,,maurice ,,magre ,,le ,,livre ,,des ,,lotus ,,entr',,ouv]ts ,,p>is ,eugne ,,fasquelle1 diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle 7#g;e7 #aibf ,,eug,,ne ,,fasquelle1 diteur1 #aa1 ,rue de ,gr5elle1 ,,p>is 7#g;e7 ,,du ,m,,me ,,auteur ,,po,,sies ,la ,*anson des ,hommes #a vol4 ,le ,pome de la ,jeunesse #a vol4 ,les ,lvres et le ,secret #a vol4 ,les ,belles de ,nuit #a vol4 ,la ,monte aux ,enf]s #a vol4 ,la ,porte du ,my/re #a vol4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage #fj exemplaires numrots sur papi] de ,madagasc>4 ,t\s droits rs]vs ,copyright #aibf1 by ,,eug,,ne ,,fasquelle ,,en ,,face ,,du ,,b\ddha ,,de ,,bois444 ,en face du ,b\ddha de bois que m'a rapport de ,*9e un voyageur et qui fut sculpt p> le bonze d'une pagode1 dans la montagne de ,cao ,bang1 je me suis assis les jambes croises1 durant bi5 des soirs1 sur le tapis o sont des arabesques et des fleurs colories1 sur le tapis o veill5t mes rves comme autant de petites lampes s]e9es4 ,et comme j'avais longtemps dem& aux esprits int]mdiaires qui peupl5t les royaumes invisibles de m'accord] la clairvoyance de mes exi/5ces antrieures1 je vis s'c\l] des images et s'entr'ouvrir des prunelles familires1 des =mes surgir5t de l'ombre des j\rs rvolus4 ,mais cause de l'imp]fection de mon me1 ces =mes tai5t indi/9ctes1 ces prunelles demeurai5t voiles1 je ne contemplai que des fragm5ts p>s des beauts et des d\leurs qui n'tai5t plus4 ,c> il n'e/ donn qu' ceux qui sont purs1 de s'*app] hors de la prison du temps4 ,et je connus qu' trav]s les ges sans nombre la ju/ice de la loi avait t\j\rs fait de moi un homme mdiocre4 ,jamais1 comme les hommes plus favoriss ou plus orgueilleux qui se s\vi5n5t de leurs vies passes1 il ne m'avait t donn d'tre un p]sonnage rem>quable p> les tal5ts et illu/re dans sa nation4 ,ri5 qu'un pauvre ramasseur d'h]bes1 au pi$ d'une falaise crayeuse1 qui fait sans cesse le mme ge/e de tir] avec un rteau6 ,une sorte de bateleur qui s'en va sur les r\tes d]rire un ne et fait des t\rs dans les villages6 ,un homme qui tanne des peaux1 m>i une crature dlicate qu'il torture p> sa vulg>it6 ,et t\j\rs de l'autre ct du monde6 dans l'ori5t lum9eux o bruiss5t les =ts o t9cell5t les sables1 o les pagodes t5d5t au ciel leur dme circulaire en mosaques azurennes6 ,et cause de cela je suis solitaire dans le pays o rsonn5t les clo*es1 o le bl crot au lieu du riz4 ,enf91 j'ai vu ma d]nire inc>nation1 celle o un rayon de l'esprit desc5dit sur moi1 celle o il me fut donn d'tre un pote que t\*a la beaut des =mes1 qui aima les *oses avec son cur1 qui entrevit les vrits ca*es s\s les app>5ces4 ,a9si dans une grotte s\t]ra9e1 l'eau incolore de la pluie1 aprs avoir filtr des milli]s d'annes1 se cond5se en des /alactites de cri/al4 ,en des /alactites de p5ses d'am\r s'e/ mue la pluie de mes quotidi5nes p5ses1 durant la vie d'un pote de l',inde qui vcut ,delhi et ,bn>s4 ,il a aim les visages *>mants et les =mes p>faites et l'am\r de la beaut l'a conduit l'am\r de la connaissance comme une jeune fille am\reuse conduit un trang] son fianc4 ,et c'e/ p\rquoi en s\v5ir de ce prdcesseur frat]nel dans le voyage innombrable1 j'ai crit le livre des ,lotus ,entr'ouv]ts1 le livre dont j'ai d*iffr les c>actres au fond du miroir1 le miroir qui e/ au-dessus du ,b\ddha de bois que m'a rapport de ,*9e un voyageur4 ,c> il e/ enseign p> les ,sages anci5s qu'on peut enclore une magie dans c]ta9s bois savamm5t v]nis et que cette magie avec la rflexion du miroir et la volont du visionnaire recre le v]be p]du qui fut prononc du fond de l'me et le grave dans la bue crpusculaire du miroir1 le grave p\r les yeux qui voi5t4 ,et je dis1 ayant t]m9 la transcription de l'ouvrage anci53 ,puiss-je tre digne de celui que j'ai t1 moi qui suis indigne de celui que je s]ai4 ,puisse mon esprit s'lanc] plus haut1 puisse mon esprit s'lanc] plus vite v]s la connaissance et v]s l'am\r1 puiss5t mes actions tre en h>monie avec mes p5ses1 puisse ma voix faible rsonn] trs lo9 et transmettre aux hommes p> le my/re de l'criture la g\tte de beaut que j'ai pleure4 ,,le ,,s]p5t ,,noir ,,qui ,,donne ,,la ,,*ance ,l'aurore se lve4 ,rem]cie ,dieu qui t'a fait dc\vrir dans la c\r dore1 le s]p5t noir qui donne la *ance la maison4 ,il faudra lui apport] du lait dans un vase de t]re plat et mettre ct des feuillages secs p\r qu'il y repose4 ,aucun visage de mauvais augure ne se prs5t]a auj\rd'hui la porte1 aucune p5se tri/e ne se ti5dra deb\t sur le seuil de l'me4 ,une j\rne entire de bonheur1 sans qu]elle p>mi les s]vantes1 sans s\v5ir am] qui tr\ble la puret de ton reg>d6 ,o s]p5t noir1 je mettrai *aque j\r du lait dans le vase plat et je prp>]ai les feuillages secs1 s]p5t noir qui me r5d visite si r>em5t6 ,,petite ,,lumi,,re ,une intrieure suavit spirituelle met sur les traits de son visage une expression dlicate qui fait p5s] au vol d'une hirondelle1 au bord d'un tang1 p> un crpuscule de pr9temps4 ,elle ne sait pas j\] de la cy?>e1 ni compos] des /rophes1 mais t\t en elle e/ posie naturelle et h>monie invisible4 ,elle dlivre le papillon des ma9s des enfants et aide la bte bon-dieu retr\v] son *em94 ,t\t ce qui e/ petitesse et fragilit l'att5drit4 ,elle n'accomplit aucun gr& acte de bont et elle rve plus qu'elle n'agit4 ,on prt5d mme qu'elle e/ p>esseuse4 ,on ne peut df9ir la nuance exacte de sa robe d'un bleu int]mdiaire entre celui du ciel et celui de l'eau4 ,qui peut dire aussi si elle e/ gaie ou si elle e/ tri/e8 ,elle n'aime pas les ftes1 les longs voyages1 les runions sol5nelles1 l'app>5ce extrieure de la ri*esse4 ,elle cra9t la pauvret et elle fait volonti]s le t\r du j>d94 ,on l'a surnomme ,petite ,lumire4 ,mais p\r moi elle un nom secret au fond de mon cur et je ne le prononce jamais4 ,je l'aime cause de l'intrieure suavit spirituelle qui se reflte sur son visage4 ,l',,emp]eur ,,de ,,*9e ,,et ,l',,emp]eur ,,du ,,japon ,l'emp]eur de ,*9e et l'emp]eur du ,japon se sont r5contrs p> une belle soire1 sur la m] calme4 ,deux navires pavoiss se sont avancs sol5nellem5t de *aque ct de l'horizon et des milli]s de jonques avec leurs lant]nes de c\leurs se sont t5ues immobiles sur les flots comme autant de gr&es toiles et les toiles innombrables se sont t5ues immobiles dans le ciel1 comme autant de jonques m9uscules4 ,l'emp]eur de ,*9e et l'emp]eur du ,japon se sont assis l'un en face de l'autre s\s un p>asol de soie man*e d'or et1 ct d'eux1 il y avait un na9 *9ois avec un bonnet c>r et un na9 japonais avec une mitre de plumes de paon qui leur prs5tai5t du ? dans un bloc de cri/al creus4 ,les deux emp]eurs en buvai5t quelques gorges et ils se reg>dai5t en sil5ce4 ,leurs robes tai5t ruisselantes de pi]r]ies et ils tai5t p>eils des dieux timides qui n'os5t pas engag] la conv]sation4 ,les c\rtisans1 sur le pont des navires faisai5t un c]cle respectueux de brod]ies et d'armures4 ,il y avait l des m&>9s de neuf rangs diffr5ts1 depuis le ,tai ,f\ qui porte la pi]re r\ge jusqu'au ,tai ,t*ao qui porte un globule d'or4 ,il y avait l le ,siog\n ent\r des ,seigneurs de la ,t]re et c]ta9s fonctionnaires religieux c\rbs en deux p> la discipl9e des rites et dgageant la vnration comme une lampe dgage la lumire4 ,et sur les rivages de la ,*9e et du ,japon les peuples tai5t masss et reg>dai5t la m] calme4 ,les deux emp]eurs allai5t s'entret5ir de l'invasion pro*a9e des ,t>t>es1 de la puissance des pidmies qui s'abatt5t my/rieusem5t sur c]ta9es prov9ces4 ,ils allai5t *]*] ensemble les moy5s de faire circul] rapidem5t le riz trav]s les t]res et les m]s p\r remdi] aux fam9es1 ils allai5t tudi] les causes de ces fabuleux typhons qui1 c]ta9es poques1 s\lv5t les m]s4 ,ils allai5t entr] en communication avec les ,gnies1 c\t] la voix des ,anctres4 ,de leur runion allait jaillir l'clair qui fait desc5dre les ,dieux4 ,l'emp]eur de ,*9e1 le plus rsolu1 p>la le premi] et la conv]sation fut assez anime4 ,ils tai5t t\s deux gr&s amateurs de laques et ils s'tonnai5t qu'une c]ta9e nuance de violet ne puisse plus tre obt5ue4 ,les polisseurs de ,canton n'apport5t plus autant de so9s qu'avant leurs travaux4 ,le colcot> e/ trop calc94 ,on ne tr\ve plus le c9abre absolum5t pur4 ,et1 p\r le rose1 c'e/ bi5 plus t]rible6 ,on a ab&onn la culture de la fleur de c>?ame4 ,le secret des anci5s matres e/ p]du4 ,en vrit1 le monde e/ en dcad5ce4 ,les deux emp]eurs sont trs malheureux et1 lorsque l'entrevue e/ t]m9e1 ils pleur5t presque1 c\rbs d]rire leur v5tail1 t&is que les deux navires s'loign5t sol5nellem5t sur la m] calme4 ,,la ,,*>it ,,de ,,padmani ,j'ai tr\v la robe d*ire d'un pauvre sur la b>rire de mon j>d94 ,le pauvre lui-mme appuy sur son bton s'loignait sur le *em9 avec une s+ulire lgret1 revtu d'un manteau brod]ies et franges qui ressemblait mon plus beau manteau4 ,j'ai fait mang] le pauvre et je l'ai fait boire1 me dit ,padmani avec un visage s]e94 ,je l'ai conduit dans la pisc9e et il a fum ton h\ka4 ,et comme son manteau tait d*ir je lui ai donn un manteau brod]ies et franges1 c> il convi5t d'tre *>itable4 ,t\t ce que tu fais e/ bi5 fait1 ai-je rpondu4 ,qu& je lui ai eu donn cela1 reprit ,padmani1 j'ai vu que le pauvre tait aussi pauvre qu'avant4 ,il me faisait tant de pe9e que j'ai v\lu qu'il emportt une ri*esse inusite1 la ri*esse d'un beau s\v5ir et je me suis donne lui4 ,a9si p>la ,padmani1 avec simplicit et elle allait1 s'occupant de petites *oses1 dans la maison4 ,alors j'ai mdit sur la *>it et sur la connaissance du bi5 et du mal qu'il n'e/ pas donn aux femmes d'avoir4 ,quel ge p\vait avoir ce pauvre8 ai-je dem& tri/em5t4 ,padmani a clat de rire3 ,comm5t p\rrai-je me s\v5ir de cela8 ,je n'ai vu que ses yeux qui pleurai5t4 ,j'ai mdit encore sur la *>it4 ,,le ,,dieu ,,de ,l',,intellig5ce ,,bi5veillante ,o dieu de l'intellig5ce bi5veillante qu'on reprs5te avec le gr& front dnud d'un homme mr1 le reg>d +nu d'un enfant et le pli de la b\*e d'un vieill>d1 toi qui ti5s une b\le de cri/al et un lotus ref]m1 toi qui es immobile1 toi qui vois1 toi qui sais4 ,o dieu de l'intellig5ce bi5veillante1 mets sur mon visage le s\rire qui compr5d1 fais faire ma ma9 le ge/e qui excuse1 donne t\tes mes attitudes ce dli que l'indulg5ce quotidi5ne apporte au corps4 c>te de moi la colre qui aveugle et n\s enveloppe d'une bue r\getre1 ne p]mets pas au dsir effrn de me possd]1 c> il =ce l'homme m>*] quatre pattes la manire des btes4 ,donne-moi la mesure avec laquelle on pse ses actions comme des caill\x noirs1 la mesure avec laquelle on pse ses p5ses comme des gra9s de bl lum9eux4 ,donne-moi le jugem5t p> lequel la vrit e/ disc]ne de l'erreur et la clairvoyance qui fait savoir qu'un homme e/ bon mme s\s une app>5ce vulgaire ou mauvaise4 ,fais-moi me dress] entre le bi5 et le mal comme on se dresse entre deux frres ennemis4 ,montre-moi la "p du m5songe que ca*e la d\ceur du masque blanc et la "p d'huma9e ncessit qu'il y a s\s la grimace du masque noir4 ,ne me fais pas rire cause du c>actre plaisant de la d\leur1 ne me fais pleur] qu' cause de l'motion spirituelle que procure la beaut et p]mets-moi de compr5dre la mort1 cette entre dans le pays des hommes immatriels1 des paysages subtils1 des vibrations dlicates4 ,donne mon esprit la soif inext+uible de savoir1 mon cur la facult illimite de *rir les =mes div]ses de la cration1 p]mets-moi de gravir avec l'agilit du c\reur les degrs de la connaissance qui conduis5t la porte de l'am\r1 dieu de l'intellig5ce bi5veillante6 ,,la ,m,,re ,,de ,,padmani ,elle m'avait dit sur sa mre des *oses tellem5t dlicieuses que je rsolus de l'accompagn] qu& elle v\lut lui r5dre visite dans un village p]du au pi$ des montagnes ,aravalli4 ,nos *evaux m\rur5t dans les sables du ds]t de ,?> et n\s faillmes n\s noy] en trav]sant une rivire qui avait dbord4 ,mais t\s ces dang]s tai5t sans importance puisqu'il s'agissait d'all] voir une m]veilleuse crature ple9e de sagesse et de beaut4 ,ce s]ait orgueilleux de ma "p1 de prt5dre que je lui ressemble1 disait ,padmani1 tant elle a de maje/ naturelle et de noblesse suprieure4 ,ses yeux brillai5t et elle r$ev5ait une t\te petite fille mesure que n\s appro*ions4 ,devant une misrable case tait accr\pie une vieille femme demi sauvage4 ,elle ne se leva pas p\r embrass] sa fille et elle se cont5ta de remu] droite et gau*e sa m*oire1 en signe d'une confuse satisfaction4 ,et mon me tait ple9e de honte p\r la *>mante ,padmani dont les l>mes c\lai5t comme des p]les sur ses j\es c\leur de lune4 ,et1 lorsque n\s reprmes le *em9 du ret\r1 je la t5ais t5drem5t p> les paules1 m'ef=ant de ne plus p5s] cette visite malheureuse4 ,mais elle riait1 une musique en*ante tait dans sa voix et elle rptait3 ,comm5t l'z-tu tr\ve8 ,n'e/-ce pas que je ne t'avais pas m5ti8 ,il m'e/ d\x d'aim] une telle mre6 ,alors je fus ple9 de honte p\r moi-mme4 ,o m]veille de la puret des curs6 ,,le ,,tiroir ,,secret ,dans le c(fret d'ivoire incru/ d'or o sont ses bij\x et les s\v5irs de notre am\r n\s avons dc\v]t un tiroir secret o il y avait un p>*em9 jauni et d'aspect tri/e1 avec des c>actres en langue ,z5d4 ,c'e/ peut-tre une maldiction ou l'indication d'un trsor ca*4 ,il faudra all]1 me dit-elle1 *ez le m\llah qui sait t\tes *oses1 p\r savoir ce que ces c>actres veul5t dire4 ,mais1 moi1 je sec\ai la tte c> je savais bi5 ce que cont5ait le p>*em94 ,il cont5ait l'hi/oire de nos am\rs1 celle de t\s les am\rs des hommes4 ,il disait que dans le beau c(fret d'ivoire il y a t\j\rs un co9 ignor avec une hi/oire secrte et que dans l'me de la bi5-aime il y a t\j\rs une am]tume incomprh5sible que le m\llah ni p]sonne ne peut expliqu]4 ,,la ,,sagesse ,,div9e ,il y a peut-tre un j>d9 dlicat au sommet d'une montagne sauvage avec un kiosque de porcela9e et de bois laqu d'o l'on ap]oit de trs lo9 les dmes des villes o s'agit5t les hommes4 ,oh6 vivre l1 avec la p>faite c]titude qu'aucun visiteur ne se prs5t]a la m9uscule porte du kiosque1 que je n'ent5drai ni =mule de politesse1 ni affectueux tmoignage4 ,l1 je m>*]ai petits pas1 j'exam9]ai le