,,essais ,,sur ,,la ,,necessit ,,et ,,sur ,,les ,,moy5s ,,de ,,plaire1 ,,p> ,monsieur ,,de ,,moncrif1 de l',academie ,franoise4 ,a ,,g5eve1 ,*ez ,,pelliss>i ,comp4 ,,mdccxxxviii4 ,,av]tissem5t4 ,si l'on juge des hommes p> le motif commun qui les fait agir1 on peut dire qu'ils ont t\s le dsir de plaire1 p>ce que t\s veul5t tre applaudis1 re*]*s1 accueillis2 que t\s1 enf91 veul5t russir dans l'esprit des autres4 ,a dcid] d'eux p> leur conduite1 il semble que le plus gr& nombre ait prcism5t la ve oppose4 ,quelle diffr5ce1 en effet1 d'un homme1 qui1 conc5tr dans son am\r propre1 rduit1 p\r a9si dire1 la ,socit au comm]ce que ses passions ont entre elles2 qui ne conoit que ses gts1 qui ne s5t que ses beso9s1 p\r qui t\s les objets extrieurs sembl5t trans=ms en autant de miroirs1 o il n'ap]oit que lui-mme6 ,quel contra/e1 dis-je1 de cet homme1 7qu'on ne r5contre que trop s\v5t7 celui1 qui1 p]suad que les v]tus sociables sont la s\rce du vritable bonheur1 se reg>de comme membre d'une ,rpublique1 que des g>ds mutuels entreti5n5t1 et que l'am\r propre1 mal ent5du1 *]*e dtruire2 qui1 t\j\rs att5tif ce qui flatte ou mortifie1 ce qui leve ou dgrade ses ,concitoy5s1 ne *]*e1 dans ces diffr5s po9ts de ve1 que ce qui le mne se concili] leur amiti leur e/ime6 ,peut-on trop fuir celui qui ne veut qu'un bonheur auquel il n'associe p]sonne8 ,peut-on trop re*]*] celui qui n'e/ satisfait de soi-mme1 qui n'e/ heureux1 que p> les avantages qu'il v]se dans la ,socit8 ,cette opposition entre la conduite de quelques hommes1 le motif commun qui les anime1 vi5t1 si je ne me trompe1 de la manire dont ils ap]oiv5t ce que c'e/ que plaire1 a9si que les moy5s d'y p>v5ir4 ,eclairs sur les erreurs o tomb5t1 cet g>d1 ceux qui les environn5t1 ils se croy5t g>antis de l'illusion1 p> cela mme qu'ils sont +nieux la dml] dans les autres2 ils ne port5t po9t leurs reg>ds sur leur propre conduite2 si quelques-uns1 mo9s aveugls1 s'exam95t1 dc\vr5t qu'il leur manque les qualits qui plais5t communm5t1 ou s'ils se tr\v5t quelque ressemblance1 p> le ma9ti51 le langage1 l'humeur1 avec ce qu'ils vi5n5t de critiqu] dans autrui2 ils n'ap]oiv5t plus les motifs de le condamn]3 ,on a ou dire1 qu'il si$ bi5 d'tre s+uli]1 extraord9aire2 que ce qui dplat dans l'un1 devi5t quelquefois une grace dans un autre2 que l'esprit fait t\t valoir2 qu'il y a des g5s qui font aim]1 en eux1 jusques leurs trav]s4 ,on se voit alors avec t\s ces avantages2 on ne s'av\e des dfauts1 que p\r les sauv] p> ces exemples2 s\v5t1 en s'ludant a9si soi-mme1 on ne recueille p\r t\t fruit de la re*]*e qu'on vi5t de faire1 que l'erreur grossire de s'en e/im] davantage4 ,ma pr9cipale ve1 dans la premire ,p>tie de cet ,ouvrage1 a t de dml] ces illusions1 p>ticulirem5t celles qui sduis5t les g5s d'esprit4 ,j'expose1 en premi] lieu1 la ncessit de plaire3 cette ncessit reconnue1 mne *]*] les moy5s de pr(it] des avantages qu'elle n\s prs5te2 ces moy5s1 j'explique comm5t ils n\s g>5t1 ou comm5t ils n\s font russir4 ,dans la seconde ,p>tie1 en appliquant l'ducation les pr9cipes que j'ai tablis dans la premire1 je propose quelques ides1 qui p>otront peut-tre haz>des1 sur la manire de cultiv] les premires annes de l'enfance2 mais je dcl>e1 p> avance1 que je suis entirem5t dt]m9 me s\mettre cet g>d1 comme sur le re/e de l',ouvrage1 au jugem5t que tant de p]sonnes plus claires que moi1 auront le droit d'en port]4 ,,essais ,,sur ,,la ,,necessit ,,et ,,sur ,,les ,,moy5s ,,de ,,plaire4 ,premi]e ,p>tie4 ,entre les pr9cipes les plus utiles la ,socit1 il en e/ un que n\s ne p\vons trop connotre trop suivre1 p>ce que dans les p]sonnes dont il rgle la conduite1 il emp*e la raison d'tre f>\*e2 qu'il te l'am\r propre ce qui le r5d hassable2 qu'il supple en quelque faon aux avantages de l'esprit1 les sauve de la jal\sie qu'ils peuv5t excit] lorsqu'ils sont m95s2 qu'enf9 il influe considrablem5t sur notre bonheur sur celui des g5s avec qui n\s passons la vie2 c'e/ la ncessit de plaire4 ,j'ent5s p> le mot de plaire1 une impression agrable que n\s faisons sur l'esprit des autres hommes1 qui les dispose ou mme les dt]m9e n\s aim]4 ,avec le c>actre d'honnte homme1 avec bi5 des v]tus1 il semble qu'on devroit p>otre aimable4 ,cep5dant1 il e/ commun de tr\v] des g5s dont les pr9cipes les murs v\s attir5t1 dont le comm]ce v\s rebute2 on ne peut s'emp*] de les considr]1 de les respect] de les fuir4 ,tel e/ dans les g5s v]tueux1 lorsqu'ils ne *]*5t po9t plaire1 l'effet d'une svrit dure1 cep5dant e/imable1 avec laquelle ils port5t quelquefois leurs jugem5s4 ,je n'attaque po9t ici cette ha9e qui les dfauts des hommes ne sont qu'un prtexte p\r rp&re son fiel2 ce *agr9 cau/ique qui v]roit avec regret disp>otre de la t]re les vices contre lesquels il clate1 p>ce qu'il n'auroit plus ri5 blm]3 je p>le de cette quit trop au/re qui pse les actions des autres avec le peu d'indulg5ce qu'elle a p\r elle-mme2 de cet am\r de la raison de la ju/ice1 qui1 conv]ti en passion1 ne se plie pas assez la ncessit de voir des hommes imp>faits2 quel en e/1 dis-je1 le fruit8 ,le malheur de rvolt] ceux mme dont elle arra*e l'e/ime4 ,qu& les ames1 au-dessus des foiblesses ord9aires1 sont en mme temps d\ces1 s5sibles1 indulg5tes1 v\s les aimez1 c'e/ leur v]tu mme qui v\s attire encore plus elles2 mais qu& v\s tr\vez ces p]sonnages v]tueux qui1 v\s reg>dant du haut de leur mrite1 v\s m>qu5t une c]ta9e bont imprieuse1 une c]ta9e piti qui v\s annonce leur supriorit votre petitesse2 v\s tes t5t de croire que le droit de v\s mpris] e/ une rcomp5se qu'ils s'attribu5t p\r la pe9e qu'ils se donn5t de fuir les vices2 v\s s5tez peu d'e/ime p\r leur v]tu1 beauc\p d'loignem5t p\r leur p]sonne4 ,il e/1 je l'av\e1 des v]tus pures1 qui1 telles que le p>don des gr&es (f5ses1 le des9tressem5t1 la gnrosit sur des objets importans1 font1 p> elles-mmes1 une =te impression sur les esprits3 mais les occasions d'employ] ces v]tus d'clat ne sont pas frqu5tes4 ,quelle e/1 p5dant ces longs int]valles1 la ress\rce des ames s5sibles8 ,l'usage des v]tus mo9s brillantes1 dont l'effet e/ de plaire1 le fruit de se faire aim]2 il n'y a presque po9t d'in/ant qui ne leur ouvre quelque r\te n\velle p\r s'assur] d'un bi5 si satisfaisant4 ,cette att5tion de plaire1 qui doit accompagn] les v]tus de l'ame1 ne n\s e/ pas mo9s ncessaire p\r faire valoir les qualitez de l'esprit4 ,que s]v5t dans le comm]ce ord9aire de la vie les lumires qui c>actris5t un esprit m95t8 ,il en e/ p>mi n\s1 dans ce sicle-ci1 du savoir des connoissances sublimes1 peu prs comme de la ri*esse dans de c]ta9es ,rpubliques1 o la somptuosit l'abondance pass5t p\r une sorte d'injure faite aux citoy5s borns dans leur =tune1 o le plus opul5t e/ re/ra9t la dp5se modique de celui qui n'a presque que le ncessaire3 de mme il faut vit] dans les entreti5s t\s les sujets qui pass5t la porte des esprits communs1 ou se pli] ne leur prs5t] ces mmes sujets qu'avec une simplicit1 que p> une sup]ficie qui les leur r5de s5sibles2 ce n'e/ que le dsir de plaire qui peut1 au milieu de tant de contra9te1 assur] le succs de l'esprit suprieur4 ,bi5 lo9 de bless] les simples citoy5s p> l'clat trop m>qu des ri*esses dont il dispose1 il semble1 p> la manire dont il les leur dc\vre1 les y associ]1 les leur r5dre propres3 il obti5t d'eux1 la fois1 la lib]t d'en faire usage1 leurs loges leur reconnoissance4 ,s'il e/ des lumires dans l'esprit qui doiv5t concili] l'e/ime l'amiti des autres hommes1 ce sont celles qui s'appliqu5t sans cesse rgl] les intrts qui sm5t entr'eux la division4 ,on devroit p\voir compt] du mo9s sur le cur de ceux qui ont obt5u de n\s les avantages auxquels ils prt5doi5t3 il arrive cep5dant1 que le plus ou le mo9s d'g>ds que v\s aurez m>qus p\r leur p]sonne dans les mom5s1 o dp5dans s\mis1 ils v\s auront entret5u de leur esprance ou de leur cra9te1 dcide s\v5t de leur reconnoissance4 ,si votre extrieur ou vos disc\rs ont fait s\ffrir leur am\r propre1 n'esprez pas qu'ils v\s ti5n5t compte de la ju/ice que v\s leur aurez r5due2 ils p5s]ont que v\s n'tes quitable que p> cra9te de la honte qu'il y auroit ne pas l'tre3 v\s n'obti5drez d'eux que l'e/ime qu'ils ne peuv5t v\s refus]1 l'e/ime des hommes e/ un tribut qui ne satisfait que notre raison3 leur amiti e/ ncessaire au bonheur d'une ame s5sible4 ,possde-t-on les avantages atta*s la haute naissance l'clat du rang8 ,on n'e/ po9t affran*i de la ncessit de plaire4 ,les infrieurs avec un respect bi5 att5tif bi5 srieux1 sont quittes de t\t ce qu'ils doiv5t aux ,gr&s2 combi5 la supriorit de ceux-ci e/ peu digne d'envie1 qu& elle ne leur rapporte que ce seul tribut6 ,les respect] scrupuleusem5t sans avoir d'autres s5tim5s p\r eux1 c'e/ mettre "p leur p]sonne ne r5dre hommage qu' leur de/9e2 c'e/ n'entret5ir une ,div9it que de la beaut du pi$-d'e/al qui l'leve4 ,qu'ils dsir5t de plaire1 au mo9dre ef=t1 l'ouvrage e/ a*ev2 t\t s'embellit aut\r d'eux1 l'esprit se dc\vre1 les tal5s se multipli5t2 leur s\rire e/ comme ces rayons de lumire1 qui1 rp&us t\t--c\p sur une campagne1 font sortir mille tableaux v>is rians2 o l'on ne dc\vroit aup>avant qu'une sombre confuse uni=mit4 ,qu& n\s sommes d'un rang di/+u1 la conduite qui n\s fait russir ou dplaire1 ti5t pr9cipalem5t1 si je ne me trompe1 l'ide plus ou mo9s raisonnable que n\s avons des prrogatives de ce mme rang qui n\s dcore4 ,qu& cette op9ion secrette e/ exagre1 elle p]ce dans notre ma9ti51 dans nos disc\rs1 elle imprime notre politesse un c>actre qui lui fait p]dre presque t\t son mrite2 s\v5t c'e/ de la hauteur qui se montre dc\v]t1 elle dplat t\t le monde2 quelquefois c'e/ de la bont qu'on met la place des g>ds1 cet air de supriorit blesse avec ju/ice ceux qui1 sans tre nos gaux1 ne n\s sont po9t subordonns4 ,avec les g5s d'un tat mo9s considrable1 ce s]a une affectation de desc5dre1 de s'abaiss] jusqu' eux1 une cra9te m>que de leur en impos] trop1 qui ne peut satisfaire que les sots4 ,cette op9ion outre des avantages qu'on a sur les autres1 sduit mo9s communm5t les g5s ns dans le se9 des honneurs1 que ceux qui se tr\v5t transports subitem5t dans une rgion qu'ils n'avoi5t long-temps considre qu'en levant leurs reg>ds4 ,t\s les objets dont ils se sont sp>s leur p>oiss5t si rapetisss1 qu'ils se croy5t disp5ss de les ap]cevoir3 ils voy5t pe9e ce qu'ils ont t2 ils jug5t aussi peu fidlem5t de ce qu'ils sont2 ce n'e/ que le dsir de plaire qui1 les ram5ant la vritable ide qu'ils doiv5t avoir d'eux-mmes1 les g>antit de cette hauteur hassable qu'ils mett5t la place de la dignit1 de cette bont qui dsoblige ceux qu'ils *]*5t satisfaire4 ,comm5t l'homme1 revtu de l'autorit1 s'arm]oit-il du c\rage pnible de support]1 sans en p>otre accabl1 les importunitez honorables mais cont9uelles des ,gr&s1 t\t ce qu'a de rebutant la f\le oisive qui gratuitem5t l'obsde1 s'il n'avoit l'heureuse ambition de se concili] les curs8 ,c'e/ dans cette seule esprance qu'il c\te avec d\ceur les disc\rs embr\ills ou captieux1 que l'esprit born ou la mauvaise foi lui font essuy]2 il s5t qu'un obligeant accueil e/ le seul ddommagem5t des graces qu'il ne peut accord]1 ou des dem&es inju/es qu'il dmasque3 en lui1 l'autorit p>le t\j\rs le langage du citoy53 on lui p>donne d'tre puissant1 p>ce qu'on le respecte sans le r$\t]3 on fait plus1 on lui porte le seul tribut qu'il dsire1 on l'aime4 ,la =tune e/ bi5 +nieuse s]vir les gts l'ambition des hommes qu'elle favorise2 cep5dant elle ne porte pas son p\voir jusqu' les faire aim]4 ,telle e/ p>ticulirem5t la situation de ceux qu'elle a fait pass] avec rapidit d'un tat obscur l'clat de l'opul5ce4 ,s'ils veul5t ne se po9t abus] sur la disposition1 o les esprits en gnral sont leur g>d1 ils doiv5t se dire t\s les j\rs de leur vie1 ,je possde ce qui excite la ha9e de quiconque dsire un tat plus abondant que le si52 ce ne s]a pas assez de l'associ] aux d\ceurs de cette mme abondance qu'il m'envie1 il faudra que p\r obt5ir grace sur le re/e1 je lui p]suade p> des prv5ances1 p> des g>ds cont9uels1 qu'au se9 des ri*esses1 j'ai beso9 de son e/ime1 de son amiti1 de son aveu enf91 p\r tre heureux4 ,puisque t\s les avantages que je vi5s de rappel] ne n\s disp5s5t pas de song] plaire1 combi5 ce so9 n\s e/-il plus ncessaire l'g>d des liaisons qui =m5t la ,socit8 ,l'amiti qui e/ un engagem5t libre1 a beso9 elle-mme qu'un p>eil sec\rs l'entreti5ne2 avec quelque solidit qu'elle soit tablie1 lorsqu'elle se r5f]me dans ses devoirs1 qu'elle cesse d'tre anime p> ce gt qui a contribu autant que l'e/ime la faire natre1 elle ne se montre plus que dans les occasions o elle auroit honte de ne pas agir2 ces occasions sont quelquefois r>es2 dans les int]valles1 elle re/e comme en lt>gie1 elle p>oissoit empresse riante1 elle n'e/ plus qu'exacte1 srieuse1 mme svre4 ,le savoir-vivre1 la politesse1 ces sec\rs si ncessaires aux hommes p\r tre en tat de se support]1 ne devi5n5t pas d'une gr&e utilit ceux qui ne rempliss5t de tels devoirs que comme des assujettissem5s de la ,socit1 ou p> une habitude qui e/ s\v5t mle de di/raction2 c'e/ le dsir de plaire qui leur donne l'ame1 c'e/ ce s5tim5t seul qui n\s en fait un mrite4 ,eh6 quelle reconnoissance doit-on celui qui ne v\s m>que des g>ds que comme une t*e que la tyrannie de l'usage lui impose8 ,son extrieur indiffr5t1 ou contra9t1 ou rs]v1 ne v\s annonce-t-il pas le peu de "p que v\s avez ce qu'il fait p\r v\s8 ,sa politesse a t\t l'apprt du crmonial2 comme au fond il n'aura manqu ri5 qu' v\s plaire1 v\s le quittez f*1 p\r a9si dire1 de n'avoir pas de vritables sujets de v\s en pla9dre2 bi5 des g5s n'att5droi5t pas une autre occasion de le har4 ,que ces qualitez soi5t diriges p> ce s5tim5t que je crois si ncessaire1 att5tives se re/ra9dre ou s't5dre p> rapport aux p]sonnes qu'elles ont p\r objet2 on s5tira qu'elles naiss5t1 non de cette habitude qui n'e/ qu'un rle qu'on s'e/ prescrit1 mais d'un pan*ant s'occup] de v\s1 p>ce que c'e/ v\s r5dre ju/ice2 cette conduite ne t>d]a gures s'attir] du ret\r4 ,les g>ds sont mo9s sujets que les s]vices tr\v] des +rats4 ,du dsir de plaire4 ,si l'art de plaire peut seul faire valoir nos plus gr&s avantages1 il e/ vid5t que n\s ne saurions trop dsir] d'acqurir un tal5t si prcieux4 ,or ce dsir1 qu& il e/ clair p> la raison1 devi5t lui-mme un des plus srs moy5s p\r p>v5ir plaire#a2 il ne faut que le df9ir p\r faire connotre quel e/ le bonheur d'en tre anim4 #a 444 ,de quoi ne vi5t po9t b\t ,l'esprit jo9t au dsir de plaire8 ,,la ,,fonta9e1 ,fable #bjf4 ,mgr4 le ,duc du ,ma9e4 ,le dsir de plaire1 tel que je le conois1 e/ un s5tim5t que n\s inspire la raison1 qui ti5t le milieu entre l'indiffr5ce l'amiti1 une s5sibilit aux dispositions que n\s faisons natre dans les curs1 un mobile qui n\s porte remplir avec complaisance les devoirs de la ,socit1 les t5dre mme qu& la satisfaction des autres hommes peut raisonnablem5t en dp5dre2 c'e/ une =ce1 qui1 dans les *angem5s de notre humeur1 dans les contradictions o notre esprit e/ sujet tomb]1 n\s reti5t en n\s opposant n\s-mmes2 c'e/ enf9 une att5tion naturelle dml] le mrite d'autrui1 lui donn] lieu de p>otre1 une facilit judicieuse nglig] les succs qui n'intress5t que notre esprit nos tal5s1 qu&1 p> cette conduite1 n\s gagnons d'tre plus aims4 ,le dsir de plaire r5f]me donc le dsir d'tre aim4 ,c'e/ cette m>que en effet qu'on peut le reconnotre2 c'e/ cette union qui le c>actrise3 elle p>ot si naturelle1 qu'on ne balanc]oit po9t croire que l'un e/ insp>able de l'autre1 sans les exemples contraires qui se tr\v5t dans la ,socit3 combi5 de p]sonnes cont5tes de se voir considres ou applaudies1 ne consult5t jamais si on les aime6 ,cette indiffr5ce n'e/ pas mo9s1 ce me semble1 un g>em5t de l'esprit1 qu'une malheureuse ins5sibilit de l'ame sur le prix qu'on doit att5dre de ce qu'on fait p\r la ,socit2 le don de plaire1 exam9 avec les yeux de la raison1 lo9 d'tre reg>d comme un succs satisfaisant1 ne doit p>otre qu'un moy5 flatteur d'obt5ir la plus d\ce de t\tes les rcomp5ses1 le plaisir d'inspir] de l'amiti4 ,c'e/ donc une tude bi5 ncessaire que de re*]*] en n\s-mmes1 que d'appr(ondir en quoi consi/e le dsir de plaire1 af9 de connotre si n\s cdons ce mme dsir1 dans la ve de n\s faire aim]1 af9 de dml] si n\s sommes clairs p> cette sage ambition qui sa*ant concili] ce que la ,socit exige de n\s1 avec ce que n\s v\lons d'elle1 ne n\s procure que les succs qui n\s font *rir2 ou si n\s n\s ab&onnons aux sugge/ions sduisantes d'un am\r propre1 qui ne n\s occupant que de notre bonheur p>ticuli]1 ne mrite que l'indiffr5ce des autres hommes1 n\s expose leur inimiti4 ,il arrive quelquefois qu'ayant t\t ce qui s]t plaire1 n\s n'en pr(itons pas assez3 on tr\ve communm5t des g5s qui n'p>gnant ri5 p\r tre d'un comm]ce aimable avec t\t ce qui ne leur e/ po9t subordonn1 pass5t l'extrmit oppose1 ds qu'ils se tr\v5t en lib]t2 alors ils devi5n5t p9eux1 f>\*es2 mais s'il rep>ot quelque objet qui leur en impose1 ils repr5n5t t\tes leurs graces1 on diroit qu'ils n'att5doi5t qu'une occasion de se contra9dre3 leur maison toit p\r eux un antre qui noircissoit leur imag9ation4 ,ils voy5t arriv] un trang]2 la srnit de l'esprit succde aux nuages3 ils sembl5t tre transports subitem5t dans un n\veau monde1 c'e/ l'envie de plaire qui a produit l'en*antem5t4 ,mais comm5t se p>donn5t-ils ce contra/e8 ,semblables ces av>es fa/ueux1 qui talant une magnific5ce extrieure1 se priv5t dans leur famille du ncessaire1 ils sont encore plus draisonnables2 les av>es ont du mo9s le plaisir d'accumul] leurs ri*esses1 au lieu que ceux qui ne pr(it5t pas des moy5s qu'ils ont de plaire1 n'y gagn5t que le tri/e plaisir de se livr] une humeur dont ils s\ffr5t eux-mmes4 ,d'autres ne nglig5t po9t de p>otre aimables2 mais ils n'ont1 presque t\j\rs1 qu'une seule p]sonne qui les occupe4 ,se tr\v5t-ils avec des g5s qui ils doiv5t peu prs les mmes m>ques de considration d'amiti8 ,leur gt dans le mom5t les porte en trait] un avec prfr5ce2 ils s'y livr5t1 ils n'ont plus d'att5tion1 d'esprit1 de graces que p\r lui2 ils y gagn5t1 il e/ vrai1 le plaisir de flatt] d'acqurir de plus en plus celui qui leur plat davantage2 mais ils dsoblig5t t\s les autres2 c'e/ imit] encore l'erreur d'une autre espce d'av>es1 qui ne s'atta*ant qu' grossir leur trsor1 y ajot5t imprudemm5t ce qui s]viroit entret5ir leurs autres bi5s1 qui dpriss5t2 ils ne s'app]oiv5t pas que c'e/ s'appauvrir4 ,mais si n\s ngligeons de gr&s avantages1 en ne saisissant pas t\tes les occasions de plaire1 n\s tombons dans une erreur bi5 plus gr&e encore1 lorsqu'aant cette ju/e ambition1 n\s *oisissons de mauvais moy5s p\r la remplir2 il y en a qu'il ne faut que rem>qu] dans autrui1 p\r connotre combi5 on doit les vit]4 ,quel g>em5t1 p> exemple1 d'espr] de plaire1 qu& on ne songe qu' brill]8 ,l'envie de brill] e/ un empressem5t de faire valoir son mrite1 sans aucun g>d celui des autres2 c'e/ un talage haz>d de son esprit1 de ses tal5s1 enf9 de t\s les avantages qu'on a1 ou qu'on se suppose2 cette confiance les discrdite1 quelque di/+us qu'ils puiss5t tre1 p>ce qu'elle met dc\v]t l'excs de bonne op9ion qu'on a de soi-mme1 l'int5tion de s'arrog] une sorte de supriorit4 ,la confiance imprieuse avec laquelle on s'empresse de brill]1 n\s laisse bi5-tt1 quelque mrite qui la s\ti5ne1 dans une espce de solitude1 au milieu mme des g5s avec qui on passe la vie4 ,ils ne song5t qu' v\s fuir1 mo9s qu'ils ne v\s tr\v5t un c]ta9 ridicule qui les amuse2 c> en gnral1 on re*]*e assez le comm]ce de ceux dont on e/ dans l'usage de se mocqu]2 mais quel moy5 d'tre accueilli8 ,peu de g5s sont assez /upides p\r ne pas s5tir la honte d'un p>eil succs3 ,et voici dans ces deux situations leurs ress\rces ord9aires2 ils romp5t t\te liaison avec ceux qu'ils prfr]oi5t s'ils toi5t s5ss1 p\r all] fond] leur misrable empire dans des ,socits1 o leur ton de supriorit leur ti5dra lieu de mrite2 ils auroi5t p vivre citoy5s dans un monde conv5able1 ils aim5t mieux tre ,rois dans la mauvaise compagnie#b1 encore s'ils y rgnoi5t sans tr\ble1 si ri5 n'arra*oit jamais le b&eau que leur orgueil a mis sur leurs yeux4 ,leur folie s]oit en quelque manire un bonheur2 mais il y a dans t\tes les ,socits de bons esprits1 qui p> une lumire naturelle1 di/+u5t l'app>5ce d'avec la vrit2 ils s'atta*5t appr(ondir le faux mrite qui d'abord les a bl\is1 bi5-tt la prsomption dmasque e/ rduite *]*] un autre ?atre1 o elle puisse tre applaudie4 #b ,je crois devoir expliqu] ici quel s5s j'atta*e cette manire de s'exprim]1 la mauvaise compagnie2 j'av]tis que je ne l'ai emprunte que p\r tre mieux ent5du d'un gr& nombre de p]sonnes1 respectables dans leurs jugem5s1 bi5 d'autres g>ds1 mais qui sans avoir en ve de dcid] des murs ni du c>actre1 qualifi5t abusivem5t de mauvaise compagnie t\t ce qui n'e/ po9t li avec ce qu'ils appell5t les g5s du monde1 les g5s de connoissance1 ou mme ceux qui p>mi les g5s du monde n'ont po9t ce qu'ils nomm5t le ton de la bonne compagnie1 le bon ton1 langage dont la prm95ce qui consi/e s\v5t dans les mots plus que dans les p5ses1 peut p>otre bi5 arbitraire4 ,si on avoit compris que j'eusse desse9 d'tablir que les ,socits qui ne sont po9t =mes p> les g5s du monde1 mrit5t le nom de mauvaise compagnie1 on auroit absolum5t mal ent5du ma p5se2 l'esprit1 la gayet1 les tal5s1 ce dsir de plaire1 qui ajot t\tes ces qualitez1 se r5contre aussi frquemm5t dans ces mmes ,socits que dans l'tat suprieur3 on a donn1 ce me semble1 la solution de cette espce de problme1 lorsqu'on a dit qu'il y a tant de g5s de bonne compagnie dans la mauvaise1 tant de g5s de mauvaise compagnie dans la bonne1 qu'on ne peut raisonnablem5t en exclure aucune4 ,l'envie de brill] e/ sujette aussi n\s jett] dans l'affectation1 n\s y tombons de deux manires2 l'une en =ant notre naturel1 l'autre en imitant celui d'autrui4 ,l'affectation qui a sa s\rce dans n\s-mmes e/ un c]ta9 apprt m>qu dans le ma9ti51 dans la faon de m>*]1 de rire1 de p>l]2 c'e/ une application srieuse rfl*ie faire1 avec di/9ction1 les plus petites *oses1 p> la p]suasion que c'e/ un art de les t\rn] en autant de graces qui s]ont rem>ques applaudies4 ,ri5 ne dcele mieux la petitesse de l'esprit que cette sublimit que c]ta9es g5s re*]*5t jusques dans la manire de dire les lieux communs de la conv]sation1 que cette indiffr5ce p\r les p5ses1 cette haute e/ime des mots dont ils p>oiss5t si pr(ondm5t pntrs4 ,combi5 les p]sonnages que notre vanit n\s fait faire1 dont elle s'applaudit1 sont quelquefois contra/s mprisables8 ,t&is qu'elle port]a un homme orn de gr&s tal5s1 ou de connoissances sublimes1 se montr] p> des cts si ju/em5t l\ables2 cette mme vanit expos]a nos reg>ds une figure rem>quable p> la biz>]ie re*]*e de son aju/em5t1 ou p> la s+ul>it mdite de son ma9ti5 de ses manires2 v\s reconnotrez1 p\r comble d'tonnem5t1 que c'e/ le mme homme1 qu'alt]nativem5t elle dcore qu'elle dgrade4 ,on connot une autre affectation qui ti5t notre naturel2 il y a des g5s ns s+uli]s1 ou +nus1 ou indiffr5s1 ou f>\*es2 qui se plais5t le p>otre encore davantage qu'ils ne le sont effectivem5t4 ,cette ambition d'aj\t] 7p\r m'exprim] a9si7 soi-mme1 n'e/ gure ap]e que des g5s d'esprit1 n'en e/ que mieux t\rne en ridicule2 c> t\te affectation ne t>de pas leur p>otre telle4 ,on s]oit bi5 loign de tomb] dans celle-ci1 si on songeoit vritablem5t plaire2 on sauroit qu'on n'y russit con/amm5t1 qu'en se montrant de bonne foi tel qu'on e/2 que ce qu'on affecte au-del1 e/ une manire d'av]tir les g5s de v\s rem>qu]1 de v\s applaudir1 qui les excite1 au contraire1 ne plus voir en v\s que le mrite emprunt1 p\r tre disp5s de v\s t5ir compte de celui qui v\s e/ naturel4 ,l'affectation1 qui consi/e dans l'imitation1 vi5t quelquefois d'un s5tim5t l\able1 mais dont n\s savons mal pr(it]4 ,c'e/ une connoissance intrieure1 un aveu qu'on se fait soi-mme1 qu'il n\s manque de c]ta9s agrm5s que n\s applaudissons dans quelque autre1 que n\s p5sons follem5t acqurir1 en affectant de les possd]4 ,c'e/ une adoption du mrite d'autrui qu'on prfre au si51 sans en tre plus mode/e1 qu'on ne p>vi5t jamais s'appropri] assez bi51 p\r en tre p>2 on n'en a que l'talage4 ,l'g>em5t de notre am\r1 qui n\s porte imit] les autres1 e/ d'autant plus cra9dre1 qu'il e/ sujet n\s *oisir de bi5 mauvais modles4 ,tel ne s'occup]a t\te sa vie1 qu' ressembl] c]ta9 p]sonnage1 p> les endroits mmes que le ,public ne reg>de pas avec des yeux favorables2 qui et peut-tre t mo9s expos la critique1 s'il s'en ft t5u ses propres trav]s4 ,cette imitation volontaire ne se m>que pas seulem5t dans notre extrieur1 il y a des gts1 des ha9es1 qu'on ne montre que p>ce qu'on s'imag9e du bon air les avoir4 ,l'empressem5t1 s\v5t dplac1 de les tmoign]1 les expressions outres de ceux qui se les attribu5t1 font assez connotre que c'e/ pure affectation1 il se jo9t une sorte de dpit l'ennui que cela donne2 on leur conte/]oit volonti]s le frivole avantage dont ils se p>5t de dte/]1 ou d'aim] la folie1 ce qui mrite pe9e d'tre cit comme dplaisant ou comme agrable4 ,mais une autre erreur autant cra9dre1 quoiqu'elle soit mo9s susceptible de ridicule1 c'e/ de mettre l'esprit cau/ique au rang des moy5s de plaire4 ,je ne prt5s pas combattre ici ce c>actre sombre f>\*e qui ne tr\ve de gloire qu' avilir le mrite1 de plaisir qu' tr\bl] son bonheur4 ,j'ai en ve cette sagacit que la gaiet ord9airem5t accompagne1 qui1 sans int5tion de nuire1 emporte p> une satisfaction secrette1 flatte des applaudissem5s quelle s'attire1 sans les mrit]1 se plat n'ap]cevoir1 ne pe9dre les objets1 que p> des faces qui les r5d5t ridicules4 ,je p>le de cet art1 qui faisant alt]nativem5t d'une p>tie de la ,socit1 un spectacle risible p\r l'autre1 les sacrifiant les amusant t\r t\r1 e/ r$\t mme de ceux dont il se fait applaudir1 f9it t\j\rs p> tre ha des uns des autres4 ,combi5 les hommes que ce c>actre dom9e1 doiv5t peu se flatt] d'inspir] de l'amiti1 mo9s qu'ils ne le ra*et5t p> bi5 des v]tus ou des qualits suprieures6 ,les esprits cau/iques devi5n5t1 en quelque manire1 p\r la ,socit1 ce que sont l'g>d des ,nations vois9es1 c]ta9s ,rois d',afrique1 dont t\te la ri*esse consi/e dans un comm]ce d',esclaves2 on ne gagne ri5 se s\mettre leur empire2 qu& il ne leur re/e plus de ,peuples trang]s livr]1 ils trafiqu5t leurs propres ,sujets4 ,le g5re d'esprit cau/ique que je vi5s de dpe9dre1 e/ aussi mpris que hassable1 dans ceux qui ne le t5ant po9t de la nature1 veul5t s'en faire un c>actre2 ri5 ne dplat tant que les g5s qui v\s propos5t titre de ridicule1 ce qui ne l'e/ pas1 ou qui v\s annonc5t comme une dc\v]te1 des ridicules us1 dont ce n'e/ plus l'usage de se moqu] 7c> t\t e/ mode dans le comm]ce du monde1 jusqu'aux sujets de dgt de ha9e47 ,heureusem5t il ne suffit pas d'avoir de la malignit de l'esprit1 p\r tre avec succs 7suppos que c'en soit un7 mdisant1 ironique ou ddaigneux1 il faut tre in/ruit des objets du ton de la critique en rgne4 ,eh6 quelle tude mprisable1 qu& on a p\r objet de s'en prvaloir contre la ,socit1 que celle d'une sci5ce qui n\s fait r$\t]1 qui de%onore notre raison1 mesure que notre esprit russit mieux en