,,les ,,tudes ,c,o,n,t,e,m,p,o,r,at,n,e,s ,le ,culte de l',incompt5ce p> ,,mile ,,faguet ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,p>is ,,b]n>d ,,grasset ,,diteur #g1 ,rue ,corneille1 #g #aiaj ,,les ,,tudes ,,contempora9es ,s\s ce titre p>atra une srie d'tudes critiques et docum5taires sur ce temps4 ,p> son c>actre1 cette collection ne ressemble aucune de celles qui1 s\s des appellations analogues1 ont p>u jusqu' ce j\r4 ,elle se propose d'apport] la connaissance de l'poque contempora9e une contribution m?odique1 et de suscit] au pr(it des ides et des individus du prs5t la mme curiosit hi/orique qu'on applique aux *oses du pass4 ,reconnatre dans la socit franaise d'auj\rd'hui un c]ta9 nombre de t5dances ess5tielles et de c\rants1 dont on s'ef=ce de dt]m9] l'orig9e1 la direction et les effets2 retr\v] trav]s les div]ses manife/ations littraires1 sci5tifiques1 arti/iques1 sociales1 les traits p>s d'une physionomie c>actri/ique1 qui e/ celle de notre temps2 disc]n] de la f\le les individus d'lite qui la dom95t et lui impos5t ses ides1 ses gts1 ses modes2 obs]v] les in/itutions dans leurs influ5ce sur les murs et l'esprit public2 analys] les m5talits collectives et anonymes qui con/itu5t ce que l'on appelle proprem5t les milieux1 tel e/ son b4 ,une syn?se de ce g5re ncessite la collaboration d'un gr& nombre de spciali/es1 travaillant s\s une direction et s\s une p5se communes4 ,p> la v>it des sujets qui y s]ont traits1 p> l'esprit d'imp>tialit critique1 s\cieux de compr5dre plutt que de jug]1 qui re/]a le si51 p> la solidit et l'abondance de sa docum5tation1 la collection des tudes ,contempora9es e/ de/9e con/itu] un rp]toire univ]sel de la socit1 des lettres1 des sci5ces et des arts en ,france au db du ,x,xe ,sicle4 7,note de l'diteur47 ,,le ,,culte ,,de ,l',,incomp,,t5ce ,i ,,pr9cipes ,,des ,r,,gimes ,on s'e/ t\j\rs dem& quel e/ le pr9cipe des diffr5ts g\v]nem5ts1 *acun devant avoir le si52 c'e/--dire quelle e/ l'ide gnrale inspiratrice de *aque rgime politique8 ,p> exemple ,montesquieu pr\vait que le pr9cipe d la mon>*ie e/ l'honneur1 que le pr9cipe du despotisme e/ la t]reur et que le pr9cipe de la ,rpublique e/ la v]tu1 c'e/--dire le patriotisme1 et il aj\tait avec beauc\p de raison1 que les g\v]nem5ts dcl95t et tomb5t p> l'excs ou p> l'ab&on de leur pr9cipe4 ,et cela e/ vrai1 quoique p>adoxal4 ,on ne voit pas1 au premi] abord1 comm5t le despotisme peut tomb] p\r ceci qu'il inspire trop de t]reur1 la mon>*ie tempre p\r ceci qu'elle dveloppe trop le s5tim5t de l'honneur et la ,rpublique p\r ceci qu'elle a trop de v]tu4 ,c'e/ p\rtant trs vrai4 ,a abus] de la t]reur on l'puise2 et c'e/ le cas de cit] le mot excell5t d',edg> ,qu9et3 ,qu& on veut faire de la t]reur1 il faut tre sr qu'on en p\rra faire t\j\rs4--,il ne saurait y avoir trop d'honneur2 mais qu&1 ne faisant appel qu' ce s5tim5t1 on multiplie les dignits1 les di/9ctions1 les pana*es1 les galons1 les honneurs1 comme on ne peut pas les multipli] indf9im5t1 on a contre soi et ceux qui n'en ont pas1 et ceux qui1 en ayant1 ne tr\v5t jamais en avoir assez4 ,et enf9 il e/ bi5 inconte/able qu'on ne peut avoir trop de v]tu1 p>ticulirem5t trop de patriotisme1 et c'e/ bi5 ici que les g\v]nem5ts tomb5t bi5 plutt p> l'ab&on que p> l'excs de leur pr9cipe4 ,cep5dant n'e/-il pas vrai qu' dem&] trop de dv\em5t au pays on f9it p> outrepass] les =ces huma9es et p> lass] les v]tus les plus prodigues d'elles-mmes8 ,c'e/ ce qui e/ arriv ,napolon1 qui1 peut-tre sans absolum5t le v\loir1 a trop dem& la ,france p\r l'dification de la ,france plus gr&e4 --,mais ce n'tait pas une ,rpublique6 --,au po9t de vue des sacrifices dem&s au citoy5 p\r sa patrie1 c'tait une ,rpublique analogue la ,rpublique roma9e et la ,rpublique franaise de #agib2 c'tait3 t\t p\r la gloire du pays2 c'tait de l'hrosme encore1 de l'hrosme t\j\rs6 ,a trop dem&] la v]tu civique1 on l'puise4 ,il e/ donc trs vrai que les g\v]nem5ts ne se ru95t pas mo9s p> l'excs de leur pr9cipe que p> l'ab&on de leur pr9cipe4 ,montesquieu avait sans d\te puis cette p5se gnrale dans ,ari/ote qui dit1 non sans hum\r3 ,ceux qui s'imag95t avoir tr\v la base d'un g\v]nem5t p\ss5t les consqu5ces de ce pr9cipe l'extrme3 ils ignor5t que si le nez1 t\t en s'c>tant de la ligne droite1 qui e/ la plus belle1 p\r dev5ir aquil9 ou retr\ss1 cons]ve encore une p>tie de sa beaut1 cep5dant si l'on p\ssait cette dviation l'excs1 on t]ait cette p>tie de la p]sonne la ju/e mesure qu'elle doit avoir1 sans compt] qu'en un c]ta9 cas on p\rrait arriv] ce rsultat qu'il n'y aurait plus de nez du t\t4 ,cette comp>aison s'applique t\s les g\v]nem5ts4 99 99 99 99 99 ,p>tant de ces ides gnrales1 je me suis s\v5t dem& quel e/ le pr9cipe des dmocrates p\r ce qui e/ de leur g\v]nem5t intrieur et il ne m'a pas fallu de trs gr&s ef=ts p\r ap]cevoir que c'e/ le culte de l'incompt5ce4 ,considrez une maison de comm]ce ou d'indu/rie bi5 ordonne et qui prospre4 ,*acun y fait ce qu'il a appris faire et ce qu'il e/ le plus capable de faire bi52 l'ouvri] ici1 le comptable l1 l'adm9i/rateur plus lo91 le prpos aux relations extrieures sa place4 ,il ne vi5drait pas l'ide de dire au comptable d'all] faire une t\rne de commis-voyageur et de le remplac] p5dant ce temps-l1 soit p> le commis-voyageur lui-mme1 soit p> un contrematre1 soit p> un mcanici54 ,considrez les animaux2 plus ils s'lv5t dans l'*elle des tres organiss1 plus la division du travail physiologique e/ gr&e et plus la spcialisation des organes e/ prcise4 ,tel organe p5se1 tel organe agit1 tel organe digre1 tel organe respire1 etc4 ,y a-t-il des animaux qui n'ont qu'un organe1 ou plutt qui ne sont qu'un seul organe respirant1 apprh5dant1 digrant1 le t\t la fois8 ,oui bi54 ,on cite l'amibe4 ,seulem5t l'amibe e/ au plus bas degr de l'animalit et trs infrieure mme un vgtal4 ,de mme1 sans d\te1 une socit bi5 faite e/ une socit o *aque organe a sa fonction bi5 prcise et c'e/--dire o ceux qui ont appris adm9i/r] adm9i/r5t1 o ceux qui ont appris la lgislation font les lois ou rp>5t celles qui sont faites1 o ceux qui ont appris la jurisprud5ce jug5t et o l'on ne confie pas les fonctions de facteur rural un p>alytique4 ,la socit doit procd] en pr5ant son modle sur la nature4 ,or la nature procde *ez les tres bi5 faits p> spcialisation des organes2 elle ne procde pas mesqu9em5t1 dit ,ari/ote1 comme les c\teli]s de ,delphes1 dont les c\teaux s]v5t plusieurs usages2 elle procde pice p> pice et le plus p>fait de ses in/rum5ts n'e/ pas celui qui s]t plusieurs travaux1 mais un seul4--,a ,c>?age1 dit-il encore1 c'e/ un honneur de cumul] plusieurs emplois2 cep5dant un homme ne fait trs bi5 qu'une seule *ose2 le lgislateur doit prv5ir cet inconvni5t et ne pas p]mettre au mme individu de faire des s\li]s et de j\] de la flte4--,une socit bi5 faite e/ celle encore o l'on ne confie pas t\tes les fonctions t\t le monde1 o l'on ne dit pas la masse elle-mme1 t\t le corps social3 ,v\s g\v]n]ez1 v\s adm9i/r]ez1 v\s f]ez les lois1 etc4 ,une socit o les *oses s]ai5t a9si1 s]ait la socit-amibe4 ,une socit e/ d'autant plus leve dans l'*elle des socits huma9es que le travail social y e/ plus divis1 que la spcialisation des organes y e/ plus prcise1 que les fonctions y sont plus exactem5t donnes en raison de la compt5ce4 99 99 99 99 99 ,or les dmocraties ont au mo9s une =te t5dance n'tre pas de cet avis et tre de l'avis contraire4 ,il exi/ait ,a?nes un gr& tribunal qui tait compos d'hommes levs connatre les lois1 qui les connaissai5t et qui les appliquai5t avec prcision4 ,le peuple ne p\vait pas le s\ffrir et mit t\t son ef=t prolong le dtruire et le remplac] p> le peuple mme4 ,le raisonnem5t tait le suivant3 ,je puis bi5 appliqu] les lois1 puisque je les fais4 ,la conclusion tait ju/e4 ,c'e/ la m9eure qui tait conte/able4 ,on p\vait rpondre3 ,v\s p\vez appliqu] les lois puisque v\s les faites1 mais v\s avez peut-tre tort de les faire4 ,tant y a qu'il se mit les appliqu]4 ,bi5 plus1 il se fit pay] p\r cela4 ,il en rsulta que ce fur5t les citoy5s les plus pauvres qui jugr5t cur de j\rne1 les autres ne v\lant pas p]dre leur j\r t\t enti] p\r six dra*mes4 ,ce tribunal plbi5 jugea trs longtemps4 ,son arrt le plus clbre e/ la condamnation mort de ,socrate4 ,elle fut peut-tre regrette4 ,mais le pr9cipe tait sauv3 la s\v]a9et de l'incompt5ce4 ,les dmocraties mod]nes sembl5t bi5 avoir le mme pr9cipe4 ,elles sont ess5tiellem5t amibi5nes4 ,une dmocratie dj clbre a eu l'volution suivante4 ,elle comm5a p> cette ide3 un roi et le peuple1 royaut dmocratique1 dmocratie royale4 ,le peuple fait la loi1 le roi excute la loi2 le peuple lgifre1 le roi g\v]ne1 mme avec une c]ta9e influ5ce sur la loi1 c> il peut susp5dre l'excution d'une loi n\velle qu'il jug]ait de nature l'emp*] de g\v]n]4 ,il y avait l encore une manire de spcialisation des fonctions4 ,ce n'tait pas le mme p]sonnage1 individuel ou collectif1 qui lgifrait et qui g\v]nait4 ,cela ne dura pas longtemps4 ,le roi fut supprim4 ,re/a la dmocratie4 ,mais un c]ta9 respect de la compt5ce subsi/a4 ,le peuple1 la masse1 t\t le monde ne s'attribua pas le droit de g\v]n] directem5t ni de lgifr] directem5t4 ,il ne s'attribua mme pas le droit de nomm] directem5t les lgislateurs4 ,il nommait les lgislateurs p> lection deux degrs2 il nommait des lecteurs qui nommai5t les lgifrants1 c'e/--dire qu'il laissait au-dessus de lui deux ari/ocraties1 celle des lecteurs et1 p> del celle des lecteurs1 celle des lus4 ,il tait bi5 lo9 de la dmocratie a?ni5ne faisant exactem5t t\t elle-mme1 sur la ,pnyx4 ,ce n'tait pas dire qu'il et prcism5t le s\ci de la compt5ce4 ,les lecteurs qu'il nommait n'tai5t dsigns p> aucune compt5ce comme habiles nomm] des lgislateurs2 les lus que nommai5t les lecteurs n'tai5t dsigns p> aucune compt5ce p\r tre des lgifrants4 ,mais cep5dant c'tai5t l deux pseudo-compt5ces1 deux compt5ces supposes4 ,la f\le1 ou plutt la con/itution supposait que des lgislateurs nomms p> des dlgus de la f\le tai5t plus compt5ts p\r faire des lois que la f\le elle-mme4 ,cette compt5ce un peu biz>re e/ ce que j'appelle la compt5ce p> collation4 ,ri5 ne m'indique que tel citoy5 ait la mo9dre compt5ce lgislatrice1 c'e/--dire juridique1 ri52 mais cette compt5ce je la lui confre p> la confiance que j'ai en lui et que je manife/e que j'ai en lui en le nommant2 ou je la confie des g5s que je nomme p\r le nomm] et qui la lui confr]ont en le nommant4 ,la compt5ce p> collation n'a c]ta9em5t pas le s5s commun2 mais elle a p\r elle quelques app>5ces et mme un peu plus que des app>5ces4 ,elle n'a pas le s5s commun1 puisqu'elle e/ une cration ex nihilo1 puisque c'e/ l'incompt5t tirant de lui le compt5t et zro faisant sortir de soi un4 ,la collation e/ assez lgitime1 encore que je ne l'aime nulle "p1 p>tant d'un corps compt5t4 ,a un savant qui n'e/ pas ba*eli] une univ]sit confre les grades de ba*eli]1 de lic5ci et de docteur p\r se l'adjo9dre2 elle y e/ habile puisqu'elle e/ capable de savoir si c'e/ p> la seule faute des circon/ances que ce savant n'a aucun titre (ficiel4 ,mais que t\s les non-ba*eli]s confr5t quelqu'un le grade de docteur s-sci5ces ma?matiques1 cela peut p>atre p>adoxal et du re/e trs humori/ique4 ,la compt5ce p> collation des incompt5ts n'a c]ta9em5t pas le s5s commun4 ,elle a cep5dant encore p\r elle quelques app>5ces et un peu plus que des app>5ces4 ,rem>quez que le grade de docteur s-sci5ces littraires1 que le grade de docteur s-sci5ces dramatiques sont confrs1 sont donns p> collation p> des incompt5ts1 c'e/--dire p> le public4 ,on peut dire au public3 ,v\s ne connaissez ri5 en *oses littraires1 en *oses dramatiques4 ,il rpondra3 ,je n'y connais ri5 du t\t2 mais je suis mu et qui m'meut je confre le grade4 ,il n'a pas t\t le tort4 ,de mme le peuple confre le grade de docteur s-sci5ces politiques ceux qui l'meuv5t1 ceux qui exprim5t bi5 les passions qu'il a4 ,les docteurs s-sci5ces politiques qu'il fait ce sont les reprs5tants passionns de ses passions4 --,c'e/--dire les pires des lgislateurs6 --,a peu prs1 sans d\te1 mais non pas t\t fait4 ,il e/ trs bon qu'au sommet des *oses sociales1 aut\r du sommet des *oses sociales1 p\r mieux dire1 il y ait des reprs5tants des passions populaires1 p\r que l'on sa*e jusqu'o il e/ dang]eux d'all] dans tel s5s ou dans tel autre1 p\r que l'on sa*e1 non pas ce que p5se la f\le1 puisqu'elle ne p5se ri51 mais ce qu'elle s5t1 af9 de ne pas la contrec>r] trop violemm5t1 af9 de ne pas lui trop obir non plus1 af9 de savoir1 en un mot1 sur quoi on agit et avec quoi on peut agir4 ,un +nieur dirait3 ,c'e/ la sci5ce de la rsi/ance des matriaux4 ,un mdium m'assure qu'il a conv]s avec ,l\is ,,xiv et que celui-ci lui a dit3 ,le suffrage univ]sel e/ une excell5te *ose en mon>*ie4 ,il e/ un r5seignem5t4 ,il in=me4 ,il indique1 p> ce qu'il prescrit1 ce qu'on ne doit pas faire4 ,si je l'avais eu et si je l'avais consult sur la ,rvocation de l'dit de ,nantes il m'aurait1 une imm5se majorit1 conseill cette rvocation et j'aurais su ce que j'avais faire3 je ne l'eusse pas faite4 ,c'e/ p>ce qu'elle m'a t conseille p> des m9i/res que je jugeais politiques habiles que j'ai pris cette mesure4--,mais aussi1 connatre l'op9ion gnrale de la ,france1 j'aurais su qu'elle en avait assez des gu]res1 qu'elle en avait assez des btim5ts1 qu'elle en avait assez des dp5ses4 ,cela1 ce n'e/ plus les passions2 c'e/ les s\ffrances4 ,p\r ce qui e/ des passions1 all] droit contre-fil de l'op9ion populaire1 c'e/ l'indication et cette indication il e/ bon qu'elle soit donne3 suffrage univ]sel4 ,p\r ce qui e/ des cris de d\leur1 t5ir compte et gr& compte2 or1 ce cri de d\leur il faut qu'il ne soit pas t\ff3 suffrage univ]sel4 ,le suffrage univ]sel e/ ncessaire une mon>*ie titre de r5seignem5t4 ,a9si p5se ,l\is ,,xiv ma9t5ant1 ce qu'on m'assure4 ,la compt5ce p> collation e/ donc une absurdit p\r ce qui e/ de faire les lois2 elle e/ une pseudo-compt5ce p\r ce qui e/ de r5seign] sur l'tat physiologique d'un peuple2 d'o il suivrait qu'elle e/ aussi mauvaise en rpublique qu'elle s]ait salutaire en mon>*ie4 ,enf9 elle n'e/ pas t\t fait mauvaise4 ,la dmocratie dont n\s p>lons1 aprs avoir t g\v]ne p> les dlgus de ses dlgus p5dant dix ans1 se s\mit un dlgu unique p5dant qu9ze ans et n'eut pas lieu f9alem5t de s'en rj\ir4 ,alors1 p5dant tr5te ans1 elle eut rec\rs un procd compt5tiel4 ,elle supposa que les lecteurs *>gs de nomm] les lgislateurs ne devai5t pas tre nomms p> elle1 mais dsigns p> leur situation sociale et c'e/--dire p> leur =tune4 ,s]ai5t lecteurs ceux qui possdai5t tant de dra*mes4 ,quelle compt5ce e/-ce l8--,c'en e/ une2 mais un peu troite4 ,c'en e/ une1 puisque1 d'une "p1 celui qui a une c]ta9e =tune a plus d'intrt qu'un autre la bonne ge/ion des affaires publiques et que l'intrt ouvre les yeux et claire2 d'autre "p1 puisque celui qui a une c]ta9e =tune et ne la p]d pas n'e/ jamais t\t fait un imbcile4 ,mais c'e/ une compt5ce trs troite2 c> de ce qu'on a un c]ta9 nombre de dra*mes ce n'e/ pas une raison p\r qu'on se connaisse la plus difficile des sci5ces1 la lgislation et la politique2 et ce sy/me se ramne cet axiome trs conte/able3 ,t\t homme ri*e e/ sociologue4 ,c'tait donc une manire de compt5ce1 mais une compt5ce trs mal tablie et trs troite4 ,ce rgime disp>ut et la dmocratie1 dont n\s p>lons1 aprs un c\rt int]rgne1 se laissa g\v]n] p5dant dix-huit ans1 comme elle avait fait une premire fois1 p> un dlgu unique et n'eut pas lieu f9alem5t de s'en flicit]4 ,alors elle adopta et elle pratiqua le rgime dmocratique presque pur4 ,je dis le rgime dmocratique presque pur1 p>ce que le rgime dmocratique pur e/ la nation se g\v]nant elle-mme directem5t1 sans dlgus1 p> le plbiscite cont9u4 ,notre dmocratie pratiqua et pratique encore le rgime dmocratique presque pur1 c'e/--dire le rgime de la nation se g\v]nant p> des dlgus nomms directem5t p> elle et1 /rictem5t et exclusivem5t1 p> ces dlgus4 ,cette fois1 c'e/ l'intronisation presque absolue de l'incompt5ce4 ,c'e/ la compt5ce p> collation arbitraire4 ,comme cet vque int]pellant un cuissot de *evreuil disait3 ,je te baptise c>pe1 le peuple dit ses lus3 ,je v\s baptise jurisconsultes1 je v\s baptise hommes d'tat1 je v\s baptise sociologues4 ,on v]ra plus bas que le baptme s't5d beauc\p plus lo94 ,si le peuple tait capable de jug] de la sci5ce juridique ou de la sci5ce psy*ologique de ceux qui se prs5t5t ses suffrages1 cette collation1 comme je l'ai dit dj1 ne s]ait pas anti-compt5tielle et p\rrait donn] des rsultats assez bons2 mais d'abord il n'en e/ pas capable2 et ensuite1 en ft-il capable1 ri5 ne s]ait gagn4 ,ri5 ne s]ait gagn p>ce que ce n'e/ pas ce po9t de vue qu'il se place4 ,jamais4 ,il se place au po9t de vue1 non de la valeur sci5tifique d'un homme1 mais au po9t de vue de sa valeur morale4 --,c'e/ quelque *ose et voil une manire de compt5ce4 ,les lgislateurs ne s]ont pas capables de faire des lois1 il e/ vrai2 mais1 du mo9s ils s]ont d'honntes g5s4 ,cette compt5ce morale me plat assez4 --,pr5ez g>de2 d'abord ce n'e/ pas au plus honnte homme qu'il faut donn] la direction d'une g>e de *em9 de f]1 mais un honnte homme qui1 de plus1 connaisse trs bi5 l'adm9i/ration des voies f]res2 et ce n'e/ pas seulem5t d'honntes int5tions qu'il faut mettre dans les lois1 mais encore des vrits juridiques1 des vrits politiques et des vrits sociologiques4 ,ensuite1 si le peuple se place au po9t de vue de la morale p\r apprci] ceux qui se prs5t5t ses suffrages1 c'e/ d'une faon p>ticulire4 ,il e/ime moralem5t ceux qui pr\v5t ses passions pr9cipales et qui les exprim5t plus *audem5t que les autres4 ,voil p\r lui les honntes g5s et je ne dis pas qu'ils soi5t d%onntes1 je dis qu'ils ne sont pas dsigns srem5t1 mme comme honntes1 p> ce critrium4 --,au mo9s sont-ils probablem5t ds9tresss1 puisqu'ils suiv5t des passions gnrales et non les leurs propres1 p>ticulires1 individuelles4 --,oui1 c'e/ bi5 ce que le peuple croit2 mais il ne rfl*it pas ceci qu'il n'y a ri5 de plus facile que de simul] des passions gnrales p\r capt] la confiance populaire et se faire une =tune politique4 ,si c'e/ au ds9tressem5t que le peuple ti5t tant1 il devrait ne nomm] que ceux1 au contraire1 qui le contr$is5t et qui tmoign5t p> l qu'ils ne ti5n5t nullem5t tre lus4 ,mieux1 beauc\p mieux1 il devrait ne nomm] que ceux qui ne se prs5t5t pas1 puisque ne pas se prs5t] e/ le vritable signe du ds9tressem5t4 ,or c'e/ ce qu'il ne fait jamais4 ,il ne fait jamais ce qu'il devrait faire t\j\rs4 --,les corps qui se recrut5t p> cooptation1 ,acadmies et autres1 ne le font pas non plus4 --,et1 elles1 elles ont raison1 p>ce que ce n'e/ pas de ds9tressem5t qu'il s'agit *ez elles2 mais de valeur sci5tifique4 ,il n'y a pas de raison p\r elles de prfr] celui qui ne ti5t pas en tre celui qui brle d'en faire p>tie4 ,c'e/ t\t autre *ose qu'elles ont considr]4 ,mais le peuple1 qui prt5d se plac] au po9t de vue moral1 devrait c>t] du p\voir exactem5t t\s ceux qui l'ambitionn5t1 t\t au mo9s ceux qui l'ambitionn5t avec une pret significative4 ,et ceci n\s indique bi5 ce que la f\le ent5d p> la valeur morale d'un homme4 ,la valeur morale d'un homme consi/e p\r elle pr\v] ou p>atre pr\v] les s5tim5ts qu'elle pr\ve elle-mme2 et c'e/ bi5 p\r cela que les lus de la multitude sont excell5ts comme pices de r5seignem5t1 comme pices d'in=mation2 dte/ables ou au mo9s inutiles1 et p> consqu5t dte/ables1 comme lgislateurs4 ,montesquieu1 qui se trompe r>em5t1 s'e/ bi5 tromp1 mon avis1 qu& il a dit3 ,le peuple e/ admirable p\r *oisir ses magi/rats4 ,c'e/ qu'il ne vivait pas en dmocratie4 ,comm5t le peuple s]ait-il admirable *oisir ses magi/rats et p>ticulirem5t ses lgislateurs1 puisque ,montesquieu lui-mme1 avec ple9e raison cette fois1 a p\r un de ses pr9cipes que les murs doiv5t corrig] le climat et les lois corrig] les murs2 et puisque le peuple ne songe *oisir p\r dlgus que les hommes qui p>tag5t le plus exactem5t ses manires de s5tir8 ,le peuple ne ragit pas mal1 quoique incompltem5t1 contre le climat2 mais p\r que les lois corrigeass5t les murs1 il faudrait que le peuple nommt des lgislateurs en raction contre ses murs lui et c'e/ ce qu'il s]ait bi5 s+uli] qu'il ft1 et c'e/ ce qu'il ne fait jamais1 et c'e/ le contraire qu'il fait t\j\rs4 ,donc1 incompt5ce intellectuelle1 incompt5ce morale mme1 voil ce que1 d'in/9ct1 le peuple re*]*e dans ses *oix4 99 99 99 99 99 ,il y a plus1 si plus il peut y avoir4 ,le peuple *rit l'incompt5ce1 non seulem5t p>ce que de la compt5ce intellectuelle il n'e/ pas juge et p>ce qu'il apprcie la compt5ce morale un po9t de vue qui e/ faux2 mais encore p>ce qu'il aime avant t\t1 ce qui e/ trs naturel1 que ses lus lui ressembl5t4 ,il aime que ses lus lui ressembl5t p\r deux raisons3 ,d'abord p> s5tim5t4 ,il aime1 comme n\s avons vu1 que ses lus pr\v5t ses s5tim5ts1 ses passions4 ,ces lus p\rrai5t pr\v] ses s5tim5ts et passions sans lui ressembl] p\r ce qui e/ des murs1 des habitudes1 des manires1 de l'extrieur1 etc4 ,mais1 naturellem5t1 le peuple n'e/ jamais plus sr qu'un homme pr\ve ses s5tim5ts et ses passions et ne se borne pas fe9dre de les pr\v]1 que qu& cet homme lui ressemble trait p\r trait4 ,c'e/ un signe et c'e/ une g>antie4 ,le peuple e/ donc in/9ctivem5t p\ss lire des hommes qui ont les mmes habitudes1 les mmes manires et la mme in/ruction que lui1 ou une in/ruction un peu suprieure1 p\r qu'il puisse p>l]2 mais suprieure seulem5t d'un demi-degr4 ,il a une autre raison que cette raison s5tim5tale et qui e/ extrmem5t importante2 c> elle t\*e au fond mme1 l'ess5ce mme de l'esprit dmocratique4 ,que veut le peuple qu& une fois la t>5tule dmocratique l'a piqu8 ,il veut d'abord que t\s les hommes soi5t gaux et p> consqu5t il s\haite que t\tes les 9galits disp>aiss5t1 tant artificielles que naturelles4 ,il ne veut pas des 9galits artificielles1 noblesse de naissance1 faveurs du roi1 ri*esse de naissance et il e/ p\r l'abolition de la noblesse1 de la royaut et de l'hritage4 ,il n'aime pas non plus les 9galits naturelles1 c'e/--dire un homme plus intellig5t1 plus actif1 plus vaillant1 plus habile qu'un autre4 ,ces 9galits-ci1 il ne peut pas les dtruire1 puisqu'elles sont naturelles1 mais il peut les neutralis]1 les frapp] d'impuissance en c>tant des emplois dont il dispose ceux qui les possd5t4 ,il e/ donc am5 t\t naturellem5t1 =cm5t p\r a9si dire1 c>t] les compt5ts prcism5t comme compt5ts1 ou1 si v\s v\lez et comme il dirait1 non comme compt5ts1 mais comme 9gaux1 ou1 comme il dirait encore1 s'il v\lait s'excus]1 non comme 9gaux1 mais comme suspects1 p>ce qu'ils sont 9gaux1 d'tre antigalitaires2 et t\t cela revi5t bi5 prcism5t au mme4 ,c'e/ ce qui faisait dire ,ari/ote que l o il y a mpris du mrite1 c'e/ la dmocratie4 ,il ne s'exprime pas =mellem5t a9si2 mais il crit3 ,p>t\t o le mrite n'e/ pas e/im avant t\t le re/e1 il n'e/ pas possible d'avoir une con/itution ari/ocratique solide1 ce qui revi5t dire3 l o le mrite n'e/ pas e/im1 on entre en rgime dmocratique et l'on y re/e4 ,la compt5ce e/ encore ce po9t de vue en mauvaise po/ure4 ,enf9 et surt\t la dmocratie1 et cela encore e/ bi5 naturel1 veut t\t faire elle-mme1 e/ l'ennemie de la spcialisation des fonctions1 p>ticulirem5t v\drait g\v]n] elle-mme1 sans dlgus1 sans int]mdiaires2 son idal e/ le g\v]nem5t direct tel qu'il exi/ait ,a?nes1 son idal e/ la dmocratie p\r employ] la t]m9ologie de ,r\sseau qui appelait a9si le g\v]nem5t direct et seulem5t le g\v]nem5t direct4 ,=ce1 p> les circon/ances hi/oriques et peut-tre p> la ncessit1 de g\v]n] p> des dlgus1 que lui re/e-t-il faire p\r g\v]n] directem5t1 ou peu prs1 quoique g\v]nant p> dlgus8 ,il lui re/e d'abord1 peut-tre1 impos] ses dlgus des m&ats impratifs4 ,les dlgus1 dans ces conditions1 ne sont plus que les commissionnaires du peuple2 ils vont1 dans le corps lgislatif1 dpos] les volonts du peuple1 telles qu'ils les ont reues et le peuple1 en ralit1 g\v]ne directem5t4 ,voil le m&at impratif4 ,la dmocratie y a trs s\v5t song1 jamais avec p]si/ance4 ,c'e/ en cela qu'elle montre beauc\p de bon s5s4 ,elle s\ponne bi5 que le m&at impratif n'e/ jamais qu'un leurre4 ,des reprs5tants du peuple se runiss5t2 ils discut5t2 l'intrt des p>tis se dess9e4 ,ds lors1 ils sont en proie la desse ,opportunit1 en grec 4 ,ce qu'ils ont reu mission de vot]1 le vot]1 en effet1 e/1 tel j\r1 ce qu'ils p\rrai5t faire de plus dfavorable l'intrt de leur p>ti4 ,ils sont vritablem5t =cs d'tre infidles p> fidlit et d'tre dv\s en dsobissant2 et1 t\t au mo9s1 d'avoir trahi leur m&at dans cette trs bonne et l\able int5tion1 c'e/ t\j\rs ce dont ils p\rront se faire gloire1 honneur ou excuse devant leurs lecteurs et c'e/ sur quoi il s]a trs difficile de les rfut]4 ,le m&at impratif e/ donc un in/rum5t trs grossi] p\r des besognes trs dlicates4 ,la dmocratie1 in/9ctivem5t1 s5t trs bi5 cela et elle se montre t\j\rs assez indiffr5te1 en somme1 au m&at impratif4 ,que lui re/e-t-il donc8 ,mais quelque *ose de bi5 plus ri*e1 la proie au lieu de l'ombre4 ,nomm] des hommes qui lui ressembl5t tellem5t bi51 qui ont tellem5t bi5 t\s ses s5tim5ts1 qui sont tellem5t elle-mme1 qu'ils f]ont srem5t1 in/9ctivem5t1 quasi mcaniquem5t1 ce qu'elle-mme f]ait si elle =mait elle-mme un imm5se corps lgislatif2 qui vot]ont sans d\te1 selon les circon/ances1 mais qui vot]ont comme elle vot]ait directem5t4 ,de cette faon1 elle e/ lgislative2 elle fait la loi et c'e/ la seule faon qu'elle ait de faire la loi4 ,la dmocratie a donc le plus gr& intrt lire des reprs5tants qui la reprs5t5t2 qui1 d'une "p1 lui ressembl5t le plus exactem5t que possible2 qui1 d'autre "p1 n'ai5t pas de p]sonnalit2 qui enf91 n'ayant po9t de =tune1 n'ai5t po9t d'indp5dance4 ,on dplore que la dmocratie s'ab&onne aux politici5s4 ,mais1 au po9t de vue o elle se place et o il s]ait bi5 s+uli] qu'elle ne se plat po9t1 elle a absolum5t raison4 ,qu'e/-ce qu'un politici58 ,c'e/ un homme nul p\r ce qui e/ des ides p]sonnelles1 mdiocre comme in/ruction1 p>tageant les s5tim5ts gnraux et les passions gnrales de la f\le1 et enf9 qui n'a pas d'autre mti] que de s'occup] de politique et qui1 si la c>rire politique lui manque1 meurt de faim4 ,c'e/ prcism5t t\t ce qu'il faut la dmocratie4 ,il ne s]a pas am5 p> son in/ruction se faire des ides p]sonnelles2 n'ayant pas d'ides p]sonnelles1 ses ides n'entr]ont pas en conflit avec ses passions2 ses passions s]ont1 d'abord initialem5t1 ensuite p> influ5ce de ses intrts1 celles de la f\le elle-mme2 et enf9 sa pauvret et l'impossibilit o il e/ de vivre d'autre *ose que de politique f]ont qu'il ne sortira jamais du c]cle troit o ses m&ants l'auront enf]m2 son m&at impratif s]a la ncessit matrielle o il e/ d'obir2 son m&at impratif1 c'e/ son indig5ce4 ,la dmocratie a donc beso9 de politici5s1 n'a pas beso9 d'autre *ose que de politici5s et a beso9 qu'il n'y ait pas aux affaires d'autres g5s que les politici5s4 ,son ennemi ou t\t au mo9s l'homme dont elle se dfie p>ce que c'e/ lui qui va g\v]n] et non elle s\s son nom1 c'e/ l'homme qui1 soit p> influ5ce de =tune1 soit p> le pre/ige de son tal5t et de sa notorit1 russit se faire nomm] quelque "p4 ,celui-ci ne dp5d pas d'elle4 ,supposez qu'un corps lgislatif soit t\t enti] compos ou soit compos en majorit d'hommes ri*es1 d'hommes suprieurs intellectuellem5t et d'hommes ayant plus d'intrt ex]c] leur mti]1 o ils russiss5t1 qu' faire de la politique2 t\s ces g5s-l vot5t selon leurs ides1 lgifr5t selon leurs ides1 et alors1 quoi8 alors la dmocratie e/ simplem5t supprime4 ,ce n'e/ pas elle qui lgifre et qui g\v]ne2 c'e/1 trs exactem5t1 une ari/ocratie1 une ari/ocratie un peu flottante peut-tre1 mais une ari/ocratie1 lim9ant l'influ5ce du peuple sur les affaires publiques4 ,on voit bi5 qu'il e/ presque impossible la dmocratie1 si elle veut tre1 de t5ir compte des compt5ces et qu'il lui e/ peu prs impossible de ne pas les c>t]4 ,le peuple1 donc1 ne nomme que des reprs5tants exacts de lui-mme et t\j\rs dp5dants de lui-mme4 ,,ii ,,confusion ,,des ,,fonctions ,ds lors que se passe-t-il8 ,il se passe ceci1 qui e/ trs logique1 qui mme e/ trs ju/e si l'on se place au po9t de vue dmocratique1 qui e/ prcism5t ce que la dmocratie dsire et ne peut que dsir]1 que la reprs5tation nationale fait exactem5t ce que le peuple v\drait faire et ce qu'il f]ait si l'on avait le g\v]nem5t direct4 ,elle veut t\t faire p> elle-mme1 comme le peuple v\drait t\t faire p> lui-mme s'il possdait le g\v]nem5t direct1 comme il faisait t\t p> lui-mme dans la ,pnyx d',a?nes4 ,montesquieu a bi5 vu cela1 ple9em5t1 sauf comm5t cela se pratique en rgime de reprs5tation1 en rgime p>lem5taire2 mais les *oses sont les mmes au fond et il n'y aura p\r l'int]prt] qu'une transposition faire3 ,le pr9cipe de la dmocratie se corrompt1 non seulem5t lorsqu'on p]d l'esprit d'galit1 mais encore qu& on pr5d l'esprit d'galit extrme et que *acun veut tre gal ceux qu'il *oisit p\r lui comm&]4 ,p\r lors1 le peuple ne p\vant s\ffrir le p\voir qu'il confie1 veut t\t faire p> lui-mme1 dlibr] p\r le ,snat1 excut] p\r les magi/rats et dp\ill] t\s les juges4 ,le peuple veut faire les fonctions des magi/rats3 on ne les respecte donc plus4 ,les dlibrations du ,snat n'ont plus de poids2 on n'a donc plus d'g>ds p\r les snateurs444 ,transposez4 ,en g\v]nem5t dmocratique p>lem5taire la reprs5tation du peuple veut t\t faire p> elle-mme4 ,elle veut tre l'gale de ceux qu'elle *oisit p\r lui comm&]2 elle ne peut s\ffrir le p\voir mme qu'elle confie2 elle veut g\v]n] la place du g\v]nem5t1 excut] la place des ag5ts du p\voir excutif1 sub/itu] son autorit celle de t\s les juges2 faire fonction de magi/rats1 n'avoir plus d'g>ds p\r p]sonne et ne respect] plus