mile ,,baumann ,,int]m,,des ,,p>is ,,b]n>d ,,grasset ,,diteur1 #fa1 ,,rue ,,des ,,sa9ts-,p,,res1 #fa ,,mcmxxvii ,,du ,m,,me ,,auteur ,les gr&es =mes de la ,musique3 l'uvre de ,camille ,sa9t-,sans 7,alb9 ,mi*el1 diteur74 ,n\velle dition revue et complte4 ,l',immol 7,grasset1 diteur74 ,la ,fosse aux lions 7,grasset1 diteur74 ,trois villes sa9tes3 ,ars-en-,dombes1 ,sa9t-,jacques-de-,compo/elle1 le ,mont-,sa9t-,mi*el 7,grasset1 diteur74 ,le ,baptme de ,paul9e ,ardel 7,grasset1 diteur74 ,l'abb ,*evoleau1 caporal au #ij;e d'infant]ie 7,p]r91 diteur74 ,la ,paix du septime j\r 7,p]r91 diteur74 ,le f] sur l'enclume 7,p]r91 diteur74 ,job le ,prde/9 7,grasset1 diteur71 ,gr& ,prix ,balzac #aibb4 ,l',anneau d'or des gr&s my/iques 7,grasset1 diteur74 ,sa9t ,paul 7,grasset1 diteur74 ,le signe sur les ma9s 7,grasset1 diteur74 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 ,,neuf ,,exemplaires ,,sur ,,papi] ,,annam ,,de ,,rives1 ,,num,,rot,s ,,annam #a ,a #f ,,et ,i ,a ,,iii2 ,,v+t-,,quatre ,,exemplaires ,,sur ,,papi] ,v,,l9 ,d',,ar*es1 ,,num,,rot,s ,,ar*es #a ,a #bj ,,et ,i ,a ,,iv2 ,,et ,,c5t ,,dix ,,exemplaires ,,sur ,,papi] ,v,,l9 ,,pur ,,fil ,,lafuma1 ,,num,,rot,s ,v,,l9 ,,pur ,,fil #a ,a #ajj ,,et ,i ,a ,x4 ,t\s droits de traduction1 de reproduction et d'adaptation rs]vs p\r t\s pays4 ,copyright by ,b]n>d ,grasset #aibg4 ,,dilecto ,,meo ,,et ,,exquisito ,,poetae ,,c>olo ,,grolleau ,f]v5te animo hoc opus d$ico ,e4 ,b4 ,,pr,,face ,il m'a plu d'orn] d'un titre musical les tudes qu'assemble ce livre1 crites dans l'int]valle de travaux plus t5dus4 ,c> c'e/ p\r mon esprit une ncessit de t\t con/ruire symphoniquem5t4 ,l'occasion les suscita1 une lecture1 un c5t5aire1 une mort1 un ry?me d'ides qui1 c]ta9 j\r1 me sollicitait4 ,cep5dant1 qu'on n'y *]*e pas de simples v>iations accid5telles sur des ?mes famili]s2 les plus importants de ces morceaux apport5t *acun1 je le crois1 des rsonances p>ticulires2 une esquisse peut signifi] autant qu'un livre4 ,sauf ,lam5nais1 les criva9s que j'ai runis ne s'(f5s]ai5t pas d'tre mis ensemble4 ,tant d'aff9its natives rappro*5t un ,b>bey d',aurevilly et un ,villi]s de l',isle-,adam6 ,dumesnil1 un rang plus mode/e1 fut de la mme ligne4 ,t\s trois s]ai5t fi]s du vois9age d',anna ,mos1 humble et m]veilleuse my/ique2 ils ne l'ont po9t connue2 la plup>t de nos contempora9s l'ignor5t2 elle mrite un vitrail1 bi5 qu'elle ne soit pas batifie4 ,la critique1 d'ailleurs1 comme je la conois1 e/ une faon de vivre en prs5ce d'un p]sonnage1 p\r en bur9] le portrait1 de mme que je l'exprim]ais dans un roman1 mais avec le s\ci de l'exactitude hi/orique4 ,elle se g>d]a bi5 de ploy] s\s la tyrannie d'un sy/me les uvres d'autrui2 elle rectifi]a les erreurs1 elle endigu]a les dsordres2 plus encore1 elle v\dra suscit] de la vie4 ,des pr9cipes l>ges et procrateurs1 l'invisible rvl s\s les app>5ces1 la passion du vrai1 des ides vivifies p> des images1 et non la revan*e dure de l'analyse sur l'intuitif qui peut crer2 telle doit tre la critique d'un romanci] et d'un surnaturali/e ca?olique4 ,j'ai insr ici quelques pages doctr9ales faites p\r se rejo9dre4 ,faut-il l'aj\t]8 ,la mme sub/ance anime rflexions et portraits2 t\t e/ imm]g dans un seul c\rant de foi et de haut espoir4 ,ce n'e/ pas un has>d si ,int]mdes comm5ce p> la *ute de ,lam5nais et s'a*ve p> l'esprit de triomphe dans l'glise4 ,lam5nais fut1 jadis1 ju/em5t condamn2 mais le v]tige milln>i/e des ,p>oles d'un croyant tr\ble auj\rd'hui des ttes que l'on supposait f]mes4 ,au sortir de la gu]re1 ou plutt durant une trve app>5te1 les vieux peuples las v\drai5t oubli]2 ils aim]ai5t croire que l'humanit saura s'in/all] au ,p>adis t]re/re1 que les nations vont se fondre dans un bais] de paix4 ,la syllabe3 paix1 emplit la lois des b\*es pieuses et des b\*es impies2 le *ur discordant de la paix se prolonge comme l'affreux blem5t d'une cohue de m\tons lorsqu'ils appro*5t de l'abattoir#a4 ,les b\*]s eux-mmes entonn5t le refra91 p\r mieux p\ss] l'hcatombe le tr\peau4 ,qui leur donne le ton8 ,le mauvais b]g] invisible1 le ,ha9eux que la paix ne visit]a jamais4 ,cette folie de la paix ds>me a*em9e la ,france au suicide et l'univ]s aux cataclysmes4 #a ,n\s visons1 cela s'ent5d1 la paix *imrique1 aveugle1 la paix t\t prix des pacifi/es1 et non la paix ju/e1 fire1 vigilante1 la seule qui convi5ne a une nation libre1 la seule qui puisse dur]4 ,je les aurai trop prvus4 ,la voix qui sort de mes livres1 si quelqu'un songe les int]prt]1 lui rappell]a celle de l'homme qui1 dans les rues de la ville assige1 c\rait annonant3 ,malheur ,jrusalem6 ,mais1 qu& je v]rai v5ir sur moi le c\p de la mort1 je ne cri]ai pas comme l'autre3 ,malheur moi-mme6 p>ce qu'au b\t du cloaque obscur o jusqu' la f9 je re/]ai deb\t j'ap]cevrai1 bante sur la spl5deur des sa9ts1 l'ar*e de la ,porte inde/ructible4 #ab janvi] #aibg4 ,,premi,,re ,,p>tie ,,lam5nais3 ,,la ,,crise ,,de ,,sa ,,*ute ,dire qu'il e/ tomb1 c'e/ trop vrai4 ,sa rupture avec l'glise ne peut s'appel] autrem5t qu'une *ute3 aprs cette cata/rophe1 il n'a plus ri5 fait qui vaille4 ,il s'e/ v\ une /rilit plus morte que la mort du s>m5t arra* du cep et qui s*e dans la p\ssire d'un gr5i]2 c> le s>m5t saura au mo9s n\rrir le feu1 *ose de vie1 *ose joyeuse et sa9te2 t&is que les d]ni]s ouvrages de ,lam5nais1 l',esquisse d'une philosophie1 