faire usage6 ,il e/ de la prud5ce de ne s'y po9t tromp]1 cette obs]vation e/ importante2 t\t ce qu'on appelle esprit cau/ique1 n'e/ pas tel que je vi5s de le df9ir2 on voit des p]sonnes qui en ont une portion1 dont on n'e/ pas quitablem5t en droit de se pla9dre2 nul art dans leurs disc\rs p\r attir] votre confiance1 nul dguisem5t p\r v\s ca*] qu'elles vont v\s jug] la rigueur2 il faut cep5dant tre en g>de contre elles1 ou plutt contre soi-mme2 le c>actre de leur esprit e/ une pntration dlicate1 qui va saisir avec ju/esse t\t ce qui se passe dans le vtre2 elles y lis5t t\tes les f9esses de votre am\r propre2 jamais aucun des motifs qui v\s fait p>l]1 ou g>d] le sil5ce1 s\rire1 ou tre srieux1 ne leur *ape1 elles v\s dc\vr5t +nieusem5t v\s-mme2 peu de g5s gagn5t se plais5t se voir a9si dvoils2 mais lo9 de leur repro*] la joie un peu maligne qu'elles tr\v5t v\s dmasqu]1 r5dez-leur graces au contraire de ce que ce n'e/ qu' vos propres yeux qu'elles font tomb] le masque dont v\s aviez v\lu v\s embellir4 ,en gnral1 l'esprit cau/ique ne doit donc pas tre reg>d comme un moy5 de plaire1 puisqu'il n\s emp*e d'tre aim3 ,mais il y a deux c>actres qui sont entirem5t opposs celui-ci1 dont il n'e/ pas mo9s important de se g>antir1 p>ce qu'ils n\s font mpris]2 c'e/ de la fade complaisance de la flatt]ie dont je veux p>l]4 ,je ne compr5s po9t dans ce que j'appelle fade complaisance1 ce c>actre de foiblesse1 qui1 t\j\rs dom9 p> les exemples1 ou p> les disc\rs de quiconque veut l'assujettir1 se laisse entran] indiffremm5t aux v]tus comme aux vices4 ,je p>le de cette s\plesse d'humeur1 de cette att5tion s]vile1 qui1 satisfaite de plaire gnralem5t sans di/9ction des p]sonnes1 se p]met t\t ce qui lui p>ot ne po9t intress] l'honneur2 prodigue les loges1 sacrifie sans qu'on l'exige ses propres gts1 va s\v5t mme plus lo9 que n'iroit l'amiti1 sans jamais avoir le plaisir d'tre inspir p> elle4 ,si cette l*e flexibilit russit auprs de quelques hommes1 dont la vanit grossire pr(ite de t\t ce qui *]*e la flatt]1 elle n\s avilit tel po9t aux yeux des autres1 que les succs qu'elle procure1 quels qu'ils puiss5t tre1 ne peuv5t n\s ddommag] de la honte qui y e/ atta*e4 ,la flatt]ie1 j'ent5s celle du g5re le mo9s odieux1 possde1 en commun1 avec la fade complaisance1 mais p> art seulem5t1 cette p5te docile cd] aux volontez des autres2 elle y ajote une adresse faire natre les occasions de sduire1 qui la di/+ue la r5d plus dang]euse2 t\t le fruit que ce p]sonnage pnible retire des scnes humiliantes qu'il j\e1 e/ d'abus] un petit nombre de spectateurs1 d'tre mpris de t\t le re/e4 ,la flatt]ie d'un autre g5re1 qu'on ne sauroit trop dte/]1 c'e/ celle qui1 p\r s'emp>] des esprits1 saisit malignem5t le foible qui les de%onore1 qui applaudit nos ridicules1 af9 de j\ir en mme temps du plaisir de les augm5t] de n\s plaire4 ,qu'un homme qui s]a n avec un esprit t5du1 lum9eux1 mais srieux naturellem5t1 affecte une gaiet qui n'e/ po9t dans son c>actre3 qu'il se propose de v\s rj\ir p> sa manire de plaisant]1 qui ne s]a 7je le suppose a9si7 qu'une malheureuse abondance de fades allusions1 ou de contes us2 c> combi5 de g5s avec beauc\p d'esprit n'ont po9t celui de la plaisant]ie8 ,on s'atta*]a p\r gagn] son incl9ation1 le b]c] dans son erreur3 quel usage du dsir de plaire6 ,l'art de sduire les hommes1 en applaudissant leurs trav]s les plus m>qus1 ne ft-il considr qu'avec les yeux1 d'un am\r propre un peu dlicat1 n'a ri5 que de mprisable4 ,il e/ si facile dans la ,socit1 d'entret5ir ,blise#c du nombre imag9aire de ses amans6 ,un sot n'abord]oit ,dom-,qui*otte qu'en lui p>lant d',en*anteurs2 un homme d'esprit l'engag]oit trait] la ,morale1 p>ce que dans ,dom-,qui*otte1 l'homme le plus s+uli]1 qui f\rnit davantage la curiosit d'un ,philosophe1 ce n'e/ pas le f\1 c'e/ celui qui e/ la raison mme1 jusqu'au mom5t o le mot de ,*eval]ie en fait une mtamorphose complette2 il e/ ais de le rem>qu]4 ,les sots se croy5t pntrans cau/iques1 qu& ils font tant que d'ap]cevoir dans autrui des dfauts qui n'*ap5t p]sonne2 on voit qu'ils s'applaudiss5t d'avoir p dc\vrir qu'un f\ extravague1 qu'une ,coquette s'abuse de compt] sur des ,amans qu'elle n'a pas4 ,il faut donc leur laiss] le g5re de flatt]ie dont je vi5s de p>l]1 ou conv5ir que qu& n\s embrassons ce c>actre honteux1 dans la ve de n\s faire aim]1 c'e/ un abus que n\s faisons d'un motif e/imable1 c'e/ que n\s n'avons pas assez d'esprit p\r saisir les moy5s de plaire que n\s (fr5t la raison la vrit4 #c ,p]sonnage de la ,comdie des ,femmes savantes4 ,ces g>em5s1 o le dsir de plaire e/ sujet n\s entran]1 app>ti5n5t galem5t aux deux sexes2 mais on connot une autre erreur qui sduit p>ticulirem5t les femmes2 c'e/ la coquett]ie1 cet cueil de leur raison1 dont on voit un si petit nombre d'entr'elles se g>antir4 ,il ne s]oit pas ais de la df9ir2 plus un dfaut e/ en rgne1 plus il se montre p> diffr5tes faces1 dont celles qui le c>actris5t le mieux1 sont quelquefois les plus difficiles rappro*]1 p>ticulirem5t dans les femmes1 soit qu'elles suiv5t la raison1 soit qu'elles cd5t au caprice1 leur imag9ation plus +nieuse que la ntre1 v>ie multiplie bi5 davantage les nuances4 ,un homme aimable1 qui *]*e le p>otre1 v\s a bi5-tt laiss ap]cevoir t\s les moy5s d'y russir1 qui lui sont propres4 ,une femme saisit successivem5t presque t\tes les manires de l'tre2 c'e/ p>ce qu'en gnral elles sont portes all] lo9 dans la r\te qu'elles pr5n5t1 qu'il leur e/ plus important de la bi5 *oisir4 ,dans les femmes1 le dsir de plaire1 qui a p\r objet d'inspir] l'e/ime l'amiti1 pr5d un empire durable sur les ames2 plus il p>ot1 plus il s'accrdite1 p>ce que c'e/1 comme on l'a rem>qu#d1 le c>actre des *oses e/imables de r$\bl] de prix p> leur dure1 de plaire p> le degr de p]fection qu'elles ont1 qu& elles ne plais5t plus p> le *>me de la n\veaut2 au lieu que la coquett]ie ne peut ri5 sur les ames1 qu'autant qu'elle sduit l'imag9ation4 ,quelle que soit son adresse se ca*]1 elle ne subsi/e pas long-temps sans tre reconnue2 elle p]d alors une p>tie de son p\voir1 non que l'on se dsabuse d'abord de l'erreur o elle n\s entrane2 nos yeux ouv]ts1 malgr n\s1 sur elle1 sont sujets aussi se ref]m]4 ,mais dans les int]valles de raison que n\s laisse le *>me1 on se pe9t t\t ce qu'il y a d'humiliant s'en laiss] tyrannis]1 l'on hait celle qui l'emploie1 proportion des ef=ts qu'il n\s en cote p\r le rompre4 #d ,madame la ,m>quise de ,lamb]t1 ,rflexion sur les ,femmes4 ,le dsir de plaire e/ conv5able dans t\s les tats t\s les ges1 p>ce qu'il ne met en uvre que des moy5s av\s p> la raison1 qui font honneur l'esprit4 ,la ,coquett]ie qui s\v5t p>ot dans t\te son t5due1 sans que l'esprit l'accompagne1 emploie jusqu' des dfauts1 p\r p>v5ir au b qu'elle se propose2 t\rd]ie1 affectation1 manque de bi5sance1 t\t lui s]t1 ri5 ne l'arrte2 ces mmes dfauts1 ds qu'ils cess5t de la faire valoir1 l'enlaidiss5t plus encore qu'ils ne l'avoi5t embellie3 mais ce qui c>actrise entirem5t la honte des succs qui la flatt5t1 c'e/ qu'elle se dcrie mesure qu'elle les multiplie2 les premi]s j\rs de la jeunesse1 qui seuls peuv5t lui tre favorables1 sont-ils clipss1 combi5 de ridicules l'accompagn5t jusques dans ses triomphes1 si elle en obti5t encore8 ,la fausse vanit la fait natre1 des *imres flatteuses l'entreti5n5t1 le mpris en e/ le fruit4 ,des qualits qui sembl5t plaire p> elles-mmes4 ,si le dsir de plaire n\s g>e quelquefois1 combi5 aussi n\s (fre-t-il de moy5s d'tre aims1 qu& c'e/ la raison qui l'claire8 ,c'e/ lui qui donne l'ame aux qualitez les plus heureuses que n\s ayons reues de la nature ou de l'ducation1 soit qu'elles app>ti5n5t la figure1 soit qu'elles ti5n5t au c>actre1 sans lui1 les hommes qui sont d\s de ces avantages1 ne les port5t po9t leur vritable prix4 ,il ne faut1 p\r s'en conva9cre1 que les considr] p> leur cause p> leurs effets4 ,en gnral1 il y a1 lorsqu'on agit1 ou qu'on p>le1 de c]ta9es dispositions du corps1 de c]ta9es expressions du visage1 du ge/e1 de la voix1 conv5ues 7ce semble7 dans *aque ,nation1 p\r r5dre tel s5tim5t1 ou telle p5se2 c'e/ le meilleur *oix entre ces actions1 qu'on reg>de comme les plus naturelles1 qui =me ce qu'on appelle l'air d'ducation1 l'air du monde1 en un mot1 ce qu'on appr\ve dans notre extrieur1 ce qu'on y applaudit indp5damm5t de la rgul>it de la figure4 ,dans une p]sonne qui p>le1 la grace extrieure dp5d d'un c]ta9 accord1 entre ce qu'elle dit1 l'action dont elle l'accompagne2 il faut que de l'un de l'autre il ne rsulte qu'une mme ide dans l'esprit de celui qui l'c\te qui la voit4 ,et de mme que l'art des ,comdi5s1 suprieurs dans leur pr(ession1 e/ de s'appropri] t\tes ces actions heureuses1 de ne les m>qu] qu'au degr1 qu' la nuance qui convi5t le plus exactem5t au fond du c>actre1 la situation actuelle du p]sonnage qu'ils reprs5t5t#e2 c'e/ dans les g5s du monde le plus ou le mo9s de dlicatesse d'esprit de s5tim5t1 qui fait que ces actions sont plus ou mo9s agrables4 #e ,on rem>que que l'expri5ce du ,?atre1 ne suffit pas p\r acqurir cette p]fection1 elle e/ l'ouvrage de la ju/esse de la dlicatesse de l'esprit4 ,il faut obs]v] encore que comme ces actions conv5ues1 qui di/+u5t une ,nation1 v>i5t d'une manire s5sible dans les p]sonnes de diffr5tes conditions2 les expressions du visage1 du ge/e1 de la voix1 sont un second langage1 qui a son /ile qui m>que1 a9si que fait le *oix des mots1 la manire de les prononc]1 l'extraction plus ou mo9s releve1 ou du mo9s l'honnte ou la mauvaise ducation4 ,c'e/ sans d\te un avantage qu'un extrieur qui n\s annonce favorablem5t1 il accrdite p> avance les autres qualitez dont n\s p\vons tre orns2 on voit des p]sonnes1 qui1 lors mme qu'elles ne v\s entreti5n5t que d'objets peu intressans1 ont l'art d'excit]1 d'accrotre1 de fix] votre att5tion1 soit p> la manire de v\s adress] leurs reg>ds1 soit p> une grace rp&ue dans leur action1 qui v\s inspire une disposition leur applaudir1 mme dc\vrir en elles plus d'esprit qu'elles n'en font p>otre4 ,mais qu& cet accord heureux du ge/e de la p5se1 cette loqu5ce des reg>ds1 cette grace dans l'action1 qualitez t\j\rs dsirables1 ne sont qu'une disposition heureuse des organes1 qu& ce qui n\s t\*e en elles1 n'a d'autres rapports avec n\s que l'impression agrable qu'elles font sur nos s5s2 leur effet ne n\s e/ bi5 s5sible que la premire fois que n\s l'pr\vons1 bi5-tt l'habitude n\s les r5d indiffr5tes1 mo9s qu'une c]ta9e ame1 que le s5tim5t seul peut donn]1 ne les s\ti5ne4 ,p\r dml] quelle e/ cette ame qui assure le succs des qualitez1 qu'on croiroit devoir russir p> elles-mmes1 rev5ons l'homme que j'ai dpe9t avec un extrieur qui prvi5t si puissamm5t en sa faveur4 ,si v\s re*]*ez la cause des impressions avantageuses qu'il a faites sur v\s1 v\s connotrez qu'elles naiss5t d'un empressem5t qui toit en lui de v\s occup]2 non p> la vanit d'tre c\t1 mais p> un dsir d'attis] votre att5tion1 votre suffrage1 qui suppose le cas qu'il faisoit de votre e/ime3 t\x ceux qui1 comme v\s1 l'environnoi5t1 re/]ont p]suads que cet empressem5t m>qu1 ces reg>ds obligeans1 quoique ram5s successivem5t t\t le c]cle1 leur toi5t adresss p> prfr5ce1 cette ide s]a imprime dans *acun d'eux1 ,il n'a song qu' me plaire4 ,c'e/ donc la disposition de l'esprit1 non celle du corps1 qui fait valoir notre extrieur#f2 les agrm5s du ma9ti5 du ge/e1 qui ne consi/5t que dans la rgul>it conv5ue des m\vem5s1 sont purem5t arbitraires2 ce qui e/ cet g>d une grace ,p>is1 p\vant dev5ir s+uli] ,madrid ou ,londres2 mais cet air d'att5tion1 d'empressem5t1 cette satisfaction v\s voir1 que donne le dsir de plaire1 russit t\j\rs1 p>-t\t il se fait di/+u]1 mme dans les hommes dont n\s n'ent5dons po9t le langage1 il m>que une volont de se rappro*] de n\s1 qui n\s flatte1 p>ce que c'e/ faire notre loge1 qui n\s dispose les applaudir les aim]4 #f ,on peut mettre au rang des qualitez heureuses de la p]sonne1 les ex]cices agrables les tal5s1 tels que l'art des in/rum5s1 la danse1 le *ant1 c4 qui peuv5t en quelque faon se pass] du sec\rs de l'esprit4 ,je ne rappell]ai po9t ici de quel prix ils sont dans la ,socit2 je rem>qu]ai seulem5t1 que dans celui qui ne les met en usage que p\r satisfaire son am\r propre1 c'e/ le tal5t qu'on applaudit4 ,dans celui qui ne p>ot les employ] que dans le desse9 de conc\rir aux plaisirs de la ,socit1 c'e/ la p]sonne qu'on aime qu'on re*]*e4 ,cette mme disposition d'esprit fait galem5t le pr9cipal mrite de c]ta9es qualits atta*es au c>actre1 qui sembl5t plaire p> elles-mmes4 ,il y a1 p> exemple1 une c]ta9e s5sibilit t\t ce qui peut rire l'imag9ation1 ou intress] le cur1 d'une manire agrable1 dont quelques g5s sont heureusem5t d\s2 une disposition saisir le plaisir1 qui se rp& dans leurs actions dans leur entreti52 un gt avec lequel ils agiss5t dans t\t ce que les autres ne p>oiss5t faire que p> conv5ance1 c>actre qui plat d'autant plus1 qu'il les lie aux p]sonnes avec lesquelles ils viv5t p> t\t ce qui a de l'empire sur elles1 soit les gts1 soit les caprices ou la raison4 ,on aime encore une sorte de gaiet1 m>que un co9 de s+ul>it1 qui la r5d piquante2 c'e/ ce mlange de srieux d'enj\em5t1 cet extrieur raisonnable grave1 que quelques g5s1 en petit nombre1 cons]v5t dans des mom5s o leur imag9ation1 naturellem5t gaie1 e/ emporte p> les ides les plus riantes1 mme les plus bad9es2 la joie e/ en eux une ri*esse1 qu'ils sembl5t n'y pas connotre1 ne rp&re que p\r le plaisir des autres4 ,mais ces c>actres1 quel que soit leur mrite1 ne russiss5t pas con/amm5t p> eux-mmes1 a9si que les agrm5s de la p]sonne1 il faut qu'ils ay5t p\r ame ce dsir de plaire1 qui met le vritable sceau t\tes les bonnes qualits4 ,je ne connois qu'une sorte de moy5 de russir plaire1 sans que n\s en ayons le dsir2 il fait p>tie de ces erreurs presque insp>ables de la jeunesse2 il n'a que peu de j\rs o il puisse n\s tre favorable1 ce c>actre d'erreur seul1 fait t\t son mrite4 ,c'e/ cette extrme s5sibilit avec laquelle les jeunes g5s qui entr5t dans le monde1 sont fraps de t\t1 p>ce que t\t leur p>ot n\veau2 leur ravissem5t1 cette navet avec laquelle ils p>l5t des impressions agrables qu'ils reoiv5t2 comme si le plaisir toit une dc\v]te qui n'et t faite que p> eux3 ces premires agitations de l'ame1 qu'ils croy5t si m]veilleuses1 les font1 il e/ vrai1 p>otre aimables1 p>ce qu'elles m>qu5t une fran*ise1 une c]ta9e simplicit1 que le manque d'expri5ce ju/ifie2 peut-tre encore ne leur faisons-n\s grace1 que p>ce qu'elles ne sont que des erreurs1 que leur succs e/ passag]1 ne vaut pas qu'on le regrette2 c> on n'applaudit qu'avec pe9e dans autrui aux qualitez qu'on n'a plus4 ,il e/1 p> exemple1 peu de femmes 7 bi5 des hommes ont la mme foiblesse17 qui1 cessant d'avoir les agrm5s de la jeunesse1 se plais5t avec ceux qui les possd5t dans t\t leur clat2 mais on n'envie pas des moy5s de plaire qui ne port5t que sur une illusion1 que la raison f]a bi5-tt evan\r4 ,il e/ donc s5sible que n\s n'avons aucunes qualitez heureuses1 aucuns avantages dont n\s puissions retir] un vritable succs1 si le dsir de plaire n'en dirige l'usage3 en effet1 ri5 ne peut remplac] en n\s cette indisp5sable ambition1 dont on pr\ve que les ef=ts ne sont jamais sans quelque rcomp5se2 c> s'ils ne sauroi5t va9cre entirem5t le c>actre mprisant ou *agr91 la duret ou malignit de c]ta9s esprits1 du mo9s il arrive ins5siblem5t que ces ames sauvages ne sont plus p9euses ou inju/es avec v\s1 que le mo9s qu'elles peuv5t l'tre2 c'e/ v\s di/+u] du re/e des hommes1 c'e/ v\s aim] leur manire4 ,de quelques moy5s de plaire4 ,l'utilit du dsir de plaire ne consi/e pas seulem5t relev] les qualitez qui sont en n\s1 elle va plus lo91 elle y en fait natre de n\velles4 ,obti5t-on des succs clatans1 c'e/ assez p\r se voir en bute la plus noire envie3 mais soyons anims du dsir de plaire1 il n\s fait tr\v] dans ces mmes succs1 des moy5s de n\s faire aim]4 ,quel guide p\r ceux qu'leve t\t c\p la =tune6 ,il les r5d mode/es1 il les g>antit d'une c]ta9e confiance orgueilleuse1 d'un c]ta9 air de supriorit1 qui se gliss]oit sans qu'ils s'en ap]uss5t dans leur langage1 dans leurs actions les plus indiffr5tes1 mme dans leur politesse2 il e/ sans d\te honteux p\r l'humanit1 qu'on doive t5ir compte un homme de ce qu'un rang ou une gr&e place1 qui ne lui aura t accorde que p> considration p\r ses ayeux1 de ce qu'un titre a*et1 ou tels autres avantages1 qui n'ajot5t ri5 son mrite p]sonnel1 n'ont pas *ang son ma9ti51 sa manire de trait] avec les autres hommes2 mais enf9 on lui en sait gr1 on s'y att5doit mme si peu1 que ds qu'il ne dim9ue ri5 des so9s des g>ds qu'il mettoit aup>avant dans la ,socit1 on se fait l'illusion de croire qu'il en apporte davantage2 combi5 plus =te raison1 n\s dispose-t-il en sa faveur1 qu& il a effectivem5t ce surcrot d'empressem5t de n\s gagn]8 ,on e/ flatt de ce que son n\veau lu/re n'a s]vi qu' lui inspir] plus d'envie de n\s plaire2 on p5se qu'il a s5ti que ce qui l'leve1 lo9 de lui donn] de la supriorit sur n\s1 n'a fait que l'en rappro*] davantage1 p> le beso9 qu'il a de notre suffrage4 ,on lui tr\ve de l'lvation dans l'ame1 de la solidit dans l'esprit2 c> on n'a jamais plus d'op9ion des bonnes qualitez des autres hommes1 que qu& elles n\s aid5t n\s conva9cre de notre propre mrite4 ,l'att5tion ne po9t dim9u] d'g>ds p\r ceux qui ont re de n\s des s]vices1 sur-t\t qu& il s'e/ agi de bi5faits qui n\s donn5t une sorte de supriorit sur eux1 e/ un des s5tim5s les plus utiles que n\s inspire le dsir de plaire4 ,s\v5t1 aprs des procdez gnreux1 on s'endort sur la foi du pan*ant qui n\s les a fait avoir1 qui n'att5d qu'une autre occasion de se manife/]2 on p5se qu'avec celui qui on a dc\v]t a9si son ame1 ne plus s'assujettir aux att5tions1 aux dfr5ces ord9aires1 lo9 de p>otre un manque d'g>ds1 e/ une autre manire de lui tmoign] qu'il e/ sr de n\s4 ,cette conduite cep5dant produit r>em5t le succs qu'elle n\s fait espr]4 ,dans la pl"p des hommes 7 ceux-ci ne sont pas encore les plus mprisables7 la reconnoissance s9cre dans son pr9cipe1 e/ cep5dant conditionnelle2 mettez-la des preuves qui (f5s5t l'am\r propre1 v\s la v]rez s'van\ir1 l'inimiti lui succd] peut-tre4 ,naturellem5t ports l'+ratitude1 ils reg>d]ont comme une sorte d'usure que v\s retirez de ce que v\s avez fait p\r eux1 ce qu'ils croiront en v\s une m>que de hauteur mprisante3 ,il m'a oblig1 7diront-ils en secret7 mais il m'humilie1 il e/ plus que pay2 on p]d a9si p> une nglig5ce1 dont la cause bi5 connue1 n'a s\v5t ri5 que de l\able2 on se drobe le prix le plus *]2 des bi5faits1 le plaisir d'tre aim2 mais supposons que cette p]sonne dont la vanit e/ trop s5sible1 capable en mme temps d'un vritable s5tim5t de gratitude1 v\s ca*e1 v\s sacrifie la pe9e intrieure que lui cause ce qui lui p>ot en v\s un manque d'g>ds3 ,n'tes-v\s pas bi5 f*1 si v\s v5ez v\s en ap]cevoir1 d'avoir t\ff en p>tie la satisfaction que v\s aviez fait natre dans une ame que v\s aimiez r5dre heureuse8 ,le dsir de plaire n\s g>antit de cette p]te1 de ce regret2 en n\s assujettissant cette maxime1 bi5 humiliante p\r la raison1 quoiqu'elle soit son ouvrage1 il faut ncessairem5t1 p\r tre aim1 remplir p> une suite d'g>ds1 les int]valles qui se tr\v5t entre les s]vices4 ,des dfauts que le dsir de plaire corrige1 de ceux qu'il ad\cit4 ,etablir en n\s des qualits heureuses1 n'e/ pas encore l'effet le plus favorable du dsir de plaire2 il y remdie des dfauts1 c'e/ mon gr1 l'ouvrage le plus difficile4 ,l'air ddaigneux1 p> exemple1 le ton mprisant1 7habitudes volontaires1 qui r5d5t notre comm]ce si hassable17 ce n'e/ que l'envie de russir dans l'esprit des autres1 qui peut n\s en corrig]3 voici deux cas assez ord9aires o l'on voit arriv] ce *angem5t4 ,quelquefois1 des g5s qui entr5t dans le monde1 avec un extrieur brut1 ou glorieux1 pr5n5t heureusem5t un gt vif p\r le comm]ce de la ,socit3 alors1 ports1 p> s5tim5t1 connotre t\t ce qui peut les y r5dre aimables1 ils p>vi5n5t enf9 l'acqurir4 ,le second exemple e/1 lorsque des g5s qui se sont ab&onns ces mmes dfauts1 p>ce qu'ils n'ont po9t eu de motifs puissans de se contra9dre1 se tr\v5t =cs de vivre avec des p]sonnes qui ils ont intrt de plaire1 p\r se r5dre la vie agrable2 ce qu'ils m>qu5t alors de prv5ances1 d'att5tions obligeantes1 russit d'autant mieux1 qu'on s'att5doit mo9s leur tr\v] ce c>actre4 ,on rem>que une situation o des hommes1 ns f>\*es1 mprisans1 t\t--c\p cess5t de l'tre4 ,c'e/ qu& ils pr\v5t des trav]ses humiliantes2 mais alors ce *angem5t ne leur rapporte gures1 ne pr\vant pas qu'ils soi5t corrigs2 s'ils fl*iss5t1 on s\ponne que c'e/ p> foiblesse1 on e/ long-temps ne reg>d] leur politesse1 leur complaisance1 que comme des tmoignages de leur honte secrette1 non comme un ad\cissem5t de leur ame4 ,c'e/ la seule occasion o la duret ord9aire de leur comm]ce1 qui auroit alors un air de f]met1 p\rroit les s]vir mieux1 que l'int5tion m>que de plaire4 ,mais supposons en n\s des dfauts1 que le dsir de plaire ne puisse n\s faire va9cre entirem5t1 p>ce qu'ils s]ont du fond de notre c>actre1 du mo9s1 il les ad\cit de manire leur faire tr\v] grace dans la ,socit4 ,p>mi ces dfauts1 l'9galit e/ sans d\te un des plus rebutans4 ,on diroit que ceux dont l'humeur e/ *angeante1 un c]ta9 excs1 7 on en voit d'assez frqu5s exemples7 ont plusieurs ames qui se plais5t *acune1 effac] l'ouvrage de l'autre2 p\r plus de facilit pe9dre ces oppositions1 supposons une p]sonne avec qui v\s n'tes po9t en liaison1 dont on v\s fait cet loge4 ,elle jo9t beauc\p d'esprit1 des connoissances =t t5dues2 elle a sur-t\t le don de s'appropri] si heureusem5t ce qu'on a p5s avant elle1 ce que v\s aurez p5s v\s-mme1 que v\s pan*]ez croire que t\t ce qu'elle dit e/ l'ouvrage de son imag9ation1 sans aucun sec\rs de sa mmoire2 qu'elle raisonne1 qu'elle fasse un rcit1 qu'elle contr$ise1 jamais v\s n'ap]cevrez son am\r propre1 jamais elle ne bless]a le vtre4 ,a l'g>d de son ton de plaisant]ie1 il e/ s]vir de modle dans la conv]sation1 comme celui de ,madame de ,sevign l'e/ p\r les ,lettres4 ,a ce portrait1 que v\s ne p]mettez pas qu'on a*eve1 v\s m>quez un extrme empressem5t de la connotre2 elle arrive2 on n'avoit employ que de trop foibles c\leurs2 v\s tr\vez qu'elle surpasse t\t ce qu'on v\s avoit annonc4 ,faut-il v\s en sp>]8 elle v\s laisse dans l'en*antem5t2 v\s ne songez qu' la rejo9dre1 le l5dema9 p>ot un t]me trop long votre impati5ce4 ,a la seconde entreve1 quel tonnem5t p\r v\s de ne plus retr\v] la p]sonne du j\r prcd5t6 ,v\s dem&]iez volonti]s celle-ci1 ce que l'autre e/ dev5ue4 ,tombe dans une sorte de lt>gie1 elle n'a presque ri5 v\s dire1 pe9e se tr\v]a-t-elle la =ce de v\s rpondre2 la veille il lui manquoit de v\s avoir fait connotre1 qu'elle a t\t ce qui peut r5dre suprieurem5t aimable2 v\s tiez un objet intressant p\r elle1 v\s ne l'tiez que p> l1 n'en att5dez plus ri51 jusqu' tant qu'elle se plaise recomm5c] le *>me2 elle n'a de graces dans l'esprit1 de feu dans l'imag9ation1 de raison mme1 elle n'exi/e enf91 si j'ose le dire1 que dans les mom5s o elle e/ flatte de plaire1 elle y russira encore avec v\s ds qu'elle en aura envie2 v\s pass]ez alt]nativem5t de l'admiration au dpit4 ,on dit que de p>eils contra/es n\rriss5t l'am\r2 il e/ sr du mo9s qu'ils n'entreti5n5t pas l'amiti4 ,qu'on inspire t\t c\p cette mme p]sonne 7sans lui t] son 9galit7 le dsir de plaire1 qui a p\r objet de se faire aim]1 v\s connotrez combi5 sa conduite devi5dra diffr5te4 ,au lieu de s'ab&onn]1 sans ret\r1 cette langueur qui suivit de si prs son empressem5t1 elle s5tira que le *angem5t qu'elle a m>qu1 votre g>d1 a d v\s dplaire1 tr\v]a des ress\rces p\r le rp>]2 ce ne s]a po9t p> les traits de cet esprit saillant1 ni de cette imag9ation riante que v\s avez admirs en elle1 puisqu'ils naiss5t uniquem5t de l'mulation que lui cause la n\veaut des objets2 mais elle v\s p>l]a la premire des contra/es de son humeur1 s9crit qui comm5c]a dim9u] la blessure qu'ils v\s avoi5t faite2 elle v\s av\]a1 en les blamant1 des biz>r]ies1 que v\s n'avez po9t encore essuyes1 cette confiance v\s engag]a la pla9dre2 v\s la tr\v]ez s5sible de si bonne foi aux sujets que v\s avez de ne pas re*]*] son comm]ce1 que ce s]a v\s alors1 qui song]ez tr\v] des raisons de l'excus]2 enf9 dans *aque int]valle1 v\s ouvrant son ame sur ses caprices1 sur son rep5tir1 elle v\s acc\tum]a l'indulg5ce2 effet plus puissant encore du dsir de plaire6 en lui tr\vant les mmes dfauts1 v\s ne v]rez plus de torts en elle1 v\s f9irez p> l'aim]4 ,il y a encore des qualitez qui naiss5t du dsir de plaire1 il y a d'autres dfauts dont il n\s g>antit1 que j'ai cr devoir trait] sp>m5t2 comme la conv]sation e/ le *amp o ils p>oiss5t avec le plus d'clat1 je vais les considr] dans ce po9t de ve1 af9 de faire connotre1 selon que je le conois1 ce qu'ils sont l'esprit de la conv]sation4 ,p\r claircir suffisamm5t de quelle manire ces qualitez font p>tie de l'esprit de la conv]sation1 il faudroit analis] en quoi consi/e ce mme esprit2 mais comm5t df9ir1 dans t\tes ses faces1 cette espce de gnie1 qui dp5d mo9s du g5re de l't5due des lumires qu'il possde1 que du s5tim5t plus ou mo9s dlicat1 avec lequel il les met en usage1 qui ne se s]t jamais mieux de l'esprit1 que qu& il semble s'en pass]1 ou n'ap]cevoir pas t\t celui dont il dispose2 qui1 transport t\s mom5s dans diffr5tes rgions1 n'a qu'un in/ant presqu'ins5sible1 p\r s'emp>] des ri*esses qui lui sont propres1 dont le *oix1 mesure qu'il e/ plus subit1 e/ quelquefois plus heureux3 ce tal5t qui a tant de ress\rces p\r plaire1 n\s ca*e presque entirem5t ce qui le con/itue2 on le s5t1 ne sauroit dire prcism5t ce qu'il e/4 ,on connot bi5 mieux les dfauts qu'il doit vit]1 que les qualitez qui sont de son ess5ce3 cep5dant entre ces qualitez1 il en e/ deux qui me p>oiss5t s5sibles2 la premire1 e/ la manire d'c\t]2 la seconde1 e/ ce c>actre liant qui se prte aux ides d'autrui4 ,l'att5tion e/ une p>tie ess5tielle de l'esprit de la conv]sation1 elle ne doit pas consi/] seulem5t ne ri5 p]dre de ce que dis5t les autres1 il faut qu'elle soit d'un c>actre en tre ap]ue1 qu'ils dc\vr5t qu'elle n'e/ pas uniquem5t l'effet de la politesse1 mais d'un pan*ant qu'on se tr\ve les ent5dre2 le dsir de plaire donne cette disposition obligeante2 non qu'il la porte jusqu' la fadeur1 ni qu'un mme s\rire applaudisse aux lieux communs1 a9si qu'aux ides riantes1 ou +nieuses3 il sait1 sans fausset1 g>d] les int]valles diffr5s entre la fade complaisance1 la s*]esse mortifiante1 qu'il vite t\j\rs4 ,il prte une att5tion plus m>que l'homme1 plus digne d'tre c\t1 sans celui qui en le mritant mo9s1 dsire autant de l'tre1 puisse se pla9dre de la manire dont il l'e/ son t\r4 ,il ne laiss]a pas *ap] les mom5s o l'esprit de l'un se dvelopant d'une manire suprieure1 exige qu'on se livre entirem5t le suivre2 lorsque l'entreti5 du d]ni] lui devi5t *>ge1 il tr\ve que c'e/ un inconvni5t de plus1 non un ddommagem5t1 que de s'attir] sa ha9e1 en lui faisant s5tir le malheur qu'il a de l'ennuy]4 ,on ne le croiroit pas1 si l'expri5ce ne n\s en conva9quoit t\s