,c4 ,,wagn] ,,jeunesse ,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise ,,v+t-,,septi,,me ,,dition ,,p>is ,,librairie ,,fis*ba*] 7,,soci,t ,,anonyme7 #cc1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #cc ,t\s droits rs]vs ,,du ,m,,me ,,auteur3 ,l',ami4 ,dialogues intrieurs4--#c;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,ju/ice4 ,huit disc\rs4--#g;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,jeunesse4--#bg;e dition4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise74 ,vaillance4--#ah;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,la ,vie simple4--#f;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,auprs du foy]4--#c;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,l'vangile et la ,vie4 ,s]mons4--#d;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,sois un homme6 ,simples caus]ies sur la conduite de la vie4--#b;e dit4 #a volume 9-#ab1 bro* #a fr4 #be2 reli #b fr4 -- ,l'me des *oses4--#b;e d4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,le long du *em94--#d;e dit4 #a vol4 9-#ab #c fr4 #ej ,il exi/e de ces ouvrages des traductions en ,anglais1 ,russe1 ,itali51 ,sudois1 ,norvgi51 ,holl&ais4 ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays1 y compris la ,holl&e1 la ,sude et la ,norvge4 ,a ,,la ,,jeunesse ,,et ,a ,,t\s ,,ceux ,,qui ,l',,aim5t ,,p\r ,,elle-,m,,me ,,pr,,face ,ce livre e/ n des circon/ances4 ,en l'crivant1 j'avais con/amm5t prs5ts mon s\v5ir une quantit de jeunes hommes1 app>t5ant des milieux trs diffr5ts1 et qui me ratta*e un mme li5 d'affection4 ,leur compagnie1 leur g5re de vie1 leurs confid5ces m'ont inspir4 ,j'ai pu me conva9cre1 en les frqu5tant familirem5t1 que malgr les diffr5ces que con/itu5t entre eux les situations sociales1 la nature des tudes1 l'9galit d'ducation et de valeur morale1 ils avai5t de nombreux traits communs dans le bi5 et dans le mal4 ,ce qui frappe le plus dans la jeunesse d' prs5t1 c'e/ qu'elle semble faire la vie un accueil assez rs]v4 ,je sais qu'il e/ conv5u de le lui repro*]4 ,on tablit des comp>aisons peu flatteuses entre elle et la jeunesse de c]ta9es poques difficiles1 o l'on allait v]s l'av5ir le cur ple9 d'entra91 et comme s\riant la =tune svre4 ,mais quelque spcieuses qu'elles soi5t1 ces comp>aisons ne sont pas ju/es4 ,la "p de vrit qu'elles r5f]m5t disp>at dans l'exagration d'un jugem5t sommaire4 ,je ne puis1 p\r ma "p1 accus] la n\velle gnration1 en bloc1 d'+ratitude env]s le temps exceptionnel dont elle e/ l'hritire1 ni surt\t1 comme le font plusieurs1 la s\ponn] de maladie imag9aire4 ,notre jeunesse s\ffre positivem5t4 ,le malaise qui la travaille n'a ri5 de commun avec l'+ratitude ou la pose purile2 ,il e/ rel et du plus grave intrt p\r quiconque ne s'e/ pas habitu dire3 aprs n\s le dluge4 ,l'orig9e de ce malaise e/ *]*] dans la crise gnrale que trav]se notre poque4 ,le scepticisme1 le ralisme1 la vie factice1 rsultats transitoires de la civilisation mod]ne1 con/itu5t un tri/e milieu pdagogique4 ,la plante huma9e n'y prospre pas4 ,elle y e/ condamne des privations matrielles et spirituelles qui l'tiol5t1 lui font une jeunesse t]ne et une vieillesse prcoce4 99 99 99 99 99 ,l'exi/5ce anormale que n\s m5ons a produit un abaissem5t de la vitalit huma9e4 ,p>mi les =mes multiples de ce mal j'ai essay de dcrire celles qui m'ont plus p>ticulirem5t frapp4 ,en mme temps j'ai signal les ef=ts t5ts p\r les combattre4 ,t\s ces ef=ts1 de quelque nom qu'on les dsigne1 se rsum5t en ceci3 ,ret\r l'exi/5ce normale1 l'quilibre huma91 au respect des lois de la vie4 99 99 99 99 99 ,n\s n\s sommes c>ts des s\rces1 il faut y rev5ir3 voil l'ide-mre de ce livre4 ,si je devais le rsum] en un seul avis1 je dirais aux jeunes hommes3 ,soyez jeunes et soyez des hommes6 99 99 99 99 99 ,ce n'e/ pas sans regret que je me sp>e de ces pages4 ,je les eusse v\lues plus dignes de la cause qu'elles sont de/9es s]vir4 ,mais le mom5t me semblait v5u de les publi]4 ,t\t mon dsir e/ que l'un ou l'autre de mes jeunes contempora9s y tr\ve une de ces p>oles qu'il fait bon ent5dre qu& on a v+t ans et qu'on emporte comme viatique p\r le re/e du voyage4 ,c4 ,,wagn] ,p>is1 #ae novembre #ahia4 ,,livre ,,premi] ,l',h,,ritage ,a quoi s]virait-il l'homme de gagn] le monde s'il p]dait l'me8 ,jsus4 ,il y a plus de *oses entre le ciel et la t]re que n'en s\ponne votre sagesse d'cole4 ,%akespe>e4 ,i ,,les ,,conqu,,tes ,,du ,,si,,cle ,on voit p>fois1 sur la f9 de l'hiv]1 le j>d9i] s\cieux de son j>d91 se prom5] le long des espali]s et des treilles4 ,il exam9e l'tat des b\rgeons et du bois1 int]roge d'un il att5tif les my/rieuses enveloppes que va gonfl] et d*ir] bi5tt la sve du pr9temps4 ,ces prom5ades o l'anxit se mle t\j\rs l'esprance1 me rappell5t p> analogie1 une autre prom5ade1 plus tr\blante encore et plus intressante1 celle que peut faire trav]s la jeunesse le p5seur proccup de l'av5ir4 ,l aussi dort1 enveloppe et p\rtant app>5te dj s\s le voile qui la rec\vre1 la gr&e "q de dema94 ,il g]me et gr&it dans le cur des jeunes1 il f]m5te s\s leur front des *oses plus significatives que celles qu'essaie de dev9] le j>d9i] s\s l'corce des b\rgeons4 ,intressante t\j\rs1 et t\j\rs digne de la plus sympa?ique att5tion1 la jeunesse mrite surt\t de n\s attir] aux poques critiques1 o des *angem5ts d'ori5tation s'annonc5t4 ,ne semble-t-il pas que tel soit le cas la f9 de ce sicle8 ,sans d\te1 c'e/ une erreur grossire que de confondre les priodes de l'volution huma9e avec ces divisions *ronologiques factices qu'on appelle des sicles4 ,on attribue aux sicles une jeunesse et une vieillesse1 on p>le de leur aurore et de leur dcl94 ,ri5 ne rpond mo9s la ralit4 ,des m\vem5ts puissants ont m>qu la f9 de c]ta9s sicles2 d'autres ont comm5c dans le m>asme et la snilit4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai qu'il peut se produire une concid5ce entre le t]me d'une priode hi/orique et le t]me d'un sicle4 ,tel e/1 je crois1 le cas l'heure prs5te4 ,n\s avons d]rire n\s t\t un va/e dveloppem5t1 dans lequel on peut rem>qu]1 aprs les en?\siasmes juvniles et les ef=ts virils d'une brillante maturit1 les hsitations et les symptmes de lassitude ord9aires la vieillesse4 ,mais1 comme l'humanit se r5\velle sans cesse et r5at de ses c5dres1 c'e/ au mom5t o les *oses anci5nes sont arrives leur maximum de dcrpitude1 que les *oses neuves se prp>5t4 ,qu'un in/ant comme celui que n\s trav]sons soit gros de problmes d'av5ir1 p]sonne n'en d\te2 que ces problmes se pos5t avec plus d'insi/ance ceux qui entr5t dans la vie qu' ceux qui y sont dj engags ou ceux qui vont en sortir1 c'e/ vid5t4 ,ri5 de plus naturel1 p> consqu5t1 que de se t\rn] v]s la jeunesse1 et dans son intrt et dans le ntre4 ,que f]a-t-elle8 ,comm5t va-t-elle p\voir s'in/all] dans le monde que lui lgu5t ses prdcesseurs8 ,quels sont ses prils1 ses esprances1 ses devoirs pressants8 ,c]tes1 voil de quoi excit] les plus lgitimes curiosits4 ,p\r arriv] voir clair dans ces div]ses que/ions1 il convi5t d'abord de dress] une sorte d'inv5taire et de c>actris] brivem5t l'hritage qui *oit notre jeunesse4 ,il n\s faudra ensuite essay] de compr5dre cette jeunesse elle-mme et quelques-uns des c\rants qui s'y di/+u5t4 ,n\s n\s ef=c]ons1 aprs cela1 de trac] un idal pratique capable d'inspir] une lite de la jeunesse contempora9e dans la gr&e mission qui lui incombe1 et qui e/ de pr(it] du bi5 que lui laisse le sicle qui s'en va1 en s'ef=ant de combl] les lacunes et de rp>] les fautes4 99 99 99 99 99 ,il e/ t\j\rs trs malais de ram5] l'unit et de gr\p] s\s un seul po9t de vue1 les lm5ts si div]s de l'activit huma9e4 ,mais1 en gnral1 le trait saillant d'un sicle n'e/ pas difficile dc\vrir1 et c'e/ ce trait qui en dt]m9e la physionomie1 les t5dances1 les beauts et les ta*es4 ,en la dsignant d'aprs son /igmate p]sonnel jamais indlbile1 on ne saurait appel] la priode dont n\s sortons autrem5t que3 l'ge de la sci5ce inductive4 ,la sci5ce y e/ arrive peu peu1 et1 p\r la premire fois depuis qu'il y a des hommes1 tre la puissance dirigeante4 ,quoique cela puisse p>atre vid5t1 il n'e/ pas sup]flu de l'affirm]1 cause de l'ide sup]ficielle qu'on se fait s\v5t du gr& travail huma91 et de ce qu'il e/ conv5u d'appel] le progrs4 ,on se reprs5te communm5t l'humanit en m>*e sur une r\te de longueur inf9ie o *aque gnration m>que son tape4 ,il y aurait a9si1 sauf les diffr5ces d'allure1 avancem5t con/ant sur t\te la ligne4 ,cette conception e/ fausse et dang]euse4 ,non seulem5t il y a1 dans la m>*e des socits1 de longs arrts et des reculs1 mais il y a des *angem5ts de direction ess5tiels4 ,ce qui e/ l'idal c]ta9es poques1 peut tre1 d'autres1 nglig1 f\l aux pi$s mme1 et p\rtant ces deux poques collabor5t1 *acune sa faon1 l'accomplissem5t des f9s de l'hi/oire4 ,il y a des priodes de cration et des priodes de de/ruction2 il en e/ qui sont v\es l'analyse et aux oprations de dtail1 d'autres qui arriv5t la syn?se4 ,celles-ci sommeill5t1 celles-l se prcipit5t comme un torr5t4 ,c]ta9s sicles sont religieux1 potiques1 arti/iques1 d'autres comm]ants1 indu/riels1 gu]ri]s4 ,il en e/ d'effm9s et de dissolus1 comme il en e/ d'n]giques et de v]tueux4 ,et t\s amn5t sur la scne leurs hommes p>ticuli]s1 enfants prfrs faits leur image1 et remett5t l'honneur et la puissance1 t\r t\r1 aux rveurs1 aux diplomates1 aux beaux p>leurs1 aux viol5ts1 aux sages1 aux f\s1 aux favoris1 aux c\rtisans4 ,mais l'volution huma9e e/ si va/e et si complique qu'elle n'embrasse jamais t\t la fois3 elle procde p> p\sses successives dans les directions les plus v>ies4 ,malgr la ri*esse de ses aspirations ou son ef=t p\r t\t tre9dre1 *aque priode d'activit ne fait que sa p\sse p>ticulire laquelle t\t se subordonne1 on peut mme dire1 se sacrifie4 ,il se con/ate alors comme une sorte de pol>isation du travail total de l'humanit aut\r d'un c5tre de prdilection4 ,dans la sphre p>ticulire qu'il cultive avec am\r1 un sicle dpasse1 en gnral1 les prcd5ts4 ,cela n'implique pas qu'il les ait dpasss ni mme gals p\r le re/e4 ,au contraire1 les avantages qu'il ralise en conc5trant t\te son n]gie sur un po9t1 se traduis5t p> un dficit dans d'autres doma9es4 ,les sicles1 comme les individus1 ont les dfauts de leurs qualits4 ,il y a l une loi gnrale dont il faut se s\v5ir4 ,grce elle1 on compr5d mieux comm5t1 p> exemple1 les anci5s qui tai5t nos matres p\r tant de *oses1 n'tai5t que des enfants en sci5ce1 comp>ativem5t n\s4 ,mais la mme loi n\s expliqu]a1 p> un ju/e ret\r1 c]ta9es lacunes d\l\reuses de la civilisation actuelle4 ,n\s avons donc fait1 n\s1 notre p\sse du ct de la sci5ce inductive1 non p> un effet de la fantaisie huma9e1 mais guids p> la ncessit4 ,s\s la l5te usure du temps les vieilles bases sociales et les antiques croyances dev5ai5t caduques et craquai5t4 ,il tait urg5t de les raff]mir en s\mettant un contrle svre les faits et les notions qui entrai5t comme matriaux dans ce vnrable difice4 ,cela ne p\vait se faire qu'en repr5ant l'humble s5ti] de l'expri5ce4 ,avec une pati5ce l'preuve de t\s les labeurs1 l'homme s'y e/ rsign et a entrepris de revis] le monde p> le m5u dtail4 ,petit et faible1 en face de la cration gante1 phmre en face du temps que ri5 ne mesure1 il ne s'e/ laiss rebut] ni p> la mdiocrit de ses moy5s1 ni p> l't5due de la t*e4 ,simplem5t1 c\rageusem5t1 se s]vant de ses yeux p\r voir1 de ses doigts p\r t\*]1 de son cur p\r pr\v]1 il s'e/ mis l'uvre4 ,or il s'e/ r5contr que cette m?ode qui consi/e se laiss] guid] d'un fait l'autre1 allant de ce qui e/ prs et connu v]s ce qui e/ lo9 et inconnu1 tait la plus m]veilleuse des tr\vailles4 ,elle faisait p>c\rir1 t\t petits pas trs srs1 des di/ances prodigieuses4 ,les travailleurs se succdai5t dans leur t*e s\v5t obscure1 o il fallait1 p\r comm5c]1 s\ffrir mille privations4 ,mais lorsque l'un d'eux tombait1 un autre embotait le pas4 ,que de pe9es oublies et de dc\v]tes ignores6 ,jamais l'humanit ne fut plus admirable que sur cette r\te esc>pe o n\s la voyons m>*]1 lasse1 meurtrie1 mais non rebute1 t5ant en ma9 le fil d'or qui doit la guid] trav]s les tnbres1 v]s l'aube de vrit4 ,grce cette somme prodigieuse de travail1 n\s possdons des avantages qu'il n'e/ pas p]mis d'numr] sans motion et sans reconnaissance4 ,les a/ronomes n\s avai5t rvl l'imm5sit de l',univ]s1 et mis notre porte des faits dont la gr&eur dpasse l'imag9ation mme4 ,les gographes et les explorateurs n\s ont mieux fait connatre le globe que n\s habitons4 ,les gologues n\s en ont racont l'hi/oire t\rm5te et dmesurm5t anci5ne4 ,les sci5ces naturelles ont comm5c n\s initi] aux =mes sans nombre que revt la vie dans le monde vgtal et animal1 et n\s ont rvl un inf9i plus admirable que celui que n\s montrai5t les a/ronomes1 je veux dire l'inf9im5t petit4 ,les mdec9s et les physiologi/es ont pntr plus avant dans l'exploration si dlicate et si difficile du corps huma91 af9 de n\s enseign] mieux n\s connatre et lutt] plus efficacem5t contre les s\ffrances et la maladie4 ,la mcanique et la *imie ont acclr les relations1 rduit les di/ances1 c5tupl la production indu/rielle et augm5t le bi5-tre4 ,l'lectricit enf91 cette allie de la d]nire heure1 qui g>de son secret et n\s s]t sans se faire connatre1 a ralis des progrs qui semblai5t app>t5ir au doma9e de l'impossible4 ,p5dant ce temps les hi/ori5s ressuscitai5t le pass avec une infatigable activit1 pice pice1 oubliant p>fois de vivre dans le prs5t p\r s'enf\ir dans les ar*ives1 les catacombes1 les ru9es exhumes d'autrefois4 ,ils ont remis dans leur lumire vraie et replac dans leur cadre hi/orique1 les lg5des1 les traditions religieuses des pres4 ,ils ont fait ju/ice d'erreurs sculaires1 v5g les m>tyrs1 rhabilit de nobles mmoires1 fltri les crimes1 et surt\t r5du leur gr&e et lgitime place aux humbles et aux petits dont les longues misres et les rudes corves avai5t t ngliges trop longtemps1 au pr(it des gu]res et des intrigues des gr&s de la t]re4 ,bi5faits imm5ses trop longs numr]1 mais qui sont dans t\tes les mmoires4 ,si n\s p\vions ram5] p>mi n\s un homme des gnrations disp>ues et le prom5] trav]s les m]veilles que notre ge doit la sci5ce1 il m>*]ait d'bl\issem5t en bl\issem5t et trs c]ta9em5t il n\s dirait3 ,c'e/ a9si que n\s rvions l'ge d'or4 ,sans nul d\te1 l'homme auj\rd'hui doit se s5tir plus heureux qu'autrefois et tre dev5u meilleur et plus matre de lui-mme4 ,connaissant mieux les lois de la nature1 il ne doit pas manqu] d'y con=m] sa vie4 ,les maladies de jadis lui sont inconnues1 a9si que la pauvret et la misre4 ,il rgne avec srnit sur des =ces dociles4 ,ce qui l'crasait autrefois1 le porte auj\rd'hui4 ,le feu s'e/ attel son *>1 la f\dre e/ sa messagre4 ,comme cette royaut doit l'ennoblir6 ,en mme temps l'hi/oire des hommes lui a donn de gr&es leons de sagesse1 de tolrance1 de clm5ce4 ,sur les frontires des patries doit rgn] la bi5veillance4 ,la ju/ice g\v]ne les individus et les socits4 levs ds leur jeunesse dans le s5tim5t de leur dignit1 les hommes doiv5t faire fleurir la paix et la frat]nit sur cette t]re que leurs aeux s\illai5t de sang4 ,heureuse la jeunesse hritire d'un tel monde6 ,et cet anci5 raisonn]ait ju/e4 ,p\rquoi faut-il que les faits contr$is5t des conclusions si naturelles8 ,c'e/ ici que n\s sommes am5s considr] l'env]s de la mdaille1 ce qu'en langage de droit on appell]ait le passif de la succession4 ,,ii ,,les ,,p]tes ,,du ,,si,,cle ,rappelons-n\s la loi m5tionne plus haut1 ,l'humanit n'avance pas d'un m\vem5t gal dans t\tes les directions1 mais elle procde p> p\sses4 ,en se jetant avec tant d'ardeur du ct de la sci5ce1 elle a ncessairem5t p]du de vue d'autres doma9es4 ,d'imm5ses t]ritoires faisant p>tie intgrante du patrimo9e huma9 ont t ins5siblem5t ngligs4 ,en outre1 la sci5ce elle-mme a subi le contre-c\p de la loi qui l'am5ait au premi] rang4 ,trop va/e p\r tre cultive dans t\tes ses ramifications1 elle s'e/ dveloppe dans c]ta9es bran*es de prfr5ce et mme l'exclusion de c]ta9es autres4 ,a9si voyons-n\s1 p>fois1 un ou plusieurs rameaux d'un arbre attir] eux presque t\te la sve du tronc et ne laiss] aux autres qu'une n\rriture dim9ue4 ,il tait 9vitable que l'entreprise gigantesque de conqurir le monde p> le m5u dtail et de repass] au crible les faits et les ides1 s'appliqut d'abord aux bases lm5taires de t\tes *oses4 ,les sci5ces mcaniques et ma?matiques1 t\t l'ensemble des sci5ces naturelles1 devai5t se dvelopp] les premires4 ,mais comme p>t\t o n\s abordons l'univ]s p\r le sond]1 n\s sommes en face de l'inf9i1 les sci5ces du comm5cem5t dev9r5t si va/es qu'elles p>ur5t bi5tt elles seules la totalit du monde4 ,au b\t d'un c]ta9 temps1 ni les =ces ni la vie des *]*eurs ne suffir5t plus p\r les embrass]4 ,*acun alors1 sur ce *amp illimit o les *em9s bifurquai5t sans cesse1 s'engagea dans un s5ti] spcial4 ,les travailleurs se disp]sai5t et1 de plus en plus1 se p]dai5t de vue4 ,en mme temps t\s ensemble1 =ce de vivre dans les rudim5ts matriels1 f9ir5t p> ne plus accord] le titre de faits qu'aux faits tangibles1 et le titre de sci5ce qu' ce qu'ils appelr5t d'un nom aussi faux que significatif les sci5ces positives4 ,p5dant ce temps l'humanit cont9uait de vivre et avait beso9 de subsi/ance4 ,elle avait suivi dans leur m>*e les h>dis pionni]s du monde r5\vel et s'tait1 sans s'en d\t]1 loigne de sa base de ravitaillem5t4 ,on quittait la vieille maison1 avant que la n\velle ne ft prte4 ,c'e/ alors que le s5tim5t de la brivet de l'exi/5ce1 l'impati5ce de conclure1 le beso9 d'int]prt] la vie1 fit natre prmaturm5t une philosophie1 qui1 s'emp>ant des rsultats actuels du travail sci5tifique1 se flatta de recon/ruire1 avec leur aide1 le monde et l'homme1 en faisant1 de propos dlibr1 ab/raction de t\te la sagesse et de t\te la foi accumules du pass4 ,hlas1 les matriaux de cette recon/ruction1 m]veilleux au po9t de vue du travail qui les avait colligs1 n'en tai5t pas mo9s presque gaux ri5 p\r btir un monde4 ,p\vait-on expliqu] t\te la vie avec ce qui suffisait pe9e p\r expliqu] un gra9 de p\ssire ou un br9 d'h]be8 ,entreprise tmraire entre t\tes6 ,mais les h>dis ont t\j\rs raison1 du mo9s p\r un temps4 ,ce temps e/ c\l auj\rd'hui4 ,n\s n\s ap]cevons que n\s avons t trop presss4 ,aprs avoir comm5c pratiqu] la m?ode inductive1 n\s l'avons laisse l2 n\s avons laiss l galem5t la tradition o il y a tant de bi5 solide cons]v]1 et n\s avons fait un saut prodigieux dans l'hypo?se1 tablissant des conclusions qu'il et fallu rs]v] au plus lo9ta9 av5ir4 ,en un mot1 n\s avons jet notre vieux pa9 p\r faire du pa9 n\veau avec du bl en h]be4 ,en rduisant a9si la ralit aux proportions de ce que n\s en connaissons1 n\s n\s sommes appauvris et1 circon/ance bi5 rem>quable1 aprs avoir vu tant de *oses que nos pres ignorai5t1 n\s avons en somme rtrci notre horizon4 ,l'homme e/ dim9u ses propres yeux4 ,voil le gr& rsultat ngatif du dveloppem5t sci5tifique tel que n\s v5ons de l'esquiss]4 ,mais ds prs5t1 prv5ons un mal5t5du4 ,n\s ne sommes pas de ceux qui accus5t c]ta9s hommes de la t\rnure qu'ont prise les *oses4 ,p]sonne ne dirige la vie des socits dans son ensemble4 ,*acun de n\s s'agite dans sa sphre1 le total ne dp5d pas de sa volont4 ,on ne peut n\s dem&] de faire que ce qui n\s p>at bon4 ,si le rsultat ne correspond pas l'att5te1 ce n'e/ pas notre affaire4 ,n\s n'accusons donc p]sonne4 ,cep5dant il e/ t\j\rs utile de con/at] un fait et d'essay] de se r5dre compte d'une situation1 af9 d'en tir] des leons p\r l'av5ir4 ,encore mo9s accusons-n\s la sci5ce4 ,ce s]ait de la folie et de l'+ratitude4 ,n\s dsirons seulem5t que la sci5ce devi5ne de j\r en j\r plus respectueuse de t\s les faits1 qu'elle retr\ve son quilibre et re/itue aux ralits intrieures l'att5tion qu'elles mrit5t4 ,s\v5ons-n\s d'ailleurs que1 dans ce m\vem5t de la sci5ce du ct du matrialisme1 les plus rapides c\rir n'tai5t pas les savants4 ,beauc\p d'entre ceux-ci se sont bi5 g>ds de donn] dans ce qu'on p\rrait appel] la sup]/ition sci5tifique4 ,mais s'ils tai5t rs]vs1 d'autres ont p>l en leur nom4 ,ce sont les philosophes et les littrateurs qui spcul5t avec les donnes sci5tifiques admises en bloc1 comme on spcule la b\rse avec les valeurs4 ,la dim9ution de l'homme ses propres yeux s'e/ ncessairem5t fait s5tir dans t\s les doma9es de l'exi/5ce1 se traduisant p> un affaissem5t de la vie spirituelle4 ,p> une sorte de fatalit1 les doctr9es fondes sur le matrialisme sci5tifique ont envahi les arts et la littrature1 se sont rp&ues de l dans la vie j\rnalire1 y crant peu peu ce ralisme infrieur o n\s semblons n\s tre enliss en cette f9 de sicle4 ,c'e/ l'gsme qui1 p> un contra/e pnible1 a pr(it le plus l>gem5t des conqutes sci5tifiques que le sacrifice et le dv\em5t avai5t ralises4 ,entre ses ma9s1 elles ont dvi de leurs int5tions premires1 et plusieurs ont fait plus de mal que de bi54 ,en pdagogie voici d'autres consqu5ces3 l'in/ruction utilitaire1 qui e/ le dressage de l'homme gagne-pa91 et l'intellectualisme1 qui porte le c5tre de gravit de la vie sur le t]ra9 du savoir1 comme si t\t l'homme tait l4 ,l'in/ruction a t considre comme un moy5 suffisant de moralisation1 et exagre aux dp5s de la culture du c>actre1 comme aux dp5s de la discipl9e et de la sant physique4 ,si le monde des ides et des s5tim5ts s'e/ rtrci p> le dveloppem5t anormal du ralisme sci5tifique et sa prt5tion suffire t\t1 il semble au contraire que la vie matrielle ait l>gem5t pr(it4 ,il e/ peu de dc\v]tes sci5tifiques en effet qui n'ai5t ab\ti une application indu/rielle4 ,et de fait1 le bi5-tre matriel a augm5t dans des proportions considrables4 ,n\s sommes1 en gnral1 mieux n\rris1 mieux clairs1 mieux *auffs1 mieux et plus vite r5seigns et transports1 mieux soigns qu& n\s tombons malades1 mieux arms4 ,malheureusem5t il y a un rev]s la mdaille4 ,une des ombres les plus noires du temps actuel rsulte du progrs mme de l'indu/rie4 ,les moy5s de production1 capital et outillage1 sont dev5us si prodigieux qu'ils *app5t au calcul et la direction4 ,des rsultats sociaux compltem5t imprvus se dcl>5t p>t\t4 ,l'indu/rialisme se dresse devant n\s avec t\tes ses consqu5ces1 l'indu/rialisme qui crase l'homme s\s la ma*9e1 le travail s\s le capital1 et qui e/ dev5u une s\rce de s\ffrances et de ha9es1 autant p> les misres physiques et morales des classes laborieuses que p> l'inc]titude et l'agitation o il a jet le comm]ce et l'indu/rie productive4 ,la c5tralisation outrance qui e/ une autre consqu5ce du dveloppem5t indu/riel et sci5tifique1 n\s a dots des cits-mon/res1 c5tres de vie artificielle1 o s'e/ dvelopp le pauprisme d'une "p1 de l'autre le luxe exagr1 vois9s dang]eux1 dont la cohabitation e/ r5due plus fune/e encore1 p> la re*]*e des plaisirs faciles et la cration d'une f\le de beso9s factices4 ,t\tes ces causes runies ont contam9 la sant publique4 ,sur le t]ra9 int]national enf91 la lutte p\r l'exi/5ce dote p> la sci5ce de moy5s inf9im5t p]fectionns1 a eng5dr le milit>isme1 mal pire que la gu]re4 ,on p\rrait appel] le milit>isme la solution sci5tifique du problme suivant3 tant donnes t\tes les =ces huma9es et t\tes les sci5ces runies1 a9si que les plus claires ress\rces du travail des nations1 tr\v] le moy5 de les neutralis]1 voire mme d'en tir] le plus de mal possible4 ,nos moy5s de locomotion sembl5t l'heure prs5te beauc\p mo9s s]vir rappro*] les peuples qu' en acc5tu] les rivalits4 ,de mme que l'accumulation des ri*esses et de la puissance indu/rielle a sp> l'homme de l'homme et augm5t l'pret de la concurr5ce et les di/ances sociales1 de mme le p]fectionnem5t de l'outillage de gu]re a r5du les nations plus mfiantes4 ,elles correspond5t bi5 plus p\r se surveill]1 se jal\s] et se nuire1 que p\r mieux se connatre et s'alli] sur le t]ra9 commun des intrts huma9s4 ,l'impression que n\s v\drions faire natre p>at suffisamm5t prp>e p> ces considrations4 ,ne semble-t-il pas1 reg>d] notre civilisation s\s un c]ta9 j\r1 qu'un mauvais gnie ait fait t\rn] au mal t\tes les =ces n\velles dont la sci5ce a enri*i l'homme8 ,p\rquoi en sommes-n\s arrivs l8 ,la m?ode sci5tifique s]ait-elle mauvaise8 ,aurions-n\s fait fausse r\te en v\lant fond] la vie sur l'expri5ce1 au lieu de cont9u] vivre dans le vieux monde autoritaire et dogmatique8 ,nullem5t4 ,mais notre tort a t de croire que le savoir et le pa9 suffis5t l'humanit1 et de n\s laiss] gliss]1 du ralisme sci5tifique qui absorbe l'humanit dans le savoir dit positif1 au ralisme pratique qui croit qu'tre n\rri1 vtu et c\v]t e/ la somme de l'exi/5ce4 ,les meilleures *oses peuv5t dev5ir fune/es qu& elles sort5t de leurs limites4 ,entrons dans quelques dtails p\r mieux n\s expliqu]1 c> l e/ le nud de la situation4 ,*acun sait ce que fur5t1 c]ta9es poques hi/oriques1 les p\voirs exclusifs qui s'arrogeai5t le droit de dirig] et de faonn] l'humanit au gr de leurs beso9s et p>fois de leurs caprices4 ,tantt c'e/ la religion qui1 dpassant les limites de son influ5ce lgitime1 fait driv] d'elle les arts1 les sci5ces1 le g\v]nem5t4 ,tantt c'e/ le p\voir f9anci] ou le m]cantilisme1 qui s'emp>e d'une socit et rduit t\s les intrts huma9s des que/ions d'arg5t4 ,tantt c'e/ l'influ5ce militaire qui dom9e au po9t de ref\l] l'arrire-plan t\t ce qui ne pse ri5 dans la balance de la =ce4 ,t\s ces p\voirs1 lgitimes dans leur ess5ce1 p>ce qu'ils reprs5t5t une p>celle de l'intrt huma91 devi5n5t calamiteux ds qu'ils se font exclusifs4 ,de/9s s]vir la cause gnrale1 ils f9iss5t p> en tre les pires ennemis4 ,*acun d'eux devi5t un organisme r$\table s\s lequel se ca*e et se df5d un gsme collectif mon/rueux1 auprs duquel l'gsme individuel e/ peu de *ose4 ,je veux p>l] de l'gsme des gr&es in/itutions1 de celui des corporations1 des ca/es ou des classes1 de t\s les clricalismes et de t\s les p>ticul>ismes4 ,n\s reconnaissons l de vritables coalitions d'intrts p>ticuli]s1 qui dgnr5t en entreprise env]s et contre t\s et qui ab\tiss5t p>alys] la vie aut\r d'elles4 ,s\v5ez-v\s du scribe au temps de ,jsus1 du confesseur une autre poque1 et1 de mme1 selon les milieux et les temps1 du sophi/e d',a?nes1 du mdec91 de l'a/rologue1 des hommes de loi1 de gu]re1 des usuri]s4 ,a c]ta9s mom5ts de l'hi/oire1 il semble que la t]re soit cre p\r le plus gr& pr(it de l'un ou l'autre de ces p]sonnages et des in/itutions qu'ils reprs5t5t4 ,ils devi5n5t les tyrans de l'homme1 son ombre4 ,on ne peut1 sans eux1 ni m>*]1 ni s'arrt]1 ni vivre1 ni m\rir4 ,t\t leur app>ti5t4 ,l'humanit e/ leur *ose1 leur victime sacrifie4 ,et dire que le po9t de d"p de ces atroces tyrannies a t\j\rs t pos p> les s]vices r5dus leur orig9e4 ,p\rquoi cette dcad5ce qui fait qu' la longue elles devi5n5t la pire c>icature de ce qu'elles fur5t au db8 ,voici3 ,elles ont p* contre la gr&e loi qui m>que sa limite t\te =ce comme t\te in/itution huma9e3 ,s]vir l'humanit et non l'ass]vir4 ,je cra9s que cette loi n'ait t gravem5t enfre9te en ce qui conc]ne la sci5ce4 ,en effet1 quoi assi/ons-n\s ma9t5ant8 ,a la cont9uation de ce labeur admirable qui doit un j\r reprs5t] la loyale enqute de l'homme sur son bagage de faits et d'ides8 ,cette enqute sans d\te cont9ue1 et aucune puissance ne l'arrt]a4 ,mais n\s assi/ons la prt5tion de c]ta9es sci5ces reprs5t]1 elles seules1 t\t le savoir huma9 d'abord4 ,et comme en dehors du savoir1 il n'y a plus1 aux yeux de la sci5ce a9si rduite1 aucun autre moy51 p\r l'homme1 de communiqu] avec la ralit1 n\s assi/ons en somme la prt5tion1 leve p> quelques-uns1 de rduire t\te la ralit et t\te la vie ce qu'ils en ont con/at4 ,en dehors de cela 7et quelque va/e qu'il soit1 ,dieu sait combi5 ce doma9e e/ misrable comp>ativem5t l'inf9ie ri*esse de la vie71 il n'y aurait que rves et illusions4 ,voil qui e/ exorbitant6 ,ce n'e/ plus de la sci5ce1 mais de l'absolutisme sci5tifique4 ,il n'y aurait pas lieu de s'en afflig]1 si cette prt5tion n'avait pas tr\v dans le monde un *o prodigieux4 ,donnons la p>ole aux hommes autoriss p\r ne pas tre taxs d'exagration4 ,dans un disc\rs qui a fait le t\r du monde3 ,culturges*i*te und ,naturwiss5s*aft1 le pr(esseur b]l9ois ,du ,bois-,reymond disait en #ahgg1 et ses p>oles exprim5t le s5tim5t d'une f\le de g5s trs srieux1 mais imbus du mme prjug3 ,l'hi/oire des sci5ces naturelles e/ la vritable hi/oire de l'humanit4 ,ce qu'on appelait a9si jusqu' prs5t n'e/ que l'hi/oire des gu]res d'une "p1 et d'autre "p des folles conceptions de quelques peuples civiliss4 ,de la "p d'un homme qui a1 mieux que nul autre1 tabli et confess les limites de la connaissance huma9e1 et qui e/ime d'ailleurs que le comm]ce avec l'antiquit classique e/ le seul moy5 de n\s sauv] du plus plat utilit>isme1 un tel propos e/ bi5 significatif4 ,c'e/ t\t un symptme4 ,dj on ne dit plus3 ,la sci5ce et la philosophie doiv5t suffire un j\r l'humanit4 ,la philosophie e/ alle rejo9dre la religion et la posie dans le co9 des vieilles f]railles4 ,on dit3 ,la sci5ce doit suffire l'humanit1 et dpassant d'un bond /upfiant la b\tade assez =te dj du savant allem&1 un de nos savants franais contempora9s n\s a laiss ces six mots qui s]ont p\r l'av5ir un docum5t de l'tat d'esprit de t\te une srie de gnrations3 ,il n'y a plus de my/re 7,b]!lot74 ,ri5 n'gale le succs que ces ides ont eu dans la socit t\s ses degrs4 ,elles se sont rp&ues p> des milli]s de canaux dans t\tes les classes4 ,p\r beauc\p de g5s1 p\r l'imm5se majorit1 le rsultat de la sci5ce1 dm5t con/at et contrl1 c'e/ que ce que n\s appelons les ralits suprieures1 n'exi/e pas4 ,l'homme e/ un animal comme les autres4 ,la conclusion pratique e/ facile tir]4 ,a pas de gant1 ce temps a m>* dans la voie du ralisme sci5tifique d'abord1 pratique ensuite1 semant t\rdim5t sa r\te de ce qui con/itue le bi5 suprme de l'humanit4 ,il a remplac la conception d'un monde vivant1 p> la conception d'un monde mort4 ,sur t\te la ligne1 la mcanique a supplant l'me4 ,la sci5ce matriali/e n'en attribue ni au monde1 ni l'homme4 ,p\r elle1 il n'y a ri5 au fond des *oses4 ,l'univ]s e/ un imm5se feu d'artifice qui se ramne1 en d]nire analyse1 au fait lm5taire du *oc des atomes4 ,il y a des j\rs o c]ta9s savants p>l5t comme s'ils savai5t t\t4 ,quant aux ignorants1 ils ont plus d'assurance encore1 et le plus gr& nombre de nos contempora9s sont rongs p> cette conception rab\grie de l'univ]s o ils ne peuv5t plus log] ni leurs croyances1 ni leurs pr9cipes de conduite1 ni mme leurs s5tim5ts4 ,qu'e/-ce en effet que t\t cela aux yeux du ralisme sci5tifique8 ,ri54 ,dans un monde p>eil1 le sort de l'homme e/ de desc5dre lui-mme au rang d'une mcanique et d'tre selon l'occasion3 ma*9e travaill]1 ma*9e tudi]1 ma*9e j\ir1 ma*9e tu]2 *air plaisir ou *air canon4 ,et voil p\rquoi1 aprs avoir plus travaill1 plus *]*1 que n'importe quel ge1 n\s sommes m5acs de sombr] en ple9 nant4 ,la secrte faiblesse1 le dfaut de la cuirasse de cette gr&e poque a t d'oubli] qu'il y avait plus de ralits entre le ciel et la t]re que les sci5ces dites positives1 voire mme t\te la sci5ce huma9e ne peut en con/at]4 ,nos uvres ont gr&i1 n\s avons dim9u4 ,l'homme e/ amo9dri ses propres yeux1 dans sa dignit et dans son esprance4 ,un crime de lse-humanit e/ au fond de t\tes les s\ffrances de ce temps4 ,la civilisation repose d'aplomb sur l'homme4 ,atteignez l'homme1 t\te l'imm5se ma*9e se disloque4 ,c'e/ p>ce que la base1 l'homme1 e/ affaiblie1 que t\te notre civilisation m5ace de cr\l] sur nos ttes6 ,et ce n'e/ pas ce qu'il y a de plus saisissant dans le spectacle de l'hritage que vont recueillir nos enfants4 ,ce qui y frappe davantage encore1 mais ce qui s]a le salut1 si nos successeurs le compr5n5t1 c'e/ que le monde o n\s vivons e/ radicalem5t contradictoire4 ,n\s allons essay] de le montr]4 ,,iii ,,les ,,contradictions ,,du ,,si,,cle ,la conception matriali/e du monde et les p>ties de notre civilisation qui en sont le rsultat mom5tan n\s app>aiss5t en conflit avec l'esprit mod]ne sur t\s les po9ts4 ,l'esprit mod]ne reprs5te1 aprs t\t1 le patrimo9e rsum des sicles4 ,l'pi?te de mod]ne indique seulem5t sa t5dance et sa m?ode1 mais non pas son cont5u1 v5u de p>t\t4 ,on peut =t bi5 df9ir son g5re en se s]vant de la belle p>ole de ,tr5ce3 ,homo sum2 humani nihil a me ali5um puto4 ,l'esprit mod]ne e/ la somme cond5se de ce que l'humanit a ab/rait de meilleur de t\t l'imm5se labeur et de t\tes les s\ffrances du pass4 ,c'e/1 du ct de la p5se1 une l>ge ouv]ture sur t\tes *oses1 une prmditation de ne ri5 exclure1 de ne ri5 nglig]1 d'y voir clair1 et de tr\v] la vrit en elle-mme1 sans aucune arrire-p5se1 le vrai esprit sci5tifique en un mot4 ,c'e/ du ct du cur une disposition bi5veillante dcide ne mpris] p]sonne1 ne fru/r] p]sonne1 respect] surt\t le faible et avoir piti de t\t ce qui s\ffre4 ,il e/ encore la glorification du travail comme de la gr&e puissance libratrice et moralisatrice4 ,en politique1 l'esprit mod]ne e/ l'esprit dmocratique dans sa plus haute acception1 reconnaissant comme rgulateurs d'une socit le droit1 la loi1 la ju/ice1 la solid>it4 ,s'il y avait d'un ct t\te la =ce1 t\tes les armes runies1 l'imm5se et =midable coalition des puissances qui ps5t le plus dans la balance1 et de l'autre1 la ,ju/ice ds>me1 l'esprit mod]ne exig]ait de n\s de faire baiss] t\tes les armes et taire t\s les intrts devant la ,ju/ice4 ,s'il y avait1 d'une "p1 t\tes les f\les avec leurs cris et leurs emportem5ts et de l'autre1 un seul homme sage avec la vrit p\r lui1 l'esprit mod]ne s]ait avec cet homme1 contre le nombre4 ,voila ce que c'e/ que l'esprit mod]ne4 ,le ralisme sci5tifique et pratique e/ au contraire la ngation de t\t cela4 ,du ct de la p5se1 le ralisme e/ le prov9cialisme le plus troit que l'on puisse imag9]1 vrai esprit de clo*]1 exclusif de t\t ce qui sort de ses limites4 ,l'imm5se or*e/re des mondes et des vies se ramne p\r lui un petit son m9ce1 produit monotone d'une corde unique4 ,du ct du cur1 le ralisme e/ l'gsme absolu1 dcid ne t5ir compte de p]sonne et considr] comme une imbcillit t\te concession autrui qui ne s]ait pas le rsultat d'un calcul4 ,il n'y a qu'un droit1 celui du plus =t1 une loi1 celle du combat4 ,le faible e/ celui qui doit disp>atre4 ,la solid>it n'e/ qu'un mot1 la consci5ce une *imre4 ,il n'y a pas assez de place p\r t\t le monde4 ,p\r que les uns viv5t1 il faut que les autres disp>aiss5t3 ,beati possid5tes6 ,j\ir e/ le b de la vie4 ,on peut bi5 admettre le travail comme une corve qui procure la j\issance1 ,mieux vaudrait j\ir sans travaill]4 ,en politique le ralisme e/ la dification de la =ce brutale4 ,au sommet des socits1 il e/ la tyrannie2 en bas1 il e/ la lic5ce effrne2 p>t\t1 le conflit sauvage des intrts et des passions4 ,il e/ condamn oscill] entre le despotisme du nombre et celui du p\voir p]sonnel1 s'entre-dvorant t\r t\r4 ,aussi1 t\j\rs et p>t\t il a tu la lib]t4 ,une dmocratie rali/e s]ait un non-s5s4 ,le ralisme et l'esprit mod]ne sont en conflit au fond de la socit actuelle4 ,c'e/ ce qui r5d la situation si tragique et n\s fait p>atre notre vie si ri*e en contra/es1 si pr(ondm5t et si noblem5t t\rm5te4 ,si n\s p\vions difi] la brute et organis]1 dans t\te son horrible beaut1 la b>b>ie civilise1 n\s n'pr\v]ions pas les d*irem5ts qui n\s tortur5t4 ,mais s\s les dehors que le ralisme1 un in/ant triomphant1 n\s a imposs1 vit et s\ffre un meilleur n\s-mmes4 ,devant *aque cration hideuse dont la brutalit encombre le monde1 l'esprit mod]ne lve la voix et prote/e4 ,et cet esprit n'e/ pas le d]ni] s\ffle d'un monde expirant4 ,c'e/ une =ce t\j\rs plus puissante quoique impalpable1 et qui1 sans app>t5ir p]sonne en p>ticuli]1 sait se traduire au se9 mme des hontes et des dfaillances p> mille manife/ations4 ,plus la =ce brutale qui agit dans la bte p> les griffes et les ongles1 s'organise1 se dveloppe au se9 de l'humanit1 et devi5t la =t]esse1 le canon1 la dynamite ou encore la tyrannie impud5te du nombre et de l'arg5t1 plus aussi gr&it cette puissance invisible1 insaisissable4 ,on a beau cri]3 la ,=ce prime le droit1 pr5dre t\te la nature infrieure tmo91 et f\rnir la dmon/ration p> des actes de viol5ce p\r lesquels on affecte de dire qu'il n'y a pas de juge sur la t]re3 le droit n'en e/ pas mo9s une puissance contre laquelle on ne peut ri54 ,a son heure il clate1 s'emp>e des esprits1 rayonne trav]s les curs1 claire et frappe comme la f\dre1 et les uvres de la ,=ce sont dtruites4 ,v\s essayez en va9 de v\s r5dre compte de quelle faon1 dans cette lutte 9gale1 c'e/ le mieux arm qui succombe4 ,mais v\s s5tez1 en voyant les effets1 qu'une cause gr&e et my/rieuse a pass p> l4 ,je n'ai qu' faire allusion la "q sociale p\r faire comme t\*] du doigt1 un des t]ra9s sur lesquels l'esprit mod]ne e/ en conflit aigu avec le ralisme4 ,qu'e/-ce que le socialisme dans la noble et l>ge acception de ce mot8 ,c'e/ l'affirmation du prix de la vie et du pr9cipe de la solid>it4 ,inviolabilit de l'individu et son union indissoluble avec le corps social3 ,t\s p\r un1 un p\r t\s4 ,p\r tre sociali/e1 il faut avoir le s\ci des autres1 surt\t des faibles1 de l'enfant1 de la femme1 de t\t ce qui e/ nglig1 outrag1 opprim4 ,ce qu'on leur fait1 on le fait n\s-mmes1 bi5 plus1 l'humanit1 bi5 plus1 ,dieu4 ,v\s devez1 comme tre social1 s5tir les rapports ncessaires qui uniss5t1 les uns aux autres1 les membres de la socit1 t\tes les phases de son dveloppem5t1 et n\rrir de la bi5veillance p\r t\tes les =mes de la vie huma9e1 af9 d'apprci] les rapports des p]sonnes et des situations les plus div]ses4 ,qu'e/ t\t ceci au po9t de vue rali/e8 ,le rali/e dit3 ,*acun p\r soi4 ,qu& il a mang et bu1 le monde e/ en liesse1 t\t va p\r le mieux4 ,qu& il a faim t\t va mal1 il faut t\t dtruire4 ,or ces deux faons de compr5dre l'exi/5ce sont en prs5ce dans notre socit4 ,c'e/ trop peu dire3 elles coexi/5t trs s\v5t dans les mmes individus4 ,p>mi nos contempora9s1 il en e/ beauc\p qui se sont assimil la conception matriali/e de l'exi/5ce et qui1 p\r leur morale mme1 sont rali/es4 ,mais ent5dez-les proclam] le droit1 invoqu] la ju/ice1 exalt] la solid>it6 ,semblables des g5s qui f]ai5t soigneusem5t le vide s\s une clo*e1 p\r y faire vivre ensuite un oiseau1 ils ne se r5d5t pas compte qu'il y a incompatibilit entre leur conception du monde et de l'homme et les *oses qu'ils veul5t y log]4 ,on p\rrait tr\v] matire aux mmes obs]vations dans les sphres trs diffr5tes4 ,une f\le incalculable de g5s viv5t auj\rd'hui1 au j\r le j\r1 d'expdi5ts et de contradictions4 ,ils n\s rappell5t ces crations de l'imag9ation arti/ique1 dragons1 sphynx et *imres o se comb95t en un seul animal fanta/ique1 l'aigle1 le lion1 le s]p5t1 l'homme4 ,ne croyez pas que ces amalgames tranges se r5contr5t surt\t dans le peuple inculte4 ,ils sont p>t\t4 ,on a beau faire1 on e/ un enfant de son temps4 ,les traces de l'antagonisme1 qui trav]se le fond mme de notre civilisation actuelle1 sont dans presque t\s les esprits4 ,dans les disc\rs des pr(esseurs1 des hommes d'tat1 des ducateurs religieux mme1 on les r5contre4 ,tel homme d'tat faisant un disc\rs1 comm5ce p> se rclam] des sci5ces positives1 ou p> pos] des axiomes utilitaires2 mais entran p> son sujet sur le t]ra9 de l'ducation1 de la morale1 de l'ordre public1 il t]m9e en ple9 idalisme4 ,les *oses se compliqu5t d'ailleurs d'un autre facteur d'une importance considrable1 savoir le m\vem5t ractionnaire4 ,de ce ct on met la *>ge de l'esprit mod]ne lui-mme t\s les maux de la socit actuelle et les difficults au se9 desquelles elle se dbat4 ,on prt5d t\t remettre en tat p> le ret\r pur et simple au /atu quo du qu9zime sicle4 ,comme on voit1 c'e/ une grosse affaire1 et n\s en rep>l]ons4 ,or ce m\vem5t a des ramifications nombreuses1 et bi5 des esprits en sont affects1 des degrs div]s4 ,ractionnaires p\r une "p1 imbus de l'esprit mod]ne p\r une autre1 et p>-dessus le m>* un peu matriali/es1 n\s sommes beauc\p dans ce cas4 ,en vrit1 l'tat d'esprit de plusieurs rappelle les dmnagem5ts3 ,une portion des meubles e/ dj l-bas dans le local n\veau1 une autre e/ dans la rue1 cahote1 ple-mle1 expose aux intempries et aux accid5ts1 une autre e/ encore tranquillem5t in/alle dans l'anci5ne demeure4 ,t\t cela con/itue un tat de crise et de trans=mation des plus compliqus4 ,en un temps de murs simples1 la s\ffrance qu'une telle crise fait natre1 s]ait amo9drie p> les circon/ances extrieures4 ,mais elle e/ aggrave de nos j\rs p> la complication de notre culture4 ,en un mot1 elle e/ dans t\s les doma9es spirituels et matriels la fois4 ,les hommes de ce temps ont t surpris p> un trop brusque *angem5t des conditions de l'exi/5ce4 ,les vnem5ts les ont dpasss et dsori5ts4 ,les effets accumuls des causes que n\s avons mises en jeu1 sans en connatre la porte1 n\s tr\bl5t et n\s effrai5t4 ,plus un organisme e/ compliqu1 plus il e/ capable de s\ffrir4 ,un homme meurt d'une blessure1 t&is que c]ta9s tres infrieurs1 c\ps en morceaux1 viv5t qu& mme4 ,un *>iot peut p]dre une r\e sans gr& dang]2 p\r une locomotive1 c'e/ une cata/rophe4 ,a l'heure actuelle la civilisation e/ dev5ue une imm5se ma*9e dont le fonctionnem5t *appe aux prvisions des plus sages4 ,elle va son tra9 d'enf]1 et au milieu de ses gr9cem5ts1 l'homme crie et se s5t cras4 99 99 99 99 99 ,le pass rc5t n\s laisse une uvre gr&iose mais tronque4 ,il y manque l',unit d'esprit1 l'me4 ,au se9 du prodigieux amoncellem5t de =ce matrielle1 de ri*esses1 de connaissances1 n\s n\s sommes progressivem5t appauvris en n]gie morale1 en frat]nit1 en foi4 ,ce qui fait dfaut p>t\t1 c'e/ l'homme4 ,il faut re=g] des hommes1 qui sa*5t se g\v]n] eux-mmes et puiss5t dev5ir les matres du monde n\veau af9 d'en tir] le bi54 ,n\s p\rrions atte9dre ce b p> le ret\r la p5se normale1 l'application de la m?ode inductive t\s les faits huma9s et surt\t aux ralits oublies du monde intrieur2 ,p> le ret\r la vie normale1 au respect1 la solid>it1 au travail1 la simplicit2 ,en =tifiant1 en un mot1 l'esprit mod]ne1 tel que n\s l'avons df9i1 et en mettant son s]vice t\tes les ress\rces dont la sci5ce n\s a dots4 ,mais1 une entreprise p>eille e/-elle possible8 ,la jeunesse1 qui elle incomb]a en gr&e p>tie1 e/-elle sa hauteur8 ,en a-t-elle consci5ce8 ,si le prov]be3 tels pres tels fils1 e/ vrai2 si l'hrdit1 les ornires traces1 le milieu sont les gr&es influ5ces dt]m9antes d'une jeunesse1 qu'att5dre de celle d'auj\rd'hui1 si ce n'e/ qu'elle cont9ue nos errem5ts8 ,les fils sont-ils plus sages que les pres8 ,c'e/ inf9im5t r>e4 ,cela s'e/ vu cep5dant4 ,mais ne prsumons ri54 ,,livre ,,deuxi,,me ,,les ,h,,riti]s ,les ,pres ont mang du rais9 v]t1 et les fils en ont eu les d5ts agaces4 z*iel4 ,i ,,le ,,monde ,,de ,,la ,,jeunesse ,dans t\te socit1 la jeunesse e/ le milieu o se disc]n5t le mieux les qualits et les dfauts de l'ensemble4 ,ils y app>aiss5t1 comme les rayons rfracts p> le prisme1 plus saisissants dans leur isolem5t et dans les contra/es du gr\pem5t spectral4 ,t\te la gamme des c\leurs e/ l1 avec une n]gie de tons qui exclut les nuances int]mdiaires4 ,la jeunesse *ante p> les rues l'loge d'un temps1 et en crie les trav]s sur les toits4 ,c'e/ l que l'on r5contre les plus graves excs dans le mal et les plus puissants lans v]s le bi54 ,il doit en tre a9si1 ncessairem5t4 ,avec son ardeur native1 sa hte de conclure et de c\rir aux consqu5ces1 la jeunesse p\sse l'extrme l'uvre de ses prdcesseurs4 ,pure ?orie de dire que les disciples suiv5t le matre4 ,les disciples vont trop vite p\r cela4 ,en gnral1 le matre les suit et essaie en va9 de les ret5ir4 ,cela s'applique non seulem5t la jeunesse /udieuse1 mais t\te la jeunesse4 ,n\s sommes t\s l'cole ou l'univ]sit un c]ta9 ge1 et ce ne sont pas t\j\rs les meilleures leons qui sont les plus c\tes4 ,la puissance de l'exemple et de l'entranem5t e/ peut-tre plus gr&e dans la jeunesse populaire que dans celle des coles4 ,les doctr9es qui s'emp>5t des sommets intellig5ts desc5d5t dans les f\les plus vite qu'on ne le croit4 ,p> quelles secrtes fissures les ides s'infiltr5t-elles jusqu'au cur des masses illettres8 ,nul ne le sait4 ,mais il e/ de fait que peu d'annes suffis5t quelquefois1 p\r faire pntr] c]ta9s c\rants n\veaux1 depuis les milieux univ]sitaires jusqu'au fond des plus humbles hameaux4 ,qu& l'ide e/ dltre1 ses effets sont plus app>5ts1 mesure qu'elle gagne un milieu plus simple4 ,elle agit alors comme l'alcool sur les peuples sauvages4 ,la jeunesse populaire e/ peut-tre le t]ra9 sur lequel les ravages des leons malsa9es peuv5t s'obs]v] le plus srem5t4 ,n\s tr\vons l des traductions en langue vulgaire1 des illu/rations pratiques capables de faire dress] les *eveux sur la tte4 ,on ne saurait assez suivre ni assez tudi] la jeunesse4 ,sans s'en d\t]1 elle donne autant de leons qu'elle en reoit4 ,d'aucuns1 il e/ vrai1 n'en p>l5t qu' voix basse ou en haussant les paules4 ,p\r eux la jeunesse e/ le manque de respect1 l'outrecuidance1 l'ignorance satisfaite qui critique t\t ce qu'elle ne compr5d pas4 ,c'e/ l'ge pr(ane1 c]vel et bruyant1 qui promne1 sans g>ds p\r p]sonne1 son exi/5ce de casse-c\ trav]s les murs paisibles des b\rgeois4 ,d'autres encore ne p>l5t de la jeunesse qu'en cyniques1 avec un rire de conniv5ce qui rappelle les vieux augures4 ,p\r ceux-l1 jeunesse e/ synonyme d'excs et de dsordre4 ,viveurs1 qui considr5t l'exi/5ce non comme un dpt sacr1 mais comme une provision d'arg5t de po*e dp5s] en foire tort et trav]s2 ils tr\v5t que les jeunes g5s ont bi5 de la *ance d'tre au db1 alors qu'ils ont1 eux1 atte9t depuis longtemps le fond du sac4 ,une troisime catgorie de g5s1 enf91 considre les jeunes comme des gneurs1 avec la malveillance d'un vieux p>5t qui sait que son hritage e/ att5du4 ,ils en veul5t la jeunesse p>ce qu'elle e/ dcide vivre et pr5dre sa place au soleil1 et que probablem5t elle leur survivra4 ,c'e/ avoir mauvais c>actre et montr] au pr9temps qui arrive le front maussade de l'hiv] qui s'en va4 ,cela n'emp*e pas l'h]be de p\ss] et les fleurs d'clore4 ,bi5 sr1 ces diffr5tes attitudes l'g>d de la jeunesse sont1 en une c]ta9e mesure1 ju/ifies p> celle-ci4 ,il y a une jeunesse irrvr5cieuse1 il y a une jeunesse de noceurs1 il y a une jeunesse trop presse d'hrit]1 manquant de tact env]s ceux qui t]m95t la vie1 et de gratitude p\r les s]vices qu'ils ont r5dus4 ,il y a de ces jeunes prsomptueux qui se figur5t btem5t que les affaires ne comm5c]ont bi5 m>*] qu'avec eux2 et ,dieu sait s'ils sont irritants6 ,mais t\tes ces extravagances ne sont qu'une face du monde de la jeunesse4 ,je veux bi5 admettre que la jeunesse1 dans c]ta9es de ses catgories1 e/ ce qu'il y a de pire1 qu'elle fait les dlices des br\illons et le dsespoir des sages2 mais malgr cela j'affirme qu'elle e/ aussi ce qu'il y a de meilleur4 ,on l'oublie beauc\p trop1 et cet oubli1 ce manque de confiance1 ce manque d'expri5ce e/ un gr& malheur4 ,je n'ai jamais reg>d la tte de l'enfant1 un c]ta9 mom5t gracieux de son dveloppem5t1 sans tre frapp de la ri*esse d'esprance et de promesses qui ent\re cette jeune vie4 ,elle e/ la t\*ante et vridique prophtie de l'humanit p>faite4 ,oh1 qui n\s donn]ait de ralis] ce que conti5t cette petite tte1 de faire prospr] et mrir t\t ce qui1 en elle1 att5d et s'annonce6 ,eh bi51 il y a quelque *ose de plus saisissant que le spectacle d'un bel enfant sa9 et robu/e1 c'e/ la figure de l'adolesc5t ce mom5t de la vie o l'on e/ t\t la fois encore enfant et dj homme1 en possession de cette virg9it de t\t l'tre qui fait que1 sans s'tre donn ri5 d'une faon exclusive1 on e/ bi5veillant p\r t\s et srieusem5t curieux de t\t4 ,assurm5t1 cet ge-l1 on vaut mieux que plus t>d1 et ce que l'homme mr peut faire de mieux1 c'e/ de re/] fidle cette premire impression de sa jeunesse et d'en g>d] t\j\rs le fcond s\v5ir4 ,a c]ta9s mom5ts de =ce et d'inspiration1 le jeune homme e/ au-dessus de t\t p> le cur2 il possde des trsors en lui-mme1 il e/ roi de l'esprance4 ,mais c'e/ un roi s\ffrant4 ,la jeunesse e/ l'ge des plus cruelles et des plus viol5tes d\leurs4 ,ceux qui p>l5t de sa lgret ne l'ont jamais connue ou l'ont depuis longtemps oublie4 ,c> c'e/ une royaut d\l\reuse et qui porte au front sa c\ronne d'p9es4 ,d'abord la jeunesse ress5t en elle-mme1 plus vivem5t que p]sonne1 le contra/e du bi5 entrevu1 aim et du mal possible1 rel s\v5t4 ,ensuite elle se froisse le cur t\s les j\rs au contact de la vie4 ,a la fois magnifique et misrable elle connat1 dans t\te leur pr(ondeur1 l'am]tume de ces dsillusions qui vi5n5t du contra/e de ce qu'on a dans le cur avec ce qui se passe dans le monde4 ,et cette d\leur de jeunesse n'e/ pas un enfantillage1 comme affect5t de le dire des hommes soi-disant positifs1 mais qui ne sont que plats4 ,elle e/ la *ose la plus sa9te1 c> elle conti5t l'esprance de quelque *ose de meilleur4 ,le salut vi5t de l4 ,le monde a beau tre vieux et communiqu] mme aux gnrations n\velles sa dcrpitude1 p> l'hrdit et l'exemple1 cela ne peut pas emp*]1 de lo9 en lo91 la naissance et le dveloppem5t d'tres d\s d'une exquise fra*eur d'impressions4 ,mettez ces tres1 ple9s de t\tes les sa9es curiosits1 de t\tes les ardeurs gnreuses1 dans le cadre d'une tradition mesqu9e1 un clricalisme1 un p>ticul>isme1 un utilit>isme1 une tyrannie quelconque2 dans ce milieu r>fi1 ils s\ffriront le m>tyre2 il leur vi5dra au cur des no/algies de gr& air et de lib]t1 comme il en vi5t aux oiseaux captifs2 leur d\leur s]a rvlatrice2 ils f]ont appel t\t in/9ct meilleur1 t\te me semblable la leur dans le pass1 t\te =ce sympa?ique de la nature et des hommes1 p\r lutt] contre ce qui les crase2 ils bris]ont leurs f]s1 mo9s qu'ils ne soi5t eux-mmes briss p> les f]s4 ,dans les deux cas1 quelle s\ffrance6 ,le nombre des m>tyrs de t\tes causes1 morts jeunes1 e/ l p\r en tmoign]4 ,mais je ne p>le pas de ceux-l seulem5t4 ,je p>le de t\s ceux qui1 jeunes1 se sont laiss raill] et baf\] p\r le rve de beaut qui vivait en eux4 ,ils sont lgion1 et il y en aura t\j\rs4 ,plus le monde s'c>te du s5ti] normal1 plus il retombe l\rdem5t sur les paules des jeunes4 ,accabls de *anes qu'ils n'ont pas =ges1 ceux-ci prp>5t alors1 dans la pe9e1 une lib]t dont peut-tre ils ne pr(it]ont pas4 ,je dis que cette jeunesse-l e/ ce qu'il y a de plus beau4 ,elle e/ immortelle4 ,sans cesse elle r5at du meilleur sang de l'humanit1 hritire respectueuse et fidle des trsors du pass1 p\r les augm5t] et les transmettre l'av5ir4 ,son mot d'ordre e/3 recomm5c]1 recomm5c] t\j\rs6 ,n'oublions jamais cela4 ,en n\s avanant trav]s la jeunesse contempora9e1 ses faiblesses1 ses dfauts1 s\v5ons-n\s-en p\r n\s rcon=t]4 ,il y a l une s\rce int>issable de c\rage1 de gurison1 d'apaisem5t1 vraie fonta9e de ,j\v5ce dont l'orig9e e/ ca*e aux replis obscurs d'un sol que la ma9 de l'homme n'atte9dra jamais4 ,,ii ,,ori5tation ,,intellectuelle ,ce n'e/ pas une m9ce affaire que l'ori5tation1 en gnral4 ,p\r que cette *ose multiple1 ri*e1 incomm5surable qu'on appelle la vie1 tr\ve1 dans l'esprit de l'homme1 une reprs5tation1 non pas complte1 mais suffisante1 et surt\t h>monique1 quel ensemble d'ef=ts ne faut-il pas6 ,la vie e/ t\j\rs un problme1 t\s les ges2 mais il e/ des poques o la solution en p>at plus ou mo9s tr\ve4 ,les fils alors n'ont qu' embot] le pas d]rire les pres4 ,tel n'e/ pas le cas de nos j\rs4 ,les pres f9iss5t dans l'inc]titude4 ,s\s presque t\tes ses =mes1 le gr& problme de la vie a revtu ma9t5ant un c>actre aigu4 ,de quelque ct de l'horizon que l'on reg>de1 un sph9x e/ assis1 muet4 ,voil dans quelles conditions arrive notre jeunesse4 ,encore si elle n'tait sollicite que p> les circon/ances1 si on la laissait se dbr\ill] librem5t6 ,mais les hommes s'en ml5t p\r int]prt] les circon/ances leur faon1 les fauss] au beso91 et ex]c] sur les jeunes gnrations une influ5ce tr\blante4 ,c'e/ donc une entreprise difficile1 d'essay] de c>actris] un tel tat de *oses4 ,autant vaudrait entrepr5dre de fix] l'image m\vante des flots4 ,n\s l'essay]ons cep5dant1 avec le s5tim5t1 il e/ vrai1 de re/] fatalem5t insuffisants1 mais aussi de ne dire que des *oses vues et vcues4 ,n\s comm5c]ons p> n\s occup] du l>ge c\rant1 de celui o l'on r5contre le plus de monde et qui e/ comme la suite logique de la situation cre p> le sicle qui s'en va4 ,ce n'e/ qu'aprs cela que n\s exam9]ons le m\vem5t de raction1 p\r f9ir p> la con/atation de c]ta9s signes d'une ori5tation n\velle4 ,lorsque le jeune homme1 prp> p> des tudes p>ticulires1 a d\bl le cap de ses premi]s exam5s et qu'il arrive l',univ]sit1 deux gr&es besognes l'att5d5t3 s'assimil] un programme1 se crer une conception du monde4 ,la premire lui e/ indisp5sable p\r ab\tir une c>rire2 la seconde p\r dev5ir un homme4 ,de ces deux t*es1 l'une e/ aussi /rictem5t dlimite1 aussi mticuleusem5t rglem5te que l'autre e/ ab&onne au has>d4 ,p>lons de la premire d'abord4 ,c'e/ l'tude proprem5t dite4 ,ce qui di/+ue s\s ce rapport notre jeunesse /udieuse1 e/ son ardeur sci5tifique4 ,il y a auj\rd'hui une quantit de jeunes g5s trs laborieux1 dans t\s les doma9es4 ,on travaille rude et =t dans ce qu'on p\rrait appel] l'lite intellectuelle4 ,s'enf]m] dans sa *ambre1 condamn] sa porte et se crer p\r quelque temps une exi/5ce de clotr1 cela n'e/ po9t r>e4 ,la ncessit1 d'ailleurs1 y p\sse4 ,p\r arriv] un rsultat1 il ne suffit pas d'avoir des moy5s1 il faut cette application s\t5ue1 cette rsignation que rclame l'assimilation de la matire sci5tifique4 ,autrefois le travail p]sonnel1 les re*]*es1 l'initiative avai5t une plus gr&e "p1 p>ce que t\t tait faire4 ,*aque doma9e prs5tait en masse les co9s inexplors4 ,ma9t5ant cette "p d'activit s'e/ re/re9te1 et l'autre1 l'tude rceptive1 a augm5t4 ,avant d'en arriv] *]*] soi-mme et p5s] p> soi-mme1 ce qui fait la joie de la vie intellectuelle1 il faut se fray] un *em9 laborieux trav]s des montagnes de connaissances amasses p> les autres4 ,on e/ ple9 d'ardeur p\r p>tir et p\r explor]1 ple9 de curiosit de t\tes *oses1 mais halte-l6 il y a tant de r5seignem5ts recevoir1 tant de provisions emport]1 qu'on vieillit dans les prp>atifs et qu'on y dp5se ses meilleures =ces4 ,il se livre dans la jeunesse intellectuelle de ces obscurs combats contre l'impossible1 qui sont tragiques reg>d]4 ,le premi] rsultat de ce g5re de labeur e/ le surm5age1 une sorte d'hyp]e/hsie des facults rceptives1 avec crasem5t de l'initiative individuelle s\s la matire trangre et1 comme suite1 la s*]esse morale4 ,l'autre rsultat e/ la spcialisation croissante4 ,la =ce des *oses oblige *acun se conf9] dans son doma9e4 ,cela e/ vrai surt\t p\r les sci5ces exactes et naturelles1 aux frontires nettem5t dlimites4 ,en littrature1 en hi/oire1 etc41 il e/ plus difficile de ne pas reg>d] de temps autre au del de l'enclos1 et p\rtant1 l aussi1 l'abondance des matires v\s oblige v\s born] et1 ds qu'on aspire une compt5ce quelconque1 v\s enf]m] comme en cellule dans une poque prcise4 ,a9si1 peu peu1 la vue des doma9es circonvois9s se p]d4 ,avec un maximum de pe9e1 on arrive un m9imum de satisfaction1 et l'horizon se re/re9t4 ,ce n'e/ pas l un dommage propre notre pays4 ,il e/ la consqu5ce de l'tat mom5tan du savoir huma94 ,le matriel amass e/ prodigieux1 et la syn?se n'e/ pas faite4 ,la sci5ce n'exi/e que p> lambeaux4 ,p]sonne n'e/ capable d'en concevoir l'unit1 ni surt\t de m>qu] avec nettet son rle dans l'ensemble des *oses huma9es4 ,on en arrive a9si se ds9tress] de ce qui n'e/ pas notre spcialit4 ,il y a longtemps que la p]mission d'ignor] les faits trang]s son ressort e/ un des privilges du savant4 ,la jeunesse pr(ite ncessairem5t de ce privilge4 ,le moy5 de faire autrem5t6 ,mais la consqu5ce =ce de ce rgime intellectuel e/ la disp>ition des ides gnrales et la difficult1 l'impossibilit1 p\r a9si dire1 de se crer une conception du monde4 ,n\s arrivons ici la deuxime p>tie de la t*e qui incombe la jeunesse4 ,bon gr1 mal gr1 *acun se fait une philosophie4 ,qu& elle ne peut pas tre positive1 elle e/ ngative1 et ce n'e/ pas un m9ce dommage p\r un homme que d'tre oblig d'inscrire3 nant1 dans la case o il e/ "q de ce qu'on p5se de la vie4 ,en ce po9t le sort de la jeunesse /udieuse d'auj\rd'hui se sp>e considrablem5t de celui de ses prdcesseurs4 ,ceux-ci avai5t reu une autre ducation4 ,ils plongeai5t p> de nombreuses rac9es dans les vieilles traditions et les anci5nes croyances4 ,le l>ge s\ffle humanitaire du d]ni] sicle les effleurait encore4 ,ils vivai5t en p>tie de cet hritage complexe1 t\t en s'imag9ant qu'ils ne vivai5t que de ce qu'ils savai5t4 ,a9si1 au se9 des gr&es agglomrations urba9es1 beauc\p de travailleurs enf]ms dans un air insuffisant doiv5t leur vigueur et leur sant la robu/e con/itution qu'ils ont apporte des *amps4 ,leurs successeurs de la deuxime et troisime gnration vivront plus difficilem5t et succomb]ont peut-tre dans le milieu o eux-mmes se ma9ti5n5t grce leurs antcd5ts hyginiques4 ,il en e/ de mme de la jeunesse actuelle4 ,ses prdcesseurs ont fait table rase de t\t ce qui con/itue le doma9e des ides gnrales1 va/e capital spirituel que des milli]s et des milli]s d'annes de p5se huma9e avai5t l5tem5t dpos au fond de l'esprit1 comme des lgions de faunes et de flores ont cond5s leurs =mes disp>ues dans les c\*es gologiques4 ,aussi manque-t-il ces d]ni]s v5us une f\le d'avantages dont les pres pr(itai5t sans s'en d\t]1 et c'e/ p\r cela que ceux-ci tr\v5t p>fois cette jeunesse trange4--,mais qu'on y reg>de de prs1 et l'on ne s'tonn]a pas4 ,notre travail s'e/ accru et compliqu1 et la conception du monde et des hommes1 telle qu'elle e/ sortie de la sci5ce matrialise1 ne p]met plus d'assign] ce travail un b satisfaisant4 ,p\rquoi tant de labeur p\r orn]1 g\v]n]1 scrut] une vie qui n'e/ que nant8 ,p\rquoi tant de pe9es si1 aprs t\t1 le ,bi51 la ,ju/ice1 la ,vrit ne sont que des entits vides de s5s1 et si l'univ]selle vanit enveloppe aussi bi5 notre savoir que notre ignorance1 nos plus nobles ef=ts que nos plus indignes p>esses8 ,a cela il faut aj\t] l'inc]titude qui s'e/ emp>e des esprits l'endroit de la sci5ce elle-mme4 ,les gnrations qui n\s ont prcds avai5t remplac les vieilles croyances p> une foi n\velle1 la foi la sci5ce4 ,ce que ,r5an crivait en #ahdh peut bi5 s]vir d'expression l'op9ion d'une f\le d'hommes encore vivants et qui ont donn le ton p5dant de longues annes3 ,p\r moi je ne connais qu'un seul rsultat la sci5ce1 c'e/ de rs\dre l'nigme1 c'e/ de dire df9itivem5t l'homme le mot des *oses1 c'e/ de l'expliqu] lui-mme1 c'e/ de lui donn] au nom de la seule autorit lgitime qui e/ la nature huma9e t\t entire1 le symbole que les religions lui donnai5t t\t fait et qu'il ne peut plus accept]4 ,oui1 il vi5dra un j\r o l'humanit ne croira plus1 elle saura2 un j\r o elle saura le monde mtaphysique et moral comme elle sait dj le monde physique4 ,comme ces *oses sonn5t trangem5t dans la jeunesse actuelle6 ,un demi-sicle pe9e n\s en sp>e1 et elles sembl5t v5ir du fond du plus lo9ta9 pass4 ,c'e/ qu'il y a un abme entre les hommes gs et mrs et les n\velles gnrations sci5tifiques4 ,celles-ci aim5t la sci5ce1 mais comme elles sont lo9 de suppos] que n\s sa*ions le monde physique et plus lo9 encore de p5s] que n\s puissions savoir le monde moral1 ou mme mtaphysique6 ,plusieurs de nos jeunes contempora9s1 dfaut de mieux1 ont adopt la philosophie de l'inconnaissable1 laissant subsi/] a9si1 du mo9s1 une catgorie ngative1 p\r m>qu] la place de ces horizons effrayants et magnifiques qui s't5d5t l'inf9i1 au del du savoir huma94 ,une di/9ction plus sre entre les div]s doma9es ne leur p]met plus de class] dans le savoir t\tes les =mes p> lesquelles le rel n\s e/ accessible4 ,il y a l le po9t de d"p d'une f\le de proccupations n\velles auxquelles n\s revi5drons1 c> elles sont encore le bi5 d'une m9orit4 ,le gr& nombre a tir1 lui1 une autre conclusion4 ,les contradictions sci5tifiques1 les sy/mes opposs dduits des mmes faits1 l'analyse1 aussi exagre que conte/able1 applique la p5se huma9e1 ont branl en lui la base mme de la sci5ce qui1 aprs t\t1 n'e/ que la foi la raison de l'homme et la raison des *oses4 ,il n'e/ plus sr de ri51 pas plus de la sci5ce que de la consci5ce4 ,c'e/ p\r cela qu'en gnral nos jeunes travailleurs1 s'ils sont ard5ts1 ne sont pas en?