ri54 ,c'e/ l'esprit mme du peuple qui l'inspire1 du peuple qui veut t\t faire p> lui-mme1 c'e/--dire p> elle fidle et obissante4 ,ds lors la compt5ce e/ p\r*asse p>t\t et lim9e de p>t\t4 ,de mme que le peuple l'a lim9e de son *oix qu& il nommait ses reprs5tants1 de mme la reprs5tation nationale l'lim9e avec pati5ce et avec suite de t\tes les fonctions du corps social1 quelles qu'elles soi5t4 ,le g\v]nem5t1 p\r comm5c] p> lui1 doit tre surveill et conseill p> la reprs5tation nationale1 mais indp5dant de la reprs5tation nationale1 t\t au mo9s ne doit pas tre confondu avec elle1 en d'autres t]mes la reprs5tation nationale ne doit pas g\v]n]4 ,en rgime dmocratique c'e/ prcism5t ce qu'elle veut faire4 ,elle nomme le g\v]nem5t1 ce qui la rigueur peut lui tre accord2 mais1 ne p\vant s\ffrir le p\voir qu'elle confie1 ds qu'elle l'a nomm elle pse sur lui p\r g\v]n] cont9uellem5t sa place4 ,le corps lgislatif n'e/ pas un corps qui fait les lois1 mais un corps qui1 p> une srie in9t]rompue d'int]pellations1 dicte au j\r le j\r au g\v]nem5t ce qu'il doit faire1 c'e/--dire g\v]ne4 ,littralem5t le pays e/ g\v]n p> la ,*ambre des dputs4 ,il le faut bi51 p\r que le peuple ne soit g\v]n que p> lui-mme1 ce qui e/ l'esprit du rgime4 ,il le faut bi51 p\r qu'il n'y ait pas d'autre volont que celle du peuple1 p>tie de lui et rev5ant lui s\s =me d'actes excutifs1 ce qui e/ l'esprit du rgime4 ,il le faut bi51 p\r qu'il n'y ait pas quelque *ose1 mme issu du peuple1 qui p\r un temps1 qui mme un in/ant1 fasse fonction de s\v]a9et1 mme en un doma9e trs troitem5t dlimit1 sur le peuple s\v]a94 ,seulem5t g\v]n] e/ un art et suppose une sci5ce et voil le peuple g\v]n p> g5s n'ayant ni sci5ce1 ni art1 et qu'on a *oisis prcism5t p>ce qu'ils n'en avai5t pas et sur cette g>antie qu'ils n'en avai5t po9t4 ,et si1 dans une dmocratie de ce g5re1 il exi/e1 p> un effet de la tradition ou p> quelque ncessit ressortissant aux relations extrieures1 un p\voir indp5dant p\r un c]ta9 nombre d'annes du corps lgislatif et qui n'a pas de comptes lui r5dre et qui ne peut pas tre int]pell et qui ne peut pas tre r5v]s con/itutionnellem5t1 ce p\voir e/ une anomalie si trange et p\r a9si dire si mon/rueuse1 qu'il n'ose pas s'ex]c]1 qu'il cra9t le sc&ale qu'il s\lv]ait en s'ex]ant et qu'il e/ comme p>alys p> la t]reur de p>atre exi/]4 ,et il a raison2 c> s'il s'ex]ait1 s'il s'en donnait mme l'app>5ce1 il y aurait un acte de volont qui ne s]ait pas un acte de la volont populaire1 ce qui e/ contraire l'esprit du rgime4 ,en ce rgime le *ef de l'tat ne peut tre que le *ef nom9al de l'tat4 ,une volont de lui s]ait un abus de p\voir1 une ide de lui s]ait un empitem5t1 une p>ole de lui s]ait un acte de lse-s\v]a9et4 ,mme1 si la con/itution lui a donn =mellem5t des p\voirs1 la con/itution sur ces po9ts e/ lettre morte1 p>ce qu'elle violait une con/itution non crite et suprieure1 l'me mme de l'in/itution politique4 ,un de ces *efs d'tat ad honores a dit3 ,p5dant t\te ma prsid5ce1 je me suis tu con/itutionnellem5t4 ,c'tait faux2 c> la con/itution lui p]mettait de p>l] et mme d'agir4 ,au fond c'tait vrai2 c> la con/itution1 en lui p]mettant d'agir et de p>l]1 avait un c>actre incon/itutionnel4 ,en p>lant il et t con/itutionnel1 en se taisant il tait in/itutionnel4 ,il avait t sil5cieux in/itutionnellem5t4 ,il avait contr>i la lettre de la con/itution2 il en avait admirablem5t dml1 compris et respect l'esprit4 ,donc1 en dmocratie1 la reprs5tation nationale g\v]ne aussi directem5t que possible et rellem5t1 dictant le g\v]nem5t au p\voir excutif1 neutralisant le *ef suprme du p\voir excutif qui elle ne peut ri5 dict]4 ,il ne lui suffit pas de g\v]n]1 elle veut adm9i/r]4 ,songez en effet que si les adm9i/rateurs des f9ances1 de la ju/ice1 de la police1 etc41 ne dp5dai5t que de leurs m9i/res1 les m9i/res1 prcism5t p>ce qu'ils dp5d5t du corps lgislatif et sont s\v5t r5v]ss p> lui1 *angeant trs s\v5t1 les adm9i/rateurs1 plus /ables que leurs *efs1 =m]ai5t une ari/ocratie2 ils adm9i/r]ai5t l'tat indp5damm5t de la volont populaire et selon leurs pr9cipes1 leurs rgles1 leurs traditions et leurs ides4 ,cela ne se peut pas4 ,il ne se peut pas qu'il y ait une autre volont que la volont populaire1 un autre p\voir1 mme trs limit1 que le si54 ,ceci fait une ant9omie assez rem>quable4 ,effets contraires de la mme cause4 ,p>ce que le corps lgislatif g\v]ne les m9i/res1 elle les r5v]se s\v5t2 p>ce qu'elle les r5v]se s\v5t1 ils ne g\v]n5t pas leurs subordonns comme un ,colb]t et un ,l\vois et leurs subordonns sont assez indp5dants2 de sorte que l'autorit que le corps lgislatif se donne sur les m9i/res1 il la p]d du ct des adm9i/rateurs2 et1 en dtruisant un p\voir rival du si51 il cre un p\voir rival du si54 ,mais il rs\t l'ant9omie assez facilem5t4 ,il n'admet pas qu'un adm9i/rateur soit nomm sans recevoir son visa1 et il s'arrange mme de manire nomm] les adm9i/rateurs4 ,d'une "p1 de sa rsid5ce corporative1 de son palais lgislatif et dictatorial1 il surveille att5tivem5t les nom9ations d'adm9i/rateurs2 d'autre "p1 *aque membre du corps lgislatif dans sa prov9ce1 dans son dp>tem5t1 dans son arrondissem5t1 impose les nom9ations d'adm9i/rateurs1 a ses c&idats qu'il fait accept]1 nomme rellem5t les adm9i/rateurs4 ,il le faut p\r que la volont nationale rgne l aussi et que le peuple n'ait p\r l'adm9i/r] que les adm9i/rateurs qu'il *oisit selon son esprit1 p\r qu'il nomme ses magi/rats comme dit ,montesquieu4 ,il les nomme en effet p> l'int]mdiaire de ses reprs5tants2 et jugez1 p\r y rev5ir1 s'il faut qu'il nomme bi5 des reprs5tants exactem5t p>eils lui et models sur son esprit6 ,t\t se rejo9t4 ,voil donc le peuple qui t\t au mo9s int]vi5t puissamm5t dans les nom9ations de ses adm9i/rateurs4 ,il cont9ue de faire t\t p> lui-mme4 ,on se pla9t c\ramm5t de l'immixtion de la politique dans l'adm9i/ration et du re/e en t\tes *oses1 de la politique qui se mle t\t1 qu'on retr\ve p>t\t4 ,mais qu'e/-ce au fond8 ,c'e/ le pr9cipe de la s\v]a9et nationale4 ,la politique1 la =ce politique1 c'e/ la volont de la majorit de la nation4 ,la volont de la majorit de la nation1 ne convi5t-il pas qu'elle s'ex]ce1 peut-on s'tonn] qu'elle veuille s'ex]c]1 aussi bi5 sur l'adm9i/ration et dans l'adm9i/ration que p>t\t ailleurs8 ,l'idal dmocratique c'e/ le peuple nommant t\s ses *efs2 ou1 si ce n'e/ pas l'idal dmocratique1 c'e/ bi5 l'ide dmocratique4 ,c'e/ ce que le peuple fait1 en dmocratie encore p>lem5taire1 p> l'int]mdiaire de ses reprs5tants4 ,voil qui e/ bi52 seulem5t la compt5ce reoit l encore un c\p4 ,c> ce c&idat une fonction adm9i/rative que le peuple *oisit p> l'int]mdiaire de ses m&ataires1 p> quoi plaira-t-il8 ,p> son mrite8 ,ses *efs et ses pairs en s]ai5t bons juges2 le peuple ou son reprs5tant1 non1 ou beauc\p mo9s4 ,le peuple e/ admirable p\r *oisir ceux qui il doit confi] quelque p>tie de son autorit1 dit ,montesquieu4 ,c'e/ le mom5t d'exam9] cela d'un peu prs4 ,quelles sont les raisons du philosophe8 ,il n'a se dt]m9] que p> des *oses qu'il ne peut ignor] et qui tomb5t1 p\r a9si dire1 s\s les s5s4 ,il sait trs bi5 qu'un homme a t s\v5t la gu]re1 qu'il y a eu tels ou tels succs3 il e/ donc trs capable d'lire un gnral4 ,il sait qu'un juge e/ assidu1 que beauc\p de g5s se retir5t de son tribunal cont5ts de lui1 qu'on ne l'a pas conva9cu de corruption3 en voici assez p\r qu'il lise un prteur4 ,il a t frapp de la magnific5ce ou des ri*esses d'un citoy53 cela suffit p\r qu'il *oisisse un dile4 ,t\tes ces *oses sont des faits dont il s'in/ruit mieux dans la place publique qu'un mon>que dans son palais4 ,le passage ne me p>at pas heureux4 ,comm5t un mon>que dans son palais ne connatrait-il pas la ri*esse d'un f9anci]1 la rputation d'intgrit d'un juge et les succs d'un colonel aussi bi5 que le peuple dans la place publique8 ,ce ne sont pas *oses trs difficiles savoir4 ,le peuple sait qu'un tel fut t\j\rs bon juge et qu'un tel fut un excell5t (fici]4 ,donc il peut nomm] un prteur et un gnral4 ,soit2 mais1 p\r nomm] un jeune juge et un (fici] dbutant1 quelles s]ont les lumires du peuple8 ,je ne les dmle pas trs bi54 ,p> son raisonnem5t mme1 ,montesquieu limite l'habilet du peuple ne nomm] que les gr&s *efs1 que les trs hauts magi/rats1 et1 en df9itive1 assign] *acun une c>rire qu& il l'aura a*eve4 ,mais p\r l'y mettre1 sur quels r5seignem5ts le peuple s'appui]a-t-il et o puis]a-t-il son in=mation8 ,montesquieu le montre trs capable de reconnatre les compt5ces vrifies1 mais non po9t capable de connatre les compt5ces naissantes4 ,l'argum5tation de ,montesquieu e/ ici peu probante4 ,ce qui l'y a entran1 c'e/ l'anti?se 7au s5s logique du mot74 ,ce qu'il v\lait pr\v] c'tait mo9s la vrit de la proposition qu'il avance ici que la fausset d'une autre proposition4 ,la "q p\r lui1 la "q qu'il avait dans l'esprit tait celle-ci3 ,le peuple e/-il apte g\v]n] l'tat1 prvoir1 suivre et rs\dre les affaires intrieures ou extrieures8 ,non4 ,l'e/-il nomm] ses magi/rats8 ,plutt4 ,entran p> cette anti?se il a t jusqu' dire3 ,apte g\v]n]3 nullem5t2 apte nomm] ses magi/rats3 admirablem5t4 ,l'explication de t\t le p>agraphe que je vi5s de cit] e/ dans sa conclusion3 ,t\tes ces *oses sont des faits o il s'in/ruit mieux dans la place publique qu'un mon>que dans son palais4 ,mais saura-t-il conduire une affaire1 connatre les lieux1 les occasions1 les mom5ts1 en pr(it]8 ,non1 il ne le saura pas4 ,la vrit e/ que le peuple e/ un peu plus apte *oisir un magi/rat qu' abaiss] progressivem5t la maison d',autri*e2 mais non pas beauc\p plus2 c> il e/ presque galem5t difficile d'abaiss] la maison d',autri*e et de di/+u] l'homme qui l'abaiss]a4 ,il e/ surt\t incapable de donn] les po/es de db d'une c>rire et les premi]s avancem5ts dans une c>rire qui les mrite4 ,cep5dant1 en dmocratie c'e/ ce qu'il fait4 ,or ce c&idat fonctionnaire qui a plu au peuple ou aux reprs5tants du peuple1 p> quoi plat-il8 ,p> son mrite dont le peuple et son reprs5tant sont trs mauvais juges1 non4 ,p> quoi donc8 ,p> sa con=mit aux op9ions gnrales du peuple1 c'e/--dire p> ses op9ions politiques4 ,les op9ions politiques d'un c&idat fonctionnaire sont la seule *ose qui le dsigne au *oix populaire p>ce que c'e/ la seule *ose dont le peuple soit bon juge4 --,mais la con=mit aux op9ions gnrales du peuple peut s'unir *ez ce c&idat un vrai mrite4--,c]ta9em5t2 mais c'e/ un has>d4 ,le peuple1 ici du mo9s1 n'e/ pas un ennemi de la compt5ce1 mais il y e/ indiffr5t ou plutt il y e/ trang]4 ,la compt5ce n'a pas se l\] de cette position4 ,d'autant plus que ceci a lieu 9vitablem5t3 le c&idat fonctionnaire qui ne se s5t aucun mrite n'a aucune pe9e compr5dre que c'e/ p> ses op9ions politiques qu'il arriv]a et il se donne celles qu'il faut4 ,le c&idat fonctionnaire qui se s5t du mrite1 lui-mme1 trs s\v5t1 sa*ant trs bi5 ce que fait le c&idat sans mrite et ne v\lant pas tre va9cu1 se donne lui aussi les op9ions utiles4 ,c'e/ la solid>it du mal dont p>le si bi5 ,m4 ,r5\vi] dans la ,sci5ce de la ,morale4 ,de sorte que la plup>t des c&idats *oisis p> les m&ataires du peuple sont des incapables2 et quelques-uns qui sont *oisis1 quoique ayant du mrite1 sont mdiocres comme c>actre4 ,or le c>actre aussi1 dans la plup>t des c>rires1 dans presque t\tes1 e/ une p>tie de la compt5ce4 ,re/e un t\t petit nombre d'hommes de mrite qui n'ont affi* aucune op9ion utile et qui se sont glisss dans une c>rire adm9i/rative grce quelque mom5t d'inatt5tion des politici5s4 ,ces intrus vont quelquefois assez lo9 comme p> la =ce des *oses1 sans jamais p>v5ir aux premi]s po/es1 t\j\rs rs]vs1 comme il e/ lgitime1 ceux en qui le peuple a mis sa confiance4 ,voil comm5t le peuple adm9i/re p> l'int]mdiaire de sa reprs5tation1 de mme qu'il g\v]ne p> l'int]mdiaire de sa reprs5tation dictant aux m9i/res leurs actes de g\v]nem5t4 --,mais je ne vois pas que le peuple adm9i/re1 je vois qu'il nomme les adm9i/rateurs4 --,d'abord c'e/ imm5se de les nomm]2 c> c'e/ faire entr] dans le corps adm9i/ratif l'esprit du peuple l'exclusion de t\t autre esprit et emp*] que l'adm9i/ration ne devi5ne une ari/ocratie1 ce qu'elle n'a1 t\j\rs1 que trop de t5dances dev5ir4 ,de plus le peuple ne se borne pas1 p> l'int]mdiaire de ses reprs5tants1 nomm] les adm9i/rateurs2 il les surveille1 il les guette1 il les ti5t du reg>d et il les ti5t en laisse1 et comme la reprs5tation populaire dicte aux m9i/res les actes de g\v]nem5t1 de mme et en outre elle dicte aux adm9i/rateurs leurs actes d'adm9i/ration4 ,un prfet1 un procureur gnral1 un +nieur en *ef1 en rgime dmocratique1 e/ un homme trs c>tel4 ,il fait la *\ette avec son m9i/re et les dputs de sa rgion4 ,il doit obir son m9i/re2 il doit obir aussi aux dputs du pays qu'il adm9i/re4 ,il arrive mme ici des *oses assez curieuses2 il y a des situations trs compliques4 ,le prfet devant obir aux dputs et son m9i/re et le m9i/re obissant aux dputs1 il sembl]ait que ce ft la mme volont1 une volont unique que le prfet obt4 ,mais c'e/ la volont gnrale de la reprs5tation populaire que le m9i/re obx et c'e/ cette volont gnrale qu'il transmet son prfet2 et d'autre "p le prfet se tr\ve en prs5ce de volonts p>ticulires des dputs du pays qu'il adm9i/re4 ,il en rsulte ce que l'on p\rrait appel] des conflits d'obissance qui sont trs intressants p\r le psy*ologue4 ,ils sont mo9s agrables p\r le prfet1 l'+nieur en *ef ou le procureur gnral4 ,rem>quez1 d'autre "p1 comme t\t conc\rt r5dre le reprs5tant de la volont nationale aussi incompt5t qu'il e/ omnipot5t4 ,incompt5t il l'e/1 comme n\s l'avons vu1 p> ses orig9es2 mais ne le ft-il pas1 il le devi5drait p> le mti] qu'on lui fait faire1 p> la multiplicit des mti]s qu'on lui fait faire4 ,le meilleur moy5 de r5dre quelqu'un incompt5t1 c'e/ de l'occup] t\tes *oses4 ,or le reprs5tant de la volont populaire et de l'esprit populaire1 outre son mti] de lgislateur1 e/ occup int]pell] les m9i/res et leur dict] leurs actes de g\v]nem5t1 c'e/--dire qu'il e/ occup g\v]n] la politique intrieure et extrieure2 il e/ occup adm9i/r] en *oisissant les adm9i/rateurs et en surveillant1 contrlant et inspirant les actes des adm9i/rateurs4 ,sans p>l] des petits s]vices p>ticuli]s qu'il e/ de son intrt de r5dre ses lecteurs et que ses lecteurs ne se font pas faute ni scrupule de lui dem&]1 il e/ exactem5t prpos t\t4 ,il e/ quelque *ose comme le contrematre univ]sel4 ,cet homme-or*e/re e/ si occup qu'il ne peut s'appliqu] ri54 ,il ne peut ri5 tudi]1 ri5 mdit]1 ri5 appr(ondir1 et p\r a9si p>l]1 et du re/e p\r p>l] exactem5t1 ri5 savoir4 ,ft-il compt5t en quelque *ose au mom5t de son entre en fonctions1 il e/ admirablem5t incompt5t en t\tes *oses aprs quelques annes de fonctionnem5t4 ,ds lors1 vid1 p\r a9si p>l]1 de t\te p]sonnalit1 il n'a plus en lui que l'homme public1 c'e/--dire l'homme reprs5tant la volont populaire et ne songeant et ne p\vant song] exclusivem5t qu' la faire prvaloir4 ,et1 encore un c\p1 c'e/ ce qu'il faut2 c> voyez-v\s un reprs5tant de la volont populaire ayant cons]v assez de compt5ce en adm9i/ration des f9ances ou en adm9i/ration judiciaire p\r prfr]1 entre quelques c&idats1 celui qui aurait1 non les meilleures op9ions politiques1 mais le mrite1 le savoir ou la vocation1 et p\r appr\v]1 d'un adm9i/rateur1 non l'acte t5dances politiques1 mais l'acte ju/e et con=me aux intrts de l'tat8 ,il s]ait un s]viteur dte/able de la dmocratie4 ,je l'ai bi5 connu4 ,il ne manquait pas d'intellig5ce1 ni mme d'esprit et il tait droit4 ,avocat de troisime ordre1 il avait naturellem5t v]s dans la politique4 ,p\r des raisons locales il n'avait russi ni se faire nomm] dput1 ni se faire nomm] snateur4 ,de gu]re lasse1 p> le crdit de ses amis politiques1 il se fit p\rvoir d'une *>ge de judicature4 ,dev5u prsid5t de tribunal1 il eut connatre d'un procs o l'accus1 sans tre bi5 recomm&able1 ne tombait videmm5t s\s aucun article du ,code4 ,mais cet accus1 anci5 prfet d'un g\v]nem5t ma9t5ant dte/1 connu comme ractionnaire et ari/ocrate1 tait p\rsuivi de l'animosit de t\te la population dmocratique de la ville et de la prov9ce4 ,le prsid5t de tribunal1 au milieu des rumeurs ho/iles qui grondai5t dans t\t le palais1 acquitta net le prv5u4 ,il disait le soir1 assez humori/iquem5t3 ,voil6 ,cela leur appr5dra ne pas m'avoir nomm snateur6 ,et c'e/--dire3 ,ils m'aurai5t t t\te ma compt5ce1 ou ils aurai5t p>alys en moi t\te ma compt5ce1 en faisant de moi un homme politique4 ,ils ne l'ont pas v\lu2 re/e l'homme qui connat la loi et qui l'applique4 ,tant pis p\r eux6 ,en faisant d'un homme un esclave ,zeus lui t la moiti de son me disait ,homre4 ,en faisant d'un homme un homme politique1 ,dmos enlve un homme son me t\t entire2 en n'en faisant pas un homme politique il commet la faute de la lui laiss]4 ,voil bi5 p\rquoi ,dmos dte/e les fonctions inamovibles4 ,un magi/rat inamovible1 un fonctionnaire inamovible e/ un homme que la con/itution s\/rait la prise populaire4 ,un magi/rat inamovible1 un fonctionnaire inamovible e/ un affran*i4 ,dmos n'aime pas les affran*is4 ,c'e/ p\r cela que1 s'il y a1 dans la nation o il rgne1 des fonctions inamovibles1 il susp5d1 de temps en temps1 l'inamovibilit4 ,c'e/ d'abord p\r pur] le p]sonnel de ces fonctions2 c'e/ surt\t p\r bi5 conva9cre les fonctionnaires qu'il veut bi5 y laiss]1 que leur inamovibilit n'e/ que trs relative et qu'ils doiv5t compt]1 comme t\s les autres1 avec la s\v]a9et populaire qui peut se ret\rn] contre eux s'ils s'avis5t d'tre indp5dants au del des limites de l'obissance4 ,il y avait en ,france1 d'aprs la con/itution de #ahgc1 des snateurs inamovibles4 ,au po9t de vue de la bonne adm9i/ration des affaires1 c'tait peut-tre assez bi5 vu4 ,les snateurs inamovibles devai5t tre1 dans la p5se de la con/itution et tai5t en effet des vtrans de la politique et de l'adm9i/ration1 faisant pr(it] leurs collgues de leurs lumires1 de leur compt5ce1 de leur expri5ce4 ,il et mme t bon1 si l'on se place ce po9t de vue1 que les snateurs inamovibles ne fuss5t po9t lus p> leurs collgues1 mais fuss5t snateurs de droit1 dev5ant snateur inamovible t\t anci5 prsid5t de la ,rpublique1 t\t anci5 prsid5t de la ,c\r de cassation1 t\t anci5 prsid5t de la ,c\r d'appel1 t\t amiral1 t\t ar*evque1 etc4 ,mais au po9t de vue dmocratique c'tait une mon/ruosit qu'un homme reprs5tant du peuple et n'ayant aucun compte r5dre au peuple1 qu'un homme reprs5tant du peuple et n'ayant cra9dre aucun accid5t de rlection ni aucun risque de non-rlection1 qu'un homme enf9 plac l p\r sa prt5due compt5ce et ne reprs5tant po9t du t\t le peuple et ne reprs5tant que lui-mme4 ,les snateurs inamovibles fur5t abolis4 ,il e/ bi5 c]ta9 qu'ils con/ituai5t une ari/ocratie politique fonde sur la prt5due importance des s]vices r5dus et que le ,snat lui-mme qui les lisait tombait s\s l'inculpation d'ari/ocratisme et pr5ait1 le j\r o il les lisait1 c\leur ari/ocratique1 puisqu'il tait1 ce j\r-l1 un corps se recrutant p> cooptation4 ,cela ne p\vait gure se s\ffrir4 ,,iii ,,refuges ,,de ,,la ,,comp,,t5ce ,la compt5ce a9si lim9e de t\tes les fonctions publiques nationales se rfugi]a-t-elle quelque "p8 ,oui bi52 dans les mti]s privs1 et dans les mti]s que rmunr5t les associations4 ,un avocat1 un av\1 un mdec91 un indu/riel1 un comm]ant1 un criva91 n'e/ pas rmunr p> l'tat2 un +nieur1 un mcanici51 un homme d'quipe des compagnies de *em9s de f] n'e/ pas rmunr p> l'tat2 et les uns et les autres1 lo9 que leur compt5ce leur soit un ob/acle ou puisse leur en tre un1 n'ont prcism5t compt] que sur elle4 ,il e/ bi5 vid5t que ce n'e/ pas au po9t de vue des op9ions politiques que se plac]a le plaideur p\r faire plaid] sa cause ni le malade p\r se faire soign]2 bi5 vid5t aussi qu'une compagnie de *em9s de f]1 p\r pr5dre un +nieur1 ne s'occup]a aucunem5t de la con=mit de son esprit la m5talit gnrale du peuple1 mais uniquem5t de son intellig5ce et de son savoir4 ,c'e/ p\r cela1 du mo9s c'e/ en p>tie p\r cela1 que la dmocratie *]*e nationalis] t\tes les fonctions et du re/e nationalis] t\t4 ,elle *]*e nationalis] t\tes les fonctions4 ,p> exemple elle nationalis]a p>tiellem5t le mdec9 en crant des fonctions de mdec9 d'hospice1 de mdec9 d'cole1 de mdec9 de lyce1 etc4 ,elle nationalis]a p>tiellem5t l'avocat1 comme pr(esseur de droit rmunr p> l'tat1 etc4 ,elle ti5t du re/e quelque peu dj t\s ces g5s-l p> ceci qu'il n'y en a gure qui n'ai5t des p>5ts fonctionnaires et qu'ils doiv5t1 p\r ne pas nuire ceux-ci1 ne po9t pr5dre d'attitude ho/ile aux op9ions de la majorit des citoy5s2 mais elle *]*e les t5ir encore davantage en multipliant les occasions et les moy5s de les nationalis] et socialis]4 ,enf9 elle t5d dtruire les gr&es associations et absorb] leurs uvres4 ,ra*et] les *em9s de f] d'une gr&e compagnie1 p> exemple1 c'e/ d'abord les exploit]1 de quoi on espre t\j\rs que l'tat retir]a un bnfice2 c'e/ surt\t supprim] t\te une population de fonctionnaires et employs de cette compagnie qui n'tai5t pas =cs de plaire l'tat1 au g\v]nem5t1 la majorit des citoy5s1 qui n'avai5t pas d'autre s\ci et d'autre devoir que d'tre bons fonctionnaires2 et la remplac]1 mme les individus re/ant les mmes1 p> une population de fonctionnaires de l'tat t5us avant t\t d'tre dociles et bi5 p5sants4 ,a l'tat extrme et l'tat complet de ce rgime1 c'e/--dire en rgime sociali/e1 il n'y aurait que des fonctionnaires4 --,et p> consqu5t1 dis5t les ?orici5s sociali/es1 t\s les prt5dus inconvni5ts que v\s signalez s]ai5t vits4 ,l'tat1 la dmocratie1 le p>ti dom9ant1 comme v\s v\drez l'appel]1 n'aurait pas *oisir ses fonctionnaires en raison1 comme v\s dites qu'il le fait1 de leur docilit et de leur incompt5ce1 puisque t\s les citoy5s s]ai5t fonctionnaires4 ,et disp>atrait a9si cette dualit sociale qui consi/e en ce qu'une population vit de l'tat1 t&is qu'une autre vit p> elle-mme et se t>gue d'tre bi5 suprieure l'autre1 p\r les raisons que v\s avez dduites1 en c>actre1 en intellig5ce et en compt5ce4 ,la solution e/ l4 --,je d\te que la solution soit l1 p>ce qu'en rgime sociali/e le rgime lectoral subsi/e et p> consqu5t les p>tis subsi/5t4 ,les citoy5s nomm5t les lgislateurs1 les lgislateurs nomm5t le g\v]nem5t1 le g\v]nem5t nomme les *efs du travail et les rp>titeurs des subsi/ances4 ,les p>tis subsi/5t1 c'e/--dire des gr\pem5ts d'intrt1 *aque gr\pem5t v\lant avoir p\r soi les lgislateurs et le g\v]nem5t p\r qu'on tire de lui les *efs du travail et les rp>titeurs des subsi/ances1 ari/ocrates de ce rgime-ci1 et p\r qu'aux membres de ce gr\pem5t les *efs du travail et les rp>titeurs des subsi/ances fass5t le travail plus d\x et la prov5de plus l>ge4 ,sauf que la ri*esse a t supprime et que ce qui p\vait re/] de lib]t a t supprim1 ri5 n'e/ *ang1 et t\s les inconvni5ts que j'ai numrs plus haut subsi/5t4 ,la solution n'e/ pas tr\ve4 ,p\r qu'elle le ft1 il faudrait que le g\v]nem5t sociali/e ne ft pas lectif2 il faudrait qu'il ft de droit div91 comme tait celui des ,jsuites au ,p>aguay2 il faudrait qu'il ft despotique1 non seulem5t dans son action1 mais dans son orig9e2 il faudrait qu'il ft la royaut4 ,un roi intellig5t n'a aucun intrt *oisir ses fonctionnaires p>mi les incompt5ts et son intrt e/ mme de faire exactem5t le contraire4 ,on me dira qu'il e/ extrmem5t r>e et qu'il e/ anormal qu'un roi soit intellig5t1 ce que je ne me f]ai pas pri] p\r reconnatre4 ,le roi1 sauf exception trs r>e et que l'hi/oire enregi/re avec /upfaction1 a exactem5t les mmes raisons que le peuple d'avoir des favoris qui ne l'clips5t pas et qui ne le contr>i5t pas et p> consqu5t qui ne soi5t les meilleurs p>mi les citoy5s ni comme intellig5ce ni comme c>actre4 ,le rgime sociali/e lectif et le rgime sociali/e dictatorial (fr5t donc les mmes inconvni5ts que la dmocratie telle que n\s la connaissons4 ,au fond1 du re/e1 le glissem5t1 si je puis a9si p>l]1 de la dmocratie v]s le socialisme n'e/ pas autre *ose qu'une rgression v]s le despotisme4 ,si le rgime sociali/e s'tablissait1 il s]ait lectif d'abord2 et t\t rgime lectif supposant1 comportant et ncessitant des p>tis1 ce s]ait le p>ti dom9ant qui lirait les lgislateurs1 qui p> consqu5t con/itu]ait le g\v]nem5t et qui de ce g\v]nem5t tir]ait1 p>ce qu'il les exig]ait1 t\tes les faveurs4 ,exploitation du pays p> la majorit1 comme en t\t pays g\v]nem5t lectif4 ,mais le g\v]nem5t sociali/e tant surt\t une olig>*ie de *efs du travail et de di/ributeurs des subsi/ances et une olig>*ie trs dure1 n'ayant s\s elle que des tres sans df5se1 gaux dans l'indig5ce et nivels dans la misre2 tant du re/e une olig>*ie difficile remplac]1 tant l'adm9i/ration extrmem5t complique qu'elle aurait en ma9s exig]ait qu'elle re/t en place sans v>iation brusque2 tant donc une olig>*ie inamovible2 se conc5tr]ait trs vite aut\r d'un *ef et supprim]ait ou mettrait au second plan et au second rang la reprs5tation nationale et ses lecteurs4 ,ce s]ait quelque *ose d'analogue au premi] ,empire en ,france4 ,s\s le premi] ,empire la ca/e des gu]ri]s prdom9e1 dom9e1 clipse et crase t\t1 p>ce qu'on a d'elle un beso9 con/ant1 que du re/e elle fait r5atre qu& il cesse et elle se s]re aut\r d'un *ef qui lui donne l'unit et la =ce d'unit4 ,en rgime sociali/e--plus l5tem5t1 au b\t d'une gnration--les *efs du travail et les di/ributeurs des subsi/ances1 janissaires pacifiques1 =m]ai5t une ca/e1 trs lie1 trs cohr5te1 trs contracte1 dont on ne p\rrait pas se pass]1 t&is qu'on peut t\j\rs se pass] de lgislateurs1 un ,conseil d'tat suffisant2 et se s]r]ai5t aut\r d'un *ef qui leur donn]ait l'unit et la =ce d'unit4 ,qu& on ne connaissait pas le socialisme1 on disait t\j\rs que la dmocratie t5dait naturellem5t au despotisme4 ,cela a p>u *ang] et il a sembl qu'elle t5dait au socialisme4 ,ri5 n'a *ang2 c> en t5dant au socialisme1 c'e/ au despotisme qu'elle t5d4 ,elle n'en a pas consci5ce2 c>1 consciemm5t1 elle ne t5d qu' l'galit2 mais de l'tat galitaire c'e/ t\j\rs le despotisme qui sort4 ,ceci e/ un peu digressif tant une considration sur l'av5ir4 ,rev5ons4 ,,iv ,,le ,l,,gislateur ,,comp,,t5t ,la dmocratie1 telle qu'elle exi/e de nos j\rs1 empite donc sur le p\voir excutif1 l'ass]vit et l'absorbe1 empite sur le p\voir adm9i/ratif1 l'ass]vit et l'absorbe1 le t\t p> l'int]mdiaire de ses reprs5tants1 les lgislateurs1 qu'elle *oisit son image et c'e/--dire qu'elle *oisit incompt5ts et passionns1 puisque aussi bi51 comme dit ,montesquieu1 se contr$isant peut-tre quelque peu3 ,le peuple n'agit jamais que p> passion4 ,or que devrai5t tre les lgislateurs8 ,t\t le contraire1 ce me semble1 des lgislateurs tels que les fait la dmocratie4 ,le lgislateur idal devrait tre trs in=m et t\t fait dnu de passions4 ,il devrait tre trs in=m1 non pas tant de ce qui e/ dans les livres1--quoique encore il dt avoir des connaissances juridiques assez t5dues1 p\r ne pas faire1 ce qui arrive *aque in/ant1 exactem5t le contraire de ce qu'il veut faire--que du tempram5t et de l'esprit gnral du peuple p\r lequel il fait des lois4 ,c> il ne faut comm&] un peuple que ce qu'il peut support] de comm&em5t et de prescriptions1 et le mot de ,solon e/ admirable3 ,je leur ai donn les meilleures des lois qu'ils peuv5t s\ffrir2 et le mot du ,dieu des ,juifs e/ vnrable3 ,je v\s ai donn des prceptes qui ne sont pas bons2 c'e/--dire qui n'ont que la bont que votre m*ancet peut admettre1 ce qui e/ l'ponge1 dit ,montesquieu1 de t\tes les difficults qu'on peut faire sur les lois de ,mose4 ,le lgislateur doit donc connatre le tempram5t et l'esprit du peuple puisqu'il fait des lois2 il doit tre exp]t en psy*ologie des peuples1 comme dis5t les ,allem&s4 ,et notez qu'il doit connatre le tempram5t1 le c>actre et l'esprit gnral de son peuple1 sans avoir ce tempram5t1 ce c>actre et cet esprit2 c> en matire de passions1 d'incl9ations et de t5dances1 pr\v] n'e/ pas connatre et au contraire pr\v] e/ ne pas connatre et connatre a p\r condition ne pas pr\v]4 ,le lgislateur idal1 ou simplem5t suffisant1 doit donc connatre les incl9ations gnrales de son peuple et les dpass] et les dom9]1 puisqu'il a p\r mission en p>tie de les satisfaire1 en p>tie de les combattre4 ,en p>tie de les satisfaire ou au mo9s de les mnag]1 puisqu'une loi qui contr>i]ait absolum5t le tempram5t d'un peuple s]ait la jum5t de ,rol&1 aurait t\tes les qualits du monde avec l'unique dfaut d'tre morte et mme morte-ne4 ,donnez aux ,roma9s une loi de droit des g5s1 une loi prescrivant le respect des peuples va9cus1 elle ne s]a jamais excute et1 de plus elle habitu]a1 p> une sorte de contagion1 ne pas excut] les autres4 ,donnez aux ,franais une loi librale1 une loi prescrivant de respect] les droits individuels de l'homme et du citoy51 la lib]t tant p\r les ,franais1 comme dit le b>on ,joanns1 le droit de faire ce qu'on veut et d'emp*] les autres de faire ce qu'ils veul5t1 cette loi ne s]a jamais que mdiocrem5t et pniblem5t excute et habitu]a ne pas excut] les autres4 ,le lgislateur devra donc connatre les incl9ations de son peuple p\r savoir la limite o il devra s'arrt] en les contr>iant4 ,en p>tie de les combattre2 c> la loi dans une nation--ou elle n'e/ qu'un rglem5t de police--doit tre ce qu'e/ la loi morale dans l'individu2 elle doit tre une contra9te prolonge en vue d'un rsultat salutaire2 elle doit tre un fre9 aux passions fune/es1 aux vellxs nuisibles et aux caprices dang]eux2 elle doit combattre le moi2 p\r beauc\p mieux dire1 elle doit tre le moi rationnel combattant le moi passionnel4 ,c'e/ ce que ,montesquieu veut faire ent5dre qu& il dit que les murs doiv5t combattre le climat et les lois combattre les murs4 ,la loi doit donc combattre dans une c]ta9e mesure les incl9ations gnrales de la nation4 ,elle doit tre sa rgle1 un peu aime1 p>ce qu'on la s5t