,,gustave ,,le ,,bon ,,aphorismes du ,temps prsent ,,paris ,,ernest ,,flammarion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,racine #aiac ,,troisi,,me ,,mille ,prix3 #d fr4 ,,principales ,,publications ,,du ,dr ,,gustave ,,le ,,bon #a ,,recherches ,,exp,,rimentales ,la ,fume du ,tabac4 #b;e dition augmente de nouvelles recherches sur les divers alcalodes que la fume du tabac contient4 ,in-#h4 7puis47 ,la ,vie4--,trait de physiologie humaine4 #a volume in-#h1 illustr de #cjj gravures4 7puis47 ,recherches exprimentales sur l',asphyxie4 7,comptes rendus de l',acadmie des ,sciences47 ,recherches anatomiques et mathmatiques sur les lois des variations du volume du crne4 7puis47 ,la ,mthode graphique et les appareils enregistreurs1 contenant la description des nouveaux instruments de l'auteur4 #a vol4 in-#h1 avec #fc figures4 7puis47 ,les ,levers photographiques4 ,expos des mthodes des levers de cartes et de plans employes par l'auteur pendant ses voyages4 #b vol4 in-#ah4 7,gauthier-,villars47 ,l'quitation actuelle et ses principes4--,recherches exprimentales4 #d;e dition4 #a vol4 in-#h1 avec un atlas de #bjj photographies instantanes4 7,flammarion47 ,mmoires de physique4 ,lumire noire4 ,phosphorescence4 ,ondes hertziennes4 ,dissociation de la matire4 nergie intra-atomique1 etc4 ,l'volution de la matire4 #a vol4 in-#ah1 illustr de #fb figures photographies au laboratoire de l'auteur4 #bd;e dition4 7,flammarion7 ,l'volution des forces4 #a vol4 in-#ah1 illustr de #dj figures4 #ac;e dition4 7,flammarion47 #b ,,voyages1 ,,histoire1 ,,philosophie ,voyage aux monts ,tatras1 avec une carte et un panorama dresss par l'auteur4 7,publi par la ,socit gographique de ,paris47 ,voyage au ,npal4 7,publi par le ,tour du monde47 ,l',homme et les ,socits4--,leurs origines et leur histoire4 #b vol4 in-#h4 7puis47 ,les premires ,civilisations de l',orient4 ,grand in-#d1 illustr de #dcj gravures1 #b cartes et #i photographies4 7,flammarion47 ,la ,civilisation des ,arabes4 ,grand in-#d1 illustr de #cff gravures1 #d cartes et #aa planches en couleur1 d'aprs les documents de l'auteur4 7puis47 ,les ,civilisations de l',inde4 ,grand in-#d1 illustr de #ceb photogravures et #b cartes1 d'aprs les photographies excutes par l'auteur4 #b;e dition4 7puis47 ,les ,monuments de l',inde4 ,in-folio1 illustr de #djj planches1 par l'auteur4 7puis47 ,les ,lois psychologiques de l'volution des peuples4 #a vol4 in-#ah1 #aj;e dition4 7,f4 ,alcan47 ,psychologie des foules4 #a vol4 in-#ah1 #ah;e dition4 7,f4 ,alcan47 ,psychologie du ,socialisme4 #a vol4 in-#h de la ,bibliothque de philosophie contemporaine4 #g;e dition4 7,f4 ,alcan47 ,psychologie de l'ducation4 #a vol4 in-#ah1 #ad;e mille4 7,flammarion47 ,la ,psychologie politique4 #a vol4 in-#ah1 #i;e mille4 7,flammarion47 ,les ,opinions et les ,croyances4 #a vol4 in-#ah1 #g;e mille4 7,flammarion47 ,la ,rvolution franaise et la psychologie des rvolutions4 #a vol41 in-#ah1 #i;e mille4 7,flammarion47 99 99 99 99 99 ,il existe des traductions en allemand1 anglais1 italien1 russe1 polonais1 espagnol1 portugais1 sudois1 tchque1 arabe1 turc1 hindoustani1 japonais1 etc41 de plusieurs des prcdents ouvrages4 ,a ,s4 ,a4 ,r4 ,,le ,,prince ,,georges ,,de ,,gr,,ce ,affectueux ,souvenir ,,gustave ,,le ,,bon ,,pr,,face ,ce livre a pour but de condenser en aphorismes quelques-unes des ides dissmines dans mes divers ouvrages4 ,grce sa forme brve1 l'aphorisme impressionne l'esprit et se retient facilement4 ,il constitue1 pour ces raisons1 un des genres littraires les plus rpandus4 ,la plupart de nos vrits1 c'est--dire des ides que nous nous faisons des choses1 se prsentent l'esprit sous une forme concise4 ,l'exprience humaine fut toujours synthtise en proverbes et sentences1 qui sont les aphorismes des peuples4 ,l'homme pense par aphorismes et se guide avec des aphorismes4 ,l'aphorisme le dispense de longuement rflchir avant d'agir4 ,ces avantages ne sont pas sans inconvnients4 ,l'aphorisme reprsente en effet la conclusion d'une dmonstration que le lecteur doit chercher4 ,quand cette dmonstration se devine facilement1 l'aphorisme est voisin du truisme2 si on ne la saisit pas1 l'aphorisme reste incomprhensible4 ,il semble donc condamn n'exprimer que des vrits trs gnrales et souvent videntes4 ,tel est justement le cas de la plupart des proverbes4 ,si je n'ai pas hsit faire figurer dans ce livre certaines propositions dont l'vidence ne s'impose pas tout d'abord1 c'est que leur dmonstration se trouve dans mes ouvrages4 ,ce petit volume en est la synthse4 ,,gustave ,,le ,,bon ,paris1 ,mars #aiac4 ,,livre ,,premier ,la ,vie ,affective ,i ,,le ,,caract,,re ,,et ,,la ,,personnalit ,on ne se conduit pas avec son intelligence mais avec son caractre4 99 99 99 99 99 ,le moi se compose d'un agrgat d'lments ancestraux souvent htrognes4 ,son unit est aussi fictive que celle d'une arme4 99 99 99 99 99 ,la psychologie de chaque individu est forme de psychologies superposes3 psychologie de sa race1 de sa famille1 de son groupe4 ,un homme peut rarement se soustraire cette addition de forces accablantes4 99 99 99 99 99 ,les transformations brusques du caractre tiennent ce que certains vnements1 font surgir une des nombreuses personnalits qui sommeillent en nous4 99 99 99 99 99 ,il est impossible de juger les sentiments d'un tre par sa conduite dans un cas dtermin4 ,l'homme d'une circonstance n'est pas celui de toutes les circonstances4 99 99 99 99 99 ,pour connatre un homme il faut l'tudier en temps de grandes crises1 notamment de rvolutions4 ,alors seulement se rvlent ses diverses possibilits de caractre4 99 99 99 99 99 ,la constance du caractre reprsente surtout la constance du milieu4 99 99 99 99 99 ,les raisons attribues par nous nos actes constituent rarement leurs vrais mobiles4 ,elles servent surtout justifier les impulsions sentimentales et mystiques qui nous ont fait agir4 99 99 99 99 99 ,les contradictions de la conduite tiennent souvent aux dissemblances de la volont consciente et de la volont inconsciente4 99 99 99 99 99 ,l'intelligence et la volont inconscientes1 tant quelquefois suprieures l'intelligence et la volont conscientes1 des hommes raisonnant fort mal peuvent agir trs bien4 99 99 99 99 99 ,supposer chez les autres des sentiments identiques ceux qui nous mnent1 est se condamner ne jamais les comprendre4 99 99 99 99 99 ,grce aux suggestions de l'habitude1 les hommes savent chaque jour ce qu'il faut dire1 faire et penser4 99 99 99 99 99 ,l'tre irrsolu n'est pas guid par ses vritables dsirs1 mais par ceux qu'il se suppose au moment o il est forc d'agir4 99 99 99 99 99 ,quand on ne gne pas par sa volont1 on nuit souvent par son inertie4 99 99 99 99 99 ,les hros populaires n'ont pas toujours le caractre qu'on leur attribue1 mais ils finissent souvent par le prendre4 99 99 99 99 99 ,les uvres importantes rsultent plus rarement d'un grand effort1 que d'une accumulation de petits efforts4 99 99 99 99 99 ,le proverbe3 ,qui peut le plus peut le moins1 n'est pas toujours exact4 ,les esprits suprieurs russissent parfois mieux les choses difficiles que les choses faciles4 99 99 99 99 99 ,la vanit est pour les imbciles une puissante source de satisfaction4 ,elle leur permet de substituer aux qualits qu'ils n'acquerront jamais1 la conviction de les avoir toujours possdes4 99 99 99 99 99 ,nul besoin d'tre lou quand on est sr de soi4 ,qui recherche la louange doute de sa propre valeur4 99 99 99 99 99 ,appartenir une cole1 c'est perdre sa personnalit2 ne pas appartenir une cole1 c'est abdiquer toute possibilit de prestige4 99 99 99 99 99 ,les grandes penses viennent de l'esprit et non du cur comme on l'a soutenu1 mais c'est du cur qu'elles tirent leur force4 99 99 99 99 99 ,le caractre et l'intelligence tant rarement runis1 il faut se rsigner choisir ses amis pour leur caractre et ses relations pour leur intelligence4 99 99 99 99 99 ,chez les natures sensibles1 l'me est une mer changeante1 sur laquelle la lumire des choses se reflte chaque jour avec des nuances diffrentes4 99 99 99 99 99 ,les grandes supriorits mentales sont un peu comparables aux monstruosits botaniques artificiellement cres4 ,leur descendance retourne toujours au type moyen de l'espce4 99 99 99 99 99 ,on n'est pas matre de ses dsirs1 on l'est souvent de sa volont4 99 99 99 99 99 ,rien ne rsiste une volont forte et continue3 ni la nature1 ni les hommes1 ni la fatalit mme4 99 99 99 99 99 ,une volont forte a le plus souvent un dsir fort pour soutien4 ,le dsir est l'me de la volont4 ,,ii ,l',,affectif ,,et ,,le ,,rationnel ,les sentiments sont la base de l'existence4 ,le jour o le dvouement1 la piti1 l'amour1 et les illusions qui nous mnent1 seraient remplacs par la froide raison1 tous les ressorts de l'activit se trouveraient briss4 99 99 99 99 99 ,le rle de la raison apparut trs tard dans l'histoire de notre plante4 ,pendant des entassements d'ges1 les tres ont vcu et se sont transforms sans elle4 99 99 99 99 99 ,l'volution des sentiments est indpendante de la volont4 ,nul ne peut aimer ou har son gr4 ,l'homme le plus fort reste sans pouvoir sur la vie de ses lments affectifs et ne peut qu'en rfrner l'expression4 99 99 99 99 99 ,les sentiments1 quoique peu variables1 changent souvent d'objet4 ,c'est ce qui fait croire leurs transformations4 99 99 99 99 99 ,en matire de sentiment1 l'illusion cre vite la certitude4 99 99 99 99 99 ,les sentiments simuls finissent quelquefois par devenir des sentiments prouvs4 99 99 99 99 99 ,la force des vidences sentimentales1 est de ne pas tenir compte des vidences rationnelles4 99 99 99 99 99 ,les diverses formes de logiques3 mystique1 sentimentale et rationnelle1 n'ayant pas de commune mesure1 peuvent se superposer mais non se concilier4 99 99 99 99 99 ,les sentiments se combattent avec des sentiments1 ou des reprsentations mentales de sentiments1 jamais avec des raisons4 99 99 99 99 99 ,ce qu'on fait par orgueil est suprieur ce qu'on accomplit par devoir4 99 99 99 99 99 ,les impulsions sentimentales et mystiques agissent beaucoup plus sur la conduite des hommes1 que toutes les dmonstrations rationnelles4 99 99 99 99 99 ,une ide1 dnue de soutien affectif ou mystique1 n'exerce aucune action4 ,elle est un fantme sans prestige1 sans dure et sans force4 99 99 99 99 99 ,les influences affectives1 mystiques et collectives sont les grandes rgulatrices de l'histoire4 99 99 99 99 99 ,dmontrer qu'une chose est rationnelle ne prouve pas toujours qu'elle soit raisonnable4 ,,iii ,,le ,,plaisir ,,et ,,la ,,douleur ,l'homme ne possde que deux certitudes absolues3 le plaisir et la douleur4 ,elles orientent toute sa vie individuelle et sociale4 99 99 99 99 99 ,les codes religieux et sociaux n'ont jamais pu trouver d'autres soutiens leurs prescriptions1 que l'attrait du plaisir et la crainte de la douleur3 chtiments ou rcompenses1 paradis ou enfer4 99 99 99 99 99 ,les variations possibles de la sensibilit n'tant pas trs tendues1 les bornes du plaisir et de la douleur sont bientt atteintes4 99 99 99 99 99 ,la rptition frquente des mmes sensations1 engendre un effet physiologique qu'on pourrait qualifier loi de lassitude4 ,elle oblige les tres sensibles varier souvent leurs dsirs4 99 99 99 99 99 ,les croyants reconnaissent que l'attrait du paradis serait moins vif sans la crainte de l'enfer4 99 99 99 99 99 ,le plaisir tant phmre1 et le dsir durable1 les hommes sont plus facilement mens par le dsir que par le plaisir4 99 99 99 99 99 ,le bonheur est surtout de l'esprance ralisable1 mais non ralise encore4 99 99 99 99 99 ,l'homme qui1 suivant le conseil du bouddhisme1 tuerait en lui le dsir perdrait toute raison d'agir4 99 99 99 99 99 ,le dsir tablit