\sia/es4 ,leur ardeur a sa s\rce dans ce fonds inconnu d'o vi5n5t l'homme ses meilleures aspirations et qui le ratta*e la ralit1 malgr ses ignorances et mme ses dp\illem5ts volontaires4 ,l'en?\siasme s]ait cette mme ardeur1 ayant pris consci5ce d'elle-mme et de son b idal4 ,mais c'e/ l une opration que la sci5ce positive ne peut p]mettre ses disciples4 ,combi5 e/-il de ces jeunes vies laborieuses la fois et indig5tes6 ,asctes n\veaux qui1 =ce de cultiv] en eux cette seule *ose3 le savoir1 f9iss5t p> se condamn]1 p\r t\t le re/e1 l'inanition4 ,qu& un j\r l'av5ir aura consomm la syn?se du va/e ensemble dont n\s prp>ons les matriaux1 et que nos desc5dants entr]ont dans une de ces priodes de vie l>ge et complte o l'humanit1 en possession de sa =mule p\r un temps1 p\rsuit sa m>*e en paix et en scurit1 il s]a d une gr&e reconnaissance ces travailleurs qui pe9r5t dans le dtail sans os] ni p\voir s'lev] l'ensemble4 ,leur mrite e/ d'autant plus gr& qu'ils ont mo9s d'esprance4 99 99 99 99 99 ,combi5 de temps peut-on vivre a9si en ple9e an>*ie spirituelle1 sans base f]me1 sans direction homogne8 ,des symptmes significatifs et nombreux indiqu5t que l'inquitude rgne dans les meilleures ttes4 ,la jeunesse arrive1 dem&e sa r\te4 ,on lui dit3 il n'y en a qu'une1 la sci5ce4 ,elle s'y lance2 mais pe9e p>tie1 dix *em9s se prs5t5t au lieu d'un4 ,t\j\rs au nom de la sci5ce1 elle e/ sollicite dans les directions les plus opposes4 ,elle ent5d refus] le nom de sci5ce la morale1 l'hi/oire1 la psy*ologie4 ,dsori5te1 elle se met d\t] de sa r\te4 ,c'e/ l une situation grave4 ,les meilleurs se but5t et p]d5t c\rage la longue4 ,les esprits sup]ficiels ou mdiocres s'en tir5t meilleur compte4 ,ils dcl>5t au b\t de trs peu de temps que le p\r et le contre se val5t1 et1 p\r les uns comme p\r les autres1 le scepticisme e/ n4 ,des matres1 des hommes compt5ts1 ont dcl> plusieurs reprises1 ces d]ni]s temps1 que le scepticisme n'avait pas atte9t la jeunesse franaise1 que notre esprit national tait rfractaire cette maladie comme celle du pessimisme4 ,hlas1 on a beau tre ,franais et ,gaulois1 on n'en e/ que plus homme p\r cela1 expos aux dang]s que les t5dances exclusives font c\rir la nature huma9e4 ,qu& on rige une facult huma9e en seule norme et loi suprme1 on peut tre sr que non seulem5t on fait du tort t\tes les autres1 mais qu'on compromet en outre gravem5t1 celle qu'on veut tablir sur leurs ru9es4 ,p\r que l'homme vive1 il faut qu'il vive t\t enti]4 ,c]ta9s rgimes excessifs et dbilitants amn5t l'esprit la lassitude1 au scepticisme1 n'importe s\s quelles latitudes et entre quelles frontires4 ,la vrit e/ que la jeunesse qui p5se1 qui *]*e se r5dre compte des *oses et dsire arriv] la cl>t sur elle-mme1 a beauc\p s\ff]t depuis nombre d'annes4 ,elle a bel et bi5 connu le scepticisme et1 dans son ensemble1 e/ encore lo9 de la gurison4 ,cet tat d'esprit s'e/ l>gem5t traduit dans la littrature des jeunes4 ,on reconnat1 trav]s ces produits1 des esprits ayant subi de pr(ondes mutilations et qui1 p\r cela1 peuv5t p>c\rir la d\ble imm5sit de l'hi/oire et de l'me sans y r5contr] autre *ose que le nant4 ,cette littrature p> contre1 p\r t\t ce qui conc]ne le mcanisme extrieur1 e/ en gnral extraord9aire4 ,il e/ naturel de voir la jeunesse mettre dans ses uvres une me ard5te et si sre d'elle-mme1 si absorbe dans son en?\siasme qu'elle en nglige la =me4 ,n\s avons s\s les yeux t\t le contraire3 ,beauc\p d'habilet1 peu de s\ffle et encore mo9s de c]titude4 ,c'e/ ce que con/ate1 p\r la posie en p>ticuli]1 ,m4 ,sully-,prudhomme1 dans la prface un livre de jeune1 qui fait prcism5t exception la rgle d' prs5t3 ,jeunesse p5sive1 posies de ,a4 ,dor*a94 ,il ne s'e/ peut-tre jamais publi plus de v]s en ,france que dans ces d]nires annes1 et ces v]s sont p\r la plup>t bi5 faits4 ,presque t\s les dbutants v\s tonn5t p> une expri5ce s+ulirem5t prcoce2 les plus secrtes ruses de la v]sification leur sont familires2 ce sont des virtuoses accomplis2 en un mot ils sav5t leur mti]4 ,mais aussi jamais le mti] ne s'e/ plus nettem5t di/+u de l'art vritable1 c> il faut l'av\]1 le nombre des habiles passe de beauc\p celui des inspirs4 ,=mes sduisantes jetes sur un abme de dsillusion4 ,en vrit1 p>t\t o n\s t\rnons les reg>ds1 en littrature comme en art1 n\s sommes en prs5ce du mme phnomne navrant4 ,on ne r5contre qu'expressions exquises et dlicates1 du s5tim5t de g5s rev5us de t\t4 ,dans la philosophie1 les sci5ces1 les arts1 le dlabrem5t des pr9cipes e/ complet4 ,la jeunesse arrive sur le t]ra9 comme les tr\pes de volontaires dans les longues gu]res1 qu& les affaires sont bi5 compromises4 ,sur t\s les *em9s o elle v\drait avanc]1 elle voit rev5ir des g5s qui ont jet leurs armes et dcl>5t qu'il n'y a ri5 faire4 ,il faut beauc\p mo9s d'n]gie p\r all] v]s l'inconnu1 mme le plus =midable1 avec une lueur d'esprance au cur1 que p\r repr5dre des r\tes de l'esprit o l'on croise *aque in/ant des va9cus et des blesss4 ,aussi les gr&s horizons sont-ils bi5 dlaisss4 ,je ne m5tionne qu'en passant un c]ta9 dilettantisme qui s'intresse t\t et ne s'atta*e ri54 ,et celui-l1 comm5t le pr5dre au srieux sans dev5ir l'objet de l'indulg5te ironie de ses adeptes8 ,cette prcieuse et malsa9e t\rnure d'esprit n'en a pas mo9s eu une gr&e influ5ce sur la jeunesse4 ,ils n'ont t que trop nombreux en ce temps1 les hommes jeunes d'annes1 mais gagns p> une dcad5ce prcoce1 qui1 sans affirm]1 sans ni]1 sans croire ni d\t]1 se sont assis au bord de l'arne p\r se donn] le spectacle des vanits de la p5se huma9e1 de t\t ce que n\s faisons1 de t\t ce que n\s sommes1 dp5sant un s\rire satisfait o d'autres mett5t leur cur1 leur vie1 leur sang4 99 99 99 99 99 ,on conoit ce que doit tre dans un p>eil tat de *oses l'ori5tation religieuse4 ,*ez ceux qui n'ont pas reu dans leur jeune ge de direction p>ticulire1 il y a en gnral table rase4 ,d'autres ont vu leurs croyances d'enfant se dissip] au premi] contact des ngations sci5tifiques4 ,en ceux qui ont cons]v des traces d'une ducation religieuse1 c'e/ plutt p> la p]si/ance des impressions et des habitudes qu'elles se traduis5t1 que p> un tat intellectuel4 ,p>tags entre une c]ta9e faon de s5tir et les procds de la sci5ce dite positive1 ils viv5t dans deux mondes4 ,c'e/ un modus viv5di entre le cur re/ fidle aux s\v5irs1 et l'intellig5ce qui ne s'y retr\ve plus4 ,il y a ce sujet dans beauc\p de jeunes esprits un mlange incroyable1 mais t\*ant1 de *oses contraires4 ,quelquefois ce mlange htrogne entre en f]m5tation et fait pr\v] ceux qui en ont fait le cont5u de leur vie spirituelle1 des sec\sses pr(ondes et des s\ffrances cruelles4 ,p\rtant1 en gnral1 on peut dire que l'esprit voltairi5 a disp>u4 ,c'e/ une spcialit rs]ve auj\rd'hui quelques sides de la libre p5se et malheureusem5t au peuple4 ,il s'e/ dbit une si prodigieuse quantit de sottises au nom de la libre p5se que les g5s qui se piqu5t de culture r$\t5t d'en tre s\ponns4 ,la religion e/ un fait capital1 individuel et social1 et non une impo/ure ou une maladie1 cela comm5ce tre acquis4 ,n\s remontons la p5te et p\rrons mme n\s donn] la satisfaction de signal]1 s\s ce rapport1 un c\rant n\veau dans le *apitre o n\s n\s occup]ons des ,s5ti]s de dema94 ,il e/ naturel que cette p>tie de la jeunesse qui s'adonne aux tudes religieuses p> vocation ou p> c>rire occupe ici une situation d'exception4 ,cont5tons-n\s d'y m>qu] plusieurs c\rants4 ,le premi] se mfie de la p5se mod]ne1 en gnral1 et se retran*e dans les traditions respectives des glises2 il peut tre class dans la raction4 ,l'autre1 violemm5t travaill p> les ngations contempora9es1 dvie de leur ct1 p]d de vue1 peu peu1 les ralits intrieures1 dsespre de sauv] quelque *ose de la tradition et de la foi et f9alem5t1 s'enlise dans le d\te4 ,le troisime se fraie laborieusem5t un *em9 v]s une c]titude n\velle1 o l'hritage du pass se comb9e avec les conqutes et les beso9s du temps actuel4 ,c'e/ l que s'accomplit1 dans une m9orit svre avec elle-mme1 prise de vrit et de ju/ice1 l'volution intressante de l'heure prs5te1 celle dont sortira la p5se religieuse de dema94 ,puis ici comme p>t\t1 trop nombreux hlas6 sont les tides1 les passifs et les habiles qui vont o le v5t et les influ5ces les p\ss5t4 ,,iii ,,ori5tation ,,morale ,si telle e/ la situation dans le doma9e intellectuel1 que s]a l'ori5tation morale8 ,c'e/ en va9 que l'on essaie de sp>] l'ide morale des t5dances intellectuelles4 ,il n'y a pas de morale indp5dante4 ,ri5 dans l'homme n'e/ indp5dant de l'ensemble des *oses huma9es4 ,t\t se conditionne et s'influ5ce rciproquem5t4 ,a une c]ta9e poque les esprits =ts se flattai5t de susp5dre la morale dans le vide4 ,ils supprimai5t les croyances p\r ma9t5ir la morale4 ,c'e/ qu'ils croyai5t la morale et la trans=mai5t en dogme4 ,le bi51 le mal1 les droits de l'homme re/ai5t p\r eux les colonnes du monde4 ,ils avai5t la fois tort et raison4 ,raison d'admettre que le monde moral a ses lois t]nelles dc\v]tes et ratifies p> la consci5ce et peu peu mieux disc]nes p> l'humanit dans sa l5te asc5sion v]s la lumire4 ,tort d'admettre que la consci5ce puisse communiqu] avec la ralit1 si du ct de l'intellig5ce t\t e/ dcl> va94 ,si l'homme e/ incapable de connatre la vrit dans une c]ta9e mesure1 il l'e/ aussi de di/+u] le bi5 du mal4 ,si la raison1 si les dogmes qui1 aprs t\t1 sont l'expression que l'intellig5ce essaie de donn] aux ralits suprieures1 ne sont que fantasmagories vides1 si elles ne r5f]m5t pas s\s une =me dialectique ou symbolique des p>celles de ce qui e/1 la consci5ce elle aussi e/ impuissante4 ,et voil bi5 la conclusion logique que n\s avons tire4 ,a la ru9e des ides gnrales dans le doma9e intellectuel1 a correspondu t\t d'abord la ru9e des pr9cipes de morale4 ,dans ce temps qui n'a pas connu1 comme d'autres1 d'clatantes p]sonnalits reprs5tant aux yeux de la jeunesse le rsum de t\t un temps1 et leur apportant dans la *aire univ]sitaire une sorte de v]be et de mot d'ordre gnral1 il s'e/ tr\v des docteurs extra-univ]sitaires p\r remplir cette mission1 mais d'une faon1 hlas6 bi5 diffr5te4 ,ces lead]s du j\r sont les criva9s1 plus p>ticulirem5t1 les romanci]s1 qui se sont le plus l>gem5t assimil la conception rali/e de l'univ]s et sont dev5us p>mi n\s les docteurs du fatalisme4 ,plus affirmatifs que les savants1 comme t\s ceux qui ti5n5t le savoir de seconde ma91 ils ont *afaud sur les donnes rudim5taires d'une physiologie naissante t\te une psy*ologie1 t\te une sociologie4 ,avec des prt5tions au positivisme absolu1 ils ont t\t tran*1 pes1 mesur4 ,imp]turbables1 ayant c\p1 croyai5t-ils1 le cur huma9 p> tran*es m9ces1 comme d'autres avai5t c\p et photographi le c]veau1 ils en exposai5t le dtail1 en dmontrai5t le mcanisme1 en tiquetai5t les fibres4 ,leurs crits o se disai5t avec tant de tal5t et d'assurance les *oses du monde les plus sujettes caution1 dev5ai5t leur t\r des s\rces4 ,aprs les vulg>isateurs du premi] degr1 v5ai5t ceux du second1 du troisime1 du dixime1 t\j\rs plus affirmatifs4 ,la jeunesse a beauc\p lu et beauc\p accept cette littrature qui lui semblait tre le d]ni] mot de la sci5ce applique l'humanit4 ,jusqu' l'heure actuelle1 malgr c]ta9s indices n\veaux et heureux1 elle en e/ re/e trs imprgne dans sa masse4 ,non seulem5t la lib]t1 la responsabilit1 le bi5 et le mal1 dans l'anci5ne acception de ces mots1 n'ont plus de s5s1 mais t\te "p p]sonnelle de l'homme dans sa de/9e1 e/ considre comme problmatique4 ,d'autres la ni5t premptoirem5t4 ,on ent5d trs c\ramm5t raisonn] sur l'inconsci5ce1 l'irresponsabilit1 l'hrdit1 les crimes passionnels1 t\tes *oses dont il convi5drait de p>l] avec la plus extrme rs]ve1 en raison de leur gravit et de leur obscurit1 et qui circul5t dans les jeunes ttes comme on a fait circul] dans nos ve9es une c]ta9e lymphe allem&e1 avant mme de savoir si elle n'tait pas le pire des poisons4 ,il e/ rsult de t\t cela un tat moral pnible1 dang]eux1 surt\t l'ge o se contract5t ces plis du c>actre qui re/5t p\r t\j\rs dans notre physionomie morale4 ,p]sonne ne peut ni] que le s5tim5t de la responsabilit1 cette base de la conduite p]sonnelle1 ne soit gravem5t atte9t4 ,cep5dant le po9t de vue d'une morale fran*em5t matriali/e e/ dpass1 et les ides morales ont trav]s une phase plus scabreuse encore1 savoir celle du dilettantisme et du scepticisme1 suivant un m\vem5t p>allle aux conceptions intellectuelles4 ,n\s avons subi successivem5t t\tes les dislocations4 ,aprs la ngation brutale1 nette1 sre d'elle-mme1 e/ v5ue la priode d'indiffr5ce1 de d\te1 enf9 de curiosit dta*e4 ,p\rquoi ni] plutt qu'affirm]8 ,qu'en savons-n\s8 ,se dem&] si les *oses sont bonnes ou mauvaises e/ une purilit comme de se dem&] si elles sont vraies ou fausses4 ,un esprit suprieur ne s'emb>rasse pas de ces vulg>its4 ,il assi/e en spectateur aux phnomnes moraux extrieurs et intrieurs1 ne se juge ni soi-mme ni p]sonne et s'enveloppe de ce s5tim5t vague dont on ne sait s'il e/ la bi5veillance univ]selle ou l'univ]selle indiffr5ce4 ,un de ces esprits dta*s des futilits p\r lesquelles tant de pauvres et braves m>tyrs se sont fait jadis et se font encore tu] disait3 ,il n\s faut avoir p\r l'vangile une gr&e reconnaissance1 c> en aff9ant nos consci5ces il a donn au p* t\t l'attrait du fruit df5du4 ,d'autres1 p>lant des phnomnes d'immoralit et de dcad5ce les plus navrants dis5t3 ,ce temps devi5t intressant et gai4 ,les drl]ies div]tissantes s'(fr5t en f\le notre indulg5te curiosit4 ,inutile d'insi/] davantage sur ces propos trs connus de t\t le monde4 ,notre jeunesse intellectuelle1 selon l'ge1 le degr de culture1 la c>rire p>ticulire laquelle elle se de/9e1 a plus ou mo9s trav]s les tapes que n\s signalons et malgr les modifications incessantes qui sont le signe des temps inquiets et *]*eurs1 elle (fre des reprs5tants de t\s les tats d'esprit p> lesquels ont pass ses littrateurs prfrs4 99 99 99 99 99 ,la d\ble dislocation intellectuelle et morale dont n\s v5ons de n\s occup] a eu p\r rsultat l'affaiblissem5t du s5s de la ralit et le ral5tissem5t de l'activit4 ,p>lons d'abord du premi]4 ,le s5s du rel consi/e bi5 voir ce qu'on voit1 bi5 s5tir ce que l'on s5t1 bi5 compr5dre ce que l'on compr5d1 en s'y atta*ant1 en y pr5ant "p1 en croyant que c'e/ arriv--il n'y a pas de meilleure expression p\r dire ma p5se que celle-ci4 ,croire que c'e/ arriv1 qu'il s'agisse de la con/atation d'un fait matriel1 intellectuel ou moral1 d'une c\leur1 d'un p>fum1 d'un bon v]re de v91 d'une belle musique1 ou d'une bonne action1 c'e/ le signe de la p>faite sant et de l'intgrit vitale4 ,t\tes les p]turbations physiques ou morales dim9u5t cette facult mre4 ,mais elle s'altre surt\t1 lorsqu' =ce de t\rn] et de ret\rn] les *oses1 de les analys] t\s les po9ts de vue1 de se mfi] de t\t1 de *]*] midi quatorze heures1 de jongl] avec nos p5ses1 nos s5tim5ts et nos tats de consci5ce1 n\s n\s sommes inflig une sorte de v]tige de t\t l'tre4 ,il e/ absolum5t contre nature qu'une intellig5ce ou une consci5ce d'homme reg>de le p\r et le contre1 sans s'intress] plus l'un qu' l'autre4 ,elle se dtraque fatalem5t ce jeu1 et1 =ce de s'adapt] t\s les contraires1 se d=me et radote4 ,ce qui e/ naturel1 c'e/ que l'homme s'intresse ce qui se passe en lui1 non pas comme un jeu vide1 mais comme un vnem5t f]me et important4 ,il faut qu'il y mette du si51 et qu'il en soit4 ,autrem5t il ne lui re/e pas davantage de t\t ce qu'il a reflt1 qu' un miroir4 ,il p]d t\t d'abord le s5s de la ralit1 le droit bon s5s4 ,mais il p]d aussi le respect qui e/ la consqu5ce directe de notre faon d'apprci] la ralit4 ,le dilettante1 le sceptique1 le sophi/e p]d5t le respect4 ,t\te leur politesse1 t\s leurs s\rires aux phnomnes dont ils s'(fr5t le spectacle1 ne sont qu'une =me de mpris4 ,mais celui qui p]d le respect des *oses1 p]d davantage encore celui des mots1 qui ne sont que le reflet des *oses4 ,il jongl]a avec les mots comme avec les ides4 ,o alors e/ la vrit8 ,si la p>ole ne compte plus1 qui se fi]8 ,n\s s]ons entre g5s qui tr\v5t aussi spirituel de *ang] de p>ole que d'ides1 et se trans=m5t incessamm5t4 ,du monde arti/ique1 cette disposition pass]a rapidem5t dans la vie4 ,notre socit1 vieille et jeune1 comm5ce tre gr&em5t affecte du manque de respect et du manque de vrit4 ,on n'a qu' reg>d] la presse1 cette photographie en laid de notre monde1 p\r y voir1 p> mille exemples1 quels abus peuv5t desc5dre les hommes de p>ole et de plume lorsque1 dans l'abs5ce complte de pr9cipes srs1 rgulateurs du jugem5t et de la conduite1 les mots ne sont plus que l'ombre d'une ombre4 ,a la vrit1 l'intrt qui s'atta*e ces camlons qui *ang5t de c\leur volont1 et selon le beso9 du mom5t1 dis5t blanc ou noir1 prs5t5t un fait l'endroit ou l'env]s1 e/ p\r la jeunesse d'un exemple dte/able4 ,n'avoir qu'une c\leur et qu'une p>ole devi5t monotone2 cela dnote un esprit sans ress\rce4 ,quiconque sait vivre1 a plusieurs cordes son arc et sait se dd\bl]1 se tripl]1 se multipli]4 ,aussi l'antique duplicit n'e/-elle plus qu'un jeu d'enfant en comp>aison d'hommes qui sont eux seuls t\te une socit anonyme dont aucun membre n'e/ responsable4 ,t\t cela se ti5t et se succde comme les anneaux d'une *ane et les d5ts d'un engr5age4 ,mais n\s ne sommes pas au b\t4 ,aprs la dsagrgation du s5s droit des *oses1 vi5t la dsagrgation de l'activit et de l'n]gie comme suite 9vitable4 ,lorsque1 trav]s la ngation1 l'inc]titude1 l'in/abilit1 l'incohr5ce1 l'acrobatie spirituelle et morale1 on a gagn le suprme degr dans l'irrel1 l'ide p]d t\te =ce4 ,il faut1 p\r tre dt]m9 l'action1 une c]ta9e fixit de p5se1 une id5tification de l'homme avec ses ides4 ,l'action e/ incompatible avec une trop gr&e mobilit d'esprit4 ,une p5se qui vibre t\r t\r1 avec un intrt gal t\tes les impressions1 e/ comme le *amp o l'on f]ait t\s les huit j\rs un n\veau lab\r et des semailles n\velles4 ,po9t n'e/ beso9 de se proccup] de la moisson4 ,un lab\r dtruit l'autre4 ,mais non seulem5t la volont se /rilise4 ,de degr en degr n\s en arrivons mpris] la vie relle et l'action4 ,plus ri5 n'e/ attrayant que cette mue p]ptuelle de l'tre intrieur1 sur lequel n\s avons l'il fix comme sur un kalidoscope4 ,le monde de l'action e/ le milieu grossi] o s'agit5t les tres borns4 ,les qualits des hommes d'action les plus admirs ne sont au fond qu'un c]ta9 g5re de mdiocrit4 ,en =mulant ce prodigieux axiome1 ,m4 ,r5an a exprim le s5tim5t de bi5 des contempora9s1 jeunes surt\t1 di/+us ou non4 ,on peut object] ces p5seurs dlicats qu'on e/ naturellem5t t\j\rs une mdiocrit p\r quelqu'un4 ,un bon soldat peut1 je m'imag9e1 tre un mdiocre comdi52 un a?lte c\p sr f]ait un pitre acrobate1 et1 jug p> un de ces phnomnes de dislocation qu'on appelle hommes s]p5ts1 ,miton de ,crotone s]ait1 lui aussi1 une mdiocrit4 ,la volont s'atrophie encore qu& on n'y croit plus4 ,il suffit de bi5 p]suad] un tre qu'il e/ incapable1 p\r qu'il se comporte comme tel4 ,combi5 de jeunes enfants ri*em5t d\s ont t abrutis1 annihils p> des ducateurs qui les traitai5t sans cesse d'imbciles6 ,a =ce de rabr\] et de dc\rag] les g5s1 on f9it p> les faire d\t] d'eux-mmes4 ,il en e/ de mme de t\tes les aptitudes huma9es4 ,la volont a subi des influ5ces dplorables dans la jeunesse actuelle1 influ5ces de t\t g5re et dont le conc\rs nfa/e a eu p\r rsultat de l'affaiss] et de l'n]v]4 ,l'une de ces causes dltres e/ le v5t de fatalisme qui a s\ffl sur n\s4 ,p\rquoi s'ef=c]1 lutt]8 ,il n'y a pas d'initiative p]sonnelle4 ,l'9luctable ncessit g\v]ne l'me et le monde4 ,se r=m]1 entrepr5dre le combat contre ses passions1 ses p5*ants1 ou s'insurg] contre le mal qui e/ dans la socit1 c'e/ de la folie4 ,passe encore p\r les pauvres d'esprit4 ,laissons-leur l'innoc5te manie de se faire brl] et crucifi] p\r le salut des autres1 mais de grce n'allons pas les imit]6 ,des ides semblables sont du poison p\r la jeunesse4 ,il e/ dans l'ordre des *oses que les impressions de cet ge soi5t vives1 sa9es1 qu'on s'y atta*e avec imptuosit1 qu'on s'pr5ne d'idal1 qu'on s'emballe p\r les belles causes et les hommes gnreux et que l'on c\re l'action avec cette ardeur qui n\s fait aim]1 dans la jeunesse1 mme les exagrations et les imprud5ces4 ,s\s ce rapport les *oses ont bi5 *ang4 ,au lieu de ces jeunes ttes qui prom5ai5t jadis leurs *evelures arboresc5tes1 symbole de tant de juvniles exc5tricits1 n\s r5controns ma9t5ant trop de *eveux plats sur des fronts trop dsabuss4 ,notre meilleure jeunesse app>at si rs]ve1 si hsitante que d'aucuns la tr\v5t trop sage4 ,sans d\te il convi5t ici de faire gr&em5t la "p des circon/ances4 ,en omettant mme les problmes d'ordre intellectuel et moral en face desquels n\s les laissons1 il leur re/e sur les bras trop de grosses affaires p\r qu'ils ne soi5t po9t s\cieux4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai que l'ori5tation intellectuelle et morale des d]nires gnrations e/ de celles qui p>alys5t l'action4 ,le malheur e/ d\ble1 se produisant une poque comme celle-ci4 ,qu& on songe la vie qui att5d cette jeunesse1 t\t ce qu'elle devra f\rnir de labeurs et d'ef=ts1 on se s5t pris au cur d'une ha9e inv9cible contre ces doctr9es de nant qui ont t p5dant des annes sa grosse "p de n\rriture4 ,assez de ngations1 assez surt\t de jongleurs et d'hi/rions6 ,donnez-n\s des hommes de foi et d'action1 d'am\r et de ha9e1 l'il clairvoyant1 la poitr9e mue1 au bras vig\reux1 des hommes qui1 dta*s des va9s spectacles de la fantaisie et du cliquetis vide des mots1 se tais5t1 mett5t la ma9 la *>rue et trac5t1 comme dmon/ration1 leur sillon en ple9e vie6 ,,iv ,l',,cole ,,de ,,la ,,vie ,les que/ions d'ordre intellectuel et moral ne sont pas les seules qui sollicit5t une jeunesse4 ,on p\rrait mme dire que le plus gr& nombre en re/e loign3 t\te la jeunesse populaire1 p> exemple1 p\r laquelle ces *oses n'exi/5t que de lo94 ,n\s aurons l'occasion d'en p>l]4 ,mais p>mi la jeunesse /udieuse elle-mme1 ce n'e/ pas la masse que ces que/ions proccup5t4 ,et la m9orit1 tr\ble et travaille p> les graves problmes de ce temps1 se tr\ve de son ct envahie p> la pratique4 ,bi5 au del des sphres univ]sitaires1 les enveloppant de t\tes p>ts comme les flots envelopp5t une le1 s't5d la gr&e cole de la vie4 ,p\r les *]*eurs et les p5seurs1 aussi bi5 que p\r ceux que la re*]*e effraie ou laisse froids et qui se brass5t une philosophie sommaire avec les miettes ramasses au has>d1 le monde positif e/ l qui s'emp>e d'eux1 leur impose ses conditions et ses exemples4 ,les ?ories philosophiques1 les sy/mes de morale1 les doctr9es religieuses sont une *ose1 et la vie en e/ une autre4 ,ses leons sont plus puissantes que les ?ories en bi5 comme en mal4 ,ce qui se passe dans la politique1 la f9ance1 l'indu/rie1 dans le va-et-vi5t j\rnali] du monde1 dans les relations entre cam>ades et amis1 dans la famille1 ne peut manqu] d'avoir une influ5ce sur des esprits en ple9e =mation4 ,ceux-ci sont1 d'autre "p1 travaills p> l'esprit de p>ti ou du mo9s re*]*s p> lui4 ,la jeunesse e/ une pp9ire o p\sse l'av5ir4 ,il e/ de bonne gu]re de se ml] de ce qui s'y passe et d'essay] de faire t\rn] son dveloppem5t dans le bon s5s4 ,ce s5s p\r les hommes en ple9e lutte e/ le leur4 ,au milieu de leurs batailles1 ils reg>d5t du ct de dema9 et y *]*5t du r5=t4 ,il en rsulte p>fois une action si directe et si n]gique qu'elle va jusqu' la viol5ce morale4 ,cette irruption de la vie1 dans l'esprit de la jeunesse1 se fait s5tir surt\t dans les que/ions d'av5ir4 ,de j\r en j\r augm5te le nombre des jeunes g5s dirigs v]s les c>rires pratiques1 et ces c>rires s'encombr5t sans cesse davantage4 ,la proccupation d'arriv] devi5t si pressante1 en raison de la concurr5ce1 qu'elle f9it p> t\t dom9]4 ,c'e/ une prp>ation en petit au gr& combat p\r l'exi/5ce qui se livre p>t\t sur le t]ra9 conomique4 ,il semble difficile de p5s] autre *ose qu& on e/ entr dans cet engr5age des intrts matriels4 ,mais ceux-l mme que leurs tudes ne mett5t pas t\s les j\rs en face des *iffres et des calculs conomiques et qui se prp>5t aux c>rires librales1 n'*app5t pas au s\ci du l5dema94 ,la vie matrielle et t\t l'ensemble des complications et des beso9s qu'elle entrane1 s'impose leur att5tion et vi5t se ml] con/amm5t aux ides qu'ils se font sur les *oses et les hommes4 ,l'adage primo viv]e de9de philosoph>i e/ de ceux auxquels un jeune homme d'auj\rd'hui s'habitue malgr lui4 ,le dsir d'arriv] e/ cette aspiration lgitime de *aque tre d'avoir sa place au soleil et son exi/5ce g>antie4 ,il e/ du devoir d'un jeune homme sa9 d'esprit de s'en proccup]1 et ce n'e/ pas sans de graves inconvni5ts qu'on e/ lev au-dessus de ces m5us tracas1 p> sa situation de =tune4 ,mais il y a une gr&e diffr5ce entre le dsir d'arriv]1 subordonn aux intrts de sci5ce et de consci5ce1 un b suprieur enf91 et ce mme dsir dev5u le seul guide et le seul objectif4 ,l'acuit des que/ions conomiques1 la t\rnure rali/e de l'esprit contempora91 le tra9 de vie dont la jeunesse e/ ent\re1 ont rompu en elle l'quilibre entre la "q d'idal et la "q matrielle4 ,p\r un gr& nombre de jeunes hommes il n'y a qu'une "q3 arriv]4 ,p>mi ceux-ci1 les uns sont mode/es1 se cont5t5t de peu2 les autres sont pres et dem&5t beauc\p4 ,arriv] ne suffit pas1 il faut se p\ss]1 dpass] les autres1 dom9]4 ,on y p>vi5t en j\ant h>dim5t de la d5t et des ongles1 comme les animaux infrieurs4 ,on y p>vi5t encore1 et plus srem5t et plus proprem5t1 en usant de f9s /ratagmes4 ,cette d]nire m?ode e/ celle pratique p> ce que n\s appell]ons les jeunes diplomates4 ,susp5dons ici leur mdaillon3 ,plus ambitieux qu'affams1 ils mpris5t la lutte grossire4 ,a l'a*>nem5t des l\ps1 ils prfr5t la tactique des r5>ds4 ,de ce sicle rali/e1 ils ont ret5u surt\t qu'il faut de l'habilet p\r arriv]4 ,aussi en ont-ils fait provision4 ,leur p5se e/ un ars5al o il y a de t\t1 et ils sav5t l'en tir] propos4 ,t\j\rs de l'avis de *acun et1 selon l'heure1 lg]s ou graves1 honntes ou fripons1 ils trait5t les hommes selon leurs cts faibles4 ,la vie p\r eux e/ une affaire1 mieux3 un *iqui]4 ,s5tim5ts1 ides1 intrts1 les leurs1 comme ceux des autres1 sont les pions qu'il convi5t de mani] sans motion4 ,s'emball] nuirait4 ,ce qu'on appelle entre braves curs t\t simplem5t une vil5ie e/ p\r eux un acte d'intellig5t sang-froid4 ,ils ont so9 t\tefois de cultiv] *ez les autres des scrupules1 dont l'abs5ce fait t\te leur =ce eux4 ,ces jeunes vieill>ds sont impassibles1 ils ne ri5t jamais--le rire dnote de la faiblesse d'esprit--mais ils connaiss5t la piti et la rs]v5t t\t entire p\r les pauvres cam>ades1 atte9ts de s9crit1 qui ne veul5t devoir leur avancem5t dans le monde qu'au travail et au mrite4 ,cep5dant1 au beso91 le jeune diplomate f]a son possible p\r supplant] ces excell5ts cam>ades4 ,il ne nglige ri51 lui1 p\r se p\ss]1 soign] sa petite rputation1 se faire bi5 voir des dames influ5tes4 ,discrtem5t1 il sait entret5ir aut\r de sa p]sonne un murmure de rclame1 qui fait press5tir en lui un p]sonnage4 ,il e/ annonc p\r dema9 sur la scne du monde1 comme s'annonc5t c]ta9s arti/es en t\rne en faisant affi*] sur les murs3 ,x vi5dra6 ,v\s p5sez bi5 que ce n'e/ pas lui qui affi*e1 il s'tonne et se pla9t de ce br\haha de r5omme qui eff>\*e sa mode/ie4 ,quant aux s5tim5ts t5dres1 le jeune diplomate s'en mfie4 ,s'il lui arrive jamais d'aim]1 ce s]a un am\r de tte4 ,le cur e/ ple9 de surprises qui dr\t5t les calculs4 ,il n'en faut pas4 ,m'e/ avis que voil quelqu'un qui f]a son *em9 dans le monde4 ,du mo9s il e/ de ceux que l'on comm5ce dcor] du titre de trs =ts1 et il possde d'ailleurs un po9t lev le c\rage du sacrifice3 ,p\r arriv]1 il sacrifi]a mme les plus *]s intrts444 des autres4--,v\s russirez1 jeune seigneur1 ou je m'y connais mal444 ,mais je ne t'envie pas1 va6 99 99 99 99 99 ,occupons-n\s ma9t5ant de cette tr\pe1 hlas imposante1 dont f\rmill5t les abords des c>rires et qui dem&e tre case t\t bonnem5t4 ,on leur dit3 p\r tre cass1 mes amis1 il faut travaill]1 b*] mme4 ,et les voil qui travaill5t1 b*5t s'il le faut4 ,ils di/+u5t entre ce qui e/ utile et ce qui ne l'e/ pas4 ,ne p]dons pas de temps3 ,"t is money6 ,leur monde n'e/ pas la ,cration1 c'e/ un programme4 ,que l'inf9i t\rm5te quelqu'un1 cela leur p>at contre nature2 leur curiosit1 eux1 n'a ri5 d'angoissant4 ,leur ambition d'ailleurs n'a ri5 de froce4 ,ils ne dem&5t pas mieux que de voir arriv] t\t le monde ex quo4 ,il faut bi5 que *acun vive6 ,c'e/ l'utilit>isme infiltr du doma9e indu/riel et comm]cial dans celui des tudes4 ,p\r tre celui d'un gr& nombre de jeunes g5s1 pas m*ants1 le po9t de vue n'en e/ pas mo9s misrable4 ,aussi me dcl>]ai-je t\j\rs du ct de ceux1 fuss5t-ils peu1 qui ont un idal4 ,heureusem5t il y en a plus qu'on ne le suppos]ait4 ,eh oui1 il faut vivre1 n\s le p5sons t\s4 ,vivre c'e/ la gr&e affaire4 ,n\s sommes mme tellem5t de cet avis que n\s dem&ons plus que v\s1 c> n\s n'appelons pas cela vivre4 ,quoi1 la de/9e huma9e s'arrondirait en cette phrase3 ,appr5dre un tat en *ange d'un morceau de pa94 ,n\s vi5drions au monde avec un cur1 une intellig5ce1 une consci5ce1 et n\s f]ions des ma?matiques1 de l'hi/oire1 de la mdec9e1 du lat91 de la ?ologie1 que sais-je encore1 p\rquoi8 p\r le vivre et le c\v]t6 ,v\s appelez cela une vie6 et c'e/ p\r cela que v\s suez sur l'algbre1 les cornues1 les textes et les ar*ives2 que v\s prom5ez le scalpel dans les *airs mortes et le microscope sur les inf9im5t petits2 que v\s passez des exam5s en ple9e canicule6 ,mieux vaudrait dormir de l't]nel sommeil1 dans l'eau1 le feu1 ou s\s la t]re1 n'importe o1 que de vivre a9si2 c> dcidm5t ce ne s]ait pas la pe9e4 ,l'homme ne vit pas de pa9 seulem5t4 ,il n'e/ pas seulem5t un fonctionnaire1 actif ou retrait1 ou t\t autre travailleur qui t\*e un salaire4 ,il e/ cela sans d\te1 et mme il ne lui e/ pas p]mis de ne fonctionn] d'aucune faon2 mais p\r que les *oses aill5t bi51 il faut d'abord qu'il soit un homme4 ,malheur aux socits o *acun n'aspire qu' se cas] p\r vivre6 ,elles rduis5t la vie ses proportions infrieures et en font une cure d'apptits ou une =malit banale4 ,il faut vivre1 et1 p\r vivre qu& on e/ un homme1 la premire *ose c'e/ d'avoir un b1 un am\r et une ha9e1 un idal enf94 ,si v\s ne *]*ez pas v\s procur] cela tant jeunes1 v\s ne l'aurez jamais et v\s ne connatrez pas la vie4 ,c'e/ p\r cela qu'un s\ci plus lev doit dom9] le s\ci de la c>rire1 non pas seulem5t dans les fonctions consacres aux *oses de la sci5ce et de l'esprit1 mais dans t\tes4 ,v\s tudiez la philosophie1 l'hi/oire1 les arts4 ,trs bi51 soyez d'abord un homme1 et v\s aurez l't(fe dont se font les philosophes1 les hi/ori5s1 les arti/es4 ,mais v\s songez dev5ir +nieur1 comm]ant agriculteur1 *ef d'us9e4 ,excell5t1 si v\s comm5cez p> tre des hommes4 ,si v\s ngligez cela1 v\s ne s]ez que de misrables esclaves ou des oppresseurs1 selon l'occasion4 ,l'utilit>isme dtruit l'homme2 il trique t\tes nos conceptions de la vie pratique4 ,p\r lui il n'y a ni s5tim5t1 ni droit1 ni noblesse1 ni beaut1 ni sa9tet1 ri5 enf9 de ce qui e/ huma91 il n'y a que des *iffres4 ,ce qui ne vaut pas d'arg5t ou n'en fait pas gagn]1 ne vaut ri51 en gnral4 ,c'e/ la plus p\vantable erreur qui puisse s'emp>] d'un homme ou d'une socit1 c> ce qui vaut prcism5t le plus dans la vie huma9e1 c'e/ ce qui ne saurait ni s'a*et] ni se v5dre4 ,aussi je considre l'utilit>isme dans la jeunesse comme une calamit4 ,cette soi-disant brave disposition de bon b\rgeois rang et g/e e/ pire que t\s les vices4 ,une jeunesse t]re t]re1 ,dieu n\s en prs]ve6 ,le beau nom de jeunesse ne lui convi5drait plus4 ,la jeunesse n'e/-elle pas faite de t\s les lans et de t\tes les ardeurs qui n\s engag5t mpris] l'utilit>isme8 ,en tre atte9t c'e/ tre en proie la snilit1 entr] dans l'exi/5ce avec un /igmate de dcrpitude4 ,de mme que natre aveugle e/ pire que de le dev5ir1 puisque le s\v5ir mme de la lumire v\s manque1 de mme comm5c] dans l'utilit>isme e/ plus affreux que d'y f9ir1 c> il peut re/] au mo9s un reflet des *oses suprieures celui qui s'en e/ dta* p> la l5te usure de la vie4 ,l'autre au contraire1 l'utilitaire prcoce1 ne g>de ri54 ,ds lors t\t e/ possible jusqu' la honte inclusivem5t1 p\rvu que cela pr(ite6 99 99 99 99 99 ,n\s n\s tr\vons l sur un t]ra9 peu difiant1 mais encore =t va/e p>c\rir1 et cet ordre d'ides n\s amne n\s occup] en gnral de l'idal t\t ngatif qui s'e/ emp> d'une gr&e masse de nos contempora9s et qui ne dte9t que trop sur la jeunesse4 ,je veux p>l] de ce que j'appell]ai le bonheur passif4 ,la re*]*e de ce bonheur e/ le rsultat de l'avilissem5t des volonts2 mais elle e/ aussi une consqu5ce du bi5-tre que n\s a procur le progrs4 ,la civilisation1 en augm5tant le p\voir de l'homme1 dim9ue son ef=t1 l'habitue aux aises et lui fait fuir les labeurs rudes4 ,c'e/ un rsultat contradictoire sans d\te1 puisque la dom9ation sur la nature n'e/ obt5ue qu'au prix des plus longs et des plus pnibles ef=ts4 ,mais1 ces ef=ts accomplis p> quelques-uns procur5t d'autant plus de tranquillit aux autres4 ,s'il e/ vrai que ce temps a travaill plus qu'aucun autre1 il a aussi produit une classe t\j\rs plus nombreuse de privilgis qui ne travaill5t que peu ou po9t4 ,le ralisme pratique1 acclimat un peu p>t\t1 y aidant1 le repos1 l'abs5ce de lutte e/ dev5u le rve c>ess p> une f\le d'hommes4 ,une vie commode1 l'abri des sec\sses1 une vie de r5ti]1 que de g5s n'ont p\r eux et leurs enfants que cette aspiration-l6 ,il en e/ rsult t\te une catgorie de jeunesse commode porte aux habitudes effm9es1 prise de vie sd5taire1 v\e aux langueurs et aux p>esses du corps et de l'esprit4 ,comme t\s ceux qui sont habitus se faire s]vir1 cette jeunesse e/ impati5te1 et surt\t impati5tante4 ,il n'y a de tels que ceux qui ne font ri51 p\r tr\v] que les autres ne travaill5t pas assez4 ,habitue aux m]veilles de la sci5ce et de l'indu/rie dont elle pr(ite1 sans savoir le mal qu'elles ont cot1 cette jeunesse ne sait plus att5dre4 ,il lui faut t\t1 trs rapidem5t1 si possible t\t de suite4 ,elle a remplac l'imptuosit juvnile p> une n]vosit de petite dame trs difficile cont5t]4 ,c'e/ a9si que nos moy5s acclrs1 notre habitude de =c] et de viol5t] la nature1 n\s ont cr des murs factices4 ,qu'il faille du temps aux arbres p\r p\ss]1 cela p>at d'aucuns un re/e de vieille b>b>ie que le progrs supprim]a4 ,volonti]s ils mettrai5t t\te la vie l'allure des tra9s-clairs1 p\rvu qu'ils ai5t dans le tra9 leur sleep+ et leur re/aurant6 ,a9si se prs5te dans notre socit un phnomne s\v5t obs]v dans les familles4 ,les pres laborieux ont des fils non*alants1 voire mme fa9ants4 ,c'e/ la division du travail3 ,les pres se sont fatigus p\r les fils1 les fils se repos5t p\r les pres4 99 99 99 99 99 ,ceci n\s rappro*e t\t d\cem5t de cette classe de jeunes hommes que j'appell]ai les ,inutiles4 ,on les r5contre surt\t dans les conditions aises ou brillantes1 t\j\rs ple9es de pril4 ,il e/ d'autant plus honorable de se s\/raire ces prils p> l'n]gie et le labeur4 ,l'exemple de bi5 des jeunes g5s ri*es et travailleurs n\s console ici du tri/e spectacle que donn5t leurs compagnons4 ,mais p>lons de ceux-ci3 ,ils sont trs sol5nels4 ,t\t dans leur physionomie et leur toilette la fois correcte et ddaigneuse1 rvle le ,monsieur rev5u de t\t4 ,une expression de pa*a ass\pi indique que le monde pass et prs5t e/ l p\r eux4 ,entrons dans leur *ambre et empruntons-en la description ,leg\v3 c'e/ bi5 t\j\rs cela4 ,il n'y a pas de quoi s'y asseoir1 il n'y a plus que de quoi s'y c\*]4 ,ce ne sont que fauteuils r5v]ss1 fauteuils bascule1 fauteuils oreill]s1 l>ges divans l>ges c\ss9s1 rideaux ouats1 *em9e d\ble de calorifre1 tapis pais comme une toison6 ,et quel cab9et de toilette6 ,suis-je *ez une pr9cesse du qu>ti] ,brda1 ou *ez le fils d'un prsid5t de tribunal8 ,un outillage p\r les ma9s se croire devant la vitr9e d'un c\teli]6 ,v+t flacons d'ess5ces div]ses6 ,un sy/me de brosses aussi +nieux que compliqu3 il y en a de rec\rbes en creux1 il y en a de rec\rbes en relief6 ,il y en a de longues1 il y en a de l>ges6 il y en a de dures1 il y en a de moelleuses6 ,t\te la simplicit de la maison e/ rfugie dans la *ambre du pre1 voire de la fille6 ,mme re*]*e p\r la table4 ,c]tes1 n\s ne ddaignions pas jadis un bon dn]1 et n\s savions faire fte une b\teille de v92 mais au mo9s n\s ne n\s y connaissions pas6 ,auj\rd'hui1 les jeunes g5s sont g\rmets1 dlicats1 difficiles4 ,ils font de l'am\r du con=t un dilettantisme6 ,o e/ le mal8 dira-t-on4 ,le mal1 c'e/ qu'on ne travaille pas dans un fauteuil r5v]s6 ,le mal1 c'e/ qu'on devi5t esclave d'un bon tapis et d'un bon mets6 ,le mal1 c'e/ qu'on hsite entrepr5dre un voyage dur1 mais utile1 p>ce qu'on ne peut pas tran] t\t son attirail de coiffeur avec soi6 ,le mal1 enf91 c'e/ qu'on en arrive sacrifi] mme sa consci5ce son *] con=t1 et que dans t\tes les que/ions de m>iage1 de pr(ession1 d'emplois publics1 c'e/--dire d'av5ir1 d'am\r1 de considration1 de dignit1 d'honneur1 p>fois1 le bi5-tre1 le tyrannique bi5-tre entre en lutte avec les plus /rictes obligations1 et qu'il en triomphe1 c> il s'appelle d'un nom plus puissant que le nom de la passion mme1 il s'appelle l'habitude4 ,oui6 l'habitude1 cette ple compagne de la vieillesse1 cette tri/e sur de la manie1 l'habitude rgne p>mi beauc\p de jeunes g5s comme n'y rgne pas l'am\r4 ,de l1 des pres aux fils1 mille repro*es lgitimes rep\sss p> mille rponses s\v5t amres2 de l enf9 mille dbats incessants1 sur le vrai *amp de bataille de la famille1 sur la "q d'arg5t6 ,et puisque cette citation n\s amne sur la "q1 m>quons ici1 en passant1 un gros p>agraphe de l'cole de la vie3 l'importance p\r la jeunesse connatre la valeur de l'arg5t4 ,le gr& malheur de la =tune des p>5ts1 surt\t de celle qui a t gagne rapidem5t1 ou hrite1 et ne repose plus sur aucun travail actuel1 e/ de faire p]dre aux enfants le respect de l'arg5t4 ,respect] l'arg5t1 et mme qu& on en a beauc\p1 ne jamais le dp5s] mal propos1 n'e/ pas une qualit ord9aire4 ,c'e/ une qualit sociale des plus complexes1 c> elle suppose non seulem5t de la consci5ce1 du tact1 bref le s5tim5t que possd] e/ une fonction sociale1 mais elle dem&e encore s'entret5ir p> l'expri5ce4 ,en un mot1 p\r possd] cette qualit1 il faut savoir combi5 l'arg5t e/ dur gagn] et que d'ef=ts il reprs5te4 ,celui qui ne sait pas cela le mprise1 et s'il y atta*e quelque valeur1 ce n'e/ que p\r le plaisir qu'il peut procur]4 ,j'insi/e sur ce po9t dans un intrt de morale suprieure et non1 ,dieu m'en g>de1 p\r s]vir l'gsme de c]ta9s p>5ts p\r qui le mal consi/e dp5s] de l'arg5t1 le bi5 le g>d]1 et qui mesur5t la moralit de leurs fils leur p>cimonie4 ,le vice cote *]1 c'e/ p\r cela qu'il faut le fuir2 la v]tu e/ bon m>*1 il faut la cultiv]1 et a9si on ne cultive s\v5t que l'av>ice1 le plus sordide de t\s les vices4--,mais rev5ons nos inutiles et ne les l*ons pas6 ,po9t n'e/ beso9 d'app>t5ir une classe privilgie p\r avoir l't(fe d'un inutile4 ,cette exi/5ce de roi fa9ant a1 p>at-il1 tant d'attraits que d'aucuns ne p\vant la m5] dans le luxe1 la mn5t dans la mdiocrit ou la misre4 ,et voici ce que dem&5t ces prcieux p>asites3 ,se c\*] dans l'exi/5ce comme un tronc d'arbre sur l'eau4 ,flott] au gr de la vague1 avanc]1 recul]1 mont]1 desc5dre selon le has>d des heures4 ,p\rvu que cela m>*e t\t seul6 ,au milieu des influ5ces contraires qui travaill5t les socits1 p>mi les labeurs1 les tudes1 les s\ffrances d'autrui1 j\ir d'une s]e9e indiffr5ce1 tant n\rri1 vtu1 amus et +rat1 p>-dessus le m>*2 se laiss] tran] auj\rd'hui p> l'intrt1 dema9 p> la passion1 la colre1 la ha9e ou la peur1 une autre fois p> la volupt et les apptits grossi]s2 puis c]ta9s j\rs1 agrable div]sion1 subir le *>me de la v]tu1 tre emport p> un s\ffle sur les hauteurs1 en att5dant qu'on en soit enlev p\r tre jet dans quelque b\rbi]3 ,la belle vie que voil6 ,qu& on s'appro*e d'un de ces passifs p\r l'exhort] se ressaisir1 il faut t\j\rs s'att5dre tre pris p> lui en gr&e piti4 ,le mieux qu'on puisse en espr] dans ses bons j\rs1 e/ qu'il v\s rponde3 ,que v\lez-v\s1 je suis a9si fait1 je n'y puis ri56 ,peut-tre1 s'il v\s juge digne d'un tel ef=t1 v\s dira-t-il en citant ,montaigne3 ,je ne gte ri51 je n'use que du mi52 et si je fais le fol c'e/ mes dp5s1 et sans l'intrt de p]sonne1 c> c'e/ une folie qui meurt en moi1 qui n'a po9t de suite4 ,mais si v\s tombez sur un mauvais j\r1 pr5ez bi5 g>de3 ,il se f*]a trs =t1 comme une bte contr>ie dans son repos ou ses emportem5ts passionnels4 tre drang6 cela peut-il se support]8 ,s'il y a une action m*ante au monde c'e/ de tr\bl] les g5s1 qui1 sans v\loir nuire p]sonne1 se laiss5t gliss] d\cem5t du ct de la p5te4--,mais je m'ap]ois que c'e/ pr5dre bi5 de la pe9e p\r qui s'en donne si peu4 99 99 99 99 99 ,et p\rtant j'ai cur de cri] g>e plusieurs1 qui sans tre des inutiles1 se laiss5t all] v]s la vie facile4 ,il y a l un engr5age qui v\s saisit et v\s l*e difficilem5t4 ,la vie molle eng5dre la l*et4 ,la l*et produit le m5songe et la duplicit4 ,on e/ oblig de rec\rir aux expdi5ts et de quitt] les *em9s droits4 ,une fois entr dans cette voie1 le plus clairvoyant e/ p]du4 ,en p>ticuli] il faut m5tionn] la passion du jeu1 comme un des plus tri/es piges o tomb5t tant de jeunes vies4 ,la jeunesse d'auj\rd'hui j\e beauc\p trop4 ,c'e/ une des maladies du temps1 une des =mes de sa fivre4 ,on p>ie aux c\rses1 on j\e entre soi1 tantt gr& jeu tantt petit1 et dans t\tes les classes de la socit4 ,augm5t] son avoir1 ou son ga91 p> un c\p de has>d1 ou mme1 dans les cas extrmes1 dem&] ce has>d qu'il v\s fasse vivre sans travaill]1 c'e/ un objectif beauc\p trop p\rsuivi4 ,que de g5s s'endorm5t le soir en prononant le nom du *eval sur lequel ils ont p>i6 ,mo9s condamnable en app>5ce que l'ivrogn]ie ou la dbau*e1 le jeu e/ d'une immoralit plus subtile4 ,il fait p>tie de t\t un ensemble de phnomnes et peut tre considr comme le symptme de pr(onds tr\bles psy*ologiques4 ,un homme qui j\e p]d pi$ dans la ralit4 ,l'en*anem5t simple et laborieux des causes lui *appe4 ,il se tr\ve jet en ple9e av5ture4 ,comme les gnrations de l'an mille1 il att5d qu'un c\p de baguette trans=me le monde4 ,aussi1 p\rquoi travaill]ait-il8 ,bi5tt la =tune vi5dra t\te seule4 ,en att5dant1 il emprunte ou pr5d4 ,le jeu en effet donne le v]tige et r5d possibles des actes dont on tait aup>avant incapable4 ,ds lors l'homme e/ vau l'eau4 ,voyez si l'on a raison de cri] casse-c\6 ,j'aj\t]ai que le jeu tue la conv]sation1 un des *>mes et des gr&s beso9s de la jeunesse4 ,c'e/ un isolateur4 ,il escamote le monde aut\r de v\s1 faisant disp>atre hommes et *oses4 ,dans un des plus beaux sites de la ,suisse1 o l'on regrette t\j\rs d'avoir trop peu de temps p\r admir]1 je r5contrai un j\r deux jeunes t\ri/es4 ,ils tai5t environ mi-cte d'une asc5sion =t intressante et semblai5t pr5dre quelque repos4 ,de lo91 les voyant assis1 le dos t\rn au paysage1 cela m'avait p>u trange4 ,en m'appro*ant1 je compris3 ils j\ai5t aux c>tes4 ,quatre heures plus t>d1 en r$esc5dant1 je les retr\vai la mme place1 j\ant t\j\rs4 ,la nuit tombait6 ,ils r5trr5t alors cont9u] leur p>tie l'htel4 99 99 99 99 99 ,il e/ enf9 un po9t capital1 important t\j\rs et p>t\t1 mais plus srieux encore p\r la jeunesse que p\r les autres ges1 j'ai indiqu les *oses de l'am\r4 ,c'e/ l qu'on peut le mieux voir app>atre l'tat gnral d'une socit1 les qualits et les dfauts de sa conception de la vie4 ,dites-moi comm5t v\s aimez1 je v\s dirai qui v\s tes4 ,la valeur d'un temps se mesure au respect dont il ent\re l'am\r4 ,le crit]ium de la valeur d'un homme n'e/ pas son cr$o religieux1 intellectuel ou moral2 mais c'e/ le degr de respect qu'il a p\r la femme4 ,qu& l'homme p]d la foi et l'esprance1 il dprcie la vie4 ,dt-il s'y cramponn] comme la seule *ose c]ta9e et qu'il faut exploit] vite1 il l'amo9drit p> l mme1 et sa conception rab\grie du monde et des hommes1 l'abs5ce d'idal1 de posie relle1 d'n]gie1 t\t cela tr\ve dans sa faon d'aim] un long *o1 un comm5taire loqu5t et pratique4 ,l'am\r sans d\te e/ immortel et r5atra t\j\rs de ses c5dres4 ,on a beau le tran] dans la b\e1 il vi5t un j\r o il ressuscite plus jeune et plus beau que jamais4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai qu'individuellem5t n\s p\vons le t]nir en n\s4 ,o en sommes-n\s p\r les *oses de l'am\r8 ,comm5t aime notre jeunesse8 comm5t p>le-t-elle de l'am\r8 comm5t le *ante-t-elle8 ,hlas1 on peut con/at] sans pe9e que sur ce po9t notre jeunesse e/ extrmem5t rs]ve4 ,n\s t\*ons l un endroit d\l\reux4 ,il y a de la mfiance1 du scepticisme1 des ru9es intrieures4 ,ma9t5ant il devi5t ord9aire de raisonn] sur l'am\r1 l'entre de la vie1 comme les plus dsabuss des hommes4 ,volonti]s on croirait qu'il e/ p>mi les bonnes vieilles *oses disp>ues et que1 p\r l'pr\v] encore1 n\s soyons v5us trop t>d dans un monde trop vieux4 ,rgle gnrale1 ce qui manque1 c'e/ le respect de la femme1 je dirais volonti]s ce culte de la femme qui e/ le signe de l'intgrit vitale4 ,sans d\te on ne la reg>de pas1 l'in/> de c]ta9es poques asctiques1 comme un tre impur1 p]nicieux1 dont il faille fuir le comm]ce4 ,on la tr\ve au contraire dsirable2 mais en mme temps biz>re et1 la longue1 gnante4 ,elle e/ un in/rum5t de plaisir1 condition qu'on n'en fasse pas sa socit et qu'on vite ses li5s4 ,les *anes de l'am\r sont remplaces avantageusem5t p> l'am\r libre4 ,en somme1 ce qu'on appelle le plus c\ramm5t am\r1 ne ressemble pas plus au vrai am\r que la con/ellation