au/re comme la mort3 un vague prnom1 moiti lat9 moiti franc1--obiit1--cui successit ,n4 mona*us no/]--ri5 de plus2 il semble qu'on trav]se le clotre en jetant pe9e les yeux sur les pi]res tombales4 ,cep5dant on peut dev9] que ces premi]s temps tai5t assez tr\bls4 ,plusieurs abbs fur5t dposs1 amotus e/4 ,un se dmit et m\rut ,cteaux4 ,le c>tulaire montre l'augm5tation graduelle des ri*esses de l'abbaye4 ,les vques de ,cambrai lui concd5t des autels ou des cures2 des seigneurs vois9s1 des abbayes surs lui donn5t des alleux1 des villas1 des remises de r$evances et des f]mages d'impts4 ,au milieu du ,x,ve sicle1 ,liessies e/ dj une des abbayes les plus puissantes du ,ha9aut4 ,*>les le ,tmraire1 qui se mle de t\t1 veut impos] p> deux fois un abb de son *oix4 ,au sicle suivant1 c'e/ un abb de ,liessies1 ,quir9 ,d\illet1 qui conduit en ,espagne ,anne-,m>ie d',autri*e1 quatrime femme de ,philippe ,,ii4 ,son prdcesseur1 ,l\is de ,blois1 ami d'enfance de ,*>les-,qu9t1 tait un homme d'une sa9tet m95te et un aimable criva9 spirituel4 ,il fit fleurir une rgul>it qui dura plus de c5t ans4 ,ses deux successeurs fur5t de gr&s seigneurs et de bons religieux4 ,qui ne connat les ,acta ,sanctorum dont ,r5an dit quelque "p qu'ils f]ai5t d'une cellule un p>adis et dont il ne p>le jamais qu'avec une admiration tonne8 ,boll&us en ddia le premi] volume ,?omas ,luyt5s et le fit prcd] d'un loge d',anto9e de ,w+he1 l'un et l'autre abbs de ,liessies et protecteurs de cette gr&e entreprise4 ,ces ,mcne des savants jsuites1 alors pauvres et mpriss1 eur5t de mdiocres successeurs4 ,t\t ce qu'on sait de ,franois ,le ,l\*i]1 bon g5tilhomme d'ailleurs1 c'e/ qu'il obt9t de ,philippe ,,iv des lettres pat5tes ma9t5ant le mayeur de ,s>t-les-,mo9es dans le droit de j\] le premi] c\p de balle au j\r de la ddicace du lieu4 ,liessies tait ds lors accabl s\s le poids de ses ri*esses1 et on y vivait p>mi l'agitation /rile dont le ,j\rnal de ,dom ,maur n\s donn]a bi5tt l'amusant ou affligeant tableau4 ,on voit p>atre dans la correspondance de ,fnelon un ,abb de ,liessies qui fait un trange p]sonnage4 ,c'e/ ,lamb]t ,b\illon nomm en #afgh4 ,au mom5t o ,fnelon prit possession de son sige en #afie1 ce s+uli] ,abb rgnait sur le dsordre4 ,il avait la passion des btim5ts et dp5sait royalem5t les rev5us du mona/re en embellissem5ts et en procs4 ,il avait une autre faiblesse d'homme d'glise opul5t3 il aimait ses neveux et nices et t*ait les p\rvoir sans reg>d] beauc\p aux moy5s4 ,les mo9es se plaignai5t et murmurai5t1 mais comme les prieur1 s\s-prieur et procureur tai5t des cratures de l',abb1 ces pla9tes n'avai5t gure d'*o1 et il n'en rsultait qu'un esprit de mcont5tem5t et d'insubord9ation trs facile compr5dre4 ,en #agjb1 ,fnelon v9t visit] ,liessies avec l'int5dant de la prov9ce1 ,m4 de ,b]nires4 ,il n'eut aucune pe9e voir que l'tat intrieur du mona/re tait t\t ce que l'on disait ou pis4 ,cep5dant comme la rbellion des mo9es lui p>aissait plus f*euse que le gaspillage de l',abb1 il se cont5ta d'admone/] celui-ci en p>ticuli] et1 aprs lui avoir fait promettre de *ang] les (fici]s de l'abbaye1 il rappela svrem5t les religieux aux devoirs de l'obissance mona/ique4 ,l'ar*evque crit quelques j\rs aprs ,m4 de ,b]nires3 ,je suppose que ,m4 l'abb de ,liessies n'aura pas manqu de *ang] son prieur et son sacri/a9 et de nomm] les trois cu/odes la communaut1 ds le j\r de mon d"p1 comme il me l'avait promis4 ,v\s savez1 ,monsieur1 que je ne fis que grond] la communaut en ple9 ,*apitre et que leur donn] de =tes leons sur l'obissance qu'ils doiv5t leur ,abb4 ,si ,m4 l',abb ne s'e/ pas ht de leur ad\cir un peu une conclusion si amre1 p> l'excution du *angem5t des (fici]s1 t\te la communaut s]a mise une trs =te preuve4 ,ils croiront que j'autorise l',abb mme dans les *oses les plus irrgulires4 ,t\t semonc qu'il et t1 ,m4 l',abb ne fit ri5 de ce que l'ar*evque dem&ait4 ,a pe9e ,fnelon p>ti1 il s'avisa au contraire d'une ide de paysan f9aud qui se croit gr& politique4 ,avec son prieur ,flor5t ,jn>t1 il recomposa le disc\rs de ,fnelon1 le fit dcl>] au!ntique et sign] p> une d\za9e de mo9es et l'imprima4 ,l'orig9al de cette contrefaon exi/e encore1 et il faut voir ce que devi5t la prose de ,fnelon s\s ces ma9s paisses4 ,aprs deux c5ts ans1 les mots port5t t\j\rs l'acc5t belge sans qu'on puisse s'y mpr5dre4 ,voici un *antillon de cette belle h>angue3 ,faut-il int]rompre un vesque et l'entret5ir de vos vtilles et de vos anticailles p5dant qu'il doit veill] et pr5dre so9 d'un diocse enti] et qu'il doit encore e/udi] les ,sa9ts ,pres8 ,il ne faut donc plus de bagatelles ni d'amusem5ts1 je n'en s\ffrirai plus4 ,ne croyez pas que je veuille v\s entret5ir dans votre zle d'am]tume qui ne provi5t le plus s\v5t que d'une c]ta9e acdie1 du dfaut d'application et d'un dgt des *oses sa9tes4 ,fnelon fut peu satisfait1 on le compr5d1 de ces dang]eux collaborateurs4 ,il passa cep5dant sur cet ennui1 sans ri5 dire et avec un oubli de soi auquel devrai5t bi5 p5s] ceux qui lui repro*5t p>fois je ne sais quelle vanit fm99e4 ,m4 l',abb de ,liessies1 crit-il1 a publi de mauvaise foi un crit imprim o il me faisait p>l] ridiculem5t1 et j'ai mieux aim s\ffrir un imprim ridicule1 fait contre la bonne foi et le respect d mon c>actre1 que d'en donn] un dsaveu public qui l'et d%onor sans ress\rce4 7#aa avril #agje47 ,lamb]t ,b\illon m\rut trois ans plus t>d sans avoir rtabli l'ordre dans son abbaye4 ,on voit ,fnelon se pla9dre qu'il ait un pi$ dans la tombe et ne songe qu' des affaires sculires4 ,il eut p\r successeur ,agapit ,dambr9ne qui fut nomm directem5t p> le roi et reut les flicitations du ,p4 de ,la ,*aise en p]sonne4 ,v]s le temps de cette nom9ation1 entrait ,liessies ,dom ,maur ,leva*e1 qui dev9t procureur quelques annes plus t>d et t9t le ,j\rnal dont n\s allons n\s occup]4 99 99 99 99 99 ,n\s ne savons ri5 de ,dom ,maur que ce qu'une note crite aprs sa mort la premire page du j\rnal n\s en appr5d4 ,il avait t baptis ,d9ant-sur-la-,meuse1 le #bg janvi] #afhi1 s\s le nom de ,franois2 il fit pr(ession ,liessies en #agji1 et m\rut le #bg janvi] #agef1 g prcism5t de soixante-sept ans4 ,son ,j\rnal e/ un cahi] 9-#ab de deux c5ts pages environ1 reli en p>*em91 avec un papi] fleurs au dos4 ,dom ,maur a crit sur la c\v]ture1 de sa plus belle ma93 ,j\rnal de ,dom ,maur ,leva*e1 comm5ant le #a;er janvi] #agai4 ,il exi/e ou il a d exi/] une suite ce ,j\rnal4 ,dom ,maur le t5ait p\r son usage p>ticuli]1 et il e/ peu vraisemblable qu'aprs avoir scrupuleusem5t n p5dant trois ans l'emploi de ses j\rnes1 il ait subitem5t p]du une si bonne habitude4 ,les probabilits sont aussi p\r que notre cahi] soit le premi] qu'il ait rempli4 ,en #agai1 ,dom ,maur avait tr5te ans4 ,il n'tait prtre que depuis c9q ou six ans et il ne faisait sans d\te que d'entr] dans sa *>ge de procureur3 l',abb n'et pas confi des fonctions aussi importantes un t\t jeune homme4 ,n\s voyons p> le ,j\rnal que le temporel de l'abbaye occupait1 des titres div]s1 au mo9s sept ou huit religieux et que la plup>t des mo9es avai5t en pr5dre so9 p\r leur "p4 ,dom ,maur avait app>emm5t t di/+u de bonne heure p\r son jugem5t droit1 ses habitudes d'ordre et son att5tion aux intrts du mona/re4 ,il e/ vid5t qu'entre son ord9ation et sa nom9ation comme procureur1 il fut *>g de nombreuses missions qui le mir5t au c\rant des affaires1 soit comme receveur des rev5us1 ou adm9i/rateur du bi5 dans les div]ses villes o l',abb entret5ait un ag5t1 soit surt\t propos des innombrables procs o ,liessies tait con/amm5t engag4 ,ds les premires lignes de son ,j\rnal il p>at trs acc\tum aux affaires qui lui incomb5t et l'exi/5ce m\vem5te qu'elles entran5t4 ,d'un autre ct1 son ,j\rnal porte les m>ques ord9aires du ,j\rnal qu'on ti5t p\r la premire fois4 ,il comm5ce avec l'anne1 et ,dom ,maur rpte deux fois l'incipit sol5nel3 ,j\rnal comm5ant le #a;er de janvi] #agai4 ,l'criture des premires pages e/ f9e et soigne1 et une multitude de petits faits y sont consigns qu'on ne revoit jamais aprs que la f]veur d'exactitude des premires sema9es s'e/ p]due4 ,c'e/ un ,j\rnal d'homme d'affaires ou d'int5dant1 t\t rempli d'a*ats1 de procs et de btim5ts3 il s]ait d'une criture mod]ne qu'on n'en lirait pas dix pages3 mais dans sa vieille robe de p>*em91 il a une physionomie et une voix d'aeul et des inflexions antiques qui voqu5t le temps pass4 ,on s'tonne1 aprs l'avoir lu1 de voir nettem5t app>atre dans son imag9ation les lignes droites des btim5ts conv5tuels1 la *ambre des ar*ives encombres de f>des et de layettes1 le celli] et la brass]ie1 et1 dans le clotre1 ,m4 l',abb et le prieur1 t*ant s'ab/raire des v5tes et des procs avant d'all] au *ur1 et1 la gr&e porte de l'abbaye1 la voiture de ,dom ,maur t\t attele et ,don ,maur lui-mme avec un sac d'affaires1 une figure rsolue et une dm>*e vive et presse1 bi5 qu'il ait un air un peu dlicat et qu'il soit dcidm5t hypocondriaque4 ,dom procureur n'e/ presque jamais ,liessies3 il e/ p> voies et p> *em9s3 deux j\rs ,maubeuge1 huit j\rs ,mons1 de l c\rant ,bruxelles et t\t aussitt s'en rev5ant ,liessies1 d'o il rep>t promptem5t p\r ,val5ci5nes et ,d\ai4 ,n\s savons trs exactem5t comm5t il voyage4 ,c'e/ quelquefois en po/e1 mais le plus s\v5t c'e/ en *aise1 avec nos *evaux4 ,il emmne un compagnon et ,h5ry1 dome/ique4 ,il fait d'une traite les six lieues qui sp>5t ,liessies de ,maubeuge1 sige de la s\s-int5dance4 ,s'il a pu p>tir tt1 il ne fait que rafra*ir dans cette ville1 et n\s savons exactem5t1 p\r l'avoir vu c5t fois dans le ,j\rnal1 ce qu'il en cote p\r rafra*ir4 ,c'e/ d\ze ou quatorze pat>ds4 ,il pr5d alors des *evaux de po/e et r5voie les si5s avec ,h5ry4 ,s'il n'arrive que le soir1 il desc5d l'aub]ge ou *ez les ,pres ,jsuites1 au collge1 et rep>t le l5dema9 assez tt p\r tre de bonne heure ses affaires ,mons4 ,mons e/ le *ef-lieu des affaires de ,dom ,maur4 ,il ne faut pas s'en tonn]4 ,liessies n'e/ franais que depuis une c9quanta9e d'annes4 ,aup>avant il faisait p>tie des ,pays-,bas1 et un gr& nombre des religieux tai5t ,flam&s d'orig9e et de langue4 ,une p>tie considrable des bi5s de l'abbaye re/e en ,ha9aut et la plup>t des affaires se plaid5t au *ef-lieu4 ,en fait1 ,dom procureur passe plus de temps ,mons que p>t\t ailleurs4 ,l'abbaye y possde un refuge1 et1 quelque di/ance1 se tr\ve le prieur de ,s>t-les-,mo9es o ,m4 l',abb et ,dom ,maur vi5n5t quelquefois en villgiature4 ,le ,refuge e/ videmm5t un pi$--t]re digne de l'abbaye4 ,dom ,maur p>le quelque "p d'un plafond dor et de cuirs pe9ts qui orn5t la *ambre d'entre4 ,on y reoit des trang]s de passage4 ,il y a cep5dant app>5ce que cette procure e/ assez s\v5t inhabite4 ,la cave n'a po9t de v91 et le prud5t ,dom ,maur ne laisse jamais d'arg5t dans la maison4 ,le c(fre e/ en sret *ez des vieilles filles1 amies du mona/re4 ,ce c(fre1 qui j\e un rle assez considrable dans le ,j\rnal1 e/ une sorte de banqui] muet avec lequel on fait affaire sans s'emb>rass] de comptabilit4 ,dom procureur y pr5d l'arg5t dont il a beso9 et l'y remet trs exactem5t qu& l'quival5t de la somme e/ r5tr4 ,il y enf]me aussi les monnaies espagnoles1 jacobus et d\blons1 qu'il ne peut pas t\j\rs *ang] avant de repass] la frontire4 ,la vie de ,dom ,maur e/ celle d'un homme d'affaires trs occup4 ,il crit *aque mat9 c9q ou six lettres qu'il s'+nie faire arriv] de/9ation sans les faire pass] p> la po/e1 c> il n'y a pas de petites conomies2 il ent5d des comptes1 fait des baux1 suit des exp]tises2 surt\t il nage dans un ocan de procdure4 ,qu& il ne sollicite pas *ez un conseill] ou un procureur1 il travaille *ez un avocat4 ,il e/ trs au c\rant de t\te la ma*9e judiciaire1 s]t des av]t5ces et des solutions1 rpond des griefs p> des repro*es ou des contr$its4 ,le lat9 de la vieille bazo*e maille son franais wallon3 qu]itur1 dictum1 factum1 t\s les vieux mots de la *icane p>*em9e et t]nellem5t jeune4 ,des juges1 des avocats1 des g5s d'affaires p\r et contre pass5t dans le rcit1--c> en peu de temps ce ,j\rnal pr5d un air d'annales4--,m4 ,petit1 ,m4 ,duquesne et ,m4 ,adriani1 l'avocat ,le ,maulni] et ,m4 le conseill] ,tahon devi5n5t des p]sonnages famili]s1 et leurs noms aid5t leur compos] une figure1 t\t morts qu'ils soi5t depuis deux sicles et sauvs seulem5t de l't]nel oubli p> la =me de leurs initiales et le son des syllabes qui reprs5tai5t leurs fragiles p]sonnages4 ,amis ou ennemis1 ,dom ,maur les appelle ,monsieur avec la froide politesse du temps pass4 ,il appelle a9si t\t le monde1--aussi bi5 ,m4 ,molle ou le sieur ,van ,rode1 ses f]mi]s1 que ,m4 le comte d',attignies1--qu& on n'a po9t d'affaire avec lui4 ,sitt qu'on plaide1 il n'ap]oit plus que ,x v]sus ,y et dit ,molle ou d',attignies ou1 t\t au plus1 le sieur *ano9e ,po/eau4 ,l\is de ,blois1 mort en odeur de sa9tet c5t c9quante ans aup>avant et ent]r dans le *ur de l'glise abbatiale1 devrait n'tre p\r lui qu'un auteur anci5 et vnr dont on lit le ,speculum spirituale p5dant le temps du noviciat4 ,ayant fait emplette d'un drap de/9 c\vrir la pi]re tombale de cet illu/re ,abb1 il note froidem5t3 ,a*et un tapis p\r la tombe de ,m4 de ,blois4 ,n\s ne saurons jamais si ,dom ,maur avait le cur s5sible4 ,plusieurs fois des mo9es meur5t ,liessies4 ,il m5tionne l'heure laquelle ils ont pass1 ou la maladie dont ils f9iss5t4 ,dom ,flor5t e/ mort sur les deux heures du mat91 ou bi53 ,dom ,corneille e/ mort d'une fivre maligne4 ,ces dtails laiss5t seuls dev9] qu'il a t frapp de ces f*eux vnem5ts4 ,une seule fois son acc5t ne laisse pas de d\te qu'il a t vivem5t contr>i de tr\v] quelqu'un indispos4 ,il arrive ,mons p\r our le compte de ,m4 ,duquesne et le tr\ve bi5 incommod4 ,c'e/ le sup]latif de sa sympa?ie1 et telle e/ la puissance des g5s que leur nature ou l'ducation et les manires font p>atre rs]vs1 qu'on se s5t presque t\*4 ,m4 l',abb e/ un objet de con/ante sollicitude p\r ,dom procureur1 mais il e/ difficile de dire si c'e/ p>ce que cela se doit ou p>ce qu'il y a dans son respect p\r son suprieur une nuance d'affection4 ,c]ta9em5t ,agapit ,dambr9ne faisait une e/ime trs p>ticulire de son procureur2 mais t\s ceux qui ont connu des hommes d'glise de la gnration qui vi5t de s'te9dre sav5t l'abme que les dignits ecclsia/iques mettai5t1 il y a peu de temps encore1 entre les rangs de la hir>*ie4 ,quoi qu'il en soit1 ,dom ,maur note1 avec un so9 extraord9aire1 le progrs d'une fivre qui pr5d ,m4 l',abb4 ,on *ante son int5tion la messe des ,sa9ts ,patrons4 ,sa9te ,hiltrude n'e/ pas m5tionne en p>ticuli]1 mais comme ses reliques sont les reliques insignes de l'abbaye et qu'elle e/ invoque dans t\t le pays contre les fivres1 il n'e/ pas d\teux que les religieux de ,liessies la pri5t p\r leur ,abb4 ,on crit ,m4 l',abb de ,sa9t-,spulcre ,cambrai que ,m4 notre ,abb e/ malade4 ,on rdige un mmoire sur sa sant et comme1 app>emm5t1 on n'a que peu de confiance aux mdec9s du pays1 on envoie ce j\rnal ,mons1 aux demoiselles de ,b\illon1 gr&es amies de ,liessies1 p\r qu'elles le s\mett5t ,,mm4 ,wolf et ,ducl\x4 ,ceux-ci rdig5t une consulte que ,dom9ique rapporte en t\te hte4 ,peu de j\rs aprs1 les demoiselles de ,b\illon envoi5t une livre de pa/illes1 et ,m4 ,tahon1 religieux bndict9 de ,lobbes1 deux livres de ? v] p\r lesquelles on lui fait d'ailleurs compt] aussitt seize esquel9s d',espagne4 ,en mme temps1 ,dom ,maur fait v5ir qu>ante b\teilles de v9 du ,rh94 ,quelque temps aprs1 ,m4 l',abb1 tant mieux1 "p p\r ,mons avec le procureur4 ,en r\te la fivre lui repr5d1 et bi5 que ce ret\r soit de peu de consqu5ce1 ,dom ,maur fait a*et] un demi-c5t d'crevisses p\r remettre ,m4 l',abb en apptit4 ,d'ailleurs on pr5d ,liessies un extrme so9 des malades4 ,a pe9e appr5d-on que ,dom ,bruno ou ,dom ,ghisla91 occups ex]c] la recette ou pass] des tailles ici ou l1 sont incommods1 qu'on envoie un religieux p\r les s\lag]4 ,dom ,maur surveille sa propre sant dans un dtail si m9utieux qu'on ne peut l'imag9] que fran*em5t hypocondriaque4 ,une seule fois en trois ans il e/ un peu s\ffrant et g>de la *ambre p5dant un j\r ou deux4 ,le re/e du temps1 il e/ en *aise de po/e1 p> les *em9s1 ou accabl d'affaires ,mons1 ,bruxelles ou ,d\ai4 ,mais c\rant ou demeure1 il se soigne incessamm5t4 ,le ,j\rnal rapporte d'innombrables comptes d'apo?icaires1 et ,dom ,maur1 qui ne s'g>e jamais en va9es digressions1 note un j\r qu'il a r5contr son mdec9 s'en allant la *asse4 ,la mdec9e que n\s entrevoyons dans le ,j\rnal n'e/ plus du t\t celle de ,molire3 ni saignes1 ni purgations1 ni dites4 ,on pr5d de bon v9 vieux1 des biscuits et saccades p\r amus] l'e/omac1 du br&ev9 p\r r*auff] et tonifi]1 des lectuaires biz>res p\r dtruire les f]m5ts et mauvais g]mes4 ,outre div]ses ptysannes et ?s1 ,dom ,maur fait v5ir de *ez l'apo?icaire de la ?riaque1 du sirop capillaire1 c'e/--dire extrait de la plante nomme capillaire1 de l'eau d'anis1 de l'eau de la re9e d',hongrie et un lixir horrifique1 t\j\rs en usage dans c]ta9es p>ties des ,fl&res1 et qu'il appelle tantt lixir de v] t]re/re1 tantt spiritus v]mium t]re/rium4 ,il fait une gr&e consommation de v94 ,p5dant les deux premi]s mois de #agdi1 la m5tion pa p\r v91 biscuits et suc c&y revi5t con/amm5t1 p>fois t\s les j\rs1 et la somme db\rse v>ie de deux c9q1 neuf et mme onze flor9s4 ,il e/ probable que ,dom ,maur avait l'e/omac faible et p> suite une prop5sion se croire m5ac de t\tes les maladies1 sans cess] p\r cela de vaqu] des occupations trs absorbantes4 ,dom ,maur1 neura/hnique et homme d'affaires1 tait-il av>e ou gnreux1 d'un comm]ce agrable ou difficile8 ,n\s ne p\vons l'affirm]4 ,c'tait un homme droit et froid1 att5tif son devoir1 atta* son abbaye1 son ,abb1 lui-mme et ses frres2 aprs cela1 comme il avait l'esprit inconte/ablem5t ju/e1 il s'intressait au re/e du monde suivant qu'il le mritait4 ,il ex]ce une /ricte conomie1 ne faisant jamais une dp5se inutile et notant les plus m9imes3 deux s\s de filet p\r faire un po9t1 quatre s\s dp5ss p\r raccommod] un s\li]1 deux li>ds une b>rire ou quatre pat>ds un bac4 ,c'e/ un adm9i/rateur mfiant4 ,n\s le voyons de temps autre faire quelque remise un f]mi] pr\v p> la grle ou le gr& v5t1 mais qu& on lui p>le agr&issem5ts ou rp>ations1 il comm5ce t\j\rs p> re*ign]1 envoie sur les lieux ou s'y transporte en p]sonne et ne cons5t qu'au mo9s possible et la d]nire extrmit4 ,n\s voyons que s\v5t aussi1 propos de rclamations1 les *oses s'env5im5t brusquem5t et on plaide4 ,l'abbaye de ,liessies tait ri*e et gnreuse3 la tradition du pays et les ar*ives des glises en font foi4 ,dom ,maur1 qui maniait j\rnellem5t de grosses sommes d'arg5t1 n'avait pas empit] sur le *apitre des aumnes1 et n\s ne