,,mile ,,faguet ,de l',acadmie ,franaise ,la ,dmission de la ,morale ,,p>is ,,soci,t ,,fran,,aise ,d',,imprim]ie ,,et ,,de ,,librairie ,,anci5ne ,,librairie ,,lec,,ne1 ,,oud9 ,,et ,cie #ae1 ,,rue ,,de ,,cluny1 #ae #aiaj ,,en ,,v5te ,a ,,la ,m,,me ,,librairie ,,du ,m,,me ,,auteur3 ,seizime sicle1 tudes littraires1 un =t vol4 9-#ah jsus1 #af;e dition1 bro* #c #ej ,dix-septime sicle1 tudes littraires1 un =t volume 9-#ah jsus1 #ca;e dition1 bro* #c #ej ,dix huitime sicle1 tudes littraires1 un =t volume 9-#ah jsus1 #ca;e dition1 bro* #c #ej ,dix-neuvime sicle1 tudes littraires1 un =t volume 9-#ah jsus1 #ce;e dition1 bro* #c #ej ,politiques et ,morali/es du dix-neuvime sicle4 ,trois sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,l'ouvrage e/ complet en trois sries1 *aque volume se v5d sp>m5t4 ,politique comp>e de ,montesquieu1 ,r\sseau et ,voltaire1 troisime mille1 un vol4 9-#ah jsus #c #ej ,propos littraires4 ,quatre sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* 7*aque volume se v5d sp>m5t7 #c #ej ,propos de ?tre4 ,quatre sries1 =mant *acune un volume 9-#ah jsus1 bro* 7*aque volume se v5d sp>m5t7 #c #ej ,le ,libralisme4 ,un volume 9-#ah jsus1 huitime mille1 bro* #c #ej ,l',anticlricalisme4 ,un vol4 9-#ah jsus1 septime mille1 bro* #c #ej ,le ,socialisme en #aijg4 ,un vol4 9-#ah jsus1 huitime mille1 bro* #c #ej ,le ,pacifisme1 un vol4 9-#ah jsus1 troisime mille1 bro* #c #ej ,discussions politiques4 ,un vol4 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,en lisant ,nietzs*e4 ,un volume 9-#ah jsus1 c9quime mille1 bro* #c #ej ,p\r qu'on lise ,platon4 ,un volume 9-#ah jsus1 bro* #c #ej ,am\rs d'hommes de lettres4 ,un volume 9-#ah jsus1 c9quime mille1 bro* #c #ej ,simplification simple de l'or?ographe4 ,une piqre 9-#ah jsus #j #fj ,madame de ,ma9t5on ,in/itutrice1 extraits de ses lettres1 avis1 entreti5s et prov]bes sur l'ducation1 avec une introduction4 ,un volume 9-#ab1 orn d'un portrait1 #c;e dition1 bro* #a #ej ,corneille1 un vol4 9-#h illu/r1 #i;e dition1 bro* #b ,la ,fonta9e1 un vol1 9-#h illu/r1 #aa;e dition1 bro* #b ,voltaire1 un vol4 9-#h illu/r1 #h;e dition1 bro* #b ,ces trois d]ni]s ouvrages font p>tie de la ,collection des ,classiques populaires1 dirige p> ,m4 mile ,faguet4 ,disc\rs de rception l',acadmie franaise1 avec la rponse de ,m4 mile ,ollivi]1 une bro*ure 9-#ah jsus #a #ej ,c\rs de posie franaise4 ,leon d'inauguration4 ,une piqre #j #ej ,la ,revue ,lat9e1 j\rnal de littrature comp>e 7a cess de p>atre en dcembre #aijh74 ,la collection compr5d sept annes4 ,la premire anne e/ puise4 ,la deuxime anne #aj ,la troisime anne et les suivantes1 *acune #f ,l'anne =me un volume 9-#h c>r de plus de #gjj pages1 bro*4 7,*aque anne se v5d sp>m5t47 ,la ,dmission de la ,morale ,,*apitre ,,premi] ,,avant ,,kant ,il y a quelque intrt tudi] trs froidem5t1 et aussi objectivem5t que possible1 l'volution de la morale1 p>ticulirem5t en ,france1 depuis ,kant jusqu'aux d]nires n\velles4 ,cela peut jet] quelques lumires sur l'tat des esprits et p> consqu5t f\rnir contribution l'hi/oire gnrale1 ce qui a peut-tre une c]ta9e utilit4 ,et en t\t cas c'e/ un div]tissem5t qu'on peut e/im] honnte4 99 99 99 99 99 ,la morale e/ la sci5ce1 ou l'art1 qui peut1 ou donn] aux hommes des rgles de leur conduite trav]s la vie1 ou donn] aux hommes des indications sur la conduite qu'ils f]ont bi5 de suivre trav]s la vie4 ,si on la ti5t p\r une sci5ce p\vant donn] des rgles1 si on la ti5t p\r normative1 la morale1 mon avis1 ne peut se fond] que sur une religion1--que sur une sci5ce1 ou plusieurs sci5ces--ou que sur elle-mme4 ,si on la ti5t p\r un art1 elle peut emprunt] c]ta9es sci5ces1 ou au savoir en gnral1 quelque *ose2 elle peut s'appuy] sur le savoir et en tir] quelque sec\rs2 mais elle e/ surt\t un ensemble de dm>*es +nieuses1 de la "p de l'homme1 p\r s'accommod] aux *oses et soi et p\r dirig] sa vie de manire tre dignem5t et noblem5t satisfait de soi-mme4 ,p\r remont]1 un in/ant1 aux anci5s1 il faut savoir qu'ils ont connu trs bi5 la morale en tant que sci5ce et aussi la morale en tant qu'art4 ,a pr5dre les *oses dans les gr&es lignes et en ngligeant volontairem5t des dtails1 importants il e/ vrai1 et qui p\rront1 je le sais1 faire objection contre moi1 on ne se tromp]a pas beauc\p en disant que la morale considre comme sci5ce a t inv5te p> ,socrate et les /oci5s1 ses vrais disciples2 et que la morale considre comme art a t inv5te p> les picuri5s4 ,socrate1 en jug] d'aprs ceux des livres de ,platon o ,platon semble plus qu'ailleurs s'inspir] de lui1 fonde la morale sur la psy*ologie4 ,il dit3 ,connais-toi toi-mme1 et1 selon que tu te connatras plus ou mo9s bi51 tu s]as plus ou mo9s v]tueux4 ,il fonde tellem5t la morale sur la sci5ce qu'il confond la moralit avec la sci5ce1 volontairem5t4 ,faire le bi51 c'e/ le savoir4 ,savoir le bi51 c'e/ le faire4 ,qui sait le bi5 fait le bi54 ,celui qui fait le mal n'e/ qu'un aveugle qui ne se connat pas4 ,?orie que j'ai discute ailleurs et peut-tre rhabilite#a1 dont je ne reti5s cette heure que ceci1 savoir que ,socrate e/ m9emm5t1 e/ en son fond1 un morali/e dogmatique1 qui veut donn] la morale la solidit1 la f]met1 l'imprativit aussi d'une sci5ce exacte4 #a ,voir ,p\r qu'on lise ,platon4 ,les /oci5s t\t de mme4 ,les /oci5s ratta*5t t\te leur morale la psy*ologie1 la sci5ce de l'homme qu& ils donn5t comme premi] pr9cipe de la morale3 ,vivre con=mm5t la nature4 ,qu'e/-ce dire en effet8 ,qu'il faut vivre con=mm5t la nature de l'homme 7c'e/ le s5s que le a t\j\rs dans pictte71 donc qu'il faut connatre sa nature4 ,qu'il faut vivre aussi con=mm5t la nature entire 7c'e/ le s5s que le a t\j\rs dans ,m>c-,aurle71 l'ordre gnral de la nature2 donc qu'il faut connatre la nature univ]selle1 l'ordre gnral du monde4 ,la morale se ratta*e donc la sci5ce t\t entire et n'en e/ que l'ab\tissem5t dans l'homme mme1 dans la conduite qu'il doit t5ir4 ,or qu'e/-ce que la sci5ce de lui-mme et du ,t\t peut appr5dre l'homme8 ,qu'il y a une raison univ]selle1 trs sage1 trs suivie1 trs h>monieuse1 trs logique1 qui ne se contr$it pas2 et aussi qu'il y a dans l'homme une raison mo9s f]me1 plus ou mo9s vacillante2 mais qui e/ ce qui en lui se contr$it le mo9s et la seule *ose en lui qui puisse ne pas se contr$ire4 ,donc il faut suivre la raison p\r re/] logique1 p\r tre con/ant1 p\r avoir une vie h>monique en t\tes ses p>ties p>ce qu'elle s]a dom9e p> un seul pr9cipe4 ,et donc il faudra1 du ct de soi-mme1 n'obir aucunem5t ses passions1 qui sont =ces illogiques et capricieuses2 du ct de l'extrieur mpris] compltem5t t\t ce qui ne dp5d pas de n\s1 t\s les =tuits1 qui1 si n\s en t5ions compte1 n\s f]ai5t galem5t vivre d'une vie capricieuse et irrgulire4--,p\r mpris] tant de *oses et se drob] l'influ5ce de tant de *oses1 il faut se donn] une volont n]gique1 indomptable et en quelque sorte implacable4 ,la raison1 c'e/ t\t l'homme intellectuel2 la volont1 c'e/ t\t l'homme actif4 ,raison et volont1 c'e/ t\t l'homme4 ,la s5sibilit doit tre supprime4 ,la volont sans cesse en acte et n'obissant qu' la raison1 c'e/ t\te la morale4 ,cette morale1 on a vu comme elle se ratta*e la sci5ce de l'homme et la sci5ce du monde1 la sci5ce totale1 et comm5t elle se fonde sur elle4 ,p\r les picuri5s1 malgr quelques essais qu'ils ont faits p\r donn] un c>actre sci5tifique leur morale1 la morale e/ bi51 en somme1 un art et seulem5t un art4 ,elle p\rrait tre df9ie3 les moy5s d'tre heureux4 ,l'homme aspire au bonheur4 ,il a raison4 ,il s]ait trange qu'on v\lt lui p]suad] qu'il a tort4 ,on n'y russirait gure1 du re/e1 tant le dsir de bonheur e/ le fond de notre nature4 ,il faut t\t simplem5t le laiss] dans cette croyance4 ,seulem5t il faut lui appr5dre ne pas se tromp] sur ce qui e/ le bonheur1 de peur qu'en *]*ant le bonheur in/9ctivem5t1 il ne tr\ve que l'in=tune4 ,or o e/ le bonheur vrai1 le bonheur qui ne trompe pas1 qui ne se dguise pas nos yeux p\r s'y rvl] ensuite s\s =me d'in=tune et de misre8 ,c'e/ un art1 prcism5t1 que de le dc\vrir4 ,c'e/ une sci5ce aussi1 si l'on veut1 et il va de soi qu'il n'e/ pas inutile de connatre l'me huma9e p\r savoir ce qui doit remplir ses dsirs et p> consqu5t tre un bonheur p\r elle2 mais c'e/ surt\t un art4 ,c'e/ un art qui consi/e obs]v] les t5tatives des hommes v]s le bonheur et not] celles qui russiss5t et celles qui *\5t2 et dans quelle mesure elles *\5t et elles russiss5t2 et dans quelles conditions elles ont plus ou mo9s succs ou *ec4 ,le bonheur tant *ose relative et subjective1 et la morale n'tant que procd p\r arriv] au bonheur1 il s'ensuit que la morale e/ *ose subjective et relative1 qu'elle e/ sci5ce p>ticulire p\r *acun1 donc non pas sci5ce1 mais art1 a9si qu'il a t dit t\t d'abord4 ,du re/e1 on peut arriv]1 relativem5t encore1 une conclusion assez gnrale1 et c'e/ savoir que p\r la plup>t des hommes le bonheur1 t\t compte fait1 e/ dans la v]tu4 ,la v]tu n'e/ pas le b de l'homme1 la f9 o il doit t5dre2 elle e/ le moy5 le plus sr p\r lui d'atte9dre son b1 qui e/ le bonheur4 ,elle le donne t\j\rs1 t&is que les autres ne le donn5t qu'accid5tellem5t4 ,elle n'e/ pas le b2 elle n'e/ pas1 non plus1 le seul *em92 mais elle e/ la gr&e r\te4 ,l'picurisme ne dtruit donc pas la moralit4 ,il la subordonne4 ,il la s\met la re*]*e du bonheur4 ,il dit3 ,puisque v\s v\lez tre heureux1 soyez v]tueux4 ,il n'aurait ri5 oppos] qui dirait3 ,je ne ti5s pas tre heureux4 ,il n'a ri5 dire non plus celui qui affirme tre heureux en dehors de la v]tu1 si ce n'e/3 ,v\s v\s trompez2 ou3 ,v\s v\s p]suadez que v\s tes heureux1 sans l'tre2 ou3 ,v\s ne le s]ez pas t\j\rs4 ,rponses un peu faibles4 ,l'picurisme1 comme t\t art1 peut t\j\rs tre conte/4 ,il e/ =t p> la premire position qu'il pr5d2 il e/ faible en ses conclusions4 ,il e/ =t en dem&ant aux hommes3 ,n'e/-il pas vrai que v\s v\lez t\s tre heureux8 ,v\s avez raison2 c> a9si il gagne t\t d'abord leur confiance4 ,il e/ faible en leur criant3 ,donc soyez v]tueux1 p>ce que le rapport entre ces deux propositions ne p\vant pas tre tabli sci5tifiquem5t1 ne p\vant jamais l'tre que p> un art plus ou mo9s +nieux1 mais t\j\rs rcusable1 n'a ri5 de f]me ni de solide4 ,a un autre po9t de vue1 rem>quons que ces deux morales antiques1 quelque dogmatiques qu'elles soi5t t\tes les deux et surt\t la premire1 sont encore p]suasives et non impratives1 hypo?tiques mme 7surt\t l'une7 et non catgoriques4 ,quoique l'une et l'autre 7surt\t la premire7 ai5t employ le mot qui veut dire3 ,tu dois1 elles ne sont ni l'une ni l'autre autorises ple9em5t dire3 ,tu dois4 ,elles ne sont impratives que p> un c]ta9 abus de mots et un c]ta9 excs d'affirmation4 ,qui m'oblige 7voici p\r le /ocisme7 me con=m] l'ordre univ]sel ou mon ordre intrieur1 la raison cosmique ou ma raison huma9e8 ,absolum5t ri54 ,je puis tr\v] cela beau1 noble1 honorable1 conv5able1 digne de moi2 mon orgueil peut tre extrmem5t intress l'accept]2 mais que j'y sois oblig1 je ne le vois pas4 ,je p\rrai dire3 ,decet2 ri5 ne me f]a dire3 ,debes4 ,le devoir /oque n'e/ pas un devoir2 c'e/ un idal4 ,on m'y attire2 on m'y p\sse2 on m'en bl\it et on m'en fasc9e2 on ne me le comm&e pas2 on ne tr\ve pas quelque *ose qui me le comm&e4 ,le /ocisme e/ p]suasif2 il n'e/ pas1 il ne peut pas tre impratif4 ,il e/ p]suasif inf9im5t1 p>ce qu'il s'adresse1 p\r n\s p]suad]1 aux p>ties de notre me dont n\s sommes le plus fi]s et que n\s *rissons le plus2 il ne peut pas tre impratif4 ,il e/ trs visible1 du re/e1 qu'il n'a jamais song l'tre et qu'il n'a jamais song dire3 ,quelqu'un quelque "p1 ou quelque *ose en v\s1 v\s comm&e imprieusem5t de faire ceci4 ,obissez4 ,quelques-unes de ses =mules se rappro*5t de celle-ci2 aucune n'y e/ adquate4 ,ses =mules se ramn5t t\j\rs 3 ,il e/ beau d'agir de telle sorte4 ,c'e/ une p]suasion de t\t premi] ordre2 c'e/ une magnifique p]suasion2 ce n'e/ pas une obligation dmontre2 ce n'e/ pas un impratif4 ,encore mo9s l'picurisme e/-il impratif4 ,il ne comm&e pas2 il p]suade pe9e2 il r5seigne3 ,si v\s v\lez tre heureux1 faites ceci4 ,l'picurisme e/ une indication4 ,c'e/ une indication qui n'e/ pas fausse mais laquelle on ne se s5t nullem5t t5u de se con=m]4 ,l'picurisme n'a pas de =ce contraignante4 ,le /ocisme non plus1 comme n\s l'avons vu2 mais on peut dire que le /ocisme1 dfaut de =ce contraignante1 a une =ce imposante2 l'picurisme ni ne contra9t ni mme n'impose4 ,voil ce qui me faisait dire que les deux gr&es morales antiques sont p]suasives et non impratives4 ,et aussi elles sont hypo?tiques et non catgoriques1 ce qui e/ presque la mme faon de les envisag]4 ,l'picurisme e/ m9emm5t un impratif hypo?tique1 comme dit ,kant4 ,il recomm&e d'tre v]tueux1 si l'on veut avoir le bonheur4 ,il conditionne la v]tu2 il conditionne le devoir4 ,en disant3 ,soyez v]tueux p\r tre heureux1 il n'e/ pas lo9 de dire3 ,si v\s ne tr\vez pas le bonheur dans la v]tu1 laissez-la4 ,il ne dit po9t p>eille *ose2 mais on peut la lui faire dire4 ,il e/ hypo?tique fondam5talem5t et app>emm5t1 trs app>emm5t1 ce qui e/ peut-tre plus grave4 ,le /ocisme ne l'e/ po9t app>emm5t mais il l'e/ en son fond1 sans aucun conte/e4 ,il prescrit aux hommes la v]tu p\r qu'ils se con=m5t leur nature et la nature2 c'e/ la leur prescrire1 s'il e/ vrai que leur nature et la nature soi5t ori5ts v]s la v]tu1 s'ils reconnaiss5t dans leur nature une t5dance la v]tu et dans la nature la v]tu proclame4 ,or voil bi5 une hypo?se1 une hypo?se que t\s les ef=ts de l'cole t5dront =tifi]1 solidifi]1 *>g] de c]titude2 mais enf9 une hypo?se4 ,voil bi5 un impratif hypo?tique4 ,l'picurisme p\rrait mme dire qu'il e/ mo9s hypo?tique que le /ocisme1 puisque l'hypo?tique cont5u dans son comm&em5t e/ pe9e une hypo?se2 puisque prescrire aux hommes la v]tu s'ils veul5t tre heureux1 c'e/ la leur prescrire sans hypo?se1 n'tant po9t d\teux que t\s les hommes veul5t le bonheur1 t&is que l'hypo?tique cont5u dans la prescription /oci5ne e/ hypo?tique trs ple9em5t4 ,quoiqu'il en soit du plus ou du mo9s1 les morales /oci5ne et picuri5ne sont p]suasives et non impratives2 sont hypo?tiques et non catgoriques4 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'elles sont huma9es1 /rictem5t huma9es4 ,elles ne sont pas1--je crois bi5 qu'elles le sont un peu1 quoi que je die1 mais enf9 il e/ plus ju/e de dire qu'elles ne le sont pas qu'il ne le s]ait de dire qu'elles le sont1--elles ne sont pas des dbris1 des re/es1 des s\v5irs inconsci5ts de religions passes4 ,bi5 plutt elles sont en raction et en s\rde rvolte contre les religions de l'anci5ne ,grce4 ,plus ou mo9s =mellem5t elles accus5t ces religions d'immoralit et la morale grecque exi/e1 au fond1 et se s5t exi/]1 surt\t p\r que les vieilles religions n'exi/5t plus4 ,elle se s5t exi/] et elle veut exi/] comme remplaant les anci5nes religions et surt\t comme pr5ant une place que les anci5nes religions n'avai5t pas remplie4 ,elles sont1 relativem5t aux anci5nes religions1 d'ess5ce presque absolum5t diffr5te4 ,il e/ donc trs naturel qu'elles n'ai5t pas le c>actre impratif1 dom9ateur1 conqurant1 p\r a9si p>l]1 et envahisseur1 que les religions ont d'ord9aire4 ,elles ne sont pas des morales dta*es d'anci5nes religions et qui se s\vi5n5t inconsciemm5t d'avoir t des religions et qui en ont g>d comme le c>actre et comme le pli4 ,elles ne sont pas des morales air et ge/e religieux4 ,rem>quez du re/e1 p\r t\t dire1 ou plutt p\r t\t indiqu] brivem5t1 que les religions anci5nes elles-mmes n'ont pas beauc\p1 n'ont pas violemm5t1 p\r a9si dire1 le c>actre impratif4 ,elles comm&5t1 c'e/ inconte/able1 et elles promett5t des rcomp5ses et elles m5ac5t de *tim5ts4 ,elles sont donc1 il faut le reconnatre1 des sy/mes religieux complets4 ,complets1 oui1 mais peu df9is et peu rig\reux2 p>ce qu'ils sont extrmem5t1 j'allais dire dsesprm5t complexes4 ,voyez brivem5t t\t ce qu'il y a dans les religions antiques4 ,il y a des dieux1 c'e/--dire1 premire complexit1 des tres qui tai5t des =ces aveugles1 puissantes et r$\tables de la nature et qui sont dev5us des hommes1 des hommes suprieurs1 des hommes trs gr&s1 trs =ts1 trs puissants et t]nels2 mais des hommes2 des dieux1 donc1 qui p>ticip5t ma9t5ant des =ces =midables de la nature et des passions *angeantes1 des caprices de l'humanit2 et qu'on adore confusm5t comme ils sont confus eux-mmes2 p\r lesquels on a les s5tim5ts les plus div]s et les plus mls1 admiration1 cra9te1 respect1 envie1 culte arti/ique1 ironie quelquefois1 autres s5tim5ts encore4 ,les dieux sont des p]sonnages auxquels on croit1 que l'on s5t trs prs5ts1 trs pro*es1 quelquefois trs loigns1 que l'on a bi5 en trs gr&e considration1 mais qu'au fond on ne sait pas bi5 comm5t trait]4 ,il y a encore1 dans le paganisme1 le ,de/91 qui e/ une conception peut-tre aussi anci5ne que celle des dieux1 mais t\te diffr5te et presque contradictoire4 ,ne1 sans d\te1 de l'intuition1 plus ou mo9s confuse1 de l'immutabilit des lois de la nature1 la conception du ,de/9 s'oppose la conception des dieux4 ,ils sont capricieux comme des hommes1 il e/ immuable comme le ciel2 ils peuv5t tre fl*is1 il e/ inflexible2 ils peuv5t tre pris1 il e/ inutile de le sollicit]2 ils peuv5t tre corrompus p> des prs5ts1 il e/ incorruptible4 ,le ,de/9 e/ un dieu sans oreilles1 p> d]rire et p>-dessus les dieux s5sibles4 ,il e/ pr(ondm5t immoral en soi1 puisque ri5 ne peut le *ang] et que la bonne volont huma9e n'a pas de prise sur lui1 et en mme temps on le mle de moralit1 p\r a9si dire1 on fait entr] en lui un lm5t de moralit1 en aimant se p]suad] que sa volont immuable et t]nelle se confond avec la ju/ice2 mais encore on n'en e/ pas sr et il e/ la fois effrayant et dconc]tant1 effrayant surt\t4 ,et il y a encore la ,nmsis1 qui e/ contradictoire la fois au ,de/9 et aux dieux4 ,elle e/ contradictoire au ,de/91 puisqu'elle e/ un s5tim5t et mme une passion1 *ose qui n'a aucun rapport avec un ordre t]nel2 puisqu'elle e/ une jal\sie des tres suprieurs l'g>d de l'homme1 jal\sie qui s'ex]ce capricieusem5t et arbitrairem5t1 qui e/ t\j\rs susp5due sur la tte des mortels1 mais que l'on peut conjur]1 c>t]1 fl*ir p> des prires et de bonnes uvres4--,elle e/ contradictoire1 quoique un peu mo9s1 aux dieux eux-mmes2 c> elle e/ un s5tim5t mauvais et bas qui dgrade les dieux1 qui en fait des tres infrieurs l'homme plutt que suprieurs1 qui les prs5te surt\t s\s leur aspect de m*ancet et de rancune4 ,la ,nmsis e/ dmocratique2 elle e/ mme la dmocratie symbolise4 ,elle fait des dieux qui1 quoique suprieurs l'homme1 n'aim5t pas que des hommes soi5t gr&s1 =ts ou heureux4 ,elle fait des dieux qui aurai5t des s5tim5ts populaires1 sans avoir l'excuse naturelle qu'a le peuple d'tre envieux des puissants4 ,elle e/ ari/ocratique aussi2 elle e/ cette ide que le petit doit re/] sa place1 ne pas v\loir dev5ir gr& et que s'il veut dev5ir gr& il tr\v]a plus gr& que lui et plus =t1 ft-ce au ciel1 p\r le faire r5tr] dans la sphre dont il a v\lu sortir4 ,on peut la pr5dre de ces deux manires2 mais1 de quelque biais qu'on la pr5ne1 elle e/ un s5tim5t m*ant prt aux dieux et qui les rapetisse4 ,elle fait du dieu1 soit un tribun h>gneux qui exalte les petits et qui dprime les gr&s et les *tie2 soit un ari/ocrate autoritaire qui ma9ti5t *acun son rang avec une frocit s\rnoise1 procdant p> c\ps brusques et inatt5dus4 ,inutile de dire1 comme t\t l'heure p\r le ,de/91 qu'on a1 peu peu1 essay de faire entr] de la moralit dans la ,nmsis et que1 puisqu'on p\vait la pr5dre comme artisan d'galit1 on a affect de la t5ir p\r =me de la ju/ice4 ,mais de la conception initiale qu'on en avait eue re/e ceci que la ,nmsis tait contradictoire au de/9 et contradictoire l'ide de dieux plus nobles et plus gnreux que les hommes4 ,une religion si mle p\vait-elle tre vraim5t imprative1 vraim5t normative1 vraim5t cratrice de rgles nettes et prcises p\r la conduite des hommes8 videmm5t non4 ,elle peuplait leur esprit d'idals confus1 d'esprances et de cra9tes confuses1 de devoirs confus et contradictoires4 ,donc1 qu& bi5 mme1 ce que j'ai indiqu que l'on p\rrait s\t5ir1 les morales antiques aurai5t eu quelques rac9es dans les religions antiques auxquelles elles succdai5t1 elles n'aurai5t pas pu ret5ir de celles-ci un c>actre impratif que celles-ci n'avai5t jamais eu4 ,et s'il e/ vrai1 comme je crois que c'e/ plus vrai1 que les morales antiques fuss5t plutt en raction contre les religions antiques qu'elles ne drivass5t d'elles1 il y avait peu de *ances1 cep5dant1 p\r qu'elles inv5tass5t cette *ose n\velle1 vritablem5t inconnue et un peu trange1 une ide comm&ant un homme1 comme un matre un esclave et l'ass]vissant4 ,de cette ide1 ils ont appro*1 c'e/ inconte/able4 ,ils ont prs5t soit la raison1 soit l'intrt bi5 ent5du1 comme quelque *ose1 s9on qui n\s oblige1 du mo9s qui n\s accule1 qui n\s =ce dire3 il e/ bi5 vrai qu'il n'y a pas autre *ose faire2 et ceci e/ bi5 une sorte de contra9te4 ,mais ne n\s y trompons po9t1 c'e/ encore une contra9te de p]suasion2 c'e/ une contra9te qui donne ses raisons4 ,la raison1 a dit ,pascal1 n\s comm&e bi5 plus imprieusem5t qu'un matre1 c> en dsobissant un matre on e/ malheureux et en dsobissant la raison1 on e/ un sot4 ,la contra9te des philosophies morales antiques tait prcism5t celle-ci4 ,elles mettai5t leur ef=t n\s contra9dre av\] qu'il e/ sot de ne pas tre v]tueux4 ,mais ceci e/ encore de la p]suasion2 c'e/ de la p]suasion qui devi5t si =te qu'elle f9it p> pr5dre un c>actre presque impratif2 mais prcism5t elle f9it p> l1 t&is que c'e/ p> l que la morale imprative comm5ce1 et la diffr5ce e/ si considrable qu'elle e/ d'ess5ce mme4 ,oui1 en vrit1 t\t le monde intellectuel grec1 tant religieux que philosophique1 n'a connu que la p]suasion4 ,les religions ont t p]suasives1 les philosophies ont t p]suasives4 ,les religions ont effray d'abord1 confusm5t2 mais1 ce semble1 remont] aux plus anci5s textes1 sans tir] de leur maje/ t]rifiante un c]ta9 nombre de comm&em5ts prcis et =mels1 et je crois que l'on sait combi5 il e/ difficile de mettre en =mules et mme de dml] la morale d',homre ou d',hsiode4 ,puis elles se sont1 confusm5t encore1 mles de morale1 mais d'une morale qui entrait en elles comme un corps trang] et qui travaillait plus les dsagrg] qu' les vivifi]2 et en p>tie morales1 en p>tie immorales1 en p>tie e/htiques1 et ce titre trangres la morale sans y tre prcism5t contraires1 elles prs5tai5t aux hommes une morale si mle et si indi/9cte qu'au fond les meilleurs d'entre eux mettai5t leur moralit mme se dta*] d'elles4 ,les morales1 d'autre "p1 tai5t ou noblem5t utilitaires et eudmoniques1 ou au/res et contraignantes2 mais t\j\rs p]suasives1 quelles qu'elles fuss5t1 procdant p> raisonnem5ts et non p> ordres1 recomm&ant la v]tu et non la comm&ant1 n'obligeant pas1 ou ne dmontrant pas l'homme qu'il e/ oblig1 raisonnant l'homme1 p\r p>l] le langage populaire1 ne le captivant po9t1 ne l'ass]vissant po9t1 ne le pliant po9t s\s une loi indiscutable4--,cela revi5t dire que dans t\t le monde intellectuel grec c'e/ la desse ,p]suasion qui e/ s\v]a9e1 et la desse ,p]suasion e/ t\j\rs un s\v]a9 con/itutionnel4 99 99 99 99 99 ,le ,*ri/ianisme v9t4 ,c'e/ lui qui a cr la morale imprative4 ,il l'a cre p> ce qu'il apportait avec lui2 il l'a cre p> ce qu'il ret5ait du pass4 ,il sortait1 lui1 d'une religion1 d'abord contre laquelle il n'tait pas en raction2 c> il n'tait pas v5u p\r dtruire la ,loi1 mais p\r la consomm]2 et il sortait d'une religion qui n'tait pas confuse1 mle et contradictoire2 mais qui tait extrmem5t prcise et nette4 ,dans la religion biblique po9t de ,de/91 po9t de ,nmsis et po9t de poly?isme 7du mo9s depuis longtemps l'poque o le ,*ri/ianisme p>ut74 ,un seul ,dieu1 qui e/ p]sonnel1 qui n'e/ pas li p> une fatalit plus =te que lui1 qui e/ libre et qui e/ t\t-puissant1 qui comm&e comme un roi arbitraire et absolu2 qui d'autre "p n'e/ pas jal\x des hommes1 e/ trs svre et trs irritable1 mais n'e/ pas jal\x et qui n'a qu'une passion1 qui e/ qu'on lui obisse /rictem5t et aveuglem5t4 ,d'une religion de cette sorte1 une morale imprative peut sortir et doit sortir1 et seulem5t une morale imprative4 ,elle e/ comme t\te faite4 ,la morale1 c'e/ d'obir ,dieu qui e/ infaillible1 qui n'a pas beso9 d'tre ju/ifi et qui ne doit pas tre discut4 ,la morale sort de la religion et d'une religion nette1 prcise1 sans contradiction1 sans inc]titude1 sans imag9ation1 sans my!s potiques et s+uli]s4 ,voil ce que ,jsus ret5ait de l'anci5ne ,loi4 ,il apportait une morale n\velle1 trs n\velle1 comme n\s le v]rons plus lo92 mais il la ratta*ait la religion antique et il la laissait volontairem5t assise sur la religion comme sur sa base naturelle1 confondue avec la religion et aussi imprative qu'elle4 ,il disait3 ,v\s aim]ez le ,seigneur votre ,dieu de t\t votre cur1 de t\te votre me et de t\t votre esprit4 ,c'e/ l le plus gr& et le premi] comm&em5t4 ,et voici le second1 qui e/ semblable celui-ci3 ,v\s aim]ez votre pro*a9 comme v\s-mme4 ,il e/ impossible de ratta*] plus =tem5t la morale la religion1 de confondre plus intimem5t la morale et la religion1 en insi/ant sur ceci que le premi] pr9cipe de la morale n'e/ que le second comm&em5t1 et sur ceci que1 du re/e1 le comm&em5t qui r5f]me t\te la morale n'e/ qu'une sorte de rptition du comm&em5t qui r5f]me t\te la religion4 ,p\r ,jsus la morale n'e/ qu'un aspect de la religion4 ,il n'y a ri5 de plus ju/e que le nom de ,fils de ,dieu appliqu ,jsus4 ,jsus1 c'e/ la morale elle-mme2 ,jsus ,fils de ,dieu1 cela veut dire que la morale procde de la religion1 en sort1 s'appuie sur elle1 du re/e e/ consub/antielle avec elle et en a t\s les c>actres4 ,jsus e/ un aspect de ,dieu2 la morale e/ un aspect de la religion4 ,la morale a9si comprise ne peut tre que normative1 imprative1 absolum5t imprative1 puisque1 non seulem5t elle e/ un ,dieu1 mais elle e/ ,dieu lui-mme4 ,d'autre "p1 ce que ,jsus apportait avec lui1 c'tait une morale n\velle qui1 si elle s'incorporait avec ,dieu1 et prcism5t p>ce qu'elle s'incorporait avec lui1 le *angeait trs s5siblem5t4 ,a la loi de t]reur ,jsus v5ait sub/itu] la loi d'am\r2 et cela1 sans que peut-tre il s'en d\tt1 p\r les g5tils comme p\r les juifs4 ,le ,dieu des juifs tait un dieu t]rible auquel il fallait obir et qu'il fallait cra9dre4 ,les dieux des g5tils tai5t galem5t des dieux auxquels il fallait obir et qu'il fallait cra9dre4 ,le premi] qui ait dit dans le monde qu'il fallait aim] ,dieu1 c'e/ ,jsus4 ,l'am\r de ,dieu e/ la gr&e inv5tion du ,*ri/ianisme4 ,cette inv5tion *angeait ,dieu et la morale1 donnait ,dieu et la morale un t\t n\veau c>actre4 ,c> s'il faut aim] ,dieu1 pr5ez g>de1 il faut que ,dieu devi5ne bon2 ou il faut qu'on se mette en l'esprit qu'il l'a t\j\rs t4 ,quelque ef=t que l'on y pt faire1 on n'aim]ait pas1 on ne p>vi5drait pas aim] un ,dieu m*ant1 ou un ,dieu qui ne s]ait que t]rible1 ou mme un ,dieu qui ne s]ait que /rictem5t ju/e4 ,donc il faut qu'on se le figure comme bon1 comme ju/e sans d\te1 comme svre peut-tre2 mais comme bon4 ,en disant qu'il faut aim] ,dieu1 ,jsus1 comme ncessairem5t1 l'a r5du aimable4 ,au fait1 c'e/ a9si qu'il se le reprs5tait et c'e/ p>ce qu'il s5tait ,dieu bon qu'il a v\lu qu'on l'aimt2 mais aussi c'e/ p>ce qu'il a dit qu'il fallait l'aim] qu'il l'a fait bon t]nellem5t dans l'imag9ation des hommes4 ,dieu tait *ang4 ,la morale l'tait du mme c\p4 ,la morale tait jusque-l morale de ju/ice2 elle dev5ait morale d'am\r4 ,la morale consi/ait jusque-l respect] le droit d'autrui et r5dre *acun le si54 ,elle consi/a dsormais aim] t\s les hommes comme des frres4 ,et cela tait une consqu5ce trs logique4 ,si ,dieu doit tre aim p>ce qu'il e/ bon et si1 tant bon1 il aime t\s les hommes1 la seule manire de le bi5 aim] e/ d'aim] t\s les hommes comme il les aime4 ,la sub/itution de ,dieu pre ,dieu roi amne la sub/itution de l'ide de frat]nit l'ide de ju/ice4 ,aussi l'ide de ju/ice e/-elle s\v5t mprise et raille dans l'vangile1 et c'e/ l'ide d'am\r1 de frat]nit qu'il t5d t\t enti]4 ,la seconde gr&e inv5tion de ,jsus e/ d'avoir pass p> del l'ide de ju/ice1 considre comme infrieure1 p\r in/all] la morale dans l'am\r4 ,de l ces prceptes au del desquels on n'ira po9t3 ,faites ce que v\s v\driez qu'on v\s ft2 ne rsi/ez pas au mal qu'on veut v\s faire et qu'on v\s fait2 aimez votre pro*a9 comme v\s-mme2 aimez vos ennemis2 faites du bi5 ceux qui v\s hass5t4 ,de l cette morale1 dont ,kant a trs bi5 dit que si t\te la religion sur laquelle elle s'appuie s'cr\lait1 elle subsi/]ait encore p> elle-mme2 de l cette morale que les attaques diriges contre la religion sur laquelle elle s'appuie n'atteign5t pas et ne peuv5t atte9dre2 de l cette morale enf9 que t\t progrs des murs1 rel ou suppos1 non seulem5t ne laisse pas en arrire1 mais ne fait que rejo9dre1 ou plutt ne rejo9t jamais et voit t\j\rs devant lui comme son b d]ni] et sa f9 suprme4 ,cette morale e/ telle qu'il semble qu'elle p\rrait se pass] du dogme1 tant plus pure que lui1 en quelque sorte1 et plus sublime2 mais n'oublions pas qu'elle n'a pas v\lu s'en pass] et qu'elle s'e/ en quelque sorte insre et encadre dans le dogme exi/ant4 ,le dogme tait3 ,dieu comm&e et il faut lui obir1 et tel tait le fondem5t de la morale4 ,le dogme tait3 le dsobissant s]a puni et l'obissant s]a rcomp5s1 et telle tait la sanction de la morale4 ,jsus cons]ve t\t cela1 et1 entre ce fondem5t de la morale et cette sanction de la morale1 il introduit une morale plus pure que l'anci5ne et qui n'e/ plus l'obissance et qui e/ l'am\r1 et qui n'e/ plus la ju/ice et qui e/ la frat]nit2 mais il ma9ti5t et fondem5t et sanction1 et il dit que le premi] comm&em5t e/ l'atta*em5t de l'homme ,dieu1 et il dit que ,laz>e s]a recueilli dans le se9 d',abraham et que le mauvais ri*e s]a prcipit p\r l't]nit dans l'enf]4 ,donc une morale sublime avec fondem5t religieux1 avec une sanction religieuse2 de c>actre1 p> consqu5t1 nettem5t et =midablem5t impratif2 voil la morale de ,jsus4--,plus t>d1 aut\r de cette morale demeure fixe et immobile et qui ne p\vait que demeur] telle puisqu'elle avait1 du premi] pas1 atte9t l'absolu1 la religion dont elle tait comme encadre et ent\re1 volua4 ,elle se cra1 au contact des ,grecs1 et1 du re/e1 p>ce qu' une religion qu'on adopte on dem&e l'explication de t\t1 une mtaphysique trs obscure et du re/e m]veilleuse1 qui re/ait comme le fondem5t1 mais plus m\vant en quelque sorte et mo9s assur qu'aup>avant1 de la morale1 que l'on assurait t\j\rs qui s'y appuyait4 ,elle donna1 d'autre "p1 la morale des sanctions plus v>ies1 p\r a9si p>l]1 admettant un moy5 t]me1 lui-mme comportant diffr5tes mesures1 entre le p>adis et l'enf]1 et p> consqu5t crant une hir>*ie et une *elle des pe9es et des rcomp5ses2 et c'tait l1 en somme1 une ide vanglique1 ,jsus n'ayant pas dtruit le ,dieu ju/e et ayant inv5t le ,dieu bon1 et p> consqu5t une conciliation tant tr\v] entre la ju/ice de ,dieu et sa bont1 et ni l'une ni l'autre ne p\vant tre supprime1 et devant tre imag9 un tempram5t de l'une p> l'autre4 ,d'autre "p encore1 comme il arrive aux conqurants d'tre plus ou mo9s absorbs1 t\t au mo9s altrs p> ceux qu'ils conquir5t1 le ,*ri/ianisme1 s'il avait admis en lui beauc\p de mtaphysique grecque1 admit en lui beauc\p de paganisme proprem5t dit4 ,le poly?isme revcut1 trs attnu1 mais il revcut dans les anges1 du re/e emprunts la religion hbraque et dans les sa9ts et sa9tes1 remplaant les dieux nationaux1 les dieux municipaux et les dieux locaux2 et dans les ,notre-,dame de tel ou tel pays1 qui sont1 p> un artifice d'imag9ation1 la fois une seule p]sonne et une f\le de p]sonnalits trs di/9ctes4--,le de/9 revcut1 ici et l1 trs conte/1 p>ce que ri5 n'e/ mo9s vanglique que cette conception2 mais il revcut dans l'ide de la prde/9ation1 selon laquelle ,dieu n'e/ pas li p> plus =t que lui2 mais se lie lui-mme de t\te t]nit4 ,je ne vois gure que la ,nmsis1 ide qui e/ la plus orig9ale et la plus c>actri/ique du paganisme1 qui ne se retr\ve pas dans le ,*ri/ianisme1 p\r cette raison que la gr&eur et la t\te-puissance d'un seul ,dieu e/ p> trop contradictoire avec cette ide1 laquelle met les dieux aussi prs des hommes qu'il e/ possible de les y mettre sans en faire des hommes4 ,et encore je f]ai rem>qu] que la ,nmsis me semble bi5 p>atre dans un des plus anci5s textes des vangiles1 dans le ,s]mon sur la ,montagne3 ,qu& v\s v\drez pri]1 dites3 ,notre pre qui tes aux cieux444 ne n\s induisez pas en t5tation4 ,de quelque manire qu'on ait ret\rn ce texte et qu'on l'ait ad\ci1 il re/e comme une preuve que dans les ides des premi]s *rti5s1 ,dieu p\vait t5dre des piges l'homme1 peut-tre p\r l'pr\v]1 peut-tre p> je ne sais quel esprit de malice4 ,il y a l quelque *ose de la ,nmsis1 que l'on tr\ve du re/e1 plus ou mo9s di/9cte1 dans c]ta9s passages de la ,bible4 ,ce qu'il faut p5s] l-dessus1 c'e/1 mon s5s1 que l'ide de la ,nmsis a t commune t\te l'antiquit1 qu'elle e/ trs =te dans le paganisme1 qu'elle e/ s5sible dans l'hbrasme1 que de l'hbrasme elle a pass1 presque subrepticem5t1 dans le ,*ri/ianisme primitif2 que le ,*ri/ianisme y tait du re/e si contraire qu'il avait de quoi l'lim9] et qu'il l'a en effet lim9e assez vite1 ne la tr\vant du re/e plus gure dans le paganisme l'poque o il s'e/ r5contr avec celui-ci4 ,quoi qu'il en soit1 une morale si leve qu'on peut la considr] comme df9itive1 fondem5t religieux1 sanctions religieuses1 se confondant avec la religion1 aimant croire et v\lant croire que1 la religion disp>aissant1 elle disp>atrait elle-mme1 nettem5t imprative1 normative et dcl>ant l'homme oblig3 telle e/ la morale *rti5ne4 ,elle e/ l'anci5ne ,loi de ,dieu1 trans=me quant ses prceptes1 trans=me mme quant son esprit1 cons]vant t\t son c>actre de comm&em5t absolu4 ,qu& le ,*ri/ianisme p]dit quelque *ose de son influ5ce sur les hommes1 il se passa la mme *ose que qu& le paganisme p>ut impur ou grossi] aux beaux esprits ou aux gr&s esprits de la ,grce4 ,les p5seurs v\lur5t crer une morale indp5dante1 plus ou mo9s indp5dante du ,*ri/ianisme4 ,seulem5t la difficult tait plus gr&e4 ,le paganisme avait une morale trs faible et trs conte/able4 ,une morale pure triomphait de la si5ne et du mme c\p triomphait de lui assez facilem5t4 ,le ,*ri/ianisme avait une morale telle qu'aucune1 jusqu' la consommation des sicles1 ce qu'il semble1 ne p\vait la dpass]4 ,on ne p\vait donc pas1 p> l'inv5tion d'une morale suprieure la si5ne1 le dcrdit]2 on ne p\vait que lui emprunt] sa morale en la dta*ant de lui1 au risque1 p> l'impuissance o l'on se montrait de tr\v] en morale mieux que lui1 de re/aur] son crdit au lieu de le dtruire4 ,on s'ef=a1 cep5dant--p> un beso9 qu'a s\v5t l'homme et que je ne discute pas p\r le mom5t1 d'avoir une morale sans avoir une religion--de con/itu] la morale indp5damm5t du dogme1 et c'e/--dire1 c> on ne p\vait faire autre *ose1 de prs5t] aux hommes les conclusions de la morale *rti5ne1 sans le fondem5t sur lequel elle avait prt5du s'appuy]4--,on s'ef=a1 p> consqu5t1 de tr\v] la morale un autre fondem5t 7c> on croyait encore qu'il lui en fallait un71 que la foi en ,dieu1 l'obissance ,dieu1 l'am\r de ,dieu4 ,mais la morale1 comme je l'ai dit1 ne peut se fond] que sur une religion1 sur la sci5ce ou sur elle-mme4 ,la fond] sur une religion1 c'e/ ce qu'on ne v\lait plus faire2 la fond] sur elle-mme1 c'e/ quoi l'on ne songea pas encore4 ,re/ait qu'on la fondt sur la sci5ce4 ,mais encore1 sur la sci5ce en gnral1 sur l'ensemble des sci5ces1 ou sur une sci5ce p>ticulire8 ,sur l'ensemble des sci5ces1 on n'y songea po9t2 les sci5ces1 du re/e1 cette poque1 ne prs5tant pas l'ensemble maje/ueux qu'elles prs5t5t auj\rd'hui et n'imposant po9t4 ,on essaya donc de fond] la morale sur une sci5ce p>ticulire1 c'e/--dire sur la sci5ce de l'homme4 ,c'tait rev5ir l'antiquit et soit au /ocisme1 soit l'picurisme4 ,ce fut surt\t l'picurisme qu'on rev9t4 ,t\tes les morales utilitaires qui eur5t un c]ta9 succs en ,anglet]re1 puis en ,france1 sont base d'picurisme4 ,elles *]*5t se con/itu] a9si3 il faut savoir ce qui peut r5dre l'homme heureux2 ce qui le r5d heureux1 c'e/ une morale trs pure con/amm5t mise en pratique2 numrons les lm5ts et comme les conditions de cette morale444 ,en un mot1 la morale e/ la sci5ce du bonheur1 fonde sur la connaissance de l'homme4 ,je n'ai pas beso9 de dire1 puisque j'ai p>l plus haut de l'picurisme1 dont n\s n'avons ici qu'une rdition1 qu'une morale de cette sorte peut tre trs leve et trs sa9e2 mais j'ai pe9e beso9 de dire aussi3 #a qu'elle ne peut tre que p]suasive2 #b qu'elle ne peut tre qu'un art4 ,elle ne peut tre videmm5t que p]suasive2 c> l'homme ne peut se s5tir oblig tre heureux4 ,cette proposition3 sois heureux2 il le faut1 tu le dois1 a quelque *ose en soi de comique et de ridicule4 ,il y a plus4 ,e/-ce un re/e1 dans nos esprits et dans nos consci5ces1 des vieilles morales impratives et religieuses1 peut-tre2 mais n\s s5tons vaguem5t que le bonheur n'e/ pas un devoir1 que n\s ne sommes pas obligs tre heureux et que peut-tre n\s sommes obligs ne pas l'tre1 que la re*]*e du bonheur a quelque *ose d'immoral4 ,et ceci n'e/ pas ncessairem5t une rm9isc5ce *rti5ne4 ,au fond de la ,nmsis1 p\r y rev5ir un in/ant1 il y avait cette ide que l'homme ne doit pas tre trop heureux1 qu'un homme heureux e/ quelque *ose de contraire l'ordre et d'insol5t 7un peu du s5s tymologique et un peu de l'autre71 et en d]nire analyse l'ide de la ,nmsis1 c'tait l'inquitude qu'pr\ve un homme tre heureux1 c'tait le remords du bonheur1 preuve que le bonheur a t\j\rs p\r l'homme quelque air de p*4 ,n\s ne n\s s5tons donc jamais obligs au bonheur1 et la morale qui n\s donne comme f9 le bonheur ne peut tre que p]suasive4 ,le dialogue entre la morale eudmonique et n\s e/ celui-ci3 ,v\lez-v\s tre heureux8--,oui1 n\s av\ons que n\s v\lons l'tre4--,si v\s v\lez l'tre1 il faut t5ir telle ou telle conduite4 ,autrem5t dit1 la morale eudmonique n'a aucune autorit4 ,elle e/ une amie bi5veillante et indulg5te qui n\s pr5d p> notre faible p\r n\s conduire la =ce d'me1 et qui n\s pr5d p> notre gt p\r le bonheur p\r n\s m5] au bi54 ,n\s l'aimons2 n\s lui s\rions1 comme elle n\s s\rit2 mais elle ne n\s impose pas du t\t4 ,n\s n'pr\vons pas p\r elle du respect1 et c'e/ une bonne ide de ,kant que ce qui peut n\s impos] des devoirs doit tre quelque *ose qui n\s inspire du respect4 ,la morale eudmonique n'e/ ri5 autre que d\cem5t p]suasive4 ,et la morale eudmonique1 aussi1 ne peut tre qu'un art et n'a ri5 de sci5tifique1 p>ce que le bonheur e/ *ose t\t fait individuelle4 ,je place mon bonheur ici1 je le vois ici2 un autre le place et le voit ailleurs2 et il n'e/ pas c]ta9 que j'aie tort1 ni que l'autre n'ait pas raison4 ,le bonheur p\r *acun e/ en raison de sa nature et de ses aptitudes4 ,le bonheur e/ la concordance qui s'e/ tablie ou qu'on a su tablir entre les facults d'un individu et le *amp d'activit o il p\vait ex]c] ces facults4 ,il y a donc autant de bonheurs diffr5ts1 en puissance1 que d'individus4 ,or il n'y a pas de sci5ce de l'individuel4 ,la morale ayant p\r f9 le bonheur ne peut donc tre qu'un art1 qu'un art +nieux1 individuel lui-mme1 et devra tre df9ie a9si3 la morale e/ l'art p> lequel1 *acun s'tant appliqu se connatre et se connaissant bi51 se r5d heureux p> une sage application de ses facults propres au monde qui l'ent\re4--,voil qui e/ bi52 mais1 donc1 la morale n'e/ pas une sci5ce1 elle e/ un art2 et mme un art qui n'a pas de prceptes et de maximes gnrales2 la morale e/ un art p]sonnel et incommunicable2 la morale e/ l'art que *acun devrait se faire soi-mme p\r tre le mo9s malheureux possible4 --,non pas t\t fait1 rpond la morale eudmonique4 ,je re/e une sci5ce en ce que1 prcism5t1 je crois que les pr9cipes m5ant au bonheur sont trs gnraux1 sont les mmes p\r t\s les hommes1 doiv5t tre tirs de l'tude de la nature huma9e en sa gnralit2 en ce que je crois que *aque homme s]ait dans l'erreur en *]*ant se r5dre heureux p> l'tude1 mme scrupuleusem5t et froidem5t faite1 de ses p5*ants et aptitudes et ne saurait l'tre qu'en se con=mant aux notions sur le bonheur que n\s donne l'tude de l'homme1 p\r a9si p>l]1 univ]sel4 ,et en cela1 je suis trs nettem5t sci5tifique4 --,je le veux bi52 mais encore ce qui fait qu'on peut dire qu'il y a un homme univ]sel1 ce qu'il y a de commun entre t\s les hommes1 c'e/1 si l'on veut1 le dsir du bonheur2 mais ce n'e/ pas du t\t une ide1 une imag9ation sur le moy5 d'y arriv]4 ,tel v\s dira3 ,mon ide du bonheur1 c'e/ la volont de puissance1 et tel autre v\s dira3 ,mon ide du bonheur1 c'e/ la modration dans les dsirs2 tel v\s dira3 ,mon ide du bonheur1 c'e/ la tranquillit1 et tel autre3 ,mon ide du bonheur1 c'e/ l'action4 ,et ils v\s diront ces *oses sans que v\s puissiez lgitimem5t contr$ire aucun d'entre eux4 ,il en rsulte1 ce qu'il me semble1 que la morale eudmonique n'e/ pas une morale2 qu'elle e/ plusieurs morales opposes les unes aux autres1 mettons1 si v\s v\lez1 en s\v5ir de ,nietzs*e1 la morale des matres1 la morale des esclaves--et quelques morales int]mdiaires4 ,donc la morale eudmonique n'a ri5 d'univ]sel et p> consqu5t n'e/ pas une sci5ce4 ,elle e/ un art et elle e/ mme plusieurs arts1 une inf9it d'arts1 l'un l'usage de celui-ci et l'autre l'usage de celui-l4 ,*aque homme1 dans ce sy/me1 e/ l'artisan de lui-mme2 et1 de la matire qu'il tr\ve en lui1 doit faire une uvre d'art selon la matire qu'il a tr\ve1 selon la connaissance qu'il a de cette matire et selon les procds d'art qu'il a inv5ts4 ,donc p\r le morali/e eudmoni/e po9t de morale4 ,il ne doit pas mme en esquiss] une4 ,son trait de morale ne doit pas s't5dre au del de son pr9cipe4 ,il doit t5ir en une ligne3 ,*]*ez le bonheur4 ,pas un mot de plus4--,mais comm5t8--,c'e/ votre affaire4 ,ce ne peut tre que votre affaire4 ,je v\s dirai1 si v\s v\lez1 comm5t j'ai tr\v le mi52 mais cela ne peut pas v\s r5seign] sur le vtre4 ,la morale eudmonique n'e/ ni un comm&em5t ni une prescription1 ni mme un guide4 ,il en e/ de mme1 plus =te raison1 de ce qu'on a appel la morale du s5tim5t1 qui ne mrite pas qu'on s'y att>de bi5 longtemps4 ,quelques philosophes1 ,r\sseau surt\t et ses disciples1 ont eu p\r t\te morale ceci3 ,cdez votre s5tim5t intime2 il ne trompe pas4 ,au fond1 c'e/ vrai2 mais qu& on a1 successivem5t1 refus le nom de s5tim5t intime tant de *oses qu'il ne re/e plus ri5 qu'un quelque *ose qui n'e/ peut-tre pas un s5tim5t4 ,si l'on dit en effet un s5tim5tali/e3 ,dois-je t\j\rs obir au s5tim5t qui me possde et qui me p\sse1 p\r l'in/ant8 il rpondra c]ta9em5t3 ,il faut encore voir si ce s5tim5t e/ bi5 votre s5tim5t intime1 pr(ond1 radical2 c> il exi/e une f\le de s5tim5ts sup]ficiels1 mom5tans et altrs2 il exi/e des s5tim5ts qui sont des rsultats des circon/ances et du monde o v\s vivez et de l'atmosphre que v\s respirez et de votre ducation1 etc42 ce sont des s5tim5ts circon/anciels ou des s5tim5ts altrs2 c'e/ au fond mme de votre nature qu'il faut v\s adress] et c'e/ lui qu'il faut v\s con=m]2 voil le s5tim5t intime4 ,mais pr5dre les *oses a9si et bi5 exam9]1 on arrive s'ap]cevoir que le seul s5tim5t intime qui ne soit suspect ni d'tre circon/anciel1 ni d'tre adv5tice1 ni d'tre altr1 e/ la voix mme de notre consci5ce1 le quelque *ose en n\s qui dit3 ,tu dois ou3 ,tu ne dois pas et qui n'e/ peut-tre pas un s5tim5t4--,ou la morale s5tim5tale entre les s5tim5ts ne *oisit pas1 et alors elle n'a aucune rgle et n'e/ qu'une prfr5ce arbitraire p\r ce qui en n\s e/ passionn l'exclusion de ce qui e/ froid1 et elle n\s d*ane dbrids trav]s la vie1 et elle n'e/ que l'immoralisme pur et simple2 ou entre les s5tim5ts elle prt5d *oisir1 et on l'amne assez facilem5t reconnatre que le s5tim5t ou plutt l'ensemble des s5tim5ts qu'elle donne comme bons n'e/ pas autre *ose que le gt du bi5 et que simplem5t elle a donn au devoir le nom de s5tim5t p\r s'appel] morale s5tim5tale au lieu de s'appel] morale du devoir4 99 99 99 99 99 ,tels tai5t les essais de morale indp5dante qui tai5t faits ici et l1 avec plus ou mo9s de h>diesse et aussi plus ou mo9s de logique1 lorsque ,kant p>ut4 ,,*apitre ,,ii ,,la ,,morale ,,de ,,kant ,la premire morale indp5dante dans le s5s vrai1 dans le s5s prcis et dans le s5s le plus t5du du mot1 e/ la morale de ,kant4 ,jusqu' lui on avait v\lu fond] la morale2 il a v\lu ne pas la fond]1 ne la fond] sur ri5 et qu'elle ft au contraire le fondem5t de t\t et que t\t se fondt sur elle4 ,jusqu' lui on avait v\lu ratta*] la morale soit la sci5ce1 soit la religion2 il a v\lu ne la ratta*] ri5 et ne l'asseoir que sur elle-mme4 ,il a v\lu qu'elle ft en soi et qu'elle ft p> soi4 ,l'insubord9ation du fait moral e/ la matresse pice de son sy/me4 ,le fait moral e/ p>ce qu'il e/ et il n'a donn] aucune raison qui l'explique et qui le fasse accept]4 ,il n'a pas1 p\r a9si p>l]1 plaid] p\r lui4 ,il s'impose4 ,il dit3 ,je dois tre4 ,il ne donne pas de considrants l'appui de lui4 ,il dit3 ,je suis p>ce que je suis4 ,t\t ce qui prt5drait le ju/ifi] l'affaiblirait4 ,si on le ratta*e une religion1 on a pr\v] cette religion qui e/ t\j\rs mo9s claire que lui2 si on le ratta*e une sci5ce1 on a tablir et a*ev] cette sci5ce qui n'e/ jamais gure tablie et qui n'e/ jamais a*eve1 t&is que lui e/ df9itif ds qu'il exi/e4 ,re/e ne le ratta*] qu' lui1 ne le fond] que sur lui1 ou plutt ne pas le fond]1 le pr5dre tel qu'il e/1 reconnatre qu'il e/ et le vnr]4 ,le fait moral e/ un roi absolu qui e/ indiscutable et qui doit tre indiscut4 --,mais p\rquoi1 lui seul au monde1 attribu] ce c>actre s+uli]2 p\rquoi discut] t\t1 pr\v] t\t1 ratta*] t\t quelque *ose et rduire t\t quelque *ose1 except le fait moral1 qui1 vraisemblablem5t1 e/ un fait comme un autre8 --,mais je n'attribue pas ce c>actre au fait moral2 je le lui reconnais1 p>ce qu'il l'a4 ,c'e/ comme cela qu'il se prs5te n\s4 ,n\s p\vons d\t] de t\t1 ou1 si l'on veut et ce qui e/ la mme *ose1 s5tir le beso9 de pr\v] t\t1 except le fait moral4 ,t\tes les autres *oses se prs5t5t n\s comme matire de connaissance2 le fait moral se prs5te n\s comme connaissance2 t\tes les autres *oses se prs5t5t n\s comme *ose connatre2 le fait moral se prs5te n\s comme *ose connue4 ,n\s disons3 ,il y a peut-tre un monde extrieur et il faut n\s donn] des raisons de croire qu'il exi/e ou qu'il n'exi/e pas2 il y a peut-tre des lois gnrales du monde et il faut les *]*]2 il y a peut-tre un auteur unique ou plusieurs auteurs des *oses qui exi/5t et il faut *]*] s'il exi/e ou s'ils exi/5t4 ,n\s ne disons pas3 ,il y a peut-tre quelque *ose en n\s qui n\s comm&e de bi5 agir4 ,n\s s5tons cette *ose-l directem5t1 immdiatem5t1 comme de ple9 contact1 et n\s la s5tons cont9uellem5t4 ,elle seule ne passe pas p> quelque *ose p\r arriv] n\s et n'a pas beso9 d'tre *]*e p\r tre tr\ve4 ,n\s avons cette s5sation qu'elle e/ si prs de n\s et en n\s qu'elle e/ n\s-mme4 ,p\rquoi ne pas pr5dre p\r le plus clair des faits celui qui e/ en effet le plus clair1 p\r le plus manife/e celui qui e/ le plus manife/e1 p\r le seul indiscutable1 celui que n\s avons le plus de t5dance accept] sans discussion8 ,p\rquoi v\loir expliqu] le fait le plus clair p> d'autres plus inc]ta9s1 pr\v] p> des *oses d\teuses la *ose qui se prs5te comme n'ayant pas beso9 d'tre pr\ve1 et arriv] p> des *em9s dt\rns cette morale que n\s atteignons du premi] c\p8 ,qui sait mme1 et c'e/ mon s5tim5t1 n\s dira ,kant1 si1 tant donn qu'il faut all]1 comme on peut1 du connu l'inconnu1 ce n'e/ po9t du fait moral qu'il faut p>tir p\r essay] de connatre et de pr\v] t\t le re/e8 ,qui sait si1 lo9 d'tre fond sur la mtaphysique1 ce n'e/ pas le fait moral qui la fonde8 ,qui sait si ce n'e/ pas le fait moral qui pr\ve le libre arbitre1 qui pr\ve l'immortalit de l'me et qui pr\ve ,dieu8 ,qui sait si1 p> un r5v]sem5t des m?odes1 il ne faut pas1 aprs avoir pr\v que la mtaphysique s'cr\le sur elle-mme qu& elle se fonde sur elle-mme1 la recon/ruire1 et peut-tre assez facilem5t1 sur la morale1 une fois qu'il a t jug que la morale e/ la *ose solide1 l'9branlable et l'inconcussum8 ,mais rev5ons1 p\r ne n\s occup] que de la morale elle-mme4 ,le fait moral e/ donc le plus clair1 le plus inconte/able et le plus directem5t saisissable de t\s ies faits1 intrieurs ou extrieurs4 ,c'e/ le fait moral qui e/ l'vid5ce1 qui e/ cette vid5ce premire1 cette vid5ce initiale tant *]*e p> les philosophes4 ,ils ont dit3 trav]s tant de *oses d\teuses1 quelle e/ celle1 s'il en e/ une1 dont on ne doit pas1 dont on ne peut pas d\t]8 ,ils ont rpondu3 c'e/ la vie1 le s5tim5t de l'exi/5ce1 le s5tim5t que l'on exi/e4 ,ils ont rpondu3 c'e/ la p5se1 la c]titude o l'on e/ que l'on p5se4 ,je rponds1 moi3 ce qu'il y a de mo9s d\teux1 c'e/ que je me s5s oblig1 c'e/ que quelque *ose en moi me dit3 tu dois6 ,p\rquoi e/-ce cela qui e/ le mo9s d\teux8 ,mais1 p>ce que1 qu& cette voix intrieure je n'obis pas2 qu& cette voix intrieure je dsobis2 alors je s\ffre1 alors j'ai des remords1 alors j'ai de l'humiliation1 alors je suis dans un tat d\l\reux4 ,qu'e/-ce dire8 ,c'e/ dire que je vi5s de contr>i] le fond mme de ma nature2 c'e/ dire que je vi5s de me ni]1 de me heurt] et de me combattre moi-mme4 ,rem>quez que ce phnomne ne se produit pas propos des autres *oses auxquelles j'ai t5dance croire4 ,je puis d\t] du monde extrieur sans avoir remords1 humiliation1 mpris de moi-mme1 torture intime2 ri5 de t\t cela4 ,je puis d\t] de mon exi/5ce et me croire une illusion et un rve1 sans me faire de repro*e et sans que ri5 en moi me fasse des repro*es4 ,je puis d\t] de ma p5se1 je veux dire d\t] que je p5se1 et ne pas me s5tir humili et dgrad1 et dgrad p> ma faute4 ,il n'y a pas de remords intellectuel1 et ceci e/ bi5 considr]4 ,on p\rrait dire1 je le sais1 qu'il y a une espce de remords intellectuel ou quelque *ose qui y ressemble4 ,qu& n\s d\tons d'une *ose trs vid5te aux yeux du bon s5s1 p> exemple qu& n\s d\tons que n\s vivions ou que n\s p5sions1 n\s n\s repro*ons trs s5siblem5t quelque *ose4 ,n\s n\s repro*ons de n\s faire viol5ce1 de fauss] en n\s les ressorts naturels de notre ent5dem5t ou de dem&] ses ressorts un ef=t qui dpasse les =ces que la nature leur a assignes4--,ceci e/ trs vrai4 ,mais rem>quez deux *oses4 ,la premire que le remords intellectuel e/ d'un c>actre si diffr5t du remords moral qu'on ne peut gure que p> un abus de mot lui donn] le mme nom4 ,le remords intellectuel ne t\rm5te pas et n'humilie pas2 il tr\ble4 ,qu& n\s d\tons ou essayons de d\t] des *oses qui sont d'vid5ce intellectuelle1 n\s ne n\s s5tons pas torturs et honteux2 n\s n\s s5tons g>s4 ,n\s n\s s5tons en bateau sans g\v]nail ou en ballon sans s\pape4 ,plutt1 n\s n\s s5tons aux appro*es d'une espce de suicide4 ,n\s n\s