de l',ourse ne ressemble au quadrupde du mme nom4 ,qu& l'am\r au!ntique exi/e1 et les prcautions sont prises p\r qu'il ne puisse prir1 il se ca*e plutt4 ,a9si1 il e/ assez r>e de r5contr] des *ansons d'am\r composes p> de t\t jeunes g5s et plus r>e encore d'ent5dre *ant] en socit cette sorte de posie4 ,on n'ent5d gure non plus les vieux *ants d'am\r du rp]toire national4 ,p> contre on *ante et re*ante satit l'am\r vulgaire4 ,vnus ,uranie e/ mo9s l\e que ses homonymes infrieures4 ,impossible de ne pas dire ici ce que je p5se des *ansonnettes du j\r4 ,mais cela ne s'adresse aucun auteur p>ticuli]4 ,c'e/ le g5re que je vise1 le milieu qui les fait clore1 et ceux qui vont les rptant tel po9t que du dehors on p\rrait s'imag9] qu'il n'y a plus que cela4 ,je tr\ve donc aux *ansonnettes le plus en vogue p\r le mom5t1 et o l'on *ante l'am\r1 un arrire-gt de lib]t9age snile4 ,cela s5t la dcad5ce1 le dtraquem5t1 et lorsque cette note p]si/e trav]s une srie et se reproduit dans des productions similaires r5voyes p> t\s les *os1 cela f9it p> dev5ir horriblem5t ennuyeux4 ,lo9 de moi de repro*] ce g5re de littrature son immoralit4 ,on se mpr5drait sur mes int5tions4 ,peut-tre m'accus]ait-on d'tre un atrabilaire1 un rabat-joie1 un philosophe b\tonn1 se donnant a9si contre moi le beau rle de quelqu'un qui rev5dique p\r la jeunesse le droit de s'amus]4 ,h1 moi aussi1 je rev5dique ce droit et le proclame2 et p\rvu que la compagnie soit de celles o l'on peut s'asseoir en se respectant1 je ne p]mettrai p]sonne de *ant] de meilleure humeur que moi3 ,gaudeamus igitur6 ,mais qu& n\s en vi5drons au fameux c\plet du p]eat1 o le joyeux vac>me atte9t des proportions inquitantes p\r les vois9s1 je cri]ai de t\tes mes =ces3 p]eat diabolus4441 atque irrisores6 et je song]ai1 ce mom5t1 t\t ce qui tue la joie1 la gat macabre qui consume dans son feu ce qui doit tre sacr1 l'esprit de moqu]ie1 enf91 qui fait trop s\v5t les frais de ces *ansonnettes4 ,comm5t1 en ce temps1 dans ce pays lorsque la jeunesse d'un gr& peuple s'assemble et qu'elle veut *ant] l'am\r1 ce s]ai5t ces *oses-l qui lui vi5drai5t l'esprit1 et de prfr5ce1 et presque exclusivem5t6 ,non1 v\s v\s calomniez v\s-mmes4 ,v\s avez mieux que cela dans le cur4 ,il n'e/ pas possible que v\s manquiez de t\t ce qui manque ces produits1 savoir3 la posie1 le naturel1 la fra*eur1 la jeunesse6 ,mais1 je me hte de le dire1 la jeunesse e/ en gr&e p>tie innoc5te d'un tat de *oses que la vrit n\s oblige reprs5t] s\s des c\leurs sombres4 ,ri5 n'a t nglig p\r n\s en faire v5ir l4 ,la socit actuelle a de gr&s torts se repro*]4 ,comm5t qualifi] la lgret avec laquelle1 en public comme en famille1 on p>le de l'am\r1 de la *a/et1 du m>iage1 surt\t lorsqu'on s'adresse des jeunes g5s8 ,il semble que leurs oreilles soi5t faites exprs p\r c\t] les raill]ies et les jeux d'esprit d\teux4 ,on leur a donn les conseils les plus p]nicieux1 en ce qui conc]ne le respect de la femme et d'eux-mmes1 comme si t\te la sagesse des sicles1 si *rem5t acquise sur ce po9t et cond5se en deux ou trois rgles qu'on ne viol]a jamais impunm5t1 n'tait que du radotage4 ,aussi les consqu5ces se font-elles s5tir4 ,dans les *oses de l'am\r notre jeunesse e/ d\l\reusem5t atte9te4 ,ses ans lui laiss5t un hritage fune/e dans les murs1 les ides c\rantes1 la littrature4 ,cette d]nire surt\t en e/ arrive trav]s t\s les degrs du rel*em5t moral jusqu' la lic5ce effrne4 ,s\s prtexte d'art et de pla/ique1 la luxure la plus crue s'tale communm5t dans les livres des jeunes g5s#a4 ,et le livre e/ dpass4 ,c'e/ qui1 dans des bro*ures ou des feuilles volantes1 r5*rira sur lui1 af9 de frapp] la curiosit4 ,comm5t la jeunesse peut-elle tre1 sans le plus grave dang]1 expose de p>eilles influ5ces8 ,l'coli] dj e/ contam94 ,a l'ge o les s5s s'veill5t on n'a plus beso9 de re*]*] les mauvaises lectures4 ,elles vi5n5t au-devant mme de qui ne les *]*e pas4 ,quel av5ir cela n\s prp>e-t-il8 ,n'e/-il pas temps de se lev] p\r df5dre l'enfant1 la famille1 l'am\r1 la jeunesse1 les s\rces de la vie1 et de t5dre la ma9 cette vaillante ligue p\r le relvem5t de la moralit publique1 qui1 aprs avoir pr* longtemps dans le ds]t1 comm5ce conva9cre les mo9s clairvoyants de son utilit8 #a ,jules ,lematre1 ,dbats1 #af m>s #ahia4 99 99 99 99 99 ,t\t ce que n\s v5ons de dire a eu p\r b de montr] comm5t les exemples1 les murs ambiantes influ5c5t la jeunesse dans l'ori5tation pratique de sa conduite et ex]c5t sur elle une pression aussi =te1 plus =te p>fois1 que les ides et l'cole4 ,n\s n'avons p\rtant envisag la "q que p> son ct ngatif4 ,mais il y a un gr& ct positif4 ,enf]me dans le bois sacr des muses1 dans le calme p>fait de ses contemplations et de ses re*]*es1 la jeunesse risqu]ait de s'isol] et de se ds9tress] de la vie4 ,il e/ bon qu'elle en ent5de les *os1 et que la gr&e voix de l'humanit qui lutte et s\ffre arrive jusqu' elle4 ,le meilleur correctif des ?ories e/ encore la vie pratique4 ,si elle e/ remplie de dang]s1 de mauvais entranem5ts1 de sc&ales1 elle e/ ple9e aussi d'enseignem5ts au/res et de salutaires av]tissem5ts4 ,la vie d'ailleurs a sur les ?ories et les livres le gr& avantage qu'elle se laisse mo9s tordre et mo9s subtilis]4 ,elle e/ l4 ,ce n'e/ plus un peu de blanc ou un peu de noir1 int]prtation fugitive d'une fantaisie ou d'un calcul1 c'e/ grav dans le roc des *oses relles1 cela gr9ce1 crie1 hurle ou *ante1 c'e/ du sang1 ce sont des l>mes1 c'e/ de la joie1 et il y a quelque *ance que celui qui en e/ tmo9 en g>de le s\v5ir4 ,cette vrit ne s'e/ peut-tre jamais mieux vrifie que durant les v+t d]nires annes4 ,t\t le monde connat l'tat de notre littrature et de notre politique intrieure4 ,il s'en faut de peu qu'en c]ta9s de ses excs dplorables1 cette d]nire ait accompli1 p\r le patriotisme1 ce qu'a fait la premire p\r les pr9cipes de p5se et de vie4 ,l'esprit de p>ti e/ aussi fune/e la patrie que l'analyse outrance la vitalit morale et spirituelle4 ,le gr& dang] de ces luttes entre compatriotes1 de cet esprit de calomnie et de dnigrem5t qui a empoisonn notre vie publique1 e/ de produire une jeunesse sceptique l'endroit du patriotisme4 ,p\rquoi ce dang] a-t-il t conjur8 ,d'abord p>ce que les spectacles curants rep\ss5t au lieu d'entran] et que les folies des ans r5d5t s\v5t leurs successeurs p5sifs4 ,le mal1 arriv un c]ta9 degr1 sec\e les plus rs]vs et les fait sortir de leur indiffr5ce4 ,exemple3 la tri/e quipe b\langi/e qui a rveill t\te la jeunesse des coles4 ,ensuite p>ce que la vie corrige la vie et que1 si les politici5s y ont leur place bruyante et l>gem5t mesure1 il y a autre *ose1 le gr& et sil5cieux travail national4 ,a ct de ce qui remplit les j\rnaux1 de ce qu'une publicit malsa9e grossit et annonce au monde enti]1 se tr\v5t les fconds labeurs dont on p>le peu1 mais qui sont loqu5ts en eux-mmes4 ,les enfants de ce pays de ,france1 n'ont pas pu voir la ,patrie se relev] l5tem5t1 depuis v+t ans1 p> des ef=ts cont9us et un travail p]svrant1 sans ress5tir en eux-mmes les suites d'un p>eil exemple4 ,ri5 n'e/ beau comme de voir la vie lutt] contre ses ennemis4 ,le mo9dre tre qui rp>e ses p]tes et ranime son c\rage e/ intressant4 ,les f\rmis qui recon/itu5t leur demeure disp]se p> le pi$ du passant1 l'arbre mme qui1 d*ir p> l'orage1 p\sse des rameaux n\veaux1 n\s t\*5t et gagn5t notre sympa?ie4 ,a plus =te raison un homme abattu qui se ramasse1 un peuple va9cu qui b&e ses blessures1 refait ses f9ances1 son arme1 ses coles1 son comm]ce1 son indu/rie4 ,p5dant que les ngations de la sci5ce matriali/e et les ?ories littraires n\s talai5t l'impuissance de la volont huma9e1 t\t un peuple en labeur donnait ces ?ories malsa9es le plus univ]sel dm5ti4 ,p5dant que les politici5s dans leurs luttes /riles discrditai5t jusqu' la ,lib]t1 la ,france dmocratique apportait ses in/itutions naissantes1 l'esprit mod]ne t\t enti]1 le magnifique tmoignage de sa pati5te rsurrection4 ,la jeunesse a le cur magnanime4 ,elle ne p\vait pas re/] ins5sible ces preuves du fait4 ,il lui e/ v5u l1 des pr(ondeurs de la vie nationale1 un gr& c\rant d'air vivifiant qui a balay bi5 des miasmes ?oriques et bi5 des maladies inocules p> la littrature4 99 99 99 99 99 ,enf9 la jeunesse a t saisie p> la vie1 d'une faon plus directe encore1 p> sa collaboration la df5se nationale4 ,j'e/ime que le mti] des armes e/ trs salutaire et fait le plus gr& bi5 la jeunesse1 p\r mille raisons4 ,mais il y a surt\t plusieurs *oses dev5ues r>es qu'on appr5d cette gr&e cole4 ,l'obissance d'abord1 *ose prcieuse1 qui ne c\rt pas les rues et qui e/ indisp5sable une dmocratie1 c> elle e/ la mre de t\tes les lib]ts4 ,ensuite l'galit dont on p>le avec aisance1 mais qu'il e/ si difficile de pratiqu]4 ,puis l'ef=t1 ef=t de volont1 ef=t physique4 ,un peu de misre e/ un excell5t remde contre les t5dances effm9es4 ,il y a t\te une philosophie dans les longues m>*es sac au dos1 et au fond des gamelles4 ,d'ailleurs1 si v\s n'tes pas conva9cus1 reg>dez ceux qui revi5n5t du s]vice4 ,quel il vif1 quel te9t hl1 quel sommeil et quel apptit6 ,on devrait envoy] l'cole de gu]re t\s les sceptiques1 t\s les dilettantes1 t\s les inutiles4 ,ces pratiques viriles leur ouvrirai5t des horizons jusqu'alors inconnus4 ,je n'en dirai pas plus sur le sujet1 c> je m'y in/all]ais4 ,a bas le milit>isme1 vive le soldat6 ,le vrai soldat1 e/ une des plus belles figures que l'humanit ait produites4 ,et quiconque aime quelque *ose doit tre1 bon gr mal gr1 un peu soldat4 ,il faut en effet qu'il ait du cur au v5tre et le f] la ma94 ,je ne m5tionn]ai qu'en passant1 p\r m'y arrt] d'autant plus dans la suite1 l'influ5ce bi5faisante que les que/ions sociales comm5c5t ex]c] sur les jeunes gnrations /udieuses4 ,nulle "p plus que l1 elles ne p\rront tr\v] de salutaires div]sions1 d'au/res leons capables de sec\] les utilitaires1 les volonts molles et les intellig5ces trop exclusivem5t t\rnes v]s les spculations4 99 99 99 99 99 ,c'e/ a9si que la vie1 avec ses ncessits1 ses exemples bons ou mauvais1 agit sur la jeunesse1 la dprimant ou la =tifiant t\r t\r4 ,et ce qui e/ vrai du va/e monde l'e/ aussi de ce microcosme qu'on appelle la famille4 ,l aussi1 ceux qui *]*5t leur *em9 sont con/amm5t l'cole4 ,malheureusem5t que de blessures1 d'av>ies graves1 d'inc]titude dans ces milieux intimes1 o les gr&es voix du dehors et les t5dances individuelles qui en rsult5t1 ont t\tes leur *o4 ,la famille e/ en s\ffrance et les enfants s'en ress5t5t3 ,vie factice1 manque d'autorit d'une "p1 de respect de l'autre1 rapports t5dus entre l'homme et la femme si div]sem5t ori5ts1 rel*em5t des li5s entre p\x1 des murs dome/iques1 irruption de la vie publique1 de la rue mme et du ruisseau1 dans l'ducation6 ,le bi5 e/ t\j\rs l sans d\te1 mais le mal e/ si gr&1 si envahissant6 ,que de pe9e n'a pas la jeunesse1 avec son ignorance de la vie1 son beso9 d'tre srem5t guide1 dml] le *em9 droit p>mi tant d'cueils6 ,il n'e/ pas tonnant qu'elle s'g>e s\v5t4 ,la faute en e/ surt\t au milieu1 et n\s aurons bi5 des trav]s r=m]1 p\r arriv] ralis]1 vis--vis des n\veaux v5us dans la vie1 le desid]atum cont5u dans le prcepte3 maxima debetur pu]o rev]5tia4 ,v ,,les ,,m\tons ,,de ,,panurge ,dans t\s les m\vem5ts1 ct des hommes en qui ils se cond5s5t1 il y a la f\le de ceux qui vont comme on les p\sse1 inconsci5ts1 suivant un c\rant ou un autre1 au has>d des r5contres1 sans s'expliqu] ce qui leur arrive4 ,l'esprit d'imitation et l'in]tie sont d'importants facteurs dans le monde1 surt\t dans celui de la jeunesse4 ,il se tr\ve dans *aque gnration une masse molle1 et le plus gr& nombre1 t\j\rs et p>t\t1 e/ tr\peau#b4 ,cette t5dance suivre les *em9s battus e/ plutt acc5tue que dim9ue de nos j\rs4 ,p>mi les erreurs grossires1 qui encombr5t notre c]veau et que n\s *angeons entre n\s comme des vrits indubitables1 se tr\ve1 entre autres1 celle que le pass se c>actrise p> son immobilit1 sa rigidit et sa pauvret de =mes1 l'abs5ce d'esprit critique1 la monotonie de la p5se et des murs4 ,n\s1 au contraire1 n\s sommes les hommes de la div]sit1 du m\vem5t1 de l'exam54 ,ri5 n'e/ plus faux4 ,ces poques anci5nes qui n\s app>aiss5t avec un c>actre m>qu de /abilit1 n'en avai5t pas mo9s1 au se9 de leur cadre solide1 une m]veilleuse ri*esse de =mes1 d'usages1 de c\tumes1 d'orig9alits locales4 ,elles possdai5t la v>it dans l'uni=mit4 ,n\s1 au contraire1 n\s possdons la monotonie dans le *angem5t4 ,plus cela *ange1 plus c'e/ la mme *ose4 ,a aucune poque de l'hi/oire la mode n'a j\ le rle qu'elle j\e ma9t5ant4 ,les mille =mes p> lesquelles se manife/5t la vie et la p5se se propag5t et s'impos5t avec rapidit4 ,la f\le les accepte sans disc]nem5t4 #b ,lavisse3 ,la gnration de #ahij4 ,bullet9 de l',association gnrale des tudiants1 mai #ahij4 ,un des trav]s de ce temps dsabus et sans foi e/ l'eng\em5t4 ,spontanm5t un c\rant nat1 gr&it1 se rp& et emporte les masses dsemp>es4 ,ri5 de plus gobeur que les g5s rev5us de t\t4 ,leur beso9 de croire1 sans cesse rprim1 se porte subitem5t sur des objets que le has>d et le caprice dt]m95t seuls et qui sont de/9s tre l*s un j\r comme ils ont t adopts1 sans raison app>5te4 ,t\t1 dans ce sicle si ri*e en inv5tions1 a contribu am5] l'uni=mit4 ,la sci5ce n\s a mis mme de multipli] l'inf9i les =mes une fois tr\ves et de les jet] dans le monde avec une pr(usion qui les avilit4 ,la rage de la vulg>isation a raval les arts4 ,surgit-il quelque "p un *ef-d'uvre1 immdiatem5t il e/ copi en myriades d'exemplaires2 on en met si bi5 p>t\t qu'au b\t de quelques mois la fatigue s'ensuit4 ,c'e/ l'hi/oire des plus beaux airs d'opra dev5us des airs d'orgue de b>b>ie4 ,p5dant six sema9es une mlodie s'emp>e du public1 t\t le monde la *ante1 la siffle4 ,aprs cela1 c'e/ le t\r d'une autre4 ,il en e/ de mme de la plup>t des manife/ations de l'art ou de la vie sociale4 ,la gr&e ville en possession de t\s les eng9s de la civilisation mod]ne1 a inond le pays de ses produits1 et engag p>t\t une lutte 9gale avec les p>ticul>its locales4 ,a =ce de c5tralis]1 n\s n'avons pas seulem5t supprim ce que le p>ticul>isme avait de malsa9 et d'troit1 mais n\s en avons supprim la sve et la vigueur4 ,le gr& lam9oir de l'indu/rialisme1 de la bureaucratie et de la mode a pass sur le monde et y a cras l'orig9alit4 ,le nivellem5t des vies et des tres en e/ rsult4 ,murs locales1 co/umes1 *ants et idiomes prov9ciaux sont alls s'effaant4 ,ma9t5ant on a beau voyag]1 les lignes de *em9 de f]1 les g>es1 les htels et les ?tres se ressembl5t comme des frres4 ,la prov9ce extnue et vide1 dsesprant d'elle-mme n'(fre plus la gr&e ville que son image rduite et affaiblie4 ,il y aurait long dire sur ce sujet4 ,mais voici o j'en veux v5ir4 ,o le c>actre1 l'orig9alit1 le dsir de se fray] des *em9s n\veaux peuv5t-ils se ni*] dans un monde a9si con/itu8 ,comm5t v\lez-v\s que la jeunesse y arrive se =m] une physionomie individuelle8 ,rem>quez-le bi51 c'e/ presque une hrsie de n'tre pas comme t\t le monde4 ,la cra9te de se di/+u] app>at dj dans l'habillem5t4 ,p]sonne ne suit plus passivem5t la mode que c]ta9s jeunes g5s4 ,il leur faut le mme *apeau1 le mme nud de cravate1 la mme c\pe d'habit1 etc4 ,ce ne sont plus des individus qui pass5t1 mais des exemplaires1 p> diza9es1 p> grosses comme on dit dans la fabrication4 ,et de fait1 on a une vague impression de fabrique et de *oses po/i*es en voyant circul] un si gr& nombre d'tres id5tiques4 ,ce monocle1 cette canne1 ces ge/es1 ce p>l] /rotype rappell5t l'automate4 ,on ne s]ait pas tonn de tr\v] quelque "p une e/ampille de prov5ance1 une signature1 soit p> exemple3 ,grev9 fecit4 ,les murs se con=m5t au rgime de l'habillem5t1 et les ides suiv5t4 ,l5tem5t une ornire se dess9e1 et se creuse t\j\rs plus pr(onde4 ,on s'y engage en f\le les uns la suite des autres4 ,c'e/ un monome dans le doma9e de la p5se4 ,alors la vie en tr\peau devi5t l'lm5t prfr4 ,sortez-les de l1 ils sont comme poissons sur t]re1 et p\les l'eau4 ,ils p]d5t le fil et le jugem5t4 ,ils n'atta*5t plus de prix qu' ce qu'ils ont vu1 ent5du1 gt en masse4 ,c'tait mauvais1 il n'y avait p]sonne2 c'tait sup]be1 on s'crasait6 ,av\ons-le1 voil un tat de *oses srieux et grave au po9t de vue de l'av5ir4 ,l'cole p\rrait y remdi]4 ,o1 plus que l1 l'indp5dance devrait-elle tre cultive et prise8 ,mais l'cole s'e/ ress5tie des influ5ces ambiantes4 ,je cde1 p\r dire cela1 la p>ole ,m4 ,lavisse3 ,notre infriorit e/ peut-tre un effet de l'abus o n\s sommes tombs1 de l'ducation uni=me4 ,n\s avons multipli les collges1 n\s les avons placs s\s la mme discipl9e2 n\s avons rgl l'emploi du temps1 m9ute p> m9ute2 n\s avons crit1 article p> article1 des programmes qui s'allong5t sans cesse4 ,af9 que p]sonne ne pt *app] nos rgles et qu'aucune fantaisie ne ft p]mise qui que ce ft1 n\s avons tabli1 l'entre de t\tes les av5ues de la vie intellectuelle1 des exam5s qui b>r5t la r\te aux indp5dants4 ,notre lib]t d'enseignem5t n'a ri5 de commun avec la lib]t de l'intellig5ce4 ,elle e/ rduite au *oix du matre1 l'option entre la r$+ote et la s\tane4 ,c'e/ un des phnomnes de notre sicle que la ma9mise de l'cole sur les esprits4 ,notre uvre scolaire1 n\s devions la faire1 et n\s avons raison de n\s enorgueillir de l'avoir faite2 mais pr5ons g>de6 ,la culture scolaire comme n\s la compr5ons auj\rd'hui e/ dang]euse4 ,ses prt5tions encyclopdiques sont un leurre3 elle veut tre univ]selle1 mais cause de cela mme elle e/ limitative4 ,l'coli] qui doit t\t appr5dre appr5d peu2 l'esprit que l'on sature p]d l'apptit2 la monotonie des rgles absolues t\ffe t\te orig9alit#c4 #c ,e4 ,lavisse3 tudes et tudiants1 p4 #bae4 ,p\r dev5ir quelqu'un au se9 de p>eilles conditions1 il faut avoir un cur d'aira9 et une tte de diamant4 ,on a quelquefois repro* la ,france de ne pas dvelopp] l'esprit colonisateur4 ,cet esprit1 en somme1 e/ celui de la puissante initiative p]sonnelle4 ,p\r sortir des milieux acc\tums1 il faut du c\rage4 ,il en faut t\t autant p\r colonis] dans le doma9e de l'esprit1 des murs1 de l'action1 p\r se sp>] du gr& nombre et all] son *em91 la suite d'un idal n\veau4 ,aussi quelle ard5te sympa?ie ne devons-n\s pas tmoign] t\te jeune =ce qui essaie de s'affran*ir du pesant esclavage de la r\t9e6 ,la meilleure esprance1 p\r n\s tir] de l'ornire o n\s sommes engags1 repose sur les jeunes g5s1 c\p sr r>es1 qui auront assez de c\rage p\r vivre comme des colons et des explorateurs1 p\r sortir du tr\peau guid1 g>d et tondu1 p\r m>*] seuls ou se crant1 dans l'amiti avec des esprits dcids comme eux1 un refuge dans les j\rs difficiles4 ,,vi ,,quelques ,,mots ,,sur ,l',,esprit ,,de ,,p>ti ,*em9 faisant n\s avons r5contr cet esprit diffr5ts dt\rs de notre r\te4 ,il mrite une page spciale4 ,a9si dcrit-on avec un so9 p>ticuli] la =me1 les habitudes et les dprdations de c]ta9s animaux malfaisants4 ,dans la "p mode/e d'influ5ce que l'homme a sur sa vie1 un des meilleurs pr9cipes suivre e/ celui-ci3 ,pr5dre les *oses telles qu'elles sont1 et t*] d'en tir] le meilleur p>ti possible4 ,l'homme imbu de l'esprit de p>ti pratique ce prcepte l'env]s1 et il russit a9si tir] le mal mme du bi54 ,il exagre *ez l'adv]saire le mal et dnigre le bi54 ,du mme c\p il neutralise le bi5 qu'il p\rrait faire lui-mme1 p> l'int5tion mauvaise qu'il y jo9t4 ,l'incurable trav]s de l'esprit de p>ti e/ qu'il contr>ie la gr&e loi huma9e de la solid>it4 ,il cre une humanit dans l'humanit1 trace aut\r de cette m9orit d'lection1 des limites /rictes1 s'y retran*e et s'y b>ricade et ne laisse app>atre au dehors que des murs pais1 hrisss d'armes4 ,ds lors il n'y a plus d'intrt gnral1 de ju/ice1 de bi51 il n'y a que des intrts de p>ti1 une ju/ice de p>ti1 etc4 ,t\t ce qu'il fait1 lui et les si5s1 e/ bi54 ,que d'autres fass5t id5tiquem5t de mme1 mais ailleurs et en dehors de son patronage1 ce s]a trs mal4 ,qu'e/-ce qu'une mauvaise h]be8--,t\te h]be qui n'a pas p\ss dans notre j>d94--,mais on cultive *ez le vois9 la mme plante1 id5tiquem5t4--,impossible4 ,si le vois9 la cultive1 c'e/ donc qu'il e/ contrefacteur4 ,n\s sommes les seuls et les uniques4 ,voil l'esprit de p>ti4 ,le meilleur *eval1 qu& il ne cons5t pas s'attel] son *>1 n'e/ plus qu'une b\rrique4 ,l'or des autres e/ de l'or faux2 leurs v]tus des vices brillants1 leurs croyances des impo/ures4 ,il s'agit bi5 de s'inquit] de l'adv]saire p\r dml] le bi5 du faux dans sa conduite6 ,suppos] l'ennemi capable d'un bi5 quelconque1 c'e/1 dans une c]ta9e mesure1 pass] l'ennemi4 ,ce n'e/ pas un des mo9dres signes du temps que cet esprit dltre se soit dvelopp p>alllem5t au scepticisme4 ,il n'e/ s\v5t que le manteau dont se c\vre ce d]ni]4 ,p\r masqu] le vide intrieur1 on se g>antit d]rire un app>eil =midable4 ,on pe9t en f] le roseau fragile d'une conviction creuse et v]m\lue4 ,a9si les plus sceptiques des hommes1 moqueurs1 railleurs1 insulteurs1 dp\rvus de cette base lm5taire de t\te conviction qu'on nomme le respect1 se sont montrs de nos j\rs les plus intransigeants4 ,et cela1 au fond1 e/ logique4 ,il e/ r>e que celui qui a suivi1 v]s la vrit1 l'humble *em9 de l'expri5ce p]sonnelle1 cesse de pratiqu] ce *em94 ,il cont9ue d'y avanc] au contraire et se mnage la possibilit d'tre clair1 mme p> l'adv]saire4 ,mais celui qui n'e/ ri5 et ne croit ri51 ni de div9 ni d'huma91 qui e/ mort1 enf91 la vrit1 a t\t gagn] en pr5ant l'attitude impassible de l'esprit de p>ti4 ,sa rigidit alors1 qui n'e/ que celle des cadavres1 donne l'illusion de la f]met4 ,voil sans d\te une des gr&es raisons p\r lesquelles l'esprit de p>ti a1 de nos j\rs1 infe/ la politique1 la religion et la sci5ce elle-mme4 ,il a produit des m]veilles4 ,grce lui p> exemple1 en c]ta9s j\rs de dfaite1 des g5s qui gis5t p> t]re les re9s casss1 *ant5t victoire dans les j\rnaux1 se dis5t plus =ts que jamais et ent]r5t leurs va9queurs sur le papi]4 ,grce lui1 des fanatiques soi-disant religieux dcl>5t d\teux des actes de dv\em5t qui ne sont pas inspirs p> un s5tim5t id5tique au leur2 et vice v]sa les fanatiques de l'irrligion tax5t d'hypocrisie les preuves les mo9s quivoques de ds9tressem5t1 qu& la religion y a eu quelque "p4 ,c'e/ le mme esprit qui fait rv]1 en ple9e tranquillit publique1 de dsordre et d'an>*ie1 p>ce qu'on e/ infod aux rgimes de g\v]nem5t d*us1 ou qui fait dcl>] d'autres que la ,france mon>*ique n'a connu que t]reurs1 rap9es et tyrannies4 ,celui-ci dcl>e ex ca!dra3 depuis trois c5ts ans l'hi/oire e/ une va/e entreprise contre la vrit4 ,cet autre compte le temps p>tir de la ,rvolution4 ,t\t ce qui s'e/ fait avant1 e/ nul et non av5u4 ,quelle belle cole p\r la jeunesse que celle qu'un matre p>eil prside et s\s le rgime duquel on peut dire avec raison3 ,je sais que je vis en des j\rs d'intolrance1 o je n'ai ri5 att5dre de quiconque ne p5se pas exactem5t comme moi#d6 #d ,edg> ,qu9et3 ,l'esprit n\veau4 ,que cet esprit r5frogn1 h>gneux1 oublieux de ce qui rappro*e les hommes1 et qui n'a de mmoire que p\r ce qui les divise1 se dcl>e sur le t>d dans les exi/5ces dsemp>es2 qu'il svisse dans l'ge mr1 ou a*ve de durcir le cur des vieill>ds1 env5imant les passions1 dtruisant la fois l'agrm5t de la vie et son fruit1 c'e/ tri/e4 ,mais il e/ des dif=mits qui sembl5t plus naturelles *ez ceux que la vie a maltraits4 ,autre *ose e/ de r5contr] ces mmes laideurs dans la jeunesse4 ,l elles sont hideuses4 ,un jeune homme rong p> l'esprit de p>ti devi5t un tre incomp>ablem5t odieux4 ,c> p\r pr5dre la t\rnure et la physionomie d'un homme de p>ti1 cet air rb>batif et intraitable1 il lui a fallu rprim]1 de propos dlibr1 sa bi5veillance native1 t\tes les sa9es curiosits1 t\s les bons m\vem5ts4 ,c]ta9s ducateurs de pauvres btes ont des cruauts rvoltantes4 ,ils crv5t les yeux aux jeunes rossignols p\r qu'ils *ant5t mieux et taill5t les oreilles des *i5s p\r leur donn] un air plus froce4 ,oh les pauvres btes et les m*antes g5s6 ,mais que dire de ceux qui trait5t a9si la jeunesse1 ou de la jeunesse qui s'inflige elle-mme des mutilations p>eilles6 ,et p\rtant l'esprit de p>ti e/ un des facteurs qui influ5t le plus puissamm5t sur les annes o l'homme s'ori5te et *]*e son *em94 ,sa timidit1 son ignorance1 son in]tie1 t\t prde/9e la jeunesse en dev5ir la proie4 ,les milieux mollasses et m\tonni]s dont n\s p>lions plus haut sont l'lm5t convoit des m5eurs de pr(ession4 ,c'e/ l qu'on peut ptrir et manipul] l'aise6 ,malheur aux jeunes g5s qui subiss5t ces influ5ces et ne sav5t pas se df5dre6 ,ils sont p\r longtemps1 p\r jamais peut-tre1 rduits en esclavage1 mo9s qu'ils ne devi5n5t eux-mmes1 ce qui e/ pire1 des n]gumnes4 ,quel m]veilleux produit alors le monde e/ admis contempl]6 ,les plus =ts ici sont les nophytes4 ,leur zle fait la joie de leurs pres spirituels4 ,ceux-ci tai5t froces1 ceux-l sont enrags4 ,mo9s ils connaiss5t les hommes et les causes1 mieux ils peuv5t les malm5]1 les jug]1 les condamn]4 ,c'e/ qui commettra le plus d'excs de langage et s'attaqu]a avec le mo9s de v]gogne aux adv]saires les plus respectables4 ,une telle jeunesse e/ incapable de ri5 appr5dre4 ,elle entre dans la vie p> la petite porte basse des prjugs1 s'y enf]me1 s'y rtrcit le cur et la p5se1 t\s les j\rs davantage1 et devi5t f9alem5t s\rde et aveugle l'vid5ce mme6 ,heureusem5t qu'ici l'excs mme du mal e/ quelquefois un bi54 ,l'esprit de p>ti a si bi5 rempli ce temps de sc&ales1 a si bi5 /rilis les plus honntes et les plus c\rageux ef=ts1 que son crdit e/ en baisse4 ,je vois v5ir une jeunesse qui1 p\r mieux se g>] de lui1 semble avoir pris p\r devise3 ,l'esprit de p>ti voil l'ennemi6 ,,vii ,,comm5t ,,on ,,se ,,porte ,,et ,,comm5t ,,on ,s',,amuse ,il y a eu de longues priodes dans l'hi/oire o les hommes dveloppai5t leur vigueur physique au dtrim5t de t\tes les autres aptitudes1 et vivai5t comme s'ils n'avai5t pas d'esprit4 ,puis sont v5us des temps o ils vivai5t comme s'ils n'avai5t pas de corps4 ,s\s un c]ta9 rapport on p\rrait dire que notre temps s'e/ p>fois comport comme si n\s n'avions ni l'un ni l'autre4 ,en effet1 la sci5ce matriali/e qui nie l'esprit a prt5du f]m] p\r jamais une f\le de s\rces o l'me se retrempe et se =tifie1 et d'autre "p n\s avons galem5t1 p5dant longtemps1 nglig l'ducation physique4 ,le savoir e/ le t\t de l'homme4 ,p\r l'acqurir1 il convi5t de sacrifi] le re/e4 ,n\s avons produit a9si des phnomnes d'hyp]trophie crbrale1 des c]veaux1 des paquets de n]fs4 ,d'autre "p la civilisation actuelle1 avec sa hte enfivre1 la multitude de s5sations qu'elle n\s communique et d'motions qu'elle excite cont9uellem5t1 le raff9em5t de j\issance qu'elle procure1 a ex]c sur notre sy/me n]veux une action fatale4 ,la vie1 telle qu'elle e/ faite ma9t5ant1 exaspre la s5sibilit1 t5d les n]fs outrance1 brise l'n]gie et dtruit le sang4 ,notre n\rriture elle-mme contribue entret5ir cette action4 ,on re*]*e p>-dessus t\t les vi&es et les liqueurs =tes4 ,p> une de ces contradictions1 si nombreuses en ce temps qu'on ne p\rra jamais les signal] t\tes1 notre ge de conqutes sur la nature et de sci5ces naturelles a loign l'homme de la nature4 ,la vie artificielle s'e/ dveloppe4 ,t\s les moy5s de transport et de circulation ont s]vi surt\t prcipit] v]s les gr&s c5tres urba9s la vie rp&ue sur de va/es t]ritoires4 ,les gr&es villes ont absorb le plus pur de l'intellig5ce et de l'n]gie des nations4 ,notre pays e/ r5tr dans cette voie de la c5tralisation outrance avec une r>e imptuosit4 ,un tat de pl?ore1 d'apoplexie1 s'e/ peu peu dcl> dans les gr&s c5tres4 ,la montagne1 la =t1 les *amps se sont dpeupls au contraire4 ,une portion d'hommes t\j\rs plus nombreuse a consomm le divorce le plus fune/e qui puisse s'accomplir jamais1 le divorce de l'homme avec la nature1 avec la t]re4 ,or1 quel e/ le cadre ord9aire de l'exi/5ce de notre jeunesse /udieuse1 quelle que soit d'ailleurs son orig9e premire8 ,c'e/ presque t\j\rs le milieu factice et n]vant des gr&es villes4 ,la nature y disp>at bi5 lo9 horizon p> del les pavs1 les *em9es et les murs4 ,il e/ impossible1 avec la meilleure volont1 que dans un p>eil milieu la sant physique ne s\ffre pas4 ,*acun sait que la gr&e ville e/ une mangeuse d'enfants4 ,elle fait en gnral une consommation effrayante de vies et de =ces et se dpeupl]ait rapidem5t1 livre elle-mme4 ,aucun milieu hyginique ne p\rrait tre plus dplorable p\r la jeunesse4 ,t\t y e/ sd5taire1 le plaisir comme l'tude1 et en mme temps excessif4 ,le d\ble surm5age des di/ractions malsa9es et du travail exagr y a vite raison des plus robu/es sants4 ,l'exi/5ce en *ambre1 les longues veilles1 le mauvais air1 t\t l'ensemble de cette vie noctambule s\mett5t l'tre physique des t\rs de =ce que tt ou t>d l'on paie4 ,mais le plus tri/e rsultat de la vie artificielle1 si ru9euse p\r le c]veau et le sy/me n]veux1 a t de supprim] presque totalem5t la seule *ose capable de n\s r5dre l'quilibre p]du1 savoir l'ex]cice physique1 le travail manuel4 ,p5dant des annes1 ces deux *oses sont alles dim9uant4 ,une sorte de mpris /upide s'y atta*ait4 ,les ex]cices du corps1 comme c]ta9s sports excell5ts1 ont recomm5c tr\v] grce1 ces d]ni]s temps2 le travail manuel1 surt\t le travail de la t]re1 le plus sa9 de t\s et le plus normal1 sont t\j\rs en discrdit4 ,la jeunesse moissonne auj\rd'hui ce que ses ans ont sem4 ,*aque gnration n\velle montre des signes plus frappants d'n]vem5t4 ,et dj des voix nombreuses se sont leves p\r cri] au dang]6 ,on comm5ce les c\t]4 ,mais il e/ dur de remont] les p5tes4 ,comm5t lutt] la fois contre les hrdits1 les gts1 les ob/acles du milieu8 ,le mal saute aux yeux1 mais le remde e/ mo9s vid5t4 ,en somme1 notre jeunesse s\ffre1 dans son ensemble1 des suites de la vie factice et anormale4 ,il devi5t mme commun ma9t5ant de tr\v] des jeunes g5s qui ont de l'exi/5ce une impression pnible et qui ti5n5t mdiocrem5t la vie1 t\t en ne se s\ciant d'ailleurs ni de s\ffrir ni de m\rir4 ,et je ne veux pas p>l] ici de ces blass qui ont puis la gamme des j\issances1 comme d'autres celle des motions ou des conceptions intellectuelles1 et en sont sortis sceptiques en plaisir1 comme ceux-l le sont en philosophie4 ,je p5se ces s5sibles1 ces hyp]e/hsis1 p\r qui le ry?me mme de la vie n]veuse e/ dev5u d\l\reux1 et ne ressemble pas plus l'tat normal1 que ne ressemble au son calme et ample d'une belle clo*e1 le bruit irritant d'un timbre lectrique4 ,dans ces conditions la gat et la joie1 ces trsors sacrs de la jeunesse1 ne peuv5t que ptir4 ,on arrive ins5siblem5t tre inamusable4 ,la cause en e/ d'ailleurs aussi au g5re de plaisirs *oisis4 ,presque t\s nos amusem5ts excit5t les n]fs au lieu de les calm]4 ,s'amus] c'e/ s'agit]4 ,la joie laquelle on se hausse a9si e/ factice et trs fatigante4 ,au lieu de v\s am5] gt] ce que la vie a de bon et de v\s v]s] cette d\ce ivresse qui fait que la jeunesse sa9e et robu/e ent5d t9t] l'azur et *ant] les toiles1 elle v\s prdispose plutt1 p> ses ractions =ces1 s5tir ce qu'il y a d'am] au fond du calice4 ,oh1 je sais bi5 qu'on s'amuse encore et l1 et je m'en flicite6 ,on s'amus]a t\j\rs tant qu'il y aura du soleil1 des fleurs et de braves jeunes compagnons au cur non fltri4 ,mais en gr&1 la joie a dim9u et j'ai les oreilles ple9es du refra93 ,on ne sait plus s'amus]4 ,il e/ gr& temps qu'on se proccupe srieusem5t de ces symptmes4 ,a mon avis1 la sant et la joie sont aussi ncessaires cultiv] dans la vie que n'importe quelle connaissance et quelle qualit4 ,mais je revi5drai ce sujet4 ,hlas6 comm5t m'emp*] de p5s] que p\r plusieurs le mal e/ incurable4 ,qu'il me soit p]mis au mo9s de donn] une vraie l>me tant de pauvres vies jeunes et p]dues1 victimes d'anomalies psy*ologiques1 fanes avant l'ge1 cette jeunesse prde/9e tomb] de l'arbre de vie1 comme se dta*5t les fruits maladifs4 ,tri/e moisson de tant de semailles d'erreurs et de vices6 ,ceux-l sont pla9dre4 ,ils pai5t des dettes qu'ils n'ont pas contractes4 ,on peut les appel] les enfants de d\leur du sicle4 ,mais malheur n\s1 si la piti qu'ils n\s inspir5t n'veille pas en mme temps dans nos curs la ha9e de t\t ce qui a caus leur m>tyre6 ,,viii ,,la ,,jeunesse ,,populaire ,la vie populaire e/ une des bonnes *oses qu'on ne connat pas4 ,ce qui en p>at au gr& j\r ne r5seigne que peu ou mal sur le fond4 ,et cep5dant elle aurait beso9 d'tre l>gem5t connue1 cause du bi5 qui e/ en elle et des maux dont elle s\ffre4 ,l'un et l'autre ont leur reflet dans la jeunesse populaire4 ,son sort e/ ess5tiellem5t diffr5t de celui de la jeunesse /udieuse4 ,elle n'a ni le loisir ni la culture ncessaires p\r se r5seign] dans le doma9e des ides et des ?ories4 ,le s\ci du pa91 les dures exig5ces du travail l'arra*5t con/amm5t elle-mme et ne lui p]mett5t pas de s'c\t]1 de s'auscult]4 ,l'analyse des ides et des impressions lui e/ inconnue4 ,aprs les c\rtes annes d'cole primaire1 son cole c'e/ l'ateli]1 l'us9e1 le bureau ou les *amps1 et puis surt\t c'e/ l'exemple d'en haut et la presse bon m>*4 ,malgr l'ge t5dre o l'cole possde l'enfant du peuple et les adieux trop prcoces1 il e/ impossible d'exagr] l'influ5ce de cette in/itution4 ,p> sa base l>ge1 le nombre d'individus auxquels elle s'adresse1 elle e/ une gr&e puissance4 ,le s\ci que notre poque a apport l'cole populaire s]a un de ses mrites aux yeux de la po/rit4 ,l'cole primaire e/ p> excell5ce l'in/rum5t de l'ducation nationale4 ,je compte y rev5ir dans la suite de ce livre4 ,p\r le mom5t1 je me cont5te de la signal] comme un des facteurs qui influ5t sur la jeunesse populaire et ses ides4 ,*acun connat la tnacit des impressions d'enfance4 ,elles sont encore plus durables *ez le peuple que dans la classe cultive o les lectures1 les coles successives1 des influ5ces v>ies1 vi5n5t les contr>i] et quelquefois les effac]4 ,une autre "p d'influ5ce revi5t ici aux glises4 ,une fraction considrable de la jeunesse *appe1 il e/ vrai1 cette direction1 surt\t dans les gr&s c5tres4 ,mais l'influ5ce religieuse n'en re/e pas mo9s inconte/able sur un gr& nombre4 ,combi5 dure-t-elle8 ,dans quelle mesure e/-elle entrave p> l'indiffr5ce1 supprime p> l'antipa?ie1 cela e/ difficile tablir nettem5t4 ,mais si1 dans sa masse1 le peuple n'*appe pas au contact religieux1 il ne faudrait pas en conclure qu'il soit religieux4 ,il l'e/ inf9im5t mo9s qu'autrefois4 ,c]ta9es recrudesc5ces de pratiques extrieures1 enc\rages et provoques dans un b s\v5t trang] la religion1 ne doiv5t pas n\s faire illusion sur ce sujet4 ,le peuple a conu de la mfiance l'endroit de la religion1 dont le c>actre miraculeux l'loigne1 et qui il attribue des arrire-p5ses politiques et sociales4 ,vaguem5t ou di/9ctem5t1 beauc\p se dem&5t si l'glise n'e/ pas du ct des puissants de la t]re et des b\rgeois =tuns1 contre les petits8 ,que le soi-disant m\vem5t de conv]sion ait comm5c1 dans la socit contempora9e1 p> l'ari/ocratie et soit desc5du de l la b\rgeoisie p\r essay] de gagn] le peuple1 c'e/ un indice grave4 ,quoi qu'il en soit1 l'ori5tation pratique de la jeunesse populaire comm5ce trs tt4 ,elle se fait p5dant ces annes d'appr5tissage qui sont l'univ]sit populaire4 ,la diffr5ce ici e/ gr&e entre les facults4 ,ce n'e/ pas la mme *ose d'tre l'ateli]1 dans les bureaux ou aux *amps4 ,les annes d'appr5tissage d'un jeune ouvri] d'indu/rie sont en gnral des annes trs dures4 ,qu'e/ l'enfant1 cet ge1 p\r tre livr t\t seul cet ensemble =midable d'hommes et de ma*9es que n\s prs5te la gr&e indu/rie8 ,il e/ si petit1 si faible1 et les =ces1 les influ5ces p]sonnelles1 les intrts matriels qui l'environn5t1 sont si gr&s6 ,dans cette salle d'us9e o les mti]s t\rn5t avec un bruit ass\rdissant1 o l'att5tion la plus absorbante e/ ncessaire p\r vit] des accid5ts1 o t\te l'intellig5ce e/ conc5tre sur l'excution de trois ou quatre m\vem5ts1 l'enfant se s5t ins5siblem5t dev5ir un r\age p>mi les autres4 ,il se mcanise1 c> la ma*9e ne peut s'humanis]4 ,et lorsqu'il e/ admis contempl] cette ma*9e o ab\tiss5t les cbles et les arbres de c\*e qui font t\rn] les mti]s s\s ses yeux1 cette prcieuse ma*9e enf]me dans un lieu p>ticuli]1 propre1 surveille1 soigne et surt\t r$\table p> sa =ce et les dang]s qu'elle fait c\rir1 comme l'enfant se s5t petit ct du mon/re de f] qui mange du feu et s\v5t broie ceux qui le n\rriss5t6 ,comme il se s5t nglig ct des mcaniques t\j\rs reluisantes1 qui ri5 ne doit manqu] et qui cot5t si *]6 ,que vaut-il1 lui1 comp>ativem5t elles et aux ri*esses dont elles sont les in/rum5ts8 ,puis1 ce sont les r5contres avec les gr&s1 les c\doiem5ts brusques1 les ordres brefs1 la brutalit des conv]sations o il y a de t\t1 bi5 et mal1 r5seignem5ts concis et impitoyables sur les hommes et les *oses1 qui font travaill] les jeunes ttes et dont le ple-mle =c e/ si difficile coordonn] dans un jugem5t de jeune homme4 ,la =me de notre indu/rie mod]ne1 son dveloppem5t1 les ateli]s et les us9es colossales1 les gr&es socits anonymes1 l'loignem5t progressif des patrons et des ouvri]s1 autrefois collaborateurs1 t\t cela contribue r5dre la situation de cette jeunesse des ateli]s aussi difficile qu'intressante4 99 99 99 99 99 ,la jeunesse des bureaux a la vie mo9s dure1 ,elle sort du peuple et app>ti5t p> ses fonctions cette classe t\j\rs grossissante d'int]mdiaires entre l'ide et l'excution matrielle1 le capital et la ma9-d'uvre1 le patronat et le prolt>iat1 que la =me de notre socit a r5due ncessaire4 ,comme t\s les int]mdiaires1 ceux-ci p>ticip5t des qualits et des dfauts d'en haut et d'en bas4 ,le plus grave inconvni5t p\r les jeunes employs e/ leur exi/5ce sd5taire1 presque cellulaire1 circonscrite une *aise et un co9 de table1 et la nature limite de leur travail4 ,les fonctions sont tel po9t divises que *acun en e/ rduit une besogne spciale1 et t\rne comme un *eval en mange4 ,cela tue l'esprit4 ,le corps ne s'en porte pas mieux4 99 99 99 99 99 ,s\s les deux rapports1 le jeune ouvri] des *amps e/ mieux p>tag4 ,ses travaux *ang5t avec les saisons3 il e/ prs de la nature et1 quoique livr aux occupations manuelles1 il ex]ce davantage sa rflexion1 p> le spectacle qu'il a s\s les yeux1 p> l'att5tion t\j\rs n\velle qu'il e/ oblig d'apport] ses occupations *angeantes4 ,alors que le travail arti/ique a presque p>t\t disp>u de l'indu/rie s\s la t]rible pression de la concurr5ce conomique1 et que les artisans les plus habiles en sont rduits dev5ir peu peu des ma*9es1 le jeune lab\reur e/ re/ dans des conditions plus normales4 ,il collabore avec la vie gnrale1 met sa ma9 dans le gr& ensemble de la cration et1 de plus1 e/ ent\r de *oses qui *app5t au calcul et la prvision des hommes4 ,bi5 qu'il soit1 lui aussi1 troitem5t s]r dans les mailles du filet conomique1 il ne voit pas p>t\t ce fatal *iffre qui mesure si misrablem5t les hommes et leur travail4 ,son *amp vaut tant sans d\te1 prix d'a*at ou de v5te1 mais il vaut encore bi5 plus p\r lui4 ,il y tr\ve le plaisir de voir v]dir et mrir la moisson1 le s\v5ir du pre qui a cultiv et soign la mme t]re1 une masse de *oses enf9 qui donn5t s\v5t tant de valeur aux plus petits ri5s4 ,puis il n'e/ pas p]du dans la f\le1 il e/ quelqu'un et non un numro1 comme le jeune appr5ti des gr&es us9es et mme le jeune employ4 ,mais d'autre "p il subit de lo9 l'influ5ce croissante1 la fasc9ation de la gr&e ville4 ,c'e/ l son dang]1 c> il risque d'y p]dre ce qui le s\ti5t1 l'am\r de la t]re1 s5tim5t puissant et pr(ond1 s\rce d'n]gie et de v]tu4 ,c'e/ ici le lieu de runir quelques considrations d'ensemble sur le bagage intellectuel et moral de la jeunesse populaire en gnral et sur sa conception de la vie1 telle qu'elle n\s app>at dans la gnration actuelle4 ,les masses populaires1 n'importe o on les tudie1 sont pr(ondm5t atte9tes p> le c\rant rali/e4 ,les deux ou trois po9ts fondam5taux qui ont con/itu p5dant des sicles la base rudim5taire de la religion et de la morale sont branls *ez les uns1 ru9s *ez les autres4 ,dieu1 l'me1 la survie1 la lib]t huma9e et la responsabilit444 ceux qui ont g>d ces pr9cipes les possd5t un degr affaibli4 ,p>mi ceux qui y re/5t atta*s et le tmoign5t p> des pratiques extrieures1 qu& on a fait la "p de la r\t9e ou de l'intrt1 il re/e un bi5 faible cont+5t p\r les =tes convictions4 ,du gr& m\vem5t sci5tifique de ce temps1 il e/ re/ au peuple un bi5-tre matriel plus gr&1 de plus l>ges beso9s et la conviction qu'il ne faut compt] que sur ce qu'on voit et t\*e4 ,en gnral la jeunesse entre dix-sept et v+t-c9q ans se di/+ue p> le dveloppem5t des apptits et la dim9ution des aspirations4 ,c'e/ une *ose tri/e dire1 mais plus j'ai p>c\ru ce monde p>ticuli]1 plus je me suis conva9cu du vide imm5se qui s'e/ peu peu creus dans l'me populaire4 ,il y a des j\rs o ce qu'on ent5d et ce qu'on voit v\s amne presque conclure qu'il n'y a plus ri54 ,une demi-d\za9e de =mules ngatives1 rsultat cond5s des ngations accumules1 s]v5t occup] la catgorie du my/re et de l'inf9i4 ,la morale fait p5dant cette philosophie2 elle e/ utilitaire1 en ?orie4 ,comm5t p\rrait-elle ne pas l'tre8 ,ceux qui donn5t le ton dans la socit1 en montr5t-ils une autre dans leurs actes8 ,le peuple n'a-t-il pas j\rnellem5t s\s les yeux le spectacle de cette morale du succs qui e/ une de nos hontes8 ,ne voit-il pas abs\dre1 mme p> ceux qui font pr(ession de morale et de religion1 les hommes et les causes qui russiss5t8 ,comme si le bi5 tait ce qui triomphe1 le mal ce qui succombe6 ,ne con/ate-t-il pas1 *aque fois qu'il ouvre les yeux1 que presque p>t\t l'arg5t malpropre1 qu& il y en a beauc\p1 e/ plus honor que l'arg5t honnte1 qu& il y en a peu8 ,cela seul suffirait p\r lui faire concevoir des d\tes l'endroit de la religion et de la morale qu'on s'ef=ce de lui enseign]4 ,il v\s laisse vos avis et vos pr9cipes et v\s emprunte vos vices4 ,il e/ t5t de pr5dre les premi]s p\r une inv5tion des g5s mal9s l'usage des g5s simples4 ,la morale qui compte n'e/ pas celle qu'on enseigne1 c'e/ celle qu'on pratique4 ,le peuple se r5d compte de cela1 et il se fait dans sa consci5ce de vritables effondrem5ts1 *aque fois que ceux sur qui il a l'il ouv]t lui font compr5dre p> leurs actes qu'au fond ils ne croi5t plus ri54 ,c>1 il ne faut pas s'y tromp]1 il y a t\j\rs des classes dirigeantes4 ,on a beauc\p p>l de notre temps de leur disp>ition4 ,on n\s les a montres s'teignant faute de desc5dants1 glissant de leur rang p> leur propre faute ou s\s la pression de l'esprit galitaire4 ,il y a du vrai dans t\t cela4 ,mais il e/ t\t aussi vrai que ce qui faisait le prilleux privilge des anci5nes classes dirigeantes1 savoir l'asc5dant moral et l'exemple autoris1 ne peut pas disp>atre4 ,le mot d'ordre e/ une ncessit sociale si urg5te qu'on le pr5d t\j\rs quelque "p1 et il vi5t =cm5t des m9orits lettres et aises4 ,on reg>de ceux qui sont en vue p> le savoir ou la =tune4 ,l'ori5tation du peuple diffre de celle des classes in/ruites en ce qu'elle s'atta*e plus n]giquem5t aux hommes qu'aux ides1 aux actes et aux faits qu'aux p>oles4 ,les nuances et les di/9ctions lui *app5t4 ,il accorde difficilem5t son att5tion2 mais une fois qu'il l'accorde1 c'e/ srieusem5t1 et il se r5seigne alors en bloc et porte des jugem5ts sommaires malaiss r=m]4 ,cet tat de *oses e/ encore plus facile rem>qu] dans la jeunesse populaire qu'ailleurs4 ,et p\rtant1 malgr cela1 l'utilit>isme dont je p>lais n'e/ pas son aise dans ce milieu4 ,cette morale reoit t\s les j\rs1 dans la vie mme de ceux qui la pr(ess5t1 les plus catgoriques dm5tis4 ,dans le peuple1 plus qu'ailleurs1 s\s l'imprieuse ncessit de l'exi/5ce1 la pression de la s\ffrance ou des malheurs communs1 l'humanit se rveille1 et il s'accomplit sans cesse des actes t\*ants de solid>it et de frat]nit4 ,malheureusem5t ils se rem>qu5t peu la surface4 ,p\r les tr\v]1 il faut vivre de la mme vie4 ,le mal au contraire s'tale et se voit de lo94 ,je me suis beauc\p appliqu rem>qu] dans le monde de la jeunesse populaire deux po9ts qui p]mett5t de tir] bi5 des conclusions1 savoir la faon de se comport] vis--vis des p>5ts gs et vis--vis de la femme4 ,j'ai le regret de dire que les exemples de cynisme en actes et en p>oles1 de dpravation des murs1 de mpris de la femme abond5t4 ,quant l'irrespect1 l'+ratitude vis--vis des vieux p>5ts1 mme qu& la misre ne vi5t pas en attnu] la gravit1 ils sont si frqu5ts qu' c]ta9s mom5ts obscurs on se dirait en ple9e dcomposition morale4 ,et ici1 propos de ces deux respects1 de la femme et des p>5ts1 il convi5t de signal] la dim9ution du respect en gnral4 ,le respect qu'un tre e/ capable de ress5tir1 gr&it ou dim9ue avec l'ide qu'il se fait de sa dignit4 ,plus l'homme vaut ses propres yeux1 plus il s'incl9e volonti]s devant les hommes ou les in/itutions qui p]sonnifi5t la nature huma9e et la socit4 ,qu& l'homme a p]du la foi en son c>actre suprieur1 sa valeur d'tre moral1 d'me en un mot1 la base du respect lui manque4 ,plus ri5 ne lui p>at vnrable4 ,le nant intrieur qui s'e/ fait en lui1 ronge le monde enti]4 ,n\s sommes l en prs5ce d'un fait grave4 ,d'aucuns accus5t l'esprit mod]ne lui-mme d'avoir dtruit le respect p> sa t5dance galitaire4 ,exam9ons cela1 c> il vaut la pe9e d'tre fix ce sujet4 ,nul temps n'a dtruit plus de gr&eurs d'app>at et de conv5tion1 nul temps n'a sond plus cruellem5t le vide des nullits brillantes4 ,il n'a v\lu accord] son respect qu' bon esci5t4 ,et quiconque e/ t\* p> l'esprit mod]ne1 ft-il emp]eur ou pape1 et ,dieu m]ci6 ces *oses arriv5t1 v\s app>at au fond conva9cu de ceci3 ,plus ri5 n'e/ gr& que ce qui e/ vrai4 ,et ces hommes1 au c5tre de puissantes situations traditionnelles1 *]*5t plutt se recomm&] p> la ju/ice1 la sollicitude p\r les petits1 t\t ce qui n\s rappelle qu'ils sont hommes comme n\s1 que p> l'affirmation d'une autorit absolue4 ,ils se rclam5t du titre de s]viteurs plutt que de celui de matres1 titre dont s'honor5t les *efs de nos dmocraties4 ,un autre les avait devancs en ceci4 ,cet autre e/ le ,*ri/4 ,c'e/ lui en somme que remonte la n\velle conception de l'autorit4 ,quel mal y a-t-il cela8 ,e/-ce a9si qu'on dim9ue le respect8 ,je dis au contraire qu'un esprit p>eil e/ ce qu'il y a de plus gr&1 et de plus augu/e au monde1 puisqu'il n\s enseigne ne ri5 cra9dre1 ne ri5 respect] au-dessus de la loi sa9te et immortelle qui dom9e t\tes les ttes1 et *]*] la gr&eur dans notre valeur intrieure et dans cette disposition sec\rable qui fait que le plus gr&1 =ce de respect] la vie1 en devi5t le plus humble s]viteur4 ,mais cet esprit1 comme t\tes les belles *oses1 a sa c>icature1 et cette c>icature e/ l'esprit de dnigrem5t4 ,celui-ci ne consi/e pas n'accord] son respect qu' bon esci5t1 et ne proclam] gr& que ce qui l'e/ en vrit2 il consi/e ne ri5 respect] du t\t1 et surt\t il se plat avilir et tran] dans la b\e t\t ce qui e/ vnrable et sa9t4 ,il ne veut pas dmasqu] les gr&eurs d'emprunt et re*]*] la vraie1 af9 de s'incl9] devant elle2 non1 t\te gr&eur1 t\te supriorit l'irrite6 ,il e/ dmolisseur1 insulteur1 pr(anateur p> ess5ce4 ,il a trans=m l'abs5ce de cra9te huma9e et le mpris des gr&eurs factices1 cette disposition royale des mes =tes1 en l'abs5ce de pit1 cet tat d'me de la canaille4 ,l'autre esprit conduit l'affran*issem5t1 celui-ci aux pires s]vitudes4 ,l'homme qui ne respecte plus ri51 retombe au rgime de la contra9te et de la =ce brutale4 ,d'o vi5t le s\ffle irrespectueux qui tr\ble si =t la jeunesse8 ,il vi5t des exemples dltres p>tis de plus haut4 ,il vi5t encore des ducateurs reb\rs1 des prophtes de nant et de b\e1 gr&s et petits1 dont les doctr9es se sont rp&ues p> mille fissures jusqu'au cur des masses4 ,il vi5t des exploiteurs de sc&ale et des calomniateurs de pr(ession qui se sont appliqus avec p]svrance faire entrevoir un voleur1 un assass9 ou au mo9s un hypocrite d]rire t\te p]sonnalit mise en relief p> ses fonctions ou son tal5t4 ,quelque *ose e/ plus dang]eux auprs du peuple que de dmolir les pr9cipes et de tir] en ridicule les *oses sa9tes et respectables1 ou de s\ill] les imag9ations p> des rcits impurs1 c'e/ de dtruire la foi l'honntet1 au ds9tressem5t1 t\te v]tu4 ,et s\s ce rapport1 un travail norme de dsagrgation s'e/ accompli4 ,l'influ5ce p]sonnelle a t grossie jusqu' des proportions illimites p> la propag&e de la presse au rabais4 ,pas n'e/ beso9 de lire un mauvais livre ou d'tre r5seign p> le dtail2 un article de j\rnal1 une ligne de feuilleton1 une m*ante c>icature suffis5t p\r veill] un ordre d'ides et faire fran*ir le seuil d'un monde4 ,il y a dans la nature huma9e c]ta9es t5dances infrieures qui vont au-devant des mauvais conseils4 ,on peut t\j\rs compt] sur elles qu& on veut dsorganis] et battre monnaie en mme temps4 ,mais ce n'e/ pas t\t4 ,lorsque le respect s'en va1 la confiance disp>at aussi4 ,le peuple1 auj\rd'hui1 et la jeunesse populaire se mfi5t de t\t et de t\s1 mme de ces ducateurs de r5contre qui leur ont sophi/iqu l'esprit4 ,il fut un temps peu loign o t\t ce qui e/ imprim1 affi*e1 proclamation1 j\rnal1 tait lu et admis comme p>ole d'vangile4 ,n\s avons t\s beso9 de confiance1 et ceux qui ont le mo9s de lumires1 plus que les autres4 ,on peut t\t faire1 p\r le bi51 de cette bonne disposition1 qui en somme n'e/ qu'une des =mes de la foi l'humanit et la vrit1 et un des symptmes de la droiture4 ,mais la confiance meurt de l'abus4 ,le peuple a t si s\v5t tromp que la p>ole et la *ose imprime ne val5t plus ri5 p\r un gr& nombre4 ,c'e/ du scepticisme aussi1 et s\s une des pires =mes4 ,la jeunesse a hrit de ce scepticisme4 ,une *ane prcieuse1 entre ceux qui doiv5t r5seign] et dirig] et ceux qui ont beso9 de l'tre1 e/ a9si rompue1 et la masse de la jeunesse populaire s'en va1 livre elle-mme1 n'ayant plus1 p\r s'ori5t]1 ni la foi aux pr9cipes ni la confiance huma9e4 ,une des consqu5ces de cet tat d'esprit e/ le manque de cohsion qui se rem>que mme sur le t]ra9 des plus srieux intrts4 ,a9si1 il et sembl naturel de voir la jeunesse populaire1 celle des villes surt\t1 s'intress] en masse aux que/ions sociales4 ,c'e/ plutt le contraire qui se prs5te4 ,le gros nombre ne b\ge pas4 ,une m9orit seulem5t se passionne1 et il e/ r>e que celle-ci s'lve au-dessus des affaires de p>ti ou des que/ions purem5t matrielles4 ,il n'y a gure qu'une faible lite p\r compr5dre que la discipl9e1 l'esprit de corps et de sacrifice sont des bases morales indisp5sables t\t progrs mme conomique4--,l'ducation sociale de la jeunesse populaire en e/ ses rudim5ts4 ,de ce ct1 notre jeunesse in/ruite tr\v]a1 si le cur et la bonne volont ne lui font pas dfaut1 d'importants s]vices r5dre4 99 99 99 99 99 ,le gr& po9t noir l'horizon e/ l'alcoolisme4 ,sans d\te son influ5ce se fait s5tir dans t\tes les classes de la socit2 mais c'e/ surt\t un flau populaire4 ,flau rc5t1 dev5u s5sible depuis tr5te ou qu>ante ans4 ,l'alcoolisme e/ un p>v5u de la d]nire heure et un p>v5u cosmopolite4 ,on ne peut en effet lui attribu] de patrie4 ,il s'acclimate un peu p>t\t4 ,depuis que1 p> l'hrdit1 il a pntr dans le sang et la moelle du peuple et qu'il s'e/ rp&u la campagne comme la ville1 il a comm5c effray] d'abord les mdec9s et les hommes de loi1 et peu peu t\s ceux qui rfl*iss5t4 ,a l'heure actuelle1 il monte et pr5d les proportions d'un dang] univ]sel4 ,la race e/ atte9te dans ses uvres vives4 ,les hpitaux1 les maisons de sant1 les prisons r5d5t t\s les j\rs tmoignage ses progrs4 ,dans c]ta9es contres on ne compte plus les alcooliss1 mais ceux qui ne le sont pas4 ,aj\tez cela que ce que l'on boit ma9t5ant diffre inf9im5t de ce que l'on buvait autrefois4 ,ce n'e/ pas seulem5t dans le doma9e des ides que notre temps a connu la fraude4 ,ses vivres sont empoisonns comme sa n\rriture intellectuelle et morale4 ,ce qu'il absorbe surt\t ce sont des boissons bon m>* frelates avec des eaux-de-vie de bett]ave et de pommes de t]re dont les gros indu/riels de c]ta9s pays inond5t le globe4 ,on peut bi5 dire qu'il boit sa mort et celle de ses enfants4 ,il empoisonne l'av5ir et prde/9e les gnrations futures au ra*itisme1 la folie1 au crime4 ,on ne calcul]a jamais les consqu5ces de l'alcoolisme3 conomiques1 hyginiques1 morales1 politiques1 sociales4 ,dans les neuf diximes des ru9es1 des maladies1 des accid5ts1 des crimes1 dans beauc\p d'emportem5ts d'op9ions1 de dsordres populaires1 on peut bi5 dire3 *]*ez l'alcool6 ,l'alcoolisme ravage la jeunesse populaire d'une faon effrayante4 ,il n'y a presque plus de di/raction laquelle il ne se mle4 ,il vi5t tr\bl] et tu] la joie sa9e1 gt] les ef=ts de l'ducation physique1 neutralis] les bons effets des runions o l'on veut entret5ir la sociabilit et *]*] le dlassem5t4 ,t\te assemble1 t\te excursion1 quel qu'en soit le b1 risque de se t]m9] en beuv]ie4 ,les murs devi5n5t grossires et le langage brutal a9si que les *ants4 ,jadis la gr&e ville comptait1 p\r se refaire1 sur le flot de sang pur v5u des *amps et de la montagne4 ,ces rs]ves elles-mmes sont atte9tes4 ,il y a dans nos ,vosges1 