,biblio?que de ,philosophie sci5tifique ,dr ,,gu/ave ,,le ,,bon ,les ,op9ions et les ,croyances ,,g5,,se--,,volution ,trois ordres de vrits n\s guid5t4 ,les vrits affectives1 les vrits my/iques1 les vrits rationnelles4 ,issues de logiques diffr5tes elles n'ont pas de commune mesure4 ,,p>is ,,erne/ ,,flamm>ion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf #aiaa ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays1 y compris la ,sude et la ,norvge4 ,,pr9cipales ,,publications ,,du ,dr ,,gu/ave ,,le ,,bon #a ,,voyages1 ,,hi/oire1 ,,philosophie ,voyage aux monts ,tatras1 avec une c>te et un panorama dresss p> l'auteur 7publi p> la ,socit gographique de ,p>is74 ,voyage au ,npal1 avec nombreuses illu/rations1 d'aprs les photographies et dess9s excuts p> l'auteur p5dant son exploration 7publi p> le ,t\r du ,monde74 ,l',homme et les ,socits4--,leurs orig9es et leur hi/oire4 ,tome ,i]3 ,dveloppem5t physique et intellectuel de l'homme4--,tome ,,ii3 ,dveloppem5t des socits4 7puis47 ,les ,premires ,civilisations de l',ori5t 7gypte1 ,assyrie1 ,jude1 etc474 ,gr& 9-#d1 illu/r de #dcj gravures1 #b c>tes et #i photographies4 7,flamm>ion47 ,la ,civilisation des ,arabes4 ,gr& 9-#d1 illu/r de #cff gravures1 #d c>tes et #aa plan*es en c\leurs1 d'aprs les photographies et aqu>elles de l'auteur4 7,firm9-,didot47 7puis47 ,les ,civilisations de l',inde4 ,gr& 9-#d1 illu/r de #ceb photogravures et #b c>tes1 d'aprs les photographies excutes p> l'auteur4 #b;e dition4 7puis47 ,les ,monum5ts de l',inde4 ,9-folio1 illu/r de #djj plan*es d'aprs les docum5ts1 photographies1 plans et dess9s de l'auteur4 7,firm9-,didot47 7puis47 ,lois psy*ologiques de l'volution des peuples4 ,9-#ah4 #i;e dition4 ,psy*ologie des f\les4 #a vol4 9-#ah4 #ae;e dition4 ,psy*ologie du ,socialisme4 #a vol4 9-#h4 #f;e dition4 ,psy*ologie de l'ducation4 #a vol4 9-#ah4 #ac;e mille4 ,psy*ologie politique4 #a vol4 9-#ah4 #f;e mille4 ,les ,op9ions et les ,croyances4 #a vol4 9-#ah4 #b ,,re*]*es ,,exp,,rim5tales ,la ,fume du ,tabac4 #b;e dition augm5te de re*]*es sur div]s alcalodes n\veaux que la fume du tabac conti5t4 7puis47 ,la ,vie4--,trait de physiologie huma9e4--#a volume 9-#h illu/r de #cjj gravures4 7puis47 ,re*]*es exprim5tales sur l',asphyxie4 7,comptes r5dus de l',acadmie des sci5ces47 ,re*]*es anatomiques et ma?matiques sur les lois des v>iations du volume du crne4 7,mmoire c\ronn p> l',acadmie des sci5ces et p> la ,socit d',an?ropologie de ,p>is47 ,9-#h4 7puis47 ,la ,m?ode graphique et les ,app>eils ,enregi/reurs1 cont5ant la description de n\veaux in/rum5ts de l'auteur4 #a vol4 9-#h1 avec #fc figures dess9es au laboratoire de l'auteur4 7puis47 ,les ,lev]s photographiques4 ,expos des n\velles m?odes de lev]s de c>tes et de plans employes p> l'auteur p5dant ses voyages4 #b vol4 9-#ah4 7,gau?i]-,vill>s47 ,l'quitation actuelle et ses pr9cipes4--,re*]*es exprim5tales4 #c;e dition4 #a vol4 9-#h1 avec #gc figures et un atlas de #bjj photographies in/antanes4 7puis47 ,mmoires de ,physique4 ,lumire noire4 ,phosphoresc5ce invisible4 ,ondes h]tzi5nes4 ,dissociation de la matire1 etc4 7,revue sci5tifique47 ,l'volution de la ,matire1 avec #fc figures4 #ba;e mille4 ,l'volution des ,=ces1 avec #dj figures4 #aj;e mille4 ,l'van\issem5t de la ,matire4 #a bro*ure 9-#ah4 7,librairie du ,m]cure de ,france47 ,il exi/e des traductions en ,anglais1 ,allem&1 ,espagnol1 ,itali51 ,danois1 ,russe1 ,arabe1 ,polonais1 ,t*que1 ,turc1 ,h9do/ani1 ,japonais1 etc41 de quelques-uns des prcd5ts ouvrages4 ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays4 ,copyright #aiaa1 by ,,erne/ ,,flamm>ion4 ,a mon *] ,ami ,,gabriel ,,hanotaux ,,anci5 ,,m9i/re ,,des ,,affaires ,,trang,,res ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,a l'hi/ori5 m95t dont la pntrante sagacit sait dc\vrir s\s la trame des faits visibles les =ces invisibles qui les dt]m95t4 ,,gu/ave ,,le ,,bon4 ,les ,op9ions et les ,croyances ,g5se4 volution ,,livre ,i ,,les ,,probl,,mes ,,de ,,la ,,croyance ,,et ,,de ,,la ,,connaissance ,,*apitre ,i ,,les ,,cycles ,,de ,,la ,,croyance ,,et ,,de ,,la ,,connaissance4 #a4--,les difficults du problme de la croyance4 ,le problme de la croyance1 p>fois confondu avec celui de la connaissance1 en e/ cep5dant =t di/9ct4 ,savoir et croire sont *oses diffr5tes n'ayant pas mme g5se4 ,des op9ions et des croyances1 driv5t1 avec la conception de la vie1 notre conduite1 et p> consqu5t la plup>t des vnem5ts de l'hi/oire4 ,elles sont comme t\s les phnomnes rgies p> c]ta9es lois1 mais ces lois ne sont pas dt]m9es encore4 ,le doma9e de la croyance a t\j\rs sembl hriss de my/res4 ,c'e/ p\rquoi les livres sur la croyance sont si peu nombreux alors que ceux sur la connaissance sont innombrables4 ,les r>es t5tatives faites p\r lucid] le problme de la croyance suffis5t d'ailleurs montr] combi5 il a t peu compris4 ,acceptant la vieille op9ion de ,desc>tes1 les auteurs rpt5t que la croyance e/ rationnelle et volontaire4 ,un des buts de cet ouvrage s]a prcism5t de montr] qu'elle n'e/ ni volontaire1 ni rationnelle4 ,la difficult du problme de la croyance n'avait pas *app au gr& ,pascal4 ,dans un *apitre sur l'art de p]suad]1 il rem>que ju/em5t que les hommes3 sont presque t\j\rs emports croire1 non p> la preuve mais p> l'agrm5t4 ,mais1 aj\te-t-il3 la manire d'agrer e/ bi5 sans comp>aison plus difficile1 plus subtile1 plus utile et plus admirable2 aussi1 si je n'en traite pas1 c'e/ p>ce que je n'en suis pas capable2 et je m'y s5s tellem5t disproportionn que je crois la *ose absolum5t impossible4 ,grce aux dc\v]tes de la sci5ce mod]ne1 il n\s a sembl possible d'abord] le problme devant lequel avait recul ,pascal4 ,sa solution donne la clef de bi5 des que/ions importantes4 ,comm5t1 p> exemple1 s'tabliss5t les op9ions et les croyances religieuses ou politiques1 p\rquoi r5contre-t-on simultanm5t *ez c]ta9s esprits1 avec une intellig5ce trs haute des sup]/itions trs naves8 ,p\rquoi la raison e/-elle si impuissante modifi] nos convictions s5tim5tales8 ,sans une ?orie de la croyance1 ces que/ions et beauc\p d'autres re/5t insolubles4 ,la raison seule ne p\rrait les expliqu]4 ,si le problme de la croyance a t si mal compris des psy*ologues et des hi/ori5s1 c'e/ p>ce qu'ils ont t5t d'int]prt] avec les ress\rces de la logique rationnelle des phnomnes qu'elle n'a jamais rgis4 ,n\s v]rons que t\s les lm5ts de la croyance obiss5t des rgles logiques1 trs sres1 mais absolum5t trangres celles employes p> le savant dans ses re*]*es4 99 99 99 99 99 ,ds mes premires tudes hi/oriques1 ce problme m'avait hant4 ,la croyance m'app>aissait bi5 le pr9cipal facteur de l'hi/oire1 mais comm5t expliqu] des faits aussi extraord9aires que les fondations de croyances dt]m9ant la cration ou la *ute de puissantes civilisations8 ,des tribus nomades1 p]dues au fond de l',arabie1 adopt5t une religion qu'un illum9 leur enseigne1 et grce elle fond5t en mo9s de c9quante ans un empire aussi va/e que celui d',alex&re1 illu/r p> une spl5dide closion de monum5ts m]veilleux4 ,peu de sicles aup>avant1 des peuples demi-b>b>es se conv]tissai5t la foi pr*e p> des aptres v5us d'un co9 obscur de la ,galile et s\s les feux rgnrateurs de cette croyance1 le vieux monde s'cr\lait p\r faire place une civilisation entirem5t n\velle1 dont *aque lm5t demeure imprgn du s\v5ir du ,dieu qui l'a fait natre4 ,prs de v+t sicles plus t>d1 l'antique foi e/ branle1 des toiles inconnues surgiss5t au ciel de la p5se1 un gr& peuple se s\lve1 prt5dant bris] les li5s du pass4 ,sa foi de/ructrice1 mais puissante1 lui confre1 malgr l'an>*ie o cette gr&e ,rvolution le plonge1 la =ce ncessaire p\r dom9] l',europe en armes et trav]s] victorieusem5t t\tes ses capitales4 ,comm5t expliqu] cet trange p\voir des croyances8 ,p\rquoi l'homme se s\met-il s\da9em5t une foi qu'il ignorait hi]1 et p\rquoi l'lve-t-elle si prodigieusem5t au-dessus de lui-mme8 ,de quels lm5ts psy*ologiques surgiss5t ces my/res8 ,n\s essai]ons de le dire4 ,le problme de l'tablissem5t et de la propagation des op9ions1 et surt\t des croyances1 a des cts si m]veilleux que les sectateurs de *aque religion invoqu5t sa cration et sa diffusion comme preuve d'une div9e orig9e4 ,ils font rem>qu] aussi que ces croyances sont adoptes malgr l'intrt le plus vid5t de ceux qui les accept5t4 ,on compr5d aism5t1 p> exemple1 le *ri/ianisme se propageant facilem5t *ez les esclaves et t\s les d%rits auxquels il promettait un bonheur t]nel4 ,mais quelles =ces secrtes p\vai5t dt]m9] un *evali] roma91 un p]sonnage consulaire1 se dp\ill] de leurs bi5s et risqu] de honteux supplices1 p\r adopt] une religion n\velle rep\sse p> les c\tumes1 mprise p> la raison et int]dite p> les lois8 ,impossible d'invoqu] la faiblesse intellectuelle des hommes qui se s\mettai5t volontairem5t un tel j\g puisque1 de l'antiquit nos j\rs1 les mmes phnomnes s'obs]v5t *ez les esprits les plus cultivs4 ,une ?orie de la croyance ne peut tre valable qu'en apportant l'explication de t\tes ces *oses4 ,elle doit surt\t faire compr5dre comm5t des savants illu/res et rputs p> leur esprit critique accept5t des lg5des dont l'enfant9e navet fait s\rire4 ,n\s concevons facilem5t qu'un ,newton1 un ,pascal1 un ,desc>tes1 vivant dans une ambiance sature de c]ta9es convictions1 les ai5t admises sans discussion1 de mme qu'ils admettai5t les lois 9luctables de la nature4 ,mais comm5t1 de nos j\rs1 dans des milieux o la sci5ce projette tant de lumire1 les mmes croyances ne se sont-elles pas dsagrges entirem5t8 ,p\rquoi les voyons-n\s1 qu& p> has>d elles se dsagrg5t1 donn] immdiatem5t naissance d'autres fictions1 t\t aussi m]veilleuses1 a9si que le pr\ve la propagation des doctr9es occulti/es1 spirites1 etc41 p>mi d'm95ts savants8 ,a t\tes ces que/ions n\s devrons galem5t rpondre4 #b4--;,en quoi la croyance diffre de la connaissance4 ,essayons d'abord de prcis] ce qui con/itue la croyance et en quoi elle se di/+ue de la connaissance4 ,une croyance e/ un acte de foi d'orig9e inconsci5te qui n\s =ce admettre en bloc une ide1 une op9ion1 une explication1 une doctr9e4 ,la raison e/ trangre1 n\s le v]rons1 sa =mation4 ,lorsqu'elle essaie de ju/ifi] la croyance1 celle-ci e/ dj =me4 ,t\t ce qui e/ accept p> un simple acte de foi doit tre qualifi de croyance4 ,si l'exactitude de la croyance e/ vrifie plus t>d p> l'obs]vation et l'expri5ce1 elle cesse d'tre une croyance et devi5t une connaissance4 ,croyance et connaissance con/itu5t deux modes d'activit m5tale =t di/9cts et d'orig9es trs diffr5tes4 ,la premire e/ une intuition inconsci5te qu'eng5dr5t c]ta9es causes indp5dantes de notre volont1 la seconde reprs5te une acquisition consci5te difie p> des m?odes exclusivem5t rationnelles1 telles que l'expri5ce et l'obs]vation4 ,ce fut seulem5t une poque avance de son hi/oire1 que l'humanit plonge dans le monde de la croyance dc\vrit celui de la connaissance4 ,en y pntrant1 on reconnut que t\s les phnomnes attribus jadis aux volonts d'tres suprieurs se dr\lai5t s\s l'influ5ce de lois inflexibles4 ,p> le fait seul que l'homme abordait le cycle de la connaissance1 t\tes ses conceptions de l'univ]s fur5t *anges4 ,mais dans cette sphre n\velle il n'a pas encore t possible de pntr] bi5 lo94 ,la sci5ce con/ate *aque j\r que ses dc\v]tes re/5t imprgnes d'inconnu4 ,les ralits les plus prcises rec\vr5t des my/res4 ,un my/re1 c'e/ l'me ignore des *oses4 ,de telles tnbres la sci5ce e/ encore ple9e et1 d]rire les horizons atte9ts p> elle1 d'autres app>aiss5t1 p]dus dans un inf9i qui semble recul] t\j\rs4 ,ce gr& doma9e1 qu'aucune philosophie n'a pu clair] encore1 e/ le royaume des rves4 ,ils sont *>gs d'esprances que nul raisonnem5t ne saurait dtruire4 ,croyances religieuses1 croyances politiques1 croyances de t\t ordre y tr\v5t une puissance illimite4 ,les fantmes r$\ts qui l'habit5t sont crs p> la foi4 ,savoir et croire re/]ont t\j\rs *oses di/9ctes4 ,alors que l'acquisition de la mo9dre vrit sci5tifique exige un norme labeur1 la possession d'une c]titude n'ayant que la foi p\r s\ti5 n'en dem&e aucun4 ,t\s les hommes possd5t des croyances1 trs peu s'lv5t jusqu' la connaissance4 ,le monde de la croyance possde sa logique et ses lois4 ,le savant a t\j\rs va9em5t t5t d'y pntr] avec ses m?odes4 ,on v]ra dans cet ouvrage p\rquoi il p]d t\t esprit critique en pntrant dans le cycle de la croyance et n'y r5contre que les plus dcevantes illusions4 #c4--,rles respectifs de la croyance et de la connaissance4 ,la connaissance con/itue un lm5t ess5tiel de la civilisation1 le gr& facteur de ses progrs matriels4 ,la croyance ori5te les p5ses1 les op9ions et p> consqu5t la conduite4 ,jadis supposes d'orig9e div9e1 les croyances tai5t acceptes sans discussion4 ,n\s les savons auj\rd'hui issues de n\s-mmes et cep5dant elles s'impos5t encore4 ,le raisonnem5t a gnralem5t aussi peu de prise sur elles que sur la faim ou la soif4 labore dans les rgions subconsci5tes que l'intellig5ce ne saurait atte9dre1 une croyance se subit et ne se discute pas4 ,cette orig9e inconsci5te et p> suite involontaire des croyances les r5d trs =tes4 ,religieuses1 politiques ou sociales1 elles ont t\j\rs j\ un rle prpondrant dans l'hi/oire4 ,dev5ues gnrales1 elles con/itu5t des ples attractifs aut\r desquels gravite l'exi/5ce des peuples et imprim5t alors leur m>que sur t\s les lm5ts d'une civilisation4 ,on qualifie clairem5t cette d]nire en lui donnant le nom de la foi qui l'a inspire4 ,civilisation b\ddhique1 civilisation musulmane1 civilisation *rti5ne1 sont des appellations trs ju/es4 ,c'e/ qu'en dev5ant c5tre d'attraction1 la croyance devi5t aussi c5tre de d=mation4 ,les lm5ts div]s de la vie sociale3 philosophie1 arts1 littrature1 se modifi5t p\r s'y adapt]4 ,les seules vraies rvolutions sont celles qui r5\vell5t les croyances fondam5tales d'un peuple4 ,elles ont t\j\rs t =t r>es4 ,seul1 ord9airem5t1 le nom des convictions se trans=me4 ,la foi *ange d'objet1 mais ne meurt jamais4 ,elle ne p\rrait m\rir1 c> le beso9 de croire con/itue un lm5t psy*ologique aussi irrductible que le plaisir ou la d\leur4 ,l'me huma9e a horreur du d\te et de l'inc]titude4 ,l'homme trav]se p>fois des phases de scepticisme1 mais n'y sj\rne jamais4 ,il a beso9 d'tre guid p> un cr$o religieux1 politique ou moral qui le dom9e et lui vite l'ef=t de p5s]4 ,les dogmes dtruits sont t\j\rs remplacs4 ,sur ces ncessits inde/ructibles1 la raison e/ sans prise4 ,l'ge mod]ne conti5t autant de foi que les sicles qui l'ont prcd4 ,dans les temples n\veaux1 se pr*5t des dogmes aussi despotiques que ceux du pass et comptant d'aussi nombreux fidles4 ,les vieux cr$o religieux qui ass]vissai5t jadis la f\le sont remplacs p> des cr$o sociali/es ou an>*i/es aussi imprieux et aussi peu rationnels1 mais qui ne dom95t pas mo9s les mes4 ,l'glise e/ remplace s\v5t p> le cab>et1 mais les s]mons des m5eurs my/iques qui s'y font ent5dre sont l'objet de la mme foi4 ,et si la m5talit des fidles n'a pas beauc\p volu depuis l'poque lo9ta9e o1 sur les rives du ,nil1 ,isis et ,ha?or attirai5t dans leurs temples des milli]s de f]v5ts pl]9s1 c'e/ qu'au c\rs des ges les s5tim5ts1 vrais fondem5ts de l'me1 g>d5t leur fixit4 ,l'intellig5ce progresse1 les s5tim5ts ne *ang5t pas4 ,sans d\te la foi en un dogme quelconque n'e/ gnralem5t qu'une illusion4 ,il ne faut pas la ddaign] p\rtant4 ,grce sa magique puissance1 l'irrel devi5t plus =t que le rel4 ,une croyance accepte donne un peuple une communaut de p5se gnratrice de son unit et de sa =ce4 ,le doma9e de la connaissance tant trs diffr5t de celui de la croyance1 les oppos] l'un l'autre e/ une t*e va9e1 bi5 que j\rnellem5t t5te4 ,dgage de plus en plus de la croyance1 la sci5ce en demeure cep5dant trs imprgne encore4 ,elle lui e/ s\mise dans t\s les sujets mal connus1 les my/res de la vie ou de l'orig9e des espces p> exemple4 ,les ?ories qu'on y accepte sont de simples articles de foi1 n'ayant p\r eux que l'autorit des matres qui les =mulr5t4 99 99 99 99 99 ,les lois rgissant la psy*ologie de la croyance ne s'appliqu5t pas seulem5t aux gr&es convictions fondam5tales laissant une m>que indlbile sur la trame de l'hi/oire4 ,elles sont applicables aussi la plup>t de nos op9ions j\rnalires sur les tres et les *oses qui n\s ent\r5t4 ,l'obs]vation montre facilem5t que la majorit de ces op9ions n'ont pas p\r s\ti5s des lm5ts rationnels1 mais des lm5ts affectifs ou my/iques1 gnralem5t d'orig9e inconsci5te4 ,si on les voit discutes avec tant d'ardeur1 c'e/ prcism5t p>ce qu'elles sont du doma9e de la croyance et =mes de la mme faon4 ,les op9ions reprs5t5t gnralem5t de petites croyances plus ou mo9s transitoires4 ,ce s]ait donc une erreur de croire qu'on sort du *amp de la croyance en r5onant des convictions ance/rales4 ,n\s aurons occasion de montr] que le plus s\v5t on s'y e/ enliz davantage4 ,les que/ions s\leves p> la g5se des op9ions tant du mme ordre que celles relatives la croyance doiv5t tre tudies de la mme faon4 ,s\v5t di/9ctes dans leurs effets1 croyances et op9ions app>ti5n5t cep5dant la mme famille1 alors que la connaissance fait p>tie d'un monde compltem5t diffr5t4 99 99 99 99 99 ,on voit la gr&eur et la difficult des problmes abords dans cet ouvrage4 ,j'y ai rv bi5 des annes s\s des cieux div]s4 ,tantt en contemplant ces milli]s de /atues leves depuis #hj sicles la gloire de t\s les dieux qui inc>nr5t nos rves4 ,tantt p]du p>mi les pili]s gigantesques des temples aux ar*itectures tranges1 reflts dans les eaux maje/ueuses du ,nil ou difis sur les rives t\rm5tes du ,gange4 ,comm5t admir] ces m]veilles sans song] aux =ces secrtes qui les fir5t surgir d'un nant d'o aucune p5se rationnelle n'aurait pu les faire clore8 ,les has>ds de la vie m'ayant conduit explor] des bran*es assez v>ies de la sci5ce pure1 de la psy*ologie et de l'hi/oire1 j'ai pu tudi] les m?odes sci5tifiques qui eng5dr5t la connaissance et les facteurs psy*ologiques gnrateurs des croyances4 ,la connaissance et la croyance1 c'e/ t\te notre civilisation et t\te notre hi/oire4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,m,,?odes ,d',,tude ,,de ,,la ,,psy*ologie4 ,p\r se con/itu]1 la psy*ologie rec\rut successivem5t plusieurs m?odes4 ,n\s n'aurons pas les utilis] dans l'tude des op9ions et des croyances4 ,leur simple rsum montr]a qu'elles ne p\vai5t f\rnir que bi5 peu d'lm5ts d'in=mation nos re*]*es4 ,m?ode d'introspection4--,la plus anci5ne m?ode psy*ologique1 la seule pratique p5dant longtemps1 fut celle dite de l'introspection4 ,enf]m dans son cab9et d'tudes et ignorant volontairem5t le monde extrieur1 le p5seur rfl*issait sur lui-mme et avec les rsultats de ses mditations fabriquait de gros livres4 ,ils ne tr\v5t plus de lecteurs auj\rd'hui4 ,le d]ni] sicle vit natre des m?odes plus sci5tifiques sans d\te1 mais non pas plus fcondes4 ,en voici l'numration4 ,m?ode psy*ophysique4--,a ses dbuts1 cette m?ode qui introduisait des mesures physiques en psy*ologie semblait possd] un gr& av5ir1 mais on dc\vrit rapidem5t combi5 son *amp tait limit4 ,ces mesures ne portai5t que sur des phnomnes lm5taires3 vitesse de l'ag5t n]veux1 temps ncessaire p\r les m\vem5ts rflexes1 relation log>i?mique entre l'excitation et la s5sation1 etc4 ,il s'agissait1 en ralit1 d'oprations physiologiques dont la psy*ologie ne put tir] qu'un trs faible p>ti4 ,m?ode des localisations crbrales4--,elle consi/ait *]*] l'altration des fonctions psy*ologiques correspondantes c]ta9es lsions n]veuses artificiellem5t provoques4 ,on crut p\voir tablir a9si une f\le de localisations4 ,elles sont presque entirem5t ab&onnes auj\rd'hui1 mme celles qui p>ur5t d'abord les mieux tablies1 telles que les c5tres du langage et de l'criture4 ,m?ode des te/s et des que/ionnaires4--,cette m?ode obt9t longtemps un gr& succs et les laboratoires1 dits de psy*ologie1 sont encore remplis des in/rum5ts de/9s mesur] t\tes les oprations supposes tre en relation avec l'intellig5ce4 ,on dita mme quantit de que/ionnaires auxquels v\lur5t bi5 se s\mettre quelques hommes illu/res4 ,celui publi sur ,h5ri ,po9c>1 p> un des d]ni]s adeptes de cette m?ode1 suffirait montr] quel m9ime appo9t la psy*ologie en peut tir]4 ,elle e/ actuellem5t compltem5t dlaisse4 ,m?ode base sur l'tude des altrations pa?ologiques de l'intellig5ce4--,cette m?ode1 la d]nire1 e/ c]ta9em5t celle qui a f\rni le plus de docum5ts sur l'activit psy*ologique inconsci5te1 le my/icisme1 l'imitation1 les dsagrgations de la p]sonnalit1 etc4 ,quoique trs re/re9te1 elle a t fconde4 ,bi5 que n\velle dans son application1 la psy*ologie pa?ologique ne demeura pas ignore des gr&s dramaturges comme ,%akespe>e4 ,leur puissant gnie d'obs]vation les am5r5t dc\vrir des phnomnes que la sci5ce ne devait prcis] que plus t>d4 ,lady ,macbe? e/ une halluc9e1 ,o!llo un hy/ro-pileptique1 ,hamlet un alcoolique hant p> des phobies1 le roi ,le> un maniaque mlancolique1 victime de folie int]mitt5te4 ,il faut reconnatre d'ailleurs que si t\s ces illu/res p]sonnages avai5t t des sujets normaux au lieu de possd] une psy*ologie altre et in/able1 la littrature et l'art n'aurai5t pas eu s'occup] d'eux4 ,m?ode base sur la psy*ologie comp>e4--,trs rc5te encore1 cette m?ode s'e/ borne jusqu'ici l'tude des in/9cts et de c]ta9es ractions lm5taires qualifies de tropismes4 ,elle p>at cep5dant devoir con/itu] une des m?odes de l'av5ir4 ,p\r compr5dre les phnomnes psy*iques des tres suprieurs1 il faut tudi] d'abord ceux des cratures les plus infrieures4 ,cette vid5ce n'app>at p\rtant pas encore aux psy*ologues qui prt5d5t tablir une di/9ction irrductible entre la raison de l'homme et celle des tres placs au-dess\s de lui4 ,la nature ne connat pas de telles discont9uits et n\s avons dpass l'poque o ,desc>tes considrait les animaux comme de purs automates4 ,cette tude e/ d'ailleurs hrisse de difficults4 ,on con/ate *aque j\r davantage que les s5s des animaux et1 p> suite1 leurs s5sations1 diffr5t des ntres4 ,les lm5ts qu'ils associ5t1 la faon dont ils les associ5t1 doiv5t aussi sans d\te tre di/9cts4 ,la psy*ologie des animaux1 mme suprieurs1 e/ encore ses dbuts4 ,p\r les compr5dre1 il faut les reg>d] de trs prs1 et c'e/ une pe9e qu'on ne pr5d gure4 ,n\s appr5drions vite les dev9]1 cep5dant1 p> un exam5 att5tif4 ,j'ai jadis consacr plusieurs annes leur obs]vation4 ,les rsultats en ont t exposs dans un mmoire sur la psy*ologie du *eval1 publi dans la ,revue philosophique4 ,j'en dduisis des rgles n\velles p\r son dressage4 ,ces re*]*es me fur5t trs utiles p\r la rdaction de mon livre sur la ,psy*ologie de l'ducation4 ,m?ode adopte dans cet ouvrage p\r l'tude des op9ions et des croyances4--,l'numration prcd5te p]met de press5tir qu'aucune des m?odes psy*ologiques classiques1 ni les enqutes1 ni la psy*ophysique1 ni les localisations1 ni la psy*opa?ologie mme ne peuv5t ri5 appr5dre de la g5se et de l'volution des op9ions et des croyances4 ,n\s devions donc rec\rir d'autres m?odes4 ,aprs avoir tudi le t]ra9 rceptif des croyances3 intellig5ce1 s5tim5ts1 subconsci5ce1 etc41 n\s avons analys les div]ses croyances religieuses1 politiques1 morales1 etc41 et exam9 le rle de *acun de leurs facteurs dt]m9ants4 ,l'hi/oire p\r le pass1 les faits de *aque j\r p\r le prs5t1 f\rniss5t les lm5ts de cette tude4 ,mais la gnralit des gr&es croyances app>ti5n5t au pass4 ,le po9t le plus frappant de leur hi/oire1 e/ l'absurdit vid5te des dogmes au po9t de vue de la raison pure4 ,n\s expliqu]ons leur adoption en montrant que dans le *amp de la croyance1 l'homme le plus clair1 le savant le mieux famili>is avec les m?odes rig\reuses de laboratoire1 p]d t\t esprit critique et admet sans difficult des miracles m]veilleux4 ,l'tude des phnomnes occulti/es f\rnira sur ce po9t des dmon/rations catgoriques4 ,n\s v]rons des physici5s illu/res prt5dre avoir dd\bl des tres vivants et vcu avec des fantmes matrialiss1 un pr(esseur de physiologie clbre voqu] les morts et s'entret5ir avec eux1 un autre1 non mo9s m95t1 assur] avoir vu un gu]ri] casqu sortir du corps d'une jeune fille avec des organes complets1 comme le pr\vait l'tat de sa circulation et l'exam5 des produits de sa respiration4 ,t\s ces phnomnes et d'autres de mme ordre n\s pr\v]ont que la raison e/ impuissante contre les croyances les plus errones4 ,mais p\rquoi l'esprit qui pntre dans le *amp de la croyance y manife/e-t-il1 quelle que soit sa culture1 une crdulit illimite8 ,p\r le dc\vrir1 n\s avons t conduits l>gir le problme et re*]*] l'orig9e des actes des div]s tres vivants1 de l'animal le plus infrieur l'homme4 ,il n\s e/ alors app>u clairem5t que les explications classiques n'tai5t si insuffisantes ou si nulles que p> l'ob/9ation des auteurs v\loir appliqu] les m?odes de la logique rationnelle des phnomnes qu'elle ne rgit pas4 ,dans les oprations complexes de la vie1 comme dans les rflexes inconsci5ts1 vraie s\rce de notre activit1 app>aiss5t des en*anem5ts p>ticuli]s indp5dants de la raison et que ne saurai5t df9ir des t]mes aussi imprcis que celui d'in/9ct4 ,cont9uant creus] ces que/ions1 n\s avons t am5s reconnatre div]ses =mes de logiques1 infrieures ou suprieures1 suivant les cas1 la logique rationnelle1 mais t\j\rs diffr5tes d'elle4 ,et c'e/ a9si qu' la logique rationnelle1 connue de t\t temps1 la logique affective1 tudie depuis quelques annes1 n\s avons aj\t plusieurs =mes n\velles de logiques qui peuv5t se sup]pos] ou entr] en conflit et donn] notre m5talit des impulsions diffr5tes4 ,celle rgissant le doma9e de la connaissance n'a aucun rapport avec celle qui eng5dre les croyances4 ,c'e/ p\rquoi le savant le plus clair p\rra manife/] des op9ions contradictoires1 rationnelles ou irrationnelles1 suivant qu'il s]a dans le cycle de la connaissance ou dans celui de la croyance4 ,ce n'e/ pas la psy*ologie classique qu'il tait possible de dem&] des explications sur t\tes ces que/ions4 ,les plus m95ts psy*ologues mod]nes1 ,william ,james notamm5t1 en sont rduits con/at]3 la fragilit d'une sci5ce qui su9te la critique mtaphysique t\tes ses articulations444 ,n\s en sommes encore1 crit-il1 att5dre la premire lueur qui doit pntr] l'obscurit des ralits psy*ologiques fondam5tales4 ,sans admettre t\t fait avec l'illu/re p5seur que les livres de psy*ologie conti5n5t uniquem5t3 une enfilade de faits grossirem5t obs]vs1 quelques discussions qu]elleuses et bav>des de ?ories1 il faut bi5 reconnatre aprs lui que la psy*ologie classique ne r5f]me pas3 une seule loi1 une seule =mule dont n\s puissions dduire une consqu5ce1 comme on dduit un effet de sa cause4 ,c'e/ donc sur un t]ra9 trs encombr en app>5ce1 trs vi]ge en ralit1 que n\s allons t5t] de con/ruire une ?orie de la =mation et de l'volution des op9ions et des croyances4 ,,livre ,,ii ,,le ,,t]ra9 ,,psy*ologique ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances ,,*apitre ,i ,,les ,,gr&s ,,ressorts ,,de ,l',,activit ,,des ,,tres4 ,,le ,,plaisir ,,et ,,la ,,d\leur4 #a4--,rles du plaisir et de la d\leur4 ,le plaisir et la d\leur sont le langage de la vie organique et affective1 l'expression d'quilibres satisfaits ou tr\bls de l'organisme4 ,ils reprs5t5t les moy5s employs p> la nature p\r oblig] les tres c]ta9s actes sans lesquels le ma9ti5 de l'exi/5ce s]ait impossible4 ,plaisir et d\leur sont donc les indices d'un tat affectif antrieur4 ,ce sont des effets1 comme les symptmes pa?ologiques sont les consqu5ces d'une maladie4 ,la facult d'pr\v] du plaisir et de la d\leur con/itue la s5sibilit4 ,la vie affective et psy*ique des tres dp5d t\t entire de cette s5sibilit4 ,le langage des organes1 traduit p> le plaisir et la d\leur1 e/ plus ou mo9s imprieux1 suivant les ncessits satisfaire4 ,il en exi/e1 comme la faim1 qui n'att5d5t pas4 ,la faim e/ la d\leur la plus r$\te2 l'am\r1 le plaisir le plus re*]*1 et l'on peut rpt]1 avec le gr& pote ,s*ill]1 que la ma*9e du monde se s\ti5t p> la faim et l'am\r4 ,les autres v>its du plaisir et de la d\leur sont des mobiles1 mo9s puissants p>ce que mo9s int5ses4 ,c'e/ bi5 tort que ,s*op5hau] s\t5ait3 qu'on peut ram5] trois t\s les pr9cipes qui font agir l'homme1 l'gsme1 la m*ancet et la piti4 ,dans ces d]nires annes1 quelques philosophes1 ,william ,james notamm5t1 ont conte/ le rle du plaisir et de la d\leur comme mobiles de notre activit4 ,ils n'int]vi5n5t aucunem5t1 p> exemple1 dit ce d]ni]1 dans les manife/ations de nos motions4 ,qui fronce le s\rcil p\r le plaisir de fronc] le s\rcil8 ,on ne respire pas p\r le plaisir4 ,cette argum5tation n'e/ pas heureuse4 ,c]tes1 on ne respire pas p\r le plaisir1 mais la d\leur qu'entran]ait la cessation de respir] oblige rig\reusem5t cette fonction4 ,on ne fronce pas les s\rcils p> plaisir1 mais p> suite d'un mcont5tem5t qui con/itue dj une =me de la d\leur4 #b4--;,c>actres discont9us du plaisir et de la d\leur4 ,le plaisir et la d\leur ne connaiss5t pas la dure4 ,leur nature e/ de s'us] rapidem5t1 et p> consqu5t de n'exi/] qu' la condition d'tre int]mitt5ts4 ,un plaisir prolong cesse vite d'tre un plaisir et une d\leur cont9ue s'attnue vite4 ,sa dim9ution peut mme1 p> comp>aison1 dev5ir un plaisir4 ,le plaisir n'e/ donc plaisir qu' condition d'tre discont9u4 ,le seul plaisir un peu durable e/ le plaisir non ralis1 ou dsir4 ,le plaisir n'e/ gure connaissable que p> sa comp>aison avec la d\leur4 ,p>l] de plaisir t]nel e/ un non-s5s1 comme l'avait ju/em5t obs]v ,platon4 ,les dieux ignorant la d\leur ne peuv5t pas1 suivant lui1 pr\v] de plaisir4 ,la discont9uit du plaisir et de la d\leur reprs5te la consqu5ce de cette loi physiologique que le *angem5t e/ la condition de la s5sation4 ,n\s ne p]cevons pas des tats cont9us1 mais des diffr5ces entre des tats simultans ou successifs4 ,le tic tac de la plus bruyante horloge f9it la longue p> ne plus tre ent5du et le meuni] ne s]a pas rveill p> le bruit des r\es de son m\l91 mais p> leur arrt4 ,c'e/ en raison de cette discont9uit ncessaire que le plaisir prolong n'e/ bi5tt plus du plaisir1 mais quelque *ose de neutre ne p\vant r$ev5ir vivace qu'aprs avoir t p]du4 ,le bonheur p>adisiaque rv p> les croyants s]ait bi5tt sans attrait p\r eux1 mo9s de pass] alt]nativem5t du p>adis l'enf]4 ,le plaisir e/ t\j\rs relatif et li aux circon/ances4 ,la d\leur d'auj\rd'hui devi5t le plaisir de dema9 et inv]sem5t4 ,d\leur1 p\r un homme ayant abondamm5t dn1 d'tre condamn mang] des crotes de pa9 dess*2 plaisir1 p\r le mme individu ab&onn plusieurs j\rs sans alim5ts dans une le ds]te4 ,la sagesse populaire dit avec raison que *acun pr5d son plaisir o il le tr\ve4 ,le plaisir de l'ouvri] buvant et vocifrant au cab>et diffre s5siblem5t de celui de l'arti/e1 du savant1 de l'inv5teur1 du pote composant leurs uvres4 ,le plaisir de ,newton dc\vrant les lois de la gravitation1 fut sans d\te plus vif que s'il avait hrit des nombreuses femmes du roi ,salomon4 ,l'importance du rle de la s5sibilit au plaisir et la d\leur app>at nettem5t si l'on essaie d'imag9] ce que p\rrait tre l'exi/5ce d'un de ces purs esprits1 tels que les sectateurs de plusieurs religions les suppos5t4 ,dp\rvus de s5s et1 p> consqu5t1 de s5sations et de s5tim5ts1 ils re/]ai5t indiffr5ts au plaisir et la d\leur et ne connatrai5t aucun de nos mobiles d'action4 ,les plus angoissantes s\ffrances d'individus jadis *ris p> eux1 ne saurai5t les m\voir4 ,ils n'pr\v]ai5t donc nul beso9 de communiqu] avec eux4 ,l'exi/5ce de tels tres1 on ne la conoit mme pas4 #c4--,le dsir comme consqu5ce du plaisir et de la d\leur4 ,le plaisir et la d\leur eng5dr5t le dsir4 ,dsir d'atte9dre le plaisir et d'vit] la d\leur4 ,le dsir e/ le pr9cipal mobile de notre volont et1 p> suite1 de nos actes4 ,du polype l'homme1 t\s les tres sont mus p> le dsir4 ,il inspire la volont1 qui ne peut exi/] sans lui1 et dp5d de son int5sit4 ,le dsir faible eng5dre naturellem5t une volont faible4 ,il ne faut pas cep5dant confondre volont et dsir1 comme le fir5t plusieurs philosophes1 tels que ,condillac et ,s*op5hau]4 ,t\t ce qui e/ v\lu e/ videmm5t dsir1 mais on dsire bi5 des *oses qu'on sait ne p\voir v\loir4 ,la volont implique dlibration1 dt]m9ation et excution1 tats de consci5ce qui ne s'obs]v5t pas dans le dsir4 ,le dsir tablit l'*elle de nos valeurs1 v>iable d'ailleurs1 avec le temps et les races4 ,l'idal de *aque peuple e/ la =mule de son dsir4 ,un dsir qui envahit t\t l'ent5dem5t trans=me notre conception des *oses1 nos op9ions et nos croyances4 ,sp9oza l'a dit ju/em5t3 n\s jugeons une *ose bonne1 non p> jugem5t1 mais p>ce que n\s la dsirons4 ,la valeur des *oses n'exi/ant pas en elle-mme1 e/ dt]m9e p> le seul dsir et proportionnellem5t l'int5sit de ce dsir4 ,l'e/imation v>iable des objets d'art en f\rnit la preuve j\rnalire4 ,pre de t\t ef=t1 matre1 s\v]a9 des hommes1 gnrateur des dieux1 crateur de t\t idal1 le dsir ne figure p\rtant pas aux ,pan?ons antiques4 ,seul1 le gr& r=mateur ,b\ddha comprit que le dsir e/ le vrai dom9ateur des *oses1 le ressort de l'activit des tres4 ,p\r dlivr] l'humanit de ses misres et la conduire au p]ptuel repos1 il t5ta de supprim] ce gr& mobile de nos actions4 ,sa loi s\mit des millions d'hommes1 mais ne triompha pas du dsir4 ,c'e/1 en effet1 que l'homme ne saurait vivre sans lui4 ,le monde des ides pures de ,platon p\rrait possd] la beaut s]e9e qu'il rvait1 cont5ir les modles t]nels des *oses3 n'tant pas vivifi p> le s\ffle du dsir1 il ne n\s intress]ait pas4 #d4--,le plaisir en p]spective4 ,l'esprance4 ,l'esprance e/ fille du dsir1 mais n'e/ pas le dsir4 ,elle con/itue une aptitude m5tale qui n\s fait croire la ralisation d'un dsir4 ,on peut dsir] une *ose sans l'espr]4 ,t\t le monde dsire la =tune1 trs peu l'espr5t4 ,les savants dsir5t dc\vrir la cause premire des phnomnes1 ils n'ont aucun espoir d'y arriv]4 ,le dsir se rappro*e quelquefois de l'esprance au po9t de se confondre avec elle4 ,a la r\lette1 je dsire et j'espre gagn]4 ,l'esprance e/ une =me de plaisir en expectative qui1 dans sa phase actuelle d'att5te1 con/itue une satisfaction s\v5t plus gr&e que celle produite p> sa ralisation4 ,la raison en e/ vid5te4 ,le plaisir ralis e/ limit en quantit et en dure1 alors que ri5 ne borne la gr&eur du rve cr p> l'esprance4 ,la puissance et le *>me de l'esprance e/ de cont5ir t\tes les possibilits de plaisir4 ,elle con/itue une sorte de baguette magique trans=mant t\te *ose4 ,les r=mateurs ne fir5t jamais que sub/itu] une esprance une autre4 #e4--,le rgulateur du plaisir et de la d\leur4 ,l'habitude4 ,l'habitude e/ le gr& rgulateur de la s5sibilit1 elle eng5dre la cont9uit de nos actes1 m\sse le plaisir et la d\leur et n\s famili>ise avec les fatigues et les plus durs ef=ts4 ,le m9eur s'habitue si bi5 sa pnible exi/5ce1 qu'il la regrette qu& l'ge de la retraite le condamne vivre au soleil4 ,l'habitude1 rgulateur de la vie individuelle1 e/ aussi le vrai s\ti5 de la vie sociale4 ,on peut la comp>] l'in]tie qui s'oppose1 en mcanique1 aux v>iations de m\vem5t4 ,le difficile p\r un peuple e/ d'abord de se crer des habitudes sociales1 puis de ne pas trop s'y att>d]4 ,qu& le j\g des habitudes s'e/ appesanti longtemps sur lui1 il n'en peut plus sortir que p> des rvolutions viol5tes4 ,le repos dans l'adaptation que con/itue l'habitude ne doit pas se prolong]4 ,peuples vieillis1 civilisations avances1 individus gs t5d5t trop subir le j\g de la c\tume1 c'e/--dire de l'habitude4 ,inutile de diss]t] longuem5t sur son rle4 ,il a frapp t\s les philosophes et e/ dev5u un dogme de la sagesse populaire4 ,qu'e/-ce que nos pr9cipes naturels1 dit ,pascal1 s9on nos pr9cipes acc\tums8 ,et dans les enfants2 ceux qu'ils ont reu de la c\tume de leurs pres444 une diffr5te c\tume donn]a d'autres pr9cipes naturels4 ,la c\tume e/ une seconde nature qui dtruit la premire4 ,la c\tume fait nos preuves les plus =tes et les plus crues2 elle incl9e l'automate qui entrane l'esprit sans qu'il y p5se444 ,c'e/ elle qui fait tant de *rti5s1 c'e/ elle qui fait les turcs1 les paens1 les mti]s1 les soldats1 etc4 ,enf91 il faut avoir rec\rs elle qu& une fois l'esprit a vu o e/ la vrit4 444 ,il faut acqurir une crance plus facile1 qui e/ celle de l'habitude1 qui1 sans viol5ce1 sans art1 sans argum5t1 n\s fait croire les *oses1 et incl9e t\tes nos puissances cette croyance1 en sorte que notre me y tombe naturellem5t4 ,qu& on ne croit que p> la =ce de la conviction444 ce n'e/ pas assez4 ,l'exi/5ce d'un individu ou d'un peuple s]ait in/antanm5t p>alyse si1 p> un p\voir surnaturel1 il tait s\/rait l'influ5ce de l'habitude4 ,c'e/ elle qui n\s dicte *aque j\r ce que n\s devons dire1 faire et p5s]4 #f4--,le plaisir et la d\leur considrs comme les c]titudes psy*ologiques fondam5tales4 ,les philosophes ont t5t d'branl] t\tes nos c]titudes et de montr] que n\s ne connaissions du monde que des app>5ces4 ,mais n\s possd]ons t\j\rs deux gr&es c]titudes1 que ri5 ne saurait dtruire3 le plaisir et la d\leur4 ,t\te notre activit drive d'elles4 ,les rcomp5ses sociales1 les p>adis et les enf]s crs p> les codes religieux ou civils se bas5t sur l'action de ces c]titudes dont la ralit vid5te ne peut tre conte/e4 ,ds que se manife/e la vie1 app>aiss5t le plaisir et la d\leur4 ,ce n'e/ pas la p5se1 mais la s5sibilit qui n\s rvle notre moi4 ,en disant3 ,je s5s1 donc je suis1 au lieu de3 ,je p5se1 donc je suis1 ,desc>tes et t plus prs de la vrit4 ,sa =mule1 a9si modifie1 s'applique t\s les tres et non plus seulem5t une fraction de l'humanit4 ,de ces deux c]titudes on p\rrait tir] t\te une philosophie pratique de la vie4 ,elles f\rniss5t une rponse sre l't]nelle "q si rpte depuis l',ecclsia/e3 p\rquoi tant de travail et tant d'ef=ts1 puisque la mort n\s att5d1 et que notre plante se refroidira un j\r8 ,p\rquoi8 ,p>ce que le prs5t ignore l'av5ir et que dans le prs5t la ,nature n\s condamne re*]*] le plaisir et fuir la d\leur4 ,l'ouvri] c\rb sur son labeur1 la sur de *>it qu'aucune plaie ne rvolte1 le missionnaire tortur p> les sauvages1 le savant p\rsuivant la solution d'un problme1 l'obscur microbe s'agitant au fond d'une g\tte d'eau1 t\s obiss5t aux mmes /imulants d'activit3 l'attrait du plaisir1 la cra9te de la d\leur4 ,aucune activit n'a d'autre mobile4 ,on ne saurait mme en imag9] de diffr5ts4 ,seuls les noms peuv5t v>i]4 ,plaisirs e/htiques1 gu]ri]s1 religieux1 sexuels1 etc41 sont des =mes div]ses du mme ressort physiologique4 ,l'activit des tres s'van\irait si disp>aissai5t les deux c]titudes qui sont leurs gr&s mobiles3 le plaisir et la d\leur4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,v>iations ,,de ,,la ,,s5sibilit ,,comme ,l,,m5ts ,,de ,,la ,,vie ,,individuelle ,,et ,,sociale4 #a4--,limites des v>iations de la s5sibilit au plaisir et la d\leur4 ,l'introduction du quantitatif dans l'tude des phnomnes physiques e/ la premire tape de leurs progrs4 ,tant que n\s n'avions pas de !rmomtre p\r mesur] la temprature1 il fallait se cont5t] d'apprciations individuelles v>iables d'un sujet l'autre4 ,les progrs raliss dans le doma9e du rationnel ne l'ont pas encore t dans celui de l'affectif4 ,n\s ignorons le !rmomtre capable de mesur] exactem5t les v>iations de la s5sibilit ou la gr&eur d'un s5tim5t4 ,il semble p\rtant1 malgr les app>5ces1 que notre s5sibilit au plaisir et la d\leur ne puisse oscill] que dans d'assez troites limites4 ,cette ass]tion n'e/ pas d'ailleurs une simple hypo?se dnue de preuves4 ,elle a p\r s\ti5s1 outre des obs]vations psy*ologiques faiblem5t conte/ables1 les expri5ces des physiologi/es4 ,ces d]nires ont montr que les s5sations ne peuv5t gr&ir indf9im5t1 et possd5t une limite suprieure au-dessus de laquelle l'augm5tation d'une excitation re/e sans effet4 ,il y a aussi une limite infrieure au-dess\s de laquelle l'excitation n'e/ plus produite4 ,dans le *amp o les excitations sont p]ceptibles1 la s5sation ne crot pas proportionnellem5t l'int5sit de l'excitation qui la provoque4 ,p\r que la s5sation augm5te en progression ari?mtique1 il faut que l'excitation croisse en proportion gomtrique4 ,d'aprs ,fe*n]1 la s5sation gr&it suivant le log>i?me de l'excitation4 ,a9si1 p\r d\bl] la s5sation produite p> une excitation1 celle d'un in/rum5t de musique1 p> exemple1 il faudrait dcupl] le nombre des in/rum5ts2 p\r la tripl]1 on devrait c5tupl] ce nombre4 ,soit un or*e/re de dix excutants j\ant du mme in/rum5t4 ,p\r d\bl] l'int5sit sonore1 il faudra lev] c5t 7*iffre dont le log>i?me e/ #b7 le nombre des in/rum5ts4 ,p\r tripl] la mme s5sation1 il faudrait le port] mille 7dont le log>i?me e/ #c74 ,appliques au plaisir et la d\leur1 ces notions montr5t que l'excitation doit tre considrablem5t augm5te p\r accrotre un peu l'effet produit4 ,les *iffres prcd5ts ne saurai5t videmm5t avoir ri5 d'absolu et ils n'indiqu5t que le s5s gnral du phnomne4 ,dans un s5tim5t entr5t des lm5ts beauc\p plus complexes que dans une s5sation4 ,notre seul b a t de montr] combi5 e/ limite l't5due des oscillations possibles de notre s5sibilit au plaisir et la d\leur4 ,et comm5t p\rrait-il en tre autrem5t8 ,les organismes subiss5t avec l5teur t\tes les adaptations1 mais sont incapables de support] de brusques v>iations4 ,aussi possd5t-ils des ag5ts rgulateurs de/9s vit] ces v>iations4 ,a l'tat normal1 la temprature du corps ne v>ie que de quelques diximes de degr1 si int5se que soit le froid ou la *aleur extrieure4 ,des oscillations atteignant #b ou #c degrs ne s'obs]v5t que dans des maladies graves et ne se ma9ti5n5t jamais longtemps sans entran] la mort4 ,*aque organisme possde un niveau d'quilibre dont il ne peut gure s'c>t]4 ,il e/ aussi une autre loi1 celle de la non-accumulation des s5sations1 qui j\e1 dans notre vie s5sitive1 un rle considrable1 bi5 que s\v5t oubli4 ,on sait que c]ta9s corps1 telle une plaque photographique1 j\iss5t de la proprit d'accumul] les petites impressions successives qui les frapp5t4 ,des impressions faibles1 mais suffisamm5t rptes1 produis5t sur eux1 la longue1 le mme rsultat qu'une impression =te1 mais c\rte4 ,la plaque photographique peut1 avec une pose suffisante1 reproduire des toiles jamais invisibles p\r l'il1 prcism5t p>ce que la rt9e ne possde pas la proprit d'accumul] les petites impressions4 ,ce qui e/ vrai p\r l'il l'e/ galem5t p\r les =mes div]ses de notre s5sibilit4 ,d'une faon gnrale1 mais comportant cep5dant des exceptions1 elle ne peut accumul] les impressions4 ,ces d]nires1 dissm9es dans le temps1 ne s'additionn5t pas4 ,supposons1 p\r fix] les ides1 qu'un accid5t de *em9 de f] fasse prir trois c5ts p]sonnes4 ,notre s5sibilit s]a trs vivem5t affecte4 ,les colonnes des j\rnaux abond]ont en dtails t]rifiants4 ,les s\v]a9s *ang]ont des tlgrammes de condolances4 ,imag9ons au contraire la mort de ces trois c5ts p]sonnes produite p> une srie de petits accid5ts rp>tis dans l'espace d'une anne4 ,notre s5sibilit n'ayant pas accumul les motions lgres produites p> *aque accid5t1 l'effet f9al s]a peu prs nul4 ,il e/ heureux qu'il en soit a9si4 ,si l'organisme se tr\vait con/ruit de faon accumul] les petites d\leurs1 la vie devi5drait vite insupportable4 #b4--,les oscillations de la s5sibilit individuelle et leur rle dans la vie sociale4 ,n\s v5ons de voir que les v>iations possibles de la s5sibilit n'ont ni gr&e t5due1 ni longue dure4 ,mais l'obs]vation j\rnalire montre que1 dans ces limites re/re9tes1 elle oscille p]ptuellem5t4 ,sant1 maladie1 milieu1 vnem5ts1 etc41 la modifi5t sans cesse4 ,elle peut tre comp>e au lac dont un v5t lg] ride la surface1 sans s\lev] des vagues bi5 hautes4 ,ces v>iations con/antes expliqu5t p\rquoi nos gts1 nos ides et nos op9ions *ang5t frquemm5t4 ,elles s'exagr5t encore lorsque les c\tumes et croyances ance/rales qui limit5t les oscillations de la s5sibilit t5d5t s'van\ir4 ,l'in/abilit devi5t alors la rgle4 ,c]ta9s facteurs des op9ions peuv5t galem5t limit] les oscillations de la s5sibilit4 ,telle la contagion m5tale1 cratrice de modes capables de /abilis] un peu notre mobilit4 ,les s5sibilits collectives1 mom5tanm5t fixes1 se traduis5t alors en uvres div]ses qui sont le miroir d'une poque4 ,trs aff9e p> c]ta9es excitations rptes1 la s5sibilit f9it p> s'intellectualis] un peu4 ,l'esprit complte ce que devait autrefois prcis] une accumulation de dtails4 ,comp>ez1 p> exemple1 les l\rds dess9s de ,daumi] ces sobres esquisses mod]nes1 o n'a t g>d que le trait saillant des p]sonnages1 laissant l'il le so9 de les complt]4 ,de mme1 en littrature1 les longues descriptions de paysages sont remplaces auj\rd'hui p> quelques lignes brves1 mais vocatrices4 ,en s'aff9ant1 la s5sibilit s'm\sse aussi4 ,la musique simple de ,lulli1 qui *>mait nos pres1 n\s ennuie4 ,la plup>t des opras1 d'il y a seulem5t c9quante ans1 p>aiss5t dmods4 ,l'h>monie a de plus en plus dom9 la mlodie1 et il faut ma9t5ant1 p\r excit] des s5sibilits fatigues1 c]ta9es dissonances que les anci5s compositeurs aurai5t considres comme des fautes4 ,les uvres d'une poque1 arti/iques et littraires surt\t1 p]mett5t seules de connatre la s5sibilit de cette poque et ses v>iations4 ,c'e/ prcism5t p>ce qu'elles sont la vritable expression de la s5sibilit d'une poque1 que les uvres d'art sont dates facilem5t4 ,p\r la mme raison elles sont beauc\p plus in/ructives que de m?odiques livres d'hi/oire4 ,l'hi/ori5 juge le pass avec sa s5sibilit mod]ne4 ,son int]prtation1 =cm5t fausse1 n\s appr5d peu4 ,le mo9dre conte1 roman1 tableau1 monum5t de l'poque considre e/ d'un enseignem5t autrem5t exact et intressant4 ,les s5sibilits ne se transpos5t ni dans l'espace1 ni dans le temps4 ,une uvre ar*itecturale =me d'un mlange d'lm5ts d'poques loignes ou prov5ant de races diffr5tes n\s *oqu]a ncessairem5t1 p>ce qu'issue de s5sibilits dissemblables de la ntre4 ,si1 p> suite de l'volution de notre espce1 notre s5sibilit se trans=mait1 t\tes les uvres du pass1 les plus admires auj\rd'hui3 le ,p>?non1 les ca?drales go?iques1 les gr&s pomes1 les pe9tures clbres s]ai5t reg>des comme des productions indignes de fix] l'att5tion4 ,ce n'e/ pas une va9e hypo?se4 ,de ,l\is ,,xiii au comm5cem5t du d]ni] sicle1 le go?ique ne fut-il pas considr comme un art b>b>e1 objet des maldictions des criva9s et des arti/es1 ,j4-,j4 ,r\sseau notamm5t8 ,une longue volution ne s]ait mme pas ncessaire p\r am5] les peuples ddaign] ce qu'ils admir5t auj\rd'hui4 ,il suffirait que l'ducation p]si/t dans sa t5dance actuelle spciali/e et te*nique et que cont9ut l'asc5sion rapide au p\voir des multitudes4 ,t\tes les =mes de l'art ne reprs5t5t p\r elles qu'un mprisable luxe4 ,la ,commune1 expression assez fidle de l'me populaire1 n'hsita pas inc5di] les plus beaux monum5ts de ,p>is1 tels que l',htel de ,ville et les ,tuil]ies4 ,uniquem5t p> has>d le ,l\vre1 avec ses collections1 *appr5t ce v&alisme4 ,quoi qu'il en soit de leur av5ir1 les uvres du pass subsi/5t encore et1 seules1 n\s font connatre sa vritable hi/oire4 ,sans ces lm5ts d'in=mation1 f\rnis p> la littrature et l'art1 la s5sibilit d'une poque re/]ait aussi inconnue que celle des habitants de ,jupit]4 ,n\s p\rrions dt]m9] seulem5t son intellectualit1 p> l'tude des livres de sci5ce4 ,ces d]ni]s sont en effet gnralem5t indp5dants de la s5sibilit de leurs auteurs4 ,un roman e/ t\j\rs dat1 un trait de gomtrie pure ne l'e/ pas4 ,la vieille gomtrie d',euclide1 encore enseigne1 p\rrait tre signe p> un ma?matici5 mod]ne4 ,son auteur la rdigea1 en effet1 avec des lm5ts uniquem5t rationnels et o sa s5sibilit n'eut aucune "p4 ,l'intellig5ce sait mettre en vid5ce des vrits gnrales et t]nelles4 ,la s5sibilit cre des vrits p>ticulires et mom5tanes4 #c4--,les v>iations d'idal et de croyances cres p> les oscillations de la s5sibilit collective4 ,quelle que soit la race1 ou le temps considr1 le b con/ant de l'activit huma9e fut t\j\rs la re*]*e du bonheur3 il consi/e1 en d]nire analyse1 je le rpte encore1 p\rsuivre le plaisir et fuir la d\leur4 ,sur cette conception fondam5tale1 les hommes tombr5t con/amm5t d'accord1 les div]g5ces port5t seulem5t sur l'ide qu'on se fait du bonheur et sur les moy5s de le conqurir4 ,ses =mes sont div]ses1 mais le t]me p\rsuivi id5tique4 ,rves d'am\r1 de ri*esse1 d'ambition ou de foi1 sont les puissants facteurs d'illusions qu'emploie la nature p\r n\s conduire ses f9s4 ,ralisation d'un dsir prs5t ou simple esprance1 le bonheur e/ t\j\rs un phnomne subjectif4 ,ds que les cont\rs du rve sont un peu arrts dans l'esprit1 n\s le p\rsuivons avec ardeur4 ,*ang] la conception du bonheur d'un individu ou d'un peuple1 c'e/--dire son idal1 c'e/ *ang] du mme c\p sa conception de la vie et1 p> suite1 sa de/9e4 ,l'hi/oire n'e/ gure que le rcit des ef=ts accomplis p> l'homme p\r difi] un idal1 puis le dtruire1 ds que1 l'ayant atte9t1 il en dc\vre la vanit4 ,l'espoir de bonheur conu p> *aque peuple1 et les croyances qui en sont la =mule con/itur5t t\j\rs le levi] de sa puissance4 ,son idal nat1 gr&it et meurt avec lui et1 quel qu'il soit1 dote le peuple qui l'accepte d'une gr&e =ce4 ,cette =ce e/ telle que l'idal agit1 alors mme qu'il promet peu de *ose4 ,on compr5d le m>tyr1 p\r qui le b*] reprs5tait la porte du ciel2 mais quel pr(it un lgionnaire roma91 un soldat de ,napolon p\vai5t-ils retir] de leurs *evau*es trav]s le monde8 ,la mort ou des blessures4 ,leur idal collectif tait p\rtant assez =t p\r voil] t\tes les s\ffrances4 ,se s5tir les hros de ces gr&es popes tait un idal de bonheur1 un p>adis prs5t div9em5t en*anteur4 ,une nation sans idal disp>at vite de l'hi/oire4 ,,*apitre ,,iii ,,les ,,sph,,res ,,des ,,activit,s ,,vitales ,,et ,,psy*ologiques4 ,,la ,,vie ,,consci5te ,,et ,,la ,,vie ,,inconsci5te4 #a4--,les sphres des activits vitales et psy*ologiques4 ,le b de cet ouvrage tant d'tudi] la =mation des op9ions et des croyances1 il e/ ncessaire de connatre d'abord le t]ra9 sur lequel elles peuv5t g]m]4 ,cette connaissance e/ d'autant plus utile qu'avec les progrs de la sci5ce actuelle1 les explications des anci5s livres de psy*ologie sont dev5ues bi5 illusoires4 ,les phnomnes manife/s p> les tres vivants peuv5t se ram5] plusieurs catgories sup]poses auj\rd'hui1 mais qui se sont l5tem5t succd dans le temps3 #a phnomnes vitaux 7nutrition1 respiration1 etc472 #b phnomnes affectifs 7s5tim5ts1 passions1 etc472 #c phnomnes intellectuels 7rflexion1 raisonnem5t1 etc474 ,ces d]ni]s app>ur5t trs t>d dans l'hi/oire de l'humanit4 ,la vie organique1 la vie affective et la vie intellectuelle con/itu5t a9si trois sphres d'activits =t di/9ctes2 mais bi5 que sp>es les unes des autres elles agiss5t sans cesse les unes sur les autres4 ,il e/ impossible p\r cette raison de compr5dre les d]nires sans tudi] la premire4 ,c'e/ donc trs tort que les psy*ologues laiss5t de ct l'exam5 des phnomnes vitaux et l'ab&onn5t aux physiologi/es4 ,n\s montr]ons leur rle fondam5tal en tudiant dans une autre p>tie de cet ouvrage les phnomnes rgis p> la logique biologique4 ,il ne s]a trait dans le prs5t *apitre que de cette tape primitive de la vie psy*ique3 l'activit inconsci5te de l'esprit4 ,son importance e/ prpondrante1 c> dans ce t]ra9 se tr\v5t les rac9es de nos op9ions et de notre conduite4 #b4--,la psy*ologie inconsci5te et les s\rces de l'intuition4 ,les s5tim5ts n'entr5t dans la consci5ce qu'aprs une laboration automatique accomplie dans cette trs obscure zone de l'inconsci5t qualifi auj\rd'hui de subconsci5te et dont l'exploration e/ pe9e comm5ce4 ,les tats intellectuels consci5ts tant les seuls facilem5t accessibles1 la psy*ologie n'en connut pas d'abord d'autres4 ,p> des voies indirectes1 mais assez sres1 la sci5ce mod]ne a pr\v que les phnomnes inconsci5ts j\5t dans la vie m5tale un rle s\v5t plus important que les phnomnes intellectuels4 ,les premi]s sont le sub/ratum des seconds4 ,on peut comp>] la vie intellectuelle ces petits lots1 sommets d'imm5ses montagnes s\s-m>9es invisibles4 ,les imm5ses montagnes reprs5t5t l'inconsci5t4 ,l'inconsci5t e/ en gr&e p>tie un rsidu ance/ral4 ,sa puissance ti5t ce qu'il reprs5te l'hritage d'une longue srie de gnrations qui *acune y aj\tr5t quelque *ose4 ,son rle1 inconnu autrefois1 e/ dev5u si prpondrant auj\rd'hui que c]ta9s philosophes1 ,w4 ,james et ,b]gson notamm5t1 y *]*5t l'explication de la plup>t des phnomnes psy*ologiques4 ,s\s leur influ5ce1 a pris naissance un m\vem5t anti-intellectuali/e trs m>qu4 ,les adeptes de la n\velle cole f9iss5t mme p> oubli] un peu que la logique rationnelle seule p]mit d'difi] les progrs sci5tifiques et indu/riels1 gnrateurs de nos civilisations4 ,les re*]*es qui sont arrives dot] le subconsci5t d'une telle importance ne driv5t pas de spculations pures1 mais de c]ta9es expri5ces1 accomplies d'ailleurs dans un autre b que celui de s\t5ir des argum5tations philosophiques4 ,je m5tionn]ai1 p>mi elles1 les tudes sur l'hypnotisme1 la dsagrgation morbide des p]sonnalits1 le somnambulisme1 les actes des mdiums1 etc4 ,le mcanisme des effets obs]vs demeure d'ailleurs ignor4 ,en matire de psy*ologie inconsci5te1 aussi bi5 du re/e que de psy*ologie consci5te1 il faut le plus s\v5t se born] de simples con/atations4 ,l'inconsci5t n\s guide dans l'imm5se majorit des actes de la vie j\rnalire4 ,il e/ notre matre1 mais un matre p\vant dev5ir s]viteur s'il e/ conv5ablem5t ori5t4 ,la pratique d'un mti] ou d'un art s'accompliss5t aism5t ds que l'inconsci5t1 suffisamm5t dress1 les dirige4 ,une morale sre1 c'e/ de l'inconsci5t bi5 dress4 ,l'inconsci5t reprs5te un va/e magas9 d'tats affectifs et intellectuels con/ituant un capital psy*ique qui peut s'affaiblir1 mais ne meurt jamais t\t enti]4 ,s'il fallait mme s'en rapport] l'obs]vation de c]ta9s tats pa?ologiques1 on p\rrait dire que les lm5ts entrs dans le doma9e de l'inconsci5t s'y ma9ti5n5t =t longtemps1 s9on t\j\rs4 ,c'e/ du mo9s1 de cette faon seulem5t1 que s'expliqu5t c]ta9s phnomnes con/ats *ez des mdiums ou des malades se mettant p>l] des langues qu'ils n'ont pas apprises1 mais ent5du p>l] p5dant leur jeunesse4 ,l'intuition1 orig9e des inspirations1 qui un niveau exceptionnel con/itu5t le gnie1 sort t\t entire d'un inconsci5t prp> p> l'hrdit et une culture conv5able4 ,les inspirations du gr& capita9e remportant des victoires et dom9ant le de/91 celles du puissant arti/e qui n\s rvle la spl5deur des *oses1 du savant illu/re qui en pntre les my/res1 app>aiss5t s\s =me d'closions spontanes1 mais l'inconsci5t d'o elles naiss5t en avait l5tem5t labor la floraison4 ,bi5 qu'ils puiss5t tre provoqus p> c]ta9es reprs5tations m5tales d'orig9e purem5t intellectuelle1 les s5tim5ts se =m5t dans le doma9e de l'inconsci5t4 ,leur l5te laboration peut avoir p\r t]m9aison des manife/ations s\da9es1 clatant comme un c\p de f\dre1 les conv]sions religieuses ou politiques1 p> exemple4 ,les s5tim5ts labors dans l'inconsci5t n'arriv5t pas t\j\rs la consci5ce ou n'y p>vi5n5t qu'aprs div]ses excitations1 et c'e/ p\rquoi n\s ignorons p>fois nos s5tim5ts rels l'g>d des tres ou des *oses qui n\s ent\r5t4 ,s\v5t mme les s5tim5ts1 et p> consqu5t les op9ions et les croyances qui en rsult5t1 sont t\t fait diffr5ts de ceux que n\s supposions4 ,l'am\r ou la ha9e exi/5t quelquefois dans notre me1 avant d'tre s\ponns4 ,ils se rvl5t seulem5t lorsque n\s sommes obligs d'agir4 ,l'action1 en effet1 con/itue le seul critrium indiscutable des s5tim5ts4 ,agir1 c'e/ appr5dre se connatre4 ,les op9ions =mules re/5t de va9es p>oles tant qu'elles n'ont pas l'acte p\r sanction4 #c4--,les =mes de l'inconsci5t4 ,l'inconsci5t intellectuel et l'inconsci5t affectif4 ,on peut1 je crois1 tablir trois catgories di/9ctes dans le monde de l'activit inconsci5te4 ,t\t d'abord1 se tr\ve l'inconsci5t organique qui rgit t\s les phnomnes de la vie3 respiration1 circulation1 etc4 ,/abilis depuis longtemps p> des accumulations hrditaires1 il fonctionne avec une admirable rgul>it et compltem5t notre insu1 dirige la vie et n\s fait pass] de l'enfance la vieillesse et la mort1 sans que n\s puissions compr5dre son action4 ,au-dessus de l'inconsci5t organique se place l'inconsci5t affectif4 ,de =mation plus rc5te1 il e/ un peu mo9s /able1 mais cep5dant encore beauc\p4 ,c'e/ p\rquoi1 si n\s p\vons *ang] les sujets sur lesquels s'ex]c5t nos s5tim5ts1 notre action sur eux e/ trs faible4 ,au sommet de cette *elle1 se tr\ve l'inconsci5t intellectuel4 ,app>u =t t>d dans l'hi/oire du monde1 il ne possde pas de pr(ondes rac9es ance/rales4 ,alors que l'inconsci5t organique et affectif ont f9i p> crer des in/9cts transmis p> l'hrdit1 l'inconsci5t intellectuel ne se manife/e encore que s\s =me de prdispositions et de t5dances1 et l'ducation doit le complt] *aque gnration4 ,l'ducation a beauc\p de prise sur l'inconsci5t intellectuel prcism5t p>ce qu'il e/ mo9s fix que les autres =mes de l'inconsci5t4 ,elle en ex]ce au contraire trs peu sur les s5tim5ts1 lm5ts fondam5taux de notre c>actre1 fixs depuis longtemps4 ,l'inconsci5t affectif e/ s\v5t un matre imprieux1 indiffr5t aux dcisions de la raison4 ,c'e/ p\rquoi tant d'hommes trs sages dans leurs crits et leurs disc\rs devi5n5t1 dans leur conduite1 de simples automates1 disant ce qu'ils ne v\drai5t pas dire et faisant ce qu'ils ne v\drai5t pas faire4 99 99 99 99 99 ,il rsulte des explications prcd5tes que l'intellig5ce n'e/ pas1 a9si qu'on l'a cru longtemps1 le facteur le plus important de la vie m5tale4 ,l'inconsci5t labore1 et les rsultats de cette laboration arriv5t t\t =ms l'intellig5ce1 comme les mots qui se press5t sur les lvres de l'orateur4 ,la gr&e =ce de l'inconsci5t e/ de m>qu] d'une prcision p>ticulire t\t ce qu'il excute4 ,aussi doit-on lui confi] le plus de fonctions possible4 ,l'appr5tissage d'un mti] ou d'un art n'e/ complet que lorsque des ex]cices rpts ont *>g l'inconsci5t de l'excution du travail accomplir4 ,l'ducation1 je l'ai crit ailleurs1 e/ l'art de faire pass] le consci5t dans l'inconsci5t4 ,mais nos limites d'action sur l'inconsci5t ne sont pas trs t5dues4 ,la biologie mod]ne a banni depuis longtemps avec raison la f9alit de l'univ]s1 et cep5dant les *oses se pass5t s\v5t comme si elle dom9ait leur en*anem5t4 ,t\tes nos explications rationnelles laiss5t la nature ple9e d'impntrable4 ,a en jug] p> les rsultats1 il sembl]ait que l'inconsci5t--=me mod]ne de la f9alit--abrite de subtils gnies dsireux de n\s aveugl] en n\s faisant sacrifi] sans cesse nos intrts individuels ceux de l'espce4 ,les gnies de la f9alit inconsci5te sont sans d\te de simples ncessits slectionnes et fixes p> le temps4 ,quoi qu'il en soit1 l'inconsci5t n\s dom9e s\v5t et n\s aveugle t\j\rs4 ,ne le regrettons pas trop c> une