,au lecteur ,cette version numrise reproduit dans son intgralit la version originale4 ,les erreurs manifestes de typographie ont t corriges4 ,la ponctuation a pu faire l'objet de quelques corrections mineures4 ,la version originale pouvant tre difficile dchiffrer1 nous avons remplac les par des s4 ,livre de madame du ,chtelet dj sur le ,projet ,gutenbeg3 ,elmens de la philosophie de ,neuton3 ,mis la porte de tout le monde4 7ebook n #ejcdj7 ,madame du ,chtelet a traduit le livre de ,newton mais n'a pas t cite nommment dans le livre4 ,,dissertation ,,sur ,,la ,,nature ,,et ,,la ,,propagation ,,du ,,feu4 ,,dissertation ,,sur ,,la ,,nature ,,et ,,la ,,propagation ,,du ,,feu4 ,ignea convexi vis1 sine pondere cli ,emicuit1 summque locum sibi legit in arce4 ,ovid4 ,illustration ,a ,,paris1 ,chez ,,prault1 ,fils1 ,quai de ,conti1 vis--vis la descente du ,pont-,neuf1 la ,charit4 ,m4 ,,dcc4 ,,xliv4 ,avec ,approbation ,privilege du ,roi4 ,,avis ,,du ,,libraire4 ,c,ette ,dissertation sur le ,feu1 a t compose en #agch4 pour le ,prix de l',academie des ,sciences2 elle n'eut point le ,prix1 mais l',academie la fit imprimer avec les pieces couronnes1 une autre piece1 qui de mme que celle-ci fut juge digne de trouver place dans les recuils de l',academie4 ,il est dit dans l',avertissement1 qui se trouve la tte de ces deux pieces1 que l',academie se dtermina les faire imprimer1 sur le tmoignage que lui rendirent les ,commissaires du ,prix1 que quoiqu'ils n'eussent p approuver l'ide qu'on donne de la nature du feu1 en chacune de ces pieces1 elles leur avoient paru tre des meilleures de celles qui avoient t envoyes1 en ce qu'elles supposent une grande lecture1 une grande connoissance des bons ouvrages de ,physique1 qu'elles sont remplies de beaucoups de faits1 trs-bien exposs1 de beaucoup de vus4 ,comme on tire peu d'exemplaires des pieces des ,prix1 que ces exemplaires sont presque tous distribus entre les ,academiciens1 j'ai cr faire plaisir au ,public1 de lui donner cette ,dissertation1 dans la mme forme que les ,institutions ,physiques du mme ,auteur2 j'y ai joint la ,lettre que ,m4 de ,mairan lui crivit en #agda1 au sujet des forces vives1 la rponse de l',auteur1 qui m'a donn le reste de l'dition qu'elle fit faire de sa rponse ,bruxelles o elle toit alors3 ces sortes de disputes dans lesquelles on ne cherche rciproquement qu' s'instruire1 sont plus capables qu'aucune autre sorte d',ouvrages1 de contribuer au progrs de la ,philosophie4 ,illustration ,,dissertation ,,sur ,,la ,,nature ,,et ,,la ,,propagation ,,du ,,feu4 ,,premiere ,,partie4 ,de la ,nature du ,feu4 ,note3 ,combien il est difficile de dfinir le ,feu4 ,le ,feu se manifeste nous par des ,phnomenes si diffrents1 qu'il est presqu'aussi difficile de le dfinir par ses effets1 que de connotre entirement sa nature3 il chappe tout moment aux prises de notre esprit1 quoiqu'il soit au-dedans de nous-mmes1 dans tous les corps qui nous environnent4 ,i4 ,que le ,feu n'est pas toujours chaud lumineux4 ,la chaleur la lumire sont de tous les effets du ,feu ceux qui frappent le plus nos sens2 ainsi c'est ces deux signes qu'on a cotume de le reconnotre1 mais en faisant une attention un peu rflchie aux phnomenes de la ,nature1 il semble qu'on peut douter si le ,feu n'opre point sur les corps quelque effet plus universel1 par lequel il puisse tre dfini4 ,on ne doit jamais conclure du particulier au gnral1 ainsi quoique la chaleur la lumire soient souvent runies1 il ne s'ensuit pas qu'elles le soient toujours2 ce sont deux effets de l'tre que nous appellons ,feu1 mais ces deux proprits#a1 de luire d'chauffer1 constituent-elles son essence8 en peut-il tre dpouill8 le ,feu enfin est-il tojours chaud lumineux8 #a ,je me sers ici indiffremment des mots de modes de propriet1 pour viter le retour trop frquent du mme mot1 car en rigueur1 puisque le feu n'est pas toujours chaud lumineux1 la chaleur la lumiere sont des modes non pas des propriets de l'tre que nous appellons ,feu4 ,note3 ,si le ,feu est toujours chaud lumineux4 ,plusieurs expriences dcident pour la ngative4 ,note3 ,lumiere sans chaleur dans les rayons de la ,lune4 #a4 ,il y a des corps qui nous donnent une grande lumire sans chaleur3 tels sont les rayons de la ,lune1 runis au foyer d'un verre ardent 7ce qui fait voir en passant l'absurdit de l',astrologie17 on ne peut dire que c'est cause du peu de rayons que la ,lune nous renvoye2 car ces rayons sont plus pais1 plus denses1 runis dans le foyer d'un verre ardent1 que ceux qui sortent d'une bougie2 cependant non seulement cette bougie1 mais mme la plus petite tincelle nous brle la mme distance laquelle les rayons de la ,lune runis dans ce foyer ne font aucun effet sur nous4 ,ce n'est point non plus parce que ces rayons sont rflchis1 car les rayons du ,soleil rflchis par un miroir plan1 renvoys sur un miroir concave1 font1 peu de chose prs1 les mmes effets que lorsque le miroir concave les reoit directement4 ,ce ne peut tre enfin cause de l'espace qu'ils parcourent de la ,lune ici1 #ijjjj lieus de plus ne pouvant faire perdre aux rayons une vertu qu'ils conservent pendant #cc millions de lieus2 peut-tre cet effet doit-il tre attribu la nature particulire du corps de la ,lune1 peut-tre les ,satellites de ,jupiter de ,saturne donnent-ils quelque chaleur ces ,planetes1 quoique notre ,lune ne nous en donne point4 ,les rayons chauffent d'autant moins que l'on monte plus au-dessus de l',atmosphere1 quoiqu'ils y donnent la mme lumiere que prs de la surface de la ,terre2 cependant ils sont plus purs en haut o l',atmosphere est plus leger3 donc la chaleur n'est pas essentielle au ,feu lmentaire4 ,note3 ,l'eau n'teint point les ,vers luisans4 ,les ,dails les ,vers luisans sont lumineux sans donner aucune chaleur1 l'eau n'teint point leur lumire4 ,m4 de ,raumur rapporte mme que l'eau fait revivre la lumire des ,dails1 loin de l'teindre2 je l'ai vrifi sur des ,vers luisans1 j'en ai plong dans de l'eau trs-froide1 leur lumire n'a point t altere4 ,il sembleroit par ces expriences que l'eau n'a d'action que sur la proprit du ,feu que nous appellons chaleur1 puisqu'elle dtruit la chaleur1 n'altere point la lumire1 lorsque la proprit d'clairer est spare de celle d'chauffer4 ,note3 ,chaleur sans lumire dans le fer prt s'enflammer4 #b4 ,il y a des corps qui brleroient la main qui s'en approcheroit1 qui ne donnent aucune lumire3 tel est le fer prt s'enflammer3 donc le ,feu peut tre priv de la lumire comme de la chaleur4 ,ainsi la chaleur la lumire paroissent tre au ,feu ce que le mode est la substance2 la lumire n'tant autre chose que le ,feu transmis en ligne droite jusqu' nos yeux1 la chaleur1 l'agitation en tout sens que ce mme ,feu excite en nous quand il s'insinu dans nos pores4 ,note3 ,diffrente propagation de la lumiere de la chaleur4 #c4 ,la chaleur la lumire se propagent diffremment2 la lumire agit tojours en ligne droite1 la chaleur s'insinu dans les corps selon toutes sortes de directions3 de plus1 la vtesse de la lumire est infiniment plus grande que celle de la chaleur1 mais on ne peut assigner en quelle proportion1 car il faudroit connotre les diffrens degrs de vtesse avec laquelle le ,feu pntre dans les diffrents corps3 ce qui est trs-difficile4 ,note3 ,autre diffrence entre la lumire la chaleur4 #d4 ,une autre diffrence trs-remarquable entre la chaleur la lumire1 c'est qu'un corps peut perdre sa lumire en un instant1 mais il ne perd jamais sa chaleur que successivement2 cette diffrence est une suite de la faon dont la chaleur la lumire agissent2 car pour faire prir la lumire1 il suffit d'interrompre la direction du ,feu en ligne droite2 mais puisqu'il faut1 pour exciter la chaleur1 qu'il pntre les corps en tout sens1 cette action doit tre plus difficile arrter2 ainsi si vous couvrez le miroir ardent d'un voile1 la lumire disparot dans le moment son foyer1 cependant un corps solide qu'on y auroit expos1 conserveroit encore long-temps aprs1 la chaleur qu'il y auroit acquise1 c'est encore pourquoi les corps se refroidissent lentement dans le vuide de ,boyle1 quoiqu'ils s'y teignent trs-promptement4 ,note3 ,sentiment de ,descartes sur la chaleur la lumiere4 #e4 ,si on vouloit s'appuyer de l'autorit1 on diroit que ,descartes composoit la lumire de son second lment1 le ,feu de son premier2 il ne donne la vrit aucune raison de cette ide1 je ne prtends pas l'examiner ici1 mais elle ne pouvoit tre fonde que sur ce que ce grand homme pensoit que la lumire la chaleur toient deux modes de l'tre que nous appellons ,feu4 #f4 ,la lumire la chaleur sont les objets de deux de nos sens1 le tact la v1 par cette raison mme elles ne paroissent point propres constituer l'essence d'un tre aussi universel que le ,feu4 ,ce sont des sensations1 des modifications de notre ame1 qui semblent dpendre de notre existence1 de la faon dont nous existons2 car un aveugle dfinira le ,feu ce qui chauffe1 un homme priv du tact universel1 ce qui claire4 ,ils auront donc tous deux des ides diffrentes d'un mme tre1 celui qui seroit priv de ces deux sens1 n'en auroit aucune4 ,or je suppose qu'il ait pl ,dieu de crer dans ,sirius1 par exemple1 un globe dont les tres n'ayent aucun de nos sens 7 il est trs-possible que dans l'immensit de l',univers il y ait de tels tres7 le ,feu ne seroit certainement ni chaud1 ni lumineux dans ce globe1 cependant il n'y seroit pas ananti2 il parot donc qu'il faut chercher dans le ,feu quelque effet plus universel1 dont l'existence ne dpende point de nos sens4 ,note3 ,combien nos sens nous trompent sur la chaleur4 #g4 ,la ncessit d'un tel signe pour nous faire juger avec certitude de la prsence du ,feu1 parot avec vidence par la faon dont nos sens nous font juger de la chaleur des corps1 car un mme corps nous parot d'une temprature diffrente1 selon la disposition o nous nous trouvons2 ainsi lorsqu'on touche un corps avec les deux mains1 dont l'une sort de l'eau froide1 l'autre de l'eau chaude1 ce corps parot froid chaud en mme tems4 ,les altrations qui arrivent notre sant1 changent encore pour nous la chaleur des corps2 un homme dans l'ardeur de la fivre trouvera froid le mme corps qui1 dans le frisson1 lui avoit paru chaud3 donc la chaleur que les corps nous font prouver1 ne peut nous faire juger avec certitude1 du ,feu qu'ils contiennent4 ,,ii4 ,quel est l'effet le plus universel du ,feu4 ,quel est donc l'effet le plus universel du ,feu8 quel signe pourrons-nous le reconnotre8 je dis le reconnotre en ,philosophes1 car il est deux faons de connotre les corps1 ceux qui tudient la ,nature la voyent d'un autre il que le vulgaire4 ,note3 ,l'effet le plus universel du ,feu1 c'est d'augmenter le volume de tous les corps4 ,note3 ,rarfaction sans chaleur4 ,ce signe certain de la prsence du ,feu1 cet effet qu'il produit dans tous les corps1 qu'on voit1 qu'on touche1 qu'on mesure1 qui s'opre dans le vuide avec la mme facilit que dans l'air1 c'est d'augmenter le volume des corps avant d'avoir enlev leurs parties1 de les tendre dans toutes leurs dimensions1 de les sparer jusques dans leurs principes lorsque son action est continue2 cet effet ne dpend point de la lumire de la chaleur du ,feu1 car l'air est trs-rarfi sur le haut des ,montagnes o la chaleur est insensible1 cette rarfaction de l'air qui est beaucoup plus grande au somet des ,montagnes que ne la donne la raison inverse des poids1 doit tre attribue en partie au ,feu1 qui1 cette hauteur rarfie l'air sans l'chauffer sensiblement4 ,l'eau qui bout #bab degrs environ du ,thermometre de ,mercure1 qui pass cela n'acquiert plus aucune chaleur par le ,feu le plus violent1 s'vapore cependant force de bouillir3 or elle ne peut s'vaporer que sa rarfaction n'augmente1 que ses parties ne s'cartent de plus en plus les unes des autres4 ,note3 ,et sans lumiere4 ,enfin une bougie que vous teignez1 qui cesse d'clairer1 s'vapore1 se rarfie encore par la fume qu'elle rend1 donc la rarfaction ne dpend ni de la lumiere1 ni de la chaleur du ,feu1 puisqu'elle subsiste dans les corps que le ,feu pntre indpendamment de leur chaleur1 de leur lumiere4 ,il est vrai que la chaleur la lumire du ,feu ont d tre connues bien long-tems avant qu'on se doutt de sa rarfaction3 mais presque toutes les ides des hommes n'ont-elles pas besoin d'tre rformes par leur raison8 ,la forme le mouvement de la matiere1 par exemple1 ont t connues bien long-tems avant son impntrabilit1 personne cependant n'en conclura que le mouvement une certaine forme soient aussi insparables de la matiere1 que l'impntrabilit4 ,on peut cependant faire plusieurs objections contre cette dfinition1 qui fait de la rarfaction la proprit distinctive du ,feu4 ,note3 ,objections contre la rarfaction universelle du ,feu1 rponses ces objections4 #a4 ,on peut dire que la rarfaction que le ,feu opre1 ne se manifeste pas toujours nous4 ,mais il est de la nature du ,feu que cela soit ainsi1 le ,feu est galement rpandu dans tous les corps 7comme je le prouverai dans la suite7 ainsi nous ne pouvons nous appercevoir de ses effets quand ils sont les mmes par-tout2 il nous faut des diffrences pour tre notre criterium1 pour nous conduire dans nos jugemens4 ,ainsi nous n'avons point de signe pour connotre le ,feu lorsqu'il est renferm entre les pores des corps1 il y est comme l'air qu'ils contiennent tous1 qui ne se dcouvre nous que lorsque quelque cause le dgage4 #b4 ,le ,feu1 dira-t-on1 rarfie les corps en augmentant leur chaleur4 ,cela est vrai en gnral1 mais je ne crois pas qu'on puisse en conclure que la chaleur soit la cause de la rarfaction1 car je viens de faire voir par l'exemple de l'eau qui bout1 qu'il y a des circonstances dans lesquelles la rarfaction augmente encore1 quoique la chaleur n'augmente plus2 or puisque la chaleur n'accompagne pas toujours la rarfaction1 il faut convenir que la rarfaction ne dpend point de la chaleur4 #c4 ,on dira peut-tre que l'air l'eau augmentent aussi le volume des corps1 qu'ainsi on ne peut faire de la rarfaction la proprit dfinitive du ,feu4 ,on ne peut nier que l'air l'eau ne fassent cet effet sur les corps2 mais en augmentant leur volume1 ils ne les sparent pas jusques dans leurs parties constituantes1 ils ne les font point s'vaporer1 se quitter les unes les autres1 comme le ,feu1 ainsi l'espece de rarfaction qu'ils oprent quelquefois dans les corps1 est essentiellement diffrente de celle qui y est opre par le feu2 peut-tre mme cette espce de rarfaction que l'air l'eau oprent1 est-elle cause par le ,feu lui-mme1 car c'est par le mouvement que l'air l'eau pntrent dans les corps1 le mouvement interne des corps ne leur vient vraisemblablement que du ,feu qu'ils contiennent4 ,l'eau glace augmente la vrit son volume1 surnage l'eau liquide1 quoiqu'elle contienne beaucoup moins de ,feu lorsqu'elle est glace que lorsqu'elle est dans son tat de fluidit1 mais ce phnomene doit tre attribu une cause particulire1 dont je parlerai dans la seconde ,partie de cet ouvrage4 #d4 ,on peut dire encore que le ,feu ne rarfie pas tous les corps1 que la corne1 la crotte beaucoup d'autres corps s'endurcissent au ,feu1 y diminuent le volume3 or ces effets sont prcisment le contraire de la rarfaction1 donc la rarfaction ne peut tre la proprit universelle du ,feu1 puisqu'il y a des corps dans lesquels il produit des effets tout opposs4 ,cette objection tombera d'elle-mme1 si on fait rflxion1 que le ,feu n'endurcit ces corps1 ne les rduit sous un plus petit volume1 que parce qu'il les a rellement rarfis1 parce qu'il a fait vaporer l'eau qui toit entre leurs parties1 qu'alors les parties qui ont rsist son action1 sont d'autant plus compactes1 occupent d'autant moins de volume1 que le ,feu a enlev plus de matire aqueuse d'entre leurs pores4 #e4 ,enfin1 on peut objecter que les rayons de la ,lune qui sont du ,feu1 ne rarfient point les corps qu'on leur expose4 ,mais les bornes de nos sens sont si troites1 qu'il ne nous est gures permis de rien affirmer sur leur rapport1 ainsi quoique les rayons de la ,lune1 quelque rassembls qu'ils soient1 ne fassent aucun effet sur le ,thermometre1 nous ne pouvons pas en conclurre qu'ils sont entierement privs du pouvoir de rarfier2 nous sommes certains seulement qu'ils sont incapables d'exciter en nous la sensation que nous avons appell chaleur1 mais peut-tre inventera-t-on quelqu'instrument assez fin pour nous dcouvrir aussi dans les rayons de la ,lune ce pouvoir rarfactif qui parot insparable du ,feu4 ,note3 ,la rarfaction des corps par le ,feu1 parot une des loix de la ,nature4 ,la rarfaction que le feu opre sur tous les corps qu'il pntre1 parot tre une des loix primitives de la ,nature1 un des ressorts du ,crateur1 la fin pour laquelle le ,feu a t cr2 sans cette proprit du ,feu tout seroit compact dans la ,nature2 toute fluidit1 peut-tre toute lasticit vient du ,feu1 sans cet agent universel1 sans ce souffle de vie que ,dieu a rpandu sur son ouvrage1 la ,nature languiroit dans le repos1 l',univers ne pourroit subsister un moment tel qu'il est4 ,ainsi loin que le mouvement soit la cause du ,feu1 comme quelques ,philosophes l'ont pens1 le ,feu est au contraire la cause du mouvement interne dans lequel sont les parties de tous les corps4 ,c'est ici le lieu d'examiner les raisons qui prouvent que le ,feu n'est pas le rsultat du mouvement4 ,,iii4 ,si le mouvement produit le ,feu4 ,note3 ,le mouvement ne produit point le ,feu4 #a4 ,si le ,feu toit le rsultat du mouvement1 tout mouvement violent produiroit du feu1 mais des vents trs-forts1 comme le vent d',est ou du ,nord1 loin de produire l'inflammation de l'air de l'atmosphere qu'ils agitent1 produisent au contraire un froid dont toute la ,nature se ressent1 qui est souvent funeste aux animaux1 aux biens de la terre4 #b4 ,nous avons dans la ,chimie des fermentations qui font baisser le ,thermometre1 il est vrai que dans ces fermentations1 les parties ignes s'vaporent1 puisque la vapeur que le mlange xhale est chaude1 ainsi ces fermentations mmes sont causes par le ,feu qui se retire des pores des liqueurs1 mais il n'en est pas moins vrai que la quantit de ,feu est diminue dans les corps qui fermentent1 dont les parties sont cependant dans un mouvement trs-violent3 donc le mouvement de ces liqueurs les a priv du ,feu qu'elles contenoient1 loin d'en avoir produit4 ,enfin dans ces fermentations1 le mlange se coagule dans quelques endroits1 ce qui prouve ce que j'ai dit ci-dessus1 que sans le ,feu tout seroit compact dans la nature4 #c4 ,les rayons de la ,lune1 qui sont dans un trs-grand mouvement1 ne donnent aucune chaleur4 ,note3 ,tentamina ,florentina4 #d4 ,un mlange de ,sel ammoniac d'huile de ,vitriol produit une fermentation qui fait baisser le ,thermometre1 mais si on y jette quelques goutes d',esprit de ,vin1 l'effervescence cesse1 le mlange s'chauffe1 fait alors hausser le ,thermometre4 ,voil donc un cas dans lequel le mouvement tant diminu1 la chaleur a augment3 donc le