l'chelle de nos valeurs4 ,l'idal de chaque peuple est la synthse de ses dsirs4 99 99 99 99 99 ,les grands manieurs d'hommes furent toujours des crateurs de dsirs4 ,les rformateurs ne font que substituer un dsir un autre dsir4 99 99 99 99 99 ,la vie paratrait trop longue si elle n'tait consacre poursuivre des bonheurs chimriques1 et regretter ceux qu'on ne peut atteindre4 99 99 99 99 99 ,l'homme vraiment sage saurait matriser toutes les impulsions de son cur1 mais tre sage n'est pas toujours tre heureux4 99 99 99 99 99 ,la vue du malheur est antipathique au bonheur4 ,l'amiti ne dure gure entre l'homme heureux et l'homme malheureux4 99 99 99 99 99 ,l'attraction et la rpulsion dirigent l'volution des mondes4 ,l'amour et la haine1 qui en sont des formes1 dirigent l'volution des tres4 99 99 99 99 99 ,la vritable dure de la vie ne dpend pas du nombre des jours1 mais de la diversit des sensations accumules pendant ces jours4 ,,iv ,,la ,,psychologie ,f,,minine ,la femme est trop confine dans le domaine de l'affectif et du mystique1 pour tre beaucoup influence par un raisonnement4 99 99 99 99 99 ,l'intuition est souvent suprieure la raison4 ,elle fait deviner des femmes1 raisonnant mal1 des choses incomprises d'hommes raisonnant trs bien4 99 99 99 99 99 ,la femme demeurant plus apte sentir qu' raisonner1 on n'amliore pas sa destine en l'obligeant trop penser4 99 99 99 99 99 ,selon les divers ordres d'activit1 la femme est infrieure ou suprieure l'homme4 ,elle est rarement son gale4 99 99 99 99 99 ,en matire d'art et de toilette1 les femmes n'ont que des gots suggrs4 99 99 99 99 99 ,la femme ne pardonne pas l'homme de deviner ce qu'elle pense1 travers ce qu'elle dit4 99 99 99 99 99 ,dominer ou tre domine1 il n'y a pas pour l'me fminine1 d'autre alternative4 99 99 99 99 99 ,l'affectif tant mal exprimable en termes intellectuels1 vouloir raisonner sur l'amour c'est forcment draisonner4 99 99 99 99 99 ,les femmes perdraient vite leur empire sur l'homme1 si elles pouvaient acqurir la facult d'tre sincres4 99 99 99 99 99 ,l'homme ne croit gure la femme que quand elle ment4 ,il la condamne ainsi souvent mentir4 99 99 99 99 99 ,l'obstination habituelle des femmes et des diplomates nier l'vidence1 est la principale cause du scepticisme que leurs propos inspirent4 99 99 99 99 99 ,les femmes reprochent aux hommes de ne pas les comprendre1 mais quels tres de mentalits diffrentes se sont jamais compris8 99 99 99 99 99 ,en amour1 quand on demande des paroles1 c'est qu'on a peur d'entendre les penses4 99 99 99 99 99 ,l'amour lve ou abaisse1 il ne nous permet donc pas de rester nous-mme4 99 99 99 99 99 ,la femme est trop peu sortie encore du domaine de l',instinctif pour ne pas prfrer1 la gloire la plus haute1 l'amour le plus mdiocre4 99 99 99 99 99 ,l'amour craint le doute1 cependant il grandit par le doute et prit souvent par la certitude4 99 99 99 99 99 ,les passions modres sont les plus durables4 ,on arrive vite ne plus se supporter quand on commence par trop s'aimer4 99 99 99 99 99 ,l'amour devenu clairvoyant1 est bien prs de finir4 99 99 99 99 99 ,vouloir retenir un amour qui meurt1 c'est prtendre ralentir l'coulement des jours4 ,v ,,les ,,opinions ,nos opinions reprsentent souvent de petites croyances en voie de formation1 et par consquent non stabilises encore4 99 99 99 99 99 ,une opinion peut avoir des origines affectives1 mystiques ou rationnelles4 ,l'origine rationnelle est la plus rare4 99 99 99 99 99 ,les opinions de la majorit des hommes ne se fondent pas sur des arguments1 mais sur des haines1 des sympathies ou des esprances4 99 99 99 99 99 ,le milieu cre nos opinions4 ,les passions et l'intrt les transforment4 99 99 99 99 99 ,la plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle1 mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites4 99 99 99 99 99 ,peu d'tres savent voir les choses comme elles sont4 ,les uns aperoivent seulement ce qu'ils veulent voir1 les autres ce qu'on leur fait voir4 99 99 99 99 99 ,il faut un esprit trs indpendant1 pour se crer cinq ou six opinions personnelles dans le cours de l'existence4 99 99 99 99 99 ,si les opinions les moins fondes sont gnralement trs tenaces1 c'est qu'elles ont pour soutien des lments affectifs et mystiques sur lesquels la raison reste sans prise4 99 99 99 99 99 ,un livre peut modifier pendant quelques instants les opinions du lecteur1 mais ses ides inconscientes reprennent bientt leur force4 99 99 99 99 99 ,l'intolrance des opinions l'emporte sur la tolrance1 parce que la premire est d'origine affective ou mystique1 et la seconde d'origine rationnelle4 99 99 99 99 99 ,contester la valeur d'une opinion d'origine affective ou mystique1 c'est la fortifier4 99 99 99 99 99 ,les foules ne crent pas l'opinion1 mais lui donnent sa force4 ,une opinion populaire devient vite contagieuse4 99 99 99 99 99 ,il n'y a gure aujourd'hui de journaux assez indpendants1 pour permettre leurs rdacteurs des opinions personnelles4 99 99 99 99 99 ,l'absence d'esprit critique favorise beaucoup l'adoption des opinions gnrales1 ncessaires l'existence d'une socit4 ,un peuple1 dont toutes les units seraient doues d'esprit critique1 ne subsisterait pas longtemps4 99 99 99 99 99 ,la force d'une opinion gnrale est irrsistible4 ,en la crant on la domine2 si on ne sait pas la crer il faut la subir4 ,,vi ,,les ,,mots ,,et ,,les ,,formules ,l'affectif1 n'ayant pas d'quivalent rationnel1 n'est pas exprimable en termes intellectuels4 ,les mots ne peuvent donc traduire les sentiments avec exactitude4 99 99 99 99 99 ,derrire certains mots1 se trouve un monde d'ides que ces mots ne sauraient atteindre4 99 99 99 99 99 ,plus un mot est d'usage gnral1 plus il revt de sens diffrents suivant la mentalit des hommes qui l'emploient4 99 99 99 99 99 ,l'incomprhension qui domine les relations entre les tres de races1 de situations sociales et de sexes diffrents1 est irrductible1 parce que les mmes mots veillent chez eux des ides dissemblables4 ,on peut donc dire qu'en ralit1 ils ne parlent pas la mme langue4 99 99 99 99 99 ,les mots qui reprsentent des ides abstraites1 ne sont pas traduisibles avec exactitude dans une langue trangre4 ,d'un peuple l'autre1 les mmes mots correspondent des images mentales diffrentes4 99 99 99 99 99 ,l'interprtation diverse de mmes mots1 par des tres de mentalit dissemblable1 a t une cause frquente des luttes historiques4 99 99 99 99 99 ,dans l'art de gouverner figure la ncessit d'utiliser les mots possdant du prestige4 ,leur action est gnralement plus efficace que celle des arguments rationnels4 99 99 99 99 99 ,le contenu mystique de certaines formules1 leur donne un pouvoir magique redoutable4 ,des milliers d'hommes se firent tuer pour des paroles qu'ils ne pouvaient comprendre1 et d'ailleurs dpourvues de sens rationnel4 99 99 99 99 99 ,en politique1 les choses ont moins d'importance que leurs noms4 ,dguiser sous des mots bien choisis1 les thories les plus absurdes1 suffit souvent les faire accepter4 99 99 99 99 99 ,certains mots1 certaines formules1 sont de puissants vocateurs d'images1 mais leur vie est phmre4 ,ils s'usent et perdent alors la facult d'mouvoir4 99 99 99 99 99 ,les mots fixs par l'criture ne peuvent changer que lentement4 ,leur sens et les images qu'ils voquent voluent au contraire rapidement4 ,un langage ancien ne peut donc reprsenter que les ides d'autrefois4 99 99 99 99 99 ,chez beaucoup d'hommes1 la parole prcde la pense4 ,ils savent seulement ce qu'ils pensent1 aprs avoir entendu ce qu'ils disent4 ,,vii ,,la ,,persuasion #a4 ,la suggestion1 la rptition et la contagion4 ,un trait complet de l'art de persuader pourrait ne contenir que cinq chapitres3 ,affirmation1 ,rptition1 ,prestige1 ,suggestion1 ,contagion4 99 99 99 99 99 ,persuader n'est pas simplement convaincre1 mais faire agir4 99 99 99 99 99 ,les raisonnements peuvent convaincre1 mais ils ne font pas toujours agir4 ,la suggestion1 la rptition et la contagion pntrant dans l'inconscient1 tendent au contraire se transformer en actes4 99 99 99 99 99 ,la contagion mentale est le plus sr agent de propagation des opinions et des croyances4 ,les convictions politiques ne se fondent gure autrement1 on tche ensuite de leur donner un aspect rationnel pour les justifier4 99 99 99 99 99 ,si les observations collectives sont presque toujours errones1 c'est qu'elles reprsentent souvent l'illusion d'un individu1 transmise par voie de contagion4 99 99 99 99 99 ,ds que1 par suggestion ou contagion1 une opinion est fixe dans l'esprit1 son absurdit n'apparat plus1 la raison ne peut l'atteindre1 elle domine la volont et la conduite4 99 99 99 99 99 ,suffisamment rptes1 les thories les plus funestes finissent par s'incorporer dans l'inconscient et devenir mobiles d'action4 99 99 99 99 99 ,obtenir par suggestion1 vaut toujours mieux qu'obtenir par contrainte4 99 99 99 99 99 ,l'art des grands meneurs1 est de crer chez ceux qu'ils entranent1 des personnalits nouvelles4 99 99 99 99 99 ,pour acqurir une autorit momentane1 il suffit gnralement de persuader qu'on la possde4 99 99 99 99 99 ,on domine plus facilement les peuples en excitant leurs passions1 qu'en s'occupant de leurs intrts4 99 99 99 99 99 ,pour agir profondment sur les hommes1 ce n'est pas leur me consciente qu'il importe d'influencer1 mais leur me inconsciente4 99 99 99 99 99 ,qui sait dompter ou sduire1 n'a pas besoin de discourir pour persuader4 #b4 ,le ,prestige4 ,a qui possde le prestige1 la force est inutile4 99 99 99 99 99 ,le prestige peut remplacer la force1 mais la force ne remplace pas le prestige4 99 99 99 99 99 ,la force contraint obir1 le prestige enlve jusqu' l'ide de dsobir4 99 99 99 99 99 ,pas d'obissance volontaire sans respect1 pas de respect sans prestige4 99 99 99 99 99 ,en remplissant l'me d'tonnement et de respect1 le prestige paralyse les facults critiques et rend la suggestion facile4 99 99 99 99 99 ,une erreur1 aurole de prestige1 exercera toujours plus d'action qu'une vrit sans prestige4 99 99 99 99 99 ,les gouvernements et les peuples qui perdent leur prestige1 ont bientt tout perdu4 ,,livre ,,ii ,la ,vie ,collective ,i ,l',,ame ,,des ,,races ,les races pures n'existent plus que parmi les primitifs4 ,chez les peuples civiliss1 la rptition des croisements et l'identit du milieu ont fini par former des races historiques nouvelles1 analogues aux races pures4 99 99 99 99 99 ,les caractres psychologiques d'une race historique1 sont aussi stables que ses caractres anatomiques4 ,ils se transmettent par l'hrdit avec rgularit et constance4 99 99 99 99 99 ,le hasard des conqutes peut courber sous une seule domination plusieurs peuples diffrents4 ,des sicles de croisements et de conditions d'existence identiques1 leur sont ncessaires pour acqurir une me nationale4 99 99 99 99 99 ,l'histoire d'un peuple est le rcit de ses efforts pour stabiliser son me et sortir ainsi de la barbarie4 99 99 99 99 99 ,la force d'un peuple rside moins dans la puissance de ses armes1 que dans la communaut de sentiments engendre par la solidit de son me nationale4 ,l'me nationale des ,romains leur fit dominer le monde4 ,ils disparurent en la perdant4 99 99 99 99 99 ,l'volution rgressive tant toujours plus rapide que l'volution ascendante1 les peuples mettent des sicles acqurir une certaine structure mentale et la perdent parfois trs vite4 99 99 99 99 99 ,un peuple civilis reprsente une foule1 dont l'me a t stabilise par de lentes accumulations ancestrales4 99 99 99 99 99 ,l'me stable de la race tend toujours lutter contre l'me instable de la foule et limiter ses oscillations4 ,les foules font les rvolutions4 ,l'me de la race en restreint la dure4 99 99 99 99 99 ,chaque race