disons3 ,c'e/ mon intellig5ce elle-mme que je me drobe et que je dis adieu2 si je d\te de ceci1 je ne puis plus faire aucun usage de mon ent5dem5t2 je ne puis1 dcidm5t1 d\t] de ceci encore sans un suicide intellectuel4 ,voil le c>actre du remords intellectuel4 ,il e/ une cra9te beauc\p plus qu'un remords2 il e/ un tr\ble1 un effroi et une p\vante4 ,et la seconde *ose rem>qu] e/ celle-ci3 c'e/ que le remords intellectuel torture aussi quelquefois et humilie1 il faut le reconnatre2 mais qu& il n\s inquite sur la passion qui n\s anime ni] quelque vid5ce1 ou sur les consqu5ces que cette ngation peut avoir4 ,n\s n\s repro*ons de d\t] de telle vrit qu& n\s n\s disons que c'e/ peut-tre p> orgueil1 ou p> vanit et dsir de brill]1 ou p> gt du sophisme1 c'e/--dire de la my/ification1 c'e/--dire du m5songe1 que n\s en d\tons2--et n\s n\s le repro*ons encore qu& n\s n\s disons que la vrit dont n\s d\tons e/ peut-tre pr(ondm5t utile l'humanit et que1 ri5 qu' en d\t] p]sonnellem5t et intrieurem5t1 n\s comm5ons faire du mal et n\s n\s a*em9ons en faire4 ,mais qui ne voit que dans ces deux cas le remords intellectuel n'e/ pas autre *ose qu'un remords moral2 que le remords que n\s pr\vons e/ un remords moral se rapportant des oprations intellectuelles1 mais en tant qu'elles ont des rapports avec la moralit1 en d'autres t]mes un remords moral pur et simple8 ,donc le remords intellectuel ne torture pas et n'humilie pas2 et qu& il semble qu'il torture et qu'il humilie1 c'e/ qu'il n'e/ pas le remords intellectuel1 mais le remords moral2 ou1 ce qui revi5t au mme1 le remords intellectuel n'e/ remords que dans la mesure o il se complique de remords moral4 ,donc il n'y a qu'une *ose qui n\s fasse s\ffrir3 c'e/ la rvolte contre une voix intime qui n\s dit3 tu dois1 tu es oblig2 il n'y a qu'une vrit dont la ngation n\s fasse s\ffrir et n\s dgrade nos propres yeux1 c'e/ la vrit morale4 ,n'e/-ce pas un signe8 ,et n'e/-il pas trs rationnel de conclure de l que la vrit1 t\t au mo9s la vrit ess5tielle1 que l'vid5ce1 t\t au mo9s l'vid5ce ess5tielle et peut-tre fondatrice ou au mo9s vrificatrice et ju/ificatrice de t\tes les autres1 e/ l'vid5ce morale8 ,acceptons cela4 ,la morale1 le fait moral1 e/ ce qui n'a pas beso9 d'tre pr\v1 ce qui se ti5t deb\t en soi et p> soi1 ce qui e/ irrductible autre *ose1 ce qui e/ indp5dant et insubordonn2 c'e/ l'axiome huma94 ,si l'on a err jusqu' ce j\r1 c'e/ qu'on a v\lu pr\v] l'axiome et ratta*] quelque *ose ce quoi1 plutt1 t\t se ratta*e1 et subordonn] ceci ou cela1 ce quoi plutt1 t\t se subordonne4 99 99 99 99 99 ,ma9t5ant1 ce fait moral1 il faut1 non le pr\v]1 c]tes1 non l'expliqu] mme1 proprem5t p>l]1 mais l'analys]4 ,le fait moral se prs5te a9si4 ,quelque *ose1 en n\s1 n\s dit3 tu dois agir et tu dois agir bi52 il y a des *oses qu'il faut faire et il y en a qu'il ne faut pas faire2 il y a des *oses telles que1 si tu les fais1 tu s5s que tu es digne de toi1 con=me toi2 il y a des *oses telles que1 si tu les fais1 il vaudrait mieux1 et tu le s5s1 que tu ne fusses pas n ou que tu fusses mort avant de les faire4 --,mais ces *oses que je dois faire1 les puis-je faire2 et ces *oses que je ne dois po9t faire1 puis-je ne les faire po9t8 --,oui1 sans aucun d\te2 tu es libre absolum5t4 ,tu n'es pas limit dans ta volont2 tu es limit dans l'ex]cice de ta volont et tu ne peux pas faire ce dont tes =ces physiques sont incapables et ce que les circon/ances t'emp*5t d'accomplir2 mais tu es libre de pr5dre ta dcision et d'all] dans l'excution jusque-l o une =ce plus puissante que ta =ce t'arrte4 ,jean ,valjean n'e/ pas libre d'all] jusqu'au tribunal o il veut se dnonc]1 s'il ne tr\ve pas de moy5s de transport2 mais il e/ libre absolum5t de pr5dre la rsolution d'y all] et de p\ss] l'excution de ce desse9 aussi lo9 que les possibilits matrielles le p]mettront4 --,e/-il si c]ta9 que je sois libre8 --,non seulem5t ce n'e/ pas d\teux2 mais tu n'en d\tes pas2 tu n'en d\tes aucun mom5t de ta vie2 c'e/ en te croyant libre et p>ce que tu te crois libre que tu fais t\t ce que tu fais2 et aurais-tu des remords si tu ne croyais que tu z t libre de ne pas commettre la mauvaise action que tu z commise8 ,et ne s5s-tu pas que1 qu& tu essayes de d\t] que tu es libre1 tu commets dj une mauvaise action1 en ce s5s que tu *]*es une excuse aux mauvaises actions que tu p\rras commettre8 ,ne le s5s-tu pas8 ,la ngation du libre arbitre a son remords qu'elle porte avec elle1 preuve qu'elle e/ dj en soi un acte mauvais4 ,a9si p>le la consci5ce1 comme on dit et comme on dit trs bi52 c> ce que n\s v5ons de faire p>l] n'e/ pas autre *ose que le savoir in/9ctif que l'homme a de lui-mme4 ,et elle p>le a9si imprativem5t4 ,ent5dez p> ce mot qu'elle ne subordonne ri5 et qu'elle ne conditionne pas son comm&em5t4 ,elle ne dit pas3 agissez bi5 si v\s v\lez le bonheur2 elle ne dit pas3 agissez bi5 si v\s v\lez tre en paix avec v\s-mme2 elle ne dit pas3 agissez bi5 si v\s v\lez obir votre nature1 laquelle e/ organise p\r le bi5 et se contr>ie elle-mme1 se blesse elle-mme qu& elle agit mal4 ,non1 elle ne donne pas de comm&em5ts ayant ce c>actre4 ,de tels comm&em5ts sont1 si l'on veut1 des comm&em5ts1 sont1 si l'on veut1 des impratifs1 mais ce sont des impratifs t\j\rs hypo?tiques2 ils se subordonn5t t\j\rs une condition3 si v\s v\lez telle *ose1 agissez bi54 ,le comm&em5t de la consci5ce e/ impratif comme l'ordre d'un tyran4 ,il e/ p>ce qu'il e/4 ,il e/ despotique4 ,jamais le v]s fameux n'a t plus applicable3 ,sic volo1 sic jubeo1 sit pro ratione voluntas4 ,et cela e/ littralem5t exact2 c> ici c'e/ bi5 la volont contraignante qui se met la place de la raison qui dlibre4 ,et qu'on ne s'tonne po9t1 qu'on n'admire po9t qu'il puisse y avoir quelque *ose en n\s qui ne ressortisse pas la raison1 qui ne rsulte po9t de motifs pess1 comp>s1 discuts p> l'ent5dem5t4 ,il ne s'agit pas de s'tonn]2 il s'agit de con/at]4 ,e/-il vrai1 e/-ce un fait que la consci5ce comm&e a9si8 ,e/-il vrai1 e/-ce un fait qu'en mme temps qu'elle n\s comm&e elle n\s int]dit de discut]8 ,e/-il vrai1 e/-ce un fait qu'elle n\s dit1 trs durem5t3 ,si tu discutes1 tu es dj c\pable8 ,la loi-devoir enlve notre apprciation1 met n]giquem5t en dehors de notre apprciation1 de notre dlibration1 de notre exam51 un c]ta9 nombre de *oses1 et ces *oses1 ce sont nos actes4 ,elle n\s p]met de p5s] comme n\s v\drons1 de croire comme n\s v\drons1 d'imag9] comme n\s v\drons4 ,dans ces cas-l n\s n'ent5dons pas sa voix2 qu& il s'agit d'agir1 sa voix s'lve t\t c\p1 s\da91 avec une autorit s\v]a9e4 ,n'e/-ce pas significatif8 ,ne devons-n\s pas reconnatre qu'il y a en n\s quelque *ose qui e/ diffr5t de t\t le re/e1 qui n\s impose un respect pr(ond1 quoi n\s ne p\vons pas dsobir sans n\s s5tir dsorganiss et qui comm&e sans admettre qu'on discute et sans donn] de raisons de son ordre1 ce qui s]ait se discut] soi-mme8 ,l'indiscussion absolue c'e/ le c>actre ess5tiel et sub/antiel de la loi morale4 ,l'tre moral e/ celui qui l'on dit3 ,p\rquoi fais-tu cela8 et qui rpond3 ,je n'en sais ri54 ,je ne puis pas faire autrem5t2 quelqu'un me comm&e4 ,s'il e/ en dehors de cette =mule1 d'une faon ou d'une autre1 il n'e/ pas moral1 il n'e/ pas v]tueux4 --,cep5dant1 s'il fait le bi5 dans l'espoir de rcomp5ses1 non pas t]re/res 7c> dans ce cas il s]ait simplem5t un homme adroit71 mais dans l'espoir de rcomp5ses d'outre-tombe1 n'e/-il plus moral8 --,c]ta9em5t il ne l'e/ plus4 ,je crois1 moi ,kant1 aux rcomp5ses et aux *tim5ts d'outre-tombe1 p>ce que je crois au mrite et au dmrite1 un ordre univ]sel qui veut que ju/ice1 en df9itive1 soit faite2 mais je dis que si l'homme a fait le bi5 en seule vue de la rcomp5se1 il n'e/ pas moral le mo9s du monde4 ,il n'e/ qu'un homme qui fait un m>*1 et un bon m>*4 ,il n'y a aucune moralit dans cet acte-l4 --,donc l'espoir en ,dieu e/ immoral6 --,l'espoir en ,dieu n'e/ pas immoral2 mais la p>faite conviction que ,dieu n\s rcomp5s]a exactem5t selon nos mrites e/ immorale4 ,faire le bi5 p\r tre pay p> ,dieu1 prt] ,dieu p\r qu'il n\s r5de1 e/ un acte usuraire p>faitem5t trang] et mme contraire t\te moralit4 ,il faut faire le bi5 p\r lui-mme2 et puis1 il n'e/ pas int]dit d'espr] que quelqu'un exi/e qui n\s en ti5dra compte4 ,le mlange mme de ces deux s5tim5ts n'e/ pas d'une moralit pure1 p>ce qu'on ne voit pas clair dans ce mlange et que l'on n'e/ pas sr que t\s les deux s5tim5ts soi5t rels2 et p>ce qu'il e/ possible que l'un des deux soit rel et l'autre seulem5t une illusion que n\s n\s faisons et que n\s c>essons p\r n\s rassur]4 ,il y a quatre degrs3 #a le m>*3 je fais le bi5 p>ce que je sais que ,dieu me le r5dra au c5tuple2 ceci e/ du paganisme le plus grossi]3 c'e/ un acte purem5t immoral2--#b le mlange de m>* et de consci5ce3 je fais le bi5 p\r obir quelque *ose en moi qui me dit de le faire1 et aussi p\r mrit]2 ceci e/ un acte relativem5t e/imable1 la condition qu'il soit bi5 c]ta9 que ces deux tats d'me exi/5t concurremm5t2 et cela n'e/ jamais c]ta92--#c l'obissance la consci5ce1 avec1 mais d'autres mom5ts et non pas qu& on fait l'acte1 un espoir1 peu sr du re/e1 que l'on p\rra tre rcomp5s2 ceci e/ d'une trs haute moralit2--#d l'obissance la consci5ce et la p>faite conviction que l'on ne s]a jamais rcomp5s3 ceci e/ l'acte moral absolu4 --,donc l'a?e qui e/ v]tueux e/ l'tre le plus moral qui puisse tre4 --,s'il exi/e1 c]ta9em5t4 ,obir la consci5ce p> pur et simple respect de la consci5ce1 c'e/ l'acte moral pur4 ,mais1--autre po9t de vue de la "q--sans aucune esprance de rcomp5se1 faire le bi5 p>ce qu'on pr\ve de la satisfaction le faire et p> consqu5t p\r se procur] ce plaisir ne s]a sans d\te pas un acte moral1 puisque l'acte moral consi/e faire le bi5 uniquem5t p> obissance la loi et sans mlange aucun d'intrt p]sonnel8 ,j'ai du plaisir faire le bi52 cela m'inquite#b4 ,le plaisir que j'ai faire le bi5 m'te t\t mrite1 videmm5t1 et1 de plus1 va jusqu' t] t\t c>actre moral mon acte1 si bon qu'il soit1 selon la faon commune de p>l]4 ,l'homme qui e/ *>itable avec dlices n'a pas plus de moralit dans cet acte que le g\rm& qui sav\re un mets favori8 #b ,rsum d'une pigramme de ,s*ill] que je donne plus lo94 --,c]ta9em5t1 rpondra ,kant4 ,l'acte moral qui n'e/ pas compltem5t ds9tress n'e/ pas moral2 on peut mme dire que l'acte moral qui n'e/ pas accompli avec une c]ta9e rpugnance1 avec une c]ta9e victoire sur soi-mme1 n'e/ pas moral4 ,il faut savoir1 il e/ vrai1 que l'homme qui pr\ve du plaisir faire du bi51 n'a pas t\j\rs eu du plaisir en faire1 qu'il a d1 p\r pr5dre cette habitude et p\r gt] ce plaisir1 qui e/ artificiel et acquis1 triomph] trs s\v5t1 trs longtemps1 de lui-mme2 que p> consqu5t si son action de ma9t5ant n'e/ pas morale1 il e/ moral1 lui1 pr(ondm5t2 et mme que si son action de ma9t5ant n'e/ pas morale en soi1 elle l'e/ p> t\s ses antcd5ts1 t\tes ses orig9es et1 p\r a9si p>l]1 t\tes ses rac9es2 et voil p\rquoi v\s p\vez vnr] sans scrupule l'homme de bi5 qui fait le bi5 p> plaisir2 mais encore1 mais enf91 il e/ trs vrai que l'acte bon accompli p> gt du bi5 n'e/ pas moral4 ,l'homme de bi5 travaille1 sans le savoir1 s'enlev] le mrite4 ,il s'enlve le mrite mesure qu'il fait du devoir une habitude et une habitude agrable4 ,ses premi]s actes bons sont moraux1 tant des victoires et a*etes *rem5t2 les suivants sont mo9s moraux1 comportant mo9s d'ef=ts2 et qu& ils sont dev5us une habitude et une s\rce de j\issances1 ils ne sont plus moraux du t\t4 ,heureux1 du re/e1 et vnrable1 p\r la raison que n\s avons dite1 l'homme qui n'a plus aucune difficult1 ni aucun mrite faire le bi54 ,la f9 de la v]tu1 mais aussi son comble e/ d'tre dev5ue une manie4 --,soit2 mais insi/ons encore4 ,un homme n'espre de rcomp5ses p\r ses v]tus1 ni ici-bas ni ailleurs2 d'autre "p1 il n'pr\ve po9t de plaisir faire le bi5 et il ne le fait qu'avec un ef=t d\l\reux4 ,et il le fait cep5dant4 ,voil le pur homme de bi51 selon v\s4 ,je n'en suis pas sr2 c>1 s'il e/ trs vrai qu'il ne fait le bi5 que p> devoir1 il pr\ve1 t\t le monde le sait1 un trs gr& plaisir dans le devoir accompli et1 mme en l'accomplissant1 dans la lutte qu'il s\ti5t contre lui-mme4 ,donc ici-mme1 il y a int]v5tion du plaisir et p> consqu5t de mobile intress4 ,en considrant le plaisir du devoir accompli n\s dirons que l'acte v]tueux t\*e sa rcomp5se ds qu'il e/ fait2 que1 p> consqu5t1 seul le premi] acte bon a t fait p> devoir2 mais le second dj a pu tre fait p\r gt] ce plaisir que l'accomplissem5t du premi] avait rvl4 ,et en considrant le plaisir de la lutte contre soi-mme n\s dirons que le premi] acte bon a t intress lui-mme1 puisqu'on tr\vait du plaisir le faire ds le premi] mom5t o l'on comm5ait l'accomplir4 ,o e/ donc1 en d]nire analyse1 l'acte moral pur8--,je reconnais1 rpondra ,kant1 que depuis le comm5cem5t du monde il n'y a pas eu1 peut-tre1 un seul acte de v]tu pure1 un seul acte absolum5t ds9tress4 ,mais que faisons-n\s ici8 ,n\s dcrassons l'acte moral1 successivem5t1 de t\tes les scories dont il peut tre envelopp1 n\s le dmlons de sa gangue p\r montr] en quoi il consi/e1 p\r montr] ce qu'il e/ en soi4 ,dans la pratique1 quelque relativem5t pur qu'il soit1 il s]a t\j\rs ml4 ,mais on saura s'il l'e/ plus ou mo9s1 on saura quel degr il l'e/2 on saura s'il e/ si ml qu'en vrit il n'exi/e plus1 ou s'il e/ si lgrem5t adultr qu'il e/ assez prs d'tre pur4 ,p\r savoir t\t cela1 il fallait d'abord savoir ce qu'il e/ en soi4 ,et n\s voyons bi5 ma9t5ant ce qu'il e/ en soi4 ,il e/ une bataille2 il e/ une lutte que l'homme s\ti5t p\r *app] la nature4 ,la v]tu n'e/ pas l'closion de la nature2 elle e/ une conqute sur la nature#c4 ,c'e/ en quoi les /oci5s se sont tromps4 ,l'homme ne vit ni en con=mit avec la nature1 ni en con=mit avec sa nature qu& il e/ v]tueux4 ,il vit en rvolte contre la nature1 qu'il n'e/ pas beso9 de dmontr] une fois de plus qui e/ immorale2 et il vit en rvolte contre sa nature qui lui p]suad]ait1 s'il l'c\tait1 de vivre d'une faon naturelle1 et c'e/--dire g/e4 ,la morale e/ contre nature1 il faut le dire sans hsit]4 #c ,&r ,cresson3 la ,morale de ,kant4 videmm5t il faut bi5 que la morale soit elle-mme dans la nature huma9e p\r que n\s la tr\vions en n\s2 videmm5t2 mais la morale e/ un lm5t de notre tre qui contr>ie ce que n\s avons de commun avec la nature des autres tres crs2 c'e/ une =ce1 en n\s-mmes1 de rvolte contre n\s-mmes2 c'e/ quelque *ose en n\s qui n\s invite et n\s oblige n\s va9cre et n\s dpass]4 ,qu& ,nietzs*e1 plus t>d1 donn]a sa fameuse df9ition de l'homme3 l'homme e/ un tre qui e/ n p\r se surmont]1 il donn]a1 lui si contempteur de ,kant1 une =mule ess5tiellem5t kanti5ne4 ,la morale apporte1 reconnaissons-le vaillamm5t1 la gu]re et non la paix dans l'tre huma94 ,sans elle il s]ait en paix2 sans elle il ne se livr]ait pas de combats2 sans elle il ne t5drait pas violemm5t sa volont v]s des f9s presque inaccessibles ou vritablem5t inaccessibles4 ,la morale e/ en vrit une trangre en n\s4 ,c'e/ bi5 p\r cela que ni elle n'emprunte la voix de la raison p\r n\s p>l]1 mais n\s p>le avec la si5ne2 ni1 qu& elle e/ pure1 elle ne dem&e aucun sec\rs la s5sibilit et ne veut d'elle ni comme introductrice ni comme compagne4 ,v\s voyez3 elle e/ trangre t\t notre tre2 elle e/ trangre1 en notre tre1 t\t ce qui n'e/ pas elle4 ,qui donc es-tu1 p\rrions-n\s lui dire1 toi qui n'es ni la raison qui me p]suade patiemm5t1 ni la s5sibilit qui me p\sse et qui m'entrane2 ni l'habitude qui m'en*ane peu peu et m'ass]vit l5tem5t2 ni l'imitation qui m'engage pr5dre p\r modles les tres qui m'ent\r5t2 mais1 solitaire et ddaigneuse de t\t ce qui habite en moi1 une visiteuse qui int]vi5t p\r me donn] un ordre svre1 sans explication et qui doit tre sans rplique2 et qui r5tre dans le sil5ce et dans l'ombre en me laissant d'elle une sorte de t]reur my/rieuse et comme une ncessit inexplicable de lui obir8 ,elle rpondrait3 ,il e/ vrai1 je suis l'trangre2 je suis trangre au monde enti]2 je n'app>ais et ne me manife/e qu'en toi1 et encore en toi je suis trangre t\t ce dont tu z connaissance et consci5ce2 et je te tr\ble et je t'effraie et je te torture2 mais tu s5s bi5 et tu s5tiras t\j\rs que tu z beso9 de ce tr\ble1 de cet effroi et de ce t\rm5t2 que tu z beso9 de moi2 que sans moi tu te mpris]ais pr(ondm5t2 que sans moi aussi tu prirais1 toi et ta race1 toi et ton espce4 ,tu es un tre p>ticuli]4 ,quelqu'un t'a cr tel que tu ne puisses vivre sans te combattre et sans te va9cre1 et il m'a inv5te p\r te donn] matire te combattre et te va9cre et p\r qu' te combattre et te va9cre tu vcusses4 ,or c'e/ toi-mme qui m'z cre du beso9 mme que tu avais de moi1 de sorte que l'trangre et la visiteuse e/ cep5dant ce qu'il y a de plus intime et de plus pr(ond en toi et a jailli1 une fois p\r l't]nit1 de la sub/ance mme de ton tre4 ,mais si l'on con/ate cette ant9omie1 salutaire du re/e1 peut-tre ncessaire du re/e1 entre la morale et t\tes nos autres facults1 peut-on l'expliqu] un peu1 s\ponn] un peu p\rquoi elle e/8 ,il n'e/ pas impossible4 ,cette ant9omie de la morale et de nos autres facults1 c'e/ une =me1 c'e/ une face de l'ant9omie de la de/9e de l'homme comme faisant p>tie d'une espce4 ,individuellem5t l'homme ne se s5t oblig ri52 individuellem5t l'homme n'a pas de devoirs2 individuellem5t l'homme n'a pas de consci5ce4 ,supposez1 ce qui1 du re/e1 e/ presque impossible1 l'homme isol1 sans patrie1 sans cit1 sans famille4 ,quel devoir voyez-v\s qu'il ait8 ,absolum5t aucun4 ,ceux qui ont p>l des devoirs env]s soi-mme n'ont pu en p>l] que p>ce qu'ils considrai5t l'homme en socit1 et qu' cause de cela ils lui voyai5t des devoirs env]s soi-mme consi/ant se cons]v] et se dvelopp] p\r le s]vice de la socit1 et qui p> consqu5t n'tai5t1 en vrit1 que des devoirs env]s la socit elle-mme4 ,mais supprimez cette considration de la socit1 il re/e que l'homme n'a aucun devoir env]s lui-mme et p> consqu5t n'a aucun devoir4 ,direz-v\s3 ,si bi54 ,il a le devoir de ne pas se dtruire et de se cons]v] sa9 et =t4 ,v\s v\lez dire qu'il e/ de son intrt de ne se po9t dtruire et de se cons]v] sa9 et =t1 et que s'il ne pr5d pas ces so9s1 il e/ un imbcile4 ,mais ceci n'e/ pas un devoir1 n'a aucunem5t le c>actre de devoir4 ,l'homme individuellem5t n'e/ nullem5t oblig d'tre heureux4 ,l'homme1 individuellem5t1 *]*e naturellem5t le bonheur2 il le *]*e plus ou mo9s intelligemm5t2 mais il n'e/ nullem5t oblig1 il ne se s5tira jamais oblig d'tre heureux4 ,l'homme individuellem5t e/ donc un tre qui simplem5t *]*e le bonheur1 son bonheur4 ,c'e/ t\te sa loi4 ,ce s]ait un pur non-s5s que de lui en *]*] un autre4 ,mais ds que l'homme e/ en socit1 immdiatem5t il a des devoirs et il a une consci5ce qui les lui impose4 ,il ne peut plus et il sait qu'il ne doit plus *]*] le bonheur1 mais autre *ose4 ,l'impratif catgorique s'impose4 ,il n'e/ plus libre1 il ne se s5t plus libre d'agir son gr4 ,le fais ce que veux disp>at4 ,il se s5t des obligations env]s les autres2 il se s5t des obligations env]s soi-mme1 cause des autres2 il se s5t mme des obligations env]s ,dieu1 si1 ramassant1 en quelque sorte1 l'humanit t\t entire1 laquelle l'oblige1 et l'objectivant en un tre suprieur qui l'a cre1 qui l'aime et qui veut qu'on l'aime1 il se s5t oblig aussi env]s cet tre qui a comme en ses ma9s les intrts de l'humanit4 ,donc l'homme considr individuellem5t po9t de devoirs2 l'homme considr comme membre d'une espce des devoirs multiples4 ,et voil p\rquoi l'individualisme e/ base d'immoralit1 comme le bon s5s le dit t\t de suite2 mais si le bon s5s le press5t1 l'analyse le pr\ve4 ,voil p\rquoi t\s les individuali/es sont immorali/es ou sur la p5te de le dev5ir4 ,l'individualisme n'e/ que la rvolte plus ou mo9s fran*e de l'homme fatigu de morale et des obligations que la morale impose4 ,l'individualisme e/ la doctr9e plus ou mo9s prcise de l'homme qui e/ las de sacrifi] t]nellem5t son moi1 son droit au bonheur1 ou son droit la re*]*e libre du bonheur1 de sacrifi] t\t cela soit aux autres1 soit un ,dieu lo9ta9 qui a des comm&em5ts trs rudes1 soit un ,dieu intrieur dont on tr\ve rudes les exig5ces4 ,l'individualisme e/ immoral p> cette raison bi5 simple que la moralit e/ prcism5t l'homme ne se considrant pas comme individu4 ,or1 comme l'homme e/ la fois un individu et un membre d'une espce1 et comme il a t\j\rs t cela et ne peut pas tre autre *ose1 il y a t\j\rs une ant9omie et p> suite une lutte entre ce qu'il e/ comme individu et ce qu'il e/ comme membre d'une espce4 ,comme individu1 sa loi e/ la re*]*e du bonheur2 comme membre d'une espce1 sa loi e/ le r5oncem5t au bonheur4 ,comme individu sa loi e/ la p]svrance dans l'tre2 comme membre d'une espce1 sa loi e/ le sacrifice1 p>tiel cont9uellem5t1 total p>fois1 en c]ta9es occasions1 de son tre4 ,cette ant9omie dure t\j\rs4 ,il s'ensuit que la morale e/ bi5 cette ennemie t]nelle que n\s voyions que l'homme porte en lui2 ennemie salutaire1 ennemie ncessaire1 puisque l'homme1 et il le s5t1 ne peut vivre que comme membre d'une espce2 mais ennemie cep5dant1 puisque encore il re/e un individu et ne peut pas cess] de l'tre et de se s5tir tel4 ,ceux qui viv5t en absolue moralit et qui ne s5t5t plus cette ant9omie et cette lutte dont n\s p>lons1 ceux-l1 s'ils exi/5t1 sont des tres qui ne sont plus des individus2 ils sont l'espce mme en un homme2 ils sont1 dirait un ,ari/ophane1 des /atues vivantes de l'humanit4 ,rem>quez que l'on n'en arrive pas l1 p]sonne2 mais qu'on en appro*e4 ,t\tes les associations o l'homme ne respire que p\r l'association et en quelque sorte que p> l'association1 sont des essais1 s\v5t trs beaux1 d'abdication de l'individualit et p> consqu5t de moralit pure4 ,encore e/-il que cette association que n\s envisageons en ce mom5t1 se sp>e elle-mme et se di/+ue de l'humanit1 qu'elle in/itue des devoirs qui1 p\r tre des devoirs env]s l'humanit1 sont surt\t1 t\t compte fait1 des devoirs env]s elle1 et que p> consqu5t elle remplace l'individualisme p]sonnel p> une sorte d'individualisme collectif1 que p> consqu5t elle ne con/itue pas moralit pure4 ,mais elle en donne trs bi5 l'image4 ,l'homme absolum5t moral1 le sa9t1 le ,dieu-homme 7puisqu'il s]ait la consci5ce faite homme7 s]ait celui qui ne f]ait absolum5t ri5 que p> obissance sa consci5ce1 c'e/--dire qu'en considration de l'humanit1 qui aurait absolum5t aboli en lui t\t individualisme1 soit p]sonnel1 soit mme collectif1 et en qui1 p\r a9si p>l]1 l'espce mme vivrait4 ,mais1 ceci tant l'idal1 *ez t\s les hommes il y a cette ant9omie et cette lutte dont n\s p>lons1 et c'e/ ce qui explique l'ant9omie de la morale elle-mme avec t\t le re/e de notre tre4 ,la morale e/ en opposition et en lutte contre t\t le re/e de notre tre1 jusqu' ce qu'elle l'ait tellem5t va9cu qu'elle l'ait absorb ou1 p\r mieux dire1 qu'elle se soit sub/itue lui1 ce qui1 du re/e1 n'arrive jamais4 ,donc lutt] contre soi p\r obir la morale1 c'e/ la moralit4 ,n'avoir plus beso9 de lutt] contre soi1 tant on se s]ait va9cu1 c'e/ o l'on arriv]ait si l'on tait p>v5u la moralit absolue1 et alors1 =ce d'avoir t moral1 on ne le s]ait plus du t\t1 puisqu'il n'y aurait plus lutte2 mais n\s n'avons aucune cra9te concevoir sur cette ext9ction de la moralit dans son triomphe2 dans l'tat normal et ncessaire de l'humanit1 la moralit1 t\j\rs relative1 c'e/ la lutte de n\s-mmes contre n\s-mmes p\r la morale1 ou en d'autres t]mes1 la lutte de n\s-mmes1 espce1 contre n\s-mmes1 individus4 ,la morale a9si conue e/ imprative et non p]suasive2 normative et non conseillre1 sci5ce1 du re/e1 avant d'tre un art4 ,sci5ce de quoi8 sci5ce d'elle-mme2 analyse de ce qu'elle e/1 de la faon dont elle se rvle n\s et de la faon dont elle s'impose n\s et n\s comm&e2 et enf9 elle ne s'appuie sur ri51 ne se subordonne ri5 et ne se ratta*e ri52 elle n'e/ fonde ni sur une autre sci5ce1 ni sur l'ensemble des sci5ces1 ni sur une religion2 elle n'e/ fonde que sur elle-mme4 ,platon1 ou1 si l'on veut1 ,socrate ratta*ait1 p> des fils tnus et subtils1 exactem5t t\tes *oses la morale comme leur d]nire f92 n\s1 n\s ratta*ons exactem5t t\tes *oses la morale comme leur base et aussi comme leur d]nire f94 ,c'e/ p>ce que la morale exi/e qu'il faut bi5 que le libre arbitre exi/e2 qu'il faut bi5 que l'me soit immortelle2 qu'il faut bi5 que ,dieu exi/e2 et aussi c'e/ p\r que la morale soit que ,dieu a cr l'homme2 c> en ,dieu1 la moralit tant absolue1 la morale n'e/ pas1 puisque l'acte moral e/ une lutte et que ,dieu n'a pas lutt]2 c'e/ p\r que la morale soit que l'homme e/ d\ du libre arbitre2 c'e/ p\r que la morale soit que le monde exi/e comme preuve de l'homme1 comme t5tation de l'homme et comme *ose que l'homme doit compr5dre qu'il ne doit pas imit] et comme *ose dont l'homme doit compr5dre qu'il doit se di/+u]4 ,base de t\t et f9 de t\t1 la morale enveloppe le monde comme d'un c]cle et t\t en "p comme t\t y ab\tit4 ,*]*ez-v\s la c]titude et ce qui ne se pr\ve pas et ce qui n'a pas beso9 d'tre pr\v et ce qui pr\ve t\t2 v\s ne tr\vez cela que dans la loi morale2 *]*ez-v\s quoi t\t va et p\r quoi et p\r la ralisation de quoi il semble bi5 que t\t exi/e2 v\s ne tr\vez cela que dans la loi morale2 et si elle e/ si imprieuse1 c'e/ qu'elle e/1 quoique si p>ticulire et isole en app>5ce1 la voix du monde p>lant l'homme1 la lumire du monde entrant en lui1 la loi du monde l'obligeant4 99 99 99 99 99 ,et ma9t5ant cette loi morale1 qu'e/-ce qu'elle n\s comm&e8 ,n\s n\s s5tons obligs2 mais quoi n\s s5tons-n\s obligs8 ,n\s n\s s5tons obligs1 c'e/ le fait moral en soi1 trs lum9eux1 trs s5sible1 absolum5t inconte/able2 mais quoi n\s s5tons-n\s obligs8 ,ne rpondez pas sommairem5t3 faire le bi54 ,c'e/ rpondre la "q p> la "q4 ,faire le bi51 cela veut dire faire ce quoi l'on se s5t oblig2 mais encore quoi prcism5t n\s oblige la loi morale8 ,il y en a qui dis5t que la loi morale r5f]me en soi une matire qu'elle n\s prs5te et que n\s saisissons p> intuition1 directem5t et immdiatem5t4 ,elle n\s dit3 ,il ne faut pas tu]1 vol]1 tre intemprant1 tre g/e1 etc444 ,la loi morale1 p\r ceux-ci1 e/ une table de la loi o sont inscrits un c]ta9 nombre et un gr& nombre de comm&em5ts di/9cts1 t\s trs directem5t accessibles1 t\s prs5ts1 en quelque sorte1 en notre me4 ,il e/ bi5 vrai que c'e/ a9si que sont les *oses1 ou p>aiss5t tre1 p\r t\s tant que n\s sommes1 dans la vie ord9aire4 ,n\s n\s sommes fait ou on n\s fait un cadre moral1 une li/e des *oses faire et des *oses ne faire po9t1 et c'e/ cette li/e1 en vrit1 que n\s obissons4 ,il e/ trs vrai2 mais pr5ez g>de4 ,si v\s pr5ez les *oses a9si2 si v\s considrez la loi morale comme ayant un cont5u matriel et comme con/itue p> ce cont5u matriel lui-mme1 v\s risquez de ru9]1 ou d'expos] tre ru9e1 la morale elle-mme4 ,c> on v\s rpondra que cette li/e dont n\s p>lions t\t l'heure e/ extrmem5t v>iable1 que la v>iabilit des devoirs e/ la *ose du monde dont on e/ hi/oriquem5t le plus sr1 que telle *ose1 devoir p\r un peuple1 n'e/ pas devoir p\r un autre1 que telle *ose1 devoir p\r un temps1 n'e/ pas devoir p\r tel autre temps1 que1 mme1 telle *ose1 crime p\r un peuple1 e/ devoir p\r un autre1 et que1 p> consqu5t1 si la matire de la morale e/ la morale mme1 la matire de la morale se contr$isant1 la morale se contr$it et donc n'e/ pas une loi et donc n'exi/e pas4 ,exemple trs net1 cit p> ,guyau1 d'un devoir qui e/ un crime4 ,les naturels au/rali5s1 considrant que la mort de leurs p>5ts e/ le rsultat de malfices jets sur eux p> quelque homme ou femme d'une tribu ho/ile1 jug5t que c'e/ un devoir env]s leurs morts de tu] quelqu'un de la tribu ho/ile4 ,un ,au/rali5 ayant p]du sa femme manife/a ses int5tions au docteur ,l&or1 qui le m5aa de prison s'il donnait suite son projet4 ,l',au/rali5 se s\mit2 mais1 rong de remords1 il dprissait de j\r en j\r4 ,enf9 il disp>ut1 puis rev9t au b\t d'un an en p>faite sant1 ayant tu une femme de la tribu ennemie4 ,il avait connu le comm&em5t moral1 puis le remords1 puis la satisfaction du devoir accompli4 ,la v5detta corse e/ un impratif catgorique du mme g5re4 ,*aque peuple dresse sa li/e1 dresse sa table de la loi1 qui s'impose t\te la race comme un impratif moral2 et cet impratif n'e/ pas du t\t le mme de peuple peuple4 ,o e/ la loi morale dans t\t cela et que comm&e-t-elle univ]sellem5t8 ,ce qui e/ univ]sel c'e/ de se s5tir oblig2 mais il n'y a que cela qui le soit4 ,l',au/rali5 de t\t l'heure tait aussi oblig que je le suis2 il tait aussi oblig tu] que moi ne tu] po9t4 ,oui1 se s5tir oblig e/ univ]sel2 mais ce quoi l'on e/ oblig e/ v>iable4 ,donc si la loi morale e/ son cont5u1 elle n'e/ pas une loi2 elle e/ des c\tumes2 si la loi morale e/ son cont5u1 elle n'exi/e pas4 ,g>dez-v\s donc de dire que la loi morale doit cont5ir et conti5t sa matire4 ,si elle n'e/ pas vide1 elle n'e/ po9t4 ,d'autres prs5t5t les *oses a9si3 la loi morale ne conti5t1 proprem5t p>l]1 ri52 elle n'e/ pas une li/e2 mais elle e/ une sorte de pi]re de t\*e4 ,elle ne v\s prs5te pas un c]ta9 nombre d'actes faire et d'actes ne pas commettre2 mais propos de *aque acte dont v\s avez l'ide et que v\s tes sur le po9t d'accomplir1 elle v\s dit3 il e/ bon1 ou3 il e/ mauvais2 elle v\s dit3 tu dois1 ou3 tu ne dois pas4 ,c'e/ exactem5t1 comme on a si s\v5t dit1 un juge intrieur qui juge avant1 p\r prv5ir1 et qui1 du re/e1 juge aussi aprs4--,sans d\te2 et les *oses se prs5t5t p>faitem5t a9si dans la pratique j\rnalire2 mais les mmes objections vi5n5t contre cette ?orie et le mme dang] exi/e l'admettre1 et au fond elle e/ exactem5t la mme que la prcd5te4 ,a *aque acte commettre int]vi5t un jugem5t prmonitoire de la consci5ce2 oui1 mais *acun de ces actes e/ comme m>qu blanc ou noir d'avance p> quelque *ose qui peut n'tre pas la consci5ce1 qui peut n'tre pas la loi morale4 ,en prs5ce d'un acte1 la consci5ce dit3 fais-le1 ou ne le fais pas4 ,ce n'e/ pas dire qu'elle le juge1 que ce soit elle qui le dcrte blanc ou noir2 elle peut l'avoir reu blanc ou noir de la tradition ou de la c\tume4 ,en face de ce fait3 sa femme v5g]1 l',au/rali5 recevait de sa consci5ce un oui trs n]gique1 que sa consci5ce elle-mme avait reu de la c\tume4 ,qu'on dise que la loi morale a sa li/e d'actes p]mis et d'actes int]dits1 ou qu'on dise qu' *aque acte elle met son visa de p]mis ou d'int]dit1 on dit la mme *ose1 savoir que la loi morale a un cont5u matriel1 et comme ce cont5u e/ v>iable1 on e/ am5 reconnatre que si la loi morale a un cont5u matriel1 elle n'e/ qu'un greffi] de la c\tume4 ,donc1 p\r que la loi morale soit morale1 il faut qu'elle soit vide de matire1 qu'elle soit t\te =melle1 qu'elle ne soit qu'une ide gnrale1 applicable sans d\te une inf9it de cas pratiques2 mais seulem5t une ide gnrale4 ,or quelle ide gnrale tr\vons-n\s1 p\r a9si p>l]1 implique dans le fait moral univ]sel1 dans le je dois1 dans le je suis oblig8 ,pas d'autre au premi] reg>d que le je dois1 lui-mme1 que le je suis oblig lui-mme2 et ds que1 du je suis oblig1 je veux pass] au quoi1 il semble bi5 que c'e/ en face d'un fait que je vais me tr\v]2 or n\s avons reconnu la ncessit d'c>t] les faits de l'nonc de la loi morale p\r qu'elle ft morale et ne risqut pas d'tre le contraire4 ,cep5dant faites att5tion ceci3 du je dois lui-mme1 de l'ess5ce mme du je dois on peut tir]1 ce n\s semble1 une ide gnrale1 t\te pure1 non mle de faits1 mais qui1 peut-tre1 s]a applicable aux faits4 ,qu'e/-ce que c'e/ que le je dois8 ,c'e/ un fait de consci5ce qui se prs5te avec le c>actre d'une loi4 ,qu'e/-ce qu'une loi8 ,c'e/ une maxime univ]selle4 ,le je dois1 ds qu'il e/ reconnu comme loi1 et il se fait connatre comme tel ds qu'il exi/e ou ds qu'il p>le1 a donc un c>actre d'univ]salit1 e/ donc une maxime univ]selle4 ,eh bi51 sans all] plus lo91 voil prcism5t l'ide gnrale que n\s *]*ons4 ,la morale1 p> cela seul qu'elle e/ loi1 n\s comm&e d'agir univ]sellem5t4--,qu'e/-ce qu'agir univ]sellem5t8 ,c'e/ agir de telle faon que l'on v\drait que la maxime qui n\s fait agir ft une loi univ]selle4 ,et voil ju/em5t ce que le ,je dois n\s comm&e p> cela seul qu'il e/ une loi1 et voil ce qu'il n\s comm&e sans n\s comm&] aucun acte1 et voil cep5dant une =mule tr\ve qui peut s'appliqu] t\s les actes du monde et n\s clair] sur eux t\s4 ,la df9ition de la morale en sa puret absolue s]a donc3 agis uniquem5t d'aprs la maxime qui fait que tu peux v\loir en mme temps qu'elle soit une loi univ]selle4 ,rem>quez que cette =mule1 d'abord lim9e t\t gsme1 cela va sans dire1 et devant *aque acte faire n\s comm&]a de ne n\s trait] que comme n\s v\drions que t\s fuss5t traits1 et n\s comm&]a de trait] les autres comme n\s v\drions tre traits n\s-mmes1 et p> consqu5t enveloppe en mme temps et la *>it et la ju/ice1 et le ne fais autrui ce que tu ne v\drais pas qui te soit fait et le fais autrui ce que tu v\drais qu'on te ft1 etc42--mais rem>quez de plus que cette =mule p]met de rectifi] la c\tume1 qui t\t l'heure pesait sur la loi morale de telle sorte qu'on se dem&ait avec inquitude si elle n'tait pas la morale elle-mme4 ,la =mule kanti5ne e/ prcism5t le creuset de la c\tume et qui n'en laisse subsi/] que ce qu'elle a1 p> av5ture1 de vraim5t moral4 ,a l'homme qui aura fait de la v5geance un des articles de son cr$o moral et *ez qui1 en vrit1 la v5detta s]a une p>tie de la consci5ce et la p>tie la plus s5sible de la consci5ce1 il suffirait de dire3 ,v\driez-v\s que l'humanit t\t entire vct t]nellem5t d'aprs cette rgle8 p\r que1 non pas il ft conv]ti t\t de suite2 c> soyez sr que d'abord il rpondra3 oui62 mais p\r que la suite des rflexions et la mditation prolonge de cette seule maxime l'amne1 en un temps donn1 rpondre3 non6 ,a l'homme qui aura pris p\r rgle1 consciemm5t ou inconsciemm5t1 la re*]*e du bonheur1 la *asse au bonheur1 comme dit ,/5dhal1 ce qui1 c]tes1 e/ la c\tume la plus rp&ue dans l'humanit1 il suffira de dire3 ,v\driez-v\s que t\s les hommes sans exception s'appliquass5t uniquem5t et exclusivem5t la re*]*e du bonheur8 p\r que1 t\t au mo9s1 il hsite sur la rponse et se dem&e si la re*]*e exclusive du bonheur p]sonnel pratique p> t\s1 si intelligemm5t pratique qu'elle pt tre1 ne s]ait pas la ru9e de l'humanit4 ,a9si de suite4 ,la =mule kanti5ne rectifie la c\tume et p> consqu5t elle con/itue une morale qui semble bi51 elle1 ne ri5 recevoir de la c\tume1 ou du mo9s ne pas recevoir t\t d'elle1 puisqu'elle e/ au-dessus et puisqu'elle p]met de la corrig]4 ,rem>quez encore que la =mule kanti5ne1 non seulem5t rectifie la c\tume1 mais en quelque manire rectifie la nature1 ce qui veut dire1 comme on p5se bi51 qu'elle rectifie en n\s les s5tim5ts et t5dances que le spectacle de la nature n\s p\rrait inspir]4 ,qu& n\s tr\vons la nature immorale1 n\s p\vons n\s laiss] all] l'imit] p\r raison d'acquiescem5t l'ordre univ]sel1 ou s\s ombre d'acquiescem5t l'ordre univ]sel4 ,la =mule kanti5ne1 avec une modification qui n'e/ qu'une lgre gnralisation1 n\s arrt]a4 ,v\driez-v\s agir comme agit trop s\v5t la nature et que sa rgle1 ou une de ses rgles1 et non pas la mo9dre1 ft la rgle de l'humanit8 ,votre consci5ce dit non4 ,en disant1 non1 ce qu'elle comm&e c'e/ ceci3 agis comme si la maxime de ton action devait1 p> ta volont1 tre rige en loi univ]selle de la nature4 ,cette n\velle =mule n'e/ pas autre *ose que la premire trs peu modifie1 et mme non modifie1 mais t\rne1 p\r a9si p>l]1 du ct de la nature1 comme la premire tait t\rne du ct du g5re huma94 ,p> la =mule kanti5ne1 donc1 l'homme se donne en quelque sorte des armes contre lui-mme1 contre la c\tume huma9e en ce qu'elle a de mauvais1 et contre la nature en ce qu'elle a de non exemplaire4 ,comme cette =mule e/ l'expression d'une morale absolum5t indp5dante1 de mme aussi elle a en elle comme une v]tu d'indp5dance et elle r5d l'homme indp5dant de la nature1 indp5dant de la c\tume1 s'il se peut indp5dant de soi-mme1 p\r ne le faire dp5dre que de la morale seule4 99 99 99 99 99 ,telle e/1 en ses gr&es lignes1 la morale kanti5ne4 ,elle e/ c]ta9em5t la n\veaut la plus extraord9aire en doctr9es morales et mme en doctr9es religieuses que le monde ait connue4 ,elle dpasse la rvolution socratique elle-mme2 c> la rvolution socratique ram5ait t\t la morale1 et en lui subordonnant t\t1 et en faisant t\t ab\tir elle2 mais la rvolution kanti5ne ramne t\t la morale1 et en faisant t\t ab\tir elle1 et en faisant t\t sortir d'elle4 ,elle e/ *ez ,kant cause active et cause f9ale4 ,c'e/ elle qui cre t\te la mtaphysique2 c'e/ elle qui cre le monde4 ,c'e/ p>ce qu'il y a une morale qu'il faut qu'il y ait un libre arbitre1 et qu'il faut que l'me huma9e soit immortelle1 et qu'il faut qu'il y ait un ,dieu rmunrateur et v5geur1 et qu'il faut qu'il y ait une nature contre laquelle l'homme lutte et contre les sugge/ions de laquelle il se dresse comme tre autonome et indp5dant4 ,le monde enti]1 matriel et spirituel1 e/ cr p> la morale1 en ce s5s qu'il e/ ce qu'il e/ p>ce que la morale exi/e et qu'il n'e/ ce qu'il e/ que p>ce que la morale exi/e avec le c>actre que l'on voit qu'elle a4 ,je dis mme que c'e/ une rvolution religieuse incomp>able t\te autre1 mme au ,*ri/ianisme1 puisqu'elle fait un ,dieu qui dp5d de la morale2 qui exi/e p>ce que la morale exi/e2 qui n'exi/]ait pas1 qui n'aurait pas lieu d'exi/] si la morale n'avait pas beso9 de lui4 ,dieu1 dans ,kant1 e/ po/ul p> la morale comme le libre arbitre2 et1 p> un r5v]sem5t de m?odes trs intressant1 comme ,desc>tes pr\vait t\t p>ce que ,dieu exi/e et ne peut pas n\s tromp]1 ,kant pr\ve t\t et ,dieu lui-mme et ,dieu surt\t1 p>ce que la morale exi/e et ne peut pas n\s mettre en erreur4 ,il e/ assez clair1 p> consqu5t1 que p\r ,kant1 qu'il l'ait vu di/9ctem5t ou non1 la morale e/ une religion et le ,devoir un ,dieu4 ,le ,devoir e/ un ,dieu4 ,il en a t\s les c>actres3 il e/ infaillible1 il e/ indiscutable1 il comm&e sans avoir de raison donn] de ses comm&em5ts1 il e/ absolu--et il a t\t cr4 ,le ,devoir e/ le d]ni] des ,dieux et il n'a plus dans l',inf9i qu'un d\ble de lui-mme qui le confirme4 ,on a v\lu fond] la morale sur la religion2 on a v\lu la fond] sur une sci5ce ou sur les sci5ces2 on la fonde ma9t5ant sur elle-mme2 mais en la fondant sur elle-mme on fait de sa loi une div9it et d'elle-mme une religion4 ,inutile de dire que si elle e/ une religion1 c'e/ qu'elle e/1 telle qu'on n\s la prs5te et telle qu'on la s5t1 un re/e des religions qui ont prcd1 un rsidu ?ologique1 comme dirait ,comte4 ,la morale de ,kant e/ un ,*ri/ianisme ret\rn ou un ,*ri/ianisme rectifi1 selon la manire dont on considre le ,*ri/ianisme lui-mme4 ,si l'on considre le ,*ri/ianisme comme fond sur la religion1 a9si que n\s le faisions au comm5cem5t de cette tude1 le kantisme e/ un ,*ri/ianisme ret\rn1 faisant sortir la religion de la morale1 au lieu de faire sortir la morale de la religion4 ,si l'on considre le ,*ri/ianisme comme tant surt\t une morale1 comme tant en son fond une morale1 qui seulem5t1 s'e/ associ la religion rgnant dans le temps et dans les lieux o lui-mme e/ n1 alors le kantisme e/ un ,*ri/ianisme rectifi1 ou a v\lu tre tel1 en ce s5s que1 tant en son fond une morale1 il ne s'associe pas la religion qu'il r5contre1 mais fait sortir la religion de son propre se94 ,en df9itive il e/ un ,*ri/ianisme philosophique1 un mono?isme philosophique1 d]ni] ab\tissem5t de la ,r=me2 mais il e/ une religion trs prcism5t4 ,il a une base vritablem5t my/ique4 ,il comm&e d'obir sans dmon/ration des raisons d'obir2 il fait donc appel au seul s5tim5t my/ique de l'obissance4 ,il fait de l'obissance un dogme4 ,il dresse un ,dieu dans le cur de l'homme et il (fre t\t ce ,dieu qu'il n'ose discut] et qui s'appelle prcism5t l',indiscutable4 ,il e/ plus my/ique mme1 j'os]ai dire1 que t\t my/icisme connu2 c> il fait ador] p> simple adoration1 non pas un ,dieu concret dans une c]ta9e mesure1 non pas un ,dieu qui a une hi/oire1 qui a cr le monde1 qui a p>l aux hommes1 qui s'e/ montr eux ou quelques-uns d'entre eux2 mais un ,dieu ab/rait1 un ,dieu ca*1 un ,dieu dont on ne connat que les oracles1 comme dans l'antre de ,trophonius2 ,dieu r$\table du re/e1 qui a des ordres absolus et t]ribles et qui appr\ve et flicite2 mais aussi qui t\rm5te1 qui torture et qui ravage et qui n\s dem&e le sacrifice huma91 le sacrifice sanglant de notre propre vie4 ,le kantisme e/ la religion la plus religieuse1 la religion la plus religion qui me soit connue2 je veux dire la religion o il n'y a que l'ess5ce mme de la religion1 la religion o il n'y a que de la religion4 ,il ne p\vait natre qu'aprs un trs long /ade de religion de plus en plus conc5tre et aussi de religion de plus en plus individualise1 de religion que l'individu se fait lui-mme 7lu?ranisme7 et qui place l'individu en face de lui-mme en lui faisant rem>qu]--et qu'il en tremble6--qu'il y a en lui un ,dieu4 ,kant a fond la foi morale4 ,,*apitre ,,iii ,,le ,n,o-,,kantisme ,le kantisme1 surt\t comme religion morale1 a eu un succs m]veilleux en ,europe et p>ticulirem5t en ,france p5dant un sicle4 ,il flattait deux s5tim5ts qui ne sont contraires qu'en app>5ce3 le dsir d'une morale indp5dante des religions1 le beso9 d'une religion2 ces deux dsirs tai5t dans le kantisme1 concilis p> l'app>ition d'une morale qui tait une religion elle-mme4 ,les no-kanti/es franais1 qu'on aurait d appel] simplem5t les kanti/es1 c> ils n'ont vraim5t po9t r5\vel ,kant1 s'appliqur5t surt\t deux *oses3 #a l>gir et att5drir un peu la doctr9e kanti5ne2 #b lui donn] un c>actre plus pratique1 en lui tr\vant un crit]ium n\veau1 ou plutt en dmlant plus prcism5t et en affirmant plus n]giquem5t le crit]ium qu'elle cont5ait4 ,ils ont l>gi et att5dri un peu la doctr9e morale de ,kant4 ,celle-ci se rduisait et se re/reignait /rictem5t l'affirmation de l'obligation morale4 ,les no-kanti5s ont affirm de t\t leur cur cette obligation2 ils ont eu la foi morale et ils ont affirm le plus *audem5t du monde qu'il fallait l'avoir2 mais ils n'ont pas rep\ss les appuis et les apports que p\vai5t donn] cette foi les considrations s5tim5tales et les considrations e/htiques4 ,r5\vi] fait comme des concessions la morale s5tim5tale1 disons mieux1 il la pr5d comme une allie ou comme une s]vante prcieuse de la morale du devoir4 ,elle s]a comme ,m>! aut\r de ,jsus3 ,c'e/ un fait psy*ologique vritable que la prs5ce de la sympa?ie au nombre des lm5ts qui port5t l'homme des actes favorables au bonheur d'autrui444 ,la sympa?ie f\rnit un mobile du bi5 commun et vi5t l'appui de la loi morale1 de quelque faon qu'on la df9isse4 ,p\r ni] cela1 il faut1 ou mutil] la nature s5sible1 ou admettre que c]ta9s lm5ts fondam5taux de cette nature n'int]vi5n5t pas ou devrai5t ne pas int]v5ir l prcism5t o la place en e/ m>que dans l'ordre m5tal4 ,devrai5t ne pas int]v5ir dans l'acte vraim5t moral1 c'e/ la ?se de ,kant1 qui444 juge que les passions mme les plus nobles1 en se joignant au mobile rationnel1 abaiss]ai5t la v]tu4 ,ri5 n'tait mieux fait p\r nuire la diffusion des pr9cipes de ,kant que de dem&]1 si inutilem5t p\r le fond de sa ?orie1 si va9em5t vis--vis de l'homme comme il e/444 que l'action moralem5t bonne ft absolum5t exempte de passion444 ,ds qu'un acte e/ fait p> raison et p> devoir1 si la bi5veillance et la sympa?ie exi/5t aussi1 il doit se faire aussi p> bi5veillance et sympa?ie444 ,et ds qu'un acte e/ fait p> bi5veillance et sympa?ie1 la raison et le devoir tant prs5ts444 il ne doit se faire aussi que si la raison et le devoir l'autoris5t444 ,en ce s5s l'action moralem5t bonne se fait c]ta9em5t p> devoir et au fond on p\rrait all] jusqu' dire1 avec ,kant1 qu'elle se fait uniquem5t p> devoir1 s'il tait p]mis d'ent5dre p> l que1 se faisant aussi p> passion1 elle ne se f]ait p\rtant pas dans le cas o il y aurait devoir contraire4 ,donc agissez p> devoir ou p> passion bonne2 mais1 qu& v\s agissez p> devoir soyez tranquilles et assurs de ne po9t err]2 qu& v\s agissez p> passion bonne1 assurez-v\s bi5 que le devoir appr\ve4 ,le ,devoir s]a tantt ag5t de votre acte1 tantt contrleur de votre acte et t\j\rs il s]a prs5t1 et il e/ ncessaire1 mais il suffit1 que t\j\rs il soit prs5t4 ,c'e/ ce que j'appelle un l>gissem5t et un ad\cissem5t de la morale de ,kant1 qui emprisonne dans le devoir4 ,dans la prison kanti5ne ,r5\vi] ouvre une f5tre qui au mo9s laisse entr] les brises tides qui vi5n5t du cur4 ,c'e/ de quoi ,r5\vi] se croit autoris p\r df9ir le s5s moral3 une comb9aison naturelle de la sympa?ie et du p5*ant social1 qui en e/ la suite1 avec la raison4 ,mais--et c'e/ ici la p5se la plus neuve que je r5contre dans cette ,sci5ce de la morale1 qui s]ait du re/e un des *efs-d'uvre de l'esprit huma9 si le manque de composition n'en faisait un f\rr exasprant--mais la sympa?ie a p\r tri/e contre-p>tie la ncessit1 p\r vivre avec nos semblables1 ce que la sympa?ie comm&e1 d'tre m*ants1 ce que la sympa?ie dplore avec dsespoir4 ,il y a une solid>it du mal4 ,elle app>at ds que l'homme sort de sa cav]ne et mme1 s\v5t1 qu& il y re/e1 ds qu'il e/ en contact avec les animaux4 ,en effet1 les animaux1 p> le fait qu'tablit entre eux la loi naturelle1 ne t5d5t pas seulem5t n\s faire p]dre le respect de la nature2 la fatalit de leur lutte p\r la vie1 cette loi de la dvoration mutuelle des vivants1 la d\leur prodigue1 les f9s multiplies1 contraires1 en app>5ce manques1 ne sont pas seulem5t p\r n\s l'exemple du dsordre1 l'incitation au mal et le sc&ale de la raison2 mais notre propre cons]vation matrielle et p> suite nos f9s les plus leves se tr\v5t en jeu dans la gu]re univ]selle4 ,att5t] la vie des animaux1 ce n'e/ que faire ce qu'ils se font et qu'ils n\s font1 et c'e/ s\v5t une ncessit de df5se4 ,cette solid>it du mal1 n\s la retr\vons dans la socit huma9e4 ,n\s sommes trs vite conva9cus p> des exemples indiscutables qu'tre bons1 non seulem5t c'e/ tre dupes1 mais c'e/ crer le mal en l'enc\rageant et que p> suite n\s devons faire le mal en n\s df5dant et quelquefois mme n\s df5dre d'avance1 p\r n'tre pas attaqus au mom5t de notre plus faible possibilit de df5se4 ,n\s sommes donc m*ants p>ce qu'il y a des m*ants et n\s devons l'tre4 ,n\s sommes solidaires2 et1 p>ce que n\s sommes solidaires1 n\s devons faire le bi5 et1 p>ce que n\s sommes solidaires1 n\s devons faire aussi le mal2 et il y a une solid>it 9vitable du mal1 comme il y a une solid>it obligatoire du bi51 et n\s ne p\vons pas agir selon la =mule kanti5ne3 agir t\j\rs de telle sorte que notre acte pt tre rig en rgle univ]selle de conduite2 c> si n\s agissions a9si n\s s]ions crass1 mme p> une m9orit1 et p> consqu5t non seulem5t agir a9si s]ait un suicide1 mais encore ce s]ait dtruire1 en n\s dtruisant1 les ag5ts du bi5 et supprim] le bi5 lui-mme1 acte de suprme immoralit4 ,agissez donc ma9t5ant selon la morale s5tim5tale et mme selon le crit]ium de la morale du devoir6 ,mais ici la morale du devoir int]vi5t en son fond mme1 quitte modifi] son crit]ium1 et n\s dit qu'il faut pratiqu] la bont jusqu'au po9t o la ncessit manife/e de notre exi/5ce et de notre tablissem5t sur la t]re et dans la socit ne n\s =ce pas d'y drog]4 ,le devoir d'tre m*ant s'impose dans les limites o la m*ancet n'e/ que contre-m*ancet indisp5sable2 et le crit]ium clbre se modifie a9si3 ,agis t\j\rs de telle faon que ton acte pt tre rig en rgle univ]selle de la socit telle qu'elle e/ organise aut\r de toi4 ,et il e/ c]ta9 qu'il faudrait que dans la socit o n\s sommes placs il n'y et de mal que contre le mal1 moy5nant quoi le mal n'exi/]ait pas du t\t4 ,les no-kanti5s n'ont pas rep\ss non plus les appuis et les apports que peuv5t donn] la foi morale les considrations e/htiques4 ,ils ne vont po9t1 comme ont fait c]ta9s1 jusqu' p5s] que l'attrait du devoir e/ sa beaut mme1 que l'impratif e/ une sduction1 que la morale n\s impose p> le beau qu'elle conti5t et que la morale r5tre en df9itive dans l'e/htique2 mais ils considr5t que le beau moralise1 selon la ?orie d',ari/ote1 qu'il purge de leurs p>ties peccantes les passions qu'il reprs5te1 qu'en un mot il pure la s5sibilit en mme temps qu'il l'excite et qu'il la satisfait4 ,p> exemple1 les passions de l'am\r1 non pr\ves rellem5t p> n\s1 mais vues p> n\s sur le ?tre1 pr\ves arti/iquem5t p> n\s1 ne n\s laiss]ont que la piti p\r ceux qui les pr\v5t devant nos yeux1 ne n\s laiss]ont que la s5sibilit sympa?ique1 laquelle peut tre et doit tre un bon auxiliaire de la loi morale4 ,a9si la s5sibilit aide la loi morale2 et l'art1 en purifiant la s5sibilit1 fait la s5sibilit plus propre aid] la loi morale1 aide la s5sibilit aid] le devoir4 ,si p>faitem5t conva9cu que je sois de l'erreur de cette doctr9e1 il ne m'tait gure p]mis de ne pas la not] comme une p>tie importante de l'enseignem5t no-kanti51 comme une m>que de la t5dance de cette cole ad\cir l'au/rit de la religion d'o elle drive4 ,plus ess5tiel mes yeux et aux si5s sans d\te e/ le t\r--c> ce n'e/ que cela--que l'cole no-kanti5ne a donn la p5se du matre4 ,il consi/e1 comme ,guyau l'a trs bi5 dml1 en trois affirmations1 comme il e/ naturel qu& il s'agit d'une foi3 ,affirmation du devoir1 comme d'une *ose qui n'e/ pas dmontr]1 qui ne peut pas tre dmontre et qui ne doit pas tre dmontre1 ce qui prt5drait la dmontr] ne p\vant que l'affaiblir et elle-mme tant ce qui dmontre t\t et p> consqu5t ce qui n'e/ dmontr p> ri54 ,et ceci e/ le pur kantisme et n\s n'y revi5drons pas4 ,affirmation qu'il e/ moralem5t meilleur de croire cette *ose que de croire autre *ose ou de ne ri5 croire1 et que d'une faon gnrale1 le vrai e/ ce qu'il e/ bon de croire p\r notre dveloppem5t moral4 ,affirmation que cette foi morale e/ au-dessus de t\te discussion1 puisqu'il y aurait immoralit discut] ce qui n\s s]t prcism5t di/+u] le vrai du faux1 puisque c'e/ le bon qui e/ crit]ium du vrai et puisque1 p> consqu5t1 ce n'e/ pas l'vid5ce de vrit qui va tre juge de l'vid5ce de moralit1 alors qu'il e/ pos en pr9cipe que c'e/ l'vid5ce de moralit qui e/ juge de l'vid5ce du vrai4 ,ces deux d]nires affirmations ont fond ce qu'on a appel depuis le pragmatisme4 ,le pragmatisme consi/e assur] n]giquem5t qu'une ide e/ vraie si elle e/ bonne et qu'on voit si elle bonne p> ses rsultats2--qu'une ide vraie1 si elle n'e/ pas bonne1 n'a pas le droit d'tre vraie1 et p\r p>l] mieux1 n'e/ pas vraie1 ne conti5t qu'une app>5ce de vrit4 ,c> enf9 qu'e/-ce que le vrai8 ,c'e/ ce qui e/ vid5t4 ,qu'e/-ce qui e/ vid5t p\r l'homme1 si ce n'e/ que ce qui lui e/ fune/e doit tre rep\ss p> lui8 ,le vrai et le bi5 se confond5t donc absolum5t p\r l'homme4 ,le vrai s]a ce qu'il vaudra hors de l'humanit2 mais le vrai huma9 c'e/ le bi5 et ce ne peut pas tre autre *ose4 ,rem>quez-v\s une habitude du p>l] populaire8 ,il dit1 p> exemple3 ,l'honntet1 il n'y a que cela de vrai4 ,il dit3 que cela de vrai4 ,il confond vrit et excell5ce morale2 ou il confond vrit avec bonheur individuel et bonheur social et bonheur huma94 ,il a p>faitem5t raison3 la vrit huma9e c'e/ ce qui comporte le bonheur de l'homme4 ,voyez encore comme n\s agissons4 ,n\s agissons avec une ple9e conviction de notre libre arbitre4 ,e/-ce une vrit8 ,ri5 n'e/ plus d\teux4 ,rationnellem5t bi5 des *oses dmontr]ai5t plutt que c'e/ une erreur4 ,n\s agissons p\rtant comme s\s la contra9te d'une vrit indiscutable1 puisque n\s n\s croirions f\s si n\s ne croyions pas agir comme n\s v\lons4 ,qu'e/-ce dire8 ,que le libre arbitre e/ une vrit huma9e4 ,p>t\t ailleurs que *ez n\s il peut tre une erreur1 *ez n\s il e/ une vrit2 il e/ notre vrit4 ,le philosophe qui n'y croit pas1 y croit ds qu'il dlibre4 ,cela veut dire que comme philosophe il n'y croit pas2 mais que comme homme il y croit absolum5t4 ,vrit huma9e4 ,erreur si l'on veut1 mais disons comme ,nietzs*e3 ,quelles sont en d]nire analyse les vrits de l'homme8 ,ce sont ses erreurs irrfutables4 ,n\s appell]ons vrits huma9es les erreurs p> lesquelles l'homme vit et sans lesquelles il ne peut vivre1 et p>l] sans raff9em5t1 ce sont bi5 l des vrits1 puisque c'e/ non seulem5t ce qu'on ne rfute pas1 mais ce qui ne trompe pas1 t&is que le re/e trompe4 --,ne *]*]a-t-on donc pas la vrit en soi8--,on la *]*]a tant qu'on v\dra si l'on veut se donn] le plaisir t\t e/htique d'ides qui se ti5n5t1 qui font corps et dont les unes ne dtruis5t pas et ne combatt5t pas les autres4 ,c'e/ plaisir d'arti/e4 ,mais qu& on v\dra une philosophie pratique 7d'o le mot pragmatisme71 on p>tira de notre pr9cipe qui e/ en mme temps un crit]ium3 le vrai c'e/ le bi51 et ce qui indique la vrit d'une ide c'e/ le bi5 qu'elle conti5t4 ,du re/e1 n\s ne savons pas--et v\s1 savez-v\s bi58--ce que c'e/ qu'une vrit en soi4 ,une vrit n'e/ vrit que qu&1 d'abord s'imposant p> l'vid5ce qu'elle porte en elle1 de plus elle n'e/ contr$ite victorieusem5t ou gravem5t p> ri54 ,or votre vrit1 que v\s avez tr\ve p> l'in/rum5t de votre raison1 de deux *oses l'une3 ou son vid5ce rationnelle e/ d'accord avec l'vid5ce morale1 et alors e/-elle vtre1 ou e/-elle ntre8 ,elle e/ n\s deux1 et ni ce n'e/ son vid5ce rationnelle qui la con/itue l'tat de vrit1 ni ce n'e/ son vid5ce morale2 c'e/ t\tes les deux2 c'e/ l'accord mme entre ces deux vid5ces4--,ou1 vid5te rationnellem5t1 elle e/ contr$ite p> l'vid5ce morale1 et alors elle e/ une vrit contr$ite2 elle e/ une vrit contre laquelle il y a quelque *ose de vrai2 et elle n'e/ plus une vrit4 ,n\s sommes donc autoriss *]*] le crit]ium du vrai dans le bi52 t\t au mo9s le crit]ium du vrai huma91 et c'e/ t\t ce qui importe des hommes4 --,autrem5t dit1 v\s biffez net t\te philosophie et1 comme l'a dit l'un des vtres1 le pragmatisme n'e/ pas une philosophie1 il e/ une preuve qu'il ne faut pas philosoph]2 ou v\s p\vez v\s appliqu] le mot de ,pascal3 se moqu] de la philosophie c'e/ vraim5t philosoph]4 --,en quoi cela8 ,n\s btissons une philosophie aut\r d'autre *ose que ce aut\r de quoi les philosophes depuis ,platon btissai5t les leurs1 et voil t\t ce que n\s faisons4 ,ils *]*ai5t ce qui ne se trompe pas et ils croyai5t que c'e/ la raison1 et aut\r de ce qu'elle donnait ils con/ruisai5t un sy/me4 ,n\s *]*ons ce qui ne se trompe pas et n\s voyons que c'e/ le s5s du bi52 et aut\r de ce qu'il donne n\s btissons trs rationnellem5t t\te une philosophie3 lib]t1 immortalit de l'me1 pe9es et rcomp5ses d'outre-tombe1 ,dieu4 ,il n'y a l qu'un r5v]sem5t des valeurs et un r5v]sem5t des plans4 ,r5v]sem5t des valeurs3 notre premire valeur c'e/ le s5s moral1 et la seconde c'e/ la raison v5ant travaill] sur les donnes du s5s moral4 ,r5v]sem5t des plans3 on comm5ait p> des axiomes rationnels1 le cogito p> exemple2 et l'on ab\tissait la morale2 n\s comm5ons p> des axiomes moraux3 il doit y avoir un bi5 p\r l'homme1 p> exemple2 et n\s ab\tissons t\t le re/e4 ,n\s n'avons que remplac une premire lumire1 juge p> n\s tremblante1 p> une autre premire lumire1 juge p> n\s sre1 et une m?ode juge p> n\s dcevante p> une autre m?ode juge p> n\s c]ta9e4 ,peut-tre mme dirions-n\s1 si on n\s p\ssait1 que la supriorit de notre philosophie sur t\tes les autres e/ que t\tes les autres devrai5t s'arrt] la morale et n'y pas entr]4 ,elles y ab\tiss5t t\tes1 n\s le savons1 et ti5n5t y ab\tir1 la morale les sduisant et tant la ,circ des philosophes1 et aussi la morale tant e/ime p> eux ,celle qui les juge et dont ils craign5t le jugem5t et de qui ils veul5t pr\v] que le jugem5t leur e/ favorable4 ,ils y ab\tiss5t donc t\s1 n\s le savons2 mais n\s savons aussi p> quelles t]ribles contorsions1 s\v5t et dt\rs et ret\rs de rgions lo9ta9es4 ,c'e/ qu'en vrit ri5 n'ab\tit la morale1 ni la contemplation de l'hi/oire huma9e o n\s voyons l'immoralit triomph] si s\v5t1 ni la contemplation de la nature o il n'y a pas un atome de moralit1 ni la contemplation de ,dieu1 du ,dieu rationnel1 du ,dieu cause qui a cr l'humanit immorale1 p>tiellem5t au mo9s1 et la nature immorale totalem5t4 ,comm5t donc veut-on ab\tir la morale en p>tant de telles *oses8 ,t\t au mo9s on y ab\tit mal4 ,n\s1 n\s p>tons de la morale1 p\r plus de sret1 si v\s v\lez1 d'y ab\tir4 ,p]suads que t\t e/ immoral except la morale elle-mme1 n\s n\s in/allons dans la morale1 avant t\t1 srs d'y rev5ir et dcids y rev5ir comme le soldat qui se replie sur le s\ti52 puis n\s n\s av5turons au dehors et n\s *]*ons pr\v] que l'hi/oire huma9e ne conti5t pas beauc\p de moralit1 il e/ vrai1 mais qu'elle conti5t cette leon qu'elle et t incomp>ablem5t meilleure si elle et t guide p> le s5s moral1 ce qui e/ cont5ir de la moralit en puissance2--que la nature 7ou plutt1 et seule1 la biologie7 e/ foncirem5t immorale1 mais qu'elle e/ peut-tre un ef=t s\rd v]s la moralit1 nulle moralit p]ceptible n'exi/ant *ez les vgtaux ni les animaux infrieurs1 des traces de moralit exi/ant *ez les animaux suprieurs1 la moralit s'pan\issant enf91 pniblem5t1 mais enf9 *]*ant s'pan\ir dans l'homme2--que ,dieu enf91 qui a v\lu ou p]mis l'immoralit de l',univ]s1 ne peut pas tre immoral1 puisque la moralit exi/e en n\s et dem&e quelque "p quelqu'un qui la confirme et sanctionne comme loi bonne et qui la rcomp5se d'tre ou d'avoir t2 puisque la moralit huma9e po/ule et exige la moralit div9e4 --,oui444 l'humanit oblige ,dieu6 --,p\rquoi non8 ,du mo9s elle exige rationnellem5t que ,dieu soit moral4 ,voil ce que n\s faisons comme expditions av5tureuses en dehors de notre pr9cipe4 ,et qu'on ne dise po9t que ce r5v]sem5t des valeurs n'e/ qu'un r5v]sem5t d'argum5tations d'cole et p> consqu5t peu de *ose de plus qu'une tautologie2 que si1 p>tis de la morale1 n\s tr\vons de la morale dans l'hi/oire1 dans la nature et en ,dieu1 c'e/ que t\t aussi bi5 on p\rrait tr\v] une int5tion morale dans l'hi/oire1 dans la nature et en ,dieu et ab\tir la morale en disant l'homme3 fais ce qui e/ indiqu comme la loi p> ton hi/oire1 p> l'hi/oire naturelle et p> l'hi/oire div9e4 ,qu'on ne dise pas cela2 c>1 ce s5s moral1 jamais je ne l'aurais tr\v nulle "p si je ne l'avais tr\v d'abord en moi2 c'e/ p>ce qu'il tait en moi que je l'ai *]* ailleurs et que je l'y ai cru tr\v]2 je l'ai projet du moi au non-moi1 lo9 que je l'aie attir du non-moi au moi-mme1 et le bi5 peut me dire1 con=mm5t au mot de ,pascal3 ,tu ne m'aurais pas *]* si tu ne m'avais pas d'abord tr\v1 tr\v en toi4 ,voil comm5t le seul moy5 d'ab\tir la morale c'e/ d'en p>tir p\r y rev5ir ensuite4 ,et voil la r&onne que n\s faisons trav]s la connaissance2 voil notre expdition au dehors de n\s4 ,mais1 cela fait1 si n\s ne russissons pas1 si n\s n'avons pas russi dans cette expdition au dehors1 v\lez-v\s que je dise3 ,cela n\s e/ gal2 et n\s n\s ram5ons la philosophie de la vrit huma9e1 c'e/--dire la pure et simple philosophie morale comme ncessaire et suffisante l'homme4 ,ce qu'il y a d'indcis dans l'analyse que je vi5s de faire du pragmatisme e/ une fidlit2 c> il e/ bi5 figuratif de cette doctr9e1 les pragmati/es hsitant t\j\rs entre dcl>] que leur doctr9e e/ exclusive de philosophie et dcl>] qu'elle en e/ une4 ,c'e/ une de leurs faiblesses4 ,il y en a une autre1 un peu plus grave3 c'e/ que leur dogmatisme1 qu'ils croi5t l'abri du scepticisme bi5 autrem5t1 bi5 plus que le dogmatisme des rationali/es1 n'e/ pas mo9s dc\v]t que celui-ci4 ,ils p5s5t3 du vrai on peut t\j\rs d\t]2 du bi5 on ne peut pas d\t]2 il s'impose avec une vid5ce autrem5t contraignante que celle du vrai1 et c'e/ p\r cela que n\s remplaons l'vid5ce du vrai p> l'vid5ce du bi54 ,je crois que c'e/ une erreur4 ,l'vid5ce du bi5 consi/e en ceci que quelque *ose en n\s n\s dit de le faire2 oui1 il faut accord] cela2 mais l'vid5ce du bi5 s'arrte prcism5t l1 et sur *aque *ose bonne n\s p\vons hsit] et n\s dem&] prcism5t si elle e/ bonne1 et sur *aque ide vraie p>ce qu'elle e/ bonne1 c'e/--dire fconde en rsultats bons1 n\s p\vons hsit] et n\s dem&] si elle e/ en effet fconde en rsultats bons1 si sont bons les rsultats dont elle e/ grosse4 ,qu& les pragmati/es n\s dis5t que l'immortalit de l'me e/ une ide vraie p>ce qu'elle e/ bonne1 bonne p>ce qu'elle fait bi5 agir1 je ne dis pas qu'ils se tromp5t2 je dis qu'ils n'en sav5t ri51 qu'ils pr5n5t sur eux de le dire et qu'il n'e/ aucunem5t c]ta9 que les actes bons de l'humanit ai5t cette cause1 aucunem5t c]ta9 qu'ils n'en ai5t pas une autre4 ,qu& ils n\s dis5t que l'ide du libre arbitre e/ une ide vraie p>ce qu'elle e/ bonne1 je ne dis pas qu'ils se tromp5t2 je dis qu'ils n'en sav5t ri5 et que des fatali/es et des prde/9ataires ont t trs honntes g5s1 probablem5t p>ce qu'il tait dans leur fatalit d'tre tels4 ,cela1 c'e/ l'hsitation trs rationnellem5t p]mise sur les ides2 mais sur les actes mmes1 on sait assez qu'on peut hsit] sans cesse et qu'on hsite et que l'humanit a hsit de t\t temps2 que tel acte bon de l'avis gnral en tel temps e/ mauvais de l'avis univ]sel en tel autre1 que tel acte bon de l'avis gnral en tel lieu e/ mauvais de l'avis univ]sel en tel autre2 que p> consqu5t ce n'e/ pas de la bont1 t\j\rs d\teuse1 du fait que l'on peut conclure la bont-vrit de l'ide qui le conti5t ou qui e/ c5se le cont5ir4 ,en un mot1 n\s avons ce malheur que n\s ne savons ri5 du bi5 except qu'il faut le faire4 ,et cet g>d1 et c'e/ quoi je v\lais v5ir1 le vrai et le bi5 sont gaux4 ,n\s ne savons ri5 du bi5 except qu'il faut le faire1 n\s ne savons ri5 du vrai except qu'il faut le *]*]4 --,diffr5ce1 me dira-t-on3 l'impratif catgorique1 le bi51 n\s crie qu'il e/ le devoir2 le vrai ne n\s crie pas qu'il e/ le devoir4 --,mais1 en vrit1 si bi56 ,il y a un impratif catgorique du vrai4 ,j'assure1 et combi5 d'autres plus gr&s que moi ont affirm1 qu'ils s5t5t le devoir de dire le vrai et de le *]*] ou plutt de *]*] et de le dire4 ,tran*ons le mot1 n\s le s5tons t\s1 du plus gr& au plus petit4 ,peut-tre1 comme ,nietzs*e1 bi5 f9em5t1 se l'e/ dem& et l'a exam91 cet impratif catgorique du vrai se ramne-t-il encore l'impratif catgorique du bi52 peut-tre s5tons-n\s qu'il faut *]*] le vrai p\r ne pas n\s tromp]1 ce qui s]ait une mauvaise action env]s n\s-mmes1 et p\r ne pas tromp] les autres1 ce qui s]ait une mauvaise action env]s autrui4 ,je le veux bi5 et je le crois assez2 mais qu' une c]ta9e pr(ondeur l'impratif du bi5 et l'impratif du vrai se confond5t1 cela n'emp*e po9t qu'ils n'exi/5t t\s les deux et qu'ils ne soi5t aussi imprieux l'un que l'autre et qu'ils ne se prs5t5t l'un autant que l'autre avec figure sacre4 ,donc galit ou quasi-galit4 ,donc1 si sont gaux ou quasi-gaux le vrai et le bi51 et p> le c>actre impratif qu'ils ont t\s les deux1 7c'e/ leur =ce71 et p> ceci qu'ils sont t\s deux =mels et non rels et n\s dis5t qu'ils sont1 non ce qu'ils sont 7c'e/ leur faiblesse72 de quel droit et p\r quelle raison prfrez-v\s l'un l'autre1 sacrifiez-v\s l'autre l'un8 ,la vrit e/ probablem5t qu'il faut les *]*] t\s les deux1 et non pas s'a*>n] faire sortir celui-ci de celui-l ou celui-l de celui-ci2 mais voir1 essay] de voir en quoi c'e/ qu'il les faut l'un l'autre accord]4 --,et s'ils ne s'accord5t pas8 ,re/]ai-je dans l'ab/5tion8 ,je ne puis pas2 il faut que j'agisse4 --,s'ils ne s'accord5t pas1 agissez1 c]ta9em5t1 dans le s5s de celui des deux qui prside videmm5t l'action1 dans le s5s du bi51 de ce que v\s considrez comme le bi51 je n'hsite pas v\s le dire2 mais ne croyez pas tre dans le vrai1 croyez simplem5t tre d'accord avec votre nature1 comme disai5t les /oci5s1 ce qui du re/e e/ peut-tre ce qu'on a tr\v de mieux p\r se conduire4 ,je reconnais trs bi5 que p\r un lieu donn et un temps donn1 cette m?ode d'vid5ce morale peut donn] des rsultats trs satisfaisants4 ,le pragmatisme e/ scul>isme4 ,j'ent5ds p> l ceci3 n\s sommes d'accord1 au ,x,xe sicle1 p\r tr\v] bons1 p\r jug] bons un c]ta9 nombre de faits2 n\s pr5ons p\r philosophie les ides gnrales qui1 selon notre t\rnure d'esprit1 s'accord5t vraisemblablem5t avec ces faits4 ,p\r mieux dire1 n\s enveloppons ces faits dans un sy/me d'ides gnrales qui1 p>ce que n\s les y enveloppons1 sembl5t les cont5ir et les produire4 ,cela e/ commode1 comme dit ,m4 ,po9c> des vrits ma?matiques2 cela e/ plus que commode1 cela n\s aide2 c> n\s sommes a9si faits que n\s aimons l'accord entre nos ides et nos actes et que dans cet accord n\s sommes plus dcids1 peut-tre plus =ts4 ,a9si p\r un temps1 n\s aurons une conduite qui aura au mo9s ceci p\r elle qu'elle s]a suivie1 cohr5te et ordonne4 ,mais ne pr5ons pas cette philosophie p\r vraie p>ce qu'elle e/ bonne1 et c'e/--dire p>ce qu'elle s'accorde des faits jugs bons p\r le mom5t4 ,n'lim9ons pas le vrai1 la re*]*e du vrai p\r le vrai4 ,il y aurait cela un trs gr& inconvni5t1 c'e/ que t\t progrs s]ait enray4 ,qu& les faits dict5t les ides--et n'e/-ce pas le cas8--qu& les faits appr\vs dict5t les ides croire1 on t\rne indf9im5t dans le mme c]cle2 c> on appr\ve les faits habituels1 on se fait sur eux les ides qui les confirm5t1 on n'en appr\ve les faits que davantage et a9si de suite4 ,p\r t\s les philosophes de l'antiquit l'esclavage tait un fait bon4 ,une philosophie qui n'aurait jamais *]* que les ides approbatrices des faits jugs bons et qui n'aurait pris p\r crit]ium de sa vrit et p\r mesure de sa vrit que son aptitude conduire aux faits jugs bons--n'e/-ce pas le cas du pragmatisme8--aurait indf9im5t consacr l'esclavage et aurait donn l'esclavagisme l'autorit manant d'une philosophie respecte4 ,p> p>5?se1 cet exemple montre combi5 il y a de pragmatisme dans t\te philosophie morale1 puisque les plus gr&s sages de l'antiquit ont t esclavagi/es2 mais il montre encore mieux le dang] d'une philosophie qui1 en se jugeant elle-mme d'aprs les faits o elle conduit1 au fond se s\met aux faits exi/ants qui peuv5t tre des prjugs4 ,qu'a-t-il fallu p\r que l'esclavage disp>t8 ,il a fallu qu'une philosophie--ou religion--s'levant au-dessus des faits appr\vs et ne se jugeant pas d'aprs sa puissance y p\ss] les hommes1 mais d'aprs une vrit suprieure1 tr\vt ceci3 t\s les hommes sont frres1 ce qu'aucun fait de l'antiquit ne donnait4 ,excell5te m?ode p\r aju/] les hommes la civilisation qui les ent\re--ce qui du re/e e/ bon--le pragmatisme ne la p]fectionn]ait pas4 ,il tait intressant de montr] comm5t de l'admirable doctr9e kanti5ne1 p> une srie de drivations assez logiques1 avait pu sortir une doctr9e trs respectable1 mais un peu t]re t]re et f]me1 ou qui peut assez facilem5t se f]m] du ct du progrs huma94 ,suite des drivations3 il y a dans le bi5 une vrit plus contraignante que dans le vrai4--,c'e/ le bi5 qui fonde le vrai4--,la vrit d'une doctr9e e/ dans les consqu5ces bonnes qu'elle conti5t4--,la plus vraie s]a celle qui r5dra compte du plus gr& nombre de faits jugs bons et qui y conduira4--,les faits s]ont donc juges de la doctr9e4--,c'e/ donc eux qui produiront la doctr9e et il n'y aura pas de doctr9e p\r en produire4 ,la morale la plus intransigeante a ab\ti une demi-dmission de la morale4 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,morale ,,sans ,,obligation ,,ni ,,sanction ,et ma9t5ant raction contre ,kant4 ,elle s'e/ m>que p> beauc\p de manife/ations intellectuelles en ,anglet]re1 en ,france et en ,allemagne1 depuis #ahej environ4 ,la plus =te et la plus intressante p\r le p5seur e/ celle que l'on tr\ve dans le livre de ,guyau 7#aghe7 ,la morale sans obligation ni sanction1 une des plus gr&es uvres philosophiques que l'humanit ait produites et qui fait date et qui s]ait compltem5t satisfaisante1 si l'auteur1 ayant le beau dfaut d'tre un pote1 ne mettait pas t\j\rs une image ct d'une ide et un my! ct d'un raisonnem5t1 au risque1 et l'on dirait avec le desse91 d'affaiblir ou de compromettre l'une p> le vois9age de l'autre4 ,voici1 dp\illes de leurs spl5deurs1 les ides pr9cipales de ,guyau1 mles de celles qu'il me donne4 ,d'abord1 comme relativem5t mo9s important1 ce qu'il faut p5s] de la sanction de la morale1 pe9es et rcomp5ses d'outre-tombe4 ,la sanction de la morale a p\r grave inconvni5t qu'elle la dtruit4 ,si v\s comptez tre rcomp5s de votre bonne action1 elle n'e/ plus bonne2 elle n'e/ plus qu'utile2 elle n'e/ plus qu'une *ose qui v\s e/ utile4 ,v\s faites1 et voil t\t1 un bon placem5t4 ,le pote a dit3 ,qui donne au pauvre prte ,dieu4 ,il ne p\vait pas mieux1 p> la nettet mme et la crudit concise de sa =mule1 montr] que la bonne action e/ le comble mme de l'gsme4 ,l'ide de mrite e/ de/ructrice du mrite mme4 ,v\s n'avez aucun mrite si v\s agissez p\r mrit] et avec la ple9e c]titude que v\s mritez et que v\s mritez l'g>d d'un tre qui paye t\j\rs ses dettes4 ,il n'y a de mrite que si le mrite e/ mconnu4 ,et il faut qu'il le soit p>t\t1 aussi bi5 dans le ciel que sur la t]re4 ,la suprme immoralit e/ de croire que la moralit e/ pr(itable4 ,on peut dire du croyant qui en mme temps e/ satisfait de sa bonne action et sr qu'un bi5fait n'e/ jamais p]du3 ,ce mlange de gloire et de bi5 m'importune4 ,cet homme e/ prt dire et il le dit dans son = intrieur3 ,quel intrt aurais-je tre un ju/e s'il ne m'en rev5ait ri58 et donc il n'a pas l'ombre de ds9tressem5t4 ,l'ide du mrite et du dmrite consi/e faire remont] son gsme sa s\rce la plus leve et lui donn] aussi sa f9 la plus leve1 et ce n'e/ pas autre *ose que l't5dre jusqu' l'inf9i4 ,plaisante morale que celle d'un prteur qui prte un j\r p\r tre remb\rs t]nellem5t6 99 99 99 99 99 ,on peut rpondre que ceci s]ait trs vrai si l'on tait absolum5t sr des pe9es et des rcomp5ses d'outre-tombe4 ,mais on n'en e/ jamais absolum5t sr et la di/ance qu'il y a entre l'absolue c]titude du sacrifice que l'on fait p\r le bi5 et la c]titude relative des rcomp5ses qui n\s att5d5t1 c'e/ ce qui con/itue le mrite1 c'e/ l o il se place et o il a une place encore trs l>ge4 --,rplique3 mais le croyant1 soit qu'il soit *rti51 soit qu'il soit kanti/e1 e/ absolum5t sr4 --,je l'admets2 mais la di/ance entre l'actuel et le lo9ta9 quivaut p>faitem5t la di/ance entre le c]ta9 et l'hypo?tique4 ,ce qui e/ actuel1 le sacrifice faire1 agit sur la s5sibilit avec une =ce qui e/ incomp>ablem5t plus gr&e que la =ce avec laquelle agit l'esprance1 cette esprance ft-elle c]ta9e4 ,t\t ce qui e/ futur e/ flottant1 ft-il c]ta92 t\t ce qui e/ lo9ta9 e/ indcis1 ft-il rel4 ,et1 p\r la s5sibilit1 indcis gale d\teux4 ,la di/ance qu'il y a1 je ne dis plus entre le c]ta9 et l'hypo?tique1 mais entre l'actuel et le lo9ta91 et au po9t de vue de la s5sibilit1 je dis la mme *ose1 c'e/ ce qui con/itue le mrite1 c'e/ o il se place et o il a une place encore trs l>ge4 ,le croyant re/e moral1 quelque croyant qu'il soit et fait un acte moral1 quelque c]ta9 qu'il soit qu'il en aura rcomp5se4 ,son mrite dim9ue seulem5t mesure qu'il croit davantage2 mais sa croyance1 si =te qu'elle soit1 ne peut jamais puis] la di/ance qu'il y a entre l'actuel et le lo9ta91 entre le tangible et l'indcis1 et ne peut jamais mme dim9u] cette di/ance que d'une manire ins5sible4 ,aj\tez que dans l'imprcision 9vitable1 salutaire1 du re/e1 des p5ses mtaphysiques dans l'esprit de l'homme simple1 de l'homme moy51 de l'homme qui n'analyse pas1 la p5se du mrite et du dmrite se confond avec l'ide mme du bi51 avec l'ide pure du bi54 ,elle se ramne ceci3 le bi5 e/ div92 le bi5 e/ appr\v de ,dieu2 le bi5 fait corps avec ,dieu2 le bi5 e/ consub/antiel avec ,dieu et je suis avec ,dieu en le faisant et c'e/ ce qu'il f]ait ma place4 ,et1 dans cette imprcision1 cette p5se e/ absolum5t morale4 ,il en e/ de ceci comme de l'am\r de ,dieu1 et au fond c'e/ exactem5t la mme "q4 ,les uns dis5t comme ,franois de ,sales 7confusm5t7 et comme ,fnelon3 il faut aim] ,dieu p\r lui-mme1 s9on v\s ne l'aimez pas2 si v\s l'aimez p> cra9te ou p> esprance1 c'e/ v\s1 non lui1 que v\s aimez4 ,les autres rpond5t3 l'aim] uniquem5t p> cra9te ou esprance1 c'e/ un effet du paganisme2 mais l'aim] avec un mlange d'am\r de lui1 c'e/--dire d'am\r de la p]fection1 et d'esprance et de cra9te1 c'e/ l'aim] encore et c'e/ l'aim] autant sans d\te que la faiblesse huma9e peut le p]mettre et que les =ces huma9es peuv5t le s\t5ir2 d'autant plus que mon esprance et ma cra9te elles-mmes sont une =me de ma croyance en ,dieu1 en sa ju/ice1 en sa bont1 en son excell5ce1 en sa div9it1 et que cette croyance1 tant adhsion lui1 e/ encore am\r de lui1 e/ mle au mo9s d'am\r de lui4 ,celui qui a donn la =mule la plus solide de ces ju/es tempram5ts1 c'e/ ,fnelon lui-mme qu& il crit3 ,le ds9tressem5t du pur am\r ne peut jamais exclure la volont d'aim] ,dieu sans bornes ni p\r le degr ni p\r la dure de l'am\r2 mais il ne peut jamais exclure la con=mit au bon plaisir de ,dieu qui veut notre salut et qui veut que n\s le v\lions avec lui p\r sa gloire4--,en langage philosophique3 ,il faut aim] le bi5 d'une manire ds9tresse1 sans bornes ni de degr ni de temps2 mais il entre dans l'ide du bi5 qu'il soit un mrite2 et la volont du bi51 p\r a9si p>l]1 e/ que n\s ne s\ffrions pas cause de lui et que n\s soyons heureux tt ou t>d cause de lui2 et accept] l'ide du bi5 avec cette considration1 ce n'e/ pas cess] de l'aim] p\r lui-mme et c'e/ l'aim] en t\t lui-mme4 --,contre-rplique3 ,en t\t cas l'ide de sanction dtruit l'impratif catgorique4 ,l'impratif catgorique c'e/3 fais le bi51 je le comm&e2 je ne donne pas de raisons de cet ordre4 ,or1 si l'impratif catgorique v\s aj\tez1 quelque mom5t que v\s l'aj\tiez3 du re/e1 v\s s]ez rcomp5s d'avoir fait le bi51 l'impratif n'e/ plus catgorique2 il e/ conditionn2 et l'impratif n'e/ plus impratif2 il e/ p]suasif2 il se ramne dire3 si v\s faites le bi51 v\s s]ez rcomp5ss2 donc faites le bi52--faites le bi51 autrem5t v\s s]ez punis2 donc faites le bi52--faites le bi51 moy5nant quoi v\s s]ez heureux2--v\lez-v\s tre heureux8 faites le bi54 ,l'impratif n'e/ plus celui qui ne donne pas de raisons2 il prodigue les raisons et les motifs et les mobiles2 il e/ aussi p]suasif que la morale picuri5ne disant3 v\lez-v\s tre heureux8 soyez v]tueux2 il e/ beauc\p plus p]suasif que la morale picuri5ne1 qui1 comme rcomp5se de la v]tu1 ne promettait qu'un bonheur phmre1 t&is que lui promet un bonheur t]nel4 --,contre ceci je ne m'lv]ai pas2 je le ti5s p\r inconte/able4 ,t\te morale qui p>le de sanction e/ p]suasive et n'e/ imprative qu'en app>5ce4 ,elle aura beau--ce s]a son adresse--c>t]1 loign]1 tant qu'elle p\rra1 son impratif de son p]suasif1 se bi5 donn] de g>de de mettre dans la mme page ou dans le mme volume le texte o1 hauta9e1 elle comm&e1 et le texte o1 cl9e1 elle v\s dit que dans votre intrt v\s f]ez mieux de faire comme ceci1 il n'en s]a pas mo9s qu'elle dit les deux et que1 disant le second1 elle dtruit radicalem5t le premi]4 ,cela1 je l'accorde absolum5t4 ,il n'y a pas d'impratif catgorique dans ,kant1 du mom5t qu'il admet la sanction de la morale2 il n'y a pas d'impratif catgorique dans ,kant1 du mom5t que l'ide des pe9es et rcomp5ses y e/4 ,de sorte que l'homme qu'on s'att5drait voir le plus enrag contre l'ide de sanction ce s]ait un homme qui s]ait fanatique de l'impratif1 ce s]ait un kanti/e intransigeant1 un kanti/e en?\sia/e1 un ultra-kanti/e1 un kanti/e plus kanti/e que ,kant4 ,guyau n'tait pas du t\t cet homme-l2 et si1 d'une "p il rep\ssait l'ide de sanction1 d'autre "p il rep\ssait l'ide d'impratif1 l'ide d'obligation4 ,l'ide d'obligation1 l'ide de devoir1 l'ide tu dois lui p>aiss5t un prjug4 ,il recueillait avec complaisance ce mot1 trs pntrant du re/e1 de ,v9et3 le b de l'ducation e/ de donn] l'homme le prjug du bi51 et1 se rebellant1 il disait3 ,eh bi51 non6 il ne doit pas y avoir dans la conduite un seul lm5t dont la p5se ne *]*e se r5dre compte1 une obligation qui ne s'explique pas1 un devoir qui ne donne pas ses raisons4 ,p> "q pralable l'impratif tait lim94 ,contre ce miracle psy*ologique ,guyau comm5ait p> prote/]1 d'entre en matire prote/ait1 comme les philosophes contre les miracles proprem5t dits1 int]v5tions du surnaturel trav]s la nature2 et son ef=t fut de diss\dre l'impratif en l'analysant1 de montr] ce qu'il y a dans l'impratif app>5t et de faire voir que ce qu'il y a en lui qu& on l'ouvre1 ce sont prcism5t des raisons4 ,il reconnat d'abord que l'impratif catgorique e/ vrai psy*ologiquem5t1 c'e/--dire e/ vrai comme donne immdiate de la consci5ce1 t\t de mme que le libre arbitre4 ,il e/ inconte/able que n\s ent5dons une voix intrieure qui n\s dit3 tu dois1 et qui ne donne pas ses raisons4 ,la ?orie de l'impratif catgorique e/ psy*ologiquem5t exacte et pr(onde comme expression d'un fait de consci5ce1 comme le libre arbitre e/ inconte/ablem5t exact comme affirmation n]gique et p]man5te du s5s intrieur4 ,seulem5t1 n'y a-t-il que l'impratif--et le libre arbitre--qui soi5t des proclamations du s5s intime8 ,po9t du t\t6 ,j'ai fait rem>qu] moi-mme plus haut que le vrai a son impratif catgorique trs net1 que *]*] le vrai et le dire e/ comm& p> le moi au moi4 ,j'ai fait rem>qu]1 ici ou dans un autre essai1 que le ,beau a son impratif encore =t net et que ralis] le beau1 t\t au mo9s ne pas faire du laid p> nglig5ce1 p> dsordre1 p> p>esse1 sur soi1 *ez soi1 dans la rue1 e/ comm& p> le moi au moi1 faire du beau tant comm& l'arti/e1 ne pas faire du laid tant comm& t\t le monde4 ,guyau va plus lo91 un peu trop lo9 mon gr4 ,selon lui1 les p5*ants naturels et la loi et la c\tume ont leurs impratifs catgoriques4 ,ils comm&5t sans donn] de raisons4 ,la c\tume1 comme le disait ,pascal1 e/ respecte et suivie p> cette seule raison qu'elle e/ reue2 l'autorit de la loi e/ p>fois t\te ramasse en soi1 sans se ratta*] aucun pr9cipe1 et la loi e/ loi et ri5 davantage4 ,c'e/ all] trop lo91 p>ce que ces impratifs sont des impulsions ou des contra9tes4 ,les p5*ants naturels n\s p\ss5t et ne n\s comm&5t pas2 ils ont de la =ce et non de l'autorit et n\s s5tons bi5 la diffr5ce4 ,la loi1 la c\tume sont des contra9tes2 n\s obissons la loi p>ce que n\s ne p\vons pas faire autrem5t et la c\tume p>ce que n\s ne p\vons gure faire autrem5t1 s\s pe9e de mille dsagrm5ts s\ffrir p>mi nos semblables4 ,le signe1 trs net1 de la diffr5ce entre ces impulsions et contra9tes d'une "p et les impratifs d'autre "p1 c'e/ qu' dsobir aux p5*ants naturels et aux contra9tes n\s pr\vons des regrets et non po9t des remords3 n\s n'avons aucun remords d'avoir dsobi au p5*ant sexuel2 n\s n'pr\vons aucun remords1 fussions-n\s en prison1 d'avoir dsobi une loi que n\s tr\vions inju/e1 et au contraire2 n\s n'pr\vons aucun remords1 fussions-n\s mis au ban de la socit polie1 d'tre contrev5us une c\tume que n\s jugions /upide#d4 ,au contraire1 le remords n\s po9t si n\s avons fait une faute morale2 encore si n\s n'avons pas *]* la vrit2 mme si n\s n'avons pas ralis le beau que n\s p\vions crer ou po9t respect le beau que n\s p\vions respect] 7hir>*ie des impratifs1 "q qu'il s]a intressant de creus]74 #d ,c'e/ prcism5t ce que je vi5s de faire4 ,la c\tume veut que l'on dise j'ai contrev5u2 j'cris je suis contrev5u2 et je n'en pr\ve aucun remords1 p>ce que je ti5s la c\tume p\r /upide4 ,donc ,guyau va trop lo92 mais on s5t qu'il a p>faitem5t raison de prt5dre que1 de ce que l'impratif moral e/ un fait inconte/able1 ,kant n'e/ pas autoris considr] cet impratif comme transc5dantal1 c'e/--dire le t5ir p\r une *ose au-dessus de t\te discussion et impntrable t\te analyse4 ,la vrit1 selon moi1 e/1 d'abord1 il convi5t de le reconnatre1 que l'impratif moral e/ de t\s les impratifs vrais ou supposs le plus net et le plus n]gique3 ,conv5ez1 me disait un ami1 que c'e/ lui qui a la plus grosse voix4 ,conv5ons-en1 et que cela e/ c]ta9em5t considr]4 ,la vrit e/ ensuite que ,kant1 timide devant la morale1 comme presque t\s les philosophes1 a1 inconsciemm5t sans d\te1 eu peur d'analys] l'impratif et a v\lu le laiss] l'tat de my/re1 p\r que le culte qu'on aurait p\r lui ft my/ique1 p\r que le respect qu'on aurait son g>d ft une foi4 ,il croyait savoir que t\t in/9ct qu'on analyse t5d se dtruire1 ce qui veut dire que t\t in/9ct qui devi5t consci5t t5d se ru9]4 ,on n'aime bi5 qu'aveuglm5t2 mme on n'aime bi5 qu'en aimant sans savoir que l'on aime4 ,s'il y a un am\r pur et exempt du mlange de nos autres passions1 c'e/ celui qui e/ ca* au fond du cur et que n\s ignorons n\s-mmes4--,a9si p>lait ,la ,ro*ef\cauld4 ,m4 ,gu/ave ,le ,bon1 qui ne se pla9dra pas du rappro*em5t1 a une bonne =mule sur l'ducation2 elle consi/e1 suivant lui1 faire pass] le consci5t dans l'inconsci5t1 inspir]1 p> exemple1 l'am\r du travail et y habitu] de telle sorte que se jet] au travail et y re/] devi5ne ma*9al et n'exige plus aucun ef=t2 inspir] l'am\r de la patrie et y habitu] de telle sorte qu'on f9isse p> l'aim] aveuglm5t et sans se faire de raisonnem5t cet g>d2 s'duqu] c'e/ dev5ir impulsif2 l'ducation a*eve1 c'e/ une impulsivit acquise1 etc4 ,or1 si l'homme a une impulsivit naturelle qui e/ excell5te1 celle de faire le bi5 7et supposez1 si v\s v\lez1 que cette impulsivit dite naturelle soit une impulsivit acquise p> l'hrdit1 cela n\s s]a gal71 il faut bi5 se g>d] d'analys] cette impulsion et de la faire pass] de l'inconsci5t dans le consci5t2 ce s]ait une ducation reb\rs4 ,ce qui tait =ce norme p>ce qu'il tait inconsci5t1 n\s l'n]v]ions peu peu en le r5dant consci5t1 et n\s n'aurions russi qu' l'emp*] d'tre impulsif4 ,kant savait ou s5tait cela4 ,seulem5t ce n'e/ peut-tre pas vrai4 ,c'e/ vrai et le contraire e/ vrai aussi4 ,n\s affaiblissons un s5tim5t en l'analysant qu& il e/ dj faible2 n\s le =tifions en l'analysant qu& il e/ encore assez =t4 ,l'am\reux qui n'e/ dj plus am\reux se dem&e p\rquoi il e/ am\reux1 passe en revue les motifs et les tr\ve peu nombreux1 pse les motifs et les tr\ve lg]s4 ,l'am\reux qui e/ encore assez am\reux fait de mme et tr\ve les motifs nombreux et =ts1 et alors il aj\te la =ce du s5tim5t la =ce de l'ide-=ce4 ,une ide-=ce n'e/ jamais qu'une ide qui e/ dev5ue s5tim5t ou qui e/ ne d'un s5tim5t2 mais cette condition1 elle e/ bi5 une =ce et une =ce qui pse de plus en plus1 p>ce qu'il e/ de sa nature d'insi/] sur elle-mme1 de se dvelopp] 7s5s de la langue de rhtorique et t\s les s5s7 et de dev5ir ide fixe1 de dev5ir entreti5 cont9uel de notre esprit4 ,le patriote qui e/ encore patriote1 s'il analyse l'ide de patrie1 tr\ve t\tes les raisons d'aim] son pays qui tai5t cont5ues dans son s5tim5t1 et p>ce qu'elles devi5n5t claires elles ne devi5n5t pas inconsi/antes2 elles rpond5t1 seulem5t1 aux objections1 aux attaques2 nos ides sont les g>des avances de nos s5tim5ts2 impuissantes sans eux1 qu& ils y sont1 elles les r5d5t plus srs4 t]nellem5t les croyants se dem&]ont si mieux ne vaut pas la foi t\te seule et croire sans raisons1 ou si mieux vaut aj\t] la foi les raisons de croire4 ,la "q n'e/ pas susceptible d'une rponse catgorique2 c>1 selon le plus ou mo9s de foi1 les raisons confirm]ont la foi ou dtruiront ce qui en re/e4 ,de celui qui comm5ce analys] sa foi on e/ t\j\rs dans le d\te s'il s'a*em9e l'augm5t] ou s'il pr5d le *em9 de la p]dre4 ,t\j\rs e/-il que les plus gr&s croyants ont pass leur vie entire analys] leur croyance et ne se sont pas cont5ts de cri]3 ,je crois1 je crois1 je crois1 je crois p]dum5t4 --,mais l'ide seule d'exam9] un de ses in/9cts n'e/-elle pas un signe que dj il n'e/ plus en n\s l'tat d'in/9ct8 ,qui diantre s'e/ avis de se donn] soi-mme des raisons de respir]8 ,on ne se donne des raisons de vivre que qu& on songe1 au mo9s un peu1 au suicide4 --,n'ai-je pas rpondu t\t l'heure p> l'exemple des gr&s croyants qui analys5t leur foi et qui la confirm5t p> leur foi8 --,oh6 pas le mo9s du monde2 c> ce n'e/ pas eux que les gr&s croyants ont v\lu conva9cre1 mais ceux qui ne croyai5t pas4 ,a eux1 leur foi suffisait2 p\r d'autres ils collectionnai5t les raisons de croire4 --,en tes-v\s bi5 srs et qu'ils n'euss5t pas autant le dsir de se confirm] dans leur foi que celui d'y attir] les autres8 ,c]ta9em5t l'homme se raisonne1 comme dit si bi5 le peuple1 p\r s'assur] dans un s5tim5t qu'il croit ju/e ou p\r s'c>t] d'un s5tim5t qu'il e/ime faux2 et il ne fait en cela que cd] au s5tim5t1 comme dit ,pascal1 et p> consqu5t il faut que le s5tim5t exi/e2 mais encore1 en cdant au s5tim5t1 il l'excite et il l'avive4 ,la lecture1 cette autre mditation1 a exactem5t les mmes effets4 ,on *]*e1 p> une lecture1 se confirm] dans un s5tim5t que l'on a2 et les ides que l'on tr\ve dans l'auteur1 fuss5t-elles faibles1 =tifi5t ce s5tim5t si on l'a en effet1 fuss5t-elles =tes1 a*v5t de le dtruire s'il tait bi5 en tra9 de s'en all]4 ,faire pass] de l'inconsci5t au consci5t e/ donc dang]eux si le mal tait dj plus qu' moiti fait1 avantageux si le mal n'exi/ait pas ou tait faible4 ,que l'ide de la foi morale ft ne *ez ,kant de la conviction que de son temps l'in/9ct moral tait trs faible et p> consqu5t ne p\vait que p]dre tre analys1 cela ne m'tonn]ait po9t et je dirai mme que moralem5t j'en suis sr4 99 99 99 99 99 ,guyau1 lui1 soit qu'il e/ime que l'in/9ct moral e/ assez =t p\r ne pas c\rir de risques tre analys1 soit simplem5t1 comme il le dit1 p>ce qu'il e/ philosophe et que p\r le philosophe il ne doit ri5 y avoir dont la p5se ne *]*e se r5dre compte et que le philosophe ne doit pas avoir de foi1 ,guyau veut analys] l'in/9ct moral et c'e/--dire lui dem&] ses raisons1 lui dire3 p\rquoi8 et ne pas se cont5t] de la rponse clbre3 le p\rquoi1 c'e/ qu'il n'y a pas de p\rquoi4 ,un cr$o1 comme ,nietzs*e le dit s\v5t1 e/ t\j\rs un cr$o quia absurdum1 puisque1 s'il n'tait pas cela1 il n'y aurait pas beso9 de cr$o4 ,guyau ne veut pas d'absurdum1 mme implicite1 et il fait l'analyse de ce qu'il croit voir dans l'ide du devoir4 ,il y voit avant t\t la vie elle-mme1 la vie s'affirmant comme puissante et fconde4 ,le devoir c'e/ le p\voir4 ,p\voir1 v\loir et devoir c'e/ la mme *ose s\s diffr5ts mots1 p>ce que c'e/ mme *ose s\s diffr5ts aspects4 ,quelque *ose en n\s1 qui n'e/ pas autre *ose que notre vie mme s5tie p> n\s1 n\s dit3 tu peux1 donc tu veux1 donc tu dois4 ,tu peux1 donc tu veux3 c> si1 p\vant1 tu ne veux pas1 tu s5s que tu te dim9ues1 que tu te rtrcis1 que tu te ref\les4 ,tu veux1 donc tu dois3 c> si1 p\vant et v\lant1 tu n'agis pas1 tu s5s encore une dim9ution1 un rtrcissem5t1 une /rilisation de ton tre2 et c'e/ ce s5tim5t que dans la langue c\rante on appelle le remords pralable ou le remords proprem5t dit1 le remords de ne pas faire ou le remords de n'avoir pas fait2 et la voix du devoir n'e/ pas autre *ose que le remords qui comm5ce1 devant l'acte faire qu'on ne fait pas4 ,ce qu'on appelle devoir c'e/ donc puissance1 fcondit1 expansion qui veut tre1 qui v\s rj\it si elle e/ et qui v\s gne si elle n'e/ pas4 ,le plaisir que v\s pr\vez faire ce qu'on appelle c\ramm5t le devoir1 c'e/ le plaisir de la puissance en acte2 la pe9e que v\s pr\vez qu& v\s v\s drobez ce qu'on appelle le devoir1 c'e/ votre moi dim9u1 c'e/ votre vie1 que quelque *ose que v\s s5tez qui dp5dait de v\s1 re/re9t4 ,p\voir1 v\loir et devoir1 cela veut dire tre port p> sa nature mme agir2 s'oppos] son p\voir1 v\loir et devoir1 c'e/ comm5c] de se tu]4 ,qui dit je vis1 dit je peux1 je veux1 je dois1 et je ne contr>ie ma vie s\s aucun de ses aspects4 --,=t bi52 mais sans all] plus lo91 cette analyse1 qui du re/e e/ plutt une syn?se1 doit tre incomplte1 puisque n\s n'y tr\vons pas un atome de ce qu'on appelle c\ramm5t le moral4 ,la voix intrieure ne n\s dit pas1 ce n\s semble3 tu peux1 tu veux1 agis2 elle n\s dit3 tu peux du bi51 veux du bi51 fais du bi54 ,le devoir tel qu'il e/ df9i p> v\s1 expansion de la vie1 e/ accompli aussi bi5 p> le gr& b&it que p> le sa9t4 ,t\s les deux peuv5t1 veul5t1 agiss5t1 t\s les deux font expansion4 ,votre quival5t du devoir e/ simplem5t la morale c\rante de ,nietzs*e3 soyez =t et agissez dans t\te l't5due de votre =ce4 ,et cette =mule n'e/ pas immorale1 mais elle e/ amorale2 elle e/ indiffr5te ce que les hommes appell5t le bi5 et le mal1 elle se ralise indiffremm5t dans l'crasem5t des faibles ou dans le fait de les aid]4 --,premire rponse de ,guyau3 ,en faisant ce que t\t le monde appelle le mal1 je ne m't5ds pas1 je me ref\le1 je m'appauvris4 ,je supprime t\te la p>tie sympa?ique et intellectuelle de mon tre4 ,de plus1 si je r5contre une rsi/ance1 il y a ref\lem5t trs s5sible et d\l\reux2 si je n'en r5contre pas1 il y a dsorganisation de ma volont1 dsquilibrem5t1 ataxie 7cas des despotes71 ce qui revi5t une impuissance subjective qui e/ bi5 le contraire mme du p\voir-v\loir4 --,je rplique3 ,on ne voit pas bi5 que le gr& b&it supprime la p>tie intellectuelle de son tre2 cela n'a pas de s5s2 il ne supprime mme pas sa p>tie sympa?ique2 c> il peut avoir t\tes les sympa?ies du monde p> ses amis4 ,d'autre "p1 s'il e/ ref\l p> le monde extrieur1 il ne l'e/ ni plus ni mo9s que le sa9t qui pr\ve t\j\rs1 on le sait1 tant de difficults faire le bi52 et enf9 la dsorganisation intrieure de celui qui ne r5contre pas de rsi/ance extrieure n'e/ que le fait des imbciles1 n'exi/e pas *ez les intellig5ts et n'a1 en t\t cas1 aucun rapport avec la morale ni avec l'immoralit1 c'e/ une simple maladie4 --,seconde rponse de ,guyau1 beauc\p meilleure3 ,l'homme n'e/ pas un tre isol2 il e/ un tre social4 ,la vie dont je p>le et dont il faut que t\s n\s p>lions qu& n\s employons ce mot1 c'e/ la vie sociale vcue p> un et qu'il ne peut pas s'emp*] de vivre4 ,donc qu& je dis expansion de la vie1 j'ent5ds et je ne puis pas ne pas ent5dre expansion1 hors d'un homme1 de la vie sociale qu'il conti5t en lui1 et ce que j'ent5ds p> quival5t de devoir c'e/ cette impulsion qui n\s porte agir p\r faire de la vie sociale4 ,le tempram5t huma91 rem>quez-le1 simple tempram5t1 t5d1 de p]sonnel1 dev5ir collectif et1 de solitaire1 dev5ir solidaire4 ,le voleur s\v5t cit qui tr\vait du plaisir vol] gratuitem5t et qui1 millionnaire1 aurait vol1 e/ un phnomne d'atavisme4 ,n\s n\s a*em9ons tellem5t vivre d'une vie qui dans un reflte t\s1 que n\s t5dons ralis] en n\s le type de l'homme normal1 le type de l'homme qui s]a reconnu p> t\s comme inconte/ablem5t un homme1 qui n'tonn]a pas les autres4 ,or ce que je disais t\t l'heure1 p\r comm5c] p> le plus simple1 de la vie en n\s1 de la vie sans pi?te1 ent5dez-le de la vie sociale en n\s et voyez bi5 que les exig5ces et les impulsions de la vie sociale en n\s1 ce qu'elle sollicite de notre p\voir et de notre v\loir1 c'e/ bi5 prcism5t ce que l'impratif de ,kant comm&e3 faire des *oses que l'on v\drait qui fuss5t riges en loi univ]selle de vie4 ,voil la loi morale rintgre4 --,je dis3 oui bi52 avec cette rs]ve p\rtant que la vie sociale en n\s ne n\s conseille gure1 ce me semble1 que de vivre comme t\t le monde1 normalem5t1 comme v\s dites trs bi51 et non pas mieux que t\t le monde1 non pas d'une faon suprieure1 non pas d'une faon hroque4 ,or une morale doit cont5ir l'hrosme en la p>tie d'elle-mme la plus leve2 l'hrosme doit y entr]1 ressortir elle1 tre indiqu p> elle1 non seulem5t comme ce qu'elle admet1 mais1 t\t compte fait1 comme ce quoi1 en df9itive1 elle t5d4 ,je ne vois pas encore cela dans vos quival5ts de devoir4 ,il e/ possible que n\s y v5ions4 99 99 99 99 99 ,p\rsuivant cette analyse de ce que l'in/9ct pr(ond de la vie n\s conseille et presque n\s comm&e de faire1 ,guyau rem>que que l'in/9ct de la vie n\s p\sse 7indp5damm5t des sugge/ions de la vie sociale7 lutt] et risqu]4 ,l'homme a vcu longtemps dans une telle ncessit de lutte contre mille ennemis qu'il lui e/ re/ un beso9 de lutt] t\j\rs 7comme je l'ai fait rem>qu] bi5 des fois1 p>ce qu'il a fallu qu'il inv5tt p\r p\voir vivre1 il lui e/ re/ le beso9 de *ang] sans cesse1 mme qu& le *angem5t ne comportait plus ncessairem5t progrs74 ,donc l'homme lutte encore1 et p> exemple il lutte contre ses passions1 in/9ctivem5t2 p>tie1 il e/ bi5 vrai1 p>ce qu'il s5t que ses passions sont aussi des fauves ou reptiles dang]eux2 p>tie1 et c'e/ cela qui e/ in/9ctif1 p>ce que simplem5t elles sont =tes4 ,ceci c'e/ le c\rage4 ,il a l'air ici de combattre contre la vie1 puisque les passions aussi sont la vie1 mais il e/ bi51 au mo9s lui aussi1 la vie1 puisqu'il e/ un p\voir qui se s5t dev5ir v\loir et qui se donne le nom de devoir2 et l'on sait que la s5sation de vivre e/ int5se dans t\s les cas o le c\rage a se dploy] et se dploie1 ne ft-ce que contre n\s-mmes4 ,guyau aurait pu cit] le joli mot de ,d\dan3 ,l'homme ne se s5t vivre que qu& il se contr>ie4 ,cette ide e/ si connue que je n'y insi/]ai pas4 ,je n'avais qu' montr] comm5t ,guyau l'avait ratta*e son sy/me et son pr9cipe1 l'ide d'expansion de la vie1 l'ide de la vie v\lant s't5dre4 ,l'in/9ct de la vie n\s p\sse1 de plus1 et ce n'e/ gure qu'un autre aspect de la mme ide1 risqu]4 ,il y a plaisir risqu]4 ,pascal1 dit ,guyau1 dans son p>i1 n'a envisag que la cra9te du risque1 il n'a pas considr le plaisir de risqu]#e4 ,il y a plaisir risqu]1 t\t le monde le s5t cette sorte d'l>gissem5t qui se fait en n\s qu& n\s risquons2 et aussi1 p\r a9si dire1 hors de n\s 7phnomne de projection du moi sur le non-moi71 le monde n\s p>aissant plus va/e qu& n\s risquons quelque *ose4 #e ,si2 ailleurs1 et trs bi53 ,travaill] p\r l'inc]ta9--,sa9t ,augu/9 a vu qu'on travaille p\r l'inc]ta91 sur m]1 en batailles2 il n'a pas vu la rgle des p>tis qui dmontre qu'on le doit4--,s'il ne fallait ri5 faire que p\r le c]ta91 on ne devrait ri5 faire p\r la religion2 c> elle n'e/ pas c]ta9e2 mais combi5 de *oses fait-on p\r l'inc]ta91 les voyages sur m]1 les batailles444 ,qu& on travaille p\r dema9 et p\r l'inc]ta91 on agit avec raison4 ,c> on doit travaill] p\r l'inc]ta91 p> la rgle des p>tis1 qui e/ dmontre4--,il n'a pas p>l prcism5t du plaisir du risque1 mais il n'a pas p>l uniquem5t de la peur du risque et il a p>l de la raison de risqu]1 qui e/ un plaisir intellectuel4 ,la raison de ce s5tim5t1 qui e/ presque une s5sation1 c'e/ que n\s n\s s5tons plus gr&s1 n\s mettant n\s-mmes aux prises avec plus de *oses4 ,ce plaisir du risque e/ une des sugge/ions de la puissance de la vie en n\s1 de la fcondit de la vie en n\s1 de la surabondance de la vie et de l'avidit qu'a la vie d'tre surabondante4 ,p> p>5?se--et cette p>5?se e/ *ez ,guyau un *apitre qui e/ digne de ,platon--c'e/ ce mme am\r du risque qui e/ t\te la mtaphysique4 ,la mtaphysique e/ t\j\rs une hypo?se h>die o n\s risquons l'erreur et la confusion4 ,p]sonne plus que le mtaphysici5 ne travaille p\r l'inc]ta94 ,il y travaille cep5dant de t\t son cur et il s5t que son uvre e/ bonne et qu'elle e/ noble4 ,erreur peut-tre1 mais l'erreur et t plus gr&e 7erreur morale7 e/im] purile la re*]*e de cette erreur4 ,de mme que la vie proprem5t dite conseille le risque comme une condition d'l>gissem5t de notre tre1 de mme la vie intellectuelle conseille le risque mtaphysique comme condition d'agr&issem5t de notre tre intellectuel4 ,notez que le brave homme qui consacre sa vie la ralisation d'un idal e/ un mtaphysici5 pratique aussi vnrable et plus encore que le mtaphysici5 proprem5t dit de t\t l'heure4 ,au fond1 savez-v\s ce qu'il fait8 ,il travaille p\r l'inc]ta91 af9 de le faire c]ta9 dans son cur4 ,son beso9 de c]titude le porte1 lui homme d'action1 accumul] les actions con=mes l'idal1 comme son beso9 de c]titude porte le philosophe accumul] les argum5ts qui le dmontr5t4 ,c'e/ sa manire de le pr\v]4 ,il le pr\ve en le crant4 ,la vie lui dit p> la b\*e de ,guyau1 qui e/ trs loqu5te3 ,je ne v\s dem&e pas de croire aveuglm5t un idal1 mais de travaill] le ralis]4--,sans y croire8--,p\r y croire6 ,v\s y croirez qu& v\s aurez travaill le produire4 ,tel sa9t pr\ve ,dieu sans argum5t1 mieux qu'un argum5t4 ,il remplit d'une ralit qui e/ lui ce qui n'tait qu'une ide4 ,dieu se con/ruit avec du div94 ,telle e/ la ?orie de la lutte et du risque dans la doctr9e morale de ,guyau4 ,ici ,guyau rejo9t ,nietzs*e qu'il ne connaissait pas1 mais qui le connaissait et qui a pu pr(it] de lui dans une c]ta9e mesure#f4 ,ce que n\s v5ons de voir e/ le vivre dang]eusem5t1 qui e/ le po9t capital de la morale nietzs*enne4 ,vivre dang]eusem5t c'e/ lutt] et risqu]1 en vue prcism5t de la lutte et du risque et p\r la beaut de l'une et de l'autre2 et c'e/ la m>que mme des mes nobles4 #f ,voir ,f\ille1 ,nietzs*e et l',immoralisme4 ,mais encore on voit bi51 la rigueur1 comm5t la vie int5se et ext5sive1 la vie fconde peut conduire jusqu' l'am\r de la lutte et du risque4 ,ceci e/ travaill] p\r l'inc]ta91 p\r le trs inc]ta92 mais ce n'e/ travaill] que p\r l'inc]ta94 ,comm5t cet quival5t du devoir que v\s avez tr\v peut-il conduire au sacrifice absolu1 l'acceptation de la mort c]ta9e8 ,c> ici1 selon vos donnes1 c'e/ la vie se t\rnant contre la vie2 c'e/ la vie se dtruisant p\r s't5dre1 c'e/ la vie p\ssant la passion de la vie jusqu'au suicide2 c'e/ une collection d'absurdits4 ,c'e/ ici1 ce semble1 que1 p\r comm&] le sacrifice et non pas mo9s p\r l'expliqu]1 p\r expliqu] qu'il ait lieu1 il faut bi5 une foi1 soit la foi religieuse1 soit la foi morale1 la foi kanti5ne4 ,guyau rpond cela d'abord1 loyalem5t et mode/em5t1 qu'il ne s'e/ pas engag rpondre t\t et que ce problme-ci n'a peut-tre pas de solution rationnelle et sci5tifique4--,il rpond ensuite que ce sacrifice e/ encore am\r de la vie en ce s5s que c'e/ prfr] une m9ute de vie int5se1 suprieure et magnifique une vie plate1 morne et tri/e4 ,il y a des heures o il e/ possible de dire la fois3 je vis1 j'ai vcu444 ,on peut conc5tr] une vie dans un mom5t d'am\r et de sacrifice4 ,voil qui e/ bi52 mais la raison qui fait que la vie se sacrifie a9si1 la raison qui p]suade la vie de se prfr] inf9im5t c\rte et inf9im5t int5se elle-mme longue et mdiocre1 voil ce qui n'e/ pas indiqu clairem5t4 --,je le dis1 c'e/ l'am\r de quelque *ose4 --,donc1 ce n'e/ pas la vie elle-mme1 et v\s ab&onnez votre pr9cipe4 --,c'e/ la vie trans=me en vie sociale1 trans=me en vie s5tim5tale1 trans=me en vie passionne1 trans=me en vie dang]euse et qui s'aime dang]euse2 c'e/ t\t cela p\ss un tel degr que1 non pas la mort1 mais la vie magnifique en une m9ute mortelle e/ accepte4 --,oui1 en somme c'e/ l'gsme trans=m en altruisme absolu4 ,c'e/ cette trans=mation1 quelque longue qu'en soit la prp>ation et l'volution 7hrditaire1 sculaire1 millnaire71 qui s]a t\j\rs trs difficile compr5dre4 ,dans le sy/me de ,guyau1 les actes d'hrosme re/5t t\j\rs ce que ,s*op5hau]1 d'un mot admirable1 disait qu'ils sont1 des miracles1 c'e/--dire des *oses impossibles et p\rtant relles4 ,j'aj\te que dans t\s les sy/mes1 plus ou mo9s prcism5t1 ils re/5t cela2 mais dans celui de ,guyau ils re/5t cela d'une manire en quelque sorte plus p>adoxale et plus provocante4 ,a la considr] en sa gnralit1 la morale de ,guyau a1 sans d\te1 ce beau mrite d'tre un gr& ef=t p\r sub/itu] une ralit quelque *ose qui p\rrait bi5 tre une illusion1 une illusion salutaire1 une illusion1 mme1 ncessaire p\r un temps1 mais qui p\rrait se dissip]1 auquel cas il ne re/]ait plus ri5 p\r dirig] l'homme4 ,qui sait1 en effet1 si la morale telle que les hommes l'ont envisage jusqu' prs5t n'e/ pas un art1 un art subtil--de qui8 on ne sait3 du ,dieu intrieur1 ou de la nature p\rsuivant ses f9s1 ou de la socit p\rsuivant ses f9s aussi--mais un art qui n\s sduit1 qui n\s trompe en n\s *>mant1 qui n\s fasc9e p> sa beaut p\r n\s faire faire quelque *ose que n\s ne f]ions pas de n\s-mmes8 ,n'e/-il pas vrai1 en effet1 que n\s sommes tromps de t\s les cts8 ,l'art n\s trompe1 la socit e/ artificielle1 la nature se j\e de n\s1 les yeux n\s tromp5t1 les oreilles n\s tromp5t444 ,a9si p>lait ,guyau en #ahhd4 ,v]s #ahfh ,ri*>d ,wagn]1 dans un petit trait de mtaphysique qu'il fit lire ,nietzs*e et qui sans d\te eut sur celui-ci une gr&e influ5ce1 et que ,guyau ne connaissait pas1 disait1 rajeunissant ,s*op5hau]3 ,la nature trompe ses cratures4 ,elle met en elles l'esprance d'un bonheur immuable et t\j\rs diffr4 ,elle leur donne des in/9cts qui oblig5t les plus humbles btes aux longs sacrifices1 aux pe9es volontaires4 ,elle cre le dv\em5t de la mre l'enfant1 de l'individu au tr\peau4 ,elle enveloppe d'illusions t\s les vivants et leur p]suade a9si de lutt] et de s\ffrir4 ,la socit doit tre entret5ue p> des artifices t\t semblables444 ,la morale1 envisage comme les hommes l'ont envisage jusqu' prs5t1 p\rrait donc tre un art sduisant et fasc9ateur1 une subtile et imposante dup]ie4 ,or1 si les hommes s'ap]cevai5t un j\r de cette tromp]ie dont ils sont l'objet1 ils p\rrai5t se rvolt] et sec\] l'illusion1 comme ,did]ot le leur conseillait1 comme ,nietzs*e va le leur conseill] dema94 ,mais si cette illusion je sub/itue une ralit1 et quelle ralit6 la vie elle-mme2 si je montre que la morale1 c'e/ la vie elle-mme1 que la vie c'e/ la morale1 que c'e/ la vie qui n\s p\sse de t\tes les faons1 en tant que vie proprem5t dite1 individuelle1 en tant que vie sociale1 en tant que vie intellectuelle1 en tant que vie mtaphysique1 si l'on peut dire a9si1 prcism5t cela que l'on a appel jusqu' prs5t le devoir2 si je montre que dsobir la morale c'e/ r5onc] sa vie elle-mme et commettre une espce de suicide plus ou mo9s c\rt1 plus ou mo9s l5t2 alors j'ai ratta* l'homme la morale p> des li5s non seulem5t d'aira91 mais de *air et qui sont inde/ructibles et qui s]ont t]nels4 ,a9si raisonnait ,guyau et cette ide au mo9s cont5ait un livre admirable4 ,seulem5t elle tait trop va/e p\r tre trs p]t95te4 ,considr] l'in/9ct mme de la vie comme tant la morale1 c'e/ t5dre tellem5t la morale qu'elle devi5t indi/9cte =ce d'tre comprh5sive4 ,que me conseille l'in/9ct de la vie8 ,il me conseille t\t4 ,il me conseille d'tre exubrant1 d'tre surabondant1 de m't5dre1 de me rp&re4 ,il me conseille de mettre en lib]t et en jeu t\tes mes passions2 c> en t\tes je me s5s vivre et trs n]giquem5t4 ,il me conseille l'am\r1 