mouvement ne produit point le ,feu4 ,,iv4 ,si le ,feu a toutes les propriets de la matiere8 ,mais quel est cet tre que nous appellons ,feu8 a-t-il toutes les proprits de la matire8 ,voil ce que la sagacit des ,boyle1 ces ,musschenbroek1 des ,borhaave1 des ,homberg1 des ,lmery1 des s',gravesande1 c4 n'a p encore dcider4 ,non nostrum inter vos tantas componere lites4 ,il semble qu'une vrit que tant d'habiles ,physiciens n'ont p dcouvrir1 ne soit pas faite pour l'humanit4 ,quand il s'agit des premiers principes1 il n'y a gures que des conjectures des vrai-semblances qui nous soient permises4 ,le ,feu parot tre un des ressorts du ,crateur1 mais ce ressort est si fin qu'il nous chappe4 ,note3 ,le ,feu est tendu1 divisible1 c4 ,nous voyons clairement dans le ,feu quelques-unes des proprits de la matiere1 l'extension1 la divisibilit1 c4 ,il n'en est pas de mme de l'impntrabilit de la tendance vers un centre1 on peut trs-bien douter si le ,feu possede ces deux proprits de la matire4 ,note3 ,mais il n'est peut-tre ni grave1 ni impntrable4 ,toutes ces proprits que nous appercevons dans la matire n'tant que des phnomenes#b1 il n'y a aucune contradiction supposer qu'il y ait des composs dans lesquels ces phnomenes ne se dveloppent pas2 car on ne peut nier que les tres simples de l'assemblage desquels tous les tres sensibles rsultent1 pourroient tre combins de faon qu'il ne rsulteroit de leur union aucun des phnomenes que nous regardons comme des proprits insparables de l'tre qu'on nomme matire1 c'est donc l'exprience nous apprendre si le ,feu est grave impntrable4 #b ,on sent aisment qu'on suppose ici les principes de la ,philosophie ,leibnitiene4 ,v4 ,le ,feu est-il impntrable8 ,il parot galement difficile de nier d'admettre cette proprit dans le ,feu3 voici quelques-unes des raisons qui peuvent faire douter de son impntrabilit4 ,note3 ,raisons qui peuvent faire douter de l'impntrabilit du feu4 #a4 ,nous voyons travers un trou fait dans une carte par une pingle1 la quatrime partie du ciel1 tous les objets qui sont entre l'horison nous dans cet espace3 or nous ne pouvons voir un objet que chaque point visible de cet objet n'envoye des rayons nos yeux1 ainsi la quantit prodigieuse de rayons qui passent travers ce trou d'pingle1 qui s'y croisent sans se confondre1 sans apporter aucune confusion dans notre v1 tonne l'imagination1 l'on est bien tent de croire qu'un tre qui parot se pntrer si facilement1 n'est point impntrable4 #b4 ,le ,feu le plus puissant que les hommes ayent rassembl jusqu' prsent1 c'est celui du foyer du grand miroir du ,palais ,royal1 ou du miroir de ,lyon1 cependant on voit le plus petit objet discernable travers le cne lumineux qui va fondre l',or dans ce foyer1 sans que cette paisseur de rayons qui est entre l'objet l'il1 affoiblisse en rien l'image de cet objet4 #c4 ,une bougie porte sa lumire dans une sphere d'une demie-lieu de rayon2 or de quelle petitesse incroyable les particules qui clairent tout cet espace doivent-elles tre1 puisqu'elles sont toutes contenus dans cette bougie8 il est difficile de les y concevoir1 si elles ne se pntrent pas4 #d4 ,m4 ,newton a dmontr aux yeux l'esprit1 que les couleurs ne sont autre chose que les diffrens rayons colors#c2 il faut donc1 pour que nous voyions les objets1 que chaque rayon lmentaire se croise en passant dans la prunelle1 sans jamais se confondre1 sans que le rayon bleu prenne la place du verd1 ni le rouge celle de l'indigo1 c4 ce qui parot presque impossible1 si les rayons sont impntrables4 #c ,le ,lecteur comprendra sans doute que j'entens par rayon color le rayon qui a le pouvoir d'exciter en nous la sensation de telle couleur4 #e4 ,le ,verre qui transmet la lumire1 a bien moins de pores que la ,mousseline qui la rflchit presque entirement4 ,les pores du papier huil qui transmettent les rayons1 sont bien moins grands que ceux du papier sec travers lesquels ils ne trouvent point de passage3 donc ce n'est point la grandeur1 ni la quantit des pores d'un corps qui le rendent permable la lumire1 puisque le moyen de rendre les corps transparens1 c'est de remplir leurs pores3 donc il est bien vrai-semblable que le ,feu n'est point impntrable1 puisqu'il pntre les corps indpendamment de leurs pores4 ,mais ces raisons qui peuvent faire douter de l'impntrabilit du ,feu1 se trouvent combatus par d'autres raisons trs-fortes4 ,note3 ,raisons en faveur de l'impntrabilit du ,feu4 #a4 ,les rayons du ,soleil font changer de direction la fume1 runis par un verre ardent1 ils fondent l',or les ,pierres1 font faire des vibrations un ressort de ,montre que l'on a plac moiti d'tendu dans le foyer de ce verre2 or on ne voit pas comment il seroit possible que le ,feu agt sur les corps1 ni comment il pourroit faire faire des vibrations ce ressort de ,montre1 s'il ne rsistoit l'effort que font ces corps pour s'opposer son action4 ,on peut rpondre que l'ame n'est pas impntrable1 qu'elle fait cependant remuer notre corps qui est compos de parties qui rsistent4 ,et qu'enfin tout ce qui agit sur les corps1 n'est pas corps1 puisque ,dieu certainement n'est pas matiere1 qu'il agit cependant sur la matire4 #b4 ,les rayons se rflchissent de dessus les corps pour venir nos yeux1 or la rflxion emporte ncessairement l'lasticit du corps qui rflchit3 donc1 puisque les rayons rflchissent1 il faut qu'ils soient composs de parties rsistantes4 ,mais on peut rpondre encore que ,m4 ,newton a fait voir que ce n'est point en rebondissant de dessus les parties solides des corps1 que la lumire se rflchit1 que par consquent la rflxion de la lumire ne prouve point l'impntrabilit du ,feu1 que mme ce phnomene de la rflxion pourroit faire croire que la lumire n'est point impntrable2 car comment le rayon perpendiculaire retournera-t-il aprs la rflxion1 par la ligne selon laquelle il est tomb1 si dans cette ligne il rencontre une continuation de lui-mme1 qui lui rsistera par ses parties solides1 l'empche par consquent de retourner par la ligne dj dcrite8 ,si on dit que ce rayon ne dcrira pas tout--fait la mme ligne1 mais qu'il se dtournera un peu1 outre que ce seroit dtruire un axiome d',optique1 qui passe pour incontestable1 je demande quelle seroit la raison de cette dclinaison du rayon1 ce qui le dtermineroit dcliner pltt gauche qu' droite8 ,si l'on me rpond enfin1 que l'extrme porosit que le ,microscope dcouvre dans les corps soumis nos recherches1 nous porte croire que la tnuit des parties constituantes du ,feu peut suffire pour oprer la rflxion du rayon perpendiculaire1 tous les phnomnes de la lumire qui tonnent le plus notre esprit1 qui pourroient nous faire douter de l'impntrabilit du ,feu3 je demande comment on peut concevoir qu'un rayon compos d'un million de pores qui sparent ses parties solides1 puisse venir du ,soleil nous en ligne droite1 sans tre interrompu sans se confondre avec des milliasses d'autres rayons de diffrentes couleurs qui manent en mme tems que lui du ,soleil8 ,on est donc oblig d'avouer qu'on peut avec quelque fondement regarder l'impntrabilit du ,feu comme douteuse4 ,,vi4 ,le ,feu tend-il vers le centre de la ,terre8 ,les ,philosophes conviendront sans doute qu'il peut y avoir plusieurs corps qui ne tendent point vers le centre de la terre1 telle doit tre par exemple la matiere qui fait la pesanteur1 qui chasse les corps vers le centre de la terre2 voyons donc si le ,feu est dans le mme cas1 ou bien s'il tend vers la terre comme les autres corps4 ,c'est encore l'experience1 ce grand matre de ,philosophie1 nous apprendre si le ,feu a cette proprit4 ,je me contenterai d'examiner ici l'exprience de ,m4 ,homberg sur le poids du rgule d',antimoine calcin au ,verre ardent1 celle de ,m4 ,borhaave sur le poids du ,fer enflamm4 ,m4 ,homberg rapporte que #d onces de rgule d',antimoine exposes un pied demi du vritable foyer du miroir du ,palais ,royal1 augmentrent de #c dragmes1 de quelques grains pendant leur calcination1 c'est--dire1 environ d'un dixime2 mais qu'ayant t mises ensuite en fusion au vritable foyer1 elles perdirent ce dixime acquis1 un huitime de leur propre poids4 ,m4 ,borhaave1 au contraire1 ayant pes #h livres de ,fer1 ne trouva aucune diffrence de poids entre ce ,fer enflamm ce ,fer absolument froid4 ,il y a plusieurs remarques faire sur ces deux expriences4 ,note3 ,examen de l'exprience de ,m4 ,homberg1 sur le poids de l'antimoine calcin au verre ardent4 #a4 ,pendant tout le tems de la calcination de l',antimoine de ,m4 ,homberg1 on fut oblig de le remuer avec une spatule de fer3 or il est trs-possible que la chaleur ait dtach quelques particules de cet instrument1 lesquelles s'tant jointes au rgule1 auront augment son poids4 ,les sels les souffres dont l'air est toujours charg1 auront p s'unir aussi l',antimoine par l'action du feu1 la faveur de ce mouvement continuel de la spatule avec laquelle on le remuoit2 ainsi on est bien loin d'tre sr que ce soit le feu qui ait augment son poids1 car si le feu est le plus subtil dissolvant de la ,nature1 il est aussi le plus puissant agent pour unir les corps4 #b4 ,ce qui confirme cette conjecture1 c'est que les corps qui augmentent le plus leur poids par le ,feu1 sont ceux qu'on remu pendant leur calcination1 qu'ils perdent tout le poids acquis1 mme de leur propre substance1 lorsqu'on les remet en fusion4 ,boyle lui-mme1 convient que l'agitation continuelle pendant la calcination1 est ce qui contribue le plus augmenter l'action du ,feu sur les corps4 #c4 ,l',antimoine de ,m4 ,homberg ayant t mis en fusion au vritable foyer1 perdit tout le poids acquis1 encore un huitime de son propre poids3 or si des particules de ,feu avoient augment son propre poids dans la calcination1 comment se pourroit-il qu'il eut perdu ce poids au vritable foyer8 un nouveau ,feu n'auroit-il pas d produire au contraire une nouvelle augmentation1 puisque le poids de l',antimoine diminua dans la fusion1 au lieu d'augmenter1 n'est-il pas vrai-semblable que le ,feu du foyer tant plus violent que celui auquel on l'avoit calcin1 spara les parties htrogenes qui s'toient unies au rgule d',antimoine1 qui avoient augment son poids pendant la calcination4 #d4 ,tous les ,mtaux en fusion1 perdent de leur poids1 cependant la fusion est l'tat dans lequel ils reoivent la plus grande quantit de feu2 ainsi si le ,feu augmentoit le poids des corps1 il devroit augmenter considrablement celui des mtaux en fusion1 mais au contraire leur poids diminue1 il est donc certain que la plus grande quantit de ,feu que ces mtaux puissent recevoir1 n'augmente point leur poids4 ,on sent aisment que la diminution de poids des mtaux en fonte doit tre attribue aux parties que ce ,feu violent fait vaporer d'entre leurs pores1 l'augmentation de leur volume4 ,note3 ,examen confirmation de l'exprience de ,m4 ,borhaave sur le poids du fer enflamm4 #e4 ,le ,fer de ,m4 ,borhaave pendant qu'il toit tout ptillant de feu1 devoit contenir bien plus de particules ignes1 que l',antimoine de ,m4 ,homberg1 qui avoit t calcin #ah pouces du vritable foyer du miroir1 cependant ce ,fer tout imprgn de ,feu ne pesoit pas un grain de plus que lorsqu'il toit entirement froid4 ,je ne vois cependant aucune raison pour laquelle si le ,feu toit pesant1 il n'augmenteroit pas toujours le poids des corps qu'il pntre1 je puis certifier que cette galit de poids s'est retrouve dans des masses de ,fer depuis une livre jusqu' #bjjj livres1 que j'ai fait peser devant moi toutes enflammes1 ensuite entirement froides4 ,note3 ,autres expriences sur la pesanteur du ,feu4 #f4 ,l'augmentation du poids des corps calcins travers le verre1 est beaucoup moins considrable que celle des corps que l'on calcine en plein air1 cependant la mme quantit de feu pntre travers le verre1 puisqu'il produit le mme effet sur ces corps1 qu'il les calcine2 d'o peut donc venir cette diffrente augmentation de poids1 lorsque la calcination se fait en plein air1 ou lorsqu'elle se fait sous le verre1 sinon de ce qu'il se joint alors moins de corps trangers au corps calcin8 #g4 ,l',antimoine devient rouge dans la calcination1 lorsqu'on le met en digestion dans de l',esprit de ,vin1 il rend une teinture rougetre1 se trouve aprs du mme poids qu'avant la calcination3 donc cette couleur rougetre lui toit venue des parties sulfureuses que le ,feu lui avoit unies pendant la calcination1 puisqu'aprs s'tre dcharg de cette teinture1 il se trouve du mme poids qu'il avoit avant d'tre calcin4 #h4 ,m4 ,boyle est un des ,philosophes qui a fait le plus d'expriences sur la pesanteur du ,feu1 toutes concourent l'tablir4 ,cependant son ,trait ,de ,flamm ponderabilitate1 ne prouve autre chose sinon que la flamme pese1 que les parties pntrent travers les pores du verre1 mais aucune de ses expriences ne prouve la pesanteur des parties lmentaires du ,feu4 ,note3 99 ,page #h4 ,note3 9999 ,page #ci4 #i4 ,le mme ,boyle rapporte 99 qu'une once de corne de cerf perdit au ,feu six ou sept grains de son poids1 qu'une once de ,zinc 9999 en perdit cinq grains1 plus1 par l'action du ,feu4 #aj4 ,du ,charbon enferm hermtiquement dans une bote de ,fer1 expos pendant quatre heures un ,feu trs-violent1 a diminu de #d onces environ sur #d livres1 j'ai t tmoin de cette exprience4 #aa4 ,m4 ,bolduc assre que l',antimoine calcin dans un vase de terre1 diminue de poids1 bien loin d'augmenter4 #ab4 ,m4 ,hartsoker1 de son ct1 ayant tenu de l',etain pendant des heures entires1 du ,plomb pendant plusieurs jours de suite dans le foyer d'un ,verre ardent1 ne trouva aucune augmentation dans le poids de ces mtaux4 #ac4 ,le clbre ,borhaave rapporte qu'ayant tenu du ,plomb dans un ,fourneau de digestion pendant trois ans1 un ,feu de #hd degrs1 l'ayant expos pendant quatre heures au feu de sable1 le ,plomb n'augmenta nullement de poids2 cependant si les expriences varient1 c'est une preuve certaine que ce n'est point le ,feu qui augmente le poids des corps1 car s'il l'augmentoit une fois1 il l'augmenteroit toujours4 ,mais si l'on attribue cette augmentation lorsqu'on en trouve1 l'intromission de quelques parties htrogenes dans les pores des corps que l'on expose au ,feu1 on conoit aisment que les diffrentes circonstances de l'opration peuvent changer ces effets2 voil pourquoi de toutes les expriences rptes sur le poids des corps exposs au ,feu1 aucune n'est entirement la mme4 ,l'augmentation que le mme ,feu cause dans les corps est tantt plus grande1 tantt moindre1 comme on peut s'en convaincre en lisant les expriences de ,boyle1 ou en oprant soi-mme2 ce qui prouve bien que ce n'est pas une cause aussi invariable que le ,feu1 qu'il faut attribuer l'augmentation du poids des corps4 ,l'exprience de ,m4 ,homberg que je viens d'examiner1 fournit elle-mme une preuve qu'on ne doit point attribuer au ,feu l'augmentation de poids qu'on remarque dans les corps qu'on lui expose2 car il trouva dans cette exprience le poids de l',antimoine augment d'un dixime4 ,or en supposant l'mission de la lumire1 tout le ,feu que le ,soleil envoye sur notre hmisphere pendant une heure du jour le plus chaud de l',et1 doit peser peine ce que ,m4 ,homberg suppose qu'il en toit entr dans son rgule d',antimoine3 en voici1 si je ne me trompe1 la dmonstration4 ,on connot la vtesse des rayons du ,soleil depuis les observations que ,mrs4 ,huguens ,romer ont faites sur les ,eclipses des ,satellites de ,jupiter2 cette vtesse est environ de #g #h minutes pour venir du ,soleil nous3 or1 on trouve que si le ,soleil est #bdjjj demi-diametres de la ,terre1 il s'ensuit que la lumire parcourt en venant de cet ,astre nous1 mille millions de pieds par seconde en nombres ronds2 un ,boulet de ,canon d'une livre de balle pouss par une demi livre de ,poudre1 ne fait que #fjj pieds en une seconde1 ainsi la rapidit des rayons du ,soleil surpasse en nombres ronds #affffjj fois celle d'un boulet d'une livre4 ,mais l'effet de la force des corps tant le produit de leur masse par le quarr de leur vtesse1 un rayon qui ne seroit que la #a_/bgggeeeefjjjj;e partie d'un boulet d'une livre feroit le mme effet que le ,canon1 un seul instant de lumire dtruiroit tout l',univers2 or je ne crois pas que nous ayons de minimum pour assigner l'extrme tnuit d'un corps qui n'tant que la #a_/bgggeeeefjjjj;e partie d'un boulet d'une livre feroit de si terribles effets1 dont des millions de milliars passent travers un trou d'pingle1 pntrent dans les pores d'un ,diamant1 frappent sans cesse l'organe le plus dlicat de notre corps sans le blesser1 mme sans se faire sentir4 #ad4 ,l'exprience du trou d'pingle 7qu'on trouverait bien admirable1 si elle toit moins commune7 fournit elle seule une dmonstration de l'excessive tnuit des rayons2 car regardez travers ce trou pendant un jour entier1 vous verrez toujours les mmes objets1 aussi distinctement3 donc il vient chaque moment indivisible1 des rayons de tous les points de ces objets1 frapper votre rtine3 or il faut de deux choses l'une1 ou que ce ne soient pas les rayons du ,soleil qui ayent augment le poids de l',antimoine de ,m4 ,homberg1 ou qu'il entrt pendant ce jour dans vos yeux plusieurs onces de ,feu1 puisqu'il y entreroit plus de rayons qu'il n'en pouvoit tre entr dans le rgule d',antimoine pendant sa calcination4 ,mais s'il entroit cette quantit de ,feu dans nos yeux en un jour1 combien y en entreroit-il en une semaine1 en un mois1 c4 que deviendroit cette matiere igne1 si elle toit pesante8 ,je crois donc qu'il est dmontr en rigueur1 par la faon dont nous voyons1 par les phnomenes de la lumire1 par les loix primitives du choc des corps1 que 7suppos que le ,feu pese7 nous ne pouvons nous appercevoir de son poids1 que si tous les rayons que le ,soleil envoye sur notre hmisphere pendant le plus long jour de l',et1 pesoient seulement #c livres1 nos yeux nous seroient inutiles1 l',univers ne pourroit soutenir un moment la lumire4 ,note3 ,argument de ,m4 ,musschenbroek1 en faveur de la pesanteur du ,feu4 #ae4 ,le savant ,m4 de ,musschenbroek fait en faveur de la pesanteur du ,feu1 un argument qui parot trs-fort4 ,le ,fer ardent que vous pesez1 dit-il1 vous le pesez dans l'air qui est un fluide1 or le ,feu ayant augment le volume de ce ,fer par la rarfaction1 il devroit peser moins dans l'air lorsqu'il est chaud1 que son volume est plus grand1 que lorsqu'il s'est contract par le froid1 que son volume est diminu1 vous ne trouvez le mme poids dans le ,fer refroidi1 que parce que le ,feu avoit rellement augment le poids du ,fer enflamm2 car s'il ne l'avoit pas augment1 vous auriez d trouver votre ,fer moins pesant lorsqu'il toit tout rouge1 que lorsqu'il toit refroidi4 ,note3 ,rponse cet argument4 ,cet argument seroit invincible1 si l'on toit sr qu'aucun autre corps que le ,feu ne se fut introduit dans le ,fer enflamm2 mais on est bien loin d'en tre sr1 car s'il peut se mler des corps trangers aux corps calcins par les rayons du ,soleil 7le ,feu le plus pur que nous connoissions7 combien