bonne2 un peu cra9te1 p>ce qu'on la s5t dure2 un peu odieuse1 p>ce qu'on la s5t relativem5t ho/ile2 respecte1 p>ce qu'on la s5t ncessaire4 ,c'e/ cette loi-l que doit faire le lgislateur et p> consqu5t il doit tre extrmem5t f9 connaisseur de t\te l'me du peuple p\r lequel il fait des lois1 aussi bi5 des p>ties de cette me qui rsi/]ai5t que des p>ties de cette me qui peuv5t accept] et aussi bi5 de ce qu'il peut faire accept] sans rsi/ance que de ce qu'il ne peut has>d] sans risqu] d'tre impuissant4 ,voil la compt5ce pr9cipale et ess5tielle qu'il doit avoir4 ,d'autre "p1 il doit tre sans passion4 ,la modration1 cette v]tu si vante p> ,cicron et qui e/ en effet une r>e v]tu si on pr5d le mot dans son s5s complet et si on ent5d p> cela l'quilibre de l'me et de l'esprit1 doit tre le fond mme du lgislateur3 ,je le dis1 affirme ,montesquieu1 et il me semble que je n'ai fait cet ouvrage que p\r le pr\v]1 l'esprit de modration doit tre celui du lgislateur2 le bi5 politique1 comme le bi5 moral se tr\vant t\j\rs entre deux limites4 ,ri5 n'e/ difficile l'homme comme de se df5dre contre les passions et p> consqu5t au lgislateur comme de se df5dre contre les passions du peuple dont il e/1 sans compt] les si5nes propres3 ,ari/ote1 dit ,montesquieu1 v\lait satisfaire tantt sa jal\sie contre ,platon1 tantt sa passion p\r ,alex&re2 ,platon tait indign contre la tyrannie du peuple d',a?nes2 ,ma*iavel tait ple9 de son idole1 le duc de ,val5t9ois4 ,?omas ,m1 qui p>lait plutt de ce qu'il avait lu que de ce qu'il avait p5s1 v\lait g\v]n] t\s les tats avec la simplification d'une ville grecque4 ,h>r+ton ne voyait que la ,rpublique d',anglet]re1 p5dant qu'une f\le d'criva9s tr\vai5t le dsordre p>t\t o ils ne voyai5t pas de c\ronne4 ,les lois r5contr5t t\j\rs les passions et les prjugs du lgislateur soit si5s1 soit communs lui et son peuple4 ,quelquefois elles pass5t au trav]s et s'y teign5t2 quelquefois elles y re/5t et s'y incorpor5t4 ,et c'e/ prcism5t ce qu'il ne faudrait po9t4 ,il faudrait que le lgislateur ft dans le peuple comme la consci5ce dans le cur de l'homme1 connaissant t\tes ses passions1 connaissant t\te leur t5due1 connaissant t\te leur porte1 ne se laissant pas tromp] p> leurs pre/iges et leurs hypocrisies et leurs dguisem5ts2 tantt les combattant de front1 tantt les combattant les unes p> les autres1 tantt favorisant un peu l'une aux dp5s d'une autre plus r$\table1 tantt cdant du t]ra91 tantt en regagnant2 t\j\rs adroit1 t\j\rs habile1 t\j\rs modr2 mais ne se laissant1 p> ses ennemies naturelles1 ni entam]1 ni intimid]1 ni amus]1 ni circonv5ir1 ni conduire4 ,il faudrait mme1 p\r a9si p>l]1 qu'il ft plus consci5cieux que la consci5ce1 puisque la loi qu'il fait il ne peut pas t\t fait oubli] que1 s'il la fait p\r les autres1 il la fait aussi p\r lui et qu' ce qu'il dcrte auj\rd'hui il va obir dema9--semel jussit semp] p>uit4--,il doit donc tre exactem5t1 littralem5t ds9tress1 ce qui lui e/ plus difficile qu' la consci5ce qui n'a aucune pe9e se donn] p\r cela4 ,il doit1 non seulem5t tre sans passion1 mais se dp\ill] de ses passions1 qui plus e/4 ,il doit tre1 figurons-n\s cela p> hypo?se1 une passion qui devi5drait la consci5ce4 ,comme dit ,jean-,jacques ,r\sseau3 ,p\r dc\vrir les meilleures rgles de ,socit qui convi5n5t aux nations1 il faudrait une intellig5ce suprieure qui vt t\tes les passions des hommes et qui n'en pr\vt aucune2 qui n'et aucun rapport avec notre nature et qui la connt fond1 dont le bonheur ft indp5dant de n\s et qui p\rtant v\lt s'occup] du ntre2 enf9 qui1 dans le progrs des temps se mnageant une gloire loigne1 pt travaill] dans un sicle et j\ir dans un autre4 ,c'e/ p\r cela que l'+nieuse ,grce a suppos que c]ta9s lgislateurs1 aprs avoir fait adopt] leurs lois leur peuple et aprs avoir fait jur] leurs concitoy5s d'obs]v] leurs lois jusqu' ce qu'ils rev9ss5t1 se sont exils et conf9s au lo9 dans une retraite inconnue4 ,c'tait peut-tre p\r en*an] leurs concitoy5s p> le s]m5t a9si prt2 mais n'tait-ce po9t p\r ne pas obir aux lois qu'ils avai5t faites2 ou plutt1 faisant leurs lois1 ne s'tai5t-ils pas donn t\te lib]t de les faire rig\reuses1 en se promettant de se drob] p> la fuite la ncessit de leur obir8 ,pr\dhon disait3 ,je rve une rpublique si librale que j'y fusse guillot9 comme ractionnaire4 ,lycurgue fut peut-tre un ,pr\dhon qui fondait une rpublique si svre qu'il savait qu'il n'y p\rrait pas vivre1 mais qui faisait le f]me propos de la quitt] du j\r o elle s]ait faite4 ,solon et ,sylla sont re/s dans l'tat auquel ils avai5t donn des lois4 ,il faut les mettre au-dessus de ,lycurgue qui a quitt le si51 l'excuse de ,lycurgue tant1 du re/e1 que1 trs probablem5t1 il n'a pas exi/4 ,il re/e cette lg5de qui signifie que le lgislateur doit tre tellem5t au-dessus de ses passions1 comme des passions de son peuple que1 comme lgislateur1 il fasse des lois devant lesquelles1 comme homme1 il soit1 d'une manire ou d'une autre1 trs intimid4 ,cette modration1 au s5s que n\s avons re/itu ce mot1 inspire du re/e quelquefois au lgislateur1 comme n\s l'avons indiqu1 la p5se d'ins9u] la loi plutt que de l'impos]1 ce qui n'e/ pas t\j\rs possible2 mais ce qui l'e/ assez s\v5t4 ,montesquieu rapporte ceci de ,sa9t ,l\is1 roi3 ,voyant les abus de la jurisprud5ce de son temps1 il *]*a en dgt] les peuples4 ,il fit plusieurs rglem5ts p\r les tribunaux de ses doma9es et p\r ceux de ses b>ons1 et il eut un tel succs que1 trs peu de temps aprs sa mort1 sa manire de jug] tait pratique dans un gr& nombre de c\rs des seigneurs4 ,a9si ce pr9ce remplit son objet1 quoique ses rglem5ts n'euss5t pas t faits p\r tre une loi gnrale du royaume1 mais comme un exemple que *acun p\rrait suivre et aurait intrt suivre4 ,il ta le mal en faisant s5tir le meilleur4 ,qu& on vit dans ses tribunaux1 qu& on vit dans ceux de quelques seigneurs une manire de procd] plus naturelle1 plus raisonnable1 plus con=me la morale1 la religion1 la tranquillit publique1 la sret de la p]sonne et des bi5s1 on la prit et on ab&onna l'ombre4 ,invit] qu& il ne faut pas contra9dre1 conduire qu& il ne faut pas comm&]1 c'e/ l'habilet suprme4 ,et ,montesquieu aj\te avec1 assurm5t1 un peu d'optimisme1 mais enf9 c'e/ enc\rageant3 ,la raison a un empire naturel3 on lui rsi/e2 mais dans cette rsi/ance elle tr\ve son triomphe2 encore un peu de temps et l'on s]a =c de rev5ir elle4 ,cet exemple e/ bi5 lo9ta9 et s'applique peu quoi que ce soit de nos j\rs4 ,cep5dant considrez la loi1 r5\vele du droit ecclsia/ique1 sur le repos du diman*e4 ,la mettre dans le ,code a t une faute1 p>ce qu'elle contr>iait un trop gr& nombre d'habitudes franaises et en quelque sorte la complexion nationale elle-mme2 et l'on s'exposait ce qui e/ arriv1 savoir3 ce qu'elle ft trs peu excute et avec des difficults inf9ies4 ,on p\vait l'dict] sans la mettre dans le ,code4 ,que l'tat accorde la lib]t du diman*e t\s ses fonctionnaires1 t\s ses employs1 t\s ses ouvri]s2 qu'il soit ent5du1 ce qui p\vait l'tre p> l'effet d'une simple circulaire du m9i/re de la ,ju/ice1 que les infidlits des ouvri]s au contrat de travail consi/ant en refus de travaill] le diman*e ne s]ont jamais punies2 la loi du repos hebdomadaire exi/e sans tre promulgue1 exi/e p> ins9uation et p]suasion et s'arrte dans ses effets l o elle doit s'arrt]1 aux cas o la ncessit de travaill] le diman*e e/ tellem5t vid5te aux yeux des ouvri]s1 comme ceux des patrons1 que les uns et les autres s'y s\mett5t comme la =ce des *oses2 et1 en de1 elle a assez de =ce p\r modifi]1 sans les b\lev]s]1 les habitudes sculaires de la nation4 ,voyez encore tel cas o dans la loi mme1 dans la loi inscrite au ,code1 le lgislateur procde p> ins9uation ou recomm&ation4 ,le lgislateur du comm5cem5t du ,x,i,xe sicle avait dans l'esprit qu'il tait dans les bi5sances que le m>i surpr5ant sa femme en flagrant dlit d'adultre la tut et aussi son complice4 ,cette ide peut tre discute2 mais enf9 elle tait celle du lgislateur4 ,en a-t-il fait une prescription lgale8 ,non2 il l'a inscrite dans la loi s\s =me d'ins9uation1 de recomm&ation discrte1 d'enc\ragem5t affectueux2 il a crit ces mots3 en cas de flagrant dlit le meurtre e/ excusable4 ,ce n'e/ pas ce texte que j'appr\ve2 c'e/ cette manire d'indiqu] la loi sans l'impos]1 d'indiqu] ce qu'on juge d'une bonne pratique sans l'ordonn] que j'e/ime possible1 puisqu'on en voit des cas1 et puisque1 dans d'autres cas que celui-ci1 je la tr\v]ais excell5te4 ,enf9 une des qualits ess5tielles du lgislateur e/ la prud5ce *ang] les lois exi/antes et c'e/ cette prud5ce ess5tielle qui exige le plus de lui qu'il soit exempt de passions ou qu'il soit matre de celles qu'il a4 ,la loi en effet n'a d'autorit relle que qu& elle e/ anci5ne2 ou plutt il y a deux cas3 o la loi n'e/ qu'une c\tume passe en loi et alors elle a une trs gr&e autorit ds sa naissance1 p>ce qu'elle bnficie de t\te l'anci5net de la c\tume d'o elle e/ sortie2 ou la loi n'e/ pas une c\tume passe en loi et1 au contraire1 elle contr>ie une c\tume2 et alors il faut1 p\r qu'elle ait de l'autorit1 que p> la longueur de temps elle soit dev5ue c\tume elle-mme4 ,dans les deux cas1 on le voit1 c'e/ bi5 rellem5t l'anci5net de la loi qui fait sa =ce d'autorit sur les hommes4 ,la loi a comme une vgtation et elle e/ t5dre arbrisseau d'abord1 puis son corce se =me et se durcit1 et ses rac9es s'enfonc5t pr(ondm5t dans le sol et se cramponn5t aux ro*]s4 ,il faut donc une extrme circonspection remplac] le vieux tronc p> le jeune arbrisseau3 ,la plup>t des lgislateurs1 dit ,usbek ,rhdi1 ont t des hommes borns que le has>d a mis la tte des autres et qui n'ont presque consult que leurs prjugs et leurs fantaisies444 ,ils ont s\v5t aboli sans ncessit les lois qu'ils ont tr\ves tablies1 c'e/--dire qu'ils ont jet les peuples dans les dsordres insp>ables des *angem5ts4 ,il e/ vrai que1 p> une biz>r]ie qui vi5t plutt de la nature que de l'esprit des hommes1 il e/ quelquefois ncessaire de *ang] c]ta9es lois4 ,mais le cas e/ r>e et lorsqu'il arrive1 il n'y faut t\*] que d'une ma9 tremblante2 on y doit obs]v] tant de sol5nit et y apport] tant de prcautions que le peuple en conclut naturellem5t que les lois sont bi5 sa9tes puisqu'il faut tant de =malits p\r les abrog]4--,montesquieu tait ici1 comme il l'e/ s\v5t1 t\t fait ari/otlici52 c> ,ari/ote crivait3 ,il e/ vid5t qu'il y a c]ta9es lois *ang]1 c]ta9es poques2 mais cela exige beauc\p de circonspection2 c>1 lorsque l'avantage e/ peu considrable1 tant dang]eux d'habitu] les citoy5s *ang] facilem5t les lois1 il vaut mieux laiss] subsi/] quelques erreurs du lgislateur et des magi/rats4 ,il y aura mo9s d'avantage *ang] les lois que de dang] donn] l'habitude de dsobir aux magi/rats en considrant la loi qu'ils appliqu5t comme phmre1 incon/ante et t\j\rs la veille d'tre *ange4 ,connaissance des lois des pr9cipaux peuples2 connaissance1 et pr(onde1 du tempram5t1 du c>actre1 des s5tim5ts1 des passions1 des p5*ants1 des op9ions1 des prjugs et des c\tumes du peuple auquel il app>ti5t1 modration d'esprit et de cur1 abs5ce de passions1 ds9tressem5t1 sang-froid et mme at>axie3 telles sont les qualits du lgislateur idal et mme c'e/ trop dire2 telles sont les qualits qui sont presque ncessaires un homme p\r faire une bonne loi2 telles sont presque1 en vrit1 les qualits lm5taires du lgislateur4 ,on a bi5 vu que c'e/ aussi presque le contraire de t\t cela que la dmocratie aime *ez son lgislateur et p\r a9si dire exige de lui4 ,elle nomme des incompt5ts1 des ignorants presque t\j\rs1 j'ai dit p\rquoi2 et elle nomme des hommes deux fois incompt5ts1 je veux dire des hommes *ez qui la passion neutralis]ait la compt5ce si la compt5ce exi/ait4 ,il y a mme ce fait curieux obs]v]4 ,c'e/ tellem5t cause de leurs passions1 et non malgr leurs passions1 c'e/ tellem5t p>ce que passionns et non quoique passionns que la dmocratie *oisit ses m&ataires et elle les *oisit si bi5 p\r les raisons p\r lesquelles elle les devrait exclure2 que l'homme capable de modration1 de ju/esse d'esprit1 de vue nette du rel et du possible1 de ralisme et d'esprit pratique1 p\r se faire nomm] et p\r arriv] pratiqu] t\tes ces v]tus1 comm5ce p> les dissimul] avec so9 et p> affi*] bruyamm5t t\s les dfauts contraires4 ,il a des p>oles de gu]re civile p\r se faire nomm] au po/e o il compte bi5 df5dre et assur] la paix2 et il faut1 p\r qu'il puisse dev5ir un pacificateur1 qu'il comm5ce p> faire figure de sditieux4 ,t\s les favoris du peuple pass5t p> ces deux phases et f\rniss5t ces deux /ades1 et il faut qu'ils p>c\r5t t\t le premi] p\r p\voir s'engag] dans le second4--,ne vaut-il pas mieux comm5c] que f9ir p> tre cons]vateur8--,non pas2 c> on ne peut pas tre cons]vateur puissant et ex]c] la puissance cons]vatrice1 qu'on n'ait comm5c p> tre an>*i/e4 ,le peuple e/ tellem5t habitu ces volutions qu'il ne fait plus qu'en s\rire4 ,il y a p\rtant cet inconvni5t que le cons]vateur qui a un pass de sditieux a une autorit t\j\rs mle et conte/e et passe une p>tie de sa vie expliqu] les raisons du va/e dt\r qu'il a dcrit et que ce lui e/ emb>ras et entraves4 ,t\j\rs e/-il que le peuple ne nomme que des passionns vrais ou faux qui1 ou bi5 re/]ont t\j\rs des passionns et c'e/ le gros des lgislateurs1 ou bi5 devi5dront des modrs trs mal entrans leur n\veau rle4 ,et ces passionns1 p\r p>l] du gros1 de l'imm5se majorit1 se d*an5t dans la lgislation au lieu d'y travaill] avec prud5ce1 sang-froid et sagesse4 ,les rgles prcdemm5t indiques sont trs prcism5t r5v]ses4 ,ce ne sont pas les passions populaires que les lois rprim5t ou refrn5t2 c'e/ des passions populaires que la loi e/ l'expression mme4 ,les lois sont une suite de mesures des p>tis les uns contre les autres4 ,les lois proposes sont des batailles livres2 les lois votes sont des victoires2 et voil autant de df9itions qui condamn5t les lgislateurs et qui incrim95t le rgime4 ,v ,,les ,,lois ,,en ,d,,mocratie ,et le signe qu'il en e/ a9si c'e/ que t\tes les lois sont des lois de circon/ance1 ce qu'une loi ne devrait jamais tre4 ,lo9 de cra9dre en t\t tat de cause1 comme le v\lait ,montesquieu1 de t\*] aux vieilles lois p\r en faire de n\velles et de dmolir la maison p\r dress] une t5te1 les lois n\velles se multipli5t selon t\s les accid5ts atmosphriques1 selon t\s les incid5ts de la politique au j\r le j\r4 ,semblable au gu]ri] b>b>e1 dont p>le ,dmo/hne1 qui se df5d t\j\rs du ct du c\p qu'il vi5t de recevoir1 et1 frapp l'paule1 porte son b\cli] son paule1 puis frapp la cuisse1 le porte vivem5t sa cuisse1 le p>ti dom9ant ne fait des lois que p\r se df5dre contre l'adv]saire qu'il a ou qu'il croit avoir2 ou il ne fait une r=me1 prcipite et improvise1 que s\s le c\p d'un sc&ale ou d'un prt5du sc&ale qui vi5t d'clat]4 ,un aspirant la tyrannie1 comme on disait ,a?nes1 e/-il nomm dput dans un trop gr& nombre de circonscriptions1 vite une loi int]disant les c&idatures multiples4 ,p\r la mme raison1 p> cra9te du mme homme1 vite une loi remplaant le scrut9 de li/e p> le scrut9 d'arrondissem5t4 ,une accuse a t1 p>at-il1 maltraite dans l'in/ruction qu'elle a subie1 m5e trop vivem5t dans l'int]rogatoire du prsid5t1 accuse maladroitem5t p> le m9i/re public2 vite une r=me radicale de t\te la procdure crim9elle4 ,a9si en t\tes *oses4 ,l'us9e des lois e/ un magas9 de n\veauts4 ,plutt encore c'e/ un j\rnal4 ,on y int]pelle une fois p> j\r2 c'e/ l'article de polmique2 on y que/ionne les m9i/res plusieurs fois p> j\r sur les petits faits signals ici et l2 c'e/ le roman-feuilleton ou le conte2 on y fait une loi propos de ce qui s'e/ pass la veille2 c'e/ l'article de fond2 et l'on s'y donne des c\ps de po+2 c'e/ le fait div]s4 ,il n'y a pas de reprs5tation plus exacte du pays2 c'en e/ l'image fidle2 t\t ce qui l'occupe le mat9 y e/ trait le soir comme au caf du comm]ce de ,ca/elt>t>92 c'e/ le miroir grossissant du pays bav>d4 ,or une *ambre de lgislation ne doit pas tre l'image du pays2 elle doit en tre l'me1 elle doit en tre le c]veau2 mais p\r t\tes les raisons que n\s avons dites1 la reprs5tation nationale ne reprs5tant que les passions du pays ne peut pas tre autre *ose que ce qu'elle e/4 ,en d'autres t]mes la dmocratie mod]ne n'e/ pas g\v]ne p> des lois1 mais p> des dcrets2 c> les lois de circon/ance ne sont pas des lois1 ce sont des dcrets4 ,une loi e/ un rglem5t anci51 consacr p> le long usage1 auquel on obx presque en ignorant si c'e/ une loi que l'on obx ou une c\tume1 et qui fait p>tie d'un ensemble mdit1 cohr5t1 logique et h>monieux de prescriptions4 ,une loi inspire p> une circon/ance n'e/ qu'un dcret4--,c'e/ une des *oses qu'a le mieux vu ,ari/ote et c5t fois il met en lumire cette diffr5ce ess5tielle1 fondam5tale et que l'on c\rt les plus gr&s risques mconnatre ou ignor]4 ,je cite le passage de lui qui e/ le plus prcis et le plus =t cet g>d3 ,enf91 il y a une c9quime espce de dmocratie o la s\v]a9et e/ transporte de la loi la multitude4 ,c'e/ ce qui arrive qu& les dcrets enlv5t l'autorit absolue la loi1 ce qui e/ l'effet du crdit des dmagogues4 ,dans les g\v]nem5ts dmocratiques o la loi rgne1 il n'y a pas de dmagogues2 ce sont les citoy5s les plus recomm&ables qui ont la prm95ce2 mais une fois que la loi a p]du la s\v]a9et1 il s'lve une f\le de dmagogues4 ,alors le peuple e/ comme un mon>que mille ttes2 il e/ s\v]a91 non pas p> individu1 mais en corps444 ,un tel peuple1 vrai mon>que1 veut rgn] en mon>que2 il s'affran*it du j\g de la loi et devi5t despote2 ce qui fait que les flatteurs y sont en honneur4 ,cette dmocratie e/ en son g5re ce que la tyrannie e/ la mon>*ie4 ,de "p et d'autre1 mme oppression des hommes de bi53 en mon>*ie les ordonnances arbitraires1 en dmocratie les dcrets arbitraires4 ,et le dmagogue et le flatteur ne font qu'un3 ils ont entre eux une ressemblance qui les confond1 avec une gale influ5ce les uns sur les tyrans1 les autres sur les peuples qui se sont rduits l'tat de tyrans4 ,les dmagogues sont cause que l'autorit s\v]a9e e/ dans les dcrets et non dans la loi1 p> le so9 qu'ils pr5n5t de t\t ram5] au peuple2 il en rsulte qu'ils devi5n5t puissants p>ce que le peuple e/ matre de t\t et qu'eux-mmes sont matres du peuple444 ,or on peut s\t5ir avec raison qu'un p>eil rgime e/ une dmocratie et non une rpublique2 c> il n'y a pas de rpublique l o les lois ne rgn5t pas4 ,il faut en effet que l'autorit de la loi s't5de sur t\s les objets444 ,p> consqu5t1 si la dmocratie doit tre compte p>mi les =mes de g\v]nem5t1 il e/ clair qu'un p>eil rgime1 celui dans lequel t\t se rgle p> dcrets1 n'e/ pas mme1 proprem5t p>l]1 une dmocratie2 c> jamais un dcret ne peut avoir une =me gnrale1 comme la loi4 ,cette di/9ction entre la loi sculaire qui e/ la loi et la loi de circon/ance qui n'e/ qu'un dcret1 entre la loi qui fait p>tie d'une lgislation coordonne qui e/ la loi et la loi de circon/ance qui n'e/ qu'un dcret2 entre la loi faite p\r t\j\rs1 qui e/ la loi et la loi de circon/ance qui e/ analogue et mme t\te semblable la vellx d'un tyran2 cette di/9ction1 le bi5 pr5dre1 c'e/ t\te la diffr5ce entre les sociologues de l'antiquit et les sociologues mod]nes4 ,qu& les sociologues anci5s et les sociologues mod]nes p>l5t de la loi1 ils ne p>l5t pas de la mme *ose et c'e/ ce qui fait faire tant de contre-s5s4 ,qu& le sociologue mod]ne p>le de la loi il ent5d p> l l'expression de la volont gnrale telle date1 en #aiaj p> exemple4 ,p\r le sociologue anci5 l'expression de la volont gnrale telle date1 l'an ,,ii de #gc;e ,olympiade p> exemple1 n'e/ pas une loi1 c'e/ un dcret4 ,une loi c'e/ un p>agraphe de la lgislation de ,solon1 de ,lycurgue ou de ,*>ondas4 ,t\tes les fois que v\s v]rez dans un politique grec ou dans un politique roma9 ces mots3 un tat g\v]n p> les lois1 ne traduisez pas autrem5t1 n'int]prtez pas autrem5t2 cela veut dire un tat g\v]n p> une lgislation trs anci5ne et qui ne *ange pas cette lgislation4 ,c'e/ ce qui donne son vrai s5s la fameuse prosopope des ,lois dans le ,phdon1 qui s]ait /upide si les ,grecs avai5t ent5du p> lois ce que n\s ent5dons p> ce mot4 ,la loi e/-elle l'expression de la volont gnrale du peuple8 ,alors p\rquoi ,socrate la respect]ait-il1 lui qui mprise le peuple1 lui qui s'e/ moqu du peuple t\te sa vie et jusque dans son procs crim9el8 ,ce s]ait absurde4 ,mais les lois ne sont pas les dcrets que le peuple porte au mom5t o ,socrate exi/e2 ce sont les lois qui protg5t la cit depuis qu'elle exi/e2 ce sont ces lois qui sont les ,dxs antiques de la cit4 ,elles peuv5t se tromp]1 preuve qu'on tire d'elles de quoi condamn] ,socrate mort2 mais elles sont respectables1 vnrables et inviolables1 p>ce qu'elles ont t tutlaires la cit depuis des sicles et tutlaires ,socrate lui-mme jusqu'au mom5t o l'on a abus d'elles contre lui4 ,donc une rpublique1 p\r adopt] la t]m9ologie d',ari/ote1 c'e/ une nation qui obx des lois et qu'elle obisse des lois cela veut dire qu'elle obx aux lois crites p> ses anctres4--,mais alors1 c'e/ une ari/ocratie2 c> obir1 non pas ceux qui reprs5t5t les traditions des anctres1 c'e/--dire aux nobles1 mais aux anctres eux-mmes1 en obissant leur p5se qu'ils ont dpose dans une lgislation vieille de c9q sicles1 c'e/ bi5 plus ari/ocratique que d'obir aux ari/ocrates4 ,les ari/ocrates sont t\j\rs moiti traditionnels1 moiti de leur temps2 la loi d'il y a quatre c5ts ans e/ de quatre c5ts ans et n'e/ ri5 autre *ose4 ,obir la loi telle que les sociologues anci5s l'ent5d5t1 ce n'e/ pas obir au ,scipion que je r5contre sur la voie sacre1 c'e/ obir l'arrire-gr&-pre de son aeul4 ,c'e/ ultra-ari/ocratique6--,prcism5t6 ,la loi e/ ari/ocratique2 et il n'y a de dmocratique que le dcret1 que la loi de circon/ance4 ,c'e/ p\r cela que ,montesquieu p>le t\j\rs d'une mon>*ie cont5ue1 rprime et du re/e s\t5ue p> des lois4 ,qu'e/-ce que cela peut bi5 v\loir dire en son temps o la volont gnrale n'a pas d'expression et o1 p> consqu5t1 la mon>*ie ne peut pas tre cont5ue p> des lois1 expressions de la volont gnrale2 dans un temps1 d'autre "p1 o c'e/ la royaut qui e/ p\voir lgislatif1 qui fait les lois et o1 p> consqu5t1 elle ne peut pas tre cont5ue p> les lois qu'elle fait elle-mme et qu'elle peut dfaire et refaire8 ,qu'e/-ce donc que cela peut bi5 v\loir dire8 ,cela veut dire que p> loi1 comme t\s les sociologues anci5s o il a appris lire1 ,montesquieu ent5d les vieilles lois antrieures au rgime dans lequel il vit1 les vieilles lois de l'antique mon>*ie 7il les appelle les ,lois fondam5tales7 qui li5t1 qui doiv5t li] la mon>*ie actuelle1 sans quoi elle s]ait p>eille un despotisme ou une dmocratie4 ,la loi e/ ess5tiellem5t ari/ocratique4 ,elle fait g\v]n] les g\v]ns p> les g\v]nants et les g\v]nants p> les morts4 ,c'e/ l'ess5ce mme de l'ari/ocratie que le g\v]nem5t de ceux qui viv5t p> ceux qui ont vcu en prvision de ceux qui vivront4 ,l'ari/ocratie proprem5t dite e/ une ari/ocratie *>nelle2 la loi e/ une ari/ocratie spirituelle2 l'ari/ocratie proprem5t dite reprs5te les morts p> tradition1 p> hritage1 p> leons reues1 p> ducation transmise1 aussi p> hrdit physiologique de tempram5t et de c>actre2 la loi ne reprs5te pas les morts2 elle e/ eux-mmes2 elle e/ leur p5se dpose dans un texte qui ne *ange pas ou qui *ange ins5siblem5t4 ,e/ ari/ocratique1 e/ en rgime ari/ocratique et en esprit ari/ocratique1 une nation qui cons]ve son vieil tat-major ari/ocratique et qui le r5\velle discrtem5t1 avec mnagem5t1 et prcaution p> des additions successives d'hommes n\veaux4 ,e/ ari/ocratique p> le mme procd exactem5t1 mais beauc\p plus encore1 la nation qui cons]ve sa vieille lgislation avec la plus gr&e pit et qui la rajeunit1 la r5\velle discrtem5t1 avec mnagem5ts et circonspection p> des additions successives de lois n\velles qui doiv5t t\j\rs avoir quelque *ose de l'esprit n\veau1 quelque *ose de l'esprit anci54 ,hom9es novi1 nov res4 ,homo novus veut dire l'homme qui n'a pas d'anctres et qu'il faut1 p\r son mrite1 adjo9dre ceux qui en ont4 ,nov res ce sont des *oses qui n'ont pas d'antcd5ts et aussi cela veut dire3 rvolution4 ,les ,nov res ne doiv5t tre introduites que p>tiellem5t1 ins5siblem5t et progressivem5t dans les *oses anci5nes comme les hommes n\veaux dans la corporation des hommes anci5s4 ,l'ari/ocratie e/ ari/ocratique1 la loi e/ plus ari/ocratique encore4 ,voil p\rquoi la dmocratie e/ ennemie naturelle des lois et ne peut s\ffrir que les dcrets4 ,reprs5tation du pays rs]ve aux incompt5ts et aussi aux passionns qui sont deux fois incompt5ts2 reprs5tation du pays v\lant t\t faire et faisant t\t mal1 g\v]nant et adm9i/rant et v]sant l'incompt5ce et la passion dans le g\v]nem5t et l'adm9i/ration3 voil o n\s en sommes dans notre exam5 d'une dmocratie mod]ne4 ,,vi ,,incomp,,t5ce ,,g\v]nem5tale ,ce n'e/ pas t\t2 la loi de l'incompt5ce s't5d plus lo91 soit p> consqu5ce logique1 soit p> une sorte de contagion4 ,on a rem>qu en riant1 c> la *ose e/ comique comme t\tes les *oses tragiques que l'on pr5d avec bonne humeur1 qu'il e/ trs r>e qu'un m9i/re soit attribu l'homme qui y s]ait compt5t2 que gnralem5t le m9i/re de l',in/ruction publique e/ donn un avocat1 le m9i/re du ,comm]ce un homme de lettres1 le m9i/re de la ,gu]re un mdec91 le m9i/re de la ,m>9e un j\rnali/e et que ,beaum>*ais a donn la =mule beauc\p plus de la dmocratie que de la mon>*ie absolue en disant3 ,il fallait un calculateur2 ce fut un danseur qui l'obt9t4 ,la *ose e/ tellem5t de rgle qu'elle a comme un effet rtroactif dans les ides hi/oriques de la f\le4 ,trois ,franais sur quatre sont p]suads que ,c>not tait un civil et cela a t imprim bi5 des fois4 ,p\rquoi8 p>ce qu'on ne peut pas s'imag9] qu'en dmocratie le m9i/re de la ,gu]re ait pu tre donn un soldat1 que les ,conv5tionnels ai5t pu confi] le m9i/re de la gu]re un (fici]2 cela semblait trop p>adoxal p\r tre vrai4 ,cette s+ulire attribution des m9i/res en raison de l'incompt5ce des titulaires semble1 au premi] reg>d1 un simple jeu1 une simple coquett]ie spirituelle et raff9e de la desse ,incompt5ce4 ,c'e/ un peu cela2 ce n'e/ pas cela1 t\t fait cela4 ,les m9i/res sont d'ord9aire attribus a9si p>ce qu'il s'agit p\r celui qui les =me de donn] une portion de p\voir *acun des gr\pes de la majorit sur laquelle il veut s'appuy]4 ,ces gr\pes n'ayant pas *acun un spciali/e f\rnir1 le p]sonnage politique ne peut pas s'occup] des spcialits et di/ribue les m9i/res en obissant des conv5ances politiques et non des conv5ances pr(essionnelles2 le rsultat e/ celui que j'indiquais2 le seul m9i/re attribu d'une faon peu prs rationnelle e/ celui que le prsid5t du conseil s'e/ rs]v et pr5d p\r lui-mme2 encore1 trs s\v5t1 p\r mnag] une p]sonnalit politique importante1 le cde-t-il et en pr5d un qui n'e/ pas celui o il s]ait son affaire4 ,consqu5ces3 *aque m9i/re tant dirig p> un incompt5t1 e/ dirig p> un homme qui1 s'il e/ consci5cieux1 y appr5d le mti] o il devrait tre pass matre2 qui1 s'il e/ mo9s consci5cieux1 ou s'il e/ press1 et il l'e/ t\j\rs1 dirige son m9i/re selon des ides gnrales politiques et non selon des ides pratiques4 ,incompt5ce en quelque sorte r$\ble4 ,il faut ent5dre le disc\rs p> lequel un n\veau m9i/re de l',agriculture se prs5te son p]sonnel3 il n'y e/ "q que des pr9cipes de #aghi4 ,or1 dans un pays c5tralis1 c'e/ le m9i/re qui fait t\t dans son dp>tem5t4 ,il fait t\t s\s la pression de la reprs5tation nationale1 mais il fait t\t2 il pr5d t\tes les dcisions4 ,on peut prvoir quelles elles peuv5t tre4 ,s\v5t elles sont tellem5t en dehors de la loi et contraires elle qu'elles sont lettre morte en naissant4 ,les circulaires m9i/rielles ont s\v5t ce c>actre s+uli] d'tre illgales4 ,il n'en e/ que cela et elles tomb5t2 mais elles ont apport un tr\ble pr(ond dans l'adm9i/ration t\t entire4 ,quant aux nom9ations1 elles sont faites comme j'ai dit1 p> influ5ce politique sans qu'elles puiss5t tre corriges1 qu& elles sont trop abusives ou trop errones1 p> la compt5ce d'un m9i/re clair sur les *oses et les hommes de son m9i/re1 qui dirait3 ,cep5dant1 n'allons pas jusque-l6 ,,vii ,,incomp,,t5ce ,,judiciaire ,ceci e/ l'incompt5ce l>gissant1 p\r a9si dire1 son doma9e p> consqu5ce logique2 il y a d'autres rgions o elle l'l>git p> une sorte de contagion4 ,a-t-on rem>qu que l'anci5 rgime1 avec t\tes ses trs graves imp]fections1 avait1 p> une sorte de tradition hi/orique1 un c]ta9 respect des compt5ces div]ses8 ,en *oses de juridiction1 p> exemple1 il y avait des juridictions seigneuriales1 des juridictions ecclsia/iques1 des juridictions militaires4 ,sans d\te ce n'tait pas la raison1 ce n'tai5t pas des mditations pr(ondes qui avai5t tabli ces in/itutions2 c'tait l'hi/oire mme1 c'tai5t les vnem5ts2 mais il p>ut ju/e1 mme la mon>*ie empitante et t\rnant au despotisme1 de les cons]v]4 ,les ju/ices seigneuriales1 quoique tant les mo9s fondes en raison1 n'tai5t po9t sans utilit1 ratta*ant ou p\vant ratta*] le seigneur sa t]re et emp*] qu'il p]dt de vue ses vassaux et que ses vassaux le p]diss5t de vue et elles tai5t donc cons]vatrices de la con/itution ari/ocratique du royaume2 j'aj\te que bi5 rgles1 dlimites et df9ies dans un code1 ce qui ne fut jamais fait1 elles euss5t t con=mes la loi de compt5ce3 il e/ des affaires qui sont proprem5t affaires ressortissant la compt5ce du seigneur du pays1 comme tant proprem5t locales2 dans ces affaires1 le seigneur j\ait le rle que j\e de nos j\rs le juge de paix et il n'aurait fallu que dt]m9] avec prcision quelles tai5t ces affaires-ci et t\j\rs p]mettre l'appel4 ,les juridictions ecclsia/iques tai5t p>faitem5t raisonnables1 les dlits commis p> les ecclsia/iques ayant un c>actre trs p>ticuli] dont seuls des juges ecclsia/iques peuv5t bi5 connatre4 ,cela p>at trange aux esprits d' prs5t2 