dess9 d'une feuille1 les ve9es d'un caill\1 la cl>t d'une g\tte d'eau1 les nuances d'un s\v5ir4 ,l enf91 ni la famille1 ni l'amiti1 ni l'am\r ne m'envelopp]ont de leur nuage gris1 bleu ou rose et je ne s]ai pas comme un glaneur qui *]*e un gra9 de plaisir dans un *amp d'ennui4 ,je m'assirai s\s un mri] qu'on ne cultiv]a pas p\r le v]s soie1 je cueill]ai une rose qui ne s]a pas de/9e un b\quet1 je suivrai une alle o le sable ne g>d]a pas la trace d'une s&ale fm99e4 ,et l1 comme une ess5ce p>fume qui tombe dans une urne d'or1 la sagesse filtr]a du ciel sil5cieux1 apporte p> le v5t sans p>ole et remplira l5tem5t l'urne spirituelle de mon me4 ,je s]ai ent\r de p>5ts att5tifs p>ce qu'ils se tairont1 d'amis fidles p>ce qu'ils s]ont immobiles1 de matresses t5dres p>ce qu'elles rp&ront des p>fums suaves sans le v\loir4 ,o famille des arbres1 amiti des pi]res1 am\rs des fleurs6 ,et si je vois un soir la silh\ette noire de quelque conseill] ou le voile inc>nat d'une femme aux beaux yeux s'a*em9] de mon ct je c\p]ai une bran*e de saule et j'en lanc]ai les feuilles v]s le croissant de lune p\r qu'ils compr5n5t qu'en moi a pntr le s5tim5t de la vanit du monde et qu'ils s'en ret\rn5t4 ,et l'heure o les toiles sont puises et o la rose f]a dans ma *evelure une c\ronne brillante aprs une nuit de mditation1 peut-tre connatrai-je dans l'van\issem5t de l'extase avec la naissance de l'aurore1 le p>fait am\r de t\te *ose qui met l'homme au rang des dieux4 ,,les ,,plumes ,,du ,,paon ,une trs belle femme se t5ait sur un balcon4 ,on voyait s\s la m\ssel9e la *air laiteuse de ses paules1 elle tait c\v]te de bij\x comme une idole et elle ca*ait demi son visage d]rire un v5tail en plumes de paon bl\issantes4 ,et moi1 je la reg>dais longuem5t1 oubliant ,padmani qui m>*ait ct de moi1 c> la beaut d'une femme e/ plus gr&e sur un balcon cause du my/re de la *ambre qui e/ d]rire4 ,et j'aurais bi5 v\lu tre rem>qu d'elle et je me r$ressai et me ret\rnai de son ct4 ,padmani ne dit ri51 mais avec une ridicule affectation1 elle re/a taciturne et un peu plus t>d1 je p5sai qu'elle tait afflige de mon long reg>d et je lui dis3 ,es-tu tri/e p>ce que tu es jal\se de la belle femme du balcon8 ,dis-moi tes p5ses p\r que je te console4 --,je suis tri/e1 a-t-elle rpondu1 cause des bl\issantes plumes de l'v5tail4 ,le paon qui les a portes ne dess9]a plus au soleil une r\e multicolore4 ,comme on e/ cruel avec les oiseaux6 ,ne savais-tu pas que le paon e/ l'oiseau que j'aime le mieux8 ,,le ,,jeune ,,homme ,,de ,,la ,,nuit ,il a fait craqu] d\cem5t les feuilles mortes dans le j>d94 ,le *i5 n'a pas aboy qu& il e/ pass4 ,la lune n'a pas reflt son ombre sur le sable de l'alle4 ,mais j'ai bi5 su qu'il tait l4 ,je me suis arrt de j\] de la ci?>e4 ,j'ai pos l'in/rum5t sur le c\ss94 ,je me suis t5u immobile1 je n'ai pas reg>d du ct de la f5tre4 ,mais je savais bi5 qu'il me reg>dait p> les volets entr'ouv]ts4 ,comm5t tait l'ovale de son visage8 ,de quelle c\leur tai5t ses yeux8 ,quelle =me avait son turban8 ,a la f9 j'ai t\rn un peu la tte de son ct4 ,il y avait une lgre bue sur le c>reau4 ,je n'ai pas ent5du de craquem5t sur les feuilles mortes du j>d9 et le *i5 n'a pas aboy4 ,j'ai repris ma ci?>e et je me suis remis l5tem5t j\] c> j'ai bi5 compris qu'il tait p>ti4 ,,la ,,po,,tesse ,,de ,,*9e ,,et ,,les ,,pavots ,,blancs ,i ,je suis am\reux de la potesse ,t*\ ,*\ ,t*5n qui vivait en ,*9e il y a plusieurs sicles4 ,a un homme vulgaire son pre l'avait m>ie p\r la punir d'tre alle1 la nuit1 port] un b\quet de pavots blancs sur une montagne ds]te4 ,de cette habitude depuis son enfance1 on n'avait jamais pu la gurir4 ,comme si une my/rieuse voix l'appelait1 il fallait qu'elle allt1 c]ta9es nuits1 faire cet hommage nocturne un invisible ,gnie4 ,l'homme vulgaire la battit et elle jura de ne plus recomm5c]4 ,mais qu& le temps tait v5u1 elle se glissait furtivem5t l'heure o t\t le monde dormait1 p> un s5ti] qui ne m5ait nulle "p et se p]dait au milieu des pi]res4 ,on la tr\va morte1 un mat91 au sommet de la montagne ds]te4 ,son corps tait c\v]t de g\ttes de rose et brillait comme si elle tait habille d'une tunique de diamants4 ,les ,gnies de cette solitude avai5t-ils enlev son me8 ,a ct d'elle on ne retr\va pas les pavots blancs4 ,,ii ,je suis am\reux de la potesse ,t*\ ,*\ ,t*5n qui vivait en ,*9e il y a plusieurs sicles4 ,l'homme vulgaire qu'elle avait p\s tait corroyeur de son tat et avait une b\tique dans une rue de ,ra-,n+4 ,au milieu des peaux entasses1 cette dlicate se t5ait1 avec ses yeux c\leur de jade v]t et ses ma9s c\leur de jade blanc4 ,et des cuirs tanns montait p\r elle un plus suave p>fum que celui des lis ou des roses4 ,elle lisait ses v]s son m>i qu& il tait runi dans la b\tique avec ses appr5tis et d'autres hommes vulgaires1 ses amis4 ,nul ne compr5ait1 mais t\s re/ai5t immobiles1 ple9s de batitude1 s5tant le s\ffle invisible de la beaut plan] sur la maison4 ,et une fois un m&>9 en voyage c\ta p> la f5te de la porte et s'm]veilla gr&em5t4 ,et il prp>a une tr\pe de cavali]s et d'hommes arms avec un palanqu9 d'or et de cri/al p\r enlev] la dlicate et la subtile la b\tique du corroyeur4 ,elle aurait bi5 v\lu s'en all] lo9 de la compagnie des hommes vulgaires p\r habit] dans un palais au milieu des matires r>es1 p\r j\ir de la musique des lu?s1 de la conv]sation des lettrs1 de la possession des manuscrits *>gs de p5ses1 mais quelque *ose la ret5ait l4 ,c'tait la voix qui n'a pas de son1 le *em9 qui ne mne nulle "p1 la my/rieuse t*e nocturne laquelle elle s'tait v\e1 c'tait la prs5ce de la montagne ds]te au sommet de laquelle elle devait c]ta9es nuits1 port] un b\quet de pavots blancs4 ,,iii ,je suis am\reux de la potesse ,t*\ ,*\ ,t*5n qui vivait en ,*9e il y a plusieurs sicles4 ,bi5 r>em5t elle p>lait et elle ne se plaisait qu' voir de la balu/rade de sa maison dcrotre le vol des cigognes dans de ciel4 ,elle ne r5contra qu'une fois1 au milieu d'autres m&>9s puissants1 son pre qui l'avait v\e la misre en la m>iant p\r la punir et la faire rtrograd] p>mi les tres1 un corroyeur vulgaire4 ,elle se pro/]na comme il e/ prescrit1 sur le *em9 devant son pre et elle prit la ma9 de la maldiction et elle la baisa4 ,et lui1 qui tait un homme mauvais1 s'tonna de voir dans les yeux de sa fille une si belle flamme c\leur de jade v]t et de l'toile ,ki4 ,et il ne savait pas que l'me e/ faite d'un mtal plus inaltrable que l'or vi]ge et que celle qui s'e/ reg>de intrieurem5t ne fait que se purifi] au contact de la vulg>it4 ,et dans son orgueil il dit sa fille3 ,donne-moi ce pavot blanc que tu z la ce9ture4 ,elle le lui t5dit respectueusem5t1 mais elle s'arrangea p\r en faire tomb] les ptales et qu'il n'en re/t plus que la tige4 ,elle n'a pas *ang1 dit le pre aux autres m&>9s4 ,et le corroyeur ne doit pas recevoir d'elle plus que son pre n'a reu4 ,elle donne t\t aux ,gnies4 ,,iv ,je suis am\reux de la potesse ,t*\ ,*\ ,t*5n qui vivait en ,*9e il y a plusieurs sicles4 ,qu& elle m\rut1 t\s les corroyeurs de ,ra-,n+ fur5t en deuil et son m>i1 l'homme vulgaire1 qui tait gros dev9t p>eil un saule en hiv]4 ,il pleurait sans cesse1 songeant qu'il ne l'avait pas assez aime et il se rep5tait de ne pas avoir uniquem5t1 avec ses peaux1 fait des robes de f\rrure p\r la c\vrir4 ,il disait3 ,qu& elle p>lait1 j'tais transport dans un pays m]veilleux1 mais n\s tions lo9 l'un de l'autre4 ,comm5t peut-on aim] ce po9t ce qu'on a p]du sans l'avoir compris4 ,et moi1 peut-tre1 dans une vie antrieure1 j'ai t cet homme vulgaire et c'e/ p\rquoi j'aime la potesse ,t*\ ,*\ ,t*5n et je la pleure encore aprs des sicles4 ,je la *]*e sur la balu/rade de ma maison qu& je vois des cigognes s'loign] et si un pas rsonne sur le *em91 je m'imag9e que c'e/ elle qui s'en va sil5cieusem5t port] ses pavots blancs sur la montagne ds]te4 ,,le ,,lotus ,,et ,,les ,d,,vas ,comme je p\ssais la porte du j>d91 elle tait au milieu d'une plate-b&e de roses et1 les yeux levs au ciel1 elle avait un doigt sur les lvres et semblait faire3 ,*ut6 quelqu'un4 ,mais il n'y avait p]sonne4 ,alors j'ai g>d le sil5ce4 ,mais elle m'a dit3 ,c'e/ p\r mieux t'ent5dre me dire des p>oles d'am\r que j'ai fait signe un gr\pe de dvas vtus de blanc de re/] sil5cieux au-dessus du j>d94 ,o ,padmani1 comme j'aim]ais voir ces dvas4 ,ne peux-tu leur dire de s'appro*] et de me montr] le bel ovale de leurs traits et leurs robes1 tisses sans d\te de nuages4 ,elle a sec\ la tte et a rpondu3 ,ils vi5n5t ju/em5t de s'loign] c> ils ont respir l'arme de c]ta9 lotus d'une espce r>e qui vi5t d'clore mille lieues d'ici sur une montagne de ,*9e et ils sont ivres p\r plusieurs j\rs4 ,l',,assembl,e ,,des ,,musici5s ,,sil5cieux ,ayant gravi un int]m9able escali] je me suis tr\v s\da9 dans une assemble de musici5s en robes noires4 ,il y avait des laques sur les murs1 le plafond tait d'or mat1 t\t tait te9t1 t\t tait voil dans la salle o tai5t runis ces musici5s de gnie4 ,les visages de ces musici5s tai5t illum9s p> l'extase et ils t\*ai5t leurs in/rum5ts avec des ma9s lgres1 comme en un rve4 ,mais j'avais beau prt] l'oreille1 je ne p]cevais aucune musique d'or*e/re1 ri5 qu'un gr& sil5ce my/rieux4 ,et ce sil5ce tait si angoissant1 si *>g d'invisibles images et de p5ses inexprimes que je comm5ai trembl]4 ,mais celui qui me conduisait me t\*a du doigt entre les deux yeux et me dit3 ,dans cette salle sans reflets1 ce n'e/ pas avec les oreilles qu'on ent5d mais avec le cur4 ,et je comm5ai compr5dre la musique des musici5s en robes noires4 ,c'tait l'h>monie ca*e de la t]re1 le langage sans mots1 la rsonnance sans vibrations1 la beaut qui se p]oit p> les s5s intrieurs de l'me et c'e/ p>tir de ce j\r que j'ai possd la connaissance de la vie vraie4 ,,le ,,c>avans,,rail ,,de ,m,,lancolie ,le c>avansrail avait un long c\loir imm5se4 ,je savais que son p\x v5ait d'arriv] et qu'elle tait auprs de lui1 quelque "p1 dans la va/itude de ce lieu de brique4 ,j'ent5dais au fond du crpuscule aboy] les *i5s1 cri] les *ameaux et se qu]ell] les *ameli]s et les porteurs de litires4 ,et p>fois il y avait des pas qui tranai5t dans le long c\loir imm5se de ce c>avansrail de mlancolie4 ,je ne sortais pas de ma *ambre dans l'espoir qu'elle pass]ait1 qu'elle pass]ait p> has>d et s'arrt]ait une m9ute4 ,mais les heures inexorables comme le regret de ce qui f9it s'c\lai5t avec les aboiem5ts des *i5s1 les qu]elles des porteurs de litires1 la l5te asc5sion de la lune dans le ciel indiffr5t4 ,les heures s'c\lai5t et elle ne passait pas dans le c\loir sans f9 de ce c>avansrail de l'att5te dsespre4 ,alors je suis sorti p\r revoir le petit *em9 qui desc5d p>mi les canneli]s gristres1 le petit *em9 o j'avais m>*1 si heureux ct de ma bi5-aime4 ,je suis sorti pas bi5 longtemps1 le temps d'un reg>d1 le temps d'une p5se d'am\r1 je suis sorti pas bi5 longtemps1 mais ju/e assez p\r qu'elle vi5ne une m9ute me dire bonj\r en passant1 en passant dans le long c\loir de ce c>avansrail des amants qui se sont sp>s4 ,elle a p\ss la porte1 elle e/ entre1 elle a embaum la *ambre avec sa robe et ne me tr\vant pas1 elle a laiss bi5 en vid5ce un t\t petit m\*oir comme le signe de la fidlit div9e1 comme la prs5ce de son cur et elle e/ p>tie dans le long c\loir1 elle e/ p>tie p\r ne plus rev5ir et ce m\*oir c'e/ t\t ce qui me re/]a dsormais1 t\t ce qui me re/]a de celle que j'aime dans les c>avansrails de la vie4 ,l',,toile ,,de ,,la ,,mis,,ricorde ,padmani a les yeux levs v]s le ciel cribl d'toiles et elle reg>de avec une extrme att5tion444 ,une g\tte d'arg5t brille sur sa j\e4 ,elle croit que *aque toile correspond un s5tim5t de l'me et que *aque me e/ s\s l'influ5ce d'une toile du ciel4 ,la g\tte d'arg5t desc5d l5tem5t4 ,oh6 comme elle e/ anxieuse devant les milli]s de c>actres tracs sur l'nigmatique livre bleu4 ,que *]*es-tu avec tant d'ardeur1 ,padmani8 ,je *]*e mon toile4 ,je connais son nom1 mais je ne sais pas o elle se tr\ve4 ,elle brille peu4 ,elle s'appelle l'toile de la misricorde4 ,je la connais1 lui ai-je dit4 ,la voil4 ,et je lui ai montr une toile au has>d4 ,c'e/ la plus belle1 a-t-elle murmur4 ,et sur sa j\e la g\tte d'arg5t avait disp>u4 ,,la ,,beaut ,,des ,,reflets ,je quitt]ai un soir la t]re des hommes et tu demeur]as t\te seule4 ,c'e/ p\rquoi je ti5s te dire la p>ole ess5tielle de la vie4 ,allume la lampe1 ma bi5-aime1 c> p\r que ceci soit nonc les meubles et les visages doiv5t avoir leur vtem5t de cl>t4 ,t\tes les *oses ont un reflet qui e/ la vraie sub/ance du monde4 ,les eaux immobiles sont phosphoresc5tes1 les prunelles miroit5t1 il y a des p>celles lum9euses qui flott5t au ras des t]res lab\res et que n'a pas eng5dres la lune4 ,la matire s'ef=ce de dgag] l'me4 ,t\tes les lumires sont belles except celle qui vi5t de l'or4 ,du monde des =mes app>5tes1 il ne faut aim] que les reflets1 le luisant des laques1 le poli des cri/aux1 le mat endormi des jades1 les t9celles des soies prcieuses et des *evelures4 ,le bi5 et le mal sont dans les reflets et les uns sont purs1 les autres impurs4 ,o ma bi5-aime1 ne pr5ds jamais l'or dans tes ma9s div9es4 ,c> ,ahriman1 dont il e/ p>l dans les livres ,z5d1 ,iblis1 le t5tateur1 ,satan dont les prtres *rti5s m5ac5t les enfants ne sont que les inc>nations de l'esprit de l'or1 l'esprit mauvais qui fait rtrograd] l'homme sur la r\te4 ,m>*e en avant1 ma bi5-aime1 conduite p> les reflets spirituels et t\rne ta face v]s le soleil4 ,dans le j>d91 l o sont les ronces et les orties1 fais un gr& tr\ et ent]re l'or4 ,demeure dans ta maison sans or ou vtue d'une robe sans franges1 avec des ma9s sans bagues1 va-t'en au lo91 trav]s la vie4 ,il y a bi5 mo9s d'actions mauvaises qu'on ne croit si l'on a une p5se haute4 ,vis dans le temple ou dans les b\ges1 avec les sages ou les m5diants1 donne ton corps t\s les hommes si cela te plat1 mais n'en reois pas une pice d'or4 ,*]*e les reflets1 ma bi5-aime1 ils sont la sub/ance1 ils sont la beaut4 ,plus tu les *]*]as1 plus il y en aura et la f9 tu m>*]as