plus forte raison pourra-t-il entrer de particules de bois ou de charbon dans les corps qu'on expose au ,feu ordinaire8 ,ainsi on sent aisment qu'en rfutant l'exprience de ,m4 ,homberg1 j'ai compt rfuter celles de ,m4 ,boyle1 ,lmery1 toutes celles enfin qu'on a faites sur les corps augments de poids par le ,feu2 cette augmentation que le ,feu d'ici-bas cause dans les corps1 devroit mme tre fort sensible par la quantit de particules htrogenes qu'il doit introduire dans leurs pores1 elle n'est imperceptible dans quelques-uns1 que parce qu'ils perdent beaucoup de leur propre substance par l'action du ,feu1 que leur pesanteur spcifique diminue par la rarfaction4 ,il faut donc conclure de toutes ces expriences que le ,feu ne pese point1 ou que s'il pese1 il est impossible que son poids soit jamais sensible pour nous4 ,,vii4 ,quelles sont les proprits distinctives du ,feu4 ,note3 ,le ,feu tend naturellement en-haut4 ,mais si aprs avoir examin les expriences de la pesanteur du ,feu1 on vient considrer sa nature rechercher ses proprits1 on ne peut s'empcher de reconnotre que loin d'avoir cette tendance vers le centre de la terre1 que l'on remarque dans les autres corps1 il fuit au contraire toujours ce centre1 que son action se porte naturellement en haut4 ,l',acadmie de ,florence a dcouvert cette tendance du ,feu en haut1 par une exprience qui ne permet plus aux ,philosophes de se mfier de leurs sens1 quand ils voyent la flamme monter1 l'action du ,feu se porter toujours en haut4 ,deux ,thermometres1 l'un droit1 l'autre renvers1 ayant t mis dans un tube de ,verre1 deux globes de ,fer1 rouges gaux1 approchs gale distance de ces tubes1 le ,thermometre qui toit droit1 monta sensiblement plus que celui qui toit renvers ne descendit4 ,je ne rapporte point le proced de cette exprience1 ni les autres circonstances qui l'accompagnerent1 on peut les voir dans les ,tentamina ,florentina1 mais toutes ces circonstances concourent prouver que le ,feu tend naturellement en haut1 loin d'avoir aucune tendance vers le centre de la terre4 ,cette tendance du ,feu en haut1 dpend d'une autre proprit particulire au ,feu1 par laquelle il tend l'quilibre1 se rpand galement dans tout l'espace1 lorsque rien ne s'y oppose2 ainsi le ,feu tend sans cesse se dgager des pores des corps1 se rpandre en haut o il n'y a point d'atmosphere sensible1 o il peut s'tendre galement de tous cts sans obstacle2 car l'atmosphere contribue infiniment la chaleur dans laquelle nous vivons1 ainsi que le froid qu'il fait sur les ,montagnes le prouve4 ,une exprience bien simple1 que j'ai rpte souvent1 prouve encore cette tendance du ,feu en haut4 ,si vous mettez une assiette ou une planche sur un de ces grands cylindres de ,verre qui fervent l',et couvrir les bougies1 que vous laissiez une bougie allume sous ce cylindre couvert1 il est certain que la chaleur de la flamme doit tout moment rarfier l'air renferm dans ce verre3 donc si la flamme montoit par sa seule lgret spcifique 7comme on le prtend7 on la devroit voir tout moment s'arrondir perdre sa figure conique1 puisque cet air renferm dans le cylindre1 se rarfie chaque instant1 mais c'est ce qui n'arrive point3 la flamme conserve cette figure conique jusqu'au moment auquel elle s'teint1 lorsqu'elle est trs-diminue de hauteur1 on voit toujours sa pointe tendre en haut4 ,note3 ,pourquoi la flamme monte dans un air trs-rarefi4 ,la cause de ce phnomene est que la flamme de la bougie contient assez de feu pour qu'il puisse s'opposer la tendance naturelle de cette flamme vers le centre de la terre1 que le ,feu la fait monter par cette supriorit de force1 indpendamment de la pesanteur spcifique de l'air2 le ,feu ne feroit peut-tre pas le mme effet sur toutes les flammes1 car il y en a qui contiennent bien moins de particules ignes les unes que les autres4 ,la lgret spcifique de la flamme est sans doute une des causes qui fait qu'on ne la voit jamais tendre en bas1 c'est aussi cette lgret spcifique qui fait monter la fume2 mais les particules de feu que la flamme la fume contiennent1 contribuent aussi cette tendance en haut4 ,note3 ,pourquoi la fume descend dans le vuide4 ,note3 ,tentamina ,florentina4 ,la fume qui est la mme chose que la flamme1 lorsqu'elle contient moins de particules ignes1 descend dans le vuide1 parce qu'tant compose des particules que le ,feu a dtaches des corps1 ces particules tendant par leur pesanteur vers le centre de la terre3 puisque dans le vuide la rsistance de l'air est te1 qu'alors la pesanteur de ces particules surpasse la force du ,feu1 elles doivent tendre en bas2 mais si vous augmentez la quantit du ,feu1 en approchant un charbon du rcipient1 alors la fume monte par la supriorit des particules du ,feu4 ,m4 ,geoffroy a fait une exprience dans laquelle on voit l'il que le feu tend se rpandre galement de tous cts1 qu'il fait sans cesse des efforts sur les parties des corps pour les carter les unes des autres2 car cet habile ,acadmicien rapporte qu'ayant fait fondre du ,fer au ,miroir ardent1 ayant ramass les tincelles qu'il jettoit1 il trouva que ces tincelles toient autant de petits globes de fer creux2 le ,feu avoit donc combattu la cohesion de ces particules de fer1 leur pesanteur1 il les avoit surmontes4 ,note3 ,le ,feu est l'antagoniste de la pesanteur1 loin d'y tre soumis4 ,note3 ,point de repos dans la ,nature4 ,le ,feu est donc l'antagoniste perptuel de la pesanteur1 loin de lui tre soumis1 ainsi tout est dans la ,nature dans de perptuelles oscillations de dilatation de contraction par l'action du ,feu sur les corps1 la raction des corps qui s'opposent l'action du feu par leur pesanteur la cohsion de leurs parties1 nous ne connoissons point de corps parfaitement durs1 parce que nous n'en connoissons point qui ne contienne du ,feu1 dont les parties soient dans un parfait repos2 ainsi les anciens ,philosophes qui nioient le repos absolu1 toient assurment plus senss1 peut-tre sans le savoir1 que ceux qui nioient le mouvement4 ,note3 ,le ,feu conserve vivifie tout dans l',univers4 ,sans cette action cette raction perptuelle du ,feu sur les corps1 des corps sur le feu1 toute fluidit1 toute lasticit1 toute mollesse seroit bannie1 si la matire toit prive un moment de cet esprit de vie qui l'anime1 de ce puissant agent qui s'oppose sans cesse l'adunation des corps1 tout seroit compact dans l',univers1 il seroit bientt dtruit4 ,ainsi non seulement les expriences ne dmontrent point la pesanteur du feu2 mais vouloir que le feu soit pesant1 c'est dtruire sa nature1 c'est enfin lui ter sa proprit la plus essentielle1 celle par laquelle il est un des ressorts du ,crateur4 ,note3 ,le ,feu est galement rpandu partout4 ,note3 ,tous les corps dans un mme air1 contiennent galement de ,feu4 ,un autre attribut du feu qui parot encore n'appartenir qu' lui1 c'est d'tre galement distribu dans tous les corps4 ,les hommes ont d tre long-tems sans doute se persuader cette vrit4 ,nous sommes ports croire que le ,marbre est plus froid que la ,laine1 nos sens nous le disent1 il a fallu pour nous dtromper1 que nous crassions1 pour ainsi dire1 un tre pour juger du dgr de chaleur rpandu dans les corps2 cet tre1 c'est le ,thermometre1 c'est lui qui nous a appris que les matires les plus compactes les plus lgeres1 les plus spiritueuses les plus froides1 le ,marbre1 les ,cheveux1 l',eau1 l',esprit de ,vin1 le ,vuide de ,boyle1 l',or1 tous les corps enfin 7except les cratures animes7 contiennent dans un mme air la mme quantit de feu4 ,note3 ,le ,feu est rpandu non selon les masses1 mais selon les espaces4 ,il suit de cette proprit du ,feu1 #a4 ,que tous les corps sont galement chauds dans le mme air1 puisqu'ils font tous le mme effet sur le ,thermometre4 #b4 ,que le feu est distribu non selon les masses1 mais selon les espaces1 puisque l',or le ,vuide pneumatique en contiennent galement4 #c4 ,qu'il n'y a aucun corps qui s'empreigne de ,feu plus qu'un autre1 ni qui puisse en retenir une plus grande quantit1 puisque dans un mme air l',esprit de ,vin n'est pas plus chaud que l',eau1 qu'ils se refroidissent au mme degr4 ,note3 ,l',esprit de vin ne contient pas plus de ,feu que l'eau4 ,si nos sens nous disent que la ,laine contient plus de ,feu que le ,marbre1 notre raison semble nous dire que l',esprit de ,vin en contient plus que l',eau1 il refracte davantage la lumire1 le plus petit feu l'enflamme1 il se consume entirement par la flamme1 il ne gele jamais2 enfin cette liqueur parot toute igne1 surtout lorsqu'elle est devenue alcohol par la distillation2 cependant malgr tous ces phnomenes1 le ,thermometre dcide pour l'galit1 on ne voit pas comment l',esprit de ,vin pourroit contenir plus de feu que les autres corps1 sans que le ,thermometre nous en ft appercevoir2 car on ne peut dire que cette plus grande quantit de ,feu que contient l',esprit de ,vin1 est en quilibre avec ses parties1 de mme qu'une moindre quantit est en quilibre avec celles de l',eau1 que quand l'action la raction sont gales1 c'est comme s'il n'y avoit point d'action4 ,car on supposeroit une chose entierement contraire tout ce que nous connoissons de l'action du ,feu sur les corps1 de la raction des corps sur le ,feu2 les corps ne rsistent l'action du ,feu que par leur masse1 ou par la cohrence de leurs parties3 or l',esprit de ,vin est de tous les fluides celui qui pese le moins 7si vous en exceptez l'air7 celui dont les parties paroissent les moins cohrentes2 l'alcohol1 qui est plus leger que l',esprit de ,vin1 est encore plus inflammable que lui2 ainsi plus on considre le ,feu comme un corps qui agit selon les loix du choc sur les autres corps1 moins on trouvera vrai-semblable que le corps le plus lger soit de tous celui qui rsiste le plus l'action du ,feu4 ,donc puisque le ,thermometre fait voir que l',esprit de ,vin ne contient pas plus de ,feu que l',eau1 il faut convenir que le ,feu est distribu galement dans tout l'espace1 sans gard aux corps qui le remplissent4 ,si l',esprit de ,vin rompt plus la lumire que des liquides plus denses1 s'il ne se gele jamais1 cela dpend vrai-semblablement de la contexture de la distribution de ses pores1 nullement d'une plus grande quantit de ,feu contenue dans sa substance1 s'il s'enflamme plus aisment1 c'est qu'il contient plus de pabulum ignis1 que ses parties sont plus aisment spares4 ,le ,marbre nous parot plus froid que la ,laine1 parce qu'tant plus compact1 il touche notre main en plus de points1 qu'il prend par consquent d'autant plus de notre chaleur2 ainsi malgr quelques apparences1 nous sommes forcs de reconnotre cette gale distribution du ,feu dans tous les corps4 ,le froid artificiel que ,faheinrhest a trouv le moyen de produire1 qui fait baisser le ,thermometre #gb degrs au-dessous du point de la conglation1 prouve que dans les plus grands froids que nous connoissions1 aucun corps n'est priv du ,feu1 qu'il habite en tous1 en tout tems4 ,note3 ,le ,feu tend par sa nature l'quilibre4 ,cette distribution gale du ,feu dans tous les corps1 cet quilibre auquel il tend par sa nature1 dont on a t si long-tems sans s'appercevoir1 nous toit cependant indiqu par mille effets oprs par le ,feu1 qui sont sans cesse sous nos yeux1 ausquels on ne faisoit aucune attention4 ,note3 ,preuves4 #a4 ,toutes les parties d'un corps quelconque s'chauffent galement1 pourv que le ,feu ait le tems de le pntrer2 or si le ,feu ne tenoit pas l'quilibre par sa nature1 il est croire qu'il trouveroit dans les corps1 des parties dans lesquelles il pntreroit plus facilement que les autres1 ainsi leurs parties seroient ingalement chauffes1 ce qui n'arrive pas4 #b4 ,un corps tout ptillant de ,feu1 auquel on applique un corps froid1 perd de sa chaleur jusqu' ce qu'il ait communiqu cet autre corps une quantit de ,feu qui rtablisse l'quilibre entr'eux4 #c4 ,l',huile de ,tartre par dfaillance1 qui nous parot si igne1 l',huile de ,trbenthine distille1 qui garantit nos corps du froid1 qui nous parot si chaude1 ne le sont pas plus par elles-mmes que l',eau pure2 car tant mles avec l',eau1 elles ne changent rien sa temprature3 ce qui prouve que l'effervescence que quelques liqueurs font avec l'eau1 ne vient pas de ce que ces liqueurs contiennent plus de ,feu que l'eau pure4 ,note3 ,cette tendance du ,feu l'quilibre1 est la cause de l'chauffement du refroidissement des corps4 #d4 ,cette tendance du ,feu l'quilibre parot tre la cause de l'chauffement des corps1 car sans cette indiffrence du ,feu pour un espace quelconque1 il seroit difficile d'imaginer comment tous les corps pourroient s'chauffer si facilement2 mais cette tendance du ,feu quaquaversum fait qu'il est ais de le rassembler1 que peu de chose suffit pour rompre son quilibre1 de mme que le moindre poids fait pancher une balance bien juste4 #e4 ,cette gale distribution du ,feu semble tre encore l'unique cause du refroidissement des corps chauffs1 car on ne voit nulle raison pour laquelle le ,fer tout imprgn de feu1 n'en retiendroit pas quelques particules dans sa substance1 ni pourquoi aucun corps n'exhale tout le ,feu qu'il contient2 l'quilibre du ,feu donne la clef de toutes ces nigmes1 car cet quilibre demande que tous les corps en contiennent une certaine quantit dtermine4 ,c'est encore cette tendance du ,feu l'quilibre1 qui fait que l',huile l',esprit de ,vin1 ces liqueurs si spiritueuses1 se refroidissent aprs l'bullition au mme degr que l',eau2 car comment l'air pourroit-il leur ter la chaleur qu'elles acquirent en bouillant1 si le ,feu par lui-mme ne tendoit rtablir l'quilibre entre tous les corps1 ds que la cause qui l'avoit rompu1 vient cesser8 ,les corps se refroidissent galement dans le ,vuide de ,boyle1 dans l',air2 or si le ,feu ne tendoit pas l'quilibre1 les corps une fois chauffs devroient conserver plus de particules de ,feu dans le ,vuide que dans l',air4 #f4 ,le mme ,feu qui fond l',or les ,pierres au foyer du ,miroir ardent1 rpand dans l'air une chaleur qui nous est peine sensible1 parce que l'air ne s'oppose pas l'quilibre du ,feu comme l',or les autres corps1 qui1 par leur solidit1 le retiennent quelque tems dans leurs pores4 ,c'est encore pourquoi le ,feu du ,soleil rarfie l'air suprieur sans l'chauffer sensiblement1 car la pression de l'atmosphere n'opposant plus sa rsistance au ,feu1 il s'tend sans obstacle1 n'est plus rassembl en assez grande quantit1 pour que nous nous appercevions de sa chaleur2 la ncessit de cette pression de l'atmosphere1 pour la chaleur du ,feu1 se fait voir sensiblement dans l',eau1 qui acquiert un plus grand degr de chaleur en bouillant1 proportion de la plus grande pesanteur de l'atmosphere4 #g4 ,une preuve de l'indiffrence du ,feu pour tous les corps quelconques1 c'est que l'air d'ici-bas1 qui est compos de toutes les parties htrogenes qui se mlent lui par les exhalaisons1 s'chauffe galement par un mme ,feu4 #h4 ,le ,thermometre d',esprit de ,vin1 qui est compos d'une liqueur trs-spiritueuse1 baisse dans les fermentations froides1 hausse dans les chaudes2 d'o peut venir cet effet1 si ce n'est de ce que dans les unes il donne de sa chaleur aux corps qui fermentent1 que dans les autres il prend de la leur1 ce qui n'arriveroit pas si le ,feu ne tendoit se rpandre galement dans tous les corps4 ,une des proprits distinctives insparables du ,feu1 est donc d'tre galement rpandu dans tout l'espace1 sans aucun gard aux corps qui le remplissent1 de tendre rtablir l'quilibre de la chaleur entre les corps1 ds que la cause qui l'a rompu vient cesser4 ,note3 ,le ,feu parot incapable par sa nature1 d'un repos absolu4 ,il parot trs-vraisemblable que le ,feu est capable de plus ou moins de mouvement1 selon que les corps lui rsistent plus ou moins1 ou que sa puissance est excite par le frottement1 mais que le repos absolu est incompatible avec sa nature2 que c'est le ,feu qui imprime aux corps le mouvement interne de leurs parties1 c'est ce mouvement qui est la cause de l'accroissement de la dissolution de tous les corps de l',univers2 ainsi le ,feu est1 pour ainsi dire1 l'ame du monde1 le souffle de vie rpandu par le ,crateur sur son ouvrage4 ,,viii4 ,conclusion de la premiere ,partie4 ,je conclus de tout ce que j'ai dit dans cette premiere partie4 #a4 ,que la lumire la chaleur sont deux effets trs-diffrens trs-indpendans l'un de l'autre1 que ce sont deux faons d'tre1 deux modes1 de l'tre que nous appellons ,feu4 #b4 ,que l'effet le plus universel de cet tre1 celui qu'il opre dans tous les corps1 dans tous les lieux1 c'est de rarfier les corps1 d'augmenter leur volume1 de les sparer jusques dans leurs parties lmentaires1 quand son action est continue4 #c4 ,que le ,feu n'est point le rsultat du mouvement4 #d4 ,que le ,feu a quelques-unes des proprits de la matiere1 son tendue1 sa divisibilit1 c4 #e4 ,que l'impntrabilit du ,feu n'est pas dmontre4 #f4 ,que le ,feu n'est point pesant1 qu'il ne tend point vers un centre1 comme tous les autres corps4 #g4 ,qu'il seroit impossible 7suppos mme qu'il pest7 que nous pussions nous appercevoir de son poids4 #h4 ,que le ,feu a plusieurs proprits qui lui sont propres1 outre celles qui lui sont communes avec les autres corps4 #i4 ,qu'une de ses proprits1 c'est de n'tre dtermin vers aucun point1 de se rpandre galement dans tous les corps1 de tendre l'quilibre par sa nature4 #aj4 ,que c'est par cette proprit qu'il s'oppose sans cesse l'adunation des corps1 que c'est par elle enfin qu'il est un des ressorts du ,crateur1 dont il vivifie conserve l'ouvrage4 #aa4 ,que le ,feu est la cause du mouvement interne des parties des corps4 #ab4 ,que le ,feu est susceptible de plus ou de moins dans son mouvement1 mais que le repos absolu est incompatible avec sa nature4 #ac4 ,que le ,feu est galement rpandu dans tout l'espace1 que dans un mme air tous les corps en contiennent une gale quantit1 si l'on en excepte les cratures qui ont la vie4 ,aprs avoir examin la nature du ,feu ses proprits1 il me reste examiner les loix qu'il suit1 lorsqu'il agit sur les corps1 que ses effets sont sensibles4 ,illustration ,,seconde ,,partie4 ,de la ,propagation du ,feu4 ,i4 ,comment le ,feu est distribu dans les corps4 ,,le ,feu est distribu ici-bas de deux faons diffrentes4 #a4 ,egalement dans tout l'espace1 quels que soient les corps qui le remplissent1 lorsque la temprature de l'air qui les contient est gale4 #b4 ,dans les cratures qui ont re la vie1 lesquelles contiennent plus de ,feu que les ,vgtaux1 les autres corps de la ,nature4 ,note3 ,le ,feu agit sur toute la ,nature4 ,le ,feu tant rpandu par-tout1 exerce son action sur toute la ,nature1 c'est lui qui unit qui dissout tout dans l',univers4 ,mais cet tre dont les effets sont si puissans dans nos oprations1 se drobe nos sens dans celles de la ,nature1 il a fallu des expriences bien fines1 des rflxions bien profondes pour nous dcouvrir l'action insensible que le ,feu exerce dans tous les corps4 ,si l'quilibre que le ,feu affecte1 n'toit