,pi]re ,,lass]re ,la ,morale de ,nietzs*e ,,n\velle ,,dition ,,augm5t,e ,d',,une ,,pr,,face ,,p>is ,,librairie ,,g>ni] ,,fr,,res #f1 ,,rue ,,des ,,sa9ts-,p,,res1 #f #aibc ,,du ,m,,me ,,auteur ,*ez ,,g>ni]1 ,frres1 diteur ,le ,romantisme franais 7,essai sur la rvolution dans les s5tim5ts et dans les ides du ,x,i,xe sicle74 ,la ,doctr9e (ficielle de l',univ]sit 7,critique du haut enseignem5t de l'tat4--,df5se et ?orie des humanits classiques74 ,portraits et ,discussions4 ,les ,*apelles littraires 7,claudel1 ,james1 ,pguy74 ,les ides de ,nietzs*e sur la musique4 ,h5ri de ,sauvelades1 roman4 ,,en ,,pr,,p>ation3 ,erne/ ,r5an 7#b volumes 9-#af colombi]74 99 99 99 99 99 ,*ez ,,plon-,,n\rrit1 diteur ,le ,crime de ,biodos1 roman4 ,c9quante ans de p5se franaise4 99 99 99 99 99 ,*ez ,,payot et ,cie1 diteur ,l',esprit de la musique franaise 7de ,rameau l'invasion ,wagnri5ne74 ,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise4 ,frdric ,mi/ral1 pote1 morali/e1 citoy5 7,c\ronn p> l',acadmie franaise74 99 99 99 99 99 ,*ez ,b]n>d ,,grasset ,philosophie du gt musical4 ,r5an et n\s4 7,collection ,les cahi]s v]ts47 99 99 99 99 99 ,*ez ,,cr,s1 diteur ,la ,prom5ade insolite1 roman4 99 99 99 99 99 ,a la ,n\velle ,librairie ,nationale ,m4 ,alfr$ ,croiset1 hi/ori5 de la ,dmocratie a?ni5ne4 ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s pays1 y compris la ,sude1 la ,norvge et le ,danem>k4 ,,n\velle ,,pr,,face ,voici la rimpression d'un petit ouvrage p>u en #aijc1 compos en #ahig1 et qui fut1 peu s'en faut1 mon db dans les lettres4 ,il tait puis depuis longtemps et1 si n\s n\s dcidons1 mon excell5t diteur et moi1 en donn] une dition n\velle1 c'e/ t\t simplem5t p>ce que les libraires n'avai5t pas cess de le dem&]4 ,le motif de son exhumation n'e/ nullem5t f\rni p> les circon/ances prs5tes4 ,on compr5dra1 cep5dant1 que je ne veuille po9t remettre dans le comm]ce une uvre de jeunesse qui t\*e de graves et passionnants problmes1 qui agite beauc\p d'ides1 sans quelques explications pralables4 ,ce petit livre e/ avant t\t un expos de ,nietzs*e1 mais c'e/ un expos relev de quelques acc5ts de sympa?ie intellectuelle qui ont une app>5ce de recomm&ation4 ,c'e/1 la vrit1 un expos =t t5dancieux4 ,il n'e/ pas inexact le mo9s du monde4 ,il ne fait pas dire autre *ose ,nietzs*e que ce que ,nietzs*e a dit rellem5t4 ,mais il laisse de ct t\te une p>tie des ides nietzs*ennes1 celle qui m'intressait le mo9s4 ,je n'ai pas donn le c\p de p\ce mon auteur4 ,j'ai seulem5t dgag ce que je tr\vais *ez lui de bon4 ,une analyse plus complte ne contr$ira pas la mi5ne2 elle juxtapos]a de n\veaux lm5ts ceux que j'ai v\lu mettre en lumire2 peut-tre montr]a-t-elle aussi que ce que j'ai pris dans la philosophie de ,nietzs*e en con/itue bi5 le pr9cipal1 qu'il en =me le c5tre d'inspiration et comme le cur4 ,voil p\rquoi1 ce petit livre1 bi5 qu'inspir p> un desse9 p>ticuli]1 g>de mon s5s une valeur hi/orique et critique4 ,quel tait ce desse98 ,et mritait-il assez d'tre appr\v1 p\r que1 dans la maturit de l'ge1 je publie n\veau ce qu'il m'inspira8 99 99 99 99 99 ,la matire de cet ouvrage1 crit en #ahih1 avait t publie en #ahii p> l',action franaise1 qui v5ait de natre s\s la =me d'une petite revue4 ,elle avait t divise en plusieurs articles qui portai5t ce titre commun3 ,nietzs*e contre l'an>*isme4 ,un criva91 qui n'e/ plus de ce monde1 s'y intressa et me conseilla vivem5t d'en faire un volume4 ,comme j'tais sans crdit dans la librairie1 il se *>geait des dm>*es4 ,je lui en fus et lui en demeure reconnaissant4 ,mais il gta1 dans une c]ta9e mesure et sans mauvaise int5tion1 le s]vice qu'il me r5dait en me p]suadant de rejet] le titre que j'avais *oisi et qui1 ce qu'il m'affirmait1 ne russirait pas et en me proposant celui qui a t adopt4 ,j'ai dc\v]t depuis que le mot d'an>*isme1 tal sur la c\v]ture1 le *iffonnait4 ,il avait eu1 dans son temps1 quelques faiblesses 7purem5t littraires7 p\r l'an>*isme4 ,il s'en tait dlivr1 p\r rev5ir1 mom5tanm5t au mo9s1 des ides d'ordre2 il n'aimait pas que le nom de son vieux p* ft tal avec trop d'clat4 ,ma =mule lui app>aissait comme une espce de vignette cri>de o l'on voyait l'an>*isme ross p> le puissant j\teur qu'e/ ,nietzs*e4 ,cela ne lui plaisait qu' demi4 ,je n'ai d'ailleurs saisi ces nuances que plus t>d4 ,dans ma navet1 je pris ce conseil p\r arg5t comptant4 ,je me disais que1 dans un livre1 c'e/ le cont5u qui importe et non le titre4 ,je ne me suis pas1 depuis ce temps1 ralli l'op9ion contraire1 bi5 que1 s\s une absurdit app>5te1 celle-ci ca*e une espce de sagesse4 ,du mo9s ai-je reconnu qu'un titre qui =me contres5s1 qui va jusqu' dnatur] l'objet et le g5re du livre qu'il annonce1 e/ *ose f*euse4 ,c'e/1 je l'av\e1 le cas du mi54 ,il ne m'e/ plus possible d'en mettre un autre4 ,mais je pri]ai in/amm5t mes lecteurs de faire en p5se la rectification4 ,je n'ai jamais pris ,nietzs*e p\r un matre de morale1 bi5 que je le considre comme un morali/e de gr&e pntration1 un de ceux qui peuv5t le mieux n\s aid] connatre et compr5dre ses compatriotes4 ,ce sont deux c>actres =t diffr5ts4 ,on peut tre obs]vateur aigu des murs et des mes et manqu] de bon s5s1 de sagesse et d'humanit dans la direction pratique des hommes4 ,la morale de ,nietzs*e ne me dit ri5 qui vaille4 ,mais elle compr5d t\t au mo9s un article excell5t3 son tude de l'an>*isme4 ,je m'en ti5s ,nietzs*e contre l'an>*isme4 99 99 99 99 99 ,l'ide d'an>*isme e/ une de ces ides trop t5dues1 trop comprh5sives1 qui se prt5t des int]prtations div]ses et dont on ne saurait faire usage sans les df9ir et les limit]4 ,on v]ra dans quel s5s il convi5t ,nietzs*e de la pr5dre et l'on r5onc]a le qu]ell]1 comme qu]ell] son int]prte1 sur le mot lui-mme4 ,la "q e/ de savoir si les *oses dsignes p> ce mot sont expliques clairem5t et avec vrit1 si elles sont rappro*es les unes des autres1 et s\mises la mme df9ition en v]tu de rapports et de ressemblances relles1 si l'analyse qui en e/ propose e/ exacte4 ,ce qu'on peut dire1 d'une manire gnrale de l'an>*isme1 c'e/ qu'il e/ la confiance en la nature sans rgle4 ,t5ir la rgle p\r mauvaise comme rgle1 en quelque ordre des *oses huma9es que ce soit1 voil l'esprit an>*ique4 ,la doctr9e affi*e p> les romantiques1 d'aprs laquelle les rgles traditionnelles des arts ne s]ai5t que des conv5tions bonnes t\ff] le gnie et comprim] l'individualit1 mrite absolum5t ce rude qualificatif4 ,il convi5t t\te philosophie politique ou sociale qui1 p\r jug] de la lgitimit des in/itutions publiques1 adopte1 je ne dirai pas comme un des po9ts de vue o il faut se plac]1 mais comme po9t de vue suprme1 le po9t de vue des droits individuels4 ,une telle philosophie prsuppose une fausse notion de l'homme1 c> elle mconnat cette vrit vid5te3 que dans ce qui fait la valeur intellectuelle et morale de l'individu1 lui-mme n'e/ que p\r une "p2 l'hritage national et religieux que le milieu et l'ducation lui ont transmis y e/ p\r une "p non mo9s ess5tielle4 ,en faisant ab/raction de cette dp5dance pr(onde et vitale1 on se flatte de gr&ir l'individu1 de relev] la dignit de l'individu1 de le gr&ir1 d'ouvrir sa libre expansion un plus va/e espace2 mais t\te pratique politique ou pdagogique inspire de cette conception contre nature ne t5d et n'ab\tit en ralit qu' l'appauvrir1 le rapetiss]1 le dsori5t]1 le dsemp>]4 ,l e/ la s\rce de t\te an>*ie4 ,proclame au nom de l'individu1 l'an>*ie a sa d]nire consqu5ce dans la ru9e de l'individualit et l'abaissem5t du type huma94 ,on n'e/ pas an>*i/e p>ce qu'on s'attaque une rgle1 une autorit1 une discipl9e1 une tradition p>ticulire4 ,on l'e/ qu& on s'y attaque dans un esprit de dda91 d'ironie ou d'am]tume contre t\t ce qui e/ rgle1 autorit et discipl9e en gnral4 ,il s'e/ tr\v1 c]ta9es poques peu loignes de n\s1 d'loqu5ts sophi/es p\r prt] l'an>*isme de relles sductions4 ,ils n'y s]ai5t po9t p>v5us cep5dant s'ils n'avai5t t s]vis p> le manque de foi en elles-mmes dont s\ffrai5t les autorits rgnantes ce mom5t-l4 ,un g\v]nem5t qui g\v]ne sans que son droit de g\v]n] soit p\r lui l'objet de la c]titude la plus =te1 des ducateurs qui duqu5t sans avoir l'esprit vig\reusem5t fix sur la meilleure ori5tation imprim] aux s5tim5ts de la jeunesse1 sur les qualits con/itutives du meilleur type d'homme =m]1 un pr(esseur qui enseigne sans doctr9e sur ce qu'il enseigne1 un critique dont le gt e/ ass]vi t\t ce qu'il lit1 t\s ces dirigeants mal assurs de leur propre direction1 ou inc]ta9s mme s'il e/ ncessaire d'en avoir une qu& on dirige1 sont les premi]s fauteurs de l'an>*ie4 ,immdiatem5t aprs eux vi5n5t les criva9s et les orateurs qui combatt5t l'an>*isme en plaidant p\r l'autorit les circon/ances attnuantes1 en la reprs5tant comme un pis-all] +lorieux1 mais indisp5sable1 p\r lequel l'indulg5ce des ttes libres1 des hommes tempram5t et des p]sonnes d'esprit e/ humblem5t sollicite1 ,ceux-l font l'an>*isme la "p trs belle et1 s'ils le rpudi5t quant eux1 c'e/ d'une manire qui ne n\s invite que trop mettre cette ab/5tion sur le compte d'une timidit dont ils ont le mode/e s5tim5t4 ,je crois qu'on donne quelquefois cette faon de df5dre l'ordre1 le nom de libralisme4 ,mais c'e/ appliqu] une faiblesse un nom qui e/ trop beau p\r ne pas mrit] de dsign] une =ce4 ,le vritable libralisme1 c'e/ la l>geur1 l>geur des vues1 l>geur des s5tim5ts1 l>geur de l'action4 ,et la l>geur e/ le fait naturel de la gr&e intellig5ce4 ,l'intellig5ce1 lo9 d'tre ennemie de la discipl9e1 ne saurait avoir ri5 de plus *]1 dans aucun g5re1 qu'une discipl9e rellem5t organisatrice et rayonnant d'assez haut p\r envelopp] sans viol5ce l'action de t\tes les =ces spontanes qui relv5t d'elle4 ,l'esprit an>*ique a t5u une gr&e place dans les m\vem5ts d'ides franais et europens du ,x,i,xe sicle4 ,mais on peut dire que1 p5dant cette priode1 il n'a le plus s\v5t t combattu que p> les molles armes du prt5du libralisme4 ,il e/ arriv aussi qu'il le ft d'une manire plus n]gique et tmoignant d'une autre vigueur de p5se4 ,il y avait malheureusem5t de graves dsavantages solid>is]1 comme le faisai5t les ?orici5s auxquels je songe1 la cause de l'autorit et de l'ordre en gnral avec des croyances1 vraies peut-tre1 vnrables assurm5t1 mais qui se voyai5t ab&onnes p> un trop gr& nombre d'hommes mod]nes p\r qu'on pt les faire accept] comme fondem5t commun des discipl9es div]ses de la ,france4 ,l'esprit mod]ne1 t\t empre9t de positivisme et d'obs]vation 7et je pr5ds ici le positivisme dans un s5s o il n'exclut pas les croyances religieuses7 se r5d compte qu'il n'e/ pas ncessaire d'all] *]*] jusqu'au se9 de la religion et de la mtaphysique1 jusqu'au se9 de ,dieu1 la raison d'tre et la ju/ification 7pratique t\t au mo9s7 des rgles les plus propres organis] la nature et la socit1 dirig] l'activit intellectuelle4 ,un sa9 empirisme sur les donnes duquel t\s les hommes de bon s5s p\rrai5t s'accord]1 suffit p\r n\s les faire reconnatre4 ,c'e/ cette m?ode qui a prvalu dans l'lite des intellig5ces franaises p>tir de la seconde moiti du ,x,i,xe sicle4 ,le dbordem5t de *imres idologiques qui prcda1 provoqua et accompagna la rvolution de #ahdh1 dgta des sductions de l'an>*isme t\t ce qui p5sait4 ,sa9te-,beuve1 ,r5an1 ,ta9e1 enseignr5t le positivisme politique et r5\r5t avec clat la tradition franaise de la p5se claire et m?odique4 ,mais ces gr&s esprits1 dont l'influ5ce dom9e t\te la priode littraire qui s't5d de #ahej #ahij environ et dont n\s avons encore 7du premi] pr9cipalem5t7 beauc\p appr5dre1 tai5t surt\t des naturali/es et des hi/ori5s4 ,ils faisai5t de la sci5ce comp>e4 ,ils n\s montrai5t des *antillons hi/oriques d'o ressortai5t1 p> dmon/ration exprim5tale1 les conditions qui font la prosprit ou la dcad5ce de la civilisation1 celles qui font la =ce ou la faiblesse des tats1 la cohsion ou la dcomposition des socits1 la floraison ou le dprissem5t des lettres et des arts4 ,ce qui leur manquait1 c'tait l'esprit d'action1 l'esprit d'initiative1 je dirai presque l'esprit de vie1 la foi suffisante en l'immortelle jeunesse de la patrie et de l'humanit4 ,ce c>actre e/ trs s5sible *ez ,flaub]t4 ,il p>le comme si t\t tait f9i4 ,ces hommes se ress5tai5t du romantisme de leur premire jeunesse4 ,ils avai5t donn leur cur aux *imres4 ,elles ne le leur avai5t pas r5du entirem5t4 ,ils ne reconquir5t que leur raison4 ,la connaissance des ralits n'eut pas *ez eux p\r compagnes les n]gies de la gat1 de l'en?\siasme et de l'am\r1 sans lesquelles on ne remdie efficacem5t aucun mal et en p>ticuli] au mal de l'an>*isme rvolutionnaire qui1 p>fois1 procde d'un am\r g>4 ,c'e/ p\rquoi on p\rrait les appel] eux-mmes1 dans un s5s p>ticuli]1 et en ne donnant ces mots que la porte d'une nuance1 des prophtes du pass4 ,beauc\p de jeunes g5s d'auj\rd'hui refus5t leur confiance cette gr&e gnration de #ahfj1 qui a donn en ,france la d]nire en date de ses gr&es coles littraires 7c> t\t ce qui a p>u depuis de plus important1 dans l'ordre de la p5se1 en relve74 ,on supplie ces jeunes g5s de di/+u]4 ,on convi5t que1 dans cette gnration de physiologi/es et d'anatomi/es1 comme l'appelait ,sa9te-,beuve1 le feu de l'me ne fut pas en proportion des lumires et de l't5due de l'intellig5ce4 ,il y eut insuffisance1 atonie1 p>fois mme corruption du s5tim5t4 ,mais les gr&es maladies sont t\j\rs suivies d'une priode de dbilit2 l'lite franaise v5ait de pass] p> cette gr&e maladie du s5tim5t qui a p\r nom le romantisme2 de l1 une phase 9vitable de dbilit morale qui s'e/ prolonge jusqu'aux d]nires annes du ,x,i,xe sicle4 ,au contraire1 le rveil de l'intellig5ce fut complet1 magnifique1 et son uvre admirable4 ,ce que n\s avons faire1 ce n'e/ pas de rpudi] cette uvre1 mais de l'tudi]1 d'en ret5ir les leons1 de la cont9u]1 d'en repr5dre le fil4 ,la jeunesse d'auj\rd'hui a sur l'ensemble de ses ans une supriorit de sant morale qu'elle manife/e hroquem5t4 ,mais ceux-l la tromp5t de la manire la plus irritante qui s'essai5t envelopp] la raison elle-mme dans le discrdit ju/em5t mrit p> des vacillations de cur1 dont la raison ne fut nullem5t responsable4 ,on av]tit in/amm5t cette jeunesse que les plus gnreuses impulsions de la vie ne saurai5t suppler au dfaut de p5se et de critique1 et que le plus sr moy5 de faire ab\tir au nant les plus gnreuses inspirations de son cur1 c'e/ d'entret5ir et de c\v] en elle1 ft-ce s\s le beau prtexte doctr9al d'anti-intellectualisme1 la mfiance et la peur de l'intellig5ce4 ,ai-je fait une digression8 ,un circuit t\t au plus4 ,la critique positivi/e des t5dances an>*i/es manquait de m\vem5t2 elle faisait de la ?orie plutt que de l'(f5sive2 elle n'avait pas cette gaiet1 cette allgresse de l'esprit qu'il faut1 en ,france surt\t1 oppos] un ennemi qu'on veut va9cre4 ,la critique librale donnait l'an>*isme le beau rle1 elle lui laissait le pre/ige qui s'atta*e l'audace et aux m\vem5ts d'une vie dbordante4 ,une critique n\velle1 et enf9 bi5 inspire1 a tr\v sa voie hors de ces deux erreurs4 ,elle arbore le drapeau de l'ordre1 p>ce que1 p\r elle1 il ne porte pas des c\leurs tri/es1 mais de vives et heureuses c\leurs4 ,les rgles1 les discipl9es1 les in/itutions ne lui app>aiss5t pas comme des limites et des re/rictions imposes du dehors l'action et l'essor des =ces spontanes4 ,cette ant9omie de nature admise entre les uns et les autres1 ne lui semble pas vraie4 ,elle e/ime que l'ordre e/ inhr5t t\t ce qui mrite le nom de =ce1 que t\te =ce digne de ce nom e/ dj pntre et imprgne d'ordre et que l o il n'y a pas prs5ce et prs5ce intime d'un ordre1 il ne saurait y avoir que faiblesse et impuissance4 ,elle refuse d'oppos] l'individu la socit1 soit p\r s\mettre l'tat social la s\v]a9et du droit individuel1 soit p\r opprim] l'individu s\s les exig5ces de l'tat social4 ,il ne saurait tre "q des droits p\r l'individu que s'il possde un m9imum de valeur intellectuelle et morale2 la socit1 avec ses in/itutions et ses traditions1 e/ considre1 au po9t de vue que je df9is ici1 comme la s\rce mme o l'individu puise les lm5ts indisp5sables de sa valeur4 ,c'e/ p> une application du mme pr9cipe1 que l'on ne cons5t pas reg>d] dans les travaux de l'esprit1 l'inspiration et la rgle comme deux =ces de s5s contraires qui1 de leur propre m\vem5t1 ne t5drai5t qu' se dim9u] l'une l'autre4 ,il n'y a qu'une inspiration ple9e et vig\reuse qui puisse s'gal] aux exig5ces de la rgle et elle y p>vi5t1 non en comprimant son s\ffle1 mais en se donnant un s\ffle de plus4 ,la rgle exprime et pose des conditions d'ampleur1 de puissance1 d'h>monie4 ,elle ne gne que l'arti/e ou l'criva9 faible1 incapable de remplir la c>rire qu'elle lui trace4 ,en df9itive1 la critique dont je p>le a arra* l'an>*ie les pre/iges de beaut et de vitalit dont elle se p>ait faussem5t et qu'une c]ta9e badaud]ie intellectuelle lui accordait1 p\r faire pass] ces titres du ct de l'ordre4 ,elle montre dans l'an>*ie le fond de misre1 de pauvret ou1 comme dis5t1 les ?ologi5s1 de dfici5ce ess5tielle4 ,voil le po9t sur lequel elle a r5contr le conc\rs de ,nietzs*e4 ,psy*ologie1 et pa?ologie m9utieusem5t f\ille des t5dances an>*i/es1 voil ce qu'il n\s propose1 voil le po9t o n\s p>at utile ent5dre4 99 99 99 99 99 ,pr5ne qui v\dra connaissance de sa p5se6 ,et que *acun la discute1 selon ses propres op9ions6 ,mais il exi/e1 l'g>d de ,nietzs*e1 *ez beauc\p de p]sonnes1 un tat d'esprit viol5t et aveugle qui ne va pas mo9s qu' rpr\v] et condamn]1 sur le seul aspect de son nom1 t\te ide prise *ez lui1 comme s'il y avait eu *ez cet homme un fond de p]v]sit tel que t\t ce qu'il a conu et crit dt en tre infect4 ,je crois disc]n] de cet tat d'esprit deux raisons3 l'une ti5t aux attaques de ,nietzs*e contre le *ri/ianisme1 l'autre 7qui n'a1 il e/ vrai1 fait s5tir ses effets que depuis la gu]re7 ti5t sa qualit d',allem&4 ,je m'expliqu]ai sur l'une et sur l'autre4 ,il e/ trs vrai que ,nietzs*e a manife/1 l'g>d du *ri/ianisme1 l'animadv]sion la plus vive et qu'il l'a attaqu avec viol5ce4 ,l'expression de cette passion e/ p>seme dans plusieurs de ses crits4 ,elle e/ conc5tre dans un petit livre intitul3 l',ant*ri/1 consacr la p]sonne du fondateur du *ri/ianisme4 ,l'auteur y reprs5te ,jsus comme un malade et sa ?se a beauc\p d'analogie avec celle que s\t5ait ,jules ,s\ry dans un livre p>u v]s #ahge1 et qui n'clipsa pas1 malgr le gr& tal5t de l'criva91 la ,vie de ,jsus1 de ,r5an4 ,il ne peut y avoir p\r les *rti5s de plus sc&aleuse injure2 on conoit leur zle la fltrir4 ,cep5dant1 celui qui s'en e/ r5du c\pable peut avoir trait avec une sagesse acceptable p\r eux d'autres que/ions4 ,t\t le monde l'admet p\r ,voltaire2 c]ta9s l'admett5t p\r ,jules ,s\ry4 ,p\rquoi ne l'admettrait-on pas p\r ,nietzs*e8 ,il a crit des c5ta9es de pages de critique littraire1 p> exemple1 qui sont d'ailleurs m]veilleuses et1 qu' quelques nuances prs1 des esprits anims de t5dances religieuses =t opposes aux si5nes p\rrai5t sign]4 ,ce qui a*ve de lgitim] et de conseill] cette sp>ation1 dont le pr9cipe e/ indiscutable en soi1 c'e/ que la ha9e du *ri/ianisme ti5t c]ta9em5t *ez ,nietzs*e un ct maladif de l'esprit4 ,en ?se gnrale1 je ne crois pas que cette passion de ha9e contre le *ri/ianisme soit la m>que d'un esprit t\t fait matre de lui-mme4 ,il me semble qu'elle implique une grosse "p de mprise sur la nature de l'objet ha et qu'elle le voit1 non tel qu'il e/ en lui-mme1 mais tel qu'il app>at trav]s un v]re d=mant4 7,je p>le d'un s5tim5t dirig1 non contre telle ou telle confession *rti5ne1 mais contre le fond commun du *ri/ianisme47 ,t\t d'abord1 si1 p\r le *rti51 le *ri/ianisme e/ la religion vraie1 exclusivem5t vraie1 le philosophe1 qui ne lui attribue pas ce titre1 e/ au mo9s oblig d'y reconnatre une =me p>ticulire de ce fait huma9 univ]sel qui s'appelle la religion4 ,et1 comme nos mod]nes anti*rti5s1 qui ne sont ni b\ddhi/es1 ni mahomtans1 ne s'en pr5n5t pas au *ri/ianisme au nom d'une autre religion1 c'e/1 qu'ils y song5t ou non1 contre la religion en gnral que se dcl>e leur inimiti4 ,voil ce que je ne tr\ve pas trs philosophique4 ,qu'un esprit dans son priv et p\r la direction p]sonnelle de ses s5tim5ts et de sa vie1 n'pr\ve le beso9 d'aucune religion1 c'e/ une autre affaire1 et je ne m'en occupe pas ici4 ,mais de l s'irrit] contre l'exi/5ce de la religion dans l'humanit1 il y a un abme qu'un homme en p>faite possession de son bon s5s ne fran*it pas4 ,on ne montre pas le po+ au ,mont-,blanc4 ,j'ai connu dans la p]sonne de mon matre1 ,victor ,bro*>d1 un p>fait paen4 ,il t5ait la morale des sages anci5s p\r suprieure la morale *rti5ne4 ,il y puisait les inspirations de son honntet1 de sa f]met et de son c\rage1 v]tus qui fur5t gr&es *ez lui4 ,mais jamais il ne montrait contre le *ri/ianisme d'int5tions de/ructives1 ni mme d'animosit4 ,il se ft fait l'effet d'un dclamateur4 ,si ,bro*>d et vcu au temps de ,celse ou de ,luci51 son s5tim5t et son attitude euss5t sans d\te t autres4 ,il se ft pos en adv]saire de la religion n\velle4 ,il et essay d'en emp*] l'tablissem5t4 ,mais alors le sort du *ri/ianisme n'tait pas dcid1 il se j\ait4 ,de la "p d'un homme qui en considrait les pr9cipes comme mo9s favorables l'humanit que ceux de la vieille religion grco-roma9e1 il tait raisonnable de se livr] contre elle la polmique4 ,la "q se prs5te auj\rd'hui d'une