,,essai ,l',,education ,,nationale1 ,,ou ,,plan ,d',,tudes ,,p\r ,,la ,,jeunesse1 ,p> ,messire ,,l\is - ,,r5 ,,de ,,c>adeuc ,,de ,,la ,,*alotais1 ,procureur - ,gnral du ,roi au ,p>lem5t de ,bretagne4 ,m4 ,,dcc4 ,,lxiii ,du #bd ,m>s #agfc1 ,*ambres assembles4 ,,le ,procureur-,gnral du ,roi entr la ,c\r1 les ,*ambres assembles1 a dit 3 ,,messieurs1 un des pr9cipaux objets de mes ,rquisitoires du #g ,dcembre #agfa1 du #bd ,mai #agfb1 toit de v\s port] reprs5t] ,sa ,maje/ combi5 il e/ important de r=m] les ,colleges du ,royaume l'ducation qu'y reoit la jeunesse 2 la suppli] d'ordonn] aux ,univ]sits aux ,acadmies de dress] un ,plan d',etudes1 de compos] les livres lm5taires propres le remplir4 ,il p>ot que la ,nation e/ ple9em5t conva9cue auj\rd'hui de la ncessit d'une r=mation gnrale dans la m?ode ord9aire des ,colleges4 ,j'avois eu l'honneur de v\s dire que je me proposois de v\s prs5t] un ,mmoire sur ces objets 2 ils sont si importants1 que je ne cess]ai jamais de les recomm&] votre vigilance4 ,je remplis ma promesse1 mon desir e/ que ce ,mmoire rponde votre att5te vos esprances4 ,je ne me suis pas born des vues gnrales qui n'euss5t s]vi qu' n\s clair] sur nos abus 2 je suis entr dans quelques dtails qui m'ont p>u ncessaires p\r y remdi]4 ,j'ai mieux aim v\s (frir un ouvrage utile qu'agrable4 ,mon b e/ de pr\v] qu' la place d'une ducation qui n'toit propre t\t au plus que p\r l',ecole1 on peut en sub/itu] une qui =me des ,sujets p\r l',etat4 ,ce sont ici les vues d'un ,citoy5 qui v\s dem&e1 la ,nation enti]e1 des claircissem5s p\r le bi5 gnral de la ,nation4 ,le ,m9i/]e public n'e/ trang] ri5 de ce qui e/ utile l'ordre public1 mais il n'a que des vux =m] 2 c'e/ au ,roi qu'il app>ti5t de prescrire ce qui doit tre fait1 c'e/ v\s1 ,messieurs1 qui ex]cez la ,police en son nom1 de faire excut]1 p> l'autorit qu'il v\s a confie1 ce qu'il aura dispos p> sa sagesse4 ,je dem&e acte du dpt que je fais d'un ,mmoire sur l'ducation1 intitul 3 ,essai d',education nationale1 ou ,plan d',etudes p\r la ,jeunesse4 ,fait au ,p>quet1 ce #bd ,m>s #agfc4 ,sign1 ,,de ,,c>adeuc ,,de ,,la ,,*alotais 3 ,retir1 sur ce dlibr1 ,,la ,,c\r a dc]n acte au ,procureur-,gnral du ,roi du dpt qu'il fait prs5tem5t sur le ,bureau1 d'un ,mmoire sur l',education1 intitul 3 ,essai d',education nationale1 ou ,plan d',etudes p\r la ,jeunesse4 ,,essai ,d',,ducation ,,nationale1 ,,ou ,,plan ,d',,tudes ,,p\r ,,la ,,jeunesse1 ,dpos au ,greffe du ,p>lem5t de ,bretagne1 p> ,messire ,,l\is-,,r5 ,,de ,,c>adeuc ,,de ,,la ,,*alotais1 ,procureur-,gnral du ,roi4 ,rflexions prlim9aires sur l'utilit des ,lettres1 sur la mauvaise mani]e de les enseign]1 sur la qualit des ,matres4 ,l,es ,c\rs ,s\v]a9es se sont occupes1 depuis un an1 des moy5s d'tablir dans les ,colleges1 des ,sujets capables d'in/ruire la jeunesse4 ,c'e/ peu de dtruire1 si on ne songe difi]4 ,n\s avions une ducation qui n'toit propre t\t au plus qu' =m] des ,sujets p\r l',ecole4 ,le bi5 public1 l'honneur de la ,nation1 dem&5t qu'on y sub/itue une ducation civile qui prp>e *aque gnration naissante remplir avec succs les diffr5tes pr(essions de l',etat4 ,je me suis propos1 dans ce ,mmoire1 d'en tablir la ncessit1 d'en indiqu] les moy5s4 ,p\r en bi5 jug]1 il e/ peut-tre ncessaire de repr5dre les *oses de plus lo91 de faire voir l'utilit des sci5ces des lettres1 combi5 une bonne ou une mauvaise ducation influ5t sur le bonheur ou sur le malheur d'une ,nation1 d'exam9] en mme tems ce qu'elle a droit d'exig] de ses ,in/ituteurs4 ,les sci5ces sont ncessaires l'homme 2 s'il a des devoirs remplir1 il e/ important qu'il les connoisse 3 les connotre1 c'e/ possd] la plus utile de t\tes les sci5ces 2 c'e/ tre =t avanc dans la c>ri]e o se =m5t les ,citoy5s utiles4 ,l'ignorance n'e/ bonne ri51 elle nuit t\t4 ,il e/ impossible qu'il sorte quelque lumi]e des tnebres1 on ne peut m>*] dans les tnebres sans s'g>]4 ,si les apologi/es de l'ignorance ne prt5d5t prconis] que celle qui conduiroit un d\te s5s raisonnable1 qui ne dcide po9t1 p>ce qu'elle se connot elle-mme1 ils auroi5t d lui donn] le nom de sci5ce 2 c'e/ en effet une sci5ce trs-relle trs-e/imable1 que de savoir d\t] apprci] son impuissance4 ,mais je p>le ici de l'ignorance proprem5t dite1 qui e/ presque t\j\rs prsomptueuse1 qui dcide1 appr\ve condamne avec une gale tmrit 2 je dis que si on en comp>e les fune/es effets avec l'abus des sci5ces1 la "q e/ dcide4 ,il n'y a p]sonne qui ne dise comme moi1 que l'ignorance nuit t\t1 qui ne =me des vux p\r le rtablissem5t des bonnes tudes1 af9 de dim9u]1 autant qu'il e/ possible1 l'abus du savoir4 ,les siecles les plus grossi]s les plus ignorans ont t\j\rs t les plus vicieux les plus corrompus4 ,laissez l'homme sans culture1 ignorant p> consqu5t ins5sible sur ses devoirs1 il devi5dra timide1 sup]/itieux1 peut-tre cruel4 ,si on ne lui enseigne pas le bi51 il se proccup]a ncessairem5t du mal4 ,l'esprit le cur ne peuv5t re/] vuides4 ,ab&onnons t\s les p>adoxes sur l'inutilit ou sur le dang] des sci5ces 2 sp>ons les *oses de l'abus qui peut s'y tr\v] 2 dirigeons les tudes v]s la plus gr&e utilit publique 2 en att5dant que l'on sa*e si la socit huma9e telle qu'elle e/1 si l'homme tel qu'il n'e/ pas1 p\rroi5t s'en pass]1 travaillons imprim] dans l'esprit des jeunes g5s les connoissances qui leur s]ont ncessaires p\r remplir les diffr5tes pr(essions1 y travaill] leur bonheur1 celui des autres1 contribu] p> consqu5t au bi5 gnral de la socit4 ,on ne cra9t pas d'tablir en gnral1 que dans l'tat o e/ l',europe1 n'ayant po9t r$\t] les invasions des ,b>b>es1 le peuple qui s]a le plus clair 7t\tes *oses tant gales d'ailleurs1 ou mme ne l'tant pas entirem5t7 aura t\j\rs de l'avantage sur ceux qui le s]ont mo9s 2 il les surpass]a p> son indu/rie1 il les subjugu]a peut-tre p> ses armes 3 t\tes les pr(essions tant mieux remplies1 les emplois mieux ex]cs1 les esprits plus cultivs plus solides1 les oprations publiques p>ticuli]es mieux conc]tes mieux excutes 2 la discipl9e en t\s g5res s]a meilleure mieux obs]ve1 l'adm9i/ration intrieure extrieure plus sage1 les abus s]ont mo9dres plutt rprims4 ,il faut s'appliqu] dans l'enfance dans la jeunesse1 sans quoi on devi5t ord9airem5t incapable de s'appliqu] le re/e de sa vie4 ,la nature met de la diffr5ce entre les hommes 7on n'en peut d\t]71 l'ducation en met peut-tre davantage4 ,le tal5t e/ un don de la nature 2 mais il entre dans le tal5t bi5 apprci1 beauc\p de ce qu'on appelle art acquis1 habitude4 ,s'il toit possible de dcompos] le tal5t d'un ,bossuet1 d'un ,corneille1 d'un ,rac9e1 d'un la ,fonta9e1 on tr\v]oit la vrit le fonds le plus ri*e1 mais p]fectionn p> un long cont9uel ex]cice 2 la culture aj\te t\j\rs la bont la fcondit du t]roir4 ,l'application sans tal5t ne f]a que des hommes mdiocres 2 le tal5t sans application ne produira jamais des hommes suprieurs4 ,suppos] que la nature fait t\t1 que l'ex]cice l'application n'aj\t5t ri5 aux tal5s naturels1 c'e/ une maxime p]nicieuse qui entreti5t la non*alance des bons esprits1 augm5te le dc\ragem5t des mdiocres4 ,on reconnot1 p> l'expri5ce1 que presque t\s les hommes ne vont pas si lo9 qu'ils p\rroi5t all]1 s'ils apportoi5t ce qu'ils sont1 une gr&e application4 ,il ne faut pas s'y mpr5dre1 t\s ceux qui sont ns p\r avoir de l'esprit1 ne sont pas g5s d'esprit4 ,il e/ d'une utilit univ]selle1 que l'on soit conva9cu dans t\tes les pr(essions qu'il e/ impossible de bi5 savoir ce que l'on n'a pas bi5 appris4 ,ni] la =ce de l'ducation1 c'e/ ni] contre l'expri5ce la =ce des habitudes4 ,que ne p\rroit po9t une in/itution =me p> les loix1 dirige p> des exemples 6 ,elle *ang]ait en peu d'annes les murs d'une ,nation enti]e 2 *ez les ,sp>tiates1 elle avoit va9cu la nature mme 2 il y a un ,art de *ang] la race des animaux 2 n'y en auroit-il po9t p\r p]fectionn] celle des hommes 8 ,si l'humanit e/ susceptible d'un c]ta9 po9t de p]fection1 c'e/ p> l'in/itution qu'elle peut y arriv]4 ,l'objet du ,lgislateur doit tre de procur] aux esprits le plus haut degr de ju/esse de capacit qu'il e/ possible1 aux c>act]es le plus haut degr de bont d'lvation1 aux corps le plus haut degr de =ce de sant4 ,on ne doit pas espr] d'atte9dre aism5t ce po9t de p]fection 2 trop d'ob/acles s'y oppos5t1 sur-t\t p>mi n\s 2 mais on doit t\j\rs t5dre au b1 c'e/ le moy5 d'en appro*] de plus prs4 ,les murs publiques d'une gr&e ,nation ne sont pas t\j\rs bonnes 2 la dbau*e trop univ]selle de la jeunesse1 le luxe trop rp&u1 le peu d'am\r de la ,patrie du bi5 public1 l'inquitude naturelle de nos esprits1 la dissipation1 l'oubli des devoirs ess5tiels de sa pr(ession1 une multitude de causes connues1 s'oppos5t la considration due au mrite la v]tu1 qui en e/ la plus flatteuse rcomp5se4 ,sans la considration p]sonnelle1 t\te in/itution s]a imp>faite1 qu& mme les loix la favoris]oi5t4 ,quid leges s9e moribus van pr(iciunt 8 disoit un des plus beaux des meilleurs esprits de l',antiquit4 ,horace #c1 ,od4 #bd4 ,mais le ,g\v]nem5t peut subjugu] les murs mme 2 les titres1 les honneurs1 le blme qu'il di/ribue1 ont c\rs comme sa monnoie4 ,les tudes publiques ne sont pas diriges v]s la plus gr&e utilit publique 2 c'e/ un fait dont la vrit e/ porte jusqu' la dmon/ration 3 heureusem5t la possibilit de les r=m]1 e/ aussi-bi5 pr\ve que sa ncessit4 ,il y a un nombre prodigieux de vrits connues1 p>ses dans une inf9it de livres1 rp&ues dans une inf9it de ttes 2 il ne s'agit que de les recueillir de les mettre en ordre1 p\r clair] les ,matres les ,in/ituteurs 2 mais puisque l'ducation p*e dans le pr9cipe mme1 il faut repr5dre l'difice ds le fondem5t4 ,je ne rpt]ai po9t ici t\t ce qu'on a rem>qu de dfectueux dans la m?ode ord9aire4 ,la somme des lumires a beauc\p augm5t depuis deux siecles 2 a9si il e/ facile de mieux faire que ceux qui n\s ont prcds 2 mais n\s ne devons pas oubli] les s]vices qu'ils ont r5dus l'humanit4 ,l'tablissem5t des ,univ]sits des ,colleges a banni l'ignorance grossi]e 2 le plan d'tudes1 qu'on adopta1 toit peut-tre le meilleur qu'il ft possible de suivre alors4 ,ds le comm5cem5t du d]ni] siecle1 l',univ]sit desiroit une r=mation dans les tudes4 ,des circon/ances plus heureuses doiv5t dt]m9] auj\rd'hui corrig] la mauvaise r\t9e des ,colleges1 *]*] une mani]e plus utile d'enseign] d'apppr5dre4 ,notre ducation se ress5t p>-t\t de la b>b>ie des siecles passs1 o l'on ne faisoit tudi] que ceux que l'on de/9oit la ,clricature 2 o l'on n'avoit de livres que ceux qui toi5t copis p> des ,mo9es 2 o l'on toit oblig d'envoy] ,rome p\r faire transcrire les ,ouvrages de ,cic]on 2 o les ,nobles savoi5t pe9e lire crire 2 o les gu]res les pillages r5doi5t les livres si r>es les tudes si difficiles 2 o il n'y avoit d',ecoles que dans les ,ca?drales dans les ,mona/]es4 ,la ,langue mat]nelle des ,franois n'tait alors qu'un j>gon in=me inc]ta9 3 un ,lat9 b>b>e s'toit emp> des ,ordonnances1 des ,*>tes des ,rois1 des ,arrts des ,c\rs ,s\v]a9es4 ,la ,philosophie se rduisoit disput] sur les livres d',ari/ote 2 la ,morale n'in/ruisoit po9t l'homme de ses devoirs 2 la ,physique ne rapportoit qu' des causes *imriques1 des effets qu'on ne songeoit pas mme obs]v]4 ,a la place de l',a/ronomie de l',hi/oire naturelle1 rgnoi5t des ,fables qui am5]5t les dlires de l',a/rologie des pratiques sup]/itieuses de ,mdec9e4 ,la ,?ologie la ,jurisprud5ce n'ab\tissoi5t qu' des disputes d',ecoles ou des op9ions de ,docteurs1 p>ce qu'on ab&onnoit les textes1 faute de critique1 p\r s'en rapport] des sommaires ou des gloses4 ,si l'on voit des v]tus sublimes des tal5s m95s brill] au milieu des tnebres de ces siecles d'ignorance1 c'e/ p> un ef=t de la nature seule1 qu'elle ne fait que r>em5t4 ,quels hommes qu'un ,abb ,sug]1 un ,b]tr& du ,guescl91 un ,b>basan1 un ,bay>d1 dans les tems mo9s reculs1 un ,conntable de ,montmor5ci1 un ,colb]t1 qui n'avoi5t pas tudi 6 ,qu'on ne s'en tonne pas 2 les ides d'honneur de v]tus prdom95t dans les ames suprieures1 les s5tim5s sont bi5 au-dessus des connoissances acquises 3 il doit p>otre plus tonnant encore1 qu'on ait fait des dc\v]tes du premi] ordre dans ces tems de b>b>ie4 ,elles ont t le fruit du gnie dont le c>act]e propre e/ de p]c] les tnebres les plus paisses1 de s'lev] mme au-dessus des siecles clairs4 ,la meilleure culture de l'esprit ne peut donn] le gnie1 mais on doit t*] au mo9s d'tablir une ducation qui ne l't\ffe pas4 ,au r5\vellem5t des lettres des sci5ces1 les tnebres qui c\vroi5t l',europe depuis si long-tems1 disp>ur5t 2 l',imprim]ie fut inv5te1 des ,colleges fur5t fonds1 l'mulation fut excite1 on eut honte d'tre ignorant 2 mais l'ducation fut trop conc5tre dans les ,colleges1 elle e/ re/e presque t\te s*ola/ique4 ,les ,lettres ne sont qu'une p>tie de l'in/itution d'une nation 2 l'in/itution a des vues plus t5dues 3 elle e/ p\r un ,etat ce qu'e/ l'ducation p\r les ,p>ticuli]s4 ,son objet e/ de r5dre une nation plus claire en t\t g5re1 p> consqu5t plus florissante4 ,les lettres sont la fois la n\rriture des esprits1 l'in/ruction l'ornem5t du monde4 ,platon ,cic]on1 qui ont in/ruit leurs contempora9s1 clair5t encore auj\rd'hui l'univ]s 2 la po/rit la plus recule pr(it]a de leurs leons4 ,on doit reg>d] les lettres dans un ,etat1 comme la s\rce l'appui des v]tus huma9es civiles4 ,malheur aux ,nations1 *ez qui l'am\r des lettres vi5droit s'te9dre 64 ,elles ont reu en ,france les tmoignages les plus clatants de la protection de nos ,rois 2 les tablissem5s qu'ils ont faits p\r assur] t\te espece d'in/ruction1 euss5t t le fondem5t le plus solide de la prosprit publique1 si la premi]e in/itution de la jeunesse et t bi5 dirige4 ,les ,univ]sits1 les ,acadmies1 les ,*aires de ,langue1 les ,ecoles d',hydrographie1 t\t sembloit conc\rir =m] des ,citoy5s di/+us dans t\s les g5res4 ,le ,mon>que qui n\s g\v]ne1 a enc\rag les sci5ces1 a excit l'mulation en envoyant des ,obs]vateurs au ,nord1 l',equateur1 au ,cap de ,bonne- ,esprance1 en fondant une ,ecole ,militaire 2 mais malheureusem5t des sec\rs si prcieux ne sont (f]ts qu'en s\s-ordre1 si j'ose m'exprim] a9si4 ,la premi]e in/itution nationale e/ demeure la mme1 on y a t\t ass]vi 3 elle e/ re/re9te p>-t\t l'ducation des ,colleges1 cette ducation a t borne l'tude de la langue ,lat9e4 ,on n'acqui]t dans la pl"p des ,colleges aucune connoissance de notre langue 2 on n'y appr5d qu'une ,philosophie ab/raite qui ne peut tre d'aucun usage dans le c\rs de la vie 2 qui ne r5f]me ni les pr9cipes de ,morale ncessaires p\r se bi5 conduire dans la socit1 ni ri5 de ce qu'il importe de savoir1 tant homme4 ,la ,religion n'y e/ pas enseigne avec plus de so9 2 ensorte que la jeunesse quitte le ,college sans avoir presque ri5 appris qui puisse lui s]vir dans les diffr5tes pr(essions4 ,j'en appelle l'expri5ce au tmoignage de la ,nation1 de ceux mme qui p> prjug s\ti5droi5t la m?ode ord9aire4 ,les connoissances que l'on acqui]t au ,college1 peuv5t-elles s'appel] des connoissances 8 ,que fait-on aprs dix annes qu'on emploie1 soit se prp>] y entr]1 soit se fatigu] dans les c\rs des diffr5tes ,classes 8 ,sait-on mme la seule *ose qu'on y a tudie1 les langues1 qui ne sont que des in/rum5s p\r fray] la r\te des sci5ces 8 ,a l'exception d'un peu de ,lat9 qu'il faut tudi] de n\veau1 si l'on veut faire usage de cette langue1 la jeunesse e/ intresse oubli]1 en entrant dans le monde1 presque t\t ce que ses prt5dus ,in/ituteurs lui ont appris4 ,e/-ce-l le fruit que la ,nation devroit tir] de dix annes du travail le plus assidu 8 ,sur mille ,etudians qui ont fait ce qu'on appelle leur c\rs d',humanits de ,philosophie1 pe9e en tr\v]oit-on dix qui fuss5t en tat d'expos] clairem5t avec intellig5ce les premi]s lm5s de la ,religion1 qui suss5t crire une lettre1 qui puss5t disc]n] habituellem5t une bonne raison d'une mauvaise1 un fait pr\v de celui qui ne l'e/ pas4 ,les ,grecs les ,roma9s plus sages que n\s plus vigilans sur un objet aussi important que l'ducation1 ne l'avoi5t pas ab&onne des hommes qui euss5t des vues des intrts diffr5s de ceux de la patrie 2 elle toit dirige p> des ,lgislateurs ou p> des ,philosophes capables de l'tre4 ,solon n'et jamais confi des ,sp>tiates1 plus =te raison des ,ilotes991 l'ducation des ,a?ni5s ,lycurgue n'et pas confi aux ,a?ni5s celles des ,sp>tiates1 ,lorsqu',antipat] dem&a ces d]ni]s c5t c9quante enfans p\r tage1 ils rpondir5t qu'ils aimoi5t mieux donn] le d\ble d'hommes faits1 de peur qu'une ducation trang]e ne corrompt leurs enfans4 99 ,c'toi5t des ,esclaves de ,sp>te4 ,l'ducation devant prp>] des ,citoy5 l',etat1 il e/ vid5t qu'elle doit tre relative sa con/itution ses loix 2 elle s]oit foncirem5t mauvaise1 si elle y toit contraire 3 c'e/ un pr9cipe de t\t bon ,g\v]nem5t1 que *aque famille p>ticuli]e soit rgle sur le plan de la gr&e famille qui les compr5d t\tes4 ,comm5t a-t-on pu p5s] que des hommes qui ne ti5n5t po9t l',etat1 qui sont acc\tums mettre un ,religieux au-dessus des ,*efs des ,etats1 leur ,ordre au-dessus de la ,patrie1 leur ,in/itut des ,con/itutions au-dessus des ,loix1 s]oi5t capables d'lev] d'in/ruire la jeunesse d'un ,royaume4 ,l'en?\siasme les pre/iges de la dvotion avoi5t livr les ,franois de p>eils ,in/ituteurs1 livrs eux-mmes un ,matre trang]4 ,a9si l'enseignem5t de la ,nation enti]e1 cette portion de la lgislation qui e/ la base le fondem5t des ,etats1 toit re/ s\s la direction immdiate d'un ,rgime ,ultramonta91 ncessairem5t ennemi de nos ,loix4 ,quelle inconsqu5ce1 quel sc&ale 6 ,sans appr(ondir t\tes les consqu5ces qui rsulte d'un abus si norme1 doit-on s'tonn] que le vice de la ,mona/icit ait infect t\te notre ducation 8 ,un ,etrang] qui on en expliqu]oit les dtails1 s'imag9]oit que la ,france veut peupl] les ,sm9aires1 les ,clotres des ,colonies ,lat9es4 ,comm5t p\rroit-il suppos] que l'tude d'une langue trang]e1 des pratiques de ,clotre1 fuss5t des moy5s de/9s =m] des ,militaires1 des ,magi/rats1 des ,*efs de famille propres remplir les diffr5tes pr(essions1 dont l'ensemble con/itue la =ce de l'tat 8 ,n\s sommes imbus des notions ,mona/iques qui n\s g\v]n5t sans que n\s le sa*ions sans qu'on s'en app]oive4 ,de petites pratiques de dvotion 7 p\rquoi n'os]oit-on-pas le dire1 puisque le sage le v]tueux ,abb ,fleury l'a dit7 qui ne rappell5t po9t les gr&es ides de la ,religion1 ont saisi les ,*efs des ,eglises4 ,de l ces ,congrgations1 ces ,confrairies1 ces ,conv5ticules1 qui dt\rn5t les ,*rti5s des lieux o ils doiv5t appr5dre la ,religion1 qui emp*5t les ,pa/eurs de s'in/ruire assez solidem5t p\r tre en tat d'in/ruire les autres4 ,s'il e/ "q d',ecoles1 de ,collges1 dans l'in/ant les notions my/iques s'emp>5t des p]sonnes pr9cipales1 on ne p>le que de ,communauts de ,religieux ou au mo9s d',ecclsia/iques1 p\r leur en confi] la direction4 ,on d\te si des ,pr(esseurs m>is peuv5t in/ruire les enfans4 ,qu& on songe que dans le qu9zieme siecle il fallut une ,ordonnance1 une ,ordonnance d'un ,lgat du ,pape99 en ,france p\r p]mettre aux ,mdec9s de se m>i]1 que peut-on p5s] de l'effet des prjugs ,ecclsia/iques 8 ,on veut exclure ceux qui ne sont pas clibataires des places purem5t civiles4 ,quel p>adoxe 6 ,il semble qu'avoir des enfans soit une exclusion p\r p\voir en lev]1 que l'on pr5ne des prcautions p\r emp*] l',etat de se peupl]1 ou p\r qu'il ne se peuple pas trop4 ,le bi5 de la socit exige manife/em5t une ducation civile 2 si on ne scul>ise pas la ntre1 n\s vivrons t]nellem5t s\s l'esclavage du pdantisme4 99 ,en #adeb1 le ,c>d9al d',e/\teville1 ,lgat en ,france1 r=ma l',univ]sit1 accorda aux ,mdec9s la lib]t de se m>i]1 leur df5dit en mme temps1 comme m>que de s\illure1 de faire l'av5ir leurs assembles dans l',eglise de ,p>is1 s\s les t\rs1 comme ils faisoi5t quelquefois4 ,pasqui]4 ,re*]*es1 tom4 #a1 pag4 #bge4 ,p\rquoi faut-il en effet1 que les ,colleges soi5t adm9i/rs p> des ,mo9es ou p> des ,prtres 8 ,s\s quel prtexte l'in/ruction dans les lettres dans les sci5ces leur s]oit-elle exclusivem5t dvolue 8 ,les ,ecclsia/iques prs5t]ont t\j\rs le motif d'in/ruire les enfans dans la ,religion4 ,il e/ c]ta9 que de t\tes les in/ructions c'e/ la plus importante 2 mais e/-il vrai que les seuls ,ecclsia/iques puiss5t leur appr5dre le ,cat*isme1 leur enseign] le ,franois le ,lat91 expliqu] ,horace ,virgile 8 ,il y a d'excell5s ,cat*ismes imprims 2 il n'e/ pas ncessaire d'tre promu aux ,ordres p\r lire des enfans ceux de ,bossuet ou de ,fleury 2 l'on peut dem&] s'il e/ beso9 d'en faire t\s les j\rs de n\veaux1 ou de r=m] si s\v5t ceux qui sont faits4 ,c'e/ dans le se9 des familles *rti5nes1 dans les in/ructions de la ,p>oisse1 que les enfans doiv5t pr5dre les lm5s du ,*ri/ianisme4 ,les ,eglises sont les vritables coles de la ,religion4 ,les ,jsuites1 qu'on nommoit ,ecoli]s appr\vs1 qui l'enseignoi5t1 n'toi5t pas vritablem5t ,ecclsia/iques1 quoiqu'ils en portass5t l'habit4 ,au surplus1 employ] #dj ou #ej demi-heures p> an expliqu] bi5 ou mal le ,cat*isme de ,canisius1 ce n'e/ pas ce que des p]sonnes in/ruites appell]oi5t enseign] la ,religion4 ,un ,aumni] ou ,*apela9 dans *aque ,college p\rroit suffir cette fonction1 s\s prtexte de laquelle les ,ecclsia/iques prt5dant l'adm9i/ration des ,colleges comme un patrimo9e exclusif4 ,je ne dois pas oubli] une rem>que importante 2 c'e/ que prs5tem5t presque t\s les hommes di/+us dans les sci5ces dans les lettres1 sont des laques4 ,on ne cesse de rpt] qu'il n'y a pas assez de ,prtres p\r remplir les fonctions du ,m9i/]e ,ecclsia/ique 2 p\rquoi donc veut-on en faire des ,pr(esseurs de ,colleges des ,prcepteurs 8 ,une f\le de ,prtres oisifs inond5t les villes1 t&is que les campagnes sont dp\rvues de ,m9i/res4 ,ils ne veul5t plus les habit] 2 voil qu'on leur *]*e dans les ,cits de n\velles places dont on puisse dispos]1 comme de titres de ,bnfices amovibles4 ,une des maladies de l',etat e/ que *acun veut avoir ses ordres des tr\pes qui ne soi5t pas ses frais4 ,p\r pr(ess] les ,lettres les ,sci5ces1 il faut des p]sonnes qui fass5t pr(ession des ,lettres4 ,le ,cl]g ne peut pas tr\v] mauvais qu'on ne mette pas1 gnralem5t p>lant1 les ,ecclsia/iques dans cette classe4 ,je ne suis pas assez inju/e p\r les en exclure 2 je reconnois avec plaisir qu'il y en a plusieurs dans les ,univ]sits dans les ,acadmies qui sont trs-in/ruits trs-capables d'in/ruire4 ,je n'omettrai pas les ,prtres de l',oratoire1 qui sont dgags des prjugs de l',ecole du ,clotre1 qui sont ,citoy5s 2 mais je rclame contre l'exclusion des ,sculi]s4 ,je prt5ds rev5diqu] p\r la ,nation une ducation qui ne dp5de que de l',etat1 p>ce qu'elle lui app>ti5t ess5tiellem5t 2 p>ce que t\te ,nation a un droit inalinable imprescriptible d'in/ruire ses membres 2 p>ce qu'enf9 les enfans de l',etat doiv5t tre levs p> des membres de l'tat4 ,le droit exclusif qu'on v\droit accord] aux ,prtres sculi]s rguli]s1 d'in/itu] la jeunesse1 n'e/ pas le seul inconvni5t qui rsulte des notions mona/iques 2 on peut en rem>qu] de n\veaux jusques dans les dtails de l'ducation des ,colleges4 ,*ez les ,rguli]s1 l'objet des ex]cices e/ plutt de =m] les ,matres que d'in/ruire les ,disciples4 ,dans les premires annes1 un jeune ,rg5t1 qui n'e/ qu'un vieil ,ecoli]1 a*eve le c\rs de ses tudes aux dp5s d'autrui4 ,il sur*>ge ses leves de ?mes qui lui c\t5t peu dict]1 de longues d'ennuyeuses leons4 ,t\te la pe9e t\t le travail e/ du ct des enfans 2 p5dant ce temps il s'occupe ce qui peut lui tre utile 3 il fait des collections1 des extraits 2 il se prp>e p> des