claire vision du sort v5ir r5drait l'exi/5ce bi5 misrable4 ,le buf ne br\t]ait plus tranquillem5t l'h]be du *em9 qui le conduit l'abattoir1 et la plup>t des tres recul]ai5t d'horreur devant leur de/9e4 ,,*apitre ,,iv ,,le ,,moi ,,affectif ,,et ,,le ,,moi ,,intellectuel4 #a4--,le moi affectif et le moi intellectuel4 ,en re*]*ant les motifs dt]m9ants de nos op9ions et de nos croyances1 n\s v]rons qu'elles sont rgies p> des =mes de logiques trs di/9ctes bi5 que confondues jusqu'ici4 ,avant d'abord] leur exam51 j'insi/]ai sur une division fondam5tale des lm5ts psy*iques qui dom9e t\tes les autres4 ,ils se prs5t5t en effet s\s deux =mes bi5 diffr5tes3 les lm5ts affectifs1 les lm5ts intellectuels4 ,cette premire classification1 facilit]a la comprh5sion des *apitres qui s]ont consacrs aux div]ses =mes de logiques4 ,la di/9ction entre le s5tim5t et la raison dut s'tablir assez t>d dans l'hi/oire4 ,nos lo9ta9s anctres s5tai5t vivem5t1 agissai5t beauc\p1 mais raisonnai5t trs peu4 ,lorsque1 p>v5u une phase dj avance de son volution1 l'homme t5ta de philosoph]1 la diffr5ce entre les s5tim5ts et la raison app>ut nettem5t4 ,mais une poque trs rc5te seulem5t il dev9t vid5t que les s5tim5ts supposs rgis p> nos caprices1 obissai5t une logique spciale1 absolum5t diffr5te de la logique rationnelle4 ,l'ignorance de cette di/9ction e/ une des s\rces d'erreur les plus frqu5tes de nos jugem5ts4 ,des lgions de politici5s ont v\lu fond] sur des raisonnem5ts ce qui ne peut l'tre que sur des s5tim5ts4 ,des hi/ori5s aussi peu clairs crur5t p\voir expliqu] p> la logique intellectuelle des faits compltem5t trang]s son influ5ce4 ,la g5se des facteurs les plus importants de l'hi/oire1 telle que la naissance et la propagation des croyances1 re/e p\r cette raison =t peu connue4 ,d'illu/res philosophes fur5t victimes de la mme confusion entre la logique affective et la logique rationnelle4 ,kant prt5dait difi] la morale sur la raison4 ,or1 p>mi ses s\rces div]ses1 la raison ne figure presque jamais4 ,le plus gr& nombre des psy*ologues p]si/e encore dans les mmes errem5ts4 ,ribot le fait trs ju/em5t rem>qu] en p>lant des incurables prjugs intellectuali/es des psy*ologues v\lant t\t ram5] l'intellig5ce1 t\t expliqu] p> elle4 ,?se ins\t5able1 c> de mme que physiologiquem5t la vie vgtative prcde la vie animale qui s'appuie sur elle2 de mme psy*ologiquem5t la vie affective prcde la vie intellectuelle qui s'appuie sur elle4 ,il tait ncessaire1 p\r atte9dre le b de cet ouvrage1 de bi5 insi/] sur cette diffr5ce entre l'affectif et le rationnel4 ,la nglig] s]ait se condamn] ignor] t\j\rs la g5se des op9ions et des croyances4 ,t*e difficile1 cep5dant1 de dlimit] nettem5t la sp>ation du rationnel et de l'affectif4 ,les classifications indisp5sables dans l'tude des sci5ces tabliss5t =cm5t1 dans l'en*anem5t des *oses1 des c\pures que la nature ignore1 mais t\te sci5ce s]ait impossible si n\s n'avions pas appris crer du discont9u dans le cont9u4 ,la sp>ation entre l'affectif et l'intellectuel app>ti5t une priode avance de l'volution des tres4 ,les phnomnes affectifs ayant prcd les phnomnes intellectuels1 il e/ probable que les seconds sont sortis des premi]s4 ,les animaux possd5t des s5tim5ts s\v5t aussi dvelopps que les ntres1 mais leur intellig5ce e/ beauc\p plus faible4 ,c'e/ uniquem5t p> son dveloppem5t que l'homme s'en di/+ue4 ,les s5tim5ts app>ti5n5t cette catgorie de *oses connues de *acun quoique malaises df9ir4 ,on ne peut les int]prt] en effet qu'en t]mes intellectuels4 ,l'intellig5ce s]t connatre1 les s5tim5ts s5tir2 or s5tir et connatre sont des manife/ations que ne saurait exprim] un mme langage4 ,l'intellig5ce a pu se crer une langue assez prcise1 mais celle des s5tim5ts e/ trs vague encore4 99 99 99 99 99 ,le moi affectif et le moi rationnel1 bi5 qu'agissant sans cesse l'un sur l'autre1 possd5t une exi/5ce indp5dante4 ,le moi affectif voluant malgr n\s et s\v5t contre n\s1 la vie1 p\r cette raison1 e/ ple9e de contradictions4 ,il e/ possible quelquefois de refrn] nos s5tim5ts1 non de les faire natre ou disp>atre4 ,c'e/ donc bi5 tort que n\s repro*ons un individu d'avoir *ang4 ,ce repro*e s\s-ent5d l'ide trs fausse que l'intellig5ce peut modifi] un s5tim5t4 ,complte erreur4 ,qu& l'am\r1 p> exemple1 devi5t indiffr5ce ou antipa?ie1 l'intellig5ce assi/e ce *angem5t1 mais n'en e/ pas cause4 ,les raisons qu'elle imag9e p\r expliqu] de tels revirem5ts n'ont aucun rapport avec leurs vrais motifs4 ,ces motifs1 n\s les ignorons4 ,s\v5t mme1 n\s ne connaissons pas mieux nos vrais s5tim5ts que les mobiles qui les font natre4 ,frquemm5t1 dit ,ribot1 on s'imag9e ress5tir p\r une p]sonne un atta*em5t pr(ond et solide 7am\r1 amiti72 l'abs5ce ou la ncessit d'une rupture en dmontr5t la relle fragilit4 ,inv]sem5t1 l'abs5ce ou la rupture n\s rvl5t une pr(onde affection qui semblait tide et pro*e de l'indiffr5ce4 ,il e/ donc impossible1 comme le fait ju/em5t rem>qu] le mme auteur1 de jug] avec le moi intellectuel la conduite du moi affectif4 ,bi5 que la vie affective et la vie intellectuelle soi5t trop htrognes p\r tre rductibles l'une l'autre1 on agit t\j\rs sans t5ir compte de la diffr5ce qui sp>e les s5tim5ts de l'intellig5ce4 ,t\t notre sy/me d'ducation lat9e en e/ une preuve4 ,la p]suasion que le dveloppem5t de l'intellig5ce p> l'in/ruction dveloppe aussi les s5tim5ts1 dont l'association con/itue le c>actre1 e/ un des plus dang]eux prjugs de notre univ]sit4 ,les ducateurs anglais sav5t depuis longtemps que l'ducation du c>actre ne se fait pas avec des livres4 ,le moi affectif et le moi intellectuel tant di/9cts il n'e/ pas tonnant qu'une intellig5ce trs haute puisse coexi/] avec un c>actre trs bas#a4 ,sans d\te l'intellig5ce et l'in/ruction montrant que c]ta9s actes malhonntes cot5t plus qu'ils ne rapport5t1 on v]ra r>em5t un homme in/ruit pratiqu] de vulgaires cambriolages1 mais s'il possde une me de cambrioleur il la g>d]a malgr t\s ses diplmes1 et l'utilis]a dans des oprations aussi peu morales mais mo9s dang]euses et d'un pr(it plus sr4 #a ,p>mi les nombreux exemples qu'en f\rnit l'hi/oire1 un des plus typiques e/ celui de l'illu/re *anceli] ,bacon4 ,nul homme de son temps ne possda une intellig5ce aussi haute1 mais bi5 peu rvlr5t une me aussi basse4 ,il comm5a1 dans l'esprance d'obt5ir un emploi de la re9e ,elisabe?1 p> trahir son unique bi5faiteur1 le comte d',essex1 qui eut la tte tran*e4 ,il dut att5dre1 cep5dant1 le rgne de ,jacques ,i] p\r obt5ir sur la recomm&ation du duc de ,buck+ham1 qu'il trahit galem5t bi5tt1 la place de sollicitor gnral1 puis de *anceli]4 ,il s'y montra plat c\rtisan et voleur impud5t4 ,ses concussions fur5t telles qu'il fallut le p\rsuivre4 ,va9em5t t5ta-t-il d'att5drir ses juges p> une humble confession crite dans laquelle il av\ait ses fautes1 et r5onait t\te df5se4 ,il fut condamn la p]te de t\tes ses places et une prison p]ptuelle4 ,visible dans la plup>t des individus1 la di/9ction entre le moi affectif et le moi intellectuel l'e/ galem5t *ez c]ta9s peuples4 ,mme de ,/al faisait rem>qu] que *ez les ,allem&s le s5tim5t et l'intellig5ce p>aiss5t n'avoir aucune communication2 l'une ne peut pas s\ffrir de bornes1 l'autre se s\met t\s les j\gs4 ,dans les collectivits transitoires1 la mme di/9ction entre l'affectif et l'intellectuel e/ plus facilem5t obs]vable encore4 ,les lm5ts qu'elles mett5t en commun et qui dict5t leurs actes1 sont les s5tim5ts et jamais l'intellig5ce4 ,j'en ai donn les raisons dans un autre ouvrage4 ,il suffira de rappel] ici que l'intellig5ce1 v>iant considrablem5t d'un sujet l'autre et n'tant pas comme les s5tim5ts contagieuse1 ne peut jamais revtir une =me collective4 ,les individus d'une mme race possd5t au contraire c]ta9s s5tim5ts communs fusionns facilem5t lorsqu'ils sont en gr\pe4 ,le moi affectif con/itue l'lm5t fondam5tal de la p]sonnalit4 ,trs l5tem5t labor p> des acquisitions ance/rales1 il volue *ez les individus et les peuples beauc\p mo9s vite que l'intellig5ce4 ,cette ?se p>at au premi] abord contr$ite p> l'hi/oire4 ,il sembl]ait qu' c]ta9s mom5ts naiss5t in/antanm5t des s5tim5ts n\veaux =t diffr5ts1 de ceux antrieurem5t obs]vs4 ,belliqueuse une poque1 une nation se montre pacifique plus t>d4 ,le beso9 d'galit succde l'acceptation de l'9galit4 ,le scepticisme remplace la foi ard5te4 ,nombreux sont les exemples du mme g5re4 ,leur analyse montre que ces crations de s5tim5ts n\veaux sont de simples app>5ces4 ,en ralit1 ils exi/ai5t1 sans se manife/]2 les v>iations de milieux ou les circon/ances n'ont fait que modifi] leur quilibre4 ,tel s5tim5t d'abord refrn devi5t prpondrant une poque et dom9e d'une faon plus ou mo9s durable les autres tats affectifs4 ,l'homme en socit e/ bi5 =c de pli] ses s5tim5ts aux ncessits successives que les circon/ances et surt\t l'ambiance sociale lui impos5t4 ,des exemples de ces trans=mations app>5tes s]ont donns dans un pro*a9 *apitre4 ,les s5tim5ts sembl5t p>fois *ang] alors qu'ils n'ont fait que s'appliqu] des sujets diffr5ts4 ,l'esprance my/ique guidant l'ouvri] mod]ne v]s les fumeuses tav]nes o des aptres d'un vangile n\veau lui promett5t un p>adis pro*a9 e/ le mme s5tim5t qui conduisait ses pres dans les vieilles ca?drales o1 d]rire les vapeurs de l'enc5s1 s'ouvrai5t les portes d'or de lum9euses rgions ple9es d'une flicit t]nelle4 #b4--,les div]ses manife/ations de la vie affective4 motions1 s5tim5ts1 passions4 ,les manife/ations de la vie affective sont indiffremm5t dsignes p> les auteurs s\s les noms d'motions ou de s5tim5ts4 ,je crois plus commode p\r leur description de les rp>tir en trois classes3 motions1 s5tim5ts1 passions4 ,l'motion e/ un s5tim5t in/antan plus ou mo9s phmre4 ,elle nat d'un phnomne brusque3 accid5t1 annonce d'une cata/rophe1 m5ace1 injure4 ,la colre1 la peur1 la t]reur1 etc41 en sont des exemples4 ,le s5tim5t reprs5te un tat affectif durable1 tel que l'av>ice1 la bi5veillance1 etc4 ,la passion e/ con/itue p> des s5tim5ts ayant acquis une gr&e int5sit et p\vant mom5tanm5t en annul] d'autres3 ha9e1 am\r1 etc4 ,t\s ces tats affectifs correspond5t des v>iations physiologiques de notre organisme4 ,n\s n'en connaissons que c]ta9s effets gnraux3 r\geur du visage1 altration de la circulation1 etc4 ,une modification physique ou *imique des cellules n]veuses et les s5tim5ts qu'elle eng5dre reprs5t5t une relation dont les t]mes ultimes seuls sont connus4 ,la trans=mation en s5tim5t ou en p5se d'un processus *imique organique e/ compltem5t inexplicable ma9t5ant4 ,s5tim5ts et motions v>i5t suivant l'tat physiologique du sujet ou l'influ5ce de div]s excitants3 caf1 alcool1 etc444 ,le s5tim5t le plus simple e/ t\j\rs trs complexe1 mais ds qu'il devi5t irrductible un autre p> l'analyse1 n\s devons1 p\r la facilit du langage1 le trait] comme s'il tait simple4 ,le *imi/e lui aussi1 qualifie de corps simples ceux qu'il ne sait pas dcompos]4 ,les psy*ologues p>l5t quelquefois de s5tim5ts intellectuels4 ,ce t]me1 dit ,ribot3 dsigne des tats affectifs agrables ou mixtes qui accompagn5t l'ex]cice des oprations de l'intellig5ce4 ,je ne saurais admettre cette ?orie qui confond une cause avec son effet4 ,un s5tim5t peut tre produit p> des influ5ces aussi div]ses que l'action d'un alim5t agrable1 ou celle d'une dc\v]te sci5tifique1 mais il re/e t\j\rs un s5tim5t4 ,t\t au plus peut-on dire que nos ides ont un quival5t motionnel4 ,les *iffres eux-mmes en aurai5t un1 comme le fait ju/em5t obs]v] ,b]gson3 ,les m>*&s1 dit-il1 le sav5t bi51 et au lieu d'indiqu] le prix d'un objet p> un nombre rond de francs1 ils m>qu]ont le *iffre immdiatem5t infrieur1 quittes int]cal] ensuite un nombre suffisant de c5times4 ,le s5tim5t dev5u prpondrant et p]si/ant pr5d1 n\s l'avons dit1 le nom de passion4 ,les psy*ologues n'ont russi encore ni les df9ir1 ni les class]4 ,sp9oza en admettait trois3 le dsir1 la joie et la tri/esse1 d'o il dduisait t\tes les autres4 ,desc>tes en admettait six primitives3 l'admiration1 l'am\r1 la ha9e1 le dsir1 la joie et la tri/esse4 ,ce sont l videmm5t pures =mes de langage1 impuissantes ri5 expliqu] et ne rsi/ant pas la discussion4 ,une passion peut natre brusquem5t1 comme un c\p de f\dre1 ou p> une l5te incubation4 ,con/itue1 elle dom9e t\te la vie affective1 et aussi la vie intellectuelle4 ,la raison e/ gnralem5t sans action sur elle et ne fait que se mettre son s]vice4 ,on sait quel po9t les passions trans=m5t nos op9ions et nos croyances1 n\s aurons y rev5ir bi5tt4 ,les gr&es passions sont d'ailleurs r>es4 phmres le plus s\v5t1 elles disp>aiss5t aussitt atte9t l'objet convoit4 ,dans la passion am\reuse1 cette rgle e/ assez con/ante4 ,les am\rs clbres ont gnralem5t eu p\r hros des tres que les circon/ances emp*ai5t de trop se r5contr]4 ,les passions qui dur5t longtemps sont des passions con/amm5t ravives1 les ha9es politiques p> exemple4 ,la passion disp>at le plus s\v5t p> simple ext9ction1 mais quelquefois p> voie de trans=mation1 et alors se modifi5t en mme temps les op9ions qu'elle avait fait natre4 ,l'am\r huma91 fait obs]v] ,ribot1 peut se trans=m] en am\r div9 ou inv]sem5t444 ,l'am\r du a peupl les clotres444 ,le fanatisme religieux peut se *ang] en fanatisme politique et social4 ,ignace de ,loyola tait un palad9 qui se mit au s]vice de ,j4-,c44 ,qu& l'intellig5ce russit ex]c] une influ5ce inhibitrice sur la passion1 cette d]nire n'tait pas bi5 =te4 ,l'intellig5ce ne peut gure agir contre une passion qu'en opposant la reprs5tation m5tale d'un s5tim5t un autre4 ,la lutte exi/e alors1 non pas entre reprs5tations intellectuelles et reprs5tations affectives1 mais uniquem5t entre des reprs5tations affectives mises en prs5ce p> l'intellig5ce4 #c4--,la mmoire affective4 ,la mmoire des s5tim5ts exi/e comme celle de l'intellig5ce1 mais un degr beauc\p mo9dre4 ,le temps l'affaiblit trs vite4 ,l'infriorit habituelle de la mmoire affective sur la mmoire intellectuelle e/ gnralem5t considrable4 ,la p]si/ance de cette d]nire e/ telle qu& on l'ex]ce que1 p5dant des sicles1 des ouvrages volum9eux tels que les ,vdas ou les *ants d',homre1 fur5t transmis de gnration en gnration l'aide seulem5t de la mmoire4 ,a l'poque o les livres tai5t r>es et coteux1 au ,x,i,i,ie sicle p> exemple1 les tudiants savai5t ret5ir les c\rs qui leur tai5t dicts4 ,atk9son assure que si les classiques *9ois v5ai5t tre dtruits auj\rd'hui1 plus d'un million de ,*9ois p\rrai5t les recon/itu] de mmoire4 ,si la mmoire des s5tim5ts tait aussi t5ace que la mmoire intellectuelle1 le s\v5ir p]si/ant de nos d\leurs r5drait la vie insupportable4 ,a la ?orie du peu de dure de la mmoire affective1 on p\rrait object] la p]si/ance des ha9es de classes et de races p]ptues durant de longues gnrations4 ,cette dure app>5te n'e/ qu'un r5\vellem5t incessant produit p> des causes t\j\rs rptes4 ,une ha9e non entret5ue ne subsi/e pas4 ,celle des ,allem&s contre les ,franais aurait disp>u depuis longtemps1 si les j\rnaux g]maniques ne l'attisai5t sans cesse4 ,l'av]sion des ,holl&ais p\r les ,anglais1 qui leur prir5t jadis leurs colonies1 p]si/e seulem5t p>ce que des faits nombreux1 notamm5t la gu]re contre les colons holl&ais du ,transvaal1 vi5n5t la raviv] et p>ce que la ,holl&e se croit t\j\rs m5ace4 ,l'alliance russe et l'ent5te franco-anglaise montr5t avec quelle rapidit des peuples1 jadis ennemis1 oubli5t les ha9es non entret5ues4 ,lorsque l',anglet]re dev9t notre amie1 n\s n'tions p\rtant pas lo9 de la t]rible humiliation de ,fa*oda4 ,cette notion ess5tielle du peu de dure de la mmoire affective explique bi5 des phnomnes de la vie des peuples4 ,il ne faut gure compt] sur leur reconnaissance1 mais on ne doit pas non plus trop r$\t] leur ha9e4 #d4--,les associations affectives et intellectuelles4 ,n\s tudi]ons quelques lm5ts c>actri/iques de l'intellig5ce dans le *apitre de cet ouvrage consacr l'exam5 de la logique rationnelle4 ,on ne les m5tionne ici que p\r montr] comm5t s'associ5t et s'influ5c5t les lm5ts rationnels et affectifs4 ,l'intellig5ce e/ surt\t c>actrise p> la capacit rfl*ir d'o dc\le celle de raisonn]1 c'e/--dire de saisir1 en suivant c]ta9es rgles1 les rapports visibles ou ca*s des *oses4 ,les en*anem5ts de la logique affective ont galem5t leurs lois4 ,s'ex]ant dans une rgion inconsci5te elles ne p>vi5n5t dans le consci5t que s\s =me de rsultats4 ,notre vie psy*ique se composant d'une p>tie affective et d'une p>tie intellectuelle1 comm5t ces deux sphres agiss5t-elles l'une sur l'autre8 ,nos reprs5tations m5tales peuv5t tre d'ordre affectif ou d'ordre intellectuel4 ,il e/ p>fois possible de se reprs5t] des s5tim5ts disp>us1 mais beauc\p mo9s que les ides intellectuelles4 ,on sait que1 d'aprs la ?orie associationni/e1 les ides peuv5t s'associ] suivant deux procds diffr5ts3 #a associations p> ressemblance2 #b associations p> contigut4 ,dans les associations p> ressemblance1 l'impression actuelle ravive les impressions antrieures analogues4 ,dans les associations p> contigut1 l'impression n\velle en fait revivre d'autres pr\ves en mme temps1 mais sans analogie entre elles4 ,les tats affectifs p>aiss5t s'associ] entre eux comme les tats intellectuels4 ,ils s'associ5t galem5t ces d]ni]s1 en sorte que l'app>ition des uns peut voqu] celle des autres4 ,la diffr5ce entre les associations affectives et les associations intellectuelles e/ c>actrise p> ce fait que les associations affectives se faisant le plus s\v5t d'une faon inconsci5te1 *app5t notre action4 ,n\s v]rons bi5tt comm5t1 malgr leur di/9ction de nature1 le moi affectif et le moi intellectuel peuv5t1 grce aux associations qui vi5n5t d'tre indiques1 s'influ5c]4 ,,*apitre ,v ,,les ,l,,m5ts ,,de ,,la ,,p]sonnalit4 ,,comb9aisons ,,de ,,s5tim5ts ,,=mant ,,le ,,c>act,,re4 #a4--,les lm5ts du c>actre4 ,le c>actre e/ con/itu p> un agrgat d'lm5ts affectifs auxquels se sup]pos5t1 en s'y mlant =t peu1 quelques lm5ts intellectuels4 ,ce sont t\j\rs les premi]s qui donn5t l'individu sa vritable p]sonnalit4 ,les lm5ts affectifs tant nombreux1 leur association =m]a des c>actres v>is3 actifs1 contemplatifs1 apa?iques1 s5sitifs1 etc4 ,*acun d'eux agira diffremm5t s\s l'action des mmes excitants4 ,les agrgats con/itutifs du c>actre peuv5t tre =tem5t ou1 au contraire1 faiblem5t cim5ts4 ,aux agrgats solides correspond5t les individualits =tes qui se ma9ti5n5t malgr les v>iations de milieu et de circon/ances4 ,aux agrgats mal cim5ts correspond5t les m5talits molles1 inc]ta9es et *angeantes4 ,elles se modifi]ai5t *aque in/ant s\s les influ5ces les plus lgres1 si c]ta9es ncessits de la vie quotidi5ne ne les ori5tai5t comme les b]ges d'un fleuve canalis5t son c\rs4 ,si /able que soit le c>actre1 il re/e t\j\rs li cep5dant l'tat de nos organes4 ,une nvralgie1 un rhumatisme1 un tr\ble inte/9al1 trans=m5t la gaiet en mlancolie1 la bont en m*ancet1 la volont en non*alance4 ,napolon malade ,wat]loo n'tait plus ,napolon4 ,cs> dyspeptique n'et sans d\te pas fran*i le ,rubicon4 ,les causes morales agiss5t aussi sur le c>actre ou t\t au mo9s sur son ori5tation4 ,a la suite d'une conv]sion1 l'am\r pr(ane devi5dra am\r div94 ,le clrical fanatique et p]scuteur f9ira p>fois en libre p5seur t\t aussi fanatique et non mo9s p]scuteur4 ,les op9ions et les croyances tant m\les sur notre c>actre1 suiv5t naturellem5t ses v>iations4 ,il n'exi/e1 je l'ai dj montr1 aucun p>alllisme entre le dveloppem5t du c>actre et celui de l'intellig5ce4 ,le premi] semble1 au contraire1 t5dre s'affaiblir mesure que la d]nire se dveloppe4 ,de gr&es civilisations fur5t dtruites p> des lm5ts intellectuellem5t infrieurs1 d\s de volont =te4 ,les esprits h>dis et dcids ignor5t les ob/acles signals p> l'intellig5ce4 ,la raison ne fonde pas les gr&es religions et les puissants empires4 ,dans les socits brillantes p> l'intellig5ce1 mais de c>actre faible1 le p\voir f9it s\v5t p> tomb] entre les ma9s d'hommes borns et audacieux4 ,j'admets volonti]s1 avec ,faguet1 que l',europe1 dev5ue pacifi/e1 s]a conquise p> le d]ni] peuple re/ militaire et relativem5t fodal4 ,ce peuple-l rduira les autres en esclavage et f]a travaill] son pr(it des pacifi/es *>gs d'intellig5ce1 mais dnus de l'n]gie que donne la volont4 #b4--,les c>actres collectifs des peuples4 ,*aque peuple possde des c>actres collectifs1 communs la plup>t de ses membres1 ce qui fait des div]ses nations de vritables espces psy*ologiques4 ,ces c>actres crent *ez elles1 n\s le v]rons bi5tt1 des op9ions semblables sur un c]ta9 nombre de sujets ess5tiels4 ,les c>actres fondam5taux d'un peuple n'ont pas beso9 d'tre nombreux4 ,bi5 fixs ils trac5t sa de/9e4 ,considrons les ,anglais1 p> exemple4 ,les lm5ts ori5tant leur hi/oire peuv5t tre rsums en peu de lignes3 culte de l'ef=t p]si/ant qui emp*e de recul] devant l'ob/acle et de considr] un malheur comme irrmdiable2 respect religieux des c\tumes et de t\t ce qui e/ valid p> le temps2 beso9 d'action et dda9 des va9es spculations de la p5se1 mpris de la faiblesse1 s5tim5t trs int5se du devoir1 contrle sur soi-mme envisag comme qualit ess5tielle et entret5u soigneusem5t p> une ducation spciale4 ,c]ta9s dfauts de c>actre1 insupportables *ez les individus1 devi5n5t des v]tus qu& ils sont collectifs1 l'orgueil p> exemple4 ,ce s5tim5t e/ =t diffr5t de la vanit1 simple beso9 de brill] en public et exigeant des tmo9s1 alors que l'orgueil n'en dem&e aucun4 ,l'orgueil collectif fut un des gr&s /imulants de l'activit des peuples4 ,grce lui1 le lgionnaire roma9 tr\vait une rcomp5se suffisante faire p>tie d'un peuple dom9ant l'univ]s4 ,l'9branlable c\rage des ,japonais1 dans leur d]nire gu]re1 prov5ait d'un orgueil semblable4 ,ce s5tim5t e/1 en outre1 une s\rce de progrs4 ,ds qu'une nation e/ conva9cue de sa supriorit1 elle porte son maximum les ef=ts ncessaires p\r la ma9t5ir4 ,le c>actre et non l'intellig5ce diffr5cie les peuples et cre entre eux des sympa?ies ou des antipa?ies irrductibles4 ,l'intellig5ce e/ de mme espce p\r t\s4 ,le c>actre (fre1 au contraire1 de =tes dissemblances4 ,des peuples di/9cts tant div]sem5t impressionns p> les mmes *oses se conduiront naturellem5t de faons diffr5tes dans des circon/ances p>aissant id5tiques4 ,qu'il s'agisse1 d'ailleurs1 de peuples ou d'individus1 les hommes sont t\j\rs plus diviss p> les oppositions de leur c>actre que p> celles de leurs intrts ou de leur intellig5ce4 #c4--volution des lm5ts du c>actre4 ,les s5tim5ts fondam5taux =mant la trame du c>actre volu5t trs l5tem5t dans le c\rs des ges1 comme le pr\ve la p]si/ance des c>actres nationaux4 ,les agrgats psy*ologiques qui les con/itu5t sont aussi /ables que les agrgats anatomiques4 ,mais1 aut\r des c>actres fondam5taux1 se tr\v5t1 comme p\r t\tes les espces vivantes1 des c>actres secondaires p\vant v>i] suivant le mom5t1 le milieu1 etc4 ,ce sont surt\t--je l'ai fait rem>qu] dans le prcd5t *apitre--les sujets sur lesquels les s5tim5ts s'ex]c5t qui *ang5t4 ,l'am\r de la famille1 puis de la tribu1 de la cit et enf9 de la patrie sont des adaptations d'un s5tim5t id5tique des gr\pem5ts diffr5ts1 et non la cration de s5tim5ts n\veaux4 ,l'int]nationalisme et le pacifisme reprs5t5t les d]nires ext5sions de ce mme s5tim5t4 ,il y a un sicle pe9e1 le patriotisme allem& tait inconnu1 l',allemagne re/ait divise en prov9ces rivales4 ,si le pang]manisme actuel con/itue une v]tu1 cette v]tu n'e/ que l'ext5sion de s5tim5ts anci5s des catgories d'individus n\velles4 ,les tats affectifs sont *oses si /ables que leur simple adaptation des sujets n\veaux exige d'imm5ses ef=ts4 ,p\r acqurir1 p> exemple1 un peu1--trs peu--cette =me d'altruisme1 qualifie de tolrance1 il fallut1 dit ju/em5t ,m4 ,lavisse3 que des m>tyrs m\russ5t p> milli]s dans des supplices1 et que le sang c\lt en fleuve sur des *amps de bataille4 ,c'e/ un gr& dang] p\r un peuple de v\loir crer1 au moy5 de la raison1 des s5tim5ts contraires ceux fixs p> la nature dans son me4 ,semblable erreur pse sur n\s depuis la ,rvolution4 ,elle a eng5dr le dveloppem5t du socialisme qui prt5d *ang] le c\rs naturel des *oses et refaire l'me des nations4 ,n'objectons pas la fixit des s5tim5ts1 les brusques trans=mations de p]sonnalit obs]ves p>fois4 ,tels la prodigalit dev5ant av>ice1 l'am\r *ang en ha9e1 le fanatisme religieux en fanatisme irrligieux1 etc4 ,ces revirem5ts con/itu5t simplem5t l'adaptation de mmes s5tim5ts des sujets diffr5ts4 ,bi5 des causes div]ses1 les ncessits conomiques1 p> exemple1 peuv5t aussi dplac] nos s5tim5ts sans p\r cela les *ang]4 ,ces influ5ces conomiques sont puissantes4 ,la diffusion de la proprit1 p> exemple1 a p\r consqu5ce l'abaissem5t de la natalit1 p> suite de l'gsme familial du propritaire1 peu s\cieux de voir divis] son bi54 ,si t\s les citoy5s d'un pays dev5ai5t propritaires1 la population dim9u]ait probablem5t dans d'normes proportions4 ,les s5tim5ts con/ituant le c>actre ne peuv5t subir de *angem5t d'ori5tation sans que la vie sociale soit b\lev]se4 ,gu]res de religions1 croisades1 rvolutions1 etc41 rsult5t de p>eils *angem5ts4 ,et si1 actuellem5t1 l'av5ir app>at trs sombre1 c'e/ que les s5tim5ts des classes populaires t5d5t subir une ori5tation n\velle4 ,s\s la p\sse des illusions sociali/es1 *acun1 de l'ouvri] au pr(esseur1 e/ dev5u mcont5t de son sort et p]suad qu'il mrite une autre de/9e4 ,t\t travailleur se croit exploit p> les classes dirigeantes et rve de s'emp>] de leurs ri*esses au moy5 d'un c\p de =ce4 ,dans le doma9e de l'affectif1 les illusions ont une puissance qui les r5d =t dang]euses p>ce que la raison ne les influ5ce pas4 ,,*apitre ,,vi ,,la ,d,,sagr,,gation ,,du ,,c>act,,re ,,et ,,les ,,oscillations ,,de ,,la ,,p]sonnalit4 #a4--,les quilibres des lm5ts con/itutifs du c>actre4 ,n\s v5ons de dire que la /abilit des agrgats =mant le c>actre e/ aussi gr&e que celle des agrgats anatomiques4 ,les premi]s peuv5t cep5dant1 comme les seconds1 subir des tr\bles morbides div]s et mme une dsagrgation complte4 ,ces phnomnes qui ne ressort5t pas exclusivem5t du doma9e de la pa?ologie ont1 sur la =mation des op9ions et des croyances1 une influ5ce considrable4 ,la g5se de c]ta9s faits hi/oriques e/ peu prs incomprh5sible sans la connaissance des trans=mations que peut accid5tellem5t subir le c>actre4 ,n\s v]rons1 dans un autre *apitre1 que les mobiles crateurs de nos op9ions1 de nos croyances et de nos actes1 sont comp>ables des poids poss sur les deux plateaux d'une balance4 ,le plus *>g fl*it t\j\rs4 ,en ralit1 les *oses ne se pass5t pas si simplem5t4 ,les poids1 reprs5ts p> les motifs1 peuv5t s'altr] s\s l'influ5ce de tr\bles div]s modifiant les comb9aisons qui =m5t le c>actre4 ,alors1 notre s5sibilit *ange1 nos *elles de valeurs se dplac5t1 l'ori5tation de la vie devi5t diffr5te4 ,la p]sonnalit e/ r5\vele4 ,de telles v>iations s'obs]v5t surt\t lorsque1 le milieu social v5ant *ang] brusquem5t1 l'quilibre tabli entre les lm5ts affectifs et ce milieu pr\ve une p]turbation notable4 ,la notion d'quilibre entre le milieu qui n\s enveloppe et les lm5ts qui n\s compos5t e/ capitale4 ,nullem5t spciale la psy*ologie1 elle dom9e la *imie1 la physique et la biologie4 ,un tre quelconque1 matire brute ou matire vivante1 rsulte d'un c]ta9 tat d'quilibre entre son milieu et lui4 ,le second ne saurait *ang] sans que se trans=me aussitt le premi]4 ,une b>re d'aci] rigide peut1 s\s l'influ5ce d'une modification de milieu conv5able1 dev5ir une lgre vapeur4 ,le degr d'aptitude la dissociation des agrgats psy*iques =mant le c>actre dp5d de la /abilit de ces d]ni]s comme aussi de l'importance des *angem5ts de milieu auxquels ils sont s\mis4 ,elle v>i]a galem5t suivant les impressions antrieurem5t subies4 ,les obs]vations faites sur les agrgats anatomiques le sont aussi sur les agrgats psy*ologiques4 ,la dim9ution de s5sibilit des premi]s l'influ5ce de c]ta9es actions extrieures p> des procds div]s s'appelle1 on le sait1 l'immunisation4 ,l'tude future de la pa?ologie des c>actres compr5dra aussi celle de leur immunisation4 ,le vritable homme d'tat possde l'art1 encore my/rieux1 de savoir modifi] au beso9 l'quilibre des lm5ts du c>actre national en faisant prdom9] ceux utiles aux ncessits du mom5t4 #b4--,les oscillations de la p]sonnalit4 ,les considrations prcd5tes t5d5t montr] que notre p]sonnalit peut dev5ir assez v>iable4 ,elle dp5d1 en effet1 on vi5t de le voir1 de deux facteurs insp>ables1 l'tre lui-mme et son milieu4 ,prt5dre que notre p]sonnalit e/ mobile et p>fois susceptible de gr&s *angem5ts *oque un peu les ides traditionnelles sur la /abilit du moi4 ,son unit fut p5dant longtemps un dogme indiscut4 ,trop de faits sont v5us pr\v] combi5 elle tait fictive4 ,notre moi e/ un total4 ,il se compose de l'addition d'innombrables moi cellulaires4 ,*aque cellule conc\rt l'unit du moi comme *aque soldat l'unit d'une arme4 ,l'homognx des milli]s d'individualits qui la compos5t rsulte seulem5t d'une communaut d'action que de nombreuses causes peuv5t dtruire4 ,inutile d'object] que la p]sonnalit des tres semble gnralem5t assez /able4 ,si elle ne v>ie gure1 en effet1 c'e/ que le milieu social re/e peu prs con/ant4 ,qu'il vi5ne se modifi] brusquem5t1 comme en temps de rvolution1 et la p]sonnalit d'un mme individu p\rra se trans=m] entirem5t4 ,c'e/ a9si qu'on vit1 p5dant la ,t]reur1 de bons b\rgeois rputs p> leur d\ceur dev5ir des fanatiques sangu9aires4 ,la t\rm5te passe et1 p> consqu5t1 l'anci5 milieu repr5ant son empire1 ils retr\vr5t leur p]sonnalit pacifique4 ,depuis longtemps1 j'ai dvelopp cette ?orie et montr que la vie des p]sonnages de la ,rvolution tait incomprh5sible sans elle4 ,de quels lm5ts se compose le moi dont la syn?se con/itue notre p]sonnalit8 ,la psy*ologie re/e muette sur ce po9t4 ,sans prt5dre prcis] beauc\p1 n\s dirons que les lm5ts du moi rsult5t d'un rsidu de p]sonnalits ance/rales1 c'e/--dire crs p> t\te la srie de nos exi/5ces antrieures4 ,le moi1 je le rpte1 n'e/ pas une unit1 mais le total des millions de vies cellulaires dont l'organisme e/ =m4 ,elles peuv5t enfant] de nombreuses comb9aisons4 ,des excitations motionnelles viol5tes1 c]ta9s tats pa?ologiques obs]vables *ez les mdiums1 les extatiques1 les sujets hypnotiss1 etc41 font v>i] ces comb9aisons et1 p> consqu5t1 eng5dr5t1 au mo9s mom5tanm5t1 *ez le mme individu1 une p]sonnalit diffr5te#b1 infrieure ou suprieure la p]sonnalit ord9aire4 ,n\s possdons t\s des possibilits d'action dpassant notre capacit habituelle et que c]ta9es circon/ances vi5dront veill]4 #b ,l'action de c]ta9es sub/ances toxiques sur l'organisme peut avoir aussi p\r rsultat de dsagrg] la p]sonnalit4 ,j'en ai jadis publi1 dans un j\rnal de mdec9e1 un curieux exemple qui fut utilis en ,amrique p> un romanci]4 #c4--,les lm5ts fixateurs de la p]sonnalit4 ,les rsidus ance/raux =m5t la c\*e la plus pr(onde et la plus /able du c>actre des individus et des peuples4 ,c'e/ p> leur moi ance/ral qu'un ,anglais1 un ,franais1 un ,*9ois diffr5t si pr(ondm5t4 ,mais ces lo9ta9s atavismes se sup]pos5t des lm5ts eng5drs p> le milieu social 7ca/e1 classe1 pr(ession1 etc471 p> l'ducation et p> bi5 d'autres influ5ces encore4 ,ils imprim5t notre p]sonnalit une ori5tation assez con/ante4 ,c'e/ le moi un peu artificiel a9si =m que n\s extriorisons *aque j\r4 ,de t\s les lm5ts =mateurs de la p]sonnalit1 le plus actif1 aprs la race1 e/ celui que dt]m9e le gr\pem5t social auquel n\s app>t5ons4 ,c\les dans un mme m\le p> les ides1 les op9ions1 la conduite semblables qui leur sont imposes1 les individualits d'un gr\pe3 militaires1 magi/rats1 prtres1 ouvri]s1 m>9s1 etc41 prs5t5t nombre de c>actres id5tiques4 ,leurs op9ions et leurs jugem5ts sont gnralem5t vois9s1 p>ce que *aque gr\pe social tant trs niveleur1 l'orig9alit n'y e/ pas tolre4 ,quiconque veut se diffr5ci] de son gr\pe l'a t\t enti] p\r ennemi4 ,cette tyrannie des gr\pes sociaux1 sur laquelle n\s revi5drons1 n'e/ pas inutile4 ,si les hommes n'avai5t pas les op9ions et la conduite de leur ent\rage p\r guide1 o tr\v]ai5t-ils la direction m5tale ncessaire la plup>t8 ,grce au gr\pe qui les enca/re1 ils possd5t une faon d'agir et de ragir assez con/ante4 ,grce lui encore1 les natures un peu amorphes sont ori5tes et s\t5ues dans la vie4 ,a9si canaliss1 les membres d'un gr\pe social quelconque possd5t1 avec une p]sonnalit mom5tane1 ou durable1 mais bi5 df9ie1 une puissance d'action que ne rv]ait jamais aucun des individus qui le compos5t4 ,les gr&s massacres de la ,rvolution ne fur5t pas des uvres individuelles4 ,leurs auteurs agissai5t en gr\pes3 ,girond9s1 ,dantoni/es1 ,hb]ti/es1 ,robespi]ri/es1 ,!rmidori5s1 etc4 ,ces gr\pes beauc\p plus que des individus se combattai5t alors4 ,ils devai5t donc apport] dans leurs luttes la frocit furieuse et le fanatisme born1 c>actri/iques des manife/ations collectives viol5tes4 #d4--;,difficult de prvoir la conduite rsultant d'un c>actre dt]m94 ,notre moi tant v>iable1 et dp5dant des circon/ances1 jamais un homme ne doit prt5dre en connatre un autre4 ,il peut seulem5t affirm] que les circon/ances ne v>iant pas1 la conduite de l'individu obs]v ne *ang]a gure4 ,le *ef de bureau1 rdigeant d'honntes rapports depuis v+t ans1 cont9u]a sans d\te les rdig] avec la mme honntet1 mais il ne faut pas trop l'affirm]4 ,des circon/ances n\velles v5ant surgir1 une passion =te envahissant son ent5dem5t1 un dang] m5aant son foy]1 l'insignifiant bureaucrate p\rra dev5ir un sclrat ou un hros4 ,les gr&es oscillations de la p]sonnalit s'obs]v5t presque exclusivem5t dans la sphre des s5tim5ts4 ,dans celle de l'intellig5ce1 elles sont trs faibles4 ,un imbcile re/]a tel t\j\rs4 ,les v>iations possibles de la p]sonnalit1 qui emp*5t de connatre fond nos semblables1 emp*5t aussi de se connatre soi-mme4 ,l'adage ,nosce te ipsum des anci5s philosophes con/itue un irralisable conseil4 ,le moi extrioris reprs5te habituellem5t un p]sonnage d'emprunt m5song]4 ,il l'e/1 non pas seulem5t p>ce que n\s n\s supposons beauc\p de qualits et ne reconnaissons gure nos dfauts1 mais encore p>ce que si le moi conti5t une petite portion d'lm5ts consci5ts1 la rigueur connaissables1 il e/1 en gr&e p>tie1 =m d'lm5ts inconsci5ts presque inaccessibles l'obs]vation4 ,le seul moy5 de dc\vrir son moi rel e/1 n\s l'avons dit1 l'action4 ,on ne se connat un peu qu'aprs avoir obs]v sa conduite1 dans des circon/ances dt]m9es4 ,prt5dre savoir d'avance comm5t n\s agirons dans une situation donne e/ =t *imrique4 ,le m>*al ,ney jurant ,l\is ,,xviii de lui am5] ,napolon dans une cage de f] tait de trs bonne foi1 mais il ne se connaissait pas4 ,un simple reg>d du matre suffit diss\dre sa rsolution4 ,l'in=tun m>*al paya de sa vie l'ignorance de sa propre p]sonnalit4 ,plus famili] avec les lois de la psy*ologie1 ,l\is ,,xviii lui et probablem5t p>donn4 ,les ?ories exposes dans cet ouvrage relativem5t au c>actre peuv5t p>fois sembl] contradictoires4 ,d'une "p1 en effet1 n\s avons insi/ sur la fixit des s5tim5ts qui =m5t le c>actre1 et de l'autre montr les v>iations possibles de la p]sonnalit4 ,ces oppositions disp>aiss5t en se remmorant les po9ts suivants3 #a ,les c>actres sont =ms d'un agrgat d'lm5ts affectifs fondam5taux peu prs inv>iables1 auxquels s'aj\t5t des lm5ts accessoires *angeant facilem5t4 ,ces d]ni]s correspond5t aux modifications que l'art de l'leveur fait subir une espce sans modifi] p\r cela ses c>actres ess5tiels4 #b ,les espces psy*ologiques sont1 comme les espces anatomiques1 s\s l'troite dp5dance de leur milieu4 ,elles doiv5t s'adapt] t\s les *angem5ts de ce milieu et s'y adapt5t en effet qu& ils ne sont ni trop considrables1 ni trop brusques4 #c ,les mmes s5tim5ts peuv5t p>atre *ang] qu& ils s'appliqu5t des sujets diffr5ts1 et cep5dant leur nature relle n'a subi aucune modification4 ,l'am\r huma9 dev5ant am\r div9 dans c]ta9es conv]sions e/ un s5tim5t qui a *ang de nom1 mais pas de nature4 ,t\tes ces con/atations ont un intrt trs pratique1 puisqu'elles sont la base mme de plusieurs problmes mod]nes importants1 celui de l'ducation notamm5t4 ,obs]vant que cette d]nire modifie l'intellig5ce1 ou du mo9s la somme des connaissances individuelles1 on en a conclu qu'elle p\vait modifi] galem5t les s5tim5ts4 ,c'tait oubli] entirem5t que les tats affectifs et intellectuels n'ont pas une volution p>allle4 ,plus on appr(ondit le sujet1 plus on e/ oblig de reconnatre que l'ducation et les in/itutions politiques j\5t un rle assez faible dans la de/9e des individus et des peuples4 ,cette doctr9e1 contraire d'ailleurs nos croyances dmocratiques1 semble p>fois contr$ite aussi p> les faits obs]vs *ez c]ta9s peuples mod]nes et c'e/ ce qui l'emp*]a t\j\rs d'tre admise facilem5t4 ,dans l'introduction qu'il a bi5 v\lu crire p\r la traduction japonaise#c de mes ouvrages1 un des plus m95ts hommes d'tat de l',extrme-,ori5t1 le b>on ,motono1 ambassadeur ,sa9t-,pt]sb\rg1 m'objecte plusieurs *angem5ts produits dans la m5talit japonaise p> l'influ5ce des ides europennes4 ,je ne crois pas cep5dant qu'ils pr\v5t une modification relle de cette m5talit4 ,les ides europennes sont simplem5t entres dans l'armature ance/rale de l'me japonaise1 sans modifi] ses p>ties ess5tielles4 ,la sub/itution de la fronde au canon *ang]ait compltem5t la de/9e d'un peuple1 sans trans=m] p\r cela ses c>actres nationaux4 #c ,publie p> la ,socit qu'a fonde le comte ,okuma1 m9i/re des affaires trangres p\r la traduction des plus clbres ouvrages classiques p>us en ,europe4 ,il semble rsult] de ce *apitre que les op9ions et la conduite tant dt]m9es p> des causes assez trangres la volont1 notre lib]t s]ait trs re/re9te4 ,elle l'e/ en effet4 ,n\s v]rons cep5dant qu'il e/ possible de lutt] utilem5t contre les fatalits qui ps5t sur nos s5tim5ts et nos p5ses4 ,,livre ,,iii ,,les ,,=mes ,,div]ses ,,de ,,logiques ,r,,gissant ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,,*apitre ,i ,,classification ,,des ,,div]ses ,,=mes ,,de ,,logiques4 #a4--;,exi/e-t-il div]ses =mes de logiques8 ,la logique a t considre jusqu'ici comme l'art de raisonn] et de dmontr]4 ,mais1 vivre c'e/ agir et ce n'e/ pas le plus s\v5t la dmon/ration qui fait agir4 ,n\s montr]ons dans ce *apitre et les suivants que les div]ses sphres d'activits vitale et psy*ologique1 prcdemm5t numres1 sont g\v]nes p> des =mes de logiques diffr5tes4 ,l'action con/ituant d'aprs n\s le seul critrium d'une logique1 n\s considr]ons comme div]ses les logiques conduisant des rsultats dissemblables4 ,dans un acte quelconque le psy*ologue ne doit re*]*] isolm5t ni le b p\rsuivi1 ni les moy5s employs1 ni le succs ni l'insuccs4 ,les seuls lm5ts l'intressant sont les mobiles gnrateurs de cet acte4 ,il y a des actions v]tueuses ou crim9elles1 habiles ou malhabiles1 il n'y en a pas d'illogiques4 ,elles sont simplem5t issues de logiques diffr5tes et nulle ne peut s]vir exclusivem5t jug] les autres4 ,la logique rationnelle1 p> exemple1 e/ trop diffr5te des logiques my/ique et affective p\r p\voir les int]prt] ni mme les compr5dre4 ,conduisant des actes s\v5t opposs1 elles doiv5t tre sp>es4 ,de mme p\r la logique collective et la logique affective4 ,considr] comme div]ses des logiques gnratrices de rsultats dissemblables1 e/ simplem5t appliqu] la rgle de classification qui fait plac] dans des catgories diffr5tes les phnomnes trop di/9cts p\r tre confondus4 #b4--,les c9q =mes de logiques4 ,on peut1 croyons-n\s1 tablir c9q =mes de logiques3 #a logique biologique2 #b logique affective2 #c logique collective2 #d logique my/ique2 #e logique rationnelle4 ,n\s n\s born]ons ma9t5ant en rsum] brivem5t les c>actres1 devant consacr] des *apitres spciaux *acune d'elles4 ,logique biologique4--,les motifs qui n\s ont fait tablir cette =me de logique s]ai5t trop longs numr] ici4 ,n\s les donn]ons dans le *apitre consacr son tude4 ,disons simplem5t ma9t5ant que la logique biologique1 qui prside l'entreti5 des tres et la cration de leurs =mes1 ne porte nulle trace d'influ5ce de nos volonts1 mais produit des adaptations1 diriges dans un s5s dt]m91 p> des =ces que n\s ne connaissons pas4 ,elles sembl5t agir1 ces =ces1 comme si elles possdai5t une raison suprieure la ntre et n'ont ri5 de mcanique puisque leur action v>ie *aque in/ant suivant le b remplir4 ,l'adjonction aux autres =mes de logiques de la logique biologique1 qui dom9e de trs haut la plup>t des autres1 ne f]a que combl] une lacune dissimule p> les vieilles ?ories mtaphysiques4 ,logique affective4--,les psy*ologues connaissai5t uniquem5t jadis la logique rationnelle4 ,ils comm5c5t y aj\t] la logique affective ou des s5tim5ts1 absolum5t di/9cte de la logique rationnelle4 ,ces deux =mes de logiques diffr5t surt\t en ceci que1 les associations intellectuelles peuv5t tre consci5tes1 t&is que celles des tats affectifs re/5t inconsci5tes4 ,la logique affective dirige la plup>t de nos actions4 ,logique collective4--,cette =me de logique ne doit pas tre confondue avec la prcd5te4 ,n\s avons montr1 voici bi5 des annes dj1 que l'homme en f\le se conduit diffremm5t de l'homme isol4 ,il e/ donc guid p> une logique spciale1 puisqu'elle implique l'exi/5ce d'lm5ts obs]vables seulem5t dans les f\les4 ,logique my/ique4--,cette =me de logique e/ le rsultat d'un tat p>ticuli] de l'esprit1 dit my/ique4 ,univ]sel aux premi]s temps de l'humanit il p>at =t rp&u encore4 ,p\r les m5talits my/iques l'en*anem5t des *oses n'a ri5 de rguli]2 il dp5d d'tres ou de =ces suprieures dont n\s subissons simplem5t les volonts4 ,la logique my/ique a dt]m9 et dt]m9e t\j\rs un gr& nombre des actes de l'imm5se majorit des hommes4 ,elle diffre1 n\s le v]rons1 de la logique inconsci5te des s5tim5ts1 non seulem5t p>ce qu'elle e/ consci5te et comporte une dlibration1 mais surt\t p>ce que son influ5ce peut eng5dr] des actions diamtralem5t contraires celles que dict]ait la logique affective4 ,logique rationnelle4--,cette logique e/ l'art d'associ] volontairem5t des reprs5tations m5tales et de p]cevoir leurs analogies et leurs diffr5ces1 c'e/--dire leurs rapports4 ,elle e/ peu prs la seule dont se soi5t occups les psy*ologues4 ,depuis ,ari/ote1 d'innombrables livres lui ont t consacrs4 #c4--;,coexi/5ce des div]ses =mes de logiques4 ,t\tes les =mes de logiques qui prcd5t peuv5t se sup]pos]1 se fusionn] ou se combattre *ez les mmes tres4 ,suivant le temps et les races1 l'une d'elles arrive p>fois prdom9]1 mais sans jamais lim9] entirem5t les autres4 ,la logique affective conduisait un gnral a?ni51 jal\x de ses rivaux1 leur dcl>] la gu]re4 ,la logique my/ique lui faisait consult] les oracles sur la date utile des oprations entrepr5dre4 ,la logique rationnelle guidait sa tactique4 ,p5dant t\s ces actes1 la logique biologique le faisait vivre4 ,l'tude qui va suivre1 des div]ses =mes de logiques prcdemm5t numres1 en f]a mieux compr5dre les c>actres4 ,le lecteur ne devra pas s'att5dre voir rvl] leur mcanisme4 ,il e/ =t peu connu1 aussi bi5 d'ailleurs p\r la logique rationnelle1 la plus tudie cep5dant1 que p\r les autres4 ,l'exi/5ce des div]ses =mes de logiques n'e/ dmontre que p> leurs rsultats4 ,elles reprs5t5t des po/ulats vrifis seulem5t p> les consqu5ces qui en dc\l5t4 ,les sci5ces les plus exactes1 la physique p> exemple1 sont obliges galem5t de mettre leur base de pures hypo?ses trans=mes en vrits probables qu& leur ncessit e/ dmontre4 ,t\tes les explications de la lumire1 de la *aleur1 de l'lectricit1 c'e/--dire la physique presque entire1 repos5t sur l'hypo?se de l'!r4 ,a cette sub/ance totalem5t inconnue1 il a fallu attribu] des proprits incomprh5sibles et mme inconciliables1 telle p> exemple une rigidit suprieure celle de l'aci]1 bi5 que les corps matriels s'y meuv5t sans difficult4 ,un phnomne n\veau oblige les physici5s donn] l'!r des proprits n\velles s\v5t contraires celles dj admises4 ,c'e/ a9si qu'aprs lui avoir suppos une d5sit inf9im5t plus faible que celle des gaz1 on lui en accorde ma9t5ant une des millions de fois suprieure celle des plus l\rds mtaux4 ,si l'tude de sci5ces aussi prcises que la physique ncessite des hypo?ses1 on ne saurait s'tonn] de n\s voir procd] de la mme faon dans une sci5ce beauc\p plus complique1 la psy*ologie4 ,le physici5 n'affirme pas que l'!r exi/e4 ,il dit simplem5t que les *oses se pass5t comme si l'!r exi/ait et que t\t phnomne re/]ait incomprh5sible sans cette exi/5ce suppose4 ,n\s n'affirmons pas davantage qu'il exi/e des =mes de logiques con/ituant des entits di/9ctes1 n\s disons seulem5t qu'elles sont ncessaires et que les *oses se pass5t comme si elles exi/ai5t rellem5t4 ,,*apitre ,,ii ,,la ,,logique ,,biologique4 #a4--,rle de la logique biologique4 ,les phnomnes vitaux les plus simples en app>5ce1 tels ceux obs]vs *ez les tres vivants con/itus p> une seule cellule1 sont t\j\rs d'une extrme complication4 ,leurs manife/ations dp5d5t d'en*anem5ts rig\reux analogues ceux auxquels on donne le nom de logique1 qu& ils s'appliqu5t des lm5ts intellectuels4 ,nul motif de ne pas les dsign] p> le mme t]me4 ,la logique biologique rgit t\s les phnomnes de la vie organique4 ,les actes accomplis p> les div]ses cellules du corps1 en dehors de t\te p>ticipation consci5te1 n'ont aucun c>actre de fatalit mcanique et v>i5t suivant les ncessits j\rnalires4 ,ils sembl5t guids p> une raison p>ticulire trs diffr5te de la ntre et s\v5t beauc\p plus sre4 ,p\r le montr]1 il suffira de rappel] ce que j'ai crit ce sujet1 dans mon livre sur l'volution de la ,matire3 ,les difices atomiques qu'arriv5t fabriqu] des cellules microscopiques compr5n5t non seulem5t les plus savantes oprations de nos laboratoires3 ?rification1 oxydation1 rduction1 polymrisation1 etc41 mais beauc\p d'autres plus difficiles que n\s ne saurions imit]4 ,p> des moy5s ins\ponns1 les cellules vitales con/ruis5t ces composs compliqus et v>is3 album9odes1 cellulose1 graisses1 amidon1 etc41 ncessaires l'entreti5 de la vie4 ,elles sav5t dcompos] les corps les plus /ables comme le *lorure de sodium1 extraire l'azote des sels ammoniacaux1 le phosphore des phosphates1 etc4 ,t\tes ces uvres si prcises1 si admirablem5t adaptes un b1 sont diriges p> des =ces dont n\s n'avons aucune ide et qui agiss5t exactem5t comme si elles possdai5t une clairvoyance bi5 suprieure notre raison4 ,l'uvre qu'elles accompliss5t *aque in/ant de l'exi/5ce1 plane trs au-dessus de ce que peut ralis] la sci5ce la plus avance4 ,le savant capable de rs\dre avec son intellig5ce les problmes rsolus t\te heure p> les humbles cellules d'une infime crature1 s]ait tellem5t suprieur aux autres hommes qu'on p\rrait le considr] comme un dieu4 ,les actes de la vie biologique montr5t la ncessit o ils se tr\v5t de v>i] sans cesse4 ,qu'un corps inutile ou dang]eux soit introduit dans l'organisme1 il s]a neutralis ou rejet4 ,l'lm5t utile e/1 au contraire1 expdi des organes diffr5ts et subit des trans=mations physiques trs savantes4 ,ces milli]s de petites oprations p>tielles s'en*evtr5t sans se nuire1 p>ce qu'elles sont ori5tes avec une prcision p>faite4 ,ds que la rig\reuse logique directrice des c5tres n]veux s'arrte1 c'e/ la mort4 ,ces c5tres n]veux con/itu5t donc ce que l'on p\rrait appel] des c5tres de raisonnem5t biologique4 ,ils dirig5t la vie et la protg5t en crant suivant les circon/ances des lm5ts de df5se v>is4 ,comme le dit trs ju/em5t le ,dr ,bonni]3 ,mieux qu'aucun physiologi/e1 aucun mdec91 ils sav5t ce qui convi5t l'organe malade4 ,rveill] leur torpeur qu& elle se produit e/ le seul rle possible de la sci5ce la plus avance4 ,lorsqu'une cellule volue v]s une c]ta9e =me1 lorsque l'animal rgnre entirem5t un organe amput1 avec n]fs1 muscles et vaisseaux1 n\s con/atons que la logique biologique cre p\r ces accid5ts imprvus1 une srie de phnomnes qu'aucun ef=t de la logique rationnelle ne saurait imit] ni mme compr5dre4 ,c'e/ encore la logique biologique qui enseigne l'oiseau le mcanisme du vol et comm5t il doit le modifi] suivant les circon/ances4 ,de longs sicles fur5t ncessaires l'homme p\r que sa logique rationnelle lui p]mt de l'imit] un peu4 ,cette prcision des actes vitaux1 leur adaptation j\rnalire des conditions con/amm5t *angeantes1 leur aptitude df5dre l'organisme contre les atte9tes imprvues du monde extrieur1 n\s ont fait considr] l'expression1 logique biologique1 comme ncessaire#d4 #d ,l'adaptation con/ante des lm5ts t\j\rs v>iables1 la prcision des m?odes employes p> les organes agissant s\s l'influ5ce de la logique biologique sont nettem5t m>ques dans le tableau du ,dr4 ,s4 ,artault1 que je rsume un peu1 de la lutte de l'organisme contre les microbes4 ,deux armes sont en prs5ce3 l'une dans son ence9te =tifie 7l'organisme71 l'autre qui vi5t l'inve/ir 7bactries1 etc474 ,ds que les premi]s ouvrages de df5se sont enlevs1 et que l'ennemi a pntr p> quelque br*e dans la place1 le gnral en *ef 7c5tre sympa?ique7 comm5ce p> faire ses tr\pes une di/ribution de /imulants 7opson9es74 ,a9si mises en apptit1 les tr\pes 7leucocytes7 se port5t sur le po9t attaqu2 c'e/ alors le combat corps corps1 la de/ruction des envahisseurs1 dont les cadavres sont dvors sur place 7phagocytose74 ,le gnral organise alors la df5se t]ritoriale1 en disp]sant ses vtrans agu]ris et av]tis1 qui rduis5t nant t\te t5tative n\velle de cet ennemi connu 7immunisation74 ,mais p>fois la lutte se prolonge1 les tr\pes locales plus ou mo9s fatigues1 se repli5t ou cantonn5t sur place4 ,alors l'arme d'inve/issem5t re/e aussi sur ses positions1 leur envoie des bordes d'obus asphyxiants 7tox9es1 antignes74 ,le plus s\v5t1 s\s cette attaque insidieuse1 les tissus ripo/5t p> une d*>ge de produits qui anantiss5t ou neutralis5t les premi]s 7antitox9es1 anticorps74 ,la logique biologique rgle la dure de l'individu et celle de l'espce laquelle il app>ti5t4 ,la vie individuelle e/ trs phmre2 celle de l'espce beauc\p plus longue1 mais non t]nelle1 puisqu'aucune des espces gologiques dont n\s retr\vons les dbris1 n'a subsi/ jusqu' nos j\rs4 ,elles fur5t prcdes et suivies p> d'autres1 de dure galem5t limite4 ,les espces sembl5t disp>atre lorsque1 trop /abilises p> un l\rd hritage ance/ral1 elles ne peuv5t plus s'adapt] aux v>iations de milieu4 ,cette hi/oire du monde vgtal et animal fut aussi celle de bi5 des peuples4 ,l'enfance d'une espce1 d'un individu ou d'un peuple se c>actrise p> une pla/icit excessive lui p]mettant de s'adapt] t\tes les v>iations de milieu4 ,sa vieillesse s'accompagne au contraire d'une rigidit emp*ant l'adaptation4 ,on compr5d donc1 facilem5t1 que les trans=mations de milieu capables de faire volu] un tre aux dbuts de son exi/5ce1 le fass5t prir son dcl94 ,et ceci n\s explique p\rquoi les peuples trop vieux disp>aiss5t lorsqu'ils ne peuv5t plus *ang]4 ,si la logique biologique se bornait rgl] les fonctions de la vie1 n\s p\rrions la rigueur en nglig] l'tude4 ,mais elle ti5t aussi s\s son doma9e d'importants facteurs des op9ions1 des croyances et p> consqu5t de la conduite4 ,les s5tim5ts ayant la vie p\r s\ti51 on conoit que la logique biologique non seulem5t influ5ce la logique affective1 mais puisse sembl] p>fois se confondre avec elle4 ,t\tes deux n'en demeur5t pas mo9s nettem5t sp>es1 la vie biologique tant simplem5t le t]ra9 sur lequel la vie affective vi5t g]m]4 ,il re/e donc inexplicable que les psy*ologues ignor5t la logique biologique4 ,elle e/ la plus importante de t\tes les =mes de logiques p>ce que la plus imprieuse4 ,qu& elle comm&e1 les autres obiss5t4 #b4--,la logique biologique et les in/9cts4 ,les diffr5ces des logiques biologique et affective sont rvles encore p> l'tude des phnomnes v>is1 confondus habituellem5t s\s le nom d'in/9ct4 ,b]gson a raison de sp>] l'in/9ct de l'intellig5ce1 mais il n'a que p>tiellem5t raison4 ,une f\le d'in/9cts sont des habitudes intellectuelles ou affectives accumules p> l'hrdit4 ,p\r les phnomnes biologiques1 non seulem5t les plus simples comme la faim et l'am\r1 mais encore ceux =t compliqus obs]vs *ez les insectes1 la sp>ation avec l'intellig5ce semble complte4 ,l'tude de c]ta9es =mes d'in/9cts e/ extrmem5t difficile4 ,p\r y jet] quelque lumire il faut dlaiss] t\tes les ides de la psy*ologie classique4 ,on doit admettre1 en effet1 que p> des procds inconnus mais indniables puisque n\s les con/atons1 les cratures les plus infrieures peuv5t agir dans c]ta9s cas comme le f]ait l'homme guid p> une raison trs haute4 ,et cette raison n'app>at pas seulem5t *ez des tres relativem5t levs1 tels que les insectes1 mais dans un organisme aussi primitif que celui de ces monocellulaires1 sans sexe et sans =me1 qui m>qu5t l'aurore de la vie4 ,une amibe1 c'e/--dire un simple globule de protoplasma1 v\lant s'emp>] d'une proie1 excute des actes adapts au b remplir1 et v>iant suivant les circon/ances1 comme si cette bau*e d'tre p\vait effectu] c]ta9s raisonnem5ts4 ,en con/atant les so9s m9utieux pris p> c]ta9s insectes p\r protg] les ufs d'o sortiront des l>ves d'une =me trs diffr5te de la leur et que le plus s\v5t ils ne v]ront jamais1 ,d>w9 dcl>ait3 qu'il e/ infructueux de spcul] sur ce sujet4 ,les lois de la logique biologique demeur5t incomprh5sibles assurm5t1 mais n\s devons soigneusem5t en con/at] les effets p\r montr] qu'ils ne sont nullem5t conditionns p> cette sorte de =ce aveugle laquelle on applique le t]me d'in/9ct4 ,ri5 de plus clairvoyant1 au contraire1 que les en*anem5ts de la logique biologique4 ,son mcanisme re/e ignor1 mais le s5s de son ef=t e/ accessible4 ,il a t\j\rs p\r b de crer *ez l'individu les moy5s ncessaires soit sa p]ptuit1 soit son adaptation aux conditions extrieures4 ,ces moy5s sont d'une +niosit qui n\s dpasse4 ,de nombreux naturali/es1 ,blan*>d1 ,fabre1 etc41 ont montr la p]fection des actes des insectes1 comme aussi leur disc]nem5t et leur aptitude *ang] de conduite avec les circon/ances4 ,ils sav5t1 p> exemple1 modifi] la qualit des matires alim5taires prp>es p\r leurs l>ves1 suivant qu'elles doiv5t tre mles ou femelles4 ,c]ta9s insectes nullem5t c>nivores1 mais dont les l>ves ne peuv5t se n\rrir que de proies vivantes1 les p>alys5t1 de faon qu'elles puiss5t att5dre sans se dcompos] l'closion des tres qui les dvor]ont4 ,dt]m9] une p>alysie semblable s]ait une opration difficile p\r un anatomi/e ex]c4 ,elle n'emb>rasse cep5dant jamais l'insecte4 ,il sait attaqu] les seuls coloptres dont les c5tres n]veux moteurs soi5t rappro*s jusqu' se t\*]1 ce qui p]met de provoqu] la p>alysie d'un seul c\p d'aiguillon4 ,p>mi le nombre imm5se des coloptres1 deux gr\pes seulem5t1 les ,*>anons et les ,bupre/es1 rempliss5t ces conditions4 ,fabre reconnat qu' l'in/9ct gnral de l'insecte le dirigeant dans les actes immuables de son espce se sup]pose quelque *ose de consci5t et de p]fectible p> l'expri5ce4 ,n'osant appel] cette aptitude rudim5taire intellig5ce1 titre trop lev p\r elle1 je l'appell]ai1 dit-il1 disc]nem5t4 ,ce que ,fabre qualifie disc]nem5t produit des rsultats qu'atte9drait bi5 difficilem5t le savant le plus habile4 ,aussi e/-il oblig de conclure que3 l'insecte n\s m]veille et n\s p\vante p> sa haute lucidit4 ,de nombreux faits de mme ordre obs]vs *ez les f\rmis et les abeilles p> un savant acadmici51 ,ga/on ,bonni]1 l'ont conduit attribu] aux insectes une facult appele p> lui le raisonnem5t collectif4 ,il montre les abeilles obissant rig\reusem5t aux injonctions dcrtes p> le comit directeur de la ru*e1 et v>iables suivant les r5seignem5ts rapports p> les *]*euses1 dlgues t\s les mat9s dans les environs4 ,p>ti de la ru*e avec tel ou tel ordre1 l'insecte l'excute ponctuellem5t4 ,si1 p> exemple1 le comit l'envoie *]*] de l'eau dans un bass91 va9em5t rp&rait-on ct des g\ttes de sirop ou de miel1 l'insecte n'y t\*]a pas4 ,ceux prposs la rcolte du nect> ne s'occup]ont pas de recueillir le poll51 etc4 ,l'organisation sociale de ces petits tres e/ rig\reusem5t rgle4 ,une ru*e1 dit le mme auteur1 (fre un exemple p>fait de la con/itution galitaire du socialisme d'tat4 ,ni am\r1 ni dv\em5t1 ni piti1 ni *>it2 t\t e/ immol la socit et sa cons]vation p> un travail incessant4 ,pas de g\v]nem5t1 pas de *efs1 une discipl9e sans subord9ation4 ,c'e/ l'idal du collectivisme ralis4 ,ces faits1 multiplis p> l'obs]vation1 emb>rass5t de plus en plus les adeptes de la vieille psy*ologie rationali/e4 ,on avait autrefois1 p\r les int]prt]1 un mot prcieux1 l'in/9ct2 mais il faut bi5 con/at] que s\s ce vocable u s'abrite t\t un ordre de phnomnes pr(ondm5t inconnus4 ,jadis1 l'in/9ct tait considr comme une sorte de facult immuable1 accorde p> la nature aux animaux au mom5t mme de leur =mation1 p\r les guid] trav]s les actes de la vie1 comme le b]g] mne son tr\peau4 ,desc>tes jugeait les animaux de simples automates et cet automatisme m]veilleux lui p>aissait trs simple4 ,les animaux ayant t mieux tudis1 il fallut reconnatre la v>iabilit de ces in/9cts prt5dus immuables4 ,l'abeille1 p> exemple1 sait p>faitem5t trans=m] sa ru*e ds que cela devi5t ncessaire4 ,dans une note intitule ,gradation et p]fectionnem5t de l'in/9ct *ez les gupes solitaires d',afrique1 insre dans les comptes r5dus de l',acadmie des sci5ces du #ai octobre #aijh1 ,m4 ,r\baud montre entre les espces du g5re synagris des diffr5ces des plus rem>quables1 ce po9t qu'on y peut suivre les tapes pr9cipales d'une volution ins\ponne de l'in/9ct des solitaires v]s celui des gupes sociales4 ,les nids d'abord solitaires1 avant de se rappro*]1 reprs5t5t sans d\te la =me primitive des colonies de gupes sociales4 ,les faits obs]vs *ez les insectes1 se con/at5t galem5t *ez des animaux suprieurs4 ,ils sont capables d'actes qui impliqu]ai5t une sci5ce leve1 si la logique rationnelle devait les dict]4 ,tel p> exemple l'emmagas9em5t d'une provision de =ce vive p\r s'lev] dans l'air sans travail4 ,ce rsultat e/ ralis p> beauc\p d'oiseaux3 hirondelles1 faucons1 etc41 qui1 en p\rsuivant leurs proies1 desc5d5t d'une gr&e hauteur4 ,ils repli5t alors leurs ailes1 se laiss5t tomb] suivant une trajectoire p>abolique et utilis5t1 p\r remont] dans l'atmosphre1 la =ce vive cre p> leur *ute4 ,elle e/ considrable1 tant reprs5te p> la moiti du produit de la masse p> le c>r de sa vitesse4 ,l'oiseau sait aussi capt] l'n]gie qu'il tr\ve dans les c\rants d'air desc5dants1 et s'adapt] immdiatem5t p> des m\vem5ts appropris aux *angem5ts brusques de direction du v5t4 ,le t]me de logique biologique1 que n\s avons cr1 ne saurait assurm5t con/itu] une explication1 mais il a du mo9s l'avantage de montr] que t\s les actes1 prt5dus in/9ctifs1 des animaux doiv5t tre s\/raits ce doma9e des =ces