les j\rs2 c'e/ un don bi5 r>e que de savoir c\t]3 l'un1 p]suad qu'il v\s dev9e1 v\s int]rompt aux premi]s mots que v\s prononcez2 il "p1 rpond avec *aleur ce que v\s n'avez ni dit ni p5s4 ,un autre1 occup mettre de l'esprit dans ce qu'il va v\s repliqu]1 se livre1 en v\s c\tant1 ses ides2 v\s le voyez moiti rveur1 moiti att5tif1 n'tre ni v\s ni lui-mme3 sa reponse se ress5t de ce p>tage1 elle e/ spirituelle1 inconsqu5te4 ,celui-ci1 c'e/ le mo9s excusable1 incapable p> une p>esse d'esprit habituelle1 de t\te application srieuse1 v\s reg>de avec des yeux lt>giques1 ou v\s adresse de temps en temps un s\rire di/rait1 le plus s\v5t dplac2 il n'a pas projett un mom5t de v\s c\t]1 ni de v\s rpondre2 langueur dsobligeante1 qui dgte les g5s s5ss de notre comm]ce1 excite l'inimiti de ceux dont la vanit commune1 considre une p>eille indiffr5ce1 comme une m>que de mpris1 dont elle doit tre blesse4 ,il y a une autre sorte d'inatt5tion1 qu'on reg>de1 non sans quelque ju/ice1 comme un dfaut1 mais dont le pr9cipe n'a ri5 d'(f5sant1 p>ce qu'elle ne vi5t ni de cet empressem5t de faire p>ade de son esprit1 qui emp*e d'tre occup du vtre1 ni de cette indiffr5ce p\r ce que dis5t les autres1 qui ne se prte pas mme les c\t]4 ,c'e/ cette di/raction1 qui1 dans quelques g5s d'esprit1 nat du fond de leur c>actre1 qui les saisit dans les mom5s mmes o ils tr\v5t du plaisir v\s ent5dre2 espce de ravissem5t1 p5dant lequel v\s les voyez comme transports dans un monde diffr5t du vtre1 dont ils sort5t s\v5t p> quelque trait si peu att5du1 ou p> une plaisant]ie d'un si bon g5re1 sur le tort o ils se surpr5n5t eux-mmes1 que v\s aimez jusques la di/raction qui les a fait natre4 ,le c>actre de d\ceur1 de complaisance1 si dsirable dans la ,socit1 n'e/ pas1 lors mme que l'esprit l'accompagne1 une de ces qualits qui jett5t un c]ta9 clat sur ceux qui les possd5t4 ,c'e/ une sorte de philtre1 qui1 agissant d'une manire peu s5sible1 ne v\s occupe d'abord que foiblem5t de la ma9 qui sait le rp&re1 mais dont l'effet e/ t\j\rs de v\s la r5dre *re4 ,eh6 comm5t ne pas aim] ces ames flexibles1 que v\s attirez sans pe9e2 qui v\s *]*5t mme1 se plais5t p>tag] ce qui intresse la vtre1 qui n'att5d5t de v\s aucune att5tion1 aucune condesc5dance1 dont elles ne v\s donn5t l'exemple1 qui assez leves1 lorsqu'elles ap]oiv5t des dfauts mls avec des v]tus1 p\r ddaign] le faux avantage d'avilir les autres hommes1 pr(it5t p> prfr5ce des motifs d'applaudir d'e/im]4 ,c'e/ dans la conv]sation1 que l'esprit de d\ceur a de plus frqu5tes occasions de p>otre1 il n\s fait ab&onn]1 avec sagesse1 l'g>d des matires indiffr5tes1 le foible avantage d'avoir svrem5t raison1 contre les g5s dont l'am\r propre facile se rvolt]1 ne p>donne po9t un p>eil succs2 v\s p\rriez leur montr] de la supriorit3 v\s prfrez de leur p>otre aimable4 ,il n'e/ qu'un g5re de d\ceur1 qui1 lo9 de n\s faire aim]1 indispose au contraire ceux qui en pntr5t le pr9cipe3 c'e/ la d\ceur1 qui1 ayant p\r base un fond de mpris p\r les lumires des autres1 les laisse ap]cevoir qu'elle ne leur cde1 que p> un s5tim5t de supriorit1 qu'elle n'e/ qu'un dc\ragem5t de conva9cre les hommes de leur petitesse4 ,ce n'e/ pas le plus s\v5t1 faute d'esprit1 de savoir1 d'imag9ation1 qu'on indispose les g5s avec qui l'on s'entreti5t1 c'e/ p>ce qu'on ne songe faire p>otre ces qualits1 que p\r sa propre satisfaction3 de l naiss5t des dfauts plus nuisibles que la /rilit de l'esprit l'ignorance2 tels sont l'habitude de p>l] de soi1 l'abus de la mmoire1 la contradiction4 ,le pan*ant p>l] de soi1 e/ bi5 sduisant2 avec beauc\p d'esprit1 on n'e/ pas t\j\rs g>anti de ce pige1 o notre am\r propre n\s attire3 +nieux se dguis]1 c'e/ quelquefois s\s les traits de la mode/ie qu'il s'(fre n\s1 qu'il p>vi5t n\s g\v]n]4 ,qu'on adresse des loges mrits des hommes connus p> de gr&es v]tus1 p> des actions brillantes1 ou p> l'antiquit de leur race2 quelques-uns ayant s9crem5t l'int5tion d'tre mode/es1 se df5dront de vos l\anges1 de manire le p>otre bi5 peu2 v\s les v]rez se rp&re sur l'extrme faveur1 non mrite1 avec laquelle le ,s\v]a91 ou l'op9ion commune le traite2 ils croy5t effectivem5t en tre surpris1 mais ils entr5t dans des dtails1 d'tonnem5t en tonnem5t1 de bonts en bonts qu'on a p\r eux1 ils cont5t ins5siblem5t leur hi/oire1 o ils font leur gnalogie1 rapport5t t\s les traits leur gloire1 qui v\s toi5t *aps2 ils n'ont ri5 dit que d'inconte/able1 mais enf9 c'e/ v\s avoir entret5u de leur mrite4 ,l'am\r propre a d'autres subt]fuges dans ce g5re de sduction1 qui indispos5t plus encore qu& on les dmle1 que ne f]oit peut-tre l'orgueil dc\v]t4 ,on tr\ve des g5s qui ne diront jamais moi1 ni mon op9ion1 ni je sais1 ni je prt5s2 mais qui d'une manire dt\rne1 sans s'en ap]cevoir peut-tre1 se procur5t l'intime satisfaction de ne v\s entret5ir que d'eux-mmes1 t\t les ramne aux tal5s1 aux autres avantages qu'on sait qu'ils possd5t2 ils v\s montr5t1 comme avec une baguette1 l'excell5ce de ces dons heureux1 ils v\s f]ont sur-t\t rem>qu] les p>ties qui dsign5t leur acquit1 ou leurs ouvrages1 comme celles o il y a plus de mrite russir3 quelle mode/ie6 ils supprim5t leur nom1 p\r n'tre connu qu' leur loge4 ,on s'abuse s\v5t encore1 lorsque dans une conv]sation o *acun p>le de ses gts1 ou de son humeur1 on croit ne ri5 haz>d]1 en faisant aussi quelques portraits de soi-mme3 on ne doit po9t se rassur] sur ce qu'ils s]ont vrais1 ou si peu avantageux1 qu'ils ne p\rront po9t donn] de jal\sie2 il faudra prvoir si les esprits ports la critique1 qui v\s ent5d5t1 jug]ont conv5able que v\s soyez tel que v\s tes4 ,p\r m'expliqu]1 je suppose qu'un homme qui a l'extrieur raisonnable froid1 s'annonce comme ayant un gt trs-vif p\r t\t ce qui div]tit2 ou qu'il av\e qu'il lui vi5t1 comme bi5 d'autres g5s1 des ides folles ou biz>res4 ,le portrait1 comme je l'ai dit1 s]a fidle1 il p>otra cep5dant ridicule2 on exige que v\s ayez le c>actre dsign p> votre phisionomie2 on v\dra du mo9s1 si la joie ne vi5t po9t s'y pe9dre1 que v\s fassiez un my/re de celle que v\s ress5tez dans le fond de votre ame4 ,ce n'e/ pas encore assez que de s'tre acc\tum domt] le pan*ant naturel qu'on s5t p>l] de soi-mme1 il y a une c]ta9e dfiance1 ou pltt une prs5ce d'esprit ncessaire p\r ap]cevoir les piges qu'on n\s t5d1 af9 de le rveill] en n\s4 ,s\v5t les p]sonnes qui ne sont po9t cau/iques1 sont portes1 mme ayant de l'esprit1 ne po9t s\ponn] les autres de l'tre2 cette scurit1 t\te e/imable qu'elle a droit de p>otre1 a ses inconv5i5s2 s\v5t des g>ds qu'on v\s m>que1 des l\anges dlicates qu'on v\s adresse d'une manire indirecte1 un c]ta9 s\rire d'applaudissem5t aux *oses communes que v\s dites1 ont p\r objet unique1 de v\s faire tomb] dans un ridicule1 soit en v\s faisant p>l] de v\s-mme avec loge1 soit en v\s engageant mettre au j\r des tal5s mdiocres4 ,si v\s ne s5tez pas d'abord l'ironie de ces fausses prv5ances1 la seule confiance que v\s p>otrez y pr5dre1 qu& elle ne v\s mn]oit pas aussi lo9 qu'on le dsire1 e/ capable de v\s faire p]dre dans l'op9ion des spectateurs1 le prix de t\t ce que v\s avez d'ailleurs de qualits aimables2 avec les esprits qui sont cau/iques1 il faut sur-t\t1 p\r ne po9t discrdit] le si51 vit] qu'il ne soit leur dupe3 s'il e/ un moy5 d'acqurir de la supriorit sur eux1 c'e/ de montr] qu'on les connot sans les cra9dre1 sans daign] les imit]4 ,on a dit que les ,amans ne s'entreti5n5t les j\rs enti]s1 sans s'ennuy]1 que p>ce qu'ils se p>l5t t\j\rs d'eux-mmes2 cette effusion de cur me p>ot app>t5ir plus raisonnablem5t l'amiti4 ,aprs ce gt de prfr5ce1 qui n\s atta*e un ami vritable1 aprs cette satisfaction si *re1 de compt] sur l'intrt qu'il pr5d notre bonheur1 le plaisir le plus t\*ant1 e/ celui de lui ouvrir son ame2 il faut donc rs]v] cette entire confiance p\r l'amiti2 dans les liaisons ord9aires1 p>l] de soi1 n'e/ le plus s\v5t qu'un foible qui t\rne notre dsavantage4 ,quelques exemples1 contraires ce pr9cipe1 ne doiv5t po9t n\s en c>t]2 on tr\ve des g5s qui v\s entreti5n5t impunm5t des plus petits dtails de leurs gts1 de leur manire de vivre s+ulire1 ne laiss5t pas d'tre de trs-bonne compagnie4 ,quel e/ donc l'art qui les s]t si bi58 ,c'e/ de n'en avoir aucun2 ils ne prt5d5t ni se donn] p\r modles1 ni tir] vanit de leur faon de p5s]2 s5sibles de bonne foi1 jusqu' la draison1 t\tes les petitesses qu'ils mett5t si haut prix2 ils v\s tonn5t1 v\s amus5t p> le ton consqu5t appr(ondi avec lequel ils analis5t des objets entirem5t frivoles2 les contra/es plais5t qu& ils sont extrmes2 celui-ci devi5t p\r la raison1 une espce de spectacle2 v\s croyez1 en quelque faon1 voir l'homme du port de ,pyre1 considr] avec transport les trsors d'un de ses navires4 ,n'ayez qu'un esprit suprieur1 sans tre emport p> le dlire que je vi5s de dpe9dre2 essayez de t5ir des propos du mme g5re1 en p>oissant biz>re1 v\s ne s]ez qu'insipide2 le mrite de ces sortes de s+ul>its1 ti5t uniquem5t l'yvresse avec laquelle ceux qui y sont assujettis1 font l'loge de leur folie4 ,la dfiance salutaire de tomb] dans t\s les inconv5i5s que je vi5s de rapport]1 peut se rduire ce seul po9t4 ,on se nuit1 en p>lant de soi1 lorsque le seul intrt de notre vanit n\s dt]m9e2 c> avec quelque adresse qu'elle se dguise1 elle s]a t\j\rs ap]e2 les reg>ds des hommes1 mme les plus borns1 d'autres g>ds1 tant des espces de microscopes1 qui grossiss5t nos dfauts les plus imp]ceptibles4 ,il e/ malheureusem5t des occasions indisp5sables de p>l] de soi1 de pe9dre son c>actre1 de mettre au j\r sa conduite2 que dans des discussions d'intrts1 ou de quelque autre g5re que ce soit1 satisfait intrieurem5t d'avoir rempli t\t ce que la droiture l'honntet exig5t1 v\s laissiez prv5ir les esprits p> les fausses c\leurs dont vos adv]saires se p>5t1 v\s dfigur5t4 ,quel s]a le fruit de votre sil5ce8 ,v\s re/]ez p5dant un c]ta9 temps1 7c> ins5siblem5t la vrit dc\vre les trames du m5songe7 v\s v\s tr\v]ez1 dis-je1 *>g1 dans l'op9ion commune1 de t\s les torts qu'on aura eus avec v\s4 ,j'ai plac la suite de la vanit qui fait p>l] de soi1 l'abus de la mmoire1 p>ce que ce d]ni] dfaut me p>ot t5ir1 quelques g>ds1 au premi]4 ,une mmoire abondante produit ord9airem5t le dsir de s'emp>] de la conv]sation1 c'e/ un des moy5s dt\rns de p>l] de soi1 que l'empressem5t indiscret d'occup] l'att5tion des autres4 ,elle entrane encore le dgt d'c\t]1 deux inconv5i5s1 qui seuls suffiroi5t p\r lui faire p]dre t\t son mrite4 ,il faut1 p\r que la mmoire se fasse aim]1 qu'claire p> une c]ta9e dlicatesse d'esprit1 p> l'att5tion ne po9t (fusqu] l'am\r propre d'autrui1 elle n'occupe pas seule la scne2 qu'elle y attire au contraire ceux qu'elle a rduits quelque temps1 n'tre que spectateurs3 mais elle ne s5t pas t\j\rs o son rle doit f9ir4 ,il faut encore1 qu'c>tant de la conv]sation t\t ce qui auroit l'air de diss]tation1 mme dans les matires savantes sur lesquelles on la consulte1 elle sa*e les assujettir t\tes1 sans obscurit1 au langage ord9aire du monde2 mais cet art que quelques p]sonnes de ce sicle possd5t m9emm5t1 c'e/ l'esprit suprieur qui seul le donne4 ,l'usage habituel de la mmoire expose1 ord9airem5t1 tomb] dans des rptitions1 il n'y a p]sonne qui ne p5se1 sur l'ennui que cela cause1 ce que ,montagne dit de c]ta9s p>leurs qui la s\v5ance des *oses passes demeure1 qui ont p]du le s\v5ir de leurs r$ites1 il les fuit avec so94 ,comme la conv]sation e/ un comm]ce d'ides1 o le jugem5t l'imag9ation doiv5t conc\rir1 a9si que la mmoire1 bi5 des g5s qui ont assez d'acquis p\r se rappel] les matires auxquelles on les ramne1 hass5t de ne tr\v] le plus s\v5t dans l'entreti5 de ceux que la mmoire fait p>l]1 que le s5s littral1 que la page prcism5t de tel ou de tel livre2 ce dgt p>ot s5s2 on se plat la conv]sation qui v\s prs5te le fruit de la lecture1 mais on s'ennuye1 avec raison1 de celle o l'on ne tr\ve que la lecture mme#g4 #g ,montaigne a dit3 ,savoir p> cur1 n'e/ pas savoir1 c'e/ t5ir ce qu'on a donn en g>de sa mmoire4 ,il e/ vrai que ri5 n'e/ plus *>ge1 la longue1 que ces esprits qui se s\vi5n5t t\j\rs1 qui ne p5s5t jamais4 ,il faut av\] aussi que la mmoire heureusem5t cultive1 devi5t1 dans la conv]sation1 une s\rce t\j\rs fconde1 t\j\rs agrable1 mme qu& elle e/ in/ructive1 lorsque les diffr5tes p>ties de l'esprit1 qui lui sont ncessaires1 mesur5t son essor1 *oisiss5t la r\te qu'elle doit t5ir3 j'ajot]ai que si elle en reoit de gr&s sec\rs1 elle leur en prte son t\r1 qui leur s]v5t se dvelopp] davantage2 sans elle1 l'imag9ation la plus fconde1 r5f]me ncessairem5t dans un c]cle d'ides1 qu'elle embellit1 mais qu'elle ret\*e sans cesse1 puise bi5-tt les diffr5tes faces p> o elle les prs5te1 languit enf9 faute d'objets1 sur lesquels elle puisse s'ex]c]4 ,c'e/ donc comme un in/rum5t l'usage de l'esprit1 7s'il m'e/ p]mis de m'exprim] a9si7 qu'une gr&e mmoire me p>ot dsirable2 qu'on la rduise son mrite p>ticuli]1 mme en la jugeant favorablem5t1 elle n'e/ plus que d'un foible prix2 c'e/ mo9s son t5due qui plat1 sur-t\t dans les g5s du monde1 que le *oix des connoissances qu'elle rassemble1 la manire de les employ]4 ,mais de t\s les dfauts opposs l'esprit de la conv]sation1 le plus *oquant1 e/ la contradiction4 ,ri5 en effet ne r5d plus hassable que de heurt] inconsidrm5t l'op9ion des autres2 non que la cra9te de se laiss] all] ce pan*ant1 doive bannir de l'esprit une c]ta9e f]met2 il y a bi5 de la diffr5ce entre contr$ire1 df5dre son s5tim5t2 en avoir un1 e/ conv5able1 mme ncessaire dans quelques occasions1 o ce que v\s p5sez1 m>que votre c>actre2 dans tant d'autres1 cd]1 ou ne cd] pas1 e/ bi5 arbitraire2 mais s\v5t notre orgueil dispute encore1 aprs que notre raison s'e/ r5due4 ,la ,bruy]e rduit l'esprit de la conv]sation la classe de l'esprit du jeu1 de l'heureuse mmoire2 j'ai rem>qu que quelques hommes de ce sicle1 acc\tums aussi rfl*ir1 qui jug5t sa9em5t de l'esprit qu& il e/ employ dans des ouvrages1 p5s5t ce sujet1 comme ,la ,bruy]e2 mais il m'a p>u qu'ils se r5doi5t cette autorit1 mo9s p> un exam5 raisonn1 que p> une sorte d'ins5sibilit1 dont voici la cause4 ,l't5due1 la ju/esse de l'esprit1 tant en eux le fruit de plusieurs annes de travail1 d'une sorte de solitude1 ils se sont acc\tums p5s] au/rem5t1 comme si une ide purem5t agrable1 toit un rel*em5t leur devoir2 m?odiques1 consqu5s1 p> habitude1 lors mme qu'il y auroit du mrite ne pas l'tre1 ils sont r>em5t s5sibles cette dlicatesse d'imag9ation1 qui va saisir dans les diffr5tes matires que la conv]sation prs5te1 ce qu'elles ont d'agrable1 ou de plus la porte des autres1 en c>te avec so9 l'air de sci5ce1 d'exactitude ou de my/re2 de l1 l'esprit de conv]sation leur p>ot un avantage bi5 frivole1 c'e/ a9si que l'humanit e/ faite4 ,quelques ,philosophes ports1 sans s'en ap]cevoir1 ne considr] l'esprit qu'environn de la pe9e1 de la m?ode qui ont =m le leur1 p>-t\t o ils voy5t l'esprit facile1 sec\ant le j\g de l'exactitude1 ils ont pe9e le reconnotre4 ,il me semble qu' esprit gal1 les p]sonnes qui possd5t le tal5t de la conv]sation1 ont bi5 plus d'occasions de plaire1 que celles qui ne font qu'crire4 ,je ne les comp>e ici1 que dans ce seul po9t de ve2 l',auteur le plus +nieux1 le plus abondant1 emploie bi5 du temps un ouvrage1 dont le succs dp5d de quantit de circon/ances1 qui s\v5t1 lui sont trangres2 au lieu que l'homme d\ de l'esprit de la conv]sation1 plat se r5\velle sans cesse2 il fait con/amm5t les dlices de t\t ce qu'il r5contre3 quelle diffr5ce dans la manire de v\s occup]6 ,l'un p> la lecture de ses ouvrages 7je les suppose du g5re purem5t agrable17 n'(fre p\r spectacle votre esprit que le si51 il ne v\s montre que son mrite2 l'autre v\s ramne v\s-mme1 v\s place ct de lui sur la scne o il brille1 v\s y place votre avantage1 v\s croyez y p>tag] ses succs2 quelles ress\rces p\r v\s plaire1 p\r se faire aim] de v\s6 ,ce don p>ot quelquefois une espce de magie3 il e/ des g5s dont le langage fasc9e si bi5 votre imag9ation1 sur-t\t l'g>d des *oses de s5tim5t1 que v\s v\s laissez p]suad]1 en quelque faon1 ce que mme v\s aviez rsolu de ne pas croire2 v\s tiez prv5u1 je le suppose1 sur la froideur de leur ame dans le comm]ce de l'amiti2 vi5n5t-ils v\s entret5ir des *>mes de cette mme amiti1 qu'ils n'ont jamais s5tie1 il semble que leurs expressions suffis5t pe9e la plnitude de leur cur2 la pe9ture e/ si vive1 si ressemblante1 l'art a si bi5 les dtails auxquels on reconnot la nature1 que v\s v\s y laissez tromp]3 ou s'il v\s re/e encore quelques m\vem5s de dfiance1 v\s s5tez du pan*ant les c>t]2 tat de sduction1 qui me p>ot ressembl] ces rv]ies agrables que n\s cause quelquefois un sommeil assez lg]1 p\r n\s laiss] une p>tie de notre raisonnem5t1 on s'app]oit que ce ne sont que des songes1 on se dit qu'il ne faut pas les croire1 on cra9t en mme temps de se rveill]4 ,comm5t ,la ,bruy]e a-t-il p rabaiss]1 au po9t o il l'a fait1 un g5re d'esprit qui a tant de p\voir sur celui des autres1 qui1 clair p> un jugem5t promt dlicat1 voit1 d'un seul c\p d'il1 t\tes les conv5ances1 p> rapport au rang1 l'ge1 aux op9ions1 au degr d'am\r propre1 d'un c]cle de p]sonnes difficiles satisfaire8 ,encore un mrite qui r5d bi5 dsirable l'esprit le gt de la conv]sation1 c'e/ qu'il remplit facilem5t notre loisir3 le loisir de la pl"p des hommes1 lo9 d'tre p\r eux un tat satisfaisant1 devi5t un vuide qui leur e/ *>ge4 ,combi5 les j\rs c\l5t avec vtesse p\r ces ames heureuses1 qui1 dans les int]valles de leurs occupations1 s'amus5t con/amm5t1 p> prfr5ce1 de ce comm]ce volontaire de folie de raison1 de savoir d'ignorance1 de srieux de gaiet2 enf9 de cet en*a9em5t d'ides que la conv]sation ramne1 v>ie1 confond1 sp>e1 rejette reproduit sans cesse2 heureux encore une fois1 ceux qui peuv5t avoir la place des passions1 le gt d'un comm]ce o l'on tr\ve tant d'occasions de plaire1 de se faire aim]4 ,,essais ,,sur ,,la ,,necessit ,,et ,,sur ,,les ,,moy5s ,,de ,,plaire4 ,seconde ,p>tie4 ,dans cette seconde ,p>tie1 je traite de l'ducation des enfans1 suivant les pr9cipes dont j'ai *]*1 dans la premire1 tablir l'utilit4 ,je la divise en trois ,*apitres2 le premi] conti5dra des rflexions prlim9aires sur les premires ides qui n\s sont imprimes p> l'ducation4 ,dans le deuxime1 je propos]ai les moy5s que je crois les plus srs les plus faciles1 p\r faire natre dans les enfans1 avec le dsir de plaire1 les qualits de l'ame p> lesquelles on plat plus gnralem5t4 ,dans le troisime1 j'exam9]ai quelles sont les connoissances auxquelles il p>ot plus propos d'appliqu] l'esprit des enfans1 quels sont les tal5s qu'il faut cultiv] en eux1 avec plus de so91 p\r leur donn] les moy5s de plaire4 ,des premires ides qui n\s sont imprimes p> l'ducation4 ,p\r p\voir tablir1 avec quelque solidit1 les moy5s de faire s5tir aux enfans la ncessit de plaire1 leur en inspir] le dsir1 il me p>ot ncessaire de remont] aux s\rces de l'ducation4 ,l'ducation e/ l'art d'employ] l'ent5dem5t des enfans dans ses diffr5s dvelopem5s1 de manire y imprim] =tem5t1 p> prfr5ce1 les pr9cipes v]tueux sociables4 ,ces pr9cipes consi/5t dans la liaison des ides rlatives qui conc\r5t =m] complettem5t telle v]tu1 ou telle qualit4 ,je m'explique p> un exemple3 ,qu' l'ide de la pauvret1 soit lie1 intimm5t1 dans notre imag9ation1 l'ide de la possibilit de dev5ir pauvres2 qu' celle-ci se joigne l'ide du plaisir qu'on peut tr\v] s\lag] des malheureux#h1 celle de la conv5ance1 si naturelle1 qu'un homme assi/e un homme1 il en rsult]a1 ds que n\s ap]cevrons de la misre1 cette s5sibilit qui e/ nomme compassion4 #h ,je supprime1 p\r n'tre po9t diffus1 les ides rlatives qui se joign5t naturellem5t1 p\r a9si dire1 celles que j'ai fait se succd] dans cet exemple2 on conoit que l'ide de p\voir dev5ir pauvre1 entrane ncessairem5t celle de la consolation qu'on tr\ve tre sec\ru p> ceux qui ne le sont pas1 c4 ,on sait que les premires impressions qui n\s sont donnes ds l'enfance1 sont t\j\rs les plus =tes1 ne s'effac5t presque jamais1 quelque peu de liaison qu'il y ait naturellem5t entr'elles4 ,que l'ide des tnbres l'ide d'un fantme1 qu& elles n\s sont prs5tes en mme temps1 devi5n5t s\v5t insp>ables1 malgr les ef=ts que notre raison fait dans la suite1 p\r les remettre dans l'indp5dance naturelle1 o elles sont l'une de l'autre4 ,le secret de l'ducation consi/e donc1 en premi] lieu1 dans le *oix dans la liaison des ides pr9cipales1 qui doiv5t n\s conduire p5dant la dure de notre tre1 p> rapport notre bonheur concili avec celui des autres hommes3 en second lieu1 s'oppos] l'union des ides qui produiroi5t des effets contraires4 ,c'e/ dans le temps o les ides comm5c5t creus]1 p\r a9si dire1 leurs traces dans notre c]veau1 qu'il e/ ncessaire que l'ducation s'atta*e les y di/ribu] en ces diffr5s assemblages1 qui con/itu5t les bons pr9cipes4 ,cep5dant on cultive d'une manire bi5 trange1 p> rapport l'ducation1 les premires annes de notre vie4 ,a exam9] la conduite de ceux qui n\s lev5t1 il semble que l'enfance soit contagieuse2 c> y a-t-il une cause raisonnable d'imit]1 comme on fait communm5t1 p\r p>l] aux enfans1 la foiblesse de leurs organes1 les sons aigus de leur voix1 le dsordre de leurs ides8 ,au lieu de leur montr] en n\s le modle de ce qu'il faut qu'ils devi5n5t1 n\s ne leur (frons sans cesse1 qu'une ressemblance pantomime de ce qu'ils sont eux-mmes#i4 ,ce n'e/ pas encore l'erreur la plus considrable2 comm5c5t-ils compr5dre rfl*ir1 s'ils n\s que/ionn5t1 c> alors leur pan*ant naturel e/ de s'in/ruire1 au lieu de leur expliqu] avec simplicit ce qu'ils dsir5t appr5dre1 on se fait un jeu de ne leur dbit] que des *imres bad9es2 on les trompe sur le nom des *oses1 on les abuse sur leurs usages1 plutt que de leur en donn] la vritable connoissance2 il arrive de cette conduite1 que les premires impressions qui se grav5t dans leur c]veau1 suppos] qu'elles ne soi5t pas nuisibles1 sont inconte/ablem5t inutiles1 que p> l v\s prp>ez leur ent5dem5t1 mesure qu'il se =m]a1 l'emb>ras de dml] t\s ces m5songes1 de mettre la vrit en leur place4 ,les premires oprations de cet ent5dem5t1 si importantes p\r le re/e de leur vie1 sont le d\te1 l'erreur1 la confusion2 cette confusion e/ notre ouvrage4 ,leur raison1 au lieu de n'avoir suivre que quelques r\tes faciles qu'on p\voit lui trac]1 e/ contra9te de p>c\rir un ,ddale1 o elle re/e long-temps g>e4 ,voici un des premi]s inconv5i5s qui rsulte de cette mauvaise ducation4 ,cette espce de mauvaise foi avec laquelle on traite avec les enfans1 leur dev5ant peu peu s5sible1 ils connoiss5t enf9 qu'elle e/ une moqu]ie1 une m>que du mpris que n\s avons de leur foiblesse2 ce dgt devi5t une s\rce d'loignem5t des p]sonnes qui les lev5t1 d'une extrme dfiance d'eux-mmes2 cause vraisemblable de cette honte niaise1 de cette cra9te de p>l]1 qui succd5t en eux1 la gaiet nave dont les premires annes de l'enfance sont accompagnes4 #i ,,montagne1 en p>lant du pan*ant qu'ont les p]es entret5ir la niais]ie purile de leurs enfans3 ,il semble1 dit-il1 que n\s les aimions p\r notre passe-temps1 a9si que des gu5ons1 non a9si que des hommes4 ,*ap4 intitul1 ,de l'affection des p]es aux enfans4 ,mais1 je suppose qu'on leur explique fidlem5t l'usage des *oses1 qu'arrive-t-il8 ,on ne les leur prs5te ord9airem5t1 que p> l'utilit p>ticulire qu'ils en peuv5t retir]4 ,qu'un enfant dem&e quoi s]t de l'arg5t1 on lui rpondra communm5t1 qu'avec de l'arg5t il aura des drages1 des j\ets1 une belle robe4 ,de l il se place dans son imag9ation ces ides troitem5t lies3 l'arg5t e/ fait p\r me procur] ce que j'aime mang]1 ce qui me div]tit1 ce qui me p>e2 ce pr9cipe s]a vraisemblablem5t le mieux imprim de t\s ceux qui se =m]ont dans son esprit au sujet de l'arg5t4 ,en cot]oit-il davantage de lui dire1 que l'arg5t s]t faire du bi5 aux autres1 n\s en faire aim]8 ,ne devroit-on pas s'atta*] lui r5dre ces ides familires1 p> l'usage qu'on f]oit devant lui1 qu'on l'acc\tum]oit faire de ce mme arg5t1 a9si de t\tes les *oses dont on lui expliqu]oit la proprit1 ne les lui montrant que p> les faces qui les r5d5t utiles la ,socit8 ,qu'on s'en rapporte un ,philosophe#aj1 dont l'ouvrage sur l'ducation1 e/ gnralem5t e/im4 ,les enfans sont capables d'ent5dre raison ds qu'ils ent5d5t leur langue naturelle2 si je ne me trompe1 dit-il1 ils aim5t tre traits en g5s raisonnables plus tt qu'on ne s'imag9e4 #aj ,m4 ,locke4 ,voyez aussi les ,essais ,philosophiques sur la ,provid5ce1 au sujet des premires ides des enfans1 pag4 #ba4 ,ne s]oit-il donc pas dsirable que ceux qui dispos5t des premires annes des enfans1 n'employass5t1 en leur p>lant1 que des =mules raisonnables8 ,ne s]oit-il pas possible d'en introduire qui fuss5t leur porte1 qui leur dev9ss5t aussi familires que celles qu'ils repet5t l'imitation les uns des autres1 comme s'ils se les toi5t communiques1 comme s'ils en avoi5t fait une tude2 c> qu'on c\te les disc\rs des ,n\rrices des autres dome/iques qui environn5t les enfans1 on tr\v]a qu'ils sont t\s les mmes1 qu'ils ne consi/5t qu'en une petite quantit de mots follem5t e/ropis1 que dans quelques maximes contraires au bon s5s1 dans quelques *ansons1 plus raisonnablem5t employes1 p>ce que les enfans en sont quelquefois amuss4 ,quel inconv5i5t y auroit-t-il de devanc] mme le tems o ils possd5t entirem5t leur langue naturelle1 p\r *]*] jett] les fondem5s de leur ducation8 ,ne vaudroit-il pas mieux p]dre les premi]s ef=ts qu'on f]oit dans cette ve1 que de manqu] saisir un seul des in/ans o ils comm5c5t compr5dre les disc\rs qu'ils ent5d5t1 voir1 sans indiffr5ce1 les objets qui les environn5t8 ,on ne sauroit prp>] leur c]veau avec trop d'art1 de so91 recevoir les premires impressions qu'on veut que les objets y grav5t2 c> qu& ce sont les objets mmes1 qui1 p> leur propre puissance1 =m5t une trace dans l'imag9ation d'un enfant1 s\v5t cette premire ide se tr\ve contraire celle qu'on auroit dsir qu'il et ree2 t\t ce qui e/ trang] un petit nombre de g5s qui ont ent\r son b]ceau1 l'tonne1 lui rpugne1 ou mme l'effraie1 qu& il le voit p\r la premire fois4 ,cette impression d'tonnem5t1 de cra9te1 devi5t peut-tre en lui l'orig9e de la timidit1 de l'humeur f>\*e1 ou de quelque autre dfaut1 qui1 dans la suite =m]a son c>actre4 ,qu'au lieu de lui p>l] de ses j\ets1 de ses habits1 de ses repas1 on l'et entret5u de ses p>5s1 des ,matres qui lui sont de/9s1 des livres dont il faudra qu'il s'occupe1 qu'on les lui et dpe9ts s\s des ides agrables1 il les v]roit avec une disposition diffr5te1 s]oit port les aim]4 ,malgr la dissipation des enfans1 le peu d'att5tion avec laquelle ils c\t5t1 leur c]veau e/ si t5dre1 que t\s les disc\rs qu'ils ent5d5t1 t\tes les actions qu'ils rem>qu5t1 leur laiss5t quelque impression4 ,la preuve n'en e/ que trop m>que p> l'effet que produis5t les disc\rs de ceux qui les environn5t1 sur-t\t de leurs dome/iques4 ,c'e/ l ord9airem5t la s\rce des prjugs qui born5t leur esprit1 des cra9tes qui l'aviliss5t1 des mauvaises incl9ations1 dont ces impressions dpos5t dans leur c]veau un g]me que les occasions dvelop5t p> la suite4 ,il e/ c]ta91 que p\r quelques ides salutaires qu'on leur donne *aque j\r1 