t\te autre manire4 ,il y a dix-neuf sicles ou1 si l'on veut1 seize sicles 7en comptant p>tir du mom5t o le p\voir imprial l'adopta7 que le *ri/ianisme rgne dans le monde occid5tal4 ,cette longue dure con/itue une expri5ce dont il s]ait bi5 difficile de s\t5ir que les rsultats soi5t son dsavantage4 ,l'vocation de ce qui se s]ait pass si444 ne con/itue pas un argum5t srieux4 ,on peut us] de ces raisonnem5ts hypo?tiques l'g>d d'un fait local1 dont les consqu5ces se limit5t un petit canton du monde4 ,mais l'application qu'on en v\drait faire un m\vem5t hi/orique d'une telle t5due et qui a eu un tel succs ne s]ait qu'un amusem5t de l'esprit4 ,le *ri/ianisme n'e/ responsable ni de la dissolution de l'empire roma9 ni de la priode de b>b>ie europenne qui a suivi cet vnem5t4 ,il a1 bi5 au contraire1 p5dant cette tri/e priode1 pris1 autant qu'il tait possible1 la suite de l',empire roma9 comme ma9t5eur de la civilisation4 ,peut-on dire qu' p>tir de la ,r5aissance1 lorsqu'il n'a plus eu lieu d'ex]c] dans l'ordre pr(ane ce rle de tutelle univ]selle1 il ait gn l'humanit dans son dveloppem5t1 dim9u p> son influ5ce l'essor des lettres1 des arts1 des sci5ces1 des in/itutions publiques8 ,il faudrait1 p\r p\voir le s\t5ir1 admettre que l'uvre de l'humanit mod]ne1 dans t\s ces doma9es1 demeure au-dess\s de celle que n\s ont laisse les anci5s4 ,c'e/ le contraire qui e/ manife/em5t le vrai4 ,n\s n'avons sur les anci5s aucune supriorit de nature2 mais n\s avons cette supriorit de fait qu'ils sont les anci5s et que n\s sommes les mod]nes4 ,l'exemple mme de leurs crations et la magnific5ce des 9puisables leons qu'elles conti5n5t1 comme aussi les leons de leurs erreurs1 n\s ont p]mis de faire plus qu'eux4 ,la politique des ,roma9s e/ un *ef-d'uvre qui ne s]a pas dpass1 mais qui a t plusieurs fois gal4 ,et si les div9es qualits de simplicit et de naturel de l'art grec n'ont jamais t atte9tes1 le mo9s qu'on puisse dire1 c'e/ qu'elles ont t plusieurs fois appro*es de bi5 prs en ,italie1 en ,france et en ,espagne4 ,en revan*e1 combi5 le doma9e d'expression embrass p> nos arts e/ plus t5du1 plus v>i1 plus nuanc4 ,n\s avons plus vcu1 plus s5ti1 plus connu que les ,grecs4 ,p\r la philosophie et les sci5ces1 la comp>aison n'e/ pas possible2 c'e/ le propre doma9e du progrs4 ,on p\rra allgu] que la gloire de ces spl5dides travaux ne revi5t pas au *ri/ianisme1 puisqu'ils sont la cont9uation1 et plusieurs g>ds1 l'imitation de travaux comm5cs et dj p\sss un po9t m]veilleux avant sa v5ue4 ,il suffit qu'il les ait accompagns1 que son rgne ait t contempora9 de leur accomplissem5t p\r que la ?se qui consi/e le r5dre c\pable de je ne sais quel prjudice port la nature huma9e se rvle inconsi/ante4 ,voici1 je crois1 comm5t cette illusion se =me dans un esprit4 ,les ides *rti5nes1 comme t\tes les ides religieuses ou morales imag9ables d'ailleurs1 prt5t des int]prtations1 des applications qui port5t des m>ques de dif=mit1 de laideur1 de disgrce1 de dsordre1 et contre lesquelles le bon s5s1 la sa9e nature prote/5t4 ,mais il n'e/ pas beso9 de possd] la ?ologie et le dogme p\r savoir que ces manires de compr5dre et de mettre en pratique le *ri/ianisme ne peuv5t compt] que comme des dviations1 des abus1 des exc5tricits4 ,si elles avai5t rpondu aux exig5ces relles de la doctr9e1 si elles avai5t t dans le s5s du gr& c\rant1 jamais le *ri/ianisme ne ft p>v5u s'ent5dre avec l',empire1 non plus qu'avec aucun g\v]nem5t civil1 jamais il n'et pu coexi/] avec la civilisation2 il y a longtemps qu'il et pri comme tant d'autres sectes phmres qui portai5t leur base quelque injure au s5s commun4 ,il a pu adv5ir que des ab]rations1 qui se p>ai5t du nom du *ri/ianisme1 s'tabliss5t et prvaluss5t un in/ant dans c]ta9s milieux *rti5s2 mais jamais1 nulle "p1 les autorits religieuses n'ont failli les dsav\]1 les condamn]4 ,un non-*rti5 p\rra1 t5dant la porte de cette obs]vation et l'appliquant aux orig9es mmes du *ri/ianisme1 s\t5ir que les doctr9es de l'vangile et de sa9t ,paul ont d rel*] beauc\p de leur rigueur1 cons5tir bi5 des dim9utions et des compromis p\r se r5dre acceptables la socit roma9e et au p\voir imprial4 ,cette ?se mme 7que je rep\sse d'ailleurs7 pr\v]ait que l'ho/ilit contre le *ri/ianisme manque de base4 ,en se r5dant acceptable1 la religion de l'vangile s'e/ r5due viable1 et ce compromis1 ce m$ius t]m9us1 c'e/ le *ri/ianisme1 tel qu'il a t1 tel qu'il a dur1 tel qu'il a vcu et agi dans les socits huma9es4 ,or1 qu& on p>le ou crit p\r ou contre le *ri/ianisme1 la *ose n'e/ intressante et srieuse que s'il s'agit de ce *ri/ianisme l1 du *ri/ianisme tel qu'il a t dans l'hi/oire et non tel que le con/ruit et le dduit1 d'aprs des docum5ts littraires lo9ta9s1 t\s g>ds1 l'esprit raff91 l'imag9ation morale subtile d'un homme de lettres4 ,la mme di/9ction s'impose l'g>d d'autres mal5t5dus4 ,les p]sonnes qui pratiqu5t le *ri/ianisme avec dvotion ne sont pas plus exemptes que les autres des petitesses et des disgrces morales de la nature4 ,la mesqu9]ie d'esprit1 le manque de gnrosit dans les s5tim5ts1 la niais]ie et la p>cimonie peuv5t tre leur fait4 ,qu'un homme trs s5sible ces 9lgances ait pass sa jeunesse1 l'ge des impressions vives1 dans un milieu dvot qui en tait m>qu1 et qu'il se soit ensuite affran*i de la foi religieuse1 il tomb]a facilem5t dans l'erreur d'imput] la dvotion ce qui tait le fait des dvots eux-mmes et ce qui et trs probablem5t1 sans leur dvotion1 atte9t un degr plus dsolant encore4 ,si p\rtant la viol5ce de ce premi] dgt ne lui a pas t la facult d'obs]v]1 il s'ap]cevra que les mmes misres sviss5t1 avec de lgres diffr5ces de nuances1 mais qui ne leur donn5t ri5 de plus sympa?ique1 dans les milieux o rgn5t les ides d'mancipation religieuse2 il lui arriv]a de r5contr] la plus s9cre pit *rti5ne associe une nature d'homme p>faitem5t vivante1 ouv]te1 abondante et librale4 ,il dira peut-tre qu'elle doit ces qualits ce qui subsi/e en elle de la sagesse et de la civilisation antique4 ,mais1 p> cette int]prtation mme1 il admettra que le *ri/ianisme fait trs bon mnage avec la sagesse et la civilisation des paens4 ,pas plus qu'il n'e/ responsable de la tri/esse de c]ta9es p]sonnes *rti5nes1 pas plus le *ri/ianisme ne l'e/ de la tri/esse de c]ta9es poques *rti5nes4 ,en de telles poques1 il p>at lui-mme revtu des sombres aspects du milieu huma9 o il volue1 mais ce n'e/ pas lui qui les y apporte4 ,le ,x,i,xe sicle aura t1 au reg>d des arti/es1 un sicle tr\ble et dsol4 ,le b\lev]sem5t des anci5nes classes sociales1 l'augm5tation norme des populations1 le dveloppem5t des gr&es villes1 la =mation d'imm5ses agglomrations ouvrires1 la multiplication des moy5s du bi5-tre matriel allant de pair avec la duret croissante de la vie1 t\tes ces causes conjo9tes ont =c les socits mod]nes s'absorb] dans des so9s utilitaires1 des so9s de mnage1 comme disait ,r5an1 et y ont beauc\p affaibli la proccupation des lettres et des beaux-arts4 ,les in/itutions1 et plus encore l'esprit dmocratique1 ont ru9 et r5du impossible le rgime de protection dont j\issai5t autrefois les hommes qu'une vocation relle de/9ait l'tude spculative ou la cration du beau1 rgime dont les bi5faits leur tai5t absolum5t ncessaires1 s'il e/ vrai qu'il faille r5onc] la re*]*e de la p]fection1 seule raison d'tre des travaux de l'esprit1 qu& on e/ oblig de dem&] ces travaux un ga9 d'arg5t1 les applaudissem5ts de la multitude ou la faveur de l'tat4 ,de telles conditions n'ont pas suffi p\r tu] les arts4 ,du mo9s ne p\vai5t-elles produire qu'un art t\rm5t et ple9 de t>es ne remplissant pas la vraie et bi5faisante fonction de l'art1 qui e/ de mettre de la beaut et de la d\ceur dans la vie4 ,les gr&s criva9s qui1 en ,france et ailleurs1 se sont faits les int]prtes de la pla9te gnrale dont je rsume ici le sujet1 un ,/5dhal1 un ,r5an1 un ,flaub]t1 un ,baudelaire1 un ,rusk91 un ,nietzs*e 7sans oubli] ,ri*>d ,wagn]1 malgr ce qu'il a de confus dans les ides71 un ,musset ses heures1 ont1 je crois1 exagr la laideur du monde mod]ne1 qui1 pris dans sa masse1 n'tait pas plus laid que ses ans1 s'il l'tait d'une manire diffr5te4 ,mais ce qu'ils ont bi5 vu1 c'e/ l'abs5ce1 au c5tre ou au-dessus de ce monde1 l\rd et disp]s en t\s s5s1 d'un foy] lum9eux1 d'un asile de l'esprit et du gt1 d'un lieu o la contemplation et le gnie puiss5t accomplir en scurit leur uvre p\r le bi5 de t\s et le rayonnem5t de t\tes *oses4 ,les mes dlicates qui ne saurai5t vivre que de p5se et de fantaisie1 se sont s5ties comme des exiles dans cet ge de plomb4 ,de l1 une tri/esse maladive qui s'e/ si s\v5t aj\te *ez elles la tri/esse raisonne1 mais supportable1 que la condition huma9e considre en elle-mme peut1 en t\s temps1 inspir] la rflexion4 ,de l1 la nuance sombre1 languissante1 dsole1 qu'a pris *ez elles le s5tim5t religieux *rti51 qui n'e/ normalem5t appel qu' consol] l'homme des insuffisances gnrales de la vie t]re/re1 mais qui se mlait ici au s5tim5t aigu et plus immdiat des maux p>ticuli]s un sicle et une c]ta9e phase de l'tat social4 ,la maladie mod]ne a communiqu sa c\leur au *ri/ianisme mod]ne4 ,le beso9 *rti5 e/ app>u li une oppression intrieure1 une dfici5ce de la sant morale naturelle4 ,il e/ app>u solidaire des tats romantiques de la s5sibilit4 ,mais1 p\r tir] de ces app>5ces un jugem5t gnral sur la nature du *ri/ianisme et en conclure qu'il porte en soi quelque *ose de morbide1 il a fallu gnralis] de la manire la plus illgitime des c>actres t\t accid5tels2 il a fallu oubli] qu'il avait t la religion puissante et non discute d'poques dont les hommes suprieurs1 et1 comme on dit1 reprs5tatifs1 se di/+ur5t p> t\s les signes d'une sant vig\reuse et d'un esprit fleurissant4 ,imag9ons t\tes ces causes de confusion agissant sur un esprit p>ticulirem5t dispos et plac p\r y cd]4 ,imag9ons une jeune nature d'lite1 d\e la fois d'une magnifique intellig5ce et d'une s5sibilit morale extraord9aire1 anormale2 elle a reu avec une culture trs t5due1 une ducation religieuse int5sive1 ou dont l'action du mo9s a t r5due p]turbatrice p> le manque de mesure de la s5sibilit qui l'a reue4 ,n\s n'avons pas affaire un tre t\t fait sa92 il y a du dsquilibre1 des lm5ts ru9eux dans cette p]sonnalit2 elle porte le poids d'une de ces hrdits un peu onreuses qui app>aiss5t s\v5t lies 7n\s ne dirons pas du t\t3 ncessairem5t7 l'extrme f9esse des organes intellectuels1 au gnie de l'imag9ation4 ,les s\ffrances qui naiss5t de l sont accrues p> les milieux o elle vit et qui sont le plus faits p\r (f5s] et insult] sa dlicatesse maladive4 ,quelle va tre1 lorsqu'elle se s]a mancipe des s\missions de la premire jeunesse1 sa disposition l'g>d des ides *rti5nes1 des s5tim5ts *rti5s1 de ces ides et de ces s5tim5ts qu'elle a pris dans un s5s d'idalisme outr dont le raff9em5t quivaut un vritable fanatisme6 ,srem5t sa disposition ne s]a pas le calme et la srnit4 ,ou bi51 elle p]si/]a dans sa direction religieuse et s'y jett]a corps et me p]dus1 ou bi5 elle s'en c>t]a1 mais avec viol5ce et en se rvoltant contre les objets religieux de son premi] idalisme1 elle les r5dra responsables des inquitudes et des exagrations qui la t\rm5t5t2 elle les accus]a de lui en avoir inocul le g]me empoisonn4 ,elle imag9]a le virus *rti54 ,et1 dans ses ?ories1 elle abus]a des facilits spcieuses qu'(fr5t l'hi/oire et la psy*ologie et que n\s avons essay d'indiqu]1 qui prt5d df9ir le *ri/ianisme p> les excs moraux qui se sont produits s\s son nom1 p> les misres morales qui ont projet sur lui leurs reflets4 ,mais cette int]prtation anti-*rti5ne devra se compr5dre au fond comme un fanatisme *rti5 ret\rn4 ,voil1 me semble-t-il1 l'hi/oire de ,nietzs*e4 ,je dois rpt] que1 dans le tissu de sa p5se et de ses doctr9es1 si l'anti-*ri/ianisme fait une ta*e clatante1 il n'occupe cep5dant qu'une place limite4 ,un autre po9t de ces ?ories1 qui ne me p>at pas impliqu] comme celui-ci une erreur de fond1 mais qui reoit de la brutalit t5dancieuse et je dirai presque de la fureur du vocabulaire1 une app>5ce de viol5ce injurieuse et rep\ssante1 c'e/ sa fameuse di/9ction entre la morale des matres et la morale des esclaves4 ,une tude att5tive de la p5se de ,nietzs*e1 dgage de ses =mes trucul5tes et de ses bravades1 montre qu'il s'agit ici mo9s de la di/9ction de deux catgories sociales d'hommes que de deux catgories de t5dances qui peuv5t se r5contr] *ez t\s les hommes4 ,les matres1 ce sont les natures ari/ocratiques et fires1 dp\rvues de grossiret et surt\t de vanit4 ,qu& il leur arrive de comm&]1 ils le font avec une dignit naturelle1 avec le respect des p]sonnes auxquelles ils donn5t nettem5t des ordres4 ,et s'ils sav5t comm&]1 c'e/ qu'ils sav5t obir4 ,les esclaves ne sav5t ni l'un ni l'autre4 ,t\te obissance1 t\te subord9ation les humilie4 ,ils veul5t t\j\rs avoir raison4 ,ils comm&5t volonti]s1 qu& ils ont du tempram5t et de l'audace4 ,mais ils ne le sav5t faire qu' la matraque et sont incapables de faire accept] leur autorit 7c'e/ p\rtant le gr& signe de l'autorit7 un homme de c>actre4 ,l'erreur et le trait comique de ,nietzs*e1 c'e/ de se mettre en colre p>ce qu'il voit que le comm&em5t n'e/ presque jamais reconnu ceux qui le mrit]ai5t4 ,aussi leur compose-t-il en imag9ation une v5geance effroyable1 en faisant d'eux un petit bataillon de *efs impitoyables arms des eng9s les plus t]ribles avec lesquels ils font m>*] le tr\peau huma94 ,cette inv5tion lui a valu un r5om dte/able et1 c\p sr1 elle n'honore pas son bon s5s4 ,on a p]du de vue la psy*ologie morale dont ces images1 ces rv]ies1 voquant de n\veaux ,attilas intellectuels et raff9s1 ne sont que l'expression plus qu'hyp]bolique4 ,on a cru qu'il prconisait une morale de brig&s et de tape-dur4 ,je ne d\te pas que plus d'un ,allem&1 p5dant la gu]re1 n'ait fusill d'innoc5ts civils en l'honneur de ,z>a?u/ra4 ,mais vraim5t il commettait un contres5s dont il faut innoc5t] le cur de ce privat-doc5t1 dlicat et surexcit1 non pas c]tes sa raison4 99 99 99 99 99 ,il me re/e m'expliqu] sur la qualit d',allem& de ,nietzs*e et sur le grief qui en e/ tir contre ceux qui font pr(ession d'admir] *ez lui1 nonob/ant ses t>es1 un des gnies de son sicle4 ,je suis1 quant la "q de t5dance1 t\t fait tranquille4 ,et je crois que nul criva9 contempora9 n'aurait lieu de l'tre davantage4 ,j'ai t\j\rs combattu l'influ5ce intellectuelle de l',allemagne4 ,je l'ai combattue de t\te l'n]gie de mon intellig5ce4 ,les p]sonnes qui ont lu le ,romantisme franais1 la ,doctr9e (ficielle de l',univ]sit1 le ,g]manisme et l'esprit huma91 mes articles1 ma rponse l',enqute de ,m4 ,morl& sur l'influ5ce allem&e1 publie en #aijc1 peuv5t tmoign] que cette lutte a t un des objets les plus suivis de mon activit littraire depuis v+t ans4 ,il se peut1 qu'en fait1 je n'aie1 p\r ma "p1 que bi5 mdiocrem5t russi dissip] aux yeux de mes compatriotes le vieux mirage d'une ,allemagne prise de contemplation intellectuelle ds9tresse et les conva9cre du pragmatisme sommaire qui1 de ,kant ,fi*te1 =me la commune inspiration des plus fameuses doctr9es g]maniques4 ,ce que je sais1 c'e/ que je n'ai pas att5du aot #aiad p\r y dc\vrir ce c>actre et que je p>lais de ce que je savais1 ayant pass jadis beauc\p de temps appr(ondir ces grimoires1 d'ailleurs anims d'une =ce qui1 p\r n'tre qu'en p>tie celle de l'esprit1 n'en e/ pas mo9s r$\table4 ,mais ju/em5t1 p>ce que j'ai l-dessus quelques tudes1 je ne crois pas qu'il suffise d'accumul] sur la tte de ces philosophes les pi?tes injurieuses et les invectives p\r dlivr] la p5se franaise et la p5se europenne de la s]vitude qu'ils ont russi leur impos] depuis un sicle4 ,il faut les connatre et les critiqu] srieusem5t1 et c'e/ ce qu'on ne peut faire sans une gr&e et honnte application de l'intellig5ce1 c'e/--dire sans des dispositions pralables de srnit et d'imp>tialit leur g>d4 ,il faut tre prt leur r5dre ju/ice1 reconnatre la "p de s]vices qu'ils ont pu r5dre l'esprit huma9 ct du tort qu'ils lui ont fait4 ,a ce prix1 les conclusions o l'on arriv]a 7j'ai indiqu quelles sont les mi5nes7 p\rront n'tre pas dp\rvues d'autorit4 ,la "q n'e/ pas simple4 ,si la p5se allem&e 7je p>le de la p5se spcifiquem5t allem&e1 de ,kant1 de ,fi*te1 de ,%ell+1 de ,hegel et de son cole7 peut tre juge indigne de j\] dans la direction de la p5se huma9e1 le rle qui1 en d'autres temps1 a app>t5u la philosophie d',ari/ote1 la philosophie c>tsi5ne1 l'empirisme des ,anglais1 ce n'en e/ pas mo9s un fait1 un gros fait1 un fait norme et puissant que les *oses se sont passes depuis c5t ans comme si elle le mritait4 ,si elle a sduit *ez n\s beauc\p de ttes tr\bles et faibles1 elle a ex]c sur un ,r5an1 c'e/--dire sur une des plus va/es intellig5ces du ,x,i,xe sicle1 un haut pre/ige qui a sans d\te p>ticulirem5t saisi sa jeunesse1 mais dont son ge mr ne s'tait pas affran*i4 ,il faut qu'il y ait eu des raisons cela4 ,il faut que ,r5an ait t frapp de difficults dont les philosophies classiques ne lui semblai5t pas apport] la solution et qu'il ait cru tr\v] dans les philosophies allem&es1 t\t au mo9s la m?ode et le rudim5t de cette solution4 ,n\s devons *]*] s'il s'e/ tromp1 et1 p> consqu5t1 n\s plac] en face de ces difficults elles-mmes4 ,s'il y a lieu 7et ma conviction e/ qu'il y a lieu7 de faire le procs des sy/mes allem&s1 c'e/ p> cette procdure qu'il faut pass]4 ,elle dem&e ess5tiellem5t la tranquillit de l'esprit et doit p\voir tre p\rsuivie l'abri des impati5ces de la noble passion nationale4 ,telle e/ la raison gnrale que l'on p\rrait invoqu] en faveur d'une critique repose et imp>tiale de ,nietzs*e4 ,en fait1 elle ne s'applique pas lui4 ,mais il m'a p>u y avoir un intrt gnral la donn]1 p\r qu'on ne confondt pas avec de la g]manophilie ce qui e/ simplem5t du srieux4 ,c'e/ une critique srieuse de l',allemagne 7critique impliquant1 hlas6 l'aveu d'un c]ta9 nombre de sottises et de faiblesses notre *>ge7 qui peut seule dtruire *ez n\s la dte/able g]manophilie intellectuelle4 ,le cas de ,nietzs*e e/ diffr5t4 ,et lo9 que le patriotisme franais dt le maudire1 il y aurait t\t lieu1 au contraire1 de faire une place "p l',allem& qui a pr(ess le gt le plus passionn p\r l'esprit1 la civilisation1 la littrature et les murs de la ,france4 ,nietzs*e a t bi5 plus lo9 que ,g!1 dans son e/ime p\r la culture classique et franaise4 ,il l'a df5due avec clat1 avec une v]ve et une pntration admirable1 contre les prt5tions de la fausse culture de l',allemagne4 ,il n\s a1 dans l'ordre des lettres et des arts1 re/itu nos titres1 oublis1 mconnus1 incompris p> tant d'entre n\s4 ,il tait m]veilleusem5t famili] avec notre littrature et il y tr\vait la vritable famille de son esprit4 ,je p\rrais cit] en exemple bi5 des uvres franaises rc5tes1 uvres d'excell5ts ,franais d'ailleurs qui1 comp>ativem5t aux uvres de ,nietzs*e1 sont d'un gt t\t bo*e et des c5ta9es de pages de ,nietzs*e d'une f9esse et d'une acuit t\te franaise4 ,il suffit de feuillet] ses livres p\r s'en conva9cre4 ,que cet ensemble de pages rayonnantes vois9e avec des viol5ces et des trucul5ces1 des frnsies mmes qui ne peuv5t plaire qu' des b>b>es1 ou tre reues avec gravit que p> des nafs1 je s]ai le premi] en conv5ir4 ,mais ce que j'ai essay de faire compr5dre au sujet de l'anti-*ri/ianisme de ,nietzs*e s'appliqu]ait d'une manire gnrale ces aspects rebutants de sa p]sonnalit1 ces impulsions d'un dmon dont il n'tait pas le matre4 ,je n'ai pas le mo9dre gt p\r les fureurs et les visions apocalyptiques de ,z>a?