enveloppe de lueurs comme une pr9cesse entre dans une ville au milieu d'une pluie de lotus bleus4 ,et s'il t'arrivait une fois1 dans la spl5deur d'une demeure ou devant les /atues des dieux d'tre prise p> l'attrait de l'or1 s\vi5s-toi de cette p5se que je te lgue et qui e/ le meilleur de mon esprit1 le reflet de moi-mme qui t'accompagn]a1 ma bi5-aime4 ,t\tes les lumires sont belles except celle qui vi5t de l'or4 ,,le ,,p>adis ,,t]re/re ,j'ai longtemps habit le p>adis t]re/re4 ,il y avait un t\t petit jet d'eau dans une vasque de porcela9e gr&e comme la ma94 ,l'arbre de la sci5ce tait un p*] et comme son bois porte bonheur1 moi le premi] homme1 j'en avais c\p une bran*e que j'avais plie s\s l'arc de la porte t&is que la premire femme battait des ma9s4 ,s\s le c]cle de la bran*e de p*]1 la premire femme se t5ait s\v5t acc\de au soleil1 sans aucun co/ume visible4 ,c'e/ moi qui lui t5dais les fruits de l'arbre et elle y mordait en riant4 ,puis elle jetait les noyaux p>-dessus une petite haie d'aubp9es roses qui sp>ait le p>adis t]re/re du *em9 o sans d\te ,dieu v5ait le soir n\s pi]4 ,aucun ange irrit1 t5ant pe de flamme ne m'a *ass du p>adis t]re/re4 ,j'en suis p>ti sans raison conduit seulem5t p> ma propre folie4 ,a pe9e l'avais-je quitt que la notion du bi5 et du mal t\rm5tait cruellem5t mon me et que je savais combi5 il e/ am] de s'en all] t\t seul sur la dure t]re4 ,t\t seul1 c> la premire femme a cont9u habit] le p>adis t]re/re4 ,je vais quelquefois aut\r de la haie d'aubp9es roses4 ,j'ent5ds alors ret5tir son rire et je compr5ds que quelqu'un lui (fre des fruits4 ,je v\drais bi5 que quelques p>celles de l'anci5 bonheur1 retomb5t p> mg>de sur moi1 mais je ne reois que les noyaux de p*e1 qu'elle jette sur le *em91 comme jadis4 ,,les ,,m]veilles ,,du ,,voyage ,,en ,,*9e ,je racontais ,padmani t\t ce que j'avais vu de m]veilleux qu& j'avais voyag dans la ,*9e imm5se4 ,je lui dcrivais le palais de la ,joie immortelle1 la fonta9e des ,dragons dans le labyr9! des j>d9s de ,jehol1 le lac d',arg5t avec ses c5t tr5te kiosques de cri/al au pi$ d'une coll9e en m9]ai d'azur1 l'le des pagodes sil5cieuses et le tombeau de ,confucius1 h>monieux comme l'excell5ce de la p5se ordonne4 ,je racontais ,padmani les ftes auxquelles j'avais assi/1 la fte du septime ,soir o un envoy du ciel desc5d1 portant une or*ide1 la fte des ,seigneurs des ,trois ,mondes o nat l'esprit qui prside la =ce vitale4 ,je lui dcrivais les cortges p\r la fte du ,vieux de la lune qui dt]m9e les m>iages1 les co/umes bl\issants des matres de crmonies et de ceux qui rglem5t5t les gnuflexions et les rvr5ces et je lui racontais comm5t sur la montagne de ,f\-,t*ou ,f\ se clbre la fte des c]fs-volants4 ,padmani m'c\tait en sil5ce et je s5tais qu'elle avait une "q me pos] et que de t\t ce que j'avais dit1 une seule *ose l'intressait qui faisait se t5dre son m9ce c\ et brill] ses prunelles de jade sombre4 ,de quelle c\leur tai5t les c]fs-volants8 dem&a-t-elle4--,mais de t\tes les c\leurs de l'arc-en-ciel1 ,padmani4 ,et alors elle se p]dit dans un rve4 ,et je lui racontai encore les rv]ies my/rieuses de l'opium1 les sup]/itions tranges1 les misres extraord9aires et les dang]s que j'avais c\rus1 les mnag]ies d'animaux sauvages que j'avais vues ,macao1 l'arrive de la flotte portugaise que j'avais vue ,liampo et les pirates que j'avais vits et les bale9es qui tai5t passes au lo9 et t\tes les tonnantes m]veilles que peut contempl] l'homme qui fait un voyage en ,*9e4 ,padmani m'c\tait en sil5ce1 mais les sons frappai5t ses oreilles sans atte9dre son me4 ,un problme la t\rm5tait et pesait plus l\rdem5t sur sa tte que le casque crpusculaire de sa *evelure4 ,e/-ce que le mimosa de ,*9e a un autre p>fum que le mimosa qui crot dans notre j>d98 ,je lui ai rpondu3 ,le mme p>fum exactem5t4 ,alors elle a p\ss un gr& s\pir de s\lagem5t1 comme si je la dlivrais d'une pe9e et elle a dit3 ,a quoi bon s'en all] en ,*9e8 ,n\s sommes si bi5 ici t\s les deux4 ,,le ,,jeune ,,homme ,,nu ,c'tait un jeune homme nu qui v5ait de se baign] et qui s'avanait au soleil v]s n\s sur le sable de la ,jumna4 ,il tait trs beau1 il agitait ngligemm5t une liane et il s\riait en reg>dant ,padmani4 ,p\rquoi ce jeune homme te s\rit-il8 ai-je dem&4 ,de quel jeune homme p>les-tu8 rpondit ,padmani4 ,je ne vois p]sonne aut\r de moi4 ,et elle c>quillait les yeux du ct du beau jeune homme qui passait prs d'elle4 ,je p>le de ce jeune homme qui vi5t de pass] ct de toi avec une liane la ma94 ,et ,padmani1 baissant t>divem5t les yeux a rpondu3 ,sans d\te les dvas ont obscurci ma vue un in/ant4 ,cela arrive quelquefois4 ,mais le l5dema91 comme je l'avais mcont5te p> mon humeur taciturne1 elle s'tait assise devant la porte de la maison et elle reg>dait une alle ds]te dans le j>d9 avec une s+ulire et joyeuse fixit4 ,que reg>des-tu si att5tivem5t1 ,padmani1 dans l'alle ds]te8 ,sans d\te les dvas ont obscurci ta vue1 a-t-elle rpondu1 avec un peu d'impati5ce4 ,je reg>de un beau jeune homme nu qui s'avance dans l'alle en agitant ngligemm5t une liane4 ,et j'ai dit3 ,je le vois aussi4 ,il e/ l depuis que n\s sommes au bord de la ,jumna4 ,comme il e/ heureux d'tre beau cet invisible jeune homme nu4 ,et ,padmani s'e/ leve avec une m\e de t5dresse1 elle a montr du doigt le *em91 en disant3 ,reg>de4 ,il se sauve en c\rant et il ne revi5dra plus4 ,,les ,,trois ,,c\ps ,,de ,,la ,,cr,,ature ,,impati5te ,qu& on a frapp trois c\ps ma porte je ne me suis pas ht d'ouvrir4 ,j'ai b\* le flacon de rose et j'ai f]m le manuscrit du pote ,mir que j'tais en tra9 de lire4 ,qui saura jamais si j'ai eu tort de ne pas me ht]8 ,il n'y avait p]sonne sur le p]ron de ma maison4 ,une crature impati5te avait frapp et tait rep>tie sans att5dre4 ,mais doit-on c\rir lorsque le bonheur se prs5te et comm5t di/+u] d'ailleurs les trois c\ps du bonheur des trois c\ps du malheur8 ,et la rue tait presque ds]te4 ,j'ai dem& un porteur d'eau qui passait s'il n'avait vu p]sonne s'loign]4 ,mais il s'e/ cont5t de s\rire sans rpondre4 tait-ce une occasion que j'avais p]due ou un *agr9 qui j'avais donn le temps de s'loign]8 ,p\rtant1 je ramassai p>mi les h]bes sauvages des pavs une rose qui avait t p]due4 ,je la respirai et elle ne dgagea aucune odeur1 comme si elle se refusait trahir le secret de celle qui l'avait porte4 ,je suis r5tr et j'ai r\v]t le manuscrit du pote ,mir l'endroit o je l'avais m>qu avec le signet4 ,mais j'tais di/rait et les posies volai5t aut\r de moi sans m'atte9dre4 ,j'c\tais les bruits de la rue sil5cieuse4 ,j'ai f]m le manuscrit et j'ai remplac le signet p> la rose4 ,ah6 comm5t di/+u] les trois c\ps du bonheur des trois c\ps du malheur8 ,,le ,,diamant ,,des ,,morts ,il y a un usage funraire du ,npal qui veut qu'on mette un diamant dans la b\*e des morts af9 qu'ils g>d5t la beaut de leur visage dans les tnbres de la tombe4 ,les dieux qui prsid5t la dcomposition des molcules de la =me arrt5t leur travail cause de la cl>t de la pi]re prcieuse qui int]rompt l'ef=t de leur volont s\t]ra9e4 ,l'homme pauvre qui ne s]re entre ses d5ts que la p\ssire de son regret t]re/re1 l'homme pauvre s5tira le cont\r de son visage disp>atre et une active de/ruction t]a sa *air de ses os4 ,les dieux de la mort eux-mmes1 ces subalt]nes in/rum5ts du passage d'un monde l'autre1 sont les esclaves de la ri*esse4 ,on ret>de leur v5ue p> une somptueuse demeure qui prs]ve du froid et du soleil1 p> l'abondance des remdes qui font recul] la maladie1 sur de la mort4 ,le diamant bl\it ces dieux m]c5aires p> les facettes de sa lumire et accr\pis en sil5ce aut\r du possesseur de pi]res prcieuses ils respect5t le visage rigide de l'homme ri*e m>qu du sceau de l'autorit4 ,p\rtant1 homme pauvre1 la loi e/ ju/e1 la loi suprieure p\r qui les dieux de la mort ne sont que des fantmes obissants1 des l>ves aveugles et muettes1 s\mises leurs ordres4 ,c> plus ta =me *>nelle de pauvre prit vite1 ta =me ue p> les travaux et maigre p> le manque de n\rriture1 plus rapidem5t tu t'a*em9es v]s la vie plus subtile et meilleure o tu ne s]as revtu que de la claire =me de l'esprit4 ,et l enf9 tu ne cra9s l'attaque d'aucun dieu corruptible et tnbreux4 ,l1 *acun apporte le trsor qui lui app>ti5t1 *acun g>de la proprit spirituelle qu'il a accumule p> sa sagesse4 ,il n'e/ pas de diamant assez pur p\r immobilis] les traits *angeants de l'me s'ils ne se sont pas sculpts eux-mmes dans le m>bre de la beaut morale4 ,ce n'e/ que dans le royaume de l'esprit que l'homme mesure le ry?me de la ju/ice4 ,l',,am&e ,,am,,re ,p\r avoir une eau pure de t\te s\illure il faut frott] l'intrieur de la j>re o elle e/ v]se avec une am&e fra*e et l'expos] ensuite au soleil4 ,avec l'am&e de la rsignation j'ai frott la j>re de l'me af9 de faire disp>atre le limon des mauvais s5tim5ts et brill] l'eau de cri/al de la v]tu4 ,et voil mon me4 ,elle e/ sans passions4 ,le soleil luit trav]s cette eau transp>5te1 cette eau de p]fection immacule4 ,il ne faut pas boire p\rtant4 ,on a frott la j>re avec une am&e amre4 ,,la ,,sup,,riorit ,,des ,,connaissances ,elle m'a dit3 ,je suis trs savante4 ,a treize ans je savais tiss]1 quatorze ans je savais taill] des vtem5ts1 qu9ze ans je j\ais du lu?1 seize ans j'avais appris la danse4 ,a dix-huit ans je dirigeais tes s]vantes1 tes j>d9i]s et tes porteurs de litire4 ,et je lui ai rpondu3 ,je suis trs ignorant4 ,j'ai essay de p]c] le my/re des *oses ca*es et il e/ demeur impntrable4 ,j'ai essay de dc\vrir la loi secrte des ry?mes potiques et je n'y suis pas arriv4 ,je ne compr5ds ri5 ce que je vois aut\r de moi4 ,je ne sais pas p\rquoi tu ris et p\rquoi tu pleures et tu re/es mes cts comme la plus gr&e nigme de l'univ]s4 ,alors elle a p\ss des cris de joie en p5sant la supriorit de ses connaissances et elle s'e/ mise t\rbillonn] dans la *ambre4 ,mais elle s'e/ arrte1 elle a reg>d le plafond1 et comme si elle avait un regret elle e/ v5ue v]s moi en disant3 ,il y a autre *ose qui fait que tu es encore plus ignorant3 ,je sais t'aim] et tu ne sais pas que je t'aime4 ,l',,emp]eur ,,de ,,*9e ,,et ,,le ,,soleil ,l'emp]eur de ,*9e avait cru rem>qu] que le soleil n'obissait pas sa volont4 ,il tait incommod p> sa *aleur durant l't et il lui repro*ait d'avoir fait m\rir une tulipe s+ulire qu'on lui avait rapporte des pays b>b>es d'occid5t4 ,puis il *rissait les tnbres d'un am\r pr(ond4 ,il rsolut d'arrt] la c\rse du soleil et il convoqua t\te la c\r p\r qu'elle soit tmo9 de sa puissance illimite4 ,v]s le rivage de l'ocan d'o monte le soleil en flammes1 un gr& cortge se mit en m>*e durant la nuit4 ,l'emp]eur avait plac sur ses g5\x1 dans son palanqu91 un bton de jade magique qui avait app>t5u ,fo-,hi1 inv5teur de l'criture et de la lyre v+t-sept cordes1 et l'am\r de la nuit se lisait dans ses prunelles clignotantes4 ,des m&>9s de haut rang le suivai5t1 portant des lant]nes allumes qu'ils levai5t trs haut4 ,quelques-uns pleurai5t l'ide qu'ils ne v]rai5t plus la belle lumire du j\r4 ,d'autres songeai5t qu'ils avai5t t\j\rs dormi1 au lev] de l'aurore et ils regrettai5t la p>esse qui les privait jamais de ce spectacle4 ,les soldats avai5t mis des armures noires en signe de deuil4 ,seul le m9i/re des rites s\riait avec p]fidie d]rire son v5tail de soie4 ,sur le rivage de la m] un petit homme vtu de blanc tait en prires3 ,o sa9t b\ddhi/e1 que fais-tu l8 lui dit l'emp]eur4 ,et le petit homme vtu de blanc1 voyant les mille lant]nes1 les l>mes et le s\rire du m9i/re comprit ce qui arrivait et p5sa que l'emp]eur allait p]dre la face p> la dsobissance du soleil1 d'autant plus qu'un lg] blan*issem5t se p]cevait dj sur les eaux4 ,gr& emp]eur1 dit-il1 j'tais en prires sur le sable sal p>ce que je sais1 grce ma connaissance des *oses cle/es1 que le soleil ne doit plus se lev] jamais sur la t]re des hommes p\r la fcond]4 ,je le suppliais en va9 d'app>atre4 ,mais les lois a/ronomiques sont rig\reuses4 ,la seule esprance qui n\s re/e e/ que tu le fasses obir1 t\t-puissant6 en t5dant v]s l',ori5t la baguette magique de ,fo-,hi4 ,l'emp]eur h>angua les m&>9s1 mais le sa9t le tira p> la man*e1 cause du lg] blan*issem5t du ciel4 ,il ne fallait pas p]mettre le mo9dre ret>d au soleil4 ,p]sonne n'aurait pu croire que la baguette de ,fo-,hi et tant de p\voir c> jamais il n'y eut une aurore aussi clatante4 ,a9si la face impriale fut sauve4 ,t\tes les lant]nes s'teignir5t en mme temps4 ,le m9i/re des rites fit une grimace4 ,le petit homme vtu de blanc se remit en prires sur le sable sal4 ,,la ,,meilleure ,,"p ,il y a de rem>quables actions accomplir sur la t]re4 ,je p\rrais m'illu/r] de plusieurs faons1 dans les arts1 dans les gu]res ou dans les comm]ces1 mais je suis si bi5 auprs de ma bi5-aime4 ,on me dit qu'une c>avane va se mettre en m>*e trav]s les montagnes1 p\r ,kab\l1 puis elle gagn]a ,ispahan4 ,quelle rception me f]ai5t les potes de la ville6 ,pr5ds ton v5tail1 ma bi5-aime1 p\r que je voie comm5t tes yeux se f]m5t qu& l'air frais c>esse ton visage4 ,l'emp]eur de ,delhi vi5t de me m&] auprs de lui4 ,c'e/ un gr& honneur auquel je suis trs s5sible4 ,vite ma robe brode6 ,ali qui me v]ra pass] de son balcon s'van\ira de jal\sie4 ,mais ma bi5-aime a dfait sa *evelure sur ses paules et il me faut jusqu' dema9 p\r la contempl]4 ,dem&ez p\r moi p>don l'emp]eur4 ,t\s les s\fis se sont rassembls ce mat9 dans la mosque p\r discut] sur la puret de la doctr9e4 ,c'e/ le prophte d',allah lui-mme qui m'appelle4 ,mais ma bi5-aime a fait un gteau de lait d'am&es et de cannelle et elle e/ si *>mante qu& je lui fais des loges p>ce que je le tr\ve mon gt4 ,o s\fis6 dem&ez au ,prophte de dt\rn] son visage d'un ins5s4 ,les c>avanes se mett5t en m>*e p\r les pays loigns1 les emp]eurs sont assis sol5nellem5t au milieu de leur c\r1 les sages s'enivr5t de la sagesse de ,dieu4 ,mais n\s1 ma bi5-aime1 n\s lisons les livres des potes1 n\s p>tageons le gteau d'am&e1 n\s n\s reg>dons en sil5ce1 dans la petite maison qui abrite un imm5se bonheur4 ,n\s avons *oisi la meilleure "p4 ,,le ,,miroir ,,qui ,,cons]ve ,,les ,r,,ves ,qu& elle s'endort1 elle place ct d'elle un vase d'arg5t poli1 rempli d'eau limpide4 ,elle ne se s\vi5t pas de ses rves1 elle se s\vi5t seulem5t de leur beaut et elle croit que la my/rieuse image en demeure dans le miroir de l'arg5t poli4 ,ds qu'elle se rveille1 elle se p5*e avidem5t sur l'eau mat9ale4 ,oh6 vi5s vite voir1 mon bi5-aim6 il y a des palais dans une brume am>ante1 il y a des b\quets de citronni]s et des jeunes hommes vtus de blanc se promn5t s\s des portiques de m>bre4 ,je me p5*e aussi1 je me frotte les yeux1 mais je ne vois ri51 ri5 que son *>mant visage ct du mi54 ,mais alors elle se f*e aprs moi et accuse la l\rdeur de mon esprit qui ne sait pas se dgag] assez vite de l'ombre paisse du sommeil4 ,et qui sait1 peut-tre a-t-elle raison8 ,et une fois je me suis p5* le premi] sur l'eau claire du vase d'arg5t et j'ai dit3 ,je vois une jeune fille aux se9s nus1 une jeune fille qui danse avec une *>pe c\leur de lune4 ,elle ressemble la bayadre du temple de la desse ,p>vati que j'ai vue l'an pass ,bn>s1 elle ressemble au beau rve dont j'ai rv t\te cette nuit4 ,mais elle a s\ri sans s'm\voir et elle m'a rpondu3 ,s'il y a une bayadre ,bn>s et si elle a dans dans ton rve1 il n'y en a pas au fond du vase d'arg5t4 ,c> dans l'eau limpide repose un *>me1 une secrte correspondance avec l'me qui dort auprs4 ,et ce m]veilleux miroir e/ poli avec un art si magique qu'une c]ta9e qualit de rve peut seule y laiss] sa subtile trace4 ,mais elle a t\t de mme remu l'eau avec le b\t de son ongle4 ,,la ,,mosqu,e ,,int,,rieure ,il y a une confrrie de btisseurs qui se transporte de ville en ville p\r lev] des mosques de m>bre et de pi]re avec des c\poles pr(ondes comme des =ts et des m9>ets dlicats comme des jeunes filles4 ,ces btisseurs sont-ils des hommes pieux8 ,il n'importe4 ,ils sav5t en quel endroit de la montagne e/ ca*e la belle pi]re qui rsi/e au temps et le m>bre immacul comme le front d'un jeune homme v]tueux4 ,ils vont et ils dress5t le lieu de prire qui met en communication les hommes et ,dieu4 ,o mon me sois p>eille la confrrie des btisseurs4 ,si le d\te e/ p>fois en toi1 ne l'c\te pas et btis4 ,dc\vre p\r btir la p5se solide dans la montagne1 le *ant m>moren o c\r5t les ve9es bleutres de l'h>monie4 ,btis la t\r1 plus haut sans cesse4 ,la t\r spirituelle qui s'lance v]s le soleil6 ,c> *acun doit arra*] la blan*e pi]re vridique la t]re des erreurs1 *acun doit lui-mme travaill] la c\pole qui s\ti5t et au m9>et qui jaillit1 *acun doit btir dans son me sa propre mosque intrieure4 ,,le ,d,,sir ,d',,tre ,,aim,e ,elle p>lait1 elle p>lait sans cesse1 assise devant la maison4 ,sa voix joyeuse c\vrait le bruit de la fonta9e dans le j>d9 et p5dant que je l'c\tais avec am\r1 je reg>dais dans l'air *aud du soir des successions de vols d'oiseaux blancs s'lev] et s'p>pill] avec l5teur4 ,et puis elle s'e/ tue t\t c\p et elle a reg>d longuem5t la cime des palmi]s immobiles dans la c5dre du crpuscule1 si longuem5t que je lui ai dit3 ,p\rquoi ne p>les-tu plus1 ,padmani8 ,elle a p\ss un gr& s\pir4 ,il m'a sembl que la fonta9e dans le j>d9 s'arrtait de faire son bruit secret4 ,elle a jo9t les ma9s et elle a dit du fond du cur3 ,je v\drais tant que quelqu'un m'aime6 ,et elle a cont9u reg>d] la cime des palmi]s de plus en plus noys dans la c5dre du crpuscule comme si elle ne me voyait pas ct d'elle4 ,alors un oiseau noir a trav]s le ciel et a trac une longue ligne horizontale1 comme s'il c\pait le ciel en deux4 ,l',,homme ,,du ,,pays ,,de ,,sittim ,l'homme du pays de ,sittim1 dit-elle1 doit rev5ir un j\r la *]*]4 ,elle dpos]a ses colli]s et elle m>*]a pi$ ct de ce matre tyrannique p> les *em9s qui vont v]s les hauts plateaux4 ,pr(ite des c>esses de mon corps1 dit-elle1 tant que je peux te les donn]4 ,s]re-toi contre moi jusqu' dess9] ta tte sur ma peau4 ,il vi5dra un temps o je ne dans]ai plus et o je n'aim]ai plus1 c> l'homme du pays de ,sittim vi5dra et il m'emmn]a avec lui4 ,je me reprs5tais cet homme avec une haute /ature et faisant claqu] un gr& f\et en peau de rh9ocros4 ,le pas qui rsonnait d]rire n\s dans la nuit1 c'tait le si54 ,qu& elle reposait entre mes bras1 je l'ent5dais d]rire la porte comme la respiration d'un cau*em> et je t5ais un poign>d nu p\r lutt] avec lui4 ,un j\r de pr9temps o je me s5tais l'aim] plus qu' l'ord9aire1 un j\r de pr9temps o les canneli]s et les alos embaumai5t dans le j>d91 comme j'tais ses pi$s1 la tte sur ses g5\x et que je lui dem&ais si elle m'aimait1 elle me rpondit voix basse3 ,je crois que l'homme du pays de ,sittim va v5ir bi5tt4 ,et un soir je vis un vieill>d t\t petit avec un visage trs bon qui lui faisait un signe de la ma94 ,il tait vtu comme les lamas errants et je n'y prtai pas att5tion4 ,mais un peu plus t>d1 lorsque je tr\vai dans la *ambre les colli]s et les robes de soie qu'elle avait jets je compris que l'homme du pays de ,sittim tait v5u la *]*]4 ,l',,arm,e ,,sil5cieuse ,,des ,,p5s,,es ,mes p5ses se mett5t en m>*e v]s toi comme l'arme sil5cieuse de l'emp]eur ,aur5g-,zeb avec ses mille lphants aux pattes feutres devant la =t]esse de ,p>omisus4 ,tu ne les vois pas1 tu ne les ent5ds pas4 ,elles t'envelopp5t p\rtant1 lanant des milli]s de fl*es v]s le fanal nocturne qui brille au-dessus de la t\r inaccessible4 ,mais peut-on t\*] une me lo9ta9e avec les roseaux des p5ses lgres8 ,e/-ce que ton voile de soie mauve n'e/ pas plus impntrable que la pi]re millnaire des remp>ts8 ,o t\r c\leur de bronze que baign5t les vapeurs dores de la montagne afghane1 t\r du bi5 et du mal1 t\r de la sp>ation des frontires1 va1 tu z raison1 g>de tes portes f]mes l'arme sil5cieuse qui s'avance v]s toi4 ,c> dans *aque fl*e lgre il y a un poison ca*1 le poison des p>oles qui m5t5t et de l'am\r qui trahit et de ce poison l'me t\j\rs meurt4 ,,le ,,gra9 ,,de ,,bont ,il y a une p>celle de bont ca*e au fond de t\te me4 ,elle ne brille pas1 elle ne rp& pas de *aleur4 ,et nul ne sait qu'elle e/ l4 ,p>fois l'homme p>c\rt le *em9 de la vie1 de l'aurore au soir sans laiss] voir p]sonne son trsor intrieur4 ,o malheureux homme qui g>de secrte cette p>celle de bont ca*e au fond de son me6 ,il accomplit de mauvaises actions1 il trahit ses amis1 il v5d son esprit et il a honte de ce je ne sais quoi de lum9eux qui v\drait s'exhal] de lui4 ,et plus il va1 plus il fait le mal p>ce que la rprobation et le *tim5t augm5t5t sa =ce mauvaise4 ,c'e/ une me jamais p]due dit-on de lui4 ,e/-ce qu'il y a des mes qui peuv5t se p]dre puisqu'il y a une p>celle de bont ca*e au fond de t\te me8 ,l'me e/ comme le gra9 de bl qui a t lanc dans la t]re inculte4 ,l il y a la pi]re et la rac9e de l'ortie4 ,l *em9e le v]1 avide de n\rriture et c'e/ le lieu o le scorpion fait son lit4 ,le gra9 e/ t\t noir1 misrable1 obscur1 c\v]t de s\illures4 ,il porte sur lui le poids de la t]re4 ,mais p> la puissance d'un gnie div91 il m\le en sil5ce sa =me1 il p]ce sa r\te1 il triomphe de la bte et de la sub/ance1 et il s'lance v]s le soleil4 ,o mon ,dieu1 je porte mon gra9 de bl enseveli s\s mille pi]res et s\s mille ombres4 ,prs]ve-moi du v] de la trahison1 du scorpion de l'envie et du dc\ragem5t1 qu& tomb5t les l>mes de la pluie4 ,je n'ai qu'une t\te petite p>celle de bont et j'ai peur *aque in/ant de la voir prir4 ,o mon ,dieu donne-lui la =ce de gr&ir et de rayonn] et fais que dans l'me de *acun de mes frres huma9s *aque p>celle de bont rayonne en mme temps p\r qu'il n'y ait plus la f9 qu'une seule gr&e lumire6 ,l',,hirondelle ,,en ,,*emise ,,de ,,l9 ,elle se lve avant le j\r et veut t\t prix me p]suad] que j'ai dormi plus que de c\tume et qu'il e/ gr& temps que je me lve aussi4 ,ent5ds-tu8 me dit-elle1 la m>*&e de dahi qui passe l-bas avec ses pani]s4 ,mais moi je reconnais bi5 le cri de la vieille *\ette du j>d94 ,et ma9t5ant1 voil le porteur d'eau dans la c\r qui se dispute avec les s]vantes4 ,il y a seulem5t une hirondelle en *emise de l9 qui t\rbillonne dans la *ambre4 ,en va9 elle agite les rideaux de papi]4 ,il fait nuit dehors4 ,il fait nuit444 ,et p\rtant444 ,je me trompe1 amie4 ,puisque tu es deb\t1 l'aurore e/ leve4 ,,une ,,*ose ,,sans ,,importance ,elle m'a dit3 ,tu p\ss]as une b>rire de bois4 ,tu trav]s]as un j>d9 gr& comme la ma9 au b\t duquel e/ une t\te petite maison de bamb\4 ,je t'att5drai t\te nue m9uit sur la natte de joncs pe9te en bleu4 ,mais va1 tu atta*es de l'importance ce qui n'en vaut gure la pe9e4 ,je l'avais tant supplie d'tre moi6 ,j'avais tellem5t s\ff]t le j\r o elle tait p>tie avec un ,afghan de ,kab\l qui avait jet sur elle son manteau de la9e ray6 ,j'avais pleur si amrem5t qu& les trois bateli]s du ,gange l'avai5t t5due au fond de leur b>que et avai5t ram en *antant6 ,e/-ce que c'e/ ma faute8 m'avait-elle dit p> la suite4 ,elle tait si faible4 ,ce n'tait jamais sa faute4 ,comme les heures se succdai5t avec l5teur6 ,je voyais des cortges qui s'en allai5t v]s des b*]s et des fumes de b*]s qui s'en allai5t v]s le ciel et des nuages du ciel que le v5t emportait4 ,des vaut\rs planai5t sur le cimetire des ,p>sis4 ,la nuit se dployait comme une b\ffe de vapeur sortie d'une imm5se et invisible cassolette4 ,j'ai p\ss la b>rire de bois1 trav]s un petit j>d9 entre deux plates-b&es de pavots blancs et p> la porte entr'ouv]te j'ai reg>d dans la maison de bamb\s4 ,elle tait nue sur la natte pe9te en bleu1 elle avait son v5tail sur son visage et elle tapotait le sol avec sa ma94 ,j'ai bais cette ma9 et je me suis t5du ct d'elle4 ,comme le petit j\r naissait je me suis arrt en m'en allant prs de la b>rire de bois et j'ai vu que les pavots blancs des deux plates-b&es avai5t pleur de t\tes petites l>mes qui c\lai5t le long de leurs tiges4 ,deb\t1 sur la porte1 elle refaisait sa coiffure et elle me dit en guise d'adieu3 ,tu vois bi5 que tu atta*ais trop d'importance ce qui n'en valait gure la pe9e4 ,,la ,,mort ,,de ,l',,emp]eur ,,de ,,*9e ,au milieu de la nuit sil5cieuse1 dans le palais des ,cl>ts surnaturelles1 l'emp]eur de ,*9e ent5dit1 trs lo91 le pas lg] de la mort1 qui v5ait v]s lui4 ,elle m>*ait dans l'av5ue des ,dragons div9s1 puis elle fran*it le j>d9 des bass9s de jade bleu1 le j>d9 des hliotropes1 elle passa s\s son armure noire et son masque de cuivre1 en agitant son v5tail de plumes de corbeau1 au milieu des eunuques endormis et elle trav]sa les salles muettes1 les salles des trnes et des dieux1 les salles sans c&labres et sans rsonnances4 ,et elle se t9t d]nire la t5ture de soie violette qui fut agite d'un imp]ceptible frmissem5t4 ,alors l'emp]eur de ,*9e eut p\r la premire fois la connaissance de la gr&e solitude dans laquelle il avait t\j\rs vcu4 ,il aurait pu frapp] sur le gong de bronze4 ,le m9i/re des ,*tim5ts1 le m9i/re des ,rites1 les m&>9s du gr& ,conseil1 les pr9ces m&*\s s]ai5t acc\rus des quatre po9ts c>d9aux de la ,ville ,int]dite4 ,les trois c5ts p\ses aurai5t d*ir leurs robes et aurai5t p\ss les gmissem5ts dsesprs prescrits p> les millnaires ordonnances4 ,il aurait contempl sur les visages l'essor des ambitions n\velles1 les ha9es longtemps cont5ues1 les allgresses mauvaises s'lanant hors des mes comme un vol d'oiseaux noirs librs p> la mort4 ,mais non6 ,il valait mieux re/] seul comme il avait t\j\rs t dans la glace de sa robe d'arg5t1 s\s la neige de sa c\ronne de diamants4 ,et de l'ombre du pass il vit sortir la figure de celle qui ne vi5drait pas1 l'unique dont il aurait dsir la prs5ce4 ,jamais il n'avait p5s elle depuis sa v+time anne4 ,son nom tait ,hirondelle p]due et elle avait c\tume de jo9dre les ma9s comme des ailes se f]m5t4 ,oh6 la fte des lant]nes1 au pr9temps1 sur la montagne d',em\i1 le *em9 des pl]9s o tombai5t les fleurs de p*] et les yeux de cette fille de pauvre1 si ri*e d'am\r6 ,qu'tait-elle dev5ue ma9t5ant8 ,sans d\te un peu de p\ssire s\s une /le sans inscription4 ,et lui1 au sommet de l'univ]s1 avait vcu au milieu du ry?me des crmonies1 dans la maje/ des ftes impriales1 isol dans une solitude p>faite comme une figure gomtrique1 rig\reuse comme une loi1 exacte comme une vrit4 ,et il reg>dait frmir le rideau de soie violette que s\levait l5tem5t une ma9 gante de mtal noir4 ,aucun ambassadeur d',occid5t1 aucun s\v]a9 en voyage ne devait tre mieux reu que cette pr9cesse de l'au-del au masque de cuivre sombre4 ,il ceignit l'pe de gu]re du premi] des ,han1 il jeta sur ses paules l't5d>d sacr de l'empire cle/e et il prit dans sa ma9 droite le globe de cri/al que l'on se transmettait de dyna/ie en dyna/ie1 p>ce qu'il refltait une p>celle de l'inconnaissable4 ,il aurait mieux aim y voir l'image d',hirondelle p]due que celle de ,dieu4 ,mais faute de mmoire ou d'esprit philosophique il n'ap]ut ni l'une ni l'autre4 ,o solitude6 ,tel tait le s5s de sa de/9e4 ,a trav]s le rideau violet l'pe de la mort atteignit son cur4 ,t\t seul6 ,dans le gr& miroir1 il ap]ut un *em9 de songe o tombai5t des fleurs de p*]1 un *em9 idalem5t solitaire4 ,et il se mit y m>*] en levant trs haut le globe de cri/al o il n'y avait ri54 ,,le ,,juge ,,et ,,le ,,b\rreau ,tu levais le brle-p>fum et tu l'abaissais t\r t\r et tu p\rsuivais de tes bras ouv]ts les belles fumes mauves et bleues qui t\rnoyai5t avec l5teur et se p]dai5t my/rieusem5t dans les tnbres du plafond4 ,et tu me disais en riant1 mais avec un peu de cra9te p\rtant en me montrant l'air p>fum3 ,reg>de6 ,il y a un juge avec une longue robe r\ge et un turban noir et d]rire lui portant une pe rec\rbe1 je vois le b\rreau du roi des ,mahrattes4 ,et je t'ai rpondu3 ,il y a bi5 longtemps que je suis suivi p> un juge1 un juge au turban noir d]rire qui un b\rreau se ti5t4 ,mme qu& le soleil c\*ant ne r\git pas le bleu des fumes1 il e/ t\j\rs ct de moi1 ce juge t]nel4 ,celui que tu me montres se dissip]a t\t c\p si tu ouvres la f5tre et si tu fais pntr] le v5t du soir4 ,mais mon invisible juge demeur]a et le b\rreau du remords mille fois plus impitoyable que celui du roi des ,mahrattes me t\rm5t]a avec son pe4 ,,le ,,passage ,,de ,l',,oiseau ,,sim\rgh#a #a ,l'oiseau ,sim\rgh tait *ez les s\fis de la ,p]se et de l',inde le symbole de la p5se div9e4 ,l'oiseau ,sim\rgh qui habite au sommet du mont ,kaf en ,p]se ne passe qu'une seule fois dans la vie sur la demeure de l'homme4 ,heureux celui qui1 cette m9ute1 a le visage t\rn v]s le ciel6 ,n'e/-ce pas son plumage d'or1 ma bi5-aime1 qui vi5t de frl] le palmi]8 ,il ne faut pas f]m] la f5tre c> on ne peut voir le ciel trav]s les c>reaux de nacre4 ,une seule fois et puis c'e/ f9i4 ,l'oiseau miraculeux ne revi5t jamais4 ,s]a-ce p> une nuit crible d'toiles ou dans l'clat du soleil levant8 ,dois-je plac] un vase de lait au sommet de l'eucalyptus p\r qu'il y vi5ne se dsaltr]4 ,lorsque je m'assi$s le soir sur la t]rasse ct de toi1 je m'incl9e t\j\rs v]s ton visage et il e/ impossible de dta*] mes yeux des ti5s4 ,je suis bi5 sr que l'oiseau ,sim\rgh *oisira ce mom5t p\r pass] trav]s mon ciel4 ,j'ent5drai le bruit de ses ailes4 ,lv]ai-je la tte8 ,,le ,g,n,,reux ,,enlum9eur ,,de ,,livres ,votre pre ,btab l'enlum9eur de livres1 m'a dit en m'accueillant3 ,t\t ce qui e/ dans ma maison entre ces quatre pili]s de bamb\ noir1 s\s le manteau du toit blan*i de *aux1 mon hte1 v\s app>ti5t4 ,voici le v9 qui conti5t la p5se de dieu et le gteau de f>9e o il y a la sub/ance intime de la t]re matrielle4 ,voici les c\ss9s1 voici les bij\x runis p> l'am\r que les hommes ont p\r les pi]res prcieuses4 ,o mon hte1 t\t e/ v\s4 ,et un peu plus t>d il m'a dit1 qu& j'ai v\lu j\] de la ci?