p\r ne cit] qu'elles1 des valles recules o l'eau de s\rce c\le flots1 o l'air e/ pur1 o de mmoire d'homme n'a rgn aucune pidmie4 ,mais l'alcoolisme y rgne en matre4 ,le nombre d'enfants ra*itiques augm5te sans cesse4 ,le dsordre e/ dans les murs1 les b\rses1 les mnages4 ,le fruit de la vie et du travail s'en va en fume4 ,l'alcool e/ plus t]rible que la pe/e1 la gu]re ou n'importe quel flau naturel4 ,on peut rp>] les dsa/res extrieurs1 on peut mme rp>] les ru9es dans le monde des ides4 ,mais comm5t remdi] un mal qui dvore le sang1 le c]veau1 le sy/me n]veux et dtruit la base mme de la vie8 ,p>fois1 en reg>dant notre civilisation1 plusieurs se sont dem& ce qui p\rrait la m5ac]4 ,elle ne peut pas succomb] en effet comme celle de l'antiquit s\s une invasion de b>b>es4 ,ses ennemis cep5dant ne sont pas lo94 ,ils n'acc\rront pas du b\t de l'horizon comme les ,huns ou les ,v&ales4 ,ils sont dans notre se91 et l'alcool en e/ un des plus t]ribles4 ,qu'espr] p\r dema9 d'une jeunesse qui s'alcoolise8 ,une dmocratie repose sur le bon s5s public1 sur la sagesse et l'n]gie des citoy5s1 sur l'esprit d'ordre1 de travail1 d'conomie4 ,p\r t\s ces bi5s on peut t\t r$\t]1 tant que progress5t l'abs9! et l'eau-de-vie4 ,nos b>b>es n\s1 les voil6 99 99 99 99 99 ,v\s me direz ma9t5ant que j'ai mal comm5c un *apitre si sombre en disant que la vie populaire tait une des bonnes *oses trop peu connues4 ,je ti5s ju/ifi] mon dire4 ,ce que je vi5s de signal]1 ce sont les v]rues1 les excroissances1 les maladies qui dp>5t et rong5t la vie populaire4 ,oui1 il e/ malheureusem5t vrai que dans le peuple sa9 et robu/e quelque *ose a fl*i4 ,les meilleurs s'en r5d5t compte et le dis5t aut\r de la table de famille1 ou v\s le confi5t dans l'intimit1 qu& la conv]sation tombe sur ces graves sujets4 ,mais malgr t\t1 la vie du peuple demeure la gr&e s\rce d'n]gie1 de c\rage1 d'esprit de sacrifice1 d'o vi5t sans cesse la socit un r5\veau de =ce4 ,ce qui sauve le peuple du nant1 c'e/ la vie dure1 le travail1 la pe9e mme4 ,son exi/5ce pratique entreti5t en lui le bon s5s4 ,qu& on se donne la pe9e d'y reg>d] de prs1 on e/ t\s les j\rs tmo9 de miracles de pati5ce et de f]met4 ,les femmes surt\t sont admirables4 ,il y en a qui port5t des f>deaux surhuma9s avec un c\rage simple qui f]ait honte aux hommes les plus endurcis la s\ffrance4 ,c]ta9es mres associ5t leurs devoirs de mnage avec des travaux d'ailleurs peu rmunrateurs et n'ont t\t le long de l'anne d'autre rpit qu'un peu de sommeil4 ,presque jamais une di/raction4 ,une sortie1 si petite qu'elle soit1 e/ un vnem5t4 ,qu& la maladie ou un vice du m>i vi5t compliqu] l'exi/5ce1 on peut se figur] ce qu'elle devi5t4 ,en vrit que sont les *>ges des g5s aiss comp>ativem5t celles-l6 ,quelle vie6 ,comp>ez-y les murs frivoles1 la morale o t\t e/ sup]ficiel et facile1 non pas seulem5t des g5s oisifs1 mais des hommes de p5se lgre1 qui pr5n5t leur vie p\r une prom5ade trav]s les *oses6 ,comp>ez-y mme la vie repose et satisfaite du b\rgeois rang4 ,quel jugem5t que cette comp>aison6 ,il y a telles faons d'tre et de p5s] qui fond5t comme beurre au soleil au contact de la vie populaire avec son au/re ralit4 ,le milieu populaire e/ p\r la jeunesse une leon de *oses p]ptuelle1 trs leve4 ,bon gr mal gr1 ceux qui ont un peu de cur y devi5n5t srieux4 ,et c'e/ prcism5t p>ce que la vie du peuple conti5t ces prcieux lm5ts qu'il faudrait la g>antir et la sauveg>d]4 ,c'e/ un trsor1 ne l'oublions pas6 ,n\s en rappro*] s]ait un des meilleurs moy5s de lutt] contre ce monde factice qui n\s tre9t et n\s tue4 ,il faut frat]nis] avec la jeunesse populaire1 p\r son bi5 et p\r le ntre4 ,,ix ,,la ,,jeunesse ,r,,actionnaire ,en face des difficults trs relles que n\s trav]sons dans les *oses de l'esprit et que des phnomnes analogues dans les doma9es multiples de la vie pratique r5d5t plus poignantes encore1 les dtracteurs de l'esprit mod]ne cri5t au naufrage et conseill5t les ractions4 ,c> l'esprit mod]ne a ses dtracteurs a*>ns qui considr5t la crise actuelle comme la condamnation de t\te une srie de sicles4 ,ils accus5t la fois la sci5ce1 la lib]t civile et religieuse1 t\s les m\vem5ts indp5dants de l'humanit1 dans l'ide comme dans le fait1 et n'espr5t de salut que dans un ret\r pur et simple au pass4 ,les hommes qui p>tag5t ce po9t de vue gr\p5t aut\r d'eux une p>tie de la jeunesse et1 avec une gr&e n]gie et un dv\em5t admirable *ez quelques-uns1 ils essai5t de la dta*] du prs5t1 de ses aspirations1 p\r l'engag] s'inspir] dans le pass et le faire revivre4 ,c'e/ une entreprise titanesque1 qu& on envisage la somme des ef=ts ncessaires et l't5due du b4 ,c> voici de quoi il s'agit3 ,considr] t\t le dveloppem5t mod]ne tel qu'il e/ sorti de la ,r5aissance1 de la ,r=me1 de la ,rvolution et de la ,sci5ce1 comme une erreur colossale1 ,effac] cette erreur de l'hi/oire1 avec t\tes ses consqu5ces1 et ram5] la socit au /atu quo ante4 ,ri5 de ce qui e/ huma9 ne doit n\s tre trang]4 ,une raction e/ une *ose huma9e1 lgitime p>fois et utile1 condition qu'elle soit ma9t5ue dans ses limites qui ne sont autres que le droit commun4 ,je dcl>e donc que je n'ai aucune antipa?ie prconue contre le m\vem5t dont je p>le4 ,le bi5 n'e/ jamais aff]m en monopole une seule t5dance de l'esprit2 il e/ rp&u un peu p>t\t4 ,et le bi5 qu'il y a dans les ractions1 c'e/ de n\s donn] rfl*ir4 ,en gnral ce qui n'a plus aucune raison d'tre1 meurt4 ,lorsque beauc\p d'esprits1 p>mi lesquels des hommes d'une gr&e valeur morale1 s'ent5d5t p\r une c]ta9e direction pr5dre1 il y a1 dans l'tat de *oses o ils viv5t1 des motifs pr(onds qui dt]m95t cette coalition4 ,que d'autres vi5n5t ml] l'entreprise des arrire-p5ses de dom9ation ou d'intrt matriel1 cela ne doit pas n\s emp*] de reconnatre la s9crit des premi]s4 ,p\r tr\v] la vrit1 il faut re/] ju/e4 ,je tr\ve donc naturel qu'aux poques de crise c>actrises p> une incessante inquitude1 n\s soyons hants p> ce gr& pass o l'humanit semblait avoir tr\v son v]be qu'elle remettait comme un viatique t\s ses enfants2 o la p5se comme la vie v5ai5t se c\l] d'elles-mmes dans les =mes /ables d'un m\le d'aira94 ,tant de solidit et de paix dans la scurit1 t5te des gnrations qui sont1 comme la ntre1 aux prises avec t\s les v5ts et t\s les flots4 ,je conois les lassitudes mortelles qui jett5t les p5seurs aux abois dans les bras d'un dogme immuable4 ,je conois mieux encore les regrets et les indignations qui saisiss5t les hommes de foi atta*s aux sa9tes traditions1 aux esprances1 aux consolations1 l'adoration que la religion rsume1 lorsqu'ils voi5t t\tes ces *oses traites de vieux rebut et f\les s\s des pi$s /upides ou pr(anes4 ,et ces regrets je les concevrais encore en face des ngations1 mme respectueuses1 d'une sci5ce matriali/e4 ,au fond il y a l de gr&s trsors df5dre et sauveg>d]4 ,il faudrait se mettre de propos dlibr en dehors des faits1 en dehors de l'humanit et de t\s ses intrts1 p\r le mconnatre4 ,la grosse affaire e/ de savoir si l'entreprise ne dpasse pas le b et les =ces huma9es4 ,je crois p\r ma "p qu'elle dpasse le b et p> consqu5t se nuit elle-mme en niant les progrs et le bi5 sortis de l'esprit de tolrance1 de ju/ice1 de sci5ce qui e/ l'esprit mod]ne2 qu'elle commet une gr&e inju/ice en confondant cet esprit avec l'a?isme1 le ralisme et le dsordre4 ,d'autre "p je suis p]suad qu'aucune puissance huma9e individuelle ou collective ne peut ressuscit] le pass tel quel4 ,c'e/ avec de gr&es apprh5sions p\r elle-mme et l'av5ir des ides qui lui sont *res1 que je vois une jeunesse nombreuse se laiss] enrl] dans une uvre qui consi/]ait supprim] quatre sicles de vie huma9e et leur sub/itu] un tat de *oses disp>u4 ,d'abord il faudrait n\s emp*] d'tre les fils de ce temps que n\s v\lons effac]4 ,son sang c\le dans nos ve9es1 ses maux sont les ntres1 n\s pr(itons de son bi54 ,c'e/ trav]s lui que n\s n\s ratta*ons au pass p> la filire des successions4 ,n\s ne p\vons pas desc5dre des aeux de nos aeux directem5t4 ,entre eux et n\s1 il y a les gnrations int]mdiaires dont n\s portons les traces dans *aque fibre de notre corps et dans *aque p>celle de notre p5se4 tre un homme du pass e/ aussi impossible que d'tre le fils de son arrire-gr&-pre4 ,il n\s e/ dj =t difficile de n\s mettre tant soit peu la place des anctres af9 de les compr5dre et de les apprci]4 ,n\s avons d'autres rgles de jugem5t1 d'autres moy5s d'obs]vation1 d'autres hrdits intellectuelles4 ,le monde p\r n\s1 en bi5 des po9ts1 e/ autre que p\r nos anci5s4 ,mais revivre leur vie ma9t5ant1 r5tr] dans leurs cadres de murs1 d'ides1 d'imag9ation1 quivaudrait recon/itu]1 avec ce qui n\s en re/e1 une faune disp>ue1 p\r la faire vivre et l'acclimat] p>mi n\s4 ,plus j'y p5se1 plus il me p>at vid5t que vivre dans le quatorzime sicle e/ aussi difficile un homme du ntre que de vivre dans le v+t-deuxime4 ,n\s sommes l en prs5ce d'un ensemble trs complexe de problmes dont le mo9dre rclam]ait1 p\r sa solution1 des puissances plus qu'huma9es4 ,mais il y a surt\t un trs intressant et trs grave problme psy*ologique troitem5t li la g5se des convictions et de la foi4 ,lorsqu'on dit la jeunesse actuelle3 ,le monde se p]d depuis plusieurs sicles1 il faut ret\rn] sur nos pas4 ,rev5ons au giron de l'glise1 seule dpositaire de la vrit1 de l'autorit spirituelle1 et p> consqu5t aussi du p\voir extrieur1 voici ce qu'on lui dem&e3 ,un ef=t de volont p\r admettre en bloc la somme de sa9t ,?omas d',aqu94 ,c'e/ peut-tre dur1 dit-on1 mais que v\lez-v\s1 n\s sommes si malades1 et cela seul peut n\s gurir6 ,je n\s suppose dcids suivre le conseil4 ,n\s faisons un ef=t de volont p\r croire en bloc2 n\s avalons le remde malgr nos rpugnances4 ,cela suffit-il8 ,non4 ,cette foi que n\s adoptons a9si1 va re/] in]te4 ,aucune c]titude1 aucune vie n'en jaillira4 ,elle n'agira pas plus qu'une mdec9e qui re/]ait dans l'e/omac telle quelle1 sans tre assimile et digre4 ,si donc cet ensemble de doctr9es qu'on n\s prs5te adopt]1 doit s]vir1 il ne suffit pas de l'absorb]1 il faut n\s l'assimil]4 ,en pntrant dans un organisme intellectuel et moral comme le ntre1 le pass y subira une vraie dige/ion4 ,notre p5se le trait]a d'aprs ses m?odes1 ses lois intimes1 le s\mettra l'expri5ce1 l'exam51 lui dem&]a en un mot de se ju/ifi]4 ,oh6 lo9 de n\s l'ide d'exig] une foi dmontrable6 ,une ide p>eille ne peut v5ir quiconque possde le mo9dre s5s du my/re et de l'inf9i4 ,autant vaudrait dem&] une montagne de po*e ou un ocan portatif4 ,mais si les ralits de la foi ne sont pas de celles que l'intellect mesure1 pse et aligne comme des quantits ari?mtiques1 il faut du mo9s que celui qui veut les possd] entre en communion avec elles4 ,la foi n'e/ pas comme une monnaie qu'on met dans sa b\rse4 ,p\r n\s app>t5ir1 elle a beso9 de r5atre trav]s notre vie1 trav]s notre consci5ce1 et de se trans=m] en conviction p]sonnelle4 ,autrem5t elle re/e dans l'esprit l'tat de corps trang]4 ,il ne suffit pas de dire3 ,t\t va mal4 ,si n\s p\vions croire1 espr]1 ador] comme nos pres1 t\t irait bi51 donc repr5ons leurs croyances4 ,ce qu'il faut1 c'e/ d'tre conva9cu comme ils l'tai5t1 et p\r tre conva9cu il faut avoir t gagn librem5t p> des motifs de l'me et de la consci5ce2 il faut que la vrit ait tr\v en n\s un t]ra9 p\r y repos]4 ,en un mot1 la foi volontaire e/ un leurre4 ,on ne croit pas p>ce qu'on veut1 mais p>ce qu'on ne peut autrem5t4 ,la foi volontaire repose t\t entire sur un ef=t de l'homme1 comme le monde de l'antique my?ologie sur les paules d',atlas4 ,ce n'e/ pas l la foi qui sauve et vivifie et laquelle1 en somme1 n\s dem&ons de n\s port] n\s-mmes4 ,celle-ci ne peut tre que le rsultat de l'expri5ce4 ,supposons un homme absolum5t dv\1 conva9cu que le monde e/ p]du1 s'il ne r5tre pas avec sa p5se et sa conduite pratique dans le cadre s]r des traditions autoritaires1 mais un homme dta* intrieurem5t de la vieille foi4 ,que cet homme conva9cu de l'utilit pratique d'une foi qu'il respecte mais qu'il ne peut pas s'assimil]1 adopte cette foi p\r la =me1 s\ffre mme p\r la df5dre et f9isse p> m\rir p\r elle1 dans l'espoir que son sacrifice f]a au mo9s croire d'autres ce qu'il n'a admis1 lui1 que d'une faon mcanique4 ,a quoi ces ef=ts et ce m>tyre s]viront-ils8 ,on croira la bont1 au triomphe de l'am\r1 aux *oses sa9tes et huma9es qui ont fait affront] la mort un homme de bi52 on croira peut-tre la p]sonne du m>tyre1 mais non sa doctr9e4 ,p\r communiqu] celle-l1 il et fallu qu'elle vct en lui3 ,le feu seul allume le feu4 ,voil le secret de l'impuissance de bi5 des *ampions du pass4 ,d'ailleurs la raction qui s'(fre p\r remplac] l'esprit mod]ne1 dpasse de beauc\p la limite de ce qu'il e/ p]mis de dire qu& elle p>le au nom du pass4 ,elle n'e/1 ni t\t le pass1 ni t\t le pass religieux1 ni t\t le pass *rti54 ,ses *ampions reprs5t5t quelques tapes de ce pass cond5ses en rgles de vie1 et quelques =mes de la p5se religieuse cond5ses en doctr9e4 ,mais il s'e/ dvelopp1 dans les va/es rgions de la vie religieuse1 des flores d'une ri*esse in\e que l'glise n'a pas cultives4 ,dans son propre j>d91 il a p\ss des arbres qu'elle a essay d'arra*]1 et d'autres auxquels1 aprs les avoir mutils d'abord1 elle a f9i p> emprunt] leurs fruits4 ,l'humanit devra-t-elle se priv] de t\t le bi5 que le pass spcial dont il e/ "q n'a pas fait8 ,et le mal que ce pass a fait1 faudra-t-il l'oubli] et s'y rsign] de n\veau8 ,si la "q se prs5tait a9si3 ,d'une "p le matrialisme sci5tifique1 le scepticisme1 l'ensemble des ngations qui dp\ill5t l'humanit de sa noblesse1 le dsordre et l'inc]titude2 d'autre "p t\te la foi1 t\te l'esprance1 t\tes les v]tus1 ce s]ait diffr5t4 ,il ne faudrait pas hsit] un in/ant4 ,ces rsultats pratiques s]ai5t eux seuls les preuves les plus irrcusables de la vrit d'une tradition4 ,mais la "q ne saurait se pos] a9si4 ,que si1 nanmo9s1 on se p]met de la pos] a9si1 on commet une mauvaise action4 ,on manque de respect d'abord la jeunesse qu'on duque et qui v\s croit sur p>ole4 ,on manque de respect ensuite la vrit1 en ne reconnaissant pas le bi5 qu'ont fait les autres4 ,en somme1 p\r se gr&ir on dim9ue l'humanit1 et p> consqu5t on se dim9ue soi-mme4 ,plus de mode/ie et d'imp>tialit r5drait les *ampions du pass inf9im5t plus =ts4 ,que ne pr5n5t-ils auprs de ce pass qui e/ leur fief hrditaire une gr&e et salutaire leon8 ,ce monde auj\rd'hui cri/allis1 momifi1 a t le plus vivant1 le plus *angeant1 le plus susceptible d'adaptation dont l'hi/oire n\s cons]ve l'exemple4 ,il a su se mettre au niveau le plus lev de la culture antique1 et desc5dre aux plus humbles comme aux plus ignorants4 ,les ,grecs et les ,b>b>es l'ont tr\v galem5t famili]4 ,il tait son aise dans la dom9ation comme dans la s]vitude2 dans l'opul5ce comme dans la misre4 ,il a p>l t\tes les langues1 m>* sur t\tes les r\tes1 et son cur a battu p\r t\t ce qui fait vibr] l'me des hommes4 ,aussi quelle vie1 quelle popul>it1 quelle incomp>able puissance sociale6 ,il n'a comm5c de p]dre une p>tie de son influ5ce que lorsqu'il s'e/ enf]m dans l'gsme1 la r\t9e1 l'immobilit4 ,a mesure qu'il s'e/ isol de la gr&e vie des peuples1 la vie s'e/ retire de lui4 ,aussi n'y a-t-il qu'une esprance p\r ceux qui admir5t et aim5t s9crem5t ce gr& pass1 c'e/ de l'imit] dans ce qu'il avait de meilleur et de plus huma94 ,il faut v\s l>gir1 v\s trans=m]1 pratiqu] le r5oncem5t dans une l>ge mesure1 cess] d'tre l'arrire-g>de des ides1 mme religieuses1 et all] de l'avant1 rsolum5t1 la ma9 dans la ma91 avec quiconque aime les hommes et prie sur la t]re4 99 99 99 99 99 ,t\t ceci e/ dit avec la supposition qu'une raction soit srieuse et loyale4 ,mais il y a d'abord une raction qu'il n\s e/ impossible de considr] comme srieuse4 ,c'e/ cette sorte de dilettantisme religieux qui fait que c]ta9s jeunes esprits se complais5t ma9t5ant dans t\tes sortes de vieux symboles1 sans tre p\r cela plus croyants1 et surt\t sans song] faire de leur religiosit un pr9cipe de sanctification et de bonne vie4 ,ils *]*5t dans la religion des j\issances e/htiques1 ar*ologiques4 ,ils susp5d5t dans leur *ambre de vieilles *asubles1 des figur9es de sa9ts1 j\5t la vie monacale1 s'imprgn5t dlicieusem5t du p>fum de l'enc5s1 du murmure des prires1 de la musique sacre1 de la d\ce et paisible lumire que tamis5t les vitraux des ca?drales1 et croi5t faire gr& honneur aux hommes religieux en leur disant qu'ils possd5t des vangiles et des livres d'heures relis en trs vieux p>*em91 port5t des crucifix ca*s sur leur poitr9e et tremp5t leurs doigts dans l'eau bnite4 ,on appelle cela aussi1 en r\lant des yeux my/rieux1 une raction4--,une raction cela6 ,ne j\ons pas avec les mots ni surt\t avec les *oses sa9tes6 ,il ne suffit pas de mang] dans de la vaisselle d'vque ou de boire son v9 dans un calice p\r se rclam] du *ri/ianisme4 ,la religion p\r v\s e/ comme ces vieux meubles graves et svres dans lesquels notre temps1 p> un s+uli] contra/e1 aime p>fois encadr] la lgret de ses murs et la futilit de ses conv]sations4 ,c'e/ un bibelot1 voil t\t4 ,m'e/ avis qu'on l'honore davantage en la combattant qu'en lui r5dant de si biz>res hommages4 99 99 99 99 99 ,mais que dire d'un autre g5re de raction1 de celle qui ne s]ait qu'une manuvre politique s\s le manteau de la morale et de la religion8 ,il faudrait la /igmatis] comme la pire des pr(anations et la d]nire hypocrisie4 ,autant t\te conviction s9cre et mme t\te foi volontaire n\s e/ sympa?ique1 autant cette spculation impie avec les *oses sacres n\s inspire d'horreur4 ,c> la foi ici n'e/ qu'une s]vante1 une esclave1 expose aux pires traitem5ts4 ,si quelque *ose peut contribu] la faire mpris]1 c'e/ bi5 cette promiscuit d%onorante avec les intrigues et les r\]ies des politici5s4 ,une jeunesse qui s]ait leve dans cet esprit ne p\rrait au fond tre que sceptique4 ,la foi ne peut tre vnrable que lorsqu'elle e/ ds9tresse1 misricordieuse1 et que celui qui la pr(esse1 e/ prt1 p\r elle1 t\s les sacrifices4 ,le j\r o l'ambitieux s'en s]t p\r se p\ss] dans le monde1 et o l'homme du peuple lui fait t5dre la ma9 p\r un morceau de pa91 ce n'e/ plus la foi1 c'e/ quelque *ose qui n'a plus de nom1 mais qui e/ plus tri/e et plus affreux que le nant4 99 99 99 99 99 ,il n\s re/e n\s expliqu] sur une raction purem5t politique1 sans arrire-p5se religieuse ni philosophique1 sorte de re/auration du p\voir arbitraire1 rgime de sabre et de crosse1 de/9 ma9t5ir les apptits en respect1 et prn p> c]ta9s jeunes n]gumnes que les prt5tions dmocratiques agac5t4 ,od]9t dum metuant1 dis5t-ils1 citant une p>ole clbre qu'a traduite en action p5dant plus de v+t ans1 celui qu'il e/ conv5u d'appel] le vieil aptre de la ,=ce4 ,je ne crois pas au succs d'une raction de ce g5re1 ni en ,france ni ailleurs4 ,la premire condition d'un despotisme =t1 c'e/ qu'il croie en lui-mme4 ,il faut que1 sans bron*] ni s\rcill]1 il aille jusqu'au b\t1 m>*ant sur les volonts et les curs avec l'allure impitoyable d'un r\leau d'aira94 ,or1 la secrte faiblesse des p\voirs despotiques de ce temps e/ qu'ils ont p]du la foi en eux-mmes4 ,l'esprit mod]ne les a contam9s malgr eux4 ,il a branl de mme le cur des masses4 ,prive a9si de son d\ble appui2 discrdite auprs de ceux qui l'ex]c5t et de ceux qu'elle doit rduire1 la ,=ce p]d du t]ra9 de j\r en j\r4 ,cette gr&e contemptrice des ralits immatrielles dp5d aprs t\t de l'tat des esprits4 ,et cet tat1 p]sonne ne peut le modifi] son gr1 c> il n'e/ pas le rsultat de l'arbitraire1 mais de la ncessit4 ,il faut bi5 que *acun soit pntr de ceci3 ,le trne des puissances de *air s'e/ cr\l dans le monde depuis qu'il s'e/ cr\l dans l'me huma9e4 ,le gr& fait qui s'accomplit1 des degrs div]s au fond des socits civilises1 peu importe la =me de leur g\v]nem5t1 et que n'arrt]ont ni les regrets des uns ni les excs des autres1 e/ l'volution du p\voir extrieur qui repose sur la co]cition1 v]s le p\voir intrieur qui e/ l'autorit morale et repose sur le respect et la conviction4 ,t\tes les fonctions sociales humbles ou leves1 depuis la pat]nit jusqu'aux po/es g\v]nem5taux les plus m95ts1 subiss5t une l5te trans=mation4 ,une fonction ne suffit plus p\r honor] un homme1 il faut que l'homme honore la fonction4 ,peut-on rev5ir sur cette volution de l'esprit public qui ne consi/e pas en quelques phnomnes v>iables et de surface1 mais t\*e l'ess5ce mme et se fait s5tir dans t\s les doma9es8 ,p\r l'admettre1 il ne faudrait avoir aucune notion de la ,=ce des ides4 ,il s]ait plus facile de saisir une montagne p> sa base et de la s\lev] bras t5dus1 que de faire b\g] une ide assise d'aplomb sur la consci5ce et le bon s5s de l'humanit et dpose l1 gra9 de sable gra9 de sable1 p> le travail sculaire de l'expri5ce4 ,n\s concluons donc4 ,le salut ne saurait tre dans une raction contre l'esprit mod]ne4 ,au lieu de faonn]1 de passionn] t\te une belle jeunesse1 de l'isol] du monde dans des intrts p>ticul>i/es1 de *]*] l'oppos] comme un bli] au temps qui m>*e et qui m>*]a qu& mme1 concluez plutt alliance avec ce que ce sicle a de bon1 p\r lutt] contre ce qu'il a de fune/e4 ,si v\s avez quelque *ose lui apport]1 faites-le avec ds9tressem5t4 ,ce s]a la meilleure faon de cons]v] au monde le bi5 qui e/ en v\s et p\r lequel v\s combattez1 et j'aj\te1 ce s]a la faon la plus *rti5ne de remplir votre importante mission4 ,x ,,s5ti]s ,,de ,,dema9 ,je cra9s que le travail du v+time sicle ne consi/e retir] du pani] une f\le d'excell5tes ides que le dix-neuvime sicle y avait t\rdim5t jetes4 ,e4 ,r5an#e4 #e ,rception de ,m4 ,jules ,cl>etie4 ,l'impression de tr\ble que n\s avions pr\ve en essayant de dress] le bilan de la socit actuelle n'a fait que s'acc5tu] mesure que n\s n\s avancions trav]s notre jeunesse4 ,confusion et an>*ie sembl5t les t]mes les mieux faits p\r c>actris] l'tat des esprits4 ,il n'y a gure1 dans t\t ce que n\s avons vu1 que la cont9uation et l'aggravation d'un tat de *oses prcd5t4 ,si n\s n'avions que cela dire de la jeunesse contempora9e1 ce livre s]ait en somme bi5 tri/e4 ,n\s ne l'aurions pas crit4 ,a quoi bon con/at] que la dcad5ce m>*e et que n\s desc5dons d'un m\vem5t t\j\rs plus rapide8 ,heureusem5t ce n'e/ pas t\t4 ,ce que n\s avons con/at jusqu'ici e/ le ct sombre de la situation4 ,mais il y a autre *ose de t\t aussi rel et que1 de propos dlibr1 n\s avons rs]v p\r la f94 ,un premi] po9t important relev] e/ le ds5*antem5t qui de plus en plus devi5t le fond des dispositions4 ,ils sont bi5 peu nombreux1 ceux qui se rj\iss5t de vivre dans un monde sans foi1 sans esprance et sans am\r4 ,les cyniques eux-mmes ont leurs j\rs de mlancolie4 ,le monde tel qu'il e/ dev5u1 ne plat qu' bi5 peu de g5s4 ,ce n'e/ pas mauvais signe4 ,sans d\te le ds5*antem5t lui t\t seul ne mne pas lo94 ,mais c'e/ t\j\rs autant que cet aveu presque gnral d'insuffisance4 ,il e/ p]mis d'y voir1 aprs t\t1 la =me ngative de l'aspiration v]s un tat meilleur4 ,cette aspiration arrive dev5ir consci5te *ez ceux qui1 av]tis p> leur ds5*antem5t1 se dem&5t si n\s n'avons pas fait fausse r\te4 ,or1 cette petite "q1 que d'hommes1 surt\t dans la jeunesse1 se la sont pose depuis quelque temps6 ,d'autres1 plus avancs1 reconnaiss5t que positivem5t n\s avons fait fausse r\te4 ,p\r eux l'expri5ce de la sci5ce matriali/e et du ralisme e/ concluante dans t\s les doma9es4 ,l'arbre e/ jug p> les fruits1 il e/ mauvais4 ,notre vie spirituelle et notre vie matrielle languiss5t p>ce que des lois sa9tes et pr(ondes ont t violes4 ,mais il ne suffit pas d'tre ds5*ant1 ni mme de dem&] du *angem5t4 ,n\s avons essay de l'indiqu] en p>lant de la jeunesse ractionnaire4 ,a quoi s]virait-il la socit de se jet] subitem5t d'un excs dans un autre8 ,ce s]ait v\loir se gurir d'une mutilation p> une mutilation d'un g5re diffr5t4 ,le monde o la raction n\s invite entr]1 p\r n\s recon/itu] une sant1 a fait ses preuves1 lui aussi4 ,l'humanit n'a pas att5du ce sicle p\r dc\vrir qu'elle s'y tr\vait l'troit1 et mme qu'elle y t\ffait4 ,il e/ impossible que les leons de l'hi/oire soi5t oublies p> la jeunesse intellig5te1 au po9t de r5dre probable un m\vem5t gnral de raction4 ,il suffit d'ailleurs d'obs]v] ce qui se passe1 p\r se conva9cre que les t5dances ractionnaires proprem5t dites ne se r5contr5t qu' l'tat d'exception1 en dehors des milieux spcialem5t crs p\r les faire natre et les cultiv]4 ,les jeunes g5s indp5dants1 pr(ondm5t travaills p> les que/ions actuelles1 en *]*5t une solution mo9s troite et mo9s illusoire4 ,quelques-uns1 de j\r en j\r plus nombreux1 comm5c5t compr5dre que1 s'il y a un moy5 de n\s sauv]1 c'e/ de n\s rappro*] de la vie normale1 de ret\rn] aux bases1 aux *oses lm5taires1 en pr5ant le bi5 au prs et au lo91 dans le prs5t et le pass1 p>t\t o il s'en tr\ve une p>celle1 en r5onant aux t5dances exclusives et aux intrts de p>ti1 p\r r$ev5ir simplem5t des hommes4 ,dans cette voie qu'une p>tie de notre jeunesse se dispose *oisir1 elle a eu ses devanci]s4 ,il tait impossible que l'tat de *oses qui s'tale dans le monde1 depuis tant d'annes1 n'et pas frapp c]ta9s esprits4 ,p\vait-il1 la longue1 *app] ceux qui p5s5t et vont au fond des phnomnes1 que le matrialisme sci5tifique1 l'indu/rialisme1 le milit>isme1 l'utilit>isme1 t\t cet ensemble de produits que la raction affecte de mettre sur le compte de l'esprit mod]ne1 en tai5t la plus brutale ngation8 ,ce n'tait pas possible4 ,il e/ arriv ce qui devait arriv]4 ,des hommes1 p> qui les contradictions de ce sicle ont t ress5ties avec une gr&e n]gie1 n'ont pas cess un in/ant de les signal]1 de fltrir les excs dans l'ide et dans le fait1 et de ma9t5ir au se9 des heures les plus difficiles le drapeau de la dignit huma9e1 de la sa9tet des *oses de l'me1 de la haute autorit de la consci5ce1 de t\tes ces ralits que la conception soi-disant positive de l'exi/5ce1 aussi bi5 que le vieil autorit>isme trait5t de *imres4 ,p\r ne cit]1 p>mi cette phalange1 que deux gr&s noms1 je *oisirai ceux d',edg> ,qu9et et de ,mi*elet1 vritables prophtes de l'esprit mod]ne4 ,un flot de littrature de t\tes nuances a c\v]t leurs voix2 mais ce qu'ils ont dit e/ aussi vrai que de leur temps1 plus vrai mme1 c> il semble que la vrit devi5ne plus clatante mesure qu'on fait des progrs dans le faux4 ,ces hommes1 mo9s que p]sonne suspects de dnigr] la sci5ce ou la dmocratie1 n'ont cess p\rtant d'en signal] les abus et les c>ts1 t\t en s'insurgeant contre le vieux monde autoritaire4 ,ils avai5t appris l'cole de l'hi/oire le respect de l'me huma9e1 dans l'intgrit de ses aspirations et de ses droits1 la ha9e de t\tes les tyrannies1 et c'e/ p\r cela que leur p>ole respire une sorte de haute quit1 rsultat de l'h>monie qui s'tait faite en eux4 ,ils avai5t tr\v ce *em9 d'or du milieu1 si malais t5ir1 aut\r duquel t]reur et les excs font sans cesse oscill] les socits1 du scepticisme la foi aveugle et de l'an>*ie au despotisme4 ,la direction qu'ils ont indique e/ celle o il faut *]*] la solution des problmes qui n\s t\rm5t5t4 ,il va sans dire que je p>le de la direction gnrale1 et ne vi5s pas propos] ici de jur] sur les p>oles de quelqu'un4 ,voici d'abord une p>ole d',edg> ,qu9et1 bi5 t\*ante comme proccupation d'av5ir3 ,l'abeille prp>e d'avance la pture la l>ve prs d'clore4 ,faisons comme l'abeille4 ,prp>ons la sub/ance du monde qui va natre et mettons-la ct de son b]ceau4 ,dans le mme livre1 l',esprit n\veau1 n\s lisons3 ,qu& je vois la tempte qui emporte les gnrations actuelles1 et l'espce de dlire dont t\te me e/ saisie1 je me dis que ce n'e/ pas l'effet d'une trop gr&e ambition de dsir] r5dre quilibre tant d'esprits d*ans4 ,l'poque qui conti5t de si gr&s maux1 en conti5t c]ta9em5t aussi le remde4 ,il exi/e1 il e/ sans d\te prs de n\s1 peut-tre l1 ca* s\s l'h]be4 ,celui qui navigue dans la tempte1 se fait quelquefois atta*] au gr& mt du navire1 p\r ne pas tre emport p> les v5ts4 ,moi aussi je me suis atta* ce que j'ai tr\v de plus solide aut\r de moi1 aux ides1 aux vrits qui n\s survivront t\s444 ,que n\s faut-il auj\rd'hui p\r a*ev] de sortir de l'abme8 ,une heure de s9crit4 ,copions encore une page de ,mi*elet qui semble tre crite d'hi]1 tant elle rsume bi5 la situation actuelle3 ,un fait e/ inconte/able4 ,au milieu de tant de progrs matriels1 intellectuels1 le s5s moral a baiss4 ,t\t avance et se dveloppe2 une seule *ose dim9ue1 c'e/ l'me4 ,au mom5t vraim5t sol5nel o le rseau des fils lectriques1 rp&u sur t\te la t]re1 va c5tralis] sa p5se et lui p]mettre d'avoir enf9 consci5ce d'elle-mme1 quelle me allons-n\s lui donn]8 ,et que s]ait-ce si la vieille ,europe dont elle att5d t\t1 ne lui envoyait qu'une me appauvrie8 ,l',europe e/ vieille et elle e/ jeune1 en ce s5s qu'elle a contre sa corruption les rajeunissem5ts du gnie4 ,elle seule sait1 voit et prvoit4 ,qu'elle g>de la volont1 et t\t e/ sauv encore4 99 99 99 99 99 ,cet esprit1 heureusem5t1 sans avoir jamais cess d'y agir1 recomm5ce s\ffl] avec une vigueur n\velle dans notre enseignem5t national1 t\s ses degrs4 ,il se fait l un travail l5t et pr(ond dont les signes heureux vont en s'acc5tuant4 ,je n'en veux p\r preuve que c]ta9s passages de disc\rs que je cit]ai1 en faisant t\s mes vux p\r qu'ils devi5n5t fconds dans la pratique4 ,voici1 en premi] lieu1 des extraits de deux disc\rs de conc\rs gnraux1 #ahij et #ahia1 du m9i/re de l'in/ruction publique1 ,m4 ,lon ,b\rgeois4 ,dans le premi] de ces disc\rs1 l'orateur1 aprs avoir c>actris les diffr5ts sy/mes pdagogiques de notre pass national1 s'exprime a9si3 ,notre pdagogie s]a c]ta9em5t plus l>ge4 ,ri5 de ce pass ne lui e/ ni trang] ni inutile4 ,un gr& philosophe franais df9issait a9si1 il y a quelques j\rs pe9e1 le b de notre enseignem5t3 ,il doit transport] l'volution huma9e1 en ce qu'elle a de meilleur1 dans l'esprit de l'individu4 ,t\s les tats philosophiques1 dont n\s avons rappel la succession1 ont prp> l'esprit de l'humanit mod]ne2 t\s les procds de culture ont eu de mme leur utilit p>tielle1 et notre t*e doit tre de reconnatre et de cons]v] ce que *acun d'eux peut avoir encore de pr(itable p\r la =mation et le dveloppem5t d'un esprit contempora94 ,le disc\rs de #ahia acc5tue le prcd5t1 m>quant a9si la fixit et l'n]gie de la t5dance4 ,ayez un idal6 ,un idal1 ce n'e/ pas seulem5t1 au milieu de l'atmosphre t\ffante de l'gsme des hommes1 un s\ffle d'air pur qui ranime et vivifie1 au-dessus des d\tes de l'exi/5ce quotidi5ne1 une lumire qui guide et qui sauve1 c'e/ quelque *ose de plus que t\t cela et que je v\drais dire d'un seul mot3 avoir un idal c'e/ avoir une raison de vivre4 ,messieurs1 n\s prp>ons cette jeunesse1 non p\r telle ou telle c>rire1 mais p\r la vie4 ,si donn] l'homme un idal1 c'e/ donn] une ori5tation t\te son exi/5ce1 une raison et un ressort t\s ses actes1 n\s reconnaissons l le b d]ni] de l'ducation1 le devoir le plus haut du matre444 ,messieurs1 il y a un an j'essayais de v\s montr] combi5 il e/ ncessaire l',univ]sit d'avoir une p5se commune1 une unit de doctr9e p\r la =mation de l'intellig5ce de la jeunesse franaise4 ,combi5 plus ncessaire encore e/ cette unit de doctr9e dans l'uvre de l'ducation morale1 si l',univ]sit veut rpondre son objet vritable1 si elle veut tre ce qu'elle doit tre1 ce que le pays lui dem&e d'tre1 le foy] o vi5n5t se conc5tr] t\s les m\vem5ts de la consci5ce nationale1 p\r se rfl*ir sur *aque gnration n\velle et donn] a9si impulsion et la vie la consci5ce de *acun de ses enfants4 ,qu& je p>le de cette unit de doctr9e1 ai-je beso9 d'aj\t] qu'il ne s'agit po9t d'impos] aux esprits un sy/me philosophique et de promulgu] je ne sais quel dogme mtaphysique sur la nature du bi5 et du mal8 ,l',univ]sit rpublica9e respecte t\tes les croyances et donne l'exemple de la tolrance ses adv]saires les plus intolrants4 ,mais quelque op9ion que l'on pr(esse sur les problmes t]nellem5t poss l'esprit limit de l'homme1 l'ide du bi5 exi/e1 et1 comme l'a dit un gr& philosophe franais1 cette ide e/ un fait1 et ce fait e/ une =ce4 ,et depuis que les hommes sont en socit1 cette =ce n'a cess d'agir sur le monde p\r ad\cir la viol5ce1 abaiss] les 9galits1 sub/itu] la ju/ice l'arbitraire1 la lib]t la contra9te1 la solid>it l'ho/ilit1 l>gissant sans cesse la sphre des devoirs de *acun des tres consci5ts vis--vis de t\s1 et1 malgr les ret\rs en arrire1 malgr les dfaites p>tielles de la vrit et du droit1 malgr les apo?oses passagres de la =ce1 rappro*ant *aque j\r l'humanit d'un tat suprieur de paix1 d'quilibre et de rconciliation4 ,c'e/ le s\ci lgitime de l'av5ir qui p]ce p>t\t dans ces p>oles4 ,qu& on e/ aux prises avec les problmes de l'ducation1 le vide de c]ta9es doctr9es v\s app>at mieux qu'ailleurs4 ,p\r exprim5t] la qualit d'un sy/me de philosophie1 ou mme de n'importe quels pr9cipes de p5se et de conduite1 il suffit de se r5dre compte de leur v]tu ducatrice4 ,t\t ce qu'il e/ impossible d'enseign] h>dim5t la jeunesse ne vaut ri54 ,il tait donc trs naturel que les hommes *>gs de la responsabilit d'une =te ducation nationale f9iss5t p> se pos] des que/ions comme celle-ci3 ,de quoi vivront nos successeurs1 s'ils ne croi5t plus ri51 n'espr5t plus ri51 ne respect5t plus ri58 ,qu'e/-ce qui les ma9ti5dra1 les consol]a1 leur donn]a la =ce de vivre et de m\rir en paix8 ,n\s sommes des hommes comme l'tai5t nos pres4 ,malgr t\s les *angem5ts extrieurs1 notre cur a les mmes beso9s que le leur4 ,e/-il possible que ce qui les inspirait ait disp>u du monde8 ,sans d\te les =mes des conceptions ont *ang1 l'int]prtation de l'univ]s s'e/ modifie4 ,en face de c]ta9es croyances n\s sommes obligs1 au nom de l'expri5ce1 de prote/] et de n\s rcus]4 ,n\s aussi n\s avons notre non possumus4 ,mais s\s les =mes caduques d'autrefois1 n'y a-t-il pas des ralits p]man5tes dont n\s p\rrions faire notre pr(it8--,ri5 ne r5d indu/rieux comme la ncessit1 ni *]*eur comme la faim4 ,la maigreur effrayante de notre vie spirituelle n\s a inspir des rflexions salutaires4 ,on a donc recomm5c reg>d] v]s le pass1 non plus dans un esprit s]vile1 mais p\r en saisir l'me et le voir vivre4 ,et ce pass qui semblait disp>atre dans les brumes1 s'e/ s\da9 clair d'un j\r n\veau4 ,en le voyant1 lui aussi1 arriv] la vrit p> dt\rs et p> ttonnem5ts1 se con/itu] pice pice sa patrie spirituelle1 n\s l'avons mieux compris que ceux qui n\s en prs5t5t en bloc la figure hraldique et aprs t\t froide4 ,s\s ces =mes rigides n\s avons retr\v la vie1 la *aleur1 la fra*eur des *oses qui naiss5t et se dvelopp5t4 ,a9si rappro*s de n\s1 p> ce comm]ce intime auquel l'hi/oire n\s initiait1 les pres n\s donnai5t le conseil qui rsume t\te pat]nit spirituelle3 ,joignez le meilleur de ce que v\s avez conquis ce que n\s v\s avons lgu de meilleur1 et v\s vivrez et recon/itu]ez une patrie l'esprit4 99 99 99 99 99 ,des proccupations analogues celles que n\s v5ons de signal] travaill5t une lite de notre jeunesse4 ,t&is que la masse cont9ue se laiss] all] la drive du c\rant rali/e1 quelques-uns en sont sortis et reg>d5t v]s d'autres horizons4 ,la vie actuelle e/ dure la jeunesse qui p5se4 ,elle lui (fre tant de *oses p\r la dconc]t] et si peu p\r l'aff]mir4 ,sur les ru9es des vieilles *oses et p>mi les matriaux encore ina*evs de l'difice futur1 au milieu du *oc discordant des t5dances1 ent\re de s\ffrances sociales1 de phnomnes de b>b>ie que ce temps trane d]rire lui comme des lambeaux hideux s\s un manteau de roi1 cette jeunesse a connu de bonne heure l'anxit du l5dema94 ,le spectacle des hontes1 des folies1 des troitesses1 des abus de la =ce brutale1 des intrts en conflit1 de t\te la gr&e bataille des hommes et des *oses1 lui a inspir de nobles dgts et lui a laiss au cur un imm5se dsir d'quit et d'apaisem5t4 ,ce dsir se manife/e dans l'ori5tation intellectuelle p> une curiosit ard5te et bi5veillante de t\tes les manife/ations de l'esprit huma94 ,ils sont arrivs--*ose bi5 r>e1 je crois1 *ez les jeunes g5s1 mais qui e/ un signe des temps-- ne plus croire que la vrit puisse tre enf]me dans une =mule1 mais qu'il y a un peu p>t\t o l'homme a p5s1 *]* et s\ff]t1 des *oses intressantes et des *oses vraies4 ,sans d\te cette t\rnure d'esprit rappelle les curiosits multi=mes du dilettantisme2 mais elle e/ t\t aussi s\v5t un indice de cette rs]ve discrte1 de cette soif de s'clair] qui e/ la disposition la plus favorable la re*]*e de la vrit4 ,dans un toa/ rc5t1 le prsid5t actuel de l',association des tudiants a dit un mot qui c>actrise cette manire d'tre et qui tran*e d'une faon si rj\issante sur l'esprit de p>ti4 ,notre association n'e/ po9t de celles o l'on voit s'enrl] s\s des drapeaux phmres des ambitions de cot]ie et des passions de p>ti4 ,elle p\rsuit l5tem5t1 mais srem5t une uvre qui e/ t\te de paix et de sci5ce4 ,elle a au plus haut po9t le respect de la consci5ce individuelle2 elle laisse *acun l'intgrit de son trsor moral intime1 de ses croyances politiques ou religieuses4 ,elle n'e/ rallie aucun p>ti1 aucune secte4 ,elle ti5t re/] avant t\t1 sans di/9ction d'tiquette1 la jeunesse franaise et1 dans la jeunesse franaise1 la jeunesse univ]sitaire4 ,n\s sommes et v\lons re/] des tudiants1 c'e/--dire des jeunes g5s fidles l'esprit sci5tifique1 qui e/ un esprit de tolrance ds9tresse1 et l'esprit dmocratique1 qui e/ un esprit de ju/ice et de bont4 ,n\s n'avons que deux gr&s s\cis qui n\s soi5t communs3 le s\ci du plus gr& dveloppem5t intellectuel possible et le s\ci de l'amlioration sociale1 c> le premi] =me l'individualit et le second la purifie4 ,au-dessus des croyances qui divis5t1 il y a les aspirations qui rappro*5t3 ce sont celles-l que n\s prfrons#f4 #f ,h4 ,br5g]1 ,banquet de l',association #ahia4 ,p\r dess9] davantage le trait dom9ant de cette jeunesse qui e/ une respectueuse indp5dance1 je dirai qu'elle aime la sci5ce1 qu'elle la considre comme une des colonnes de l'humanit1 qu'elle sait ce que n\s lui devons et ce qu'on peut espr] de la sret de ses m?odes4 ,volonti]s elle applaudit des p>oles comme celle-ci3 ,sans d\te le temps revis]a1 il ru9]a peut-tre de fond en comble quelques-uns des rsultats acquis p> la sci5ce contempora9e2 nos sy/mes de syn?se ne dur]ont peut-tre pas plus que n'ont dur ceux de nos devanci]s4 ,mais nos m?odes d'analyse1 notre vue rationnelle du monde1 l'ori5tation gnrale de l'esprit sci5tifique1 ce sont l des acquisitions qui ne peuv5t dsormais prir que dans un effondrem5t total de la civilisation4 ,cette conviction e/ dev5ue le fond mme de notre ent5dem5t2 t\t ce que n\s rebtirons1 n\s le rebtirons sur ce tuf inattaquable#g4 #g ,m4 de ,vog1 ,banquet de l',association #ahij4 ,mais1 en mme temps1 elle se r5d compte des limites de la sci5ce et de ses impuissances3 ,il faudra avant t\t reconnatre que ni la sci5ce ni la dmocratie ne se suffis5t elles-mmes1 que1 prives d'un pr9cipe suprieur qui les concilie1 elles ne sont que des =ces b>b>es et aveugles4 ,la sci5ce ne se suffit pas elle-mme3 quoi ab\tiss5t en effet les suprmes gnralisations sci5tifiques si ce n'e/ cette notion du m\vem5t1 incomprh5sible elle-mme sans la my/rieuse notion de =ce1 c'e/--dire sans une notion purem5t psy*ologique8 ,il y a l'orig9e de t\te la sci5ce mod]ne un po/ulat emprunt l'esprit lui-mme4 ,la dmocratie1 elle non plus1 ne se suffit pas elle-mme3 elle ne s]ait qu'une lutte sauvage de classes et d'intrts1 si elle n'tait dom9e p> l'esprit de ju/ice et de *>it4 ,c'e/ donc1 en d]nire analyse1 l'esprit qui doit dirig] l'volution mod]ne1 et dans l'esprit1 son pr9cipe suprme1 le plus actif et le plus fcond3 l'am\r#h4 #h ,h4 ,br5g]1 ,bullet9 de l',association1 fvr4 #ahij4 ,il y a au fond de cela une gr&e s9crit et un gr& esprit de ju/ice4 ,des entreti5s nombreux1 des c\ps de sonde donns dans t\tes sortes de milieux /udieux1 a9si que la lecture de ces productions phmres et v>ies qui rempliss5t les j\rnaux et les revues des jeunes1 m'ont fait con/at] que ces t5dances n'tai5t pas isoles4 ,une ori5tation n\velle s'accuse nettem5t4 ,on peut ent5dre ma9t5ant1 entre jeunes g5s proccups des *oses de l'esprit1 raill] ces deux desses t]ribles1 l'analyse et la critique4 ,non pas que l'esprit de disc]nem5t soit honni et qu'aprs avoir mconnu le my/re on tombe dans l'excs contraire qui e/ de mconnatre les droits de la raison et du jugem5t4 ,mais on se r5d compte que la critique pratique au po9t de vue des sci5ces positives et applique1 tort et trav]s1 t\s les doma9es de l'esprit1 devi5t une ab]ration4 ,pratiqu] le jugem5t de cette faon c'e/ manqu] de jugem5t4 ,il faut ouvrir *aque s]rure avec la clef qui lui convi5t4--,une c]ta9e critique arriv]ait t\t simplem5t supprim] l'hi/oire p> sa faon de concevoir la c]titude hi/orique1 comme elle arrive supprim] les ralits intrieures p> son ob/9ation n'appel] un fait1 que ce qui tombe s\s le s5s matriel4 ,cette gr&e vrit si magi/ralem5t proclame p> ,h4 ,lotze3 ,le rle du mcanisme dans le monde e/ aussi univ]sel qu'absolum5t subalt]ne#i1 se fait l5tem5t j\r dans les esprits4--,l'analyse outrance qui avait f9i p> provoqu] dans la jeunesse de vritables maladies1 voit dim9u] son pre/ige4 ,elle a beau s'appel] inexorable1 son *>me e/ rompu p\r plusieurs4 ,ils ne se s5t5t plus en face d'un mon/re aux c5t yeux1 qui voit t\t1 scrute la moelle et les os1 mais en face d'une prt5tion gratuite et quelquefois ridicule4 ,ils ont l'irrvr5ce de tr\v] que ces analyses o l'on aligne en =mules et p> quantits1 de quoi n\s sommes faits1 comm5t n\s s5tons1 p5sons1 vivons1 ne sont la plup>t du temps que du d*iquetage ou de la pre/idigitation4 ,a9si nos enfants analys5t leurs poli*9elles1 a9si d'habiles arti/es font sortir des montagnes de *oses d'un *apeau4 ,p\r avoir le droit de dire qu'on n\s a analyss1 il faudrait p\voir n\s refaire aprs n\s avoir dcomposs4 #i ,h4 ,lotze3 ,mikrokosmos4 ,le temps n'e/ plus o une connaissance sommaire de notre tre matriel suffisait p\r n\s expliqu] l'homme4 ,des problmes sont ns dont ceux qui appell5t la p5se une scrtion du c]veau1 n'avai5t aucune ide1 et dont ne se d\t5t pas les esprits p\r qui la psy*ologie semble se confondre avec la physiologie4 ,ce petit mot1 je sais1 jadis encore si sr de lui-mme et si satisfait1 r5contre des incrdules p>t\t4 ,le s5s du my/re1 qui n'e/ en somme qu'une des =mes du s5s de la ralit1 s'e/ rveill en face de l'inconnu4 ,que nul ne puisse expliqu] la vie1 que nul ne puisse jet] un pont sur l'abme qui sp>e le m\vem5t matriel de la p5se1 de la plus simple s5sation mme1 qu'il y ait dans le doma9e de t\s les j\rs1 o n\s n\s agitons p\rtant avec aisance des my/res sans nombre1 voil qui ma9t5ant frappe t\s ceux qui rfl*iss5t4 ,le respect p\r la sci5ce n'en e/ pas dim9u2 mais le respect p\r l'homme1 p\r les ralits invisibles1 y a gagn4 99 99 99 99 99 ,sans d\te1 il s]ait puril de s'ab&onn] trop facilem5t l'esprance4 ,on remonte pniblem5t ces ctes d'o l'on tait si vite desc5du4 ,mais le m\vem5t exi/e1 il e/ positif1 et ce n'e/ pas la jeunesse seulem5t qui en e/ t\*e4 ,p>t\t des hommes qui *]*5t et p5s5t1 t5t5t de s\lev] la *ape de plomb s\s laquelle l'humanit ne peut plus se rsign] vivre4 ,ce n'e/ pas un des mo9dres symptmes de cette re*]*e des s5ti]s n\veaux1 que l'att5tion t\te spciale que les esprits les plus div]s donn5t au s5tim5t religieux nagure ddaign4 ,il y a dans ce doma9e une gr&e v>it d'apprciations1 s\v5t un gr& manque de compt5ce hi/orique4 ,les uns confond5t le ca?olicisme avec le *ri/ianisme et y voi5t le salut de l'av5ir1 les autres p>l5t d'une r5aissance de l'vangile dans le s5s de l'esprit mod]ne1 d'autres se passionn5t p\r l'sotrisme1 la ?osophie1 l'tude comp>e des religions1 d'autres encore s'att5d5t voir surgir des horizons absolum5t n\veaux et d'une telle t5due que n\s y v]rons enf9 la syn?se laborieusem5t p\rsuivie de t\t le pass et de t\t le prs5t4 ,une des m>ques de la jeunesse d'auj\rd'hui1 j'ent5ds de celle qui p5se1 e/ la no/algie du div9#aj4 ,n\s recueillons avec bonheur ces tmoignages4 ,si incompltes que soi5t les manife/ations en elles-mmes1 il convi5t de s'en flicit]3 ce qui importe surt\t1 c'e/ l'tat d'esprit qui leur a donn naissance4 ,il e/ trs intressant d'obs]v] comm5t cet tat d'esprit arrive se manife/] dans les milieux plus p>ticulirem5t v\s aux tudes religieuses4 ,n\s y r5controns j\rnellem5t un plus gr& nombre de jeunes g5s dta*s des extrmes4 ,alors que leurs prdcesseurs s'tai5t retran*s dans l'or?odoxie ou le rationalisme et que ces tiquettes ar*aques cont9u5t s]vir la masse1 n\s les voyons1 eux1 se fray] rsolum5t un *em9 n\veau4 ,ils ont dpass le po9t de vue troit des or?odoxies intransigeantes1 dpass de mme celui de la critique ngative1 deux exagrations galem5t impuissantes apprci] les *oses de l'me4 ,leur b e/ de ne ri5 laiss] p]dre de la tradition et de ne ri5 sacrifi] des droits du prs5t1 de s'appliqu] dc\vrir la vrit n'importe o elle se tr\ve1 de lui r5dre hommage et de la traduire en un langage aussi simple et aussi pratique que possible4 ,l'esprit de p>ti qui a t p5dant longtemps l'me des milieux religieux et qui1 hlas6 cont9ue en tre le dmon1 leur e/ en horreur4 #aj ,e4 ,lavisse3 ,la gnration de #ahij4 99 99 99 99 99 ,la t\te jeune littrature se te9te graduellem5t de nuances n\velles4 ,un my/icisme tantt sa91 tantt maladif1 mais qui1 s\s n'importe quelle =me1 contra/e avec le ralisme de la priode prcd5te1 se rvle dans une quantit de posies et d'essais div]s4 ,n\s lisons ma9t5ant assez ord9airem5t des pages de jeunesse qui euss5t p>u bi5 tranges1 impossibles mme1 il y a peu d'annes encore1 et qui annonc5t une autre flore littraire4 ,la f]m5tation s't5d et gagne cont9uellem5t en n]gie4 ,sans se connatre1 ni s'tre conc]ts1 des jeunes g5s /udieux se r5contr5t dans des aspirations analogues1 et leur donn5t s\v5t une expression id5tique4 ,en un mot il y a du n\veau dans l'air4 99 99 99 99 99 ,mais1 plus que les symptmes d'une p5se qui *]*e des rgles n\velles et d'une morale proccupe d'un n\veau fondem5t1 n\s saluons un autre m\vem5t qui p>at s'acc5tu] dans la jeunesse depuis quelques annes4 ,il e/ trs faible encore1 si n\s reg>dons aux rsultats pratiques 7d'ailleurs ils comm5c5t se montr]72 mais il e/ rel4 ,je veux p>l] du m\vem5t social4 ,ma conviction pr(onde1 en effet1 e/ que ce m\vem5t s]a le pivot de la p5se et de l'action huma9es dans l'ge qui va v5ir4 ,c'e/ s\s cette =me p>ticulire que les problmes philosophiques1 religieux1 sci5tifiques1 int]nationaux qui travaill5t le monde actuel arriv]ont leur solution temporaire4 ,ils se pos5t de plus en plus comme les p>ties sp>es du mme gr& problme huma91 et culm95t t\s dans la "q de l'organisation de la vie4 ,t\tes les sphres de g\v]nem5t moral ou matriel du monde contempora9 ont eu compt] avec les que/ions sociales4 ,elles ont acquis une telle vigueur qu'elles se pos5t aux gr&s comme aux petits4 ,les p\voirs matriels et spirituels les plus anci5s1 les plus habitus faire bon m>* de l'op9ion du gr& nombre1 de son bonheur ou de son malheur1 et pos] le talon sur t\tes les ttes1 se sont subitem5t abaisss accord] leur att5tion aux que/ions si mprises jadis4 ,on peut bi5 dire qu'une fois de plus la pi]re rejete p> les maons e/ dev5ue la pi]re angulaire4 ,les hommes habitus voir la jeunesse /udieuse l'avant-g>de des *oses n\velles s'tonnai5t de voir la ntre si longtemps in]te1 impassible en face de la "q sociale4 ,p\r beauc\p elle n'exi/ait pas1 il y a peu d'annes4 ,auj\rd'hui heureusem5t elle s'e/ emp>e des meilleurs1 et il faut dire que l elle e/ en bonnes ma9s4 ,la jeunesse pr5d en effet ces que/ions dans un s5s l>gem5t huma9 et telles qu'elles dem&5t tre prises4 ,elles ont beauc\p p]du tre traites autrem5t4 ,des intrts impurs1 des ambitions inav\ables se sont trop s\v5t emp>s des que/ions sociales p\r les exploit] et les /rilis] en mme temps4 ,du ct de la f\le elles dgnr5t facilem5t en que/ions matrielles4 ,ri5 ne contribu]a autant que l'accession de notre jeunesse /udieuse1 sur ce t]ra91 lui r5dre t\te son t5due et ram5] dans ce problme social si compliqu t\s les lm5ts qu'il comporte en sa qualit de problme total4 ,je rep>l]ai plus lo9 de ce sujet4 ,qu'il me suffise de con/at] quels fruits excell5ts a dj ports le m\vem5t social dans la jeunesse4 ,il a rveill son esprit de corps1 l'a p\sse se solid>is]1 s'unir1 s'organis]4 ,il a rappro* les pr(esseurs des tudiants et les tudiants des pr(esseurs1 leur faisant entrevoir1 dans des agapes dont le s\v5ir ne s'effac]a plus1 le bonheur qui consi/e dc\vrir un j\r qu'on e/ frres les uns des autres1 membres d'un mme corps4 ,dire que des gnrations peuv5t vivre et m\rir sans exprim5t] dans son *>me puissant cette vieille et sa9te banalit6 ,je considre la fondation de notre association gnrale des tudiants1 et des socits analogues1 comme un des plus heureux vnem5ts dans la jeunesse contempora9e4 ,en mme temps la jeunesse /udieuse s'e/ s5tie attire v]s le peuple4 ,on s'ignore encore rciproquem5t1 mais il suffit que d'un ct le dsir de frat]nis] s'veille1 p\r que le rappro*em5t puisse se prp>]4 ,des hommes de cur et d'action indiqu5t ce t]ra9 comme un de ceux sur lesquels il faudra m>*]4 ,je ne puis m'emp*] de cit] ici les p>oles de ,m4 ,jules ,f]ry au banquet de l',association des tudiants en #ahij3 ,et v\s avez encore autre *ose aim]2 v\s avez aim] ces gr&es s\ffrances dont v\s p>lait t\t l'heure si loquemm5t votre prsid5t2 v\s avez aim] ce prolt>iat1 dont n\s1 tant que n\s sommes1 n\s avons peut-tre le tort de re/] trop loigns1 non p> les sympa?ies1 c> elles sont ard5tes en n\s1 non p> les uvres1 c> n\s avons fait beauc\p p\r lui1 et beauc\p plus qu'il ne croit et qu'on ne le laisse croire1 mais p> l'action p]sonnelle1 la frqu5tation individuelle et quotidi5ne4 ,les proccupations sociales se sont traduites dans la jeunesse p> une t5dance l'action et une sorte de prdilection p\r les hommes d'action et les criva9s qui1 l'exemple de ,m4 ,mel*ior de ,vogu1 n\s apport5t dans leurs crits une conception gnreuse de la vie1 et des raisons n\velles de lutt] et d'espr]4 ,c]ta9s tats intellectuels si haut e/ims nagure ne p>aiss5t plus qu'une p>esse et une ds]tion4 ,l'homme e/ l p\r pay] de sa p]sonne et mettre la ma9 la pte4 ,on recomm5ce croire l'ef=t1 la =ce morale et sa prm95ce sur t\te autre puissance4 ,des optimi/es succd5t des pessimi/es et des sociologues des goti/es4 ,mais quelles que soi5t les raisons de l'actuelle trans=mation1 il e/ clair qu'il faut s'en rj\ir4 ,d'o que soit rev5ue la confiance aux jeunes1 elle e/ la bi5v5ue4 ,je sais qu'ils sont svres p\r leurs devanci]s1 et jusqu' l'inju/ice4 ,ceux qui port5t auj\rd'hui1 et non sans sup]be1 les pana*es de la politique s]ai5t trs surpris de s'ent5dre jug] p> leurs successeurs de dema91 aux yeux desquels ils sembl5t des p]sonnages d'une autre poque1 presque d'une autre faune4 ,les doctr9es des p>tis1 la subtilit des di/9ctions entre quelques-uns1 ma9te "q auj\rd'hui capitale1 t\s ces combats aut\r de m9uties1 et1 ct1 cette incapacit de r5\vellem5t1 c'e/1 p\r eux1 autant de phnomnes d'une civilisation trs anci5ne4 ,les jeunes romantiques de #ahcj n'avai5t po9t plus de s>casmes p\r les classiques1 que nos jeunes sociologues n'en ont p\r les politiques4 ,la pratique de la vie corrig]a ces exagrations2 mais c'e/ *ose rassurante de savoir que des jeunes g5s se propos5t de pratiqu] la vie2 qu'ils la pr5n5t trs au srieux2 qu'ils y voi5t clairem5t des devoirs2 qu'ils s'appliqu5t dc\vrir1 p> l'tude et p> la rflexion1 les voies et moy5s d'accomplissem5t2 que leur jeune raison se r*auffe des s5tim5ts1 et que les vues de leur esprit ne sont po9t c\rtes1 ni les aspirations de leurs curs limites#aa4 #aa ,e4 ,lavisse3 ,la gnration de #ahij4 ,on peut se dem&] d'o vi5t le revirem5t dont n\s numrons les symptmes4 ,doit-on seulem5t y voir une raction naturelle provoque p> les t5dances de la priode prcd5te8--,c]tes1 il y a de cela1 et beauc\p4 ,mais n'e/-il pas tonnant que1 d'une gnration l'autre1 il se rem>que un tel contra/e8 ,je ne puis1 quant moi1 m'emp*] de faire hommage de l'esprit n\veau la patrie elle-mme4 ,si la foi l'n]gie r5at1 n\s le devons ce gr& acte d'n]gie o sont v5ues se cond5s] tant de bonnes volonts et d'esprances op9itres et qu'on appelle notre relvem5t4 ,ce fait con/itue lui seul un sup]be dm5ti t\t l'ensemble des puissances fatales et grossires en mme temps qu'il f\rnit un argum5t l'esprit mod]ne4 ,la jeunesse a t empoigne p> la leon4 ,ri5 d'tonnant cela4 ,p\r qui n'e/ pas aveugle1 cette leon e/ la plus gr&e qu'on puisse contempl]4 ,elle n'agit pas seulem5t sur la jeunesse4 ,ne voyons-n\s pas1 p>alllem5t avec le rveil de la foi au my/re1 la dignit huma9e1 la ju/ice sociale1 un autre m\vem5t se dess9] bi5 au del des limites de ce pays8 ,l'me huma9e comm5ce frmir s\s la l\rde *ane du matrialisme1 dans le doma9e des ides et de la =ce brutale1 dans le doma9e du fait4 ,le droit se lve1 la =ce e/ en baisse4 ,p>t\t la foi aux puissances