desse9 de les in/ruire1 ils en acquir5t un =t gr& nombre d'un autre g5re1 dont il s]oit s\hait] qu'ils fuss5t g>antis4 ,qu'on rfl*isse encore sur ce qui doit se pass] en eux1 lorsque leur ent5dem5t ayant fait quelque progrs1 ils connoiss5t que ceux qui les lev5t dm5t5t s\v5t1 p> leur conduite1 les mmes leons qu'ils vi5n5t de leur donn]4 ,on leur refuse1 p> exemple1 une p>tie des *oses qu'ils veul5t mang]1 t&is qu'ils s'afflig5t amrem5t de ce refus1 on en mange en leur prs5ce2 on les *tie p\r s'tre emports contre les g5s qui les s]v5t1 dans l'in/ant mme1 on grond]a devant eux des dome/iques2 on se s]vira des mmes mots dont on vi5t de leur faire un crime1 a9si de plusieurs autres contradictions4 ,ces exemples diffr5s imprim5t *acun leur trace dans leur c]veau1 la suite fait connotre combi5 ce mlange e/ dang]eux4 ,la vritable ducation consi/e dans le rapport cont9uel des exemples qui frap5t les enfans1 des disc\rs qu'ils ent5d5t au haz>d1 avec les prceptes qu'on leur donne1 ce p\rroit tre du mo9s celle de t\s les enfans ns avec une =tune1 qui p]met de n'p>gn] ri5 de t\t ce qui peut contribu] les bi5 lev]#aa4 ,p> cette conduite1 ces premires ides1 dont le *oix1 l'ordre1 la liaison =m5t1 vraisemblablem5t1 le fond de notre c>actre1 tant sagem5t assembles1 quelle facilit on auroit1 dans la suite1 r5dre les enfans entirem5t v]tueux aimables#ab6 ,soit qu'on y employt l'ducation p>ticulire1 soit qu'on *oist l'ducation publique1 qui e/ prfrable bi5 des g>ds#ac1 on ne tr\v]oit que des dispositions heureuses cultiv]4 ,la raison1 cet assemblage de pr9cipes salutaires1 n'auroit po9t rsi/] en eux au s5tim5t4 ,eh6 quelle diffr5ce d'tre dt]m9 p> les lumires de l'esprit1 uniquem5t1 ou p> un pan*ant qui s'accorde avec elles6 ,j'av\e qu' la place du s5tim5t de compassion1 7p\r rev5ir cet exemple17 la raison1 en n\s prs5tant les div]s motifs d'tre sec\rables1 peut n\s engag] le dev5ir2 mais qu& la raison agit seule1 il faut qu'elle exam9e1 qu'elle calcule1 qu'elle n\s dt]m9e1 s\v5t avec ef=t2 qu& le s5tim5t n\s seconde1 le m\vem5t qui n\s entrane e/ rapide1 en mme temps agrable4 ,la raison e/1 peut-tre1 le seul bi5 qui n\s plat davantage1 mesure qu'il n\s en cote mo9s1 p\r l'acqurir p\r le cons]v]4 #aa ,quel objet plus important p\r la ,socit que l'in/ruction de ceux qui1 p> leur naissance1 leur rang ou leur =tune1 de/9s remplir des places considrables1 influ]ont sur le bonheur ou le malheur des autres hommes8 ,mais les pr9cipes que je propose1 appliquables t\tes les conditions1 peuv5t tre employs 7suppos qu'ils mrit5t de l'tre7 p> les p>5s1 qui s'occup5t eux-mmes de l'ducation de ceux qui leur app>ti5n5t4 #ab ,a suppos] qu'un enfant n'auroit re jusqu' l'ge o son ent5dem5t e/ =m1 d'autres ides que celles que j'ai appelles salutaires2 je ne prt5s pas en conclure1 avec c]titude1 qu'il fut entirem5t v]tueux1 raisonnable1 aimable1 c4 ,il se dvelope c]ta9s ges des incl9ations1 des passions1 qui ont leur s\rce dans les s5s1 qui combatt5t ces premi]s pr9cipes1 s\v5t avec avantage2 mais si ces mmes pr9cipes n'teign5t pas ces n\veaux pan*ans1 du mo9s ils en dim9u5t la =ce2 ils emp*5t que l'yvresse ne soit porte l'extrme2 dans les int]valles1 ils repr5n5t leur empire1 qu'ils tabliss5t enf9 s\v]a9em5t4 ,quelle diffr5ce1 d'att5dre que les passions soi5t nes1 p\r en enseign] le remde1 ou d'imprim] en n\s p> avance les pr9cipes1 qui leur s]viront de fre91 qu& elles vi5dront clorre4 #ac ,voyez ce sujet le ,trait de ,m4 l',abb de ,s4 ,pi]re1 intitul3 ,projet p\r p]fectionn] l'ducation1 *ap4 ,,xiii1 pag4 #bg4 ,a l'g>d de la manire de cultiv] la raison des enfans1 lorsqu'elle comm5ce se dvelop]1 ou mme qu'elle a fait un c]ta9 progrs2 au lieu de leur donn]1 comme on fait communm5t1 des prceptes qui en r5f]m5t plusieurs autres1 il faudroit au contraire dcompos] ces maximes1 faire travaill] les enfans rassembl] t\tes les p>ties dont elles doiv5t tre =mes2 c> qu'on leur dise1 p> exemple1 qu'avec de l'esprit du savoir on se fait e/im]1 c'e/ comme si1 en leur montrant de l'or des m>bres1 on leur proposoit d'lev] un ri*e difice1 qu'arriv]oit-il8 ,s'ils se mettoi5t y travaill]1 ou le btim5t ne s'avanc]oit po9t1 ou il pr5droit des =mes biz>res vicieuses2 de mme1 n'tant po9t encore porte de di/+u] s'il y a diffr5s g5res d'esprit de savoir1 dont les uns plais5t1 les autres sont hassables2 ils ont beso9 qu'on leur donne des ides di/9ctes4 ,a9si1 que s'expliquant davantage1 peu peu1 on leur fasse ent5dre qu'avec de l'esprit sociable1 des connoissances qui s]v5t au bonheur des autres hommes1 on en obti5t l'e/ime l'amiti2 que p> degrs on leur fasse connotre les qualitez qui r5d5t l'esprit le savoir aimables3 c'e/1 la fois1 en leur montrant des fondem5s jetts1 leur donn] l'ide de la =me heureuse que l'difice doit pr5dre3 il ne faut pas s'y tromp]1 sans un plan successivem5t trac1 qui les guide d'tage en tage1 tel qui p\voit con/ruire un palais1 n'aura lev qu'une t\r inaccessible3 tel autre1 sur de va/es fondem5s1 n'aura bti qu'une simple cabane1 celui-ci ne se s]a t5du qu'en hauteur1 celui-l qu'en sup]ficie2 a9si un plan sage qui les dirige#ad1 e/ presque aussi utile la p]fection de l'ouvrage1 que les matriaux mme qu'ils employ5t4 ,c'e/ donc aux p]sonnes de/9es l'ducation des autres1 rassembl] dans leur ordre1 p> conv5ance aux diff]5s progrs de l'ent5dem5t1 t\tes les p>ties qui compos5t les pr9cipes galem5t salutaires celui qui en e/ clair1 la ,socit4 ,e/-il d'occupation qui mrite davantage t\te notre mulation1 d'tude plus intressante p\r la raison1 que d'obs]v] de favoris] ces premi]s clats de lumire1 qui se combatt5t1 s'uniss5t1 se divis5t1 se multipli5t2 que ces dvelopem5s1 quelquefois si surpr5ans1 d'un esprit qui comm5ce se connotre8 e/-il enf9 de spectacle plus digne de l'homme raisonnable1 que l'homme qui att5d son sec\rs1 p\r acqurir la sa9e raison8 #ad ,si de c]ta9s hommes ne vont pas dans le bi5 jusqu'o ils p\rroi5t all]1 c'e/ p> le vice de leur premire in/ruction4 ,,la ,,bruy]e3 ,de l'homme4 ,des moy5s de faire natre dans les enfans le dsir de plaire1 les qualitez de l'ame1 p> lesquelles on plat davantage4 ,pos] le fondem5t des v]tus dans l'ame des enfans1 leur prs5t] en mme temps ces v]tus p> ce qu'elles ont de sociable1 voil quel doit tre le premi] objet de leur ducation2 soit qu'on *]*e =m] leur c>actre1 soit qu'on cultive leur esprit1 si l'e/ime des hommes e/ un succs l\able1 qu'il faut leur faire envisag]1 le bonheur atta* leur plaire1 doit =m] le second po9t de ve4 ,c'e/ donc dans le se9 mme des qualits de leur ame1 des lumires de leur esprit1 des avantages de leur condition1 qu'il faut puis] t\s les moy5s qu'ils ont d'tre heureux1 en s'occupant du bonheur des autres4 ,p\r leur inspir] le s5tim5t qui runit ces deux intrts1 il s'(fre deux voies diffr5tes1 qui sont galem5t ncessaires suivre3 c'e/ de les l\] sur c]ta9s avantages1 de ne jamais les entret5ir de quelques autres4 ,on peut l\] dans un enfant les qualits que sa volont son mulation conc\r5t lui donn]1 comme les v]tus de l'ame1 les connoissances qui t5d5t l'esprit2 c'e/ une manire de l'engag] les port] leur p]fection1 en les t\rnant au pr(it de la ,socit2 mais il faut bi5 se g>d] de le flatt] sur les di/9ctions1 sur les prrogatives1 qu'il a rees gratuitem5t de sa naissance4 ,si v\s l'entret5ez de la noblesse1 ou de l'illu/ration de ses ayeux#ae2 si v\s faites valoir ses yeux1 la supriorit que lui donn5t des dignitez1 qui en impos]ont aux autres hommes2 si v\s lui vantez des ri*esses considrables qui l'att5d5t1 v\s le port]ez p5s] qu'il a1 tel qu'il e/1 des sec\rs assurs p\r se voir considr1 di/+u1 respect2 bi5-tt1 rempli de confiance1 il croira n'avoir plus ri5 dsir]1 p\r p>otre avantageusem5t dans le monde4 ,l'expri5ce1 il e/ vrai1 le dtromp]a un j\r sur le succs qu'il s'toit promis2 il pr\v]a qu'on ne russit effectivem5t que p> un c>actre qui fasse excus] nos dfauts1 r5dre ju/ice nos bonnes qualits4 ,s'il e/ capable de ret\r sur lui-mme1 il *ang]a de pr9cipes1 il se f]a une tude de plaire2 mais quelle diffr5ce d'y tre port p> une habitude contracte ds sa jeunesse1 ou p> des rflexions t>dives intresses6 ,il lui pr5dra des mom5s de p>esse1 ou de di/raction1 dans la n\velle r\te qu'il aura rsolu de suivre2 il manqu]a son extrieur ses disc\rs1 une c]ta9e grace p]suasive1 que le s5tim5t donne t\t ce qu'il accompagne1 qui ne peut tre entirem5t remplace p> l'esprit2 il s]a long-temps1 du mo9s1 effac] les premires impressions qu'aura donnes contre lui1 le c>actre dont il *]*e se dp\ill]3 mais suppos que la raison ne puisse le dt]m9] *ang] de c>actre1 aveugl p> sa vanit1 il fix]a son ambition faire valoir les avantages qu'il possde2 si c'e/ la haute naissance1 croyant en cons]v] la dignit1 il n'en f]a p>otre que l'orgueil3 si c'e/ la ri*esse1 il en tal]a t\t le fa/e1 af9 de s'envelop]1 7p\r m'exprim] a9si7 dans ses ress\rces1 mais il ne p\rra se faire entirem5t illusion4 ,=c de reconnotre1 dans mille occasions1 qu'tre aim1 e/ un bi5 ncessaire1 que ce bi5 lui e/ refus1 il affect]a va9em5t de le mpris]2 il ne j\ra pas mme de la foible satisfaction de tromp] p]sonne cet g>d2 on sait que le dda9 m>qu avec lequel on reg>de les autres hommes1 n'e/ ord9airem5t qu'un dpit secret de ne p\voir leur plaire2 quel remde ins5s il aura rec\rs1 p\r se ddommag] de n'tre ni dsir1 ni accueilli2 il f9ira p> se r5dre hassable#af4 #ae ,di-lui444 ,plutt ce qu'ils ont fait1 que ce qu'ils ont t4 ,,rac9e1 ,&romaque1 ,tragdie4 #af ,j'aj\t]ai encore une autre prcaution qu'on p\rroit pr5dre1 p\r engag] les jeunes g5s *]*] dans leur c>actre dans leur esprit1 les moy5s d'tre considrs2 c'e/ de combattre en eux le gt dmesur de la p>ure4 ,la magnific5ce1 dans t\t autre g5re1 peut avoir un c>actre de gr&eur1 n\s faire aim]1 p>ce qu'elle procure quelque satisfaction aux autres hommes2 mais celle-ci n'a de prix1 que p\r celui qui s'en dcore1 p]sonne n'en j\t avec lui2 il me semble qu'il en e/ de la p>ure1 l'g>d des g5s du monde 7je n'en excepte pas les femmes7 comme de l'imag9ation dans les ouvrages d'esprit2 qu'il y en ait une c]ta9e mesure1 c'e/ une grace qui les fait valoir2 qu'elle se tr\ve rp&ue avec pr(usion1 c'e/ une sorte de dlire4 ,ne po9t entret5ir les enfans des avantages atta*s leur naissance1 n'e/ t\t au plus que la moiti de l'ouvrage2 il e/ encore ess5tiel de les excit] pr(it] de leur rang de leur =tune1 p\r plaire p\r se faire aim]2 ce que je propose1 n'implique po9t contradiction3 on peut leur faire envisag] ces mmes di/9ctions p> des cts o leur orgueil ne tr\ve po9t de prise1 qui frap5t leur raison2 mais dans l'ducation ord9aire1 on pr5d la r\te oppose4 ,veut-on inspir] aux enfans ns dans le rang suprieur1 ou dans un tat di/+u1 les qualits qu'ils doiv5t apport] dans la ,socit8 on se s]t1 sans en ap]cevoir la consqu5ce1 de t]mes qui rveill5t en eux des ides de vanit sur leur condition1 comme si on craignoit qu'ils ne s5tiss5t pas assez un j\r1 ce qu'ils ont de plus que les autres hommes2 on dira1 p> exemple1 aux uns1 qu'il faut tre affables ceux qui leur font la c\r1 qu'ils doiv5t avoir de la bont p\r les g5s qui leur sont atta*s2 le mot de c\r except1 on ti5t peu prs le mme langage aux autres4 ,il faudroit bi5 pltt1 vitant1 avec un so9 extrme1 t\tes ces expressions1 dont la vanit des enfans1 plus s5sible dja qu'on ne le croit1 ne saisit que trop bi5 l'n]gie2 il faudroit1 dis-je1 n'employ] que des t]mes propres les r5dre mode/es#ag2 leur recomm&]1 titre de devoirs1 l'e/ime la vnration1 p\r les hommes d'une v]tu di/+ue1 af9 qu'ils ne se croy5t pas suprieurs t\t4 ,les g>ds1 les dfr5ces1 p\r ceux qui les re*]*5t1 af9 qu'ils ne p5s5t pas qu'un reg>d jett au haz>d1 ou un s\rire d'habitude1 soit un accueil assez obligeant2 leur faire s5tir qu'ils doiv5t de la reconnoissance des so9s qu'on pr5d p\r remplir leur loisir1 de peur qu'ils ne s'imag95t que t\t doit tre occup de leurs plaisirs2 les entret5ir du respect qu'ils doiv5t ceux qui les lev5t1 de l'amiti qu'exige d'eux l'atta*em5t des g5s d'un c]ta9 ordre1 qui sont leur s]vice4 ,on doit s'atta*] sans cesse ne leur faire envisag] la gr&eur1 que p> ce qu'elle a de facile1 de d\x1 de c>essant1 que p> les bi5faits qu'elle peut procur] ou rp&re2 ne leur pe9dre la =tune1 que s\s les traits de la libralit#ah2 n'appell] enf9 devant eux1 t\s les avantages qu'ils possd5t1 que du nom des v]tus qui en peuv5t natre4 #ag ,l'ducation du ,collge e/ la plus salutaire1 p\r g>antir les enfans du pige de l'orgueil4 ,voyez ce sujet1 ce que dit ,m4 l',abb de ,s4 ,,pi]re4 #ah ,la libralit e/ un des devoirs d'une gr&e naissance4 ,m4 la ,m>quise de ,lamb]t1 ,avis d'une m]e son fils4 ,c]ta9es qualits de la p]sonne du c>actre1 telles que les agrm5s de la figure1 le naturel dans les actions1 dans le langage1 l'enj\em5t la vivacit1 sont encore de ces dons qu'il ne faut po9t vant] en prs5ce des enfans qui en sont d\s2 ce s]oit les altr]1 que de les leur faire rem>qu] en eux2 le naturel e/ une espce d'innoc5ce1 qui p]d entirem5t de ce qu'elle e/1 ds qu'on lui appr5d se connotre4 ,p\r donn] lieu aux v]tus de natre dans les enfans1 p\r p\voir employ] avec succs les avantages de leur condition1 leur inspir] le dsir de plaire1 il y a des dfauts contre lesquels il faut les arm]1 sans att5dre qu'ils y soi5t sujets2 p>ce qu'il e/ bi5 diffr5t1 p> rapport l'av5ir1 d'affoiblir des impressions dja faites1 qui peuv5t aism5t se rveill]1 ou de les emp*] de se =m]2 c'e/ p> des exemples trang]s1 comme l'yvresse de l'esclave qu'on exposoit aux reg>ds des jeunes ,lacdmoni5s2 c'e/ p> le so9 de leur dpe9dre avec =ce1 avec vrit1 7c> il ne faut jamais les tromp]7 la dif=mit de ces mmes dfauts1 qu'on p>vi5t leur en inspir] la ha9e4 ,peut-on pr5dre trop de so9s p\r les g>antir de l'att5tion maligne relev] les fautes d'autrui1 de l'empressem5t faire valoir ce qu'ils se croy5t de bonnes qualits1 de l'opposition op9itre la volont d'autrui1 dans les *oses1 qui p> elles-mmes n'ont ri5 qui doive rpugn]2 incl9ations si ord9aires l'enfance1 que je reg>de comme la s\rce d'une inf9it de moy5s de dplaire p> la suite dans la ,socit8 ,l'att5tion qu'on rem>que dans les enfans relev] les fautes des autres1 e/ vraisemblablem5t le g]me de plusieurs incl9ations dang]euses1 qui v>i5t dans leurs effets1 selon la diffr5ce des c>actres#ai2 je conois que dans les ames v]tueuses1 ce g]me produit la svrit impitoyable avec laquelle elles port5t leur jugem5t sur la conduite des autres3 je lui attribu]ois aussi la lib]t de s'expliqu]1 hautem5t1 sur ce qu'on tr\ve repr5dre dans les autres hommes2 en supposant1 que c'e/ p> horreur p\r la fausset1 qu'on ne g>de aucun mnagem5t1 qu'on se montre avec fran*ise tel qu'on e/4 ,je le croirois1 sur-t\t1 la cause de ce g5re d'esprit cau/ique1 que l'on colore du nom d'av]sion p\r le vice1 qui n'e/ en effet que la ha9e du g5re huma94 #ai ,on dmle presque ds le b]ceau1 les passions qui se dvelop5t dans la suite4 ,m4 ,,roll91 ,trait des ,etudes1 ,tom4 #c4 ,ce dfaut n'e/1 dans la premire enfance1 qu'une malignit peu raisonne1 laquelle on se cont5te d'oppos] quelques remontrances lgres2 il s]oit dsir] qu'on le combattt p> des punitions1 qu'elles fuss5t accompagnes de disc\rs propres frap] l'imag9ation des enfans2 les pe9es qu'on leur fait pr\v]1 ne devant tre employes que comme une ide accessoire1 plus capable de fix] dans leur mmoire les pr9cipes salutaires qu'on *]*e y grav]2 ce n'e/ que qu& on y e/ absolum5t =c1 qu'aprs qu'on a essay t\s les secrets de l'ins9uation1 qu'il faut avoir rec\rs ces sortes de punitions2 ,si une honnte pudeur la cra9te de dplaire sont les seuls moy5s de ret5ir un enfant dans le devoir#bj1 c'e/ sur-t\t l'g>d des qualits heureuses1 qu'on *]*e leur faire acqurir1 que la voie de d\ceur e/ conv5able3 quelle diffr5ce dans les effets que produit la cra9te d'tre puni1 ou celle de dplaire#ba8 ,je suppose que la premire ait va9cu l'op9itret la nglig5ce1 elle n'aura sub/itu leur place1 que la docilit timide1 l'exactitude =ce3 cette d]nire y aura fait natre la complaisance le zle2 l'une n'efface que des dfauts1 l'autre tablit des v]tus4 #bj ,m4 ,locke1 ,trait de l'ducation1 sec4 ,,lxi4 #ba ,il y a je ne sai quoi de s]vile en la rigueur contra9te1 je ti5s que ce qui ne peut se faire p> raison prud5ce1 ne se fait jamais p> la =ce4 ,montagne1 ,essais1 l4 #b1 *4 ,,viii4 ,a l'g>d de ce premi] essor de la vanit des enfans1 qui les porte se vant] de ce qu'ils font de l\able1 pan*ant que la mauvaise ducation non-seulem5t tolre1 mais excite quelquefois en eux2 il me p>ot tre la s\rce de cette proccupation de son propre mrite1 qui se m>que dans la suite1 p> le peu d'att5tion qu'on fait celui des autres1 de l'habitude de p>l] de soi1 de plusieurs autres foibles de cette espce4 ,p\r emp*] le progrs de cet orgueil naissant1 en appr\vant les enfans de ce qu'ils ont fait de bi51 il s]oit utile d'y aj\t] une rcomp5se qu& ils ne s'en s]oi5t po9t vants3 lorsqu'ayant l'esprit plus =m1 leur vanit s'annonce avec un peu plus de f9esse1 il faut1 ce me semble1 p\r le combattre1 plus de pati5ce d'art1 que d'autorit1 de s*]esse4 ,s'il arrive qu'un enfant tr\ble la conv]sation1 p\r cont]1 ou p\r p>l] de soi2 qu'il vi5ne tal] ses tal5s1 qu& ri5 ne lui donne lieu d'en faire usage1 ou qu'il amne1 grossirem5t1 une occasion de les prodigu]2 au lieu1 de l'int]rompre1 d'abord1 avec duret1 action qu'il reg>d]oit peut-tre comme un trait d'humeur#bb1 ne vaudroit-il pas mieux le trait] exactem5t1 comme il s]oit trait1 s'il toit alors dans le monde#bc8 comm5c] p> l'c\t]8 lui m>qu] successivem5t le s5tim5t d'ennui ou d'impati5ce qu'il cause1 af9 de l'am5] s'en ap]cevoir se taire8 ,il e/ vrai-semblable1 qu' mo9s qu'il ne manque entirem5t de s5sibilit1 il se corrig]a d'une confiance qui lui promettoit des succs1 dont il ne retir]a jamais que des dgts de la honte4 #bb ,il e/ bi5 important d'agir t\j\rs avec un enfant1 de manire qu'il ap]oive le motif raisonnable qui v\s fait le qu]ell]1 ou le punir1 ou l'applaudir4 #bc ,l'ducation1 bi5 des g>ds1 doit avoir p\r objet de produire p> avance en n\s1 l'effet de l'expri5ce4 ,cette m?ode p\rroit avoir lieu dans t\tes les occasions o il s'agiroit de fix] leur att5tion1 ou de combattre leurs caprices2 ce s]oit avanc] le progrs de leur raison1 que de leur p>l] t\j\rs comme s'ils toi5t raisonnables4 ,repr5dre les enfans1 avec duret1 qu& ils p>l5t ou agiss5t inconsidrm5t1 les frap] de cette cra9te qui abaisse le c\rage1 c'e/ les jett]1 s\v5t1 dans une autre extrmit2 c'e/ les r5dre timides4 ,eh6 quelle ducation que celle qui1 combattant le pan*ant1 sans clair] la raison1 ne sauve un dfaut que p> un autre2 suppos qu'on ft =c de *oisir1 entre ces deux-ci1 peut-tre le premi] devroit-il p>otre prfrable8 ,la prsomption dim9ue1 il e/ vrai1 le prix de nos bonnes qualits1 mais la timidit les emp*e de p>otre2 si p> la premire1 on rvolte les esprits1 p>ce qu'on *]*e trop les occup] de soi1 quelquefois aussi1 on leur en impose3 p> l'autre1 comme on ne les occupe pas assez1 on en e/ ignor1 on e/ compt p\r ri54 ,ord9airem5t la timidit r5d sauvage1 il y a bi5 de l'inconvni5t l'tre3 l'habitude de vivre ensemble e/ un des pr9cipaux li5s qui concili5t les hommes2 p>ce qu'elle ad\cit ins5siblem5t l'effet que produis5t sur eux les dfauts d'autrui2 que donnant lieu aux s]vices mutuels1 elle fait natre la confiance1 le beso9 de se *]*]4 ,or les g5s qui se livr5t r>em5t la ,societ1 sont privs de t\s ces moy5s d'y russir2 ils y sont trang]s1 ils n'ent5d5t qu'imp>faitem5t le langage de ceux qu'ils abord5t2 c> dans la bonne compagnie mme il y rgne un peu de ce qu'on apelle cott]ie4 ,il y a de c]ta9es plaisant]ies conv5ues2 une f9esse arbitraire qu'on attribue de c]ta9es expressions1 que celui qui n'e/ pas in/ruit des circon/ances qui les ont accrdites1 tr\ve froides ou obscures3 sujet pr5dre p\r une vrit ce qui n'e/ qu'une ironie1 il re/]a srieux o les autres s]ont livrs la joie4 ,s'il en toit quitte p\r n'tre po9t rem>qu1 si on s'en t5oit avec lui l'indiffr5ce1 quoique ce p>tage flatte peu l'am\r propre1 il y gagn]oit encore2 c>1 comme en gnral1 on tr\ve plus de plaisir condamn] les g5s qu' les pla9dre1 plutt que d'attribu] le c>actre f>\*e la timidit1 on le s\ponne1 volonti]s1 de natre d'un mpris secret p\r les autres4 ,af9 de s5tir davantage les inconvni5s de la timidit1 considrons-la1 p>ticulirem5t1 dans les p]sonnes d'esprit qui en connoiss5t t\t l'abus1 qui dans *aque occasion ont beso9 de n\veaux ef=ts p\r la va9cre2 elle y produit un contra/e dont on e/ avec ju/ice tonn4 ,il y a des g5s t\j\rs emb>rasss1 qu& ils arriv5t dans un lieu1 o il y a beauc\p de monde2 ils abord5t avec un air entrepris1 on voit qu'ils ne sont po9t leur aise1 cette gne p>ot mal fonde2 on *]*e leur faire s5tir qu'on connot t\t ce qu'ils val5t1 on les rassure avec bont1 voici l'effet que cette bont 7s\v5t un peu trop m>que7 leur cause4 ,a quoi croiroit-on que leur esprit s'appliquoit1 t&is qu'on faisoit des ef=ts p\r ne po9t l'intimid]8 ,il employoit le temps de son tr\ble exam9] le tribunal qui l'a d'abord all>m1 il s'e/ ap]u que raisonnablem5t il n'avoit pas tant de sujet de le cra9dre1 p\r se ddommag] de s'en tre d'abord laiss impos]1 il passe de nuance en nuance1 de l'inquitude au calme1 du calme la critique2 il a dml l'affectation1 la mieux dguise1 d'avoir de l'esprit1 la mode/ie fe9te qui drobe le plus habilem5t ce qu'elle a d'emprunt1 il pntre enf9 dans les replis de la vanit2 bi5-tt cet ,aropage qui avoit beso91 il n'y a qu'un in/ant1 de tempr] sa dignit1 s'ap]oit qu'il e/ dev5u l'amusem5t de celui qu'il craignoit de faire trembl]1 il se tr\ve que c'e/ le ,juge qui f9it p> tre condamn4 ,j'exam9]ai1 dans un autre endroit1 l'effet de la timidit sur les petits esprits3 je revi5s l'opposition op9itre la volont d'autrui1 qui accompagne ord9airem5t les premires annes de l'enfance2 qui se mtamorphosant dans la suite1 devi5t la cause de l'humeur imprieuse1 de l'esprit de contradiction1 des autres dfauts qui =m5t l'atta*em5t notre propre volont1 notre op9ion4 ,comme cette opposition se montre s\v5t dans les enfans lorsqu'ils n'ent5d5t encore qu'une p>tie de leur langue naturelle1 que les *tim5s p\rroi5t l'irrit]1 il me p>ot bi5 difficile de la combattre avec succs4 ,une tude con/ante sur la manire de rompre cette malheureuse disposition1 peut seule en (frir les moy5s2 il e/ c]ta9 que les fausses frayeurs qu'on leur inspire#bd1 ne font qu'aj\t] un mal de plus1 ne guriss5t po9t la cause de celui qu'on traite2 leur mauvaise humeur e/ captive non pas dtruite3 mais puisqu'au moy5 des pe9tures fanta/iques p> lesquelles on frape leur imag9ation1 on pr\ve qu'on peut les di/raire de leur op9itret1 p\rquoi ne pas employ] des images qui caus5t cette div]sion1 sans imprim]1 dans leur ent5dem5t1 des sujets *imriques de frayeur8 ,c'e/ aux p]sonnes qui les lev5t imag9]1 multipli] ces moy5s de div]sion1 p\r rompre leur mauvaise humeur1 dont l'habitude seule e/ cra9dre3 je suis p]suad que1 dans bi5 des p]sonnes1 plusieurs dispositions vicieuses se sont van\es1 p>ce que l'habitude ne les a po9t entret5ues#be4 #bd ,on leur pe9t un gr& homme noir1 un dragon qui doit les dvor]444 #be ,je tr\ve1 dit ,montagne1 que nos plus gr&s vices pr5n5t leur pli ds notre plus t5dre enfance2 ces sem5ces se g]m5t s'lev5t aprs gaill>dem5t1 pr(it5t =ce1 entre les ma9s de la cotume1 ,essais1 l4 ,,ii1 *4 ,,xxii4 ,quant au pan*ant la contradiction1 je p5se qu' mesure que les enfans ont plus d'esprit1 l'ducation peut domt] en eux ce dfaut1 plus aism5t qu'elle ne f]oit l'humeur cau/ique4 ,comme la contradiction n'amuse1 ni n'ex]ce l'esprit de celui qu'elle dom9e1 l'esprit son t\r ne s'occupe po9t entret5ir un trav]s1 qui ne lui e/ d'aucun avantage2 il peut1 au contraire1 p> l'ducation1 travaill] efficacem5t le dtruire2 au lieu que cette sagacit disc]n]1 pe9dre ce qu'on tr\ve repr5dre dans autrui1 e/ un ex]cice de l'esprit dont il j\t1 dont il s'applaudit sans d\te1 sduit p> l'ide de supriorit sur les autres qu'il y atta*e2 c'e/ un gr& ouvrage p\r la raison de n\s arra*] aux dfauts du c>actre1 qu& ils font brill] notre imag9ation4 ,des connoissances de l'esprit des tal5s qui doiv5t entr] prfrablem5t dans l'ducation des enfans p\r leur donn] les moy5s de plaire4 ,entre les diffr5tes tudes#bf qui doiv5t prcd] le temps o l'on entre dans le monde1 voici celles qui me p>oiss5t t5ir davantage la matire que je traite1 l'ordre dans lequel je crois qu'elles doiv5t se succd]4 ,l'intellig5ce des langues1 l'hi/oire1 les ex]cices les tal5s1 la connoissance des ouvrages d'esprit1 des arts agrables3 l'habitude au /ile pi/olaire1 les usages du monde1 la connoissance des hommes de son sicle4 #bf ,plusieurs ,ouvrages1 ju/em5t e/ims1 qui trait5t du *oix de la m?ode des tudes1 sembl5t avoir puis les plus sages ves sur cette matire2 mais je prie qu'on se s\vi5ne que je n'envisage ici les tudes1 que p> le sec\rs dont elles peuv5t tre au dsir de plaire d'tre aim4 ,je ne rappell]ai po9t ici de quelle utilit sont les langues anci5nes1 j'expos]ai1 seulem5t1 que dans l'ducation des enfans de/9s vivre dans le monde1 l'tude de leur langue naturelle me p>ot indisp5sable2 ri5 ne dgrade tant l'esprit1 ne p>ot born] davantage l'imag9ation1 que de se tromp] sur le vrai s5s des mots4 ,je croirois conv5able aussi d'y faire entr] la ,langue ,angloise l',itali5ne1 af9 d'tre porte de suivre la r\te le progrs que fait l'esprit dans les ,ouvrages de ces deux ,nations4 ,aprs l'tude des ,langues1 l',hi/oire univ]selle e/ une c>rire qu'il faut faire p>c\rir aux jeunes g5s2 de manire que dans le c\rs de leur vie ils puiss5t s'y reconnotre1 *aque fois qu'ils y s]ont ram5s4 ,c'e/ assez1 p\r le plus gr& nombre1 d'en savoir les faits gnraux3 mais je compr5s1 dans cette connoissance de l',hi/oire univ]selle1 celle des pr9cipales ,nations actuellem5t rp&ues dans les trois autres p>ties du monde#bg1 a9si que l'tat prs5t1 mais mo9s abrg des ,nations de l',europe4 #bg ,p\r preuve de l'utilit de cette connoissance1 lisez l'hi/oire de la ,*9e p> le ,r4 ,p4 du ,halde4 ,je mets "p l'hi/oire de notre ,nation1 qu'il e/ ncessaire de possd] avec plus d't5due1 sur-t\t l'g>d des d]ni]s sicles1 qu'on ne peut connotre dans un trop gr& dtail2 p>ce qu'ils prs5t5t des objets intressans#bh1 tant plus rapro*s de n\s1 plus s\v5t ram5s dans la conv]sation4 #bh ,puisqu'on ne peut espr] qu'un enfant ait le temps la =ce d'appr5dre t\tes *oses1 il faudroit s'appliqu] sur-t\t lui enseign] celles qui doiv5t tre du plus gr& du plus frqu5t usage dans le monde4 ,m4 ,locke1 ,trait de l'ducation1 sec4 ,,xcvi4 ,les ex]cices doiv5t conc\rir avec les tudes prcd5tes2 ceux sur-t\t qui peuv5t1 en =mant le corps1 lui donn] de la grace1 sont d'une ncessit indisp5sable1 cause de l'impression subite que notre extrieur fait en notre faveur1 ou notre dsavantage4 ,les agrm5s de l'esprit sont long-temps dtruire le dgt que des faons rebutantes ont inspir2 je dis dtruire1 s\v5t ils ne font que le palli]3 il y a1 dans le p\voir qu'a sur n\s le rapport de nos yeux cet g>d1 quelque *ose qui me p>ot avilir beauc\p