aveugles o l'on avait essay de les enf\ir jusqu'ici4 ,r5onc] aux explications purem5t mcaniques comme celles de ,desc>tes1 c'e/ compr5dre en mme temps qu'il exi/e une sphre imm5se de la vie psy*ique1 compltem5t inexplore1 et dont n\s entrevoyons pe9e l'exi/5ce4 99 99 99 99 99 ,les faits qui prcd5t sembl5t un peu loigns du b de cet ouvrage4 ,ils en con/itu5t cep5dant une p>tie ess5tielle4 ,lorsque n\s tudi]ons les facteurs de nos op9ions et de nos croyances1 n\s ne devrons pas oubli] que s\s la surface des *oses se ca*e un monde de =ces inaccessibles notre raison1 plus puissantes que cette raison et qui s\v5t la conduis5t4 ,re/ant dans le doma9e des vrits abordables1 n\s rsum]ons ce *apitre1 en disant que la logique biologique prcda t\tes les autres et que la vie aurait t impossible sans elle4 ,si son action s'arrtait1 notre plante r$evi5drait un morne ds]t1 en proie aux =ces aveugles de la nature1 c'e/--dire aux =ces non organises encore4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,logique ,,affective ,,et ,,la ,,logique ,,collective4 #a4--,la logique affective4 ,on a su di/+u] depuis longtemps dans l'me huma9e la sphre du s5tim5t et celle de la raison4 ,depuis une poque rc5te seulem5t1 on p>le de la logique des s5tim5ts4 ,avant d'arriv] diffr5ci] la logique intellectuelle et celle des s5tim5ts1 il fallait d'abord reconnatre que la vie affective possde une exi/5ce autonome indp5dante de la vie intellectuelle4 ,cette d]nire app>ut =t t>d dans l'hi/oire du monde1 alors que l'exi/5ce affective et la logique qu'elle implique ont guid les tres vivants depuis les ges gologiques4 ,t\s ont s5ti avant de connatre4 ,conduits seulem5t p> la logique biologique et la logique affective1 les animaux ont p>faitem5t vcu et rempli leur de/9e4 ,une simple p\le sait lev] ses p\ss9s1 les dirig]1 leur appr5dre se n\rrir1 les protg] contre leurs ennemis4 ,ces oprations sont un peu mprises des psy*ologues1 qui s'vit5t a9si les ef=ts ncessaires p\r les compr5dre4 ,lorsqu'on ne connaissait que la logique rationnelle1 t\s nos jugem5ts p>aissai5t d'orig9e purem5t intellectuelle4 ,il en e/ a9si dans les que/ions sci5tifiques1 mais bi5 r>em5t dans les sujets usuels =ms au c\rs de la vie j\rnalire4 ,le plus s\v5t alors1 c'e/ la logique affective qui leur s]t de base et devi5t a9si notre vrai guide4 ,on con/ate de plus en plus l'exactitude de cette proposition fondam5tale mesure que l'influ5ce des lm5ts affectifs e/ mieux comprise4 ,dans ce doma9e clair p> des lumires qui ne sont pas celles de la raison1 les *oses s'en*an5t suivant des rgles rig\reuses trs trangres notre logique rationnelle4 ,ab&onne jusqu'ici aux fantaisies des romanci]s et des potes1 la logique affective e/ de/9e j\] un rle prpondrant dans la psy*ologie de l'av5ir4 ,comme le dit trs ju/em5t ,ribot1 la place des influ5ces affectives dans la vie psy*ique e/ la premire4 ,la connaissance app>at non comme une matresse1 mais comme une s]vante4 #b4--;,comp>aison de la logique affective et de la logique rationnelle4 ,les c>actres respectifs de la logique rationnelle et de la logique affective vont tre mis en vid5ce p> leur comp>aison4 ,la logique rationnelle rgit le cycle de l'activit m5tale consci5te4 ,la logique affective dom9e celui de l'activit m5tale inconsci5te4 ,les en*anem5ts de la logique affective tant inconsci5ts1 l'volution de nos s5tim5ts re/e peu accessible4 ,n\s sommes matres de notre vie intellectuelle1 non de notre vie affective4 ,sympa?ie et antipa?ie se rfrn5t mais ne se comm&5t pas4 ,logique affective et logique rationnelle sont trop di/9ctes p\r avoir une commune mesure4 ,il e/ donc impossible1 je l'ai dit dj1 d'exprim] exactem5t les lm5ts affectifs en t]mes intellectuels4 ,la logique rationnelle ne saurait ni compr5dre1 ni traduire1 ni jug] les actes dicts p> la logique des s5tim5ts4 ,les mots p> lesquels n\s essayons de reprs5t] les s5tim5ts les traduis5t =t mal4 ,ils n'y p>vi5n5t un peu que p> voie d'association4 ,l'habitude de li] les s5tim5ts au son de c]ta9s mots donne ces d]ni]s le p\voir d'voqu] des reprs5tations m5tales affectives4 ,la musique1 vritable langage des s5tim5ts1 les voque beauc\p mieux que les mots1 mais1 faute de prcision1 elle ne p]met que des relations trs vagues entre les tres4 ,la logique affective ignorant la logique rationnelle1 impose le plus s\v5t une rsolution avant que cette d]nire ait f9i de dlibr]4 ,la premire ne ti5t compte ni des raisons1 ni des contradictions1 ni des pr9cipes4 ,la logique rationnelle s'appuie sur des lm5ts objectifs tirs de l'expri5ce et de l'obs]vation4 ,ces lm5ts sont con/itus p> des faits prcis1 isols1 susceptibles de mesure4 ,la logique s5tim5tale n'a p\r s\ti5s que des lm5ts subjectifs =ms en n\s-mmes et dont aucune mesure ne p]met d'apprci] exactem5t la valeur4 ,les reprs5tations m5tales consci5tes que cre la logique affective demeur5t p\r cette raison t\j\rs imprcises4 ,dans la logique rationnelle1 les ides peuv5t s'associ] suivant c]ta9es rgles univ]sellem5t admises4 ,dans la logique affective1 les s5tim5ts se gr\p5t gnralem5t en dehors de notre volont et selon un mcanisme prcis mais mal connu4 ,t\t au plus p\vons-n\s dire que c]ta9s s5tim5ts en font surgir d'autres qui se comb95t avec eux4 ,la d\leur eng5dre la tri/esse1 l'am\r cre la joie1 la colre le dsir de la v5geance1 etc4 ,en raison de leur c>actre objectif1 les rgles de la logique rationnelle sont appliques de la mme faon p> t\s les hommes arrivs un c]ta9 degr de culture4 ,c'e/ p\rquoi1 sur les sujets sci5tifiques1 ils f9iss5t t\j\rs p> s'accord]4 ,la logique affective v>ie au contraire d'un sujet un autre p>ce que les s5tim5ts des individus sont =t diffr5ts4 ,dans t\s les doma9es qu'elle rgit3 croyances religieuses1 morales1 politiques1 etc41 l'accord e/1 p\r cette raison1 impossible4 ,les rgles de la logique affective ne p\vant tre univ]selles comme celles de la logique rationnelle1 un trait de logique affective vrai p\r un individu ou une c]ta9e catgorie d'individus ne le s]ait pas p\r les autres4 ,un livre de logique rationnelle possde au contraire une valeur inv>iable p\r t\s4 ,les considrations prcd5tes montr5t que les mmes *oses envisages du po9t de vue de la logique intellectuelle ou de la logique affective1 app>aiss5t ncessairem5t diffr5tes4 ,l'erreur gnrale e/ de v\loir jug] avec la raison des phnomnes rgis p> la logique des s5tim5ts4 ,bi5 que les lois de la logique affective soi5t trs peu connues1 l'expri5ce a enseign c]ta9es rgles empiriques s\v5t utilises p> les gr&s orateurs4 ,sans p]dre leur temps en*an] des raisons capables t\t au plus de conva9cre sans faire agir1 ils veill]ont progressivem5t des motions1 s'+ni]ont les v>i]1 sa*ant =t bi5 que la s5sibilit produite p> un excitant dt]m9 s'puise vite4 ,p> des gradations habiles1 des mots vocateurs1 des ge/es1 des intonations1 ils =m5t l'atmosphre s5tim5tale o leurs conclusions p\rront tre acceptes4 ,les s5tim5ts con/ituant les vrais mobiles de nos actions1 il e/ t\t naturel que leur logique n\s conduise4 ,en s\levant les passions des hommes1 on *ange leur conduite4 ,en subjuguant les curs1 on contra9t les volonts4 ,la seule utilit de la logique rationnelle p\r un orateur consi/e crer des cadres lui p]mettant d'ordonnanc] ses disc\rs4 ,les lm5ts affectifs int]vi5n5t p]ptuellem5t dans nos conceptions du monde et sont la base de nos ides morales1 religieuses1 politiques et sociales4 ,les vrits sci5tifiques elles-mmes en sont imprgnes dans leurs ?ories4 ,la logique affective ne n\s g\v]ne pas heureusem5t t\j\rs4 ,p> un mcanisme que n\s tudi]ons bi5tt1 la logique intellectuelle russit dom9] quelquefois ses impulsions4 ,dom9ation peu facile d'ailleurs1 puisque aprs des accumulations de sicles elle e/ faible encore4 ,on voit nanmo9s le *em9 p>c\ru en con/atant p> l'tude des sauvages ce que fur5t les primitifs dom9s p> la s5tim5talit pure4 ,ces primitifs1 sur lesquels la logique intellectuelle e/ sans prise1 obiss5t t\tes leurs impulsions4 ,ds que la faim les p\sse1 ils se prcipit5t sur leur proie4 ,inspirs p> la ha9e1 ils se ru5t sur leur ennemi4 ,telle tait l'exi/5ce des premi]s hommes que les philosophes de la ,rvolution n\s (frai5t p\r modles4 #c4--,la logique collective4 ,la logique affective e/ un des s\ti5s de la logique collective4 ,n\s n'tudi]ons pas ma9t5ant cette d]nire1 devant n\s en occup] dans le *apitre consacr aux op9ions et aux croyances collectives4 ,n\s rappell]ons seulem5t que logique affective et logique collective ne peuv5t tre confondues1 la d]nire ne se manife/ant que dans les f\les et p\vant provoqu] des actes contraires ceux inspirs p> la logique affective4 99 99 99 99 99 ,on v]ra plus lo9 comm5t l'me collective mom5tanm5t cre p> une f\le reprs5te un agrgat trs spcial o l'impossible n'exi/e pas1 o la prvoyance e/ ignore1 o la s5sibilit app>at t\j\rs hyp]trophie et o la logique rationnelle e/ entirem5t dp\rvue d'action4 ,n\s v5ons de montr] dans ce *apitre1 que la logique affective con/itue1 avec la logique my/ique qui va tre tudie ma9t5ant1 le vrai mobile de nos actes4 ,p\r agir1 il faut d'abord s5tir4 ,ds que n\s avons s5ti1 cette logique int]vi5t4 ,son influ5ce dom9a t\s les ges4 ,trs t>d seulem5t1 l'homme apprit se s\/raire un peu sa puissance4 ,l'heure n'a pas sonn encore o la logique rationnelle dom9]a la logique affective au lieu d'tre dom9e p> elle4 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,logique ,,my/ique4 #a4--,les c>actri/iques de la logique my/ique4 ,la logique rationnelle e/ une logique consci5te qui appr5d raisonn]1 dlibr]1 faire des dmon/rations et des dc\v]tes4 ,la logique des s5tim5ts e/ une logique inconsci5te1 s\rce habituelle de notre conduite et dont les en*anem5ts *app5t le plus s\v5t l'action de l'intellig5ce4 ,la logique my/ique1 dont n\s allons n\s occup] ma9t5ant1 correspond une tape suprieure de la vie m5tale4 ,les animaux ne la connaiss5t pas1 alors qu'ils possd5t un gr& nombre de nos s5tim5ts4 ,infrieure la logique rationnelle1 phase d'volution plus leve encore1 la logique my/ique a j\ cep5dant un rle prpondrant dans l'hi/oire des peuples p> les croyances qu'elle eng5dra4 ,elle e/ l'orig9e d'int]prtations1 trangres la raison1 sans d\te1 mais qui con/itur5t de puissants mobiles d'action4 ,si la logique rationnelle avait remplac jadis la logique my/ique1 le c\rs de l'hi/oire et *ang4 ,a9si que la logique affective1 la logique my/ique accepte les contradictions1 mais n'e/ pas inconsci5te comme la premire et implique s\v5t une dlibration4 ,le critrium qui n\s a s]vi class] les div]ses =mes de la logique1 l'action1 montre nettem5t la di/9ction entre la logique my/ique et la logique affective4 ,cette d]nire1 en effet1 inspire s\v5t des actes contraires nos intrts les plus vid5ts1 que ne dict]ait jamais la logique des s5tim5ts4 ,l'hi/oire politique des peuples en conti5t de nombreux exemples1 et leur hi/oire religieuse davantage encore4 ,sans d\te1 dans des cas analogues ceux auxquels je fais allusion et o l'on voit s'van\ir des tats affectifs aussi =ts que la pudeur et l'am\r mat]nel1 il e/ possible d'object] que cet van\issem5t peut rsult] de la simple sub/itution d'un s5tim5t un autre4 ,mais quelle e/ alors la cause de cette sub/itution8 ,il ne faut assurm5t pas la *]*] dans la logique rationnelle1 c> aucune raison ne conseill]ait des actes semblables4 ,il faut la *]*] mo9s encore dans la logique affective4 ,on doit donc =cm5t invoqu] un mcanisme psy*ologique diffr5t4 ,c'e/ ce mcanisme qui con/itue la logique my/ique4 ,en exam9ant son rle dans l'hi/oire de la civilisation1 n\s v]rons app>atre plus clairem5t encore les div]g5ces qui la sp>5t de la logique affective4 ,dans la logique my/ique1 les causes naturelles--les seules acceptes p> la logique rationnelle--sont remplaces p> les volonts capricieuses d'tres ou de =ces suprieures int]v5ant dans t\s nos actes et qu'il faut r$\t] et se concili]4 ,la logique my/ique rgna exclusivem5t dans la phase primitive de l'humanit1 et malgr les progrs de la logique rationnelle1 son influ5ce e/ trs vivante encore4 ,le p\voir de la logique my/ique s'obs]ve surt\t *ez des esprits qu'on a ju/em5t qualifis de my/iques1 t]me qui n\s a s]vi df9ir leur logique4 ,la m5talit my/ique se rvle p> l'attribution un tre1 un objet dt]m9 ou une puissance ignore1 d'un p\voir magique indp5dant de t\te action rationnelle4 ,les consqu5ces de cette m5talit v>i]ont suivant les esprits4 ,p\r les uns elle s]vira de s\ti5 des croyances religieuses df9ies1 aux cont\rs prciss s\s =me de div9its4 ,p\r d'autres1 les =ces suprieures demeur]ont vagues mais galem5t puissantes4 ,l'esprit my/ique se manife/]a alors p> une sup]/ition quelconque4 ,un a?e peut tre aussi my/ique qu'un p>fait dvot4 ,il l'e/ mme s\v5t davantage4 ,on fait preuve d'esprit my/ique en attribuant une amulette1 un nombre1 une eau miraculeuse1 un pl]9age1 une relique1 c]ta9es proprits surnaturelles4 ,il se manife/e encore en supposant telle ou telle in/itution politique ou sociale le p\voir de trans=m] les hommes4 ,le my/icisme *ange sans cesse de =me1 mais il g>de p\r fond immuable le rle attribu des p\voirs my/rieux4 ,le temps qui fait v>i] l'objet du my/icisme le laisse intangible4 ,indiffr5t t\te critique1 le my/icisme eng5dre *ez ses adeptes une crdulit illimite4 ,beauc\p d'hommes qui se qualifi5t de libres p5seurs p>ce qu'ils rejett5t les dogmes religieux1 croi5t f]mem5t aux press5tim5ts1 aux prsages1 la puissance magique de la corde de p5du ou du nombre treize4 ,p\r eux1 le monde e/ peupl de *oses portant bonheur ou malheur4 ,pas de j\eurs dont la conviction sur ce po9t ne soit solidem5t tablie4 ,la foi du my/ique tant sans bornes1 aucune absurdit rationnelle ne peut le *oqu]4 ,il e/ imp]mable la raison1 l'obs]vation et l'expri5ce4 ,l'insuccs de ses prvisions ne lui pr\ve ri51 les puissances surnaturelles invoques tant p> df9ition capricieuses et ne subissant aucune loi4 ,a mesure que l'homme se civilise1 l'esprit my/ique1 univ]sel *ez t\s les sauvages1 se circonscrit graduellem5t et se localise c]ta9s sujets4 ,p\r ces d]ni]s1 la m5talit du civilis ne se di/+ue gure de celle du primitif1 c> aucun argum5t sci5tifique n'branle leur foi4 ,ce fait d'obs]vation contribu]a n\s faire saisir la g5se des croyances occulti/es adoptes p> c]ta9s savants m95ts4 ,les progrs de la raison s]ont sans d\te impuissants branl] le my/icisme c> il aura t\j\rs p\r refuge le doma9e de l'au del inabordable la sci5ce4 ,les esprits curieux de cet au del sont naturellem5t innombrables4 #b4--,le my/icisme comme base des croyances4 ,c'e/ dans le my/icisme que g]m5t les croyances religieuses et t\tes celles qui1 sans port] ce nom1 revt5t les mmes =mes1 c]ta9es croyances politiques notamm5t4 ,les consqu5ces de la logique my/ique s'obs]v5t surt\t *ez les sauvages4 ,dnus de t\te notion de lois naturelles1 ils viv5t dans un monde peupl d'esprits qu'on doit sans cesse conjur]4 ,d]rire *aque ralit visible1 ils suppos5t t\j\rs une puissance invisible qui la dt]m9e4 ,*ez l'homme civilis1 les croyances sont mo9s rudim5taires p>ce que la notion de lois ncessaires lui e/ impose p> t\te son ducation4 ,il ne saurait les ni] mais admet cep5dant que des prires peuv5t dt]m9] les puissances surnaturelles en arrt] l'action4 ,la logique my/ique et la logique rationnelle subsi/5t a9si p>fois simultanm5t dans le mme esprit sans se pntr]4 ,la crdulit du vrai croyant e/ gnralem5t illimite et aucun miracle ne p\rrait le surpr5dre puisque la puissance du ,dieu qu'il invoque e/ inf9ie4 ,on voit dans la ca?drale d',ovi$o un c(fret1 qui1 dit la notice di/ribue aux visiteurs1 fut in/antanm5t transport de ,jrusalem trav]s les airs4 ,il conti5t3 du lait de la mre de ,j4-,c42 les *eveux dont sa9te ,madele9e essuya les pi$s du ,sauveur1 la v]ge avec laquelle ,mose divisa la m] ,r\ge1 le portefeuille de sa9t ,pi]re1 etc4 ,ce docum5t1 analogue des milli]s d'autres1 montre quel po9t le fti*isme my/ique e/ t\j\rs vivant4 ,si n\s considrons qu'il re/e indp5dant de la qualit de son objet1 n\s mettrons dans la mme famille le gri-gri du ngre1 la relique enf]me dans le c(fret d'or d'une maje/ueuse ca?drale et la corde de p5du4 ,on doit les reg>d] avec une sympa?ie indulg5te1 d'abord p>ce qu'ils sont des crateurs d'esprance de bonheur1 et ensuite p>ce qu'ils correspond5t c]ta9s beso9s inde/ructibles de l'esprit4 ,en suivant l'action de la logique my/ique trav]s t\s les lm5ts de l'exi/5ce sociale1 n\s la v]rions s'ex]c] dans les arts1 la littrature1 la politique et mme jusque dans l'art de gurir4 ,l'poque littraire1 dite romantique1 en e/ une manife/ation4 ,les arti/es n'ont gure que des convictions my/iques4 ,les m?odes de l'analyse rationnelle re/5t gnralem5t ignores d'eux4 ,mais c'e/ en politique surt\t qu'app>at l'influ5ce de l'esprit my/ique4 ,radicaux1 anticlricaux1 francs-maons1 et t\s les sectaires de nuances extrmes1 viv5t en ple9 my/icisme4 ,la classe ouvrire e/ dom9e galem5t p> un my/icisme int5se4 ,les rgions o la sci5ce a pu pntr] demeurant trs limites alors que nos aspirations sont sans bornes1 la logique my/ique dom9]a sans d\te l'humanit longtemps encore4 ,cratrice des lois1 des c\tumes1 des religions1 elle fit surgir t\tes les illusions qui guidr5t l'humanit jusqu'ici4 ,son p\voir e/ assez gr& p\r trans=m] l'irrel en rel4 ,s\s son action1 des millions d'hommes connur5t la joie1 la d\leur ou l'esprance4 ,t\t idal e/ sorti de son se94 ,logique my/ique1 logique s5tim5tale et logique rationnelle reprs5t5t trois =mes de l'activit m5tale irrductibles l'une l'autre4 ,inutile1 p> consqu5t1 de les mettre en conflit4 ,,*apitre ,v ,,la ,,logique ,,intellectuelle4 #a4--,les lm5ts fondam5taux de la logique intellectuelle4 ,la logique intellectuelle a fait l'objet d'crits innombrables d'utilit d'ailleurs mdiocre4 ,si n\s en p>lons ici1 c'e/ d'abord qu'elle j\e quelquefois un c]ta9 rle dans la g5se des op9ions1 et ensuite1 p\r bi5 prcis] encore en quoi elle diffre des autres =mes de logiques tudies dans les prcd5ts *apitres4 ,comm5ons p> indiqu] quelques-uns des lm5ts sur lesquels e/ fond l'ex]cice de la logique rationnelle3 la volont1 l'att5tion et la rflexion4 ,la volont4--,elle e/ la facult de se dt]m9] un acte et compr5d gnralem5t trois phases3 dlibration1 dt]m9ation1 excution4 ,une dt]m9ation s'appelle volition2 une rsolution se qualifie aussi de dcision4 ,la volont e/ la fois d'orig9e affective et rationnelle4 ,d'orig9e affective p>ce que t\s les mobiles de nos actes ont un sub/ratum affectif4 ,d'orig9e rationnelle p>ce que1 grce l'att5tion et la rflexion1 n\s p\vons comb9] dans l'esprit des reprs5tations m5tales capables de s'annul]4 ,contrairem5t ce qu'enseigne la psy*ologie1 n\s dirons que la volont peut tre consci5te ou inconsci5te4 ,les volonts inconsci5tes sont mme les plus =tes4 ,les animaux n'en possd5t pas d'autres1 et la plup>t des hommes galem5t4 ,si l'on con/ate difficilem5t les =mes inconsci5tes de la volont1 c'e/ que la raison int]v5ant aprs c\p p\r expliqu] les actes accomplis1 on s'imag9e qu'elle les a dicts4 ,desc>tes1 suivi en cela p> plusieurs philosophes mod]nes1 faisait de la volont une sorte d'entit oppose l'intellig5ce et con/ituant le pr9cipe de nos croyances4 ,croire1 suivant lui1 c'e/ donn] ou refus] volontairem5t son ass5tim5t une ide propose p> l'intellig5ce4 ,cette ?orie1 trs df5due encore1 s]a combattue dans cet ouvrage1 o j'espre montr] que la croyance n'e/ presque jamais volontaire4 ,ari/ote se rappro*ait beauc\p plus que ,desc>tes des ides exposes ici1 lorsqu'il fondait sa psy*ologie sur la di/9ction entre les facults s5sitives et les facults intellectuelles4 ,de leur comb9aison rsultait p\r lui la volont4 ,elle s]ait a9si un effet et non plus une cause4 ,ari/ote1 on le voit1 opposait la s5sibilit l'intellig5ce alors que ,desc>tes dressait devant elle la volont4 ,lo9 de reprs5t] des subtilits va9es ces di/9ctions sont1 au contraire1 importantes4 ,la ?orie1 t\j\rs prdom9ante1 que la croyance e/ volontaire et rationnelle repose sur des concepts analogues ceux de ,desc>tes4 ,l'att5tion4--,l'att5tion e/ l'acte p> lequel1 s\s l'action d'un excitant ou de la volont1 l'esprit se conc5tre sur un objet l'exclusion des autres1 ou sur la reprs5tation m5tale de cet objet1 ou encore sur les ides qu'il fait natre4 ,l'att5tion p]met d'lim9] des tats de consci5ce trang]s et aussi d'isol] du *aos des *oses le sujet qui n\s intresse4 ,div]s auteurs considr5t l'att5tion comme une =me de la volont4 ,elle e/ srem5t s\s la dp5dance de la volont1 mais ne doit pas tre id5tifie avec elle4 ,l'att5tion ne saurait tre confondue davantage avec l'intellig5ce4 ,elle n'e/ qu'un des lm5ts utiliss p> cette d]nire4 ,les objets qui n\s ent\r5t impressionn5t t\s nos s5s4 ,si n\s les p]cevions galem5t1 comme le fait l'objectif photographique p> exemple1 le c]veau s]ait encombr d'images inutiles4 ,grce l'att5tion1 n\s ne p]cevons les *oses1 que proportionnellem5t nos beso9s1 et p\vons conc5tr] sur un seul sujet t\te notre capacit intellectuelle sans la dissm9] au has>d4 ,les animaux sont capables d'att5tion1 mais cette facult e/ *ez eux t\j\rs involontaire1 alors que *ez l'homme elle peut tre volontaire4 ,de son dveloppem5t rsulte en gr&e p>tie notre puissance intellectuelle4 ,l'enfant1 le sauvage possd5t trs peu d'att5tion volontaire4 ,plus l'homme e/ susceptible d'att5tion1 et p> consqu5t de rflexion1 plus sa =ce intellectuelle e/ considrable4 ,un ,newton sans gr&e capacit d'att5tion n'e/ pas concevable4 ,l'intuition gniale qui app>at brusquem5t1 a t\j\rs t prcde d'une att5tion pati5te et d'une longue rflexion4 ,la rflexion4--,la naissance de la rflexion eng5dre *ez l'homme la facult de raisonn]4 ,elle e/ con/itue p> l'aptitude ram5] dans l'esprit et fix] au moy5 de l'att5tion les reprs5tations m5tales drives des s5sations ou des mots qui en sont les signes4 ,on peut alors les comb9]1 les comp>] et =m] a9si des jugem5ts4 ,ils n\s font connatre non pas les *oses en elles-mmes1 mais leurs rapports1 seul b accessible de la sci5ce4 ,l'aptitude rfl*ir implique t\j\rs l'aptitude l'att5tion4 ,capacit d'att5tion faible comporte facult de rflexion mdiocre4 ,la rflexion p]met de raisonn] conv5ablem5t1 condition que les logiques affective et my/ique n'int]vi5n5t pas4 ,ds que les sujets sur lesquels on veut raisonn] tomb5t dans le *amp de la croyance1 la rflexion p]d son p\voir critique4 #b4--,rle de la logique rationnelle4 ,la logique rationnelle procde en associant p> la rflexion1 et suivant le mcanisme prcdemm5t indiqu1 des reprs5tations m5tales ou les mots qui les traduis5t4 ,elle fut considre longtemps comme base de nos croyances4 ,n\s admettons au contraire que la logique rationnelle n'en a eng5dr aucune4 ,son seul rle possible e/ d'a*ev] de les branl] lorsqu'elles ont t ues p> le temps4 ,mais si le rle de la logique rationnelle e/ nul dans la g5se de la croyance1 il e/ capital au contraire dans la con/itution de la connaissance4 ,t\t l'difice des sci5ces et le colossal dveloppem5t1 de l'indu/rie mod]ne qui en a t la consqu5ce1 repos5t sur elle4 ,on ne saurait donc exagr] sa puissance1 mais il faut cep5dant savoir reconnatre aussi les limites qu'elle n'a pas dpasses encore4 ,les phnomnes de la vie et de la p5se lui demeur5t t\j\rs f]ms4 ,son doma9e e/ celui de la matire brute1 c'e/--dire mom5tanm5t /abilise p> la mort ou p> le temps4 ,sur les phnomnes reprs5tant un c\lem5t con/ant comme la vie1 elle n'a projet que de trs inc]ta9es lumires4 ,la sci5ce rgnant visiblem5t sans rivale dans le doma9e de la connaissance1 on a cru longtemps que la logique intellectuelle d'o elle drive s]virait expliqu] la g5se et l'volution des croyances4 ,cette erreur a p]si/ p5dant des sicles et la psy*ologie comm5ce en sortir pe9e4 ,l'obs]vation aurait d montr] cep5dant que les tres agiss5t avant de raisonn] et de compr5dre1 et1 p> consqu5t1 qu'ils sont guids dans leurs actes p> d'autres =mes de logiques4 ,pntr de cette vid5ce1 sur laquelle je revi5s s\v5t p>ce qu'elle e/ =t neuve encore1 on reconnat que la logique rationnelle j\e un rle assez secondaire dans la vie des individus et des peuples4 ,il n'e/ pas ncessaire de raisonn] p\r agir1 et mo9s encore de compr5dre4 ,le plus mode/e insecte agit comme il le doit1 sans se proccup] de notre logique4 ,la comprh5sion et la raison sont des =mes de l'activit des tres t\t fait indp5dantes de l'action4 ,elles ne font s\v5t que l'entrav] en montrant trop ses dang]s4 ,grce leurs impulsions affectives et my/iques1 les hommes les plus ord9aires peuv5t agir sans ri5 s\ponn] de la g5se de leurs actes4 ,inutile d'essay] sur eux des argum5ts d'ordre intellectuel4 ,leur faible facult de comprh5sion les fait considr] avec un mpris catgorique t\t ce qui les dpasse4 ,v\loir leur inculqu] c]ta9es ides rationnelles s]ait imit] l'enfant *]*ant introduire une orange dans un d c\dre4 ,il faut savoir mesur] la capacit1 gnralem5t re/re9te1 du d crbral des individus et des peuples avant de *]*] y introduire quelques vrits rationnelles4 ,le rle de la logique rationnelle dans le g\v]nem5t des peuples fut t\j\rs trs faible et ne se manife/e gure que dans les disc\rs4 ,ce n'e/ pas1 je le r$is1 la raison1 mais le s5tim5t qui les meut et p> consqu5t qui les mne4 ,p\r m\voir1 il faut m\voir4 ,n\s montr]ons bi5tt que1 dans la lutte entre la logique rationnelle et la logique affective1 la premire e/ presque t\j\rs va9cue4 ,les psy*ologues arriv5t le reconnatre de plus en plus3 ,suppos]1 crit ,ribot1 qu'une ide t\te nue1 t\te s*e1 qu'une conception ab/raite sans accompagnem5t affectif1 semblable une notion gomtrique1 ait la mo9dre influ5ce sur la conduite huma9e e/ une absurdit psy*ologique4 ,l'heure e/ lo9ta9e o le monde s]a conquis p> le raisonnem5t philosophique4 ,il a t\j\rs t1 au contraire1 jusqu'ici b\lev]s p> des croyances mprises de la logique rationnelle1 mais qu'elle re/e impuissante combattre4 #c4--,t>dive app>ition de la logique rationnelle4 ,elle n'e/ pas l'uvre de la nature1 mais a t cre contre la nature4 ,j'ai dj fait obs]v] que la logique rationnelle tait app>ue la d]nire4 ,les autres =mes de logiques suffir5t guid] t\s les tres1 des ges gologiques presque jusqu' nos j\rs4 ,la logique rationnelle n'e/ nullem5t uvre de la nature1 mais de l'homme contre la nature4 ,grce cette cration de son intellig5ce1 il subit de mo9s en mo9s les =ces qui l'envelopp5t et russit *aque j\r davantage les ass]vir4 ,ce fut l une capitale conqute4 ,p\r reconnatre que la logique rationnelle n'e/ pas un produit de la nature1 mais une cration de l'homme contre la nature1 il faut obs]v] que ses ef=ts consi/5t surt\t lutt] contre les actions naturelles4 ,totalem5t indiffr5te au sort de l'individu1 la nature ne s'occupe que de celui de l'espce4 ,devant elle t\s les tres sont gaux4 ,l'exi/5ce du plus p]nicieux microbe e/ ent\re d'autant de so9s que celle du plus gr& gnie4 ,grce l'acquisition de la logique rationnelle1 n\s avons pu combattre les lois froces de l'univ]s et arriv] p>fois en triomph]4 ,le vritable b de la sci5ce e/ cette lutte con/ante contre les iniquits naturelles4 ,n\s ne les subissons dj plus que jusqu'aux limites prcises o s'arrte notre connaissance4 ,le j\r o les mcanismes des logiques biologique et affective s]ont connus1 n\s saurons les dom9] entirem5t4 ,l'homme aura alors la puissance attribue ses anci5s dieux4 ,la sci5ce n'en e/ pas videmm5t encore l4 ,elle en re/e mme =t lo94 ,quoique circonscrivant un peu plus *aque j\r le fatal p\voir de la nature1 n\s sommes bi5 obligs de la subir en n\s y adaptant4 ,ce p\voir imm5se e/ peut-tre plus gr& encore que la sci5ce ne le suppose4 ,n\s subissons la nature1 mais ne subirait-elle pas elle-mme1 suivant le mot attribu p> ,es*yle ,prom?e en*an sur son ro*]1 les ncessits qui rgl5t le de/9 et auxquelles les dieux eux-mmes doiv5t obir8 ,la ,philosophie n'e/ pas assez avance p\r rpondre de telles que/ions4 ,,livre ,,iv ,,les ,,conflits ,,des ,,div]ses ,,=mes ,,de ,,logiques ,,*apitre ,i ,,le ,,conflit ,,des ,l,,m5ts ,,affectifs1 ,,my/iques ,,et ,,intellectuels4 #a4--,les conflits des div]ses logiques dans la vie j\rnalire4 ,les facteurs des op9ions et des croyances sont int]prts p> les div]ses =mes de logiques que n\s avons dcrites4 tant diffr5tes1 elles doiv5t entr] s\v5t en conflit4 ,comm5t se rs\t ce conflit8 ,en fait1 il ne se manife/e qu'exceptionnellem5t4 ,dans la vie j\rnalire s'tablit une sorte d'quilibre entre les impulsions contraires des div]ses logiques et suivant le temps1 le milieu et le mom5t1 notre m5talit se laisse dom9] p> l'une ou p> l'autre4 ,l'quilibre que n\s v5ons d'indiqu] n'e/ pas une fusion1 mais une sup]position des div]ses =mes de logiques cons]vant *acune leur action indp5dante4 ,cette sup]position de logiques dissemblables1 *ez le mme individu1 donne immdiatem5t la solution d'un problme t\j\rs emb>rassant4 ,comm5t des esprits suprieurs1 habitus des m?odes sci5tifiques rig\reuses1 peuv5t-ils accept] des croyances religieuses1 politiques1 spirites1 occulti/es1 etc41 qui1 devant la logique rationnelle dgage de t\t lm5t trang]1 ne support5t pas l'exam58 ,la rponse e/1 en ralit1 bi5 simple4 ,dans leurs conceptions sci5tifiques1 ces esprits sont guids p> la logique rationnelle4 ,dans leurs croyances1 ils obiss5t aux lois de la logique my/ique ou de la logique affective4 ,un savant passe de la sphre de la connaissance celle de la croyance1 comme il *ang]ait de demeure4 ,l'erreur dont il e/ s\v5t victime consi/e v\loir appliqu] aux int]prtations des logiques my/ique ou affective les m?odes de la logique intellectuelle1 af9 de bas] sci5tifiquem5t ses croyances4 ,l'quilibre entre les div]ses =mes de logiques tant rompu1 elles entr5t en lutte4 ,r>em5t1 dans ce conflit1 la logique rationnelle l'emporte4 ,elle se laisse assez facilem5t tortur]1 d'ailleurs1 p\r se mettre au s]vice des plus enfant9es conceptions4 ,c'e/ p\rquoi1 en matire de croyance1 religieuse1 politique ou morale1 t\te conte/ation e/ inutile4 ,discut] rationnellem5t avec autrui une op9ion d'orig9e affective ou my/ique n'a d'autre rsultat que de l'exalt]4 ,la discut] avec soi-mme ne l'branle pas davantage1 sauf qu& elle e/ arrive un degr d'usure lui ayant retir sa =ce4 ,les rsultats d'une lutte entre la logique my/ique et la logique rationnelle ne saurai5t mieux tre mis en vid5ce que p> l'exemple de ,pascal1 exam9 en dtail dans un autre *apitre de cet ouvrage4 ,il s]ait inutile d'y insi/] ma9t5ant4 ,n\s n\s born]ons donc1 dans ce qui va suivre1 tudi] le conflit entre la logique affective et la logique rationnelle4 ,la lutte e/ mo9s 9gale que dans le cas prcd5t1 l'intellig5ce p\vant1 p> div]s artifices1 non pas lutt] directem5t contre les s5tim5ts1 mais oppos] des s5tim5ts des s5tim5ts p\r essay] de dom9] ceux qu'elle veut combattre4 #b4--;,conflit des lm5ts affectifs et intellectuels4 ,action des ides sur les s5tim5ts4 ,les s5tim5ts qui n\s mn5t agiss5t beauc\p sur les ides1 alors que ces d]nires agiss5t assez peu sur eux4 ,l'ide n'e/ gnralem5t que la conclusion d'un s5tim5t dont l'volution demeure inconsci5te et1 p> consqu5t1 ignore4 ,c'e/ ju/em5t p>ce que cette vie des s5tim5ts re/e inconnue que l'intellig5ce a une si faible action sur elle4 ,il suffit de n\s obs]v] p\r connatre quel po9t nos facults affectives volu5t en dehors de notre volont4 ,elles prs5t5t une sorte de g]m9ation l5te1 analogue celle =t bi5 dcrite p> le pote philosophe ,sully ,prudhomme1 dans son clbre sonnet le ,vase bris4 ,un mot1 un ge/e1 presque insignifiants sur le mom5t1 peuv5t la longue trans=m] l'amiti en indiffr5ce1 quelquefois mme en antipa?ie4 ,le vritable rle de l'intellig5ce sur l'agrgat de s5tim5ts qui =m5t le c>actre e/ d'en isol] quelques-uns1 les int5sifi] p> le moy5 d'une reprs5tation m5tale s\t5ue1 et les r5dre a9si capables de dom9] c]ta9es impulsions4 ,elle peut arriv]1 p> cette prdom9ance d'un tat affectif sur un autre1 lev] l'individu au-dessus de lui-mme1 au mo9s mom5tanm5t4 ,grce son p\voir d'associ] les reprs5tations m5tales affectives et intellectuelles1 l'intellig5ce peut donc p>fois utilis] des s5tim5ts1 comme un ar*itecte1 avec les mmes pi]res1 saura con/ruire des difices div]s4 ,cette action de l'intellig5ce sur les s5tim5ts n'e/ pas illimite et semble mme assez re/re9te4 ,l'obs]vation montre1 en effet1 que si ces d]ni]s sont trs int5ses1 la premire p]d t\t p\voir4 ,la puissance de c]ta9s s5tim5ts peut dev5ir telle1 que1 non seulem5t l'intellig5ce1 mais encore les intrts les plus vid5ts de l'individu re/5t sans influ5ce4 ,n\s en donn]ons plusieurs exemples dans le *apitre des croyances4 ,si les s5tim5ts ne se trans=m5t pas directem5t en ides1 ils sont cep5dant des crateurs d'ides1 vocatrices leur t\r d'autres s5tim5ts4 ,c'e/ a9si que t\t en cons]vant leur indp5dance1 ces deux sphres de l'activit m5tale agiss5t con/amm5t l'une sur l'autre4 ,les ides ex]c5t donc1 bi5 qu'indirectem5t1 une action indniable sur notre vie individuelle et collective2 mais1 je le rpte1 leur rle n'e/ possible qu' la condition de s'appuy] sur un sub/ratum affectif4 ,les ides surgissant des s5tim5ts1 les luttes entre ides ne sont1 en ralit1 que des luttes entre s5tim5ts4 ,les peuples1 qui sembl5t combattre p\r des ides1 lutt5t p\r les s5tim5ts dont ces ides driv5t4 ,les tats affectifs qui n'ont pas occasion de s'extrioris] p]d5t1 non leur exi/5ce1 mais leur =ce1 comme t\s les organes sans usage4 ,a9si les fonctions1 remplies jadis p> les noblesses anglaise et franaise1 ma9t5ai5t des qualits de c>actre qui disp>ur5t avec la cessation des fonctions4 ,ces classes sociales ayant p]du leurs qualits morales1 sans acqurir l'intellig5ce1 qu'elles n'avai5t pas eu occasion d'ex]c]1 dev9r5t infrieures aux classes dom9es jadis4 ,il tait donc 9vitable que l'influ5ce de la noblesse1 aprs avoir t dtruite en ,france p> la ,rvolution1 soit auj\rd'hui trs branle en ,anglet]re4 ,cette loi1 trop ignore de nos ducateurs1 qu'un s5tim5t non ex]c s'tiole1 p>at d'une application gnrale4 ,l'hi/oire des peuples en f\rnit ma9ts exemples4 ,nos in/9cts gu]ri]s1 si dvelopps l'poque de la ,rvolution et de l',empire1 ont f9i p> faire place un pacifisme et un anti-milit>isme *aque j\r plus rp&u1 non seulem5t dans les masses1 mais encore *ez les intellectuels4 ,il en rsulte cet trange contra/e3 mesure que les nations devi5n5t plus pacifiques1 leurs g\v]nem5ts ne cess5t d'augm5t] les armem5ts4 ,la raison de cette app>5te anomalie e/ simple4 ,les individus obiss5t leur gsme p]sonnel2 alors que les g\v]nants sont obligs de se proccup] de l'intrt collectif4 ,mieux clairs que les f\les et leurs rhteurs1 ils sav5t1 p> de sculaires expri5ces1 que t\te nation qui s'affaiblit e/ bi5tt envahie et pille p> ses vois9s#e4 ,les nations mod]nes n'ont pas plus *app cette loi que leurs devancires des civilisations antiques4 ,polonais1 ,turcs1 gypti5s1 ,s]bes1 etc41 n'ont vit les invasions de/ructives qu'en se laissant dp\ill] de t\t ou p>tie de leurs t]ritoires4 #e ,le *anceli] de l'empire d',allemagne a =t bi5 exprim cette vrit dans un disc\rs prononc en m>s #aiaa devant le ,rei*/ag et dont voici un extrait3 ,la "q du ds>mem5t e/1 p\r t\t obs]vateur srieux1 insoluble1 autant que les hommes re/]ont des hommes et les tats des tats4 ,quoi que fass5t les faibles1 ils s]ont t\j\rs la proie des =ts4 ,le peuple qui ne veut pas dp5s] p\r son armem5t tombe au deuxime rang et un plus =t pr5d sa place4 ,comme l'a trs bi5 fait rem>qu] le mme homme d'tat les dispositions d'o peuv5t natre auj\rd'hui la gu]re ont leurs rac9es dans des s5tim5ts populaires qui se laiss5t influ5c] facilem5t4 ,l'volution ou mieux la transposition des s5tim5ts1 dont n\s v5ons de montr] quelques consqu5ces1 s'opre s\s des influ5ces v>ies4 ,le milieu social e/ une des plus importantes4 ,p\r s'y adapt]1 l'individu e/ =c de laiss] sommeill] c]ta9s tats affectifs et d'en utilis] d'autres que l'ex]cice =tifie con/amm5t4 ,tel devrait tre le rle d'une ducation bi5 ent5due1 c'e/--dire s\cieuse de dvelopp] les qualits fondam5tales du c>actre1 et notamm5t l'initiative1 le c\rage et la volont1 que d'autres s5tim5ts naturels peuv5t contre-balanc]4 ,en s'opposant l'initiative1 la cra9te des responsabilits l'annule2 entrav p> l'gsme individuel1 le dv\em5t l'intrt collectif s'van\it bi5tt1 etc4 #c4--,lutte des s5tim5ts contre les s5tim5ts4 ,les actions inhibitrices4 ,t\s les primitifs3 sauvages1 animaux1 etc41 t5d5t con/amm5t laiss] agir leurs in/9cts4 ,cep5dant1 ds que les premi]s viv5t en tribu et que les seconds sont dome/iqus1 la ncessit leur appr5d en refrn] quelques-uns4 ,ils n'y p>vi5n5t qu'en opposant un s5tim5t trs =t1--cra9te du *tim5t1 espoir de la rcomp5se1 p> exemple1-- un autre s5tim5t dont on s]ait t5t de suivre les impulsions4 ,l'aptitude dom9] les impulsions affectives reprs5te un lm5t fondam5tal de la civilisation4 ,aucune vie sociale n'e/ possible sans cette base ess5tielle de t\te morale4 ,les actions inhibitrices ma9t5ues p> la c\tume1 la morale et les codes reprs5t5t non une lutte entre les s5tim5ts et la raison1 mais1 comme je l'ai montr1 entre des s5tim5ts div]s que la raison met en prs5ce4 ,les codes civils ou religieux ont t\j\rs eu p\r b pr9cipal d'ex]c] une action inhibitrice sur les manife/ations de c]ta9s s5tim5ts4 ,t\te civilisation implique gne et contra9te4 ,en appr5ant1 s\s la loi rig\reuse des premires obligations sociales1 matris] un peu ses impulsions1 le primitif se dgagea de l'animalit pure et atteignit la b>b>ie4 ,=c de se refrn] davantage1 il s'leva jusqu' la civilisation4 ,cette d]nire ne se ma9ti5t qu'autant que p]si/e la dom9ation de l'homme sur lui-mme4 ,p>eille contra9te exige un ef=t de t\s les in/ants4 ,il s]ait presque impossible si des habitudes que l'ducation peut fix] ne f9issai5t p> le facilit] en le r5dant inconsci5t4 ,suffisamm5t dveloppe1 la discipl9e int]ne peut arriv] a9si remplac] la discipl9e ext]ne2 mais lorsqu'on n'a pas su crer l'une1 il faut se rsign] subir l'autre4 ,refus] l'une et l'autre1 c'e/ ret\rn] aux ges de b>b>ie4 ,les s5tim5ts n\s mn]ont t\j\rs1 mais aucune socit n'a pu subsi/] sans que ses membres appriss5t les ma9t5ir dans les limites au-dess\s desquelles comm5c5t l'an>*ie et la dcad5ce4 ,les s5tim5ts refrns p> les ncessits sociales que codifi5t les lois ne sont pas p\r cela dtruits4 ,dlivres de leurs entraves1 les impulsions naturelles primitives rep>aiss5t t\j\rs4 ,a9si s'expliqu5t les viol5ces qui accompagn5t les rvolutions4 ,le civilis e/ ret\rn la b>b>ie4 ,,*apitre ,,ii ,,le ,,conflit ,,des ,,div]ses ,,=mes ,,de ,,logiques ,,dans ,,la ,,vie ,,des ,,peuples4 #a4--;,consqu5ces de la de/ruction des actions inhibitrices des s5tim5ts dans la vie sociale4 ,la ncessit de refrn] les s5tim5ts nuisibles la socit au moy5 d'autres s5tim5ts fixs p> l'ducation1 la morale et les codes1 con/itue1 n\s v5ons de le dire1 le pr9cipe fondam5tal de la vie collective1 et jamais en va9 les peuples le mconnaiss5t4 ,on ne libre pas des s5tim5ts que le milieu social avait pniblem5t russi cont5ir1 sans crer de l'an>*ie4 ,son premi] symptme e/ un rapide accroissem5t de la crim9alit1 tel que celui con/at en ,france auj\rd'hui4 ,il e/ favoris d'ailleurs p> le dveloppem5t de l'humanit>isme1 qui p>alyse la rpression et t5d1 p> consqu5t1 dtruire t\s les fre9s4 ,notre dmocratie actuelle exprim5te de plus en plus les consqu5ces de la suppression de ces actions inhibitrices qui1 seules1 p\vai5t contre-balanc] les s5tim5ts antisociaux4 ,la ha9e des supriorits et l'envie1 qui sont dev5ues ses flaux et m5ac5t son exi/5ce1 driv5t de s5tim5ts trop naturels p\r n'avoir pas subsi/ t\j\rs4 ,mais1 dans les socits hir>*ises du pass1 leur manife/ation tait difficile4 ,ayant acquis auj\rd'hui libre essor1 enc\rags sans cesse p> des politici5s avides de popul>it et des univ]sitaires mcont5ts de leur sort1 ces s5tim5ts ex]c5t con/amm5t leur dsa/reuse tyrannie4 ,il a fallu une bi5 gr&e dissociation des actions inhibitrices1 peu prs fixes p> l'hrdit1 p\r qu'ai5t pu se produire des actes comme la rvolte des po/i]s1 celle des *em9ots et f9alem5t de plusieurs villes d'un gr& dp>tem5t4 ,ces dsagrgations sociales ne sont d'ailleurs dev5ues possibles que p> les capitulations rptes de g\v]nants1 dom9s p> la faiblesse qu'eng5dre 9vitablem5t la peur4 ,devant l'impuissance des codes s'e/ progressivem5t cre cette notion1 qu'employ] la m5ace et l'action directe tait un moy5 sr p\r faire pli] des lois jadis considres comme inviolables4 ,et si les g\v]nants en sont arrivs tant de l*es concessions1 c'e/ p> une mconnaissance pr(onde de c]ta9es notions psy*ologiques qu'aucun homme d'tat ne devrait ignor] et que1 jadis1 ils n'ignorai5t pas4 ,de ces notions1 une des plus fondam5tales e/ la suivante3 ,une socit subsi/e grce au ma9ti5 de cette conviction hrditaire1 qu'il faut respect] religieusem5t les lois sur lesquelles l'organisme social e/ fond4 ,la =ce que possd5t les codes p\r se faire obir e/ surt\t morale4 ,aucune puissance matrielle ne russirait faire respect] une loi que t\t le monde viol]ait4 ,si un gnie malfaisant v\lait dtruire une socit en quelques j\rs1 il n'aurait qu' suggr] t\s ses membres le refus d'obir aux lois4 ,le dsa/re s]ait beauc\p plus gr& qu'une invasion suivie de conqute4 ,un conqurant se borne gnralem5t1 en effet1 *ang] le nom des matres qui dti5n5t le p\voir1 mais son intrt e/ de cons]v] soigneusem5t les cadres sociaux dont l'action e/ t\j\rs plus efficace que celle des armes4 ,dtruire la croyance dans la ncessit du respect des fre9s sociaux1 reprs5ts p> les lois1 c'e/ prp>] une rvolution morale inf9im5t plus dang]euse qu'une rvolution matrielle4 ,les monum5ts saccags se rebtiss5t vite1 mais1 p\r refaire l'me d'un peuple1 il faut s\v5t des sicles4 ,n\s avons dj subi de ces dsagrgations m5tales div]s ges de notre hi/oire1 et dans son livre sur ,jeanne d',arc1 ,hanotaux en a m>qu une en t]mes frappants3 ,qu& t\te hir>*ie e/ abolie1 qu& le comm&em5t a dissip lui-mme son autorit1 qu&1 p> ses fautes1 il a laiss se p]dre le respect1 qu& l'organisme social jon*e la t]re1 le *amp e/ libre aux initiatives individuelles4 ,elles surgiss5t1 et1 selon les lois naturelles1 *]*5t leur croissance et leur floraison dans la dliquesc5ce des in/itutions dtruites4 ,les sectaires combattant la tradition au nom du progrs et rvant de dtruire la socit p\r s'emp>] de ses ri*esses1 comme ,attila rvait de pill] ,rome1 ne voi5t pas que leur vie e/ un troit tissu d'acquisitions ance/rales sans lesquelles ils ne vivrai5t pas un seul j\r4 ,on sait comm5t f9iss5t t\j\rs de p>eilles t5tatives4 ,il faudra cep5dant les subir encore sans d\te1 puisque seule l'expri5ce rpte in/ruit4 ,les vrits =mules dans les livres sont de va9es p>oles4 ,elles ne pntr5t pr(ondm5t l'me des peuples qu' la lueur des inc5dies et au bruit des canons4 #b4--,les lm5ts my/iques et affectifs dans la vie des peuples4 ,le rle de la logique rationnelle1 si prpondrant dans l'volution des sci5ces et p>fois dans la vie des individus1 e/ extrmem5t faible dans l'exi/5ce des peuples4 ,sans d\te1 n'exam9] que la sup]ficie des *oses sans essay] de dc\vrir leurs ressorts ca*s1 le rcit des faits p>at infirm] la ?se prcd5te4 ,les hi/ori5s font p]ptuellem5t int]v5ir la raison dans leurs explications4 ,a s'en t5ir uniquem5t aux temps mod]nes1 n'ent5d-on pas rpt] p>t\t que la ,rvolution eut p\r orig9e les diss]tations des philosophes et que son b pr9cipal fut le triomphe d'ides rationnelles8 ,a aucune poque1 en effet1 la raison ne fut tant invoque4 ,on arriva mme la difi] et lui btir un temple4 ,en ralit1 il n'exi/e pas de priode o elle ait j\ un plus faible rle4 ,on le dc\vrira srem5t lorsque1 dgags des atavismes qui n\s aveugl5t1 il devi5dra possible d'crire une psy*ologie de la ,rvolution franaise4 ,mme ses dbuts1 la ,rvolution n'eut p\r s\ti5s que des lm5ts affectifs4 ,les b\rgeois qui en fur5t les premi]s in/igateurs tai5t surt\t guids p> un s5tim5t de jal\sie int5se contre une classe qu'ils croyai5t avoir gale4 ,sans d\te1 le peuple ne songeait pas d'abord envi] c]ta9es situations trop loignes de lui p\r qu'il esprt jamais les atte9dre2 cep5dant il accueillit le m\vem5t rvolutionnaire avec en?\siasme4 ,s5tim5t bi5 naturel1 c> la de/ruction lgale des contra9tes sociales et les promesses qu'on faisait luire ses yeux lui ouvrai5t la p]spective d'tre l'gal de ses anci5s matres et de s'emp>] de leurs ri*esses4 ,dans la devise rvolutionnaire1 rappele sur nos monnaies et sur nos murs1 un seul t]me1 celui d'galit1 passionna les esprits comme il les passionne encore4 ,de frat]nit on ne p>le plus gure auj\rd'hui1 la lutte des classes tant dev5ue la devise des temps n\veaux4 ,quant la lib]t1 les f\les n'en comprir5t jamais le s5s et la refusr5t t\j\rs4 ,si les rvolutions sduis5t tant les peuples1 c'e/ surt\t p>ce qu'elles libr5t des s5tim5ts que les ncessits sociales oblig5t refrn]1 mais qui ne le sont jamais que pniblem5t et incompltem5t4 ,j'ai montr dans un prcd5t *apitre le rle fondam5tal des actions inhibitrices sur les s5tim5ts1 et leur importance4 ,elles se montr5t surt\t ncessaires *ez les peuples impulsions vives et mobiles4 ,si l'ducation1 la tradition1 les codes ne p>vi5n5t pas canalis] ces impulsions et les actes qui en rsult5t1 un tel peuple s]a la proie non seulem5t des m5eurs1 mais encore de t\s les ennemis extrieurs qui sauront exploit] sa s5sibilit4 ,l'hi/oire en f\rnit des preuves *aque page4 ,la gu]re de #ahgj1 p> exemple1 e/ remplie d'enseignem5ts cet g>d4 ,l',emp]eur malade1 le roi de ,prusse g v\lai5t vit] t\t prix le conflit4 ,dans son dsir de l'emp*]1 le roi de ,prusse avait f9i p> r5onc] la c&idature de son p>5t au trne d',espagne et la paix p>aissait assure4 ,mais1 d]rire ces esprits inc]ta9s et de volont faible1 un c]veau puissant1 la volont n]gique1 t5ait les fils du de/94 ,en supprimant adroitem5t quelques mots d'une dp*e1 il sut exaspr] jusqu' la fureur la s5tim5talit d'un peuple trop s5sible et l'obligea1 sans prp>ation militaire1 dcl>] la gu]re des ennemis depuis longtemps prp>s4 ,utilisant ensuite les s5tim5ts de *aque nation1 il p>v9t ma9t5ir la neutralit ncessaire ses desse9s4 ,aveugle p> les s5tim5ts que ce pr(ond psy*ologue avait fait vibr]1 l',anglet]re refusa de s'associ] un projet de congrs1 sans prvoir ce que lui cot]ait plus t>d la =mation d'une puissance militaire prpondrante1 son cau*em> auj\rd'hui4 ,obir aux impulsions affectives condamne tre dom9 p> ceux qui sav5t les faire surgir4 ,connatre l'art de mani] les s5tim5ts des hommes1 c'e/ dev5ir leur matre4 #c4--,les quilibres et les ruptures des div]ses =mes de logiques dans la vie des peuples4 ,n\s avons vu qu' l'tat normal s'tablissait *ez les individus une sorte d'quilibre entre les impulsions div]ses issues des logiques qui les guid5t4 ,il en e/ gnralem5t de mme dans la vie des peuples4 ,lorsque1 s\s c]ta9es influ5ces1 cet quilibre vi5t tre tr\bl1 des p]turbations pr(ondes se manife/5t et une rvolution e/ pro*e4 ,cette d]nire con/itue le plus s\v5t une vritable maladie m5tale1 rsultant du dfaut d'quilibre entre les impulsions de div]ses logiques dont l'une e/ dev5ue trop dom9ante4 ,c'e/ surt\t la prpondrance de la logique my/ique qui produit les gr&s b\lev]sem5ts de l'humanit4 ,croisades1 gu]res de religion1 ,rvolution franaise1 en f\rniss5t des exemples4 ,de tels m\vem5ts reprs5t5t des crises de ce my/icisme t\j\rs puissant auxquelles les peuples1 comme les individus1 ne saurai5t *app]4 ,du conflit des div]ses =mes de la logique1 rsult5t la plup>t des oscillations de l'hi/oire4 ,qu& l'lm5t my/ique prdom9e1 ce sont les luttes religieuses avec leur imprieuse viol5ce4 ,lorsque l'lm5t affectif l'emporte1 on con/ate1 suivant le facteur s5tim5tal dvelopp1 soit les gr&es entreprises gu]rires1 soit au contraire la floraison de l'humanit>isme et du pacifisme1 dont les consqu5ces f9ales ne sont pas mo9s meurtrires4 ,les gu]res civiles et religieuses sont des luttes entre logiques diffr5tes1 dont l'une devi5t mom5tanm5t trop prpondrante4 ,lorsque la logique rationnelle prt5d int]v5ir exclusivem5t dans la vie d'un peuple les b\lev]sem5ts ne sont pas mo9s pr(onds4 ,la raison n'e/ gure alors qu'un vtem5t d'emprunt1 dissimulant des impulsions affectives ou my/iques4 ,de nos j\rs1 les f\les et leurs m5eurs re/5t1 n\s l'avons montr1 aussi saturs de my/icisme que leurs plus lo9ta9s anctres4 ,des mots et des =mules d\s de p\voir magique ont hrit de la puissance attribue aux div9its adores de nos pres4 ,l'halluc9ant espoir de p>adis en*anteurs vit t\j\rs4 ,avec un fond inv>iable1 le my/icisme modifie frquemm5t son aspect4 ,il a pris actuellem5t une =me rationali/e4 ,c'e/ au nom de la raison pure que les aptres des fois n\velles prt5d5t recon/ruire les socits et les hommes4 ,le p\voir de trans=mation sociale attribu auj\rd'hui la raison s'explique facilem5t4 ,les progrs raliss p> elle dans les sci5ces tant considrables1 il dev5ait naturel de suppos] que des m?odes ayant eng5dr de tels rsultats1 p\vai5t trans=m] les socits et crer le bonheur univ]sel4 ,une psy*ologie plus claire montre malheureusem5t que les socits n'volu5t pas avec des raisons mais s\s l'influ5ce d'impulsions affectives et my/iques sur lesquelles la raison e/ sans prise4 ,la t*e difficile des conducteurs des peuples actuels e/ de concili] les impulsions des div]ses logiques1 qui les mn5t en ralit1 avec celles de la logique rationnelle aspirant les dirig] d'une faon exclusive4 ,la traditionnelle ,anglet]re elle-mme comm5ce subir ce conflit4 ,les in/itutions politiques qui fir5t sa gr&eur sont ma9t5ant en butte aux attaques rationali/es de p>tis avancs prt5dant rebtir l'difice au nom de la raison1 c'e/--dire de leur raison4 ,le rle des gr&s hommes d'tat e/ de savoir ori5t] la de/9e des peuples1 en utilisant les impulsions affectives et my/iques qui les mn5t et non en essayant de dtruire ces d]nires au nom de la raison4 ,les conflits des div]ses =mes de logiques ne dur5t pas t\j\rs4 ,ils t5d5t1 n\s l'avons vu1 v]s l'quilibre4 ,les contradictions subsi/5t mais on arrive ne plus les ap]cevoir4 ,l'lm5t intellectuel se rsigne le plus s\v5t subir les influ5ces affectives et my/iques1 sans cons5tir cep5dant s'av\] sa dfaite4 ,c'e/ mme p\rquoi n\s r5onons gnralem5t discut] nos affections et nos croyances4 ,leur analyse s]ait du re/e bi5 difficile2 on n'e/ pas t\j\rs pris aux m5songes des autres mais trs aism5t ses propres m5songes4 ,l'adage antique3 ,connais-toi toi-mme1 e/ heureusem5t d'une ralisation impossible1 c> n\s connaissant n\s-mmes1 dc\vrant les luttes p]ptuelles dont notre ent5dem5t e/ le sige1 notre exi/5ce sombr]ait dans un *aos d'inc]titudes4 ,s'ignor] vaut mieux p>fois que se connatre4 99 99 99 99 99 ,ret5ons de t\tes les considrations prcd5tes que des lm5ts my/iques et affectifs1 ayant leurs lois spciales1 p]si/5t t\j\rs dans l'esprit et s]v5t de base la conduite des individus et des peuples4 ,bi5 que s\v5t contraires1 t\tes nos impulsions f9iss5t p> s'quilibr] et agir *acune dans leur doma9e si on ne les tr\ble pas et surt\t si l'on ne t5te pas entre elles d'impossibles conciliations4 ,vrits affectives1 vrits my/iques et vrits rationnelles sont filles de logiques trop diffr5tes p\r se fusionn] jamais4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,balance ,,des ,,motifs4 #a4--,la balance m5tale4 ,l'action4 ,les impulsions contraires des div]ses logiques qui n\s mn5t font hsit] s\v5t sur la conduite suivre4 ,les cas les plus simples comport5t un *oix entre plusieurs solutions4 ,il faut bi5 *oisir1 puisque les ncessits de la vie oblig5t agir4 ,comm5t s'effectue notre dt]m9ation8 ,un exemple expliqu]a facilem5t son mcanisme4 ,plaons au has>d des objets quelconques sur les plateaux d'une balance4 ,l'opration a*eve1 l'aiguille traduisant leurs m\vem5ts s'infl*it d'un ct1 si les plateaux sont 9galem5t *>gs1 et re/e v]ticale s'ils le sont galem5t4 ,en dehors des balances matrielles1 exi/5t des balances m5tales dont le mcanisme e/ analogue4 ,les poids sont nos motifs d'action4 ,l'aiguille reprs5te l'acte que la fixation du plateau dans sa position d'quilibre fait accomplir4 ,ces mobiles d'action peuv5t tre quelquefois des raisons1 mais aux mobiles consci5ts d'ordre intellectuel1 s'aj\t5t le plus s\v5t les mobiles inconsci5ts dj dcrits et qui ps5t l\rdem5t dans l'un des plateaux4 ,en d]nire analyse1 les motifs sont des n]gies en lutte4 ,les plus =tes l'emport5t4 ,lorsque les n]gies contraires sont peu prs de mme int5sit1 les plateaux oscill5t longtemps avant de se fix] une position df9itive4 ,c>actres inc]ta9s1 hsitants4 ,qu& les n]gies en conflit sont trs 9gales1 un des plateaux tr\ve de suite son quilibre4 ,c>actres dcids passant rapidem5t la rsolution et l'action4 #b4--,rle de la volont dans la balance des motifs4 ,les poids de la balance m5tale sont s\v5t notre disposition1 c'e/--dire que n\s p\vons en aj\t] ou en retran*]4 ,les hros intrpides qui1 p\r la premire fois1 fran*ir5t les ,alpes et la ,man*e trav]s les airs1 lim9r5t c]ta9em5t des plateaux de la balance1 les nombreux motifs rationnels capables de les arrt] dans la dang]euse entreprise qu'aucun tre huma9 n'avait t5te avant eux4 ,notre volont1 cep5dant1 ne se *>ge pas t\j\rs de plac] les poids dans la balance des motifs4 ,les lm5ts de la vie affective ou my/ique s'y introduis5t t\t seuls4 ,c'e/ ce qui arrive dans c]ta9s actes in/antans rsultant d'une motion int5se1 se jet] l'eau l'hiv]1 p> exemple1 p\r en retir] un inconnu4 ,si la rflexion s'tait ex]ce1 son action aurait c]ta9em5t contre-balanc celle des lm5ts affectifs et l'incl9aison de l'aiguille et *ang de ct4 ,voil p\rquoi si les gr&s hrosmes spontans sont frqu5ts1 on obs]ve beauc\p plus r>em5t de petits actes d'hrosme j\rnali]s1 tels que se priv] des j\issances de la vie1 p\r soign] un p>5t infirme4 ,c'e/ trs ju/em5t1 que les acadmies *>ges de di/ribu] des prix de v]tu1 les accord5t de prfr5ce aux petits hrosmes cont9us4 ,la volont consci5te peut donc influ5c] les plateaux de la balance des motifs1 mais lorsque cette volont e/ inconsci5te1 comme dans les croyances1 son rle e/ peu prs nul4 ,la logique my/ique opre alors en dehors de n\s1 au beso9 malgr n\s et contre n\s4 ,n\s sommes mo9s ds>ms qu& la logique affective int]vi5t seule1 c> si les s5tim5ts ne sont pas trop =ts1 l'intellig5ce peut dispos] de quelques-uns des poids qui reprs5t5t les motifs4 ,notre faible puissance contre les impulsions de la logique affective ne doit pas tre beauc\p regrette4 ,sans d\te elles ont s\v5t des consqu5ces dsa/reuses1 mais p>fois aussi devi5n5t gnratrices d'actes trs utiles l'humanit4 ,qu& l'homme sait associ] ses impulsions affectives et my/iques aux dc\v]tes que seule la logique rationnelle peut accomplir1 il p>vi5t1 comme dans le cas des valeureux aviateurs cits plus haut1 recul] les bornes du possible4 ,dans la balance des motifs1 o s'tablit la g5se des op9ions1 des croyances et des actes1 se tr\v5t1 on le voit1 beauc\p de mobiles indp5dants de notre volont4 ,s'ils l'tai5t t\j\rs1 on p\rrait dire1 et plusieurs coles de philosophie l'enseign5t encore1 qu'un fatalisme rigide n\s g\v]ne4 ,le fatalisme1 en effet1 dom9a une longue priode de l'hi/oire huma9e4 ,impuissants se conduire eux-mmes1 les tres obissai5t aux lois fatales de logiques trangres la raison4 #c4--;,comm5t la logique rationnelle peut agir sur la balance des motifs4 ,avec la l5te app>ition de la logique rationnelle1 une =ce n\velle surgit dans le monde4 ,elle p]mit l'homme d'agir s\v5t sur les plateaux1 jadis inaccessibles p\r lui1 de la balance des motifs4 ,en tudiant1 dans un prcd5t ouvrage1 la dissociation des fatalits1 n\s avons montr comm5t1 guide p> une volont =te1 la logique rationnelle devi5t le gr& facteur de cette dissociation4 ,grce son p\voir1 l'homme peut influ5c] le c\rs des *oses4 ,cessant d'tre dom9 exclusivem5t p> les =ces inconsci5tes qui le m5ai5t jadis1 il appr5d *aque j\r davantage les matris] et rgir leur empire4 ,et si la logique rationnelle s\t5ue p> la volont ne saurait encore fix] le de/91 c'e/ que la plup>t des facteurs des vnem5ts n\s demeur5t ignors1 et que beauc\p de nos actes port5t des consqu5ces ralisables seulem5t dans un av5ir t\j\rs *>g d'imprvu4 ,cet imprvu condamne risqu]1 c'e/--dire introduire dans la balance des motifs1 des poids de valeur inconnue4 ,les vrais matres du sort des peuples1 les hommes de gnie1 dont *aque sicle vit surgir un si petit nombre1 sur5t accumul] le plus de *ances possible dans un des plateaux1 et cep5dant beauc\p risqu]4 ,bism>ck1 que n\s avons plusieurs fois cit cause de sa psy*ologie trs in/ructive1 illu/re clairem5t cette ncessit du risque4 ,une ide matresse1 l'unit de sa patrie le guidait1 mais dans sa vie1 que de risques c\rus1 de *ances contraires1 d'ob/acles entasss dont sa volont eut subir le *oc6 ,il fallait d'abord dtruire la puissance militaire de l',autri*e1 laquelle un pre/igieux pass confrait tant de =ce4 ,la victoire de ,sad[a1 en #ahff1 fut trs pniblem5t gagne1 et grce seulem5t l'incapacit excessive du gnral ennemi4 ,ce difficile triomphe obt5u1 il fallut risqu] de combattre ,napolon ,,iii dont les armes passai5t p\r inv9cibles1 et qui l'euss5t t peut-tre si l'alliance probable de la ,france et de l',autri*e s'tait ralise4 ,un gr& homme p\vait prp>] t\tes ces comb9aisons1 mais non en affirm] le succs4 ,un c>actre h>di1 une va/e intellig5ce1 claire p> les intuitions suprieures du gnie1 p]mettai5t seuls d'affront] de tels risques4 ,il fallait les affront]1 p\rtant1 puisque les innombrables facteurs qui n\s enc]cl5t1 et dont l'ensemble con/itue ce qu'on appelle le has>d1 re/5t inaccessibles4 ,c'e/ la logique affective surt\t qui enc\rage risqu]4 ,elle e/ le premi] s\ti5 d'une entreprise que la logique rationnelle doit guid] aussi4 ,de gr&s risques s'(frai5t dans la trav]se de la ,man*e et des ,alpes en aroplane1 mais la logique rationnelle tayait une volont inspire p> l'espoir de la gloire1 le plaisir de lutt] contre des difficults1 et autres lm5ts d'orig9e exclusivem5t affective4 ,ic>e qui1 au dire de la lg5de1 t5ta un essai analogue avec sa seule volont p\r lui1 prit victime de son ef=t4 ,il faut tre solidem5t arm p\r dfi] la nature et les dieux4 ,les matres de l'hi/oire visible ou invisible1 savants m95ts1 pr(onds p5seurs1 illu/res capita9es1 doiv5t leur gr&eur ce qu'ils sur5t utilis]1 sans en