purem5t matrielles *ancelle4 ,au sortir d'une priode comme la ntre o il semblait p>fois que la ju/ice et l'am\r fuss5t rduits au sil5ce t]nel1 que les curs se surpr5n5t tressaillir leur seul nom1 quel signe des temps6 ,il dgle en ,europe1 et ce que la jeunesse ress5t1 c'e/ la sve pr9tanire4 ,en vrit1 cette heure o plusieurs s'att>d5t prn] l'anci5 rgime aux dp5s de l'esprit mod]ne et n\s (fr5t de n\s gurir de t\s les maux en *ange de notre lib]t1 voici ce que je vois de plus clair3 l'toile de la ,france dmocratique1 un in/ant obscurcie p> la =ce brutale et raille l'envi p> les sectaires du vieux despotisme ou de la b>b>ie n\velle1 remonte l'horizon comme la messagre d'un temps meilleur4 99 99 99 99 99 ,mais quelle influ5ce le m\vem5t que n\s voyons se dess9]1 peut-il avoir sur la jeunesse populaire8 ,c'e/ ce qu'il e/ difficile de dt]m9] l'heure actuelle4 ,on peut t\j\rs pos] en pr9cipe que c'e/ dans le peuple que les vieilles *oses dur5t le plus4 ,virgile a dit3 444 ,extrema p] illos ,ju/itia exc$5s t]ris ve/igia fecit4 ,c'e/ dans le peuple qu'on retr\ve1 des annes1 des sicles plus t>d1 les traces des bonnes vieilles c\tumes disp>ues4 ,on y r5contre de mme des modes antdiluvi5nes1 de vieux livres que p]sonne ne lit plus1 et de vieux raisonnem5ts us ailleurs4 ,il faut donc s'att5dre ce que1 p5dant longtemps encore1 les ides dont n\s signalons le rveil ne fass5t que l5tem5t leur *em9 p>mi le peuple en gnral4 ,mais elles y desc5dront comme les ngations y sont desc5dues1 p> cette mme puissance de l'exemple et du rayonnem5t dont n\s avons signal la fatalit4 ,elles circul]ai5t plus vite dans la jeunesse et de l travaill]ai5t la masse populaire1 si le rappro*em5t si dsirable entre la jeunesse in/ruite et la jeunesse populaire p\vait s'organis]4 ,la ,france d'auj\rd'hui a beso9 de con/itu] de j\r en j\r avec plus de f]met et de clairvoyance un haut idal dmocratique et d'en pntr] l'esprit public4 ,sans cet idal1 malgr ses prrogatives et ses lib]ts1 une dmocratie tombe rapidem5t au rgime des abus et s'a*em9e p> le dsordre la s]vitude4 ,en att5dant que la jeunesse reconnaisse et pratique dans t\te leur t5due ses devoirs d'int]mdiaire entre les sommets intellectuels et le peuple1 n\s compt]ons un peu sur la bonne presse1 les bons livres1 t\tes les bonnes influ5ces en un mot1 et beauc\p sur un auxiliaire n\veau1 d'une porte imm5se qu& il s'agit de la jeunesse populaire3 l'cole4 ,en raison de l'extrme importance du sujet1 je dem&e m'expliqu] un peu en dtail4 99 99 99 99 99 ,il y a des in/itutions qui rappell5t le vieux b\c missaire qu',isral *>geait de t\tes ses iniquits et qui1 lorsqu'enf9 il s'*appait de leurs ma9s1 maudit1 r\ de c\ps1 s'enfonait au ds]t1 ayant d]rire lui1 p\r l'aiguillonn] dans sa c\rse mort1 l'horrible *o des clameurs et des imprcations de t\t un peuple4 ,l'cole laque e/ de ce nombre4 ,dans c]ta9es b\*es1 son nom sonne peu prs comme cole diabolique4 ,p\r eux l'cole laque e/ l'anti*ambre du bagne4 ,au lieu d'y pri]1 les matres1 sans d\te1 y jur5t1 et dans leurs fameuses leons de *oses1 ils doiv5t enseign] la jeunesse de vritables abom9ations4 ,l'une des rgles de prud5ce en ce temps habile dnatur] les faits1 e/ de se r5seign] scrupuleusem5t sur les p]sonnes ou les in/itutions attaques avec a*>nem5t4 ,je me con=me cette rgle depuis longtemps dans l'intrt de la ju/ice et1 trs s\v5t1 j'ai d con/at] que c'e/ des meilleures *oses qu'on disait le plus de mal4 ,ma m?ode me prescrivait donc une excursion dans l'cole primaire4 ,p\rquoi tant de cris1 tant d'accusations1 tant de ha9e ob/9e8 ,ayons-en le cur net1 et r5seignons-n\s fond6 ,le meilleur moy5 de me r5seign] et t de me faire recevoir lve4 ,mais je me heurtai la limite d'ge4 ,d'ailleurs1 lve1 je l'avais t autrefois p5dant t\te une srie d'annes4 ,on faisait le cat*isme1 il e/ vrai1 mais si peu et si mal qu'il et gagn tre enseign en dehors4 ,mais "p ses leons de cat*isme1 le matre tait un brave homme et disait des *oses =t honntes1 ple9es de bon s5s1 de tact1 et que je me rappell]ai t\j\rs4 ,c]ta9em5t cela avait d *ang] depuis4 ,p\r m'en r5dre bi5 compte1 je me mis donc tudi] les programmes1 les m?odes1 le p]sonnel enseignant suivant sa hir>*ie1 af9 de voir dans ses in/rum5ts1 son organisation1 son esprit1 cette entreprise qui m'tait dnonce comme corruptrice au premi] *ef4 ,de plus1 non cont5t de reg>d] du ct des matres1 je reg>dai du ct des coli]s4 ,je m'ins9uai dans l'me de quelques-uns de ces jeunes pati5ts1 mes amis trs p>ticuli]s1 je leur ttai le p\ls1 j'c\tai battre leur cur p\r bi5 suivre en eux les effets de l'enseignem5t qu'on leur donnait4 ,enf9 je pus me dcl>] suffisamm5t difi1 et voici ce que je p5se sur ce sujet4 ,l'cole laque e/ un des co9s du monde o l'on a fait sans bruit le plus de besogne depuis v+t ans4 ,elle e/ le vritable organe de l'ducation nationale1 l'int]mdiaire mode/e1 mais d'une porte incalculable entre les sommets o s'labore la p5se mod]ne1 dans le s5s lev de ce mot1 et le peuple4 ,int]mdiaire srieux1 prud5t1 ds9tress1 elle s'applique cond5s] t\tes les *oses huma9es en quelques donnes bi5 simples qui puiss5t tre une base f]me l'esprit public dans la conduite pratique de la vie1 comme dans l'ori5tation intellectuelle et morale4 ,mais elle a un gr& tort1 je l'av\e3 c'e/ de v\loir s]vir t\t le monde et de re/] dans ces limites d'quit gnrale et d'unit huma9e qui la r5d5t absolum5t impropre satisfaire l'esprit de p>ti4 ,non seulem5t elle e/ impropre le s]vir1 mais si quelque *ose peut le contam9] et l'affaiblir1 c'e/ elle4 ,que l'cole soit laque1 libre d'atta*e avec telle ou telle religion1 indp5dante en un mot1 au po9t de vue confessionnel1 c'e/ un gr& bi54 ,v\s s5tez le beso9 de dire aux enfants1 ds les bancs de l'cole1 qu'il y a diffr5tes faons de croire et d'ador]1 qu'il y a entre les hommes des dissemblances pr(ondes qu'il convi5t d'acc5tu]1 af9 de ne pas tre t5t d'en faire ab/raction4 ,quant moi1 je connais un autre beso91 c'e/ de leur laiss] ignor] cet tat de *oses aussi longtemps que possible et de les lev] d'abord comme des frres4 ,en posant a9si une base huma9e commune1 respectueuse1 il me semble qu'on favorise les dispositions o il faut tre p\r dire3 ,notre pre qui es aux cieux4 ,au contraire1 en les isolant avec so9 p\r leur donn] "p des enseignem5ts religieux diffr5ts1 on risque de =tifi] en eux les s5tim5ts qui font dire3 ,seigneur1 je te rem]cie de n'tre pas comme les autres6 ,je p]si/e donc considr] la lacit de l'cole comme favorable1 cette condition t\tefois1 c'e/ qu'elle n'app>ti5ne pas non plus une secte antireligieuse4 ,or1 cette d]nire supposition1 ne des excs de zle de quelques laciseurs fanatiques1 et exploite d'ailleurs p> la malveillance1 e/ mise nant p> t\te sa pratique et t\t son esprit4 ,non1 l'cole laque n'e/ pas l'cole a?e1 ,elle a quitt le t]ra9 p>ticul>i/e p\r remont] v]s des rgions plus va/es4 ,les *oses de l'me qu'on y enseigne sont du doma9e univ]sel1 de ce doma9e o l'on frat]nise ensemble au-dessus des diffr5ces p>ticul>i/es4 ,en religion comme en politique1 en morale individuelle et sociale1 l'cole laque e/ avant t\t huma9e4 ,je la vois s'inspir] de plus en plus des quelques pr9cipes sobres et robu/es indisp5sables1 qui sont la qu9tess5ce de la sagesse pratique et la base d'une socit4 ,n\s vivons en un temps o il faut re*]*] les t]ra9s communs1 af9 de s'y =tifi] et de m>*] v]s l'av5ir la ma9 dans la ma94 ,quelle que soit la religion laquelle n\s app>t5ons1 et mme si n\s n'app>t5ons aucune1 t\s1 tels que n\s sommes1 *efs et soldats n\s avons beso9 de n\s conv]tir l'humanit4 ,c'e/ l la gr&e aspiration qui trav]se les meilleures mes de ce temps miett et inquiet4 ,quelque *ose de cette aspiration trs mod]ne1 trs l>gem5t ouv]te t\t ce qui e/ quitable et vrai1 a pass dans l'cole primaire4 ,puisse-t-elle y gr&ir et s't5dre6 ,aussi1 depuis que je sais cela1 j'ai vu l'humble toit de l'cole1 ses murs1 ses bancs1 ses tableaux1 les labeurs sil5cieux et pati5ts de ses matres et de ses lves pr5dre mes yeux une importance imm5se1 et lorsque je vois les maux qui rong5t cette nation1 les passions qui la divis5t1 les crises qu'elle trav]se1 t\t l'ensemble enf9 de ce qu'on r$\te qu& on aime son peuple et qu& on aime les hommes1 une de mes esprances et de mes consolations1 c'e/ la petite cole populaire4 ,il n\s faut l'aim]1 la respect]1 la s\t5ir6 ,n\s devrions y all] t\s ensemble p5dant nos premires annes1 af9 d'y laiss] se =m] bi5 au fond de notre tre une base solide et commune qui n\s re/]ait comme un s\v5ir prcieux1 mme aprs que *acun aurait m>* sur les *em9s div]s de la vie et de la p5se v]s les horizons les plus loigns6 ,p\r aid] fray] le *em9 aux ides rp>atrices et la vie n\velle qui doit n\s sauv] peu peu des maux dont n\s s\ffrons1 n\s avons en outre un alli au plus pr(ond du cur populaire4 ,le peuple a le cur gnreux1 et il s\ffre4 ,ni sa gnrosit ni sa d\leur ne p\rront s'accommod] longtemps du monde sans entrailles qu'a enfant le ralisme4 ,plus celui-ci fait de progrs1 plus sa laideur e/ frappante1 plus il se r5d odieux1 et dj un obscur press5tim5t rvle l'homme du peuple qu'en p]dant l'esprance1 la dignit1 la foi en sa de/9e1 il p]d le plus prcieux trsor2 et qu'en p]dant le respect1 il travaille son ext]m9ation4 ,croyons au bi5 et luttons p\r lui1 vivons p\r lui1 et plus vite peut-tre que n\s n'osons l'espr]1 il gagn]a les masses4 ,je conclus3 malgr les nuages noirs dont notre horizon re/e *>g1 malgr les misres1 les erreurs1 les fautes dont n\s portons les consqu5ces1 il y a lieu de se rassur]1 de pr5dre c\rage4 ,quelque *ose de n\veau e/ n au cur de notre jeunesse4 ,my/rieuse encore1 mais pro*a9e et peut-tre gr&iose1 une volution s'labore#ab4 ,ceux qui veill5t dans la nuit et scrut5t l'horizon avec anxit respir5t enf94 ,en vrit1 n\s sortons comme d'un cau*em> sombre4 ,placs au bord du nant1 n\s en avons mesur la pr(ondeur4 ,n\s avons s5ti l'esprance1 la c]titude se m\rir en n\s2 mais le rve se t]m9e1 et dj du ct de la nuit qui p>at transp>5t se dess9e aux yeux la ligne blan*issante de l'aube4 ,ce n'e/ qu'une ligne encore1 une m9ce frange arg5te sur le manteau opaque et pesant de la nuit2 mais sa vue1 l'esprance se rveille3 il y a des j\rs encore dans l'av5ir2 ce n'e/ pas f9i d'aim] et de croire6 ,du c\rage ma9t5ant1 en haut les curs6 ,en face de la loi brutale de l'gsme envahisseur2 en face du sophisme dans l'ide et dans la vie1 il faut s'pr5dre de ju/ice1 de vrit1 de simplicit4 ,mais1 p\r tre plus =ts et p\r mieux y voir--c> l'av5ir e/ aux croyants qui voi5t clair--retrempons-n\s aux s\rces et gagnons les sommets6 #ab ,h4 ,br5g]3 ,la jeunesse intellectuelle et le roman franais contempora94 ,,livre ,,troisi,,me ,,v]s ,,les ,,s\rces ,,et ,,les ,,sommets ,lucem 9 alto qur5s1 vitam 9 pr(undis4 ,i ,,le ,,monde ,,e/-,,il ,,vieux8 ,je suis v5u trop t>d dans un monde trop vieux4 ,a4 de ,musset4 ,die unbegreifli* hoh5 ,w]ke ,s9d h]rli* wie am er/5 ,tag4 ,g!4 ,le monde e/-il vieux8 ,l',ecclsia/e le p5se4 ,il n'y a ri5 de n\veau s\s le soleil1 dit ce vieill>d dsabus1 et l'impression de lassitude snile qu'il traduit p> ces mots1 laisse d]rire elle un *o prolong dans les sicles f9issants et les vies ues4 ,t\t e/ vieux3 t\t a t dit et r$it1 vu et revu4 ,plus ri5 de frais1 plus ri5 d'9dit4 ,les mots3 tonnant1 imprvu1 admirable1 ou simplem5t le mot neuf1 sont des t]mes d'un vocabulaire hors d'usage4 ,les qualits qu'ils exprim5t ont cess d'exi/]4 ,vieux e/ ce soleil1 ce monde1 ces monts pels1 ces ro*]s crevasss2 vieille la vie huma9e avec t\t ce qu'elle conti5t2 vieille la misre2 vieux l'am\r2 vieilles t\tes nos uvres2 art et littrature1 vieill]ies retapes4 ,si vieille e/ la socit que les n\veaux v5us naiss5t vieux4 ,ils sont us avant d'avoir vcu1 fatigus avant d'avoir travaill2 un signe de dcrpitude e/ sur leur front4 ,et cette impression de m>asme et de caducit1 notre sicle n'a fait que l'acc5tu] encore p> ses excs1 sa vie enfivre1 sa rage de t\t voir1 de t\t class]1 de t\t tiquet]4 ,t\s les *em9s sont des *em9s battus4 ,p>t\t on m>*e sur la trace de quelqu'un4 ,la t]re et l'hi/oire1 le monde extrieur et le monde intrieur1 t\t e/ pit96 ,que si1 p\r *app] cette impression horrible de vivre de *oses r*auffes1 n\s essayons de n\s rfugi] au se9 du pass1 les vieilles religions n\s communiqu5t la mme impression s\s une =me plus acc5tue4 ,p\r elles1 en effet1 t\t e/ connu1 fix1 contrl d'avance1 depuis un temps immmorial4 ,n\s vivons p\r la dix-millime fois la mme vie1 et n\s devons rpt] les mmes =mules que d'autres vi5dront rpt] aprs n\s1 et il en s]a de mme jusqu' la consommation des sicles4 ,la c>te de l'inf9i e/ dresse4 ,plus de dc\v]tes faire4 ,plus de rvlation1 c> ,dieu lui-mme1 ,dieu surt\t e/ vieux3 il y a longtemps qu'il a cess de crer4 99 99 99 99 99 ,ne croyez pas un mot de t\t cela4 ,ce sont raisonnem5ts et impressions de g5s qui confond5t le monde avec leur pauvre petite exi/5ce4 ,il e/ des temps o l'on vieillit plus vite qu'en d'autres4 ,dans les ges sceptiques1 les mes vieilliss5t promptem5t1 p>ce qu'elles ne sav5t o se retremp]4 ,jamais une conv]sation intrieure ni un s\ffle des hautes rgions6 ,l'homme se fait p\ssire1 longtemps avant sa mort1 et il ne s'en ap]oit pas4 ,l e/ le dang] de notre temps1 la s*]esse morale4 ,*]*ons donc des s\rces n\velles p\r n\s y abreuv]1 p5dant que la soif n\s re/e encore6 7,edg> ,qu9et3 ,l',esprit n\veau47 ,c]tes1 il e/ des *oses respectables p> leur dure1 d'autres qui se sont vues s\v5t2 mais si cela e/ vrai d'une vrit relative1 il e/ beauc\p plus vrai et d'une vrit absolue que ri5 n'e/ vieux s\s le soleil1 pas mme le soleil4 ,t\t e/ n\veau4 ,ce qui e/ le plus n\veau peut-tre1 ce sont les quelques banalits qui ont de t\t temps rempli la vie huma9e et devant lesquelles les n\veauts du j\r si vite fltries et fanes compt5t aussi peu que la m9ute qui s'enfuit dans l't]nit4 ,t\t s]ait vieux1 rab*1 ar*iconnu6 il faut tre ignorant l'excs p\r dire cela4 ,la vrit e/ que n\s ne savons presque ri51 que n\s n'avons que des ve/iges de connaissances et qu'au del s't5d l'imm5se inconnu d'o surgiss5t *aque in/ant les plus tonnantes surprises4 ,p\r quelques ornires pit9es1 il y a des pr(ondeurs sans f9 o nul pi$ d'homme ne s'e/ pos4 ,dans l'univ]s extrieur comme dans la vie de l'me1 comme dans la socit huma9e1 si gr&e e/ la t]re vi]ge que celle que n\s connaissons compte pe9e4 ,et encore6 comm5t la connaissons-n\s8 ,que reprs5t]ait dans l'imm5sit des espaces et des mondes la proportion de t]re que l'homme a remue avec la pelle ou la *>rue8 ,c'e/ exactem5t ce que reprs5te notre savoir et notre expri5ce comp>s la ralit des *oses4 ,t\tes les di/ances que n\s avons p>c\rues sont comme un pas d'enfant sur l'abme des cieux4 ,nos vices1 mme les plus affreux1 sont impuissants s\ill] la cration4 ,qu'e/ la petite quantit d'air vici o n\s enf]mons nos exi/5ces anormales en comp>aison du s\ffle de vie qui enveloppe les cimes neigeuses et c\vre les ocans8 ,on a trop rpt le prcepte de l',ecclsia/e1 ,la jeunesse se l'e/ assimil4 ,la premire condition d'une r5aissance la vie vraie e/ de jet] p>-dessus bord cette b\tade d'octognaire blas et rev5u de t\t4 ,heureux ceux qui peuv5t compr5dre cela1 c'e/ le comm5cem5t du salut4 ,malheureusem5t il en e/ qui ont p]du ce qu'il faut p\r le compr5dre4 ,il y a des g5s p\r qui t\t e/ positivem5t vieux4 ,ce sont les socits mres p\r l'cr\lem5t1 et les hommes mrs p\r le nant3 ,prodromes de mort1 symptmes de cata/rophes pro*a9es que t\t cela6 ,laissons p>l] a9si ceux qui sont la f9 d'un monde1 et pr5ons h>dim5t p\r n\s la devise de ceux qui sont au comm5cem5t6 ,le premi] bi5 et le premi] devoir p\r un jeune homme1 c'e/ d'tre jeune4 ,aux vrais jeunes t\t e/ jeune4 ,la fra*eur de leur me et de leur vie e/ p\r eux la capacit de s5tir et de dc\vrir la n\veaut et la fra*eur du monde4 ,ils sont curieux de t\t2 t\t les frappe1 et sur les *oses du corps comme sur celles de l'me flotte p\r eux cette aurole qui fait press5tir l'inf9i trav]s les *oses f9ies4 ,la vie e/ une rvlation4 ,rvlation en gr& l'humanit1 rvlation aussi en p>ticuli] *aque tre4 ,n\s dc\vrons le monde trav]s la consci5ce de l'humanit et la ntre4 ,on a beau aim]1 har1 pri]1 *]*]1 s\ffrir1 m\rir depuis d'innombrables sicles2 p\r ceux qui pass5t p> l1 qui viv5t p> eux-mmes1 non p> procuration1 am\r1 ha9e1 prire1 re*]*es1 s\ffrance et mort sont neuves comme au premi] j\r4 ,les prcautions sont prises p\r que ces *oses-l ne vieilliss5t pas4 ,t\tes les s\illures1 les crimes1 les impo/ures1 t\s les m5songes huma9s ne peuv5t emp*] qu'il y ait con/amm5t des tres qui font la dc\v]te de l'am\r1 de la religion du cur1 du bonheur d'appr5dre et de *]*]1 comme si p]sonne avant eux n'avait pr\v les mmes *oses4 ,ri5 n'e/ plus vrai que cela4 ,la cration e/ prodigieusem5t ri*e4 ,p\r la tr\v] pauvre il faut tre soi-mme /rilis4 ,la vie anormale et factice produit cet effet4 ,mais les hommes ont beau dire1 crire1 imprim]1 *ant] ou pleur] en proclamant sur t\s les tons que le monde e/ vieux1 u1 banal2 les oiseaux *ant5t le contraire1 l',ocan qui rugit r5*rit sur les oiseaux1 et les soleils et les mondes tant du mme avis1 le proclam5t plus haut encore1 et la conclusion e/ que le fond des *oses e/ l't]nel dev5ir et la jeunesse t]nelle4 ,,ii ,,la ,,vie ,,comm5t ,,il ,,faut ,,la ,,pr5dre ,qu'e/-ce que la vie8 ,c]ta9s potes l'ont appele un rve4 ,beau p\r les uns1 p\r les autres mauvais1 mais sans autre consi/ance4 ,on l'a aussi appele un f>deau1 un combat4 ,la sci5ce matriali/e a v\lu expliqu] la vie p> une succession d'assimilations et de dsassimilations2 p\r elle la vie e/ un phnomne de *imie organique4 ,les philosophes *]*5t des raisons mtaphysiques et les hommes religieux des raisons religieuses3 ,cur simus conditi8 7,melan*?on74 ,au fond p]sonne ne l'a explique1 et p]sonne jamais ne l'expliqu]a4 ,la ,bible dit dans son langage d'une incomp>able beaut3 ,au comm5cem5t ,dieu cra le ciel et la t]re1 mais elle n'indique pas les raisons ni les procds4 ,t\tefois n\s vivons4 ,je ne sa*e pas que mme les plus curieux att5d5t1 p\r cont9u] vivre1 qu'ils connaiss5t le secret de l'exi/5ce4 ,le plus sage e/ de pr5dre cette "q au po9t de vue huma91 t\t simplem5t4 ,or voici comm5t elle se prs5te3 ,la vie e/ un fait4 ,ce fait prcde notre raison4 ,n\s vivons avant de le savoir1 de le con/at]4 ,qu& n\s f9issons p> n\s ap]cevoir que n\s sommes l1 le fait e/ accompli depuis longtemps1 et il n'y a plus y rev5ir4 ,l'homme en effet peut t\t aussi peu se dtruire que se crer4 ,le nant comme l'tre sont en dehors de sa porte4 ,mais une fois que n\s avons con/at que n\s vivons1 il e/ ess5tiel d'appliqu] notre rflexion ce fait1 af9 d'en t5ir le compte v\lu4 ,t\t en ne l'expliquant pas1 il y a en effet mille moy5s d'apprci] ou de dprci] l'exi/5ce1 de l'employ] ou d'en abus]4 ,la vie que n\s portons en n\s1 n\s app>at comme la fleur de la vie sur le globe1 et la vie sur le globe1 t\s les degrs de son volution1 se prs5te comme le rsultat suprieur de t\s les labeurs obscurs des n]gies en activit4 ,la vie e/ un rsultat prcd d'une quantit incomm5surable d'ef=ts4 ,p\r n\s le dire1 les c\*es gologiques de la t]re dvoil5t leurs my/res nos yeux et n\s racont5t trav]s des =mes successives la mme t5dance mont] v]s plus de p]fection4 ,les ar*ives de l'hi/oire huma9e n\s reprs5t5t les mmes ef=ts un degr plus lev et s\s des dehors plus saisissants1 p>ce qu'ils sont plus prs de n\s4 ,notre vie e/ donc un rsultat2 mais il e/ impossible d'en saisir1 p> la p5se1 la ligne inf9ie remontant dans la nuit des temps1 sans tre oblig de prolong] cette ligne dans l'av5ir4 ,en effet1 si la vie e/ un rsultat1 elle e/ une promesse aussi4 ,elle e/ la =me la plus loqu5te de l'aspiration et du desse94 ,or de mme que n\s vivons de p> une puissance qui n'e/ pas entre nos ma9s1 n\s portons en n\s le rsultat de luttes auxquelles n\s n'avons pas assi/1 et n\s cont5ons virtuellem5t l'av5ir4 ,emports t\t enti]s dans cette m>*e qui1 selon l'heure1 n\s tonne p> sa rapidit ou sa l5teur1 n\s sommes comme envelopps malgr n\s dans l'int5tion premire qui e/ au fond des *oses1 les fait telles qu'elles sont1 et les mne1 trav]s les trans=mations de t\te nature1 v]s le b qui e/ indiqu dans leur ess5ce mme4 ,en mme temps n\s s5tons que1 dans une c]ta9e mesure1 n\s p\vons n\s sp>] de cette int5tion ou n\s y associ]4 ,n\s j\issons d'une sorte de *oix limit p> notre nature mme et qui con/itue la base de notre lib]t et de notre responsabilit4 ,en un mot1 notre vie rsume un long labeur et prdit t\t un av5ir4 ,n\s p\vons n\s associ] ce labeur et collabor] cet av5ir1 ou les contr>i]4 ,si n\s n\s levons jusqu' la conception religieuse1 n\s p\vons donn] cette c]titude la =me suivante3 ,notre vie e/ le gr& labeur comb9 de ,dieu et de l'humanit1 et leur gr&e att5te4 ,l'homme e/ une esprance de ,dieu4 ,en p>lant a9si1 n\s affirmons la valeur de la vie1 vis--vis de t\s ceux qui la mpris5t ou la dprci5t4 ,n\s l'affirmons non seulem5t vis--vis des disciples du nant1 mais encore de c]ta9s asctes religieux qui confond5t dans le t]me vanit du monde et la vie factice1 rsultat de nos erreurs et de nos fautes1 et la vie elle-mme4 ,avec leurs mornes apprciations de la misrable exi/5ce o n\s sommes1 ils ont l'air de vrais cranci]s de ,dieu1 ayant dcl> le monde prs5t en faillite4 ,du mo9s d'aprs eux la t]re ne s]ait qu'une sorte de colonie mal v5ue1 d'entreprise manque1 qui ne se s\ti5t qu'aux dp5s de la mre patrie et fait peu d'honneur son fondateur4 ,je vais insi/] encore sur cette faon de pr5dre la vie1 et mon dsir e/ de faire natre l'impression qu'elle n'e/ pas le produit d'une fantaisie1 mais bi5 de la nature des *oses4 ,la ,fonta9e a dit3 ,on a s\v5t beso9 d'un plus petit que soi4 ,p\r apprci] la vie1 l'homme a beso9 d'un plus petit que lui1 et je dirai surt\t3 l'homme civilis1 l'homme lettr1 le jeune homme /udieux habitu vivre p> l'intellig5ce et *]*] la base raisonnable des *oses1 ont beso9 de plus petits qu'eux p\r bi5 apprci] l'exi/5ce4 ,a mesure en effet que l'homme s\met sa vie l'analyse et l'exam5 rationnel1 il e/ t5t de la confondre avec ce qu'il en a compris1 et de n'y tr\v] que ce qu'il a vu ou cru y voir4 ,p\r bi5 n\s pntr] du fait de la vie1 de la puissance1 de l'ob/9ation1 de l'inv9cible entra9 qui e/ en elle1 il convi5t de l'obs]v] *ez les tres simples qui s'y atta*5t avec t\te l'n]gie de l'inconsci5ce4 ,lorsqu'on e/ arriv pos] au comm5cem5t de sa vie un syllogisme et dduire de c]ta9es raisons l'exi/5ce et son b1 on s'e/ confi une base bi5 fragile4 ,avez-v\s vu p>fois les petits enfants j\] au pi$ des gr&s ro*]s et les tay] de quelque br9 de paille ou de quelque morceau de bois mort8 ,la vie repose sur nos argum5ts comme les ro*]s sur ces br9s fragiles4 ,si elle n'avait que ces s\ti5s-l1 il y a longtemps qu'elle aurait sombr dans le nant et le dsespoir4 ,les raisons que l'homme se donne de la vie sont t\j\rs insuffisantes4 ,il importe entre t\tes *oses de s'av\] cela1 c> ce n'e/ pas une faiblesse1 c'e/ une =ce4 ,la vie veut tre prise comme les ro*]s1 les montagnes1 comme les toiles des cieux1 c'e/--dire comme les ralits contre lesquelles1 ,dieu m]ci1 n\s ne p\vons ri5 et qui se ti5n5t deb\t t\tes seules4 ,c'e/ d'ailleurs a9si que la pr5n5t les petits auxquels je fais allusion2 je veux p>l] des btes1 des enfants1 et de cette p>tie sa9e et robu/e du peuple en qui repose la rs]ve de la vie comme la rs]ve des fleuves dans les flancs des glaci]s4 ,n\s avons l'habitude de dire que ces tres sont s\s l'impression du mom5t1 que le prs5t les dom9e4 ,n\s p\rrions dire avec plus de raison encore qu'au mom5t des impressions =tes1 il n'y a p\r eux ni pass1 ni prs5t1 ni av5ir4 ,ils possd5t la vie sub specie t]ni4 ,et en cela je p5se p>ticulirem5t aux enfants et au peuple tel que je le c>actrisais t\t l'heure1 et qui se fait r>e1 je l'accorde4 ,ceux-l sont vraim5t vivants1 c> ils ont des impressions d'une n]gie extraord9aire1 et ils les traduis5t de mme4 ,t\t p\r eux e/ rel1 /able4 ,j'en appelle vos s\v5irs d'enfance1 ce toit pat]nel1 la figure du pre et de la mre1 au mo9dre arbre1 la mo9dre pi]re et surt\t1 dans le monde moral1 cette di/9ction sre1 catgorique entre le bi5 et le mal qui c>actrise l'enfant et fait s\v5t honte aux gr&es p]sonnes4 ,plus t>d1 on p]oit t\t trav]s l'ide du temps1 du relatif1 trav]s une f\le de s\v5irs qui t]niss5t les impressions2 mais cette poque de la vie1 t\t ce que l'on voit1 l'on ent5d et l'on t\*e a un c>actre df9itif4 ,l'tre avec sa fixit1 sa ncessit1 sa ralit sculpturale app>at l'enfant et l'homme re/ simple1 en *acune de leurs p]ceptions1 comme une vision d't]nit4 ,c'e/ p\r cela que leurs pleurs sont si t\*ants1 si vrais1 si dsols et leurs rires si joyeux4 ,ce n'e/ pas l'enfant1 ce n'e/ pas le peuple qui a tr\v ce mot mlancolique et malsa93 la vie e/ un rve4 ,il n'y a qu'un mot p\r dsign] leur tat d'esprit1 mais ce mot e/ p>fait3 ,ils croi5t que c'e/ arriv4 ,et voici que n\s n\s r5controns avec le plus vivant des hommes1 avec celui qui disait3 ,je suis la ,vie4 ,n'a-t-il pas dit3 ,reg>dez les oiseaux et les fleurs8 ,n'a-t-il pas dit3 ,soyez comme les enfants8 ,et c'e/ en effet notre conclusion cette "q3 ,comm5t faut-il pr5dre la vie8 ,saisir la vie comme un fait1 le fait primordial1 la considr] comme une ralit importante dans t\tes ses p>ties1 la pr5dre au srieux de mme qu'un enfant au cur puissant1 la nature sa9e et prime-sautire1 de mme que le peuple qui n'a pas s5ti nos dislocations intellectuelles2 voil ce qu'il faut s'ef=c] de faire p\r en ress5tir encore le flot int>issable et puissant1 p\r tre jeune en un mot6 ,voil le roc fondam5tal6 ,,iii ,l',,id,,al ,l'am\r in/9ctif de l'exi/5ce peut s'g>]4 ,il peut dgnr] en ce quelque *ose d'excessif qui1 en t\t1 d'une qualit fait un dfaut4 ,lorsque n\s disons qu'il faut aim] la vie1 s'y atta*] de t\t cur1 la considr] comme le plus gr& des bi5s1 n\s ne v\lons pas p>l] de cet am\r l*e et g/e qui se cramponne l'exi/5ce p]sonnelle et ses agrm5ts4 ,c'e/ de la vie en gnral1 dans t\te son t5due et avec t\t son cont5u1 que n\s ent5dons p>l]4 ,on peut aim] la vie comme la brute1 l'tre vil qui n'e/ime en elle que la facult de mang]1 de boire1 de dormir1 de j\ir4 ,on peut l'aim] encore en l*e qui a surt\t peur de s\ffrir1 et qui n'e/ inspir dans ses actes que p> la peur4 ,aim] a9si la vie e/ misrable4 ,ce n'e/ pas la connatre1 c'e/ s'atta*] la surface1 laiss] le fond n\s *app]4 ,quoique beauc\p en soi5t l1 malheureusem5t1 cette faon de compr5dre la vie n'a jamais t celle de la totalit des hommes4 ,il s'e/ t\j\rs tr\v des tres qui aimai5t la vie p\r le bi5 auquel elle peut tre consacre1 p\r ce qu'on en peut faire1 en un mot4 ,c'e/ dans ce s5s que1 /igmatisant l'am\r infrieur de l'exi/5ce1 les ,grecs atta*ai5t une nuance de fltrissure l'adjectif 4 ,c'e/ dans ce s5s que ,s*ill] a dit3 ,d] ,gt] grs/es i/ ni*t dieses ,leb51 ,d] ,uebel grs/es ab] i/ die ,s*uld4 ,le bi5 suprme n'e/ pas cette vie1 mais le mal suprme c'e/ la faute4 ,ces p>oles ne pr*5t nullem5t le mpris de la vie1 au contraire4 ,si l'esprit de dv\em5t et de sacrifice e/ possible 7et ,dieu sait que l'humanit en a f\rni et en f\rnit j\rnellem5t les preuves les mo9s conte/ables71 si l'homme peut se donn] p\r une cause1 ce n'e/ pas p>ce qu'il mprise la vie4 ,au contraire1 c'e/ p>ce qu'il e/ anim d'une conception suprieure et d'un autre am\r que celui que n\s rep\ssons4 ,l'am\r infrieur n\s fait p]dre la vie1 =ce de n\s riv] ce qui n'en e/ que l'enveloppe2 l'am\r suprieur au contraire n\s la sauve1 mme en n\s p\ssant la sacrifi]4 ,et1 en somme1 cela e/ trs simple1 quoique ce soit1 aprs t\t1 la plus gr&e *ose du monde et la plus difficile pratiqu]4 ,la vie1 telle que l'aim5t l'g/e et le l*e1 n'e/ pas t\te la vie1 elle n'en e/ qu'une p>celle4 ,ils sub/itu5t l'exi/5ce p>ticulire l'exi/5ce en gnral1 et dans cette exi/5ce p>ticulire1 ils *oisiss5t1 p\r s'y atta*] exclusivem5t1 ce qu'il y a de plus troit et de plus fragile4 ,quoi d'tonnant si la f9 d'un tel am\r e/ le nant et le dgt8 ,en aimant au contraire t\te la gr&e vie huma9e dont la ntre e/ une p>tie1 et p> del la vie huma9e1 la vie dont son t\r l'humanit n'e/ que la rvlation--en aimant la ,bont1 la ,vrit1 la ,ju/ice1 n\s dpassons notre tre p>ticuli] et n\s dev5ons les hriti]s d'une vie plus noble1 plus digne d'tre possde4 ,n\s fran*issons le seuil des *oses transitoires p\r pos] le pi$ sur celles qui demeur5t1 et l'on peut dire que les plus vivants sont ceux qui sav5t le mieux se sacrifi]1 r5onc]1 m\rir mme4 ,la plus gr&e vrit de l'hi/oire1 c'e/ que l'humanit vit p> la d\leur1 le sacrifice et la mort de ses meilleurs enfants4 ,on ne saura jamais quel po9t n\s sommes dans la vrit lorsque n\s disons que les plus vivants1 ce sont ces morts-l4 ,la vie1 ce n'e/ pas ce pa9 qu'on mange1 cet air qu'on respire1 ce sang qui circule dans nos ve9es4 ,t\t cela n'e/ que le vase extrieur2 c'e/ l'esquif fragile qui n\s porte v]s les rivages de ,beaut1 de ,vrit1 de ,ju/ice1 de ,=ce4 ,ceux qui ont salu ces rives de la gr&e vie1 peuv5t dire l'autre3 nunc dimittis4 ,le mme ,ecclsia/e qui a tr\v le monde si vieux1 a e/im aussi qu'un *i5 vivant valait mieux qu'un lion mort4 ,dans aucun livre du monde il ne se tr\ve une plus m]veilleuse devise p\r le ralisme4 ,p]suade-toi bi5 du contraire1 jeune ami1 qui poses le pi$ sur les premi]s degrs de la vie4 ,un lion mort vaut mieux1 lui seul1 que t\s les *i5s vivants4 ,remplis-toi l'me de cette vrit4 ,tu s]as alors mme de te =g] un idal4 99 99 99 99 99 ,l'idal n'e/ pas un monde de fantaisie1 situ bi5 lo9 dans les nues inaccessibles1 et si diffr5t de la ralit qu'il faille jamais dsespr] de l'atte9dre4 ,l'idal e/ la vive reprs5tation des ralits dont n\s portons en n\s le g]me4 ,dans le g]me des plantes et des tres vivants1 on peut reconnatre au microscope de dlicats l9am5ts pe9e indiqus1 m>quant le po9t de d"p des organes futurs4 ,a9si se tr\ve indiqu dans l'homme tel qu'il e/1 ce qu'il doit dev5ir1 s'il veut obir sa de/9e et la volont qui e/ au fond de la vie4 ,vivre t\t enti] p> t\tes les p>ties de soi-mme1 ralis] les virtualits qui sont en n\s1 faire ce que n\s p\vons faire1 dev5ir ce que n\s sommes capables de dev5ir1 voil le b de la vie4 ,voil notre "p2 le re/e n'e/ pas n\s4 ,fac tua1 sua ,deus faciet4 ,l'idal d'un tre huma9 doit tre mode/em5t limit la nature huma9e4 ,il y a1 qu'on en soit sr1 assez de gr&eur dans cette humilit4 ,si la gra9e jete au sol avait consci5ce d'elle-mme1 elle rv]ait1 s\s les sillons obscurs d'un beau *amp dor o des milli]s d'pis s'incl95t au soleil2 si l'uf immobile et semblable au caill\ p\vait avoir la notion des =ces lat5tes qu'il recle en lui1 il aurait p\r idal un libre oiseau sec\ant ses ailes aux va/es pla9es de l'azur4 ,que l'homme donc1 dans sa jeunesse1 se sonde1 se connaisse1 se mette face face avec lui-mme1 et l'humanit lui app>atra dans sa beaut sublime4 ,le *em9 qu'il doit suivre lui s]a indiqu p> sa nature mme1 p> ses joies et ses s\ffrances1 p> t\t ce qu'il e/ et p> t\t ce qu'il pr\ve4 99 99 99 99 99 ,a une poque comme la ntre o l'on a surt\t s\ff]t de la disp]sion1 de la division extrieure et intrieure1 il faut aspir] l'h>monie et l'unit4 ,le manque d'quilibre e/ le gr& mal individuel et social4 ,re*]*] l'quilibre en n\s et hors de n\s doit tre1 p> consqu5t1 comme le mot d'ordre d'ori5tation gnrale4 ,l'homme e/ d'abord un tre individuel4 ,dire que l'individu n'e/ ri5 e/ aussi faux que de dire qu'il e/ t\t4 ,la solidit avec laquelle *acun de n\s e/ riv sa vie p]sonnelle n\s montre bi5 que l'individualit n'e/ pas une illusion4 ,a *aque m9ute de la vie1 t\t ce que n\s pr\vons1 pe9e ou plaisir1 n\s rappelle que n\s sommes l1 que n\s sommes quelqu'un et quelqu'un de di/9ct4 ,ri5 de plus lgitime p> consqu5t que le s\ci du dveloppem5t individuel4 ,*acun de n\s1 dans sa jeunesse1 s'app>at lui-mme comme une p]sonne ina*eve dont il faut complt] les traits et la /ature4 ,c'e/ en cela que consi/e l'ducation huma9e4 ,notre vie1 qu'elle soit extrieure ou intrieure1 se compose sommairem5t de deux l>ges p>ts dont l'quilibre e/ du plus haut intrt4 ,ces p>ts sont la rceptivit et l'activit4 ,la rceptivit conc]ne l'intellig5ce1 le s5tim5t1 les influ5ces de climat et de milieu1 la n\rriture physique ou morale4 ,elle e/ l'organe multiple p> lequel le monde1 t\t ce qui n'e/ pas n\s-mme1 agit sur n\s4 ,l'activit compr5d le m\vem5t1 l'ef=t1 le travail1 t\t dploiem5t d'n]gie1 t\te manife/ation de notre volont4 ,elle e/ la rponse l'action extrieure1 notre raction p]sonnelle1 notre contribution au va/e doma9e de la vie4 99 99 99 99 99 ,ce que n\s avons pu con/at] jusqu' prs5t1 un peu p>t\t1 e/ que n\s sortons d'un ge o1 malgr un dploiem5t colossal d'activit1 l'homme a t dvelopp dans sa rceptivit plus que dans son n]gie4 ,notre ducation a culm9 dans l'in/ruction1 et celle-ci dans l'ameublem5t de l'esprit plutt que dans sa culture et dans le dveloppem5t de son orig9alit4 ,dans la pratique1 notre re*]*e du bonheur a vis la satisfaction qui vi5t des impressions et des j\issances1 soit de l'esprit soit du corps1 plus qu' celle qui vi5t de l'action4 ,il faut que ce trav]s soit bi5 rp&u1 puisqu'on le con/ate univ]sellem5t4 ,je lis dans une pice du pote sudois ,ibs51 intitule3 ,ligue de la ,jeunesse3 ,la faute capitale de notre ducation e/ d'avoir mis t\t le poids sur ce qu'on sait au lieu de le mettre sur ce qu'on e/4 ,aussi voyons-n\s quoi cela ab\tit4 ,n\s le voyons p> l'exemple de c5ta9es d'hommes capables qui manqu5t d'quilibre et se montr5t t\t autres dans leurs s5tim5ts et leurs dispositions que dans leurs actes6 ,n\s avons relgu l'n]gie et la volont au second plan4 ,un homme tait surt\t une intellig5ce1 un c]veau1 au lieu d'tre un c>actre4 ,cette lacune se rem>que jusque dans les sci5ces psy*ologiques1 o t\t ce qui se rapporte l'intellig5ce a t beauc\p plus appr(ondi que ce qui se rapporte la volont4 ,n\s sommes l en prs5ce d'une grave lacune4 ,a quoi s]v5t l'esprit1 l'intellig5ce1 qu& ce rgulateur qu'on appelle la volont e/ abs5t8 ,la volont e/ deb\t au g\v]nail de la b>que1 qu& elle *ancelle et se dr\te1 le vaisseau a beau tre bi5 con/ruit1 le naufrage e/ r$\t]4 ,que la jeunesse porte donc son att5tion de ce ct-l4 ,que la culture de l'n]gie p]sonnelle1 de l'action1 de la =ce physique et morale devi5ne un b p>ticuli]1 ardemm5t p\rsuivi4 ,il y a autant de =mes d'activit que de =mes de rceptivit4 ,celui qui s'obs]ve1 aura rem>qu que le monde et les hommes produis5t sur lui des impressions d'ordre physique1 intellectuel1 moral1 e/htique1 religieux1 selon qu'ils agiss5t sur telle ou telle =me de sa s5sibilit4 ,quoique ces =mes div]ses doiv5t avoir une rac9e commune1 il e/ impossible de les confondre ou de les remplac] l'une p> l'autre sans err] gravem5t4 ,on n'e/ vraim5t homme que lorsqu'on accorde leur valeur *acun des lm5ts de son tre t\t enti]4 ,notre s5s religieux et moral a t nglig1 mconnu4 ,n\s comm5ons n\s ap]cevoir qu'il fait p>tie de notre rceptivit normale aussi bi5 que le s5s e/htique1 p> exemple4 ,le nglig] c'e/ se mutil]1 le ni] c'e/ s'insurg] contre des faits positifs4 ,il e/ vid5t que l'activit s'en ress5tira1 recevant a9si de n\velles excitations et des motifs n\veaux4 ,l'homme religieux ou moral obx des mobiles que f9it p> ignor] celui qui nglige de cultiv] en soi le s5s du bi5 et celui du div94--,je m'atta*]ai surt\t dans ce qui va suivre rappel] ce qui risque d'tre oubli1 et insi/] sur ce qu'on a le plus beso9 d'ent5dre4 ,je ne m'att>d]ai pas p>l] de l'in/ruction1 des re*]*es sci5tifiques1 des tudes proprem5t dites1 des programmes1 de t\t l'ensemble enf9 de la culture intellectuelle ou e/htique4 ,ces *oses ont t dites p> les hommes spciaux4 ,mais je m'arrt]ai d'autant plus l'ducation de la volont et aux sujets connexes de la discipl9e1 du travail a9si que de leur contre-p>tie1 le loisir et les di/ractions1 o je crois avoir des ides p]sonnelles exprim]4 ,de mme je rs]ve une place d'honneur au s5tim5t religieux4 99 99 99 99 99 ,mais l'homme n'e/ pas un individu seulem5t4 ,mieux il se connat dans ses orig9es1 ses atta*es innombrables avec les anctres et les contempora9s1 mieux il s5t qu'il fait p>tie d'un t\t4 ,ce qu'il a et ce qu'il e/1 il le ti5t en majeure p>tie d'autrui4 ,il e/ comme une maille de filet1 di/9ct1 mais indissolublem5t atta* l'ensemble4 ,en un mot l'homme e/ un individu social4 ,la solid>it l'environne et le pntre tel po9t qu'il ne voit plus qu'elle ds que ses yeux se sont ouv]ts ce fait imm5se4 ,donc il faut qu'il soit initi la vie sociale et qu'il s'y lve p> degrs trav]s la famille1 l'amiti1 l'am\r1 la patrie4 ,a ce compte seulem5t il e/ un homme4 ,n\s consacr]ons le re/e de ce livre dtaill] quelques traits de cet idal af9 de faire entrevoir t\te la ri*esse de vie qu'il r5f]me4 ,,iv ,l',,action ,e/o vir6 #a4 ,discipl9e4 ,je v\drais pr*] l'action la jeunesse p\r tant de raisons que je dsespre de les numr] t\tes4 ,mais voici la premire3 ,la p>ole e/ avilie4 ,lo9 de moi de la mpris]4 ,mais il faut se mettre face face avec la vrit4 ,la p>ole qui e/ p>mi les hommes le li5 p> excell5ce1 la gr&e arme et le gr& outil de l'esprit1 a p]du sa puissance =ce d'tre un in/rum5t de m5songe4 ,on se mfie de t\te p>ole4 ,qui n\s pr\ve qu'elle soit s9cre8 ,et si elle e/ s9cre1 qui n\s pr\ve qu'elle dur]a8 ,d'habiles jongleurs de mots et de p5ses ont si bi5 dnatur les uns et les autres que d'ailleurs on a s\v5t beau p>l]3 les t]mes ont p]du leur s5s4 ,enf91 =ce d'ent5dre expos] des sy/mes et des doctr9es1 n\s sommes blass4 ,cela ne mord plus4 ,que faire alors p\r rvl] ce qui e/ en n\s1 rp&re nos ides1 ex]c] cet apo/olat de la vrit et de l'idal qui e/ le plus noble beso9 de ceux qui ont quelque *ose dans le cur8 ,je rponds3 ,p>l] mo9s et agir davantage4 ,les ,arabes mpris5t l'homme qui p>le beauc\p1 et en dduis5t qu'il p5se peu et qu'il e/ faible d'esprit4 ,l'homme srieux leur s5s e/ trs sobre de p>oles4 ,*ez n\s la p>ole e/ en gr& honneur4 ,avoir dit ou crit de belles *oses1 c'e/ un mrite4 ,les *evali]s de la plume et de la p>ole vont de pair avec ceux du glaive et de l'outil1 et s\v5t pass5t avant eux4 ,mais n\s sommes trop spirituels1 p\r les pr5dre au srieux4 ,n\s voyons l'pe de la p>ole trac] dans les airs un c]cle bl\issant1 et n\s r5trons *ez n\s sans blessure4 ,aussi que de bonnes *oses n'a-t-on pas dites en pure p]te6 ,donc il faut rec\rir un autre moy54 ,les *>latans ayant gt le mti] des honntes g5s1 il faut de mo9s en mo9s mettre son me dans les livres et les disc\rs3 elle risque d'y re/] enf\ie4 ,mettons la ma9 la pte1 pr5ons la b*e1 le m>teau1 la trique1 le f\et1 et au lieu de trac] des c>actres sur le papi]1 bur9ons-les sur les curs vivants6 ,au lieu de cri]3 ,en avant6 ,au feu6 ruons-n\s les premi]s l'attaque6 ,le *ef qui se prcipite l'assaut n'a pas beso9 de soign] son /yle ou de cit] ,cs>2 un cri1 un ge/e suffit1 et la contagion de l'exemple emporte le rgim5t sur ses pas4 ,imitez-le4 ,lorsque v\s connatrez quelque *ose de beau1 de bon1 de ju/e1 de droit1 ne le dites pas1 faites-le6 et cela non seulem5t p5dant un j\r1 mais avec l'ob/9ation des longues pati5ces4 ,et lorsque v\s v]rez quelque *ose d'inique1 de mauvais1 ne p]dez pas votre temps lev] les ma9s au ciel et excit] l'indignation des autres1 quitte1 peut-tre1 v\s crois] les bras aprs4 ,non1 saisissez v\s-mme le taureau p> les cornes et payez de votre p]sonne6 ,le r5=t vi5dra t\t seul6 ,mais avant d'ex]c] une action quelconque1 il faut se p]suad] de la ncessit d'une discipl9e4 ,une =ce quelle qu'elle soit e/ comp>able au feu et l'eau4 ,e/-elle bonne1 e/-elle mauvaise1 je ne sais4 ,t\t dp5d de la discipl9e4 ,elle peut tre un flau dva/ateur ou une n]gie salutaire1 selon qu'elle e/ l*e ou dompte4 ,elle peut encore se dp5s] en pure p]te ou en rsultats fconds1 selon qu'elle e/ irrgulire et br\illonne ou docile et sre4 ,il rgne sur la discipl9e des ides trs diffr5tes qui se gr\p5t s\s deux conceptions pr9cipales4 ,d'une "p1 on ent5d p> discipl9e un ensemble de moy5s p> lesquels on arrive mat] une vie p\r la remettre comme un in/rum5t passif entre les ma9s d'une volont trangre4 ,d'autre "p1 on ent5d p> discipl9e une srie de moy5s p> lesquels on arrive r5dre une vie =te1 matresse d'elle-mme1 tablir entre ses div]ses n]gies un quilibre tel que1 lo9 de se contr>i]1 elles s'h>monis5t4 ,ce deuxime g5re de discipl9e amne l'homme se possd] et se g\v]n] soi-mme1 en vue du b qui e/ celui de t\te sa vie1 et auquel il arrive peu peu se consacr] t\t enti]4 ,n\s ne v\lons pas p>l] ici du premi] g5re de discipl9e4 ,cette discipl9e-l ne mrite pas de faire p>tie de l'ducation huma9e3 elle e/ inhuma9e4 ,elle emploie les mmes procds qui russiss5t r5dre les *evaux savants1 rprim] la gl\tonn]ie native des *i5s p\r leur appr5dre rapport] le gibi] au *asseur4 ,c'e/ admirable p\r les animaux1 c'e/ dte/able p\r les hommes4 ,ce n'e/ plus de la discipl9e1 mais du dressage4 ,un tel sy/me anantit la volont et fait d'un homme une *ose4 ,cette discipl9e ralise si peu le b de la vie1 qu'elle le supprime au contraire1 et qu'il convi5t de t\t s\ffrir et de t\t endur]1 plutt que de l'accept]4 ,mais il faut bi5 se g>d] de rejet] la discipl9e en gnral1 comme cela arrive s\v5t s\s prtexte de lib]t et de dignit huma9e4 ,l'homme qui n'a ni fre91 ni loi1 ni respect1 qui ne connat pas l'obissance et ne s5t pas l'autorit des lois qui sont au fond des *oses et que la consci5ce doit reflt]1 desc5d plus bas que la brute4 ,en prs5ce de c]ta9s dsordres dont la vie huma9e donne le lam5table spectacle1 on se surpr5d p>fois dsir] que les hommes qui viv5t a9si ai5t subi quelque vig\reux dressage4 ,il y a des j\rs et des heures o le mal et la honte des hommes n\s sembl5t si effrayants qu'on e/ t5t de faire appel la viol5ce p\r les ram5] l'ordre ou du mo9s p\r les emp*] d'tal] leur ignom9ie6 ,mais ce s]ait *oir de ,*>ybde en ,scylla4 99 99 99 99 99 ,la discipl9e1 dans le bon s5s de ce mot1 a t\j\rs t ncessaire et salutaire4 ,ni dans l'tat1 ni dans l'arme1 ni dans l'cole1 ni dans la famille1 on n'e/ arriv ri5 fond] de durable sans elle4 ,la discipl9e e/ l'n]gie ce que la logique e/ l'intellig5ce1 ce que l'conomie e/ la f9ance4 ,il faut avoir pass p> l et y repass] sans cesse1 s\s pe9e de tomb] dans le g*is1 l'incohr5ce et la /rilit4 ,malheureusem5t t\t le monde ne semble pas en tre bi5 pntr4 ,il y a1 dans la jeunesse1 beauc\p d'esprits =ts qui p5s5t p\voir se pass] des petits moy5s1 et arriv] au sommet de la montagne sans s'tre fatigus gravir les *em9s pas pas4 ,le manque de discipl9e vraie e/ un des flaux de ce temps4 ,n\s avons d'une "p la lic5ce1 ou le laiss]-all]1 et de l'autre la rigidit mortelle des sy/mes autoritaires4 ,mais trs peu d'hommes connaiss5t cette obissance volontaire qui e/ mre de la lib]t4 ,c'e/ p\rtant en elle qu'e/ le secret de la =ce morale4 ,je v\drais p\voir faire s5tir t\t jeune homme l'horrible tat de dpravation et de misre dans lequel se jett5t les tres au cur m\1 qui r$\t5t t\te rgle virile1 ne sav5t ri5 se refus]1 ni rsi/] ri51 et app>ti5n5t au premi] v5u1 dsir1 passion1 vellx de has>d1 ou aux influ5ces et aux caprices des vnem5ts et des volonts trangres4--,je v\drais p\voir le faire s5tir1 af9 de suscit] dans le cur de ceux qui entrevoi5t l'abme d'indignit o l'on desc5d a9si1 le dsir ard5t d'une vie t\te diffr5te4 ,peut-tre se mettrai5t-ils s\pir] aprs une svrit salutaire8 ,c> enf9 si cette svrit p>at r$\table1 les rsultats auxquels elle conduit sont si beaux6 ,l'n]gie e/ un tel bi5 qu'il faut prfr] le c\p de f\et qui la rveille la c>esse qui l'endort4 ,malgr t\t1 n\s n'en sommes pas arrivs ne plus s5tir sa gr&eur4 ,mme les curs m\s et avilis g>d5t p\r elle une secrte admiration4 ,un tre qui se possde lui-mme e/ comme un ph>e dans le monde moral4 ,ri5 ne se recomm&e d'emble et ne s'impose comme la =ce d'me4 ,qu& elle passe1 on s5t que c'e/ la royaut qui passe1 et quelque *ose au fond de n\s n\s fait s\hait] de possd] cette royaut4 ,le spectacle de l'avilissem5t des volonts n\s remplit de dgt p\r les autres et p\r n\s-mmes4 ,il y a des j\rs et des heures o le s5tim5t de l'indignit univ]selle n\s crase4 ,t\t au contraire le spectacle de la virilit e/ rcon=tant4 ,il suffit que son pur rayonnem5t ait une seule fois clair notre consci5ce p\r qu'il n\s en re/e un s\v5ir inde/ructible4 ,tel j\r1 en telles circon/ances1 j'ai vu un homme l'uvre1 l'uvre de c\rage1 de piti1 ou de vrit1 et je l'ai tr\v si beau que je donn]ais t\t p\r lui ressembl]444 ,comme je v\drais que beauc\p de nos jeunes contempora9s p5s5t a9si6 ,de mme qu'il y a de la joie voir un enfant vif1 entrepr5ant1 mprisant la d\leur1 de mme on aime r5contr] un jeune homme ayant p\r idal d'tre =t1 et s\haitant avant t\te *ose de ne ri5 cra9dre1 si ce n'e/ la bassesse1 ,celui-l1 c]tes1 doit tre dispos rec\rir la discipl9e p\r ralis] ses nobles aspirations1 et il n'en mpris]a pas les petits moy5s4 ,c> c'e/ p> eux qu'il faut comm5c]4 ,qu'on se p]suade bi5 d'une *ose1 c'e/ que l'n]gie1 comme t\tes les facults huma9es1 e/ s\mise aux lois du dveloppem5t4 ,elle a sa culture comme l'intellig5ce1 et comme elle1 s'lve des *oses les plus simples aux plus difficiles4 ,l'entranem5t progressif de l'n]gie a une gr&e analogie avec l'cole de gu]re4 ,le soldat e/ un homme discipl91 qui sait endur] et combattre et s'e/ prp> p> une srie d'ex]cices4 ,edg> ,qu9et a dit qu'il y avait dans la gu]re deux *oses3 le ct huma9 et le ct div94 ,le ct huma9 c'e/ l'ensemble du mcanisme matriel2 le ct div9 c'e/ l'esprit qui anime les soldats1 la cause p\r laquelle ils combatt5t4 ,dans le beau combat auquel l'homme se prp>e1 il en e/ de mme4 ,les petits moy5s1 ici1 sont l'ensemble des procds p> lesquels on ass\plit et =tifie l'outil3 la volont4 ,on peut t\s les ram5] un pr9cipe que voici3 ,dans les dtails de sa vie1 s'appliqu] con/amm5t tre actif plutt que passif4 ,mang]1 boire1 dormir1 se div]tir1 travaill]1 t\t ce que l'on entrepr5d1 peut s'accomplir passivem5t4 ,on peut tre c\* dans son lit1 p>ce qu'il doit en tre a9si et qu'on le veut bi52 mais on peut y tre1 p>ce qu'on e/ va9cu p> sa p>esse4 ,*acun sait cela4 ,il en e/ de mme p\r t\s les actes de la vie1 et ri5 n'e/ plus simple rem>qu]4 ,le travail qui p>at tre l'action p> excell5ce peut1 lui aussi1 avoir un c>actre passif qui lui enlve presque t\te sa valeur morale4 ,travaill]1 p>ce qu'on y e/ =c1 p\ss p> la faim1 la soif1 c'e/ tre passif4 ,c'e/ notre faim1 notre soif qui e/ le ressort1 et n\s ne faisons que suivre l'impulsion4 ,la vie dem&e tre conquise en dtail sur les fatalits et les influ5ces extrieures1 sur les dsirs1 les apptits1 les passions1 la =ce d'in]tie qui e/ en *acun de n\s4 ,que d'tres ont vcu et sont morts sans jamais se d\t] que la gr&e affaire dans une vie huma9e tait de vivre sa vie et non pas de se laiss] emport] et dom9] p> elle6 ,ce sont l *oses recomm&] aux jeunes conscrits qui veul5t se mettre l'cole de gu]re4 ,il faut s'emp>] de sa vie1 se surveill]1 et s'appliqu] y gagn] peu peu du t]ra9 sur cette passivit qui n\s surpr5d et n\s lie malgr n\s1 ds que la g>de intrieure s'endort4 ,un bon moy5 p\r arriv] ex]c] cette vigilante action qui fait que notre vie tombe peu peu au p\voir de notre volont rfl*ie1 c'e/ de se =tifi]1 en gnral1 p> t\tes sortes de mles pratiques4 ,ri5 ne vaut1 p\r s'endurcir1 un peu de misre1 de privation1 de s\ffrance mme4 ,en gnral les curs =ts ont t tremps dans les luttes et dans la vie difficile4 ,les vnem5ts ont con/itu p\r eux une cole svre et salutaire4 ,suivons cette indication de la vie et soyons durs p\r n\s-mmes4 ,re*]*ons les fatigues1 les ef=ts1 t\t ce qui t5d les muscles et solidifie les os1 t\t ce qui r5d le sang plus r\ge1 t\t ce qui ex]ce la pati5ce et l'endurance de quelque nature que cela puisse tre4 ,et cela avec m?ode1 comme on arrive peu peu s\lev]1 en s'y appliquant j\r aprs j\r1 des poids que les ma9s inactives ne p\rrai5t mme pas remu]4 ,l'entranem5t physique e/ une des conditions de la vigueur morale4 ,montaigne a dit3 ,p\r leur durcir l'me1 il faut leur durcir les muscles4 ,p\r un homme qui aspire au g\v]nem5t de soi-mme1 l'eng\rdissem5t des =ces doit tre un s5tim5t insupportable1 ,il se s5t le devoir d'entret5ir t\tes celles qui sont en lui1 dans le corps comme dans l'esprit1 de les dvelopp] p> un so9 con/ant et de les f\rbir j\rnellem5t comme on fait d'une arme prcieuse1 af9 que la r\ille et la p\ssire ne l'atteign5t pas4 ,lorsque1 p> ces mles pratiques1 l'homme s]a p>v5u tre matre de lui comme un bon cavali] l'e/ d'un bon *eval1 les conditions huma9es de la lutte s]ont remplies4 ,il s'agira alors du ct div91 savoir de l'esprit qui doit l'anim] et au nom duquel il va port] son arme au combat4 ,qu'il ne puisse s]vir qu'un matre1 c'e/ l le premi] po9t6 ,ce matre c'e/ la volont qui e/ au fond des *oses1 et cette volont n\s la s]vons en n\s inspirant des int5tions qu'elle n\s dc\vre dans la vie de l'humanit4 ,faire gr&ir et progress] la vie1 la r5dre ju/e1 =te1 pure1 sa9e1 joyeuse1 l'aim] et le lui pr\v] en la s]vant1 voil le b4--,mais qu& on aime la vie dans son ess5ce div9e et son intgrit1 que de *oses ne faut-il pas har8 ,n\s dirons donc ceci3 ,le rsultat de la discipl9e doit tre de =m]1 d'ass\plir1 d'apprivois] notre nature entire de telle sorte qu'avec t\tes les n]gies qui sont en elle1 elle se mette1 comme un glaive docile et vaillant1 au s]vice de la vie qu'il faut aim]1 contre t\s ses ennemis qu'il faut har1 combattre et attaqu] sans trve ni m]ci4--,la ha9e du mal e/ le complm5t indisp5sable de l'am\r de la vie4 ,celui qui ne sait pas har ne sut jamais aim]4 ,qui dit3 j'aime1 et ne m5t pas1 dit du mme c\p3 je hais4 ,ces belles et =tes passions sont le n]f des combats4 ,t\s les gr&s amis des hommes les ont connues p> cette seule raison qu'ils tai5t d'une pice1 comme les ro*]s sur lesquels on peut btir sa maison ou se bris] la tte4 ,aim] et har1 avec t\t ce qu'on e/ et t\t ce qu'on a1 jusqu'au sacrifice1 jusqu' la mort1 c'e/ ce qui con/itue le degr le plus lev de la discipl9e virile4 ,a ce po9t1 trav]s les comm5cem5ts humbles1 la fidlit dans les petites *oses1 l'obissance cons5tie e/ dev5ue la lib]t suprme1 et j'aj\t]ai1 le bonheur le plus lev et le plus pur4 ,fo9 du bonheur l*e et passif qui aprs t\t v\s amollit et v\s expose ensuite ds>m t\s les c\ps1 mme les mo9dres6 ,quelle misre que ce bonheur6 ,la vraie flicit e/ dans l'action1 la lutte4 ,oh6 vivre1 combattre1 s\ffrir p\r ce qu'on aime et p\r ce qu'on adore6 p\r la ju/ice1 la lib]t1 la patrie1 p\r ceux qu'on outrage et qu'on opprime2 tre un cur d'homme1 un remp>t1 comme disai5t les ,grecs1 une borne irrductible2 n'avoir qu'une p>ole aussi f]me p\r dire oui que p\r dire non1 et sur laquelle on peut compt] comme sur le soleil levant2 embot] le pas dans l'immortelle phalange qui passe au *amp d'honneur de l'humanit dans un bl\issem5t de soleil6 ,jeune ami qui lis cette page1 s5s-tu le feu c\rir dans tes ve9es en te reprs5tant ce sort8 ,il s]a le ti54 ,mais p\r y arriv]1 il faut avoir le c\rage et la pati5ce de te laiss] morign] p> un matre d'escrime6 #b4 ,travail4 ,le travail e/ la =me calme et cont9ue de l'action4 ,on rpte3 ,le travail e/ la vie1 l'oisivet la mort4 ,si cela e/ vrai1 et je n'en d\te pas1 n\s sommes rongs p> la mort4 ,comm5t1 dira quelqu'un1 v\s tr\vez qu'on ne travaille pas assez8 ,d'autres e/im5t qu'on travaille trop4 ,ent5dons-n\s4 ,aucun sicle n'a plus travaill que celui-ci1 mais qui a fait le travail8 ,quelques-uns4 ,p\r un inv5teur qui s'e/ u en re*]*es et en veilles1 combi5 de g5s qui se repos5t et pr(it5t de son labeur8 ,dans l'indu/rie1 le travail repose sur c]ta9es paules surt\t4 ,les autres en pr(it5t sans savoir aucun gr ceux qui pe95t4 ,l',amrica9 ,bellamy a =t bi5 comp> la socit une dilig5ce3 ,une p>tie de l'humanit y e/ attele1 l'autre se dispute les places de l'intrieur et se fait tran]4 ,le travail e/ mal compris1 et mme mpris p> beauc\p trop de g5s4 ,il e/ surt\t considr comme une corve laquelle on se s\met p\r gagn] le pa94 ,celui qui a du pa9 n'a pas beso9 de travaill]4 ,quant l'autre1 il travaille p> ncessit4 ,t\s les deux font mal4 ,je di/+ue deux espces de fa9ants1 ceux qui p>ess5t et ceux qui travaill5t en grognant4 ,donc il y a lieu de rhabilit] le travail4 ,comm5t arriv] cela8 ,en travaillant t\s1 sans exception4 tant donn que le travail e/ une loi de la vie1 on ne saurait1 s\s aucun prtexte1 admettre que quelqu'un s'en exempte4 ,quiconque ne travaille pas e/1 dans l'esprit mme de cette loi suprme1 condamn prir4 ,il prit de m>asme intrieur1 dvor p> l'n]gie prisonnire qui se trans=me en poison4 ,t\t ce qui ne remue pas1 ne fonctionne pas1 se r\ille et se