>e p\r lui plaire1 et *>m] la f9 de la soire3 ,c'e/ bi5 dommage que mes filles ne puiss5t v5ir s'asseoir ct de v\s sur le tapis af9 de voir l'hte j\ant de la ci?>e4 ,elles v\s c\t]ont1 au haut de l'escali]1 d]rire cette gaze d'or4 ,ne v\s (f5sez pas si elles *u*ot5t et si v\s ent5dez les froissem5ts de leurs bab\*es d'arg5t tiss qu& elles s'loign]ont4 ,et c'e/ p\r v\s que je ne voyais pas1 que j'ai j\ de la ci?>e4 ,v\s avez *u*ot d]rire la gaze d'or1 vos bab\*es ont gliss sur des t(fes et je me suis s5ti du gnie4 ,et plus t>d qu& j'ai t seul dans la *ambre de l'hte1 la porte a t\rn sil5cieusem5t et sans *u*otem5ts et sans froissem5ts de bab\*es v\s tes v5ues t\tes les deux v\s blottir ct de moi4 ,la lampe tait morte et je cont9uais ne pas v\s voir4 ,v\s disiez3 ,o j\eur de ci?>e1 s5s-tu comme mes lvres sont tides6 ,s5s-tu comme mon se9 e/ dur sur le ti56 ,et la nuit miraculeuse jetait p> la f5tre des b\ffes d'en*antem5t4 ,mais avec tri/esse j'ai c>ess votre front de la ma9 et j'ai rpondu3 ,c]tes j'aurais v\lu pr5dre votre pre l'enlum9eur de livres le plus prcieux de ses bi5s1 mais il m'a t\t donn d'un cur si gnreux6 ,allez jeunes filles4 ,le j\eur de ci?>e dormira cette nuit auprs de la confiance respecte4 ,,les ,,t]reurs ,,de ,,padmani ,au milieu de la =t n\s avons tr\v la /atue de jade d'une div9it inconnue4 ,padmani a comm5c p> s'enfuir mais elle e/ rev5ue sur ses pas et je lui ai dit3 ,les dieux sont in(f5sifs1 il n'y a que le cur des hommes qui e/ mauvais4 ,et sur la r\te1 en rev5ant v]s la maison1 n\s avons crois des vagabonds de mauvaise m9e4 ,padmani a comm5c p> s'enfuir mais elle e/ rev5ue sur ses pas et je lui ai dit3 ,ces hommes sont in(f5sifs et il n'y a en eux qu'obscurit et tri/esse4 ,et comme n\s arrivions devant ma porte1 un scorpion m>*ait sur la pi]re du seuil4 ,padmani a comm5c p> s'enfuir mais elle e/ rev5ue sur ses pas et je lui ai dit3 ,les btes sont in(f5sives4 ,vois comme je fais s'loign] celle-l avec le b\t de mon bton4 ,et elle a jo9t les ma9s en disant3 ,comme tu es c\rageux1 mon bi5-aim6 ,oui1 je suis c\rageux ai-je rpondu1 d'affront] sans cesse les yeux de celle que j'aime1 tes beaux yeux1 ,padmani1 sans connatre le dang] qu'ils ca*5t au lieu de m'enfuir bi5 lo91 bi5 lo9 de toi qui es plus r$\table p\r mon me que le dieu oubli1 l'homme errant1 le scorpion du seuil4 ,alors ,padmani a ri1 en disant3 ,tu f]ais comme moi1 si tu fuyais tu revi5drais aussitt sur tes pas4 ,,le ,,cimeti,,re ,,des ,,app>itions ,m,,lancoliques ,o cimetire des app>itions mlancoliques6 ,le tissu d'un mur blanc1 le dess9 d'un lz>d sur l'app>5ce de la porte1 les dalles et le gazon1 dami] funraire o se pos5t les hirondelles1 comme des jetons de rve1 et le crpuscule dployant les m\ssel9es vaporeuses de ses bleus te9ts1 de ses am>antes passs4 ,et le croissant de la lune au bord de l'horizon444 ,ghazlane la ,p]sane s'avance v]s moi1 lgre comme une bue et t5ant une ci?>e transp>5te comme un nuage4 ,dans le monde sans =me relle comm5t peut-on bais] tes lvres1 tre9dre ta taille s\ple8 ,et ct d'elle je vois un cyprs qui s'lance v]s le ciel1 p>eil une prire d\l\reuse4 ,azad le pote1 me s\rit de lo94 ,il s'appuie sur un bton comme jadis3 ,n'aimais-tu pas le v91 ami8 ,avec quelle b\*e bois-tu8 ,il me fait signe de m'appro*]444 ,plus prs encore4 ,il veut me dire un secret l'oreille1 le gr& secret1 qui fait rv] les hommes vivants4 ,mais d'un citronni]1 dans une m>e de pluie1 tombe un citron et il jaillit une toile de g\ttes d'arg5t4 ,je m'loigne sans me ret\rn]4 ,que le croissant de la lune e/ beau au bord de l'horizon6 ,comme la t]re e/ solide6 ,o cimetire des app>itions mlancoliques6 ,,le ,,sil5ce ,,des ,,masques ,qu& n\s sommes alls *ez le collectionneur de masques1 n\s avons vu des sam\ra1 des emp]eurs et des dieux4 ,c]ta9s visages avai5t des cornes de mtal et d'autres des b>bes r\ges et de longues d5ts aigus4 ,il y en avait qui ressemblai5t ,vritra et d'autres ,ahi et d'autres qui tai5t comme ,naga le dmon s]p5t4 ,tu avais peur et tu tremblais au milieu de t\s ces visages de laque et d'ivoire et tu dem&ais s'ils n'allai5t pas s'anim] et faire claqu] leur m*oire4 ,mais le collectionneur de masques t'a dit3 ,o mon enfant6 ,n\s sommes dans le monde des app>5ces trompeuses1 des passions immobiles1 du mal in(f5sif4 ,je vis au milieu de ces figures p>ce que si elles sont t]ribles1 elles sont muettes et que je prfre la fureur tranquille des masques l'hypocrite bont des visages d'hommes4 ,,le ,,pr,,tre ,,uva/ri ,il ne fallait jamais faire devant elle le rcit d'un meurtre4 ,alors1 elle se mettait trembl]1 elle prononait des mots incomprh5sibles1 ses prunelles dev5ai5t fixes1 elle suivait dans l'espace une my/rieuse scne tragique4 ,le voil le prtre ,uva/ri6 disait-elle avec p\vante4 ,il faut avoir piti de moi4 ,et elle *]*ait s'enfuir ou elle s'avanait d'autres fois avec un visage m5aant4 ,et t\rne v]s la porte close1 elle criait3 ,il vi5t d'entr]1 le prtre ,uva/ri se ti5t l4 ,et le soir qu& n\s tions seuls elle s'arrtait p>fois de *ant]1 elle se blottissait contre moi1 elle me s]rait la ma9 longuem5t et reg>dant obliquem5t la porte elle murmurait avec une voix de petite fille1 elle murmurait comme en rve3 ,e/-ce que tu sais si les morts p>donn5t8 ,s\v5t je croyais le voir m>*] aut\r de la maison4 ,il avait des yeux trangem5t r\ges dans un visage ple et tri/e et ses d5ts luisai5t entre ses lvres4 ,il tait t\t de blanc vtu et tirait un peu une jambe4 ,il semblait las et qu& il se t\rnait je di/+uais entre ses deux paules la trace sanglante d'une blessure4 ,et elle me disait1 c]ta9s j\rs3 ,o mon bi5-aim que la vie e/ belle qu& on s'aime4 ,le prtre ,uva/ri ne revi5dra plus4 ,elle se trompait p\rtant4 ,on ne tue pas le pass d'un c\p de poign>d entre les deux paules4 ,t\j\rs il s]a d]rire la porte1 ce tri/e1 ce t]rible1 ce pitoyable prtre ,uva/ri4 ,,dans ,,ce ,,vieux1 ,,ce ,,tr,s ,,vieux ,,j>d9444 ,c'tait un vieux1 un trs vieux j>d94 ,l'automne en avait pris possession et s'y lam5tait sans cesse avec le v5t4 ,et l1 les morts s'tai5t acc\tums v5ir err]4 ,p\rquoi avai5t-ils *oisi ce vieux1 ce trs vieux j>d98 ,a cause du p\rrissem5t des feuilles8 des exhalations de l'tang8 ,je ne sais4 ,mais je les voyais de ma f5tre4 ,je voyais les morts dans les alles4 ,ils n'avai5t pas l'air trs malheureux4 ,ils se t5ait immobiles reg>dant la t]re avec ob/9ation et ils semblai5t privs d'intellig5ce4 ,quelquefois ils trott9ai5t deux p> deux4 ,d'autres fois ils levai5t les bras tri/em5t4 ,je croyais qu'ils allai5t se pla9dre mais ils demeurai5t sil5cieux comme la desc5te du crpuscule4 ,les premi]s temps ils m'avai5t effray1 mais je m'tais acc\tum leur prs5ce4 ,l'abs5ce de flamme de leur reg>d am5ait dans mon me l'abs5ce de piti4 ,quelquefois je leur jetais des mies de pa9 comme aux oiseaux4 ,mais ils ne les ramassai5t pas4 ,quelquefois je leur jetais des p5ses amicales4 ,elles glissai5t au milieu d'eux et ils ne s'en ap]cevai5t pas4 ,dans ce vieux1 ce trs vieux j>d91 il y avait une fonta9e ple9e de jeunesse4 ,ils se dt\rnai5t en passant prs d'elle et jamais ils n'allai5t y boire4 ,dans ce vieux1 ce trs vieux j>d91 je *em9ais au milieu des morts4 ,je les ent5dais s'loign] qu& je r5trais dans ma maison4 ,et il m'a fallu beauc\p de temps p\r compr5dre quel po9t je leur ressemblais4 ,,s\s ,,le ,,voile ,,du ,,sommeil ,,simul ,elle s'tait dvtue et elle s'tait endormie auprs de moi4 ,son corps me p>aissait plus long qu' l'ord9aire4 ,j'avais p]du la raison en voyant ma bi5-aime dvtue et endormie auprs de moi4 ,je n'osais pas b\g] de peur de l'veill]4 ,la lampe avait p]du la raison comme moi1 c> elle jetait de gr&es flammes qui dansai5t sur les t(fes de soie et sur le corps nu de ma bi5-aime4 ,comme moi-mme et comme la lampe1 ma bi5-aime tait enivre p> le sommeil c> s\da91 d'un ge/e ma*9al et nglig5t1 elle p>c\rut mon corps avec la ma94 ,et les t(fes1 le lit d'acaj\ et les toiles la f5tre dev9r5t ivres leur t\r et t\rbillonnr5t aut\r de moi qu& je vis que ma bi5-aime ne dormait pas et que ses prunelles luisai5t entre ses paupires demi f]mes4 ,,la ,,vraie ,,puret ,tu me dis que je ne dois pas m'habill] avec des vtem5ts de la9e blan*e p>ce que je ne suis pas assez pur4 ,mais1 *>mante1 la vraie puret n'e/ pas dans les actions1 mais dans le cur4 ,qu& je me suis t5u un soir sur le seuil de la porte avec des yeux lgrem5t tr\bles1 tu t'es cri3 ,mon ,dieu1 tu vi5s encore de voir dans] les bayadres6 ,et p\rtant1 dlicieuse1 j'tais envelopp p> l'essaim des cle/es p5ses qu'inspire la danse4 ,comme je remuais dans un vase de t]re des milli]s de m9uscules coquillages tu en z pris une poigne que tu z fait retomb] au soleil et tu z dit3 ,ils sont aussi nombreux que tes p*s4 ,et j'ai rpondu3 p>faite1 comme mes p*s alors1 sont propres et purs6 ,et le soir o je t'ai tr\ve endormie et nue sur la natte et o je t'ai veille en baisant tes lvres1 ton premi] m\vem5t a t p\r t'enr\l] dans ton voile4 ,je t'ai dem& p\rquoi et tu m'z dit simplem5t3 ,c'e/ p\r que tu aies le plaisir de le dr\l]4 ,o s9cre1 la vraie puret n'e/ pas dans les actions1 mais dans le cur4 ,,la ,,l\ange ,,des ,,ann,,es ,comme le v9 qui en vieillissant se dp\ille de ses crets1 comme le palmi] qui laisse *oir *aque anne un c]cle de bran*es s*es p\r faire jaillir v]s le ciel une g]be plus fra*e et plus jeune1 a9si mon me rejette ses p5ses impures au contact rgnrateur des annes et elle lance v]s le ciel de la mort le juvnile b\quet des aspirations idales4 ,la vieillesse n'e/ pas t]rible4 ,elle pose sur le front de l'homme sage une c\ronne de roses cueillies au j>d9 my/ique de la p5se4 ,la vue des yeux physiques dim9ue1 mais on ap]oit des j>d9s ins\ponns1 des fleuves d'arg5t1 le dr\lem5t des valles et des montagnes du pays intrieur4 ,l'on ent5d mo9s bi5 la rsonnance des voix huma9es mais la p]ception vi5t de t\tes les my/rieuses p>oles qui sont dites dans l'au-del4 ,o puissance que j'ai r$\te qu& je ne te connaissais pas1 tu es bi5veillante comme l'affection1 tu es fconde comme la =ce du bl1 tu es trans=matrice comme le pr9temps4 ,tu m'z donn la connaissance de la mesure1 tu m'z appris la valeur de l'amiti1 tu m'z fait pes] les actions huma9es dans la balance du p>don4 ,tu es le trsor de l'homme pauvre1 la clairvoyance de l'aveugle1 la lgret du p>alytique4 ,je me rj\is de m'avanc] dans ta voie 9luctable o *aque pas que je fais me r5d le cur plus lg] et o je contemple une lumire de plus en plus pure4 ,c'e/ grce toi que j'avance dans la connaissance de moi-mme1 que je me dp\ille des voiles inutiles1 des masques trompeurs et que je contemple les *oses s\s leur d\ble aspect de bi5 et de mal4 ,c'e/ grce toi que j'atte9drai la porte troite de la mort1 purifi p> le p>don1 illum9 p> l'intellig5ce4 ,,la ,,m9iature ,,de ,l',,am\r ,*ap\r peignait en ,p]se des m9iatures si dlicates que l'on di/+uait sur les robes des rois qu'il reprs5tait le dess9 de *aque fil de tissu avec sa =me p>ticulire4 ,et on voyait aussi sur le visage des favorites *aque gra9 de la peau comme un univ]s ferique ombrag p> un duvet na94 ,a9si je v\drais te pe9dre une m9iature de mon me avec mes p5ses d'am\r qui s'enr\l5t comme des fils de soie et mes esprances plus tnues que des duvets4 ,mais je ne suis pas comme ,*ap\r qui reg>dait la sub/ance matrielle de la =me avec un v]re grossissant4 ,a trav]s mon propre esprit je suis mille c\loirs tnbreux et je me p]ds dans le palais s\t]ra9 des *oses spirituelles4 ,je possde p\r toi de t5dres s5tim5ts que je ne te dvoile pas et le trsor de mon am\r1 tu ne le connatras jamais et tu n'en recevras mme pas de moi une m9iature dlicate4 ,,la ,,brod]ie ,,de ,,padmani ,elles s'ent5dai5t si bi5 t\tes les trois qu'elles avai5t f9i p> se ressembl]4 ,elles faisai5t rgn] une h>monie si d\ce dans la maison que je croyais ent5dre p>fois comme de relles vibrations musicales gliss] du rez-de-*ausse la t]rasse4 ,elles tai5t galem5t belles et leurs *ambres tai5t de la mme c\leur4 ,leur image p\rtant ne se refltait pas galem5t dans l'eau claire d'un seau au soleil4 ,sans que j'aie pu m'expliqu] comm5t1 le visage de la plus jeune dont le nom tait ,padmani ne dess9ait dans l'eau qu'un d\ble mobile et c\leur de c5dres4 ,la plus jeune tait la plus tri/e des trois4 ,elles tai5t aussi gaies que les abeilles au pr9temps et que les *vres sur les p5tes des montagnes4 ,leur rire rsonnait dans l'escali] comme un ruisseau frais4 ,la plus jeune tait la seule qui aimait la brod]ie4 ,elle