\/ra1 bi5 que1 dans cet ouvrage mme1 les folies d'une =me eff>ante envelopp5t p>fois bi5 des gra9s de sagesse et1 comme il disait1 de gai-savoir4 ,au surplus1 il ne s'agit aucunem5t de prs5t] ,nietzs*e comme un ,allem& r5gat sa patrie1 comme un alli spirituel de la cause que n\s avons df5due p> les armes4 ,ri5 ne s]ait plus puril1 et l n'e/ po9t la "q4 ,jean ,morz faisait ses dlices de ,nietzs*e et lui empruntait s\v5t l'expression de ses p5ses propres qui ne se di/+uai5t1 je suppose1 ni p> le tr\ble ni p> le dsordre1 ni p> la brutalit4 ,morz s'y connaissait4 ,il tr\vait en ,nietzs*e un bon auteur1 un matre1 s\v5t agit et convulsif1 mais suprieurem5t clairvoyant et ard5t1 de l'humanisme4 ,il ne s'agit pas d'autre *ose4 ,que l',allemagne fasse de son ,nietzs*e ce qu'elle v\dra6 ,je n'aurai g>de p\rtant de suivre un critique de haute valeur1 ,m4 ,juli5 ,b5da1 qu& il pose ,nietzs*e en fauteur moral1 en approbateur anticip des be/ialits commises1 s\s prtexte de gu]re1 p> les armes impriales4 ,du mo9s1 faut-il di/+u]4 ,m4 ,b5da s'autorise de c]ta9es maximes et dmon/rations froces contre la piti que l'on tr\ve en effet *ez ,nietzs*e4 ,et je concde ple9em5t que ma9te brute allem&e1 complique de pdantisme1 a pu s'emp>] de ces ?mes comme d'une lgitimation savante et d'un excitant intellectuel de son inhumanit4 ,mais ,nietzs*e1 dans ces dte/ables pages1 n'a rellem5t pas eu en vue l'action4 ,ce sont1 de sa "p1 gageures littraires1 viol5ces de cab9et1 ractions rageuses et folles d'un tre fbrile1 mais droit1 contre les hypocrisies paisses du faux s5tim5talisme qui l'ent\re et dont il connat les dess\s4 ,n'admt-on pas cette int]prtation1 il s]ait impossible 7c> les textes sont l71 de ne pas reconnatre en ,nietzs*e le pe9tre et le satiri/e le plus t]rible de la moralit allem&e4 ,ces consci5ces honntes1 qui ne p]oiv5t que trs obscurm5t la diffr5ce de l'honntet avec l'hypocrisie1 ces consci5ces idali/es *ez qui les aspirations de l'idalisme se ml5t si indisc]nablem5t aux apptits d'un s5sualisme grossi]1 que ceci et cela a t\t l'air *ez elles de ne faire qu'un1 c'e/ ,nietzs*e qui en a dress1 avec t\t le feu de sa v]ve et l'acuit *irurgicale de son c\p d'il1 l'image la plus irrcusable et la plus accusatrice qui soit4 ,le nom de l',allem& d'exception qu'il donnait ,g!1 on p\rrait plus ju/em5t1 beauc\p d'g>ds1 le lui dc]n] lui-mme4 ,p>is1 janvi] #aiag4 ,,av]tissem5t 7#aijb7 ,publi1 il y a prs de trois ans dans un recueil priodique1 mais compos il y en a plus de c9q1 c'e/--dire avant que ,nietzs*e ne ft encore lisible en franais1 ce travail n\s avait p>u p]dre t\te utilit la suite de la belle et complte traduction du gr& psy*ologue donne p> ,m4 ,h5ri ,alb]t et ses collaborateurs4 ,n\s avions v\lu initi] ou plutt amorc] aux ides de ,nietzs*e quelques jeunes esprits p>ticulirem5t capables d'en tir] pr(it comme il v5ait de n\s arriv] n\s-mme1 et d'en recevoir non un j\g1 mais une /imulation dans leur dveloppem5t4 ,ayant eu cep5dant l'occasion de connatre quelques-uns des plus notables exposs de ,nietzs*e donns dans nos revues depuis cette poque1 n\s avons d cess] de croire t\te lumire faite sur des conceptions qui dem&]ai5t1 p\r tre bi5 comprises et ju/em5t appliques1 plus de p]spicacit psy*ologique que d'rudition philosophique4 ,le petit nombre de p]sonnes qui avait eu l'indulg5ce de s'intress] cette tude1 lors de sa premire app>ition1 e/ av]ti que n\s l'avons am5de et complte autant qu'il tait possible sans en altr] le premi] acc5t4 ,travail dlicat6 ,c> n\s n'avions pas laiss pass] p\r p>l] de ,nietzs*e l'heure o n\s subissions de sa "p un t\t n\vel et assez vif entranem5t4 ,nietzs*e n\s a surt\t aid1 a9si que ma9t autre de notre gnration1 r5tr] en j\issance de c]ta9es vrits naturelles4 ,mais comme ces vrits sont beauc\p plus vieilles que lui1 on en arrive oubli] la fivre qui accompagna cette rcupration4 ,ce qu'on ne doit pas oubli]1 c'e/ qu'elle peut tre communique avec fruit des intellig5ces bi5 nes1 mais pr(ondm5t contam9es p> les sophismes sur lesquels la critique de ,nietzs*e ex]ce l'action la plus corrosive4 ,le nietzs*isme e/ mo9s une doctr9e en effet qu'une crise1 mais une crise salutaire4 ,il y a *ez ,nietzs*e un contra/e entre le fond des ides1 classique1 positif1 traditionnel1 et le ton1 dont l'ardeur va s\v5t jusqu'au s>casme4 ,un cons]vateur qui p>le comme un rvolt1 un attique1 un ,franais p> le gt1 avec des brutalits et de rudes moqu]ies d',allem&3 physionomie assez n\velle dans l'hi/oire et dont le secret gt peut-tre en ceci1 que ,nietzs*e1 p>v5u la sagesse1 en a mo9s j\i qu'il n'a t irrit p> l'erreur4 ,qu& une me dlicate dc\vre dans un idal auquel elle s'tait laiss sduire p> ses p5*ants les plus nobles1 sophi/ique et *>latanisme1 elle s'(f5se et c]tes sa colre e/ ju/ifie4 ,mais il n'e/ pas bon que cette colre dure trop4 ,c> elle porte mo9s contre le faux lui-mme que contre la navet et aussi l'orgueil qui n\s en r5dir5t dupe4 ,c'e/ l une av5ture p]sonnelle dont il ne faudrait pas1 mo9s d'avoir le gnie d'criva9 de l'auteur de ,z>a?\/ra1 occup] trop longtemps le monde4 ,t&is que n\s errions dans d'obscures cav]nes1 le soleil ne s'tait pas arrt de luire4 ,au re/e1 le c>actre de ,nietzs*e n'e/ nullem5t l'objet de cet crit4 ,quoi qu'il ait pu y pass] du ton nietzs*en1 qu'on veuille bi5 y voir surt\t un essai de sy/matisation4 ,on n'y tr\v]a pas le dtail des ?ories de ,nietzs*e1 mais seulem5t ses vues gnratrices1 les obs]vations initiales d'o e/ p>ti et o revi5t t\j\rs l'ard5t m\vem5t de sa critique4 ,n\s avions projet1 p\r ce travail1 le titre suivant3 ,nietzs*e contre l'an>*isme1 et il p\rrait le port] trs ju/em5t4 ,t\tes les conceptions de ,nietzs*e se subordonn5t sa critique de l'an>*ie1 an>*ie tant dans les murs et les s5tim5ts de l'homme que dans l'in/itution sociale4 ,l'auteur de la plus pr(onde et vridique tude donne en ,france sur notre auteur ne l'intitule-t-il pas3 le s5s de la hir>*ie *ez ,nietzs*e#a1 reconnaissant comme n\s dans ce problme d'organisation de l'autorit et de la rgle le c5tre de ses proccupations8 ,cette r5contre avec un esprit m95t1 sans n\s emp*] de voir les dfauts de notre ouvrage1 e/ faite p\r n\s rassur] sur la ju/esse de notre int]prtation4 #a ,m4 ,jules de ,gaulti]1 dans la ,revue hebdomadaire1 #bc m>s #aija4 ,avril #aijb4 ,p4 ,l4 ,,la ,,morale ,,de ,,nietzs*e ,il y a quelques annes1 lorsque le nom de ,nietzs*e fut dev5u trop clbre p\r que des criva9s qui1 comme ,m4 de ,wyzewa ou feu ,valb]t1 apport5t aux lecteurs de nos gr&es revues les n\velles philosophiques de l'trang]1 g>dass5t plus longtemps le droit de s'en taire1 on vit une s+ulire av5ture4 ,je devrais plutt dire qu'elle arriva1 mais qu'on ne la vit po9t4 ,l'auteur du ,z>a?u/ra fut prs5t la ,france comme le type le plus radical d'an>*i/e1 de nihili/e1 de dmolisseur univ]sel1 que l'idologie allem&e et jamais enfant4 ,rputation f*euse1 bi5 propre faire exclure ,nietzs*e sans plus d'exam5 du nombre des esprits suprieurs4 ,c> qu'y a-t-il1 la f9 du ,x,i,xe sicle1 de plus rebattu que l'an>*isme1 de plus simplet1 de plus la porte de t\t le monde que le nihilisme1 de plus in(f5sif enf9 que les audaces d'un idologue g]manique8 ,ces r5seignem5ts suffir5t p\r dt\rn] de ,nietzs*e l'att5tion des p]sonnes pondres4 ,la "q tait donc ent5due4 ,et les in=mateurs un peu htifs dont je p>lais avai5t rgl leur compte avec le mtore n\veau4 ,celui-ci1 heureusem5t1 a rep>u4 ,la traduction des uvres de ,nietzs*e publie p> la ,socit du ,m]cure de ,france et qui honore tant son auteur pr9cipal et initiateur1 ,m4 ,h5ri ,alb]t1 e/ ma9t5ant presque complte4 ,elle a au mo9s dissip ces mprises grossires4 ,non seulem5t ,nietzs*e n'e/ pas an>*i/e2 mais il s]ait peu prs aussi ju/e de lui appliqu] cette pi?te ou t\te autre exprimant un tat d'esprit enfant9 et sauvage1 que d'appel] ,joseph de ,mai/re un jacob91 ou ,mi*elet jsuite4 ,il e/ curieux qu'on lui ait prt ce qu'il excre le plus4 99 99 99 99 99 ,il exi/e une erreur1 erreur m*ante1 l\*e1 s\t]ra9e1 de/ructrice secrte de t\t ordre et de t\te beaut1 v] rongeur des plus nobles uvres huma9es1 que ,nietzs*e hait en effet de t\te la vivacit de son gt p\r la face brillante du monde civilis4 ,il s]ait bi5 prs de l'appel] l',erreur1 la ,ngation1 la ,malfaisance en soi4 ,et c'e/ peu prs en ces t]mes--on s'en s\vi5t--que ,mphi/ophls se df9it lui-mme dans le ,fau/ de ,g!4 ,mais le flau pr(ond et subtil auquel en a ,nietzs*e n'e/ ri5 mo9s1 c]tes1 que mphi/ophlique4 ,le cynisme cavali] e/ t\t ce qu'il y a de plus oppos ses allures4 ,il faudrait plutt l'imag9] comme un gigantesque ,t>tufe qui aurait pris l'air de t\tes les sectes de religion et de morale1 depuis le ,b\ddha1 jusqu' nos j\rs1 et qui n\s reprs5t]ait1 fondues ensemble1 t\tes les nuances d'hypocrisie1 d'humilit1 de spiritualit1 de r5oncem5t1 d'absorption en ,dieu ou en l'idal1 savamm5t inv5tes et exhibes au c\rs des sicles p> une sa9te rancune1 p> de sombres desse9s de v5geance contre la ,t]re et la ,vie#b4 ,comm5t le dsign] ce mal1 dont l'action t\t intellectuelle--mais p> l mme c5t fois plus r$\table que la tor*e d',attila ou la bombe de ,rava*ol 7inc5diaires1 non empoisonneurs7--dtruisit dans le monde antique et a*ve prs5tem5t de diss\dre dans l',europe mod]ne les plus prcieux lm5ts et jusqu' l'ide mme de civilisation8 ,mille noms lui convi5drai5t1 c> il a mille =mes4 ,mais qu'il ex]ce ses ravages en gr& ou en petit1 dans l'in/itution sociale ou dans des consci5ces isoles1 qu'il corrompe les murs1 l'art ou la philosophie1 t\j\rs sa prs5ce se rvle p> ce symptme3 une an>*ie4 ,on peut dire que le b de ,nietzs*e1 'a t de dmasqu]1 de =c] reconnatre le vice an>*ique dans la plup>t des pr9cipes et des s5tim5ts dont l'poque mod]ne s'enorgueillit comme de ses plus nobles conqutes morales et qui en =m5t comme l'air respirable444 ou irrespirable4 #b ,il faut ess5tiellem5t appliqu] ce passage le repro*e que notre ,n\velle prface fait ,nietzs*e de ne pas di/+u] entre un *ri/ianisme rgl et s]e9 et un *ri/ianisme morbide1 entre sa9t ,v9c5t de ,paul et ,tol/o4 ,j'av\e qu'un expos o cette confusion n'e/ pas signale1 prte1 p\r sa "p1 au mme repro*e4 ,mais j'tais alors t\t la raction contre un c]ta9 pr*i-pr*a humanitaire et idali/e qui svissait de t\s cts4 ,la philosophie1 ou mieux la psy*ologie de l'an>*isme e/ donc dans l'uvre de ,nietzs*e plus qu'un article important4 ,elle e/ le c5tre et la s\rce de t\t4 ,elle f]a l'objet propre de ces pages o l'on s'tonn]a peut-tre de ne pas tr\v] le ton froid et imp>tial de l'expos critique4 ,mais p\r n\s1 comme p\r un c]ta9 nombre d'hommes de notre gnration1 le nietzs*isme fut mo9s une rvlation qu'un adjuvant4 ,l'audace et l'loqu5ce de ,nietzs*e1 mises au s]vice des conclusions qu'allait n\s impos] de plus en plus l'expri5ce des ides mod]nes et de leurs fruits1 ont surt\t activ et enh>di notre libration intellectuelle4 ,qu'on n\s excuse si1 au rcit des vues ess5tielles de ce gr& mdec9 moral1 s'e/ ml1 malgr n\s1 l'acc5t de notre propre obs]vation et la *aleur de fivres que n\s trav]smes aussi4 ,n\s n\s flattons que cette m?ode t\te spontane n'aura pas nui la vracit de notre int]prtation4 ,nietzs*e ne se compr5d pas trs bi5 du dehors4 ,i ,le signe de t\te civilisation1 d'aprs ,nietzs*e1 ce sont les murs4 ,dans le va/e et confus conc]t d'lm5ts que l'on a c\tume de dsign] s\s ce mot de civilisation1 elles donn5t la note huma9e4 ,elles dis5t ce qui e/ adv5u de l'homme lui-mme dans les conditions d'exi/5ce que lui font1 un mom5t et en un lieu donns1 les accid5ts de l'hi/oire1 l'tat des sci5ces1 de l'indu/rie1 des relations de comm]ce1 etc4 ,c'e/ concevoir bi5 sup]ficiellem5t une civilisation que de la croire df9ie p> ses p>ticul>its visibles et tangibles2 et c'e/ aussi s'en t5ir un critre bi5 grossi] de sa valeur4 ,qu'a-t-elle fait de l'homme8 ,quelle v>it1 quelle n\velle beaut ou d=mation du type huma9 n\s donne-t-elle compr5dre et apprci]8 ,voil la seule "q qui intresse qu& on jo9t une c]ta9e hauteur de po9t de vue une c]ta9e dlicatesse du gt3 le rsidu psy*ologique d'une civilisation4 ,p\r ,nietzs*e1 une civilisation e/1 avant t\t1 une culture1 une culture d'hommes4 ,comm5t donc nat et se dveloppe cette fleur de t\te vraie civilisation3 des murs8 99 99 99 99 99 ,l'homme e/ fait d'une multiplicit de t5dances1 d'affections1 d'impulsions1 de mobiles1 puissances discordantes qui le d*ir]ai5t bi5 vite et le f]ai5t prir de son propre dsordre1 s'il ne se les reprs5tait nettem5t dans des rapports de subord9ation et de dp5dance qui assign5t *acune d'elles son rang1 sa dignit1 sa valeur4 ,il faut qu'il se soit assez discipl91 r5du assez matre de lui-mme p\r tre assur que l'aveugle m\vem5t de ses s5sibilits et de ses in/9cts ne vi5dra pas1 t\t in/ant1 bris] la f]me ligne d'une t5ue dont la vue du b>b>e1 de l'9duqu1 suffirait lui faire connatre le haut prix4 ,l'homme moral1 c'e/ donc l'homme discipl91 *ti1 matre de soi4 ,ces donnes peuv5t sembl] assez banales et mme indcises4 ,on en saisira t\t le s5s si n\s aj\tons que ,nietzs*e n'accorde presque aucune "p la nature dans la moralit4 ,p\r lui1 t\te espce de moralit e/1 non seulem5t dans ses pr9cipes gnraux1 mais surt\t dans ses p>ticul>its dlicates et vraim5t di/9ctives1 une uvre du disc]nem5t1 de l'application et du so91 une culture4 ,il tr\ve les mod]nes mal v5us invoqu] la nature1 eux dont les mo9dres nuances de s5sibilit et d'e/imation morale s\s-ent5d5t tant d'expri5ce huma9e4 ,il n'a pas assez de raill]ies p\r ces philosophes qui1 p>ce qu'ils n'ont d'yeux que p\r le type moy5 de l'homme duqu1 tel qu'il exi/e sur quelques c5ta9es de pi$s c>rs aut\r d'eux1 attribu5t la nature huma9e les c>actres de ce p]sonnage spcial--appell5t nature leur propre mdiocrit4 ,p\r ,r\sseau1 la nature ce sont les rancunes plbi5nes1 les att5drissem5ts morbides de ,r\sseau sol5niss1 levs une dignit quasi my/ique4 ,bref1 ,nietzs*e e/ trop pris du net1 du clair1 du f9i--trop droit1 aj\t]ai-je1 p\r ne pas expuls] impitoyablem5t de t\te controv]se sur la morale1 avec cette notion de ,nature--si vague qu'on peut y mettre t\t ce qu'on veut1 et gnralem5t ce n'e/ qu'un nom pompeux donn nos propres in/9cts--ces autres entits galem5t obscures et dang]euses3 ,raison pure1 ,libre arbitre1 ,autonomie1 ,consci5ce444 bref1 la mtaphysique4 ,il n'e/ pas le premi]1 dira-t-on4 ,il e/ le premi] l'avoir fait avec cette intransigeance et cette malice1 p>ce qu'il ne le faisait pas au nom d'une ?orie1 mais p> simple f9esse psy*ologique1 p> ha9e de t\te quivoque et de t\t nbuleux dans les pr9cipes de conduite1 enf91 selon un mot qu'il aimait1 p> propret morale4 ,t\te morale donc1 t\te rgle des murs qui a t reconnue p\r bonne ici ou l1 en mme temps qu'elle m>que ses directions l'n]gie huma9e1 e/ une uvre de cette n]gie4 ,elle cond5se le rsultat de beauc\p de victoires remportes p> l'homme sur lui-mme4 ,elle e/ le legs de beauc\p de gnrations d'anctres ob/9es et pati5tes se travaill]1 et s'acc5tu] elles-mmes en un c]ta9 s5s4 ,il en e/ des donnes d'une morale comme des prceptes d'un art arriv un c]ta9 po9t de p]fection3 ceux-ci f\rniss5t prs5t des facilits au gnie1 lui p>gn5t bi5 des ttonnem5ts et de /riles ef=ts1 lui procur5t1 en le cont5ant f]mem5t1 une aisance suprieure4 ,mais combi5 *acun d'eux suppose-t-il d'essais maladroits et de t5tatives recomm5ces6 ,il en e/ d'un jugem5t sa9 et f9 sur les murs comme du gt4 ,le gt ne se manife/e gure dans l'lite d'un peuple comme une intuition rapide et naturelle que qu& t\tes les faons peu prs d'tre diffus1 plat1 *oquant1 insignifiant1 ennuyeux ont t pratiques p> ses arti/es et criva9s antrieurs4 ,il rsume donc dans sa spontanx acquise de longues habitudes de vigilance sur soi-mme4 ,a9si de t\t tact moral1 de t\t s5tim5t de devoir ou de conv5ance4 ,pas une v]tu n'a fleuri et n'a obt5u conscration dans l'hi/oire1 dont des hommes n'ai5t t les artisans laborieux4 ,t\t ce qui rehausse l'homme ou le p>e--depuis les hrosmes1 les loyalismes1 les nobles et *imriques fidlits jusqu' la politesse et aux bonnes manires--e/ un acquis de l'art huma94 ,la premire uvre d'art de l'homme1 c'e/ l'homme4 ,,ii ,p> cette conception gnreuse du p\voir de l'espce huma9e sur sa propre de/9e1 ,nietzs*e se montre bi5 l'ennemi de la rsignation vanglique et du pessimisme *rti54--,mais il s'oppose plus =tem5t encore au mod]ne optimisme humanitaire1 et--trait rem>quable--en v]tu du mme pr9cipe4 99 99 99 99 99 ,les philosophes et sociologues mod]nes de l'inspiration de ,r\sseau se croi5t en effet non-*rti5s p>ce que1 contre l'asctisme de la morale vanglique1 ils rev5diqu5t la lib]t de l'in/9ct4 ,mais la dang]euse folie de ces esprits c'e/ d'tre plus imprudemm5t *rti5s que l'vangile lui-mme4 ,l'vangile ne p]d pas de vue l'opposition de ses prceptes la nature1 ni combi5 ils sont faits p\r sc&alis] l'homme naturel1 qu& celui-ci n'en ap]oit pas l'env]s div94 ,ce que nos humanitaires ent5d5t1 eux1 p> ,nature ce n'e/ autre *ose que l'idal vanglique t\t ralis4 ,leur ?se de la bont primitive de l'homme signifie que l'homme portait primitivem5t en lui les v]tus et les affections que le *rti5 croit avoir t rvles la t]re p> ,jsus-,*ri/4 ,le ,*ri/ianisme--aussitt du mo9s qu'il se fut organis en g\v]nem5t moral d'une p>tie de l'espce huma9e--montra cette sagesse de ne laiss] espr] la flicit gnrale que p\r une autre vie4 ,il reconnut dans le mal une ncessit ess5tielle de la vie prs5te4 ,c'e/ ds ce monde mme que les disciples de ,r\sseau--*rti5s drgls1 masqus d'un faux naturalisme1--rv5t de voir s'accomplir le p>fait bonheur de l'humanit4 ,ces pontifes b\rgeois1 ces juifs *>nels ont matrialis1 lacis le royaume de ,dieu4 ,a suppos] que leur esprance ne ft pas misrablem5t *imrique1 ne voi5t-ils pas t\t ce que sa ralisation supprim]ait de v]tus et d'n]gies8 ,la frat]nit1 la d\ceur des murs fleurirai5t4 ,mais que devi5drai5t les v]tus de gu]re et de df5se8 ,le c\rage des gr&s desse9s et des gr&es ambitions individuelles dprirait et1 avec lui1 la cause la plus dcisive du progrs intellectuel4 ,s+uli]s ennemis du *ri/ianisme1 qu'une hrdit de *ri/ianisme sans correctif a assez ptris1 assez briss p\r qu'ils ne ress5t5t plus un tel idal comme la plus lam5table dim9ution de l'tre huma91 comme le plus tri/e affadissem5t de la vie6 ,contre cet idyllisme1 gnreux d'app>5ce1 mais p> ses consqu5ces si laid au fond1 ,nietzs*e e/ du ct des ,montaigne1 des ,hobbes1 des ,la ,ro*ef\cauld1 des de ,mai/re1 des clairvoyants enf94 ,nullem5t brutal1 l'homme au contraire le plus dlicat1 dirai-je1 le plus fm99 qui ft p> la s5sibilit1 il n'pr\ve aucun beso9 d'innoc5t] la nature1 de prt] la fran*ise au r5>d et la mansutude au l\p4 ,il sait que l'homme a comm5c p> tre un l\p et un r5>d1 qu'il l'e/ encore et que ce n'e/ pas dplor] absolum5t1 c> un agneau n'e/ propre qu' tre mang1 et la d\ceur1 l'honntet de l'agneau n'ont ri5 d'admirable1 tant1 *ez cet animal1 /upides et ju/em5t naturelles4 ,ri5 n'a comm5c que p> l'n]gie4 ,et l'n]gie1 jusqu' ce qu'elle ait appris de ses propres *ecs la ncessit de la discipl9e et de la modration1 ne connat d'autre loi qu'elle-mme4 ,elle e/ donc cynique1 impitoyable1 impudique4 ,elle e/ le mal4 ,sot qui pr(esse3 le mal n'e/ qu'un accid5t4 ,il e/1 au contraire1 l'orig9e1 le noyau de t\t ce qui exi/e1 de t\t ce qui a gr&i s\s le ciel4 ,il e/ envelopp dans le bi54 ,il y a1 la rac9e de la vie1 une impulsion initiale qui la p\sse uniquem5t se faire place1 prvaloir4 ,la vie e/1 en son pr9cipe1 ,volont de puissance4 ,arrtons-n\s un in/ant sur cette =mule fameuse1 cause du grave mal5t5du auquel elle peut prt]4 ,depuis ,hegel1 les mtaphysici5s allem&s sont obsds du desse9 gr&iose1 mais fabuleux1 de ram5] t\te la v>it de l'univ]s un unique pr9cipe gnrateur4 ,ce pr9cipe1 ils s'v]tu5t l'atte9dre p> une dialectique s\v5t =t obscure1 o l'imag9ation supple la raison4 ,et ils le baptis5t4 ,c'e/ p\r l'un le ,moi1 p\r d'autres l',absolu1 l',inconsci5t1 la ,volont4 ,on reconnat l de simples ab/ractions logiques ou psy*ologiques div9ises4 ,dans la fausse vue qui fait de ,nietzs*e le cont9uateur de ces philosophes1 et de sa doctr9e la d]nire tape dans le dveloppem5t de ce pan?isme1 d'ailleurs si va91 quelques auteurs pr5n5t la ,volont de puissance p\r une =mule d'explication cosmique4 ,a9si ent5du1 ,nietzs*e p]drait t\te sa prcision1 t\t son prix4 ,malgr des clairs p>fois jets sur le doma9e des ides cosmologiques1 il n't5d pas srieusem5t ses reg>ds au del du rgne huma94 ,c'e/ dans l'homme qu'il obs]ve la ,volont de puissance4 ,il voit en elle la cause premire de t\t ce que l'indu/rie huma9e a aj\t la nature4 ,il ent5d qu' l'orig9e de t\t ce qui s'e/ tabli de durable1 d'ordonn1 de proprem5t huma9 dans l'humanit1 il y a1 non pas sugge/ion de l'in/9ct1 non pas mme comm&em5t de la ncessit1 mais fait de viol5ce1 de dom9ation1 de conqute1 quelque *ose d'impos et de subi4 ,t\te rgle--intellectuelle1 e/htique1 morale ou politique1--signifie des in/9cts et impulsions rebelles mis s\s le j\g4 ,t\t droit e/ un legs de la =ce4 ,victorieuse1 elle a pu organis] ce qu'elle avait s\mis1 faire du rsultat de la gu]re la loi de la paix4 ,la ,volont de puissance e/ la conseillre pr(onde des peuples et des races4 ,c'e/ elle qui les met sur la voie des v]tus p> lesquelles ils s]ont =ts1 devi5dront gr&s1 uniques4 ,c'e/ elle qui les r5d appliqus1 p]svrants1 russ1 intraitables dans la df5se et l'entreti5 de ces v]tus4 ,c'e/ elle qui leur suggre les expdi5ts qui les sauv5t de prir aux t\rnants dang]eux de leur de/9e3 ici la cruaut1 les ext]m9ations rapides et compltes de l'ennemi extrieur ou intrieur1 ailleurs au contraire la pati5ce1 l'endurance1 la longanimit4 ,elle fte ses extrmes triomphes dans les belles civilisations1 les plus d\x et les plus a*evs dans de gracieuses et nobles murs#c4 #c ,j'expose ,nietzs*e4 ,mais il y a dans mon expos un c]ta9 ton d'adhsion sur lequel je dois encore ici m'expliqu]4 ,qu& on e/ jeune1 on rebondit l'excs s\s la contradiction1 on e/ encl9 rpondre aux dcl>ations de l'hypocrisie p> un c]ta9 cynisme d'esprit qui se plat exagr] ce que l'hypocrisie dissimule4 ,devant des idali/es affects qui oppos5t d'une manire absolue la ju/ice et la =ce1 on se plat outr] la "p orig9aire de la =ce et de la viol5ce dans t\tes les in/itutions de ju/ice4 ,une =ce qui crase inju/em5t d'autres =ces et qui1 aprs cette victoire se montre organisatrice1 fonde un ordre de ju/ice1 une paix qui r5d la ju/ice possible4 ,l'hi/oire ne n\s montre qu'en trop de cas ce spectacle4 ,il e/ niais ou malhonnte d'dulcor] les leons de l'hi/oire et mieux vaut c\t] ,nietzs*e4 ,mais le mme s5s exprim5tal et positif1 qui n\s fait voir que ri5 ne saurait diffr] autant d'une pa/orale que le tableau vrai des vnem5ts huma9s1 n\s montre aussi 7et c'e/ ce dont je ne t5ais pas assez de compte7 que le progrs gnral de la civilisation et des lumires dans les peuples de l',occid5t 7je dis3 de l',occid5t7 y te d'avance t\te ju/ification aux entreprises ext]m9atrices t5tes soit p> un peuple contre un autre1 soit1 dans un peuple1 p> un p>ti contre un autre p>ti et