corrompt4 ,v\s ne faites ri51 jeune homme8 ,il suffit4 ,je prfr]ais ent5dre dire que v\s avez le *olra1 c> il ne tue et ne contam9e que le corps4 ,le mal d'oisivet qui v\s ronge1 dtruit t\t l'homme4 ,v\s tes non seulem5t infect1 mais v\s con/ituez un foy] d'infection4 ,dans une socit bi5 organise1 celui qui e/ atte9t de votre mal devrait tre condamn mort3 mort p> le mpris public1 mort p> la faim4 ,que l'homme ait du pa9 en abondance et vive sans travaill]1 du travail d'autrui1 ou qu'il n'ait pas de pa91 mais que1 p>esseux1 il le m5die ou le vole de n'importe quelle faon1 il n'y a pas de place p\r lui dans un monde s\mis la loi du travail et de la solid>it4 ,il tombe de l'arbre comme la feuille morte4 ,surt\t n\s qui aimons le travail et qui compr5ons quel po9t il e/ bon1 salutaire1 respectable1 n\s qui s5tons qu'il e/ un gr& librateur et un gr& pacificateur1 ne le ca*ons jamais4 ,ce sicle de labeur ca*e le travail2 c'e/ une de ses lgances4 ,dans nos villes1 les talages clat5t aux yeux1 les ateli]s sont masqus4 ,on voit les rsultats1 mais non l'ef=t4 ,comme c'e/ malsa9 p\r la jeunesse et p\r t\t le monde6 ,ne pas savoir la pe9e que les *oses ont cote6 ,ne pas voir la petite ma9 ple qui a fabriqu cette f9e d5telle1 le po+ noir qui a =g ces app>eils et ces ma*9es2 mais c'e/ tre induit en erreur et dispos l'inju/ice6 ,on en arrive croire que les *oses se font aism5t1 t\tes seules peut-tre4 ,montrons le travail2 c'e/ une ncessit sociale1 un hommage la vrit4 ,faisons davantage encore1 honorons-le dans notre p]sonne1 af9 d'appr5dre la jeunesse l'honor]4 ,jamais n\s ne l'exalt]ons assez4 ,ne ca*ez pas vos ma9s qu& elles prs5t5t les traces du travail1 ce s]ait une mauvaise action4 ,voyez comme le mal s'tale6 ,n'aj\tez pas son impud5ce votre fausse honte4 ,p\rquoi bross] avec tant de so9 cette p\ssire de labeur qui v\s honore8 ,le soldat n'e/ jamais plus beau que lorsqu'il e/ noir de fume6 ,qu'e/ la gr&e t5ue des j\rs de p>ade auprs de la livre des batailles6 ,le vieux ,diogne que p]sonne ne connat et que l'pi?te de cynique df9it si mal tait un trs gr& philosophe pratique et un excell5t prcepteur4 ,il enseignait entre autres aux jeunes disciples qui se confiai5t sa direction affront] c]ta9s sots prjugs du public et circul] en portant des f>deaux1 des outils1 ou des objets de consommation4 ,que n'e/-il encore p>mi n\s p\r enseign] ces rudes prceptes c]ta9s jeunes seigneurs qui se s\ci]ai5t =t peu d'tre ap]u en mauvaise compagnie1 mais r\girai5t d'tre surpris dans l'accomplissem5t de telle besogne mode/e et honorable6 ,les c\tumes les plus absurdes et les ides les plus fausses sont j\rnellem5t inculques la jeunesse des deux sexes p> cette manire de ca*] le travail4 ,v\s v\s excusez1 madame1 de ce que je v\s surpr5ne travaillant1 les ma9s la pte1 ou occupe soign] vos enfants4 ,votre emb>ras n'e/ flatteur1 ni p\r moi1 ni p\r v\s4 ,s]ions-n\s de ceux qui mpris5t le travail8 ,faire la cuis9e ou le mnage1 soign] ses enfants1 quoi de mieux8 ,une mre e/-elle jamais plus t\*ante qu' son po/e8 ,quel plus bel exemple donn] la jeunesse8 ,sans d\te1 il ne faut ri5 exagr]1 ni se noircir les ma9s et la figure de propos dlibr4 ,la v]tu elle-mme n'e/ e/imable que p> le tact et la discrtion4 ,mais n\s n\s compr5ons1 n'e/-ce pas8 ,on rpte s\v5t ma9t5ant que les jeunes ne veul5t plus travaill]1 et ceux qui p>l5t a9si sont les auteurs directs de l'in]tie qu'ils blm5t4 ,en se faisant les s]viteurs de leurs enfants1 en leur vitant t\t ef=t1 ne les ont-ils pas eux-mmes habitus la p>esse8 ,et puisque n\s voici p>l] de travaux manuels1 consacrons une att5tion spciale cette =me trs dlaisse de l'activit4 ,je reconnais dans leur rhabilitation un des gr&s moy5s curatifs que rclame l'tat de notre poque4 ,t\t d'abord cet quilibre p]du p> l'exagration des oprations intellectuelles1 p> l'exaspration de nos facults reprs5tatives1 s]ait rtabli p> une p\sse du ct de l'activit musculaire4 ,l'activit musculaire tonifie1 repose des ef=ts d'att5tion et de raisonnem5t et amne une c]ta9e pondration dans l'tre surm54 ,a ce po9t de vue le travail manuel e/ un des plus n]giques moy5s ?rapeutiques4 ,il enri*it le sang1 augm5te l'n]gie1 entreti5t la bonne humeur qu& elle exi/e1 et la ramne qu& elle a disp>u4 ,on vit bi5 plus gam5t et plus l>gem5t qu& le corps a son activit normale1 et la p5se1 lo9 d'y p]dre1 y gagne4 ,l'tude sd5taire n]ve1 altre les impressions et les ides1 dim9ue la cl>t des conceptions et dispose aux exagrations et aux exc5tricits4 ,on ne quitte pas impunm5t la base de la vie4 ,on ti5t mieux sa plume et on s'en s]t mieux aprs avoir rabot1 sci1 lim1 m>tel1 c> ri5 n'active la circulation crbrale et l'closion des p5ses comme une occupation physique modre et1 d'autre "p1 en n\s rappro*ant de la vie relle1 des *oses qu'on voit1 t\*e1 et qui sont du doma9e ess5tiellem5t pratique1 on assemble au fond de son tre comme un le/ prcieux qui emp*e la p5se de s'g>] et de se p]dre dans le vide4 ,que de politici5s aurai5t *app au dang] des =mules creuses et la rage /rile de lgifr]1 s'ils s'tai5t initis p> le travail aux beso9s pratiques du peuple6 ,mais p>mi t\s les travaux manuels il n'en e/ aucun qui1 p\r sa m]veilleuse influ5ce1 soit comp>able au travail des *amps4 ,c'e/ un des mo9s accessibles la jeunesse /udieuse en temps ord9aire2 mais il y a les vacances4 ,heureux celui qui1 alors1 peut s'enfuir aux *amps1 et qui possde un co9 de t]re famili] ou quelque p>5t et ami auquel il peut dem&] de l'initi] au secret rural6 ,il y a une me des *amps1 qui vit sur les sillons et dans les moissons1 dans les haies et les prairies1 me bi5faisante1 calmante1 ple9e de d\x enseignem5ts et de mles lans4 ,virgile l'a comprise4 ,l'antiquit en tait imprgne4 ,mais p\r se rvl]1 cette me dem&e *acun sa "p d'ef=t4 ,la t]re p>le aux prom5eurs1 sans d\te1 elle e/ bonne t\s1 mais il e/ des *oses qu'elle ne dit qu' ceux qui la cultiv5t et la travaill5t1 qui l'aim5t en un mot4 ,j'e/ime que le plus gr& malheur d'une socit e/ de consomm] le divorce avec la t]re et d'en arriv]1 comme cela se produit malheureusem5t dans les gr&es villes1 au se9 de la vie factice1 ne plus la considr] que comme de la b\e4 ,comme il e/ vrai1 le vieux my! du gant ,ante1 ranimant ses =ces *aque fois qu'il t\*ait la t]re1 sa mre1 et va9cu enf9 p>ce que son adv]saire l'en avait violemm5t arra*6 ,il faut re*]*] la t]re1 se retremp] son se9 robu/e4 ,jeunesse fatigue1 surm5e d'tudes1 anmie et n]ve p> la gr&e ville1 pr5ds la clef des *amps6 ,p>le aux paysans1 fais mieux1 dem&e-leur du travail4 ,appr5ds conduire cette *>rue1 mani] cette pio*e1 cette faux6 ,dans quelques j\rs tu s]as tonn du nombre de *oses n\velles que tu auras dc\v]tes1 tu auras appris quel mal donne la culture de ce pa9 mang avec +ratitude p> une f\le de g5s1 et que tu ne p\rras plus t\*] dsormais sans att5drissem5t1 te s\v5ant que l'homme y a mis sa pe9e1 et ,dieu son soleil4 ,celui qui d*ire le sol et y jette la gra9e te s]a app>u comme le symbole mme de l'humanit qui sme et espre4 ,prs de ce lab\reur1 si la vie t'a sembl jadis irrelle et ple9e de vanits1 tu diras t\t bas avec le pote3 ,on s5t quel po9t il doit croire ,a la fuite utile des j\rs6 ,obscurm5t tu p]cevras la sa9tet du travail et le srieux pr(ond de la vie1 et tu v]ras les d]ni]s rayons du soleil d'octobre l>gissant jusqu'aux toiles ,le ge/e augu/e du semeur6 ,fais cela1 jeune homme1 crois-moi2 avant de te le conseill]1 je l'ai pratiqu4 ,j'ai fau* plus d'un *amp d'avo9e et de from5t1 b]c p5dant de longues heures s\s le ciel d'aot1 p> la l5te cad5ce de l'outil qui va1 qui vi5t1 abattant *aque c\p les pis jaunes et l\rds3 j'ai ent5du *ant] les cailles dans les *amps pr(onds et p> del les flots dors des bls et des bois qui bleuiss5t au-dessus des vignes2 j'ai song aux rumeurs huma9es1 aux f\rnaises des gr&es cits1 aux problmes qui t\rm5t5t ce temps1 et j'y ai vu plus clair4 ,oui1 j'en ai la c]titude1 l'un des gr&s remdes nos maux1 nos maladies sociales1 intellectuelles et morales1 s]ait le ret\r la t]re et la rhabilitation du travail des *amps4 ,je ne puis m'emp*] de cit] ici une page de mon ami ,t4 ,fallot1 ,ides d'un rural1 et je les recomm&e aux jeunes hommes en gnral1 mais en p>ticuli] ceux qu'une conception errone de la vie p\rrait engag] r5onc] cultiv] leurs t]res et donn] a9si un exemple fune/e3 ,c'e/ aux classes cultives donn] l'exemple du ret\r la campagne et du ret\r la t]re4 ,elles ont fait le mal1 elles de le rp>]4 ,n'e/-ce pas elles qui ont enseign aux paysans le fti*isme de la ville1 de t\t ce qui en vi5t1--articles et ides de pacotille8 elles1 qui ont rp&u le culte de l'arg5t qu'on y gagne sans pe9e1 la soif des plaisirs frelats qu'on y gte1 et le re/e8 ,aprs avoir enlev au paysan le respect de la t]re et du travail qui la fconde1 il ne s]a pas ais de le lui r5dre2 et p\rtant il faut1 cote que cote1 lui faire compr5dre qu'il n'y a pas d'exi/5ce prfrable la si5ne4 ,s9on1 la ds]tion des campagnes cont9u]a4 ,mais les raisonnem5ts ont peu de prise sur le cultivateur2 les leons de *oses seules le font rfl*ir4 ,le j\r o il v]ra les familles aises et les hommes in/ruits v5ir habit] avec lui et travaill] comme lui1 ,jacques ,bonhomme f9ira p> compr5dre qu'on l'avait bel et bi5 tromp en l'assurant qu'il y a plus de pices d'or gagn] en ville que de pi]res dans sa vigne1 et1 t\t mu de cette dc\v]te1 il recomm5c]a racl] joyeusem5t sa t]re au gr& soleil de ,dieu et lui faire produire son fruit4 ,du re/e1 po9t de mal5t5du2 ce n'e/ ni une uvre de dv\em5t1 ni un apo/olat que je pr*e aux hommes cultivs1 mais une entreprise =t raisonnable dont ils s]ont les premi]s bnfici]4 ,l'honorable corporation des ph>maci5s aura beau align] =mule aprs =mule et compos] pilule aprs pilule1 elle ne retr\v]a jamais de recon/ituant p>eil celui que f\rnit l'homme le travail de la t]re4 ,les anci5s tai5t plus sages que n\s en imposant leurs enfants l'appr5tissage d'un mti] manuel1 quelle que ft leur condition sociale4 ,ce g5re d'ducation pratique e/ le complm5t indisp5sable de t\te culture virile4 ,le travail manuel1 mon avis1 outre les avantages que je vi5s d'nonc]1 en a un autre4 ,il n\s f\rnit un t]ra9 de rappro*em5t social4 ,tant que ce travail e/ mpris p> la p>tie lettre ou aise d'une nation1 il subsi/e une s\rce de mal5t5dus et de ress5tim5ts4 ,malgr t\tes les prote/ations et t\s les tmoignages en l'honneur de ceux qu'on nomme les travailleurs1 ceux-ci se p]suad5t que leur travail e/ aprs t\t un esclavage auquel p]sonne ne v\drait se s\mettre librem5t4 ,de l la ha9e du travail manuel1 il n'y a qu'un pas4 ,quant aux travaux de l'esprit1 qui se font en gnral dans des conditions extrieures de propret et de con=t1 le peuple les dprcie facilem5t et n'y voit qu'un agrable passe-temps ou une fa9antise dguise4 ,qu'on puisse pe9]1 lutt]1 se fatigu]1 remu] de l\rds f>deaux1 et gravir des s5ti]s ardus1 t\t en re/ant assis tranquillem5t sur une *aise1 l'ombre1 cela n'e/ pas ais compr5dre p\r celui qui supporte le soleil1 les intempries1 les miasmes des m9es4 ,les mal5t5dus qui rsult5t de cet tat de *oses sont un grave ob/acle au progrs social4 ,p\r les faire dim9u] il e/ ncessaire que les classes lettres se famili>is5t avec les travaux des autres classes et fass5t les premi]s pas v]s la rhabilitation des plus humbles besognes4 ,le travail l'heure actuelle e/ surt\t dev5u un moy5 de se procur] la n\rriture matrielle1 ou encore le plaisir1 le luxe1 la rputation4 ,n\s l'avons fait desc5dre un rle subalt]ne4 ,comme la plup>t des =ces huma9es1 si belles dans leur lib]t1 il a contract dans l'esclavage une srie de dif=mits4 ,il e/1 comme l'am\r et la religion1 mconnaissable =ce d'avoir dgnr4 ,n\s ne connaissons presque plus que le travail vnal4 ,mme les travaux de l'esprit se vilip5d5t et se v5d5t4 ,qui donc se s\vi5t que le travail e/ une des plus pures s\rces de bonheur et que jamais il n'e/ plus sa9t que lorsqu'il e/ ds9tress8 ,de t\s les moy5s que possde l'homme de se mettre en rapport avec le fond des *oses1 la vrit1 la ju/ice1 t\t ce qui e/ vnrable et p]man5t1 il n'y en a aucun qui vaille le travail4 ,il semble que1 p\r tablir entre n\s et le gr& my/re de la vie ce contact qui fait qu'on reoit la sec\sse lectrique vivifiante1 il faille mettre ses ma9s une uvre utile4 ,c'e/ en travaillant1 en s'oubliant dans le labeur aim que l'homme se s5t de la race de l't]nel ,ouvri]4 ,le travail e/ le gr& librateur1 le pacificateur1 le consolateur p> excell5ce4 ,mais p\r le connatre t\t enti]1 il faut se s\v5ir qu'il s'appelle quelquefois la pe9e4 #c4 ,pe9e4 ,p\r les jongleurs de mots1 un mot ne vaut pas plus que ne vaut un s\ p\r le f9anci] spculateur4 ,l'un et l'autre remu5t la pelle le rsultat du travail d'autrui4 ,mais p\r celui qui le gagne la sueur du front1 l'arg5t a sa vraie valeur2 il voit ce qu'il cote gagn]4 ,il en e/ de mme des mots4 ,que n'ont-ils cot faire1 ces mots que l'un promne1 s'en ornant comme d'une breloque1 et s\s lesquels l'autre app>at1 affubl comme un b>bet en uni=me4 ,les mots sont de longues hi/oires cond5ses1 des flores entires de vie et de p5ses ramasses en un seul b\quet4 ,voyez ce mot labor qui signifie la fois travail et pe9e6 ,c'e/ t\te une philosophie et t\te une morale4 ,il unit en une mme p5se l'activit cratrice de l'homme1 et cette loi de pe9]1 de s\ffrir1 laquelle n\s sommes t\s s\mis4 ,n'indique-t-il pas1 ce mot1 que la d\leur s'unit au travail dans la longue et l5te volution huma9e1 et que cette volution e/ un travail d'enfantem5t1 un d\l\reux labeur8 ,voil ce dont le jeune homme doit bi5 se pntr]1 af9 de se faire une ide ju/e de la pe9e1 et de ne pas re*]*] seulem5t cette =me de l'activit qui e/ bonheur et plaisir et qui pan\it t\t l'tre dans la volupt de crer1 mais d'accept] l'ef=t pnible et de trans=m] en activit1 p> la libre acceptation1 mme la d\leur passive4 ,l'homme e/ rebelle la pe9e et la d\leur4 ,sa nature l'exige a9si4 ,la d\leur le prs]ve en l'av]tissant4 ,qu& l'homme s'g>e1 elle surgit devant lui p\r le lui faire compr5dre4 ,il e/ donc naturel que n\s re*]*ions ce qui augm5te la vie et lui agre1 et que n\s vitions ce qui la dim9ue et la fait s\ffrir1 ,mais p> cela mme1 ne devons-n\s pas quelque reconnaissance la d\leur8 ,l'homme e/ un appr5ti1 la d\leur e/ son matre ,et nul ne se connat avant d'avoir s\ff]t4 ,a4 de ,musset4 ,la d\leur ne remplit pas seulem5t auprs de n\s l'(fice ngatif d'un av]tisseur qui crie g>e aux endroits prilleux2 elle n\s r5d att5tifs n\s-mmes1 n\s rvle n\s4 ,que de *oses que l'homme ne voit bi5 qu' trav]s les l>mes6 ,et quelles l>mes plus s9cres1 plus t\*antes que celles de la jeunesse8 ,qu& ce cur frais1 gnreux1 s5sible e/ mis en contact avec la vie rude1 s\v5t impitoyable1 comme il s\ffre6 ,quelles preuves il trav]se6 ,la jeunesse de ce temps pre et positif en sait quelque *ose4 ,n\s lui dirons3 ,aimez-la1 cette d\leur1 qui vi5t du contact de la vie avec votre idal4 ,desc5dez avec elle jusqu'au plus pr(ond de votre me et int]rogez son s\pir4 ,p>t\t o1 dans ce monde1 v\s v\s s5tirez froiss1 bless dans un s5tim5t pr(ond et vrai1 contr>i dans une aspiration lgitime1 ayez le c\rage de votre s\ffrance4 ,qu'elle soit le cri d'al>me qui v\s excite la rsi/ance1 au combat1 la re*]*e de quelque *ose de meilleur4 ,v\s connatrez alors la d\leur libratrice4 ,elle =ge des armes avec des *anes4 ,dans cette sa9te pe9e de jeunesse1 opprims1 s\ffrant des inju/ices que le plus =t fait subir au plus faible1 appr5ez mieux aim] la ju/ice4 ,ne faites pas comme les d]ni]s v5us de c]ta9es coles1 qui1 t\rm5ts p> leurs ans1 se promett5t de t\rm5t] un j\r les jeunes leur t\r4 ,que la d\leur v\s in/ruise dans la piti et v\s rappro*e de ceux qui s\ffr5t et pe95t1 des petits1 du peuple1 de t\s ceux qu'on oublie4 ,a9si elle v\s dvoil]a des *oses gr&es et ca*es4 ,mais elle f]a davantage p\r v\s4 ,elle v\s rappro*]a des morts1 comme elle v\s aura rappro* des vivants4 ,les gr&es s\ffrances de l'hi/oire ne v\s re/]ont po9t trangres4 ,v\s communi]ez avec ceux qui ont vcu avant v\s1 dans le sacrifice et la pe9e4 ,l'humanit que mpris5t ceux qui ne la connaiss5t pas et ne font ri5 p\r elle1 v\s app>atra belle de t\t ce qu'elle a s\ff]t1 et v\s l'en aim]ez davantage4 ,v\s v\s s]r]ez aut\r d'elle comme les enfants se s]r5t aut\r de la mre en pleurs1 et elle v\s appr5dra le secret de puissance1 d'esprance1 de foi1 qui e/ rvl au sanctuaire des gr&es d\leurs4 ,ne craignez pas que votre jeunesse y p]de de sa gat4 ,comme le travail1 la d\leur entreti5t la facult d'tre heureux4 ,il crot1 sur les s5ti]s esc>ps qu'elle n\s fait gravir1 des fleurs au d\x s\rire1 que les pr(anes n'ont jamais connues4 99 99 99 99 99 ,la pe9e e/ encore un aiguillon1 un ressort puissant4 ,une exi/5ce trop facile n]ve1 une jeunesse molle prp>e mal la vie4 ,il e/ bon de se s\mettre au j\g tant qu'on e/ jeune4 ,le f>deau des j\rs heureux e/ bi5 l\rd support] avant que l'expri5ce soit v5ue notre aide4 ,s\haitons-n\s un peu de misre plutt1 c'e/ plus salutaire4 ,cela trempe la volont1 durcit l'pid]me et prp>e la lib]t4 ,puis1 c'e/ plus mle1 plus con=me ce que doit dsir] un jeune homme1 c'e/--dire un tre qui e/ jeune et qui veut dev5ir un homme4 ,reg>dez les meilleurs de ce temps et les meilleurs du temps pass4 ,ils ont t\s mang un peu de va*e enrage1 et ils s'en vant5t4 ,aprs t\t1 c'e/ bi5 plus intressant racont] plus t>d4 ,mem9isse juvat4 ,sans d\te1 un bon lit1 une bonne table1 c'e/ apprci]4 ,ne mprisons ri5 et1 l'occasion1 pr(itons-en mieux que p]sonne4 ,mais ce n'e/ pas l ce qui m>que et se grave le plus avant dans le s\v5ir4 ,on se rappelle plus volonti]s les j\rs o l'on a mang maigre et c\* sur la dure1 voire mme la belle toile4 ,je ne s\haite p]sonne de s\ffrir de la faim1 du froid1 de ptir enf91 mais un peu de misre et d'au/rit1 c'e/ le sel de la jeunesse4 ,c'e/ p\r cela qu'il faut se flicit] d'tre n dans une situation mode/e1 et qu& il en e/ autrem5t1 il convi5t de re*]*] la simplicit de gts et de beso9s4 ,je v\drais qu'il y et un plus gr& nombre de jeunes g5s ri*es1 pris de labeurs1 d'ef=ts1 de privations1 de pauvret volontaire enf91 et mo9s de jeunes g5s1 issus de conditions humbles1 honteux de leur sort et de leur orig9e1 t\j\rs appliqus p>atre plus =tuns qu'ils ne sont et arrivant dp5s]1 p\r leur sup]flu1 le ncessaire de leurs p>5ts6 ,p\r conclure1 j'e/ime que la d\leur e/ une amie1 qu'il faut la salu] comme une maje/1 tre bi5 p]suad que sans elle l'humanit s]ait re/e conf9e dans la b>b>ie1 et que les plus beaux progrs lui sont dus4 ,t\t jeune homme de cur doit la respect]1 la vnr] au-dessus de n'importe quelle gr&eur1 l'aim] et bais] dans la p\ssire les traces de ses pas sanglants4 #d4 ,recueillem5t et repos4 ,ceux qui mdit5t de sortir des *em9s battus ont beso9 de se con/itu] une =te vie intrieure4 ,p\r retr\v] con/amm5t la ligne ju/e1 imp>tiale1 il leur e/ ncessaire d'*app] de temps en temps aux sollicitations extrieures1 aux entranem5ts des t5dances et des p>tis1 aux cris discordants qui d*ir5t l'air aut\r d'eux4 ,je rclame une l>ge "p p\r le recueillem5t1 dans la vie de notre jeunesse4 ,o la tr\v]1 c'e/ une autre "q4 ,l'autre j\r1 en passant sur un de ces *amps de foire o1 avec les moy5s p]fectionns de la civilisation mod]ne1 on organise de si beaux vac>mes1 j'ai vu ceci3 ,un petit jeune homme aux *eveux b\cls1 aux traits f9s1 faisant p>tie1 sans d\te1 d'une famille de =a9s et r5tr1 p\r les vacances dans la voiture pat]nelle1 se t5ait accr\pi sur un pliant1 les c\des sur les g5\x1 les p\ces dans les oreilles1 les yeux plongs dans un livre4 ,a droite criait un bateleur1 gau*e ronflait un trombone1 une grosse caisse battait son ple91 plusieurs orgues rivalisai5t sur des airs diffr5ts au s\ffle ass\rdissant de leurs trompettes d'aira94 ,des *i5s aboyai5t1 des passants *antai5t1 criai5t1 se battai5t3 le petit1 lui1 re/ait imp]turbable4 ,longtemps je le reg>dai4 ,il m'app>ut ce mom5t comme un symbole3 ,si l'on veut arriv] ma9t5ant se recueillir1 c'e/ un peu comme lui qu'il faudra s'y pr5dre4 ,imitons ce vaillant enfant qui1 =ce de volont1 tablit le sil5ce en ple9 tumulte4 ,il faut av\] que cette puissance de conc5tration n'e/ pas donne t\t le monde4 ,encore arriv]ions-n\s peut-tre l'acqurir si n\s connaissions la valeur du recueillem5t4 ,mais1 en gnral1 on le r$\te plutt qu'on n'y aspire4 ,*acun1 au sortir du c\rs1 des bureaux1 du laboratoire1 de l'us9e1 croit de son devoir de pr5dre des mesures contre les dang]s qu'il c\rt de re/] en tte tte avec lui-mme4 ,les auditeurs de ,jean-,bapti/e1 t\*s de sa p>ole1 lui dem&ai5t3 ,que faire p\r *app] la colre v5ir8 ,leur "q me rappelle1 p> analogie1 celle d'une multitude de nos contempora9s4 ,ceux-ci dem&5t3 ,que faire1 qu'entrepr5dre p\r *app] n\s-mmes8 ,ont-ils peur d'tre en mauvaise socit en demeurant face face avec leur propre p]sonne8 ,on le dirait4 ,ils prfr5t la solitude la compagnie la mo9s intressante et la plus malsa9e4 ,c]ta9s aim5t mieux pay] p\r s'ennuy] en masse que de s'ennuy] t\t seuls gratuitem5t4 ,ri5 n'e/ intressant comme de voir t\tes les comb9aisons1 t\tes les +nieuses r\]ies dployes dans cette lutte contre le recueillem5t4 ,on s'assure contre lui1 comme contre la grle ou l'inc5die4 ,le s\ dp5s p> les plus pauvres p\r a*et] un j\rnal1 dont p>fois ils ne lis5t que le feuilleton1 n'e/-il pas trs s\v5t une sorte de prime d'assurance8 ,v\s connaissez ces g5s prvoyants qui port5t t\j\rs des sels sur eux p\r s'en s]vir en cas de malaise4 ,il y en a mme qui emport5t t\te une ph>macie3 c'e/ plus prud5t4 ,dans un b diffr5t1 d'autres ont t\j\rs sur eux une feuille publique1 un roman1 un jeu de c>tes ou de pati5ce4 ,aussitt qu'il se prs5te un in/ant et qu'ils risqu5t de rfl*ir1 ou de r5tr] en eux-mmes1 vite1 ils sort5t leur remde4 ,ils lis5t un bullet9 f9anci]1 un fait div]s1 ou font une russite444 le pril e/ conjur1 et quel pril6 ils avai5t failli se recueillir4 ,c'e/ l'horreur de la vie intrieure p\sse jusqu'au ridicule4 ,le rsultat e/ que beauc\p d'hommes devi5n5t des trang]s p\r eux-mmes4 ,t\te l'int5sit de vie s'e/ porte la surface4 ,*ann+ disait3 ,il vit et meurt des multitudes d'hommes aussi trang]s eux-mmes que n\s sont n\s les pays pe9e connus de nom1 mais qu'un pi$ huma9 n'a jamais f\ls4 ,a c]ta9es poques de l'hi/oire1 la contemplation solitaire avait fait p]dre aux croyants le *em9 du monde =ce de les t\rn] t\t enti]s v]s les *oses intrieures4 ,le *em9 p]du ma9t5ant1 c'e/ le petit s5ti] qui conduit dans notre propre cur4 ,n\s avons gr& tort de nglig] ce s5ti]4 ,on p]oit1 dans le sil5ce de ses dt\rs oublis1 des voix d\ces et puissantes dont nos oreilles se sont d%abitues4 ,la solitude que n\s fuyons e/ bonne1 et le recueillem5t e/ salutaire4 ,il faut des haltes dans la vie1 et comme dit sae1 il convi5t p>fois de s'asseoir dans le sil5ce4 ,v\s me direz que ce que j'avance l e/ en contradiction avec l'action que je prs5te comme un des traits ess5tiels de l'idal n\veau4 ,nullem5t4 ,la s\rce de l'action calme et sre e/ dans le recueillem5t4 ,en quoi consi/e l'n]gie d'une volont1 la f]met d'une consci5ce et sa sret8 ,c'e/ dans la facult de savoir tre seul1 de rsi/] l'envahissem5t des influ5ces du dehors et de s'aff]mir contre elles dans une =te vie intrieure4 ,se recueillir n'e/ pas fuir le monde et s'amollir dans un isolem5t maladif ou dans la /rile contemplation du moi4 ,dans ce s5s n\s disons au contraire3 ,v soli6--,se recueillir c'e/ =g] et f\rbir ses armes l'c>t p\r les report] au combat avec une n]gie n\velle4 ,c'e/ recul] p\r mieux saut]4 ,a ct de t\te gr&e activit extrieure1 il faut une vie intrieure int5se4 ,p>t\t o celle-ci manque1 l'activit dgnre en agitation4 ,la retraite1 la solitude1 le ds]t ont j\ un rle dans t\tes les exi/5ces fcondes4 ,p>t\t o1 dans ce monde1 s'lve une voix capable d'veill] un *o1 elle sort d'une b\*e qui sait se taire4 ,le secret des p>oles puissantes et des actes hroques e/ dans les gr&s sil5ces de l'me4 ,dans le recueillem5t t\tes les n]gies se conc5tr5t et se prp>5t1 et qu& arrive leur heure1 elles se manife/5t avec un lan vig\reux4 ,on dirait que l'esprit a1 comme la t]re1 ses longs hiv]s o t\t se tait et sommeille1 ses pr9temps avec leur rveil1 leur g]m9ation et puis ses moissons4 ,il y a l des lois contre lesquelles on ne peut s'insurg] sans se heurt] l'impossible4 ,cela e/ vrai p\r l'tude et l'assimilation du savoir d'autrui qui a beso9 de se tass] et de se digr]4 ,cela e/ vrai surt\t p\r le travail de production p]sonnelle4 ,t\s les travailleurs de l'esprit devrai5t s'en s\v5ir con/amm5t1 s\s pe9e de produire des uvres phmres1 sans porte ni vigueur4 ,la maldiction des c>rires qui oblig5t l'homme d'crire ou de p>l] j\r fixe1 e/ d'excit] la production artificielle4 ,plus on e/ jeune plus ce g5re de travail fait de mal4 ,qu& on se presse trop1 on ne travaille plus1 on fabrique4 ,j'engag]ai t\j\rs un jeune homme respectueux de son individualit produire sans hte4 ,mieux vaut laiss] son encri] se s*] et sa plume se r\ill]1 que de s'en s]vir p\r mettre au monde des p5ses non mres4 ,p\r les actes1 il en e/ de mme4 ,il ne faut pas que l'action extrieure devance l'action intrieure4 ,t\t ce qui vi5t avant son heure e/ faux et ne peut dur]4 ,d'o vi5t la v]tu p>ticulire1 l'immortelle beaut des *efs-d'uvre classiques1 qu'ils s'appell5t posie1 pe9ture ou sculpture8 ,elle e/ p\r une bonne "p dans la pati5te ge/ation d'une uvre v5ue son heure sans fivre et sans artifice4 ,que de mauvais travail n\s faisons p>ce que n\s ne connaissons pas la =ce du recueillem5t ni le secret de t5dre longtemps l'arc af9 que le c\p porte plus lo96 99 99 99 99 99 ,le recueillem5t e/ une =ce encore p>ce qu'il assure l'unit de la vie4 ,e/-ce un cavali] que celui qui va o veut le *eval8 ,non1 n'e/-ce pas8--,ceux qui ne sav5t pas revivre leur pass1 se ressaisir1 et mettre de l'unit dans leurs aspirations1 sont comme ces cavali]s en zigzag qui se laiss5t emport] la fantaisie de leur monture4 ,sans le savoir ils obiss5t mille impressions trangres1 et se modifi5t selon les vnem5ts4 ,ce ne sont pas des individualits1 ce sont des rsultats4 ,p\r *app] cette indigne s]vitude o tant d'hommes se voi5t am5s dfaire auj\rd'hui ce qu'ils ont fait hi] et p]dre t\t le fruit de la vie1 il n'y a qu'un remde3 le recueillem5t4 ,il faut que le jeune homme rep5se son enfance et l'homme1 sa jeunesse4 ,les meilleurs p>mi n\s sont ceux en qui le jeune homme se s\vi5t de l'enfant et l'homme mr1 de l'adolesc5t4 ,quelle belle vie que celle o1 malgr t\tes les fluctuations extrieures1 il s'e/ peu peu con/itu1 dans le sil5ce du cur1 un pacte de fidlit entre les ges diffr5ts3 o le jeune homme a su g>d] la navet1 l'homme la joie et l'en?\siasme1 le vieill>d la confiance et la srnit1 et o t\tes ces vies rsumes en une seule s'accord5t p\r dire3 n\s ma9ti5drons6 ,la tri/e exi/5ce1 p> contre1 o l'on se voit soi-mme l-bas dans le pass mort1 comme un inconnu qui dit1 qui *ante1 qui aime des *oses que n\s ne compr5ons plus6 ,malheur aux peuples qui oubli5t leur hi/oire et aux hommes qui oubli5t leur pass4 ,le roi ,ahasvrus n'avait pas plutt comm5c c\t] la lecture de sa propre hi/oire qu'il y dc\vrait plusieurs inju/ices rp>]4 ,laissons p>fois ce *roniqueur imp>tial qu'on nomme la consci5ce1 d*iffr] aux tablettes des j\rs van\is ce que n\s fmes alors1 ce que n\s avons s\ff]t1 accompli ou nglig4 ,soyons respectueux p\r cette sollicitation intrieure qui n\s dit avec tant d'in/ance et d'autorit3 ,/a viator4 ,pl]9 arrte-toi1 fais une halte6 s\vi5s-toi6 ,que ce soit p\r pleur] ou p\r s\rire1 les deux sont salutaires4 ,on en sort t\j\rs meilleur et plus =t p>ce qu'on en sort plus fidle4 ,une vie sans s\v5ir e/ une *ane brise4 ,le plus prcieux d'elle-mme e/ p]du1 elle n'a plus de prix4 ,a quoi bon pe9]1 s'ef=c]1 c\rir et se ht] p\r laiss] t\t prir ensuite au g\ffre de l'oubli6 ,/a viator6 ,ne dis pas que tu es press4 ,a quoi s]t la vitesse qu& elle mne aux abmes6 ,or1 celui qui ne dresse jamais son bilan moral1 celui qui ne revit pas sa vie1 celui qui accomplit ses uvres et s'en va1 les oubliant comme les oiseaux /upides qui oubli5t leurs ufs dans le sable1 c\rt sa p]te c]ta9e4 ,qu& il s'y att5dra le mo9s1 il se bris]a le front contre quelque pi]re qu'il a lui-mme pose4 ,non1 il n'y a ni excuse1 ni prtexte acceptable1 il n'y a aucune bonne raison possible allgu] contre cette ncessit morale de s'arrt] et de faire son exam5 de consci5ce4 99 99 99 99 99 ,la mme ncessit exi/e p\r quiconque ti5t avoir une vie intellectuelle de quelque valeur4 ,si v\s ne v\lez pas que votre intellig5ce dgnre1 f9isse dans l'incohr5ce1 dans le plus invraisemblable mlange du p\r et du contre1 il faut v\s arrt] quelquefois1 contrl] le travail qui s'e/ fait1 et en pr\v] la solidit4 ,en un mot1 il e/ urg5t de faire cess] les bruits du dehors et les sugge/ions de la p5se d'autrui p\r rev5ir la c\tume dmode de p5s] p> soi-mme4 ,autrem5t il ne re/e bi5tt1 comme fruit d'une vie intellectuelle dsordonne1 qu'une exi/5ce pratique /rile4 ,les actions se dtruis5t les unes les autres1 comme les p5ses4 99 99 99 99 99 ,que dire de la foi religieuse8 ,peut-on encore donn] ce nom l'assemblage biz>re1 htrogne1 de pices neuves et vieilles de t\te prov5ance qui con/itue si s\v5t l'difice de nos conceptions religieuses8 ,l'incurie seule semble avoir prsid cette con/ruction *ancelante1 et c'e/ l l'abri qui doit n\s protg]6 ,plus que p>t\t ailleurs1 il faut ici du sil5ce et du recueillem5t4 ,jeunes croyants1 dem&ez-v\s ce que v\s croyez1 et si c'e/ bi5 v\s qui croyez4 ,votre foi e/-elle vivante1 trans=me en suc et en sang1 ou bi5 n'e/-elle qu'un amalgame de corps trang]s qui encombr5t votre vie intrieure8 ,il e/ si dur de voir ses affirmations les plus catgoriques se rs\dre en fume1 et ses prote/ations c\rageuses faire place1 au mom5t critique1 la cra9te et aux inc]titudes4 ,p\r s'vit] l'affreuse solitude dans les r5contres suprmes1 o les croyances d'emprunt tomb5t en p\ssire au *oc de l'preuve1 il faut s\v5t se retir] dans le sil5ce4 ,l1 en face de ,dieu seul et de la ralit1 la foi s'pure et se =tifie en dev5ant plus simple et plus vraie4 ,elle se db>rasse des scories qu'y ml5t1 p\r notre malheur1 la r\t9e et la cra9te des hommes2 et de cette cole au/re o la sa9te vrit n\s *tie1 n\s sortons avec un cur plus f]me4 99 99 99 99 99 ,je ne me cont5t]ai pas de recomm&] le recueillem5t2 mais je pr*]ai le repos4 ,ne riez pas4 ,s'il y en a qui fln5t trop1 il y en a aussi qui ne fln5t pas assez4 ,trop travaill]1 hlas6 ne pr(ite pas4 ,f]mez-moi ce livre1 teignez cette lampe6 ,et jam tempus equum fumantia solv]e colla4 ,v\s n'avez pas de temps p]dre1 dites-v\s4 ,se repos] n'e/ pas p]dre du temps1 c'e/ en gagn]4 ,v\s travaill]ez beauc\p mieux aprs4 ,il y a une limite t\t3 =ce de b*] on f9it p> s'abrutir4 ,j'en appelle t\s ceux qui ont pass des exam5s4 ,donc je suis p\r les haltes6 ,p> une j\rne d't1 clatante de soleil1 lorsque1 t\ri/e1 on a mesur les gr&es r\tes p\dreuses et les *em9s esc>ps o la rocaille blesse le pi$1 comme il fait bon jet] le sac et le bton et s'asseoir l'ombre6 ,c'e/ ce qu'il y a de meilleur dans les excursions4--,rflexion de tran>d6 direz-v\s1 maxime de ceux qui1 p>mi les beauts de la nature1 gt5t surt\t les oreill]s de m\sse et laiss5t volonti]s d'autres la gloire des gr&s ef=ts et des asc5sions pnibles4 ,cela rappelle le fameux3 ,suave m>i magno de ,lucrce444 ,pas le mo9s du monde6 ,cette rflexion e/ inspire p> la ncessit mme1 p> les lois inhr5tes aux *oses huma9es4 ,celui qui ne sait pas s'arrt] ne sait ni m>*] ni pr(it] de ses m>*es4 ,il faut quelquefois s'asseoir1 reg>d] en arrire et devant soi1 se s\v5ir et prvoir1 exam9] ses =ces et son temps1 c\t] ce que dis5t au pl]91 un in/ant arrt1 les br9s d'h]be1 les f\rmis1 les oiseaux4 ,il faut s'asseoir p\r p]cevoir trav]s les sons et les =mes des *oses qui pass5t1 la voix de ,dieu et le s\pir de l'me4 ,celui qui ne sait pas s'arrt] a9si ne rapport]a que bi5 peu de ses prom5ades1 duss5t-elles pr5dre les proportions d'un t\r du monde4 ,il en e/ de mme de la vie4 ,p\r la jug]1 l'apprci]1 en repr5dre le gt1 en sond] le s5s1 il faut s'asseoir quelquefois sur ses bords et la reg>d] c\l]4 ,le meilleur de la vie et le plus utile1 ce sont les haltes4--,que n\s soyons h>asss de corps ou d'esprit1 que nos c\rbatures ai5t p\r sige l'*9e1 le c]veau ou le cur1 il fait t\j\rs bon se s\v5ir qu'on n'e/ ni un esclave ni une bte de somme4 ,la fatigue tr\ble la vue1 au physique et au moral4 ,a mesure que n\s pe9ons et que la lassitude ou la fivre n\s gagne1 la vue claire des *oses n\s *appe4 ,la t*e semble d'autant plus difficile qu'on s'y a*>ne davantage et sans discont9u]4 ,comme ces f>deaux1 d'abord lg]s1 mais qui p>aiss5t plus pesants mesure qu'on les porte et f9iss5t p> v\s dev5ir insupportables1 les labeurs in9t]rompus se *ang5t en corves4 ,il arrive alors des mom5ts t]ribles o n\s n\s s5tons engags dans une impasse sans issue1 n\s heurt] le front contre des ob/acles insurmontables4 ,cela e/ vrai p\r le travail matriel comme p\r celui de l'esprit4 ,l'un et l'autre se rduis5t aprs t\t une application de la mme n]gie4 ,cette n]gie augm5te p> l'ex]cice modr1 mais se rebute et peut s'anantir p> l'excs4 ,la dmoralisation s'emp>e facilem5t de celui qu'un ef=t dmesur a puis4 ,on dirait qu'elle guette le travailleur1 mme le plus c\rageux1 p\r se jet] sur lui au mom5t o il plie s\s le faix4 ,autant qu'il e/ en n\s1 il n\s faut donc song] en temps utile n\s donn] quelque rpit4 ,p>mi les plus sacrs des droits de l'homme1 il y a le droit au repos4 ,celui qui n'en use pas1 ou emp*e les autres d'en us]1 p*e contre l'humanit4 ,mais aussitt que dans une vie se produis5t les int]valles rguli]s de calme et de rflexion1 t\t l'tre se r5\velle4 ,un homme au repos e/ comme celui qui fait une cure4 ,moralem5t1 il *ange d'air et de milieu4 ,il considre les *oses un autre po9t de vue4 ,il passe comme spectateur prs de ce *amp de travail o il agissait et1 le reg>dant de plus lo9 et de plus haut1 il compr5d mieux son uvre4 ,en y travaillant il voyait le dtail2 ma9t5ant il voit l'ensemble et les al5t\rs4 ,la vie des autres et leur uvre lui app>aiss5t dans leurs rapports avec son activit p]sonnelle4 ,il tablit des comp>aisons et pr5d des leons4 ,t\t cela lui s]vira qu& il repr5dra sa place acc\tume4--,mais surt\t en se reposant il pr\ve du bi5-tre4 ,la fatigue e/ une maladie dont le repos n\s gurit1 et les plus heureux des mortels ce sont les convalesc5ts4 ,les contra/es qu'ils mesur5t en *appant aux puissances de mort et de de/ruction p\r r5atre la vie1 sont p\r eux une s\rce inf9ie de j\issances que nul autre ne peut s\ponn]4 ,si les p>esseux savai5t ce qu'pr\ve le travailleur en se reposant1 ils s'empress]ai5t de travaill]1 c'e/ indubitable4 ,des annes de fa9antise donnes ce qu'il e/ conv5u d'appel] le plaisir1 ne val5t pas une heure de repos des vrais travailleurs4 ,c'e/ p\r ceux-ci que ,dieu dvoile1 qu& ils pr5n5t leurs aises1 t\t un monde de beaut et de ri*esse que nul autre ne peut connatre4 ,il leur dit1 dans les crpuscules et les soleils c\*ants1 dans le sil5ce rp>ateur des soirs clm5ts1 des *oses t]nelles qu'on ne peut ent5dre que lorsqu'on a support la *aleur du j\r4 ,v ,,joie ,w] ni*t liebt ,we91 ,weib und ,gesang ,d] bleibt e9 ,n>r se9 ,leb5 lang4 ,lu!r4 ,vivez joyeux6 ,rabelais4 ,ne pr5ez pas un air sombre comme les hypocrites4 ,jsus4 6 7salut grec74 #a4 ,plaisirs et di/ractions4 ,il y a trois sortes de g5s ho/iles au plaisir4 ,plus1 sans d\te2 mais ce s]ait leur faire trop d'honneur que de les numr] t\s4 ,cela aurait l'air d'un dfil de j\rs de pluie4 ,trois suffis5t4 ,les utilitaires1 les asctes1 les pessimi/es4 ,les premi]s proscriv5t le plaisir p>ce qu'il e/ inutile1 et selon eux fait p]dre du temps sans ri5 rapport]3 ,comme on voit1 la raison e/ premptoire4 ,les autres le condamn5t p>ce qu'il e/ dang]eux leurs yeux et compromet le salut4 ,il a exi/ de t\t temps une va/e conception religieuse o dom95t les c\leurs sombres4 ,dieu lui-mme y e/ tri/e1 et l'homme fait cette morne maje/1 qui trne impassible au se9 d'un sil5ce t]nel1 le sacrifice de sa joie1 de son pauvre s\rire phmre1 de peur d'(f5s] celui qui ne s\rit jamais4 ,enf9 les pessimi/es ni5t le plaisir p>ce qu'il drange leur sy/me4 ,c'e/ t\j\rs la mme *ose4 ,en philosophie1 lorsque quelque *ose v\s gne ou ne cadre pas avec votre petite ?orie1 on le supprime4 ,ayant p>l] d'un sujet mal vu p> de si graves autorits1 je n'ai pas v\lu re/] seul1 j'ai *]* du r5=t4 ,ils sont l plusieurs dont j'ai cit les propos1 et je les crois assez connus et assez respectables p\r me c\vrir4 ,enf9 j'ai pris un de ces mots qui ne sont d'aucun homme1 mais de t\t le monde et inc>n5t t\te une me de peuple3 1 le salut grec4 ,cela rappelle la bonne vieille exclamation de nos pres3 ,gai6 ,aprs cela1 c'e/ de bonne consci5ce et en excell5te compagnie que n\s allons n\s engag] sur le t]ra94 ,je dsire d'abord p>l] des plaisirs et des di/ractions et ensuite1 desc5dant des pr(ondeurs plus gr&es1 de la joie en elle-mme4 99 99 99 99 99 ,qu& on p>le de plaisirs et de di/ractions1 il convi5t d'en indiqu] l'orig9e4 ,de mme qu'il n'e/ pas exact de dire que ce sont les prtres qui ont inv5t la religion1 les mdec9s la maladie1 les cuis9i]s la faim1 ou les vign]ons la soif1 de mme il s]ait absurde de prt5dre que les di/ractions ont t inv5tes p> les saltimbanques1 les pitres1 les indu/riels de t\t g5re dont la di/raction d'autrui e/ le gagne-pa91 mais qui s]v5t s\v5t t\t aussi mal la cause p> eux exploite1 que les mauvais prtres1 les *>latans et les dbitants de produits alim5taires frelats4 ,l'orig9e des di/ractions e/ *]*] dans un beso9 trs rel et trs lgitime1 le beso9 de div]sion4 ,le repos ne suffit pas4 ,c'e/ pe9e s'il satisfait la brute4 ,les animaux eux-mmes1 surt\t les animaux suprieurs1 ont leurs jeux et leurs div]tissem5ts4 ,a plus =te raison l'homme en a-t-il beso91 surt\t le jeune homme4 ,n\s sommes a9si faits que la rptition prolonge1 mme d'impressions agrables1 n\s n]ve et n\s fatigue4 ,qu'en s]a-t-il des travaux rudes1 de ces occupations absorbantes qui us5t la longue les plus robu/es facults8 ,la jeunesse se d=me et se lasse plus vite encore que l'ge mr4 ,l'tudiant1 le jeune ouvri]1 le jeune employ1 qui n'aurait jamais ou qui aurait trop r>em5t l'occasion de se di/raire ne t>d]ait pas ptir de cette privation4 ,son sort ne se di/+u]ait gure de celui de l'esclave4 ,mais1 si le plaisir e/ un beso91 voire un devoir2 si les div]tissem5ts subsi/5t et r5aiss5t1 malgr leurs dtracteurs1 il convi5t de leur accord] la plus srieuse att5tion4 ,n\s avons faire l1 non un phnomne secondaire et ngligeable1 mais un des facteurs les plus actifs de la vie4 ,la "q de l'emploi de nos loisirs et de la nature de nos plaisirs e/ une "q capitale4 ,en effet1 les moy5s de se di/raire v>i5t l'inf9i1 et s'il en e/ de salutaires1 il en e/ de fune/es4 ,dans une c]ta9e mesure le fruit de l'activit entire dp5d de l'emploi qu'on fait de ses loisirs4 ,les bonnes di/ractions r5d5t l'homme meilleur et le =tifi5t2 les di/ractions malsa9es ru95t l'individu et devi5n5t un lm5t dissolvant dans la socit4 ,il ne suffit pas de savoir travaill]1 il faut savoir se di/raire4 ,or1 av\ons-le sans dt\rs1 notre temps n'e/ pas de ceux qui ont su donn] au beso9 natif que l'homme a de se di/raire et de se dlass]1 des satisfactions vritables1 solides1 et une heureuse direction4 ,le sicle e/ viveur1 j\isseur outrance1 il a inv5t des plaisirs et des di/ractions que nos pres ne connaissai5t pas1 mais on re/]ait dans la vrit /ricte en disant qu'on ne sait plus s'amus]4 ,art p]du1 recette oublie1 comme celle du feu grgeois et du cim5t roma94 ,l'hi/oire du loisir et de son emploi e/ bi5 in/ructive et bi5 intressante quoique1 sur bi5 des po9ts1 les matriaux en soi5t difficiles runir4 ,mais il y a un c]ta9 nombre de rgles qui se retr\v5t p>t\t4 ,a la jeunesse des peuples1 leur =ce1 leur v]tu1 leur puissance d'expansion correspond5t des moy5s de di/ractions robu/es1 des plaisirs mles4 ,c'e/ la c\rse1 la gymna/ique1 la natation1 la lutte1 les jeux au gr& air1 t\t ce qui dg\rdit et ass\plit le corps1 t\t ce qui active la joie de vivre4 ,a la vieillesse1 la dcrpitude1 la dcad5ce des peuples correspond5t les di/ractions effm9es1 les plaisirs raff9s et s\v5t honteux1 t\t ce qui *at\ille les s5s1 eng\rdit le corps et en favorise la p>esse4 ,la vie en *ambre succde la vie en ple9 air4 ,n\s assi/ons cette volution *ez les anci5s3 ,les ,grecs de la dcad5ce ds]tai5t les salutaires et viriles pratiques de la pale/re o leurs anci5s s'tai5t di/+us et tremps1 p\r le v91 le jeu et les plaisirs corrupteurs4 ,les jeunes ,roma9s des temps de l'empire ne p\vai5t pas mme s\lev] les disques que leurs anctres lanai5t jadis d'un bras n]veux4 ,mais en rgle gnrale et malgr les alt]natives de gr&eur et de dcad5ce des peuples1 on peut rem>qu]1 des temps anci5s v]s les temps mod]nes1 une sorte de progression dans les di/ractions sd5taires4 ,les dlassem5ts ayant p\r =me l'ex]cice corporel vont en dim9uant4 ,au moy5 ge1 l'influ5ce de l'glise et de la morale asctique se fait1 il e/ vrai1 =tem5t s5tir4 ,le corps e/ mpris1 trait de gu5ille ou d'entrave p\r l'me4 ,l'affaiblir et le nglig] autant que possible e/ un idal trs rp&u4 ,mais le mal que l'asctisme fait d'une "p la socit p> son mpris p\r les ex]cices du corps1 et mme p\r les di/ractions en gnral qui sont traites de pr(anes1 e/ contrebalanc p> l'influ5ce de la *eval]ie o l'ducation t\t entire repose sur le vig\reux dveloppem5t physique4 ,on corrigeait un excs p> l'autre4 ,le peuple1 lui1 quoique bi5 malheureux1 et la jeunesse cons]v5t mme p5dant les sicles les plus sombres cette volont d'tre heureux qui se traduit p> les di/ractions s\v5t bruyantes1 les exc5tricits et les folies4 ,les div]tissem5ts en ple9 air sont nombreux4 ,a mesure qu'on s'appro*e de la ,r5aissance une pdagogie plus sa9e1 inspire p> une autre conception de la vie1 r5d la di/raction une place dans l'ducation mme4 ,les jeux1 les div]tissem5ts sont rhabilits aux yeux des hommes qui p5s5t4 ,qu'on se s\vi5ne de ,rabelais et de ,montaigne4 ,leurs ides ne sont pas seulem5t l'*o des proccupations d'une lite1 elles reflt5t leur temps t\t enti]4 ,la ,r=me e/1 elle aussi1 p> t\t un va/e ct de sa morale une rhabilitation de la joie4 ,les rigueurs de ,calv9 ,g5ve sont bi5 plutt une prote/ation ncessaire1 une mesure de rpression indisp5sable contre le lib]t9age1 qu'une condamnation de la joie4 ,il faut lire ,lu!r1 le voir vivre et l'ent5dre *ant]1 l'ent5dre faire le procs de la tri/esse et l'apologie de la gat1 nomm] la premire un vice1 une sorte de malpropret de l'me1 la seconde une v]tu1 p\r se r5dre compte de la position de la ,r=me cet g>d4 ,au dix-septime sicle n\s sommes p>t\t en ple9e raction4 ,c'e/ la vie factice1 artificielle1 qui repr5d le dessus1 vie de salons et de c\r concidant avec une poque de raideur dogmatique presque sans prcd5ts et avec de longues calamits publiques4 ,la joie alors subit des clipses bi5 faciles compr5dre4 ,l'heure de pleur]1 p\r le peuple1 vi5t plus s\v5t que l'heure de rire4 ,mais n\s avons hte d'en v5ir notre temps4 ,un simple c\p d'il jet sur nos di/ractions1 comp>es1 en gnral1 celles des temps passs1 suffit p\r tablir qu'elles ont le c>actre de plus en plus sd5taire4 ,cette t5dance peut se con/at] trav]s t\tes les c\*es de la socit4 ,qu& on songe la vie recluse des travailleurs de l'esprit1 ou de la population ouvrire des gr&es villes1 on ne peut que dplor] cet tat de *oses4 ,d'autant plus que ces di/ractions sd5taires1 quelle qu'en soit d'ailleurs la =me1 depuis les plus innoc5tes jusqu'aux plus corruptrices1 ont l'inconvni5t d'excit] le sy/me n]veux4 ,au sortir de l'exaspration crbrale o n\s jette le labeur enfivr1 n\s aurions plus que jamais beso9 d'air1 de m\vem5t1 d'ex]cices corporels sa9s1 capables de rp>] en p>tie le mal occasionn p> la mauvaise atmosphre1 les attitudes accr\pies et homicides des ateli]s1 des bureaux ou des coles4 ,or que faisons-n\s8 ,n\s allons au spectacle1 dans les lieux o l'on fume1 boit1 j\e1 ou encore n\s faisons1 et c'e/ du gr& nombre que je p>le1 une lecture aussi excitante que possible4 ,la dose d'motion que l'on met dans c]ta9es lectures et c]ta9s spectacles e/ calcule p\r des n]fs m\sss et qu'il faut excit] artificiellem5t p\r les faire vibr] encore4 ,c'e/ de la galvanisation4 ,mais cette lecture s]ait-elle excell5te1 lorsqu'elle accap>e le plus clair de nos loisirs1 elle devi5t fune/e4 ,c'e/ t\t autre *ose qu'il n\s faudrait4 ,et en disant cela je p5se t\t le monde sans exception4 ,mais c'e/ la jeunesse populaire surt\t qui me fait piti p>ce qu'elle se fait le plus de mal4 ,qu& fatigue1 h>asse1 extnue1 elle a soif d'un peu de dlassem5t1 de bonheur1 d'oubli1 il ne lui re/e presque que des di/ractions malfaisantes et des plaisirs qui empoisonn5t4 ,l'alcool1 les dsordres sexuels1 les mauvaises lectures4 ,n\s sommes l en prs5ce d'un mal d'une extrme gravit et qui1 p>mi d'autres trs f*euses consqu5ces p\r la morale1 la sant publique et la paix sociale1 ab\tit celle-ci1 plus regrettable que t\tes les autres3 ,la joie se meurt4 ,que sont la vie et la jeunesse sans la joie8 ,tr\blez-n\s cette s\rce1 aprs cela v\s n\s donn]iez la t]re et t\t ce qu'elle conti5t1 sans p>v5ir rp>] le mal4 ,sans la joie t\t e/ creux1 insipide1 mort4 99 99 99 99 99 ,j'ai salu avec en?