disc\rs la prdication1 ou la direction p> des lectures4 ,ds qu'il e/ =m qu'il s'e/ mis en tat1 p> les connoissances qu'il a acquises1 d'tre utile aux autres1 il ab&onne cet enseignem5t1 va remplir la vocation laquelle il e/ de/9 p\r la gloire le pr(it de son ,ordre4 ,l'adm9i/ration des ,classes se ress5t de l'uni=mit des ,clotres 2 les corrections ti5n5t de la discipl9e clau/rale1 sembl5t faites p\r abaiss] les curs qu'il faudroit *]*] lev]4 ,t\te cette manut5tion e/ tri/e rebutante 2 son effet le plus ord9aire e/ de faire har l'tude p\r t\te la vie4 ,des hommes faits rsi/]oi5t pe9e la vie sd5taire contra9te1 laquelle on assujettit les enfans4 ,il e/ contre la nature1 que dans un demi-j\r ils demeur5t assis p5dant c9q ou six heures4 ,il regne d'ailleurs dans les tudes qu'on leur fait faire1 une monotonie1 qui les jette presque ncessairem5t dans l'indol5ce le dgt4 ,t\j\rs du lat9 des ?mes 6 ,lo9 d'inspir] du gt p\r aucune ,sci5ce1 p\r aucun ,art1 l'ennui la s*]esse qui accompagn5t p>-t\t l'tude1 donn5t de la rpugnance p\r les lm5s de t\tes les ,sci5ces1 de t\s les ,arts 3 aussi ri5 n'e/ plus ord9aire que de voir les jeunes g5s ab&onn] t\te lecture au sortir des ,colleges4 ,le premi] fruit de ce qu'on nomme in/itution de la jeunesse1 e/ de la laiss] sans objet d'application1 dans l'ge o il s]oit plus ncessaire de l'appliqu]1 p\r prv5ir les dang]s multiplis d'un loisir1 que rempliss5t les assauts des passions les plus f\gueuses4 ,comp>ons la sombre obscurit de nos classes la gaiet du ,portique du ,lice4 ,p>mi n\s1 un ,rg5t presque enfant1 qui revi5t l'esprit frapp d'une extase de deux annes1 opprim p> le despotisme1 opprime d'autres enfans4 ,*ez les ,grecs1 les jeunes g5s se prom5oi5t 2 ils pr5oi5t dans ces lieux1 s'il e/ p]mis de me s]vir de ce t]me1 leurs leons leurs bats 2 ils conv]soi5t avec les ,ari/ides1 les ,miltiades1 les ,platons1 les ,ari/otes1 les ,xnophons1 les ,dmo/h5es1 c4 ,dans nos ,colleges1 nul amusem5t p\r des esprits lg]s qu'il faudroit plutt rj\ir p> quelque div]sit p> des tudes agrables 2 les seuls div]tissem5s sont des ,enigmes1 des ,ballets1 des pieces dramatiques aussi ridiculem5t composes que dclames 2 ex]cices d'autant plus mprisables1 que la p]te du temps se runit aux exemples du plus mauvais gt4 ,des ,matres habitus aux subtilits s*ola/iques1 y ex]c5t les jeunes g5s qui contract5t l'habitude de disput] de *ican]4 ,il y en a qui dans le re/e de leur vie sembl5t tre t\j\rs sur les bancs de l'cole4 ,mais le plus gr& vice de l'ducation le plus 9vitable peut-tre1 tant qu'elle s]a confie des p]sonnes qui ont r5onc au monde1 qui1 lo9 de *]*] le connotre1 ne doiv5t song] qu' le fuir1 c'e/ le dfaut absolu d'in/ruction sur les v]tus morales politiques4 ,notre ducation ne ti5t po9t nos murs comme celle des ,anci5s4 ,aprs avoir essuy t\tes les fatigues l'ennui des ,colleges1 la jeunesse se tr\ve dans la ncessit d'appr5dre en quoi consi/5t les devoirs communs t\s les hommes 2 elle n'a reu aucun pr9cipe p\r jug] des actions1 des murs1 des op9ions1 des c\tumes 2 elle a t\t appr5dre sur des articles si importans4 ,on lui inspire une dvotion qui n'e/ qu'une imitation de la ,religion 2 des pratiques p\r t5ir lieu de v]tu1 qui n'en sont que l'ombre4 ,on a trop mis l'c>t le so9 de la sant1 les moy5s de la cons]v]1 les ex]cices du corps4 ,on a nglig ce qui reg>de les affaires les plus communes les plus ord9aires1 ce qui fait l'entreti5 de la vie1 le fondem5t de la ,socit civile4 ,la plup>t des jeunes g5s ne connoiss5t ni ce monde qu'ils habit5t1 ni la t]re qui les n\rrit1 ni les hommes qui f\rniss5t leurs beso9s1 ni les animaux qui les s]v5t1 ni les ouvri]s les artisans qu'ils emploi5t 2 ils n'ont mme l-dessus aucun pr9cipe de connoissance4 ,on ne pr(ite po9t de leur curiosit naturelle1 p\r l'augm5t]4 ,ils ne sav5t admir] ni les m]veilles de la nature1 ni les prodiges des ,arts4 ,a9si ce qu'on leur enseigne1 ce qu'on ne leur enseigne pas1 la mani]e de leur donn] des in/ructions de les en priv]1 t\t e/ m>qu du sceau de l'esprit ,mona/ique4 ,cet esprit qui n'a p\r b que d'ass]vir t\tes les facults de l'ame l'obs]vance d'une ,regle ,religieuse1 ne p\voit que donn] des bornes aux ,sci5ces1 mettre1 p\r a9si dire1 entre elles un mur de sp>ation4 ,ce n'e/ pas dans ces lieux1 o l'tude des ,sci5ces utiles au monde e/ purem5t accessoire1 qu'on p\voit song] que les vrits ont t\tes un rapport entre elles 2 qu'elles sont plus aises saisir lorsqu'on a des po9ts de jonction 2 qu'il toit ess5tiel de les rappro*] les unes des autres1 af9 de les mieux reconnotre1 puisque c'e/ ord9airem5t le c>act]e des erreurs1 d'tre isoles inconsqu5tes4 ,ce n'e/ pas d'une adm9i/ration des ,colleges1 semblable la pratique de la ,regle d'un ,ordre ,religieux1 qui oblige galem5t t\s les ,membres1 qu'on p\voit espr] de div]sifi] l'in/ruction1 de la r5dre quelquefois diffr5te1 selon les p]sonnes4 ,celui qui doit comm&] un j\r des ,armes1 ou qui e/ de/9 aux premi]es places de la ,magi/rature1 e/ lev comme le fils d'un ,major de ,milice ,b\rgeoise ou comme le fils d'un ,pratici5 de village4 ,je ne me pla9drois pas de ce que l'on donnt une bonne ducation aux petits comme aux gr&s4 ,je regrette de ce qu'on en donne une galem5t mauvaise t\s4 ,ce n'e/ donc qu'en n\s dlivrant de cet esprit ,monacal1 qui depuis plus de deux siecles emb>rasse les ,etats polics1 p> des entraves de t\te espece1 qu'on peut p>v5ir tablir une base d'ducation gnrale1 sur laquelle port5t t\tes les in/ructions p>ticuli]es4 ,cette base ne peut tre fonde que sur un sy/me li des connoissances huma9es1 comme l'a dit judicieusem5t1 il y a plus de qu9ze ans1 l',auteur des ,considrations sur les murs1 puisqu'il e/ indisp5sable que t\tes les p>ties de l'in/ruction t5d5t au mme b4 ,du nombre des ,colleges des ,etudians4 ,t\t se ti5t dans l'ordre moral1 comme dans l'ordre physique 2 l'ducation des ,p>ticuli]s celle des ,colleges1 sont relatives l'in/itution d'une ,nation1 la con/itution mme de l',etat4 ,e/-il ,militaire ou ,comm]ant 8 ,e/-ce une ,mon>*ie1 une ,rpublique1 une ,ari/ocratie1 un ,etat peupl ou dg>ni d'habitans 8 ,il e/ vid5t que t\te police gnrale1 t\te opration politique1 dp5d d'un calcul exact des diffr5tes pr(essions du ,cl]g1 de la ,noblesse1 du ,militaire1 des ,(fici]s de ,ju/ice1 des ,comm]ans1 des ,lab\reurs1 des ,artisans1 c4 ,p> exemple1 on dem&e s'il y a trop1 ou trop peu de ,colleges en ,france4 ,la rsolution de cette "q dp5d de savoir s'il y a assez de ,lab\reurs1 assez de ,soldats 2 s'il n'y a pas trop de ,pratici5s1 s'il y a trop ou trop peu d',ecclsia/iques1 de ,g5s de lettres 2 en un mot1 elle drive de la proportion qui regne ou qui doit regn] entre les diffr5tes pr(essions comb9es avec leur utilit leur ncessit4 ,sans entr] dans un dtail qui s]oit inutile ici1 en supposant la proportion qui p>ot fixe un c5time p\r le ,militaire1 p> l'expri5ce des siecles des ,nations1 je rponds qu'il n'y a pas assez de ,lab\reurs dans un ,pays o il y a des t]res en fri*e1 o l'tat1 assez ri*e p> lui-mme p\r export] ses productions naturelles1 importe s\v5t celles de l',etrang] qu'il p\rroit f\rnir4 ,l'excs n'e/ po9t cra9dre dans une pr(ession qui n\rrit les autres1 qui apporte cont9uellem5t des valeurs relles dans l',etat1 mais il e/ dang]eux dans t\tes celles qui ne crant aucune n\velle valeur1 viv5t p> celle qui les cre4 ,e/-il beso9 p\r l'in/ruction des ,peuples p\r le bi5 de la ,religion1 qu'il y ait au mo9s deux c5s c9quante mille ,prtres1 ou ,religieux ou ,religieuses dans le ,royaume 8 ,du temps du ,pape ,sa9t ,corneille1 il n'y avoit dans la ,ville de ,rome99 que qu>ante-six ,prtres1 en t\t c5t c9quante-quatre ,cl]cs1 quoiqu'il y eut un peuple innombrable 2 il y en a ma9t5ant plusieurs milli]s4 ,il n'y en avoit pas assez alors1 ou il y en a trop prs5tem5t4 ,le nombre des ,ecclsia/iques s'e/ prodigieusem5t accru dans t\s les ,pays ,ca?oliques4 ,quelles fonctions ont-ils donc auj\rd'hui qu'ils n'euss5t pas dans ces temps florissans de la ,religion 8 99 ,eusebe1 ,hi/4 ,eccles4 l4 #f4 *ap4 #dc4 ,fleury1 ,murs des ,*rti5s1 p4 #aib4 ,l'in/ruction des ,procs exige-t-elle ce nombre incroyable d',(fici]s de ,suppts de judicature1 qui dsol5t les ,habitans des ,villes des ,campagnes4 ,seyssel1 s\s ,l\is ,,xii1 comptoit en ,france plus d',(fici]s de ,ju/ice1 que dans t\s les ,royaumes de l',europe ensemble4 ,ce calcul toit sans d\te exagr 2 mais quel po9t ce nombre ne s'e/-il pas augm5t depuis 8 ,n'y a-t-il pas trop d',ecriva9s1 trop d',acadmies1 trop de ,colleges 8 ,autrefois il toit difficile d'tre savant1 faute de ,livres 3 ma9t5ant la multitude de ,livres emp*e de l'tre4 ,on peut dire1 comme ,tacite 3 ,ut mult>um r]um1 sic litt]>um intemp]antia laboramus4 ,il n'y a jamais eu tant d',etudians dans un ,royaume o t\t le monde se pla9t de la dpopulation le ,peuple mme veut tudi] 2 des ,lab\reurs1 des ,artisans envoi5t leurs enfans dans les ,colleges des petites ,villes1 o il en cote peu p\r vivre 2 qu& ils ont fait de mauvaises tudes qui ne leur ont appris qu' ddaign] la pr(ession de leurs p]es1 ils se jett5t dans les ,clotres1 dans l',etat ,ecclsia/ique 2 ils pr5n5t des ,(fices de ,ju/ice1 devi5n5t s\v5t des ,sujets nuisibles la ,socit4 ,multorum manibus eg5t res human1 paucorum capita sufficiunt4 ,les ,frres de la ,doctr9e ,*rti5ne1 qu'on appelle ,ignorant9s1 sont surv5us p\r a*ev] de t\t p]dre 2 ils appr5n5t lire crire des g5s qui n'euss5t d appr5dre qu' dess9] mani] le rabot la lime1 mais qui ne le veul5t plus faire4 ,ce sont les rivaux ou les successeurs des ,jsuites994 ,le bi5 de la ,socit dem&e que les connoissances du ,peuple ne s't5d5t pas plus lo9 que ses occupations4 ,t\t homme qui voit au-del de son tri/e mti]1 ne s'en acquitt]a jamais avec c\rage avec pati5ce4 ,p>mi les g5s du ,peuple il n'e/ presque ncessaire de savoir lire crire qu' ceux qui viv5t p> ces arts1 ou ceux que ces arts aid5t vivre4 99 ,depuis qu'ils sont tablis ,bre/ ,s4 ,malo1 on a pe9e tr\v] des ,m\sses ou de ces jeunes g>ons qui s]v5t dans un vaisseau1 qui sont de/9s tre ,matelots4 ,dans tr5te ans d'ici1 on dem&]a p\rquoi il manque des ,matelots dans les ,ports4 ,on sait que dans une bonne in/itution on ne doit pas multipli] l'espece des hommes qui viv5t aux dp5s des autres1 qu'il faut cont5ir ces pr(essions dans les bornes du ncessaire4 ,il semble que dans la pratique on ait adopt la maxime contraire4 ,bi5tt n\s n'aurons plus dans le ,peuple que de misrables ,artisans1 des ,milici5s des ,etudians4 ,a9si il e/ plus avantageux l',etat qu'il y ait peu de ,colleges1 p\rvu qu'ils soi5t bons1 que le c\rs des tudes y soit complet1 que d'en avoir beauc\p de mdiocres4 ,il vaut mieux qu'il y ait mo9s d',etudians1 p\rvu qu'ils soi5t mieux in/ruits 2 on les in/ruira plus facilem5t1 s'ils ne sont pas en si gr& nombre4 ,n\s vivons de sy/mes1 d'inconsqu5ces de lieux communs4 ,il faut1 dit-on1 faire le bi5 2 on n'en peut trop faire1 ni trop le multipli]4 ,les ,colleges sont utiles ncessaires1 il ne peut donc y avoir trop d',etudians4 ,il e/ ess5tiel d'appr5dre la ,religion1 il ne peut donc y avoir trop de ,c\v5s1 de ,congregations1 trop de ,retraites1 mme p\r des g5s de la ,campagne1 p\r des p]es des m]es de famille1 qu'il e/ contre le bon ordre de faire quitt] leur maison leur travail4 ,d'un autre ct1 le monde va-t-il mieux 8 la socit es-elle mieux rgle 8 la corruption n'e/-elle pas aussi gr&e aussi univ]selle 8 ,comm5t accord] ces maux qu'on ne peut se dissimul]1 avec les lieux communs qu'on ent5d t\s les j\rs sur les murs plus pures de nos p]es qui ne connoissoi5t presqu'aucune de ces in/itutions 8 ,d'autre "p1 on s\ti5t que les ,colleges ne sont ni bi5 dirigs1 ni bi5 conduits1 que les sci5ces y sont mal enseignes1 l'on ne peut gu]es s'emp*] d'en conv5ir 3 donc on doit supprim] les ,colleges ne po9t enseign] les sci5ces4 ,les ,livres1 dit-on1 sont le flau des enfans 3 on en conclut qu'ils n'en doiv5t lire aucun4 ,a9si s'tabliss5t les op9ions extrmes4 ,la vrit n'e/ jamais outre1 la raison n'exag]e po9t 2 mais il y a une inf9it de p]sonnes qui ne di/+u5t po9t la nuance des c\leurs 3 t\t e/ blanc ou noir p\r eux4 ,il e/ bi5 tonnant que la politesse les lumi]es du d]ni] siecle ai5t pu support] une ducation aussi in=me que la ntre1 en la critiquant sans cesse4 ,l'habitude qui conduit les hommes1 la r\t9e des corps1 une in/itution du seizieme siecle1 qui n'avoit jamais t r=me qui toit irr=mable p> pr9cipe1 je le repete1 des ides ,mona/iques en euss5t t]nis l'abus le vice4 ,ce que l'on fit dans les comm5cem5s p\r p]fectionn] l'ducation1 la r5dit un peu meilleure alors4 ,c'e/ prcism5t ce qui en a p]ptu les imp]fections les dfauts4 ,les ,jsuites toi5t conva9cus que le plan d'tudes 7,ratio /udiorum7 dress s\s ,aquaviva1 dans le seizieme siecle1 le foible opuscule de ,j\v5ci1 toi5t des *ef-d'uvres de littrature4 ,atta*s de vieux prjugs1 ils toi5t les d]ni]s les quitt]1 ils s'opposoi5t t\te r=mation 2 ils n'admettoi5t de ,livres que les leurs 2 ils n'ont comm5c adopt] le ,c>tsianisme1 que qu& les autres ont comm5c l'ab&onn]4 ,on sort plus aism5t des tnebres de l'ignorance1 que de la prsomption d'une fausse sci5ce4 ,la ,russie en dix ans a plus avanc dans la ,physique dans les sci5ces naturelles1 que d'autres ,nations n'aurai5t fait en c5t ans4 ,il suffit de voir les ,mmoires de l',acadmie de ,pet]sb\rg4 ,peut-tre que le ,portugal qui r=me entirem5t ses tudes1 avanc]a beauc\p plus que n\s proportion1 si n\s ne songeons pas srieusem5t r=m] les ntres4 ,dans les siecles d]ni]s t\te l'in/ruction toit t\rne v]s l'tude des ,langues 2 dans celui-ci la manie du bel-esprit s'e/ emp> de la ,nation1 a drang t\tes les pr(essions4 ,la socit e/ peut-tre dev5ue plus aimable p\r quelques ,p>ticuli]s 2 mais la socit gnrale1 l',etat y a p]du4 ,son intrt exige que t\tes les pr(essions soi5t ex]ces p> des hommes capables4 ,des malades ne s'emb>rass5t pas que les ordonnances de leurs ,mdec9s soi5t en pigrammes4 ,on *]*e un ,avocat qui sa*e les ,loix1 non un bel-esprit4 ,en un mot1 le bi5 de l',etat dem&e que *acun s'atta*e sa pr(ession 2 si les murs ne *ang5t pas1 bi5tt on ne pr(ess]a plus vritablem5t que les arts m*aniques4 ,le gt du bel esprit dev5u une mode1 a banni la sci5ce la vritable rudition1 laquelle on avoit tant d'obligation 2 sur le fonds de laquelle nos gr&s ,hommes s'toi5t =ms1 qui e/ de beauc\p trop nglige1 p\r ne pas dire mprise absolum5t4 ,il se peut faire qu'il y ait dans une ,nation des ,p>ticuli]s trs-habiles1 que le gros de la ,nation soit peu in/ruit4 ,ce sont les ,colleges comp>s1 qui m>qu5t la somme des lumi]es rp&ues dans les diffr5tes ttes des ,citoy5s 2 mais ce sont les ,mmoires des ,acadmies1 les bons ,livres qui dsign5t les lumi]es de la ,nation4 ,que l'on comp>e nos ,colleges1 dont les m?odes sont vicieuses1 avec ceux d',ox=t1 de ,cambrige1 de ,leyde1 de ,gott+ue1 qui ont des ,livres lm5taires mieux faits que les ntres 2 on v]ra qu'il e/ ncessaire qu'un ,allem& un ,anglois soi5t mieux in/ruits qu'un ,franois4 ,p> la mme raison il toit impossible qu'un ,roma9 bi5 lev1 qui se faonnoit dans la conv]sation dans la socit d'un homme respectable1 qui plaidoit des causes1 qui dev5oit ,edile1 ,prteur1 ,augure1 ,consul 2 qui prsidoit au ,snat comm&oit des ,armes1 ne ft pas un homme suprieur nos ,anglois nos ,franois1 p>ce que c'e/ l'expri5ce seule qui peut =m] les hommes4 ,mais qu& on mettra nos ,mmoires de l',acadmie des ,sci5ces1 en p>allele avec ceux de ,londres1 de ,leipsick1 c4 nos bons ,livres avec ceux des ,etrang]s1 on v]ra qu'un ,franois qui s]a mis de bonne heure sur les bonnes voies1 e/ aussi habile peut-tre mieux in/ruit qu'un autre 2 qu'il a plus d'ordre1 de m?ode de gt 2 c> il faut r5dre ju/ice la ,nation ,franoise 2 elle s]a t\t ce qu'elle v\dra tre1 ou t\t ce qu'on v\dra qu'elle soit4 ,elle a dans t\s les g5res des exemples des modeles oppos] ceux de l',antiquit4 ,elle a eu ses ,?mi/ocles1 ses ,miltiades ses ,p]icls1 ses ,demo/h5es1 ses ,sophocles ses ,ari/ophanes 2 elle les aura encore qu& on le v\dra srieusem5t4 ,c'e/ l',etat1 c'e/ la majeure p>tie de la ,nation qu'il faut pr9cipalem5t avoir en vue dans l'ducation 3 c> v+t millions d'hommes doiv5t tre plus considrs qu'un million1 les ,paysans qui ne sont pas encore un ,ordre en ,france1 comme en ,su$e1 ne doiv5t pas tre ngligs dans une ,in/itution 3 elle a galem5t p\r b que les ,lettres soi5t cultives1 que les t]res soi5t lab\res 2 que t\tes les ,sci5ces les ,arts utiles soi5t p]fectionnes1 que la ju/ice soit r5due1 que la ,religion soit enseigne 2 qu'il y ait des ,gnraux1 des ,magi/rats1 des ,ecclsia/iques in/ruits capables1 des ,arti/es1 des ,artisans habiles1 le t\t dans une proportion conv5able4 ,c'e/ au ,g\v]nem5t r5dre *aque ,citoy5 assez heureux dans son tat1 p\r qu'il ne soit pas =c d'en sortir4 ,p\r remplir ces diffr5s objets1 il n'e/ pas ncessaire que l',etat gne les ,p>ticuli]s ni la lib]t des ,citoy5s 2 il doit seulem5t prsid] t\t1 anim] t\t1 lev] les ob/acles1 donn] des facilits1 des enc\ragem5s une ,nation indu/rieuse 2 1 p\r dire ce que je p5se1 une ,nation comme la ntre 7je p>le du commun de la ,nation7 n'a beso9 que d'tre in/ruite4 ,n\s avons une inf9it de ,livres excell5s1 peu de ,livres classiques lm5taires4 ,qu'il en soit fait p\r les enfans p\r les ignorans1 qu'on laisse ensuite agir le gnie1 qu'on ne gne pas la lib]t des esprits1 qu'on inspire l'am\r de la patrie du bi5 public1 que les tal5s ne nuis5t pas ceux qui les poss$5t1 qu& ils n'en abus5t pas4 ,,ii y aura des ,savans en ,france1 qu& la ,sci5ce s]a honore1 qu'elle ne s]a pas t\te t\rne v]s un objet de p>ti1 de cabale d'intrigue1 comme n\s avons vu p5dant un siecle l',erudition ,ecclsia/ique rduite ce qu'on nommoit l'affaire du temps 2 ou1 p\r mieux dire1 celle du j\r4 ,il y aura des pr(essions qu& il y aura des appr5tissages rels1 que l'application les tal5s m5]ont la considration4 ,il e/ ais de voir que t\s ces gr&s objets ti5n5t la ,lgislation1 mais il e/ bon de les remettre s\s les yeux d'un ,g\v]nem5t sage prud5t1 p\r m>qu] t\te l't5due qu'on doit donn] une bonne ,in/itution4 ,ce s]oit ici le lieu d'exam9] quel ge on doit faire entr] les enfans dans les ,colleges 2 mais cela dp5d de l'ge o l'on doit les en faire sortir p\r comm5c] l'essai des diffr5tes pr(essions 3 c'e/ encore une portion de la ,lgislation qui mrit]oit d'tre appr(ondie4 ,e/-il conv5able que l'on s'inscrive dix ou d\ze ans dans des ,rolles de ,milices de t]re ou de m]1 uniquem5t p\r gagn] du tems obt5ir la rcomp5se d'un s]vice que l'on ne peut faire 8 ,c'e/ une inju/ice vid5te contre ceux qui s]v5t en effet4 ,les temps p\r la ,clricature p\r la ,magi/rature1 sont fixs p> les ,loix 2 il semble que l'on n'ait considr les appr5tissages que p> rapport ces pr(essions1 comme-si les autres n'en avoi5t pas galem5t beso94 ,je p5se que l'on p\rroit dt]m9] peu prs l'ge de dix ans p\r entr] dans les ,colleges1 celui de dix-sept ans p\r en sortir4 ,dix-sept ans accomplis e/ l'ge o les ,roma9s pr5oi5t la robe virile4 ,on ne p>le jamais de l'in/itution1 sans trait] la "q de l'ducation publique de l'ducation p>ticuli]e 2 mais si l'on avoit de bons ,plans d'tude des ,livres lm5taires1 peut-tre v]roit-on que celle-ci devi5droit aussi facile que l'autre1 en ce cas il n'y auroit pas de comp>aison faire4 ,le lait de la m]e vaut t\j\rs mieux p\r les enfans que celui des m]cnaires4 ,un homme de beauc\p d'esprit99 a dit que le plus gr& s]vice que les ,socits ,littraires puss5t r5dre aux ,lettres1 aux ,sci5ces aux ,arts1 toit de faire des m?odes de trac] des r\tes qui p>gnass5t du travail des erreurs1 qui conduisiss5t la vrit p> les voies les plus c\rtes les plus sres4 99 ,considrations sur les ,murs4 ,un jeune homme qui e/ sur les bonnes voies1 en saura plus v+t-c9q ans qu'un autre tr5te-c9q1 si celui-ci n'a pas t bi5 conduit4 ,les tudes sont trop longues trop difficiles1 p>ce qu'elles sont trop emb>rasses d'inutilits 2 cela e/ vid5t p\r les ,colleges 3 voil p\rquoi en tudiant beauc\p on sait si peu de *ose4 ,qu& on n'e/ pas dans le vrai *em91 plus on avance1 mo9s on arrive au t]me 3 un bon guide p>gn]ait bi5 des longueurs4 ,ce sont les inutilits les faussets qui sont longues prolixes4 ,le vrai a encore le mrite d'tre plus aism5t ent5du 2 c'e/ le faux qui e/ in9telligible4 ,il p>ot que p> rapport aux vues d'ducation1 il y a dans le ,public de l',europe mme1 une espece de f]m5tation qui doit naturellem5t faire de bons effets 2 elle en produira c]ta9em5t *ez n\s1 si elle e/ s\t5ue mnage1 si on ne se cont5te pas d'une spculation inutile1 si on n'oublie pas avant six mois ce qu'il faudroit mettre en pratique ds--pres5t4 ,il s'agit de savoir s'il e/ possible de tir] de nos ,colleges plus d'utilit que l'on n'en tiroit4 ,je crois qu'il e/ facile de pr\v] l'affirmative p> des raisons p> des exemples1 c'e/ l'objet que je me suis propos dans cet ,essai4 ,je n'entr]ai pas dans les dtails qui s]ai5t inf9is1 j'exhorte les ,matres lire t\s les bons ,livres sur l',education99 sur le *oix des tudes4 ,j'tablis les pr9cipes la =mule gnrale de l'ducation littraire1 les oprations pr9cipales de *aque ge 3 je m>que les bons ,livres lm5taires qui manqu5t la socit 2 les consqu5ces les dtails vi5dront s'y jo9dre d'eux-mmes4 99 ,locke1 l',abb ,fleury1 la ,diss]tation de l',abb ,gd\9 sur l'ducation 2 ,education des filles1 p> ,m4 de ,fnelon 2 le ,*apitre de ,montagne sur l'in/itution des enfans1 qui e/ admirable1 il e/ bi5 tonnant qu'tant connu de t\t le monde1 on n'en ait pas plus pr(it 3 c'e/ la malheureuse r\t9e qui en a t cause 2 l',abb de ,sa9t-,pi]re1 o il y a des *oses excell5tes sur les v]tus morales politiques 2 le ,disc\rs de ,m4 ,nicole sur l'ducation du ,pr9ce 2 ,cr\zas1 ,bacon1 ,milton1 uvres mles 2 ,dum>sais1 ,erasme1 le ,p4 ,lamy1 t\s gnralem5t sans exception4 ,quel e/ le meilleur plan d'tudes p\r l'ducation de la jeunesse quelle m?ode doit-on suivre p\r remplir ce plan 8 ,on voit qu'il ne s'agit po9t ici d'un trait enti] d'ducation1 qui dem&]oit des vues plus appr(ondies1 mais simplem5t du plan des tudes que l'on p\rroit sub/itu] celles des ,colleges4 ,je suppose dans t\t ce ,mmoire la di/9ction que l',abb ,fleury a tabli des connoissances ncessaires1 utiles agrables1 de celles qui sont le plus gnralem5t utiles1 suivant la diffr5ce des p]sonnes4 ,ces di/9ctions suffis5t1 p\rvu que l'on ait so9 de proportionn] les tudes la diffr5ce des ges1 d'en bi5 dsign] le b1 de ne pas confondre les moy5s avec la f91 les mots avec les *oses1 l'in/rum5t avec l'art mme 2 p\rvu que l'on m>que avec prcision1 en *aque g5re1 les bornes des connoissances au-del desquelles l'esprit huma9 ne peut atte9dre 2 c'e/ ce qui me p>ot le plus ess5tiel dans un plan d'ducation4 ,pr9cipes d'un ,plan d'tudes4 ,un plan e/ le desse9 d'un difice dans lequel il entre plusieurs p>ties1 qui doiv5t si correspondre =m] un ensemble4 ,un ,plan d'tudes p\r la jeunesse1 c'e/ l'ordre1 l'arrangem5t des in/ructions1 suivant lequel les connoissances qui prc$5t1 doiv5t s]vir acqurir celles qui suiv5t1 conc\rir t\tes au b aux vues qu'on s'e/ proposes4 ,il semble que cette m?ode ne devroit pas tre un gr& my/]e4 ,les pr9cipes p\r in/ruire les enfans doiv5t tre ceux p> lesquels la nature les in/ruit elle-mme4 ,la mature e/ le meilleur des matres4 ,il suffit donc d'obs]v] comm5t les premires connoissances entr5t dans l'esprit des enfans1 comm5t les hommes faits en acquir5t eux-mmes4 ,l'expri5ce1 contre laquelle on philosoph]oit en va91 appr5d que n\s n'apportons en naissant qu'une capacit vuide1 qui se remplit successivem5t 2 que p\r introduire des notions dans les esprits1 il n'y a d'autres passages ouv]ts1 que la s5sation la rflexion4 ,il p>ot c]ta9 que l'homme ne comm5ce avoir des connoissances1 que lorsqu'il comm5ce faire usage de ses s5s 2 sa premi]e s5sation e/ sa premi]e connoissance4 ,les enfans1 non plus que les p]sonnes avances en ge1 ne sont capables de rflexions1 qu'au moy5 des ides acquises 3 les ides ab/raites suppos5t dans l'esprit1 des connoissances avec lesquelles elles puiss5t se li] 2 on ne les appelle ab/raites1 que p>ce qu'elles sont tires des ides p>ticuli]es 2 elles doiv5t p> consqu5t en tre prcdes dans l'ordre de l'enseignem5t1 comme dans l'ordre de la nature4 ,v\s ne f]iez jamais compr5dre que le t\t e/ plus gr& que la p>tie une p]sonne qui n'auroit pas aup>avant une ide de la p>tie du t\t4 ,a9si le pr9cipe fondam5tal de t\te bonne m?ode1 e/ de comm5c] p> ce qui e/ s5sible1 p\r s'lev] p> degrs ce qui e/ intellectuel 2 p> ce qui e/ simple1 p\r p>v5ir ce qui e/ compos 2 de s'assur] des faits avant de re*]*] les causes4 ,le plus sr moy5 d'in/ruire les autres1 c'e/ de les conduire p> la r\te qu'on a d suivre p\r s'in/ruire soi-mme 3 or *acun peut connotre1 p> sa propre expri5ce1 que les ides sont plus faciles proportion qu'elles sont mo9s ab/raites qu'elles se rappro*5t davantage des s5s 2 elles ont encore l'avantage d'tre dt]m9es p> elles-mmes 3 les notions ab/raites au contraire sont vagues1 n'(fr5t ri5 de fixe l'essprit1 l'objet du ,philosophe doit tre de dt]m9] ses ides1 de les fix]4 ,c'e/ donc une regle inv>iable d'inculqu] p> des exemples s5sibles rxrs1 les connoissances p>ticuli]es dont les maximes gnrales les t]mes ab/raits suppos5t les impressions4 ,si l'on saisissoit les progrs des connoissances1 dit un homme qui en a bi5 dml l'orig9e 7l',abb de ,condillac71 elles se suivroi5t dans un tel ordre1 que ce que l'une aj\t]oit celle qui l'auroit immdiatem5t prcde1 s]oit trop simple p\r avoir beso9 de preuves4 ,de la sorte on arriv]oit aux plus compliques1 de celles-l on desc5droit sans pe9e aux plus simples 3 pe9e p\rroit-on les oubli]1 ou du mo9s si cela arrivoit1 la liaison qui s]oit entre elles1 donn]oit la facilit de les retr\v]4 ,p> ce moy51 cont9ue cet ,auteur1 on p>otroit plutt tr\v] des vrits n\velles1 que dmontr] celles qui sont dj tr\ves4 ,on ne conva9croit pas seulem5t les jeunes g5s1 on les clair]oit 2 on les mettroit en tat de se r5dre raison de t\s leurs progrs1 d'en faire p> eux-mmes 2 ils sauroi5t t\j\rs o ils sont1 d'o ils vi5n5t1 o ils vont 2 ils p\rroi5t jug] p> eux-mmes de la r\te que le guide leur trac]oit1 en pr5dre une plus sre1 s'ils tr\voi5t du dang] la suivre4 ,on doit autant tudi] p\r se =m] que p\r s'in/ruire4 ,comm5t e/-ce que les hommes se =m5t qu'ils acqui]5t des connoissances 8 ,c'e/ en voyant diffr5s objets 2 c'e/ en c\tant les g5s in/ruits1 en exprim5tant1 en rfl*issant 3 celui qui a plus vu1 plus obs]v1 plus rfle*i1 e/ le plus habile 2 celui qui on a montr de meilleurs modeles1 a le gt le plus sr 2 c'e/ l'avantage que c]ta9s enfans ont sur d'autres 3 il a pass s\s leurs yeux un plus gr& nombre d'objets 2 il y a plus de *oix dans ceux qu'on leur a montrs 2 ils ont de meilleurs modeles1 plus d'ides exemplaires4 ,un homme qui n'auroit vu que des tableaux de ,raphal du ,titi51 ne se cont5t]oit pas de pe9tres mdiocres4 ,il s'ensuit de ces obs]vations1 que t\te m?ode qui comm5ce p> des ides ab/raites1 n'e/ pas faite p\r les enfans1 qu'elle e/ contraire la nature de l'esprit huma9 3 cette seule rflexion bannit les ab/ractions de t\s les ,livres lm5taires de ,grammaire1 de ,rhtorique1 de ,philosophie de ,religion4 ,il s'agit de btir une maison1 on doit d'abord amass] des matriaux 3 il s'agit d'lev] l'difice des connoissances huma9es1 il faut avoir les ides p>ticuli]es qui compos5t cet difice 2 les faits1 les obs]vations1 les expri5ces en sont le fondem5t 3 c'e/ donc les assembl]1 se r5dre ces objets famili]s1 qu'on doit s'appliqu] dans les comm5cem5s4 ,que les enfans voi5t beauc\p d'objets1 qu'on les v>ie1 qu'on les montre s\s plusieurs faces div]ses reprises 2 on ne peut trop remplir leur mmoire leur imag9ation de faits d'ides utiles1 dont ils puiss5t faire usage dans le c\rs de la vie499 ,la v>it plat sur-t\t cet ge1 dit l',abb ,fleury 2 les enfans tudi5t puis volonti]s deux heures durant1 quatre mati]es diffr5tes1 qu'une seule p5dant une heure4 ,une tude s]t de div]tissem5t l'autre 2 plus elles sont div]ses1 mo9s il e/ cra9dre qu'elles se confond5t4 ,un autre gr& ,matre dans l'art d'enseign] 7s',graves&e7 dit dans le *apitre #cj de sa ,logique1 que ceux qui ont pris l'habitude de ne considr] qu'une sorte d'ides1 quelque habilet qu'ils puiss5t y avoir acquise1 raisonn5t presque t\j\rs mal sur d'autres objets 4 ,il aj\te1 que p\r acqurir de la flexibilit dans l'esprit de l't5due1 il faut s'tre appliqu plusieurs *oses diffr5tes entre elles4 99 ,segnius irritant animos demissa p] aures ,quam qu sunt oculis subjecta fidelibus444 ,t\t ce qu'on doit savoir1 n'e/ pas cont5u dans les ,livres 3 il y a mille *oses dont on peut s'in/ruire p> la conv]sation1 p> l'usage et la pratique 2 mais il n'y a que des esprits dj un peu =ms1 qui puiss5t pr(it] de cette in/ruction4 ,l'homme e/ fait p\r agir1 il n'tudie que p\r s'en r5dre capable4 ,l'esprit d'tude dans le monde1 s]oit oppos celui d'affaires 2 mais on ent5dra mal les affaires1 si on n'a pas tudi4 ,l'important e/ d'acqurir les gr&s pr9cipes des connoissances les plus ord9aires 3 l'expri5ce1 qui e/ la meilleure leon1 a*v]a le re/e4 ,si l'on n'a pas ces pr9cipes1 le seul conseil que l'on puisse pr5dre1 c'e/ de susp5dre son jugem5t 3 de t\s les prceptes de la ,philosophie1 c'e/ le plus univ]sel4 ,l'tude doit tre l'occupation de la jeunesse1 le dlassem5t du re/e de la vie p\r remplir utilem5t les int]valles de l'action4 ,le premi] ge n'e/ pas la saison des rcoltes1 c'e/ le tems de sem] de faire des provisions 3 l'objet des tudes n'e/ pas que les jeunes g5s1 au sortir de la premi]e ducation1 poss$5t les ides =mes de t\tes les ,sci5ces 3 ce s]oit un projet *imrique1 un beau rve 2 mais il se peut faire aism5t qu'ils ai5t une te9ture des pr9cipales1 qu'ils ai5t acquis un gr& nombre de matriaux de connoissances1 qu'ils ai5t l'art d'en acqurir 2 art ine/imable1 peut-tre suprieur aux connoissances mmes4 ,presque t\te notre ,philosophie notre ducation ne r\l5t que sur des mots 2 ce sont les *oses mme qu'il importe de connotre4 ,rev5ons au vrai au rel 2 c> en soi la vrit n'e/ autre *ose que ce qui e/1 ce qui exi/e1 dans notre esprit ce n'e/ que la connoissance des *oses exi/antes4 ,ce b e/ c]ta9em5t plus ju/e1 le *em9 p\r y arriv]1 e/ plus droit que le *em9 tortueux p> lequel les jeunes g5s n'arriv5t qu' la connoissance de mots ou d'ab/ractions4 ,le moy5 p\r russir1 e/ d'excit] leur curiosit1 d'aid] l'esprit le gnie1 de donn] du ressort leur ame 3 c'e/ ce que l'on ne f]a jamais p> des tudes ab/raites1 se*es ennuyeuses4 ,que ce que v\s leur prs5tez soit agrable 2 piquez leur curiosit 2 flattez leur am\r propre 2 entret5ez-les dans la gaiet qui e/ naturelle cet ge1 ne joignez pas aux tudes1 l'ide de labeur de pe9e 2 p>mi les connaissances *oisissez celles dont on peut tir] plus de consqu5ces utiles1 qui ont plus de rapport l'usage de la vie civile1 aux murs la v]tu 2 celles qui lv5t l'ame l'esprit 3 prfrez les oprations qui ont plusieurs utilits la fois 2 rptez appr(ondissez les mmes dans t\te la suite de l'ducation1 de sorte que depuis le comm5cem5t jusqu' la f9 ce ne soi5t que les mmes vrits1 les mmes *oses plus dveloppes4 ,l'expri5ce fait voir qu'on oublie1 au sortir du ,college1 presque t\t ce qu'on y a appris4 ,p\rquoi 8 ,c'e/ que les connoissances qu'on y a acquises ne sont po9t lies avec les notions communes 2 c'e/ que l'on ne reti5t bi5 que ce qui a t s\v5t rpt1 qu'il n'y a que la rptition des mmes ides qui puisse =m] des traces assez =tes p\r les cons]v] long-tems4 ,l'expri5ce fait voir galem5t qu'on n'oublie jamais ce qui e/ grav p5dant l'enfance dans les fibres dlicates du c]veau1 p> des actes frqu5s rxrs4 ,il n'y a po9t d'enfant qui ait oubli j\] aux c>tes4 ,c'e/ sur ces pr9cipes simples qu'e/ fond le ,plan que je propose4 ,t\te bonne m?ode doit port] sur la nature de l'esprit huma9 sur des faits inconte/ables4 ,un ,plan c\rt peut cont5ir plus de *oses qu'un ,plan allong 3 ce qu'il y a de plus long1 c'e/ l',hi/oire 2 encore p\rroit-on y faire beauc\p de retran*em5s4 ,t\tes les sci5ces ncessaires *aque homme peuv5t tre ress]res en peu de volumes4 ,une prcaution ncessaire1 c'e/ que l'on ne rejette pas1 comme on fait1 t\te la pe9e t\t le travail sur les enfans 2 c'e/ en quoi l'usage des ,colleges e/ le plus vicieux1 p>ce qu'il y a un trop gr& nombre d',eleves dans une seule classe4 ,c'e/ aux ,matres faire travaill] les enfans1 mais ils doiv5t se *>g] de ce qu'il y a de plus pnible 2 l',etat doit s\lag] les ,matres1 autant qu'il e/ possible1 en faisant compos] p> des g5s habiles des ,livres lm5taires classiques4 ,de l',education du premi] ge1 jusqu' environ dix ans4 ,les enfans n'ont po9t d'expri5ce1 p>ce qu'ils n'ont ri5 vu 2 ils n'ont po9t d'att5tion1 p>ce que la foiblesse de leurs organes ne rsi/]oit pas une t5sion s\t5ue sur le mme objet 2 ils n'ont pas de jugem5t1 p>ce qu'ils n'ont ni assez de matriaux dans l'esprit p\r les comp>]1 ni assez d'ex]cice de =ce p\r saisir les dtails sans lesquels t\te comp>aison manque de ju/esse4 ,ils ont des s5s qui sont les portes des connoissances 2 de la mmoire qui leur rappelle les *oses abs5tes qu'ils ont vues 2 ils ont de plus la facult de rfl*ir sur leurs s5sations1 sur le s5tim5t intrieur qui ne les ab&onne jamais1 non plus que les autres hommes1 sur les reprs5tations des uns des autres1 c'e/--dire1 sur leurs ides4 ,il ne s'agit que d'employ] ces facults p\r fix] leur att5tion1 p\r p]fectionn] leur jugem5t1 leur procur] l'expri5ce qui manque cet ge4 ,j'av\e qu'aprs l'ef=t inconcevable qu'ont fait les enfans p\r appr5dre p>l]1 ce qui me p>ot le plus difficile dans t\te l'ducation1 c'e/ de leur appr5dre lire4 ,j'ai pe9e compr5dre comm5t on y p>vi5t1 sur-t\t p> la m?ode qu'on emploie p\r les in/ruire4 ,si l'on fait att5tion aux diffr5tes comb9aisons1 la multiplicit des oprations que cette tude exige1 la quantit de sons inutiles ou impropres qu'on leur fait articul] 3 on convi5dra que ce n'e/ pas une *ose aise1 quoiqu'elle soit commune1 qu'il faut ncessairem5t ou que ce soit presque l'effet d'une r\t9e m*anique1 ou que leur esprit soit dj capable d'une inf9it de comb9aisons1 lorsqu'il s'applique des objets s5sibles4 ,ce qui port]oit suppos] cette capacit dans les enfans1 c'e/ le peu d'ef=t avec lequel ils appr5n5t des jeux qui exig5t des comb9aisons assez f9es4 ,mais d'un autre ct on peut dem&] si cette facilit ne vi5droit pas plutt de ce qu'ils ont les ides p>ticuli]es de la *ose qu'ils font1 qu'ils font avec plaisir4 ,je rem>que que t\t ce que fait la nature1 quelque compliqu qu'il soit1 elle le fait aism5t 2 ds que l'art survi5t1 la difficult nat 2 l'art e/ long pnible4 ,appr5dre p>l]1 appr5dre une langue p> l'usage1 cela se fait naturellem5t facilem5t 3 appr5dre lire1 appr5dre une langue p> regles p> art1 c'e/ l'occupation de plusieurs annes4 ,a9si ce s]oit une mati]e digne de la re*]*e des bons ,citoy5s de l'att5tion des ,g\v]nem5s que de fix] une fois la m?ode la plus simple d'enseign] lire d'enseign] les langues4 ,ce s]oit p>gn] beauc\p de pe9e aux enfans1 d'emb>ras aux p]es aux matres 2 ce s]ait mnag] bi5 du temps p\r l'acquisition des connoissances relles4 ,je crois1 d'aprs plusieurs expri5ces rxres1 que le ,bureau ,typographique e/ sans comp>aison ce qu'il y a de mieux p\r la lecture4 ,mais je suppose qu'un enfant sa*e dj lire crire 2 qu'il sa*e mme dess9]1 ce que je reg>de comme ncessaire1 je dis que les premi]s objets dont on doit l'occup] depuis c9q ou six ans jusqu' dix1 sont l',hi/oire1 la ,gographie1 l',hi/oire naturelle1 des ,rcrations physiques ma?matiques 2 connoissances qui sont sa porte p>ce qu'elles tomb5t s\s les s5s1 p>ce qu'elles sont les plus agrables1 p> consqu5t les plus propices occup] l'enfance4 ,s'il e/ vrai que ces objets soi5t la base les matriaux de nos ides1 le fondem5t de la vie civile1 de t\tes les sci5ces de t\s les arts sans exception1 il e/ vid5t que c'e/ p>-l qu'on doit comm5c] l'in/ruction4 ,de l',hi/oire499 99 ,m4 ,r\sseau exclut les hi/oires de l'in/ruction des enfans4 ,e/-il ncessaire de dire ici que les ,hi/oires sont la porte des enfans1 de pr\v] dans le dix-huitime siecle une vrit connue il y a deux mille ans4 ,mais l'esprit de p>adoxe sait t\t rduire en problme 3 s\s prtexte de procur] aux enfans une expri5ce qui leur soit propre1 on prt5d les priv] du sec\rs de l'expri5ce d'autrui1 comme s'il toit impossible d'alli] l'une avec l'autre4 ,on veut qu'ils n'ai5t pas d'autre cole que le monde 2 on leur df5d de voir le monde 3 on veut qu'ils n'appr5n5t leur *em91 qu'en s'g>ant4 ,le mal qu'il y a dans ces in/ructions1 n'e/ pas qu'elles soi5t t\tes fausses 2 c'e/ au contraire dans le mlange du vrai1 que rside l'inconvni5t4 ,p]sonne ne peut ni] ce pr9cipe inconte/able1 qui n'e/ pas n\veau1 c'e/ que la premi]e in/ruction doit comm5c] p> les *oses s5sibles1 p> des faits1 p> ce que l'on voit1 ce que l'on t\*e1 ce que l'on pese1 ce que l'on mesure1 ce que l'on dpe9t1 ce que l'on dcrit4 ,ce sont les faits de la nature1 ceux de l'art ceux des hommes 3 je p>l]ai dans un mom5t des premi]s 2 je n'envisage ma9t5ant que les faits des hommes1 ou ceux de l',hi/oire4 ,le spectacle de ce qui s'e/ pass dans le monde1 n'e/ autre1 la rigueur1 que la reprs5tation de ce qui se passe t\s les j\rs dans la place publique 2 les enfans peuv5t voir l'un aussi bi5 que l'autre1 si l'on sait dirig] leur vue 3 il n'e/ pas beso9 d'une plus gr&e cont5tion d'esprit4 ,on sait qu'ils aim5t avec passion les ,contes les ,hi/oires 2 p\rquoi les svr] enti]em5t d'un plaisir auquel ils sont si s5sibles 8 ,on ne sait que mettre entre les ma9s des p]es1 des m]es1 des g\v]nantes1 p\r les in/ruire un c]ta9 ge1 ou p\r ne les pas gt] 3 on leur lit des ,contes de ,fes 2 on leur en fait d'effrayans qui ont quelquefois des suites p\r t\te la vie 3 p\rquoi ne pas *]*] les in/ruire en les amusant 8 ,si la plup>t des ,hi/oires sont au-dessus de leur capacit1 e/-ce une raison p\r ne les pas mettre leur porte 8 ,ce s]oit la faute des ,ecriva9s4 ,l'enfant qui ent5dra le ,petit ,p\cet1 la ,b>be bleue1 peut ent5dre l',hi/oire de ,romulus de ,clovis4 ,ils sav5t1 aussi bi5 que les hommes avancs en ge1 qu'on ne doit faire de mal p]sonne 2 qu'on n'en doit pas faire au public qui e/ compos de plusieurs p]sonnes 2 que les m*ans1 c'e/--dire1 ceux qui font du mal1 sont dignes de l'excration publique4 ,ces maximes t\tes simples suffis5t p\r ent5dre presque t\tes les ,hi/oires p\r en jug]4 ,une autre raison dcisive p\r en occup] les enfans1 e/ que si on les laisse jusqu' un c]ta9 ge sans en ent5dre p>l]1 ils ne p\rront plus dans la suite en appr5dre1 ni en ret5ir aucune 3 la *ose devi5droit physiquem5t impossible4 ,ils se tr\v]oi5t l'g>d de t\te ,hi/oire1 dans le cas o n\s sommes p> rapport celles de la ,*9e du ,japon1 qu'on a tant de pe9e imprim] dans la mmoire1 p>ce que les noms des hommes1 des villes1 des fleuves n'ont jamais frapp nos oreilles4 ,ils se tr\v]oi5t dans le cas o sont la plup>t des femmes qui se plaign5t de leur mmoire1 p>ce qu'ayant peu lu dans l'enfance1 les traces que font des objets t\s n\veaux1 s'effac5t presque dans l'in/ant4 ,qu'on essaie de faire ret5ir un jeune homme de la campagne1 la suite des ,rois depuis ,franois ,i1 l'on v]ra ce que l'on doit p5s] de la proposition que je combats4 ,il faut donc se rs\dre lire de l',hi/oire aux enfans1 ou la leur laiss] ignor] p5dant t\te la vie4 ,il y a mme des contes des rcits d'av5tures fabuleuses1 je ne les exclurois pas1 s'ils ne donnoi5t pas des ides d'tres ou de v]tus imag9aires4 ,les ,romans nuis5t en ce qu'ils ne dcriv5t que les foiblesses de l'humanit1 ou en ce qu'ils peign5t les hommes tels qu'ils ne sont pas4 ,on v]roit mal1 si les yeux toi5t faits comme des ,microscopes4 ,ces n>rations fausses augm5t5t1 dim9u5t1 ou affoibliss5t la nature4 ,presque t\s les tableaux de ,roman ne sont po9t de gr&eur naturelle4 ,mais laissons les p>adoxes mtaphysiques1 ne craignons po9t de leur prfr] des maximes enseignes p> t\s les ,philosophes de l'univ]s1 adoptes p> t\s les hommes d',etat1 consacres p> la pratique de t\tes les ,nations polices 2 t*ons seulem5t de r5dre les ,hi/oires utiles aux enfans1 d'indiqu] ce qu'elles doiv5t cont5ir4 ,je v\drois que l'on compost1 p\r leur usage1 des ,hi/oires de t\tes ,nations1 de t\t siecle1 sur-t\t des siecles d]ni]s 2 que celles-ci fuss5t plus dtailles 2 que mme on les leur ft lire avant celles des siecles plus reculs 2 qu'on crivt des vies d',hommes illu/res dans t\s les g5res1 dans t\tes les conditions dans t\tes les pr(essions 2 de ,hros1 de ,savans1 de femmes d'enfans clebres1 c4 qu'on leur ft des pe9tures vives des gr&s vnem5s1 des exemples mmorables de vice ou de v]tu1 de malheur ou de prosprit1 c4 ,il faudroit que l'in/ruction ft t\te faite dans ces livres 2 qu'on n'y laisst presque ri5 aj\t] au ,matre1 qu'il n'et1 p\r a9si dire1 qu' lire int]rog]4 ,je desir]ois qu' la suite de *aque ,hi/oire1 on plat des que/ions p\r voir ce que l'enfant auroit ret5u1 p\r le r$ress]1 s'il avoit mal ent5du1 ou s'il ne s'tait pas atta* au plus ess5tiel4 ,c'e/ la m?ode du judicieux ,abb ,fleury1 dans son ,cat*isme hi/orique 3 il en pr\ve l'utilit dans une ,prface trs-philosophique1 qu'on lit peu1 p>ce qu'on ne lit gu]es les ,prfaces1 sur-t\t celle d'un ,cat*isme4 ,ces ,livres ces ,hi/oires s]viroi5t en mme-tems =m] le coeur l'esprit des enfans1 on p\rroit y faire entr] une morale99 enti]e leur porte1 non en tablissant1 p> des pr9cipes ab/raits1 les regles du ju/e de l'inju/e 2 mais en excitant ce s5tim5t qui e/ assez vif *ez eux1 qui le s]oit galem5t *ez t\s les hommes1 s'il n'toit pas t\ff p> le prjug p> l'intrt4 99 ,on peut faire ensorte1 comme dit ,nicole1 qu'ils sa*5t t\te la morale1 sans savoir presque qu'il y a une morale1 ni qu'on ait eu desse9 de les en in/ruire 2 ensorte que lorsqu'ils l'appr5dront dans le c\rs de leurs tudes1 ils s'tonn5t de savoir p> avance beauc\p plus qu'on n'y enseigne4 ,on p\rroit a9si les acc\tum] de bonne heure jug] les hommes les actions 3 on leur inspir]oit l'humanit1 la gnrosit1 la bi5faisance1 soit p> l'loge des hommes gnreux bi5sance1 soit p> la comp>aison des gr&s exemples1 de v]tus ou de vices1 de ,cic]on de ,catil9a1 de ,n]on de ,titus1 de ,sully du ,m>*al d',ancre4 ,des que/ions simples des rponses c\rtes indiqu]oi5t le *em9 2 leur esprit s'ouvriroit ins5siblem5t1 se =m]oit sans ef=t gt] ce qui e/ bi51 dte/] ce qui e/ mal 3 ils appr5droi5t p> leurs exemples mme1 p> les jugem5s qu'on leur f]oit port] sur leurs qu]elles p>ticuli]es1 sur leurs actions1 qu'il ne faut pas faire autrui ce qu'on ne v\droit pas qui n\s ft fait 2 que l'on n'e/ vritablem5t gr& que p\r le bi5 que l'on fait aux hommes 2 qu'il faut faire autrui t\t le bi5 que l'on peut faire4 ,la morale des enfans1 mme celle des hommes faits1 se rduit presque ces deux po9ts499 99 ,on tr\v]a sur les v]tus morales politiques1 des *oses excell5tes dans l',abb ,fleury1 *oix des tudes 2 dans la ,cyropdie de ,xnophon1 dans ,plut>que1 dans les ouvrages de l',abb de ,sa9t-,pi]re1 dans ,nicole1 dans ,locke1 ducation des enfans1 dans le ,se?os de l',abb ,t]rasson1 qui n'a pas trop russi1 quoiqu'il y ait des *oses admirables p\r la morale1 p>ce qu'il n'y a que du jugem5t1 de la physique de l'rudition1 qu'il faut de l'imag9ation p\r faire un ,roman4 ,combi5 l'mulation des enfans ne s]oit-elle pas excite p> la lecture des vies d'enfans clebres 8 ,il e/ tonnant que depuis ,baillet1 qui en a fait un ,livre exprs1 on n'ait pas suivi cette ide p\r leur inspir] l'am\r si prcieux de la di/9ction4 ,on a dit qu'il falloit prfr] dans les tudes celles qui sont plus utiles1 celles dont on peut tir] plus de consqu5ces p\r les murs1 p\r la conduite de la vie1 p\r les affaires publiques p>ticuli]es 3 or il n'e/ pas d\teux que les ,hi/oires mod]nes r5f]m5t cet g>d plus d'utilits que les ,hi/oires anci5nes 2 celles de l',europe1 plus que les ,hi/oires de l',egypte de la ,*9e 2 les ,hi/oires du pays1 plus que les trang]es 3 c'e/ l'avis du savant ,grotius qui avoit employ un temps considrable l'tude de l'antiquit991 c'e/ celui de t\s les g5s s5ss4 99 ,9 univ]sum non incip]e ab antiquissimis1 s$ ab 8 qu no/ris temporibus no/rque notiti propis cohr5t1 ac paulatim de9de 9 remotiora eniti1 magis re arbitror4 ,ep4 ,hug4 ,grotii ad ,maur]ium4 ,un homme1 de gt p\rroit extraire des ,livres des ,antiquits ,egypti5nes1 ,grecques1 ,etrusques ,roma9es1 des ,monum5s de la ,mon>*ie ,franoise1 du ,livre des ,crmonies religieuses1 des ,livres de ,mdailles1 de ceux qui trait5t des murs des ,nations en gnral en p>ticuli]1 du ,dictionnaire de la ,bible1 t\t ce qui mrit]oit d'tre ret5u 3 on montr]oit le plan des ,villes clebres1 des ,ports1 des plus beaux difices 2 quelques ouvrages des meilleurs ,pe9tres1 si cela toit possible 2 des e/ampes 3 enf9 on recueill]oit p>mi les monum5s anci5s mod]nes1 ce qu'il y a de plus curieux 2 on p\rroit y jo9dre une description trs-simple4 ,ces ,hi/oires ces ,recueils1 p\r tre utiles1 devroi5t tre composs p> des ,philosophes4 ,ce n'e/ pas rabaiss] la ,philosophie1 que de lui faire p>l] le langage des enfans 2 c'e/ en faire l'usage le plus digne d'elle 3 quoi e/-elle bonne1 si ce n'e/ =m] le jugem5t de t\s les ges 8 ,plus il y auroit de volumes d',hi/oires bi5 faites1 plus la socit les familles s]oi5t in/ruites1 plus les tudes s]oi5t prp>es 2 elles s]viroi5t aux m]es1 aux enfans t\tes les gnrations4 ,du* en fit p\r ,sa9t-,cyr1 dans le siecle d]ni] 2 l',abb de ,*oisy1 p\r ,madame la ,du*esse de ,b\rgogne 3 elles sont agrables 2 mais ces ,ecriva9s1 comme plusieurs du siecle pass1 avoi5t peu de philosophie dans la tte4 ,je suppose donc quelques volumes de p>eilles ,hi/oires composes p> des ,philosophes4 ,on les f]oit lire aux enfans1 p\r appr5dre bi5 lire4 ,ils rpondroi5t aux que/ions qui y s]oi5t cont5ues1 p>-l ils s'acc\tum]oi5t jug]4 ,on leur f]oit racont] ces mmes ,hi/oires1 p\r leur appr5dre p>l]4 ,ce ne sont-l que les matriaux de l',hi/oire 3 on rs]v]oit p\r le second ge l'arrangem5t des faits p> la ,*ronologie1 la suite des ,empires1 les pr9cipes qui s]v5t de fondem5t la c]titude hi/orique1 les usages innombrables de l',hi/oire4 ,de la ,gographie4 ,la ,gographie ne doit jamais tre sp>e de l',hi/oire 3 c'e/ l'affaire des yeux de la mmoire1 p> consqu5t une tude faite p\r les enfans4 ,mais il faudroit une ,gographie leur porte1 qui sans entr] dans un dtail sec ennuyeux 7comme la ,gographie de ,l5glet71 les ft voyag] agrablem5t dans les diffr5tes contres1 rem>quant ce qu'il y a de pr9cipal de curieux1 les faits les plus frappans1 la patrie des gr&s hommes1 les batailles clebres1 t\t ce qu'il y a de plus rem>quable1 soit p\r les murs les c\tumes1 soit p\r les productions naturelles1 p\r les arts ou p\r le comm]ce4 ,on se s]viroit du ,recueil des voyages de t\s les ,livres qui ont t faits jusqu'ici 3 ce