mais p\rquoi y a-t-il1 de nos j\rs mmes1 des tribunaux de comm]ce et des conseils de prud'hommes1 si ce n'e/ p>ce que les procs entre comm]ants et les conte/ations entre ouvri]s et ouvrires et entre ouvri]s et patrons ne peuv5t tre jugs avec connaissance de cause que p> des hommes qui sont de la p>tie1 t\j\rs1 du re/e1 appel une juridiction suprieure tant rs]v4 ,enf9 l'anci5 rgime avait des tribunaux militaires1 des conseils de gu]re1 exactem5t p\r les mmes raisons4 ,en dmocratie t\s ces tribunaux d'exception sont objets de vive dfiance p>ce qu'ils sont contraires l'uni=mit1 =me et s\v5t c>icature de l'galit1 et aussi p>ce qu'ils sont le doma9e et le refuge de la compt5ce4 ,la dmocratie a aboli1 cela va de soi1 les tribunaux ari/ocratiques avec l'ari/ocratie elle-mme et les tribunaux ecclsia/iques avec l'glise elle-mme considre comme corps de l'tat2 mais elle a t5dance considr] les tribunaux exceptionnels qui re/5t encore comme in/rum5ts d'ari/ocratie2 elle p\rsuit de sa ha9e les conseils de gu]re p>ce que sur la culpabilit militaire1 sur le devoir militaire et sur l'honneur militaire ils ont des ides p>ticulires2 mais c'e/ prcism5t l leur compt5ce2 c'e/ ce qu'il faut qu'ils ai5t p\r entret5ir l'esprit militaire et p\r ma9t5ir dans sa =ce une arme =te4 ,le soldat1 l'(fici] qui ne s]ait jug et qui ne s]ait puni que comme un civil1 ne s]ait ni bi5 jug ni assez puni en considration des devoirs p>ticuli]s qui incomb5t l'arme et des s]vices qu'elle doit r5dre4 ,il y a l une "q de compt5ce te*nique et une "q de compt5ce morale dans lesquelles la dmocratie ne veut pas entr] p> suite de sa conviction qu'il n'y a pas de compt5ce p>ticulire et qu'en t\tes *oses il suffit d'avoir du bon s5s2 mais le bon s5s e/ comme l'esprit3 il s]t t\t et ne suffit ri52 c'e/ prcism5t ce que la dmocratie ne veut pas compr5dre ou ne peut pas concevoir4 ,son erreur e/ aussi gr&e p\r ce qui e/ de la magi/rature civile et p\r ce qui e/ du juge crim9el4 ,p\r la magi/rature civile elle a cru bi5 faire en drogeant1 jusqu' prs5t1 son pr9cipe et en confiant la t*e de jug] des juri/es4 ,voil enf9 un corps qui a la compt5ce1 c'e/ inconte/able et p]sonne ne la lui conte/e3 ceux qui jug5t sont ceux qui sav5t le droit4 ,mais1 comme j'ai eu s\v5t l'occasion de le dire dj1 ct de la compt5ce te*nique il y a la compt5ce morale et la dmocratie s'e/ ef=ce de dim9u] la compt5ce morale de la magi/rature et1 faites-y bi5 att5tion1 en dim9uant cette compt5ce morale1 de neutralis] la compt5ce te*nique elle-mme4 ,il y avait autrefois une magi/rature qui tait un corps de l'tat1 un corps autonome et qui p> consqu5t--sauf c\ps d'tat de temps en temps et p> consqu5t1 *ez elle1 peur des c\ps d'tat--avait une indp5dance absolue4 ,cela lui donnait ou p\r mieux dire laissait intacte *ez elle la compt5ce morale3 la compt5ce morale consi/e p\voir agir selon les lumires de sa consci5ce4 ,on a cr une magi/rature qui e/ une adm9i/ration comme les autres1 qui e/ un corps de fonctionnaires4 ,l'tat nomme ces fonctionnaires1 les promeut1 leur refuse les promotions1 les paie4 ,en un mot il les a dans sa ma91 comme le m9i/re de la ,gu]re les (fici]s1 comme le m9i/re des ,f9ances les employs des contributions indirectes4 ,ds lors ils n'ont plus de compt5ce morale p\r jug]4 ,ils s]ont t\j\rs t5ts1 trop t5ts1 de jug] comme le g\v]nem5t v\dra qu'ils jug5t4 ,il e/ vrai qu'ils ont une g>antie1 qui e/ l'inamovibilit2 mais l'inamovibilit n'e/ une g>antie1 bi5 videmm5t1 que p\r ceux qui sont arrivs au sommet de la hir>*ie ou au t]me de leur c>rire1 que p\r ceux qui1 cause de la retraite pro*e1 ou p>ce qu'ils ne peuv5t mont] plus haut que l o ils sont1 n'ont aucune proccupation d'avancem5t4 ,le jeune magi/rat qui veut avanc]1 dsir lgitime1 n'e/ po9t du t\t indp5dant1 puisque1 s'il dplat1 il j\ira d'un g5re p>ticuli] d'inamovibilit3 il re/]a t\j\rs son po/e de db4 ,il n'y a de magi/rat indp5dant1 il n'y a de magi/rat sans s\ci que de la ju/ice1 d'une "p que les juges *>gs de qu>ante ans de s]vice1 et d'autre "p que le prsid5t de la ,c\r de cassation2 j'aj\te celui qui1 p\rvu des bi5s de la =tune1 e/ indiffr5t l'avancem5t et fait t\te sa c>rire dans la ville de ses dbuts1 magi/rat exactem5t p>eil aux magi/rats de l'anci5 rgime1 extrmem5t r>e et de plus en plus r>e de nos j\rs4 ,du re/e1 cette inamovibilit mme1 dont on fait tat1 e/ susp5due de temps en temps p> un g\v]nem5t ou p> un autre1 de sorte que rduite l'inamovibilit comme seule g>antie et comme g>antie presque illusoire1 la magi/rature actuelle e/ de plus1 comme celle de l'anci5 rgime1 s\s la m5ace cont9uelle des c\ps d'tat4 ,sa compt5ce morale e/ trs re/re9te4 ,or je dis que la dim9ution de sa compt5ce morale neutralise sa compt5ce te*nique2 c> de sa compt5ce te*nique il faut qu'elle fasse ab/raction qu& elle a jug] entre le g\v]nem5t et les p>ticuli]s et mme entre les p>ticuli]s protgs p> le g\v]nem5t et les p>ticuli]s que le g\v]nem5t ne ti5t pas p\r ses amis4 ,or1 qu'elle ait jug] entre le g\v]nem5t et les p>ticuli]s c'e/ ce qui arrive quelquefois1 et qu'elle ait jug] entre les amis du g\v]nem5t et ses adv]saires c'e/ ce qui arrive presque t\s les j\rs1 dans un pays o le g\v]nem5t e/ un p>ti qui g\v]ne et qui e/ sans cesse en lutte contre t\s les autres4 ,on a fait rem>qu] avec raison que le g\v]nem5t p>lem5taire base de suffrage univ]sel c'e/ la gu]re civile1 rgul>ise1 mais en p]man5ce2 c'e/ la gu]re civile non sanglante1 le plus s\v5t2 mais c'e/ la gu]re p> insultes1 p> provocations1 p> calomnies1 p> dnonciations1 p> m*ants t\rs et p> procs entre diffr5ts p>tis et cela en p]man5ce1 depuis le comm5cem5t de l'anne jusqu' la f94 ,et c'e/ dans un pays qui se tr\ve en ces conditions que la magi/rature devrait tre radicalem5t indp5dante p\r tre imp>tiale2 et c'e/ prcism5t dans ce pays que la magi/rature1 n'tant pas autonome1 e/ =ce1 t\t au mo9s1 de ne pas dplaire un p>ti1 celui qui g\v]ne et qui e/ t]riblem5t exigeant1 ayant peur que le g\v]nem5t lui soit arra*4 --,il n'y a ri5 faire cela4 ,v\driez-v\s en rev5ir la vnalit des *>ges de judicature8 --,d'abord ce ne s]ait pas une *ose si mon/rueuse2 ensuite on p\rrait1 sans la vnalit1 avoir les avantages que cette vnalit assurait4 ,ce ne s]ait pas une *ose si mon/rueuse4 ,il en e/ encore ici comme t\t l'heure qu& on s'indignait la p5se de tribunaux d'exception sans song] aux tribunaux de comm]ce et aux conseils de prud'hommes qui sont des tribunaux d'exception et qui sont trs bons4 ,on s'indigne contre l'a*at d'une fonction de conseill] la c\r et l'on ne songe pas que les huissi]s1 les av\s et les notaires1 de qui n\s ne laissons pas de dp5dre1 qui n\s ne laissons pas de confi] des intrts de t\t premi] ordre1 a*t5t leurs *>ges ou les hrit5t4 tre jug en rgime de vnalit des (fices de judicature1 c'e/ tre jug p> des av\s ou des notaires qui on a dem& des connaissances juridiques plus t5dues2 c'e/ tre jug p> des notaires et des av\s suprieurs4 ,il n'y a ri5 l d'abom9able4 ,on sait que ,montesquieu tait p>tisan de la vnalit des *>ges et que ,voltaire y tait trs oppos4 ,ils avai5t t\s deux bi5 raison1 je veux dire *acun d'eux tait bi5 d'accord avec ses ides gnrales4 ,montesquieu dit3 ,cette vnalit e/ bonne dans les tats mon>*iques p>ce qu'elle fait faire comme un mti] de famille ce qu'on ne v\drait pas entrepr5dre p\r la v]tu1 qu'elle de/9e *acun son devoir et r5d les ordres de l'tat plus p]man5ts4 ,suidas dit trs bi5 qu',ana/ase avait fait de l',empire une espce d'ari/ocratie en v5dant t\tes les magi/ratures4 ,voltaire rpond3 ,e/-ce p> v]tu qu'on accepte en ,anglet]re la *>ge de juge du banc du roi8 ,c'e/ p> v]tu ou p> intrt2 et s'il n'y a pas d'intrt il faut en effet une trs gr&e v]tu p\r cela4 ,quoi6 on ne tr\v]ait pas de conseill]s p\r jug] dans les ,p>lem5ts de ,france si on leur donnait les *>ges gratuitem5t8 ,on en tr\v]ait2 mais il se p\rrait qu'ils fuss5t trop reconnaissants4 ,la fonction de r5dre la ju/ice1 de dispos] de la =tune et de la vie des hommes un mti] de famille6 ,mais le mti] de port] les armes et de dispos]1 en temps de gu]re civile de la =tune et de la vie des hommes e/ en #agfj un mti] de famille et je ne v\s vois pas prote/] contre lui2 le mti] de roi e/ en #agfj un mti] de famille et je ne v\s vois pas v\s indign] contre la royaut4 ,plaignons ,montesquieu d'avoir d%onor son ouvrage p> de tels p>adoxes2 mais p>donnons-lui3 son oncle avait a*et une *>ge de prsid5t en prov9ce et la lui avait laisse2 on retr\ve l'homme p>t\t4 ,nul de n\s n'e/ sans faiblesse4 ,montesquieu croit que les corps ari/ocratiques sont une bonne *ose2 ,voltaire e/ p\r le p\voir absolu4--,montesquieu aime que la judicature soit un mti] de famille1 c'e/--dire traditionnel1 comme le mti] militaire1 ce qui r5d l'ordre judiciaire p]man5t comme les autres ordres et il montre avec ,suidas la vnalit crant une ari/ocratie4 ,voltaire v\drait1 comme ,napolon ,i]1 qu'il n'y et que soldats du roi1 prtres du roi1 juges du roi1 t\s hommes du roi et lui app>t5ant corps et mes4 ,montesquieu avait un contradicteur plus gr& que ,voltaire2 c'tait ,platon4 ,platon dans sa ,rpublique avait crit1 en p>lant en gnral de t\tes les magi/ratures3 ,c'e/ comme si dans un navire on faisait quelqu'un pilote p\r son arg5t4 ,s]ait-il possible que la rgle ft mauvaise dans quelque autre emploi que ce ft et bonne seulem5t p\r conduire une ,rpublique8 ,montesquieu rpond trs spirituellem5t ,platon 7et d'avance ,voltaire73 ,platon p>le d'une rpublique v]tueuse et moi d'une mon>*ie4 ,or dans une mon>*ie1 o1 qu& les *>ges ne se v5drai5t pas p> rglem5t1 l'indig5ce et l'avidit des c\rtisans les v5drai5t t\t de mme1 le has>d donn]a de meilleurs sujets que le *oix du pr9ce4 ,en rsum1 ,montesquieu veut que la magi/rature1 p>tie hrditaire1 p>tie recrute dans les classes ri*es1 soit un corps ari/ocratique indp5dant1 analogue l'arme1 arme de la loi1 analogue au cl]g1 cl]g de la loi et r5dant la ju/ice avec la compt5ce te*nique que les titres univ]sitaires tabliront et avec cette compt5ce morale qui e/ faite d'indp5dance1 de dignit1 d'esprit de corps et d'imp>tialit4 ,mais j'ai aj\t que la vnalit des (fices n'tait pas ncessaire p\r obt5ir ces rsultats1 p\r tablir ces g>anties4 ,le pr9cipe1 qui tombe s\s le s5s1 e/ celui-ci3 la magi/rature doit tre indp5dante4 ,elle ne peut l'tre que si elle l'e/ p> la proprit de ses fonctions1 p> le fait d'tre propritaire de ses fonctions4 ,elle ne peut tre propritaire de ses fonctions que si elle les a*te1 ou les hrite1 comme s\s l'anci5 rgime2--ou si elle n'e/ pas nomme p> le g\v]nem5t4 ,on n'aime po9t qu'elle les a*te ou les hrite2 alors il faut qu'elle soit nomme autrem5t que p> le g\v]nem5t4 ,p> qui donc8 ,p> le peuple8 ,mais alors elle s]a dp5dante du peuple1 elle s]a dp5dante de ses lecteurs4 --,ce s]a meilleur1 ou mo9s mauvais4 --,po9t du t\t4 ,d'abord1 nomme p> les lecteurs1 la magi/rature s]a encore mo9s imp>tiale qu'elle ne l'e/ nomme p> le g\v]nem5t4 ,le juge ne song]a qu' se faire rlire et donn]a t\j\rs raison aux plaideurs app>t5ant au p>ti qui l'aura lu4 ,v\driez-v\s tre jug p> un tribunal compos des dputs de votre dp>tem5t8 ,non1 c]tes1 si v\s app>t5ez au p>ti le plus faible4 ,oui1 si v\s app>t5ez au p>ti le plus =t2 et encore la condition que v\s ayez p\r p>tie un homme app>t5ant au p>ti le plus faible2 c> si v\s avez p\r p>tie un homme app>t5ant comme v\s au p>ti le plus =t1 il s'agira de savoir si v\s tes lecteur plus influ5t que lui ou s'il e/ lecteur plus influ5t que v\s4 ,ad summam1 aucune g>antie d'imp>tialit avec une magi/rature lue4 ,aj\tez qu'avec le sy/me des juges lus p> les ju/iciables v\s aurez une trs gr&e1 trs agrable du re/e1 div]sit de ju/ice4 ,ce s]a un b>iolage4 ,dans les pays bleus les juges nomms p> une majorit bleue et t5ant tre rlus p> elle jug]ont t\j\rs en faveur des bleus2 dans les pays blancs1 les juges nomms p> une majorit blan*e et t5ant tre rlus p> elle1 jug]ont t\j\rs en faveur des blancs4 ,le droit a ses poques6 s'crie ironiquem5t ,pascal4 ,le droit aura ses rgions4 ,il ne s]a pas le mme dans les ,alpes-,m>itimes et dans les ,ctes-du-,nord4 ,la ,c\r de cassation1 la suppos] imp>tiale1 pass]a son temps r5voy] les procs des pays blancs jug] n\veau dans les pays bleus et les jugem5ts des tribunaux des pays bleus corrig] dans les pays blancs4 ,et ce s]a l'an>*ie judiciaire1 l'an>*ie juridique1 et l'an>*ie de la jurisprud5ce4 --,si la magi/rature ne doit pas tre hrditaire ou acquise prix d'arg5t2 et ne doit pas tre nomme p> le g\v]nem5t et ne doit pas tre lue p> le peuple2 p> qui s]a-t-elle bi5 nomme8 --,p> elle-mme2 je ne vois pas d'autres solutions4 ,p> exemple--c> je ne vois qu'un sy/me ju/e2 mais il peut y avoir plusieurs m?odes--p> exemple t\s les docteurs en droit de ,france nomm5t la ,c\r de cassation et la ,c\r de cassation nomme t\s les magi/rats de la magi/rature assise et les promeut4 ,c'e/ une m?ode ari/ocratique-dmocratique2 la base e/ trs l>ge4 ,ou bi5 les magi/rats seulem5t nomm5t les membres de la ,c\r de cassation et la ,c\r de cassation nomme les magi/rats et les promeut4 ,c'e/ une m?ode olig>*ique4 ,ou bi5--procd de transition entre ce qui e/ et ce qui doit tre--p\r la premire fois seulem5t1 t\s les docteurs en droit de ,france nomm5t la ,c\r de cassation et la ,c\r de cassation nomme t\s les magi/rats de ,france et ensuite et dsormais ce sont les magi/rats de ,france qui p\rvoi5t aux vides de la ,c\r de cassation et la ,c\r de cassation1 laquelle nomme et promeut t\s les magi/rats de ,france4 ,le g\v]nem5t n'a pas cess et il cont9ue de nomm] les membres de la magi/rature deb\t4 ,dans t\tes ces m?odes la magi/rature =me un corps autonome1 issu d'elle-mme1 ne dp5dant que d'elle-mme1 ne relevant que d'elle-mme1 capable1 cause de son absolue indp5dance1 d'une imp>tialit absolue4 --,mais c'e/ une ca/e6 --,c'e/ une ca/e4 ,j'en suis afflig2 mais c'e/ une ca/e4 ,jamais v\s ne s]ez bi5 jugs que p> une ca/e1 p>ce que ce qui n'e/ pas ca/e ne peut tre que le g\v]nem5t ou t\t le monde et le g\v]nem5t ne peut pas bi5 jug] tant s\v5t juge et p>tie2 et1 s'il e/ ombrageux1 se croyant t\j\rs p>tie2 et t\t le monde ne peut pas bi5 jug]1 t\t le monde1 dans la pratique tant la majorit et la majorit tant un p>ti et un p>ti1 p> df9ition1 p\vant difficilem5t tre imp>tial4 ,mais la dmocratie ti5t ne pas tre juge p> une ca/e1 d'abord p> horreur des ca/es1 ensuite p>ce qu'elle ne ti5t pas tre juge imp>tialem5t4 ,ne criez pas au p>adoxe2 elle ti5t tre juge imp>tialem5t dans les petits procs1 dans le tra9 de t\s les j\rs1 c\ramm5t2 elle ti5t1 dans t\s procs impliquant "q politique1 dans t\t procs1 aussi1 o un homme app>t5ant la majorit se tr\ve en prs5ce d'un homme app>t5ant l'opposition ce qu'il soit jug contre celui-ci4 ,elle dit la magi/rature ce qu'un dput naf disait au prsid5t de la ,*ambre3 ,votre devoir e/ de protg] la majorit4 ,voil p\rquoi elle ti5t cette magi/rature de fonctionnaires1 qui1 bi5 que cont5ant de trs bons lm5ts1 ne peut pas tre t\j\rs imp>tiale1 cette magi/rature qui p> la b\*e d'un de ses plus hauts dignitaires1 int]roge sur une procdure peu con=me la loi1 rpondait3 il y avait l le fait du pr9ce et jetait a9si aux pi$s du g\v]nem5t et la magi/rature et la loi2 cette magi/rature qui1 dans d'assez bonnes int5tions du re/e et p\r en f9ir avec une affaire int]m9able1 t\rnait la loi ou plutt la ret\rnait1 c\p sr ne l'appliquait pas et donnait a9si un mauvais exemple1 et du re/e1 p]mettant a9si de conte/] indf9im5t et trs p]t9emm5t son arrt1 ne procurait pas l'apaisem5t qu'elle v\lait produire et laissait l'affaire t]nellem5t ouv]te au lieu de la clore2 cette magi/rature enf9 qui a de la sci5ce1 du s5s1 de l'intellig5ce1 mais qui1 son incompt5ce morale neutralisant sa compt5ce te*nique1 n'a pas d'autorit et ne peut pas en avoir4 ,mais la dmocratie ira plus lo9 et il ne se peut gure1 puisqu'elle p5*e de plus en plus du ct de son pr9cipe1 qu'elle n'y aille po9t4 ,comme son idal e/ le g\v]nem5t direct1 de mme et p\r la mme raison son idal1 l o il faut absolum5t des magi/ratures1 e/ le magi/rat lu4 ,elle v\dra lire ses juges4 ,notez en effet qu'elle les nomme dj1 mais au troisime degr4 ,elle nomme les dputs qui nomm5t le g\v]nem5t qui nomme les juges4 ,cela e/ lo9ta94 ,elle les nomme aussi1 un peu1 au second degr1 c> elle nomme les dputs qui ps5t sur la nom9ation des juges et qui ps5t sur leur avancem5t ou sur leur non avancem5t et qui ps5t encore s\v5tes fois sur leurs dcisions2 mais cela encore e/ lo9ta94 ,et puisque1 p> cette con/itution1 ou plutt p> cette pratique1 le pr9cipe e/ reconnu que c'e/ le peuple qui1 mdiatem5t1 mais rellem5t1 nomme les juges1 la dmocratie1 logique1 simpli/e et simplificatrice comme t\j\rs1 v\dra que le pr9cipe soit appliqu sans dt\rs et v\dra que le peuple1 directem5t et immdiatem5t nomme les juges4 ,alors int]vi5dront les t]nelles que/ions de la manire de vot]1 de la manire de nomm]4 ,si l'on vote1 si l'on nomme au scrut9 unip]sonnel1 le canton nomm]a son juge de paix1 l'arrondissem5t son tribunal1 la rgion sa ,c\r1 t\t le pays la ,c\r de cassation2 et il y aura le d\ble inconvni5t signal plus haut1 jurisprud5ce et ju/ice div]ses selon les pays et imp>tialit nulle "p4 ,si l'on nomme au scrut9 de li/e1 t\t le pays nomme t\te la magi/rature et alors elle app>ti5dra t\t entire au p>ti va9queur et la ju/ice s]a absolum5t uni=me mais il n'y aura d'imp>tialit nulle "p4 ,quant aux sy/mes int]mdiaires ils runiront les inconvni5ts des deux sy/mes extrmes4 ,si1 p> exemple1 v\s faites nomm] p> rgions1 juges de paix1 juges1 conseill]s et prsid5ts de ,bretagne s]ont t\s blancs et t\s p>tiaux1 juges de paix1 juges1 conseill]s et prsid5ts de ,prov5ce t\s bleus et t\s p>tiaux2 et il y aura div]sit2 mais il n'y aura que diffr5tes c\leurs de p>tialit4 ,mais ceci e/ l'av5ir1 quoique probablem5t assez pro*a94 ,re/ons dans le prs5t4 ,le prs5t1 c'e/ encore le jury4 ,le jury a une p>faite compt5ce morale2 mais il a une p>faite incompt5ce te*nique4 ,il semble que la dmocratie veuille t\j\rs avoir son compte d'incompt5ce et si ce n'e/ pas d'une manire que ce soit d'une autre4 ,le jury e/ indp5dant de t\t2 il l'e/ du g\v]nem5t2 il l'e/ du peuple et de la meilleure manire qui puisse tre2 c> il e/ le m&ataire du peuple sans en tre l'lu et il ne ti5t pas du t\t sa rlection1 tr\vant dj que son lection e/ une av5ture assez f*euse4 ,d'autre "p1 p>tag t\j\rs entre deux s5tim5ts1 celui de la piti et celui de la cons]vation1 celui de la t5dresse huma9e et celui de la ncessit de la df5se sociale1 il e/ galem5t t\* p> le v]biage de l'avocat et p> celui du m9i/re public et ces deux influ5ces se neutralisant il e/ dans les meilleures conditions morales p\r bi5 jug]4 ,c'e/ p\r cela que le jury e/ de t\te antiquit4 ,a ,a?nes le tribunal des ,hlia/es tait une espce de jury1 trop nombreux1 ayant le c>actre d'une runion publique2 mais c'tait une manire de jury4 ,a ,rome il y avait1 mais dsign p> le prteur et n\s sommes ici dans une rpublique plus rgle1 des citoy5s con/itus comme juges des que/ions de fait1 et c'e/--dire appels dcid] si une action avait t commise ou n'avait pas t commise1 si une somme avait t paye ou non1 la "q de droit tant rs]ve aux c5tumvirs4 ,en ,anglet]re le jury exi/e et fonctionne depuis des sicles4 ,ces diffr5ts peuples ont p5s avec raison que les jurs sont dans les meilleures conditions morales p\r bi5 jug]1 possdant la compt5ce morale autant que p]sonne4 ,il e/ vrai2 seulem5t ils ne compr5n5t ri54 ,il arrive qu'un jury1 celui de la ,cte-d',or1 en novembre #aiji1 ayant jug] un meurtri] dcl>e #a que cet homme n'a pas port de c\ps1 #b que les c\ps qu'il a ports ont entran la mort2 sur quoi on e/ bi5 =c d'acquitt] l'homme1 dont les viol5ces1 quoique inexi/antes1 ont t meurtrires4 ,il arrive que1 dans l'affaire ,/e9heil1 galem5t en novembre #aiji1 il ressort des dcl>ations du jury que p]sonne n'a t assass9 dans la maison ,/e9heil et que du re/e ,mme ,/e9heil n'e/ pas la fille de ,mme ,japy1 ce qui1 si un v]dict tait un jugem5t1 entran]ait d'une "p la cessation de t\tes re*]*es des assass9s de ,mme ,/e9heil et de ,mme ,japy1 d'autre "p de t]ribles complications d'tat civil4 ,mais un v]dict n'e/ pas un jugem5t4 ,p\rquoi8 ,c'e/ que le lgislateur a prvu la r$\table absurdit des v]dicts4 ,il e/ donc de droit crit que les v]dicts des jurys sont prsums absurdes2 il e/ d'expri5ce qu'ils le sont en effet trs s\v5t4 ,il semble que les dcisions des jurys sont tires aux ds comme celles du fameux juge de ,rabelais4 ,il e/ prov]bial au ,palais qu'avec le jury on ne peut jamais prvoir l'issue d'une affaire4 ,on dirait que le jur raisonne a9si3 ,je suis juge de has>d2 il e/ ju/e que mon jugem5t soit de has>d lui-mme4 ,on sait que ,voltaire a rclam le jury1 p> horreur des ,busiris1 a9si qu'il appelait les magi/rats de son temps2 mais1 avec son t\rd]ie habituelle1 il n'a pas le so9 de ca*] et au contraire il dcl>e plusieurs reprises que la population d',abbeville et de la rgion d',abbeville et que la population de ,t\l\se et de la rgion de ,t\l\se tai5t unanimem5t d*anes1 celle-l contre ,la ,b>re et d'talonde1 celle-ci contre ,calas4 ,donc si l'on avait fait jug] ,la ,b>re et d'talonde p> un jury ncessairem5t tir de la population d',abbeville et de la population de ,t\l\se1 il e/ probable qu'ils aurai5t t condamns t\t aussi bi5 qu'ils l'ont t p> les ,busiris4 ,le jury n'e/ pas autre *ose qu'un raff9em5t du culte de l'incompt5ce4 ,la socit1 ayant se df5dre contre les voleurs et les meurtri]s1 donne le so9 de la df5dre quelques citoy5s1 avec une arme qui e/ la loi2 seulem5t elle *oisit p\r cela des citoy5s qui ne connaiss5t pas cette arme et c'e/ a9si qu'elle se croit bi5 df5due4 ,le jur e/ un rtiaire bi5 et dm5t p\rvu du filet1 mais qui n'en connat pas la manuvre et qui n'en tire autre *ose que d'y re/] emptr lui-mme4 ,inutile de dire que la dmocratie suivant t\j\rs sa po9te1 c> elle e/ m]veilleuse la suivre1 fait l'heure o n\s sommes1 desc5dre le jury d'un cran et trans=me le jury b\rgeois en jury ouvri]4 ,je n'y vois p\r ma "p aucun mal2 c> en matire de lois l'ignorance et l'impritie du b\rgeois et l'ignorance et l'impritie de l'ouvri] tant gales2 et du jury b\rgeois au jury b\rgeois-ouvri] et du jury b\rgeois-ouvri] au jury ouvri] il n'y aura pas dcad5ce2 ceci e/ n seulem5t p\r indiqu] la t5dance de la dmocratie v]s une incompt5ce qui e/ prsume de plus en plus gr&e4 ,le prs5t1 c'e/ encore les juges de paix4 ,un exemple assez intressant de la dmocratie la re*]*e de l'incompt5ce en matire judiciaire e/ le suivant3 ,les juges de paix sont trs s\v5t1 cause des frais qu'il faut que le plaideur fasse p\r appel] de leur juridiction une juridiction suprieure1 des juges en d]ni] ressort4 ,ils sont donc des juges trs considrables4 ,il s]ait donc trs ncessaire qu'ils fuss5t in/ruits1 qu'ils connuss5t du droit et de la jurisprud5ce4 ,p> suite on les *oisissait gnralem5t p>mi les lic5cis en droit1 les ba*eli]s en droit1 les anci5s cl]cs de notaire p\rvus du brevet de capacit4 ,t\t cela1 vrai dire1 tait assez faible comme g>antie4 ,p> la loi du #ab juillet #aije1 le ,snat franais1 dsireux de tr\v] p> ces fonctions une incompt5ce plus radicale1 dcida que p\rrai5t tre nomms juge de paix ceux qui1 dfaut de lic5ce ou de baccalaurat en droit1 ou de c]tificat de capacit1 auront ex]c p5dant dix ans les fonctions de maires ou adjo9ts ou conseill]s gnraux4 ,il y avait dans cette dcision le dsir1 trs lgitime et trs honnte1 de p]mettre aux snateurs et dputs de rcomp5s] les s]vices lectoraux qui leur s]ai5t r5dus1 p> des places de juges de paix 7songez que les snateurs1 p>ticulirem5t1 sont nomms p> les maires et adjo9ts de village74 ,mais il y avait surt\t l'application du pr9cipe4 ,le pr9cipe e/1 comme n\s savons1 celui-ci3 ,o e/ l'incompt5ce absolue8 ,c'e/ celui qui l'a sans conte/ation possible1 qu'il faut confi] la fonction4 ,or les maires et adjo9ts rpondai5t intgralem5t cette faon de considr] les *oses4 ,les maires et adjo9ts1 en ,france1 doiv5t savoir sign]2 mais il n'e/ nullem5t obligatoire qu'ils sa*5t lire2 et quatre-v+t fois sur c5t1 ils sont de purs illettrs dont l'in/ituteur de la commune fait t\t le travail4 ,le ,snat tait donc sr d'avoir en eux des hommes radicalem5t incapables d'tre juges de paix4 ,c'e/ ce qu'il lui fallait4 ,l'incompt5ce tant absolue1 la fonction lui tait due2 il la lui a donne4 ,c]ta9es consqu5ces de cette in/itution m9emm5t dmocratique ont p>u m\voir la magi/rature et les p\voirs publics4 ,m4 ,b>?\ m9i/re de la ,ju/ice1 sur la f9 de l'anne #aiji1 s'e/ pla9t du travail que lui donne l'in/itution n\velle4 ,il a dit aux dputs3 ,n\s sommes ici p\r n\s dire rciproquem5t nos vrits et1 avec t\te la modration et t\te la prud5ce qui convi5n5t1 j'ai le droit de mettre la ,*ambre en g>de contre les consqu5ces de la loi de #aije4 ,a l'heure actuelle je suis assailli p> les dem&es de ju/ices de paix4 ,je ne v\s dirai pas qu'il y a quelque #i4jjj dossi]s au m9i/re de la ,ju/ice2 p>ce que je convi5s que1 p>mi ces dossi]s il peut s'en r5contr] quelques-uns qui1 p\r des raisons div]ses1 ne sont pas susceptibles d'un exam52 mais il y a1 en *iffres ronds1 #e4jjj dossi]s qui sont appuys1 qui sont exam9s4 ,ce qui veut dire qu'ils sont exam9s p>ce qu'ils sont appuys1 ceux qui ne sont apo/ills p> aucun p]sonnage politique tant classs sans exam51 comme il e/ ju/e et si v\s pr5ez g>de qu'il y a une moy5ne annuelle de #ahj vacances1 v\s ap]cevrez immdiatem5t la difficult devant laquelle je me heurte4 ,or p>mi ces c&idatures il en e/ qui se prs5t5t avec une =ce1 je ne veux pas dire avec une pret s+ulire3 ce sont les c&idatures de ceux qui1 p5dant dix ans1 ont ex]c1 quelquefois dans les plus petites communes1 les fonctions de maire et les fonctions d'adjo9t4 ,et le m9i/re de la ,ju/ice faisait connatre ,,mm4 les dputs le rapport d'un procureur gnral sur cette "q4 ,ce procureur gnral disait3 ,ce dp>tem5t compte qu>ante-sept juges de paix4 ,d'un relev nom9atif que je vi5s d'tablir il rsulte que v+t de ces magi/rats tai5t maires au mom5t de leur nom9ation4 ,il ne faut pas tre surpris si le nombre des c&idats aux fonctions de la magi/rature cantonale s'lve de plus en plus p>mi les *efs des municipalits4 ,il semble admis dans ce dp>tem5t que les fonctions lectives1 en dehors de t\te aptitude pr(essionnelle1 soi5t la voie d'accs normale aux fonctions rtribues et spcialem5t aux places de juge de paix4 ,une fois nomms1 les juges de paix cumul5t du re/e leurs n\velles fonctions avec leur m&at municipal4 ,leur rsid5ce effective e/ beauc\p plus dans la commune qu'ils adm9i/r5t que dans le canton o ils r5d5t la ju/ice et d'o ils ne doiv5t jamais s'abs5t] sans cong444 ,ces magi/rats cantonaux n'hsit5t pas p>fois t\t mettre en uvre p\r arra*] aux hommes politiques de l'arrondissem5t un appui moral qui e/ en somme la ranon de l'influ5ce lectorale dont ils dispos5t comme magi/rats municipaux4 ,ils sont beauc\p plus rassurs p> l'int]v5tion v5tuelle du dput qu'inquiets des mises en demeure comm9atoires du p>quet4 ,les ju/iciables sont les intressantes victimes de ces compromissions qui port5t atte9te au bon r5om du rgime rpublica94 ,les gmissem5ts du m9i/re de la ,ju/ice et de son procureur gnral me p>aiss5t bi5 peu ju/ifis4 ,m4 le m9i/re ne se pla9t que d'avoir #i4jjj dossi]s sur les bras4 ,il ne laisse pas de lui tre facile1 soit en con=mit avec le pr9cipe gnral1 de nomm] p>mi les c&idats ceux dont l'incompt5ce lui p>atra la plus radicale2 soit1 en con=mit avec les usages1 ceux qui lui p>atront les plus appuys4 ,quant au procureur gnral il a des ironies qui lui p>aiss5t spirituelles1 mais qui sont empre9tes de la plus div]tissante navet3 ,il semble admis que les fonctions lectives1 en dehors de t\te aptitude pr(essionnelle1 soi5t la voie d'accs normale aux fonctions rtribues444 ,eh bi56 ,il e/ m9emm5t dmocratique que l'abs5ce de t\te capacit pr(essionnelle dsigne aux fonctions1 puisque c'e/ l'esprit de la dmocratie elle-mme4 ,e/-ce la capacit lgislatrice ou g\v]nem5tale qui fait qu'on e/ lecteur8 ,et il e/ m9emm5t dmocratique aussi que les fonctions lectives mn5t aux fonctions rtribues1 puisque1 d'aprs les pr9cipes dmocratiques1 t\tes les fonctions rtribues et du re/e t\tes les fonctions devrai5t tre lectives4 ,ce procureur gnral e/ ari/ocrate4 ,quant aux s]vices rciproques r5dus p> le juge de paix1 en tant que maire1 au dput et p> le dput au juge de paix1 t\t simplem5t c'e/ t\t le rgime4 ,le rgime1 c'e/3 des dputs rp&ant des faveurs p\r tre lus et rlus2 des lecteurs influ5ts mettant leur influ5ce1 soit p]sonnelle1 soit de fonctionnaires1 au s]vice des dputs1 p\r en obt5ir des faveurs2 et les uns et les autres faisant bloc4 ,que v\drait donc le procureur gnral8 ,un rgime autre que celui-ci8 ,mais1 s'il v\s plat1 ce rgime autre1 quel qu'il ft1 ne s]ait pas la dmocratie1 ou ce ne s]ait pas une dmocratie dmocratique4--,et je ne sais ce que ,m4 le procureur gnral ent5d p> le bon r5om du rgime rpublica94 ,le bon r5om du rgime rpublica9 consi/e en ceci que la ,rpublique soit rpute comme ralisant t\s les pr9cipes dmocratiques2 or jamais les pr9cipes dmocratiques n'ont t plus prcism5t raliss que dans l'exemple ci-dessus qu'il tait trs intressant de relev] et de livr] aux mditations des sociologues4 ,,viii ,,autres ,,incomp,,t5ces ,j'ai dit que le culte de l'incompt5ce fait ta*e d'huile1 se propage p> contagion et il e/ assez naturel qu'tant endmique il soit pidmique et qu'tant au c5tre mme et au noyau de l'tat1 savoir dans sa con/itution1 il se rp&e dans les c\tumes et dans les murs4 ,on sait en effet que le ?tre e/ l'imitation de la vie et que la vie e/ peut-tre encore plus l'imitation du ?tre3 de mme les lois sort5t des murs mais aussi1 s9on encore plus1 les murs sort5t des lois4 ,plusieurs *oses g\v]n5t les hommes1 dit ,montesquieu1 le climat1 la religion1 les lois1 les maximes du g\v]nem5t1 les exemples des *oses passes1 les murs1 les manires2 d'o il se =me un esprit gnral qui en rsulte2 et il y a entre ces diffr5tes *oses qui g\v]n5t les hommes des sries d'actions et de ractions rciproques4 ,le plus s\v5t les murs font les lois1 p>ticulirem5t en dmocratie1 ce qui du re/e e/ dplorable2 mais ,montesquieu n'a pas tort de dire aussi que les murs reprs5t5t les lois et les manires reprs5t5t les murs et que les lois peuv5t au mo9s contribu] =m] les murs et les manires et mme le c>actre d'une nation2 qu'une p>tie des murs des ,roma9s dat] de l',empire a t5u l'exi/5ce du p\voir arbitraire et qu'une p>tie des murs des ,anglais ti5t leur con/itution et leurs lois4 ,on sait que1 p> des lois1 ,pi]re le ,gr& modifia pr(ondm5t1 s9on le c>actre1 du mo9s les c\tumes et les murs de son peuple4 ,les lois eng5dr5t des c\tumes et les c\tumes eng5dr5t des murs4 ,le c>actre n'en e/ pas *ang et je crois qu'il ne l'e/ jamais p> ri52 mais il semble l'tre et mme il e/1 du mo9s1 modifi1 p> ce que c]ta9es p>ties de lui qui tai5t ref\les sont mises en lib]t et c]ta9es p>ties de lui qui tai5t libres en leur expansion sont ref\les3 il y a eu un dclan*em5t4 ,il e/ vid5t p\r t\s que la loi qui a aboli le droit d'anesse n'a po9t *ang le c>actre de la nation1 mais en a *ang les murs ce qui a eu1 dans une c]ta9e mesure1 rp]cussion sur le c>actre lui-mme4 ,s5tir ds l'enfance1 mme au-dess\s du pre1 un *ef1 quelqu'un qui v\s dom9e1 qui e/ plus que v\s p> droit de naissance2 cela v\s donne une m5talit p>ticulire4 ,il e/ clair que les pays o exi/e le droit de te/] ont des murs de famille trs diffr5tes de celles des pays o l'enfant e/ considr comme copropritaire du patrimo9e4 ,on a rem>qu que depuis la loi de divorce1 trs ncessaire du re/e1 mais tri/e ncessit1 il y a beauc\p plus1 incomp>ablem5t plus de dem&es de divorce qu'il n'y avait aup>avant de dem&es de sp>ation4 ,cela ti5t-il ce que1 la sp>ation ne donnant qu'une libration relative1 qu'un demi-affran*issem5t1 on jugeait qu'il ne valait pas la pe9e de se mettre en m\vem5t p\r si peu8 ,je ne crois pas2 c> lorsqu'il s'agit d'un j\g insupportable il e/ naturel qu'on fasse autant d'ef=ts p\r qu'il soit dess]r1 l>gem5t du re/e1 qu'on en f]ait p\r qu'il ft t4 ,la vrit1 je crois1 e/ que l'exi/5ce de la loi civile et son accord avec la loi religieuse donnai5t aux individus une m5talit p>ticulire relativem5t l'affaire du m>iage1 faisai5t qu'ils la considrai5t comme quelque *ose de sacr1 comme un li5 qu'il y avait une gr&e honte rompre et qu'on ne p\vait rompre en effet que l'on n'y ft absolum5t contra9t et =c1 presque s\s pe9e de la vie4 ,la loi tablissant le divorce a t ce que nos pres euss5t appel une indiscrtion lgale2 elle a t une pudeur4 ,sauf qu& le s5tim5t religieux e/ =t1 on n'a plus scrupule moral divorc]2 on divorce sans honte4 ,il y a eu dclan*em5t3 la pudeur a pris le dess\s1 le dsir de la lib]t ou d'une n\velle union le dessus4 ,de ce dclan*em5t une loi a t cause1 une loi c]ta9em5t effet de murs n\velles2 mais qui1 son t\r1 a fait de n\velles murs1 ou t5du1 rp&u celles qui tai5t en tra9 de se faire4 ,c'e/ a9si que la dmocratie t5d et rp& cet am\r de l'incompt5ce qui e/ sa c>actri/ique et comme sa facult matresse4 'a t un jeu traditionnel *ez les philosophes grecs de dpe9dre avec gat les murs dmocratiques et je veux dire les murs dome/iques et p]sonnelles qu'ils considrai5t comme inspires et entret5ues p> l'tat dmocratique4 ,a cet g>d ils rivalis5t t\s avec ,ari/ophane4 ,je suis cont5t de moi1 dit un p]sonnage de ,xnophon1 cause de ma pauvret4 ,qu& j'tais ri*e j'tais oblig de faire ma c\r aux calomniateurs1 sa*ant bi5 que j'tais plus susceptible de recevoir du mal d'eux que capable de leur en faire4 ,et puis la ,rpublique me dem&ait t\j\rs quelque n\velle somme2 et puis je ne p\vais pas m'abs5t]4 ,depuis que je suis pauvre1 j'ai acquis de l'autorit2 p]sonne ne me m5ace2 je m5ace les autres2 je suis libre de m'en all] ou de re/]4 ,les ri*es se lv5t devant moi et me cd5t le pas4 ,j'tais esclave2 je suis un roi2 je payais un tribut la ,rpublique2 auj\rd'hui elle me n\rrit2 je ne cra9s plus de p]dre1 j'espre acqurir444 ,platon s'amuse de mme3 ,en vrit cette =me de g\v]nem5t a bi5 l'air d'tre la plus belle de t\tes et cette prodigieuse div]sit de c>actres p\rrait bi5 p>atre d'un admirable effet444 ,a jug] sur le premi] c\p d'il1 n'e/-ce pas une condition bi5 d\ce et bi5 commode de ne p\voir tre contra9t d'accept] aucune *>ge publique quelque mrite que l'on ait p\r la remplir1 de n'tre s\mis aucune autorit si v\s le v\lez et d'tre juge ou magi/rat si la fantaisie v\s en pr5d8 ,n'e/-ce encore quelque *ose d'admirable que la d\ceur avec laquelle on y traite c]ta9s condamns8 ,n'z-tu pas vu1 dans quelque tat de ce g5re des hommes condamns la mort ou l'exil re/] dans le pays et se prom5] en public avec une dm>*e et une cont5ance de hros1 comme si p]sonne ne faisait att5tion eux8 ,et ces maximes que n\s traitions1 n\s1 avec tant de respect en traant le plan de notre ,rpublique1 qu& n\s assurions qu' mo9s d'tre d\ d'un excell5t naturel1 si l'on n'a vcu ds les jeux de l'enfance au milieu du bi5 et de l'honntet et si l'on n'en a fait ensuite une tude srieuse1 jamais on ne devi5dra v]tueux2 ces maximes1 quelle condesc5dance gnreuse1 quelle l>ge faon de p5s] montr5t nos dmocrates dans le mpris qu'ils leur tmoign5t6 ,avec quelle gr&eur d'me ils f\l5t aux pi$s ces maximes1 ne se mettant jamais en pe9e d'exam9] quelle a t l'ducation de ceux qui s'+r5t dans le m\vem5t des affaires6 ,quel empressem5t1 au contraire1 les accueillir et les honor]1 p\rvu qu'ils se dis5t ple9s de zle p\r les intrts du peuple6 ,cela suppose une haute gnrosit4--,tels sont avec d'autres1 analogues1 les avantages de la dmocratie4 ,c'e/ un g\v]nem5t trs agrable o l'galit rgne entre les *oses 9gales comme entre les *oses gales444 ,or lorsqu'un tat dmocratique1 dvor d'une soif ard5te de la lib]t e/ g\v]n p> de mauvais *ansons qui la lui v]s5t t\te pure et la lui font boire jusqu' l'ivresse1 alors si les g\v]nants ne port5t pas la complaisance jusqu' lui v]s] de la lib]t tant qu'il veut1 le peuple les accuse et les *tie s\s prtexte que ce sont des tratres qui aspir5t l'olig>*ie444 il vante et honore l'galit qui confond les magi/rats avec les citoy5s4 ,se peut-il ds lors que dans un p>eil tat l'esprit de lib]t ne s't5de pas t\t8 ,se peut-il que l'esprit d'indp5dance et d'an>*ie ne pntre pas dans l'intrieur des familles8444 ,et a9si les pres s'acc\tum5t trait] leurs enfants comme leurs gaux et mme les cra9dre1 ceux-ci s'gal] leurs pres et n'avoir p\r eux ni cra9te ni respect2 et les citoy5s et les simples habitants et les trang]s mmes aspir5t aux mmes droits444 ,et les matres1 dans cet tat1 craign5t et mnag5t leurs disciples et ceux-ci se moqu5t de leurs matres et de leurs g\v]neurs4 ,et les jeunes g5s veul5t all] de pair avec les vieill>ds et les vieill>ds desc5d5t aux manires des jeunes g5s et s'tudi5t copi] leurs faons dans la cra9te de pass] p\r des g5s d'un c>actre morose et despotique444 ,et il faut rem>qu] quel po9t de lib]t et d'galit sont les relations entre les hommes et les femmes4 ,et l'on aurait pe9e croire1 mo9s de l'avoir vu1 combi5 les animaux1 mme1 qui sont l'usage des hommes1 sont plus libres l que p>t\t ailleurs4 ,de petites *i5nes--et c'e/ un prov]be--y sont sur le mme pi$ que leurs matresses et les *evaux et les nes1 acc\tums m>*] tte leve et sans se gn] heurtant t\s ceux qu'ils r5contr5t si on ne leur cde le passage4 ,ari/ote1 infidle sur ce po9t sa m?ode favorite qui tait de dire t\j\rs le contraire de ,platon1 n'a aucune t5dresse1 n\s l'avons dj vu1 p\r l'ari/ocratie4 ,trs froid1 r>em5t humori/e1 s>ca/ique jamais1 il ne fonce pas sur elle1 comme ,platon1 mais il ne la mnage nullem5t4 ,d'abord1 il e/ esclavagi/e trs affirmatif4 ,cela ne le di/+ue d'aucun philosophe anci51 ,snque demi except2 mais il e/ esclavagi/e avec une insi/ance et une n]gie qui lui e/1 en vrit1 p>ticulire4 ,p> lui l',esclavage n'e/ pas seulem5t une des bases1 il e/ la base mme1 ess5tielle1 absolum5t indisp5sable1 de la socit antique4 ,a un degr plus haut1 il ti5t les artisans p\r des espces de demi-esclaves4 ,il affirme hi/oriquem5t que ce ne sont que les dmocraties tombes en corruption qui leur ont accord les droits de citoy52 et ?oriquem5t il s\ti5t que jamais une bonne rpublique ne leur donn]a le droit de cit4 ,*ez c]ta9s peuples1 les artisans n'tai5t po9t admis aux magi/ratures avant les excs de la dmocratie444 ,dans les temps anci5s c]ta9s peuples considrai5t les artisans comme des esclaves ou des trang]s2 et c'e/ p\r cela qu'auj\rd'hui encore la plup>t des artisans sont considrs comme tels4 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que la cit modle n'admettra jamais l'artisan au nombre des citoy5s444 ,sans d\te la dmocratie e/ la rigueur un g\v]nem5t 7444 si l'on compte la dmocratie au nombre des g\v]nem5ts44472 sans d\te il e/ possible que ceux qui compos5t la multitude1 bi5 que *acun d'eux ne soit pas un homme suprieur1 l'emport5t qu& ils sont runis sur les hommes m95ts1 non pas comme individus1 mais comme masse444 ,voil p\rquoi la multitude juge mieux les uvres des musici5s et des potes2 c> l'un apprcie une p>tie1 l'autre une autre et t\s apprci5t le t\t ,notez qu'il p>le t\j\rs d'une dmocratie dont ne font p>tie ni les esclaves ni les artisans4 ,sans d\te on peut considr] la dmocratie comme le plus tolrable des g\v]nem5ts dgnrs et ,platon quoique se plaant un autre po9t de vue qu',ari/ote a assez bi5 conclu en disant que la dmocratie e/ le plus mauvais des bons g\v]nem5ts1 mais e/ le meilleur entre les mauvais4 ,mais aussi1 il e/ difficile de ne pas la considr] comme une erreur sociologique4 ,il e/ faux que la cit tr\ve son compte ce qu'on lve au rang de citoy5s t\s les hommes1 mme utiles1 t\s ceux dont la cit a beso9 p\r exi/]4 ,elle a ce dfaut bi5 s5sible qu'elle ne peut pas1 en quelque sorte con/itutionnellem5t1 support]1 g>d] en son se91 les hommes suprieurs4 ,en dmocratie ,si un citoy5 a une telle supriorit de mrite1 ou si plusieurs citoy5s sont tellem5t suprieurs qu'on ne puisse comp>] ceux des autres ni le mrite ni l'influ5ce de ce citoy5 ou de ces citoy5s1 on ne peut plus les reg>d] comme faisant p>tie de la cit4 ,ce s]ait leur faire tort que de les y admettre sur le pi$ de l'galit1 eux qui l'emport5t tant sur les autres2 il semble qu'un tre de cette espce doive tre considr comme un ,dieu p>mi les hommes4 ,on voit bi5 que les lois ne sont ncessaires que p\r les hommes gaux p> leur naissance et p> leurs facults et que p\r ceux qui s'lv5t ce po9t au-dessus des autres il n'y a po9t de loi3 ils sont eux-mmes leur propre loi2 celui qui prt5drait leur impos] des rgles se r5drait ridicule2 et peut-tre s]ai5t-ils en droit de lui dire ce que les lions d',anti/hne rpondir5t aux livres qui plaidai5t la cause de l'galit entre t\s les animaux4 ,c'e/ p\r cette raison que l'o/racisme a t tabli dans les tats dmocratiques qui sont plus que t\s les autres jal\x de l'galit4 ,ds qu'un citoy5 semblait s'lev] au-dessus des autres p> son crdit1 p> ses ri*esses1 p> le nombre de ses admirateurs ou p> t\te influ5ce politique1 l'o/racisme le frappait et l'loignait de la cit4 ,il tait comme ,h]cule1 que les ,argonautes dlaissr5t p>ce qu',argo1 leur navire1 dcl>ait qu'il tait trop l\rd p\r qu'il pt le port]4 ,?rasibule1 tyran de ,milet1 dem&a ,pri&re1 tyran de ,cor9!1 un des sept sages de la ,grce1 des conseils de g\v]nem5t4 ,pri&re ne rpondit ri52 mais nivela un *amp de bl en c\pant les pis qui s'levai5t au-dessus des autres4 ,ce ne sont pas seulem5t les tyrans qui ont intrt faire cela et qui le font2 il en va t\t de mme dans les tats olig>*iques et dans les tats dmocratiques3 l'o/racisme y produit peu prs les mmes rsultats en emp*ant les citoy5s de trop s'lev] et en les exilant4 ,c'e/ l comme une ncessit con/itutionnelle de la dmocratie4 ,a la vrit1 elle n'e/ pas t\j\rs =ce d'exil] ou de faire tomb] les ttes des bls2 elle peut1 p\r a9si p>l]1 exil] l'intrieur1 c'e/--dire refus] sy/matiquem5t t\te lvation et mme t\te fonction sociale l'homme qui montr]a une supriorit de quelque g5re que ce soit1 de naissance1 de ri*esses1 de v]tu ou de tal5t4 ,c'e/ l'o/racisme la muette1 comme dit le peuple4 ,j'ai quelquefois fait rem>qu] que s\s la premire dmocratie ,l\is ,,xvi avait t guillot9 p\r avoir v\lu quitt] le t]ritoire et que s\s la troisime dmocratie ses petits-neveux avai5t t expulss du t]ritoire p\r avoir v\lu y re/]4 ,ceci c'e/ l'o/racisme qui se *]*e et qui se contr$it p>ce qu'il hsite4 ,il se *]*]a et il hsit]a encore2 mais en vi5dra1 rgul>is1 ram5] l'impuissance1 p> tel ou tel sy/me de compression1 t\t ce qui s]a puissance individuelle gr&e ou petite1 t\t ce qui s'lv]a1 peu ou pr\1 au-dessus du commun niveau4 ,c'e/ l'o/racisme2 il e/ un organe physiologique1 p\r a9si p>l]1 des dmocraties4 ,a en us]1 elles mutil5t le pays1 il e/ vrai2 s'en pass] elles se mutil]ai5t elles-mmes4 ,ari/ote se pose s\v5t cette "q de l'homme m95t4 ,l'homme m95t1 dit-il1 diffre de l'individu pris dans la f\le comme la beaut diffre de la laideur1 comme un beau tableau diffre de la ralit1 quelques fragm5ts de beaut1 du re/e1 qui exi/5t dans le rel444 ,e/-il vrai que dans t\te espce de peuple la diffr5ce entre la f\le et le petit nombre soit t\j\rs la mme4 ,c'e/ ce qui e/ inc]ta9 mais peu importe444 ,notre obs]vation re/e ju/e qu'il y a la diffr5ce que n\s avons dite4 ,aussi peut-elle s]vir rs\dre la "q propose3 de quelle autorit doit tre inve/ie la masse des citoy5s8 ,leur donn] accs aux gr&es magi/ratures n'e/ pas sr2 c> on doit cra9dre qu'ils ne commett5t des inju/ices1 faute de probit1 ou des erreurs1 faute de lumire4 ,d'un autre ct les exclure de t\s les emplois1 il y a le dang] de faire l'tat trop d'ennemis4 ,il re/e donc faire sa "p la multitude dans les dlibrations444 ,c'e/ p\r cela que ,solon444 ,mais1 pris "p1 *aque citoy5 de cette classe e/ incapable de jug]4 ,ce n'e/ pas seulem5t l'homme m95t qui gne les dmocraties2 c'e/ t\te espce de =ce individuelle ou collective1 qui e/ en dehors de l'tat1 en dehors du g\v]nem5t4 ,si l'on se rappelle qu',ari/ote a assimil la dmocratie en son tat aigu la tyrannie1 on tr\v]a intressant le tableau en racc\rci qu'il trace des moy5s de la tyrannie3 rprim] ceux qui ont quelque supriorit1 faire m\rir les hommes qui ont des s5tim5ts gnreux1 ne p]mettre ni les repas en commun1 ni les associations d'amis1 ni l'in/ruction sauf celle qu'elle donne ni ri5 de p>eil1 vit] t\tes ces habitudes qui sont propres ord9airem5t faire natre la gr&eur d'me et la confiance1 ne tolr] ni assembles1 ni aucune des runions o les hommes occup5t leurs loisirs1 t\t faire p\r que les citoy5s soi5t autant que possible inconnus les uns des autres4--,les conclusions d',ari/ote sont p]sonnellem5t ari/ocratiques3 ,la cit p>faite n\s prs5te une difficult trs gnante4 ,dans le cas d'une supriorit manife/em5t reconnue1 non pas en fait d'avantages ord9aires tels que la =ce1 la ri*esse ou le gr& nombre de p>tisans1 mais en v]tu1 que faut-il faire8 ,c> enf9 on ne peut pas dire qu'il faille bannir de l'tat celui qui a une supriorit de ce g5re4 ,d'un autre ct on ne peut pas non plus le s\mettre l'autorit2 ce s]ait v\loir comm&] ,jupit] et p>tag] avec lui la puissance4 ,le seul p>ti qui re/e pr5dre c'e/ que t\s cons5t5t de bon cur1 ce qui semble naturel1 lui obir et donn] l'autorit1 p]ptuit dans les tats1 aux hommes qui lui ressembl5t4--,mais objectivem5t1 p\r a9si p>l]1 et se plaant en face des div]s g\v]nem5ts qui se p>tag5t l'humanit1 ,ari/ote a une autre conclusion que n\s aurons l'occasion de r5contr] et de mettre conv5ablem5t en lumire4 ,*ez les mod]nes1 ,r\sseau1 qui affirmait qu'il n'tait pas dmocrate et qui avait raison p>ce que ce qu'il appelait ,dmocratie c'tait le rgime a?ni51 le g\v]nem5t direct1 dont il ne v\lait po9t du t\t2 ,r\sseau qui a trac1 dans le ,contrat social1 le s*ma le plus prcis1 malgr c]ta9es contradictions et obscurits1 du g\v]nem5t dmocratique au s5s que n\s donnons ce mot1 mais de qui encore on ne peut pas savoir s'il e/ =mellem5t dmocrate p>ce qu'on ne sait pas ce qu'il ent5d p> citoy5s et si c'e/ t\t le monde ou si c'e/ seulem5t une classe1 nombreuse la vrit1 de la nation2 ,r\sseau a1 plus que t\t autre1 p>l1 non po9t prcism5t de l'influ5ce de la dmocratie sur les murs1 mais de l'accord1 p\r a9si dire1 de la dmocratie avec les bonnes murs4 galit1 frugalit1 simplicit1 voil ce qu'on tr\ve selon lui dans les tats qui n'ont ni royaut1 ni ari/ocratie1 ni pl\tocratie2 il semble que du mme fond de v]tu qui fait que c]ta9s peuples aim5t l'galit1 la frugalit et la simplicit sorte aussi un rgime exclusif de l'ari/ocratie1 de la pl\tocratie et de la royaut3 aimez la simplicit1 la frugalit et l'galit et il e/ probable que v\s vivrez en rpublique dmocratique ou s5siblem5t dmocratique4 ,voil le rsum le plus imp>tial1 je crois et le plus clair1 que l'on puisse faire de la doctr9e1 t\j\rs fuyante s\s des =mules rigides1 de ,r\sseau4 ,en cela il n'e/ qu'un lve1 beauc\p plus fidle qu'il ne veut l'av\]1 de ,montesquieu4 ,t\t ce que je vi5s de dire e/ littralem5t dans t\s les *apitres de ,montesquieu qui sont relatifs la dmocratie et son fameux mot de v]tu pr9cipe des rpubliques1 qu& il le pr5d dans un c]ta9 s5s1 n'e/ pas autre *ose que la syn?se de ces trois p]fections3 galit1 simplicit1 frugalit4 ,c> ,montesquieu pr5d v]tu tantt dans un s5s re/re9t1 tantt dans un s5s l>ge1 tantt dans le s5s de v]tu politique 7civisme et patriotisme7 tantt dans le s5s de v]tu proprem5t dite 7simplicit1 frugalit1 p>gne1 galit7--et dans ce second cas1 ,montesquieu et ,r\sseau sont absolum5t d'accord4 ,seulem5t ,montesquieu envisage aussi1 comme il fait t\s les g\v]nem5ts1 la dmocratie dcad5te et rsumant1 sans le cit]1 le tableau qu'en a trac ,platon et que n\s avons vu plus haut1 il crit3 ,le peuple v\lant faire les fonctions des magi/rats1 on ne les respecte plus2 les dlibrations du ,snat n'ayant plus de poids1 on n'a plus de respect p\r les snateurs ni p> consqu5t p\r les vieill>ds4 ,que si l'on n'a pas de respect p\r les vieill>ds on n'en aura pas non plus p\r les pres3 les m>is ne mrit5t pas plus de dfr5ce1 ni les matres plus de s\mission4 ,t\t le monde p>vi5dra aim] ce lib]t9age2 la gne du comm&em5t fatigu]a comme celle de l'obissance4 ,les femmes1 les enfants et les esclaves n'auront plus de s\mission p\r p]sonne4 ,il n'y aura plus de murs1 plus d'am\r de l'ordre1 enf9 plus de v]tu4 ,or1 p\r ce qui e/ de cette transition1 de ce passage des murs publiques de la dmocratie aux murs prives1 dome/iques et p]sonnelles rgnant dans l'tat dmocratique1 rem>quez-v\s la rac9e commune des dfauts publics et des dfauts privs8 ,cette rac9e commune c'e/ la mconnaissance1 c'e/ l'oubli1 c'e/ le mpris de la compt5ce4 ,si les lves mpris5t leurs matres1 les jeunes g5s les vieill>ds1 les femmes leurs m>is1 les mtques les citoy5s1 les condamns leurs condamnateurs1 les fils les pres2 c'e/ que l'ide de la compt5ce a disp>u2 c'e/ que les lves n'ont pas le s5tim5t de la supriorit sci5tifique de leurs pr(esseurs1 les jeunes g5s1 le s5tim5t de la supriorit exprim5tale des vieill>ds1 les femmes le s5tim5t de la supriorit de leurs m>is au po9t de vue de la vie pratique1 les mtques le s5tim5t de la supriorit des citoy5s au po9t de vue de la tradition nationale1 les condamns le s5tim5t de la supriorit morale de leurs juges1 les fils le s5tim5t de la supriorit sci5tifique1 exprim5tale1 civique et morale de leurs pres4 ,et comm5t l'aurai5t-ils1 ou l'aurai5t-ils bi5 pr(ond1 bi5 p]man5t et bi5 /able1 puisque la cit elle-mme e/ fonde sur l'ins\ci de la compt5ce1 si tant e/ qu'elle ne le soit pas sur le respect de l'incompt5ce elle-mme et sur le beso9 cont9u et p]si/ant et univ]sel de la re*]*] comme guide et comme re9e8 ,et c'e/ a9si que les murs publiques ont leur influ5ce1 et considrable1 sur les murs prives1 sur les murs proprem5t dites et que1 dans la famille1 dans le monde1 dans les relations quotidi5nes entre les citoy5s se glisse peu peu ce rel*em5t que ,platon appelle spirituellem5t l'galit entre les *oses gales et aussi entre les *oses qui ne le sont pas4--,dans la famille ce que l'tat dmocratique apporte d'abord ou ce qu'il favorise1 c'e/ l'esprit d'galit entre les deux sexes et p> consqu5t c'e/ l'irrespect de la femme l'g>d de l'homme4 ,notez qu'en son fond cette ide e/ trs ju/e2 mais c'e/ relativem5t aux que/ions de compt5ce qu'elle cesse de l'tre4 ,la femme e/ p>faitem5t l'gale de l'homme en tant que facults crbrales1 et1 en tat de civilisation o les facults crbrales comptant seules1 la femme e/ p>faitem5t l'gale de l'homme4 ,p>t\t dans la socit elle doit tre admise aux mmes emplois que l'homme dans les mmes conditions de capacit et d'in/ruction2 mais dans la famille il e/ clair qu'il doit y avoir1 comme dans t\te entreprise3 #a division du travail selon les compt5ces3 #b reconnaissance d'un *ef selon les compt5ces4 ,c'e/ cette loi qu'en rgime dmocratique les femmes sont am5es mconnatre cont9uellem5t4 ,elles n'admett5t pas le p>tage du travail en travail extrieur et travail dome/ique et prt5d5t s'immisc] dans le travail extrieur1 dans le mti] de l'homme1 qu'elles f]ai5t peut-tre trs bi5 si elles avai5t le faire et si elles n'avai5t faire que lui1 qu'elles gn5t et gt5t en prt5dant s'y ml] alors qu'elles ont autre *ose m5] bi54--,elles n'admett5t pas la direction gnrale de l'entreprise p> l'homme et prt5d5t1 non seulem5t tre associes1 mais tre *efs de l'entreprise4 ,ceci e/ le mpris de la compt5ce conv5tionnelle ou de la compt5ce contractuelle4 ,la femme s]ait sans d\te aussi bon p]cepteur que son m>i2 mais1 du mom5t que l'on s'e/ mis deux1 l'un p\r adm9i/r] une p]ception et l'autre p\r dirig] une maison1 que celui qui dirige la maison veuille s'occup] de la p]ception1 c'e/ aussi mauvais que si celui qui s'e/ *>g d'adm9i/r] la p]ception s'occupait de la cuis9e et de l'a*at des subsi/ances2 il faut respect] ici la compt5ce conv5tionnelle et contractuelle1 qui devi5t trs vite1 p> l'habitude et l'ex]cice1 une compt5ce trs vritable et trs relle1 que gne1 altre et dsorganise une int]v5tion trangre4 ,surt\t p> le mpris1 non pas mme dguis1 de cette compt5ce contractuelle1 puis acquise et p> la mconnaissance du rle de *ef de famille1 les femmes habitu5t quotidi5nem5t1 m9utieusem5t1 les enfants au mpris des pres4 ,les enfants sont comme levs p> la dmocratie dans le mpris de leurs pres et de leurs mres4 ,il n'y a en vrit pas d'autre mot1 quelque innoc5tes1 quelque bonnes mme que soi5t ses int5tions4 ,comptez1 en effet4 ,d'abord la dmocratie nie cette premire compt5ce3 l'habilet des morts guid] et conduire les vivants2 c'e/ une de ses maximes ess5tielles et fondam5tales qu'une gnration ne saurait tre lie p> celles qui l'ont prcde4 ,quelle conclusion veut-on que les enfants tir5t1 soit de cette maxime1 soit de t\tes les applications de cette maxime qu'ils voi5t aut\r d'eux1 si ce n'e/ qu'ils ne sont lis en ri5 la gnration qui les prcde1 c'e/--dire leur pre et leur mre8 ,naturellem5t les enfants n'ont dj que trop1 ou ont dj assez de t5dances t5ir en petite e/ime leurs p>5ts4 ,fi]s de leur supriorit physique et de ce s5tim5t qu'ils mont5t et que leurs p>5ts desc5d5t1 imbus de ce prjug univ]sel de l'humanit mod]ne qu'il y a t\j\rs progrs et que p> consqu5t ce qui e/ d'hi] e/ t\j\rs infrieur p> df9ition ce qui e/ d'auj\rd'hui2 p\sss aussi1 je l'ai t\j\rs cru1 p> une c]ta9e ,nmsis qui e/ p]suade que la sci5ce et la puissance huma9es irai5t trop vite si les enfants pr5ai5t le *anon ju/e au mom5t o leurs pres le quitt5t et cont9uai5t t\t simplem5t leur pre et ne comm5ai5t pas p> effac] t\t ce que leurs pres ont fait1 p\r recomm5c]1 ce qui fait que l'difice re/e t\j\rs prs de ses fondem5ts2 p\r t\tes ces raisons les enfants ont une t5dance naturelle trait] leurs p>5ts de ,cass&res4 ,or la dmocratie y aj\te cet enseignem5t que les gnrations sont indp5dantes les unes des autres et que les morts n'ont ri5 enseign] aux vivants4 ,en second lieu la dmocratie1 se fondant d'abord sur cette mme ide1 ensuite sur cette ide que l'tat e/ matre de t\t1 s\/rait l'enfant sa famille autant qu'elle le peut3 ,la dmocratie1 a d dire ,socrate1 dans quelqu'un de ses dialogues humori/iques1 e/ un saltimbanque voleur d'enfants4 ,elle s\/rait l'enfant sa famille p5dant qu'il j\e2 elle l'emmne au lo9 et ne lui p]met plus de voir sa famille2 elle lui appr5d plusieurs langues trangres1 elle le disloque et le ds>ticule2 elle le f>de2 elle le revt d'un co/ume trange2 elle lui rvle t\s les my/res de l'acrobatie et le r5d capable de p>atre devant le public et de le div]tir p> des t\rs4 ,tant y a que la dmocratie ti5t ess5tiellem5t s\/raire l'enfant sa famille1 lui donn] l'ducation qu'elle a *oisie et non que les p>5ts *oisiss5t et lui enseign] a9si qu'il ne faut pas croire ce que ses p>5ts lui enseign5t4 ,elle nie la compt5ce des p>5ts en y sub/ituant la si5ne et en assurant que seule la si5ne vaut4 ,ceci e/ encore une des gr&es causes de la sp>ation des pres et des enfants en rgime dmocratique4 ,on me dira que1 dans cette mission qu'elle se donne de sp>] les enfants des pres1 la dmocratie ne russit pas t\j\rs1 p>ce que le mme mpris que les enfants ont1 p\r tant de causes1 l'g>d de leurs p>5ts1 ri5 n'emp*e qu'ils ne l'ai5t l'g>d de leurs pr(esseurs4 ,ri5 de plus ju/e et les maximes gnrales de la dmocratie ne vont pas mo9s faire mpris] les matres p> les disciples que les p>5ts p> les fils4 ,le matre1 lui aussi1 e/ aux yeux de l'lve le pass qui ne lie pas le prs5t et le pass qui1 de p> la loi du progrs1 e/ trs infrieur l'actuel4 ,il e/ vrai2 mais le fait de combattre l'cole les p>5ts1 qui1 domicile1 combatt5t l'cole1 amne l'enfant tre un p]sonnage qui1 entre ces influ5ces contraires1 n'aura pas t lev du t\t4 ,il en s]a de lui comme de l'enfant qui dans sa famille mme1 aura reu les leons1 surt\t l'exemple1 d'une mre croyante et d'un pre a?e4 ,il n'e/ pas lev2 il n'a reu aucune espce d'ducation4 ,la seule ducation et c'e/--dire la seule transmission aux fils des ides gnrales de leurs p>5ts1 consi/e en une ducation de famille s\t5ue d'une ducation donne p> des matres que la famille a *oisis selon son esprit4 ,c'e/ prcism5t ce quoi la dmocratie n'aime po9t se rs\dre4 99 99 99 99 99 ,a plus =te raison en rgime dmocratique les vieill>ds ne sont ni respects ni honors4 ,encore une compt5ce nie =mellem5t et =mellem5t c>te4 ,il y aurait crire un trait1 qui p\rrait tre assez curieux1 sur la gr&eur et la dcad5ce des vieill>ds4 ,les vieill>ds n'ont pas se l\] de la civilisation4 ,dans les temps primitifs1 comme encore auj\rd'hui *ez les sauvages1 les vieill>ds sont rois4 ,la grontocratie e/ la plus anci5ne =me de g\v]nem5t4 ,cela se compr5d assez1 puisque t\te sci5ce1 dans les temps primitifs1 e/ expri5ce et que les vieill>ds ont a9si en eux t\te la sci5ce hi/orique1 sociale et politique de la cit4 ,aussi sont-ils en trs gr& honneur et c\ts avec le plus gr& respect1 la plus gr&e att5tion1 presque avec sup]/ition4 ,nietzs*e se rappelle ces temps qu& il dit3 ,signe de noblesse1 signe d'ari/ocratie1 le respect des vieill>ds4 ,et il se rappelle aussi la raison de ce prjug qu& il aj\te3 ,le respect des vieill>ds1 c'e/ le respect de la tradition4 ,comme on acceptait d'in/9ct le g\v]nem5t des morts sur les vivants1 ce qu'on honorait *ez les vieill>ds1 c'tait d'tre moiti morts3 ,le vieill>d qui remonte la s\rce premire1 ,entre aux j\rs t]nels et sort des j\rs *angeants2 ,et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes g5s ,mais aux yeux du vieill>d on voit de la lumire4 ,plus t>d le vieill>d p>tagea avec la royaut1 ou avec l'olig>*ie1 ou avec l'ari/ocratie1 le g\v]nem5t des affaires civiles et cons]va presque t\t le g\v]nem5t des affaires juridiques4 ,on apprciait sa compt5ce morale et sa compt5ce te*nique4 ,sa compt5ce morale consi/ait1 p\r les hommes de ces poques1 en ce que ses passions sont amorties et son jugem5t aussi ds9tress que peut l'tre un jugem5t huma94 ,son enttem5t mme n'e/ pas une mauvaise *ose ou e/ une *ose plutt bonne que mauvaise4 ,il e/ exclusif de v]satilits1 de caprices1 de m\vem5t d'humeur et d'obissance trop facile aux influ5ces4 ,sa compt5ce te*nique e/ considrable1 p>ce qu'il a beauc\p vu1 beauc\p ret5u1 beauc\p comp> et qu'il s'e/ fait1 en quelque sorte1 inconsciemm5t1 un rp]toire des cas4 ,or l'hi/oire recomm5ant t\j\rs1 avec des v>iantes1 somme t\te1 assez lgres1 *aque n\veau cas qui se prs5te e/ p\r lui un cas connu1 un cas anci51 qui ne l'tonne po9t et p\r lequel il a une solution qu'il s'agit seulem5t de modifi] lgrem5t p\r l'accommod]4 ,mais ceci se passait dans des temps trs anci5s4 ,ce qui a m9 peu peu l'autorit du vieill>d1 c'e/ le livre4 ,le livre r5f]me la sci5ce acquise1 le droit1 la jurisprud5ce1 l'hi/oire1 mieux sans d\te que le vieill>d ne les peut cont5ir4 ,les jeunes g5s1 un j\r1 se sont dit3 nos vieill>ds n\s1 ce sont les livres2 et1 ayant nos livres1 n\s n'avons plus beso9 des vieill>ds4 ,c'tait une erreur3 la sci5ce livresque n'e/ jamais qu'une auxiliaire de la sci5ce vivante1 de la sci5ce qui e/ t\te mle et t\te comb9e avec la p5se active qui l'ass\plit et qui la vrifie en la rep5sant4 ,le livre e/ un savant p>alys2 le savant e/ un livre qui cont9ue de se p5s] et de s'crire4 ,mais ces ides ne s'imposr5t po9t et le livre fit tort au vieill>d et le vieill>d ne fut plus la biblio?que nationale4 ,plus t>d encore1 p\r plusieurs raisons1 le vieill>d glissa du respect dans le ridicule4 ,conv5ons de bonne grce qu'il prte cela3 il e/ entt1 il e/ maniaque1 il e/ v]beux1 il e/ conteur1 il e/ ennuyeux1 il e/ grondeur et son aspect e/ dsagrable4 ,ce sont les auteurs comiques qui1 en s'emp>ant de ces dfauts1 qui ne sont que trop rels1 lui portr5t les c\ps les plus s5sibles4 ,comme la majorit de t\s les publics e/ compose de jeunes g5s1 d'abord p>ce qu'il y a plus de jeunes g5s que de vieill>ds1 ensuite p>ce que les vieill>ds frqu5t5t peu le ?tre1 les auteurs comiques tai5t srs de succs faciles en t\rnant les vieill>ds en ridicule ou plutt en ne montrant d'eux que les ridicules dont il e/ vrai qu'ils sont *am>rs4 ,a ,a?nes1 ,rome1 probablem5t ailleurs1 le vieill>d fut un des pr9cipaux p]sonnages grotesques4 ,ces *oses1 comme ,r\sseau l'a bi5 rem>qu1 ont un gr& ret5tissem5t sur les murs4 ,une fois class p]sonnage ridicule1 et traditionnel comme p]sonnage ridicule1 le vieill>d fut de/itu de son autorit sociale4 ,on voit trs bi5 dans le de ,s5ectute de ,cicron que l'auteur remonte un c\rant1 ragit1 rhabilite et1 p\r un p]sonnage qui n'e/ plus sympa?ique1 plaide les circon/ances attnuantes4 ,il e/ rem>quable que dans les popes1 mme1 du moy5 ge1 ,*>lemagne lui-mme1 l'emp]eur la b>be fleurie1 j\e assez s\v5t un p]sonnage ridicule4 ,l'pope se ress5t du vois9age du fabliau4 ,avec la ,r5aissance1 le ,x,v,i,ie sicle et le ,x,v,i,i,ie1 le vieill>d e/ je ne dis pas t\j\rs1 mais le plus s\v5t figure nas>des4 ,successeur d',ari/ophane et de ,plaute plus que de ,tr5ce1 ,molire e/ le flau de la vieillesse autant que le flau du ridicule2 il p\rsuit le vieill>d comme un *i5 fait sa proie et jamais dans ses v]s il ne les laisse en paix1 ni dans sa prose4 ,il faut r5dre cette ju/ice ,r\sseau et sa fille qu'ils ont essay de rhabilit] le vieill>d2 il lui fait une belle place dans ses uvres et elle lui accorde une l>ge place1 et honorable1 dans ses crmonies publiques et ses ftes nationales4 ,les s\v5irs antiques sont l1 ceux de ,lacdmone et des comm5cem5ts de ,rome2 et aussi c'e/ l une des =mes de la raction contre le temps de ,l\is ,,xiv et celui de ,l\is ,,xv4 ,mais la dmocratie triomphante a mis df9itivem5t le vieill>d au d]ni] rang de la considration4 ,elle a oubli le conseil que ,montesquieu lui donne qu& il dit que dans une dmocratie 7,voir le contexte1 ,lois1 v4 #h47 ri5 ne ma9ti5t plus les murs qu'une extrme subord9ation des jeunes g5s env]s les vieill>ds4 ,les uns et les autres s]ont cont5us1 ceux-l p> le respect qu'ils auront p\r les vieill>ds et ceux-ci p> le respect qu'ils auront p\r eux-mmes et que le respect des jeunes g5s p\r eux entreti5dra4 ,la ,dmocratie a oubli ce conseil1 p>ce qu'elle ne croit pas la tradition et croit un peu trop au progrs4 ,or les vieill>ds sont naturellem5t cons]vateurs de la tradition et il faut conv5ir que leur dfaut n'e/ pas d'avoir une foi trop vhm5te au progrs4 ,c'e/ prcism5t p\r cela que leur influ5ce s]ait un excell5t correctif dans un rgime et surt\t dans une m5talit gnrale o le pass e/ trop mpris et o t\t *angem5t e/ considr comme un progrs4 ,mais la dmocratie n'admet gure qu'elle ait beso9 de correctif et p\r elle le vieill>d n'e/ que l'ennemi4 ,outre qu'il e/ traditionnel et peu affam de progrs1 il aime le respect1 en gnral1 p>ce qu'il l'aime d'abord p\r lui2 il l'aime p\r la religion1 p\r la gloire1 p\r le pays1 p\r l'hi/oire nationale4 ,la dmocratie n'aime pas le respect3 c'e/ un s5tim5t qu'elle cra9t t\j\rs qui ne s'applique autre qu'elle4 --,mais1 qu'e/-ce qu'elle rclame donc p\r elle-mme8 --,po9t le respect2 la f]veur1 la passion1 l'am\r1 le dv\em5t4 ,*acun aime qu'on ait p\r lui les s5tim5ts qu'il pr\ve lui-mme4 ,la f\le ne respecte pas3 elle aime1 elle s'*auffe1 elle s'en?