\siasme la r5aissance des di/ractions en ple9 air1 des jeux de =ce et d'adresse1 dans la jeunesse des coles1 et je fais des vux p\r que ces t5dances se dvelopp5t t\s les j\rs davantage et se rp&5t dans le peuple4 ,la jeunesse a t\t gagn]1 p\r son ducation gnrale et p\r son bonheur1 d'une r=me dans l'emploi de ses loisirs et l'organisation de ses plaisirs4 ,il y a c5t faons d'tre heureux1 sans gr&s frais et de se div]tir royalem5t t\t en rtablissant en soi-mme l'quilibre p]du4 ,rev5ir la simplicit1 aux impressions sa9es1 =tes1 qui apais5t1 calm5t et font aim] l'exi/5ce1 voil ce qu'il n\s faut1 au lieu de ces plaisirs factices qui eng5dr5t le dgt de la vie4 ,il e/ entre autres une di/raction t\j\rs n\velle1 runissant l'agrm5t de l'esprit l'ex]cice du corps et cond5sant en elle une somme 9puisable de surprises dlicieuses1 c'e/ la gr&e c\rse pde/re1 sac au dos1 trav]s le pays4 ,jeune ,franais1 pr5ds le bton des vieux compagnons du t\r de ,france et mesure la t]re natale1 pas pas1 comme eux1 la semelle de tes s\li]s1 af9 de mieux l'aim] p\r l'avoir mieux connue6 ,le premi] imbcile v5u peut dormir en *em9 de f]4 ,mais qu'a-t-il vu dans les c5t lieues de p>c\rs8 ,deux ou trois buffets1 voil t\t4 ,aussi f9issons-n\s p> ne plus connatre la patrie4 ,si la jeunesse s'pr5ait de ces t\rnes de plusieurs j\rs de m>*e1 faites p> dix ou d\ze gais et solides cam>ades1 quel bi5 elle se f]ait elle-mme1 t\t en donnant l'exemple le meilleur6 ,il faut n\s sortir t\t prix des ornires et reconqurir la joie4 ,la =t avec ses s5teurs capiteuses1 ses voix1 sa sve2 la montagne avec son hale9e et ses va/es horizons2 la m] avec sa puissance et sa posie sont surs de la jeunesse4 ,c'e/ l qu'il faut all] p\r se n\rrir de =ce et de vie4 ,wem ,gott w re*te ,gun/ erweis51 ,d5 s*ickt er 9 die weite ,welt6 ,ei*5dorff4 99 99 99 99 99 ,mais j'ai hte d'en v5ir un po9t qui me proccupe p>ticulirem5t3 le *ant4 ,la dcad5ce du *ant p>mi la jeunesse et le peuple e/ notoire4 ,j'en espre le relvem5t dans l'intrt du bonheur1 de la bonne vie et de l'esprit public4 ,je rve une r5aissance du *ant populaire laquelle la jeunesse in/ruite p\rrait contribu] beauc\p4 ,ce qu'elle *ante1 le peuple le rpte4 ,faites-n\s un beau recueil de *ansons d'tudiant sur t\t ce qui fait vibr] le cur des hommes1 *o de t\s les co9s du pays1 et de t\s les temps de notre hi/oire1 un recueil l'allure populaire o *ante l'me mme de la ,france4 ,n\s avons beso9 de cela p>ce que n\s avons beso9 de *ant] et que1 faute de mieux1 on *ante n'importe quoi4 ,dans nos villes mme1 au se9 de la cacophonie de t\s les bruits conjurs contre l'oreille et la voix huma9e1 la jeunesse populaire tr\ve moy5 de donn] j\r ce dsir de *ant]4 ,je les vois1 jeunes g>ons et jeunes filles1 se gr\p] dans les c\rs et les c>ref\rs1 p>t\t o l'on ne risque pas d'tre cras1 et prt] une att5tion presque religieuse ce j\eur de guit>e ou de violon1 qui *ante en s'accompagnant lui-mme4 ,v+t fois il rpte le mme refra94 ,enf91 quelques-uns le sav5t et le *ant5t avec lui4 ,ils lui a*t5t sa *anson et s'en vont1 la fr$onnant1 la b*ant f]me4 ,c'e/ quelquefois trs laid1 mais pas t\j\rs1 et je rem>que1 avec un plaisir inf9i1 qu'on *ante avec beauc\p de cur et de conviction c]ta9es braves *ansonnettes1 pauvres de rimes mais o il e/ "q d'am\r1 de pe9e1 de *oses huma9es4 ,s\v5t1 enf]m dans ce c]cle improvis d'avides lves d'un pr(esseur de r5contre1 tmo9 de cette ardeur du peuple v\loir *ant]1 j'ai mieux qu'ailleurs compris le vide que le *ant1 en m\rant sur les lvres1 laisse dans les curs1 et j'ai fait un rve aussi srieux qu'il v\s p>atra exc5trique4 ,le voici3 ,celui qui1 n\veau tr\bad\r1 p>c\rrait la ,france avec n'importe quel in/rum5t et qui appr5drait au peuple *ant] l'am\r1 la joie1 la d\leur1 la mort1 la patrie1 la nature1 t\t ce qui e/ vieux et t\j\rs n\veau1 t\t ce qui dort dans *aque cur et ne dem&e qu' s'veill]1 s]ait un bi5faiteur de l'humanit digne de figur] dans le cortge des hros et des sa9ts6 ,qu& on voit ce beso9 de *ant]1 si noble1 si lgitime et la plup>t du temps si mal satisfait1 si indignem5t g> et exploit1 on ress5t la fois de la piti et de l'indignation4 ,vieille t]re de ,france1 t]re du d\x p>l]1 toi qui1 au seuil des temps n\veaux1 dans ton idiome h>monieux et naf1 appr5ais *ant] aux nations1 t]re d'am\r1 de v9 et de soleil1 v]rais-tu le conc]t *app d'ge en ge de ton cur gnreux1 se t>ir et se taire devant des produits ineptes et malsa9s4 ,non1 ce ne s]a pas4 ,ta vieille me inva9cue ressuscit]a ton vieux *ant1 et le tr\bad\r que j'att5ds1 ce s]a t\te la jeunesse6 99 99 99 99 99 ,malgr moi1 il faut bi5 que j'arrive t\*] un po9t trs d\l\reux1 que l'on ne saurait vit] qu& on traite cette matire4 ,je veux p>l] du discrdit o les amusem5ts sont tombs p> l'abus4 ,il y a1 hlas6 un gr& nombre de *oses1 innoc5tes en elles-mmes1 qu'on ne peut presque plus se p]mettre p>ce que l'abus s'en e/ emp>4 ,la danse1 p> exemple4 ,quelle di/raction plus anci5ne et plus *>mante6 ,en ple9 air elle runit tant d'heureux avantages p\r la jeunesse que c'e/ dommage de la voir dev5ir le monopole des compagnies d\teuses4 ,oh les bonnes vieilles danses de noces o les g5s les plus graves dansai5t au milieu de la jeunesse et du peuple6 ,je n'ai plus gure ri5 vu de p>eil de nos j\rs1 si ce n'e/ dans quelque reco9 de prov9ce1 ou et l1 le soir d'un quatorze ,juillet2 et t\j\rs en face d'une de ces occasions si difficiles r5contr]1 o des hommes de t\tes les classes de la socit se div]tiss5t ensemble paisiblem5t1 j'ai ress5ti une motion d'un g5re p>ticuli]4 ,sur t\s ces visages o se lis5t1 graves1 tant de de/9es div]ses1 il fait si bon voir pass] la joie comme un rayon de soleil6 ,mais les murs publiques sont dev5ues telles que ce g5re de c\p d'il n\s e/ refus4 ,sauf dans les saut]ies de famille o l'on suffoque de *aleur et de p\ssire1 la danse prs5te une masse d'inconvni5ts1 que nos gr&s-pres et nos gr&'mres ne connaissai5t pas4 ,il en e/ de mme p\r une f\le de braves vieilles c\tumes4 ,c'e/ une *ose tri/e dire1 mais vraie1 et qu'il faut signal] af9 d'organis] la lutte3 ,la t]re e/ l'abus1 ce gr& meurtri]1 ce de/ructeur de l'usage lgitime4 ,lorsque ce misrable a empoisonn les s\rces1 l'eau de ro*e elle-mme devi5t suspecte d'impuret4 ,c'e/ p\r cela que la bonne vie et la v]tu sont ref\les dans les t]ra9s neutres et devi5n5t cette *ose t]ne et efface qui consi/e surt\t s'ab/5ir et quelquefois faire la bte =ce de v\loir faire l'ange4 ,aprs avoir dfigur l'humanit p> le vice1 n\s faisons grimac] la v]tu elle-mme4 ,n\s ne la connaissons plus1 p\r a9si dire1 que sevre de joies et1 disons le mot1 ennuyeuse4 ,au po9t de vue de la jeunesse c'e/ l une calamit4 ,qui n\s r5dra cet ensemble de di/ractions sa9es1 =tes et heureuses dans lesquelles la joie de vivre s'inc>ne1 comme le rayon de soleil dans les fleurs8 ,les ans1 ici1 peuv5t beauc\p p\r la jeunesse4 ,je conjure les g5s graves1 les vieill>ds1 les p>5ts1 les pr(esseurs1 le cl]g de t\tes les religions1 quiconque s'intresse au bi5 et la vie normale1 quiconque n'a pas le cur dess*1 de v5ir au sec\rs de la jeunesse4 ,il n'e/ pas bon que p\r nos plaisirs n\s soyons t\j\rs sp>s les uns des autres4 ,la plus belle fte de famille e/ celle o la vieillesse s\rit la jeunesse o1 depuis l'aeul jusqu'aux enfants1 trav]s l'ge mr et la jeunesse1 t\t le monde e/ reprs5t4 ,c'e/ t\te la vie alors1 et combi5 belle en ses contra/es6 ,ce qui e/ vrai de la famille l'e/ aussi de la socit en gnral4 ,frdric ,frbel rptait volonti]s3 vivons p\r les enfants6 ,empruntons-lui sa devise3 ,vivons p\r la jeunesse1 et elle vivra p\r le bi51 et sa joie s]a pure6 ,nos pres ont dlivr la t]re sa9te des infidles4 ,il e/ une autre t]re sa9te1 que les brig&s1 les voleurs1 les pr(anateurs1 s\ill5t t\s les j\rs4 ,c'e/ la t]re du s\rire et du plaisir4 ,ils l'ont si bi5 ravage et dfigure qu'elle en e/ mconnaissable4 ,mais de p> le ,dieu des pr9temps et des toiles1 de p> la clm5te bont qui mit le rire frais aux lvres de l'enfant et la d\ce ivresse du plaisir au cur de la jeunesse1 la t]re sa9te ne re/]a pas aux infidles4 ,elle n\s app>ti5t1 et n\s la repr5drons6 #b4 ,la ,joie4 ,les di/ractions et les div]s g5res de plaisir1 ne sont aprs t\t que la =me4 ,le v9 pur qu'on v]se dans ces v]res1 c'e/ la joie4 ,et de mme que la vigne tr\ve dans la t]re1 dans la pluie1 dans le soleil1 les lm5ts de la sve qui la fait mrir1 de mme la joie e/ le fruit mr de la bonne vie4 ,c'e/ une conqute des vaillants et des =ts4 ,n'a pas la joie qui veut4 ,creusons un peu cette vrit4 ,la jeunesse a gr& beso9 de s'en pntr]4 ,le b>omtre monte ou desc5d4 ,cette simple modification d'un niveau de m]cure dans un tube de v]re n\s f\rnit des r5seignem5ts prcieux et n\s p]met de tir] une f\le de conclusions sur l'tat de l'atmosphre4 ,s\v5t1 en reg>dant ces indications3 ,pluie1 v5t1 tempte1 calme1 beau temps1 beau fixe1 je me suis surpris oubli] t\t c\p le monde extrieur et p5s] au monde intrieur1 ce *angem5t incessant qui le c>actrise1 se reflte dans nos dispositions1 et dont t\te la prodigieuse v>it ab\tit comme rsultat un tat de tri/esse ou de joie4 ,l aussi1 selon les j\rs et les priodes1 il y a pluie ou beau temps1 calme ou tempte2 l aussi le b>omtre monte ou desc5d4 ,et ce qui se passe1 en dtail1 dans la vie individuelle1 n\s p\vons l'obs]v] dans la vie des socits1 avec des proportions plus l>ges et plus frappantes4 ,la vie a ses hauts et ses bas1 ses lans et ses dpressions4 ,au cur et sur la figure t\t l'ensemble se traduit p> de la joie ou de la tri/esse4 99 99 99 99 99 ,il y a une tri/esse qui provi5t de la vie difficile1 spirituelle ou matrielle4 ,elle e/ l'homme ce qu'e/ la plante cette c\leur tiole qui rvle les privations4 ,cette tri/esse-l n\s e/ au plus haut po9t sympa?ique4 ,s\v5t elle e/ salutaire4 ,mais il en e/ une autre qu'il faut combattre mort1 c'e/ la tri/esse des dgts1 et une autre laquelle il faut remdi] en s'am5dant1 c> elle provi5t de mal vivre ou de mal p5s]4 ,a bas les dgts6 ,ce sont en somme les enfants gts de l'exi/5ce4 ,ils t\*5t aux mets du b\t des lvres1 gt5t leur pa91 ou mme le jett5t1 et tr\v5t bi5 ru/res ceux qui mang5t de bon apptit4 ,on tr\ve peu de dgts p>mi les *iffonni]s1 les m9eurs1 les lab\reurs1 les matelots1 les *]*eurs1 les travailleurs de t\t g5re sur qui tombe la pluie et s\ffle le v5t4 ,ils se recrut5t p>mi ceux qui ont le dos au feu et le v5tre la table1 et ne travaill5t que peu entre les repas4 ,leurs fatigues consi/5t dans] longtemps dans un bal1 j\] t>d au c]cle1 ou tu] le temps en lisant des romans4 ,p\r se remettre de tant d'ef=ts ils dorm5t t\t le long des mat9es4 ,ils ont cela de commun avec les oiseaux de nuit que la lumire du j\r les blesse4 ,on leur tr\ve alors je ne sais quoi de fan1 de frip4 ,ils dem&5t tre vus dans un rayon de gaz ou de lumire lectrique4 ,ces prcieux dgts promn5t p> le monde un vague ennui de t\tes *oses4 ,mais ils ne r5onc5t pas cette vie m*ante et insipide4 ,une mission les y reti5t3 celle de dgt] les autres4 ,ceux d'entre eux qui sont littrateurs ont lev cette mission la hauteur d'un sac]doce4 ,ils s'appliqu5t extraire la qu9tess5ce de leurs mornes p5ses et de leurs impressions navrantes et la scell] en b\teilles l'usage du public4 ,la jeunesse use quelquefois de leurs produits4 ,mais que le dgt de vivre soit puis dans la contagion du mal d'autrui ou dans notre propre fond1 on peut h>dim5t le qualifi] de microbe malfaisant dont la culture prospre dans la vie factice et anormale4 ,il faut lui dcl>] une gu]re sans m]ci4 ,le dgt de vivre e/ l'insurrection contre t\t l'univ]s qui a p\r mission d'organis] la vie4 ,celui qui n\s pr5d la vie e/ mo9s c\pable que celui qui n\s en dgte4 ,a bas les dgts6 ,s\riants ou tragiques1 la vie v\s condamne et v\s dm5t1 ouvri]s de nant sur qui flotte le s\rire du dgt comme le feu follet sur la p\rriture des m>ais6 99 99 99 99 99 ,une autre tri/esse e/ celle qui vi5t de mal p5s]4 ,c'e/ un cri d'al>me que la nature maltraite en notre p]sonne donne notre raison4 ,il e/ absurde que la rflexion sur notre vie n\s amne dsespr] de cette vie4 ,t\te philosophie de pessimisme ou de dsespoir1 t\te religion qui tue la joie e/ une erreur4 ,son fruit la condamne4 ,si le pessimisme avait raison1 les fleurs cess]ai5t d'clore et les a/res s'te9drai5t1 la s\rce de vie se t>irait4 ,tant que l'univ]s ne se suicide pas1 il n'y a pas lieu de dsespr] de la vie huma9e4 ,donc il faut se mfi] des doctr9es qui raviss5t la joie4 ,des vrits p>tielles peuv5t tre tri/es1 la vrit totale1 non4 99 99 99 99 99 ,quant la tri/esse qui vi5t de mal vivre1 elle trace sur les visages ples et tirs une monotone et lam5table hi/oire4 ,v\s tes tri/es p>ce que v\s n'avez pas respect les s\rces de la vie4 ,un p>asite v\s ronge1 un vice se n\rrit sur les rac9es de votre exi/5ce2 il prospre1 et v\s dim9uez4 ,p>t\t o cette tri/esse app>at1 elle rvle un mal ca*4 ,quelque *ose manque ou clo*e l-bas au plus pr(ond de l'tre4 ,la vie mconnue1 s\ille1 tr\ble1 saigne de mille blessures1 et la joie ne peut plus exi/]4 ,la joie s'enfuit encore1 de ces sphres raides et conv5tionnelles o la vie et les m\vem5ts sont rgls comme un papi] musique4 ,ab&onnant ces milieux aux sectateurs du dieu t]rible qui se nomme l'ennui1 elle ouvre ses ailes et s'envole4 ,comme les fleurs des bois et des montagnes1 elle affectionne l'air libre1 l'indp5dance et un peu de rudesse4 ,m5tionnons ici1 en passant1 le mal que les gts luxueux et prt5tieux ont fait aux plaisirs de famille et p> consqu5t la jeunesse4 ,la sociabilit e/ en s\ffrance4 ,au lieu de rceptions simples et cordiales s\v5t rptes1 on s'(fre de lo9 en lo9 des di/ractions coteuses1 o l'ambition et le dsir puril de se surpass] les uns les autres dtruis5t t\t plaisir d'avance4 ,qui en s\ffre le plus8 ,la jeunesse oblige de se div]tir ailleurs4 99 99 99 99 99 ,je signale comme un des pires de/ructeurs de la joie1 l'esprit de moqu]ie4 ,il y a un rire qui fltrit ce qu'il t\*e et dess*e le cur p\r jamais4 ,c'e/ celui qui se plat tir] les *oses vnrables et sa9tes en ridicule4 ,victor ,hugo a dit avec une pr(onde pntration psy*ologique que les plus mornes des esprits tai5t les railleurs4 ,raill] n'e/ pas rire4 ,la raill]ie tue le rire au contraire4 ,p\r s'amus] fran*em5t1 il e/ ncessaire d'avoir g>d une c]ta9e navet d'impression4 ,ne sacrifions pas le bon vieux rire de notre ,france1 son ironie joviale et bi5veillante et sa gat au!ntique1 au g5re d'esprit d\teux et pr(ane qui fait gaiem5t la plus tri/e besogne et s5t son ,mphi/o de lo94 99 99 99 99 99 ,en rsum1 p\r cons]v] la facult d'tre heureux1 il faut re*]*] le travail et la simplicit1 respect] la vie et en obs]v] les lois4 ,que dis-je8 il faut aim] la vie4 ,il semble sup]flu de pr*] cet am\r la jeunesse4 ,c'e/ une erreur4 ,s'il y a une *ose qui ne vi5t pas t\te seule1 c'e/ celle-l4 ,ce n'e/ pas l'uvre d'un j\r que de s'lev] ce gr& am\r et d'l>gir son cur jusqu' ce qu'il embrasse t\t l'ensemble4 ,une des plus mdiocres conceptions de la joie e/ celle qui en fait l'apanage de la seule jeunesse et considre t\t le re/e de l'exi/5ce comme une coquille vide1 dont on a mang l'am&e4 ,il e/ une joie de jeunesse1 sans d\te1 lie la fra*eur mme des impressions1 et qu'on peut p]dre le long de sa r\te p> la l5te d=mation de la vie1 ses fautes ou ses s\ffrances4 ,en ce s5s on peut dire des jeunes g5s comme des enfants3 laissez-les se rj\ir1 les s\cis ne vi5dront que trop tt1 on n'e/ jeune qu'une fois4 ,mais ce n'e/ l qu'une face de la ralit4 ,il y a des exi/5ces qui comm5c5t dans la mlancolie et f9iss5t dans la joie4 ,tel ne s'e/ jamais tr\v plus dispos ni plus jeune que v]s la qu>anta9e1 aprs la victoire sur une srie de difficults extrieures et intrieures1 et je n'hsite pas dire que la joie qu'il pr\ve alors1 e/ plus solide que celle des v+t ans4 ,bi5 plus1 c'e/ *ez c]ta9s vieill>ds1 admirables et r>es1 je l'av\e1 mais nullem5t intr\vables1 que j'ai r5contr la joie s\s sa =me la plus pure4 ,je veux p>l] de cette srnit ne de la s\ffrance accepte et va9cue1 du travail aim1 de la longue fidlit au devoir1 de la conviction t\j\rs plus pr(onde du b de la vie et de sa valeur4 ,et qu& je dis la jeunesse d'appr5dre aim] la vie1 je lui indique ces vieill>ds-l et ceux qui leur ressembl5t1 comme les docteurs de cette haute sagesse4 ,j'e/ime en effet que la connaissance de la joie pure e/ un gr& bonheur au seuil de la vie4 ,il faut l'admir] *ez ceux qui l'ont conquise de haute lutte1 la pris] comme un bi5 ine/imable et aspir] y p>ticip] un j\r4 ,d'ailleurs1 la joie de la jeunesse elle-mme1 cette heureuse disposition qui1 c]ta9s mom5ts1 n\s fait tr\v] t\t bon et beau1 a ses conditions4 ,il faut la mrit] p\r la ress5tir4 ,la joie e/ une trs gr&e dame2 elle ne se r5d pas l'invitation du premi] v5u4 ,telle compagnie a beau se battre les flancs1 cri]1 se mettre en frais p\r provoqu] la joie1 elle n'arrive pas3 le bruit re/e vide1 et le rire sonne faux4 ,ri5 n'e/ plus beau que la joie6 ,c'e/ une t9celle div9e1 une fille des cieux4 ,elle lve le cur1 elle illum9e la p5se4 ,elle n\s fait dc\vrir1 en un seul clair brillant1 des secrets sur lesquels1 les j\rs ord9aires1 notre p5se obscure s'e/ fatigue en va94 ,elle supprime les di/ances1 rappro*e l'homme de l'homme1 n\s incl9e la piti1 n\s r5d plus =ts et meilleurs4 ,elle e/ si bonne et vaut tant qu'il faut1 sans hsit]1 sacrifi] t\t ce qui la dim9ue et re*]*] t\t ce qui l'augm5te4 ,la joie a ses gr&s j\rs4 ,au temps o la nature s'veille1 o t\t g]me1 o le lab\reur sme1 avez-v\s vu l'al\ette s'lanc] du sillon et *ant]1 en montant v]s la lumire1 emportant dans son hymne t\te l'me des *amps1 t\tes les floraisons1 t\t le labeur et t\t l'am\r8 ,a c]ta9s j\rs o les ma9s se t\*5t d'elles-mmes1 o les poitr9es vibr5t l'unisson1 la joie e/ comme cette al\ette4 ,elle monte1 et dans son *ant qui rsume t\te la vie1 elle semble lui dire3 ,je t'aime1 dans ton mat9 et dans ton soir1 dans tes pleurs et ton s\rire1 dans tes ef=ts virils et tes repos paisibles2 je t'aime s\s t\s les cieux1 dans t\s les temps1 dans t\s les yeux f]ms qui dorm5t s\s la t]re1 et quel que soit mon sort1 je suis heureux de vivre1 et je m'ab&onne avec reconnaissance la volont clm5te p> qui n\s sommes et qui n\s enveloppe jamais6 ,,vi ,,la ,,solid>it #a4 ,la ,famille4 ,la solid>it huma9e e/ comme cond5se en une srie de leons de *oses dans la famille4 ,on a quelquefois considr la famille comme un cadre troit qu'il fallait bris] p\r sub/itu] ses li5s intimes1 mais re/re9ts1 le gr& li5 de la solid>it sociale4 ,ce s]ait dtruire dans l'uf cette solid>it mme4 ,il faut avoir pr\v les s5tim5ts de la famille p\r les transport] ensuite1 agr&is1 dans la cit1 la famille nationale et la gr&e famille huma9e4 ,la famille e/ une de ces coles heureusem5t comb9es o l'on appr5d les *oses presque spontanm5t4 ,je ne sais si on y appr5d davantage p> l'intellig5ce1 le cur ou les entrailles1 mais en t\t cas l'homme e/ pris de t\tes p>ts la fois1 p> les cts faibles et les cts =ts4 ,il e/ assimil1 li1 incorpor p> les hrdits d'abord1 p> les affections ensuite et en d]ni] lieu p> la rflexion et la reconnaissance4 ,on s5t si bi51 dans ce *aud milieu familial1 qu'il v\s prcde1 v\s ent\re et v\s dpasse4 ,et ce n'e/ pas le petit enfant seulem5t qui se s5t envelopp1 protg2 ce sont les gr&s1 les =ts1 les vieux4 ,une ma9 plus gr&e que celle de l'homme passe sans cesse dans la famille4 ,les *oses huma9es et surhuma9es s'y entrelac5t tel po9t qu'on a pe9e les di/+u]4 ,s'il y a un sanctuaire qui n'e/ pas fait de ma9 d'hommes1 c'e/ bi5 la famille4 ,dieu s'y fait d\x1 pat]nel2 il se fait annonc] p> t\s la fois4 ,le pre le reprs5te auprs de l'enfant1 et l'enfant le pr*e au pre4 ,les traits des anctres1 rappels p> les d]ni]s v5us1 n\s donn5t des press5tim5ts de my/rieuse survie4 ,soyez donc rali/es1 matriali/es1 utilitaires1 en famille6 ,v\s l'essayez1 je le sais bi51 mais v\s v\s arrtez t\j\rs un c]ta9 endroit4 ,s\da91 en une heure1 qu& v\s v\s y att5dez le mo9s1 votre cur se s]re1 les l>mes mont5t aux yeux4 ,v\s dites alors1 hommes positifs1 que c'e/ absurde6 et v\s dites vrai1 c> la folie v\s a gagns et v\s ti5t1 mais c'e/ une sa9te folie4 ,un clair de bont et de t5dresse1 un clair de d\leur ou de piti v\s a rvl un monde que v\s ne connaissiez pas4 ,ah6 v\s p>lez de supprim] la famille1 de r5onc] ses li5s1 les uns p\r le plus gr& honneur de ,dieu1 les autres p\r le plus gr& bi5 de la socit4 ,mais si les tnbres du comm5cem5t p\vai5t r$esc5dre sur l'humanit p> notre faute1 si ,dieu p\vait disp>atre de notre horizon1 si t\tes les traditions1 t\tes les bibles1 t\t ce que l'homme a grav sur la pi]re p\vait se p]dre et s'oubli]2 si le dsordre et l'an>*ie ram5ai5t les socits au *aos1 un j\r deux tres qui s'aim5t retr\v]ai5t le g]me d'un monde n\veau prs du b]ceau d'un enfant4 ,ne t\*ez pas la famille6 ,et je dirai aux jeunes hommes3 repliez-v\s sur la famille6 99 99 99 99 99 ,pres et mres1 quelle que soit votre position et quelles que soi5t vos fonctions dans le monde1 rs]vez le meilleur de v\s-mmes la famille4 ,soyez srs qu'en la ngligeant v\s ngligez l'ess5tiel1 et que les s]vices que v\s r5dez ailleurs sont neutraliss p> le mal que v\s faites *ez v\s4 ,c'e/ p\r cela que n\s sommes atta*s la famille p> des li5s dlicats de bonheur et de s\ffrance4 ,r5dez la famille d\ce aux enfants4 ,faites le nid *aud et au/re en mme temps4 ,soyez bons et svres1 aims et respects4 ,pas de viol5ce et pas de mollesse6 ,pas d'am\r tyrannique qui t\ffe l'initiative et tue la volont4 ,que la famille et le foy] g>d5t t\te leur puissance d'attraction et d'incubation4 ,g>dez la confiance de vos fils aussi longtemps que possible4 ,entret5ez en eux le beso9 et le plaisir de t\t dire1 p> le tact que v\s mettez les c\t]4 99 99 99 99 99 ,comme il faut pla9dre ceux qui n'ont pas de famille1 ou env]s qui la famille n'a pas fait son devoir6 ,mais ne s\levons pas ce voile3 n\s aurions s\s nos yeux un monde trop dsespr6 ,jeunes g5s1 repliez-v\s sur la famille4 ,re/ez aussi longtemps que possible les petits enfants de pre et de mre1 mme lorsque v\s s]ez v\s-mmes dev5us des pres4 ,il e/ si bon de se s5tir enfant1 et plus on gr&it1 plus on vieillit1 plus cela fait de bi54 ,les hommes les plus =ts sont ceux qui ont le mieux aim leur mre4 ,qu& on aime et respecte bi5 la femme qui v\s a mis au monde1 on e/ bi5 prs du respect de la femme en gnral4 ,et qu& on respecte en son pre l'autorit morale1 heureux de p\voir lui tmoign] des s5tim5ts de pit filiale1 on a un bon fonds p\r entret5ir en soi le respect de t\te autorit4 ,honore ton pre et ta mre6 dans la solid>it huma9e1 dans la vie bonne et ju/e1 cette d\ble loi du respect de la femme dans sa mat]nit et de l'homme dans sa prm95ce morale1 sont considr] comme une base indisp5sable4 ,retrempons nos mes au contact de ces prceptes lm5taires1 vrits simples et sa9tes1 qui devi5n5t plus va/es mesure que le reg>d porte plus lo91 et que1 mme s\s les *eveux blancs1 il faudrait c\t] g5\x1 les ma9s jo9tes comme de petits enfants6 ,s]iez-v\s peut-tre1 jeune lecteur1 de ceux qui pr5n5t le respect p\r une v]tu d'enfance laquelle il convi5t de dire adieu lorsque la b>be v\s p\sse8 ,p]mettez-moi de v\s faire obs]v] ceci3 ,une loi qui dom9e t\te l'hi/oire fait volu] la puissance dans le monde du despotisme asiatique fond sur la cra9te1 l'autorit des lois fonde sur le respect4 ,*acun de n\s trav]se les div]ses tapes de cette volution4 ,petits1 n\s obissons sur p>ole p> cra9te1 gr&s1 n\s pratiquons l'obissance volontaire issue du respect4 ,aff]missons cette faon d'obir dans la famille1 p\r en donn] l'habitude aut\r de n\s4 ,c'e/ de cette libre obissance que notre temps1 notre pays dmocratique a le plus beso94 ,en faisant acte de bon fils1 v\s ne savez pas quel po9t v\s faites dj acte de bon citoy54 ,l'mancipation consi/e pratiqu] le respect p> conviction et prmditation4 ,sans respect1 pas d'homme libre6 ,la lib]t e/ le g\v]nem5t de soi-mme d'aprs la loi intrieure4 ,il faut refrn] en n\s-mmes avec la d]nire n]gie la t5dance purile qui consi/e critiqu] d'in/9ct1 raill]1 tran*] de haut4 ,c'e/ l un trav]s de gam94 ,dev5ir un homme1 c'e/ tr\v] t\s les j\rs1 dans les hommes et les *oses1 plus de motifs de les pr5dre au srieux4 ,entre les pres et les enfants doit se rs\dre la gr&e "q de la tradition et du prs5t1 de l'autorit et de la lib]t1 qui fait tant de bruit dans le monde4 ,entre les pres et les enfants1 dans le c]cle de famille1 doit se rs\dre encore cette grosse affaire des droits de l'individu et des droits de la collectivit1 sans que ni l'un ni l'autre soit ls4 ,jamais ni univ]sit1 ni livre ne v\s r5seign]ont sur t\t cela aussi bi5 que la famille4 ,je v\s dis qu'elle e/ le monde en racc\rci4 ,c'e/ la plus humble cole1 et la plus gr&e qui soit4 ,on y enseigne trs simplem5t une f\le de *oses trs difficiles4 ,en v\s appliquant rs\dre avec pati5ce1 respect et frat]nit les difficults de famille1 v\s prludez l'uvre que v\s devez remplir dans la socit o v\s r5contr]ez ces mmes difficults agr&ies4 #b4 ,l',amiti4 ,amiti de jeunesse6 ,comme les anci5s (frai5t en sacrifice une m*e de *eveux sur les autels des dieux1 je v\drais t'(frir en hommage quelque *ose de ce que j'ai de mieux4 ,mme qu& ceux qu'on aimait alors dorm5t depuis longtemps s\s la t]re1 ils viv5t p\r n\s p>mi les s\v5irs d'un ge van\i1 et n\s n\s surpr5ons p>fois1 dans le sil5ce des solitudes1 conv]s] avec eux familirem5t1 leur disant la pe9e et la joie que n\s avons r5contres le long de la vie1 depuis qu'un j\r il a fallu les c\*] dans la tombe au bord du *em96 ,il y a des poques p\r l'amiti1 dans la vie des individus1 comme dans celle des socits4 ,c]ta9es poques ont une sociabilit t\te juvnile1 se li5t volonti]s4 ,d'autres ont la prud5ce et la rs]ve des vieill>ds misan?ropes4 ,qu& les intrts matriels dom95t1 que la lutte p\r l'exi/5ce s'acc5tue1 et que les n]fs se t5d5t et se surexcit5t1 la socit des semblables devi5t pnible4 ,elle donne surt\t lieu des frottem5ts1 des r5contres d'apptits1 des froissem5ts d'ambitions4 ,on aime alors abrit] ses susceptibilits d]rire un remp>t de solitude comme les mollusques se retran*5t dans leur coquille4 ,mais peu importe les poques v>iables2 p\r *acun de n\s le temps des bonnes et *audes amitis e/ la jeunesse4 ,je pla9drai t\j\rs trs s9crem5t un jeune homme qui n'a pas d'ami1 et s'il e/ lui-mme la premire cause de son isolem5t1 je lui en f]ai un repro*e grave4 ,il n\s faut des cam>ades1 et un c]ta9 nombre1 p\r n\s ex]c] la vie en commun1 us] les angles de notre c>actre aux angles du leur1 comme on arrondit les caill\x en les sec\ant ple-mle dans des sacs4 ,il n\s faut encore des cam>ades p\r p\rsuivre un b commun1 dvelopp] l'esprit de corps et de solid>it1 *ant] et rire2 mais p>mi cette tr\pe de bons compagnons1 il e/ ess5tiel que n\s cultivions des relations plus intimes3 des amitis4 ,c'e/ un beso94 ,notre dveloppem5t intellectuel le rclame4 ,devis]1 conv]s]1 p>l] ensemble1 mettre dans la plus absolue famili>it ses ides sur t\tes *oses1 en caus]ies int]m9ables et dlicieuses1 soit en dambulant cte cte1 soit le soir s\s le manteau de la *em9e1 quel bi5fait p\r une intellig5ce qui se dveloppe6 ,ce bi5fait e/ plus s5sible encore aux poques o l'ori5tation e/1 comme auj\rd'hui1 longue et laborieuse4 ,a qui dire t\tes ses p5ses8 ,qui1 mieux qu'un ami de notre ge1 expos aux mmes difficults1 peut n\s compr5dre1 support] nos que/ions1 endur] nos objections8 ,on m'(frirait en *ange t\tes les j\issances intellectuelles les plus dlicates1 que je n'hsit]ais pas un in/ant les donn] p\r ce g5re de prom5ade amicale trav]s les *oses1 o deux p5ses neuves1 curieuses de t\t1 s'ab&onn5t au *>me d'explor]1 t\t en gtant celui de l'affection4 ,il n'y a peut-tre dans ce g5re qu'une satisfaction encore plus r>e et plus prcieuse1 c'e/ celle de se retr\v] aprs des annes de sp>ation avec un ami de jeunesse et de r5\vel] avec lui en une heure de mlancolique ou de joyeuse d\ceur ces beaux temps de jadis1 en rptant sans se lass] jamais3 te s\vi5s-tu8 te s\vi5s-tu8 ,les amitis de jeunesse ont un autre avantage1 celui-l p\r le cur1 le c>actre1 la conduite4 ,de bonnes amitis rempliss5t bi5 des lacunes dans une jeune vie1 *ass5t bi5 des rves malsa9s et n\s aid5t m>*] droit1 sur les s5ti]s o la jeunesse facilem5t trbu*e4 ,cela arrive surt\t lorsqu'on e/ p>v5u cette entire fran*ise qui consi/e t\t se dire4 ,il y a des j\rs o plus p]sonne ne peut int]v5ir utilem5t si ce n'e/ l'ami4 ,qu& on n'c\te plus celui-l1 la surdit morale1 mom5tanm5t du mo9s1 e/ complte4 ,aussi faudrait-il cultiv] l'amiti1 ne ft-ce que dans un b de p]fection morale et d'ducation1 d'*ange de bons procds dans les circon/ances difficiles4 ,le v]re d'eau de t5dresse1 de bont que l'ami n\s (fre auj\rd'hui en supportant nos misres et en n\s aidant les surmont]1 il en aura peut-tre beso9 dema9 et n\s le lui (frirons d'un cur p>eil4 99 99 99 99 99 ,en ce temps de duplicit et d'hypocrisie1 l'amiti doit de plus en plus dev5ir un pacte de loyaut1 de vrit4 ,p> qui se la laiss]ait-on dire plus volonti]s que p> un ami8 ,c'e/ un frre d'lection1 il e/ plus que de notre famille4 ,qu& la vrit revt ses traits et emprunte sa voix1 n\s ne p\vons pas dire qu'elle procde d'une trogne trop imprieusem5t magi/rale#ac4 #ac ,montaigne4 ,une autre gr&e ress\rce de l'amiti1 c'e/ qu'elle n\s =tifie dans ces luttes pres et r$\tables que la jeunesse e/ appele s\t5ir p\r les causes qui lui ti5n5t le plus cur1 et qui s\v5t ne sont pas bi5 vues dans le monde4 ,p\r s'affran*ir des r\t9es et des s]vitudes1 p\r ne pas succomb] mille fois dans les r5contres ho/iles qui dc\rag5t les meilleurs1 p\r ne pas d\t] de soi-mme =ce de se but] contre les ob/acles1 il faut r5\vel] de temps autre sa provision d'audace et de foi au se9 de l'amiti4 99 99 99 99 99 ,je n'aj\t]ai qu'un mot4 ,non seulem5t il me p>at possible1 mais dsirable que la jeunesse cultive1 en dehors de ces intimits que l'ge p>eil amne1 des relations familires et affectueuses avec des hommes d'ge mr1 ou des vieill>ds qui ont g>d de l'intrt p\r ceux qui comm5c5t la vie4 ,un jeune homme qui ne manque pas la plus belle grce d'tat1 se tr\ve t\j\rs heureux d'avoir quelqu'un de suprieur aim] et1 aj\tons-le1 admir]4 ,il ne s'agit pas de jur] 9 v]ba magi/ri1 mais de s'atta*] quelqu'un1 de reg>d] quelqu'un4 ,rgle gnrale3 les esprits les mieux faits1 les plus capables d'indp5dance1 un c]ta9 ge1 *]*5t un matre1 et ne dem&5t pas mieux que d'tre disciples4 ,je n'admets pas que les hommes graves1 occups1 di/+us1 n'ai5t pas le temps de se consacr] la jeunesse1 non seulem5t en gnral p\r l'in/ruire1 mais en dtail p\r la conseill]1 appr5dre la connatre et lui tre utiles4 crivez quelques livres de mo9s1 messieurs1 et jetez d'autant plus de bonnes p>oles vivantes sur les sillons si reconnaissants des jeunes esprits6 ,il y a l un intrt huma9 et patriotique de premi] ordre4 ,comme je suis ais de voir que ces *oses si longtemps oublies comm5c5t se faire j\r de n\veau de t\s cts4 ,frat]nisons6 c'e/ la gr&e devise de la solid>it gnrale4 ,que la ,france d'auj\rd'hui et celle d'hi] frat]nis5t avec la ,france de dema96 ,en vrit la jeunesse e/ bonne1 se cont5te de peu de *ose et g>de tant de reconnaissance de ce qu'on fait p\r elle que c'e/ t\j\rs plaisir et pr(it de l'oblig]4 ,et j'oubliais le meilleur3 on r$evi5t jeune en sa compagnie4 ,t\s les lixirs de la t]re ne val5t pas celui-l p\r les g5s qui r$\t5t de vieillir4 #c4 ,l',am\r4 ,flambeau sublime et pur mais qui tremble s\v5t1 ,p\r te bi5 abrit] de la pluie et du v5t ,et faire rayonn] ta cl>t s\v]a9e1 ,heureux qui peut pass] sans s'int]rompre un j\r ,de l'am\r de sa mre l'amiti s]e9e ,et de l'amiti sa9te son premi] am\r6 ,a4 ,dor*a94 ,un bon et sympa?ique mdec91 un de ceux qui n'ont pas tr\v dans la frqu5tation du cadavre le mpris de l'humanit1 mais qui ont1 au contraire1 entrevu trav]s le peu que l'intellig5ce huma9e peut dc\vrir dans nos pauvres re/es1 la sa9tet de la vie1 se plaignait que la vie huma9e ft traite ngligemm5t ses dbuts4 ,on possde1 disait-il1 des r5seignem5ts plus srs sur la meilleure manire de soign] les jeunes animaux dome/iques1 que sur celle de soign] les enfants4 ,ce que ce docteur disait m'e/ s\v5t rev5u l'esprit propos de l'am\r4 ,s'il e/ un po9t sur lequel les bons conseils soi5t ncessaires l'entre de la vie1 c'e/ celui-l4 ,s'il e/ un po9t sur lequel ils fass5t dfaut1 c'e/ encore celui-l4 ,*acun tr\ve la *ose dlicate4 ,les ducateurs p5s5t que les p>5ts seuls sont compt5ts1 les p>5ts s'en rapport5t aux ducateurs4 ,a9si les uns et les autres s'ab/i5n5t le plus s\v5t4 ,la jeunesse arrive l'ge le plus critique1 sans b\ssole et sans direction4 ,je me trompe4 ,l'uvre pdagogique1 t\j\rs diffre p> les p>5ts et les ducateurs1 s'accomplit en dehors d'eux4 ,il e/ impossible que la curiosit des enfants ne r5contre pas un j\r ou l'autre son alim5t4 ,un vila9 cam>ade1 une de ces lectures qu'il devi5t si difficile d'vit]1 rempliss5t auprs d'un tre encore pur l'(fice d'initiation ce qu'il e/ conv5u d'appel] le secret de la vie4 ,a p>tir de ce mom5t1 il se fait un travail r$\table dans l'imag9ation novice4 ,la confiance dans les p>5ts et les matres subit un c\p trs rude2 l'asc5dant des ducateurs sans m&at se sub/itue au leur1 quelque *ose de n\veau1 de prilleux1 e/ entr dans l'exi/5ce1 et il s]a bi5 difficile de l'en lim9]4 ,n\s t\*ons l au premi] po9t grave et d\l\reux de cette "q si complexe de l'am\r4 ,quoique n\s crivions p\r la jeunesse adulte1 il a fallu comm5c] p> l4 ,l'am\r1 p> ses nombreuses ramifications1 s't5d en effet t\te la vie1 et ce que l'enfant innoc5t a ent5du1 aux al5t\rs de ce monde qui lui e/ encore f]m1 dt]m9e =t s\v5t sa conduite ultrieure4 ,je ne peux donc pas m'emp*] de dplor] ici que n\s soyons de prfr5ce r5seigns en cette matire intime et sa9te1 p> des trang]s pr(anes1 et qu'une heure de brutale indiscrtion1 vi5ne remplir auprs de n\s1 en n\s tr\blant p\r longtemps1 p\r jamais peut-tre1 un (fice p\r lequel ce ne s]ait pas trop de t\te la prcaution1 de t\te la mat]nelle sagesse de ceux qui n\s aim5t le plus4 99 99 99 99 99 ,t\tefois je me cont5t]ai d'avoir a9si effleur le sujet en ce qui conc]ne l'ge prcdant immdiatem5t l'adolesc5ce1 et1 sans plus t>d]1 je pose la "q sur son t]ra9 actuel3 ,comm5t un jeune homme qui n'e/ pas m>i1 et sans d\te pas fianc1 doit-il se g\v]n] au po9t de vue des *oses de l'am\r8 ,le premi] po9t ici consi/e possd] le respect de la vie1 de sa prm95ce1 de sa valeur1 de sa sa9tet et p> consqu5t de l'obligation que n\s impose la qualit d'hriti]s de la vie4 ,le s5tim5t fondam5tal qui doit sans cesse trav]s] t\t l'ensemble des faits et ge/es d'un jeune homme e/ le s5tim5t de sa dignit virile4 ,s'il a ce s5tim5t1 la vie lui app>atra comme un dpt et non comme un bi5 p]sonnel1 et il aura con/amm5t prs5te en lui-mme une =ce allie1 trs noble et trs efficace p\r l'aid] se g>d] et se dirig]4 ,sans d\te le s5tim5t de la dignit virile et le respect de soi-mme peuv5t tre assi/s ou contr>is p> une srie de moy5s secondaires4 ,a l'ge o les s5s s'veill5t1 et o leur n\veaut mme1 leur c>actre tr\blant et imprvu1 con/itu5t un pril1 il e/ t\t aussi possible de dim9u] ce pril que de l'augm5t]4 ,la "p du rgime1 de la n\rriture1 et du milieu e/ t\t au mo9s aussi gr&e ici1 si ce n'e/ plus1 que celle de la nature4 ,les travaux exagrs de l'esprit1 le rgime sd5taire1 les lectures malsa9es1 le dsuvrem5t peuv5t trans=m] en t\rm5t et en obsession1 ce qui ne s]ait sans cela qu'une sollicitation facile matris]4 ,au contraire1 un rgime sa91 des habitudes n]giques1 des di/ractions1 des fatigues corporelles1 sont des div]sions si utiles1 que1 grce elles1 les annes les plus critiques pass5t quelquefois presque inap]ues4 ,t\t cela e/ de la d]nire importance4 ,p\r qu'un tre mne une conduite normale1 il lui faut une vie normale4 ,dtruisez l'quilibre de sa vie1 aussitt v\s tr\blez celui de sa conduite4 ,les causes individuelles et sociales de la plup>t des g>em5ts se tr\v5t dans une srie de manquem5ts hyginiques4 ,malgr cela1 le po9t fondam5tal e/ t\j\rs l'ide qu'un tre se fait de sa vie1 de sa dignit et p> consqu5t de son b4 ,c'e/ p\r cela que la gr&e *ose dans la jeunesse e/ le respect de soi-mme4 ,un gr& idal1 une conception leve de la vie dans son ensemble1 et de l'uvre que *acun de n\s e/ appel y remplir e/ le meilleur conseill] dans les *oses de l'am\r4 ,et t\t d'abord1 il n\s prs]ve des sophismes et des prceptes cyniques1 dont les g5s au cur rab\gri ont sem t\te cette matire4 ,c> il e/ presque inutile de le dire3 si quelque "p sur sa r\te1 la jeunesse r5contre des sottises et des maximes crim9elles accumules1 c'e/ ici4 ,au nom de ce qu'on appelle un beso9 physique1 on l'engage ne se faire aucune viol5ce et suivre son dsir3 ,faire a9si e/ bi54 ,faire le contraire e/ idiot1 mauvais mme4 ,dans un pays o la virg9it d'un g>on de v+t ans e/ un sujet de plaisant]ies traditionnelles et presque nationales#ad1 il e/ bon qu'on possde en soi-mme un contre-poids oppos] tant d'normits4 ,il e/ vrai qu'un simple c\p d'il jet sur notre jeunesse1 en gnral1 suffirait p\r n\s faire compr5dre que1 si elle a beso9 de quelque *ose1 c'e/ de g>d] sa =ce et de la mnag]4 #ad ,jules ,lematre4 ,ce soi-disant beso9 qu'on fait sonn] si haut e/ dans les imag9ations surexcites p> les mauvaises lectures1 les mauvaises conv]sations1 et p> les mauvais exemples bi5 plutt qu'ailleurs4 ,mais enf91 admettons ce beso9 comme un fait rel4 ,encore faut-il que notre nature t\t entire1 dans ses in/9cts nobles et ses beso9s suprieurs1 soit respecte4 ,des actes qui affaibliss5t notre e/ime p\r n\s-mmes et p\r les autres1 qui n\s font drog] notre dignit1 sont mauvais1 duss5t-ils tre provoqus p> une sollicitation trs lgitime4 ,combi5 e/-il de *oses1 en elles-mmes indiffr5tes1 qu'il convi5t de s'int]dire p>ce que1 p\r les obt5ir1 il faudrait les pay] trop *]8 ,dans une f\le d'occasions1 lorsque des devoirs d'ensemble pressants sont l1 il devi5t honteux de song] son repos1 sa faim1 ou sa soif1 quoique p>mi les droits inconte/ables de l'homme il y ait celui de se repos]1 de mang] et de boire4 ,un homme qui a un idal1 de l'n]gie et des pr9cipes de conduite1 se di/+ue d'un homme de ri5 p> le rang qu'il sait accord]1 dans sa vie1 aux diffr5ts beso9s de son tre1 et p> la clairvoyance et la f]met avec laquelle il sait les subordonn] les uns aux autres4 ,voici p\rquoi je pose en pr9cipe que la premire *ose en am\r1 c'e/ d'avoir un idal1 p>ce que cet idal n\s aide n\s g\v]n] n\s-mmes4 ,or p\r celui qui apprcie sa vie1 sa dignit1 et celle des autres1 cd] ses s5s1 dans c]ta9es conditions1 c'e/ trahir ce qu'il y a de plus noble en n\s1 p\r satisfaire un simple dsir4--,p> consqu5t1 t\t en reconnaissant la lgitimit de ce dsir1 en soi1 il prfre le sacrifi]1 et a9si le premi] hommage qu'il r5d sa nature et l'am\r1 c'e/ celui de la *a/et4 ,la *a/et a une f\le d'ennemis4 ,j'c>te les cyniques et les railleurs dont n\s n'avons que faire ici4 ,il n\s e/ p]mis de p>tir1 comme d'une base1 de l'ensemble de conception de la vie que n\s avons tablie dans ce livre4 ,mais il convi5t de rpondre une objection spcieuse1 srieuse mme1 qui se base sur le dang] d'une trop p>faite sagesse4 ,ils ont bi5 vite fait de v\s lanc] la tte comme un argum5t sans rplique3 ,qui veut faire l'ange1 fait la bte4 ,c]ta9em5t1 il y a du vrai dans ce vieil adage1 et ce n'e/ pas moi qui le conte/]ai4 ,mais on v]ra1 p> la suite1 que ce n'e/ pas de faire l'ange qu'il s'agit ici4 ,seulem5t1 je f]ai obs]v] que beauc\p font la bte qui n'ont pas essay de faire l'ange4 ,ils ne sont pas tombs dans la b\e p>ce qu'ils ont v\lu vol] trop haut1 mais p>ce qu'ils ont comm5c trop bas4 ,le meilleur moy5 p\r dev5ir l'esclave de ses dsirs n'e/ pas de les matris]1 mais de leur obir4 ,et quant la d=mation du c>actre qui peut rsult] de la *a/et monacale1 elle a bi5 son p5dant et l>gem5t hlas1 dans la tri/e dcad5ce de tant de g5s qui n'ont jamais eu d'autre rgle que ce qui leur plat4 ,mme sur ce t]ra9-l je me s5tirais l'aise4 ,s'il n'y avait que l'excs du rel*em5t d'un ct et l'excs de svrit de l'autre1 je *oisirais ce d]ni]1 croyant mo9s sacrifi] de mon humanit4 ,t\tefois je ne pr*e pas le mona*isme en p>lant de la *a/et4 ,je n'exhorte pas au mpris de la virilit1 mais son respect et sa sauveg>de4 ,t\t ce que n\s v5ons d'exam9] jusqu' prs5t n'e/ que le petit ct de la "q1 le ct aride1 ngatif4 ,beauc\p n'en sort5t pas4 ,des socits et des sicles enti]s s'y sont dbattus sans tr\v] d'issue4 ,les extrmes s'appell5t et se provoqu5t l'un l'autre4 ,notre socit actuelle1 comme beauc\p de celles qui l'ont prcde1 subit cette loi4 ,dans les *oses de l'am\r1 elle e/ la fois lgre et prude1 dprave et froce4 ,t\t cela e/ logique4 ,une socit qui p]met et conseille le laiss]-all] aux jeunes g5s1 avilit l'am\r4 ,ds lors1 la t5tation de le considr] comme une *ose d\teuse ou infrieure devi5t naturelle4 ,la corruption des uns a p\r p5dant la prud]ie ou l'asctisme des autres1 et du mlange confus de ces t5dances nat l'hypocrisie4 ,t>tufe e/ ascte p\r la =me et viveur au fond4 ,hlas6 ce sont l des trav]s dans lesquels on ne donne qu'en disloquant t\te une socit1 pr9cipes et in/itutions4 ,n\s sommes1 en effet1 dans une rgion s5sible d'o la rp]cussion se propage au lo94 ,p*ez contre l'am\r sa base1 dans la jeunesse1 et la vie de t\te une nation v\s rpond p> des d*irem5ts et des s\ffrances incalculables4 ,je rsume donc3 ,la rgle de conduite1 ici1 e/ la *a/et4 ,t\te infraction e/ une faute4 ,quelque difficile et dure que p>aisse cette loi1 c'e/ la seule bonne4 ,en dehors de l1 il n'y a place que p\r une morale de camelote4 ,il e/ difficile aussi d'tre loyal et honnte3 on n'en a jamais tir la consqu5ce que le m5songe et le vol soi5t p]mis4 ,que celui qui tombe1 s'g>e de quelque faon que ce soit et manque au respect de soi-mme et de l'am\r1 sa*e qu'il a fait le mal6 ,dans les circon/ances morales pnibles c'e/ encore l le meilleur espoir de salut4 ,mais appel] le mal1 bi51 p>ce que le mal e/ difficile vit]1 c'e/ pire que de manqu] de conduite1 c'e/ fauss] sa consci5ce4 ,voil un pr9cipe qui doit tre nonc avec une absolue autorit4 99 99 99 99 99 ,le pr9cipe une fois nonc1 il s'agit d'entr] dans la vie des jeunes g5s qui essai5t de le pratiqu]4 ,n\s assi/]ons l la lutte la plus sympa?ique4 ,il ne saurait y avoir1 p\r celui qui a g>d le s5s exquis des *oses morales1 de spectacle plus captivant4 ,les murs en ,france1 o l'on ne connat pas les vraies fianailles1 r5d5t trs difficile1 depuis la pub]t jusqu'au m>iage1 la condition des jeunes g5s qui se respect5t4 ,le jeune homme e/ peu prs ab&onn lui-mme1 p\r rs\dre le cruel problme qu'impose sa consci5ce notre tat social4 ,de l des scrupules ple9s d'angoisse1 des dfaillances et des luttes hroques1 t\t un drame intrieur m9emm5t potique4 ,c'e/ a9si que s'exprime ,sully ,prudhomme dans sa prface aux posies de ,m4 ,a4 ,dor*a93 ,la jeunesse p5sive4 ,et il cont9ue3 ,en lisant ces v]s o les combats et les d\leurs de la v+time anne tr\v5t leur expression discrte1 mais bi5 s9cre1 plus d'un s5tira se raviv] dans son me les cicatrices anci5nes444 ,n\s ne saurions assi/] en froids spectateurs la t\rm5te qu'il 7le jeune homme7 subit444 n\s n\s p5*ons v]s lui du rivage1 p\r lui t5dre une ma9 amie6 ,suivant les natures et les tempram5ts1 cette lutte e/ plus ou mo9s viol5te4 ,il y a des tres privilgis qu'une c]ta9e noblesse inne g>antit en leur donnant une rpugnance in/9ctive p\r t\t ce qui e/ bas et trivial4 ,le mal ne mord pas sur eux4 ,on p\rrait dire d'eux3 ,le m\le en e/ d'aira9 si l'espce en e/ r>e ,elle sait ce que vaut son m>bre de ,c>r>e ,et que les eaux du ciel ne l'entam5t jamais4 ,a4 de ,musset4 ,mais d'autres1 prcism5t p>mi les meilleurs1 sont mis ici dans un tat d'intriorit p> leur s5sibilit1 leur puissance imag9ative1 leurs qualits mme4 ,enfant1 dans la lutte t]nelle ,tu crois avoir dompt ton cur2 ,dj tu veux ouvrir ton aile ,et t'envol]1 libre et va9queur4 ,tu crois la =ce bnie1 ,a la v]tu que ri5 n'abat444 ,va1 la lutte n'e/ pas f9ie1 ,ce n'e/ que le premi] combat4 ,ton me n'e/ po9t d'un ascte ,hors de la matire emport1 ,mais d'un amant et d'un pote ,ivre de =me et de beaut4 ,ton cur e/ plus *aud que le ntre1 ,tu le s5s bondir nuit et j\r1 ,tu s\ffriras donc plus qu'un autre ,p> le ,dsir et p> l',am\r4 ,a4 ,dor*a94 ,mais il convi5t ici de se m\voir en ple9e ralit et d'envisag] les situations telles qu'elles sont4 ,or1 dans la lutte dont n\s p>lons1 et qui1 plus ou mo9s pre1 n'e/ vite p]sonne1 l'important n'e/ pas d'tre t\j\rs le plus =t1 mais de ne jamais capitul]4 ,dans le gr& livre de la sagesse de vivre1 il e/ un *apitre t\t aussi important que celui de pr5dre g>de soi p\r ne pas tomb]1 c'e/ celui o il e/ p>l de se relev] qu& on e/ p> t]re4 ,p\r qu'un homme trav]st l'exi/5ce sans jamais (f5s] d'aucune faon la loi de consci5ce1 en ce po9t comme en d'autres1 il faudrait qu'il ft p>fait4 ,n\s ne le sommes po9t4 ,att5dons-n\s p> consqu5t des heures obscures o la vue se tr\ble1 o le combat oscille1 o survi5n5t les lassitudes et le dc\ragem5t1 les dfaillances peut-tre4 ,ce sont les mom5ts les plus d\l\reux et les plus prilleux4 ,n'importe1 un homme p> t]re n'e/ pas un homme mort1 il e/ bless seulem5t1 ou encore il a simplem5t trbu*4 ,la gr&e affaire e/ qu'il ne re/e pas l1 qu'il ne se rsigne pas1 ne p]de pas l'espoir1 et surt\t ne r5ie pas son b4 ,que l'idal re/e intact1 et l'esprance de sortir un j\r va9queur demeure entire4 ,p\rvu que le mal cont9ue tre appel le mal1 fran*em5t1 et que celui qui e/ tomb le reconnaisse4 ,pas de sophismes1 pas de m5songes1 avant t\t6 ,ici l'int]v5tion d'amis srs et exprim5ts e/ t\te m>que4 ,il y aurait gr& dang] voir un jeune tre droit1 et en somme pur de cur1 en arriv] se mpris] ou dsespr] de lui-mme cause de telle ou telle dfaite morale4 ,relevons-les et enc\rageons-les avec une t5dresse inflexible6 ,hlas qui se s\cie de cela6 ,ri5 n'gale l'incohr5ce de conduite du monde l'g>d de la jeunesse4 ,on n'e/ l que p\r lui donn] le mauvais exemple ou alors p\r la maltrait] qu& elle s'g>e1 et la ma9t5ir plus srem5t p> t]re lorsqu'elle e/ tombe4 ,t\r t\r lg]s ou rigides1 n\s ignorons la piti qui relve et gurit1 et bi5 peu connaiss5t cette clm5ce des ju/es qui consi/e har le mal et aim] ceux qui en sont atte9ts4 ,n\s sommes l dans un s5ti] difficile et peu pratiqu4 ,on se dirait une gr&e di/ance des *oses huma9es1 quoique l'on y soit en ple94 ,rp>] les erreurs n'e/-ce pas la grosse "p de la vie8 ,la meilleure arme n'e/ pas celle qui n'a jamais t battue3 on ignore en effet comm5t elle se comport]ait dans la dfaite4 ,savoir tre va9cu1 c\vrir sa retraite1 se ramass]1 rp>] ses p]tes1 b&] ses blessures1 relev] les c\rages abattus et rev5ir au combat avec une n]gie n\velle1 voil la gr&e preuve1 la preuve suprme du c\rage4 ,et si quelque ph>isi5 me blmait et me taxait d'une prvoyance p> trop indulg5te1 je lui rpt]ais la p>ole de ,celui qui fut la fois si svre et si bon et qui proclama l'vangile du p>don o le p* e/ condamn et le p*eur sauv3 ,que celui d'entre v\s qui e/ sans p*1 jette la premire pi]re6 99 99 99 99 99 ,il e/ temps cep5dant de sortir de ces rgions prlim9aires p\r n\s a*em9] v]s celles de l'am\r dans sa plnitude et sa dignit4 ,c'e/ cause de lui en somme1 et p\r en tre plus dignes que n\s engageons une lutte sans m]ci contre ce qui p\rrait le t]nir ou le compromettre4 ,p\r n\s df5dre de t\tes les basses c>icatures de l'am\r1 ri5 n'e/ plus puissant que l'am\r vrai4 ,cet am\r1 la jeunesse doit s'y prp>]1 elle doit le ress5tir dans ce qu'il a de plus lev et de plus pur4 ,en un mot1 la *a/et que n\s pr*ons n'e/ pas celle des eunuques1 mais celle des hommes4 ,je ne fais pas gr& cas d'une *a/et t\te la surface et t\te ngative2 elle n'(fre aucune g>antie p\r l'av5ir4 ,la vraie *a/et e/ celle qui a son sige dans l'me aussi bi5 que dans le corps4 ,un cur vide n'e/ jamais *a/e2 il faut que la femme y occupe la place sacre qui lui revi5t#ae4 #ae ,t4 ,fallot3 ,lettre du #be aot #ahia4 ,le respect de la femme e/ le complm5t du respect de soi-mme4 ,de mme que le respect de soi-mme repose sur la conception qu'on se fait de la vie et de sa valeur1 de mme le respect de la femme e/ la =me rfl*ie d'un in/9ct qui se ratta*e aux plus pr(onds secrets de la vie4 ,p>t\t o celle-ci n\s app>at dans le monde1 elle rsulte de l'union de ces deux lm5ts fm99 et mascul9 qui en sont comme les p>ts disjo9tes4 ,il semble que l'tre p>fait se soit sp> en p>celles incapables de vivre p> elles seules1 af9 de les oblig] se re*]*] p\r se complt] et recon/itu] l'unit4 ,l'attrait qui p\sse l'homme v]s la femme dpasse de beauc\p les bornes troites d'une satisfaction passagre et *>nelle4 ,il y a l une puissance my/rieuse de la plus va/e porte1 la puissance de l't]nel fm994 ,et c'e/ prcism5t p\r lui donn] t\te sa v]tu qu'il faut s'inspir] du d\ble respect de soi-mme et de la femme1 =mes div]ses de la mme vnration p\r le my/re de la vie4 ,de mme que le respect de n\s-mmes a p\r base la haute ide que n\s avons de la virilit et drive a9si d'une s\rce plus leve que notre p]sonnalit p>ticulire1 de mme notre respect de la femme en gnral prcde celui de telle femme en p>ticuli]4 ,et si l'am\r doit arriv] en n\s sa vraie dignit et sa porte entire1 une l>ge base imp]sonnelle lui e/ indisp5sable4 ,n\s n\s tr\vons a9si1 p\r les *oses de l'am\r1 dans les mmes conditions que p\r la plup>t de celles qui attir5t et intress5t la jeunesse1 ,elles comm5c5t p> un s5tim5t gnral p\r se fix] ensuite sur un objet p>ticuli]1 ,de mme qu' l'entre de la vie le jeune homme e/ curieux de t\t1 sympa?ique t\t1 et que peu peu il s'atta*e des objets prcis1 de mme son am\r revt d'abord un c>actre gnral4 ,on ne comm5ce pas p> aim] une femme1 ni surt\t les femmes1 ce qui ne peut tre que le rsultat d'une longue dcad5ce et quivaut au dilettantisme en morale et en philosophie1 mais on comm5ce p> aim] la femme ou plutt p> pr\v] ce s5tim5t la fois irrsi/ible1 d\x1 lev et en?\sia/e qu'on peut ju/e titre dsign] s\s le nom de3 culte de la femme4 ,le culte de la femme e/ l'orig9e et la s\rce de l'am\r2 il doit exi/] avant lui1 se ma9t5ir ses cts1 et dur] t\te la vie4 99 99 99 99 99 ,mais1 je me g>d]ai bi5 d'en re/] l4 ,autant que la femme idale1 il faut connatre et cultiv] la femme relle4 ,n\s ne v\lons pas qu'elle soit loigne du jeune homme1 ca*e1 clotre1 ent\re du nimbe prilleux du fruit df5du4 ,qu'elle soit au contraire re*]*e1 frqu5te4 ,notre socit a un trs gr& tort4 ,non seulem5t elle n'enc\rage pas dans la jeunesse le culte idal de la femme1 mais elle fait encore t\t son possible p\r loign] les sexes et les emp*] a9si de se connatre dans la ralit4 ,c'e/ un mal imm5se4 ,comm5t vit] alors les am\rs faciles8 ,comm5t emp*] surt\t le mpris de la femme1 cette calamit sociale1 de se rp&re dans une jeunesse qui ne connat que le pire monde fm998 ,les jeunes g5s des deux sexes sont faits p\r se voir et se frqu5t]4 ,il leur faut des di/ractions communes1 des plaisirs communs naturellem5t s\s les yeux des p>5ts et1 surt\t dans un monde comme le ntre1 ent\rs des prcautions ncessaires4 ,en vrit1 qu& n\s reg>dons la vie qui e/ faite notre malheureuse jeunesse1 n\s sommes obligs de dire qu'elle e/ sevre des plus pures joies4 ,qu& on e/ jeune1 on a un gr& beso9 d'une f\le de *oses auxquelles p]sonne ne semble p5s]4 ,beso9 d'affection1 d'*ange de s5tim5ts avec des femmes aimables et respectables1 de fran*e et bonne gat1 p>tage avec des jeunes filles de mme ge4 ,ce beso91 *ez un jeune homme qui n'a pas t pralablem5t tiol et corrompu1 e/ bi5 plus =t que les t5dances infrieures dont on n\s rebat les oreilles4 ,oui1 dans cette vie errante et crpusculaire1 cette vie ttons1 qui e/ celle de la jeunesse1 n\s avons beso9 d'amitis claires et bi5veillantes1 de s\rires et de lumire p\r dissip] les ombres de notre p5se1 de reg>ds enc\rageants p\r bannir lo9 de n\s les ides tri/es ou mauvaises4 ,n\s avons un cur1 et ce qui me navre c'e/ qu'en gnral p]sonne ne semble s'en d\t]4 ,e/-il tonnant alors que n\s *]*ions lui donn] satisfaction dans les s5ti]s df5dus puisque p>t\t ailleurs n\s sommes rep\sss8 ,hlas6 n\s avons beau *]*]1 n\s ne tr\vons qu'illusion1 dgt1 et n\s s5tons bi5tt que l'am\r facile e/ comme les mirages du ds]t4 ,oh6 bi5 f\ qui pr5drait p\r clair] ses pas ,ces lueurs trompeuses ou fe9tes6 ,ne te ret\rne pas6 ne les reg>de pas6 ,ce sont des toiles te9tes4 ,a4 ,dor*a94 99 99 99 99 99 ,le pire rsultat de la vie m*ante et anormale o n\s sommes1 de notre incurable lgret dans les *oses de l'am\r1 de notre corruption1 c'e/ de n\s avoir fait p]dre ce monde de *>me et de beaut1 que j'appell]ai l'aurore de l'am\r4 ,il e/ une t]re mat9ale1 ple9e de fleurs fra*es closes1 baigne de rose et de soleil1 une t]re vi]ge et pure1 o nul pi$ ne s'e/ pos1 o nulle p\ssire et nulle s\illure n'ont pass4 ,c'e/ la t]re d'closion de l'am\r1 trav]s les amitis de jeunesse1 les s\rires et les jeux4 ,on n'y connat encore du s5tim5t que sa d\ceur1 sans entrevoir sa pr(ondeur de s\ffrance4 ,l'am\r sans d\te e/ bon1 mme qu& il n\s a fait pleur]4 ,il ne faut ri5 en regrett]1 mme nos l>mes et nos *agr9s4 ,mais la t]re dont je p>le ne les connat pas encore4 ,elle e/ au seuil de nos j\rs comme un p>adis radieux o le bonheur de vivre1 de se voir1 de s'ador] de lo9 et avec respect1 le plus s\v5t sans le dire1 suffit4 ,n\s avons f]m ce p>adis4 ,il faut le r\vrir et comm5c] en r5dre le gt la jeunesse4 ,elle reconnatra bi5tt qu'il y a plus de plaisir et de *>me dans cette fleur de s5tim5t que dans t\s les plaisirs factices4--,une jeunesse sans am\r e/ comme un mat9 sans soleil4 ,si notre jeunesse e/ si morose1 c'e/ que beauc\p sont dev5us sceptiques en am\r4 ,ils ont suivi surt\t les *em9s qui en loign5t4 ,la vie rejette celui qui en a tr\bl la s\rce4 ,dsormais elle se refuse lui4 ,jamais plus il ne peut la saisir dans sa beaut robu/e4 ,ni le ciel bleu1 ni les fleurs1 ni l'eau qui murmure ne lui rvl5t plus leur secret4 ,il se s5t exclu de la vie4 ,voil l'excommunication la plus t]rible4 ,a son me fltrie1 le monde app>at fltri4 ,celui qui se respecte et respecte l'am\r connat des joies int5ses1 des joies d'enfant inconnues aux autres4 ,il a g>d intacte la facult d'tre heureux4 ,la vie sa9e et =te c\rt dans ses artres comme la sve au tronc des *nes1 et sa jeunesse lui communique cette ivresse div9e qui fait que le monde enti] *ante dans son cur4 ,t\tes les exi/5ces des viveurs runies ne val5t pas une heure de la si5ne4 ,l'en?\siasme juvnile n'e/ qu'une autre =me de l'am\r4 ,il gr&it et dim9ue avec celui-ci4 ,a mesure que dim9ue en n\s la facult d'aim] et la qualit de notre am\r1 l'en?\siasme lui aussi baisse ou s'altre4 ,l'am\r respect e/ une s\rce non seulem5t de posie1 de joie1 d'entra91 mais aussi de =ce et de vaillance4 ,a ceux qui obs]v5t la *a/et virile app>ti5t au plus haut po9t le secret de la v]tu4 ,la v]tu n'e/ autre *ose que le rsum de t\tes les mles qualits qui fleuriss5t dans ce monde de beaut et de fidlit4 ,c'e/ l que sont les curs f]mes1 indomptables1 les yeux clairvoyants1 les bras capables de frapp] de gr&s c\ps4 ,a mon avis1 cette conc5tration de vigueur1 cette fire consci5ce de sa dignit et de sa =ce sont la plus haute des rcomp5ses4 ,je ne veux pas trop insi/] sur cette autre rcomp5se qui consi/]a plus t>d entr] sa9 de corps et jeune de cur dans l'union du m>iage avec la femme de notre *oix4 ,si lev qu'il soit1 ce b p\rrait p>atre un peu lo9ta91 en raison surt\t des dures exig5ces de la socit actuelle4 ,et cep5dant1 si l'on songe sa c>rire future1 et si l'on s'y prp>e1 ne doit-on pas aussi song] au temps o la qualit de *ef de famille1 de protecteur d'une femme1 de pre1 n\s cre de si hautes responsabilits4 ,celui qui n'a jamais rem]ci ses pres d'avoir vcu de telle sorte qu'ils lui ai5t laiss une bonne sant1 un sang pur1 une vitalit entire1 ne sait pas ce que c'e/ que la solid>it de la *air et du sang1 ni quels devoirs au/res n\s avons remplir env]s ceux qui un j\r sortiront de n\s4 ,p>mi t\s les crimes qui se commett5t s\s le soleil de ,dieu1 celui dont je v\drais le mo9s avoir *>g ma consci5ce1 e/ d'altr] en ma p]sonne la s\rce de vie1 et de lgu] d'autres une exi/5ce amo9drie1 accable de maux1 un corps misrable et une me ue6 ,ces *oses-l sont bonnes mdit]1 et la jeunesse e/ le seul ge o il ne soit pas trop t>d p\r y song]4 99 99 99 99 99 ,mais voici le po9t o l'am\r conf9e la cit4 ,il e/ temps de port] nos reg>ds plus haut et plus lo94 #d4 ,patrie et rle social de la ,jeunesse4 ,au del de la famille1 des amitis1 de l'am\r1 mondes intimes et sacrs o l'individu s'initie la solid>it1 s't5d1 les enveloppant t\s1 la patrie4 #af;,dans son ess5ce1 le patriotisme e/ la joyeuse communion avec le milieu dont n\s sommes issus4 ,la fleur rit au soleil natal2 le *ne1 d'une tre9te puissante1 ens]re le sol et en aspire le suc2 l'homme s\rit la maison pat]nelle1 aux horizons pro*a9s1 son pre1 sa mre3 il s'en imprgne1 il s'y atta*e1 d'abord sans le savoir1 et peu peu d'une manire consci5te4 ,a trav]s la famille1 cette premire =me de t\s les am\rs1 l'homme s'lve un am\r plus l>ge1 plus ri*e1 celui de la patrie4 ,p> un *ange d'influ5ces et une comp5sation de bi5faits1 la patrie1 sans cesse1 enfante la famille1 la n\rrit de sa sve1 la =me et l'inspire1 et la famille refait la patrie1 la r5\velle et la p]ptue4 #af ,ju/ice1 p> ,c4 ,wagn]1 p4 #aac4 ,le patriotisme e/ donc un ensemble de s5tim5ts1 d'hrdits1 d'aff9its1 qui n\s font entrevoir au del de la vie individuelle1 au del de la vie de famille1 une gr&e et l>ge vie commune laquelle n\s pr5ons "p4 ,la patrie e/ dans le sang1 dans le ry?me p>ticuli] de notre vie n]veuse1 dans notre p5se1 dans notre langue1 et jusque dans les inflexions de notre voix4 ,elle e/ m\le dans nos os et *ante sur nos lvres4 ,la patrie1 c'e/ encore ce ciel1 ces montagnes1 ces *amps1 cette va/e m] qui frappe nos rivages4 ,t\t cela n'e/ pas hors de n\s seulem5t1 c'e/ en n\s4 ,n\s portons dans notre nature physique comme un *o de la t]re mat]nelle1 et dans nos curs le s\v5ir rayonnant1 ineffaable de son image4 ,la patrie c'e/ encore t\t ce qui dort dans les tombeaux1 les pres de nos pres4 ,c'e/ le flambeau de vie pass de ma9 en ma9 trav]s les ges et que n\s t5ons notre t\r2 c'e/ t\t ce qu'on a s\ff]t1 p5s1 lutt1 pri2 t\t le patrimo9e d'preuves et de gloire1 de v]tus ou de dfauts1 de =ces vives ou de blessures gurir4 ,la patrie1 ce sont les aeux1 mais aussi c'e/ l'enfant4 ,c'e/ la tte frle et gracieuse qui vi5t dem&] sa place au foy]2 c'e/ celui qui1 c\* sur les g5\x de sa mre1 porte1 sommeillant en lui1 t\t le pass et t\t l'av5ir4 ,c]ta9em5t1 la patrie e/ plus que l'individu et plus que la famille4 ,elle e/ une des gr&es tapes dans cette vie my/rieuse qui va de la p]sonne une exi/5ce plus ple9e1 plus leve1 et qui appelle1 ju/ifie1 impose t\s les sacrifices1 mme celui de notre vie p>ticulire4 ,l'am\r rel et puissant de la patrie peut exi/] l'tat presque in/9ctif2 mais il a t\t gagn] dev5ir consci5t et rfl*i4 ,a ce degr1 il devi5t l'initiation la vie nationale et l'me nationale4 ,l'ge de cette initiation e/ la jeunesse4 ,celui qui trav]se cette priode o le gnie de son peuple lui e/ rvl1 s5t s'accomplir en lui une n\velle naissance4 ,plus cet vnem5t intrieur e/ pr(ond et srieux1 plus la qualit d'am\r dont *acun aime son pays e/ pure et leve4 ,il faut n\s df5dre d'un patriotisme bruyant1 phraseur et tapageur1 p\r n\s pntr] t\j\rs davantage de celui qui e/ sil5cieux1 vrai1 actif4 ,je s\haite surt\t la jeunesse de ne jamais donn] dans le *auv9isme1 qui e/ la c>icature du patriotisme4 ,la meilleure manire d'aim] son pays e/ d'en cultiv] en soi le gnie et de se g>d] avec so9 des trav]s et des dfauts qui risqu5t de le t]nir4 ,a ce titre1 le devoir de la jeunesse franaise e/ aussi beau que simple disc]n]4 ,t\te la m>*e de notre hi/oire n\s l'indique4 ,la ,france dmocratique telle qu'elle rsulte de la collaboration des volonts huma9es avec la =ce des *oses1 voit de plus en plus son idal se confondre avec l'idal mme du progrs huma94 ,aucun pays du monde n'a plus que le ntre dp5s ses ress\rces1 son gnie1 son sang p\r des bi5s immatriels3 la lib]t1 la ju/ice1 la vrit4 ,ces bi5s1 il les a p\rsuivis1 non seulem5t p\r lui-mme1 mais p\r les autres1 p>fois p\r ses ennemis de la veille ou du l5dema94 ,notre hi/oire e/ la plus clatante rfutation de l'utilit>isme national4 ,ce n'e/ pas n\s qui avons fait de la patrie un agglomrat d'gsmes1 une entreprise contre humanit4 ,la gr&e tradition d'hrosme et de gnrosit qui rsulte d'un tel pass e/ t\t fait de nature lev] l'am\r in/9ctif du sol natal jusqu' ce s5tim5t la fois rfl*i et en?