voyons pas qu'il le ft4 ,il donne assez libralem5t des dr+uelles#b3 deux flor9s aux dome/iques des ,pres ,jsuites1 six pat>ds la s]vante des ,bndict9es1 autant1 p> ordre de ,m4 l',abb1 au co*] de ,m4 l',int5dant4 ,mais ces gnrosits r5tr5t dans le *apitre des dp5ses prvues1 comme l'arg5t qu'on peut donn] un procureur qui a sollicit p\r v\s4 ,une seule fois1 ,d\ai1 ,dom ,maur donne v+t flor9s p\r le v9 de *>it de l'hospice1 mais c'tait peut-tre une manire de fondation4 ,une autre fois1 il crit ,dom ,ghisla9 de compt] ,simon ,laur5t quelque arg5t dont il a beso94 ,on se rj\it1 mais1 trois j\rs aprs1 on voit que ,simon ,laur5t a r5du intgralem5t la somme et que son beso9 n'tait pas d'un besoigneux1 mais vraisemblablem5t d'un ag5t4 ,dom ,maur e/1 en t\tes *oses1 un homme d'un extrme sang-froid1 av]ti des faiblesses et des vices de l'humanit1 acc\tum aux vicissitudes de la vie de plaideur et aux revirem5ts s\da9s de la =tune4 ,il crit de la mme ma93 ,notre procs contre ,molle e/ v5u en haut et n\s l'avons gagn4 ,ou bi53 ,on a jug auj\rd'hui notre procs contre ,van ,rode1 et n\s l'avons p]du4 #b ,mot wallon signifiant p\rboire1 videmm5t app>5t l'allem& ,tr9kgeld4 ,il note sans s\rcill]1 le #e janvi] #agba3 ,reu avis de ,s>t-les-,mo9es que ,dom ,joseph avait t condamn ,l\va91 en propre et priv nom1 en matire d'injure comme ,molle4 ,son j\rnal tant rempli de dcisions lgales1 il y consigne celle-ci comme les autres1 sans plus s'm\voir4 ,il a peu de gaiet1 aucun s5s du ridicule4 ,il crit gravem5t les surnoms les plus risibles4 ,il note qu'il a vu mademoiselle ,duquesne et lui dit que n\s ne savions ce qu'elle v\lait dire avec ses plumes4 ,ou encore3 ,n\s avons exam9 les deux dbats contre ,molle et n\s avons t au greffe p\r faire copie du compromis fait entre ,molle1 ,dom ,flor5t ,jn>t et ,dom ,mi*el ,duj>d9 p> lequel ils se sont s\mis au jugem5t des deux avocats m>qus dans l$it compromis1 dont l'un tait celui de ,molle et l'autre un peu timbr4 ,entre les c\rses1 les v5tes et les audi5ces du tribunal1 ,dom ,maur re/e au logis et fait sa correspondance ou lit en grignotant ses biscuits et sirotant son sirop4 ,il e/ l'homme du temporel1 l'homme du dehors1 dont le devoir e/ de se r5seign] sur ce qui se passe dans le monde1 af9 de pr5dre ses prcautions en consqu5ce4 ,peut-tre aussi qu'on p>le dj politique dans les dilig5ces1 l'aub]ge des ,trois-,pigeons ou celle du pr9ce ,ts]claes1 sur le ,sablon4 ,dom ,maur lit donc les j\rnaux3 la ,gazette de ,holl&e1 les ,annales de ,ha9aut et autres livres du temps1 dont il p>at presque aussi fri& que de sucr]ies4 ,avec des almana*s de ,milan1 c'e/ t\te sa littrature4 ,il lui passe p> les ma9s bon nombre d'ouvrages ?ologiques de/9s ,m4 l',abb ou au prieur1 mais il ne s'intresse que mdiocrem5t aux controv]ses sur la con/itution4 ,p\r a*ev] le portrait de ,dom ,maur1 il n\s re/e dire qu'il e/ indubitablem5t obissant et humble4 ,il p\rrait se croire indisp5sable1 puisque l'norme poids des affaires f9ancires de l'abbaye repose entirem5t sur lui1 et indp5dant1 puisqu'il ne vit presque jamais en communaut et qu'il a t\tes les disp5ses4 ,on ne voit jamais p]c] de tels s5tim5ts4 ,au contraire1 ,dom ,maur p>le t\j\rs de la volont de l',abb comme s'il tait le premi] qui dt la subir4 ,il emploie con/amm5t la =mule3 ,m4 l',abb m'a donn l'ordre444 ,ou1 s'il e/ ,liessies3 ,m4 l',abb m'a mis p\r tre444 ,ce *icaneau tait probablem5t un excell5t religieux4 99 99 99 99 99 ,plus de la moiti du ,j\rnal de ,dom ,maur a rapport des procs4 ,l'abbaye e/ imm5sm5t ri*e2 elle a la collation ou la proprit d'innombrables bnfices non seulem5t en ,ha9aut et dans les ,pays-,bas1 mais jusque dans le midi de la ,france2 elle possde des bois1 des f]mes1 des m9es3 bref1 elle e/ dans la situation de t\s les g5s trop ri*es et que leurs affaires accabl5t2 elle tire de l'arg5t de p>t\t1 mais ceux de qui elle le tire se le font arra*] et s'+ni5t de t\tes manires le repr5dre4 ,la plus gr&e p>tie des procs que ,dom ,maur s\ti5t ,fron1 ,mons1 ,val5ci5nes ou ,d\ai1 voire ,cambrai et ,rome1 vi5t d'exig5ces ou de prt5tions qu'il tr\ve inju/ifies4 ,la =mule 444 qu'il prt5d et qu'on ne lui doit po9t revi5t incessamm5t4 ,on ne peut gure se p]suad] cep5dant que ,dom procureur rpugne cette gu]re t]nelle et qu'il n'ait aucun gt p\r le jeu de la *icane4 ,il e/ batailleur1 sans aucun d\te1 froidem5t et dlibrm5t batailleur1 et il y a bi5 app>5ce que t\t ,liessies respire une atmosphre de combat4 ,a l'poque o le ,j\rnal comm5ce1 ,lamb]t ,b\illon n'e/ mort que depuis dix ou d\ze ans1--,dom ,maur a fait pr(ession l'anne mme de sa mort et il a probablem5t connu ce plaideur indomptable3--en t\t cas1 son ducation monacale a d se faire au milieu des procs mal te9ts lgus p> le vieux lutteur ,agapit ,dambr9ne4 ,il a d se p]suad] de bonne heure que l'tat de gu]re e/ l'tat normal de t\s ceux qui possd5t et que le meilleur moy5 de g>d] son bi5 e/ de montr] les d5ts quiconque a la m9e d'en avoir envie4 ,la rgle ,liessies e/ qu'on soit mfiant et *at\illeux4 ,les commis vi5n5t jaug] la cuve3 ,dom ,joseph prote/e de nullit contre t\t ce qui s'e/ fait4 ,l'hte du ,gant d'or1 aub]ge sur la r\te de ,bruxelles app>t5ant l'abbaye1 fait *ang] une g\ttire4 ,on plaide jusqu' ce que la g\ttire soit remise en son premi] tat4 ,un de nos *evaux e/ arrt ,etrungt p\r le v9age4 ,ds le l5dema91 on envoie faire sommation au v9ag] qui rel*e le *eval s\s caution4 ,le surl5dema91 on lui dlivre copie de nos titres et de l'ordonnance de l'int5dant et on lui fait une seconde sommation ce qu'il ait purg] ladite caution4 ,on croit l'affaire f9ie4 ,le mois suivant1 p>mi div]s petits procs--contre ceux de ,wannebecq qui prt5d5t un vicaire1 ceux d',a? qui prt5d5t un *apela91 le cur de ,roquignies qui veut ret5ir sa dme1 ceux d',oha9 qui rclam5t p\r la portion congrue de leur vicaire1 contre les maltti]s1 etc41--on voit que ,dom ,joseph crit p\r l'affaire du v9age et t\t c\p que trois avocats ont t consults ,mons p\r cette bagatelle4 ,dom ,maur n'a pas peur du ,g\v]nem5t4 ,deux ou trois fois1 il s'entremet dans des affaires de contreb&e o ,coppe1 dome/ique1 o ,nicaise1 notre f]mi]1 ont t pris4 ,quelquefois1 cep5dant1 il s'y pr5d en d\ceur1 et le ,j\rnal porte m5tion d'un cadeau un burali/e4 ,il prote/e contre une taxe sur les h\illes et ne la paie que lorsqu'on lui a dit que noblesse et abbayes l'ont paye4 ,on veut pr5dre des *nes dans nos bois p\r btir des cas]nes dans les petites villes de ,france 7c'e/--dire ,guise et ,la ,fre74 ,dom ,maur entre en correspondance1 se mfie d'emprises probables et va voir au bois ses *neaux4 ,bi5tt il *]*e un s]g5t p\r faire prote/ation1 et1 n'en tr\vant po9t1 remet au l5dema9 de le faire ,guise4 ,il n'e/ pas au mieux avec les autorits ecclsia/iques4 ,fnelon1 qui ,lamb]t ,b\illon a j\ un si mauvais t\r1 e/ pe9e remplac1 et on ne voit pas qu'il se soit tabli des relations trs cordiales entre l'ar*ev* et l'abbaye4 ,les jeunes ne vont pas ,cambrai p\r l'exam5 et on les fait ordonn] ,maubeuge p> un vque de passage4 ,c'e/ aussi le coadjuteur de ,qubec qui vi5t ,liessies confirm]4 ,le promoteur de l'(ficialit veut rig] en cure le sec\rs de ,c>tignies4 ,dom ,maur fait la s\rde oreille et se fait signifi] d'une requte4 ,on ira donc en c\r de ,rome4 ,dom ,maur a dans la ville de ,lige un si5 c\s91 *ano9e1 et ,rome deux autres c\s9s1 aussi ,leva*e 7il crit indiffremm5t ,leva*e ou ,levage1 ou mme ,levacq71 qui lui sont mo9s connus4 ,le c\s9 de ,lige crit ses c\s9s de ,rome et ceux-ci se mett5t en m\vem5t4 ,malheureusem5t1 la ,dat]ie e/ en vacances1 comme de ju/e1 et p5dant ce temps1 le promoteur presse ,dom ,maur faire ses preuves1 sans p>atre savoir qu'il a int]ject appel4 ,l'affaire trane en longueur1 mais on f9it p> obt5ir un bref d'appel de la s5t5ce de l'(ficialit dans la cause que n\s avons contre le promoteur p\r l'rection de l'glise de ,c>tignies en cure4 ,il en cote huit cus roma9s de dix esquel9s *acun4 ,mme avec les abbayes de son ,ordre1 ,dom ,maur a de petites difficults4 ,,mm4 de ,sa9t-,mi*el en ,?ira*e ont avec lui une correspondance beauc\p trop longue p\r l'affaire qui l'a motive4 ,avec l'abbaye de ,cresp91 des arrangem5ts frais communs au presbytre d',h>v5t amn5t une vraie br\ille1 et l'on e/ signifi d'une requte4 ,bref1 ,dom ,maur plaide propos de t\t et propos de ri53 les procs se sup]pos5t et s'en*evtr5t4 ,le procureur crit p\r recevoir des n\velles de plusieurs procs que n\s avons ,a?4 ,en effet1 il en a quatre3 un p\r le prt5du *apela91 un p\r une sacri/ie qu'il s'agit de raccommod]1 un autre avec les ,m\l9s p\r une mesure de f>9e qui a t enleve1 et un quatrime avec ,m4 ,van ,rode1 f]mi]4 ,il plaide la fois contre les *ano9es de ,maubeuge1 ceux de ,cond et ceux de ,sa9t-,qu5t91 et qu& on r5contre la m5tion3 ceux du cl]g1 on e/ bi5 emp* de savoir qui l'appliqu]4 ,t\t cela entrane des dp5ses considrables1 c> il faut pay] des exp]ts et des avocats1 et l'on voit c]ta9 procureur rclam] de l'arg5t p\r n\s avoir s]vis1 mais le vrai plaideur n'y reg>de pas4 ,dom ,maur db\rse sans s\rcill] mille flor9s de frais dans le procs contre ,molle qui e/ une affaire d'importance m9ime4 ,on ne plaide pas p\r gagn] de l'arg5t1 mais p>ce qu'on enrage d'avoir raison4 ,les innombrables procillons qui font ressembl] le ,j\rnal de ,dom ,maur au rle d'un tribunal sont des affaires presque t\tes communes et qui n'(fr5t gure d'intrt4 ,ce qui intresse1 c'e/ ,dom ,maur lui-mme p> sa p]svrance1 son indiffr5ce aux rsultats et son sup]be sang-froid4 ,c'e/ aussi quelques-uns de ses adv]saires4 ,deux surt\t p>aiss5t dignes de lui3 leurs noms revi5n5t frquemm5t1 presque trav]s t\t le ,j\rnal1 et ce ret\r p]ptuel de figures lo9ta9es et presque anonymes f9it p> leur donn] quelque *ose d'pique4 ,l'avocat ,le ,maulni] p>at ds la premire page du ,j\rnal3 on consulte ,m4 ,petit p\r sa requte4 ,de lo9 en lo91 au c\rs de la premire anne1 cette affaire revi5t3 ,on a travaill un rapport contre ,le ,maulni]1 ou3 ,on a reu trois mmoires contre ,le ,maulni]1 ou1 un peu plus t>d3 ,on a comm5c rapport] notre procs contre ,le ,maulni]4 ,au comm5cem5t de #agbj1 l'affaire s'engage fond4 ,on crit ,m4 l',abb que la prs5ce de ,dom ,joseph e/ ncessaire p>ce que le conseill] rapporteur a beso9 d'explications4 ,dom ,joseph arrive1 et1 p5dant un mois1 c'e/ une gr&e activit4 ,visites au prsid5t et un conseill]4 ,visites quatre conseill]s4 ,remise de factums4 ,rpondu la requte civile de ,le ,maulni]4 ,travaill l'av]t5ce1 etc41 etc4 ,aprs un temps1 on recomm5ce la lecture1 on a*ve l'av]t5ce1 laquelle e/ s]vie avec dix-sept pices4 ,le ,maulni] s]t une solution l'av]t5ce de ,dom ,maur4 ,on y rpond4 ,enf91 le #ac m>s1 au soir1 notre procs contre ,le ,maulni] e/ sorti du bureau et n\s l'avons gagn4 ,c'e/ la =mule ord9aire4 ,seulem5t1 cette fois--peut-tre p>ce qu'on a battu un homme de la p>tie--il y a une joie extraord9aire dont le ,j\rnal s'*auffe p5dant trois j\rs4 ,on crit et on envoie aussitt un messag] ,m4 l',abb1 ,dom ,ghisla9 et ,dom ,gr>d4 ,on va rem]ci] ,,mm4 le ,prsid5t et le ,rapporteur et ,m4 ,cornet4 ,on crit aussi ,dom ,corneille p\r lui notifi] la bonne n\velle du ga9 de notre procs4 ,dans la joie o l'on e/1 on crit ,m4 ,duquesne de faire raccommod] la grange de la ,folie1 s'il e/ absolum5t ncessaire4 ,le l5dema91 ,m4 ,tahon fait v5ir les p>ties et leur dcl>e les po9ts d'(fice1 aprs quoi on comm5ce la liquidation4 ,l'avocat de ,le ,maulni] refuse de pay] les pices du procs4 ,suiv5t div]ses comp>utions o le conseill] s'(fre d'am5] un accommodem5t4 ,de fait1 on travaille avec ,le ,maulni]1 l'amiable1 un aprs-midi4 ,aprs deux mois d'un sil5ce de mauvais augure1 ,le ,maulni] s]t ses contr$its consi/ant en quatre c5t quatre-v+t-dix-sept articles4 ,on les tudie1 mais il y a app>5ce que cette norme masse de raisons e/ 9branlable1 c> une d]nire comp>ution *ez ,m4 ,tahon1 on f9it t\s les anci5s procs1 de sorte que notre r5te se tr\ve rduite de #idj #iaj flor9s4 ,sur ce1 on dem&e ,liessies des *evaux p\r s'en ret\rn]4 ,a ct de cet avocat savant et retors1 on voit p>atre un petit cur entrepr5ant1 t5ace et mal91 qui fait encore meilleure figure4 ,c'e/ le cur de ,gognies-,cau*ies4 ,brave petit homme qui lutte t\t seul contre la ri*e et puissante abbaye6 ,leur difficult provi5t d'une dme qu'il a ret5ue et de sa maison de cure qu'il veut qu'on rtablisse4 ,le petit cur gagne1 haut la ma94 ,dom ,maur rappelle1 et on entre dans le labyr9! p\r n'en pas sortir1 c> le ,j\rnal s'a*ve sans que l'on sa*e si l'on s'e/ arrang p\r t\t de bon4 ,le procs de ,gognies e/ d'ailleurs le plus embr\ill de t\s4 ,aprs quelques mois1 on voit ,dom ,maur copi] deux petits procs avec ,gognies1 et on s'ap]oit1 en effet1 qu'il y a trois affaires di/9ctes p\rsuivies simultanm5t ,mons1 ,val5ci5nes et ,d\ai4 ,le petit cur tr\ve aussi moy5 de mettre dans son jeu les *ano9es de ,maubeuge qu'on voit qui n'ont pas encore tripliqu4 ,on fait faire des comp>utions1 des exp]tises et vues de lieu4 ,quelquefois le petit cur fait dfaut1 d'autres fois il propose des accommodem5ts2 il vi5t en p]sonne ,liessies1 p> une belle j\rne de pr9temps1 et (fre de pay] la moiti des frais de la vee de lieu si l'on veut mettre des b>reaux ses f5tres4 ,il s'agit bi5 de b>reaux4 ,dom ,maur1 quelques j\rs plus t>d1 e/ ,d\ai avec ordre de sollicit] =tem5t contre ,gognies4 ,m4 le conseill] ,dupuis1 homme paisible1 t*e d'accommod] les p>ties4 ,sur ces entrefaites1 le procs qu'on a p\r la dme sort du bureau ,mons et n\s avons gagn4 ,re/e celui de ,val5ci5nes et celui de ,d\ai1 trs l5ts l'un et l'autre et trs confus1 c>1 cette fois1 les *ano9es de ,sa9t-,qu5t9 entr5t1 on ne sait comm5t1 en ligne1 et l'on ne voit jamais clairem5t si l'on plaide p\r le fond ou seulem5t p\r des frais4 ,quoi qu'il en soit1 ,dom ,maur gagne encore ,val5ci5nes4 ,on croit t\t f9i2 mais1 aprs plusieurs mois1 on retr\ve1 comme un refra9 de cau*em>1 l't]nelle m5tion3 ,fait un crit contre le cur de ,gognies-,cau*ies4 ,c'e/ qu'il re/e le vieux procs de ,d\ai auquel on ne p5sait plus et qu'enf9 le petit cur1 abrit d]rire ses *ano9es1 gagne1 le #e avril #agba4 ,n\s avons p]du notre procs contre lesdits *ano9es1 t\s frais et dp5s1 et il a t dcl> que les curs primitifs sont obligs d'vacu] leur disme avant que les autres codcimateurs contribu5t aux portions congrues et aux maisons des curs4 ,la note des premi]s frais monte assez haut1 c> ,dom ,maur donne en -compte #cfj flor9s qui sont t\t l'arg5t qu'il a sur lui4 ,v]s la f9 de novembre1 le procureur crit son dit cur de v5ir liquid] sa dme de #agai et s'arrang] p\r de c]ta9es briques dont on a pav son gr5i]4 ,le petit cur rpond qu'il envoi]a1 et qu& on s'e/ habitu voir son nom rev5ir p5dant plus de deux ans presque t\tes les pages du ,j\rnal1 on se dem&e s'il n'envoi]a pas un s]g5t4 ,aut\r de ce combatif petit homme on voit gravit] d'autres petits curs1 celui de ,maffles1 celui d',eppe-,sauvage au sujet duquel on consulte trois avocats1 ceux d'ti*ove et de ,roquignies1 celui d',o/i*e4 ,ce d]ni]1 le j\r mme que le cur de ,gognies vi5t dem&] des b>reaux p\r ses f5tres1 fait aussi le voyage de ,liessies et dem&e qu'on aj\te une quatrime place sa maison et qu'on lui donne des pailles p\r son toit4 ,il n'aura ri5 du t\t4 ,il "p =t mcont5t et1 quelque temps aprs1 m5ace d'arrt] nos bi5s4 ,que de plaideurs1 que de juges1 que d'avocats1 que d'affaires6 ,qu& on lit vite1 les *oses se mett5t les unes sur les autres1 les j\rs s'enfui5t1 les mois gliss5t1 les procs pullul5t1 le j\rnal fait un b\rdonnem5t monotone qui eng\rdit et ne laisse que la s5sation d'un temps lo9ta9 et irrel4 ,v]s la f91 on voit plus s\v5t ces qu]elleurs s'accommod] et l'on s5t combi5 des g5s morts depuis si longtemps ont eu raison de cess] des batailles ridicules4 ,a deux reprises1 ,dom ,maur passe t\t un mois sans b\g] de ,liessies1 de *ez n\s1 comme il dit1 et on aime se le figur] lo9 du fracas des maisons de po/e et des c\rs de ju/ice1 vaquant la tranquille besogne quotidi5ne et ent5dant p> sa f5tre ouv]te1 le *ant ass\rdi du *ur4 ,je suis sr que ,m4 l',abb ti5t ce qu'il re/e a9si de temps en temps au logis4 ,s\v5t on voit rep>atre l'ordre de rev5ir ,liessies1 sitt nos procs f9is4 ,m4 l',abb s'occupe aussi--il le faut bi5--de ce que son procureur fait ,mons ou ,d\ai1 mais je n'ai aucun d\te qu'il n'aime pas cette agitation va9e et qu'il p5se quelquefois avec regret au pass1 en reg>dant de sa /alle la tombe de ,m4 de ,blois4 99 99 99 99 99 ,il semble d'ailleurs qu'on vive trs paisiblem5t ,liessies4 ,l',abb e/ un homme sage et bon1 trs respect et probablem5t aim4 ,l'obissance e/ entire1 et le comm&em5t n'a ri5 de rude3 l'exi/5ce des religieux doit tre monotone et d\ce1 sans dsordres et mme rgulire sans tre plus difiante que celle de la majorit des mo9es cette poque2 l'atmosphre1 celle d'un collge ecclsia/ique de prov9ce1 vraie famille agr&ie o l'atta*em5t au nid commun e/ le ressort pr9cipal des actions4 ,il n'e/ fait aucune allusion dans le ,j\rnal de ,dom ,maur la prs5ce de ,frres conv]s dans l'abbaye3 ce sont des dome/iques qui font les *>rois et autres grosses besognes1 et des jeunes g5s du pays se prs5t5t de temps autre p\r crire au comptoir4 ,cette galit de t\s les religieux contribue leur donn] une lib]t et une individualit plus gr&es4 ,les jeunes ne sont pas sp>s du re/e du mona/re4 ,ils y entr5t comme po/ulants2 aprs un an1 on les prs5te au ,*apitre p\r la pr(ession1 et le vote de la communaut dcide de leur rception2 leurs prmices sont de gr&es ftes p\r lesquelles ,dom ,maur db\rse c9quante ou soixante flor9s4 ,le ,j\rnal ne laisse aucun d\te que t\s les mo9es se connaiss5t et s'aim5t4 ,dom ,maur envoie con/amm5t *ez n\s des manires de cadeaux qu'il sait devoir plaire celui-ci ou celui-l4 ,a ,m4 l',abb des livres1 du ? imprial ou de beaux bas r\ges p\r les gr&es crmonies4 ,a ,m4 le ,prieur1 qui e/ savant1 pieux et rhumatisant1 des livres1 des traits spirituels1 un bonnet1 de l'huile de myrrhe4 ,a ,dom ,?omas qui e/ pe9tre1 des c\leurs4 ,a ,m4 le ,sacri/a91 des d5telles4 ,a ,dom ,joseph1 des ufs frais et du v9 de ,front9iac4 ,a un autre1 du fil d'arg5t et des croix de corne p\r faire des diza9es4 ,a un autre1 des livrets d'or p\r des brod]ies4 ,les li5s de famille ne sont nullem5t briss4 ,m4 l',abb fait crire un religieux que1 pass telle fte1 il p\rra s'en all] voir sa mre4 ,une autre fois1 ,dom ,maur r5contre ,dom ,franois s'en allant ad patriam4 ,un peu plus t>d1 ,dom ,maur crit qu'il a compt huit cus un autre religieux s'en allant ad patriam4 ,l'ab/95ce mona/ique exi/e t\j\rs en pr9cipe et le ,j\rnal suit la m>*e de l'anne ecclsia/ique avec la rgul>it d'une horloge4 crit mademoiselle ,wlis de ,bruxelles p\r les provisions des ,av5ts4--,coppe e/ arriv avec un *>iot p\r *>g] les provisions de c>me3 quatre tonnes de morue1 deux tonnes d'h>5gs1 une tonne de saumon1 etc4 ,mais comme la moiti des religieux1 tant con/amm5t en voyage1 ont disp5se1 il e/ probable que la rgle s'e/ bi5 rel*e de la svrit primitive4 ,en t\t cas1 le maigre se relve p> t\tes sortes de d\ceurs1 et le c>me de ,liessies e/ un c>me sucr4 ,a la vrit1 le procureur comm&e des sacs de riz et des ballots d'e/ocfix1 mais on le voit a*et] d'un c\p #afj livres de cacao1 #ej livres d'orge p]l et p\r #gi flor9s de banille4 ,il y a l'abbaye des provisions de cannelle et de noix muscades1 de dattes1 de rais9s de ,?