le ,livre du peuple1 sont frigides comme le pr*e d'un pa/eur anglais dbit sur une banquise du ple4 ,le bruit de sa *ute fut norme2 n\s en p]cevons1 prs d'un sicle aprs1 le ret5tissem5t4 ,ses travaux antrieurs le mettai5t1 dans l'glise de ,france1 dans l'essor de la p5se franaise1 au premi] plan4 ,il avait t l'apologi/e ultramonta9 de la s\v]a9et du ,sa9t-,sige2 la condamnation des ,p>oles d'un croyant ru9a l'esprance d'un accord possible entre les dogmes de l'glise et ceux de la ,rvolution4 ,s'il n'avait pas t frapp1 sa p]sonne occup]ait mo9s de place sur la scne de son temps4 ,les hommes raisonnables n'ont po9t d'hi/oire4 ,la curiosit flaire1 comme son vrai gibi]1 ce qui e/ exc5trique1 htrodoxe1 anormal4 ,nulle tragdie ne saisit le cur autant que le spectacle d'un prtre qui p]d la foi2 il semble qu'on assi/e l'cr\lem5t d'un monde4 ,l'me de ,lam5nais fut une me spirales1 rduits secrets2 les fanaux de l'analyse la scrut]ont indf9im5t sans en puis] l'inconnu4 ,un rc5t livre#b aj\te de poignantes cl>ts l'inve/igation de ces pr(ondeurs2 il suit les *em9em5ts de la rvolte1 ses po9ts d'arrt1 les ractions de la croyance1 et l'hi/ori5 conclut que le t]me de la crise tait vitable4 ,m4 ,pi]re ,h>ispe1 qui a mis en nobles v]s1 dans sa ,div9e tragdie1 la ?odice ca?olique1 veut1 t\t en df5dant la svre or?odoxie1 re/] un m5naisi5 f]v5t4 ,d'aprs lui1 sans les intrigues politiques qui ens]rai5t la c\r pontificale1 sans la pression qu'ex]ai5t p> leurs m9i/res le ts> de ,russie1 le roi de ,prusse et surt\t le pr9ce de ,mett]ni*1 la c5sure de ,grgoire ,,xvi et t p>gne aux ,p>oles d'un croyant4 ,la foi de ,lam5nais n'aurait peut-tre pas succomb4 #b ,pi]re ,,h>ispe4--,lam5nais1 le ,drame de sa vie sac]dotale 7,casa ditorial1 ,p>is1 #aibe74 ,mais1 depuis l'encyclique3 mir>i nos1 elle vacillait4 ,avait-elle t jamais f]me et1 si l'on peut dire1 cubique1 quilibrant les aspirations de l'am\r avec les pr9cipes d'une =te ?ologie1 p]cevant le surnaturel comme la *ose la plus relle de t\tes et qui s\ti5t t\tes les autres1 invisiblem5t immdiate1 esprable et ncessaire8 ,dans son enfance1 il avait d'abord t pieux p> lans1 d'une dvotion nave comme peut l'tre celle d'un petit ,breton4 ,il se plaisait rvr] des images1 il re/ait1 des heures entires1 g5\x devant une /atue de la ,bi5heureuse ,vi]ge#c2 la =me cle/e contemple supplait sa mre morte trop tt1 dont il se s\v5ait pe9e4 ,encl9 la sauvag]ie du ple9 air1 c\rant le long des l&es1 au milieu des bois1 il aurait pu dire dj de lui-mme1 comme plus t>d1 ,*ateaubri&3 ,je s5s en moi l'impossibilit d'obir4 ,il aimait cep5dant l'atmosphre de l'glise1 la volupt du recueillem5t1 la sujtion d\ce des (fices4 ,il s]a t\j\rs1 avec des contra/es maladifs1 un t5dre et un colreux1 un s5tim5tal et un logici5 sy/me1 un visionnaire et un ironi/e1 quelqu'un de passif et d'indiscipl91 de contr$isant1 de contradictoire4 #c ,v4 ,*ri/ian ,,m>,,*al4--,l'enfance et la jeunesse de ,lam5nais4 ,comm5t n'aurait-il pas accueilli l'influ5ce de ,r\sseau8 ,il tait1 huit ans1 une sorte de ,jean-,jacques ca?olique4 ,son oncle des ,saudrais1 qui se *>gea de son ducation1 pr(essait une doctr9e directem5t issue de ,l'mile4 ,son crit3 ,le bon cur1 copiait les =mules du ,vicaire ,savoy>d4 ,si j'tais un cur1 dcl>ait-il1 je f]ais aim] mes p>oissi5s la concorde et l'galit4 ,dans mes in/ructions je m'atta*]ais mo9s l'esprit de l'glise qu' l'esprit de l'vangile1 o le dogme e/ simple et la morale sublime1 o l'on voit peu de pratiques religieuses et beauc\p d'uvres de *>it4 ,en mme temps il enseignait son neveu l'horreur du despotisme4 ,voil le vrai fond doctr9al1 trs simpli/e1 de ,lam5nais4 ,c'e/ ,r\sseau qui l'a =m4 ,t\tes les influ5ces qui le trav]sr5t n'auront sur son me qu'une emprise passagre2 il se retr\v]a jusqu'au b\t disciple de ,r\sseau4 ,a seize ans1 il avait dlaiss les pratiques religieuses2 il cdait des imag9ations s5suelles ou il se complaisait dans un pessimisme factice et1 littrairem5t1 l'abrgeait en cette b\tade3 ,problme rs\dre3 accumul] dans un temps donn la plus gr&e somme de maux possible4 ,solution3 la vie huma9e4 ,la ,t]reur dgta cep5dant son oncle et lui des philosophes4 ,il rev9t ,pascal1 une des admirations de ,m4 des ,saudrais4 ,l',essai sur l'indiffr5ce repr5dra1 p\r l'claircissem5t des gr&es nigmes1 la m?ode pascali5ne1 les phrases de ,pascal que l'oncle lui avait inculques dans la mmoire4 ,flicit lut1 aussitt p>u1 le ,gnie du *ri/ianisme4 ,il reg>da vivre son frre ,jean-,m>ie qui s'a*em9ait au sac]doce4 ,jean-,m>ie le dom9ait p> une f]met p]suasive et t5dre4 ,le meilleur des ides de ,lam5nais lui v9t1 semble-t-il1 de son frre4 ,ard5t imag9]1 mais1 dans le doma9e des concepts1 recevant plus qu'il ne crait1 il bau*a aussitt les lignes d'un va/e ouvrage d'apologtique issu t\t ensemble de ,pascal et de ,*ateaubri&4 ,un dogme nanmo9s le rebutait2 *ez un famili] de ,r\sseau peut-on en tre surpris8 ,il tr\vait dur d'admettre que l'glise exiget l'obissance du s5tim5t p]sonnel l'autorit de ses ,docteurs et la tradition4 ,jean-,m>ie mobilisa1 p\r ju/ifi] ce magi/re1 t\te une cohorte d'argum5ts4 ,comme il voyait ,flicit encore indcis1 il osa t\t d'un c\p lui dire3 ,confesse-toi4 ,flicit s'ag5\illa devant son frre2 il se fit humble1 dans la d\ceur des aveux et un ab&on de soi-mme o l'vid5ce de sa faiblesse dev5ait