notre jugem5t4 ,on se s5t1 communm5t1 mo9s de rpugnance p\r une p]sonne qui se produit avec une t\rd]ie confiante1 qui donne lieu de s\ponn] qu'elle a peu de raison1 que p\r une autre qui se prs5te avec un air grossi]1 ignoble1 quoique s5s4 ,qu& ce ne s]oit que p\r connotre jusqu'o le premi] donne prise la critique1 on s'en occupe1 on l'c\te1 on se remplit1 avec plaisir1 des motifs qu'on dc\vre de le mpris]2 le croiroit-on1 c'e/ le trait] avec mo9s de dda9 encore qu'on ne fait le second1 qui devi5t comme ananti2 on l'a jug au premi] c\p d'il1 on ne daigne plus s'ap]cevoir s'il exi/e2 suppos qu'il ose v\s tir] de la lt>gie o v\s tes son g>d1 qu'il pr5ne v\s adresse la p>ole1 il montr]a inutilem5t du s5s1 peut-tre des lumires2 la contradiction aigre s]a le meilleur traitem5t qu'il pr\ve2 bi5 des g5s croiroi5t s'avilir de rpondre un homme d'esprit qui n'a pas le ma9ti5 qui leur en impose4 ,a l'g>d des tal5s1 si l'on ne les exam9e que p> ce qu'ils peuv5t tre notre bonheur1 si l'on met en balance ceux qui app>ti5n5t purem5t l'esprit1 avec ceux qui sembl5t n'tre po9t de son ressort1 tels que c]ta9s ex]cices1 l'art du *ant1 de la danse1 des in/rum5s1 c4 peut-tre ces d]ni]s p>otroi5t-ils prfrables8 ,combi5 d'cueils environn5t les premi]s6 ,en faire un usage vicieux1 soit que l'envie n\s y porte1 ou que l'imag9ation n\s g>e1 n'(fre que de trop frqu5s exemples4 ,sont-ils d'un ordre di/+u1 ils excit5t dans quelques rivaux la jal\sie la plus env5ime1 1 t\t bi5 calcul1 ils produis5t plus de dgts que de satisfaction2 au lieu que les autres ne manqu5t jamais de succs1 qu& mme ils s]oi5t mdiocres1 p>ce qu'on n'en exige la p]fection que dans ceux dont la pr(ession e/ d'y p>v5ir4 ,on ne v\s les conte/e pas1 lors mme qu'ils sont suprieurs1 ils devi5n5t autant de *anes1 qui atta*5t d'autant mieux ceux qu'elles attir5t1 qu'elles n'all>m5t po9t leur vanit3 enf9 si ces d]ni]s r5d5t mo9s notre am\r propre1 ils font davantage p\r la d\ceur de notre vie2 ils peuv5t remplac] en n\s ceux de l'esprit1 ne les t\ff5t po9t1 s'ils y naiss5t avec le c>actre de supriorit2 c> ils sauront bi5 alors p]c] se faire connotre4 ,le *oix qu'on doit faire entre les tal5s de diffr5t g5re1 (fre encore bi5 d'autres sujets d'exam52 il y a une conv5ance entre le rang des p]sonnes qu'on leve1 leur de/9ation1 les tal5s qu'elles peuv5t avoir avec bi5sance1 qu'il me p>ot indisp5sable de consult]4 ,qu& l'tat des enfans e/ arrt de bonne heure1 il e/ ais1 en leur prs5tant habituellem5t cette p]spective1 de plac] dans leur po9t de ve les objets diffr5s1 que la raison veut qu'ils considr5t du mme c\p d'il2 l'ordre des devoirs1 le *oix des plaisirs compatibles avec le p]sonnage qu'ils auront remplir1 naiss5t naturellem5t de la connoissance qu'ils ont de leur situation2 a9si on ne peut trop fix] leurs reg>ds v]s ces mmes objets#bi1 c> il faut1 en gnral1 p\r russir dans le monde1 un c]ta9 accord entre nos gts1 notre ton de plaisant]ie1 ce que n\s sommes1 qui ne peut tre remplac que p> une supriorit d'esprit donne bi5 peu de p]sonnes4 ,ri5 n'expose davantage la critique1 que de n'avoir pas l'am\r propre conv5able son tat1 que de ne pas s5tir qu'il ne suffit pas de plaire1 qu'on ne doit y p>v5ir que p> des moy5s qui n't5t ri5 la considration o l'on doit naturellem5t prt5dre4 #bi ,m4 ,locke rem>que qu'on pr5d r>em5t cette r\te2 ceux1 dit-il1 qui dispos5t de l'ducation des enfans1 se rgl5t sur ce qu'ils peuv5t enseign] plutt que sur ce que les enfans ont beso9 d'apr5dre de l'tude1 sec4 ,,xcvii4 ,exam9ons d'abord ce que les tal5s sont aux p]sonnes du premi] rang2 les aim] fait une d\ceur dans leur vie1 les rcomp5s] fait une p>tie de leur gloire4 ,quels avantages tr\v]oi5t-elles les possd]8 elles n'en ont pas beso9 p\r plaire4 ,aism5t rebutes des so9s pnibles indisp5sables qu'il en cote p\r les acqurir1 t&is qu'elles re/]oi5t peut-tre au dess\s de la mdiocrit1 on les accabl]oit des loges qui ne sont ds qu' la p]fection2 doiv5t-elles augm5t] le nombre des piges1 o la flatt]ie qui les assige sans cesse1 ne *]*e qu' les attir]8 ,mais je suppose qu'elles p>v9ss5t les possd] dans un degr m95t1 ne sont-elles pas1 p> leur propre lvation1 au dessus de p>eils succs8 ,que leur s]viroit un mrite dont leur suffrage e/ la plus d\ce rcomp5se8 ,l'avantage de disput]1 mme de remport] ce prix1 e/ infrieur1 p\r elles1 la gloire de le donn]4 ,l'espce de rgle1 que je vi5s de propos]1 a1 sans d\te1 ses exceptions3 on voit dans le rang dont je p>le1 des p]sonnes si heureusem5t nes p\r la supriorit en t\t g5re1 que l'esprit les tal5s sembl5t aj\t]1 en elles1 aux prm95ces de leur rang mme4 ,a l'g>d des hommes de/9s ces premi]s emplois1 dont les fonctions sont srieuses au/res1 il e/ peu de tal5s1 si v\s en exceptez l'loqu5ce1 qui p>oiss5t leur conv5ir2 faits p\r en impos]1 p\r attir] la considration le respect1 ils ne peuv5t1 sans se rabaiss]1 tre ap]s p> des avantages aussi frivoles1 que le sont1 comp>s la gravit de leur tat1 les tal5s qui font l'amusem5t de la ,socit4 ,je ne me fonde ici que sur l'op9ion du vulgaire2 mais le vulgaire se tr\ve dans t\tes les conditions3 c> s'ils n'avoi5t p\r juges que de bons esprits1 lo9 d'assujettir leur loisir l'extrieur grave de leurs fonctions1 on aim]oit au contraire dans t\s les mom5s o ces devoirs pnibles leur donn5t quelque rel*e1 les voir se livr] t\s les dlassem5s conv5ables aux autres hommes4 ,la raison devroit-elle se pli] des usages plus svres qu'elle-mme8 ,mais c]ta9s usages sont respects p> le sage1 quoiqu'il connoisse l'erreur de leur pr9cipe4 ,cette exclusion des tal5s agrables1 je dois faire encore cette obs]vation1 n'e/ pas t\j\rs absolue2 il e/ des hommes qui sav5t imprim] le c>actre de bi5sance t\t ce qu'ils adopt5t3 un c]ta9 *>me rp&u dans leur esprit1 allie1 avec dc5ce1 aux fonctions srieuses qui les font considr]1 les dons qui r5d5t leur comm]ce agrable4 ,a quelque tat qu'on soit de/91 la connoissance des ouvrages d'esprit e/ conv5able1 peut-tre ncessaire2 tre in/ruit1 produit deux avantages2 on dcide mo9s1 on dcide mieux4 ,mais comme la lecture ne donne pas des lumires sres t\s les esprits1 c'e/ aux p]sonnes qui n\s lev5t1 y suppler2 elles doiv5t1 p> le sec\rs de la conv]sation1 vitant le ton de prcepte1 n\s in/ruire sur les ouvrages d'esprit1 de ce que les ouvrages mme ne n\s appr5n5t pas t\j\rs la manire d'en bi5 jug]4 ,comm5t laisse-t-on ignor] aux g5s qui vont entr] dans le monde1 le s5tim5t tabli1 le plus gnralem5t1 sur le mrite les dfauts d'une c]ta9e quantit de livres clbres dont ils ent5dront p>l]8 ,on les expose port] de faux jugem5s sur des matires dcides1 ri5 ne dplat davantage4 ,ce manque de connoissance a d'autres inconv5i5s1 que j'expos]ai en p>lant des usages du monde4 ,il e/ utile encore de leur donn]1 de la mme manire1 une ide assez t5due des arts agrables1 p>ticulirem5t de ceux qui dp5d5t autant du gt1 que des rgles2 outre le plaisir qui e/ atta* ces connoissances1 l'esprit y gagne un c]ta9 agrm5t2 c'e/ une qualit liante de plus1 de s5tir le prix de ces m]veilles1 que les arts n\s prs5t5t3 je p5se enf9 qu'on e/ plus heureux1 qu'on plat davantage1 qu& on e/ porte de jug]1 avec dlicatesse1 de ce qui con/itue les plaisirs qui r5d5t la ,socit aimable1 sans bless] l'honntet des murs4 ,il e/ vrai que de cette multiplicit de connoissances de tal5s vulgaires1 il peut natre1 dans quelques jeunes g5s1 un dfaut qui les r5droit insuportables2 les petits esprits s'e/im5t plutt p> la quantit d'objets qu'ils embrass5t1 que p> la manire de les saisir3 on ne le croiroit pas1 sans l'expri5ce1 il e/ plus ais d'tre mode/e1 avec une supriorit de lumires ou de tal5s1 qu'avec un assemblage de connoissances communes dont les occasions de faire usage se succd5t presque sans cesse4 ,on a bi5 du pan*ant se croire un homme univ]sel1 p>ce qu'on e/ univ]sellem5t mdiocre4 ,l'ennuyeux comm]ce que celui des g5s qui sont un peu t\t ce qu'ils veul5t tre6 ,ils tal5t1 si volonti]s1 avec une confiance si p>faite1 t\tes les petites ri*esses qui les environn5t2 ils v\s en font l'hi/oire1 ils en vant5t eux-mmes le succs2 ils se glorifi5t mme de celles qui leur manqu5t3 c'e/1 selon eux1 p> p>esse1 p> indiffr5ce1 qu'ils ne les ont po9t acquises4 ,c'e/ ceux qui n\s lev5t1 rgl] notre am\r propre cet g>d1 en n\s acc\tumant p5s]1 que le seul moy5 de faire valoir nos avantages1 de quelque espce qu'ils soi5t1 c'e/ de les mettre t\j\rs au dess\s mme de leur vritable prix#cj4 #cj ,la mode/ie raisonnable p> rapport aux gr&es qualitez dont on a donn des preuves1 consi/e ne montr] d'op9ion de soi-mme qu' un degr infrieur celui de l'e/ime que v\s m>qu5t les autres1 mais l'g>d des avantages de peu de mrite1 la mode/ie doit all] jusques ne se prt] en ri5 aux l\anges qu'on leur donne2 c'e/ s'expos] avec les g5s qui les misres de la vanit d'autrui sont *>ge1 que d'c\t] avec complaisance des loges sur nos petits tal5s2 mais en racont] srieusem5t n\s-mmes le succs1 e/ un vritable ridicule4 ,p> le sec\rs des entreti5s am5s de manire qu'ils n'auroi5t pas l'air de leons1 on p\rroit port] plus lo9 l'ducation l'g>d des jeunes g5s1 d\s d'une c]ta9e intellig5ce2 ce s]oit de leur faire connotre le t]me 7autant qu'il p>ot dt]m97 o l'esprit de leur sicle e/ p>v5u p> rapport aux ,sci5ces1 aux connoissances sublimes1 aux gr&s tal5s4 ,ils vit]oi5t1 p>-l1 deux extrmits qui m>qu5t de la petitesse d'esprit2 l'une e/ de n'admir] les ,sci5ces que p> ce qu'elles ont de my/rieux1 au lieu d'atta*] leur prix l'utilit dont elles peuv5t tre la ,socit3 l'autre1 de les e/im] mo9s mesure que le nombre des ,savans se multiplie3 a9si1 les acc\tumant ne pas jug] l'esprit sur la foi du vulgaire1 ils ne retomb]oi5t pas dans ces r$ites vagues si ennuyeuses p\r les g5s s5ss1 sur ce que le sicle dgnre2 ils v]roi5t que ce qu'on appelle dcad5ce cet g>d1 ne reg>de que quelques bran*es qui ont dcru1 la vrit1 mais dont le sicle e/ ddommag p> d'autres qui se sont t5dues#ca4 #ca ,il e/ bi5 r>e de voir des e/imateurs quitables sur ces p]tes sur ces comp5sations4 ,le foible commun e/ de dgrad] son sicle p\r lev] le prcd5t3 d'autres hommes e/im5t le leur p> prfr5ce2 dans ces deux op9ions1 c'e/ presque t\j\rs l'avantage p>ticuli] qu'ils tr\v5t suivre l'une ou l'autre1 c'e/ le rapport qu'elles ont avec les connoissances ou les tal5s p> lesquels ils s'e/im5t eux-mmes1 qui dt]m9e leurs regrets sur ce qu'on a p]du1 ou leur prv5tion sur ce qui re/e4 ,j'insi/e sur ce qu'on in/ruise les enfans ces diffr5s g>ds1 p> des entreti5s pltt que p> la lecture4 ,les esprits l5ts qui n'ont d'acquit que ce qu'une tude op9itre leur en a donn1 ont pe9e1 quelquefois1 e/im] le savoir1 qui tant en p>tie le fruit de la conv]sation1 en a pris l'air facile3 ce mrite diffre trop du leur1 o l'on reconnot le travail qu'il a cot2 ils sont au sujet de la conv]sation1 comme ces hommes levs dans des pays montueux1 qui1 infatigables p>c\rir des r\tes pnibles1 se lass5t aism5t dans la pla9e#cb4 #cb ,les ves c\rtes1 je veux dire les esprits borns ress]rs dans leur petite sphre1 ne peuv5t compr5dre cette univ]salit de tal5s1 que l'on rem>que quelquefois dans un mme sujet2 o ils voy5t l'agrm5t1 ils en exclu5t la solidit4 ,la ,bruy]e1 du mrite p]sonnel4 ,une autre tude peu cultive1 cep5dant bi5 utile1 e/ celle du /ile pi/olaire3 la pl"p des jeunes g5s1 entrant dans le monde1 ceux mme qui p>l5t bi51 sont si peu =ms ce /ile1 qu'ils criv5t pe9e raisonnablem5t2 c'e/ une faon de dcri] soi-mme son esprit1 qui lui fait t\j\rs p]dre de l'op9ion favorable qu'on en avoit conue dans la conv]sation4 ,ce tal5t de bi5 crire e/ un moy5 de russir1 dont on a s\v5t lieu de faire usage2 c'e/ en quelque sorte une autre manire de vivre avec les p]sonnes qu'on aime1 qui l'on veut plaire4 ,peut-on nglig] d'inspir] aux enfans le dsir d'acqurir cette ress\rce1 ne leur pas donn] les in/ructions qui peuv5t la procur]8 ,qu& je propose de les in/ruire cet g>d1 je ne prt5s pas qu'il y ait des rgles leur faire appr5dre1 ni des =mules +nieuses leur prescrire2 les unes s]oi5t trop t5dues1 pass]oi5t s\v5t la porte de leur esprit1 les autres ne s]viroi5t qu' le leur gt]4 ,on p\rroit seulem5t leur faire connotre les dfauts qu'ils ont vit]3 je ne p>le po9t de ce qui conc]ne le crmonial2 ?orie facile1 que1 sans d\te1 on ne doit po9t leur laiss] ignor]4 ,il faudroit donc les mettre dans l'habitude d'crire1 non en leur proposant des sujets imag9aires1 qui ne les intressant po9t1 leur f]oi5t reg>d] ce travail1 comme une t*e pnible1 leur donn]oi5t peut-tre du faux dans l'esprit2 mais en faisant natre des occasions frqu5tes1 o ils fuss5t obligs d'crire1 p\r obt5ir ce qu'ils dsir]oi5t avec empressem5t2 les acc\tum] ensuite cultiv]1 de la mme manire1 les liaisons qu'ils auroi5t =mes avec des g5s de leur ge1 les famili>is] a9si1 successivem5t1 avec les diffr5tes matires qu'ils p\rroi5t trait] dans le c\rs de leur vie4 ,ce qui con/itue une lettre bi5 crite1 ne consi/e pas1 seulem5t1 dans la correction du /yle1 dans la cl>t du s5s1 ni dans l'exactitude remplir les loix communes de la politesse ou du respect2 c'e/ quelquefois en ngligeant1 un c]ta9 po9t1 quelques-unes de ces rgles1 qu'on russit le mieux2 c'e/ une quantit de nuances1 qu'il faut saisir1 soit dans le ton1 soit dans l'att5tion vit] l'esprit1 ou en mettre jusqu' un c]ta9 po9t4 ,ce sont1 enf91 les conv5ances p>ticulires1 de p]sonne p]sonne1 qui =m5t autant de rgles dlicates1 qu'on obs]ve mieux1 mesure qu'on a plus de s5s d'esprit1 qui c>actris5t le bon ,ecriva9 en ce g5re3 mais cette habitude1 si ncessaire1 des bi5sances1 ne s'acqui]t dans une c]ta9e p]fection1 que p> la connoissance des usages du monde#cc4 #cc ,on nglige assez gnralem5t un art facile qu'on peut honor] du nom de tal5t1 qu& il e/ port une c]ta9e p]fection1 c'e/ de bi5 lire les ouvrages de prose de posie3 il y a une sorte de honte lorsqu'on e/ dans le cas de lire haut1 de s'en acquit] de mauvaise grace4 ,ce qu'on apelle les usages du monde1 consi/e 7si je ne me trompe7 dans la prcision avec laquelle on emploie le savoir-vivre1 la politesse1 l'empressem5t ou la ret5ue1 la famili>it ou le respect1 l'enj\em5t ou le srieux1 le refus ou la complaisance1 enf9 t\s les tmoignages de devoirs ou d'g>ds qui =m5t le comm]ce de la ,socit4 ,on p\rroit1 p> quelques obs]vations gnrales1 donn] l'ide de ces usages aux p]sonnes qu'on leve1 c'e/--dire leur indiqu] ce qui s'en loigne1 pltt que la manire prcise de les remplir2 mais comme cette ?orie ne les in/ruiroit que trs-imp>faitem5t1 il faut t*] de tir] les prceptes des exemples mmes1 les acc\tum]1 ds la premire jeunesse1 rem>qu] quels sont ces usages dans des p]sonnes qu'on peut leur propos] p\r modle4 ,cette connoissance e/ d'autant plus indisp5sable1 que t\t autre savoir1 l'esprit mme1 suffis5t r>em5t p\r y suppler4 ,le manque d'habitude des usages du monde1 cause ord9airem5t une timidit d'une espce diffr5te1 selon que n\s avons plus ou mo9s d'esprit4 ,dans cette situation1 les g5s de bon s5s s'emb>rass5t1 mais sans trop de cra9te1 qu'on s'ap]oive de leur tr\ble2 ils connoiss5t ce qui leur manque1 cet g>d1 leur am\r propre n'en e/ humili qu' un degr raisonnable4 ,dans les petits esprits1 cette ignorance produit la mauvaise honte1 foiblesse bi5 plus repro*able que le dfaut qui l'a fait natre4 ,cette honte1 mal ent5due1 e/ un s\levem5t de notre orgueil1 qui n\s porte affect] de savoir ce que n\s s5tons bi5 que n\s ignorons1 ou dissimul] grossirem5t notre ignorance2 c'e/ un manque de c\rage1 qui n\s emp*e d'av\] un tort qui s]oit demi effac1 si n\s p>oissions le connotre1 que n\s augm5tons encore1 lorsque n\s croyons le sauv]1 p> cette fausse confiance2 le dfaut n\s emp*e de plaire1 le remde mal *oisi n\s fait mpris]4 ,c'e/ cette mauvaise honte1 dont il e/ ess5tiel de dsabus] ceux qui s'en laiss5t aveugl]2 il faut1 dans t\tes les occasions1 la dmasqu] en eux avec f9esse avec svrit1 en dml] t\s les dt\rs1 af9 qu'ils s5t5t l'illusion de ce pre/ige1 qui n'en impose p]sonne1 qu'ils soi5t bi5 p]suads que le seul moy5 de tr\v] grace sur les qualits qu'on dsir]oit en n\s1 e/ d'av\] qu'elles n\s manqu5t4 ,si on leve de jeunes g5s1 qui1 avec de l'esprit1 se tr\v5t une c]ta9e incapacit de saisir ces usages du monde1 soit p> un c>actre naturellem5t sauvage1 qui les retire de la ,socit1 soit p> un gt dom9ant p\r les ,sci5ces1 qui les r5de indiffr5s di/raits sur t\t le re/e1 je ne connois qu'une conduite t5ir avec eux1 c'e/ de les acc\tum] s5tir av\]1 comme je l'ai dit1 que c'e/ un mrite qui leur manque3 mais il faut que ce soit1 avec mode/ie1 qu'ils en convi5n5t2 c> il arrive quelquefois1 que p\r se disculp] avec soi-mme1 de n'avoir ni les manires1 ni le langage qui plat dans le monde1 on s'excite ne reg>d] qu'avec mpris cette sorte de sci5ce2 on laisse ap]cevoir qu'on s'applaudit intrieurem5t de n'avoir po9t employ son esprit cette tude qu'on suppose absolum5t frivole4 ,on reg>de avec une c]ta9e piti1 qu'on croit philosophique1 les succs que ces agrm5s procur5t ceux qui les possd5t2 cette ress\rce e/ inconte/ablem5t la plus mauvaise4 ,qu& on passe p\r avoir de l'esprit1 il e/ bi5 mo9s nuisible de p>otre dcont5anc1 que mprisant4 ,on voit assez gnralem5t que qu& on dplat1 c'e/ mo9s p>ce que les qualits aimables n\s manqu5t1 que p> les dfauts que notre vanit1 qui en s\ffre1 n\s fait sub/itu] leur place4 ,c'e/ encore peu que d'tre in/ruit des usages de la ,socit1 si on n'y jo9t la connoissance du c>actre des hommes qui la compos5t1 si l'on n'y apporte cet esprit d'exam5 si ncessaire p\r jug] sa9em5t des p]sonnes avec lesquelles on se lie1 af9 de disc]n] quel degr on doit les *rir1 les e/im]1 ou les cra9dre4 ,la connoissance des hommes de son sicle1 e/ donc indisp5sable1 lorsqu'on veut satisfaire1 conv5ablem5t1 p\r eux1 p\r soi-mme1 ce qu'on leur doit1 a9si que p\r all] avec bi5sance1 p> de-l les devoirs1 s'il e/ ncessaire1 af9 d'en tre aim4 ,les livres qui peign5t les diffr5s c>actres des hommes1 n'(fr5t1 cet g>d1 qu'une ?orie s\v5t peu utile1 mme aux meilleurs esprits1 s'ils ne l'appliqu5t en mme temps qu'ils l'acquir5t1 aux exemples vivans dont elle leur (fre l'image4 ,on tr\ve assez communm5t des g5s remplis de beauc\p de lecture1 qui connoiss5t t\s les portraits qui ont t faits des hommes1 ne connoiss5t pas les hommes mmes2 ils ont prs5s t\s les c>actres de la ,bruy]e1 ceux du ,c>d9al de ,retz1 se tromp5t grossirem5t sur le jugem5t qu'ils port5t du c>actre des p]sonnes avec lesquelles ils pass5t leur vie4 ,on p\rra m'object] que cette connoissance des hommes de son sicle1 que je recomm&e1 combattroit peut-tre dans bi5 des esprits1 ce dsir de leur plaire1 que j'ai reg>d comme un des pr9cipaux objets de l'ducation4 ,m'in/ruire voir la pl"p des hommes1 tels qu'ils sont1 c'e/ m'expos]1 me diroi5t-ils1 les mpris]1 il y auroit de l'inconsqu5ce v\loir plaire ce qu'on n'e/ime pas1 ou de la bassesse s'y port] p> l'intrt qu'on auroit en tre aim3 ,comm5t dans cette situation1 si je veux plaire1 puis-je vit] la fausset8 ,on passe sa vie avec des p]sonnes dont l'am\r propre n'e/ po9t flatt1 si v\s ne les l\ez que p> les qualits qui ne leur sont po9t conte/es1 il faut1 s\s pe9e de leur inimiti1 p]dre de ve ce qu'elles sont1 p\r s\rire ce qu'elles s'imag95t tre4 ,je rpondrai1 que plus on e/ capable de cette droiture d'esprit qui n\s fait sa9em5t connotre en quoi consi/e l'humanit1 plus on e/ p]suad que ri5 ne n\s disp5se d'apport]1 dans la ,socit1 les qualits qui l'entreti5n5t4 ,l'ducation doit faire conc\rir ces deux pr9cipes1 les hommes sont assujettis bi5 des dfauts1 mais il faut vivre avec les hommes2 celui qui e/ le plus en droit de les condamn]1 a lui-mme beso9 de leur indulg5ce4 ,qu'on exam9e un ,misantrope1 il entre s\v5t plus de vanit dans son c>actre1 que de vritable ha9e p\r les vices atta*s la condition huma9e3 on tale le *agr9 avec lequel on les envisage1 comme une espce de prote/ation contre la "p qu'on peut y avoir1 quoiqu'on la suppose mdiocre2 on p5se intimm5t1 que lorsqu'on a dit1 il e/ bi5 humiliant d'tre homme1 on e/ un homme suprieur2 au lieu que la vritable supriorit s]oit de voir les vices de la ,socit sans tonnem5t1 sans tre rebut d'elle#cd4 ,le ,sage ne p\rroit-il pas la reg>d] comme il fait la sant8 ,il connot supporte patiemm5t ses rvolutions dont il tudie les causes1 af9 de les combattre autant qu'il e/ en son p\voir2 c'e/ sans foiblesse qu'il se contra9t p\r la mnag]1 p>ce que c'e/ elle qui fait la pr9cipale d\ceur de la vie4 #cd ,t\s ces dfauts huma9s n\s donn5t dans la vie ,des moy5s d'ex]c] notre philosophie4 ,c'e/ le plus bel emploi que tr\ve la v]tu2 ,et si de probit t\t toit revtu1 ,si t\s les curs toi5t francs1 ju/es dociles1 ,la pl"p des v]tus n\s s]oi5t inutiles4 ,,moli]e1 act4 #e4 du ,misant41 scne #a4 ,si c'e/ l'am\r propre qui n\s r5d si dlicats sur les dfauts des autres1 qui n\s inspire le pan*ant de leur faire s5tir que n\s en sommes fraps1 l'art de l'ducation doit tre de se s]vir de ce mme am\r propre1 p\r tablir la v]tu oppose cette fausse ha9e du vice4 ,c'e/ elle grav] dans le fond de notre ame cette vrit2 celui qui avilit p> ses d$a9s ou p> ses disc\rs1 le peu d'hommes qui l'environn5t1 n'e/ suprieur1 7si c'e/ l'tre7 qu' ce petit nombre dont il se fait har4 ,celui qui1 connoissant la nature huma9e1 dfectueuse comme elle l'e/1 la considre sans orgueil1 sans se croire disp5s d'tre d\x sociable1 a saisi la seule manire d'tre au-dessus des autres hommes1 j\t du plaisir d'en tre aim4 ,avec de p>eils pr9cipes1 qu'il n'e/ pas difficile d'tablir en n\s1 la connoissance des hommes de son sicle ne devi5droit pas plus dang]euse que la s9crit1 quelques autres qualits1 qui sont des v]tus en elles-mmes1 mais dont on peut abus]4 ,il e/ c]ta9 que sans cette connoissance1 on peut1 avec beauc\p d'esprit1 ne russir que bi5 imp>faitem5t dans le monde4 ,il e/ vrai que l'ducation ne n\s donne pas le fond d'esprit ncessaire p\r bi5 connotre le vrai c>actre1 le g5re d'am\r propre des g5s avec qui n\s sommes en ,socit1 a9si que p\r remplir1 avec une c]ta9e supriorit1 les usages du monde2 mais elle doit n\s faire rem>qu]1 dans autrui1 dans n\s-mmes1 ce qui bless]oit ces mmes usages#ce4 ,voici cet g>d les erreurs pr9cipales contre lesquelles elle p\rroit n\s prv5ir4 #ce ,je ne p>le po9t du savoir vivre1 ni de la politesse commune1 qu'il s]oit honteux d'ignor]4 ,les jeunes g5s1 je n'en excepte pas mme quelques-uns qui ont de l'esprit1 sont sujets1 en arrivant dans le monde1 reg>d]1 comme des traits d'imag9ation1 des maximes de morale rebattue#cf1 qu'ils plac5t curieusem5t1 qu'ils dbit5t avec confiance1 p>ce qu'ils p5s5t montr]1 p> l1 un esprit de rflexion4 ,ce n'e/ pas encore l'abus de la mmoire le plus cra9dre p\r eux2 il y a une c]ta9e quantit de phrases de bons mots fa/idieux1 qui les sduis5t d'abord1 soit p> le brillant de l'anti?se1 soit p>ce qu'ils ont ou dire ces prt5dus traits d'esprit1 p> des p]sonnes qui leur en impos5t quelques autres g>ds4 ,si malheureusem5t il arrive qu'une c]ta9e p>esse rfl*ir1 ou le dfaut de gt les acc\tume l'usage facile des lieux communs1 ils dplairont bi5 davantage p> cette sottise emprunte1 que s'ils s'ab&onnoi5t leur imag9ation1 quelque borne qu'elle pt tre2 ce naturel +rat1 jo9t ce faux art avec lequel on le gte encore1 c>actrise s5siblem5t1 ce qu'il me p>ot1 la diffr5ce qu'il y a de manqu] d'esprit1 tre sot3 l'un n'e/ qu'une indig5ce1 malgr laquelle1 on peut tre aimable2 l'autre e/ un tort volontaire que notre orgueil ajote la misre de notre esprit1 qui n\s r5d insupportables4 #cf ,la ,morale tant un des pr9cipaux objets de l'ducation1 on doit sans d\te en imprim] dans le cur des jeunes g5s les maximes les plus simples les plus communes1 a9si que celles qui sont plus rfl*ies2 mais il faut en mme temps leur appr5dre que l'usage qu'ils doiv5t faire des unes des autres1 e/ de se conduire p> elles non de les tal] dans la conv]sation4 ,je dsir]ois qu'avant que les jeunes g5s entrass5t dans le monde1 on leur donnt p> crit une numration#cg de ces vritez triviales1 de ces bons mots1 de ces contes qui ne sont ignors de p]sonne1 qui dplais5t si =t ent5dre rpt]4 #cg ,voici peu prs la =me que j'y donn]ois3 ,li/e des lieux communs1 qui ne peuv5t qu'ennuy]1 qu& ils sont donns p\r des traits d'esprit4 ,qu& on p>le d'tre jeune1 dire que c'e/ un dfaut dont on se corrige t\s les j\rs4 ,s'il e/ "q du nombre conv5able de p]sonnes p\r un s\p]1 dcid] qu'il faut tre au-dessus du nombre des ,graces1 au-dess\s de celui des ,muses1 c'e/ adopt] des platitudes1 c4 ,voyez ce que p>ut ,madame de ,,sevign1 un jeune homme d'une reprs5tation aimable1 lorsqu' propos de ce qu'on le tr\voit gr& p\r son ge1 il rpondit3 ,m*ante h]be crot t\j\rs4 ,on a dit des ,comdies qui plais5t1 sans caus] des clats de rire1 qu'elles font rire l'esprit3 ce mot n'e/ plus que prcieux1 on l'adopte en pure p]te1 c4 ,on v\s av]tit que les traits de di/ractions de ,m4 de ,b444 si bi5 conts p> ,la ,bruy]e1 ne le sont plus dans le monde que p> les sots1 c4 ,je ne prt5s pas conclure de ce que je vi5s de dire1 ni de ce que j'ajot]ai sur les lieux communs1 qu'il faille les exclure de la conv]sation2 une att5tion rfl*ie1 n'y produire que des traits re*]*s1 s]oit une autre extrmit plus *>ge peut-tre encore2 je dem&e seulem5t1 qu'on y donne les lieux communs p\r ce qu'ils sont2 ils n'y dplais5t que qu& ils sont am5s sottem5t1 comme des dc\v]tes2 ou qu'on p>ot y ent5dre une f9esse que peut-tre ils ont eue1 mais que l'usage vulgaire o ils sont tombs1 leur a fait p]dre4 ,un autre g5re de lieux communs1 o l'esprit tr\ve en quelque manire occasion de brill]1 o les g5s s5ss regrett5t t\j\rs qu'on l'emploie2 ce sont ces ?ses sur le cur1 ces diffr5ces subtilem5t frivoles1 dont l'exam5 ne r5d l'esprit ni plus solide ni plus dlicat1 dont la solution la plus heureuse1 n'e/ presque jamais qu'une fadeur4 ,quel dgt p\r la raison1 que d'ent5dre discut] scrupuleusem5t1 lequel e/ le plus insupportable1 d'appr5dre la mort1 ou l'infidlit de ce que l'on aime2 lequel e/ le plus t5dre1 de l',amant qui voyant sa ,matresse dans un gr& pril1 tombe van\1 ou de celui qui vole son sec\rs8 ,il y a un ,recueil intitul3 ,les ,arrts de la ,c\r d',am\r1 qu'il faudroit faire appr5dre p> cur aux enfans1 de la manire qui les en dgt]oit davantage1 af9 qu'il leur re/t p\r les ?ses galantes1 le mme loignem5t qu'ils g>d5t1 si con/amm5t1 p\r quelques livres de ,grammaire1 dont ils ont t excds dans leurs ,classes4 ,l'obs]vation que je vi5s de faire1 n'a lieu que p\r la conv]sation2 une analyse f9e des s5tim5s1 s]a t\j\rs un g5re d'ouvrage propre faire honneur l'esprit1 qui tr\v]a le plus gr& nombre de ,lecteurs4 ,eh6 de quels objets plus intressans peut-on n\s occup]1 que de n\s dc\vrir les s\rces de nos plaisirs de nos pe9es8 ,on doit encore prv5ir les jeunes g5s sur une autre espce de lieux communs4 ,je p>le de ces disputes1 tant de fois recomm5ces1 qui n'ont peut-tre jamais eu de fondem5t bi5 raisonnable1 telles que la prm95ce entre ,corneille ,rac9e1 entre la ,musique ,itali5ne la ,musique ,franoise1 plusieurs autres matires diss]tation1 