>se et de cpres d',espagne2 int]valles aussi1 des citrons et oranges amres qui sont un gr& luxe4 ,on boit ord9airem5t le petit v9 de ,laon1 mais on en fait v5ir de ,b>1 et la cave e/ f\rnie de v9 d',espagne et de v9 du ,rh94 ,liessies ne manque po9t d'amis1 bi5 qu'il s'en faille de peu qu'on ne leur fasse t\s des procs4 ,il y en a de puissants3 ,m4 l'int5dant qui l'on envoie de temps autre un *evreuil et que ,m4 l',abb va voir v]s le n\vel an p\r lui faire les complim5ts du temps2 madame de ,maubeuge1 la noble et puissante abbesse du noble et puissant ,*apitre de ,maubeuge4 ,c'e/ une trs gr&e dame4 ,l'anne o elle pr5d possession1 elle passe p> ,liessies avec ses (fici]s1 une compagnie de g>des du corps1 une de huss>ds1 une de gr5adi]s et une de b\rgeois de ,maubeuge4 ,on hb]ge t\t ce monde4 ,le l5dema91 ,m4 l',abb et deux religieux accompagn5t ,madame p5dant le re/e du voyage1 et ,m4 l',abb l'in/alle et dit la messe basse pontificalem5t4 ,une autre gr&e visite cause un moi encore plus gr&4 ,brusquem5t ,dom ,maur annonce le passage du ,pr9ce ,t+ris et ce nom a9si or?ographi fait que1 p5dant quelques j\rs1 le ,j\rnal pr5d un air d',amadis4 ,on a envoy ,bruxelles le messag] de ,trlon p\r *]*] des jambons1 des succades et autres *oses portes sur l'tat du matre d'htel4 ,on a*te p\r treize cus trois c\ronnes de poisson frais4 ,comme ri5 ,liessies n'e/ assez beau p\r un hte aussi di/+u1 on envoie de ,mons huit d\za9es de s]viettes1 trois d\za9es de c\teaux1 autant de cuillres et f\r*ettes de mtail1 une boette de biscuits1 et mac>ons et sucades4 ,p\r mettre le comble cette magnific5ce on jo9t une demi-d\za9e de citrons1 autant d'oranges amres et autant d'oranges de ,portugal qui compos]ont un vritable dess]t de pr9ce4 ,liessies a d'autres amis plus humbles et que l'on traite familirem5t4 ,ce sont quelques curs3--,m4 ,jn>t avec qui on f9it malheureusem5t p> plaid]1 mais que ,m4 l',abb recomm&e qu& il va au conc\rs2 ou ,m4 ,o',dwy]1 ,irl&ais francis qui r5d de petits s]vices au mona/re2--des g5s d'affaires1 tellem5t absorbs p> les dmes1 les tailles et les procs de ,liessies qu'ils ne sont gure que des lieut5ants du procureur2 ,m4 ,petit1 qui ,m4 l',abb fait des cadeaux de n\vel an2 ,m4 ,g\l>t de ,trlon et mademoiselle ,duquesne1 sa fille4 ,mademoiselle ,duquesne e/ une femme prud5te et mfiante qui fait une fois un peu de pe9e ,dom ,maur en lui refusant des cus de ,lille dont il veut la pay]1 mais c'e/ une amie t\t de mme4 ,on la traite sur le pi$ de l'intimit1 et le procureur passe plusieurs j\rs *ez elle qu& il vi5t our son compte4 ,il y a encore ,m4 et madame ,tahon de ,maubeuge1 dont l'amiti e/ d'autant plus prcieuse que ,m4 ,tahon e/ conseill] la ,c\r4 ,il y a surt\t les demoiselles de ,b\illon1 de beauc\p les meilleures amies du procureur4 ,ce sont des filles de trs bonne naissance et d'ducation soigne1 intellig5tes1 arti/es et cep5dant pratiques et ne tr\vant pas qu'il soit au-dess\s d'elles de r5dre leurs amis les s]vices les plus ord9aires4 ,elles habit5t ,mons1 et sont p\r ,dom ,maur d'un sec\rs ine/imable4 ,son c(fre e/ *ez elles et il leur confie aussi des b\rses di/9ctes o sont les monnaies de prov5ance trangre qu'il ne peut *ang]4 ,elles l'accompagn5t dans les magas9s *aque fois qu'il a*te de la toile ou des t(fes4 ,qu& il e/ ,liessies1 elles font p\r lui plusieurs c\rses qu'il n'os]ait peut-tre leur dem&]4 ,dom ,maur a ,bruxelles une correspondante appele mademoiselle ,wlis1 qui lui expdie t\tes sortes de d5res4 ,c'e/ une honnte m>*&e qu'il appelle jusqu' la f9 mademoiselle ,wlis de ,bruxelles1 comme s'il avait ent5du p>l] d'elle la veille p\r la premire fois4 ,elle n'a pas la comm&e de c]ta9es d\ceurs comme am&es longues et ? imprial que les demoiselles se font un plaisir d'envoy] elles-mmes ,liessies4 ,elles font cadeau ,m4 l',abb de beaux r*auds d'arg5t et de t\tes sortes de sucr]ies qu& il e/ malade4 ,elles p5s5t1 comme de ju/e1 la sacri/ie3 d5telles et fils d'arg5t vi5n5t ravir le sacri/a94 ,de son ct1 ,m4 l',abb leur fait t\s les honneurs3 il les invite au prieur du ,s>t o il vi5t p5dant les *aleurs1 et l'anne o madame de ,maubeuge passe p> ,liessies1 il les ramne avec lui p\r qu'elles ai5t l'agrm5t de cette cavalcade4 ,les religieux de ,liessies sont en bons t]mes avec ceux de ,lobbes4 ,dom ,maur p>at heureux dans ses voyages de r5contr] p>fois ,m4 ,tahon1 religieux de cette abbaye4 ,ils ont aussi des relations agrables avec ceux d',hautmont dont l'abb vi5t un j\r ,liessies1 avec ceux de ,m>oilles qui donn5t p>fois l'hospitalit au procureur qu& il revi5t de ,d\ai1 et surt\t avec ,,mm4 de ,sa9t-,spulcre de ,cambrai4 ,on leur r5d t\s les s]vices qu'on peut4 ,mais les vrais1 con/ants1 fidles et trs apprcis amis de ,liessies1 ce sont les ,pres ,jsuites4 ,en gnral1 les ,bndict9s tai5t plutt ,jansni/es4 ,a ,liessies1 une tradition vieille de plus d'un sicle v\lait qu'on se ranget aux doctr9es de la ,compagnie et qu'on traitt les ,jsuites avec une extrme cordialit4 ,a ,maubeuge et ,d\ai1 ,dom ,maur desc5d presque t\j\rs aux ,rvr5ds ,pres ,jsuites3 il y e/ *ez lui4 ,t\tes les ides ?ologiques de ,liessies sont celles des ,jsuites4 ,les jeunes appr5n5t la dogmatique dans l'ouvrage du ,p4 ,platelles et la morale dans celui du ,p4 ,tav]nes4 ,on cons]ve aux ar*ives la belle lettre que le ,p4 de ,la ,*aise crivait ,m4 l',abb en lui annonant sa nom9ation3 ,c'e/ votre mrite et votre zle p\r la bonne doctr9e qui ont oblig le ,roi v\s prfr] t\s ceux qui ont sollicit ,sa ,maje/ p\r obt5ir la place qu'elle v\s a confie4 ,je suis sr que v\s la remplirez dignem5t et que v\s ma9ti5drez la rgul>it et le bon ordre dans une abbaye de si gr&e consqu5ce4 ,t\s nos ,pres que v\s honorez de votre amiti m'en ont flicit1 ce qui m'a fait un vritable plaisir4 ,je v\s prie de leur cont9u] l'e/ime et la considration que v\s avez t\j\rs eue p\r eux1 etc4 ,m4 l',abb re/e trs ho/ile aux ,jansni/es et entreti5t une correspondance active avec le ,p4 ,imb]t4 ,celui-ci lui envoie t\t ce qui se publie t\*ant la con/itution4 ,on tr\ve frquemm5t la m5tion ,reu un paquet de livres de ,d\ai p\r ,m4 l',abb4 ,deux escoli]s apport5t ,mons un gros paquet de livres qui leur a t remis p> le ,p4 ,imb]t et qu'on envoie ds le l5dema9 ,liessies p> un exprs4 ,m4 l',abb s'intresse uniquem5t la controv]se jansni/e et1 en jug] p> ce qui lui arrive d'ouvrages et bro*ures de t\tes sortes1 elle doit absorb] t\t son temps4 ,le ,j\rnal de ,dom ,maur f9it la veille de ,nol #agba4 ,ce j\r-l le procureur inscrit3 ,reu de ,d\ay un paquet d'crits1 savoir3 un exemplair de la ,sorbonne tombe1 un exemplair des expositions des s5tim5ts de ,m4 de ,noailles et deux exemplairs des lettres l'auteur du supplm5t4 ,il e/ bi5 probable aussi que des m&em5ts d',arras reu quelque temps aup>avant et plusieurs livres de ,m4 de ,soissons en lat9 se rapport5t au ,p4 ,quesnel4 ,dom ,maur ne lit ri5 de t\t cela3 son sige e/ fait1 sans aucun d\te4 ,les ,jansni/es doiv5t lui app>atre comme des g5s qui tr\bl5t l'tat1 caus5t de gr&es dp5ses en livres et favoris5t dans les mona/res une spculation trs va9e4 99 99 99 99 99 ,telle e/1 en gros1 l'impression que laisse le ,j\rnal du procureur4 ,ce qui surnage1 c'e/ le srieux de la plup>t des figures et la futilit de la plup>t des affaires4 ,mais1 ni ,m4 l',abb1 ni ,dom ,maur1 ni les autres ne croyai5t leurs affaires futiles3 les procs tai5t la trame de l'exi/5ce quotidi5ne1 et le ,jansnisme tait une erreur vivante et qui mettait la foi en pril4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,liessies e/ bi5 ds]t1 et les plus vieilles g5s s'y rappell5t pe9e le temps o ils se s\v5ai5t de l'abbaye4 ,ju9 #aije4 ,,petit ,,m\ti] ,m\/i]s e/ un hameau de tr5te tr5te-c9q feux1 trs isol dans une petite valle de la p>tie ori5tale de la ,fagne1 trois lieues de ,liessies et t\t prs des hauts dfri*s trav]s lesquels passe la frontire belge3 on l'appelle s\v5t ,m\/i]s-en-,fagne4 ,une belle r\te conduit ,wall]s au sud et ,eppe-,sauvage au nord1 mais elle e/ en t\t temps =t ds]te et il faut que les +nieurs l'entreti5n5t p> le pur am\r de leur art3 on n'y r5contre gure que la c>riole du b\lang] ou du b\*]4 ,en revan*e1 elle monte et desc5d p> longs et l5ts circuits trav]s les p5tes gazonnes qui bord5t la =t et ouvr5t *aque in/ant de va/es horizons sur la ,fagne-de-,*imay4 ,il faut port] sur ce *em9 des s\cis bi5 cuisants p\r ne pas s'y s5tir comme b]c4 ,le nom de ,m\/i]s dit assez clairem5t que l'hi/oire de ce petit village e/ lie celle d'un tablissem5t mona/ique4 ,en effet on voit au premi] c\p d'il que l'glisette qui v\s accueille presque l'entre du hameau a t une *apelle de mo9es4 ,elle s'appuie1 t\te petite et gracieuse1 contre une gr&e maison robu/e sp>e de la place p> une b&e de j>d9 svrem5t mure1 et1 d]rire1 de va/es dp5dances enf]m5t un gr& c>r4 ,les g5s du pays appell5t cet assemblage de con/ructions moiti agricoles1 moiti conv5tuelles le ,priol1 corruption facile reconnatre du mot de ,prieur4 ,on voyait encore il y a v+t ou v+t-c9q ans et l'on voit peut-tre t\j\rs1 dans la sacri/ie1 des tiroirs sur lesquels tait crit en c>actres pe9e plis3 ,m4 le ,prieur1 ,m4 le ,s\s-,prieur4 ,ces religieux tai5t des mo9es lab\reurs dp5dant non de l'abbaye de ,liessies1 mais de celle de ,lobbes1 en ,ha9aut1 et suivant aussi la rgle bndict9e4 ,ils tai5t trois ou quatre qui1 une fois dit leur (fice et leurs messes1 vaquai5t aux travaux des *amps comme les paysans d'al5t\r4 ,les ,mauri/es1 aussi bi5 que les autres ,bndict9s1 avai5t de ces mona/res campagn>ds4 ,c'e/ dans une retraite de ce g5re que ,mabillon passa six annes1 r$em&ant la t]re la sant que les livres lui avai5t prmaturm5t ravie4 ,ces prieurs n'absorbai5t pas comme les gr&es abbayes t\te la t]re et t\s les bras4 ,le prieur et ses compagnons devai5t tre les amis et non les matres des lab\reurs leurs vois9s4 ,il e/ peu de pays o l'atta*em5t la religion soit re/ aussi paisible1 enti] et s9cre qu' ,m\/i]s-en-,fagne4 ,il en s]a de mme p>t\t o le prtre ou le religieux ne se mettra "p des hommes au milieu desquels il vit que p> une *>it plus haute et une exi/5ce plus pure4 ,t\te pro*e de l'glise et du ,prieur e/ une trs jolie maison du ,x,ve sicle dont t\t l'ornem5t consi/e dans un pignon grad9s semblable ceux qu'on voit p>t\t dans le ,soissonnais et dans des f5tres m5eaux1 mais dont les proportions sont p>faites4 ,la pi]re de taille qui e/ t\t simplem5t la pi]re bleue de ,ha9aut1 en e/ cep5dant releve de bordures dlicates4 ,qu& on entre dans le village p> la r\te d',eppe-,sauvage1 cette maison fait avec l'glise et le ,prieur un ensemble de lignes brises extraord9airem5t gracieuses4 ,le ,prieur de ,m\/i]s n'a po9t d'hi/oire2 le village non plus2 etson nom vague et gnral le tire pe9e de l'anonymat4 ,c'e/ un endroit sil5cieux et heureux o des mo9es et des villageois ont vcu p5dant plusieurs sicles ignors et cont5ts4 ,j'espre que le lecteur ne me tr\v]a pas ridicule d'aj\t] ici quelques v]s inspirs p> cette b\rgade de rve4 ,si quelque musici5 v\lait y adapt] un air monotone et lo9ta9 de vieille *anson1 je lui en saurais gr4 ,,le ,,m\ti] ,c'tait un vieux petit m\ti] ,avec des gables2 ,dans la c\r un gr& peupli] ,et des rables4 ,la *apelle avait des murs gris ,de vieille pi]re1 ,s\s les corbeaux de bois noircis ,p5dait un li]re4 ,d]rire ce petit m\ti] ,gr&es ouv]tes ,les granges au front alti] tai5t ds]tes4 ,un petit logis t\t sculpt ,ce9t de guirl&es ,dormait dans un j>d9 d't ,ple9 de lav&es4 ,un petit v]g] conduisait ,au cimetire3 ,monsieur le ,prieur y lisait ,son brviaire4 ,la r\te allait je ne sais o ,bi5 lo9 en ,france1 ,quelques-uns disai5t ,lim\ ,v]s la ,prov5ce4 ,c'tait un vieux petit m\ti] ,du temps des gu]res1 ,o plus d'un brave cavali] ,fit ses prires4 ,dans le petit m\ti] t\t dort3 ,le soleil pse1 ,et ,monsieur le ,prieur e/ mort ,s\s ,l\is ,seize4 ,ju9 #aijh4 ,,les ,,mo9es ,,de ,,%akespe>e ,%akespe>e aime et respecte les mo9es3 c'e/ un fait indniable p\r quiconque connat1 mme sup]ficiellem5t1 ses uvres1 mais c'e/ aussi un fait inexplicable p\r quiconque n'a sur l'hi/oire religieuse de l',anglet]re que ces notions vagues o l'on accro*e vaille que vaille des ides prconues4 ,on se dit3 ,%akespe>e a t l'un des potes favoris d'lisabe?1 et lisabe? e/ la gr&e p]scutrice du ca?olicisme en ,anglet]re2 il e/ donc impossible que ,%akespe>e n'ait pas t prote/ant4 ,d'un autre ct comm5t se p\vait-il qu'un auteur prote/ant ft l'apologie des mo9es devant lisabe? qui srem5t les excrait8 ,peut-tre1 aprs t\t1 ,%akespe>e tait-il ca?olique plus ou mo9s secrtem5t2 il y a des critiques qui l'ont cru4 ,a9si raisonne-t-on1 au lieu de dem&] l'hi/oire si1 p> has>d1 elle n'aurait pas le mot de l'nigme1 et si ce mot ne se tr\v]ait pas beauc\p plus simple qu'on n'e/ t5t de se l'imag9]4 ,l',anglet]re ne fut jamais1 au mme degr que l',irl&e1 un pays mona/ique3 cep5dant les ri*es et nombreuses glises abbatiales qu'on y voit encore auj\rd'hui1 atte/5t que la prosprit des vieux ordres religieux y fut considrable4 ,aux ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 les ordres m5diants s'y propagr5t avec une extrme rapidit1 mais leur popul>it ne fut gure plus durable que leur zle4 ,le m\vem5t de ,wycliff1 rvolutionnaire et prote/ant avant la lettre1 fut dirig en gr&e p>tie contre eux1 et la littrature du temps leur e/ trs ho/ile4 ,on connat les plaisant]ies de ,*auc] contre le frre quteur qui rapporte de ,rome une ple9e besace de p>dons t\t *auds et contre le mo9e *asseur galopant dans une bruyante sonnaille de grelots4 ,p\r lui comme p\r les auteurs de nos fabliaux1 c'e/ assez punir la p>esse des gr&s abbs1 et la rapacit un peu friponne des mo9es m5diants que de les mettre en *ansons4 ,mais on ent5d une autre note dans le rude pome de ,pi]re le ,lab\reur et dans les b\ts-rims nigmatiques qui c\rur5t l',anglet]re p5dant les v+t d]nires annes du ,x,i,ve sicle4 ,ces mots de passe devai5t se transmettre avec un s\rire noir1 et l'on en vit bi5tt l'effet qu& les ,loll>ds dev9r5t lgion1 et rclamr5t la lib]t et l'galit1 la faux1 la ha*e et la tor*e la ma94 ,entre les ,loll>ds sociali/es et =t peu or?odoxes et ,h5ri ,,viii1 il n'y a qu'un sicle1 mais le *em9 p>c\ru dans ces c5t ans e/ imm5se4 ,il ne s'agit plus de m\vem5ts populaires3 la mon>*ie absolue n'exi/e pas encore et elle n'exi/]a gure que p5dant les six annes o ,?omas ,cromwell f]a rgn] la ,t]reur1 mais l'ide en a t ap]ue nettem5t1 et ,wolsey1 comme ,cranm]1 se rep5tira au mom5t de m\rir d'avoir ador le ,roi au lieu d'ador] ,dieu4 ,le ,roi ds lors fait bi5 t\t ce qu'il fait et1 comme le dit la loi1 il e/ incapable de mal faire4 ,h5ri fut donc suivi comme ,l\is ,,xiv l'aurait t s'il avait v\lu entran] l'glise de ,france dans ce que le ,p>lem5t n'et pas manqu d'appel] une indp5dance lgitime4 ,il avait horreur de l'hrsie1 et il m\rut avec la ha9e des prote/ants1 mais le s*isme ne lui faisait pas peur4 ,le ,pape tait1 ses yeux1 un s\v]a9 rival qui p]cevait indm5t des impts dans le royaume d'autrui1 envoyait p>t\t des missaires itali5s dguiss en dignitaires ecclsia/iques1 faisait la gu]re avec des m5aces de dposition et d'excommunication1 bref1 avec lequel il fallait ngoci] aussi longtemps qu'on le p\vait1 mais lutt] la lance haute qu& on y tait contra9t4 ,wycliff avait pr\v1 dans le ,de ,dom9io1 que l'+r5ce pontificale dans les affaires civiles tait le r5v]sem5t de l'ordre vanglique et la rac9e de t\te corruption4 ,les ides d'rasme tai5t trs semblables4 ,ce que les hommes du ,n\veau ,savoir v\lai5t1 avant t\t1 c'tait ram5] l'glise1 ses pratiques et son culte la puret primitive4 ,il re/]a t]nellem5t f*eux p\r la ,r=me qu'elle se soit greffe p>t\t sur des faiblesses morales4 ,on e/ mal v5u p>l] de r=m] les autres qu& on a p\r premi] s\ci de donn] le *amp libre ses dsirs4 ,mais d'un autre ct1 ,h5ri ,,viii eut beau jeu contre ,rome en s'levant contre les abus que ,?omas ,m1 son confesseur le pieux ,colet1 et le trs raisonnable rasme dnonai5t eux-mmes1 et l'intransigeance du s5tim5t patriotique en ,anglet]re lui fut d'un s+uli] sec\rs dans une lutte o la politique pntrait con/amm5t la religion4 ,la ,r=me en ,anglet]re app>at1 en d]nire analyse1 comme le rsultat d'un conflit entre t\tes sortes de p5*ants assez bas se heurtant les uns les autres au nom de pr9cipes trs levs4 ,ce fut d'ailleurs une gr&e dup]ie dont trs peu d'esprits clairvoyants prvir5t le rsultat1 et trav]s laquelle deux hommes seuls1 ,m et ,fi%]1 ap]ur5t une "q de vie ou de mort qui valait bi5 qu'on lui sacrifit sa tte4 ,les autres dir5t3 qu]elle de rois6 exactem5t comme ,lon ,x avait dit qu]elle de mo9es6 en appr5ant les batailles de ,wittemb]g1 et crur5t qu'il tait d'une prud5ce vulgaire d'att5dre que ces puissances ou leurs successeurs se fuss5t accommods4 ,les vques de ,france n'avai5t gure raisonn autrem5t qu& ,l\is ,,xii fut excommuni p> ,jules ,,ii4 ,p\vait-on d\t] qu',h5ri ,,viii ft1 au fond1 excell5t ca?olique qu&1 mo9s de deux ans avant sa mort1 il faisait sign] ses sujets les six articles qu'on ne p\vait reg>d] que comme le remp>t de la pure doctr9e1 et traquait quiconque manquait la messe1 refusait de se confess] ou niait la transsub/antiation8 ,la suppression des mona/res ne p>aissait pas bi5 crim9elle4 ,elle s'tait d'ailleurs faite en d\ceur1 deux fois4 ,le ,roi avait comm5c p> supprim] les maisons religieuses les mo9s ri*es1 p>ce que leur nombre et leur con/ant beso9 d'arg5t y r5dai5t la discipl9e mo9s exacte et le dsordre plus app>5t4 ,plus t>d il supprima les gr&es abbayes1 p>ce qu'elles tai5t trop ri*es1 t&is que le ,trsor tait pauvre1 et p>ce que le sy/me du manoir1 comme on appelait le rgime de la proprit seigneuriale1 les r5dait dplaisantes aux petits comme aux gr&s4 ,la liquidation de ces va/es doma9es produisit peu de *ose1 grce la corruption des ag5ts qui la fir5t et la rapacit des