travail ne s]oit ni long1 ni pnible4 ,lorsque les enfans s]oi5t plus avancs1 on leur f]oit faire un second un troisieme voyage de ,gographie hi/orique1 politique1 physique ma?matique1 comme on le dira dans la suite4 ,de l',hi/oire naturelle des ,rcrations physiques ma?matiques4 ,une autre tude spcialem5t propre aux enfans1 e/ l',hi/oire naturelle les ,rcrations physiques ma?matiques4 ,l',hi/oire naturelle ne dem&e cet ge que des yeux1 de l'ex]cice de la mmoire 3 c'e/ une des plus utiles connoissances qu'ils puiss5t acqurir1 tant un des fondem5s de l',economie1 de la ,mdec9e1 du ,comm]ce de la politique mme 2 elle e/ aussi une des plus agrables1 des plus faciles4 ,il ne s'agit po9t encore de raisonn] ni de dc\vrir des rapports des causes 3 il ne faut cet ge que voir beauc\p revoir s\v5t1 comme l'a dit un gr& ,matre4 ,qu'ils voi5t sans desse91 mme sans explication les productions div]ses1 les *antillons de t\t ce qui compose la t]re 3 on doit les famili>is] avec t\s ces objets1 dont le commun des hommes j\it sans les connotre1 qui se tr\v5t si s\v5t dans l'usage de la vie4 ,le pr9cipal e/ de montr] d'abord les diffr5s objets1 de l',hi/oire naturelle1 tels qu'ils p>oiss5t aux yeux 2 la figure1 avec une description prcise exacte1 suffit4 ,on p\rroit r5dre les descriptions mo9s se*es plus agrables1 en y mlant quelques faits1 de la vie des murs des animaux1 de la culture de l'usage des plantes1 de la proprit de l'emploi des m9raux 3 mais dans cette p>tie1 on doit tre sobre1 vit] le trop gr& dtail1 sur-t\t c>t] le fabuleux1 que les ,naturalises y ont ml trop s\v5t4 ,p\r les conduire d'abord dans cette imm5sit d'objets1 il ne doit po9t tre "q de m?odes savantes1 qui ne s]viroi5t qu' apport] de la confusion 3 il suffit de s'en t5ir cette premi]e gr&e division des trois regnes1 l'animal1 le vgtal le m9ral4 ,p\r les dtaill]1 on suivra la maxime dj pose plusieurs fois1 de s'atta*] aux objets qui ont plus de rapport avec n\s1 qui sont les plus ncessaires les plus utiles4 ,on donn]a la prfr5ce aux animaux dome/iques sur les sauvages1 aux animaux du pays sur les trang]s4 ,dans les plantes1 on prfr]a celles qui s]v5t p\r les alim5s p\r les rem$es4 ,les enfans p>vi5droi5t ins5siblem5t di/+u] les p>ties d'un animal1 des oiseaux1 des poissons1 des insectes 2 savoir comm5t t\s ces corps vivans croiss5t1 se n\rriss5t se cons]v5t 3 mais il s]oit ess5tiel que l'in/ruction n'allt po9t alors au-del de ce dont ils p\rroi5t jug] p> la vue p> le tact4 ,il en s]oit de mme p\r les fossiles1 les m9raux1 les mtaux1 les pi]res les diffr5tes sub/ances que la t]re r5f]me4 ,on les montr]a de suite1 la figure d'un ct1 la description de l'autre 3 qu& on p\rra y jo9dre les objets mmes1 l'image s]a plus nette plus vive1 l'impression plus durable4 ,s'ils sont prs5ts avec ordre aux enfans1 ils se plac]ont naturellem5t dans leur tte1 suivant l'ordre mme dans lequel ils en auront acquis la connoissance4 ,on leur nomm]a en mme tems les ,hommes fameux1 tant anci5s que mod]nes1 qui ont fait des dc\v]tes dans les ,sci5ces relatives ces objets1 qui1 p> des travaux s\v5t imm5ses1 les ont p]fectionnes4 ,r5dre un ju/e hommage aux tal5s1 c'e/ faire honneur l'humanit 2 ce s]oit inspir] aux enfans de la vnration p\r les bi5faiteurs des ,nations 2 une l\able curiosit s'emp>]oit de leurs esprits 2 peut-tre f]oit-elle natre un j\r l'mulation d'gal] de surpass] ceux qui leur auroi5t d'abord s]vi de guides4 ,ce spectacle1 quoiqu'bau*1 leur lev]a l'ame1 f]a crotre leurs ides4 ,il vi5dra un tems o1 aprs avoir vu revu plusieurs fois les objets1 ils comm5c]ont se les reprs5t] en gros1 s'en faire eux-mmes des divisions 3 le gt de la ,sci5ce natra1 il p\rra tre aid alors p> des m?odes p> des rflexions 2 mais il faut t\j\rs comm5c] p> des faits p> des descriptions qui sont elles-mmes des faits4 ,le ,desse9 s]viroit t\s ces usages1 p>ce que les enfans se font un plaisir de copi] ce qu'ils voi5t4 ,des ,obs]vations physiques1 a/ronomiques 2 des ,expri5ces des ,m*aniques4 ,s\s le titre de ,rcrations physiques1 je compr5ds les obs]vations1 les expri5ces1 les faits de la nature les plus simples1 les plus frappans1 les plus faciles ret5ir4 ,je dois prv5ir ici une objection facile faire1 plus facile encore t\rn] en plaisant]ie4 ,on dira peut-tre que p\r facilit] l'tude des enfans1 je veux qu'ils appr5n5t l',hi/oire naturelle1 la ,physique1 les ,arts l',a/ronomie4 ,je rponds que l'objection ne p\rroit tre faite que p> des p]sonnes qui n'auroi5t aucune te9ture de ces sci5ces 2 elle s]oit fonde1 si je prt5dois qu'on =mt cet ge des ,physici5s1 des ,a/ronomes des ,m*anici5s 2 mais ce n'e/ pas ce que je propose 2 je pr5ds p\r exemple l',hi/oire naturelle1 je dis p\r appr5dre cette sci5ce1 il faut d'abord di/+u] les objets1 les appell] p> leur nom1 les reconnotre p> la =me1 la gr&eur1 le poids1 les c\leurs1 c4 ,c'e/-l une premi]e opration ncessaire1 mais qui ne suffit pas p\r =m] un ,naturali/e4 ,p\r possd] cette sci5ce1 il faut non-seulem5t connotre les qualits s5sibles1 mais t\t ce qui a rapport la naissance1 la production1 l'accroissem5t1 au dveloppem5t1 aux usages de *aque objet en p>ticuli]1 son hi/oire raisonne1 en un mot t\t ce que des doctes ,acadmici5s rassembl5t dans leur savante ,hi/oire naturelle4 ,il en e/ peu prs de mme dans les ,arts1 dans la ,physique1 dans l',a/ronomie1 c4 ,je convi5s que des enfans ne sont po9t en tat de compr5dre les secondes oprations1 ni les raisonnem5s qu'elles exig5t 2 mais je s\ti5s que t\te p]sonne qui a des s5s1 e/ capable des premi]es1 puisqu'elles ne consi/5t qu' di/+u] les objets leurs diffr5tes p>ties1 les pes]1 les mesur]1 rem>qu] leurs c\leurs1 dess9] leurs cont\rs 3 t\t ce qui ne dem&e que des yeux1 des ma9s un trs-simple calcul1 n'e/ po9t au-dessus de la porte de l'ge le plus t5dre4 ,on ne prt5d po9t dmontr] des enfans la divisibilit de la mati]e l'inf9i 2 mais un enfant de sept ans peut app]cevoir qu'un gra9 de c>m9 te9t s5siblem5t dix p9tes d'eau1 que p> consqu5t il peut tre divis en autant de p>ticules1 qu'il y a de petites g\ttes de liqueur4 ,qu'un gra9 d'or mis en feuilles1 peut c\vrir une surface de #ej p\ces qu>rs 2 que *aque feuille d'un p\ce qu>r1 peut se c\p] en deux c5s petites b&es1 *aque petite b&e en deux c5s plus petites 2 de sorte que *aque feuille a9si divise1 conti5t des p>ties presque innombrables4 ,qu'une feuille d'or c\vrant un cyl9dre d'arg5t1 peut tre applatie1 alonge mise en un fil de #ddd lieues4 ,on dc\vre dans les liqueurs1 des animaux qu'on dmontre gomtriquem5t tre #bg millions plus petits qu'un ciron 2 ces animaux ont des ve9es1 des muscles1 c4 1 ce qui e/ plus petit encore1 des liqueurs qui y circul5t qui en entreti5n5t le jeu4 7,hi/4 de l',acad4 des ,sci5ces1 #agah1 p4 #i47 ,on ne dem&e pas que la ,m*anique soit enseigne aux enfans 2 mais on ne sauroit les acc\tum] de trop bonne heure voir les ma*9es simples qui produis5t facilit5t le m\vem5t1 rem>qu] les effets s5sibles du levi]1 des r\es1 des p\lies1 de la vis1 du co9 des balances4 ,les femmes consid]5t des ciseaux p> leur mati]e comme un bij\ 2 les ouvri]es1 comme un outil p\r c\p] 3 y auroit-il de l'inconvni5t que l'on ft considr] cet in/rum5t aux enfans1 comme tant compos de deux levi]s runis p> un cl\ qui leur s]t de po9t d'appui1 les deux bran*es tran*antes en d$ans1 comme deux co9s propres divis]1 lorsqu'ils pr\v5t l'action des levi]s 8 ,qu'on leur ft rem>qu] que plus le po9t d'appui e/ loign de la puissance qui donne le m\vem5t1 plus la =ce e/ gr&e1 c4 ,il y a un livre assez imp>fait1 intitul1 ,description abrge des pr9cipaux ,arts ,mti]s1 des in/rum5s qui leur sont propres1 le t\t dtaill p> figures4 ,l'acadmie fait imprim] la description des ,arts 3 c'e/ un des plus beaux monum5s que la gnration prs5te puisse laiss] la po/rit4 ,e/-il au-dessus de la porte des enfans1 de feuillet] ces ,livres1 d'en dess9] quelques figures 8 ,s]oit-il impossible d'avoir dans un ,college une salle o l'on mt des modeles de ma*9es en bois ou en f] 8 ,s'il y avoit dans cette salle des armoires g>nies1 de quelques morceaux d',hi/oire naturelle1 ne dem&]oi5t-ils pas avec empressem5t les voir 6 ,ils se prom5]oi5t1 ils agiroi5t acqu]roi5t en mme temps des connoissances4 ,on ne prt5d po9t appr5dre l',a/ronomie des enfans 2 mais s]oit-il inutile de leur dire1 p> exemple1 que le soleil e/ environ #cd ou #ce millions de lieues de la t]re 2 qu'il faudrait v+t-c9q ans un b\let de canon p\r y p>v5ir 8 ,que le diametre du c]cle que n\s p>c\rons en un an aut\r du soleil e/ d\ble1 ou de #gj millions de lieues4 ,que l'loignem5t des toiles e/ incomp>ablem5t plus gr&4 ,qu'en supposant gale au ,soleil l'toile ,sirius1 l'une des plus gr&es1 des plus clatantes1 vraisemblablem5t la plus pro*e1 il faudroit un b\let de canon1 p\r y p>v5ir1 #bg #bh millions de fois #be ans4 ,que l'on compte avec les yeux un peu plus de #ajbb toiles 2 mais qu'avec le tlescope on en dc\vre dix v+t fois davantage1 dont *acune e/ vraisemblablem5t aussi loigne de l'autre1 que le ,sirius l'e/ de n\s4 ,que la t]re dans son m\vem5t j\rnali] aut\r du ,soleil1 fait plus de six c5s mille lieues en une heure1 quatre c5s seize en une m9ute 2 qu'un b\let de canon ne p\rroit faire que deux mille six c5s lieues en v+t-quatre heures 2 qu'a9si la t]re va c5t c9quante fois plus vite qu'un b\let de canon4 ,encore une fois je dem&e s'il y auroit de l'inconvni5t frapp] d'admiration d'tonnem5t l'esprit des enfans p> ces inf9im5t gr&s ces inf9im5t petits4 ,quelle ide n'en rsult]oit-il pas de l',etre qui a produit t\tes *oses 8 faudroit-il leur dem&]1 quelque ge qu'ils fuss5t p>v5us1 ,quis e/ qui creavit hc 8 ,s]oit-il ncessaire aprs ces connoissances inculques de lo91 de les prp>] compr5dre la pesanteur de l'air1 son ressort1 t\s les phnomnes que la ,physique dcrit1 t\s ceux que la ,*ymie dc\vre 8 ,y auroit-il du dang] leur montr] que la vi&e o les m\*es dpos5t leurs ufs1 se *>ge de v]s 2 que celles o elles n'en dpos5t pas1 ne s'en *>ge po9t 8 ,ce fait1 dont les yeux sont tmo9s1 ne les conduiroit-il pas p5s] que t\t e/ organis a son g]me 8 ,n'en concluroi5t-ils pas naturellem5t qu'un *ampignon e/ l'ouvrage de la ,sagesse de ,dieu1 a9si que le monde 8 ,y a-t-ii dans les ,livres d',ex]cices spirituels des rflexions plus pieuses que celles qui rsult5t de ces obs]vations de ces expri5ces 8 ,il s]oit desir] que les enfans fuss5t de bonne heure famili>iss avec des globes1 des ,c>tes1 des ,sphres1 des ,t]mometres1 des ,b>ometres 2 qu'ils euss5t des tuis de ,ma?matique 2 qu'ils suss5t faire usage de la regle1 du compas1 qu& ce ne s]oit que p\r se procur] un div]tissem5t 2 qu'ils appriss5t qu'il y a un art de rappro*] les objets les plus loigns1 d'app]cevoir ceux qui leur sembl5t imp]ceptibles4 ,ils v]roi5t avec le microscope ce qu'ils ne s\ponnoi5t pas sur la tte d'une m\*e1 dans la b>be d'une plume4 ,ces in/rum5s s]oi5t de n\veaux organes qu'on aj\t]oit leurs yeux1 qui leur f]oi5t dc\vrir de n\veaux mondes 3 ils mani]oi5t la ma*9e pneumatique1 t\s ces in/rum5s inv5ts p> le gnie1 employs p> l'art p\r dvoil] la nature 3 ils se rj\iroi5t avec des jeux d',optique qui leur mettrai5t s\s les yeux les monum5s des quatre p>ties de l',univ]s4 ,ils v]roi5t les phnomnes de l',electricit qui emb>rass5t les ,philosophes1 qui tonn5t t\s les hommes4 ,on leur f]oit connotre le plus gr& nombre d'objets qu'il s]oit possible 3 enf9 t\t s]a bon1 p\rvu que t\t soit exact4 ,je ne propose de leur appr5dre que des faits1 des faits dont les yeux dpos5t sept ans comme tr5te 3 je dem&e si ce sont l des tudes pnibles1 ou si ce sont des rcrations1 utiles agrables4 ,je passe aux ,ma?matiques4 ,des ,ma?matiques4 ,le prjug commun a atta* ces ,sci5ces l'ide d'une gr&e difficult p\r les enfans 3 p> qui cette difficult e/-elle exagre 8 ,p> des g5s qui ds l'ge de six ans leur mett5t en ma9 la ,grammaire1 c'e/--dire1 la ,mtaphysique du langage 2 un tissu d'ides ab/raites1 difficiles saisir p> elles-mmes1 r5dues in9telligibles p> la faon dont elles sont prs5tes4 ,la c\tume qui rgit la multitude1 avoit r5voy les ,ma?matiques la f9 des tudes1 p\r en pr5dre une lgre te9ture bi5tt efface4 ,les lumi]es de ce siecle1 l'exemple l'autorit des g5s capables ont ram5 l'avis des ,anci5s1 de ,py?agore1 de ,platon1 qui v\loi5t que p]sonne n'entrt aux ,ecoles1 sans tre initi la ,gomtrie 3 ,socrate conseilloit d'appr5dre les ,ma?matiques ds l'ge le plus t5dre4 ,platon ,rp4 ,dial #g4 ,l'expri5ce le raisonnem5t pr\v5t que les enfans sont capables de s'appliqu] ces ,sci5ces4 ,la ,gomtrie ne prs5te ri5 que de s5sible de palpable1 ri5 dont les s5s ne r5d5t tmoignage4 ,les ,gometres mesur5t ce qu'ils voi5t1 ce qu'ils t\*5t1 ce qu'ils p>c\r5t 3 les s5s sont dans un p]ptuel ex]cice 2 lorsque les s5s ne suffis5t pas1 la mmoire vi5t au sec\rs p\r cons]v] le s\v5ir d'une premi]e vrit1 d'une seconde1 d'une troisieme1 c4 ,nulle sci5ce n'e/ plus assortie la curiosit des enfans1 leur c>act]e1 leur tempram5t1 qui les porte tre presque t\j\rs en m\vem5t 3 ri5 ne flatte davantage l'am\r-propre1 que de croire inv5t] soi-mme les figures que l'on con/ruit1 ou les problmes que l'on rs\t4 ,je ne p>le po9t de leur utilit p> rapport aux beso9s des hommes1 la p]fection de t\s les ,arts1 aux sec\rs qu'en tir5t les ,sci5ces1 sur-t\t la ,physique 2 le pr9cipal motif p\r y appliqu] les enfans1 c'e/ le gr& avantage qu'elles ont de p]fectionn] l'esprit4 ,la premi]e qualit de l'homme1 la plus ncessaire1 celle qui s't5d t\tes ses actions1 t\s ses emplois1 qui tant jo9te la droiture du cur1 qu'elle doit mettre en uvre conduire p> sa lumi]e1 fait t\te sa p]fection 2 c'e/ la ju/esse de l'esprit4 ,p\r acqurir cette qualit1 il ne suffit pas de savoir les regles qui conduis5t la vrit 2 il faut y jo9dre l'habitude de suivre ces regles1 elle ne s'acqui]t que p> la pratique cont9uelle des actes qui la produis5t 3 or il e/ vid5t que p> la m?ode que l'on e/ =c de suivre dans l'tude des ,ma?matiques1 on pratique cont9uellem5t les actes qui =m5t cette habitude4 ,p\r appr5dre raisonn]1 il suffit de bi5 raisonn] sans discont9uation1 c'e/ ce que l'on fait t\j\rs ncessairem5t dans les ,ma?matiques4 ,il e/ trs-possible trs-ord9aire de raisonn] mal en ,?ologie1 en ,politique 2 cela e/ impossible en ,ari?mtique en ,gomtrie si l'on n'a pas l'esprit ju/e1 la regle a de la ju/esse de l'intellig5ce p\r celui qui la pratique4 ,les ,ma?matiques acc\tum5t l'esprit de comb9aison de calcul 2 esprit si ncessaire dans l'usage de la vie 2 elles donn5t de l'aptitude li] les ides1 c'e/ peut-tre la plus ess5tielle de t\tes les dispositions 2 c> on ne voit ord9airem5t dans t\t le re/e de la vie1 que comme on a vu dans les comm5cem5s4 ,d'ailleurs qu'elle comp>aison entre les ides claires des corps1 de la ligne1 des angles qui frapp5t les s5s1 les ides ab/raites du v]be1 des dcl9aisons des conjugaisons1 d'un accusatif1 d'un ablatif1 d'un subjonctif1 d'un inf9itif1 du que retran*1 c4 ,la ,gomtrie ne dem&e pas plus d'application que les jeux de ,piquet de ,quadrille4 ,c'e/ aux ,ma?matici5s tr\v] une r\te qui n'e/ pas encore assez fraye4 ,on p\rrait peut-tre comm5c] p> des rcrations ma?matiques 3 mais celles d',ozanam ne sont pas si claires que les ,elm5s mme1 ne sont pas si in/ructives4 ,m4 ,clairaut a donn des ,elm5s de ,gomtrie d',algebre dans l'ordre que les inv5teurs euss5t pu suivre4 ,il a runi les deux avantages d'intress] d'clair] les ,comm5ans4 ,telles sont les oprations que je propose p\r le premi] ge 3 appr5dre lire1 crire dess9] 2 de la ,danse1 de la ,musique qui doiv5t entr] dans l'ducation de t\tes les p]sonnes au-dessus du commun 2 des ,hi/oires des vies d',hommes illu/res de t\t ,pays1 de t\s siecles de t\te pr(ession 2 la ,gographie 2 des ,rcrations ,physiques ,ma?matiques 2 les ,fables de la ,fonta9e1 qui1 quoi qu'on en dise1 ne doiv5t pas tre retires des ma9s des enfans1 mais qu'on doit leur faire t\tes appr5dre p> cur4 ,du re/e1 des prom5ades1 des c\rses1 de la gaiet1 des ex]cices2 je ne propose mme les tudes que comme des amusem5s4 ,education des ,enfans depuis dix ans4 ,v]s l'ge de dix ans1 il s]oit tems de comm5c] le c\rs de ,littrature ,franoise ,lat9e1 ou d',humanits1 on cont9u]oit en mme tems les oprations du premi] ge4 ,je jo9s ensemble l'tude des ,langues ,franoise ,lat9e 3 ,cic]on99 conseilloit son fils de runir l'tude du ,grec du ,lat94 99 ,tam5 ut ipse ad meam utilitatem semp] cum ,grcis ,lat9a conjunxi 2 neque id 9 ,philosophia solum1 s$ etiam 9 dic5di ex]citatione feci 3 idem tibi c5seo faci5dum ut p> sis 9 utriusque g5]is oratione4 #a4 lib4 ,(fici4 ,j'aj\t]ois p\r ceux qui en auront le gt1 l'tude du ,grec qu'il s]oit trs-utile de ne pas ab&onn] comme on a fait4 ,sans ces deux ,langues1 il n'y a po9t de vraie ni de solide rudition4 ,je conseill]ois aussi l',anglois dev5u ncessaire p\r les sci5ces1 l',allem& p\r la gu]re 2 mais je ne p>l]ai po9t ici de ces deux ,langues4 ,on traite les ,langues vivantes peu prs comme ses contempora9s1 avec une =me d'indiffr5ce presque t\j\rs dsavantageusem5t 3 ce sont les circon/ances le gt qui doiv5t dcid] du tems 2 on r5voye ord9airem5t cette tude aux annes qui suiv5t l'ducation4 ,dans t\te in/itution il faut donn] le pas la ,langue mat]nelle 3 elle e/ la plus ncessaire dans t\t le c\rs de la vie4 ,il e/ donc draisonnable de la nglig]1 s\s prtexte qu'on l'appr5dra t\j\rs assez bi5 p> l'usage4 ,l'expri5ce appr5d qu'on ne la sait jamais p>faitem5t si on ne l'a pas tudie 2 il e/ honteux que dans une ducation de ,france on nglige la ,littrature ,franoise1 comme si n\s n'avions pas des modeles dans notre ,langue4 ,les ,grecs les ,roma9s cultivoi5t la leur prfrablem5t aux ,langues trang]es4 ,de c5t tudians il n'y en a pas c9quante qui le ,lat9 soit ncessaire1 pe9e en compt]oit-on quatre ou c9q1 qui il puisse tre utile1 dans la suite1 de le p>l] de l'crire4 ,il n'y en a aucun qui puisse avoir beso9 de p>l] ou d'crire en ,grec1 de faire des ,v]s ,lat9s ou des ,v]s ,grecs 3 il e/ donc contre la raison de dress] un ,plan d'ducation gnrale p\r ce petit nombre de p]sonnes4 ,les ,langues dem&5t de l'application du travail 2 quoiqu'elles ne soi5t qu'une disposition une tude plus solide1 il faut s'y atta*] avec ardeur p5dant les premi]es annes1 vit] le peu le peu de conduite de la plup>t de ceux qui s'appliqu5t aux ,belle-,lettres1 qui sont contra9ts d'appr5dre t\te leur vie p>l] crire purem5t1 p>ce qu'il n'y ont pas donn le tems ncessaire dans les comm5cem5s1 ou qu'ils l'ont fait sans ordre sans pr9cipe4 ,mais il n'e/ pas inutile de fix] ce que j'ent5ds p> ,littrature 3 c'e/ ce que les ,roma9s appelloi5t la ,grammaire1 ,grammatica4 ,l',abb ,gd\9 dit que l'on compr5oit ,rome s\s ce t]me gnralem5t t\t ce qui conc]ne la ,langue1 c'e/--dire1 non-seulem5t l'habitude de bi5 lire1 une prononciation correcte1 une ortographe exacte1 une diction pure rgulire1 l'tymologie des mots1 les div]s *angem5s arrivs la ,langue1 l'usage anci5 l'usage mod]ne1 le bon le mauvais usage1 les diffr5tes acceptions des t]mes1 mais encore la lecture l'intellig5ce de t\t ce qu'il y avoit de bons crits dans la ,langue mat]nelle1 soit en prose1 soit en v]s4 ,telle toit l'ide qu'on avoit ,rome ,a!nes des ,matres de ,grammaire ou des ,grammairi5s1 t]me presque ignoble anj\rd'hui1 mais qui toit alors en honneur autant que la *ose qu'il signifioit4 ,voil ce que les enfans v5oi5t appr5dre leurs ,ecoles1 ce qu'ils y appr5oi5t en effet4 ,la ,littrature ,franoise la ,littrature ,lat9e doiv5t m>*] d'un pas gal 2 a9si il s]oit bon que les coles du mat91 p> exemple1 fuss5t p\r le ,franois1 celles du soir p\r le ,lat91 jusqu' la ,philosophie qui doit1 malgr le mauvais usage1 tre traite en ,franois4 ,il se tr\v]ait des enfans qui n'ayant beso9 ni de ,lat9 ni de ,grec1 suivroi5t seulem5t celles de ,franois 3 je ne reg>d]ois pas comme un mal1 que cet usage pt s'introduire4 ,faut-il six ans p\r appr5dre deux ,langues 8 ,deux ou trois annes d',humanits suffis5t 2 une anne de ,rhtorique deux de ,philosophie4 ,on p\rrait aj\t] une ,*aire de ,physique exprim5tale de ,ma?matiques4 ,peut-tre s]oit-il mieux de f9ir p> la ,rhtorique1 ou du mo9s de ne pas ab&onn] les ,belles-,lettres p5dant la ,philosophie4 ,p\r remplir les objets de la ,littrature1 il faut comm5c] p> une ,grammaire gnrale raisonne1 qui conti5ne les fondem5s de l'art de p>l]1 qui donne une ide nette de t\tes les p>ties du disc\rs1 o l'on voie ce qui e/ commun t\tes les ,langues1 les pr9cipales diffr5ces qui s'y r5contr5t4 ,on a une trs-bonne ,grammaire gnrale de ,lancelot1 avec les notes d'un ,acadmici5 qui a autant de nettet de ju/esse que de gt 2 il lui s]oit plus ais qu' p]sonne de la mettre la porte des enfans4 ,on doit compt] p\r un avantage considrable1 d'appr5dre t\t p> pr9cipes 3 cette pratique r5d l'esprit ju/e acc\tum]oit les enfans faire usage de leur raison dans les diffr5tes fonctions de la vie2 ce qui doit tre le b de t\tes les tudes4 ,aprs ce premi] degr1 auquel il ne faut pas s'arrt] trop long-tems1 p>ce que l'usage e/ le meilleur matre en mati]e de ,langues1 on doit pass] la lecture des ,auteurs1 la premi]e opration s]oit de faire faire aux enfans sur un ,livre ,franois qu'ils ent5d5t1 la con/ruction des phrases1 suivant les notions de la ,grammaire gnrale qu'ils auroi5t apprise1 de la ,grammaire ,franoise qu'ils appr5droi5t en mme-temps4 ,ce s]oit-l leurs premires leons 2 les secondes s]oi5t un abrg de ,grammaire ,lat9e qui en m>qu]oit les diffr5ces avec la ,grammaire ,franoise2 aprs quoi on les mettroit dans l'explication du ,lat999 c> je suppose avec les p]sonnes in/ruites99991 que c'e/ p> l'explication qu'il faut comm5c] cont9u] l'tude des ,langues4 99 ,p> exemple1 de ,ph$re1 avec des *iffres qui m>qu5t la con/ruction 2 ou des ,livres o il y ait une v]sion int]l9aire4 ,ce sont des m?odes trs-utiles4 ,faire d'abord la con/ruction des traductions littrales1 au lieu de ?mes1 p\r pass] ensuite des traductions plus correctes4 ,je conseill]ois le ,select pr(anis ,auctoribus ,hi/ori4 ,c'e/ un ,livre agrable1 in/ructif1 utile aux enfans1 qu'il ne s]oit pas inutile aux hommes faits de lire4 ,il ne p>oit pas ncessaire d'av]tir qu'on doit faire *oix d'abord des ,auteurs les plus faciles1 ne lire que ceux qui ont crit1 lorsque le ,lat9 toit dans sa plus gr&e puret1 c'e/--dire un peu avant1 ou un peu aprs le siecle d',augu/e1 ,ph$re1 ,tr5ce1 ,salu/e1 ,cs>1 ,cic]on1 ,virgile1 ,horace1 ,val]e-,maxime4 ,en t\t g5re1 il ne faut prs5t] que les meilleurs modeles4 ,aprs une prp>ation de c9q ou six sema9es1 p\r appr5dre la ,grammaire *]*] dans les ,dictionnaires1 on peut se mettre dans la lecture de ces ,auteurs de ceux dont ,*ompr ,vani]e ont donn des extraits1 avec le ,novitius qui e/ sans comp>aison le meilleur des ,dictionnaires4 ,on a le petit ,danet ,lat9 p> rac9es1 qui e/ un ouvrage trs-bi5 fait4 9999 ,scalig]1 ,tanguy1 le ,fevre1 ,m4 ,roll91 ,m4 du ,m>sais1 c4 ,il e/ naturel de p5s] que p\r appr5dre une ,langue morte1 on doit imit]1 autant qu'il e/ possible1 la mani]e dont les enfans appr5n5t leur ,langue mat]nelle1 celle que n\s employons p\r appr5dre les ,langues trang]es 2 c'e/ l'usage1 l'ex]cice l'habitude 2 avec cette diffr5ce1 qu'en appr5ant une ,langue vivante1 les ides des objets que l'on voit1 se li5t immdiatem5t avec les noms qu'on ent5d prononc] 2 au lieu qu'en tudiant une ,langue morte1 la liaison des mots ne se fait qu'avec ceux de la langue mat]nelle1 non avec les