condamne ces entreprises l'*ec4 ,l'*ec peut malheureusem5t 7n\s l'avons assez vu7 ne surv5ir qu'aprs beauc\p de ravages accomplis4 ,il re/e donc vrai1 que la premire v]tu des peuples et des g\v]nem5ts1 c'e/ qu'ils soi5t =ts4 ,c'e/ la condition primordiale p\r qu'ils puiss5t tre d\x et ju/es4 ,mais1 p> quelque biais qu'elle dirige l'homme v]s ses f9s1 il e/ une contra9te qu'inv>iablem5t elle lui impose1 savoir3 celle qu'il a ex]c] sur lui-mme dans le s5s des v]tus d'o dp5d5t son salut et sa primaut4 ,,iii ,plutt n'importe quelles murs1 dit ,nietzs*e1 que pas de murs du t\t6 ,sans d\te6 mais il y a p\r l'homme bi5 des faons de se reprs5t] l'ordre et la discipl9e conv5ables sa nature4 ,il y a eu bi5 des sortes d'?ique1 autant que de climats1 de religions1 de patries1 de ca/es sociales4 ,qu'e/-ce qui fait adopt] l'une plutt que l'autre8 ,qu'e/-ce qui1 p\r une socit1 une famille huma9e dt]m9e1 assigne *aque mode d'agir et de s5tir son rang respectif dans l'*elle des valeurs morales8 ,qu'e/-ce qui qualifie le bi5 et le mal8 ,t\j\rs la volont de puissance4 ,t\t critre d'e/imation morale e/ au fond1 p\r ceux qui l'adopt5t et le prconis5t1 un moy5 de s'assur] la gr&eur4 ,il s'inspire des conditions qu'il faut ou qu'il faudrait une c]ta9e catgorie d'hommes p\r prim]2 ces conditions1 il les rige en norme1 en idal de la vie4 ,mais la morale s'tablit p> des voies et des inspirations bi5 diffr5tes1 selon que ce fondam5tal v\loir de primaut j\it de la puissance effective ncessaire p\r ralis] ses desse9s1 t\t au mo9s p\r les p\rsuivre au gr& j\r--ou bi5 qu'il e/ p>alys p> la dbilit et le malheur4 99 99 99 99 99 ,le premi] cas e/1 p> exemple1 celui d'un peuple militaire et organisateur comme les ,roma9s4 ,c'e/ encore1 au se9 d'un peuple1 le privilge d'une classe conqurante ou mieux d\e qui s'emp>e du p\voir et1 en usant avec sagesse1 le g>de des sicles4 ,la morale alors s'organise d'elle-mme et elle n'e/1 p\r a9si dire1 que la sanction du fait4 ,les aptitudes gu]rires et politiques1 la vigueur et le tal5t de comm&]1 le c\rage d'obir1 le mpris de la vie1 le civisme1 l'esprit patriotique1 l'esprit de ca/e et gnralem5t t\tes les t5dances cratrices1 organisatrices1 cons]vatrices1 sont mises au premi] rang des v]tus4 ,de mme la vracit 7les =ts n'ont que faire de m5tir71 la gnrosit et la magnanimit1 ce luxe de la puissance1 int]dit au faible4 ,t\tes les faons gnrales de p5s] qui t\rn5t la df5se et la conscration de l'ordre tabli =m5t les bons pr9cipes4 ,la petitesse d'me1 la ruse1 la peur des responsabilits1 l'incapacit de s'm\voir p\r d'autres intrts que d'individuels sont les signes de l'homme vil4 ,les mauvaises doctr9es sont t\tes celles qu'inspir5t l'orgueil1 l'excs de s5sibilit p]sonnelle1 une secrte rancune contre les puissances rgnantes et l'uvre de civilisation qu'elles ont cre ou qui leur a t transmise cons]v]4 ,en face1 ou plutt au-dess\s de cette morale de la puissance1 l'hi/oire en effet en a t\j\rs vu se =m] une autre3 la morale de l'impuissance et de la dfaite4 ,elle r5v]se l'ordre des valeurs tabli p> la premire1 glorifie ce que celle-ci avilissait et rciproquem5t4 ,qu& un peuple e/ subjugu et hors d'tat de pr5dre sa revan*e1 il s'avise d'un dt\r2 il fltrit le va9queur qu'il ne peut cras] et travaille accrdit] dans le monde le mpris de la victoire4 ,s'il y russit1 il devi5dra plus gr& que ses matres4 ,il s'agit de faire pass] les humiliations visibles p\r la m>que d'une supriorit444 invisible1 spirituelle1 d'une lection my/ique4 ,dieu1 ins9u]a-t-on1 laisse frapp] ses enfants p\r les di/+u] des enfants de la t]re et montr] que leur gr&eur n'e/ pas de ce monde4 ,plus ils s]ont humbles1 rsigns1 d\x1 mieux cette leon se f]a compr5dre au va9queur1 le tr\bl]a1 lui donn]a la mauvaise consci5ce4 ,les ,juifs ne pur5t se prmunir contre les dang]s dont leur nullit militaire1 les captivits1 les disp]sions m5aai5t sans cesse leur exi/5ce nationale1 qu'en se s]rant le plus =tem5t possible aut\r de leur dieu p\r suppler la caducit du li5 politique4 ,l'ide du royaume de ,dieu 7au s5s *>nel7 e/ juive4 ,c'e/ l'expdi5t gr&iose qui1 en sauvant ce peuple de l'anantissem5t1 lui rvla sa vocation propre1 lui imprima son c>actre4 ,sur les monum5ts allem&s qui commmor5t la gu]re de #ahgj on lit3 ,gott w> mit uns4 ,dieu fut avec n\s4 ,en ,france on a p>l trop de l'crasem5t du ,droit p> la ,=ce2 on s'e/ exalt des pr9cipes d'o il rsult]ait que nos ennemis ont t bi5 malheureux et presque bas de va9cre4 ,ces =mules se val5t4 ,les armes1 les tactiques1 les politiques ne se valai5t pas4 ,la nature ne connat que va9queurs et va9cus1 =ts et faibles1 organiss et dsorganiss4 ,ces d]ni]s en appell5t la ,surnature1 la ,ju/ice4 ,ne l'aurai5t-ils pas inv5te leur usage8 ,en t\t cas1 on ne saurait srieusem5t cont9u] de rp&re que la doctr9e de ,nietzs*e soit malsa9e4 ,son gt p\r la morale des puissants c'e/ t\t simplem5t son antipa?ie p\r la duplicit4 ,,iv ,la gu]re n'exi/e pas seulem5t d'hommes hommes4 ,en lui-mme l'homme porte une gu]re d'in/9cts4 ,la premire exig5ce de la ,volont de puissance c'e/ que cesse cette an>*ie naturelle4 ,il y a une manire ouv]te et h>die de la combattre4 ,elle di/+ue les races suprieures et les hommes les mieux ns4 ,il y en a une1 dissimule et misrable1 cette d]nire v>iable l'inf9i comme les subtilits de l'hypocrisie et de la faiblesse4 99 99 99 99 99 ,les ,grecs 7les meilleurs du mo9s1 c> ils ont eu leurs rvolts7 accept5t d'une humeur s]e9e les discordances inte/9es de l'animal huma9 et t\s les maux atta*s sa condition dans l'univ]s4 ,de ce dsordre1 ils s'indu/ri]ont tir] de l'ordre4 ,ari/ote r5d s5sible leur t\r d'esprit la fois s\mis et dcid p> la manire dont il montre que l'tat e/ ncessaire4 ,l'individu organis p\r vivre hors de l'tat ne s]ait pas un homme1 se cont5te-t-il de dire4 ,c'e/ une brute ou un dieu4 ,aux yeux des ,grecs1 ri51 d'ailleurs1 de ce qui e/ indisp5sable l'homme p\r ne pas demeur] dans la sauvag]ie et p\r atte9dre l'tat de civilis ne lui a t octroy spontanm5t p> les dieux4 ,il e/ l'ouvri] de sa maison4 ,la =mation et le ma9ti5 de la socit politique1 bi5 que comm&s p> la nature elle-mme1 sont une uvre d'art et de raisonnem5t4 ,p>eillem5t1 les maximes d'une vie ju/e ne sont pas dictes p> l'inspiration2 mais elles exprim5t une conciliation entre mille ncessits et conv5ances ennemies4 ,ri5 n'e/ mauvais en soi1 s9on le dsordre4 ,t\t ce qui e/ ordonn1 hir>*is1 e/ bon4 ,t\t ce qui e/ ais et libre e/ beau4 ,morale1 on le voit1 t\t ori5te v]s la lib]t et la puissance1 mais p> le moy5 de la discipl9e4 ,le signe le plus pr(ond de bonne naissance de l'esprit1 d'aprs ,nietzs*e1 se tr\ve l3 dans ce cons5tem5t s\s-ent5du aux donnes de la nature et du de/94 ,beauc\p s'en sont vants1 qui n'en avai5t que la vanit ou le dsir malheureux4 ,l'indiffr5ce que les ,/oci5s prt5d5t montr] la d\leur e/ quelque *ose de t5du1 de travaill1 de jactancieux1 de ha9eux1 au fond4 ,la rsignation humble1 bnisseuse1 pieuse1 d'pictte e/ d'un gt pire encore4 ,il faut cette sage disposition d'esprit une tranquillit et une navet qui ne s'imit5t pas1 une proportion p>faite de lgret et de srieux4 ,elle e/ l'expression implicite d'un fonds de ralit et de vrit dont l'esprit ne p]d pas le contact4 ,elle e/ une ju/esse d'humeur qui s'accommode de la v>it des humeurs1 et n'exclut que l'affect1 l'excessif1 le *imrique4 ,les gr&s ,grecs de la ligne de ,?ucydide et d',ari/ote en ont donn l'exemple1 a9si que les meilleures intellig5ces et les meilleurs c>actres de la ,france4 ,il n'y a pas plus sr indice d'une n]gie vitale intacte que ce fonds de p5se paisible4 ,ri5 n'e/ bon p\r prs]v] l'homme de sombres imag9ations sur l'iniquit du ciel1 comme le s5tim5t de son p\voir puis dans une heureuse organisation4 ,il peut tre malheureux 7et quel peuple fut plus pr\v que les ,grecs872 mais il l'e/ ou du fait du sort1 ou du fait de ses erreurs1 non p> quelque disgrce ou d%>monie orig9elle de son me4 ,il ne porte pas son ennemi en lui-mme4 ,son la/icit f9it t\j\rs p> rtablir en lui le calme ncessaire l'ex]cice du jugem5t et la possession de soi4 99 99 99 99 99 ,imag9ons-le1 au contraire1 ptissant de quelque dsquilibre1 de quelque impuissance inne4 ,qu'il joigne une extrme capacit de j\ir et de s\ffrir des facults de raction dbiles6 ,qu'avec une s5sibilit et des in/9cts surexcits p> les raff9em5ts de l'imag9ation et de la civilisation1 ses c5tres organiques1 faibles ou lss1 lui refus5t l'n]gie1 les plaisirs de l'indu/rie1 du combat6 ,voil un tre v\ l'accablem5t et qui l'imp>tialit intellectuelle s]a bi5 difficile4 ,il voit la nature et la vie sombres et cruelles4 ,qui accus]a-t-il8 ,son propre ulcre qui leur donne cette c\leur1 ou la m*ancet du dmiurge8 ,cette in=tune de naissance peut tre la c>actri/ique de races entires1 s\mises un climat qui les laisse languissantes4 ,il e/ probable qu'elle l'e/2 les conditions de t\te russite sont complexes1 donc r>es4 ,le climat propice au dveloppem5t d'une c]ta9e p]fection totale du type huma9 n'exi/e sans d\te que sur peu de po9ts du globe4 ,dans des races d'lite1 il peut se produire1 aprs des sicles de dom9ation1 puisem5t1 dcad5ce4 ,enf91 des tres sa9s1 mais brusquem5t placs p> les has>ds des de/9es individuelles ou p> les m\vem5ts de l'hi/oire dans une condition trs lo9 de celle laquelle leur naissance les adaptait1 sont exposs p> ce dsaccord de pr(ondes et con/antes blessures qui quival5t1 p\r les faire s\ffrir et leur t] l'aisance d'esprit1 des t>es natives4 ,dans ces positions misrables1 deux moy5s s'(fr5t l'homme p\r palli] le mal de la vie4 ,ou bi5 s'av\] sa dbilit1 se trait] en malade qui r$\te le soleil et les v5ts et ne peut tran] en paix ce lambeau d'exi/5ce que dans une *ambre close4--,ou bi5 imag9] des pr9cipes religieux ou mtaphysiques qui lui p]mett5t de voir sa s\ffrance s\s un j\r consolant1 glorieux p\r lui1 humiliant surt\t p\r ceux qui n'y ont po9t "p4 ,de ces deux p>tis1 le premi] se recomm&e au mo9s p> la probit et le bon gt4 ,d'aprs ,nietzs*e1 deux sectes surt\t en ont compris l'excell5ce et labor la m?ode3 les ,b\ddhi/es et les picuri5s4 ,supprim] t\tes les prises de la vie sur n\s1 non p> une rupture rvolte et viol5te qui n\s laiss]ait t\t haletants1 mais p> un m\vem5t de savante et d\ce retraite1 se ds9tress] de la cit et de la po/rit1 de t\t ce qui agite1 de t\t ce qui n\s divise contre n\s-mme1 et1 au premi] *ef1 de notre p]sonne2 ne se p]mettre que des curiosits sans angoisse et1 en fait de passions1 la plus pacifique seulem5t1 l'amiti entre hommes mrs2 enf91 p\ss] l'indiffr5tisme jusqu' un s5tim5t de frat]nit univ]selle1 jusqu' t\t accord] de n\s au premi] v5u qui le dem&e1 c'e/ l le *em9 du nirvna1 de l'at>axie1 batitude p\r malades444 mais cette re/riction e/-elle faire8 ,l'ide de la batitude1 de l'extase1 du sommeil comme t]me suprme1 n'e/-ce pas le symptme d'incurables t\rm5ts1 de quelque incompatibilit de l'me avec la vie8 ,cet asctisme picuri51 qui semble incl9] l'homme t\t enti] v]s la mort1 c'e/ lui-mme une inv5tion de la volont de puissance4 ,a des natures brises il donne au mo9s l'organisation *tive que seules elles comport5t4 ,malheureusem5t1 il e/ r>e que la volont de puissance procde avec cette conv5ance qui pr\ve beauc\p de di/9ction4 ,les mal ns ne se rsign5t pas l'effacem5t4 ,p\r en sortir et donn] du prix leurs activits inquites et drgles1 p\r aurol] leurs aspirations s\ffrantes1 ils b\lev]s5t les ides naturelles4 ,n\s les suivrons t\t l'heure dans les m&res de ce travail4 ,m>quons-en ds ici le s*ma4 ,la condition huma9e et l'tre huma9 r5f]m5t1 on l'a dit1 soit orig9airem5t1 soit p>tir d'un c]ta9 po9t de l'volution de l'espce1 des ant9omies4 ,incapable que l'on e/ d'en triomph] p> une n]gie ordonne1 de les rs\dre en h>monie1 de crer le conc]t des puissances ho/iles qui compos5t la vie1 il s'agit1 t\t d'abord1 d'lud] le problme que ces contradictions pos5t l'intellig5ce et l'activit de l'homme1 puis de glorifi] cette solution quivoque et peu gnreuse4 ,le moy58 d%onor] dans l'op9ion de l'humanit l'un des pr9cipes antagoni/es que l'individu ou la socit port5t en leur se92--p> l1 ju/ifi] ceux-ci du drglem5t avec lequel ils se laiss]ont emport] l'excs du pr9cipe contraire4 ,un exemple--l'avilissem5t de la matire--claircira cet artifice4 ,ce qui r5d irralisable p\r l'homme presque la p]fection de son type1 c'e/ la dualit de sa nature3 esprit et corps4 ,comm5t ne pas p]dre en valeur physique1 en aptitude la vie1 en naturel1 ce qu'il gagn]a en int5sit mditative1 en consci5ce8 ,il y a mesure mme l'excell5t4 ,a9si se connatre e/ bon1 se trop connatre e/ mortel4 ,le problme de ces conciliations dlicates ne se pose pas p\r des peuples encore peu loigns de la b>b>ie1 ni p\r des classes peu consci5tes4 ,mais il fait cruellem5t s5tir sa complexit l'lite des civilisations dj avances4 ,g! n\s montre dans ,fau/ un fanatique de mditation qui a p]du dans cet abus l'+nuit ncessaire t\te entreprise virile4 ,encore ,fau/ repr5d-il gt au rel4 ,combi5 g>d5t au fond d'eux-mmes cette rs]ve de sant qui le sauve1 p>mi ces jeunes g5s des coles et des sectes d',a?nes dcl9ante ou de ,p>is mod]ne1 dont l'orgueil1 la fureur raisonnante ont dess* l'me1 fltri la grce1 fauss le s5s8 ,la p5se n'e/ pas plus que le corps la f9 de l'homme4 ,la f91 c'e/ l'h>monie des deux4 ,mais qu& l'quilibre de l'organisation huma9e e/ rompu en sa faveur1 qu& elle ne se s5t plus modre p> aucune conv5ance1 la p5se lve une sorte de prt5tion inf9ie4 ,elle veut que t\t se rgle p> elle4 ,elle s'rige en arbitre et inspiratrice unique de la vie4 ,elle la dsorganis]a3 c> elle n'e/ pas la cause1 mais un fruit de la vie4 ,c'e/ probablem5t le signe le plus sr des dcad5ces que ce d\te1 ce scrupule inf9i et maladif dont les habitudes1 les e/imations et les in/itutions les plus ncessaires doiv5t dev5ir l'objet1 ds que la spculation s'a*>ne leur dem&] leurs titres absolus4 ,c'e/ l'anxit univ]selle sub/itue l'aisance et la simplicit des poques =tes4 ,t\t e/ remis en "q p> ces intellectuels qui ont p]du ou qui n'ont pas eu d'o tir] le s5s des murs2 t\t ce qui exi/e aut\r d'eux d'abord1 mais aussi eux-mmes1 leur c>actre1 leurs traditions1 leur tre propres4 ,ils se dtruis5t plus misrablem5t encore qu'ils ne dtruis5t4 ,contre cette humiliation1 quelle ress\rce8 ,div9is] le pr9cipe p5sant4 ,a9si les ravages qu'il fait p> ses excs devi5n5t beaux4 ,puis dmontr] vile la matire4 ,c'e/ ce qu',a?nes vit excut] p> ,socrate et ,platon1 philosophes de dcad5ce1 affirme ,nietzs*e4 ,ils enseign5t que l'me1 accid5tellem5t et temporairem5t d*ue d'une de/9e transc5dante1 e/ dans le corps comme dans un lieu d'preuve1 une prison4 ,le my! importe peu4 ,mais cette invite de l'me se dta*] de ses li5s e/ une prime accorde t\tes les frnsies spirituelles1 t\tes les orgies de la s5sibilit morale4 ,elle te sa tri/e signification physiologique l'inquitude intrieure et lui en prte une sublime4 ,elle frappe de d%onneur la srnit4 ,c'e/ la falsification idali/e4 ,elle se prs5t]a s\s bi5 des =mes au c\rs de l'hi/oire1 mais t\j\rs p\r r5dre le mme s]vice4 ,v ,une doctr9e morale a donc1 d'aprs ,nietzs*e1 la qualit mme de ceux qui elle apporte un sec\rs4 ,il s'ensuit qu'une morale sage1 favorable l'ordre social-- plus =te raison1 une morale noble--ne saurait tre l'uvre et le p>tage que d'un petit nombre1 d'une ari/ocratie4 ,les v]tus utiles1 les prceptes que la socit a beso9 de voir adopt]1 soit p> t\s ses membres1 soit p> telles ou telles catgories1 s\s pe9e de prir1 ne peuv5t avoir t conu et imposs d'en bas4 ,ces prceptes sont l'expression de ncessits que le reg>d n'embrasse que d'une c]ta9e altitude4 ,la multitude e/ incompt5te mme l'g>d de sa propre cons]vation4 ,elle e/ imprvoyante et g>e4 ,elle e/ tr\peau4 ,quant aux belles v]tus1 aux maximes gnreuses du civisme et de l'hrosme1 elles app>ti5n5t aux p>ties dirigeantes des socits huma9es1 p>ce que c'e/ seulem5t cette hauteur de position que la ncessit s'en fait s5tir et qu'elles jailliss5t de l'gsme mme4 ,alors que ceux qui comm&5t au peuple ne se s]ai5t propos d'autre f9 que la possession du p\voir1 ils ne le cons]v]ont jamais qu'en in/ituant un ordre gnral dont l'entreti5 leur incomb]a4 ,dv\s primitivem5t eux-mmes1 ils s]ont contra9ts de se faire s]viteurs de la *ose publique4 ,qu'importe que le subordonn1 sa t*e spciale une fois accomplie1 ne p5se plus qu' lui-mme et sa ni*e8 ,le *ef1 le responsable1 doit faire pass] avant t\t la p5se de la totalit4 ,nietzs*e se moque des ?ories my/ico-dmocratiques qui attribu5t la f\le on ne sait quel my/rieux p\voir de cration inconsci5te dans l'ordre potique et moral4 ,elles font p>tie de la dfroque romantique4 ,bi5 plus1 il ti5t t\te f\le p\r ennemie de la morale1 d'une haute morale au mo9s4 ,s'il y a un inconsci5t en elle1 le voil4 ,comm5t concevoir une masse huma9e o les faibles1 les manqus1 les impot5ts1 les malades ne dom9]ai5t pas8 ,c'e/ une donne lm5taire4 ,les =ts1 les bi5s ns1 les bi5s c5trs sont t\j\rs un trs petit nombre4 ,et c'e/ le signe le plus avr de la faiblesse organique et surt\t intellectuelle1 ou mieux1 c'e/ la faiblesse mme que l'incapacit de se g\v]n]1 l'inaptitude la matrise de soi1 condition commune de t\te morale c>actrise4 ,le faible e/1 de p> la nature1 esclave1 esclave d'abord de ses propres s5sibilits4 ,an>*ique1 il e/ un propagateur n d'an>*ie1 de laiss]-all]4 ,le laiss]-all]1 les murs1 deux antipodes4 ,une morale1 comme t\te culture1 dem&e1 p\r p\ss] de vig\reuses rac9es1 un ri*e t]ra91 de pr(ondes rs]ves de vitalit4 ,elle ne saurait donc se faire reconnatre et pr5dre pi$ sur un peuple que p> le m9i/re d'une lite4 ,qui dsign]a cette lite comme matresse8 ,les effets mmes de la =ce et de l'intellig5ce2 la victoire1 la conqute1 les s]vices r5dus p> des capacits hors de pair p\r l'organisation et la protection commune4 ,de cette supriorit d'n]gie1 pr\ve t\t d'abord p> le tal5t de se comm&] soi-mme en vue de quelque *ose d'ordonn et de gr&1 rsulte p\r l'lite1 non seulem5t le devoir de comm&] la masse1 mais aussi celui de df5dre contre elle sa propre intgrit4 ,si indisp5sable que soit p\r la paix et la scurit de la nation une ari/ocratie =te et sre de soi1 la f9 ess5tielle de l'ari/ocratie1 ce n'e/ pas le bi5 gnral1 mais sa propre v]tu4 ,elle a la j\issance des honneurs et seule elle fait figure4 ,mais la t*e suprieure qui con/itue sa raison d'tre lui impose les responsabilits les plus rig\reuses et les plus dlicates1 en mme temps que les plus incomprh5sibles p\r l'homme de la masse4 ,cette t*e c'e/ l'enfantem5t et l'entreti5 de belles murs4 ,bref1 qui dit murs dit une ari/ocratie1 dit des matres4 ,si la multitude ne p>ticipe pas l'enfantem5t des belles murs ou si elle n'y p>ticipe qu'indirectem5t1 comme subordonne de l'ari/ocratie1--il s'en faut qu'elle s\scrive t\j\rs cette di/ribution des rles et demeure sa place#d4 ,il ne s'agit pas ici des rvoltes causes p> l'oppression matrielle1 l'exploitation brutale1 les s\ffrances4 ,des temps vi5n5t o1 mme p\rvue de t\te la scurit et de t\t le bi5-tre possibles p> la vigilance et la ju/ice des matres1 ne dsirant dans sa gnralit ni plus de pa9 ni plus de j\issances1 la plbe s'insurge contre le privilge con/itutif des ari/ocraties3 crer la morale1 dt]m9] le type de l'homme4 ,elle prt5d l'accap>]1 le faire desc5dre jusqu' elle4 ,il en rsulte en opposition avec la morale des matres une morale des esclaves4 ,laissons ,nietzs*e dvelopp] avec ampleur cet important p>allle4 #d ,voir1 p\r l'attnuation de ce qu'il y a de trop dur1 de trop t5du dans cet ari/ocratisme1 notre app5dice ,,ii1 sur la hir>*ie4 ,se report] aussi notre av]tissem5t4 99 99 99 99 99 ,au c\rs d'une excursion entreprise trav]s les morales dlicates ou grossires qui ont rgn dans le monde ou qui y rgn5t encore1 j'ai tr\v c]ta9s traits se reprs5tant rgulirem5t en mme temps et lis les uns aux autres3 tant qu' la f9 j'ai dev9 deux types fondam5taux et une di/9ction fondam5tale4 ,il y a une morale de matres et une morale d'esclaves2 j'aj\te de suite que1 dans t\te culture plus leve et plus mle1 app>aiss5t aussi des t5tatives d'accommodem5t des deux morales1 plus s\v5t encore la confusion des deux et un mal5t5du rciproque1 p>fois mme leur troite juxtaposition--et jusque dans le mme homme1 l'intrieur d'une seule me4 ,les diffr5ciations de valeurs morales sont nes ou bi5 s\s l'empire d'une espce dom9ante qui1 avec un s5tim5t de bi5-tre1 a eu ple9e consci5ce de ce qui la place au-dessus de la race dom9e--ou bi5 p>mi les dom9s1 les esclaves et les dp5dants de t\tes sortes4 ,dans le premi] cas1 qu& ce sont les dom9ants qui dt]m95t le concept bon1 ce sont les tats d'mes sublimes et fi]s que l'on reg>de comme ce qui di/+ue et dt]m9e les rangs4 ,l'homme noble met l'c>t et rep\sse lo9 de lui les tres en qui s'exprime le contraire de ces tats sublimes et fi]s3 il les mprise4 ,qu'on rem>que de suite que1 dans cette premire espce de morale1 l'anti?se bon et mauvais revi5t celle de noble et de mprisable2 l'anti?se bi5 et mal a une autre orig9e4 ,on mprise le l*e1 le cra9tif1 le mesqu91 celui qui ne p5se qu' l'troite utilit2 de mme le mfiant1 avec son reg>d inquiet1 celui qui s'abaisse1 l'homme *i5 qui se laisse maltrait]1 le flatteur m5diant1--surt\t le m5teur--c'e/ une croyance ess5tielle *ez t\s les ari/ocrates que le commun1 peuple e/ m5teur4 ,n\s autres vridiques1 tel tait le nom que se donnai5t les nobles dans la ,grce antique6 ,il e/ vid5t que les e/imations de valeur morale ont eu primitivem5t p\r objet des hommes et n'ont t que p> la suite rapportes des actions4 ,aussi les hi/ori5s de la morale commett5t-ils une l\rde bvue lorsqu'ils pr5n5t comme po9t de d"p des problmes tels que celui-ci3 ,p\rquoi des actions inspires p> la piti ont-elles t juges l\ables8 ,les hommes de l'espce noble s5t5t que ce sont eux qui df9iss5t les valeurs des *oses1 ils n'ont pas beso9 de se faire appr\v]1 ils jug5t3 ce qui m'e/ nuisible e/ nuisible en soi4 ,ils sav5t en un mot qu'il n'y a d'honneur que ce qu'ils en confr5t2 ils sont crateurs de valeurs4 ,t\t ce qu'ils reconnaiss5t app>t5ir leur nature1 ils l'honor5t4 ,une telle morale e/ glorification de soi-mme4 ,a son premi] plan se tr\ve le s5tim5t de la plnitude de la puissance qui veut dbord]1 le bonheur de la gr&e t5sion1 la consci5ce d'une ri*esse qui v\drait donn] et rp&re3 l'homme noble1 lui aussi1 vi5t en aide au malheureux1 non pas ou presque pas p> compassion1 mais plutt p> une impulsion que cre la surabondance de la puissance4 ,il honore le puissant1 et non le mo9s1 celui qui a le p\voir sur soi-mme1 qui s'ent5d p>l] et se taire1 qui a plaisir ex]c] contre soi sa svrit et sa duret1 qui a le respect de t\t ce qui e/ svre et rig\reux4 ,wotan me plaa dans la poitr9e un cur dur1 e/-il dit dans une vieille ,saga sc&9ave444 cette sorte d'hommes s'enorgueillit ju/em5t de n'tre pas faite p\r la piti3 c'e/ p\rquoi l'auteur de la ,saga aj\te3 ,celui qui n'a pas ds sa jeunesse un cur dur ne l'aura jamais4 ,des nobles et des braves qui p5s5t de la sorte sont aussi loigns que possible de cette morale qui fait ju/em5t consi/] dans la piti ou dans le fait d'agir p\r autrui1 ou dans le ds9tressem5t 7en franais dans le texte7 le signe dcisif de la moralit444 ,les puissants sav5t honor]2 c'e/ l l'art o se dploie leur ri*esse d'inv5tion4 ,respect p\r la vieillesse et respect p\r la tradition1 d\ble fondem5t p\r eux de t\t le droit4 ,une foi1 une disposition d'esprit qui porte t\j\rs jug] favorablem5t les aeux et dfavorablem5t les n\velles gnrations1 voil un trait typique de la morale des puissants2 rciproquem5t1 qu& on voit les hommes des ides mod]nes croire presque p> in/9ct au ,progrs et l'av5ir et manqu] de plus en plus de respect p\r l'ge1 on a l un signe bi5 suffisant de l'orig9e basse de telles ides444 tre capable de longue reconnaissance et de longue v5geance-- l'g>d seulem5t de ses pairs--et s'en s5tir le devoir2 savoir nuanc] le talion1 avoir des ides raff9es en amiti1 pr\v] une c]ta9e ncessit d'avoir des ennemis 7peut-tre comme exutoire aux humeurs d'envie1 de dispute1 de tmrit1 et au fond1 p\r p\voir tre bi5 ami73 autant de c>actres significatifs de la morale noble1 laquelle1 on l'a dit1 n'e/ pas la morale des ides mod]nes1 raison p\r laquelle il e/ difficile de la bi5 s5tir1 difficile aussi de la dt]r]4 444 ,il en e/ t\t diffremm5t de l'autre morale1 la morale des esclaves4 ,en supposant que les ass]vis1 les opprims1 les s\ffrants1 ceux qui ne sont pas libres1 qui sont inc]ta9s d'eux-mmes et fatigus1 se mett5t moralis]1 que tr\v]ont-ils de commun dans leurs apprciations morales8 ,vraisemblablem5t s'exprim]a une dfiance pessimi/e de la position de l'homme1 peut-tre une condamnation de l'homme avec t\te sa situation4 ,le reg>d de l'esclave e/ dfavorable aux v]tus des puissants3 il e/ sceptique et mfiant1 il a la subtilit de la mfiance contre t\tes les bonnes *oses que les autres vnr5t--il v\drait bi5 se p]suad] que le bonheur mme l n'e/ pas vritable4 ,p> contre il met en avant1 en ple9e lumire1 les qualits qui s]v5t ad\cir l'exi/5ce de ceux qui s\ffr5t3 ici n\s voyons honor] la compassion1 la ma9 complaisante et sec\rable1 le cur *aud1 la pati5ce1 l'application1 l'humilit1 l'amabilit1--c> ce sont l les qualits les plus utiles1 et presque les seuls moy5s p\r allg] le poids de l'exi/5ce4 ,la morale des esclaves e/ ess5tiellem5t une morale utilitaire4 ,c'e/ ici le foy] d'orig9e de la fameuse anti?se bon et mal3--c'e/ dans le concept mal que l'on fait entr] la puissance et ce qui e/ dang]eux1 quelque *ose de =midable1 de subtil et de =t qui ne laisse pas appro*] le mpris4 ,d'aprs la morale des esclaves1 c'e/ le m*ant qui inspire la cra9te2 d'aprs la morale des matres1 c'e/ ju/em5t le bon qui l'inspire et la veut inspir]1 t&is que l'homme mauvais e/ l'objet du mpris4 ,l'opposition des deux pr9cipes se r5dra t\t fait s5sible si l'on rem>que la nuance de dda9 7mme lg] et bi5veillant7 qui s'atta*e au bon selon l'acception de la morale d'esclaves p>ce que le bon de cette morale c'e/ l'homme in(f5sif1 de bonne composition1 facile dup]1 peut-tre un peu bte1 un bonhomme4 ,p>t\t o la morale d'esclaves a pris le dessus1 on obs]ve dans la langue une t5dance rappro*] les mots bon et bte444 ,d]nire diffr5ce fondam5tale3 l'aspiration1 v]s la lib]t1 l'in/9ct p\r le bonheur et les dlicatesses du s5tim5t de lib]t app>ti5n5t aussi ncessairem5t la morale et la moralit des esclaves que l'art et l'en?\siasme dans la vnration et dans le dv\em5t sont le symptme rguli] d'une manire de p5s] et d'apprci] ari/ocratique#e4 7,j5seits von ,gut und ,bse1 p4 #bci47 #e ,il y aurait inf9im5t dire sur ce morceau1 qui pr5dra des s5s bi5 diffr5ts selon qu'il s]a lu p> un homme dlicat ou p> un g\jat audacieux4 ,il ne faut pas p]dre de vue que ,nietzs*e a t\j\rs devant lui l'hypocrisie humanitaire4 ,c'tait un peu mon propre cas lorsque je le prs5tais si favorablem5t4 ,je r5voie aux considrations gnrales de ma prface4 ,,vi ,la morale des matres e/ positive et cratrice4 ,elle fonde les civilisations4 ,la morale des esclaves e/ ngative et subv]sive4 ,elle e/ le pr9cipal ag5t et le gr& symptme des dcad5ces4 ,n\s allons les montr] l'une1 et l'autre l'uvre4 99 99 99 99 99 ,la morale des matres se prs5te s\s deux aspects bi5 diffr5ts selon qu'on la considre dans un ge b>b>e ou dans un ge poli4 ,c'e/ dans le premi] cas qu'elle e/ le plus =te1 mais aussi le mo9s intressante4 ,mo9s des hommes sont complexes1 plus il e/ facile de les discipl9]1 de conc5tr] leurs n]gies en quelques v]tus simples et vig\reuses4 ,on p\rrait dire que le fonds d'une morale b>b>e1 c'e/ l'n]gie brute1 l'n]gie p\r elle-mme4 ,mais1 mesure que le dveloppem5t de la scurit1 du bi5-tre et des plaisirs1 le progrs des connaissances et des arts1 une expri5ce trop longue de la morale elle-mme vi5n5t accrotre et compliqu] le cont5u de la consci5ce huma9e1 l'homme se drobe de plus en plus aux prises3 il en sait1 il en veut1 il en rve trop4 ,l'tablissem5t de discipl9es la fois puissantes et adaptes e/ alors l'entreprise la plus difficile4 ,nietzs*e rem>que que les gr&es ou plutt les grosses sy/matisations de la morale accrdites auj\rd'hui 7kantisme1 utilit>isme1 etc47 se rapport5t en fait une humanit psy*ologiquem5t =t rudim5taire 7t\te ?orique et ab/raite au surplus71 et que t\s les vrais lm5ts de moralit1 c'e/--dire les nuances et les f9esses d'apprciation morale1 qui se sont dvelopps d'eux-mmes dans nos civilisations1 n'ont ri5 voir avec ces l\rdes ma*9es4 ,et il e/ c]ta9 que1 si ces fameux doctr9aires des murs sont +nieux1 puissants mme1 puissants vide1 dans la dduction des pr9cipes gnraux1 ils se montr5t1 ,kant notamm5t1 dans l'expos des prceptes pratiques1 d'une l\rdeur1 d'une vulg>it1 d'un ridicule difficiles accord] avec ce qu'on sait p>fois de leur tact p]sonnel4 ,le problme p\r l'homme mod]ne ne s]ait-il pas de jo9dre sa prcieuse complexit l'n]gie du b>b>e8 ,ce problme ne s]a pas rsolu p> des =mules1 mais p> des individus444 ,dans l'ge b>b>e1 la morale en faveur e/ l'objet d'une foi si prpondrante que les croyances ?ologiques et les traditions lg5daires du peuple se faonn5t son image et selon ses exig5ces4 ,de l l'inv5tion de ces gnalogies qui1 en faisant desc5dre les pr9ces des dieux1 div9is5t les hautes murs elles-mmes4 ,de l1 l'imag9ation de ces p>adis o seules les v]tus qui font le *ef auront leur rcomp5se1 les autres n'tant sans d\te que v]tus viles4 ,n\s v]rons que la morale des esclaves a1 elle aussi1 ses au-del444 ,mais on s5t1 ds ici1 la diffr5ce pr(onde de signification qui exi/e entre un ,walhalla1 un p>adis sc&9ave de gu]ri]s1 et un p>adis juif de misrable4 ,les cieux des peuples matres sont une exaltation de la t]re4 ,ceux des peuples esclaves ont t conu en ha9e et en horreur de la t]re4 ,une morale de b>b>es e/ t\rne t\t entire v]s des f9s de combat et de conqute4 ,il e/ des peuples qui ne sont jamais sortis de l'tat b>b>e1 soit que les circon/ances ne le leur ai5t pas p]mis1 soit qu'il y et dans leur =me propre d'n]gie quelque *ose de trop pais et de trop c\rt1 comme dans le c\ d'un taureau4 ,d'autres1 plus heureux et mieux d\s1 ont pu s'pan\ir1 se donn]--p>fois sans que la gu]re cesst de les h>cel]--des sicles de j\issance1 ex]c] leur =ce dans t\s les jeux de la civilisation4 ,ce sont les peuples arti/es1 peuples de matres ess5tiellem5t4 ,un peuple e/ arti/e qu& son lite au mo9s n'a plus beso9 de ?ologie1 qu& il ne lui e/ plus ncessaire de s'appuy] sur des autorits surnaturelles p\r se re/] fidle lui-mme1 qu& enf9 sa morale lui app>at suffisamm5t ju/ifie p> l'ordre qu'elle met en l'homme1 p> la logique et la p]fection du type huma9 qu'elle a =m4 ,il y a donc1 selon ,nietzs*e1 au sommet de t\te civilisation arti/e1 un c]ta9 a?isme#f4 ,l'am\r de la p]fection et de l'ordonnance p\r elles-mmes e/ le s5tim5t civilis p> excell5ce4 ,dans l'tat b>b>e1 la v]tu tait t5due2 elle tait au prix d'une dure et vigilante contra9te1 laquelle l'imag9ation donnait quelque *ose de sacr1 mais de sombre aussi2 ma9t5ant elle e/ dev5ue un jeu 7ce qui ne signifie pas une facilit71 une *ose belle4 ,la vigilance sur soi1 sans se rel*]1 en se faisant mme plus m9utieuse et plus nuance1 a p]du de sa raideur4 ,elle a pris des =mes agiles et promptes4 ,elle se manife/e p> le tact et le gt4 ,dans les poques rudes1 la morale n'tait que j\g2 sa =ce tait au prix d'un c]ta9 aveuglem5t4 ,mais c'e/ son plus beau triomphe d'avoir prp> une espce d'hommes assez f9em5t matres d'eux-mmes1 p\r qu'elle n'ait plus de trs gr&s dang]s r$\t] de leur clairvoyance4 ,gnratrice de l'ordre1 elle f\rnit prs5t l'alim5t de hauts plaisirs intellectuels4 ,mont =t haut grce elle1 l'homme prt5d j\ir de son asc5sion1 affirm] le rapport o il se s5t tre avec l'univ]s4 ,il a acquis1 au prix d'une discipl9e sculaire1 l'aisance et la lib]t des m\vem5ts1 de nobles loisirs4 ,sa volont de matrise1 sans s'affaiblir1 se raff9e1 se t\rne v]s de plus va9s objets4 ,sa propre h>monie dt]m9e le dsir de t\te son intellig5ce et l'objet de ses activits suprieures4 ,il s'+nie tr\v] entre les lm5ts de la nature des h>monies subtiles et pr(ondes1 et les reprs5t] dans cette ordonnance idale4 ,c'e/ l'orig9e et la raison d'tre de l'art1 glorification de l'homme--de l'homme d'une c]ta9e culture--temple que les matres d'une civilisation lv5t leur v]tu4 ,si indp5dant que l'art t5de dev5ir p> la suite1 si sduisant qu'il se fasse p> la ri*esse de ses p]fectionnem5ts et de son clat propre1 si t5t qu'il puisse tre un j\r de se div9is] lui-mme--il ne doit pas oubli] sa signification premire1 s\s pe9e de p]dre son po9t d'atta*e et sa solidit4 ,l'homme1 une c]ta9e sorte de gr&eur et de p]fection huma9es1 voil donc le ?me fondam5tal de l'art1 son c5tre et sa mesure1 voil l'art comme *ose de civilisation4 ,l'art e/ l'pan\issem5t de la morale1 de la morale des matres1 la fleur qu'elle arrive enf9 produire4 ,une c]ta9e qualit d'art comme elle e/ une c]ta9e qualit de morale1 au gr& s5s du mot3 un /yle4 ,l o un /yle rgne n'pr\ve-t-on pas jusqu' l'vid5ce que les matres ont pass8 #f ,il e/ plus vrai de dire que la notion de ,dieu et des *oses div9es1 sur laquelle l'esprit de l'homme peut travaill] indf9im5t1 s'pure et devi5t plus lum9euse mesure que la civilisation progresse4 99 99 99 99 99 ,t\te morale1 dit ,nietzs*e1 e/1 p> opposition au laiss]-all]1 une sorte de tyrannie contre la nature1 aussi contre la raison3 ce n'e/ cep5dant pas encore une objection contre elle1 si ce n'e/ que l'on veuille dcrt] soi-mme1 de p> une autre morale quelconque1 que t\te espce de tyrannie et de draison sont int]dites4 ,l'ess5tiel et l'inapprciable1 dans t\te morale1 c'e/ qu'elle e/ une longue contra9te2 p\r compr5dre le /ocisme1 ou ,port-,royal1 ou le puritanisme1 il faut se s\v5ir de la contra9te qu'il fallut impos] t\te langue1 p\r la faire p>v5ir la =ce et la lib]t1 contra9te mtrique1 tyrannie de la rime et du ry?me4 ,quelle pe9e les potes et les orateurs de *aque peuple se sont-ils donne1--sans except] c]ta9s prosateurs de nos j\rs1 qui ont dans l'oreille une inflexible consci5ce1--p\r une absurdit1 comme dis5t les maladroits utilitaires qui se croi5t aviss1--p> s\mission des lois arbitraires1 comme dis5t les an>*i/es1 qui se prt5d5t a9si libres1--libres-p5seurs mme6 ,c'e/1 au contraire1 un fait s+uli] que t\t ce qu'il y a1 ou t\t ce qu'il y avait sur t]re de lib]t1 de f9esse1 de h>diesse1 de lgret1 de sret magi/rale1 que ce soit dans la p5se1 ou dans la faon de g\v]n]1 dans la manire de dire ou de p]suad]1 dans les arts comme dans les murs1 ne s'e/ dvelopp que grce la tyrannie de ces lois arbitraires2 et srieusem5t1 il e/ trs probable que c'e/ prcism5t cela qui e/ nature et naturel--et nullem5t ce laiss]-all]444 ,le pr9cipal au ciel et sur la t]re1 semble-t-il1 p\r le dire encore une fois1 c'e/ d'obir longtemps et dans une mme direction3 il en rsulte t\j\rs la longue quelque *ose p\r quoi il vaut la pe9e de vivre sur t]re1 p> exemple la v]tu1 l'art1 la musique1 la raison1 l'esprit1--quelque *ose qui transfigure1 quelque *ose de raff91 de f\ et de div94 7,p> del le ,bi5 et le ,mal1 trad4 ,l4 ,weiskopf et ,g4 ,art1 page #ajd47 ,,vii ,ho/ile aux matres et jal\se de leur inimitable v]tu1 la morale s]vile s]a ncessairem5t ennemie de la civilisation et de l'art qui les glorifi5t1 du /yle qu'ils ont fond4 ,elle n'a ri5 plus cur que de ru9] des palais4 ,elle n'e/ p\rtant pas le v&alisme4 ,les ,v&ales sont des matres p> leur sauvag]ie mme1--au mo9s de la gra9e de matres#g4 ,de plus1 ce que l'esclave moralem5t rvolt hait et envie1 ce n'e/ pas la ri*esse et l'clat extrieur des ari/ocraties1 c'e/ un bi5 inf9im5t plus prcieux3 leur privilge spirituel1 leurs titres huma9s4 ,il ne s'agit donc pas1 p\r lui1 de saccag]1 mais de dprci]1 de fltrir4 ,les rvolutions des esclaves p> la morale peuv5t tre appeles d'imm5ses entreprises de dconsidration4 #g ,voil de ces outrances littraires que je laissais pass] trop innocemm5t4 ,en ,france1 elles sont sans dang]4 ,mais songez l'effet qu'elles peuv5t produire sur le c]veau des inc5diaires de ,l\va94 ,les ,juifs1 crit ,nietzs*e1 peuple n p\r l'esclavage1 comme le dis5t ,tacite et t\t le monde antique1 peuple *oisi p>mi les peuples1 comme ils le dis5t et le croi5t eux-mmes1 les ,juifs ont ralis cette m]veille du r5v]sem5t des valeurs1 grce laquelle la vie sur t]re1 p\r quelques milli]s d'annes1 a pris un attrait n\veau et dang]eux3 leurs prophtes ont fondu ensemble les t]mes ri*e1 impie1 m*ant1 viol5t1 s5suel1 p\r frapp] p\r la premire fois le mot monde l'effigie de la honte4 ,c'e/ dans ce r5v]sem5t des valeurs 7dont fait p>tie l'ide d'employ] le mot pauvre comme synonyme de sa9t et d'ami7 que rside l'importance du peuple juif3 avec lui comm5ce l'insurrection des esclaves dans la morale4 7,ibid41 p4 #aac7 99 99 99 99 99 ,on le voit3 si ,nietzs*e se montre pris1 jusqu' un trange degr de passion qui e/ son gnie mme1 de t\tes les belles =mes d'ordonnance sociale1 politique ou e/htique que l'hi/oire n\s prs5te et que les esclaves ont m9es1 si ces magnifiques russites lui app>aiss5t comme le b de la t]re1 il ne s'ensuit nullem5t qu'il juge la morale s]vile sommairem5t1 en gr& seigneur1 p> l'in9tellig5ce hauta9e et le dda94 ,il dirait presque qu'elle e/1 des deux1 de beauc\p la plus intressante1 la plus t5tante p\r le psy*ologue1 la plus complex1 la plus ri*e en nuances4 ,assurm5t elle e/ la plus intrieure et la plus intellectuelle2 c>1 au contraire de la morale ari/ocratique qui re*]*e le gr& j\r1 modle l'homme t\t enti]1 se ralise en uvres brillantes et en ge/es h>monieux1 celle des esclaves nat et gr&it dans le secret des mes4 ,c'e/ l qu'elle opre4 ,son action e/ invisible4 ,ses voies sont sombres et s\t]ra9es ou1 si l'on prfre1 spirituelles4 ,c'e/ une obs]vation presque banale que ri5 ne dveloppe *ez un homme une int5sit plus passionne de rflexion et de critique1 ni de plus obscures puissances de rv]ie1 que de port] dans une condition s]vile un orgueil et des prt5tions de matre4 ,la s\ffrance qu'il en pr\ve ne peut tr\v] d'ad\cissem5t que s'il p>vi5t se reprs5t] son humiliation comme un sc&ale4 ,or1 ce rsultat suppose un travail m5tal qui n'e/ pas *ose simple4 ,c>1 en dehors du fait matriel et des signes extrieurs de la dp5dance1 dont on p\rrait se consol] facilem5t1 il y a la supriorit psy*ologique que le mo9s intellig5t des matres g>de p\r les murs1 p\r le disc]nem5t rapide et sr de t\t ce qui y t\*e1 sur le mieux d\ des hommes m>qus p\r s]vir4 ,celui-ci peut l'emport] p> tel ou tel tal5t p>ticuli]2 mais il re/e *ez l'ari/ocrate quelque *ose d'inimitable1 un art trs sr d'assign] leur vrai rang aux *oses et aux p]sonnes1 de les e/im] d'un po9t de vue plus libre et plus haut que t\tes les considrations d'utilit spciale et de mrite relatif1 d'un pur po9t de vue de /yle et de gt4 ,l'ari/ocrate e/ le dpositaire n des acquts les plus prcieux et les plus impalpables de la civilisation4 ,on peut tre meilleur logici51 meilleur grammairi51 meilleur a/ronome que lui1 mais on e/ un mo9dre civilis1 on e/ d'une mo9dre qualit huma9e4 ,c'e/ cette vrit qui blesse l'esclave3 c> son propre s5tim5t l'en av]tit de faon bi5 plus irrcusable et cruelle que le fait--t\t matriel--de sa dome/icit4 ,mme dev5u matre p> un b\lev]sem5t de l'ordre social1 il la reconnat et en s\ffre encore4 ,c'e/ la po9te enfonce dans son am\r-propre dont il brle de se db>rass] t\t prix4 ,comm5t8 ,il ne peut rivalis] d'aisance1 de lib]t1 d'eury?mie1 d'humanit avec les matres4 ,un seul moy5 lui re/e3 conva9cre le monde que1 dans leur gr&eur1 les matres sont vils et que1 dans leur avilissem5t1 les esclaves sont gr&s1 que les app>5ces m5t5t1 qu'il y a une autre beaut que la beaut visible1 d'autres v]tus que les v]tus triomphantes1 une autre gloire que la gloire1 une autre =ce que la =ce1 une autre mesure de la noblesse huma9e que celle devant laquelle s'incl95t l'imag9ation et les s5s misrablem5t bl\is4 ,a9si1 la rancune de l'esclave1 sa soif de v5geance et de primaut lui suggr5t cet artifice gr&iose3 en appel] de la ralit matrielle et visible une ralit invisible et immatrielle4 ,la t]re donne tort aux esclaves4 ,selon la t]re1 ils sont impies2 c> les uvres de la civilisation sont l'ornem5t et l'honneur de la t]re4 ,il faudra donc qu'ils tir5t leurs argum5ts d'ailleurs que de la t]re p\r mettre le bon droit de leur ct4 ,comm5t fltrir et d%onor]1 ds ici-bas1 la sup]be et la puissance des matres1 si ce n'e/ au nom d'une autre vie--non plus passagre1 mais t]nelle1 dont l'ordre s]a le r5v]sem5t de l'ordre t]re/re et o les d%rits s]ont les lus8 ,le ,p>adis et t\s les au-del ont t conu p> la rancune1 l'orgueil et la folle esprance des esclaves#h4 #h ,t\t ce qui dans les ides exposes ici app>at comme une allusion au *ri/ianisme doit tre compris et apprci d'aprs ce qui e/ dit dans ma n\velle prface de l'orig9e des ides anti-*rti5ne de ,nietzs*e4 99 99 99 99 99 ,arrtons-n\s un in/ant avec ,nietzs*e devant cette falsification prodigieuse et songeons ce qu'elle implique de ruse1 d'+niosit raff9e1 de moy5s sophi/iques4 ,que sont les dc\v]tes d'un ,cop]nic ou d'un ,colomb1 ces empires gagns sur une t5due que les yeux voi5t ou que les pi$s f\l5t p> des intellig5ces affames de ralit1 ct de cette conqute d'un monde invisible et impalpable1 de cette =midable captation et organisation du nant dans laquelle se lanc5t des mes ivres de s\ffrances et d'orgueil8 ,non seulem5t inv5t] un monde1 mais le r5dre si croyable que les curs mmes qui n'en connur5t pas le beso9 d\t5t s'il ne s]ait po9t vrai et n'y p5s5t po9t sans v]tige6 ,p]suad] l'homme que ce monde ne lui e/ pas trang]1 mais qu'il le porte en lui-mme1 qu'il y p>ticipe p> une immatrielle ess5ce6 ,plus encore3 cet au-del1 d'o p]sonne p\rtant ne rev9t jamais annonc] de n\velles1 le clbr]1 le glorifi] avec un en?