un pr9cipe de =ce4 ,en se relevant1 il dit ,jean-,m>ie3 ,j'ai la foi et je suis tonn de n'avoir pas compris ce que tu m'exposais t\t l'heure4 ,l'am\r va9quit la fausse logique2 l'asc5dant d'une volont plus droite que la si5ne1 l'empire de la grce avai5t bris ses rsi/ances4 ,sa conv]sion fut-elle suffisamm5t dcisive8 ,demeur] imp>fait1 j\ir de l'tre1 c'e/ le plus grave des risques p\r une me que la sa9tet presse de son appel4 ,lam5nais n'lim9]a jamais de sa vie pr(onde1 avec une secrte vanit de littrateur1 une indulg5ce p\r l'exaltation lib]taire de son ,moi4 ,peut-tre aussi re/ait-il avec la faim des bonheurs t]re/res qu'il n'avait pas gts4 ,il aura beau se pntr] des conseils de l',imitation1 du livre dont il faisait ses dlices2 il n'arriv]a pas se rabaiss]1 comme disait ,m>gu]ite-,m>ie1 au c5tre de son nant4 ,il crivait son frre3 ,comm5t donc se fait-il que t\t m'branle1 que t\t m'entrane1 que t\t me p\sse hors de ce c5tre o la ma9 de notre bon ,matre *]*e me fix] dans un dlicieux repos8 ,il se crut1 un mom5t1 attir v]s le clotre2 il rvait d'entr] dans une ,trappe4 ,jean-,m>ie l'en dt\rna1 disc]nant en cette re*]*e d'une vie solitaire un pige de l'am\r-propre4 ,au temps mme o ,flicit se voyait1 en imag9ation1 trappi/e1 il se proccupait d'une comb9aison comm]ciale1 d'un sy/me d'assurance qui lui p]mettrait1 avec qu9ze c5ts francs1 d'en gagn] deux mille c9q c5ts4 ,a la veille de recevoir les ,ordres m9eurs1 il se dem&ait s'il ne f]ait pas mieux en telle autre situation4 ,il semblait dsabus de la vie sac]dotale1 avant de s'y en*an]4 ,malgr t\t1 ,sa9t-,sulpice1 p> son frre1 l'avait conduit frqu5t] ,bossuet4 ,il lisait ,bonald et1 sa suite1 rpr\vait les impuissances du s5tim5t1 les *imres de ,r\sseau4 ,le futur aptre de l dmocratie jugeait1 d'aprs ,bonald1 cette t5dance politique lie une philosophie s5suali/e et grossire3 t&is qu'une mtaphysique errone s\mettait l'me aux s5s1 la volont aux organes1 l'tre simple l'tre multiple et compos1 une absurde et c\pable politique assujettissait le s\v]a9 au peuple1 le p\voir au sujet1 et le *ef ou l'me de la socit au corps de la socit#d4 #d ,rflexions sur l'tat de l'glise1 p4 #eg4 ,il ap]cevait le pril social de l'erreur et dcl>ait1 t5dant les cordes1 sans le savoir1 ceux qui devai5t un j\r flagell] ses propres crits3 ,l'erreur n'e/ si dang]euse que p>ce qu'on en tire ncessairem5t1 un peu plus tt1 un peu plus t>d1 t\tes les consqu5ces#e4 #e ,id41 p4 #ed4 ,il reut la tonsure et le s\s-diaconat4 ,son frre et un ami1 l'abb ,brute1 avai5t obt5u de lui cette dcision4 ,fut-elle v\lue ou subie8 ,il s'y jeta1 dans un en?\siasme fivreux1 comme p\r se conva9cre qu'elle p>tait bi5 de lui-mme4 ,il prludait p> l'agitation la paix intrieure qu'il croyait acquise jamais1 mais il av\ait ensuite3 ,je me suis tr\v deux ou trois j\rs dans un tat d'affaissem5t qui ne me p]mettait pas mme de lire une lettre#f4 #f ,v4 ,,m>,,*al1 op4 cit41 p4 #bie4 ,il se dsolait de son aridit2 sa gr&e misre tait de *]*] en ,dieu la j\issance de s5tir4 ,si le bi5-tre spirituel se retirait1 il jugeait t\t p]du4 ,ces alt]natives d'exaltation et d'accablem5t avai5t des causes my/iques2 elles t5ai5t aussi son tat maladif4 ,lam5nais s]a1 jusqu'en son ge mr1 la proie d'une folle n]vosit4 ,un beso9 furieux de m\vem5t le prcipitait hors de sa *ambre4 ,il c\rait au has>d dans la campagne2 il ne s'arrtait qu'puis1 tombait au pi$ d'un arbre4 ,a de c]ta9s mom5ts1 son rire saccad faisait cra9dre une po9te d'hy/rie2 ou des colres d'pileptique le sec\ai5t4 ,il payait ses excs de travail p> des pro/rations dsolantes4 ,au b\t d'une crise de spasmes1 il tombait en syncope4 ,*tif de taille1 gr+alet1 gau*e de t\rnure1 il et voqu ces petits pommi]s br\ssailleux que le v5t d',oue/1 en ,bretagne1 tord et c\*e1 sans les abattre1 sur la face des gurets4 ,mais l'arbre doit sa =ce son humilit2 les b\rrasques le ploi5t2 f]me sur ses rac9es1 il se r$resse t\j\rs4 ,*ez ,lam5nais1 le tumulte vi5t du d$ans4 ,ses portraits confess5t un dsquilibre natif3 le visage e/ asymtrique1 un peu comme celui d',edg> ,po2 une ride se crispe entre les yeux2 d'autres p9c5t les j\es2 les plis t\rm5ts des lvres comb95t la t5dresse et l'ironie4 ,le reg>d se trahit inquiet1 plus inquitant encore2 il a quelque *ose d'en-dess\s1 je ne veux pas dire de faux2 scrutateur1 mfiant1 visionnaire1 *imrique1 au lieu d'apprh5d] simplem5t les objets1 il voit au del ou ct4 ,ce n'e/ pas le reg>d d'un homme que l'expri5ce p\rra conva9cre2 il raille ceux qui le contr$iront2 il les dfie2 il les enveloppe nanmo9s d'une f9e sduction4 ,l'ensemble des traits atte/e plus d'enttem5t que de volont2 s\s l'onction ecclsia/ique on disc]ne des apptits mal dompts qui se dbatt5t entre eux dans une amre inc]titude4 ,sans tre sr de sa vocation1 ,lam5nais se laissa conduire au sac]doce2 il s'y rsigna1 comme regret2 qu& il clbra1 aux ,feuillant9es1 sa premire ,messe1 les assi/ants rem>qur5t sa pleur livide444 ,il ent5dit trs di/9ctem5t une voix qui lui disait3 ,je t'appelle port] ma croix1 ri5 que ma croix1 ne l'oublie pas#g4 #g ,v4 ,,m>,,*al1 op4 cit41 p4 #ecj4 ,cette croix1 il avait beso91 p\r la port]1 d'allgresse4 ,or1 peu de mois aprs#h1 il jetait la f9 d'une lettre ces confid5ces3 #h #be ju9 #ahaf4 ,je suis et ne puis qu'tre dsormais extraord9airem5t malheureux444 ,t\t ce qui me re/e