l'ambition1 l'avidit1 la conqute1 le vol1 le meurtre1 ceci peut-tre surt\t2 c> c'e/ l qu'il y a le plus de dang] et le plus de risque1 et v\s me montrez =t bi5 que c'e/ surt\t dans le dang] et le risque qu'on se s5t vivre4 ,il me conseille la piti1 la misricorde1 la *>it1 le dv\em5t1 le sacrifice2 c> l aussi je me s5s vivre et l aussi il y a dang] et risque4 ,il me conseille la prud5ce1 l'abngation1 le ret\r soi et en soi1 le ab/9e1 su/9e1 l'gsme mdiocre et mesqu91 les v]tus de tr\peau et de bte battue2 c> l aussi je me s5s vivre1 puisque l sont les moy5s de cons]v] la vie4 ,il me conseille la re*]*e des plaisirs modrs1 dlicats et gracieux1 sans dang]1 non sans *>me2 l'picurisme intellig5t1 l',eudmonisme bi5 compris2 c> cela aussi c'e/ vivre1 gt] la vie1 la sav\r]1 la prolong]1 et c>pe diem2 et voil que nunc et ,ari/ippi docte prcepta relabor4 ,t\t compte fait1 l'in/9ct de la vie a une morale qui consi/e conseill] t\tes les faons de vivre4 ,ce n'e/ pas une morale prcise4 ,c'e/ une morale qui a du tal5t et qui tr\ve la =mule d'elle-mme o elle aura t\t son tal5t et p\rra le dploy] t\t enti]2 ce n'e/ pas une morale qui ait la prcision qu'on dem&e une morale2 ce qu'on dem&e une morale tant gnralem5t quelle raison de vivre on doit *oisir entre les innombrables raisons de vivre4 ,l'ef=t de ,guyau1 s\v5t dissimul p> son gnie1 app>5t quelquefois1 cep5dant1 et s5sible1 a t prcism5t de montr] que1 p>mi les innombrables raisons de vivre1 celle surt\t que l'in/9ct de la vie conseille1 c'e/ celle qu'a t\j\rs conseille la morale traditionnelle2 et je le veux bi52 mais il ne le pr\ve pas beauc\p2 et p>ticulirem5t il ne pr\ve po9t du t\t1 il ne peut pas pr\v]1 qu'elle ne conseille que celle-l4 ,aussi facile qu'il a t ,guyau de pr\v] que l'in/9ct de la vie se confond avec la morale2 aussi facile il s]ait1 plus peut-tre1 de montr] que la morale e/ contre la vie et que1 s9on t\t ce que la vie conseille1 la morale en dissuade1 du mo9s la plup>t des *oses que la vie conseille1 la morale supplie de ne pas les faire4 ,l't]nel cri des femmes dans le ?tre franais de #ahhj-aiaj3 ,je veux vivre6 c'e/--dire3 ,je veux avoir des amants1 e/ c]ta9em5t une des aspirations de la vie int5se et ext5sive4 --,elle en a d'autres6 --,je n'en d\te po9t2 mais la diffr5ce entre celle-ci et les autres et la raison de prfr] les autres celle-ci1 c'e/ ce qui ne ressort pas expressm5t de l'admirable livre de ,guyau et ce qui ne p\vait pas en sortir4 ,se r5dant compte1 comme du re/e c'e/ son desse91 qu'il efface l'impratif catgorique1 la foi morale1 de l'esprit de l'homme1 et qu'il le remplace p> t\te la vie et qu'il met a9si la place d'un riqidum quid1 quelque *ose de s\ple et de multi=me1 ,guyau dcl>e avec f]met3 ,n\s acceptons1 p\r notre compte1 cette disp>ition1 et au lieu de regrett] de dplor] la v>iabilit morale qui en rsulte dans c]ta9es limites et l'on ne voit pas ces limites1 n\s la considrons au contraire comme la c>actri/ique de la morale future2 celle-ci1 sur c]ta9s po9ts et l'on ne voit pas ces po9ts p>ticuli]s1 et il semble bi5 que ce soit sur t\s1 ne s]a pas seulem5t autonomos1 mais anomos4 ,il me p>at bi5 que c'e/ cela mme4 ,elle s]a an>*ique4 ,selon les natures d'hommes1 selon les c>actres1 elle conseill]a ceci1 cela et autre *ose1 ce qu'on a appel jusqu'ici le bi51 ce qu'on a appel jusqu'ici le mal et l'int]mdiaire et t\s les int]mdiaires4 ,anomos1 c'e/ bi5 cela4 ,dans la morale les hommes *]*ai5t une loi2 la morale naturi/e n'enlve la morale que son c>actre de loi2 le g\v]nem5t des hommes re/e t\t ce qu'il tait except un g\v]nem5t4 ,cette fois la morale1 de l'aveu et de l'avis mme de l'auteur1 a bi5 donn sa dmission4 ,,*apitre ,v ,,la ,,morale ,,de ,,nietzs*e ,on sait qu'il e/ difficile de ram5] un sy/me soit ,nietzs*e t\t enti]1 soit une p>tie importante1 quelle qu'elle soit1 de la p5se de ,nietzs*e1 puisqu'il fut le p5seur le plus indp5dant1 mme de lui-mme4 ,on sait comm5t il travaillait1 t\t au mo9s p>tir de la tr5time anne4 ,exactem5t comme un j\rnali/e qui aurait du gnie4 ,il lisait1 rfl*issait1 se prom5ait et *aque mat9 crivait un article bref ou long1 c'e/--dire rdigeait la p5se qui l'avait le plus intress la veille4 ,qu& il y en avait de trois c5ts six c5ts1 mais la valeur d'un volume1 il ramassait les feuillets1 les relisait1 leur donnait un titre gnral qui1 quelquefois1 rpondait l'objet le plus s\v5t vis dans ces critures1 faisait un c\rt avant-propos p\r ju/ifi] approximativem5t le titre2 et publiait4 ,il a fait ses livres comme ,montaigne a fait le si54 ,il en rsulte qu'il s'e/ s\v5t contr$it et ,dieu m]ci1 c> s'il avait t5u vit] de se contr$ire1 il aurait retran* ou n'aurait pas rdig une f\le de p5ses admirables ou intressantes2 qu'il s'e/ s\v5t prom5 lo9 de lui-mme2 qu'il s'e/ s\v5t fui2 qu'il s'e/ s\v5t dpass et que ce qu'il tait prcism5t n'e/ pas ais savoir1 et que ce qu'il a p5s prcism5t n'e/ pas facile saisir4 ,t\tefois1 tant donn qu'on n'e/ jamais uniquem5t ce qu'on e/ surt\t1 mais qu'on e/ surt\t ce qu'on e/ d'ord9aire1 et qu'il n'y a pas de facult matresse1 except *ez les borns1 mais qu'il y a le plus s\v5t une facult prdom9ante2 et qu'il n'y a pas d'ide s\v]a9e1 except qu& il y a ide fixe1 mais qu'il y a le plus s\v5t une ide s\ti51 une ide port d'atta*e1 laquelle on se ramne t\j\rs aprs les explorations1 les reconnaissances et les alg>ades2 on peut trs bi51 p\r ,nietzs*e1 comme p\r ,montaigne ou ,r5an1 *]*]1 non dt]m9] le sy/me1 mais dml] le gr\pe des pr9cipales p5ses habituelles et p> consqu5t dirigeantes4 ,le fond de ,nietzs*e1 comme de ,guyau1 et voici une premire r5contre1 mais avec beauc\p plus de passion que *ez ,guyau1 c'e/ l'am\r de la vie int5se1 abondante1 fconde1 dploye1 magnifique et de la beaut qui rside dans cette magnific5ce et qui en rsulte4 ,le premi] mot que ,nietzs*e et crit s'il avait eu acc\tum de mettre un mot avant les autres1 et t sa p>odie du texte vanglique3 ,je suis v5u p\r qu'ils ai5t la vie1 p\r qu'ils l'ai5t plus abondante4 ,de l son am\r effrn p\r la ,grce antique1 p\r une ,grce antique qu'il se =ge du re/e de t\tes pices et qui tait ,dionysiaque1 c'e/--dire p]due du dsir de vivre et de manife/] la vie magnifique1 ivre d'n]gie cratrice et de beaut4 ,or1 ce qui con/itue la vie et ce qui fait de la beaut1 ce sont les in/9cts puissants3 volont de puissance1 de conqute et de dom9ation1 volont de =ce physique1 volont de sant1 volont d'allgresse1 volont de travail1 volont de prodigalit1 volont d'audace contre le malheur1 rsi/ance la faiblesse1 la s5sibl]ie1 la piti1 l'esprit d'galit et de ju/ice1 t\t ce qui arrte l'lan1 amollit1 rprime ou dprime4 ,or1 de t\s ces in/9cts puissants1 depuis ,socrate1 si l'on veut une date trs loigne1 depuis ,jsus si l'on en veut une plus rappro*e1 la morale traditionnelle e/ l'ennemie2 elle s'oppose eux1 elle les arrte1 elle les ref\le1 elle en mdit1 elle les maudit et elle les condamne comme des vices1 ou comme des t5dances crim9elles4 ,elle a fait un premi] r5v]sem5t des valeurs1 condamnant et humiliant t\t ce qui lve1 intronisant t\t ce qui dprime1 debell>e sup]bos et exalt>e humiles4 ,la morale n'e/ pas autre *ose et donc c'e/ un crime de lse-vie1 de lse-beaut et de lse-humanit4 ,elle e/ ess5tiellem5t contre-nature4 ,l'hi/oire naturelle et l'hi/oire huma9e la dmontr5t fausse3 l'hi/oire naturelle o dom9e et triomphe la =ce1 l'hi/oire huma9e o la =ce triomphe et dom9e2 si bi51 comme v\s l'avez rem>qu1 que les morali/es ne manqu5t pas1 p>ce qu'ils y sont bi5 =cs1 de dire que la beaut de la morale e/ prcism5t de di/+u] et sp>] l'homme de la nature et de *ang] le c\rs de l'hi/oire4 ,cela tant donn1 il faut d'abord p5dre t\s les morali/es1 c> la morale r5d l'homme prjudiciable lui-mme et elle m5t1 elle e/ la =me la plus maligne de la volont de m5tir1 la ,circ de l'humanit1 elle e/1 comme fait1 ce fait p\vantable que la contre-nature elle-mme a t vnre1 avec les plus gr&s honneurs1 s\s le nom de morale et qu'elle e/ re/e susp5due1 comme une loi1 au-dessus de l'humanit4 ,il n'e/ pas trs difficile 7et en effet cela e/ *ose faite depuis les propos des contradicteurs de ,socrate dans ,platon7 de dmontr]1 p\r a9si p>l]1 le mcanisme intrieur de cette ma*9e de gu]re contre la plus gr&e humanit1 comme dirai5t les ,anglais4 ,ceux qui ont expos la morale l'ont montre comme ce quoi t\tes les puissances de l'homme doiv5t t5dre comme leur d]nire f92 ils l'ont montre comme juge suprme de la connaissance1 des arts1 de l'action1 politique1 adm9i/rative1 belliqueuse et autre2 et c'e/--dire qu'ils ont subordonn1 ass]vi la morale t\tes les puissances de l'homme4 ,ceux qui ont inv5t la morale1 qui e/-ce8 ,ceux qui avai5t intrt ce que t\tes les puissances de l'homme fuss5t subordonnes et ass]vies la morale4 ,qui e/-ce8 ,le mdiocre1 que gn5t ceux qui sont suprieurs et exceptionnels2 le s\ffrant1 le d%rit1 le disgraci que gn5t et irrit5t ceux qui sont heureux2 la bte de tr\peau que gn5t1 irrit5t et exaspr5t ceux qui sont indp5dants1 autonomes1 =ts et glorieux4 ,la morale c'e/ donc la rvolte du plbeianisme contre l'ari/ocratie2 mais contre l'ari/ocratie naturelle1 celle de la =ce1 de l'intellig5ce1 de la volont1 de l'n]gie1 de la p]svrance1 des tal5ts4 ,c'e/ la rvolte de la plbe vgtative contre la vie puissante1 fconde et ri*e2 c'e/ la rvolte de la plbe contre l'humanit qui a t organise ari/ocratiquem5t p> la nature et contre la nature1 laquelle a organis ari/ocratiquem5t l'humanit4 ,e/-ce assez dire1 encore une fois1 que la morale e/ contre humanit et contre nature8 ,et e/-ce assez montr] 7si l'on pr5d moralit dans le s5s de cons]vation de ce qui e/ vrai1 bon et beau7 que la lutte de la morale contre les in/9cts fondam5taux de l'humanit e/ la plus gr&e immoralit qu'il y ait eue jusqu' prs5t sur la t]re8 ,a le pr5dre a9si1 et c'e/ le bi5 pr5dre1 on s'cri]ait3 ,je prie la morale qu'elle me fasse quitt] la morale1 comme matre ,eck>dt s'criait3 ,je prie ,dieu qu'il me fasse quitte de ,dieu4 ,du re/e1 cette morale immorale a ses sductions2 elle a su se donn] des sductions4 ,d'abord elle a su intimid] les rsi/ances ou les critiques2 on n'a pas os discut] cette autorit qui se faisait elle-mme et de sa grce autorit suprme et mme unique2 ensuite elle a su en?\siasm] c]ta9s esprits et mme un trs gr& nombre d'esprits4 ,elle e/ dev5ue la ,circ des philosophes1 de telle sorte qu'ils ont con/ruit leurs sy/mes s\s sa fasc9ation1 les uns p\r ab\tir elle1 les autres1 comme ,kant1 en p>tant d'elle et en organisant t\t selon ce qu'elle dem&ait1 po/ulait et exigeait2 t\s ayant au mo9s1 de son ct1 une proccupation incessante et obsdante4 ,c'e/ que1 aurait pu dire ,nietzs*e1 et c'e/ la vraie raison1 le vrai1 le beau et le bi5 que la morale combat1 elle a su adroitem5t les mettre app>emm5t en elle1 les faire voir en elle4--,elle a introduit cette ide ou ce s5tim5t que le vrai e/ ce que p5s5t la plup>t des hommes1 et n\s avons vu que la plup>t des hommes1 mdiocres1 s\ffrants1 d%rits1 disgracis1 btes de tr\peau1 croi5t la morale p>ce qu'ils l'ont inv5te et l'ont inv5te p>ce qu'elle leur s]t4--,elle a introduit cette ide ou ce s5tim5t que le bi5 ce n'e/ pas la vie abondante et surabondante1 mais la vie rgle1 discipl9e1 cont5ue1 rprime1 qui n'empite pas1 qui ne conqui]t pas1 qui ne fait pas de bruit et qui m>*e petits pas tranquilles4 ,v]tu1 c'e/ se t5ir tranquilles dans le m>cage4 ,elle a introduit cette ide ou ce s5tim5t1 et ce fut sa plus gr&e adresse1 que cela mme1 qui semble ,nietzs*e d'une laideur ineffable1 e/ d'une trs gr&e beaut1 que la lutte de l'homme contre ses in/9cts fondam5taux p\r les rprim] et les dompt]1 dem&e une trs gr&e n]gie1 et que cette n]gie e/ t\t ce qu'il y a de plus beau au monde1 que c'e/ un hrosme aussi ou plutt que l seulem5t e/ l'hrosme2 que c'e/ une sa9tet et que cette vaillance a aut\r du front une aurole4 ,ce sont les /oci5s qui ont inv5t cela et les *rti5s qui l'ont p]fectionn2 et c\tez le pote p> excell5ce de la morale traditionnelle1 le sublime pote des ides communes2 il s'crie3 ,eh bi51 non6 ,le sublime e/ en bas4 ,le gr& *oix ,e/ de *oisir l'affront4 ,de mme que p>fois ,la p\rpre e/ d%onneur1 s\v5t la fange e/ lu/re4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,la laideur de l'preuve en devi5t la beaut4 ,c'e/ ,samson ,gaza1 c'e/ pictte ,rome4 ,l'abjection du sort fait la gr&eur de l'homme4 ,plus de brume ne fait que c\vrir plus d'azur4 ,ce que l'homme ici-bas peut avoir de plus pur1 ,de plus beau1 de plus noble1 en ce monde o l'on pleure1 ,c'e/ *ute1 abaissem5t1 misre extrieure ,accepts p\r g>d] la gr&eur du d$ans4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,mme qu& ,prom?e e/ l1 ,job1 tu suffis ,p\r faire le fumi] plus haut que le ,caucase4 ,et du mom5t que la morale a su attir] elle1 mettre en elle ce qui1 avant elle1 si l'on peut a9si p>l]1 tait les gr&es raisons de vivre2 du mom5t qu'elle a pip l'homme en se donnant t\tes les app>5ces des nobles buts et des gr&es f9s de l'humanit1 elle avait p>tie gagne4 ,elle sduisait l'homme de t\s cts2 elle flattait ses p5*ants la modration1 la mdiocrit1 la p>esse1 ses in/9cts de bte de tr\peau1 en donnant t\t cela de favorables noms2 elle flattait ses in/9cts de vaillance et de gr&eur1 ses s5tim5ts du vrai1 du beau et du bi5 en lui p]suadant que t\s ces in/9cts d'animal d'lite tai5t en elle et susceptibles d'tre satisfaits p> l'obissance qu'on aurait p\r elle2 enf9 elle t5dait la ma9 l'hypocrisie1 si frqu5te *ez l'homme1 et qui consi/e se donn] t\tes les app>5ces de l'hrosme qu& on e/ un pleutre4 ,sur ce d]ni] po9t rem>quez ceci4 ,la morale a p\r pr9cipal (fice et p\r b pr9cipal de rprim] l'homme de vie int5se et surabondante et en mme temps de le trave/ir aux yeux des hommes en le faisant pass]1 quelques re/es d'hrosme qui re/5t en lui1 p\r un homme de vie modre et mdiocre4 ,mais--et voyez comme elle r5d des s]vices1 de honteux s]vices1 t\t le monde--elle trave/it aussi les croquants et leur donne figure d'honntes g5s1 voire mme1 comme cela app>aissait plus haut1 de demi-hros et de demi-surhommes3 ,l'homme nu e/ gnralem5t un honteux spectacle1 je veux p>l] de n\s autres1 ,europens4 ,supposons que les plus joyeux convives1 p> le t\r de malice d'un magici51 se voi5t s\da9 dvoils et d%abills1 je crois que1 du c\p1 non seulem5t leur bonne humeur disp>atrait1 mais encore l'apptit le plus froce en s]ait dc\rag4 ,il p>at que n\s autres ,europens n\s ne p\vons pas absolum5t n\s pass] de cette masc>ade qui s'appelle l'habillem5t4 ,mais n'y aurait-il pas les mmes bonnes raisons prconis] le dguisem5t des hommes moraux1 dem&] qu'ils fuss5t envelopps de =mules morales et de notions de conv5ance et que nos actes fuss5t favorablem5t ca*s s\s les ides du devoir1 de la v]tu1 du civisme1 du ds9tressem5t8 ,ce n'e/ pas la bte de proie qui se m>\fle a9si3 c'e/ en tant que btes dome/iques que n\s sommes un spectacle honteux et que n\s avons beso9 d'un trave/issem5t moral4 ,l'homme intrieur en ,europe n'e/ pas assez inquitant p\r p\voir1 desse9 d'tre beau1 se dvtir4 ,t\t au contraire l',europen se trave/it avec la morale1 p>ce qu'il e/ dev5u un animal infirme1 malade1 atrophi1 e/ropi1 un quasi-avorton4 ,ce n'e/ pas la frocit de la bte de proie qui pr\ve le beso9 d'un trave/issem5t moral2 mais la bte de tr\peau avec sa mdiocrit pr(onde1 et la peur et l'ennui qu'elle se cause elle-mme4 ,donc1 dans t\s les s5s et quel qu'il soit1 la morale sduit l'homme et le sduit p\r l'abt>dir et le c>esse en le dgradant4 ,l'homme qui p5se e/ un animal dprav1 disait ,r\sseau2 non2 c'e/ l'homme moral qui e/ un animal dgnr4 ,il y a c9q po9ts saillants dans l'volution hi/orique de cette morale4 ,socrate1 qui1 en donnant t\tes les *oses huma9es la morale comme leur d]nire f91 subordonne t\tes *oses huma9es la morale et p> consqu5t les dgrade t\tes2--,jsus1 qui1 en disant3 ,aimez votre pro*a9 comme v\s-mme2 aimez vos ennemis1 ne veut qu'une *ose1 dtruire la volont de puissance1 dvirilis] l'homme1 supprim] le hros2--le ,/ocisme1 qui fait de l'homme un tre qui s'ab/i5t et qui supporte1 donc un tre passif1 un quasi-mort2 l*et2 c> c'e/ m\rir p> peur de la mort1 accept] la mort p\r ne pas m\rir 7,tu t'loignes t\j\rs plus vite des vivants2 bi5tt ils vont te ray] de leur li/e6--,c'e/ le seul moy5 de p>ticip] aux prrogatives des morts4--,quelles prrogatives8--,ne plus m\rir472--la ,r=me1 qui fut une rvolte de la plbe en faveur des g5s c&ides1 intgres et sup]ficiels1 contre les hommes graves1 pr(onds1 contemplatifs1 fond pessimi/e2--la ,rvolution franaise avec son ,r\sseau1 cette t>5tule morale1 avec son ,kant1 disciple de ,r\sseau1 et son fanatisme moral1 avec son ,robespi]re1 disciple de ,r\sseau1 et son desse9 7disc\rs du #g ju9 #agid7 de fond] sur la t]re l'empire de la sagesse1 de la ju/ice et de la v]tu2 la ,rvolution franaise qui plaa df9itivem5t et sol5nellem5t le sceptre dans la ma9 de l'homme bon id e/ de la brebis1 de l'ne1 de l'oie1 et de t\t ce qui e/ incurablem5t plat et braill>d1 mr p\r la maison d'idiots des ides mod]nes4 ,cette sduction de la morale sur l'homme1 en t\s les s5s et quel qu'il soit1 ,nietzs*e lui-mme1 peut-tre sans s'en d\t]1 ce que du re/e je ne crois po9t1 c> il se d\tait de t\t1 en (fre un exemple4 ,il s'e/ dem& un j\r p\rquoi n\s *]*ons la vrit1 la vrit1 cette erreur1 je veux dire cette *ose qui e/ une erreur pratique1 cette *ose qui le plus s\v5t1 dans la pratique1 n\s dt\rne de l'action2 la vrit1 cette =me la mo9s efficace de la connaissance4 ,il s'e/ dem& p\rquoi n\s *]*ions la vrit1 et il s'e/ rpondu que ce p\rrait bi5 tre p> moralit4 ,n\s *]*ons le vrai4 ,p\rquoi8 ,sans d\te p\r ne pas n\s tromp] n\s-mme ou p\r ne pas tromp] les autres4 ,dans le premi] cas1 qu'e/-ce bi58 ,c'e/ la connaissance et la reconnaissance d'un devoir env]s n\s-mme3 il y va de ma dignit de ne pas tre dupe1 de ne pas me tromp] moi-mme2 cela e/ ess5tiellem5t s5tim5t moral4 ,dans le second cas1 qu'e/-ce bi58 la connaissance et la reconnaissance d'un devoir env]s les autres3 je ne dois pas m5tir2 qu& j'ai tr\v la vrit1 je dois la dire2 et c'e/ dj m5tir que de ne pas *]*] la vrit1 de peur1 qu& on l'aura tr\ve1 d'tre oblig de la publi]3 il n'y a que des devoirs dans t\tes ces ides et ri5 n'e/ plus nettem5t s5tim5t moral4 ,voyez-v\s cela1 qui e/ du re/e une m]veilleuse page psy*ologique1 voyez-v\s cette rduction1 ce ramnem5t du vrai au bi51 de l'in/9ct du vrai l'in/9ct du bi58 ,nietzs*e a subi1 volontairem5t sans d\te et en se j\ant1 mais enf9 il a subi1 si v\s prfrez il s'e/ p]mis lui-mme de subir un qu>t d'heure la sduction de la morale1 la fasc9ation de la morale1 les pre/iges de la morale4 ,il s'e/ dit3 qu& je *]*e le vrai1 moi immorali/e1 je suis un tre moral4 ,la morale lui a p]suad1 l'espace d'un mat91 qu'il faisait acte de moralit en *]*ant le vrai1 ce qu'il faisait t\te sa vie4 ,or ce n'e/ pas dmontr4 ,la re*]*e du vrai ne semble pas dp5dre d'un s5tim5t moral4 ,la re*]*e du vrai se propose l'homme comme un plaisir et s'impose lui comme un impratif4 ,elle se propose lui comme un plaisir1 et ici je ne me donn]ai pas beauc\p de pe9e1 puisque ,nietzs*e a dit lui-mme que c'e/ une =me de la volont de puissance4 ,qu'e/-ce qui fait que la connaissance e/ lie du plaisir8 ,d'abord avant t\t c'e/ qu'on y pr5d consci5ce de sa =ce1 p\r la mme raison p\r quoi les ex]cices gymna/iques1 mme sans spectateurs1 donn5t du plaisir4 ,secondem5t1 c'e/ qu'au c\rs de la re*]*e on dpasse d'anci5nes conceptions et leurs reprs5tants et l'on e/ va9queur1 ou au mo9s on croit l'tre2 troisimem5t1 c'e/ que p> une connaissance n\velle1 si petite qu'elle soit1 n\s n\s levons au-dessus de t\s et n\s n\s s5tons les seuls qui sa*ions la vrit sur ce po9t444 ,d'autre "p1 la re*]*e du vrai s'impose l'homme comme un impratif dans le s5s attnu1 un peu attnu1 que je donne ce mot4 ,elle lui dit un3 tu dois1 un3 4 ,elle lui dit3 ,n'y tr\v]ais-tu pas de plaisir1 et n'y tr\v]ais-tu que de la pe9e1 que des c\ps1 il faut *]*] le vrai et le dire qu& tu l'z tr\v4 ,la preuve1 c'e/ qu'on tr\ve le contraire honteux1 la preuve c'e/ qu'on tr\ve cynique le propos de ,font5elle3 ,si j'avais la ma9 ple9e de vrits1 je la ti5drais f]me2 la preuve et celle-ci me semble assez =te1 c'e/ qu'on pr\ve le beso9 de m\rir p\r la vrit1 comme p\r le devoir1 t\t aussi bi5 que p\r le devoir4 ,quelle e/ cette folie de m\rir p\r ce que l'on croit la vrit8 ,nietzs*e lui-mme l'explique quelque "p3 ,n\s ne n\s f]ions pas brl] p\r nos op9ions1 tant n\s sommes peu srs d'elles2 mais peut-tre p\r le droit d'avoir nos op9ions4 ,et c'e/ dire que n\s m\rrions p\r l'erreur1 ou du mo9s p\r affirm] le droit que n\s avons de n\s tromp]4 ,or ceci c'e/ l'affirmation de notre droit de *]*] la vrit1 cette erreur qu'on n\s repro*e p\vant tre la vrit et ayant t atte9te qu& c'tait la vrit que n\s *]*ions2 et c'e/ aussi l'affirmation de notre devoir de *]*] la vrit1 puisque n\s acceptons la mort plutt que d'av\] que n\s avons eu tort de *]*] le vrai4 ,le sacrifice e/ le crit]ium de l',impratif4 ,on voit donc bi5 que c'e/ un impratif qu'ici n\s avons affaire4 ,et cela e/ si vrai1 et sur ce qui suit ,guyau et ,nietzs*e se r5contr]ai5t1 que ,nietzs*e1 ailleurs1 proclame que la re*]*e de la vrit1 c'e/ t\t simplem5t le s5s de la vie1 ce n'e/ ri5 de mo9s que ce qui fait que la vie a un s5s3 ,j'ai bondi de joie qu& j'ai dc\v]t que la vie e/ un in/rum5t de la connaissance1 e/ l'in/rum5t de la connaissance2 et c'e/ alors qu'il a reconnu que la vie e/ intelligible4 ,devant cette d\ble affirmation1 qui semble bi5 tre une d\ble vrit1 que le vrai e/ le s5s de la vie et que le vrai n\s comm&e la mort1 ,guyau s]ait bi5 contra9t d'av\]1 ce qui ne lui dplairait du re/e nullem5t1 que l'appel du vrai e/ un quival5t du devoir4 ,j'ai fait cette longue digression1 du re/e intressante en soi1 peut-tre1 p\r montr] que ,nietzs*e lui-mme e/ trs capable de subir la fasc9ation de la morale jusqu' lui attribu]1 dont elle doit tre t\t heureuse1 telle *ose qui ne lui app>ti5t vraim5t pas1 qui ne ressortit pas elle et qui e/ cont5ue dans un autre impratif que le si54 ,repr5ons4 ,la morale en soi n'e/ donc qu'une mprisable adresse qu'ont inv5te les faibles p\r p>alys] les =ts2 c'e/ la tte de ,mduse aux ma9s des impuissants contre les bi5 d\s et aux ma9s des quasi-morts contre les vivants4 ,nietzs*e1 contre la morale1 cette d]nire religion1 use de la mme tactique que les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle 7qu'il mprise tant7 contre la religion4 ,p\r ceux-ci la religion a t inv5te p> des puissants qui v\lai5t ass]vir les faibles1 les r5dre plus faibles encore2 p\r ,nietzs*e1 la morale a t inv5te p> les faibles contre les puissants p\r leur enlev] leur =ce en leur tant la confiance dans la lgitimit de leur =ce4 ,qu& ,zeus1 dit ,homre1 fait d'un homme un esclave1 il lui enlve la moiti de son me4 ,en faisant les =ts esclaves de la morale1 les faibles leur ont enlev leur me t\t entire4 99 99 99 99 99 ,au c\rs de son volution1 la morale s'e/ donn comme des organes de su/5tation et d'alim5tation2 elle a po/ul le libre arbitre et elle a po/ul la sanction d'outre-tombe4 ,ce sont l des inv5tions logiques et du re/e1 tant donne la situation1 des inv5tions ncessaires2 mais ce ne sont que des inv5tions +nieuses4 ,le libre arbitre n'exi/e pas4 ,il e/1 comme ,sp9oza l'a bi5 vu1 l'illusion d'un tre qui se saisit comme cause et qui ne saisit pas comme effet4 ,creusons ceci3 ceci veut dire l'illusion d'un tre qui ne saisit pas dans ce qui le prcde et qui se saisit dans ce qui le suit1 qui ne saisit pas dans ce qu'il tait avant le mom5t actuel et qui se saisit dans le passage de lui au mom5t prs5t lui au mom5t d'aprs4 ,je me saisis v\lant te9dre la lampe et l'teignant2 non1 ou trs peu1 comme am5 p> un c]ta9 nombre de faits v\loir te9dre ma lampe4 ,mais p\rquoi8 ,p>ce que n\s sommes ns p\r l'action et t\j\rs jets en avant1 t\rns du ct d'en avant et non ret\rns du ct d'en arrire4 ,n\s vivons en avanant1 non en rtrogradant1 et c'e/ a9si que l'illusion de la lib]t n'e/ au fond que le s5tim5t de la vie et c'e/ p\r cela qu'il e/ si naturel4 ,n\s n\s saisissons1 la vrit1 dans ce qui prcde1 mais p> ef=t de mmoire et de rflexion1 ou plutt de mmoire rfl*issante2 mais c'e/ un ef=t4 ,l'homme qui croit1 sans une hsitation1 t\s les mom5ts de sa vie1 son libre arbitre e/ un t\rdi2 mais l'homme qui croirait sans cesse lui comme dt]m91 s]ait un tre qui ne vivrait que de rflexion et ce s]ait proprem5t un mon/re4 ,le libre arbitre e/ tellem5t bi5 une illusion que1 rem>quez bi51 n\s n'y croyons pas du t\t4 ,mais1 non6 n\s n'y croyons pas6 ,n\s n'y croyons que *acun p\r n\s et pas du t\t p\r les autres4 ,n\s disons sans cesse3 un tel1 tant donn son c>actre1 f]a cela4 ,et il le fait2 et qu& il ne le fait pas1 n\s n\s disons que3 ou n\s ne connaissions pas t\t son c>actre1 ou n\s ne connaissions pas telle ou telle circon/ance qui ont d pes] sur sa dt]m9ation4 ,et c'e/ trs probable et en t\t cas n\s ne croyons pas son libre arbitre4 ,la prt5due preuve1 tire p> les p>tisans du libre arbitre de la croyance mme1 indrac9able1 indiscussible1 que n\s aurions au libre arbitre1 s'van\it4 ,cela se voit bi5 p> nos tractations avec les crim9els en jugem5t4 ,p\r tr\v] un c\pable innoc5t l'avocat n'a qu' connatre sa vie3 il arriv]a1 p> cette connaissance dtaille1 se conva9cre absolum5t lui-mme que l'acte crim9el tait compltem5t ncessit p> t\s ses antcd5ts et que t\te culpabilit disp>at4 ,inv]sem5t le m9i/re public n'a qu' ne ri5 connatre de la vie du crim9el et1 se plaant devant le crime isol1 c\p de ses causes1 il le tr\v]a ce qu'il e/ exactem5t considr a9si1 une mon/ruosit dont la nature n'(fre pas d'exemple4 ,mais1 mme qu& il s'agit des autres1 plus =te raison1 ce que n\s avons expliqu1 qu& il s'agit de soi1 il faut p\r dissip] l'illusion du libre arbitre tre rfl*i4 ,c'e/ ce qui faisait dire ,s*op5hau]1 si bi53 ,la connaissance de la svre ncessit des actes huma9s e/ ce qui di/+ue les c]veaux philosophiques des autres4 ,p\r t\t c]veau vraim5t philosophique n\s sommes en prison1 n\s ne p\vons que n\s rv] libres1 et c'e/ ce que n\s faisons t\t le temps2 n\s ne p\vons pas n\s faire libres4--,cela e/ dur pr5dre2 mais il faut le pr5dre4 ,cela e/ si dur que quelques-uns se ret\rn5t2 et p> une contorsion trange1 un ge/e horrible1 et une affreuse grimace logique1 p5s5t a9si3 le mal e/ p>t\t et p]sonne n'e/ responsable2 donc c'e/ t\t qui e/ c\pable et responsable2 c'e/ ,dieu qui e/ le p*eur4 ,r5v]sem5t des responsabilits2 ,*ri/ianisme la tte en bas4 ,mais p\rquoi p5s] cela8 ,ni il n'e/ vrai que v\s soyez responsables1 ni il n'e/ vrai qu'il faille p\r cela que ce soit quelqu'un4 ,il n'y a pas de responsabilit2 il n'y a que de la ncessit1 et la d]nire diffr5ce entre les c]veaux philosophiques et les autres c'e/ que ceux-l ne veul5t pas jug] et dis5t comme le ,*ri/3 ,v\s ne jug]ez pas6 ,et il n'y a pas plus de sanction qu'il n'y a de libre arbitre4 ,s+ulire prt5tion des hommes1 la rcomp5se6 ,c'e/ de v\s1 v]tueux1 que je riais auj\rd'hui4 ,ils veul5t encore tre pays6 ,v\s v\lez encore tre pays1 v]tueux6 ,et ma9t5ant v\s m'en v\lez de ce que j'enseigne qu'il n'y a ni comptable ni rtributeur4 ,et en vrit je n'enseigne pas mme que la v]tu soit sa propre rcomp5se4 ,que votre v]tu soit id5tique votre moi et non quelque *ose d'trang]1 de suraj\t1 un pid]me ou un vtem5t4 ,v\s aimez votre v]tu comme une mre aime son enfant1 soit2 mais qu& donc a-t-on ent5du dire qu'une mre v\lt tre paye de son am\r8 ,la morale ne dem&e ri52 donc1 aussi1 ne po/ule ri54 ,diffr5ce encore des c]veaux philosophiques et des autres3 l'incrdulit de ceux-l p\r ce qui e/ de la signification mtaphysique de la morale4 ,voil donc la morale dtruite de fond en comble et rase pi$-d'uvre4 ,nietzs*e e/ bi5 ce qu'il a dit si s\v5t qu'il tait1 un pur et simple immorali/e4 99 99 99 99 99 ,non6 ,il n'e/ pas immorali/e3 #a p>ce qu'il s'occupe sans cesse analys] les diffr5tes morales1 m>que qu'au mo9s il y voit autre *ose qu'un effront m5songe dont il suffirait d'avoir montr qu'il e/ m5songe2--#b p>ce qu'il s'occupe s\v5t1 plus ou mo9s =mellem5t1 mais il s'y occupe1 tablir une hir>*ie des diffr5tes morales selon leur degr de noblesse1 et c'e/ peut-tre ici la clef de ,nietzs*e2--#c p>ce qu'enf9 il admet comme pratique et ncessaire une c]ta9e morale2 et en trace une autre que1 p]sonnellem5t1 il admire1 qu'il vnre et dont il e/ en?\sia/e4 ,il s'occupe sans cesse analys] les diffr5tes morales2 c'e/ la p>tie critique et non plus seulem5t discrim9atrice de son uvre1 et cela il a une curiosit infatigable4--,il s'ap]oit que t\s les hommes croi5t avoir quelque "p la v]tu et que p\r le mo9s t\s veul5t se connatre en bi5 et en mal4 ,il y a la morale des enfants et p> consqu5t des temps primitifs de l'humanit2 elle e/ t\te dans l'ide de punition et de rcomp5se4 ,ils veul5t tre pays et ils veul5t que ceux qui n'excut5t pas le comm&em5t ne soi5t pas pays et pay5t4 ,il y a la morale des p>esseux1 des non*alants1 des mes en b\illie1 comme dit le prsid5t ,roosevelt4 ,ils appell5t v]tu l'indol5ce de leur vice trop faible p\r agir2 qu& leur ha9e et leur jal\sie s'tir5t les membres ont une vellx d'agir1 leur ju/ice se rveille p\r les arrt] et se frotte les yeux ple9s de sommeil4 ,c'e/ la morale des btes de m>cage4 ,au fond c'e/ la morale gnrale1 telle que1 depuis ,socrate1 les faibles la pr*5t aux =ts et l'atta*5t aux =ts comme un remords4 ,la ,ro*ef\cauld a fait de la p>esse une analyse ce po9t de vue1 si ju/e qu'une bte de tr\peau tr\v]a c]ta9em5t que cette p>esse-l e/ t\te une morale1 et excell5te4 ,il y a une morale qui e/ c\tume1 habitude4 ,il en e/ qui sont semblables des p5dules qu'on remonte3 ils font leur tic-tac et ils veul5t qu'on appelle le tic-tac v]tu4--,au fond ceci e/ la morale sociale3 l'individu reoit le m\vem5t de la socit qui l'environne1 il e/ remont t\s les j\rs p> l'exemple1 les conv]sations et les conv5ances2 en t\tes *oses il e/ de l'avis qu'on lui donne2 et il e/ trs rguli]4 ,c'e/ une bonne montre4 ,il e/ d'autres hommes p\r qui la v]tu e/ une contra9te prolonge1 une rpression cont9uelle4 ,il en e/ qui s'avanc5t l\rdem5t et en gr9ant comme des *>iots qui port5t des pi]res v]s la valle444 ils dis5t3 n\s ne mordons p]sonne et n\s vitons celui qui veut mordre2 ils p>l5t beauc\p de dignit et de v]tu4 ,c'e/ leur fre9 qu'ils appell5t v]tu4--,ceux-ci1 je p5se ne po9t me tromp]1 sont les /oci5s4 ,ab/9e1 su/9e4 ,dignit huma9e1 le mo9s d'action possible4 ,il y a une morale de peur et de tremblem5t1 d'humilit mle de t]reur3 ,il en e/ de qui la v]tu s'appelle un spasme s\s le c\p de f\et444 ,ils dis5t3 ,t\t ce que je ne suis pas e/ p\r moi ,dieu et v]tu4--,c'e/ la morale des religions troites et de t\tes les religions ent5dues troitem5t4 ,l'tre huma9 y e/ comme cras s\s son indignit et s\s la t]reur1 et sa v]tu e/ la conviction o il e/ qu'il lui e/ impossible d'avoir une v]tu4 ,a l'inv]se il y a une morale d'orgueil3 ,d'autres sont fi]s d'une p>celle de ju/ice2 et cause de cette p>celle ils blasphm5t t\tes *oses4 ,qu& ils dis5t3 je suis ju/e1 cela sonne t\j\rs comme3 je suis v5g4 ,ils veul5t crev] les yeux de leurs ennemis avec leur v]tu et ils ne s'lv5t que p\r abaiss] les autres4--,morale des ,ph>isi5s de t\s les temps1 dont la v]tu se ravive de la contemplation et du mpris du vice des autres1 si bi5 que sans ce vice elle ne s]ait po9t1 qu'elle se n\rrit du vice mme et qu'elle a beso9 de la crim9alit gnrale et qu'elle po/ule la p]v]sit univ]selle4 ,un humori/e dirait3 ,il faut bi5 que je sois vicieux2 quel plaisir aurai5t les v]tueux sur la t]re1 et quelle rcomp5se1 si je ne l'tais pas8 ,il y a une morale1 non pas mme sociale1 mais politique1 la morale sociale s'inspirant au mo9s du bi5 ou du correct qu'elle voit aut\r d'elle1 la morale politique ne voyant dans la morale qu'une mesure gnrale de bonne adm9i/ration et de bon ordre3 ,il en e/ encore qui croi5t qu'il e/ v]tueux de dire3 la v]tu e/ ncessaire2 mais au fond ils ne croi5t qu'une *ose1 c'e/ que la police e/ ncessaire4--,ceci e/ la morale de ,voltaire et des ,voltairi5s1 qui sav5t bi5 qu'il n'y a jamais assez de g5d>mes ici-bas et qui po/ul5t un ,dieu v]tueux1 rmunrateur et v5geur p\r complt] la m>*ausse4 99 99 99 99 99 ,ailleurs1 considrant les morales en face des passions1 ,nietzs*e c>actrise *acune selon sa manire propre de combattre les passions ou de compos] avec elles4 ,les morales ne sont alors que des conseils1 mls de sagacit et de btise1 donns l'individu p> rapport au degr de pril o l'individu vit avec lui-mme4 ,et voici la morale /oci5ne1 qui inocule comme un remde une froideur de m>bre oppose l'imptuosit des apptits4 ,sorte de sugge/ion procurant une raideur cataleptique4 ,voici la morale sp9ozi/e1 qui veut procur] un tat sans rire et sans l>mes1 une sorte d'at>axie en dtruisant les passions p> l'analyse et la vivisection qu'on en fait4 ,gr&e navet1 dit ,nietzs*e1 qui ne laisse pas d'avoir tort p>tiellem5t2 c> c'e/ du mo9s quelque *ose1 p\r m\ss] les passions1 que de les mani]1 p\r les dome/iqu] que de les reg>d] en face et1 sans tant de mtaphores1 que de les analys] p\r se donn] du sang-froid4 ,le sang-froid acquis1 il y aurait bataille gagne4 ,incl9] au sang-froid en donnant le gt de l'analyse e/ trs adroit4 ,on sait que celui qui s'obs]ve au mom5t mme o il cde la passion n'a pas en r$\t] les gr&s dsa/res4 ,le mot populaire3 obs]vez-v\s1 e/ d'une psy*ologie excell5te4 ,voici la morale ari/otlique-- vrai dire je ne reconnais pas trs bi5 ,ari/ote dans cette morale-l2 c'e/ ma faute sans d\te--qui consi/e abaiss] les passions un niveau in(f5sif o elles p\rront tre satisfaites sans inconvni5t4 ,voici la morale--bi5 plus ari/otlique celle-ci1 ce me semble1 mais peu importe--qui consi/e j\ir des passions en les transposant1 en les spiritualisant1 en j\issant1 p> exemple1 de l'am\r dans la musique1 de la piti et de la cra9te dans la tragdie1 de l'am\r dans l'am\r de ,dieu ou dans l'am\r des hommes p> am\r de ,dieu4 ,voici la morale plus qu'picuri5ne1 ari/ippique peut-tre1 celle de d',hafiz1 d',horace et de ,g! qui veut qu'on j\isse vraim5t1 spirituellem5t et corporellem5t des passions-- l'usage seulem5t de ces vieux orig9aux1 ivres et sages1 *ez qui les dang]s ne sont plus gure dang]eux4 ,t\t cela du re/e ne vaut pas gr&'*ose1 ne vaut que p> le tal5t qu'on met en disc\rir et n'e/ gure1 avec diffr5ts aspects1 que la morale s\s =me de timidit4 99 99 99 99 99 ,la morale *rti5ne e/ bi5 autre *ose4 ,sans d\te elle e/ en son fond1 comme la morale socratique1 la rvolte insidieuse des faibles contre les =ts1 le ds>mem5t des =ts p> les faibles p]suadant aux =ts d'tre comme les faibles1 tant1 dev5us tels1 ils s]ont beaux2 et comme v\s v\drez selon votre humeur1 c'e/ eritis sicut ,dii1 ou c'e/1 mais qui russirait1 le r5>d ayant la queue c\pe4 ,ceci e/ ce qu'il y a de commun t\tes les morales2 mais1 p> un aff9em5t du reg>d psy*ologique1 le ,*ri/ianisme a bi5 compris la vanit des in/9cts bons que la morale jusqu' lui1 et aut\r de lui1 attribuait l'homme4 ,la morale niait la bont des in/9cts g/es1 empitants1 conqurants1 dom9ateurs2 elle proclamait et clamait la bont des in/9cts altrui/es1 d\x1 modrs1 mode/es et *>itables4 ,le ,*ri/ianisme a dcl> que1 depuis la *ute1 l'homme e/ mauvais t\t enti]1 que ses in/9cts g/es sont mauvais1 mais que ses in/9cts altrui/es sont faux2 que l'acte ds9tress n'e/ pas possible2 que p> consqu5t1 en d]nire analyse1 t\t se vaut4 ,le ,*ri/ianisme a compris l'id5tit complte des actions huma9es et leur galit de valeur dans les gr&es lignes3 elles sont t\tes immorales4 ,nietzs*e ici voit ju/e2 mais incompltem5t2 il aurait fallu qu'il aj\tt3 et1 cause de cela1 le ,*ri/ianisme a s5ti la ncessit de la grce2 il a s5ti que l'homme1 tant t\t mauvais1 ne p\vait avoir de bon que le dsir d'tre bon1 qu' ce dsir rpond le sec\rs de ,dieu1 qu'avec ce sec\rs l'homme *appe au mal2 et que ceci1 bi5 plus que l'impratif catgorique po/ulant ,dieu1 tablit entre ,dieu et l'homme le li5 troit1 t\j\rs *]*4 ,la signification mtaphysique de la morale p\r le *rti51 c'e/ ceci3 incapable de bi5 et dsirant le bi51 je conclus de cela mme que quelqu'un1 qui m'a donn le dsir du bi51 m'aid]a en tre capable1 et qu& j'en suis capable1 p>ce que c'e/ un miracle1 je sais bi5 qui je dois d'en tre capable4 99 99 99 99 99 ,qu& il se place en face du s5s moral considr comme morale sociale1 ,nietzs*e le considre comme un app>5t ds9tressem5t1 dont la g5se doit tre celle-ci3 deux peuplades sont en gu]re p]ptuelle2 une ti]ce puissance qui semble n'avoir ri5 cra9dre des deux premires1 en laissant ent5dre *acune de celles-ci qu'elle se mettra du ct de la premire qui romprait la paix1 les fait vivre en paix t\tes les deux2 les deux peuplades autrefois belliqueuses retir5t de la paix des avantages imm5ses2 elles en sont reconnaissantes la ti]ce puissance et l'admir5t de ce qu'elle a fait du bi5 sans intrt2 elle avait un trs gr& intrt la *ose1 mais inapp>5t1 p>ce qu'il tait loign2 et c'e/ cet intrt inapp>5t qui e/ un ds9tressem5t app>5t4 ,or ce qu'on suppose comme s'tant pass entre trois peuplades1 peut tre suppos comme s'tant pass entre trois p>ties d'une cit4 ,la morale sociale c'e/ la pratique d'un gsme l>gi et d'un gsme long t]me1 qui1 p>ce qu'il e/ l>gi et long t]me1 ne p>at pas et s'appelle ds9tressem5t4 ,je suis bon citoy51 c'e/--dire je sacrifie t\s les j\rs quelque *ose de mon intrt actuel en vue d'un trs gr& intrt futur qu'on ne voit pas p>ce qu'il e/ lo92 mais que je vois p>ce que je suis intellig5t4 ,autre g5se1 trs analogue la prcd5te et qui s'e/ t\j\rs confondue avec elle3 la morale e/ d'abord et uniquem5t le moy5 de cons]v] la communaut et de la cons]v] un c]ta9 degr de cohsion et de =ce qu'elle a atte9t4 ,p\r cela esprance et cra9te1 esprance du ciel1 cra9te de l'enf]2 plus t>d surlvation du g\v]nem5t de la cit1 sup]position1 au g\v]nem5t de la cit1 d'un g\v]nem5t cle/e1 ,dieu ou ,dieux1 qui comm&e ou qui comm&5t ceci et cela4--,plus t>d 7simple transposition7 comm&em5ts d'un ,dieu intrieur qui e/ la consci5ce 7tu dois7 avec accord1 si l'on y ti5t1 de ce ,dieu intrieur avec le ,dieu cle/e4--,peuv5t v5ir ensuite1 aff9em5ts et probablem5t aussi alanguissem5ts des conceptions prcd5tes1 une morale de p5*ant et de gt1 d'o l'ide de comm&em5t a disp>u2 et enf9 p>fum du vase vide1 dirait ,r5an1 une morale d'intellig5ce1 c'e/--dire l'tat d'un homme qui e/ au dessus ou qui e/ dgag des motifs illusionnaires de la morale1 mais qui s'e/ r5du compte que longtemps il n'a pas t possible l'humanit d'en avoir d'autres2 et qui1 p> respect de la portion de l'humanit qui les a encore1 fait comme s'il les avait et se conduit exactem5t comme s'ils l'inspirai5t1 ce qui e/ une manire1 dans la pratique1 de leur obir4 ,t\t cela1 s\s des =mes si div]ses et des aspects si diffr5ts1 c'e/ t\j\rs le ds9tressem5t app>5t1 l'intrt de la cit s'imposant l'individu et lui montrant plus ou mo9s brutalem5t1 plus ou mo9s dlicatem5t1 qu'il e/ le si52 l'intrt de la cit s5ti p> l'individu comme intrt p]sonnel4 99 99 99 99 99 ,voil ce que j'appelais ,nietzs*e analysant objectivem5t les diffr5tes morales4 ,il e/ dj videmm5t mo9s objectif qu& il hir>*ise les morales et c'e/ ce qu'il fait trs s\v5t2 c'e/ dj ce qu'il s'a*em9ait faire dans la d]nire analyse que n\s avons rapporte de lui2 c'e/ ce que n\s allons le voir faire trs nettem5t4 ,t\t au bas il y a la morale des animaux4 ,les animaux ont une morale trs nette et assez complexe4 ,en quoi consi/e la morale lm5taire8 ,se connatre p\r se conduire4 ,se conduire1 qu'e/-ce8 ,ne pas vivre dans le mom5t prs5t2 calcul] ce que l'acte ou le non-acte d' prs5t aura de consqu5ces p\r t\t l'heure et mom5ts suivants1 p\r dema9 et j\rs suivants4 ,g\v]n] c'e/ prvoir1 dis5t les hommes d'tat2 se g\v]n] c'e/ prvoir1 dit le morali/e4 ,or les animaux se connaiss5t p\r se conduire et se conduis5t avec calcul4 ,l'animal obs]ve les effets qu'il ex]ce sur l'imag9ation des autres animaux et appr5d a9si faire un ret\r sur lui-mme1 se considr] objectivem5t1 possd] en une c]ta9e mesure la connaissance du moi4--,qu'e/-ce 7p> suite7 que la morale lm5taire8 ,c'e/ ne pas se laiss] tromp] p> soi-mme1 c'e/ lutt] contre soi-mme en vue de la scurit1 c'e/ se dom9]4 ,l'animal connat cela3 ne pas se laiss] g>] p> soi-mme1 c\t] avec mfiance les incitations de ses apptits1 demeur] mfiant l'g>d de soi1 comme un /oci51 tir] la dom9ation de soi du s5s de la ralit1 ce qui e/ la sagesse mme1 t\t cela l'animal l'ent5d l'gal de l'homme4 ,qu'e/-ce que la morale sociale lm5taire et mme plus qu'lm5taire8 ,s'aju/]1 s'accommod] au milieu1 s'assimil] aux ent\rs4 ,p\rquoi8 ,p\r ne pas heurt] et c'e/--dire p\r ne pas se heurt]4 ,l'animal le fait3 ils appr5n5t se dom9] et se dguis]1 au po9t que c]ta9s d'entre eux p>vi5n5t assimil] leur c\leur la c\leur de leur ent\rage1 simul] la mort1 adopt] les =mes et les c\leurs d'autres animaux1 ou encore l'aspect du sable1 des feuilles1 des li*5s ou des ponges444 ,morale sociale1 et p\sse trs lo94 ,et ,nietzs*e ne p>le que des animaux qui ne viv5t pas en socits animales4 ,*ez ceux qui viv5t en socit1 on tr\ve non seulem5t des in/9cts moraux1 mais des v]tus4 ,et il ne p>le pas des animaux dome/iques qui1 non seulem5t s'adapt5t une socit qui n'e/ pas la leur1 mais encore acquir5t1 et l'g>d d'une espce qui n'e/ pas la leur1 des v]tus extraord9aires4 ,donc au bas la morale des animaux1 esquisse dj prcise de t\te une gr&e p>tie de la morale de l'homme4 ,plus haut e/ cette morale huma9e1 qui consi/e--la rem>que e/ trs f9e--simplem5t se considr] comme suprieur aux animaux4 ,elle e/ vague1 elle e/ flottante2 elle e/ =te cep5dant et e/ peut-tre l'orig9e et le g]me de t\te morale huma9e4 ,la bte qui e/ en n\s a beso9 d'tre trompe2 la morale e/ un m5songe ncessaire p\r que n\s ne soyons pas d*irs p> elle4 ,sans les erreurs qui rsid5t dans les donnes de la morale1 l'homme s]ait re/ animal ou plutt s'il n'y avait pas d'animaux l'homme s]ait un animal4 ,mais de cette faon il s'e/ pris p\r quelque *ose de suprieur et s'e/ impos des lois plus svres4 ,en un mot1 l'animalit e/ une condition de la moralit huma9e4 ,il e/ regrettable que ,nietzs*e n'ait nulle "p1 ma connaissance1 dploy t\te cette ide qui e/ d'une importance incomp>able4 ,sont reprs5tants p>mi n\s de cette premire moralit lm5taire qu'on p\rrait appel] l'extra-be/ialit1 les hommes viol5ts1 cruels1 mais susceptibles d'avoir honte quelquefois de leur viol5ce et de leur cruaut1 ceux dont ,nietzs*e dit qu'ils sont des grad9s des civilisations antrieures qui ont subsi/1 des arrirs1 qui n\s montr5t ce que n\s fmes t\s et de quoi n\s sommes p>tis4 ,au-dessus de la morale qui n'e/ qu'extra-be/ialit1 vi5t la morale qui consi/e sacrifi] le mom5t prs5t au mom5t futur et prvu et se g\v]n] en consqu5ce3 ,le premi] signe que l'animal e/ dev5u homme e/ qu& ses actes ne se rapport5t plus au bi5-tre mom5tan1 mais des *oses durables1 lorsque p> consqu5t l'homme re*]*e l'utilit gnrale1 l'appropriation une f92 c'e/ la premire closion du libre g\v]nem5t de la raison#g4 #g ,nietzs*e crit ceci en #ahgg 7,huma91 trop huma974 ,quelques annes plus t>d1 en #ahhj 7,aurore71 il crit ce que n\s avons cit plus haut1 que les animaux eux-mmes ont cette morale2 et il e/ bi5 plus dans le vrai4 ,mais sa gradation re/e d'ailleurs la mme3 il suffit de lire ici3 le premi] signe que l'animal t5d v]s l'homme444 ,a un degr suprieur n\s tr\vons la morale qui consi/e agir selon les sductions de l'honorabilit3 ,l'homme veut tre honor1 et il honore et c'e/--dire qu'il conoit l'utile d'autrui comme dp5dant de son op9ion sur autrui et l'utile si5 comme dp5dant de l'op9ion d'autrui sur lui4 ,dans cette p5se il se discipl9e2 il se s\met des s5tim5ts communs1 non seulem5t il s'adapte au milieu1 mais il le considre comme un juge dont il veut tre e/im et il se considre comme juge qui doit tre tel que les autres ti5n5t tre e/ims p> lui4 ,il y a une sorte de mutualit de re*]*e de l'e/ime4 ,en cet tat comm5ce ce que les hommes appell5t ds9tressem5t1 c'e/--dire l'acte p> lequel l'homme fait remont] son intrt une s\rce trs leve1 l'acte p> lequel l'homme voit son intrt en ret\r3 je sacrifie mon plaisir au plaisir qui me revi5dra de l'e/ime que me montr]ont les hommes p\r avoir sacrifi mon plaisir4 ,au-dessus encore il y a1 p> c]titude acquise de l'honnte1 suppression de la considration de l'e/ime publique4 ,l'homme moral agit d'aprs sa propre mesure des *oses2 c'e/ lui qui dcide ce qui e/ honorable et ce qui e/ utile2 il e/ une sorte de lgislateur moral#h4 ,au fond il s'e/ sub/itu la cit et il la s5t et il la porte en lui4 ,ce que la socit posait en maxime1 c'e/ lui qui le pose4 ,il vit et agit en individu collectif4 ,son degr de ds9tressem5t 7n'y ayant pas de ds9tressem5t absolu7 e/ trs haut4 ,lui aussi voit son intrt en ret\r2 mais p> un c\rt circuit3 je sacrifie mon plaisir au plaisir de sacrifi] mon plaisir4 #h ,nietzs*e a-t-il su que ceci e/ de l',ari/ote8 ,si un citoy5 a une telle supriorit de mrite qu'on ne le puisse comp>] p]sonne il ne faudra plus le reg>d] comme faisant p>tie de la cit444 ,on voit bi5 que les lois ne sont ncessaires que p\r les hommes gaux p> leur naissance et leurs facults2 p\r ceux qui s'lv5t ce po9t au-dessus des autres1 il n'y a po9t de loi2 ils sont eux-mmes leur propre loi 7,politique1 ,,iii1 #h74 ,enf9 plus haut encore se plac]ait une morale sans int5tion1 qui ne se raisonn]ait pas et qui n'aurait pas consci5ce d'elle-mme4 ,trois /ades dans l'volution de la morale3 ,il y a eu une morale qui jugeait les actes p> leurs consqu5ces4 tait bi5 ce qui avait eu un bon rsultat1 quelle qu'et t l'int5tion de cet acte2 effet rtroactif du succs ou de l'insuccs sur le jugem5t port] et port sur l'action4 ,il y a--r5v]sem5t de la p]spective--une morale qui juge des actes1 non en eux-mmes1 non p> leur effet1 mais p> leur orig9e1 p> l'int5tion d'o il p>at qu'ils sont sortis4 ,il y aura peut-tre une morale qui ne ti5dra compte ni de l'effet ni de l'int5tion1 considrant l'int5tion comme un signe qui ne signifie ri54 ,qui ne signifie ri51 p>ce qu'il a un trop gr& nombre de s5s1 et diffr5ts1 t\s susceptibles d'int]prtations multiples et d\teuses4 ,qui ne signifie ri51 aussi1 peut-tre1 p>ce que dans int5tion il y a t\j\rs esprance et que ce qui e/ int5tionnel ne peut pas tre ds9tress4 ,on s'ap]cevra peut-tre que l'acte int5tionnel e/ un acte ess5tiellem5t consci5t et que l'acte consci5t n'e/ pas d'une moralit pure4 ,t\t ce qui e/ int5tionnel1 t\t ce qui e/ prmdit1 t\t ce qui dans l'acte e/ s5sible1 vu1 su1 t\t ce qui en vi5t la consci5ce1 fait encore p>tie de la surface1 de sa peau1 qui1 comme t\te peau1 ca*e bi5 plus de *oses qu'elle n'en rvle4 ,on s\ponn]a que c'e/ ju/em5t ce qu'il y a de non int5tionnel1 de naf1 d'+nu1 de spontan dans l'acte qui lui prte une valeur dcisive1 qui lui laisse sa valeur pure4 ,ce p>-del la morale1 cette morale dpasse et surmonte va peut-tre tre dema9 la vraie morale1 celle o s'adonn]ont les consci5ces les plus loyales et les plus dlicates4 ,il e/ trs curieux que ,nietzs*e ici1 dans une des plus belles pages qu'il ait crites et des plus pr(ondes1 rejo9t ,kant1 mo9s que je n'ent5de ri5 du t\t1 ce qui e/ possible1 ce passage4 ,c> enf9 l'acte moral spontan1 naf1 +nu1 non int5tionnel1 l'acte moral impulsif1 l'impulsivit morale1 qu'e/-ce autre *ose que la morale qui ne donne pas ses raisons et qui n'en dem&e pas1 qu'e/-ce autre *ose que le ,tu dois8 ,l'acte moral inspir p> le ,tu dois e/ consci5t1 je le reconnais2 mais il n'e/ consci5t qu' se reconnatre naf1 +nu et impulsif4 ,il n'e/ consci5t qu' se reconnatre spontan4 ,il n'e/ consci5t qu' se voir jaillir de l'inconsci5t4 ,il ne sait pas et il ne veut pas savoir ses p\rquoi1 ses de quoi1 ses comm5t et ses en vue de quoi4 ,il e/ p>ce qu'il e/ et p>ce qu'il doit tre4 ,c'e/ bi5 l'acte qui prcism5t son non int5tionnel et son non dlibr prt5t1 donn5t sa valeur4 ,c'e/ bi5 l'acte surmoral de ,nietzs*e4 ,l'impratif en lui-mme 7sans t5ir compte de la sanction que ,kant a dit plus t>d qu'il po/ule7 e/ exactem5t1 ou1 l'on en convi5dra1 bi5 peu prs1 le surmoral de ,nietzs*e4 ,celui-ci en convi5drait sans d\te et que c'e/ ce qui fait que l'inv5tion ?ique de ,kant e/ une trs gr&e hauteur et le comm5cem5t au mo9s du troisime /ade4 ,il y a eu1 il y a1 il y aura444 ,kant t\t au mo9s a inaugur le ,il y aura4 ,t\j\rs e/-il que ,nietzs*e1 le considr] seulem5t qu& il esquisse1 ici ou l1 une hir>*ie des morales1 semble rv] une morale sans obligation1 sans sanction et sans int5tion4 99 99 99 99 99 ,et enf9 ,nietzs*e1 d'une faon malheureusem5t trs incomplte1 a trac le plan d'une morale deux tages en quelque sorte1 il a indiqu deux morales1 dont il ab&onne l'une ceux qui ne peuv5t pas se hauss] jusqu' l'autre1 celle-ci re/ant videmm5t la si5ne4 ,la morale du rez-de-*ausse1 c'e/ prcism5t cette morale traditionnelle depuis ,socrate1 qu'il a crible de tant d'pigrammes et qu'il a crase de tant de mpris2 c'e/ la morale des esclaves1 la morale des btes de tr\peau1 la morale des t>5tules2 c'e/ la morale de la modration dans les dsirs1 de la pati5ce1 de la d\ceur1 de la rsignation1 de l'acceptation1 de la tranquillit1 du labeur rguli] et m\2 c'e/ la morale de l'eng\rdissem5t de t\tes les passions vives2 c'e/ la morale du m>cage1 mo9s la gr5\ille qui se veut faire aussi grosse que le buf4 ,cette morale p\r ,nietzs*e e/ nausabonde2 mais1 non seulem5t il convi5t qu'elle si$ la majorit des hommes1 mais il affirme qu'ils doiv5t la pratiqu]4 ,l'impratif de la plup>t des hommes c'e/ la volont d'impuissance4 ,l'impratif de la plup>t des hommes c'e/ un /ocisme passif4 c\tez le pdant morali/e que ,nietzs*e met en scne et qui n'e/ autre1 rvr5ce p>l]1 que lui-mme4 ,il v\s enseign]a qu'il e/ moral qu'il ait plusieurs morales et t\t au mo9s qu'il y en ait deux2 que les morales1 en quelque nombre qu'elles soi5t1 doiv5t s'accommod] de la hir>*ie1 et c'e/--dire non pas de la hir>*ie sociale1 mais de la hir>*ie naturelle2 que1 puisqu'il y a plusieurs natures huma9es1 contrairem5t l'op9ion de ces philosophes qui ont connu l'homme au s+uli]1 ce qui faisait rire de ,mai/re1 lequel avait connu des hommes1 mais l'homme jamais1 il faut aussi qu'il y ait plusieurs morales1 c'e/--dire plusieurs rgles de conduite appropries la pluralit des natures2 que1 puisque1 malheureusem5t peut-tre1 la nature a organis l'humanit ari/ocratiquem5t1 faisant des hommes =ts et des hommes faibles et des intellig5ts et des imbciles1 il e/ expdi5t qu'il y ait une rgle p\r les uns1 trs respectable1 et une rgle p\r les autres1 