brodait sur de la la9e avec des fils d'or un visage du ,b\ddha4 ,mais jamais elle n'arrivait l'a*ev]4 ,qu& n\s sortions ensemble d',arcate elles c\rai5t de-ci de-l et elles c\pai5t de gr&s b\quets de fleurs sauvages dont la sve faisait des ta*es sur leur voile4 ,mais la plus jeune disait qu'elle n'aimait que les fleurs qui croiss5t dans le ciel et sont invisibles4 ,que font-elles cette heure t\tes les trois8 ,se s\ri5t-elles dans le mme miroir8 ,repos5t-elles s\s les m\/iquaires8 ,y en a-t-il une qui dit mon nom8 ,o mon ,dieu1 que mes bi5-aimes gt5t la quitude de l'me et puisse ,padmani ne jamais a*ev] sa brod]ie4 ,,un ,,peu ,,de ,,noir ,,de ,,fum,e ,un peu de noir de fume a sali t\t c\p la feuille blan*e sur laquelle j'crivais le pome p\r toi4 ,j'avais pe9t t\t aut\r une enlum9ure mogole comme celle d',abd\l ,samad et des matres de ,sam>c&4 ,la lampe a fil4 ,la feuille e/ salie4 ,le pome retraait la soire1 la m]veilleuse soire o p\r la premire fois tu m'z dit que tu m'aimais4 ,les toiles tai5t hautes et sil5cieuses et la =t p5*e sur toi semblait c\t] tes p>oles4 ,jamais je n'ai oubli ces heures et je te les rappelais dans le pome4 ,comme tu tais belle et comme le paysage qui n\s environnait tait m\vant et pr(ond4 ,mais il me s\vi5t que t\t c\p tu laissas tomb] p> t\rd]ie le nom d'un homme que tu avais aim avant moi4 ,c'e/ dans l'ordre des *oses4 ,sur le plus beau pome d'am\r il tombe t\j\rs un peu de noir de fume4 ,,le ,,rajah ,,de ,,gunnaur ,,et ,l',,esclave ,,b\ndi ,i ,le rajah de ,gunnaur n'avait jamais v]s de l>mes qu& il fut atte9t d'une trange dm5ce4 ,il se croyait la nuit appel p> les btes dans les ombres de la =t qui se dressait1 haute1 m5aante1 inexorable1 aprs la t]rasse1 aprs le j>d91 aprs la rivire1 en face du millnaire palais de ,gunnaur4 ,il aurait aim lire les manuscrits1 t\*] les in/rum5ts de musique4 ,il ne p\vait pas4 ,au lo9 les hynes riai5t1 les s]p5ts faisai5t un bruit d\x en glissant1 les s+es jacassai5t dans les bran*es1 les tigres miaulai5t cl9em5t1 t\tes les btes disai5t son nom4 ,alors il s'avanait sur la t]rasse et il voyait le peuple animal qui l'att5dait4 ,des lphants levai5t leur trompe1 des hrons claquai5t du bec1 des oiseaux empana*s comme des gu]ri]s battai5t des ailes1 des crocodiles sortai5t de la vase1 des insectes crpitai5t dans l'h]be4 ,et mille prunelles luisantes tai5t fixes sur lui4 ,les btes v\lai5t le faire rtrograd] dans l'*elle des tres1 l'arra*] de son rang d'homme4 ,alors il avait peur1 il tremblait4 ,il songeait la c\rse de son me immortelle4 ,il ne pleurait pas p\rtant4 ,,ii ,et il adv9t qu'une esclave ,b\ndi qui secrtem5t l'aimait se glissa1 la nuit1 dans le j>d91 au pi$ de la t]rasse o il se t5ait et j\a du lu? l'ombre des citronni]s4 ,et cette nuit-l1 le rajah de ,gunnaur ne vit pas les btes t5tatrices1 il n'ent5dit pas les voix infrieures du ret\r en arrire4 ,et les dvas flottr5t aut\r de lui en l'effleurant de leurs p5ses dlicates4 ,mais qu& au mat9 on lui apprit qu'une fille sans ca/e avait s\ill de sa prs5ce l'ombre des citronni]s s\s la lune1 il donna l'ordre qu'on la btonnt et qu'on la *asst de la ville4 ,oh6 comme les mes sont obscures et comme leur *em9 e/ long6 ,,iii ,les btes l'appelai5t si =t1 l'ore de la tnbreuse =t1 qu' la f91 le rajah de ,gunnaur trav]sa le j>d91 trav]sa la rivire p\r tre une bte aussi4 ,et il fut une bte dans la =t4 ,il aboya avec les *i5s sauvages1 il rit avec les hynes1 il monta sur le dos des c]fs1 il lampa l'eau qu& il v\lait boire4 ,il m>*a quatre pattes sur la t]re4 ,et p>fois s\s les clairires et dans les jungles sauvages1 il ent5dait l'*o d'un lu?1 d'un lu? semblable celui dont j\ait l'esclave ,b\ndi s\s les citronni]s4 ,et alors1 des dvas glissai5t s\s la vote sombre des arbres et le t\*ai5t avec la baguette de cri/al du s\v5ir1 du s\v5ir de la beaut entrevue4 ,mais il ne pleurait pas p\rtant4 ,,iv ,et cause du lu? lo9ta91 cause des invisibles dvas1 il rev9t la f9 au palais de ,gunnaur4 ,et comme l'me a des reflux1 le flux de la raison l'emporta4 ,il oublia le royaume des btes p\r ne rgn] que sur les hommes4 ,il fut puissant1 il fut clm5t1 il eut des armes p\r la gu]re1 il btit des temples p\r la prire4 ,il fut cra9t et il fut aim4 ,il pratiqua la ju/ice1 mais dans la ville ou sur les r\tes1 ou dans les ftes de son palais il demeurait envelopp d'une intrieure solitude4 ,et il n'ent5dit plus jamais rsonn] au lo91 le lu? ari54 ,un j\r1 qu'il tait la *asse avec t\s les gr&s du royaume1 il s'arrta s\s un vieil arbre maje/ueux p\r se repos]4 ,et il rem>qua des ossem5ts huma9s que la pluie avait blan*is4 ,il vit un poignet dlicat avec un anneau de f] sculpt4 ,quel peut-tre cet anneau de f]8 dem&a-t-il4 ,je le reconnais1 dit un de ses s]viteurs4 ,c'e/ l'anneau que les esclaves ,b\ndi ont c\tume de port] au poignet4 ,s\s ce vieil arbre maje/ueux1 une esclave ,b\ndi e/ v5ue m\rir4 ,alors p\r la premire fois1 le rajah de ,gunnaur pleura4 ,,le ,,papillon ,,et ,,la ,,b\gie ,elle tait g5\x sur le tapis de prire4 ,a ct d'elle tait une b\gie allume et un flacon d'ess5ce de roses db\*4 ,un papillon aux c\leurs miraculeuses volait dans la *ambre4 ,son visage tait en extase4 ,qu& je suis entr1 elle a fait un m\vem5t comme quelqu'un qui e/ pris en faute4 ,je me suis p5* sur elle et j'ai vu dans ses prunelles l'image du jeune homme auquel elle p5sait4 ,j'ai te9t la b\gie4 ,le papillon s'e/ envol4 ,,la ,,suie ,,de ,,la ,v,,rit ,l'homme qui aime la vrit1 s\s sa *evelure plate et sa robe de l9 gris1 s'e/ avanc v]s moi dans le ve/ibule de ma maison et d]rire lui se t5ait la jeune fille qui s\rit t\j\rs avec d\ceur4 ,l'homme tait rayonnant de v]tu et la jeune fille d'innoc5ce4 ,et l'homme dit mille p>oles sur t\s les sujets1 avec une voix basse et mue et dans ses disc\rs rev5ait sans cesse la gr&e affection qu'il avait p\r moi4 ,et mme il prit ma ma9 et il la s]ra t5drem5t4 t5dez-v\s sur les c\ss9s1 ai-je dit4 ,v\s boirez du v9 de ,*iraz4 ,le visage de la jeune fille tait comme une lune de lait frais4 ,et l'homme qui aime la vrit et qui reg>de obliquem5t1 eut s\da9 un lan si amical qu'il faillit me pr5dre dans ses bras4 ,il faut que v\s le sa*iez la f94 ,il s'agit de la femme que v\s aimez4 ,elle n'e/ pas digne de cet am\r4 ,et il me dit t\tes les *oses auxquelles on p5se qu& on n'a pas bu le v9 de ,*iraz qui fait oubli]4 ,le visage de la jeune fille tait si pur que je craignais qu'il ne s'envolt comme un oiseau rond4 ,et comme on apportait le v9 de ,*iraz1 je me levai1 j'allai *]*] un peu de fiel et je le rp&is au fond des c\pes avant de les (frir4 ,et l'homme s9cre dit aprs avoir bu3 ,sans d\te un scorpion tait endormi au fond de l'outre qu& on y a v]s ce v9 p\r le transport] dans l',inde1 c> le gt en e/ bi5 am]444 ,j'ai rpondu3 ,ne faut-il pas r5dre *acun ce qu'il v\s donna4 ,sur la virg9ale lune laiteuse l'am]tume mettait une grimace4 ,et lorsque je fus t\t seul1 je p]u une am]tume plus amre entre mes d5ts4 ,les s&ales des visiteurs avai5t s\ill les tapis en peau de *amois blanc1 l'hale9e de l'homme en s'*appant avait c\v]t le miroir d'une vapeur1 la rose du vase s'tait contracte1 l'eau o elle baignait tait tr\ble1 les vraies toiles aux f5tres s'tai5t te9tes au passage de la v]tueuse lune innoc5te et sur la pe9ture des beaux s\v5irs il y avait la suie de la vrit4 ,,sur ,,ces ,,tablettes ,,de ,,santal ,,r\ge ,sur ces tablettes de santal r\ge1 un pote de ,gwalior1 dont le nom e/ p]du1 crit un pome que les sicles avec leur sable ont effac4 ,c'tait peut-tre un roi puissant qui traa ces v]s dans la h\dah de soie de son lphant1 c'tait peut-tre un ascte assis p>mi les roseaux d'un m>cage4 ,un gr& cri d'am\r o les maximes de la sagesse8444 ,d\leur1 espoir ou r5oncem5t1 n\s ne saurons pas444 ,que de *oses jamais oublies6 ,moi aussi1 sur du papi] tress de l9 ,gwalior1 j'ai crit ton nom et la description de ta beaut et le sable inexorable des annes effac]a mes v]s4 ,qu'importe1 ,padmani1 que les hommes plus t>d ignor5t t\t de n\s deux1 si toi tu sais dans cette m9ute combi5 je t'ai aime4 ,,le ,,rosaire ,,noir ,,des ,,occasions ,,p]dues ,dans une rue de ,bn>s1 une femme m'a fait signe une f5tre4 ,elle s\riait et j'ai fait semblant de ne pas la voir4 ,je suis rev5u la tombe de la nuit4 ,la f5tre tait f]me4 ,dans une rue de ,bn>s1 un m5diant m'a t5du la ma9 et j'ai ht le pas en dt\rnant la tte4 ,mais je me suis rappel s\da9 les enseignem5ts du prophte et je suis rev5u en arrire4 ,il n'y avait plus trace du m5diant4 ,dans une rue de ,bn>s1 un m\llah m'a montr de lo9 la porte sculpte d'une mosque et j'ai pass4 ,qu& un peu plus t>d j'ai v\lu pri]1 j'ai err int]m9ablem5t le long des baz>s et des murailles de bamb\s4 ,et a9si t\te ma vie j'ai laiss d]rire moi un rosaire noir d'occasions p]dues4 ,o ins5s que tu es1 toi qui ne sais pas qu'il vi5t un mom5t o l'on ne r5contre plus ni la femme1 ni le m5diant1 ni ,dieu6 ,,le ,,pavot ,,noir ,jamais aucun bais] ne me fut plus cruel que celui qu'elle me donna devant la porte du j>d9 en me disant qu'elle tait tri/e de me quitt] jusqu'au l5dema9 et qu'elle m'aim]ait t\j\rs4 ,une m>*&e de dahi passait dans la rue avec ses pani]s d'osi]4 ,des enfants dans la p\ssire se disputai5t un morceau de camphre4 ,et je voyais sa joie de p>tir qui se dgageait d'elle comme un ange muet habill de m5songe4 ,jusqu' dema9 sans te voir6 dit-elle encore4 ,sa robe faisait un bruit soyeux de m\ssel9es neuves4 ,que vas-tu faire en m'att5dant8 ,elle s'e/ loigne petits pas1 sans hte app>5te4 ,je l'ai suivie des yeux1 j'ai cueilli un pavot noir et je suis r5tr4 ,,une ,,femme ,,dans ,,un ,,miroir ,ri5 n'e/ plus mlancolique que de reg>d] une femme dans un miroir4 ,on ne reconnat pas bi5 la *ambre1 d]rire la femme1 et la b\gie1 au fond1 l'air de brl] p\r le culte d'un dieu oubli4 ,c'e/ une illusion de bonheur que l'on gte auprs d'une illusion de crature4 ,je ne s]ai pas surpris si la femme s'envolait t\t c\p p> la f5tre comme un oiseau et si la flamme se dta*ait de la b\gie et tombait t]re comme un rubis mort4 ,celle qui e/ auprs de moi p\rrait tre une autre4 ,je ne suis pas bi5 sr d'tre dans cette *ambre-l4 ,un oiseau de m\ssel9e t\rbillonne1 un rubis mort fait une g\tte de flamme sur le tapis1 et moi je me dta*e de mon corps1 je cesse d'tre moi-mme1 je me p]ds dans l'inf9i du miroir4 ,,la ,f,,te ,,de ,,bhavani1 ,,qu',,on ,,appelle ,,celle ,,qui ,,fait ,,pleur] ,o p\rquoi n'es-tu pas v5ue8 ,je t'att5dais avec tant d'impati5ce6 ,j'avais prp> les *les et les m\ssel9es que tu aimes4 ,j'avais m>* dans l'alle dont le dt\r te plat4 ,comme le *ant du rossignol e/ tri/e lorsque le cur v\s fait mal6 ,o p\rquoi n'es-tu pas v5ue8 ,c'tait le j\r de la fte de ,bhavani1 la desse qui on a donn quatorze noms diffr5ts et je me suis s\v5u que l'un d'eux e/ ,flicit4 ,comme le bruit de la gat des passants e/ tri/e lorsque le cur v\s fait mal6 ,o p\rquoi n'es-tu pas v5ue8 ,t\s les baz>s tai5t f]ms4 ,t\s les temples tai5t muets6444 ,*aque pas qui rsonnait au lo91 c'tait le ti54 ,je me suis s\v5u que la desse ,bhavani s'appelle aussi3 ,celle qui fait pleur]444 ,comme le sil5ce sur la ville e/ d*irant lorsque le cur v\s fait mal6 ,,le ,,my/,,re ,,des ,,p]les ,,creuses ,dans une p]le creuse il y a une petite pr9cesse endormie4 ,elle ti5t dans sa ma9 m9uscule1 une p]le invisible nos yeux et dans le se9 de cette p]le repos5t un soleil1 une lune1 une t]re et t\tes les plantes en m\vem5t trav]s un ciel mo9s gr& qu'une f\rmi4 ,notre univ]s n\s repose aussi dans la p]le creuse d'une pr9cesse gante que n\s ne voyons pas cause de son imm5sit4 ,comme n\s sommes gr&s et comme n\s sommes petits6 ,lequel des deux1 en vrit1 et combi5 y a-t-il de pr9cesses qui dorm5t8 ,,la ,,rue ,,du ,,*agr9 ,cette rue1 cette rue si c\rte1 avec ses tam>9i]s p>-dessus les murs qui faisai5t une ombre bleutre1 je l'appelais la rue de la flicit4 ,je la fran*issais d'un seul lan et j'arra*ais avec la ma9 une t\ffe de feuillage que j'p>pillais d]rire moi4 ,ta maison tait droite1 une petite maison avec un toit bas et une porte en bne noir et j'appelais cette maison la maison du bonheur4 ,la *ambre o tu reposais s\s la m\/iquaire avait des c>relages de c\leurs et j'y avais vcu tellem5t d'heures d'ivresse que je l'appelais la *ambre des s\v5irs4 ,a droite e/ t\j\rs ta petite maison4 ,les tam>9i]s font une ombre bleutre4 ,mais la rue e/ int]m9able1 et je l'appelle la rue du *agr94 ,,le ,,jeune ,,homme ,,du ,,cr,,puscule ,le jeune homme que j'avais vu pass] avait un turban c\leur de safran et une robe blan*e s]re la taille p> une cordelire d'or4 ,j'tais assis devant ma porte l'heure o l'on remplace les veilleurs sur les remp>ts et il ne m'a fait qu'un signe1 il ne m'a jet qu'un reg>d4 ,j'ai c\t les trompettes rsonn] dans les t\rs1 j'ai reg>d les toiles s'allum] et le jeune homme s'e/ loign s\s son turban c\leur de safran4 ,et c'e/ seulem5t qu& sa silh\ette a disp>u le long des murailles1 qu& il n'a plus t temps de c\rir aprs lui1 que j'ai compris devant ma porte l't5due de ma solitude4 ,,il ,,vaut ,,mieux ,,que ,,tu ,,ne ,,revi5nes ,,pas ,il vaut mieux que tu ne revi5nes pas1 puisque tu es p>ti une fois de la maison4 ,d'autres fleurs de p*]s tomb5t dans le j>d91 d'autres lotus s'entr'ouvr5t sur l'tang4 ,mais ce sont les anci5nes fleurs qui m'tai5t *res4 ,il vaut mieux que tu ne revi5nes pas4 ,puisque tu t'es loign de moi1 que le voyage te soit d\x4 ,le monde e/ gr&4 ,il y a dans de tides intrieurs d'autres lampes qui clair5t des visages remplis de d\ceur4 ,l1 on j\e aussi de la cy?