faire e/1 s'il se peut1 de m'endormir au pi$ du poteau o l'on a riv ma *ane2 heureux si je puis obt5ir qu'on ne vi5ne po9t1 s\s mille prtextes fatigants1 tr\bl] mon sommeil4 ,la no/algie d'un bonheur impossible ne cess]a jamais de le t\rm5t]4 ,seulem5t1 son intellig5ce acceptait1 alors1 des directions droites4 ,en travaillant il trompait1 ane/hsiait ses anxits secrtes4 ,mais les plus beaux essors de sa p5se apologtique procd]ont mo9s d'une vue exacte du vrai que d'une impulsion de s5tim5t4 ,p\rquoi son frre l'engagea-t-il sans pe9e dans un sy/me ultramonta98 ,la tyrannie de ,napolon indignait ,flicit2 contre l'absolu des prt5tions temporelles il se plut dress] l'absolu du p\voir spirituel4 ,dans sa ?orie du cons5tem5t gnral1 exig comme un signe de vrit1 n\s retr\vons une des m>ottes de ,r\sseau1 le sy/me de la s\v]a9et collective3 c'e/ le suffrage univ]sel appliqu aux c]titudes mtaphysiques6 ,alors mme qu'il dogmatisait dans un s5s or?odoxe1 ,lam5nais ne savait po9t s'affran*ir des ides librales o il avait t n\rri4 ,p> suite1 qu& la *ute de la ,re/auration s'annona comme probable1 il reprit sa p5te naturelle1 il s'ab&onna au fil du c\rant3 si les peuples s'lanai5t v]s la lib]t1 p\vai5t-ils avoir tort8 ,entre le *ri/ianisme et la dmocratie l'alliance tait ncessaire4 ,p>ce que le ,*ri/ apporte aux hommes la lib]t de l',esprit1 il t5dait conclure qu'en politique t\tes les lib]ts sont bonnes et sa9tes1 qu'au b\t des ,rvolutions doit surgir spontanm5t une re de bonheur1 une paix m]veilleuse4 ,au fond1 il donnait1 comme la plup>t des illum9s mod]nes1 dans la vieille rv]ie milln>i/e3 le ,p>adis t]re/re s]ait devant n\s1 et non d]rire4 ,l'humanit n'a qu' m>*] o l'emport5t ses impulsions2 elle ne peut err] en ses voies2 le ,progrs e/ c]ta94 ,il oubliait que les r>es int]valles de lumire et de paix1 dans le *aos des sicles1 fur5t le prix de luttes hroques1 et qu'il suffira de laiss] le monde suivre ses in/9cts p\r que t\t retombe une b>b>ie sans nom4 ,lib]taire1 ,lam5nais dte/a logiquem5t l'autorit4 ,elle e/1 p> ess5ce1 une digue1 une b>rire immobile4 ,or1 son illusion1 c'tait la fatalit du *angem5t3 ,apport ici p> une vague1 j'y re/e jusqu' ce qu'une autre vague me repr5ne p\r me jet] ailleurs4 ,a9si me laiss-je all] en att5dant le d]ni] flot qui me dpos]a sur le rivage t]nel#i4 ,p5*ants in/ables de ,celte nomade1 rm9isc5ces de lieux communs qu'avait sems dans l'air ,*ateaubri& et ,lam>t9e8 ,ce qui dure sans *ang] lui semblait un dfi la loi div9e du m\vem5t2 ce qui comm&e1 une contra9te inique et qu'on doit bris]4 #i ,lettre la b>onne ,cottu1 du #bf mai #ahcc4 ,cette av]sion1 il la limita d'abord au doma9e temporel4 ,il voyait dans la mon>*ie le remp>t des oppressions1 une =me de p\voir morne1 branlante et caduque4 ,le spectacle de la ,pologne m>tyrise ju/ifiait ses yeux l'ext]m9ation des tyrans qu'il confondait avec les rois4 ,mais lorsqu'il vit le ,sa9t-,sige blm] les vques polonais d'avoir s\lev les fidles contre la tyrannie ts>i/e1 il fut t5t d'envelopp] le ,pape dans la mme rprobation que les rois4 ,il gnralisait en s5tim5tal et en faux logici54 ,son naf simplisme posait1 d'un ct1 comme dans une p>abole du jugem5t d]ni]1 le pass cadavreux1 mprisable ou atroce1 et1 de l'autre1 le jeune av5ir1 les peuples librs1 frat]nels1 ju/es et heureux4 ,*imre que lui emprunt]ont le ,lam>t9e de la ,*ute d'un ange1 le ,victor ,hugo des ,misrables et de la ,lg5de des ,sicles4 ,un sj\r ,rome tr\bla pr(ondm5t sa foi en la ,papaut4 ,la condamnation du j\rnal l',av5ir1 les m5aces coalises aut\r des uvres de son frre p>ce qu'elles tai5t aussi les si5nes1 ses dboires f9anci]s1 vraim5t in\s#aj1 l'espionnage qui l'ens]ra1 t\tes ces preuves dont un ,sa9t ft sorti plus =t et plus gr&1 a*evr5t de l'aigrir contre les *oses exi/antes2 il se rfugia plus prem5t dans ses rves humanitaires4 ,de cet tat d'esprit allai5t natre les ,p>oles d'un ,croyant1 pome composite o les prophtes1 l'vangile1 l',apocalypse1 ,dante1 ,ballan*e1 ,mickiewicz ont collabor avec ,r\sseau4 #aj ,il s'tait intress1 dit ,m4 ,h>ispe 7p4 #ad71 une librairie4 ,il y avait engl\ti #abj4jjj francs2 il avait rpondu p\r une somme gale auprs d'un banqui] ami1 ,m4 ,cor1 qui lui fit sign]1 en surprise1 un crit p> lequel il rpondait de t\tes les dettes de la librairie et mme de celles de ,m4 de ,sa9t-,victor1 qui l'y avait engag4 ,il avait apur1 un peu plus t>d1 le passif intgral de la librairie1 mais il avait oubli l'crit de son engagem5t entre les ma9s de ,m4 ,cor4 ,le banqui] ,cor1 son t\r1 s'tant mis en liquidation1 l'engagem5t tomba entre les ma9s de ,m4 de la ,b\ill]ie1 qui lui en rclama d'urg5ce le remb\rsem5t1 comme s'il n'avait ri5 pay du t\t444 ,m4 de la ,b\ill]ie p\rsuivit ,lam5nais et obt9t1 en premire in/ance1 sa condamnation avec contra9te p> corps4 ,mais ses amis s'int]posr5t1 p>mi lesquels ,montalemb]t4 ,lam5nais se vit nanmo9s =c de pay] ,m4 de la ,b\ill]ie #fb4jjj francs qu'il ne devait pas4 ,lam5nais se tr\vait alors en une disposition plutt mod]ni/e que nettem5t hrtique4 ,il avait crit au ,pre ,v5tura3 ,votre foi dans le ,sa9t-,sige et dans les clatants privilges de la ,papaut e/ entire et 9branlable444 ,la mi5ne1 je le confesse1 s'y refuse inv9ciblem5t#aa4 #aa ,lettre du #h mai #ahcc4 ,nanmo9s1 il re/ait et v\lait re/] prtre4 ,deux mois plus t>d 7le #ae