objets mme 3 dans l'un1 c'e/ le signe de la *ose2 dans l'autre1 c'e/ le signe du signe1 ce qui cause une d\ble cont5tion d'esprit4 ,dans la seconde1 ou mme la troisieme anne1 il s]oit tems1 si l'on veut1 de jo9dre l'explication la traduction des ,auteurs ,lat9s1 la m?ode des ?mes4 ,il faut ent5dre avant de p>l]4 ,on *oisiroit un ,auteur bi5 traduit en ,franois p> un homme habile dans les deux ,langues1 tels que ,ph$re1 ,t]5ce1 ,salu/e1 quelques ,livres de ,cic]on 3 on f]oit traduire quelques morceaux *oisis1 on comp>]oit le ,franois avec celui du ,traducteur4 ,quelque temps aprs l'enfant mettrait la traduction en ,lat9 que l'on corrig]oit sur le texte orig9al4 ,p>-l le ,disciple auroit ,cic]on p\r ,matre de ,lat91 l',abb ,m\gaut1 p> exemple1 p\r ,matre de ,franois 3 ce s]ait le moy5 d'appr5dre p>faitem5t les deux ,langues4 ,un ,livre classique ncessaire s]oit un recueil relatif l'tat actuel de notre ,langue1 extrait des ,rem>ques de ,vaugelas1 de ,b\h\rs1 de ,corneille1 de ,patru1 ,sa9t-,evremond1 t\s ceux qui ont crit sur la ,langue1 avec les raisons de leurs dcisions4 ,ce ,recueil s]oit au mo9s aussi utile que les ,p>ticules de ,turcel91 s]oit d'un plus gr& usage4 ,on comm5c]ait p> des ,fables1 p> des ,lettres1 dont le disc\rs e/ mo9s figur 2 on auroit so9 de p>c\rir t\s les g5res de ,littrature en v]s et en prose1 depuis l',epigramme jusqu' l',epope1 depuis les ,lettres jusqu'au ,disc\rs public 2 obs]vant1 autant qu'il s]oit possible1 de jo9dre les ,auteurs ,franois ,lat9s1 comme ,ph$re la ,fonta9e1 ,horace ,boileau1 ,hom]e ,virgile1 avec le ,tasse la ,h5riade1 c4 ,l'objet de cette tude1 s]oit d'inspir] aux jeunes g5s le gt du beau du bon en *aque g5re de ,littrature1 celui des beauts p>ticuli]es des ,langues1 sur-t\t de la ,langue ,franoise4 ,des ,g5s de ,lettres ont pr\v qu'il e/ impossible de connotre p>faitem5t les beauts d'une ,langue morte 2 mais s'il e/ difficile d'app]cevoir t\tes les f9esses de l'locution de ,demo/h5e1 de ,cic]on1 de ,virgile1 il e/ ais de s5tir les *>mes de leur loqu5ce1 de reconnotre la mani]e noble gr&e dont ils s'expliqu5t4 ,on peut imit] les ,auteurs sans p>l] leur ,langue1 on doit t*] de trait] les mati]es dans la si5ne1 de la mme faon qu'ils les traitoi5t dans la leur4 ,ici il manque aux enfans un ,livre de ,prceptes qui les conduis5t1 dont ils fass5t une cont9uelle application 2 ou1 p\r mieux dire1 ce livre e/ fait1 si les ,matres savoi5t l'appliqu] le mettre la porte des enfans 2 c'e/ le ,c\rs des ,belles-,lettres1 de ,m4 le ,batteux1 o les regles sont si bi5 claircies p> des exemples4 ,ce que c'e/ que le gt1 quels sont les moy5s de le =m]4 ,l'art de p>l] a t =m en obs]vant ce qui p]suadoit ce qui nuisoit la p]suasion 3 de ces obs]vations on a =m un corps de prceptes de regles2 mais les prceptes seuls ne donn5t jamais le gt 3 t\s ensemble ne val5t pas1 p\r in/ruire1 un ouvrage de gnie 2 comme l'a rem>qu un gnie suprieur 7,m4 de ,voltaire7 il y a plus appr5dre dans ,demo/h5e1 dans ,cic]on1 dans ,bossuet1 que dans t\tes les ,r?oriques 3 ce sont-l les ,matres de l'art4 ,je cit]ai p>mi ces gr&s modeles l',auteur mme de cette rflexion1 quoiqu'il soit vivant4 ,qu& il e/ "q de ,sci5ce de ,littrature1 il faut que la jal\sie contempora9e se taise1 l'on doit p>l] le langage de la po/rit4 ,les prceptes de t\s les arts sont aiss simples1 ils sont pris dans la nature dans la raison 2 l'important n'e/ pas de les connotre1 quoique ce soit quelque *ose1 mais d'en faire l'application4 ,le gt e/ un disc]nem5t prompt1 vif1 dlicat des beauts qui doiv5t entr] dans un ouvrage 2 il nat de la sagacit de la ju/esse de l'esprit1 p> consqu5t c'e/ un don de la nature 2 mais il se p]fectionne p> l'tude p> l'ex]cice 3 il app]oit les beauts les dfaut 2 il les comp>e1 les balance les apprcie p> un exam5 si f9 si prompt qu'il p>ot tre plutt l'effet du s5tim5t d'une espece d'in/9ct1 que de la discussion4 ,le gt peut tre reg>d comme un s5s 2 puisqu'il agit comme les autres s5s4 ,n\s avons p> la vue le s5tim5t des objets1 sans savoir comm5t ce s5tim5t e/ produit en n\s4 ,il en e/ de mme de ce que l'on appelle le gt 3 n\s jugeons naturellem5t de ce qui e/ beau1 ce jugem5t naturel se =me dans notre esprit1 de mme que si n\s savions la cause l'orig9e du plaisir que n\s s5tons 2 si n\s avions prs5tes les regles inv>iables du beau1 que sur t\tes ces connoissances1 n\s fissions en un in/ant une inf9it de raisonnem5s qui en s]oi5t le rsultat4 ,on ne peut pas donn] le s5tim5t de la vue un aveugle1 mais ,locke pr\ve que les enfans appr5n5t voir1 ou1 p\r mieux dire1 jug] p> la vue1 de la di/ance des corps de leur figure4 ,le gt ne diff]e pas des autres s5s1 l'organe ne se peut acqurir 2 il doit tre =t grossi] dans ceux qui n'en ont pas s\v5t fait usage 2 mais il peut tre p]fectionn p> l'ex]cice4 ,le gt sans regle sans raisonnem5t1 s]oit un mauvais guide1 le raisonnem5t sans gt1 s]oit un guide encore plus trompeur4 ,on dem&e si c'e/ p> le s5tim5t1 ou p> la discussion1 qu'on doit jug] des ouvrages d'esprit 2 "q qui a caus de gr&es disputes1 qui p\rroit bi5 n'tre qu'une dispute de mots4 ,le s5tim5t e/ ncessaire 2 sans lui1 on se fait des regles fausses4 ,la discussion e/ ncessaire aussi1 il faut du s5tim5t p\r la bi5 faire 2 a9si il p>ot qu'une de ces voies r5tre dans l'autre4 ,t\t ce que peut faire le raisonnem5t1 c'e/ de ju/ifi] le s5tim5t du gt1 comme la ,m*anique dmontre les m\vem5s d'un ,danseur de corde 3 mais la ,m*anique n'appr5d po9t dans] 2 il faut de l'usage1 de l'ex]cice de l'habitude4 ,le moy5 de =m] le gt1 e/ donc d'exam9] les pr9cipes les regles1 de s'ex]c] jug]1 comp>] 2 de lire les bons ,critiques1 sur-t\t d'tudi] les gr&s ,matres4 ,veut-on donn] un jeune homme le gt de l',epope1 qu'il lise ,hom]e1 ,virgile1 le ,tasse1 la ,h5riade 2 qu'il fasse d'abord l'analyse de *aque *ant1 ensuite l'analyse du t\t ensemble 2 il exam9]a le sujet du ,pome1 l'inv5tion1 la di/ribution 2 il v]ra comm5t *aque p>tie e/ traite 2 il f]a une att5tion p>ticuli]e la ,posie de /yle 2 il se r5dra le sujet1 le plan1 l'ordre les dtails famili]s 2 qu'il lise ensuite quelques rflexions sur le ,pome pique4 ,qu'il s'ex]ce de la mme mani]e dans t\s les g5res1 il acqu]ra infailliblem5t du gt1 ou il doit tre dcl> incapable d'en avoir4 ,l',auteur de la ,h5riade dit que l'on reconnot l'esprit des jeunes g5s au dtail qu'ils font d'une ,piece n\velle qu'ils vi5n5t d'ent5dre 2 il aj\te avoir rem>qu que ceux qui s'en acquittoi5t le mieux1 ont t ceux qui depuis ont acquis le plus de rputation dans leurs emplois 2 tant il e/ vrai1 dit-il1 qu'au fond l'esprit d'affaires le vritable esprit des lettres1 e/ le mme4 ,on doit appliqu] cette pratique utile1 t\s les ouvrages d'esprit 2 aprs un ,s]mon1 un ,plaidoy]1 une ,tragdie1 une ,comdie1 faire expos] en t]mes clairs le sujet1 le plan1 l'ordre1 les preuves du ,disc\rs1 l'intrigue de la ,piece 2 rem>qu] ce qui a p>u le mieux ou le mo9s bi5 pr\v 2 saisir le mrite ou le vice gnral du /yle 3 c'e/1 aj\te le mme ,auteur1 ce qui e/ =t r>e *ez les g5s de lettres mme4 ,un moy5 p\r connotre les beauts les dfauts des ,auteurs1 e/ de les comp>] ensemble 2 on a imprim ,despreaux avec les passages qu'il avoit imits des anci5s4 ,dans le ,?atre des ,grecs1 un du petit nombre des ouvrages de gt qui soi5t sortis des ,colleges1 on a rappro* quelques ,tragdies mod]nes1 des anci5nes4 ,on devroit imprim] les ,auteurs avec ces sortes d'imitations 2 ce s]oi5t les meilleurs comm5taires 2 les autres ne sont s\v5t que des s*olies de ,grammairi5s ou de ,savans sans gt4 ,qu& les bons ,auteurs mod]nes ont trait les mmes sujets en prose ou en v]s1 il s]oit trs-utile d'en faire la comp>aison 2 ces p>allles =m]oi5t le gt des jeunes-g5s 2 sur-t\t si on les accompagnoit de rflexions sur *aque g5re de littrature4 ,on leur f]oit lire avec att5tion t\tes les bonnes critiques qui ont t faites des bons ouvrages 2 celle du ,cid1 p> l',acadmie 2 celle du ,livre de ,b\h\rs1 p> ,b>bi] ,dauc\r 2 l',exam5 de l',eptre ddicatoire du premi] ,dictionnaire de l',acadmie1 qui e/ la page #abb des ,rem>ques de l',abb ,dolivet sur ,rac9e 2 ces ,rem>ques les ,rponses qui y ont t faites 2 celle du fils de ,rac9e sur les ,tragdies de son illu/re p]e 2 de p>eilles ,rem>ques sur ,corneille 2 les ,exam5s que le gr& ,corneille a faits de ses ,pices mme 2 celui que promet ,m4 de ,voltaire 2 le ,livre imprim en #agej1 intitul1 ,connoissances des beauts des dfauts de la ,posie de l'loqu5ce dans la ,langue ,franoise 2 l',exam5 des trois ,eptres de ,r\sseau 2 quelques ,obs]vations de l',abb ,desfonta9es 2 t\tes les ,prfaces les ,diss]tations de ,m4 de ,voltaire 2 les ,conseils un ,j\rnali/e1 qui val5t seuls un ,trait complet4 ,de jeunes-g5s qui auroi5t lu ces ouvrages avec rflexion1 rem>qu]oi5t d'un c\p d'il t\tes les fautes de langage dans les ,auteurs qu'ils liroi5t1 ils n'en f]oi5t pas4 ,savoir sa ,langue1 ce n'e/ pas un petit mrite 2 on ne peut nglig] la diction1 sans avoir en mme tems de l'indiffr5ce p\r les p5ses mme4 ,on les s]a ress\v5ir que p\r appr5dre la ,langue1 trois *oses sont ncessaires 2 le comm]ce des g5s in/ruits1 la lecture des bons ,auteurs1 celle des ,livres qui ont trait de la ,grammaire4 ,ils liront les ,tropes de ,m4 du ,m>sais1 ouvrage trs-philosophique de ,grammaire de ,rhtorique 2 la ,prface de la ,traduction de l',orateur de ,cic]on1 p> l',abb ,coll91 qui suffit p\r les prceptes 2 le ,trait des ,etudes de ,roll91 ils en suivroi5t les pratiques 2 les ,livres de ,m4 de ,fnelon sur l',eloqu5ce 2 le ,c\rs de ,belles-,lettres de l',abb le ,batteux 2 les ,rflexions de l',abb ,dubos 2 les ,rflexions ,rem>ques de ,gillet 2 la ,prosodie de ,m4 l',abb ,dolivet1 c4 ,j'aj\te une rflexion sur le gt des ,lettres1 indp5damm5t des ,langues4 ,cette fleur de littrature e/ utile t\te p]sonne qui veut cultiv] son esprit 2 elle ne s'acqui]t que dans la jeunesse1 elle manque t\s ceux qui n'ont pas t bi5 levs1 qui ont mal lu1 ou qui n'ont pas lu avec att5tion les bons modeles4 ,c'e/ peut-tre l',atticisme des ,grecs1 l',urbanit ,roma9e le gt ,franois 2 ,qu9tili5 l'appelle une te9ture d'rudition puise dans le comm]ce des p]sonnes in/ruites 3 ,sumptam ex conv]satione ,doctorum tacitam eruditionem4 ,on reconnot aism5t si un homme a l'esprit cultiv1 sa faon de s'exprim]1 de jug]1 de p>l]1 d'crire 3 s\v5t une allusion1 la citation d'un v]s connu1 annonce la culture de l'esprit1 on di/+ue facilem5t l'homme qui a vcu dans la compagnie des bons ,auteurs1 comme dans le monde1 celui qui a vcu dans la bonne compagnie4 ,aprs ces obs]vations1 e/-il tolrable d'ent5dre dem&] p> des ignorans1 ou p> des imbciles1 ce que f]oi5t des enfans1 si on ne les occupoit pas1 soir mat91 de ?mes1 de p>ticules1 de prosodies1 des v]s grecs lat9s1 d'amplifications1 de figures de rhtorique4 ,oprations ex]cices du second ge4 ,les oprations de cet ge1 relatives la littrature franoise lat9e1 s]oi5t1 outre celles que j'ai m>ques1 quelques compositions que je vais indiqu]4 ,mais j'obs]v]ai aup>avant une *ose ess5tielle des plus importantes dans t\te l'ducation 2 c'e/ de ne jamais faire faire de jeunes-g5s aucune composition1 que sur des sujets dont ils ai5t aup>avant une connoissance suffisante 2 ce s]oit les faire travaill] dans le vuide1 les acc\tum] p>l] sans ides1 s'exprim] p> des lieux communs1 employ] beauc\p de p>oles p\r dire peu de *ose 2 ce qui leur gte l'esprit leur corrompt le gt p\r t\te la vie4 ,a9si je v\drois proscrire entirem5t ces amplifications puriles1 ces amas de figures de comm&e1 ces p>aphrases o l'on dit en dix v]s1 ce qu',horace ou ,boileau ont dit en quatre4 ,quelles peuv5t tre les ides d'un jeune-homme qui on donne p\r sujet d'amplification1 la h>angue de ,cs> ses ,soldats dans les *amps de ,ph>sale 3 il ne connot ni ,cs>1 ni ,pompe1 ni les ,roma9s1 ni les intrts1 ni la =ce1 ni la foiblesse des deux p>tis4 ,le ,rg5t qui ose se mettre la place de ,cs>1 ou lui prt] des s5tim5s1 ne le connot pas mieux4 ,il ne peut sortir d'un fonds si mal prp>1 que des fruits mauvais sans gt4 ,il e/ important que les jeunes-g5s soi5t ple9em5t conva9cus qu'avant d'crire on doit appr5dre p5s] 2 qu'on pe*e plus s\v5t en disant trop1 que trop peu 2 que le seul moy5 de bi5 p>l] d'un sujet1 c'e/ de le bi5 concevoir1 que qu& on a dit ce qu'on doit dire sur une mati]e1 t\t ce qu'on aj\te e/ ennuyeux1 rebutant nuisible4 ,il e/ bon qu'ils sa*5t p> expri5ce1 que les phrases les lieux communs sont insupportables lire ent5dre 2 scrib5di recte sap]e e/ pr9cipium fons4 ,ils f]ont des extraits1 des analyses 2 ils criront l'loge d'un gr& homme1 des lettres1 non des ptres en l'air sur des faits soit sur des mati]es qu'ils ignor5t1 mais sur ce qui leur e/ arriv effectivem5t1 sur leurs occupations1 leurs div]tissem5s1 leurs pe9es 2 ils f]ont le rcit d'une crmonie1 d'une fte laquelle ils auront assi/ 2 ouvrage plus difficile peut tre qu'on ne p5se 3 p\r en s5tir la difficult1 il suffit de l'avoir t5t4 ,on les ex]c]oit faire des df9itions 2 ex]cice inf9im5t utile1 capable seul de =m] l'esprit1 d'appr5dre p>l] crire avec exactitude avec prcision4 ,dem&ez la plup>t des hommes ce qu'ils ent5d5t p> un mot1 ils v\s rpondront difficilem5t1 ou ils le f]ont d'une mani]e si vague1 que v\s app]cevrez qu'ils n'en ont po9t de notion dt]m9e 3 leur langage e/ comme leurs ides 2 ils n'emploi5t des t]mes vuides de s5s1 des lieux communs1 des circonlocutions1 que p>ce qu'ils ne connoiss5t pas la proprit des t]mes4 ,des ,philosophes 7l',abb de ,condillac7 ont appr(ondi l'analogie qui se tr\ve entre l'esprit des hommes leur langage1 p> des discussions trs-f9es1 ils ont prt5dus pr\v] que les progrs des tal5s suivoi5t les progrs du langage4 ,les df9itions du ,dictionnaire de l',acadmie sont exactes1 c'e/ un des pr9cipaux mrites de cet ,ouvrage1 si e/imable d'ailleurs4 ,s\s le nom de df9ition je compr5ds la description des *oses 2 on ne peut les df9ir qu'en les dcrivant 2 dans les comm5cem5s il suffit de dcrire de faon di/+u] l'objet dont il e/ "q1 de t\t autre objet4 ,j'aim]ois mieux qu'un jeune homme st faire une description nette d'une fleur1 d'une plante1 de la faon d'un vase de t]re qu'il auroit vu t\rn] 2 qu'il st dcrire une ma*9e1 une *>rue1 un m\l91 une horloge1 c4 que de savoir faire t\tes les amplifications de college autres p>eilles inepties 2 cela s]oit plus utile dans t\t le re/e de la vie4 ,un autre ex]cice jo9dre celui des df9itions1 ce s]oit de comp>] les mots qui p>oiss5t synonymes1 de m>qu] leurs diffr5ces1 comme a fait l',abb ,gir>d dans son ,livre des ,synonymes ,franois1 comme ,laur5t ,valla avoit fait avant lui sur les ,synonymes lat9s dans son ,livre intitul ,elegantium lat9i s]monis4 ,il s]oit bon aussi de m>qu] les vritables opposs1 qu& cela se peut4 ,t\tes ces oprations faites avec so9 s]oi5t d'une utilit inexprimable p\r r5dre l'esprit ju/e4 ,la ju/esse e/ prfrable t\t1 mais il s'agit quelquefois d'*auff] des imag9ations froides1 de faire enfant] des esprits /riles4 ,un moy5 presque infaillible s]oit1 p> exemple1 de dcompos] un acte de ,rac9e1 de le rduire1 p\r a9si dire1 en ?me1 comme l',auteur l'avoit pu concevoir avant de se livr] sa v]ve 2 d'en trac] une esquisse1 comme celle que l'on a cons]ve d'aprs ,rac9e mme1 d'une tragdie d',iphignie en ,tauride qu'il n'a jamais a*eve 2 faire rem>qu] comm5t ce beau gnie a su anim] ce squelette d*>n1 lui donn] des *airs vives des c\leurs naturelles4 ,cont9uation des ,etudes du premi] du second ge4 ,de l',hi/oire naturelle1 des ,rcrations physiques ma?matiques1 des ,m*aniques1 c4 ,je passe peut-tre trop rapidem5t sur ce qui reg>de la ,littrature franoise lat9e4 ,mais les p]sonnes in/ruites suppleront ce que je ne dis pas4 ,je revi5s aux oprations du premi] ge1 que j'ai indiques qu'on doit cont9u] jusqu' la f9 de l'ducation4 ,appr5dre lire1 crire1 mani] le crayon1 e/ l'ex]cice du premi] ge 3 appr5dre bi5 lire1 bi5 prononc]1 bi5 crire bi5 dess9] e/ celui du second4 ,je jo9s t\j\rs la ,musique1 l',hi/oire1 la ,gographie1 les ,ma?matiques1 l',hi/oire naturelle la ,littrature4 ,c'e/ alors qu'on doit comm5c] tudi] la nature sur la nature mme1 les arts les manufactures dans les atteli]s 2 qu'il faut jo9dre aux faits hi/oriques appris dans l'enfance1 l',hi/oire gnrale des ,nations 2 ce qui n'e/ pas mo9s utile1 celle des sci5ces1 sur-t\t des arts qui ont le plus de rapport nos beso9s4 ,p\r initi] les jeunes g5s dans la connoissance de ces arts prcieux1 il suffiroit de leur montr] les ma*9es les plus simples1 qu'ils se f]ai5t un plaisir de dmont] remont]4 ,je suis p]suad qu'en allant p> degrs1 on p>vi5drait faire assembl] un enfant de d\ze ans t\s les m\vem5s d'une horloge ou les ressorts de t\te autre ma*9e1 p> consqu5t de lui en faire compr5dre le m*anisme4 ,la plup>t ne dem&5t que des yeux du desse91 avec quelque connoissance de ,gomtrie4 ,plusieurs articles des arts imprims dans l',encyclopdie sont des *ef-d'uvres 3 ce qui conc]ne la ,physique les arts dans le ,spectacle de la ,nature1 e/ excell5t1 mais le dialogue e/ de mauvais gt4 ,il s]oit s\hait] que d'habiles ,acadmici5s v\luss5t bi5 se *>g] de faire les livres lm5taires qui s]oi5t ncessaires1 je rponds que des enfans de d\ze quatorze ans1 prp>s p> des rcrations ma?matiques physiques1 les ent5dront plus aism5t que les rudim5s qu'on leur enseigne 2 c> ce sont des vrits s5sibles4 ,croit-on qu'il ft =t difficile de leur appr5dre les pr9cipes les pratiques de l'arp5tage1 de la mesure des t]re9s1 que ce ne ft pas p\r eux un gr& plaisir de mesur] un j>d91 un *amp1 une pla9e1 de voir dess9] des =tifications1 d'en con/ruire eux-mmes avec du c>ton 8 ,enf9 puisque1 de l'aveu de t\s les hommes1 ces connoissances sont le fondem5t de la vie huma9e1 p\rquoi ne les pas enseign] prfrablem5t celles que t\t le monde s'accorde reg>d] comme inutiles1 difficiles ennuyeuses 8 ,de la ,gographie et de l',hi/oire4 ,je passe ce qui reg>de la ,gographie l',hi/oire4 ,il faudroit un second tome de ,gographie qui runit l'anci5ne la mod]ne1 l'anci5 le n\veau monde1 les divisions exactes des ,empires1 suivant les d]ni]s ,traits1 la description des ,pays1 non p> un dtail ennuyeux de ,villes1 de ,b\rgades1 de ,bailliages ou d'int5dances1 mais p> la situation1 la qualit1 la f]tilit1 les productions du t]re91 la population1 les murs des peuples1 le ,g\v]nem5t1 la ,religion1 les loix1 la =ce1 la puissance p> m] p> t]re1 les ri*esses1 le comm]ce1 c4 ,on p\rroit y faire entr]1 des rflexions sur la politique1 sur l'intrt des ,pr9ces 2 en un mot1 des *oses faciles appr5dre1 utiles ret5ir1 non des dtails dont on n'a presque jamais beso91 qu'on tr\ve alors dans les ,c>tes dans les ,dictionnaires4 ,a la place de ces dtails1 qu'un jeune homme soit lev savoir comm5t vit cette multitude d'hommes qui compos5t la socit 2 comm5t de quoi ils subsi/5t 2 quel pa9 mange sur quel lit e/ c\* un lab\reur1 un j\rnali]1 un artisan 2 le dtail des pr(essions de quoi elles s'occup5t4 ,il v]ra dans la suite comm5t on leur te ce pa9 qu'ils gagn5t avec tant de pe9e 2 comm5t une portion des hommes vit aux dp5s de l'autre4 ,de l',hi/oire4 ,a l'g>d de l',hi/oire1 la mati]e ayant t prp>e ds le premi] ge p> le rcit de la vie des gr&s ,hommes qui ont fait quelque figure dans le monde1 des ,savans illu/res1 des ,arti/es clebres 2 p> les tableaux des gr&s vnem5s des gr&es rvolutions1 on donn]oit aux jeunes g5s des hi/oires o la morale ft plus claircie1 les rflexions plus appr(ondies1 les maximes du droit des g5s1 les pr9cipes du ju/e de l'inju/e1 ceux d'une bonne adm9i/ration1 plus =tem5t tablis 2 en s'arrtant davantage1 comme on l'a dit1 sur l',hi/oire mod]ne4 ,croiroit-on qu'un recueil des vies des ,hommes illu/res de ,france1 ne ft pas un monum5t trs-*] la ,nation1 trs-utile p\r y cons]v] l'honneur les s5tim5s1 ou p\r les y faire crotre4 ,qu'il naisse un ,plut>que ,franois1 des c5dres des ,hros donc il clbr]a la gloire1 il natra des hommes qui f]ont honneur leur maison1 leur siecle1 l'humanit4 ,v]s dix ou d\ze ans1 dit l',abb ,fleury1 il s]oit tems d'arrang] ces ,hi/oires1 sans emb>rass] les enfans d'une *ronologie exacte qu'il e/ impossible de fix]1 ni les =c] ret5ir des dates qui fatigu5t trop la mmoire 3 je me cont5t]ois de leur expliqu] la belle ,mappe-monde hi/orique991 qui divise les temps avant aprs ,jesus-,*ri/1 en remontant en desc5dant1 sans entr] dans de plus gr&s dtails de *ronologie1 qui sont inutiles4 99 ,elle e/ imprime en #agdj1 appr\ve p> l',acadmie des ,inscriptions4 ,je leur rpt]ois quelques obs]vations gnrales qui r5d5t l'tude de l',hi/oire plus c\rte plus utile4 ,je leur dirais1 comme l',abb ,fleury1 que n\s n'avons pas les ,hi/oiri5s de t\s les temps1 non plus que de t\s les pays4 ,il y a t\j\rs eu une inf9it de ,nations ignorantes 2 de celles qui ont crit1 il y en a peu dont n\s connoissions les ,livres4 ,t\tes les ,hi/oires des anci5s ,ori5taux1 des ,egypti5s1 des ,syri5s1 des ,*aldens des ,p]ses ont pri1 la plus anci5ne qui n\s re/e1 hors celle du ,peuple de ,dieu1 e/ l',hi/oire d',hrodote1 qui a crit environ #djj ans avant ,jesus-,*ri/4 ,n\s n'avons jusqu' ce temps que les ,livres des ,grecs des ,roma9s1 qui ne conti5n5t gu]e d',hi/oires dignes de foi1 plus anci5nes que la fondation de ,rome4 ,aprs ,jesus-,*ri/1 p5dant prs de #ejj ans1 on n'a qu'une seule ,hi/oire suivre1 qui e/ la ,roma9e 2 mais depuis la ru9e de l',empire d',occid5t1 l',espagne1 la ,france1 l',italie1 l',anglet]re font *acune leur ,hi/oire p>ticuli]e1 quoi il faut aj\t] celle d',allemagne1 de ,hongrie1 de ,su$e1 de ,dannem>ck1 mesure qu'elles comm5c5t4 ,voil t\te la suite de l',hi/oire qui n\s soit connue1 si ce n'e/ qu'on y veuille aj\t] l',hi/oire ,bizant9e1 que n\s connoissons depuis deux siecles4 ,p\r celle des ,musulmans1 qui compr5d t\t ce qui s'e/ pass depuis mille ans dans l',egypte1 dans la ,syrie1 la ,p]se1 l',afrique les autres ,pays o la ,religion de ,mahomet s'e/ t5due1 n\s l'avons ignore jusqu' prs5t4 ,n\s savons encore que les ,*9ois ont une trs-longue suite d',hi/oires1 dont on a donn un *antillon en ,lat94 ,les ,indi5s ont une tradition trs-anci5ne1 crite en une ,langue p>ticuli]e4 ,on sait quelque *ose du ,mexique des ,incas1 mais qui ne remonte pas lo91 on a depuis deux c5s ans une inf9it de relations de voyages4 ,c'e/ t\t ce qu'on connot d',hi/oires4 ,on voit combi5 c'e/ peu en comp>aison de t\te l't5due de la t]re de t\te la suite des siecles 2 c'e/ p>ticulirem5t en cette tude qu'on doit *oisir se born]4 ,l'tude de l',hi/oire e/ celle qui a le plus beso9 de guide4 ,ce qui manque d'ord9aire ceux qui l'criv5t ceux qui la lis5t1 c'e/ l'esprit philosophique4 ,on lit p\r se ds5nuy]1 sans b sans pr9cipes 2 on entasse dans sa mmoire des faits sans disc]nem5t sans exam5 2 aprs avoir lu beauc\p d',hi/oires1 on ne connot ni les hommes1 ni les murs1 ni les loix1 ni les ,arts les ,sci5ces1 ni le monde prs5t1 ni le monde pass1 ni les rapports de l'un avec l'autre4 ,l'important s]oit de donn] aux jeunes g5s des pr9cipes des regles p\r lire l',hi/oire avec fruit1 premirem5t p\r savoir l'usage qu'ils en doiv5t faire1 le b qu'ils doiv5t se propos]4 ,secondem5t1 p\r di/+u] les faits pr\vs de ceux qui ne le sont pas1 af9 qu'ils ne devi5n5t pas les dupes de l'ignorance1 de la prv5tion de la sup]/ition4 ,troisimem5t1 p\r qu'ils puss5t disc]n] les ,hi/ori5s auxquels ils doiv5t donn] quelque confiance1 les temps qu'il e/ possible d'claircir4 ,de l'usage de l',hi/oire4 #a4 ,a