historique et chaque phase de la vie de cette race impliquent certaines institutions1 certaines morales1 certains arts1 certaines philosophies et n'en impliquent pas d'autres4 ,jamais peuple n'adopta une civilisation trangre sans la transformer entirement4 99 99 99 99 99 ,prtendre imposer nos institutions1 nos coutumes et nos lois aux indignes d'une colonie1 c'est vouloir substituer au pass d'une race le pass d'une autre race4 99 99 99 99 99 ,sans rigidit1 l'me ancestrale ne possde aucune permanence4 ,sans une certaine mallabilit1 elle ne saurait s'adapter aux changements de milieux1 engendrs par l'volution de la civilisation1 et en consquence progresser4 99 99 99 99 99 ,l'hrdit seule peut lutter contre l'hrdit4 ,les croisements entre individus ingaux dsagrgent l'me ancestrale de la race4 ,plusieurs nations prirent pour ne l'avoir pas compris4 99 99 99 99 99 ,le patriotisme reprsente la synthse des aspirations de l'me nationale4 99 99 99 99 99 ,le mtis est un homme qui flotte entre les impulsions contraires d'anctres1 d'intelligence1 de moralit et de caractre diffrents4 99 99 99 99 99 ,un peuple de mtis est ingouvernable4 99 99 99 99 99 ,le pass ne meurt jamais4 ,il vit en nous-mme et constitue le guide le plus sr de la conduite des individus et des peuples4 ,l'me des vivants est faite surtout de la pense des morts4 99 99 99 99 99 ,les morts sont souvent terriblement tyranniques4 99 99 99 99 99 ,crer des ides qui influenceront les hommes1 c'est mettre un peu de soi-mme dans la vie de ses descendants4 ,,ii ,l',,ame ,,des ,,foules ,chez les hommes en foule se forme une me collective1 trs diffrente de l'me individuelle de chacun d'eux4 99 99 99 99 99 ,l'me des foules est domine par une logique particulire inconsciente3 la logique collective4 99 99 99 99 99 ,l'homme faisant partie d'une multitude cesse d'tre lui-mme4 ,sa personnalit consciente s'vanouit dans l'me inconsciente de la foule4 ,il perd tout esprit critique1 toute aptitude raisonner1 et redevient un primitif4 ,il en a les hrosmes1 les enthousiasmes et les violences4 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 ,excitabilit1 fureurs subites1 inaptitude au raisonnement1 crdulit sans bornes1 intolrance excessive1 obissance servile aux meneurs1 constituent les caractres principaux des foules4 99 99 99 99 99 ,toujours intellectuellement au-dessous de l'homme isol1 une foule peut lui tre suprieure ou infrieure dans le domaine des sentiments4 ,elle devient aussi aisment hroque que criminelle4 99 99 99 99 99 ,la foule est un tre amorphe1 incapable de vouloir et d'agir sans meneur4 ,son me semble lie celle de ce meneur4 99 99 99 99 99 ,exagres dans leurs sentiments1 les foules rclament de leurs meneurs la mme exagration4 99 99 99 99 99 ,il est beaucoup plus facile de suggestionner une collectivit qu'un individu4 99 99 99 99 99 ,la notion de sa puissance et de son irresponsabilit1 donne la foule une intolrance et un orgueil excessifs4 99 99 99 99 99 ,la foule est plus susceptible d'hrosme que de moralit4 99 99 99 99 99 ,il faut la foule un ftiche3 personnage1 doctrine ou formule4 99 99 99 99 99 ,l'extrme sensibilit des foules rend leurs sentiments trs mobiles4 ,elles passent facilement de l'adoration la haine4 99 99 99 99 99 ,le mysticisme1 qui sature les foules1 leur fait attribuer une puissance mystrieuse la formule politique1 ou au hros qui les sduit4 99 99 99 99 99 ,confine dans l'affectif et le mystique1 la foule est incapable de voir ce qu'apercevrait clairement l'observateur isol4 ,un tmoignage collectif est donc le plus souvent erron4 99 99 99 99 99 ,la foule ne retient gure des vnements que leur ct merveilleux4 ,les lgendes sont plus durables que l'histoire4 99 99 99 99 99 ,les foules exigent avant tout des esprances4 ,prives du sens des possibilits et doues d'une crdulit infinie1 elles acceptent les plus invraisemblables promesses4 99 99 99 99 99 ,dans les foules1 les sentiments les motions et les croyances1 exercent un pouvoir contagieux1 contre lequel aucun argument rationnel ne peut lutter4 99 99 99 99 99 ,l'affirmation1 la rptition1 la contagion et le prestige constituent les seuls moyens efficaces de persuader les foules4 99 99 99 99 99 ,une ide n'est accepte par les foules que concrtise en formules brves et violentes4 99 99 99 99 99 ,l'altruisme est une vertu collective4 ,l'intrt personnel1 si influent sur les individus1 agit peu sur les multitudes4 99 99 99 99 99 ,toujours impressionnes par la force1 les foules le sont rarement par la bont4 99 99 99 99 99 ,les foules ne respectent que les forts4 ,le mpris du faible a toujours t leur loi4 99 99 99 99 99 ,a la libert1 les foules ont gnralement prfr l'galit dans la servitude4 99 99 99 99 99 ,quand les freins sociaux1 qui contiennent les instincts des multitudes1 sont briss1 elles retombent trs vite dans la barbarie ancestrale4 99 99 99 99 99 ,il est parfois utile un politicien d'invoquer la sagesse1 le bon sens et la modration des multitudes4 ,les croire doues de telles qualits rend incapable de gouverner4 99 99 99 99 99 ,cder une fois la foule1 c'est lui donner conscience de sa force et se condamner lui cder toujours4 99 99 99 99 99 ,le poids du nombre tend chaque jour se substituer au poids de l'intelligence4 ,mais si le nombre peut dtruire l'intelligence1 il est incapable de la remplacer4 99 99 99 99 99 ,les foules comprennent rarement quelque chose aux vnements qu'elles accomplissent4 ,,iii ,l',,ame ,,des ,,assembl,,es ,les grandes assembles possdent les principales caractristiques des foules3 ,niveau intellectuel mdiocre1 excitabilit excessive1 fureurs subites1 intolrance complte1 obissance servile aux meneurs4 99 99 99 99 99 ,une foule htrogne forme d'individus diffrents1 runis au hasard1 n'a qu'une me transitoire4 ,une foule homogne3 comits politiques1 groupements professionnels1 congrgations1 etc41 possde une me collective que la communaut des intrts rend assez fixe4 99 99 99 99 99 ,bien que soumise aux rgles de la psychologie collective1 une assemble politique n'agit pas toujours comme une foule1 parce que les groupes rivaux dont elle se compose possdent des intrts contraires et ont chacun leurs meneurs4 99 99 99 99 99 ,l'homme mdiocre augmente sa valeur en faisant partie d'un groupe2 l'homme suprieur la diminue4 99 99 99 99 99 ,certains meneurs violents et possdant du prestige1 parviennent quelquefois transformer tous les groupes d'une runion1 en une seule foule soumise leur volont4 ,les grandes assembles rvolutionnaires fournirent plusieurs exemples de ce phnomne4 99 99 99 99 99 ,l'me collective des assembles les conduit souvent des votes contraires aux volonts individuelles de leurs membres4 ,l'histoire de la ,rvolution est incomprhensible sans la connaissance de cette loi4 99 99 99 99 99 ,on ne peut agir sur les individus d'un groupe qu'en influenant d'abord les meneurs de ce groupe4 99 99 99 99 99 ,une minorit brutale et hardie conduira toujours une majorit craintive et irrsolue4 99 99 99 99 99 ,la peur est un des plus grands mobiles d'action des assembles politiques4 ,c'est par excs de peur qu'elles manifestent quelquefois un peu de courage4 ,,iv ,,la ,,vie ,,des ,,peuples ,les principes directeurs capables de guider un peuple n'ont pas besoin d'tre nombreux1 il suffit qu'ils soient stables et universellement respects4 99 99 99 99 99 ,la destine d'un peuple dpend beaucoup plus de son caractre1 que de son intelligence4 99 99 99 99 99 ,l'me ancestrale d'un peuple domine toute son volution4 ,les bouleversements politiques ne modifient que l'expression de cette me4 99 99 99 99 99 ,garder les institutions du pass1 mais les transformer insensiblement1 est pour les peuples une grande force4 ,les ,romains jadis1 les ,anglais de nos jours1 sont peu prs les seuls ayant su raliser cet idal4 99 99 99 99 99 ,un peuple n'essaya jamais de rompre brusquement avec ses aeux1 sans bouleverser profondment le cours de son histoire4 99 99 99 99 99 ,le joug formidable des anctres crase l'individu mais fortifie la socit4 99 99 99 99 99 ,pour un peuple1 ne pas avoir de pass1 comme les tats-,unis1 par exemple1 est la fois une force et une faiblesse4 99 99 99 99 99 ,un peuple ne pourrait pas plus transmettre un autre ses institutions1 que lui lguer son me4 99 99 99 99 99 ,la conqute durable d'un peuple ne se fait pas avec des canons1 mais par l'tablissement1 entre conqurant et conquis1 d'une certaine communaut de sentiments1 d'intrts et de penses4 99 99 99 99 99 ,un peuple n'est vraiment fort que si les classes qui le composent possdent beaucoup d'intrts communs4 ,l'gosme individuel agit alors dans le mme sens que l'gosme collectif4 99 99 99 99 99 ,les divergences politiques chez un peuple1 dont l'me nationale est solidement constitue1 s'effacent vite devant de grands intrts collectifs4 99 99 99 99 99 ,les nations latines se fatiguent plus rapidement de la libert que de la servitude4 99 99 99 99 99 ,les peuples qui n'ont pas su acqurir une discipline interne1 sont condamns subir une discipline externe4 99 99 99 99 99 ,l'lite d'un peuple cre ses progrs1 les individus moyens font sa force4 99 99 99 99 99 ,dans la vie d'un peuple l'effort continu est seul efficace4 ,l'effort intermittent peut crer des rvolutions2 il ne ralise pas de progrs durables4 99 99 99 99 99 ,un peuple dont la population augmente rapidement ne saurait rester pacifiste4 ,il finit par envahir les voisins dont la population demeure stationnaire4 99 99 99 99 99 ,les peuples restent toujours saturs de mysticisme4 ,les lois1 les institutions et les gouvernements1 reprsentent pour eux des puissances magiques1 capables de changer le cours des choses leur gr4 99 99 99 99 99 ,chez les primitifs1 l'homme n'tant pas dgag des influences collectives1 l'me de l'individu diffre peu de celle de son groupe4 99 99 99 99 99 ,une civilisation avance contient des rsidus de toutes les tapes successivement franchies4 ,l'homme des cavernes et les barbares du temps d',attila y ont des reprsentants4 99 99 99 99 99 ,les barbares de l'avenir ne surgiront pas du dehors1 mais de cette arme des inadapts1 que les civilisations en progressant laissent derrire elles4 99 99 99 99 99 ,si mdiocre que soit un homme d'tat1 ses facults de jugement et de prvision sont suprieures celles d'une runion de diplomates4 ,par leur groupement1 ces derniers acquirent la mentalit infrieure des foules4 ,le sort des peuples rgl par des congrs fut toujours misrable4 99 99 99 99 99 ,la civilisation d'un peuple est le vtement extrieur de son me1 l'expression visible des forces invisibles qui le mnent4 99 99 99 99 99 ,une civilisation utilise la science1 mais ne s'difie pas sur elle4 99 99 99 99 99 ,une foi forte rend un peuple invincible1 tant qu'il ne rencontre pas devant lui une foi plus forte4 99 99 99 99 99 ,en crant des freins sociaux puissants les peuples sortent de la barbarie1 en les brisant ils y retournent4 99 99 99 99 99 ,les progrs d'un peuple ne sont dtermins ni par les gouvernements ni par les rvolutions1 mais par la somme des efforts des individus qui le composent4 99 99 99 99 99 ,les peuples1 comme les espces vivantes1 disparaissent lorsque1 trop stabiliss par un long pass1 ils sont devenus incapables de s'adapter de nouvelles conditions d'existence4 ,v ,,les ,,institutions ,,et ,,les ,,lois ,les hommes en socit ne pouvant vivre sans tyrannie1 la plus acceptable est encore celle des lois4 99 99 99 99 99 ,les peuples tant gouverns par leur mentalit et non par les institutions qu'on leur impose1 les lois doivent tre l'expression de cette mentalit4 ,une loi utile pour un peuple devient souvent nuisible pour un autre4 99 99 99 99 99 ,les lois n'ont pas s'occuper de la logique