juillet7 il annonait ,rohrba*]3 ,j'irai c]ta9em5t la retraite 7ecclsia/ique74 ,et l'on doit admettre comme s9cre son int5tion4 ,il ne cess]a t\t fait de dire sa messe que devant l'vid5ce de sa foi p]due4 ,mais la foi n'e/ pas simplem5t l'adhsion de l'intellect des pr9cipes surnaturels4 ,c'e/ t\t l'homme qui croit4 ,l'effusion div9e a pntr sa sub/ance2 elle ne s'en retire que p> degrs1 elle ne meurt qu' la surface2 elle revit brusquem5t1 surt\t *ez un prtre satur d'une onction sa9te1 tabli mdiateur entre ,dieu et ses frres1 et qui ne peut1 sans d*irem5t1 r5onc] d'ine/imables privilges4 ,aut\r de ,lam5nais1 ,jean-,m>ie1 des amis tels que ,g]bet ou ,montalemb]t s'ef=ai5t de le ret5ir dans l'axe de la discipl9e ca?olique4 ,son indcision naturelle le dt\rnait d'une fran*e rupture4 ,il crira un j\r1 en prison ,sa9te-,plagie3 ,comme mes p5ses flottai5t mollem5t dans le vague de l'me ass\pie6 ,phrase lgiaque o il faut reconnatre autre *ose que de la rhtorique4 ,sa complexion m5tale s]ait assez bi5 figure p> la /ructure de ces gros crabes1 appels t\rteaux1 qu'on p*e sur les ctes bretonnes3 leur c>apace brune e/ dure comme du grs2 mais elle c\vre une *air flasque1 inconsi/ante4 ,il s5tait ses inc]titudes et ses contradictions2 il n'en faisait po9t1 comme ,r5an1 ses dlices2 mme il en s\ffrait4 ,cep5dant1 il ne v\lait pas voir jusqu'o elles l'entran]ai5t4 ,on s'e/ indign p>ce qu'tant dj en esprit1 hors de l'glise1 il cont9ua1 plusieurs mois1 clbr]4 ,mais qui peut tre juge des s5tim5ts vrais d'un homme#ab8 ,il croyait encore1 puisqu'il se confessait ,jean-,m>ie4 ,se ft-il rvolt1 si les vexations atroces1 les campagnes de presse1 l'hypocrisie ou la fureur dmesure des attaques n'avai5t exac]b son am\r-propre et froiss1 en lui1 le s5s de la ju/ice8 ,il se laissa1 peu peu1 gliss] v]s cette dang]euse conclusion3 ,la vrit n'e/ pas avec mes ennemis1 elle e/ avec moi4 #ab ,l'homme qui1 mme de bonne foi1 dit3 ,je ne crois po9t1 se trompe s\v5t4 ,il y a bi5 avant dans l'me1 jusqu'au fond1 une rac9e de foi qui ne s*e po9t4 7,p>oles d'un croyant1 *4 ,,xvi47 ,en somme1 il hsita longuem5t rompre4 ,dans sa lettre au ,pape 7du #d aot #ahcc7 il dcl>ait en t]mes non ambigus3 ,p]sonne1 grce ,dieu1 n'e/ plus s\mis que moi1 dans le fond du cur et sans aucune rs]ve1 t\tes les dcisions manes ou man] du ,sa9t-,sige ,apo/olique sur la doctr9e de la foi et des murs1 a9si qu'aux lois de discipl9e portes p> son autorit s\v]a9e4 ,sur la doctr9e de la foi et des murs4 ,il s\s-ent5dait p> cette prcision une rs]ve4 ,son autre lettre ,grgoire ,,xvi 7du #e novembre7 df9it1 d'ailleurs gau*em5t1 avec une l\rdeur abom9able1 la limite de sa s\mission3 ,af9 que1 dans l'tat actuel des esprits1 p>ticulirem5t en ,france1 des p]sonnes passionnes et malveillantes ne puiss5t donn] la dcl>ation que je dpose aux pi$s de ,votre ,sa9tet de fausses int]prtations qui1 entre autres consqu5ces que je veux et dois prv5ir1 t5drai5t r5dre peut-tre ma s9crit suspecte1 ma consci5ce me fait un devoir de dcl>] en mme temps que1 selon ma f]me p]suasion1 si1 dans l'ordre religieux1 le *rti5 ne sait qu'c\t] et obir1 il demeure1 l'g>d de la puissance spirituelle1 entirem5t libre de ses op9ions1 de ses p>oles et de ses actes1 dans l'ordre purem5t temporel4 ,dgag des pteuses circonlocutions1 ce texte visait simplem5t di/+u]3 ,en matire de foi et de murs1 j'obis au ,sa9t-,sige2 en politique je suis libre de ne pas obir4 ,le malheur de ,lam5nais fut d'tablir son ,cr$o politique et social au-dessus de sa foi religieuse4 ,l'av5ir dmocratique des peuples dev5ait1 p\r son illusion1 un dogme c>d9al1 celui que le ,*ri/ impose comme s\v]a94 ,ri5 n'arrt]ait le magnifique dveloppem5t de l'humanit#ac4 ,quelques dgtants tripoteurs n'emp*]ont pas l'imm5se *angem5t de se prp>] et de se faire#ad4 ,l'tat social contraire au *ri/ianisme doit tre une bonne fois va9cu1 ou le *ri/ianisme doit prir4 ,c> il n'e/ po9t de lutte t]nelle entre deux pr9cipes qui s'exclu5t rig\reusem5t4 ,or1 le *ri/ianisme ne saurait prir444 ,le combat a dur longtemps1 et il n'e/ pas encore f9i1 et il ne f9ira mme t\t--fait1 que lorsque la rgnration de l'homme aura t ple9em5t accomplie#ae4 #ac ,lettre au b>on de ,vitrolles1 #bg septembre #ahcc4 #ad ,lettre ,montalemb]t1 du #ae m>s #ahcc4 #ae ,lettre la comtesse de ,s5fft1 #h ju9 #ahcd4 ,assurm5t1 ,lam5nais ne peut tre confondu avec les humanitaires a?es p\r qui l'homme e/ lui-mme sa propre et unique f94 ,la rgnration des peuples devait1 dans son esprance1 les rappro*] du ,*ri/1 les aid] vivre selon l'vangile4 ,les lib]ts civiles s]ai5t la condition des lib]ts spirituelles2 le ,s]mon sur la ,montagne1 au lieu d'tre ent5du seulem5t p> les sa9ts1 ret5tirait enf9 au cur des multitudes4 ,si les *rti5s ne pr5ai5t "p au m\vem5t irrsi/ible de libration qui emportait l'humanit1 il se f]ait sans eux1 contre eux4 ,il faudrait se rsign] des rvolutions sans f91 et les ca?oliques subirai5t t]nellem5t la tyrannie des hommes sans ,dieu et sans foi#af4 #af ,lettre ,montalemb]t1 #ai novembre #ahcc4 ,mais il posait le *ri/ianisme et la dmocratie comme une quation tellem5t ncessaire que le second des deux t]mes quivalait au premi]1 que le premi] en v5ait t5ir du second sa raison d'tre1 n'tre plus ri5 sans lui4 ,p\ss v]s l'alt]native de r5i] l'glise et sa hir>*ie ou sa foi dmocratique1 il crut