familles ari/ocratiques qui s'arrangr5t p\r en pr(it]4 ,le peuple qui avait pu se p]suad] d'abord que les dp\illes des abbs1 comtes et ducs suffirai5t la voracit du ,trsor ,royal1 ne vit pas dim9u] les impts1 et regretta les di/ributions d'aumnes qu'on faisait aux portes des abbayes1 mais il ne regretta pas autrem5t la disp]sion des mo9es1 et le cl]g sculi] l'imita4 ,lors donc qu',h5ri ,,viii m\rut1 en #aedg1 c'e/--dire pe9e dix-sept ans avant la naissance de ,%akespe>e1 il n'y avait plus en ,anglet]re ni mo9es1 ni religieuses1 ni nonce1 et les lettres du pape n'y p>v5ai5t plus qu'en fraude1 mais il y avait t\j\rs des vques1 des *apitres1 et t\t un cl]g dont l'organisation re/ait la mme qu'elle tait depuis des sicles1 des collges et des univ]sits o l'on enseignait la ?ologie traditionnelle4 ,a ,cambridge seulem5t un petit nombre de jeunes g5s qui entre eux s'appelai5t ,frres1 se runissai5t dans une aub]ge p\r diss]t] sur la foi sans les uvres1 et l'on comm5ait rimprim] les petits traits populaires de ,wycliff1 mais t\t ce qu'il y avait dans le pays de littrature proprem5t prote/ante se bornait aux six mille bibles assez bi5 traduites p> ,tyndale et colportes cl&e/9em5t4 ,ce n'tait pas gr&'*ose1 et bi5 que le cl]g ft ce qu'il tait alors peu prs p>t\t1 ce n'et c]tes pas t suffisant p\r dta*] l',anglet]re de sa vieille croyance1 si le te/am5t du roi n'et mis ,m>y ,tudor en dehors du conseil de rg5ce qui devait g\v]n] aux lieu et place du petit d\>d ,,vi4 ,que de fois l'hi/oire n'a-t-elle pas enregi/r de ces fatalits qu'il faut pr5dre sans les discut] et sans *]*] surt\t ce qui les aurait remplaces si elles ne se fuss5t pas produites4 ,t\t le monde sait que les sept annes p5dant lesquelles l'ombre *tive d'd\>d prsida aux de/9es de l',anglet]re1 fur5t le rgne de l'un des hommes les plus faux et les plus l*es qui ai5t jamais j\ un rle1 l'ar*evque ,cranm]4 ,on lui connaissait des t5dances prote/antes1 et1 v]s la f9 d',h5ri ,,viii1 il avait t =t prs de pass] en jugem5t1 mais il dissimulait qu& il le fallait4 ,avec un roi enfant et ent\r de conseill]s *oisis p\r leur complaisance il fut le matre4 ,ds le premi] hiv] qui suivit la mort de ,h5ri ,,viii1 ,cranm] mangea publiquem5t de la vi&e en c>me au palais ar*ipiscopal de ,lambe?4 ,bi5tt il supprima les ,six ,articles1 fit enlev] des glises1 pe9tures1 images et autels1 p]mit le m>iage aux prtres1 remplaa la messe p> un s]vice en langue vulgaire1 codifia la doctr9e dans les tr5te-neuf articles et la liturgie dans le ,pray] ,book4 ,ce fut une sorte de bac*anale au milieu de laquelle les m9orits viol5tes ne manqur5t pas1 comme il arrive t\j\rs1 de se donn] c>rire4 ,presque p>t\t des iconocla/es traduisir5t en faits la doctr9e qui leur v5ait de haut3 on brisa les crucifix1 on brla les /atues de la vi]ge1 on pr(ana les reliquaires et surt\t on pilla les bi5s d'glise4 ,aprs sept ans1 v9t ,m>y ,tudor qui remit incont95t les *oses dans leur anci5 tat4 ,les vques prote/ants ou prote/antisants fur5t *asss et quelques-uns brls2 ,bonn]1 vque ca?olique de ,londres1 prisonni] la ,t\r s\s la rg5ce1 dev9t gr& ,inquisiteur et gr& ,juge2 le ,pray]-,book disp>ut devant le ,missel1 et une crmonie sol5nelle symbolisa le ret\r l'unit ca?olique4 ,reg9ald ,pole1 c\s9 de ,h5ri ,,viii1 exil ,rome et c>d9al1 v9t1 en gr&e pompe1 rconcili] sa patrie4 ,il arriva p> la ,tamise1 une gr&e croix d'or brillant la pr\e du bateau1 fut reu p> t\t le ,p>lem5t ag5\ill et pronona les p>oles qui absolvai5t l',anglet]re du crime de s*isme et d'hrsie4 ,cette scne sublime aurait pu m>qu] la f9 de l'av5ture lu?ri5ne4 ,p> malheur1 ,m>y1 romanesque et entire dans son dogmatisme1 v\lut p\s] celui qu'elle reg>dait comme le seul df5seur de la vrit ca?olique4 ,philippe d',espagne1 froid1 mprisant et mfiant v9t ,w9*e/] p\r la crmonie du m>iage1 lana la re9e dans la politique qui devait le plus irrit] le pays et regagna bi5tt ,madrid1 la seule ville o il se s5tt *ez lui et o son t]rible zle se donnt libre c\rs4 ,cep5dant le peuple de ,londres =ce de voir brl] des prote/ants pr5ait peu peu p>ti p\r eux1 le mcont5tem5t s'accroissait des insuccs rpts du g\v]nem5t2 la prise de ,calais fit dbord] la c\pe et1 si la re9e ne ft pas morte1 la rvolte aurait clat4 lisabe? fut aussitt populaire4 ,elle tait belle1 intellig5te1 heureuse en politique1 et c'e/ bi5 d'elle qu'on put dire que la re9e ne peut mal faire3 le peuple anglais voyait bi5 une femme dp\rvue de t\t scrupule1 il n'en crut jamais ses yeux4 ,au po9t de vue religieux1 lisabe? s5suelle et sangu9aire1 qu'on se reprs5te ord9airem5t comme une rplique fm99e de ,nron1 tait1 en ralit1 l'indiffr5ce mme et la digne fille d',anne ,b\leyn4 ,elle avait une me de roi1 s\cieuse avant t\t de g\v]n] et de j\ir1 et ne sut jamais ce que la religion peut dire au cur4 ,son attitude devant l'exaltation des purita9s aussi bi5 que devant les pratiques ca?oliques tait un tonnem5t pr(ond et une impression de ridicule qu'elle ne *]*ait pas ca*]4 ,elle faisait jet] au feu les images religieuses1 mais elle s+eait les ,prote/ants et leur gravit grotesque et les appelait frres en ,*ri/4 ,qu& elle fit sa premire entre dans ,londres1 elle baisa la ,bible que les b\rgeois de la cit lui prs5tr5t mais elle fit rtablir le crucifix dans sa *apelle et montra une dfaveur con/ante aux prtres m>is4 ,elle traita un j\r publiquem5t avec une ironie cruelle la femme de l'ar*evque ,p>k] et elle int]rompait les prdicateurs qui faisai5t devant elle l'apologie du n\veau rituel4 ,la religion tait p\r elle1 avant t\t1 un lm5t politique et elle concdait ou repr5ait suivant que son intrt du mom5t lui dictait4 ,sa c\r tait ple9e de nobles ca?oliques que les seigneurs prote/ants du ,conseil jal\sai5t3 elle ne pr5ait jamais p>ti4 ,ds le db de son rgne elle ouvrit avec le ,pape des ngociations qu'elle et fait dur] un demi-sicle1 comme elle fit p\r tant d'autres1 si ,rome n'avait cru p\voir adopt] sans dang] une politique espagnole4 ,c'e/ la lumire de la politique qu'il faut jug] t\s les vnem5ts des qu>ante annes qui suivir5t4 ,l',anglet]re n'tait en ri5 la puissance mondiale qu'elle devait dev5ir plus t>d3 c'tait un petit pays peupl de quelques millions d'habitants dcims rgulirem5t p> la pe/e et la fam9e4 ,elle n'avait po9t de colonies1 cela va sans dire2 elle avait p]du ses po9ts d'appui cont95taux2 l',irl&e1 t\t entire ca?olique1 se faisait gloire de n'avoir de s\v]a9 temporel que le ,pape2 l'cosse tait une ennemie dont ,m>ie ,/u>t1 pr9cesse presque franaise1 v\lait faire mieux qu'une rivale4 ,la situation du pays tait plus que prcaire et les divisions religieuses1 s\rdes p>t\t et t\j\rs prtes clat] dans les comts loigns1 y aj\tai5t des difficults n\velles4 ,les seigneurs du ,nord conspirai5t4 ,l',espagne armait sa trop clbre flotte laquelle les ports d',irl&e tai5t naturellem5t ouv]ts2 la re9e d'cosse n'att5dait qu'un signal4 ,le ,pape et ,philippe crur5t l'occasion unique et se dcl>r5t4 lisabe? fut somme de pr\v] sa lgitimit1 bi5tt aprs excommunie et dpose et ses sujets dlis de leur s]m5t de fidlit4 ,il semblait que l',armada n'et qu' p>atre4 ,les conseill]s du ,pape avai5t compt sans la fi]t nationale des ,anglais aussi susceptible alors qu'auj\rd'hui4 ,ces mesures viol5tes alinr5t de nombreux ca?oliques qui autrem5t fuss5t re/s fidles4 ,les lettres du c>d9al ,all5 et les j\rnaux du collge de ,d\ai montr5t clairem5t ce qu'tai5t les s5tim5ts rels de la population4 ,les deux ti]s1 au mo9s1 crivait ,all51 sont entirem5t ca?oliques de cur et ne se con=m5t qu'en app>5ce et la mort dans l'me4 ,le cl]g n'tait pas plus gagn4 ,dans beauc\p d'endroits le cur faisait *aque diman*e deux s]vices1 l'un dans sa maison p\r les ca?oliques1 l'autre l'glise1 suivant l'usage n\veau4 ,p>fois on voyait la mme table de communion des fidles recevant l'ho/ie consacre la messe et des prote/ants communiant s\s les deux espces4 ,les lettres d',all5 montr5t bi5 que cette dissimulation ne p>aissait pas crim9elle1 avant t\t p>ce qu'on la croyait passagre1 et de nombreux docum5ts anglicans1 entre autres un curieux s]mon de ,latim]1 pr\v5t aussi que les prote/ants savai5t quoi s'en t5ir sur les s5tim5ts rels de beauc\p de leurs coreligionnaires prt5dus4 ,en fait1 les ca?oliques se ca*ai5t beauc\p mo9s dans les premires annes d'lisabe? que les prote/ants ne s'tai5t ca*s s\s ,m>y4 ,on payait l'am5de qu& on tait conva9cu d'avoir manqu l'glise de t\t un mois1 ou qu& on ne tr\vait pas de prtexte suffisant p\r refus] la communion pascale et t\t tait dit4 ,seuls les prtres qui refusai5t le s]m5t tai5t punis1 mais la p]scution n'tait pas sanglante4 ,un frre d',all5 qui passa plusieurs mois ,londres en #aehc1 c'e/--dire un ou deux ans avant que ,%akespe>e n'y vnt *]*] =tune1 vit un c]ta9 nombre de prtres inc>crs la ,m>*ausse4 ,ils y disai5t la messe1 presque t\s1 *aque mat91 et sortai5t librem5t dans la j\rne p\r un m9i/re pe9e dissimul4 ,les g>di5s se laissai5t corrompre bas prix4 ,les *oses *angr5t qu& le dang] d'une invasion espagnole app>ut clairem5t t\s4 ,les prtres de ,d\ai fur5t reg>ds comme des espions1 et les jsuites comme des missaires de l',espagne4 ,on les traqua1 bi5 plus s\s l'empire de la frayeur que p> ha9e religieuse1 et les sectaires tirr5t p>ti de la confusion4 ,va9em5t les m>tyrs affirmai5t-ils1 au pi$ de l'*afaud1 qu'ils ne reconnaissai5t d'autre p\voir civil que celui de la re9e1 on les huait comme tratres la patrie4 ,il va de soi que l'hrsie gagna beauc\p de ce que ,rome p]dait1 mais la ?ologie anglicane qui se =mait peu peu dans des livres comme celui de ,hook]1 tait bi5 plutt ca?olique que lu?ri5ne et le s5tim5t populaire (frait la mme nuance3 on ne trans=me pas en deux gnrations les =mes religieuses dont un peuple a vcu p5dant dix sicles4 ,si l'on veut s'imag9] ce qu'tait peu prs la disposition des esprits en ,anglet]re au comm5cem5t du ,x,v,i,ie sicle1 il faut oubli] totalem5t l'anglican d'auj\rd'hui1 sur qui a pass le r\leau de f] des ,hanovre et la vague d'indiffr5ce s\leve p> les ,di/es3 il y a longtemps qu'il a oubli l'atmosphre o ses pres ont vcu et son ignorance nave e/ s\v5t prodigieuse2 il ne faut1 surt\t1 pas p5s] aux pa/i*eurs de la ,haute-glise1 p\r qui le ca?olicisme n'e/ pas un ress\v5ir1 mais bi5 une attrayante n\veaut4 ,il faut p5s] aux ,vieux ,ca?oliques de ,suisse ou d',allemagne1 et non po9t rongs comme ils le sont p> le prote/antisme ambiant et t\t ple9s de l'enttem5t s*ismatique1 mais tels qu'ils s]ai5t1 si1 au lieu d'tre l'exception et de vivre en lots1 ils euss5t t pris en masse dans une conv]sion viol5te du pays t\t enti] et dans l'tonnem5t o les rvolutions laiss5t t\j\rs les individus paisibles qui les ont subies et non faites4 lisabe? et son peuple tai5t des ca?oliques de la veille qui n'avai5t pas eu le temps1 beauc\p prs1 de pr5dre les faons purita9es et qui p\vai5t se reg>d] s\v5t comme des ca?oliques du l5dema94 ,aj\tez que le concile de ,tr5te datait de c9quante ans pe9e1 et que les que/ions de liturgie et de discipl9e tai5t encore dans leur tat amorphe et bi5 lo9 d'tre ce qu'elles sont dev5ues p\r n\s1 aprs trois sicles de rglem5tation et d'uni=mit croissante4 99 99 99 99 99 ,rev5ons ,%akespe>e dont la noble figure va n\s p>atre dsormais t\te autre que si n\s accollions crm5t son nom le glacial adjectif de prote/ant4 ,il nat ,/rat=d-sur-l',avon1 au mois d'avril de #aefd1 c'e/--dire la sixime anne d'lisabe?4 ,six ans avant sa naissance donc1 les lois svres de ,m>y sont appliques p>t\t2 les prote/ants sont t]rs dans les faub\rgs des villes2 les clo*es qu'on ent5d sonn5t p\r la messe et les vpres1 ou la procession1 ou la visite d'un vque qui va p>l] d'atta*em5t la foi roma9e4 ,il e/ vrai que la trombe d*ane p> ,cranm] s\s le petit d\>d a pass1 et que les commissaires de ,h5ri ,,viii ont visit ,/rat=d il y a une v+ta9e d'annes et que les traces de leur passage subsi/5t4 ,la gr&e et belle maison que voil vide tait1 il y a peu d'annes encore1 la collgiale de ,/rat=d4 ,c9q prtres et quatre petits *ori/es y vivai5t paisiblem5t1 un peu trop paisiblem5t peut-tre1 bi5 que l'un des prtres tnt cole4 ,jean de ,/rat=d les avait tablis l au ,x,i,ve sicle p\r *ant] p]ptuit l'(fice et la messe des morts p\r le repos de son me4 ,on ne dit nulle "p qu'ils euss5t t p\r le pays un objet de sc&ale4 ,mais les commissaires du roi sont v5us3 ils ont fait des inv5taires1 puis ils ont pris t\t ce qu'il y avait d'objets d'or et d'arg5t dans la maison1 puis ils ont confisqu la r5te et supprim la fondation1 enf9 ils se sont emp>s du logis sans se s\ci] des occupants4 ,et ce joli btim5t go?ique1 flanqu d'une *apelle flamboyante et d'une halle qu'il s]ait bi5 urg5t de rp>]8 ,c'e/ la ,guilde qui s]t en mme temps d'htel de ville4 ,elle a longtemps abrit une in/itution bi5 utile1 une confrrie pieuse d'assi/ance mutuelle qui a prospr1 s'e/ dveloppe1 et a f9i p> se confondre avec l'adm9i/ration municipale4 ,les vques de ,worce/] qui sont les seigneurs du manoir1 lui en ont peu peu ab&onn les bi5s4 ,la petite ville e/ presque ri*e3 les pauvres s'y sav5t des droits qui ne sont pas le misrable droit l'aumne2 on y vit dans la tranquillit pr(onde o sont encore auj\rd'hui c]ta9es petites villes belges dont la vie municipale n'a pas t entrave4 ,mais l aussi sont v5us les g5s du fisc4 ,ils ont t\t pris1 ce qui tait la ville comme ce qui tait la confrrie et ils sont p>tis1 laissant ,/rat=d non seulem5t sans son bi51 mais mme sans g\v]nem5t rguli]4 ,malgr t\t et comme plaies d'arg5t ne sont pas mortelles1 ,/rat=d s'e/ recon/itu peu peu4 ,il n'y a plus de collgiale1 mais la petite cole att5ante e/ t\j\rs dirige p> un prtre et la belle glise p>oissiale de la ,sa9te-,tr9it a retr\v son cl]g4 ,la ,guilde e/ dtruite1 mais la municipalit s'e/ re=me et la ville a repris la physionomie d'ordre un peu svre qui y e/ de tradition4 ,les b\rgeois font le guet t\tes les nuits2 les rglem5ts de police sont appliqus2 on inflige l'am5de aux contrev5ants2 le pilori municipal n'e/ jamais longtemps vide1 et sur la rivire froide et claire le cuck+-/ool att5d les femmes rev*es et grondeuses4 ,t\t a repris son air acc\tum4 ,il y a seulem5t plus de pauvres et quelques vieux prtres dont la position s]ait bi5 pnible1 si ,m4 ,rockwood1--le mme qui s]a pris dans la conspiration des ,p\dres--ne les assi/ait pas4 ,tel e/ l'tat des *oses ,/rat=d v]s le temps o ,john ,%akespe>e vi5t d'p\s] ,m>y ,ard5 et trs peu d'annes avant la naissance de ,william4 ,de prote/antisme il e/ =t peu "q4 ,qui irait les ,bibles de ,tyndale dans un pays o les (fici]s municipaux eux-mmes ne sav5t pas t\j\rs sign]8 ,cep5dant lisabe? succde sa demi-sur et ce sont de n\veaux *angem5ts4 ,n\veaux vques--ceux que ,m>ie a nomms ayant montr une t\te autre n]gie que ceux de ,h5ri ,,viii--n\veau rituel1 reconv]sion en masse de t\te la petite ville4 ,c'e/ au db mme de cette poque de transition que le jeune ,william e/ baptis4 ,le ,/rat=d qu'il vit de ses yeux d'enfant obissait la re9e1 mais on n'y faisait pas de zle purita94 ,john ,%akespe>e1 le propre pre du pote1 e/ alors dans sa plus gr&e prosprit et ti5t des *>ges locales considrables4 ,cep5dant il e/ condamn une am5de de deux %ell+s1 l'anne mme de la naissance de ,william1 p\r avoir mutil une image dans la *apelle de la ,guilde4 ,il y avait une gr&e croix sur la place du m>* et deux autres aux entres de la petite ville4 ,t&is qu'on laisse des n]gumnes les bris] en tant d'autres lieux1 on les respecte ,/rat=d et1 en #afjh1 aprs la mort d'lisabe?1 les *ev9s veill5t encore ce qu'on ne s'en s]ve p\r aucun usage pr(ane4 ,william appr5d sa grammaire et ses dialogues lat9s dans la *apelle de la ,guilde1 mais c'e/ que la halle o1 jusque-l1 se faisai5t les classes1 m5ace ru9e3 nulle ide de dscration4 ,p5dant trs longtemps les btim5ts de la collgiale re/5t inoccups4 ,il faut un homme de mauvaise rputation1 diabolique usuri]1 un nomm ,combes1 p\r se dcid] les l\]4 ,y avait-il dans le vois9age de ,%akespe>e des ,papi/es d'glise1 c'e/--dire des ca?oliques simulant la con=mit et rev5ant *aque fois qu'ils le p\vai5t aux pratiques de l'anci5ne glise8 ,cela e/ plus que c]ta9 et il e/ trs vraisemblable que ,%akespe>e eut une expri5ce p]sonnelle de la vie ca?olique4 ,son langage1 en p>lant des *oses de la religion1 e/ d'une infaillible exactitude1 t\t autre que celui de ,balzac1 p> exemple1 en dpit de son att5tion m9utieuse au dtail4 ,on disait la messe *ez les ,rockwood o une p]quisition fit dc\vrir quantit d'ornem5ts1 et ,william avait des cam>ades qui y allai5t et c]ta9em5t en p>lai5t1 c> on se ca*ait pe9e dans les premi]s temps d'lisabe? et c'e/ seulem5t dans les romans que des masses entires d'hommes sav5t g>d] un secret4 ,n'y a-t-il pas le ress\v5ir mu d'une r5contre1 et peut-tre d'un mot plus sympa?ique que railleur1 jet en passant une jeune fille1 dans ce v]s de ,romo et ,juliette3 ,reg>dez sa figure joyeuse en rev5ant de confesse4 ,jamais ,%akespe>e ne pr5d un autre ton4 ,peut-tre t\tes ses impressions religieuses sont-elles des impressions pittoresques que le puritanisme ne lui aurait jamais donnes4 ,peut-tre tr\vait-il1 avec la majorit de ses contempora9s1 que les s]vices anglicans ordonns p> ,cranm] tai5t des f>ces ridicules aussi comiques que des jeux de ,mai4 ,jamais me huma9e ne fut mo9s faite p\r se repli] sur elle-mme dans la tri/esse de la p5se lu?ri5ne1 et au contraire plus t\rne v]s le mlange de my/re1 de lyrisme et de somptuosit rituelle qu'e/ le ca?olicisme4 ,il e/ bi5 probable que ,%akespe>e vcut et m\rut dans une complte indiffr5ce religieuse4 ,on a p>fois exagr un petit fait m5tionn dans les docum5ts1 et se rapportant aux d]nires annes de sa vie1 qu&1 aprs =tune faite1 il se retira dans son pays natal p\r n'tre plus que ,m4 ,william ,%akespe>e3 c'e/ une dp5se d'un qu>t de ,malvoisie faite p\r un prdicateur4 ,en y reg>dant1 on s'ap]oit que ce prdicateur fut hb]g ,new ,place1 *ez le ,dr ,hall1 g5dre de ,%akespe>e1 et que ce d]ni] v\lut probablem5t aid] sa fille recevoir conv5ablem5t ses invits et non pas donn] une m>que p>ticulire de sympa?ie l'loqu5t ecclsia/ique4 ,on peut se figur] assez bi5 comm5t l'auteur de ,hamlet c\tait un s]mon1 et surt\t un s]mon prote/ant1 d'un ton t\t autre que celui des s]mons pr*s dans son enfance p> un prtre mal conv]ti la religion d'tat4 ,d'ailleurs1 les impressions pr(ondes sont celles de la jeunesse1 et il p>at trs c]ta9 que la jeunesse de ,%akespe>e n'eut ri5 de religieux4 ,il avait treize ou quatorze ans1 qu& son pre tomba de la trs l>ge aisance o il tait depuis son m>iage1 dans la gne et bi5tt presque dans la misre4 ,les rapports ecclsia/iques signal5t