rationnelle4 ,elles sont filles de ncessits indpendantes de cette logique4 99 99 99 99 99 ,les lois doivent fixer des ncessits et non des passions4 ,celles dictes sous l'empire d'une passion ne sont jamais durables4 99 99 99 99 99 ,les lois stabilisent des coutumes1 elles peuvent rarement en crer4 99 99 99 99 99 ,une loi qui ne sanctionne pas simplement la coutume1 c'est--dire l'exprience du pass1 ne fait que codifier notre ignorance de l'avenir4 99 99 99 99 99 ,les ncessits sociales voluant plus vite que les codes1 la jurisprudence doit complter et modifier les lois4 99 99 99 99 99 ,les institutions politiques ne crent pas les sentiments d'un peuple4 ,elles sont engendres par ces sentiments4 99 99 99 99 99 ,les institutions imposes coups de dcrets troublent toujours le jeu des facteurs politiques que les ncessits naturelles finiraient par quilibrer4 99 99 99 99 99 ,croire1 comme les politiciens1 la puissance transformatrice des lois1 c'est oublier que derrire les phnomnes visibles1 se trouvent toujours des forces invisibles qui les dterminent4 99 99 99 99 99 ,si tant de lois accroissent les maux qu'elles prtendaient gurir1 c'est qu'en les votant on ignorait leurs incidences4 99 99 99 99 99 ,une loi gnrale1 c'est--dire non dicte contre un parti1 peut tre despotique1 elle n'est pas arbitraire4 99 99 99 99 99 ,la tyrannie individuelle est prochaine quand les collectivits se soustraient au joug des lois4 99 99 99 99 99 ,un dlit gnralis devient bientt un droit4 99 99 99 99 99 ,les lois n'ayant que la force arme pour soutien1 ne sauraient durer longtemps4 99 99 99 99 99 ,on remanie facilement sur le papier les lois d'une nation1 on ne refait pas son me4 ,,vi ,,le ,,droit ,la nature ignore la justice4 ,l'quit est une cration de l'homme4 99 99 99 99 99 ,le droit ne commence qu' dater du moment o l'on dtient la force ncessaire pour le faire respecter4 99 99 99 99 99 ,ds qu'on possde la force1 on cesse d'invoquer la justice4 99 99 99 99 99 ,le droit et la justice ne jouent aucun rle dans les relations entre peuples de forces ingales4 99 99 99 99 99 ,on ne peut opposer le droit la force1 car la force et le droit sont des identits4 ,le droit est de la force qui dure4 ,,vii ,,la ,,morale ,les lois morales ne sont pas des entits fictives1 mais d'imprieuses ncessits4 99 99 99 99 99 ,la morale reprsente la synthse des besoins sociaux d'une poque4 ,par le fait seul qu'elle veut subsister1 une socit est oblige d'avoir un criterium irrductible du bien et du mal4 99 99 99 99 99 ,nulle civilisation ne pouvant durer sans morale1 les codes n'accumuleront jamais trop de svrits pour maintenir les prescriptions morales4 99 99 99 99 99 ,formule des ncessits d'existence d'une socit un moment donn1 la morale volue avec ces ncessits4 99 99 99 99 99 ,en droit1 comme en morale1 certaines ncessits ne sont pas toujours des vrits1 mais il est inutile de contester des ncessits4 99 99 99 99 99 ,toute morale qui1 sous l'influence de l'hrdit1 de l'ducation et des codes1 n'est pas devenue inconsciente1 et par consquent instinctive1 ne constitue pas une sre morale4 99 99 99 99 99 ,les rgles morales n'ont de force que lorsqu'il n'y a plus de mrite les observer4 99 99 99 99 99 ,une vertu pratique sans effort est une qualit1 mais non une vertu4 99 99 99 99 99 ,vouloir1 avec beaucoup de philosophes1 fonder la morale sur la raison pure est une dangereuse illusion4 ,une morale1 dpourvue de supports affectifs ou mystiques1 reste sans dure et sans force4 99 99 99 99 99 ,la morale ne s'apprend qu'en la pratiquant4 ,elle fait partie1 comme les arts1 de ces connaissances que ne sauraient enseigner les livres4 99 99 99 99 99 ,le milieu et l'exemple sont deux grands gnrateurs de la morale4 99 99 99 99 99 ,il faut quelquefois des sicles un peuple pour acqurir une morale et peu d'annes pour la perdre4 99 99 99 99 99 ,la morale d'un peuple reprsente l'chelle de ses valeurs4 99 99 99 99 99 ,le minimum possible de morale est celui prescrit par les codes et maintenu par les gendarmes4 ,ds que ce minimum cesse d'tre respect1 l'anarchie commence4 99 99 99 99 99 ,au-dessus de la morale indispensable1 maintenue par les codes1 existe une morale plus haute qui apprend sacrifier l'intrt individuel l'intrt collectif4 ,une socit peut durer avec la premire1 elle ne grandit pas sans la seconde4 99 99 99 99 99 ,on peut considrer comme un grave symptme de dcadence1 que la moralit des classes dirigeantes tombe au-dessous de celle des classes diriges4 99 99 99 99 99 ,faute d'un code accept1 la morale internationale n'a jamais ralis aucun progrs4 ,elle est reste celle d'une bande de loups3 respecter les forts1 dvorer les faibles4 99 99 99 99 99 ,le mme sentiment peut tre appel vice ou vertu suivant son utilit sociale4 tendu la famille1 la tribu1 la patrie1 l'gosme individuel devient une vertu4 ,la vanit1 dfaut individuel1 est galement une vertu collective4 99 99 99 99 99 ,les vertus individuelles deviennent parfois des vices collectifs4 ,la douceur et le pardon des injures1 pratiqus par un peuple1 attireraient sur lui un universel mpris4 99 99 99 99 99 ,possible entre individus1 la tolrance ne l'est jamais entre collectivits4 99 99 99 99 99 ,l'intolrance reprsente souvent dans la vie des peuples une vertu ncessaire l'action4 99 99 99 99 99 ,a en juger par ses rsultats1 on pourrait difficilement ranger l'humanitarisme parmi les vertus4 ,il est le plus redoutable ennemi de la morale4 ,quand l'humanitarisme grandit1 la morale flchit4 99 99 99 99 99 ,la criminalit d'un pays crot avec le dveloppement de l'humanitarisme4 ,limitant sans cesse la rpression1 il rduit l'action inhibitive des chtiments4 99 99 99 99 99 ,excuser le mal1 c'est le multiplier4 99 99 99 99 99 ,dans le domaine moral1 l'homme moderne dtruit plus vite qu'il ne btit4 99 99 99 99 99 ,la vertu ne pousse pas toujours l'action4 ,des vices infrieurs3 haine1 vengeance1 jalousie1 amour du pillage1 ont t les grands mobiles de l'activit des hommes4 ,ces sentiments maintiennent l',europe en armes4 99 99 99 99 99 ,les gens vertueux se vengent souvent des contraintes qu'ils s'imposent1 par l'ennui qu'ils inspirent4 99 99 99 99 99 ,l'action dsintresse nous grandit nos yeux et donne souvent plus de joie que des actes gostes4 99 99 99 99 99 ,les petits hrosmes continus sont plus difficiles1 que les grands hrosmes accidentels4 99 99 99 99 99 ,la peur du jugement des autres1 est un des plus srs soutiens de la morale4 99 99 99 99 99 ,plus un peuple possde de discipline interne et par consquent de moralit stable1 plus il est lev en civilisation4 99 99 99 99 99 ,les peuples disparaissent vite de l'histoire quand leur morale commence se dsagrger4 ,,viii ,l',,id,,al ,un idal a toujours des soutiens affectifs et mystiques4 ,les lments rationnels qu'on lui superpose n'ont jamais servi le crer4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions et l'anarchie reprsentent la ranon de ce phnomne1 capital dans l'histoire d'un peuple1 un changement d'idal4 99 99 99 99 99 ,on ne peut rien sur l'homme dont l'idal1 comme celui des rvolutionnaires russes1 est de sacrifier sa vie pour une croyance4 99 99 99 99 99 ,pas de peuple puissant sans un idal respect4 ,cet idal le guide1 comme une boussole oriente la direction d'un navire4 99 99 99 99 99 ,les peuples dont l'idal est fort et les besoins faibles1 triompheront toujours de ceux dont les besoins sont grands et l'idal mdiocre4 99 99 99 99 99 ,dtruire l'idal d'un individu1 d'une classe1 d'un peuple1 c'est lui ter tout ce qui faisait sa cohsion1 sa grandeur et ses raisons d'agir4 99 99 99 99 99 ,synthse de l'existence ancestrale1 la patrie est un idal dont le culte a toujours constitu un des plus forts ciments sociaux4 99 99 99 99 99 ,consacrer de longs efforts difier un idal1 puis autant d'efforts pour le dtruire1 tel est le cycle de la vie d'un peuple4 ,,ix ,,les ,,dieux ,il ne faut pas croire la multiplicit des dieux4 ,sous des noms divers1 les hommes de tous les ges n'ont gure ador qu'une divinit3 l',esprance4 99 99 99 99 99 ,l'attribution d'un pouvoir mystrieux des forces suprieures1 concrtises sous forme d'idoles1 de ftiches1 de formules1 constitue l'esprit mystique4 ,il domine l'histoire4 99 99 99 99 99 ,si l'homme change parfois les noms de ses dieux1 il ne s'en est jamais pass4 ,le mysticisme semble un besoin indestructible de l'esprit4 99 99 99 99 99 ,la logique mystique peut dominer la logique affective1 au point d'annuler l'instinct de la conservation4 99 99 99 99 99 ,les hros et les ,dieux1 condensent en lumineuses synthses1 les obscures aspirations des peuples4 99 99 99 99 99 ,une religion traduit la mentalit collective d'un peuple un moment donn de son histoire4 99 99 99 99 99 ,les dieux eux-mmes voluent4 ,les dogmes fixs par les textes restent invariables1 mais suivant les peuples et le temps1 l'interprtation de ces dogmes se transforme4 99 99 99 99 99 ,l'esprit religieux est indpendant des dogmes qui l'alimentent4 ,les ,jacobins de la ,terreur et les moines de l',inquisition possdaient une mentalit identique4 99 99 99 99 99 ,incapable de vivre sans certitude1 l'homme prfrera toujours les croyances les moins dfendables1 aux ngations les plus justifies4 99 99 99 99 99 ,si l'athisme se propageait1 il deviendrait une religion aussi intolrante que les anciennes4 99 99 99 99 99 ,l'intolrance de certains libres penseurs1 rsulte frquemment de la religiosit inconsciente dont l'atavisme a rempli leurs mes4 99 99 99 99 99 ,la libre pense ne constitue souvent qu'une croyance1 qui dispense de la fatigue de penser4 99 99 99 99 99 ,il est toujours imprudent de vouloir raisonner sa foi4 99 99 99 99 99 ,en donnant aux hommes l'espoir d'une ternit heureuse1 les religions ont t beaucoup plus utiles l'humanit que toutes les philosophies runies4 99 99 99 99 99 ,les religions constituent une force utiliser2 jamais combattre4 99 99 99 99 99 ,si les croyances religieuses ont retard la connaissance de quelques vrits scientifiques1 il est douteux qu'aux phases infrieures de son volution1 l'homme et beaucoup gagn leur dcouverte4 99 99 99 99 99 ,c'est surtout aprs avoir dtruit ses dieux qu'on en dcouvre l'utilit4 99 99 99 99 99 ,la raison cre le progrs1 mais les btisseurs de croyances mnent l'histoire4 ,du fond de leurs tombeaux1 de grands hallucins comme ,bouddha et ,mahomet1 courbent encore des millions d'hommes sous l'enchantement de leurs rves4 99 99 99 99 99 ,les peuples survivent rarement la mort de leurs dieux4 ,x ,l',,art ,la naissance des arts a toujours prcd celle de la philosophie et des sciences4 ,fils de besoins affectifs et mystiques1 antrieurs l'ge de la raison1 ils peuvent fleurir aux poques de barbarie4 99 99 99 99 99 ,les arts1 la musique surtout1 sont le langage de l'affectif et du mystique2 les mots1 celui du rationnel4 99 99 99 99 99 ,l'artiste est mdiocre quand il raisonne au lieu de sentir4 99 99 99 99 99 ,l'art drivant des sentiments n'est accessible aux interprtations intellectuelles1 que dans ses lments techniques4 99 99 99 99 99 ,comme la politique l'art est guid par quelques meneurs1 suivis d'une foule de mens4 99 99 99 99 99 ,le beau1 c'est ce qui nous plat1 et ce qui nous plat se dtermine moins par le got personnel1 que par la sensibilit de personnes influentes1 dont la contagion mentale impose le jugement4 99 99 99 99 99 ,il n'y a pas de lois esthtiques invariables4 ,les monuments gothiques et les uvres de certains peintres1 trs admirs aujourd'hui1 furent mpriss pendant longtemps4 99 99 99 99 99 ,a certaines poques semble se crer une vritable atmosphre de gots et de sentiments1 qui s'impose aux esprits les plus indpendants4 99 99 99 99 99 ,la contagion mentale est si puissante