impossible de sacrifi] celle-ci1 p>ce qu'elle tait la vrit4 ,des agitations qui prcdr5t et suivir5t les ,p>oles d'un croyant1 ,m4 ,pi]re ,h>ispe fait un rcit *>g d'incid5ts1 o le dbat n\ aut\r du petit livre1 en ,france et ,rome1 pr5d une gr&eur t]rible1 puisque le sort d'une me allait en dp5dre4 ,des intrigues politiques--c'e/ manife/e--pesr5t sur la dcision4 ,une p>tie des c>d9aux--le co9 des ?ologi5s--tr\vai5t excessive une condamnation en =me4 ,le ,pape incl9ait jug] comme eux4 ,s'il cda aux politici5s1 ce fut p\r la paix de l'glise1 af9 de ne pas tr\bl] ses rapports avec les mon>*ies europennes4 ,mais1 qu& bi5 mme des motifs peu surnaturels se mlr5t aux raisons doctr9ales1 si n\s relisons l'ouvrage di/ance1 en pesant les suites des pr9cipes qu'il ins9uait1 n\s devons reconnatre que le jugem5t fut mrit4 ,l'erreur e/ un dang] surt\t alors qu'elle pntre s\s le c\v]t de hautes vrits1 s]vie p> l'en*antem5t des images4 ,telle page1 dans les ,p>oles d'un croyant--comme la p>abole des nids3 ,deux hommes tai5t vois9s1 re/e admirable de c&eur vanglique et de lumire s]e9e4 ,lam5nais veut sur t]re le rgne de la ju/ice et de l'am\r3 qui le contr$ira8 ,il croit l'efficacit div9e de la prire4 ,il admet la proprit1 mme le p\voir comme lgitimes en fait4 ,*acun a le droit de cons]v] ce qu'il a444 ,alors1 p>mi eux1 ils en *oisir5t un ou plusieurs qu'ils croyai5t les plus ju/es444 ,le p\voir qu'ils ex]ai5t tait un p\voir lgitime1 c> c'tait le p\voir de ,dieu qui veut que la ju/ice rgne1 et le p\voir du peuple qui les avait lus4 ,la pauvret tant fille du p*1 il prvoit qu'il y aura t\j\rs des pauvres p>ce que l'homme ne dtruira jamais le p* en soi4 ,le tableau qu'il esquisse de la condition des proltaires1 son poque 7*4 ,,viii7 s]ait trop vridique s'il n'oubliait que la ,rvolution1 en leur tant le droit de s'associ]1 les avait mis la m]ci des exploiteurs4 ,il oppose sup]bem5t la tyrannie de l'tat neutre les droits de la famille3 ,p\vez-v\s dispos] de vos enfants comme v\s l'ent5dez1 confi] qui v\s plat le so9 de les in/ruire et de =m] leurs murs8 ,et1 si v\s ne le p\vez pas1 comm5t1 tes-v\s libres8444 ,v\s tes incapables de disc]n] quelle ducation il e/ conv5able de donn] vos enfants1 et1 p> t5dresse p\r vos enfants1 on les jett]a dans des cloaques d'impit et de mauvaises murs2 mo9s que v\s n'aimiez mieux qu'ils demeur5t privs de t\te in/ruction4 ,plusieurs pisodes dti5n5t un trange pre/ige de t]reur surnaturali/e et biblique4 7,les sept ombres assises dans le br\ill>d sur la pi]re humide4 ,le roi que les morts1 ses victimes1 enf]m5t vivant dans un spulcre fait avec les pi]res des tombes47 ,dans la vision p>adisiaque de la f91 et ailleurs1 il se rvle un pr(ond symboli/e1 disciple de ,dante1 de ,sa9t ,paul et de ,platon3 ,ce que vos yeux voi5t1 ce que t\*5t vos ma9s1 ce ne sont que des ombres1 et le son qui frappe vos oreilles n'e/ qu'un grossi] *o de la voix intime et my/rieuse qui adore1 qui prie et gmit au se9 de la cration4 ,t\te une "p d'aspirations ju/es p\vait donc df5dre contre la c5sure roma9e ,les ,p>oles d'un croyant4 ,si ,lam5nais n'avait pas t un ecclsia/ique1 il e/ bi5 probable qu'on l'et p>gn4 ,mais1 oses p> un prtre1 un ex-ultramonta91 c]ta9es insol5ces *oqur5t en haut lieu comme inadmissibles3 le portrait du ,pape1 du vieill>d qui a les ,sept ,peurs aut\r de son lit#ag2 et1 plus encore peut-tre1 l'apo/rophe3 #ag ,dans les premires ditions1 il l'avait remplac p> des po9ts et un blanc2 ce qui donnait suppos] des outrages beauc\p plus graves1 impubliables4 c\tez-moi3 il faut gagn] les prtres du ,*ri/ avec des bi5s1 des honneurs et de la puissance4 ,et ils comm&]ont au peuple1 de la "p du ,*ri/1 de n\s tre s\mis en t\t1 quoi que n\s fassions1 quoi que n\s ordonnions4 ,ces imputations1 que ,victor ,hugo et d'autres devai5t t\rn] en blasphmes1 attirr5t contre ,lam5nais les animosits clricales4 ,il fut trs facile de donn] corps au procs de t5dances que ses ennemis v\lai5t p\ss] fond4 ,son livre e/1 en effet1 gonfl d'op9ions subv]sives2 et je n'en dirais pas avec ,m4 ,h>ispe3 ,il peut faire plus de bi5 que de mal4 ,en*an aux erreurs de ,r\sseau1 ,lam5nais en a subi l'hritage2 son uvre demeure1 en p>tie1 responsable des calamits o elles a*em95t le g5re huma94 ,erreurs de deux espces3 d'expri5ce et de doctr9e4 ,t\s les hommes naiss5t gaux4 ,il rpte ob/9m5t cette sottise du matre2 comme si jamais deux hommes tai5t ns gaux de corps1 d'esprit1 de volont1 d'aptitude vivre4 ,mme s'il v\lait dire que t\s naiss5t prde/9s une mme p]fection3 celle de possd] ,dieu1 son langage s]ait faux encore2 c> l'9galit re/e la loi de l't]nelle assomption dans l'am\r que n\s appelons le ,p>adis4 ,seules sont gales entre elles les ,trois ,p]sonnes ,div9es4 ,sur l'orig9e du p\voir1 ignorant des faits comme t\s les idologues1 il croit que l'lection du peuple a tabli dans leur fonction ceux qui comm&ai5t4 ,il connat =t mal l'hi/oire de l'antiquit1 celle du royaume de ,france1 et1 *ose plus grave1 celle de l'glise dont la hir>*ie semble inexi/ante devant ses yeux4 ,p\r lui les rois sont1 fatalem5t1 des usurpateurs1 des oppresseurs1 des suppts de l',enf]3 ,et aprs avoir c\t la p>ole du ,s]p5t1 ils se levr5t et dir5t3 ,n\s sommes rois4 ,ces rois1 les peuples doiv5t se dress] contre eux1 les abattre1 les ext]m9]4 ,lam5nais repr5d son compte