respectable galem5t3 ,en un mot1 disait un pdant morali/e1 m>*& de futilits444 il s'agit t\j\rs de savoir qui e/ celui-ci et qui e/ celui-l4 ,p\r celui1 p> exemple1 qui aurait t de/9 et cr en vue du comm&em5t1 l'humble effacem5t et l'abngation ne s]ai5t pas des v]tus1 mais s]ai5t1 ce qu'il me sembla1 le gaspillage d'une v]tu4 ,t\te morale ext]m9atrice de l'gsme qui se croit absolue et s'applique t\t le monde ne p*e pas seulem5t contre le bon gt2 elle e/ une excitation aux p*s d'omission et un dommage l'g>d des hommes suprieurs1 r>es et privilgis4 ,il faut contra9dre les morales s'incl9] t\t d'abord devant la hir>*ie1 il faut les faire rfl*ir sur leur imp]t95ce jusqu' ce qu'elles compr5n5t enf9 qu'il e/ immoral de dire3 ,ce qui e/ ju/e p\r l'un l'e/ aussi p\r l'autre4 ,a9si p>lait mon bonhomme de pdant morali/e4 ,mritait-il qu'on se moqut de lui lorsqu'a9si il rappelait les morales la moralit8 ,a9si une morale p\r le s]vum pecus et une autre p\r les animaux suprieurs de l'humanit4 --,cela ressemble bi5 au mot de ,voltaire1 si s\v5t rpt depuis3 ,il faut une religion p\r le peuple4 --,po9t du t\t1 s'il v\s plat2 c>1 p> son3 ,il faut une religion p\r le peuple1 ,voltaire ent5d qu'il faut une contra9te mtaphysique p\r brid] les volonts de puissance du peuple4 ,au contraire1 ou presque au contraire1 ,nietzs*e veut que le peuple1 en obissant la morale qu'il lui assigne1 obisse sa nature mme1 se con=me l'idal de ses dsirs1 et1 seulem5t1 ne prt5de pas y ass]vir ceux qui sont d'une autre nature que lui4 ,cette "p faite aux petits et aux mdiocres1 ,nietzs*e in/itue p\r les autres une morale qui n'e/ po9t du t\t celle d'un immorali/e1 quelque sotte affectation qu'il ait t\j\rs mise se donn] ce titre1 qui n'e/ po9t du t\t le contraire de la morale qu'il assigne aux petits1 qui e/ autre *ose1 qui e/ d'un autre degr1 d'une autre nature1 et d'une autre de/9ation4 ,c'e/ la morale des =ts1 c'e/ la morale de ceux qui1 cause de leur =ce1 ont plus de droits1 mais beauc\p plus de devoirs que les faibles et des devoirs proportionns leurs =ces4 ,cette morale1 il e/ curieux de voir ,nietzs*e d'abord l'laborant p\r lui-mme exactem5t comme un ,m>c-,aurle4 ,il y a un eis eauton de ,nietzs*e1 qu'il e/ extrmem5t intressant de recon/itu] d'aprs ses notes et c>nets#i1 quoiqu'il ne soit aucunem5t cohr5t et encore mo9s sy/matique1 mais p>ce qu'il indique les t5dances pr(ondes et aussi p>ce qu'il montre que ,nietzs*e1 t\t en posant t\j\rs deux morales1 en voyait c]ta9em5t t\j\rs d'autres1 int]mdiaires entre les deux qu'il posait4 ,en #ahgf 7tr5te-deux ans7 il crivait p\r lui3 ,tu ne dois aim] ni har le peuple4--,tu ne dois po9t t'occup] de politique4--,tu ne dois tre ni ri*e ni indig5t4--,tu dois vit] le *em9 de ceux qui sont illu/res et puissants4--,tu dois pr5dre femme en dehors de ton peuple4--,tu dois laiss] tes amis le so9 d'lev] tes enfants4--,tu dois n'accept] aucune des crmonies de l'glise4--,morale 7on plutt quelques traits de morale p>mi une f\le d'autres non consigns ce j\r-l7 s'appliquant1 non aux gr&s1 non aux petits1 plutt aux petits qu'aux gr&s1 mais surt\t un homme de moy5 tat qui s]ait philosophe4 ,ab/5tion l'g>d de la puissance1 de la ri*esse1 de l'ambition 7morale des petits72 libre p5se 7morale de suprieur indp5dant et de philosophe71 m>iage avec une trangre 7morale de suprieur qui veut assur] p> le mlange du sang la =ce et la di/9ction de sa race72 enfants levs p> autres que soi1 mais p> d'autres dont on e/ sr 7morale de suprieur1 qui1 se dfiant de la faiblesse pat]nelle1 veut greff] sa race sur des intellig5ces et des volonts trangres1 mais du re/e amies74 #i ,voir surt\t la ,vie de ,frdric ,nietzs*e1 p> ,daniel ,halvy4 ,en #ahhj il crivait p\r lui3 ,une indp5dance qui n'(fusque p]sonne2 un orgueil d\x1 voil1 qui ne gne pas les autres1 n'enviant pas les hommes ni leurs bonheurs et s'ab/5ant de moqu]ie2 un sommeil lg]1 une allure libre et paisible1 pas d'alcool1 pas d'amitis illu/res ni pr9cires1 pas de femmes ni de j\rnaux1 pas d'honneurs1 pas de socit1 si ce n'e/ avec les esprits suprieurs2 leur dfaut le petit peuple1 dont on ne peut se pass] non plus que de contempl] une vgtation puissante et sa9e2 les mets les plus aism5t prts1 autant que possible les prp>] soi-mme4--,morale 7ou plutt quelques traits de morale7 s'appliquant1 non aux gr&s1 non aux petits1 mais un homme suprieur de moy5 tat social4 ,ab/5tion l'g>d de la puissance1 de la vanit1 de la g\rm&ise1 de la curiosit1 de la s5sualit1 de la cau/icit 7morale de petits72 indp5dance1 fi]t1 solitude1 comm]ce seulem5t avec l'lite intellectuelle et morale dont on e/2 et--d'tude et de contemplation--avec cette autre =ce1 mais physique et physiologique1 le peuple 7morale des =ts74 ,compltez ceci p> cette confid5ce philosophique qu'il a imprime 7,vol4 de puiss4 ,,ii73 ,se faire objectif4 ,indiffr5ce l'g>d de soi-mme1 indiffr5ce l'g>d des consqu5ces favorables ou fatales de ses p5ses1 une pr(onde indiffr5ce l'g>d de moi-mme2 je ne veux pas tir] avantage de mes re*]*es de la connaissance ni *app] aux prjudices qu'elles me peuv5t caus]4 ,p>mi ceux-ci1 il y a ce que l'on p\rrait appel] l'altration du c>actre2 j'envisage froidem5t cette p]spective2 je me tire hors de mon c>actre1 mais je ne songe pas le compr5dre ni le *ang]444 ,on se f]me les portes de la connaissance ds que l'on s'intresse son cas p>ticuli]1 ou mme au salut de son me444 7,morale des =ts1 le philosophe tant plac p>mi les =ts et ayant p\r devoir d'obir l',impratif du vrai1 et avec ds9tressem5t1 et en sacrifiant au vrai ses intrts matriels et mme moraux47 ,enf91 sans song] plus lui1 mme p\r s'av]tir qu'il se faut oubli]1 ,nietzs*e trace la morale des =ts1 des suprieurs1 des tres d'lite4 ,d'abord 7quoi qu'il en ait dit7 cette morale1 sa morale1 la morale1 il affirme qu'elle exi/e3 ,je ne nie pas1 a9si qu'il va de soi1 en admettant que je ne suis pas f\1 qu'il faut vit] et combattre beauc\p d'actions que l'on dit immorales1 de mme qu'il faut faire et qu'il faut enc\rag] beauc\p de celles que l'on dit morales2 mais je crois qu'il faut faire l'une et l'autre *ose p\r d'autres raisons qu'on a fait jusqu' prs5t4 ,il faut que n\s *angions notre faon de voir p\r arriv] enf91 peut-tre trs t>d1 *ang] notre faon de s5tir4--,donc il a une morale1 autre seulem5t que la traditionnelle4 ,voyons-la2 n\s sommes autoriss la *]*] *ez lui4 ,voyons sa n\velle faon de voir et sa n\velle faon de s5tir4 ,cette n\velle morale1 bi5 ent5du applicable seulem5t aux =ts1 a trois maximes fondam5tales1 trois impratifs1 si l'on veut3 ,il faut se surmont]2 il faut dev5ir ce que n\s sommes2 il faut vivre dang]eusem5t4 ,il faut se surmont]4 ,on a rem>qu p>t\t qu'on ne risque gure de se tromp] en attribuant les petites actions la peur1 les moy5nes l'habitude et les gr&es la vanit4 ,voil une indication4 ,qu'e/-ce que la vanit8 ,une t5dance surmont] la peur1 condition primitive de l'homme1 et l'habitude1 sa condition sociale1 en les sacrifiant une c]ta9e soif de considration4 ,l'homme1 dans la vanit1 surmonte dj son bas tage et sa moy5ne4 ,qu'il p\rsuive4 ,il en vi5dra surmont] peur1 habitude et vanit aussi1 en les sacrifiant une c]ta9e soif de considration de soi-mme4 ,en #ahhe1 ,v5ise1 ,nietzs*e a dml l'ess5ce des s5tim5ts ari/ocratiques3 matrise de soi-mme1 dissimulation des s5tim5ts intimes1 politesse1 gat1 exactitude dans l'obissance et le comm&em5t1 dfr5ce et exig5ce du respect1 gt des responsabilits1 et des prils4--,matrise de soi1 pudeur1 respectabilit1 non-famili>it--n\s v]rons le re/e plus t>d--voil des pratiques qui en leur fond consi/5t se rsi/]1 rprim] la t5dance l'ab&on1 ne pas se livr]2 c'e/ surmont] le moi impulsif1 le moi confiant1 le moi m\1 c'e/ se surmont]1 c'e/ se dpass] dj4 ,mais1 qu& n\s essayons de n\s surpass] a9si1 qui n\s reti5t8 ,un c]ta9 nombre de passions que n\s connaissons bi51 am\r1 ambition1 avidit des bi5s apprcis p> la f\le1 g\rm&ise1 s5sualit1 p>esse1 gt du con=t444 ,se surmont] c'e/ dompt] t\t cela4 ,c'e/ ici que la fameuse lutte contre les passions repr5d ses droits et repr5d place avec un n\veau s5s4 ,la morale e/1 en sa p>tie rprimante1 qui e/ ncessaire1 une contra9te prolonge1 p> opposition au laiss]-all] et p> consqu5t une sorte de tyrannie contre la nature et aussi p>tiellem5t contre la raison4 ,mais ceci n'e/ pas une objection contre elle1 mo9s que l'on ne veuille dcrt]1 de p> une autre morale1 que t\te espce de tyrannie et de draison e/ int]dite4 ,cette contra9te1 ce obir longtemps1 v\s le tr\vez p>t\t1 en art1 en discipl9e sociale1 p\r ab\tir quelque *ose qui vaille la pe9e de vivre sur la t]re4 ,en morale c'e/ la premire condition4 ,la s\ffrance volontaire e/ la mme *ose un degr de plus4 ,c'e/ un ex]cice de la volont et un ex]cice du sacrifice1 c'e/ un ex]cice de la volont de se surmont]4 ,voici ,dhr+ qui1 dans sa ,valeur de la vie1 crit3 ,l'asctisme e/ maladif et la suite d'une erreur4--,mais non1 crit ,nietzs*e sur son c>net en #ahge1 l'asctisme e/ un in/9ct que les plus nobles1 les plus =ts d'entre les hommes ont s5ti2 c'e/ un fait1 il faut en t5ir compte si on veut apprci] la valeur de la vie444 ,c'e/ le fait de l'homme qui s5t le beso9 de se dompt] p\r4442 mais qui peut-tre ne sait p\r quelle f91 comme quelquefois les hros de ,corneille broi5t leurs passions p\r le plaisir de les broy]1 et alors c'e/ une erreur2 mais cette erreur mme e/ un signe1 a un s5s1 rvle une t5dance dont1 seulem5t1 c]ta9s1 qui l'ont1 ne compr5n5t pas le b4 ,il y a une bravade de soi-mme aux manife/ations les plus sublimes de laquelle app>ti5n5t nombre des =mes de l'asctisme4 ,c]ta9s hommes ont en effet un beso9 si gr& d'ex]c] leur =ce et leur t5dance la dom9ation1 qu' dfaut d'autres objets ils tomb5t enf9 tyrannis] c]ta9es p>ties de leur tre propre444 ,plus d'un p5seur il songe sans d\te lui pr(esse des doctr9es qui visiblem5t ne s]v5t pas accrotre ou amlior] sa rputation2 plus d'un voque expressm5t la dconsidration des autres sur lui1 t&is qu'il lui s]ait ais de re/] p> le sil5ce un homme honor2 d'autres rappell5t des op9ions antrieures et ne s'effrai5t pas d'tre conva9cus de contradiction2 au contraire ils s'y ef=c5t4 ,cette torture de soi-mme e/ proprem5t un trs haut degr de vanit444 ,l'homme pr\ve une vritable volupt se faire viol5ce p> des exig5ces excessives et difi] ensuite ce quelque *ose qui comm&e tyranniquem5t dans son me444 ,sans all] jusqu' l'asctisme1 ou plutt en allant jusqu' lui1 mais en sa*ant p\rquoi1 en sa*ant que c'e/ p\r dvelopp] en soi la volont de puissance1 on devra livr] aux passions une gu]re la fois rude et habile4 ,nietzs*e1 comme aurait fait un philosophe grec1 se plat trac] une m?ode p\r combattre les passions4 ,il ne tr\ve pas mo9s--et je crois qu'il aurait pu en tr\v] davantage--de six procds s5siblem5t diffr5ts p\r lutt] contre la viol5ce d'un in/9ct4 ,premirem5t on peut se faire une loi d'un ordre svre et rguli] dans l'ass]vissem5t de ses apptits2 on les s\met a9si une rgle1 on circonscrit leur flux dans des limites /ables1 p\r gagn] sur eux les int]valles p5dant lesquels ils v\s laiss5t tranquilles4 ,deuximem5t--ce qui peut v5ir la suite de ce qui prcde--on peut comme dess*] cet in/9ct en s'ab/5ant de le satisfaire p5dant des priodes de plus en plus longues4 ,troisimem5t on peut s'ab&onn] avec int5tion la satisfaction d'un in/9ct sauvage et effrn jusqu' en avoir le dgt p\r obt5ir1 p> ce dgt1 dom9ation sur cet in/9ct1 procd que ,nietzs*e a considr comme p\vant russir quelquefois puisqu'il l'a inscrit1 mais o il n'a pas gr&e confiance puisqu'il aj\te3 en admettant que l'on ne fasse pas comme le cavali] qui1 en v\lant re9t] son *eval1 se casse le c\1 ce qui e/ malheureusem5t la rgle en p>eilles t5tatives4 ,quatrimem5t3 associ] l'ide de satisfaction une ide pnible 7le *rti5 qui1 c>essant une femme1 songe au ricanem5t du diable2 song] au mpris des g5s dont on aime tre e/im qu& on e/ sur le po9t de commettre un vol2 song] ceci qu'en satisfaisant un apptit on lui obx1 *ose humiliante3 ,je ne veux pas1 disait ,byron1 tre l'esclave d'un apptit quelconque47 ,c9quimem5t3 entrepr5dre une sorte de dislocation de ses puissances in/9ctives en les combattant1 soit p> le travail 7s'impos] une t*e71 soit les unes p> les autres1 celle qui e/ lse p> la triomphante obt5ant de v\s enc\ragem5t et faveur4 ,ici il aurait fallu des exemples4 ,j'en connais surt\t un3 favoris] la p>esse1 qui t\tes les passions font tort4 ,la p>esse a t donne l'homme comme un auxiliaire contre les passions1 lequel1 bi5 dirig1 les n]ve t\tes4 ,siximem5t3 affaiblir et dprim] t\te son organisation physique et psy*ique1 p\r affaiblir un ou plusieurs in/9cts viol5ts1 et c'e/ l'asctisme1 moy5 dang]eux1 dont il faut tre sr de bi5 savoir us]4 ,ne v\s dissimulez pas du re/e que qu& v\s combattez un in/9ct c'e/ t\j\rs un autre in/9ct qui en v\s combat celui-l4 ,seulem5t cet in/9ct peut tre un in/9ct trs diffr5t de ce qui s'appelle in/9cts dans la langue de t\te l'humanit4 ,ce peut tre la volont de puissance s\s =me de volont de puissance sur soi-mme4 ,les hommes qui combatt5t leurs passions sont des hommes *ez qui la volont de puissance se pla9t des autres in/9cts et v\s sollicite les combattre ou plutt les combat elle-mme4 ,comme je le dis si s\v5t1 l'art de la morale consi/e faire de la volont une passion1 s'il e/ vrai que cela n\s soit donn1 et de ne cons]v] de passion que la passion qui a horreur des passions4--,telle e/ la loi de se surmont] et tel e/ l'art de se surmont]4 ,mais il y a sagesse1 intellig5ce1 bon gt aussi1 comme aime dire ,nietzs*e1 qui1 sans faire r5tr] la morale dans l'e/htique1 se plat faire entr] de l'e/htique dans la morale2 il y a bon gt1 intellig5ce et sagesse ne pas dompt] compltem5t les passions et n'tre pas t\t fait matre de soi4 ,la matrise de soi1 pr5ez g>de1 c'e/ l'emprisonnem5t de soi p> soi-mme1 et un prisonni] e/ un tre bi5 morose1 surt\t qu& il e/ la fois prisonni] et geli]4 ,ces pr(esseurs de morale qui recomm&5t d'abord et avant t\t l'homme de se possd] soi-mme1 le gratifi5t a9si d'une maladie bi5 s+ulire1 je veux dire une irritabilit con/ante devant t\tes les impulsions et les p5*ants naturels et en quelque sorte une espce de dmangeaison4 ,quoi qu'il leur advi5ne du d$ans ou du dehors1 une p5se1 une attraction1 une incitation1 t\j\rs cet homme irritable s'imag9e que ma9t5ant son empire sur soi-mme peut tre en dang]444 ,il fait sans cesse un ge/e contre lui-mme1 l'il p]ant et mfiant1 lui qui s'e/ in/itu l't]nel g>di5 de sa t\r4 ,oui1 avec cela il peut tre gr&4 ,mais combi5 il e/ dev5u insupportable p\r les autres1 difficile support]2 et p> lui-mme1 comme il s'e/ appauvri et lim9 des plus beaux has>ds de l'me6 ,c> il faut savoir se p]dre p\r un temps1 si l'on veut appr5dre quelque *ose des tres qui ne sont pas n\s-mmes4--,je v\drais tre ce monsieur qui passe1 dit ,fantasio4 ,l'absolu geli] de soi-mme ne s]a jamais ce monsieur qui passe et n'aura mme jamais la mo9dre communication avec lui4 ,que faire donc8 ,ne pas extirp] les passions1 ne pas mme les affaiblir proprem5t p>l]2 les dom9]4 ,ce que l'ascte ou le /oci5 doit *]*] en domptant ses passions1 ce n'e/ pas leur affaiblissem5t1 c'e/ sa =ce4 ,elles ne doiv5t pas tre affaiblies en elles-mmes1 elles doiv5t tre affaiblies p> rapport lui2 ce n'e/ pas elles qui doiv5t tre brises1 c'e/ lui qui doit dev5ir assez =t p\r p\voir les bris]4 ,mais prcism5t p>ce qu'il le peut1 il n'a plus beso9 de le faire1 et il ne le f]a pas4 ,au contraire4 ,plus e/ gr&e la matrise de la volont1 plus on peut accord] de lib]t aux passions4 ,un gr& homme e/ gr& p> le jeu qu'il laisse ses dsirs et p> sa puissance les arrt] ju/e o il lui plat4 ,un ambitieux ne doit pas tu] en lui l'ambition2 il doit tre sr de p\voir la tu]1 de telle manire qu'il la laisse agir de t\t son lan tant qu'elle lui p>at bonne ou p\r ce qui e/ des f9s p\rsuivies1 ou mme comme jeu2 et qu'il l'arrte net1 soit comme mauvaise en ses f9s1 soit comme fa/idieuse4 ,les puissances du dsir doiv5t tre cons]ves1 non respectes2 g>des intactes1 mais subalt]nises4 ,possdez-les1 seigneur1 sans qu'elles v\s possd5t1 et l'ex]cice du dompteur des passions doit tre seulem5t l'ef=t p\r qu'elles soi5t dess\s et lui dessus4 ,voil1 ce me semble1 ce que ,nietzs*e ent5d p> sa maxime fameuse1 tant de fois rpte3 l'homme e/ un tre qui e/ fait p\r se surmont]4 ,jusqu'ici il n'e/ qu'un /oci5 peu prs pur et simple1 avec cette diffr5ce assez lgre qu'il veut que les passions subsi/5t1 mais seulem5t que l'on en soit matre4 ,or1 comme elles subsi/5t t\j\rs et que le /oci5 ne songe gure autre *ose qu' les dom9]1 ,nietzs*e jusqu'ici n'e/ gure qu'un /oci5 pur et simple4 ,mais il aj\te3 ,n\s v\lons dev5ir ce que n\s sommes4--,sais-tu ce que te dit ta consci5ce8 ,elle te dit3 devi5s celui que tu es4 ,ceci c'e/ proprem5t l',impratif de ,nietzs*e et il a tr\v1 du mme c\p1 l'impratif de l'individuali/e4 ,il faut se surmont]2 mais p\rquoi8 ,non pas p\r se quitt]1 non pas p\r donn] sa dmission de soi-mme1 mais p\r tre davantage1 p\r tre au maximum ce que l'on e/4 ,p> p>5?se1 il e/ trange qu'ayant cette ide1 ,nietzs*e ait quelque "p dcl> absurde la maxime3 ,connais-toi toi-mme1 qui e/ absolum5t implique dans celle-ci3 ,devi5s ce que tu es2 c> p\r se faire ce qu'on e/1 il faut d'abord se bi5 connatre4--,quoi qu'il en soit1 voil l',impratif3 se dvelopp] dans le s5s de sa nature1 se faire en ralisation t\t ce qu'on e/ en puissance4 ,il convi5t de rem>qu] que c'e/ encore ici du /ocisme avec une nuance4 ,c'e/ le vivre con=mm5t sa nature1 avec cette correction3 non pas simplem5t vivre con=mm5t sa nature2 mais se dvelopp] con=mm5t sa nature2 mais s'agr&ir con=mm5t sa nature2 vivre sa vie1 mais la vivre d'une vie plus abondante4--,on a exagr qu& on a dit du /ocisme que son idal tait de rappro*] autant que possible le vivant d'un mort1 qu& on a dit--,nietzs*e lui-mme--3 ils se tu5t p\r avoir cette prrogative des morts qui e/ de ne plus m\rir4 ,il faut reconnatre qu'ils veul5t qu'on vive2 mais enf9 ils veul5t seulem5t qu'on vive1 non pas qu'on vive abondamm5t1 non pas qu'on vive de faon int5se4 ,or c'e/ prcism5t cela qui e/ le devoir3 se connatre1 se mesur]1 voir de quelle nature on e/ et quelles sont les puissances de cette nature et se dvelopp] dans ce s5s4 --,mais alors c'e/ dans le s5s de nos passions6 --,c]ta9em5t1 mais bi5 comprises4 ,p\rquoi ne compr5drait-on pas bi5 ses passions8 ,p\rquoi n'aurait-on pas l'intellig5ce de ses passions comme on a l'intellig5ce de ses muscles1 de leur de/9ation et de la mesure dans laquelle on peut les dvelopp]8 ,compr5dre ses passions2 et p>ce qu'on les compr5d les dirig]2 c'e/ l t\t l'homme qui comm5ce tre suprieur4 ,or t\tes les passions sont des =ces qui sont des faiblesses4 ,elles sont des =ces1 puisqu'elles sont des impulsions vig\reuses qui n\s p\ss5t en avant1 au dehors1 une possession1 une conqute4 ,elles sont des faiblesses en ce s5s qu'elles romp5t et font bascul] notre quilibre2 en ce s5s aussi qu'elles ont t\tes une manire l*e de se satisfaire3 l'am\r peut se repatre de rv]ies n]vantes et amollissantes2 l'ambition1 de petites victoires de clo*] et de conseil municipal2 le jeu 7cette passion si belle puisqu'elle e/ l'am\r du risque71 des motions de bacc>a ou du bridge2 l'orgueil1 des satisfactions ridicules de la vanit1 etc4 ,se dvelopp]1 s'agr&ir dans le s5s de ce qu'on e/1 c'e/1 d'aprs ce qui prcde3 #a dom9] ses passions de manire qu'elles ne romp5t jamais notre quilibre3 #b les considr]1 les pr5dre1 les saisir en tant que =ces et non en tant que faiblesses et en quelque sorte ne pas les reconnatre qu& elles se prs5t5t n\s s\s leur aspect de faiblesse4 ,n\s n\s sommes connus comme ambitieux3 il faut n\s dvelopp] dans ce s5s en n\s disant que1 p>ce que n\s sommes ambitieux1 ri5 n'e/ plus indigne de n\s1 ri5 n'e/ plus contre n\s-mmes qu'une ambition de s\s-prfecture4 ,n\s n\s sommes connus comme am\reux2 il faut n\s dvelopp] dans ce s5s en n\s disant que1 p>ce que n\s sommes am\reux1 ri5 n'e/ plus indigne de n\s1 ri5 n'e/ plus contre n\s-mmes que les frles am\rs lgiaques et que n\s devons s5tir ces belles passions gnreuses qui font l'honnte homme et qui inspir5t une f\le de s5tim5ts nobles et magnanimes4 ,a9si de suite4 ,v\loir dev5ir ce que l'on e/1 =mule ess5tiellem5t optimi/e1 c'e/ croire la nature huma9e trs bonne en son fond1 ce qui e/ possible2 et croire qu'en allant au fond de n\s-mmes n\s tr\v]ons quelque *ose d'excell5t2 et croire enf9 qu'en dveloppant *acun ce fond de n\s-mmes n\s ne p\vons arriv] qu' un tat qui t5d au p>fait4 ,mais si ce fond de moi tait mauvais1 comme1 aussi1 il e/ possible8 ,je ne crois pas mal int]prt] ,nietzs*e en lui faisant rpondre3 ,encore vaudrait-il mieux1 tant mauvais1 dev5ir ce que v\s tes1 c'e/--dire dev5ir plus mauvais4 ,le fond--s5tim5tal1 non intellectuel--de ,nietzs*e1 c'e/ l'horreur de la mdiocrit1 de l'tat moy51 de l'tat neutre1 de l'tat petit b\rgeois1 du m>ais ou du m>cage1 de sorte qu'il n'e/ pas lo9 de sa p5se1 ou plutt de ses s5tim5ts1 d'e/im] que mieux vaut se dvelopp] en mauvais1 en m*ant1 en malfaisant1 que ne po9t se dvelopp] du t\t4 ,l'humanit e/ peut-tre faite p\r lui de ceux qui devi5n5t ce qu'ils sont et de ceux qui sont sans jamais ri5 dev5ir4 ,et p>mi ceux qui devi5n5t ce qu'ils sont il y a ceux qui se dvelopp5t en beaut et en gr&eur1 et il y a ceux qui se dvelopp5t en laideur et en atrocit2 mais ceux-ci p\vai5t se dvelopp] autrem5t2 ils ont bi5 fait1 en t\t cas et t\t risque1 de se dvelopp]2 et il n'y a de mprisables que ceux du milieu1 que ceux qui n'ont pas fait un pas1 que les /agnants4 ,quoi qu'il en soit1 dev5ir celui qu'on e/1 c'e/--dire se connatre1 pr5dre consci5ce de soi1 pr5dre direction de soi et se prom\voir dans le s5s de sa nature1 voil la seconde maxime4 99 99 99 99 99 ,vivre dang]eusem5t e/ la troisime4 ,vivre dang]eusem5t e/ le gr&1 le vrai1 l'ess5tiel et df9itif signe de noblesse4 ,c'e/ d'abord n'avoir pas peur1 et la peur e/ un rtrcissem5t au lieu d'un agr&issem5t de la p]sonnalit3 elle e/ donc exactem5t le contraire du dev5ir ce que n\s sommes2 elle e/ ensuite une tri/esse1 comme dit ,sp9oza1 ne de l'image d'une *ose d\teuse4 ,or l'image d'une *ose d\teuse1 le risque1 exalte l'me gnreuse et la r5d joyeuse au lieu de la r5dre tri/e4 ,je me rappelle t\j\rs1 dit ,*>lemagne un de ses compagnons3 ,l'air joyeux qui p>ut dans ton il has>deux1 ,un j\r que n\s tions en m>*e1 seuls t\s deux1 ,et que n\s ent5dions dans les pla9es vois9es ,le cliquetis confus des lances s>ras9es4 ,vivre dang]eusem5t c'e/ ensuite tre noble1 p>ce que c'e/ s'(frir la slection3 c'e/ la vie dang]euse qui sp>e les =ts des faibles en crasant ceux-ci et en mettant "p ceux-l2 c'e/ donc s'(frir la slection que d'adopt] la vie dang]euse2 or1 s'(frir la slection c'e/ montr] qu'au mo9s on e/ digne d'tre *oisi4 ,celui-l seul t5te le sort qui mrite que le sort le favorise4 ,si je ne suis pas le plus =t1 du mo9s j'ai t =t en t5tant d'tre le plus =t2 et le respect du va9queur p\r le va9cu hroque n'e/ pas autre *ose1 *ez le va9queur1 que le s5tim5t que1 quoi qu'il soit arriv1 il se tr\ve devant un gal4 ,et enf9 dans la vie dang]euse il y a cette autre galit ou quasi-galit1 que le *agr9 d'*\] e/ un plaisir qui gale peu prs le plaisir de russir4 ,celui qui a dit qu'au jeu il y a deux plaisirs1 dont le premi] e/ de gagn] et le second de p]dre1 tait un f9 psy*ologue4 ,nietzs*e dit exactem5t la mme *ose3 ,vraim5t cet homme s'ent5d l'improvisation de la vie et tonne mme les obs]vateurs les plus exp]ts2 c> il semble qu'il ne se mpr5ne jamais1 quoiqu'il j\e t\j\rs aux jeux dang]eux444 ,voici un t\t autre homme3 il fait manqu] en somme t\t ce qu'il entrepr5d444 ,croyez-v\s qu'il soit malheureux8 ,il y a longtemps qu'il a dcid "p soi de ne pas pr5dre autrem5t au srieux des dsirs et des projets p]sonnels3 ,si ceci ne me russit pas1 se dit-il lui-mme1 cela me russira peut-tre et au fond je ne sais pas si je dois avoir plus de reconnaissance l'g>d de mes insuccs ou l'g>d de mes russites4 ,ce qui fait p\r moi la valeur et le rsultat de la vie se tr\ve ailleurs3 ma fi]t1 a9si que ma misre1 se tr\v5t ailleurs4 ,je connais davantage la vie p>ce que j'ai t si s\v5t sur le po9t de la p]dre2 voil p\rquoi la vie me procure plus de joie qu' v\s t\s4 ,se surmont]1 se dvelopp] en beaut--d]nire beaut1 le dang]--voil t\te la morale de ,nietzs*e4 ,c'e/ un /ocisme qui comm5ce p> tre le /ocisme connu1 trs peu prs1 et qui f9it p> tre un /ocisme suprieur4 ,du /ocisme surt\t passif1 tel qu'il tait *ez les anci5s1 ,nietzs*e fait un /ocisme actif4 ,le /ocisme n\s exhortait n\s dompt] et tre matres de n\s-mmes4 ,p\rquoi8 ,p\r cela4 ,nietzs*e n\s exhorte n\s dom9] et tre matres de n\s-mmes p\r n\s jet] dans l'action n]gique1 h>die et av5tureuse et p\r en gt] les pres et viol5tes j\issances4 ,c'e/ un /ocisme hroque1 c'e/ un /ocisme dionysiaque4 ,c'e/ un /ocisme qui f]ait l'homme si =t1 s'il tait possible1 que l'homme ne dirait pas3 ,j'ai dompt mes passions2 mais3 je les ai laisses vivre p\r le plaisir de les dom9] t\j\rs et de les faire s]vir leurs plus belles f9s2 et que l'homme ne dirait pas au malheur3 ,tu n'es pas un mal2 mais3 ,tu es un bi51 puisque tu me donnes l'occasion de dploy] mon n]gie2 et vive le malheur o j'ai t\t l'emploi de ma =ce6 ,et c'e/ a9si que se trace d'elle-mme dans l'esprit de ,nietzs*e l'image du hros ou du surhomme ou du c&idat la surhumanit4 ,signes de noblesse3 matrise de soi-mme1 pudeur relativem5t la rvlation de ses s5tim5ts intimes2 politesse2 ne pas v\loir r5onc] sa propre responsabilit et ne pas v\loir la p>tag]2 compt] ses privilges et leurs ex]cices au nombre de ses devoirs 7je suis plus =t qu'un autre2 c'e/ un devoir de plus72 ne jamais song] rabaiss] ses devoir tre les devoirs de t\t le monde2 respect des vieill>ds1 ce qui e/ respect de la tradition1 gt du pril4 99 99 99 99 99 ,ces v]tus p\rrai5t tre pratiques p> un petit nombre d'hommes qui se s5tirai5t la =ce de les pratiqu] et qui v\drai5t dev5ir de plus en plus ce qu'ils s]ai5t4 ,ils les cultiv]ai5t *ez leurs enfants p> une ducation qui s]ait ju/e l'inv]se de l'ducation ord9aire4 ,l'ducation ord9aire se donne p\r b d't\ff] l'exceptionnel en faveur de la rgle1 de dirig] les esprits lo9 de l'exception1 du ct de la moy5ne4 ,l'ducation des suprieurs1 t5ant son s]vice un excd5t de =ces1 s]ait une s]re *aude p\r la culture du luxe1 de l'exception1 de la nuance1 de la t5tative1 du dang]4 ,ils s]ai5t trs durs p\r eux-mmes1 comme ces prtres1 ces jsuites mme1 que ,nietzs*e n'aime po9t1 mais dont il fait rem>qu] que1 si indulg5te que puisse tre leur morale p\r les autres1 elle e/ t]rible p\r eux-mmes3 ,aucune puissance ne peut se s\t5ir si elle n'a p\r reprs5tants que des hypocrites2 l'glise ca?olique a beau possd] encore bi5 des lm5ts sculi]s1 sa =ce rside dans ces natures de prtres1 encore nombreuses auj\rd'hui1 qui se font une vie pnible et de porte pr(onde et dont l'aspect et le corps m9 p>l5t de veilles1 de jenes1 de prires ard5tes1 peut-tre mme de flagellations2 ce sont ces natures qui branl5t les hommes et leur caus5t une inquitude3 ,eh6 quoi8 ,s'il tait ncessaire de vivre de la sorte6 telle e/ l'affreuse "q que leur vue met sur la langue4 ,en rp&ant ce d\te1 ils ne cess5t d'tablir de n\veaux appuis de leur puissance4 ,mme les libres p5seurs n'os5t pas rpliqu] un de ces dta*s d'eux-mmes avec un rude s5s de la vrit et lui dire3 ,pauvre dupe1 ne *]*e pas dup]4 ,seule la diffr5ce des po9ts de vue les sp>e de lui1 nullem5t une diffr5ce morale1 de bont ou de m*ancet2 mais ce que l'on n'aime pas1 on a c\tume aussi de le trait] sans ju/ice4 ,c'e/ a9si qu'on p>le de la malice et de l'art excrable des ,jsuites1 sans considr] quelle viol5ce contre soi-mme s'impose individuellem5t *aque jsuite et que la pratique de vie aise1 pr*e p> les manuels jsuitiques1 doit tre considre comme s'appliquant1 non eux1 mais la socit laque4 ,ces surhommes peuv5t tre au mo9s prp>s p> des hommes qui mett5t au-dessus de t\t la vaillance1 l'intrpidit3 ,je salue t\s les indices ne lui dem&ez pas trop o il les voit de la v5ue d'une poque plus virile et plus grossire1 qui mettra de n\veau en honneur la brav\re avant t\t444 ,p\r cela il faut1 ds ma9t5ant1 des hommes vaillants qui prp>5t le t]ra91 hommes qui ne p\rront c]ta9em5t pas sortir du sable et de l'cume de la civilisation d'auj\rd'hui et de l'ducation des gr&es villes2 des hommes qui1 sil5cieux et solitaires et dcids1 s'ent5d5t se cont5t] de l'activit invisible qu'ils p\rsuiv5t2 des hommes qui1 avec une disposition la vie intrieure1 *]*5t1 p\r t\tes *oses1 ce qu'il y a surmont] en elles2 des hommes qui ai5t en propre la srnit1 la pati5ce1 la simplicit et la mpris des gr&es vanits1 t\t aussi bi5 que la gnrosit dans la victoire et l'indulg5ce l'g>d des petites vanits de t\s les va9cus2 des hommes qui ai5t un jugem5t prcis et libre sur t\tes les victoires et sur la "p de has>d qu'il y a dans t\te victoire et dans t\te gloire2 des hommes qui ai5t leurs propres ftes1 leurs propres j\rs de travail et de deuil1 habitus comm&] avec la sret du comm&em5t1 galem5t prts obir lorsque cela e/ ncessaire1 galem5t fi]s dans l'un comme dans l'autre cas1 comme s'ils suivai5t leur propre cause2 des hommes plus exposs1 plus t]ribles1 plus heureux4 ,c>1 croyez-m'en1 le secret p\r moissonn] l'exi/5ce la plus fconde et la plus gr&e j\issance de la vie1 c'e/ de vivre dang]eusem5t4 ,envoyez vos vaisseaux dans les m]s inexplores6 ,con/ruisez vos villes auprs du ,vsuve6444 ,et n\s voil bi5 au po9t3 ,nietzs*e a t\j\rs l'ide d'une socit o une lite2 un peu dans son intrt1 un peu et beauc\p p>ce que telle e/ la nature des *oses1 laquelle il faut bi5 se con=m]1 laiss]ait aux btes de tr\peau leur morale1 une morale d\ce1 facile1 po9t mauvaise1 mais po9t vig\reuse1 pr5drait mme quelque so9 d'enc\rag] cette morale2 aurait p\r elle-mme une morale virile1 /oque1 asctique1 hroque1 dcuplant l'n]gie naturelle4 ,mme on peut se dem&]1 si n\s1 les amis des lumires1 dans une tactique et une organisation t\te semblable celle qu'il rve1 n\s f]ions d'aussi bons in/rum5ts1 aussi admirables1 de victoire sur n\s-mmes1 d'infatigabilit1 de dv\em5t que les prtres et les jsuites cits plus haut4 ,les hommes de la haute morale s]ai5t donc trs imprieux p\r les autres1 quoique beauc\p mo9s que p\r eux1 et ils en aurai5t le droit1 ne se mnageant po9t eux-mmes1 et on leur en reconnatrait le droit1 en voyant bi5 qu'ils aim5t le pro*a9 comme ils s'aim5t et mme avec plus de condesc5dance2 ils s]ai5t d'une loyaut absolue et d'une solid>it absolue entre eux1 et grce cette cohsion1 ils g\v]n]ai5t l'humanit1 reconnaissante ou s\mise1 et c'e/ un s\v5ir1 *ez un antiplatonici51 de la ,rpublique de ,platon4 99 99 99 99 99 ,cette morale que ,nietzs*e n'a pas a*eve2 c> il se *]*ait encore au mom5t o il a sombr 7voir sa ,vie p> ,m4 ,daniel ,halvy7 et il se prp>ait se contr$ire une fois de plus2 cette morale e/ bi5 une morale4 ,c'e/ humeur batailleuse et p>adoxale et dsir de sc&alis] qui ont fait si s\v5t dire ,nietzs*e qu'il tait un immorali/e4 ,il l'a bi5 s5ti qu& il a crit sur son c>net3 ,j'ai dit que je me place au del du bi5 et du mal4 ,e/-ce dire que je veuille m'affran*ir de t\te catgorie morale8 ,non pas6 ,je rep\sse ceux qui exalt5t la d\ceur en l'appelant le bi5 et ceux qui diffam5t l'n]gie en l'appelant le mal c'e/ bi5 son fond2 mais l'hi/oire de la consci5ce huma9e n\s dc\vre une multitude d'autres valeurs morales1 d'autres manires d'tre bons1 d'autres manires d'tre mauvais4 ,nietzs*e e/ donc bi5 un morali/e1 et qui a v\lu l'tre1 et sa morale1 quoique ina*eve1 comme il le reconnat1 e/ bi5 une morale4 ,elle e/ mme trs haute1 puisque j'ai cru montr] qu'elle e/ un /ocisme dpass4 ,mais elle e/ sombre1 dsesprante et1 si loign que je sois1 en morale1 d'appr\v] la manire d\ce1 elle e/ trop rude p\r le commun et mme p\r la moy5ne honorable des hommes4 ,on voit trop qu'elle e/ inspire con/amm5t p> une p5se violemm5t ari/ocratique1 et si je crois qu'une morale doit t5dre l'ari/ocratisme1 je ne crois pas qu'il soit trs bon qu'elle en vi5ne4 ,il e/ trop c]ta9 que ,nietzs*e n'espre ri5 des btes de tr\peau et leur laisse leur morale mdiocre et t5ue p> lui p\r une immoralit1 au lieu de *]*] une morale qui convi5drait aux =ts et aussi aux faibles1 aux suprieurs et aussi aux humbles4 ,et je n'ent5ds po9t p> l une morale moy5ne et mi-cte et d'entre-sol1 de quoi prcism5t j'ai horreur1 mais une morale assez embrassante1 au contraire1 et comprh5sive1 p\r suscit] et enc\rag] t\te la =ce des =ts et le peu de =ce des faibles2 et j'ent5ds non pas qu'on tr\ve l'entre-deux1 mais que l'on comble l'entre-deux4 ,il tait bi5 sur la voie1 puisque1 qu&1 p\r un mom5t1 il n'e/ plus fru de son anti?se des deux morales aux antipodes l'une de l'autre1 il en indique sept ou huit qui vont du plus bas au plus haut4 ,ceci e/1 non seulem5t trs pratique1 mais fond en bonne raison1 et il y aura t\j\rs ncessairem5t une demi-d\za9e de morales p>mi les hommes2 mais re/ait tr\v] un pr9cipe gnral inspirant plus ou mo9s1 mais inspirant t\tes1 ces morales diffr5tes1 plus int5se *ez l'une1 mo9s *ez l'autre1 prs5t dans t\tes et qui f]ait en somme de t\tes ces morales une seule diffr5ts degrs4 ,et cela aurait rpondu ces deux ides contradictoires et trs vraies t\tes deux1 qu'il y a plusieurs morales et qu'il n'y en a qu'une2 qu'on ne peut exig] de l'un ce qu'on exige de l'autre et qu'on doit exig] du plus bas un peu de ce qu'on exige du plus haut2 et cela aurait respect et affirm1 au lieu de la bris] ou de la ni]1 l'unit1 relative1 mais relle1 de l'humanit4 ,et ce pr9cipe commun tait-il si difficile tr\v]8 ,je ne crois pas4 ,quant aux que/ions d'cole1 cette morale e/-elle normative ou hypo?tique1 imprative ou p]suasive8 ,il e/ vid5t qu'elle e/ p]suasive seulem5t1 puisqu'elle n'e/ pas une religion et puisqu'elle ne fait pas du devoir une religion4 ,elle dit l'homme3 sois tel et tel2 fais ceci et cela2 autrem5t tu s]as une bte de tr\peau1 tu s]as trs vil4 ,p> ce seul autrem5t--,nietzs*e a raisonn a9si quelque "p--t\t impratif e/ dtruit4 ,mais1 comme la morale de ,guyau du re/e1 cette morale e/ bi5 dans le s5s de la vie4 ,elle pr5d p\r mobile1 elle pr5d p\r levi]1 non pas1 comme ,guyau1 le gt de vivre lui-mme1 mais une des raisons de vivre les plus =tes1 la volont de puissance sur les autres et sur soi-mme2 et si la vie n'e/ pas seulem5t volont de puissance1 il faut conv5ir qu'elle e/ cela plus que t\t autre *ose4 ,la morale de ,nietzs*e dit l'homme3 veux-tu tre =t8 ,si tu n'y ti5s pas1 je n'ai ri5 te dire et il y a p\r toi d'autres guides4 ,si tu veux l'tre1 sois tel et tel2 fais ceci et cela4 ,or la volont de puissance e/ p>t\t dans la nature et elle exi/e *ez l'homme un degr extraord9aire en raison mme de sa faiblesse primitive qui a exig de lui un dploiem5t =midable d'n]gie4 ,nietzs*e lui-mme a bi5 s5ti cela p> lui-mme3 faible1 *tif1 t\j\rs malade1 il a dit que sa philosophie lui avait t inspire p> son tat et que plus il a t t]rass1 plus l'n]gie surhuma9e lui e/ app>ue et comme le remde et comme la vrit2 et l'optimisme-bravade comme la solution4 ,la morale de ,nietzs*e e/ une sombre leon d'n]gie donne p> un dbile et d'optimisme donne p> un malheureux4 ,ne ft-elle que cela1 elle e/ d'abord un beau spectacle et ensuite elle e/ un cordial1 un tonique et un viatique4 ,sa rac9e pr(onde et aussi le b o elle t5d t\j\rs1 trav]s tant de dt\rs et aussi d'erreurs1 c'e/ le s5tim5t du beau4 ,c'e/ p>ce que ,nietzs*e e/ un arti/e dilettante1 dans le s5s le plus lev du mot1 qu'il a admir avec frnsie la beaut dans t\s les arts et dans t\s les aspects de la nature et qu'il a admir avec fanatisme cette beaut huma9e1 la =ce2 c'e/ p>ce qu'il e/ un arti/e dilettante qu'il a dte/ t\t ce qui fait l'homme laid1 t\t ce qui le dprime et le ref\le1 t\t ce qui le rapetisse1 la timidit1 la cra9te1 le scrupule1 la modration1 l'ab/95ce1 la temprance et la morale des petits et des moy5s1 qui recomm&e t\tes ces v]tus des moy5s et des petits4 ,c'e/ p\r cela qu'lev dans le pessimisme et pessimi/e en son fond p> son tempram5t et son c>actre1 il a fait comme un rtablissem5t1 de t\s ses muscles1 p\r se jet] corps p]du dans un ultra-optimisme1 dans un optimisme p> del la confiance et l'espoir1 p> del l'acceptation1 en ple9e affirmation du bi51 mme dans le mal1 et du bonheur1 mme dans le malheur4 ,p\rquoi8 ,p>ce que le pessimisme fait l'homme petit1 faible1 m9ce1 ramass et rtrci en lui-mme1 laid2 et p>ce que l'attitude dionysiaque en face du monde accept t\t enti]1 du bonheur accueilli1 du malheur brav1 e/ trs belle1 trs imposante1 trs radieuse1 et met l'homme1 comme dit son *] ,corneille1 en po/ure d'un ,dieu4 ,et c'e/ p>ce que ,nietzs*e e/ un arti/e actif1 p>ce qu'il veut sculpt] l'humanit en beaut1 qu'il a dit l'homme3 sois =t1 =t de t\t ton c\rage1 de t\te ta rsi/ance1 de t\te ton endurance1 de t\te ton audace2 sois vritablem5t audax ,iapeti g5us2 dpasse-toi1 surmonte-toi1 vis dang]eusem5t1 p\r arriv] au mpris du dang]1 c'e/--dire de t\te faiblesse2 tire de toi t\s les lm5ts de =ce que tu conti5s p\r dev5ir t\t ce que tu es et p\r a9si dire plus encore2 c>1 comme a dit ,la ,ro*ef\cauld3 ,n\s avons plus de =ce que de volont et c'e/ s\v5t p\r n\s excus] n\s-mmes que n\s n\s imag9ons que les *oses sont impossibles1 et comme il a dit encore3 ,ri5 n'e/ impossible2 il y a des voies qui conduis5t t\tes *oses1 et si n\s avions assez de volont n\s aurions t\j\rs assez de moy5s2 et comme il a dit encore3 ,il s'en faut bi5 que n\s connaissions t\tes nos volonts4 ,agis d'aprs ces maximes et tu s]as beau1 ce qui e/ le s\v]a9 bi51 tant *]*4 ,c'e/ a9si que tu compr5dras toi-mme et que tu compr5dras le monde2 c> le monde et l'exi/5ce ne peuv5t p>atre ju/ifis1 n'ont un s5s1 ne cess5t d'tre incrim9ables qu'en tant que phnomne e/htique et desse9 e/htique1 volont de beau4--,ceci e/ le fond et presque le t\t de ,nietzs*e4 ,il y a trois impratifs3 du bi51 du vrai et du beau4 ,nietzs*e a s5ti =tem5t l'impratif du vrai1 pr(ondm5t celui du beau2 et la conception du bi5 o il e/ arriv a t po/ule en son esprit p> l'impratif du vrai et surt\t p> l'impratif du beau4 ,mais1 p> suite de sotte dmangeaison de sc&alis]1 p> suite d'humeur provocatrice1 p> suite de l\rd antiphili/9isme et c'e/--dire de phili/9isme reb\rs1 il a tant affect l'immoralisme1 tant rpt1 lui le trs gr& morali/e et trs pur1 l'loge du crime1 du vice1 de la m*ancet1 de la cruaut1 comme s'il et t un vulgaire ,/5dhal1 qu'il s'e/ ru9 comme morali/e1 qu'il n'aura aucune autorit p>mi les hommes1 et que sa haute morale ne s]a accessible et pr(itable qu' ceux1 videmm5t r>es1 qui sauront la dgag] patiemm5t de t\tes ses scories1 qui sont propos qu]elleurs1 b\tades1 inc>tades et p>adoxes4 ,,*apitre ,,vi ,,la ,,morale ,,sci5ce-,,des-,m,,urs ,d'autres morali/es1 p>mi lesquels comme prcurseurs on peut et l'on doit compt] ,hobbes1 ,sa9t-,simon et aussi ,augu/e ,comte1 en ce s5s qu'il a v\lu faire r5tr] la morale dans la sociologie1 la tte desquels on doit mettre ,m4 ,lvy-,bruhl1 p\r son livre1 d'un incomp>able tal5t1 intitul la ,morale et la sci5ce des murs1 se sont dem& ceci3 la morale ne s]ait-elle pas1 comme la physique1 t\t simplem5t une sci5ce8 ,qu'e/-ce qu'une sci5ce8 ,c'e/3 #a la connaissance d'un c]ta9 nombre de faits2 #b le ramnem5t de ces faits un petit nombre de lois ou une seule loi4 ,la morale ne s]ait-elle pas la sci5ce des faits moraux telle date1 dans telle civilisation1 et la rduction de ces faits un c]ta9 nombre de lois gnrales ou une seule loi8 ,e/-ce que1 la morale1 ce ne s]ait pas les murs1 les murs tudies avec prcision et avec plnitude1 et puis ram5es quelques =mules indiquant leur tat gnral et le s5s dans lequel elles se dirig5t8 ,ce s]ait tudi] la ralit morale4 ,rem>quez qu'il n'y a que cela de sci5tifique1 et c'e/ dire qu'il n'y a que cela qui soit sr4 ,rem>quez que t\te =mule de morale ?orique et normative e/ une imag9ation1 une con/ruction idale1 une uvre1 si l'on veut1 de la raison spontane2 et raison spontane ne veut ri5 dire que raison intuitive1 donc une rvlation dans une extase2 et il n'y a ri5 l de sci5tifique1 la sci5ce ne s'appuyant que sur des faits et ne v\lant et ne devant p>tir que des faits4 ,les rvlateurs n\s diront3 ,mais n\s aussi n\s p>tons au mo9s d'un fait2 n\s p>tons du fait moral1 du tu dois que la consci5ce dit *aque homme2 et cela e/ bi5 un fait4 --,oui2 mais un fait qui ne conti5t ri51 un fait qui ne conti5t pas de faits1 un fait qui ne conti5t que lui1 et que1 en tant que fait1 n\s ne p\vons enregi/r] que comme une impulsion4 ,n\s en ti5drons compte2 mais n\s disons qu'il n'e/ pas sci5tifique de fond] quoi que ce soit sur un seul fait1 ft-il univ]sel1 qui n'e/ qu'une t5dance de l'me huma9e et qui ne r5seigne pas sur la morale1 qui ne donne d'autre r5seignem5t sur la morale que ceci que l'me huma9e t5d ce qu'il y en ait une4 ,rem>quez de plus que ce qui vi5t d'tre dit n'e/ pas vrai2 que les morales ?oriques1 normatives1 qui rvl5t et qui comm&5t1 au fond ne font pas autre *ose que ce que n\s v\lons qu'on fasse1 ne font pas autre *ose que rationalis] la pratique morale exi/ante1 que mettre en une loi ce qu'elles obs]v5t comme faits moraux aut\r d'elles4 ,d'o vi5t1 en effet1 que ces morales ?oriques div]g5t p> leurs ?ories et conv]g5t admirablem5t p> les prceptes qu'elles enseign5t1 une fois qu'elles en arriv5t ces prceptes8 ,le fait n'e/ pas niable4 picure et ,znon sont aux antipodes p\r ce qui e/ des ?ories2 ils s'accord5t si bi5 p\r ce qui e/ des prceptes que ,snque emprunte indiffremm5t ses =mules picure et ,znon4 ,leibniz montrait sans difficult que sa morale1 t\te rationnelle1 tait p>faitem5t d'accord en ses conclusions avec la morale religieuse4 ,john ,/u>t ,mill fait rem>qu] que sa morale1 t\t utilitaire1 f9it p>faitem5t p> se confondre avec le fond mme de l'vangile3 ,aime ton pro*a9 comme toi-mme4 ,et c'e/ ce qui faisait dire1 trs spirituellem5t1 ,s*op5hau]3 ,il e/ difficile de fond] la morale1 il e/ ais de la pr*]4 ,que conclure de cette concid5ce qui ne peut pas tre =tuite8 ,que les ?orici5s de la morale ont1 quoi qu'ils en ai5t1 les yeux fixs sur la moralit commune et y con=m5t leurs prceptes2 qu'ils ne peuv5t pas s'c>t] de la consci5ce commune de leur temps2 qu'ils ne dduis5t pas1 quoi qu'ils en puiss5t croire1 leur pratique de la ?orie1 mais qu'ils dduis5t leur ?orie de la pratique4 ,bon gr1 mal gr1 la ?orie e/ assujettie rationalis] la pratique exi/ante4 ,seulem5t ce qu'ils font l1 ils le font inconsciemm5t1 ma*9alem5t1 subissant la pression des ent\rs1 et avec cette erreur qu'ils croi5t tir] de leurs pr9cipes leurs prceptes1 alors qu'ils accommod5t leurs prceptes1 inspirs p> la morale c\rante1 aux pr9cipes d'o ils sont p>tis1 ce qui1 p\r des hommes +nieux1 et du re/e en t\te bonne foi1 e/ t\j\rs possible4 ,or1 ce qu'ils font inconsciemm5t1 faisons-le en n\s en r5dant compte1 m?odiquem5t1 sci5tifiquem5t1 rellem5t4 tudions la ralit morale1 c'e/--dire les murs qui n\s ent\r5t1 et les classant1 les ramassant1 les =mulant1 ram5ons-les des lois gnrales4 ,ces lois gnrales s]ont la morale1 la morale relle1 de notre temps4 ,c'e/ t\t ce qu'un esprit sci5tifique peut faire et doit faire4 ,sans d\te1 la morale a t\j\rs eu p\r c>actre d'tre idalisatrice1 de s'loign] des faits1 et mme n\s ne la s5tons comme quelque *ose quoi n\s sommes =cs de donn] un nom qu'en tant qu'elle s'loigne des faits et veut n]giquem5t les dpass]2 sans cela elle s'appell]ait la ralit ou la nature4 ,ri5 de plus c]ta92 mais la morale1 qu& on y reg>de de prs1 ne s'loigne pas des faits ambiants2 elle semble s'en loign]4 ,en fait cet idal n'e/ que la projection de la ralit sociale d' prs5t1 soit dans un pass lo9ta91 soit dans un av5ir lo9ta9 aussi4 ,c'e/ l'ge d'or de d]rire n\s ou de devant n\s4 ,mais il n'en re/e pas mo9s que la plus belle morale ?orique e/ inspire p> les murs ambiantes1 que1 seulem5t1 elle transfigure4 ,les ,p>adis sont trs in/ructifs cet g>d4 ,ils sont la projection brillante des murs mmes du peuple qui app>ti5n5t ceux qui les rv5t4 ,le p>adis de ,virgile e/ un cap ,sunium ou un ,tibur1 un lieu o des sages conv]s5t t]nellem5t de *oses leves et belles2 le p>adis de ,dante e/ une glise ca?olique o les lus se repaiss5t de la connaissance de ,dieu2 le p>adis de ,mahomet e/ un j>d9 d',armide et le p>adis d',od9 un m]veilleux pays de *asse4 ,voyez-v\s ,virgile dcrivant un p>adis o t\s les lus travaill]ai5t dans la plus /ricte galit et1 dans une galit p>eille1 recevrai5t *acun leur "p des fruits recueillis8 ,non1 ce p>adis-l n'aurait pu tre pe9t que p> un ,jsuite du ,p>aguay ou ne p\rrait l'tre que p> ,m4 ,jaurs4 ,la morale la plus ?orique n'e/ donc que le reflet en beau1 mais un reflet trs exact1 des murs qui environn5t le ?orici54 ,rev5ons et repr5ons3 ce que font inconsciemm5t les morales ?oriques1 n\s devons le faire m?odiquem5t et sci5tifiquem5t2 et elles-mmes n\s enseign5t que n\s n'avons pas autre *ose faire4 ,ceci e/-il--c> n\s voyons bi5 qu'on va n\s en accus]--dtruire la morale c\rante1 la morale qui n\s ent\re2 les aspirations morales de nos contempora9s8 --,non1 puisque c'e/ s'en inspir]1 puisque c'e/ les consult] con/amm5t2 non seulem5t les consult]1 mais les pr5dre en ma9s t\t entires p\r opr] sur elle une sorte de clivage m?odique1 scrupuleux1 donc le plus respectueux du monde4 --,p>don6 ,ce n'e/ pas la morale de vos contempora9s que v\s clivez2 ce sont leurs murs1 et cela fait une diffr5ce4 --,les murs oui2 mais la morale aussi2 la morale p\r n\s fait p>tie des murs2 les aspirations morales les plus leves font ess5tiellem5t p>tie des murs2 la foi morale d'un ,kant1 le monde comme volont d'un ,s*op5hau]1 la volont de puissance d'un ,nietzs*e1 sont des faits moraux d'une extrme importance et que n\s mettons sur nos fi*es2 la mtamorale fait p>tie des murs comme fait ?ique2 mais notre mti] de savant n'e/ que d'tudi] t\tes les murs et de les ram5] leurs lois gnrales ou leur loi gnrale4 ,quelles sont les murs du monde civilis1 y compris ses rv]ies ?ologiques1 au ,x,xe sicle1 voil ce que n\s avons savoir2 quelle p5se gnrale ou quel gr\pe de p5ses gnrales peuv5t-elles raisonnablem5t se ram5]2 voil ce que n\s avons *]*]4 ,cette morale sci5ce-des-murs a s\lev et s\lve de nombreuses et =tes objections4 ,prvue p> ,r5\vi]1 elle lui faisait dire1 dans sa ,sci5ce de la morale3 ,l'9vitable considration de l'tat de moralit des autres p\r dcid] de la possibilit des actes moraux de *aque homme1 suppos moral en pr9cipe1 e/ une espce de solid>it huma9e rappel de la solid>it du mal que n\s avons expose plus haut444 ,c'e/ p\r cette raison que les morali/es les plus rigides sont rduits di/+u] les devoirs en l>ges et /ricts1 p>faits et imp>faits d'o t\te une casui/ique444 ,kant lui-mme1 concession et faiblesse trop peu rem>ques1 admet des devoirs l>ges et ne sait comm5t m>qu] la limite des devoirs /ricts444 ,de l une sorte de coexi/5ce de deux morales dans l'esprit de la plup>t des hommes de notre temps et de t\s les temps4 ,l'une de ces morales s'atta*e un idal de bont1 de p>don et de sacrifice ralis] en *aque p]sonne444 et pr5d la raison et la lib]t p\r les coeffici5ts uniques des actes moraux4 ,mais1 ct de celle-ci1 on tr\ve une autre morale qui p>le de ju/ice matriellem5t obligatoire1 de devoirs imposs p> contra9te444 ,on s'explique cela sans pe9e1 une fois rem>qu1 p> l'influ5ce d'une passion de l'homme qui veut la fois envisag] son idal dans les faits1 se flatt] de l'y retr\v] et port] dans l'idal1 af9 de le r5dre mieux applicable1 des maximes des notions nes des faits mmes o l'idal se tr\ve r5v]s4 ,rduire la morale tre le rsum1 le ramass et l'extrait des murs contempora9es et environnantes1 c'e/ se faire un idal des notions nes des faits mmes o l'idal e/ r5v]s2 c'e/1 des deux morales1 l'une qui se fait un idal elle-mme et l'autre qui en *]*e un dans les faits qui le r5v]s5t1 c>t] la premire et cons]v] prcieusem5t la seconde1 c>t] l'excell5te et g>d] la mdiocre4 ,c> enf9 que m'appr5dront les murs des hommes8 ,elles sont surt\t mauvaises4 ,a tre mauvais4 --,non1 elles sont surt\t mdiocres4 --,a tre mdiocre4 ,on ne se tromp]a gure1 dit ,nietzs*e1 en attribuant les petites actions la peur1 les moy5nes l'habitude et les gr&es la vanit4 ,que m'enseign]a le clivage8 ,a vivre moiti selon la peur1 moiti selon la c\tume2 c> les gr&es actions1 tant r>es1 n'entr]ont p\r a9si dire po9t comme coeffici5t de la moy5ne4 ,la morale sci5ce-des-murs e/ analogue ce qu'on a dit de la morale de ,la ,fonta9e3 ,la ,fonta9e e/ moral comme l'expri5ce4 ,or ceci e/ une sottise4 ,e/-ce que l'expri5ce e/ morale8 ,elle e/ surt\t dmoralisante4 ,la morale sci5ce-des-murs e/ analogue encore la religion de l'humanit de ,comte3 ,adorez l'humanit1 dit ,comte4 --,mais elle n'e/ pas adorable du t\t4 ,elle e/ surt\t mprisable4 ,comm5t v\lez-v\s que je l'adore8 --,que faites-v\s donc8 --,j'adore ,dieu4 --,mais ne voyez-v\s pas que ,dieu1 c'e/ l'humanit projete dans l'inf9i1 avec une transfiguration plus ou mo9s adroite8 --,il e/ possible2 mais ,dieu1 c'e/ un idal que je puis ador]1 et comme il me comm&e d'aim] les hommes1 je les aime p> ce dt\r qui1 je l'av\e1 m'e/ ncessaire2 ,dieu me disant3 ,aime les hommes1 moi rpondant3 ,ah6 bi56 oui6 ,dieu me rpliquant3 ,je les aime bi51 moi6 et moi n'ayant plus ri5 dire4 ,oui il y a analogie entre une morale se passant d'idal et tirant le devoir de l'tude des hommes qui ne le pratiqu5t pas1 et une religion se passant de ,dieu et comm&ant d'aim] les hommes qui ne le mrit5t po9t4 ,morale rsultant de la sci5ce des murs6 ,je vis au ,x,v,i,ie et je lis ,la ,bruyre4 ,voil bi51 avec de l'esprit t\t aut\r1 la sci5ce des murs4 ,rem>quez que ,la ,bruyre pe9t trs s\v5t les bonnes murs et ne se borne pas pe9dre les mauvaises4 ,c'e/ un tableau complet du temps4 ,eh bi56 ,c'e/ d'aprs le rsum ou la moy5ne de ces murs que je vais me conduire8 ,je suis damn4 ,comme je l'ai fait rem>qu]1 dans ce trait ou dans un autre1 la morale sci5ce-des-murs a p\r maxime fondam5tale le critrium de ,kant1 altr1 adultr1 tel qu'il s]ait s'il tait mal compris4 ,kant dit3 ,agis t\j\rs comme si tu v\lais que ton action ft rige en rgle univ]selle de conduite4 ,la morale sci5ce-des-murs dit1 ou semble bi5 dire3 ,agis t\j\rs selon ce qui e/ rig en rgle univ]selle de conduite4 ,c'e/ le critrium de ,kant1 mo9s l'idal1 l'idalisme1 l'lan v]s le mieux1 qui e/ cont5u dans le conditionnel3 ce que tu v\drais qui ft4 ,un anci51 d'aprs ,kant1 aurait pu affran*ir ses esclaves2 d'aprs la morale sci5ce-des-murs il n'aurait pas cru