en art1 qu'elle donne aux uvres d'une poque un air de famille1 permettant de reconnatre le moment de leur cration4 99 99 99 99 99 ,l'art subit tellement l'influence du milieu et de la race qu'il n'y a pas dans l'histoire1 malgr certaines apparences contraires1 de peuple ayant adopt les arts d'un autre sans les transformer4 99 99 99 99 99 ,une grande uvre artistique est inconsciente4 ,consciente1 elle deviendrait personnelle et ne traduirait plus les sentiments et les ides d'une poque4 99 99 99 99 99 voquant des ides indcises1 accompagnes de sensations fortes1 la musique agit facilement sur les tres d'intelligence faible mais de sensibilit vive4 ,on a dit avec raison1 qu'elle est l'art des femmes et des foules4 99 99 99 99 99 ,l'homme1 confin par la nature dans l'phmre1 rve d'ternit4 ,en levant des temples et des statues1 il se donne l'illusion de crer des choses qu'on ne verra pas prir4 99 99 99 99 99 ,le vritable artiste cre1 mme en copiant4 ,,xi ,,les ,,rites ,,et ,,les ,,symboles ,les rites et les symboles3 crmonies1 drapeaux1 ftes nationales1 usages mondains1 dominent la volont individuelle4 ,ils constituent les plus srs soutiens de la vie religieuse et sociale4 99 99 99 99 99 ,nulle place dans une socit1 pour qui prtend s'affranchir des rites et mpriser les symboles4 99 99 99 99 99 ,c'est seulement sous l'influence des rites et des symboles que les croyances individuelles prennent un caractre collectif4 99 99 99 99 99 ,la justice prive de rites et de symboles ne serait plus la justice4 99 99 99 99 99 ,une croyance religieuse ou politique se fonde sur la foi1 mais sans les rites et les symboles elle ne saurait durer4 99 99 99 99 99 ,la force des rites est telle1 qu'ils survivent longtemps la foi qui les avait fait natre4 99 99 99 99 99 ,l'homme le plus indpendant1 le libre penseur le plus sceptique1 soumettent volontairement leur existence des rites politiques1 mondains ou sociaux qui leur tent toute libert relle4 99 99 99 99 99 ,les rites vitent l'homme l'incertitude4 ,grce eux1 il sait1 sans rflchir1 ce qui doit tre dit et fait en toutes circonstances4 99 99 99 99 99 ,les rites et les symboles fondamentaux d'un peuple sont la cration de ses morts4 ,,livre ,,iii ,la ,vie ,rationnelle ,i ,,la ,,croyance ,,et ,,la ,,connaissance ,la croyance et la connaissance constituent deux modes d'activit mentale1 d'origines diffrentes4 99 99 99 99 99 ,la connaissance est toujours consciente et rationnelle1 la croyance irrationnelle et inconsciente4 99 99 99 99 99 ,la croyance a pour caractristique fondamentale de n'tre modifiable ni par l'observation1 ni par la raison1 ni par l'exprience4 99 99 99 99 99 ,la dcouverte de la plus modeste connaissance scientifique exige un norme labeur1 l'acquisition d'une croyance n'en demande aucun4 99 99 99 99 99 ,la connaissance se rpand par les livres1 les croyances par les aptres4 99 99 99 99 99 ,la connaissance constitue le grand facteur des progrs matriels de la civilisation4 ,les croyances orientent les ides1 les sentiments1 et par consquent la conduite4 99 99 99 99 99 ,la connaissance tablit des vrits1 la croyance incarne nos dsirs2 c'est pourquoi l'homme prfra toujours la croyance la connaissance4 99 99 99 99 99 ,les religions donnent aux illusions1 nes de nos dsirs1 une apparence de ralit4 ,la science seule cre des ralits indpendantes de ces dsirs4 99 99 99 99 99 ,une croyance politique1 religieuse ou sociale1 est un acte de foi inconscient4 ,lorsque le raisonnement essaie de la justifier1 elle est dj forme4 99 99 99 99 99 ,la grande force des croyances1 est de donner des esprances et des reprsentations mentales impliquant le bonheur4 99 99 99 99 99 ,on ne citerait pas dans l'histoire1 une croyance politique ou religieuse rduite par rfutation rationnelle4 ,la raison se brise toujours contre le mur de la croyance4 99 99 99 99 99 ,une croyance se subit et ne se discute pas4 ,quand on la discute1 c'est que1 fort branle dj1 elle est prs de disparatre4 99 99 99 99 99 ,on rencontre difficilement un homme acceptant d'exposer sa vie pour une vrit rationnelle4 ,on en trouve aisment dix mille prts se faire tuer pour une croyance4 99 99 99 99 99 ,les hommes de chaque ge vivent sur un petit nombre de croyances politiques1 religieuses et sociales1 que le temps seul1 ou l'acquisition d'une nouvelle croyance1 peut transformer4 99 99 99 99 99 ,crer une croyance1 c'est crer une nouvelle conscience1 gnratrice d'une nouvelle conduite4 99 99 99 99 99 ,le moindre changement dans les croyances d'un peuple modifie sa destine4 99 99 99 99 99 ,lorsqu'une question soulve des opinions violemment contradictoires1 on peut assurer qu'elle appartient au cycle de la croyance et non celui de la connaissance4 99 99 99 99 99 ,dans les perscutions politiques antireligieuses1 ce n'est pas la raison qui se dresse contre une croyance1 mais deux croyances contraires qui se trouvent en lutte4 99 99 99 99 99 ,les divergences d'origine rationnelle se supportent facilement1 les antagonismes de croyances ne se tolrent pas4 ,les luttes religieuses ou politiques seront toujours violentes4 99 99 99 99 99 ,l'intolrance est la compagne ncessaire des convictions fortes4 ,entre sectateurs de croyances voisines1 elle est beaucoup plus accentue qu'entre dfenseurs de dogmes sans parent4 99 99 99 99 99 ,c'est surtout dans le domaine des croyances1 que l'esprit humain cherche des certitudes4 99 99 99 99 99 ,l'hypothse est une croyance souvent prise pour une connaissance4 99 99 99 99 99 ,les phnomnes qui se passent dans le champ de la croyance n'tant pas scientifiquement vrifiables1 la crdulit du savant y peut galer celle de l'ignorant4 99 99 99 99 99 ,les choses rationnellement contradictoires se concilient parfaitement dans l'esprit hypnotis par une croyance4 99 99 99 99 99 ,une croyance n'tant ni rationnelle ni volontaire1 aucune des absurdits qu'elle enseigne ne saurait nuire sa propagation4 99 99 99 99 99 ,ne pas croire les choses possibles1 c'est les rendre impossibles4 ,une des forces de la foi est d'ignorer l'impossible4 99 99 99 99 99 ,une croyance forte cre des volonts fortes1 auxquelles ne rsistent jamais les volonts faibles4 99 99 99 99 99 ,l'homme eut toujours besoin de croyances pour orienter sa pense et guider sa conduite4 ,ni la philosophie1 ni la science n'ont pu jusqu'ici les remplacer4 99 99 99 99 99 ,les croyances ont fait surgir du nant des uvres d'art1 qu'aucune pense rationnelle n'aurait pu en faire sortir4 99 99 99 99 99 ,malgr leur faible valeur rationnelle1 les croyances mnent les peuples4 ,elles les empchent d'tre une poussire de barbares1 sans cohsion et sans force4 ,,ii ,l',,instruction ,,et ,l',,ducation ,l'ducation est l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4 99 99 99 99 99 ,bien duqu1 l'inconscient est notre esclave et travaille pour nous4 ,mal duqu1 il devient notre matre et agit contre nous4 99 99 99 99 99 ,la valeur de l'homme ne se mesure pas1 comme le croient les matres de notre universit1 au niveau de son instruction mais celui de son caractre4 99 99 99 99 99 ,la force du caractre1 et non l'instruction1 donne l'homme une armature interne rsistante4 ,priv de cette armature1 il devient le jouet de toutes les circonstances4 99 99 99 99 99 ,une des plus graves erreurs latines est de croire au paralllisme de l'instruction1 de la moralit et de l'intelligence4 99 99 99 99 99 ,instruire n'est pas duquer4 ,l'instruction enrichit la mmoire4 ,l'ducation cre chez l'homme des rflexes utiles et lui apprend dominer les rflexes nuisibles4 99 99 99 99 99 ,quelques annes suffisent pour instruire un barbare4 ,il faut parfois des sicles pour l'duquer4 99 99 99 99 99 ,dvelopper chez l'homme la rflexion1 le jugement1 l'nergie1 et le sang-froid1 serait autrement ncessaire que de lui imposer l'insipide phrasologie1 qui constitue l'enseignement scolaire4 99 99 99 99 99 ,confiner l'esprit dans l'artificiel et le rendre incapable d'observation1 est le plus sr rsultat des mthodes ne montrant le monde qu' travers les livres4 99 99 99 99 99 ,la science lve ou abaisse1 suivant le terrain mental qui la reoit4 ,la culture suprieure n'est utilisable que par des cerveaux suprieurs4 99 99 99 99 99 ,une trop haute instruction1 impose des tres de mentalit infrieure1 fausse tous leurs jugements4 ,a demi rationaliss1 ils perdent les qualits intuitives du primitif et deviennent des mtis intellectuels4 99 99 99 99 99 ,les expriences1 rptes sur des milliers d'indignes des colonies1 montrent combien une instruction mal adapte1 abaisse l'intelligence1 la moralit et le caractre4 99 99 99 99 99 ,rien de plus dangereux que les ides gnrales dgages de leurs racines4 ,elles conduisent toujours au simplisme et l'incomprhension4 99 99 99 99 99 ,il faut d'abord de grands efforts pour tablir d'utiles habitudes dans l'inconscient1 mais une fois fixes elles permettent de se guider sans efforts4 99 99 99 99 99 ,canalise par une bonne mthode1 l'intelligence la plus faible arrive progresser4 99 99 99 99 99 ,acqurir une mthode1 c'est possder l'art d'conomiser le temps et1 par suite1 d'en prolonger la dure4 99 99 99 99 99 ,vouloir enseigner trop de choses empche l'lve d'en apprendre aucune4 ,ce principe fondamental est entirement mconnu de notre ,universit4 99 99 99 99 99 ,l'ducateur devrait savoir dterminer les aptitudes de chaque lve1 qui peuvent tre utilement dveloppes4 ,quand le hasard seul dtermine le choix des tudes et des carrires1 le rendement de l'homme est mdiocre4 99 99 99 99 99 ,une des grandes illusions de la dmocratie est de s'imaginer que l'instruction galise les hommes4 ,elle ne sert souvent qu' les diffrencier davantage4 99 99 99 99 99 ,les concours mnmoniques crent des ingalits sociales plus profondes que celles de l'ancien rgime1 et souvent moins justifies4 99 99 99 99 99 ,notre systme d'ducation classique a fini par crer une aristocratie de la mmoire1 n'ayant aucun rapport avec celle du jugement et de l'intelligence4 99 99 99 99 99 ,l'instruction peut tre mnmonique ou exprimentale4 ,la premire forme les beaux parleurs1 la seconde les hommes d'action4 99 99 99 99 99 ,conserve presque exclusivement par les peuples latins1 l'instruction mnmonique est une des grandes causes de leur faiblesse4 ,elle a pour rsultat de confier les plus importantes fonctions sociales des individualits souvent fort mdiocres4 99 99 99 99 99 ,le choix d'un systme d'ducation1 plus d'importance pour un peuple1 que celui de son gouvernement4 ,,iii ,,les ,,lites ,la force d'une nation ne se mesure pas au chiffre de sa population1 mais la valeur de ses lites4 99 99 99 99 99 ,cres par les lites1 les civilisations ne progressent que par elles4 ,priv de ses lites1 un pays tomberait bientt dans la misre et l'anarchie4 99 99 99 99 99 ,le peuple est le grand rservoir d'nergie d'un pays1 mais cette nergie n'est utilisable que canalise par une lite4 99 99 99 99 99 ,les inventions de gnie sont toujours personnelles4 ,elles s'panouissent en devenant collectives4 99 99 99 99 99 ,des hommes d'lite runis en groupe ne constituent plus une lite4 ,pour garder son niveau1 l'esprit suprieur doit rester solitaire4 99 99 99 99 99 ,les aristocraties ont pris des formes diverses3 naissance1 talent ou fortune4 ,le monde ne s'en est jamais pass4 99 99 99 99 99 ,l'aristocratie intellectuelle devrait paratre aussi peu quitable aux foules galitaires que l'ancienne noblesse4 ,la naissance seule en effet1 confre les qualits intellectuelles1 comme jadis elle confrait les privilges4 99 99 99 99 99 ,la lutte des aveugles multitudes contre les lites dont elles vivent est une des continuits de l'histoire4 ,le triomphe du nombre a marqu la fin de plusieurs civilisations4 99 99 99 99 99 ,les