\siasme sans v]gogne1 avec une div9e impud5ce6 ,le p>] d'une dignit incomp>ablem5t suprieure celle de la t]re1 af9 de raval] la t]re et t\t ce qui e/ d'elle1 p> la comp>aison6 ,ce n'e/ ri5 que de har4 ,et il n'e/ pas difficile de cri] que la vie e/ m*ante et diabolique qu& on e/ un va9cu et un manqu de la vie6 ,mais faire taire sa rancune1 t\ff] des cris qui s]ai5t un aveu1 attir]ai5t le mpris et le c\rr\x des =ts1 p]drai5t jamais la cause de l'esclave1 et se rs]v] p\r une v5geance pr(onde6 ,t\rn] l5tem5t la civilisation et dpos] dans la s\rce o elle s'alim5te1 dans la consci5ce et l'n]gie des matres1 un poison mortel qui les p>alys]a3 le s\ci de l'invisible1 la t]reur d'tre mauvais et /rile peut-tre1 l o on se s5tait fcond1 heureux et ju/e6 ,s'lev] contre un ordre de gr&eur et de ju/ice t]re/re qu'on ne peut s\ffrir 7p>ce qu'il e/ une insulte s]e9e l'indiscipl9e et l'an>*ie71 non pas d'une faon s9cre1 pitoyable et basse1 au nom de la vanit blesse--mais d'une faon d\c]euse et svre1 les yeux levs au ciel1 au nom d'un ordre de ju/ice et de vrit supra-t]re/res6 ,et p\r cela con/ruire t\t un mcanisme d'ides et de dmon/rations ab/raites d'o dc\l]a la ralit d'un tel ordre et sa supriorit6 ,voil qui n'e/ pas petit6 ,voil bi5 le gnie de la de/ruction et le gr&iose du trave/issem5t6 ,la vraie rvolution des esclaves n'e/ pas l'uvre de la viol5ce1 mais celle de l'esprit4 ,a ce titre1 elle ne peut se produire que dans un tat de culture trs avanc4 ,elle suppose d]rire soi t\t un pass de rflexion et de spculation4 ,,viii ,or il se tr\ve qu'une civilisation arti/e e/ contra9te de procur] l'ducation philosophique des esclaves et de leur mettre a9si entre les ma9s l'in/rum5t avec lequel ils la ru9]ont4 ,plus elle se p]fectionne1 plus il lui faut d'hommes qui la s]v5t non pas avec leurs ma9s1 mais avec leur c]veau2 plus relevs et plus difficiles sont les s]vices intellectuels dont elle a beso94 ,bref1 la sci5ce--dans la plus gr&e t5due du mot--devi5t une fonction indisp5sable de l'ordre social4 ,elle e/ sans d\te la premire et la plus honorable des fonctions de subordonns4 ,mais elle e/ une fonction de subordonns4 ,nietzs*e y ti5t et il ne se dissimule pas qu'une telle proposition e/ bi5 faite p\r sc&alis] une poque o les savants rgn5t et donn5t le ton4 ,elle p>atra anti-civilise au premi] *ef4 ,ne n\s ramne-t-elle pas ces temps o il ne conv5ait pas que les rois suss5t sign]8 ,mais elle dp5d1 sans d\te1 dans la p5se de ,nietzs*e1 d'une vrit plus comprh5sive1 savoir3 que t\t emploi spcial1 t\te utilit limite et df9issable sont1--en un s5s nullem5t pjoratif du mot1--s]viles1 c'e/--dire reg>d5t les s]viteurs4 ,or1 les sci5ces sont des spcialits4 ,il y faut du gnie4 ,qu'importe8 ,e/ spcialit t\t emploi de l'intellig5ce qui ne se rapporte pas immdiatem5t la morale1 l'homme4 ,les matres n'ont pas de spcialits p>ce qu'ils ont la *>ge des murs4 ,et cette *>ge devi5t d'autant plus l\rde1 dem&e d'autant plus de f9esse et d'n]gie que prcism5t les progrs de l'rudition--en clairant l'humanit sur l'orig9e des traditions religieuses ou sociales1 m5ac5t de la r5dre impati5te de t\te discipl9e1 ou que les conqutes de l'expri5ce1 en accroissant son empire sur la nature1 b\lev]s5t les conditions matrielles de son exi/5ce4 ,c> il ne suffit pas que l'utilisation de la vapeur soit dc\v]te ni que des locomotives soi5t con/ruites4 ,il faut aussi que ces mon/res ne /upfi5t pas l'homme p> leur normit1 ne le rapetiss5t pas p> leur vois9age1 qu'il appr5ne au contraire s'en s]vir p\r tre encore plus libre4 ,voil ce quoi les physici5s et les +nieurs ne song5t gure1 et c'e/1 en effet1 s\ci de matres4 ,les matres manqu]ai5t donc leur (fice ess5tiel en s'en f]mant dans des laboratoires ou des biblio?ques4 ,comm5t concili] le devoir d'une attitude modle avec l'obligation de re/] p5* sur des cornues et des grimoires8 ,et1 au surplus1 d'o vi5drait le dda9 unanimem5t atta* la qualification de spciali/e1 si ce n'e/ de ce s5tim5t pr(ond1 que le succs1 la gr&eur mme dans une spcialit suppose des v]tus ou1 si l'on veut1 des dfauts incompatibles avec une c]ta9e aisance noble de la p]sonne1 avec une moralit suprieure8 ,notre sicle1 qui p\sse jusqu' l'idoltrie le culte des gr&s spciali/es1 confesse son propre errem5t en leur attribuant1 p> une phrasologie creuse1 mais bi5 significative1 je ne sais quel sac]doce gnral#i4 #i ,voici un ordre d'ides dans lequel on peut entirem5t sympa?is] avec ,nietzs*e et qui n'a pas de solid>it avec ses frnsies anti*rti5nes et anti-mtaphysiques4 ,malheureusem5t la pratique des hautes spcialits dveloppe un g5re d'intellig5ce qui m5ace de se t\rn] en ag5t de dissolution et de ru9e1 si l'usage n'en e/ pas modr1 cont5u en de ju/es limites p> le s5s des murs et p> le gt4 ,elle exige une gr&e p]fection dans l'art de df9ir1 d'expliqu]1 de gnralis]1 de dduire4 ,art prcieux1 mais dang]eux1 qu& il ne se subordonne ri51 qu& il n'e/ pas av]ti de c]ta9es *oses sur lesquelles il ne doit pas entrepr5dre4 ,imag9ons-n\s1 dans les comm5cem5ts de la /atuaire grecque1 un pratici5 qui1 =ce d'qu>rir des pi]res p\r un sculpteur1 et dc\v]t les premi]s pr9cipes de la gomtrie et de la mcanique4 ,il lui et fallu un trs srieux respect1 un am\r bi5 f9 de la beaut des ,apollons et des ,dianes p\r ne pas se croire1 p> la possession de ces vrits1 bi5 au-dessus de l'arti/e qui les ignore1--p\r ne pas mettre au premi] rang ce qui e/ au second4 ,le grammairi51 qui sait r5dre un compte m9utieux des m]veilles du langage et en voit le comm5t1 risque d'oubli] qu'il n'a1 en comp>aison avec le pote1 sans qui ces m]veilles ne s]ai5t pas1 que des v]tus de dome/ique4 ,en gnral1 il y a dang] que ceux qui ont p\r fonction d'expliqu]1 de tir] les consqu5ces1 s'enivr5t de leur compt5ce spciale jusqu' ne plus mesur] l't5due qui les sp>e de ceux qui crent1 qui os5t1 qui ont pris et port5t les s\v]a9es responsabilits4 ,a9si l'habitude de dml] dans les cas obscurs les indications de la c\tume et de comp>] les droits1 donne au juri/e1 avec une aptitude la dmon/ration et la ju/ification t\t fait trangre aux ari/ocraties 7il n'y a ri5 de mo9s ari/ocratique que de v\loir t\j\rs ju/ifi] ce qu'on e/1 ce qu'on fait71 une habilet de dialectique p> laquelle il peut pr\v] l'absurdit des plus beaux usages1 d'in/itutions glorieuses et en ple9e =ce3 jeu de sophi/ique o il s]a t5t de s'essay]1 s'il p]d de vue ou bi5 s'il n'e/ pas apte gt] la qualit de civilisation dont e/ dp5dante sa mission p>ticulire4 ,les magi/rats de l'anci5ne mon>*ie franaise1 n\rris p\rtant aux meilleures lettres et la m]veilleuse dialectique de ,rome1 n\s donn5t cet g>d un admirable exemple4 ,grce leurs hautes murs1 ces s]viteurs n\s font auj\rd'hui l'effet de matres et1 s'ils sont gr&s p> la f]met et la lucidit de la raison1 ils sont uniques p> une intellig5ce bi5 suprieure la raison raisonneuse4 ,qu& un homme e/ rompu au maniem5t des ides et des mots1 il lui faut en effet une ducation du jugem5t t\t fait r>e et en t\t cas v5ue d'autres s\rces1 p\r s'atta*] =tem5t la beaut et la ju/ice propres d'une in/itution sociale donne1 et rsi/] aux attraits de cette ju/ice et de cet ordre possibles1 qui se laiss5t si bi5 dduire de quelques notions absolues prises p\r pr9cipes4 ,ari/ote1 qui semble avoir de son temps runi t\tes les compt5ces p>ticulires et qui avait1 p\r a9si p>l]1 le gnie des pr9cipes en t\tes *oses1 e/ le type le plus lev de ce bel quilibre4 ,l'esprit fut assez =t et surt\t assez libre en lui p\r modr] l'esprit et en rgl] l'usage4 ,la mtaphysique elle-mme ne lui fit pas p]dre pi$ et1 la lumire de l'ordre univ]sel tel qu'il l'imag9a1 l'ordonnance de la cit grecque p>ut plus belle et plus raisonnable1 tant ses plus hautes spculations en tai5t en quelque sorte imprgnes4 ,socrate1 au contraire1 c'e/ le raisonneur de la plbe1 le dialectici5 effrn dont le gnie1 priv de la sub/antielle n\rriture des murs1 se grise des ides pures et sme1 avec un mlange d'innoc5ce et de malice1 les prmisses de t\te an>*ie4 ,socrate peut tre pris comme le type le plus imposant de l'idologue an>*ique4 ,la mauvaise idologie se produit1 qu& des esprits orig9aux peut-tre1 mais sans discipl9e et sans qualit1 se mett5t raisonn] ab/raitem5t sur la matire des murs et du gt-- jug] de po9ts de vues gnraux1 ce qui e/ ess5tiellem5t p>ticuli]1 unique4 ,elle consi/e rclam] des ju/ifications ?oriques de ce qui ne peut se ju/ifi] que p> la beaut et la saveur de ses fruits4 ,elle s5t la plbe4 ,au fond1 cette prt5tion de mettre t\t prix de la raison1 de l'absolu dans la morale1 a p\r f9 secrte de ru9] le privilge moral de l'ari/ocratie4 ,t\t le monde n'e/-il pas gal devant la raison1 galem5t apte jug] d'une dduction correcte8 ,l'idologie fait t\t le monde juge des murs1 elle introduit la f\le dans les palais4 ,l'idologue e/ un spciali/e dbau*1 un homme qui1 m>qu p\r quelque fonction intellectuelle dp5dante1 ne se cont5t]ait pas d'y tre suprieur1 et se laisse abus] p> la puissance de ses facults m5tales jusqu' n'avoir plus consci5ce de leur c>actre secondaire et s]vile4 ,c'e/ un s]viteur qui a p]du les murs1 lesquelles consi/5t p\r lui dans le respect4 ,en cessant de respect] ce qu'il devrait s]vir1 il cesse de se respect] lui-mme comme s]vant4 ,il pr5d honte de lui-mme4 ,p> l il devi5t esclave4 ,et il conoit le gr& desse9 de v5geance des esclaves4 ,dsormais1 sa =ce de raisonnem5t ne va plus s'ex]c] sur des que/ions utiles et subordonnes1 mais sur t\tes que/ions huma9es et div9es4 ,sa passion de gnralis] ne connatra plus de bornes4 ,il devi5t le gr& rclameur de titres et de p\rquoi1 l'homme de la raison pure1 le maniaque de l'ide1 de l'absolu4 ,,ix ,telle e/ la m5talit s]vile4 ,m]veilleux in/rum5t p\r les desse9s de l'esclave contre la civilisation4 ,des curs blesss p> t\t ce qui a =me s\s le soleil se tr\v5t en complicit m]veilleuse avec des c]veaux qui ne se reprs5t5t plus le vrai que dans l'ab/raction de l'ide4 ,cette alliance d'une s5sibilit (f5se p> la t]re et d\l\reusem5t avide du nant de l'au-del1 avec une intellig5ce dp]sonnalise1 c\pe de t\te communication avec les s5s1 l'n]gie1 le corps--eng5dre la folie de l',esprit pur4 ,l'esprit pur6 c\tez bi5 ces mots1 l'inv5tion la plus raff9e de l'esclave--ces mots qui ont plus fait p\r la ru9e de la cit antique1 que la tor*e du b>b>e4 c\tez-les en psy*ologue1 et p]cevez t\t ce qu'ils t\ff5t de ple ha9e s\s leur in(f5sive app>5ce de prciosit mtaphysique6 ,la morale des esclaves1 c'e/ la revan*e de l',esprit pur4 ,la rvolution des esclaves dans la morale1 crit ,nietzs*e1 comm5ce lorsque le ress5tim5t devi5t crateur4 ,qu'elle condamne la m*ancet des royaumes de la t]re au nom d'un royaume de ,dieu de/9 se ralis]1 recueillir t\s les bons1 t\s les purs la f9 des temps1 ou seulem5t au nom d'un ordre idal de ju/ice inscrit dans la consci5ce huma9e--en d'autres t]mes1 qu'elle s'enveloppe de my?ologie ou de philosophie1 la morale s]vile ne *ange pas de m?ode4 ,sa vise re/e la mme4 ,son procd aussi4 ,il consi/e t\j\rs falsifi] des faits1 en dnatur] la c\leur et la signification p> des dnom9ations ab/raites et mtaphysiques4 ,de la sorte1 t\t ce dont l'esclave s\ffre ou e/ impati5t--et au premi] *ef sa qualit s]vile--se tr\ve trans=m en sc&ale p\r le cur et la raison1 app>at comme une insulte ,dieu lui-mme4 ,en mme temps les ress5tim5ts et les vux de l'esclave se dp\ill5t de leur c>actre sombre et jal\x p\r recevoir une aurole de ds9tressem5t et de religion4 ,ils n'exprim5t plus la soif de v5geance de l'tre indiscipl9 et faible1 irrit p> le s5tim5t de sa propre an>*ie et p> ce manque d'aisance1 de lib]t1 de s\v]a9et intrieure qui l'exclut des sommets lum9eux de la civilisation4 ,ils devi5n5t la sublime inspiration de l'homme pieux dont les reg>ds dpass5t les c\rts horizons de la cit t]re/re et se lv5t v]s une t]nelle ju/ice4 ,le s]vile s'appelle l',opprim2 opprim1 il l'e/1 en effet1 de la pire faon1 p>ce qu'il se s5t vil et se hait lui-mme1 p>ce qu'il ne s'e/ime pas assez p\r s]vir sans un s5tim5t de d*ance4 ,mais voyez l'effet r$\table de cette majuscule1 de ce gr& mot isol1 de ce sil5ce sur la cause et le g5re de l'oppression6 ,il semble que la responsabilit en retombe sur la t]re entire et qu'il ne faudrait pas mo9s qu'un b\lev]sem5t total p\r y mettre f94--,l',opprim e/ le ,ju/e4 ,et la hir>*ie non pas seulem5t =melle et sociale1 mais plus encore relle et psy*ologique d'o sa condition rsulte3--l',iniquit4--,de misrables timidits1 de sottes innoc5ces1 des impuissances niaises1 se promeuv5t une cle/e dignit et se hauss5t je ne sais quel tat de puret transc5dante s\s le nom d',idal4 ,cette rsolution dans l'action1 qui nat de la c]titude qu'on agit droit1 qu'on sait ce qu'on veut et qu'on le pay]a ce qu'il faut1 e/ rabaisse au niveau de la simple brutalit s\s le nom de ,=ce4 ,dans la b\*e de l'esclave 7qui ne compr5dra jamais que t\te =ce cratrice e/ =ce sur soi-mme d'abord1 e/ morale71 ce mot devi5t une injure4 ,a cette ab/raction1 on oppose cette autre3 le ,droit4 ,mais ce droit devi5t lui-mme entre c]ta9es ma9s une =ce1 t\te ngative1 il e/ vrai1 et dc\rageuse des entreprises de l',en]gie4 ,enf91 comme t\t ce qui (f5se l'esclave a son pr9cipe dans les diffr5ces que la nature indique1 mais que l'ef=t dur et arti/e1 la discipl9e svre des privilgis1 va acc5tuant et lgitimant sans cesse entre les individus1 les peuples et les races--la morale s]vile s'e/ leve jusqu' l'ide d'on ne sait quelle ess5ce pure et absolue de l',homme1 prs5te dans le plus humble comme dans le plus glorieux1 au reg>d de laquelle t\tes les huma9es 9galits app>aiss5t comme autant d'absurdits et de vivants blasphmes4 ,ce n'e/ donc pas p> des viol5ces de/ructives1 mais en falsifiant les ides1 en corrompant les intellig5ces1 que la philosophie s]vile travaille ses f9s4 ,elle e/1 en ce g5re1 d'une fcondit et d'une ampleur d'inv5tion s+ulires4 ,a t\te conception1 t\t s5tim5t p>ticuli] et c>actris d'ordre politique ou social1 d'honneur et de dignit prive1 de beaut arti/ique1 elle s'ef=ce de sub/itu] des notions univ]selles qui1 en se faisant accept] de t\s les hommes demi-rfl*is1 de la majorit1 p> les airs de gr&eur qu'elles ont inconte/ablem5t p\r elles1 et les app>5ces de vrit absolue qu'elles doiv5t leur ab/raction mme1 amn5t mpris]1 comme uvres de la conv5tion et de l'arbitraire1 jusqu'aux plus magnifiques =mes de civilisation1 de sociabilit et d'art qui ai5t brill dans l'hi/oire et les r5d surt\t impuissants en rv]1 en *rir de n\velles4 ,admirable faon de dvoy] et de gris] les esprits et les curs que de leur t5dre a9si l'appt de l'absolu4 ,m]veilleux moy5 de /rilis] les activits que de les lanc] la p\rsuite de l'inatt+ible4 ,la philosophie s]vile semble n'lev] l'homme au-dessus de t\t idal born de nation ou de race que p\r lui ouvrir des horizons illimits4 ,elle lui fait pr5dre en dgt les devoirs1 les en?\siasmes1 les po9ts d'honneur1 les maximes de civisme et de loyalisme1 les s5sibilits arti/es1 t\tes ces m>ques intrieures de noblesse qui1 comme ,a?ni51 ,roma9 ou ,franais1 le di/+uai5t du b>b>e et de la plbe4 ,elle le p]suade qu'il ne relve raisonnablem5t que de ,dieu et de la nature4 ,p> l1 elle donne une valeur my/ique t\t le monde4 ,mfiante et ha9euse1 en gnral1 de t\te ordonnance1 de t\te norme1 de t\t /yle1 il faut qu'elle aille jusqu'au b\t de son desse91 et glorifie l'amorphe1 lui con/itue une dignit4 ,elle le nomme l',inf9i4 ,comm5t rsi/] au v]tige de l',inf9i8 ,ennemie du ,temps1--du ,temps qui1 p> la rapidit de sa fuite1 donne la fivre aux =ts1 les /imule des crations durables--elle gagne la p5se de l'homme l'illusion d'une ralit qui ne pass]ait po9t1 et l'immobilise dans le s\ci de l't]nel444 ,l't]nel1 l',inf9i1 l',intemporel1 l',imp]sonnel1 images gr&ioses et vides1 que la philosophie s]vile fait miroit] sur le g\ffre du ri54 ,la rvolution des esclaves s\lve1 p>-dessus les palais de la civilisation1 une p\ssire qui emp*e d'en disc]n] les belles lignes4 ,dans cette p\ssire1 la philosophie des esclaves dess9e de mon/rueux et fuyants fantmes1 div9its gigantesques du nant#aj4 #aj ,il y a quelque *ose de gr&1 de gnreux1 disons mieux1 d'ess5tiellem5t vrai dans ce culte des belles civilisations et de t\t ce qu'elles crent dans le doma9e des arts4 ,mais l'ef=t du gnie huma9 p\r va9cre le temps ne s'expliqu]ait pas sans sa foi implicite quelque *ose d'absolu et d't]nel4 ,x ,il y a un art qui correspond cette philosophie3 le ,romantisme4 ,l'art classique e/ l'art des matres4 ,ngatrice et contemptrice de la ,t]re1 on a vu de quels dehors la philosophie s]vile p>e son nihilisme1 et on compr5d la sduction qu'elle doit ex]c] sur l'lite des gnrations de dcad5ce4 ,il semble qu'elle reprs5te1 en t\te "q1 la ?se libre et gnreuse1 qu'elle ne ru9e les cits p>ticulires que p\r r5dre possible une cit huma9e univ]selle1 qu'elle fasse pass] sur les dcombres des civilisations le v5t purificateur de la ,nature4 ,elle met la foi et l'ardeur de son ct4 ,elle veille des esprances obscures1 mais normes4 ,elle annonce de gr&s comm5cem5ts4 ,en dta*ant la p>tie p5sante des peuples de t\te discipl9e1 de t\te tradition1 on dirait qu'elle ramne l'humanit la fra*eur des orig9es4 ,elle e/ une s\rce de lyrisme4 ,elle suscite ses potes et ses prophtes1 lesquels1 affran*is de t\te loi p>ticulire de t5ue et de beaut dans leurs imag9ations1 en pr\v5t t\t d'abord une impression de libration et de rajeunissem5t4 ,le romantisme nat de l'en?\siasme provoqu p> les idaux vides1 mais gr&ioses1 de la philosophie s]vile *ez des hommes dont c'e/ l'ard5t et secret beso9 d'*app]1 t\t prix1 au s5tim5t cruel de la dcad5ce qui1 p> eux1 s'accomplit4 ,le premi] romantique1 c'e/ ,r\sseau1 celui des gnies mod]nes en qui la morale des esclaves a atte9t son plus haut degr d'bullition4 ,*ez ,r\sseau on surpr5d le passage des rancunes et des s5sibilits de l'esclave l'idologie qui va les magnifi] en dogmes1 en vrits de raison et de s5tim5t4 ,il y a de la malice dans ,r\sseau1 malgr qu'il s'enivrt t\t le premi] des fumes de cette transmutation4 ,aprs ,r\sseau1 les romantiques se plong5t et nag5t innocemm5t dans l'ocan de la ,nature1 de l',inf9i1 de l',univ]sel1 de l',orig9aire4 ,ils n'ont plus le c>actre quivoque et sombre de leur pre1 si s\ponneux p>ce qu'il prtait lui-mme tant de s\pon4 ,sont-ils cep5dant si nafs et si purs8 ,vigny1 p> exemple1 dans sa t\r d'ivoire8 ,il y aurait une jolie psy*ologie1 une f9e classification des gr&s romantiques faire1 d'aprs ce qui s'e/ ml leur religieuse inspiration d'an>*ique am]tume1 d'esprit de v5geance contre les =mes ordonnes et les bonnes murs4 ,nietzs*e s\ligne ce trait commun la plup>t d'entre eux3 l'affectation de s5tim5ts gr&ioses1 l'impudeur s'attribu] de sublimes motions4 ,signe de natures sans murs et que le s5tim5t d'en manqu] fait s\ffrir1 enfivre4 ,dans la morale des matres1 n\s l'avons vu1 les v]tus exiges de l'homme se rapport5t une f9 ds9tresse m9emm5t1 mais concrte et p>ticulire4 ,c'e/1 p> exemple1 ,rome1 la gr&eur et la pr5nit de la cit roma9e4 ,ri5 n'e/ plus trang] cette morale que l'ide d'un ,homme absolu1 d'une nature huma9e absolue4 ,or1 ceci se laisse exactem5t appliqu] l'art4 ,dans un art de civilisation--un art classique--il e/ aussi des murs1 savoir3 les rgles dans lesquelles l'expri5ce de plusieurs gnrations d'arti/es a1 non pas du t\t donn les moy5s de bi5 faire1 mais =tem5t trac les limites en del desquelles on ne saurait ri5 produire d'excell5t1 de solide4 ,ce sont les gr&es =mes piques1 dramatiques2 lyriques1 n>ratives 7p\r n\s en t5ir aux arts littraires7 qu'elle a patiemm5t con/ruites1 dc\v]tes au prix de ses errem5ts mmes1 p\r l'usage de sicles plus heureux4 ,qu& ces rgles et ces =mes rgn5t1 le mrite d'un arti/e e/ jug1 non selon la fidlit1 mais selon l'aisance avec laquelle il les obs]ve et les rduit au s]vice de son gnie propre4 ,l'ide d'une inspiration p]sonnelle1 sortant de la nature t\te arme comme une ,m9]ve1 c'e/--dire capable de se crer p> une espce de c\p div9 t\t un organisme de moy5s d'expression adapts et puissants1 ou seulem5t empruntant plus soi-mme qu' la tradition--cette ide 7bi5 romantique1 n'e/-il pas vrai87 et p>u en des temps classiques non seulem5t un sc&ale1 mais une *imre4 ,le fond du classicisme1 c'e/ que1 si les rgles ne val5t ri5 sans le gnie1 il y a cep5dant en elles plus de gnie que dans le plus gr& gnie4 ,ce trait ne montre-t-il pas bi5 que l'excell5ce dans l'art e/ de mme nature que l'excell5ce dans les murs8 ,qu& celles-ci ne correspond5t plus aux mes1 t\t ce qui y p>at encore de noblesse et de lib]t n'e/ sans d\te que =malisme4 ,et cep5dant il y a plus de moralit dans la tradition des murs que dans l'in/9ct individuel de la plus belle me4 ,les vrais crateurs d'art sont ceux *ez qui l'esprit des gr&es =mes e/htiques atte9t son plus haut degr de consci5ce et de puissance4 ,g! lui-mme1 que l'on vit adopt] successivem5t la =me du drame %akespe>i5 et celle de la tragdie grecque1 s\ffrit de l'errance1 de l'inc]titude p]ptuelle quoi l'abs5ce de hauts canons e/htiques valables p\r son temps et son pays le condamnai5t dans sa production4 ,son expri5ce lui f\rnissait la sub/ance de *aque uvre4 ,mais qu'e/ la sub/ance sans l'ordre qui la met en valeur1 la r5d claire et maje/ueuse1 l'amplifie jusqu' une porte univ]selle8 ,il tait contra9t d'essay]1 de recrer artificiellem5t les =mes d'ordonnance d'une autre humanit1 de se faire ,grec4 ,a9si dans une poque sans traditions1 c]ta9s hommes peuv5t s\ffrir de ce qu'il n'exi/e ri5 de gr& p\r lev] leurs activits une signification suprieure4 ,ils se s5t5t dim9us d'tre des intellig5ces livres elles-mmes4 ,ce s]ont t\j\rs1 dit ,nietzs*e1 les natures =tes1 dom9atrices qui1 s\s ce j\g1 dans cette t5ue et cet a*vem5t rsultant d'une loi qu'on s'impose soi-mme1 pr\v]ont leurs plus f9es j\issances2 la passion qui anime leur trs puissante volont pr\ve un s\lagem5t la vue de t\te nature s\mise un /yle1 de t\te nature dompte et