la ?se an>*ique de ,la ,botie1 l'ami de ,montaigne1 dans ,la s]vitude volontaire ou le ,contre un#ah4 #ah ,il donna de cet opuscule dclamatoire1 en #ahce1 une dition accompagne d'une prface-pamphlet dirige contre ,l\is-,philippe4 ,si les oppresseurs des nations tai5t ab&onns eux-mmes1 sans appui1 sans sec\rs trang]1 que p\rrai5t-ils contre elles8 ,v\s tes le nombre2 le roi n'e/ qu'un homme2 et v\s v\s c\rbez devant lui6 ,l'crasem5t d'un seul p> les masses1 tel e/ l'vangile que propose au peuple l'abb de ,lam5nais4 ,dans une ,europe faite de mon>*ies1 il pr*e la rvolution univ]selle1 donc l'meute et la t]reur#ai1 puis la gu]re avec les pays qui rsi/]ai5t l'idal dmocratique4 ,et ne faut-il pas que t\tes les nations1 de gr ou de =ce1 arriv5t ne faire plus qu'une nation8 #ai ,lam5nais1 en #ahcd1 n'allait pas encore au b\t de ses conceptions jacob9es4 ,plus t>d1 v]s #aheb ou #ec1 il dcl>ait un j\rnali/e amrica93 ,a mon avis1 le programme de l'anci5ne rvolution e/ le seul bon3 il faut en f9ir avec l'ari/ocratie6 ,qu'att5dre de ces g5s-l8 ,ce sont des voleurs et des assass9s3 on devrait les excut] comme les autres crim9els4 ,autrefois444 je m'imag9ais qu'on p\vait gagn] la ju/ice et au progrs les classes dirigeantes2 auj\rd'hui je suis p]suad que ce rve e/ irralisable4 ,elles sont radicalem5t1 entirem5t1 cordialem5t opposes au peuple2 elles ne cd]ont jamais3 il faut s'en db>rass]4 7,cit p> ,du9e1 ,la ,m5nais1 p4 #bie47 ,le *ant du jeune soldat 7*4 ,,xxxvi71 sauf le premi] v]set3 je vais combattre p\r ,dieu et les autels de la patrie1 p\rrait aism5t dev5ir l'hymne du soldat r\ge3 ,je vais combattre p\r r5v]s] les b>rires qui sp>5t les peuples et les emp*5t de s'embrass] comme les fils d'un mme pre4 ,ces phrases et beauc\p d'autres devai5t tre1 en leur influ5ce1 c\pables du sang qui fut v]s aux j\rnes de ju9 #dh4 ,mles aux t5dresses my/iques1 les incitations la ha9e tai5t d'autant plus tr\blantes2 il y avait l un v]tige de confusion1 mortel au bon s5s lat94 ,cet esprit d'erreur br\ille la ?ologie du livre1 volontairem5t vague1 comme honteuse d'elle-mme4 ,il le reconnaissait1 dans sa lettre du #bi avril #ahcd l'ar*evque de ,p>is1 l'admirable ,mgr de ,qul51 qui p\ssa p\r lui l'indulg5ce jusqu'aux extrmes limites de la compassion3 ,en p>lant 7au peuple7 de ,jsus-,*ri/1 je m'ab/i5s soigneusem5t de prononc] un mot qui s'applique au *ri/ianisme dt]m9 p> un enseignem5t dogmatique et positif4 ,le nom mme d'glise ne sort pas de ma b\*e une seule fois4 ,alors1 quoi bon une glise qu'on peut et doit s\s-ent5dre8 ,dans l'av5ir de la dmocratie1 quelle place aura-t-elle8 ,les mdiateurs s]ont inutiles4 ,l',esprit-,sa9t vi5dra2 le rgne de ,satan va f9ir2 celui de ,dieu comm5c]a4 ,en ce temps-l1 les petits enfants cueill]ont des fleurs et les apport]ont leurs mres qui d\cem5t leur s\riront444 ,il n'y aura plus ni pauvres1 ni ri*es444 ,peu importe ,lam5nais de se contr$ire2 il oublie qu'ailleurs il a dit3 ,il y aura t\j\rs des pauvres4 ,un re/e de foi *rti5ne cohabite comme il peut avec le dlire d'un milln>isme idyllique4 ,peut-on s'tonn] qu'aprs avoir dbattu le p\r et le contre1 ,grgoire ,,xvi ait conclu3 ,ce livre e/ mauvais1 et qu'il l'ait dsign la rprobation des fidles p> l'encyclique3 ,s+ul>i nos4448 ,mme sans tre condamn ,lam5nais n'aurait gure pu re/] prtre de la ,sa9te glise ca?olique roma9e4 ,entre l'glise du ,pape et la dmocratie son *oix tait fait3 il s]ait (ficiant dans le temple du dieu ,peuple4 ,l',encyclique prcipita simplem5t sa rvolte4 ,le succs phmre des ,p>oles d'un croyant l'enivra2 il se crut inve/i d'un rle messianique1 p]scut comme le ,*ri/ p> les ,ph>isi5s4 ,il n'essaya po9t de fond] une secte ou une cole2 ses doctr9es lui app>t5ai5t trop peu2 il n'avait po9t l't(fe d'un gr& hrsi>que2 vieilli1 solitaire1 impuissant1 il ne g>da de ses anci5nes facults qu'un don de raill]ie pre et cynique4 ,sa b\*e prit le rictus de ceux qui n'ont plus d'esprance4 ,et sa p]sonne d\l\reuse voque le pr(il grimaant d'une ru9e frappe p> la f\dre1 de la ru9e d'une *apelle dsaffecte1 ronge de li*51 sans clo*]1 sans portail et sans vitraux4 ,le v5t d'automne1 qu& il s'y lam5te1 semble rpt] jamais deux voix3 celle du moribond criant sa nice1 qui le suppliait de recevoir un prtre3 ,non6 ,non6 ,non6 et l'appel de son frre visitant la ,*naie2 ,fli6 o es-tu84 ,,une ,,auxiliatrice ,,de ,,lacordaire3 ,,anna ,,mo,s ,l'hi/oire1 celle qu'criv5t les hi/ori5s pr(anes1 rappelle ces canevas o des petites filles brod5t gau*em5t les premi]s po9ts d'une tapiss]ie4 ,ils m>qu5t les lignes extrieures des faits palpables2 la m]veilleuse trame des ,causes fuit s\s leurs doigts4 ,sans d\te1 des obscurits inaccessibles leur drob5t la plus va/e "p du my/re huma92 n\s ne saurons qu'au ,jugem5t univ]sel le t\t de l'hi/oire4 ,mais on v\drait s5tir *ez les n>rateurs d'vnem5ts connus une humilit tremblante vis--vis de cet ,inconnu1 l'adoration de l'invisible ,ma9 qui p\sse1 trav]s l'imprvu des conjonctures1 dans la gloire ou les cata/rophes1 les hommes1 les gr\pes d'hommes et les peuples4 ,la rvlation des pr9cipes et des effets1 leur conc5trique intellig5ce1 les lus la voi5t1 d'un c\p d'il1 dans l'unit de la lumire1 comme pe9te sur la rose d'un vitrail4 ,en att5dant1 voici un pisode1 entre mille autres1 qui n\s laisse suivre1 au fond d'un clair-obscur miraculeux1 