>e1 on lit des livres4 ,tu y s]as t5drem5t aim1 puisque tu t'es loign de moi4 ,ce n'e/ pas le d"p qui e/ la plus gr&e tri/esse4 ,on se dit adieu avec un cur f]me4 ,a ce c>ref\r tu tr\v]as une aub]ge4 ,a ce c>ref\r tu tr\v]as un ami4 ,et puis on sait que les sp>ations et les *agr9s =m5t le tissu quotidi5 de la vie4 ,ce n'e/ pas le d"p qui e/ la plus gr&e tri/esse4 ,il vaut mieux que tu ne revi5nes pas cause du reg>d qui n'e/ plus le mme1 cause de la ma9 qui ne se t5d plus avec la mme fran*ise4 ,je sais bi5 que la puissance d'oubli e/ illimite et que le p>don e/ le cur de ,dieu4 ,p\rtant1 puisque tu es p>ti une fois de la maison1 bonheur1 il vaut mieux que tu ne revi5nes pas4 ,,les ,,deux ,,bayad,,res ,,et ,l',,unique ,,visage ,deux bayadres dans le mme clair de lune ont vu au fond du puits l'unique visage de leur bi5-aim4 ,elles ont desc5du le seau de mtal p\r le ram5] et il n'y avait qu'une eau tr\ble1 ple9e de reflets briss4 ,elles ont refus de dans] sur les trois pi]res du temple de ,ganesa et elles ont pleur qu& la lune montait4 ,et le ,brahmane aux *eveux de l9 et aux doigts de p>*em9 leur a dit3 ,telle e/ la loi1 mes filles1 et il vaut mieux444 ,une seule fois app>at le bi5-aim1 le vrai bi5-aim immortel1 et malheur celles qui veul5t l'arra*] au my/re et la di/ance du puits4 ,mais les bayadres ont cont9u pleur] au clair de lune c> celles qui ont entrevu une fois le visage du bi5-aim1 jamais plus ne l'oubli5t4 ,,une ,,silh\ette ,,blan*e ,,qui ,s',,enfuit ,c'tait un pas lg] que j'avais ent5du sur les feuilles mortes4 ,c'tait une silh\ette blan*e que j'avais vue s'enfuir au b\t de l'alle4 ,j'ai t seule t\te la j\rne1 me dit-elle1 et les heures m'ont p>u longues4 ,et elle s\riait en montrant ses d5ts comme si elle avait envie de mordre un invisible fruit4 ,je dsirais tellem5t qu'elle expliqut d'une faon naturelle cette silh\ette blan*e au fond de l'alle que je lui dis3 ,e/-ce que ,taswir1 la j\euse de v9a1 n'e/ pas v5ue t\t l'heure j\] avec toi4 ,mais elle me rpondit t\rdim5t3 ,non1 il y a bi5 des j\rs que je n'ai pas vu ,taswir1 la j\euse de v9a4 ,elle me reg>dait avec des prunelles ple9es d'am\r et au milieu des c\ss9s j'ap]u un de ces f\l>ds big>rs en m\ssel9e lgre comme ont c\tume de mettre aut\r de leur c\1 les jeunes hommes du ,npal4 ,mais dj elle m'avait fait asseoir sur ces c\ss9s et elle passait ses bras aut\r de mon c\4 ,o my/re du cur de la femme6 ,n'z-tu pas soif1 mon bi5-aim8 dit-elle encore4 ,et elle prit la j>re de v9 et je vis que sur le plateau il y avait deux v]res et qu'on avait bu dans t\s les deux4 ,ses yeux tai5t tranquilles1 sa ma9 ne tremblait pas qu& elle m'a t5du le v]re1 et moi j'ai bu longuem5t1 j'ai bu avec ivresse4 ,o my/re du cur de l'homme6 ,,la ,,rac9e ,,des ,,univ]s ,,et ,,des ,,dieux ,je ne vois p>t\t que d\leur4 ,le riz va manqu] bi5tt aux hommes des pauvres villages4 ,dans les basses rues de la ville1 il y a les maladies qui pass5t et qui m>qu5t les maisons p\r que la mort vi5ne les visit]4 ,l'un e/ d*ir p> le f] et l'autre l'e/ p> le *agr94 ,je ne vois p>t\t que d\leur4 ,je ne vois p>t\t que des curs f]ms4 ,je ne vois p>t\t que des curs f]ms4 ,il n'y a pas de piti s9cre1 il n'y a qu'un orgueil dmesur4 ,le s\fi1 le juge intgre et l'honnte p\se se glorifi5t trop vite d'tre les premi]s4 ,comme dans une t\r de pi]re1 ils s'enf]m5t dans leur v]tu4 ,et cette v]tu e/ vraim5t de pi]re4 ,sur elle se brise l'huma9e d\leur4 ,*acun ne croit qu' sa vrit4 ,il n'y a pas de piti s9cre4 ,et p\rtant il y a une voie diffr5te p\r *acun4 ,il y a une voie diffr5te p\r *acun1 quelquefois borde de fleurs et d'autres fois seme de caill\x4 ,mais t\tes les voies mont5t et la plus dure e/ s\v5t la plus c\rte1 entre les voies qui mn5t au sommet de la montagne4 ,j'ai vu une femme appel] les passants sur un tas de caill\x et t5dre avec la lassitude de son ge/e1 une incomm5surable mesure de piti et j'ai vu dans les yeux du voleur qu'on allait trangl] brill] la vraie lumire de ,dieu4 ,mais la vraie lumire de ,dieu n'e/ pas visible p\r les aveugles4 ,la vraie lumire de ,dieu n'e/ pas visible p\r les aveugles4 ,*acun clt sa porte au crpuscule et t5d la b>re sur les vantaux c> le m5diant p\rrait pass] avec sa lant]ne accro*e un bton noir4 ,p]sonne ne veut voir les toiles de la piti qui s'allum5t avec la nuit et *em95t le long des portes inexorablem5t muettes4 ,et p\rtant les porteurs dsesprs d'toiles sont s\v5t les meilleurs et les plus purs4 ,ils frapp5t aux portes4 ,ouvrez-n\s1 hommes ju/es1 ouvrez-n\s1 hommes v]tueux6 ,n'e/-il pas ju/e que n\s ayons une petite "p de ri*esse1 une petite "p de v]tu8 ,mais jamais on ne leur rpond1 jamais il ne leur s]a rpondu4 ,c> le soleil de la ju/ice ne se lve jamais dans le ciel troit de la t]re4 ,les m*ants ne sont pas punis et les bons ne sont pas rcomp5ss et ce sont les hypocrites qui sont les matres4 ,les causes eng5dr5t les effets1 mais ceux qui subiss5t les effets ne connaiss5t pas les causes et l'on maudit ,dieu avec raison p>ce qu'il donne assez d'intellig5ce p\r dsir] la ju/ice et qu'il n'en donne pas assez p\r compr5dre la l5teur de sa m>*e et l't5due my/rieuse de sa loi4 ,et qu& on maudit ,dieu1 le cur se f]me davantage et la d\leur devi5t plus gr&e et c'e/ p\rquoi je ne vois p>t\t que d\leur1 je ne vois p>t\t que des curs f]ms et il n'y a ri5 espr] de la piti des hommes4 ,il n'y a ri5 espr] de la piti des hommes1 et il n'y a ri5 espr] de la piti de ,dieu puisque t\t ce que n\s voyons de lui e/ le dr\lem5t d'une loi impassible et immuable4 ,il n'y a ri5 espr] de p]sonne4 ,mais au fond de l'abme du dsespoir et de l'inju/ice1 il e/ p]mis de contempl] la lampe inaltrable de l'esprance4 ,c> en soi-mme1 dans le rayonnem5t de sa propre me e/ la div9e ju/ice qui ne faillit jamais1 celle qui n'a pas beso9 de piti p\r brill]1 celle qui a en elle une huile d'am\r qui se consume sans s'puis]4 ,o puissance intrieure6 rac9e des univ]s et des dieux6 immortelle ju/ice de l'homme6 ,,la ,,p]te ,,de ,,la ,,ri*esse ,v,,ritable ,un navire *>g de poivre et de vanille1 en s'loignant du port de ,surate1 a emport t\t l'hritage de mon pre4 ,il a fait naufrage non lo9 de ,goa4 ,qu',allah soit glorifi6 me suis-je cri1 qu& on m'annona que j'tais ru94 ,le monde e/ tellem5t rempli de ri*esse6 ,sur l'eau de la fonta9e qui e/ entre des figui]s1 prs de la porte de ,ca*emyr1 je me p5*ai un soir et je vis deux ta*es grisonnantes de *aque ct de mon front4 ,a9si j'appris que j'avais p]du ma jeunesse et je fus rempli de joie1 p5sant qu'il y a plus de beaut dans le crpuscule que dans le j\r qui se lve et que le voyageur doit se flicit] d'appro*] de la f9 du voyage4 ,mais lorsque je p\ssais la porte de ma maison1 que je vis la table vide de tes botes de f>d1 et que je compris que tu m'avais quitt1 alors je m'assis sur le seuil et je pleurai ma solitude p>ce que je v5ais de p]dre p\r la premire fois ma =tune et ma jeunesse4 ,,la ,,nuit ,,des ,,pavots ,,morts ,la *ambre tait ple9e de pavots et le v5t avait entr'ouv]t la f5tre4 t5du au milieu des c\ss9s j'att5dais que le rossignol se mt *ant]4 ,mais cette nuit-l1 il n'y avait1 dans le j>d91 que le *u*otem5t des cdres entre eux4 ,je posai ma ci?>e ct de la c\pe demi ple9e et je m'endormis qu& baissa la lampe4 ,alors celle que je ne dois plus revoir c>ta le rideau de soie4 ,elle avait une robe tranante1 p>fume avec du musc de la ,p]se4 ,elle avait des bab\*es sil5cieuses1 des colli]s muets1 des bagues sans reflets4 ,elle avait ce s\rire lo9ta9 de ceux dont l'me e/ abs5te4 ,elle a pris la c\pe1 elle l'a porte ses lvres et elle l'a vide4 ,elle a pris la ci?>e et elle a j\ un air d\x et tri/e que j'ai ent5du sans me rveill]4 ,elle a hsit un peu1 elle s'e/ reg>de dans le miroir1 elle a t\* les panneaux de laque4 ,et puis elle a disp>u comme le s\v5ir d'une soire d'autrefois4 ,qu& je me rveillai je vis le c>m9 de ses lvres aux bords de la c\pe4 ,et sur une corde vibrante de la ci?>e1 la te9ture de son ongle avait fait comme une g\tte de sang4 ,le v5t tait froid1 les pavots m\rai5t1 dehors le rossignol comm5ait *ant]444 ,a ,l',,ami ,,+rat ,l\ange toi qui m'z (f5s1 qui m'a p]mis de contempl] loisir le visage de l'+ratitude4 ,j'ai su quelle lumire la trahison peut donn] au reg>d1 avec quelle hypocrite affection elle sait dguis]1 t5dre la ma9 loyalem5t1 faire des confid5ces s9cres p\r mieux tromp]4 ,l\ange toi qui m'z (f5s4 ,c> j'ignorais la =ce du mal1 je n'avais pas encore mesur la puissance avec laquelle il passe dans c]ta9es mes1 arra*ant les bons s\v5irs comme la tempte arra*e les arbres1 dva/ant le *amp de l'amiti o la rcolte avait si pniblem5t fleuri4 ,j'ignorais un des deux v]sants de la montagne1 celui o il y a de l'ombre1 o il pleut sans cesse1 o l'on e/ t\j\rs tri/e4 ,je ne te rappell]ai pas que je t'ai aim avec un cur vridique et que si je ne te l'ai pas exprim p> des p>oles va9es1 mon sil5ce te l'avait s\v5t dit4 ,n'y a-t-il pas d'ailleurs1 qu& l'ami retr\ve son ami1 un my/re dans le reg>d et la =mule du salut1 qui e/ le signe du plaisir frat]nel8 ,je ne te rappell]ai pas le plaisir frat]nel que ta prs5ce me procurait1 mais je te dis3 ,l\ange toi qui m'z (f5s6 ,c> je ne te r5drai aucun mal4 ,non p> manque de c\rage et non plus p> manque de d\leur4 ,le plus beau c\rage e/ dans le sil5ce1 dans la facult de dtruire en soi-mme t\t ce qui nat de mal1 eng5dr p> le mal4 ,et p\r ce qui e/ de la d\leur1 je l'ai connu1 je l'ai mesur de l'extrmit de sa rac9e pr(onde jusqu' sa d]nire feuille lo9ta9e et je la g>de jal\sem5t1 g/em5t1 p\r moi seul4 ,et je te dis3 ,l\ange toi qui m'z (f5s6 ,c> tu m'z fait prs5t d'une magnifique ri*esse4 ,le morceau de plomb tait de l'or s\ill que j'ai lav de mes ma9s4 ,j'ai pris ton (f5se et je l'ai ptrie1 je l'ai polie1 je l'ai *auffe dans mon cur4 ,je l'ai trans=me en ce p>don secret qui me fait compr5dre la vie4 ,ce p>don e/ dsormais p\r moi la clef de t\tes les portes f]mes que l'homme r5contre dans son voyage4 ,tu m'z donn plus que tu m'z pris4 ,l\ange toi qui m'z (f5s6 ,,la ,,desc5te ,,du ,,fleuve ,n\s n'arriv]ons jamais6 ,allez plus vite1 rameurs6 ,s\s la toiture en bamb\s de mon bateau1 =ce d'avoir bu du v91 je ne vois qu'un morceau circulaire du ciel o dans5t les toiles4 ,desc5dez1 desc5dez le fleuve1 rameurs1 n\s n'arriv]ons jamais4 ,o allons-n\s6 ,je ne sais pas bi54 ,mais allez plus vite1 rameurs4 ,s\s la toiture en bamb\s de mon bateau1 je ne vois1 =ce d'avoir bu du v91 qu'une p>tie de mon me o dans5t des s\v5irs4 ,desc5dez1 desc5dez le fleuve1 rameurs4 ,n\s n'arriv]ons jamais6 ,l-bas1 il y a une maison o m'att5d une femme belle comme un morceau de jade blanc4 ,allez plus vite1 rameurs4 ,j'ai tellem5t bu de v9 que je n'arriv]ai pas la reconnatre4 ,desc5dez1 desc5dez le fleuve1 rameurs1 n\s n'arriv]ons jamais6 ,c'e/ elle6 ,elle me fait signe4 ,elle tr\ve que je suis en ret>d4 ,allez plus vite1 rameurs6 ,mais j'ai tellem5t bu du v9 qu'il me semble que son visage e/ *ang et que je suis en prs5ce de ,siva le de/ructeur des =mes4 ,desc5dez1 desc5dez le fleuve1 rameurs1 n\s n'arriv]ons jamais4 ,t\tes les lant]nes s'teign5t sur la rive4 ,on ent5d au lo9 cri] les pan?res4 ,allez plus vite1 rameurs4 ,il y a un endroit solitaire o comm5ce la =t4 ,v\s me dpos]ez l et je m'en irai droit devant moi c> la sagesse m'att5d au pi$ d'un banian4 ,desc5dez1 desc5dez le fleuve1 rameurs1 n\s n'arriv]ons jamais4 ,,les ,,yeux ,,bleus ,,sont ,,des ,,miroirs ,,morts ,j'ai peur des yeux bleus p>ce qu'ils me font p5s] des saphirs et que le saphir e/ un fragm5t d'un univ]s antrieur la t]re1 qu'on ne rev]ra jamais plus4 ,j'ai peur des yeux bleus p>ce qu'ils rappell5t un v9 mlang de feuilles que de belles filles me fir5t boire ,bagdad et que l'ivresse de ce v91 je ne la connatrai jamais plus4 ,j'ai peur des yeux bleus p>ce que ce sont ceux des mes f]mes et qu'ils reflt5t les beaux paysages ensoleills sans les voir et l'am\r sans l'pr\v]4 ,j'ai peur des yeux bleus p>ce que ce sont ceux que je reg>de sans cesse dans le visage de ma bi5-aime1 et qu' l'inv]se des autres yeux huma9s1 ces yeux mortellem5t bleus ne reflt5t pas mon image et sont p>eils des miroirs morts4 ,,sur ,,les ,,rives ,,de ,,la ,,jumna ,sur les rives de la ,jumna1 j'ai vu une femme qui pleurait4 ,elle jetait des ptales de fleurs sur un b]ceau o reposait un enfant mort4 ,le b]ceau tait sur les flots et comm5ait s'en all]4 ,c'e/ mon enfant1 dit cette femme1 mon enfant bi5-aim qui e/ mort4 ,je ne compr5ais pas p\rquoi il reg>dait t\j\rs le ciel avec des yeux si gr&s et si tri/es et p\rquoi il se dt\rnait du visage des vivants4 ,je le compr5ds ma9t5ant4 ,mais ce que je ne compr5drai jamais1 c'e/ p\rquoi il e/ n p\r m\rir si vite1 c'e/ p\rquoi il tait si beau af9 que gr&isse dans mon cur un am\r d'autant plus t5dre1 ce que je ne compr5drai jamais1 c'e/ l'inju/ice du dieu unique4 ,et avec un ge/e dsespr elle lanait des ptales de fleurs v]s le b]ceau qui s'loignait4 ,on ne voyait pas l'enfant mort4 ,le b]ceau fut arrt p> une bran*e4 ,des nnuph>s l'enveloppr5t et semblr5t t5dre sur lui l't(fe pieuse de leurs feuilles et puis il disp>ut au lo94 ,et je p5sais en suivant les rives de la ,jumna3 ,moi aussi j'ai p]du une enfant bi5-aime4 ,elle se dt\rnait s\v5t de mon visage et elle reg>dait le ciel avec ob/9ation4 ,mais je n'ai pu la mettre dans un b]ceau et la c\vrir de ptales de fleurs4 ,c> si elle e/ morte p\r moi1 elle e/ vivante p\r les autres4 ,la rivire sur laquelle elle vogue e/ plus imptueuse que la ,jumna4 ,elle e/ ple9e de musiques qui j\5t et de bais]s d'am\r4 ,c'e/ la rivire de la vie o ma bi5-aime e/ p>tie en *antant et je suis t\t seul sur le rivage4 ,n\s ne savons pas p\rquoi les enfants sont arra*s aux bras des mres1 p\rquoi il y a cette attirance dans les visages qu'on va p]dre1 p\rquoi celui qui aime n'e/ pas aim galem5t4 ,le dieu unique e/ peut-tre inju/e4 ,mais je t'envie1 toi qui peux jet] des fleurs sur l'enfant mort que tu z p]du4 ,,les ,,trois ,,jeunes ,,filles ,,et ,,le ,,lotus ,les trois jeunes filles v5ai5t de se baign] dans l'tang et l'eau qui m\illait leur corps en s'vaporant au soleil1 leur faisait une aurole de bue bleutre4 ,qu& elles m'ap]ur5t p>mi les asokas1 la premire1 la plus svelte1 p\ssa un cri et fit le ge/e de se voil] avec une tunique invisible et elle tait comme un roseau qui se plie s\s le v5t4 ,la deuxime1 la plus gr&e1 se mit rire et elle cont9ua m>*] tranquillem5t avec un je ne sais quoi d'impudique dans le m\vem5t des paules et elle tait comme l'arbre ,ban qu&1 midi1 il f5d son corce avec la =ce de sa sve4 ,mais la troisime1 la plus petite1 me reg>da de lo9 sans me voir4 ,elle se baissa1 cueillit un lotus et elle le t5dit v]s le ciel comme si elle faisait l'(fr&e de son cur4 ,,une ,,anci5ne ,,mauvaise ,,n\velle ,o toi qui portes une lant]ne au b\t d'un bton et un b\quet de feuilles s*es1 p\rquoi vi5s-tu frapp] ma porte1 annonciateur de la mort8 ,je sais la n\velle1 elle vi5t de m\rir1 dans sa maison qui e/ de l'autre ct de la ville1 au b\t d'une longue alle de tam>9i]s4 ,tu t'tonnes de ce que je dis1 p>ce que l'vnem5t vi5t de se produire1 p>ce que sa vie e/ p>tie il y a quelques m9utes avec la lumire qui baissait1 p>ce que tu es le premi] qui e/ sorti de sa demeure p\r invit] ceux qui l'ont connue la pleur]4 ,vois-tu1 c'e/ que j'ai reu des dieux le don de la clairvoyance4 ,je l'ai vue dj avec un visage muet et des yeux o il n'y a plus de flamme1 j'ai m>* dj dans la longue alle de tam>9i]s avec un cur dsespr et cette lant]ne au b\t d'un bton s'e/ dj agite p\r moi sur mon seuil4 ,ah6 l'aveugle e/ mille fois plus heureux que le clairvoyant6 ,il y a diffr5tes manires de voir m\rir ceux qu'on aime et la mort que tu annonces1 annonciateur de la mort1 e/ bi5 lo9 d'tre la plus cruelle4 ,va1 cont9ue ta r\te4 ,la nuit s'avance4 ,elle avait beauc\p d'amis qu'elle *rissait mieux que moi et tu dois frapp] encore beauc\p de portes4 ,il y a des annes que je la pleure c> je l'ai p]due depuis longtemps4 ,,la ,,musique1 ,,la ,,pri,,re ,,et ,,la ,,volupt ,le s]viteur s'e/ t5u devant moi et il m'a dit3 ,sortez d',agra et pr5ez la r\te qui mne aux ru9es de ,kan\dje4 ,v\s suivrez droite une gr&e alle et aprs une =t de mangui]s v\s v]rez1 d]rire un mur trs haut1 une maison c\v]te de sculptures des anci5s temps qui a les signes du zodiaque sur sa porte4 ,c'e/ l qu'elle v\s att5d et elle frappe avec impati5ce de son bracelet1 les mosaques de sa *ambre4 ,devrai-je pr5dre ma ci?