nglig] aucune1 les =mes div]ses de logiques qui g\v]n5t l'homme et mani]1 grce elles1 la balance des motifs o se rgle l'av5ir4 ,ce n'e/ pas avec les f\les1 j\ets aveugles de leurs in/9cts1 que les civilisations progress5t1 mais p> la petite lite qui sait p5s] p\r elles et les ori5t]4 ,en essayant de mettre la logique intellectuelle au s]vice de la logique collective1 p\r ju/ifi] t\tes ses impulsions1 la t]rible lgion des politici5s n'a fait que crer une pr(onde an>*ie4 99 99 99 99 99 ,rsumant ce *apitre et ceux qui le prcd5t1 n\s dirons que les vnem5ts de l'hi/oire rsult5t de l'quilibre et du conflit des div]ses logiques4 ,dans la balance des motifs o se ps5t nos de/9es1 t\tes ont leur rle4 ,que l'une d'elles vi5ne prdom9] et le sort des hommes e/ *ang4 ,trop de logique affective conduit cd] sans rflexion des impulsions s\v5t fune/es4 ,trop de logique my/ique eng5dre les exi/5ces religieuses1 dom9es p> l'g/e proccupation de leur salut1 et sans utilit sociale4 ,trop de logique collective fait prdom9] les lm5ts infrieurs d'un peuple et le ramne la b>b>ie4 ,trop de logique rationnelle conduit au d\te et l'inaction4 ,,livre ,v ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,,individuelles ,,*apitre ,i ,,les ,,facteurs ,,int]nes ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances4 7,le c>actre1 l'idal1 les beso9s1 l'intrt1 les passions1 etc474 #a4--;,influ5ce des div]s facteurs des op9ions et des croyances4 ,le j\rnal anglais ,comm5tator crivait rcemm5t1 propos de la psy*ologie politique3 ,il natra peut-tre1 un j\r1 un livre m]veilleux sur l'art de p]suad]4 ,si on suppose que la psy*ologie arrive tre une sci5ce aussi avance que la gomtrie et la mcanique1 il s]a possible de prdire les effets d'un argum5t sur l'esprit de l'homme aussi srem5t que n\s p\vons prdire ma9t5ant une clipse de lune4 ,une psy*ologie dveloppe ce po9t possd]a une srie de rgles p]mettant de conv]tir un individu une op9ion quelconque4 ,le mcanisme d'un esprit s]a alors comp>able une ma*9e crire1 o il suffit d'appuy] sur un levi] p\r voir sortir immdiatem5t la lettre dem&e4 ,une sci5ce aussi puissante1 et1 p> consqu5t1 aussi dang]euse1 devi5drait ncessairem5t un monopole du g\v]nem5t4 ,on peut admettre ?oriquem5t l'exi/5ce de cette sci5ce future1 dont les gr&s hommes d'tat et les m5eurs connaiss5t dj quelques fragm5ts1 mais le p\voir de la crer compltem5t app>ti5dra srem5t une humanit d'intellig5ce =t suprieure la ntre4 ,la raison en e/ vid5te4 ,un des problmes les plus difficiles de l'a/ronomie1 et dont elle n'a pu donn] encore qu'une solution p>tielle1 e/ celui dit des trois corps1 impliquant la dt]m9ation des trajectoires de trois mobiles agissant simultanm5t les uns sur les autres4 ,or1 les lm5ts psy*ologiques p\vant entr] dans une dt]m9ation sont non seulem5t en nombre bi5 plus considrable1 mais encore leur action v>ie suivant la s5sibilit de *acun4 ,si les prvisions de la conduite des tres ne sont pas cep5dant t\j\rs impossibles1 c'e/ que dans l'agrgat complexe des s5tim5ts =mant le c>actre1 se tr\v5t s\v5t des lm5ts prpondrants qui ori5t5t les autres4 ,tels l'av>ice1 l'gsme1 l'am\r-propre1 l'orgueil1 etc4 ,les hommes a9si dom9s sont les plus faciles mani]1 c> on sait sur quelle t\*e affective il faut frapp]4 ,un individu bi5 quilibr et n'(frant aucune note dom9ante1 e/1 au contraire1 peu ais pntr] et conduire4 ,t\s les facteurs que n\s numr]ons n'entr5t pas dans la g5se d'une op9ion4 ,tel agissant sur l'un re/]a sans action sur l'autre4 ,ce qui passionne un peuple laiss]a indiffr5t le peuple vois94 ,en fait1 la =mation de la plup>t des op9ions compr5d assez peu de facteurs4 ,la race1 le milieu et la contagion p\r les gr&es croyances1 les impressions et l'intrt p]sonnel p\r les op9ions j\rnalires suffis5t4 ,n\s sommes obligs cep5dant d'en tudi] d'autres et de les mettre presque sur le mme plan1 p>ce que si t\s n'agiss5t pas t\j\rs1 il n'en e/ aucun qui ne puisse1 un mom5t donn1 int]v5ir4 #b4--,le c>actre4 ,sur le fond commun des c>actres de races se sup]pos5t les c>actres v>iables des individus4 ,leur rle dans la g5se des op9ions et des croyances e/ considrable4 ,le philosophe le plus sage n'*appe pas leur influ5ce4 ,ses doctr9es optimi/es ou pessimi/es rsult5t de son c>actre1 beauc\p plus que de son intellig5ce4 ,w4 ,james assure donc1 avec raison1 que l'hi/oire de la philosophie e/1 dans une gr&e mesure1 celle du conflit des tempram5ts huma9s4 ,cette diffr5ce p>ticulire des tempram5ts1 aj\te-t-il1 e/ t\j\rs entre en ligne de compte dans le doma9e de la littrature1 de l'art1 du g\v]nem5t et des murs1 t\t autant que dans celui de la philosophie4 ,s'agit-il des murs3 n\s y r5controns1 d'une "p1 les g5s qui font des faons1 et de l'autre ceux qui n'en font pas4 ,s'agit-il du g\v]nem5t3 il y a les autoritaires1 et il y a les an>*i/es4 ,en littrature1 il y a les puri/es ou les g5s pris du /yle acadmique1 et il y a les rali/es4 ,pntrs de cette influ5ce du c>actre individuel sur les op9ions1 n\s concevrons aism5t p\rquoi c]ta9s hommes sont cons]vateurs et d'autres rvolutionnaires4 ,ces d]ni]s t5d5t t\j\rs se rvolt]1 uniquem5t p> tempram5t1 contre ce qui les ent\re1 quel que soit l'ordre des *oses tabli4 ,ils se recrut5t gnralem5t *ez des c>actres dont la /abilit ance/rale a t dissocie p> des influ5ces div]ses4 ,ils ne sont plus1 p> consqu5t1 adapts leur milieu4 ,beauc\p d'entre eux app>ti5n5t la gr&e famille des dgnrs qui relv5t surt\t du doma9e de la pa?ologie4 ,dev5us inadapts l'tat social1 ils lui sont ncessairem5t aussi ho/iles que le sauvage pli de =ce une civilisation4 ,l'arme des rvolutionnaires se recrute surt\t1 auj\rd'hui1 dans cette f\le de dgnrs1 dont l'alcoolisme1 la syphilis1 le paludisme1 le saturnisme1 etc41 peupl5t les gr&es cits4 ,c'e/ un rsidu dont les progrs de la civilisation grossiss5t *aque j\r le nombre4 ,un des plus r$\tables problmes de l'av5ir s]a de s\/raire les socits aux furieuses attaques de cette arme d'inadapts4 ,leur rle dans l'hi/oire fut p>fois considrable1 c> leur facult de p]suasion s'ex]ce puissamm5t sur l'me des peuples4 ,des demi-alins comme ,pi]re l',ermite et ,lu!r ont b\lev]s le monde4 #c4--,l'idal4 ,l'idal d'un peuple dt]m9e un gr& nombre de ses op9ions et de ses croyances4 ,il reprs5te la syn?se de ses aspirations communes1 de ses beso9s et de ses dsirs4 ,cette syn?se e/ dt]m9e p> sa race1 son pass et bi5 d'autres facteurs dont je n'ai pas m'occup] ma9t5ant4 ,j'ai montr ailleurs sa =ce et fait voir qu'il ne peut tre branl sans que le soi5t aussi les fondem5ts de l'difice social s\t5u p> lui4 ,si tant d'hommes sont hsitants auj\rd'hui dans leurs op9ions1 leurs croyances et obiss5t aux impulsions les plus contraires1 c'e/ qu'avec une intellig5ce p>fois trs haute1 ils n'ont plus qu'un idal trs faible4 ,la puissance des fanatiques ti5t prcism5t ce qu'ils obiss5t rig\reusem5t leur idal dang]eux4 ,on peut l'obs]v] auj\rd'hui p\r l'idal sociali/e1 le seul qui sduise encore les multitudes4 ,il pse sur t\te notre vie nationale et eng5dre une f\le de lois de/ructives de sa prosprit4 ,un idal n'e/ donc nullem5t une conception ?orique1 dont on puisse nglig] l'action4 ,dev5u gnral1 il ex]ce une influ5ce prpondrante dans les mo9dres dtails de la vie4 ,ceux-l mmes qui ignor5t son influ5ce la subiss5t4 ,croyances religieuses1 morales ou politiques n'acquir5t de p\voir qu'aprs s'tre concrtises dans un idal univ]sellem5t accept4 ,qu& ce d]ni] s'adapte aux ncessits et aux possibilits du mom5t1 il dt]m9e la gr&eur d'une nation4 ,contraire au c\rs naturel des *oses1 il provoque sa dcad5ce4 #d4--,les beso9s4 ,les beso9s figur5t p>mi les gr&s gnrateurs de nos op9ions1 de notre conduite et de t\te l'volution sociale4 ,la faim e/ le plus puissant d'entre eux4 ,elle conduisit nos lo9ta9s anctres des primitives cav]nes l'aurore de la civilisation et la trs imm5se majorit des hommes ne travaille que p\r la satisfaire4 ,c'e/ elle qui1 *assant les b>b>es de leurs /eppes1 les prcipita sur ,rome et *angea le c\rs de l'hi/oire4 ,de nos j\rs1 son rle n'e/ pas mo9dre4 ,on a dit1 avec raison1 que le socialisme e/ une "q d'e/omac4 ,les progrs de la civilisation aj\t5t sans cesse des beso9s n\veaux la li/e dj longue des anci5s4 ,beso9s de se n\rrir1 de se reproduire et de se vtir1 beso9s religieux1 beso9s moraux1 beso9s e/htiques et bi5 d'autres1 sont t\s des expressions des ncessits biologiques et affectives1 qui n\s mn5t et que ma9ti5n5t les deux gr&s facteurs irrductibles de l'activit des tres1 le plaisir et la d\leur4 ,crer des beso9s n\veaux dans les f\les1 c'e/ suscit] des op9ions n\velles4 ,les hommes d'tat m95ts sav5t provoqu] des beso9s utiles leur pays4 ,celui de l'unit de l',allemagne1 et plus t>d d'une puissante m>9e de gu]re fur5t des beso9s artificiellem5t imposs4 ,l'volution sci5tifique de l'indu/rie eng5dre *aque j\r des beso9s n\veaux dev5us bi5tt1 comme les *em9s de f] et le tlphone1 des ncessits indisp5sables4 ,malheureusem5t ces beso9s ont gr&i plus vite que les moy5s de les satisfaire4 ,ils reprs5t5t une des s\rces du mcont5tem5t qui dveloppe le socialisme4 ,ils sont aussi le vrai motif des armem5ts de plus en plus ru9eux de l',europe4 ,les beso9s des peuples ayant considrablem5t gr&i et la lutte p\r l'exi/5ce dev5ant de plus en plus pre1 *acun a le secret espoir de s'enri*ir aux dp5s de ses vois9s4 ,le ,g]ma9 d'il y a c9quante ans1 mode/e mangeur de *\cr\te1 tait pacifique1 p>ce que sans dsirs4 ,ses beso9s ayant s\da9 augm5t1 il e/ dev5u gu]ri] et m5aant4 ,sa population s'accroissant en outre rapidem5t et devant bi5tt dpass] le *iffre que le pays peut n\rrir1 le mom5t appro*e o1 s\s un prtexte quelconque1 et mme sans d'autre prtexte que le droit du plus =t1 l',allemagne envahira1 p\r vivre1 les nations vois9es4 ,cette seule raison p\vait la dcid] aux crasantes dp5ses ncessaires p\r accrotre sa m>9e et son arme4 #e4--,l'intrt4 ,il ne s]a pas ncessaire d'insi/] sur le rle de l'intrt dans la =mation de nos op9ions4 ,c'e/ un sujet sur lequel *acun e/ fix4 ,la plup>t des *oses peuv5t tre considres des po9ts de vue =t diffr5ts3 intrt gnral ou intrt p>ticuli] notamm5t4 ,notre att5tion1 conc5tre naturellem5t sur le ct qui n\s e/ pr(itable1 emp*e d'ap]cevoir les autres4 ,l'intrt possde1 comme la passion1 le p\voir de trans=m] en vrit ce qui lui e/ utile de croire4 ,il e/ donc s\v5t plus =t que la raison1 mme sur des que/ions o elle sembl]ait devoir tre l'unique guide4 ,en conomie politique1 p> exemple1 les convictions sont tellem5t inspires p> l'intrt p]sonnel qu'on peut gnralem5t savoir d'avance1 suivant la pr(ession d'un individu1 s'il e/ p>tisan ou non du libre *ange4 ,les v>iations d'op9ions suiv5t naturellem5t les v>iations d'intrt4 ,en matire politique1 l'intrt p]sonnel con/itue le pr9cipal facteur4 ,tel ayant n]giquem5t combattu un c]ta9 mom5t l'impt sur le rev5u1 le df5dra non mo9s n]giquem5t plus t>d s'il espre dev5ir m9i/re4 ,les sociali/es enri*is f9iss5t gnralem5t en cons]vateurs et les mcont5ts d'un p>ti quelconque se trans=m5t facilem5t en sociali/es4 ,l'intrt s\s t\tes ses =mes n'e/ pas seulem5t gnrateur d'op9ions4 ,aiguillonn p> des beso9s trop int5ses1 il affaiblit vite la moralit4 ,le magi/rat avide d'avancem5t1 le *irurgi5 en prs5ce d'une opration inutile mais fructueuse1 l'av\ qu'enri*ira des complications de procdure qu'il p\rrait vit]1 v]ront rapidem5t leur morale fl*ir si des beso9s imprieux de luxe /imul5t leur intrt4 ,ces beso9s peuv5t con/itu]1 *ez les natures suprieures1 un lm5t d'activit et de progrs1 mais *ez des natures mdiocres ils eng5dr5t s\v5t1 au contraire1 une dgnresc5ce m5tale acc5tue4 ,l'intrt moral e/ frquemm5t un facteur d'op9ions aussi puissant que l'intrt matriel4 ,l'am\r-propre bless1 p> exemple1 fait natre des ha9es int5ses et t\tes les op9ions qui en dc\l5t4 ,la ha9e des b\rgeois de la ,rvolution contre la noblesse et leurs sangu9aires v5geances1 prov5ai5t surt\t d'humiliations jadis pr\ves4 ,m>at se v5geait de son anci5ne situation sociale4 ,hb]t1 libelli/e du ,pre ,du*esne1 qui fit c\p] tant de ttes1 fut d'abord ard5t royali/e4 ,ayant assez vcu p\r tre p\rvus de places1 ou de titres s\s l',empire1 ils fuss5t dev5us sans d\te1 comme tant de leurs mules1 de f]v5ts cons]vateurs4 #f4--,les passions4 ,les s5tim5ts fixes et =me obsdante qualifis de passions con/itu5t1 eux aussi1 de puissants facteurs d'op9ions1 de croyances et1 p> consqu5t1 de conduite4 ,c]ta9es passions contagieuses devi5n5t1 p\r cette raison1 facilem5t collectives4 ,leur action e/ alors irrsi/ible4 ,elles prcipitr5t bi5 des peuples les uns contre les autres aux div]s ges de l'hi/oire4 ,les passions peuv5t excit] notre activit1 mais elles altr5t le plus s\v5t la ju/esse des op9ions1 en emp*ant de voir les *oses comme elles sont et d'en compr5dre la g5se4 ,si les livres d'hi/oire f\rmill5t d'erreurs1 c'e/ que1 le plus s\v5t1 les passions en ont dict le rcit4 ,on ne cit]ait gure1 je crois1 d'hi/ori5 ayant imp>tialem5t racont la ,rvolution4 ,le rle des passions e/1 n\s le voyons1 trs considrable sur nos op9ions et1 p> suite1 sur la g5se des vnem5ts4 ,ce ne sont pas1 malheureusem5t1 les plus recomm&ables qui ont ex]c le plus d'action4 ,kant a d con/at] la gr&e =ce sociale des pires passions4 ,la m*ancet s]ait1 selon lui1 un puissant levi] du progrs huma94 ,il semble malheureusem5t bi5 c]ta9 que si les hommes avai5t suivi les prceptes de l'vangile ,aimez-v\s les uns les autres1 au lieu d'obir celui de la ,nature qui leur dit de se dtruire les uns les autres1 l'humanit vgt]ait encore au fond des primitives cav]nes4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,facteurs ,,ext]nes ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances4 7,la sugge/ion1 les premires impressions1 le beso9 d'explications1 les mots et les images1 les illusions1 la ncessit1 etc47 #a4--,la sugge/ion4 ,la gr&e majorit de nos op9ions et de nos croyances1 politiques1 religieuses et sociales sont le rsultat de sugge/ions4 ,ce t]me sugge/ion1 crit ,james1 dsigne le p\voir qu'ex]c5t les ides sur les croyances et la conduite4 ,cette df9ition semble peu correcte4 ,la sugge/ion e/1 en ralit1 le p\voir de p]suasion ex]c non seulem5t p> des ides1 mais p> une cause quelconque3 affirmation1 pre/ige1 etc4 ,les ides seules et surt\t le raisonnem5t ont1 au contraire1 une v]tu sugge/ive trs faible4 ,conva9cre n'e/ nullem5t suggr]4 ,une sugge/ion fait obir4 ,un raisonnem5t peut p]suad]1 mais n'oblige pas cd]4 ,les modes de sugge/ion sont trs v>is3 milieu1 livres1 j\rnaux1 disc\rs1 action individuelle1 etc4 ,la p>ole reprs5te un des plus actifs4 ,p>l] c'e/ dj suggr]1 affirm] c'e/ suggr] davantage1 rpt] l'affirmation avec passion1 c'e/ port] son maximum l'action sugge/ive4 ,les effets de la sugge/ion sont d'une int5sit =t v>iable4 ,elle s't5d depuis l'action lgre du v5deur1 *]*ant n\s faire acqurir une m>*&ise1 jusqu' celle ex]ce p> l'hypnotiseur sur le nvropa!1 obissant aveuglm5t t\tes ses volonts4 ,en politique1 l'hypnotiseur s'appelle m5eur4 ,son influ5ce e/ considrable4 ,les effets d'une sugge/ion dp5d5t de l'tat m5tal du sujet qui la reoit4 ,s\s une influ5ce passionnelle int5se3 ha9e1 am\r1 etc41 rtrcissant le *amp de sa consci5ce1 il s]a trs sugge/ionnable et ses op9ions se trans=m]ont facilem5t4 ,l'esprit le plus m95t n'e/ pas s\/rait la sugge/ion4 ,jules ,lematre1 dans ses confr5ces sur ,fnelon1 n\s a montr l'illu/re prlat dom9 p> une nvropa!1 ,mme ,guyon1 qui1 l'ayant pris d'abord p\r directeur1 dev9t rapidem5t sa directrice4 ,elle russit lui faire admettre l'exactitude de ses rv]ies sur l'absurde dogme du quitisme pr(essant l'indiffr5ce au salut et aux actes4 ,fnelon fut si compltem5t sugge/ionn qu'il n'hsita pas s\mettre cette doctr9e un congrs d'vques prsid p> ,bossuet4 ,ce d]ni] dc\vrit bi5 vite la sugge/ion ex]ce sur l'illu/re prlat4 ,je me retirai1 dit-il1 tonn de voir un si bel esprit dans l'admiration d'une femme dont les lumires tai5t si c\rtes1 le mrite si lg]1 les illusions si palpables1 et qui faisait la prophtesse4 ,les p]sonnes au c\rant de l'hi/oire contempora9e n'pr\v]ont pas le mme tonnem5t4 ,des affaires ret5tissantes 7,humb]t1 ,dupray de la ,mahrie1 etc47 ont pr\v que des banqui]s habiles1 des avocats et des hommes d'affaires retors p\vai5t tre sugge/ionns au po9t d'ab&onn] leur =tune entre les ma9s de vulgaires escrocs1 n'ayant p\r eux que leur puissance fasc9atrice4 ,cette fasc9ation e/ une irrsi/ible =me de sugge/ion4 ,on la subit comme l'oiseau celle du s]p5t4 ,il e/ inconte/able que c]ta9s tres1 d'ailleurs =t r>es1 possd5t un p\voir de fasc9ation s'ex]ant mme sur les animaux1 comme ont pu l'obs]v] t\tes les p]sonnes s'occupant de dressage4 ,plusieurs crimes eur5t p\r orig9e cette action fasc9atrice4 ,la fameuse comtesse ,t>n[ska suggrait sans difficult des meurtres ses adorateurs4 ,sa puissance tait telle qu'on dut sans cesse *ang] les c>ab9i]s qui l'accompagnai5t et les g>des de sa prison4 ,des exemples analogues peuv5t tre rappro*s de faits prs5ts p> c]ta9s mdiums ou des fakirs suggrant ceux qui les ent\r5t la croyance en des phnomnes ne possdant aucune exi/5ce4 ,des savants illu/res fur5t a9si victimes des sugge/ions ex]ces p> le clbre mdium ,eusapia1 a9si que je le montr]ai dans une autre p>tie de cet ouvrage4 ,le rle des f\les dev5ant de plus en plus prpondrant et ces f\les n'tant gure influ5ables que p> sugge/ion1 l'influ5ce des m5eurs s'accrot *aque j\r4 ,un g\v]nem5t prt5du populaire1 n'e/ en ralit qu'une olig>*ie de m5eurs dont l'influ5ce tyrannique se manife/e t\t in/ant4 ,ils ordonn5t des grves1 oblig5t les m9i/res leur obir et impos5t des lois absurdes4 ,leur p\voir de sugge/ion e/ assez gr& p\r =c] les f\les une obissance s]vile4 ,a la d]nire fte annuelle du p]sonnel de la ,compagnie d',orlans1 son directeur fit rem>qu] que ses employs s'tai5t mis en grve au mom5t prcis o il v5ait d'accept] t\tes leurs dem&es d'amlioration4 ,cep5dant1 aj\te-t-il1 la grve eut ncessairem5t une cause4 ,oui1 elle eut une cause3 elle fut l'uvre d'un petit noyau d'agitateurs dont le procd1 t\j\rs le mme1 consi/e remplac] l'argum5t p> la m5ace1 p> l'injure et p> l'outrage4 ,l'action de ces m5eurs n'avait ri5 de dissimul1 puisque dans ce mme disc\rs sont reproduits des passages de leurs articles4 ,une psy*ologie plus sre et fait compr5dre au directeur l'action sugge/ive de ces entraneurs et il l'aurait p>alyse en les expulsant de sa ,compagnie4 ,l'exemple e/ non seulem5t un fre9 n]gique1 mais encore un moy5 de sugge/ion puissant4 tant d'ordre affectif1 la sugge/ion ne peut tre combattue que p> la sugge/ion4 ,cd] aux m5eurs comme on le fait sans cesse1 =tifie leur influ5ce4 #b4--,les premires impressions4 ,les premires impressions sont celles ress5ties t\t d'abord en prs5ce d'un tre1 d'un vnem5t1 d'un objet inconnus4 ,l'laboration d'un jugem5t tant l5te et pnible1 on se cont5te gnralem5t des premires impressions1 c'e/--dire des sugge/ions de l'intuition pure4 ,les femmes1 les enfants1 les primitifs et beauc\p d'hommes trs civiliss mme1 se fi5t entirem5t leurs premires impressions4 ,dans c]ta9s lm5ts de la vie sociale1 les impressions s'associ5t quelquefois des raisonnem5ts4 ,mais il en e/ d'autres1 les sujets arti/iques et littraires notamm5t1 o nos premires impressions re/5t peu prs les seuls guides4 ,et comme elles dp5d5t d'une s5sibilit t\j\rs v>iable1 les concepts drivs d'elles se trans=m5t facilem5t4 ,on les voit1 en effet1 diffr] avec les poques1 les individus et les races4 ,les premires impressions produites p> les mmes *oses sur un b>on fodal1 un pa/eur calv9i/e1 un lettr1 un homme du peuple1 un savant1 etc41 ne peuv5t videmm5t avoir ri5 de commun4 ,sur les que/ions de sci5ce pure1 qui *app5t gnralem5t au doma9e de l'affectif1 ces div]g5ces s'obs]v5t peu1 p>ce que les jugem5ts ne se =m5t pas s\s l'influ5ce des impressions premires4 ,canalise p> d'indiscutables vid5ces notre s5sibilit e/ alors oblige d'accept] ce qui p>fois la *oque le plus4 ,nos premires impressions sont p>fois subitem5t dtruites p> des impressions contraires1 mais il arrive aussi qu'elles soi5t assez =tes p\r ne disp>atre que l5tem5t p> simple usure4 ,les jugem5ts fonds sur elles p]si/5t alors trs longtemps4 ,les impressions premires devrai5t tre considres comme de vagues indications1 t\j\rs vrifi]4 ,s'y ab&onn] sans exam51 a9si qu'on le fait trop s\v5t1 condamne trav]s] la vie dans l'erreur4 ,elles n'ont1 en effet1 p\r s\ti5s que des sympa?ies et des antipa?ies in/9ctives que n'claire aucune raison4 ,et c'e/ p\rtant sur d'aussi fragiles bases que s'difi5t le plus s\v5t nos conceptions du ju/e et de l'inju/e1 du bi5 et du mal1 de la vrit et de l'erreur4 #c4--,le beso9 d'explications4 ,aussi irrductible que le beso9 de croire1 le beso9 d'explications accompagne l'homme du b]ceau la tombe4 ,il a contribu crer ses dieux et dt]m9e j\rnellem5t la g5se d'un gr& nombre d'op9ions4 ,ce beso9 int5se se satisfait aism5t4 ,les plus rudim5taires rponses suffis5t4 ,la facilit avec laquelle il e/ cont5t fut l'orig9e d'un gr& nombre d'erreurs4 ,t\j\rs avide de c]titudes df9itives l'esprit huma9 cons]ve longtemps les op9ions fausses fondes sur le beso9 d'explications et considre comme ennemis de son repos ceux qui les combatt5t4 ,le pr9cipal inconvni5t des op9ions1 bases sur des explications errones1 e/ que les t5ant p\r df9itives on n'en *]*e plus d'autres4 ,s'imag9] connatre les raisons des *oses e/ un moy5 sr de ne pas les dc\vrir4 ,l'ignorance de notre ignorance a ret>d les progrs des sci5ces p5dant de longs sicles et les re/re9t d'ailleurs encore4 ,la soif d'explications e/ telle qu'on en a t\j\rs tr\v p\r les phnomnes les mo9s comprh5sibles4 ,l'esprit e/ plus satisfait d'admettre que ,jupit] lance la f\dre que de s'av\] ignorant des causes qui la font clat]4 ,plutt que de confess] son ignorance de c]ta9s sujets1 la sci5ce elle-mme se cont5te s\v5t d'explications analogues4 #d4--,les mots1 les =mules et les images4 ,les mots et les =mules sont de gr&s gnrateurs d'op9ions et de croyances4 ,puissances r$\tables1 ils ont fait prir plus d'hommes que les canons4 ,la =ce des mots ti5t ce qu'ils voqu5t les gr\pes de s5tim5ts qui leur ont t longtemps associs4 ,j'ai montr dans d'autres ouvrages leur rle fondam5tal en politique#f4 #f ,dans un article du #bi janvi] #aiaa1 le j\rnal ,le ,temps s'exprimait ce propos de la faon suivante3 ,dans les ouvrages si pr(onds qu'il a consacrs l'tude de la psy*ologie politique et sociale1 le ,dr ,gu/ave ,le ,bon a signal avec une sagacit r>e l'influ5ce qu'ex]ce sur les f\les et sur les assembles1 p>lem5taires ou autres1 la magie des mots4 ,la ,*ambre vi5t de l'pr\v] une fois de plus4 ,depuis quelques j\rs1 elle s'e/ vue s\s le *>me d'un sup]be projet de dc5tralisation4 ,c'e/ propos de l'organisation des retraites ouvrires et paysannes qu'a ret5ti1 la tribune1 la gr&e =mule vocatrice des ides de simplification adm9i/rative4 ,la puissance vocatrice de c]ta9es =mules e/ considrable sur une assemble4 ,c'e/ avec des mots que les politici5s veill5t des s5tim5ts4 ,prsid5t du conseil et p>aissant alors t\t-puissant1 ,m4 ,clem5ceau fut in/antanm5t r5v]s p> un mot qui rveilla1 *ez les membres du ,p>lem5t1 les s5tim5ts d'humiliation subis l'poque de ,fa*oda4 ,son successeur faillit succomb] p\r la mme cause4 ,une phrase trs ju/e1 mais malheureuse p>ce qu'elle tait l'vocation d'inquitantes images1 provoqua dans l'auditoire des hurlem5ts d'indignation devant lesquels il manqua d'tre r5v]s4 ,c]ta9s mots1 comme le fit exactem5t obs]v] ce propos ,m4 ,b>rs1 ont une sonorit my/ique4 ,j\iss5t de cette proprit les t]mes favoris des politici5s3 capitalisme1 prolt>iat1 etc4 ,les mots sont de tels s\v]a9s des *oses1 que leur empire s'ex]ce p>fois sur les hommes les plus rfl*is4 ,en prs5ce d'un phnomne incomprh5sible1 l'esprit se satisfait en inv5tant une =mule4 ,ignorant t\t du my/re de la vie1 incapables de dire p\rquoi le gl& devi5t *ne1 comm5t les tres se trans=m5t1 les savants accept5t des =mules t5ant lieu d'explications4 ,les progrs des sci5ces oblig5t en *ang] s\v5t4 ,l'adaptation a remplac le pr9cipe vital4 ,l'inaccessible lectron s'e/ sub/itu au non mo9s inaccessible atome4 ,ces mots plaqus sur de l'inconnu accord5t une satisfaction suffisante notre beso9 d'explications4 ,les mots voqu5t des images m5tales1 mais les images figures sont plus puissantes encore4 ,j'ai montr1 dans ma ,psy*ologie politique1 quelle action considrable avai5t eue les affi*es illu/res dans les d]nires lections anglaises4 ,elles prcis5t les s5tim5ts en arrtant leurs cont\rs4 ,les indu/riels et les diteurs emploi5t *aque j\r ce procd p\r frapp] l'att5tion4 ,les g\v]nants eux-mmes ont f9i p> utilis] le rle psy*ologique des images dans la g5se des op9ions4 ,devant l'abaissem5t rapide des engagem5ts volontaires dans la caval]ie1 un psy*ologue militaire avis eut1 il y a quelques annes1 l'ide de faire appos] p>t\t des affi*es illu/res en c\leurs reprs5tant des cavali]s lgants1 accomplissant div]ses sortes d'ex]cices4 ,au-dess\s figurait l'numration des avantages accords aux engags et r5gags4 ,les rsultats fur5t tels que1 dans plusieurs rgim5ts1 les colonels dur5t1 faute de place1 refus] les engagem5ts4 #e4--,les illusions4 ,trac] le rle des illusions dans la g5se des op9ions et des croyances s]ait refaire l'hi/oire de l'humanit4 ,de l'enfance la mort1 l'illusion n\s enveloppe4 ,n\s ne vivons que p> elle et ne p\rsuivons qu'elle4 ,illusions de l'am\r1 de la ha9e1 de l'ambition1 de la gloire1 t\tes ces =mes div]ses d'un bonheur sans cesse espr1 ma9ti5n5t notre activit4 ,elles n\s abus5t sur nos s5tim5ts aussi bi5 que sur ceux des autres1 et n\s voil5t les durets du sort4 ,les illusions intellectuelles sont relativem5t r>es1 les illusions affectives j\rnalires4 ,elles s'accroiss5t de ce fait que n\s p]si/ons t\j\rs v\loir int]prt] rationnellem5t des s5tim5ts s\v5t encore ensevelis dans les tnbres de l'inconsci5t4 ,l'illusion affective p]suade p>fois que n\s aimons des tres et des *oses en ralit indiffr5ts4 ,elle laisse croire aussi la p]ptuit de s5tim5ts que l'volution de notre p]sonnalit condamne bi5tt disp>atre4 ,t\tes ces illusions font vivre et embelliss5t la r\te conduisant l'abme t]nel4 ,ne regrettons pas qu'elles soi5t si r>em5t s\mises l'analyse4 ,la raison ne russit les diss\dre qu'en p>alysant du mme c\p d'importants mobiles d'action4 ,p\r agir il ne faut pas trop savoir4 ,la vie e/ ple9e d'illusions ncessaires4 ,les motifs de ne pas v\loir se multipli5t avec les discussions des causes du v\loir4 ,on flotte alors dans l'incohr5ce et l'hsitation4 ,t\t voir et t\t compr5dre1 crivait ,mme de ,/al1 e/ une gr&e raison d'inc]titude4 ,une intellig5ce possdant le p\voir1 attribu aux dieux1 d'embrass] d'un c\p d'il le prs5t et l'av5ir1 ne s'intress]ait plus ri5 et ses mobiles d'action s]ai5t p>alyss p\r t\j\rs4 ,a9si envisage1 l'illusion app>at comme le vrai s\ti5 de l'exi/5ce des individus et des peuples1 le seul sur lequel on puisse t\j\rs compt]4 ,les livres de philosophie l'oubli5t p>fois un peu4 #f4--,la ncessit4 ,au-dessus des fantaisies des despotes ou des lgislateurs1 lgifrant sans trve p\r r=m] la socit1 rgne un matre s\v]a93 la ,ncessit4 ,ins\cieuse de nos dlibrations elle reprs5te le de/9 antique auquel les dieux eux-mmes devai5t se s\mettre4 ,le dsaccord entre les prescriptions de lgislateurs aveugles et les ncessits qui g\v]n5t les *oses s'acc5tue *aque j\r4 ,la socit franaise actuelle vit malgr ses lois et non p> ses lois4 ,l'illusion du p\voir absolu qu'ils s'imag95t possd] enlve aux lgislateurs le s5s des possibilits4 ,il leur suffit qu'une *ose p>aisse ju/e1 p\r dev5ir possible4 ,mais tt ou t>d la ncessit c>te de son bras de f] t\tes les *imres4 ,ds que son action se fait s5tir1 les plus solides ?ories humanitaires s'van\iss5t4 ,on en tr\v]a un frappant exemple dans les mesures froces dictes en ,au/ralie contre des grves m5aant l'exi/5ce de ce pays et le conduisant la ru9e4 ,son g\v]nem5t tait cep5dant compos de sociali/es avancs#g4 #g ,voici1 crit le ,petit ,temps du #bf m>s #aiaa1 quelles mesures draconi5nes le g\v]nem5t dut rec\rir3 la grve et mme l'excitation la grve s\s quelque =me que ce ft fur5t dcl>es non plus dlits1 mais crimes passibles d'une am5de de #b1ejj francs et p>-dessus le m>*1 de travaux =cs p\r un an4 ,la police reut le droit de pntr] p>t\t o elle s\ponnait des conciliabules en faveur d'une grve crim9elle2 elle put saisir t\s les docum5ts qui p>aissai5t la conc]n]1 moy5 facile de dsorganis] les caisses de grve en s'emp>ant des comptes de leurs trsori]s2 on alla jusqu' m5ac] d'impliqu] dans les p\rsuites quiconque se risquait s\scrire un sec\rs en faveur des familles de grvi/es2 en quelques j\rs les agitateurs fur5t matriss et les plus enrags d'entre eux en prison4 ,la ncessit reprs5te sans d\te la syn?se des =ces ignores qui n\s mn5t et dont n\s comm5ons seulem5t savoir combattre quelques-unes4 ,quoique trs brve1 l'numration des facteurs d'op9ions et de croyances prcdemm5t expose suffit pr\v] combi5 sont l\rdes les fatalits dont l'me huma9e e/ *>ge4 ,la nature semble avoir v\lu canalis] troitem5t nos s5tim5ts1 nos p5ses et p> consqu5t notre conduite4 ,l'lite des p5seurs p>v5us dans le c\rs des ges conqurir quelque lib]t1 en matrisant un peu les =ces invisibles qui n\s rgiss5t1 demeura t\j\rs trs re/re9te4 ,a en jug] p> son hi/oire il ne faut pas regrett]1 peut-tre1 que l'humanit ait possd si peu d'indp5dance4 ,,*apitre ,,iii ,,p\rquoi ,,les ,,op9ions ,,diff,,r5t ,,et ,,p\rquoi ,,la ,,raison ,,ne ,r,,ussit ,,pas ,a ,,les ,,rectifi]4 #a4--;,diffr5ces de m5talits crant des diffr5ces d'op9ions4 ,sur t\s les sujets o une dmon/ration sci5tifique rig\reuse e/ impossible1 les div]g5ces d'op9ions surgiss5t innombrables4 ,bases pr9cipalem5t sur des lm5ts affectifs ou my/iques1 elles dp5d5t uniquem5t de ractions individuelles que le milieu1 le c>actre1 l'ducation1 l'intrt1 etc41 modifi5t sans cesse4 ,mais ces v>iations laiss5t cep5dant subsi/] des ori5tations gnrales1 p\ssant t\j\rs les mmes individus v]s c]ta9s gr\pes d'op9ions4 ,d'o driv5t ces ples d'ori5tation div]s8 ,on le dc\vre en con/atant qu'un peuple n'e/ pas seulem5t =m d'individus1 diffr5cis p> l'ducation1 le c>actre1 etc41 mais surt\t p> des hritages ance/raux dissemblables4 ,a ses dbuts une socit se compose d'tres peu diffr5cis4 ,ils n'ont gure d'autre m5talit que celle de leur tribu4 ,les facteurs d'volution et de slection agissant bi5tt1 les individus se sp>5t graduellem5t4 ,alors que les uns progress5t trs vite1 les autres avanc5t d'une m>*e 9gale1 et re/5t des tapes diffr5tes de la mme r\te4 ,il en rsulte qu' une c]ta9e priode de son volution une socit conti5t des reprs5tants de t\tes les phases qu'elle a successivem5t fran*ies4 ,la m5talit de *acun d'eux ne dpassant pas celle de l'poque qu'ils syn?tis5t ne saurait s'adapt] une autre priode4 ,en p]fectionnant les hommes1 la civilisation ne les a donc pas trans=ms galem5t4 ,lo9 de m>*] v]s l'galit comme nos illusions dmocratiques actuelles t*5t de le p]suad]1 ils t5d5t au contraire v]s une 9galit croissante4 ,l'galit1 qui fut la loi des premi]s ges1 ne saurait tre celle du prs5t et mo9s encore de l'av5ir4 ,donc1 p> le seul fait de son asc5sion progressive1 la civilisation a ralis l'uvre d'un magici5 ressuscitant au mme mom5t1 sur le mme sol1 des hommes des cav]nes1 des seigneurs fodaux1 des arti/es de la ,r5aissance1 des ouvri]s et des savants mod]nes4 ,que peuv5t avoir de commun les lm5ts du peuple =m d'un mlange aussi htrogne8 ,ils arriv5t rapidem5t1 sans d\te1 p>l] en app>5ce la mme langue1 mais les mots veill5t en eux des ides1 des s5tim5ts et p> consqu5t des op9ions t\t fait dissemblables4 ,la t*e ardue des g\v]nem5ts mod]nes e/ de faire vivre1 sans trop de dsaccords1 t\s ces hriti]s de m5talits si diffr5tes et p> consqu5t si 9galem5t adaptes leur milieu4 ,inutile de song] les nivel]4 ,ce n'e/ possible ni p> les in/itutions ni p> les lois1 ni mme p> l'ducation4 ,une des gr&es erreurs de notre temps e/ de croire que l'ducation galise les hommes4 ,elle les utilise mais ne les galise jamais4 ,nombre de politici5s ou d'univ]sitaires1 *>gs de diplmes1 possd5t une m5talit de b>b>es et ne peuv5t donc avoir p\r guide dans la vie qu'une me de b>b>e4 ,sur ces m5talits trs diffr5tes agiront =t 9galem5t les rectificateurs d'op9ions dont n\s allons exam9] ma9t5ant la valeur4 #b4--,les lm5ts de rectification des op9ions4 ,les op9ions n'ont pas gnralem5t la fixit des croyances4 ,elles sont mme s\v5t si mobiles que leur rectification sembl]ait facile4 ,or le contraire s'obs]ve4 ,les deux m?odes de rectification des op9ions se prs5tant t\t d'abord l'esprit sont la raison et l'expri5ce4 ,sur la croyance solidem5t con/itue le rle de la raison1 n\s le savons1 e/ nul4 ,n\s allons voir ma9t5ant que si elle s'ex]ce p>fois sur les op9ions ord9aires1 son action1 sauf naturellem5t en matire sci5tifique1 e/ bi5 faible4 ,n\s con/at]ons galem5t que la reconnaissance implicite de l'insuffisance de la raison p\r clair] nos jugem5ts1 a eng5dr les deux rgimes politiques auxquels se ramn5t t\s les g\v]nem5ts des peuples1 depuis les orig9es de l'hi/oire4 ,mais si la raison e/ insuffisante rectifi] nos op9ions1 que re/e-t-il alors p\r disc]n] la vrit dans une f\le de que/ions morales1 politiques et sociales8 ,je montr]ai dans le pro*a9 *apitre que n\s ne possdons qu'un seul moy5 efficace3 l',expri5ce4 ,exam9ons d'abord le rle attribu la raison4 #c4--,rle de la raison dans la =mation des op9ions et des dcisions importantes4 ,dans t\tes les op9ions sci5tifiques ou te*niques l'action de la raison e/ prpondrante4 ,l'erreur de la plup>t des psy*ologues et des philosophes consi/e croire que son rle e/ le mme dans le doma9e des op9ions ord9aires4 ,les idologues des div]s p>tis ont t\j\rs prt5du bas] leurs op9ions sur des raisons4 ,les conv5tionnels lui levai5t des /atues et les rhteurs mod]nes prt5d5t lgifr] en son nom4 ,l'obs]vation pr\ve malheureusem5t--il faut le rpt] t\j\rs--que la raison ex]ce aussi peu d'influ5ce dans la vie des peuples que dans notre conduite j\rnalire4 ,ta9e fait ju/em5t rem>qu] que si n\s avions beso9 de croire que les crocodiles sont des dieux1 dema9 sur la place du ,c>r\sel on leur lv]ait un temple4 ,non seulem5t on l'lv]ait1 mais le j\r mme surgirait une lgion de pr(esseurs et d'avocats subtils p\r ju/ifi] cette dification p> des argum5ts rationnels4 ,la raison s'e/ con/amm5t mise avec obissance au s]vice de nos impulsions affectives et my/iques les mo9s df5dables4 ,en fait1 les op9ions j\rnalires sont difies1 non pas t\j\rs contre la raison1 mais indp5damm5t de t\te raison4 ,n\s fiant aux impulsions my/iques et affectives qui les eng5dr5t1 leur exactitude n\s p>at c]ta9e et n\s ne tolrons pas qu'on la conte/e4 ,il e/ visible cep5dant que si une raison sre tait le vritable facteur de nos op9ions1 il n'en exi/]ait jamais qu'une seule sur *aque sujet4 ,dans les matires sci5tifiques dont t\tes les donnes sont connues1 il en e/ t\j\rs a9si4 ,impossible de diffr] sur la =mule d'une p>abole1 la loi de la gravitation1 la trajectoire d'une plante4 ,les div]g5ces app>aiss5t seulem5t dans les ?ories1 p>ce qu'elles sont de simples int]prtations et qu'alors la logique rationnelle se laisse p>fois influ5c] p> des lm5ts affectifs ou my/iques4 ,ds que l'on s'c>te de la sci5ce pure1 c'e/--dire qu'on passe du doma9e de la connaissance dans celui de la croyance1 la div]g5ce des op9ions sur t\s les sujets devi5t au contraire une loi con/ante4 ,elle se manife/e mme sur ceux o la raison seule1 sembl]ait-il1 devrait p>l]1 les dcisions juridiques p> exemple4 ,n\s allons utilis] ces cas typiques p\r montr] combi5 il e/ difficile la logique rationnelle de se s\/raire aux influ5ces affectives et my/iques4 tablissons d'abord une classification entre les hommes appels en jug] d'autres4 ,au plus bas *elon se tr\v5t les esprits dont l'op9ion se =me uniquem5t s\s l'action de la logique affective4 ,les *elons les plus levs s]ont composs de m5talits presque exclusivem5t influ5ables p> les argum5ts de la logique rationnelle4 ,a la premire des catgories prcd5tes app>ti5n5t les jurs de ,c\rs d'assises4 ,p> leur nombre1 ils con/itu5t des f\les et en possd5t les c>actres4 ,les argum5ts rationnels ex]c5t donc peu de prise sur eux4 ,on ori5te leurs convictions en agissant sur leurs s5tim5ts4 ,une femme c\pable d'un crime grave1 mais ent\re d'enfants en pleurs rclamant leur mre1 e/ assure de l'indulg5ce4 ,la jolie femme qui1 dans un accs de jal\sie am\reuse1 a tu son amant1 en e/ plus assure encore4 ,un jury anglais la f]ait p5dre1 un jury franais l'acquitte peu prs con/amm5t4 ,c'e/ mme un de ces cas o l'influ5ce de la race dans la g5se des op9ions se manife/e nettem5t4 ,un peu au-dessus de cette catgorie dom9e p> la s5tim5talit pure1 se tr\v5t les juges des tribunaux de premire in/ance4 ,ils sont assez jeunes encore p\r que les argum5ts d'ordre affectif puiss5t les m\voir4 ,le pre/ige d'un avocat clbre les impressionne t\j\rs4 ,on peut cep5dant les influ5c] aussi p> des preuves rationnelles1 mais seulem5t si ces d]nires n'ont pas lutt] contre des intrts p]sonnels4 ,l'espoir de l'avancem5t1 les pressions politiques1 ex]c5t p>fois une influ5ce prpondrante sur leurs op9ions4 ,ils r5d5t des jugem5ts assez inc]ta9s puisque les magi/rats de ,c\rs d'appel en r=m5t prs du ti]s4 ,ils se tromp5t donc peu prs une fois sur trois4 ,les magi/rats de ,c\rs d'appel =m5t un *elon suprieur de la classification prcd5te4 ,plus gs et plus in/ruits1 ils sont mo9s subordonns la logique affective qu' la logique rationnelle4 ,au sommet enf9 app>aiss5t les juges de la ,c\r de cassation4 ,vieillis1 un peu dcrpits1 n'ayant plus ri5 espr]1 dp\ills de t\te s5tim5talit1 aussi indiffr5ts l'intrt individuel qu' la piti1 ils ignor5t les cas p>ticuli]s et re/5t conf9s dans le droit /rict4 ,nul avocat n'essai]ait d'invoqu] un argum5t s5tim5tal devant eux4 ,la preuve rationnelle seule peut les t\*]4 ,les mticuleuses prcisions de la loi les dom95t entirem5t4 ,elle e/ dev5ue p\r eux une sorte d'entit my/ique1 isole des hommes4 ,cet excs de rationalisme n'e/ pas sans dang]1 c> le droit1 quitable au mom5t o il vi5t d'tre fix1 cesse bi5tt de l'tre p> suite de l'volution sociale qui le dpasse rapidem5t4 ,c'e/ alors qu'on doit savoir l'int]prt] af9 de prp>] sa trans=mation1 comme le font quelques magi/rats dont les arrts =m5t une jurisprud5ce1 fille de n\velles c\tumes et mre de lois n\velles4 ,le duel e/ a9si pass de l'tat de crime celui de dlit non p\rsuivi2 l'adultre entranant jadis des annes de prison p\r les c\pables et jug p> le code comme un crime si grave que le m>i tait excus de tu] sa femme1 a f9i p> tre rang avec les dlits tellem5t secondaires1 qu'un n\veau projet de loi propose de ne le punir que d'une insignifiante am5de4 ,n\s v5ons de montr] que mme *ez des hommes in/ruits1 gnralem5t imp>tiaux et trang]s aux passions1 les op9ions sur des sujets bi5 df9is tai5t s\v5t errones4 ,la raison s'e/ donc montre insuffisante les clair]4 ,si au lieu de ces hommes *oisis1 n\s considrions des runions1 telles que les assembles p>lem5taires1 dont les membres sont le plus s\v5t dom9s p> des intrts individuels1 des ?ories prconues et des passions politiques1 n\s con/at]ions que le rle de la raison dans leurs dcisions e/ peu prs nul4 ,les argum5ts rationnels proposs quelquefois1 ils ne les ent5d5t mme pas4 ,les votes sont uniquem5t guids p> les intrts de leur p>ti ou p> ceux des lecteurs qu'ils doiv5t mnag]4 ,sans d\te la raison e/ con/amm5t invoque dans les assembles p>lem5taires1 mais elle e/1 en vrit1 le plus m9ce des facteurs capables de les influ5c]4 ,les r>es m5eurs qui russiss5t p>fois modifi] le vote d'une runion politique sav5t bi5 qu'ils n'agiront pas avec des raisons1 mais uniquem5t en faisant vibr] des s5tim5ts viol5ts4 ,c]ta9es =mules my/iques habilem5t manies sont d'un effet trs sr4 #d4--,rle de la raison dans la =mation des op9ions j\rnalires4 ,n\s v5ons de voir le faible rle de la raison dans les dcisions importantes prises p> div]ses catgories d'hommes *oisis4 ,dans les op9ions j\rnalires1 son action e/ bi5 mo9s efficace encore4 ,on con/ate sans cesse en effet des op9ions div]g5tes sur des sujets o la raison sembl]ait devoir conduire des conclusions id5tiques4 ,ces div]g5ces se conoiv5t p>faitem5t qu& on connat le rle des lm5ts my/iques et affectifs dans la =mation de nos op9ions4 ,les div]g5ces d'op9ion ne rsult5t pas1 comme n\s le supposons quelquefois1 des 9galits d'in/ruction de ceux qui les manife/5t4 ,elles se con/at5t1 en effet1 *ez des individus d'intellig5ce et d'in/ruction vois9es4 ,on peut s'en conva9cre en p>c\rant les rponses faites aux gr&es enqutes collectives ayant p\r b d'clair] c]ta9es que/ions bi5 df9ies4 ,p>mi les innombrables exemples f\rnis p> la lecture de leurs comptes r5dus1 j'en m5tionn]ai seulem5t un trs typique1 publi dans l',anne psy*ologique de ,m4 ,b9et4 ,v\lant se r5seign] sur les effets de la rduction du programme de l'hi/oire de la philosophie dans les lyces1 il envoya un que/ionnaire t\s les pr(esseurs *>gs de cet enseignem5t4 ,les rponses fur5t nettem5t contradictoires1 les uns dcl>ant dsa/reux ce que les autres affirmai5t excell5t4 ,comm5t se fait-il1 conclut ,m4 ,b9et avec mlancolie1 qu'une r=me qui dsole un pr(esseur p>aisse excell5te un de ses collgues8 ,quelle leon p\r eux sur la relativit des op9ions huma9es1 mme *ez des p]sonnes compt5tes6 ,des contradictions du mme ordre se sont inv>iablem5t manife/es sur t\s les sujets dans t\s les temps4 ,p\r arriv] l'action1 l'homme dut cep5dant *oisir entre ces op9ions contraires4 ,comm5t opr] un tel *oix1 la raison tant impuissante le dt]m9]8 ,deux m?odes seulem5t ont t dc\v]tes jusqu'ici3 accept] l'op9ion de la majorit ou celle d'un seul *oisi p\r matre4 ,de ces deux m?odes driv5t t\s les rgimes politiques4 ,assurm5t1 les quelques voix de majorit1 ou mme la majorit considrable obt5ue p> une op9ion1 ne la f]a pas suprieure l'op9ion contraire4 ,l'avis d'un seul1 obligatoirem5t impos1 ne s]a pas t\j\rs non plus le meilleur4 ,le *oix de l'une ou l'autre m?ode e/ p\rtant ncessaire p\r sortir des indcisions entravant la volont d'agir4 ,les philosophes eux-mmes n'ont pu en dc\vrir d'autres4 ,les op9ions d'un esprit m95t sont gnralem5t trs suprieures celles d'une collectivit1 mais si l'esprit n'e/ pas m95t1 ses dcisions p\rront tre =t dang]euses4 ,l'hi/oire de l',allemagne et de la ,france depuis c9quante ans f\rnit de nombreuses preuves des avantages et des inconvni5ts de ces deux m?odes3 la tyrannie individuelle et la tyrannie collective4 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,rectification ,,des ,,op9ions ,,p> ,l',,exp,,ri5ce4 #a4--,l'expri5ce dans la vie des peuples4 ,n\s v5ons de voir comm5t sur la plup>t des sujets1 autres que les que/ions sci5tifiques1 la logique rationnelle ne donnant que des indications inc]ta9es1 on a d se rsign] pr5dre p\r guide l'op9ion de la majorit ou celle d'un seul individu *oisi p\r matre4 ,l'acceptation d'une op9ion ne suffisant pas la trans=m] en vrit1 comm5t russir dc\vrir son exacte valeur8 ,elle n'e/ mise en vid5ce que p> l'expri5ce1 m?ode de vrification l5te et coteuse1 qui ne s'applique pas d'ailleurs t\s les sujets4 ,sur les croyances solidem5t con/itues notamm5t1 son impuissance e/ aussi gr&e que celle de la raison4 ,sur les op9ions collectives1 c]ta9es op9ions politiques p> exemple1 elle f9it p> agir1 mais la condition d'tre trs frappante et trs rpte4 ,la vie des peuples pr\ve la ncessit de ces rptitions frappantes4 ,des entassem5ts de ru9es et des torr5ts de sang sont p>fois ncessaires p\r que l'me d'une race s'assimile c]ta9es vrits exprim5tales4 ,s\v5t mme n'en pr(ite-t-elle pas bi5 longtemps1 c> en raison de la faible dure de la mmoire affective1 les acquisitions exprim5tales d'une gnration s]v5t peu une autre4 ,depuis les orig9es du monde t\tes les nations con/at5t que l'an>*ie se t]m9e inv>iablem5t p> la dictature1 et cep5dant cette t]nelle leon ne leur pr(ite gure4 ,des faits rpts montr5t que les p]scutions sont le meilleur moy5 de favoris] l'ext5sion d'une croyance religieuse1 et p\rtant ces p]scutions cont9u5t sans trve4 ,l'expri5ce enseigne encore que cd] p]ptuellem5t des m5aces populaires e/ se condamn] r5dre t\t g\v]nem5t impossible et n\s voyons nanmo9s les politici5s oubli] *aque j\r cette vid5ce4 ,l'expri5ce a montr galem5t que1 p\r des raisons psy*ologiques trs sres1 t\t produit fabriqu p> l'tat dpasse t\j\rs les prix de l'indu/rie prive1 et malgr cette preuve les sociali/es oblig5t l'tat monopolis] con/amm5t quelque fabrication n\velle4 ,les expri5ces n'agiss5t rapidem5t1 je l'ai dit plus haut1 que si elles sont trs frappantes4 ,en voici un rc5t et rem>quable exemple4 ,t\s les psy*ologues1 t\s les conomi/es1 t\s les comm]ants avai5t prdit que le ra*at de l',oue/ et sa grance p> l'tat con/itu]ai5t une opration =t coteuse4 ,simplem5t coteuse1 le public s'en s]ait pe9e ap]u1 mais l'adm9i/ration tati/e de cette ligne produisit en quelques mois une telle accumulation d'p\vantables cata/rophes et de morts horribles1 que la leon de l'expri5ce a t immdiatem5t comprise4 ,p]sonne auj\rd'hui n'os]ait rclam] le ra*at de n\velles lignes4 #b4--;,difficult de saisir les facteurs gnrateurs de l'expri5ce4 ,mais si des expri5ces aussi visibles que la prcd5te peuv5t trans=m] l'op9ion1 il ne s'en suit pas que les facteurs gnrateurs de ces expri5ces soi5t facilem5t compris4 ,en ce qui conc]ne p> exemple les accid5ts dont je vi5s de p>l]1 le m9i/re des ,travaux ,publics n'a nullem5t ap]u les causes secrtes d'une an>*ie impossible ni]4 ,oblig de reconnatre que les nombreuses cata/rophes dues des collisions de tra9s prov5ai5t surt\t de l'indiscipl9e d'un p]sonnel n'obs]vant plus les rglem5ts1 il crut y remdi] p> la rvocation du ,directeur du rseau4 ,son successeur n'eut d'autre ress\rce1 p\r dim9u] les accid5ts1 que de rduire considrablem5t le nombre des tra9s et leur vitesse1 moy5 assurm5t peu glorieux1 mais sr4 ,qu'aurait-il pu d'ailleurs contre des effets provoqus p> des causes trangres son action8 ,ni octroy] l'adm9i/ration de l'tat une capacit indu/rielle qu'elle ne possde pas1 ni davantage crer *ez les employs1 excits p> d'ambitieux entraneurs1 la discipl9e1 le zle1 le respect des rglem5ts indisp5sables leur pr(ession4 ,comm5t1 crivait le ,temps1 avoir un p]sonnel de *oix dans un rseau dont les politici5s d'arrondissem5t n'ont vot le ra*at que p\r y cas] leurs protgs et s'y faire une cli5tle8 ,comm5t obt5ir une /ricte s\mission de ces *em9ots1 dont t\tes les inc>tades sont immdiatem5t excuses et c\v]tes p> un gr\pe de dputs dmagogues8 ,en att5dant1 concluait le mme j\rnal1 l'tat1 qui patauge si misrablem5t sur son propre rseau1 s]ait sage de laiss] les compagnies exploit] les leurs en t\te lib]t et de ne po9t leur impos] des abus dont il a vu *ez lui les dsa/reuses consqu5ces4 ,va9 espoir1 l'tat1 c'e/--dire les politici5s qui ps5t sur lui1 ne cesse de p]scut] les compagnies1 de les accabl] de *>ges et d'enc\rag] l'indiscipl9e et les rclamations de leurs ag5ts4 ,mais la fatalit des *oses dom9ant les disc\rs1 a donn une n\velle leon exprim5tale qui f9ira srem5t p> tre comprise4 ,il y a quelques annes1 j'avais prdit dans un article de revue que le rsultat des despotiques int]v5tions tati/es s]ait de faire tomb] rapidem5t la valeur des actions des compagnies1 c'e/--dire un des lm5ts les plus /ables de la ri*esse publique p>ce qu'il e/ rp>ti dans le plus gr& nombre de ma9s4 ,cette prdiction s'e/ ralise rapidem5t4 ,la plup>t des actions ont subi une baisse norme1 atteignant p\r le ,lyon1 prs de #ag p4 #ajj4 ,les actions de cette compagnie1 cotes en fvri] #aiji #a4che francs la ,b\rse1 tombai5t #a4aej francs en fvri] #aiaa4 ,il faudra que la *ute soit plus pr(onde encore et surt\t que ses rp]cussions se manife/5t nettem5t p\r que cette leon exprim5tale pr(ite4 ,les mmes causes produisant gnralem5t les mmes effets1 ne n\s tonnons pas de r5contr] dans notre m>9e militaire une an>*ie id5tique celle con/ate plus haut dans le rseau de l'tat4 ,le rc5t travail du rapporteur du budget de la m>9e en f\rnit l'indiscutable preuve4 ,de #ahia #aijf1 dit-il1 l',allemagne a dp5s p\r sa m>9e #b4ejh millions1 t&is que la ,france en dp5sait #c4hji4 ,cep5dant1 malgr cette diffr5ce de #a4cjj millions1 l',allemagne tait p>v5ue =m] une flotte s5siblem5t suprieure celle de la ,france4 ,ces *iffres condamnai5t notre adm9i/ration4 ,l'op9ion publique re/ait indiffr5te4 ,p\r l'm\voir1 et p> contre-c\p p\r agit] la ,*ambre1 il fallait plus que des mots3 des accid5ts1 des cata/rophes1 du sang6 ,aprs le ,sully1 le ,*anzy1 la ,nive1 la ,vi5ne1 c'e/ le ,f>fadet et le ,lut9 qui c\l5t4 ,sur la ,c\ronne1 des canons clat5t1 des s]vants sont v5trs2 ,t\lon1 une de nos plus belles units1 l',ina1 entre en ruption comme un volcan4 ,aprs ce d]ni] et t]rible rev]s1 il ne devi5t plus possible d'accus] le has>d seul3 une enqute s'imposait4 ,/upfaite et mue1 l'op9ion publique apprit que malgr les c5ta9es de millions qui lui avai5t t consacrs1 la m>9e manquait non seulem5t de navires de gu]re puissants1 mais encore de canons1 de munitions1 d'approvisionnem5ts et de bass9s de rad\b4 ,elle sut qu'aprs un seul combat1 mme trs c\rt1 aucune place1 aucun port ne p\rrait ravitaill] une escadre1 ni en *>bon1 ni en projectiles4 ,ce n'e/ pas l'arg5t qui n\s a fait dfaut4 ,n\s en avons eu plus qu'il n'en fallait p\r gal] l',allemagne6 ,ces con/atations1 conclut le rapporteur1 sont accablantes#h4 #h ,extrait du rapport publi p> le ,temps du #be fvri] #aiaa4 ,accablantes en effet4 ,malheureusem5t1 il n'y a aucune *ance d'espr] que les causes multiples ayant eng5dr de tels rsultats3 indiscipl9e croissante des ouvri]s des ars5aux s\s l'influ5ce d'excitations j\rnalires1 dsorganisation complte des s]vices1 produite p> les +r5ces politiques et les rivalits de fonctionnaires qui se jal\s5t1 influ5ces sociali/es obligeant l'tat se *>g] de con/ructions que l',allemagne confie des indu/ries prives etc41 puiss5t disp>atre4 ,dans les cas prcd5ts1 les rsultats des expri5ces se sont montrs rapidem5t4 ,mais il arrive p>fois qu'ils se manife/5t avec l5teur4 ,la de/ruction presque in/antane de la flotte russe p> les gr&s cuirasss japonais et l'impuissance des torpilleurs ont t ncessaires p\r faire compr5dre la faute norme commise il y a quelques annes en ab&onnant la con/ruction des cuirasss p\r les remplac] p> une flotte de petits croiseurs et de torpilleurs reconnus inutiles ma9t5ant4 ,des c5ta9es de millions fur5t a9si gaspills4 ,notre pays re/a sans df5se1 jusqu'au j\r o l'erreur ayant t exprim5talem5t dmontre1 il fallut se dcid] entrepr5dre la con/ruction d'une n\velle flotte4 ,si l'expri5ce e/ s\v5t indisp5sable p\r vrifi] la valeur des op9ions1 c'e/ que la plup>t de ces d]nires se =m5t en ne t5ant compte que des lm5ts sup]ficiels des *oses4 ,dans le cas qui vi5t d'tre cit1 on p\vait1 p> des raisonnem5ts subtils bass sur quelques app>5ces1 pr\v] que les torpilleurs conomiques dtruirai5t facilem5t les gr&s cuirasss ru9eux4 ,l'ab&on de ces d]ni]s semblait donc rationnel4 ,les consqu5ces lo9ta9es de mesures d'app>5ces rationnelles ne sont visibles qu' des esprits pntrants1 et ce ne sont pas s\v5t eux qui g\v]n5t4 ,j'ai montr dans ma ,psy*ologie politique combi5 fur5t f9alem5t nuisibles nombre de lois p>aissant dictes p> d'excell5tes raisons4 ,l'expri5ce pr\va mme que la plup>t de ces lois draconi5nes agissai5t1 gnralem5t1 d'une faon exactem5t contraire aux intrts de ceux qu'elles v\lai5t protg]4 ,comme type des rsultats a9si obt5us1 un des plus curieux a t f\rni rcemm5t p> la ville de ,dijon4 ,les has>ds de la ccit populaire y ayant fait lire une municipalit sociali/e1 ces braves g5s s'imag9r5t favoris] les ouvri]s en remplaant l'octroi p> de l\rdes taxes frappant seulem5t les dt5teurs supposs de la ri*esse4 ,d'9vitables rp]cussions se manife/r5t en trs peu de temps1 et1 lo9 de dim9u]1 le prix de la vie augm5ta considrablem5t p\r les travailleurs4 ,les sociali/es apprir5t a9si exprim5talem5t1 mais aux dp5s de leurs adm9i/rs1 que les lois conomiques ddaignes1 qu& on ne les compr5d pas1 r5dront t\j\rs impossible l'tablissem5t d'une taxe quelconque sur une classe unique de citoy5s4 ,p> voie d'incid5ce elle se rp>tit bi5tt sur t\tes les autres et ce n'e/ pas celui contre lequel a t vot l'impt qui le paie4 99 99 99 99 99 ,les leons de l'expri5ce tant le plus s\v5t trs nettes1 p\rquoi tant d'hommes politiques1 auxquels l'intellig5ce ne manque pas t\j\rs1 les compr5n5t-ils si peu8 ,c'e/ que1 je l'ai dit dj1 l'expri5ce re/e peu prs sans action sur la croyance4 ,or1 les conceptions politiques des p>tis avancs n'tant plus des op9ions1 mais bi5 des croyances1 ont p\r s\ti5 ces lm5ts my/iques et affectifs dont n\s avons montr l'irrsi/ible =ce4 ,la raison1 invoque sans cesse p> les politici5s1 n'ex]ce pas plus d'influ5ce sur eux que sur les dvots d'aucune foi4 ,des c]titudes exclusivem5t my/iques ou s5tim5tales dict5t leur conduite4 ,ils sont matres de leurs disc\rs1 mais non des invisibles sugge/ions qui les font natre4 ,connaissant a9si la g5se secrte d'op9ions qui ne possd5t de rationnel que l'app>5ce1 on ne saurait s'indign] contre l'incomprh5sion de leurs auteurs4 ,des vrits1 clatantes p\r des esprits guids p> une logique rationnelle dgage de t\t lm5t trang]1 re/]ont t\j\rs inaccessibles aux hommes que la simple croyance conduit4 ,ils sont inaccessibles la raison1 l'obs]vation et l'expri5ce4 ,,livre ,,vi ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,,collectives ,,*apitre ,i ,,les ,,op9ions ,,=m,,es ,,s\s ,,des ,,influ5ces ,,collectives4 7,la race1 le milieu1 la c\tume1 les gr\pes sociaux1 etc47 #a4--;,influ5ce de la race sur les croyances4 ,les influ5ces collectives ont une "p prpondrante dans la g5se d'un gr& nombre d'op9ions et con/itu5t leurs vritables rgulateurs4 ,l'imm5se majorit des hommes ne possde gure que des op9ions collectives4 ,les plus indp5dants eux-mmes pr(ess5t gnralem5t celles des gr\pes sociaux auxquels ils app>ti5n5t4 ,n\s l'avons dit dj1 et allons le montr] plus clairem5t encore1 p> l'exam5 successif du rle des influ5ces collectives dans la g5se de nos op9ions et de nos croyances3 race1 milieu1 c\tume1 gr\pe social1 etc4 ,exam9ons d'abord l'influ5ce de la race4 ,des obs]vations plusieurs fois sculaires pr\v5t que les peuples *>gs d'un long pass prs5t5t une gr&e communaut d'op9ions et de croyances sur c]ta9s sujets fondam5taux4 ,elle rsulte de la =mation d'une me nationale4 ,cette me tant v>iable d'un peuple un autre1 les mmes vnem5ts veill]ont *ez *acun d'eux des ractions diffr5tes4 ,il n'exi/e plus gure auj\rd'hui de races pures au s5s an?ropologique de ce t]me1 mais lorsque des peuples de mme orig9e ou d'orig9es div]ses1 sans tre trop loignes1 ont t s\mis p5dant plusieurs sicles aux mmes croyances1 aux mmes in/itutions1 aux mmes lois1 et p>l5t la mme langue1 ils con/itu5t ce que j'ai appel ailleurs une race hi/orique4 ,cette race possde alors en morale1 en religion1 en politique et sur une f\le de sujets1 un ensemble d'ides1 de s5tim5ts communs1 tellem5t fixs dans les mes1 que t\t le monde les accepte sans les discut]4 ,l'me d'un peuple n'e/ donc pas une conception mtaphysique1 mais une ralit trs vivante4 ,elle e/ =me d'une /ratification atavique1 de traditions1 d'ides1 de modes de p5s]1 de prjugs mme4 ,de leur solidit dp5d la =ce d'une nation4 ,des hommes simplem5t runis p> une conqute viol5te con/itu5t un agrgat transitoire1 non cim5t et facilem5t dissociable p>ce qu'ils ne possd5t pas encore une me nationale4 ,tant qu'elle n'aura pas t acquise ils re/]ont une p\ssire de b>b>es4 ,dtruire les influ5ces du pass dans l'me d'un peuple eut t\j\rs p\r rsultat inv>iable de le ram5] la b>b>ie4 ,les div]g5ces d'op9ions *ez un peuple1 possdant une me nationale trs =te1 port5t seulem5t sur des sujets peu importants4 ,devant un gr& intrt en jeu1 l'accord devi5t unanime4 ,les ,anglais en donnr5t un frappant exemple dans la gu]re du ,transvaal4 ,les dfaites humiliantes et rptes des tr\pes britanniques1 va9cues p> de simples paysans bo]s1 f\rnissai5t aux j\rnaux de l'opposition une excell5te occasion d'attaqu] le m9i/re4 ,aucun n'y songea4 ,l'me nationale ne l'aurait pas p]mis4 ,cette me collective de la race ne se manife/e d'ailleurs que lorsqu'il s'agit d'intrts gnraux considrables4 ,elle n'entrave nullem5t l'exi/5ce d'mes individuelles trs vivaces1 de mme qu'en hi/oire naturelle1 les c>actres di/9cts de *aque espce ne les emp*5t pas de possd] galem5t ceux du g5re auquel ils app>ti5n5t4 ,n\s v]rons que les lm5ts con/ituants des races primitives1 n'tant pas encore diffr5cis1 n'ont qu'une me collective4 ,c'e/ seulem5t *ez des races trs volues que les c>actres individuels se sup]pos5t aux c>actres collectifs4 ,il a t rem>qu plus haut que la =mation d'une me commune tait possible seulem5t *ez des peuples d'orig9es peu dissemblables4 ,s'ils l'tai5t trop1 aucune fusion ne p\rrait s'opr]4 ,ne possdant pas la mme me1 *aque individu e/ impressionn diffremm5t p> les *oses extrieures1 et il ne saurait1 p> consqu5t1 exi/] d'op9ions communes sur aucun sujet4 ,les ,t*ques et les ,hongrois en ,autri*e1 les ,irl&ais en ,anglet]re1 etc41 illu/r5t l'exactitude de cette loi4 ,la prt5tion d'impos] nos codes aux indignes de nos colonies pr\ve qu'elle e/ peu comprise4 ,les croisem5ts de races trs diffr5tes modifi5t les influ5ces ance/rales1 mais ils enlv5t en mme temps aux individus t\te /abilit m5tale4 ,un peuple de mtis e/ +\v]nable4 ,l'an>*ie o viv5t les rpubliques lat9es de l',amrique en e/ la preuve4 ,l'hritage m5tal du pass se /abilisant mesure qu'un peuple vieillit1 ce qui tait une =ce p\r lui1 f9it la longue p> con/itu] une faiblesse4 ,son adaptation des progrs n\veaux dev5ant de plus en plus difficile1 sa p5se et ses op9ions sont de mo9s en mo9s libres4 ,il y a lutte j\rnalire entre le consci5t que la raison g\v]ne1 et les impulsions ance/rales qui lui *app5t4 ,les rvolutions viol5tes p> lesquelles les peuples essai5t quelquefois alors de se s\/raire au j\g opprimant d'un pass trop l\rd1 sont sans action durable4 ,elles peuv5t dtruire les *oses1 mais modifi5t trs peu les mes4 ,c'e/ a9si que les op9ions et les croyances de la vieille ,france ps5t d'un irrsi/ible poids sur la n\velle4 ,les faades seules ont *ang4 #b4--;,influ5ce du milieu social et des gr\pes sociaux4 ,le milieu social ex]ce sur nos op9ions et notre conduite une action int5se4 ,il eng5dre notre insu des infr5ces inconsci5tes qui n\s dom95t con/amm5t4 ,les livres1 les j\rnaux1 les discussions1 les vnem5ts d'une poque crent une ambiance qui1 bi5 qu'invisible1 n\s ori5te4 ,elle conti5t les g]mes de conceptions arti/iques1 littraires1 sci5tifiques ou philosophiques que le gnie cond5se quelquefois en syn?ses lum9euses4 ,les op9ions suscites p> le milieu social sont tellem5t =tes1 que l'individu oblig de quitt] ce milieu e/ galem5t =c de *ang] d'op9ions4 ,un p>fait sociali/e rvolutionnaire devi5t aism5t un cons]vateur troit ds son arrive au p\voir4 ,on sait avec quelle facilit ,napolon trans=ma en ducs1 *ambellans et b>ons1 les f>\*es conv5tionnels qui n'avai5t pas encore eu le temps de se c\p] rciproquem5t la tte4 ,le milieu social agit d'une faon gnrale1 mais ce qui agit surt\t c'e/ le gr\pe auquel n\s app>t5ons4 ,d'op9ions et de croyances individuelles1 dduites de nos propres obs]vations et de nos raisonnem5ts1 n\s en avons gnralem5t =t peu4 ,la plup>t des hommes ne possd5t que celles du gr\pe3 ca/e1 classe1 secte1 p>ti1 pr(ession auxquels ils app>ti5n5t et les adopt5t en bloc4 ,*aque classe d'un peuple3 ouvri]s1 magi/rats1 politici5s1 pr(ess5t donc les op9ions fondam5tales de leur gr\pe pr(essionnel4 ,elles sont le critrium de leurs jugem5ts4 ,ils ti5n5t les *oses p\r vraies ou fausses suivant qu'elles sont con=mes ou non aux op9ions de ce gr\pe4 ,*acun =me une sorte de tribu f]me1 possdant des op9ions communes si acceptes qu'elles ne se discut5t mme pas4 ,qui n'adopte pas les ides de son gr\pe n'y saurait vivre4 ,l'volution actuelle v]s le socialisme et le syndicalisme augm5te t\s ces gr\pes1 notamm5t ceux p> lesquels l'tat adm9i/re ses monopoles4 ,ils se jal\s5t frocem5t1 et ri5 n'exi/e de commun entre eux qu'une cascade d'inimitis et de mpris4 ,aucune solid>it ne les reliant1 il en rsulte une dsorganisation progressive des s]vices *aque j\r plus nombreux assums p> l'tat4 ,c'e/ une des causes pr(ondes1 quoique des mo9s signales1 de la dcad5ce des monopoles tati/es1 et notamm5t1 de notre m>9e de gu]re4 ,j'en ai f\rni les preuves1 dans un prcd5t ouvrage1 et montr que le simple passage d'un monopole entre les ma9s de l'tat e/ un dsa/re p\r les f9ances4 ,les diss5tim5ts d'op9ions entre les gr\pes fonctionn>iss qui1 s\s le bnfice de l'anonymat1 sont les vrais matres du pays1 app>aiss5t peu au public4 ,les op9ions des gr\pem5ts ouvri]s sont au contraire trop bruyantes p\r pass] inap]ues4 ,leurs ha9es l'g>d des autres classes t5d5t dev5ir de puissants facteurs de l'volution politique actuelle4 ,s'imag9ant1 sur l'affirmation de leurs m5eurs1 tre les crateurs uniques de la ri*esse1 ils ne s\ponn5t aucunem5t le rle du capital et de l'intellig5ce4 ,se considrant beauc\p plus les compatriotes des ouvri]s trang]s que des b\rgeois franais1 ils sont dev5us int]nationali/es et anti-milit>i/es4 ,leur vraie patrie e/ le gr\pe des g5s de leur mti]1 quelque nation qu'ils app>ti5n5t4 #c4--;,influ5ce de la c\tume4 ,la c\tume1 =me de l'habitude1 fait la =ce des socits et des individus4 ,elle les disp5se d'avoir rfl*ir sur *aque cas qui se prs5te p\r se =m] une op9ion4 ,le milieu1 la contagion et l'ducation ma9ti5n5t en n\s la c\tume4 ,les lois ne font que la sanctionn] et sont puissantes seulem5t qu& elles fix5t une c\tume dj exi/ante4 ,le rle de la c\tume1 dont j'ai dj p>l dans un autre *apitre propos de l'habitude1 a t =t bi5 tudi depuis longtemps1 notamm5t p> ,montaigne1 et il suffira de reproduire ce qu'crivait ce philosophe3 ,c'e/1 la vrit1 une viol5te et trai/resse mai/resse d'es*ole que la c\/ume4 ,elle e/ablit en n\s1 peu peu1 la desrobe1 le pi$ de son auctorit3 mais1 p> ce d\lx et humble comm5cem5t1 l'ayant rassis et plant avec l'ayde du temps1 elle n\s desc\vre tanto/ un furieux et tyrannique visage1 contre lequel n\s n'avons plus la lib]t de hauls] seulem5t les yeulx4 444 ,mais on desc\vre bi5 mieulx ses effects aux e/ranges impressions qu'elle faict en nos mes1 o elle ne tr\ve pas tant de rsi/ance444 ,les loix de la consci5ce1 que n\s disons nai/re de nature1 naiss5t de la c\/ume2 *acun1 ayant en vnration int]ne les op9ions et murs appr\ves et reeues aut\r de luy1 ne s'en peult despr5dre sans remors1 ny s'y appliqu] sans applaudissem5t4 ,qu& ceulx de ,crte v\loi5t1 au temps pass1 mauldire quelqu'un1 ils prioi5t les dieux de l'engag] en quelque c\/ume444 les communes imag9ations que n\s tr\vons en crdit aut\r de n\s1 et infuses en no/re me p> la sem5ce de nos pres1 il semble que ce soy5t les gnrales et naturelles3 p> o il advi5t que ce qui e/ hors les gonds de la c\/ume1 on le croit hors les gonds de la raison2 ,dieu sait combi5 desraisonnablem5t le plus s\v5t6444 ,c'e/ p> l'entremise de la c\/ume que *ascun e/ cont5t du lieu o nature l'a plant2 et les sauvages d',escosse n'ont que faire de la ,t\ra9e1 ny les ,scy!s1 de la ,!ssalie444 l'usage n\s desrobe le vray visage des *oses444 ,n\s allons exam9] ma9t5ant les c>actri/iques spciales1 la valeur et l'influ5ce des op9ions collectives dont n\s v5ons d'indiqu] la g5se4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,progr,s ,,de ,l',,influ5ce ,,des ,,op9ions ,,collectives ,,et ,,leurs ,,cons,,qu5ces4 #a4--,les c>actri/iques des op9ions populaires4 ,l'action de plus en plus considrable des f\les dans la vie politique donne une gr&e importance l'tude des op9ions populaires4 ,int]prtes p> une lgion d'avocats1 de pr(esseurs1 qui les transpos5t et en dissimul5t la mobilit1 l'incohr5ce et le simplisme1 elles re/5t assez mal connues4 ,auj\rd'hui1 le peuple s\v]a9 e/ aussi adul que le fur5t jadis les pires despotes4 ,ses passions basses1 ses apptits bruyants1 ses plus in9tellig5tes aspirations suscit5t des admirateurs4 ,p\r les politici5s1 s]viteurs de la plbe1 les faits n'exi/5t pas1 les ralits n'ont aucune valeur1 la nature doit se pli] t\tes les fantaisies du nombre4 ,l'me populaire1 dj tudie p> n\s dans d'autres ouvrages1 a p\r pr9cipale c>actri/ique d'tre entirem5t dom9e p> des lm5ts affectifs et my/iques4 ,aucun argum5t rationnel ne p\vant refrn] *ez elle les impulsions cres p> ces d]ni]s1 elle y obx immdiatem5t4 ,le ct my/ique de l'me des f\les e/ s\v5t plus dvelopp encore que son ct affectif4 ,il en rsulte un beso9 int5se d'ador] quelque *ose3 dieu1 fti*e1 p]sonnage ou doctr9e4 ,ce beso9 s'pan*e auj\rd'hui v]s la foi sociali/e1 religion n\velle dont le p\voir surnaturel doit rgnr] les hommes4 ,le my/icisme populaire fut obs]v d'ailleurs t\s les ges4 ,qu& il ne se manife/a pas dans les croyances religieuses1 il rgna dans les conceptions politiques4 ,l'hi/oire de la ,rvolution le montre *aque page4 ,le po9t le plus ess5tiel peut-tre de la psy*ologie des f\les e/1 je le rpte1 l'impuissance de la raison sur elles4 ,les ides capables d'influ5c] les multitudes ne sont pas des ides rationnelles1 mais des s5tim5ts exprims s\s =me d'ides4 ,de telles vrits devrai5t tre banales depuis longtemps4 ,cep5dant la conduite des politici5s de race lat9e montre qu'ils ne les compr5n5t pas encore4 ,ils ne se dgag]ont de l'an>*ie qu'aprs les avoir comprises4 #b4--;,comm5t1 s\s la mobilit des op9ions populaires1 p]si/e une c]ta9e fixit4 ,p>mi les c>actri/iques des op9ions populaires1 on en r5contre deux1 la mobilit et la /abilit1 d'aspect contradictoire4 ,la mobilit p>at leur loi1 et elle l'e/ en effet1 mais semblable aux vagues de l'ocan surmontant des eaux tranquilles1 cette mobilit de surface ca*e des lm5ts trs /ables4 ,on les dc\vre s\s t\tes les v>iations dont notre hi/oire (fre depuis un sicle le tableau4 ,d]rire la mobilit con/ante de la f\le1 d]rire ses fureurs1 ses en?