p\voir le faire4 ,un patron1 d'aprs ,kant1 peut admettre ses ouvri]s la p>ticipation aux bnfices2 suivant la morale sci5ce-des-murs il ne croira pas p\voir le faire4 ,l'tude des murs1 t5dances1 incl9ation des hommes1 mme non seulem5t de notre temps1 mais de t\s les temps1 ne peut1 selon l'expression de ,m4 ,delbos1 qui me p>at excell5te1 que dcrire une volont v\lue1 non expliqu] une volont v\lante ni1 plus =te raison1 faire v\loir4 ,je puis considr] t\tes les actions des hommes1 les connatre t\tes1 et c]tes j'en s]ai plus clair2 mais1 qu& il s'agira de me dcid]1 ce s]a p> un m\vem5t intrieur qui1 soit appr\v]a1 soit dsappr\v]a la moy5ne de ces actions1 et dans les deux cas ce n'e/ pas cette moy5ne elle-mme qui m'aura dcid4 --,a mo9s que v\s n'agissiez selon la c\tume6 --,mais non pas mme6 ,qu& on agit sans rflexion1 on agit p> imitation de la c\tume1 oui2 mais muni de la sci5ce des murs et ayant rfl*i sur elle1 qu& on agit p> c\tume on n'agit pas p> c\tume2 on agit p> approbation de la c\tume2 et ceci mme e/ un m\vem5t intrieur4 ,donc1 dans t\s les cas1 ce n'e/ pas la sci5ce des murs qui me f]a agir1 mais quelque *ose de moi qui s'y s]a aj\t4 ,ce quelque *ose de moi1 c'e/ mon idal1 et n\s voil ram5s la morale ?orique4 ,la sci5ce objective des murs ne peut produire1 dit encore ,m4 ,delbos1 aucune rgle df9ie qui prescrive la volont des f9s *oisir--s9on p> addition arbitraire4 ,cette addition arbitraire1 c'e/ l'inspiration de mon idal p>ticuli]4 ,je l'aj\te au donn que j'ai tir de ma sci5ce des hommes2 mais1 sans cette addition1 il n'y aurait ri5 du t\t de dt]m9ant4 ,ma volont s'appuie sur t\te la sci5ce ?ique que je puis avoir1 p\r y tr\v] le mom5t o mon action e/ opportune1 la matire dont mon action s]a remplie1 la manire aussi 7je puis imit] un homme que j'appr\ve7 dont mon action s]a faite1 les moy5s aussi de mon action2 mais de t\te ma sci5ce ?ique ma volont ne saurait tir] sa loi propre4 ,s+uli] r5v]sem5t des valeurs4 ,avec la sci5ce des murs c'e/ l'homme libre1 ce me semble1 qui e/ immoral4 ,supposons =me actuelle de la morale ce que ,nietzs*e assure avoir t la premire =me de la morale3 ,la moralit n'e/ pas autre *ose que l'obissance aux murs2 mais les murs c'e/ la faon traditionnelle d'agir444 ,donc l'homme libre e/ immoral1 puisque1 en t\tes *oses1 il veut dp5dre de lui-mme et non d'un usage tabli4 ,mal e/ quival5t d'intellectuel1 de libre1 d'arbitraire1 d'imprvu444 ,si une action e/ excute1 non p>ce que la tradition le comm&e1 mais p\r d'autres raisons et mme p\r les raisons mmes qui ont autrefois tabli la c\tume1 elle e/ qualifie d'immorale et considre comme telle4 ,notez que1 mme de nos j\rs1 il en e/ peu prs a9si1 cause de cette s\s-morale dont n\s p>lait si bi5 ,r5\vi]4 ,mais enf9 les *oses sont telles4 ,en morale sci5ce-des-murs l'homme orig9al e/ immoral1 l'homme individuel e/ immoral2 la lib]t e/ une immoralit4 ,la seule moralit e/ la moralit animale1 et encore la moralit animale lm5taire3 se con=m] au milieu4 ,p\r une f\rmi ou une abeille1 la moralit telle qu'elle app>at dans la sci5ce des murs e/--non pas absolue2 c> encore un individu f\rmi ou un individu abeille a de l'initiative--mais t\t prs d'tre absolue4 ,or1 malgr t\t le respect que l'on doit ces animaux prodigieusem5t d\s de l'in/9ct social1 ne s5t-on pas que l'homme t\t au mo9s e/ con/itu autrem5t et n444 p\r beauc\p de *oses1 mais en p>ticuli] p\r *]*] individuellem5t ses motifs d'agir4 ,nietzs*e semble avoir s\v5t r5contr sur le *em9 de sa p5se la morale sci5ce-des-murs ou quelque *ose de bi5 appro*ant4 ,il dit un j\r3 ,digne de rflexion--accept] une croyance simplem5t p>ce qu'il e/ d'usage de l'accept]1 ne s]ait-ce pas tre de mauvaise foi env]s soi-mme1 tre l*e1 tre p>esseux8 ,et donc la mauvaise foi1 la l*et1 la p>esse1 s]ai5t-elles donc la condition premire de la moralit8 --,oui1 ce semble1 si la moralit1 c'e/ connatre les murs et y adhr]4 ,et ici revi5t le mot1 que je f]ai rev5ir encore1 le mot matre de la morale de ,nietzs*e3 ,ne jamais song] rabaiss] nos devoirs tre les devoirs de t\t le monde4 ,rem>quez3 mme les devoirs4 ,les devoirs ne sont pas la moy5ne des murs2 ils en sont le meilleur2 ils sont ce que n\s avons tir de la sci5ce des murs en y aj\tant 7addition arbitraire de ,m4 ,delbos7 en y aj\tant de notre grce1 une prfr5ce l'g>d de telle ou telle c\tume p>mi les c5t mille2 les devoirs sont telle action que n\s avons vu faire1 rige p> n\s en exemple1 en modle1 en type de loi4 ,or1 mme ces actions d'lite1 mme ces devoirs1 qu& n\s songeons aux ntres1 n\s ne devons pas v\loir qu'ils soi5t des devoirs suffisants2 n\s devons les dpass]1 les surmont]1 les laiss] lo9 d]rire n\s et n\s privilgi] dans le devoir4 ,or ces devoirs suprieurs1 ces surdevoirs1 o en pr5drons-n\s l'ide8 ,dans la sci5ce des murs1 je le veux bi51 mais--t\j\rs--en y aj\tant quelque *ose4 ,quoi8 ,quelque *ose qui1 sans d\te1 ne n\s s]ait jamais v5u l'ide si n\s ne connaissions pas les murs1 mais qui n\s e/ inspir1 comme dsir1 comme aspiration1 comme lan v]s un mieux1 p> un m\vem5t intrieur4 99 99 99 99 99 ,en t\t cas1 comme on l'a fait rem>qu] ,m4 ,lvy-,bruhl1 cette morale tire de la sci5ce des murs s]ait t]riblem5t cons]vatrice4 ,elle emp*]ait1 elle int]dirait t\t progrs4 ,si la moralit consi/e connatre les murs de ses contempora9s et s'y con=m]1 on n'inv5t]a jamais une manire meilleure d'tre moral2 on pit9]a t\j\rs2 on t\rn]a t\j\rs dans le mme c]cle4 ,mon ,dieu1 a rpondu spirituellem5t ,m4 ,lvy-,bruhl1 je ne sais qui ent5dre4 ,les uns me repro*5t de dtruire la morale1 les autres me repro*5t de la trop cons]v]6 ,on peut lui rpliqu]3 mais1 prcism5t6 ,cons]v] la morale c'e/ la dtruire1 puisqu'elle e/ en son ess5ce un dsir d'amlioration2 puisqu'elle e/ une aspiration v]s un mieux2 puisqu'elle conti5t ess5tiellem5t non un tre1 mais un dev5ir4 ,je suis moral1 surt\t1 presque exclusivem5t1 en ceci que je veux tre plus moral4 ,m'assign] p\r t*e seulem5t de ressembl] t\t le monde1 c'e/ me prescrire d'tre ce que je suis et non pas1 comme ,nietzs*e1 de dev5ir celui que je suis2 et non pas1 comme la plup>t des philosophes1 de dev5ir autre que je ne suis4 ,on peut donc indiffremm5t v\s repro*] de dmolir la morale et de la cons]v]2 c>1 si ce n'e/ pas la mme *ose1 ce sont *oses trs analogues4 ,votre doctr9e conduit une sorte d'obissance apa?ique la c\tume1 l'impossibilit de procur] ou mme de concevoir aucun progrs social1 mo9s que l'on ne compte sur la vis m$icatrix natur1 sur la nature faisant t\te seule le progrs et l'amlioration1 ce qui n'e/ pas *ose dmontre1 ni trs probable4 ,il ne peut pas ne pas y avoir un c]ta9 fatalisme dans l'homme dom9 p> la sci5ce des murs4 ,il s]a t\j\rs l'homme1 assez rp&u dans le monde1 du re/e1 qui1 qu& on lui dit3 ,que faut-il faire8 rpond3 ,il y en a qui font a9si1 d'autres de telle sorte4 --,mais que faut-il faire8 --,la plup>t font comme ceci4 --,mais encore8 --,il y en a presque autant1 du re/e1 qui font autrem5t4 --,ah6 quel homme6 ,c'e/ l'homme de la sci5ce des murs4 99 99 99 99 99 ,on p5se bi51 si l'on connat ,m4 ,lvy-,bruhl1 qu'il a prvu t\tes les objections que s\levait son sy/me et qu'il y a rpondu trs spcieusem5t4 ,il a comm5c p> rpondre1 mme p> avance3 ,rem>quez bi5 que je laisse intacte t\te la morale4 ,cette morale telle que v\s la suivez1 soit *rti5ne1 soit /oci5ne1 soit kanti5ne1 soit s5tim5tale1 elle re/e t\t entire2 je s]ais du re/e bi5 emp* la v\loir dtruire2 et elle cont9ue v\s inspir]4 ,seulem5t1 ct d'elle1 lo9 d'elle1 mme1 si v\s v\lez1 j'in/itue une sci5ce des murs 7et non pas une morale7 comme il exi/e une physique p\r tudi] la nature4 ,il n'y a pas sub/itution d'une *ose une autre1 il y a une *ose n\velle et qui manquait1 qui e/ cre et qui en elle-mme e/ m9emm5t intressante et qui p\rra peut-tre1 un j\r1 tre utile la premire4 ,la ,bruyre ne se sub/itue pas ,b\rdal\e1 ni n'en a la prt5tion4 ,il fait de la sci5ce des murs1 p5dant que ,b\rdal\e fait de la morale4 ,m4 ,lvy-,bruhl a dit cela trs s\v5t au c\rs de son volume2 mais ici il y a *ez lui un peu de flottem5t4 ,s'il dit cela et v+t fois1 il dit aussi3 ,la sci5ce des murs ne dtruit pas les sy/mes de morale444 mais elle les remplace2 il dit aussi3 ,une sci5ce des murs sub/itue la morale ?orique444--,et si la sci5ce des murs1 sans dtruire la morale ?orique1 s'y sub/itue et la remplace1 je ne vois pas trop comm5t elle ne la dtruit pas2 elle ne la dtruit peut-tre pas2 mais ou elle l'lim9e1 ou elle l'absorbe1 et l'on convi5dra que c'e/ peu prs dtruire4 ,non1 ,m4 ,lvy-,bruhl et ses disciples ont bi5 dans l'ide que la sci5ce des murs j\]a--au mo9s un j\r--le rle que jusqu'ici la morale a j\ et ils devrai5t t\t simplem5t en conv5ir4 ,un procureur de la ,rpublique ,dijon1 concluant dans une affaire de publications pornographiques1 disait1 en #aijg3 ,les bonnes murs sont les murs de l'poque o l'on vit4 7,voir ,la ,gangrne pornographique1 #aijh47 ,voil la morale sci5ce-des-murs4--,dans une composition de c&idate un brevet pdagogique on a relev la ligne suivante3 ,la morale e/ ce qu'enseign5t les murs gnrales d'une poque4 ,voil la morale sci5ce-des-murs4 ,m4 ,lvy-,bruhl a si bi5 et l'int5tion de fond] une morale1 mettons si v\s v\lez une rgle des murs1 sur la sci5ce des murs1 et de rpondre l'objection qu'avec cette morale il n'y a pas d'amlioration morale possible1 que t\t ce que n\s v5ons d'expos] n'e/ que la moiti de son sy/me et qu'il y a une seconde p>tie de sa t*e1 comme on dit1 o il n'e/ pas mo9s brillant que dans la premire et o n\s allons le suivre4 ,a la sci5ce des murs il y aura aj\t]1 qu& le temps en s]a v5u1 qu& la sci5ce des murs s]a assez sre et assez ri*e1 un art de la moralit1 et c'e/ cet art1 fond sur la sci5ce1 clair p> elle1 qui p]mettra et qui donn]a les amliorations1 le progrs dont on n\s p>le tant et que l'on n\s accuse si =t de ne p\voir ni procur] ni concevoir4 ,cet art qui s]a un art rationnel1 se s]vant des donnes de la sci5ce des murs1 comp>]a les murs entre elles1 v]ra celles qui sont bonnes et celles qui sont meilleures1 modifi]a1 p> des procds rationnels1 la ralit morale donne1 comme la mcanique et la mdec9e int]vi5n5t1 en vue de ces mmes intrts1 dans les phnomnes physiques et biologiques2 suscit]a et impos]a1 au nom de la sci5ce sre o elle s'appui]a1 des amliorations div]ses et con/itu]a a9si le progrs moral4 ,un art rationnel s]a sub/itu des pratiques plus ou mo9s empiriques et illusoires4 ,peut-on d\t] que si n\s avions une connaissance sci5tifique de notre socit1 c'e/--dire1 d'une "p des lois qui rgiss5t les rapports entre les phnomnes1 et d'autre "p des conditions antrieures dont *acune des sries de phnomnes e/ le rsultat1 si n\s en possdions en un mot les lois /atiques et dynamiques2 peut-on d\t] que cette sci5ce ne n\s p]mt de rs\dre la plup>t des conflits de consci5ce et d'agir1 de la faon la plus conomique la fois et la plus efficace sur la ralit sociale o n\s s]ons plongs8444 ,et grce cet art rationnel1 la ralit morale p\rra tre amliore entre des limites qu'il e/ impossible de fix] d'avance4 ,p> cet art de la moralit aj\t la sci5ce des murs1 ,m4 ,lvy-,bruhl remplit t\te la place occupe autrefois p> la morale ?orique4 ,il a inv5t d'abord une sci5ce morale qui p> elle-mme ne donnait ri51 qui ne donnait ri5 qu'elle-mme1 c'e/--dire une *ose intressante1 mais sans aucune utilit pratique4 ,mais ds qu'il y aj\te l'art de la moralit1 voil que la morale ?orique1 avec t\s les prceptes qu'elle tirait de ses axiomes1 e/ remplace1 cette fois elle l'e/2 et aussi la sci5ce sociale se tr\ve utilisable et utilise p> les donnes c]ta9es1 p> les matriaux srs et ri*es qu'elle donn]a l'art de la moralit4 ,la morale ?orique n'a plus argu] de son utilit p\r v\loir re/] dans la place4 ,elle e/ lim9e p>ce qu'elle e/ dm5t remplace2 elle e/ lim9e p>ce que deux p]sonnages pr5n5t son (fice1 le rempliss5t t\t enti] et le rempliss5t mieux4 ,grce cet auxiliaire qui s'appelle l'art de la moralit1 la morale sci5ce-des-murs a bataille gagne4 ,bl*] app>aissant1 de va9cu ,well+ton passe va9queur4 ,a cela deux objections1 la premire de peu d'importance3 ,v\s reconnaissez v\s-mme que la sci5ce des murs e/ encore faire et qu'il se pass]a beauc\p de temps avant qu'elle soit moiti faite4 ,v\s reconnaissez d'autre "p que l'art de la moralit ne peut entr] en fonctions que qu& la sci5ce des murs s]a faite1 ou trs peu prs4 ,d'ici ce temps loign1 quelle s]a la rgle des murs ou quelles s]ont les rgles des murs8 ,n\s voil immobiliss en l'att5te d'un ,messie4 ,heureux s]ont nos neveux3 ils sauront ce qu'ils doiv5t faire2 malheureux n\s sommes1 qui savons seulem5t que d'autres sauront ce qu'ils doiv5t faire4 ,rponse3 ,ce s]ait dj trs beau1 peut dire ,m4 ,lvy-,bruhl1 de savoir qu'en n\s appliquant la sci5ce des murs n\s travaillons p]mettre l'art moral de natre1 qu'en n\s appliquant la sci5ce des murs n\s travaillons aux s\bassem5ts du maje/ueux difice moral1 comme dit ,kant4 ,ensuite v\s avez p\r v\s conduire la morale telle qu'elle exi/e en ce mom5t et que l'on doit considr] comme une morale provisoire3 ,l o la sci5ce ne peut pas encore dirig] notre action et o la ncessit d'agir s'impose1 il faut s'arrt] la dcision qui p>at auj\rd'hui la plus raisonnable d'aprs l'expri5ce passe et l'ensemble de ce que n\s savons444 ,n\s ne v\s disons pas3 ,ab/5ez-v\s tant que la sci5ce ne s]a pas faite1 n\s v\s disons3 ,le mieux s]ait1 ici comme ailleurs1 de possd] la sci5ce de la nature p\r int]v5ir dans les phnomnes c\p sr1 qu& il le faut et dans la mesure o il faut2 mais1 jusqu' ce que cet idal soit atte9t1 s'il doit jamais l'tre1 que *acun agisse selon les rgles provisoires les plus raisonnables possibles4--,accord4 ,seconde objection3 ,n\s sommes au ,x,x,x,i,i,ie sicle4 ,la sci5ce morale e/ con/itue1 l'art moral a comm5c fonctionn]4 ,la sci5ce des murs con/ate les murs1 l'art moral les juge1 les dirige et les amliore4 ,mais comm5t les juge-t-il p\r les dirig] et les amlior]8 ,dans quel esprit8 ,avec quel critrium8 ,sur quel pr9cipe8 ,c> la sci5ce des murs ne lui f\rnit ni pr9cipe1 ni critrium1 ni esprit4 ,elle ne connat que des faits et des rapports entre les faits1 et elle ne f\rnit l'art de la moralit que des faits et des rapports entre des faits1 absolum5t ri5 de plus4 ,avec quoi l'art moral va-t-il jug] les murs p\r les dirig] et les faire meilleures8 ,mme1 comm5t saura-t-il ce que c'e/ que le meilleur8 ,quel s5s ce mot aura-t-il p\r lui8 ,ce mot n'aura un s5s que si l'art moral a en lui-mme1 puise en lui-mme1 une notion du bon1 du mauvais1 du meilleur1 du pire4 ,mais alors il a lui-mme un esprit1 un critrium1 un pr9cipe6 ,mais alors il e/ une morale ?orique1 t\t simplem5t6 ,du mom5t que v\s in/ituez un art de la moralit1 c'e/ une morale ?orique que v\s in/ituez4 ,du mom5t que v\s in/ituez quelque *ose qui e/ime1 qui juge1 qui prfre1 qui dcide de la valeur des actes1 qui c\ronne les uns1 qui condamne les autres1 qui lim9e les uns1 qui cons]ve les autres et qui1 p> cet ensemble d'oprations1 amliore l'tat gnral des murs ou prt5d l'amlior]1 ce quelque *ose1 quelque nom que v\s lui donniez1 et v\s avez beau l'appel] art et non dogme1 e/ une morale ?orique comme celle de ,znon ou d'picure1 ou de ,kant4 ,et1 comme la morale la plus au!ntiquem5t du monde morale ?orique1 ce quelque *ose e/ =c d'avoir son pr9cipe1 son ide gnrale d'aprs laquelle il tablit t\s ses jugem5ts p>ticuli]s1 t\tes ses leons1 t\s ses prceptes4 --,il ne donn]a ni leons1 ni prceptes6 --,la belle affaire6 ,qu'importe8 ,il ne prescrira pas1 mais il proscrira4 ,or proscrire c'e/ prescrire4 ,il ne dira pas3 il faut faire cela1 mais il dcid]a que telle c\tume e/ mauvaise2 c'e/ prescrire l'autre1 celle qui remplac]a celle-l4 --,il y a p\rtant une diffr5ce entre un art et un dogme1 sans cela il n'y aurait pas deux mots4 ,notre art ne comm&]a pas2 il n'intim]a pas des ordres2 il n'organis]a pas aut\r de lui une religion ou quasi-religion1 comme font t\tes les morales qui russiss5t1 et mme les autres2 il procd]a p> l5tes pressions sur l'op9ion publique1 p> propag&e1 p> exhortations et conseils444 --,autrem5t dit ce s]a une morale p]suasive et non une morale imprative1 je le reconnais p>faitem5t2 effaons l'assimilation que j'en faisais la morale de ,kant2 ma9t5ons l'assimilation que j'en faisais la morale de ,znon ou d'picure4 ,ce s]a une morale p]suasive2 mais ce s]a une morale ?orique et elle ne p\rra pas ne pas tre une morale ?orique4 ,art tant que l'on v\dra2 mais e/-ce que les arts n'ont pas et ne sont pas obligs d'avoir leur ?orie et leurs ides gnrales et leurs pr9cipes8 ,e/-ce que la mdec9e1 laquelle v\s comp>ez trs s\v5t1 et avec raison1 votre art de la moralit1 n'a pas ses ?ories et ses ides gnrales et ses pr9cipes8 ,l'art moral s]a une morale p]suasive comme t\tes les morales de l'antiquit1 mais ce s]a trs bi5 et =cm5t une morale1 t\te une morale1 avec son pr9cipe qu'elle aura tir d'elle-mme1 t\t comme le /ocisme1 sa vois9e1 la sci5ce des murs1 tant absolum5t incapable de lui en f\rnir aucun4 ,je dirai mme que1 quoique p]suasive et ne p\vant pas tre plus1 cette morale s]a am5e 1 du mo9s1 se donn] des airs trs normatifs1 cause de ce vois9age de la sci5ce des murs4 ,la sci5ce des murs ne lui f\rnira po9t ses pr9cipes et ne p\rra lui en f\rnir aucun2 mais elle l'in/ruira1 elle lui donn]a des faits et des /ati/iques et1 cause de cela1 l'art moral se dcl>]a sci5tifique1 prt5dra avoir reu de la sci5ce son pr9cipe1 ses ides directrices--le croira1 du re/e1 trs naturellem5t--et se dcl>]a sci5tifique elle-mme1 se nomm]a art-moral-sci5tifique et se donn]a t\te l'autorit un peu insol5te que se donne t\t ce qui e/ sci5tifique ou qui croit l'tre4 ,l'art moral ne s]a pas impratif2 mais p\r rb>batif1 je gag]ais qu'il le s]a4 ,en t\t cas1 en appelant un art de moralit la suite--et au sec\rs--de la sci5ce des murs1 c'e/ ncessairem5t une morale ?orique que v\s provoquez natre4 ,m4 ,lvy-,bruhl a prvu cette objection1 comme il les a prvues t\tes1 et y rpond trs =tem5t1 comme t\j\rs3 ,amlior] les murs1 me dira-t-on8 ,quel s5s peut avoir ce t]me dans une doctr9e telle que la vtre8 ,v\s jugez donc de la valeur des rgles d'action au nom d'un pr9cipe qui leur e/ extrieur et suprieur8 ,v\s rev5ez donc au po9t de vue de ceux qui1 au nom de la morale1 di/+u5t de ce qui e/ ce qui doit tre8--,po9t du t\t444 ,on conoit trs bi5 que la ralit donne puisse tre amliore sans qu'il soit ncessaire d'invoqu] un idal absolu444 ,le sociologue peut con/at] dans la ralit sociale actuelle telle ou telle imp]fection sans rec\rir p\r cela aucun pr9cipe indp5dant de l'expri5ce4 ,il lui suffit de montr] que telle croyance p> exemple ou telle in/itution sont surannes1 hors d'usage et de vritables imp$im5ta p\r la vie sociale444 ,pr5ons1 p> exemple1 la rpression des actes crim9els4 ,il y a c9quante ans1 la ?orie la plus rp&ue voyait dans la pe9e surt\t une rp>ation du dommage apport l'ordre social4 ,auj\rd'hui les ?ories utilitaires prdom95t4 ,mais supposons que les sci5ces de la ralit sociale ai5t fait des progrs suffisants et que n\s connaissions d'une faon positive les conditions physiologiques1 psy*ologiques et sociales des diffr5tes sortes de dlits et crimes3 cette connaissance ne f\rnira-t-elle pas des moy5s rationnels et qui ne s]ont plus en discussion1 non pas1 sans d\te1 de faire disp>atre les crimes1 mais de pr5dre les mesures1 soit rpressives1 soit prv5tives1 les plus propres les rduire leur m9imum8444 ,voil qui e/ raisonn1 si bi5 que j'apport]ai un autre exemple l'appui de ce raisonnem5t4 ,l'esclavage aurait pu tre aboli sans aucune considration morale4 ,il aurait suffi qu'un conomi/e dmontrt aux propritaires d'esclaves1 ou que les propritaires d'esclaves compriss5t d'eux-mmes1 que le travail libre rapporte plus et cote mo9s que le travail esclave1 ce qui e/ la vrit mme et ce qui e/ *ose o n'entre pas un atome de moralit et ce qui e/ *ose qui1 mme1 conti5t une immoralit de premi] ordre4 ,et p> p>5?se un hi/ori5 me montr]ait que c'e/ prcism5t sur des considrations de ce g5re qu'en ralit l'esclavage a t aboli1 que je n'en s]ais pas autrem5t surpris4 ,l'intellig5ce d'un mieux matriel1 am5e p> des /ati/iques et p> une int]prtation s5se des /ati/iques1 suffit donc p\r ralis] une amlioration matrielle1 je le reconnais1 et une amlioration matrielle qui peut concid] et se confondre avec une amlioration morale1 je le reconnais encore4 ,mais une amlioration purem5t morale1 celle-ci p> exemple3 se sacrifi] p\r son pays2 celle-ci p> exemple1 mo9s ambitieuse3 prfr] sa dignit son bnfice2 celle-ci p> exemple3 dire1 avec risques1 ce qu'on croit vrai2 celle-ci p> exemple3 prfr] n'avoir pas une place que la devoir l'intrigue2 je v\drais bi5 savoir quelles /ati/iques trs bi5 faites et trs intelligemm5t int]prtes p\rront l'inspir] l'art de la moralit4 ,absolum5t aucune4 ,les /ati/iques intelligemm5t int]prtes inspir]ont l'art moral rationnel des vrits sociologiques et des amliorations sociologiques1 des vrits de bonne police et des amliorations de bonne police2 des vrits morales jamais1 des amliorations morales1 jamais2 ou du mo9s elles lui inspir]ont les vrits morales dj pratiques2 mais des vrits morales n\velles1 jamais1 et p> consqu5t des amliorations morales1 jamais4 ,p> exemple elles lui enseign]ont trs bi5 qu'il ne faut pas tu] son pre et sa mre2 c> le nombre des g5s qui tu5t leur pre et leur mre e/ s5siblem5t mo9s gr& que celui des g5s qui ne les tu5t pas1 et voil de la /ati/ique qui1 intelligemm5t int]prte1 peut am5] ce prcepte3 ne tuez ni votre pre ni votre mre4 ,mais les /ati/iques de la sci5ce des murs n'enseign]ont jamais l'art moral rationnel de recomm&] de se sacrifi] p\r la vrit ou p\r l'honneur2 c> le nombre des g5s qui ne se sacrifi5t po9t p\r telles *oses e/ un peu suprieur celui des g5s qui se sacrifi5t p\r elles4 ,l'erreur de ,m4 ,lvy-,bruhl1 qu'il a p>faitem5t ap]ue1 n'en d\tez pas1 e/ d'avoir confondu les amliorations sociologiques1 lesquelles peuv5t tre p>faitem5t ralises p> sci5ce et intellig5ce1 p> savoir et compr5dre1 avec les amliorations morales qui ne peuv5t pas tre dictes p> les faits1 qui ne peuv5t tre qu'claires p> les faits et l'intellig5ce des faits4 ,voil p\rquoi il a raison dans ses exemples qu'il *oisit dans l'ordre des faits sociologiques1 et mme dans le mi5 que je *oisis dans l'ordre des faits conomiques1 et tort cep5dant dans ses raisonnem5ts4 ,il dit3 la ralit donne peut tre amliore sans qu'il soit ncessaire d'invoqu] un idal absolu444 ,un idal absolu1 non2 mais un idal1 si1 et absolum5t2 c> la ralit donne ne porte pas en soi son amlioration et de ri5 on ne tire ri54 ,il faut bi51 qu& il s'agit1 non de la valeur conomique de quelque *ose1 mais de sa valeur morale1 le comp>]1 non lui1 qui ne donne ri51 mais un autre quelque *ose qui le dpasse ou que n\s tr\vons qui le dpasse3 idal1 non pas idal absolu1 mais idal2 p5se qui e/ p5se propos des faits1 mais p> del les faits4 ,le sociologue peut con/at] dans la ralit sociale actuelle telle ou telle imp]fection1 sans rec\rir p\r cela aucun pr9cipe indp5dant de l'expri5ce4--,imp]fection4 ,alors votre sociologue reconnatra une imp]fection sans avoir ide du p>fait8 ,comm5t f]a-t-il8 ,sans avoir l'ide du meilleur1 qui ne lui e/ pas1 sans d\te1 suggr p> la *ose amlior]8 ,comm5t f]a-t-il8--,aucun pr9cipe indp5dant de l'expri5ce4 ,comm5t pr5dra-t-il dans l'expri5ce un pr9cipe de/9 surmont] l'expri5ce et capable de la surmont]8 ,en vrit1 je ne compr5ds plus du t\t4--,il lui suffira de montr] que telle c\tume e/ suranne444 ,a quoi voit-on qu'une c\tume e/ suranne8 ,en voil un critrium6 ,a ce qu'elle e/ antique8 ,l'habitude de n\rrir ses enfants e/ tellem5t antique qu'elle doit tre suranne4--,eh6 non6 ,a ce qu'elle e/ en dsaccord avec les autres c\tumes1 incohr5tes avec elles et p> consqu5t faisant imp$im5tum4 ,a la bonne heure2 mais entre deux c\tumes incohr5tes et imp$im5ta l'une de l'autre1 laquelle e/ l'imp$im5tum supprim]8 ,il y a de nos j\rs le suffrage univ]sel2 s5s du suffrage univ]sel3 les *efs doiv5t tre *oisis p> les infrieurs2 et il y a l'adm9i/ration1 la magi/rature1 l'arme1 t\tes les hir>*ies2 s5s des hir>*ies3 les *efs sont nomms p> les *efs suprieurs4 ,ces deux in/itutions sont incohr5tes1 sont imp$im5ta l'une de l'autre4 ,lequel des deux imp$im5ta e/ supprim]8 ,non1 la ralit sociologique elle-mme n'a pas en elle de quoi indiqu] t\tes les amliorations dont elle e/ susceptible2 et la ralit morale n'a ri5 en elle qui puisse indiqu] les amliorations dont elle e/ susceptible2 et il e/ ncessaire1 si l'on se fait =t d'amlior]1 d'avoir rec\rs quelque pr9cipe1 que je ne dis nullem5t qui doive tre absolu1 que je ne dis nullem5t qui doive tre sp> et c\p de l'expri5ce1 mais qui doit en tre indp5dant p\r qu'il la dpasse4 ,l'art moral rationnel aura son pr9cipe lui1 ou il ne s]a pas2 l'art moral rationnel s]a autonome ou il ne s]a pas2 l'art moral rationnel s]a rationnel1 prcism5t1 ou il ne s]a pas4 ,et s'il a son pr9cipe il lui1 s'il e/ autonome1 s'il e/ rationnel et non uniquem5t exprim5tal1 il s]a une morale ?orique comme t\tes celles auxquelles n\s sommes habitus4 ,m4 ,lvy-,bruhl a si bi5 compris cela lui-mme1 subconsciemm5t1 qu'il assimile quelque "p la consci5ce commune son art moral rationnel1 ce qui quivaut assimil] son art moral rationnel la consci5ce commune4 ,il dit3 ,la consci5ce commune de *aque poque ne considre pas la morale pratique comme une ralit donne1 mais comme une expression de ce qui doit tre4 ,le fait mme qu'elle se manife/e s\s la =me de comm&em5ts et de devoirs pr\ve assez qu'elle ne croit pas simplem5t traduire la ralit naturelle2 mais qu'elle prt5d la modifi]4 ,p> cette prt5tion elle semble vraim5t t5ir la place de l'art moral que n\s *]*ons4 ,et ce n'e/ pas une pure illusion2 elle en ti5t en effet quelque peu la place1 dans la mesure o elle ex]ce sur cette ralit une action qui la modifie4 ,donc votre art moral1 c'e/ reconnu1 ne s]a pas autre *ose que la consci5ce commune telle que n\s la voyons fonctionn] dans son d\ble rle de greffi] des murs et de juge des murs1 de p]sonnage qui connat les murs et qui aussi prt5d les jug] p\r les faire plus belles4 --,c]ta9em5t1 rpond ,m4 ,lvy-,bruhl2 seulem5t mon art moral s]a un greffi] in=m et un juge clair4 ,la consci5ce commune actuelle e/ un art prsci5tique et mon art moral s]a un art po/sci5tifique4 --,j'ent5ds bi52 mais croyez-v\s que la consci5ce morale actuelle ne s'claire aucunem5t1 s9on de la sci5ce des murs qui n'e/ pas encore con/itue1 du mo9s de la connaissance des murs8 ,elle s'en s]t t\t autant qu'elle peut et p> consqu5t elle e/ ju/e1 en son temps1 ce que votre art moral s]a au si54--,et d'autre "p1 croyez-v\s qu' votre art moral il suffira d'tre plus clair que n'e/ la consci5ce commune actuelle p\r n'avoir beso9 que d'tre claire en effet1 p> la ralit8 ,il s]a1 proportions g>des1 un degr suprieur de connaissances1 exactem5t dans la position de la consci5ce commune d' prs5t p> rapport la sci5ce des murs d' prs5t4 ,la commune consci5ce d' prs5t connat et1 p\r dpass] ce qu'elle connat1 elle a beso9 d'inv5t]4 ,l'art moral connatra davantage2 mais p\r dpass] ce qu'il connatra il aura beso9 d'inv5t] lui aussi4 ,votre assimilation1 trs f9e et trs ju/e1 de la consci5ce commune l'art moral1 assimilant l'art moral la consci5ce commune1 ne s]t qu' clair] d'une vive lumire ce que s]a l'art moral futur4 ,il s]a une morale ?orique1 ayant plus ou mo9s le c>actre et la c\leur ?orique1 selon le t\r d'esprit de ceux qui le =mul]ont1 mais il s]a une morale ?orique se r5seignant auprs de la sci5ce des murs p\r savoir1 y aj\tant quelque *ose qu'elle inv5t]a1 p\r jug]1 p\r prfr]1 p\r amlior]4 ,c'e/ qu'il y a une lacune dans la conception trs belle et trs l>ge dj de ,m4 ,lvy-,bruhl4 ,c'e/ que la morale e/ une sci5ce1 et un art1 et un s5tim5t4 ,elle e/ une sci5ce4 ,elle doit connatre2 elle doit connatre le plus gr& nombre possible de faits moraux1 et c'e/ dire de faits huma9s4 ,si elle ne connaissait ri51 elle ne s]ait pas4 ,je ne dvelopp]ais pas ce truisme4 ,elle doit tre un art2 elle doit gurir l'humanit2 elle doit la faire plus sa9e1 plus =te1 plus gr&e et plus belle2 elle doit la sculpt] dans le s5s du beau3 ,et dans l'in=me bloc des sombres multitudes ,la p5se en rvant sculpte des nations4 ,mais avec quoi sculpt]a-t-elle8 ,qu'e/-ce qui dirig]a son ciseau1 ses ma9s8 ,ce qu'elle sait8 ,mais ce qu'elle sait1 c'e/ le bloc in=me lui-mme2 elle ne sait que cela2 elle n'a que cela devant elle2 comm5t le bloc lui mettra-t-il dans la p5se la =me de ce qu'il doit dev5ir1 la =me de la /atue8 ,d'aucune manire4 ,la voil impuissante4 ,la morale-sci5ce e/ impuissante2 elle n'e/ que la ralit sue2 elle ne peut ri51 qu'tre satisfaite de savoir4 ,la morale-art e/ impuissante2 elle n'e/ qu'un dsir que la ralit soit autre4 ,la morale-sci5ce et la morale-art peuv5t re/] t]nellem5t l'une en face de l'autre se reg>d]4 ,p\r qu'elles ai5t prise l'une sur l'autre1 il faut qu'un s5tim5t int]vi5ne qui mette dans la p5se de la morale-art ce qu'elle veut faire du bloc1 l'ide de l'amlioration qu'elle veut p\rsuivre1 la =me de la /atue4 ,je dis p\r qu'elles ai5t prise l'une sur l'autre4 ,c> non seulem5t la morale-art n'aura aucune prise sur la morale-sci5ce si un s5tim5t n'int]vi5t pas dans la morale-art2 mais1 mme1 dans ce mme cas1 la morale-sci5ce n'aura aucune prise sur la morale-art4 ,je veux dire que la morale-art ne s'intress]a aucunem5t la morale-sci5ce1 la ralit morale4 ,supposez--c> cela ne s'e/ jamais vu--que la morale-art soit en face de la ralit morale1 avec un dsir qu'elle soit autre1 mais sans aucun s5tim5t la p\ssant v\loir que la ralit morale soit autre de telle faon ou de telle autre4 ,la morale-art ne s'occup]a pas le mo9s du monde de la ralit morale2 elle la con/at]a laide et voil t\t4 ,la morale-art ne s'intresse la ralit morale qu'autant qu'elle e/ p\sse1 p> tel ou tel s5tim5t1 la trans=m]4 ,le sculpteur qui n'aurait pas l'ide de faire une ,vnus1 cause de son s5tim5t du beau1 ne s'occup]ait jamais de la t]re glaise4 ,p\r mieux dire1 sans un s5tim5t que la ralit ne peut pas lui donn]1 qu'elle ne peut qu'excit] en elle1 la morale-art n'exi/]ait pas du t\t4 ,donc sans un c]ta9 s5tim5t1 trs puissant1 trs n]gique1 trs sugge/if et trs imprieux1 s'int]posant en quelque sorte entre la morale-sci5ce et la morale-art1 la morale-sci5ce ne s]t ri5 et la morale-art n'exi/e pas4 ,ce s5tim5t peut tre celui-ci ou celui-l4 ,ce peut tre le s5tim5t de la dignit huma9e comme *ez les /oci5s1 le s5tim5t de l'ordre et de la modration comme *ez les acadmi/es1 le s5tim5t du bonheur1 du s\v]a9 bonheur1 comme *ez les picuri5s1 le s5tim5t de la *>it1 de l'am\r comme *ez les *rti5s1 le s5tim5t de quelque *ose respect] comme *ez les kanti/es mais il faut qu'il y en ait un4 ,ds lors t\t se ti5t4 ,la sci5ce morale s]t quelque *ose de plus qu' la satisfaction de la curiosit2 elle devi5t utilisable2 l'art moral s'intresse la ralit morale et mme en e/ furieusem5t avide1 c> il veut savoir t\t ce qu'il a rp>] et l'art moral a une uvre faire1 modifi] la ralit morale dans le s5s du s5tim5t qui le possde2 la morale e/ sci5ce1 art et s5tim5t1 c'e/--dire t\t ce qu'il faut qu'elle soit p\r qu'elle soit4 ,mon avis sur l'art moral1 c'e/ qu'il e/ faire1 presque t\t enti]1 je le reconnais1 n'tant qu'bau* ou esquiss soit dans la consci5ce commune1 soit dans les morales ?oriques1 qui ne sont gure que des sy/matisations1 un po9t de vue ou un autre1 de la consci5ce commune elle-mme4 ,mon avis e/ donc qu'il e/ faire1 comme ,m4 ,lvy-,bruhl le dit2 mais il se f]a sur la sci5ce des murs con/itue et sur un s5tim5t qui s]a v5u dans le cur de l'homme1 non pas du spectacle1 mais au spectacle de la ralit morale1 et sur une ?orie nette que les p5seurs auront tire de ce s5tim5t1 autrem5t dit sur ce s5tim5t traduit en =mules prcises4 ,sup]pos] l'art moral une ?orie1 qui se s]a sup]pose un s5tim5t1 lequel travaill]a sur les donnes de la sci5ce des murs1 voil la pyramide4 ,l'art1 qui e/ habilet1 adresse1 inv5tions de dtail1 a beso9 d'une ?orie trs nette qui le guide2 c'e/ sa ligne2 c'e/ son axe2 la ?orie1 en *oses morales1 n'e/ que la rduction d'un s5tim5t son ess5tiel prcis 7ab/9e1 su/9e72 la sci5ce n'e/ que le donn des faits labor]1 la prs5tation des matriaux4 ,telle e/ mon op9ion sur cette morale sci5ce-des-murs4 ,cette morale e/ volontairem5t incomplte4 ,elle lim9e de l'?ique un lm5t si ess5tiel qu'il me p>at en tre le cur2 elle lim9e de l'?ique ce qui fait de l'?ique une morale et c'e/--dire ce qui la fait vivante4 ,je lis dans le ,trait d'ducation de ,s*w>tz cette rem>que trs t]re t]re1 mais trs ju/e mon avis3 ,p\r l'homme peu clair1 ce qui convi5t e/ la mesure de ce qui e/ bon4 ,il di/+ue le bi5 et le mal d'aprs les murs et l'op9ion d'autrui2 un s5tim5t confus lui r5d cette habitude sacre1 et qu& il l'a une fois contracte1 la v]tu consi/e p\r lui dans la s\mission aux rgles tablies4 ,c'e/ lorsqu'il comm5ce rfl*ir lui-mme sur la morale qu'il ramne ses ides de v]tu des pr9cipes immuables et qu'il rectifie peu peu les dcisions de ce s5tim5t intrieur le respect des rgles tablies p> autrui et il ne laisse pas d'pr\v] t\j\rs une c]ta9e rpugnance qu& il faut en v5ir une action extraord9aire et dsappr\ve du public4 ,c'e/ p\r cela que1 malgr t\tes les prcautions prises p> ,m4 ,lvy-,bruhl2 et ne disons pas prcautions1 ce qui s]ait injurieux et une injure bi5 inju/e2 c'e/ p\r cela que malgr le complm5t1 jug p> lui indisp5sable1 que ,m4 ,lvy-,bruhl1 p> son art de la moralit1 donne la morale sci5ce-des-murs1 cette morale a sembl t\s1 p>tisans et adv]saires1 un simple ret\r ,hobbes1 dont p\rtant elle diffre trs =t4 ,cela ti5t ce que l'insuffisance radicale de l'art moral p\r remplac] les morales ?oriques a clat si vid5te que de l'art moral on n'a po9t t5u compte et qu'on a rduit la doctr9e n'tre que l'intronisation pure et simple de la sci5ce des murs pure et seule4 ,le livre de ,m4 ,lvy-,bruhl e/ intitul la ,morale ,,et la sci5ce des murs2 et ce et e/ bi5 important2 t\t le monde a traduit p> la morale-sci5ce-des-murs ou p> morale sci5ce des murs4 ,c'e/ un contres5s2 mais le contres5s tait facile4 ,il tait mme plus facile aprs avoir lu le livre qu'aprs avoir lu le titre4 ,le livre p> l'importance1 je ne dis pas exagre1 mais prdom9ante1 qu'il donne la sci5ce des murs et surt\t p> son impuissance montr] l'art moral comme capable de remplac]1 mme dans un av5ir loign1 les morales ?oriques1 m5ait le lecteur cette conclusion accept] ou rejet]3 il n'y a que la sci5ce des murs2 et p> consqu5t la morale relle c'e/ la morale tire de la ralit1 connatre les murs1 en not] la moy5ne et se con=m] cette moy5ne4 ,c'e/ aussi peu que possible l'op9ion de l'auteur2 mais son livre mal compris y mne et il ne p\vait gure tre que mal compris4 ,et c'e/ a9si qu'une doctr9e ple9e de respect p\r la morale telle qu'elle exi/e s\s ses diffr5tes =mes1 et ple9e d'aspirations une morale plus leve et plus p>faite1 a p>u gnralem5t une dmission de la morale4 ,elle n'e/ qu'une faon de compr5dre la morale qui prte d\t] qu'il soit possible de la con/itu] solide1 vivace1 efficace et fconde4 ,,*apitre ,,vii ,,la ,,morale ,,de ,l',,honneur ,telles sont1 depuis ,kant1 les pr9cipales philosophies morales qui se sont proposes aux hommes p\r leur appr5dre en quel s5s ils doiv5t dirig] leur activit ou en quel s5s il e/ bon qu'ils la dirig5t4 ,elles sont t\tes en raction plus ou mo9s vive1 plus ou mo9s respectueuse ou irrespectueuse contre la doctr9e de ,kant4 ,t\tes elles ont tr\v cette doctr9e ou trop dure ou trop my/ique4 ,les no-kanti5s1 p\r comm5c] p> ceux qui sont le mo9s racteurs1 ont v\lu ad\cir la rigidit de l'impratif kanti5 en faisant entr] en lui ou en y aj\tant des mobiles de s5sibilit4 ,les pragmati/es ont fait appel aux faits p\r jug] de la doctr9e et p> consqu5t ont rduit la doctr9e1 l'ont circonscrite1 lui ont t sa v]tu indf9im5t productrice et fconde4 ,les p5seurs de l'cole de ,guyau1 en confondant la morale avec t\te la vie1 l'ont dilue et comme noye2 p\r avoir tr\v que ,kant l'isolait trop1 ils l'ont t5due et disp]se de manire la r5dre indi/9cte et insaisissable1 et c'e/ p\r eux probablem5t que ,m4 ,delbos a crit3 ,il y a un lm5t proprem5t moral des actions huma9es qui doit tre df9i p\r lui-mme2 faute de cette df9ition rig\reuse1 on risque d'l>gir confusm5t et d'altr] le s5s de la moralit1 de pr5dre p\r elle ce qui n'en e/ que l'accompagnem5t plus ou mo9s accid5tel1 la suite extrieure1 de mal reprs5t] la direction de la volont dans laquelle elle consi/e4 ,nietzs*e a p\rsuivi impitoyablem5t dans ,kant l'esprit religieux1 l'esprit my/ique1 l'esprit de comm&em5t p\r ri51 l'esprit de prescription absolue et sacre2 et aussi ce qui lui a sembl un /ocisme sec1 condamnant l'expansion de la vie ard5te et fire2 digne p\rtant1 lui1 de compr5dre ,kant et qui plutt n'a pas v\lu l'ent5dre qu'il ne l'a pas ent5du2 digne de compr5dre que tu dois te surmont] e/ une =mule aussi my/ique que l'impratif kanti5 et conti5t au fond le mme s5s qui e/ celui-ci3 il y a un idal o tu dois te hauss] cote que cote4--,et p\rquoi8--,p>ce qu'il y a un idal4 ,les p5seurs qui ont conu ou r5\vel la doctr9e de la morale sci5ce-des-murs ont t encore plus blesss du my/icisme kanti5 et1 p\r avoir une morale positive1 ont *]* la tir] des faits eux-mmes sans ?orie pralable1 se rs]vant d'amlior] les faits et p> consqu5t de donn] eux aussi une rgle de conduite1 mais p> des ides tires elles-mmes1 ce qu'ils croi5t possible1 des faits eux-mmes4 ,j'ai fait la critique aussi vig\reuse que j'ai pu la faire1 aussi imp>tiale aussi qu'il m'a t donn de la faire1 de ces diffr5tes conceptions4 ,il me re/e dire brivem5t comm5t j'essaye d'ent5dre moi-mme la position du problme moral4 ,il e/ inconte/able1 et exactem5t t\s les philosophes mod]nes le reconnaiss5t1 mme ,nietzs*e confusm5t1 que1 comme fait1 l'impratif1 le 1 e/ une vrit4 ,c'e/ un fait psy*ologique vrai4 ,en n\s quelque *ose n\s dit3 ,il y a une faon d'agir qui e/ bonne1 et tu dois agir de cette faon-l4 ,que1 p\r affaiblir l'autorit s+ulire de ce comm&em5t intrieur1 on1 n\s dise qu'il n'e/ qu'une habitude que n\s avons prise1 qu'il rsulte de l'ducation qu'on n\s a donne et1 avant l'ducation1 qu'il rsulte d'une lo9ta9e hrdit1 on n'a ri5 dit2 c> il faut bi5 que ce comm&em5t ait comm5c1 et suppos] que t\s ses ordres actuels et t\s ses ordres depuis v+t mille ans soi5t les rsultats de l'ducation et de l'hrdit1 il faut bi5 qu'un premi] ordre n'ait t le rsultat ni de l'une ni de l'autre et qu'il ait t spontan4 ,et ce s]a quelque *ose comme ce que dit ,g! quelque "p3 le premi] acte e/ libre2 mais le second e/ dj conditionn p> le premi]4 ,oui1 mais le premi] e/ libre4 ,de mme le premi] comm&em5t du devoir e/ spontan1 t\s les autres peuv5t tre la suite du premi] transmis p> l'ducation et l'hrdit4 ,oui1 mais le premi] tait spontan4 ,or1 p\r que t\tes les ducations et t\tes les hrdits ai5t accept la suite des affaires du premi] comm&em5t1 il fallait bi5 que l'humanit t\t entire ft faite p\r tre s5sible ce comm&em5t et p\r lui obir2 et cela revi5t dire que p> une disposition naturelle1 p> con/itution naturelle1 elle e/ t\j\rs s\s ce comm&em5t1 comme si ce comm&em5t se faisait ent5dre p\r la premire fois4 ,que l'ducation1 l'hrdit et en un mot l'habitude aj\t5t beauc\p1 lab5tibus annis1 la =ce de ce comm&em5t1 c'e/ quoi n\s ne contr$irons po9t2 mais s\s cette =me aj\te il exi/e ncessairem5t en soi4 ,disons donc simplem5t que le comm&em5t intrieur e/ un lm5t con/itutif de l'humanit4 ,ma9t5ant quel e/ prcism5t1 si n\s p\vons arriv] quelque prcision en p>eil sujet1 le c>actre de ce comm&em5t8 ,e/-il catgorique1 c'e/--dire e/-il le comm&em5t qui ne donne pas de raison1 aucune raison1 de l'ordre qu'il donne2 e/-il immotiv1 im-mobile1 et1 s9on p>adoxal1 du mo9s mtalogique8 ,t\t fait1 je ne crois pas4 ,il se prs5te bi51 vrai dire1 trs peu prs1 au mo9s1 avec ce c>actre4 ,qu& le devoir n\s p>le1 il semble affect] de ne pas donn] de motifs2 il c>te t\s les motifs et il semble mettre son po9t d'honneur n'en pas donn]4 ,v\s lui dites3 ,j'ai t\tes sortes de raisons de ne pas faire ce que tu me comm&es2 mon intrt444 --,je sais bi52 mais tu dois4 --,mon repos444 --,je sais bi52 mais tu dois4 --,ma considration444 --,je sais bi52 mais tu dois4 --,l'intrt mme de mes concitoy5s1 de mon pays444 --,je sais bi52 mais tu dois4 --,je te donne mes raisons2 donne-moi les ti5nes4 --,je suis celui qui ne les donne pas2 qui peut-tre n'en a pas4 ,tu dois1 cote que cote4 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'il n'y a pas dem&] p\rquoi4 ,c'e/ bi51 vritablem5t1 comme cela qu'il p>le4 ,on dirait qu'il ne veut pas desc5dre plaid]4 ,n\s plaidons contre lui2 il n'admet pas qu'il puisse plaid] contre n\s4 ,plaid] contre n\s1 ce s]ait n\s faire juge de la valeur de sa plaidoirie4 ,or c'e/ lui qui e/ le juge et qui veut re/] juge2 et un juge1 mme1 qui ne veut pas donn] de considrants1 les considrants tant encore un plaidoy]1 p>faitem5t de/9 dmontr] qu'on a raison4 ,on me dira3 ,si6 ,le devoir donne ses raisons1 il donne sa raison4 ,il n\s dit1--n'e/-ce pas vrai1 n'e/-ce pas trs net8--il n\s dit3 ,fais ceci2 si tu ne le fais pas1 tu auras des remords1 et dj1 p>ce que tu hsites1 ton remords comm5ce4 --,trs exact2 mais ceci n'e/ pas une raison4 ,c'e/ le fait mme du comm&em5t impratif4 ,le remords1 c'e/ l'impratif rtroactif4 ,le remords1 c'e/ le devoir comm&ant en arrire et disant non plus3 fais cela2 mais3 tu aurais d faire cela2 et qui le dit rtroactivem5t1 sans donn] plus de raisons et motifs que qu& il le disait actuellem5t4 ,et si1 actuellem5t1 au mom5t o v\s hsitez faire quelque *ose que le devoir comm&e1 v\s ent5dez le devoir v\s dire3 ,tu auras des remords1 ceci n'e/ qu'un s\v5ir des remords que v\s avez eus autrefois p\r un ordre semblable non excut4 ,p> consqu5t1 en p>aissant v\s dire3 ,tu auras des remords1 le devoir ne v\s donne pas de raison4 ,il v\s enjo9t d'agir1 simplem5t1 et c'e/ v\s qui v\s dites3 ,je sais bi5 ce qui m'att5d2 il me comm&]a cela rtroactivem5t1 comme il me le comm&e actuellem5t1 et cela me s]a pnible comme un ordre qu'on ne peut pas excut]4 ,donc dans aucun cas le devoir ne donne de raison4 ,il semble bi51 en effet1 qu'il en soit a9si2 et ceci mme que le devoir1 selon t\tes les app>5ces et selon t\tes nos s5sations intrieures1 n\s comm&e a9si d'ord9aire1 le c>actrise trs nettem5t et lui donne un c>actre vritablem5t "p1 de quoi il faudra que n\s n\s s\v5ions t\j\rs avec gr& so9 dans t\t ce que n\s crirons ci-dess\s4 ,t\tefois il faut faire att5tion ceci4 ,le devoir proprem5t dit1 le devoir d'action1 le agis de telle ou telle faon n'e/ pas le seul impratif dont n\s ent5dions la voix4 ,il n'e/--peut-tre1 encore--enf9 il n'e/1 selon les app>5ces les plus s5sibles1 que le plus =t1 que le plus imprieux2 mais il e/ trs c]ta91 selon moi1 qu'il y a au mo9s trois impratifs dont l'homme ent5d le comm&em5t et qui ne donn5t pas plus de raisons1 pas s5siblem5t plus de raisons l'un que l'autre2 et donc ceux dont n\s allons p>l] pas s5siblem5t plus que l'impratif d'action4 ,il y a l'impratif du bi52 il y a l'impratif du vrai2 il y a l'impratif du beau4 ,il y a l'impratif du bi5 qui e/ proprem5t l'impratif d'action et dont n\s v5ons de p>l]4 ,il y a l'impratif du vrai qui n\s comm&e trs rig\reusem5t de *]*] le vrai et de le dire1 cote que cote1 dt-il n\s en arriv] malheur4 ,cet impratif e/ trs imprieux et1 ce me semble1 ne donne gure plus ses raisons que l'impratif d'action4 ,il n\s dit que le vrai e/ sacr1 comme l'impratif d'action n\s dit que le bi5 e/ sacr4 ,d'o vi5t que l'on tr\ve cynique le mot de ,font5elle3 ,si j'avais la ma9 ple9e de vrits1 je la ti5drais soigneusem5t f]me8 ,d'o vi5t qu'un c]ta9 discrdit s'e/ t\j\rs atta* l'uvre du pote et du romanci]8 ,d'o vi5t que ,platon veut exil] les potes de la ,rpublique8 ,d'o vi5t l'horreur de ,kant p\r le m5songe8 ,d'o vi5t l'animadv]sion au mo9s de la socit p\r le m5songe sans lequel p\rtant--et elle le sait--elle ne p\rrait pas vivre8 ,t\t cela vi5t d'un comm&em5t1 trs ab/rait3 ,il faut tre vrai2 il faut *]*] le vrai2 il faut dire le vrai4 --,oh6 cep5dant6 ,il y a des raisons p\r dire le vrai2 il y a cette raison que l'association des hommes1 s9on la socit monda9e1 a beso9 de vrit1 d'exactitude1 en politique1 en adm9i/ration1 en comm]ce1 en sci5ces1 en sci5ces appliques1 en /ati/ique1 en hi/oire1 en gographie1 en une f\le de *oses1 sans quoi elle s]ait *aque in/ant en gr& dang]1 en plus de dang]s qu'elle n'y e/ naturellem5t et p> la seule =ce des *oses4 --,oui1 oui2 mais la vrit philosophique1 quoi s]t-elle8 ,la vrit qui dtruit un prjug salutaire1 la vrit qui dtruit une religion salutaire1 quoi s]t-elle8 ,plutt elle nuit4 ,or celui-l mme qui s5t qu'elle ne s]t de ri5 et qui s5t qu'elle nuit1 celui-l mme1 non pas ,font5elle1 mais un autre et plus d'un autre1 a consci5ce du devoir de *]*] la vrit et de la dire4 ,r5an a pass t\te sa vie dtruire1 regrett] ce qu'il dtruisait et se flicit] d'avoir obi la ncessit intellectuelle qui l'avait =c dtruire ce qu'il regrettait d'avoir dtruit4 ,il y a l une impulsion inv9cible4 ,et p\rtant elle t\rne4 ,et p\rtant il faut dire la vrit et1 puisque la t]re t\rne1 dire qu'elle t\rne4 ,on a vu que ,nietzs*e a essay de ram5] l'impratif du vrai l'impratif du bi51 l'impratif intellectuel l'impratif moral4 ,qu& n\s n\s croyons obligs de dire vrit1 ne s]ait-ce pas1 se dem&e-t-il1 que n\s s5tons le beso9 de ne pas n\s tromp]1 devoir env]s n\s-mmes1 et de ne pas tromp] les autres1 devoir altrui/e8 ,d'o la sci5ce pr5drait-elle sa foi absolue en elle1 cette conviction qui lui s]t de base que la vrit e/ plus importante que t\te autre *ose et aussi plus importante que t\te autre conviction8 ,cette conviction n'a pas pu se =m] p\r raison d'utilit1 la vrit et aussi la non-vrit affirmant t\tes deux sans cesse leur utilit4 ,donc la foi en la sci5ce1 cette foi qui e/ inconte/able1 ne peut avoir tir son orig9e d'un p>eil calcul d'utilit2 au contraire1 elle s'e/ =me malgr la dmon/ration con/ante de l'inutilit et du dang] qui rside dans la volont de vrit et dans la vrit t\t prix4 ,et1 t\t prix1 hlas1 n\s savons trop bi5 ce que cela veut dire lorsque n\s avons (f]t et sacrifi sur cet autel une croyance aprs l'autre4 ,p> consqu5t1 volont de vrit signifie3 ,je ne veux pas tromp] ni moi ni autre1 et n\s voici sur le t]ra9 de la morale4 ,cela e/ trs +nieux et du re/e1 quoi que j'en puisse dire ci-dess\s1 reti5dra t\j\rs quelque *ose de vrai2 mais cep5dant je ne crois pas que n\s soyons prcism5t sur le t]ra9 de la morale4 ,si n\s tions sur le t]ra9 de la morale1 il y aurait simplem5t un conflit de devoirs moraux1 un conflit entre le devoir de ne pas tromp]1 ni soi ni autre1 et le devoir d'tre utile ses semblables et de ne pas leur nuire2 et le second de ces devoirs tant incomp>ablem5t suprieur au premi]1 ce s]ait au premi]1 comme auprs d'un malade qui l'on m5t1 que l'on obirait4 ,object]a-t-on que quelque *ose n\s dit que la vrit1 t\t compte fait1 en df9itive1 plus t>d1 s9on auj\rd'hui1 e/ salutaire8 ,quelle pure hypo?se6 ,quelle vanit6 ,c'e/ ,nietzs*e encore qui le dit3 ,p\rquoi ne veux-tu pas tromp]1 surt\t lorsqu'il p\rrait y avoir app>5ce1 et il y a app>5ce1 que la vie e/ dispose en vue de l'app>5ce1 en vue de l'erreur1 de la dup]ie1 de la dissimulation1 de l'bl\issem5t1 de l'aveuglem5t4--,donc ri51 en vrit1 ne p]suade au savant1 au philosophe1 que le vrai soit salutaire2 donc1 en croyant qu'il faut *]*] le vrai1 il n'e/ pas sur le t]ra9 de la morale1 et l'impulsion qui le prcipite connatre la vrit n'e/ pas une impulsion morale4 ,c'e/444 ,quoi donc8 ,c'e/ une impulsion4 ,c'e/ une impulsion sui g5]is1 c'e/ une impulsion du mme g5re que celle du bi52 ,nietzs*e1 quoique confusm5t1 arrive le dire lui-mme1 c'e/ une croyance mtaphysique2 c'e/ une foi4 ,sommes-n\s donc1 n\s aussi1 encore pieux8 ,c]tes6 ,v\s tes pieux env]s la vrit1 v\s tes les croyants de la vrit2 v\s en tes mme quelquefois les fanatiques4 ,il y a t\t simplem5t un impratif du vrai4 ,il a t\s les c>actres de l'impratif du bi54 ,il e/ =mel1 il e/ rig\reux1 il e/ inflexible1 il e/ sup]be4 ,il a horreur de l'intrt p]sonnel2 il a horreur des plaisirs bas2 il a horreur des transactions et des compromissions2 il fait des prtres laques1 des sa9ts1 des hros1 des m>tyrs4 ,il e/ absolum5t un devoir4 ,cep5dant il e/ un peu mo9s imprieux1 il faut le reconnatre1 que l'impratif du bi54 ,qui que l'on soit1 ou bi5 peu prs1 on a mo9s de remords--et le remords c'e/ le critrium--p\r avoir mis quelque nglig5ce *]*] la vrit que l'on n'en a p\r avoir manqu de p>ole ou p\r n'avoir pas sec\ru un malheureux qu'on p\vait sec\rir4 ,l'impratif du vrai n'e/ pas en s\s-ordre et il n'obx ri52 mais il e/ en second rang4 ,il semble n'intim] que des ordres qui1 dj1 ont un peu l'app>5ce de conseils2 il ne dit pas t\t fait3 il faut1 il dit plutt3 il e/ beau de444 ou mieux1 c'e/ entre ces deux =mules que se place son comm&em5t2 c'e/ int]mdiaire4 ,il e/ une impulsion =te1 non une impulsion absolum5t contraignante4 ,il donne l'anxit1 non pas l'angoisse3 il fait pli]1 il n'crase pas4 ,d'autre "p1 il n'e/ pas univ]sel4 ,oh6 je confesse qu'il l'e/ presque6 ,il n'y a gure d'homme qui ne s5te confusm5t que la vrit e/ un devoir1 qu'il faut s'in/ruire1 connatre1 savoir les *oses1 et qu& on les sait les dire aux autres2 mais c'e/ confus et c'e/ faible comme impulsion *ez la plup>t des hommes4 ,en pr5ant les *oses l'inv]se1 on compr5dra mieux4 ,la dlectation de faire le mal et la dlectation d'tre dans le faux sont t\tes les deux mala gaudia m5tis2 mais la dlectation de faire le mal e/ assez r>e et1 quoi qu'en ait dit ,mrime1 il n'e/ pas vrai qu'il n'y a ri5 de si commun que de faire le mal p\r le plaisir de le faire2 il y a inf9im5t de faibles1 il y a1 relativem5t1 peu de m*ants2 le plaisir de faire le mal e/ trop pre p\r la moy5ne de l'humanit4--,le plaisir d'tre dans le faux1 de m5tir1 de dissimul] mme sans intrt e/ plus rp&u1 il e/ lg]1 frivole1 presque gracieux2 il ne ret\rne pas l'me t\t entire1 il lui donne seulem5t un faux pli1 qui l'amuse1 qui l'amuse sottem5t1 malignem5t1 mais qui ne la p]v]tit pas absolum5t2 il n'e/ pas une contorsion diabolique et voil p\rquoi plus de g5s s'y laiss5t all]4 ,l'impratif du vrai n'ex]ce =tem5t son action que sur un petit nombre d'hommes1 trs levs1 la vrit1 suprieurs1 mais1 et cause de cela1 m9orit4 ,il l'ex]ce sur des hommes qui se s5t5t lus2 qui s5t5t ou croi5t s5tir la vocation de la vrit1 de la sci5ce2 qui s5t5t ou croi5t s5tir