grandes civilisations n'ont pu prosprer1 qu'en sachant dominer leurs lments infrieurs4 99 99 99 99 99 ,l'lite cre1 la plbe dtruit4 ,,iv ,,les ,,conceptions ,,philosophiques ,la raison est beaucoup plus constructive qu'explicative4 ,elle a chang la face du monde mais n'a rien dit encore1 des puissances secrtes qui font voluer un brin d'herbe4 99 99 99 99 99 ,la logique de l'univers diffre trop de notre logique pour que nous puissions esprer en pntrer les secrets4 99 99 99 99 99 ,si on appelait miracle tout ce qui est incomprhensible1 la vie d'un tre quelconque devrait tre considre comme un perptuel miracle4 99 99 99 99 99 ,les forces mystrieuses qui font natre1 grandir et mourir les tres1 sont si loignes de notre raison1 que la science renonce aujourd'hui les expliquer4 99 99 99 99 99 ,la moindre cellule vivante porte en elle un immense pass et un mystrieux avenir4 99 99 99 99 99 ,le monde est-il cr ou incr1 rel ou irrel1 l'espce humaine durable ou phmre8 ,la philosophie1 qui rpondait jadis ces questions1 renonce maintenant les rsoudre4 99 99 99 99 99 ,certains problmes redoutables3 d'o venons-nous8 o allons-nous8 ne doivent pas tre trop discuts1 afin de leur laisser un nuage de doute qui n'efface pas toute esprance4 99 99 99 99 99 ,des trois conceptions possibles de la vie3 optimiste1 pessimiste1 rsigne1 la dernire est peut-tre la plus sage1 mais aussi la moins gnratrice d'action4 99 99 99 99 99 ,se rvolter ou s'adapter1 il n'y a gure d'autre choix dans la vie4 99 99 99 99 99 ,en tant l'ternit la matire1 la science a dtruit une des dernires idoles de la philosophie4 99 99 99 99 99 ,la philosophie relle du monde se fait ct des philosophes et en dehors d'eux4 99 99 99 99 99 ,les systmes philosophiques pourront disparatre1 mais il restera toujours une faon philosophique d'envisager les phnomnes4 99 99 99 99 99 ,le dernier mot de la philosophie est de comprendre qu'on ne peut pas encore comprendre4 99 99 99 99 99 ,chaque phnomne a son mystre4 ,le mystre est l'me ignore des choses4 ,v ,,les ,,principes ,,scientifiques ,la science est en ralit une rvolte de l'homme contre la nature1 un effort pour se soustraire aux forces aveugles qui l'oppriment4 99 99 99 99 99 ,les asservissements1 imposs l'homme par la nature1 constituaient autrefois d'inexorables fatalits4 ,en apprenant dsagrger ces fatalits1 la science leur te de plus en plus le caractre de ncessits4 99 99 99 99 99 ,dterminisme et fatalisme sent choses fort diffrentes4 ,dcouvrir le dterminisme d'un phnomne1 fait souvent disparatre sa fatalit4 99 99 99 99 99 ,l'harmonie1 suppose prtablie de l'univers1 n'est due sans doute qu' l'quilibre invitable des forces qui le composent4 99 99 99 99 99 ,les lois scientifiques les plus prcises1 ne sont valables que pour une portion limite du temps et de l'espace4 99 99 99 99 99 ,chaque science drive d'un petit nombre de principes4 ,celui de l'invariabilit de la masse soutient tout l'difice de la chimie4 ,sur celui de la conservation de l'nergie reposent la physique et la mcanique4 99 99 99 99 99 ,les deux grandes constantes de l'univers sont la rsistance et le mouvement4 ,la premire est constitue par l'inertie1 la seconde par l'nergie4 99 99 99 99 99 ,les formes diverses de l'nergie1 aussi bien que les phnomnes de la vie1 rsultent de perturbations d'quilibre1 constitues le plus souvent par des dnivellations4 99 99 99 99 99 ,dans la constatation des phnomnes1 la science avance rapidement4 ,dans leur explication1 elle reste depuis longtemps stationnaire4 99 99 99 99 99 ,le terrain de la science est sr1 mais il ne reprsente qu'un lot perdu dans l'ocan illimit des choses inconnues4 99 99 99 99 99 ,les progrs scientifiques ne font que dplacer dans l'infini les barrires qui nous sparent de l'inaccessible4 99 99 99 99 99 ,le matrialisme a prtendu se substituer aux religions1 mais aujourd'hui la matire est devenue aussi mystrieuse1 que les dieux qu'elle devait remplacer4 99 99 99 99 99 ,la prcision des formules scientifiques cache souvent l'incertitude des principes4 99 99 99 99 99 ,une des supriorits du savant sur l'ignorant est de sentir o commence le mystre4 99 99 99 99 99 ,ds qu'une thorie scientifique arrive la fixit1 elle retarde tout progrs4 99 99 99 99 99 ,la science cre plus de mystres qu'elle n'en claircit4 ,,vi ,,la ,,mati,,re#a #a ,les propositions qui vont suivre taient trs neuves quand je les formulai pour la premire fois4 ,elles reprsentent les rsultats de recherches exprimentales1 poursuivies pendant prs de dix ans1 et exposes dans dix-huit mmoires que rsument mes deux ouvrages3 ,l'volution de la ,matire et ,l'volution des ,forces4 ,j'interrompis ces recherches le jour o elles devinrent trop onreuses et me rsignai retourner aux tudes psychologiques4 ,la matire suppose jadis indestructible s'vanouit lentement par la dissociation continue des atomes qui la composent4 99 99 99 99 99 ,certains produits de la dmatrialisation de la matire constituent par leurs proprits1 des intermdiaires entre les corps pondrables et l'ther impondrable1 mondes profondment spars par la science jusqu'ici4 99 99 99 99 99 ,la matire1 jadis envisage comme inerte et ne pouvant que restituer une nergie pralablement fournie1 est au contraire un colossal rservoir d'nergie--l'nergie intra-atomique--capable d'tre spontanment dpense4 99 99 99 99 99 ,c'est de l'nergie intra-atomique1 libre pendant la dissociation de la matire1 que rsultent la plupart des forces de l'univers1 l'lectricit et la chaleur solaire notamment4 99 99 99 99 99 ,la force et la matire sont deux aspects d'une mme chose4 ,la matire reprsente une forme relativement stable de l'nergie intra-atomique4 ,la chaleur1 la lumire1 l'lectricit1 etc41 reprsentent des formes instables de la mme nergie4 99 99 99 99 99 ,dissocier les atomes1 ou en d'autres termes dmatrialiser la matire1 c'est simplement transmuer la forme stable d'nergie nomme matire1 en ces formes instables1 connues sous les noms d'lectricit1 lumire1 chaleur1 etc4 99 99 99 99 99 ,les quilibres des forces colossales condenses dans les atomes leur donnent une stabilit trs grande4 ,il suffit cependant de troubler ces quilibres1 par un ractif appropri1 pour que la dsagrgation des atomes commence4 ,c'est ainsi que certains rayons lumineux dissocient facilement les parties superficielles d'un corps quelconque4 99 99 99 99 99 ,la lumire1 l'lectricit et la plupart des forces connues1 rsultant de la dmatrialisation de la matire1 un corps en rayonnant perd1 par le fait seul de ce rayonnement1 une partie de sa masse4 ,s'il pouvait rayonner toute son nergie1 il s'vanouirait entirement dans l'ther4 99 99 99 99 99 ,la matire se transmue en des formes diverses d'nergie1 mais c'est uniquement sans doute l'origine des choses1 que l'nergie put se condenser sous forme de matire4 99 99 99 99 99 ,la loi d'volution1 applicable aux tres vivants1 l'est galement aux corps simples4 ,les espces chimiques1 pas plus que les espces vivantes1 ne sont invariables4 ,,vii ,,la ,v,,rit ,,et ,l',,erreur ,le besoin de certitude a toujours t plus fort que le besoin de vrit4 99 99 99 99 99 ,la valeur pratique d'une vrit se mesure au degr de croyance qu'elle inspire4 99 99 99 99 99 ,les apparences de certitude exercent sur les mes autant d'action que les vritables certitudes4 99 99 99 99 99 ,parfois peu difficile sur le choix de ses vrits1 l'homme supporte toujours mal qu'on les combatte4 99 99 99 99 99 ,la logique affective et la logique mystique ne servent pas dcouvrir des ralits mais cacher celles qu'on redoute4 99 99 99 99 99 ,revtir l'erreur d'une forme sduisante1 suffit souvent pour la faire accepter comme vrit4 99 99 99 99 99 ,les vrits formules mettent parfois longtemps se transformer en vrits acceptes4 99 99 99 99 99 ,c'est nuire la dcouverte de la vrit que de l'apprcier1 comme les pragmatistes1 d'aprs son degr d'utilit4 99 99 99 99 99 ,la vrit n'est ni une entit1 ni une commodit1 ni une utilit1 mais une ncessit4 99 99 99 99 99 ,avant la science1 l'homme ne connaissait gure que des vrits subjectives2 le rle des savants fut de crer des vrits impersonnelles4 99 99 99 99 99 ,dans notre univers1 les choses s'enchanent mais ne se fixent pas4 99 99 99 99 99 ,il n'y a pas plus de vrit dfinitive pour l'homme1 qu'il n'y a d'tre dfinitif pour la nature4 99 99 99 99 99 ,une vrit1 comme un organisme vivant1 n'est explicable que par la connaissance de ses tats antrieurs4 99 99 99 99 99 ,les tres et les choses se modifient sans cesse4 ,aux ralits qui s'coulent correspondent des vrits suivant la mme marche4 99 99 99 99 99 ,une vrit est une tape provisoire sur une route qui n'a pas de fin4 99 99 99 99 99 ,il y a des vrits absolues dans le temps mais non dans l'ternit4 99 99 99 99 99 ,les sicles finissent par transformer en erreurs la plupart de nos vrits4 99 99 99 99 99 ,les vrits changent d'aspect suivant les mentalits qui les reoivent4 99 99 99 99 99 ,prsente sous forme mathmatique1 l'erreur acquiert un grand prestige4 ,le sceptique le plus endurci1 attribue volontiers aux quations de mystrieuses vertus4 99 99 99 99 99 ,beaucoup d'hommes se passent facilement de vrits1 aucun n'est assez fort pour se passer d'illusions4 99 99 99 99 99 ,une illusion tenue pour vraie agit comme une ralit4 99 99 99 99 99 ,perdre une illusion n'est pas toujours acqurir une certitude4 99 99 99 99 99 ,c'est en poursuivant des illusions1 que l'homme a souvent ralis des progrs qu'il ne cherchait pas4 99 99 99 99 99 ,en devenant collective une illusion individuelle acquiert la force d'une vrit4 99 99 99 99 99 ,l'erreur a peut-tre rendu plus de services au monde que la vrit4 ,,viii ,,la ,l,,gende ,,et ,l',,histoire ,l',histoire se droule en dehors de la raison et souvent mme contre toute raison4 99 99 99 99 99 ,beaucoup d'vnements restent incompris tant qu'on leur suppose des causes rationnelles4 99 99 99 99 99 ,un historien n'a pas s'occuper de la qualit rationnelle des croyances1 mais seulement du degr de domination qu'elles ont exerc sur les mes4 99 99 99 99 99 ,la vie mentale de chaque gnration drivant des gnrations prcdentes1 la trame de l'histoire future est en partie tisse par le prsent4 99 99 99 99 99 ,la lgende est gnralement plus vraie que l'histoire4 ,la premire traduit les sentiments rels des peuples4 ,la seconde raconte des vnements dforms par la mentalit de leurs narrateurs4 99 99 99 99 99 ,il n'est possible d'crire l'histoire que si1 n'tant attach aucun parti1 on se trouve dgag des passions qui sont l'me des partis4 99 99 99 99 99 ,les conflits psychologiques mnent l'histoire4 ,les grands bouleversements drivent beaucoup plus des luttes de croyances que des oppositions d'intrts4 99 99 99 99 99 ,l'histoire fut presque toujours domine par le mystique et l'affectif et rarement par le rationnel4 ,l',irrel a t le vrai moteur du monde4 ,,livre ,,iv ,la ,pense et l',action ,i ,l',,action ,l'intelligence fait penser4 ,la croyance fait agir4 99 99 99 99 99 ,si l'homme avait commenc par penser au lieu d'agir1 le cycle de son histoire serait clos depuis longtemps4 99 99 99 99 99 ,illusoires ou relles les certitudes sont gnratrices d'action4 ,l'homme priv de certitudes serait comme un vaisseau sans gouvernail1 une machine sans moteur4 99 99 99 99 99 ,l'absurde et l'impossible n'ont jamais empch une croyance suffisamment forte1 de faire agir4 99 99 99 99 99 ,l'action seule rvle la nature de notre intelligence et la valeur de notre caractre4 99 99 99 99 99 ,rflchir est utile1 mais agir sans trop rflchir est parfois ncessaire4 ,les grands hrosmes sont gnralement dus des hommes ayant peu rflchi4 99 99 99 99 99 ,les penses1 comme tous les phnomnes de la vie1 rsultent d'quilibres instables1 sans cesse