jamais interrompu1 ni dans nous-mmes1 ni dans les corps qui nous entourent1 nous n'aurions aucune ide du froid1 ni du chaud1 nous ne connotrions du ,feu que sa lumire4 ,mais comme il est impossible que l',univers subsiste1 sans que cet quilibre soit tout moment rompu1 nous sentons presque chaque moment les vicissitudes du froid du chaud que l'altration de notre propre temprature1 ou celle des corps qui nous environnent1 nous font prouver4 ,l'action du ,feu1 lorsqu'elle se cache1 ou lorsqu'elle se manifeste nous1 peut tre compare la force vive la force morte2 mais de mme que la force du corps est sensiblement arrte sans tre dtruite1 aussi le ,feu conserve-t-il dans cet tat d'inaction apparente1 la force par laquelle il s'oppose la cohsion des parties des corps1 le combat perptuel de cet effort du ,feu1 de la rsistance que les corps lui opposent1 produit presque tous les ,phnomenes de la ,nature4 ,ainsi on peut considrer le ,feu dans trois tats diffrens1 qui rsultent de la combinaison de ces deux forces4 #a4 ,lorsque l'action du ,feu sur les corps1 la raction des corps sur lui1 sont en quilibre2 alors c'est comme s'il n'y avoit point d'action1 les effets du ,feu nous sont insensibles4 #b4 ,lorsque cet quilibre est rompu1 que la rsistance des corps l'emporte sur la force du ,feu2 alors les corps se condensent1 une partie du feu qu'ils contiennent est oblige de les abandonner1 ils nous donnent la sensation du froid4 #c4 ,enfin1 lorsque l'action du ,feu l'emporte sur la raction des corps1 alors les corps s'chauffent1 se rarfient1 deviennent lumineux1 selon que la quantit du ,feu qu'ils reoivent dans leur substance est augmente1 ou que la force de celui qu'ils y renferment naturellement est plus ou moins excite4 ,si cette puissance du ,feu passe de certaines bornes1 les corps sur lesquels il l'exerce se fondent ou s'vaporent2 dans ce cas le ,feu n'ayant plus d'antagoniste1 force par sa tendance quaquaversum1 les parties des corps se fuir1 s'carter l'une de l'autre de plus en plus1 jusqu' ce qu'enfin il les ait entirement spares4 ,quelques ,philosophes considrant avec quelle force les parties des corps s'loignent l'une de l'autre dans l'vaporation 7puisque la vapeur qui sort de l'eau bouillante augmente son volume jusqu' #adjjj fois7 ont suppos dans les particules des corps une force rpulsive1 par laquelle elles s'cartent se fuyent dans de certaines circonstances qui dployent cette force2 mais cette vertu rpulsive parot n'tre autre chose que l'action que le ,feu exerce sur les corps1 par laquelle il combat la cohrence de leurs parties2 ainsi de ces deux forces combines1 la cohrence des corps1 l'effort que fait le feu pour s'y opposer1 rsultent tous les assemblages toutes les dissolutions de l',univers1 la cohsion unissant1 comprimant1 connectant les parties des corps1 le ,feu1 au contraire les cartant1 les sparant1 les rarfiant4 ,il faut donc examiner les diffrens effets qui rsultent de la combinaison de ces forces4 ,,ii4 ,des causes de la chaleur des corps4 ,un corps s'chauffe1 ou parce qu'il reoit plus de ,feu dans ses pores1 ou parce que celui qui y est renferm1 reoit un nouveau mouvement4 ,il me semble qu'on peut rapporter les diffrentes causes qui peuvent produire ces effets sur les corps1 deux principales4 ,note3 ,deux causes de la chaleur des corps4 ,la premire est la prsence du ,soleil la direction des rayons qu'il nous envoye2 les corps reoivent par la prsence du ,soleil1 un nouveau ,feu dans leurs pores1 ils en reoivent d'autant plus que l'incidence de ses rayons est plus perpendiculaire4 ,les rayons perpendiculaires sont plus denses que les rayons obliques1 car le plan perpendiculaire ,,ap1 reoit tous les rayons qui tombent dans l'espace ,,rr1 mais il n'en recevroit environ que la moiti1 s'il toit inclin dans la direction ,,ob1 il en recevroit d'autant moins que sa position seroit plus oblique3 donc puisque le mme espace reoit plus de rayons1 il doit tre plus chauff4 ,la seconde cause qui manifeste le ,feu1 qui interrompt l'quilibre auquel il tend1 c'est l'attrition des corps les uns contre les autres4 ,toutes les faons dont le ,feu d'ici-bas peut tre excit1 ne sont que des modifications de cette cause1 de mme que tous nos sens ne sont qu'un tact diversifi4 ,note3 ,comment les premiers hommes ont connu le ,feu4 ,c'est vraisemblablement cette attrition des corps qui a fait connotre le ,feu aux premiers hommes4 ,l'embrasement de quelques forts que l'agitation de leurs branches aura produit1 ou le choc de deux cailloux1 leur auront fait connotre cet tre qui les animoit1 dont ils ne souponnoient pas mme l'existence4 ,ainsi les premiers hommes auront p voir long-tems la lumire du ,soleil1 sentir sa chaleur1 ils auront p prouver les vicissitudes du froid du chaud causes par la sant1 la maladie1 sans avoir aucune ide du ,feu1 c'est--dire1 de cet tre que nous avons le pouvoir d'exciter1 pour ainsi dire de crer1 car le premier ,feu que les hommes ont produit1 a d leur parotre une cration vritable4 ,la ,nature ayant laiss deviner aux hommes le secret du ,feu1 ils ont d tre encore long-tems sans se douter que les rayons du ,soleil1 le feu qu'ils allument1 fussent de la mme nature2 il a fallu que l'invention admirable des ,verres brlans leur ait appris que ce ,soleil1 dont le retour leur apporte la sant1 rajeunit toute la ,nature1 avoit la vertu de tout dtruire comme de tout vivifier1 que l'effet de ses rayons1 lorsqu'ils sont rassembls1 surpasse de beaucoup ceux du ,feu d'ici-bas4 ,,iii4 ,du ,feu produit par le frottement4 ,cette seconde cause1 qui manifeste le ,feu que les corps contiennent1 agit d'autant plus puissamment1 que les corps que l'on frotte s'appliquent plus exactement l'un contre l'autre2 ainsi trois choses peuvent augmenter les effets que le ,feu produit par l'attrition4 #a4 ,la masse des corps4 #b4 ,leur lasticit4 #c4 ,la rapidit du mouvement4 ,la masse des corps fait que leurs parties se touchent en plus de points1 c'est pourquoi un fluide1 ou quelque matiere onctueuse interpose entre deux corps1 diminu beaucoup la chaleur excite par le frottement1 car ce fluide s'oppose au contact immdiat de ces corps en se glissant entr'eux2 c'est en partie pour cette raison que l'on graisse le moyeux des rous4 ,l'lasticit des corps fait que les oscillations de contraction de dilatation que le frottement excite en eux1 se communiquent jusqu' leurs parties les plus insensibles1 que par consquent le ,feu retenu dans leurs pores1 acquiert un plus grand mouvement4 ,enfin la rapidit du mouvement de ces corps augmente cette action du ,feu1 car toute cause produit des effets d'autant plus grands1 qu'elle est plus souvent plus continument applique4 ,note3 ,la production du ,feu par le frottement1 suit les loix du choc4 ,ainsi les effets que le ,feu produit par le frottement1 suivent les loix generales du choc des corps1 puisqu'ils dpendent de la masse de la vtesse1 quoique peut-tre dans une proportion qui n'est pas assignable1 par les changemens que la diffrente contexture des parties internes des corps y doit apporter4 ,note3 ,l'attrition ne produit point le ,feu1 mais elle le dcele4 ,l'attrition ne fait que dceler le ,feu que les corps contiennent dans leur substance2 alors cette balance entre la puissance du ,feu la cohesion des parties des corps1 n'est plus en quilibre1 cette supriorit de force1 que le ,feu acquiert par l'augmentation de son mouvement1 se manifeste par la chaleur des corps que l'on frotte1 quelquefois par leur embrasement4 ,cet effet n'est point produit par l'air1 comme quelques-uns l'ont prtendu1 puisqu'il s'opere dans le vuide4 ,note3 ,les fluides s'chauffent trs-difficilement par le frottement4 ,les corps les plus lastiques tant ceux qui s'chauffent le plus par le frottement1 cette cause doit produire peu d'effet sur les fluides2 7car lorsque les fluides s'chauffent soit par l'agitation1 soit par la mixtion1 ils ne s'chauffent que par le frottement de leurs parties17 cette cause doit produire moins d'effet sur les fluides moins lastiques1 c'est pourquoi l'eau pure s'chauffe trs-difficilement par le mouvement seul1 ses parties chappant par leur liquidit aux frottemens ncessaires pour mettre en action le ,feu retenu dans ses pores2 mais l'air au contraire1 qui est trs-lastique1 s'chauffe trs-sensiblement par l'attrition4 ,note3 ,l'attrition est le moyen le plus puissant pour exciter le ,feu4 ,l'attrition des corps est en mme tems la plus universelle la plus puissante cause pour exciter la puissance du ,feu1 les effets qui sont pour nous le dernier priode de sa puissance1 que le plus grand ,miroir ardent n'opere que trs-rarement1 la percussion les produit en tout tems1 en tout lieu1 dans le vuide1 comme dans l'air1 par la gele la plus forte1 comme par le tems le plus chaud2 car si vous frappez fortement une pierre contre un morceau de fer1 il en sort en quelque tems que ce soit1 des tincelles1 qui1 tant res sur un papier1 se trouvent autant de petits globes de verre produits par la vitrification de la pierre ou du mtal1 peut-tre de tous les deux ensemble3 c'est-l sans doute un des plus grands miracles de la ,nature1 que le ,feu le plus violent1 puisse tre produit en un moment par la percussion des corps les plus froids en apparence4 ,,iv4 ,de l'action du ,feu sur les ,solides4 ,le ,feu rarfie tous les corps1 c'est une verit que l'on a tch d'tablir dans la premiere ,partie de cet ouvrage4 ,les fluides1 les solides1 tous les corps enfin sur lesquels on a oper jusqu' prsent1 prouvent cet effet du ,feu1 tous les autres effets qu'il opere sur eux1 ne sont que les diffrens degrs de cette rarfaction4 ,je vais commencer par examiner les progrs les bornes de cet effet du ,feu dans les solides4 ,note3 ,le ,feu tend les corps selon toutes leurs dimensions4 ,cette dilatation n'tend pas les corps seulement en longueur1 mais selon toutes leurs dimensions1 cela doit tre ainsi1 puisque l'action du ,feu se porte galement de tous cts2 ainsi un cylindre de ,cuivre ne passe plus1 lorsqu'il est chaud1 travers le mme anneau qui le transmettoit avant d'tre chauff4 ,un ,philosophe de nos jours1 qui joint l'adresse de la main aux lumieres de l'esprit1 a port cette dcouverte sa perfection1 par l'invention d'un instrument qui nous fait voir la #a_/abejj;e partie d'un pouce dans l'augmentation du volume des corps1 ainsi la plus petite diffrence qui puisse tre sensible pour nous1 tombe sous nos yeux par le moyen du ,pyrometre4 ,cet instrument nous a appris3 ,note3 ,tous les solides se dilatent par l'action du ,feu4 #a4 ,que la ,craye blanche que l'on croyoit excepte de cette regle generale de la dilatation1 y est soumise1 d'o l'on doit conclure qu'il est vraisemblable qu'il ne nous manque que des instrumens des yeux assez fins pour nous appercevoir de celle que les rayons de la ,lune operent1 de celle que le ,sable qui parot encore s'y refuser1 subit4 ,note3 ,la raison que suit cette dilatation1 est inconnue4 #b4 ,cette dilatation des corps est plus grande dans les plus legers1 moindre dans ceux qui ont plus de masse2 mais elle ne suit ni la raison directe de la masse1 ni celle de la cohrence des parties1 ni une raison compose des deux1 mais une raison inassignable2 car cet effet du ,feu sur les corps dpend de leur contexture interne que nous ne dcouvrirons vraisemblablement jamais4 ,note3 ,un ,feu double n'opere pas une expansion double1 pourquoi4 #c4 ,cette expansion des corps ne suit point non plus la quantit du ,feu2 il est bien vrai que plus le ,feu augmente1 plus la dilatation augmente aussi1 mais non pas proportionnellement2 la dilatation opere par deux mches d',esprit de ,vin1 par exemple1 n'est pas double de celle qu'une seule mche opere1 mais un peu moindre2 celle que trois mches produisent est encore dans une moindre raison4 ,m4 ,bernoulli a fait voir que l'extension des fibres semblables homognes1 charges de poids diffrens1 est moindre que la raison des poids1 que cette raison diminue mesure que l'extension augmente3 il en est de mme de la dilatation des corps par le ,feu1 il les dilate d'autant moins1 qu'il les a dja plus dilats2 ainsi une barre de ,fer froide est comme une corde non tendu1 ces corps s'allongent tous deux1 le fer par le ,feu qu'on lui applique1 la corde par le poids dont on la charge1 il faudra d'autant plus de poids de ,feu pour produire une mme extension1 que le fer sera dja plus dilat la corde plus tendu1 car l'extension de la corde la dilatation du fer sont fixes2 ainsi le ,feu en dilatant les corps fait sur eux le mme effet que s'ils toient tendus par une force externe quelconque1 puisque la pulsion interne du ,feu1 la traction applique extrieurement1 produisent le mme effet1 qui est l'alongement du corps2 il y a cependant cette diffrence1 que le ,feu dilate les corps en tout sens1 que la traction extrieure ne les tend qu'en longueur4 #d4 ,on suit la marche du ,feu dans la dilatation des corps l'aide du ,pyrometre1 cette dilatation est plus lente au commencement1 car le ,feu est quelque tems pntrer dans les pores des corps1 vaincre la cohesion de leurs parties1 mais lorsqu'il a surmont cette rsistance1 le corps se dilate davantage2 enfin la dilatation est plus lente la fin lorsqu'elle est prte d'atteindre son dernier degr1 car alors le ,feu ayant ouvert les pores des corps1 il est transmis en partie travers ces pores dilats3 or ce corps ne recevant que la mme quantit de ,feu1 en transmettant une partie1 les progrs de sa dilatation doivent tre moindres4 #e4 ,le tems dans lequel cette rarfaction s'opere par un mme ,feu1 est diffrent dans les diffrens corps1 ne suit aucune raison assignable4 ,la seule regle gnrale1 c'est que plus un corps peut#d acqurir de chaleur1 plus sa dilatation est lente4 #d ,les expriences ont fait voir que les diffrens corps acquerent un certain degr de chaleur dtermin1 pass lequel le ,feu le plus violent ne peut plus les chauffer4 #f4 ,les ,mtaux ne se fondent pas tous au mme degr de chaleur1 le ,pyrometre nous apprend bien la verit la quantit de leur expansion1 mais il ne nous informe pas du degr de chaleur qu'ils acquerent dans cette expansion dans la fusion4 ,m4 de ,musschenbrok ,inventeur du ,pyrometre1 imagina de dcouvrir la chaleur des ,mtaux en fonte1 par la quantit de rarfaction que les diffrens ,mtaux feroient prouver au ,fer1 de mme que l'on connot la chaleur des liquides par le degr de rarfaction qu'ils operent sur le ,mercure1 car le ,fer tant celui de tous les ,mtaux qui se fond le plus tard1 il est le plus propre marquer ces diffrences4 ,cette chaleur des ,mtaux en fonte ne se trouve encore asservie aucune regle1 elle ne suit pas mme la proportion de la dilatation1 car le ,plomb1 qui se dilate presque autant que l',etain par un mme ,feu1 se trouve cependant avoir besoin pour se fondre1 d'un ,feu presque double de celui qui fond l',etain4 ,une chose qui est encore assez singuliere1 c'est que deux ,mtaux quelconques mls ensemble1 se fondent un moindre ,feu1 que s'ils toient spars4 ,note3 ,les mtaux ne s'chauffent plus aprs la fusion4 #g4 ,lorsque la dilatation des corps est son dernier priode1 leurs parties sont obliges de cder l'action du ,feu1 de se sparer2 alors le ,feu les fait passer de l'tat de solides celui de fluides1 c'est-l le dernier degr de l'action du ,feu sur eux3 car leurs pores tant suffisamment dilats1 ils rendent autant de particules de ,feu qu'ils en reoivent1 ainsi la chaleur des corps n'augmente plus aprs la fusion4 ,si la puissance du ,feu sur les corps n'toit pas borne1 le ,feu dtruiroit bientt l'univers1 ces bornes que le ,crateur lui a imposes qu'il ne franchit jamais1 sont une des grandes preuves du dessein qui regne dans cet univers4 ,note3 ,le ,feu spare les corps jusques dans leurs parties lmentaires4 ,lorsque le ,feu fait passer les corps solides l'tat de fluides1 il les spare jusques dans leurs parties lmentaires2 un grain d',or fondu avec #ajjjjj4 grains d',argent1 se mle avec l',argent1 de faon que ces deux ,mtaux forment dans la fusion une liqueur dore2 si aprs la fusion on spare un grain de toute cette masse1 on retrouve entre l',or l',argent de ce grain la mme proportion de #ajjjjj4 #a1 l'on n'a point encore trouv les bornes de cette incorporation de l',or dans l',argent4 ,on voit dans cette exprience un exemple des deux plus puissans effets du ,feu sur les corps1 l'un de les dsunir de les sparer jusques dans leurs principes1 l'autre de les assembler de les incorporer ensemble4 ,ces deux effets si diffrens1 qui paroissent l' l' de la ,nature1 7si je puis m'exprimer ainsi17 le ,feu les opere par cette mme propriet qui lui fait rarfier tous les corps1 car pour que deux corps soient aussi intimement unis que l',or l',argent dont je viens de parler1 il faut qu'ils ayent t diviss jusques dans leurs principes1 afin que leurs plus petites particules ayent pu s'unir intimement l'une l'autre en se rfroidissant2 ainsi le ,feu est le plus puissant1 peut-tre le seul agent de la ,nature pour unir pour sparer1 il fait le ,verre1 l',or1 le ,savon1 c4 il dissout tous ces corps1 il parot tre enfin la cause de la plpart des formations1 des dissolutions de la ,nature4 ,le ,feu agit diffremment sur les diffrens corps suivant la cohrence1 la masse1 la glutinit de leurs parties1 c4 tous ces diffrens effets dpendent de l'action de la raction perptuelle du ,feu sur les corps1 des corps sur le ,feu1 c'est toujours la mme cause qui se diversifie en mille faons diffrentes4 ,puisque le ,feu dilate tous les corps1 puisque son absence les contracte1 les corps doivent tre plus dilats le jour que la nuit1 les maisons plus hautes1 les hommes plus grands1 c4 ainsi tout est dans la ,nature dans de perptuelles oscillations de contraction de dilatation1 qui entretiennent le mouvement la vie dans l',univers4 ,la chaleur doit dilater les corps sous l',equateur1 les contracter sous le ,pole2 c'est pourquoi les ,lapons sont petits robustes1 il y a grande apparence que les ,animaux les ,vgtaux qui vivent sous le ,pole1 moureroient sous l',equateur1 ceux de l',equateur sous le ,pole1 moins qu'ils n'y fussent ports par des gradations insensibles1 comme les ,cometes passent de leur aphlie leur prihlie4 ,cette chaleur doit lever la terre dans la rgion de l',equateur1 le froid doit abaisser celle du ,pole2 mais cette levation cause par la chaleur seulement1 doit tre insensible pour nous4 ,note3 ,les corps s'chauffent plus ou moins selon leur couleur4 ,les corps s'chauffent plus ou moins1 plus ou moins vte1 selon leur couleur1 ainsi les corps blancs composs de particules trs-compactes trs-serres1 cdent plus difficilement l'action du ,feu1 c'est pourquoi ils rflchissent presque toute la lumiere qu'ils reoivent2 les noirs1 au contraire1 composs de particules trs-dlies1 cdent aisment l'action du ,feu1 l'absorbent dans leur substance2 ainsi un corps noir1 toutes choses gales1 pese spcifiquement moins qu'un corps blanc3 la facilit