sur lesquelles leur esprit ne comm5ce qu' s'ex]c]1 o celui des g5s du monde ne tr\ve plus de prise1 =ce de les avoir dissques4 ,c'e/ la n\veaut dont ces sortes de ?ses frap5t leur esprit1 qui les en occupe2 s'ils toi5t plus in/ruits1 ils s5tiroi5t qu'il n'y a plus ri5 de n\veau dire sur ces matires4 ,ce s]oit aussi une prcaution sage que de faire connotre1 sur-t\t ceux qui ont de l'esprit1 l'abus qu'on fait ord9airem5t de c]ta9es hypo?ses fabuleuses1 que le vulgaire reg>de comme l'effet d'une belle imag9ation1 qui sont au contraire1 la ress\rce de ceux dont l'imag9ation ne peut ri5 produire4 ,ces sy/mes *imriques1 qui n'ont qu'un faux clat1 ne port5t ord9airem5t que sur deux suppositions1 qui se prs5t5t aux esprits les plus borns2 l'une e/ de pr5dre le contra/e des murs communes1 tel1 p> exemple1 que d'attribu] aux femmes l'autorit la conduite des hommes1 en donnant ceux-ci la pudeur les foiblesses des femmes2 la seconde1 qui suppose un esprit aussi peu inv5tif1 a p\r base ce qu'on appelle le m]veilleux1 comme de possd] l',anneau d',anglique1 d'avoir un ,gnie ses ordres2 d'entam]1 de l1 un long frivole dtail des avantages qu'on sauroit en tir]4 ,ce n'e/ pas que ces ides ne puiss5t tre employes avec succs#ch1 mais il faut p\r cela se g>d] d'abord de l'habitude d'en faire usage1 p>ce qu'elles entran5t s\v5t dans des lieux communs4 ,il y a si long-temps qu'il passe des exagrations1 des extravagances1 p> la tte des hommes1 qu'on n'en imag9e gures qui ay5t un c>actre de n\veaut4 ,en second lieu1 il faut aussi1 lorsqu'on se p]met ces rv]ies1 obs]v] de ne les po9t m5] trop lo91 fuss5t-elles +nieuses3 le suffrage de ceux qu'elles amus5t1 ne ddommage pas du peu d'op9ion qu'on donne de son esprit1 de l'ennui qu'on cause un petit nombre de g5s1 qui s5t5t combi5 les ides gigantesques1 ou r5v]ses1 sont froides dnues d'imag9ation4 ,en gnral1 l'imag9ation n'e/ po9t c>actrise p> les *imres1 elle se m>que russit bi5 mieux1 en mettant la vrit dans son plus beau j\r4 #ch ,quelques ,ouvrages de ce sicle-ci en sont la preuve2 mais c'e/ la manire dont l'imag9ation a employ le m]veilleux1 non le m]veilleux mme1 qui en fait le prix4 ,il y a d'autres lieux communs qui consi/5t dans des op9ions fausses1 que le vulgaire cons]ve comme un dpt1 7le surnaturel lui p>oissant t\j\rs croable7#ci que quelques p]sonnes d'esprit adopt5t1 p> p>esse d'appr(ondir4 ,il s]oit utile qu'on en =mt des espces de tables1 af9 que ces op9ions l'ide de la *imre qu'elles r5f]m5t1 se plaass5t1 en mme temps1 dans notre mmoire4 ,c> lorsque ri5 n'int]rompt l'habitude que les enfans pr5n5t de p5s]1 d'aprs leur ,g\v]nante1 que les songes sont des prsages1 ou que l',a/rologie e/ la sci5ce de l'av5ir1 il faut1 p\r effac] ces ides1 des rflexions que les uns nglig5t de faire1 dont les autres ne sont pas capables4 #ci ,les prsages4 ,les horoscopes4 ,les prs5tim5s4 ,la p]suasion que c]ta9s songes sont des av]tissem5s4 ,la ressemblance prt5due dans les vnem5s de la vie de deux jumeaux4 ,la v]tu des talismans4 ,que la ,lune fait crotre dcrotre la c]velle des animaux3 qu'elle cause la plnitude1 plus ou mo9s gr&e1 des hutres1 des crevisses1 c4 ,qu'un animal e/ plus pesant jeun qu'aprs le repas4 ,qu'un tamb\r de peau de brebis se crve au son d'un tamb\r de peau de l\p1 c4 ,voyez ,bayle1 ,p5ses div]ses1 ,tom4 #a4 ,voyez aussi ,rohault1 ,physiq4 #b4 p4 ,ce n'e/ pas qu'on ne puisse tre d'une conv]sation agrable1 quoiqu'on ait t\tes les cra9tes frivoles les op9ions *imriques2 c'e/ la philosophie de presque t\tes les femmes2 mais la nature a donn1 celles qu'elle a de/9es plaire1 un *>me qui se rp& sur t\t ce qu'elles p5s5t4 ,leur imag9ation1 telle qu'on n\s pe9t cet art de ferie1 qui fait natre des ,palais des ,j>d9s1 o l'in/ant d'aup>avant on ne voyoit que des ro*]s des ronces1 embellit t\t ce qu'elle n\s prs5te2 t&is que les hommes1 p\r russir con/amm5t1 sont rduits jo9dre de la solidit aux graces de l'esprit1 que leur imag9ation1 quelque brillante qu'elle puisse tre1 ne les sauve pas de la honte d'une c]ta9e ignorance4 ,a l'g>d des p]sonnes1 qui entr5t dans le monde1 prs]ves ou guries de ces prjugs1 elles ne peuv5t trop mnag] l'am\r propre de celles qui sont acc\tumes les reg>d] comme des vrits#dj1 la pl"p des hommes ti5n5t la petitesse de leur esprit1 comme c]ta9s ,amans idoltr5t une laide matresse2 on ne p\rroit les clair]1 qu'en leur dc\vrant leur erreur1 l'art le plus +nieux *\e bi5 s\v5t1 qu& il s'agit de dsabus]1 sans dplaire4 ,il y a1 cet g>d1 un milieu saisir1 qui1 n\s loignant galem5t1 de commettre notre jugem5t avec les p]sonnes claires1 de faire p>otre une supriorit qui blesse les esprits communs1 n\s sauve du mpris des uns de la ha9e des autres4 #dj ,je rvassois prs5tem5t1 comme je fais s\v5t1 sur ce combi5 l'huma9e raison e/ un in/rum5t libre vague4 ,je vois ord9airem5t que les hommes1 aux faits qu'on leur propose1 s'amus5t plus volonti]s en *]*] la raison1 qu' en *]*] la vrit2 ils pass5t p>-dessus les propositions1 mais ils exam95t curieusem5t les consqu5ces2 ils laiss5t les *oses1 c\r5t aux causes3 plaisans causeurs1 ils comm5c5t ord9airem5t a9si4 ,comme e/-ce que cela se fait8 ,mais se fait-il8 ,faudroit-il dire8 ,je tr\ve quasi p>-t\t qu'il faudroit dire1 il n'en e/ ri51 employ]ois s\v5t cette rponse1 mais je n'ose4 ,,montaigne1 ,essais4 ,p\r faire connotre1 dans t\te son t5due1 la ncessit de s'assujettir aux usages du monde1 de s'appliqu] connotre le c>actre des p]sonnes qui compos5t la ,socit1 af9 de p\voir s'en faire aim]2 on ne peut trop prp>] les jeunes g5s la svrit avec laquelle on les exam9]a1 qu& ils p>otront sur cette gr&e scne#da4 ,ils doiv5t tre prv5us qu'ils tr\v]ont deux juges dans *aque spectateur1 la raison1 l'am\r propre2 l'une1 quitable1 r5d ju/ice gratuitem5t2 l'autre n'e/ jamais favorable1 qu' de c]ta9es conditions4 ,l'am\r propre veut qu'on le flatte1 qu'on ne p]de po9t de ve ses intrts2 dans la pl"p des jugem5s1 o il semble que ce soit la raison qui prononce1 il se tr\ve que l'am\r propre a presqu'entirem5t dict l'arrt4 #da ,le premi] pas444 que l'on fait dans le monde ,e/ celui d'o dp5d le re/e de nos j\rs2 ,ridicule une fois1 on v\s le croit t\j\rs4 ,l'impression demeure3 en va91 croissant en ge1 ,on *ange de conduite1 on pr5d un air plus sage3 ,on s\ffre encor long-temps de ce vieux prjug3 ,on e/ suspect encor1 qu& on e/ corrig2 ,et j'ai v quelquefois pay] dans la vieillesse ,le tribut des dfauts qu'on eut dans la jeunesse4 ,connoissez donc le monde1 songez qu'auj\rd'hui ,il faut que v\s viviez mo9s p\r v\s que p\r lui4 ,l',indiscret1 ,comdie1 scne #a4 ,conclusion de cet ,ouvrage4 ,c'e/ ds la premi]e anne de notre vie1 que doit comm5c] notre ducation3 ,et aprs les pr9cipes de la ,religion1 qui e/ elle-mme la s\rce de t\tes les v]tus sociables1 ri5 n'e/ plus important que d'tablir en n\s le dsir les moy5s de dispos]1 en notre faveur1 les esprits1 af9 de p>v5ir n\s concili] les curs2 p>ce que dans le comm]ce ord9aire de la vie1 p\r tre heureux1 il faut tre aim2 que p\r tre aim1 il faut plaire1 qu'on ne plat qu'autant qu'on fait contribu] au bonheur des autres4 ,,av]tissem5t4 ,les ,contes des ,fes1 qu'on va tr\v] la suite de cet ,ouvrage1 s]oi5t sans d\te dplacs1 s'ils ne faisoi5t p>tie de l',ouvrage mme2 mais on reconnotra que les ides1 les vnem5s qui con/itu5t *aque ,conte1 s]v5t pr\v] l'utilit de quelques-uns des pr9cipes rp&us dans ces ,essais4 ,mon objet a t d'embrass] une sorte de ,roman1 dont t\te l'action t5dt tablir une ou plusieurs vrits morales4 ,j'ai cru que le m]veilleux de la ,ferie conc\rroit mettre ces maximes dans un j\r plus agrable4 ,j'ai v>i le /ile de ces ,contes1 selon le g5re des sujets le c>actre des p]sonnages2 mais je s5s combi5 je s]ai lo9 de la p]fection laquelle e/ p>v5u1 dans de p>eils ,ouvrages1 un de ces ,auteurs clbres#db qu'on relit sans cesse1 qu'on reg>de comme d'excell5s modles1 sans qu'on ose *]*] les imit]1 p>ce qu'on les admire t\j\rs davantage4 #db ,mr4 ,,de ,,f5elon1 ,ar*evque de ,cambray4 ,voyez les ,fables qu'il a composes p\r l'ducation de ,m4 le ,dauph94 ,tom4 #b4 de ses ,dialogues des ,morts1 anci5s mod]nes4 ,,les ,,dons ,,des ,f,,es1 ,,ou ,,le ,,p\voir ,,de ,l',,ducation4 ,,conte4 ,entre les diffr5s ,s\v]a9s1 qui1 dans les temps reculs1 p>tagr5t l',arabie1 la ,pr9cesse ,zorade fut clbre p> l'amiti qu'elle avoit contracte avec deux ,fes2 elle toit bi5 digne de plaire ces ,intellig5ces1 qui n'ex]oi5t alors leur supriorit sur les mortels1 que dans la ve de les r5dre heureux4 ,peu de temps aprs la p]te de son p\x1 qui lui fut extrmem5t s5sible1 cette ,pr9cesse dev9t m]e de deux fils1 s5tant appro*] la f9 de sa vie1 que t\t l'art des ,fes ne p\voit recul]1 elle leur p>la a9si4 ,je laisse deux enfans au b]ceau1 t\s deux de/9s p> nos loix rgn] en mme temps3 v\s connoissez mieux que n\s1 ce que les v]tus1 ou les dfauts des ,s\v]a9s1 rp&5t de bi5s ou de maux sur leurs ,sujets4 ,v\s m'avez trop aime1 p\r me refus]1 dans mes d]ni]s in/ans1 la d\ceur de me flatt] que mes enfans f]ont le bonheur des ,etats que je leur laisse2 v\s allez les d\] l'un l'autre1 des qualits qui r5d5t les hommes dignes de la suprme autorit4 ,l'une des ,fes1 qui s'appelloit ,zulmane1 s'appro*a du b]ceau1 t\*ant de sa baguette l'an des deux ,pr9ces2 ,enfant1 n p\r rgn]1 dit-elle1 une puissante ,fe te d\e2 elle te donne l'esprit1 la valeur1 la probit4 ,a ces mots1 elle embrassa la ,re9e1 vola dans l',empire des ,fes1 grav] sur la ,table d'm]aude1 o sont inscrits les dons qu'elles font aux ,s\v]a9s1 ceux dont ,alcimdor1 7c'e/ a9si qu'on nommoit ce ,pr9ce7 v5oit d'tre favoris4 ,alsime1 c'e/ la seconde ,fe1 re/a dans le sil5ce1 portant alt]nativem5t ses reg>ds sur les deux ,pr9ces4 ,quoi6 dit ,zorade1 mon second fils n'obti5dra-t-il ri5 de votre puissance8 ,t&is que son fr]e brill]a de t\tes les qualits qui font les vrais ,mon>ques1 celui-ci ne montr]a-t-il que des v]tus communes8 ,e/-ce dans ce mom5t 7le seul qui me re/e peut-tre7 que je dois cess] d'tre *re la plus sec\rable des ,fes1 la gnreuse ,alsime8 ,que v\s tes dans l'erreur1 rpondit la ,fe6 mon sil5ce ne prsageoit ri5 de fune/e p\r le ,pr9ce ,asad votre second fils2 je *]*ois dml]1 dans l'av5ir1 quelle s]a la de/9e de son fr]e2 il semble que ,zulmane l'ait d\ de t\t ce qui doit r5dre un ,pr9ce accompli1 t\s ses dons auront leur effet2 mais s]ont-ils suffisans8 ,puisse-t-elle ne s'tre po9t abuse sur le succs qu'elle en espre6 ,j'employ]ai bi5 mieux ma sci5ce en faveur d',asad4 ,dans ce mom5t o il ne fait que de natre1 ce s]oit peut-tre en va9 que je le d\]ois des plus heureuses qualits2 les impressions qu'il recevra1 dans la suite1 des objets dont il s]a environn1 mille ob/acles diffr5s1 p\rroi5t altr] l'effet de mes dons1 si je l'ab&onnois lui-mme4 ,elle prit alors le ,pr9ce entre ses bras3 ,o prcieux enfant de la mortelle que j'ai le plus *rie1 dit-elle1 je v]s]ai1 sans cesse1 dans ton ame ces ,philtres imp]ceptibles qui dvelop5t les v]tus1 qui t\ff5t les sem5ces des vices3 ,je ne te p]drai pas un in/ant de ve1 jusqu'au temps o tu s]as digne de rgn]4 ,a cette promesse1 si intressante1 ,zorade s5tit un transport de joie1 qui1 en t]m9ant sa vie1 en r5dit les d]ni]s in/ans dlicieux4 ,la ,fe1 qu'elle t5oit embrasse1 vit son ame1 qui1 s'levant sur ses ales immortelles1 ret\rnoit au c5tre de la lumire1 d'o elle toit desc5due4 ,alsime prit les rnes du ,g\v]nem5t p5dant l'enfance des deux ,pr9ces1 respectant l'ouvrage de ,zulmane1 elle ne s'occupa1 l'g>d de l'an1 que du so9 de veill] la cons]vation de sa vie1 rs]va1 p\r le second1 t\s les secrets de son art1 qui s]voi5t embellir les ames4 ,les deux ,s\v]a9s avancr5t ins5siblem5t en ge2 ,alcimdor m>qua de bonne heure le mpris des dang]s1 ou plutt il p>ut s'y expos] sans les connotre2 il montra t\j\rs plus d'esprit qu'on n'en devoit naturellem5t att5dre des diffr5s ges1 o il passoit successivem5t2 mais on dmloit qu'en lui1 l'esprit n'toit que comme un tal5t p> lequel il toit dom91 non une lumire dont il ft usage au gr de sa raison4 ,on reconnut1 enf91 qu'il ne lui manquoit aucun des dons que ,zulmane lui avoit faits2 mais qu'il s'en faloit bi5 que ces dons ne rempliss5t l'ide qu'on en avoit conue3 cep5dant p]sonne n'osoit lui donn] des conseils1 p> respect p\r la ,fe qui l'avoit d\4 ,a l'g>d d',asad1 son esprit ne s'toit dvelop que p> une gradation ord9aire2 mais dans ses diffr5s progrs 7graces aux premires impressions qu'il avoit rees de la ,fe1 qui1 p> ses so9s1 se p]fectionnoi5t t\s les j\rs7 il pr5oit un c>actre aimable4 ,ce n'toit po9t ce que la supriorit a d'bl\issant1 qui clatoit en lui1 on y dc\vroit ce qui la c>actrise bi5 davantage1 une raison claire1 gale1 assaisonne d'agrm5t4 ,la ,fe lui avoit fait deux prs5s d'un prix ine/imable2 l'un toit une glace1 dont voici la m]veilleuse proprit3 il ne faloit que s'y considr] fixem5t1 aprs s'tre fait une habitude de la reg>d]1 on s'y voyoit1 en mme temps1 tel qu'on toit1 tel qu'on croyoit tre4 ,l'autre1 toit une sorte de microscope1 qui faisoit di/+u] dans les objets les plus attirans1 ce qu'ils avoi5t de trompeur1 de *imrique4 ,il semble qu' faire un usage habituel de ce secret1 comme presque t\s les plaisirs sont mls d'illusions1 on dt tomb] bi5-tt dans une indiffr5ce insipide2 mais le microscope ne grossissoit que les illusions dang]euses1 p\r la ,socit2 celles qui ne p\voi5t nuire qu' n\s-mmes1 il laissoit notre raison le so9 de les ap]cevoir4 ,ces dons prcieux sont re/s sur la t]re1 mais on a presque entirem5t r5v]s la manire d'en faire usage4 ,les deux ,pr9ces1 ayant atte9t dix-huit ans1 la ,fe dcl>a que de cet in/ant ils re/oi5t *>gs1 l'un l'autre1 du poids r$\table du ,g\v]nem5t4 ,il ne m'e/ plus p]mis1 dit-elle ,asad1 de re/] auprs de v\s2 mais je desc5drai s\v5t de la ,rgion lum9euse d'o les ,fes considr5t1 d'un c\p d'il1 t\s les vnem5s de la t]re2 je vi5drai j\ir1 avec le ,pr9ce que j'ai =m1 que j'aime1 de la flicit qu'il ma9ti5dra dans cet ,empire4 ,a ces mots1 elle s'leva dans les airs1 porte sur un nuage d'azur1 disp>ut4 ,la puissance s\v]a9e se tr\va donc p>tage1 galem5t1 entre ,alcimdor ,azad4 ,ils avoi5t une t5dre amiti l'un p\r l'autre2 t\s deux dsiroi5t rgn] avec quit2 t\s deux agissoi5t dans cette mme ve2 mais leur c>actre n'avoit aucune ressemblance2 il arrive s\v5t1 qu'avec des pr9cipes communs1 mme des lumires gales1 la diffr5ce du c>actre des hommes1 en met une bi5 gr&e dans leur conduite4 ,alcimdor1 9branlable dans ses projets1 ds qu'ils lui p>oissoi5t quitables1 n'exam9oit jamais assez les inconv5i5s qui en p\rroi5t natre4 ,son ambition se t\rnoit-elle v]s la gloire1 son c\rage ne lui laissoit envisag] que celle des ,conqurans2 sa probit ne lui auroit pas p]mis de faire usage1 p\r y p>v5ir1 de moy5s inju/es2 mais t\t ce qui p\voit tre un sujet de gu]re lgitime1 lui p>oissoit une ncessit de l'entrepr5dre4 ,p>-t\t o la =ce p\voit tre employe1 sans inju/ice1 il la prfroit des voyes d\ces1 qui1 avec plus de temps1 auroi5t am5 les mmes succs4 ,son fr]e1 acc\tum p> degrs1 ds l'enfance1 ne considr]1 dans les prrogatives du ,trne1 que les v]tus qu'elles donn5t lieu au ,s\v]a9 d'ex]c]1 ne se p]mettoit aucune ide de gloire1 qui ne ft compatible avec le bonheur de ses ,sujets4 ,il p5soit que la vritable puissance doit s'impos] elle-mme des bornes2 il reg>doit1 comme autant de triomphes1 ces effets favorables que la prud5ce le temps p>gn5t l'autorit2 la ,c\r1 le ,peuple1 bnissoi5t sa conduite1 autant qu'ils voyoi5t celle de son fr]e avec tr\ble inquitude4 ,il toit difficile que des ,s\v]a9s1 si diffr5s p> le c>actre1 vcuss5t long-temps dans l'union p>faite1 qui toit ncessaire p\r le bi5 du ,g\v]nem5t4 ,en effet1 il nquit bi5-tt1 entr'eux1 un sujet de division4 ,alcimdor ayant dc\v]t qu'ils avoi5t d'anci5s droits sur un ,royaume vois91 possd alors p> le ,pr9ce ,mutalib1 proposa d'arm] p\r le faire valoir4 ,asad se refusa ce projet3 ,mon fr]e1 dit-il1 l'ambition la plus glorieuse p\r n\s1 n'e/ pas de dev5ir plus puissans2 n\s le sommes assez1 tant suprieurs aux autres ,pr9ces d',arabie4 ,que n\s s]viroi5t de n\velles ,prov9ces1 de n\velles ri*esses8 ,elles ne n\s donn]oi5t pas de n\velles v]tus4 ,p\rquoi expos] des ,sujets1 qui n\s aim5t1 p\r en s\mettre d'autres1 qui ne n\s reg>d]oi5t que comme des ,tyrans8 ,ri5 n'ose tr\bl] notre tranquillit2 n\s sommes respects2 faut-il1 sans sujet1 n\s montr] r$\tables8 ,asad p>la en va91 voyant que son fr]e p]si/oit dans ses desse9s1 il lui proposa de sp>] leur ,etat en deux ,s\v]a9etez diffr5tes2 ce p>tage accept1 pe9e fut-il entirem5t t]m91 qu',alcimdor entreprit la gu]re2 elle fut malheureuse4 ,va9cu1 au lieu d'tre ,conqurant1 il eut rec\rs ,asad2 il dem&a des tr\pes1 p\r v5g] sa dfaite2 mais ,asad prfra de lui procur] un sec\rs plus salutaire4 ,il fit alliance avec le ,pr9ce qu',alcimdor avoit attaqu2 dev5ant1 p\r l'av5ir1 un g>ant contre les att5tats de son fr]e1 la paix fut conclue4 ,le sceau de cette paix toit un d\ble m>iage2 ,mutalib1 ayant deux filles1 il fut arrt que l'ane p\s]oit ,alcimdor1 qu',asad s]oit uni la seconde4 ,bi5-tt les ftes de l'hym5 succdr5t aux tr\bles de la gu]re1 la prs5ce d',alsime a*eva de donn]1 cette crmonie1 t\t l'clat qui p\voit l'embellir4 ,les deux ,pr9cesses1 qui ne se ressembloi5t1 ni p> la figure1 ni p> l'esprit1 toi5t ornes de bi5 des qualits r>es4 ,celle qu'p\sa ,alcimdor1 avoit en p>tage t\s ces traits rguli]s1 dont l'assemblage =me ce qu'on e/ conv5u d'appel] la beaut2 mais qu& on avoit dit qu'elle toit extrmem5t belle1 il ne re/oit plus ri5 aj\t] l'loge de sa figure4 ,ce qui fut rem>qu bi5 davantage1 c'e/ qu'elle se tr\va avoir1 exactem5t1 le mme esprit1 le mme c>actre qu'on dc\vroit dans ,alcimdor2 cette con=mit fit p5s] aux deux ,c\rs1 que ces ,ep\x pass]oi5t1 ensemble1 une vie extrmem5t heureuse4 ,l'vnem5t fut t\t--fait contraire3 ,t\s deux1 ne v\lant qu'tre svrem5t ju/es quitables1 toi5t sans complaisance1 ds qu'ils croyoi5t leur op9ion ou leurs desse9s raisonnables3 ,t\s deux1 avec beauc\p d'esprit1 tr\voi5t1 dans leur entreti51 des sujets de dgt1 d'loignem5t1 d'inimiti3 ,*acun1 p> am\r de la s9crit1 ne mnageoit po9t la vanit de l'autre1 mme l'g>d des objets indiffr5s1 qu& il voyoit un ju/e motif de la mortifi]2 1 p> cette conduite1 ils fur5t bi5-tt rduits au simple comm]ce de conv5ance1 de reprs5tation4 ,la de/9e d',asad dev9t bi5 diffr5te1 ce fut son ouvrage4 ,la ,pr9cesse1 qui l'hym5 l'unissoit1 dont il fut t\j\rs aim p]duem5t1 avoit t\t ce qui peut remplir le cur1 ex]c] la raison d'un p\x2 sa figure ne donnoit po9t l'ide de ce qu'on reg>de communm5t comme la beaut2 mais les femmes mmes av\oi5t1 en la voyant1 que p\r tre sre de plaire1 il faloit tre faite comme elle4 ,d'ailleurs1 p> les graces de l'esprit du c>actre1 *>mante p\r les p]sonnes qui lui toi5t indiffr5tes1 elle dev5oit1 l'g>d de ce qu'elle aimoit1 du comm]ce le plus p9eux le plus difficile3 ,ne s9cre avec un cur extrmem5t s5sible1 le srieux1 ou la joie1 les g>ds1 les devoirs1 la raison mme1 pr5oi5t en elle t\te l'imptuosit des passions3 ,pntrante sur ce qui se passoit dans une ame qui lui toit *re1 si elle ne dc\vroit pas dans la complaisance qu'on lui m>quoit1 le peu que lui cotoit celle qu'elle faisoit si naturellem5t p>otre2 si elle ne tr\voit pas dans l'amiti1 dans la confiance1 cette dlicatesse1 cette t5due sans rs]ve1 qui c>actrisoit la si5ne2 elle passoit aux repro*es1 la d\leur1 au dsespoir2 sa socit1 enf91 toit alt]nativem5t dlicieuse insupportable4 ,asad *>m des v]tus1 de l'esprit1 de la t5dresse qu'il tr\voit en elle1 faisoit grace aux imp]fections du c>actre3 ,lo9 d'y oppos] jamais1 ni d'impati5ce1 ni d'aigreur1 c'toit cette condesc5dance1 cette d\ceur1 qui nat d'une vritable amiti1 que s\ti5t la raison1 qui n'a ri5 de la foiblesse4 ,p]suad qu'on ne peut trop pr5dre sur soi1 p\r faire cess] les torts les *agr9s de ce qu'on aime1 il cdoit1 il ram5oit bi5-tt le calme2 ins5siblem5t1 ayant va9cu l'imptuosit de l'humeur1 il ne re/a que la t5dresse2 eh quelle t5dresse6 ,elle n'avoit plus de s5tim5s1 qui ne s]viss5t le r5dre heureux4 ,leur ,c\r ne respiroit que le plaisir1 la dc5ce le zle3 ,t\t ce qui les environnoit1 s5toit un empressem5t leur plaire1 qui ne t5oit ni de l'intrt ni de la s]vitude4 ,bonheur ine/imable1 presque t\j\rs ignor des ,s\v]a9s6 ,ils p\voi5t quelquefois oubli] qu'ils avoi5t des ,c\rtisans1 ne se croire ent\rs que d'amis aimables s9cres4 ,les tal5s1 les arts1 *ris protegs p> eux1 avoi5t1 p\r pr9cipale ambition1 la gloire de conc\rir aux d\ceurs de la vie de deux matres si respectables2 t&is qu' la ,c\r d',alcimdor1 le dsir de plaire1 n'toit qu'une cra9te de la disgrace1 que1 jusques aux amusem5s aux plaisirs1 t\t toit mis au rang des devoirs au/res3 ,a9si les dons de ,zulmane1 n'avoi5t produit1 ,alcimdor1 d'autre =tune1 que de se voir ,s\v]a91 sans avoir l'am\r de ses ,sujets1 ,ep\x malheureux1 sans aucun motif considrable de se pla9dre de la ,pr9cesse4 ,on auroit cr1 qu'avec une conduite si diffr5te1 ces deux ,pr9ces n'auroi5t d jamais pr\v] une commune de/9e2 mais1 t\t c\p1 il sortit du fond de la ,t>t>ie1 un ,peuple de ,gu]ri]s1 qui p>v9r5t jusqu'en ,arabie4 ,en va9 les autres ,s\v]a9s joignir5t leurs =ces celles d',alcimdor d',asad4 ,ces hommes inconnus1 toi5t braves1 discipl9s1 si =midables en nombre1 qu'ils accablr5t t\t ce qui s'opposa leur passage4 ,leur ,roi1 nomm ,at]ganor1 ajotoit encore leur =ce leur valeur1 p> la haute op9ion qu'ils avoi5t de l'lvation de son ame4 ,ce ,conqurant s'tant emp> de la ,ville ,capitale des ,etats d',asad1 7c> ce ,pr9ce1 qui avoit t va9cu le d]ni] de t\s1 s'y toit retir avec son fr]e7 ,at]ganor assembla les hommes les plus considrables des deux ,nations1 leur p>la a9si4 ,je n'ai pas prt5du v\s conqurir1 p\r v\s mettre dans l'esclavage4 ,je sai quelles sont vos v]tus2 elles ont accr l'ambition que j'avois de rgn] dans l',arabie4 ,des hommes1 tels que v\s1 ne doiv5t obir qu'au plus gr& ,roi de la t]re1 au ,mon>que de la ,t>t>ie4 ,peuples1 que j'ai s\mis1 je ne vi5s po9t emport] vos ri*esses1 ni =c] vos volonts3 ,cons]vez vos usages1 vos murs1 *oisissez1 v\s-mmes1 le n\veau ,matre1 qui1 s\s mon autorit1 s]a *>g du so9 de v\s r5dre heureux4 ,j'tablis1 de ce mom5t1 l'entire galit de condition4 ,que1 p5dant d\ze soleils1 il n'y ait plus entre v\s1 d'autres di/9ctions1 d'autres g>ds1 que ceux qui s]ont volontaires3 ,employez ces j\rs1 d'une lib]t si pure1 v\s lire un ,s\v]a92 ft-il tir du sang le plus obscur1 sur la foi de votre *oix1 il me p>otra digne de rgn]4 ,le ,va9queur dit ensuite aux deux ,pr9ces1 qu'il les laissoit libres dans leur ,palais1 il alla camp] au milieu de cette r$\table ,arme qui environnoit la ,ville4 ,l'galit de condition ordonne1 fit natre une rvolution subite2 t\s ceux p\r qui la s]vitude1 les devoirs1 le respect1 avoi5t t un f>deau1 ne songr5t plus le support]4 ,entre les p]sonnes acc\tumes tre prv5ues1 faire autant de loix de leurs volonts1 plusieurs cons]v]5t1 pe9e1 de l'autorit dans leur famille4 ,les ,g>des1 les ,(fici]s d',alcimdor1 ds]tr5t t\s de son ,palais1 un ,palais ds]t e/ plus tri/e qu'une cabane habite2 ses ,c\rtisans l'ab&onnr5t1 ne s'occupant plus que de la "p qu'ils devoi5t avoir l'lection d'un n\veau matre4 ,alcimdor la ,pr9cesse son ,ep\se1 acc\tums la hauteur la confiance qu'une longue prosprit fait natre1 ne connoissoi5t po9t l'lvation d'ame1 qui fait ennoblir l'adv]sit2 ils re/r5t seuls1 humilis4 ,at]ganor v\lut j\r du spectacle de ces *angem5s2 il aimoit voir l'abbattem5t ou la dignit avec laquelle on s\t5oit les gr&s rev]s4 ,il rem>qua1 dans les diffr5s tats1 avec plaisir1 des hommes dont t\te la considration avoit disp>u avec leur crdit ou leurs titres2 qui1 d'un rang di/+u1 qui les levoit1 rduits leur propre mrite1 tomboi5t confondus mpriss1 dans la f\le4 ,mais quel fut l'excs de son tonnem5t1 lorsqu'arrivant au ,palais d',asad1 il *]*a inutilem5t les m>ques de la rvolution qu'il s'att5doit d'y reconnotre8 ,il voit les ,g>des dans leur devoir1 les ,c\rtisans1 d'autant plus occups m>qu] leur fidlit leur ,matre1 que cet hommage toit un gage de leur v]tu4 ,il tr\va le ,pr9ce la ,pr9cesse dans une assiette d'ame galem5t loigne de la f]met fa/ueuse1 de la tri/esse humiliante3 ,ils ne s'entret5oi5t que du dsir de voir c\ronn] un ,s\v]a91 qui r5dt heureux des ,sujets dont ils pr\voi5t1 d'une manire si admirable1 le respect l'am\r4 ,at]ganor crut tre abus p> un songe4 ,o =tun ,asad6 s'cria-t-il1 v\s1 respectable ,pr9cesse1 que votre gloire e/ suprieure la mi5ne6 ,v\s m'appr5ez que je n'ai po9t encore rgn4 ,je n'envisageois que la dom9ation qui nat de la =ce1 qui ne s'entreti5t que p> la cra9te1 qui ne *]*e qu' s't5dre4 ,v\s me faites connotre que la vritable autorit sur les hommes1 a sa s\rce dans leur cur4 ,alors les ,dputs des deux ,nations se prs5tr5t p\r propos] le ,roi qu'ils avoi5t *oisi4 ,t\s proclamr5t ,asad2 on ne voyoit p>-t\t que des l>mes de zle1 d'am\r de joie2 on n'ent5doit que le nom d',asad4 ,at]ganor1 ce spectacle1 desc5dit du trne2 il dposa son sceptre entre les ma9s d',asad1 plaant sa propre c\ronne sur la tte de la ,pr9cesse3 ,regnez1 leur dit-il1 puisque t\s les curs v\s appell5t1 non p\r reconnotre un ,roi suprieur v\s4 ,os]ois-je assujettir ceux dont j'admire l'exemple1 dont les v]tus m'in/ruis5t8 ,je r5s la ,s\v]a9et t\s les ,pr9ces que j'avois va9cus1 je n'ex]c]ai ici qu'un seul droit de l',empire3 ,qu',alcimdor cesse d'tre ,s\v]a94 ,je runis1 p\r v\s seul1 les ,etats que v\s aviez p>tags avec lui4 ,comme ,at]ganor a*evoit ces mots1 on ent5dit un c\p de tonn]re1 ,zulmane p>ut sur un *>2 p\r drob]1 aux yeux des mortels1 le ,pr9ce qui ses dons avoi5t t si peu pr(itables1 elle enleva ,alcimdor1 a9si que sa ,pr9cesse1 se p]dit dans l'imm5sit des airs4 ,alsime s'(frit1 alors1 sur un trne brillant des plus vives c\leurs de la lumire2 elle confirma la loi1 si ju/e1 qu',at]ganor v5oit de faire1 qui assuroit le bonheur des ,peuples que lui avoit recomm&s ,zorade4 ,elle reconnut1 avec transport1 dans la n\velle gloire1 dont ,asad toit environn1 les fruits heureux de son ducation2 c'e/ depuis cette poque du rgne d',asad1 que cette ,p>tie de l',arabie a t nomme l',arabie heureuse4 ,l',,isle ,,de ,,la ,,lib]t4 ,,conte4 ,un ,en*anteur1 ennuy d'ent5dre des hommes condamn]1 p>ticulirem5t1 dans autrui1 les dfauts qu'ils avoi5t eux-mmes1 rsolut de dmasqu] les premi]s qui lui ti5droi5t p>eil langage4 ,il se retira dans une ,isle1 publia que ceux qui vi5droi5t s'y tablir1 y s]oi5t libres de faire leur volont1 n'pr\v]oi5t jamais d'inju/ices1 de la "p des habitans4 ,a pe9e cette n\velle fut-elle rp&ue1 qu'il vit arriv] trois p]sonnages1 de l'espce de ceux qu'il att5doit4 ,v\s dsirez le droit de ,citoy5s1 leur dit-il8 je vais v\s l'accord]4 ,voici l'unique condition que j'impose3 ,dites-moi1 *acun1 quel e/ votre c>actre1 votre gt dom9ant2 on crira sur la ,li/e de nos ,insulaires ce que v\s allez dict]1 1 ds ce mom5t1 v\s p\rrez vivre ici de la manire qui v\s convi5dra1 sans que p]sonne v\s en emp*e4 ,l'un1 qui s'appelloit ,almon1 dit3 ,je suis naturel1 je hais la dissimulation1 je me montre tel que je suis1 voil mon c>actre4 ,on crivit3 ,almon e/ naturel4 ,p\r moi1 dit le second1 qui se nommoit ,alib1 ,j'aime plaire1 faire ce qui amuse les autres1 j'ai acquis les tal5s qui peuv5t y contribu]4 ,on crivit3 ,alib aime plaire4 ,il faut que je l'av\e1 dit le troisime1 qui avoit nom ,zanis1 ,je suis extrmem5t s+uli]4 ,on crivit3 ,zanis e/ s+uli]4 ,v\s p\vez prs5t1 leur dit l',en*anteur1 v\s livr]1 sans aucune contra9te1 au g5re de vie qui v\s plaira2 allez1 on va v\s conduire l'habitation qui v\s e/ de/9e4 ,qu& ils fur5t p>tis1 l',en*anteur dit ceux qui =moi5t sa ,c\r3 ,v\s voyez avec quelle confiance ces trois hommes vi5n5t d'annonc] leur c>actre2 ,je vais v\s en faire un portrait vritable3 ,almon1 sans g>ds p\r ce qui convi5t aux autres1 e/ acc\tum ne se jamais contra9dre2 quoiqu'il ait de l'esprit1 s'il l\e1 ou s'il blme1 c'e/ t\j\rs p> caprice2 voil ce qu'il appelle tre naturel4 ,sans desse9 de dom9]1 il e/ dcidant2 il p>le p> la seule envie de p>l]2 il int]rompt p\r dire son avis1 contr>ie s\v5t celui qui vi5t le suivre2 en un mot1 rempli de dfauts contre la ,socit1 leur donnant libre c>rire2 voil ce qu'il appelle har la dissimulation4 ,alib1 qui effectivem5t a bi5 des tal5s1 ne les emploie que contre lui2 il veut qu'on l'c\te1 sans cesse1 il veut tre applaudi1 l'tre seul2 il appelle cette sorte de tyrannie1 aim] plaire4 ,a l'g>d de ,zanis1 t\j\rs occup ne ressembl] p]sonne1 il rit de ce qui attri/]oit les autres1 reg>de d'un il fune/e t\t ce qui excite la gaiet4 ,facile dml]1 lorsqu'il se croit impntrable1 on voit qu'il s'e/ fait le mat9 une li/e des tonnem5s1 des di/ractions1 des caprices qu'il aura dans sa j\rne2 indiscret1 contr$isant1 inju/e2 il se croit ju/ifi1 suffisamm5t1 qu& il a dit1 ,c'e/ que je suis s+uli]2 il croit1 mme1 avoir fait son loge4 ,j\ssons sans qu'ils n\s ap]oiv5t1 des avantures qui vont les surpr5dre4 ,a ces mots1 l',en*anteur ses confid5s dev9r5t invisibles4 ,almon1 en sortant de *ez l',en*anteur1 se tr\va prs d'un sup]be ,palais1 dc\vrit au frontispice une table de ,lapis1 sur laquelle des caill\x transp>5s1 =moi5t cette inscription1 qui toit bl\ssante4 ,t\t le monde a raison4 ,almon1 frap de curiosit1 entre2 comme il appro*oit du ve/ibule1 il ent5d un bruit de div]s in/rum5s4 ,le bruit cesse1 deux portiques s'ouvr5t1 il voit p>otre deux ,hrauts1 dont l'habillem5t toit compos de t\t ce qui c>actrise les diffr5tes conditions des hommes1 qui m>*oi5t v]s lui1 tantt avec une affectation de gravit1 tantt avec de fausses graces1 quelquefois d'une manire comique4 ,c'e/ ici le ,palais d',alcanor1 lui dit le premi] qui l'aborda3 ,v\s p\rrez le reg>d] comme le vtre1 ajota le second2 t\t de suite1 repr5ant alt]nativem5t la p>ole1 sans donn] ,almon le temps de rpondre1 ils cont9ur5t a9si3 ,cette retraite e/ *>mante2 ,,on ,,peut ,s',y ,,ennuy]1 ,,et ,,le ,,dire2 ,on peut1 ds qu'on s'y plat1 y pass] les j\rs enti]s2 ,,on ,,peut ,n',y ,,v5ir ,,que ,,p> ,,caprice1 ,,re/] ,,ou ,,disp>o,,tre4 ,alcanor e/ sans cesse environn de t\t ce qui fait l'amusem5t des autres4 ,,on ,,peut ,,croire ,,que ,c',,e/ ,,p\r ,,le ,,si5 ,,propre ,,qu',,il ,,en ,,use ,,a9si1 ,,et ,,ne ,,lui ,,en ,,savoir ,,pas ,,le ,,mo9dre ,,gr4 ,ce dialogue a*ev1 ,almon se tr\va prs de l'app>tem5t2 les deux ,hrauts alors lui rptr5t trois fois de suite1 p>lant en mme temps3 ,ici t\t le monde a raison4 ,les ,hrauts se retirr5t1 ,almon entra dans un magnifique sallon4 ,il vit un gr& nombre d'hommes de femmes1 qui1 p> leur ma9ti51 leurs occupations1 leurs disc\rs1 sembloi5t se croire seuls4 ,l'un rve1 l'autre danse2 celui-ci p>le1 n'e/ po9t c\t2 celle-l s'exam9e dans une glace1 rvle1 t\t haut1 ce qu'en secret son am\r propre lui inspire de bonne op9ion d'elle-mme3 ici on ent5d dire1 j'ai beauc\p d'esprit2 l1 je suis une crature p>faite4 ,enf9 ce sont beauc\p de g5s en un mme lieu1 qui ne =m5t po9t de ,socit4 ,alcanor1 assis sur une espce de ,trne1 p>oissoit n'tre po9t occup des autres2 les autres ne l'toi5t po9t de lui4 ,dans des mom5s1 il toit environn d'un c]cle1 o t\s p>loi5t ensemble1 quelquefois c'toit un sil5ce taciturne qu'on y voyoit rgn]4 ,almon1 qui n'avoit t rem>qu de p]sonne1 v9t s'asseoir auprs d',alcanor1 lorsque l'entreti5 se t\rnoit sur l'loge de la politesse4 ,si v\s en tes1 dit ,almon1 en int]rompant1 df9ir la politesse des habitans de cette ,isle1 la conv]sation tomb]a bi5-tt3 ,je s]ois bi5 f* de v\s emp*] de p5s] comme il v\s plat1 rpondit ,alcanor1 avec un air de circonspection2 mais1 comme je hais la dissimulation1 je v\s av\]ai que votre op9ion me p>ot la plus dnue de s5s commun1 de jugem5t1 de raison1 d'esprit2 la politesse ne consi/e que dans de c]ta9s usages conv5us1 v\s ignorez les ntres8 ,et je les ignor]ai1 rep>tit ,almon1 mo9s que p\r m'acquit] avec v\s1 je n'appr5ne rpondre d'une manire =t dsobligeante4 ,dsobligeante6 dit l'p\se d',alcanor1 avec un s\rire d'amiti1 elle n'e/ que naturelle1 je v\s av]tis 7c> j'aime mes vois9s7 qu' en jug] autrem5t1 v\s p>oissez ridicule2 v\s faites bi51 on se montre ici tel qu'on e/4 ,almon v\lut rpliqu]4 ,si v\s insi/ez1 int]rompit la ,dame1 v\s s]ez un sot1 je v\s le dis1 p>ce que je le p5se1 que je hais la dissimulation4 ,l',en*anteur p>ut alors4 ,quelle insupportable lib]t que celle de votre ,isle6 s'cria ,almon2 on n'y pr\ve1 m'aviez-v\s dit1 aucune inju/ice de la "p de vos ,citoy5s6 ,sans d\te1 rpondit l',en*anteur1 c'e/ v\s qui tes inju/e4 ,v\s avez dcl> que v\s tiez naturel1 j'appr\ve que v\s le soyez2 mais croyez-v\s avoir le privilge exclusif de l'tre8 ,appr5ez que c'e/ aussi le c>actre de t\s nos habitans4 ,p\vez-v\s v\s pla9dre des g5s qui v\s ressembl5t8 ,mais sortez d'erreur1 ,almon1 que les scnes qui vi5n5t de v\s dplaire1 v\s in/ruis5t2 il n'y a po9t de ,socit qui pt s'entret5ir1 si les hommes se montroi5t t\j\rs tels qu'ils sont3 il n'e/ p]mis de s'ab&onn] son naturel1 que qu& ce naturel s'accorde avec les usages1 les v]tus qui li5t la ,socit4 ,je le vois1 dit ,almon1 frap de ces vrits2 ,madame m'avoit bi5 promis que j'allois n'tre qu'un sot2 je le suis1 je comm5ce le connotre1 je veux re/] p>mi v\s1 af9 de m'en conva9cre1 au po9t de ne l'tre bi5-tt plus1 si je puis4 ,je rpons de v\s1 cont9ua l',en*anteur1 sans mme que mon art s'en mle2 avec de l'esprit un vrai dsir de plaire1 on se corrige bi5-tt de ses dfauts4 ,v5ez tre tmo9 des avantures de vos cam>ades1 elles s]viront encore v\s in/ruire4 ,a ces mots1 ils fur5t transports dans une maison1 o ,alib v5oit d'tre prs5t4 ,c'toit le r5dez-v\s de la bonne compagnie4 ,a pe9e ,alib fut-il assis1 qu'il s'emp>a de la conv]sation1 ce fut p\r tal] t\tes ses connoissances1 p\r montr] beauc\p d'esprit1 p\r p>l] de soi2 comme s'il n'y avoit eu dans le monde d'autre mrite que le si51 ou que celui des autres ne dt consi/] qu' savoir lui r5dre hommage4 ,on l'c\ta d'abord1 en lui donnant t\s ces tmoignages quivoques d'applaudissem5t1 tels qu'un c]ta9 s\rire de complaisance1 qu'on place1 s\v5t1 sans avoir ent5du ce qu'on l\e2 un mot dnu de s5s1 qu'on rpte1 d'aprs la p]sonne qui p>le1 comme si ce mot toit un oracle2 un reg>d1 qu'on adresse celui des c\tans1 qui passe p\r avoir le plus d'esprit1 comme p\r lui faire "p de l'admiration o l'on e/ de ce qu'on vi5t d'ent5dre2 ,alib augm5toit de bonne op9ion de lui-mme1 d'envie de p>l]4 ,bi5-tt1 p\r comm5c] le tir] de son erreur1 lorsqu'il prodiguoit des traits d'imag9ation1 on le l\oit sur l't5due1 sur la fidlit de sa mmoire2 s'il passoit des re*]*es1 qui ne suppos5t que de l'rudition1 on admiroit en lui l'excell5ce du gnie2 s'il faisoit des plaisant]ies de mauvais gt1 ou des contes us1 on le flicitoit d'avoir si bi5 l'esprit le langage du monde2 enf9 on l'accabloit de l\anges dplaces1 d'abord il n'ent5dit que les l\anges2 l'am\r propre1 mme dans un homme d'esprit1 e/ quelquefois si sottem5t crdule6 ,alib s'ap]ut ensuite1 que ces l\anges toi5t contre-s5s2 mais il p5sa que c'toit manque de ju/esse d'esprit dans les g5s qui l'applaudissoi5t1 leur st gr de l'int5tion4 ,il les repr5oit1 avec bont1 qu& il les voyoit a9si se mpr5dre2 il leur enseignoit1 d'une faon dt\rne1 la manire de le l\] conv5ablem5t4 ,l'assemble j\ssoit du plaisir de voir crotre l'orgueil le ridicule d',alib3 mais ce n'toit pas assez p\r elle1 il faloit qu'il s5tt sa situation4 ,t\t d'un c\p *acun *ange avec lui de conduite2 il v5oit d'annonc] le rcit d'une avanture trs-s+ulire qui lui toit arrive3 il comm5ce1 un homme l'int]rompt1 propos de s+ul>it1 raconte un songe trs-extraord9aire qu'il a fait la nuit prcd5te4 ,alib se contra9t1 s'impati5te2 il saisit enf9 une occasion de propos] des v]s assez heureux qu'il a composs4 ,au mot de v]s1 un autre en rcite de n\veaux1 voil ,alib rduit l'ennui d'c\t]1 ou du mo9s au dpit de se taire4 ,enf9 il se voit environn de tal5s qui le p]scut5t1 p>ce qu'ils sont applaudis1 qu'il ne tr\ve pas le mo9dre j\r1 p\r faire brill] les si5s2 il n'y peut plus t5ir1 il sort indign du peu d'g>ds qu'on a dans cette maison1 p\r le mrite d'autrui4 ,il va *ez l',en*anteur1 qui1 p\r t\te rponse ses pla9tes1 lui prs5te le ,livre sur lequel on avoit inscrit son c>actre2 il l'ouvre1 lit3 ,alib1 comme il croit tre1 ,il aime plaire4 ,alib1 comme il e/1 ,il ne veut que brill]4 ,alib ref]me le ,livre1 reg>de en piti l',en*anteur1 c\rt se remb>qu]4 ,il s'en ret\rne plus incorrigible que jamais1 dit l',en*anteur1 quelques connoissances1 div]s tal5s mdiocres1 peu d'esprit1 c'e/ de cet assemblage que la fatuit a pris naissance4 ,il ne manquoit l',en*anteur que de voir ,zanis sur la scne1 il eut bi5-tt satisfaction4 ,comme ,zanis passoit sur une gr&e place1 une tr\pe de g5s1 p>s d'une manire biz>re1 l'ent\r5t1 l'engag5t mont] dans un *>4 ,on connot votre mrite1 lui dit-on1 v\s tes digne du triomphe4 ,ils le conduis5t1 a9si1 dans une espce de ,temple1 o il tr\ve une nombreuse assemble4 ,il se prs5te avec une f]me rsolution d'tre plus s+uli] que jamais3 ma9ti5 re*]*1 propos haz>ds1 t\t e/ mis en uvre1 n'e/ po9t rem>qu2 il voit que1 bi5 lo9 d'tonn] p]sonne1 il e/ reg>d comme un homme l'ord9aire4 ,cela le dcont5ance2 il repr5d c\rage1 il avance une maxime in\e1 t\t le monde e/ de son op9ion1 on connoissoit cette faon de p5s]1 elle e/ commune4 ,son emb>ras se r5\velle1 il conte1 il exagre1 on comm5ce l'c\t]2 mais un autre pr5d la p>ole1 ti5t des disc\rs si outrs1 que ,zanis e/ presque rduit se tr\v] raisonnable2 enf9 il se retire avec le dpit d'avoir t unanimem5t l\ sur la ju/esse de son esprit1 sur la ret5ue de son imag9ation4 ,il rve1 il mdite1 il e/ pntr de d\leur 7c> ri5 n'e/ si humiliant que la draison affecte en pure p]te72 dans ce tr\ble d'esprit1 il e/ abord p> un petit homme1 qui1 avec t\t l'aju/em5t1 le ma9ti5 d'un vieill>d1 avoit pe9e dix-huit ans4 ,je vois bi5 que v\s tes un homme simple1 un esprit s5s1 lui dit le faux vieill>d4 ,on v\s a bi5 tonn dans la maison dont v\s sortez8 ,v\s n'tes pas encore assez in/ruit de l'humeur capricieuse de nos ,citoy5s2 ce sont des espces de f\s1 qui s'imag95t que c'e/ un gr& mrite que d'tonn] les autres p> une conduite s+ulire1 v\s s5tez bi5 quelle e/ la sottise de p5s] a9si8 ,les usages communs sont des conv5tions sages1 qui p>gn5t1 notre esprit1 le so9 de s'ex]c] sur des objets qui ne mrit5t pas de l'occup]4 ,concevez combi5 on rtrcit son imag9ation1 combi5 on l'avilit1 qu& on la ti5t sans cesse applique n\s faire m>*]1 ou rire1 ou t5ir nos c\des diffremm5t des autres hommes2 n\s faire p>otre impati5s ou tranquilles1 passionns ou indiffr5s1 p> cont5ance1 n\s faire dire oui ou non1 d'une manire rem>quable8 ,v\s v]rez ici bi5 des scnes qui v\s surpr5dront1 v\s n'en v]rez peut-tre pas une qui v\s amuse4 ,a =ce de se s+ul>is] t\s g>ds1 nos ,insulaires ont puis les moy5s les plus biz>res d'y p>v5ir2 imag9ez-v\s ce que c'e/ que l'extravagance qui se rpte6 ,p\r moi1 rev5u de la sotte ambition de p>otre extraord9aire1 je baille au seul s\v5ir de ce qu'elle m'a fait faire2 p\r ne plus retomb] dans un p>eil g>em5t1 je me suis impos t\s les assujettissem5s1 en mme temps1 t\s les avantages de la vieillesse4 ,je mne con/amm5t la vie sage retire1 qui lui e/ propre2 je passe les j\rnes au co9 de mon feu dans mon fauteuil1 bi5 clos1 j'y radote au milieu de ma famille2 je ne sors qu'un mom5t midi1 p\r me prom5] au soleil1 ne songe pas s'il y a dans le monde des f\s1 qui veul5t se di/+u]1 s]vir de spectacle aux autres4 ,le sage vieill>d tala t\t de suite une quantit de maximes rebattues sur la simplicit des premi]s hommes1 qui comm5oi5t t\tes p> ,autrefois4 ,zanis c\toit avec un secret dpit1 de l'tonnem5t que lui causoit cet homme1 qui extravaguoit p> pr9cipe4 ,cette scne f9ie1 plusieurs autres1 aussi peu att5dues1 se succdr5t1 remplir5t la j\rne de ,zanis2 s'il v\loit rv] ou p>l]1 il toit int]rompu2 dsiroit-il se mettre table1 on lui donnoit une comdie2 enf91 outr de la p]scution que lui faisoi5t s\ffrir les fantaisies de t\s ceux qu'il r5controit1 il c\rut *ez l',en*anteur3 ,laissez-moi p>tir1 dit-il1 vos habitans se donn5t p\r extraord9aires1 ils ne sont que contr>ians1 capricieux1 extravagans4 ,v\s faites leur portrait le vtre1 rpondit l',en*anteur1 au lieu de v\s vant] d'tre s+uli]1 que ne me disiez-v\s de bonne foi3 ,je meurs d'envie de le p>otre2 l'un e/ bi5 diffr5t de l'autre4 ,les g5s naturellem5t s+uli]s1 plais5t ord9airem5t dans la ,socit1 au lieu que celui qui ne l'e/ que p> tude1 outrant bi5-tt son p]sonnage1 ne t>de gure ennuy]1 f9it p> tre insupportable2 mais j'ai v\lu v\s dsabus]1 non v\s punir4 ,t\t ce qui v\s e/ arriv1 a9si qu' ,almon1 n'toit que pre/ige2 ret\rnez1 l'un l'autre1 dans votre ,patrie1 n'oubliez jamais1 s'il e/ possible1 que le naturel qui dplat doit se ca*]1 que l'ambition d'tre extraord9aire1 mne ins5siblem5t la folie4 ,,les ,,ayeux1 ,,ou ,,le ,,m]ite ,,p]sonnel4 ,,conte4 ,il y avoit jadis la ,c\r de ,p]se1 un usage s+uli] sur la manire de brigu] d'obt5ir les gr&es places4 ,lorsqu'il s'en tr\vait une remplir1 t\s ceux qui p\voi5t y prt5dre1 se prs5toi5t1 en mme temps1 devant le ,s\v]a93 l1 sur un talisman compos p> les ,gnies1 ils gravoi5t1 avec un diamant1 les titres qui leur donnoi5t lieu d'espr] la prfr5ce2 tel toit le p\voir du talisman1 que1 si p\r se faire valoir1 on y traoit quelques faits1 quelques loges de soi-mme1 qui blessass5t la vrit1 les c>actres1 en cet endroit1 *angeoi5t de c\leur1 lorsque le talisman passoit entre les ma9s du ,mon>que4 ,le ,roi1 qui toit le ,pr9ce de son sicle le plus quitable1 n'avoit tr\v que cet expdi5t1 p\r n'tre jamais tromp p> la vraisemblance4 ,un j\r que la ,prov9ce la plus considrable de l',empire1 se tr\va sans ,g\v]neur 7c'toit le ,khorassan71 comme il faloit1 p\r y reprs5t] avec dignit1 avoir des ri*esses imm5ses1 deux hommes seuls v9r5t se pro/]n] devant le ,roi4 ,l'un des concurr5s1 qui s'appelloit ,kosr\n1 desc5doit des ,giamites1 cette race si anci5ne si illu/re dans la ,p]se1 que peu d'autres osoi5t lui disput] la prm95ce2 outre un avantage si favorable1 p\r tre trait avec di/9ction p> le ,s\v]a91 ,kosr\n1 incapable de manqu] l'honneur1 quoiqu'au fond il n'y ft atta* que p> vanit1 joignoit encore une belle figure1 beauc\p d'esprit2 mais il toit n f>\*e imprieux2 son srieux dsignoit la fi]t1 son s\rire m>quoit une ironie mprisante4 ,occup sans cesse de ses ,ayeux1 il s'approprioit1 en ide1 comme si c'et t une p>tie de leur succession1 t\t ce qui avoit fait leur gloire4 ,?>zis1 7c'e/ le nom de son concurr5t7 desc5du d'une anci5ne famille1 mais peu connue1 s'toit acquis une considration1 telle1 qu'une plus haute naissance que la si5ne1 n'auroit p y ri5 aj\t]2 ayant les v]tus1 les tal5s qui r5d5t digne des gr&es places1 il p5soit si mode/em5t sur t\t ce qui p\voit tre sa gloire1 il p>oissoit si peu occup de son esprit1 dans les mom5s o il russissoit davantage1 qu'on lui p>donnoit1 sans pe9e1 une supriorit qui ne s]voit qu' r5dre son comm]ce plus aimable4 ,kosr\n1 aprs s'tre pro/]n avec affectation1 7comme si la ,c\r avoit eu beso9 de son exemple1 p\r r5dre au ,s\v]a9 ce devoir indisp5sable7 reut le talisman1 p]suad que son mrite seul dcidoit suffisamm5t en sa faveur1 voici ce qu'il se cont5ta d'y trac]4 ,mes ayeux moi4 ,le talisman passa ensuite dans les ma9s de ,?>zis1 qui p5sant que ses gr&es ri*esses toi5t le seul titre qui dt le faire prfr] plusieurs hommes de la ,c\r1 trs-dignes comme lui de cette place1 grava1 p\r motifs de la grace qu'il att5doit du ,mon>que1 ce peu de mots4 ,vos bonts mon zle4 ,le ,roi re/a1 quelques mom5s1 dans le sil5ce1 obs]vant le talisman2 il se t\rna ensuite v]s les portiques d'un sallon intrieur1 dont l'accs toit int]dit t\s ses ,c\rtisans3 ,a l'in/ant1 les portiques s'ouvrir5t2 on ent5dit un bruit ml du son des in/rum5s1 des acclamations qui accompagn5t un triomphe2 l'on vit p>otre soixante ,vieill>ds vnrables1 qui1 aprs s'tre incl9s1 avec respect1 se placr5t aux deux cts du ,trne1 *acun sur un trophe qui v5oit de s'lev]4 ,kosr\n1 tonn1 dem&a1 en secret1 quelles toi5t ces figures biz>res1 qui osoi5t se plac] si prs du ,s\v]a94 ,t\t g>da le sil5ce4 ,voyez1 dit le ,roi aux deux ,prt5dans1 ces sages ,vieill>ds qui m'environn5t1 plus clairs que moi1 ils vont *oisir entre v\s4 ,kosr\n1 bless de cette loi1 reprs5ta qu'il s'aviliroit reconnotre d'autre ,juge que son ,s\v]a91 lo9 de *]*] se r5dre favorables ces mmes ,vieill>ds1 dont sa de/9e p\voit dp5dre1 il exposa1 sans mnagem5t1 que l'ge p\voit avoir altr leur raison2 qu'atta*s des prjugs1 des usages qui avoi5t vieilli avec eux1 ils s]oi5t peut-tre inju/es1 avec le desse9 d'tre quitables2 enf9 son c>actre prsomptueux alti]1 son mpris p\r le re/e des hommes1 p>ur5t dc\v]t3 ,et quelques-uns de ces ,vieill>ds v\lant lui remontr] l'indc5ce des disc\rs qu'il osoit se p]mettre1 il ne daigna pas les c\t]4 ,son orgueil alla jusqu' leur repro*] de manqu] ce qu'ils devoi5t au seul homme qui re/t de l'illu/re race des ,giamites4 ,a ce nom1 les ,vieill>ds fir5t un cri d'indignation2 ,sa*ez1 dit le plus vnrable1 qui v\s faites ce repro*e1 c'e/ aux ,giamites mmes1 que v\s p>lez2 c'toit eux1 effectivem5t1 que le ,roi p\r confondre le prsomptueux1 p> les motifs mme1 qui faisoi5t natre sa confiance1 avoit voqus1 avec le sec\rs du talisman4 ,kosr\n1 alors1 dp\ill subitem5t de t\t ce qui fondoit sa considration1 ne fut plus ap] que p> ses dfauts2 il ne vit plus1 p\r lui1 dans t\s les yeux1 que le mpris1 ou une sorte de piti1 presqu'aussi humiliante4 ,appr5ez1 malheureux ,kosr\n1 cont9ua le ,vieill>d1 que celui qui les v]tus de ses ,anctres n'inspir5t qu'un s5tim5t d'orgueil qui le fait har1 e/ desav\ d'eux1 que lo9 d'avoir "p leur gloire1 il doit tre condamn l'oubli la honte d'tre inutile ces mmes ,concitoy5s1 dont il ddaigne d'tre aim4 ,le ,roi1 alors1 nomma ,?>zis1 les ,vieill>ds disp>ur5t4 ,on conoit quelle impression cet vnem5t fit dans la ,p]se1 sur l'esprit de ceux qui avoi5t d'illu/res anctres4 ,dans la cra9te de les voir r5atre t\t c\p1 on ne songea qu' se r5dre digne d'eux2 mais1 malheureusem5t1 le secret de les voqu] s'e/ p]du1 voici le seul effet qui re/e du p\voir du *>me2 qu& on m>que aux ,gr&s1 qui ne mrit5t ri51 p> eux-mmes1 des dfr5ces1 ou du respect1 une voix1 qu'eux seuls n'ent5d5t pas1 leur crie1 ,ce n'e/ pas v\s1 c'e/ vos ,ayeux1 que les g>ds dont v\s j\ssez s'adress5t4 ,,alidor1 ,,et ,,!rs&re4 ,,conte4 ,alidor1 ,!rs&re1 toi5t jumeaux1 d'une figure qui ne laissoit ri5 dsir]4 ,c'toit encore un autre prodige1 que leur p>faite ressemblance2 ils avoi5t1 avec beauc\p d'esprit1 l'un l'autre1 les mmes traits1 la mme action1 le mme son de voix2 il sembloit1 enf91 que la nature1 ayant =m l'un des deux1 avoit t si cont5te de l'ouvrage1 qu'elle avoit pris plaisir l'imit]1 sans la mo9dre diffr5ce4 ,ayant t adopts1 ds le b]ceau1 p> un ,en*anteur1 p> une ,fe1 ils ne manquoi5t pas d'usage du monde1 quoiqu'ils n'euss5t jamais habit qu'une ,campagne4 ,p> le sec\rs de la ,ferie1 les g5s aimables de *aque ,nation toi5t transports1 t\r t\r1 dans cette habitation1 sans qu'ils s'en ap]uss5t1 sans que cela dranget ri5 leur manire de vivre1 ni leurs plaisirs2 c'toit p5dant la nuit1 que le *>me les attiroit2 soit qu'ils dormiss5t ou qu'ils fuss5t table1 soit qu'un bal1 ou quelque autre fte1 les rassemblt2 les p]sonnes1 le s\p]1 le lieu1 t\t toit enlev dev5oit le spectacle du ,palais de la ,fe1 de l',en*anteur4 ,ceux qui avoi5t t transports p5dant le sommeil1 qui s'tant rveills dans le ,palais1 en avoi5t v les m]veilles1 s'imag9oi5t n'avoir fait que dormir1 rv]2 on a t bi5 long-temps qu'on pr5oit ces sortes de voyages p\r des songes4 ,alidor1 ,!rs&re passoi5t a9si une vie agrable4 ,l',en*anteur toit le meilleur homme du monde2 il n'avoit qu'une *ose de gnante1 c'e/ que1 comme il p5soit =t peu1 il v\loit qu'on p5st p\r lui1 qu'on ft1 tant que le j\r duroit1 occup l'entret5ir4 ,ce n'toit pas des raisonnem5s1 ni des rflexions qu'il dem&oit2 il ne v\loit que de ces *oses qu'on ent5d1 sans presque y donn] att5tion2 il exigeoit1 p> exemple1 que v\s lui contassiez t\s les petits dtails de votre j\rne1 c5t m9uties p>eilles qui ennuy5t1 ord9airem5t1 t\t autre que celui qui a la petitesse d'esprit de les racont]4 ,la ,fe1 au contraire1 avoit en antipa?ie quelqu'un qui p>loit de soi1 sans ncessit2 elle auroit mieux aim qu'on n'et eu ri5 lui dire2 mais ne v\lant contra9dre p]sonne1 comme ,alidor p>loit volonti]s de t\t ce qui le reg>doit1 elle l'avoit ab&onn l',en*anteur1 s'toit rs]v ,!rs&re2 l'ayant acc\tum1 de bonne heure1 ne po9t entret5ir les autres de ses petites avantures1 de ses gts1 de ses ha9es1 ni enf9 de t\t ce qui n'intressoit que lui4 ,!rs&re1 son fr]e toi5t dans leur v+time anne1 lorsqu'ils ent5dir5t un ,hraut qui crioit haute voix3 ,qui os]a mrit] l'honneur d'p\s] la fille du ,roi1 ou d'tre ,g\v]neur de la moiti du ,royaume8 ,il vi5t de natre un homme1 ou pltt un horrible mon/re deux ttes1 qui porte crit sur *aque front1 en c>actres de feu3 ,qu'on me donne la ,pr9cesse en m>iage1 ou je r5v]s]ai le monde4 ,comme il e/ fils d'un ,en*anteur1 il dissipe une ,arme p> le seul bruit de sa voix2 mais il peut succomb]1 s'il n'e/ attaqu que p> un petit nombre4 ,quiconque l'aura va9cu1 apport]a sa dp\ille1 recevra1 au *oix de la ,pr9cesse1 l'une des rcomp5ses promises4 ,le ,hraut ayant a*ev1 il leur remit un r\leau d'corce d'arbre1 sur lequel ils tr\vr5t trac3 ,,portrait ,,de ,,la ,,pr9cesse4 ,qu'avec le sec\rs de l'imag9ation la plus +nieuse1 on se reprs5te t\t ce qui =me une p]sonne *>mante1 p> la figure1 l'esprit le c>actre2 qu'ensuite on considre1 on ent5de la ,pr9cesse1 on dira3 ,je n'avois fait qu'une bau*e4 ,voil ce que je v\lois dpe9dre4 ,mon fr]e1 dit ,!rs&re1 n\s ne sommes encore connus que p> la s+ul>it de notre ressemblance4 ,c'e/ ici l'occasion de n\s signal]4 ,alidor fut du mme s5tim5t4 ,ils s'armr5t *acun d'un d>d1 d'un b\cli] d'une pe2 ayant appris que le ,gant1 qui p>c\roit c5t lieues de pays d'un soleil l'autre1 n'toit pas lo9 de leur *teau1 ils allr5t sa r5contre4 ,a pe9e fur5t-ils sur le bord d'un bois assez pro*e de leur demeure1 qu'ils ap]r5t un ,mon/re haut de tr5te pi$s1 ayant deux ttes huma9es1 des ales de cri/al1 quatre bras arms de griffes =t longues1 d5teles2 il ne voloit pas1 mais sec\ru de ces mmes ales1 il m>*oit avec une rapidit tonnante1 s'appuyant sur une norme massue4 ,malgr la supriorit que p>oissoit avoir1 sur eux1 un colosse si t]rible1 comme il avoit quelque *ose d'huma91 ils crr5t que ce s]oit une l*et de l'attaqu] ensemble4 ,ils p5soi5t que le c\rage l'adresse1 toi5t un g5re de =ce1 suprieur t\t autre1 ayant tir au sort1 qui le combattroit le premi]1 ,alidor fut le =tun4 ,il m>*a aussi-tt v]s le ,mon/re1 qui s'tant arm de son arc1 tira plusieurs fl*es1 dont la pesanteur auroit branl une t\r4 ,alidor les vita1 avec une adresse extrme1 lanant son d>d1 il fit1 l'une des ttes du ,gant1 une lgre blessure4 ,le ,mon/re1 alors1 faisant plusieurs m\vem5s de son norme massue1 causa une si gr&e agitation dans l'air1 qu',alidor tomba comme si un ouragan l'et r5v]s4 ,!rs&re1 voyant son fr]e hors de combat1 c\rut p\r le v5g]4 ,le ,gant t5oit un bras lev p\r accabl] son ennemi va9cu1 lorsqu'il ap]t le n\veau combattant1 qui lui crioit de se df5dre2 furieux de ce qu'un adv]saire1 qu'il tr\voit mprisable1 se flattoit de le mettre en pril1 il rsolut de lui faire s\ffrir une mort horrible4 ,on vit alors jaillir1 de ces mmes c>actres qu'il avoit imprims sur *aque front1 des s]p5taux enflamms1 des fl*es brlantes4 ,!rs&re1 lo9 d'en tre effray1 se jetta trav]s ces dang]s2 il lana son d>d avec tant de ju/esse1 qu'il fit au ,mon/re une pr(onde blessure4 ,le ,mon/re1 alors1 leva sa massue1 mais les =ces lui manqur5t1 il tomba1 ,!rs&re lui tran*a ces deux =midables ttes1 qui avoi5t caus tant de frayeur au ,roi la ,pr9cesse1 lorsque le ,mon/re avoit t la dem&] en m>iage4 ,p5dant ce combat1 ,alidor ayant repris ses esprits1 ,!rs&re lui1 allr5t faire "p de ce triomphe l',en*anteur la ,fe1 qui fur5t *>ms de ce qu'ils avoi5t t5t cette gr&e entreprise de leur propre m\vem5t4 ,allez1 leur dit l',en*anteur1 appr5dre au ,roi la mort du ,mon/re4 ,contez-lui1 bi5 en dtail1 les circon/ances de cette admirable n\velle2 recevez les rcomp5ses que v\s avez mrites4 ,la ,fe p>la diffremm5t ,!rs&re2 sans d\te1 lui dit-elle en secret1 v\s v\lez tre l',ep\x de la ,pr9cesse8 ,il faut mrit] qu'elle v\s prfre2 obs]vez1 plus svrem5t que jamais1 de ne po9t p>l] de v\s1 lors mme que v\s l'entreti5drez du s]vice que v\s v5ez de lui r5dre4 ,!rs&re rem]cia la ,fe1 rejoignit son fr]e2 ils p>tir5t4 ,ils arrivr5t le l5dema9 la ,c\r4 ,le ,roi la ,pr9cesse dja in=ms de t\tes les circon/ances de leur victoire1 v\lur5t1 p\r les recevoir avec di/9ction1 leur donn] *acun une audi5ce p>ticulire4 ,alidor1 comme l'an1 p>ut le premi]3 sa figure si belle si noble1 une c]ta9e grace1 qui p>oissoit dans t\tes ses actions1 l'une des ttes du ,mon/re qu'il portoit1 avec fi]t1 au b\t de son pe1 t\t cela =moit un contra/e qu'on voyoit avec une sorte d'admiration4 ,le ,roi la ,pr9cesse en fur5t fraps4 ,alidor conta comm5t son fr]e lui1 sur le rcit du ,hraut1 avoi5t rsolu de *]*] le ,gant4 ,il ne songea po9t p>l] du portrait de la ,pr9cesse1 mais il dpeignit la figure effrayante du ,mon/re1 t\t le pril de le combattre1 la blessure qu'il lui avoit faite1 enf9 l'effet de ce t\rbillon1 dont il avoit t r5v]s1 comme d'un c\p de tonn]re4 ,p5dant ce rcit1 qu',alidor orna de traits d'esprit d'loqu5ce1 flatt de l'espoir d'obt5ir la ma9 de la ,pr9cesse1 il avoit p>u beauc\p mo9s occup d'elle1 que de l'clat de sa propre avanture4 ,le ,roi1 aprs lui avoir donn t\tes sortes de tmoignages d'e/ime3 ,allez1 lui dit-il1 v\s appr5drez1 bi5-tt1 quelle s]a votre rcomp5se4 ,alidor se retira1 ,!rs&re fut introduit4 ,!rs&re ne portoit po9t une des ttes du ,mon/re1 comme avoit fait ,alidor1 il l'avoit dpose dans la salle des ,g>des1 au pi$ du faisceau d'armes4 ,il p>ut avec l'extrieur simple1 d'un homme qui n'auroit eu aucune "p l'vnem5t du j\r2 ce fut