que ,john ,%akespe>e e/ trop pauvre p\r pay] la taxe des indig5ts1 et que1 soit honte1 soit cra9te d'tre importun p> ses cranci]s1 il ne vi5t jamais l'glise4 ,son fils n'y devait gure all] davantage4 ,il v5ait de quitt] le collge et prludait la vie plus que libre qui devait l'oblig] se m>i] dix-sept ans avec une fille de v+t-quatre et bi5tt fuir le pays avec la rputation d'un assez mauvais sujet4 ,dans un b\rg aussi rgl que ,/rat=d des pratiques religieuses avec une exi/5ce sans fre9 euss5t pass p\r un sc&ale intolrable4 ,%akespe>e p>tit donc p\r ,londres en #aehd ou #aehe1 avec un bagage de puritanisme =t lg]4 ,son sj\r dans la capitale ne l'accrut c]ta9em5t pas4 ,n\s savons trs en dtail ce qu'tai5t les murs des acteurs et auteurs dramatiques londoni5s qu'il eut p\r cam>ades4 ,la lic5ce effrne de leur vie1 passe entre le ?tre1 le cab>et et les mauvais lieux et f9issant misrablem5t sur un c(fre dans une htell]ie1 s'alliait une impit audacieuse et fanf>onne qu'on ne s\ponne pas t\j\rs avoir t de cet ge4 ,les deux plus aff9s p>mi les auteurs que ,%akespe>e tr\va son arrive ,londres1 ,gre5e et ,m>l[e1 tai5t aussi dlibrm5t impies que dbau*s4 ,gre5e n'avait pas assez de s>casmes p\r l'enf] et la vie future et disait que s'il n'et pas cra9t la ju/ice de la re9e plus que celle de ,dieu1 il se ft fait voleur de gr& *em94 ,m>l[e1 a?e avr1 traitait ,mose de jongleur et se vantait que si on lui confiait la fabrication d'une religion elle s]ait un peu meilleure que le *ri/ianisme4 ,%akespe>e fut t\j\rs au-dessus de ces fanf>onnades blasphmatoires4 ,le fameux passage de ,mesure p\r ,mesure3 ,m\rir1 all] on ne sait o444 s\v5t cit ne l'e/ jamais intgralem5t4 ,le contexte m>que clairem5t que ,%akespe>e n'a pas v\lu mettre une impit1 t\t au contraire1 dans la b\*e de l'acteur4 ,mais il s]ait absurde de suppos] que le t\rbillon auquel il s'ab&onna1 comme t\s les autres1 ait =tifi ou fait natre en lui1 les prjugs prote/ants4 ,t\te la religion que ,%akespe>e reut d'autrui1 il l'avait ds l'ge de quatorze ans1 et cette religion lui v5ait de p>5ts ns et gr&is dans le ca?olicisme et qui n'avai5t pas compris gr&'*ose la trans=mation s\da9e de l'glise1 ou bi5 de prtres levs ,ox=d dans la pure doctr9e ?omi/e et qu'on avait bi5 peu *angs en leur imposant le surplis au lieu de la *asuble sup]/itieuse4 ,il s]ait difficile de croire qu'un esprit aussi va/e et puissant1 d\ d'un s5s si pr(ond du my/re de la mort et de la de/9e huma9e1 n'ait pas s\v5t rfl*i sur cet env]s impntrable des *oses que la religion seule claire1 mais il e/ plus que probable que l'ombre se re=mait bi5tt sur son l>ge front et qu'il concluait comme ,hamlet p> ces v]s o l'on peut voir1 volont1 le scepticisme ou la foi3 ,il y a plus de *oses dans le ciel et la t]re1 ,horatio1 ,qu'il ne s'en rve dans votre philosophie4 ,ri5 du my/ique *ez cet homme en qui se ralisa sans d\te le maximum de la vie1 mais ri5 non plus du sectaire4 ,qu& il lui arrivait de pass] aux abords de ,tyburn o la ju/ice de la re9e faisait mettre en qu>ti]s les ca?oliques m>tyrs1 il devait se dt\rn] avec horreur4 ,lui qui compr5ait t\t ne compr5ait pas qu'on ft m\rir un homme p\r ce qu'il p5sait ni surt\t p\r ce qu'il aimait4 ,qu'on relise ,mesure p\r ,mesure1 la sombre comdie des ju/ici]s6 ,mais qu& on aime le suivre en imag9ation dans sa vie quotidi5ne2 qu& on l'accompagne dans ses frqu5ts voyages de ,londres ,/rat=d1 on ne peut s'emp*] de le voir ral5tir le pas en trav]sant ,ox=d1 ou arrt] son *eval sur la r\te plus ds]te de ,banbury1 p\r reg>d] la c\rt9e ab&onne et les t\rs dj lz>des de quelque mona/re4 ,les s\v5irs fodaux qui1 deux gnrations plus tt1 s'atta*ai5t encore ces pi]res ont disp>u3 il ne re/e que des associations d'ides mlancoliques et d\ces1 sur un pass qui fut gr& et dont il ne subsi/e que l'image4 ,les mo9es sont morts1 leurs ri*esses ont t pilles p> des hob]eaux rapaces que le peuple n'a jamais aims1 le temps de l'idal e/ v5u4 ,%akespe>e ap]oit ces religieux avec l'aurole des *>treux robe blan*e1 m>tyrs de ,cromwell1 dont la d]nire messe conv5tuelle fut accompagne d'une musique cle/e et devant le clotre desquels il passe s\v5t2 ou bi5 il les voit dans l'atmosphre itali5ne1 familire et potique la fois1 des hi/oires de ,b&ello4 ,jamais la note railleuse et au fond mprisante de ,boccace et de ,*auc] ne dtonn]a sur la sympa?ie de son acc5t3 il mettra de la f9esse1 de la passion1 s\v5t une expression nave d'atta*em5t ou de fidlit sur les figures en froc et capu*on que n\s allons voqu]1 mais ri5 de bas4 99 99 99 99 99 ,dans le cortge somptueux des dignitaires ecclsia/iques qui jette une note si brillante sur les drames hi/oriques de ,%akespe>e1 p>mi les vques gr&s seigneurs1 les c>d9aux m9i/res1 les ar*evques primats du royaume et les lgats du ,pape en gr& co/ume1 on voit dans la pnombre de l'hi/oire du roi ,ri*>d ,,ii1 la silh\ette d'un ,abb de ,we/m9/]4 ,c'e/ le seul des mo9es de ,%akespe>e que son auteur traite avec indiffr5ce4 ,et la raison en e/ que1 p\r lui1 un ,abb de ,we/m9/] n'e/ pas plus un religieux que le c>d9al ,wolsey n'e/ un prtre4 ,c'e/ un gr& p]sonnage qui trame avec prud5ce et mfiance des comm5cem5ts de complots dont lui-mme cra9t l'issue4 ,l'ombre de son abbaye enveloppe sa p]sonne et ses pratiques4 ,il prit misrablem5t et ,%akespe>e crit sa tri/e pitaphe du mme froid /ylet qui en a grav tant d'autres3 ,ce gr& conspirateur1 l',abb de ,we/m9/]1 ,avec une consci5ce l\rde et une aigre mlancolie ,a livr son corps au tombeau4 ,t\te autre e/ la p>5t du bon frre ,franois de ,beauc\p de bruit p\r ri51 le premi] mo9e itali5 dont n\s ap]cevions le joli s\rire dans un visage ple9 et rguli]4 ,ds l'abord il n\s rappelle non seulem5t son confrre ,laur5t de ,romo et ,juliette mais aussi les curs spirituels ou comiques des ,joyeuses ,commres1 de ,love's ,lab\r's ,lo/1 ou ces faiseurs de m>iages1 vrais h$ge p>sons#c1 qui sort5t po9t nomm de d]rire un buisson p\r unir les am\reux de ,z y l x4 #c ,curs de haies4 ,on croit d'abord que le rle de ce digne frre ,franois se born]a recevoir deux oui et plusieurs broc>ts4 ,,leonato4--,allons1 frre ,franois1 dp*ons2 t5ez-v\s-en la =mule du m>iage1 v\s leur direz leurs devoirs aprs4 ,,fr,,re ,,fran,,ois4--,v\s v5ez ici1 seigneur1 p\r m>i]#d cette dame8 #d ,j'ai traduit p> ce prov9cialisme qui p]met seul de cons]v] le jeu de mots4 ,,claudio4--,non4 ,,leonato4--,p\r se m>i] avec elle1 frre2 c'e/ v\s qui v5ez les m>i]4 ,mais c\p de ?tre6 le fianc dcl>e qu'il n'a aucune envie d'p\s] ,hro4 ,elle a t\t l'air1 dit-il1 de la *a/e ,diane1 mais c'e/ d'une autre desse qu'elle devrait se rclam]4 ,sa r\geur la trahit4 ,en effet1 aprs avoir r\gi1 la pauvre ,hro plit et s'affaisse4 ,a ces m>ques on connat son crime4 ,t\t le monde1 et son propre pre lui-mme la croit c\pable1 un conc]t de maldictions s'lve aut\r de l'autel t&is que le pre dem&e au ciel voix haute de ne pas tir] la misrable de l'anti*ambre de la mort o elle e/4 ,cep5dant frre ,franois1 spectateur muet et en app>5ce indiffr5t de cette scne tragique pr5d la p>ole et se rvle s\da9 pr(ond psy*ologue3 c\tez-moi1 dit-il2 je n'ai t si longtemps sil5cieux et je n'ai a9si laiss all] les *oses que p>ce que j'tais occup obs]v] cette dame4 ,j'ai rem>qu mille app>itions r\gissantes fondant sur son visage1 et mille innoc5tes hontes en blan*eur anglique rep\ssant ces r\geurs4 ,et dans ses yeux j'ai vu surgir un feu prt brl] les erreurs que ces pr9ces que voici pr(ess5t sur sa s9crit virg9ale4 ,traitez-moi d'ins5s1 mprisez ma sci5ce et mes obs]vations1 ma vieillesse1 ma rvr5ce1 mon tat et ma ?ologie1 si cette d\ce jeune fille n'e/ pas l1 r5v]se1 innoc5te1 p> un m5songe aux crocs aigus4 ,ces belles mtaphores jett5t l'inc]titude p>mi les c\tants4 ,le pre t\j\rs =t agit1 dcl>e que si sa fille e/ c\pable1 il la d*ir]a de ses propres ma9s1 mais si elle e/ innoc5te il se donn]a bonne quittance de la malice des calomniateurs4 ,la difficult e/ de savoir si elle e/ innoc5te ou c\pable4 ,le bon mo9e inv5te un /ratagme4 ,les pr9ces vi5n5t de quitt] la place1 conva9cus que la pauvre ,hro e/ bi5 morte4 ,qu'on la fasse pass] p\r ent]re3 il n'y faudra qu'une o/5tation de deuil1 des pitaphes lugubres et les rites qui convi5n5t des funrailles4 ,sans d\te1 rpond ,lonato que l'motion tr\ble t\j\rs1 mais que f]a ceci8 ,p> ,notre-,dame6 ceci habilem5t conduit *ang]a la calomnie en remords4 ,hro morte s]a aussitt pleure1 pla9te et excuse4 ,a pe9e ,claudio saura-t-il qu'elle n'e/ plus1 que l'ide de sa vie r5tr]a d\cem5t dans le cab9et de travail de son imag9ation2 ses dlicats organes lui app>atront en habits plus prcieux1 ils lui sembl]ont plus gracieux dans leurs m\vem5ts et plus ri*es de rve que t&is qu'elle vivait4 ,alors il s'ab&onn]a au *agr9 et se rep5tira d'avoir accus la jeune fille1 mme croyant l'accusation fonde4 ,et1 si mme ce rsultat n'e/ pas atte9t1 la supposition de la mort de la dame te9dra la curiosit de son infamie2 il ne re/]a qu' la t5ir ca*e lo9 des yeux1 des langues et des injures1 dans quelque vie recluse et religieuse4 ,a9si raisonne le frre ,franois en subtiles mtaphores et il n'a plus du t\t l'air d'un h$ge p>son1 c> c'e/ lui ma9t5ant qui conduit t\t le drame4 ,d'ailleurs il le conduit m]veille et t\t se passe comme il l'avait prvu4 ,claudio se rep5t et s'en vi5t au monum5t des ,lonato faire une crmonie expiatoire3 il lit des v]s t\*ants sur le m>bre de la vi]ge ,hro et un *ur de pnit5ts *ante une de ces m]veilleuses petites odes dont ,%akespe>e aime sem] ses pices4 ,un gr& imbroglio se produit1 trs favorable un dn\em5t heureux2 ,claudio avide de consolation1 p> l'excs mme de son dsespoir1 accepte la ma9 d'une femme masque qui e/1 naturellem5t1 ,h]o et le frre ,franois entrane t\t le monde la *apelle#e4 #e ,mu* ado ab\t no?+1 act4 ,,ii ,v4 ,le bon frre ,franois fait 9vitablem5t song] au frre ,laur5t de ,romo et ,juliette3 la mort suppose de ,hro e/ une rplique du funbre sommeil de ,juliette1 et les artisans de ces /ratagmes port5t la mme bure4 ,mais il faut bi5 se g>d] de les mettre sur le mme niveau4 ,le frre ,laur5t sortant au petit j\r avec son pani]1 ou se glissant dans le cimetire avec sa lant]ne et sa p9ce de f]1 pass]ait facilem5t p\r un frre lai2 en ralit ,%akespe>e1 qui aimait ce rle et le j\ait t\j\rs lui-mme1 a ent5du faire un religieux savant et influ5t1 sans lequel sa pe9ture de ,vrone s]ait trs incomplte4 ,comm5t ,%akespe>e a-t-il dev9 cette ville de rve8 ,il aurait pu int]rog] quelque c\rtisan1 quelque ,italianate ,engli%man1 comme il s'en r5contrait beauc\p aut\r de lui1 amant passionn de la littrature toscane1 voyageur ravi et conteur en?\sia/e4 ,il p>at improbable qu'il l'ait fait4 ,que lui aurait-on appris1 aprs t\t8 ,que la ville e/ noblem5t assise sur le p5*ant de montagnes violettes au soleil c\*ant8 ,que ses remp>ts crneaux lui font une ce9ture cisele8 ,que la gr&eur de la civilisation roma9e s'y rvle dans des re/es gr&ioses ap]u de t\tes p>ts ds la campagne solitaire8 ,que les hautes maisons de pi]re fauve ou de brique claire1 p]ces de f5tres vniti5nes1 sont sveltes et fires sans insol5ce8 ,il avait ap]u t\t cela dans les syllabes lgantes du nom mme de ,vrone4 ,t\t au plus aurait-on pu lui dire que le v]g] muraill de ,juliette tait =t diffr5t d'un ri*e et automnal enclos du nord1 que les cyprs s'y dressai5t hauts et tri/es de t]rasse en t]rasse1 et que la cigale y faisait claqu] ses ca/agnettes4 ,il et effac v]g] et mis j>d91 voil t\t4 ,on l'et bi5 f* en lui disant que le tombeau des ,capulets n'tait vraisemblablem5t pas dans un cimetire1 mais dans les caveaux d'une glise ou dans une troite ence9te comme celle o les orgueilleuses tombes des ,scalig]s se dress5t4 ,sa ,vrone tait une ville de ciel bleu et de passion ard5te3 ces donnes lui ont suffi2 mais elles l'euss5t g>1 elles aurai5t r5du sa pe9ture s*e et dure1 si l'ide de la religion1 des c\v5ts1 des glises1 de la sagesse et de l'indulg5ce *rti5ne1 n'et fait son drame une sorte d'ombre transp>5te et ad\ci les c\leurs du tableau4 ,la prs5ce du frre ,laur5t met dans la tragdie comme une p5se du soir4 ,humble francisca91 il ne faudrait pas s'imag9] le frre ,laur5t comme un ,savon>ole vronais4 ,il n'e/ pas prdicateur1 il e/ timide1 il e/ *]*eur et rveur1 et l'amiti seule l'amne des rsolutions hroques4 ,cep5dant il e/ =t loign du p]sonnage effac que plus d'un acteur a v\lu voir4 ,il e/ suprieur de son c\v5t et connu de t\te la ville p\r sa9t et savant homme3 le pr9ce lui-mme p>le de lui avec respect4 ,il a tr\v moy51 dans ces temps de ha9es irrconciliables1 de s]vir t\t le monde sans se r5dre ho/ile p]sonne3 il e/ le confid5t de ,romo et le confesseur de la fille des ,capulets4 ,sa tranquille sagesse ti5t les passions di/ance4 ,il e/ assez homme et surt\t assez ,itali5 p\r s'intress] des am\rs1 mais non p\r se li] des v5geances4 ,sa premire conv]sation avec ,romo e/ *>mante4 ,le j\r se lve4 ,le vieux mo9e deb\t la porte du c\v5t s'e/ arrt p\r j\ir de la fra*eur et reg>d] le gris mat9 luttant dans le ciel avec la nuit et t5dant l'e/ de gr&s fils lum9eux4 ,il ti5t le pani] qu'il va remplir de plantes et fait t\t haut ses rflexions de philosophe un peu al*imi/e et de *rti5 my/ique4 ,la t]re qui e/ la mre de la nature e/ aussi sa tombe2 ce qui e/ son tombeau e/ en mme temps son se91 et dans son se91 n\s1 enfants de div]s climats1 tirant sur sa mamelle1 tr\vons ma9te *ose p\r ma9te v]tu excell5te4 ,gr&e e/ la puissante grce qui habite les h]bes1 les plantes et les pi]res1 gr&es leurs qualits1 c> ri5 de si humble ne vit sur la t]re1 qu' la t]re il ne fasse quelque don spcial4 ,et ri5 de si exquis que1 dt\rn de son usage propre1 il ne se rvolte au s\v5ir de sa naissance lgitime2 la v]tu mal applique devi5t vice et le vice quelquefois pr5d une dignit p> l'action4 ,dans le tissu enfant9 de cette faible fleur1 le poison a un sj\r et le remde une puissance3 respir il porte la joie dans t\t l'tre1 gt il tue les s5s avec le cur4 ,deux rois ennemis sont t\j\rs camps dans l'homme comme dans la plante3 la ,grce et l'indocile ,volont4 ,sitt que le pire prdom9e1 le v] de mort accomplit son uvre4 ,bonj\r6 dit une voix jeune4 ,c'e/ ,romo qui s'en revi5t du bal4 ,que fait-on dehors cette heure8 ,qu& on e/ vieux l'insomnie v\s *asse du lit avant l'aube1 mais le sommeil d'or rgne sur les membres non meurtris et les c]veaux libres de s\ci4 ,une inquitude vi5t au bon pre3 e/-ce que ,romo ne se s]ait pas c\*8 ,,rom,o4--,c'e/ la vrit4 ,mon repos n'en a t que plus d\x4 ,,fr,,re ,,fran,,ois4--,dieu p>donne au p*6 tais-tu avec4448 ,non1 non1 ,romo n'tait pas avec ,rosal9e1 il a oubli ce nom1 et il ne veut mme plus l'ent5dre3 ce qu'il veut1 c'e/ qu'auj\rd'hui mme le frre ,laur5t le m>ie avec ,juliette4 ,,fr,,re ,,laur5t4--,bon ,sa9t-,franois6 quel *angem5t e/-ce l8 ,l'am\r des jeunes g5s n'e/ vraim5t pas dans leurs curs mais dans leurs yeux4 ,jsus ,m>ia6 que de l>mes amres ont c\l sur ces j\es ples p\r ,rosal9e1 quel gaspillage d'eau sale6 ,romo int]rompt b\deur3 --,v\s me grondiez sans cesse d'aim] ,rosal9e4 ,,fr,,re ,,fran,,ois4--,non pas d'aim]1 mon fils1 non1 non3 de radot]6 ,cep5dant le ,frre1 t\t en raillant son f\droy1 rfl*it que ce m>iage arrang]ait bi5 des *oses et il le lui dit4 ,,rom,o4--,p>tons1 c\rons6 il faut se dp*]4 ,,fr,,re ,,laur5t4--,d\cem5t6 sagem5t6 qui va trop vite se bute4 ,comme t\t cela e/ vieux1 mais comme c'e/ jeune6 le soleil levant1 le mona/re1 les v]tus des plantes1 l'am\reux1 le vieux morali/e1 comme t\t cela e/ rebattu et lieu commun1 mais s\s cette plume juvnile et passant p> l'imag9ation du m]veilleux g>s de ,/rat=d1 comme c'e/ frais1 naturel et t]nel6 ,%akespe>e1 t\t ple9 encore des p>fums de sa campagne natale1 mais gris p> sa vie n\velle1 p> ses premi]s succs monda9s1 p> l',italie aussi1 sans aucun d\te1 mesure qu'il la dc\vre ou l'inv5te1 e/ vraim5t le ,romo de la posie4 ,a trav]s la tragique idylle1 le frre ,laur5t passe et repasse1 t\j\rs s\riant et bon1 un peu sceptique1 p>ce qu'il e/ vieux et qu'il a vu trop de *oses *ang] ou s'arrang]4 ,il philosophe peut-tre un peu volonti]s et fait de temps en temps l'*o1 comme le *ur antique4 ,mais il n'e/ jamais imp]sonnel1 il e/ agissant1 intellig5t et n]gique4 ,il moralise sur l'am\r1 pr*e la modration du s5tim5t et v]se gnreusem5t le d\x lait de l'adv]sit1 c'e/ la philosophie4 ,cep5dant il m>ie les amants1 g>de son sang-froid dans les occurr5ces les plus prilleuses1 envoie ,romo ,mant\e et ,juliette dans les limbes du tombeau des ,capulets4 ,sa *imie vi5t au sec\rs de sa bont et sa religion r*auffe sa sagesse de vieill>d4 ,son app>ition dans la demeure des ,capulets1 en l>mes sur leur fille in]te1 e/ salue comme l'arrive d'un ami1 non comme la tri/e annonce que le glas va sonn] et que la sp>ation f9ale e/ pro*e4 ,on l'arrte dans des circon/ances suspectes aux abords d'un tombeau viol1 mais pe9e son nom prononc1 les s\pons s'van\iss5t4 ,bref1 il e/ clair que ,%akespe>e a v\lu pe9dre un assez gr& mo9e et que son esquisse e/ un portrait plus pr(ond qu'on ne le croirait4 ,t\s les g5s d'glise1 g5s de bi5 qui se sont succd p> c5ta9es sur les scnes de t\s les pays1 lui ont d quelque trait4 ,aucun ne l'a surpass en humanit s9cre et pr5ante#f4 #f ,romeo & ,juliet1 act4 ,,ii ,v4 ,a ct des ,amants de ,vrone1 la sombre comdie de ,mesure p\r ,mesure fait un vila9 contra/e4 ,c'e/ une des pices les plus biz>res de ,%akespe>e1 une de celles o on le s5t le plus prs de s'*app] de la ralit et o il passe le plus lgrem5t sur les vraisemblances1 sans qu'il cesse cep5dant de donn] l'impression de la vrit4 ,l'numration mme des p]sonnages av]tit que ,%akespe>e veut en pr5dre son aise et qu'il f]a le fil l*e son imag9ation4 ,deux mo9es1 une po/ulante1 une religieuse1 une ribaude1 un fanta/ique1 un seigneur anci51 un g5tilhomme un peu f\1 un prisonni] dissolu1 un pr9ce s\v]a9 qui f]a le mo9e p5dant presque t\te la pice1 des ju/ici]s1 des g>de-*i\rmes1 un b\rreau et un valet de maison mal fame4 ,t\t ce qu'il y aura de gat dans cette soi-disant comdie s]a des plaisant]ies p>faitem5t intraduisibles ou horriblem5t macabres4 ,les p]v]s le s]ont tel po9t1 avec un tel cynisme1 une hypocrisie si v\lue et un vice si consci5t1 que la seule figure vraim5t et compltem5t *>mante1 un frais visage de jeune fille1 s]a1 suivant l'expression d'un des p]sonnages1 comme une violette ca*e prs d'une *>ogne au soleil4 ,le duc de ,vi5ne--c'e/ ,vi5ne en ,autri*e1 mais t\t le cadre semble itali5--quitte sa capitale1 laissant l'au/re ,angelo le so9 d'y r=m] les murs4 ,cet ,angelo e/ le plus noir coqu91 hypocrite ple9 de sang-froid dans le crime1 si froid que le fanta/ique prt5d que c'e/ du b\illon de neige4 ,a pe9e le duc lui a-t-il prt sa t]reur1 pe9e la mort et la misricorde habit5t-elles sa langue et son cur1 qu'il fait f]m] et dmolir t\tes les maisons suspectes et emprisonne un jeune homme1 ,claudio1 qui n'a pas eu le temps d'p\s] rgulirem5t sa femme lgitime4 ,presque t\te la pice se passe aut\r de cette prison1 mais une petite scne *>mante en prp>e l'horreur p> un puissant contra/e4 ,claudio a une sur t\te jeune1 ,isabelle1 qui vi5t d'entr] *ez les ,cl>isses4 ,elle e/ dans t\tes ses joies de petite po/ulante et s'en?