qu'il y va de la vrit s'ils donn5t leur dmission de *]*eurs4 ,aussi l'obissance l'impratif du vrai donne-t-elle plus d'orgueil que l'obissance l'impratif du bi51 beauc\p plus1 encore que les risques ne soi5t1 en gnral1 que les mmes4 ,on croit mme quelquefois que c'e/ ju/em5t de cet orgueil que l'impratif du vrai pr5d sa s\rce4 ,c'e/ une erreur de gnalogie2 c> il y a des *]*eurs du vrai qui sont trs mode/es2 mais enf91 assez s\v5t1 l'orgueil e/ tellem5t le fils dmesur de l'impratif du vrai qu'il p>at en tre le pre2--mettons qu'ils soi5t consub/antiels4 ,quant aux satisfactions 7orgueil "p7 de l'obissance l'impratif du vrai1 elles sont aussi vives1 mais mo9s t5dres1 que celles de l'obissance l'impratif du bi54 ,le gr& inv5teur1 le gr& dc\vreur1 a1 je crois1 un plaisir aussi int5se que le gr& bi5faiteur ou l'homme qui a sauv son pays4 ,t\s deux s5t5t et avec une p>faite plnitude de conviction qu'ils ont bi5 fait leur mti] d'homme et qu' le faire ils ont bi5 mrit de l'humanit2 mais le bi5faiteur ou le sauveur a1 de plus1 ce s5tim5t que des tres viv5t p>ce qu'il a vcu1 et ce s5tim5t e/ celui d'une pat]nit et1 l'unissant comme p> des li5s de *air un c]ta9 nombre de ses semblables1 l'inonde d'une joie presque physique qu'il ne me p>at pas possible que l'inv5teur ress5te1 du mo9s au mme degr4 ,en rsum1 l'impratif du vrai e/ mo9s =t et mo9s univ]sellem5t rp&u que l'impratif du bi5 mais il a presque t\s les mmes c>actres et surt\t il a celui-ci que1 non plus que l'autre1 il ne donne pas ses motifs et n'a pas beso9 de les donn]4 99 99 99 99 99 ,l'impratif du beau e/ encore assez =t et assez rp&u4 ,il a deux =mes3 impulsion s'ab/5ir de faire du laid2 impulsion crer de la beaut4 ,s\s =me d'impulsion s'ab/5ir de faire du laid1 il e/ aussi rp&u1 ce me semble1 que l'impratif du vrai1 peut-tre plus4 ,presque t\s les hommes et femmes s5t5t le devoir de ne pas se r5dre hideux1 mme qu& ils se r5d5t tels2 mais en ce cas c'e/ qu'ils se tromp5t4 ,la plup>t des hommes et femmes s5t5t le devoir de ne pas mettre du dsordre1 c'e/--dire de la laideur1 aut\r d'eux1 dans leur maison1 dans les rues de leur ville1 dans les endroits p> o ils pass5t4 ,le dsordre n'e/ signe que de p>esse2 l'am\r du dsordre e/ signe de folie2 il e/ la projection au dehors du dsordre des ides4 ,l'am\r du dsordre e/ une mauvaise joie de l'me qui indique la m*ancet en gnral1 mais t\t p>ticulirem5t la m*ancet antisociale1 d'o l'on a induit1 non sans raison1 que l'am\r du beau ne laisse pas d'tre une v]tu sociale ou du mo9s de ressortir la sociabilit4 ,le dsir de ne pas faire du laid n'e/ pas un impratif aussi net1 aussi pur1 que l'impratif du vrai4 ,il y a tant de raisons1 de mobiles s5sibles p\r ne pas faire de la laideur3 dsir de plaire son ent\rage1 dsir d'hygine1 dsir de ne pas tre mis au po/e444 ,cep5dant ce dsir semble bi5 avoir aussi quelque *ose de spontan4 ,le dsordre1 la laideur *oque les yeux1 comme on dit1 c'e/--dire un beso9 intrieur de rectitude et de symtrie1 une disposition intrieure la symtrie et la rectitude4 ,l'enfant s\v5t fait du dsordre1 p> beso9 d'activit et naissante volont de puissance2 mais que s\v5t aussi il range m?odiquem5t1 et non sans grce de correction1 ses j\ets1 les petits objets son usage1 ce qui lui app>ti5t6 ,il y a l le beso9 de ne pas faire de la laideur et mme un peu celui de crer du beau ou du joli4 ,s\s sa =me d'impulsion faire du beau1 l'impratif du beau e/ beauc\p mo9s rp&u2 c> je n'y range pas la coquett]ie du sauvage se p>ant de plumes d'oiseaux ou du commis de n\veauts s'ornant de savantes cravates2 il n'y a gure l que le dsir de plaire1 et l'on voit que *ez les vieill>ds peu s'en faut qu'il n'exi/e plus du t\t4 ,mais la vraie impulsion arti/ique1 cisel] des figures sur des cornes d'animaux1 taill] des /atuettes1 etc41 exi/e depuis les temps les plus reculs *ez un c]ta9 nombre d'hommes2 et il devi5t la passion arti/ique *ez un c]ta9 nombre d'hommes au temps de civilisation4 ,t\j\rs *ez un c]ta9 nombre d'hommes et non pas trs gr&4 ,le beso9 de crer du beau ne travaille jamais qu'une m9orit4 ,a l'impratif du beau s\s cette =me la majorit e/ ins5sible4 ,elle favorise ceux qui y sont s5sibles2 mais elle ne se s5t pas appele faire comme eux4 ,rem>quez cep5dant que cette faveur mme o elle les ti5t e/ une m>que qu'elle s5t que l'humanit e/ appele faire de la beaut1 t\t entire rellem5t1 non1 mais t\t entire dans la p]sonne de ceux qui en sont capables et qu'on devra honor] cause de cela4 ,je ne fais pas de beau1 n'ayant pas de tal5t444 ,si6 ,j'en fais1 je contribue ce que le beau soit ralis1 en honorant1 protgeant1 enc\rageant1 c\ronnant ceux qui le ralis5t4 ,il y a l un quasi-impratif assez net4 ,les satisfactions d'avoir obi l'impratif du beau sont extraord9aires4 ,inutile de s't5dre sur les plaisirs de l'arti/e et sur son orgueil1 analogues ceux du savant4 ,mais ces satisfactions1 il faut le dire comme qu& il s'agissait du savant et le dire encore plus1 ne sont pas m>ques d'un impratif trs net et trs pur4 ,le gr& arti/e e/ tellem5t glorifi1 enc5s1 div9is1 qu'il lui s]ait bi5 difficile de dire s'il e/ heureux d'avoir ralis de la beaut ou s'il l'e/ de gt] et sav\r] la gloire4 ,il e/ vrai qu'il y a l'arti/e qui n'a pas russi et qui e/ heureux devant son uvre et videmm5t de son uvre seule4 ,mais celui-ci compte t\j\rs sur un ret\r de l'op9ion publique1 et qu& mme1 ce qui du re/e n'e/ jamais vrai1 il ne l'espr]ait que p\r le temps qui suivra sa mort1 il gte la gloire p> prlibation1 ce qui ne laisse pas d'tre une j\issance relle4 ,les satisfactions qui vi5n5t de l'obissance l'impratif du beau sont donc1 mo9s que celles qui vi5n5t de l'obissance l'impratif du vrai1 beauc\p mo9s que celles qui vi5n5t de l'obissance l'impratif du bi51 preuves qu'il y a rellem5t un impratif4 ,elles sont t\j\rs de nature mixte1 tant t\j\rs d'orig9e d\ble4 ,cep5dant la joie de l'enfant faire trs solitairem5t quelque *ose de beau ou qu'il tr\ve tel1 la joie de l'arti/e se satisfaire lui-mme1 indp5damm5t du succs1 ce po9t que le succs d'une uvre de lui1 juge p> lui mdiocre1 l'irrite2 ce po9t que mme le succs d'une uvre de lui1 juge p> lui bonne1 l'inquite en jetant quelque d\te dans son esprit sur la valeur vraie de cette uvre2 t\t cela indique d'une faon1 selon moi1 trs suffisante l'exi/5ce d'un impratif4 ,la diffr5ce de l'importance du succs aux yeux de l'arti/e et aux yeux de l'homme d'affaires e/ trs significative en effet4 ,p]sonne ne mprise le succs2 mais l'homme d'affaires s'en cont5te et l'arti/e ne s'en cont5te pas4 ,p\r l'homme d'affaires1 si l'affaire a russi il e/ ple9em5t satisfait2 p\r l'arti/e1 si l'uvre a russi auprs du public il n'e/ pas mcont5t2 mais il n'e/ ple9em5t heureux que si elle a russi auprs de lui4 ,je n'ai pas beso9 de dire qu'il y a des hommes d'affaires aussi qui ne sont ple9em5t satisfaits que si l'affaire1 outre qu'elle a russi1 leur app>at comme ayant t m5e savamm5t et qu'il y a des arti/es qui sont ple9em5t satisfaits qu& ils ont gagn de l'arg5t2 et cela ti5t ce qu'il y a des hommes d'affaires qui sont des arti/es et des arti/es qui ne sont que des hommes d'affaires2 mais il e/ vid5t que le fond de ma rem>que subsi/e4 ,les satisfactions qui vi5n5t de l'obissance la vocation arti/ique pr\v5t donc un peu qu'il y a un impratif du beau4 ,les remords qui vi5n5t de la dsobissance l'impratif du beau ne sont pas affreux2 mais ils ne laiss5t pas d'tre considr] encore4 ,l'arti/e qui a p]du son temps1 qui s'e/ trop att>d la brass]ie1 qui a trop aim une femme1 qui a sacrifi l'art indu/riel1 a des remords assez vifs1 quelquefois viol5ts4 ,et rem>quez qu'il n'y entre pas1 ou trs peu1 le s\ci du s]vice r5dre qu'il n'a pas r5du1 ce qui ressortirait l'impratif du bi54 ,non1 la beaut qui e/ en lui v\lait sortir et cause de lui1 p> sa faute1 n'e/ pas sortie4 ,voil surt\t1 voil presque uniquem5t1 ce qu'il s5t et ce qui l'afflige4 ,n'e/-ce pas l une m>que de l'exi/5ce d'un impratif8 ,je suis n p\r faire le bi51 dit le bi5faiteur2 le bi5 veut tre p> moi4--,je suis n p\r *]*] le vrai1 dit le savant2 le vrai veut clat] p> ceux qui peuv5t le dml]1 et je suis de ceux-l4--,je suis n p\r faire du beau1 dit l'arti/e2 le beau veut tre ralis p> moi et s\ffre en moi qu& je ne le ralise pas4 ,oui2 il y a un impratif du beau1 mo9s imprieux que les deux autres1 mais qu'il me semble difficile de ni]4 ,hir>*ie des impratifs3 le bi51 le vrai1 le beau1 t\s trois ayant comme un noyau1 disons mieux1 comme une me catgorique1 absolue1 mtalogique1 qui comm&e et qui ne donne pas ses raisons2 les deux d]ni]s1 au mo9s1 ayant un mlange de p]suasions motives1 une priphrie de mobiles1 une peau d'int5tionnel1 comme dit ,nietzs*e1 et comm&ant1 p>tie p>ce qu'ils comm&5t1 p>tie p>ce qu'ils ont des raisons de comm&] et les donn5t4 ,or ces trois impratifs1 quelquefois sont d'accord1 s\v5t sont en lutte ou au mo9s en discordance4 ,quelquefois dans un mme homme et celui-ci e/ trs gr&1 et il s'appelle ,platon1 ,newton1 ,pascal1 ,bossuet1 ,montesquieu1 ,g!1 ,lam>t9e1 les dsirs de faire du bi51 de *]*] le vrai1 de faire du beau sont d'accord1 gaux ou presque gaux1 et t\j\rs prs5ts2 l'activit1 ard5te ou paisible2 plus s\v5t paisible1 c> la paix de l'me vi5t de l'quilibre des p>ties de l'me2 e/ triple4 ,ces hommes ne sont pas heureux1 c'e/--dire n'obiss5t pas leur nature1 qu&1 dans le mme temps1 ils ne sont pas utiles leurs semblables1 *]*eurs de vrits et crateurs de valeurs arti/iques4 ,et ceux-ci font s]vir leurs trois vocations les unes aux autres4 ,p\r faire du bi51 et conva9cus1 ce qui e/ peut-tre vrai1 que les vrits sont t\j\rs bi5faisantes1 ils *]*5t le vrai et ils mett5t le vrai en beaut1 dans t\te la beaut dont ils puiss5t le revtir p\r qu'il fasse le plus d'impression possible sur les mes4 ,ils ne sont pas f*s d'tre sagaces inve/igateurs de la connaissance1 p>ce qu'ils espr5t de la connaissance quelque bi5 p\r l'humanit2 et ils ne sont pas f*s d'avoir du gnie littraire p\r que la connaissance passe plus facilem5t et plus sductrice d'eux aux autres4 ,selon que telle ou telle des trois vocations dom9e en eux1 ils lui sacrifi5t davantage1 et p> exemple celui-ci s]a plus *]*eur1 celui-ci plus arti/e et celui-ci plus aptre2 mais t\j\rs ils auront prs5tes l'esprit leurs trois vocations1 et leur dsir secret1 cela se voit *ez t\s1 s]ait qu'elles fuss5t gales et que leurs actions div]ses fiss5t faisceau4 ,on peut mesur] les hommes cet tiage1 au nombre des impratifs qu'ils ont connus et auxquels ils ont obi4 ,un ,s*op5hau]1 un ,nietzs*e1 admirables et vnrables1 sont dj au second rang1 p>ce qu'ils n'ont gure song qu' tre des hros de la connaissance et de m]veilleux arti/es1 et que le sort de leurs semblables1 sans leur tre indiffr5t1 ne les proccupait pas outre mesure4 ,s\v5t les trois impratifs sont en dsaccord1 se gn5t mutuellem5t et se plaign5t d'tre gns les uns p> les autres4 ,l'impratif du bi51 reconnaissons-le1 se dfie un peu1 d'ord9aire1 de l'impratif du vrai4 ,une vrit relative et provisoire exi/e1 qu'il juge suffisante p\r le bonheur des hommes4 ,ceux-l1 t\j\rs la re*]*e et au p\r*as1 qui p\rsuiv5t la vrit aprs l'avoir tr\ve1 lui p>aiss5t dang]eux p\r le repos des esprits et p\r la scurit des mes et il les respecte avec quelque apprh5sion et avec une s\rde ho/ilit4 ,sans d\te1 les vrits444 me disait un trs honnte homme2 je suis un bon citoy51 j'ai un peu peur des vrits4 ,il ne savait pas qu'il disait1 sa manire1 exactem5t comme ,nietzs*e3 ,la vrit1 cette =me la mo9s efficace de la connaissance4 ,du ct de l'impratif du beau1 l'impratif du bi5 n'a gure mo9s de timidits2 il en a peut-tre plus4 ,il sait que l'arti/e1 dom9 p> l'am\r du beau1 n'a pas de raisons suffisantes p\r dsir] passionnm5t le rgne du bi51 qu'il y a un beau1 c'e/--dire un pa?tique et un tragique1 dans le dsordre moral1 dont l'arti/e fait son pr(it2 qu'il y a un beau1 c'e/--dire un comique et un burlesque1 dans le dsordre moral1 dont l'arti/e fait son pr(it galem5t2 que l'arti/e1 p> consqu5t1 a un intrt qui n'e/ pas d\teux ce que le dsordre moral1 s9on rgne1 du mo9s cont9ue d'tre assez frqu5t p\r qu'il le tr\ve aism5t et s'tale assez p\r qu'il s'en inspire2 que l'homme curieux de spectacles s'en e/ fait un de la pe9ture de ses erreurs et que c'e/ prcism5t l'arti/e qui organise ce spectacle-l2 que l'arti/e1 mme trs honnte homme et mme morali/e1 comme un ,la ,bruyre1 la fois dte/e les folies des hommes et probablem5t s]ait assez f*s que1 disp>aissant1 elles emportass5t avec elles t\te la meilleure matire de son art4 ,a9si l'homme dom9 p> l'impratif du bi5 n'e/ pas trs loign de s\hait] vaguem5t qu'il n'y ait pas de philosophes et qu'il n'y ait pas d'arti/es4 ,voyez ,m>c-,aurle4 ,la proccupation arti/ique e/ aussi absolum5t abs5te de son ouvrage que si l'art ici-bas n'exi/ait pas2 et p\r ce qui e/ de la vrit philosophique1 il la juge tr\ve1 acquise1 df9itive1 susceptible t\t au plus de n\velles =mules1 df9itions et ornem5ts utiles2 mais il ne songe pas qu'on puisse encore la *]*]1 et la consci5ce pure et troite de ce sage sur le trne1 rv p> ,platon1 montre1 p> les *rti5s gorgs1 qu'en un autre temps il aurait t5du la cigu ,socrate4 ,l'impratif du vrai1 p\r les raisons que n\s v5ons de voir et qui n\s disp5s]ont d'tre long1 se dfie rciproquem5t de l'impratif du bi54 ,il s5t t\j\rs en celui-ci une s\rde rsi/ance et une rsi/ance de s\v]a9 sujet1 de quelqu'un qui a la prt5tion d'tre matre quelqu'un qui en se manife/ant e/ un rvolt4--,et l'impratif du vrai de son ct a aussi la prt5tion d'tre un matre et mme d'tre t\t3 le vrai1 c'e/ ce qui e/2 ce qui n'e/ pas vrai n'e/ pas2 donc le bi5 e/ dans le vrai ou n'e/ qu'une app>5ce trompeuse1 qu'une ombre sductrice1 qu'un nant habill4 ,au fond1 c'e/ l sa conviction absolue4 ,dans la pratique1 dans le c\rs des *oses1 ce n'e/ pas t\t fait cela4 ,le vrai reconnat qu'il peut tre dang]eux1 soit brusquem5t rvl et qu& sa rvlation n'a pas t assez prp>e1 soit mme peut-tre en soi2 et c'e/ p\r cela mme et p>ce qu'on affirme surt\t qu& on d\te--puisque c'e/ alors que l'on compr5d quel po9t les autres peuv5t d\t]--c'e/ p\r cela qu'il t5te de p]suad] au bi5 que le vrai f9it t\j\rs p> t\rn] au pr(it du bi51 qu'il n'e/ pas possible que ce qui e/ vrai ne soit pas bon au mo9s en puissance et p> consqu5t dans un c]ta9 av5ir4 ,p> cette attitude le vrai se subordonne diplomatiquem5t au bi5 et lui fait sa c\r4 ,c'e/ son attitude la plus frqu5te4 ,enf9 quelquefois1 assez s\v5t1 le vrai relve la tte et dit quelque *ose comme ceci3 ,je n'en sais ri52 mais ce m'e/ gal4 ,je ne sais pas si le vrai conti5t le bi52 je ne sais pas si la sub/ance du bi5 n'e/ ri5 devant moi2 je ne sais pas si je puis1 ou t\t de suite ou dans la suite de l'volution huma9e1 contribu] au bi52 je sais que j'ai mon droit1 suprieur ou infrieur un autre il n'importe1 mais mon droit1 intangible1 et je sais qu'aucune considration ne doit port] l'homme me sacrifi]4 ,le vrai e/ ce qu'il peut2 consqu5ces bonnes ou mauvaises de lui ne le reg>d5t pas et l'on s'en arrang]a comme on p\rra4 ,il e/2 il veut p>atre et le devoir de l'homme e/ de le tr\v] et de le manife/]4 ,c'e/ qu& il ti5t ce langage en c\pant les rapports qui exi/5t ou peuv5t exi/] entre lui et les autres attractions qui s'ex]c5t sur l'homme1 que le vrai se dcl>e le plus nettem5t comme impratif4 ,l'impratif du beau se dfie de l'impratif du bi5 p> les raisons p\r lesquelles n\s avons vu que l'impratif du bi5 se dfie de l'impratif du beau1 ce qui n\s p]met encore d'abrg]4 ,il s5t que le bi5 n'a gure compt] sur le beau p\r faire le bi5 et il s5t que le bi5 a p>faitem5t raison1 en gnral1 de p5s] a9si4 ,une *ose surt\t refroidit s+ulirem5t le beau l'g>d du bi51 c'e/ la p>faite impuissance qu'aurait sa bonne volont l'endroit du bi51 si elle exi/ait4 ,qu& l'arti/e e/ dirig p> une p5se morale1 il e/ sr d'*\] comme arti/e4 ,la proccupation qu'il a de pr\v] refroidit son imag9ation4 ,celle-ci ne s'*auffe que dans la volont con=me sa nature1 savoir dans la volont de ralis] du beau4 ,l'uvre d'art conue dans le desse9 de mettre une vrit morale en lumire a t\j\rs quelque *ose de t5du et aussi quelque *ose de t]ne4 ,elle ne plat qu' ,m4 ,tol/o4 ,elle plat aussi-- l'autre extrmit--aux trs simples1 qui n'ont aucune ide de beaut et qui1 dans un livre1 ne *]*5t qu'un sujet d'dification4 ,a l'imm5se majorit des lecteurs1 spectateurs1 reg>deurs ou auditeurs1 elle ne plat pas4 ,la raison en e/1 je crois1 qu'elle e/ hybride et que p> consqu5t elle manque d'unit4 ,elle n'e/ ni assez compltem5t uvre d'art p\r que nos facults e/htiques s'y appliqu5t1 ni assez entirem5t leon p\r que nos facults et notre bonne volont de cat*umnes y adhr5t4 ,de l'uvre d'art n\s v\lons que la vrit morale1 s'il y a lieu1 se dgage d'elle-mme1 sans que l'auteur cela mette la ma92 n\s v\lons surt\t la dgag] n\s-mmes1 et cet g>d n\s sommes comme ,l\is ,,xiv un peu trop directem5t vis p> un prdicateur et disant3 ,j'aime pr5dre ma leon au pi$ de la *aire2 je n'aime pas qu'on me la fasse4 ,l'arti/e sait trs bi5 t\t cela et dit3 ,dv\ez-v\s donc au bi56 ,qu& un arti/e fait une bonne action1 c'e/ une mauvaise uvre4 ,l'arti/e a quelque raison de ne pas se laiss] sduire l'impratif catgorique du bi54 ,du ct de l'impratif du vrai l'arti/e e/ trs s5siblem5t emb>rass4 ,il ne d\te po9t que le vrai ne soit sa matire premire2 que1 s'il e/ dess9ateur1 pe9tre1 sculpteur1 le rel ne soit le fond mme sur lequel il travaille et d'o il y a pril p\r lui s'c>t]2 que1 s'il e/ pote1 novelli/e1 romanci]1 la vrit des c>actres et des murs ne soit de mme son modle2 mais aussi il sait que t\t cela n'e/ ri5 sans gt qui *oisit et sans imag9ation qui rep5se1 refait et complte4 ,il sait que le vrai j\e d'aussi mauvais t\rs l'arti/e que le bi52 qu'il le refroidit1 lui aussi1 l'al\rdit et le vulg>ise2 qu' s'en faire l'esclave on p]d la moiti de son me d'arti/e2 que l'am\r du vrai e/ la probit de l'art2 mais que l'imag9ation en e/ la magnific5ce2 et qu'aussi l'imag9ation a sa probit1 e/ une probit2 c> l'arti/e doit au public et se doit lui-mme d'exprim]1 non seulem5t ce qu'il a vu1 mais la manire dont il a vu1 la d=mation mme1 ou malheureuse ou heureuse1 que la vrit a subie en trav]sant un tempram5t4 ,sa*ant t\t cela1 l'arti/e voit dans le vrai son ami et son ennemi indissolublem5t unis et mls1 son ami trs dang]eux s'il pr5d tant d'empire qu'il s'in/alle1 qu'il s'impose1 qu'il ne v\s quitte pas et qu'on n'os]ait le quitt] d'un pas2 son ennemi utile1 mais gnant1 en ce qu'il v\s surveille jal\sem5t et v\s arrte dans vos lans et e/ t\j\rs prt p\ss] les hauts cris et les p\sse sitt que v\s faites m9e de pr5dre ou de ressaisir votre indp5dance4 ,et a9si1 p]plexe et irrit de sa p]plexit1 l'arti/e rpte le clbre v]s corrig3 ,ri5 n'e/ beau que le vrai2 mais il n'e/ pas aimable4 ,et mme il se dem&e si le vrai e/ beau1 ce qui n'e/ pas c]ta91 le vrai p\vant bi5 n'tre beau que s5ti p> quelqu'un et p> consqu5t dj d=m1 et il se dit peut-tre3 ,ri5 n'e/ sr que le vrai2 le beau comm5ce au faux1 ou1 au mo9s1 ce qui n'e/ plus vrai qu' demi4 ,on conoit qu'avec un p>eil ami les relations ne peuv5t tre que mles de cordialit et de prud5ce4 ,que le beau soit t\j\rs cam>ade du vrai1 il e/ indniable2 mais il l'e/ aussi que le divorce entre eux n'e/ pas n\veau et qu'il e/ t\j\rs imm95t4 ,tels sont1 selon moi1 en lignes gnrales1 les rapports des trois impratifs entre eux4 ,ils peuv5t tre trs bons2 ils peuv5t tre t5dus4 ,ils font voir la complexit de l'me huma9e et que ses meilleurs in/9cts1 si bons qu'ils sont des vocations quasi univ]selles1 les vocations de l'homme2 si bons qu'ils comm&5t1 ce qui veut dire qu'ils sont des =mes pr(ondes de la p]sonnalit elle-mme qui veut s'affirm] et de la vie qui veut tre2 si con=mes notre nature et tellem5t notre nature elle-mme qu'ils suscit5t des remords qu& ils ne sont pas obis1 ce qui signifie qu'en les contr>iant c'e/ notre nature mme que n\s ref\lons et meurtrissons2 entr5t p\rtant en contradiction les uns avec les autres1 se gn5t et se heurt5t1 *]*5t s'accord]1 y russiss5t quelquefois et y *\5t le plus s\v5t2 *]*5t se prt] de la =ce les uns aux autres et emprunt] de la =ce les uns aux autres2 n'y russiss5t qu' demi2 sont videmm5t appels =m] un conc]t et ne font s\v5t qu'une cacophonie2 sont obligs enf91 d'ord9aire1 se sacrifi] les uns aux autres1 le plus =t1 dans telle complexion d'homme1 rduisant les deux autres l'abdication1 la langueur ou au sil5ce2--exception faite p\r les mes d'o il s]ait difficile de dire lequel e/ le plus abs5t et qui p> consqu5t se ma9ti5n5t dans une honorable srnit4 99 99 99 99 99 ,or aprs cette digression sur les trois impratifs1 sorte de reconnaissance que l'on v]ra peut-tre qui n'e/ pas inutile1 le plus imprieux des impratifs et le plus pur1 celui qui semble bi51 seul1 ne pas donn] de raison du t\t1 tre m9emm5t mtalogique1 e/-il absolum5t pur en effet1 e/-il absolum5t immotiv1 im-mobile1 non-int5tionnel1 ou mle-t-il lui-mme quelque p]suasion son absolutisme8 ,je crois que l'impratif du bi5 se prs5te comme absolu1 trs nettem5t1 indiscutablem5t--et devi5t p]suasif ds qu'on l'analyse4 ,il dit3 ,il faut et c'e/ t\t1--comme du re/e les deux autres2 c'e/ l'impulsion2 mais plus n]giquem5t et comme avec une tre9te plus rude que les deux autres--et puis qu& on l'analyse1 qu& on l'ouvre1 qu& on reg>de ce qu'il conti5t1 qu& on l'int]roge1 il donne une raison4 ,seulem5t il n'en donne qu'une4 ,les deux autres impratifs d'abord comm&5t1 t\t comme l'impratif du bi51 puis1 qu& on les int]roge1 donn5t plusieurs raisons1 ou1 si v\s prfrez1 ont plusieurs raisons donn]4 ,le vrai donne p\r ses motifs l'utilit sociale1 le progrs1 le plaisir aussi1 la j\issance de la conqute1 la j\issance de la supriorit sur les autres1 la satisfaction de la volont de puissance1 etc41 enf9 beauc\p de raisons4 ,l'impratif du beau donne p\r mobiles l'utilit sociale1 la glorification de la patrie1 le plaisir aussi1 la j\issance de la supriorit sur les autres1 la j\issance de la cration1 de la pat]nit intellectuelle1 de l'l>gissem5t et de l'pan\issem5t de la p]sonnalit1 etc41 enf9 beauc\p de raisons4 ,de plus1 les deux impratifs du vrai et du beau ont une t5dance que n\s avons ne--ce n'e/ qu'une t5dance et contr>ie1 mais c'e/ une t5dance trs nette-- se rclam] *acun des deux autres p\r se ju/ifi]4 ,l',impratif du vrai se plat dire1 quoiqu'il n'en sa*e ri51 qu'il e/ probable que la vrit s]t t\j\rs au bi51 que la vrit se ralise t\j\rs en un bi5fait p\r l'humanit4 ,au fond1 malgr les gr&s airs d'indp5dance qu'il pr5d quelquefois1 malgr ses bravades1 c'e/ quoi il ti5t le plus1 ou l'une des *oses auxquelles il ti5t davantage4 ,il cra9t inf9im5t la condamnation du pragmatisme1 le mot dcisionnaire du pragmatisme3 ,une vrit qui ne fait pas de bi5 n'a pas le droit d'tre vraie4 ,aussi le vrai conjure-t-il le bi5 de lui faire crdit3 ,si la vrit n'e/ pas bonne auj\rd'hui1 soyez c]ta9 qu'elle le s]a un j\r4 ,il n'e/ que d'att5dre4 ,en rsum1 le vrai se rclame du bi5 comme de sa cause f9ale1 les j\rs o il n'e/ pas trop arrogant4 ,il se rclame aussi du beau4 ,la vrit e/ belle2 qu& elle clate1 elle frappe les yeux1 les esprits1 les mes1 d'un clat s\da9 qui e/ ess5tiellem5t e/htique4 ,il y a une beaut du vrai qui peut disp5s] de la beaut proprem5t dite4 ,montesquieu disait que le s5s du vrai e/ le plus exquis de t\s les s5s4 ,m4 ,h5ri ,po9c> a une page admirable sur la beaut s\v]a9e des vrits ma?matiques4 ,la beaut du vrai e/ la beaut p> excell5ce1 t\te pure1 t\te dgage des ralits cont+5tes4 ,elle met l'esprit en ple9e atmosphre lum9euse4 ,elle le dlivre de ces demi-affirmations qui sont des demi-erreurs et de ces imp]fections intellectuelles qui1 tant des imp]fections1 sont des laideurs4 ,de mme l'impratif du beau se rclame de l'impratif du bi5 et de l'impratif du vrai4 ,il se vante d'tre la spl5deur du vrai1 =mule qu'il a inv5te et que1 p\r l'autoris]1 il a attribue ,platon4 ,il se flatte d'tre le vrai ram5 ses lignes gnrales et dlivr de l'accid5tel et d'tre p> consqu5t plus vrai que le vrai lui-mme2 et d'autre "p il se rclame du bi5 sur cette ide1 assez raisonnable1 que1 s'il e/ vrai qu'il n'a d'autre (fice que de donn] des plaisirs1 il donne du mo9s des plaisirs ds9tresss1 les plus ds9tresss de t\s les plaisirs1 et qu'a9si il appr5d aux hommes le ds9tressem5t1 lequel e/ l'ess5ce mme du bi54 ,a9si l'impratif du vrai et l'impratif du beau ne laiss5t pas1 en quelque sorte1 de s5tir le beso9 d'tre s\t5us p> le conc\rs des autres vocations huma9es et de donn]1 outre leurs comm&em5ts1 des raisons tires des autres vocations elles-mmes p> lesquelles l'homme se s5t entran4 ,l'impratif du bi51 seul1 ce me semble1 ne se rclame que de lui et p>at avoir p\r devise3 ,moi seul et c'e/ assez4 ,il ne se donne pas comme vrai4 ,je veux dire ce n'e/ pas la vrit qu'il fait appel4 ,il ne fait appel qu' lui-mme4 ,il dit3 ,tu dois et non pas3 ,int]roge ta raison1 ton s5s du vrai1 p\r savoir si ce n'e/ pas cela qui e/ faire4 ,ses *em9s sont plus c\rts et p\r a9si p>l] il n'a pas de *em9s3 il ne passe pas p> quelque *ose p\r arriv] sa dcision4 ,il e/ directem5t et immdiatem5t dcisionnaire4 ,il ne se donne pas comme vrai2 il se donne comme obligatoire4 ,il ne fait pas ent5dre que son contraire e/ l'erreur2 il fait ent5dre que son contraire e/ la ru9e1 la mort de l'me4 ,il ne m5ace pas d'un obscurcissem5t2 il m5ace d'un anantissem5t1 d'une sorte de p]dition3 ,je ne te dis pas que tu te trompes2 je te dis que tu es p]du4 ,il ne se rclame pas1 non plus1 de l'ide du beau1 ou il ne fait pas appel1 comme un auxiliaire1 l'ide du beau4 ,plutt mme il s'en dfi]ait4 ,t\te l'argum5tation de ,nietzs*e1 contre la morale1 qu& il e/ ou se croit immorali/e1 revi5t cette accusation1 ce grief qu'elle e/ laide et enlaidissante1 qu'elle p]suade l'homme de *]*] peut-tre les actions droites1 mais non pas les actions =tes et p>tant belles1 qu'elle dprime l'homme et peut-tre le rectifie1 mais le rtrcit1 qu'au mo9s de t\t ce qui porte le c>actre du beau1 expansion1 audace1 magnific5ce1 n]gie dploye1 elle le dt\rne4 ,il re/e de ce rquisitoire du mo9s ceci que le bi5 ne ti5t pas ce que l'homme soit un modle p\r arti/e et un hros de pome pique2 qu'il n'a pas du ct des ateli]s de sculpteurs et des cab9ets de potes un reg>d de dsir ou d'esprance1 qu'il ne p\sse pas l'homme tre un c&idat la beaut4 ,aucunem5t4 ,il ne le p\sse qu' tre satisfait de lui-mme1 fi] de lui-mme1 peut-tre et t\t au plus2 orgueilleux de lui-mme1 jamais4 ,t\te ambition de beaut1 mme celle qui p>atrait la plus naturelle et lgitime1 lui p>atrait un cabot9age4 ,au fond1 l'in/9ct moral ne connat ni vrit ni beaut4 ,il ne connat que le bi5 lui-mme4 ,il ne connat que la p>faite concordance entre la conception de l'acte bon et l'acte bon4 ,donc l'impratif du bi5 a cela de bi5 p>ticuli] qu'il n'emprunte ri51 ne songe emprunt] ri5 aux deux autres impratifs2 et ceci de bi5 p>ticuli] encore1 que1 t&is que les deux autres impratifs1 qu& on les int]roge1 leur comm&em5t aj\t5t quelques raisons1 lui1 son comm&em5t qu& on l'analyse et qu& on l'int]roge1 n'en n'aj\te qu'une4 99 99 99 99 99 ,mais laquelle donc8--,il aj\te la considration de l'honneur4 ,il comm&e et il s'en ti5t l1 d'ord9aire4 ,c'e/ en quoi il consi/e1 ou c'e/ son c>actre plus proprem5t di/9ctif4 ,mais qu& on lui adresse un p\rquoi8 ou simplem5t qu& on le considre1 qu& on rfl*it sur lui1 qu& on se ret\rne v]s lui1 il aj\te ceci ou plutt il se traduit p> ceci2 mais s'expliqu] c'e/ encore donn] une raison2 il aj\te donc ceci3 ,fais cela1 ou tu s]as infme4 ,ceci c'e/ le devoir qui a fait p>l] l'honneur4 ,je dis que c'e/ la seule raison qu'il aj\te1 la seule absolum5t et qu'il a une rpugnance inv9cible et absolue all] plus lo94 ,c> enf9 les autres impratifs1 encore qu'ils comm&5t1 ne rpugn5t po9t du t\t1 n\s l'avons vu1 s'adjo9dre des motifs div]s de p]suasion1 et multiples4 ,l'impratif du bi5 les proscrit t\s1 sauf le si51 unique1 p> une f9 de non-recevoir qui s'applique t\s4 ,il dit3 ,si tu z un motif1 tu n'z plus de mrite1 et voil bi5 t\s les motifs proscrits1 t\tes les int5tions lim9es4 ,si tu es fi] de faire le bi51 tu fais le bi5 p\r en tre fi]2 et ton mrite disp>at1 et ce n'e/ pas le bi5 que tu z fait4 ,si tu pr5ds plaisir tre honor p\r avoir fait le bi51 tu fais le bi5 p\r tre honor de l'avoir fait2 et ton mrite s'cr\le1 et ce n'e/ pas le bi5 que tu z fait4 ,si tu fais le bi5 p> sympa?ie1 p> s5sibilit1 tu fais le bi5 p\r pr\v] une motion2 et ton mrite s'van\it1 et ce n'e/ pas le bi5 que tu z fait4 ,si tu pr5ds plaisir1 simplem5t dans le fait mme de faire le bi51 ton mrite e/ d\teux et ce n'e/ peut-tre pas le bi5 que tu z fait4 ,du mom5t que le devoir dit cela1 et n\s ent5dons bi5 qu'il le dit1 non seulem5t il rpugne t\te raison donn]1 sauf la si5ne1 mais il les exclut radicalem5t p> une sorte de "q pralable4 ,mais qu& on l'int]roge1 mon avis1 il donne bi5 la si5ne1 l'honneur2 il dit bi53 ,ne fais pas cela ton aise2 tu s]as infme4 ,il dit bi53 ,l'honneur p>le2 il suffit2 ce sont l mes oracles4 ,cela1 il me p>at inconte/able qu'il le dit4 --,mais c'e/ comme s'il ne disait ri56 ,c'e/ comme si1 simplem5t1 il s'affirmait4 ,c'e/ comme si1 aprs s'tre affirm une premire fois1 dans le comm&em5t1 il s'affirmait une seconde fois4 ,honneur1 devoir1 c'e/ mme *ose4 ,qu'il dise ,le devoir e/ de444 ou ,l'honneur e/ 4441 c'e/ mme *ose4 ,il se traduit1 il s'explique1 mo9s que cela1 il se nomme1 et il n'aj\te aucune raison1 aucun motif son imp]ium2 il cont9ue tre mtalogique2 il n'e/ que lui-mme s\s un autre nom4 ,rev5ez t\t simplem5t au kantisme pur et dites que l'impratif moral n'e/ po9t p]suasif du t\t et qu'il e/ catgorique1 et rintgrez la foi morale4 --,j'ai dj dit1 p> provision1 que si se traduire n'e/ pas donn] une raison1 s'expliqu] e/ dj en donn] une4 ,il y a une diffr5ce entre le simple comm&em5t1 sec et hauta91 et la considration propose de l'honneur2 il y a une diffr5ce entre le devoir lui-mme et l'honneur2 et le devoir ne se propose plus t\t fait lui-mme qu& il prs5te l'honneur comme quival5t du devoir1 a9si qu'aurait dit ,guyau4 ,prcism5t il propose un quival5t1 non plus lui2 et1 disons mieux1 il propose un de ses c>actres comme une raison d'accept] lui2 mais c'e/ bi5 une raison qu'il donne4 ,le devoir e/ l'hypo/ase de l'honneur1 soit2 mais qu& il se prs5te s\s la p]sonne de l'honneur1 p> ce seul fait qu'il a *ang de p]sonne1 il s'e/ fait p]suasif et c'e/ bi5 une raison qu'il donne4 ,faites cela p\r moi4 ,je ne donne pas de raison4 ,faites cela p\r moi qui suis votre ami4 ,j'en donne une4--,faites cela p\r moi4 ,il ne donne pas de raison4 ,faites cela p\r moi qui suis l'honneur4 ,il en donne une4 ,et la preuve c'e/ que ma9t5ant v\s p\vez rpondre2 v\s p\vez discut]4 ,qu& il disait3 ,fais ceci1 v\s ne p\viez que dire3 ,oui1 ou3 non4 ,qu& il v\s p>le d'honneur1 v\s p\vez dire3 ,je ne sais pas si l'honneur e/ cela ou son contraire2 c>444 ,oui1 il y a bi5 une diffr5ce entre le devoir et l'honneur1 et qu& le devoir se prs5te comme tant l'honneur1 il donne bi5 dj un motif1 il v\s suggre bi5 dj une int5tion1 il e/ bi5 dj p]suasif2 il ne fait pas de la mtamorale2 il e/ un morali/e huma92 il n'e/ plus t\t fait ,dieu4 ,c'e/ cette lgre d*ance que je v\lais m>qu]4 ,il n'y a pas de contrat social2 il y a un quasi-contrat1 t]me trs juridique1 disait ,m4 ,lon ,b\rgeois4 ,il n'y a pas d'impratif catgorique1 dirai-je2 il y a1 si l'on veut1 un impratif quasi-catgorique1 ce qui1 malheureusem5t1 n'e/ pas un t]me juridique1 ni usit2 mais il suffit de se faire ent5dre4 ,d'autre "p1 on me dira3 ,si le devoir prs5te comme sa raison1 sa raison unique1 mais enf9 sa raison1 la considration de l'honneur1 il ne prs5te pas une raison sui g5]is2 il fait ce que v\s prt5diez plus haut qu'il ne fait jamais2 il emprunte une raison un autre impratif1 ou plutt il pr5d un autre impratif p\r sa raison4 ,ne voyez-v\s pas que l'honneur c'e/ le beau et que le devoir1 en v\s conseillant l'honneur1 v\s conseille simplem5t d'tre une belle *ose et d'tre digne d'admiration ou de faire des actes beaux et dignes qu'on les admire2 et p> votre s\ci de v\s di/+u] du kantisme v\s faites simplem5t r5tr] la morale dans l'e/htique4 ,je ne crois pas2 cela ne me dplairait pas horriblem5t2 mais enf9 je ne crois pas4 ,il y a une diffr5ce s5sible entre le beau et l'honneur4 ,le beau excite l'admiration1 l'honneur excite le respect et ,kant ne s'y e/ pas tromp qu& il a montr le respect comme le s5tim5t qui accompagne la ralisation du devoir4 ,l'admiration s'atta*e des *oses o e/ l'honneur1 mais p> cela seul qu'elle s'atta*e des *oses aussi o l'honneur n'e/ pas1 elle n'e/ pas le crit]ium de l'honneur et l'honneur n'e/ pas le beau4 --,il peut en tre une p>tie1 et p\r pr\v] que ce n'e/ pas le beau que le devoir invoque en recomm&ant l'honneur1 v\s devriez dmontr]1 non pas que l'admiration s'applique autres *oses qu' lui1 mais qu' lui elle ne s'applique pas4 --,mais non2 j'ai seulem5t beso9 de montr] que le beau moral e/ une *ose tellem5t diffr5te du beau proprem5t dit qu'il e/ visible que dans le beau moral s'aj\te un lm5t t\t n\veau1 et cela suffit p\r que la di/9ction soit trs nettem5t tablie4 ,l'admiration qui s'applique au beau moral e/ une admiration laquelle s'aj\te le respect et une manire de culte1 *oses qui n'entr5t pas du t\t dans l'admiration p\r le beau proprem5t dit2 et p\r dire1 je crois1 beauc\p mieux1 ce n'e/ pas le respect qui s'aj\te l'admiration dans le s5tim5t qu'on a p\r le beau moral1 c'e/ l'admiration qui s'aj\te au respect2 et le respect e/ le fond mme4 ,aj\tez que l'admiration ne s'aj\te que quelquefois au respect4 ,il e/ des *oses d'honneur que l'on respecte et que l'on n'admire pas4 ,des *oses d'honneur1 on n'admire que celles o il y a de l'inatt5du1 de l'extraord9aire1 un gr& ef=t1 un gr& sacrifice1 de la cont9uit aussi et une suite sans fl*issem5t1 qui impose2 mais p\r t\tes les *oses d'honneur et t\s les actes d'honneur1 quels qu'ils soi5t1 on a du respect4 ,l'homme qui obx au devoir1 ou obx purem5t et simplem5t2 ou1 s'il cde la voix du devoir en tant que voix de l'honneur1 e/ un homme qui *]*e quelque *ose respect] et qui veut le tr\v] en lui4 ,il ne faut donc pas faire r5tr] la morale dans l'e/htique4 ,elle p\rrait1 non pas s'y p]dre1 mais s'y altr]1 s'y compromettre avec beauc\p de *oses admirables1 mais qui1 p\r admirables qu'elles sont1 ne sont pas elle4 ,les gr&s crimes sont admirables4 ,ce qui fait que ,guyau a tort1 c'e/ que1 donnant p\r l'in/9ct moral t\te la vie1 il donne malgr lui p\r morales des *oses qui n'ont aucun c>actre de moralit4 ,je vais trop lo98 ,mettons que1 donnant p\r l'in/9ct moral t\te la vie belle1 t\te la vie susceptible d'excit] l'admiration1 il donne malgr lui p\r morales des *oses qui n'ont aucun c>actre de moralit1 p>ce qu'elles ne sont pas dignes de respect4 ,le tort de ,nietzs*e *]*ant sa morale1 c> on sait qu'il la *]*e1 e/ trs analogue4 ,il consi/e prcism5t jug] des *oses selon le crit]ium de l'admiration1 et p> consqu5t donn] comme rgle de vie l'imitation de *oses qui1 quoique excitant l'admiration1 ne sont pas moralem5t belles le mo9s du monde2 et c'e/ bi5 obissant1 en mme temps qu' sa f\gue de pote1 une secrte logique1 qu'il en arrive de temps en temps faire l'loge de la viol5ce et du crime4 ,le tort de ,r5an qu& il a dit1 sans y atta*] du re/e la mo9dre importance3 ,la beaut vaut la v]tu1 ce qui p>aissait ,m4 ,tol/o une effroyable /upidit et ce qui n'e/ qu'un p>adoxe un peu saugr5u1 c'e/ d'avoir1 un in/ant1 pris l'admiration p\r crit]ium1 ce qui t\t de suite l'am5ait p5s]3 ,un sa9t et une belle femme2 ils sont beaux t\s deux2 ils se val5t4 ,il faut donc se g>d] de croire qu'en proposant l'honneur comme mobile1 le devoir propose de p\rsuivre une beaut2 il propose1 ce qui e/ bi5 diffr5t1 de *]*] quelque *ose que l'on puisse respect] et qui peut-tre1 de plus1 s]a admirable1 mais qu'il s]ait immoral de re*]*] p\r l'admiration qui p\rrait v\s en rev5ir4 ,rem>quez en effet ce c>actre trs p>ticuli] du respect4 ,c'e/ un s5tim5t1 on ne peut gure lui donn] d'autre nom1 qui semble en dehors de la s5sibilit1 sur les limites1 si l'on prfre1 de la s5sibilit2 c'e/ un s5tim5t qui n'apporte avec lui ni j\issance ni s\ffrance2 c'e/ un s5tim5t qui laisse srieux1 grave et froid2 c'e/ un s5tim5t qui ressemble le plus qu'il soit possible une ide1 sans en tre une2 c'e/ un s5tim5t qui ne dprime ni n'exalte2 c> il n'e/ pas l'humiliation et1 mme qu& il s'adresse v\s-mme1 il n'a ri5 qui ressemble l'orgueil2 c'e/ quelque *ose comme un s5tim5t sans s5sibilit4 ,a cause de cela1 ni il n'apporte ni il ne promet l'me une j\issance de s5sibilit1 et p> consqu5t il e/ prcism5t ce que le devoir peut accept] comme auxiliaire sans cra9te qu'il ne soit un mobile de s5sibilit1 un attrait de plaisir4 ,l'honneur accompagn du respect des autres p\r v\s et du respect de v\s p\r v\s-mme1 laisse le devoir intact comme impratif1 quasi intact1 aussi intact qu'il e/ possible1 aussi intact qu'un impratif qui l'on a dem& ses raisons et qui en a donn une peut re/] pur lui-mme1 aussi intact qu'une impulsion non int5tionnelle qu'on a russi trans=m] en int5tion peut re/] encore non int5tionnelle4 ,le devoir qui donne p\r raison l'honneur n'e/ plus lui-mme1 il faut l'accord]2 mais1 en vrit1 il n'e/ pas encore autre *ose4 ,or1 l'honneur tant considr comme dev5ant le pr9cipe de la morale1 qu'e/-ce bi5 que l'honneur8 ,l'honneur e/ un s5tim5t qui1 sans envisag] l'utilit p]sonnelle et mme en la mprisant1 sans envisag] l'utilit sociale quoique ne la mprisant pas1 mais ne s'y arrtant po9t1 n\s p]suade que n\s sommes les esclaves de notre dignit1 de notre noblesse1 de ce qui n\s di/+ue d'tres juges p> n\s infrieurs n\s2 et qui n\s assure f]mem5t qu' cette dignit1 qu' cette noblesse1 qu'au so9 de ne pas d*oir n\s devons sacrifi] t\t1 mme la vie4 ,ce pr9cipe de morale ne peut pas se confondre avec ceux que n\s avons plus haut considrs4 ,il n'e/ pas l'intrt p]sonnel gnral1 l'intrt bi5 compris d'une vie bi5 rgle sacrifiant le po9t l'ensemble et le mom5t prs5t la suite des mom5ts futurs2 puisque n\s s5tons qu' cette p>tie que l'honneur n\s convie j\] n\s risquons la suppression de notre tre t\t enti]4 ,il n'e/ pas l'utilit sociale1 puisque n\s s5tons qu'en dehors mme de t\te utilit sociale n\s devons faire des actes pnibles qui ne satisf]ont que n\s1 qui sans d\te p\rront avoir1 titre d'exemples1 une utilit sociale1 mais lo9ta9e et dans la considration de laquelle n\s n'entrons pas1 qui ne pse pas sur les dcisions que l'honneur n\s conseille4 ,il n'e/ pas le /ocisme prcism5t1 il s'en accommode1 il s'y associe2 mais il n'e/ pas lui2 c> ma9t5ant la lutte contre les passions n'e/ pas notre b1 mais un moy5 et une condition de notre obissance notre pr9cipe et notre b tant plac plus lo91 consi/ant tre satisfaits de n\s1 non po9t ngativem5t p> la di/9ction faite en n\s d'lm5ts mauvais1 mais positivem5t1 p> la puissance en n\s de ralis] des *oses juges p> n\s belles et nobles ou au mo9s respectables4 ,il n'e/ po9t le s5tim5t de la vie belle et fconde1 quoique mo9s lo9 de ceci que de ce qui prcde2 c> ce ne sont pas des *oses gr&es1 l>ges et magnifiques qu'il conseille prcism5t1 mais des *oses respectables1 et il n'exclut pas ou il ne risque pas1 et tant s'en faut1 d'exclure les humbles1 qui se s5tirai5t bi5 un peu exclus ou mis au second rang p> une morale se confondant1 ou peu prs1 avec la magnific5ce de la vie4 ,il n'e/ po9t le s5tim5t et la volont de la vie int5se et ultra-n]gique2 c> il conseill]a1 c]tes1 de se surmont]1 de dev5ir ce qu'on e/1 c'e/--dire de mettre en valeur ses facults et de vivre dang]eusem5t1 trs dang]eusem5t1 p\r lui2 mais t\t cela p\r lui et non pas p> volont de puissance ou p\r ralis] de la beaut4 ,il n'e/ pas1 enf91 l'impratif catgorique lui-mme2 il n'e/ pas sec et dur1 quoiqu'il soit trs imprieux2 il n'e/ pas muet p\r a9si dire et comm&ant du ge/e et du s\rcil plutt que de la p>ole1 et il e/ au contraire trs loqu5t2 il e/ clair comme une ide1 il e/ =t comme une impulsion1 il e/ ri*e comme un s5tim5t4 ,il e/ donc trs p>ticuli]1 trs spcial1 t\t fait sui g5]is4 ,il e/--ce que ne sont pas1 comme n\s l'avons vu1 quelques autres pr9cipes de moralit--t\t fait trang] aux animaux 7quelques semblants d'mulation la c\rse *ez c]ta9es btes tant faits r>es dont on ne saurait tir] gr&e conclusion et p>aissant plutt imitation rciproque qu'mulation vritable74 ,il e/ proprem5t huma91 et qu& les philosophes dis5t que la moralit comm5ce l'homme1 je ne les ent5ds pas et je prote/e2 mais s'ils veul5t dire p> l que l'honneur comm5ce l'homme1 je les compr5ds et je leur dis oui4 ,il n'e/ po9t du t\t trang] aux hommes du peuple1 et bi5 au contraire2 il e/ en eux extrmem5t net4 ,l'homme du peuple dit1 au mo9s1 ses enfants3 ,il ne faut pas faire cela4 ,e/-ce qu'on e/ des animaux8 ,cela veut dire qu'il se s5t oblig p> quelque *ose qui le di/+ue d'tres jugs p> lui infrieurs lui1 p> une dignit1 p> une noblesse1 ici p> sa dignit d'homme1 p> sa noblesse d'homme4 ,les animaux ont t inv5ts p\r que le plus humble des hommes et quelque *ose au-dess\s de lui1 et au-dessus de quoi il se s5tt oblig se ma9t5ir1 et au niveau de quoi il se s5tt oblig ne pas desc5dre4 ,l'homme e/ un suranimal et se s5t t5u d'tre au mo9s un suranimal4 ,p> quoi8 ,non po9t p> la raison2 il sait bi5 que les animaux en ont et il faut tre philosophe p\r d\t] de cela4 ,non po9t p> la morale sociale2 c> les animaux ont une morale sociale et1 s\v5t1 extrmem5t leve2 mais p> le s5tim5t de l'honneur p]sonnel et de l'honneur de l'espce4 ,c'e/ un s5tim5t ess5tiellem5t ari/ocratique2 aussi exi/e-t-il dans le peuple1 qui e/ t\t ple9 de s5tim5ts ari/ocratiques2 c'e/ un s5tim5t ari/ocratique en ce s5s qu'il e/ insp>able du dsir de se di/+u] de quelqu'un e/im infrieur4 ,l'homme du peuple met son honneur se di/+u] des animaux1 d'abord2 ensuite de tels et tels1 de sa classe1 qui se conduis5t be/ialem5t et qui il dit3 ,tu n'z pas honte1 ce qui e/ le mot mme de l'honneur2 enf9 de tels et tels autres1 placs plus haut que lui dans l'*elle sociale et qu'il pr5d plaisir con/at] infrieurs lui1 mo9s utiles1 mo9s probes1 mo9s vaillants4 ,l'honneur e/ t\j\rs un s5tim5t ari/ocratique4 ,une des raisons de l'esclavage antique a t une ide morale1 trs mal comprise1 je le reconnais4 ,l'homme1 mme trs pauvre1 v\lait avoir au-dess\s de lui des hommes qui fuss5t des animaux1 p\r n'tre pas comme eux1 p\r se dire que commettre tels ou tels actes tait desc5dre au niveau des esclaves1 p\r appel] s]viles les ides basses1 les s5tim5ts bas et les actions basses4 ,l'homme anci5 v\lait qu'il y et des esclaves1 comme ,flaub]t v\lait qu'il y et des b\rgeois1 p\r n'en pas tre un1 les mprisant1 mais en ayant videmm5t beso91 puisqu'il et t dsespr qu'il n'y en et plus4 ,et de fait il df9issait le b\rgeois comme l'anci5 df9issait l'esclave3 t\t tre ayant des faons basses de p5s] et de s5tir4--,ce fut une p>ole vraim5t n\velle que celle de ,snque3 ,s]vi sunt1 immo hom9es3 ce sont des esclaves2 non1 ce sont des hommes4 ,il y avait dans cette p>ole ceci3 ,l'honneur vrai consi/e1 non pas ce qu'il y ait des esclaves p\r que n\s puissions t\j\rs n\s considr] comme suprieurs quelqu'un2 mais ce qu'il n'y en ait po9t1 p\r que n\s soyons =cs de n\s suprioris] n\s-mmes et de ne plus mpris] les esclaves1 mais ceux qui s]ai5t dignes de l'tre4 ,a ce propos1 on a dit que l'honneur e/ un s5tim5t mod]ne que les anci5s n'ont pas connu4 ,c'e/ une erreur4 ,l'honneur *ez les anci5s s'appelait ,aids et ,pudor3 1 ' --,soyez hommes et mettez l'honneur dans vos mes 7,homre74 --,l'honneur ti5t beauc\p de la sagesse 7,?ucydide74 ,de soldats va9cus ,tite-,live dit3 ,acc5dit animos pudor1 v]ecundia1 indignitas--,l'honneur1 la honte1 le s5tim5t de leur indignit1 enflamm5t leurs mes4 ,juvnal dit3 ,summum cr$e nefas vitam prf]re pudori1 ce qui e/ la =mule mme de l'honneur3 ,le d]ni] des crimes e/ de prfr] l'honneur la vie4 ,quelquefois1 le plus s\v5t mme1 et c'e/ ce qui le purifie1 c> l'honneur lui-mme a beso9 d'tre purifi1 l'tre infrieur dont l'honneur veut que v\s v\s di/+uiez n'e/ pas rel1 n'e/ pas connu de v\s1 e/ suppos4 ,le pre d',horace fut un honnte homme1 mais c'tait le pre d'un satirique4 ,p\r enseign] la morale son fils il lui disait3 ,reg>de un tel2 il a dissip son patrimo9e2 il e/ trs mpris2 reg>de un tel1 il a t surpris en adultre2 il a une mauvaise rputation4 ,c'tait de la mdisance morale ou de la morale mdisante4 ,n\s avons en n\s un ,horace le pre1 qui s\v5t ne fait pas int]v5ir de noms propres dans sa leon4 ,n\s n\s disons3 ,je ne sais pas s'il y en a qui font a9si1 mais1 moi1 je ne suis pas de ceux-l4 ,ici le s5tim5t de l'honneur e/ en quelque sorte idal4 ,il sort du doma9e du rel p\r entr] dans celui du possible4 ,il suppose un c]ta9 nombre de possibles p>mi lesquels il y en a de mprisables dont il dcide qu' t\t has>d il faut se di/+u] et se sp>] soigneusem5t1 n]giquem5t et cote que cote4 ,et c'e/ a9si que l'honneur1 t\t en re/ant t\j\rs un s5tim5t ari/ocratique1 ne comporte pas t\j\rs quelqu'un mpris]1 ne comporte pas t\j\rs le mpris de quelqu'un de rel et p> consqu5t p\rrait tre le s5tim5t de t\s les citoy5s1 de t\t un peuple1 le s5tim5t commun de t\s les membres de l'humanit1 sans qu'il en manqut un3 ils mpris]ai5t les possibles mprisables4 ,l'honneur ne doit pas tre confondu avec l'honorabilit qui1 sans tre le contraire1 e/ t\t autre *ose et qui r5tre entirem5t1 selon moi1 dans la morale sociale4 ,nietzs*e a fait rem>qu]1 avec quelque confusion1 qu'au-dessus du premi] progrs1 qui consi/e agir1 non en considration du bi5-tre immdiat et mom5tan1 mais en considration des *oses durables 7morale des animaux suprieurs71 l'homme a atte9t un degr plus lev qu& il agit selon le pr9cipe de l'honorabilit 7je traduis ,ehre p> honorabilit et non p> honneur1 p>ce que c'e/ bi5 le s5s1 comme t\t le contexte l'indique74 ,nietzs*e ent5d p> honorabilit le fait d'tre e/im des autres et aussi d'e/im] les autres3 ,il honore et il veut tre honor2 il conoit l'utile comme dp5dant de son op9ion sur autrui et de l'op9ion d'autrui sur lui-mme4 ,or ceci n'e/ pas proprem5t1 ni mme1 quelquefois1 pas du t\t1 l'honneur2 c'e/ les honneurs1 les m>ques de considration sociale et de respect social1 et cela ressortit la morale sociale4 ,c'e/ exactem5t dans ce s5s que ,montaigne emploie le mot honneur4 ,qu& il dit que l'honneur e/ le pr9cipe des mon>*ies1 il veut dire1 comme c'e/ pr\v p> t\s ses textes1 que les di/9ctions honorifiques accordes p> le roi1 ratifies p> l'op9ion publique1 sont le gr& mobile des v]tus sociales dans une mon>*ie ari/ocratique4 ,or ceci n'e/ pas l'honneur2 c'e/ l'honorable4 --,et p> consqu5t c'e/ dj de l'honneur1 si les mots ont un s5s4 --,oui1 c'e/ le premi] degr1 si l'on veut1 de l'honneur proprem5t dit4 ,c'e/ dj de l'honneur1 puisque c'e/ avoir des raisons de se prfr] d'autres et se satisfaire1 en dehors de t\te j\issance matrielle1 dans cette prfr5ce4 ,ce n'e/ pas l'honneur proprem5t dit1 puisque les raisons de se prfr] a9si n\s vi5n5t des autres1 non de n\s-mmes4 --,de n\s-mmes aussi1 ,nietzs*e le dit4 --,je veux bi54 ,alors trois degrs3 #a son bi5-tre matriel prfr] l'e/ime qui n\s vi5t des autres2 #b son bi5-tre matriel prfr] l'e/ime qui n\s vi5t d'autres1 mais de ceux-l seulem5t que n\s e/imons n\s-mmes1 de sorte que c'e/ une e/ime contrle p> n\s1 ou1 p\r mieux dire1 notre propre e/ime de n\s1 rfl*ie avec r5=cem5t p> celle de ceux qui sont e/ims de n\s2 #c son bi5-tre matriel prfr] sa propre e/ime1 qu& bi5 mme il ne se tr\v]ait p]sonne p\r n\s e/im]1 ce qui devrait1 c]tes1 n\s faire rfl*ir1 mais ce qui ne devrait pas n\s arrt]1 si1 t\t compte fait1 n\s n\s s5tions srs de l'honneur cont5u dans notre acte4 ,dans le premi] cas1 il y a un peu de s5tim5t de l'honneur2 dans le second1 il y en a beauc\p plus2 dans le troisime1 il y a honneur pur4 ,le vritable honneur consi/e s5tir p> soi-mme que l'on e/ une me peu commune1 comme dit le hros de ,corneille1 et qu'il e/ indiffr5t1 p\r que cela soit1 que cela soit con/at1 que quelqu'un au monde s'en ap]oive et le m>que au tableau4 ,on se s5t alors1 en obissant sa loi1 le lgislateur4 ,ari/ote avait trs bi5 vu cela1 j'ent5ds que l'homme suprieur e/ sa loi lui-mme ce po9t mme qu'il ne peut pas tre s\mis aux lois3 ,si un citoy5 ou plusieurs sont tellem5t suprieurs qu'on ne puisse les comp>] aux autres1 il ne faudra plus les reg>d] comme faisant p>tie de la cit444 ,les lois ne sont ncessaires que p\r les hommes gaux p> leur naissance et p> leurs facults2 quant ceux qui s'lv5t ce po9t au-dessus des autres1 il n'y a pas de loi p\r eux2 ils sont eux-mmes leur propre loi2 celui qui prt5drait leur impos] des rgles se r5drait ridicule et eux s]ai5t peut-tre en droit de lui dire ce que les lions d',anti/hne rpondir5t aux livres plaidant la cause de l'galit entre les animaux444 ,et il arrive ceci qu'au plus haut degr l'on devi5t le concurr5t de soi-mme4 ,on veut se di/+u] non seulem5t des animaux1 c'e/ trop facile quoique ce soit dj trs apprciable2 non seulem5t des hommes que l'on voit infrieurs ce qu'on e/1 c'e/ trop facile encore2 non seulem5t de ces tres supposs1 dont n\s p>lions1 qu'on ne v\drait pas tre2 mais encore de soi-mme tel qu'on se voit4 ,l'honneur e/ alors une e/ime de ce que l'on s]ait si l'on tait meilleur4 ,l'honneur consi/e v\loir mrit] l'e/ime de celui qu'on p\rrait dev5ir4 ,l'tre infrieur de qui1 ma9t5ant1 v\s v\lez v\s di/+u]1 c'e/ v\s-mme et ce s]a t\j\rs v\s-mme1 quelque progrs sur v\s-mme que v\s puissiez accomplir4 ,n\s rejoignons ici les =mules de ,nietzs*e1 si lo9 que n\s fussions de lui p> notre pr9cipe1 p>ce que t\t ce qu'il veut p\r satisfaire la volont de puissance on peut le v\loir1 et il e/ naturel qu'on le veuille p\r satisfaire le s5tim5t de l'honneur et conqurir--c> l aussi il y a une conqute--l'e/ime1 t\j\rs fuyant devant n\s1 de n\s-mmes4 ,faut-il se surmont]8 videmm5t1 p\r se di/+u] de l'homme qu'on e/ et mrit] l'approbation de l'homme qu'on aspire tre1 et cela indf9im5t4--,faut-il vivre dang]eusem5t8 ,sans d\te1 s9on t\t fait comme l'ent5d ,nietzs*e1 du mo9s p> ce fait seul qu'on tr\v]a t\j\rs des occasions o ce ne s]a pas sans risques qu'on p\rra ple9em5t satisfaire ce qu'un honneur rig\reux appelle le devoir4--,faut-il dev5ir celui qu'on e/8 ,assurm5t1 s9on t\t fait comme ,nietzs*e le compr5d1 du mo9s en ce s5s qu'on e/ un homme d'honneur et qu'on ne le s]a1 relativem5t encore et t\j\rs relativem5t1 qu'aprs des ef=ts p]svrants p\r le dev5ir4 ,c'e/ dans cette morale de l'honneur1 et je