avec laquelle le noir s'chauffe1 fait que les terres noires sont les plus fertiles4 ,ce n'est pas seulement le noir le blanc qui s'chauffent diffremment par un mme ,feu1 mais les sept couleurs primitives s'chauffent des degrs diffrens4 ,j'ai fait teindre un morceau de drap des sept couleurs du prisme1 l'ayant mouill galement1 l'eau1 par un mme ,feu1 s'est retire des pores de ces couleurs dans cet ordre1 commencer par celles qui se scherent le plus vte3 violet1 indigo1 bleu1 verd1 jaune1 orang rouge4 ,la rflexion des rayons suit le mme ordre1 cela ne peut tre autrement1 car le corps qui absorbe le moins de rayons1 est surement celui qui en reflchit davantage4 ,note3 ,les rayons de diffrentes couleurs ont peut-tre diffrentes vertus brlantes4 ,une exprience bien curieuse 7si elle est possible7 ce seroit de rassembler sparment assez de rayons homognes pour prouver si les rayons primitifs qui excitent en nous la sensation des diffrentes couleurs1 n'auroient pas diffrentes vertus brlantes2 si les rouges1 par exemple1 donneroient une plus grande chaleur que les violets4 c4 c'est ce que je suis bien tente de souponner3 ,natura est sibi semper consona4 ,or les diffrens rayons ne nous donnent la sensation des diffrentes couleurs1 que parce que chacun d'eux branle le nerf optique diffremment2 pourquoi ne feront-ils pas aussi des impressions diffrentes sur les corps qu'ils consument1 sur notre peau8 ,il y a grande apparence1 si cela est ainsi1 que les rouges chauffent davantage que les violets1 les jaunes que les bleus1 c4 car ils font des impressions plus fortes sur les yeux2 la plus grande difficult est peut-tre de s'appercevoir de ces diffrences1 le sens du tact ne paroissant pas susceptible de sentir des varits aussi fines que celui de la v3 quoi qu'il en soit1 il me semble que cette exprience mrite d'tre tente1 elle demande des yeux bien attentifs1 des mains bien exerces1 je ne me suis pas trouve porte de la faire1 mais qui peut-on mieux s'adresser pour l'excuter1 qu'aux ,philosophes qui doivent juger cet ,essai8 ,v4 ,comment le ,feu agit sur les ,liquides4 ,note3 ,l'eau bouillante n'acquert plus de chaleur4 ,on sauroit peu de chose sur la faon dont le ,feu agit sur les liquides1 sans la dcouverte de ,m4 ,amontons2 on sait que ce savant homme1 en cherchant le moyen de faire un ,thermometre plus parfait que celui de ,florence1 dcouvrit que l'eau qui bout1 acquert un degr de chaleur dtermin1 pass lequel elle ne s'chauffe plus par le plus grand ,feu4 ,le clbre ,m4 de ,reaumur1 ,faheinrheit1 cet ,artisan ,philosophe1 ont perfectionn tous deux cette dcouverte d',amontons4 ,m4 de ,reaumur a remarqu que l'eau ne fait pas monter le ,thermometre son dernier priode dans le moment mme de l'bullition1 mais quelque tems aprs1 que ce tems va mme quelquefois jusqu' un quart d'heure2 ce ,philosophe nous en a appris la raison1 la liqueur du ,thermometre se rfroidit en montant dans le tube1 il faut du tems pour que la chaleur de l'eau contrebalance cet effet des parties du tube2 ainsi la chaleur de l'eau n'augmente pas rellement aprs l'bullition1 mais elle parot augmenter1 cette augmentation apparente a tromp plusieurs ,physiciens1 leur a fait douter de la dcouverte d',amontons avant la remarque de ,m4 de ,reaumur4 ,note3 ,pourquoi8 ,faheinrheit de son ct a dcouvert que la pression de l',atmosphere augmente la chaleur que l'eau acquert en bouillant1 en sorte que plus l',atmosphere est pesant1 plus il faut de ,feu pour faire bouillir l'eau4 ,cette dcouverte est confirme par ce qui arrive dans le vuide1 o l'eau qui n'toit que tiede dans l'air1 bout dans le moment qu'on la met sous le rcipient4 ,on voit aisment la raison de ce qui arrive alors1 car lorsque la surface de l'eau est presse par un plus grand poids1 le ,feu spare plus difficilement ses parties1 par consquent il faut une plus grande quantit de ,feu pour la faire bouillir1 puisque c'est dans cette sparation des parties des liquides1 que consiste l'bullition2 ainsi il est vraisemblable que l'eau1 presse par un poids pareil celui que l',atmosphere auroit #djifdj toises au dessous de la surface de la terre1 brilleroit comme les mtaux en fonte1 car le poids de l',atmosphere cette profondeur1 seroit gal celui de l',or1 suivant le calcul de ,m4 ,mariotte4 ,cette proprit de l'eau de ne point augmenter sa chaleur pass l'bullition1 appartient tous les fluides1 ainsi3 ,note3 ,il en est de mme des autres fluides4 #a4 ,ils acquerent tous des degrs de chaleur diffrens dans l'bullition1 car il faut que le ,feu soit en plus grande quantit pour faire les mmes effets sur les corps qui lui opposent une plus grande rsistance2 mais cette quantit de ,feu plus ou moins grande1 que les diffrens liquides reoivent dans leurs pores1 ne dpend point de leur masse1 car l',huile qui est plus lgere que l'eau1 acquert cependant prs de trois fois autant de chaleur que l'eau avant de bouillir1 l',esprit de ,vin qui est aussi plus lger que l'eau1 acquert moins de chaleur qu'elle dans l'bullition4 ,le ,mercure est de tous les fluides celui auquel il faut un plus grand ,feu pour bouillir2 ainsi on connot avec certitude le plus grand degr de chaleur des autres fluides1 l'aide des ,thermometres de ,mercure4 ,note3 ,la rarfaction ne suit point la densit des liquides4 #b4 ,la quantit de la rarfaction que le ,feu opere sur les fluides1 depuis le froid artificiel produit par l',esprit de ,nitre1 jusqu' l'bullition1 est diffrente dans les diffrens fluides2 mais elle ne suit ni la raison de la pesanteur spcifique1 ni celle de la glutinit des parties1 ni aucune raison constante1 car l',esprit de ,vin qui est plus lger que l'eau1 augmente son volume de #a_/i;e4 l'eau seulement de #a_/he;e4 mais le ,mercure dont la pesanteur spcifique est celle de l'eau comme #ad #a1 augmente le sien de #d_/ea;es4 ,ainsi il en faut toujours revenir la contexture intime des corps quand on veut expliquer les effets que le ,feu fait sur eux2 comme nous ne la connotrons jamais1 il y aura toujours dans ces effets des exceptions aux regles les plus gnrales4 #c4 ,la rarfaction de presque tous les fluides s'opere par des especes de sauts ingaux2 le ,mercure est celui de tous qui se rarfie le plus galement1 c'est un des avantages des ,thermometres qui en sont composs4 #d4 ,l',air qui est de tous les fluides celui qui se rarfie le plus1 ne parvient jamais jusqu' l'bullition1 sa rarfaction est telle1 que la chaleur de l'eau bouillante augmente son volume d'un tiers1 c'est encore ,m4 ,amontons qui nous devons cette dcouverte3 cette grande rarfaction est peut-tre ce qui l'empche de bouillir1 de mme que l',esprit de ,vin ne bout point au foyer d'un verre ardent1 parce qu'il s'vapore dans le moment2 ainsi aprs que le ,feu a fondu les solides fait bouillir les liquides1 si son action est continue il fait vaporer leurs parties4 #e4 ,le mlange des diffrentes liqueurs1 produit des effets trs-singuliers4 ,note3 ,effets surprenans des diffrentes mixtions des liqueurs4 ,quelquefois les liqueurs mles s'enflamment1 c'est ce qu'on appelle des fulminations2 plusieurs ,huiles font cet effet avec l',esprit de ,nitre4 ,dans d'autres mlanges1 il se fait une grande effervescence1 qui produit le rfroidissement des liqueurs1 c'est ce qu'on appelle des fermentations froides dont j'ai parl dans ma premiere ,partie1 c'est ainsi que l',esprit de ,vin fermente lorsqu'il est ml avec l',huile de ,thrbentine4 ,d'autres liqueurs au contraire1 s'chauffent trs-sensiblement par la mixtion1 ainsi l',esprit de ,vin ml avec de l'eau fait monter#e le ,thermometre de #ah degrs4 ,il fait peu prs le mme effet avec notre sang2 c'est ce qui fait que les liqueurs spiritueuses sont mortelles1 quand on en abuse4 ,dans les fermentations chaudes1 le mlange s'chauffe dans le moment mme de la mixtion1 la ,poudre ,canon ne prend pas feu plutt1 lorsque le mlange est parfait1 la liqueur ne s'chauffe plus1 quelque fort qu'on la remu4 ,il y a des mlanges qui s'chauffent plus que d'autres1 parce que les particules des liqueurs qui les composent1 agissent plus puissamment les unes sur les autres2 de mme que certains corps acquerent plus de chaleur que d'autres1 par l'attrition de leurs parties4 #e ,les degrs de froid de chaud dont je parle1 ont t pris au ,thermometre de ,faheinrheit4 ,la chaleur que les fermentations chaudes produisent dure jusqu' ce que le mouvement o sont les liquides cesse1 alors ils retournent leur premiere temprature1 de mme que la chaleur que les solides acquerent par le frottement1 se dissipe ds que le mouvement interne de leurs parties vient cesser4 ,l'analogie seroit parfaite1 s'il y avoit des corps solides qui se rfroidissent par le frottement1 comme il arrive quelques liqueurs de se refroidir par la mixtion1 mais nous n'en connoissons point4 ,il parot plus difficile de connotre ce qui cause les fermentations froides que les chaudes4 ,il est cependant vraisemblable que c'est la mme cause qui agit dans les unes dans les autres2 toute la diffrence consiste en ce que dans les fermentations chaudes1 les particules ignes font vaporer les particules les plus lgeres des liqueurs1 que dans les froides1 ce sont les parties de ,feu qui s'vaporent3 ainsi ces effets si diffrens dpendent vraisemblablement de la faon dont les particules des diffrentes liqueurs agissent les unes sur les autres4 ,mais l'effet le plus singulier de ces mlanges1 qui parot entierement inexplicable1 c'est que deux quantits gales1 mais ingalement chauffes1 d'un liquide quelconque1 prennent par la mixtion1 un degr de chaleur qui est la moiti de la diffrence de la chaleur que ces deux portions du mme liquide avoient avant d'tre mles2 ainsi une livre d'eau qui tient le ,thermometre #cb degrs1 tant mle une autre livre d'eau bouillante qui le tient #bab1 fera monter le ,thermometre aprs la mixtion1 #ij3 or #ij est la moiti de la diffrence de #cb #bab4 ,de quelque faon qu'on explique ce ,phnomene si singulier1 il est toujours certain qu'il est une nouvelle preuve de l'galit avec laquelle le ,feu se rpand dans les corps4 ,dans toutes les fermentations1 soit chaudes1 soit froides1 le mouvement dure jusqu' ce que les liqueurs ayent repris leur temprature ordinaire2 ce mouvement est caus par le combat de l'action du ,feu sur les corps1 de la rsistance que les corps lui opposent par leur cohesion1 ce qui nous prouve que les fermentations froides dpendent aussi de la combinaison de ces deux forces4 ,,vi4 ,comment le ,feu agit sur les ,vgtaux sur les ,animaux4 ,note3 ,le principe de la vie parot tre dans le ,feu4 ,le ,thermometre nous apprend que les cratures qui ont reu la vie1 contiennent une plus grande quantit de ,feu que les autres corps de la ,nature1 la plus grande chaleur de l',et tant1 dans nos climats1 de #hj1 rarement de #hd degrs1 celle d'un ,homme sain de #ij ou #ib degrs1 mme dans les ,enfans elle va jusqu' #id4 ,ainsi le principe de la vie parot tre dans le ,feu1 puisque les cratures animes en ont reu une plus grande quantit que les autres1 que les ,enfans1 en qui le principe de la vie est encore tout entier1 ont un plus grand degr de chaleur que les ,hommes faits1 les ,hommes faits plus que les ,vieillards4 ,la chaleur du sang d'un ,buf est celle de l'eau bouillante peu-prs comme #ad #c_/aa est #cc1 c'est--dire1 un peu moins de la moiti2 la chaleur de l'eau bouillante fait monter le ,thermometre #bab degrs dans l'air ordinaire1 ainsi ces ,animaux ont un plus grand degr de chaleur que nous1 aussi sont-ils plus vigoureux4 ,note3 ,page #adh4 ,note3 ,quel degr de chaleur feroit prir tous les ,animaux4 ,le clbre ,borhaave1 dans son excellent ,trait du ,feu1 rapporte qu'ayant mis plusieurs ,animaux dans un lieu o l'on sche le ,sucre1 dont la chaleur toit de #adf degrs1 non-seulement ils y moururent tous en peu de tems1 mais leur sang toutes leurs humeurs se corrompirent1 de faon qu'ils rendoient une odeur insupportable4 ,les ,hommes ne peuvent soutenir la chaleur de ce lieu1 il faut que les ouvriers qui y travaillent1 se relayent presque chaque instant pour aller respirer de nouvel air4 ,m4 ,borhaave conclut de cette exprience de quelques autres1 que nous mourerions bientt1 si l'air qui nous entoure1 faisoit seulement monter le ,thermometre #ij degrs2 ainsi nous pouvons regarder peu prs ce degr de chaleur comme le point auquel toute l'espece animale priroit4 ,en #agji1 le ,thermometre fut #j degrs en ,islande1 l'espece animale ne prit point2 ainsi il est vraisemblable que nous sommes plus capables de supporter un grand froid qu'un grand chaud1 pourv cependant qu'il ne soit pas continu4 ,note3 ,quel est le terme o le froid fait cesser la vgtation4 ,la vgtation cesse au point de la conglation1 car quoique les ,arbres quelques ,herbes1 comme l'herbe foin1 y rsistent1 elles ne vgtent point tant que l'air a cette temprature2 ainsi ce terme peut tre regard comme celui de la vgtation du ct du froid1 s'il toit continu1 les ,arbres les ,plantes ne vgtant plus1 seroient bientt entierement dtruits4 ,le degr de chaleur de la ,cire fondu qui1 nageant sur de l'eau chaude1 commence se coaguler1 peut tre regard comme le point extrme de la vgtation du ct du chaud2 car puisqu'une plus grande chaleur fondroit la ,cire qui est une substance vgtale1 cette chaleur disperseroit spareroit les matieres nutritives1 au lieu de les amasser de les unir1 les ,plantes ne pourroient alors que dperir4 ,,vii4 ,de l'aliment du ,feu4 ,note3 ,quel est l'aliment du feu4 ,on sait assez que ce qu'on appelle l'aliment du ,feu1 pabulum ignis1 sont les parties les plus lgeres des corps1 que le ,feu enleve1 qui disparoissent entierement pour nous4 ,les oprations chimiques nous font voir que l',huile est seule cet aliment du ,feu2 on retrouve tous les autres principes1 lorsqu'on rassemble les exhalaisons que le ,feu tire des corps1 l',huile seule se consume1 chappe ensuite entierement nos sens4 ,note3 ,que l'aliment du ,feu n'est pas du ,feu4 ,de grands ,philosophes ont cr que cet aliment du ,feu1 qui disparot entierement pour nous1 n'toit autre chose que le ,feu lui-mme1 qui se dgageoit d'entre les pores des corps1 mais si cela toit1 les matieres qui restent aprs des oprations riteres1 comme le caput mortuum1 par exemple1 devroient toujours tre inflammables1 car certainement cette tte-morte n'est pas entierement prive du ,feu1 cependant le ,feu ne peut plus rien sur elle3 ,donc elle ne contient plus cette matiere sur laquelle le ,feu exeroit sa puissance3 ,donc cette matiere n'est pas du ,feu4 ,il y a des corps qui contiennent beaucoup plus de ce pabulum1 de cette huile qui nourrit le ,feu1 que d'autres1 cependant tous contiennent galement de ,feu dans un mme air2 c'est ce qui a t1 je crois1 invinciblement prouv dans ce mmoire3 ,donc l'aliment du ,feu n'est pas du ,feu4 ,mais que sera-ce donc8 ,les parties les plus tenus les plus volatiles des corps1 lesquelles cdant plus facilement que les autres l'action du ,feu1 s'envolent avec lui dans l'air o elles se dissipent1 ne reparoissent plus nos yeux1 du moins sous la mme forme2 car l'huile l'esprit ne sont autre chose que ces parties les plus subtiles1 mles encore avec quelque flegme dont le ,feu les dgage4 ,note3 ,et qu'il ne se change point en ,feu4 ,mais ces exhalaisons que le ,feu tire des corps1 cette huile qu'il consume1 ne se changent pas en sa substance1 ne deviennent pas du ,feu4 ,car1 #a4 ,si le ,feu changeoit quelques parties des corps en ,feu1 la matiere igne augmenteroit tel point sur la terre par la puissance du ,feu1 que tout deviendroit ,feu la fin3 or la constitution de notre globe demande qu'il y ait toujours peu-prs la mme quantit de ,feu1 sans quoi tous les germes seroient dtruits3 #b4 ,il parot par les plus exactes les plus anciennes ,tables ,mtorologiques1 que la quantit du ,feu est toujours la mme3 #c4 ,les incendies des forts qui brlent pendant plusieurs mois1 ne changent point1 lorsqu'ils sont passs1 la temprature des climats qui les ont souffert3 #d4 ,la flamme de l'alcohol 7la plus pure de toutes7 nous est visible1 le cone lumineux qui va fondre l',or dans le foyer du verre ardent1 chappe entierement notre v2 marque certaine que l'esprit qui compose l'alcohol n'est pas du ,feu1 qu'il ne se change point en ,feu3 ,donc les particules que le ,feu enleve des corps1 qui disparoissent nos yeux1 ne se changent point en ,feu4 ,note3 ,ce que c'est que la flamme la fume4 ,a l'gard des parties plus grossieres des corps1 le ,feu les attenu1 les transforme en un fluide lastique1 que nous voyons tantt sous la forme de fume1 lorsqu'il ne contient pas encore assez de particules de ,feu pour briller1 tantt sous celle de flamme1 lorsqu'il en contient une plus grande quantit2 ainsi la fume ne diffre de la flamme1 que par le plus ou le moins de particules ignes qu'elles contiennent l'une l'autre1 elles montent toutes deux dans l'air par leur legeret spcifique1 par l'action du ,feu qui les enleve qui tend en haut1 comme je l'ai dja dit4 ,note3 ,en quelle proportion les diffrens corps se consument4 ,le ,feu consume les corps plus ou moins vte1 selon leur densit2 ainsi dans un mlange d',esprit de ,vin1 d',huile1 de ,camphre1 de ,sel ammoniac1 de ,terre de ,limaille de bois1 l',esprit de ,vin brle le premier1 la flamme a la mme couleur que s'il toit seul1 tous les autres corps de ce mlange brlent de mme successivement selon leurs densits respectives4 ,note3 ,pourquoi l'air est ncessaire au ,feu pour brler4 ,l'air cause de son lasticit1 l'atmosphere cause de son poids1 sont aussi ncessaires au ,feu pour entretenir son action1 que la matiere mme qui lui sert d'aliment2 ainsi les matieres les plus combustibles ne brleroient point sans air1 l'air ne s'enflammeroit jamais1 si les exhalaisons ne mloient pas de cette huile alimentaire sa substance4 ,l'atmosphere pese sur un ,feu d'un pied en quarr1 comme un poids de #bbdj livres environ2 ce poids tant sans cesse agit1 pressant sans cesse par de nouvelles secousses1 sur le corps que le ,feu consume1 augmente la puissance du ,feu dans ce corps1 peu prs par la mme raison qu'un corps s'enflamme d'autant plus promptement par le frottement1 que celui qui lui est successivement appliqu est plus psant2 car dans tous les feux que nous allumons1 l'atmosphere fait sur le corps qui s'enflamme1 le mme effet qu'un corps qu'on appliqueroit successivement sur un autre par le frottement4 ,note3 ,pourquoi l'eau teint le ,feu1 pourquoi un soufflet l'allume4 ,c'est par cette raison que l'eau teint le feu1 qu'un soufflet l'allume2 car l'eau empche que les oscillations que l'air communiquoit au ,feu1 parviennent jusqu' lui1 le soufflet au contraire rend les vibrations de l'atmosphere plus fortes plus frquentes4 ,la force avec laquelle un soufflet double de ,forge pousse l'air dans le ,feu1 tant gale la #cj;e4 partie du poids de l'atmosphere1 cette force doit faire sortir l'air avec une grande vtesse1 le renouveller chaque moment4 ,on peut