\sia/e o le culte de la patrie conf9e celui de l'humanit4 ,quel plus bel idal p\r enflamm] et =m] de jeunes c>actres1 p\r inspir] de nobles vies6 ,je ne dduirai nullem5t de l que la jeunesse franaise doive aspir] aux d\teuses dispositions de ces cosmopolites qui se rempliss5t la b\*e du mot humanit et trait5t le patriotisme de prjug4 ,sans les patries1 l'humanit n'e/ qu'une entit vide4 ,de mme que celui qui remplit fidlem5t ses devoirs de famille1 r5d les plus gr&s s]vices la patrie1 de mme en se consacrant son devoir de citoy5 d'un pays p>ticuli]1 on s]t l'humanit4 ,p\r n\s1 la vraie manire de s]vir l'humanit1 c'e/ d'entret5ir avec le plus gr& am\r la sa9te flamme de l'idal national1 de n\s en r*auff] t\j\rs davantage n\s-mmes4 ,la cause de la lib]t1 de la ju/ice1 de l'galit telle que notre dmocratie s'ef=ce de les ralis]1 e/ en gr&e p>tie lie1 dans le monde1 au sort qu'elle aura *ez n\s4 ,n\s p\vons la gagn] ou la p]dre p> la faon d'organis] notre vie nationale4 ,plus je vois les vnem5ts m>*] et mieux je compr5ds qu'en faisant nos affaires1 et en n\s y appliquant1 n\s accomplissons en mme temps une mission gnrale4 ,j'en dduis donc trs simplem5t ceci3 ,il y a un intrt huma9 ce que la dmocratie franaise soit =te et sage4 ,elle le devi5dra t\j\rs davantage p> l'union4 ,donc il y a un intrt huma9 ce que *acun de n\s soit aussi aimable que possible avec ses compatriotes1 et les traite avec bi5veillance et ju/ice1 comme des frres en un mot4 ,e/-ce assez vid5t8 ,p\rtant il suffit d'nonc] ces *oses p\r faire entrevoir t\t un va/e programme4 ,c> il y a faire1 et beauc\p1 p\r mettre l>gem5t en pratique notre bel idal national4 ,il ne faut pas confondre l'idal d'une nation avec le spectacle j\rnali] que donne sa vie4 ,en effet1 si cette vie e/ en m>*e v]s l'idal1 elle peut en tre encore =t loigne4 ,tel e/ le cas1 av\ons-le s9crem5t4 ,dans sa masse1 notre peuple e/ assez loign encore de l'ducation dmocratique et des murs de la lib]t4 ,p> son n]gie1 son activit1 la m]veilleuse s\plesse de son gnie1 n\s l'avons vu se relev] d'une dfaite extrieure sans prcd5t4 ,il n'a ri5 r$\t] l'extrieur4 ,p\rvu qu'il soit vigilant1 il peut se repos] dans la consci5ce de sa =ce et de sa dignit reconquises4 ,le mom5t e/ v5u de t\rn] t\s nos ef=ts sur la vie intrieure p\r n\s lev] p> nos murs civiques1 t\t l'ensemble de la vie nationale1 la hauteur de notre idal dmocratique4 ,ici app>at avec cl>t le devoir et le rle de la jeunesse4 ,je vais essay] de l'indiqu] brivem5t et je dirai *acun de mes jeunes compatriotes3 si v\s aimez votre patrie1 voil ce qu'il faut faire4 99 99 99 99 99 ,p> une sorte de fatalit1 que subiss5t d'ailleurs t\tes les nations des degrs div]s1 n\s en sommes arrivs un miettem5t social trs regrettable4 ,les intrts1 les situations sociales1 les t5dances politiques1 les op9ions philosophiques1 les croyances1 t\t n\s divise4 ,nul beso9 de dcrire le dtail3 ,lisez les j\rnaux et reg>dez la vie4 ,depuis que n\s avons le droit de t\t crire et de t\t dire1 combi5 s'e/-il pass de j\rs sans que des compatriotes se soi5t maltraits les uns les autres de la pire faon8 ,il faut que le gnie suprieur d'une nation soit bi5 puissant p\r triomph] d'un p>eil tat de *oses4 ,si malgr cela n\s m>*ons sans cesse1 quelle foi 9branlable cela ne doit-il pas n\s inspir] dans nos pr9cipes6 ,a plus =te raison p\rrions-n\s avanc]1 si au lieu d'tre diviss n\s m>*ions la ma9 dans la ma94 ,la gr&e uvre t5t] e/ celle de la conc5tration nationale4 ,le mom5t e/ propice4 ,je sais que la jeunesse s\ffre du tri/e spectacle de tant de luttes /riles et de tant d'antagonismes2 qu'elle e/ anime des meilleures int5tions4 ,on peut d'autant mieux lui p>l]1 ayant un alli dans son cur4 ,voici ce que je lui dirai3 ,v\s avez trs bi5 fait de v\s re*]*] les uns les autres depuis un c]ta9 nombre d'annes1 de v\s organis] et de v\s associ]1 et j'applaudis t\tes les crations issues de cette inspiration salutaire4 ,associations ou c]cles d'tudiants1 unions de jeunes g5s1 de quelque c\leur et de quelque t5dance qu'elles soi5t1 ont ceci de bon qu'on y cultive l'esprit de corps4 ,hlas6 quelquefois on y cultive aussi le p>ticul>isme et l'esprit de p>ti1 ce qui e/ s'associ] p\r une mauvaise action4 ,mais je ne veux m5tionn] ce tri/e trav]s qu'en passant4 ,en gnral s'associ] entre semblables e/ excell5t4 ,cela appr5d vivre et considr] un intrt plus lev4 ,seulem5t je dem&e davantage4 ,v\s v\s re*]*ez entre semblables selon le prov]be3 qui se ressemble s'assemble4 ,cela ne rpond qu' un beso91 celui de se t\*] les c\des entre g5s du mme monde et du mme esprit4 ,si v\s ne v\s proccupez que de ce beso9-l1 v\s arriv]ez l'troitesse infailliblem5t4 ,l'troitesse eng5dre l'esprit de cot]ie1 et n\s revoil en ple9 dans le mal4 ,il faut se s\v5ir que l'homme a beso9 de voir et d'ent5dre autre *ose que les produits du milieu acc\tum4 ,sortez de vos unions1 de vos c]cles1 de vos clans et allez voir ce qui se passe ailleurs4 ,mlez-v\s aux esprits qui n'ont pas votre c\leur4 ,ce s]a big>r1 mais aussi combi5 intressant et in/ructif6 ,dans un pays dmocratique o t\te op9ion a droit de se faire ent5dre1 il faut cultiv] la facult d'c\t]4 ,n\s savons p>l]1 cri] mme2 mais n\s ne savons pas c\t] l'adv]saire4 ,au fond n\s g>dons un trs vila9 leva9 autoritaire4 ,aussitt que des op9ions contraires aux ntres se manife/5t1 un dmon secret n\s incite cri]3 assez6 ,il en rsulte que n\s avons bi5 la lib]t de n\s runir et de p>l]1 mais ce que la loi n\s accorde e/ s\v5t compromis p> notre faute4 ,neuf fois sur dix1 une runion publique dgnre en vac>me ou en pugilat4 ,ce n'e/ pas dmocratique1 cela--,donc il faut appr5dre c\t] les contradictions4 ,le moy53 ,se re*]*] entre jeunes compatriotes d'op9ions1 de religions1 d'tudes diffr5tes et faire en commun l'appr5tissage de la lib]t et de la tolrance que j'aim]ais mieux appel] de la ju/ice4 ,qu& on e/ jeune1 on n'e/ en gnral pas m*ant4 ,mme les btes fauves sont g5tilles au db de la vie4 ,leurs in/9cts sangu9aires ne se rveill5t que plus t>d4 ,il en e/ de mme p\r l'homme4 ,a condition de pr(it] de cette heureuse disposition naturelle1 on peut arriv] de trs beaux rsultats4 ,je connais en ,suisse des socits d'tudiants o les diffr5ces politiques ne j\5t pas de rle4 ,ces socits sont assez re/re9tes p\r que la cam>ad]ie s'tablisse entre leurs membres1 et s\v5t l'amiti4 ,celle-ci1 comme l'am\r1 tr\ve se ni*] p>fois entre g5s d'orig9e bi5 div]se1 et dure bi5 au del des annes d'tude4 ,s\v5t ces amis de jeunesse se tr\v5t dans des camps politiques rivaux1 ou sp>s p> d'autres di/ances que cre la vie4 ,mais leurs s\v5irs communs laiss5t subsi/] un t]ra9 neutre sur lequel on se r5contre1 et cette circon/ance enlve aux luttes beauc\p de leur am]tume4 ,sans d\te ces *oses arriv5t p>t\t1 *ez n\s aussi4 ,mais ce sont des exceptions trop r>es4 ,on n\s lve p> tr\peaux sp>s et l'intrt du p>ti exige s\v5t que la jeunesse elle-mme soit enrle et dresse la bataille4 ,sa9te-,beuve a dit3 ,il exi/e1 en un mot1 *ez les trois qu>ts des hommes1 ,un pote1 mort jeune1 qui l'homme survit4 ,dans un c]ta9 s5s cela e/ vrai4 ,mais on p\rrait dire1 avec beauc\p plus de raison1 que ce qui meurt jeune dans les trois qu>ts d'entre n\s1 c'e/ prcism5t l'homme4 ,a cet homme1 mort depuis longtemps1 survit un notaire1 un avocat1 un pr(esseur1 un politici51 un f9anci]1 un manuvre1 un homme d'glise4 ,et lorsque1 ces survivants1 ces tri/es re/es1 p\rrait-on dire1 on vi5t p>l] d'humanit1 de devoirs huma9s1 d'intrts huma9s1 ils rpond5t de bi5 haut3 ,ce n'e/ pas notre affaire6 ,ne p\rrait-on pas a9si1 en se prom5ant trav]s ce pays1 y r5contr] une f\le de g5s en qui le ,franais e/ mort bi5 jeune1 p\r cd] la place un radical1 un an>*i/e1 un mon>*i/e1 un clrical1 etc41 etc48 ,p\r l'am\r de cette belle patrie1 n\rrissons si bi5 en n\s le ,franais qu'il survive t\tes les pi?tes dont la vie vi5dra l'affubl] plus t>d1 et crons des milieux bi5 accueillants o n\s p\rrons n\s r5contr] entre hommes de bonne volont v5us des quatre co9s de l'horizon intellectuel4 99 99 99 99 99 ,mais cela ne suffit pas1 il faut fran*ir les b>rires sociales4 ,la jeunesse /udieuse et la jeunesse populaire aurai5t beauc\p appr5dre l'une de l'autre4 ,lors des belles ftes de l'univ]sit de ,t\l\se en mai #ahia1 ,m4 ,jaurs1 pr(esseur de philosophie1 disait ceci3 ,il faut que le progrs de quelques-uns dans la vrit se traduise p> le progrs de t\s dans la ju/ice1 et1 de mme qu'en ces j\rs de mai1 le beau j>d9 qui enveloppe ces demeures1 envoie jusque dans les laboratoires et les biblio?ques les s\ffles et les p>fums de la t]re r5\vele1 il faut que la haute sci5ce et la haute p5se soi5t comme pntres p> le r5\veau frat]nel des socits huma9es4 ,ce sont l des s5tim5ts de la plus pure beaut et qu'il e/ urg5t de mettre en pratique4 ,j'ai p>l dj1 plusieurs reprises1 de c]ta9s ducateurs reb\rs qui corromp5t le peuple et lui v5d5t leurs dte/ables leons prix d'arg5t4 ,si la jeunesse /udieuse t\t entire compr5ait ses devoirs en cette matire1 il y aurait bi5tt une lutte salutaire organise contre ces influ5ces dltres4 ,les ef=ts faits dans ce s5s p> un c]ta9 nombre de socits ,p>is comme en prov9ce mrit5t d'tre imits4 ,t\tefois qu'on ne s'imag9e pas que ce soit le seul avantage d'un rappro*em5t que je dsire et appelle de mes vux4 ,le peuple y apport]ait autant que v\s lui (fririez4 ,mais p\r cela il ne faut pas seulem5t le h>angu]1 il faut le re*]*]1 le frqu5t]1 se li] avec de jeunes ouvri]s1 et1 si possible1 fond] mme des socits o l'on se r5contr]ait entre t\s les lm5ts qui =m5t une patrie4 ,p\r organis] un esprit public et une p5se commune dans la nation1 c'e/ p> ces petits moy5s trs laborieux et s\v5t pnibles mettre en pratique qu'il faut comm5c]4 ,la r5contre habituelle et bi5veillante des diffr5ts lm5ts sociaux dtruit une f\le de mauvais prjugs habilem5t entret5us4 ,on ne se connat pas les uns les autres1 c'e/ p\r cela qu'on ne s'ent5d pas4 ,et ce n'e/ pas p> une action d'ensemble sur les masses qu'on p\rra remdi] l'miettem5t social et la mfiance univ]selle4 ,la confiance dem&e tre reconquise p> le dtail4 ,il y a l t\t un monde n\veau dans lequel on comm5ce seulem5t m>*]4 ,je n'oubli]ai jamais le bi5 que j'ai con/amm5t rapport du comm]ce famili] avec le peuple1 ville ou campagne1 a9si que des bonnes runions d'aide frat]nelle et d'tudes sociales fondes1 il y a dix ans1 ,p>is1 p> ,m4 ,t4 ,fallot1 et qui mrit]ai5t d'tre mieux connues1 af9 d'tre frqu5tes davantage4 99 99 99 99 99 ,il n\s re/e indiqu] encore une autre voie4 ,p\r celle que n\s v5ons d'indiqu]1 de la bonne volont suffit2 mais p\r entr] dans l'ide que n\s allons mettre ma9t5ant1 c'e/ de l'esprit de sacrifice1 de l'hrosme qu'il faut4 ,il ne s'agit de ri5 mo9s que de voyages d'exploration dans les div]s doma9es de la vie populaire4 ,celle-ci e/ ple9e de dess\s1 de dtails d\l\reux ou admirables qu'on ne peut ap]cevoir du dehors4 ,le peuple1 qui se connat mal lui-mme et se juge mal1 ne peut pas n\s r5seign]4 ,n\s sommes en prs5ce d'un monde f]m1 non p> la mfiance ou la volont des hommes seulem5t1 mais p> la =ce des *oses4 ,p\r s'en procur] la clef1 il faut se rs\dre vivre de la vie des humbles4 ,de mme que d'autres pr5n5t le tra9 ou le transatlantique p\r all] explor] les pays lo9ta9s1 on peut quitt] p\r un temps le monde o l'on vit et1 sans p>c\rir de di/ances matrielles1 fran*ir de gr&es di/ances sociales4 ,a telle heure1 tel j\r v\s cessez d'tre celui que v\s tiez4 ,s\s d'autres vtem5ts1 p>mi des inconnus1 v\s v\s engagez comme ouvri]1 dome/ique1 simple soldat1 en v\s int]disant rig\reusem5t de v\s s\v5ir de vos privilges1 ou de les faire valoir d'aucune faon4 ,v\s entrez dans le rang1 et v\s acceptez d'tre trait comme t\t le monde4 ,il n'y a pas de livre1 pas d'homme1 le plus exprim5t mme1 qui puisse n\s ouvrir les yeux comme ce g5re d'exploration4 ,qu& on se prp>e ex]c] une influ5ce quelconque1 dirig] n'importe quoi1 t5ir dans sa ma9 une p>tie de la de/9e d'autrui1 comme c'e/ le cas p\r la plup>t des jeunes g5s in/ruits1 il e/ bon d'avoir pass un c]ta9 temps p>mi les adm9i/rs1 les petits1 les ignors1 af9 d'appr5dre dev9]1 en s\ffrant1 le secret de la ju/ice4 ,ri5 ne =me au comm&em5t comme l'obissance2 ri5 n'e/ utile celui qui p>le1 ordonne1 dcide de haut1 que d'avoir ent5du jadis tomb] sur sa tte des ordres bons ou mauvais1 quitables ou iniques1 s\s lesquels il fallait pli] en sil5ce4 ,p\r le mdec91 une seule petite maladie o il e/ oblig de se laiss] trait] ou maltrait] p> un confrre1 quivaut une anne des meilleures tudes4 ,nos anci5s dans c]ta9s pays avai5t cette piquante c\tume d'int]v]tir une fois p> an les rles des matres et des s]viteurs4 ,c'tait ,nol1 en s\v5ir de l'vangile4 ,une telle c\tume1 prise au srieux1 p\vait donn] lieu aux plus spirituelles et aux plus svres leons de *oses4 ,se mettre la place les uns des autres1 c'e/ en effet la condition mme de la solid>it4 ,du ct de l'enclume on voit la vie d'un autre il que du ct du m>teau4 ,il e/ bon d'avoir t de l'un et de l'autre ct4 ,l'avantage des explorations que n\s recomm&ons la jeunesse1 ne consi/e pas seulem5t dans les dc\v]tes qu'on fait sur le t]ra9 n\veau4 ,att5dons le ret\r6 ,l'anci5ne exi/5ce alors prs5te des p>ticul>its qu'on n'avait jamais rem>ques2 on e/ mieux mme de l'apprci] et de la jug]4 ,en un mot1 on a fait une cure salutaire o le vieil homme troit et g/e s'e/ noy p\r laiss] vivre d'autant mieux l'homme n\veau4 ,on ne saurait assez se rappro*] des petits1 ni s'clair] trop sur les assises qui support5t l'difice social1 allant p>t\t au fond et aux s\rces4 ,a une c]ta9e poque de la vie1 il e/ trop t>d p\r se lanc] dans les entreprises dont n\s p>lons4 ,ce sont l escapades dignes de t5t] la jeunesse1 qui elles donn]ai5t le moy5 de pass] des vacances trs peu banales4 ,qu'elle ne craigne pas de s'abaiss] en entrant dans cette voie4 ,bi5 au contraire4 ,l'homme e/ comme le *ne4 ,plus ses rac9es s'enfonc5t et plus s'lance la cime6 #e4 ,un mot sur le rle int]national de la ,jeunesse4 ,l'c>t entre les pr9cipes mod]nes et la civilisation rali/e n'a tr\v nulle "p d'expression plus frappante que dans l'tat de nos relations int]nationales4 ,p5dant de longues annes l',europe1 ram5e la b>b>ie s\s les dehors du progrs1 a vcu en ple9 ana*ronisme4 ,n\s avons assez dit ce que n\s p5sions du patriotisme1 p\r ne pas tre suspect de tideur son g>d4 ,il n\s s]a d'autant plus facile de p>l] avec fran*ise ma9t5ant4 ,le pr9cipe des nationalits e/ susceptible d'exagrations qui dtruis5t les effets bi5faisants du patriotisme et font de la patrie une entreprise contre l'humanit4 ,a ce degr une nation cesse d'tre une gr&e cole de frat]nit qui v\s l>git le cur et v\s mrit p\r la solid>it univ]selle4 ,elle devi5t un foy] d'gsme o se fom5t5t l'ho/ilit1 la ha9e1 l'envie1 t\s les s5tim5ts qui dsagrg5t la socit et dtruis5t la solid>it4 ,cet tat de *oses e/ si malheureux qu' lui seul il p>vi5t neutralis] t\s les progrs rels de l'homme dans la ju/ice et dans l'affran*issem5t4 ,notre ,europe maussade et mfiante n\s en a f\rni des preuves vid5tes4 ,l aussi l'esprit mod]ne avec sa puissance d'quit et d'apaisem5t a une uvre faire1 et l'in/ant actuel n\s y invite4 ,mille raisons premptoires emp*5t les hommes mrs1 *>gs du maniem5t des affaires publiques1 de travaill] cette uvre4 ,de tragiques ncessits1 des situations plus =tes que les volonts huma9es leur li5t les ma9s4 ,l'expectative et la rs]ve leur sont imposes p> leur dignit mme et la gr&eur des intrts confis leur vigilance4 ,mais la jeunesse1 ici1 la jeunesse /udieuse peut beauc\p4 ,la ,rpublique des lettres1 des arts et des sci5ces n'exi/e plus4 ,il faut la ressuscit] et crer a9si1 peu peu1 un t]ra9 commun suprieur4 ,si cette haute cit de l'esprit a t possible dans la vieille ,europe fractionne en c5t petits tats sans cesse gu]royants1 comm5t dsespr] de la refaire auj\rd'hui8 ,t\t ce que n\s avons de meilleur en n\s1 semble se conjur] p\r une si belle entreprise4 ,les bases sont en somme poses1 il n'y a qu' s'emp>] de t\s les lm5ts de solid>it1 de paix1 de travail1 de lumire1 de bont p>s dans le monde p\r crer un ensemble m]veilleux4 ,t\tefois1 une des conditions ess5tielles de succs1 c'e/ la v5ue de gnrations qui ont pratiqu la vie int]nationale dans leur jeunesse4 ,p> cela mme qu'on e/ jeune1 on a un t]ra9 commun1 et des meilleurs4 ,walt] ,scott a dit qu'il exi/ait entre les jeunes g5s de t\s pays une sorte de franc-maonn]ie4 ,il y a beauc\p de vrai dans cette obs]vation4 ,notre jeunesse peut pratiqu] la frat]nisation dont n\s p>lons1 au cur mme de la patrie et sans faire un pas au dehors4 ,il e/ vrai que les temps sont bi5 *angs o la ,france tait la seconde patrie de t\t homme cultiv4 ,mais il en subsi/e t\j\rs quelque *ose4 ,il re/e de nombreuses occasions de r5contr] des cam>ades v5us de prs et de lo9 p\r faire ou complt] leurs tudes en ,france4 ,on a eu beau leur dire3 n'allez pas en ,france2 ils y vi5n5t qu& mme4 ,auprs de ces trang]s1 notre jeunesse a une belle mission remplir4 ,si j'tais tudiant1 comme je f]ais la c\r aux tudiants trang]s6 ,je s]ais aimable avec eux jusqu' la coquett]ie4 ,je leur f]ais les honneurs de la bonne hospitalit franaise4 ,s'ils viv5t entre eux comme ils font d'ord9aire1 je tr\v]ais bi5 moy5 d'all] jusqu' eux et de leur faire aim] ma compagnie4 ,puis je les attir]ais dans les gr\pes franais1 je les gai]ais au contact de notre gat4 ,je leur p>l]ais de leur pays et du mi51 des *oses qu'ils voi5t et qu'ils ne voi5t pas en ,france4 ,je plaid]ais devant eux notre cause1 et je la gagn]ais#ag4 #ag ,erne/ ,lavisse3 tudes et tudiants1 page #bhg4 ,on ne saurait assez insi/] sur l'importance de p>eils avis4 99 99 99 99 99 ,mais il faut faire un pas de plus1 le gr& pas p\r un jeune ,franais3 il faut se rsign] all] vivre et tudi] quelque temps l'trang]1 af9 d'appr5dre connatre et apprci] ce qui se passe au dehors4 ,j'av\e que dans cette voie les comm5cem5ts sont trs durs4 ,il y a de la glace bris]1 des *em9s fray] et dblay]1 et une provision de c\rage et de pati5ce emport]4 ,n'importe1 il faut pass] p> l4 ,l',europe de la ,r5aissance tait sillonne dans t\s les s5s p> des tudiants qui s\v5t voyageai5t pi$ et pi$s nus p\r ne pas us] leurs s\li]s4 ,n\s ne p\rrons pas refus] de faire en *em9 de f] la moiti du trajet qu'ils faisai5t au milieu des difficults et des privations4 ,il faut qu'il y ait bi5tt des tudiants franais dans t\tes les pr9cipales ,univ]sits d',europe1 et rciproquem5t4 ,n\s att5dons de ces jeunes g5s une uvre de rp>ation et de ju/ice int]nationale4 ,p]sonne n'ignore que la calomnie int]nationale pratique sur une l>ge *elle a t un des flaux de ce temps4 ,l'uvre inf]nale de ha9e et de m5songe a pu s'accomplir en paix1 grce l'ignorance publique4 ,n\s n\s sommes d%abitus de voir et de contrl] p> n\s-mmes1 ab&onnant la presse le so9 de n\s r5seign]4 ,or il s'e/ tr\v qu'une c]ta9e presse n\s a si bi5 r5seigns qu'on ne sait plus qui se fi] et que les nations ne se connaiss5t plus4 ,le pays le plus maltrait1 et p> ses ennemis et p> ses propres enfants1 hlas6 c'e/ la ,france4 ,p\r effac] les traces d'une si laide besogne1 il faudra du temps2 mais aucune pe9e ne doit tre p>gne4 ,il n'y aura de meilleurs j\rs en ,europe que lorsque la jeunesse des coles et des univ]sits aura peu peu am5 un c\rant n\veau dans l'esprit public4--,comme on le voit c'e/ un monde crer2 mais aussi que de puissants motifs p\r y all] avec en?\siasme6 ,jamais labeur plus beau n'att5dit des ouvri]s de bonne volont6 ,,vii ,,la ,,foi ,la vrit morale et sociale e/ comme une de ces inscriptions tumulaires sur lesquelles t\t le monde passe en allant ses affaires1 et qui de j\r en j\r s'effac5t davantage1 jusqu' ce qu'un ciseau sec\rable vi5ne en appr(ondir les traits dans cette pi]re ue1 tellem5t que t\t le monde e/ =c de l'ap]cevoir et de la lire4 ,ce ciseau e/ entre les ma9s d'un petit nombre d'hommes qui se ti5n5t ob/9m5t baisss v]s l'inscription antique1 au risque d'tre heurts et f\ls sur le m>bre p> les pi$s inatt5tifs des passants4 ,v9et4 ,d] religise ,glaube i/ e9fa* dur* se9 ,vorh&5se9 im ,gem?1 d] im ,m5s*5gei/ selb/ gefhrte ,?at]weis des gttli*5 ,gei/es6 ,lipsius4 ,la foi6 ,n'e/-ce pas p> elle qu'il et fallu comm5c]8 ,ne dt]m9e-t-elle pas t\te la vie8 ,c'e/ l'entre1 le reg>d fix sur le b suprme1 que n\s n\s la figurons le plus volonti]s6 ,sans d\te1 cette manire de voir e/ en p>tie ju/e1 et t\s1 tant que n\s sommes1 n\s r5controns l'entre de la vie1 s\s une =me ou une autre1 une int]prtation des *oses qui s'(fre n\s p\r n\s guid]4 ,mais cette int]prtation e/ le fruit de l'expri5ce d'autrui et en somme le rsultat de leur vie4 ,en disant donc qu'on ne comm5ce pas p> la foi1 mais qu'on s'y a*em9e1 on re/e sur un t]ra9 trs f]me4 ,c'e/ l que n\s dsirons n\s plac]1 autant p> g>d p\r ce temps1 que p> g>d p\r la jeunesse laquelle n\s n\s adressons4 ,p\r se recon/itu] une foi1 ce temps a beso9 de se r5dre compte comm5t nat la foi1 et c'e/ l aussi un des beso9s les plus srieux et les plus pr(onds de la jeunesse4 ,on ent5d communm5t p> foi l'adhsion un corps de doctr9e qui se prs5te n\s avec un c>actre d'autorit4 ,dieu une c]ta9e poque aurait rvl la vrit aux hommes1 une fois p\r t\tes4 ,la rvlation a9si faite con/itue un bloc dont c]ta9s hommes et c]ta9es socits sont les dpositaires4 ,reprs5tant la vrit div9e1 ils rclam5t la mme s\mission que ,dieu4 ,il ne s'agit pas de pes]1 d'exam9]1 de discut] ce qu'elles n\s apport5t1 mais de le recevoir g5\x au milieu du sil5ce impos notre tre t\t enti]1 malgr ses rpugnances ou ses rvoltes4 ,dieu a p>l1 cela doit suffire4 ,t\tes les vieilles croyances autoritaires en sont l4 ,ce premi] po9t d'o elles p>t5t et qui entrane le re/e1 e/ le gros po9t litigieux sur lequel elles se sp>5t de l'esprit mod]ne4 ,mais htons-n\s d'aj\t] que l'esprit mod]ne se r5contre ici avec le ,*ri/ et l'vangile4 ,jsus ne re*]*e pas la s\mission1 mais la conviction1 et il donne ceux qui l'c\t5t comme critrium de sa p>ole3 ,celui qui v\dra faire la volont de mon ,pre qui e/ aux cieux1 reconnatra si ma doctr9e vi5t de ,dieu ou si je p>le en mon nom4 ,en disant cela1 il indique que la foi nat de l'expri5ce et que1 p\r n\s mettre dans les meilleures conditions possibles d'exprim5tation1 il faut essay] d'tre des hommes4 ,v\loir faire la volont du ,pre signifie en effet3 sond] sa vie1 af9 de ralis] ce qui e/ en elle et d'accomplir la volont dont elle e/ issue4 ,celui qui veut remplir sa de/9e d'homme et lui tre en t\t po9t fidle1 con/itue en lui-mme la base la plus solide p\r arriv] possd] la vrit huma9e et p\r jug] les doctr9es4 ,on a repro* ces ides d'ouvrir la porte la fantaisie individuelle et de manqu] de respect la vrit4 ,elles suppos5t au contraire le plus gr& respect de l'homme et de la vrit div9e1 que l'on puisse atte9dre jamais4 ,l'homme y e/ respect dans sa lib]t et sa nature4 ,il ne doit tre am5 ri5 ni p> la viol5ce ni p> la sduction2 mais pas pas1 comme l'enfant appr5d lire1 sa consci5ce doit appr5dre pel] la vrit4 ,dieu lui-mme se s\met son jugem5t1 il se montre1 il ne s'impose pas1 il *]*e se faire accept]4 ,je sais que ce sont l *oses graves dire1 o l'on s5t le beso9 de s'abrit] d]rire un plus gr&1 et je suis bi5 aise qu'elles ai5t t proclames p> le ,fils de l',homme4 ,d'ailleurs1 si l'homme e/ respect1 ,dieu l'e/ aussi4 ,sa vrit1 p\r tre admise1 ne rclame pas des yeux f]ms1 mais des yeux gr&s ouv]ts4 ,qu& le ,*ri/1 se s5tant t\t pntr d'elle1 l'annonce aux hommes1 il leur dit3 ,recueillez-v\s1 ceci e/ sa9t1 ceci e/ gr&4 ,le premi] v5u ne saurait le saisir1 il faut de l'ef=t et de la pe9e4 ,ramassez t\tes les puissances qui sont en v\s1 faites appel t\te lumire1 t\t sec\rs1 essayez d'tre des hommes p> l'intellig5ce1 le cur1 la volont1 de ne v\s rduire et v\s mutil] en ri51 p> aucun asctisme et p> aucun vice1 et il v\s s]a donn de saisir dans ma p>ole1 non pas le son fragile d'une voix qui s'veille et s'te9t1 mais l'*o mme des ralits t]nelles4 ,ceci dit1 n\s p\vons tranquillem5t pos] notre base que voici3 ,le monde enti] des faits intrieurs et extrieurs1 y compris l'hi/oire avec ses traditions1 con/itu5t le *amp de l'expri5ce1 qui e/ la base de la foi4 ,la foi e/ le sommet de la vie1 de t\te la vie1 la syn?se totale de l'induction huma9e6 ,t\tes nos expri5ces et celles du pass vivifies trav]s notre me se cond5sant ensemble et con/ituant p\r n\s la rvlation p]sonnelle que n\s a fait la vie3 voil la foi4 ,c'e/ dire qu'on y arrive p> des c5ta9es et des milli]s de *em9s1 s\v5t bi5 diffr5ts les uns des autres2 mais ces *em9s ont t\s ceci de commun3 ce sont des tapes v]s l'inf9i4 ,l'homme e/ en volution1 et avec lui la nature entire1 de l'atome et de la cellule v]s la vie p>faite4 ,sa loi c'e/ le dev5ir4 ,et qu& il pr5d consci5ce de ce fond de sa de/9e1 aucun phnomne ne lui app>at plus comme isol4 ,t\t se ti5t1 se lie1 se ramne l'ensemble1 t5d plus lo9 et plus haut4 ,*aque pas annonce le pas suivant4 ,ce s5s qui pr5d la vie dans son ensemble1 remonte son orig9e1 p\sse au del de son t]me1 la ratta*e un po9t de d"p et un b1 enveloppe en un mot t\t ce dtail dont n\s sommes faits1 dans la gr&e volont qui e/ au fond des *oses1 e/ le s5s religieux4 ,il e/ ess5tiel d'insi/] sur la =me primordiale que revt le s5s religieux1 lorsqu'il comm5ce agir et qu'il n'a pas ab\ti encore cette conclusion leve1 fleur d]nire et sublime que n\s appelons la foi4 ,cette =me se nomme la pit1 et elle e/ elle-mme une manife/ation ennoblie du respect4 ,la pit e/ le respect conf9ant l'au-del4 ,je la comp>e cette ligne de l'horizon m>9 o le bleu des m]s se confond avec le bleu du ciel4 ,nulle "p l'intime pntration des *oses huma9es et surhuma9es ne se s5t mieux que dans la pit4 ,elle press5t et vnre dans *aque ralit humble1 la ralit suprieure4 ,la pit e/1 avec le respect1 le phnomne huma9 le plus important4 ,p\r notre temps1 et p\r notre jeunesse en p>ticuli]1 on ne saurait s'en exagr] la valeur4 ,ces deux s5tim5ts se ml5t con/amm5t l'attitude de l'homme en face des *oses4 ,ils donn5t le ton sa vie morale1 et en m>qu5t l'int5sit4--,un tre qui vit mal p]d le respect et p]d la pit4 ,l'impit e/ un crime complexe o se rsume le mal que n\s avons commis en dtail4 ,il se peut que l'homme n'arrive pas croire la vie1 nul ne peut lui en faire un repro*e1 s'il a g>d la pit4 ,mais si le manque de foi e/ le rsultat de l'impit1 n\s sommes en face d'un suicide moral4 ,ce que l'on peut obs]v] de plus trange dans ce doma9e1 c'e/ la foi sans la pit2 foi raide1 hauta9e1 antipa?ique1 dp\rvue de ce p>fum d'humanit sans lequel ri5 ne vaut4 ,une foi qui ne pratique pas le respect1 a le v]be haut et dur et mme se moque au beso9 de la foi d'autrui4 ,il faut se mfi] de ce g5re de foi4 ,ce n'e/ qu'une app>5ce va9e4 ,l'arbre e/ re/ deb\t1 mais les rac9es sont c\pes3 reg>dez-y de prs1 il e/ mort4 ,mieux vaudrait tre pieux et incroyant4 ,si j'insi/e tant sur le respect et la pit1 je sais p\rquoi4 ,p\r n\s recon/itu] une foi vivante1 ce sont l les conditions premires4 ,or c'e/ bi5 d'une recon/itution qu'il s'agit auj\rd'hui1 non seulem5t p\r ceux qui ont rompu avec le pass1 mais aussi p\r ceux qui ne sav5t plus comm5t accord] des traditions vnres avec des convictions p]sonnelles t\t aussi respectables4 ,l'humanit en e/ arrive une de ces poques o il faut1 p\r p\voir cont9u]1 qu'elle se retrempe la s\rce de vie et d'esprance4 ,n\s le f]ons d'autant mieux que n\s s]ons plus pntrs de pit filiale vis--vis du gr& pass religieux dont les symboles1 les murs1 les ides conti5n5t tant de trsors1 et que n\s n\s appro*]ons d'autre "p plus respectueusem5t de la vie actuelle et de ses ralits4 ,a9si l'hi/oire comme la vie n\s montr]ont s\s des =mes div]ses la mme humanit t\j\rs la re*]*e du v]be qui doit l'expliqu] elle-mme et lui donn] la paix4 ,il s'e/ fait1 dans ce sicle dom9 p> tant de bruits1 un travail mode/e1 travail d'av5ir s'il en fut1 mais compltem5t ignor du plus gr& nombre4 ,c'e/ celui qui a consi/ remont] p>t\t au b]ceau des traditions religieuses4 ,ce travail n\s p]met d'assi/] leur g5se et de les compr5dre mieux quelquefois que les contempora9s immdiats4 ,il a t surt\t m5 avec une infatigable activit1 p\r t\t ce qui conc]ne le ,*ri/ et son uvre4 ,et plus n\s n\s replongeons dans cette tude1 plus il app>at1 en premi] lieu1 que le ,*ri/ e/ un inconnu1 non seulem5t dans le monde1 mais encore dans les glises qui se rclam5t de lui4 ,si quelque *ose e/ ob/ru1 t]ni1 dvi de sa direction premire1 c'e/ bi5 le vieil vangile4 ,ce s]a l't]nel honneur de la ?ologie hi/orique1 d'avoir rappro* l'vangile primitif de la consci5ce du temps prs5t4 ,faute de cette clef1 n\s tions jamais sp>s p> le cur et la p5se d'une poque lo9ta9e dont les =mules intellectuelles et les murs n\s tai5t dev5ues lettre close4 ,mais ma9t5ant le fil de l'volution huma9e e/ r5\4 ,dgages de ce qu'elles ont de local1 de transitoire1 db>rasses des sup]ftations ultrieures1 les gr&es vrits fondam5tales de l'vangile n\s app>aiss5t dans leur porte relle4 ,dans sa p5se1 comme dans sa pratique1 dans sa faon d'int]prt] le monde comme dans sa manire de rgl] l'activit huma9e1 l'vangile dpasse tel po9t t\tes les glises qui se sont rclames de lui1 qu'il e/ dans l'av5ir bi5 plutt que dans le pass4 ,et plus on fixe son att5tion sur ce sujet1 mo9s on peut s'emp*] de con/at] une gr&e aff9it entre cet vangile oubli et les meilleures aspirations de l'esprit mod]ne4 ,n\s sommes faits p\r n\s compr5dre1 et cela p\r une multitude de raisons dont je me cont5t]ai d'indiqu] quelques-unes4 ,notre temps a rompu avec les ides gnrales1 surt\t en ce qui conc]ne la mtaphysique4 ,il lui s]ait bi5 difficile s9on impossible de s'assimil] la religion1 mme la plus pure et la plus leve1 si elle se prs5tait s\s la =me d'une doctr9e mtaphysique4 ,or la sobrit de ,jsus p\r t\t ce qui conc]ne le monde transc5d5tal e/ extrme4 ,il a fait desc5dre la religion du ciel sur la t]re1 des gr&es proccupations cosmiques dans la consci5ce huma9e4 ,ce qui n\s frappe surt\t en lui1 c'e/ ce c>actre d'humanit dont sa p]sonne et sa doctr9e sont imprgnes4 ,il a montr l'homme la gr&eur de son humble mission2 ce *em9 troit qui va v]s les sommets div9s trav]s les longues pati5ces et les labeurs obscurs4 ,en mme temps il a humanis ,dieu4 ,le mot de ,v9et e/ bi5 vrai3 ,cette belle p>ole d'un paen3 ,je suis homme et ri5 d'huma9 ne m'e/ trang]1 l'vangile l'a mise dans la b\*e de ,dieu4 ,cela n'e/ pas vrai seulem5t p>ce que ,jsus a pr* la ,piti t]nelle qui s\ffre de nos d\leurs1 la rp>ation1 p> le sacrifice1 et p> le p>don de ce p* qui tue la pauvre humanit1 mais encore p>ce qu'il a fait s5tir que p\r l'homme1 la plus pure rvlation de ,dieu et la plus familire1 c'tait l'homme4 ,cette gr&e vrit psy*ologique1 qu'un tre ne peut atte9dre p> l'intellig5ce et le cur que les ralits dont il a le comm5cem5t en lui1 clate *aque pas dans l'vangile4 ,elle en fait l'humilit1 puisqu'elle le fait desc5dre v]s t\tes les misres2 mais elle en fait aussi la h>diesse et la puissance1 puisque trav]s ces misres mmes n\s remontons de degr en degr jusqu' la s\rce de vie1 p\r n\s ent5dre dire3 v\s tes de la race de ,dieu4 ,jsus a fait plus qu'annonc] ,dieu1 il l'a fait s5tir et r5du en quelque sorte plus vid5t que le monde4 ,a trav]s cette vie sa9te1 le ,dieu inconnu et ca* se traduit en langue huma9e1 ,dieu e/ l1 on le voit1 on le s5t1 son esprit passe trav]s les curs qui s'aim5t et se rveill5t la ju/ice3 c'e/ une aurore de ,dieu sur l'humanit4 ,cette no/algie du div91 cette soif de vie p]man5te1 cet ard5t dsir de tremp] nos lvres la s\rce mme1 de ne plus croire sur la foi des autres et p> procuration1 mais de voir1 t\*]1 d'entr] n\s-mmes au sa9t des sa9ts et d'y ador]1 ce n'e/ que s\s cette =me que n\s p\rrons la satisfaire4 99 99 99 99 99 ,une autre raison qui n\s recomm&e l'vangile e/ celle-ci3 ,il faut que la foi de ce temps soit trs humble4 ,n\s ne p\vons pas compt]1 comme c]ta9es gr&es poques de syn?se1 de dc\vrir dans cette gnration le v]be qui rponde t\tes nos que/ions et soit la =mule adquate de notre p5se entire4 ,cieux et t]re1 t\t e/ *ang1 et les mondes ne se refont pas en si peu de temps4 ,n\s cont5t] du pa9 quotidi51 du v]re d'eau qui ranime et p]met de m>*] encore1 voil notre lot4 ,p\r n\s donn] cela1 le ,*ri/ e/ m]veilleux4 ,il e/ v5u l'heure o les dieux se m\rai5t1 o les temples se crevassai5t1 o dans la maje/ sculaire des vieux cultes1 du culte juif comme des autres1 l'me inquite tr\vait un f>deau de plus1 au lieu d'un s\lagem5t4 ,p> del les c\tumes vieillottes et les =malismes dcrpits1 p> del l'orgueil sac]dotal et les f9esses des scribes1 il a r5\ l'antique et huma9e tradition des prophtes humbles devant ,dieu et frat]nels avec les misrables1 gr&s en face des matres de la t]re et r$\tables p\r les m*ants4 ,il a dit t\s ceux qui *]*ai5t et travaillai5t3 ,une *ose e/ ncessaire3 ,se confi] au ,pre1 se donn] aux ,frres4 ,il a dit en outre cette p>ole qui e/ le c5tre de t\te ju/ice3 ,l'me vaut plus que le monde4 ,il a re*]* les petits1 ceux qu'on crase et qu'on oublie1 le peuple1 l'enfant1 les gr&s labeurs et les s\ffrances pr(ondes1 la simplicit1 le sacrifice4 ,ne disant que le /rict ncessaire p\r ne pas multipli] les p>oles1 il s'e/ jet t\t enti] dans l'action et a recomm& la fidlit dans les petites *oses1 et p> l encore il e/ comme fait p\r n\s4 c>tez t\s les comm5taires t5danciels1 t\s les accap>em5ts de sa p]sonne et de sa doctr9e1 mettez-v\s en face de cette croix du ,calvaire et v\s le v]rez bi53 ,du fond de votre consci5ce1 trav]s les d\leurs sa9tes des ju/es de t\s les temps1 trav]s ce s5tim5t de ju/ice si vivace dans l'me mod]ne1 v\s ent5drez quelque *ose v\s dire3 ,la vrit1 la voil p\r l'homme3 ,se confi]1 se donn]4 ,le salut du monde vi5t de ceux qui ont pratiqu cette loi jusqu' la mort4 99 99 99 99 99 ,et qu'on ne se figure pas que cette simplicit de foi qui ti5t en trois mots soit de la pauvret4 ,t\tes les gr&es poques de foi ont t sobres de p>oles2 elles tai5t d'autant plus ri*es en t\t ce qu'aucune p>ole ne saurait exprim]1 en am\r1 en puissance1 en joie4 ,les sy/mes vi5n5t sur le t>d1 qu& l'esprit s'e/ enfui4 ,ils se multipli5t alors1 ils pullul5t1 et les gros volumes s'entass5t4 ,au comm5cem5t il y a autre *ose1 et je prfre bi5 cela4 ,j'aj\te que c'e/ l ce qui convi5t le mieux la jeunesse4 ,il y a dans cette folie div9e de l'vangile de confiance1 de svrit1 de simplicit et d'am\r1 quelque *ose qui s'emp>e d'emble des curs jeunes4 ,c]ta9es religions sont bonnes p\r abrit] les vieux gsmes1 les snilits1 les purilits1 ou encore p\r s\/raire aux bruits du dehors les curs du1 ou encore p\r endormir d\cem5t les consci5ces et les intellig5ces4 ,celle-ci e/ surt\t faite p\r la vie et les vivants4 ,elle n\s jette en ple9e action1 en ple9e mle2 elle n\s fait faire un beau d"p avec vaisseaux brls d]rire n\s4 ,po9t de reg>d en arrire6 ,c'e/ n]gique1 viril1 joyeux4 ,cela sonne et v\s enlve comme le clairon des batailles6 ,il e/ enf9 un po9t d'une importance considrable et qui doit fix] l'att5tion de t\t p5seur srieux4 ,l'vangile e/ si huma9 que mme ceux qui ne le connaiss5t pas ou en rejett5t c]ta9es p>ties1 ne peuv5t s'emp*] de se r5contr] avec lui ds qu'ils veul5t pratiqu] la bonne vie4 ,il e/ bi5 difficile de respect] l'homme dans son intellig5ce1 sa consci5ce et ses droits1 sans arriv]1 je ne dis pas croire au ,pre1 l't]nelle ,ju/ice et la ,vie t]nelle1 mais du mo9s se conduire comme si l'on y croyait4 ,or celui qui en e/ arriv l a dj lev1 dans son cur et son activit1 un autel au ,dieu inconnu4--,jsus lui dirait3 tu n'es pas lo9 du royaume des cieux4 ,dans une rc5te tude sur ,alex&re ,v9et1 un de nos hi/ori5s contempora9s dit3 ,cette humanit1 cette univ]salit de la doctr9e et de l'esprit de ,v9et1 lui assure un accueil sympa?ique et une influ5ce srieuse1 mme sur ceux qui ne croi5t po9t aux dogmes *rti5s1 mais qui croi5t la consci5ce et l'exi/5ce de ralits invisibles que la consci5ce press5t et rvle#ah4 ,applique l'vangile lui-mme1 une p>eille rem>que s]ait plus ju/e encore4 #ah ,gabriel ,monod3 ,,alex&re ,,v9et 7,revue *rti5ne1 m>s #ahia74 99 99 99 99 99 ,je v\drais1 en p>lant de la ,foi et de sa recon/itution1 insi/] sur l'indp5dance4 ,respectez-v\s v\s-mmes1 jeunes g5s qui *]*ez et pe9ez dans le doma9e des ides6 ,aimez votre pauvret6 ,n'ayez pas peur de comm5c] avec peu de *ose et de l'augm5t] l5tem5t et srem5t4 ,c'e/ la loi 9luctable des conqutes spirituelles4 ,n'c\tez pas les spculateurs qui v\s p>l]ont de ri*esses acquises subitem5t4 ,ce sont les pires t5tateurs4 ,plus que la virg9it du corps1 g>dez celle de l'esprit4 ,la ,foi e/ sur de la ,lib]t4 ,en cage1 elle meurt t\j\rs4 ,ne v\s ass]vissez jamais p\r mieux vivre4 ,v\s y p]driez le peu que v\s possdez4 ,mais en rev5diquant a9si et en pratiquant l'indp5dance spirituelle1 en l'accordant aux autres autant que v\s la rclamez p\r v\s-mmes1 s\v5ez-v\s que l'homme e/ un tre social4 ,il l'e/ en religion comme ailleurs4 ,la ,foi1 c]tes1 e/ p]sonnelle2 mais elle a cela de commun avec l'am\r qu'elle e/ un li5 d'autant plus n]gique qu'il e/ mo9s impos4 ,il e/ indisp5sable de re*]*] la confrat]nit religieuse et de cultiv] en commun ce que l'on espre et croit1 ce que l'on adore1 enf94 ,d'ailleurs la =me religieuse de dema9 se rappro*]a de celle du *ri/ianisme primitif3 elle s]a le temple vivant des frres unis p> le mme am\r4 ,en outre1 il convi5t de respect] la solid>it hrditaire et traditionnelle dans ce qu'elle a de meilleur1 s\s pe9e de p]dre t\t le fruit de l'hi/oire4 ,lorsque l'on app>ti5t p> la naissance un milieu religieux1 c'e/ un devoir de lui v\] une gr&e reconnaissance4 ,aim] son glise e/ bon comme aim] sa famille et son pays4 ,mais ici se prs5te un cueil3 l'esprit de p>ti en religion1 l'esprit exclusif4 ,jeunes croyants1 fuyez-le comme la pe/e6 ,mieux vaudrait tre seul que de cultiv] en commun l'esprit d'exclusion et l'orgueil spirituel4 ,comme en t\tes *oses1 ce temps-ci dem&e1 sur le t]ra9 de la foi1 une gr&e l>geur4 ,le devoir de l'heure prs5te e/ de frat]nis]1 et les glises p>ticulires1 quelle que soit leur raison d'tre1 ne sont bonnes qu' condition de n\s prp>] l'glise univ]selle4 ,il y a des heures dans l'hi/oire o il faut tre l'homme d'une cause p>ticulire1 df9ie1 o il y a en un mot un tr\ faire dans un c]ta9 s5s1 et o il convi5t de s'enrgim5t]4 ,auj\rd'hui le devoir pressant e/ de fran*ir les murs de sp>ation et de se t5dre les ma9s p>-dessus les cltures4 ,retr\v] l'humanit1 r$ev5ir des hommes1 si cela e/ le mot d'ordre en pdagogie1 en politique1 sur le t]ra9 social1 combi5 plus ne devrait-on pas s'en s\v5ir sur le t]ra9 religieux1 le plus l>ge de t\s1 et que l'troitesse d'esprit p>vi5t morcel] et rtrcir d'une si lam5table faon4 ,que la jeunesse le compr5ne6 ,honneur t\t atta*em5t s9cre qui n\s lie la famille religieuse dont n\s sommes issus6 ,mais voil1 le temps e/ rev5u o1 vues des hauteurs de l'esprit1 les coll9es 9gales de ,morijah et de ,g>izim se val5t1 et ceux qui les habit5t font bi5 de saisir le bton du pl]9 et de remont] plus haut v]s un horizon mo9s born4 ,l ils ent5dront des *oses qui leur f]ont dire avec les vieux pl]9s de la premire ,p5tecte3 ,quoi1 n\s v5ons des quatre co9s du monde1 et n\s ent5dons p>l] ici *acun sa langue mat]nelle1 et transports de joie en se dc\vrant frres1 eux qui se croyai5t sp>s1 ils pr\v]ont des s5tim5ts que ce monde intolrant et disputeur ne connat plus2 trav]s la pure humanit1 ils retr\v]ont ce contact avec les ralits t]nelles qui s\lve l'homme de la p\ssire2 et une mme prire rsum]a t\s leurs curs3 ,notre ,pre qui es aux cieux6 ,n\s voici au po9t culm9ant3 ,a =ce d'tre frat]nels1 arriv] dc\vrir le ,pre2 =ce de fidlit1 arriv] press5tir les *oses t]nelles trav]s celles qui pass5t1 c'e/ le b de la vie4 ,ici conv]g5t t\s les s5ti]s sur lesquels n\s avons m>*4 ,ici l'idal tr\ve sa c\ronne4 ,ici se con/itue l'unit suprme4 ,c'e/ p\r cela que les fleurs sont belles1 que brill5t les toiles1 que l't]nelle nigme de l'am\r r5at t\s les pr9temps4 ,c'e/ p\r cela que l'homme pe9e1 travaille1 pleure4 ,heureux s'il lui e/ donn d'extraire de t\te l'exi/5ce1 comme un pur p>fum1 ce cr$o filial qui e/ l'am\r in/9ctif de la vie1 ce qu'e/ l'impression obscure un s5tim5t m]g en ple9e consci5ce1 ce qu'e/ au premi] s\rire de l'enfant la dcl>ation du jeune homme lorsque dans un lan de t5dresse il s'crie3 ma mre6 99 99 99 99 99 ,telle e/ la voie o n\s t'invitons m>*]1 lite aime de notre jeunesse6 ,du se9 de tes labeurs1 de tes d\leurs1 des luttes de ton intellig5ce avec les tnbres1 et de ta volont avec le mal1 lve ton cur v]s ces vrits si vieilles et si neuves1 si familires et si oublies6 ,laisse s\ffl] sur ta tte le v5t de l',esprit6 ,connais du my/re et l'p\vante et la t5dresse1 et puisses-tu1 sur ta r\te confondue avec celle de l'humanit1 voir mont] l'aube att5due6 ,a9si tu va9cras le mal que tu recueilles avec l'hritage de tes ans4 ,quant au bi5 qu'ils ont fait1 tu le f]as fructifi] au c5tuple4 ,en mettant cet esprit dans leur va/e outillage sci5tifique1 dans les m]veilleuses conqutes qu'ils te laiss5t1 quelle uvre tu p\rras accomplir6 ,puisses-tu dev5ir a9si1 en ce temps divis1 fatigu1 u1 cette =ce dont p>le quelque "p notre ,mi*elet en disant3 ,qu'un j\r elle enlv]a le vieux monde dans un s\ffle de ,dieu6 ,,table ,,analytique ,,des ,,mati,,res ,,livre ,i ,l',h,,ritage ,pages ,i4 ,les conqutes du sicle4--,ide et plan du livre4 #c-f ,p\r compr5dre la jeunesse actuelle1 il faut d'abord tudi] le sicle dont elle sort4 ,c>actri/ique du sicle3 ,la sci5ce inductive4 ,son b1 ses labeurs1 ses rsultats bi5faisants4 #f-ab ,,ii4 ,les p]tes du sicle4--,l'env]s de la mdaille4 ,la sci5ce spcialise et matrialise4 ,triomphe des sci5ces dites positives4 #ac-af ,ngations et conclusions htives3 ,matrialisme4 ,l'homme dim9u4 #ag ,consqu5ces de cet tat de *oses dans la philosophie1 les arts1 la littrature1 la pdagogie1 les relations sociales et int]nationales4 #ah-bi ,,iii4 ,les contradictions du sicle4--,df9ition du ,ralisme et de l',esprit mod]ne4 ,leur incompatibilit4 ,leur coexi/5ce dans les mmes esprits4 ,crise qui en rsulte1 complique encore p> le m\vem5t ractionnaire4 #cj-ch ,comm5t sortir de la crise8 ,p> le ret\r la p5se normale et la vie normale1 c'e/--dire l'esprit mod]ne4 ,ce s]ait l'uvre de la jeunesse4 ,en a-t-elle consci5ce8 #dj ,,livre ,,ii ,,les ,h,,riti]s ,i4 ,le monde de la jeunesse4--,la jeunesse en gnral4 ,sa t5dance exagr] l'uvre des prdcesseurs4 ,ses trav]s4 ,l't]nelle qu]elle des vieux et des jeunes4 #dc-df ,la jeunesse1 ce qu'il y a de pire et ce qu'il y a de meilleur4 ,jeune vie1 esprance et d\leur4 ,ceux qui s\ffr5t des fautes des ans et se dispos5t les rp>]4 #df-ej ,,ii4 ,ori5tation intellectuelle4--,sa difficult actuelle rsulte de l'abs5ce d'ides gnrales et de l'amoncellem5t des connaissances de dtail4 #ea-ei ,rsultats de cet tat de *oses3 ,spcialisation outrance4 ,rtrcissem5t de l'horizon4 ,inc]titude et d\te s't5dant la sci5ce elle-mme3 on ne croit plus en elle comme les gnrations prcd5tes4 ,an>*ie spirituelle1 scepticisme1 dilettantisme4 #eg-fe ,ori5tation religieuse4 #fe-fg ,,iii4 ,ori5tation morale4--,ru9e des pr9cipes4 ,les romanci]s et la jeunesse4 ,dt]m9isme1 scepticisme1 dilettantisme en morale4 #fh-gc ,affaiblissem5t du respect et de la volont4 #gc-hj ,,iv4 ,l'cole de la vie4--,les livres et l'cole sont une *ose1 la vie en e/ une autre4 ,influ5ce de la vie sur l'ori5tation de la jeunesse4 ,proccupations pratiques4 #ha-hd ,les ,jeunes diplomates4 #he ,les ,utilitaires4 #hg-ia ,le ,bonheur passif et la jeunesse commode4 #ia-ic ,inutiles4 #ic-ii ,vie facile4 ,jeu4 #ajj-aja ,am\r et *ansons d'am\r4 #aja-ajh ,le beau ct de l'influ5ce de la vie4 ,notre vie nationale et notre jeunesse4 #ajh-aaa ,le s]vice militaire4 #aaa-aac ,v4 ,les m\tons de ,panurge4--,l'esprit m\tonni] dans la jeunesse4 ,effets de notre civilisation sur l'orig9alit de la p5se et de la vie4 ,la mode1 les ornires et les *em9s battus4 ,difficult de ragir4 #aae-abb ,,vi4 ,quelques mots sur l'esprit de ,p>ti4 #abc ,,vii4 ,comm5t on se porte et comm5t on s'amuse4 ,effets de la vie factice sur la sant et la joie de vivre4 #acj-acf ,,viii4 ,la jeunesse populaire4--,sa situation p>ticulire4 ,les s\rces de son ori5tation4 ,l'cole4 ,l'glise4 ,l'ateli]4 ,les *amps4 #acg-add ,le ,ralisme dans le peuple4 ,l'exemple d'en haut4 ,il y a t\j\rs des classes dirigeantes4 #add-adg ,dim9ution du respect4 ,e/-ce la faute l'esprit mod]ne8 #adg-aea ,les vrais c\pables4 #aea-aeb ,confiance branle4 ,scepticisme du peuple4 #aec ,l',alcoolisme4 #aed-aeg ,la vie du peuple e/ un trsor prcieux et m5ac3 comm5t le prs]v]8--en frat]nisant4 #aeg-afj ,,ix4 ,la jeunesse ractionnaire4--,b de la raction4 ,sauv] la socit en supprimant trois sicles d'hi/oire4 ,motifs de l'entreprise4 ,son c>actre gigantesque1 mais illusoire4 #afa-afd ,critique de l'entreprise4 #afd-agh ,x4 ,s5ti]s de dema94--,indices d'une ori5tation n\velle4 ,le ralisme et la raction galem5t impuissants n\s faire vivre4 ,l'esprit mod]ne essayant de se dgag] des entraves des t5dances exclusives p\r *]*] le bi5 et la vrit p>t\t o il s'en tr\ve4 ,prcurseurs de ce m\vem5t4 ,ses traces dans l'enseignem5t national4 ,un ret\r la tradition dans un esprit n\veau4 #agi-aib ,f]m5tation de ces ides dans la jeunesse4 ,une lite qui se sp>e du c\rant rali/e4 ,c>actri/ique de cette m9orit4 ,son po9t de vue l>ge et gnreux1 ses aspirations intellectuelles1 morales1 religieuses1 sociales4 #aib-bjh ,comm5t s'expliqu] l'orig9e de ces t5dances8 #bjh-bji ,p\rront-elles avoir une prise sur le peuple8 ,ncessit d'un idal dmocratique lev et moy5s de le propag]4 ,"p de la jeunesse dans cette uvre4 #baj-bab ,le gr& organe de l'ducation nationale3 l'cole primaire4 #bab-bag ,conclusion4 #bah-bai ,,livre ,,iii ,,v]s ,,les ,,s\rces ,,et ,,les ,,sommets ,i4 ,le monde e/-il vieux8 #bbc ,,ii4 ,la ,vie4 ,comm5t il faut la pr5dre4--,la vie e/ un fait1 un rsultat et une esprance4 ,elle e/ la gr&e affaire4 ,elle ne repose pas sur nos argum5ts1 mais sur la volont qui e/ au fond des *oses4 ,sa valeur4 ,il faut la pr5dre simplem5t1 l'exemple des tres qui s'y atta*5t avec t\te l'n]gie de l'inconsci5ce4 #bcj-bch ,,iii4 ,l',idal4--,des deux faons d'aim] la vie4 ,l'am\r infrieur et l'am\r suprieur4 ,la gr&e vie3 l',idal4 ,l',idal n'e/ pas la fantaisie4 ,c'e/ la vive reprs5tation des ralits dont n\s portons en n\s le g]me4 #bci-bdd ,gr&es lignes de l',idal n\veau4 #bdd-bdi ,,iv4 ,l',action4--#a4 ,discipl9e4 ,dressage ou ducation8 ,le b de la discipl9e e/ de r5dre un homme matre de lui-mme4 ,ncessit de la discipl9e4 ,passivit et activit4 ,entranem5t de l'n]gie4 ,l'cole de gu]re4 ,le soldat prp> et la cause qu'il va df5dre4 ,am\r de la vie4 ,ha9e de t\s ses ennemis4 #bej-bfc #b4 ,travail4 ,le travail e/ mal compris1 mpris mme4 ,il faut le rhabilit] en l'honorant et en le pratiquant4 ,ne pas ca*] le travail3 le montr]1 au contraire4 #bfc-bfh ,travaux manuels4 ,leur influ5ce salutaire et rp>atrice4 ,aux *amps6 ,porte sociale du travail manuel ex]c p> les classes in/ruites et aises4 #bfh-bgg #c4 ,pe9e4 ,du rle de l'ef=t et de la s\ffrance dans la vie individuelle et gnrale4 ,l'preuve salutaire et la d\leur libratrice4 #bgg-bhb #d4 ,recueillem5t et repos4 ,difficult du recueillem5t dans notre monde enfivr4 ,la peur du tte--tte avec soi-mme4 ,le recueillem5t salutaire4 ,son rle dans t\te activit fconde4 ,/a viator6 ,exam5s de consci5ce4 #bhc-bid ,le repos ncessaire et sacr4 #bid-bih ,v4 ,joie4--#a4 ,plaisirs et di/ractions4 ,les dtracteurs du plaisir4 ,lgitimit et ncessit des di/ractions4 ,le loisir dans la vie huma9e4 ,de l'importance de son emploi4 ,on ne sait plus s'amus]4 #bii-cjc ,un mot sur les di/ractions div]ses poques de l'hi/oire4 ,a mesure qu'on appro*e de notre temps1 elles pr5n5t un c>actre plus sd5taire4 ,nos plaisirs factices et excitants4 #cjc-cjh ,une r=me s'impose4 ,de la r5aissance des di/ractions en ple9 air1 des jeux de =ce et d'adresse4 ,la m>*e4 ,a la dc\v]te de la t]re natale4 #cjh-caj ,le *ant et sa dcad5ce dans la jeunesse et le peuple4 ,du beso9 de *ant]4 ,un rve4 #caj-cac ,du discrdit o les amusem5ts sont tombs p> l'abus4 ,gu]re l'abus6 ,rhabilitation des plaisirs4 ,du rle de t\s les hommes srieux dans cette uvre4 ,vivons p\r la jeunesse6 #cac-caf #b4 ,la ,joie4 ,les s\rces de la joie4 ,hauts et bas de la vie intrieure4 ,la tri/esse4 ,ses =mes et ses causes4 ,les dgts4 ,tri/esse qui vi5t de mal p5s] ou de mal vivre4 #caf-cbb ,il faut aim] la vie4 ,la joie de vivre et les moy5s de l'acqurir4 #cbb-cbf ,,vi4 ,la ,solid>it4--#a4 ,la ,famille4 ,elle e/ la gr&e cole de solid>it et la base sociale p> excell5ce4 ,son importance incalculable4 ,la ,jeunesse et la ,famille4 ,honore ton pre et ta mre4 ,le respect1 condition premire de la lib]t4 #cbg-ccc #b4 ,l',amiti4 ,les amitis de jeunesse1 leur beaut1 leur solidit1 leur v]tu ducatrice4 ,des rapports affectueux entre l'ge mr et la jeunesse4 #ccd-cdj #c4 ,l',am\r4 ,notre incurie l'endroit de l'am\r4 ,la jeunesse arrive l'ge le plus critique sans b\ssole et sans direction4 ,comm5t le jeune homme doit-il se g\v]n] dans les *oses de l',am\r8 ,le respect de la vie et de soi-mme e/ la meilleure sauveg>de et le meilleur conseill]4 ,il fait contrepoids aux sottises et aux maximes rel*es4 ,la ,*a/et4 ,la condition difficile et intressante des jeunes g5s qui se respect5t4 ,heures tr\bles4 ,dfaites morales4 ,ne jamais cess] d'appel] le mal3 le mal4 #cdj-cee ,la place sacre de la femme dans le cur du jeune homme4 ,le culte de la femme4 ,l't]nel ,fm994 #cee-ceh ,jeunes g5s et jeunes filles4 ,leur isolem5t regrettable4 ,suites de cet isolem5t4 ,une jeunesse sans am\r e/ comme un mat9 sans soleil4 ,l'am\r et l'en?\siasme4 #ceh-cfc ,la solid>it de la *air et du sang4 #cfd #d4 ,patrie1 et rle social de la ,jeunesse4 ,df9ition de la patrie4 ,de l'initiation au gnie national4 ,la meilleure manire d'aim] son pays e/ d'en cultiv] en soi le gnie4 ,l'idal national de la ,france se confondant avec l'idal mme du progrs huma94 ,vanit du cosmopolitisme4 ,pas d'humanit sans patrie4 ,notre faon n\s de s]vir l'humanit en faisant nos propres affaires4 #cfe-cgj ,de l'uvre de conc5tration nationale t5t] p> la jeunesse4 ,l'miettem5t social1 divisions1 p>tis4 ,remde ce mal3 ,se re*]*] entre jeunes g5s d'op9ions diffr5tes4 ,frat]nis]4 ,fran*ir les b>rires sociales4 #cgj-cgh ,vivre de la vie des humbles p\r appr5dre la ju/ice en s\ffrant4 #cgh-chb #e4 ,un mot sur le rle int]national de la ,jeunesse4 #chb-chg ,,vii4 ,la ,foi4--,p\rquoi n\s en p>lons la f9 et non au comm5cem5t4 ,foi autoritaire et ,foi libre4 ,s\mission et conviction4 ,l'vangile et la ,foi3 ,p\r croire1 il faut comm5c] p> tre des hommes4 ,la foi nat de la vie et de l'expri5ce4 ,le s5s religieux3 ,le ,respect et la ,pit1 conditions indisp5sables de la ,foi4 #chh-cie ,la recon/itution de la ,foi trav]s la ,pit env]s le pass et env]s le prs5t4 ,la ?ologie hi/orique et la place d'honneur qui lui revi5t4 ,l'vangile rappro*e de la consci5ce du prs5t4 #cie-cig ,l'vangile oubli4 ,l'vangile de ,jsus et l'esprit mod]ne4 ,l'vangile e/ plus prs de n\s que n\s ne le p5sons4 ,p\rquoi8 ,le ,dieu huma9 et l'humanit div9e4 ,simplicit et h>diesse de l'vangile4 ,l'vangile et les petits3 ,se confi]1 se donn]4 #cig-dja ,l'vangile et la ,jeunesse4 ,l'vangile et t\s ceux qui essai5t de pratiqu] la bonne vie4 #dja-djc ,de l'indp5dance de la ,foi4 ,il faut aim] sa pauvret et se mfi] de t\t j\g huma94 #djc-djd ,le li5 de confrat]nit religieuse et l'atta*em5t aux traditions p>ticulires4 ,leur ncessit4 ,se g>d] de l'esprit exclusif4 ,les petites glises ne sont bonnes que p\r n\s prp>] la gr&e4 ,l'glise univ]selle4 ,les sommets de la ,foi4 ,notre ,pre qui es aux cieux4 #djd-djg ,,conclusion4 #djh ,,impr4 ,,alsaci5ne ,a,n,ct ,g4 ,,fis*ba*1 ,,/rasb\rg4--#beee