faite s]vante2 mme lorsqu'ils ont con/ruire des palais ou tablir des j>d9s1 il leur rpugne de donn] la nature libre c>rire4--,rciproquem5t1 ce sont les c>actres faibles1 non matres d'eux-mmes1 qui hass5t la t5ue du /yle2 ils s5t5t que si ce j\g si m*ant leur tait impos1 il ne p\rrait que les r5dre vils2 ils devi5n5t esclaves ds qu'ils s]v5t1 ils hass5t de s]vir4 ,de tels esprits--ce peuv5t tre des esprits de premi] rang--n'ont qu'une vise3 de se model] et de se donn] compr5dre eux-mmes et ce qui les ent\re1 comme libre ,nature--sauvages1 sans rgles1 fantasques1 hors de t\t ordre1 tonnants444 7,die frhli*e ,wiss5s*aft1 p4 #bbj47 ,dans les sicles classiques1 une uvre d'art e/ d'autant plus gte qu'elle unit une plus impeccable pratique1 une sci5ce plus pr(onde des ordonnances traditionnelles1 plus de lib]t1 de jeunesse1 d'imprvu1 de fra*eur4 ,cela e/ d'une psy*ologie trs sage4 ,c>1 suppos] que les rgles qui rsult5t d'une telle exig5ce soi5t un peu l\rdes et oppressives1 on n'en e/ que mieux assur1 voir un gnie les port] lgrem5t1 qu'il e/ ple9 de =ce et de ress\rces4 ,mais en fait les =mes classiques sont des uvres d'art gnrales d'un peuple arti/e4 ,elles signifi5t les div]ses sortes d'arrangem5t s\s lesquelles l'intellig5ce et les s5s de son lite se plais5t le plus embrass] un sujet et en sont le plus capables4 ,la sduction d'un *ef-d'uvre classique1 c'e/ donc bi5 mo9s de n\s rvl] une p]sonnalit n\velle ou un sujet n\veau que de n\s faire retr\v] plaisir la maje/1 la grce1 aux my/res aussi d'un ordre ma9tes fois1 mais t\j\rs div]sem5t pr\v4 ,le romantisme e/1 en pr9cipe du mo9s1 la ngation de t\te =me consacre4 ,a y reg>d] de prs1 on v]rait qu'il n'a t le plus s\v5t qu'un usage effront et *aotique de t\s les /yles du pass la fois4 ,se croyant ou se rvant d'ailleurs sortie directem5t des entrailles de la nature1 l'uvre d'art romantique s]a condamne1 p> une consqu5ce vid5te1 *]*] l'intrt dans la n\veaut absolue4 ,p> quoi donc p\rra-t-elle tre si n\velle8 ,p> le sujet t\t d'abord4 ,trait c>actri/ique du romantisme3 la p\rsuite de sujets extraord9aires1 de cas in\s1 laquelle a p\r ab\tissant extrme la frnsie de l'anormal4 ,mais entre les sujets extraord9aires1 il en e/ un qui les dpasse t\s1 le sujet des sujets1 le sujet sans fond et sans bornes4 ,comm5t le nomm]8 ,dieu1 si l'on veut1 l',inf9i1 l',univ]s1 la nature t\t entire de l'alpha l'omga4 ,fils de la nature et de la nature seule1 n\veau-ns de l',inf9i1 les gr&s arti/es romantiques ne se sont pas propos une mo9dre matire4 ,celle-l seule les a hants1 t\te autre leur app>aissant trop infrieure ce qu'ils port5t en eux4--,avons-n\s beso9 de montr] que1 bi5 qu'unique 7puisqu'elle enveloppe t\t71 elle e/ 9puisable et assure 9vitablem5t l'orig9alit8 ,on voit p> quelle p5te le romantisme1 fruit d'une mauvaise mtaphysique1 incl9ait accap>] p\r l'art l'objet de la mtaphysique et de la religion1 n\s donn] un art ?ogonique1 cosmogonique1 inond] l'poque mod]ne de conceptions du monde et de rvlations1 le t\t--en raison de l'arrire-p5se qu'on a comprise et qui app>at presque brutalem5t *ez ,r\sseau1--p\r ab\tir quelque my?ologie sociale1 quelque idalisation norme de la morale des esclaves4 ,cette phrasologie auj\rd'hui c\rante3 que l'art1 la philosophie1 la religion exprim5t la mme *ose et accompliss5t le mme (fice en trois langues diffr5tes1 e/ pur romantisme4 ,p\r de vritables arti/es1 l'art e/ l'art1 et ri5 d'autre4 ,dans le classicisme1 les rgles1 signifiant les conditions s\s lesquelles le public peut tre arti/iquem5t t\*1 impos5t l'expression une c]ta9e t5ue2 elles la ress]r5t dans c]ta9es limites en dehors desquelles celle-ci peut m\voir encore et trs =tem5t mme1 mais non plus e/htiquem5t4 ,il e/ donc p]mis de dire que les rgles indiqu5t la qualit de l'effet produire1 du plaisir procur]1 et1 de plus1 qu'elles la mett5t trs haut prix4 ,mais le romantisme e/1 p> df9ition1 compltem5t dsori5t cet g>d4 ,il en rsulte qu'il vis]a non plus la qualit1 mais la quantit1 au maximum de l'effet4 ,et1 s'il y atte9t1 ce s]a =t bi54 ,mais il re/e savoir1 dit quelque "p ,nietzs*e1 sur qui cet effet s'ex]ce et sur qui un arti/e de ce nom doit avoir cure d'en ex]c]4 ,pas sur la f\le assurm5t6 ,ni sur les n]vs1 les dgnrs1 les malades6 ,surt\t pas sur les abrutis6 ,l'art vritable agit =tem5t1 mais sans viol5ce2 il a la dc5ce dans l'en?\siasme2 il a la clairvoyance et l'quilibre dans l'ivresse2 il saisit1 il t]rifie1 mais sans oppress] physiquem5t2 il a l'lan1 mais sans la frnsie2 le *>me c>essant et voluptueux ne lui e/ c]tes pas int]dit1 mais il l'enveloppe de je ne sais quelle maje/ brillante2 il re/e clair et s]e9 jusque dans l'orageux et le passionn1 suave jusque dans le cruel4 ,les l>mes qu'il fait c\l] sont des l>mes du cur4 ,et c'e/ p> l qu'il e/ l'art4--,dans le romantisme1 le dlicieux devi5t l'aphrodisiaque1 le cruel devi5t le hideux2 la t]reur c\pe la respiration1 l'en?\siasme et l'ivresse t\rn5t l'hy/rie2 on appelle noble et maje/ueux le ma/odontal4 ,ce n'e/ pas bi5 admirable1 dira-t-on4 ,il suffit de =c] la dose6 ,ju/em5t2 mais cela mme n'e/ pas la porte de t\t le monde4 ,fanatique de l'effet t\t prix1 de l'int5se p\r l'int5se--il y a un dang] auquel ne p\vait *app] le romantisme4 ,et il s'y e/ prcipit avec une ardeur croissante4 ,ce dang]1 c'tait de *]*] provoqu] l'motion p> l'abus des moy5s matriels de l'art1 de s'adress] violemm5t aux s5s dans la cra9te que la p5se et le cur ne r5diss5t pas assez4 ,on arrive ses f9s comme on peut4 ,l'art classique fait pleur] qu& il e/ vraim5t gr&3 mais ces l>mes sont un my/re2 la communication qui n\s e/ accorde avec le beau se passe une altitude o n\s n'avons pas l'habitude d'tre4 ,elle va immdiatem5t et p> en haut au plus intime de n\s-mmes4 ,si elle branle nos n]fs1 c'e/ secondairem5t4 ,l'art f9it o la sec\sse n]veuse comm5ce4 ,mais ne compr5d-on pas quel degr de civilisation1 quelles nobles murs de l'me ce g5re d'action suppose8--,il e/ d'autres voies p\r accd] au moral de l'homme2 ce sont les yeux1 les oreilles1 l'pid]me4 ,le romantisme les a pratiques timidem5t1 et non sans rs]ve au db1 d'une faon de plus en plus exclusive mesure qu'il pr5ait consci5ce de lui-mme et qu'il entrait dans la faveur du sicle3 c'e/--dire qu'il e/ all raff9ant sans cesse sur les appts s5suels et la spl5deur physique du mot1 de la c\leur et du son1 jusqu' faire de la j\issance d'art une espce de j\issance de t\t le corps la fois1 ce que v\s obs]v]ez =t bi5 *ez les wagnri5s et wagnri5nes4 ,de cette faon il e/ vid5t que l'art pr5d les mes1 mais en les /upfiant p> un v]tige s5suel4 ,conclusion s+ulire1 mais d'ailleurs bi5 prvue p\r le psy*ologue6 ,religieux1 mtaphysique dans l'int5tion1 l'art romantique e/ grossirem5t matriali/e dans l'expression6 ,ce ,dieu romantique1 cet ,inf9i quivoque ne s]ait-il pas quelque *ose comme la somme de t\tes les excitations n]veuses8 ,ces traits orig9aires du romantisme1 il re/]ait les vrifi] sur ses plus gr&s reprs5tants au ,x,i,xe sicle4 ,mais on compr5d le pr9cipe4 ,il a*v]a de se prcis] p> les lignes suivantes1 capables aussi bi5 de c\ronn] t\te cette tude1 c> elles en rappell5t le ?me fondam5tal4 ,qu'e/-ce que le romantisme8 crit ,nietzs*e4 ,t\t art1 t\te philosophie peuv5t tre considrs comme un sec\rs1 un remde rp>ateur qui s'(fre une vie en croissance et en lutte3 ils suppos5t t\j\rs de la s\ffrance et des s\ffrants4 ,mais il y a deux sortes de s\ffrants3 t\t d'abord ceux qui s\ffr5t d'une surabondance de vie et qui veul5t un art dionysiaque et aussi une vue tragique de la vie2--puis1 ceux qui s\ffr5t d'un appauvrissem5t de la vie1 et qui p> l'art ou la connaissance ne *]*5t que repos1 accalmie1 dlivrance d'eux-mmes1 ou bi5 encore l'ivresse1 le spasme1 l't\rdissem5t1 la folie4 ,au d\ble beso9 de ces d]ni]s correspond t\t romantisme dans les arts et la philosophie444 7,die frhli*e ,wiss5s*aft47 ,,xi ,la critique de ,nietzs*e s'e/ rp&ue en huit gros volumes sur t\s les sujets qui intress5t la philosophie sociale1 la morale et l'e/htique4 ,on jug]a peut-tre que l'intrt du prs5t crit e/ d'en avoir un peu sy/matis les pr9cipes inspirateurs4 ,nietzs*e avait c\tume d'crire ou p> aphorismes ou p> gr&s dveloppem5ts sp>s et =mant *acun un t\t4 ,ses ouvrages sont mo9s des traits di/9cts que l'assemblage de t\tes ses p5ses d'une anne1 d'une priode4 ,c'tait1 je crois1 son gt1 sa manire naturelle de concevoir4 ,une maladie des yeux p]si/ante1 en l'obligeant dict]1 lui fit une ncessit de ce mode de composition4 ,on en sait les avantages3 c'e/ la spontanx entire1 la flamme cont9ue de l'acc5t et la facult p\r le lecteur de pr5dre et quitt] le livre4 ,nietzs*e se met1 p\r a9si dire1 t\t enti] dans *aque page4 ,mais aussi il e/ indisp5sable de ne pas re/] p]du dans cette =t de ?ories et de s5t5ces4 ,n\s avons essay d'en dess9] les gr&es av5ues et les c>ref\rs4 ,n\s avons int]prt notre auteur un peu la manire dont les hi/ori5s faisai5t p>l] leurs p]sonnages1 en s'atta*ant l'esprit et aux int5tions plutt qu'au texte4 ,m?ode qui n\s tait impose p\r le racc\rci que n\s v\lions obt5ir et qui peut t\rn] p>fois une fidlit plus pr(onde4 ,,f9 ,m>s #ahig4 ,,app5dice ,des trois morceaux donns dans cet app5dice1 le premi] e/ la reproduction d'un article que n\s emes l'occasion d'crire p\r la ,revue encyclopdique ,l>\sse sur la position de ,nietzs*e p> rapport l'esprit franais4 ,le second e/ mo9s le dveloppem5t d'une ide nietzs*enne qu'un correctif attique et franais 7un correctif dans le s5s de l'humanit1 de la cordialit gnrale et de la bi5veillance7 dont n\s crmes devoir tempr] la doctr9e de ,nietzs*e sur la hir>*ie dans la socit4 ,doctr9e ju/e dans ses pr9cipes1 mais exprime p>fois avec une impati5ce rogue1 une brutalit t\te allem&e4 ,hir>*ie1 oui1 c]tes6 mais avec la bonhomie des murs4 ,i ,,nietzs*e ,,en ,,france ,il y a longtemps que le nom de ,nietzs*e circule en ,france4 ,a pe9e comm5ce-t-on se d\t] de ce qu'il signifie4 ,l'excell5t livre de ,m4 ,li*t5b]g] 7,la ,philosophie de ,nietzs*e71 en excitant la curiosit de quelques intellectuels1 avait eu aussi ce mrite de c\p] c\rt des lg5des et des trave/issem5ts fabuleux1 dont pr(itait l'in/9ctive ho/ilit de beauc\p d'autres4 ,mais il tait ncessaire qu'une bonne traduction a*evt d'ouvrir aux ,franais l'accs d'une doctr9e vraisemblablem5t de/9e obt5ir *ez eux tant de sympa?ie4 ,cette t*e a t entreprise p> ,m4 ,h5ri ,alb]t1 avec le conc\rs de la socit du ,m]cure de ,france4 ,m4 ,h4 ,alb]t et ses collaborateurs font p>l] ,nietzs*e un excell5t et brillant franais4 ,nietzs*e e/ sans conte/e le plus gr& prosateur de son pays4 ,le premi]1 il a introduit dans la prose allem&e cette p]fection1 ce s]r qui rgn5t depuis plus de trois sicles dans la prose franaise et en ont fait p5dant ce temps la bonne cole1 jamais impunm5t nglige1 de l'esprit europen4 ,voil1 sans d\te1 la cause la plus c]ta9e du succs rs]v ,nietzs*e en ,france3 son /yle4 ,au fond1 prose ou posie1 musique mme1 c'e/ la gr&e v]tu intellectuelle du ,franais de n'ent5dre que ce qui e/ bi5 crit1 et1 entre les mille =mes du mal crire1 de rpugn] surt\t au m\1 au tranant1 au diffus1 cette g]manique l5teur1 faite de consci5ce intellectuelle autant que de p>esse musculaire1 qui s'p& sans cesse et de t\s cts1 p\r ne se ramass] jamais compltem5t4 ,nietzs*e a ress]r la prose allem&e4 ,il l'a passe au feu4 ,il l'a dess*e de t\s les lm5ts aqueux qui1 jusque *ez ,g!1 la r5d5t flasque4 ,s'il n'y avait pas d'criva9 allem& qui exiget de son int]prte dans une langue trangre plus de supriorit1 il n'y en avait pas non plus qui se prtt tre traduit dans la ntre avec plus de bonheur4 ,i ,nietzs*e e/ un gr& admirateur et1 bi5 des g>ds1 un disciple de l'esprit franais4 ,il le compr5d4 ,ce trait seul suffirait non seulem5t p\r le rappro*] de n\s1 mais p\r faire de lui une r>et1 un vivant p>adoxe ou1 comme il aimait le dire1 un contres5s p>mi ses compatriotes4 ,les ,allem&s ont p\rtant de gr&es prt5tions l'objectivit4 ,p>mi les v]tus intellectuelles dont ils s'honor5t1 ils mett5t au premi] rang cette native aptitude entr] en communion avec le gnie et les ides des poques et des races les plus div]ses4 ,mais on ne voit vraim5t pas qu' l'exception de trois ou quatre 7a9si le gr& ,frdric1 ,g!1 ,s*op5hau]7 ils ai5t jamais su apprci]1 ni mme disc]n] ce qu'il y a de plus significatif et de plus inimitable dans notre littrature4 ,si ces facults de div9ation et de sympa?ie leur p]mett5t de p>ticip] aux visions1 aux rves1 aux s5tim5ts d'une humanit encore en enfance1 de lire dans l'closion de la posie populaire1 dans le my/re des traditions et des crdulits naissantes1 de ress5tir avec =ce t\t ce qui pe9t l'inconsci5t1 l'aspiration no/algique et confuse--ils se montr5t c]tes beauc\p mo9s connaisseurs qu& il s'agit de gt] aux fruits d'or1 aux inv5tions dlicates et inutiles d'une civilisation a*eve4 ,n\s autres1 hommes du s5s hi/orique1 n\s avons comme tels nos v]tus1 ce n'e/ pas conte/able4 ,n\s sommes sans prt5tion1 ds9tresss1 mode/es1 c\rageux1 ple9em5t capables de n\s dom9] n\s-mmes1 de n\s donn]1 trs reconnaissants1 trs pati5ts1 trs accueillants4 ,avec t\t cela1 n\s n'avons peut-tre pas beauc\p de gt4 ,av\ons-n\s le en f9 de compte3 ce qui n\s e/ le plus difficile saisir1 s5tir1 sav\r]1 aim]1 ce qui1 au fond1 n\s tr\ve prv5us et presque ho/iles1 n\s1 hommes du s5s hi/orique1 c'e/ prcism5t le po9t de p]fection1 de maturit d]nire dans t\te culture et t\t art1 la m>que propre d'ari/ocratie dans les uvres et les hommes1 leur heure de m] lisse1 d'alcyonique cont5tem5t1 l'clat d'or1 brillant et froid qui app>at sur t\te *ose a*eve4 ,peut-tre y a-t-il ncessairem5t une opposition entre cette gr&e v]tu et le bon1 t\t au mo9s le meilleur gt4 7,j5seits von ,gut und ,bse1 p4 #agh47 ,il y a donc des t]res *oisies o les ,allem&s ont t1 tant p> leurs qualits que p> leurs dfauts1 emp*s d'entr]4 ,a p>tir d'une c]ta9e hauteur1 la littrature franaise leur re/e close4 ,en ce sicle notamm5t1 s'ils l'ont connue1 fte t\t ensemble et mprise1 dans ses gros articles de colportage1 d',alex&re ,dumas pre ,s>d\1 ils en ont totalem5t ignor les produits f9s4 ,en v+t endroits de ses crits1 ,nietzs*e a donn de notre littrature1 ou plutt de ce qu'il y s5t de purem5t franais1 une c>actri/ique trs curieuse dans la =me1 trs lim9atrice et lective1 au fond trs raisonnable4 ,il la tr\ve avant t\t ari/ocratique4 ,du mo9s ce mot rsume-t-il assez bi5 les qualits qu'il en signale comme les plus prcieuses4 ,et il ne s'agit pas seulem5t de ce fait banal1 que1 depuis la ,pliade1 nos gr&s criva9s n'ont t populaires ni p> le langage ni p> le *oix des sujets4 ,nietzs*e veut dire qu'ils ne se sont propos d'autre matire exprim]1 reprs5t] sans cesse s\s des aspects n\veaux et rajeunis1 que celle qui f]ait la pr9cipale curiosit d'un ari/ocrate trs intellig5t1 d'un homme d'entire lib]t d'esprit et de gt suprme1 vivant dans une socit trs police1 une poque de paix publique4 ,qu'e/-ce qui intress]ait1 entre t\tes1 ces p]sonnages4 ,l'tude de l'homme1 je ne veux pas dire l'homme des bois et des cav]nes1 mais l'homme civilis 7correctif qu'il n'y avait pas beso9 d'aj\t] avant ,r\sseau71 la nature huma9e1 telle que l'ont1 non pas modifie ou d=me1 mais bi5 plutt dgage et presque cre1 en faisant des in/9cts les s5tim5ts et les gts1 en raff9ant1 compliquant1 intriorisant les passions1 plusieurs sicles de vie nationale et de sociabilit progressive4--,n'e/-ce pas l l'unique ?me de t\s les bons livres franais1 de ceux qui ne p\vai5t tre crits qu'en ,france8 ,de l leur c>actre la fois rali/e et *oisi2 ils sont aussi exempts d'idalisme que de vulg>it1 deux *oses p>fois assez pro*es d'ailleurs4 ,ne l'aurore de la plus belle et longtemps la seule civilisation mod]ne 7le signe le plus c]ta9 d'un beau mom5t de civilisation1 n'e/-il pas une c]ta9e p>5t pr(onde1 je ne sais quel gr& air commun entre les plus hautes et les plus orig9ales intellig5ces871 la littrature franaise e/ t\te v\e une uvre de luxe et de loisir3 la pe9ture1 la philosophie des passions4 ,c'e/ en ce s5s que l'art p\r l'art e/ sa maxime fondam5tale4 ,mais les passions n'tant belles que p> les murs1 disons que cette littrature a des murs4 ,elle n'e/ pas utilitaire1 ce qui signifie ni religieuse1 ni moralisatrice1 ni patriotique4 ,elle e/ assez ddaigneuse du sujet2 le pre/ige de la grosse av5ture1 plus encore celui des arrire-p5ses mtaphysiques ou cosmiques lui sont inutiles4 ,p\r captiv] et plaire1 elle a de plus f9s moy5s3 la p>ticul>it discrte de la vision1 le dire sobre1 +nieux et neuf4 ,enf91 elle e/ la seule littrature mod]ne qui et pu tre comprise p> des hommes de t\s les temps4 ,qu& on lit ,montaigne1 ,la ,ro*ef\cauld1 ,la ,bruyre1 ,font5elle 7p>ticulirem5t dans les ,dialogues des morts71 ,vauv5>gues1 ,*am=t1 on e/ plus prs de l'antiquit qu'avec n'importe quel gr\pe de six auteurs d'un autre peuple444 ,leurs livres s'lv5t p>-dessus les vicissitudes du gt national et de ces c\leurs philosophiques dont sc9tille et doit sc9till]1 p\r dev5ir clbre1 t\t livre d'auj\rd'hui2 ils conti5n5t plus de p5ses relles que t\s les livres des philosophes allem&s ensemble1 des p5ses de cette espce444 qui fait que ce sont des p5ses1 et que je suis emb>rass p\r df9ir2 il suffit1 je vois en eux des auteurs qui n'ont pas crit p\r des enfants ni p\r des en?\sia/es1 ni p\r des vi]ges ni p\r des *rti5s1 ni p\r des ,allem&s ni p\r444 me voil encore emb>rass p\r f9ir ma li/e4 ,mais voici une l\ange bi5 intelligible3 crits en grec1 ils aurai5t aussi t compris p> des ,grecs4 ,combi51 au contraire1 un ,platon lui-mme aurait-il pu compr5dre des crits de nos meilleurs p5seurs allem&s1 p> exemple de ,g! et de ,s*op5hau]6 p\r ne ri5 dire de la rpugnance que lui et inspire leur faon d'crire444 ,g!1 comme p5seur1 a plus volonti]s tre9t le nuage qu'on ne le s\hait]ait4 ,et quant ,s*op5hau]1 ce n'e/ pas impunm5t que son esprit se meut p>mi des allgories des *oses1 non p>mi les *oses elles-mmes4 ,quelle cl>t1 quelle *>mante dcision1 au contraire1 *ez ces ,franais6 ,voil un art que les plus f9s d'oreille p>mi les ,grecs euss5t pu ft]4 ,et il e/ une *ose qu'ils euss5t vue avec tonnem5t et adore1 la malice franaise de l'expression4 7,m5s*li*es1 ,allzum5s*li*es1 ,b& ,,ii1 p4 #caj47 ,je n'ai pas beso9 de prv5ir le lecteur que1 p>mi t\s nos criva9s du ,x,i,xe sicle1 un trs petit nombre cont9u5t la tradition de l'art franais1 sont franais au gt de ,nietzs*e4 ,la ,rvolution et le ,romantisme n'ont pas r5v]s1 comme on le prt5d1 mais corrompu la s5sibilit et l'imag9ation en ,france4 ,ce ne sont pas des produits nationaux1 mais plutt les drglem5ts et les ge/es f\s d'une nation f9e et n]veuse1 intoxique p> le pesant alcool d'ides trangres demi-b>b>es4 ,t\t ce qui1 dans les lettres1 en procde1 mme gr&iose1 e/ frelat1 mme gnial1 e/ de mauvais gt1 se =ce et m5t4 ,il faut suivre dans la monum5tale cohue de nos gnies littraires depuis ,r\sseau1 p>mi les pili]s de /uc colossaux1 sur*>gs1 vaniteux1 emphatiques1 dont l'normit assemble la f\le1 la voie de m>bre pur et solide1 autrefois royale1 auj\rd'hui dlaisse et presque secrte1 mais o l'on e/ du mo9s assur de *em9] avec les meilleurs4 ,il y a une ,france du gt1 dit ,nietzs*e1 mais il faut savoir la tr\v]4 ,et ailleurs3 ,il y a t\j\rs eu en ,france le petit nombre et cela a r5du possible une musique de *ambre de la littrature qu'on *]*]ait va9em5t dans le re/e de l',europe1 enf9 une littrature de purs psy*ologues4 ,de t\s nos mod]nes1 ne dev9e-t-on pas que le prfr de ,nietzs*e ne p\vait tre que ,/5dhal1 ce ,/5dhal dont l',allemagne hi] encore ignorait jusqu'au nom6 ,,ii ,ces vues de ,nietzs*e sur la littrature franaise et la vocation intellectuelle des ,franais sont p>ses dans c5t endroits de son uvre4 ,il n'en e/ pas de plus c>actri/iques de son t\r de p5se4 ,quel accueil tr\v]ont-elles en ,france8 ,y s]ont-elles comprises comme un p>adoxe ou comme une leon qui vi5t son heure8 ,ne n\s livrons pas au jeu des prvisions4 ,le lecteur n\s saura sans d\te beauc\p meilleur gr1 aprs lui avoir fait connatre quelque *ose des jugem5ts de ,nietzs*e sur l'orig9alit et les traits inimitables de notre nation1 de lui prs5t] les plus significatives des op9ions mises sur ,nietzs*e du ct franais1 l'tat de notre critique l'g>d du ,nietzs*isme4 ,il n'e/ pas brillant4 ,la gloire de ,nietzs*e en ,france aura eu des comm5cem5ts assez piteux4 ,je ne sais pas dans quelle gazette--gr& j\rnal ou revue jeune1--,nietzs*e fut m5tionn p\r la premire fois4 ,mais je connais le nom d'un des premi]s admirateurs franais de son gnie3 ,ta9e4 ,nietzs*e avait adress celui qu'il proclamait le premi] des hi/ori5s vivants un exemplaire de ,p> del le ,bi5 et le ,mal4 ,et sans d\te il eut lieu de se s5tir compris4 ,c> il pria ,ta9e de le mettre en relation avec une p]sonne capable de traduire ses livres et d'initi] un peu le public4 ,ta9e recomm&a ,nietzs*e un homme de lettres qui fait connatre aux lecteurs de quelques priodiques importants les n\veauts philosophiques4 ,une correspondance s'tablit entre ,nietzs*e et son futur int]prte2 elle doit tre bi5 curieuse2 un j\r ce d]ni] reoit une lettre o l'auteur de ,z>a?u/ra lui rvle qu'il e/ le ,*ri/ et qu'il a t le monde4 ,la mme communication avait t faite en mme