juger par-l combien un vent violent doit augmenter le ,feu4 ,note3 ,des causes de l'extinction du ,feu4 ,le ,feu dure tant que l'action la raction excite par cette pression de l'atmosphere subsiste4 ,ainsi trois choses peuvent faire cesser le ,feu4 #a4 ,la consommation du corps combustible4 #b4 ,la suppression du poids de l'atmosphere4 #c4 ,la destruction de l'lasticit de l'air4 ,,viii4 ,si le ,feu est la cause de l',elasticit4 ,note3 ,le ,feu n'est point la cause de l'lasticit4 ,cette ncessit de l'air lastique pour entretenir l'action du ,feu1 prouve bien clairement1 ce me semble1 que le ,feu1 loin d'tre la cause de l'lasticit de l'air1 comme quelques ,phnomenes pourroient d'abord le faire croire1 en est au contraire le destructeur1 car on voit toujours le ,feu dtruire cette propriet dans l'air1 dans tous les corps4 ,note3 ,il la dtruit dans l'air dans tous les corps4 #a4 ,le ,feu dtend le ressort de tous les corps1 puisque ce n'est que par cet effet qu'il les rarefie3 or un corps est d'autant moins lastique que son ressort est plus dtendu1 il n'y a pas mme d'autre moyen de faire perdre l'lasticit l'air tout autre corps1 que de dtendre son ressort3 ,donc puisque celui de l'air d'un corps quelconque1 est d'autant plus dtendu qu'il est plus chauff1 le ,feu ne peut tre la cause de l'lasticit de l'air1 ni de celle d'aucun corps4 #b4 ,il est vrai que lorsque l'air est comprim1 le ,feu augmente son ressort2 mais cette augmentation suit la raison des poids qui le compriment1 non celle du ,feu qu'on lui applique3 ,donc ce n'est pas le ,feu qui lui donne l'lasticit1 il n'augmente celle de l'air comprim1 que parce que l'air rsiste l'effort que fait le ,feu pour dtendre son ressort1 proportion des poids qui le compriment4 #c4 ,l'air de la moyenne rgion reoit plus de rayons1 des rayons plus directs que l'air d'ici-bas1 car ces rayons n'ont point d'atmosphere traverser1 cependant cet air est bien moins lastique que celui qui est prs de la surface de la ,terre4 #d4 ,une bougie que l'on met sous un rcipient avant d'en avoir pomp l'air1 dtruit l'lasticit de cet air1 ne s'teint mme qu' cause de ce manque d'air lastique2 cependant si le ,feu causoit l'lasticit1 il ne pourrait la dtruire1 cet air devroit tre trs-lastique4 #e4 ,tous les corps perdent leur lasticit par l'action du ,feu1 l'eau liquide1 les mtaux en fonte1 qui sont peu prs aux mtaux froids1 ce que l'eau liquide est la glace1 tous les corps enfin cessent d'tre lastiques1 ds que le ,feu les a pnetrs3 ,donc le ,feu dtruit l'lasticit1 loin de la produire4 ,ce n'est pas ici le lieu d'examiner ce que c'est que l'lasticit des corps2 il me suffit d'avoir prouv que le ,feu1 loin d'en tre le principe1 en est le destructeur1 que s'il y contribu1 c'est en s'y opposant4 ,,ix4 ,si l',electricit dpend du ,feu4 ,note3 ,le ,feu parot tre la cause de l'lectricit4 ,on peut croire avec plus de fondement que le ,feu est la cause de l',electricit4 ,l'analogie1 ce fil qui nous a t donn pour nous conduire dans le labyrinthe de la ,nature1 rend1 ce me semble1 cette opinion trs-vraisemblable4 ,note3 ,preuves4 #a4 ,tous les corps contiennent du ,feu1 presque tous ont la propriet de retenir de rendre la lumiere1 tous deviennent lectriques par le frottement1 si on en excepte les mtaux les liquides2 mais ces corps qui ne deviennent point lectriques par eux-mmes1 le deviennent par communication4 #b4 ,il n'y a point d'lectricit sans frottement1 par consquent sans chaleur4 #c4 ,presque tous les corps lectriques manifestent au-dehors la cause qui les anime1 par les tincelles qu'ils jettent1 dont on s'apperoit dans les tnbres4 #d4 ,leur lumiere subsiste aprs que leur lectricit est dtruite1 de mme qu'il y a des corps qui donnent de la lumiere sans chaleur4 #e4 ,la gele un tems serein1 sont plus favorables qu'un grand chaud l'lectricit1 comme au miroir ardent4 #f4 ,le ,feu la matiere lectrique ont besoin de l'air pour agir4 #g4 ,les corps les plus susceptibles de l'lectricit1 sont les moins propres la transmettre1 de mme que les corps rflchissent d'autant moins de lumiere1 qu'ils s'chauffent davantage4 #h4 ,l'humidit dtruit l'lectricit des corps1 sans dtruire la lumiere lectrique1 ainsi que l'eau refroidit les corps1 mais n'teint point les ,dails1 les ,vers luisants1 c4 #i4 ,les corps homognes s'empreignent de l'lectricit1 en raison de leur volume1 de mme que le ,feu se distribu selon les volumes1 non selon les masses4 #aj4 ,les corps deviennent plus lectriques lorsqu'on les chauffe avant de les frotter1 c4 ,il semble par tous ces effets1 que l'on peut1 avec quelque vraisemblance1 regarder le ,feu comme la cause de l'lectricit4 ,je ne disconviendrai pas cependant que l'lectricit nous montre d'autres ,phnomenes1 dont l'analogie avec ceux du ,feu1 n'est pas si aise dcouvrir1 aussi ce que je viens de dire sur cette question ne doit-il tre regard que comme un doute que je soumets au ,corps respectable qui j'adresse cet ,essai4 ,si le ,feu produit l'lectricit1 il y a grande apparence qu'il se joint son action un atmosphere particulier qui lui sert de vhicule1 qui entoure les corps lectriques2 que cet atmosphere est la cause de ces subsaltations des corps lgers qui sont dans la sphere de son activit1 que c'est cet atmosphere qui dcide l'espece d'lectricit#f des corps 7peut-tre est-ce lui qui opere la rflxion de la lumiere7 mais le ,feu n'en parot pas moins la cause efficiente des ,phnomenes de l'lectricit4 #f ,on sait qu'il y a deux sortes d'lectricits1 la rsineuse1 la vitre4 ,voyez sur cela les ,mmoires de ,m4 du ,fey dans l',histoire de l',acadmie des ,sciences4 ,le ,philosophe ingnieux1 qui s'est appliqu suivre ces nouveaux miracles de la ,nature1 peut esprer de nous en faire bientt connotre la cause1 si le travail1 l'application la sagacit de l'esprit1 peuvent la faire dcouvrir4 ,x4 ,comment le ,feu agit dans le ,vuide4 ,l'air parot aussi ncessaire au ,feu pour brler1 qu'aux ,animaux pour vivre2 cependant la ,machine ,pneumatique nous a fait voir que cette regle si gnrale1 a aussi ses exceptions4 ,note3 ,quelques corps s'enflamment dans le vuide4 #a4 ,du ,souffre vers dans le vuide sur un ,fer chaud1 donne une lumiere trs-foible la verit1 qui s'teint trs-vte1 mais enfin il s'enflamme4 #b4 ,quelques grains de ,poudre ,canon jetts sur ce ,fer1 s'enflamment sans explosion4 ,m4 ,hauksbe assure que lorsqu'on y en jette une plus grande quantit1 elle fait explosion casse mme le rcipient3 ,boyle rapporte avoir fait peu prs la mme exprience avec le mme succs4 #c4 ,l',huile de ,grofle s'enflamme dans le vuide1 c'est la seule de toutes les ,huiles qui ait cette vertu4 #d4 ,les ,pierres les ,mtaux se vitrifient dans le vuide par la percussion1 mais ils n'y jettent point d'tincelles4 #e4 ,du ,phosphore d'urine enferm hermtiquement dans une boule de verre1 laquelle on donne un feu de #abj degrs1 jette une flamme trs-lgere4 ,je ne parle point des effets du ,verre ardent dans le vuide1 n'ayant pas eu la commodit de m'en instruire1 de faire les expriences ncessaires4 ,note3 ,conjecture sur la cause de ce phnomene4 ,il est assez difficile de concevoir comment l'air peut tre si ncessaire au ,feu pour brler1 comment en mme tems il peut y avoir des corps qui brlent dans le vuide2 car quels seront les corps qui brleront sans air8 ,quelle sera enfin la cause de cette diffrence8 ,seroit-ce que les corps plus inflammables1 plus pleins de la matiere qui est l'aliment du ,feu1 comme le ,souffre la ,poudre ,canon1 s'enflammeroient plus aisment1 que le ,feu pour les embraser n'auroit pas besoin d'tre excit par les secousses le poids de l'atmosphere8 ,la foiblesse le peu de dure de la flamme1 que ces corps donnent dans le vuide1 rendent cette conjecture assez vraisemblable4 ,note3 ,les corps se refroidissent galement vte dans le vuide dans l'air4 ,cependant malgr ces exceptions1 les corps en gnral ne s'allument point dans le vuide1 ils s'y teignent trs-promptement1 mais ils s'y rfroidissent prcisment dans le mme espace de tems que dans l'air2 c'est de quoi ,m4 de ,musschenbroek s'est convaincu en mettant deux ,pyrometres sous deux rcipiens1 l'un plein d'air1 l'autre entierement vuide4 ,ce rfroidissement des corps dans le vuide1 est une des plus fortes preuves de l'quilibre du ,feu2 car ils ne se rfroidissent pas dans le vuide1 parce que l'air prend tout moment de leur chaleur3 ,donc ils se rfroidissent alors par la seule tendance du ,feu l'quilibre2 ainsi le contact des corps froids accelere le rfroidissement des corps chauffs1 mais il ne le cause pas4 ,l'eau bout d'autant plus promptement dans le rcipient1 que l'on en a tir plus d'air1 les urines de diffrens ,animaux1 de mme que plusieurs mlanges1 y bouillent plus ou moins vte1 selon que le vuide est plus ou moins parfait4 ,enfin la plpart des effervescences1 tant chaudes que froides1 s'operent dans le vuide comme dans l'air2 il y a mme des liqueurs dont le mlange ne fait point d'effervescence dans l'air1 qui fermentent sous le rcipient2 mais les bornes de ce mmoire ne me permettent pas d'entrer dans ces dtails4 ,,xi4 ,en quelle raison le ,feu agit4 ,la ,gomtrie dmontre qu'un corps qui est deux pieds d'un ,feu quelconque1 en reoit quatre fois moins de rayons que celui qui n'en est qu' un pied2 on conclut de cette dmonstration1 que la lumiere la chaleur croissent en raison inverse du quarr de la distance1 au corps lumineux4 ,note3 ,la regle du quarr des distances n'a pas lieu dans la chaleur comme dans la lumiere4 ,cette conclusion seroit trs-juste1 si la chaleur la lumiere toient asservies aux mmes loix4 ,la lumiere n'tant que le ,feu transmis en ligne droite jusqu' nos yeux1 ce ,feu ne peut nous clairer que par la quantit des rayons qu'il nous envoye4 ,mais il parot qu'il n'en est pas de mme de la chaleur4 ,le ,feu1 par sa chaleur1 fait plusieurs effets sur les corps1 qui ne paroissent pas pouvoir tre attribus la quantit seule de ses parties1 rassembles dans un plus petit espace4 ,note3 ,le ,feu n'agit pas seulement par le nombre de ses parties4 #a4 ,l'effet le plus prompt le plus violent que le ,feu puisse faire1 se produit par l'attrition de deux corps durs1 le fer1 la pierre3 or on ne peut attribuer1 ce me semble1 la vitrification presque instantane de ces corps1 la seule quantit des parties du ,feu4 ,cette exprience prouve encore que tout le ,feu ne vient pas du ,soleil1 car elle russit aussi-bien l'ombre qu'au ,soleil1 la nuit que le jour4 ,note3 ,preuves4 #b4 ,le ,pyrometre nous apprend qu'un ,feu double n'opere pas un effet double1 ni un ,feu triple un effet triple dans la dilatation des corps3 ,donc le ,feu n'agit pas toujours en raison de sa quantit4 #c4 ,les ,phosphores brlans produisent des effets qui ne peuvent tre attribus la seule quantit du ,feu qu'ils contiennent4 #d4 ,la chaleur du cone lumineux qui va fondre l',or les ,pierres dans le foyer du miroir ardent1 est #e pouces de ce foyer1 trs-supportable la main1 le ,thermometre dans cet endroit1 ne monte qu' #aij degrs3 or comment se peut-il que par la seule densit des rayons1 le ,feu fasse des effets si diffrens #e pouces de distance seulement8 #e4 ,ce ,phnomene nous apprend encore que la rsistance que les corps solides apportent l'action du ,feu1 est une des causes qui augmentent le plus son activit1 c'est ce qui fait qu'il regne un grand froid au-dessus de l'atmosphere4 #f4 ,si ces effets si prompts si violens du miroir ardent1 devoient tre attribus la seule quantit des rayons qu'il rassemble son foyer1 il seroit impossible que la chaleur du ,soleil ft si modere1 qu'en ,hiver mme o il nous donne une chaleur si mdiocre1 le miroir ardent ft cependant ses plus grands effets2 c'est ce que ,m4 ,lmery a trs-bien remarqu3 cet habile homme attribu cette diffrence l'air qui est entre le ,soleil nous1 qui modere la chaleur des rayons du ,soleil1 comme le bain-marie tempere la chaleur de notre ,feu2 mais ne pourroit-on pas lui rpondre que l'air est galement entre le miroir ardent son foyer1 comme entre le ,soleil nous8 que par consquent il devroit temprer les effets des rayons rassembls par ce miroir1 comme il tempere ceux des rayons que le ,soleil nous envoye1 le miroir nos yeux les recevant du ,soleil galement affoiblis4 ,le peu d'impression que les rayons qui entrent dans nos yeux1 font sur cet organe1 est encore une preuve que le ,feu n'agit pas par la seule quantit4 ,il parot donc qu'il faut chercher une autre cause des effets des verres brlans1 puisqu'ils ne peuvent tre attribus la seule quantit des rayons qu'ils rassemblent leur foyer4 ,note3 ,les parties du ,feu acquerent une nouvelle force par leur approximation4 ,puisque ce n'est pas seulement par leur densit que les rayons operent tous les effets des verres brlans1 ce ne peut tre que parce qu'ils acquerent une nouvelle force par leur approximation4 ,le ,feu ne seroit pas seul dans la ,nature dont l'approximation dployeroit la force3 l',aimant n'est-il pas dans ce cas1 la distance ne dtermine-t-elle pas sa vertu agir8 ,note3 ,preuves4 ,j'ai prouv dans ma premiere partie1 article ,,vii4 que les particules du ,feu1 ont une force qui les porte se rpandre galement de tous cts1 que cette propriet du ,feu parot ncessaire la constitution la conservation de l',univers3 or pourquoi cette force n'augmenteroit-t-elle pas en raison de l'approchement rciproque des rayons4 ,il est difficile1 la verit1 d'assigner en quelle proportion l'approchement des raons augmente cette force4 ,ce problme 7s'il est possible7 me parot digne de l'attention des ,philosophes2 mais quelle que soit la proportion de cette augmentation de force que les rayons acquerent par l'approximation1 il est de l'uniformit avec laquelle la ,nature procede1 qu'elle soit d'autant plus grande qu'ils sont plus rapprochs1 c'est vraisemblablement cette force qu'on doit attribuer les prodigieux effets des verres brlans4 ,l'effort que les parties du ,feu font sans cesse pour s'viter1 pour se rpandre galement de tous cts1 se voit l'il lorsqu'on approche deux bougies l'une de l'autre1 qu'on veut unir leurs flammes2 car on les voit visiblement s'carter se fuir avec d'autant plus de force qu'on les approche davantage4 ,il y a bien de l'apparence que le ,feu agit toujours sur les corps dans une raison compose de ces deux raisons1 savoir1 la densit de ses parties1 la force qu'elles acquerent dans leur approximation4 ,la premiere de ces raisons1 c'est--dire1 la quantit des parties du ,feu1 tombe presque sous nos sens1 au lieu qu'il a fallu d'aussi grandes diffrences que celles des effets des verres brlans1 pour nous faire appercevoir que quelqu'autre cause que la quantit des rayons qu'ils rassemblent contribuoit les produire4 ,les effervescences nous dmontrent que la plpart des particules de la matiere1 sont l'une pour l'autre comme de petits ,aimans1 qu'elles ont un ct attirant un ct repoussant4 ,la tendance que les particules des corps ont rester ensemble par leur cohsion1 l'effort que le ,feu retenu dans leurs pores1 fait sans cesse pour les sparer1 sont sans doute la cause de ces ,phnomenes1 c'est le combat de ces deux pouvoirs antagonistes qui cause les effervescences1 peut-tre la plpart des miracles de la ,chimie4 ,les fermentations qui se font dans l'air1 qui causent les ,tonnerres1 les ,vents1 c4 nous prouvent encore que les corps se repoussent s'attirent1 que ce combat augmente dans l'approchement4 ,cette nouvelle force que les particules de ,feu acquerent dans l'approchement1 ne peut tre qu'une augmentation de mouvement1 c'est par ce mouvement augment1 qu'ils dtruisent avec tant de facilit les corps les plus solides dans le foyer du ,miroir ardent4 ,note3 ,objections contre cette opinion1 rponses4 ,je ne veux point dissimuler les ,phnomenes qui paroissent contraires l'opinion que je propose3 les difficults affermissent la verit1 ce sont autant de fanaux mis sur la route1 pour nous empcher de nous garer4 ,je vais examiner quelques-unes de celles que j'imagine qu'on peut faire contre cette propriet des rayons4 #a4 ,toute action est d'autant plus forte1 qu'elle est plus perpendiculaire2 cette action mutuelle des rayons l'un sur l'autre1 ne pourroit tre que latrale4 ,il me semble que cette objection1 qui parot d'abord spcieuse1 est aise dtruire2 car1 quel est l'effet du ,feu sur les corps1 au foyer du verre ardent8 n'est-ce pas de les fondre1 de les vitrifier1 de les dissiper1 de les sparer enfin jusques dans leurs parties lmentaires8 ,or une force qui n'agiroit que dans une seule direction1 ne pourroit jamais produire ces effets2 il faut donc que le ,feu agisse sur les particules de ces corps1 selon toutes sortes de directions1 pour les sparer ce point3 ,donc cette action latrale1 loin de diminuer la force des rayons1 est prcisment ce en quoi elle consiste4 #b4 ,les rayons de la ,lune1 quoique trs-rapprochs dans le foyer d'un verre ardent1 ne paroissent point augmenter leur force1 car ils ne font aucun effet sur les corps qu'on leur expose3 ,donc1 peut-on objecter1 les rayons n'ont pas cette force que vous leur supposez dans leur approchement1 puisque des rayons trs-rapprochs en sont privs4 ,mais si on concluoit de ce raisonnement que les rayons n'acquerent pas dans leur approchement la force que je leur suppose1 il faudrait en conclure aussi qu'ils n'ont pas la vertu de brler1 parce que les rayons de la ,lune sont privs de cette propriet4 #c4 ,on peut dire encore que deux mches dilatent moins une lamine de mtal dans le ,pyrometre1 font moins d'effet sur elle qu'une mche1 trois en font moins que deux1 ainsi de suite2 or cependant les rayons sont plus rapprochs quand il y a deux mches1 que quand il n'y en a qu'une2 l'effet du ,feu devroit donc tre plus grand alors1 mais il est plus petit3 ,donc cette exprience que j'ai cite ci-dessus pour prouver mon opinion1 lui parotroit contraire4 ,je rpons cette objection4 ,premierement1 que cette force que les rayons acquerent dans l'approchement1 n'est pas assez augmente dans l'exprience dont il s'agit2 ainsi dans ce cas l'effet n'est pas proportionn seulement l'approximation des parties du ,feu1 mais il dpend de cette approximation1 de la rsistance qu'on lui oppose4 ,secondement1 lorsque ces deux mches sont loignes1 la dilatation est moindre que lorsqu'elles sont rapproches4 ,ainsi la force que le ,feu acquert par l'approximation de ses parties1 se manifeste mme alors dans un effet presqu'insensible4 ,note3 ,conjecture sur l'action du ,feu dans ,saturne dans les ,cometes4 ,cette augmentation de la force du ,feu1 par l'approximation de ses parties est peut-tre une des voyes dont le ,crateur s'est servi pour suppler l'loignement o ,saturne les ,cometes sont du ,soleil4 ,peut-tre les rayons agissent-ils dans ces ,globes1 en raison du cube des approchemens1 alors une trs-petite quantit de rayons peut suffire pour les chauffer pour les clairer4 ,,xii4 ,du ,refroidissement des corps4 ,note3 ,les corps les plus solides sont ceux qui se