\siasme sur t\t ce qu'on lui dit4 ,la matresse des novices1 ,francisca1 lui explique les rgles4 ,,isabelle4--,et sont-ce l t\s vos privilges8 ,,francisca4--,les tr\vez-v\s petits8 7,la sur ,francisca app>emm5t a oubli le temps o elle tr\vait que ni les grilles n'tai5t assez paisses1 ni le sil5ce assez pr(ond47 ,,isabelle4--,je ne veux pas dire que j'en dsire davantage4 ,j'aim]ais au contraire une svrit plus gr&e dans la communaut1 p>mi les filles de ,sa9te-,claire4 ,on ent5d une voix au dehors3 ,,francisca4--,c'e/ une voix d'homme4 ,d\ce ,isabelle1 t\rnez la clef et dem&ez ce qu'il veut4 ,v\s le p\vez encore2 v\s n'avez pas fait les vux4 ,qu& v\s s]ez lie1 v\s ne p\rrez p>l] aux hommes qu'en prs5ce de la prieure1 et alors1 si v\s p>lez1 il ne faudra pas laiss] voir votre visage1 ou si v\s montrez votre visage il ne faudra pas p>l]4 ,on appelle encore4 ,je v\s en prie1 rpondez4 ,la petite ,isabelle aim]ait bi5 mieux tre une pr(esse remp>e de t\tes les rgles1 mais elle e/ pe9e po/ulante1 elle e/ encore habille en demoiselle1 il faut ouvrir et rpondre4 ,le visiteur e/ ju/em5t un orig9al assez dplaisant1 le fanta/ique ,lucio1 ami de son frre1 qu'elle ne connat pas4 ,il vi5t p\r lui annonc] la captivit de son frre1 mais1 s'ap]cevant qu'elle e/ jolie1 il comm5ce p> lui faire des complim5ts et pr5d son temps p\r lui dire du mme c\p et la msav5ture de ,claudio et l'imprud5ce qui l'a cause4 ,isabelle cra9t qu'on ne se moque d'elle1 mais le fanta/ique rassemblant t\te la gravit dont il e/ capable1 prote/e4 ,c'e/ la vrit4 ,je ne v\drais pas--bi5 que ce soit mon dfaut dom9ant de dire des btises aux filles et de plaisant]1 la langue lo9 du cur1--me j\] a9si d'une vi]ge4 ,je v\s ti5s p\r *ose /ellaire et sanctifie1 dev5ue p> votre r5oncem5t un esprit immortel1 et qui il faut p>l] avec s9crit comme une sa9te4 ,cela dit avec t\te la sol5nit possible1 ,lucio recomm5ce ses plaisant]ies1 sans plus song] qui il p>le4 ,claudio e/ en prison et sa tte ne ti5t dj plus sur ses paules2 il faut qu',isabelle sorte du c\v5t et aille suppli] l'homme de glace1 ,angelo4 ,il appr5dra que qu& les filles dem&5t1 les hommes donn5t comme des dieux4 ,quelle cata/rophe1 quel c\p de tonn]re dans le ciel de la pauvre petite novice4 ,elle e/ prte vol] au sec\rs de son malheureux frre4 ,mais elle rfl*it1 elle repr5d son petit air sage de novice cl>isse3 il faut qu'elle aille expliqu] les *oses la ,mre444 ,o donc ce prodigieux ,%akespe>e a-t-il t appr5dre les c\v5ts8 ,t&is qu',isabelle fait ses dbuts a9si trav]ss *ez les ,cl>isses1 il y a une prise d'habit *ez les ,capuc9s4 ,le duc p\r des raisons graves et rides dem&e qu'on lui p]mette de port] le co/ume de l',ordre et qu'on l'in/ruise se comport] en vritable mo9e4 ,s\s ce dguisem5t il visit]a pr9ces et peuples4 ,cep5dant ,angelo fait la loi p>t\t et la mort habite plus s\v5t sa langue que la misricorde4 ,isabelle vi5t le tr\v]1 lam5table qum&euse4 ,elle vi5t dem&] le p>don d'un p* dont elle a horreur1 mais le p*eur e/ ce qu'elle a de plus *] au monde4 ,qu',angelo punisse le crime mais non le crim9el6 ,ceci met le dialogue sur la p5te de t\tes les subtilits %akespe>i5nes4 ,au db1 ,isabelle p>le peu1 comme il convi5t une religieuse1 et se s\met t\t en r5trant des sanglots4 ,mais ,lucio qui l'a am5e l'anime t\t bas4 ,elle repr5d c\rage et tire p>ti de t\tes les mtaphores4 ,a la f91 ,angelo demi va9cu1 lui dit de rev5ir le l5dema94 ,c'e/ une lueur d'espoir et ,isabelle s'crie qu'elle a*t]a l'homme t\t puissant4 ,,angelo4--,comm5t m'a*et]8 ,,isabelle4--,non pas avec des babioles d'or po9onn1 ou des pi]res que l'on fait ri*es ou pauvres suivant que la fantaisie les e/ime2 mais avec des prires vritables qui s]ont deb\t la porte du ciel et y entr]ont avec l'aube3 prires d'mes prs]ves1 de vi]ges jeneuses dont les esprits ne s'appliqu5t ri5 de t]re/re4 ,elle s'en va4 ,mais ,angelo e/ hant d'une ide4 ,cette d\ce jeune fille a p>l de l'a*et]4 ,p\rquoi ne pas la pr5dre au mot8 ,p\rquoi ne pas lui faire pay] une grce qu'on s]a libre aprs de lui refus]1 puisque p]sonne ne saura ri58 ,a9si raisonne l'odieux t>tufe4 ,cep5dant le duc dev5u frre ,lod[ick l'obs]ve et appr5d t\t4 ,c'e/ un homme assez biz>re1 une manire de roi philosophe trs bon et encore plus sceptique1 ri5 d'un ,*>les-,qu9t ,sa9t-,j4 ,il va et vi5t s\s son capu*on1 consolant les prisonni]s1 faisant p>l] les g>di5s1 recevant des confid5ces de t\t le monde et l'occasion tirant de son se9 le sceau ducal auquel p]sonne ne rsi/e4 ,comme t\s les mo9es de ,%akespe>e1 c'e/ un homme inv5tif et /ratagmes et1 malgr qu'il soit pr9ce1 ses /ratagmes t\j\rs p>faitem5t honntes et moraux1 n'en ont pas t\j\rs l'air4 ,bi5tt c'e/ une lutte entre cette puissance occulte et ,angelo qui ne s'en d\te gure4 ,les pripties en s]ai5t difficiles racont]1 c> une autre femme1 ,m>iana1 l*em5t ab&onne autrefois p> ,angelo1 entre dans le jeu du frre ,lod[ick et les complications qui en rsult5t sont plus que curieuses4 ,cep5dant ,claudio e/ dans son ca*ot att5dant du sec\rs4 ,il e/ jeune et n'a aucune envie de m\rir4 ,qu& sa sur lui appr5d quelle ranon le tyran exige1 il se rvolte d'abord1 mais la nature repr5d le dessus4 ,il a horreur de la froide ob/ruction du tombeau et de ces t\rm5ts de l'enf]1 que des p5ses inc]ta9es et g>es imag95t4 ,il ne veut pas m\rir et supplie sa sur avec une insi/ance pnible4 ,isabelle quitte la place et p5dant trois actes on se dem&e si l'horrible *ose se f]a ou s'il faudra voir la tte de ,claudio quitt] ses paules *at\illeuses4 ,c> le spectateur a s\s les yeux t\t ce qui se passe dans cette prison1 prison du vieux temps o l'on ne voit g\tte qu'avec des lant]nes1 mais o l'on jure1 on boit1 on ricane et l'on plaisante faire frmir4 ,on amne des malheureux en*ans1 on ent5d de pauvres diables se ret\rn] sur leurs bottes de paille4 ,voici un *antillon de ces scnes4 ,il e/ trois heures du mat94 ,p\r sauv] ,claudio1 on va c\p] la tte un malfaiteur avr nomm ,b]n>d9 et on f]a croire ,angelo que ,claudio a t excut4 ,,le ,,b\rreau4--,amne ici ,b]n>d94 ,,le ,,valet4--,matre ,b]n>d96 matre ,b]nad96 il faut v\s lev] p\r tre p5du4 ,,le ,,b\rreau4--,allons1 allons1 ,b]n>d96 ,,b]n>d91 de l'intrieur du ca*ot et encore un peu ivre4--,la petite vrole6 braill>ds6 qui e/-ce qui fait t\t ce bruit-l8 qui tes-v\s8 ,,le ,,valet4--,vos amis1 monsieur1 le b\rreau4 ,il faut avoir la bont de v\s lev]1 monsieur1 p\r tre mis mort4 ,,b]n>d94--,va-t-en1 coqu94 ,j'ai sommeil4 ,,le ,,b\rreau4--,dis-lui de se dp*] de se rveill]4 ,,le ,,valet4--,allons1 matre ,b]n>d91 rveillez-v\s une m9ute p\r tre excut1 v\s dormirez aprs4 ,,le ,,b\rreau4--,entre et amne-le4 ,,le ,,valet4--,le voil1 j'ent5ds sa paille4 ,,le ,,b\rreau4--,la ha*e e/ bi5 sur le billot8444 ,,le ,,valet4--,oui1 oui1 t\te prte4 ,p> bonheur p\r ,b]n>d9 le frre ,lod[ick e/ l qui s'appro*e p\r le prp>] la mort et qui1 le voyant trop ivre p\r m\rir1 ti5t conseil avec le prvot4 ,une ide leur vi5t3 un homme e/ mort p5dant la nuit1 on lui c\pe la tte et on l'envoie ,angelo4 ,a trav]s ces scnes1 ,lucio vi5t dire ses btises1 le frre ,lod[ick circule nigmatique s\s son capu*on et pr\ve que la vie ne vaut pas la pe9e d'tre vcue et que n\s sommes les j\ets de mtaphores trompeuses4 ,c'e/ un s\lagem5t inexprimable qu& ,isabelle ou ,m>iana rep>aiss5t1 mme t\tes noyes de l>mes4 ,le dn\em5t e/ s+uli]4 ,le frre ,lod[ick r$evi5t duc et1 comme il a appris beauc\p de *oses1 il t]rifie t\s les coqu9s p> la prcision de ses in=mations et l'vid5te ju/ice de ses v5geances4 ,mais le duc re/e assez frre ,lod[ick p\r tre misricordieux et ne faire s]vir la t]reur qu' la pnit5ce4 ,il t]m9e t\tes les affaires p5dantes p> trois ou quatre m>iages que son confrre1 un mo9e appel ,pi]re1 clbre sance t5ante4 ,t\t s'arrange donc et on n'a c\p la tte qu' un homme qui tait dj mort#g4 #g ,measure = ,measure4 ,quelle t5tation p\r un auteur prote/ant1 dans une pice o il y a tant de dbau*e et d'hypocrisie1 de mettre les mo9es et les nonnes du mauvais ct6 99 99 99 99 99 ,voil donc la gal]ie des portraits mona/iques de ,%akespe>e4 ,dans l'imm5se muse o la fantaisie du pe9tre a jet p> c5ta9es ses visions de rois et de pr9ces1 de soldats et de m>*&s1 de hros et de tratres1 d'hommes agits p> la passion ou se laissant vivre comme des oiseaux dans le buisson1 non lo9 des femmes *>mantes que1 mme m\rantes ou dsoles1 il a crayonnes dans la lumire et les fleurs1 ces quelques figures app>aiss5t blan*es1 s]e9es1 huma9es la fois et idalises1 comme celles de ,le ,sueur ou de ,philippe de ,*ampagne4 ,quel pote ca?olique a russi davantage faire s5tir que la cl>isse e/ vraim5t1 comme il le dit1 une crature /ellaire8 ,quel autre a pu sauv] la bonhomie d'un francisca9 itali5 de t\te app>5ce de c>icature8 ,supposez p\r un in/ant le traducteur de l',imitation et celui des hymnes du brviaire devant les mmes scnes3 on ent5drait les acc5ts de ,polyeucte ou les *os des cantiques d',e/h]1 mais le quelque *ose de subtil1 le mlange de grce et d'au/rit1 en un mot1 ce qui e/ p\r n\s le p>fum du clotre s]ait abs5t4 ,qu& n\s croyons le s5tir dans les productions de cet ge c'e/ que la s9crit religieuse des criva9s du gr& sicle voque1 sans qu'ils s'en soi5t d\t1 t\t le cortge des s5sations romantiques4 ,c'e/ a9si que le s\v5ir de ,ranc mettrait une lumire magique sur les murs sans c>actre de sa ,trappe4 ,%akespe>e1 au contraire1 dont les convictions les plus =tes fur5t probablem5t des d\tes1--mais dont l'ampleur les galait des sy/mes1--,%akespe>e t\t enti] arti/e et atta* aux manife/ations rapides et brillantes de la nature1 leur donne une pr(ondeur1 ri5 qu'en les refltant dans son m]veilleux miroir4 ,prote/ant1 s'il l'et t l'poque o ce mot prit vritablem5t sa signification en ,anglet]re et non au temps de ,walt] ,scott o il comm5ait la p]dre1 son gnie et t entrav et peut-tre te9t4 ,il s'en fallut de peu d'annes4 ,une seule gnration le sp>e de ,cromwell et qu'eut-il fait dans un ,londres sans ?tres8 ,le ,p>adis ,p]du e/ l'un des r>es *efs-d'uvre dont on ne peut l'imag9] l'auteur4 ,mais s\s une re9e dont l'indiffr5ce religieuse n'eut jamais d'gal que le fanatisme des ,purita9s1 il put n'tre que lui-mme1 et exprim] librem5t ce que son imag9ation crait4 ,ses rves le faisai5t vivre dans le pass des rois ,h5ri ou dans le ,moy5-,age itali51 nullem5t dans le froid l5dema9 que les ples et maigres produits du n\vel ,ox=d prp>ai5t4 ,t\t1 dans sa nature1 le rappro*ait de ses cam>ades de ,/rat=d qui allai5t la messe *ez ,m4 ,rockwood4 ,t\t l'loignait des inquisiteurs qui son pre payait l'am5de qu& il manquait l'glise4 ,en ralit il fut bi5 mo9s t\* p> le prote/antisme que ,*ateaubri& p> la philosophie4 ,s]ait-ce un p>adoxe bi5 difficile df5dre de dire que1 comme il eut plus de gnie1 il eut aussi un s5s plus pr(ond de la posie de la religion8 ,ce s]ait1 en t\t cas1 la plus l\rde des erreurs1 en hi/oire aussi bi5 qu'en critique1 de voir ,%akespe>e dans l'atmosphre de la ,r=me4 ,m>s #aijg4 ,,lettres ,,de ,,mo9es#h #h ,les lettres qu'on va lire n'(fr5t aucunem5t l'intrt d'un rcit dramatique ou mme suivi4 ,telles qu'elles sont1 elles reti5dront peut-tre l'att5tion du lecteur p> des ressemblances assez inatt5dues avec le temps prs5t4 ,ces traits p>s frapp]ont sans d\te davantage dans le cadre vieilli et sans apprts o on les a laisss4 ,dom ,mi*el ,vn>d au ,rvr5dissime ,abb du mona/re de ,/e9b]g1 en ,syrie4 ,mon ,trs ,rvr5d ,pre1 n\s sommes arrivs de ce soir ,scilly4 ,un voituri] qui n\s a prcds portait notre bagage et nos h>des1 en sorte qu'il n\s a t facile de faire pi$ les sept lieues qu'il y a entre ,robbes et cet endroit-ci4 ,don ,?i]ry a cep5dant v\lu port] lui-mme t\s les dess9s qu'il a faits dans cette abbaye et pr5ant t\r t\r ce lg] f>deau qu'il avait fix dans des c\rroies n\s n'en avons p\r a9si dire pas s5ti la fatigue4 ,la r\te qui mne de ,robbes au lieu o n\s v5ons d'arriv] a t con/ruite au sicle pass p> les ordres de l',abb de ,scilly dont ,robbes dp5dait1 n'tant alors qu'un prieur =t ri*e1 et on l'appelle encore auj\rd'hui le *em9 de l',abb4 ,elle e/ p>faitem5t droite et si elle ne s'levait et s'abaissait incessamm5t avec le t]ra9 on v]rait sans d\te d'un b\t de la =t l'autre4 ,ces bois sont d'une beaut extraord9aire1 bi5 qu'en plusieurs endroits le taillis longtemps nglig soit dev5u sauvage et impntrable3 les htres qui =m5t presque p>t\t la futaie s'lv5t au-dessus de cette confusion d'une manire trs noble4 ,les *evreuils n'y manqu5t pas1 mais n\s n'avons ap]u ni r5>ds1 ni livres1 comme on en voit *aque in/ant en ,allemagne4 ,ce *em9 e/ d'ailleurs extrmem5t solitaire4 ,a deux lieues de ,robbes1 on tr\ve un village assez considrable qu'on nomme la ,rov]e et o n\s n'avons ri5 vu qui ft digne de rem>que1 et1 demi-heure de l1 la maison d'un =e/i]1 mais plus lo9 il ne se tr\ve aucune habitation et c'e/ pe9e si n\s avons ap]u quelques *>bonni]s4 ,environ trois qu>ts d'heure d'ici1 les bois cess5t t\t d'un c\p ou plutt s'l>giss5t p\r born] un gr& creux fait de prairies et dans lequel la r\te desc5d suivant une p5te assez rapide4 ,elle e/ alors borde de htres normes et de mlzes gr&s et beaux1 mais tri/es et qui donn5t ce *em9 un ton de mlancolie1 au lieu que dans la =t sa blan*eur inspirait la gaiet4 ,cette tri/esse s'accrot de la vue d'un village entirem5t ru9 auquel on p>vi5t bi5tt et dont les maisons1 la plup>t sans toiture1 sont ds]tes4 ,en plusieurs endroits il y a des masses de dbris1 briques et pi]res et autres matriaux1 qui sembl5t atte/] des btim5ts considrables4 ,seule1 une maison assez va/e1 conue dans le /yle du ,x,v,i,ie sicle et embellie d'une guirl&e d'un travail dlicat1 n\s a p>u habite4 ,elle e/ en p>tie c\v]te de li]re1 ce qui e/ aussi r>e dans cette contre que frqu5t en ,anglet]re1 et environne d'un j>d9 agrable4 ,plus lo91 n\s sommes passs au-dessus d'une eau c\rante =t rapide sur un pont orn *aque b\t de deux gr&es colonnes de pi]re et bi5tt n\s sommes entrs dans ce village que n\s croyions tre ,scilly et qui se nomme en ralit les ,fagnes1 sans d\te cause des bois de htres qui l'ent\r5t4 ,n\s sommes entrs dans l'glise qui e/ petite et nue1 mais dans le clo*] de laquelle n\s avons t tonns d'ent5dre un c>illon d'une sonorit m]veilleuse et dont les sons n\s avai5t dja *>ms qu& n\s n'ap]cevions ni glise1 ni village4 ,n\s sommes alls ensuite r5dre visite au cur1 homme g et vnrable1 qui n\s a reu en v]sant des l>mes et avec t\tes les m>ques de la joie4 ,cet ecclsia/ique app>t5ait l'abbaye avant qu'elle ft disp]se et il ne s'en e/ jamais loign mme p5dant la ,t]reur1 et qu& t\s les autres tai5t passs l'trang]4 ,il n'avait jamais revu le co/ume de l',ordre depuis ces temps malheureux1 et cette vue subite l'a mu jusqu'au fond de l'me4 ,n\s n'avons vu1 jusqu'ici1 que peu de livres dans sa maison1 mais nul d\te que sa mmoire ne soit une ri*e biblio?que4 ,il n\s a appris1 ce soir1 que le village dva/ que n\s trav]smes avant d'arriv] celui-ci n'tait autre que ,scilly lui-mme1 et les tas de dcombres1 les ru9es in=mes de l'abbaye dont les b&es noires n'ont pas laiss pi]re sur pi]re et dont1 vrai dire1 il ne subsi/e que le nom4 ,nos curs se sont s]rs ce rcit1 au s\v5ir de cette ri*e biblio?que traite comme un vil rebut et des reliques du bi5heureux ,h]b]t jetes au v5t4 ,aprs v+t preuves1 n\s ne sommes pas encore habitus l'horreur de ces ru9es1 et *aque n\veau rcit qu'on n\s en fait n\s pntre d'am]tume4 #bh mai #ahb444 ,le mme au mme4 ,m4 ,lcu1 notre hte1 cont9ue1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 n\s m>qu] une extrme bont4 ,ce n'e/ pas un homme d'une trs gr&e sci5ce1 mais aprs tant d'annes il a cons]v t\te la rgul>it mona/ique4 ,depuis plus de tr5te ans il dit les heures canoniales dans son glise et fait dans sa maison les ex]cices de rgle aux heures m>ques4 ,ce s\ci d'une rgle que tant de circon/ances fune/es ont cess de r5dre obligatoire p\r lui1 ne laisse pas de n\s difi] beauc\p2 cep5dant il ne n\s semble pas entirem5t compatible avec les devoirs plus immdiats d'un pa/eur et n\s craignons que ce sa9t vieill>d n'ait vcu dans une trop gr&e solitude4 ,les curs que j'ai vus autrefois en ,irl&e et dans quelques p>ties de la ,pologne1 bi5 que leurs manires et leurs dm>*es euss5t quelquefois une fran*ise laquelle nos murs rpugn5t1 m'tonnai5t1 au contraire1 p> l'empire que le comm]ce j\rnali] avec leurs p>oissi5s leur donnait sur eux4 ,celui-ci croit t\j\rs que pri] peut t5ir lieu d'action ou plutt1 sans se =m] aucun raisonnem5t prcis1 son me pieuse et t5dre se rfugie t\t entire dans le pass1 comme les potes fui5t dans leurs rves la ralit qui les blesse4 ,je comm5ce compr5dre que la ,rvolution n'et pas t si dsa/reuse si ceux qui n\s ont prcds ne s'tai5t pas autant t5u l'c>t des hommes qui ont conduit ces atroces b\lev]sem5ts2 mais sans d\te qu'on ne voit jamais les piges v]s lesquels on m>*e et que peut-tre1 en dpit des leons du pass1 n\s n'ap]cevons pas d'autres dang]s dont n\s p\rrions prs]v] la foi des peuples et qui lui port]ont quelque j\r une pr(onde atte9te4 ,dom ,?i]ry s'occupe dess9] un crucifix admirable qui e/ plac sur le matre-autel de cette petite glise et qui e/ le seul objet important que ,m4 ,lcu ait russi s\/raire la rapacit des b&es4 ,il n\s assure que plusieurs autres objets d'une gr&e valeur1 entre autres une petite *sse d'ivoire d'un travail extraord9airem5t dli1 sont tombs entre les ma9s d'un anci5 mo9e1 jureur et m>i1 et que cet apo/at aurait galem5t en sa possession quelques antiphonaires trs prcieux4 ,mais que sont ces faibles re/es en comp>aison des ri*esses de t\tes sortes que l'art avait accumules dans la montagne de m>bre1 comme on appelait l'glise de l'anci5 mona/re4 ,je v\s assure1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 qu'il e/ difficile de s\t5ir cette p5se sans que les l>mes v\s en vi5n5t aux yeux4 ,p5dant que ,dom ,?i]ry dess9e1 j'ai exam9 le jeu du c>illon dont n\s v\s avons p>l4 ,il e/ anci5 et extrmem5t compos4 ,il ne compr5d pas mo9s de huit gros cyl9dres et plus de soixante et dix clo*es j\ant seize airs1 aux qu>ts1 aux demi-qu>ts1 et