l'g>d de l'usage de l',hi/oire1 on a un petit ,livre de l',abb de ,s4 ,ral qui e/ bon 2 mais ce qui vaut mieux1 sans comp>aison1 c'e/ ce qu'a dit ,m4 de ,voltaire dans son septieme tome1 dition de #ageg1 des mlanges de ,philosophie1 de ,littrature d',hi/oire1 *apitre #fj #fa1 ce qu'il a insr dans quelques ,prfaces4 ,qu& il tablit des vrits1 p]sonne ne les tablit mieux ne les prs5te si bi5 2 il n'e/ pas possible de r$ire ce qu'il a dit1 sans l'affoiblir4 ,a9si je me cont5te1 sur cette p>tie1 d'y r5voy] les ,matres4 ,qu'ils lis5t aussi la judicieuse ,prface de ,polybe dans son ,hi/oire1 le comm5cem5t des ,rflexions ,anecdotes de la ,re9e ,*ri/9e1 de l',eloge hi/orique de l',abb ,t]rasson1 p> ,m4 d',alemb]t1 ils s]ont plus in/ruits que p> des volumes de ,m?odes de ,?omass91 de ,possev91 de ,rap91 de ,m5e/ri]1 qui t\s ensemble1 ne val5t pas un livre d',hi/oire bi5 fait1 celle de l',emp]eur ,juli51 p> exemple4 ,des pr9cipes sur la c]titude hi/orique1 ou de la critique4 #b4 ,il e/ ncessaire d'avoir des pr9cipes sur la c]titude hi/orique1 de savoir sur quoi elle e/ fonde4 ,on e/ c]ta9 des faits que l'on voit que l'on ent5d4 ,on sait p> relation ceux que les autres voi5t qu'ils ent5d5t4 ,le tmoignage e/ une des voies les plus t5dues de la connoissance huma9e1 mais p\r produire la conviction1 il doit n\s mettre la place de ceux qui ont vu qui ont ent5du eux-mmes4 ,c'e/ le po9t de vue o les ,hi/ori5s doiv5t se plac] p\r y plac] leurs lecteurs 2 les faits qui sont appuys sur ce fondem5t1 sont d'une c]titude exclure le plus lg] d\te4 ,c'e/-l le pr9cipe le plus gnral de la c]titude hi/orique1 d'o driv5t t\s les autres pr9cipes4 ,a9si qu& on veut exam9] un fait1 il faut savoir d'abord de quelle nature il e/ 3 e/-il con=me la commune expri5ce au c\rs ord9aire des *oses1 ou y e/-il contraire 8 ,cet exam5 dem&e des rflexions p>ticuli]es 3 p> qui e/-il atte/ 8 p> un ou p> plusieurs ,hi/ori5s 8 ,ces ,hi/ori5s sont-ils tmo9s1 sont-ils contempora9s ou vois9s du temps o le fait s'e/ pass 8 ,peut-on dire qu'ils le ti5n5t immdiatem5t de la premi]e ma9 8 ,cit5t-ils leurs g>ants 8 ,ont-ils les uns les autres les qualits ncessaires p\r tmoign] 8 ,on doit discut] leur tmoignage leurs rapports1 comme on discute les tmo9s en ,ju/ice 2 s'il y a d'autres ,hi/ori5s1 voir s'ils sont contraires1 lire *>ge d*>ge1 exam9] le b des ,ecriva9s1 p\rquoi1 quelle occasion ils ont crit1 mettre leur tmoignage la balance1 savoir s'il a pass jusqu' n\s dans son intgrit1 ou s'il n'a po9t t corrompu 2 on peut prononc] ensuite1 soit en affirmant1 s'il y a des preuves1 soit en niant ou en d\tant1 si les preuves ne sont pas suffisantes 2 c> entre d\t] croire1 il y a des nuances diffr5tes qui n'ont pas mme de nom p>ticuli]4 ,des temps o l'on peut remont] dans l',hi/oire4 #c4 ,quant aux temps auxquels on peut remont]1 aux ,hi/oires auxquelles on doit aj\t] foi1 la regle la plus sre e/ de t5ir p\r suspect t\t ce qui prc$e les tems o *aque ,nation a reu l'usage des ,lettres4 ,un autre pr9cipe galem5t c]ta91 e/ que qu& il y a des int]ruptions de gr&s vuides dans une ,hi/oire1 t\t ce qui les prc$e e/ faux ou suspect4 ,aussi ri5 n'e/-il plus inc]ta9 que t\te l',hi/oire anci5ne1 dont les ,auteurs rapport5t les faits arrivs long-tems avant eux4 ,dans les siecles po/rieurs1 mme dans ceux qui sont les plus pro*es du ntre1 on tr\ve la mme inc]titude1 lorsque les ,mmoires des contempora9s manqu5t1 ou qu'ils sont dfectueux 2 ce qui exclut de la c]titude presque t\te l',hi/oire anci5ne d',egypte ou d',ori5t1 dont pe9e il s'e/ cons]v quelques ve/iges 2 t\t ce qui prc$e les ,olympiades *ez les ,grecs1 peu prs la seconde gu]re ,punique *ez les ,roma9s 2 en un mot1 les orig9es de t\tes les ,nations1 except celle du ,peuple ,juif dont on ne p]d po9t la trace4 ,on peut mettre dans le mme rang la plus gr&e p>tie de l',hi/oire du moy5 ge1 non qu'elle soit dp\rvue d',auteurs contempora9s1 mais leurs ,mmoires sont si dfectueux1 les lacunes si gr&es1 qu'il n'e/ pas possible de les remplir4 ,ri5 n'e/ plus ju/e ni plus +nieux que ce que dit sur l',hi/oire anci5ne ,m4 de ,font5elle1 dans l'loge de ,m4 ,bian*9i4 ,si d'un gr& ,palais ru9 on tr\voit les dbris confusm5t disp]ss dans l't5due d'un va/e t]re91 qu'on ft sr qu'il n'en manqut aucun1 ce s]oit un prodigieux travail de les rassembl] t\s1 ou du mo9s sans les rassembl]1 de se faire1 en les considrant1 une ide ju/e de t\te la /ructure de ce ,palais 2 mais s'il manquoit des dbris1 le travail d'imag9] cette /ructure1 s]oit plus gr& d'autant plus gr&1 qu'il manqu]oit plus de dbris il s]oit =t possible que l'on ft de cet difice diffr5ts plans qui n'auroi5t presque ri5 de commun entr'eux4 ,tel e/ l'tat o se tr\ve p>mi n\s l',hi/oire des tems les plus anci5s4 ,une inf9it d',auteurs ont pri 2 ceux qui n\s re/5t ne sont que r>em5t enti]s4 ,de petits fragm5s en gr& nombre1 qui peuv5t tre utiles1 sont p>s l dans des lieux =t c>ts de r\tes ord9aires1 o l'on ne s'avise pas de les all] dt]r] 2 mais ce qu'il y a de pis1 ce qui n'arriv]oit pas des dbris matriels1 ceux de l',hi/oire anci5ne se contr$is5t s\v5t1 il faut ou tr\v] le secret de les concili]1 ou se rs\dre faire un *oix qu'on peut t\j\rs s\ponn] d'tre un peu arbitraire4 ,t\t ce que des ,savants du premi] ordre les plus orig9aux ont donn sur cette mati]e1 ce sont diffr5tes comb9aisons de ces matriaux d'antiquit 2 il y a encore lieu des comb9aisons n\velles1 soit que t\s les matriaux n'ai5t pas t employs1 soit qu'on en puisse faire un assemblage plus heureux1 ou seulem5t un autre assemblage4 ,de la ,critique4 ,les pr9cipes les regles qui doiv5t s]vir de guides dans la lecture de l',hi/oire1 =m5t ce qu'on appelle la ,critique1 j'ent5ds p>-l1 non cet art qui s'arrte re/itu] des passages1 vrifi] les v>iantes d'un texte 2 mais celui qui appr5d jug] des faits1 en exam9] les preuves1 di/+u] les faits vritables de ceux qui sont supposs ou inc]ta9s1 les faits c]ta9s de ceux qui ne sont que probables 2 enf91 cet art qui sait pes] les diffr5s degrs de c]titude1 fix]1 s'il e/ p]mis de p>l] a9si1 les diffr5tes nuances du vrai du vraisemblable 2 art de la plus gr&e utilit d'une va/e t5due 2 c'e/ proprem5t une ,logique de faits aussi ncessaire p\r dirig] le jugem5t dans la croyance des vnem5s1 que la ,logique p\r conduire la raison dans la dc\v]te de la vrit4 ,leur runion =me l'homme judicieux raisonnable4 ,t\tes deux sont le fondem5t des connoissances en t\t g5re1 l'in/rum5t des autres tudes4 ,de la ,critique de la ,logique4 ,l'esprit ju/e1 cet esprit qui s]t g\v]n] les ,etats1 comme conduire les affaires des ,p>ticuli]s 2 qui guida ,sully1 ,tur5ne ,cat9at 2 qui dicta les ,consultations de ,*>les ,dum\l91 les ,p>]es de ,sav>y1 les ,essais de ,locke1 de ,nicole1 les ,disc\rs de ,fleury 2 qui inspira dans leurs conjectures sur les vnem5ts futurs1 ,?mi/ocle1 ,polybe1 ,dossat1 ,ri*elieu ,*>les de ,lorra9e 2 cet esprit1 dis-je1 n'e/ qu'un jugem5t solide qui saisit l'tat des que/ions1 le vritable po9t de vue des affaires1 fait *oisir en t\t les raisons dcisives 3 c'e/ ce bon s5s si utile dans le monde 2 t&is que ce qu'on appelle esprit ne s]t s\v5t qu' le ravag] 2 aussi e/imable qu& il enseigne une bonne adm9i/ration de ,ju/ice de ,f9ance1 que qu& il trace les plans d'une campagne4 ,les hommes s5ss dans t\s les temps ont connu les pr9cipes et les regles4 ,qu& ,scipion conv]soit avec ,polybe1 qu'en puisant la sci5ce de g\v]n]1 ils prophtisoi5t le *angem5t de la ,rpublique ,roma9e 2 qu& du fond de la ,macdo9e1 ,philippe remuoit t\te le ,grece 2 qu& ,cs> pr5oit de si ju/es mesures p\r subjugu] les ,gaulois ou p\r dtruire le p>ti de ,pompe 2 qu& ,ri*elieu s'occupoit des moy5s d'abaiss] le ,maison d',autri*e 2 t\s ces gr&s ,hommes s'appuyoi5t-ils sur d'autres fondem5ts que sur une connoissance exacte des p]sonnes1 sur des notions ju/es des *oses1 sur des faits circon/ancis1 ou sur de fideles rapports 2 croyoi5t-ils lgrem5t t\s les disc\rs1 t\s les bruits populaires 8 ,le bon s5s e/ la regle de t\tes les v]tus de t\tes les bonnes qualits 3 il di/+ue l'homme raisonnable de celui qui ne l'e/ pas 2 le vrai savant de celui qui n'a qu'un savoir confus1 la v]tu de la sup]/ition1 le gr& homme de celui qui n'e/ que hros4 ,avec cette facult de plus1 l',emp]eur ,juli5 ,*>les ,,xii1 euss5t t peut-tre les plus gr&s hommes de l'univ]s4 ,le bon s5s e/ t\j\rs utile sans la sci5ce1 p>ce qu'il sait s'arrt] aux *oses qui sont sa porte4 ,la sci5ce sans le bon s5s1 e/ s\v5t p]nicieuse t\j\rs ridicule4 ,,ii y a des notions primitives qui s]v5t de base t\te c]titude1 auxquelles il e/ impossible de se refus] sans r5onc] au s5s commun4 ,telle e/ en fait de tmoignage1 la notorit ou l'vid5ce d'une *ose de fait gnralem5t reconnue1 qui e/ le rsultat d'une multitude de p]ceptions s5sibles 2 telle e/ en fait de raisonnem5ts1 la p]ception immdiate rsultant de la simple vue de l'esprit ou du s5tim5t intrieur4 ,mais les bornes de la raison ne sont pas fixes1 p]sonne n'a droit de propos] la si5ne p\r regle de celle des autres4 ,la raison n'ayant donc po9t de mesure commune bi5 dt]m9e1 il faut des pr9cipes des regles p\r la guid]1 p\r l'aid] disc]n] le vrai du faux1 en mati]e de raisonnem5ts comme en mati]e de faits 2 c'e/ ce qu'on appelle la ,logique la ,critique4 ,e/-il vrai qu'il y a un art de p5s] de raisonn]1 qu'on enseigne en c9q ou six mois de jeunes g5s dans les ,ecoles de l',europe 8 on ne l'appr5d po9t aux femmes ni aux enfants qu'on ne fait pas tudi] 2 cep5dant il se tr\ve la longue que les uns raisonn5t peu prs aussi-bi5 que les autres1 s\v5t ceux qui ont enseign cet art1 raisonn5t le plus mal4 ,il n'e/ pas tonnant que cela rp&e des d\tes sur l'utilit des regles1 ou du mo9s sur celle de la m?ode qu'on emploie p\r les enseign]4 ,on ne comm5ce appr5dre la ,logique aux enfants qu' la f9 des tudes 2 on ne leur appr5d ri5 sur la ,critique2 on att5d presque qu'ils ai5t l'esprit faux p\r le r$ress]4 ,on reg>de les sci5ces comme des pays diffr5ts1 o l'on fait successivem5t voyag] les jeunes g5s4 ,t\tes les regles gnrales1 t\s les prceptes de quelque art que ce soit1 ne s]v5t ri51 si on n'en fait pas l'application 3 on ne reti5t1 proprem5t p>l]1 que les *oses dont on a fait usage1 dont on a l'expri5ce4 ,les regles de la ,posie de la ,pe9ture1 sont plus connues plus p>faites que du temps d',hom]e de ,virgile1 de ,raphal du ,titi54 ,avons-n\s de meilleurs ,potes de meilleurs ,pe9tres 8 ,avons-n\s des meilleures ttes qu',hypocrate1 ,ari/ote ,platon 8 ,je connois t\te l'utilit des regles mme leur ncessit 2 elles s]v5t c>t] les causes des mauvais raisonnem5ts1 dvoil] les sophismes1 mais seules1 elles n'ont jamais p\ss lo9 les connoissances des hommes4 ,aprs le c>act]e naturel de l'esprit1 c'e/ l'application1 c'e/ l'expri5ce1 c'e/ la connoissance des faits1 qui font qu'un homme raisonne mieux qu'un autre homme4 ,voil l'avantage que n\s avons sur les ,anci5s 2 nos connoissances sont plus exactes plus t5dues1 n\s avons une plus gr&e expri5ce des faits des *oses 2 n\s sommes dtromps de quelques prjugs de quelques erreurs qu'ils avoi5t adopts4 ,qu& ils n'ont raisonn que de ce qui toit leur porte1 ils ont jug aussi bi5 que n\s4 ,en fait de ,politique1 de ,morale civile1 de ,loix1 je ne crois pas qu'on puisse le leur conte/]4 ,p\rquoi p> o notre siecle surpass]ait-il les prcd5s 8 ,c'e/ que depuis environ #bej ans on a fait une inf9it de dc\v]tes dans t\s les g5res 2 on a tudi t\tes les ,langues 2 on a vrifi les textes des ,auteurs anci5s 2 les ,livres vritables ont t di/+us des ,livres supposs 2 l',hi/oire sacre pr(ane1 la ,gographie1 la ,*ronologie1 la ,critique1 la ,fable1 le ,droit1 les ,mdailles1 les ,inscriptions1 c4 t\t a t dbr\ill clairci 3 on a presque tr\v les bornes des ,ma?matiques4 ,depuis les temps de ,galile de ,bacon1 on a obs]v avec so9 t\s les corps1 on les a exam9s dans t\tes les circon/ances1 on leur a fait subir t\s les *angem5s imag9ables1 p> les gr&s ag5s naturels1 l'air1 l'eau le feu 2 ceux qu'on n'app]cevoit pas1 sont dev5us s5sibles 3 avec le sec\rs du tlescope du microscope1 les extrmes se sont rappro*s1 les corps situs une di/ance imm5se1 ceux qui sont prs de n\s sont dev5us des objets de curiosit1 de re*]*es de connoissances4 ,des voyages entrepris dans t\tes les p>ties du monde1 ont grossi le nombre des ,obs]vateurs1 multipli les obs]vations4 ,l'inv5tion de l',imprim]ie1 l'tablissem5t des ,acadmies1 ont s]vi publi]1 cons]v] les dc\v]tes1 g>antir leur c]titude4 ,malgr les trav]ses les emb>ras de t\te espece1 l'indu/rie le travail op9itre ont fran*i les plus gr&s ob/acles4 ,voil ce qui a p]fectionn notre art de p5s] 2 si l'ouvrage n'e/ pas aussi p>fait qu'il devroit tre1 c'e/ aux sy/mes de ,philosophie1 l'abus des ides arbitraires1 aux qu]elles ,?ologiques1 qu'on doit l'imput]4 ,un homme acqui]t la supriorit sur les autres hommes1 p> les mmes raisons p> les mmes moy5s qu'un siecle devi5t suprieur un autre4 ,il p>ot donc raisonnable d'employ] p\r appr5dre p\r in/ruire1 les mmes pr9cipes les mmes regles4 ,on doit vit] en p>ticuli] les dfauts qui en gnral avoi5t arrt le progrs des connoissances4 ,regles de la ,logique de la ,critique4 ,une des pr9cipales regles qui remdi]oit en mme tems un de ces dfauts1 c'e/ d'c>t] les suppositions des sy/mes qu'on emploie p\r expliqu] des *oses dont on ne sauroit d'ailleurs r5dre raison1 c'e/ de ne prononc] que sur ce qui e/ sa porte1 sur quoi l'on a des connoissances acquises1 des lm5s assurs 3 qu& on n'a pas ces lm5s1 ou qu& on n'en a pas assez p\r jug]1 la raison veut que l'on susp5de son jugem5t4 ,la seconde regle galem5t importante p\r prv5ir l'abus des ab/ractions1 e/ de fix] les ides de les dt]m9] 3 le moy5 d'y p>v5ir1 e/ de rduire les ides ab/raites1 composes1 des ides p>ticuli]es simples1 ou aux lm5s qui les compos5t 2 c'e/ ce qu'on appelle df9ir1 c> la df9ition n'e/ que l'numration des ides simples r5f]mes dans une ide complexe ab/raite4 ,a la rigueur1 les ides simples sont indf9issables 2 on ne peut les fix] qu'en rfl*issant sur la mani]e dont on les a acquises1 aussi ne les df9it-on ord9airem5t qu'en les r5dant p> des quival5s ou p> des synonymes4 ,la plup>t des hommes n'ont po9t de notions fixes dt]m9es1 p>ce qu'ils ne remont5t presque jamais leur orig9e 2 cep5dant ils dcid5t h>dim5t les que/ions les plus obscures les plus compliques4 ,je n'en veux p\r exemple que les quivoques qu'on fait t\s les j\rs sur les mots de religion1 de vrit1 de gloire1 d'honneur1 de ju/ice1 de devoir1 de pit de dvotion1 c4 ,p\r df9ir exactem5t un t]me qui dsigne une ide complexe1 il suffit de tr\v] dans la ,langue les mots qui signifi5t les ides simples c>actri/iques dont elle e/ =me 2 c'e/ dans la ,langue commune qu'il faut *]*] ces mots1 p>ce qu'on ne doit s'c>t] du langage ord9aire1 que le mo9s qu'il e/ possible4 ,s\s le nom de df9ition1 je compr5ds la description des *oses naturelles qu'on ne peut df9ir qu'en les dcrivant 2 c> il e/ impossible d'expliqu] p> des df9itions la nature mme l'ess5ce des *oses4 ,ce n'e/ qu'en faisant des descriptions exactes des sujets1 en re*]*ant avec so9 t\tes leurs proprits1 en di/+uant ce qui leur e/ propre ce qui n'e/ qu'accid5tel1 qu'on peut p>v5ir en acqurir la connoissance4 ,la troisieme regle e/ de s'assur] des faits avant que d'en *]*] les causes1 si on ne veut pas s'expos]1 comme on a s\v5t dit1 au ridicule de tr\v] la raison de ce qui n'e/ po9t4 ,si les faits toi5t assurs 2 si les t]mes toi5t exactem5t df9is 2 si les sujets toi5t dcrits avec prcision1 la plup>t des que/ions s]oi5t t]m9es4 ,on voit p>-l l'utilit des df9itions1 1 ce qui e/ encore plus utile1 la mani]e de les faire 2 mais ce ,dictionnaire philosophique doit tre compos p> des ,philosophes4 ,la quatrieme regle e/ d'appliqu] *aque sujet la preuve qui lui e/ propre4 ,c'e/ avoir fait bi5 du progrs1 que de savoir en *aque mati]e1 de quel g5re de preuves on doit se s]vir1 en mati]e de raisonnem5t1 de faits1 d'obs]vations d'expri5ce4 ,t\t ce qu'on peut dire crire1 se rduit l 2 de bonnes raisons1 des tmoignages irrpro*ables1 des expri5ces c]ta9es 3 c'e/ le moy5 le plus assur de ne pas confondre les *oses les preuves 2 de ne pas employ] des raisonnem5s1 lorsqu'il e/ "q de faits 2 des faits ou des autorits1 lorsqu'il s'agit de raisonnem5s 2 de ne pas exig] de la dmon/ration1 o l'on ne peut obt5ir que de la vraisemblance 2 de ne pas se cont5t] de vraisemblance1 o l'on peut avoir de la dmon/ration4 ,je ne p>le po9t des qu]elles ?ologiques 2 elles sont l'opprobre de la ,religion de la raison1 le flau des ,etats1 des lettres des bonnes tudes4 ,que n'euss5t po9t fait p\r les sci5ces p\r les arts les ,arnauds1 les ,nicoles les ,lancelots1 si des br\illons malheureusem5t trop puissans1 un ,annat1 un ,f]ri]1 un la ,*aise1 ne les euss5t p]scuts cruellem5t =cs s'occup] de ces disputes de ces bagatelles sacres 6 ,les pr9cipes les regles qu'on vi5t d'tablir1 outre leur importance dans ce qu'on appelle ,logique ,critique1 s]v5t pr\v] la maxime qu'on a suivie dans ce ,plan d',education1 que la base de t\te m?ode d'enseign] d'appr5dre1 e/ de li] les connoissances des notions s5sibles1 des p]ceptions immdiates1 des ides simples 2 c'e/ la preuve d'une regle d'ari?mtique p> une autre4 ,qu& on e/ p>v5u jusques-l1 on ne peut remont] plus haut1 l'exam5 e/ f9i4 ,on doit en conclure que c'e/ acqurir ces notions1 qu'il faut appliqu] les enfans1 meubl] leur tte de faits utiles 2 leur procur] p> l'usage l'expri5ce qui leur manque 2 =m] le c>act]e de leur esprit 2 appliqu] les regles simples sres de la ,logique de la ,critique1 non les discut] m9utieusem5t4 ,une bonne m?ode e/ une application cont9uelle des regles d'une sa9e dialectique sur t\tes sortes de sujets4 ,t\t livre bi5 fait e/ une bonne ,logique1 t\t ex]cice qui acc\tume les jeunes-g5s mettre de l'ordre de la nettet dans leurs p5ses 3 une bonne ,grammaire1 p> exemple1 qui leur appr5droit arrang] de suite les objets du disc\rs1 concevoir nettem5t les raisons simples naturelles des regles1 s]oit une dialectique plus utile que t\t l'artifice du syllogisme4 ,voil p\rquoi les ,elm5s de ,gomtrie1 lus avec att5tion1 sont la meilleure des ,logiques4 ,c'e/ en lisant les bons ,critiques1 les ,grotius1 les ,petaus1 les ,sirmonds1 les ,valois1 les ,saumaises1 qu'on peut appr5dre l'art critique4 ,l'art physique le plus p>fait1 ou l'art de faire des expri5ces1 se tr\ve dans les ,mmoires des ,acadmies4 ,jusqu'ici on a fait des ,logiques p\r des ,philosophes ou p\r des ,?ologi5s 2 on a fait des ,critiques p\r les ,savans 2 on a fait des sy/mes mtaphysiques4 ,il a t utile que des g5s habiles ai5t clairci ces sci5ces 2 mais prs5t qu'on a tant crit sur t\tes sortes de mati]es1 il faut des m?odes qu'on puisse appliqu] l'usage de la vie 2 c> t\t le monde e/ oblig de raisonn] ju/e1 non seulem5t dans les sci5ces1 mais dans la vie civile1 dans t\s les ges1 dans t\tes les pr(essions4 ,c'e/ l le fondem5t de ce qu'on appelle savoir1 connoissance1 rudition1 raisonnem5t 3 possd] de p>eilles m?odes1 tre acc\tum les bi5 appliqu]1 c'e/ tre ,philosophe ,savant4 ,de la ,mtaphysique4 ,la ,logique la ,critique sont des in/rum5s qui appr5n5t p5s] 2 la ,mtaphysique e/ la sci5ce des pr9cipes 2 c'e/ elle qui in/ruit du b o t5d5t les facults de l'homme1 de leur t5due1 de leurs bornes de leur usage4 ,il n'app>ti5t qu' cette sci5ce1 de fix] ce que c'e/ que la vrit1 en quoi consi/e l'erreur1 quels sont les moy5s de l'vit] 3s elle dmontre p> l'expri5ce1 que t\t ab\tit aux connoissances s5sibles la p]ception immdiate 2 avec la ,logique1 elle appr5d dc\vrir les vrits1 les dduire de leurs vritables pr9cipes1 les rang] p> ordre 2 enf9 elle e/ la base des autres sci5ces1 dont elle conti5t le g]me l'bau*e4 ,elle dmontre l'exi/5ce de ,dieu1 ses attributs 2 elle ju/ifie sa provid5ce 2 elle tablit la lib]t huma9e1 les loix naturelles1 l'immortalit de l'ame4 ,elle dc\vre la foiblesse de l'esprit huma91 mais elle en apprcie les =ces 3 elle pr\ve que la raison e/ l'unique moy5 naturel qu'ait donn aux hommes l',auteur de leur tre1 p\r les conduire 2 que t\t ce qui e/ intelligible1 e/ de son ressort 2 que ri5 ne lui e/ trang] que ce qui e/ incomprh5sible 3 que c'e/ elle m>qu] les c>act]es les bornes de l'autorit1 p> consqu5t di/+u] les cas les objets de s\mission1 pes] les motifs de crdibilit 2 que croire1 c'e/ jug] que la raison oblige de reconnotre sur la =ce des preuves ext]nes1 l'exi/5ce1 ou la proprit d'un tre ou d'un objet 2 qu'a9si il lui app>ti5t de rgl] les limites qui sont entre elle la ,foi1 p>ce qu'elle prc$e1 accompagne suit t\j\rs une s\mission raisonnable4 ,une p>tie de cette sci5ce1 qui n'e/ pas la mo9s utile1 e/ celle qui appr5d jusqu'o l'on peut p>v5ir en fait de raisonnem5t1 o l'on doit arrt] ses re*]*es4 ,cette sci5ce ngative1 s'il e/ p]mis de p>l] a9si1 s]oit d'un aussi gr& prix que les connoissances positives4 ,c'e/ r5dre un gr& s]vice au g5re huma91 que de fix] les limites qu'il ne peut pass] sans s'g>]4 ,plut>que1 dans la ,vie de ,?se1 dit que comme les ,gographes1 qu& ils ont situ sur les ,c>tes les pays habits dc\v]ts1 mett5t au-del t]res ctes inconnues1 m]s inabordables1 les ,hi/ori5s devroi5t en us] de mme p\r les temps reculs1 inconnus fabuleux 2 c'e/ ce que j'ai essay dans les rflexions prcd5tes sur l',hi/oire4 ,il s]oit encore plus utile de pos] les limites des connoissances dans le raisonnem5t1 de m>qu] jusqu'o il peut ou ne peut pas pntr]1 ce s]oit le fruit le plus prcieux d'une bonne m?ode4 ,c'e/ t5dre l'esprit huma91 que d'en faire connotre les bornes 2 c'e/ mnag] ses =ces1 que de ne les pas employ] inutilem5t 3 un fleuve qu'on res]re dans ses bords1 n'en devi5t que plus rapide4 ,ce pr9cipe d'une sa9e ,mtaphysique1 que l'vid5ce irrsi/ible la c]titude ne sont atta*es qu' des p]ceptions immdiates1 pr\ve manife/em5t l'inc]titude de t\t sy/me dans les sci5ces de raisonnem5t4 ,o la p]ception immdiate manque1 il e/ ncessaire de susp5dre son jugem5t 3 voil la vritable regle de l'poque que les ,pirrhoni5s ont si mal applique4 ,p> cette seule regle la plup>t des sy/mes sont rfuts ou r5voys dans le pays des *im]es4 ,ces op9ions qui caus5t tant de bruit p5dant un siecle1 qui dans le siecle suivant1 tomb5t en oubli1 sont dmontres fausses ou inc]ta9es p> cette seule raison qu'elles ne sont pas appuyes sur les pr9cipes de la connoissance4 ,la p]ception immdiate manque dans t\tes les que/ions o entre l'ide de l'inf9i1 p> exemple1 l'espace1 le vuide1 le ple9 inf9i1 l'imm5sit1 l't]nit1 la cration1 la presci5ce1 la promotion physique1 le conc\rs1 les dcrets div9s1 l'exception des faits clairem5t rvls 2 dans celles qui reg>d5t la nature ou l'ess5ce des *oses exi/antes1 des tres ou qualits1 t\tes les fois que l'objet de la "q va au-del de l'expri5ce1 comme l'union de l'ame du corps1 les causes occasionnelles1 l'h>monie prtablie1 les monades1 c4 ,elle manque dans celles dont on n'a po9t d'lm5s assurs1 comme l'a/rologie judiciaire1 les sy/mes sur la div9ation anci5ne mod]ne1 les imag9ations de la cabale1 c4 dans t\te la ,physique de pur raisonnem5t1 qui ne peut tre que conjecturale 2 dans t\t ce qui conc]ne la rgion des possibles1 comme de savoir s'il y a plusieurs mondes1 quels peuv5t tre leurs habitans 2 presque t\t ce qui reg>de la vie future1 l'exception de ce que ,dieu a rvl =mellem5t1 ou ce qui en e/ une consqu5ce ncessaire 2 enf9 dans les espaces vagues des ab/ractions dont on n'a que des connoissances