refroidissent le plus lentement4 #a4 ,plus un corps reoit difficilement le ,feu dans ses pores1 plus il l'y conserve long-tems1 car ce corps rsiste par sa masse par la cohrence de ses parties1 l'effort que fait le ,feu pour l'abandonner2 ainsi plus un corps est solide1 plus il se refroidit lentement4 #b4 ,les corps lgers au contraire cdant aisment l'action du ,feu1 s'chauffent plus promptement1 se refroidissent de mme2 ainsi le ,feu chauffe davantage les plus grands1 plus long-tems les plus massifs1 car il se distribu selon les espaces non selon les masses4 #c4 ,deux globes de ,fer galement chauffs1 conservent leur chaleur en raison directe de leur diametre2 car plus leur diametre est grand1 moins ils ont de surface par rapport leur masse1 moins le ,feu trouve d'issu pour s'chapper de leurs pores2 de plus1 l'air extrieur qui les environne les touchant en moins de points1 prend moins de leur chaleur4 ,note3 ,conjecture sur la forme du ,soleil4 ,par la mme raison1 la figure sphrique est la plus propre conserver long-tems la chaleur1 car c'est de toutes les figures celle qui a le moins de surface1 par rapport sa masse1 le ,feu ne trouve dans un globe aucun endroit qu'il puisse abandonner plus aisment qu'un autre1 car ils lui opposent tous une rsistance gale4 ,cette raison pourroit faire croire que le ,soleil les ,etoiles fixes1 sont des corps parfaitement sphriques 7en faisant abstraction de l'effet de leur force centrifuge47 #d4 ,les corps qui prennent le plus de la chaleur des autres corps1 sont rputs les plus froids2 c'est pourquoi le ,marbre nous parot plus froid que la ,soye1 car les corps les plus denses1 sont ceux qui prennent le plus de notre chaleur1 parce qu'ils nous touchent en plus de points1 le ,marbre tant spcifiquement plus dense que la ,soye1 doit nous parotre plus froid4 ,note3 ,en quelle raison les corps communiquent leur chaleur4 #e4 ,un cube de ,fer chaud tant mis entre deux cubes froids1 l'un de ,marbre1 l'autre de ,bois1 ce ,fer se refroidira plus par le contact du ,marbre1 mais il chauffera davantage le ,bois dans un mme tems1 car le ,marbre s'chauffe plus difficilement que le ,bois1 peu prs en raison de la psanteur spcifique de ces deux corps4 ,mais si on laisse ces trois cubes assez long-tems dans un mme lieu1 la chaleur du cube de fer se distribuera aux deux autres1 l'air qui les entoure2 de faon qu'au bout de quelque tems1 ils seront tous trois de la mme temprature que l'air dans lequel ils sont4 ,note3 ,du refroidissement des fluides4 #f4 ,les diffrentes liqueurs se refroidissent dans un tems proportionnel peu prs1 leur masse1 la glutinit de leurs parties4 #g4 ,la chaleur des corps qui se refroidissent1 est plus forte au centre1 car le ,feu abandonne toujours la superficie la premiere4 #h4 ,l'eau qui teint le ,feu1 conserve le ,phosphore d'urine1 car ce ,phosphore1 tant qu'il ne brle pas1 est comme un ,feu teint1 ainsi l'eau l'teint en un sens en le conservant2 c'est une espece de crature qu'on lui confie1 qu'elle rend ds qu'on la lui redemande4 ,toutes ces regles1 selon lesquelles le ,feu abandonne les corps1 sont sujettes des exceptions1 de mme que celles selon lesquelles il les pnetre1 mais le dtail en seroit infini4 ,le ,pyrometre qui nous a appris la marche de la dilatation des corps1 nous marque aussi celle de leur contraction3 en gnral1 les corps se contractent d'autant plus lentement qu'ils se sont moins dilats par un mme ,feu1 vice vers1 le ,feu abandonne les corps plus lentement qu'il ne les pnetre1 c4 ,mais les bornes que je me suis prescrites1 ne me permettent pas d'entrer dans le dtail de ces expriences4 ,,xiii4 ,des causes de la ,conglation de l',eau4 ,il y a trois sortes de froids4 ,le premier est celui qui dpend de la disposition de nos organes1 car nos sens nous font souvent juger qu'un corps est plus froid qu'un autre1 quoiqu'ils soient tous deux de la mme temprature2 c'est par cette illusion que le ,marbre nous parot plus froid que la ,laine1 que le ,peuple croit les ,caves plus chaudes en ,hiver qu'en ,et1 c4 ,le second est celui des corps qui se refroidissent rellement1 que le ,feu abandonne2 cette sorte de froid n'est autre chose que la diminution du ,feu1 c'est d'elle dont j'ai parl dans l'article prcedent4 ,c'est ainsi que toute la ,nature se refroidit se contracte l',hiver1 par l'absence du ,soleil1 par l'obliquit de ses rayons4 ,le troisime est la conglation4 ,note3 ,l'absence du ,feu n'est pas la seule cause de la conglation4 ,il semble par toutes les circonstances qui accompagnent cette troisime espece de froid1 qu'il ne peut tre attribu la seule absence du ,feu2 qu'il faut en chercher une autre cause dans la ,nature4 ,note3 ,preuves4 #a4 ,le ,feu rarfie tous les corps qu'il pnetre1 augmente par consquent leur volume3 ,donc si la glace n'toit cause que par l'absence du ,feu1 elle seroit de l'eau contracte1 elle devroit tre spcifiquement plus psante que l'eau2 mais il arrive tout le contraire1 l'eau augmente son volume par la conglation1 environ dans la proportion de #h #i1 elle l'augmente d'autant plus que le froid est plus grand1 qu'elle devroit tre plus contracte3 ,donc la glace n'est pas cause par l'absence du ,feu seulement4 #b4 ,cette augmentation de volume de l'eau glace1 ne peut tre attribue aux bulles que l'air qui s'chappe de ses pores1 leve dans sa substance2 car de l'eau purge d'air1 avec tout le soin possible1 se gele sans faire parotre aucune de ces bulles1 cependant son volume augmente4 #c4 ,le ,feu tant le principe du mouvement interne des corps1 moins un corps contient de ,feu1 plus ses parties doivent tre en repos2 ainsi si la glace n'toit cause que par l'absence du ,feu1 elle devroit tre prive de tout mouvement sensible1 mais cependant il se fait une fermentation trs-violente dans sa substance1 cette fermentation va mme jusqu' lui faire rompre les vases qui la contiennent1 quelque solides qu'ils soient2 on sait qu'elle fit peter un canon de ,fusil que ,m4 ,huguens exposa sur sa fentre pendant l',hiver1 aprs l'avoir rempli d'eau3 ,donc l'absence du ,feu n'est pas la seule cause de la conglation4 #d4 ,ce mouvement dans lequel les parties de la glace se trouvent continuellement1 se prouve encore par les exhalaisons qu'elle rend1 elles sont si considrables1 que son poids en diminu sensiblement4 ,m4 ,hals a observ que si une surface d'eau s'vapore de #a_/ba;e4 de pouce en #i heures1 l'ombre1 pendant l',hiver1 la mme surface de glace1 mise dans le mme endroit1 s'vapore pendant le mme tems1 de #a_/ca;e2 c'est cette transpiration qui fait que la neige qui est sur la terre1 diminu1 mme par le plus grand froid4 ,enfin1 dans les ,etangs pendant la gele on entend le bruit caus par cette effervescence1 ainsi la cessation du mouvement n'est pas plus la cause de la conglation1 que le mouvement n'est la cause du ,feu4 #e4 ,si la glace n'toit que la privation du ,feu1 il devroit toujours dgeler ds que le ,thermometre monte #cc degrs au-dessus de la conglation2 mais le ,thermometre monte souvent jusqu' #cf mme jusqu' #da1 sans qu'il dgele2 au contraire1 il dgele quelquefois lorsque le ,thermometre est au-dessous de #cb degrs3 ,donc l'absence du ,feu n'est pas la seule cause de la conglation4 #f4 ,si le ,feu en se retirant des pores de l'eau1 toit la seule cause de la conglation1 on ne pourroit attribuer cet effet qu' l'absence du ,soleil1 qui fait seul la diffrence du plus ou du moins de ,feu rpandu dans l',atmosphere1 pendant l',hiver l',et4 ,or ,m4 ,amontons1 qui nous a si fort clairs sur toutes ces matieres1 a trouv par ses observations sur le ,thermometre1 que le froid de l',hiver ne diffre du chaud de l',et1 que comme #g differe de #h3 or comment une si petite diffrence dans la chaleur pourroit-elle suffire pour changer les fluides en solides1 pour faire prir quelquefois une partie des germes de la ,nature8 ,si la conglation ne peut tre attribue la seule absence du ,feu1 il faut donc en chercher quelque autre cause dans la ,nature2 les circonstances qui l'accompagnent1 sont ce qui peut nous servir le plus dcouvrir cette cause1 ainsi il faut les examiner avec soin4 ,note3 ,il se mle des parties htrogenes l'eau1 lesquelles sont la cause de sa conglation4 ,nous voyons que les parties de la glace sont dans un grand mouvement1 il faut donc qu'il se mle l'eau1 lorsqu'elle se gele1 des parties htrognes1 qui soient cause de cette effervescence continuelle2 car aucun fluide ne fait effervescence1 s'il ne se joint lui quelque corps htrogne avec lequel il fermente4 ,l'existence de ces parties qui se mlent l'eau1 qui produisent sa conglation1 parot prouve par une foule d'expriences4 #a4 ,l'eau de la glace fondu s'chauffe bien plus difficilement que l'autre2 elle n'est plus propre faire ni ,caff ni ,th1 ceux qui ont le palais dlicat1 la distinguent facilement au got3 il faut donc qu'il se soit ml des parties htrognes cette eau1 puisque sa saveur sa qualit sont changes4 ,ces parties htrognes donnent des goitres des maux de gorge continuels aux habitans des ,alpes qui boivent de l'eau de neige4 #b4 ,l'eau expose l'air se gele beaucoup plus vte que l'eau enferme hermtiquement dans une bouteille de verre1 cependant ces deux eaux contiennent galement de particules de ,feu2 les particules de ,feu passent travers le verre avec facilit3 ,donc si l'absence du ,feu faisoit la conglation1 il ne devroit pas y avoir une si grande diffrence dans la vtesse de la conglation de ces deux eaux3 ,donc puisqu'elle s'opere si ingalement1 c'est une marque certaine que des particules htrognes se mlent l'eau dans le tems de la conglation1 que ces particules passent plus facilement dans cette eau1 lorsqu'elle est en plein air1 que lorsqu'elle est enferme dans une bouteille4 #c4 ,l'paisseur de la glace n'augmente pas proportion du froid qu'il fait1 plus la glace est paisse le premier jour de la gele1 moins son paisseur augmente le second1 ainsi de suite2 marque certaine qu'il s'est introduit dans sa substance1 des particules htrognes qui ont bouch ses pores ses interstices1 en ont rendu par-l1 l'accs plus difficile celles qui veulent y pntrer2 mais les particules de ,feu qui pntrent les pores d'un ,diamant1 devroient sortir de cette eau glace avec la mme facilit1 quelle que soit son paisseur3 il faut donc qu'il se fiche dans les particules de l'eau qui se gele1 des particules roides qui remplissent ses pores1 qui sont cause de sa conglation4 ,note3 ,exprience singuliere faite par l',acadmie de ,florence1 qui prouve cette opinion4 #d4 ,il est rapport dans les expriences de l',acadmie de ,florence1 que #ejj livres de glace ayant t exposes un ,miroir concave1 les parties frigrifiques firent baisser sensiblement un ,thermometre qu'on avoit plac son foyer1 les ,philosophes qui firent cette exprience craignant que ce ne ft l'effet direct de cette masse de glace sur le ,thermometre1 qui l'et fait baisser1 couvrirent le ,miroir1 alors le ,thermometre haussa1 quoique les #ejj livres de glace n'eussent pas chang de place3 ,donc ce ,miroir rflchissoit rellement des rayons glacs3 ,donc il falloit qu'il y et dans cette glace des particules frigrifiques2 car si la seule privation du ,feu faisoit la conglation1 le ,miroir n'auroit p rassembler1 rflchir le froid2 une privation ne pouvant tre ni rflchie1 ni rapproche4 ,mais quelles sont ces particules frigrifiques8 c'est ce qui nous reste examiner4 ,note3 ,les eaux glaces que nous faisons1 nous font connotre quelles sont les parties frigrifiques qui causent la glace4 ,les ,hommes ont invent un art qui peut servir galement leur instruction leurs plaisirs2 la faon dont on fait ce qu'on appelle des eaux glaces1 peut nous servir d'indice pour dcouvrir la maniere dont les conglations naturelles s'operent4 ,tout le monde sait que de l'eau contenu dans un vase que l'on entoure de sel de neige1 se glace1 quelque chaud que soit l',atmosphere1 ds que le ,sel commence fondre la neige2 mais si au lieu de sel on met de l',esprit de ,nitre avec la ,neige1 le froid qui se produit alors1 fait baisser le ,thermometre #gb degrs au-dessous de la conglation3 c'est ,faheinrheit qui fit le premier cette exprience1 elle nous prouve invinciblement qu'il y a encore beaucoup de ,feu dans la glace naturelle1 puisqu'on peut produire une sorte de froid1 qui surpasse de #gb degrs celui qui fait geler l'eau sur la terre4 ,et qui osera mettre des bornes cette puissance d'exciter le froid6 ,ainsi cette exprience nous fait voir que nous ne connoissons pas plus les bornes de la conglation1 que celles de la chaleur4 ,note3 ,ces particules sont les ,sels les ,nitres dont l'air est charg4 ,il y a grande apparence que les conglations naturelles s'operent de la mme maniere que nos conglations artificielles1 que les particules de ,sel de ,nitre1 que le ,soleil leve dans l'air1 qui retombent ensuite sur la terre1 s'insinuent dans l'eau1 bouchent ses pores1 se fichant comme autant de cloux entre ses interstices1 en chassent les particules de ,feu1 font enfin que cette eau passe de l'tat de fluide1 celui de solide3 ainsi l'absence du ,feu est une des causes de la conglation1 mais elle n'en est pas la seule cause1 car quoiqu'il soit vrai que dans toute conglation les particules de ,feu s'envolent d'entre les pores de l'eau1 cependant sans les particules roides qui s'y insinuent1 l'absence seule du ,feu ne suffiroit pas pour la rduire en glace3 c'est ce qui parot encore dans les liqueurs spiritueuses1 comme l',eau forte1 l',esprit de ,vin1 c4 qui ne gelent point1 quoique1 dans le froid1 il se retire beaucoup de particules de ,feu de leur pores4 ,note3 ,pourquoi l',esprit de vin d'autres liqueurs ne gelent point4 ,ces liqueurs qui ne gelent jamais dans nos climats reoivent la verit des parties frigrifiques comme celles qui se gelent1 mais vraisemblablement ces particules frigrifiques ne fermentent point avec ces liqueurs comme elles font avec l'eau2 ce qui fait qu'elles ne se gelent point1 que l'eau gele4 ,plus on examine les conglations1 plus on se persuade que les particules de ,sel de ,nitre qui s'introduisent dans l'eau1 en sont la cause4 #a4 ,les lieux qui abondent en glace en neige1 sont tous remplis de ,sel de ,nitre2 ainsi il y a des pays o il gele la nuit du jour le plus chaud3 telle est la partie septentrionale de la ,perse de l',armenie4 ,m4 de ,tournefort1 que l'amour des ,sciences entrana jusques dans ces pays1 a remarqu qu'ils abondent en ,nitre en ,sel2 le ,soleil qui y est trs-chaud1 leve le jour1 par sa chaleur1 ces particules nitreuses1 elles retombent la nuit sur la terre o elles s'insinuent dans l'eau1 la gelent malgr les particules de ,feu qui ont pntr dans cette eau pendant le jour1 par la prsence du ,soleil4 #b4 ,lorsqu'un pays abonde en ces sortes de particules nitreuses salines1 la chaleur du ,soleil doit les lever de la terre pendant l',et1 plus que pendant l',hiver1 car elle est beaucoup plus forte2 ainsi il doit geler l',et dans ces pays1 c'est ce qui arrive en plusieurs endroits de l',italie1 de la ,suisse de l',allemagne o il y a des ,lacs1 mme un ,fleuve dans l',evch de ,ble1 qui1 au rapport de ,scheuchserus1 ne gele que dans l',et4 ,on connot la savante ,description que ,m4 de ,boze a faite des ,grottes de ,besanon1 l'on sait que ces ,grottes dans le plus fort de l',et1 sont pleines de glace1 que plus il fait chaud1 plus cette glace est paisse2 il sort de ces ,grottes pendant l',hiver1 une espece de fume1 laquelle annonce la liqufaction de cette glace1 un ruisseau qui est dans le milieu de la ,grotte1 gele l',et1 coule l',hiver4 ,m4 de ,billerez a examin la terre qui couvre entoure ces ,grottes1 il l'a trouve pleine de ,nitre1 de ,sel ammoniac2 le ,soleil fond ces ,sels bien plus facilement l',et que l',hiver1 ces ,sels coulent dans ces ,grottes par des fentes1 l'eau qu'elles contiennent1 se glace d'autant plus1 que l',et tant plus chaud1 le ,soleil fait fondre une plus grande quantit de ces ,sels3 or que la glace de ces ,grottes en contienne beaucoup1 cela est certain1 car lorsqu'on la fait fondre vaporer1 il reste dans le fond1 une terre qui a le mme got peu-prs que les ,yeux d',ecrevisses4 ,note3 ,pourquoi de l'eau entoure de glace de ,sel1 gele sur le ,feu4 #c4 ,si l'on met de la ,neige du ,sel autour d'un vase plein d'eau1 que l'on mette le tout sur le ,feu1 l'eau qui est dans le vase se gelera d'autant plus vte que le ,feu sera plus grand1 que la ,neige sera plutt fondu1 ce qui ne peut venir que de ce que le ,feu chasse d'entre les pores de la ,neige1 les parties roides qu'elle contenoit1 que ces particules s'insinuent dans l'eau la gelent2 car on ne dira pas1 je crois1 que le ,feu prive l'eau du vase1 des particules de ,feu qu'elle contenoit1 ni qu'il diminu leur mouvement2 c'est de la mme maniere que la ,neige le ,sel font geler l'eau sans tre dessus le ,feu1 car le ,feu ne fait qu'acclrer sa conglation4 ,il n'y a point de pays dont la terre ne contienne de ces particules salines nitreuses1 que j'appelle parties frigrifiques1 mais les rgions qui en contiennent le moins1 sont1 toutes choses d'ailleurs gales1 beaucoup moins froides que les autres4 ,je dis1 toutes choses d'ailleurs gales1 car il y a des vents qui apportent ces sortes de particules avec eux1 c'est ce dont on ne peut douter1 si on fait attention aux effets qu'ils produisent4 ,note3 ,de certains vents apportent avec eux le ,sel le ,nitre1 qui causent la glace4 #a4 ,au mois de ,juin1 dans le milieu de l',et1 par un tems trs-serein1 l'irruption inopine d'un vent d',est vient geler la pointe des herbes1 les vignes1 les fosses qui contiennent une eau dormante1 changer entierement la temprature de l'air3 or si ce vent n'apportoit avec lui ces particules nitreuses qui font la conglation1 il ne pourroit rfroidir ce point les herbes l'eau chauffes depuis long-tems par le ,soleil4 ,or pourquoi le vent d',est1 qui vient d'un pays trs-chaud1 fait-il plutt cet effet que le vent du ,nord1 qui vient du ,pole1 si ce n'est parce qu'il apporte avec lui ces particules de ,sel de ,nitre1 dont le ,soleil leve une plus grande quantit dans ces contres chaudes1 que sous le ,pole8 ,donc ce n'est pas seulement parce que le vent s'applique successivement aux corps qu'il les rfroidit4 #b4 ,il gele quelquefois aux deux cts1 non au milieu1 dans un endroit1 non dans un autre qui lui est contigu2 ces effets ne peuvent tre assurment attribus l'absence du ,feu1 car ces deux endroits en contiennent galement2 mais on voit avec vidence qu'un vent d',est qui souffle dans un endroit1 non pas dans un autre dont quelque ,montagne lui dfend l'entre1 doit rpandre dans cet endroit ou il souffle1 les particules nitreuses dont il est charg1 ce qui cause la conglation4 #c4 ,une preuve que le vent par lui-mme ne rfroidit point l'air1 qu'il faut que ceux qui causent le froid1 apportent avec eux des particules frigrifiques ou de la glace1 c'est qu'en soufflant avec un soufflet sur un ,thermometre1 on