avec une rptition aux heures4 ,j'ai recueilli d\ze de ces airs qui ne m'tai5t pas connus4 ,les quatre autres1 qui sont ceux des demi-qu>ts1 sont des refra9s de vieilles *ansons assez peu conv5ables1 comme cela se tr\ve trop s\v5t dans les c>illons4 ,j'c\te avec dlices ces *>mantes mlodies portes au lo9 trav]s le sil5ce de la valle4 ,elles me transport5t aussitt dans un temps si loign du ntre p> mille circon/ances1 bi5 qu'en ralit un petit nombre d'annes n\s en sp>e seul4 ,elles font r5atre devant mes yeux un tat de *oses que v\s s]ez dj bi5tt seul1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 avec quelques hommes comme ,m4 ,lcu1 avoir connu4 ,j'aurais un extrme dsir d'avoir un entreti5 avec le mo9e in=tun dont notre hte n\s p>le4 ,les livres anci5s qu'on dit qu'il a *ez lui allum5t ma curiosit et peut-tre ne s]ait-il pas impossible de lui r5dre la foi que les g>em5ts de sa vie sans d\te plus que la p]v]sion de son esprit lui ont faire p]dre4 ,il e/ pre d'une fille que le cur n\s dpe9t comme trs assidue l'glise bi5 qu'elle n'appro*e jamais des sacrem5ts1 et ce gt de sa fille p\r le lieu sa9t n\s ouvre au mo9s une esprance4 ,m4 ,lcu en d\te cep5dant4 ,l'hiv] d]ni]1 ce malheureux apo/at ayant t frapp subitem5t d'une attaque trs viol5te et le cur en ayant eu avis p> la fille dont n\s p>lons1 il y c\rut1 mais aux premi]s mots que ce sa9t prtre plus zl qu'clair lui dit d'une sp>ation qu'il jugeait ncessaire1 le malade rec\vra assez de =ce p\r lui dire d'une voix f]me qu'il ne s\haitait aucunem5t d'entr] en confr5ce avec lui4 ,cela n\s donne quelque apprh5sion de l'appro*]4 ,n\s avons cons]v aussi un s\v5ir f*eux d'une visite que n\s fmes1 le mois d]ni]1 un autre anci5 mo9e4 ,celui-l demeure seul dans l'infirm]ie de l'anci5 prieur de ,laudriss>t1 et les g5s du hameau le craign5t si vivem5t qu'ils n'appro*5t jamais de sa tri/e retraite4 ,il passe ses j\rnes faire le travail des d]ni]s valets1 et les bufs mme1 qui sont les seuls tres vivants qu'il voit1 sont d'une telle sauvag]ie que le b\*] qui les a*te les tue c\ps de fusil avant de les emm5] la ville4 ,ce mo9e cons]ve des tableaux que n\s eussions aim voir1 et n\s avons ap]u1 en effet1 un volet de diptyque qu'il avait plac en guise de vitres l'une des f5tres de sa maison1 mais qu& n\s avons v\lu faire quelques pas dans la c\r de cette sil5cieuse et tri/e demeure1 un *i5 d'un aspect froce a lev un si horrible aboiem5t et il e/ app>u au seuil une figure si m5aante et vomissant des blasphmes si p\vantables que n\s n\s sommes retirs sans p\voir pr(r] une seule p>ole4 #b ju9 #ahb444 ,le mme au mme4 ,la *aleur e/ trs gr&e et ,dom ,?i]ry en a t incommod4 ,il a laiss fondre dans un gr& v]re d'eau exactem5t sept de ces drages inf9im5t petites qu'il porte p>t\t dans ses voyages2 il a bu une cuill]e de cette eau1 t\tes les heures1 avec beauc\p de gravit et en peu de temps cette boisson magique lui a t son malaise4 ,je lui repro*e quelquefois ces pratiques sup]/itieuses1 qu& n\s n'avons ri5 de mieux faire en *em9ant sur les gr&es r\tes1 mais il les df5d avec beauc\p de *aleur p> des argum5ts qu'il tire du p>fum des fleurs et p> l'autorit d'un savant mdec9 vi5nois4 ,il s\ti5t que la mdec9e e/ t\te pntre de scola/ique et que cela emp*e qu'elle fasse aucun progrs4 ,qu'on laisse agir1 dit-il1 l'esprit de div9ation qui e/ dans l'homme1 au lieu de s'arrt] l'corce des ?ories et des obs]vations1 et l'on tr\v]a bi5tt les secrets de la vie4 ,il rve aussi d'une langue univ]selle et1 en att5dant qu'elle s'tablisse1 d'une r=me radicale de l'or?ographe4 ,il me semble que son esprit voyage incessamm5t p5dant que sa ma9 dess9e1 et le dda9 qu'il laisse voir p\r la plup>t des doctr9es reues le dgtant de presque t\s les livres1 il n'enfante que des ides s+ulires4 ,notre hte reoit assez frquemm5t les visites de ,m4 de ,s\ville1 matre de =ges et anci5 militaire4 ,c'e/ un homme dj g et qui a beauc\p vu4 ,il n\s a donn sur l'anci5 mo9e dont n\s v\drions faire la connaissance1 un gr& nombre de dtails que1 sans d\te faute de mmoire1 ,m4 ,lcu n\s avait laiss ignor]4 ,ce malheureux se nomme ,sa9t-,aub94 ,il a eu une c>rire assez rem>quable4 ,il ne p>at pas qu'il se soit sp> de ses confrres ds les dbuts de la ,rvolution4 ,au contraire1 il aurait accompagn l',abb de ,scilly jusqu' la f9 de #agid1 poque laquelle ils vivai5t l'un et l'autre dans une petite ville de la ,suisse rom&e4 ,c'e/ l'anne suivante qu'on l'aurait revu ,scilly1 scul>is et porteur de papi]s du ,g\v]nem5t au moy5 desquels il aurait mis la ma9 sur ce qui re/ait encore de livres et d'objets prcieux dans l'abbaye4 ,s\s l',empire il t9t plusieurs *>ges assez importantes et fut mme prfet du dp>tem5t du ,p4 ,le ,g\v]nem5t de ,l\is ,,xviii ne l'inquita po9t3 il lui laissa1 au contraire1 des fonctions diplomatiques ,flor5ce et il demeura dans cette ville jusque v]s #ahbj o il rep>ut subitem5t dans ce pays avec sa femme et sa fille1 a*eta du ,g\v]nem5t la maison de l',abb1 la seule qui ft demeure peu prs habitable aprs de longues annes1 et s'y fixa d'une manire df9itive4 ,m4 de ,s\ville le voit s\v5t4 ,il assure que c'e/ un homme d'un naturel trs aimable et d'un esprit extrmem5t orn1 et qu'il possde une belle biblio?que4 ,sa femme e/ ,savoy>de ou ,suisse4 ,leur fille e/ d'un autre m>iage1 mais ,sa9t-,aub9 la *rit comme si elle tait vraim5t son sang4 ,la bont de ces femmes leur a concili les g5s de ce pays ord9airem5t mal disposs p\r les prtres m>is2 d'ailleurs celui-ci n'tait connu que d'un trs petit nombre de p]sonnes qu& il app>t5ait l'abbaye1 et il s'e/ c\l tant d'annes que les paysans ont presque p]du la mmoire de son anci5 tat4 ,de savoir aussi que p5dant trs longtemps il a t5u des *>ges considrables et qu'il s'y e/ enri*i1 donne ces g5s simples une sorte de cra9te rvr5tielle qui les dt\rne de *]*] trop avant dans son pass4 ,m4 de ,s\ville dit que n\s ne devons nullem5t cra9dre de n\s prs5t] *ez lui et qu'il montr]a au contraire beauc\p d'obligeance n\s laiss] voir les antiquits qu'il possde et dont il p>le volonti]s4 ,n\s aurions sans d\te dj fait cette dm>*e si quelques obs]vations de ,m4 ,lcu ne n\s avai5t ret5us4 ,notre hte assure en effet que les g5s du pays s]ai5t tonns de n\s voir pass] ce seuil4 ,il a fait t\t ce qu'il a pu p\r dt\rn] mme les plus pauvres du village d'avoir ri5 faire avec ,sa9t-,aub9 et ce s]ait ru9] son uvre et caus] un gr& sc&ale1 assure-t-il1 que de pass] p>-dessus4 ,cette considration n\s laisse hsitants4 ,sans date4 ,le mme au mme4 ,n\s avons d pr5dre sans v\s consult]1 ,trs ,rvr5d ,pre1 une assez grave dcision4 ,m4 ,lcu tant all voir son frre au comm5cem5t de la sema9e passe e/ subitem5t tomb malade et assez gravem5t p\r que le cur de ,sa9t-,rmy1 o habite ce frre1 ait cru devoir av]tir l'vque de son tat4 ,presque au mme temps que n\s recevions avis de ce f*eux accid5t1 arrivait une lettre du *anceli] n\s priant d'accept] la *>ge des ,fagnes au mo9s p5dant quelques sema9es et n\s transfrant les ple9s p\voirs de ,m4 ,lcu4 ,n\s aurions bi5 v\lu n\s en remettre d'abord votre jugem5t1 mais la lettre de l'vque tait pressante et n\s n\s sommes vus dans le cas vid5t de ncessit4 ,n\s voil donc curs t\s les deux sans n\s y tre att5dus4 ,il faut dire que le so9 des ,fagnes n'e/ pas des plus pesants4 ,le village ne compte pas quatre-v+ts feux et il ne re/e ,scilly que c9q ou six maisons habites4 ,dom ,?i]ry s'e/ jet avec sa f\gue ord9aire dans ses n\velles fonctions4 ,ce n'e/ pas manqu] la *>it que de dire que sa prud5ce n'app>at jamais qu'aprs son ardeur4 ,a pe9e avais-je crit au *anceli] que n\s le rem]cions de la confiance qu'on n\s m>que et il se rp&ait en projets p\r la r=me de ce petit village4 ,c'e/ la ,provid5ce1 disait-il1 qui n\s a conduits ici1 dans une telle conjoncture1 et il faut que notre passage laisse une trace ineffaable4 ,il me rpte hautem5t ce que je lui ai ent5du dire tant de fois en des lieux o la vue des ru9es de nos mona/res me brisait le cur1 que le s\v5ir des abbayes p>le plus de ri*esses que de v]tus et que leur disp>ition n'a gure ru9 que les avocats et les hommes d'affaires4 ,il veut montr] que la rgle de ,sa9t-,b5ot favorise autant l'action d'un vigilant pa/eur que celle d'un reclus occup de son avancem5t1 de ses tudes ou de son (fice1 et ds le j\r mme1 il m'a trac le plan qu'il veut suivre4 ,il ne s'agit de ri5 mo9s que d'all] voir t\s les g5s du village les uns aprs les autres dans leur maison4 ,comme ,m4 ,lcu s]a peut-tre rtabli plus promptem5t que son mdec9 ne le suppose1 ,dom ,?i]ry veut que n\s ayons f9i ces visites dans les v+t j\rs1 c'e/--dire que n\s entrions dans c9q maisons p> aprs-midi4 ,dom procureur sollicitait s\v5t1 dit-il1 *ez quatre ou c9q conseill]s dans la mme j\rne et il vaut sans d\te mieux p>l] de ses devoirs un paysan que de s'ent5dre avec un homme de loi p\r l'emport] sur un ,*apitre4 ,je f]ai ce qu'il v\dra sans me dissimul] que p>atre a9si de porte en porte n\s donn]a la m9e de colporteurs et de gagne-petits et ne peut manqu] d'tonn] beauc\p nos villageois4 ,dom ,?i]ry a pr* diman*e la messe4 ,l'glise tait ple9e1 comme elle l'e/ d'ailleurs t\s les diman*es1 mais les hommes se ti5n5t deb\t d'un air assez indiffr5t prs des portes1 t&is que les femmes1 dcemm5t vtues de leurs mantes et de leurs capu*ons1 rcit5t leur *apelet4 ,presque aucune ne sait lire4 ,une seule1 que j'ai rem>que deb\t contre une colonne vis--vis de la *aire1 se s]vait d'un livre4 ,c'e/ la fille de ,sa9t-,aub94 ,sa figure m'avait frapp4 ,itali5ne au premi] reg>d1 gr&e et =te1 les *eveux et les yeux noirs1 un air d'assurance qui s]ait presque blessant si elle n'avait dans l'expression quelque *ose de rveur et de tragique la fois qui fait rev5ir sur ce premi] m\vem5t4 ,elle n'a gure mo9s de tr5te ans4 ,je l'obs]vais p5dant le s]mon3 sa physionomie tait p>lante4 ,dom ,?i]ry a repris la suite des in/ructions de ,m4 ,lcu et expliquait ce qu'il faut ent5dre p> l'me de l'glise4 ,son acc5t trang]1 la *aleur de son dbit et la rapidit de son ge/e tonnai5t visiblem5t la plup>t des auditeurs4 ,seule cette fille p>aissait susp5due ses lvres et laissait voir l'effet de son disc\rs avec la fidlit d'un miroir4 ,v\s v\s rappelez assurm5t1 ,trs ,rvr5d ,pre1 la manire trange1 mais frappante1 du ,p4 ,?i]ry4 ,les *oses sembl5t t\j\rs n\velles dans cette b\*e qu'on ne peut cep5dant appel] loqu5te4 ,je l'c\tais moi-mme avec admiration4 ,il ne disait ri5 que je n'aie su ds le temps o je faisais mes tudes4 ,je reconnaissais le raisonnem5t si clair de ,dom ,*>les3 ,que l'me e/ rp&ue p>t\t o se laisse dev9] la vie1 et que la vie spirituelle1 si elle a son a*vem5t dans la vision batifique et le rayonnem5t de la gloire1 comm5ce1 vrai dire1 dans les dispositions les plus humbles p> lesquelles la grce prvi5t les mes et les t\rne v]s la vrit4 ,mais il semble t\j\rs que ,dom ,?i]ry t\*e du doigt ce dont il p>le et le fasse t\*] de ceux qui l'c\t5t4 ,il a une faon s+ulire d'clair] ce qu'il dit p> les *oses de la nature et de faire voir les manife/ations de ce qu'il appelle la vie univ]selle dans des objets o p]sonne autre que lui ne les s\ponne et o il dc\vre l'action du ,sa9t-,esprit4 ,c]ta9em5t la fille de ,sa9t-,aub9 tait agite jusqu'au fond de l'me p> ce qu'elle ent5dait4 ,son front r\gissait et plissait t\r t\r4 ,le feu sombre qui brille dans ses yeux s'teignait dans des l>mes4 ,qui p\rrait d\t] que cette malheureuse fille ne soit un exemple trange de ce que ,dom ,?i]ry disait dans le mom5t mme1 et que son cur ne ft en proie la plus cruelle alt]native d'inc]titude et d'esprance sur le sort t]nel de son pre adoptif8 ,la vue de ce tr\ble1 d'une motion si peu fe9te et si videmm5t produite p> la grce1 m'a fait s\hait] une fois de plus que quelque circon/ance heureuse n\s ouvre un abord naturel dans la famille de ,sa9t-,aub94 ,peut-tre la visite de ,dom ,?i]ry aura-t-elle cet heureux effet4 #be ju9 #ahb444 ,de ,dom ,?i]ry au ,trs ,rvr5d ,pre ,abb4 ,v\s avez eu la bont de v\s pla9dre1 ,trs ,rvr5d ,pre1 de ce que je n'crivisse po9t1 mais ,dom ,mi*el ne v\s laisse ri5 ignor] de ce qui n\s arrive2 et d'ailleurs1 c'e/ moi qui1 dans ce d]ni] voyage1 ai presque con/amm5t t5u j\r notre it9]>ium1 et je n'y ai pas p>gn l'encre4 ,dom ,mi*el se moque p>ce que j'y consigne p>fois des circon/ances futiles1 comme la c\leur du ciel ou la direction des v5ts4 ,il veut que notre j\rnal ressemble celui d'un capita9e de m] qui crivt en lat94 ,mais1 p\r moi1 j'ai t\j\rs cru que c'e/ une fausse honte ridicule qui emp*e d'crire t\t ce que l'on s5t4 ,les m\vem5ts de notre cur sont trs s\v5t lis ceux de la nature et ceux qui l'ignor5t ne rem>qu5t sans d\te pas que le ,psalmi/e en tait p]suad4 ,je ne trav]se jamais un bois de p9s *auffs p> le soleil sans que l'odeur subtile de l'enc5s me rappelle aussitt le mat9 o ma vocation se dcida1 et cette vapeur rs9euse me ramne plus efficacem5t mon premi] propos que le s]mon le plus loqu5t4 ,j'ai t\j\rs rem>qu que cette vrit p\rtant trs c]ta9e ne t\*e pas les ,franais4 ,a la rs]ve de quelques romanci]s p]nicieux1 il semble que leur me soit t\te raison et que le ,crateur ne leur ait donn l'imag9ation1 l'apptit et t\tes les puissances s5sibles que p\r en faire un holocau/e4 ,que veul5t donc dire les ,psaumes1 qu& presque *aque v]set on y lit les mots de cor1 r5es1 jecur1 c>nes et autres semblables8 ,et l'auteur du ,cantique e/-il ridicule qu& il dnombre la nature entire et la convie ador] son ,seigneur8 ,excusez1 ,trs ,rvr5d ,pre1 la *aleur que je mets s\t5ir mon s5tim5t sur ce po9t4 ,c'e/ qu'en vrit il m'a t\j\rs p>u autre *ose qu'un enfantillage oiseux4 ,j'ai fait des dess9s des objets prcieux qui sont re/s du trsor de l'abbaye dans cette glise et *ez un b\rgeois de la ville de ,c4441 trois lieues d'ici4 ,m4 ,lcu ignore les circon/ances dans lesquelles ces *oses prcieuses sont tombes entre les ma9s de ce p>ticuli]1 d'ailleurs ri*e et bi5veillant1 et je n'ai pas cru devoir m'en in=m]4 ,des re*]*es exactes dans quelques vieux regi/res n\s ont p]mis d'tablir un inv5taire assez considrable1 t\t le mo9s1 des tableaux et sculptures4 ,quant la biblio?que1 ce qui en a *app aux faiseurs de c>t\*es e/ au dpt du dp>tem5t1 et un abb ,dupuis1 qui en a la g>de1 a p>u peu s\cieux de n\s le laiss] voir4 ,au surplus1 l',ordre bndict91 n'exi/ant plus en ,france1 y e/ dj presque oubli2 la gnration qui n\s a dp\ills va s'te9dre1 et le dcret de ,pie ,,vii rassurant les consci5ces1 c'e/ sans d\te bi5 va9em5t que n\s p\rsuivons la trace de ri*esses que n\s ne p\vons n\s faire r5dre4 ,cette p5se remplit ,dom ,mi*el d'am]tume1 et moi1 v\s l'av\]ai-je8 de dgts4 ,c'e/ avec joie que j'ai accueilli l'occasion o n\s sommes de ranim] et d'clair] la foi du peuple de ce village4 ,dom ,mi*el v\s a p>l de la prs5ce en ce lieu d'un anci5 mo9e jureur et m>i4 ,il v\s a dit aussi que cet homme n'a ri5 de la grossiret de tant de ses p>eils que n\s avons tr\vs dans la misre ou l'infamie4 ,un has>d s+uli] m'a mis auj\rd'hui en prs5ce de sa fille4 ,il faut que v\s sa*iez1 ,trs ,rvr5d ,pre1 qu'on a tabli le tlgraphe sur la t\r de l'glise4 ,scilly e/ dans une valle1 mais gale di/ance de deux po/es trop loigns p\r qu'on voie en t\s temps les signaux4 ,le magi/] e/ pay p\r tre dans la t\r1 mais comme il e/ le plus s\v5t l'cole ou l'glise1 c'e/ son fils1 g>on d'environ dix-huit ans1 qui fait le guet et rpte les signaux4 ,il n'y faudrait pas gr&e habilet si les messages qui *em95t a9si p> l'air tai5t t\s en langage conv5u1 mais il en passe t\s les j\rs qu'il faut compr5dre et dont il faut g>d] copie1 et ceci dem&e de l'intellig5ce1 de l'habitude et du so94 ,le fils du matre d'cole e/ de sant fragile4 ,s\v5t il e/ malade1 et qu& il ti5t le lit1 la seule p]sonne capable de le s\lag] en pr5ant son (fice e/ la fille de ,sa9t-,aub94 ,il p>at que le jeu du tlgraphe l'amusait1 et sa *>it lui fait ma9t5ant tr\v] plaisir ce qui n'tait qu'un bad9age4 ,c'e/ dans un rduit att5ant la *ambre des clo*es que je l'ai dc\v]te auj\rd'hui4 ,elle n'a p>u ni emb>rasse ni surprise et a montr beauc\p de bonne grce m'expliqu] la manuvre des cordes et des p\lies4 ,une expression de tri/esse altire qu'elle a qu& elle se tait1 fait place sitt qu'elle p>le1 une vivacit naturelle et enfant9e dont un cur dur et prv5u p\rrait seul n'tre pas t\*4 ,au b\t de peu d'in/ants1 j'ai vu un nuage et une r\geur pass] rapidem5t sur son front et elle s'e/ mise me p>l] sans prambule d'un s]mon que j'ai pr* diman*e pass4 ,j'ai t surpris d'abord de l'ent5dre me p>l] du ton des p]sonnes famili>ises ds longtemps avec notre habit4 ,le rcit qu'elle n'a gure t>d me faire m'en a bi5tt donn les raisons4 ,cette jeune femme n'e/ pas la fille de ,sa9t-,aub91 mais d'un ,itali5 dont elle p>le sans aucune t5dresse1 et son enfance s'e/ c\le ,gnes et ,flor5ce4 ,sa mre e/ ,vaudoise1 fille d'un pa/eur d'un b\rg prs de ,g5ve4 ,il ne semble pas que cette prote/ante et son premi] m>i fuss5t faits p\r s'accord]4 ,ce ,gnois1 fils d'un m>*& assez ais avait pe9e v+t ans et suivait en t\t son incl9ation plus que son devoir4 ,sa femme qu'il avait r5contre ,tur91 o les ,vaudois sont nombreux1 et p\se de pure passion1 ne t>da gure s'en ap]cevoir et tomba dans la mlancolie4 ,leur fille dont le nom e/ ,m>iana fut ab&onne aux dome/iques et leve la grce de ,dieu4 ,elle avait pe9e quatre ans que sa mre excde ret\rna *ez ses p>5ts et sa seule amiti fut ds lors une vieille n\rrice de son pre qui la soignait4 ,leur maison tait t\t prs de ,sa9te-,m>ie-des-,vignes1 gr&e et belle glise dont les clo*es ont une h>monie cle/e que je me rappelle aprs tr5te annes1 mais la n\rrice tait sur d'un des mo9es de l'glise ,sa9t-,ma?ieu situe t\t auprs1 entre un clotre go?ique1 le seul qui soit dans l',italie du ,nord1 et une petite place o l'on rem>que t\tes sortes de s\v5irs d',&r ,doria et des doges de ce nom avec plusieurs inscriptions =t belles4 ,ce bon religieux lui t9t lieu de pre et de mre1 lui apprit un peu lire et lui inspira des s5tim5ts de foi qui ne se sont jamais effacs4 ,elle avait environ dix ans lorsque son pre m\rut4 ,sa mre v9t aussitt la *]*] et l'emm5a ,flor5ce o elle p\sa peu aprs ,sa9t-,aub94 ,v\s auriez t t\* comme moi1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 du ton passionn dont cette pauvre jeune femme me dit la suite de son hi/oire4 ,t&is que sa mre semblait voir en elle une image de son fune/e pass1 ,sa9t-,aub9 lui m>qua aussitt la t5dresse la plus s9cre4 ,il l'avait presque t\j\rs dans sa *ambre1 la =mant et l'in/ruisant1 et pr5ait le mme so9 de ses plaisirs d'enfant que de son avancem5t4 ,son esprit s'ouvrit en mme temps que son cur4 ,en peu de