en voie de transformation4 99 99 99 99 99 ,les livres font rarement voluer les ides gnrales4 ,ils se bornent le plus souvent enregistrer leurs transformations4 99 99 99 99 99 ,nos actes portent en eux un cortge de consquences ncessaires4 ,nous nommons fatalit l'enchanement logique de ces consquences4 99 99 99 99 99 ,savoir ce qu'on doit faire1 n'est pas du tout savoir ce qu'on fera4 ,,ii ,,les ,,illusions ,d,,mocratiques ,la dmocratie1 qui se croit d'origine rationnelle1 tire en ralit sa force d'lments affectifs et mystiques indpendants de la raison4 99 99 99 99 99 ,le mot dmocratie correspond1 dans les classes populaires et chez les lettrs1 des ides fort diffrentes4 99 99 99 99 99 ,domine par le besoin d'galit1 la dmocratie populaire repousse la fraternit entre classes et ne manifeste aucun souci de la libert4 ,la dmocratie des intellectuels est au contraire avide de libert et trs peu d'galit4 99 99 99 99 99 ,le vrai dmocrate est un tre collectif1 n'ayant d'autre individualit que celle de son groupe4 99 99 99 99 99 ,contrairement aux ides dmocratiques1 la psychologie enseigne que l'entit collective1 nomme ,peuple1 est trs infrieure l'homme isol4 99 99 99 99 99 ,les empitements successifs de la classe ouvrire rappellent ceux de la noblesse et du clerg1 contre lesquels les anciens rois eurent tant de peine lutter4 99 99 99 99 99 ,la haine du despotisme et l'amour de la libert1 furent toujours proclams chez des peuples supportant fort bien le despotisme et trs mal la libert4 99 99 99 99 99 ,les principes dmocratiques font partie de ces ides1 volontiers imposes aux autres1 mais rarement acceptes pour soi4 99 99 99 99 99 ,plus les lois proclament l'galit1 plus se dveloppe le besoin des signes extrieurs d'ingalit4 99 99 99 99 99 ,le dmocratique besoin de paratre est le plus coteux et le moins profitable des besoins4 99 99 99 99 99 ,la soif d'galit n'est souvent qu'une forme avouable du dsir d'avoir des infrieurs et pas de suprieurs4 99 99 99 99 99 ,la notion artificielle d'galit a fait natre la haine de toutes les supriorits qui constituent la grandeur d'un pays4 99 99 99 99 99 ,les dmocraties arriveront remplacer les guerres intermittentes entre peuples1 par des luttes continues entre classes4 99 99 99 99 99 ,la nature ne connat pas l'galit4 ,elle n'a ralis ses progrs que par des ingalits croissantes4 99 99 99 99 99 ,loin de tendre l'galisation des hommes1 la civilisation les diffrencie chaque jour davantage4 99 99 99 99 99 ,en lui attribuant des pouvoirs imaginaires1 la dmocratie a fini par faire de la science un faux dieu4 ,,iii ,,les ,,illusions ,,socialistes ,le socialisme1 forme ultime du principe d'galit1 est un tat mental bien plus qu'une doctrine4 99 99 99 99 99 ,dmocratie et socialisme sont1 malgr les apparences1 spars par de profonds abmes4 99 99 99 99 99 ,le socialisme qui prche le nivellement des conditions1 est en opposition vidente avec la dmocratie des intellectuels1 qui prtend faire triompher les plus capables4 99 99 99 99 99 ,l'imprcision des doctrines socialistes est un lment de leur succs4 ,il importe pour un dogme de ne se prciser qu'aprs avoir triomph4 99 99 99 99 99 ,les progrs du socialisme tiennent surtout ce qu'il est une forme de l'tatisme1 idal de tous les partis politiques en ,france4 99 99 99 99 99 ,la duret de certains capitalistes et la faiblesse de leur moralit1 crent beaucoup d'adeptes au socialisme4 99 99 99 99 99 ,quand l'tat prtend trop protger les citoyens1 ils perdent l'habitude de se protger eux-mmes et par consquent toute initiative4 99 99 99 99 99 ,les croyances n'impliquant pas de dsillusions1 placent leur paradis dans des rgions inaccessibles4 ,la faiblesse du socialisme est de situer le sien ici-bas4 99 99 99 99 99 ,le bonheur mesquin1 l'galit dans la servitude1 que promet le socialisme1 n'est pas un idal assez fort pour passionner longtemps les peuples4 99 99 99 99 99 ,par le seul fait de leurs progrs1 les civilisations modernes crent une masse croissante d'inadapts toujours prts lutter contre elles4 ,ils forment la majorit des socialistes4 99 99 99 99 99 ,la richesse1 difie jadis sur l'immobilisation du capital1 dpend aujourd'hui de la rapidit de sa circulation1 et par consquent de l'intelligence qui le manie4 99 99 99 99 99 ,le socialisme serait un asservissement universel4 ,le syndicalisme serait aussi un asservissement1 mais1 limit aux intrts de chaque groupement professionnel1 il permettrait l'individu de se dfendre contre le despotisme de l'tat4 99 99 99 99 99 ,la plupart des progrs de l'esprit humain sont dus certains facteurs3 initiatives individuelles1 risques1 concurrence1 etc41 que le socialisme voudrait dtruire4 99 99 99 99 99 ,substituer l'initiative et la responsabilit collectives1 l'initiative et la responsabilit individuelles1 c'est faire descendre l'homme trs bas sur l'chelle des valeurs humaines4 99 99 99 99 99 ,certains groupements sociaux reprsentent une absorption de l'me individuelle dans l'me collective1 et par consquent un retour des phases infrieures d'volution4 99 99 99 99 99 ,c'est en s'vadant de l'galit des premiers ges1 laquelle le socialisme veut nous ramener1 que l'homme put s'lever de la sauvagerie la civilisation4 ,,iv ,,le ,,pacifisme ,,et ,,la ,,guerre ,vivre c'est lutter4 ,la lutte est une loi universelle4 ,des tres non combatifs n'auraient ralis aucun progrs4 99 99 99 99 99 ,si la nature n'avait pas t impitoyable pour les faibles1 le monde serait peupl de monstres1 et aucune civilisation n'aurait pu clore4 99 99 99 99 99 ,les peuples possdant beaucoup de canons ont seuls le droit et le pouvoir d'tre pacifistes4 99 99 99 99 99 ,une minutieuse prparation1 une foi forte1 une haine de l'ennemi trs vive1 seront toujours les grands lments du succs des batailles4 99 99 99 99 99 ,reculer devant l'effort qu'on croit inutile1 est renoncer d'avance tout succs4 99 99 99 99 99 ,une arme1 compose d'individus qui discutent1 serait facilement vaincue par une arme de barbares1 incapables de raisonnement1 mais prts obir sans discussion4 99 99 99 99 99 ,craindre d'tre vaincu augmente les chances de l'tre4 ,persuader une arme de sa supriorit1 double son courage et ses chances de victoire4 99 99 99 99 99 ,le courage individuel est beaucoup plus rare que le courage collectif4 99 99 99 99 99 ,les amitis entre individus peuvent n'avoir que la sympathie pour mobile4 ,les alliances entre collectivits ont uniquement des intrts matriels pour bases1 et s'vanouissent quand ces intrts disparaissent4 99 99 99 99 99 ,les intrts conomiques des peuples leur font souhaiter la paix1 mais les divergences de sentiments et de croyances1 les poussent toujours la guerre4 99 99 99 99 99 ,un peuple1 vraiment pacifiste1 disparatrait vite de l'histoire4 ,v ,,les ,r,,volutions ,les seules rvolutions durables sont celles de la pense4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions scientifiques drivent uniquement d'lments rationnels1 les rvolutions politiques et religieuses d'lments affectifs1 mystiques et collectifs4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions scientifiques transforment beaucoup plus profondment la vie sociale que les rvolutions politiques4 99 99 99 99 99 ,souvent rationnelle ses dbuts1 une rvolution politique ne se propage que par des influences affectives1 collectives et mystiques trangres toute raison4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions1 comme les guerres1 reprsentent l'extriorisation de conflits entre forces psychologiques4 99 99 99 99 99 ,une rvolution ne constitue pas toujours un phnomne qui finit suivi d'un autre qui commence1 mais un phnomne continu ayant acclr son volution4 99 99 99 99 99 ,un peuple trop conservateur est fatalement vou aux rvolutions violentes4 ,incapable d'voluer1 il est oblig de se transformer brusquement4 99 99 99 99 99 ,l'tre vraiment malheureux est celui qui on persuade que son tat est misrable4 ,ainsi procdent les meneurs pour faire les rvolutions4 99 99 99 99 99 ,les meneurs des rvolutions se croient toujours guids par la raison4 ,ils obissent en ralit des forces affectives1 mystiques et collectives qu'ils ne souponnent pas4 99 99 99 99 99 ,la contagion mentale est le plus puissant facteur de propagation d'un mouvement rvolutionnaire4 99 99 99 99 99 ,la multitude est l'aboutissant d'une rvolution1 mais n'en constitue pas le point de dpart4 99 99 99 99 99 ,ides1 meneurs1 arme et foule sont les lments fondamentaux des rvolutions4 99 99 99 99 99 ,toute rvolution populaire qui russit est un retour momentan la barbarie4 ,elle constitue le triomphe de l'instinctif sur le rationnel1 le rejet des contraintes sociales qui diffrencient le civilis du barbare4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions ne sauraient dtruire une structure mentale difie par un long pass4 ,elles ne changent gure que des faades4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions n'ont gnralement pour rsultat immdiat1 qu'un dplacement de servitude4 99 99 99 99 99 ,les grandes rformes sociales ne sont pas l'uvre des rvolutions4 ,elles s'oprent1 comme les bouleversements gologiques1 par une lente accumulation de petites causes4 99 99 99 99 99 ,la majorit des hommes demande tre dirige et non se rvolter4 99 99 99 99 99 ,rarement un peuple comprend quelque chose aux rvolutions accomplies avec son concours4 99 99 99 99 99 ,quand un peuple finit par comprendre pourquoi il a subi une rvolution1 elle est gnralement termine depuis longtemps4 99 99 99 99 99 ,un monarque se renverse facilement1 mais les principes qu'il reprsentait survivent sa chute4 ,la plupart des rvolutions sont suivies de restaurations4 99 99 99 99 99 ,ds que l'arme d'un pays commence se dsagrger1 une rvolution est proche4 ,la royaut prit en ,france1 le jour o des troupes indisciplines refusrent de dfendre leur roi4 99 99 99 99 99 ,chez certains hommes1 l'esprit rvolutionnaire est un tat mental1 indpendant de l'objet sur lequel il s'exerce4 ,aucune concession ne pourrait donc l'apaiser4 99 99 99 99 99 ,les rvolutions qui commencent1 rsultent le plus souvent de croyances qui finissent4 ,,vi ,,les ,,gouvernements ,,populaires ,ce qu'on appelle gouvernement populaire est1 en ralit1 une petite oligarchie de meneurs4 99 99 99 99 99 ,la grande illusion des politiciens est de considrer le peuple comme une sorte de divinit infaillible1 n'ayant pas rendre compte de ses actes4 99 99 99 99 99 ,se guider d'aprs des opinions fausses1 mais populaires1 est une condition d'existence de tous les gouvernements dmocratiques4 99 99 99 99 99 ,la surenchre1 l'humanitarisme et la peur1 furent toujours les grands facteurs de conduite des gouvernements dmocratiques4 99 99 99 99 99 ,un gouvernement populaire est domin par trop de passions pour rester quitable et tolrant4 ,il ne se maintient qu'en devenant de plus en plus despotique4 99 99 99 99 99 ,limit par la crainte des responsabilits1 le despotisme individuel est moins oppressif qu'un despotisme collectif1 toujours irresponsable4 99 99 99 99 99 ,une tyrannie individuelle se renverse aisment4 ,contre une tyrannie collective les opprims sont sans force4 99 99 99 99 99 ,ce qu'on dteste dans une tyrannie1 n'est pas toujours la tyrannie elle-mme1 mais les individus qui l'exercent4 99 99 99 99 99 ,les tyrannies les plus dures sont facilement acceptes ds qu'elles deviennent anonymes4 99 99 99 99 99 ,pas de gouvernement populaire possible sans prpondrance de la mentalit jacobine4 99 99 99 99 99 ,esprit born1 passions fortes1 mysticisme intense1 incapacit raisonner juste1 sont les principales composantes de l'me jacobine4 99 99 99 99 99 ,le jacobin n'est pas un rationaliste1 mais un croyant4 ,loin d'difier sa croyance