idales confuses1 telles que sont les ides de la sub/ance unique de ,sp9osa1 de l'tre en gnral1 du monde intelligible1 de la vision en ,dieu de ,mallebran*e1 c4 ,dans t\tes ces que/ions au-del des connoissances s5sibles de la p]ception immdiate1 on peut dire1 comme ,plut>que1 t]res ctes inconnues1 m]s inabordables4 ,de la ,logique des vraisemblances4 ,presque t\t ce que l'on a dit jusqu'ici ne doit s'ent5dre que des vrits ncessaires ou des consqu5ces ncessaires de faits c]ta9s1 au-del desquelles ne sont pas encore p>v5ues la ,logique la ,critique ord9aire4 ,m4 de ,leibnitz1 qui connoissoit si bi5 le =t et le foible de la ,philosophie1 qui avoit vu les bornes des sci5ces1 qui toit fait p\r les prescrire ou p\r les t5dre1 avoit dj dit qu'il manquoit une p>tie de l'art1 qui s]vit rgl] le poids des vraisemblances1 qui pest les app>5ces du vrai du faux4 ,cette ,logique e/ sur-t\t ncessaire dans la morale dans la pratique1 o les hommes ne p\vant pas t\j\rs s'assur] de tr\v] la vrit1 sont s\v5t obligs de se rgl] sur des indices ou sur des vraisemblances1 ce qu'on appelle en ,droit des prsomptions 2 il y en a de diffr5ts degrs d'une =ce diffr5te4 ,comme elle e/ la base de la plup>t des actions des jugem5ts1 il s]oit trs-important qu'on y apportt plus d'att5tion qu'on n'a fait jusqu' prs5t1 qu'on t*t de la p]fectionn]4 ,il e/ vrai que l'esprit en s'acc\tumant aux dmon/rations rig\reuses aux pr9cipes c]ta9s1 devi5t plus capable de di/+u] la =ce ou la foiblesse des preuves1 cette p>tie dp5d beauc\p de la connoissance des hommes1 qui ne peut s'acqurir que p> l'expri5ce4 ,de l',esprit philosophique4 ,de la pratique cont9uelle d'une ,logique exacte d'une bonne ,critique1 qui s]oi5t fondes sur les pr9cipes solides d'une ,mtaphysique claire1 natroit l'esprit philosophique4 ,cet esprit de lumi]e utile t\t1 applicable t\t1 qui rapporte *aque *ose ses vritables pr9cipes1 indp5damm5t des op9ions de la c\tume4 ,l'esprit philosophique e/ diffr5t de la ,philosophie1 lui e/ autant suprieur que l'esprit gomtrique l'e/ la ,gomtrie 2 que la connoissance de l'esprit des loix e/ au-dessus de la connoissance mme des loix4 ,c'e/ le fruit et le b de la ,philosophie 2 elle connot discute les vrits p>ticuli]es1 l'esprit philosophique les apprcie t\tes4 ,la ,philosophie e/ une sci5ce1 l'esprit philosophique compr5d t\tes les sci5ces4 ,s'il e/ "q d',hi/oires1 il en montre les usages le b 2 il rappro*e les temps les ges p\r les comp>] 3 plac dans une p]spective leve1 il voit d'un c\p d'il des t]mes de rapports loigns1 dont il tire ou des ressemblances s+uli]es1 ou des contra/es frappants4 ,s'agit-il de ,philosophie1 il sait quelles sont les vrits connues1 leur usage leurs rapports1 ce qui manque aux connoissances actuelles ce qui peut y tre aj\t4 ,il voit non seulem5t quelques pr9cipes1 mais l't5due des pr9cipes1 la =ce ou la foiblesse des preuves sur lesquelles on les appuie4 ,il obs]ve les progrs et les ret>dem5s de l'esprit de la raison dans les sci5ces spculatives pratiques1 dans les murs des hommes1 dans les diffr5s siecles4 ,l'esprit philosophique e/ une sci5ce relle1 il e/ le rsultat des sci5ces comp>es 3 c'e/ p\rquoi il ne vi5t ord9airem5t qu' leur suite4 ,le seizieme siecle fut celui de la sci5ce de l'rudition1 le dix-septieme celui-ci des tal5s1 le c>act]e du dix-huiteme siecle e/ la ,philosophie4 ,cujas ,dum\l9 n'euss5t pas vraisemblablem5t fait le livre de l',esprit des ,loix 2 mais peut-tre que ,m4 ,de ,montesquieu ne l'et pas fait non plus1 si ,cujas ,dum\l9 n'euss5t fray le *em9 de la ,jurisprud5ce4 ,uss]ius ,petau ont fait des ,annales remplies des plus gr&es re*]*es 2 ,m4 de ,bossuet a fait une ,hi/oire univ]selle trs-loqu5te 2 ,m4 de ,voltaire a lev sur ces fondem5s une ,hi/oire philosophique 2 ce sont des *efs-d'uvres d'rudition1 d'loqu5ce de philosophie4 ,cet esprit philosophique port un dgr m95t1 vi5t de produire des lm5ts de ,philosophie1 auxquels il ne manque que d'tre plus t5dus4 ,on ne peut que recomm&] l'esprit philosophique1 qui doit prsid] t\tes les sci5ces1 mme aux ,belles-,lettres 2 mais l'homme doit t\j\rs se g>d] des extrmes4 ,il e/ cra9dre que dans l',hi/oire1 dc\vrant de plus lo91 il ne di/+ue pas si exactem5t les objets int]mdiaires 2 que dans la ,philosophie il ne veuille remont] trop haut1 pntr] jusqu'aux premi]s pr9cipes1 qui s]ont t\j\rs envelopps de nuages pais 3 que dans les ,belles-,lettres il ne donne trop une analyse qui refroidiroit le s5tim5t4 ,enf9 on auroit de trop gr&s repro*es lui faire1 s'il attaquoit la ,religion1 s'il ab&onnoit la sci5ce l',erudition sur lesquelles il doit tre fond1 qui lui ont s]vi d'*elon1 s'il e/ p]mis de s'exprim] a9si4 ,de l',art de l',inv5tion4 ,au-del de la ,philosophie au-dessus de l'esprit philosophique s'leve1 non un art proprem5t dit1 c> ce n'e/ po9t une m?ode de faire quelque *ose suivant c]ta9es rgles 2 non une sci5ce1 c> ce n'e/ po9t la connoissance des *oses dans lesquelles on e/ in/ruit 2 mais un art suprieur aux regles aux in/ructions1 l'art d'inv5t]1 ce gnie crateur qui e/ le sublime de la raison1 1 si on peut s'exprim] a9si1 l'ultimatum de la ,philosophie1 qui n'e/ donn qu' des ames privilgies 2 c> on compte dans les ,annales des ,nations les inv5teurs clbres4 ,je ne p>le pas seulem5t de ceux qui ont fait des dc\v]tes dans les sci5ces1 dont les ,ma?matiques f\rniss5t le plus d'exemples les plus illu/res 2 mais dans t\s les arts dans t\t ce qui peut tre utile au g5re huma94 ,on a dit que celui qui inv5ta la *>rue dans les tems grossi]s et t un ,ar*im$e dans des temps po/rieurs4 ,il y a tel problme de politique qui dem&e plus de f9esse1 plus de comb9aisons que les plus =ts problmes d',algebre4 ,la maladie donne1 tr\v] le rem$e1 c'e/ le problme de la ,mdec9e4 ,des faits donns1 conclure ceux qui doiv5t arriv]1 c'e/ la problme de la politique4 ,cet art de jug] p> avance de l'av5ir1 que possdoit suprieurem5t ,?mi/ocle1 7futura callidissim prospiciebat7 e/ p>allele l'inv5tion4 ,il y a des gnies qui ,dieu semble avoir dp>ti une portion de sa presci5ce4 ,c'e/ un don de la nature seule1 t\t l'art huma9 ne peut y atte9dre 2 mais comme il n'y a aucune facult de l'esprit qui ne doive sa p]fection l'art l'ex]cice1 t\te opration qui porte sur des lm5s connus1 suppose que la *ose n'e/ pas impossible dc\vrir1 que le problme peut tre rsolu4 ,s'il y a un moy5 de dvelopp] ce g]me prcieux dans les gnies m95s o la nature l'a plac1 c'e/ celui d'une bonne ducation dirige suivant les pr9cipes d'une exacte ,philosophie4 ,s'il peut y avoir quelque art inv5t]1 il consi/e dans l'habitude dans l'ex]cice de l'inv5tion4 ,au lieu de rs\dre des problmes1 que l'on s'acc\tume les dev9] 3 voil p\rquoi je prfr]ois les ,elm5s de ,gomtrie d',algbre1 de ,m4 ,clairaut1 qui sont trop ngligs p> les ,matres1 qui m5]oi5t les enfans p> la r\te que la nature a indiqu elle-mme4 ,a l'g>d de la conduite de la vie des affaires1 l'expri5ce e/ le premi] le plus gr& matre1 peut-tre le seul 2 mais il ne faut pas nglig] les aides les sec\rs4 ,on ne les peut tr\v] que dans des exemples une bonne morale l'hi/oire prp>]ont les voies4 ,que celui qui v\dra s'in/ruire dans l'art de conduire de gr&es affaires1 lise1 p> exemple1 les ,lettres du ,c4 d',ossat1 du ,p4 ,jean9 2 qu'il rem>que le sujet leur ngociation1 leur objet1 les moy5s de russir1 les ob/acles prvus1 il v]ra que les ob/acles sont t\j\rs v5us du ct o ils les avoi5t annoncs1 les moy5s de russir de mme 3 il ne p\rra s'emp*] d'admir] le gnie prophtique de ces hommes qui sembl5t inspirs4 ,qu'on lise le rsultat des conv]sations de ,scipion avec ,polybe1 sur la con/itution de ,rome1 les ,epitres de ,cic]on ,atticus1 la ,lettre de ,m4 le ,m>*al de ,saxe ,fol>d1 sur le blocus de ,prague sur les affaires de ,bohme1 on reconnotra que l'art de ces gr&s ,hommes a t de bi5 voir1 de ne ri5 ajot] aux faits1 d'avoir prs5s1 sans en omettre aucun1 t\s les ,elm5s ncessaires p\r prvoir4 ,une seule circon/ance oublie et pu caus] un p>alogisme dang]eux4 ,ces lectures =m]oi5t la prud5ce elles s]oi5t t\j\rs utiles1 qu& ce ne sauroit que p\r connotre la mani]e des gr&s hommes 8 si l'on veut comp>] mani]e mani]e1 que l'on exam9e ,dossat ,dup]ron dans les ,lettres o ils r5d5t compte dans le mme tems de la mme ngociation1 du mme vnem5t1 on v]ra1 comme quelqu'un a dit +nieusem5t de ,rac9e de ,pradon1 que ces deux ,ngociateurs ne sont jamais si diffr5s que qu& ils dis5t les mmes *oses4 ,l'esprit inv5teur celui qui discute1 e/ le mme 2 mais le premi] fran*it1 p> lumi]e comme p> in/9ct1 de plus gr&s int]valles 2 il voit d'un c\p d'il plus d'objets la fois 2 il voit la liaison de plusieurs ?ormes loigns les uns des autres 3 ce sont t\j\rs les mmes vrits vues de la mme mani]e4 ,c'en e/ sans d\te trop sur une mati]e1 qui n'e/ pas susceptible de regles1 qui ne peut tre que le fruit du gnie4 ,mais il n'e/ pas inutile de propos] la p]fection aux hommes 2 ils n'iroi5t jamais si lo91 sans le desir ard5t de se surpass] eux-mmes de va9cre leurs semblables4 ,de la ,morale4 ,la ,logique la ,critique ont p\r b de =m] l'esprit de prv5ir ou de corrig] les erreurs 2 la ,morale a p\r objet de =m] le cur de combattre les vices 2 mais comme t\s les vices sont fonds sur de fausses options sur des erreurs1 le ,logique la ,critique s]v5t beauc\p la ,morale mme4 ,il e/ vrai que l'homme ne suit pas inv>iablem5t ses pr9cipes 3 mais celui qui n'en a po9t ou qui en a de mauvais1 agira srem5t presque t\j\rs mal4 ,celui qui a des connoissances solides ne f]a pas t\j\rs le bi5 qu'il voit 2 mais il le f]a plus s\v5t1 il y revi5dra plus aism5t 3 c'e/ un tat viol5t1 que d'tre en contradiction avec soi-mme4 ,la lumi]e conduit ord9airem5t la v]tu1 les tnebres l'ignorance conduis5t au vice4 ,dans beauc\p de sci5ces on peut raisonn] ju/e sans avoir le cur droit 3 mais dans t\s les cas o les intrts la passion peuv5t entr]1 c'e/--dire1 dans presque t\tes les affaires de la vie1 la ju/esse d'esprit la droiture du cur sont insp>ables 2 comme l'esprit e/ s\v5t la dupe du cur1 le cur e/ aussi quelquefois la dupe de l'esprit 3 a9si travaill] se r5dre l'esprit ju/e1 c'e/ travaill] en mme-tems se r5dre le cur droit4 ,ensorte qu'il p\rroit se faire que la v]tu et t bi5 df9ie199 la ju/esse de l'esprit applique la conduite de la vie aux murs4 99 ,p> ,m4 ,=mey4 ,les actions des hommes sont ord9airem5t une consqu5ce de leurs pr9cipes1 les pr9cipes sems de bonne heure1 dans l'esprit1 produis5t tt ou t>d leur effet4 ,tant que l'ame g\v]n]a le corps1 les notions des hommes influ]ont sur leur conduite4 ,leur influ5ce agit t\j\rs1 quoiqu'elle n'entrane pas t\j\rs1 elle agira plus ou mo9s mesure que les notions s]ont plus ou mo9s =tem5t enrac9es 2 elles port]ont au bi5 ou au mal1 selon qu'elles s]ont bonnes ou mauvaises4 ,les notions des hommes mod]5t jusqu' un c]ta9 po9t le c\rs des passions4 ,il faut en conv5ir 3 ce monde n'e/ habitable1 la socit du g5re huma9 ne se ma9ti5t que p> les ides dom9antes1 quoique s\v5t confuses1 d'ordre1 de v]tus1 de devoirs4 ,dans les ,ecoles on rejette la ,morale la f9 des autres p>ties de la ,philosophie 2 on l'a rduite quelques que/ions s*ola/iques inutiles994 ,on a oubli1 que de t\tes les sci5ces1 c'e/ la plus importante1 qu'elle e/ autant qu'aucune autre1 susceptible de dmon/ration4 99 ,en quoi consi/e la batitude =melle1 la batitude objective1 la possibilit de l'tat de pure nature1 c4 ,les regles des actions tir5t leur orig9e1 ou de la droite raison1 ou des loix div9es huma9es 2 la premi]e p>tie compose les loix naturelles1 ou la ,morale proprem5t dite1 qui e/ galem5t div9e immuable 2 c> l'exi/5ce d'un ,dieu ,lgislateur1 n'e/ pas mo9s ncessaire la ,morale1 qu'e/ la ,physique celle d'un ,dieu ,crateur 2 mais la ,morale prc$e t\tes les loix positives1 div9es huma9es1 p> consqu5t elle subsi/]oit1 qu& mme ces loix n'euss5t jamais t portes4 ,il toit vrai avant ,moyse1 *ez t\s les ,peuples mme de/itus de la lumi]e de la rvlation1 qu'il faut faire aux hommes le plus de bi5 le mo9s de mal qu'il e/ possible4 ,il toit vrai que ,can ne p\voit pas faire viol5ce son fr]e 2 que ,si*em ne p\voit pas pr5dre de =ce la fille de ,jacob 2 que les frres de ,joseph commettoi5t une inju/ice son g>d1 lorsqu'ils att5toi5t sa lib]t2 que ,ph>aon faisoit l'action d'un tyran1 en opprimant les ,hbreux1 en massacrant leurs enfans4 ,ce n'e/ po9t la ,loi crite qui a rvl aux hommes la turpitude l'inju/ice norme de ces actions4 ,il e/ une loi naturelle galem5t div9e1 crite dans t\s les curs1 dont la consci5ce r5d tmoignage1 comme dit l',aptre1 elle e/ de t\s les siecles1 de t\s les ,pays1 de t\tes les nations 1 p\r a9si dire1 de t\s les mondes4 ,c'e/ de cette loi que ,cic]on dit qu'elle e/ ne avec n\s1 que n\s ne l'avons po9t reue de nos p]es1 ni apprise de nos matres1 ni lue dans nos livres 2 n\s l'avons prise1 tire puise du fond mme de la nature 2 une loi dont n\s ne sommes pas simplem5t in/ruits1 mais dont n\s sommes1 p\r a9si dire1 imbus pntrs4 ,e/ hc non scripta1 s$ nata lex1 quam non didicimus1 accepimus1 legimus v]m ex natura ipsa arripuimus1 hausimus1 expressimus 2 ad quam non docti1 s$ facti 2 non in/ituti1 s$ imbuti sumus4 ,et ailleurs1 ,lex e/ insita 9 natura qu jubet ea que faci5da sunt1 prohibetque contr>ia4 ,s]oit-il donc inutile de recomm&] aux hommes les v]tus morales que les ,pay5s mme ont tant recomm&es4 ,ne peut-il pas y avoir1 n'y a-t-il pas en effet un comm]ce de murs entre les ,peuples les plus diffr5s de ,religion 8 ,qu'e/-ce qu'un ,ca?olique1 un ,prote/ant1 un ,juif1 un ,mahomtan qui trait5t qui trafiqu5t ensemble1 exig5t rciproquem5t l'un de l'autre 8 ,et dans la ,religion mme n'e/-ce pas p> ces pr9cipes que l'on peut entret5ir la probit l'humanit si ncessaires p>mi ceux qui ont le malheur de n'tre pas assez s5sibles des motifs d'un ordre suprieur 8 ,la seconde p>tie compose le droit positif div91 le droit des g5s1 le droit civil 2 droits qui emport5t *acun leur obligation p>ticuli]e4 ,la difficult de trait] ces droits diffr5s1 vi5t de ce que l'on a p]ptuellem5t confondu les loix diffr5tes dont ils driv5t4 ,les uns apport5t des raisons p\r preuve de faits1 les autres des faits en preuve de raisons 2 ce qui e/ galem5t contre le bon s5s contre les loix d'une sa9e dialectique4 ,p> exemple1 l'g>d du m>iage1 les ,?ologi5s les ,philosophes1 les ,jurisconsultes br\ill5t t\s mom5s les loix naturelles les loix div9es1 avec les loix civiles les loix ecclsia/iques4 ,un gr& ,philosophe1 en di/+uant la morale p> rapport aux devoirs1 l'a divise en ce que les hommes se doiv5t1 comme membres de la socit gnrale1 en ce que les socits p>ticuli]es doiv5t leurs membres 2 ce qui r5f]me1 #a4 la loi naturelle1 ou la morale de l'homme 2 #b4 la morale des ,lgislateurs1 ou le droit politique 2 #c4 la morale des ,etats1 ou le droit des g5s 2 #d4 la morale du ,citoy51 ou le droit positif4 ,il aj\te une c9quieme bran*e de morale1 celle du ,philosophe1 qui n'a p\r objet que n\s-mmes4 ,il ne s'agit pas dans la jeunesse d'appr(ondir t\tes ces ,sci5ces1 je ne prt5ds pas donn] des leons aux prcepteurs du g5re huma94 ,mais il e/ important que les jeunes g5s connoiss5t les pr9cipes du droit naturel1 de la morale de la politique 2 ils les tr\v]ont dans l',abrg de la ,morale de ,wolf p> ,?umisius1 qu'on enseigne dans les ,ecoles d',allemagne1 ,livre lm5taire trs-bi5 fait 2 dans l',abrg de ,puff5dorff 2 ces livres suffiront dans les comm5cem5ts 3 ils liront reliront les ,(fices du ,consul ,roma9 son fils1 les ,in/ructions du ,*anceli] de ,france ses enfans99 2 s'ils ont du gt1 ils p]fectionn]ont un j\r ces connoissances p> la lecture de ,nicole1 de ,mallebran*e1 de l',esprit des ,loix1 de l',abb de ,sa9t-,pi]re1 de ,burlamaqui1 de ,puff5dorff1 de ,grotius de ,b>beyrac1 de l',orig9e des ,loix des ,sci5ces1 p> ,m4 ,goguet 2 des ,elm5s de ,philosophie de ,morale4 99 ,tom4 ,i4 des uvres de ,m4 ,daguessau4 ,ce d]ni] livre annonce promet un ,cat*isme de ,morale l'usage commun la porte des enfans 2 ce s]ont des leons p\r le g5re huma91 qu'on att5droit en va9 de g5s sans raison sans ,philosophie4 ,je ne m't5drai pas davantage sur cette p>tie1 quoique la plus importante de l'ducation4 ,il suffit d'indiqu] les s\rces 3 l',hi/oire aura s]vi d'cole de ,morale 2 l'expri5ce les lectures dvelopp]ont les pr9cipes1 aid]ont tir] les consqu5ces 2 elles appr5dront connotre les hommes 2 connoissance qui e/ le fondem5t de la ,morale de la ,politique4 ,on n'ira peut-tre jamais en morale au-del des pr9cipes inns de ju/ice de v]tu1 ni du s5tim5t naturel que la consci5ce en a grav dans le cur de t\s les hommes 2 comme il y a app>5ce qu'on n'ira po9t en ,mtaphysique au-del des p]ceptions immdiates1 en ,physique au-del des qualit s5sibles4 ,suite des ,etudes du d]ni] ge4 ,je jo9drai la morale de ,?umisius la ,logique la ,mtaphysique de s',graves&e1 imprimes en ,franois1 dont les propositions sont dans l'ordre gomtrique 2 la ,physique du mme1 ou celle de ,keil1 traduite dveloppe 3 je crois que c'e/ ce que l'on peut tr\v] de mieux p\r les comm5ans mme p\r des p]sonnes plus avances4 ,c'e/ ici le lieu le tems de p]fectionn] les connoissances sur la ,gographie physique1 qui comm5ce dev5ir une ,sci5ce1 dont ,v>nius donna1 il y a plus de c5t ans1 un modle qui n'a pas t assez suivi 2 sur les ,ma?matiques1 dont il y a un assez bon abrg tir de ,wolff4 ,les c\rs de ,physique exprim5tale1 de ,*ymie de ,botanique comm5c5t s'introduire dans les ,prov9ces 2 c'e/ un des fruits les plus m>qus d'une ducation meilleure que celle des ,colleges1 ,les jeunes g5s liront un j\r l',hi/oire naturelle dans ,m4 ,buffon1 ils v]ront les ,arts dans les manufactures dans les b\tiques 2 sur la t]re mme1 le premi] des arts1 l',agriculture4 ,ils appr5dront l',anatomie 2 les ,elm5s de la ,physiologie1 ou le ,trait de la /ructure de l'usage des diffr5tes p>ties du corps huma91 p> ,hall]1 sont un modle de ,livre lm5taire exact pr(ond4 ,je suppose qu'ils entreti5dront t\j\rs la connoissance qu'ils auront faite avec les bons ,auteurs ,lat9s ,franois1 dont plusieurs doiv5t tre appris p> cur1 qu'ils cont9u]ont s'ex]c] aux oprations du premi] du second ge4 ,je n'entre po9t dans les dtails1 ils sont connus ou faciles suppler4 ,du so9 de la sant2 des affaires de la ,religion4 ,il y a trois articles ess5tiels qu'il ne faut pas oubli] dans une in/itution 2 le so9 de la sant1 les affaires la ,religion4 ,a l'g>d de la sant1 je r5voie1 p\r abrg]1 aux obs]vations judicieuses de l',abb ,fleury1 sur cet art4 *ap4 #bj du ,*oix des ,etudes4 ,l'ducation morale ne doit pas contr$ire l'ducation physique 2 c> c'e/ l'homme enti] qu'il s'agit de =m]4 ,j'aj\te que p\r drac9] les prjugs des g\v]nantes des m]es qui inspir5t sans raison des enfans1 de l'av]sion p\r c]ta9s rem$es1 la saigne1 p> exemple1 le qu9qu9a1 c4 il s]oit propos de traduire la p>tie des ,in/itutions du clbre ,bo]haave1 qui traite de la cons]vation de la sant ,lugi5e1 avec les ,comm5taires du savant ,hall]4 ,on se tromp]a t\j\rs mo9s qu& on aura de bonne ,physique1 des expri5ces p\r guides4 ,m4 ,tissot vi5t de publi] un ,trait de ,mdec9e l'usage du peuple1 qui peut tre reg>d comme un ,livre lm5taire4 ,l'in/itution s5se d'une ,nation telle que la ntre1 mrit]oit bi5 un trait pratique de ,gymna/ique1 ou d'ex]cices comme ceux des ,grecs 2 les ,c>\sels les ,t\rnois1 quoique plus agrables que nos jeux de has>d1 n'avoi5t ni le mme b1 ni la mme utilit4 ,je r5voie galem5t p\r la connoissance des affaires1 aux ,*apitres de l',economie de la ,jurisprud5ce de l',abb ,fleury4 ,je dirai seulem5t que p\r facilit] l'tude du ,droit public en ,france1 s'il y en a un1 on doit montr] en dtail l'tat de la ,france1 la diffr5ce des ,ordres du ,royaume1 la division des ,(fices1 la compt5ce des ,juridictions1 ,civile1 ,militaire1 ,ecclsia/ique1 dont les limites sont si connues dans la spculation1 si peu respectes dans la pratique 2 t\tes mati]es assez aises dt]m9]1 qui ne le sont le plus s\v5t que p> la loi du plus =t1 ou p> le manege du plus intrigant4 ,t\t ,franois doit connotre les ,lib]ts de l',eglise ,gallicane4 ,c'e/ une des p>ties importantes du ,droit public de ,france4 ,on a sur cette mati]e un ,livre la porte des jeunes g5s1 qui devroit tre enseign dans t\tes les ,ecoles4 ,il e/ intitul1 ,exposition des ,lib]ts de l',eglise ,gallicane1 p> ,m4 ,dum>sais4 ,aprs avoir exam91 ce qui =me le gt l'esprit dans t\s les g5res1 on doit re*]*] encore avec plus de so9 ce qui reg>de les murs1 ce qui con/itue la v]tu1 la ,religion4 ,j'ai p>l de la ,morale qui prc$e t\tes les loix positives1 div9es huma9es 2 l'enseignem5t des loix div9es reg>de l',eglise 2 mais l'enseignem5t de cette ,morale app>ti5t l',etat1 lui a t\j\rs app>t5u 3 elle exi/oit avant qu'elle ft rvle1 p> consqu5t elle n'e/ pas dp5dante de la ,rvlation1 quoiqu'elle tire sa plus gr&e =ce les motifs les plus puissans1 de la confirmation qu'elle en a reue4 ,la ,rvlation e/ un fait4 ,la ,morale gt t\te en droit4 ,la ,rvlation e/ un droit div9 positif 2 la ,morale un droit div91 t]nel immuable4 ,la di/9ction de la v]tu du vice1 du ju/e de l'inju/e1 vi5t1 comme on a dit1 de la raison de la nature mme des *oses4 ,l'am\r de l'ordre ne peut pas tre absolum5t te9t dans le cur de l'homme 2 c> on ne peut pas r5onc] entirem5t la raison4 ,la ,rvlation aj\te des motifs surnaturels1 elle promet des rcomp5ses1 elle annonce des pe9es 2 mais qu& elle n'annonc]oit ni pe9es ni rcomp5ses1 l'obligation morale n'en subsi/]oit pas mo9s1 mme dans la fausse hypo!se de l'incrdule4 ,sa9t ,paul ,sa9t ,augu/9 ont dit la foi et les prophties pass]ont1 l'intellig5ce demeur]a t]nellem5t499 99 ,cor9 #h #a4 #ac?4 ,s4 ,aug4 de lib4 arbit4 ,il s'en suit de l 7comme dit l',abb ,gd\97 que l'on fait trop dp5dre les murs de la ,rvlation4 ,quelque so91 dit-il1 que l'on pr5ne d'inspir] des s5tim5s de ,religion aux enfans1 il vi5t un ge o la f\gue des passions1 le gt du plaisir1 les transports d'une jeunesse b\illante1 t\ff5t ces s5tim5s4 ,si on leur avoit dit que les murs sont de t\t pays de t\te religion 2 que l'on ent5d p> ces mots les v]tus morales que la nature a graves dans le fond de nos curs1 la ju/ice1 la vrit1 la bonne foi1 l'humanit1 la bont1 la dc5ce 2 que ces qualits sont aussi ess5tielles l'homme1 que la raison mme1 dont elles sont une manation 2 un jeune-homme en sec\ant peut-tre le j\g de la ,religion1 ou s'en faisant une sa mode1 cons]v]oit au mo9s les v]tus morales1 qui dans la suite p\rroi5t le rappro*] des v]tus *rti5nes 3 mais p>ce qu'on ne lui a pr* qu'une ,religion au/]e1 t\t tombe avec cette ,religion4 ,l'expri5ce pr\ve la vrit de cette rflexion4 ,dans ce tems d'une f]m5tation visible qui agite les esprits1 p5dant ces crpuscules d'une lumi]e qui nat1 dirai-je1 ou qui s'te9t1 la ,religion e/ attaque1 elle manque de df5seurs 7c> des condamnations vagues ne pr\v5t ri51 n'ont jamais conva9cu p]sonne7 2 elle e/ compromise p> des que/ions int]m9ables p> des controv]ses futiles1 qu'on a v\lu faire reg>d] comme l'ess5tiel de la ,religion4 ,a cet ge dont p>le l',abb ,gd\91 t\te l'rudition acquise p> un jeune-homme dans les ,congrgations dans les ,retraites1 succombe s\s la mo9dre objection spcieuse d'un incrdule 2 malheureusem5t t\t l'difice d'une morale mal taye1 s'cr\le4 ,les jeunes-g5s se livr5t avec une espece de scurit1 des passions qui font le malheur de leur vie4 ,ils se croi5t dgags de t\s li5s 2 t\t e/ confondu dans leur tte avec de petites ides