\siasmes1 ses viol5ces et ses ha9es gnratrices de tant de b\lev]sem5ts1 p]si/5t des in/9cts cons]vateurs t5aces4 ,les f\les lat9es les plus rvolutionnaires re/5t trs cons]vatrices1 trs traditionali/es4 ,c'e/ p\rquoi les rgimes briss p> elles sont bi5tt re/aurs s\s de n\veaux noms4 ,cette d\ble t5dance1 rvolutionnaire dans les actes1 cons]vatrice dans les s5tim5ts1 *appe gnralem5t aux m5eurs de f\les4 ,aussi ne les entran5t-ils jamais bi5 longtemps dans le mme s5s4 ,sur les op9ions politiques j\rnalires1 et surt\t sur les s5tim5ts p\r les p]sonnes1 on fait oscill] facilem5t l'me populaire4 ,sur sa m5talit fondam5tale1 le temps seul peut agir4 ,un des exemples montrant le mieux la fois l'incomprh5sion gnrale de l'me populaire1 et la fixit ca*e s\s sa mobilit1 e/ f\rni p> une rc5te expri5ce du ,g\v]nem5t anglais4 ,le ,p>lem5t lu aprs dissolution ne lui ayant pas donn1 propos de la r=me de la ,*ambre des ,lords1 une majorit suffisante1 il crut1 p> une campagne n]gique1 p\voir obt5ir des f\les anglaises les dputs dont il avait beso91 et la ,*ambre fut de n\veau diss\te4 ,malgr la plus viol5te pression1 les mmes dputs fur5t r5omms4 ,avant la dissolution1 la majorit g\v]nem5tale tait de #abd voix4 ,aprs les n\velles lections1 de #abf voix4 ,t\t cet ef=t norme ab\tissait un insignifiant dplacem5t de deux voix4 ,nul beso9 d'une psy*ologie bi5 savante p\r prdire ce rsultat4 ,comm5t suppos]1 qu'ayant agi une premire fois sur l'op9ion populaire p> t\s les moy5s la disposition du g\v]nem5t1 on p\rrait quelques mois de di/ance obt5ir des rsultats diffr5ts8 ,les m9i/res le supposai5t sans d\te en se basant sur la mobilit bi5 connue des f\les1 mais ils oubliai5t leur fixit sur c]ta9es que/ions fondam5tales4 ,or1 c'tait ju/em5t sur ces po9ts ess5tiels que les lecteurs devai5t vot]4 ,ils correspondai5t des t5dances traditionnelles irrductibles des div]ses fractions du peuple anglais4 ,l'me collective ne peut tre dirige qu'en la pntrant4 ,j'ai bi5 des fois montr quel po9t la plup>t de nos hommes d'tat en ignor5t le mcanisme4 ,la loi rc5te sur les retraites ouvrires l'a une fois de plus montr4 ,ils compr5n5t encore mo9s l'me collective d'autres peuples1 comme le pr\v5t les ides d'assimilation imposes nos colonies4 #c4--,la puissance de l'op9ion populaire avant l'ge mod]ne4 ,l'action des op9ions populaires dev5ue prpondrante auj\rd'hui1 s'e/ galem5t ex]ce aux div]s temps de l'hi/oire4 ,on ne l'ap]oit pas t\j\rs1 p>ce que la *ronique des nations n'a gure t1 p5dant longtemps1 que celle des s\v]a9s4 ,t\s les actes de leurs rgnes semblai5t des crations de leurs volonts4 ,bi5 qu'oublies des livres1 les influ5ces populaires fur5t cep5dant considrables4 ,qu& aprs avoir t]m9 l'hi/oire des rois on s'occup]a de celle des peuples1 il app>atra clairem5t que les f\les fur5t les vraies cratrices d'vnem5ts mmorables3 croisades1 gu]res de religion1 massacre de la ,sa9t-,b>?lemy1 rvocation de l'dit de ,nantes1 ,re/auration mon>*ique et napoloni5ne1 etc4 ,aucun despote n'aurait jamais eu la puissance d'ordonn] la ,sa9t-,b>?lemy1 et1 malgr son absolu p\voir1 ,l\is ,,xiv n'aurait pu rvoqu] l'dit de ,nantes4 ,sans v\loir entr] ici dans les dtails et en me bornant comme exemple au d]ni] des vnem5ts que je vi5s de cit]1 je f]ai rem>qu] que ,l\is ,,xiv ne l'ordonna que p\ss p> la volont gnrale4 ,il n'y eut ri5 de plus populaire1 crit ju/em5t ,faguet1 que la rvocation de l'dit de ,nantes2 ce fut une mesure de s\v]a9et nationale1 ce fut une mesure d'oppression de la m9orit p> la majorit1 ce fut une mesure m9emm5t dmocratique4 ,la plup>t des vnem5ts crs p> les f\les sont gnralem5t ceux qui j\r5t le plus fune/e rle dans l'hi/oire4 ,les cata/rophes d'orig9e populaire fur5t heureusem5t peu nombreuses1 grce l'action des lites qui1 si faible auj\rd'hui1 russissait alors1 le plus s\v5t1 limit] les caprices et les fureurs du nombre4 #d4--,les progrs actuels des influ5ces collectives dans la g5se des op9ions et leurs consqu5ces4 ,l'action gr&issante du p\voir des f\les tant un des facteurs 9vitables de la vie mod]ne1 il faut savoir le subir4 ,pascal s'y rsignait dj3 ,p\rquoi suit-on la pluralit8 ,e/-ce p>ce qu'ils ont plus de raison8 ,non1 mais plus de =ce4 ,et p> le fait seul que la puissance a t confre au nombre1 ou t\t au mo9s ceux qui conduis5t le nombre1 que le nombre e/ p]suad qu'tant t\t il peut t\t1 il s'ensuit que les flatteurs de ce p\voir n\veau se multipli5t *aque j\r p\r le s]vir4 ,lgislateurs et m9i/res sont dev5us ses esclaves4 ,les hommes politiques sont bi5 petits auj\rd'hui devant les mugissem5ts populaires4 ,les plus pondrs cd5t en tremblant4 ,ils n'hsit]ont jamais1 comme on le vit avec /upeur ,bre/1 sign] des manife/es en faveur d'un an>*i/e antipatriote1 c&idat au ,p>lem5t1 si de bas comits lectoraux le leur ordonn5t4 ,cette s]vilit fut du re/e la loi de t\s les ges4 ,qu'un peuple aspire la lib]t1 ce qui lui arrive r>em5t1 ou se rue v]s la s]vitude1 t5dance beauc\p plus frqu5te1 il tr\v]a t\j\rs des pr(esseurs et des avocats p\r donn] une =me intellectuelle ses impulsions1 si dang]euses qu'elles puiss5t tre4 ,les op9ions des f\les dict5t auj\rd'hui aux lgislateurs les lois qu'ils doiv5t vot]1 et1 comme ces lois correspond5t des fantaisies phmres et non des ncessits1 leur rsultat f9al e/ de dsorganis] la vie indu/rielle1 sociale et conomique du pays4 ,quant aux g\v]nants1 ils se born5t suivre les m\vem5ts de l'op9ion1 se s5tant impuissants les dirig]1 et laiss5t a9si s'accumul] des ru9es4 ,on le con/ate ma9t5ant *aque j\r4 ,la d]nire grve des inscrits m>itimes1 qui faillit anantir le comm]ce de l',algrie1 en a f\rni un bi5 lam5table exemple4 ,ds qu'une grve m>itime se manife/e1 la navigation tant rs]ve la m>9e franaise1 l',algrie se tr\ve en tat de blocus1 et ses m>*&ises p\rriss5t dans ses ports4 ,en #aijd1 les communications fur5t a9si int]rompues trois mois2 en #aijg1 un mois2 en #aiji1 deux mois4 ,p\r remdi] ce blocus il suffisait de susp5dre mom5tanm5t le monopole des pavillons1 de faon p]mettre aux btim5ts trang]s un comm]ce au mo9s provisoire entre la ,france et l',algrie4 ,af9 de se mnag] la cli5tle lectorale des inscrits m>itimes1 on prfra faire p]dre des millions l',algrie4 ,devant cette passivit rsigne1 cette obissance leurs ordres1 les f\les devi5n5t *aque j\r plus imprieuses4 ,les fre9s qui les ma9t5ai5t tant dtruits1 elles oblig5t p>fois leurs reprs5tants lgifr] au mpris de t\te quit comme l'aurai5t fait des b>ons fodaux4 ,il faudrait entr] dans trop de dtails p\r montr] comm5t se sont graduellem5t dsagrges les actions inhibitrices qui modrai5t jadis les fantaisies et les fureurs des f\les1 et comm5t a t am5 leur tat de rvolte p]man5te4 ,cet esprit de rbellion rsulte avant t\t de la notion1 qu'il suffit de m5ac] et1 au beso91 saccag]1 comme ,n>bonne et en ,*ampagne1 p\r tre obi4 ,nombreux sont les faits mettant en vid5ce les phases de cette l5te volution de l'me populaire1 et montrant quels *angem5ts de m5talit p>v9r5t branl] des pr9cipes de droit sculaire1 considrs comme inde/ructibles4 ,je me born]ai cit] comme exemple1 la g5se d'une loi1 d'aspect in(f5sif et humanitaire ses dbuts1 mais dont le rsultat f9al fut la susp5sion mom5tane de la vie nationale1 p> suite de la grve des *em9ots4 ,depuis longtemps1 les compagnies payai5t leurs employs des retraites s\v5t suprieures celles des fonctionnaires4 ,d'aprs les *iffres donns la ,*ambre1 alors que les ouvri]s m9eurs ont un maximum de p5sion de #cfj francs1 les in/ituteurs #a4ajj francs1 les pr(esseurs de collge #a4che francs1 celles des *efs de g>e et des mcanici5s peuv5t atte9dre et dpass] #c4ejj francs4 ,l'orateur qui donnait ces *iffres la tribune aj\tait que ce n'e/ pas la situation des employs des compagnies qui dem&]ait tre amliore4 ,ri5 de plus vid5t1 mais comme les *em9ots peuv5t dev5ir de bons ag5ts lectoraux1 et d'ailleurs faisai5t ent5dre1 dans les j\rnaux qu'ils inspir5t1 de viol5tes m5aces1 les lgislateurs crur5t trs simple d'us] de leur s\v]a9et absolue p\r leur donn] satisfaction4 ,ils s'empressr5t donc de vot] une norme augm5tation de retraites1 payables naturellem5t p> les actionnaires des compagnies4 ,peu de despotes aurai5t os employ] ce procd et dcl>] a9si des actionnaires3 il me plat de rduire vos maigres divid5des p\r faire des p5sions une catgorie d'ag5ts dont j'ai beso94 ,obissez et payez4 ,les *em9s de f]1 tant entreprises prives1 sont lis p> des contrats qu'un seul des contractants n'a pas le droit de bris]4 ,cette vrit et fait rfl*ir des lgislateurs mo9s aveugls p> la ?orie de la s\v]a9et de l'tat reprs5tant les f\les4 ,il ne se tr\va p\rtant1 au ,snat1 qu'un seul snateur1 ,m4 ,raymond ,po9c>1 p\r montr] le c>actre odieux d'une int]v5tion ayant p\r b de dp\ill] une classe de citoy5s au pr(it d'une autre4 ,c'e/1 dit-il1 le fait du ,pr9ce dans ce qu'il a de plus arbitraire4 ,n\s lgifrons p\r l'av5ir2 on n\s dem&]a dema9 de lgifr]1 s9on p\r le pass1 du mo9s p\r le prs5t444 ,o irons-n\s1 ,messieurs1 je me le dem&e8 ,n\s rsi/]ons sans aucun d\te1 mais combi51 le j\r v5u1 s]ons-n\s rsi/]8 ,pas beauc\p1 c]tes1 c> l'm95t homme d'tat1 aprs avoir =t bi5 montr les r$\tables dang]s du projet du ,g\v]nem5t1 n'en a pas mo9s vot p\r lui1 contribuant a9si viol] des pr9cipes de droit fondam5taux4 ,enc\rags p> le succs de leurs m5aces1 les employs de *em9s de f] exigr5t immdiatem5t des augm5tations de traitem5t considrables4 ,les compagnies1 ayant essay de rsi/]1 il en rsulta f9alem5t la dsa/reuse grve des *em9ots qui dsorganisa t\s nos rseaux4 ,ce n'e/ l d'ailleurs qu'un comm5cem5t4 ,les ouvri]s auxquels on propose des p5sions de deux ou trois c5ts francs ne s'en cont5t5t plus depuis qu'ils ont con/at que1 p> des viol5ces1 leurs collgues des *em9s de f] en obt5ai5t deux ou trois mille4 ,a la suite du vote du ,snat1 les dem&es de retraites proportionnelles comm5cr5t naturellem5t pleuvoir3 cantonni]s1 ouvri]s des ars5aux1 des m9es1 des tabacs rclamr5t n]giquem5t4 ,mais t\t cela e/ l'av5ir1 un r$\table av5ir1 que les proccupations lectorales peuv5t seules emp*] d'ap]cevoir4 ,quel s9i/re aveuglem5t6 ,on a vu1 p> la rvolte rc5te de plusieurs villes d'un dp>tem5t1 rvolte accompagne de pillage et d'inc5dies1 les progrs de la viol5ce des classes populaires qu& on refuse de leur obir in/antanm5t4 ,le b p\rsuivi se dess9e *aque j\r plus nettem5t4 ,il consi/e t*] de dp\ill] ceux qui possd5t4 ,cet idal1 con/amm5t pr* p> les m5eurs1 e/ au fond de t\tes les rev5dications4 ,en att5dant1 les lgislateurs sanctionn5t s]vilem5t les mesures que la f\le exige4 ,ils ont p]du le s5s des possibilits et des ralits4 ,les plus dures expri5ces ne les clair5t pas4 ,ils s'imag95t m>*] a9si v]s le progrs et la lib]t1 t&is que leurs votes n\s mn5t v]s la s]vitude1 la dcad5ce et t\s les despotismes qui en sont la suite4 #e4--;,influ5ce des collectivits dans la /abilisation de c]ta9s lm5ts sociaux4 ,le rle de/ructeur des op9ions des f\les1 n'e/ qu'une des faces de leur action4 ,s\s la mobilit populaire app>5te1 exi/e1 n\s l'avons dit1 un esprit traditionali/e assez difficile dtruire4 ,grce lui les f\les ret\rn5t facilem5t au pass4 ,le ct cons]vateur de l'me populaire s'obs]ve surt\t dans les gr\pes sociaux3 classes1 congrs1 corporations1 syndicats1 acadmies1 etc4 ,l'action de ces gr\pes homognes e/ s\v5t =t diffr5te de celle des f\les htrognes dont n\s n\s sommes occup plus haut4 ,ni de/ructive1 ni cratrice elle /abilise1 en raison de l'autorit du nombre1 des op9ions n\velles cres p> des lites et fixe a9si p\r quelque temps c]ta9s lm5ts importants des civilisations3 langues1 arts1 modes1 croyances1 ?ories sci5tifiques mme4 ,l'action individuelle e/ c]ta9em5t capitale1 et le gnie1 sa plus belle floraison1 e/ t\j\rs p]sonnel2 cep5dant ses crations ne peuv5t ple9em5t s'pan\ir qu'aprs tre dev5ues collectives4 ,sans les *]*eurs solitaires1 il n'y aurait jamais eu ni civilisation1 ni progrs1 mais l'uvre individuelle n'acqui]t t\te sa puissance que p> son absorption dans l'me collective4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,dissolution ,,de ,l',,ame ,,individuelle ,,dans ,l',,ame ,,collective4 #a4--;,dsagrgation actuelle des gr&es collectivits en petits gr\pem5ts4 ,aprs s'tre pniblem5t dgage1 p> un l5t travail sculaire1 de la collectivit1 l'me individuelle t5d y ret\rn] actuellem5t1 s\s une =me imprvue1 =t diffr5te de celle imag9e p> c]ta9s ?orici5s politiques1 rvant un nivellem5t gnral des conditions et des =tunes s\s la direction de l'tat4 ,a ct des ?ories sociali/es1 et bi5tt contre elles1 se dveloppai5t de petits gr\pes nettem5t sp>s les uns des autres p> leurs op9ions et leurs intrts4 ,cette dsagrgation d'une socit en fragm5ts sans li5s communs con/itue ce qu'on a nomm le m\vem5t syndicali/e4 ,lo9 de re/]1 comme le socialisme1 l'uvre de ?orici5s purs1 trang]s aux ralits1 il reprs5te une cration spontane due des ncessits conomiques qui se sont imposes p>t\t1 a9si que le pr\ve sa gnralisation1 s\s des =mes div]ses1 *ez des peuples de m5talits di/9ctes4 ,les seules diffr5ces sont que le syndicalisme1 rvolutionnaire dans c]ta9s pays1 re/e pacifique dans d'autres4 ,l'volution indu/rielle qui a eng5dr ce m\vem5t conduit les gr&es patries mod]nes se subdivis] en petites patries1 ne respectant que leurs lois propres1 et mprisant celles de la collectivit gnrale qui les conti5t4 ,l'union provisoire de ces div]s gr\pes1 malgr des intrts di/9cts1 les a d\s d'une =ce assez puissante p\r faire prvaloir s\v5t leurs volonts4 ,cette =ce1 *acun en con/ate facilem5t les rsultats1 mais on s'ap]oit beauc\p mo9s en gnral1 que l'union mom5tane de t\s ces gr\pes ne saurait dur]4 ,ds que l'anci5 bloc social aura t entirem5t diss\s en petits fragm5ts solidem5t con/itus1 leurs div]g5ces d'intrts les conduira fatalem5t des luttes incessantes4 ,si *aque gr\pe e/ en effet compos d'lm5ts homognes1 ayant des intrts et des op9ions id5tiques1 il se tr\ve en conflit avec d'autres gr\pes1 aussi puissants1 mais d'intrts nettem5t opposs4 ,on peut ds ma9t5ant press5tir ces futures luttes1 entre intrts contraires1 p> l'hi/oire des anci5nes rpubliques itali5nes1 celles de ,si5ne et de ,flor5ce notamm5t4 ,g\v]nes p> des syndicats ouvri]s1 leurs diss5sions inte/9es ensanglantr5t p5dant des sicles t\tes les cits o ils fur5t matres4 ,n'objectons pas qu'il s'agit de temps trs anci5s4 ,les gr&es lois sociales ne sont pas nombreuses et se rpt5t t\j\rs4 ,les luttes de gr\pes ne font que comm5c]1 p>ce que le p\voir c5tral1 puissant encore1 refrne leurs rivalits1 mais ce p\voir p]d de plus en plus son action4 ,ds qu'il l'aura t\t fait p]due on v]ra les conflits des gr\pem5ts collectifs se manife/] d'abord contre lui1 comme ,n>bonne1 puis entre eux1 comme en ,*ampagne1 o les syndicats rivaux de deux dp>tem5ts d'intrts contraires se sont prem5t combattus4 ,pillages1 inc5dies1 massacres s]ont alors1 comme ils le fur5t t\j\rs1 les manife/ations 9vitables des colres populaires devant la mo9dre rsi/ance leurs volonts1 lorsqu'aucun fre9 ne les reti5t plus4 99 99 99 99 99 ,n\s ne n\s sommes pas autant c>t du problme de la g5se des op9ions et des croyances que le prcd5t expos p\rrait le faire croire4 ,comm5t compr5dre l'unit d'op9ions d'un gr\pe sans avoir dt]m9 d'abord s\s quelles influ5ces il s'e/ =m8 ,dans les *apitres consacrs l'tude des op9ions individuelles1 n\s avons s\v5t eu pe9e prcis]1 p>mi les facteurs p\vant agir1 ceux qui j\5t un rle prpondrant4 ,ri5 n'e/ plus ais1 au contraire1 p\r des gr\pes trs homognes1 trs circonscrits1 tels que ceux dont on vi5t d'indiqu] la =mation4 ,ils sont en effet composs d'individus ne possdant d'autres op9ions que celles de leur petit milieu4 ,p\r cons]v] sa =ce1 le gr\pe e/ oblig de ne tolr] aucune dissid5ce4 ,p> l'op9ion d'un de ses membres1 on connat celle de t\s les autres4 ,le problme de la g5se des op9ions et des croyances1 encore compliqu auj\rd'hui1 se simplifi]a donc considrablem5t qu& ne s]a plus tolre que l'op9ion du gr\pe dans lequel on se tr\v]a conf94 ,l'indp5dance des ides devi5dra alors de plus en plus impossible4 ,que les socits futures tomb5t s\s le j\g du socialisme1 du syndicalisme1 ou des despotes1 eng5drs p> les an>*ies nes de ces doctr9es1 elles n'en s]ont pas mo9s m5talem5t ass]vies4 #b4--;,comm5t l'me individuelle e/ sortie de l'me collective et comm5t elle y ret\rne4 ,l'volution mod]ne t5d1 n\s v5ons de le voir1 dsagrg] les socits en petits gr\pes di/9cts1 possdant des s5tim5ts1 des ides et des op9ions id5tiques1 c'e/--dire une me commune4 ,inutile de discut] sur la valeur de cette volution1 les raisons ne *angeant pas les *oses4 ,mais sans jug] les faits1 on peut du mo9s *]*] les int]prt]4 ,or1 il e/ ais de montr] que cette fusion des mes individuelles en mes collectives con/itue un ret\r des phases extrmem5t lo9ta9es de l'hi/oire obs]ves encore l'tat de survivance *ez les peuples primitifs infrieurs4 ,ces peuples primitifs se compos5t t\j\rs en effet de petits gr\pes nomms tribus1 mom5tanm5t allis1 s\v5t en gu]re4 ,le rle de l'individu s'y montre trs faible1 p>ce que l'me individuelle n'e/ pas dgage encore4 ,ils n'ont qu'une me collective1 et c'e/ p\rquoi t\s les membres d'une mme tribu sont considrs comme responsables des actes d'un seul4 ,la connaissance de cette notion c>actri/ique e/ indisp5sable p\r compr5dre le droit usuel de t\s les primitifs ou mme de demi-civiliss1 les ,annamites p> exemple4 ,un adm9i/rateur d',indo-,*9e1 ,m4 ,paul ,giran1 fait ju/em5t rem>qu] que le droit collectif de ce pays p>at incomprh5sible aux magi/rats europens qu'on y envoie p>ce qu'ils ti5n5t p\r une indiscutable vid5ce que seul l'auteur d'un dlit en e/ responsable4 ,l'ide qu'une p]sonne trangre un crime puisse1 du fait de ce crime1 subir une pe9e quelconque1 leur p>at mon/rueuse4 ,elle ne l'e/ cep5dant pas p\r l',annamite4 ,dans de nombreux cas1 les p>5ts app>t5ant au gr\pe familial du c\pable sont excuts4 ,et p\rquoi8 ,p\r la raison psy*ologique indique plus haut1 que les lm5ts de *aque gr\pe social n'tant pas diffr5cis1 sont considrs comme n'ayant qu'une me collective4 ,ce pr9cipe e/ gnral puisqu'il rgit le communisme politique1 religieux ou social de t\s les peuples leurs dbuts4 ,le droit primitif ne di/+uant pas la p]sonnalit individuelle1 non encore diffr5cie1 de son gr\pe1 punit le gr\pe t\t enti] ou un fragm5t quelconque de ce gr\pe4 ,comm5t les codes qui ne traduis5t que la c\tume p\rrai5t-ils en dcid] autrem5t8 ,le condamn ne prote/e nullem5t1 d'ailleurs1 contre un tel droit1 inique p\r le civilis1 mais quitable p\r l'homme1 imprgn du s5tim5t trs net de son troite solid>it avec un gr\pe dont il ne se croit pas sp>able4 ,les ,europens eux-mmes revi5n5t ce droit primitif en temps de gu]re1 qu& ils fusill5t les otages1 en s'appuyant sur le pr9cipe de la responsabilit collective4 ,ils sembl5t de/9s y ret\rn] d'une faon plus gnrale encore1 si les socits cont9u5t se dsagrg] en gr\pes1 comme ceux tudis plus haut4 ,la non-diffr5ciation psy*ologique des div]s membres d'une tribu1 *ez les primitifs1 s'accompagne aussi d'une non-diffr5ciation anatomique4 ,j'ai jadis pr\v1 p> des re*]*es faites sur des milli]s de crnes1 que l'homognx anatomique d'un peuple e/ d'autant plus gr&e qu'on remonte plus haut v]s ses orig9es1 et qu' mesure qu'il progresse les crnes de ses div]s membres se diffr5ci5t davantage4 ,ce fait e/ rappro*] des obs]vations des voyageurs montrant que t\s les membres d'une tribu sauvage se ressembl5t tonnamm5t et que les sexes eux-mmes sont pe9e di/9cts4 ,l'me collective des primitifs1 les peuples civiliss la possd5t galem5t4 ,mais des mes individuelles en limit5t l'influ5ce4 ,la premire con/itue ce que n\s avons appel l'me de la race4 ,elle se manife/e surt\t dans les gr&es circon/ances intressant la de/9e du peuple t\t enti]4 ,l'me individuelle se manife/e au contraire dans les mo9dres circon/ances habituelles de la vie quotidi5ne4 ,cette sup]position des mes individuelles l'me collective e/1 je l'ai dit dj1 un phnomne analogue celui obs]v *ez t\s les tres dont les espces possd5t1 avec les c>actres gnraux du g5re auquel ils app>ti5n5t1 ceux spciaux *aque espce4 ,on ne re*]*]a pas ici au prix de quels ef=ts sculaires l'me individuelle s'e/ l5tem5t dgage de l'me collective1 o l'intrt social t5dait la ma9t5ir1 p> l'action puissante des croyances religieuses1 du milieu1 des c\tumes1 des traditions et des lois4 ,expos] cette succession d'ef=ts s]ait refaire l'hi/oire4 ,une p>eille tude n\s appr5drait que1 dans la suite des temps1 le nombre d'hommes ayant russi se dgag] du poids norme de l'me collective fut t\j\rs assez r>e4 ,elle n\s montr]ait aussi que l'humanit leur doit t\s les progrs accomplis p5dant son l5t essor4 ,elle n\s dirait enf9 que les socits qui ont vcu p> eux se sont t\j\rs cep5dant dresses contre eux4 ,s'ils fur5t tolrs quelquefois1 aux priodes de transition1 ce ne fut jamais p\r longtemps4 ,les m\vem5ts sociali/es et syndicali/es actuels reprs5t5t de n\velles phases de la p]ptuelle t5tative des socits p\r unifi] les hommes et les ma9t5ir dans les mmes op9ions1 les mmes croyances et la mme conduite4 99 99 99 99 99 ,le plus important des faits exposs dans ce *apitre e/ le comm5cem5t de dsagrgation des socits actuelles en petits gr\pes indp5dants1 rciproquem5t ho/iles1 *]*ant s'isol] de plus en plus et enlev] a9si aux nations leur unit4 ,l'me individuelle1 qui avait mis des sicles se dgag] un peu de l'me collective1 y ret\rne actuellem5t4 ,n\s assi/ons donc ce phnomne s+uli]1 de peuples civiliss t5dant remont] v]s une m5talit infrieure qui fut celle des premi]s ges4 ,les gr&es luttes de l'av5ir s]ont mo9s s\v5t entre peuples diffr5ts qu'entre les gr\pes con/itus au se9 de *acun d'eux4 ,la dissolution de l'me individuelle dans l'me collective d'un gr\pe e/ sans d\te une =ce p\r ce gr\pe1 mais ne con/itue srem5t pas un progrs1 ni p\r la socit ni p\r les individus4 ,on ne devi5t une p]sonnalit puissante qu'en s'vadant de l'me collective4 ,,livre ,,vii ,,la ,,propagation ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances ,,*apitre ,i ,l',,affirmation1 ,,la ,r,p,,tition1 ,l',,exemple ,,et ,,le ,,pre/ige4 #a4--,l'affirmation et la rptition4 ,le rle des facteurs numrs dans ce *apitre ayant dj t tudi dans plusieurs de mes ouvrages1 je me born]ai rsum] brivem5t leur action4 ,l'affirmation et la rptition sont des ag5ts =t puissants de cration et de propagation d'op9ions4 ,l'ducation e/ en p>tie base sur eux4 ,les politici5s et les m5eurs de t\te nature en font un usage j\rnali]4 ,affirm]1 puis rpt]1 reprs5te mme le fond pr9cipal de leurs disc\rs4 ,l'affirmation n'a pas beso9 de s'appuy] sur une preuve rationnelle quelconque1 elle doit seulem5t tre brve1 n]gique et impressionnante4 ,on peut considr] comme type de ces trois qualits1 le manife/e suivant1 reproduit rcemm5t dans plusieurs j\rnaux4 ,qui produit le bl1 c'e/--dire le pa9 p\r t\s8 ,le paysan6 ,qui fait v5ir l'avo9e1 l'orge1 t\tes les crales8 ,le paysan6 ,qui lve le btail p\r procur] la vi&e8 ,le paysan6 ,qui lve le m\ton p\r procur] la la9e8 ,le paysan6 ,qui produit le v91 le cidre1 etc48 ,le paysan6 ,qui n\rrit le gibi]8 ,le paysan6 ,et p\rtant1 qui mange le meilleur pa91 la meilleure vi&e8 ,qui porte les plus beaux habits8 ,qui boit le bordeaux et le *ampagne8 ,qui pr(ite du gibi]8 ,le b\rgeois6 ,qui s'amuse et se repose volont8 ,qui pr5d t\s ses plaisirs8 ,qui fait des voyages d'agrm5t8 ,qui se met l'ombre l't1 ct d'un bon feu l'hiv]8 ,le b\rgeois6 ,qui se n\rrit mal8 ,qui boit r>em5t du v98 ,qui travaille sans discont9u]8 ,qui se brle l't et se gle l'hiv]8 ,qui a bi5 des misres et bi5 des pe9es8 ,le paysan6 ,suffisamm5t rpte1 l'affirmation f9it p> crer d'abord une op9ion et plus t>d une croyance4 ,la rptition e/ le complm5t ncessaire de l'affirmation4 ,rpt] s\v5t un mot1 une ide1 une =mule1 c'e/ les trans=m] fatalem5t en croyance4 ,du fondateur de religion au m>*& de n\veauts1 fir5t usage de la rptition t\s les hommes se proposant d'en p]suad] d'autres4 ,son p\voir e/ tel qu'on f9it soi-mme p> croire aux p>oles rptes1 et p> accept] les op9ions qu'habituellem5t on exprime4 ,pri p> le ,snat de pr5dre des mesures p\r la df5se de la ,rpublique1 le gr& ,pompe ne cessait de rpt] que ,cs> n'attaqu]ait pas ,rome et1 rem>que ,montesquieu1 p>ce qu'il l'avait dit tant de fois1 il le r$isait t\j\rs4 ,la conviction =me dans son esprit p> ces rptitions1 l'emp*a d'avoir rec\rs aux moy5s qui lui aurai5t p]mis de protg] ,rome et cons]v] sa tte1 au mo9s p5dant quelque temps4 ,l'hi/oire politique e/ ple9e de convictions =mes a9si p> rptitions4 ,avant #ahgj1 nos gnraux et nos hommes d'tat ne cessai5t de rpt] que les armes allem&es tai5t trs infrieures aux ntres4 ,a =ce de le rpt]1 ils le crur5t f]mem5t4 ,on sait ce qu'il n\s en cota4 ,le politici5 ayant adopt des op9ions1 simplem5t p>ce qu'elles lui sont utiles f9it1 =ce de les s\t5ir1 p> y croire assez p\r ne plus p\voir ensuite s'en db>rass] facilem5t1 lorsqu'il devi5t pr(itable d'en *ang]4 ,l'habitude de l\] la v]tu et peut-tre f9i p> r5dre ,t>tufe un homme v]tueux4 ,les convictions =tes peuv5t a9si sortir de convictions faibles ou mme simplem5t simules4 ,faites t\t comme si v\s croyiez1 disait ,pascal1 cela v\s f]a croire4 ,le rle de l'affirmation et de la rptition dans la =mation des op9ions et des croyances ne saurait tre exagr4 ,il e/ la base de leur exi/5ce4 ,si les rsultats obt5us p> nos orateurs politiques actuels sont p>fois bi5 mdiocres1 c'e/ qu'ils manqu5t un peu trop d'un lm5t dont n\s montr]ons plus lo9 la =ce3 le pre/ige4 ,l'loqu5ce p>lem5taire1 crit un anci5 dput ,m4 ,gr>d ,v>et1 n'e/ ni une critique de tmoignage comme au ,palais1 ni une diss]tation comme la ,sorbonne4 ,la f\le rpugne inv9ciblem5t l'ef=t de la rflexion1 au s\ci de dmontr] et de pr\v]3 elle veut l'affirmation tran*ante1 le dogme imprieux et dcisif4 ,et ce dogme elle le veut dans le s5s de ses dsirs1 s\rde aux critiques1 avide de flatt]ie1 ivre du s5tim5t de son irresponsabilit4 ,l'orateur qui la connat va droit en elle1 aux s5tim5ts lm5taires1 aux in/9cts primitifs3 orgueil1 colre1 envie1 esprance4 ,il crie les misres immrites1 les iniquits1 les rp>ations1 invoque les ambitions messianiques1 les rves p>adisiaques4 ,une h>angue de tribuns1 c'e/ un torr5t de lyrisme1 c'e/ une imprcation ou un hymne4 #b4--,l'exemple4 ,l'exemple e/ une =me puissante de la sugge/ion1 mais p\r agir rellem5t il doit tre impressionnant4 ,dans l'ducation1 un seul exemple frappant e/ plus ret5u que de faibles exemples longtemps multiplis4 ,j'ai eu occasion de vrifi] ce pr9cipe en dressant des *evaux difficiles4 ,une impression =te quoique unique1 telle qu'une c]ta9e application trs d\l\reuse de l'p]on1 agit beauc\p plus rapidem5t que de faibles actions1 s\v5t rptes4 ,cette influ5ce des exemples frappant vivem5t l'imag9ation1 se manife/a nettem5t aux d]nires gr&es manuvres militaires de #aiaj4 ,les aroplanes y rptr5t leurs oprations habituelles sans autre ex]cice n\veau que le port d'une dp*e1 mais cet exemple de l'utilit suppose de l'aroplane en temps de gu]re1 dt]m9a de suite le g\v]nem5t crer sol5nellem5t un corps d'aviateurs et le m9i/re de la gu]re dcl>] que l'aviation con/ituait une n\velle arme aj\t] aux trois autres3 l'infant]ie1 l'artill]ie et la caval]ie4 ,en politique1 la sugge/ion de l'exemple sur la =mation et la propagation des op9ions e/ dcisive4 ,le succs de c]ta9s c&idats sociali/es a dirig une f\le de jeunes pr(esseurs v]s les pires =mes de la doctr9e4 ,m4 ,b\rdeau l'a =t bi5 montr dans les lignes suivantes3 ,t&is qu'en ,allemagne la jeunesse univ]sitaire1 la jeunesse b\rgeoise1 intellig5te et lettre1 jadis attires v]s le socialisme1 s'en loign5t auj\rd'hui et revi5n5t des s5tim5ts de patriotisme exclusif et exalt1 si bi5 que la social-dmocratie allem&e ne fait p\r a9si dire plus de recrues p>mi elles2 en ,france au contraire1 c'e/ une mode de s'enrl] p>mi les tudiants collectivi/es et int]nationali/es4 ,l'exemple vi5t de haut1 des agrgs de philosophie1 des normali5s4 ,l'cole ,normale se trans=me en une pp9ire du socialisme4 #c4--,le pre/ige4 ,les traits de logique dcriv5t m9utieusem5t les div]s lm5ts de =mation d'un jugem5t4 ,ils ont oubli cep5dant la contagion et le pre/ige4 ,or1 ce sont prcism5t ceux qui dt]m95t la trs imm5se majorit de nos op9ions4 ,devant consacr] un *apitre la contagion m5tale1 je n'tudi]ai ma9t5ant que le pre/ige4 ,cette tude s]a sommaire1 ayant dj trait le sujet dans d'autres ouvrages4 ,sans d\te1 on n\s enseigne au collge que le pr9cipe d'autorit1 p>tie fondam5tale du pre/ige1 a t remplac p> l'expri5ce et l'obs]vation1 mais la fausset d'une telle ass]tion e/ facile montr]4 ,mme en laissant de ct les op9ions religieuses1 politiques et morales1 o le raisonnem5t n'int]vi5t gure1 p\r ne t5ir compte que des op9ions sci5tifiques1 on con/ate qu'elles ont1 bi5 s\v5t1 p\r seule base l'autorit de celui qui les nonce et se propag5t p> simple contagion4 ,il ne saurait d'ailleurs en tre autrem5t4 ,la plus gr&e p>tie des expri5ces et obs]vations sci5tifiques tant trop compliques p\r tre rptes1 =ce e/ de croire sur p>ole le savant qui les nonce4 ,l'autorit du matre e/ s\v]a9e auj\rd'hui1 t\t comme au temps o rgnait ,ari/ote4 ,elle devi5t mme de plus en plus omnipot5te mesure que la sci5ce se spcialise davantage4 ,la gnralit des op9ions que l'ducation n\s inculque ayant uniquem5t l'autorit p\r base1 n\s n\s habituons facilem5t admettre1 sans difficult1 une op9ion df5due p> un p]sonnage aurol de pre/ige4 ,sur les sujets te*niques de notre pr(ession1 n\s sommes capables de jugem5ts assez srs4 ,p\r t\t le re/e1 n\s n'essayons mme pas de raisonn]1 prfrant admettre1 les yeux f]ms1 les op9ions qu'un p]sonnage ou un gr\pe d\ de pre/ige n\s impose4 ,en fait1 la de/9e1 qu'on soit homme d'tat1 patron1 arti/e1 criva9 ou savant1 dp5d surt\t de la quantit de pre/ige possde et1 p> consqu5t1 du degr de sugge/ion inconsci5te qu'on peut crer4 ,c'e/ la dom9ation m5tale qu'un homme ex]ce qui dt]m9e son succs4 ,le p>fait imbcile russit cep5dant quelquefois1 c>1 n'ayant pas consci5ce de son imbcillit1 il n'hsite jamais affirm] avec autorit1 or l'affirmation n]gique et rpte possde du pre/ige4 ,le plus vulgaire des camelots1 affirmant =tem5t la supriorit imag9aire d'un produit1 ex]ce du pre/ige sur la f\le qui l'ent\re4 ,en rev5ant sur ce sujet dans la p>tie de cet ouvrage consacre l'tude exprim5tale des croyances1 n\s montr]ons p> des exemples frappants que1 mme *ez des savants m95ts1 le pre/ige e/ s\v5t un des facteurs les plus srs d'une conviction4 ,p\r les esprits ord9aires1 il l'e/ t\j\rs4 ,crateur d'op9ions et matre des volonts1 le pre/ige e/ une puissance morale suprieure aux puissances matrielles4 ,les socits sont fondes sur lui beauc\p plus que sur la =ce4 ,rev5u presque seul de l'le d',elbe1 ,napolon1 grce son pre/ige1 reconquit la ,france en quelques j\rs4 ,devant son aurole1 les canons du roi re/r5t sil5cieux et ses armes s'van\ir5t4 ,cette influ5ce fut si colossale qu'elle s'ex]ait mme sur ses ennemis4 ,m>ie-,c>ol9e1 fille de ,m>ie-,?rse et femme d'un ,b\rbon1 qui aurait d excr] cet ennemi r$\table p\r elle1 l'admirait comme un ,dieu4 ,voici ce qu'elle en crivait dans une lettre3 ,c'e/ le plus gr& homme que les sicles ai5t produit4 ,sa =ce1 son n]gie1 son esprit de suite1 son activit1 son tal5t lui ont acquis mon admiration4 ,heureux le pays qui aurait un p>eil s\v]a96 ,*ez celui-ci t\t e/ gr&444 ,je v\drais la *ute de la ,rpublique1 mais la cons]vation de ,buonap>te444 ,s'il m\rait1 on devrait le rduire en p\dre et en donn] une dose *aque s\v]a91 deux *acun de leurs m9i/res6 ,la "p du pre/ige dans la puissance des s\v]a9s fut t\j\rs imm5se4 ,il faudrait1 dit ju/em5t ,pascal1 avoir une raison bi5 pure p\r ne pas reg>d] comme un autre homme le gr& seigneur environn1 dans son sup]be srail1 de qu>ante mille janissaires444 ,mme notre ge de nivellem5t dmocratique1 le pre/ige a cons]v sa =ce et les rois mod]nes agiss5t sagem5t en ne le laissant pas effleur]4 ,t\s ceux qui assi/r5t aux funrailles du roi d',anglet]re1 crivait le correspondant d'un important j\rnal1 ,m4 ,nozire1 fur5t frapps de la gr&e impression que fit sur la f\le l'emp]eur d',allemagne4 ,il s'avanait au milieu des s\v]a9s et il s'imposait l'att5tion de t\s4 ,guillaume a le s5tim5t d'tre sur la t]re le *evali] de ,dieu4 ,qu& il exprime cette ide1 on ne peut s'emp*] de s\rire4 ,mais cette conviction lui prte une maje/ s+ulire et dont la f\le demeure tonne4 ,c'e/1 actuellem5t1 le mon>que le plus dramatique4 ,le beso9 d'adoration des f\les les r5d vite esclaves des individus ex]ant sur elles du pre/ige4 ,elles adorr5t frntiquem5t t\s leurs dom9ateurs4 ,ce n'e/ jamais en les flattant que l'on peut cons]v] son pre/ige4 ,elles re*]*5t des flatteurs mais les mpris5t1 bi5tt4 ,longtemps encore se vrifi]a l'antique adage3 ,poignez vila91 il v\s o9dra1 ,oignez vila91 il v\s po9dra4 ,t\te la discipl9e militaire e/ fonde sur le pre/ige des *efs4 ,une ignorance dconc]tante de la psy*ologie des f\les ayant fait compltem5t oubli] auj\rd'hui ce pr9cipe1 on s'imag9e remplac] la discipl9e p> la p]suasion4 ,il e/ recomm& aux (fici]s de n'tre plus p\r les soldats que des frres ans1 t*ant d'obt5ir l'obissance p> des raisonnem5ts4 ,l'infrieur accepte trs volonti]s ces ?ories1 mais mprise =t les *efs qui les pratiqu5t et ceux-ci p]d5t graduellem5t t\te autorit4 ,que devi5dra l'arme qu& ils l'auront entirem5t p]due8 ,l'an>*ie actuelle rsulte en p>tie de ce que la mollesse des classes dirigeantes les a dp\illes de leur pre/ige4 ,les rois1 les peuples1 les individus1 les in/itutions1 t\s les lm5ts de la vie sociale en un mot1 sont condamns prir ds qu'ils n'ex]c5t plus de pre/ige4 ,on peut facilem5t rsum] en quelques lignes l'action des div]s facteurs de propagation des op9ions et des croyances numrs dans ce *apitre4 ,sans le pre/ige aucune n'aurait pu natre1 sans l'affirmation aucune n'aurait pu s'impos]1 sans l'exemple et la rptition aucune n'aurait subsi/4 ,,*apitre ,,ii ,,la ,,contagion ,,m5tale4 #a4--,les =mes de la contagion m5tale4 ,la contagion m5tale con/itue un phnomne psy*ologique dont le rsultat e/ l'acceptation involontaire de c]ta9es op9ions et croyances4 ,sa s\rce tant inconsci5te1 elle s'opre sans qu'aucun raisonnem5t ou rflexion y p>ticipe4 ,on l'obs]ve *ez t\s les tres1 de l'animal l'homme1 pr9cipalem5t lorsqu'ils sont en f\le4 ,son action e/ imm5se1 elle dom9e l'hi/oire4 ,la contagion m5tale reprs5te en effet l'lm5t ess5tiel de la propagation des op9ions et des croyances4 ,sa =ce e/ s\v5t assez gr&e p\r faire agir l'individu contre ses intrts les plus vid5ts4 ,les rcits innombrables de m>tyrs1 de suicides1 de mutilations1 etc41 dt]m9s p> contagion m5tale en f\rniss5t des preuves4 ,t\tes les manife/ations de la vie psy*ique peuv5t tre contagieuses mais ce sont1 en p>ticuli]1 les motions qui se propag5t de cette faon4 ,les ides contagieuses sont des syn?ses d'lm5ts affectifs4 ,dans la vie ord9aire1 la contagion peut tre limite p> l'action inhibitrice de la volont1 mais si une cause quelconque3 *angem5t viol5t de milieu en temps de rvolution1 excitations populaires1 etc41 vi5n5t la p>alys]1 la contagion ex]c]a facilem5t son influ5ce et p\rra trans=m] des tres pacifiques en gu]ri]s h>dis1 de placides b\rgeois en f>\*es sectaires4 ,s\s son influ5ce1 les mmes individus pass]ont d'un p>ti dans un autre1 et apport]ont autant d'n]gie rprim] une rvolution qu' la fom5t]4 ,la contagion m5tale ne s'ex]ce pas seulem5t p> le contact direct des individus4 ,les livres1 les j\rnaux1 les n\velles tlgraphiques1 de simples rumeurs mme1 peuv5t la produire4 ,plus les moy5s de communication se multipli5t1 plus les volonts se pntr5t et se contagionn5t4 ,n\s sommes lis davantage *aque j\r ceux qui n\s ent\r5t4 ,la m5talit individuelle revt facilem5t une =me collective4 ,de t\tes les v>its de contagion m5tale qui n\s treign5t1 une des plus puissantes e/1 je l'ai dj montr1 celle du gr\pe social dont n\s faisons p>tie4 ,aucune volont n'essaie de s'y s\/raire4 ,il dicte mme le plus s\v5t nos op9ions et nos jugem5ts sans que n\s n\s en ap]cevions4 #b4--;,exemples div]s de contagion m5tale4 ,les s5tim5ts1 bons ou mauvais1 sont contagieux et c'e/ p\rquoi le rle de l'ent\rage dans l'ducation (fre tant d'importance4 ,dis-moi qui tu hantes1 je te dirai qui tu es e/ un trs ju/e prov]be4 ,a la contagion m5tale p> exemple e/ due la =mation d'une f\le de jeunes crim9els *asss de l'us9e p> des lois prt5dues humanitaires4 ,sans autre occupation dsormais que de fln] dans la rue1 ils y entr5t en relations avec des cam>ades drobant aux talages de m5us objets et bi5tt les imit5t4 ,l'importance de ces vols augm5te graduellem5t et des associations sont =mes p\r imit] des b&es clbres4 ,le rdeur de has>d devi5t bi5tt un voleur pr(essionnel dont la vie s'c\l]a de prison en prison4 ,il accept]a d'autant plus facilem5t sa de/9e qu'aucune action inhibitrice ne vi5dra limit] les effets de la contagion4 ,les magi/rats sont1 en effet1 ple9s d'indulg5ce p\r t\s les crim9els et de bons philan?ropes1 un peu imbciles1 leur font con/ruire d'lgantes prisons bi5 *auffes et p\rvues de t\t le con=t mod]ne4 ,la contagion crim9elle se produit trs s\v5t aussi1 grce aux rcits d'assass9ats s5sationnels raconts p> les j\rnaux4 ,le clbre ,jack l'v5treur eut de nombreux imitateurs dans plusieurs villes d',anglet]re4 ,les faits dmontrant la contagion m5tale sont si manife/es qu'il sembl]ait inutile d'y insi/]4 ,mais la fameuse mesure1 dcide en conseil des m9i/res1 d'introduire les apa*es dans l'arme1 pr\ve quel po9t les g\v]nants l'ignor5t4 ,le plus mode/e des psy*ologues aurait appris ces mdiocres hommes d'tat combi5 cette rsolution s]ait dsa/reuse et qu'il faudrait y r5onc] bi5tt4 ,c'e/ ce qui arriva en effet4 ,des div]ses motions1 la plus contagieuse peut-tre1 e/ la peur4 ,on connat son rle capital1 dans la vie des individus et des peuples4 ,si elle n'a pas suffi crer les dieux1 comme le s\t5ait ,lucrce1 son influ5ce fut manife/e dans leur g5se4 ,aussi puissante qu'au db de l'hi/oire1 elle cre les paniques qui font p]dre les batailles et peut mme conduire ses victimes au suicide4 ,la t]reur de la d]nire comte qui devait1 disait-on1 r5contr] la t]re1 am5a plusieurs p]sonnes se tu]4 ,elle ne dirige pas seulem5t les individus et les f\les1 mais encore les politici5s qui les mn5t4 ,dans ma ,psy*ologie politique1 j'ai montr que la peur fut l'orig9e d'un gr& nombre de lois1 votes depuis v+t ans1 et dont les fune/es effets se dr\l5t *aque j\r4 ,on peut dire que dans les temps tr\bls le fantme de la peur rgne s\v]a9em5t sur les assembles politiques et dt]m9e leurs op9ions et leurs votes4 ,il provoqua les plus froces mesures de la ,conv5tion4 ,c'e/ s\s les griffes de la peur que ,c>ri] faisait prir ses victimes dans d'affreux supplices et que ,f\qui]-,t9ville les envoyait p> c5ta9es l'*afaud4 ,la plup>t des motions sont aussi contagieuses que la peur4 ,les vrais orateurs le sav5t bi54 ,le vote de la ,*ambre qui r5v]sa le m9i/re ,clem5ceau en quelques m9utes1 fut1 je l'ai dj rappel1 le rsultat d'une motion contagieuse qu'un orateur de l'opposition sut provoqu]4 ,les expressions1 ge/es et m\vem5ts de la physionomie traduisant les s5tim5ts3 colre1 bi5veillance1 m*ancet1 gaiet1 etc41 sont galem5t contagieux4 ,il e/ sage1 qu& on sollicite une faveur1 de pr5dre une m9e s\riante au lieu d'un air contra9t4 ,on a a9si la *ance de dispos] la bi5veillance p> contagion celui qui v\s c\te4 #c4--,puissance de la contagion m5tale4 ,la contagion m5tale e/ un phnomne absolum5t gnral1 obs]vable aussi bi5 *ez les animaux que *ez l'homme4 ,un *eval a-t-il un tic1 dans une curie1 t\s les autres l'acquir5t bi5tt4 ,si l'un des *i5s d'une meute aboie1 les autres l'imit5t aussitt4 ,qu& un m\ton fuit1 t\s les m\tons le suiv5t4 ,la contagion m5tale peut tre assez =te1 je le disais plus haut1 p\r l'emport] sur l'in/9ct de la cons]vation et conduire l'individu sacrifi] sa vie4 ,on a s\v5t rpt l'hi/oire des qu9ze invalides se p5dant au mme cro*et d'un c\loir et celle des soldats qui se suicidr5t dans la mme gurite4 ,les faits de ce g5re sont innombrables4 ,j'en emprunte quelques-uns au ,dr ,nass3 ,qu'un suicide s5sationnel soit racont p> la presse dans t\s ses dtails1 bi5tt il s]a rpt1 avec le mme art1 p> quelques dsquilibrs4 ,au l5dema9 de l'affaire ,syveton on a n plusieurs asphyxies volontaires p> le gaz4 444 ,c'e/ surt\t en ,russie1 pays de my/icisme1 que les pidmies d'auto-homicide ont caus d'imm5ses ravages444 ,au temps des p]scutions religieuses1 les prophtes pr*ai5t le suicide p> le feu4 ,une seule fois #fjj p]sonnes prir5t du mme c\p dans les flammes4 ,un hi/ori5 des religions russes e/ime #bj4jjj le nombre des victimes de #afgc #afia4 ,m4 ,/oh\k9e cite un cas o un b*] dvora #b4ejj individus qui se sacrifiai5t dans l'espoir d'un monde meilleur4 ,des exemples du mme ordre se cont9u5t de nos j\rs4 ,c'e/ p> contagion m5tale que se propag5t en ,russie les skopsy qui se s\mett5t une ca/ration volontaire et une autre secte dont les membres se font ent]r] vivants4 ,la contagion m5tale e/ assez puissante p\r crer dans l'esprit une reprs5tation quelconque4 ,elle eng5dr]a donc facilem5t l'app>5ce d'une maladie qui la longue p\rra dev5ir maladie relle4 ,un savant *irurgi5 des hpitaux1 le ,dr ,picqu1 a rapport rcemm5t qu' la suite d'un cas de mort p> app5dicite1 #ae (fici]s sur #be que comptait un dta*em5t s'alitr5t en prs5tant t\s les symptmes classiques de l'app5dicite4 ,on les gurit p> sugge/ion4 #d4--;,influ5ces de la contagion dans la propagation des croyances religieuses et politiques4 ,les rflexions prcd5tes font aism5t press5tir le rle de la contagion m5tale sur la propagation des op9ions et des croyances4 ,d'une faon gnrale et sans qu'on ait cit] beauc\p d'exceptions1 les croyances religieuses et politiques se rp&5t surt\t p> voie de contagion1 notamm5t dans les f\les4 ,elle s'ex]ce d'autant plus n]giquem5t que la f\le e/ plus nombreuse4 ,une croyance faible s]a trs vite r5=ce p> la runion des individus qui la p>tag5t4 ,grce la puissance de la contagion1 la valeur rationnelle de la croyance propage e/ sans importance4 ,la contagion s'ex]ant sur l'inconsci5t1 la raison n'y pr5d aucune "p4 ,de la f\le1 elle s'lve s\v5t ceux placs au-dessus d'elle2 il ne faut donc pas s'tonn] que les croyances les plus absurdes et les plus fune/es puiss5t tr\v] des df5seurs p>mi les g5s clairs4 ,nombreux sont les exemples analogues celui de ce matre des requtes au ,conseil d'tat qui df5dait les grves de fonctionnaires au mom5t o celle des po/i]s m5aait la ,france d'un dsa/re4 ,p> voie de contagion1 b\rgeois1 lettrs1 pr(esseurs1 etc41 f9iss5t t\j\rs p> subir plus ou mo9s l'influ5ce des op9ions populaires4 ,la contagion m5tale peut donc ass]vir t\tes les intellig5ces4 ,de mme que la contagion p> les microbes1 elle n'p>gne que des natures =t rsi/antes et peu nombreuses4 ,les gr&s m\vem5ts religieux de l'hi/oire fur5t t\j\rs le rsultat de la contagion m5tale4 ,son action ne s'ex]a jamais davantage qu' notre poque1 d'abord1 p>ce qu'avec le progrs des ides dmocratiques le p\voir tombe de plus en plus entre les ma9s des f\les1 ensuite p>ce que la diffusion rapide des moy5s de communication p]met aux m\vem5ts populaires de se rp&re presque in/antanm5t4 ,on sait avec quelle rapidit se propagr5t les grves des po/i]s et des *em9ots1 les rvolutions de ,russie1 de ,turquie et de ,portugal4 ,les g\v]nem5ts affaiblis sont impuissants contre la contagion4 ,non seulem5t ils ont pris l'habitude de cd] t\tes les injonctions populaires1 mais encore ces injonctions sont immdiatem5t appuyes p> des lgions d'intellectuels que la contagion m5tale1 r5=ant les impulsions de leurs intrts1 amne considr] comme quitables les plus iniques rev5dications4 ,les fantaisies extravagantes des multitudes devi5n5t p\r eux des dogmes aussi respectables que l'tai5t jadis1 p\r les c\rtisans des mon>*ies absolues1 les volonts de leur matre4 ,les op9ions propages p> contagion ne se dtruis5t qu'au moy5 d'op9ions contraires propages de la mme faon4 ,applique p> des hommes d'tat1 cette rgle de psy*ologie leur p]mettrait1 grce aux moy5s dont ils dispos5t1 de combattre la contagion p> la contagion4 ,ce d]ni] po9t n\s c>tant un peu de notre sujet1 n\s n'insi/]ons pas davantage ici4 ,si ce *apitre a t bi5 compris1 le lecteur possde une des clefs pr9cipales du mcanisme de la propagation des op9ions et des croyances1 c'e/--dire des facteurs fondam5taux de l'hi/oire4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,mode4 #a4--;,influ5ce de la mode dans t\s les lm5ts de la vie sociale4 ,les v>iations de la s5sibilit s\s l'influ5ce des modifications du milieu1 des beso9s1 des proccupations1 etc41 crent un esprit public qui v>ie d'une gnration une autre et mme plusieurs fois dans l'espace d'une gnration4 ,cet esprit public1 rapidem5t t5du p> contagion m5tale1 dt]m9e ce qu'on appelle la mode4 ,elle e/ un puissant facteur de propagation de la plup>t des lm5ts de la vie sociale1 de nos op9ions et de nos croyances4 ,le co/ume n'e/ pas seul s\mis ses volonts4 ,le ?tre1 la littrature1 la politique1 les arts1 les ides sci5tifiques mme1 lui obiss5t et c'e/ p\rquoi c]ta9es uvres ont un fond de ressemblance qui p]met de p>l] du /yle d'une poque4 ,en raison de son action inconsci5te1 on subit la mode sans mme s'en ap]cevoir4 ,les esprits les plus indp5dants ne s'y s\/rai5t gure4 ,bi5 r>es1 les arti/es1 les criva9s1 osant produire une uvre trop di/ante des ides du j\r4 ,son influ5ce e/ si puissante qu'elle n\s oblige p>fois admir] des *oses sans intrt et qui sembl]ont mme quelques annes plus t>d d'une extrme laideur4 ,ce qui n\s impressionne dans une uvre d'art1 e/ bi5 r>em5t l'uvre en elle-mme1 mais l'ide que les autres s'en font1 et c'e/ p\rquoi sa valeur comm]ciale subit d'normes *angem5ts4 ,on voit s\v5t la mode impos] d'invraisemblables *oses et se manife/] dans celles aussi ab/raites1 et d'ailleurs aussi illusoires1 que la cration d'une langue1 la r=me de l'or?ographe1 etc4 ,lorsque le ,volapk p>ut v]s #ahhj1 la mode lui cra un tel succs qu'en mo9s de dix ans il exi/ait #bhj clubs et #be j\rnaux volapki/es4 ,a ,p>is seulem5t1 on comptait #ad c\rs de volapk4 ,les gr&s magas9s en organisai5t p\r leur p]sonnel4 ,puis la mode *angea1 et si brusquem5t1 qu'on ne tr\v]ait plus peut-tre auj\rd'hui un seul individu connaissant le volapk4 ,il fut remplac p> l',esp]anto qui1 aprs un succs semblable1 comm5ce cd] la place une autre langue3 l',ido4 ,ces crations cont9u]ont sans d\te jusqu'au j\r o l'on dc\vrira que la con/itution d'une langue e/ uvre collective trs l5te et jamais improvisation p]sonnelle4 ,les v>iations de la mode s'ex]ant sur t\s les sujets1 et notre s5sibilit se modifiant sans cesse s\s des influ5ces div]ses1 on peut dire que notre faon de p5s] et surt\t de traduire nos impressions se modifie rapidem5t4 ,il y a lo9 p> exemple des criva9s et des arti/es de #ahcj ceux d'auj\rd'hui4 ,un rc5t article du ,gaulois m>quait trs bi5 une des phases de ces v>iations frqu5tes4 ,il e/ en tra91 disait l'auteur1 de se =m] un n\veau public1 trs curieux suivre dans ses gts et dans ses manife/ations1 que ne cont5t5t plus ni les romans purem5t romanesques1 ni les ouvrages de vulg>isation hi/orique1 ni les fictions plus ou mo9s habiles mles d'av5tures et d'hypo?ses4 ,il faut ce n\veau public de la ralit1 de la prcision1 et il lui faut aussi de l'idal4 ,si je dess9ais ses limites1 je dirais qu'elles vont de ceux qui lis5t les pomes docum5ts de ,maurice ,mt]l9k ceux qui tudi5t ou p>c\r5t les si curieux travaux de ,gu/ave ,le ,bon1 ,da/re1 etc444 ,il y a l une t5dance nettem5t indique v]s les re*]*es orig9ales1 v]s le gr\pem5t et la syn?se des connaissances qu'a accumules le sicle d]ni]4 ,j'y dmle aussi la palpitation d'un no-spiritualisme bi5 mod]ne1 un ef=t p\r s'vad] hors du matrialisme et mme hors de la fatalit4 ,que des livres assez ardus sur la valeur de la sci5ce et la con/itution de l'univ]s atteign5t en peu de temps des dix et d\ze ditions1 voil ce qu'on n'aurait jamais imag9 il y a v+t ans2 voil ce qui suppose l'arrive la lecture de n\velles c\*es ivres de curiosit et de philosophie4 ,il ne s'agit pas de manuels2 il s'agit de tomes assez compacts1 exigeant un ef=t s\t5u et un comm5cem5t de culture gnrale4 ,p> la presse1 p> la frqu5tation1 p> l'ambiance1 p> la diffusion des ides1 *acun de n\s e/ dev5u1 sans s'en d\t]1 un petit encyclopdi/e4 ,la mode e/ assurm5t d'orig9e affective1 mais non dgage d'lm5ts rationnels et p\r le montr] je vais *oisir prcism5t une de ses manife/ations les plus capricieuses en app>5ce3 le vtem5t fm994 ,n\s v]rons que les caprices en sont troitem5t circonscrits4 #b4--,les rgles de la mode4--,comm5t elle e/ mlange d'lm5ts affectifs et d'lm5ts rationnels4 ,il peut sembl] s+uli] de p>l] de rgles p\r une *ose aussi mobile que la mode1 mais si elle comporte1 comme expression d'lm5ts affectifs1 la fantaisie1 celle-ci e/ s\mise des lm5ts rationnels qui l'ori5t5t4 ,cette d\ble orig9e de la mode e/ gnrale1 qu'il s'agisse de littrature1 d'art1 d'ar*itecture1 de mobili]1 de co/ume1 etc4 ,les trans=mations d'un sujet s\mis autant de fluctuations que le vtem5t fm99 r5dront cette d\ble orig9e plus dmon/rative encore4 ,les lm5ts rationnels r5contrs dans la mode fm99e sont conditionns p> les ncessits conomiques1 les dc\v]tes1 les beso9s n\veaux1 les proccupations du mom5t1 etc4 ,on obs]ve notamm5t ces influ5ces dans les *angem5ts de co/umes imposs p> l'usage de l'automobile4 ,avec la vie plus rapide1 la femme dut se mascul9is] extrieurem5t p\r suivre l'homme dans ses c\rses v]tig9euses sur les gr&es r\tes4 ,le co/ume tailleur1 d'abord rs]v c]ta9s sports1 se gnralisa dans t\t ce qu'il avait de commode et de seyant4 ,quant aux autres robes1 les man*es l>ges des corsages dev9r5t troites p\r gliss] facilem5t dans les jaquettes4 ,mais alors l'il se tr\va *oqu p> le bu/e a9si rtrci4 ,p\r corrig] ce dfaut et p>ce qu'une trans=mation en appelle une autre1 on en v9t dim9u] l'ampleur des jupes af9 de laiss] les paules plus l>ges en aff9ant la silh\ette1 modification qui conduisit supprim] les po*es1 puis les jupons4 ,la femme1 dans son beso9 de s5tir aut\r d'elle une atmosphre de dsir1 s\ligna cette simplicit de mise p> un collant excessif4 ,elle montra t\t ce qu'il tait possible et laissa dev9] le re/e4 ,jupons1 d5telles et