veux dire *ez ceux qui ont leur morale s\s cette =me1 que le devoir devi5t une passion4 ,on sait assez que dans la morale sociale le devoir devi5t quelquefois et mme assez s\v5t une passion4 7,dv\em5t ses semblables3 le soldat qui meurt p\r sa patrie1 le capita9e de vaisseau qui meurt p\r sauv] ses passag]s1 le mcanici5 qui meurt aprs avoir r5v]s la vapeur1 etc47 ,mais le devoir devi5t une passion surt\t *ez ceux1 peut-tre uniquem5t *ez ceux1 qui ont la morale de l'honneur4 ,l'art de l'tre moral ou1 sans art1 le m\vem5t mme de sa nature1 consi/e faire une passion de la lutte mme contre les passions1 de sorte qu'il ne re/e plus *ez l'homme qu'une passion =te1 celle qui combat et dompte t\tes les autres4 ,voil l'art de l'tre moral1 et c'e/ le mrite des /oci5s d'avoir bi5 connu cet art-l4 ,mais l'art ne suffirait pas1 videmm5t1 produire cet effet4 ,il faut qu'une ide dev5ue ide fixe et cette ide fixe dev5ue ide-=ce1 mne ce combat contre les passions huma9es4 ,mais encore comm5t une ide fixe devi5t-elle ide =ce8 ,en se pntrant1 en s'imprgnant de passion4 ,ici de quelle passion l'ide fixe se pntre-t-elle8 ,de la passion de l'honneur4 ,je f]ai cela1 p>ce que c'e/ mon ide4 --,oui2 mais alors c'e/ une simple gageure4 --,non1 p>ce que je mets mon honneur faire cela4 --,votre honneur8 --,oui444 enf91 t\t le monde n'en f]ait pas autant et je le fais4 ,c'e/ cela2 il faut que le dsir de se di/+u]1 que l'ide de p]fection1 et en langage huma9 cela veut dire l'ide d'lite1 n\s s\ti5ne dans cette lutte4 ,elle n\s a inspir l'ide de cette lutte1 et dans cette lutte elle n\s enc\rage et n\s appuie4 ,alors l'honneur n\s enflamme4 ,il e/ une passion et une passion ard5te1 inv9cible4 ,la passion contre-passions a dtruit ou ref\l t\tes les passions et re/e la passion matresse4 ,l'ide seule y aurait-elle russi8 videmm5t non4 ,il a fallu que le devoir1 ennemi des passions1 devnt1 s\s =me d'honneur1 passion lui-mme4 ,et1 ds lors1 ne v\s tonnez plus que le devoir p\sse un homme affront] les plus gr&s dang]s et mme accept] la mort c]ta9e2 il y p\sse exactem5t comme la premire v5ue des passions1 comme l'am\r1 la jal\sie1 l'ivrogn]ie ou le lib]t9age4 ,le devoir e/ dev5u une passion enivrante et mme une passion mortelle4 ,et ce n'e/ qu'a9si qu'il e/ puissant4 ,le devoir n'e/ vraim5t le devoir1 le devoir n'e/ ple9em5t le devoir que qu& il e/ la passion du devoir4 ,et il s'e/ produit1 ce me semble1 ce phnomne psy*ologique assez curieux4 ,le devoir tait une impulsion imprative4 ,on ne l'a pas accept comme impulsion4 ,on lui a dem& ses raisons4 ,il n'en a donn qu'une seule1 mais il en a donn une1 l'honneur2 il e/ dev5u p]suasif4 ,mais l'honneur dev5u passion e/ r$ev5u impulsif et impratif1 et c'e/ lui ma9t5ant qui ne donne plus ses raisons4 ,c'e/ un dt\r1 c'e/ une r&onne4 ,et donc il n'y a ri5 de plus naturel que ceci que ,kant ait jug le devoir impratif4 --,comme si une ide p\vait tre imprative6 dit ,s*op5hau]4 --,mais c'e/ que ,kant voit cette ide alors qu'elle s'e/ pntre d'un s5tim5t et alors que ce s5tim5t e/ dev5u une passion1 laquelle1 comme t\tes les passions1 e/ dev5ue imprieuse4 ,cette passion contre-passions e/ s\v5t d'une extrme viol5ce4 ,en tant que passion1 elle a beso9 son t\r d'tre rprime4 ,elle devi5t le po9t d'honneur1 c'e/--dire le dfaut de l'homme qui se pique d'honneur l o il n'e/ ni ncessaire ni utile1 soit p> habitude1 soit p> jactance1 soit p> obissance un prjug qui e/ n de l'honneur mal compris ou compris troitem5t4 ,c> il y a de faux j\rs d'honneur1 et il ne faut pas dire1 comme ,s]torius3 ,je ne sais si l'honneur a jamais un faux j\r4 ,le po9t d'honneur peut dev5ir cette dmangeaison de gr&eur d'me dont c]ta9s hros de ,corneille sont atte9ts1 ou cette ob/9ation montr] de la volont sans objet1 de la volont p\r l'ex]cice mme de la volont1 trav]s que c]ta9s hros de ,corneille montr5t aussi4 ,c'e/ que1 du mom5t qu'une ide devi5t une passion1 quelque passion noble1 comme dit ,vauv5>gues1 qu'elle puisse tre1 elle devi5t elle-mme une excitation n]veuse qui altre la sant de l'me et contre laquelle la sant de l'me doit ragir2 la sant de l'me1 c'e/--dire ce que n\s appelons bon s5s1 s5s du rel1 disc]nem5t1 mesure1 raison4 ,mais o s]a le crit]ium8 ,il s]a l'utilit ou l'inutilit de cette exaltation de l'honneur p\r n\s1 considrs comme p\vant tre utiles1 inutiles ou fune/es nos semblables4 ,si cette exaltation de l'honneur #a n'e/ utile en ri51 ou p\rrait tre fune/e aux autres actuellem5t2 #b comme ex]cice de notre volont1 dpasse vraisemblablem5t la mesure o notre volont p\rra jamais tre utile aux autres et mme atte9t un po9t o elle p\rrait leur tre nuisible2--alors il y a *ose p\r ri5 ou *ose p\r un mal1 et c'e/ en de que n\s devons n\s t5ir4--,de mme que l'asctisme exagr1 qu'il soit pratique indi5ne1 pratique /oci5ne ou pratique *rti5ne1 e/ une vanit qu& il p\sse jusqu' ce degr o l'endurance qu'il n\s donne cesse de p\voir tre utile qui que ce soit1 de mme le po9t d'honneur e/ une enfance qu& l'intrpidit ou la magnanimit qu'il n\s donne sont disproportionnes avec les s]vices que n\s p\vons r5dre et qu& les actes mmes qu'il n\s inspire ne s]v5t ri5 qu' n\s montr] =ts4 ,la limite e/ flottante1 mais elle n'e/ pas insaisissable aux yeux de la raison4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur a ceci de p>ticuli] qu'elle semble bi5 tre ant9omique1 tre en contradiction logique avec t\tes les morales connues4 ,la morale de l'honneur contr>ie la morale utilitaire individuelle1 celle qui n\s e/ commune avec les animaux2 c> enf9 si je dois me conduire con=mm5t ce qui me di/+ue des autres1 c'e/ avant t\t1 non seulem5t mon intrt immdiat1 mais mon intrt gnral que je dois mpris]4 ,me conduire de telle manire qu'il doive en rsult] p\r moi un bi5 et un bi5 prolong et p]man5t1 c'e/ agir con=mm5t1 non l'gsme spontan1 mais l'gsme rfl*i1 qui e/ plutt un gsme r$\bl qu'il n'e/ le contraire de l'gsme2 c'e/ agir non seulem5t comme un animal1 mais comme un vgtal qui1 encore qu'il ne soit pas capable de rflexion1 agit comme s'il rfl*issait1 en f5dant pniblem5t la t]re p\r arriv] au complet dveloppem5t de son tre et sa plnitude1 dans les c>esses de l'air et s\s la bi5faisante influ5ce du soleil4 ,l'honneur1 l'aspiration me satisfaire moi-mme p> la supriorit sur les autres1 me comm&e de mpris] cette aspiration commune t\s les tres1 la p]svrance dans l'tre4 ,il y a plus d'honneur1 d'honneur lm5taire1 si l'on veut1 suivre son in/9ct immdiat et in/antan1 qu' calcul]1 d'une manire m]cantile1 ce qui1 mnag1 conomis et bi5 plac en ce mom5t1 me rapport]a dans un temps donn de bons et agrables bnfices4 ,la morale de l'honneur me comm&e de mpris] la morale bassem5t utilitaire de la f\rmi ou de l'abeille4 ,quel honneur voyez-v\s prvoir l'hiv] et le mom5t de l'indig5ce8 ,c'e/ l'imprvoyance de la cigale1 qui ressemble1 t\t au mo9s1 de l'honneur4 ,elle e/ le sacrifice du moi prvu ou qu'on p\rrait prvoir1 l'expansion de l'tre et la prodigalit joyeuse de l'tre4 ,l't\rd]ie e/ de l'honneur1 en ce qu'elle e/ l'oppos de l'gsme cauteleux1 cra9tif et av>e4 ,ce qu'il y a de bon dans l't\rdi1 c'e/ qu'il ne p5se pas lui-mme4 --,comm5t donc6 ,il ne p5se qu' lui6 --,peut-tre2 mais le rang y songe deux fois1 trois fois1 dix fois1 ce qui fait que relativem5t celui-ci1 l't\rdi n'y songe po9t4 ,il e/ bi5 plus noble4 ,la morale de l'honneur e/ contraire une morale qui1 en son fond et de quelque nom qu'on l'appelle1 e/ une sollicitude raff9e1 +nieuse1 rfl*ie et pr(ondm5t calculatrice l'g>d de soi-mme4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur p>at de mme trs oppose ce qu'on appelle la morale sociale4 ,la morale sociale e/ le fait de se con=m] aux murs ambiantes et le fait de se consacr] au bonheur des autres4 ,or la morale de l'honneur d'abord me comm&e surt\t de ne pas me con=m] aux murs ambiantes1 ensuite de ne pas me consacr] au bonheur des autres4 ,de ne pas me con=m] aux murs ambiantes2 c> l'honneur me comm&e prcism5t de m'en di/+u]1 d'tre quelqu'un de suprieur1 de t5dre indf9im5t l' 4 ,la m?ode1 qui s]ait sans d\te un peu grossire1 mais la m?ode qui se prs5t]ait d'abord aux yeux et dont il re/]ait t\j\rs quelque *ose dans une m?ode plus mdite1 la m?ode de la morale de l'honneur consi/]ait en ceci3 connatre les murs des hommes p\r savoir ce qu'on ne doit pas imit]3 ,t\s les hommes me sont tel po9t odieux ,que je s]ais f* d'tre sage leurs yeux2 ou1 t\t au mo9s1 t\s les hommes sont tellem5t dignes444 d'indulg5ce que celui qui prcism5t a p\r morale de ne pas tre indulg5t env]s soi-mme1 doit comm5c] p> se con=m]1 non leurs murs1 mais quelque *ose1 s9on de contraire1 du mo9s de trs diffr5t4 ,aux yeux de la morale de l'honneur1 les murs des hommes ne sont pas1 sans d\te1 le modle dont il faut suivre le contraire2 mais ils sont le modle ne pas suivre4 ,et le second article de la morale sociale e/ qu'il faut se consacr] au bonheur de ses semblables4 ,cela a trs bon air4 ,mais1 s'il v\s plat1 qu'e/-ce que c'e/ que le bonheur de mes semblables8 ,c'e/ ce qu'ils dsign5t comme tel1 p\r que je m'y consacre4 ,or ce qu'ils compr5n5t comme tant leur bonheur e/ une misre incomp>able p\r quelqu'un qui a la morale de l'honneur p\r guide4 ,c'e/ leur prosprit matrielle1 c'e/ le succs de leurs affaires1 c'e/ l'avancem5t de leurs enfants1 t\tes *oses qui1 un homme qui suit la morale de l'honneur1 sont compltem5t indiffr5tes4 ,si je me consacrais au bonheur de mes semblables tel qu'ils l'ent5d5t1 je pass]ais la plus gr&e p>tie de ma vie recomm&] les fils de mes semblables leurs exam9ateurs p\r qu'ils fuss5t reu sans le mrit]4 ,la morale de l'honneur fait difficult me le p]mettre4 ,rem>quez ceci3 ou mes semblables sont assujettis leurs intrts matriels1 et la morale sociale m'ordonne de m'ass]vir1 non mes intrts matriels1 il e/ vrai1 mais aux leurs2 cep5dant1 malgr cette diffr5ce1 c'e/ encore m'appliqu] des intrts matriels1 ce qui e/ contraire la morale de l'honneur2--ou ils sont comme moi les s]vants de la morale de l'honneur1 et ds lors ils n'ont aucun beso9 que je me consacre leurs intrts4 ,donc1 t\s les g>ds1 la morale de l'honneur p>at p>faitem5t en contradiction avec la morale sociale4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur ne p>at pas mo9s en contradiction avec la morale s5tim5tale4 ,la morale s5tim5tale1 qui1 du re/e1 n'e/ que la morale sociale un peu ennoblie de ,gemu?1 comme ,mat?ieu ,arnold disait que la religion e/ la morale ad\cie de s5tim5t1 consi/e suivre le m\vem5t de sympa?ie qui n\s p\sse v]s nos semblables et t5ir compte de la sympa?ie que nos semblables n\s montr5t jusqu' la pr5dre p\r juge de notre moralit4 ,c'e/ quelque *ose comme le aimez-v\s les uns les autres1 avec cette addition3 et e/imez-v\s bon si v\s tes aim4 ,cette morale1 qui e/ excell5te en ce qu'elle comm&e1 mais qui risque de se tromp] en son crit]ium1 c> on peut tre aim en dehors du bi51 n'e/ probablem5t pas pro*e p>5te de la morale de l'honneur4 ,celle-ci ne v\s recomm&e po9t d'tre aim et de v\s faire aim]1 c> ce s]ait un motif trs s5siblem5t ta* d'intrt1 trs s5siblem5t g/e2 et surt\t elle ne v\s dit po9t que la sympa?ie des autres soit la pi]re de t\*e au tmoignage de quoi v\s devez v\s croire bon et l\able4 ,l'honneur e/ plus haut que cela et plus hauta94 ,il v\s dira que bi5 s\v5t1 que le plus s\v5t peut-tre1 de quoi les hommes v\s sav5t gr1 c'e/ de v\s montr] favorables1 non pas sans d\te leurs vices1 mais du mo9s leurs faiblesses2 que la sympa?ie univ]selle e/ acquise l'tre in(f5sif et conciliant1 non l'tre vritablem5t bi5faisant2 qu'au contraire la plup>t des gr&s bi5faiteurs de l'humanit ont t plus t>d bnis p> elle1 mais1 p\r comm5c]1 lapids p> elle1 c>tels et crucifis2 et il aj\t]a que c'e/ prcism5t p\r cela qu'il faut suivre la voie de l'honneur comme plus difficile1 plus dang]euse et plus belle4 ,le sort qui de l'honneur n\s ouvre la c>rire n'e/ pas un sort agrable et ne jette po9t sur nos pas les fleurs d\x-odorantes de la sympa?ie4 ,il n'y a ri5 de commun entre la morale de l'honneur et la morale s5tim5tale4 ,morale s5tim5tale1 disait ,nietzs*e1 morale de brebis4 ,la morale1 et ,dieu m]ci1 n'e/ pas une idylle4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur ne p>at pas non plus bi5 d'accord avec la morale /oci5ne1 et peu s'en faut qu'elle ne la mprise un peu4 ,c]tes1 le /ocisme a son honneur4 ,son honneur consi/e lutt] contre les passions et les trangl]2 et se s5tir1 dans cette lutte1 suprieur1 d'abord elles1 et ensuite ceux qu'elles dom95t4 ,mais le /ocisme se borne l2 et1 bi5 considr] qu'il se borne l1 il se confond avec la morale utilitaire1 ou au mo9s il rejo9t cette morale utilitaire1 commune n\s et aux animaux1 p> laquelle n\s n\s mettons simplem5t en g>de1 en bons calculateurs1 contre ce qui p\rrait n\s j\] de mauvais t\rs4 ,au fait1 il n'y a ri5 de plus intress et il n'y a ri5 de mo9s has>deux que la morale /oci5ne4 ,elle consi/e ne ri5 mettre au jeu1 p\r ne ri5 p]dre4 ,il n'y a aucun d%onneur cela1 mais il n'y a aucun honneur non plus4 ,la vie e/ une lutte1 dit l'expri5ce4 ,il y a un moy5 de ne pas se battre1 dit le /ocisme1 c'e/ de ne se battre que contre soi-mme4 ,la vie e/ un dang]1 dit l'expri5ce4 ,il y a un moy5 de ne c\rir aucun dang]1 dit le /ocisme1 c'e/ de ne pas se mettre en r\te1 c'e/ de ne pas s'emb>qu] et de se ret5ir des deux ma9s1 de t\tes ses =ces1 au rivage4 ,il e/ vrai1 mais n\s n'aurons la s5sation de n\s di/+u] que dans l'action dang]euse1 t5tatrice1 ple9e de risques et ple9e de piges2 la lutte contre nos passions sans que n\s les prs5tions aux t5tations n'e/ que la lutte contre nos dsirs et nos rves2 en quoi l'honneur e/ mdiocre2 mais ce qui e/ vraim5t capable de n\s donn] la rcomp5se de l'honneur satisfait et de l'excit] encore v\loir tre satisfait davantage1 c'e/ la lutte contre nos passions trav]s t\t ce qui e/ de nature les t5t]1 les sduire1 les c>ess]1 les excit]1 les aviv] et les ass\vir4 ,la morale /oci5ne e/ une morale de timidit en mme temps que de c\rage2 c'e/ une morale de c\rage au s]vice de la timidit2 c'e/ une morale de pati5ce n]gique1 et ce que n\s dem&ons c'e/ une morale d'n]gie pati5te2 c'e/ une morale qui consi/e se s\mettre et se dmettre2 ce que n\s dem&ons c'e/ une morale qui consi/e s'aff]mir p\r s'affirm]2 c'e/ une morale d'o l'honneur se tire sa9 et sauf2 n\s dem&ons une morale d'o l'on puisse tir] de l'honneur2 ,horace dit3 ,et mihi res non me rebus subjung]e conor4 ,le /ocisme dit plutt3 ,non mihi res1 s$ me rebus subjung]e disco4 ,et c'e/ ce qu',horace a dit1 ce j\r-l du mo9s1 que n\s rptons4 ,le /ocisme e/ honorable plutt qu'il n'honore4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur n'e/ po9t d'accord non plus1 ce semble1 avec la morale-sci5ce-des-murs qui1 aprs t\t1 n'e/ que la morale sociale un peu rectifie4 ,un progrs con/ant ralis p> le bon s5s sur les murs bi5 tudies et bi5 connues1 voil la morale-sci5ce-des-murs-et-art-des-murs4 ,cela e/ l\able2 mais ce progrs ne peut que suivre les murs pas pas et leur obir en leur faisant quelques discrtes obs]vations4 ,il n\s semble voir un ,sgan>elle qui1 seulem5t1 aurait quelque influ5ce sur ,don ,juan1 ou un ,don ,qui*otte qui irait o ,san*o v\drait all]1 mais qui lui v]s]ait de temps en temps1 dose supportable1 un peu d'idal4 ,qu'il n'y ait morale qui puisse faire beauc\p plus sur la masse des hommes1 n\s l'accordons2 mais n\s en v\lons une cep5dant qui1 t\t en faisant cela sur la masse des hommes1 suscite des hros1 ou plutt--c> les hros n'ont pas beso9 d'tre suscits et ne se suscit5t po9t--donne aux hros leur =mule1 de quoi ils ne laiss5t pas d'avoir beso9 ou d'avoir cure p\r s'entret5ir4 ,la morale-sci5ce-et-art-des-murs ne dprime pas l'in/9ct moral1 mais elle le /imule vraim5t peu et se cont5te plus facilem5t qu'il ne se cont5te4 ,elle e/ trop mode/e4 ,elle n'e/ pas t\t fait dmocratique2 mais elle n'e/ pas du t\t ari/ocratique2 elle ne dit pas que la vrit morale soit dans le suffrage univ]sel1 mais elle la met dans le suffrage univ]sel lgrem5t ret\* p> des sages trs respectueux du suffrage univ]sel4 ,n\s ne sommes pas dans le m>cage1 comme dirait ,nietzs*e2 mais n\s ne sommes pas sur l',atlas1 non pas mme sur la coll9e ,calli*ore4 99 99 99 99 99 ,la coll9e ,calli*ore1 c'e/ peut-tre la morale-expansion-de-la-vie1 la morale de ,guyau2 c'e/ bi5 le dveloppem5t en beaut qu'elle recomm&e et qu'elle s\haite2 mais n\s dem&ons3 en quelle beaut8 p>ce qu'il y a des beauts de diffr5ts degrs et qu'il e/ peut-tre dang]eux que l'homme1 p>ce qu'il se s5tira en beaut1 en ple9e vie belle1 croie tre dans la morale4 ,la morale-expansion-de-la-vie e/ trop facile1 ou du mo9s1 ce qui (fre le mme dang]1 elle semble l'tre4 ,n'e/-elle po9t en son fond la morale de ,montaigne1 ou n'a-t-elle pas au mo9s avec la morale de ce /oci5 des j>d9s d'picure un assez troit p>5tage8 ,c]tes1 il ne faut pas camp] la sagesse sur un mont esc>p et s\rcilleux2 mais il ne faut pas non plus trop assur] aux hommes qu'on aille droit elle p> des r\tes unies1 fleuries1 gazonnies et d\x-fleurantes4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur1 quoique plus rappro*e des ides ou plutt de l'tat d'me de ,nietzs*e que de t\te autre *ose1 n'e/ po9t d'accord non plus avec ,nietzs*e4 ,d'une "p1 si elle accepte et pr5d p\r elle ses =mules les plus clatantes et les plus habituelles 7se surmont]1 vivre dang]eusem5t1 dev5ir celui qu'on e/71 elle rep\sse ou elle c>te son pr9cipe mme3 agir p> volont de puissance4 ,ce n'e/ pas p> volont de puissance qu'agit l'homme d'honneur1 c'e/ p> volont de respect de soi2 et qu& ,nietzs*e s'amuse dire que la propret e/ la premire des v]tus et que la psy*ologie e/ une drivation du gt de propret et que le progrs huma9 n'e/ pas autre *ose que le progrs de la propret1 c'e/1 plus ou mo9s confusm5t1 de la morale de l'honneur qu'il a l'ide1 et ce n'e/ plus de la si5ne4 ,d'autre "p1 les deux morales de ,nietzs*e1 quoique drivant d'une ide trs ju/e1 sont lim9es p> la morale de l'honneur1 qui n'en a pas beso91 la morale de l'honneur s'appliquant aussi bi5 au plus humble des animaux de tr\peau qu'au plus glorieux des animaux d'lite4 ,la morale de l'honneur enseigne au plus humble qu'il a son honneur et des devoirs qui en dc\l5t2 elle reconnat seulem5t que ces devoirs augm5t5t en nombre et en gr&eur et en rigueur mesure que l'homme e/ plac plus haut dans l'*elle sociale1 dans l'*elle intellectuelle et dans l'*elle des =ces2 que p> consqu5t il y a plusieurs morales diffremm5t dures1 diffremm5t l\rdes et aussi prescrivant des devoirs en vrit trs diffr5ts2 mais aussi que t\tes ces morales ont un pr9cipe commun et une maxime commune3 se respect]1 se faire respectable ses propres yeux2 et que p> consqu5t ces diffr5tes morales1 au po9t de vue de leur pr9cipe1 n'en font qu'une1 ce qui rtablit l'unit1 quoique v>it1 du g5re huma94 99 99 99 99 99 ,et enf9 la morale de l'honneur1 sur quoi n\s n\s sommes assez t5du dans la p>tie discussive de cet essai p\r n'y rev5ir que p\r mmoire1 se sp>e de la morale kanti5ne en ce qu'elle ab&onne l'impratif catgorique p\r un impratif qui sans aucun d\te e/ p]suasif et conditionnel4 ,elle croit et ici elle appr\ve ,s*op5hau] donnant assaut ,kant1 que jamais1 sauf en religion1 en tat my/ique1 l'homme n'obx un pur comm&em5t1 un comm&em5t im-mobile1 un comm&em5t mtalogique1 mais t\j\rs un comm&em5t qui raisonne1 un comm&em5t qui se ju/ifie1 et elle croit que la raison que donne l'impratif qu& on l'int]roge e/ un s5tim5t et que ce s5tim5t e/ le s5tim5t de l'honneur2--ou elle croit1 ce qui me p>at rev5ir au mme1 que l'impratif se prs5te s\s =me d'impratif celui qui croit et s\s =me p]suasive d'honneur celui qui veut qu'on raisonne2 s\s =me d'impratif celui qui e/ en tat my/ique et s\s =me p]suasive d'honneur celui qui e/ en tat rationnel4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur p>at donc bi5 en contradiction avec t\tes les morales connues2 et de fait il y a entre elle et t\tes ces morales des diffr5ces qui sont trs nettes2 mais aussi j'affirme qu'elle rejo9t t\tes ces morales et qu'elle va mme jusqu' les absorb] p> la raison qu'elle les conti5t4 ,t\tes les morales1 aprs avoir disp>u1 p> hypo?se1 rep>aiss5t qu& on les considre au po9t de vue de l'honneur1 et elles rep>aiss5t1 mon avis1 plus ple9es1 plus consi/antes et plus vivantes4 ,la morale lm5taire1 commune aux hommes et aux animaux suprieurs3 sacrifi] l'intrt immdiat l'intrt1 p]sonnel encore1 mais gnral et s't5dant sur t\te une vie1 e/ cont5ue dj dans la morale de l'honneur1 ou conti5t un pr9cipe d'honneur1 mais en t\t cas ressortit la morale de l'honneur4 ,que ce soit p> s5tim5t ou p> notion de l'utile que l'animal ou l'homme sacrifie a9si son intrt immdiat1 ce n'e/ pas d\teux2 mais il y a dj *ez l'homme un s5tim5t d'honneur faire a9si4 ,la preuve1 bi5 frappante selon moi1 c'e/ que ce sacrifice1 ceux d'entre les hommes qui sont infrieurs aux animaux ne le font pas et se livr5t la j\issance immdiate malgr la sollicitation de leur intrt p]sonnel gnral4 ,ceux-l donc1 trs nombreux1 bi5 ent5du1 qui font ce sacrifice sont guids p>tie p> le s5tim5t de leur intrt1 p>tie p> le s5tim5t de l'honneur1 p> cette p5se3 il n'e/ pas digne de moi--et que s]ais-je8 pire qu'un animal--de me tu] p\r satisfaire mon gt p\r le mang]1 le boire ou le /upre4 ,c'e/ de l'honneur1 de la dignit1 une dignit lm5taire1 mais c'e/ bi5 un comm5cem5t1 en de duquel quelques-uns re/5t4 ,et c'e/ prcism5t en remontant d'ici1 trav]s t\tes les morales1 la morale la plus leve1 que n\s saisirons bi5 et les diffr5ts devoirs qu'impos5t les diffr5tes morales et ceci que t\tes1 de plus en plus1 se ratta*5t l'honneur comme leur pr9cipe1 ou1 et cela m'e/ gal1 sont plus elles-mmes qu& elles s'y ratta*5t4 99 99 99 99 99 ,la morale sociale1 commune l'homme et quelques-uns des animaux suprieurs1 e/ ennoblie et r5=ce p> la morale de l'honneur1 de telle sorte qu'on se dem&e presque ce qu'e/ la morale sociale qu& elle n'e/ pas la morale de l'honneur elle-mme et si1 qu& elle ne l'e/ po9t1 elle n'e/ pas immorale4 ,j'ai t\* plus haut ce po9t4 ,mais s'il e/ p>faitem5t vrai qu'il e/ immoral d'tre sociable1 p>ce que les murs des hommes sont plutt mauvaises qu'elles ne sont bonnes1 il n'e/ pas mo9s vrai1 et il l'e/ davantage1 qu'il faut frqu5t] les hommes p\r ne pas leur montr] une ho/ilit qui e/ contraire la *>it1 la bont1 la bi5veillance et qui videmm5t dess*e le cur4 ,or comm5t la fois frqu5t] les hommes1 c'e/--dire1 en somme1 pr5dre leurs murs1 et re/] pur8 ,il n'y a qu'un moy51 c'e/ de les frqu5t] en leur donnant de bons exemples et p\r leur donn] de bons exemples4 ,et il n'y a ri5 qui la fois soit plus con=me l'honneur et qui le confirme et le =tifie davantage4 ,la ncessit mme de frqu5t] les hommes v\s r5gage donc dans l'honneur1 ou plutt de cette d\ble ncessit de frqu5t] les hommes et de ne pas pr5dre leurs murs rsulte cette ncessit aussi d'tre plus f]me dans l'honneur qu'on ne le s]ait re/ant solitaire4 ,et aussi la morale sociale n\s comm&e d'aid] nos p>eils1 de n\s consacr] eux4 ,et c'e/ une *ose qui s]ait p\vantable si elle tait ce qu'elle e/1 telle qu'elle e/ et t\te seule1 puisqu'elle consi/]ait aid] nos semblables dans t\tes les infamies1 ou au mo9s malproprets1 o ils ont beso9 d'tre aids et dem&5t l'tre4 ,mais ds que1 dans cette morale sociale1 v\s faites entr] comme un gra9 de morale de l'honneur1 t\t aussitt elle *ange compltem5t4 ,v\s v\s mettez1 et l>gem5t1 au s]vice de vos semblables dans les limites de ce que l'honneur v\s p]met et v\s conseille4 ,ds lors vos semblables1 =cs de ne v\s dem&] que ce qui e/ honorable1 sont obligs pratiqu] l'honneur eux-mmes et dirig5t leur activit du ct des rgions o ils sav5t que v\s p\vez et v\lez les aid]2 de sorte que1 non seulem5t v\s n'tes associs vos semblables que p\r le bi51 mais qu'encore1 cause du conc\rs qu'ils espr5t de v\s1 v\s tes excitateurs de vos semblables dans le s5s du bi54 ,et de t\t cela il faut conclure que la morale sociale e/ abom9ablem5t immorale qu& elle e/ la morale sociale1 et qu'elle ne devi5t morale que qu& elle e/ sociabilit o int]vi5t le s5tim5t de l'honneur4 ,et comme1 en d]nire analyse1 ce dont la socit a le plus beso91 non p\r p\voir vivre1 mais p\r p\voir vivre longtemps1 non *aque j\r1 mais p\r t\s les j\rs1 c'e/ un c]ta9 degr d'honntet1 le vritable homme insocial1 antisocial1 c'e/ l'homme trop sociable et qui ne songe qu' plaire la socit2 le vritable homme social1 c'e/ l'antisociable1 c'e/ l'insociable1 condition qu'il se mle cep5dant un peu ses semblables p\r leur donn] l'exemple de l'honneur et p\r les aid]1 ce qu'ils rem>qu]ont et ce qui les f]a rfl*ir1 /rictem5t dans les limites de l'honneur pur4 ,comme dans la morale lm5taire1 la moralit consi/e prfr] son bi5 p]sonnel gnral sa j\issance immdiate1 de mme1 dans la moralit sociale1 la morale consi/e prfr] le bi5 social gnral et p]man5t au bi5-tre social immdiat2 et cette di/9ction c'e/ l'homme d'honneur qui la fait1 et cette prfr5ce c'e/ l'homme d'honneur qui l'enseigne4 ,il en rsulte que la morale sociale s]a subordonne la morale de l'honneur ou qu'elle ne s]a pas4 ,donc il en rsulte que qu& elle exi/e1 ou elle e/ troitem5t enveloppe de la morale de l'honneur1 ou elle e/ la morale de l'honneur elle-mme4 99 99 99 99 99 ,la fade morale s5tim5tale semble bi51 comme n\s l'avons assez m>qu1 n'avoir aucun rapport avec l'pre et virile morale de l'honneur4 ,cep5dant1 non seulem5t on peut concili] celle-ci avec celle-l2 mais encore on peut dire que celle-l n'a agr quelques philosophes que vue trav]s celle-ci et que1 si ce milieu avait disp>u1 la morale s5tim5tale s]ait app>ue dans une nudit honteuse qui et fait recul] ses p>tisans les plus passionns4 ,faire de la sympa?ie que n\s montr5t nos semblables le crit]ium du bi51 le crit]ium de notre moralit1 le crit]ium de ceci que n\s sommes dans la bonne voie1 ce s]ait un pur cas d'alination m5tale1 si n\s ne n\s p]suadions qu'en n\s aimant c'e/ le s5tim5t de l'honneur que suiv5t ceux qui n\s aim5t4 tre aim ne pr\ve ri51 non pas mme qu'on soit aimable1 encore mo9s qu'on soit digne d'tre aim1 encore bi5 mo9s qu'on soit digne d'tre aim p\r ses v]tus4 ,il ne pr\ve absolum5t ri5 du t\t4 ,l'am\r s\ffle o il veut4 ,et cette comp>aison de l'am\r avec un s\ffle v5u des rgions du has>d e/ si ju/e que les ,roma9s appelai5t la popul>it aura popul>is4 ,or l'am\r de nos semblables p\r n\s c'e/ la popul>it4 ,et la popul>it e/ la fille mme du has>d4 ,elle nat exactem5t1 non pas mme d'un je ne sais quoi1 ce qui e/ encore quelque *ose1 quelque *ose qu'on n'a pas encore df9i1 mais elle nat littralem5t d'on ne sait quoi et d'on ne saura jamais quoi4 ,elle e/ un des sc&ales de la raison4 ,avec elle on n'a pas mme la rgle de la ngative et l'on ne peut pas dire1 ce qui s]ait une c]titude1 que son exi/5ce e/ signe qu'elle e/ immrite4 ,elle e/ mrite quelquefois1 elle e/ immrite s\v5t4 ,elle porte avec elle-mme son inc]titude t\*ant ses mrites4 ,elle e/ ce qui n'e/ signe de ri54 ,et il en faut dire autant de la popul>it re/re9te1 de ce que j'appell]ai1 si l'on veut1 la popul>it dome/ique4 ,un homme--ri5 de plus frqu5t--e/ ador de sa femme1 de ses enfants1 de sa belle-mre 7j'ai vu cela71 de quelques amis4 ,c'e/ le d]ni] des bohmes1 des f\s1 des g/es et des apa*es4 ,ri5 n'irrite davantage l'honnte homme dv\ aux si5s et dont t\tes les v]tus sont mconnues et1 qui plus e/1 attribues son vois91 le bohme et l'apa*e4 ,il en e/ a9si1 s'il y a une provid5ce1 prcism5t p\r que l'honnte homme ne ti5ne pas compte de la sympa?ie de ses semblables et p\r qu'il ne donne pas dans la morale s5tim5tale4 ,tant y a que la morale s5tim5tale porte en elle un t]rible g]me d'erreur4 ,mais1 si l'on fait int]v5ir dans la morale s5tim5tale le s5tim5t de l'honneur et du respect1 comme font videmm5t t\s ceux qui ont t5u compte de cette morale1 alors elle se trans=me immdiatem5t4 ,si l'on suppose que l'on ne s]a aim qu'en proportion de sa v]tu et de son honneur1 qu'en proportion de ce qui devrait en effet v\s faire aim]1 alors il n'y a ri5 de plus raisonnable que la morale s5tim5tale4 ,la morale s5tim5tale e/ fonde p> des morali/es nafs sur la sympa?ie huma9e1 non telle qu'elle e/1 mais telle qu'elle devrait tre2 non telle qu'elle e/1 mais telle qu'elle s]ait si elle avait honte de ce qu'elle e/4 ,et comme1 malgr t\t1 il arrive que la sympa?ie huma9e ne se trompe pas et va en effet l o elle devrait all] t\j\rs2 comme1 surt\t1 elle se trompe sur l'application de ses s5tim5ts et s\v5t aime bi5 p> am\r de la v]tu et de l'honneur1 mais des g5s qui en sont absolum5t dp\rvus et qui elle les attribue1 le morali/e a t un peu autoris1 p\rvu qu'il ft un peu myope1 dire3 soyez srs que la sympa?ie huma9e t5d t\j\rs la v]tu et l'honneur 7ce qui e/ peu prs vrai71 et si v\s v\s s5tez l'objet de la sympa?ie1 concluez 7c'e/ ici qu'e/ l'erreur7 que v\s tes v]tueux1 et donc re*]*ez la sympa?ie de vos semblables4 ,c'e/ a9si que la morale de l'honneur rejo9t la morale de la sympa?ie1 la condition que la sympa?ie soit bi5 place4 ,on peut dire que t\t le ?tre de ,corneille e/ fond sur la morale de la sympa?ie1 c> ce que les hros et hrones re*]*5t1 c'e/ bi5 d'tre aims2 seulem5t ils ont le culte de l'honneur et sont p]suads1 et avec raison1 que ceux qu'ils aim5t l'ont aussi et qu'ils ne s]ont aims qu'en raison de leur culte p\r l'honneur1 qu'ils ne s]ont aims qu'en l'honneur comme d'autres ne sont aims qu'en ,dieu4 ,dans ces conditions1 morale d'honneur et morale de sympa?ie se confond5t4 ,la morale de l'honneur e/ la morale de sympa?ie elle-mme1 suppos] que les sympa?ies sont morales et ne v\loir que de celles qui le sont4 ,la morale de l'honneur peut encore bi5 s'accord] avec le /ocisme4 ,elle le complte4 ,elle en accepte compltem5t le pr9cipe3 lutte contre toi-mme2 c> il e/ bi5 vid5t que la premire di/9ction que n\s devions et aussi que n\s puissions *]*]1 c'e/ celle qui consi/e ne po9t s'aim] et n'tre po9t ds>m contre soi-mme p> le s5tim5t de ses mrites4 ,de plus1 n\s avons vu que la morale de l'honneur1 dans ce dsir qu'elle inspire l'homme de se di/+u] d'tres infrieurs lui1 ou d'tres supposs infrieurs lui1 ne laisse pas de lui indiqu] un tre p>ticulirem5t dont il doit se di/+u]1 savoir lui-mme1 qu'il doit dpass]1 savoir lui-mme1 qu'il doit surmont]1 savoir lui-mme et1 jusqu' ce po9t1 la morale de l'honneur1 non seulem5t donne la ma9 au /ocisme1 mais elle e/ le /ocisme4--,pass ce po9t1 elle le complte et lui donne son s5s4 ,c> enf9 p\rquoi lutt] contre ses passions et se surmont] soi-mme8 --,p\r cela mme1 p\r dompt] ses passions4 --,mais1 c'e/ un sport6 --,c'e/ un beau sport4 --,c'e/ donc de la beaut que v\s v\lez faire8 ,il y a d'autres manires1 peut-tre mo9s sombres et mo9s tri/es de faire de la beaut4 --,p\r dompt] les passions qui sont laides4 --,c'e/ donc de la beaut que v\s v\lez faire4 ,il y a d'autres manires1 et mo9s sombres1 et mo9s tri/es1 de faire de la beaut1 et peut-tre mme avec ces passions que v\s mprisez4 --,p\r ne pas tre dvor p> les passions1 ce qui r5d malheureux4 --,c'e/ donc le bonheur que v\s re*]*ez8 ,v\s tes des picuri5s4 ,ils ont p\rtant raison2 seulem5t ils ne song5t pas introduire dans la loi du devoir le vrai s5tim5t qui la vivifie4 ,ils connaiss5t trs bi5 ce s5tim5t1 mais ils ne le reconnaiss5t pas2 je veux dire qu'ils l'pr\v5t1 mais qu'ils ne le dml5t po9t4 ,c'e/ bi5 p> honneur que v\s agissez2 c'e/ bi5 p\r v\s di/+u] d'autres tres jugs p> v\s infrieurs v\s et de v\s-mme jug p> v\s infrieur ce que v\s p\rriez dev5ir2 de telle sorte que1 de victoire en victoire1 d'homme surmont en homme surmont1 se ralise ce sage p>fait qui e/ un ,dieu2 c'e/ bi5 p\r cela que v\s agissez1 c]ta9em5t2 mais v\s ne l'avez pas suffisamm5t dml et1 manque de cela1 votre morale p>at quelque *ose comme un jeu sublime4 ,elle se compr5d elle-mme ds qu'elle sait qu'elle e/ le nisus t]nel de l'humanit v\lant t\j\rs laiss] quelque *ose d]rire elle4 ,et rem>quez que le repro*e1 qu'on fait avec quelque app>5ce de raison votre morale1 savoir d'tre trop individuali/e et de ne gure p\ss] l'homme au dv\em5t env]s ses semblables1 disp>at aussitt qu& c'e/ d'honneur que l'on p>le et non plus seulem5t de v]tu /oque4 ,l'homme d'honneur compr5d1 il me semble1 de soi-mme1 de p> le s5tim5t qui le remplit1 qu'il ne se di/+u]a et qu'il ne mrit]a son propre respect1 que qu&1 non cont5t d'trangl] ses passions dans sa cave et de s'ab/5ir et de support] et de s'isol]1 il agira sur les autres dans le s5s de l'amlioration morale4 ,v\s le faites1 c]tes1 p> votre prdication2 mais il e/ videmm5t honorable de le faire p> l'action1 p> l'laboration des lgislations meilleures1 p> la rpression et la correction et le relvem5t des peuples qui entrav]ai5t le progrs de la civilisation morale1 etc4 ,et444 v\s le faites p> la prdication6 ,p\rquoi le faites-v\s8 ,je ne sais pas trop4 ,la prdication suppose qu'on veut une humanit t\t entire pntre des prceptes qu'on lui prs5te4 ,v\driez-v\s que t\te l'humanit s'ab/nt et supportt1 c'e/--dire ft compose d'individus isols les uns des autres1 et c'e/--dire ne ft plus l'humanit8 ,votre morale1 si excell5te1 conduit faire un g5re huma9 d'asctes ana*ortes4 ,aussi ne visez-v\s po9t l'humanit en pr*ant4 ,v\s visez le petit nombre de ceux qui sont capables de vivre comme v\s1 mais qui n'y ont pas encore song1 laissant volontairem5t de ct la majorit du g5re huma94 ,je rve mieux p\r v\s et je dis qu'il y a au fond de vos pr9cipes mmes un pr9cipe de vie qui p\rrait tre propos l'humanit t\t entire3 gu]re aux passions1 non p\r se faire inv9cibles1 mais p\r va9cre le mal s\s t\tes ses =mes4 ,quel mal8 ,le mal de d*oir4 ,a9si la morale de l'honneur replace dans le /ocisme1 et je dis replace p>ce qu'elle y e/ *ez elle1 fait un /ocisme l>gi1 agr&i1 plus actif et plus vivant4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur peut rectifi] et complt] de mme la morale-sci5ce-et-art-des-murs4 ,il e/ dans votre nature1 c> v\s tes surt\t un savant1 un /udieux1 de considr] la ralit morale1 les murs des hommes1 pr9cipalem5t p\r les tudi]1 c> v\s tes un savant1 un /udieux1 mais aussi p\r en tir] une leon l'usage des hommes et mme au vtre4 ,=t bi54 ,or v\s n'en tir]ez aucune leon1 du mo9s j'ai cru le dmontr]1 si v\s ne les rapportez pas1 comme une pi]re de t\*e1 comme un in/rum5t de contrle1 comme un in/rum5t de jugem5t1 un idal de murs que v\s v\s s]ez =m4 ,bon gr mal gr1 v\s f]ez int]v5ir cet idal dans t\t projet1 si mode/e soit-il1 d'amlioration de vos semblables ou de v\s-mme1 que v\s aurez fait4 ,or1 cet idal1 quel s]a-t-il8 ,un des idals1 assurm5t1 que les div]ses morales que n\s avons exam9es ont inv5ts et proposs aux hommes4 ,or j'ai cru montr] qu'ils ont t\s quelque *ose d'insuffisant2 n\s voil ram5s l'idal honneur comme tant celui qu'inconsciemm5t peut-tre v\s consult]ez *aque amlioration de dtail1 que v\s1 trs mode/e et ne v\lant procd] que p> progrs ins5sibles1 v\s propos]ez4 ,mais je dis que1 p>ticulirem5t v\s1 c'e/ l'idal honneur que v\s v\s adress]ez in/9ctivem5t1 et peut-tre sans le savoir1 ds que v\s f]ez de l'art moral4 ,c> v\s1 peut-tre avec raison1 v\s n'tes pas un s5tim5tal1 et v\s n'tes pas un eudmoni/e et ne croyez gure au bonheur2 et v\s n'tes pas un pote et v\s n'tes gure p>tisan de la vie expansive ou de la vie int5se et viol5te2 v\s tes un sage trs modr dans ses ambitions p\r l'humanit et un peu sceptique sur les puissances de l'humanit4 ,soyez sr qu' quoi v\s song]ez1 qu' quoi v\s songez plus ou mo9s consciemm5t t\tes les fois que v\s envisagez une amlioration possible1 c'e/ ceci3 plus d'humanit entre les hommes1 mo9s de viol5ces1 mo9s de meurtrissures1 mo9s de cruauts4 ,comme v\s tes surt\t in/ruit des murs des hommes1 v\s tes ennemi de ce que v\s voyez bi5 qui leur fait faire le plus de sottises1 savoir de leurs passions basses et leurs passions hautes1 et c'e/ assurm5t un c]ta9 milieu et entre-deux que v\s v\driez les arrt]1 avec un progrs l5t dans ce s5s4 ,or c'e/ l'in/9ct de l'honneur que1 dans ce desse91 v\s faites appel4 ,t\tes vos amliorations se ramn]ont ceci3 soyez corrects1 soyez dignes1 n'admettez pas des in/itutions qui s5t5t la v5geance1 c'e/--dire l'animalit1 qui s5t5t l'ambition dsordonne1 c'e/--dire la sauvag]ie1 qui s5t5t la torpeur et l'in]tie1 c'e/--dire la vgtalit et mme la vgtalit infrieure4 ,t\t cela c'e/ de l'honneur d'homme et de l'honneur que peuv5t compr5dre les hommes de t\tes classes et de t\t rang1 ce qui e/ prcism5t ce qu'il v\s faut4 ,et voyez comme aussitt que ce pr9cipe e/1 je ne dirai pas introduit auprs de v\s1 c> v\s l'avez1 mais mieux connu1 mieux saisi1 votre proccupation pr9cipale pr5d t\t son s5s4 ,c]tes1 on n'a jamais assez connu les murs des hommes p\r adapt] et aju/] *acune de leurs t5dances1 dans la mesure ju/e1 comme correctif1 le pr9cipe de l'honneur3 ,il e/ digne de v\s1 qui tes ambitieux1 de l'tre d'une faon qui v\s di/+ue de l'ambitieux vulgaire2 il e/ digne de v\s1 qui tes colrique1 de ne l'tre que contre ce qui e/ bas et vil1 p\r v\s di/+u] de ceux qui le sont d'une faon purile et infantile2 etc4 ,la sci5ce des murs devi5t alors le diagno/ic1 qui n'e/ jamais assez in=m1 et l'art moral devi5t une mdication employant une panace1 mot qui f]a s\rire1 mais une panace a =mes multiples et t\j\rs approprie au tempram5t du malade4 ,l'art des murs e/ l'art d'introduire dans les murs autant de s5tim5t de l'honneur qu'elles en p\rront comport] dans telle situation donne1 ce qui comporte les connatre fond et avoir mesur t\tes leurs faiblesses et t\tes leurs =ces4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur s'accommode encore de la morale de ,guyau1 de la morale expansion de la vie1 et elle la complte heureusem5t4 ,la morale c'e/ la vie en beaut4 ,je le veux bi52 mais quoi reconnatrons-n\s la beaut8 ,quel s]a le crit]ium de la beaut8 ,c'e/ ce que ,guyau n'a jamais dit1 et c'e/ p\r cela que sa morale re/e flottante1 p>ce que ce qui semble beau e/ p>t\t et p> consqu5t t\t e/ moral4 ,mais si n\s arrivons savoir ce qui e/ huma9em5t beau et si n\s dmlons que ce qui e/ huma9em5t beau c'e/ t\t ce qui n\s lve au-dessus de quelque *ose jug p> n\s indig5t2 comme le s5s de la beaut et le s5s de la vie et le s5s de la vie belle se fait lum9eux et presque prcis6 ,et comme alors1 oui1 je puis dire3 tre moral c'e/ vivre2 vivre vritablem5t tant augm5t] en moi la valeur de la vie4 ,c> ma9t5ant1 j'ai en ma9s une valeur1 ce que je n'avais pas t\t l'heure4 ,il a suffi de cela1 mais c'tait t\t1 p\r que le sy/me1 sans *ang] en soi1 et t\te sa v]tu4 ,il me dirigeait vraim5t de t\s les cts2 il me dirige ma9t5ant de t\s les cts encore1 mais avec une b\ssole trs exacte qui me fait vit] les cueils de *aque rgion et dans *aque rgion me fait vogu] p> une m] sre v]s des t]res fcondes4 99 99 99 99 99 ,puisque ,nietzs*e1 comme ,m4 ,f\ille a raison de le dire1 a un po9t de d"p qui n'e/ pas trs diffr5t de celui de ,guyau1 si tant e/ qu'il ne soit pas le mme1 de la morale de l'honneur applique au nietzs*isme1 n\s dirons peu prs la mme *ose4 ,la morale de ,guyau devi5t la morale de l'honneur ds que p> la beaut de la vie on ent5d l'honneur1 et la morale de ,nietzs*e e/ la morale de l'honneur elle-mme si1 ce qui n'e/ pas c]ta91 mais ce qui e/ probable1 p> hrosme il a ent5du la joie de l'honneur qui se satisfait4 ,si n\s r5contrions t\j\rs les =mules favorites de ,nietzs*e qu& n\s exposions la doctr9e de l'honneur comme pr9cipe de la morale1 c'e/ que t\t ce qui e/ signe de =ce e/ signe de =ce morale1 et t\t ce qui e/ ex]cice de =ce e/ ex]cice de =ce morale1 une c]ta9e condition1 et qu'il ne re/e plus savoir que p\r quelle cause et dans quel desse9 la =ce se met en action1 p\r savoir si elle e/ morale ou si elle ne l'e/ pas2 et le seul tort de ,nietzs*e1 considrable il e/ vrai1 e/ d'avoir cru que la =ce e/ morale en soi1 ou1 puisqu'il rcuse le mot moral1 d'avoir cru que la =ce e/1 en soi1 la bonne rgle de notre dveloppem5t4 ,il a dit1 en bon ,allem& ngateur du droit3 ,v\s dites que c'e/ la bonne cause qui ju/ifie la gu]re8 ,je v\s dis que c'e/ la bonne gu]re qui sanctifie t\te cause4 ,voil ce qui n\s sp>e2 mais s'il avait compris une fois ple9em5t ce qu' *aque in/ant il e/ t\t prs de compr5dre1 que la =ce se trompe sur elle-mme comme la faiblesse1 et qu'il faut la =ce un crit]ium de son bon ou mauvais emploi1 t\tes ses directions gnrales le m5ai5t prconis] et intronis] la =ce noble1 et c'e/--dire celle qui se mprise elle-mme qu& elle n'e/ pas con=me l'honneur4 ,et c'e/ ce qu'il dit lui-mme le j\r o sa =mule3 ,l'homme e/ quelque *ose qui doit se surmont]1 laquelle t\te seule n'e/ encore ri51 il aj\te3 ,que votre am\r de la vie soit l'am\r de vos plus hautes esprances et que votre plus haute esprance soit la plus haute p5se de la vie1 quation entre l'am\r de la vie leve et l'am\r de ce qu'on espre de la vie1 c'e/--dire un progrs sur soi-mme4 ,t\s les signes de noblesse de ,nietzs*e sont des signes du dsir *ez l'homme de se di/+u] de ceux qui sont cont5ts d'eux-mmes1 et aussi de soi-mme trop facilem5t cont5t de soi4 ,et comme son /ocisme e/ un /ocisme d'action1 que ce /ocisme d'action soit dom9 et dirig p> ce s5tim5t que l'homme doit se dom9] et dom9] les autres p\r l'honneur de l'humanit1 t\te sa philosophie devi5t celle du c\rage au s]vice du bi54 ,elle devi5t celle de ,montaigne en un j\r de /ocisme *rti53 ,o la vile *ose et abjecte que l'homme s'il ne s'lve au-dessus de l'humanit6--,voil un bon mot et un utile dsir1 mais p>eillem5t absurde2 c> de faire la poigne plus gr&e que le po+1 la brasse plus gr&e que le bras et d'espr] enjamb] plus que l't5due de nos jambes1 cela e/ impossible et mon/rueux1 ni que l'homme se monte au-dessus de soi et de l'humanit2 c> il ne peut voir que de ses yeux et saisir que de ses prises4 ,il s'lv]a si ,dieu lui prte extraord9airem5t la ma92 il s'lv]a1 abondamm5t et r5onant ses propres moy5s et se laissant hauss] et s\lev] p> des moy5s purem5t cle/es4 ,c'e/ notre foi *rti5ne1 non la v]tu /oque de prt5dre cette div9e et miraculeuse mtamorphose4--,il e/ vrai1 dirai-je2 mais1 mme sans avoir rec\rs la foi1 en langage philosophique1 cela veut dire3 l'homme doit se surmont] et ne peut pas se surmont]2 c'e/ donc d'accomplir sur lui un miracle qu'on lui dem&e qu& on lui dit3 ,surmonte-toi1 et il e/ trange qu'un incrdule comme ,nietzs*e l'y convie2 mais ce miracle1 si l'homme y croit1 il comm5ce tre accompli2 s'il s'y applique avec une n]gie qui s]a en raison de l'int5sit de sa foi1 il s]a demi accompli2 et c'e/--dire que1 sans se surmont]1 l'homme aura atte9t ses limites1 surmontant t\t ce qu'il p>aissait tre et t\t ce que lui-mme croyait qu'il tait4 ,or cet acte de foi1 po9t de d"p de t\tes ces nobles dm>*es et de cette mtamorphose quasi div9e1 c'e/ un acte de foi en l'honneur1 en l'honneur1 re/e peut-tre et peut-tre signe de notre cle/e orig9e4 99 99 99 99 99 ,et enf9 que la morale de l'honneur soit la morale mme de ,kant avec une sorte d'addition qui ne fait que la modifi]1 qui ne fait que la ram5] tre p]suasive comme t\tes les morales non religieuses1 qui ne fait que la lacis]1 si l'on me p]met ce bad9age1 c'e/ ce que t\t cet essai aura dj suffisamm5t mis en lumire4 ,la morale de ,kant comm&e1 la morale de l'honneur p]suade imprativem5t p> la b\*e d'un p]sonnage qui comm&e p> un conseil1 mais qui trs rapidem5t revi5t lui-mme comm&] sans phrases4 ,la morale de l'honneur explique la morale de ,kant1 ou plutt fait qu'elle s'explique2 elle fait p>l] la gr&e muette2 elle dess]re les lvres scelles de l',impratif4 ,du re/e1 elle lui laisse t\t son c>actre4 ,il e/ vrai encore que t\te action inspire p> des mobiles intresss n'e/ pas morale et que ne s'a*em9e tre morale qu'une action inspire p> des mobiles intresss et p> un comm5cem5t d'am\r de ,dieu1 c'e/--dire du bi5 p\r lui-mme4 ,il e/ vrai encore que l'*elle des valeurs des actions e/ tablie p> cette considration que plus une action s'c>te de l'intrt de l'ag5t et se rappro*e d'une ide pure1 plus elle e/ morale4 ,mais il n'e/ plus vrai qu'elle doit se rappro*] d'un pur ri5 ou d'un quelque *ose qui ne dit ri54 ,elle doit se rappro*] de l'ide la fois la plus leve et la plus capable de s'lev] sans cesse et la plus univ]selle et la plus capable d'tre univ]selle4 ,il e/ vrai encore qu'une action inspire p> la seule s5sibilit n'e/ pas morale2 mais il n'e/ plus vrai que le s5tim5t mme de la piti et de la compassion t5dre e/ *>ge l'homme bi5 int5tionn qu& il int]vi5t avant l'exam5 de cette "q3 o e/ le devoir8 et qu'il e/ le pr9cipe de la dt]m9ation qu'on pr5d1 p>ce qu'il vi5t tr\bl] l'action de ses s]e9es maximes2 et qu'aussi lui faut-il s\hait] d'y *app] p\r n'tre plus s\mis qu'a cette lgislatrice1 la ,raison4 ,non1 cela n'e/ pas vrai2 et ,s*ill] a raison en son pigramme3 ,je s]s volonti]s mes amis1 mais1 hlas je le fais avec plaisir2 j'ai un remords4--,eh bi51 ef=ce-toi de le faire avec rpugnance1 et ce s]a le devoir4 ,ce qui e/ vrai1 c'e/ que l'accord entre la s5sibilit et la raison e/ le signe du vrai et qu'il faut s\hait]1 non pas d'*app] la s5sibilit1 mais qu'elle se r5contre avec la raison4 ,or cet accord ne peut tre indiqu p> un comm&em5t sec1 froid et sil5cieux1 mais p> une in/igation *aleureuse et loqu5te qui ti5ne dj un peu de la s5sibilit4 ,c'e/ celle de l'honneur4 ,l'honneur e/ le mdiateur entre la s5sibilit et la raison2 il e/ l'int]prte de la raison auprs de la s5sibilit4 ,au fond1 ,kant tablit bi5 la morale sur l'honneur qu& il obs]ve que le s5tim5t qui reoit1 p\r a9si p>l]1 la loi morale dans le cur de l'homme1 c'e/ le respect4 ,le respect1 c'e/ ce que la s5sibilit a p\r le comm&em5t moral4 ,or respecte-t-on un comm&em5t pur et simple8 ,non2 on lui obx qu& on ne peut pas faire autrem5t4 ,ce qu'on respecte1 depuis la simple dfr5ce jusqu' la vnration et jusqu'au culte1 c'e/ la raison du comm&em5t ou le c>actre de celui qui comm&e4 ,ce qu'on respecte dans le comm&em5t moral1 c'e/ l'honneur qu'il n\s donne p\r sa raison ou le p]sonnage de l'honneur s\s lequel il n\s app>at4 ,c'e/ cela qu'on peut respect] et que l'on respecte4 ,en tr\vant1 et trs bi51 le li5 entre la loi morale et la s5sibilit1 le levi] entre la loi morale et la s5sibilit1 ,kant a tr\v ce quoi1 vraim5t et rellem5t1 9 actu1 n\s obissons qu& n\s sommes moraux4 ,qu& n\s sommes moraux n\s n\s respectons1 qu& n\s n\s respectons n\s sommes moraux2 qu& n\s avons tr\v ce qui en n\s e/ non aimable--p\r n\s c'e/ n\s t\t enti]--mais respectable1 et qu& c'e/ cela que n\s n\s atta*ons1 n\s sommes moraux4 ,et donc ,kant1 je ne dirai peut-tre pas a fond la morale sur l'honneur1 mais il l'a vue fonde sur lui4 ,son crit]ium mme e/ ple9 de cette ide2 c> agir de telle manire que n\s puissions v\loir que la maxime d'aprs laquelle n\s agissons soit une loi univ]selle1 pr5ez g>de1 il y a de la s5sibilit l-d$ans2 il y a un comm5cem5t de s5sibilit2 c'e/ v\loir avoir l'honneur d'tre le lgislateur du g5re huma92 je dis trop8 oui2 eh bi51 c'e/ v\loir avoir l'honneur de p\voir se considr] comme lgislateur du g5re huma92 c'e/ dire3 ,j'agis bi52 si t\t le monde faisait a9si4442 et ce n'e/ pas =cm5t de l'orgueil2 ce n'e/ pas ncessairem5t de la fi]t2 mais c'e/ un s5tim5t d'honneur trs vif1 c'e/ le s5tim5t de s'tre di/+u de beauc\p d'autres jugs infrieurs n\s4 ,kant e/ t\t ple9 de l'ide d'honneur4 ,la morale de l'honneur ne fait que pr5dre ,kant p> un c]ta9 biais et le r5dre plus accessible4 ,elle ne fait que mettre un pont entre son esc>pem5t et n\s4 99 99 99 99 99 ,la morale de l'honneur1 j'ai cru le pr\v]1 s'adresse t\s1 t\s elle fait appel et t\s peuv5t la recevoir4 ,mais t\s elle propose de se di/+u]1 de s'lev] au-dessus de quelqu'un1 ft-il suppos1 de se faire prfrables4 ,elle e/ t\t entire1 grce peut-tre une int]prtation p>ticulire1 mais enf9 elle e/ t\t entire dans le fi] mot de ,nietzs*e que j'ai dj cit1 mais que je veux comme salu] en f9issant3 ,g>dons-n\s de rabaiss] nos privilges tre les privilges de t\t le monde2 c> il s'agit d'tre privilgis1 d'tre plus haut1 d'tre les lus4 ,or nos privilges1 ce sont nos devoirs4 ,nietzs*e le dit encore3 ,compt] nos privilges et leurs ex]cices au nombre de nos devoirs4 ,nos privilges1 c'e/ d'tre en quelque *ose plus =ts1 en quelque *ose plus intellig5ts1 en quelque *ose plus v]tueux que d'autres4 ,or autant de privilges1 autant de devoirs2 et plus n\s avons de privilges1 plus n\s avons d'obligations1 et c'e/ ce que l'honneur comm&e4 ,n\s devons n\s considr]1 t\s tant que n\s sommes1 puisque *acun de n\s a son petit ct de supriorit1 n\s devons n\s considr] comme des privilgis du devoir4 ,rem>quez que1 comme il arrive s\v5t1 la =mule de ,nietzs*e peut se ret\rn] et re/] vraie4 ,n\s ne devons pas rabaiss] nos privilges tre les privilges de t\t le monde4 ,n\s devons aussi rabaiss] nos privilges tre les privilges de t\t le monde2 c'e/--dire v\loir que t\t le monde pratique nos v]tus et faire t\s nos ef=ts p\r qu'ils les pratiqu5t2 et c'e/ en effet ce que les plus sa9ts d'entre n\s veul5t de t\t leur cur4 ,mais p\rquoi v\loir cette galit8 ,p\r en sortir4 ,p\rquoi v\loir que nos privilges soi5t r5dus communs8 ,p\r en *]*] d'autres4 ,p\rquoi v\loir que les devoirs pratiqus p> n\s soi5t pratiqus p> t\t le monde8 ,p\r n\s crer d'autres devoirs1 plus gr&s1 plus l\rds1 plus imprieux et plus nobles1 ou les mmes p\sss plus lo94 ,et a9si de suite et t\j\rs1 et voil la =mule de ,nietzs*e rintgre3 n\s aurons t\j\rs des devoirs dont n\s s]ons t\j\rs jal\x comme de privilges4 ,et l'humanit1 d'*elons en *elons1 se surmont]a t\j\rs1 les plus levs t5dant la ma9 ceux qui s]ont re/s plus bas1 ayant un d\ble dsir1 une d\ble volont1 qui n'a ri5 de contradictoire1 d'tre t\j\rs rejo9ts1 et d'tre t\j\rs suprieurs4 ,a9si le veut l',honneur1 qui e/ le ,devoir l'tat dynamique1 qui fut le roi des combats sanglants1 qui peut dev5ir le roi des combats pacifiques1 le roi des rivalits salutaires1 le roi des mulations sacres1 la conqute1 t\j\rs faire1 jamais faite1 t\j\rs essaye1 t\j\rs comm5ce1 t\j\rs espre1 de la s\v]a9e v]tu1 qui e/ le s\v]a9 bi54 99 99 99 99 99 ,j'aurais peut-tre d--et aussi bi5 c'e/ peut-tre ce que je devrais t\j\rs faire--ne pas crire ce volume2 et me cont5t] de transcrire cette ligne d',alfr$ de ,vigny3 ,l'honneur1 c'e/ la posie du devoir4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,i4 ,avant ,kant #a ,,ii4 ,la morale de ,kant #ch ,,iii4 ,le no-kantisme #hj ,,iv4 ,la morale sans obligation ni sanction #ajd ,v4 ,la morale de ,nietzs*e #aci ,,vi4 ,la morale sci5ce-des-murs #bae ,,vii4 ,la morale de l'honneur #beg ,poiti]s4--,socit franaise d'imprim]ie4