temps ,george ,br&s1 le clbre critique danois1 et aux plus notoires amis que ,nietzs*e croyait compt] en ,europe4 ,nietzs*e tait dev5u f\4 ,il y a quelque temps1 on a pu lire au rez-de-*ausse d'un gr& j\rnal le lam5table docum5t1 suivi peu prs de ce comm5taire3 ,voil le p]sonnage dont on fait prs5t tant de bruit4 ,enf9 les propos de ,z>a?u/ra dev5ai5t intelligibles3 ils sont d'un p>alytique gnral6 ,l'ide qu'on s'e/ faite de ,nietzs*e p5dant les dix ou d\ze annes qui sp>5t la premire app>ition de son nom dans nos j\rnaux des premi]s propos srieux publis sur son compte1 fut gnralem5t celle de l'an>*i/e et du nihili/e le plus =c54 ,c'e/ =t curieux4 ,non seulem5t ,nietzs*e n'e/ pas du t\t ce p]sonnage4 ,mais il en e/ l'extrme1 le viol5t antipode4 ,d'une aussi trange mprise je vois plusieurs causes4 ,la pr9cipale1 c'e/ la ha9e de ,nietzs*e contre le *ri/ianisme4 ,p\r beauc\p de p]sonnes sans in/ruction 7et notamm5t p\r les an>*i/es71 *ri/ianisme1 g\v]nem5t1 ordre public1 code pnal1 code militaire1 g5d>m]ie1 t\t cela ne fait qu'un4 ,qui ru9e l'un branle l'autre4 ,une revue lib]taire1 que je crois tre--sans p\voir l'affirm]--l',humanit n\velle1 p>aissant alors s\s un autre nom1 donna la traduction de l',ant*ri/4 ,elle pr5ait l'auteur p\r un des si5s4 ,deux criva9s considrables ont adopt =t dcidm5t cette int]prtation de ,nietzs*e et fait ce qu'ils p\vai5t p\r la propag]4 ,auteur d'un trs beau livre sur le ,li$ en ,allemagne et des premi]s jugem5ts raisonnables publis en ,france sur ,ri*>d ,wagn]1 ,m4 d\>d ,s*ur ne p\vait manqu] de dire son mot sur le gr& adv]saire du wagnrisme4 ,il l'a fait avec plus de passion que de clairvoyance4 ,idali/e et my/ique--trs noblem5t d'ailleurs--romantique galem5t1 aussi encl9 croire t\tes les my?ologies de la consci5ce et du s5tim5t que sc&alis1 je le cra9s1 p> des dieux de m>bre--on ne p\vait att5dre de ,m4 ,s*ur une s]e9e apprciation4 ,il a trait ,nietzs*e un peu comme les polmi/es clricaux faisai5t ,r5an1 aprs la ,vie de ,jsus4 ,ces quelques lignes donn]ont l'ide de sa ?se3 ,il y a dans la vie de c]ta9es mes de brusques volte-face o1 prises d'une ha9e viol5te contre l'objet de leur culte1 elles brl5t ce qu'elles ont ador et ador5t ce qu'elles ont brl4 ,en p>eil cas1 l'idole r5v]se n'e/ qu'une occasion qui fait clat] la vraie nature et jaillir du fond de l'homme l'ange ou le dmon4 ,il y a eu un de ces po9ts t\rnants dans la vie intime de ,nietzs*e2 ce fut sa rupture avec ,ri*>d ,wagn]4 ,a p>tir de ce mom5t1 la maladie de l'orgueil qui c\vait en lui se dveloppa en proportions gigantesques p\r le conduire un a?isme froce et jusqu'au suicide intellectuel4 7,l'individualisme et l'an>*isme en littrature1 ,revue des ,deux-,mondes1 #ae aot #ahie1 p4 #ggg47 ,que ,nietzs*e ait pu tre s9crem5t dsan*ant du c>actre1 des ides et de la musique de ,wagn]1 et cela p\r des raisons qui ti5n5t la dlicatesse de sa nature morale1 la hauteur de sa philosophie et la p]fection de son e/htique1 ,m4 ,s*ur n'y songe pas un in/ant4 ,ce fut une apo/asie4 ,elle teignit *ez ,nietzs*e t\te la lumire de la sympa?ie4 ,et elle l'entrana de *ute en *ute jusqu'au crime4 ,ce n'e/ pas impunm5t qu'on jette l'ana?me aux matres auxquels on doit son initiation et ce n'e/ pas impunm5t qu'on maudit ses dieux4 ,a p>tir de ce mom5t1 ,nietzs*e entre dans un ds]t d'o il ne sortira plus et qu'il peupl]a tantt des rves ard5ts de son orgueil1 tantt des fantmes tr\bleurs de sa mauvaise consci5ce4 ,il av\e lui-mme sa peur444 7,ibid47 ,cet a?isme1 cette frocit1 ce s5tim5t d'univ]selle ha9e que ,m4 ,s*ur explique p> la rupture de ,nietzs*e avec ,wagn]1 c]ta9 pr(esseur d'univ]sit allem&e les attribue une rupture aussi1 mais diffr5te4 ,nietzs*e1 p5dant son s]vice militaire1 tomba assez malheureusem5t de *eval et se brisa la clavicule4 ,cet accid5t l'emp*a de dev5ir (fici] de rs]ve4 ,il en ress5tit un dsespoir et une fureur qui allr5t jusqu' la frnsie4 ,mais le vritable et trop spirituel inv5teur du nihilisme de ,nietzs*e1 c'e/ ,m4 ,t4 de ,wyzewa4 ,v\s prtez444 f9em5t vos qualits aux autres6 ,dans la ,revue ,bleue du #a;er novembre #ahia1 ,m4 de ,wyzewa a publi un article sur ,nietzs*e1 le d]ni] mtaphysici5 allem&4 ,voil une erreur3 la p5se de ,nietzs*e t5d diss\dre t\te mtaphysique4 ,je m'empresse d'aj\t] que ce n'e/ pas1 comme il e/ arriv trop de fois1 ,kant entre autres1 p> des argum5ts qui font ou qui laiss5t pass] une n\velle mtaphysique4 ,selon ,nietzs*e1 ce sont prcism5t les mtaphysici5s qui1 p> leur labeur con/ruire un monde idal et leur zle y faire croire1 montr5t t\t ce qu'il peut y avoir au cur de l'homme de cra9te et de mfiance du rel et donn5t l'exemple le plus c]ta91 mais d'ailleurs le plus hypocrite1 du nihilisme4 ,en fait1 l'auteur de ,z>a?u/ra e/ beauc\p plus vois9 de ,la ,ro*ef\cauld et de ,/5dhal que de ,hegel4 ,m4 de ,wyzewa simplifie en ces t]mes la philosophie de ,nietzs*e3 ,au comm5cem5t tait le non-s5s et le non-s5s v5ait de ,dieu et le non-s5s fut ,dieu4 ,ce rsum ne s'accorde gure avec la gr&e e/ime que ,m4 de ,wyzewa pr(esse p\r les op9ions littraires de ,nietzs*e1 t\t fait contraires1 dit-il1 au gnie allem& et con=mes au gnie franais4 ,il a connu ,nietzs*e ,bayreu? et l'impression qui lui en e/ re/e e/ celle d'un trange p]sonnage--d'un *at de g\ttires4--,mais il s]a beauc\p p>donn ,m4 de ,wyzewa cause de cette phrase3 ,j'ai tr\v dans ,nietzs*e la meilleure hi/oire de la musique qui soit4 ,avis nos musicographes4 ,j'ai hte d'arriv] aux seuls travaux vraim5t srieux dont ,nietzs*e ait t l'objet en ,france4 ,le livre de ,m4 ,h5ri ,li*t5b]g]1 auquel j'ai fait allusion1 se recomm&e t\tes les p]sonnes dsireuses de connatre cette philosophie et cette p]sonnalit1 encore nigmatiques1 autrem5t que p> des c>icatures ou des apologies4 ,il e/ sub/antiel et clair1 inspir p> une sympa?ie trs loyale p\r le matre qui p\vait dire3 ,je ne s5s pas en moi une seule g\tte de sang malpropre1 en mme temps qu'empre9t de la plus f9e rs]ve4 ,m4 ,li*t5b]g] expose dans t\te sa =ce et son pret la p5se de ,nietzs*e1 mais comme en l'int]prtant tacitem5t p> une sagesse plus calme1 ce qui r5d son exposition agrable et vivante et fait son livre p]sonnel4 ,j'y critiqu]ais peut-tre une t5dance isol] ,nietzs*e1 n\s le donn] comme une nature trs p>ticulire1 bi5 plutt que comme fauteur d'un m\vem5t gnral de p5se4 ,sans d\te1 ,nietzs*e e/ plus exceptionnel encore qu'on ne saurait le dire4 ,et ceci devrait refroidir un peu la jactance nietzs*enne de quelques trs jeunes g5s1 p>eils1 eux1 beauc\p d'autres4 ,mais on peut p5s] que cette extrme p]sonnalit a seulem5t p]mis ,nietzs*e de donn] un t\r trs vif et trs surpr5ant des ides dj mres1 att5dues en ,europe4 ,m4 ,li*t5b]g] ne r$\te1 d'ailleurs1 nullem5t l'influ5ce de ce pr(esseur d'n]gie qui1 *ose assez r>e p>mi ses confrres1 fut une trs belle me4 ,je crois mme qu'il fait des vux sages et modrs p\r que cette influ5ce s'ex]ce4 7,revue encyclopdique1 #f janvi] #aijj47 99 99 99 99 99 ,dans cette brve nom5clature n\s ne prt5dions pas du t\t donn] une bibliographie1 mais relev]1 p\r leur curieuse signification1 quelques-uns des premi]s jugem5ts mis sur ,nietzs*e en ,france4 ,depuis notre article1 a p>u 7,revue hebdomadaire du #bc m>s #aija7 l'tude dj m5tionne de ,m4 ,jules de ,gaulti] sur le ,s5s de la ,hir>*ie *ez ,nietzs*e4 ,en dpit d'un titre qui semble en re/re9dre l'objet1 mais en ralit s'attaque l'ide c5trale1 cette tude e/ la meilleure clef du nietzs*isme que n\s ayons4 ,ce travail e/ trop ple91 trop abondant en =mules dcisives p\r que n\s le gtions p> une analyse1 =cm5t sommaire4 ,signalons seulem5t que1 dans une conclusion dont la =ce logique atte9t au pa?tique1 ,m4 de ,gaulti]1 aprs avoir obs]v que cons]vateurs et rvolutionnaires v\drai5t galem5t tir] eux cette p5se n\velle et en =tifi] leur po9t de vue1 s'applique prcis] l'attitude de ,nietzs*e l'g>d des uns et des autres4 ,on se dispute ,nietzs*e en effet4 ,ne n\s p>l]a-t-on pas bi5tt d'un ,nietzs*e an>*i/e et fauteur de t\s les excs8 ,n\s l'avons int]prt dans un s5s cons]vateur4 ,les explications de ,m4 de ,gaulti] montr]ont jusqu' quel po9t n\s y tions fond4 ,,ii ,,sur ,,la ,,hi,,r>*ie ,les ,grecs considrai5t la cit comme une uvre de raison et comme une uvre d'art4 ,non pas que l'utopie les sduist4 ,a?nes n'et jamais pris au srieux ces va9s plans d'organisation sociale1 dduits de quelque idal t\t =m1 de logique et de ju/ice absolues1 qui en impos5t si facilem5t aux mod]nes4 ,dans ces phalan/res1 dans ces imag9aires ,sal5tes o notre navet e/ trop dispose reconnatre1 s9on l'ef=t d'une puissante raison con/ructive1 t\t au mo9s le rve d'un cur gnreux1 loyalem5t huma91 ces naturali/es n'aurai5t pu voir que les ab]rations pauvrem5t fa/ueuses d'intellig5ces disqualifies1 p]v]ties p> l'isolem5t ou p> la rvolte4 ,platon lui-mme mle l'idalit de ses con/ructions un =t +rdi5t de ralisme4 ,on sait comm5t1 dans sa ,rpublique1 la raide et *imrique gomtrie du communisme d'tat e/ corrige p> le pr9cipe d'une hir>*ie sociale fonde sur l'9galit des hommes4 ,en mme temps qu'h>monieuse et complaisante l'ordonnance1 la conception politique des ,grecs tait donc positive et con=me la nature4 ,ils se reprs5tai5t la cit p>faite l'image d'un corps huma9 vig\reux et beau4 ,ces deux sortes d'conomies leur p>aissai5t avantageusem5t comp>ables4 ,l'exi/5ce du corps de l'tat dp5dait leurs yeux de la mme condition ess5tielle que l'exi/5ce de l'organisme vivant3 savoir1 une hir>*ie de fonctions int]nes1 gales en ncessit1 mais non pas en dignit4 ,platon dit que1 dans la rpublique1 les magi/rats et les philosophes sont la tte1 les gu]ri]s le cur1 les artisans et les lab\reurs le v5tre4 ,or1 si l'activit du v5tre et des viscres s'emploie t\te la cons]vation de la vie physique1 il n'en e/ pas de mme de l'activit de la tte1 organe noble1 dont une bonne p>tie e/ prleve p> la p5se1 l'art1 la philosophie1 fonctions de luxe et de loisir4 ,les p>ties viles de l'organisme travaill5t donc la fois et p\r le bi5-tre du t\t--d'o dp5d le leur propre--et p\r les plaisirs spciaux des p>ties suprieures4 ,a ce dv\em5t ncessaire les premires ne p]d5t ri51 c>1 incapables de subsi/] et de se rgl] p> elles seules1 elles ont beso9 de l'h>monie gnrale1 laquelle s]ait videmm5t compromise si l'organe dirigeant1 s5tant se t>ir la s\rce de sa n\rriture1 dev5ait inquiet et fivreux4 ,pl?orique1 le c]veau ne p5se gure1 mais maci1 il p5se mal1 il a des visions4 ,a9si sa bonne alim5tation importe au corps t\t enti]4 ,les ,grecs comprir5t m]veille l'unit de la matire et de l'esprit dans la nature huma9e4 ,en faisant de l'me la =me du corps1 ,ari/ote m>que la relation troite de la p5se1 de sa qualit1 de ses modes avec l'individualit physique2 l'me n'e/ pas un pr9cipe absolu1 t\j\rs id5tique lui-mme1 mais un c]ta9 degr de lib]t1 de sagesse1 de clairvoyance1 de gnrosit1 de bonheur1 qui c>actrise *aque homme et que le tact apprcie4 ,doctr9e s\v]a9em5t naturelle1 gale di/ance d'un matrialisme pesant et de la folie de l',esprit pur1 de l',esprit nant4 ,il n'y aurait qu' appliqu] d'aussi heureuses intuitions de la ralit huma9e au problme de l'tat p\r concevoir1 comme p> en*antem5t1 l'h>monie pr(onde qui exi/e entre les f9s d'utilit gnrale dont le s\ci s'impose primordialem5t au politique1 et les f9s de civilisation suprieure1 de p]fectionnem5t huma91 dont il a l'am\r4 ,nietzs*e a plusieurs fois crit qu'un peuple1 une race-- les considr] matriellem5t1 comme suite de gnrations1 foison d'anonymes1--ne sont que la matire g*e p> la nature1 en travail de trois ou quatre gr&s hommes4 ,peut-tre cette vue trahit-elle *ez ce classique et cet a?e qu'e/ ,nietzs*e un re/e de romantisme1 un gt de sang1 de victimes et la manie de la ju/ification4 ,p\rquoi les gr&es mes1 les royales intellig5ces1 les socits *oisies1 o s'entreti5t la fte des dlicates et belles murs1 ne s]ai5t-elles pas la p>ure d'une nation qui ne s'e/ pas sacrifie1 mais a tr\v son pr(it les produire8 ,c'e/ encore une ide d',ari/ote que le plaisir rsulte d'une activit con=me la nature1 ou plutt qu'il s'y aj\te comme la vigueur de l'adolesc5ce sa fleur4 ,on p\rrait dire p>eillem5t que1 dans la cit1 le beau s'aj\te de lui-mme l'utile4 ,qu& la prosprit et l'ordre publics sont assurs p> la collaboration suffisamm5t bnvole de t\s1 qu& *aque citoy51 ayant1 p\r a9si p>l]1 le naturel de sa fonction1 ne peut que tr\v] normal et ju/e un tat de *oses qui1 en l'y bornant sagem5t1 l'y conti5t et l'y protge1 alors il e/ p]mis quelques esprits de j\ir1 alors il y a place au sommet de la cit p\r l'art et p\r la philosophie4 ,que si1 au contraire1 p> le fait d'une politique ou *imrique ou pas assez obs]vatrice1 un dsaccord gnral arrive rgn] entre les op9ions1 c'e/--dire1 au fond1 entre les c>actres et les conditions1 si l'inquitude publique assure d'avance du crdit aux premi]s plans v5us de r=me sociale ou morale et r5d l'heure propice aux prophtes1 aux dt5teurs de vrit absolue1 dans ce cas l'tat de ds9tressem5t ncessaire p\r la cration de la beaut et p\r un usage picuri5 de la p5se ne se ralis]a qu' gr&'pe9e4 ,les hommes les plus +nieux1 les plus nettem5t m>qus p\r une vocation de luxe1 re/]ont sans emploi4 ,idali/es peut-tre1 mais idali/es aviss1--faut-il dire ironiques8--les ,grecs tr\vai5t un ordre politique fond sur la hir>*ie naturelle des hommes ce d\ble avantage de procur] le bi5-tre gnral et de p]mettre une lite les plaisirs de la contemplation4 ,cette doctr9e e/ assurm5t ari/ocratique1 mais non pas au s5s froce ou ddaigneux4 ,une politique aussi s\cieuse de ne dem&] *aque citoy5 qu'une activit en h>monie avec son naturel et1 p> une vid5te consqu5ce1 de lui assur] la cons]vation d'un naturel en h>monie avec le g5re d'activit dont il e/ capable1 une telle politique mrite le nom d'huma9e et de bi5veillante4 ,elle semble autrem5t apte procur] la plus gr&e somme possible de bonheur public qu'un sy/me de g\v]nem5t qui prt5drait appliqu] la conduite des hommes quelque conception idale et conjecturale de l'humanit4 ,sans d\te1 elle sanctionne des privilges2 ou plutt elle df9it des compt5ces1 p>eillem5t ncessaires1 bi5 qu'9galem5t prcieuses4 ,mais o pr5d-on que des privilges ne soi5t que des plaisirs et non des *>ges8 ,c'e/ une dsignation =t onreuse que celle qui n\s di/+ue publiquem5t1 lgalem5t1 comme des tres mieux ns que d'autres1 c'e/--dire comme les matres de la gnrosit1 de la magnanimit1 de la brav\re1 de la hauteur de cur1 de la matrise de soi-mme1 des belles faons4 ,mais la vrit e/ que1 dans cette ,rpublique1 dont rvai5t les p5seurs grecs et qui n'tait utopique peut-tre que p\r ne pas t5ir assez compte de l'utopie1 de l'lm5t dmagogique et visionnaire1 t\t tait magi/re et privilge4 ,a *aque spcialit de fonctions correspondait psy*ologiquem5t le monopole de c]ta9es v]tus4 ,*aque classe sociale se di/+uait p> des traits non seulem5t matriels1 mais moraux1 huma9s4 ,il faut bi5 dire ce qui dans t\te conception ari/ocratique et traditionnelle (f5se le plus les dmocrates mod]nes3 ce n'e/ pas prcism5t le pr9cipe de l'9galit politique1 mais plutt la fran*ise reconnatre le fondem5t de l'9galit politique l o seulem5t il rside3 dans les 9galits naturelles4 ,ils v\drai5t que celles-ci fuss5t nies--effrontm5t--et que la cit1 impuissante sans d\te faire pass] t\t le monde p> les plus hautes *>ges1 proclamt t\t au mo9s une sorte d'galit mtaphysique1 spirituelle1 entre les hommes1 la p>eille valeur de t\tes les consci5ces1 de t\tes les mes4 ,obligs de r5onc] pratiquem5t la folie de leurs vux purils1 ils admettrai5t la rigueur que t\tes les fonctions ne fuss5t pas l'objet des mmes bonheurs1 mais la condition que *acun ft admis au mme titre se prononc] sur la religion et sur la morale4 ,or1 de t\tes les prrogatives possibles1 il n'en e/ pas1 ju/em5t1 dont une rp>tition aveugle1 une concession indiscrte1 m5at l'tat et la civilisation de plus de dang]s4 ,plutt prt5dre t\s les citoy5s aptes de naissance taill] dans le m>bre un bel ,apollon que de les faire indi/9ctem5t libres juges du ju/e et de l'inju/e1 du bi5 et du mal1 du fondem5t des murs1 des orig9es de l'autorit et de la mission de la patrie4 ,s\v]a9es que/ions rs]ves mo9s de p]sonnes encore que la sculpture et la musique1 objet d'une plus prcieuse espce de compt5ce6 ,un tat o il n'y aurait que des premi]s m9i/res s]ait mo9s expos la dissolution et l'an>*ie qu'un tat dont t\s les membres s]ai5t augures ou py?onisses1 int]prtes des dieux4 ,c> les dieux ont t\j\rs ressembl s+ulirem5t aux mes qui p>l5t s\s leur inspiration4 ,et il n'e/ pas vrai que t\tes les mes soi5t gales4 ,il ne l'e/ pas davantage qu'une socit organise ait jamais pu se pass] de dieux4 ,pas de p\voir public qui n'ait tir de quelque div9it son pr9cipal moy5 de pre/ige et de g\v]nem5t3 div9its de m>bre et d'or1 div9its de bois444 ou div9its de mots4 ,mais l'exi/5ce d'une hir>*ie sociale ne se ju/ifie pas seulem5t p> l'intrt politique et l'intrt matriel de la nation considre comme un t\t4 ,elle e/ ncessaire la sant et la beaut de l'espce huma9e4 ,elle pr(ite la dignit des individus de t\t rang1 je dis3 du peuple non mo9s que de l'ari/ocratie4 ,le rgime de la di/9ction des classes peut seul faire atte9dre la gnralit des citoy5s leur maximum de valeur morale et d'intellig5ce4 ,celui de l'galit univ]selle les mne au dv]gondage4 ,en obligeant t\j\rs le premi] v5u manife/] des op9ions sur les intrts les plus gnraux de la civilisation et de l'tat1 il lui fait une loi de la sottise4 ,quoi de plus ru9eux p\r n\s-mmes que des devoirs ou des prt5tions suprieurs la sphre de compt5ce visiblem5t circonscrite p> notre naturel8 ,cette immode/ie n\s r5d nuisibles l'ordre public1 comme sont t\s les mal assurs1 t\s les agits4 ,mais surt\t elle n\s dfigure2 elle dp5se en creuses p>oles1 en ge/es impuissants et mal ordonns1 une activit qui1 conc5tre sur des objets adquats1 et enfant quelque *ose4 ,tr\bl] t\s les hommes avec des s\cis qui ne laiss5t de sang-froid que des ttes exceptionnellem5t av]ties6 ,le dogme fondam5tal de l'galit>isme1 c'e/ que si t\s n'ont pas la sci5ce1 t\s ont l'inspiration4 ,v]rons-n\s jamais la ralisation de ce sombre rve3 les ouvri]s de ,p>is p5*ant sur leur v]re de v9 des visages assombris p> quelque folle esprance millnaire6 ,mais qu& mme le rle d'hirophantes1 de rvlateurs du droit et la ju/ice1 des orig9es et des f9s d]nires1 re/]ait en fait rs]v quelques docteurs pr(essionnels1 manieurs de mots1 la f>ce aj\te l'hi/oire p> le triomphe du dogme galitaire n'en s]ait pas mo9s sc&aleuse1 c> la f\le s'assembl]ait aut\r des prophtes1 en qui elle se reconnatrait2 c'e/ d'elle qu'ils tir]ai5t leur autorit4 ,or ce qui importe p\r la qualit des produits de la consci5ce huma9e1 c'e/ de savoir s'ils s]ont jugs d'en haut ou d'en bas4 ,otez au peuple les cl>ts sres et apaisantes que les traditions1 l'antique religion du pays lui f\rniss5t sur l'ordre social et ses fondem5ts1 et p]suadez-le que l'esprit de vrit s\ffle en lui comme le v5t dans les =ts vi]ges1 v\s le v\ez aux visions1 au dlire4 ,quels s]ont alors ses matres8 ,ceux qui lui (friront son image enorgueillie1 des mes sans mesure qui1 s5tant comme ces masses g>es1 mais avec une impudeur1 une fivre extraord9aires1 avec une horrible navet1 moralem5t dbrailles jusqu' l'innoc5ce et jusqu'au gnie1 lui p>l]ont la voix de ,dieu4 ,a9si libr1 le peuple s'appelle plbe4 ,les ,grecs avai5t horreur d'une plbe4 ,mais ils ne v\lai5t pas un peuple de fellahs4 ,ils p5sai5t des =g]ons sa9s et de =te humeur1 p>leurs1 libres entre eux1 respectables p> leur matrise et leur m>teau1 remplis de prov]bes et de malice1 srs de leurs op9ions morales et se sa*ant seuls juges de la conduite des filles et des femmes de leur tat4 ,du mo9s1 ces traits peign5t-ils assez l'ide d'un ,franais de bonne race qui a beauc\p de bi5veillance mettre d'accord avec sa raison politique4 ,il n'importe que dans cet ap]u de la belle cit grecque n\s n\s soyons s\ci d'autre *ose que d'exactitude textuelle et ayons enri*i de quelques f9esses psy*ologiques la con/ruction are d',ari/ote4 ,n\s montrons ici que la hir>*ie des classes e/ une condition ncessaire de la sagesse du peuple1 non pas seulem5t de celle qui tranquillise1 p\r un temps au mo9s1 le p\voir c5tral1 mais de celle-l plus encore dont le peuple lui-mme j\it et peut tir] fi]t4 ,il faut voir dans les dialogues de ,platon avec quel srieux ces jeunes g5s dlimit5t le doma9e du poti] et du corroyeur et l'y dcl>5t matre4 ,qui e/ bon e/imateur d'un vase8 dem&5t-ils4--,le poti] habile4--,et de la *orgraphie8--,le matre dans]4--,qui e/ bon int]prte des dieux8--,les prtres et les augures8--,a qui donc1 mon fils1 dirons-n\s qu'il app>ti5ne de jug] des murs1 de la religion et de l'ordre de la cit8--,aux meilleurs1 ,socrate 7 71 aux vridiques 7 71 aux hommes bi5 ns qui ont l'me belle 774 ,a9si leur p>ole concise sculpte en passant de belles et solides figures de matres artisans4 ,des f\les d'hommes de peu de saillie individuelle se tr\v5t p>s de dignit1 leur imp]sonnalit mme devi5t une sorte de gr&eur4 ,,table ,,n\velle ,,pr,,face #a ,,av]tissem5t #ci ,,la ,,morale ,,de ,,nietzs*e #de ,,app5dice #abe ,i4 ,nietzs*e en ,france #abh ,,ii4 ,sur la ,hir>*ie #add #ehgig-f-bc4--;,imp4 ,villa9 et ,b>1 ,p>is 7,france74