l+]ie cdr5t la place aux dess\s dits comb9aisons prs]vant de la p\ssire et du froid4 ,rationnelle aussi1 cette mode si s+ulire au premi] abord1 de faire p\r l'hiv] les toilettes de ville en m\ssel9e de soie4 ,elle rsulta du *auffage c5tral ma9t5ant dans les app>tem5ts une temprature leve et fut possible mme dehors grce aux longs manteaux de f\rrure4 ,la mode desc5dant comme t\j\rs des classes leves aux c\*es infrieures1 la petite b\rgeoise1 se s]vant d'autos en location p\r ses c\rses1 adopta t\tes ces trans=mations4 ,elle s'enveloppa de manteaux de f\rrure conomique et dans son intrieur1 grce aux poles combu/ion l5te1 put vtir1 elle aussi1 des robes lgres4 ,n\s v5ons de montr] les lm5ts rationnels qui entr5t dans la g5se de la mode4 ,indiquons ma9t5ant ses lm5ts affectifs4 ,rappelons t\t d'abord que la mode1 comme le langage et les religions1 e/ une cration collective et non individuelle4 ,nul ne peut donc l'impos]4 ,on croit gnralem5t1 trs tort1 que ce sont les c\turires1 les actrices1 les mannequ9s sur les *amps de c\rses qui la crent4 ,c]ta9s gr&s c\turi]s essayr5t1 voici quelques annes1 de rdit] la cr9ol9e1 et n'y russir5t pas davantage que rcemm5t p\r la jupe-culotte4 ,les prt5dus crateurs de modes ne font en ralit que traduire des t5dances dev5ues un dsir gnral1 consqu5ce de c]ta9s beso9s1 c]ta9es ides1 c]ta9es proccupations du mom5t4 ,les modes sont videmm5t trs v>iables d'une saison l'autre1 mais les fantaisies de leurs crateurs ne peuv5t se m\voir que dans d'assez troites limites4 ,la mode plat qu& elle frappe1 mais ce qui frappe n'a de succs qu' la condition de ne pas trop s'loign] de la mode prcd5te4 ,les tapes de trans=mation sont t\j\rs successives1 l'il ne s'adaptant que l5tem5t aux n\veauts1 de mme qu'il se fatigue trs vite des *oses vues longtemps4 ,les raisons prcd5tes expliqu5t p\rquoi une mode trop orig9ale n'a qu'une dure phmre4 ,elle doit s'impos] graduellem5t4 ,les robes amples d'il y a tr5te ans ne sont dev5ues les robes collantes d'auj\rd'hui que =t l5tem5t4 ,la mode e/ si puissante sur les femmes qu'elles support5t p\r lui obir les plus t]ribles gnes1 telle l'obligation1 il y a quelques annes1 de t5ir con/amm5t s\leve d'une ma9 une robe trane et1 de l'autre1 le sac de/9 r5f]m] le cont5u de l'anci5ne po*e2 tel encore le supplice de la m>*e produit p> les robes dites entraves1 accept de longs mois4 ,sur ce po9t1 les civilises rejoign5t les sauvages supportant la torture d'un anneau pass dans le nez p\r obir la mode4 ,cette obissance la mode e/ une des preuves catgoriques de la puissance de la contagion m5tale4 ,la femme la plus indp5dante1 la plus n]gique1 la plus ard5te rclam] t\s les droits n'os]a jamais pr5dre celui de port] une robe c\rte lorsque la mode en impose une longue1 ni mettre une po*e sa jupe qu& la mode l'int]dit1 ni encore b\tonn] son corsage p> devant qu& les autres femmes le b\tonn5t p> d]rire4 ,la mode ne connat pas de rvoltes1 l'extrme pauvret seule peut lui ravir des esclaves4 ,aucun des dieux du pass ne fut plus respectueusem5t obi4 ,,*apitre ,,iv ,,les ,,j\rnaux ,,et ,,les ,,livres4 #a4--;,influ5ce des livres et des j\rnaux4 ,les j\rnaux et les livres ex]c5t sur la naissance et la propagation des op9ions une influ5ce imm5se1 quoique infrieure celle des disc\rs4 ,les livres agiss5t beauc\p mo9s que les j\rnaux1 la f\le ne les lisant gure4 ,c]ta9s cep5dant fur5t assez puissants p> leur influ5ce sugge/ive p\r provoqu] la mort de milli]s d'hommes4 ,telles les uvres de ,r\sseau1 vritable bible des *efs de la ,t]reur1 telle encore ,la case de l',oncle ,tom1 qui contribua beauc\p la sanglante gu]re de ,scession en ,amrique4 ,d'autres ouvrages comme ,rob9son ,cruso et les romans de ,jules ,v]ne ex]cr5t une gr&e influ5ce sur les op9ions de la jeunesse et dt]m9r5t beauc\p de c>rires4 ,cette puissance des livres tait surt\t considrable qu& on en lisait peu4 ,la lecture de la bible au temps de ,cromwell cra en ,anglet]re un nombre imm5se de fanatiques4 ,on sait qu' l'poque o fut crit ,don ,qui*otte1 les romans de *eval]ie ex]ai5t une action si p]nicieuse sur t\tes les c]velles que les s\v]a9s espagnols avai5t f9i p> en int]dire la v5te4 ,auj\rd'hui1 l'influ5ce des j\rnaux e/ bi5 suprieure la puissance des livres4 ,incalculables sont les p]sonnes n'ayant jamais eu d'autres op9ions que celles de leur j\rnal4 ,la sugge/ion des feuilles quotidi5nes se manife/e jusque dans beauc\p de gr&s vnem5ts mod]nes4 ,il e/ assez gnralem5t reconnu ma9t5ant que la gu]re des tats-,unis avec l',espagne fut l'uvre de quelques j\rnali/es4 ,si1 p> une hypo?se dont la ralisation n'e/ peut-tre pas impossible1 un banqui] assez ri*e a*etait t\s les j\rnaux d'un pays1 il en s]ait le vrai matre et provoqu]ait volont la paix ou la gu]re4 ,on voit dj les f9anci]s a*et] la totalit des bullet9s de la ,b\rse de t\s les j\rnaux1 dans le b de lanc] les affaires de/9es dra9] srieusem5t l'p>gne leur pr(it4 ,aucun g\v]nem5t n'ignorant cette puissance s\v]a9e de la presse1 le rve de *aque politici5 e/ de possd] un j\rnal rp&u4 ,les *anceli]s de l',empire allem& popul>isr5t la plup>t de leurs entreprises avec des j\rnaux entret5us p> eux et de/9s sugge/ionn] l'op9ion4 ,la crdulit des lecteurs l'g>d des ass]tions de leur j\rnal e/ prodigieuse4 ,t\te annonce prometteuse tr\ve un public p\r y croire4 ,les mmes tromp]ies peuv5t se rpt] indf9im5t avec le mme succs1 tant subsi/e1 dans beauc\p d'mes1 une foi my/ique en l'inesprable4 ,il y a quelque temps1 on arrta un escroc (frant dans ses annonces de prt] sans g>antie de l'arg5t n'importe qui4 ,t5ir une telle promesse et videmm5t entran p\r lui une ru9e rapide4 ,cep5dant1 en quelques mois1 avec les simples v]sem5ts des frais d'enqute rclams1 il gagna plus de c9quante mille francs sans avoir bi5 ent5du prt un c5time4 ,un p>eil fait s]ait trop banal p\r tre intressant si les p]quisitions du juge d'in/ruction n'avai5t dvoil p>mi les dupes nombre d'hommes1 que leur culture suprieure ou leur pr(ession1 aurait d mettre l'abri d'une p>eille crdulit4 ,y figurai5t en effet3 des p]cepteurs1 des (fici]s suprieurs1 des commissaires de police1 des avocats1 des notaires1 des juges de paix1 des conseill]s de prfecture et mme un juge d'in/ruction6 ,ri5 ne dmontre mieux la puissance sugge/ive des j\rnaux4 #b4--,la p]suasion p> la publicit4 ,p\r dt]m9] avec plus de prcision et au moy5 d'exemples concrets l'influ5ce norme des j\rnaux sur la g5se des op9ions1 il ne s]a pas inutile d'entr] dans quelques dtails relatifs au maniem5t des annonces4 ,cette tude1 qui comm5ce pe9e t5t] les psy*ologues1 met en vid5ce des procds c]ta9s p\r agir sur l'op9ion4 ,n\s y retr\v]ons d'ailleurs les gr&s facteurs dj dcrits dans cet ouvrage4 ,la publicit1 s\s =me d'annonces1 e/ un des pr9cipaux moy5s de p]suasion collective de l'ge mod]ne4 ,son action sur les v5tes comm]ciales claire le mcanisme qui dt]m9e l'op9ion de l'a*eteur4 ,les ,amrica9s1 ayant russi dgag] nettem5t quelques-unes des rgles psy*ologiques de la publicit1 sont dev5us matres en cette matire4 ,on value prs de #ejj millions p> an les sommes retires p> les gr&s j\rnaux des tats-,unis de leur publicit4 ,un des plus rp&us t\*e lui seul #ae millions p> an4 ,les indu/riels amrica9s consacr5t beauc\p d'arg5t aux annonces p>ce qu'ils en ont exprim5talem5t con/at l'influ5ce4 ,m4 ,arr51 auteur d'un livre sur cette matire1 cite un simple m>*& de /ylographes dp5sant annuellem5t #ejj4jjj francs de publicit1 et il assure que le fabricant d'un c]ta9 savon a sacrifi1 en qu>ante ans1 #fj millions de francs aux annonces4 ,t\tes ces dp5ses ont p\r b1 naturellem5t1 de crer *ez le cli5t une conviction capable de le trans=m] en a*eteur4 ,l'affirmation et la rptition sont les facteurs pr9cipaux de la g5se de cette conviction4 ,l'affirmation seule ne suffit pas1 et c'e/ p\rquoi une m>que n\velle n'e/ adopte qu'au b\t d'un c]ta9 temps4 ,l'annonce doit tre rpte s\v5t4 ,alors seulem5t le nom du produit se prs5te spontanm5t l'esprit1 le j\r o l'on en a beso94 ,il e/ indisp5sable aussi de v>i] l'aspect de l'annonce1 autrem5t son action s'm\ss]ait p> l'usage4 ,les projections lum9euses1 d'abord trs efficaces1 ont f9i p> tre sans rsultats4 ,la simple rptition d'une =mule brve n'e/ utile que p\r un produit dj connu4 ,elle agit alors p> une sorte d'obsession1 mais p\r un produit n\veau1 on s]a ncessairem5t oblig d'numr] t\tes ses qualits4 ,s'il s'agit d'une innovation complte qui =c]ait le cli5t *ang] ses habitudes1 la simple rptition de l'annonce e/ elle-mme insuffisante1 le mcanisme de la rptition tant mo9s =t que celui de l'habitude4 ,il devi5dra utile alors de di/ribu] des *antillons du produit4 ,tel e/ le cas de la publicit mdicale qui se fait surt\t p> l'envoi d'*antillons aux docteurs4 ,a ce procd de la vue directe de l'objet1 se ratta*5t les expositions des magas9s1 et la collaboration de mannequ9s envoys p> les gr&s c\turi]s sur les *amps de c\rses1 revtus des plus ri*es modles de la saison4 ,la difficult de lutt] contre l'habitude1 qui combat l'influ5ce psy*ologique de l'annonce1 e/ trs bi5 illu/re p> l'hi/oire de l'adaptation des pneumatiques aux voitures4 ,les l\eurs ayant refus leur a*at1 l'inv5teur en di/ribua gratuitem5t une petite compagnie4 ,le succs fut si rapide que non seulem5t cette compagnie fit =tune1 mais que1 devant les rclamations des cli5ts1 t\tes les autres se vir5t obliges de munir gr&s frais leurs vhicules des ca\t*\cs ddaigns d'abord4 ,le rve des faiseurs d'annonces e/ d'obt5ir que les cli5ts cons]v5t leur nom et leur adresse4 ,p\r y p>v5ir ils les imprim5t sur des objets usuels3 papi] buv>d1 porte-allumettes1 c\v]tures de livres1 de j\rnaux1 de revues1 etc4 ,les ,amrica9s considr5t qu'un des meilleurs moy5s d'arriv] ce rsultat e/ d'envoy] aux a*eteurs v5tuels des catalogues arti/iquem5t illu/rs et cont5ant p>fois mme un roman sign d'un nom connu4 ,ce procd1 excell5t mais =t coteux1 comm5ce pe9e tre employ en ,france4 ,une des rgles con/antes de la publicit e/ qu'un produit1 si anci5 et connu soit-il1 voit sa v5te dim9u] ds que cesse la publicit le conc]nant4 ,la faiblesse de la mmoire affective1 dj signale dans cet ouvrage1 en e/ sans d\te la cause4 ,l'illu/ration j\e un gr& rle dans la publicit4 ,n\s avons p>l plus haut de l'action ex]ce p> les affi*es illu/res lors des d]nires lections anglaises et dans le recrutem5t des volontaires p\r notre caval]ie4 ,la m?ode comp>ative p> l'image e/ d'un usage encore meilleur4 ,s'il s'agit p> exemple d'une eau prt5dant faire rep\ss] les *eveux1 le cli5t e/ montr d'un ct *auve1 et de l'autre muni d'une *evelure abondante aprs emploi du produit4 ,les f9anci]s lanceurs d'affaires utilis5t les mmes procds de publicit que les indu/riels1 mais s\v5t sur une bi5 plus gr&e *elle4 ,p>fois mme1 la bi5veillance de la totalit des j\rnaux e/ a*ete4 ,p\r le t\t petit nombre de ceux dont il e/ impossible d'obt5ir des loges1 on se procure au mo9s leur sil5ce4 ,cette d\ble opration a t\j\rs t pratique p\r les nombreuses missions des emprunts russes4 99 99 99 99 99 ,dgageant des obs]vations prcd5tes les lm5ts psy*ologiques qui les dt]m95t1 n\s les tr\v]ons ram5es aux facteurs dj tudis comme j\ant un rle fondam5tal dans la g5se des op9ions3 affirmation1 rptition1 pre/ige1 sugge/ion et contagion4 ,les dtails dans lesquels n\s sommes entrs sur la psy*ologie de l'annonce peuv5t sembl] un peu spciaux4 ,ils conti5n5t en ralit les lm5ts ess5tiels de ce gr& art de p]suad]1 d'o drive la dom9ation des individus et des peuples et la fondation des croyances4 ,,*apitre ,v ,,les ,,c\rants ,,et ,,les ,,explosions ,d',,op9ions4 #a4--,les c\rants d'op9ions et leur cration4 ,en dehors des op9ions p>ticulires *aque gr\pe social1 il exi/e c]ta9s mom5ts des t5dances gnrales1 communes la plup>t des gr\pes4 ,provoques p> les livres1 les j\rnaux1 les disc\rs1 l'enseignem5t1 etc41 elles con/itu5t ce qu'on appelle des c\rants d'op9ions4 ,ils ne se manife/5t avec =ce que dans les cas exceptionnels et devi5n5t alors trs puissants4 ,ces c\rants1 r>em5t s\t5us p> des lm5ts rationnels1 sont presque t\j\rs d'orig9e affective ou my/ique4 ,ils naiss5t et se propag5t s\s les mmes influ5ces3 sugge/ion produite p> une impression =te ou une accumulation rapide de petites impressions1 puis contagion m5tale4 ,a mesure que se dsagrg5t les tais du pass et p> consqu5t notre /abilit m5tale hrditaire1 la puissance des c\rants d'op9ions gr&it *aque j\r4 ,n\s en avons subi beauc\p depuis un sicle3 bonap>tisme1 b\langisme1 dreyfusisme1 nationalisme1 et bi5 d'autres4 ,il faut s\v5t de gr&s vnem5ts p\r les dt]m9]4 ,la bataille d',ina *ez les ,allem&s1 la gu]re de #ahgj *ez les ,franais1 fur5t ncessaires p\r crer des c\rants d'op9ions1 capables d'impos] le s]vice militaire obligatoire univ]sel4 ,un c\rant d'op9ions analogue1 rsultant de succs m>itimes clatants1 p\vait seul p]mettre au g\v]nem5t japonais d'accrotre de plus d'un milli>d p> an les dp5ses de sa m>9e de gu]re4 ,l'homme d'tat suprieur sait enfant] ou ori5t] les c\rants d'op9ions ncessaires4 ,l'homme d'tat mdiocre se borne les suivre4 ,les tyrans les plus r$\ts ne fur5t jamais assez =ts p\r lutt] longtemps contre des c\rants d'op9ions4 ,juvnal rem>que que ,domiti5 put abattre impunm5t des p]sonnages illu/res1 mais qu'il prit lorsque les saveti]s comm5cr5t avoir peur de lui4 ,napolon lui-mme r$\tait les c\rants d'op9ions4 ,l'op9ion publique1 disait-il1 ,sa9te-,hlne1 e/ une puissance inv9cible1 my/rieuse1 laquelle ri5 ne rsi/e2 ri5 n'e/ plus mobile1 plus vague et plus =t2 et t\te capricieuse qu'elle e/1 elle e/ cep5dant ju/e1 beauc\p plus s\v5t qu'on ne p5se4 ,les gr&s hommes d'tat consacrr5t t\j\rs beauc\p de so9s crer ou dt\rn] les c\rants d'op9ions4 ,bism>ck mit de longues annes con/itu] le m\vem5t populaire capable de prp>] la gu]re qui devait eng5dr] l'unit allem&e1 l'unit de langue n'ayant pas suffi l'tablir4 ,j'ai dj fait rem>qu] ailleurs que ce fut p> une action cont9ue sur l'op9ion au moy5 des j\rnaux#i1 bro*ures et disc\rs1 que les hommes d'tat allem&s l'am5r5t accept] les sacrifices normes1 ncessits p> la cration d'une gr&e m>9e de gu]re4 ,les pr9cipales r=mes anglaises depuis un sicle1 tel l'tablissem5t du libre-*ange1 fur5t obt5ues en d*anant des c\rants d'op9ions4 #i ,l'(fice des affaires trangres d',allemagne a un crdit annuel de #a4cjj4jjj francs p\r agir sur les gr&s j\rnaux europens4 ,p>mi les facteurs gnrateurs de ces c\rants1 il faut cit] surt\t les j\rnaux quotidi5s1 les bro*ures1 les disc\rs1 les confr5ces1 les congrs4 ,l'ext5sion du socialisme en ,france et en ,allemagne a t provoque p> de p>eils moy5s4 ,ils agiss5t surt\t qu& ils ont p\r s\ti5s des beso9s n\veaux1 des s5tim5ts n\veaux1 des aspirations n\velles4 ,les c\rants d'op9ions politiques plus importants que t\s les autres1 en raison de leur rp]cussion sur les vnem5ts1 ne sont pas les seuls considr]4 ,les m\vem5ts d'op9ions dt]m95t aussi la p5se d'une poque4 ,les arts1 la littrature1 les sci5ces mme subiss5t leur action4 ,a la base de ces m\vem5ts1 se tr\v5t inv>iablem5t le pre/ige de c]ta9es ?ories ou de c]ta9s hommes1 puis cet lm5t fondam5tal de la propagation des croyances auquel il faut rev5ir t\j\rs3 la contagion m5tale4 ,les criva9s1 les p5seurs1 les philosophes et malheureusem5t aussi les politici5s1 contribu5t1 *acun dans leur sphre1 crer les c\rants d'op9ions qui ori5t5t la civilisation d'une poque4 ,le rle de crateur et directeur de m\vem5ts d'op9ions app>ti5t aux hommes d'tat dans t\tes les que/ions intressant la vie extrieure d'un pays4 ,leur t*e e/ =t difficile4 ,ils doiv5t avoir en effet une m5talit assez dveloppe p\r que la logique rationnelle leur s]ve de guide et cep5dant agir sur les hommes p> des influ5ces affectives et my/iques trangres la raison1 mais seules capables de les entran]4 ,ces gr&s lm5ts moraux qu'il faut savoir mani]1 re/]ont longtemps encore les plus puissants facteurs aptes dirig] les peuples4 ,ils ne crent pas les navires et les canons1 mais1 comme l'a dit l'amiral ,togo3 ,ils sont l'me des navires et des canons4 ,les influ5ces irrationnelles provoquant les m\vem5ts d'op9ions *ang5t sans cesse1 suivant la lumire v>iable qui baigne les *oses4 ,on doit savoir les dev9] si l'on veut les dom9] et ne pas oubli] qu'une op9ion quelconque univ]sellem5t accepte con/itu]a t\j\rs p\r la f\le une vrit4 #b4--,les explosions d'op9ions4 ,une explosion d'op9ions e/ une ori5tation in/antane et viol5te d'motions dans le mme s5s4 ,des vnem5ts espacs sur une longue priode de temps amn5t r>em5t de telles explosions4 ,il faut p\r les dt]m9] l'influ5ce d'vnem5ts s5sationnels brusques1 ou l'action de c]ta9s mots1 mis p> des p]sonnages influ5ts1 capables de dclan*] des gr\pes enti]s de s5tim5ts4 ,les gr&s hros de l'hi/oire3 ,pi]re l',ermite1 ,jeanne d',arc1 ,mahomet1 ,lu!r1 ,napolon1 etc41 ne fur5t pas les seuls promoteurs de ces explosions dont quelques-unes branlr5t le monde4 ,sur une mo9dre *elle1 *aque j\r on en voit natre3 l'excution de ,f]r]1 s\levant ,p>is1 p> exemple1 ou un phnomne imprvu comme la premire trav]se de la ,man*e p> un aviateur1 qui frappa vivem5t l',europe entire4 ,les assembles politiques sont trs sujettes aux explosions d'op9ions4 ,on ne peut compr5dre1 crit mile ,ollivi]1 qu& on n'a pas sig dans les assembles1 ces m\vem5ts in/antans qui aux j\rs de crise dplac5t la majorit et la rejett5t de l'avis qu'elle p>aissait avoir adopt avec passion l'avis diamtralem5t oppos3 t\tes les assembles sont peuple4 ,j'ai dj rappel comm5t1 en retran*ant c]ta9s mots dans la fameuse dp*e d',ems1 ,bism>ck provoqua en ,france une explosion d'op9ions qui dt]m9a la gu]re4 ,j'ai montr galem5t comm5t une brusque explosion d'op9ions r5v]sa le m9i/re ,clem5ceau4 ,les explosions d'op9ions peuv5t tre localises un gr\pe social1 mais elles n'ont alors d'influ5ce que si ce gr\pe e/ assez =t4 ,on se s\vi5t de la rvolte rc5te d'une p>tie de la ,*ampagne entranant l'inc5die de plusieurs gr&es maisons de fabricants auxquels les vign]ons repro*ai5t d'a*et] au lo9 leurs produits4 ,elle fut possible seulem5t p>ce que les rvolts se s5tai5t trs nombreux et connaissai5t la faiblesse du g\v]nem5t4 ,la plup>t des rvolutions mod]nes clat5t s\s =me d'explosion4 ,sans p>l] de celle du #d ,septembre1 manife/ation facilem5t explicable p> la n\velle de nos dsa/res1 il en e/ d'autres comme le r5v]sem5t de la mon>*ie portugaise1 les meutes de ,b]l91 l'insurrection de ,b>celone1 la rvolution turque1 etc41 qui se d*anr5t brusquem5t s\s des influ5ces =t lgres4 ,sans d\te1 des causes p>fois pr(ondes les prp>r5t1 mais l't9celle qui les alluma et se propagea comme une trane de p\dre fut sans motifs immdiats importants4 ,ce c>actre in/antan de t\tes les rvolutions populaires e/ frappant4 ,la trs imm5se majorit des f\les y pr5ant "p agiss5t p> contagion m5tale1 sans avoir aucune ide des motifs qui les font s'insurg]4 ,l'hi/oire de beauc\p de rvolutions peut tre crite en une seule page1 t\j\rs la mme4 ,elle se rsume dans le bref rcit de celle de #ahcj1 la suite des ordonnances de ,*>les ,x1 racont p> ,m4 ,georges ,ca94 ,l'explosion de colre qui s\leva ,p>is fut t]rible et in/antane4 ,en quelques heures1 les b>ricades sortir5t de t]re1 les attr\pem5ts des prote/ataires arms se =mr5t1 les tamb\rs battir5t le rappel de la g>de nationale1 les ouvri]s et les tudiants desc5dir5t dans la rue1 les lves de l'cole polyte*nique =cr5t les portes et prir5t le comm&em5t des b&es d'insurgs2 t\t ,p>isi5 se trans=mait en militant4 ,t\s se battai5t aux cris de3 ,a bas ,*>les ,x6 ,a bas ,polignac6 ,a bas les ordonnances6 ,vive la ,*>te6 ,la presque totalit des combattants ignorant absolum5t1 d'ailleurs1 ce que comportait la ,*>te1 et ce que cont5ai5t les ordonnances6 ,on rem>qu]a que les m\vem5ts rvolutionnaires s't5d5t trs vite p> voie de contagion1 bi5 au del des classes p\vant y tre intresses4 ,les m>9s des cuirasss qui se rvoltr5t p5dant la rvolution russe1 p> exemple1 ne le fir5t videmm5t que p> contagion4 ,il leur tait1 en effet1 =t indiffr5t que la ,russie possdt un ,p>lem5t1 ou que les paysans obt9ss5t le droit d'a*et] des t]res4 ,une c>actri/ique de t\tes les rvolutions e/ donc de se propag] rapidem5t des classes qui1 lo9 d'y avoir intrt1 n'ont s\v5t qu' y p]dre4 ,les b\rgeois1 dev5us rvolutionnaires sociali/es p> simple contagion1 s]ai5t assurs d'une ru9e complte si le m\vem5t dont ils se font les aptres v5ait triomph]4 ,ces explosions d'op9ions populaires1 =t dang]euses p>ce que la raison e/ sans action sur elles1 sont heureusem5t peu durables4 ,leur rsi/] directem5t ne fait que les excit]4 ,p>mi les facteurs div]s des explosions de fureurs eng5dres p> l'affaire ,dreyfus1 un des plus actifs fut l'ob/9ation de l'tat-major brav] l'op9ion en conte/ant l'vid5ce de c]ta9s docum5ts4 ,une simple erreur judiciaire n'aurait pas produit plus d'effet que tant d'autres1 commises quotidi5nem5t1 et bi5tt on et cess d'y p5s]4 ,a ct d'vnem5ts aussi clbres que ceux auxquels je vi5s de faire allusion1 se con/at5t facilem5t dans la vie j\rnalire une f\le de petites explosions d'op9ions1 sans gr&e importance p>ce qu'elles s'appliqu5t des faits m9uscules1 mais dont le mcanisme de propagation e/ t\j\rs le mme4 ,il suffit p\r les eng5dr] de tr\v] c]ta9s mots capables de dclan*] des gr\pes de s5tim5ts4 ,j'en fis moi-mme l'expri5ce dans une circon/ance trs simple1 mais cep5dant typique4 ,p\r des raisons d'conomie1 la direction des ,doma9es avait dcid1 con=mm5t son droit /rict1 de mettre en v5te la portion du p>c de ,sa9t-,cl\d connue adm9i/rativem5t s\s le nom de bois de ,vill5euve-l'tang4 ,vrai dsa/re p\r la population de la banlieue dont les prom5ades se rduis5t *aque j\r4 ,comm5t l'emp*]8 ,les affi*es (ficielles annonant la v5te tai5t poses sur les murs1 et le public1 ignorant le nom adm9i/ratif de cette p>tie du p>c de ,sa9t-,cl\d1 ne s'en m\vait aucunem5t4 ,connaissant ce mom5t les rapporteurs de la commission du budget1 j'essayai de les intress] la "q4 ,ils me donnr5t de bonnes p>oles1 mais les lecteurs exigeai5t d'eux trop de dm>*es p\r leur laiss] le loisir de se proccup] d'une "q d'intrt gnral4 ,les j\rs passai5t1 et une sema9e seulem5t sp>ait de la v5te4 ,ayant appris alors que l'unique acqureur srieux tait un juif allem&1 je fis pass] dans un gr& j\rnal une c\rte note intitule3 ,v5te du p>c de ,sa9t-,cl\d aux ,allem&s4 ,=midable explosion6 ,une nue de report]s s'abattit sur la commune et les j\rnaux publir5t de fulgurants articles4 ,violemm5t int]pell la ,*ambre1 le m9i/re compt5t1 qui ignorait d'ailleurs entirem5t de quoi il s'agissait1 dcl>a r5onc] la v5te dans le prs5t et dans l'av5ir4 ,p\r obt5ir ce rsultat1 trois mots avai5t suffi4 ,ils faisai5t p>tie de ces =mules vocatrices1 susceptibles d'ori5t] dans une mme direction des s5tim5ts individuels et de les trans=m] en une volont collective unanime4 ,,livre ,,viii ,,la ,,vie ,,des ,,croyances ,,*apitre ,i ,,c>act,,res ,,fondam5taux ,d',,une ,,croyance4 #a4--,la croyance comme beso9 irrductible de la vie m5tale4 ,dans le premi] *apitre de cet ouvrage n\s avons df9i la croyance1 montr qu'elle e/ un simple acte de foi1 expliqu en quoi elle diffre de la connaissance et sommairem5t esquiss son rle4 ,ces indications1 dont le b tait de dt]m9] la nature des problmes rs\dre1 se sont prcises p> l'exam5 des div]ses =mes de logiques et des facteurs de nos op9ions4 ,n\s allons ma9t5ant les complt] en tudiant la vie des croyances4 ,les lm5ts con/itutifs de notre exi/5ce se ratta*5t1 n\s le savons1 trois gr\pes3 vie organique1 vie affective1 vie intellectuelle4 ,le beso9 de croire app>ti5t la vie affective4 ,aussi irrductible que la faim ou l'am\r1 il e/ s\v5t aussi imprieux4 ,con/ituant un beso9 inv9cible de notre nature affective1 la croyance ne peut1 pas plus qu'un s5tim5t quelconque1 tre volontaire et rationnelle4 ,l'intellig5ce ne la cre ni ne la g\v]ne4 ,quels que soi5t la race1 le temps considr1 le degr d'ignorance ou de culture1 l'homme a t\j\rs manife/ la mme soif de croire4 ,la croyance semble un alim5t m5tal1 aussi ncessaire la vie de l'esprit que les alim5ts matriels l'entreti5 du corps4 ,le civilis ne saurait s'en pass] plus que le sauvage4 ,le d\te univ]sel de ,desc>tes e/ une fiction de l'esprit4 ,on trav]se quelquefois le scepticisme1 on n'y sj\rne gure4 ,le philosophe ne croit pas aux mmes *oses qu'un ignorant1 mais il en admet d'aussi peu dmontres4 ,la diffr5ce entre la croyance et la connaissance a t nettem5t m>que ds les dbuts de cet ouvrage4 ,on a vu que la premire e/ un acte de foi1 labor dans l'inconsci5t1 et n'exigeant aucune preuve1 alors que la seconde reprs5te une cration de la vie consci5te difie sur l'expri5ce et l'obs]vation4 ,la connaissance in/ruit1 et il n'y a pas de civilisation sans elle1 mais c'e/ surt\t la croyance qui fait agir4 ,s'il fallait att5dre de connatre avant d'agir1 l'inaction s]ait longue4 ,p5dant des sicles1 les croyances fur5t les seuls guides de l'humanit4 ,elles lui f\rnir5t1 avec des explications faciles p\r t\s les problmes1 un guide j\rnali] de la conduite4 ,provisoires ou phmres1 les croyances con/itur5t t\j\rs les gr&s mobiles d'action des hommes4 ,les croyances religieuses n'en =m5t qu'une p>tie4 ,le beso9 de foi ne fut nullem5t enfant p> les religions1 c'e/ lui1 au contraire1 qui les eng5dra4 ,les div9its ne font que f\rnir un objet notre dsir de croire4 ,ds qu'il se dt\rne d'elles1 l'homme se rejette sur une foi quelconque3 *imres politiques1 sortilges ou fti*es4 #b4--,l'intolrance des croyances4 ,un des c>actres gnraux les plus con/ants des croyances e/ leur intolrance4 ,elle e/ d'autant plus intransigeante que la croyance e/ plus =te4 ,les hommes dom9s p> une c]titude ne peuv5t tolr] ceux qui ne l'accept5t pas4 ,vrifie t\s les ges1 cette loi cont9ue s'ex]c] encore4 ,on sait quel degr de fureur religieuse arriv5t les croyants3 a?es ou dvots4 ,les gu]res de religion1 l',inquisition1 la ,sa9t-,b>?lemy1 la rvocation de l'dit de ,nantes1 la ,t]reur1 les p]scutions actuelles contre le cl]g1 etc41 en sont des exemples4 ,les r>es exceptions cette loi sont d'une int]prtation facile4 ,si les ,roma9s acceptr5t les div9its de t\s les peuples trang]s1 c'e/ qu'elles =mai5t p\r eux une hir>*ie d'tres puissants qu'on devait t*] de se concili] p> l'adoration4 ,bi5 qu'anim de pr9cipes diffr5ts le ,b\ddhisme triomphant ne fut pas davantage p]scuteur4 ,enseignant l'indiffr5ce au dsir et considrant les dieux et les tres comme de va9es illusions sans importance1 il n'avait aucune raison d'tre intolrant4 ,ces exceptions s'expliqu5t donc d'elles-mmes et ne contr$is5t nullem5t la rgle gnrale qu'une croyance e/ ncessairem5t intolrante4 ,les croyances politiques le sont au mo9s autant que les croyances religieuses4 ,on sait avec quelle ardeur les hommes de la ,conv5tion3 ,hb]ti/es1 ,dantoni/es1 ,robespi]ri/es1 etc41 conva9cus *acun de possd] la vrit pure1 supprimai5t les ennemis supposs de leur foi4 ,les sectateurs mod]nes de la desse ,raison sont aussi viol5ts1 aussi intolrants1 aussi altrs de sacrifices que leurs prdcesseurs4 ,la rgle de t\t vrai croyant s]a t\j\rs celle enseigne dans la ,somme de sa9t ,?omas3 ,l'hrsie e/ un p* p\r lequel on mrite d'tre exclu du monde p> la mort4 ,m4 ,georges ,sorel prdit donc trs ju/em5t que la premire mesure du socialisme triomphant s]ait de massacr] sans piti t\s ses adv]saires4 ,il n'aurait gure1 d'ailleurs1 d'autres moy5s de se ma9t5ir p5dant quelque temps4 ,en matire de croyance1 l'intolrance et les viol5ces qui l'accompagn5t ne sont pas des s5tim5ts exclusivem5t populaires4 ,ils app>aiss5t aussi dvelopps1 s9on davantage1 *ez les g5s in/ruits1 et1 en outre1 sont plus durables4 ,j'ai p>fois admir1 crit ,mi*elet1 la frocit des lettrs1 ils arriv5t des excs de fureur n]veuse que les hommes mo9s cultivs n'atteign5t pas4 #c4--,l'indp5dance des op9ions4 ,rle social de l'intolrance4 ,exam9e au seul po9t de vue de la raison1 l'intolrance des croyances semble insupportable4 ,pratiquem5t1 elle l'e/ assez peu1 c> le beso9 d'indp5dance p]mettant de se s\/raire une croyance commune e/ t\t fait exceptionnel4 ,les s]vitudes du milieu social circonscriv5t troitem5t les limites de l'indp5dance sans qu'on s'en plaigne4 ,le plus s\v5t1 on ne les ap]oit mme pas4 ,p\r dev5ir vraim5t libre1 il faudrait d'abord s'affran*ir des influ5ces du milieu en vivant isol4 ,notre maximum d'indp5dance possible ne consi/e gure qu' oppos] p>fois un peu de rsi/ance aux sugge/ions ambiantes4 ,la gr&e masse n'en oppose aucune et suit les croyances1 les op9ions et les prjugs de son gr\pe4 ,elle y obx1 sans en avoir plus consci5ce que la feuille dess*e entrane p> le v5t4 ,*ez une lite =t re/re9te seulem5t s'obs]ve la facult de possd] quelquefois des op9ions p]sonnelles4 ,t\s les progrs de la civilisation sont dus videmm5t ces esprits suprieurs1 mais on ne peut s\hait] leur multiplication excessive4 ,impuissante s'adapt] de suite des progrs trop rapides et trop pr(onds1 une socit tomb]ait vite dans l'an>*ie4 ,la /abilit ncessaire son exi/5ce e/ prcism5t tablie grce au gr\pe compact des esprits l5ts et mdiocres1 g\v]ns p> des influ5ces de traditions et de milieu4 ,il e/ donc utile p\r une socit qu'elle se compose d'une majorit d'hommes moy5s1 dsireux d'agir comme t\t le monde et cons]vant p\r guides les op9ions et les croyances gnrales4 ,trs utile aussi que les op9ions gnrales soi5t peu tolrantes1 la peur du jugem5t des autres con/ituant une des bases les plus sres de notre morale4 ,la mdiocrit d'esprit peut donc tre bi5faisante p\r un peuple1 surt\t associe c]ta9es qualits de c>actre4 ,l',anglet]re l'a in/9ctivem5t compris et c'e/ p\rquoi1 bi5 que ce pays soit un des plus libraux de l'univ]s1 la libre p5se y fut t\j\rs assez mal vue4 #d4--,le p>oxysme de la croyance4 ,les m>tyrs4 ,de l'op9ion transitoire1 simple bau*e de croyance1 la croyance complte1 dom9ant t\t l'ent5dem5t1 s'*elonn5t des tapes assez r>em5t fran*ies4 ,elles le sont cep5dant c]ta9es poques4 ,alors1 les impulsions my/iques et les s5tim5ts qu'elles font natre devi5n5t si puissants que t\s les fre9s sociaux1 t\tes les rpressions des lois sont incapables de les enray]4 ,c'e/ ,polyeucte brisant les idoles1 c'e/ le m>tyr dfiant ses b\rreaux1 le nihili/e jetant sa bombe dans une f\le1 avec le *imrique espoir de tu] un pr9cipe4 ,qu& la croyance arrive cette phase d'int5sit1 aucune digue ne lui e/ opposable4 ,elle dom9e les intrts les plus vid5ts1 les s5tim5ts les plus *]s et trans=me en vrits clatantes de manife/es erreurs4 ,nul sacrifice ne cote alors au croyant p\r df5dre ou propag] sa foi4 ,semblable aux sugge/ionns tudis p> la sci5ce mod]ne1 il vit dans le doma9e de l'halluc9ation pure4 ,de telles exaltations sont gnralem5t prp>es p> des priodes d'an>*ie durant lesquelles se dsagrg5t les vieilles croyances et1 p> consqu5t1 les s5tim5ts tays sur elles4 ,la m5talit des m>tyrs de t\t ordre3 politique1 religieux ou social e/ id5tique4 ,hypnotiss p> la fixit de leur rve1 ils se sacrifi5t avec joie p\r assur] le triomphe de l'ide1 sans mme aucun espoir de rcomp5se dans ce monde ou dans l'autre4 ,l'hi/oire des nihili/es et des t]rori/es russes abonde en enseignem5ts dmon/ratifs sur ce d]ni] po9t4 ,ce n'e/ pas t\j\rs l'espoir du ciel qui fait les m>tyrs4 ,le nombre de tels halluc9s n'e/ heureusem5t pas trs considrable *aque poque4 ,dev5us trop nombreux1 ils b\lev]s5t le monde4 ,impuissantes1 les p]scutions ne font que r5dre leur exemple contagieux4 ,l'tude des m>tyrs relve surt\t du doma9e de la pa?ologie m5tale4 ,les halluc9s des croyances les plus v>ies prs5t5t une telle analogie1 qu'aprs en avoir exam9 deux ou trois1 on connat t\s les autres4 ,les exemples que je vais cit] ont simplem5t p\r b de montr] que devant l'auto-sugge/ion de la foi1 non seulem5t t\tes les op9ions se trans=m5t1 mais encore que s'van\iss5t des s5tim5ts aussi puissants que la cra9te1 la pudeur et l'am\r mat]nel4 ,l'hi/oire des m>tyrs e/ ple9e de faits ju/ifiant ces ass]tions4 ,ils se ramn5t comme type l'exemple de ,vivia ,p]petua1 vnre p> les *rti5s s\s le nom de sa9te ,p]ptue1 et qui vivait s\s le rgne de ,septime ,svre4 ,fille d'un snateur trois fois consul1 prsid5t du ,snat de ,c>?age1 la belle et ri*e patrici5ne1 secrtem5t conv]tie au *ri/ianisme1 prfra tre expose nue devant le peuple enti] et dvore vivante p> les btes froces que de faire le simulacre de brl] un peu d'enc5s sur l'autel du gnie de l',emp]eur4 ,les croyants considr5t de tels actes comme preuves de la puissance de leurs ,dieux4 ,pure illusion1 videmm5t1 puisque les m>tyrs fur5t aussi nombreux dans t\tes les religions et dans t\tes les sectes politiques4 ,comme exemples1 entre des milli]s d'autres1 on peut cit] ceux de la religion baby/e1 dveloppe en ,p]se1 il y a environ soixante ans4 ,le s\v]a9 rgnant alors s'imag9a p\voir te9dre cette foi n\velle dans les supplices4 ,voici ce qu'il en adv9t3 ,on vit s'avanc] devant les b\rreaux1 rapporte ,gob9eau1 des enfants et des femmes1 les *airs ouv]tes sur t\t le corps1 avec des m*es allumes1 flambantes1 fi*es dans les blessures444 ,enfants et femmes s'avanai5t en *antant un v]set qui dit3 ,en vrit n\s v5ons de ,dieu et n\s ret\rnons lui6 ,leurs voix s'levai5t clatantes au-dessus du sil5ce pr(ond de la f\le4 ,qu& un des supplicis tombait1 on le faisait relev] c\ps de f\et ou de baonnette444 il se relevait1 se mettait dans] et criait avec un surcrot d'en?\siasme3 ,en vrit n\s sommes de ,dieu et n\s ret\rnons lui444 ,qu& on arriva au lieu de l'excution1 on proposa encore aux victimes la vie p\r leur abjuration4 ,un b\rreau imag9a de dire un pre que s'il ne cdait pas1 il c\p]ait la gorge ses deux fils sur sa poitr9e4 ,c'tai5t deux petits g>ons1 dont l'an avait quatorze ans1 et qui1 r\ges de leur propre sang1 les *airs calc9es1 c\tai5t froidem5t le dialogue4 ,le pre rpondit1 en se c\*ant p> t]re1 qu'il tait prt1 et l'an des enfants1 rclamant avec emportem5t son droit d'anesse1 dem&a tre gorg le premi]4 ,on vit des babys v5ir se dnonc] eux-mmes3 un disciple du ,bb susp5du ses cts aux remp>ts de ,tbriz n'avait qu'un mot la b\*e3 ,matre1 es-tu cont5t de moi8 ,les ,skopsys en ,russie1 les ,mormons en ,amrique subir5t de nos j\rs des p]scutions analogues1 sans v\loir r5onc] leur foi4 ,ces faits et t\s ceux du mme ordre sont trs in/ructifs4 ,ils pr\v5t la =ce de l'esprit my/ique1 capable de triomph] de la d\leur et de dom9] des s5tim5ts considrs comme la base mme de l'exi/5ce4 ,que p\rrait contre lui la raison8 ,aussi n'e/-ce pas avec des argum5ts rationnels qu'on s\lve les f\les4 ,avec des croyances on les dom9]a t\j\rs4 ,assez puissante p\r lutt] contre la nature et l'ass]vir quelquefois1 la raison ne possde pas la =ce suffisante p\r difi] des croyances ou triomph] d'elles4 ,de/ructrices quelquefois1 cratrices s\v5t1 irrsi/ibles t\j\rs1 les croyances con/itu5t les plus =midables puissances de l'hi/oire1 les vrais s\ti5s des civilisations4 ,les peuples ne survcur5t jamais longtemps la mort de leurs dieux4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,c]titudes ,d,,riv,,es ,,des ,,croyances4 ,,nature ,,des ,,preuves ,,dont ,,se ,,cont5t5t ,,les ,,croyants4 #a4--,les c]titudes drives des croyances4 ,une croyance =te inspire des c]titudes que ri5 n'branle4 ,de telles c]titudes driv5t la plup>t des gr&s vnem5ts hi/oriques4 ,mahomet avait la c]titude que ,dieu lui ordonnait de fond] une religion n\velle de/9e rgnr] le monde1 et il russit le b\lev]s]4 ,pi]re l',ermite avait la c]titude que ,dieu v\lait repr5dre aux infidles le tombeau du ,*ri/1 et p\r le reconqurir1 des millions d'hommes prir5t misrablem5t4 ,lu!r avait la c]titude que le pape tait l',ant*ri/1 qu'il n'exi/ait pas de purgatoire1 et1 au nom de vrits de cet ordre1 l',europe fut mise feu et sang p5dant plusieurs sicles4 ,les prtres de l',inquisition avai5t la c]titude que ,dieu v\lait voir brl] les hrtiques1 et ils dpeuplr5t l',espagne avec leurs b*]s4 ,*>les ,,ix et ,l\is ,,xiv avai5t la c]titude que le crateur des mondes ne p\vait tolr] l'exi/5ce des prote/ants1 et p\r les ext]m9]1 le premi] eut rec\rs la ,sa9t-,b>?lemy et le second aux dragonnades4 ,la ,conv5tion avait la c]titude qu'il fallait c\p] un gr& nombre de ttes p\r assur] le bonheur du g5re huma91 et1 comme consqu5ce1 elle provoqua des gu]res et une dictature qui fir5t prir en ,europe trois millions d'hommes4 ,de nos j\rs1 des milli]s de b\rgeois pntrs de la c]titude que le socialisme rgnr]ait le monde1 dmoliss5t furieusem5t les d]nires colonnes qui s\ti5n5t la socit dont ils viv5t4 ,un des effets les plus srs de la c]titude drive d'une croyance1 e/ de crer c]ta9s pr9cipes de morale plus ou mo9s provisoires1 mais =t puissants1 aut\r desquels se con/itue une consci5ce n\velle gnratrice d'une n\velle conduite4 ,l'hi/oire de la ,rvolution e/ ple9e d'actes sangu9aires commis p> des individus jadis pacifiques1 mais se croyant obligs d'obir aux impulsions de leur foi rc5te4 ,tels les massacreurs de ,septembre qui1 les tu]ies t]m9es1 rclamr5t une rcomp5se nationale4 ,telles encore les b&es qui ravagr5t la ,v5de#aj4 #aj ,leur tat d'esprit1 driv de n\velles croyances1 e/ trs bi5 indiqu p> ce fragm5t suivant d'une lettre du soldat ,jolicl]c publie p> le ,temps du #bf octobre #aiaj3 ,n\s allons ravag] le dp>tem5t des ,deux-,svres et de la ,v5de4 ,n\s allons y port] le f] et la flamme2 d'une ma9 le fusil1 de l'autre la tor*e4 ,hommes et femmes1 t\t pass]a au fil de l'pe444 ,n\s avons dj brl environ sept lieues de pays4 ,il y a des soldats qui ont dj fait leur =tune444 ,les c]titudes my/iques et s5tim5tales s'accompagn5t t\j\rs du beso9 de les impos]4 ,l'homme supporte difficilem5t1 et ds qu'il e/ le plus =t ne supporte jamais1 que d'autres ne p>tag5t pas ses c]titudes4 ,p\r les impos]1 il ne recul]a pas devant la plus furieuse tyrannie et de sanglantes hcatombes4 ,les possesseurs de c]titudes ont t\j\rs ravag le monde4 ,il e/ =t r$\table p\r une nation d'tre m5e p> eux1 et cep5dant1 comme le dit ju/em5t ,ribot3 ,le g\v]nem5t d'un peuple1 c]ta9s mom5ts de son hi/oire1 e/ aux ma9s de demi-f\s4 ,qu'un homme puissant ait la c]titude1 comme le manife/ait l'emp]eur d',allemagne dans un disc\rs clbre1 de t5ir son p\voir de la div9it1 et on entrevoit o une telle c]titude peut le conduire4 ,qu'il s'imag9e que son ,dieu lui ordonne de faire la gu]re aux incrdules p\r les *ti]1 et l',europe peut tre b\lev]se4 ,elle le fut plus d'une fois s\s l'influ5ce de convictions semblables4 #b4--,nature des preuves dont se cont5te l'esprit conf9 dans le *amp de la croyance4 ,une croyance e/ un acte de foi qui n'exige pas de preuves et d'ailleurs n'e/ vrifiable le plus s\v5t p> aucune4 ,si la foi s'imposait seulem5t p> des argum5ts rationnels1 peu de croyances aurai5t pu se =m] dans le c\rs des sicles4 ,les argum5ts invoqus p> les croyants sembl5t s\v5t enfant9s la raison4 ,celle-ci n'a pas cep5dant qualit p\r les jug]1 c> ils driv5t d'lm5ts my/iques ou affectifs *appant son action4 ,la sugge/ion et la contagion m5tale p> lesquelles se propag5t les croyances sont indp5dantes de la raison4 ,aucun lm5t rationnel ne p>ticipant la g5se des croyances1 la crdulit du croyant e/ inf9ie4 ,il ne s'imag9e pas admettre les *oses sans preuves puisqu'il en invoque au contraire t\j\rs2 c'e/ dans la nature des preuves dont il se cont5te qu'app>at la pr(ondeur de sa crdulit4 ,la lecture des ouvrages sur les moy5s de dc\vrir les sorci]s1 dcrits p> de doctes magi/rats qualifis jadis d'm95ts1 e/ extrmem5t in/ructive ce po9t de vue4 ,les docum5ts de cette nature1 aussi bi5 que les livres des ?ologi5s1 montr5t l'abme sp>ant la preuve qu'exige le savant de celle satisfaisant l'esprit enf]m dans le cycle de la croyance4 ,inutile de donn] ici des exemples4 ,t\s s]ai5t analogues ceux rvls dans le procs int5t contre l'criva9 itali5 d',albano4 ,on pr\va clairem5t qu'il avait appris les sept arts libraux p> le sec\rs de sept dmons1 en dc\vrant *ez lui une b\teille cont5ant un mlange de sept drogues diffr5tes dont *acune reprs5tait videmm5t un dmon4 ,malgr ses quatre-v+ts ans1 on allait le brl] vif1 qu&1 protg sans d\te p> les sept dmons capts1 il m\rut brusquem5t4 ,les juges dur5t se born] le faire dt]r] et brl] sur une place publique4 ,s\s ,l\is ,,xiv1 on ne brla qu'exceptionnellem5t les sorci]s1 mais p]sonne ne d\tait de leur puissance4 ,le procs de la sorcire la ,vois91 rvla que les plus gr&s p]sonnages du temps1 le m>*al de ,luxemb\rg1 l'vque de ,langres premi] aumni] de la re9e1 etc41 avai5t eu rec\rs la puissance magique qu'ils lui supposai5t4 ,l'vque ,simiane de ,gorges s'tait adress elle p\r obt5ir1 p> l'influ5ce du diable1 le cordon bleu du ,sa9t-,esprit6 ,si les tireuses de c>tes et les py?onisses mod]nes racontai5t les visites qu'elles reoiv5t1 on con/at]ait que la crdulit mod]ne n'a pas dim9u4 ,je p\rrais cit] un anci5 m9i/re1 connu p> son anticlricalisme rigide1 qui ne sort jamais sans avoir dans sa po*e de la corde de p5du4 ,un de nos plus m95ts ambassadeurs quitte immdiatem5t une table o se tr\v5t treize convives4 ,le fti*isme de ces illu/res hommes d'tat e/-il vraim5t suprieur aux croyances religieuses qu'ils proscriv5t avec tant de vigueur8 ,j'en d\te un peu4 ,les croyants1 si conva9cus soi5t-ils1 ont t\j\rs s5ti la ncessit1 au mo9s p\r conv]tir les incrdules1 de tr\v] leur foi des raisons ju/ificatives4 ,les nombreuses lucubrations des ?ologi5s pr\v5t avec quelle p]svrance cette t*e fut p\rsuivie4 ,l'argum5t auquel ils se sont le plus atta*s en dehors des miracles et des ass]tions de leurs livres sacrs1 a t l'ass5tim5t univ]sel4 ,des hommes comme ,bossuet n'hsitr5t pas utilis] une telle preuve4 ,considrant les op9ions p>ticulires mprisables et dang]euses1 l'illu/re prlat leur opposait la consci5ce gnrale comme beauc\p plus sre4 ,une doctr9e doit tre1 suivant lui1 t5ue p\r vrit1 ds que t\s les hommes la jug5t telle4 ,aux yeux de ,bossuet1 un seul tre ne p\vait avoir raison contre la totalit des autres4 ,il fallut les progrs des sci5ces mod]nes p\r pr\v]1 que beauc\p de dc\v]tes se sont ralises1 prcism5t p>ce qu'un seul homme eut raison contre t\s les autres4 ,les ?ologi5s se sont donn1 en vrit1 un mal bi5 inutile p\r combattre une incrdulit applique en gnral des po9ts accessoires de doctr9e4 ,la crdulit int5se e/ au contraire un s5tim5t univ]sel4 #c4--,le po9t irrductible du conflit de la sci5ce et de la croyance4 ,n\s avons montr que les doma9es rgis p> les div]ses =mes de logiques tai5t trop diffr5ts p\r p\voir se pntr]1 et p> consqu5t entr] utilem5t en lutte4 ,il e/ cep5dant un po9t sur lequel la sci5ce et la croyance sembl5t de/9es se tr\v] s\v5t en conflit irrductible p>ce qu'il t\*e un pr9cipe fondam5tal4 ,de t\tes les rvolutions effectues dans la p5se huma9e1 la plus considrable1 peut-tre1 fut ralise lorsqu'aprs de longs ttonnem5ts1 la sci5ce russit pr\v] que t\s les phnomnes sont dt]m9s p> des lois rig\reuses1 et non p> les volonts capricieuses d'tres suprieurs4 ,nos conceptions de l'univ]s *angr5t du mme c\p4 ,cette dc\v]te capitale1 qui p\r la premire fois sortait l'humanit du cycle de la croyance1 p\r la faire pntr] dans celui de la connaissance1 e/ lo9 d'tre gnralise encore4 ,beauc\p d'hommes admett5t t\j\rs que des puissances surnaturelles conduis5t les vnem5ts et peuv5t1 qu& on les sollicite avec ardeur1 en modifi] le c\rs4 ,une telle conception tant l'expression d'espoirs qui ne meur5t jamais1 la sci5ce et la croyance s]ont t\j\rs antagoni/es sur ce t]ra94 ,le conflit m5ace d'tre t]nel1 c> si les dieux se retir5t des rgions dfri*es p> la sci5ce1 on ne peut dmontr] aux croyants qu'il n'exi/e ri5 dans les va/es doma9es non explors encore4 ,c'e/ dans ces rgions impntres que se ma9ti5dront t\j\rs les fantmes crs p> la foi4 ,ab&onn] la notion de ncessit dans l'en*anem5t d'un seul phnomne1 c'e/ ret\rn] l'ide dtruite avec tant de pe9es1 d'vnem5ts dp5dant des volonts p>ticulires d'tres capricieux4 ,peu importe que leurs caprices soi5t accid5tels4 ,il suffit qu'ils se produis5t une seule fois p\r p\voir se rpt] t\j\rs4 ,si les phnomnes annoncs p> les ?aumaturges mod]nes tai5t possibles1 la sci5ce devrait ret\rn] docilem5t aux ges o les ,dieux dcidai5t du sort des batailles1 et o des lgions d'esprits1 de fes et de dmons int]v5ai5t sans cesse dans la vie j\rnalire4 ,les conjurations1 les prires1 les sacrifices1 les =mules magiques1 con/itu]ai5t alors1 auj\rd'hui comme jadis1 les seuls moy5s de s'assur] la faveur de ces capricieuses puissances4 ,cette rgression n'e/ pas r$\t] beauc\p4 ,une m5talit religieuse inde/ructible n\s f]a t]nellem5t ret\rn] au surnaturel1 mais l'tude att5tive des faits miraculeux montr]a t\j\rs aussi qu'ils sont des halluc9ations cres p> notre esprit4 ,c'e/ ce que n\s expliqu]ons dans une autre p>tie de cet ouvrage en essayant d'clair]1 au moy5 de l'expri5ce1 la g5se de quelques n\velles croyances4 ,,*apitre ,,iii ,r,,le ,,attribu ,a ,,la ,,raison ,,et ,a ,,la ,,volont ,,dans ,,la ,,g5,,se ,d',,une ,,croyance4 #a4--;,indp5dance de la raison et de la croyance4 ,les r>es tudes1 publies sur la =mation des croyances1 proclam5t gnralem5t qu'elles sont volontaires et rationnelles4 ,cette p]si/ante erreur provi5t de la vieille illusion du rle de l'intellig5ce en psy*ologie4 ,n\s avons sp> nettem5t1 dans cet ouvrage1 le moi affectif du moi intellectuel et montr qu'ils sont g\v]ns p> des =mes de logiques trs diffr5tes4 ,il s'en suivait1 naturellem5t1 que la raison1 expression de l'intellig5ce1 tait indp5dante de la croyance1 expression des s5tim5ts et du my/icisme qui en drive4 ,la preuve de cette indp5dance s'e/ acc5tue encore qu& n\s avons con/at que la croyance et la connaissance s'difiai5t p> des m?odes entirem5t dissemblables4 ,la plup>t de nos luttes politiques et religieuses ti5n5t cette prt5tion illusoire de v\loir faire agir l'une sur l'autre des *oses aussi incapables de se pntr] que la croyance et la connaissance4 ,on ne compr5d bi5 la =ce des croyances qu'en reconnaissant qu'elles *app5t t\te influ5ce rationnelle4 ,il p\rrait sembl] inutile de rev5ir encore sur ce sujet1 mais p\r combattre des prjugs t5aces1 les argum5ts ne saurai5t tre trop nombreux4 ,si les croyances tai5t accessibles l'influ5ce de la raison1 on aurait vu disp>atre depuis longtemps t\tes celles qui sont absurdes4 ,or1 l'obs]vation dmontre leur p]si/ance4 ,on e/ donc bi5 oblig d'admettre qu'il n'y a pas d'absurdits p\r un croyant et que l'homme ne re/e gure libre de croire ou de ne pas croire4 ,les influ5ces affectives et my/iques dt]m9ant la croyance sont1 n\s l'avons plusieurs fois rpt1 =t diffr5tes des en*anem5ts rationnels qui dt]m95t la connaissance4 ,en matire de croyance1 il n'exi/e pas de vrification possible4 ,en matire de connaissance1 la possibilit d'une vrification e/ au contraire la rgle et dtruit1 ds lors1 t\te objection4 ,p]sonne n'a jamais song conte/] les proprits d'un triangle ou d'une section conique4 ,p\r le savant1 la vrit en de des ,pyrnes e/ la mme qu'au del4 ,p\r les croyants1 elle *ange au contraire1 en fran*issant les frontires ou le temps4 ,les croyances possd5t la facult m]veilleuse de crer des *imres1 puis d'y s\mettre les esprits4 ,on se s\/rait p>fois la dom9ation des tyrans mais jamais celle des croyances4 ,des milli]s d'hommes sont t\j\rs prts se faire tu] p\r les df5dre4 ,aucun d'eux n'expos]ait sa vie p\r le triomphe d'une vrit rationnelle4 ,l'ge de la raison o les progrs des sci5ces ont fait entr] l'humanit n'a nullem5t dtruit la puissance des croyances1 ni la facult d'en =g] de n\velles4 ,aucune poque1 peut-tre1 n'en vit clore d'aussi nombreuses3 politiques1 religieuses ou sociales4 ,l',amrique et la ,russie1 notamm5t1 en voi5t natre *aque j\r4 #b4--;,impuissance de la raison sur la croyance4 ,lorsque1 obissant l'volution naturelle des *oses1 la croyance arrive au degr d'usure qui prcde son dcl91 la raison a quelquefois prise sur elle4 ,dans sa priode de triomphe1 la croyance ne t5te mme pas de lutt] contre la raison puisque cette d]nire ne la conte/e pas4 ,ri5 n'e/ plus r>e1 en effet1 que de voir aux sicles de foi1 des esprits assez indp5dants p\r discut] rationnellem5t leur croyance4 ,l'exemple de ,pascal montre ce que peuv5t tre les rsultats de cette lutte entre la logique affective et my/ique d'une "p et la logique rationnelle de l'autre4 ,l'illu/re p5seur crivait une poque o les vrits religieuses tai5t acceptes sans conte/ation1 et seul un gnie comme le si5 p\vait os] s\mettre ses c]titudes une discussion rationnelle4 ,l'insuccs complet de sa t5tative dmontre une fois de plus l'impuissance de la raison contre la croyance4 ,pascal avait une sagacit trop gr&e p\r ne pas ap]cevoir l'illogisme rationnel d'une lg5de supposant un ,dieu se v5geant sur son fils d'une injure commise l'orig9e du monde p> une de ses cratures et il n'hsite pas la qualifi] de sottise4 ,mais bi5tt1 sa logique rationnelle e/ oblige de s'incl9] devant les impulsions de sa logique my/ique4 ,hant p> la cra9te de l'enf] que lui suggre cette d]nire1 et v\lant cep5dant df5dre sa croyance p> des raisons acceptables1 il en arrive considr] la vie future comme l'enjeu d'un p>i r$\table4 ,r$\table en effet1 puisqu'il s'agit de *tim5ts t]nels si rellem5t l'enf] exi/e4 ,dans cette inc]titude1 assure-t-il1 il faut p>i] p\r une vie future et se conduire1 p> consqu5t1 comme si elle exi/ait4 ,modrm5t satisfait1 cep5dant1 de cet argum5t1 ,pascal essaie d'utilis] encore sa logique rationnelle p\r appuy] sa croyance1 mais il n'y russit gure4 ,p>mi les preuves avec lesquelles le gr& p5seur t5te de rationalis] un peu sa foi1 il cite1 naturellem5t1 les prophties et les miracles4 ,ces argum5ts s'appliquant t\tes les religions qui1 elles aussi1 sont ple9es de miracles1 il se tr\ve conduit rejet] simplem5t ceux des autres croyances3 ,t\t homme1 assure-t-il1 peut faire ce qu'a fait ,mahomet1 c> il n'a po9t fait de miracles1 il n'a po9t t prdit4 ,nul homme ne peut faire ce qu'a fait ,jsus-,*ri/4 ,pascal ne re*]*e pas1 et sa logique my/ique ne le lui et pas p]mis1 sans d\te1 p\rquoi l'islamisme1 le b\ddhisme f9ir5t p> compt] autant de sectateurs que le *ri/ianisme4 ,malgr t\tes les subtilits de sa dialectique1 l'illu/re philosophe s5tait bi5 qu'aucune raison srieuse ne p]mettait d'tay] sa foi4 ,d'un autre ct1 cette d]nire e/ ncessaire p\r vit] l'enf] s'il exi/e4 ,comm5t y p>v5ir8 ,voici ses conseils3 ,v\s v\lez all] la foi et v\s n'en savez pas le *em9444 appr5ez de ceux qui ont t lis comme v\s444 suivez la manire p> o ils ont comm5c1 c'e/ en faisant t\t comme s'ils croyai5t1 en pr5ant de l'eau bnite1 en faisant dire des messes1 etc444 cela v\s f]a croire et v\s abtira4--,mais c'e/ ce que je cra9s4--,et p\rquoi8 ,qu'avez-v\s p]dre8 ,la discussion de ,pascal montre une fois de plus l'impuissance de la raison lutt] contre la croyance1 surt\t qu& cette d]nire e/ dev5ue collective4 ,cette impuissance donne la clef de c]ta9s vnem5ts hi/oriques en app>5ce inexplicables1 tels que l'av5ture de ,port-,royal1 qui tr\bla pr(ondm5t une p>tie du rgne de ,l\is ,,xiv4 ,a son orig9e1 on voit simplem5t quelques religieux trs v]tueux1 acceptant une ?orie p>ticulire de la prde/9ation que sa rebutante iniquit semblait condamn] n'avoir aucune influ5ce4 ,juges uniquem5t au po9t de vue rationnel1 les diss]tations sur la grce effici5te1 la frqu5ce de la communion1 les c9q propositions de ,jansnius1 etc41 sembl5t de vulgaires divagations4 ,elles excitr5t p\rtant de si furieuses passions que ,port-,royal fut ras1 ses mo9es disp]ss1 bi5 qu'ils fuss5t des modles de v]tu4 ,de p>eils vnem5ts re/]ai5t1 je le rpte1 inexplicables si la raison avait eu la mo9dre "p dans leur g5se4 ,t\tes ces croyances1 tant labores dans l'inconsci5t1 *app5t non seulem5t notre raison1 mais ncessairem5t aussi la volont4 ,elles sont le rsultat de sugge/ions analogues celles que sav5t ma9t5ant produire t\s les hypnotiseurs4 ,sans d\te1 la raison peut donn] le dsir de croire1 mais elle n'aura jamais la puissance de faire croire4 ,l'on n'y p>vi5drait pas davantage en suivant le conseil de ,pascal1 agir comme si l'on croyait4 ,si puissante que soit la volont1 elle ne saurait crer la foi et peut t\t au plus en donn] le simulacre4 ,la croyance tant indp5dante de la raison1 on ne peut s'tonn]1 comme le rem>que ,ribot1 de voir un esprit suprieur rompu aux m?odes svres des sci5ces1 admettre en religion1 en politique1 en morale1 des op9ions d'enfant qu'il ne daign]ait pas discut] un seul in/ant si elles n'tai5t pas les si5nes4 ,aussi1 le plus s\v5t1 se borne-t-on subir les croyances sans les discut]4 ,conduite trs sage4 ,le monde vieillira longtemps1 sans d\te1 avant que la raison fasse quilibre la foi4 ,,*apitre ,,iv ,,comm5t ,,se ,,ma9ti5n5t ,,et ,,se ,,trans=m5t ,,les ,,croyances4 #a4--;,comm5t se ma9ti5n5t les croyances4 ,une vrit rationnelle e/ imp]sonnelle et les faits qui la s\ti5n5t re/5t acquis p\r t\j\rs4 tant au contraire p]sonnelles et bases sur des conceptions s5tim5tales ou my/iques1 les croyances sont s\mises t\s les facteurs susceptibles d'impressionn] la s5sibilit4 ,elles devrai5t donc1 semble-t-il1 se modifi] sans cesse4 ,leurs p>ties ess5tielles se ma9ti5n5t cep5dant1 mais la condition d'tre con/amm5t entret5ues4 ,quelle que soit sa =ce au mom5t de son triomphe1 une croyance qui n'e/ pas cont9uellem5t df5due se dsagrge bi5tt4 ,l'hi/oire e/ jon*e des dbris de croyances n'ayant eu1 p\r cette raison1 qu'une exi/5ce phmre4 ,la codification des croyances en dogmes con/itue un lm5t de dure que ne saurait suffire4 ,l'criture ral5tit seulem5t l'action de/ructive du temps4 ,une croyance quelconque1 religieuse1 politique1 morale ou sociale se ma9ti5t surt\t p> la contagion m5tale et des sugge/ions rptes4 ,images1 /atues1 reliques1 pl]9ages1 crmonies1 *ants1 musique1 prdications1 etc41 sont les lm5ts ncessaires de cette contagion et de ces sugge/ions4 ,conf9 dans un ds]t1 priv de t\t symbole1 le croyant le plus conva9cu v]rait rapidem5t sa foi s'affaiblir4 ,si des ana*ortes et des missionnaires la cons]v5t cep5dant1 c'e/ qu'ils relis5t sans cesse leurs livres religieux et surt\t s'a/reign5t une f\le de rites et de prires4 ,l'obligation p\r le prtre de rcit] *aque j\r son brviaire fut imag9e p> des psy*ologues1 connaissant bi5 la v]tu sugge/ive de la rptition4 ,aucune foi n'e/ durable si on la dp\ille des lm5ts fixes qui lui s]v5t de s\ti54 ,un ,dieu sans temples1 sans images1 sans /atues1 p]drait bi5tt ses adorateurs4 ,les iconocla/es tai5t guids p> un in/9ct trs sr en brisant les /atues et les temples des div9its qu'ils v\lai5t dtruire4 ,les hommes de la ,rvolution1 *]*ant annul] l'influ5ce du pass1 avai5t galem5t raison1 leur po9t de vue1 de saccag] les glises1 les /atues et les *teaux4 ,mais cette de/ruction ne fut pas assez prolonge p\r agir sur des s5tim5ts fixs p> une hrdit sculaire4 ,leur dure e/ plus longue que celle des pi]res qui les symbolis5t4 #b4--;,comm5t volu5t les croyances4 ,une croyance ma9t5ue p> le mcanisme que n\s v5ons de dire n'e/ pas1 p\r cela1 immobilise df9itivem5t4 ,elle volue1 au contraire1 quoique ses sectateurs la suppos5t inv>iable4 ,leur illusion ti5t ce que les livres sacrs prt5dant fix] les cont\rs d'un dogme sont cons]vs avec respect1 alors mme que la pratique s'en c>te *aque j\r4 ,une croyance quelconque1 politique1 religieuse1 arti/ique ou morale n'a de rellem5t fixe que son nom4 ,elle e/ un organisme en voie d'volution incessante4 ,j'ai dj expliqu dans les ,lois psy*ologiques de l'volution des peuples1 comm5t se trans=m5t les in/itutions1 les langues1 les croyances et les arts4 ,j'ai fait voir aussi que ces lm5ts ne pass5t jamais d'un peuple l'autre sans subir des modifications considrables4 ,donc1 malgr la /abilit app>5te des croyances =mules en dogmes1 elles sont cep5dant obliges d'volu] p\r s'adapt] aux v>iations de m5talit de leurs sectateurs et des milieux o ils se meuv5t4 ,ces trans=mations sont l5tes1 mais qu& elles ont t longtemps accumules1 on con/ate qu'il n'exi/e plus gure de p>5t entre les livres crits l'poque de la fondation d'une croyance et sa pratique actuelle4 ,le brahmanisme1 p> exemple1 n'a plus que des rapports trs vagues avec les livres vdiques qui l'ont inspir4 ,de mme p\r le b\ddhisme4 ,les lois rgissant l'volution des croyances sont lo9 d'tre nettem5t dt]m9es4 ,on peut cep5dant =mul]1 je crois1 les indications suivantes3 #a ,plusieurs croyances conciliables mises en prs5ce t5d5t se fusionn]1 ou au mo9s se sup]pos]4 ,a9si en arriva-t-il p\r les dieux et les croyances du monde paen4 #b ,si les croyances sont trs diffr5tes1 la plus =te--ce qui signifie s\v5t la plus simple--t5d lim9] les autres4 ,l'islamisme conv]tit p\r cette raison non seulem5t les tribus sauvages de l',afrique1 mais des peuples trs civiliss de l',inde4 #c ,une croyance triomphante f9it t\j\rs p> se divis] en sectes ne cons]vant *acune que les lm5ts fondam5taux de la croyance mre4 ,sur cette d]nire loi seule il e/ utile d'insi/] ma9t5ant4 ,elle suffit en effet montr] le mcanisme de l'volution des croyances4 ,leur division en sectes s'e/ obs]ve t\j\rs au l5dema9 mme du triomphe des gr&es religions telles que le ,*ri/ianisme et l',islamisme4 ,la premire tant la plus complique1 enfanta le plus gr& nombre de sectes et de s*ismes3 ,mani*ens1 ,ari5s1 ,ne/ori5s1 ,plagi5s1 etc41 ne cessr5t de se disput] furieusem5t durant des sicles4 ,ces luttes recomm5cr5t plus viol5tes encore avec la ,r=me4 ,le prote/antisme1 pe9e =mul1 se ramifia bi5tt1 lui aussi1 en sectes nombreuses3 anglicans1 lu?ri5s1 calv9i/es1 libraux1 etc4 ,*acune des sectes issues d'une gr&e croyance tant naturellem5t avide de dom9] son t\r1 devi5t vite aussi intolrante que la religion d'o elle e/ sortie4 ,considr] la ,r=me a9si qu'on le fait si s\v5t1 comme un triomphe de la libre p5se1 e/ ne ri5 compr5dre la nature d'une croyance4 ,le prote/antisme fut d'abord plus rigide que le ca?olicisme1 et s'il volua ensuite v]s des =mes p>fois un peu librales1 il n'en e/ pas mo9s re/ trs intolrant4 ,lu!r et ses successeurs pr(essai5t des doctr9es =t arrtes1 dp\illes de t\t esprit philosophique et imprgnes d'une intransigeance f>\*e4 ,calv9 ayant divis les hommes en lus et rpr\vs1 considrait que les premi]s n'ont aucun mnagem5t g>d] env]s les d]ni]s4 ,dev5u matre de ,g5ve1 il fit pes] sur la ville la plus effroyable tyrannie et organisa un