sur la raison1 il tche de mouler la raison sur sa croyance4 99 99 99 99 99 ,au point de vue politique1 certains peuples se divisent en jacobins1 qui ne comprennent rien aux influences du pass1 et en conservateurs1 qui n'aperoivent pas les ncessits du prsent4 99 99 99 99 99 ,une politique de groupe est toujours d'ordre infrieur4 ,les gouvernements populaires ne peuvent en avoir d'autre4 99 99 99 99 99 ,si les ncessits conomiques ne rfrnaient pas les volonts passionnelles des gouvernements populaires1 ils se dtruiraient par leurs propres mains4 99 99 99 99 99 ,la premire phase d'volution d'une dmocratie triomphante est de dtruire les anciennes aristocraties1 la seconde d'en crer de nouvelles4 99 99 99 99 99 ,les crimes des rois sont peu de chose auprs des crimes des peuples4 99 99 99 99 99 ,l'tat moderne a hrit aux yeux des multitudes de la puissance mystique attribue aux rois1 lorsqu'ils incarnaient la volont divine4 99 99 99 99 99 ,dans les gouvernements populaires1 le fantme de la peur joue un rle prpondrant4 ,la peur de l'arme1 de l'glise1 des ouvriers1 des fonctionnaires1 a dict depuis vingt ans1 la plupart de nos lois4 99 99 99 99 99 ,dans un gouvernement dmocratique dont les ministres changent rapidement1 le pouvoir rel appartient aux administrations4 ,chaque ministre croit les gouverner1 il est en ralit gouvern par elles4 99 99 99 99 99 ,plus un gouvernement s'affaiblit1 plus le pouvoir de la caste administrative grandit4 99 99 99 99 99 ,un peuple tombe vite dans l'anarchie1 lorsque la souverainet passe de la loi la multitude4 99 99 99 99 99 ,l'instabilit des gouvernements populaires limite seule leur tyrannie4 ,les partis en lutte se succdant rapidement au pouvoir1 le despotisme de chacun est forcment phmre4 99 99 99 99 99 ,quand les dmocraties ne se transforment pas en dictatures militaires1 elles finissent par la ploutocratie1 forme trs oppressive du despotisme4 99 99 99 99 99 ,le vrai rgime politique d'un peuple n'est rvl1 ni par sa constitution1 ni par ses lois4 ,il se dcouvre seulement en recherchant l'tendue respective du rle de l'tat et des citoyens1 dans les affaires publiques et prives4 99 99 99 99 99 ,les gouvernements dmocratiques considrent la fermeture des glises comme moins nuisible que celle des cabarets4 ,ils dcouvriront srement un jour1 que la fermeture des glises est plus dangereuse4 99 99 99 99 99 ,un peuple qui rclame sans cesse l'galit est bien prs d'accepter la servitude4 ,,vii ,,la ,,psychologie ,,politique ,les problmes politiques modernes peuvent se comparer ceux du sphinx de la lgende antique4 ,il faut les rsoudre ou tre dvor4 99 99 99 99 99 ,sans la connaissance de la psychologie des races1 des peuples1 des individus et des foules1 la politique ne saurait tre comprise4 99 99 99 99 99 ,une socit est un agrgat de forces contraires1 qu'il faut maintenir en quilibre4 ,avec la rupture de cet quilibre1 l'anarchie commence4 99 99 99 99 99 ,toute la politique se ramne ces deux rgles1 savoir et prvoir4 99 99 99 99 99 ,un gouvernement n'est pas le crateur d'une poque1 mais sa cration4 99 99 99 99 99 ,atomes physiques1 cellules vivantes1 units humaines1 restent une vaine poussire1 tant que des forces directrices ne canalisent pas leurs actions4 99 99 99 99 99 ,la vraie puissance d'un gouvernement rside moins dans sa force1 que dans la soumission volontaire de ceux qui lui obissent4 99 99 99 99 99 ,la tyrannie individuelle et la tyrannie collective sont les seules formes de gouvernement dcouvertes1 depuis l'origine de l'histoire4 ,la seconde fut toujours la plus dure4 99 99 99 99 99 ,les incidences des mesures politiques ne pouvant se prvoir1 la manie des grandes rformes est fort dangereuse pour un peuple4 99 99 99 99 99 ,un vnement politique ne germe pas spontanment4 ,il est l'panouissement de toute une srie de causes antrieures4 99 99 99 99 99 ,juger un vnement invitable1 c'est en faire une fatalit4 99 99 99 99 99 ,en politique comme dans la vie1 le succs appartient gnralement aux convaincus et rarement aux sceptiques4 99 99 99 99 99 ,ds qu'une classe n'est plus sre de ses droits1 noblesse autrefois1 bourgeoisie de nos jours1 elle les perd bientt4 99 99 99 99 99 ,dans la vie politique1 comme dans la vie individuelle1 les proccupations formules sont beaucoup moins importantes que celles qui ne se formulent pas4 99 99 99 99 99 ,dplacer une tyrannie n'est pas crer une libert4 99 99 99 99 99 ,le danger de l'autocratie ne rside pas dans l'autocrate1 mais dans les milliers d'individus se partageant son pouvoir et l'exerant chacun comme un petit despote4 99 99 99 99 99 ,la confusion des pouvoirs suit toujours la confusion des esprits4 99 99 99 99 99 ,de mme que les croyances religieuses1 les ides politiques ne doivent pas tre juges d'aprs leur valeur rationnelle1 mais d'aprs l'action qu'elles exercent4 99 99 99 99 99 ,beaucoup d'erreurs politiques drivent d'ides thoriquement rationnelles4 99 99 99 99 99 ,en politique1 il est moins dangereux de manquer d'ides directrices que d'en avoir de fausses4 99 99 99 99 99 ,les gouvernements prissent beaucoup plus par leurs fautes1 que par les attaques de leurs ennemis4 99 99 99 99 99 ,le despotisme des vivants serait parfois sans limite1 s'il n'tait contenu par le despotisme des morts4 ,,viii ,l',,art ,,de ,,gouverner ,il n'y a pas de socit possible sans principe d'autorit1 de mme qu'il n'y a pas de fleuve sans rives pour l'endiguer4 99 99 99 99 99 ,le plus sr moyen de dtruire le principe d'autorit est de parler chacun de ses droits et jamais de ses devoirs4 ,tous les hommes sont prts exercer les premiers1 trs peu se proccupent des seconds4 99 99 99 99 99 ,on ne gouverne pas un peuple en tenant compte seulement de ses besoins matriels1 mais aussi de ses rves4 99 99 99 99 99 ,les puissances morales ne se combattent ni avec des lois1 ni avec des armes4 99 99 99 99 99 ,pour manier les hommes1 il ne faut pas oublier1 que leur moi affectif et leur moi intellectuel1 n'ont pas d'volution parallle et ne s'influencent gure4 99 99 99 99 99 ,utiliser les impulsions affectives et mystiques des peuples comme moyen d'action en tchant de leur donner une orientation rationnelle1 est un des secrets de l'art de gouverner4 99 99 99 99 99 ,une ide nouvelle a besoin d'appuis pour se faire accepter4 ,devenue forte1 elle sert d'appui4 99 99 99 99 99 ,on ne doit jamais partager les passions des hommes qu'on dirige1 mais il faut les connatre4 99 99 99 99 99 ,impossible de gouverner un peuple si l'on oublie que des croyances1 juges absurdes par la raison1 sont parfois plus puissantes que des vrits dmontres4 99 99 99 99 99 ,il est fort dangereux d'avoir la foi pour ennemie4 ,un gouvernement qui perscute une croyance religieuse s'expose prir par cette croyance4 99 99 99 99 99 ,en ne se plaant mme qu'au point de vue de l'utilit pure1 un gouvernement doit viter les perscutions4 ,elles sont toujours plus utiles aux doctrines perscutes1 qu' leurs perscuteurs4 99 99 99 99 99 ,le rle du savant est de dtruire les chimres1 celui de l'homme d'tat de s'en servir4 99 99 99 99 99 ,quand un gouvernement demande suivre l'opinion au lieu de l'orienter1 il cesse d'tre le matre4 99 99 99 99 99 ,un pouvoir discut n'est bientt plus un pouvoir respect4 99 99 99 99 99 ,une responsabilit morcele devient vite de l'irresponsabilit4 99 99 99 99 99 ,gouverner exclusivement au profit d'une classe1 c'est accrotre indfiniment les exigences de cette classe1 et se condamner l'avoir bientt pour ennemie4 99 99 99 99 99 ,un des lments de l'art de gouverner consiste conqurir les meneurs des majorits1 ou leur en opposer d'autres4 99 99 99 99 99 ,les meneurs ne se combattent qu'avec des meneurs4 99 99 99 99 99 ,on peut dsagrger facilement l'me transitoire d'une foule1 on demeure impuissant contre l'me permanente d'une race4 99 99 99 99 99 ,temporiser pour avoir le temps de se prparer1 comme le conseillait ,machiavel1 est trs sage4 ,temporiser1 pour laisser au hasard le soin d'arranger les vnements1 est fort dangereux4 99 99 99 99 99 ,le mcontentement fut toujours gnrateur d'effort1 l'homme trop content de son sort ne poursuit aucun progrs4 99 99 99 99 99 ,un gouvernement doit lever des barrires morales avant qu'elle soient indispensables4 ,au moment o elles le deviennent1 il est trop tard pour les construire4 99 99 99 99 99 ,ds qu'on entrevoit la ncessit de cder1 il ne faut pas attendre le moment o il sera impossible de ne pas cder4 99 99 99 99 99 ,l'humanitarisme et la peur font partie des facteurs de dissociation des peuples4 ,ces sentiments sont sans excuse pour qui prtend gouverner4 99 99 99 99 99 ,cder toujours aux menaces et aux violences1 c'est faire natre dans l'me populaire l'ide qu'il suffit de menacer1 et au besoin de saccager1 pour tre obi4 99 99 99 99 99 ,les concessions n'empchent pas les batailles devenues ncessaires4 ,elles les rendent plus coteuses et plus dures4 99 99 99 99 99 ,une rpression nergique momentane est beaucoup plus efficace qu'une rpression faible et continue4 99 99 99 99 99 ,la terreur n'est un procd psychologique utile1 qu' la condition de ne pas durer4 99 99 99 99 99 ,un gouvernement qui pactise sans cesse avec l'meute prit par l'meute4 99 99 99 99 99 ,quand on ne peut pas gouverner un peuple avec des ides vraies1 il faut se rsigner le gouverner avec des ides tenues pour vraies4 99 99 99 99 99 ,les grands courants sociaux ne se remontent pas4 ,la sagesse consiste les dvier lentement4 99 99 99 99 99 ,l'homme suprieur sait utiliser la fatalit1 comme le marin utilise le vent1 quelle que soit sa direction4 99 99 99 99 99 ,chaque vnement visible a derrire lui des forces invisibles qui le dterminent4 ,qui ne sait les dcouvrir ignore l'art de gouverner4 99 99 99 99 99 ,une politique1 ne tenant compte que de l'heure prsente1 est toujours d'ordre infrieur4 99 99 99 99 99 ,le bon sens et le caractre sont souvent plus utiles que le gnie un homme d',etat4 99 99 99 99 99 ,une socit ne dure pas sans penses fixes1 l'individu ne progresse pas sans penses mobiles4 99 99 99 99 99 ,l'avenir tant toujours charg de pass1 pour prvoir1 c'est--dire voir en avant1 il faut d'abord regarder en arrire4 99 99 99 99 99 ,prvoir est utile1 prvenir l'est davantage4 ,prvoir1 limine les surprises de l'avenir4 ,prvenir1 empche leur action4 99 99 99 99 99 ,un homme d'tat sans prvoyance est un crateur de fatalits dsastreuses4 ,,tables ,,des ,,mati,,res ,pages ,prface #a ,,livre ,,premier ,,la ,,vie ,,affective ,i4 ,le ,caractre et la ,personnalit #c ,,ii4 ,l',affectif et le ,rationnel #aa ,,iii4 ,le ,plaisir et la ,douleur #ae ,,iv4 ,la ,psychologie fminine #ai ,v4 ,les ,opinions #be ,,vi4 ,les ,mots et les ,formules #bi ,,vii4 ,la ,persuasion #cc ,,livre ,,ii ,,la ,,vie ,,collective ,i4 ,l',ame des ,races #da ,,ii4 ,l',ame des ,foules #dg ,,iii4 ,l',ame des ,assembles #ee ,,iv4 ,la ,vie des ,peuples #ei ,v4 ,les ,institutions et les ,lois #fg ,,vi4 ,le ,droit #ga ,,vii4 ,la ,morale #gc ,,viii4 ,l',idal #ha ,,ix4 ,les ,dieux #he ,x4 ,l',art #ia ,,xi4 ,les ,rites et les ,symboles #ie ,,livre ,,iii ,,la ,,vie ,,rationnelle ,i4 ,la ,croyance et la ,connaissance #aja ,,ii4 ,l',instruction et l'ducation #aji ,,iii4 ,les lites #aag ,,iv4 ,les ,conceptions philosophiques #aba ,v4 ,les ,principes scientifiques #abe ,,vi4 ,la ,matire #abi ,,vii4 ,la ,vrit et l',erreur #acc ,,viii4 ,la ,lgende et l',histoire #aci ,,livre ,,iv ,,la ,,pens,e ,,et ,l',,action ,i4 ,l',action #ade ,,ii4 ,les ,illusions dmocratiques #adi ,,iii4 ,les ,illusions socialistes #aee ,,iv4 ,le ,pacifisme et la ,guerre #afa ,v4 ,les ,rvolutions #afe ,,vi4 ,les ,gouvernements populaires #aga ,,vii4 ,la ,psychologie politique #agi ,,viii4 ,l',art de gouverner #ahe