t\te la diffr5ce que la ,pr9cesse ap]t entre son fr]e lui2 tant1 d'ailleurs1 trs-surprise de leur ressemblance4 ,!rs&re s'avana1 avec beauc\p de grace1 de mode/ie2 il re/a dans le sil5ce1 att5dant que le ,roi lui p>lt1 reg>dant de temps en temps la ,pr9cesse4 ,c'e/ donc v\s1 brave ,!rs&re1 qui avez triomph du ,gant1 lui dit le ,roi8 ,mon fr]e l'avoit bless1 rpondit ,!rs&re1 depuis sa blessure1 il avoit pe9e se df5dre4 ,v\s rabaissez beauc\p la gloire de votre combat1 cont9ua le ,mon>que1 mais je suis in/ruit des prils que v\s avez bravs4 ,le ,mon/re toit facile va9cre1 reprit ,!rs&re1 sa vie tr\bloit le bonheur du ,roi1 les beaux j\rs de la ,pr9cesse4 ,c'e/ v\s qui me les r5dez ces beaux j\rs1 dit la ,pr9cesse1 v\s ne p>lez po9t de la rcomp5se6 ,v\s v5ez de l'accord]1 ,pr9cesse1 rpondit ,!rs&re1 v\s annoncez que v\s allez vivre heureuse4 ,cep5dant1 aj\ta le ,roi1 j'ai promis la moiti de mon ,royaume4 ,il app>ti5t t\t enti] la ,pr9cesse1 int]rompit ,!rs&re1 un don qui dim9u]oit de son bonheur1 ou de sa gloire1 p\rroit-il tre reg>d comme un bi5fait p> aucun de vos ,sujets8 ,c'e/ assez1 dit le ,roi1 v\s appr5drez comm5t je sais reconnotre un s]vice de cette importance4 ,qu& ,!rs&re se fut retir1 le ,roi1 qui n'aimoit pas mo9s que l',en*anteur1 ent5dre racont] de belles hi/oires1 dit sa fille3 ,me voil bi5 emb>rass2 celui-ci ne veut pas de la moiti de mon ,royaume2 il mrite1 cep5dant aussi1 une gr&e rcomp5se2 mais si tu te dt]m9es p\s] l'un des deux1 vraisemblablem5t tu ne pr5dras pas ,!rs&re4 ,il me p>ot qu'il a bi5 mo9s d'esprit que son fr]e3 il n'a pas s n\s cont] son combat1 comme avoit fait si agrablem5t ,alidor4 ,mon p]e1 rpondit la ,pr9cesse1 p>donnez si mon s5tim5t n'e/ pas con=me au vtre4 ,!rs&re ne me p>ot avoir d'avantage sur ,alidor1 que l'lvation d'ame1 qu'il montre1 en n'tant po9t occup de sa victoire3 ,eh1 quelle diffr5ce cela met entr'eux6 ,quiconque peut n'avoir po9t de vanit sur l'vnem5t le plus brillant de sa vie1 a sans d\te une =ce d'esprit1 une raison suprieure1 qui ne se dm5tiront jamais4 ,j'av\e que ,!rs&re m'a prv5ue en sa faveur1 que je l'p\s]ois sans rpugnance4 ,il me semble que je ne tr\v]ois dans ,alidor1 qu'un ,librateur1 qui se plairoit me faire s\v5ir que je suis sa conqute1 qui ds que la mo9dre inquitude vi5droit le saisir1 me prs5t]oit la tte du ,gant1 p\r me faire s\v5ir de ce que je lui dois1 qui rduiroit a9si ma t5dresse la reconnoissance4 ,dans ,!rs&re1 je dc\vre1 la fois1 un extrme dsir de m'intress] en sa faveur1 avec la cra9te gnreuse de me rappell] qu'il m'a s]vie2 il n'envisage1 dans ce qu'il a fait p\r moi1 il ne s5t1 que le plaisir d'avoir contribu au bonheur de ma vie1 n'ose s'en faire un titre p\r me plaire4 ,l'un s'applaudiroit sans cesse d'avoir mrit ma ma92 l'autre1 en la mritant davantage1 reg>d]a1 comme une grace1 de l'avoir obt5ue4 ,combi5 la mode/ie aj\te aux autres qualits qui r5d5t aimables6 ,me voil dtromp1 dit le ,roi1 je vois qu'effectivem5t ,!rs&re te plat plus que son fr]e2 dema9 n\s leur appr5drons leur de/9e2 envoyons invit] l',en*anteur la ,fe qui les aim5t1 v5ir tre tmo9s des effets de notre reconnoissance4 ,le l5dema91 l',en*anteur la ,fe tant arrivs1 le ,roi dcl>a1 qu',alidor auroit le ,g\v]nem5t de la moiti du ,royaume2 il ordonna qu'on prp>t les ftes qui doiv5t prcd] l'hymne2 ensuite il posa sa c\ronne sur la tte de sa fille1 lui remit son sceptre1 prs5tant ,!rs&re3 ,v\s tes ,re9e1 dit-il1 voil votre ,librateur4 ,la ,pr9cesse reg>da ,!rs&re1 lui donna le sceptre1 ,!rs&re tomba ses pi$s2 dev5u p]duem5t am\reux d'elle1 p\r avanc]1 d'un mom5t1 le bonheur de recevoir sa foi1 il auroit combattu un n\veau mon/re4 ,enf9 ce mom5t dsir arriva2 la ,pr9cesse ne s'toit po9t trompe2 ,!rs&re1 ,ep\x ,roi1 g>da la d\ceur1 la simplicit de son c>actre2 on p>le encore de la flicit1 t\j\rs gale1 dont la vie de ces deux ,ep\x a t remplie4 ,,les ,,voyageuses4 ,,conte4 ,une ,fe avoit trois nices2 l'ane toit belle1 la seconde jolie1 la troisime laide4 ,la belle toit si cont5te1 si glorieuse de l'tre1 qu'elle n'toit1 qu'elle ne v\loit tre que cela2 elle n'imag9oit po9t d'autre avantage dans le monde4 ,si elle m>*oit1 sa cont5ance sembloit v\s dire3 ,voyez de quelle air la beaut se promne2 dev5oit-elle rveuse1 la voyoit-on s'endormir1 s'veill]1 c'toit en attitude de belle p]sonne4 ,qu& v\s l'entret5iez des *oses qui la reg>doi5t le mo9s1 elle v\s rpondoit comme si v\s lui eussiez donn des l\anges4 ,on lui auroit racont la mort du gr& ,pan1 ou l'entreprise des argonautes1 qu'elle auroit cr que c'toit une allgorie sur ses *>mes4 ,la jolie1 vive naturellem5t1 =t piquante1 suprieurem5t coquette1 v\loit que t\t ft occup d'elle1 jusqu'aux femmes2 c> il faloit1 p\r tre heureuse1 se voir l'unique objet de leur jal\sie1 de leurs pla9tes1 de leur aigreur2 comme celui de l'empressem5t1 des so9s1 des inquitudes1 des prfr5ces de t\s les hommes4 ,on ne cessoit presque pas de p>l]1 af9 que les autres femmes n'euss5t pas le temps de montr] de l'esprit2 qu& on ne se s5toit pas ce fond d'enj\em5t1 qui donne si bi5 l'air de la premire jeunesse1 on y supploit1 en pr5ant l'air de l't\rd]ie4 ,il faloit voir encore comme on affectoit de p>otre s5sible aux amusem5s1 af9 de laiss] imag9] que si on se p]mettoit des passions1 on les auroit extrmem5t vives3 elle tiroit mme p>ti de sa mauvaise humeur2 7c> elle en avoit7 elle en montroit aussi sans en avoir1 alors1 elle dev5oit moqueuse2 a9si c'toit tre1 t\j\rs1 le p]sonnage qui attiroit l'att5tion de t\te l'assemble2 enf91 p\r a*ev] le portrait1 s5sible uniquem5t p> vanit1 indiffr5te dans le cur1 elle n'exigeoit de l'amiti1 ni n'en v\loit r5dre1 aussi n'en avoit-elle jamais inspir4 ,la laide l'toit effectivem5t1 mais d'une laideur qui ne ressembloit po9t t\tes celles qu'on r5controit alors assez communm5t dans le monde2 qu& on reg>doit ses traits en dtail1 il n'y en avoit pas un seul qui ne dplt2 les voir ensemble1 c'toit de mom5t en mom5t une physionomie n\velle1 t\j\rs s+ulire1 t\j\rs agrable2 on jugeoit que cette v>it v5oit de beauc\p d'imag9ation1 que cette imag9ation devoit tre *>mante4 ,elle l'toit aussi4 ,la gaiet1 la d\ceur1 la f9esse2 sur t\t cela1 ce naturel qui ne prt5d ri51 qui fait t\t valoir2 voil1 la fois1 son esprit1 son visage2 c>1 comme je l'ai dit1 l'un toit t\j\rs l'ame de l'autre4 ,ajotez1 qu'elle avoit les plus belles d5ts du monde1 que le re/e de sa figure toit =t bi54 ,voil t\te la p]sonne4 ,j'oubliois ce qui peut s]vir le mieux faire connotre son c>actre2 elle savoit qu'elle toit laide1 ne se d\toit pas qu'elle et de quoi le faire oubli]4 ,leur tante1 qui n'avoit employ son art qu' se p]fectionn] la raison1 qu'elle reg>doit comme le premi] de t\s les dons1 auroit bi5 v\lu p\voir en faire "p ses nices2 elle quittoit s\v5t le pays des ,fes1 p\r v5ir vivre avec elles4 ,il e/ temps que v\s *oisissiez un tat1 leur dit-elle un j\r2 si v\s tiez mes filles1 v\s s]iez ,fes comme moi2 mais mes nices1 je ne puis donn] de ma ,ferie1 que quelques sec\rs p\r leur faire un gr& tablissem5t4 ,voyons1 d'abord1 quelle figure v\s v\lez avoir2 c> il dp5d de moi de *ang] la vtre4 ,l'ane rpondit cette proposition avec un air de dda92 ,ne p]dez po9t cela l'excell5ce de votre art1 ma tante1 ri5 ne presse4 ,je me consult]ai1 dit la seconde1 avec un s\rire lorgneur1 qui m>quoit une satisfaction de soi-mme la plus orgueilleuse1 la mieux enrac9e4 ,p\r moi1 dit la troisime1 je ne p\rrois que gagn] un *angem5t2 t5ez ma tante1 que je pr5ne la figure s\s laquelle je v\s inspir]ai le plus d'amiti p\r moi4 ,et la ,fe de l'embrass]4 ,mademoiselle1 n'imag9e donc po9t de modle sur lequel ma tante pt la =m]1 ajota l'ane1 comme p> bont p\r cette pauvre cadette4 ,v\s p\vez v\s flatt]1 ma tante1 7cont9ua la seconde1 qui avoit pris de l'humeur de ce que la laide avoit t embrasse7 que son *angem5t 7quel qu'il soit7 f]a beauc\p d'honneur votre art4 ,il me vi5t une autre ide1 dit la ,fe1 si n\s allions voyag] dans quelques ,royaumes trang]s1 v\s sauriez ce qu'on p5s]oit du mrite que v\s avez actuellem5t2 v\s connotriez aussi les diffr5tes conditions o l'on peut vivre heureux1 v\s v\s dcid]iez ensuite4 ,le projet fut unanimem5t appr\v2 la ,fe tr\va conv5able que dans le voyage1 elles passass5t p\r nices de ,fes2 c'toit le moy5 d'tre p>-t\t =t bi5 rees4 ,il faudra aussi1 aj\tr5t les deux anes1 af9 que t\t soit dans la bonne foi1 que n\s g>dions notre nom ord9aire1 c'e/--dire1 la belle1 la jolie1 la laide2 v\s savez qu'on n\s appelle a9si depuis le b]ceau4 ,la ,fe y cons5tit2 p\r n'tre po9t accable de t\tes les dem&es ridicules qu'on vi5droit lui faire1 si elle s'annonoit comme ,fe1 elle v\lut ne p>otre que la ,g\v]nante de ses nices4 ,on "p1 p5dant le voyage1 ds qu'on toit dans une gr&e ,ville1 les deux anes ne manquoi5t pas de rpt]1 c5t fois propos de ri53 ,mais que fait la laide8 ,ec\tez1 ma tante1 ce que dit la laide4 ,on prt5d mme1 qu'elles portoi5t dans une petite cage de sat91 dont les b>reaux toi5t de pellu*e1 une petite ,p]ru*e1 voix aigre1 p]ante1 qui rptoit c5t fois dans une heure3 ,la laide1 la laide1 la laide2 c'toi5t elles qui l'avoi5t in/ruite4 ,il e/ c]ta91 du mo9s1 que depuis qu'on avoit donn leur sur1 tant encore au b]ceau1 le tri/e nom de laide1 elles seules le lui avoi5t fidlem5t cons]v2 t\s ceux qui l'environnoi5t1 en avoi5t *acun imag9 un autre4 ,l'un l'appelloit ,zimzime1 ce qui en langage de ,fe1 veut dire1 mieux que belle4 ,l'autre1 ,cl>ide1 c'e/--dire1 qui ne l'aim]oit8 a9si de quantit d'autres noms4 ,si elle n'en avoit eu qu'un dt]m91 elle y auroit p]du1 quelque beau qu'il et t2 il e/ vrai qu'on ne prononoit ceux-ci que t\t bas devant ses surs1 de peur de les mettre en colre1 qu'elle-mme ne v\loit pas les ent5dre2 mais l'appell]1 comme p> mprise1 d'un de ces noms1 c'toit lui dire une *ose obligeante1 on pr(itoit de t\tes les occasions de se mpr5dre2 c> comme on craignoit1 p>ce qu'elle toit extrmem5t mode/e1 qu'elle ne se crt du g5re de laideur que ses surs lui repro*oi5t si volonti]s1 on s'appliquoit lui p]suad] le contraire1 cela1 p>ce qu'elle *]*oit tre aime4 ,leur premi] sj\r sur la ,c\r d',assyrie1 qui toit brillante1 nombreuse1 o les hommes toi5t la fois s5ss aimables1 o les femmes toi5t *>mantes1 vivoi5t ensemble1 sans se har2 p>ce qu'elles n'avoi5t que le cur s5sible1 que leur am\r propre ne se blessoit jamais mal -propos4 ,ce n'toit pas qu'il n'y et aussi des femmes va9es1 aigres1 mprisantes2 des hommes confians1 frivoles1 indiscrets2 mais c'toit le petit nombre1 cela fait une ,nation bi5 raisonnable4 ,la belle y fut d'abord admire1 la jolie y fut suivie1 la laide 7j'aime mieux dire la troisime7 re/a d'abord assez ignore1 p>ce qu'on s'occupoit des deux autres4 ,bi5-tt1 l'ane fut tr\ve trop froide1 trop va9e dans la ,socit1 reg>dant1 trop en piti1 t\t ce qui n'toit pas la beaut1 c'e/--dire t\te autre que la si5ne4 ,bi5-tt1 la voil nglige1 ab&onne1 1 quelques vieux ,seigneurs prs1 qui n'avoi5t cons]v de leur jeune ge1 qu'une p>faite ennuyeuse admiration p\r les belles1 elle ne se tr\va plus d'adorateurs2 comme elle avoit mpris t\tes les femmes1 celles qui s'en toi5t =malises1 p>ce qu'elles n'avoi5t pas assez d'esprit p\r en rire1 s'en tr\vr5t encore plus qu'il n'en faloit1 p\r lui donn] des ridicules4 ,la seconde1 qui avoit d'abord attir ce petit nombre d'hommes1 dont j'ai p>l1 fut enf9 av]tie1 p> la ,fe1 qu'ils avoi5t l'air trop libre avec elle1 qu'ils faisoi5t de mauvaises hi/oires sur son compte1 que de c]ta9es femmes pr5oi5t gr& so9 d'accrdit]2 que les g5s s5ss1 qui elle ne s'toit po9t s\cie de plaire1 se cont5toi5t de ne po9t c\t]1 sans *]*] les dtruire2 qu'enf91 elle n'avoit nulle considration4 ,cela la t\*a assez2 mais ce qui fit bi5 plus d'effet1 c'e/ qu'elle se vit bi5-tt nglige p> les hommes les plus e/ims1 les plus aimables3 la voir1 la suivre1 la tr\v] trop coquette1 l'oubli]1 ne fut p\r eux que l'ouvrage de peu de j\rs4 ,notre troisime avoit1 enf91 t rem>que4 ,on avoit comm5c p> s'ap]cevoir qu'elle avoit beauc\p d'esprit4 ,on se dem&a1 bi5-tt1 on exam9a si1 effectivem5t1 elle toit laide2 la f9 de ce d\te1 fut de la tr\v] extrmem5t aimable4 ,eh6 comm5t ne pas conv5ir de son esprit8 ,elle en tr\voit si volonti]s aux autres1 se plaisoit dml]1 dans t\tes les femmes1 ce qui toit leur avantage1 comme une autre auroit *]* les voir en ridicule2 a9si on lui donnoit sa confiance1 on v\loit son amiti1 on aimoit la faire valoir4 ,mais il falut p>tir1 les deux surs s'ennuyoi5t de cette ,c\r2 elles v\loi5t absolum5t all] dans quelque autre qui ft t\t--fait diffr5te4 ,la ,fe les transporta dans un pays =t loign4 ,elles arrivr5t au milieu d'une gr&e ,ville1 o l'on ne voyoit que des ,palais1 dont les habitans1 d'une /ature noble leve1 toi5t habills de gazes1 brodes de petits coquillages qui reprs5toi5t1 au naturel1 des fleurs1 des arbu/es1 des oiseaux2 ce qui toit plus s+uli] encore1 ces mmes habitans avoi5t le te9t c\leur d'avantur9e1 avec des yeux d'un bleu de saphir1 trs-brillans2 des lvres extrmem5t grosses1 de la mme c\leur que les yeux1 des d5ts de nacre1 les plus jolies du monde4 ,cette biz>r]ie ne *oqua po9t les deux anes2 elles p5sr5t qu'il s]oit flatteur d'tre admires p> des yeux c\leur de saphir1 de t\rn] la c]velle ces hommes extraord9aires4 ,p\r la cadette1 elle toit =t tonne1 t*oit de s'acc\tum] ces figures surpr5antes1 af9 de n'tre po9t hae des g5s avec qui elle alloit vivre4 ,ses surs fur5t bi5 trompes dans leurs esprances3 comme la beaut e/ une affaire d'op9ion1 on ne les reg>da1 jamais1 qu'avec une surprise qui ne supposoit aucun plaisir les voir1 elles n'eur5t po9t d'autres succs2 1 p\r comble de dgt1 elles apprir5t1 qu'on ne les appelloit que du nom qu'elles donnoi5t1 avec tant de plaisir1 leur cadette4 ,mais voici bi5 pis encore1 tant t\tes trois une fte1 o les filles du ,roi =moi5t une danse plus s+ulire que difficile1 que les deux anes ne reg>dr5t qu'avec dda91 7c> elles ne p\voi5t pas s\ffrir de voir brill] les autres7 la troisime se mit au rang des danseuses1 qu'elle avoit beauc\p applaudies2 comme elle avoit acquis bi5 des tal5s1 croyant en avoir beso91 elle saisit si bi5 le c>actre de leur danse1 on lui st si bon gr de se prt]1 avec tant de grace1 des amusem5s trang]s p\r elle1 qu'elle fut applaudie l'excs4 ,le ,roi1 les ,dames1 les ,c\rtisans1 ne cessoi5t de dire3 ,quel dommage1 qu'elle n'ait pas un te9t d'avantur9e1 de belles grosses lvres bleues6 ,ses deux surs ent5dir5t1 sans d\te1 mot p\r mot1 t\tes les l\anges qu'on lui donna 7c> le dpit dans les femmes e/ si pntrant72 enf9 elles p5sr5t en m\rir de jal\sie2 le bal f9i1 ce fut une p]scution p\r p>tir1 laquelle il falut que la tante cdt2 pe9e eut-elle le temps de pr5dre cong du ,roi1 de la ,re9e1 des ,pr9cesses1 qui elle donna1 cep5dant1 un secret p\r se b\ffir1 considrablem5t1 les lvres1 aux j\rs de crmonie4 ,l'importance de ce prs5t1 la fit reconnotre p\r ,fe1 elle se vit inve/ir p> un conc\rs prodigieux de peuples2 mais elle toit dja dans son *>1 elle disp>ut1 au gr& cont5tem5t des deux anes1 qui maudissoi5t un pays o l'on n'applaudissoit que leur cadette4 ,je ne sai pas comm5t j'ai oubli1 jusqu'ici1 d'expliqu] p\rquoi ces deux anes toi5t en si bonne intellig5ce4 ,il n'e/ pas facile de le dev9]2 cela va cep5dant p>otre assez simple4 ,la jolie disoit1 t\t mom5t1 l'ane1 qu'elle toit prodigieusem5t belle2 la belle disoit celle-ci1 qu'elle toit excessivem5t jolie2 *acune1 p>ce qu'elle p5soit ne prononc] qu'un mot qui n'exprimoit ri51 se moqu] de sa sur1 proportion du plaisir qu'elle lui causoit1 p> cette l\ange *imrique4 ,mais comm5t se p>donnoi5t-elles leurs conqutes1 puisque l'une l'autre v\loit1 sans d\te1 tre seule aimable8 ,cette objection e/ plus emb>rassante2 mais voici comm5t cette concurr5ce s'arrangeoit dans leur tte4 ,la belle croyoit que sa sur n'avoit de s\pirans1 que ceux qui1 ne se s5tant qu'un mrite commun1 n'osoi5t se flatt] d'tre c\ts d'une belle p]sonne2 la seconde disoit2 ,ils s]ont bi5-tt excds de la tri/e beaut de ma sur1 ils me revi5dront2 a9si1 c'toit le peu de bonne op9ion que mutuellem5t l'une avoit de l'autre1 qui entret5oit leur union4 ,on ne sauroit croire combi5 un mpris rciproque e/ s\v5t p>mi quelques femmes1 une raison de conv5ance1 mme le nud d'une sorte d'amiti4 ,a l'g>d de leur ha9e commune p\r la troisime1 voici quelle en fut l'orig9e4 ,leur cadette1 ayant une ame d\ce1 s'appliquant va9cre p> de la dfr5ce p> de l'amiti1 la rpugnance que lui m>quoi5t ses surs1 pr(itoit de t\tes les occasions de faire leur loge1 avec ju/ice2 mais tant raisonnable s9cre1 elle ne p\voit se dt]m9] l\] l'orgueil de l'une la coquett]ie de l'autre2 ne les pas applaudir1 cet g>d1 c'toit se montr] leur ennemie4 ,aj\tez que lorsque les deux anes s'y att5doi5t le mo9s1 elles vir5t cette sur1 condamne dans leur esprit ne jamais plaire1 russir s\v5t mieux qu'elles4 ,on ne supporte po9t cela2 c>1 qu'on ait prv le succs que peut obt5ir une autre femme1 comme on a rassembl1 p> avance1 t\tes les manires de l'envisag]1 qui en dim9u]ont le prix2 on peut en tre tmo91 sans se dcont5anc]2 on le mprise1 peut-tre1 au po9t qu'on le p>donne4 ,mais qu& il surpr5d1 qu'on e/ rduit le voir tel qu'il e/1 il n'y a c\rage d'esprit qui y ti5ne4 ,les voil donc dans le *>4 ,o v\s mn]ai-je8 leur dit la ,fe4 ,v\s savez1 sans d\te1 quoi v\s en t5ir1 sur votre figure8 ,voyageons prs5t1 af9 de v\s faire connotre le prix des diffr5s tats de la vie2 je vais1 p\r comm5c]1 v\s faire t\tes trois ,re9es4 ,alors1 elle remua une *ane de diamans1 qui g\v]noit quatre ,phnix1 qu'elle avoit attels son *>2 ils htr5t leur vol1 arrivr5t dans un pays *>mant4 ,on entra dans une ,ville sup]be2 t\s les ,gr&s de l',empire s'y tr\vr5t rassembls1 les trois nices1 places sur un mme trne1 fur5t t\tes trois reconnues ,s\v]a9es4 ,l'ane1 on ne l'auroit pas cru1 tr\va le moy5 d'augm5t] de fi]t de bonne op9ion de son mrite4 ,le l5dema9 de son c\ronnem5t1 elle emprunta la baguette de sa tante1 p\r un c\p d'tat1 disoit-elle1 l'on ne dev9]oit pas quel usage elle en v\loit faire4 ,il y avoit pro*e de sa ,capitale1 une va/e pla9e2 elle s'y prom5a1 d'un soleil l'autre1 p\r donn] ses ,sujets le plaisir de l'admir]1 elle les transporta1 t\t c\p1 dans cette pla9e2 cet enlevem5t p5sa les faire m\rir t\s de frayeur4 ,l'un1 occup dans son cab9et1 se s5toit emport p> sa f5tre1 sans savoir quoi attribu] cette m]veille4 ,l'autre1 au mom5t de prononc] le s]m5t qui l'alloit unir sa matresse1 quittoit1 malgr lui1 sa ma91 s'*apoit avec rapidit du ,temple1 au gr& tonnem5t de l'p\se de l'assemble4 ,celui-ci1 dont la sant toit languissante1 transport dans son fauteuil1 se tr\voit dans les nues4 ,on voyoit vol] les batallions t\t arms1 les p]sonnages les plus graves trav]s] les airs1 en habits de crmonie4 ,enf91 cet vnem5t causa un tr\ble1 un dsordre gnral1 dans t\te la ,nation1 *aque j\r de son ,rgne1 am5a quelque-autre folie1 dont sa beaut toit la cause4 ,on s'att5d bi5 voir la seconde1 ne contraignant pas mieux son c>actre2 aussi p>ut-il dans t\te sa p]fection4 ,il n'y eut bi5-tt plus sa ,c\r que des petits so9s p\r occupation1 des fleurettes p\r langage1 des lorgn]ies p\r politesses4 ,la ,fe se tr\va =ce d'appr5dre l'ane l'effet de sa ridicule prsomption2 la seconde1 le peu d'e/ime de respect qu'on avoit p\r elle2 les avis sages1 qu& ils vi5n5t d'une ,fe1 ont cela de p>ticuli]1 ils p]suad5t4 ,je ne veux pas dire1 cep5dant1 que les deux nices crr5t avoir tort1 elles s5tir5t1 seulem5t1 la honte de leur situation1 qu'elles tr\vr5t inju/e2 elles conclur5t que le trne n'avoit pas tant de *>mes qu'elles l'avoi5t p5s4 ,la troisime ,re9e p>ut effectivem5t l'tre4 ,si le ,trne met les dfauts dans un plus gr& j\r1 il donne aussi plus d'occasions aux v]tus de p>otre4 ,zimzime1 c> la ,fe avoit dcid qu'on ne l'appell]oit plus la laide1 mieux que belle1 dis-je1 eut donc lieu d'tre cont5te de sa n\velle condition2 elle avoit des murs1 de la dignit1 elle fut respecte4 ,elle ne songeoit qu'aux moy5s de faire le bi51 d'tre aime1 on l'adora4 ,sa ,c\r dev5oit1 t\s les j\rs1 plus nombreuse1 cela a*eva de dsespr] ses surs4 ,une nuit1 t\rm5tes d'un dpit qui ne leur avoit pas p]mis de f]m] l'il1 elles allr5t tr\v] la ,fe1 la pressr5t de p>tir dans le mme mom5t1 aimant mieux t\te autre condition que celle de rgn]4 ,la ,fe1 qui avoit ses ves1 rpondit froidem5t1 il e/ encore bi5 mat91 mais j'y cons5s2 elle alla veill] ,zimzime1 l'habilla d'un seul c\p de baguette1 sans que ri5 manqut son aju/em5t1 rp&it dans la ,ville quelques trsors1 l'on remonta encore dans le *>4 ,h bi51 mes *res ,nices1 7cela s'adressoit aux deux anes7 v\s v\s tes ennuyes du ,trne8 ,le rang qui en appro*e v\s expos]oit1 peu prs1 aux mmes inconv5i5s2 dans les tats1 successivem5t infrieurs1 v\s tr\v]iez de p>eils sujets de mcont5tem5t4 ,passons1 croyez-moi1 une extrmit dont v\s n'avez qu'une ide trs-imp>faite4 ,allons habit] quelque hameau4 ,je connois un endroit de l',asie1 o1 s\s un ciel d\x1 des peuples simples sociables1 viv5t dans de belles campagnes2 nulle ambition1 peu de beso9s1 un pan*ant inaltrable p\r des plaisirs qui n'entran5t po9t de dgts3 ,voil leur condition4 ,j'aime beauc\p ce hameau1 dit l'ane2 ,je s]ois comble de voir cette campagne1 s'cria la seconde4 ,a l'in/ant1 elles se tr\vr5t1 t\tes trois1 mises comme de simples ,villageoises1 c'e/--dire1 avec une coffure des habits1 qui1 p\r t\te magnific5ce1 avoi5t une simplicit agrable1 l'air frais1 d'une extrme propret4 ,l'ane conut1 que1 s\s des dehors si peu brillans1 on ne p\voit tre rem>que1 mo9s qu'on ne ft la beaut mme4 ,la seconde1 ne d\ta pas que la s+ul>it de cet aju/em5t1 ne dt s]vir la r5dre plus piquante4 ,p\r ,zimzime1 elle fut bi5 aise de p\voir connotre un peuple +nu1 dont les passions d\ces1 disposoi5t1 sans d\te1 leur ame l'amiti4 ,elles ap]ur5t1 alors1 cette campagne1 qu'elles dsiroi5t4 ,elles arrivr5t dans une prairie1 au milieu d'une fte purem5t *amptre2 le lieu1 les habitans1 t\t rappelloit l'ide de l'ge d'or4 ,la ,belle1 se voyant ent\re d'une tr\pe considrable1 leva1 avec un air de bont prsomptueuse1 un voile qu'elle portoit en voyage4 ,ces g5s simples1 la reg>dr5t1 long-temps1 avec des yeux plus tonns que satisfaits4 ,ils la tr\voi5t belle1 mais ce n'toit po9t comme cela qu'ils dsiroi5t qu'on le ft2 elle ne p>la p]sonne1 ddaignant p>ticulirem5t les jeunes ,villageoises qui s'appro*oi5t d'elle2 p]sonne1 aussi1 ne lui p>la2 comme elle ne recueillit aucune l\ange1 la fte ne t>da gures l'ennuy]4 ,p\r la jolie1 qui avoit bi5 rsolu de le p>otre1 t\t autant qu'elle le p\rroit1 elle y fit de son mieux1 mais ses agac]ies fur5t p]dues4 ,ces g5s simples la vir5t1 avec les mmes yeux1 qu'ils avoi5t reg>d l'talage de beaut de sa sur2 ses m9es leur p>ur5t des grimaces2 les petits propos qu'elle leur adressa1 des moqu]ies2 elle se mit1 enf91 dans] avec eux1 imitant1 ce qu'elle croyoit1 leurs faons naves2 mais elle y ajotoit une lgret =ce des inflexions de corps affectes qu'ils ne prir5t jamais p\r des agrm5s4 ,t\t ce qui sortoit d'une c]ta9e simplicit1 n'alloit po9t jusqu' leur esprit2 ils la reg>doi5t1 fixem5t1 n'y tr\voi5t po9t de plaisir2 c'toit-l t\t ce qui se passoit en eux2 elle s'en ap]ut1 dit la ,fe1 que cette espce-l toit bi5 maussade1 bi5 insuportable4 ,et ,zimzime8 ,zimzime1 qui avoit abord plusieurs de ces jeunes ,villageoises1 avoit tr\v jolies celles qui l'toi5t2 elle se mla dans leurs jeux1 y russit m]veilles4 ,si on lui donnoit le prix1 elle v\loit qu'il ft p>tag t\tes celles qui l'avoi5t disput avec elle2 ses c>esses la faisoi5t aim]1 mme de celles qu'elle effaoit2 ce succs dura t\t le temps qu'elle re/a dans cette ,campagne4 ,les jeunes habitans1 qui disposoi5t encore de leur cur1 passoi5t les j\rs s'occup] d'elle2 l'un d'eux1 p>ticulirem5t1 qui de son ct se faisoit di/+u] de t\s les autres1 que la ,fe emb>rassoit1 qu& elle lui disoit le mot de trave/issem5t2 celui-l1 ,zimzime l'c\toit avec plaisir2 elle tr\voit la vie pa/orale trs-agrable1 t&is que ses surs ne cessoi5t de rpt]3 ,je l'ai en horreur1 elle m'e/ odieuse4 ,enf9 il fallut encore les emm5]4 ,ce fut dans leur demeure ord9aire que la ,fe les transporta4 ,c'e/ une sotte *ose que les ,voyages1 dit l'ane3 on y prit d'ennui1 aj\ta la seconde3 ,dites pltt1 rpondit la ,fe1 que n\s n'aimons que les lieux o n\s plaisons1 que les g5s qui p>oiss5t *>ms de n\s voir4 ,v\s l'pr\vez4 ,ne song] qu' ce qui n\s flatte1 sans s'occup] jamais de ce qui flatte les autres1 e/ un moy5 sr de s'ennuy] bi5-tt1 p>-t\t1 de t\t le monde4 ,je n'aime po9t donn] des leons dures1 j'ai espr de v\s corrig] de vos dfauts1 en v\s faisant essuy] les inconv5i5s qu'ils entran5t2 je vois que le mal e/ sans remde4 ,voici1 dit-elle l'ane1 l'tat qui v\s convi5t4 ,a ces mots1 elle la laissa au milieu d'un ,palais1 qui v5oit de s'lev]1 dont t\tes les murailles lui reprs5toi5t son image4 ,elle avoit le plaisir de s'y voir sans cesse1 mais elle s'y vit vieillir de bonne heure2 elle eut des rides1 ne pt s'emp*] de les ap]cevoir4 ,ce fut l sa punition1 l'orig9e des glaces4 ,on ne croiroit pas qu'elles auroi5t t inv5tes p\r corrig] l'am\r propre4 ,la ,fe m5a la seconde dans un autre ,palais3 ,v\s vivrez ici1 lui dit-elle1 v\s y v]rez1 sans cesse1 une f\le d'hommes1 de t\tes les ,nations1 que v\s p\rrez attir]1 mpris]1 accueillir1 grond]1 apais]2 mais ils s'van\ront1 comme des ombres1 ds que v\s tr\v]ez quelque satisfaction les voir1 ou les ent5dre4 ,c'e/1 peu prs1 ce que v\s auriez pr\v dans le monde2 la pl"p des succs qui naiss5t de la coquett]ie1 ne sont gures plus rels1 je v\s p>gne les ridicules1 les dgts vritables qui y sont atta*s2 c> ces ombres que v\s v]rez s'van\r1 r5atre1 ne pr5dront po9t un air de dissimulation1 en se df5dant d'avoir s v\s plaire1 elles ne mett5t po9t en *anson leurs prt5dues conqutes4 ,la ,fe dem&a1 ensuite1 ,zimzime1 quel rang1 quelle figure elle dsiroit avoir4 ,vivre avec v\s1 rpondit ,zimzime1 me p>ot le sort le plus dsirable2 mais puisque ce bonheur e/ rs]v aux ,fes1 laissez-moi d'abord1 ma laideur2 elle m'p>gne la jal\sie des autres femmes1 me rappelle la ncessit1 o je suis1 de song] me r5dre supportable1 du mo9s p> le c>actre4 ,a l'g>d du rang1 dont je v\drois j\r1 je l'ignore4 ,j'av\e que j'aim]ois p>tag] celui de ce jeune ,pa/eur que j'ai v dans cette heureuse campagne1 o v\s m'avez conduite2 je l'ai s\ponn de ca*] ce qu'il toit2 mais ne ft-il qu'un simple habitant de ce mme hameau1 il me semble que je pass]ois1 avec lui1 une vie heureuse4 ,a pe9e elle a*evoit1 qu'un ,pr9ce *>mant p>ut au milieu de sa ,c\r2 ,zimzime reconnut celui dont elle v5oit de p>l]1 qui se tr\va fils d'un gr& ,roi2 ils s'aimoi5t1 ils s'p\sr5t1 ils s'aim5t encore4 ,,f94 ,,approbation4 ,j'ai l p> ordre de ,monseigneur le ,*anceli]1 un ,manuscrit qui a p\r titre2 ,essais sur la ncessit1 sur les moy5s de plaire4 ,j'ai tr\v cet ,ouvrage rempli de s5tim5s dlicats1 de prceptes trs-sages3 je crois que l'impression n'en s]a pas mo9s utile qu'agrable au ,public4 ,fait ,p>is ce #cj4 ,septembre #agcg4 ,,dan*et4