tribunal aussi sangu9aire que le ,sa9t-,(fice4 ,son contradicteur ,mi*el ,s]vet fut brl petit feu4 ,a l'poque de la ,sa9t-,b>?lemy1 ab\tissem5t de t\tes ces qu]elles en ,france1 les prote/ants fur5t les massacrs1 mais dans t\s les pays o ils tai5t les plus =ts ils dev9r5t massacreurs4 ,des deux cts l'intolrance tait la mme4 ,la p]ptuelle subdivision des croyances ti5t ce que *acun en adopte les lm5ts qui l'impressionn5t avec =ce et n'e/ pas influ5c p> les autres4 ,c]ta9s fidles possdant des tempram5ts d'aptres essai5t bi5tt de =m] une petite glise4 ,s'ils y russiss5t1 un s*isme ou une hrsie se tr\ve fond et bi5tt la contagion m5tale int]vi5t p\r le propag]4 ,la division d'une croyance en sectes fut t\j\rs favorise p> l'imprcision extrme des livres sacrs4 ,*aque ?ologi5 peut ds lors les int]prt] son gr4 ,il e/ utile de p>c\rir des ouvrages1 comme ceux consacrs aux discussions sur la grce1 entre ,?omi/es et ,congrui/es1 ,jansni/es et ,jsuites1 etc41 p\rvoir quel degr d'ab]ration peuv5t desc5dre des m5talits illusionnes p> la foi4 ,les esprits les plus m95ts eux-mmes sembl5t frapps de v]tige ds qu'ils pntr5t dans le *amp de la croyance4 ,on peut en donn] comme exemple les ,mditations du clbre ,malebran*e4 ,le succs de ce livre fut tel au mom5t de sa publication1 en #afhd1 que #d4jjj exemplaires fur5t v5dus en une sema9e4 ,on y appr5d1 d'ailleurs1 de bi5 /upfiantes *oses4 ,suivant lui1 ,dieu s5t1 p5se et agit en n\s1 il remue mme notre bras lorsque n\s n\s en s]vons contre ses ordres4 ,ce n'e/ pas ma volont qui s\lve mon bras1 mais ,dieu qui le remue l'occasion de ma volont4 ,l'homme ne peut se dta*] de ,dieu1 qui lui p]met cep5dant un peu de lib]t4 ,qu& n\s faisons le bi51 c'e/ ,dieu qui le fait en n\s4 ,l'homme n'e/ pas responsable de ses bonnes actions1 mais de ses mauvaises4 ,s'il y a du mal dans le monde1 c'e/ que ,dieu a un peu nglig son ouvrage2 il le fallait d'ailleurs1 puisqu'il e/ la demeure des p*eurs4 ,de telles affirmations sembl5t auj\rd'hui enfant9es4 ,n'oublions pas1 cep5dant1 que des conceptions analogues branlr5t le monde4 ,ces ab]rations ?ologiques n'app>ti5n5t pas exclusivem5t un pass disp>u1 mais encore au prs5t et bi5 probablem5t aussi l'av5ir4 ,les croyances politiques actuelles1 qui n\s rong5t1 sont d'un ordre aussi infrieur et s]ont places p> nos desc5dants au mme niveau que les prcd5tes4 ,les vues trs c\rtes de leurs df5seurs sont s\v5t s\t5ues p> une foi id5tique celle des ?ologi5s1 dont ils sont les cont9uateurs4 ,des impulsions s5tim5tales et my/iques1 seules1 les guid5t1 et de ce fait les r5d5t r$\tables4 ,un pays peut vivre malgr eux mais non pas grce eux4 ,les croyants de t\s les ges ont prt5du rationalis] leur foi1 sans compr5dre que sa =ce t5ait ju/em5t ce qu'aucun raisonnem5t n'ex]ait de prise sur elle4 ,la seule action possible de la raison sur la croyance religieuse e/ de lui faire considr] comme de simples symboles les rcits des livres sa9ts1 en contradiction trop flagrante avec la sci5ce mod]ne4 ,mo9s enf]ms que les ca?oliques dans des dogmes rigides1 beauc\p de prote/ants y sont assez facilem5t p>v5us4 ,on sait au contraire que la t5tative1 dite mod]ni/e1 de c]ta9s ?ologi5s ca?oliques a compltem5t *\4 ,les vrais croyants ne doiv5t pas le regrett]4 ,ri5 n'e/ absurde p\r la foi et qu& un ensemble de croyances =me un bloc1 il n'y faut pas trop t\*]4 ,la dsagrgation d'une croyance en sectes rivales1 p]ptuellem5t aux prises1 ne saurait se produire dans les religions poly?i/es4 ,elles aussi ont volu1 mais p> simple annexion puis fusion de dieux n\veaux1 t\s considrs comme trs puissants et p> consqu5t respects4 ,voil p\rquoi les gu]res de religion qui ont ravag l',europe demeurr5t peu prs inconnues dans l'antiquit paenne4 ,ce fut donc un gr& bi5fait p\r les peuples d'avoir db p> le poly?isme4 ,je considre1 contrairem5t une op9ion assez univ]selle1 qu'ils aurai5t beauc\p gagn y demeur]4 ,lo9 de favoris] le progrs1 le mono?isme les ret>da p> les luttes sanglantes dont il remplit le monde4 ,il ral5tit p5dant des sicles l'volution des arts1 de la philosophie et des lettres1 dvelopps p> les ,grecs poly?i/es un po9t qui les fait reg>d] comme nos matres4 ,on ne peut mettre davantage l'actif du mono?isme l'unit de s5tim5ts qu'il f9it p> crer1 =ce de gu]res1 de b*]s et de proscriptions4 ,le culte de la patrie avait suffi p\r dot] les ,roma9s poly?i/es1 l'poque de leur gr&eur1 d'une communaut de s5tim5ts qui ne fut jamais dpasse4 ,si1 suivant le dire de tant d'hi/ori5s1 et de demi-philosophes comme ,r5an1 le mono?isme avait con/itu une supriorit1 il faudrait mettre au-dessus de t\tes les autres religions l',islamisme1 la seule peu prs mono?i/e4 ,je dis peu prs1 c> les religions rellem5t mono?i/es n'exi/r5t que dans les livres4 ,le ,*ri/ianisme1 p> exemple1 s'annexa vite des lgions d'anges1 de sa9ts1 de dmons1 correspondant exactem5t aux div9its secondaires du monde antique et vnrs ou r$\ts comme elles4 ,cette multiplicit de dieux secondaires dans les croyances mono?i/es et la division rapide de ces d]nires en sectes1 montr5t bi5 que le mono?isme e/ un concept ?orique1 ne correspondant gure nos beso9s affectifs et my/iques4 99 99 99 99 99 ,les *angem5ts de croyances indiqus dans ce *apitre prs5t5t une gr&e importance hi/orique en raison du rle qu'ils ont j\2 mais au po9t de vue philosophique1 leur rcit e/ sans intrt4 ,la croyance con/itue l'alim5t rclam p> notre beso9 de croire4 ,l'alim5t a *ang et *ang]a encore1 mais le beso9 re/]a inde/ructible tant que la nature huma9e n'aura pas t trans=me4 ,,*apitre ,v ,,comm5t ,,meur5t ,,les ,,croyances4 #a4--,la phase critique des croyances et leur dissolution4 ,exact au s5s hi/orique1 le titre de ce *apitre l'e/ beauc\p mo9s au s5s philosophique4 ,semblables l'n]gie de la physique mod]ne1 les croyances se trans=m5t quelquefois1 mais ne priss5t jamais4 ,elles *ang5t de nom cep5dant et c'e/ ce phnomne qui peut tre considr comme leur mort4 ,donc1 aprs avoir l5tem5t vieilli1 les dogmes subiss5t la loi commune4 ,ils s'e/omp5t et s'teign5t4 ,leur disp>ition1 ou plutt en ralit leur trans=mation1 se manife/e d'abord p> une phase critique1 s\v5t gnratrice de b\lev]sem5ts4 ,les physici5s montr5t que lorsqu'un corps se tr\ve dans le vois9age de son po9t critique1 une insignifiante v>iation de temprature le fait brusquem5t pass] de l'tat gazeux l'tat liquide1 ou inv]sem5t4 ,ce po9t critique s'obs]ve galem5t dans beauc\p de phnomnes sociaux4 ,un pays importateur d'or ou de c]ta9es m>*&ises peut1 p> exemple1 dev5ir s\da9em5t exportateur1 s\s des influ5ces trs lgres4 ,ce phnomne1 si gnral en physique et en conomie politique1 se manife/e aussi dans la vie des croyances4 ,aprs des oscillations div]ses et une usure prolonge1 elles arriv5t p>fois un po9t critique et peuv5t tre alors trans=mes brusquem5t4 ,cette phase1 o scepticisme et foi vois95t1 se produit lorsque le temps ou d'autres motifs ont branl les croyances1 avant que celles qui les remplac]ont soi5t encore nettem5t =mules4 ,les d]ni]s df5seurs des dogmes effrits s'y ratta*5t dsesprm5t sans trop y croire4 ,ils sembl5t r$\t] cet incurable ennui1 dont p>le ,bossuet1 qui fait le fond de la vie des hommes depuis qu'ils ont p]du le gt de ,dieu4 ,en fait1 ils ne l'ont jamais p]du1 des dieux n\veaux v5ant t\j\rs remplac] ceux qui sont morts ou vont m\rir4 ,mais ce passage d'une div9it une autre ne s'opre pas sans beauc\p de difficults4 ,on put le con/at]1 p> exemple1 au dcl9 du paganisme4 ,n\s trav]sons prcism5t un de ces ges d'in/abilit o les peuples se tr\v5t tiraills entre les influ5ces des div9its anci5nes et celles en voie de =mation4 ,notre poque con/itue un des po9ts critiques de l'hi/oire des croyances4 ,en att5dant l'adoption d'une gr&e foi n\velle1 l'me populaire flotte entre de petits dogmes mom5tans1 sans dure1 mais non pas sans =ce4 ,df5dus p> des gr\pes1 des comits1 des p>tis1 ils ex]c5t s\v5t un p\voir considrable4 ,l'action des clubs s\s la ,rvolution1 des ligues maonniques dans la b\rgeoisie1 des syndicats dans la classe ouvrire1 des comits lectoraux dans les villes1 en f\rniss5t des exemples4 ,quoique p>fois assez phmres1 ces petites croyances eng5dr5t p5dant leur dure une foi robu/e4 ,sur elles se tr\ve conc5tr l'irrsi/ible beso9 de croire dont n\s avons prcdemm5t montr la puissance4 ,elles ne peuv5t remplac] df9itivem5t cep5dant les croyances gnrales4 ,alors que les *apelles de gr\pes sont en rivalit incessante1 les gr&s dogmes ont le p\voir de faire s'van\ir l'intrt individuel devant l'intrt collectif4 ,il e/ visible que n\s n'en sommes pas l auj\rd'hui4 ,les impratifs catgoriques gnraux de jadis sont dev5us de petits impratifs de sectes1 n'ayant de commun qu'une ha9e int5se contre l'ordre de *oses tabli4 ,les tables de la loi ne sont plus les mmes p\r t\tes les tribus d',isral4 #b4--,trans=mation des croyances religieuses en croyances politiques4 ,exam9 sommairem5t1 l'ge mod]ne semble avoir transpos t\tes les *elles de valeur4 ,en ralit1 il a surt\t modifi leurs noms4 ,les fidles des vieux cultes se lam5t5t du peu de foi des gnrations n\velles4 ,jamais peut-tre1 cep5dant1 les f\les n'ont manife/ un beso9 de croyance plus pr(ond qu' notre poque4 ,en dev5ant foi politique1 la foi religieuse a bi5 peu *ang4 ,la croyance au miracle1 la my/ique adoration de puissances surnaturelles e/ re/e id5tique4 ,la provid5ce tati/e a hrit de l'antique provid5ce div9e4 ,une croyance ord9aire e/ un acte de foi4 ,appliqu un tre suprieur ou une div9it1 il se complique du beso9 de s\mission et d'adoration4 ,croire et ador] sont s\v5t synonymes4 ,le croyant t5d donc t\j\rs div9is] l'objet de son adoration4 ,m>at1 dont le cadavre devait tre jet peu de temps aprs l'g\t1 fut difi au l5dema9 de sa mort1 et des litanies pieuses composes en son honneur4 ,napolon reprs5tait p\r ses soldats un dieu inv9cible4 ,les reliques des victimes des rpressions an>*i/es sont adores p> leurs fidles4 ,une croyance ne devi5t vraim5t populaire qu'une l'ois concrtise s\s =me d'tres ou d'objets vnr]4 ,on le vit clairem5t p5dant la ,rvolution4 ,une de ses premires proccupations fut de tr\v] une div9it p\r remplac] les anci5nes4 ,la desse ,raison d'abord *oisie1 eut son culte ,notre-,dame avec des crmonies trs vois9es de celles qui s'y clbrai5t depuis des sicles4 ,cette poque1 je ne saurais trop le rpt]1 ne peut tre comprise qu'en saisissant le rle j\ alors p> le my/icisme du peuple et de ses m5eurs4 ,robespi]re1 inc>nation typique de l'troite m5talit religieuse de son temps1 se croyait un aptre ayant reu du ciel la mission d'tablir le rgne de la v]tu4 ,trs di/e1 trs cons]vateur et gr&-prtre infaillible d'une ?ocratie n\velle1 il jugeait un devoir sacr d'immol] impitoyablem5t les ennemis de la v]tu1 et1 comme jadis les pontifes de l',inquisition1 n'p>gnait p]sonne4 ,ses disc\rs faisai5t sans cesse appel l'tre suprme4 ,son side ,c\?on invoquait aussi *aque in/ant le ,trs-,haut4 ,les tribunaux rvolutionnaires eur5t une p>5t troite avec ceux de l',inquisition4 ,ils n'adorai5t pas t\t fait les mmes dieux1 mais n\rrissai5t les mmes ha9es et p\rsuivai5t un mme b3 la suppression des infidles4 ,j'ai trop montr dans de prcd5ts ouvrages l'volution du socialisme v]s une =me religieuse p\r y rev5ir longuem5t ici4 ,s'il possdait quelque div9it prcise ador]1 son succs s]ait beauc\p plus rapide4 ,ses aptres s5t5t d'in/9ct cette ncessit1 mais n'osant pas (frir l'adoration populaire la tte du pr9cipal ?orici5 de la doctr9e1 le juif ,k>l ,m>x1 ils ont d se rejet] v]s la desse ,raison4 ,j'ai reproduit1 dans ma ,psy*ologie politique1 un passage du j\rnal sociali/e l',humanit n\s appr5ant qu' la sance d'inauguration d'une cole sociali/e1 le jeune pr(esseur la ,sorbonne *>g de la premire leon adressa1 comme il conv5ait1 une invocation la desse ,raison4 ,malheureusem5t1 les div9its ab/raites n'ont jamais sduit les f\les et c'e/ p\rquoi la religion sociali/e possde des dogmes1 mais att5d encore son ,dieu4 ,il ne saurait tre att5du bi5 longtemps4 ,les dieux naiss5t t\j\rs qu& le beso9 s'en fait s5tir4 ,la =ce de la croyance n\velle ti5t surt\t1 je l'ai s\v5t rpt1 ce qu'elle e/ hritire des conceptions *rti5nes4 ,les dogmes sociali/es ont emprunt aux premi]s *rti5s1 avec leur my/icisme1 le beso9 d'galit1 l'altruisme et la ha9e des ri*esses4 ,la p>5t des deux doctr9es e/ telle qu'en ,belgique le ca?olicisme devi5t l'alli rsolu du socialisme4 ,il favorise ouv]tem5t les grves et enc\rage la lutte des classes4 ,les aptres de la foi sociali/e ont galem5t le ton enflamm et prophtique des premi]s df5seurs du *ri/ianisme4 ,je ne p>le pas seulem5t des publications de vulgaires sectaires1 mais de celles d'hommes in/ruits4 ,j'ai eu occasion de cit]1 dans mon d]ni] livre1 des fragm5ts c>actri/iques d'un crit de cette nature1 publi p> un pr(esseur au ,collge de ,france1 conv]ti comme jadis ,polyeucte1 la foi n\velle et dsireux de dtruire les faux dieux4 ,leur lecture montre bi5 que le savant lui-mme ne peut pntr] dans le cycle de la croyance sans voir s'van\ir sa modration et son esprit critique4 ,desc5du de plusieurs degrs dans l'*elle m5tale1 il p]d le s5s des ralits4 ,absurdits1 viol5ces1 impossibilits ne saurai5t le *oqu] puisqu'il cesse de les voir4 ,inutile de rcrim9]4 ,la croyance e/ un matre irrsi/ible et son attrait s'ex]ce ds qu'on appro*e de sa sphre d'action4 ,t5aces ou transitoires1 les croyances reprs5tr5t t\j\rs1 je le rpte encore1 les gr&s facteurs de la vie des nations4 ,on ne g\v]ne pas un peuple avec des ides vraies1 mais avec des croyances t5ues p\r vraies4 ,pilate1 auj\rd'hui1 ne pos]ait sans d\te plus la "q1 laquelle aucun philosophe n'a jamais df9itivem5t rpondu4 ,il dirait que la vrit tant ce qu'on croit1 t\te croyance tablie con/itue une vrit4 ,vrit provisoire sans d\te1 mais c'e/ avec des vrits de cet ordre que le monde fut t\j\rs conduit4 ,,livre ,,ix ,,re*]*es ,,exp,,rim5tales ,,sur ,,la ,,=mation ,,des ,,croyances ,,et ,,sur ,,les ,,ph,,nom,,nes ,,inconsci5ts ,d',o ,,elles ,d,,riv5t ,,*apitre ,i ,,int]v5tion ,,de ,,la ,,croyance ,,dans ,,le ,,cycle ,,de ,,la ,,connaissance4 ,,g5,,se ,,des ,,illusions ,,sci5tifiques4 #a4--,p\rquoi la connaissance re/e t\j\rs mlange de croyances4 ,aucun savant ne peut se vant] d'tre sorti p\r t\j\rs du cycle de la croyance4 ,dans les phnomnes incompltem5t connus1 il e/ bi5 oblig de =mul] des ?ories et des hypo?ses1 c'e/--dire des croyances que l'autorit seule de leurs auteurs fait accept]4 ,mme p\r les phnomnes trs tudis1 n\s sommes =cs1 ne p\vant les vrifi] t\s1 de les admettre comme croyances4 ,notre ducation classique n'e/ qu'un acte de foi l'g>d de doctr9es imposes p> le pre/ige d'un matre4 ,elle doit1 p\r cette raison1 dev5ir exprim5tale quelquefois1 af9 de montr] l'lve la possibilit de vrifi] les affirmations qu'on lui impose et de lui appr5dre que l'obs]vation et l'expri5ce sont les seules armatures de la vritable c]titude4 ,l'impossibilit de vrifi] l'ensemble de nos connaissances r5d bi5 *imrique le conseil donn p> ,desc>tes dans son ,disc\rs de la m?ode3 ,ne recevoir jamais aucune *ose p\r vraie que je ne la connusse videmm5t comme telle et rejet] comme fausses t\tes celles o n\s p\vons imag9] le mo9dre d\te4 ,si ,desc>tes avait t5t d'appliqu] ses prceptes1 il n'et pas admis comme vid5tes des *oses qui n\s font s\rire auj\rd'hui4 ,de mme que t\s ses contempora9s et la gnralit de ses successeurs1 il tait dom9 p> la croyance4 ,le scepticisme le plus t5du e/ en ralit t\j\rs p>tiel3 ,celui1 dit ,locke1 qui1 dans les affaires ord9aires de la vie1 ne v\drait ri5 admettre1 qui ne ft fond sur des dmon/rations claires et directes1 ne p\rrait s'assur] d'autre *ose que de prir en =t peu de temps4 ,il ne p\rrait tr\v] aucun mets1 ni aucune boisson dont il pt has>d] de se n\rrir4 ,on peut aj\t] galem5t que l'analyse critique de nos op9ions et de nos c]titudes r5drait l'exi/5ce d'une socit impossible4 ,le rle de la croyance e/ ju/em5t de n\s vit] de telles analyses4 ,et puisque le savant e/ oblig d'accept] comme croyances1 une gr&e p>tie des vrits de la sci5ce1 ne n\s tonnons pas de lui voir manife/] p>fois autant de crdulit que les ignorants4 ,sur les sujets trang]s sa spcialit1 il les dpasse peu4 ,ces considrations expliqu5t p\rquoi des savants m95ts sont p>fois victimes des plus normes illusions4 ,aprs l'avoir con/at p\r des faits sci5tifiques ord9aires1 dgags de t\te passion1 n\s s]ons prp>s compr5dre comm5t c]ta9es croyances occulti/es1 analogues aux pratiques de l'anci5ne sorcell]ie1 ont pu tre acceptes p> d'illu/res spciali/es4 #b4--;,g5se des illusions sci5tifiques4 ,t\tes les expri5ces ne p\vant tre reproduites1 le pr9cipe d'autorit re/e1 je l'ai dit plus haut1 notre pr9cipal guide4 ,on croit l'auteur auquel sa position confre du pre/ige1 supposant1 trs ju/em5t d'ailleurs1 qu'il ne s'expos]ait pas tre dm5ti en mettant des ass]tions errones4 ,le plus s\v5t1 il en e/ a9si4 ,un savant n'annonce jamais une *ose qu'il p5se inexacte4 ,mais l'influ5ce de la sugge/ion e/ telle que1 mme sur des faits trs prcis1 un esprit m95t peut s'illusionn] et pr5dre p\r des ralits les visions de son imag9ation4 ,la ret5tissante hi/oire des rayons ,n1 dont d'illu/res physici5s mesurai5t l'indice de rfraction1 alors que plus t>d l'exi/5ce de ces rayons fut reconnue imag9aire1 en con/itue un rem>quable exemple4 ,n\s allons insi/] sur ces faits1 c> en rvlant les erreurs possibles dans l'tude de phnomnes physiques1 s\mis de rig\reuses mesures1 ils font compr5dre combi5 devi5t facile l'illusion en face de phnomnes susceptibles seulem5t d'insuffisantes vrifications4 ,p\r montr] que le rle du pre/ige1 de la sugge/ion et de la contagion peuv5t eng5dr] *ez t\s les esprits1 y compris les plus levs1 des croyances et des op9ions errones1 n\s *oisirons nos exemples uniquem5t *ez des savants4 ,un des plus saisissants e/ l'av5ture dont fur5t victimes1 il y a qu>ante ans environ1 la presque totalit des membres de l',acadmie des ,sci5ces et qui inspira ,daudet son clbre roman l',immortel4 ,sur la foi d'un m95t gomtre1 aurol d'un gr& pre/ige1 l'illu/re assemble insra1 comme au!ntiques dans ses comptes r5dus1 une c5ta9e de lettres supposes de ,newton1 ,pascal1 ,galile1 ,cass9i1 etc444 ,fabriques de t\tes pices p> un faussaire peu lettr1 elles f\rmillai5t de vulg>its et d'erreurs1 mais les noms de leurs prt5dus auteurs et du savant qui les prs5tait fir5t t\t accept]4 ,la plup>t des acadmici5s1 et notamm5t le secrtaire p]ptuel1 ne conur5t aucun d\te sur l'au!nticit de ces docum5ts jusqu'au j\r o le faussaire av\a sa fraude4 ,le pre/ige van\i1 on dcl>a misrable le /yle des lettres1 affirm d'abord m]veilleux et bi5 digne des criva9s de gnie considrs comme leurs auteurs4 ,les vrifications1 dans l'exemple prcd5t1 tai5t difficiles p\r des savants non spcialiss1 s'en rapportant naturellem5t l'autorit d'un confrre4 ,en ralit1 les spciali/es de l',in/itut fur5t aussi aism5t dupes que les ignorants4 ,cette objection disp>at d'ailleurs devant d'autres faits plus rc5ts1 o les erreurs commises le fur5t uniquem5t p> des spciali/es4 ,une des plus curieuses illusions collectives enfantes p> le pre/ige et la contagion1 fut celle impose1 il y a une qu9za9e d'annes1 p> un clbre physici51 ,m4 ,becqu]el1 pr(esseur de physique l'cole polyte*nique4 ,il exposa longuem5t1 et plusieurs reprises1 dans les comptes r5dus de l',acadmie des ,sci5ces1 des expri5ces m9utieuses pr\vant catgoriquem5t1 suivant lui1 que l'uranium met des radiations capables de se pol>is]1 de se rfract]1 de se rfl*ir1 et1 p> consqu5t id5tiques la lumire issue des corps phosphoresc5ts4 ,p5dant trois ans1--et malgr les affirmations contraires d'un physici5 franais1 que connaiss5t les lecteurs de cet ouvrage1--le clbre acadmici5 p]si/a dans son erreur et la fit p>tag] p> t\s les savants de l',europe4 ,elle fut seulem5t reconnue lorsqu'un obs]vateur amrica91 mis p> la di/ance l'abri du pre/ige1 pr\va1--vrification des plus faciles1--que ces rayons ne se rfractant pas et ne se rfl*issant pas tai5t t\t autre *ose que de la lumire4 ,au po9t de vue de ses consqu5ces sci5tifiques1 l'erreur tait norme1 et le fait qu'elle ait pu tre p>tage trois ans1 p> la totalit des physici5s1 sembl]ait incomprh5sible1 sans les explications de la psy*ologie4 ,l'hi/oire des rayons ,n1 laquelle je faisais allusion plus haut1 e/ encore plus typique4 ,elle rvle1 non seulem5t le rle du pre/ige1 mais encore celui de la sugge/ion et de la contagion m5tale4 ,il ne s'agit plus ici1 comme dans le cas prcd5t1 d'expri5ces admises de confiance p> t\t le monde sans vrification1 mais d'obs]vations dcl>es exactes p> quantit de physici5s s'imag9ant les avoir vrifies4 ,bi5 que cette av5ture soit trs connue1 n\s la rappell]ons sommairem5t4 ,un correspondant di/+u de l',acadmie des ,sci5ces1 pr(esseur de physique rput1 ,m4 ,blondlot1 avait cru con/at] qu'un gr& nombre de corps mett5t des rayons p>ticuli]s1 qualifis p> lui rayons ,n4 ,ils tai5t rvlables p> leur action sur la phosphoresc5ce1 et leur longueur d'onde p\vait tre mesure avec exactitude4 ,l'auteur j\issant d'une gr&e autorit1 son ass]tion fut accepte sans conte/ation p> la plup>t des savants franais1 qui rptr5t ses expri5ces en y voyant exactem5t ce qu'on leur avait suggr d'y voir4 ,p5dant deux ans1 les comptes r5dus de l',acadmie des ,sci5ces publir5t d'innombrables notes de div]s physici5s pr(essionnels3 ,broca1 ,j4 ,becqu]el1 ,bi*at1 etc41 sur les proprits1 *aque j\r plus m]veilleuses1 de ces rayons4 ,m4 ,jean ,becqu]el annonait mme les avoir *lor(orms4 ,des savants di/+us1 ,m4 d',arsonval notamm5t1 faisai5t sur eux des confr5ces en?\sia/es4 ,l',acadmie des ,sci5ces1 jugeant ncessaire de rcomp5s] une aussi importante dc\v]te1 *>gea plusieurs de ses membres1 dont le physici5 ,masc>t1 d'all] vrifi] *ez l'auteur l'exactitude de ses re*]*es4 ,ils rev9r5t m]veills1 et un prix de #ej4jjj francs#aa fut dc]n l'inv5teur4 #aa ,il devait d'abord tre dc]n exclusivem5t p\r les rayons ,n1 mais1 au d]ni] mom5t1 p> un excs de prud5ce1 qui p>ut excessif c]ta9s membres de la ,commission1 le rapport dcl>a attribu] le prix de #ej4jjj francs ,m4 ,b4 p\r l'ensemble de ses travaux1 sans spcifi] lesquels4 ,durant ce temps1 des savants trang]s1 sur lesquels les physici5s franais n'ex]c5t aucun pre/ige1 rptai5t va9em5t les expri5ces sans les russir4 ,plusieurs se dcidr5t alors all] les obs]v] *ez leur inv5teur4 ,ils con/atr5t rapidem5t que ce d]ni] tait victime des plus compltes illusions1 cont9uant mesur]1 p> exemple1 les dviations des rayons ,n s\s l'influ5ce d'un prisme1 bi5 qu'on et subrepticem5t retir ce prisme dans l'obscurit1 etc4 ,la ,revue sci5tifique ouvrit alors une va/e enqute auprs de t\s les physici5s de l'univ]s4 ,ses rsultats fur5t dsa/reux p\r les rayons ,n4 ,on dut reconnatre qu'ils con/ituai5t un pur produit de la sugge/ion m5tale et de la contagion1 et n'avai5t jamais eu d'exi/5ce4 ,la sugge/ion dtruite1 aucun des physici5s franais p]suads d'avoir vu les rayons ,n ne russit une seule fois les ap]cevoir de n\veau4 ,les communications leur sujet1 si abondantes autrefois dans les comptes r5dus de l',acadmie des ,sci5ces1 cessr5t brusquem5t et totalem5t4 ,a9si1 p5dant deux ans1 des physici5s pr(essionnels avai5t cru1 au po9t de les mesur] avec m9utie1 en des rayons ne possdant de ralit que dans leur imag9ation et crs uniquem5t p> la sugge/ion4 ,cette m]veilleuse hi/oire montre1 la fois1 la puissance du pre/ige1 de la sugge/ion et de la contagion4 ,elle claire d'une vive lueur la g5se des croyances1 beauc\p d'vnem5ts hi/oriques1 et t\s les phnomnes occulti/es4 ,en cette d]nire matire1 on peut dire que les obs]vateurs viv5t de sugge/ions1 et qu& on voit ce qu'elles arriv5t produire sur des sujets sci5tifiques1 on conoit la prpondrance de leur rle dans la g5se des phnomnes m]veilleux4 ,je n'ai v\lu exam9] ici que les illusions sci5tifiques clbres1 portant sur des faits d'une importance capitale4 ,s'il fallait relat] les erreurs sci5tifiques de dtail1 dues l'influ5ce du pre/ige1 un volume enti] ne suffirait pas4 ,je me born]ai en cit] encore une4 ,il y a quelques annes1 un lve de ,m4 ,lippmann crut avoir dc\v]t1--obs]vation d'une porte considrable1--qu'un corps lectris en m\vem5t ne dviait pas une aiguille aimante4 ,l'auteur tait totalem5t inconnu1 mais ayant fait ses expri5ces s\s les yeux et avec le conc\rs de ,m4 ,lippmann1 il bnficia de la gr&e autorit de ce d]ni] et fut c\t p> t\s les physici5s jusqu'au j\r o un savant trang] pr\va qu'lve et pr(esseur s'tai5t tromps l\rdem5t et p\rquoi4 ,sauf dans le cas des lettres du faussaire1 je n'ai fait allusion1 rem>quons-le1 qu' des faits sci5tifiques1 susceptibles de mesures prcises1 s\mis une obs]vation rig\reuse4 ,p\r cette raison1 d'ailleurs1 les erreurs sci5tifiques f9iss5t t\j\rs1 tt ou t>d1 p> tre reconnues4 ,dans les sci5ces en voie de =mation1 comme la mdec9e1 o les vrifications sont extrmem5t difficiles1--c> on ne sait jamais quels rsultats attribu] la sugge/ion et au remde1--les erreurs se p]ptu5t bi5 davantage4 ,les numr] s]ait faire l'hi/oire de la mdec9e et montr] que ?ories1 remdes et raisonnem5ts *ang5t t\s les qu>ts de sicle4 ,je ne cit]ai qu'un exemple p>mi tant d'autres4 ,il y a une c9quanta9e d'annes1 le traitem5t de la pneumonie p> la saigne tait considr comme une des belles conqutes de l'art mdical4 ,sa valeur semblait surabondamm5t pr\ve p> des /ati/iques1 montrant que grce lui1 on ne p]dait que #cj malades sur #ajj4 ,l'emploi de ce prcieux sy/me cont9ua jusqu'au j\r o un mdec9 sagace1 visitant un hpital homopa?ique de ,londres1 con/ata que la mortalit des pneumoniques n'y dpassait gure #e p4 #ajj1 au lieu de #cj p4 #ajj en ,france4 ,ce fut un trait de lumire4 ,puisque1 se dit-il1 les mdicam5ts homopa?iques sont trop dilus p\r agir1 le vrai traitem5t1 c'e/ de ne ri5 faire4 ,ce rgime appliqu en ,france fit aussitt tomb] la mortalit au mme *iffre qu'en ,anglet]re4 ,les mdec9s tuai5t donc p> la saigne #be p4 #ajj de leurs malades4 ,auj\rd'hui1 lo9 de les affaiblir p> une p>eille opration1 on s\ti5t leurs =ces avec de l'alcool4 ,de cette hi/oire p\rrait tre rappro*e celle de l'app5dicite dont le traitem5t fit prir tant de p]sonnes s\s le c\teau des *irurgi5s1 alors qu'un simple purgatif les et guries le plus s\v5t1 en les db>rassant des p>asites inte/9aux cause de leur maladie1 comme le pr\va plus t>d le pr(esseur ,gui>t4 ,la multiplication de ces exemples n'aj\t]ait ri5 ce que j'ai v\lu dmontr]4 ,le lecteur e/ conva9cu1 je l'espre1 que la plup>t de nos op9ions sci5tifiques doiv5t tre qualifies1 non de connaissances1 mais de croyances4 tant des croyances1 elles se =m5t s\s c]ta9es influ5ces3 pre/ige1 affirmation1 sugge/ion1 contagion1 etc41 =t trangres la raison1 mais beauc\p plus puissantes qu'elle4 ,n\s retr\v]ons bi5tt ces mmes mobiles gnrateurs dans la =mation mod]ne des croyances occulti/es *ez quelques savants4 ,,*apitre ,,ii ,,la ,,=mation ,,mod]ne ,d',,une ,,croyance4 ,l',,occultisme4 #a4--,utilit d'tudi] exprim5talem5t la =mation d'une croyance4 ,ds le db de cet ouvrage1 n\s avons montr que l'explication de la =mation et de la propagation des gr&es croyances qui ont guid l'humanit p5dant de longs sicles et la guid5t encore1 e/ un difficile problme4 ,aprs avoir essay de le rs\dre ?oriquem5t p> des voies div]ses1 n\s allons t5t] l'application des pr9cipes exposs l'tude de croyances n\velles1 en pr5ant comme exemple une religion mod]ne3 l'occultisme1 aussi *>ge de miracles que celles qui l'ont prcde4 ,si n\s con/atons que des faits invraisemblables1 reconnus plus t>d *imriques1 fur5t admis d'abord sans difficults p> des savants m95ts1 n\s aurons exprim5talem5t pr\v que l'intellig5ce ne j\e aucun rle dans la =mation des croyances et qu'elles sont bi5 places s\s l'influ5ce des lm5ts affectifs et my/iques1 dcrits en exam9ant les div]ses =mes de logiques4 ,mon argum5tation s]a d'ailleurs indp5dante de la valeur suppose des croyances occulti/es1 puisque je m'atta*]ai surt\t aux faits reconnus plus t>d illusoires p> leurs adeptes mmes et qui cep5dant fur5t admis comme exacts p> plusieurs savants4 ,on v]ra a9si qu'une fois entr dans le cycle de la croyance1 l'exprim5tateur accepte facilem5t les plus invraisemblables normits et fait preuve d'une crdulit aussi complte que celle du sauvage l'g>d des phnomnes4 ,cette dmon/ration tablie f\rnira des preuves sres l'appui des pr9cipes exposs dans cet ouvrage et clair]a exprim5talem5t le mcanisme de la naissance et de la propagation des croyances4 ,aucune d'elles ne surgissant de t\tes pices1 comme n\s l'avons montr1 il e/ ncessaire de re*]*] d'abord les croyances antrieures d'o l'occultisme mod]ne drive4 #b4--,la magie dans l',antiquit et au ,moy5 ,age4 ,l'homme a t\j\rs eu soif de connatre sa de/9e et d'obt5ir l'assi/ance des puissances surnaturelles dont il se croyait ent\r4 ,de ces beso9s sont nes les =mes div]ses de la magie4 ,cet art se pratiqua *ez t\s les peuples1 t\s les ges de leur hi/oire4 ,la ncromancie1 l'a/rologie1 la div9ation1 qui en sont des bran*es1 fur5t d'un usage con/ant dans l'antiquit4 ,la div9ation1 p> moy5s div]s1 et notamm5t p> les oracles qu'int]prtai5t des p]sonnages trs analogues aux mdiums mod]nes1 reprs5te la =me la plus gnrale de l'anci5ne magie4 ,la confiance dans les indications a9si obt5ues tait univ]selle4 ,a ,rome1 la magie con/ituait une religion d'tat1 dont les prtres1 *>gs de comm5t] les phnomnes surnaturels1 se nommai5t augures4 ,leur rle tait considrable2 les gnraux les consultai5t avant de livr] bataille et leurs avis faisai5t quelquefois annul] des lois4 ,le collge des augures ne fut supprim qu'au ,i,ve sicle de notre re p> l'emp]eur ,?odose1 devant l'influ5ce croissante du *ri/ianisme4 ,la foi des ,anci5s dans les prdictions attribues des tres suprieurs1 analogues aux esprits des spirites mod]nes1 tait gnrale4 ,c]ta9s oracles1 celui de ,delphes p> exemple1 j\issai5t d'une autorit telle qu'on v5ait les consult] de t\s les po9ts du monde antique4 ,les oracles se tur5t1 et la magie paenne disp>ut avec le triomphe du *ri/ianisme4 ,elle devait r5atre au ,moy5 ,age s\s le nom de sorcell]ie4 ,on sait son rle et sa puissance4 ,brls p> milli]s1 les sorci]s rep>aissai5t t\j\rs4 ,cette =ce rivale de l'glise fut dompte p> le temps bi5 plus que p> les supplices4 ,la sorcell]ie se pratiquait t\j\rs avec l'assi/ance du diable4 ,si des tmoignages innombrables1 des affirmations ob/9m5t rptes1 au prix mme de la vie1 suffisai5t tablir l'exi/5ce d'un fait1 ri5 ne s]ait plus inconte/ablem5t pr\v que l'exi/5ce du sabbat4 ,incalculable1 en effet1 e/ le nombre d'individus ayant confess s'y tre r5dus trav]s les airs1 *eval sur un balai1 et y avoir eu des relations sexuelles avec les dmons4 ,les faits de sorcell]ie dont le ,moy5 ,age fut imprgn figur5t c]ta9em5t p>mi les phnomnes les plus curieux et jadis les mo9s expliqus de la psy*ologie4 ,le rle de la sugge/ion et de la contagion m5tale s'y manife/e sur une gr&e *elle4 ,les tmoignages recueillis au c\rs des procs de sorcell]ie dans div]s pays sont concordants1 les descriptions de ,satan id5tiques1 la faon de se r5dre au sabbat la mme p>t\t4 ,aucun intrt p]sonnel ne semble avoir influ5c l'me de ces halluc9s4 ,le diable leur donnait vraim5t bi5 peu en *ange de leur salut t]nel et conva9cus de sorcell]ie1 ils se savai5t v\s aux plus t]ribles supplices4 ,r>em5t1 d'ailleurs1 on avait beso9 de rec\rir aux tortures p\r obt5ir l'aveu de leurs prt5dus crimes4 ,les inculps dcrivai5t avec complaisance les scnes de sabbat4 ,le diable les y att5dait s\s des =mes v>ies3 crapaud1 *at1 *i5 noir1 b\c1 etc4 ,il (frait ses fidles des repas gnralem5t composs de dbris de cadavres et des di/ractions assez peu nombreuses4 ,en dehors de danses et de relations sexuelles avec de vila9s dmons ou de vieilles sorcires1 les plus frqu5tes occupations consi/ai5t f\ett] vig\reusem5t de gros crapauds p\r leur faire scrt] une humeur v]dtre et gluante de/9e fabriqu] les ongu5ts et p\dres magiques4 ,la sorcell]ie p]si/a des sicles et durant cette longue priode aucun d\te ne s'leva dans l'esprit des magi/rats sur l'exi/5ce des crmonies diaboliques qu'on leur racontait4 ,pas un ne se dem&a1 quel motif entranait tant de p]sonnes v5dre leur me au diable1 p\r des plaisirs aussi mdiocres que celui d'all] mang] des cadavres la nuit sur une l&e ds]te4 ,comm5t le d\te et-il pu d'ailleurs natre1 les c\pables av\ant leur crime8 ,aussi tai5t-ils brls sans remords4 ,dans le seul du* de ,lorra9e1 #djj sorci]s prir5t p> le feu en v+t ans4 ,il ne faudrait pas attribu] t\tes ces victimes de la sorcell]ie1 et de croyances analogues1 une m5talit trs di/ante de celle des hommes d'auj\rd'hui4 ,la crdulit mod]ne e/ aussi gr&e1 elle a seulem5t *ang de nature4 ,sorci]s du ,moy5 ,age1 sorci]s politiques mod]nes1 prometteurs de *imres1 vocateurs d'esprits matrialiss1 tireuses de c>tes1 somnambules lucides et dev9s de t\tes sortes app>ti5n5t la famille innombrable d'esprits conf9s dans le cycle de la croyance sans avoir jamais pu en sortir4 ,dans ce monde dcevant l'impossible n'exi/e pas1 les halluc9ations qui s'y eng5dr5t ont la ralit app>5te des rves fanta/iques1 dont nos nuits sont p>fois hantes4 ,de ce doma9e r$\table o elle fut enf]me si longtemps1 l'humanit a f9i p> se dgag] un peu1 mais cette libration e/ si rc5te et si incomplte qu'un atavisme trs l\rd l'y rejette sans cesse4 ,lorsqu'aprs de gr&s ef=ts on a russi s'vad] du *amp de la croyance1 il faut se s\v5ir qu'on ne s'en rappro*e jamais sans subir sa dang]euse attraction4 ,de nombreux savants en fir5t l'expri5ce4 ,arms de leurs in/rum5ts et de leurs m?odes1 ils crur5t p\voir *app] aux influ5ces capables d'halluc9] simplem5t1 d'aprs eux1 des esprits borns4 ,ils fur5t1 en ralit1 aussi facilem5t tromps que les plus humbles croyants4 ,t\te leur in/rum5tation sci5tifique s]vit seulem5t donn] c]ta9es illusions1 dont les fidles eux-mmes n'tai5t pas t\j\rs trs srs1 une app>5ce de c]titude qu'elles n'aurai5t jamais acquise autrem5t4 #c4--,la magie dans les temps mod]nes et les phnomnes de matrialisation4 ,devant les progrs des ides sci5tifiques1 la croyance dans la magie semblait ru9e4 ,les sorci]s1 dp\ills de pre/ige1 ne tr\vai5t plus crdit qu'au fond de quelques obscurs villages4 ,mais l'am\r du my/re1 les beso9s religieux qu'une foi trop anci5ne alim5tait mal1 l'espoir de survivre au tombeau1 sont des s5tim5ts si vivaces qu'ils ne saurai5t m\rir4 ,la magie antique devait1 une fois encore1 rep>atre en *angeant de nom sans se modifi] beauc\p4 ,elle s'appelle auj\rd'hui occultisme et spiritisme1 les augures se nomm5t mdiums1 les dieux inspirateurs d'oracles s'intitul5t esprits1 les vocations des morts sont dev5ues les matrialisations4 ,longtemps1 la n\velle croyance demeura ddaigne des savants2 mais1 depuis une v+ta9e d'annes1 n\s assi/ons ce phnomne trs imprvu3 des pr(esseurs m95ts dev5ant df5seurs conva9cus de t\tes les =mes de la magie4 ,c'e/ a9si qu'on ent5d des an?ropologi/es rputs1 comme ,lombroso1 assur] qu'ils ont voqu les ombres des morts et caus avec elles1 d'illu/res *imi/es tels que ,crookes1 affirm] avoir vcu des mois avec un esprit se matrialisant et se dmatrialisant *aque j\r1 des pr(esseurs de physiologie clbres comme ,ri*et prt5dre avoir ap]u un gu]ri] casqu natre spontanm5t du corps d'une jeune fille1 des physici5s di/+us comme d',arsonval racont] qu'un mdium a pu faire v>i] considrablem5t volont le poids d'un objet4 ,n\s voyons enf9 d'illu/res philosophes comme ,m4 ,b\tr\x diss]t] dans de brillantes confr5ces sur les esprits1 les communications surnaturelles et assur] que la porte sublim9ale e/ l'ouv]ture p> o le div9 peut entr] dans l'me huma9e4 ,il e/ vrai que d'autres savants1 t\t aussi illu/res1 rejett5t ces obs]vations1 dues suivant eux des halluc9ations et s'indign5t contre ce qu'ils appell5t un ret\r aux =mes les plus basses de la sorcell]ie et de la sup]/ition4 ,devant d'aussi contradictoires affirmations1 le public in/ruit re/e p]plexe1 se dem&ant s'il e/ vraim5t possible que des obs]vateurs habiles puiss5t se tromp] aussi l\rdem5t1 et p\rquoi des faits prt5dus c]ta9s p> div]s obs]vateurs n'ont jamais t vus p> d'autres oprant avec les mmes sujets et dans des conditions d'app>5ce id5tiques4 ,on ne saurait le compr5dre1 en effet1 qu'aprs avoir appr(ondi le mcanisme de la =mation des croyances a9si que le rle de la sugge/ion collective et de la contagion4 ,il faut enf9 savoir que l'illusion devi5t1 dans c]ta9es circon/ances dt]m9es1 assez int5se p\r se confondre avec la ralit4 ,af9 de montr] la crdulit sans bornes de c]ta9s savants m95ts1 ds qu'ils pntr5t dans le *amp de la croyance1 je vais *oisir le phnomne occulti/e le plus tudi p> eux1 celui dit des matrialisations4 ,n\s v]rons des physiologi/es rputs admettre sans hsit] qu'un tre vivant peut se con/itu] in/antanm5t avec ses os1 ses vaisseaux1 ses n]fs1 en un mot t\s ses organes4 ,df9issons t\t d'abord1 d'aprs les spirites1 en quoi consi/e une matrialisation3 ,le mot matrialisation1 crit le ,dr ,maxwell1 signifie qu'un esprit1 celui d'un mort ou mme celui d'une p]sonne vivante1 peut s\/raire l'organisme du mdium du fluide1 c'e/--dire une sub/ance impondrable susceptible cep5dant de se cond5s] et de dev5ir matire4 ,cette sub/ance s'agrge en matire et s'ordonne en =mes v>ies suivant la volont de l'intellig5ce qui la manipule4 ,ord9airem5t1 c'e/ un corps analogue un corps vivant que cette intellig5ce se fabrique2 il rappelle la =me qu'avait de son vivant le dfunt s'il s'agit d'un mort4 ,de tels corps sont dits matrialiss4 ,p\r les occulti/es1 t\s les organes sont ent\rs d'une sorte d'enveloppe =me de cette sub/ance subtile4 ,en dehors de notre corps matriel1 n\s possd]ions1 en d\ble1 un corps a/ral p>fois sp>able du premi] aprs la mort4 ,il p\rrait se matrialis] en empruntant des lm5ts matriels un corps vivant1 p> exemple celui du mdium4 ,naturellem5t1 les explications des spirites sur un tel sujet re/5t assez confuses et v>i5t avec l'imag9ation de *aque auteur4 ,il faut uniquem5t en ret5ir que du corps d'un tre vivant p\rrait in/antanm5t surgir un autre tre1 possdant les mmes organes et non leur simple aspect4 ,la fameuse ,katy ,k+ de ,williams ,crookes avait en effet un cur trs rguli]1 et les p\mons du fantme casqu1 matrialis devant le pr(esseur ,ri*et1 scrtai5t de l'acide c>bonique comme ceux d'un tre ord9aire1 a9si qu'on put le con/at] en lui faisant insuffl] de l'air au moy5 d'un tube dans de l'eau de b>yte4 ,si ces illu/res savants1 et ceux dont n\s p>l]ons plus lo91 n'ont pas t victimes de fraudes--en vrit normes--ils peuv5t se vant] d'avoir assi/ des miracles analogues celui du ,dieu de la ,g5se faisant sortir ve du corps d',adam4 ,aprs la dmon/ration de p>eils prodiges1 on s]ait mal fond ni] ceux de la ,bible4 ,malheureusem5t1 *aque fois qu'ils ont pu tre exam9s d'un peu prs1 ces fantmes rvlr5t la prs5ce de fraudes tellem5t grossires que n\s aurions c]ta9em5t pass ce sujet s\s sil5ce1 si de trs m95ts esprits n'en avai5t t dupes4 ,les illusions des savants cits plus haut ou de ceux qui1 comme ,lombroso1 assur5t avoir voqu des morts et caus avec eux1 tr\v5t inv>iablem5t leur s\rce dans la sugge/ion et les fraudes4 ,on peut jug] de l'influ5ce de ces d]nires--t\j\rs accomplies dans l'obscurit--p> le cas rc5t du clbre ,mill]1 qui faisait app>atre successivem5t plusieurs fantmes causant avec les assi/ants et se laissant t\*] p> eux4 ,trop confiant dans la crdulit1 p\rtant imm5se1 des assi/ants1 il f9it p> nglig] c]ta9es prcautions et on le surprit en ple9e fraude4 ,les j\rnaux spirites qui l'avai5t le plus ardemm5t s\t5u fur5t obligs de confess] leur erreur4 ,aussi typique e/ le cas d',anna ,ro!1 qui fit c\rir t\t ,b]l91 jusqu'au j\r o des polici]s habiles1 ayant dc\v]t ses t\rs1 la traduisir5t devant un tribunal1 o elle fut condamne dix-huit mois de prison4 ,son hi/oire a t longuem5t raconte p> le ,dr ,maxwell1 qui j'emprunte les dtails suivants4 ,ce mdium donnait des sances publiques1 p5dant lesquelles elle matrialisait les fleurs dans l'espace4 ,ces phnomnes tranges se passai5t d'ailleurs dans les endroits les plus div]s et en dehors des sances4 ,dans un caf elle matrialisa un morceau de gteau2 dans les dn]s1 auxquels elle assi/ait1 des fleurs tombai5t ct d'elle1 naissai5t dans ses ma9s1 p\ssai5t subitem5t sur les paules de ses vois9s4 ,les *oses allr5t a9si p5dant des mois1 puis des annes4 ,le nombre de g5s que conv]tissait ,mme ,ro! s'augm5tait1 le spiritisme faisait des progrs qui inquitr5t la c\r et qui excitr5t c]ta9es polmiques444 ,un soir1 sur l'ordre du ,prfet de police1 plusieurs ag5ts se prcipitr5t sur le mdium p5dant une sance et con/atr5t que les fleurs supposes prov5ir d'une matrialisation tai5t simplem5t des fleurs naturelles ca*es s\s la robe du mdium4 ,au c\rs des nombreuses sances donnes l',in/itut psy*ologique de ,p>is1 le mdium ,eusapia se s5tant surveill1 ne t5ta que trs peu de matrialisations4 ,elle russit une fois1 cep5dant1 dgag] ses ma9s de celles des contrleurs et ent\ra la tte d'un assi/ant d'un bras suppos celui d'un fantme1 mais dont on reconnut vite l'orig9e4 ,a ,naples1 se sa*ant mo9s obs]ve1 et oprant devant une assi/ance trs confiante1 le mme mdium ralisa d'inconcevables prodiges4 ,les phnomnes que je vais cit]1 se passai5t en prs5ce du pr(esseur ,bottazi1 un des savants les plus m95ts de l',italie1 assi/ d'obs]vateurs di/+us4 ,le rapport (ficiel que n\s allons rsum] fut publi 9 ext5so p> les ,annales des sci5ces psy*iques 7aot1 septembre et octobre #aijg74 ,m4 ,bottazi et ses assi/ants sont p]suads que du corps d',eusapia peuv5t sortir un bras et une ma9 invisibles lui p]mettant de s\lev] une table de #bb kilos et de dplac] une f\le d'objets4 ,le savant physiologi/e admet donc1 on le voit1 la =mation in/antane de membres invisibles capables d'agir comme des membres ord9aires4 ,outre ces bras et ces ma9s invisibles1 ,m4 ,bottazi et ses assi/ants assur5t avoir vu surgir du corps du mdium de trs visibles matrialisations1 notamm5t une tte4 ,t\t le monde1 dit-il1 vit l'app>ition1 j'en pr\vai un frmissem5t dans t\t mon corps4 ,app>ur5t aussi des doigts et des ma9s4 ,t\tes ces ma9s visibles ou invisibles aurai5t effleur les assi/ants et dplac les t\*es des app>eils enregi/reurs4 ,elles apportr5t1 sur la table1 plusieurs objets vois9s du mdium1 entre autres une m&ol9e4 ,grce ses doigts invisibles1 ,eusapia put j\] de l'in/rum5t plac #fj c5timtres d'elle1 trac] une empre9te dans la t]re glaise1 t\rn] le b\ton d'une lampe lectrique1 etc4 ,eusapia1 aj\te l'auteur1 explore et palpe t\t ce qui se tr\ve dans le cab9et avec ses ma9s mdianiques4 ,dans la mme sance1 l'auteur contempla deux app>itions de visages huma9s de c\leur naturelle1 trs ples1 presque diaphanes4 ,d'autres savants itali5s connus1 le ,dr ,v5zano1 le pr(esseur ,morselli1 etc41 annonc5t avoir obs]v avec le mme mdium des phnomnes analogues1 notamm5t une figure de femme t5ant entre ses bras un petit enfant avec des *eveux trs c\rts4 ,le reg>d de la femme tait t\rn en haut avec une attitude d'am\r p\r l'enfant4 ,le mdium int]rog dcl>a que la =me de la femme tait la mre de ,mlle ,avell9o1 l'enfant qu'elle t5ait dans ses bras tait son petit-fils4 ,p5dant cette matrialisation1 la salle tait claire p> une lumire de gaz trs int5se#ab4 ,ce d]ni] dtail montre que la lumire n'emp*e pas l'app>ition des fantmes1 comme le prt5d5t les spirites4 ,il suffit que les assi/ants possd5t une foi assez =te4 ,je crois1 cep5dant1 avec les mdiums1 l'obscurit beauc\p plus favorable au dveloppem5t de la croyance4 #ab ,annales des sci5ces psy*iques1 aot #aijg4 ,m4 le pr(esseur ,morselli1 dans un trs volum9eux mmoire sur les phnomnes mdiumniques#ac1 trans=m ensuite en gros livre1 assure avoir con/at l'exactitude de t\s les phnomnes prcd5ts et de quelques autres encore4 ,il n\s p>le1 notamm5t1 du froid int5se mis quelquefois p> le mdium4 ,e/-ce peut-tre1 dit-il1 un symbole du froid des tombeaux qui s'ouvr5t p\r laiss] pass] les dfunts8 ,il a assi/ la matrialisation d'une ds9c>ne qui lui tait trs *re1 etc4 #ac ,annales des sci5ces psy*iques1 avril et mai #aijg4 ,dans une int]view publie p> le ,mat91 le savant pr(esseur ,lombroso affirme avoir vu1 lui aussi1 se matrialis] sa mre dfunte et caus avec elle4 ,j'ai dj fait rem>qu] plus haut que dans les expri5ces accomplies avec le mdium ,eusapia1 les rsultats v>ir5t suivant les pays et les obs]vateurs4 ,en ,italie1 on vi5t de le voir1 ils ont t m]veilleux1 et jamais les magici5s des lg5des n'accomplir5t de plus gr&s miracles4 ,en ,anglet]re1 ils fur5t nuls1 puisque la ,commission nomme p\r l'exam5 de ces phnomnes conclut la fraude4 ,en ,france1 le succs oscilla suivant les milieux et la m5talit des assi/ants4 ,considrable dans les milieux monda9s1 trs faible1 au contraire1 dans les milieux savants4 ,au c\rs d'une int]view publie p> div]s j\rnaux1 ,m4 d',arsonval dcl>a considr] t\s les phnomnes de matrialisation comme des fraudes ou des acrobaties1 et l',in/itut psy*ologique1 aprs de nombreuses sances1 n'en put obs]v] aucun o la fraude ne j\t quelque rle4 ,a cette mme conclusion e/ arriv ,m4 ,da/re1 membre de l',acadmie des ,sci5ces et pr(esseur de physiologie la ,sorbonne4 ,n\s exam9mes ensemble le mdium ayant s]vi aux expri5ces de l',in/itut ,psy*ologique4 ,les sances eur5t lieu dans mon domicile4 ,n\s vmes1 div]ses reprises1 presque en ple9 j\r1 une ma9 app>atre au-dessus de la tte du mdium1 mais en faisant surveill] ses paules p> mon prp>ateur1 dont un clairage latral1 qu'elle ne p\vait s\ponn]1 p]mettait de suivre t\s les m\vem5ts1 n\s acqumes vite la preuve que ces ma9s matrialises tai5t simplem5t les ma9s naturelles du mdium1 libres du contrle des obs]vateurs4 ,ds qu',eusapia se dev9a suspecte1 les app>itions de ma9s cessr5t compltem5t et ne recomm5cr5t que lorsque1 cdant au dsir de quelques amis crdules1 je cons5tis les faire assi/] une sance et1 gn p> leur nombre1 cessai ma surveillance4 ,les conclusions de ce *apitre s'impos5t trop facilem5t p\r avoir beso9 d'tre dveloppes4 ,t*e1 d'ailleurs1 bi5 inutile4 ,les conva9cus re/]ont conva9cus et les sceptiques re/]ont sceptiques4 ,dans le doma9e de la foi1 la raison n'int]vi5t pas4 #d4--,raisons psy*ologiques de la =mation des croyances occulti/es4 ,on voit le rle de la sugge/ion et de la contagion m5tale dans les phnomnes m]veilleux se ratta*ant la magie et leur influ5ce sur les esprits les plus m95ts4 ,mais cette int]prtation ne saurait suffire4 ,p\r saisir la g5se de pratiques qui p]si/r5t *ez tant de peuples trav]s les ges et subsi/5t encore1 il faut s'lev] une conception plus gnrale et ne pas t5t] d'expliqu] avec la raison ce qui ne dp5d gure d'elle4 ,la magie1 s\s t\tes ses =mes1 doit tre considre comme une manife/ation de cet esprit my/ique insp>able de notre nature et dont n\s avons montr la =ce4 ,fondateurs de religions1 sorci]s1 mages1 dev9s1 propagateurs de tant d'illusions qui ont *>m ou t]roris nos pres et rep>aiss5t t\j\rs1 sont les prtres d'une puissante desse dom9ant t\tes les autres et dont le culte semble t]nel4 ,considrons p> la p5se1 trav]s le temps et l'espace1 les milli]s d'difices sacrs dresss depuis #h4jjj ans au-dessus des gr&es cits et t*ons de disc]n] quelles =ces my/rieuses conduisir5t difi] sans trve ces temples1 ces pagodes1 ces mosques1 ces ca?drales1 o les m]veilles de l'art fur5t entasses4 ,on le dc\vre en re*]*ant ce que dem&ai5t les hommes aux dieux1 d'aspects si v>is1 qu'ils y invoquai5t4 ,un s5tim5t id5tique les anima visiblem5t t\j\rs4 ,les peuples de t\tes les races adorr5t1 s\s des noms div]s1 une seule div9it3 l',esprance4 ,t\s leurs ,dieux n'tai5t donc qu'un seul ,dieu4 ,,*apitre ,,iii ,m,,?odes ,d',,exam5 ,,applicables ,a ,l',,tude ,,exp,,rim5tale ,,de ,,c]ta9es ,,croyances ,,et ,,de ,,div]s ,,ph,,nom,,nes ,,suppos,s ,,m]veilleux4 #a4--;,insuffisance des m?odes habituelles d'obs]vation4 ,les illusions dont fur5t victimes les savants adonns l'tude des phnomnes spirites montr5t que les m?odes d'inve/igation1 utilisables dans le doma9e de la connaissance1 ne le sont plus dans celui de la croyance4 ,elles sont inapplicables p>ce que le savant se tr\ve alors dans des conditions t\t fait exceptionnelles4 ,il doit1 en effet1 dj\] des fraudes incessantes1 trangres ses expri5ces ord9aires et lutt] contre les illusions qui lui sont suggres4 ,la m?ode d'tude des phnomnes s]vant de base c]ta9es croyances doit donc tre r5\vele entirem5t p\r p]mettre d'atte9dre quelques rsultats4 ,le sujet sortant un peu du cadre de cet ouvrage1 je me born]ai indiqu] brivem5t p\rquoi les m?odes employes jusqu'ici sont sans valeur et sur quels sujets1 port]ait utilem5t l'exprim5tation4 ,on rem>qu]a t\t d'abord que les croyants aux phnomnes occulti/es affirm5t qu'on ne les reproduit pas volont et qu'ils ne sont p> consqu5t s\mis aucun dt]m9isme4 ,les puissances suprieures cratrices de tels phnomnes n'ont pas obir nos caprices4 ,jupit] lance la f\dre qu& il lui plat1 ,neptune d*ane ou calme les temptes sans att5dre le s\hait des navigateurs4 ,l'impossibilit de prvoir un phnomne n'emp*e aucunem5t son tude sci5tifique lorsqu'il se manife/e4 ,cette premire difficult n'e/ donc pas considrable4 ,d'autres beauc\p plus graves vont se prs5t]4 #b4--,valeur du tmoignage et de l'obs]vation dans l'tude des croyances4 ,en hi/oire1 la m?ode d'tude e/ le tmoignage4 ,en matire sci5tifique1 l'expri5ce et l'obs]vation4 ,or1 p\r les phnomnes occulti/es1 la premire m?ode e/ rejet] entirem5t1 et l'obs]vation a9si que l'expri5ce1 utilisables seulem5t dans des circon/ances exceptionnelles4 ,p\rquoi le tmoignage e/-il lim9]1 mme lorsque les con/atations sont nombreuses et concordantes8 ,simplem5t p>ce que l'hi/oire de la plup>t des phnomnes m]veilleux pr\ve que des milli]s d'obs]vateurs affirmr5t l'exi/5ce de faits1 dcl>s plus t>d halluc9ations individuelles ou collectives4 ,les scnes du sabbat1 auxquelles se r5dir5t trav]s les airs des lgions de sorci]s sont1 je l'ai fait rem>qu]1 atte/es p> d'unanimes tmoignages consigns dans d'innombrables procs4 ,bi5 peu de faits hi/oriques s'appuy5t sur une p>eille docum5tation1 et cep5dant p]sonne n'os]ait s\t5ir de nos j\rs l'exi/5ce relle des phnomnes de sorcell]ie4 ,les app>itions surnaturelles atte/es p> des c5ta9es de spectateurs ne sont pas considres auj\rd'hui comme ayant eu une exi/5ce plus c]ta9e4 ,le tmoignage1 en tant que m?ode d'tude des phnomnes m]veilleux1 e/ donc rejet] compltem5t et p\r la mme raison l'obs]vation individuelle re/e sans valeur4 ,en p>eille matire1 la sugge/ion semble une loi con/ante4 ,elle agit surt\t lorsque1 s\s l'influ5ce de l'att5tion expectante1 l'obs]vateur croit avoir con/at une bau*e de phnomne4 ,il se dr\le alors un en*anem5t d'halluc9ations1 prises facilem5t p\r des ralits4 c\tons t\j\rs avec bi5veillance les croyants1 p\r ne pas les *agr9]1 mais n'atta*ons aucune loi leurs rcits miraculeux4 ,on conoit l'extrme difficult de l'tude des phnomnes m]veilleux qu& on sait quel po9t l'obs]vation exacte des faits les plus simples e/ peu aise4 ,il n'e/ pas si facile qu'on le croit1 crit le pr(esseur ,beaunis1 de se born] con/at] un phnomne4 ,n\s avons t\s1 malgr n\s1 une t5dance d=m] les faits que n\s obs]vons1 les pli] nos ides1 nos habitudes m5tales1 notre manire de voir4 ,*ose trs r>e que l'obs]vation pure4 ,le mdec9 qui int]roge un malade sait combi5 il e/ difficile de lui faire dire ce qu'il pr\ve et ri5 que ce qu'il pr\ve4 ,pr5ez dix tmo9s d'un mme fait1 *acun1 et de trs bonne foi1 le racont]a d'une faon diffr5te4 #c4--,valeur de l'exprim5tation individuelle et collective4 ,le tmoignage et l'obs]vation lim9s comme moy5 d'tude1 re/e l'expri5ce4 ,sur des sujets ord9aires1 son emploi s]ait facile1 mais ex]ce sur des phnomnes vus trav]s le prisme de la croyance1 lo9 d'clair]1 elle ne contribue le plus s\v5t qu' fix] des erreurs4 ,l'expri5ce peut tre bi5 excute1 mais applique des faits simuls ou invisibles p\r l'obs]vateur plac dans l'obscurit1 quoi peut-elle s]vir8 ,dispos] savamm5t des app>eils enregi/reurs p\r con/at] le dplacem5t sans contact d'un objet1 que le mdium ca* p> un rideau manipule son gr1 ne conduit aucune vrification utile4 ,en matire d'occultisme1 les conditions d'exprim5tation sont si difficiles1 que les savants dsireux d'abord] cette tude se runiss5t dans l'espoir que leurs lumires individuelles s'additionn]ont1 supposition d'ailleurs =t inexacte4 ,les p]sonnes un peu famili>ises avec la psy*ologie des f\les sav5t le peu d'utilit des enqutes collectives4 ,les obs]vateurs se sugge/ionn5t les uns les autres1 p]d5t t\t esprit critique1 le niveau de leur m5talit s'abaisse et ils ne p>vi5n5t qu' des conclusions1 inc]ta9es4 ,je ne crois pas qu'une seule gr&e dc\v]te soit jamais faite p> une collectivit4 ,s'il s'en ralise une dans l'occultisme1 elle le s]a srem5t p> un savant isol qui n'aura plus ensuite qu' la faire vrifi]4 ,t\tes les enqutes sur l'occultisme entreprises en ,anglet]re1 en ,france et en ,italie1 n'ont ri5 appris1 et ju/ifi5t amplem5t les rflexions prcd5tes4 ,suivant la m5talit des assi/ants et leur degr de sugge/ibilit1 le mme mdium fut dcl> vulgaire fraudeur ou au contraire possesseur de p\voirs aussi m]veilleux que ceux jadis attribus au diable p> la sorcell]ie4 ,la plus importante de ces enqutes1 autant p> le temps et l'arg5t dp5ss que p> la qualit des obs]vateurs1 fut celle organise p> l',in/itut psy*ologique de ,p>is4 ,les rsultats en fur5t peu brillants1 malgr les #be4jjj francs sacrifis et les #dc sances consacres aux expri5ces4 ,sur presque aucun des phnomnes les obs]vateurs ne russir5t se mettre d'accord4 ,au sujet de la lvitation seulem5t1 le rapporteur se montre un peu affirmatif1 mais le dtail des expri5ces montre que les convictions s'tablir5t sur des bases en vrit bi5 fragiles4 ,les membres de la commission d'exam5 se vir5t obligs1 malgr leur bi5veillance vid5te1 de con/at] des fraudes innombrables4 ,quoique longue et coteuse1 cette enqute ne put faire avanc] la "q d'un seul pas4 ,aprs avoir assi/ la plup>t des sances de l',in/itut psy*ologique1 l'm95t physici5 ,branly m'crivait3 ,ce que j'ai vu ne m'a pas apport de conviction4 #d4--,ncessit de dissoci] les phnomnes et ne s'atta*] qu' l'exam5 d'un lm5t isol4 ,application l'tude de la lvitation4 ,l'insuccs complet de la disp5dieuse enqute de l',in/itut psy*ologique dmontre clairem5t1 comme je le disais en comm5ant1 la faible valeur des m?odes d'tude actuelles4 ,je considre qu'au lieu de dissm9] son att5tion sur une f\le de phnomnes accessoires1 l'obs]vateur doit se consacr] un seul1 c'e/--dire pr5dre un fait bi5 circonscrit1 bi5 isol1 et l'tudi] inlassablem5t avec des app>eils enregi/reurs1 indp5dants de son action1 jusqu' dmon/ration complte4 ,p]sonne n'ayant p>u saisir l'utilit de ce pr9cipe1 je rsolus de l'appliqu] moi-mme un cas isol nettem5t df9i3 le s\lvem5t d'un corps sans contact4 ,aprs exam5 du mdium ,eusapia avec l'aide du pr(esseur ,da/re1 il n\s re/ait quelques d\tes dans l'esprit sur ce po9t4 ,les phnomnes de lvitation n'ont ri5 d'ailleurs qui *oque la raison4 ,un mdium p\rrait possd] une =ce p>ticulire capable d'attir] les objets1 comme l'aimant attire le f]4 ,mais avant de diss]t] sur elle1 il semblait utile de dmontr] son exi/5ce4 ,p\r fix] mes d\tes sur la possibilit des lvitations1 je rsolus de faire appel t\s les mdiums prt5dant possd] cette facult4 ,avec le conc\rs du pr9ce ,rol& ,bonap>te1 membre de l',acadmie des sci5ces1 et du ,dr ,d>iex1 directeur des ,annales des sci5ces psy*iques1 je fondai un prix de #b4jjj francs1 de/9 au mdium qui dplac]ait un objet sans contact4 ,p\r que l'exi/5ce de ce prix p>vnt la connaissance de t\s les intresss1 j'eus rec\rs la publicit d'un important j\rnal1 le ,mat94 ,mon article fut d'ailleurs reproduit p> la plup>t des gr&s j\rnaux de l'univ]s4 ,si l'expri5ce que je proposais se ft ralise1 elle et con/itu une preuve df9itive1 l'abri de t\te discussion4 ,elle devait s'accomplir en ple9 j\r dans le laboratoire du pr(esseur ,da/re1 la ,sorbonne1 en prs5ce de deux pre/idigitateurs1 d'un photographe *>g de c9matographi] les dtails de l'opration1 et enf9 de quatre membres de l',acadmie des sci5ces1 *>gs simplem5t de con/at] dans quelles conditions s'tai5t raliss les phnomnes4 ,on ne p\vait object] aux conditions prcd5tes que les phnomnes de lvitation se produis5t seulem5t dans l'obscurit1 la plup>t des occulti/es actuels ayant r5onc cette exig5ce4 ,m4 ,maxwell ne cesse d'insi/] dans son livre sur la possibilit d'obt5ir les phnomnes de lvitation en ple9e lumire4 ,m4 ,boirac1 recteur de l',acadmie de ,dijon1 affirme aussi avoir plusieurs reprises attir le j\r une table sans la t\*]4 ,p\rquoi1 j\issant de cette proprit si curieuse1 n'a-t-il pas t5t d'obt5ir le prix de #b4jjj francs8 ,l'annonce de ce prix me valut naturellem5t la rception de plusieurs c5ta9es de lettres1 mais c9q mdiums seulem5t se prs5tr5t p\r le gagn]4 ,je leur fis connatre les conditions indiques plus haut1 g>antissant d'ailleurs autant de sances qu'ils le dem&]ai5t4 ,t\s promir5t de rev5ir4 ,aucun ne rep>ut4 ,bi5 que le mdium ,eusapia ait cess d'obt5ir1 ds qu'une surveillance srieuse fut ex]ce1 le dplacem5t du plateau d'un pse-lettre1 n'exigeant qu'une =ce trs infrieure un gramme1 les spirites n'hsit5t pas affirm] que les mdiums p>vi5n5t dplac] sans contact des poids de prs de #bjj kilogrammes4 ,le phnomne de la lvitation des tables reprs5te l'a1 b1 c du spiritisme1 crit ,m4 le pr(esseur ,morselli4 ,l-dessus il n'y a plus de d\te possible666 ,la table se lve t\te seule sans trucs ni tromp]ies et re/e susp5due jusqu' #gh secondes444 ,ici ,gnes1 un jeune pote1 mdium excell5t1 a fait remu] une caisse du poids de #ahj kilos4 ,il e/ regrettable que ce jeune pote1 qui dplace #ahj kilogrammes sans y t\*]1 n'ait pas t5t de remport] le prix de #b4jjj francs en s\levant seulem5t quelques grammes4 ,je crois avoir r5du un rel s]vice en dmontrant combi5 le phnomne de la lvitation1 jug si simple p> les spirites1 e/ r>e1 en admettant qu'il puisse se produire1 ce dont n\s n'avons absolum5t aucune preuve4 ,l',in/itut psy*ologique a v\lu lui aussi vrifi] les phnomnes de la lvitation4 ,il se donna p\r les con/at] un mal norme1 malheureusem5t aucune des expri5ces excutes1 et surt\t les photographies