temps ,sa9t-,aub9 lui fit lire l'hi/oire et lui montra les premi]s lm5ts des sci5ces4 ,t\t dans sa vie n\velle lui p>aissait *>mant et dlicieux4 ,elle et t p>faitem5t heureuse si le s\v5ir de sa vieille n\rrice ne l'et p\rsuivie comme il arrive aux enfants dont le cur e/ fidle dans un ge o t\s les s5tim5ts sont phmres4 ,mais elle revoyait incessamm5t cette bonne vieille et le ,frre qui l'in/ruisait et la petite glise de ,sa9t-,ma?ieu et l'pe d',&r ,doria susp5due au dessus de l'autel4 ,elle ent5dait les *ants qui nagure la t\*ai5t2 elle se rappelait des lambeaux de phrases apprises dans la ,doctr9e *rti5ne ou re/es comme des *os de s]mons oublis4 ,hlas6 mon ,pre1 me dit-elle1 v\s ne p\rrez jamais concevoir ce que quelques p>oles a9si ret5ues me fir5t s\ffrir4 ,j'avais treize ou quatorze ans1 qu& mon pre voyant mon dsir de revoir la vieille ,angle1 ma n\rrice1 me confia un j\r une sur de ma mre qui allait ,gnes p\r quelque affaire4 ,je p5sai m\rir de bonheur en revoyant les arbres de l',acqua ,sola s\s lesquels ma n\rrice m'avait prom5e si s\v5t et peu aprs en me jetant dans ses bras4 ,je re/ai six sema9es ,sa9t-,pi]re d',arne o ma tante avait faire4 ,p5dant ce temps je revis s\v5t ma n\rrice et elle m'emm5a plus d'une fois ent5dre la messe ou les vpres ,sa9t-,ma?ieu4 ,je n'tais pas entre une seule fois dans une glise depuis que je demeurais ,flor5ce4 ,t\t ce que je voyais ma9t5ant me frappait avec une vivacit extraord9aire4 ,la veille de notre d"p1 le ,fr4 ,m>io1 frre de la vieille ,angle1 fit le s]mon4 ,je n'ai ret5u qu'un mot qu'il rptait incessamm5t avec une =ce qui me faisait trembl]3 ,fuori ,*iesa non c' salvezza4 ,je pr5ais ces p>oles dans leur s5s naturel et elles rsonnai5t mon oreille comme une maldiction4 ,qu& je dis adieu ,angle p\r ne la revoir jamais1 elle me dit t\t bas3 ,ne manque plus jamais d'all] l'glise af9 que ,dieu te bnisse4 ,j'embrassai son c\ de t\tes mes =ces1 et qu& n\s fmes de ret\r ,flor5ce1 je priai mon pre de me laiss] all] l'glise d'une voix si suppliante qu'il en p>ut tonn et m'y fit conduire ds le premi] diman*e4 ,un jeune ,franais qui comm5ait sa c>rire s\s ses ordres s'(frait m'y m5]4 ,il avait une nature religieuse quoique ard5te4 ,s\v5t il me rcitait des v]s que j'oubliais1 mais dont le son me *>mait plus qu'aucune musique et me laissait inf9im5t heureuse d'tre ca?olique4 ,il avait le plus pr(ond respect p\r mon pre et quelquefois priait avec moi p\r lui4 ,c>1 mon ,pre1 aj\ta-t-elle1 depuis qu9ze ans1 je prie incessamm5t p\r lui4 ,j'ai eu p>fois le cur si s]r la p5se qu'il e/ ma9t5ant hors de l'glise que je dfaillais4 ,compr5ez donc ma joie qu& je v\s ai ent5du diman*e expliqu] les p>oles qui m'ont p\vante p5dant tant d'annes4 ,s'il e/ vrai1 comme v\s l'avez dit1 que de v\loir t\t ce qui e/ bi5 e/ un comm5cem5t de religion et que l'glise e/ le lieu des mes et non des corps c]ta9em5t mon pre ne s]a pas damn1 dt un ange lui apport] du ciel1 comme v\s disiez1 les p>oles qui le f]ont *rti54 ,en disant ces mots1 ses yeux se remplir5t de l>mes1 et sa figure revtit une expression mle de d\leur et d'esprance telle que j'en fus dans la mme motion et que je tr\vai pe9e les p>oles capables de l'enc\rag] et de la consol]4 ,assurm5t1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 cette jeune fille e/ *rti5ne1 et bi5 que je ne compr5ne pas ce qui l'loigne des sacrem5ts puisqu'elle e/ si =t attire p> l'glise1 elle l'e/ sans d\te beauc\p plus que d'autres qui en ont le nom et l'app>5ce plus que la ralit4 #b juillet #ahb444 ,de ,dom ,mi*el au ,trs ,rvr5d ,pre ,abb4 ,n\s cont9uons la visite du village et je vois bi5 que ,dom ,?i]ry avait raison de n\s la faire faire4 ,c'e/ beauc\p de connatre le visage et le nom de ceux dont on rpond devant ,dieu4 ,il arrive que ces bonnes g5s sont un peu gns de leur pauvret qu& n\s entrons dans leurs maisons1 mais je leur dis notre pr(onde dtresse dans les annes qui suivir5t notre exil et ce rcit de notre dnm5t leur te aussitt t\te honte4 ,dom ,?i]ry m'tonne p> l'extrme facilit avec laquelle il entre dans leurs mo9dres intrts4 ,je dc\vre qu'il a une sci5ce pr(onde de l'agriculture dont ces pauvres g5s p>aiss5t ravis4 ,il p>le surt\t savamm5t des abeilles qui1 dit-il1 font des rayons d'or dans son pays4 ,il a une manire admirable d'enseign] la fois le mpris des ri*esses et la faon de les acqurir4 ,a mesure que je l'ent5ds et que j'entre davantage dans ses ides1 des projets qu'il fait p\r amlior] le sort des paysans en rassemblant leurs ef=ts me p>aiss5t mo9s *imriques4 ,il dit que les esprits *imriques sont ceux qui se figur5t les *oses t\j\rs au mme po9t p5dant qu'elles *ang5t sans cesse1 et que ,bonap>te1 qu'il dte/e1 a t seul bi5 ent5dre les temps n\veaux4 ,avant-hi] n\s sommes alls ,scilly et n\s avons pu enf9 pntr] dans la maison de ,sa9t-,aub94 ,je v\s l'ai dit1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 cette maison tait la campagne de l',abb4 ,on y arrive p> une av5ue de cyprs plants il y a mo9s de v+t ans et qui convi5n5t bi5 la tri/e retraite d'un apo/at4 ,le j>d9 e/ rempli de fleurs et de beaux arbres *>gs de fruits4 ,au-dessus de la porte e/ une inscription lat9e la l\ange du repos des *amps qui a t fra*em5t repe9te en inc>nat4 ,au mom5t que n\s arrivions la porte1 non sans quelque motion pnible1 cette porte s'e/ ouv]te et l'inju/e possesseur du lieu a p>u4 ,c'e/ un gr& homme extrmem5t maigre avec des *eveux t\t blancs4 ,bi5 qu'il ft vtu avec un so9 pro*e de la re*]*e et que ses manires soi5t d'une noblesse s+ulire dans un homme de son orig9e1 son abord n'e/ pas engageant4 ,il a dans le reg>d quelque *ose de froid et de hauta9 qui glace4 ,entrez1 mes ,pres1 n\s dit-il1 ma fille et ,m4 de ,s\ville m'avai5t fait espr] votre visite4 ,il n\s introduisit alors dans une va/e pice orne de bois]ies anci5nes et g>nie d'un ct d'une haute biblio?que1 mais sans autres meubles qu'une gr&e table et1 devant une f5tre1 une cage imm5se trs orne et remplie d'oiseaux de t\tes sortes4 ,au b\t de peu d'in/ants il envoya *]*] sa femme et sa fille et1 s'excusant sur quelque affaire1 n\s laissa4 ,cette femme e/ bi5 hugu5ote4 ,avec un air de mlancolie qui prvi5drait en sa faveur1 elle a la politesse sans cordialit des calv9i/es et un tal5t s+uli] de dire civilem5t des *oses amres4 ,heureusem5t qu'elle aussi n'a demeur que le temps qu'il fallait p\r la bi5sance et n\s a laiss sa fille1 disant d'un ton assez sec qu'elle n\s montr]ait la maison si n\s v\lions4 ,la pauvre fille s\ffrait sans aucun d\te de l'accueil mortifiant qu'elle n\s voyait essuy] et son air tait *aque in/ant comme une rp>ation de ce qu'elle ne p\vait prv5ir4 ,a pe9e sa mre fut-elle sortie qu'elle n\s dit t\te sa joie de n\s voir enf9 dans sa maison4 ,elle n\s prom5a de *ambre en *ambre de la meilleure grce et p>ut aussi surprise que ravie de voir que n\s raisonnions t\s les deux de pe9tures et de curiosits4 ,sa9t-,aub9 a une trs belle gal]ie de tableaux itali5s1 mais "p la petite *sse d'ivoire dont ,m4 de ,s\ville avait p>l1 il n'y a ri5 qui provi5ne de l'abbaye4 ,sa fille n\s a dit que cette *sse tait un prs5t du prfet1 ou peut-tre qu'elle avait t donne en *ange d'autres objets de prix4 ,c'e/ une imitation de la *sse de ,sa9te ,ursule et le travail en e/ curieux et dlicat1 c> t\tes les p>ties en ont t cons]ves rduites1 mais il y a dans ce morceau plus d'application et de curiosit que d'art vritable4 ,quant aux manuscrits anci5s1 ce sont deux antiphonaires de ,trves assez r>es et une ,qu9za9e de ,pques dont les enlum9ures sont d'une navet s+ulire et le *ant d'une b>b>ie exceptionnelle1 mme p\r le temps4 ,l',exultet sur lequel je me suis arrt un in/ant (fre quelques v>iantes assez dignes de rem>que4 ,il faut v\s av\]1 mon ,trs ,rvr5d ,pre1 que t&is que n\s allions p> la maison1 n\s ne p\vions faire qu'en esprit elle ne n\s rep>t dans son anci5 tat et que n\s donnions plus d'att5tion ces s\v5irs qu'aux p>oles p\rtant empre9tes de s9crit de la fille d'un usurpateur4 ,n\s sommes rev5us la cure t\s les deux rveurs et affects4 #i juillet #ahb444 ,de ,sa9t-,aub9 ,m4 de ,s\ville4 ,v\s tes p>ti1 mon *] ,s\ville1 mcont5t et contri/ de la manire dont j'avais reu ces deux religieux4 ,laissez-moi dire quelques mots ma d*>ge4 ,n\s n\s connaissons depuis longtemps et voici dix ans que je n'ai gure d'ami que v\s3 il e/ conv5able que v\s sa*iez ce qui se passe dans mon cur4 ,v\s savez p> quelle biz>re *ane d'vnem5ts ma jeunesse a t ce qu'elle fut3 comm5t le prieur de ,sa9t-,m>c me di/+ua p>mi d'autres enfants et comm5a de me faire in/ruire2 comm5t un pre *>g de famille fut trop heureux de me voir me t\rn] v]s l'glise o1 dfaut d'honneurs1 je devais du mo9s tr\v] l'aisance et le bi5-tre2 comm5t enf9 le bon prieur1 att5tif et inquiet sur ma complexion dlicate1 m'envoya1 v]s l'ge de dix-huit ans1 ,scilly qui tait dev5u ce que1 dans l',ordre bndict91 on nomme un mona/re de campagne et dem&a qu'on m'y traitt avec une p>ticulire d\ceur4 ,quelques annes sp>ai5t le mom5t o j'y arrivai de la ,rvolution1 et j'ai la c]titude qu'une inquitude s\rde qu'on rem>quait dans presque t\s les c\v5ts d'alors v5ait1 s9on de la prvision1 du mo9s de l'appro*e de ces gr&s vnem5ts4 ,c'e/ a9si que l'in/9ct des oiseaux les agite1 mme l'abri dans une volire1 qu& l'orage e/ m5aant ou que le temps des migrations revi5t4 ,scilly n'tait pas un mona/re des plus rguli]s4 ,l',abb1 qui me prit aussitt en amiti1 avait prs de soixante et dix ans et se s\ciait peu de r=mes4 ,je passai presque t\t mon temps avec lui1 dans cette maison mme que j'habite et qu'il ne quittait presque plus4 ,*aque mat91 j'allais au mona/re pr5dre une leon de ?ologie et ent5dre l'explication des rgles4 ,celui qui la faisait tait un homme d'environ soixante ans1 qui avait t rival de l',abb au mom5t de son lection4 ,c'tait un mo9e au/re et d'une rgul>it extraord9aire4 ,sa vie tait le seul li5 assurm5t qui emp*t l'obs]vance clau/rale de se diss\dre entirem5t4 ,il le s5tait et s'attribuait une autorit =t au-dessus de celle de prieur1 qui contribuait encore loign] l',abb4 ,cette situation ret5tit sur la mi5ne4 ,les pr(s me connaissai5t pe9e4 ,p>mi les novices1 les uns me jal\sai5t1 les autres me tr\vai5t de l'esprit et le laissai5t voir d'une manire qui t\rnait mon prjudice4 ,le prieur enseignait une doctr9e troite et rigide qui me dgtait et dans laquelle il ne m'tait gure difficile de faire br*e4 ,l',abb tait savant en hi/oire ecclsia/ique et1 avec la bonhomie de la vieillesse1 il m'en disait s\v5t des dtails qui m'tonnai5t secrtem5t1 mais dont je me s]vais avec plus d'imp]t95ce que de malice vritable contre les ?ses du prieur4 ,les livres rs]vs se tr\vai5t aussi dans notre maison et t\t fait "p de la biblio?que commune4 ,je ne t>dai gure y all] voir4 ,calmet me conduisit p> une r\te naturelle au ,dictionnaire philosophique1 ,did]ot et ,r\sseau o je s5tais la vie1 t&is que mes cahi]s lat9s me semblai5t tre des spulcres vides4 ,plus d'une fois le prieur m'appela ,m4 le philosophe1 non p> une ironie dont il tait incapable1 mais dans une indignation qu'il ne p\vait matris] et qui me dconc]ta4 ,je rev5ais lire ,tillemont l',abb dans un s5tim5t confus que ni mes gts ni mes ides ne me portai5t v]s une vie que je n'avais pas *oisie et j'en appelais s\rdem5t le t]me4 ,qu& la ,rvolution n\s disp]sa1 bi5 que ma vie et t con/amm5t facile et agrable1 il me sembla que des b>rires s'ouvrai5t4 ,je n'eus cep5dant pas un in/ant l'ide d'ab&onn] l',abb dans des circon/ances que son ge et la tranquillit o il avait vcu lui r5dai5t plus cruelles qu' p]sonne4 ,n\s allmes ,neuf*tel o n\s passmes l'hiv] de #agic4 ,cette ville tait ple9e d'migrs qui y m5ai5t une exi/5ce joyeuse4 ,il n\s avait fallu pr5dre des habits sculi]s et je fus ravi de me donn] les airs d'un jeune cavali]4 ,la naissance de l',abb1 sa noblesse et son in=tune le mettai5t naturellem5t dans la socit la plus releve4 ,j'en pr(itai et il ne me fallut pas longtemps p\r oubli] l'air conv5tuel et avec lui t\tes les leons que j'avais reues4 ,j'tais jeune et agrable4 ,la lib]t me donnait de l'esprit et de la lgret3 je fus gt1 et p\r la premire fois de ma vie je me crus heureux4 ,cep5dant je rem>quais un s5tim5t trange dans l',abb4 ,ce vieill>d que la vie clau/rale p>aissait rebut] et qui s'en tait retir sitt qu'il en avait eu le p\voir tait m9 ma9t5ant p> la tri/esse d'en tre loign jamais4 ,il en p>lait peu1 mais qu& il le faisait1 c'tait avec une d\leur cont5ue qui me pntrait4 ,p>fois1 le son de quelques clo*es lui rappelait les ntres1 et sa mlancolie r$\blait4 ,voyant ce tri/e tat1 je lui proposai de *ang] p\r un temps de rsid5ce4 ,n\s fmes reu avec une extrme bont p> les religieux de ,sa9t-,maurice en ,valais1 qui sont des ,*ano9es augu/9s4 ,l',abb s'appliqua obs]v] leur rgle et on eut p\r lui t\s les g>ds4 ,il assi/ait trs exactem5t au *ur et vivait dans un recueillem5t que je ne lui avais jamais connu4 ,cep5dant sa sant s'altra ins5siblem5t et il m\rut le j\r de la ,p5tecte #agid1 avec un c\rage et une religion dont t\t le mona/re fut dans l'admiration4 ,je re/ai ,sa9t-,maurice encore quelques sema9es aprs sa mort1 mais la rgul>it conv5tuelle qui ne m'avait t possible que p> la cra9te d'afflig] mon bi5faiteur me dev9t promptem5t insupportable4 ,je tr\vai un prtexte p\r rem]ci] ces bons ,augu/9s de leur hospitalit et gagnai ,b]ne1 o je dev9s1 p> une av5ture s+ulire1 secrtaire d'un commissaire du ,g\v]nem5t4 ,cet homme fut p\r moi1 cette poque critique de mon exi/5ce1 ce qu'avait t l'abb de ,scilly4 ,il avait un esprit va/e et puissant1 une me leve et grave4 ,il me fit compr5dre l'esprit de la ,rvolution dont je n'avais vu jusque-l que les dehors et p\r a9si dire l'corce effrayante4 ,il avait beauc\p lu et me fit appr5dre l'allem& que p]sonne ne sait en ,france4 ,less+ et ,h]d] me montrr5t combi5 les adv]saires aussi bi5 que les *ampions du *ri/ianisme1 dans notre pays1 tai5t sup]ficiels1 troits et loigns mme de l'intellig5ce la plus rudim5taire des que/ions qu'ils dbatt5t4 ,en mme temps1 je pris gt aux affaires et comm5ai s5tir l'ambition4 ,v\s avez quelquefois t surpris1 mon *] ,s\ville1 de voir qu'il ne re/t en moi aucune trace de mon ducation premire4 ,c'e/ dans ces annes d'activit1 de rflexion et un peu aussi d'intrigue1 que je les p]dis entirem5t4 ,qu& le ,premi] ,consul me *>gea d'une mission importante ,p>me1 je me s\vi5s que je rem>quai quel po9t j'tais un homme n\veau1 ou plutt combi5 il me p>aissait trange que mes ides1 s9on ma vie1 euss5t jamais t autres que ce qu'elles tai5t4 ,t\s ceux qui ont suivi le mme *em9 que moi n'en p\rrai5t dire autant4 ,j'ai ent5du1 un j\r1 dans un repas et devant une socit nombreuse1 ,m4 de ,talleyr& et le b>on ,l\is1 anci5 prtre1 comme v\s le savez1 faire des plaisant]ies rvoltantes sur leur premi] tat4 ,j'ai t\j\rs t l'abri de cette bassesse et de cette grossiret1 v\s en avez eu s\v5t la preuve1 et depuis mon ret\r dans ce pays1 la solitude1 la rflexion et l'ge m'ont fait p]dre peu peu un s5tim5t assez semblable de la rancune que j'avais contre les in/itutions religieuses p>ce qu'elles tai5t vieillies et dcrpites qu& j'tais jeune et que t\t1 aut\r de moi1 tait jeune2 peut-tre aussi p>ce que de vivre en ,italie confirme 9vitablem5t dans le mpris qu'on peut avoir de la sup]/ition4 ,auj\rd'hui1 je vois clairem5t que1 quoi qu'on puisse dire contre la ,bible et les my/res1 la religion a une influ5ce heureuse sur les peuples1 et que le ca?olicisme avec la tolrance ne p\rrait manqu] de r5dre une nation prospre4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,je retr\ve en moi-mme1 mesure que je vais1 un s5tim5t l>gi et =tifi de la puissance de la prire4 ,oui1 ,r\sseau aurait raison et la prire s]ait une absurdit et une sauvag]ie si n\s savions ce qu'e/ l'tre suprme4 ,mais n\s n'en avons que des ides faibles ou fausses p>ce que notre intellig5ce ne peut lui appliqu] que des mesures huma9es et t\tes trompeuses4 ,je vieillis4 ,dans quelques annes je m\rrai1 c'e/--dire que je s]ai sp> de t\t ce qui m'atta*e et surt\t des deux femmes qui m'environn5t de leur affection4 ,je s5s1 mon *] ,s\ville1 que t\t dans ma nature se rvolte l'ide de tomb] seul1 p\vantablem5t seul1 dans ce g\ffre obscur du trpas4 ,c'e/ ici que l'ide du ,dieu de l'vangile1 du ,pre cle/e qui p>donne et accueille1 me revi5t avec une =ce qu'aucun raisonnem5t n'branle et devant laquelle t\te philosophie semble drisoire4 ,un ,voltairi5 ne manqu]ait pas de me dire que je n'pr\ve ce s5tim5t un tel degr que p>ce que j'aime t5drem5t ma fille4 ,il e/ vrai1 mais il e/ vrai aussi que d'aim] ou de ne pas aim] fait qu'on entre ou qu'on n'entre pas dans c]ta9es raisons et que1 telles qu'elles sont1 les mi5nes me p>aiss5t dmon/ratives4 ,appr5ez ma9t5ant que je n'ai montr tant de froideur au ,p4 ,?i]ry et au ,p4 ,mi*el que p>ce que je croyais voir des inquisiteurs entr] dans ma maison la re*]*e de bi5s qui n'y sont pas1 que depuis j'ai revu s\v5t ces bons religieux et que je reg>de le ,p4 ,?i]ry comme un gnie4 ,aucun homme ne me p>at tre entr aussi avant que lui dans l'esprit vritable du *ri/ianisme2 p]sonne n'y sait dc\vrir comme lui des h>monies o le sicle pass ne voyait que des absurdits4 ,hlas6 mon *] ,s\ville1 si j'avais r5contr un tel homme il y a qu>ante ans1 ma vie n'aurait pas t sans d\te ce qu'elle a t4 ,mais peut-tre aussi que si ma vie et t autre1 je n'aurais pas apprci comme je fais les tonnantes cl>ts qu'il jette sur la doctr9e de l'vangile4 ,laissez-moi1 en t\s cas1 v\s rem]ci] de m'avoir envoy ces trs honntes g5s dont l'un e/ assurm5t le plus gr& esprit que j'aie jamais r5contr4 #e septembre #ahb444 ,n\s n'avons po9t d'autres lettres des p]sonnes qui =mai5t l'ent\rage de ,sa9t-,aub91 mais n\s savons p> le ,j\rnal de ,dom ,?i]ry que ,sa9t-,aub91 frapp d'une seconde attaque1 fit publiquem5t pr(ession de la foi *rti5ne1 qu'il fut rconcili dans les =mes1 mais que1 p> un *oix assez inatt5du1 il v\lut se confess] ,dom ,mi*el1 qu'enf9 il m\rut quelques annes plus t>d dans les s5tim5ts d'une pit vritable4 ,sa femme tait morte avant lui et re/a t\j\rs prote/ante4 ,leur fille ret\rna en ,italie aprs un inc5die qui dtruisit de fond en comble la maison de l',abb4 ,elle vivait encore ,flor5ce en #ahee4 ,mai #ahih4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,les ,bndict9s anglais de ,d\ai #a ,la ,trappe #dc ,la valle du ,cadi et l'abbaye de ,sa9t-,m>t9 du ,canig\ #ee ,une abbaye au ,x,v,i,i,ie sicle 7,liessies v]s #agbj7 #ii ,petit m\ti] #aea ,les mo9es de ,%akespe>e #aeg ,lettres de mo9es #baa ,,mile ,,col9 ,,et ,cie--,,imprim]ie ,,de ,,lagny ,e4 ,,grev91 ,s,u,c,cr