de dvotion1 dont ils ont honte1 qu'ils vi5n5t mpris]4 ,je ne p>le que d'aprs les faits 2 j'nonce ici la voix de presque t\s les p]es de famille1 ce sont des tmo9s irrpro*ables1 de meilleurs juges que des hommes trang]s la socit4 ,j'ose dire que les ,anci5s1 les ,pay5s mme p>oiss5t avoir t plus religieux que n\s4 ,leur ,lgislation portoit t\te sur la cra9te des ,dieux 2 on peut avoir les ,loix de ,zleucus1 de ,m9os1 celles des d\ze ,tables1 c4 ,platon dans ses spculations sur les ,loix1 tablit la ,religion p\r premi] fondem5t 2 il rappelle la ,div9it dans t\tes les pages de ses ouvrages4 ,cic]on1 en df9issant les pr9cipes des ,loix1 dans son premi] ,livre de ,legibus1 pose p\r base l'exi/5ce des ,dieux leur provid5ce4 ,*ez les ,pay5s c'toi5t les ,lgislateurs les ,philosophes qui pr*oi5t la v]tu 2 les ,prtres n'enseignoi5t po9t la regle des murs 2 les ,scribes les ,ph>isi5s *ez les ,juifs la corrompoi5t p> leurs traditions p> leur atta*em5t de va9es pratiques4 ,le ,philosophe ,panoetius enseignoit la v]tu les devoirs1 t&is que l',augure ,scevola ordonnoit les ,sacrifices les c]monies de la ,religion 7a74 ,n\s avons un ,sac]doce des ,pontifes qui doiv5t enseign] t\te sorte de bont1 de ju/ice de vrit1 ce qui e/ agrable ,dieu 2 7b7 la d\ceur1 la tolrance se support] les uns les autres 2 7c7 t\t ce qui e/ vritable s9c]e1 t\t ce qui e/ honnte1 t\t ce qui e/ ju/e1 t\t ce qui e/ sa9t1 t\t ce qui peut r5dre aimable1 t\t ce qui contribue une bonne rputation1 t\t ce qui e/ v]tueux1 t\t ce qui e/ l\able4 7a7 ,eph4 c4 #e4 v4 #i #aj4 7b7 ,eph4 c4 #d4 v4 #b4 ,rom4 v4 #ad #ae4 7c7 ,philip4 c4 #d4 v4 #h4 ,au surplus il y a t\t p]dre p\r les ,etats p\r les ,p>ticuli]s *ez qui se dtruit la ,religion4 ,eh 6 qu'on dise quel avantage il peut rsult] p\r le g5re huma9 d'affoiblir dans les ,citoy5s les motifs de la v]tu1 les pr9cipes des bonnes actions 6 n'e/-ce pas autoris] le vice le crime qui n'ont jamais de digues assez =tes1 que dj des motifs plus puissans ne peuv5t arrt]4 ,je dem&e si l',hi/oire f\rnit un seul exemple de peuples dont la ,religion nationale ait t le corps enti] de la ,religion naturelle1 7je dis le corps enti]7 si ce n'e/ pas le ,*ri/ianisme seul qui l'a notifi l'univ]s 8 ,si les ,philosophes mod]nes ne sont pas r$evables de leurs lumi]es sur les po9ts les plus importans de cette ,religion1 l'avantage qu'ils ont d'tre ns dans la ,religion ,*rti5ne 8 ,si p> les seules lumi]es de la raison ils euss5t t sur les po9ts qu'ils tabliss5t ma9t5ant avec tant de vrit tant de =ce1 mo9s vacillans plus aff]mis que ,socrate1 que ,cic]on les plus gr&s gnies de l'antiquit 8 ,je dem&e d'ailleurs1 s'il e/ possible de r5dre nationale une ,religion purem5t philosophique 8 si une ,religion sans culte public ne s'aboliroit pas bi5tt1 si elle ne ram5]oit pas infailliblem5t la multitude l'idoltrie 8 ,qu& les incrdules auront rsolu ces que/ions d'une faon satisfaisante1 on p\rra rpondre des objections qui sont proposes #ae siecles trop t>d 2 des objections que les ,porphires1 les ,celses1 les ,juli5s ont ignores1 qu'ils euss5t pu faire valoir sans replique1 s'ils avoi5t dtruit aup>avant trois ou quatre faits de l'tablissem5t de la ,religion ,*rti5ne1 qui n'toit pas loign de leur tems4 ,la m?ode d'tudi] la ,religion1 comme sci5ce1 drive de la m?ode gnrale des tudes4 ,il n'e/ pas ncessaire d'tre ,mdec9 p\r savoir le meilleur moy5 d'appr5dre la ,mdec9e 2 sans usurp] le droit d'enseign] la ,religion1 qui e/ rs]v aux ,ecclsia/iques1 on peut assur] qu'on l'enseigne mal dans la pl"p des ,colleges4 ,p5dant les premires annes1 une simple explication du ,dcalogue1 de l',oraison ,dom9icale du ,symbole1 suffit avec les ,cat*ismes de ,fleury ou de ,bossuet4 ,l',abrg de l',anci5 ,te/am5t o ,m4 de ,msangui a cons]v1 autant qu'il e/ possible1 les p>oles de l',ecriture1 imprim ,p>is en #agcb1 l',evangile les ,actes de ,aptres4 ,le spectacle de la nature1 tel qu'il e/ reprs5t dans ,fnelon dans ,d]ham 2 la nature mme que les jeunes g5s connotroi5t en p>tie1 leur auroit dj pr\v l',exi/5ce d'un ,dieu que ses uvres annonc5t la t]re4 ,je suppose que dans la ,mtaphysique ils euss5t pris des notions ju/es des ,attributs div9s de la ,provid5ce 2 il s]oit temps v]s la f9 des tudes1 de leur faire appliqu] aux faits de la ,religion ,*rti5ne1 les pr9cipes de l'art critique1 sans les emb>rass] dans des discussions au-dessus de leur porte1 on p\rroit leur faire lire le ,trait de la vrit de la ,religion ,*rti5ne1 p> ,grotius 2 ou celui qui e/ tir en p>tie de ,turret91 traduit p> ,v]net1 revu corrig p> un ,?ologi5 ,ca?olique1 imprim ,p>is en #agec1 en #b volumes p> ,g>ni]4 ,un jeune homme qui auroit lu ces ,livres avec att5tion1 s]oit plus aff]mi dans sa ,religion mieux prp> contre les attaques des incrdules1 que p> dix ans d'ex]cices spirituels4 ,le spectacle de la nature1 la connoissance de l',exi/5ce de ,dieu de ses ,attributs1 e/ le premi] ,trait de t\te bonne ,?ologie4 ,il se prp>]oit p> ses lectures lire un j\r les excell5s ,livres qui ont t faits sur la ,religion4 ,rflexions sur deux abus dans les ,colleges4 ,l'objet d'une bonne m?ode doit tre galem5t de drac9] les abus1 comme d'indiqu] de fray] le *em94 ,je dirai deux mots sur l'abus des ,cahi]s de ,r?orique de ,philosophie1 que l'on dicte dans les ,colleges 2 outre que ce sont de misrables leons que l'on fait plutt p\r ex]c] les ,matres1 que p\r in/ruire les enfans 2 c'e/ la p]te d'un tems considrable qu'ils emploi5t crire 2 il n'y en a po9t qui les crive en enti]1 sur mille il n'y en a pas un seul qui les ait cons]vs p5dant deux ans1 ou qui en ait fait quelque usage dans le re/e de la vie4 ,j'en appelle l'expri5ce4 ,autre abus sur les leons de ,mmoire 3 on fait appr5dre p> cur des enfans des ,rudim5s1 des ,p>ticules1 c4 des regles qu'il suffit d'ent5dre de concevoir 2 on les ennuie1 on les fatigue p> la longueur des leons dsagrables 2 ils p]d5t le tems qu'ils p\rroi5t employ] utilem5t agrablem5t appr5dre les plus beaux morceaux de ,littrature ,franoise ,lat9e4 ,t\s ces morceaux jo9ts ensemble ne s]oi5t pas la moiti des leons qu'on oblige les enfans d'appr5dre p> j\r1 depuis la premi]e classe jusqu' la ,r?orique4 ,on ne doit faire appr5dre p> cur aux enfans1 que ce qu'ils doiv5t ret5ir1 ce qui peut leur s]vir de modele4 ,n'y a-t-il pas assez de beaux endroits dans les ,auteurs1 sans les fatigu] appr5dre ce qu'ils doiv5t oubli] 8 ,avantages de ce ,plan d',etudes4 ,tel e/ l'essai du ,plan des ,etudes d'une premi]e ducation 2 ce ne sont que les lm5s de l'in/itution d'une ,nation qui exig]oit des vues plus pr(ondes1 qui dem&]oit des hommes plus habiles plus clairs que moi 3 elle e/ rs]ve1 cette in/itution1 un ,mon>que sage prud5t1 dont les int5tions sont droites pures 3 image de ,dieu sur la t]re1 qui peut crer des esprits faonn] les curs4 ,,ii ne laiss]a pas imp>fait un ouvrage qui peut tant contribu] sa gloire au bi5 de ses peuples4 ,il consult]a ses ,univ]sits1 ses ,acadmies1 sa ,facult de ,mdec9e mme1 af9 que de ces lumi]es runies il rsulte une n\velle in/itution ou une rgnration si ncessaire dans les ,lettres peut-tre ailleurs4 ,je me p]suade que ce plan e/ ju/e1 p>ce qu'il e/ fond sur la nature de l'esprit1 sur des faits con/ans sur des pr9cipes de la connoissance huma9e4 ,je crois qu'un jeune homme a9si lev1 s]oit plus dispos recevoir la seconde ducation ncessaire p\r la pr(ession qu'il embrass]oit 2 s'il y avoit des plans d'in/ruction des ,catalogues de ,livres raisonns p\r *aque pr(ession p>ticuli]e1 comme en ,allemagne1 on lui p>gn]ait bi5 de la pe9e du temps qui e/ en pure p]te994 ,il auroit l'esprit net prcis autant qu'on peut l'avoir dix-sept ou dix-huit ans 2 il se s]oit r5du un gr& nombre d'objets famili]s1 il auroit du gt quelques connoissances 2 ce qui vaut peut-tre les connoissances mme1 il auroit l'art d'en acqurir 2 il p\rroit se fray] lui-mme un *em91 jug] de celui qu'on lui f]oit t5ir 2 il sauroit s'occup]1 sci5ce si utile si r>e cet ge dans t\s les ges 3 il s]oit en tat de voir le monde avec fruit1 de lire les ,livres orig9aux1 de voyag] utilem5t4 99 tatem quidem video 7dit ,cic]on1 #cc4 de f9ibus1 num #g47 s$ infici tam5 debet iis artibus quas si dum t5]a e/ combib]it ad majora v5iet p>atior4 ,les ,vies des hommes illu/res qu'il auroit lues1 s]viroi5t indiqu] ses incl9ations ses tal5s4 ,il e/ impossible que dans le c\rs des ,etudes1 plusieurs objets tant prs5ts aux yeux des jeunes-g5s1 il ne p>t pas dans ceux qui auroi5t du gnie quelques t9celles de ce feu qui se dcele lui-mme1 qui fit ,pas*al ,gometre sans le savoir1 ,desc>tes ,philosophe1 ,t\rne=t ,botani/e1 c4 ,la sympa?ie se dcl>]a qu& il y aura du rapport de la conv5ance dans le gt4 ,ulisse la ,c\r de ,lycom$e1 prs5te ,a*ille1 dguis en fille1 des armes avec des ornem5s de femmes 2 la passion d',a*ille le trahit1 dc\vrit le plus c\rageux des ,grecs1 celui qui devoit tre le va9queur des ,troy5s4 ,on sait que les triomphes de ,miltiade droboi5t le sommeil ,!mi/ocle4 ,combi5 le ,c>a*e1 encore enfant1 toit frapp de ce qu'il ent5doit dire de ,raphal 6 ,la vie d',hom]e ses ouvrages saisir5t ,virgile dans son enfance 2 ,*>les ,,xii toit transport d'en?\siasme en lisant la vie d',alex&re4 ,on di/+u]a les enfans qui ont du gt du gnie1 d'avec ceux qui n'en ont po9t 2 ceux-ci re/]ont froids immobiles des rcits qui t\*]ont s5siblem5t les autres4 ,au sortir des tudes les jeunes g5s s'occup]ont suivant leur incl9ation 2 ils s]ont en tat de *oisir une pr(ession avec connoissance1 ils russiront mieux dans celle qui s]a de leur gt de leur *oix4 ,eh quel avantage n'en rsult]oit-il pas p\r la socit entire p\r t\tes les pr(essions 8 ,des esprits f]mes cultivs ne s]oi5t pas occups de jeux de bagatelles 2 les ,nobles n'iroi5t pas dans la ,capitale dissip] le patrimo9e de leurs p]es 2 ils s'occup]oi5t avec gt avec connoissance1 le r5dre plus utile1 ils le f]oi5t fructifi] au quadruple4 ,ils diroi5t avec ,horace 3 ,beatus ille qui procul negotiis ,pat]na rura bobus ex]cet suis4 ,ils aj\t]ai5t avec ,virgile 3 ,me v] primum dulces ante omnia mus ,accipiant4444444444 ,ils cultiv]oi5t dans le se9 de la paix de l'abondance les arts les sci5ces qui auroi5t n\rri leur enfance4 ,il e/ inconcevable qu'on ait tant nglig en ,france l'ducation des femmes 2 l'in/ruction en langue vulgaire p\rroit tre presque t\te enti]e leur usage4 ,mieux leves plus in/ruites1 elles lev]oi5t in/ruiroi5t mieux leurs enfans4 ,peut-tre aspir]oi5t-elles un j\r la gloire d'imit] une ,cornelia1 fille de ,scipion m]e des ,grac*es 2 une ,attia1 m]e d',augu/e1 qui contribu]5t tant =m] l'esprit de ces hommes fameux4 ,avec un esprit plus cultiv1 elles n'en s]oi5t que plus aimables 2 elles sauroi5t s'occup] 2 connoissant quelques rem$es usuels appr\vs1 elles en di/ribu]oi5t gratuitem5t1 sauv]oi5t la vie une inf9it de malheureux4 ,le ,seigneur de ,fief accommod]ait les procs 2 il devi5droit le bi5faiteur de ses ,vassaux1 entreti5droit le li5 de la bi5veillance que la ,loi a mis entre eux lui 2 li5 u dev5u sans =ce4 ,l'homme qui vit de ses r5tes1 imit]oit le ,noble 2 il ddaign]oit la vile *icane1 ne se port]oit pas l'oppression des misrables4 ,celui qui se de/9e la gu]re1 reg>d]oit le s]vice1 comme une occupation srieuse 2 au lieu que la plup>t des jeunes-g5s qui s'y engag5t1 ne *]*5t le plus s\v5t que l'oisivet le lib]t9age4 ,il auroit acquis dans la connoissance des ,ma?matiques des dispositions la pratique des =tifications 2 la lecture des ,vies ou des ,mmoires des gr&s ,capita9es1 l'auroit mis en tat de pr(it] de leurs campagnes de leurs expditions4 ,il sauroit qu',alex&re ,cs> toi5t savans 2 que ,cs> a fait des ,comm5taires 2 que ,h5ry de ,rohan1 ,tur5ne1 ,montecuculli ont crit des ,mmoires 2 que ,feuqui]es a donn des prceptes sur l'art militaire4 ,il appr5droit le droit de la gu]re1 dont il aura plus de beso91 mesure qu'il s]a lev de plus gr&es places4 ,le ,magi/rat auroit acquis dans une ducation solide1 l'habitude d'tre appliqu laborieux 2 dans l'tude de la ,philosophie1 celle d'tre judicieux raisonnable 2 dans l'tude des ,belles-,lettres1 celle de trait] les sujets avec ordre1 avec nettet avec =ce4 ,dans la ,vie des gr&s ,magi/rats1 d'un ,*anceli] de l',hpital1 d'un de ,?\1 d'un ,mol1 d'un ,s]v91 d'un ,talon1 d'un ,bignon1 c4 il auroit vu qu'il y a un c\rage d'ame aussi noble aussi lev que le c\rage gu]ri] 3 ,sunt dome/ic =titud9es non inf]iores milit>ibus4 ,cic4 (f4 #b4 ,il re*]*]oit l'esprit des loix dans les pr9cipes du droit de la nature1 dans ceux d'une vritable morale d'une sage politique 3 quoiqu'il ne soit *>g que de l'excution des loix1 il se r5droit capable d'tre ,lgislateur4 ,py?agore donna des loix la gr&e ,grce1 ,platon quelques ,rpubliques 2 ,locke en a donn la ,c>ol9e4 ,c'e/ la ,philosophie qui a produit le ,code-,frd]ic4 ,le ,ngociant ou le ,comm]ant port]oit dans les pays loigns1 en rapport]ait des connoissances utiles4 ,la ,socit ,royale de ,londres donne aux ,navigateurs1 des in/ructions sur l',hi/oire naturelle des lieux o ils vont4 ,des hommes in/ruits av]tis1 v]ront avec pr(it ce que d'autres ne voi5t po9t1 quoiqu'il soit s\s leurs yeux 2 le ,desse9 si utile p>-t\t1 leur s]viroit encore davantage dans ces circon/ances4 ,p> o les ,m9i/res de la ,religion peuv5t-ils tre le plus utiles au monde 8 ,p> quel moy5 nos ,missionnaires ont-ils pntr dans les contres les plus loignes 8 ,ce n'e/ ni p> le sec\rs des ,langues mortes1 ni p> leurs controv]ses 7celles qu'ils ont eues dans les pays trang]s1 n'ont fait que ret>d] le fruit de leurs travaux7 2 c'e/ p> l'enseignem5t des connoissances utiles la socit4 ,ils n'ont fran*i t\s les ob/acles1 qu'en appr5ant aux hommes ce qui toit pr(itable l'humanit4 ,on croit p\voir dire qu'un ,cur qui enseign]oit ses ,p>oissi5s la pratique de la ,religion1 qui e/ =t simple =t c\rte p\r eux1 les devoirs les plus communs ds-l les plus ess5tiels 2 qui leur montr]oit les moy5s les plus simples d'vit] de gurir les maladies ord9aires la campagne1 de mieux cultiv] leur *amp 2 qui sa*ant quelques pr9cipes des loix de la c\tume du ,pays1 t]m9]oit les procs1 les prvi5droit dans leur naissance 2 qui sauroit un peu de ,physique1 de ,mdec9e usuelle1 d',arp5tage1 contribu]oit d'avantage au bonheur des hommes1 que t\s les ,curs ne le peuv5t faire avec leur mauvais lat91 une inutile s*ola/ique leurs qu]elles ?ologiques4 ,il e/ bon que t\s les ordres de l',etat que t\s les membres de *aque ,ordre sa*5t que la considration e/ atta*e l'avantage de faire du bi5 aux hommes1 de leur tre utiles 2 que la pratique de la ,religion consi/e dans la bi5faisance 2 que d'tre bon1 e/ le pr9cipal moy5 de ressembl] l',etre s\v]a9em5t bon1 celui qui faisoit du bi5 en voyageant1 p]transibat b5efaci5do4 ,celui qui *]*]oit remplir les devoirs d'une pr(ession qu'il auroit *oisie avec gt1 ou qui s]oit occup des sci5ces naturelles des sci5ces exactes1 qui connotroit les bornes de la raison celles de l'autorit1 ne s]oit po9t un homme de p>ti1 un factieux1 ni un intriguant 2 il ne se laiss]oit po9t tr\bl]1 il ne tr\bl]oit po9t les autres p> les dlires de la sup]/ition1 cette maladie pidmique1 ni p> les div]s fanatismes qui attaqu5t la tranquillit des ames innoc5tes 2 il ne p]scut]oit jamais ses frres4 ,ne craignez po9t de semblables malheurs1 dit l',abb de ,sa9t-,pi]re1 des ,desc>tes1 des ,leibnitz1 des ,newtons des ,d]hams4 ,manire d'excut] ce ,plan4 ,on object]a peut-tre que l'ducation que je propose1 n'e/ pas possible 2 qu'on n'a ni les ,matres ni les ,livres ncessaires p\r l'excut] 2 que les jeunes g5s ne p\rroi5t pas dans leurs premires annes appr5dre t\t ce qui e/ compris dans ce ,plan4 ,je rpondrai que l'ducation des ,grecs des ,roma9s toit beauc\p plus difficile 2 que des g5s trs-s5ss ont cru possible ce que je propose ici1 il faut se g>d] de condamn] sur des prjugs le s5tim5t de gr&s ,hommes1 ,fleury1 ,locke1 ,nicole 3 quels noms 6 quel e/ l'homme qui os]oit lev] la voix contre leur autorit runie 8 ,je dcl>e que je n'ai fait dans ce ,mmoire que les comm5t]4 ,enf9 t\t projet s5s doit tre appuy sur des faits1 je convi5s qu'il n'y a ri5 de plus mauvais en morale1 que ce qui e/ physiquem5t impossible4 ,p\r =m] une ducation1 il faut des ,matres ou des ,livres1 il faut app>emm5t l'un l'autre4 ,on propose de =m] des ,matres1 c'e/ un ouvrage de longue hale9e1 qui ne disp5s]oit pas d'avoir des ,livres t\t faits4 ,je dem&e des ,livres aiss faire1 qui disp5s]oi5t peut-tre d'avoir des ,matres4 ,je dis que t\s ces ,livres sont faciles faire1 ou plutt qu'ils sont presque t\s faits4 ,il ne s'agiroit1 p\r la pl"p que de compilations s5ses raisonnables1 qui s]oi5t faites non p> des hommes qui ne p5s5t po9t1 qui n'ont jamais ri5 imag91 mais p> des p]sonnes capables de compos] elles-mmes les ,livres qu'elles compil]oi5t1 d'ouvrir des r\tes1 de p]fectionn] celles qui sont dc\v]tes1 d'imag9] des m?odes1 de jug] les sci5ces avec un esprit philosophique4 ,a l'g>d de l'impossibilit prt5due d'appr5dre les sci5ces de jeunes g5s1 je rem>que premi]em5t qu'on leur appr5d 7mal la vrit7 des *oses plus difficiles4 ,de plus1 je suppose au mo9s dix ans d'ducation depuis six ou sept ans1 jusqu' dix-sept ou dix-huit4 ,et que ne p\rroit-on pas appr5dre en dix ans1 si l'on toit bi5 conduit1 que l'on et de bons ,livres lm5taires 8 ,il n'y a po9t d'enfant1 qui au ,college1 ou p\r se prp>] y entr]1 n'ait huit heures demie neuf heures de travail p> j\r4 ,je ne dem&e que quatre c9q heures de classe o la pe9e soit pr9cipalem5t p\r les ,matres1 o ils fass5t travaill] les enfans devant eux1 ou les disciples plus avancs f]oi5t les dmon/rations aux plus jeunes 2 des ,livres o l'in/ruction ft t\te faite1 une ducation qui n'exige dans les comm5cem5s que des yeux de la mmoire4 ,dans les trois ou dans les quatre premi]es annes1 hors ces ,classes1 nulle tude que des leons agrables utiles ret5ir1 qu'ils p\rroi5t appr5dre en se prom5ant 2 la plus gr&e pe9e s]oit d'crire1 de dess9] d'appr5dre un peu de ,gomtrie4 ,des p]sonnes in/ruites f]ont aism5t l'arrangem5t de ce ,plan sa tablature1 s'il a le bonheur d'tre appr\v du ,matre de la ,nation4 ,je le rpte1 il n'e/ beso91 p\r excut] un bon ,plan d'ducation littraire1 que de ,livres qui s]viroi5t d'in/ruction ou de m?ode d'in/ruction 3 ces ,livres sont aiss compos]4 ,le ,roi n'a qu' ordonn] 2 qu'il dise t\t s]a fait 2 alors l'ducation s]a facile on ne dem&]a dans les ,matres1 les ,g\v]neurs les ,g\v]nantes1 que de la religion1 des murs de savoir bi5 lire 2 cela ramn]a l'ducation dome/ique1 qui e/ la plus naturelle la plus favorable aux murs la socit4 ,j'ai conduit les jeunes g5s la porte des ,sci5ces1 il e/ rs]v des plumes plus savantes de les introduire dans leur sanctuaire4 ,,f94 ,,po/-,,scriptum4 ,a,prs avoir a*ev ce ,mmoire1 il m'e/ tomb entre les ma9s une ,bro*ure intitule ,de l',education publique4 ,je me suis r5contr dans le po9t important qui e/ la fixation des objets d'tudes1 avec un homme qui p>ot avoir des connoissances t5dues dans l',encyclopdie des ,sci5ces1 qui sait tir] des lignes de communication de l'une l'autre4 ,ma premi]e ide a t de supprim] mon ,mmoire1 comme dev5ant peut-tre inutile4 ,ce n'e/ pas la pe9e de faire relire deux fois les mmes *oses 2 mais comme je me tr\ve d'un avis diffr5t de cet ,auteur sur la qualit des ,matres sur des dtails ess5tiels1 on m'a conseill de donn] cet ,ouvrage au ,public4 ,des mati]es claircies son ,tribunal1 s]ont t\j\rs bi5 juges4 ,je crois au surplus que notre ,plan e/ bon1 qu'il peut tre utile 2 je dis notre ,plan1 c> il e/ peu prs 3 le mme n\s ne diffrons que dans l'excution1 en ce que cet ,auteur exclut les ,sculi]s que je v\drois1 o il admet beauc\p d',ecoles que je ne v\drois pas4 ,l'article le plus ess5tiel d'un ,plan p\r les ,colleges1 e/ de fix] les objets des tudes 2 c> s'ils sont mal fixs1 comme je crois l'avoir dmontr1 il e/ ncessaire d'y en sub/itu] d'autres4 ,n\s sommes d'accord en ce po9t1 l',auteur de l',education publique moi4 ,n\s sommes mme d'accord sur ceux qu'il faut sub/itu] 2 c'e/ sur cet objet qu'il e/ absolum5t ncessaire1 si l'on veut rtablir les tudes1 que le ,g\v]nem5t prononce4 ,premirem5t1 p>ce que c'e/ au ,roi qu'il app>ti5t de rgl] l'in/ruction de la ,nation 2 en second lieu1 p>ce qu'il e/ conv5able que cette in/ruction soit uni=me dans t\t le ,royaume1 qu'il e/ ess5tiel qu'elle ne soit pas arbitraire4 ,que ,sa ,maje/ ait la bont de nomm] une ,commission compose de c9q ou six p]sonnes p\r exam9] ces deux projets1 ou tels autres que l'on p\rroit prs5t]4 ,son premi] travail s]oit de dt]m9] les objets d'tudes p\r t\s les ,colleges4 ,on croit devoir dire que cette ,commission doit tre compose pr9cipalem5t de quelques hommes d',etat de g5s de ,lettres 2 qu'on n'y doit faire entr] aucun homme de p>ti4 ,le second po9t1 celui qui importe peut-tre le plus auj\rd'hui1 e/ une ,m?ode d'in/ruction p\r excut] le ,plan qui auroit t agr p> ,sa ,maje/4 ,p\r y p>v5ir1 il s'agit d'avoir des ,matres4 ,les uns p>l5t des ,communauts sculi]es rguli]es 2 les autres veul5t des ,clibataires 2 quelques-uns prf]5t des g5s m>is 3 il y en a qui les admett5t indiffremm5t4 ,il e/ "q d'ailleurs de tr\v] une gr&e quantit de ,matres t\t =ms1 ou les moy5s de les =m] en peu de temps4 ,qu& on v\dra y rfl*ir1 on v]ra qu'il e/ impossible de faire t\t--c\p une p>eille recrue dans le ,royaume 2 si l'on veut dcid] la "q de la qualit des ,matres1 on va ouvrir la porte des discussions sans nombre1 o l'esprit de corps1 les droits les privileges entr]ont ncessairem5t1 qui p> consqu5t devi5dront int]m9ables4 ,*aque corps rclam]a 2 on f]a agir l'esprit de p>ti 2 les plus =ts l'emport]ont1 l',etat ne s]a pas mieux s]vi ni plus clair4 ,je p5se que l'objet des ,etudes tant une fois fix1 ,sa ,maje/ p\rroit faire compos] des ,livres ,classiques lm5taires1 o l'in/ruction ft t\te faite relativem5t l'ge la porte des enfans depuis #f ou #g ans jusqu' #ag ou #ah4 ,ces ,livres s]ai5t la meilleure in/ruction que les ,matres puss5t donn]1 ti5drai5t lieu de t\t autre m?ode4 ,on ne peut se pass] de ,livres n\veaux1 quelque p>ti que l'on pr5ne4 ,ces ,livres tant bi5 faits1 disp5s]oi5t de ,matres =ms 2 il ne s]oit plus "q alors de disput] sur leur qualit1 s'ils s]oi5t ,prtres ou m>is1 ou clibataires4 ,t\s s]oi5t bons1 p\rvu qu'ils euss5t de la ,religion1 des murs1 qu'ils suss5t bi5 lire 2 ils se =m]oi5t bi5tt eux-mmes en =mant les enfans4 ,il ne s'agiroit donc que d'avoir des ,livres1 je dis que c'e/ la *ose la plus aise prs5tem5t4 ,un mot de la "p de ,sa ,maje/ suffiroit4 ,il y a dans la ,rpublique des ,lettres beauc\p plus de ,livres qu'il n'en faut p\r compos]1 avant deux ans1 t\s ceux qui s]ai5t ncessaires 2 il y a dans les ,univ]sits dans les ,acadmies plus de ,g5s de ,lettres qu'il n'en faut p\r bi5 faire ces ouvrages 2 il n'y en a po9t qui ne se ft un devoir un honneur de conc\rir aux vues de ,sa ,maje/1 au bi5 gnral du ,royaume4 ,un autre moy5 trs-simple s]oit de propos] de p>eils ,livres faire p\r sujets de prix de t\tes les ,acadmies 3 cela produirait en peu de tems des ,mmoires excell5s1 que l'on *>g]ait des ,g5s de ,lettres de rdig]4 ,le ,g\v]nem5t p\rra t\t1 qu& il v\dra employ] le gnie l'indu/rie de la ,nation4 ,on f]oit imprim] ces ouvrages une ,imprim]ie ,royale1 sans qu'il en cott aucuns frais au ,roi 2 ces ,livres cot]oi5t peu aux familles1 p\rvu que l'impression ne se ft pas p> entreprise1 que la *ose ne devnt pas une affaire de f9ance4