>e8 ,ca*]ai-je dans les plis de ma dopulta de soie noire un petit poign>d o le nom d',allah e/ grav sur le man*e d'or8 ,me f]ai-je prcd] de six esclaves vtus de blanc avec un turban rose comme les pi]res du ,tadj l'aurore1 avec des bab\*es v]tes comme les lz>ds du ,gange8 ,m'en irai-je t\t seul portant comme prs5t un ,koran en p>*em9 de ,ni*ap\r avec des enlum9ures d',el ,m\m5 et reli dans une peau de faon immacul4 ,j'ai tr\v l'alle1 j'ai trav]s la =t de mangui]s1 j'ai vu les signes du zodiaque incru/s en nacre sur le bois d'bne de la porte et j'ai respir un p>fum o il y avait une si inexprimable volupt que j'ai dfailli et que j'ai laiss tomb] le ,koran reli en peau de faon4 ,trois *i5s blancs se sont enfuis sans aboy] mon appro*e et j'ai ent5du s'gr5] les notes d'un rire lg]1 comme si un btonnet d'ivoire frappait une feuille de cri/al1 quelque "p1 aut\r de moi1 je ne savais o444 ,elle tait t5due sur une peau de tigre et elle ne portait ni voile1 ni bij\x1 ri5 qu'un trange morceau de jade sur le front1 entre ses yeux v]ts4 ,lorsque je lui ai t5du le livre et la ci?>e elle a eu une m\e ddaigneuse de la b\*e comme si la musique et la prire n'tai5t p\r elle que les =mes immatrielles de l'ennui4 ,j'ai bu un v9 pais qu'elle t5dait et j'ai c>ess une matire *>nelle plus colore que les enlum9ures du ,koran4 ,qu& je suis rev5u moi1 j'tais l'ore de la =t de mangui]s4 ,je respirais la rs9e balsamique de ces arbres et les gra9s des grappes r\ges de leurs fleurs tombai5t sur moi4 ,un s]p5t glissait dans l'h]be4 ,un s+e mangeait une mangue4 ,il faisait *aud4 ,je voyais au lo9 l'alle qui m'aurait ram5 v]s ,agra4 ,mais elle m'avait dit3 ,*aque j\r tu revi5dras me voir4 ,et j'ai *]* trav]s les arbres la porte d'bne noir o tai5t incru/s les signes du zodiaque et je ne l'ai pas tr\ve444 ,et c'e/ depuis ce temps que je suis p>eil un m5diant1 que je dispute les mangues au s+e et *asse le s]p5t avec une bran*e p\r boire au ruisseau4 ,jamais plus je ne pr5drai l'alle qui me ramn]ait v]s ,agra4 ,sans ci?>e et sans livre je reg>de vol] au lo9 l'oiseau de la musique et disp>atre le nuage de la prire et je *]*e1 je *]*e sans la tr\v]1 la porte d'bne de la magici5ne nue dont le rire tait comme la rsonnance d'un btonnet d'ivoire sur une feuille de cri/al4 ,j'ai p]du l'idal et je n'ai pas atte9t le plaisir4 ,,le ,,temple ,,de ,l',,ame ,comme l'emp]eur ,akb>#b je suis all pri] dans la mosque d',agra4 ,mais les colonnes s\s les ogives des c\poles tai5t comme des files de pl]9s coiffs de d5telles de pi]re qui *em95t et *u*ot5t et ne se mett5t pas g5\x4 #b ,l'emp]eur ,akb> entrait indiffremm5t p\r pri] dans les glises1 les mosques ou les temples4 ,il t5ta d'unifi] les religions et il p5sait que le vrai ,dieu e/ en n\s4 ,comme l'emp]eur ,akb> je suis all pri] dans le temple des ,brahmanes4 ,mais on y respirait l'odeur suffocante des b*]s vois9s4 ,les div9its tai5t trop nombreuses4 ,ganesa agitait sa trompe et ,siva dployait tellem5t de bras que j'ai eu peur d'tre saisi avant d'avoir t]m9 ma prire ,dieu4 ,comme l'emp]eur ,akb>1 je suis all pri] au milieu des ,p>sis4 ,mais le feu sacr avait t\j\rs l'air de s'te9dre4 ,j'tais envelopp p> l'ombre imm5se d',ahriman et les ,yatus avec leur corps p>eil celui des *auves-s\ris frissonnai5t aut\r de moi et faisai5t un bruit d'ailes feutres4 ,comme l'emp]eur ,akb>1 je suis all pri] dans l'glise ca?olique des religieux portugais4 ,mais de la t\r s'e/ leve une musique de clo*es et je suis ressorti p\r voir quelles tai5t ces hirondelles de bronze qui faisai5t ce bruit en s'envolant trav]s l'azur4 ,comme l'emp]eur ,akb>1 je suis all pri] dans la ,synagogue des juifs4 ,mais qu& on m'a prs5t le livre de la ,?ora j'ai lu tant de c>actres my/rieux que j'ai t comme un homme p]du dans une =t millnaire et que j'ai recul devant l'nigme des cosmogonies4 ,comme l'emp]eur ,akb> je me suis assis dans le temple intrieur de l'me4 ,l il n'y a ni livre1 ni colonnes1 ni /atues1 ni feu sacr1 ni h>monie de clo*es4 ,aucune f5tre ne s'ouvre sur le monde des hommes et cep5dant j'ai t illum9 p> la pure lumire de la vrit4 ,,pitaphe ,,de ,,bagawali ,ici repose ,bagawali qui porta dans la =me m9ce de son corps un gnie trange t\j\rs enflamm p> le dsir de la volupt4 ,ce gnie animait la cl>t sombre de son reg>d1 faisait palpit] ses n>9es1 m\illait sa b\*e et la r5dait p>eille la pulpe d'un fruit qu'on ouvre p\r le mordre4 ,ce s+uli] gnie invisible la p\ssait entr'ouvrir la f5tre qu& le pas d'un jeune homme ret5tissait dans la rue et lui faire un imp]ceptible signe p\r lui dsign] la porte4 ,p> la puissance de ce gnie qu& elle passait le long des remp>ts de ,delhi1 elle laissait d]rire ses pas un p>fum qui n'tait ni l'ambre brl1 ni le musc1 mais une trane indf9issable et attractive qui v\s =ait la suivre sans y p5s]4 ,ce gnie criait p> sa b\*e sur le lit des h]bes l'ombre des cdres1 il tordait ses re9s1 il gonflait ses se9s1 il t5dait ses jambes et il avait l'air d'expir]1 lui qui p\rtant e/ t]nel4 ,a prs5t e/ morte la =me *>nelle de ,bagawali4 ,mais le gnie demeure aut\r de ce t]tre et de cette pi]re blan*e et si tu ne te htes pas1 passant1 il pr5dra possession de toi et ton exi/5ce s]a dsormais v\e la p\rsuite du plaisir qui r5d tri/e et met sur les lvres la c5dre amre de la mort4 ,,le ,d,,licieux ,,visage ,,du ,,mon/re ,,effrayant ,jamais je n'avais vu un mon/re aussi effrayant4 ,son corps tait d'une matire int]mdiaire entre la pi]re morte et la *air vivante et semblait se dcompos] p]ptuellem5t et r5atre de manire trange4 ,ses pattes t]m9es p> de l>ges ma9s1 tai5t ouv]tes p\r saisir4 ,il reg>dait sans voir avec des prunelles ple9es d'eau glauque4 ,sa m*oire branlait1 ses cornes tai5t immobiles1 ses d5ts tai5t r\ges et ses poils bleutres4 ,il tait l\rd comme un lphant1 long comme un s]p5t1 nigmatique comme un sph9x et il b>rait entirem5t l'indf9ie1 l'9luctable av5ue entre les cdres c5t5aires4 ,j'pr\vais une gr&e t]reur la vue de ce mon/re et cep5dant je n'essayais pas de rev5ir en arrire et mme je ne me proccupais de lui que mdiocrem5t4 ,je m'arrtais p>fois p\r reg>d] un insecte *em9] sur le sable ou p\r admir] la savante complication des dess9s d'une feuille4 ,je savais qu'il faudrait1 un mom5t donn1 plong] mes yeux dans les prunelles d'eau glauque1 tre saisi p> les l>ges ma9s1 s5tir le contact de cette matire anime du gr\illem5t de la dcomposition4 ,p\rtant je *em9ais dans une p>faite inconsci5ce avec ma t]reur tapie en un co9 de mon me1 ma t]reur laquelle je ne p5sais pas4 ,et peu peu1 s\s d'ombre des cdres plus paisse1 j'appro*ai du mon/re effrayant4 ,mais une s+ulire trans=mation s'tait opre p> degrs4 ,ce que j'avais pris p\r des cornes n'tai5t que les nuds d'un turban4 ,dans l'eau glauque des yeux il y avait des clats de saphir4 ,le branlem5t de la m*oire tait une illusion enfante p> les promesses de c>esses que dgageait l'ivoire des d5ts4 ,ce qui tait poil hriss tait dev5u duvet dlicat1 et ce qui tait *air dcompose tait dev5u translucide matire rose4 ,je voyais des c\rbes d'paules1 des c]cles de bras ouv]ts4 ,j'tais ct du mon/re qui m'avait sembl effrayant4 ,je contemplais le dlicieux1 le div9 visage de la mort4 ,a ,l',,heure ,,des ,,lotus ,,entr',,ouv]ts ,il y a1 qu& l'aurore e/ naissante1 un in/ant o les lotus ne sont qu'entr'ouv]ts4 ,ils sont lgrem5t m\ills p> la rose1 comme s'ils avai5t pleur4 ,il y a dans l'me de l'homme qui s'e/ avanc dans la vie une m9ute o il entrevoit la sagesse et o il ne sait pas si son crpuscule n'e/ pas son aurore4 ,c'e/ l'heure int]mdiaire qu'il faut m>*] le long de l'tang1 reg>d] les bues dlicates qui s'lv5t des eaux bleutres et pr5n5t des =mes imprcises4 ,c> la plus gr&e beaut huma9e e/ dans le paysage qu'on dev9e1 le ciel qu'on ne peut atte9dre1 l'aspiration inc]ta9e de l'esprit1 l'en?\siasme p\r l'idal mal df9i4 ,c'e/ l'heure int]mdiaire qu'il faut =mul] son dsir p>ce que le palmi] n'e/ qu'un fantme1 que la montagne n'e/ qu'une app>ition1 que le monde n'e/ pas mieux dess9 que notre me4 ,a l'heure o les lotus ne sont qu'entr'ouv]ts et pleur5t1 il faut all]1 le corps vtu avec une robe de l9 blanc1 lgre comme le br\ill>d1 qui imprgn]a ses plis de l'aurore4 ,a l'heure quotidi5ne de la naissance des *oses1 l'heure o il n'y a encore ni bi5 ni mal sur t]re il faut all] avec son me qui vi5t de natre1 il faut all] et il faut dire3 ,o p\voir inf9i1 =ces subtiles qui s'veill5t1 loi innombrable dont les r\ages sont invisibles1 trsor des p5ses spirituelles qui sont p>ses et libres et v\drai5t dev5ir captives6 ,je dem&e la clairvoyance qui fait pntr] la vie des *oses et l'me des tres1 je dem&e le don d'veill] la beaut ca*e s\s l'am\r1 comme un sultan veille une favorite endormie s\s un orang] en fleurs4 ,je veux entr] en communication avec les intellig5ces qui n\s rgiss5t p\r qu'elles me v]s5t leur t9celante lumire comme on v]se une ess5ce de fleurs cond5ses dans un flacon de jade aux ve9es d'azur4 ,je veux jusqu' ma mort honor] l'esprit qui claire et con=m] ma vie l'idal de ma jeunesse4 ,je crois1 les lotus ne sont qu'entr'ouv]ts mais je sais que je s]ai exauc p>ce que le soleil se lve t\j\rs4 ,,table ,,des ,,po,,mes ,en face du ,b\ddha de ,bois444 #g ,le ,s]p5t ,noir qui donne la ,*ance #aa ,petite ,lumire #ac ,l',emp]eur de ,*9e et l',emp]eur du ,japon #ae ,la ,*>it de ,padmani #ai ,le ,dieu de l',intellig5ce ,bi5veillante #ba ,la ,mre de ,padmani #be ,le ,tiroir ,secret #bg ,la ,sagesse ,div9e #bi ,les ,plumes du ,paon #cc ,le ,jeune ,homme de la ,nuit #ce ,la ,potesse de ,*9e et les ,pavots ,blancs #cg ,le ,lotus et les ,dvas #dc ,l',assemble des ,musici5s ,sil5cieux #de ,le ,c>avansrail de ,mlancolie #dg ,l'toile de la ,misricorde #di ,la ,beaut des ,reflets #ea ,le ,p>adis ,t]re/re #ee ,les ,m]veilles du ,voyage en ,*9e #eg ,le ,jeune ,homme nu #fa ,les ,trois ,c\ps de la ,crature ,impati5te #fc ,le ,diamant des ,morts #fe ,l',am&e ,amre #fi ,la ,supriorit des ,connaissances #ga ,l',emp]eur de ,*9e et le ,soleil #gc ,la ,meilleure ,"p #gg ,le ,miroir qui ,cons]ve les ,rves #gi ,la ,mosque ,intrieure #ha ,le ,dsir d'tre ,aime #hc ,l',homme du ,pays de ,sittim #he ,l',arme ,sil5cieuse des ,p5ses #hg ,le ,gra9 de ,bont #hi ,l',hirondelle en ,*emise de ,l9 #ia ,une ,*ose sans importance #ic ,la ,mort de l',emp]eur de ,*9e #ie ,le ,juge et le ,b\rreau #ii ,le ,passage de l',oiseau ,sim\rgh #aja ,le ,gnreux ,enlum9eur de ,livres #ajc ,les ,t]reurs de ,padmani #ajg ,le ,cimetire des ,app>itions ,mlancoliques #aji ,le ,sil5ce des ,masques #aaa ,le ,prtre ,uva/ri #aac ,dans ce ,vieux1 ce trs ,vieux ,j>d9444 #aae ,s\s le ,voile du ,sommeil simul #aag ,la ,vraie ,puret #aai ,la ,l\ange des ,annes #aba ,la ,m9iature de l',am\r #abc ,la ,brod]ie de ,padmani #abe ,un peu de ,noir de ,fume #abg ,le ,rajah de ,gunnaur et l',esclave ,b\ndi #abi ,le ,papillon et la ,b\gie #ace ,la ,suie de la ,vrit #acg ,sur les ,tablettes de ,santal ,r\ge #ada ,le ,rosaire ,noir des ,occasions ,p]dues #adc ,le ,pavot ,noir #ade ,une ,femme dans un ,miroir #adg ,la ,fte de ,bhavani1 qu'on appelle celle qui fait pleur] #agi ,le ,my/re des ,p]les creuses #aea ,la ,rue du ,*agr9 #aec ,le ,jeune ,homme du ,crpuscule #aee ,il vaut mieux que tu ne revi5nes pas #aeg ,les deux ,bayadres et l',unique ,visage #aei ,une ,silh\ette blan*e qui s'enfuit #afa ,la ,rac9e des ,univ]s et des ,dieux #afc ,la ,p]te de la ,ri*esse ,vritable #afg ,la ,nuit des ,pavots ,morts #afi ,a l',ami ,+rat #aga ,la ,desc5te du ,fleuve #age ,les ,yeux ,bleus sont des ,miroirs ,morts #agg ,sur les ,rives de la ,jumna #agi ,les ,trois ,jeunes ,filles et le ,lotus #aha ,une ,anci5ne mauvaise ,n\velle #ahc ,la ,musique1 la ,prire et la ,volupt #ahe ,le ,temple de l'me #ahi pitaphe de ,bagawali #aia ,le ,dlicieux ,visage du ,mon/re ,effrayant #aic ,a l',heure des ,lotus ,entr'ouv]ts #aig ,,a*ev ,d',,imprim] ,,le ,,tr5te ,,ju9 ,,mil ,,neuf ,,c5t ,,v+t ,,six ,,p> ,l',,imprim]ie ,,cr,,mieu #d;bis1 ,,rue ,,des ,,suisses ,,p>is