prs5tes l'appui1 ne peuv5t entran] de conviction4 ,les savants itali5s1 plus heureux1 ont contempl ,eusapia enleve en l'air p> des ma9s spirites4 ,lombroso1 aprs avoir obt5u la faveur spciale de caus] avec l'ombre de sa mre1 se montre =t catgorique sur ce po9t4 ,voici comm5t il s'exprime dans une int]view publie p> le ,mat93 ,un phnomne extraord9aire e/ obs]v lorsqu',eusapia tant assise1 les ma9s et les pi$s ligots1 s'lve trs l5tem5t jusqu' p\voir rejo9dre le plan de la table et s'y asseoir4 ,s\s ses aisselles1 on voit seulem5t deux ma9s spirites qui l'aid5t4 ,cette expri5ce a t srieusem5t contrle4 ,il e/ p]mis de d\t] du contrle1 mais non de la foi robu/e des obs]vateurs4 ,les esprits1 dont les ma9s spirites aidr5t ,eusapia s\lev] si facilem5t son propre poids ou des tables trs l\rdes1 lui refus5t ob/9m5t leur assi/ance sitt que de f*eux sceptiques exam95t les *oses de trop prs4 ,a l',in/itut psy*ologique1 elle avait s\v5t fait fl*ir un pse-lettre di/ance et les convictions comm5ai5t se =m]1 bi5 qu'on l'et surprise plusieurs fois abaissant le plateau avec un *eveu t5u entre les doigts4 ,un assi/ant1 cont9uant s\ponn] la fraude1 prit la prcaution de rec\vrir de noir de fume le plateau1 a9si que le flau et l'index du pse-lettre4 ,t\t contact de fil ou de *eveu devait a9si immdiatem5t se dcel] p> une trace laisse sur le noir de fume4 ,a p>tir de ce mom5t1 et dans t\tes les expri5ces subsqu5tes1 ,eusapia ne put agir une seule fois di/ance sur le pse-lettre4 ,elle t5ta de faire v>i] son poids devant l',in/itut psy*ologique1 et1 effectivem5t1 dit le rapporteur1 la balance indique une dim9ution de poids1 mais le graphique donn p> l'app>eil enregi/reur p>at tre =t inc]ta91 puisque le rapporteur aj\te3 ,devons-n\s en conclure qu',eusapia ex]ait ce mom5t des pressions avec ses ma9s sur la table8 ,il e/ f*eux que les obs]vateurs1 ayant tudi si longtemps ce mdium1 n'ai5t jamais eu l'ide de r5\vel] cette importante expri5ce1 af9 de se faire une conviction positive ou ngative4 ,les t5tatives des membres de la commission de l',in/itut psy*ologique p\r fix] p> la photographie la lvitation d'une table1 re/r5t sans succs1 pr\vant une fois de plus la faible valeur des expri5ces collectives4 ,n\s n'avons pas obt5u1 dit le rapporteur1 de photographies de s\lvem5t complet o les quatre pi$s de la table soi5t entirem5t visibles4 ,une seule photographie a t prise l'improvi/e1 en ple9e obscurit4 ,la table e/ s\leve de deux pi$s seulem5t4 ,il p>at manife/e1 d'ailleurs1 p> l'exam5 de la position des ma9s du sujet1 que ce s\lvem5t p>tiel e/ t\t fait normal4 ,la paume de la ma9 gau*e d',eusapia t\*e l'angle du plateau de la table qu'elle semble relev]1 quatre doigts de sa ma9 droite sont =tem5t appuys prs du bord oppos4 ,la syn]gie des ma9s p\r produire o ma9t5ir le s\lvem5t e/ visible4 ,il e/ en t\t cas c]ta91 auj\rd'hui1 que le plus simple des phnomnes invoqus p> les spirites1 la lvitation d'un objet1 n'a pu tre nettem5t obt5u4 ,voici quelques passages de l'article p> lequel je fis connatre les suites du conc\rs que j'avais fond4 ,les lecteurs du ,mat9 sav5t qu'avec le conc\rs du pr9ce ,rol& ,bonap>te1 et du ,dr ,d>iex1 j'ai propos un prix de #b4jjj francs au mdium capable de s\lev]1 en ple9 j\r1 sans y t\*]1 un objet pos sur une table4 ,l'article cont5ant cette proposition ayant eu un ret5tissem5t considrable en ,france et l'trang]1 il n'e/ pas supposable qu'un seul spirite l'ait ignor4 ,j'ai reu d'ailleurs plusieurs c5ta9es de lettres relatant de trs m]veilleuses hi/oires1 mais c9q c&idats seulem5t s'(frir5t ralis] l'expri5ce4 ,aprs avoir discut sur les conditions exposes et les avoir acceptes1 ils promir5t de rev5ir4 ,aucun ne rep>ut4 ,l'expri5ce leur a donc videmm5t sembl irralisable4 ,les spirites se consol5t de cet *ec manife/e en assurant que les phnomnes de lvitation fur5t obs]vs bi5 des fois4 ,l'un d'eux affirmait dans ce j\rnal qu'il y a qu>ante ans on vit des esprits s\lev] une table *>ge de #ge kilogrammes de pi]res4 ,cette opration indique videmm5t1 *ez les esprits1 une gr&e vigueur qui console un peu de la pauvret lam5table de leurs rvlations4 ,il re/e se dem&] cep5dant p\rquoi les mdiums1 capables de s\lev] #ge kilogrammes il y a qu>ante ans1 ne peuv5t plus s\lev] quelques grammes auj\rd'hui8 ,gagn] deux mille francs en deux m9utes et fix] un po9t important de la sci5ce tait p\rtant assez t5tant4 ,le seul argum5t encore utilisable p> les spirites e/ le tmoignage de savants m95ts qui affirm5t avoir obs]v des phnomnes de lvitation et nombre d'autres bi5 plus m]veilleux encore4 ,ils aj\t5t qu'on n'a pas le droit de ri5 dcl>] d'avance impossible4 ,je concde volonti]s ce d]ni] po9t4 ,il e/ possible que ,m9]ve soit sortie t\t arme du c]veau de ,jupit]1 et que la lampe m]veilleuse d',alad9 ait exi/4 ,on admettra cep5dant1 je p5se1 que ces phnomnes p>aissant peu probables1 des preuves srieuses s]ai5t ncessaires avant de les admettre4 ,donc1 qu& un savant comme ,lombroso assure avoir vu se matrialis]1 devant lui1 l'ombre de sa mre et caus avec elle1 lorsqu'un physiologi/e clbre affirme qu'un gu]ri] casqu e/ sorti d'une jeune fille1 lorsqu'un magi/rat m95t prt5d avoir vu se matrialis] s\s ses yeux une dame d'une m]veilleuse beaut1 qui lui a dcl> tre simplem5t une fe1 lorsque1 dis-je1 t\s ces phnomnes et bi5 d'autres sont annoncs1 n\s avons le droit de re/] un peu sceptiques1 si gr&e soit l'autorit des savants qui les affirm5t4 ,ce droit e/ mme un devoir1 ces miracles tant aussi extraord9aires que ceux de la sorcell]ie du ,moy5 ,age4 ,il e/ un peu honteux d'y rev5ir ma9t5ant4 ,p\r s'y rsign]1 il faudrait des preuves autrem5t conva9cantes que celles dont se cont5t5t les adeptes mod]nes de la magie4 ,notre enqute sur le spiritisme n'aura pas t inutile4 ,elle a montr la prodigieuse ext5sion d'une religion n\velle1 laquelle se ralli5t quelques m95ts savants incapables de vivre sans croyances4 ,les dieux meur5t quelquefois1 mais la m5talit religieuse leur survit t\j\rs4 #e4--,quels sont les obs]vateurs les plus aptes tudi] les phnomnes spirites8 ,j'arrive ma9t5ant un po9t t\t fait capital et sur lequel il me faut insi/]4 ,je veux p>l] de la qualit des p]sonnes aptes contrl] les phnomnes spirites4 ,une erreur trs gnrale consi/e s'imag9] qu'un savant1 di/+u dans sa spcialit1 possde p\r cette seule cause une aptitude spciale l'obs]vation des faits trang]s cette spcialit1 notamm5t ceux o l'illusion et la fraude j\5t un rle prpondrant4 ,vivant dans la s9crit1 habitus croire le tmoignage de leurs s5s complts p> la prcision des in/rum5ts1 les savants sont1 en ralit1 les hommes les plus faciles tromp]4 ,je tr\ve un exemple bi5 curieux de cette facilit dans la relation suivante publie p> les ,annales des sci5ces psy*iques4 ,m4 ,davey ayant convoqu une runion d'obs]vateurs di/+us1 p>mi lesquels un des premi]s savants de l',anglet]re1 ,m4 ,wallace1 excuta devant eux1 et aprs leur avoir laiss exam9] les objets et pos] des ca*ets o ils v\lai5t1 t\s les phnomnes classiques des spirites3 matrialisation des esprits1 criture sur des ardoises1 etc4 ,ayant ensuite obt5u de ces obs]vateurs di/+us des rapports crits affirmant que les phnomnes obs]vs n'avai5t pu tre obt5us que p> des moy5s surnaturels1 il leur rvla qu'ils tai5t le rsultat de sup]*]ies trs simples444 ,les m?odes inv5tes p> ,m4 ,davey tai5t si lm5taires qu'on re/e tonn qu'il ait eu la h>diesse de les employ]2 mais il possdait un tel p\voir sur l'esprit de la f\le qu'il p\vait lui p]suad] qu'elle voyait ce qu'elle ne voyait pas4 ,c'e/ t\j\rs l'action de la sugge/ion4 ,la voir s'ex]c] sur des esprits suprieurs1 pralablem5t mis en dfiance p\rtant1 montre sa prodigieuse puissance4 ,les phnomnes du spiritisme ne saurai5t donc tre efficacem5t con/ats p> des savants4 ,les seuls obs]vateurs compt5ts sont les hommes habitus crer des illusions et1 p> consqu5t1 les dj\]1 c'e/--dire les pre/idigitateurs4 ,il e/ =t regrettable que l',in/itut psy*ologique ne l'ait pas compris4 ,avec leur assi/ance1 une gr&e p>tie des #be4jjj francs1 inutilem5t gaspills dans d'insignifiantes expri5ces1 et t srem5t conomise4 ,on sait d'ailleurs la mfiance extrme pr(esse p> les croyants l'g>d des pre/idigitateurs4 ,ils sembl5t cra9dre la p]te de leurs illusions4 ,m4 le pr(esseur ,b9et avait (f]t l',in/itut psy*ologique d'am5] gratuitem5t d'habiles pre/idigitateurs4 ,a p>tir de ce j\r1 on vita soigneusem5t de le convoqu]1 comme il me l'crivit lui-mme#ad4 #ad ,dans une int]view1 ,m4 d',arsonval f9it p> reconnatre combi5 aurait t utile la prs5ce des pre/idigitateurs mais1 dit-il1 n\s n\s sommes adresss en va9 plusieurs d'entre eux1 ils n'ont po9t v\lu rpondre notre invitation4 ,je puis assur] l'm95t physici5 que sa mmoire l'a mal s]vi4 ,a la dcl>ation prcd5te de ,m4 ,b9et1 je p\rrais aj\t] celle de plusieurs pre/idigitateurs4 ,voici d'ailleurs un extrait de la lettre que j'ai reue de l'un d'entre eux1 ,m4 ,raynaly1 vice-prsid5t de la *ambre syndicale de la ,pre/idigitation4 ,p]mettez-moi de v\s expliqu] que ,m4 d',arsonval commet une erreur lorsqu'il dit que les pre/idigitateurs ne se s\ci5t pas d'assi/] aux sances de spiritisme alors que n\s n'avons pas de plus ard5t dsir4 ,ce sont les spirites qui ne veul5t pas de notre prs5ce4 ,cela p>at assez significatif4 ,on doit dplor]1 je le rpte1 que l',in/itut psy*ologique ait manife/ autant de mauvaise volont l'g>d des pre/idigitateurs4 ,quelles raisons p\vai5t motiv] un refus si p]si/ant du conc\rs des seuls obs]vateurs aptes dj\] les fraudes8 ,comm5t la commission n'a-t-elle pas s5ti l'utilit de la collaboration d'hommes habitus provoqu] les illusions8 ,les ,anglais s'tai5t montrs plus judicieux4 ,dans les mmorables sances de la ,society ( ,psy*ical rese>*es1 ce fut un pre/idigitateur1 ,m4 ,maskel9e1 qui dc\vrit les fraudes du mdium ayant s]vi aux expri5ces de l',in/itut psy*ologique4 ,les vrais croyants n'tant pas influ5ables p> un raisonnem5t1 discut] avec eux s]ait inutile4 ,mais leurs cts s'agite l'imm5se lgion des simples curieux1 des demi-conva9cus4 ,on leur a p>l de faits qui les tonn5t4 ,ils y croi5t demi1 mais avec la vague consci5ce d'admettre des *oses d\teuses affirmes p> des p]sonnes n'ayant gure que leur foi p\r elles4 ,de tels esprits s\hait5t ardemm5t voir tudi]1 au moy5 de m?odes c]ta9es1 des phnomnes qui p\rrai5t peut-tre ouvrir une porte sur l'inconnu4 ,je tr\ve la preuve de cet tat d'esprit dans un article judicieux publi p> une revue ?osophi/e1 ,les ,n\veaux horizons1 et dont voici un extrait3 ,un vnem5t1 d'une importance primordiale dans l'hi/oire de l'volution huma9e1 se prp>e en ce mom5t4 ,il n\s e/ annonc p> ,m4 ,gu/ave ,le ,bon4 ,il ne s'agit de ri5 mo9s que de la re*]*e d'une m?ode exprim5tale spciale1 p\r l'tude de la g5se des croyances2 ce qui quivaut la reconnaissance1 p> l'esprit sci5tifique1 de l'in/9ct inde/ructible de la religiosit dans la m5talit huma9e1 entranant son admission1 p> la sci5ce1 comme fait positif et comme objet de sci5ce1 mais ncessitant une m?ode exprim5tale spciale2 les lois de sa manife/ation tant diffr5tes de celles qui rgiss5t les faits physiques4 ,quels que soi5t les mobiles qui dt]m95t la sci5ce pr5dre cette attitude n\velle vis--vis du s5tim5t religieux et de la croyance1 il n'e/ pas audacieux d'affirm] qu'elle m>que le comm5cem5t d'une tape n\velle dans l'hi/oire de l're de lib]t4 ,ds que l'tude de la g5se des croyances e/ admise comme objet de sci5ce et fait positif1 et que la re*]*e d'une m?ode exprim5tale spciale l'obs]vation des phnomnes qui s'y rapport5t e/ comm5ce1 il ne saurait plus tre "q1 vis--vis d'eux1 ni d'op9ion p]sonnelle1 ni de p>ti pris4 ,c'e/ sci5tifiquem5t1 imp>tialem5t1 imp]sonnellem5t et objectivem5t1 qu'il convi5t de les trait] dsormais4 7,l4 ,m>tial47 ,les m?odes d'tude des phnomnes supposs surnaturels impliqu5t1 je vi5s de le montr]1 des conditions p>ticulires4 ,p\r les avoir ignores1 quantit d'obs]vateurs m95ts fur5t victimes des plus l\rdes erreurs4 ,n'ayant aucun moy5 de vrifi] exprim5talem5t les anci5s miracles1 il tait =t intressant d'tudi] sci5tifiquem5t ceux qui n\s sont (f]ts p> une religion n\velle4 ,aprs avoir montr avec quelle facilit ils s'van\iss5t1 ds qu'on les contrle un peu soigneusem5t1 n\s allons re*]*] ce qu'une exprim5tation bi5 conduite p\rrait appr5dre sur c]ta9s phnomnes mritant une tude att5tive4 ,,*apitre ,,iv ,,tude ,,exp,,rim5tale ,,de ,,quelques-,,uns ,,des ,,ph,,nom,,nes ,,inconsci5ts ,g,n,,rateurs ,,de ,,croyances4 #a4--;,expri5ces effectu] p\r l'tude de la =mation des op9ions et des croyances4 ,les *apitres prcd5ts ont dvoil le rle1 dans la =mation des croyances1 des sugge/ions1 de la contagion m5tale et de div]s facteurs du mme ordre1 trang]s l'intellig5ce4 ,l'adoption de croyances *imriques p> beauc\p de savants mod]nes claire la g5se des gr&es religions qui se sont succd dans l'hi/oire4 ,mais si les m?odes exprim5tales1 que n\s avons indiques1 conduisai5t seulem5t aux con/atations ngatives prcdemm5t =mules1 leur utilit s]ait m9ime4 ,n\s allons montr] ma9t5ant que du monceau d'erreurs entasses p> les sectateurs mod]nes de la magie1 des m?odes sres p]mett5t d'extraire puis de complt] c]ta9s r5seignem5ts aptes jet] quelques lueurs sur cette obscure rgion de l'inconsci5t o s'labor5t nos croyances4 ,le sujet tant trs neuf encore1 n\s devrons n\s born] de brves indications4 ,elles auront p\r b pr9cipal de jalonn] la r\te suivre4 #b4--,les actions physiologiques et curatives de la foi4 ,p>mi les sujets d'tude exprim5tale relatifs l'influ5ce des croyances1 je signal]ai d'abord l'influ5ce des reliques1 des pl]9ages1 des eaux miraculeuses1 etc4 ,leur efficacit1 admise p> les croyants de t\tes les religions1 semble atte/e p> les milli]s d'ex-voto susp5dus depuis la plus haute antiquit sur les murs des temples de t\s les ,dieux4 ,il e/ peu prs dmontr auj\rd'hui1 que les pl]9ages am5ant des milli]s de croyants aussi bi5 ,la ,mecque qu' ,l\rdes1 ou sur les rives du ,gange1 ne leur fur5t pas t\j\rs inutiles4 ,les =ces my/rieuses de l'inconsci5t1 mises en jeu p> une foi ard5te1 se rvlr5t s\v5t plus puissantes que les moy5s dont la ?rapeutique dispose4 ,je crois du plus haut intrt1 et p\vant ouvrir des horizons imprvus la physiologie1 de mettre nettem5t en vid5ce les limites des influ5ces que la sugge/ion produite p> les prires1 les reliques1 les amulettes1 etc41 arrive dt]m9] dans l'organisme4 ,longtemps encore1 sans d\te1 cette tude capitale ne p\rra tre srieusem5t t5te4 ,les gurisons1 qualifies de miraculeuses1 ne fur5t exam9es jusqu'ici que p> des sceptiques endurcis ou d'aveugles croyants4 ,or ces deux =mes de m5talits p>alys5t au mme degr la facult d'obs]v]4 ,et comme le sceptique en ces matires devi5t facilem5t un croyant1 p>fois inconsci5t1 on voit qu'il n'e/ pas facile d'arriv] des prcisions bi5 nettes4 ,t\s ces phnomnes jadis nis ou affirms sans aucune preuve exprim5tale re/ai5t conf9s dans le *amp de la croyance et on refusait d'en t5ir compte4 ,ri5 ne semblait plus absurde que les promesses de ces ?aumaturges prneurs d'eaux miraculeuses1 de p\dres magiques1 de reliques1 de bagues en*antes1 etc4 ,cep5dant les tudes mod]nes sur l'auto-sugge/ion n\s ont pr\v que les ass]tions de t\s ces rveurs n'tai5t pas va9es4 ,elles ont s\v5t guri1 =tifi1 enc\rag1 consol4 ,les prcisions sci5tifiques n'eur5t pas t\j\rs l'utilit de c]ta9es erreurs4 ,exi/e-t-il dans l'organisme des =ces inconnues mises en jeu p> l'imag9ation8 ,il n'e/ pas encore possible de l'affirm]4 ,on p\rrait peut-tre faire l'hypo?se suivante3 puisqu'une ide1 c'e/--dire une reprs5tation m5tale1 rsulte d'un c]ta9 tat physiologique1 la fixation prolonge d'une ide p>vi5t peut-tre dt]m9] inv]sem5t l'tat physiologique qui lui correspond4 ,p\r obt5ir une gurison1 il suffirait alors de crer c]ta9es reprs5tations m5tales trs =tes4 ,ce fait avait d'ailleurs t press5ti depuis longtemps4 ,dans son trait ,de incantationibus publi en #aebe1 le philosophe itali5 ,pompanazzi rem>quait dj que des os d'animaux quelconques1 v5dus p\r reliques de sa9ts clbres1 gurissai5t aussi bi5 que de vraies reliques4 #c4--,les illusions cres p> les sugge/ions individuelles et collectives4 ,on ne saurait complt] p> trop d'expri5ces sur ce sujet1 celles qui s'effectu5t spontanm5t4 ,la puissance de la sugge/ion e/ telle1 n\s l'avons vu1 que des physici5s m95ts crur5t p5dant deux ans l'exi/5ce de rayons p>ticuli]s dev5us subitem5t invisibles p\r eux1 ds qu'ils apprir5t quelles illusions les avai5t abuss4 ,la sugge/ion fait accept] les phnomnes les plus invraisemblables1 tels que les matrialisations in/antanes d'tres vivants4 ,l'illu/re *imi/e ,crookes crut a9si l'exi/5ce d'un fantme man du mdium1 la fameuse ,katy ,k+1 et qui n'tait que le mdium lui-mme4 ,cette d]nire fut plus t>d prise en flagrant dlit de fraude qu& elle v\lut rpt] ,b]l9 les phnomnes qui avai5t illusionn le clbre savant anglais#ae4 #ae ,j'ai con/at ,londres1 n'avoir plus la mo9dre espce de d\te1 crit ,m4 ,jules ,bois1 les trucs purils et grossi]s de la fameuse ,flor5ce ,cook qui dupa si magnifiquem5t ,william ,crookes4 7,j\rnal de l',univ]sit des ,annales1 #e septembre #aiji47 ,c]ta9s individus ne possd]ai5t-ils pas une puissance de sugge/ion p>ticulire leur p]mettant d'ex]c] une gr&e action sur ceux qui les ent\r5t8 ,quelques faits sembl5t le dmontr]4 ,a9si s'expliqu]ai5t les phnomnes de lvitation excuts en public1 attribus aux ,fakirs de l',inde1 et que du re/e je n'ai jamais eu occasion d'obs]v] dans mes voyages4 ,cette hypo?se mettrait galem5t en lumire le rle de c]ta9s mdiums et la diffr5ce des effets qu'ils produis5t1 suivant le degr de sugge/ibilit des assi/ants4 ,dans les expri5ces spirites1 l'influ5ce de la sugge/ion e/ t\t fait prdom9ante4 ,leurs auteurs le reconnaiss5t d'ailleurs eux-mmes4 ,les exprim5tateurs1 crit ,maxwell1 se sugge/ionn5t vritablem5t les uns les autres et f9iss5t p> avoir de curieuses halluc9ations collectives444 ,il m'e/ arriv d'ent5dre un assi/ant indiqu] qu'il voit une lueur dans une direction dt]m9e4 ,les autres reg>d5t leur t\r et voi5t4 ,puis l'un d'eux dcl>e qu'il ap]oit une =me2 bi5tt1 d'autres p]sonnes voi5t galem5t une =me4 ,et d'exclamations en exclamations1 la description de la =me se complte4 ,on assi/e la g5se d'une halluc9ation collective444 ,mon expri5ce p]sonnelle m'a dmontr que le s5s de la vue tait le plus sujet ces impressions imag9aires4 ,la puissance de ces sugge/ions e/ quelquefois prodigieuse4 ,les sorci]s du ,moy5 ,age tai5t si compltem5t halluc9s p> elles qu'ils acceptai5t le b*] comme expiation de leurs fautes imag9aires4 ,la m5talit des obs]vateurs mod]nes1 y compris les plus savants1 app>at sur ce po9t t\t fait id5tique celle des sorci]s4 ,sauf des exceptions bi5 r>es1 ils ne reconnaiss5t nullem5t avoir t illusionns et en s]ai5t d'ailleurs incapables4 ,on ne sort pas facilem5t du cycle de la croyance4 ,les sugge/ions s'y en*an5t et f9iss5t p> envahir t\t le *amp de l'ent5dem5t4 ,le pr(esseur ,grasset a =t bi5 dcrit cet tat d'esprit dans le passage suivant3 ,un fait curieux signal]1 c'e/ l'entranem5t que subiss5t les exprim5tateurs1 qu& une fois ils sont entrs dans ce g5re d'tudes1 et l'volution que subit leur m5talit4 444 ,lombroso1 qui comm5ce son mmoire sur des expri5ces trs prcises et limites avec le c>diographe1 p>le ensuite1 dans le mme travail1 des fantmes et app>itions de dfunts1 des autolvitations comme celle de ,home1 qui t\rne horizontalem5t aut\r de t\tes les f5tres d'un palais et celle des deux petits frres de ,ruvo qui p>c\r5t #de kilomtres en #ae m9utes1 des tres ou des re/es d'tres qui p\r pr5dre une complte consi/ance1 doiv5t p\r s'inc>n] emprunt] mom5tanm5t une p>tie de la sub/ance du mdium1 qui e/1 en ce mom5t1 ass\pi1 presque agonisant4 444 ,le contact des phnomnes de l'occultisme fait oubli] aux meilleurs les rgles lm5taires de la m?ode sci5tifique4 ,cette rceptivit m5tale p>ticulire v>ie suivant les individus et les races4 ,le mme mdium obs]v en ,anglet]re1 en ,france et en ,italie donne des rsultats trs diffr5ts4 ,nuls s\v5t en ,anglet]re1 mdiocres en ,france1 t\t fait m]veilleux en ,italie4 ,la lecture du rapport de l',in/itut psy*ologique de ,p>is sur le mdium ,eusapia montre d'une faon frappante1 p> l'exemple qui va suivre1 l'action sugge/ive rem>quable de c]ta9s mdiums sur les assi/ants1 y compris les plus savants4 ,eusapia1 dit le rapport1 prie ,m4 d',arsonval d'essay] de s\lev] le guridon1 ce qu'il fait aism5t1 puis elle lui int]dit de le s\lev]4 ,m4 d',arsonval n'y peut p>v5ir4 ,on le croirait cl\ au p>quet4 ,eusapia pose de n\veau son c\de sur le guridon et ,m4 d',arsonval le s\lve alors sans difficult4 ,quelques in/ants aprs1 ,eusapia dit au guridon3 ,sois lg] et ,m4 d',arsonval le s\lve plus facilem5t encore4 ,cette expri5ce1 que russiss5t facilem5t dans les foires les magntiseurs pr(essionnels1 en *oisissant leurs sujets p>mi les nvropa!s de l'assi/ance1 dmontre simplem5t le p\voir sugge/ionnant de c]ta9s mdiums4 ,je me suis dem& cep5dant comm5t le savant acadmici51 admettant qu'un individu possde la puissance miraculeuse de faire v>i] le poids des corps dans d'imm5ses proportions1 n'a pas eu l'ide de vrifi] ce phnomne au moy5 d'une balance4 ,les exprim5tateurs de l',in/itut psy*ologique t5tr5t bi5 une fois cet essai1 mais dans des conditions telles qu'ils fur5t obligs eux-mmes d'en reconnatre les rsultats peu probants4 ,qu& on ti5t un p>eil phnomne1 ce n'e/ pas une fois1 mais mille qu'on doit le rpt]4 ,il e/ inf9im5t probable que ,m4 d',arsonval1 s'imag9ant1 s\s l'influ5ce de la volont d',eusapia1 con/at] les v>iations de poids d'un corps1 a t aussi =tem5t illusionn que jadis p> les rayons ,n1 qui lui inspirr5t une en?\sia/e confr5ce1 c]tifiant la ralit de t\s les phnomnes annoncs4 ,la facilit avec laquelle il fut alors sugge/ionn1 a9si que t\s les physici5s franais1 e/ une des preuves les plus frappantes qu'on puisse donn] du rle de la sugge/ion dans la g5se des croyances4 #d4--,trans=mation des mes individuelles en une me collective4 ,l'tude de la =mation d'une me collective1 durable ou mom5tane1 e/ un des sujets obscurs de la psy*ologie1 un de ceux sur lesquels il faut se cont5t] d'obs]v]4 ,n\s p\vons dire seulem5t avec c]titude que les f\les mett5t en commun leurs s5tim5ts et non leur intellig5ce4 ,la proprit contagieuse des s5tim5ts n\s explique p\rquoi des hommes runis pr5n5t aussitt les c>actres d'une f\le4 ,il s'y =me immdiatem5t une me collective1 un m5eur et des m5s4 ,cette contagion a-t-elle un sub/ratum physique1 tel que s]ait1 p> exemple1 une sorte de rayonnem5t d'une nature spciale8 ,impossible de le dire4 ,il e/ difficile de dc\vrir la voie exprim5tale conduisant la solution d'un p>eil problme4 ,a pe9e possdons-n\s quelques indices4 ,p>mi eux1 peut-tre1 devons-n\s plac] l'tude du phnomne des tables dites t\rnantes4 ,on a pr\v depuis longtemps que les m\vem5ts de ces tables tai5t dus aux impulsions inconsci5tes des oprateurs4 ,mais p\rquoi la table t\rne-t-elle t\j\rs dans un s5s dt]m91 sans tre entrave p> des impulsions p\vant tre diffr5tes8 ,p\rquoi1 en frappant des c\ps correspondant c]ta9es lettres de l'alphabet1 la table1 place s\s les ma9s des div]s individus qui l'ent\r5t1 s'arrte-t-elle au mom5t ncessaire1 comme obissant une volont unique8 ,c'e/ que prcism5t elle obx une seule volont3 celle d'un m5eur impose inconsciemm5t aux autres oprateurs4 ,s\s son influ5ce1 les mes individuelles se sont mom5tanm5t agrges p\r =m] une me collective lie la si5ne4 ,div]s obs]vateurs sont arrivs dj une conclusion analogue4 ,voici p> exemple ce qu'crit l'un d'eux dans les ,annales des sci5ces psy*iques#af4 #af #af dcembre #aiji4 ,la =ce motrice du guridon e/ totalem5t trangre t\te int]v5tion surnaturelle4 ,p> la =mation de la *ane des ma9s des exprim5tateurs ils dgag5t une =ce qui fait excut] au guridon les m\vem5ts dicts p> la volont de l'un d'eux1 l'insu de t\s1 p> une sorte d'hypnotisme collectif1 sub/ituant la volont consci5te de *acun1 une volont collective presque inconsci5te1 *acun re/ant en ple9e possession de ses facults intellectuelles p\r t\t ce qui e/ trang] l'expri5ce4 ,inutile d'insi/] sur cette bau*e d'explication4 ,le phnomne con/itu p> la naissance1 l'volution et la dissolution d'une me collective e/ une des nigmes de la psy*ologie4 ,elle peut assur] seulem5t que cette me collective ex]a t\j\rs un rle ess5tiel dans la vie des peuples4 #e4--,les communications de p5ses4 ,la gr&e difficult de la gnralit des problmes relatifs la croyance1 numrs dans ce *apitre1 app>at qu& on con/ate que les plus simples re/5t obscurs encore4 ,le phnomne de la communication de p5ses e/ ju/em5t dans ce cas4 ,en raison de son gr& intrt il mrit]ait cep5dant des expri5ces prcises4 ,plusieurs faits1 vrifi] d'ailleurs1 sembl5t indiqu] la possibilit d'une telle transmission4 ,les deux c]veaux en relation s]ai5t alors comp>ables deux diapasons vibrant l'unisson1 assimilation grossire assurm5t1 mais de/9e r5dre un peu intelligible un phnomne qui ne l'e/ gure4 ,ce sont surt\t les expri5ces sur les somnambules et les mdiums qui sembl5t indiqu] le mieux la possibilit des transmissions de p5se4 ,plusieurs obs]vateurs croi5t avoir con/at que les mdiums connaiss5t la p5se de ceux qui les int]rog5t et ne donn5t que les r5seignem5ts qu'ils y peuv5t lire4 ,mme rem>que p\r les tables t\rnantes4 ,voici ce sujet une obs]vation intressante faisant p>tie de l'article cit plus haut3 ,les rponses du guridon tai5t t\j\rs trs exactes qu& elles tai5t connues d'avance de l'un de ceux qui p>ticipai5t la *ane des ma9s2 ces rponses tai5t t\j\rs confuses ou absurdes qu& on dem&ait au guridon des *oses inconnues de t\t le monde4 ,t\tes les fois que le *oix du directeur des expri5ces tomba sur moi1 je con/atai *aque "q que la rponse qu'allait faire la table me v5ait en p5se avant que la table ne rpondt1 et que t\tes les fois que je ne press5tais pas a9si cette rponse d'une faon prcise1 la table ne rpondait pas ou rpondait in9telligiblem5t4 ,je n'ai obs]v aucun cas o la rponse obt5ue de faon s5se ait t c]ta9em5t inconnue de t\s les exprim5tateurs sans exception2 je n'ai1 au contraire1 obs]v que des cas de rponses sues1 supposes1 press5ties d'avance1 avant d'tre =mules p> la table1 p> l'un des exprim5tateurs1 le plus s\v5t p> le directeur de l'expri5ce1 p>fois aussi p> un autre ne p>aissant y j\] qu'un rle effac4 #f4--,la dsagrgation des p]sonnalits4 ,j'ai dj p>l de ce phnomne dans une autre p>tie de cet ouvrage et n'y revi5s ici que p\r attir] l'att5tion sur l'utilit de n\velles expri5ces4 ,suivant mon hypo?se le moi se compos]ait de rsidus de p]sonnalits ance/rales plus ou mo9s solidem5t agrges4 ,s\s des influ5ces div]ses1 somnambulisme1 trances des mdiums1 excitations viol5tes des priodes rvolutionnaires1 etc41 ces lm5ts se dsagrg]ai5t1 puis =m]ai5t des comb9aisons n\velles1 con/ituant une individualit mom5tane4 ,cette individualit se manife/e p> des ides1 un langage et une conduite diffr5ts de ceux du sujet d'o elle drive4 ,j'ai appliqu1 je le rappelle1 cette ?orie l'int]prtation des actes commis p> c]ta9s hommes de la ,rvolution1 que ri5 dans leur pass ne faisait press5tir1 et qu'eux-mmes ne comprir5t plus1 la t\rm5te f9ie4 #g4--;,dissociation exprim5tale des lm5ts rationnels et affectifs de nos op9ions et de nos jugem5ts4 ,dans les lm5ts =mateurs de nos jugem5ts figur5t des influ5ces inconsci5tes my/iques ou affectives4 ,il e/ possible quelquefois1 mais gnralem5t peu facile1 de les dissoci] p> la simple obs]vation4 ,arrive-t-on les dissoci] exprim5talem5t8 ,j'ai con/at plusieurs fois qu'on peut y p>v5ir1 malheureusem5t1 les sujets qui se prs5t5t habituellem5t p\r ces expri5ces n'(fr5t pas une m5talit trs dveloppe4 ,c'e/ en utilisant1 soit les procds classiques de l'hypnotisme1 soit c]ta9es sub/ances *imiques1 comme je l'ai expliqu dans un autre travail1 que se dissoci5t les lm5ts consci5ts et inconsci5ts de nos op9ions et de notre conduite4 ,je vais p> un exemple =t simple1 *oisi dans mes cahi]s d'expri5ces1 montr] comm5t s'opre cette dsagrgation et comm5t la raison n\s s]t ju/ifi] nos impulsions inconsci5tes4 ,cette expri5ce1 type de beauc\p d'autres1 fut faite sur une femme du monde trs di/+ue que je connaissais pe9e4 ,l'ayant lgrem5t hypnotise1 je lui suggrai de me donn] r5dez-v\s place ,v5dme c9q heures du mat91 en ple9 hiv]1 et de jo9dre sa lettre un timbre p\r l'affran*issem5t de la rponse4 ,dom9e p> ces sugge/ions un peu absurdes mais non pas entirem5t1 la dame tr\va des raisons1 la rigueur acceptables1 p\r ju/ifi] la lettre qu'elle m'crivit s\s une influ5ce inconsci5te4 ,elle dsirait1 expliquait sa missive1 me dem&] plusieurs r5seignem5ts et1 eu g>d aux habitudes mat9ales que je devais avoir1 m'att5drait place ,v5dme1 l'heure indique4 ,supposant une di/raction de ma "p et l'oubli possible de son adresse1 elle m'envoyait une enveloppe timbre t\te prte jet] la po/e4 ,l'expri5ce e/ lo9 d'tre aussi purile qu'elle le semble t\t d'abord4 ,n\s tr\vons t\j\rs des explications d'un ordre analogue1 et s\v5t mme infrieur1 p\r ju/ifi] au moy5 de la logique rationnelle les impulsions1 dictes p> les logiques s5tim5tale ou my/ique4 #h4--,la =ce psy*ique et la volont rayonnante4 ,t\s les occulti/es ne reconnaiss5t pas l'exi/5ce des esprits1 mais t\s admett5t la ralit d'une =ce p>ticulire habituellem5t dsigne p> eux s\s le nom de =ce psy*ique4 ,je crois p\voir dire1 crit le ,dr ,maxwell1 propos des sances de spiritisme1 qu'une =ce quelconque e/ dgage p> les assi/ants2 qu'elle p>at tre labore p> le mdium2 que celui-ci refait ses p]tes aux dp5s des exprim5tateurs2 que c]ta9es p]sonnes f\rniss5t plus aism5t que les autres au mdium la =ce dont il a beso92 enf91 qu'une c]ta9e communion d'ides1 de vues1 de s5tim5ts entre les exprim5tateurs favorise l'mission de cette =ce4 ,les spirites assur5t que la =ce psy*ique peut re/] loigne du mdium1 =mant quelque di/ance de lui1 une sorte de ga9e s5sible aux att\*em5ts et aux p9cem5ts4 ,ils appell5t ce phnomne l'extriorisation de la s5sibilit4 ,les objets ayant t\* les sujets dans un p>eil tat entran]ai5t avec eux cette s5sibilit et en piquant ces objets emports di/ance1 les mdiums ress5tirai5t la mme d\leur que si on piquait leur corps4 ,opration qui rappelle t\t fait l'envotem5t du ,moy5 ,age4 ,les spirites n'ont jamais f\rni d'autres preuves de cette prt5due extriorisation que leurs ass]tions4 ,elle p>at tre le rsultat de simples sugge/ions4 ,les magntiseurs en tabliss5t eux-mmes1 d'ailleurs1 la dmon/ration lorsqu'ils expliqu5t que cette extriorisation obt5ue p> leurs passes prolonges1 n'e/ s5sible qu'aux p9cem5ts et att\*em5ts du magntiseur et non ceux d'une autre p]sonne4 ,c'e/ un peu comme si un galvanomtre s5sible au c\rant lectrique dgag p> une pile1 ne l'tait plus celui envoy p> une autre pile4 ,en att5dant que les spirites tay5t de preuves leurs affirmations1 ce dont ils se s\ci5t =t peu1 on ne saurait t5ir aucun compte d'obs]vations qui1 reconnues exactes1 ju/ifi]ai5t les pratiques de la plus antique sorcell]ie4 ,il ne faudrait pas1 bi5 ent5du1 rejet] p\r cela l'exi/5ce d'une =ce psy*ique4 ,quoique des impressions ne puiss5t jamais t5ir lieu de preuves et soi5t sans valeur p\r tablir une conviction sci5tifique1 j'av\]ai volonti]s que1 dans t\s les phnomnes spirites1 l'hypo?se la mo9s invraisemblable e/ prcism5t l'exi/5ce d'une =ce psy*ique rayonne p> les tres vivants4 ,cette op9ion ne m'a nullem5t d'ailleurs t suggre p> les expri5ces des spirites1 mais seulem5t p> mes tudes sur le dressage des animaux a9si que sur la psy*ologie des f\les et de leurs m5eurs4 ,c]ta9s individus1 les orateurs clbres notamm5t1 sembl5t rayonn] aut\r d'eux quelque *ose de trs int5se4 ,ce ne sont gure leurs disc\rs qui impressionn5t1 puisque1 le plus s\v5t1 on ne les ent5d pas4 ,leur puissance secrte e/ cep5dant indniable4 ,gambetta ret\rnait le ,p>lem5t avec quelques ge/es4 ,s'il tait p]mis de crer un nom p\r une =ce d'ess5ce inconnue1 je la qualifi]ai de volont rayonnante4 ,ne p\vant m't5dre sur ce sujet1 je me born]ai reproduire1 l'appui de ce qui prcde1 le fragm5t biographique suivant publi sur un des rois des *em9s de f] amrica9s1 ,m4 ,h>riman4 ,il a t donn dans une confr5ce p> un gr& banqui] des tats-,unis1 ,m4 ,o4 ,kahn4 ,on m'a dem& p>fois1 aprs que ,m4 ,h>riman et accompli c]ta9es *oses dont la ralisation p>aissait improbable1 p\r quelles raisons ses adv]saires lui avai5t cd4 ,quel motif les avait p\sss8 ,a quels mobiles avai5t-ils obi8 ,p\rquoi avai5t-ils f9i p> faire ce qu'ils avai5t dcl> ne devoir jamais faire ou ce qu'ils n'avai5t aucune raison de faire8 ,j'ai rpondu3 ,simplem5t p>ce que ,m4 ,h>riman avait mis en uvre son c]veau et sa volont p\r le leur faire faire4 ,dans t\s les cas analogues1 il s'agit srem5t non de raisonnem5ts accepts1 mais d'actes imposs p> le mcanisme encore ignor de la volont rayonnante dont je vi5s de p>l]4 ,les influ5ces a9si ex]ces p> un individu sur d'autres sont inconte/ables4 ,l'hypo?se comm5ce lorsqu'on t5te de les expliqu] au moy5 d'une =ce psy*ique dont aucune expri5ce n'a pr\v clairem5t l'exi/5ce4 ,il s]ait =t intressant de la re*]*]1 ce qui implique naturellem5t la ncessit de dc\vrir d'abord le ractif capable de la rvl]4 99 99 99 99 99 ,j'arrte ici cette numration qui f9irait p> m'entran] hors du cadre de cet ouvrage4 ,j'en ai dit assez1 je l'espre1 p\r montr] le rle que p\rra j\] l'expri5ce dans la =mation d'une psy*ologie n\velle1 de/9e remplac] celle dont n\s vivons encore et qui a si peu clair les problmes fondam5taux de la g5se et de l'volution des croyances4 ,,*apitre ,v ,,comm5t ,l',,esprit ,,se ,,fixe ,,dans ,,le ,,cycle ,,de ,,la ,,croyance4 ,,la ,,cr,,dulit ,a-,t-,,elle ,,des ,,limites8 #a4--,la connaissance et la croyance *ez les savants4 ,af9 de confirm] encore les dmon/rations cont5ues dans cet ouvrage1 je vais exam9] brivem5t comm5t1 grce aux impulsions des =mes de logiques prcdemm5t dcrites1 un esprit sci5tifique peut quitt] le cycle de la connaissance et se fix] dans celui de la croyance4 ,p\r compr5dre que des savants de premi] ordre1 habitus une exprim5tation sci5tifique rig\reuse f9iss5t p> admettre c]ta9s phnomnes miraculeux1 tels que les matrialisations1 il ne faut jamais oubli] que la logique rationnelle et la logique my/ique subsi/5t s\v5t dans le mme esprit1 si positif qu'il puisse tre4 ,les sphres du rationnel1 du my/ique et de l'affectif1 sont1 je le rpte1 indp5dantes et1 suivant notre passage de l'une l'autre1 les s\rces de conviction devi5n5t diffr5tes4 ,dans la sphre du rationnel1 l'incrdulit e/ la rgle et l'expri5ce ou l'obs]vation les seuls guides4 ,sur le t]ra9 de la croyance1 g\v]n p> la logique my/ique1 les convictions se =m5t t\t autrem5t et la crdulit e/ inf9ie4 ,mais comm5t un savant sceptique e/-il am5 quitt] le cycle du rationnel p\r pntr] dans celui de la croyance8 ,en fait1 c'e/ involontairem5t qu'il y pntre1 et mme alors ne r5once pas ses habitudes exprim5tales4 ,mais comme sa conviction se =me inconsciemm5t avant qu'il s'en ap]oive1 ses expri5ces sont conduites de faon corrobor] ses n\velles convictions1 et guides alors1 non p> sa volont1 mais uniquem5t p> sa croyance4 ,or1 n\s savons qu'un phnomne exam9 trav]s une croyance e/ entirem5t trans=m p> elle4 ,les rcits miraculeux1 remplissant l'hi/oire de t\tes les religions1 en f\rniss5t d'indubitables preuves4 #b4--,mcanisme m5tal de la conv]sion du savant4 ,supposons1 p\r fix] les ides1 un savant trs sceptique pr5ant la rsolution d'tudi] exprim5talem5t les phnomnes que prt5d5t produire les occulti/es4 ,il devra d'abord se faire introduire dans un c]cle d'adeptes1 les phnomnes se produisant seulem5t p>mi eux4 ,on le conduit donc au milieu d'une runion de conva9cus1 dans l'obscurit pr(onde4 ,aprs att5te prolonge1 il ent5d des bruits1 des dplacem5ts de meubles1 ses vois9s affirm5t voir des lueurs1 des =mes inc]ta9es dues la dmatrialisation p>tielle du mdium1 etc4 ,le scepticisme de l'obs]vateur que je suppose tant robu/e1 il se retire sans que ses convictions ngatives soi5t branles4 ,quelques po9ts1 cep5dant1 l'ont frapp4 ,il lui semble bi5 avoir ent5du des bruits s+uli]s2 des vois9s1 c]ta9em5t honntes1 ont vu des lueurs et des app>itions1 des tables p>aiss5t avoir t dplaces di/ance du mdium4 ,t\t cela n'e/ pas clair4 ,dsireux de tr\v] la cause1 srem5t naturelle1 des phnomnes obs]vs1 il revi5t4 ,il revi5t1 et1 sans le s\ponn]1 se tr\ve s\mis aux actions de l'att5tion expectante1 des sugge/ions collectives et de la contagion m5tale4 ,des d\tes comm5c5t natre dans son esprit4 ,puisque de gr&s savants ont admis ces phnomnes1 il doit bi5 y avoir quelque *ose d]rire eux4 ,trs peu de *ose assurm5t1 mais mritant nanmo9s d'tre lucid4 ,et il revi5t encore4 ,il revi5t plusieurs fois4 ,les actions m5tales que j'ai dites agiss5t de n\veau4 ,l'inconsci5t du sceptique e/ sugge/ionn de plus en plus et son esprit critique s'van\it4 ,entr dans le cycle de la croyance1 il va s'y fix]4 ,sa logique rationnelle1 dj va9cue1 mais qui ne se l'av\e pas1 lutte1 cep5dant encore4 ,p\r fix] ses d]ni]s d\tes1 il organise des expri5ces4 ,famili>is avec les app>eils enregi/reurs1 les in/rum5ts de physique dlicats1 il entrepr5d des re*]*es savantes et t5d aux fantmes des piges v>is4 ,les fantmes tant capricieux1 les expri5ces russiss5t r>em5t ou incompltem5t1 mais la conviction inconsci5te de l'obs]vateur se tr\ve dj =me4 ,les mo9dres app>5ces1 de russite suffis5t1 les fraudes les plus grossires lui *app5t4 ,il cont9ue donc exprim5t] jusqu'au mom5t o1 se croyant rationnellem5t conva9cu p> l'expri5ce1 il affi*]a hautem5t sa conviction1 s'indign]a contre les incrdules et devi5dra un adepte de la n\velle foi4 ,sa crdulit s]a dsormais sans bornes4 ,ri5 ne l'branl]a plus4 ,l'anci5 sceptique e/ df9itivem5t fix dans le cycle de la croyance4 ,c'e/ p> ces phases div]ses1 dbutant p> une incrdulit totale p\r ab\tir une crdulit complte que sont passs bi5 des savants mod]nes tels que le clbre ,lombroso4 ,trs sceptique au comm5cem5t de ses re*]*es1 il *\a dans une foi nave dont son d]ni] livre f\rnit d'attri/ants tmoignages4 ,n\s avons saisi sur des faits bi5 concrets le mcanisme de la conv]sion et montr comm5t la sci5ce la plus avance ne p\vait s\/raire l'homme aux illusions de la croyance4 ,s'il s'tait agi d'appliqu] nos raisonnem5ts aux conv]sions religieuses qui rempliss5t l'hi/oire1 les explications euss5t t beauc\p plus faciles4 ,n\s n\s fussions tr\vs en prs5ce d'mes simples1 totalem5t dp\rvues d'esprit critique1 peu capables de raisonn] et t\t fait inaptes l'obs]vation et l'expri5ce4 ,sur de tels esprits1 les facteurs des convictions1 notamm5t le pre/ige et la contagion1 agiss5t sans qu'aucune action inhibitrice puisse leur tre oppose4 ,conv]tir des savants m95ts aux miracles de la sorcell]ie mod]ne semblait plus difficile que de s\mettre des b]g]s arabes la foi de ,mahomet4 ,plus difficile1 mais pas beauc\p1 peut-tre4 ,le b]g] et le savant diffr5t imm5sm5t1 c]tes1 au po9t de vue intellectuel1 mais p> leurs lm5ts affectifs et my/iques1 ils sont s\v5t assez vois9s4 ,les croyances religieuses1 politiques et sociales d'un savant rput ne sont pas1 quelquefois1 bi5 suprieures celles du plus humble b]g]4 #c4--,les limites de la crdulit4 ,de ce *apitre et des prcd5ts ressort nettem5t cette notion1 que dans le cycle de la croyance la crdulit e/ sans limite et l'esprit cultiv aussi rceptif que celui du p>fait ignorant4 ,le savant qui met en d\te la valeur d'une dcimale1 n'ayant pas t plusieurs fois contrle1 admettra sans difficult qu'un gu]ri] casqu puisse sortir du corps d'un mdium et se prom5] dans une salle en faisant tt] son p\ls p> les assi/ants1 af9 de pr\v] qu'il e/ plus qu'un va9 fantme1 qu'une impalpable vapeur4 ,sur la p5te de la crdulit1 on ne s'arrte pas4 ,un numro d'une gr&e revue spirite dirige p> un clbre pr(esseur de la ,facult de ,mdec9e de ,p>is1 (frait rcemm5t ses lecteurs3 #a l'hi/oire du d\ble d'un mdium remontant les p5dules di/ance2 #b des dess9s d'esprits ds9c>ns2 #c une diss]tation sur des fes qui habit]ai5t encore les =ts2 #d l'hi/oire de quatre fantmes *antant tue-tte la ,m>seillaise au clair de la lune1 etc4 ,en matire de crdulit1 le savant ne se montre donc pas1 je le rpte1 suprieur l'ignorant4 ,cette con/atation1 mise en vid5ce p> l'tude des phnomnes spirites1 e/ trs importante4 ,la crdulit sans bornes con/itue un tat m5tal dont n\s p\vons t\s tre atte9ts1 et dont n\s le sommes vite ds que1 sortant du cycle de la connaissance1 n\s pntrons dans celui de la croyance4 ,c]tes1 la sci5ce sait peu de *oses et n'lucide qu'un petit nombre des my/res qui n\s ent\r5t4 ,elle e/ sre au mo9s que les phnomnes sont conditionns p> des lois fixes ignorant le caprice4 ,elle ne s'avance pas beauc\p en affirmant qu'aucun sorci] n'a t au sabbat1 trav]s les airs sur un man*e balai1 et qu'aucun occulti/e anci5 ou mod]ne n'a vu fabriqu] in/antanm5t un tre vivant4 ,l'humanit n'e/ sortie de la b>b>ie m5tale primitive qu'en s'vadant du *aos de ses vieilles lg5des et en ne r$\tant plus la puissance des ?aumaturges1 des oracles et des sorci]s4 ,les occulti/es de t\s les sicles n'ont dc\v]t aucune vrit inconnue1 alors que les m?odes sci5tifiques fir5t surgir du nant un monde de m]veilles4 ,ab&onnons aux imag9ations maladives ce peuple de l>ves1 d'esprits1 de fantmes1 fils de la nuit et qu'une lumire suffisante dissip]a t\j\rs4 99 99 99 99 99 ,ces conclusions ne sont pas conte/ables4 ,elles laiss5t de ct cep5dant une face importante du problme4 ,puisque les hommes de t\s les ges1 du plus savant au plus ignorant1 ont v]s dans les mmes croyances1 il faut bi5 admettre qu'elles correspond5t1 comme j'ai essay de le montr]1 des beso9s inde/ructibles de l'esprit et sont p> suite ncessaires4 ,la sci5ce se df5d d'abord] ce qu'elle appelle l'inconnaissable et c'e/ ju/em5t dans cet inconnaissable que l'me huma9e place son idal et ces esprances4 ,avec une pati5ce que des insuccs sculaires n'ont pu lass]1 elle se heurte sans cesse au monde t\j\rs inviol du my/re af9 d'y dc\vrir l'orig9e des *oses et le secret de sa de/9e4 ,n'ayant pu y pntr]1 elle a f9i p> le peupl] de ses rves4 ,ne proclamons pas trop la vanit de tant d'ef=ts1 les croyances qui en sont issues consolr5t bi5 des gnrations d'hommes et illum9r5t leur vie4 ,la sci5ce1 jadis un peu intolrante1 respecte de plus en plus auj\rd'hui les conceptions trangres son empire4 ,sci5ce et croyance1 raison et s5tim5t app>ti5n5t des doma9es impuissants se pntr]1 puisqu'on n'y p>le pas la mme langue4 ,j'ignore si le savant qui trait]a le mme sujet dans un milli] d'annes se heurt]a aux mmes problmes qu'auj\rd'hui et p\rra dire quelque *ose de prcis sur la raison premire des phnomnes4 ,il montr]a sans d\te des dieux n\veaux et des croyances n\velles dom9ant la p5se huma9e qui ne peut s'en pass]4 ,les croyances *imriques re/]ont t\j\rs gnratrices des longs espoirs4 ,elles enfantr5t les dieux trav]s les ges et de nos j\rs l'occultisme1 d]ni] rameau de la foi religieuse qui ne meurt jamais4 ,,conclusions ,un des problmes fondam5taux indiqus au db de cet ouvrage tait de re*]*]1 comm5t des croyances1 qu'aucun argum5t rationnel ne saurait df5dre1 fur5t admises sans difficults p> les esprits les plus clairs de t\s les ges4 ,tant que la psy*ologie considra la croyance comme volontaire et rationnelle1 l'tude d'un tel problme ne p\vait tre aborde4 ,dissoci] les lm5ts gnrateurs de la croyance1 pr\v] qu'elle e/ inconsci5te et =me s\s l'influ5ce d'lm5ts my/iques et affectifs1 indp5dants de la raison et de la volont1 c'tait donn] dans ses gr&es lignes la solution *]*e4 ,mais cette explication re/ait incomplte4 ,si la raison ne cre pas la croyance1 elle peut au mo9s la discut] et en dc\vrir les cts errons4 ,p\rquoi1 cep5dant1 malgr les dmon/rations les plus claires1 une croyance russit-elle s'impos]8 ,n\s l'avons expliqu en pr\vant le rle fondam5tal ex]c sur l'inconsci5t p> c]ta9s facteurs3 pre/ige1 affirmation1 rptition1 sugge/ion et contagion4 ,indp5dants de la raison1 ils agiss5t facilem5t contre elle et l'emp*5t de reconnatre l'vid5ce mme4 ,le p\voir de ces influ5ces dans la g5se des croyances a t pr\v p> les effets de leur action sur les hommes les plus cultivs4 ,n\s avons vu des physici5s ex]cs1 tudi] exprim5talem5t des radiations cres seulem5t p> sugge/ion dans leur esprit et de savants acadmici5s vot] un prix considrable p\r une dc\v]te van\ie brusquem5t le j\r o les obs]vateurs1 arra*s la sugge/ion1 cessr5t aussitt d'ap]cevoir le fantme eng5dr p> cette sugge/ion4 ,d'autres exemples ont montr combi5 tai5t nombreux les faits de mme ordre4 ,la seule diffr5ce relle entre une croyance sci5tifique1 impose p> les facteurs dcrits1 et les croyances religieuses1 politiques ou spirites imposes p> le mme mcanisme1 e/ qu'en matire sci5tifique l'erreur s'lim9e assez vite p> sub/itution de la connaissance la croyance4 ,p\r les c]titudes bases sur des lm5ts affectifs ou my/iques1 et o aucune vrification immdiate n'e/ possible1 l'obs]vation1 la raison1 l'expri5ce mme1 re/5t au contraire peu prs sans action4 ,n\s avons pu ju/ifi]1 p> l'exemple de c]ta9es croyances spirites1 qu'en matire de foi la crdulit--aussi bi5 du savant que de l'ignorant--ne connaissait pas de limites4 ,cette con/atation r5d tolrant p\r t\tes les sup]/itions enregi/res p> l'hi/oire4 ,en dmontrant au moy5 de faits prcis comm5t des esprits m95ts se conv]tiss5t des croyances1 d'un niveau rationnel galant celui des plus fabuleuses fictions my?ologiques1 j'ai russi1 je l'espre1 mettre en vid5ce un mcanisme m5tal que les re*]*es de la psy*ologie avai5t laiss inexpliqu jusqu'ici4 ,n\s sommes arrivs a9si cette loi philosophique importante3 lo9 de prs5t] une orig9e intellectuelle commune1 nos conceptions ont des s\rces m5tales =t di/9ctes1 et sont rgies p> des =mes de logiques trs diffr5tes4 ,de la prdom9ance de *acune d'elles et de leurs conflits naquir5t les gr&s vnem5ts de l'hi/oire4 ,en att5dant que la sci5ce rvle les vrits immuables1 ca*es peut-tre s\s les app>5ces des *oses1 il faut n\s cont5t] des c]titudes accessibles notre esprit4 ,dans l'tat actuel de nos connaissances1 trois ordres de vrits n\s guid5t3 les vrits affectives2 les vrits my/iques1 les vrits rationnelles4 ,issues de logiques diffr5tes1 elles n'ont pas de commune mesure4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,livre ,i ,pages ,,les ,,probl,,mes ,,de ,,la ,,croyance ,,et ,,de ,,la ,,connaissance ,*apitre ,i4--,les cycles de la croyance et de la connaissance4 #a #a4 ,les difficults du problme de la croyance1 p4 #a4-- #b4 ,en quoi la croyance diffre de la connaissance1 p4 #e4-- #c4 ,rles respectifs de la croyance et de la connaissance1 p4 #g4 ,*apitre ,,ii4--,les m?odes d'tude de la psy*ologie #aa ,m?ode d'introspection1 p4 #aa4--,m?ode psy*ologique1 p4 #aa4--,m?ode des localisations crbrales1 p4 #ab4--,m?ode des te/s et des que/ionnaires1 p4 #ab4--,m?ode base sur l'tude des altrations d'orig9e pa?ologique de l'intellig5ce1 p4 #ab4--,m?ode base sur la psy*ologie comp>e1 p4 #ac4--;,insuffisance des m?odes classiques4 ,m?odes adoptes dans cet ouvrage p\r l'tude des op9ions et des croyances1 p4 #ad4 ,,livre ,,ii ,,le ,,t]ra9 ,,psy*ologique ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances ,*apitre ,i4--,les gr&s ressorts de l'activit des tres4 ,le plaisir et la d\leur #ah #a4 ,rles du plaisir et de la d\leur1 p4 #ah4-- #b4 ,c>actres discont9us du plaisir et de la d\leur1 p4 #ai4-- #c4 ,le dsir comme consqu5ce du plaisir et de la d\leur1 p4 #ba4-- #d4 ,le plaisir en p]spective4 ,l'esprance1 p4 #bc4-- #e4 ,le rgulateur du plaisir et de la d\leur4 ,l'habitude1 p4 #bc4-- #f4 ,le plaisir et la d\leur considrs comme les c]titudes psy*ologiques fondam5tales1 p4 #be4 ,*apitre ,,ii4--,les v>iations de la s5sibilit comme lm5ts de la vie individuelle et sociale #bg #a4 ,limites des v>iations de la s5sibilit au plaisir et la d\leur1 p4 #bg4-- #b4 ,les oscillations de la s5sibilit individuelle et leur rle dans la vie collective1 p4 #cj4-- #c4 ,les v>iations d'idal et de croyances cres p> les oscillations de la s5sibilit collective1 p4 #cc4 ,*apitre ,,iii4--,les sphres des activits vitales et psy*ologiques4 ,la vie consci5te et la vie inconsci5te #ce #a4 ,les sphres des activits vitales et psy*ologiques1 p4 #ce4-- #b4 ,la psy*ologie inconsci5te et les s\rces de l'intuition1 p4 #cf4-- #c4 ,les =mes de l'inconsci5t4 ,l'inconsci5t intellectuel et l'inconsci5t affectif1 p4 #ci4 ,*apitre ,,iv4--,le moi affectif et le moi intellectuel #db #a4 ,le moi affectif et le moi intellectuel1 p4 #db4-- #b4 ,les div]ses manife/ations de la vie affective4 motions1 s5tim5ts1 passions1 p4 #dh4-- #c4 ,la mmoire affective1 p4 #ea4-- #d4 ,les associations affectives et intellectuelles1 p4 #eb4 ,*apitre ,v4--,les lm5ts de la p]sonnalit4 ,comb9aisons de s5tim5ts =mant le c>actre #ee #a4 ,les lm5ts du c>actre1 p4 #ee4-- #b4 ,les c>actres collectifs des peuples1 p4 #eg4-- #c4 volution des lm5ts du c>actre1 p4 #eh4 ,*apitre ,,vi4--,la dsagrgation du c>actre et les oscillations de la p]sonnalit #fa #a4 quilibres des lm5ts con/itutifs du c>actre1 p4 #fa4-- #b4 ,oscillations de la p]sonnalit1 p4 #fc4-- #c4 lm5ts fixateurs de la p]sonnalit1 p4 #fe4-- #d4 ,difficult de prvoir la conduite rsultant d'un c>actre dt]m91 p4 #ff4 ,,livre ,,iii ,,les ,,=mes ,,div]ses ,,de ,,logiques ,r,,gissant ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,*apitre ,i4--,classification des div]ses =mes de logiques #gj #a4 ,exi/e-t-il div]ses =mes de logiques8 p4 #gj4-- #b4 ,les c9q =mes de logiques1 p4 #ga4-- #c4 ,coexi/5ce des div]ses =mes de logiques1 p4 #gc4 ,*apitre ,,ii4--,la logique biologique #gf #a4 ,rle de la logique biologique1 p4 #gf4-- #b4 ,la logique biologique et les in/9cts1 p4 #hj4 ,*apitre ,,iii4--,la logique affective et la logique collective #hf #a4 ,la logique affective1 p4 #hf4-- #b4 ,comp>aison de la logique affective et de la logique rationnelle1 p4 #hg4-- #c4 ,la logique collective1 p4 #ia4 ,*apitre ,,iv4--,la logique my/ique #ib #a4 ,les c>actri/iques de la logique my/ique1 p4 #ib4-- #b4 ,le my/icisme comme base des croyances1 p4 #ie4 ,*apitre ,v4--,la logique intellectuelle #ih #a4 ,les lm5ts fondam5taux de la logique intellectuelle1 p4 #ih4-- #b4 ,rle de la logique intellectuelle1 p4 #aja4-- #c4 ,t>dive app>ition de la logique intellectuelle4 ,elle n'e/ pas l'uvre de la nature1 mais a t cre contre la nature1 p4 #ajd4 ,,livre ,,iv ,,les ,,conflits ,,des ,,div]ses ,,=mes ,,de ,,logiques ,*apitre ,i4--,le conflit des lm5ts affectifs1 my/iques et intellectuels #ajf #a4 ,les conflits des div]ses logiques dans la vie j\rnalire1 p4 #ajf4-- #b4 ,conflit des lm5ts affectifs et intellectuels4 ,action des ides sur les s5tim5ts1 p4 #ajh4-- #c4 ,lutte des s5tim5ts contre les s5tim5ts4 ,les actions inhibitrices1 p4 #aab4 ,*apitre ,,ii4--,le conflit des div]ses =mes de logiques dans la vie des peuples #aad #a4 ,consqu5ces de la de/ruction des actions inhibitrices des s5tim5ts dans la vie sociale1 p4 #aad4-- #b4 ,les lm5ts my/iques et affectifs dans la vie des peuples1 p4 #aag4-- #c4 ,les quilibres et les ruptures des div]ses =mes de logiques dans la vie des peuples1 p4 #aai4 ,*apitre ,,iii4--,la balance des motifs #abc #a4 ,la balance m5tale4 ,l'action1 p4 #abc4-- #b4 ,rle de la volont dans la balance des motifs1 p4 #abd4-- #c4 ,comm5t la logique rationnelle peut agir sur la balance des motifs1 p4 #abf4 ,,livre ,v ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,,individuelles ,*apitre ,i4--,les facteurs int]nes des op9ions et des croyances #abi #a4 ,influ5ce des div]s facteurs des op9ions et des croyances1 p4 #abi4-- #b4 ,le c>actre1 p4 #aca4-- #c4 ,l'idal1 p4 #acb4-- #d4 ,les beso9s1 p4 #acd4-- #e4 ,l'intrt1 p4 #ace4-- #f4 ,les passions1 p4 #acg4 ,*apitre ,,ii4--,les facteurs ext]nes des op9ions et des croyances #aci #a4 ,la sugge/ion1 p4 #aci4-- #b4 ,les premires impressions1 p4 #adb4-- #c4 ,le beso9 d'explications1 p4 #add4-- #d4 ,les mots1 les =mules et les images1 p4 #ade4-- #e4 ,les illusions1 p4 #adg4-- #f4 ,la ncessit1 p4 #adh4 ,*apitre ,,iii4--,p\rquoi les op9ions diffr5t et p\rquoi la raison ne russit pas les rectifi] #aej #a4 ,diffr5ces de m5talits crant des diffr5ces d'op9ions1 p4 #aej4-- #b4 ,les lm5ts de rectification des op9ions1 p4 #aeb4-- #c4 ,rle de la raison dans la =mation des op9ions et des dcisions importantes1 p4 #aec4-- #d4 ,rle de la raison dans la =mation des op9ions j\rnalires1 p4 #aeg4 ,*apitre ,,iv4--,la rectification des op9ions p> l'expri5ce #afj #a4 ,l'expri5ce dans la vie des peuples1 p4 #afj4-- #b4 ,difficult de saisir les facteurs gnrateurs de l'expri5ce1 p4 #afb4 ,,livre ,,vi ,,les ,,op9ions ,,et ,,les ,,croyances ,,collectives ,*apitre ,i4--,les op9ions =mes s\s des influ5ces collectives #afh #a4 ,influ5ce de la race et des croyances1 p4 #afh4-- #b4 ,influ5ce du milieu social et des gr\pes sociaux1 p4 #aga4-- #c4 ,influ5ce de la c\tume1 p4 #agc4 ,*apitre ,,ii4--,les progrs de l'influ5ce des op9ions collectives et leurs consqu5ces #age #a4 ,les c>actri/iques des op9ions populaires1 p4 #age4-- #b4 ,comm5t1 s\s la mobilit des op9ions populaires1 p]si/e une c]ta9e fixit1 p4 #agf4-- #c4 ,la puissance de l'op9ion populaire avant l'ge mod]ne1 p4 #agh4-- #d4 ,les progrs actuels des influ5ces collectives dans la g5se des op9ions et leurs consqu5ces1 p4 #agi4-- #e4 ,influ5ce de div]ses collectivits dans la /abilisation de c]ta9s lm5ts sociaux1 p4 #ahd4 ,*apitre ,,iii4--,la dissolution de l'me individuelle dans l'me collective #ahf #a4 ,la dsagrgation actuelle des gr&es collectivits en petits gr\pem5ts1 p4 #ahf4-- #b4 ,comm5t l'me individuelle e/ sortie de l'me collective et comm5t elle y ret\rne1 p4 #ahi4 ,,livre ,,vii ,,propagation ,,des ,,op9ions ,,et ,,des ,,croyances ,*apitre ,i4--,l'affirmation1 la rptition1 l'exemple et le pre/ige #aid #a4 ,l'affirmation et la rptition1 p4 #aid4-- #b4 ,l'exemple1 p4 #aig4-- #c4 ,le pre/ige1 p4 #aih4 ,*apitre ,,ii4--,la contagion m5tale #bjc #a4 ,les =mes de la contagion m5tale1 p4 #bjc4-- #b4 ,exemples div]s de contagion m5tale1 p4 #bjd4-- #c4 ,puissance de la contagion m5tale1 p4 #bjg4-- #d4 ,influ5ce de la contagion dans la propagation des croyances religieuses et politiques1 p4 #bjh4 ,*apitre ,,iii4--,la mode #baa #a4 ,influ5ce de la mode dans t\s les lm5ts de la vie sociale1 p4 #baa4-- #b4 ,les rgles de la mode4 ,comm5t elle e/ mlange d'lm5ts affectifs et d'lm5ts rationnels1 p4 #bad4 ,*apitre ,,iv4--,les j\rnaux et les livres #bah #a4 ,influ5ce des livres et des j\rnaux1 p4 #bah4-- #b4 ,la p]suasion p> la publicit1 p4 #bbj4 ,*apitre ,v4--,les c\rants et les explosions d'op9ions #bbe #a4 ,les c\rants d'op9ions et leur cration1 p4 #bbe4-- #b4 ,les explosions d'op9ions1 p4 #bbh4 ,,livre ,,viii ,,la ,,vie ,,des ,,croyances ,*apitre ,i4--,c>actres fondam5taux d'une croyance #bcc #a4 ,les croyances comme beso9 irrductible de la vie m5tale1 p4 #bcc4-- #b4 ,l'intolrance des croyances1 p4 #bce4-- #c4 ,l'indp5dance des op9ions4 ,rle social de l'intolrance1 p4 #bcf4-- #d4 ,le p>oxysme de la croyance4 ,les m>tyrs1 p4 #bch4 ,*apitre ,,ii4--,les c]titudes drives des croyances4 ,nature des preuves dont se cont5t5t les croyants #bdb #a4 ,les c]titudes drives des croyances1 p4 #bdb4-- #b4 ,nature des preuves dont se cont5te l'esprit conf9 dans le *amp de la croyance1 p4 #bdd4-- #c4 ,le po9t irrductible du conflit de la sci5ce et de la croyance1 p4 #bdg4 ,*apitre ,,iii4--,rle attribu la raison et la volont dans la g5se d'une croyance #bdi #a4 ,indp5dance de la raison et de la croyance1 p4 #bdi4-- #b4 ,impuissance de la raison sur la croyance1 p4 #bea4 ,*apitre ,,iv4--,comm5t se ma9ti5n5t et se trans=m5t les croyances #bee #a4 ,comm5t se ma9ti5n5t les croyances1 p4 #bee4-- #b4 ,comm5t volu5t les croyances1 p4 #bef4 ,*apitre ,v4--,comm5t meur5t les croyances #bfc #a4 ,la phase critique des croyances et leur dissolution1 p4 #bfc4-- #b4 ,trans=mation des croyances religieuses en croyances politiques1 p4 #bfe4 ,,livre ,,ix ,,re*]*es ,,exp,,rim5tales ,,sur ,,la ,,=mation ,,des ,,croyances ,*apitre ,i4--,int]v5tion de la croyance dans le *amp de la connaissance4 ,g5se des illusions sci5tifiques #bfi #a4 ,p\rquoi la connaissance re/e t\j\rs mlange de croyances1 p4 #bfi4-- #b4 ,g5se des illusions sci5tifiques4 ,exemples mod]nes1 p4 #bga4 ,*apitre ,,ii4--,la =mation mod]ne d'une croyance #bgh #a4 ,utilit d'tudi] exprim5talem5t la =mation d'une croyance1 p4 #bgh4-- #b4 ,la magie dans l',antiquit et au ,moy5 ,age1 p4 #bgi4-- #c4 ,la magie dans les temps mod]nes et les phnomnes occulti/es1 p4 #bhc4-- #d4 ,raisons psy*ologiques de la =mation des croyances occulti/es1 p4 #bia4 ,*apitre ,,iii4--,m?odes d'exam5 applicables l'tude exprim5tale de c]ta9es croyances et de div]s phnomnes supposs m]veilleux #bic #a4 ,insuffisance des m?odes habituelles d'obs]vation1 p4 #bic4-- #b4 ,valeur du tmoignage et de l'obs]vation dans l'tude des croyances1 p4 #bid4-- #c4 ,valeur de l'exprim5tation individuelle et collective1 p4 #bif4-- #d4 ,ncessit de dissoci] les phnomnes et ne s'atta*] qu' l'exam5 d'un lm5t isol4 ,application l'tude de la lvitation1 p4 #big4-- #e4 ,quels sont les obs]vateurs les plus aptes tudi] les phnomnes spirites8 p4 #cjc4 ,*apitre ,,iv4--tude exprim5tale de quelques-uns des phnomnes inconsci5ts gnrateurs de croyances #cjh #a4 ,expri5ces effectu] p\r l'tude de la =mation des op9ions et des croyances1 p4 #cjh4-- #b4 ,les actions physiologiques et curatives de la foi1 p4 #cji4-- #c4 ,les illusions cres p> la sugge/ion individuelle et collective1 p4 #caa4-- #d4 ,trans=mation des mes individuelles en une me collective1 p4 #cad4-- #e4 ,les communications de p5ses1 p4 #caf4-- #f4 ,la dsagrgation des p]sonnalits1 p4 #cag4-- #g4 ,dissociation exprim5tale des lm5ts rationnels et affectifs de nos op9ions et de nos jugem5ts1 p4 #cah4-- #h4 ,la =ce psy*ique et la volont rayonnante1 p4 #cai4 ,*apitre ,v4--,comm5t l'esprit se fixe dans le cycle de la croyance4 ,la crdulit a-t-elle des limites8 #cbc #a4 ,la connaissance et la croyance *ez les savants1 p4 #cbc4-- #b4 ,mcanisme m5tal de la conv]sion du savant1 p4 #cbd4-- #c4 ,les limites de la crdulit1 p4 #cbg4 ,conclusions #ccj #dfgd4--,p>is4--,imp4 ,hemm]l et ,cie4--#e-aa4