\siasme1 elle se fanatise2 elle ne respecte pas1 mme ce qu'elle aime4 ,au fait il e/ naturel que le peuple n'aime pas les vieill>ds2 il e/ un jeune homme4 ,avez-v\s rem>qu comme t\s les traits dont ,horace pe9t le jeune homme s'appliqu5t au peuple exactem5t3 ,imb]bis juv5is1 t&em cu/ode remoto1 ,gaudet equis canibusque et aprici gram9e campi2 ,c]eus 9 vitium flecti1 monitoribus asp]1 ,utilium t>dus provisor1 prodigus ris1 ,sublimis1 cupidusque et amata rel9qu]e p]nix4 ,db>rass de son g\v]neur il ne rve que *evaux1 que *i5s1 que ,*amp de ,m>s2 il e/ de cire aux impressions du vice et se raidit contre les remontrances2 s'occupant peu de provisions utiles1 prodigue d'arg5t1 prsomptueux1 b\illant dans ses dsirs et prompt se dta*] de ce qu'il a aim4 ,quoi qu'il en soit1 le respect e/ peu son fait et qu& il rgne ce n'e/ pas du respect que son exemple donne leon4 ,le vieill>d n'a pas dans la dmocratie une amie f]v5te4 ,il e/ not] que le mot grontocratie1 qui tait pris =t au srieux et avait la signification la plus honorable *ez les anci5s1 n'a ma9t5ant qu'un s5s ridicule et dsigne un g\v]nem5t qui1 tant rs]v aux vieill>ds1 s]a le plus grotesque du monde4 99 99 99 99 99 ,cette disp>ition du respect1 signale1 n\s l'avons vu1 p> ,platon1 p> ,ari/ote et p> ,montesquieu comme un symptme morbide1 e/ t\t au mo9s une *ose assez grave4 ,kant1 se dem&ant quoi il faut obir1 quel critrium se reconnat ce quoi1 en n\s-mmes1 n\s devons obir1 a rpondu3 ce qui1 en n\s1 comm&e le respect et ne comm&e ri5 que le respect1 ce qui1 en n\s1 ne dem&e pas qu'on l'aime1 ou qu'on le craigne2 mais ce qui1 en n\s1 n\s p>at respectable2 c'e/ le s5tim5t du respect qui seul1 en cela1 ne trompe pas4 ,de mme dans la vie sociale c'e/ aux s5tim5ts qui comm&5t le respect qu'il faut obir et ce sont les hommes qui inspir5t le respect qu'il convi5t d'honor] et d'c\t]4 ,c'e/ ce critrium qu'il faut pr5dre p\r connatre quoi et qui doit s'appliqu]1 s9on notre obissance absolue1 du mo9s notre att5tion et notre dfr5ce4 ,les vieill>ds sont la consci5ce de la nation4 ,c'e/ une consci5ce svre1 morose1 vtilleuse1 op9itre1 scrupuleuse1 s]monneuse et qui rpte t\j\rs la mme *ose2 enf9 c'e/ une consci5ce2 mais c'e/ la consci5ce4 ,la comp>aison peut se p\rsuivre et p\r autre *ose que p\r le div]tissem5t de la cont9u]4 ,on altre la consci5ce et on la corrompt ne pas la respect]4 ,elle f9it p> se faire petite1 humble1 timide1 retire et p>l] voix basse2 c> on n'obti5t jamais qu'elle se taise absolum5t4 ,elle devi5t mme sophi/ique2 elle pr5d le langage des passions1 non po9t des passions basses1 mais enf9 des passions2 elle cesse d'tre imprieuse p\r dev5ir p]suasive2 elle n'a plus le doigt lev1 elle se fait une ma9 c>essante4 ,elle tombe plus bas3 elle affecte l'indiffr5ce1 le scepticisme1 le dilettantisme2 p\r gliss] une p>ole sage trav]s les sductions et les l5oc9ia1 elle v\s dit1 ou peu prs3 il e/ probable que t\t se vaut1 que vice et v]tu1 crime et probit1 p* et innoc5ce1 brutalit et politesse1 lib]t9age et puret sont des =mes div]ses d'une activit qui ne saurait se tromp] absolum5t dans aucune de ses expansions2 mais c'e/ prcism5t p>ce que t\t se vaut qu'on n'a ri5 p]dre tre honnte homme et peut-tre vaut-il mieux l'tre4 ,t\t de mme la nation qui ne respecte pas ses vieill>ds les altre1 les corrompt et les enlaidit4 ,que ,montesquieu p>le bi5 qu& il dit que le respect des jeunes g5s aide les vieill>ds se respect] eux-mmes6 ,les vieill>ds non respects se ds9tress5t de leur (fice naturel2 ils donn5t leur dmission de conseill]s2 ou bi5 ils ne conseill5t que p> dt\rs et comme en dem&ant p>don de leur sagesse2 ou bi5 ils affect5t une morale presque rel*e p\r gliss] comme subrepticem5t quelque avis anod92--et le pire encore c'e/ qu' voir le rle effac que dans la socit j\5t les vieill>ds1 ils ne veul5t plus cons5tir l'tre4 ,,ix ,m,,urs ,g,n,,rales ,si le culte de l'incompt5ce a un ret5tissem5t qui n'e/ pas trs heureux dans les murs familiales1 il en a un aussi1 qui n'e/ peut-tre pas meilleur sur les murs sociales1 sur les relations des hommes entre eux4 ,on se dem&e s\v5t p\rquoi la politesse disp>at de j\r en j\r et t\t le monde rpond en riant3 ,c'e/ dmocratique4 ,sans d\te2 mais il faudrait *]*] un peu p\rquoi c'e/ dmocratique4 ,montesquieu fait obs]v] que s'affran*ir des rgles de la civilit c'e/ *]*] le moy5 de mettre ses dfauts plus l'aise4 ,il aj\te1 faisant une di/9ction un peu subtile1 que la politesse flatte les vices des autres et que la civilit n\s emp*e de mettre les ntres au j\r3 c'e/ une b>rire que les hommes mett5t entre eux p\r s'emp*] de se corrompre4--,ce qui flatte les vices ne peut gure s'appel] politesse et doit se nomm] adulation4 ,civilit et politesse sont mme *ose avec une lgre diffr5ce de degr2 la civilit e/ un peu froide1 elle e/ t\t respect2 la politesse e/ un comm5cem5t de flatt]ie lgante1 mais qui s'adresse aux qualits d'autrui p\r les mettre gracieusem5t en lumire et non aux dfauts et mo9s encore aux vices4 ,ce qu'il y a de vrai c'e/ que civilit et politesse sont bi5 moy5s adroits p\r m>qu] son semblable un c]ta9 respect et un c]ta9 dsir d'tre respect4 ,ce sont donc b>rires2 mais b>rires sur lesquelles on s'appuie et qui sp>5t1 mais qui s\ti5n5t2 et qui sp>5t sans v\s t5ir loigns les uns des autres4 ,et aussi il e/ trs vrai que s'affran*ir des rgles1 soit de la civilit soit de la politesse1 e/ mettre ses dfauts en lib]t4 ,au fond de la politesse et de la civilit il y a respect des autres1 respect de soi4 ,c'e/ ce qui faisait dire trs bi5 l'abb ,b>?lmy3 ,dans la premire classe des citoy5s rgne cette bi5sance qui fait croire qu'un homme s'e/ime lui-mme et cette politesse qui fait croire qu'il e/ime les autres4 ,c'e/ ce qui faisait dire ,pascal3 le respect e/ incommodez-v\s2 et en effet1 comme il l'explique1 si l'on s'incommode en re/ant deb\t qu& l'autre e/ assis1 en re/ant dc\v]t qu& l'autre e/ c\v]t1 et cela sans aucune utilit1 cela pr\ve l'autre combi5 n\s n\s incommod]ions p\r lui tre utile puisque n\s n\s gnons p> g>d p\r lui sans qu'il y ait s]vice lui r5dre4 ,la politesse e/ une m>que de respect et une promesse de dv\em5t4 ,or t\t cela n'e/ pas dmocratique1 p>ce que la dmocratie1 ne reconnaissant pas de supriorit1 ne connat pas de respect et ne reconnaissant pas de supriorit ne connat pas de dv\em5t p]sonnel4 ,le respect c'e/ se mettre au-dess\s de quelqu'un et la politesse env]s un gal e/ une affectation1 excell5te du re/e1 de le considr] comme un suprieur4 ,cela e/ t\t fait contraire l'esprit dmocratique3 il n'y a pas de suprieur1 en quoi que ce soit2 et quant affect] de trait] en suprieur quelqu'un qui e/ votre gal1 c'e/ une d\ble hypocrisie2 c> c'e/ une hypocrisie qui en rclame une autre rciproque2 et si v\s l\ez quelqu'un de son esprit c'e/ p\r qu'il v\s flicite du vtre4 ,sans mme all] jusque-l1 la politesse e/ condamnable p> ce seul fait que1 non cont5te de reconnatre des suprieurs1 elle en cre4 ,elle traite un gal en suprieur p\r inv5t] une supriorit1 comme s'il n'y en avait pas assez4 ,c'e/ comme si elle disait que si l'9galit n'exi/ait pas il faudrait l'inv5t]4 ,c'e/ proclam] qu'il n'y a jamais assez d'ari/ocratie4 ,cela ne peut pas se s\ffrir4 ,quant la civilit considre comme promesse de dv\em5t1 elle e/ antidmocratique t\t autant4 ,le citoy5 ne doit de dv\em5t aucun individu1 il n'en doit qu' la communaut4 ,il e/ trs grave de se dire de quelqu'un le trs humble s]viteur4 ,c'e/ di/+u] quelqu'un p>mi t\s les autres et affirm] qu'on le s]vira4 ,c'e/ reconnatre en lui je ne sais quelle supriorit1 ou naturelle ou sociale et il n'y a pas de supriorits sociales ou naturelles2 et1 s'il y a des supriorits naturelles1 la nature a eu tort de les tablir4 ,c'e/ proclam] une espce de vassalit4 ,cela ne doit plus tre tolr4 ,quant l'abs5ce de politesse considre comme un moy5 de mettre ses dfauts plus l'aise ceci encore e/ ess5tiellem5t dmocratique en un c]ta9 s5s4 ,le dmocrate n'e/ pas cont5t de ses dfauts ou fi] de ses dfauts2 po9t du t\t2 seulem5t1 p> df9ition1 il croit qu'il n'en a pas4 ,un dfaut e/ une infriorit d'un homme relativem5t un autre4 ,le mot mme l'indique et dfaut c'e/ quelque *ose qui manque et p> consqu5t quelque *ose qu'un autre a et que je n'ai pas4 ,or t\s les hommes sont gaux4 ,donc je n'ai pas de dfaut4 ,je n'ai donc pas pratiqu] cette or?opdie morale qui consi/e1 en dissimulant mes prt5dus dfauts1 les cont5ir2 et je peux1 ce que ,montesquieu appelle impolitesse1 mettre en lib]t mes prt5dus dfauts1 mettre au j\r mes prt5dus dfauts1 qui ne sont que des manires d'tre et qui trs probablem5t sont des qualits4 ,le dmocrate en effet1 comme les adolesc5ts1 comme la plup>t des femmes1 comme t\s les huma9s qui comm5c5t rfl*ir mais qui ne rfl*iss5t pas beauc\p1 connat ses dfauts et les pr5d p\r des qualits1 ce qui e/ t\t naturel2 c> les dfauts sont les traits saillants de notre c>actre et qu& n\s en sommes encore aim] notre c>actre1 ce sont nos dfauts que n\s *rissons et que n\s admirons4 ,or la politesse1 consi/ant dissimul] nos dfauts1 e/ insupportable un homme qui e/ plutt impati5t de montr] ce qui1 en lui1 lui p>at recomm&able et ple9 de valeur4 ,ce qui fait que1 p\r la plup>t1 n\s ne n\s corrigeons pas de nos dfauts1 c'e/ que n\s les pr5ons p\r des qualits2 la m?ode qui consi/e ref\l] nos dfauts dans l'ombre n\s p>at donc tyrannique et absurdem5t tyrannique4 ,au fond1 p]suad d'une "p que t\s les hommes sont gaux et que le dfaut considr comme infriorit n'exi/e pas2 d'autre "p que ce que quelques-uns appell5t ses dfauts sont des traits intressants de sa nature1 le dmocrate a cette ide gnrale que les dfauts sont des prjugs1 que les dfauts ont t inv5ts p> des intrigants1 prtres1 nobles1 puissants1 g\v]nants1 p\r inspir] au pauvre peuple l'humilit1 trs favorable leurs mauvais desse9s1 p\r le cont5ir p> ce fre91 d'autant plus puissant qu'il e/ un fre9 intrieur2 p\r le p>alys] p> ce scrupule intime et p\r le dom9] p> ce s5tim5t d'infriorit qui se trans=me en acceptation de la dom9ation4 ,la politesse considre comme m?ode p\r ref\l] les dfauts ne peut donc tre t5ue que p\r artifice ari/ocratique et in/rum5t de tyrannie4 ,de l e/ v5u1 p> exemple1 l'poque de l'explosion de la dmocratie franaise1 *ez un peuple naturellem5t ami des bonnes manires1 cette fureur d'impolitesse qui a t si c>actri/ique4 ,c'tait une affirmation de l'inexi/5ce des supriorits1 quelles qu'elles fuss5t1 et aussi de l'excell5ce de la nature huma9e s\s quelques espces qu'elle p>t et en quelque individu qu'elle se montrt4 ,l'impolitesse e/ dmocratique4 ,x ,,les ,,habitudes ,,pr(essionnelles ,le mpris de la compt5ce va assez lo9 mme dans le doma9e des pr(essions1 dans les habitudes pr(essionnelles4 ,on connat le mot1 peut-tre lg5daire1 du prsid5t de ,*ambre un avocat qui traitait consci5cieusem5t la "q de droit3 ,matre1 n\s ne sommes pas ici p\r faire du droit2 mais p\r trait] d'affaires4 ,il n'y mettait aucune malice2 il v\lait dire3 ,au ,palais on n'exam9e plus les affaires au po9t de vue du droit2 on les exam9e en elles-mmes et l'on juge en quit et en bon s5s2 et on laisse l'tude et le dbr\illem5t des textes aux pr(esseurs4 ,ne soyez pas pr(esseur de droit la b>re4 ,cette ?orie1 qui1 mme ad\cie comme je vi5s de l'ad\cir1 aurait sc&alis les magi/rats anci5s1 e/ trs c\rante au palais2 elle e/ ce que l'on p\rrait appel] une infiltration dmocratique4 ,quelques re/es de l'anci5 esprit de ca/e qu'il cons]ve encore1 le magi/rat mod]ne ne se ti5t pas p\r li p> le texte des lois1 ni p> la jurisprud5ce1 cette tradition crite2 qu& il n'e/ pas purem5t fonctionnaire obissant au g\v]nem5t1 ce qu'il considre comme un devoir1 il e/ magi/rat dmocrate1 c'e/--dire ,hlia/e d',a?nes2 il juge selon sa consci5ce individuelle1 ne se considrant pas comme membre d'un corps savant et appliquant les dcisions de ce corps1 mais comme dpositaire du vrai1 lui1 aussi bi5 qu'un autre4 ,un exemple exc5trique1 la vrit1 mais significatif de cette m5talit n\velle1 a t ce juge qui s'attribua =mellem5t le droit de ne pas jug] selon la loi1 mais de la faire1 et qui invoquait dans ses considrants1 soit des ides gnrales et qui tai5t celles qu'il prfrait p>mi t\tes les ides gnrales qui c\r5t le monde1 soit des doctr9es qui devai5t plus t>d1 selon lui1 tr\v] place dans la loi4 ,il jugeait selon le ,code de l'av5ir4 ,ce n'e/ pas qu'un si s+uli] magi/rat ait exi/ qui soit signe1 m>que ou symptme de quoi que ce soit2 c'e/ qu'il ait t pris au srieux p> beauc\p de p]sonnes1 mme demi claires2 c'e/ qu'il ait t populaire2 c'e/ qu'il ait t proclam bon juge p> une p>tie trs considrable de l'op9ion2 c'e/ cela qui e/ un signe4 ,il y en a un autre1 beauc\p plus frqu5t4 ,le pire de l'incompt5ce1 peut-tre1 c'e/ d'tre compt5t et de ne pas croire qu'on le soit4 ,c'e/1 dans les procs crim9els1 du mo9s1 l'tat d'esprit de la plup>t des magi/rats4 ,il faut lire1 sur ce po9t1 une bro*ure trs curieuse d'un magi/rat de prov9ce1 intitule ,le pli pr(essionnel 7#aiji7 et signe ,m>cel ,le/rang]4 ,elle e/ trs topique4 ,on y voit =t nettem5t que le magi/rat d'auj\rd'hui1 tant de la magi/rature assise que de la magi/rature deb\t1 d'abord n'a plus confiance en lui-mme1 ensuite a la t]reur de l'op9ion publique 7j\rnaux1 cafs1 loges1 c]cles politiques72 ensuite sait ou croit savoir que son avancem5t dp5d1 non de sa svrit1 comme autrefois1 mais de son indulg5ce4 ,en face des =ces t\j\rs coalises contre lui3 public presque t\j\rs favorable l'accus1 presse locale et presse p>isi5ne1 mdec9e lgale1 presque con/amm5t dispose voir des irresponsables dans t\s les accuss2 ayant l'effroi de l'erreur judiciaire depuis que l'erreur judiciaire e/ une sorte d'halluc9ation univ]selle et que t\te condamnation e/ considre p> une fraction trs considrable de l'op9ion comme une erreur judiciaire2 le magi/rat deb\t n'ose plus requrir svrem5t et le magi/rat assis n'ose plus int]rog] avec tnacit4 ,il y a des exceptions2 mais ces exceptions1 p> l'tonnem5t qu'elles inspir5t et p> la raction qu'elles suscit5t1 montr5t assez1 montr5t plus que t\t1 quel po9t elles sont anormales1 hors de la rgle n\velle1 hors des n\velles habitudes4 ,le plus s\v5t c'e/ avec timidit1 rs]ves1 attnuations1 portes de sortie laisses entr'ouv]tes1 appels demi-voix l'indulg5ce1 ou demi-aveux d'inc]titude1 que le magi/rat deb\t requi]t4 ,il dem&e sa tte et cra9t de l'obt5ir4 ,au fond ce qu'il dsire1 et le magi/rat assis t\t autant que lui1 c'e/ que l'affaire soit liquide p> un acquittem5t1 p>ce qu'une affaire liquide p> un acquittem5t e/ une affaire ent]re4 ,elle ne revi5t plus2 elle ne ressuscite plus2 on n'en p>le plus4 ,elle n'e/ pas cette affaire que t\j\rs quelqu'un tr\ve mal juge et qui1 t\j\rs releve p> quelqu'un1 soit p> animosit1 soit p> passion politique1 soit p> simple amusem5t1 vi5t obsd] comme un fantme1 p5dant dix ans1 qu9ze ans1 le magi/rat qui en a connu4 ,m4 ,le/rang] raconte1 ce propos1 une hi/oire typique1 qui1 d'aprs t\s les r5seignem5ts que je reois de prov9ce et t\tes les conv]sations dont j'ai g>d le s\v5ir1 e/ la vrit mme1 e/ exactem5t figurative de mille affaires semblables4 ,un braconni] de dix-neuf ans avait viol5t1 puis trangl1 dans les bois1 une paysanne1 mre de famille4 ,ce qu'il y avait cra9dre1 ce n'tait pas1 p\r cette fois1 l'erreur judiciaire ou les accusations1 t\j\rs prtes s'lanc]1 d'erreurs judiciaires4 ,l'accus ne faisait aucune difficult d'av\]4 ,gr& po9t4 ,en ,france t\te condamnation qui n'a pas p\r base l'aveu de l'accus e/ une erreur judiciaire2 mais1 devant l'aveu de l'accus1 les incrim9ations d'erreur judiciaire ne se produis5t pas1 encore qu'elles puss5t se produire puisqu'il y a eu de faux aveux2 mais enf9 elles ne se produis5t pas4 ,l'affaire semblait donc tre de t\t repos4 ,seulem5t la cra9te des magi/rats1 c'tait une condamnation mort4 ,le crime tait odieux1 surt\t p\r un jury de villageois qui ont des femmes et des filles trs s\v5t obliges de s'c>t] du village4 ,de plus1 il y avait un homme insupportable1 le veuf de la victime1 qui tait a*>n la v5geance1 qui faisait l'loge de sa femme1 qui am5ait1 pleurant et criant1 son fils1 fils de la victime1 p5dant que lui-mme dposait4 ,prsid5t et m9i/re public tai5t dsols4 ,j'ai fait ce que j'ai pu1 disait le prsid5t au m9i/re public4 ,j'ai insi/ sur son ge4 ,j'ai rpt dix-neuf ans4 ,j'ai fait t\t ce que j'ai pu4 --,j'ai fait ce que j'ai pu1 disait le m9i/re public au prsid5t4 ,je n'ai pas p>l de la pe9e4 ,je n'ai pas dit un mot de la pe9e4 ,j'ai seulem5t accus4 ,je ne p\vais pas plaid] p\r4 ,j'ai fait t\t ce que j'ai pu4 ,a l'issue de l'audi5ce le capita9e de g5d>m]ie donne un peu de rcon=t ces messieurs4 ,il n'a pas v+t ans4 ,il a eu une bonne t5ue l'audi5ce4 ,il e/ sympa?ique4 ,il e/ impossible qu'on l'excute4 ,une excution capitale ici1 dans une ville si paisible6 ,il ne s]a pas condamn mort4 ,il ne le fut po9t4 ,le jury tr\va des circon/ances attnuantes4 ,les magi/rats rec\vrr5t leur tranquillit4 ,les *iffres vi5n5t l'appui des ass]tions de ,m4 ,le/rang]4 ,les crimes susceptibles d'excit] la piti1 infanticides1 avortem5ts1 sont de mo9s en mo9s p\rsuivis et ceux qui le sont1 quelque pat5ts qu'ils soi5t1 sont trs s\v5t impunis3 moy5ne1 v+t-six acquittem5ts p\r c5t depuis une d\za9e d'annes4 ,les magi/rats contempora9s sont des ,sa9ts ,franois d'assises4 ,en somme le magi/rat1 ou ne croit pas sa compt5ce1 ou p> gt de sa tranquillit1 en fait bon m>*4 ,il a plus s\ci de sa tranquillit que de la scurit publique4 ,la magi/rature ne s]a bi5tt plus qu'une faade1 imposante encore1 intimidante trs peu4 ,dj un symptme assez grave du peu de confiance qu'a la f\le dans la salutaire svrit de la ju/ice3 le crim9el pris en flagrant dlit e/ s\v5t lyn* ou demi lyn*4 ,c'e/ qu'on sait que1 s'il n'e/ pas puni immdiatem5t1 il a de gr&es *ances p\r ne jamais l'tre4 --,mais cette mme f\le1 s\s =me de jury1 e/ s\v5t1 presque t\j\rs1 bi5 indulg5te4 --,oui p>ce qu'entre le crime et la session d'assises il se passe six mois1 et que ce qui meut la f\le au mom5t du crime c'e/ le malheur de la victime1 au mom5t des assises c'e/ le malheur de l'accus4 ,mais il re/e que l'habitude du lyn*age accuse =mellem5t d'excs d'indulg5ce et les magi/rats et le jury4 99 99 99 99 99 ,le cl]g lui-mme1 beauc\p plus atta* ses traditions que t\t ordre de l'tat1 se dmocratise aussi1 en ce s5s que1 pr(esseur de dogme et pr(esseur de my/res1 il n'enseigne plus que la morale4 ,il veut p> l se rappro*] des humbles et1 en s'en rappro*ant1 avoir prise sur eux4 videmm5t il n'a pas t\t le tort4 ,seulem5t1 en ngligeant le dogme et l'int]prtation des my/res1 il cesse d'tre un corps savant et d'impos] titre de corps savant2 et1 d'autre "p1 il s'assimile et s'gale au premi] philosophe v5u1 qui enseigne la morale1 qui l'explique1 qui l'illu/re d'exemples1 mme sacrs1 t\t aussi bi5 qu'un prtre peut faire2 et il amne le peuple se dire3 ,qu'ai-je beso9 des prtres1 puisque les pr(esseurs de morale me suffis5t8 ,cet amricanisme n'e/ pas trs dang]eux et mme n'e/ pas trs mauvais en ,amrique o il y a trs peu de pr(esseurs laques de morale2 il e/ un trs gr& dang] en ,france1 en ,italie1 en ,belgique1 o les pr(esseurs laques de morale ne manqu5t pas4 99 99 99 99 99 ,dans t\tes les pr(essions1 du re/e1 le vice radical e/ celui-ci3 croire que l'habilet et l'adresse sont incomp>ablem5t suprieures la connaissance1 que le savoir-faire l'emporte inf9im5t sur le savoir4 ,ceux qui ex]c5t la pr(ession le croi5t1 ceux qui font appel cette pr(ession ne sont pas effrays de ce que ceux qui ex]c5t la pr(ession le croi5t4 ,et a9si s'tablit prcism5t cette galit relle laquelle t5d in/9ctivem5t la dmocratie4 ,elle ne respecte pas les compt5ces2 mais aussi elle n'aura plus longtemps les respect]2 c> ju/em5t elles s'effac5t et ne t>d]ont pas disp>atre et il n'y aura plus gure de diffr5ce entre un plaideur et un juge1 entre le fidle et son prtre1 entre le malade et le mdec94 ,le mpris des compt5ces dtruit peu peu les compt5ces et les compt5ces1 en se r5onant1 vont au-devant du mpris que l'on fait d'elles4 ,on f9ira p> n'tre que trop d'accord4 ,,xi ,,rem,,des ,,t5t,s ,on a *]* trs consci5cieusem5t1 des dmocrates mme ont *]* trs consci5cieusem5t1 des remdes cette maladie con/itutionnelle de la dmocratie4 ,d'abord on a cons]v quelques corps relativem5t ari/ocratiques1 refuges1 on le croyait1 de la compt5ce4 ,on a cons]v un ,snat qui e/ nomm p> le suffrage univ]sel1 mais seulem5t au second degr4 ,on a cons]v1 du re/e1 un ,p>lem5t 7,snat et ,*ambre des dputs7 qui e/ une ari/ocratie flottante et cont9uellem5t r5\velable2 mais qui e/ encore une espce d'ari/ocratie1 puisqu'il emp*e le g\v]nem5t direct et immdiat du peuple p> le peuple4 ,ces remdes ne sont pas mprisables1 assurm5t2 mais on a vu comme ils sont faibles1 p\r cette raison que la dmocratie1 p\r a9si p>l]1 les lude4 ,p> son so9 d'c>t] les compt5ces1 elle fait de la ,*ambre des dputs1 sauf quelques exceptions1 un corps qui lui ressemble tellem5t1 tant p> le c>actre sup]ficiel des connaissances que p> la vhm5ce des passions1 que les *oses sont comme si la f\le g\v]nait directem5t et immdiatem5t et qu'autant vaudrait1 je crois1 qu'elle g\v]nt de la sorte1 p> plbiscite4 ,p\r ce qui e/ du ,snat1 c'e/ un peu la mme *ose1 ou plutt c'e/ la mme *ose obt5ue p> voie indirecte4 ,le ,snat e/ nomm p> des dlgus du suffrage univ]sel2 mais ces dlgus sont lus1 non pas p> le suffrage univ]sel en masse1 *aque dp>tem5t p> exemple nommant quatre ou c9q c5ts dlgus2 mais p> les conseill]s municipaux de *aque commune4 ,or ces conseill]s municipaux1 ceux des communes rurales surt\t1 incomp>ablem5t les plus nombreux et matres de l'lection1 sont1 p\r t\tes sortes de raisons1 s9on compltem5t du mo9s trs s5siblem5t1 s\s la dp5dance des prfets4 ,il en rsulte que le ,snat--et cela a t v\lu p> le rdacteur de la ,con/itution qui tait autoritaire et qui dsirait que le p\voir c5tral pest sur les lections snatoriales2 et il faisait cela p\r son p>ti1 mais cela a pr(it un autre1 vos non vobis--il en rsulte que le ,snat e/ un peu nomm p> les prfets et c'e/--dire p> le g\v]nem5t lui-mme comme s\s le premi] ,empire et s\s le second ,empire4 ,on sait trs bi5 en ,france qu'un dput d'opposition1 sr de sa circonscription1 qui cont9u]ait d'y tre nomm indf9im5t2 mais qui1 p\r des raisons de conv5ances p]sonnelles1 dsire dev5ir snateur1 e/ oblig au mo9s de dev5ir demi-agrable au g\v]nem5t1 de s'attnu] et de s'ad\cir p\r ne pas *\] dans sa n\velle ambition4 ,il ne peut pas y avoir au ,snat une opposition trs =te et trs vive4 ,et cela revi5t quelque *ose qui e/ analogue un ,snat nomm p> le suffrage univ]sel lui-mme4 ,le suffrage univ]sel nomme la ,*ambre des dputs1 la ,*ambre des dputs nomme le g\v]nem5t et le g\v]nem5t1 trs peu prs1 nomme les snateurs4 ,le ,snat e/ donc un remde antidmocratique extrmem5t faible et si c'e/ correctif de la dmocratie qu'on a v\lu qu'il ft1 on n'a pas t trop lo9 dans le succs4 ,si l'on avait v\lu une ,*ambre haute aussi compt5te que possible et indp5dante du p\voir c5tral et relativem5t indp5dante du suffrage univ]sel2 il aurait fallu in/itu] une ,*ambre nomme p> les gr&s corps con/itutifs de la nation et aussi1 mon avis1 p> le suffrage univ]sel1 mais procdant de la manire suivante3 t\te la nation1 p>tage seulem5t1 p\r la commodit pratique1 en c9q ou six gr&es rgions1 nomme c9q ou six mille dlgus qui nomm5t trois c5ts snateurs4 ,il n'y aurait a9si ni influ5ce g\v]nem5tale1 ni fabrication p> la f\le d'une reprs5tation directem5t son image et il y aurait une lite vritable1 *>ge1 p\r a9si p>l]1 d'autant de compt5ce qu'il y en aurait dans le pays4 ,c'e/ presque exactem5t le contraire qu'on a fait4 ,le ,snat franais e/ un remde antidmocratique extrmem5t faible4 ,il reprs5te la dmocratie rurale conduite et guide un peu imprieusem5t p> le g\v]nem5t dmocratique4 99 99 99 99 99 ,un autre remde qui a t *]*1 aussi consci5cieusem5t que le prcd5t1 a t3 g>anties de capacit des fonctionnaires1 re*]*es p> un sy/me d'exam5s et de conc\rs et con/ates p> ces exam5s et ces conc\rs4 ,exam5s ou conc\rs l'entre de *aque c>rire1 trs m9utieux1 trs compliqus1 de nature pr\v] t\s les g>ds la capacit du c&idat et p]mettant a9si de ne donn] les places qu'au mrite et d'exclure t\te faveur4 --,v\s appelez cela un remde anti-dmocratique6 ,c'e/ dmocratique p> excell5ce6 --,p>don6 ,ce s]ait anti-mon>*ique si n\s tions en mon>*ie2 ce s]ait anti-ari/ocratique si n\s tions s\s un rgime ari/ocratique et c'e/ anti-dmocratique p>ce que n\s sommes en dmocratie4 ,les places au conc\rs c'e/ une espce de cooptation2 ce n'e/ mme pas autre *ose qu'une cooptation4 ,qu& je proposais la nom9ation des magi/rats p> les magi/rats1 t\s les magi/rats nommant la ,c\r de cassation et la ,c\r de cassation nommant t\s les magi/rats1 j'tais c]ta9em5t incrim9 de p>adoxe1 comme t\tes les fois que l'on propose autre *ose que ce qui e/ en usage2 je ne faisais p\rtant qu'appliqu] la magi/rature1 avec une c]ta9e ext5sion1 ce qui e/ en usage p\r les fonctionnaires4 ,dans une c]ta9e mesure1 dans une assez l>ge mesure1 les fonctionnaires se recrut5t eux-mmes p> cooptation4 ,ils ne nomm5t pas eux-mmes les fonctionnaires1 non2 mais ils lim95t les c&idats fonctionnaires dont ils ne veul5t pas comme fonctionnaires4 ,les exam5s sont un o/racisme des incompt5ts4 ,n'entr]ont dans le corps des fonctionnaires que ceux qui auront t nomms p> le g\v]nem5t2 mais le g\v]nem5t ne p\rra nomm] que ceux que n\s1 fonctionnaires1 n\s aurons pralablem5t dsigns comme p\vant l'tre4 ,c'e/ bi5 une cooptation4 ,le jury qui admet un c&idat l'cole ,sa9t-,cyr nomme un (fici]4 ,le jury qui admet un c&idat l'cole ,polyte*nique nomme un (fici] ou un +nieur4 ,et le jury qui refuse un c&idat l'cole ,sa9t-,cyr ou l'cole ,polyte*nique empite sur la s\v]a9et nationale2 c> il int]dit la s\v]a9et nationale de faire de ce jeune homme un (fici] ou +nieur4 ,voil une cooptation2 voil une g>antie de compt5ce2 voil une digue leve contre l'incompt5ce et contre la faveur dont l'incompt5ce p\rrait tre l'objet4 ,je n'ai pas beso9 de dire que cette cooptation e/ assez limite4 ,elle s'arrte au seuil de la c>rire4 ,une fois le c&idat sacr fonctionnaire p> un jury de fonctionnaires1 il app>ti5t1 p\r ce qui e/ de l'avancem5t1 des promotions et de la de/itution1 au p\voir c5tral t\t seul1 sauf quelques cas4 ,la cooptation des fonctionnaires e/ une cooptation /rictem5t lim9atoire4 ,l'lim9ation faite une fois p\r t\tes1 le non-lim9 r5tre s\s la prise du g\v]nem5t1 c'e/--dire de la dmocratie1 c'e/--dire de la politique et peuv5t se produire et se produis5t t\s les abus que n\s avons signals plus haut4 ,mais il fallait cep5dant indiqu] qu'il y a quelque *ose au mo9s que l'on a inv5t et que l'on cons]ve contre l'omnipot5ce de l'incompt5t et qui ne lui p]met pas d'tre absolum5t s\v]a94 ,seulem5t ce sy/me prophylactique e/ assez mal organis et il ne saurait tre appr\v que t\rn d'autre faon1 comme dit ,boileau4 ,les exam5s dans notre pays sont t\s fonds sur un contre-s5s1 je veux dire sur la confusion entre le savoir et la compt5ce4 ,ils *]*5t la compt5ce1 trs consci5cieusem5t et ils croi5t la tr\v] dans le savoir1 ce qui e/ une erreur4 ,l'exam5 dem&e au c&idat qu'il sa*e et le conc\rs dem&e au c&idat qu'il sa*e plus que les autres2 et c'e/ presque t\t ce que dem&5t exam5s et conc\rs4 ,de l une des plaies les plus d\l\reuses de notre civilisation3 la prp>ation aux exam5s4 ,la prp>ation aux exam5s e/ une +urgitation de savoir1 un entassem5t1 un gavage1 qui1 d'abord1 r5d t\t passif un homme peut-tre bi5 d\1 l'ge qui e/ celui de l'activit intellectuelle la plus vive2 qui1 ensuite1 p> l'effet du surm5age1 dgte du travail intellectuel et y r5d impuissant p\r t\te sa vie le pati5t a9si trait p5dant c9q1 huit ou dix ans de sa jeunesse4 ,je suis p]suad1 si l'on me p]met de p>l] de moi p\r m'appuy] sur un exemple qui m'e/ bi5 connu1 que si j'ai un peu travaill de v+t-c9q soixante-trois ans1 c'e/ p>ce que je n'ai jamais russi qu' moiti1 et je me flatte1 dans les exam5s et conc\rs4 ,trs curieux de beauc\p de *oses1 je m'intressais aux matires du programme1 mais d'autres matires aussi et le programme tait nglig4 ,j'tais reu2 j'tais refus1 plus s\v5t2 en df9itive1 j'ai atte9t la v+t-sixime anne1 en ret>d sur mes contempora9s1 mais non surm51 non f\rbu et po9t du t\t dgt du travail intellectuel4 ,je reconnais que quelques-uns de mes cam>ades1 qui n'ont jamais manqu un exam5 et qui les ont passs t\s trs brillamm5t1 ont travaill t\t autant que moi jusqu' la soixanta9e mais ils sont extrmem5t r>es4 ,*ose curieuse1 les rsultats1 non po9t dsa/reux sans d\te1 mais videmm5t assez mauvais1 de ce sy/me exam9atoire ne font pas qu'on l'ab&onne1 ce qui1 du re/e1 s]ait excessif2 mais ils font qu'on l'aggrave et qu'on le complique4 ,les exam5s de droit1 les conc\rs d'agrgation de droit1 les conc\rs d'int]nat aux hpitaux sont beauc\p plus l\rds qu'autrefois1 dem&5t un ef=t matriel beauc\p plus gr&1 sans dem&] et sans pr\v] une plus gr&e valeur intellectuelle4 ,en vrit j'en vi5drai dire3 les exam5s ne sont plus qu'une preuve de sant2 mais ils pr\v5t bi5 la sant2 autant au mo9s qu'ils la dtruis5t4 ,un exemple que je connais bi54 ,il faut p\r tre pr(esseur rem>qu1 pr(esseur notable1 de l'enseignem5t secondaire1 tre ba*eli]1 lic5ci1 agrg1 docteur4 ,c'e/ dj *ose qui compte1 ,cela fait dix exam5s ou conc\rs3 deux p\r le baccalaurat premire p>tie1 deux p\r le baccalaurat seconde p>tie1 deux p\r la lic5ce1 deux p\r l'agrgation1 deux p\r le doctorat4 ,or cela n'a po9t p>u suffisant4 ,on a rem>qu qu'entre le baccalaurat seconde p>tie et la lic5ce il y a normalem5t1 deux ans2 qu'entre la lic5ce et l'agrgation il y a normalem5t deux ans2 qu'entre l'agrgation et le doctorat il y a normalem5t trois ou quatre ans4 ,voyez-v\s le pril6 ,entre la lic5ce et l'agrgation1 sans all] plus lo9 p\r le mom5t1 le futur pr(esseur a deux ans lui4 ,et c'e/--dire que p5dant la premire de ces deux annes il travaille seul6 ,il travaille librem5t1 il se dveloppe comme il l'ent5d1 sans proccupation d'exam5 au b\t de ses d\ze mois1 sans s]vitude de programme6 ,cela fait frmir4 ,cela fait r$\t] que le jeune homme1 ou se repose et s\ffle un peu1 ou se developpe dans le s5s de ses facults p]sonnelles ou de ses gts p]sonnels4 ,la p]sonnalit du c&idat a une ouv]ture1 un mom5t qui lui e/ laiss p\r int]v5ir6 ,il fallait emp*] cela4 ,on a cr un exam5 int]mdiaire entre la lic5ce et l'agrgation1 exam51 sans d\te1 qui porte sur un travail *oisi p> le c&idat lui-mme1 il faut reconnatre cela2 mais exam5 qui porte sur un travail dont le sujet a d tre adopt p> les pr(esseurs1 exam5 qui porte sur un travail p\r lequel le c&idat a d consult] les pr(esseurs1 exam5 qui porte sur un travail auquel les pr(esseurs ont d plus ou mo9s collabor]1 exam51 en somme1 qui a eu1 s9on p\r b1 du mo9s p\r effet d'emp*]1 p5dant une anne prilleuse1 la p]sonnalit de l'lve de se *]*]1 de se tr\v] et de se produire4 ,un exam5 p> an p5dant dix ans1 c'e/ l'ide du pr(esseur mod]ne l'g>d des pr(esseurs en =mation4 ,entre le baccalaurat seconde p>tie et la lic5ce1 comme il y a deux ans1 on s'ap]cevra bi5tt qu'il faut un exam5 la f9 de la premire anne et l'on crera le ,c]tificat d'tudes int]mdiaires-secondaires-suprieures4 ,entre l'agrgation et le doctorat1 comme il y a quatre ans1 on s'avis]a bi5tt qu'il faut trois exam5s1 de/9s dml] et reconnatre o en e/ relativem5t ses ?ses le futur docteur et l'aid] les faire et l'emp*] de les faire t\t seul3 premi] exam51 dit de ,bibliographie de la ?se de doctorat2 deuxime exam51 dit de ,m?odologie doctorale2 troisime exam5 dit de ,prp>ation la s\t5ance2 enf9 doctorat lui-mme4 ,de la sorte1 ce qu'il fallait obt5ir1 d'abord le disciple aura1 de dix-sept ans v+t-sept ou tr5te ans1 subi seize exam5s ou conc\rs2 ensuite il n'aura jamais travaill seul2 il aura t\j\rs travaill1 t]me de d\ze mois1 sur un programme1 p\r un exam51 en vue de plaire tel ou tel pr(esseur1 se modelant et se composant sur leurs vues1 sur leurs conceptions1 sur leurs ides gnrales1 sur leurs manies1 aid p> eux1 port p> eux1 se laissant port] p> eux et ne sa*ant jamais et ne devant pas savoir1 et ne v\lant pas savoir1 et en gr& risque s'il savait1 et s'habituant p\r la vie ne pas savoir1 ce qu'il p5se p> lui-mme1 ce qu'il imag9e p> lui-mme1 ce qu'il *]*e ou v\drait *]*] p> lui-mme et ce qu'il p\rrait bi5 tre lui-mme4 ,il s'occup]a de cela aprs la tr5ta9e4 ,po9t de p]sonnalit avant le mom5t o il e/ trop t>d p\r qu'elle app>aisse1 telle e/ la maxime4 ,d'o vi5t cette fureur8 ,d'o vi5t cette exam9omanie8 ,d'abord1 comme bi5 v\s p5sez1 c'e/ une simple d&9omanie4 ,d&9 disait ob/9m5t3 ,je veux all] jug]4 ,le pr(esseur d'un c]ta9 ge veut all] exam9]4 ,il n'aime plus pr(ess]2 il aime t\j\rs exam9]4 ,cela e/ trs naturel3 pr(essant1 il e/ jug2 exam9ant1 il juge4 ,on aime t\j\rs mieux l'un que l'autre4 ,su] s\s le h>nais et se s5tir exam91 apprci1 discut1 compuls1 un peu raill p> un auditoire d'tudiants et d'amateurs1 ne laisse pas1 un c]ta9 ge1 d'tre pnible2 exam9]1 trn] dans la maje/ de juge1 n'avoir qu' critiqu] et n'avoir pas produire1 n'int]v5ir que qu& le ju/iciable bron*e et p\r lui faire rem>qu] qu'il *oppe2 il y a plus1 t5ir t\te l'anne l'tudiant s\s la salutaire intimidation de l'exam5 si pro*e qu'il a subir et de l'aide qu'il a att5dre et sollicit] de v\s et du beso9 o il e/ de ne pas v\s dplaire2 t\t cela e/ agrable et comp5se bi5 des ennuis du mti]4 ,l'exam9omanie se compose moiti de la t]reur d'tre exam91 moiti de l'allgresse d'exam9] les autres4 ,il y a cela2 il y a autre *ose4 ,l'closion et le dveloppem5t prcoces de l'orig9alit1 voil ce que r$\t5t trangem5t les exam9omanes4 ,ils ont horreur de l'autodidacte4 ,ils ont horreur de celui qui croit p5s] p> lui-mme et qui *]*e p> lui-mme v+t-c9q ans4 ,ils veul5t c\v] aussi longtemps que possible le jeune esprit et ne le laiss] m>*] de ses propres jambes que trs t>d et je p]mets au railleur de dire3 qu& ses jambes s]ont au!ntiquem5t atrophies4--,ils n'ont pas t\t le tort4 ,l'autodidacte volontaire e/ le plus s\v5t un orgueilleux1 un esprit va91 qui pr5d p\r plaisir de p5s] p> lui-mme1 la volupt de mpris] la p5se des autres4 ,mais il n'en e/ pas mo9s que c'e/ p>mi les autodidactes que se tr\v5t les esprits vig\reux qui abord]ont vaillamm5t le doma9e de la connaissance et qui l't5dront4 ,la "q e/ donc de savoir s'il vaut mieux1 en favorisant les mauvais autodidactes1 mnag] et cons]v] les bons1 ou1 en contr>iant et cont5ant les mauvais autodidactes1 tu] les bons4 ,je suis t\t fait p\r le premi] de ces deux p>tis4 ,il vaut mieux laiss] all]1 un peu1 t\t le monde1 moy5nant quoi les esprits faussem5t orig9aux s'g>]ont et il ne m'importe gure2 et les esprits vritablem5t orig9aux s'pan\iront et se dploi]ont dans leur =ce4 ,mais ici--voyez comme l'esprit dmocratique s'introduit p>t\t--int]vi5t la "q numrique3 ,dix fois plus nombreux1 me dit-on1 sont les faux orig9aux que n\s sauvons d'eux-mmes en les discipl9ant que les vrais orig9aux qui peut-tre n\s c\pons les ailes4 ,je rponds qu'en *oses intellectuelles les que/ions de *iffres ne compt5t pas4 ,un esprit orig9al t\ff e/ une p]te qui n'e/ pas comp5se p> dix sots prs]vs d'tre ultra-sots4 ,un esprit orig9al laiss libre de l'tre vaut mieux que dix sots moiti cont5us et rprims4 ,nietzs*e dit trs bi53 ,l'ducation mod]ne consi/e t\ff] l'exception en faveur de la rgle2 444 elle consi/e dirig] les esprits lo9 de l'exception du ct de la moy5ne4 ,elle a tort4 ,je ne dis pas qu'elle devrait faire le contraire4 ,oh6 non6 ,lo9 de l6 ,son (fice n'e/ pas de sollicit] l'exceptionnel et de l'aid] natre4 ,il nat t\t seul et il n'a pas beso9 d'tre flatt4 ,mais son (fice n'e/ pas non plus d'avoir la t]reur de l'exceptionnel et de pr5dre t\s les moy5s possibles1 mme en vrit les plus b>b>es ou les plus fa/idieux1 p\r l'emp*]1 aussi longtemps que possible1 de se produire4 ,l'ducation doit tir] de la mdiocrit t\t ce qu'elle peut1 respect] l'orig9alit autant qu'il se peut1 p\ss] la mdiocrit l'orig9alit1 jamais2 ram5] l'orig9alit la mdiocrit1 jamais4 ,comm5t t\t cela8 ,p> une int]v5tion discrte t\j\rs2 p> la non int]v5tion quelquefois4 ,elle e/ en ce mom5t extrmem5t lo9 de la non-int]v5tion et mme de l'int]v5tion discrte4 ,et c'e/ a9si que ce qu'on a inv5t p\r sauv] la compt5ce contribue s5siblem5t faire triomph] son contraire4 ,ces victimes de l'exam5 sont des compt5ts comme savoir1 comme in/ruction1 comme te*nique4 ,ils sont incompt5ts en tant que valeur intellectuelle1--s\v5t mme1 quoique mo9s et mo9s s\v5t1--en tant que valeur morale4 ,en tant que valeur intellectuelle ils n'ont1 trs s\v5t1 aucune initiative crbrale4 ,la leur a t rep\sse1 ca*e1 aplatie4 ,si elle a exi/ elle n'exi/e plus4 ,ils ne sont plus1 p\r t\te leur vie1 que des in/rum5ts4 ,on leur a appris beauc\p de *oses2 mais surt\t l'obissance intellectuelle4 ,ils cont9u5t d'obir intellectuellem5t1 leur c]veau e/ un r\age bi5 fait1 une c\rroie de transmission bi5 fabrique et bi5 in/alle4 ,la diffr5ce entre le roman et le drame1 disait ,brunetire1 c'e/ que dans le drame le p]sonnage agit et que dans le roman il e/ agi4 ,je ne sais pas si c'e/ vrai2 mais du fonctionnaire on peut dire que1 le plus s\v5t1 il ne p5se pas2 il e/ p5s4 ,ils sont incompt5ts encore1 quoique mo9s et mo9s s\v5t1 en tant que valeur morale4 ,p> l'ex]cice de l'obissance intellectuelle on les a habitus l'obissance morale et ils sont1 p\r la plup>t1 peu entrans l'indp5dance4 ,et voyez comme t\t s'accorde bi51 trop bi54 ,cette cooptation lim9atoire1 dont j'ai p>l1 des fonctionnaires1 elle s'arrte1 comme j'ai dit1 l'entre en fonctions4 ,a p>tir de ce mom5t c'e/ uniquem5t du g\v]nem5t que dp5dra le fonctionnaire2 or c'e/ une dp5dance absolue l'g>d de qui le dirige que le fonctionnaire aura t prp> p5dant dix ans p> son ducation4 ,c'e/ bi52 c'e/ un peu trop bi54 ,il s]ait bon que l'ducation du fonctionnaire lui et laiss1 avec un peu d'orig9alit d'intellig5ce1 un peu1 aussi1 d'orig9alit de c>actre4 ,on a *]*1 trs consci5cieusem5t aussi et mme avec une trs belle ardeur1 un autre remde aux dfauts de la dmocratie1 un autre remde son incompt5ce4 ,on a dit3 ,la f\le e/ incompt5te2 soit1 il faut l'clair]4 ,l'enseignem5t primaire l>gem5t rp&u e/ la solution de t\tes les difficults1 e/ la solution mme de t\tes les que/ions4 ,les ari/ocrates se div]tir5t un peu l-dessus3 ,comm5t donc1 s'crir5t-ils et quelle e/ cette contradiction8 ,v\s tes dmocrates et c'e/--dire que v\s attribuez l'excell5ce politique1 la v]tu politique1 comme n\s disions autrefois1 la f\le1 c'e/--dire l'ignorance4 ,p\rquoi donc v\lez-v\s clair] la f\le1 c'e/--dire lui faire p]dre la v]tu qui fait selon v\s son excell5ce8--,les dmocrates rpondir5t que la f\le tait dj trs prfrable aux ari/ocrates telle qu'elle tait et qu'elle le s]ait plus encore qu& elle aurait de l'in/ruction4 ,on rs\t les contradictions p> des a =tiori4 ,tant y a que les dmocrates s'attelr5t vig\reusem5t l'uvre de l'in/ruction du peuple4 ,le rsultat e/ d'abord que le peuple e/ beauc\p plus in/ruit qu'autrefois et je suis de ceux qui e/im5t que ce rsultat e/ excell5t4 ,mais le rsultat e/ ensuite que le peuple e/ satur d'ides fausses et ceci e/ mo9s rj\issant4 ,les rpubliques anci5nes ont connu les dmagogues1 c'e/--dire les orateurs qui p\ss5t l'extrme t\s les dfauts du peuple en les p>ant de beaux noms et en le flattant lui-mme4 ,la gr&e dmocratie mod]ne a ses dmagogues1 ce sont les in/ituteurs4 ,ils sort5t du peuple1 sont fi]s de lui app>t5ir1 de quoi l'on ne peut pas les blm]1 ont p\r t\t ce qui n'e/ pas le peuple une c]ta9e dfiance1 sont d'autant plus peuple qu'ils sont intellectuellem5t les premi]s dans le peuple et ailleurs en rang secondaire2 et ce qu'on aime le plus ce n'e/ pas le gr\pe dont on e/1 mais le gr\pe dont on e/ le *ef4 ,ils sont donc pr(ondm5t dmocrates4 ,jusque-l ri5 que d'acceptable4 ,mais ils le sont troitem5t1 p>ce qu'ils n'ont qu'une demi-in/ruction1 ou plutt1--c> qui a une in/ruction complte ou mme une gr&e in/ruction8--p>ce qu'ils n'ont qu'une in/ruction rudim5taire4 ,or l'in/ruction rudim5taire r5d peut-tre capable d'avoir une ide1 mais surt\t r5d incapable d'en avoir deux4 ,l'homme d'in/ruction rudim5taire e/ t\j\rs l'homme d'une ide unique et d'une ide fixe4 ,il d\te peu4 ,le savant d\te s\v5t1 l'ignorant r>em5t1 le f\ jamais4 ,l'homme ide unique e/ peu prs imp]mable t\t raisonnem5t qui e/ trang] cette ide4 ,un auteur indi5 disait3 ,tu peux conva9cre le docte2 tu peux conva9cre1 plus difficilem5t1 l'ignorant2 le demi-savant jamais4 ,on ne conva9c pas l'in/ituteur4 ,on le confirme dans sa conviction en y adhrant2 encore plus en la discutant4 ,il e/ prisonni] de sa doctr9e4 ,il ne la possde pas t\j\rs trs bi52 mais il e/ possd p> elle4 ,il l'aime de t\te son me comme un prtre sa religion1 p>ce qu'elle e/ la vrit1 p>ce qu'elle e/ belle1 p>ce qu'elle a t p]scute et p>ce qu'elle doit sauv] le monde4 ,il n'e/ pas f* qu'elle triomphe2 mais il s]ait heureux de se sacrifi] p\r elle4 ,il e/ dmocrate conva9cu et dmocrate s5tim5tal4 ,sa conviction fonde solidem5t son s5tim5t et son s5tim5t *auffe m]veilleusem5t sa conviction4 ,sa conviction le fait inv9cible l'objection1 son s5tim5t le fait ho/ile l'adv]saire4 ,p\r lui1 l'homme qui n'e/ pas dmocrate a tort et de plus il lui e/ odieux4 ,il y a entre lui et l'ari/ocrate la di/ance de la vrit l'erreur et la di/ance plus gr&e du bi5 au mal1 de l'honnte au d%onnte4 ,l'in/ituteur e/ l'homme lige my/ique de la dmocratie4 ,or1 comme il e/ l'homme d'une seule ide1 il e/ simpli/e et comme il e/ simpli/e il e/ logique direct et logique t\te outrance1 t\t droit et jusqu'au b\t4 ,une ide qui n'e/ pas contr>ie p> quelques autres et qui ne veut tre contr>ie p> aucune va devant elle avec un lan qu'elle ne rprime pas et que ri5 ne rprime et ses *em9s sont c\rts4 ,donc l'in/ituteur p\sse jusqu' leur po9t d'ab\tissem5t naturel et logique t\tes les ides dmocratiques4 ,il dveloppe1 en ple9e raison raisonnante1 t\t ce qu'elles conti5n5t et il lui p>at non seulem5t naturel1 mais salutaire de donn] leur d]ni] dveloppem5t comme le b et t\tes leurs consqu5ces comme des rsultats4 ,t\t ce dont le pr9cipe e/ bon e/ bon lui-mme et il n'y a que ,montesquieu p\r croire qu'une in/itution bonne peut prir p> l'excs de son pr9cipe4 ,en consqu5ce l'in/ituteur dduit les suites logiques des deux pr9cipes dmocratiques3 s\v]a9et nationale1 galit2 il les dduit rig\reusem5t et il arrive aux conclusions suivantes4 ,le peuple seul e/ s\v]a94 ,donc il peut y avoir des lib]ts individuelles et des lib]ts d'association2 mais il ne doit y avoir que les lib]ts individuelles et les lib]ts d'association que le peuple p]met4 ,les lib]ts ne peuv5t tre et ne doiv5t tre que des tolrances4 ,l'individu peut p5s] sa guise1 p>l] sa faon1 crire sa manire1 agir son gr2 mais en tant seulem5t que le peuple le lui p]mettra2 c> s'il le p\vait1 soit absolum5t1 soit mme limitativem5t1 mais dans des limites qui s]ai5t fixes p> un autre p\voir que celui du peuple1 c'e/ lui qui s]ait s\v]a9 ou c'e/ le p\voir qui aurait fix ces limites qui s]ait s\v]a9 et ce ne s]ait pas le peuple et il n'y aurait plus1 il n'y aurait pas de s\v]a9et nationale4 ,cela revi5t dire trs simplem5t que la lib]t e/ le droit de faire t\t ce qu'on veut dans les limites de la loi4 ,et qui fait la loi8 c'e/ le peuple4 ,la lib]t e/ donc le droit de faire t\t ce que le peuple p]met qu'on fasse4 ,ri5 de plus4 ,au del c'e/ la s\v]a9et de l'individu qui comm5ce et la s\v]a9et du peuple qui disp>at4 --,mais avoir la lib]t de faire t\t ce que le peuple p]met qu'on fasse et /rictem5t ce que le peuple p]met qu'on fasse1 c'e/ tre libre comme s\s ,l\is ,,xiv2 c'e/ n'tre pas libre du t\t4 --,soit4 ,il n'y aura pas de lib]t si la loi ne p]met pas qu'il y en ait4 ,v\lez-v\s tre libre contre la loi8 --,mais la loi peut tre tyrannique2 elle e/ tyrannique si elle e/ inju/e4 --,la loi a le droit d'tre inju/e2 ou la s\v]a9et du peuple s]ait limite2 elle ne doit pas l'tre4 --,des lois fondam5tales1 con/itutionnelles1 p\rrai5t limit] cette s\v]a9et du peuple p\r g>antir telles et telles lib]ts de l'individu4 --,et le peuple s]ait li6 ,et la s\v]a9et du peuple s]ait supprime4 ,le peuple ne peut pas tre li4 ,la s\v]a9et du peuple doit tre intgrale et elle doit tre intangible4 --,donc po9t de lib]ts individuelles8 --,celles que le peuple tolr]a4 --,po9t de lib]ts d'association8 --,mo9s encore2 c> une association e/ une limitation1 p> elle-mme1 de la s\v]a9et nationale4 ,elle a ses lois elle1 ce qui1 au po9t de vue dmocratique1 e/ un contre-s5s1 une absurdit et une mon/ruosit4 ,l'association limite la s\v]a9et nationale comme f]ait une ville libre1 une place de sret2 elle limite la nation1 la ref\le1 l'arrte une porte4 ,c'e/ un tat dans l'tat2 o il y a association1 il y a autre *ose d'organis que le gr& organisme populaire4 ,c'e/ comme un animal qui vivrait d'une faon indp5dante dans un animal plus gr& et qui vivrait indp5damm5t de lui1 en vivant de lui4 ,il ne peut y avoir qu'une association1 l'association nationale1 ou la s\v]a9et nationale e/ borne1 c'e/--dire dtruite4 ,aucune lib]t d'association ne peut exi/]4 ,exi/]ont les associations que le peuple tolr]a1 t\j\rs rvocables1 t\j\rs p\vant tre diss\tes et dtruites p> lui2 ou ce s]ait la s\v]a9et nationale abdiquant et elle ne peut jamais abdiqu]4 --,il exi/e au mo9s une association sacre en quelque sorte et devant laquelle la s\v]a9et populaire s'arrte2 c'e/ la famille4 ,le pre e/ *ef de ses enfants et les lve et les dirige comme il l'ent5d jusqu' ce qu'ils soi5t des hommes4 --,mais non6 ,voil encore une limitation de la s\v]a9et nationale4 ,l'enfant n'app>ti5t pas au pre4 ,s'il lui app>t5ait1 au seuil de *aque maison la s\v]a9et nationale s'arrt]ait et ce s]ait prcism5t qu'elle n'exi/]ait nulle "p4 ,l'enfant1 comme l'homme1 app>ti5t au peuple4 ,il lui app>ti5t en ce s5s qu'il ne doit pas faire p>tie d'une association qui p5s]ait autrem5t que le peuple1 peut-tre contrairem5t la p5se du peuple4 ,il y aurait mme un pril laiss] un futur citoy5 p5dant v+t ans en dehors de la p5se nationale1 c'e/--dire en dehors de la communaut4 ,figurez-v\s c9q ou six abeilles leves "p et en dehors des lois1 des rgles1 de la con/itution de la ru*e2 et figurez-v\s que de ces gr\pes d'abeilles il y en et des c5ta9es dans la ru*e4 ,ce s]ait la ru*e dtruite4 ,la s\v]a9et du peuple doit pntr] surt\t dans la famille1 doit ni] surt\t la lib]t de l'association familiale1 doit dtruire surt\t l'association familiale4 ,elle doit laiss] aux p>5ts la lib]t d'embrass] leurs enfants2 ri5 de plus2 le droit de les lev] dans des ides peut-tre contraires celles de leurs p>5ts app>ti5t au peuple1 qui1 l autant qu'ailleurs1 peut-tre plus qu'ailleurs1 p>ce que l'intrt e/ plus gr&1 doit tre s\v]a9 absolu4 ,voil ce que l'in/ituteur1 avec une logique qui me semble inattaquable1 dduit du pr9cipe de la s\v]a9et nationale4 ,du pr9cipe de l'galit il dduit ceci3 ,t\s les hommes sont gaux p> la nature et devant la loi4 ,c'e/--dire que1 p\r qu'il y et ju/ice1 t\s les hommes devrai5t tre gaux p> la nature2 et que1 p\r qu'il y ait ju/ice1 t\s les hommes doiv5t tre gaux devant la loi4 ,or ils ne sont pas gaux devant la loi et ils ne sont pas gaux p> la nature4 ,donc il faut qu'ils le devi5n5t4 ,ils ne sont pas gaux devant la loi4 ,ils ont l'air de l'tre1 ils ne le sont pas4 ,l'homme ri*e1 mme en supposant p>faitem5t et /rictem5t intgres les magi/rats *>gs de r5dre la ju/ice1 p> ce seul fait qu'il peut rmunr] l>gem5t av\s1 avocats et tmo9s1 p> ce seul fait qu'il intimide p> sa puissance t\s ceux qui p\rrai5t dpos] contre lui1 n'e/ po9t du t\t l'gal du pauvre devant la loi4 ,encore mo9s l'e/-il devant la socit1 c'e/--dire devant l'ensemble des =ces sociales con/itues4 ,a cet g>d il s]a l'homme influ5t1 l'homme relations1 l'homme de qui p]sonne ne dp5d1 mais que p]sonne n'aime contrec>r]1 contr>i]1 contrem9] ni contr$ire4 ,il y a entre l'homme ri*e et l'homme pauvre1 si gaux que l'on prt5de qu'ils soi5t devant la loi1 la diffr5ce de celui qui comm&e celui qui e/ =c d'obir4 ,l'galit relle1 dans la socit1 devant la socit et mme devant la loi1 n'exi/]a que s'il n'y a ni ri*es ni pauvres4 ,or1 il y aura t\j\rs des ri*es et des pauvres tant que l'hritage exi/]a4 ,abolition de l'hritage4 ,mais l'hritage aboli1 il y aura encore des ri*es et des pauvres4 ,l'homme qui aura rapidem5t fait sa =tune s]a homme puissant relativem5t celui qui ne l'aura pas faite1 et1 rem>quez-le1 bi5 que n\s ayons aboli l'hritage1 le fils de l'homme puissant1 p5dant t\te la vie de son pre1 s]a puissant lui-mme1 si bi5 que1 quoique n\s ayons aboli l'hritage1 un privilge1 mme de naissance1 exi/e encore et l'galit n'exi/e pas4 ,il n'y a qu'un moy5 p\r qu'elle exi/e1 c'e/ que p]sonne ne possde et que p]sonne ne puisse acqurir4 ,le seul rgime social amnag p\r que p]sonne ne puisse possd] et p\r que p]sonne ne puisse acqurir1 c'e/ le rgime communautaire1 c'e/ le communisme1 c'e/ le collectivisme4 ,le collectivisme ce n'e/ ri5 de trs extraord9aire2 le collectivisme c'e/ l'galit2 et l'galit c'e/ le collectivisme ou ce n'e/ qu'un fantme d'galit et une hypocrisie d'galit4 ,quiconque e/ galitaire conva9cu et s9cre et qui a rfl*i e/ =c d'tre collectivi/e4 ,bonald disait trs spirituellem5t3 ,savez-v\s ce que c'e/ qu'un di/e8 ,c'e/ un homme qui n'a pas vcu assez longtemps p\r tre a?e4 ,n\s disons1 n\s3 ,savez-v\s ce que c'e/ qu'un dmocrate anticollectivi/e8 ,c'e/ un homme qui n'a pas vcu assez longtemps p\r tre collectivi/e1 ou qui a vcu longtemps sans rfl*ir et sans voir ce qu'il y avait dans ses ides4 --,mais le collectivisme e/ une *imre2 il e/ une utopie1 il e/ impossible4--,c]ta9em5t il e/ impossible en ce s5s que dans le pays qui l'adopt]ait le ressort d'action s]ait bris4 ,p]sonne ne f]ait d'ef=t p\r amlior] sa situation qui ne p\rrait jamais tre amliore4 ,le pays s]ait t\t enti] une de ces m>es /agnantes dont a p>l un m9i/re contempora94 ,t\t le monde tant fonctionnaire1 t\t le monde ralis]ait l'idal du fonctionnaire a9si df9i p> les ,gonc\rt3 ,le bon fonctionnaire1 j'ent5ds celui qui unit la p>esse l'exactitude1 ce qui e/ une df9ition df9itive4 ,et a9si con/itu le pays s]ait conquis au b\t de dix ans p> un peuple vois9 plus ou mo9s ambitieux4 ,cela e/ c]ta92 mais qu'e/-ce que cela pr\ve8 ,que le collectivisme n'e/ impossible que p>ce qu'il n'e/ possible qu'tabli dans t\s les pays la fois4 ,eh bi51 p\r qu'il soit tabli dans t\s les pays la fois1 il ne faut qu'une *ose1 c'e/ qu'il n'y ait plus de pays di/9cts1 c'e/ qu'il n'y ait plus de patries4 ,il ne faut c]tes pas tablir le collectivisme avant l'abolition des patries1 puisque1 a9si tabli1 il ne s]virait ri5 qu' con/itu] la supriorit des patries qui ne l'aurai5t pas adopt2 il faut1 sriant les que/ions1 d'abord abolir les patries1 p\r p\voir a9si tablir le collectivisme4 ,aussi bi51 si les nations s'organis5t naturellem5t contre nature1 si1 in/9ctivem5t1 elles s'organis5t d'une manire hir>*ique1 c'e/--dire ari/ocratique2 si elles ont des *efs et des subordonns1 des puissants et des infrieurs2 c'e/ qu'il faut cela dans un camp et que *acune s5t qu'elle e/ un camp4 ,si *acune s5t qu'elle e/ un camp1 c'e/ t\t simplem5t qu'il y en a d'autres et qu'elle s5t et qu'elle sait qu'il y en a d'autres4 ,qu'il n'y en ait plus d'autres et elle s'organis]a1 non plus contre nature1 mais naturellem5t1 c'e/--dire galitairem5t1 la nature n'tant pas galitaire1 peut-tre1 mais t5dant l'galit en ce s5s qu'elle cre beauc\p plus1 inf9im5t plus d'gaux que de suprieurs4 ,a9si l'galit exige l'abolition de l'hritage et l'galit des bi5s2 l'galit des bi5s ncessite le collectivisme et le collectivisme po/ule l'abolition des patries4 ,n\s sommes galitaires1 donc collectivi/es et p> consqu5t anti-patriotes4 ,a9si raisonn5t avec une logique absolue1 mon avis irrfutable1 avec cette logique qui ne ti5t pas compte des faits et qui ne ti5t compte que de son pr9cipe et que d'elle-mme1 la plup>t des in/ituteurs4 ,a9si raisonn]ont-ils t\s dema91 s'ils cont9u5t1 comme il e/ probable qu'ils cont9u]ont1 tre de trs bons dialectici5s4 ,quant remont] et se dire que1 si la s\v]a9et nationale et l'galit mn5t logiquem5t et imprieusem5t ces conclusions1 c'e/ peut-tre que la s\v]a9et nationale et l'galit sont des ides fausses et que c'e/ ce qui pr\ve qu'elles sont en effet des ides fausses2 il n'e/ pas trs probable que telles s]ont leurs dm>*es1 p>ce que la s\v]a9et populaire et l'galit1 en mme temps qu'elles sont des ides gnrales1 sont des s5tim5ts4 ,ce sont des s5tim5ts dev5us ides1 comme1 sans d\te1 t\tes les ides gnrales2 et ce sont des s5tim5ts trs =ts4 ,la s\v]a9et populaire e/ la vrit p\r celui qui y croit1 p>ce qu'elle doit tre vraie1 p>ce qu'elle e/ une *ose aussi maje/ueuse p\r lui que ,cs> dans t\te sa pompe p\r le roma9 anci5 et que ,l\is ,,xiv dans t\te sa gloire p\r l'homme du ,x,v,i,ie sicle4 ,l'galit e/ la vrit p\r celui qui y croit p>ce qu'elle doit tre vraie1 p>ce qu'elle e/ la ju/ice et p>ce qu'il s]ait infme que la ju/ice ne ft pas la vrit4 ,p\r le dmocrate le monde monte peu peu1 depuis qu'il exi/e1 v]s la s\v]a9et du peuple et l'galit1 celle-ci cont5ant celle-l et celle-l de/9e fond] celle-ci et ayant p\r mission de la fond]1 et l'une et l'autre c'e/ la civilisation elle-mme et l'une et l'autre non atte9tes ou ref\les c'e/ la b>b>ie4 ,donc ce sont des dogmes4 ,un dogme e/ un s5tim5t puissant qui a tr\v sa =mule4 ,de ces deux dogmes t\t ce qu'on tire sans faute de logique e/ vrit1 que c'e/ un droit et un devoir de rp&re4 ,aj\tez cela que l'in/ituteur e/ p\ss dans le mme s5s p> des s5tim5ts mo9s gnraux2 mais qui ont leur =ce eux-mmes4 ,il e/ plac dans une commune en face d'un prtre1 seul p]sonnage1 le plus s\v5t1 qui soit comme lui1 dans cet endroit1 un homme un peu in/ruit4 ,rivalit1 lutte d'influ5ce4 ,or le prtre1 p> suite de cont+5ces hi/oriques1 e/ un p>tisan plus ou mo9s *aud1 de la mon>*ie quelquefois1 de l'ari/ocratie presque t\j\rs4 ,il fait p>tie d'un corps qui a t un ordre de l'tat2 il e/ p]suad que sa corporation e/ un ordre de l'tat encore1 malgr t\t4 ,si le rgime e/ concordataire1 le rgime reconnat sa corporation comme corps de l'tat puisqu'elle la traite sur le mme pi$ que la magi/rature ou l'arme4 ,si le rgime e/ celui de la sp>ation de l'tat et de l'glise sa corporation lui p>at encore plus tre un ordre de l'tat1 puisque1 solidem5t organise et dpassant mme les frontires1 elle =me un p]sonnage collectif qui1 non sans pril1 mais aussi non sans quelque succs1 entre s\v5t en conflit avec l'tat lui-mme4 ,comme faisant p>tie d'une puissance hi/orique qui e/ di/9cte de la puissance nationale et qui n'e/ pas une dlgation de la puissance nationale1 le prtre ne peut pas manqu] d'avoir1 plus ou mo9s1 plus ou mo9s di/9ctem5t et consciemm5t1 une m5talit ari/ocratique4 ,l'in/ituteur1 son rival1 s'e/ rejet d'autant plus du ct des pr9cipes dmocratiques et il les embrasse avec une f]veur o il entre autant de jal\sie que de conviction4 ,c'e/ lui surt\t1 plus qu'un philosophe du ,x,v,i,i,ie sicle1 p>ce qu'il a un plus gr& intrt1 d'animadv]sion et d'animosit1 le croire1 qui croit que t\t ce que le prtre enseigne e/ inv5tion pure d'oppresseurs +nieux qui ont v\lu brid] et en*an] le peuple1 p\r fond] jamais leur dom9ation2 et de l son o/5tation d'ides philosophiques