ne le fait jamais baisser4 ,note3 ,pourquoi il gele rarement l',et dans nos climats4 #d4 ,il gele rarement l',et1 dans les climats qui n'abondent pas dans ces parties frigrifiques1 parce que les particules de ,sel de ,nitre tant plus divises1 plus petites1 par l'agitation que la chaleur du ,soleil cause dans toute la ,nature1 elles se soutiennent dans l',atmosphere lorsque le ,soleil les leve de la terre1 ne retombent point sur la terre comme en ,hiver2 de plus1 les parties de l'eau tant dans un grand mouvement1 le peu qui retombe de ces particules sur la terre1 ne peut suffire pour la geler4 ,l'air ne gele point1 apparemment cause de la raret de ses parties1 de leur prodigieux ressort4 ,il me semble qu'on peut considrer l'air extrmement comprim1 comme une espece d'air gel1 apparemment qu'il n'est pas susceptible par sa nature1 d'une autre sorte de conglation4 ,ces particules salines nitreuses1 qui s'introduisent dans l'eau1 qui devroient la rendre plus psante lorsqu'elle est gele1 n'empche pas cependant que sa psanteur spcifique ne dimine1 l'augmentation de son volume les exhalaisons qui en sortent1 empchant qu'on ne s'apperoive du poids de ces corpuscules1 qui sont d'ailleurs trs-dlis1 il se peut trs-bien faire que leur poids soit insensible la grossieret de nos balances1 de mme que celui des corpuscules du ,musc1 de l',ambre1 de toutes les odeurs4 ,je ne crois pas1 aprs toutes ces raisons1 qu'on puisse s'empcher de reconnotre que ces particules 7dont tous les ,phnomenes de la ,nature1 toutes nos oprations sur la glace1 nous dmontrent l'existence7 sont absolument ncessaires la conglation de l'eau1 que sans elles on n'en pouvoit assigner aucune cause4 ,,xiv4 ,de la ,nature du ,soleil4 ,on n'a communment qu'une ide vague de la nature du ,soleil1 on voit que ses rayons nous chauffent1 qu'ils brillent2 on en conclut que le ,soleil doit tre un globe de ,feu immense1 qui nous envoye sans cesse la matiere lumineuse dont il est compos4 ,note3 ,le ,soleil ne peut tre un globe de ,feu4 ,mais qu'entend-on par un globe de ,feu8 ,si l'on entend un globe entier de particules ignes1 de feu lmentaire1 j'ose dire que cette ide est insoutenable4 ,en voici les raisons4 ,note3 ,il faut qu'il soit solide1 puisqu'il ne se dissipe pas4 #a4 ,le ,feu qui fond l',or les ,pierres au foyer d'un ,verre ardent1 disparot en un instant1 si on couvre ce ,miroir d'un voile2 il ne reste aucun vestige de ce ,feu1 qui un moment auparavant faisoit des effets si puissans3 ,donc si le ,soleil toit un globe de feu1 s'il n'toit pas un corps solide1 un seul instant d'manation suffiroit pour le dtruire1 il auroit t dissip ds le premier moment qu'il a commenc d'exister4 #b4 ,la chaleur la lumiere ne disparoissent ainsi au foyer du ,verre ardent1 que par la propriet que le ,feu a de se rpandre galement de tous cts1 lorsqu'aucun obstacle ne s'oppose sa propagation quaquaversum4 ,donc si le ,soleil toit un globe de feu1 le ,feu ne pourroit avoir cette tendance quaquaversum sans que le ,soleil ft dtruit en un instant3 ,donc puisqu'il est certain par les expriences1 que cette propriet est sparable du ,feu1 le ,soleil ne peut tre compos seulement de particules ignes4 #c4 ,on ne peut dire que le ,soleil ne se dissipe pas par l'manation1 parce que l',atmosphere qui l'entoure1 repousse sans cesse vers lui les particules lumineuses qui manent de sa substance2 car si cet ,atmosphere les repoussoit vers lui1 elles ne viendroient pas nous3 ,donc en supposant l'mission de la lumiere cet ,atmosphere ne pourroit empcher que le ,soleil les ,etoiles fixes1 ne le dissipassent par l'manation s'ils n'toient des corps solides4 ,quelques ,philosophes pour trancher apparemment toutes ces difficults1 avoient imagin que les rayons que le ,soleil nous envoye1 retournoient ensuite cet ,astre4 ,note3 ,si le ,soleil toit un globe de ,feu1 il ne pourroit tre au centre du monde4 ,note3 ,si le ,feu toit pesant1 il ne pourroit maner du ,soleil4 #e4 ,le ,soleil est au centre de notre systme plantaire1 tous les ,philosophes en conviennent3 cependant s'il est un globe de ,feu1 il parot qu'il ne peut occuper cette place2 car1 ou bien le ,feu est pesant dtermin vers un centre1 ou bien il ne pese pas1 ne tend vers aucun point1 pltt que vers un autre3 ,or dans le premier cas1 tous les corpuscules de ,feu qui composent le corps du ,soleil1 tendroient vers le centre de cet ,astre1 alors la propagation de la lumiere seroit impossible2 car comment le ,soleil par sa rotation sur son axe1 pourroit-il faire acquerir aux particules de ,feu qui le composent1 une force centrifuge assez grande pour les obliger fuir avec tant de force1 le centre de gravit auquel elles tendent1 pour leur faire parcourir par cette seule force centrifuge1 #cc millions de lieus en #g ou #h minutes8 ,si au contraire1 le ,feu n'est pas pesant1 s'il n'est dtermin vers aucun point1 quel pouvoir le retiendra au centre de l',univers1 s'opposera l'effort de la force centrifuge que les particules de ,feu qui le composent doivent acquerir par la rotation du ,soleil1 qui l'empchera enfin de se dissiper8 ,il faut donc que le ,soleil soit un corps solide1 puisqu'il ne se dissipe pas1 qu'il est au centre de notre monde3 il faut que le ,feu ne soit pas pesant1 puisqu'il mane du ,soleil4 ,note3 ,il faut absolument que le ,soleil soit un corps solide dans le systme de ,m4 ,newton4 ,qu'il me soit permis de supposer un moment1 l'attraction ,newtonienne2 le ,soleil dans ce systme1 est au centre de notre monde plantaire1 cette place lui est assigne par les loix de la gravitation1 parce qu'ayant plus de masse que les autres globes1 il les force tourner autour de lui3 or si le ,feu ne pese point 7comme je crois l'avoir prouv7 comment le ,soleil peut-il tre un corps de ,feu1 c'est--dire1 un corps non pesant1 attirer cependant tous les corps clestes vers lui1 en raison de sa plus grande masse8 ,il est donc ncessaire dans le systme de l'attraction1 ou que le ,soleil soit un corps solide2 ou que le ,feu pese1 qu'il tende vers un centre2 mais si le ,feu du ,soleil tend vers son centre1 par quelle puissance s'loignera-t-il toujours de ce centre4 ,aussi ,m4 ,newton croyoit-il le ,soleil un corps solide4 ,il parot presque dmontr par toutes ces raisons1 que le ,soleil n'est pas un globe de ,feu1 qu'il est un corps solide1 mais de quoi ce corps est-il compos8 ,d'o lui vient cette quantit presque infinie de particules ignes qu'il parot projetter tout moment1 sans s'puiser8 ,ceux qui soutiennent l'manation de la lumiere pourroient rpondre ces difficults1 qu'il est trs-possible que le ,soleil soit un corps extrmement solide1 que ce corps solide contienne dans sa substance le ,feu qu'il nous envoye sans cesse1 que ce ,feu en mane par de grands volcans2 ce globe retiendra par sa solidit une partie de ce ,feu1 les particules ignes pourront en maner sans cesse4 ,mais cette manation de la lumiere est sujette de bien plus grandes difficults1 parot impossible admettre malgr les observations modernes qui semblent la favoriser2 des observations certaines suffisent pour dtruire une superstition lorsqu'elles lui paroissent contraires1 mais elles ne suffisent pas pour l'tablir1 l'manation de la lumiere a contr'elle des difficults ,physiques ,mtaphysiques qui paroissent si insurmontables1 qu'il n'y a point d'observations qui puissent la faire admettre jusqu' ce qu'on les ait dtruites2 mais ce n'est pas ici le lieu de les discuter4 ,la lumiere du ,soleil parot tirer sur le jaune4 ,ainsi il faut que le ,soleil projecte par sa nature plus de rayons jaunes que d'autres1 car ,m4 ,newton a prouv dans son optique page #baf1 que la lumiere du ,soleil abonde en cette sorte de rayons4 ,il est trs-possible que dans d'autres systmes1 il y ait des ,soleils qui projectant plus de rayons rouges1 verds1 c4 que les couleurs primitives des ,soleils que nous ne voyons point soient diffrentes des ntres1 qu'il y ait enfin dans la ,nature d'autres couleurs que celles que nous connoissons dans notre monde4 ,,xv4 ,du ,feu ,central4 ,note3 ,tout le ,feu ne vient pas du ,soleil4 ,note3 ,le ,createur a donn une portion de ,feu chaque partie de la matiere4 ,tout le ,feu ne vient pas du ,soleil1 deux cailloux frapps l'un contre l'autre1 suffisent pour nous convaincre de cette vrit2 chaque corps chaque point de l'espace a re du ,crateur une portion de ,feu en raison de son volume2 ce ,feu renferm dans le sein de tous les corps1 les vivifie1 les anime1 les fconde1 entretient le mouvement entre leurs parties1 les empche de se condenser entierement4 ,le ,soleil parot destin nous clairer1 mettre en action ce ,feu interne que tous les corps contiennent1 c'est par-l par le ,feu qu'il rpand1 qu'il est la cause de la vgtation1 qu'il donne la vie la ,nature4 ,note3 ,la chaleur du ,soleil ne pnetre pas fort avant dans la terre4 ,mais son action ne pntre pas beaucoup au de-l de la premiere surface de la terre2 on sait que les ,caves de l',observatoire1 qui n'ont environ que #hd pieds de profondeur1 sont d'une temprature gale dans le plus grand froid dans le plus grand chaud4 ,donc le ,soleil n'a aucune influence cette profondeur4 ,le ,feu tant galement rpandu par-tout1 la chaleur du ,soleil ne pntrant point #hd pieds de profondeur1 le froid devroit augmenter mesure que la profondeur augmente1 puisque le ,soleil chauffe continuellement la superficie1 n'envoye aucune chaleur #hd pieds4 ,note3 ,la chaleur augmente en approchant du centre de la terre4 ,mais le froid1 loin d'augmenter avec la profondeur1 diminu au contraire avec elle lorsqu'elle passe de certaines bornes2 c'est ce que ,m4 ,mariotte a prouv en mettant le mme ,thermometre conscutivement dans deux ,caves1 l'une de #cj pieds de profondeur1 l'autre de #hd2 le ,thermometre ne passa pas #ea degrs #a_/b dans la premiere1 mais il monta #ec degrs #a_/b dans la seconde3 ,donc puisque la chaleur toit plus grande #hd pieds qu' #cj1 il faut qu'un ,feu renferm dans les entrailles de la terre1 soit la cause de cette chaleur1 qui augmente lorsqu'elle devroit diminuer4 ,note3 ,les ,volcans les sources d'eau chaude dmontrent le feu ,central4 ,les ,volcans les ,sources d'eau chaude1 qui sortent du sein de la terre1 les ,mtaux les ,minraux qui vgtent dans ses entrailles1 c4 nous dmontrent ce ,feu central que ,dieu a vraisemblablement plac au milieu de chaque globe1 comme l'ame qui doit l'animer4 ,note3 ,la chaleur de l',et en est encore une preuve4 ,m4 de ,mairan a fait voir que la chaleur du ,soleil au ,solstice d',et est celle de cet ,astre au ,solstice d',hiver1 comme #ff #a1 toute dduction faite3 or si toute la chaleur venoit du ,soleil1 l',et seroit #ff fois plus chaud que l',hiver1 cependant il est prouv par les expriences que ,m4 ,amontons a faites au ,thermometre1 que la chaleur de l',et de nos climats ne differe du froid qui fait geler l'eau1 que comme #h differe de #g4 ,il faut donc qu'il y ait dans notre terre un fonds de chaleur indpendante de celle du ,soleil4 ,puisque le ,feu est galement rpandu par-tout1 il faut que ce fonds de chaleur ait t mis par le ,crateur dans le centre de la terre1 d'o il se distribu galement la mme distance dans tous les corps qui la composent1 en sorte que s'il n'y avoit point de ,soleil1 tous les climats de la terre seroient galement chauds1 ou pltt galement froids sa superficie2 mais la chaleur augmenteroit1 comme elle augmente rellement1 mesure que l'on approcheroit du centre de la terre4 ,ainsi le ,feu central parot prouv par les ,phnomenes de la ,nature1 il n'est nullement ncessaire1 pour l'expliquer1 de recourir1 comme un ,philosophe de nos jours1 une tendance du ,feu en bas1 tendance dmentie par les expriences les plus communes1 comme par les plus fines4 ,il suffit pour l'existence de ce ,feu1 de la volont du ,crateur1 pour sa conservation1 de la loi qui fait que le ,feu se retire plus lentement des corps1 mesure qu'ils sont plus denses2 car le ,feu1 au centre de la terre1 doit tre retenu par un poids dont il ne peut vaincre la rsistance4 ,lorsque ce ,feu trouve quelqu'issu1 il sort avec furie de cette fournaise souterraine1 c'est ce qui fait les ,volcants1 les ,vents sulphureux1 c4 mais il ne peut jamais s'chapper qu'une trs-petite partie de ce ,feu renferm dans les entrailles de la terre4 ,la chaleur de ce ,feu souterrain augmente mesure que l'on approche du centre de la terre1 car puisque la pesanteur de l',atmosphere retarde l'bullition de l'eau1 c'est--dire1 le point auquel ses pores laissent passer les particules de ,feu1 le ,feu doit tre d'autant plus puissamment retenu dans les entrailles de la terre1 que le poids dont il est surcharg augmente2 or ce poids augmente avec la profondeur3 ,donc le ,feu central doit se conserver1 tre d'autant plus ardent que l'on approche plus du centre de la terre4 ,note3 ,la chaleur du ,feu central diminu vers la surface de la ,terre1 celle du ,feu du ,soleil augmente prs de cette surface4 ,la chaleur du ,soleil augmente d'autant plus qu'on approche plus de la surface de la terre1 cause de l',atmosphere dont les vibrations continuelles excitent sa puissance2 mais la chaleur du ,feu central1 au contraire1 diminue mesure qu'on approche de cette surface1 car le poids dont il est charg est d'autant plus fort1 l'empche plus puissamment de s'chapper4 ,note3 ,c'est un effet de la ,providence du ,crateur1 que le ,feu brle plus difficilement1 qu'il n'claire4 ,le ,feu nous claire ds qu'il peut tre transmis en ligne droite jusqu' nos yeux1 mais il ne nous chauffe qu' proportion de la rsistance que les corps lui opposent1 c'est-l une des plus grandes marques de la ,providence du ,crateur2 car si le ,feu brloit aussi aisment qu'il claire1 nous serions exposs tout moment en tre consums1 s'il avoit besoin de la rsistance des corps pour clairer1 nous serions souvent dans les tnbres2 mais ds qu'il frappe nos yeux1 il nous donne une lumiere trs-vive1 il ne nous chauffe jamais assez pour nous incommoder moins que nous n'excitions sa puissance1 la plus grande chaleur de l',et tant environ trois fois moindre que celle de l'eau bouillante4 ,note3 ,il y a grande apparence que la quantit du ,feu dans les corps clestes1 est proportionnelle leur loignement du ,soleil4 ,le ,feu qui est dans tous les corps1 indpendamment du ,soleil1 ce ,feu central qu'on peut1 avec bien de la vraisemblance1 supposer dans tous les globes1 peut faire croire que la quantit du ,feu dans les ,planetes1 est proportionne leur loignement du ,soleil3 ainsi ,venus qui en est plus prs1 en aura moins1 ,saturne les ,cometes qui en sont trs-loignes1 en auront davantage1 chacune selon leur distance4 ,cette compensation est d'autant plus ncessaire1 que la raret de la matiere de ,saturne1 par exemple1 ne peut seule suppler son loignement1 car tant dix fois plus loin du ,soleil que nous1 il en reoit cent fois moins de rayons1 la matiere dont il est compos n'est qu'environ six fois deux tiers plus rare que celle de notre terre3 ,donc tout y seroit dans une inaction une condensation qui s'opposeroit toute vgtation1 s'il n'avoit un fonds de chaleur capable de suppler son loignement du ,soleil4 ,la matiere des ,cometes doit tre trs-dense1 puisqu'elles vont si prs du ,soleil1 sans se dissoudre par sa chaleur3 ,donc il faut que ,dieu ait pourv par la quantit du ,feu central1 ou bien par le ,feu qu'il a rpandu dans les corps qui composent ces globes leur loignement du ,soleil1 peut-tre aussi a-t-il compens cette distance1 en augmentant la raison dans laquelle le ,feu y agit1 de mme qu'il a pourv l'illumination de ,saturne de ,jupiter1 par la quantit de leurs ,lunes3 ainsi il est inutile de supposer une htrognit de matiere dans les globes placs diffrentes distances du ,soleil1 mais seulement une quantit de ,feu plus ou moins grande1 ou une augmentation dans la raison selon laquelle les raions agissent sur les corps4 ,note3 ,le ,feu central conserve toutes les proprits que nous connoissons au ,feu1 mais il ne peut les dployer4 ,le ,feu conserve toutes ses propriets dans le centre de la terre1 il y tend l'quilibre1 ses parties cherchent se rpandre de tous cts1 c4 mais il ne les exerce qu'en partie1 car il ne peut surmonter entierement la force qui s'oppose son action4 ,c'est ce ,feu central qui fait que les ,puits trs-profonds ne se gelent point1 que la ,neige qui touche immdiatement la terre1 fond plutt que celle qui est sur du chaume1 ou sur d'autres supports2 enfin c'est lui qui est cause en partie du dgel1 qui fait que pendant la gele la plus forte1 l'eau fume sous la glace1 c4 ,je n'aurois pas sitt fini1 si je voulois entrer dans le dtail de tous ses effets4 ,mais je n'ai dja que trop abus de la patience du ,corps respectable qui j'ose prsenter ce foible ,essai1 j'espere que mon amour pour la vrit me tiendra lieu de talens1 que le dsir sincere que j'ai de contribuer sa connoissance1 me fera pardonner mes fautes4 ,conclusion de la seconde ,partie4 ,je conclus de tout ce qui a t dit dans cette seconde ,partie4 #a4 ,que le ,feu est galement distribu dans tous les corps inanims4 #b4 ,que les cratures animes contiennent plus de ,feu dans leur substance que les autres4 #c4 ,que l'attrition est le moyen le plus puissant pour exciter le ,feu renferm entre les ,parties des corps4 #d4 ,que la masse des ,corps1 leur lasticit la rapidit du mouvement qu'on leur imprime1 augmentent infiniment l'activit du ,feu qu'ils contiennent1 que l'attrition excite4 #e4 ,que le ,feu rarfie tous les ,corps1 les tend dans toutes leurs dimensions4 #f4 ,que les corps s'enflamment plus ou moins vte selon leur couleur1 toutes choses d'ailleurs gales1 que les plus rflexibles sont ceux qui s'enflamment les derniers4 #g4 ,que les liquides n'acquerent aucune chaleur par le plus grand ,feu1 pass l'bullition4 #h4 ,que l'aliment du ,feu1 n'est pas du ,feu1 que ce sont les parties les plus tenus des corps que le ,feu enleve1 qu'elles ne se changent point en ,feu4 #i4 ,que le ,feu dtruit l'lasticit des corps loin d'en tre la cause4 #aj4 ,que le ,feu parot tre la cause de l'lectricit4 #aa4 ,que le ,feu n'agit pas sur les corps seulement en raison de sa quantit4 #ab4 ,que les rayons acquerent une activit dans leur approximation qui augmente infiniment les effets du ,feu4 #ac4 ,que le tems dans lequel les diffrens corps se refroidissent est peu prs le mme que celui dans lequel ils s'chauffent4 #ad4 ,que l'absence du ,feu n'est pas la seule cause de la congellation1 mais qu'il s'y mle des parties frigrifiques4 #ae4 ,que ces parties frigrifiques sont des particules de ,sel de ,nitre4 #af4 ,que le ,soleil est un corps solide4 #ag4 ,que tout le ,feu d'ici-bas ne nous vient pas du ,soleil1 mais que chaque corps en contient une certaine quantit4 #ah4 ,qu'il y a dans la ,terre un ,feu central qui est la cause des vgtations qui se font dans son sein4 ,,fin4 ,illustration ,l',approbation le ,privilege se trouvent aux ,mmoires de l',acadmie des ,sciences4