r5\veles de ,did]ot et d',holba*4 ,il e/ presque invraisemblable que1 p\r l'in/ituteur1 le prtre ne soit pas un sclrat4 ,l'a?isme e/ ari/ocratique1 disait ,robespi]re se s\v5ant de ,r\sseau4 ,l'a?isme e/ dmocratique1 dis5t les in/ituteurs mod]nes4 ,d'o vi5t cette diffr5ce de jugem5t8 ,de ce que le lib]t9age tait la mode au ,x,v,i,i,ie sicle *ez les gr&s seigneurs et la croyance en ,dieu unanime dans le peuple4 ,de ce que les prtres1 de nos j\rs1 p\r les raisons que j'ai dites et p> s\v5ir des p]scutions subies p> leur glise aux temps des premi]s triomphes de la dmocratie1 sont re/s ari/ocrates ou le sont dev5us plus qu'ils ne l'avai5t jamais t4 ,l'a?isme e/ donc dev5u dmocratique comme arme contre des di/es qui sont gnralem5t ari/ocrates4 ,il s'allie du re/e assez bi51 quoi que ,robespi]re en ait pu croire1 avec les s5tim5ts gnraux de la basse dmagogie4 ,n'tre li p> ri51 n'tre limit p> ri5 dans sa s\v]a9e puissance1 voil l'ide matresse du peuple2 ou plutt que le peuple ne soit li p> ri51 ne soit limit p> ri5 dans sa puissance s\v]a9e1 voil l'ide matresse du dmocrate4 ,or ,dieu e/ une limite1 ,dieu e/ un li54 ,de mme que le dmocrate n'admet pas une con/itution sculaire que le peuple ne puisse pas dtruire et qui lui int]dise de faire des lois mauvaises2 de mme que le dmocrate n'admet pas1 p\r pr5dre la t]m9ologie d',ari/ote1 le g\v]nem5t des lois1 le g\v]nem5t d'une lgislation anci5ne1 arrtant le peuple et le cont5ant dans sa fabrication quotidi5ne de dcrets2 t\t de mme le dmocrate n'admet pas un ,dieu qui a ses comm&em5ts1 qui a sa lgislation1 antrieure et suprieure t\tes les lois et t\s les dcrets et qui fait limite aux vellxs lgislatrices du peuple1 son omnipot5ce capricieuse1 en un mot la s\v]a9et du peuple4 ,aprs ,s$an on dem&ait ,bism>ck3 ,ma9t5ant que ,napolon e/ tomb1 qui faites-v\s la gu]re8 ,il rpondit3 ,a ,l\is ,,xiv4 ,le dmocrate1 int]rog sur son a?isme1 p\rrait rpondre3 ,je fais la gu]re ,mose4 ,de l l'a?isme des dmocrates1 de l l'a?isme des in/ituteurs4 ,de l la =mule ni ,dieu ni matre1 qui p\r l'an>*i/e ne dem&e aucune correction ni supplm5t2 qui p\r le dmocrate1 doit tre modifie a9si3 ,ni ,dieu ni matre1 que le peuple4 ,a la f9 d'un de ses gr&s disc\rs politiques de #ahdi ou #ahej1 ,victor ,hugo disait3 444 et il n'y aura plus que deux puissances3 le peuple et ,dieu4 ,le dmocrate mod]ne croit savoir que1 s'il y a un ,dieu1 la s\v]a9et du peuple e/ atte9te1 s'il y croit4 ,et enf9 l'in/ituteur e/ confirm dans ses s5tim5ts dmocratiques1 dans t\s ses s5tim5ts dmocratiques p> la situation politique qu'on lui a faite en ,france4 ,c'e/ une *ose trange1 c'e/ une anomalie dconc]tante1 que les g\v]nem5ts du ,x,i,xe sicle 7surt\t1 il faut lui r5dre cette ju/ice1 le g\v]nem5t actuel7 ont trs gr&em5t respect la lib]t des pr(esseurs de l'enseignem5t suprieur et de l'enseignem5t secondaire et n'ont po9t respect le mo9s du monde la lib]t des pr(esseurs du peuple4 ,le pr(esseur de l'enseignem5t suprieur1 surt\t depuis #ahgj1 peut enseign] exactem5t t\t ce qu'il veut1 sauf l'immoralit et le mpris de la patrie et des lois4 ,il peut mme discut] les lois1 la seule condition de pos] en pr9cipe qu'il faut leur obir tant qu'elles ne sont pas abroges4 ,la lib]t de ses op9ions politiques1 sociales et religieuses e/ complte4 ,elle n'e/ entrave1 quelquefois1 que p> les manife/ations de ses tudiants4 ,le pr(esseur de l'enseignem5t secondaire j\it d'une lib]t trs peu prs gale4 ,il n'e/ assujetti1 et encore d'une faon trs latitud9aire1 qu' un programme d'tudes4 ,sur l'esprit dans lequel il s'y meut il n'e/ quasi jamais inquit4 ,on lui fait confiance4 ,d'autre "p1 il n'e/ peut-tre jamais v5u l'ide d'aucun g\v]nem5t de dem&] des comptes au pr(esseur de l'enseignem5t suprieur ou de l'enseignem5t secondaire sur la faon dont il vote aux lections politiques2 encore mo9s de le pri] de faire de la propag&e en faveur des c&idats agrables au g\v]nem5t4 ,qu& on passe de l'enseignem5t secondaire l'enseignem5t1 on voit t\t *ang]4 ,d'abord l'in/ituteur n'e/ pas nomm p> ses *efs naturels1 p> le recteur ou le m9i/re de l'in/ruction publique1 il e/ nomm p> le prfet1 c'e/--dire p> le m9i/re de l',intrieur1 c'e/--dire p> le *ef politique du g\v]nem5t4 ,en d'autres t]mes cette nom9ation des fonctionnaires p> le peuple1 de quoi n\s avons p>l plus haut1 elle a lieu ici avec un int]mdiaire de mo9s4 ,c'e/ m9emm5t le m9i/re de l',intrieur qui reprs5te la volont politique nationale telle date4 ,et c'e/ le m9i/re de l',intrieur qui1 p> ses prfets1 nomme les in/ituteurs4 ,c'e/ donc la volont politique nationale qui *oisit les in/ituteurs4 ,impossible de mieux leur dire1 et voil qui e/ bi51 c> il faut prv5ir les g5s1 qu'ils sont *oisis au po9t de vue politique et qu'ils doiv5t se considr] comme des ag5ts politiques4 ,et en effet ils ne sont pas autre *ose ou plutt ils sont autre *ose2 mais ils sont surt\t cela4 ,comme ils dp5d5t des prfets et que les prfets dp5d5t beauc\p des dputs1 ce ne sont pas les dputs qui les nomm5t1 mais ce sont les dputs qui les font dplac]1 qui les font avanc]1 qui les font disgrci]1 qui1 p> des dplacem5ts multiples1 peuv5t les rduire la fam9e1 etc4 ,oh6 ,comme1 tant donne la situation difficile et scabreuse o les met la ma9 d'o "p leur nom9ation1 il leur faudrait au mo9s la g>antie trs relative et l'assurance1 trs faible du re/e1 mais enf9 au mo9s cela1 de l'inamovibilit6 ,ils ne l'ont pas4 ,les pr(esseurs de l'enseignem5t suprieur l'ont1 qui n'en ont pas beso92 les pr(esseurs de l'enseignem5t secondaire l'ont1 de fait1 trs peu prs2 l'in/ituteur ne l'a pas4 ,il e/ donc livr aux politici5s1 qui en font un ag5t lectoral1 qui compt5t sur lui comme tel et qui lui p>donn5t peu s'ils ont en va9 compt sur lui4 ,il en rsulte que la plup>t des in/ituteurs sont dmagogues p>ce qu'ils veul5t l'tre et avec un entra9 et une f\gue admirables2 et que ceux qui ne ti5drai5t pas tre dmagogues sont dmagogues sans le v\loir2 mais p>ce qu'il faut qu'ils le soi5t4 ,d'autant plus1 c> a9si vont les *oses1 que ceux qui n'aurai5t aucunes dispositions l'tre le devi5n5t4 ,il n'y a pas de m]c5aires dans la mle1 disait ,augi]4 ,jets1 mme quelquefois malgr eux1 dans la bataille1 =cs au mo9s de p>atre s'y ml]1 ils reoiv5t des c\ps et1 ds qu'ils en ont reu1 ils sont atta*s la cause p\r laquelle et au nom de laquelle ils les reoiv5t4 ,on f9it t\j\rs p> avoir les op9ions qu'on v\s attribue et1 t5u p\r dmagogue ds qu'il arrive dans son village1 le jeune in/ituteur1 =c de ne pas dire le contraire et mal reu comme tel p> le p>ti adv]se1 e/ dmagogue avec un comm5cem5t de conviction l'anne suivante4 99 99 99 99 99 ,a9si la dmocratie ne reoit que les enseignem5ts qui la confirm5t et qui la r5fonc5t dans ses dfauts4 ,elle aurait beso9 de ne pas se croire t\te puissante1 d'avoir des scrupules sur sa t\te puissance et de croire que cette t\te puissance doit avoir c]ta9es limites2 on lui enseigne sans rs]ve le dogme de la s\v]a9et populaire sans limite4 ,elle aurait beso9 de croire un peu que l'galit e/ tellem5t contre nature qu'on ne peut pas corrig] la nature jusqu' tablir l'galit relle entre les hommes et que le peuple qui l'aurait tablie1 ce qui e/ possible1 subirait le sort des tres qui v\drai5t vivre exactem5t contrepi$ des lois naturelles2 on lui enseigne1 ce qui e/ vrai1 du re/e1 que l'galit n'exi/e pas si elle n'e/ pas complte1 si elle n'e/ pas intgrale et qu'elle doit s'appliqu] aux =tunes1 aux situations sociales1 aux intellig5ces1 aux tailles et /atures peut-tre et faire t\t p\r que le nivellem5t absolu soit ralis4 ,elle aurait beso91 puisqu'il e/ bi5 naturel qu'on ait peu de gt p\r les l\rdes *>ges1 qu'on r5=t en elle le s5tim5t patriotique2 on lui enseigne que le s]vice militaire e/ un legs d\l\reux d'un pass odieux et b>b>e et doit disp>atre avant peu aux rayons de la civilisation pacifique4 ,en un mot1 p\r p>l] comme ,ari/ote1 on lui v]se la dmocratie t\te pure comme les dmagogues faisai5t aux ,a?ni5s2 et o devrait tre le remde1 de l "p l'intoxication4 ,ce mme ,ari/ote a un mot spirituel et pr(ond sur l'galit3 ,c'e/ dans les passions qu'il faut tablir l'galit plutt que dans les =tunes4 ,et il aj\te3 ,et cette galit ne peut tre que le fruit de l'ducation donne p> les lois4 ,c'e/ bi5 cela4 ,l'ducation ne devrait t5dre qu' un b3 ram5] les passions l'galit1 l'quanimit1 un c]ta9 quilibre de l'me4 ,il se tr\ve que l'ducation donne la dmocratie mod]ne ne va pas t\t fait dans ce s5s mais va t\t fait dans le s5s contraire4 ,,xii ,,le ,r,,ve ,quels s]ai5t donc les remdes que l'on p\rrait apport] cette maladie mod]ne1 le culte de l'incompt5ce intellectuelle1 le culte de l'incompt5ce morale8 ,quels sont1 comme dit ,m4 ,f\ille1 les pr9cipaux moy5s d'vit] les cueils dont les dmocraties sont m5aces8 ,on p5se bi5 que je n'en vois aucun1 puisque n\s avons affaire un mal qui ne peut tre guri que p> lui-mme et un mal qui se *rit4 ,m4 ,f\ille#a propose une ,*ambre haute ari/ocratique1 c'e/--dire qui reprs5t]ait t\tes les compt5ces du pays1 tant nomme p> t\t ce qui dans le pays e/ con/itu sur une compt5ce p>ticulire3 magi/rature1 arme1 univ]sit1 ,*ambres de comm]ce1 etc4 #a ,revue des ,deux ,mondes du #ae novembre #aiji4 ,ri5 de mieux2 mais il faudrait que la dmocratie y cons5tt et c'e/ prcism5t de ces gr\pem5ts de compt5ce qu'elle se dfie1 les considrant1 avec ple9e raison du re/e1 dans un c]ta9 s5s du mot1 comme des ari/ocraties4 ,il propose encore une int]v5tion n]gique de l'tat p\r re/aur] la moralit publique3 anti-alcoolisme1 anti-jeu1 anti-pornographie4 ,outre que ce disc\rs s5t la raction2 c> c'e/ proprem5t le programme de l'ordre moral en #ahgc1 il faut rem>qu]1 comme du re/e ,m4 ,f\ille le reconnat lui-mme1 que l'tat dmocratique ne peut gure tu] ce qui le fait vivre1 dtruire les s\rces pr9cipales de ses rev5us4 ,la dmocratie1 des reprs5tants au!ntiques de la dmocratie elle-mme l'ont reconnu1 n'e/ pas un g\v]nem5t bon m>*2 elle a t\j\rs t in/itue avec cette esprance et en p>tie dans le desse9 d'tre un g\v]nem5t conomique et elle a t\j\rs t ru9euse1 p>ce qu'elle a beso9 d'un plus gr& nombre de p>tisans qu'un autre g\v]nem5t1 d'un mo9s gr& nombre de mcont5ts qu'un autre g\v]nem5t2 et que ces p>tisans1 il faut les rmunr] d'une faon ou d'une autre et que ces mcont5ts il faut les ds>m] en les a*etant d'une manire ou d'une autre4 ,la dmocratie1 qu'elle soit anci5ne ou qu'elle soit mod]ne1 vit t\j\rs dans la t]reur d'un tyran possible et qu'elle imag9e comme imm95t4 ,contre ce tyran qui g\v]n]ait avec une m9orit n]gique1 elle a beso9 d'une majorit imm5se qu'elle doit s'assur] p> des faveurs2 et ce tyran elle doit drob] les mcont5ts qui s]ai5t ses s\ti5s1 en les ds>mant p> des faveurs plus gr&es encore4 ,elle a donc beso9 de beauc\p d'arg5t4 ,elle le tr\v]a en dp\illant la classe ri*e autant que possible2 mais c'e/ une ress\rce trs limite1 la classe ri*e tant t\te petite4 ,elle le tr\v]a plus aism5t1 plus abondamm5t aussi1 en exploitant les vices de t\t le monde1 t\t le monde tant un gr\pe trs nombreux4 ,de l ses complaisances ncessaires p\r les cab>ets1 comme dit ,m4 ,f\ille1 qu'il s]ait beauc\p plus dang]eux p\r elle de f]m] que de f]m] les glises4 ,les beso9s croissants1 nul d\te1 comme le prsage encore ,m4 ,f\ille1 qu'elle ne s'attribue le monopole des maisons de dbau*e et des publications lic5cieuses1 ce qui s]ait faire =tune4 ,et1 aprs t\t1 les tolr] p\r le bnfice de quelques indu/riels ou se les adjug] p\r en tir] bnfice soi-mme1 n'e/-ce pas mme *ose comme rsultat moral2 et opration f9ancire bi5 meilleure dans le second cas que dans le premi]8 ,m4 ,f\ille assure encore que la r=me doit v5ir d'en haut et non pas d'en bas2 que d'en haut et non pas d'en bas peut v5ir le m\vem5t de rgnration4 ,je ne dem&e pas mieux2 mais je dem&e comm5t cela p\rrait se faire8 ,t\t1 exactem5t1 dp5dant du peuple1 qui1 quoi1 peut agir sur le peuple except le peuple lui-mme8 ,t\t dp5dant du peuple1 p> quoi peut-il tre m1 except p> une =ce intime8 ,n\s sommes1--puisque n\s causons avec un philosophe1 n\s p\vons n\s s]vir de ces t]mes1--en face d'un 1 d'un moteur qui donne le m\vem5t mais qui ne le reoit pas4 ,un pr9cipe a disp>u1 un prjug si v\s v\lez1 le prjug de la compt5ce2 on ne croit plus que ce soit celui qui sait une *ose qui doive s'occup] de cette *ose ou tre *oisi p\r s'en occup]4 ,ds lors1 non seulem5t mauvaise tractation de t\tes *oses2 mais impossibilit que l'on arrive p> aucun biais les bi5 trait]4 ,on ne voit pas de solution4 ,nietzs*e avait horreur1 bi5 ent5du1 de la dmocratie2 seulem5t1 comme t\s les pessimi/es n]giques1 comme t\s les pessimi/es qui ne sont pas des pococurante1 il disait de temps en temps3 ,il y a des pessimi/es1 rsigns1 l*es2 de ceux-l n\s ne v\lons pas tre2 et1 qu& il n'en v\lait pas tre1 il s'entranait voir la dmocratie avec des yeux bi5veillants4 ,alors1 tantt il disait1 se plaant au po9t de vue e/htique3 frqu5t] le peuple dont on ne peut se pass]1 non plus que de contempl] une vgtation puissante et sa9e2 et quoique abom9ablem5t contradictoire avec t\t ce qu'il a dit de la bte de tr\peau et de la bte de m>cage1 cette p5se a quelque s5s4 ,elle signifie que l'in/9ct e/ une =ce et que t\te =ce1 d'abord e/ intressante contempl]2 ensuite doit avoir en elle une v]tu d'action1 un pr9cipe de vie1 un ressort d'ext5sion4 ,il e/ possible1 quoiqu'il soit vague4 ,en somme la f\le n'e/ puissante que de nombre et p>ce qu'il a t dcid que ce s]ait le nombre qui dcid]ait4 ,c'e/ un expdi5t2 mais un expdi5t ne donne pas une =ce relle qui n'en a pas4 ,la =ce d'action e/ t\j\rs celui qui a un desse91 qui le comb9e1 qui le s\ti5t1 qui le prolonge et qui le p\rsuit4 ,si celui-ci e/ prcism5t lim9 et rduit l'impuissance ou au m9imum d'efficace1 on ne voit pas bi5 ce que la f\le1 mo9s lui1 aura de =ce d'action4 ,il faudrait s'expliqu] davantage4 ,d'autres fois ,nietzs*e se dem&ait s'il ne fallait pas respect] le droit qu'aprs t\t peut avoir la multitude se dirig] d'aprs un idal--il en e/ de plusieurs degrs--qui e/ le si52 devons-n\s refus] aux masses le droit de *]*] leurs vrits et de croire les avoir tr\ves2 leurs croyances vitales1 les croyances de leur vie elles et de les avoir tr\ves8 ,les masses sont le fondem5t de t\te humanit1 les assises de t\te culture4 ,privs d'elles1 que devi5drai5t les matres8 ,ils ont beso9 qu'elles soi5t heureuses4 ,soyons pati5ts2 s\ffrons que nos esclaves insurgs et p\r un in/ant nos matres inv5t5t des illusions qui leur soi5t favorables444 ,plus s\v5t1 c> il e/ rev5u plusieurs fois sur cette ide1 ram5 son ari/ocratisme c\tumi]1 il considrait la dmocratie comme une dcad5ce1 condition de l'avnem5t d'un ari/ocratisme futur3 ,une haute culture ne peut s'difi] que sur un t]ra9 va/e1 sur une mdiocrit bi5 portante et =tem5t consolide #ahhg4 ,dix ans plus tt il avait considr l'esclavage comme ayant t la condition ncessaire de la haute culture de la ,grce et de ,rome4 ,en consqu5ce le b unique1 provisoire1 mais p\r longtemps encore1 doit tre l'amo9drissem5t de l'homme2 c> il faut d'abord avoir une va/e fondation sur laquelle p\rra s'lev] la race des hommes =ts4 ,l'amo9drissem5t de l'homme europen e/ le gr& processus que l'on ne saurait entrav]2 il faudrait plutt l'acclr] encore4 ,c'e/ la =ce active qui p]met d'espr] l'asc5sion d'une race plus =te1 d'une race qui possd]ait en excs ces qualits mmes qui manqu5t l'espce amo9drie1 volont1 responsabilit1 c]titude1 facult de se fix] un b444 ,mais comm5t1 de la mdiocrit et de la mdiocrit sans cesse croissante--telle que ,nietzs*e se la figure--de la masse1 comm5t1 p> quel procd naturel ou artificiel1 une n\velle race d'lite p\rra-t-elle sortir8 ,nietzs*e semble se rappel] la trs irrespectueuse ?orie et trs dnue de pit filiale1 p> laquelle ,r5an expliquait son gnie lui3 une longue srie d'aeux obscurs ont conomis p\r moi les vigueurs intellectuelles444 et il jette sur son c>net ces rflexions un peu in=mes1 d'o mane p\rtant une lumire3 ,il e/ ins5s de se figur] que t\te cette victoire des valeurs les valeurs basses8 puisse tre antibiologique2 il faut *]*] l'expliqu] p> un intrt vital p\r le ma9ti5 du type homme1 dt-il tre atte9t p> la prpondrance des faibles et des d%rits4 ,peut-tre1 si les *oses allai5t d'une autre manire1 l'homme n'exi/]ait plus4--,l'lvation du type e/ dang]euse p\r la cons]vation de l'espce4 ,p\rquoi8--,les races =tes sont des races prodigues4 ,n\s n\s tr\vons ici devant un problme d'conomie4 ,on entrevoit ma9t5ant sur quoi ,nietzs*e compte ou s'ef=ce un mom5t de compt]2 c'e/ bi5 sur un procd naturel2 c'e/ sur une sorte de vis m$icatri natur4 ,en s'abaissant1 en s'amo9drissant1 les races s'p>gn5t1 se mnag5t1 s'conomis5t2 et la quantit d'n]gie1 de puissance intellectuelle et de puissance morale1 de valeurs huma9es tant suppose t\j\rs la mme dans l'humanit1 les races qui se trait5t a9si crent en elles-mmes une rs]ve qui =cm5t s'inc>n]a un j\r dans une lite2 elles crent donc en leur se9 une lite qui en sortira2 elles se font grosses1 inconsciemm5t1 d'une ari/ocratie qui jaillira d'elles p\r les dom9]4 ,n\s retr\vons t\j\rs dans ,nietzs*e la ?orie ,s*op5hauri5ne du gr& trompeur qui mne le g5re huma9 p> le b\t du nez et qui lui fait faire1 et comme agrable1 ce qu'il ne f]ait po9t s'il savait o cela le mne4 ,il e/ possible3 cep5dant1 l'conomie outrance1 si elle peut m5] une rs]ve de =ces1 peut m5]1 peut-tre plus srem5t1 l'anmie2 et d'annihil] les lites actuelles p\r prp>] les lites futures1 je ne sais pas si c'e/ un jeu inspir p> le gr& trompeur mais c'e/ un jeu qui p>at dang]eux4 ,il faudrait tre sr1 et qui l'e/8 que le gr& trompeur n'ab&onne pas ceux qui s'ab&onn5t4 ,j'ai dit1 sans song] aucune my?ologie mtaphysique et ne songeant qu'aux ambitieux qui n\s ent\r5t et ne songeant qu' leur donn] un bon conseil3 ,le meilleur moy5 d'arriv] e/ de desc5dre4 ,il n'y a ri5 de plus philosophique1 me rpond ,nietzs*e2 c'e/ bi5 plus vrai des peuples que des individus3 le meilleur moy5 p\r les peuples de dev5ir gr&s un j\r1 c'e/ de comm5c] p> s'amo9drir4--,je d\te un peu4 ,il n'y a pas de raison solide p\r que de la faiblesse p]svramm5t cultive sorte la =ce4 ,ni la ,grce1 ni ,rome1 ne n\s donn5t un exemple l'appui et ni la dmocratie rpublica9e d',a?nes1 ni la dmocratie cs>i5ne de ,rome n'ont donn naissance une ari/ocratie1 p> conomie prolonge de valeurs4 --,elles n'ont pas eu le temps4 --,on peut t\j\rs dire cela4 99 99 99 99 99 ,mieux vaut peut-tre *]*] enray] la dmocratie que d'acclr] le processus de dcad5ce p\r qu'il ab\tisse une rsurrection4 ,t\t au mo9s c'e/ ce qui se prs5te le plus naturellem5t la p5se et ce qui ressemble le plus au devoir4 ,qu& je dis enray] la dmocratie on p5se bi5 que je veux dire faire en sorte qu'elle s'enraye elle-mme1 puisque ri5 ne peut l'enray] une fois qu'elle a pris consci5ce de soi4 ,il ne faut song] qu' la p]suad]4 ,encore que ce soit la t5tative la plus trangem5t tmraire que d'essay] de lui p]suad] autre *ose que sa confiance en elle-mme1 il ne faut song] qu' la p]suad]1 puisque t\t autre ef=t s]ait encore plus va94 ,il faut lui rappel] que les rgimes priss5t p> l'ab&on et aussi p> l'excs de leur pr9cipe1 quoique ce soit une maxime trs suranne2 qu'ils priss5t p> l'ab&on de leur pr9cipe p>ce que leur pr9cipe e/ la raison hi/orique de leur naissance2 et qu'ils priss5t p> l'excs de leur pr9cipe p>ce qu'il n'y a pas un pr9cipe qui soit bon t\t seul et qui suffise1 lui t\t seul1 la complexit de la ma*9e sociale4 ,qu'e/-ce que le pr9cipe d'un g\v]nem5t8 ,ce n'e/ pas ce qui le fait tre tel ou tel2 c'e/ ce qui le fait agir1 comme dit ,montesquieu2 c'e/ les passions huma9es qui le font m\voir4 ,or il e/ vid5t que la passion de la s\v]a9et1 que la passion de l'galit et que la passion de l'incompt5ce ne suffis5t pas donn] un g\v]nem5t une vie complte et une vie =te4 ,il faut faire la compt5ce sa "p2 disons mieux1 il faut faire la compt5ce une "p2 c> je ne veux pas prt5dre qu'elle ait un droit1 mais seulem5t qu'elle e/ une ncessit sociale4 ,il faut faire une "p la compt5ce te*nique1 la compt5ce intellectuelle1 la compt5ce morale1 la s\v]a9et nationale dt-elle en tre limite1 et l'galit dt-elle en s\ffrir4 ,un lm5t dmocratique e/ ess5tiellem5t ncessaire un peuple2 un lm5t ari/ocratique1 aussi1 e/ ess5tiellem5t ncessaire un peuple4 ,un lm5t dmocratique e/ ess5tiellem5t ncessaire un peuple1 p\r que le peuple ne se s5te pas uniquem5t passif1 p\r qu'il s5te qu'il e/ une p>tie et une p>tie importante du corps social1 p\r que ces mots3 la nation1 c'e/ v\s2 df5dez-la ai5t un s5s2 et autrem5t le raisonnem5t des dmagogues anti-patriotes s]ait ju/e3 quoi bon se battre p\r ces matres-ci contre ces matres-l1 puisqu'il n'y aurait aucune diffr5ce1 ces matres-l ayant remplac ceux-ci8 ,il faut un lm5t dmocratique dans le g\v]nem5t d'un peuple p\r ceci encore qu'il e/ trs dang]eux que le peuple soit une nigme2 qu'il faut savoir ce qu'il p5se1 ce qu'il s5t1 ce qu'il s\ffre1 ce qu'il dsire1 ce qu'il cra9t1 ce qu'il espre2 et comme on ne peut le savoir que p> lui1 il faut qu'il ait une voix quelque "p et une voix qu'on n't\ffe pas4 ,d'une faon ou d'une autre1 p> une ,*ambre qui soit lui et qui ait une gr&e "p d'autorit2 p> la prs5ce dans une ,*ambre unique d'un nombre considrable de reprs5tants du peuple2 p> des plbiscites in/itus con/itutionnellem5t comme ncessaires p\r la rvision de la ,con/itution et p\r les lois d'intrt univ]sel2 p> la lib]t de l'imprim]ie et la lib]t d'association et de runion1 ce qui ne s]ait pas suffisant mais ce qui suffirait presque2 il faut que le peuple puisse faire savoir ce qu'il s\haite et puisse pes] sur les dcisions du g\v]nem5t1 en un mot soit ent5du et soit c\t4 ,mais il faut un lm5t ari/ocratique dans une nation et dans le g\v]nem5t d'une nation1 p\r que ce qu'elle a de prcis ne soit pas t\ff p> ce qu'elle a de confus2 p\r que ce qu'elle a d'exact ne soit pas obscurci p> ce qu'elle a de vague et p\r que ce qu'elle a de volont ne soit pas br\ill p> ce qu'elle a de vellxs capricieuses ou incohr5tes4 ,cette ari/ocratie1 quelquefois l'hi/oire la fait elle-mme et dans ce cas elle n'e/ pas mauvaise1 ayant1 ca/e plus ou mo9s f]me1 des traditions1 et les traditions1 plus que les lois1 cons]vatrices des lois du re/e1 tant ce qu'il y a de plus vivant1 de plus vivace et de plus fcond dans l'me d'un peuple4 ,quelquefois l'hi/oire ne la fait pas1 ou1 celle que l'hi/oire a faite ayant disp>u1 il n'y en a plus2 c'e/ alors que le peuple doit en tir] une de lui-mme2 et c'e/ alors que le respect des s]vices r5dus1 le respect des s]vices r5dus mme p> les asc5dants de l'homme di/+u] et *oisir1 le respect des compt5ces selon la fonction donn] un homme1 le respect1 quelle que soit la fonction donn]1 de la valeur morale de l'homme *oisir1 sont des qualits que la dmocratie doit se donn] et doit savoir cons]v]4 ,ces qualits sont son aptitude acquise pr5dre "p au g\v]nem5t2 ces qualits sont son adaptation au milieu social1 la ma*9e sociale et l'organisation sociale4 ,on peut dire que c'e/ p> ces qualits qu'elle entre dans l'organisme dont elle e/ la matire4 ,comme dit trs bi5 ,/u>t ,mill1 on ne peut pas avoir une dmocratie habile1 si la dmocratie ne cons5t pas ce que la besogne qui dem&e de l'habilet soit faite p> ceux qui en ont4 ,donc ce qu'il faut1 ce qu'il faudra t\j\rs1 mme en rgime sociali/e1 o1 comme je l'ai montr1 l'ari/ocratie exi/]a encore1 mais1 seulem5t1 s]a plus nombreuse2 ce qu'il faut1 ce qu'il faudra t\j\rs1 c'e/ un mlange de dmocratie et d'ari/ocratie2 et1 quoiqu'il soit bi5 vieux1 mais p>ce qu'il avait exam91 et en naturali/e1 c5t c9quante con/itutions diffr5tes1 c'e/ t\j\rs ,ari/ote qui aura raison4 ,il e/ ari/ocrate1 nettem5t1 on l'a vu1 mais ses conclusions d]nires1 soit qu'il p>le de ,lacdmone1 encore qu'il ne l'aime pas1 soit qu'il p>le de ,c>?age1 soit qu'il p>le d'une faon gnrale1 sont bi5 que les meilleures con/itutions sont encore les con/itutions mixtes4 ,cep5dant il y aurait une manire d'avoir la dmocratie et l'ari/ocratie2 ce s]ait de faire en sorte que les citoy5s di/+us et la multitude euss5t de *aque ct ce qu'ils peuv5t dsir]4 ,le droit p\r t\s d'arriv] aux magi/ratures e/ un pr9cipe dmocratique2 n'admettre aux magi/ratures que les citoy5s di/+us e/ un pr9cipe ari/ocratique4 ,c'e/ ce mlange de dmocratie et d'ari/ocratie qui fait une bonne con/itution4 ,mais il ne faut pas que cette con/itution mixte soit une simple juxtaposition1 ce qui ne f]ait que mettre en contact des lm5ts ho/iles4 ,j'ai dit mlange et j'aurais d dire comb9aison4 ,il faut que1 dans le maniem5t des affaires1 ari/ocratie et dmocratie soi5t comb9es4 ,comm5t8 ,il y a quelque temps que je le dis et je ne dem&e que d'avoir quelque temps encore p\r le rpt]4 ,un peuple sa9 e/ celui o l'ari/ocratie e/ dmophile et o le peuple e/ ari/ocrate4 ,t\t peuple o l'ari/ocratie e/ ari/ocrate et o le peuple e/ dmocrate e/ un peuple qui e/ de/9 prir promptem5t1 p>ce qu'il ne sait pas ce que c'e/ qu'un peuple1 mais ne va pas plus lo9 qu' savoir ce que c'e/ qu'une classe et peut-tre ne va pas mme jusque-l4 ,montesquieu admire beauc\p les ,a?ni5s et les ,roma9s p\r la raison suivante3 ,on sait qu' ,rome1 quoique le peuple se ft donn le droit d'lev] aux *>ges les plbi5s1 il ne p\vait se rs\dre les lire2 et quoique ,a?nes on pt1 p> la loi d',ari/ide1 tir] les magi/rats de t\tes les classes1 il n'arriva jamais1 dit ,xnophon1 que le bas peuple dem&t celles qui p\vai5t intress] son salut et sa gloire4 ,les deux faits sont exacts2 seulem5t celui qui conc]ne ,a?nes ne signifie ri51 p>ce qu' ,a?nes t\t1 exactem5t1 se dcidait p> plbiscite et que p> consqu5t les vritables magi/rats d',a?nes tai5t les orateurs en qui le peuple avait confiance1 qui entranai5t ses dcisions et qui rellem5t adm9i/rai5t la cit4 ,a ,rome le mme fait e/ de t\te importance p>ce que c'tai5t bi5 les magi/rats lus qui g\v]nai5t4 ,la ,rome rpublica9e fut bi5 un pays g\v]nem5t ari/ocratique1 mais qui avait un lm5t dmocratique2 et cet lm5t dmocratique1 jusqu'aux gu]res civiles1 fut pr(ondm5t ari/ocrate2 de mme que l'ari/ocratie1 t\j\rs ouv]te1 du re/e1 l'accession du plbianisme1 tait pr(ondm5t dmophile4 ,l'in/itution de la cli5tle1 quelque dgnresc5ce qu'elle dt ab\tir1 e/ un phnomne peu prs unique je crois1 qui montre quel po9t les deux classes s5tai5t la ncessit sociale1 la ncessit patriotique de s'appuy] l'une sur l'autre et d'tre comme enrac9es l'une dans l'autre4 ,le peuple o la plbe e/ ari/ocrate et l'ari/ocratie dmophile e/ le peuple sa94 ,rome a russi dans le monde p>ce qu'elle a eu p5dant c9q c5ts ans la sant sociale4 ,le peuple ari/ocrate et l'ari/ocratie dmophile1 j'ai cru longtemps que cette =mule tait de moi4 ,je vi5s de m'ap]cevoir1 ce qui du re/e ne m'a nullem5t tonn1 qu'elle e/ d',ari/ote encore3 ,voici le s]m5t que les olig>ques prt5t ma9t5ant dans quelques cits3 ,je jure d'tre t\j\rs ennemi du peuple et de ne jamais conseill] que ce que je saurai lui tre nuisible4 ,c'e/ t\t le contraire qu'il faudrait au mo9s affect] de dire et faire ent5dre4 ,c'e/ une faute politique qui se commet dans les olig>*ies et aussi dans les dmocraties2 et l o la multitude e/ matresse des lois1 ce sont les dmagogues qui la commett5t4 ,en combattant contre les ri*es ils divis5t t\j\rs l'tat en deux p>tis opposs4 ,il faut1 au contraire1 dans les dmocraties avoir l'air de p>l] p\r les ri*es et dans les olig>*ies il faut que les olig>ques sembl5t p>l] en faveur du peuple4 ,c'e/ un conseil ma*iavlique4 ,ari/ote p>at p]suad que les dmocrates ne peuv5t que p>atre p>l] p\r les ri*es et que t\t ce qu'on peut dem&] aux olig>ques c'e/ de sembl] p>l] en faveur du peuple4 ,mais encore il compr5d bi5 que p\r la paix et le bi5 de la cit telles doiv5t tre les attitudes4 ,il y a plus2 il y a plus pr(ond4 ,les ari/ocrates doiv5t non seulem5t p>atre1 mais tre dmophiles s'ils compr5n5t les intrts de l'ari/ocratie elle-mme1 qui doit avoir une base2 les dmocrates doiv5t non seulem5t p>atre1 mais tre ari/ocrates s'ils compr5n5t les intrts de la dmocratie qui doit avoir un guide4 ,cette rciprocit de bons (fices1 cette rciprocit de dv\em5t et cette comb9aison d'ef=ts sont ncessaires dans les rpubliques mod]nes autant que dans les rpubliques anci5nes4 ,ce n'e/ pas autre *ose que la syn]gie sociale4 ,la syn]gie sociale doit tre aussi =te que la syn]gie familiale4 ,t\te famille divise prira1 t\t royaume divis prira4 ,j'ai peu p>l de la royaut qui n'entrait qu'indirectem5t dans mon sujet4 ,si l'on a vu des royauts si =tes1 c'e/ que le s5tim5t royali/e pr\v en commun p> l'ari/ocratie et p> le peuple ralisait cette syn]gie sociale dont n\s p>lons2 c'e/ qu'tre dv\ t\s les deux quelqu'un se ramne tre trs dv\s l'un l'autre p> la conv]g5ce des volonts4 ,eadem velle1 eadem nolle amicitia e/4 ,il n'e/ pas beso9 p\r cela de la royaut4 ,la royaut c'e/ la patrie vue dans un homme4 ,a voir la patrie en elle-mme on peut et l'on doit ab\tir la mme syn]gie1 la mme communaut et conv]g5ce des volonts4 ,il faut que les petits aim5t la patrie dans les gr&s et que les gr&s aim5t la patrie dans les petits2 et que p> suite les uns et les autres veuill5t les mmes *oses1 rep\ss5t les mmes *oses4 ,amicitia sit6 ,,table ,les tudes contempora9es #e ,i4--,pr9cipes des ,rgimes #g ,,ii4--,confusion des fonctions #cb ,,iii4--,refuges de la ,compt5ce #eb ,,iv4--,le ,lgislateur compt5t #ei ,v4--,les ,lois en ,dmocratie #gf ,,vi4--,incompt5ce g\v]nem5tale #hf ,,vii4--,incompt5ce judiciaire #ij ,,viii4--,autres ,incompt5ces #aai ,,ix4--,murs gnrales #aed ,x4--,les ,habitudes pr(essionnelles #afa ,,xi4--,remdes t5ts #aga ,,xii4--,le ,rve #bab ,,may5ne4--,,imprim]ie ,,de ,,*>les ,,col9