un fil tnu des div9es concordances4 ,t\t le monde sait qu'au l5dema9 de la ,rvolution1 jusqu'en #ahdj1 l',ordre dom9ica9 subit une phase de lam5table dlabrem5t3 ,en ,france1 en ,allemagne1 en ,belgique1 en ,irl&e1 plus un seul c\v5t rguli]444 ,il y en avait bi5 quelques-uns trav]s l',italie1 mais en quel tat6 ,la vie religieuse y tait te9te444 ,ils ne g>dai5t mme plus les obs]vances ess5tielles4 ,seules1 les prov9ces d',espagne p\vai5t prt5dre sauv] l'hritage de sa9t ,dom9ique2 encore s'tai5t-elles s\/raites l'obdi5ce du matre gnral4 ,la rvolution de #ahce allait d'ailleurs444 saccag] t\s leurs c\v5ts1 l'exception d'un seul#bj4 #bj ,r4 ,p4 ,,b]nadot1 ,o4 ,p43 ,l'action surnaturelle dans la re/auration dom9ica9e au ,x,i,xe sicle3 ,la ,mre ,claire ,mos4 ,je m'appuie1 p\r cette tude 7qui a p>u dans ,la ,vie spirituelle7 sur cet excell5t opuscule1 et j'utilise la biographie d',anna ,mos adapte de l'allem&1 d'aprs l'ouvrage de l'abb ,b>!l3 ,la ,mre ,m>ie-,dom9ique-,claire de la ,sa9te-,croix 7,c\v5t des ,dom9ica9es1 ,limp]tsb]g1 ,luxemb\rg1 #aiaj74 ,or1 la re/auration1 on peut dire la rsurrection de l',ordre se fit avec une vigueur qui dconc]ta les ob/acles3 le #i avril #ahci1 ,lacordaire recevait1 ,rome1 l'habit des novices2 soixante ans plus t>d1 les ,frres ,pr*eurs occupai5t1 dans l'univ]s1 quatre c5ts c\v5ts4 ,le gr& po9t1 p\r ,lacordaire et son cooprateur admirable1 le ,p4 ,j&el1 fut de rtablir les ,dom9ica9s dans la primitive obs]vance1 selon la rgle du moy5 ge4 ,les jenes1 l'(fice de nuit1 l'au/rit conv5tuelle1 la dure sup]position d'une vie apo/olique et d'une vie clau/rale1 ils ne se fir5t grce de ri54 ,ce qui veut tre *rti5 ne peut l'tre sans hrosme4 ,ils le savai5t2 mais1 p\r s\t5ir ce p>adoxe d'n]gie magnanime1 ils eur5t ploy] leur v\loir ins\mis et1 ensuite1 retremp] *ez leurs disciples une tradition d'asctisme presque p]due4 ,dans ce labeur1 en app>5ce surhuma91 l',aide infaillible leur rs]va une trs humble auxiliatrice1 d'autant plus puissante qu'elle tait t\te faiblesse1 une pauvre fille lo9ta9e1 ignorant qu'ils exi/ai5t2 comme ils ont1 jusqu' la f91 ignor son exi/5ce4 ,sa mission tait de ptir et de mrit] seule f9 que pt r5atre la famille dom9ica9e2 et1 avec *aque tape insigne de ce relvem5t concidait1 au fond de ses s\ffrances ou de ses extases1 quelque signe prodigieux4 ,anna ,mos1 sur ,dom9ique-,claire de la ,sa9te-,croix1 re/e1 ma9t5ant encore1 un nom pe9e connu4 ,elle a t1 cep5dant1 une des plus extraord9aires my/iques du d]ni] sicle4 ,mais ce n'e/ po9t cause de sa s+ul>it que je v\drais1 ici1 la dsign] la vnration de ceux qui dsir5t le contact des sa9ts4 ,re*]*]1 dans l'ordre religieux1 l'trange p\r l'trange1 c'e/ une faiblesse de dilettante curieux1 comme le fut ,huysmans1 mme aprs sa conv]sion4 ,en appro*ant d'une me telle qu',anna ,mos1 une t\t autre p5se n\s incl9e3 n\s s5tons notre indignit accablante2 mais1 p> cette vie extatique1 n\s atteignons les mondes sublimes o la bi5heureuse fut admise1 presque de pla9-pi$1 ds ici-bas4 ,nos yeux1 trop imbus de tnbres1 s'pur5t et se consol5t dans les blan*eurs qui ont t\* son visage4 ,seulem5t1 p\r voir trav]s elle un peu de ce qu'elle vit1 il faut se s\mettre aux possibilits du my/re1 rpudi] le vieil homme1 les prjugs sci5ti/es1 la peur du surnaturel1 et ne plus ho*] une tte ddaigneuse ou mfiante qu& rsonn5t les mots3 miracle ou my/ique4 ,je connais des croyants qui ont lu1 dans leur enfance1 les rcits des ,sa9tes critures2 ils admett5t que1 p>fois1 au long d'un pass pro*e de la lg5de1 des anges ai5t app>u des hommes exceptionnels1 ,jacob1 ,tobie1 ,sa9t ,joseph4 ,mais1 si on ose leur racont] d'une petite fille de notre temps qu'elle eut1 ds son baptme1 la prs5ce lucide de son ange g>di51 qu'elle reut p> son entremise des intuitions transc5dantes1 leur premi] m\vem5t s]a un recul de scepticisme1 non un sursaut de f]veur joyeuse4 ,cette p]sonne1 lorsqu'elle s'av\a1 plus t>d1 comble de privilges exorbitants1 ne fut-elle pas dupe d'une rtrospective autosugge/ion8 ,et puis1 les my/iques1 les femmes surt\t1 peut-on croire ce qu'elles ont cru s5tir1 ent5dre et contempl]8 ,my/ique1 dans des milieux o l'on prt5d avoir la foi1 quivaut 3 exalt1 morbide1 follem5t crdule4 ,la note de my/icisme e/ dang]euse p\r ceux et celles qui en sont frapps4 ,il y a1 c'e/ trop vid5t1 une zone ma9t5ir entre le vrai et le faux my/icisme1 entre les visions relles et les imag9aires#ba4 ,le surnaturel a1 d'ailleurs1 p\r se manife/]1 bi5 d'autres moy5s que les visions4 ,on n'en affecte pas mo9s de confondre avec les visionnaires les my/iques2 et on qualifi]ait sans pe9e d'halluc9 quiconque r5contre ,dieu familirem5t dans l'intimit du cur ou dans des signes tangibles4 #ba ,les ?ologi5s l'ont nettem5t df9ie 7a9si1 le c>d9al ,bona1 dans son trait ,de discretione spirituum74 ,en fait1 l'glise n'impose notre crance aucune rvlation prive4 ,mais1 qu& un homme ou une femme ont vcu une vie de sa9tet au!ntique et m95te1 il n'e/ pas admissible que leurs visions ai5t t con/amm5t illusoires1 ou mal int]prtes p> eux4 ,ne l'oublions pas1 au re/e3 dans la langue exacte de la ?ologie1 une me my/ique1 c'e/ une me leve l'tat d'union intrieure1 sans qu'elle ait ncessairem5t des rvlations4 ,et p\rtant1 devrai5t se dire ces croyants incrdules1 s'il exi/e des ,anges1 des ,sa9ts1 une ,vi]ge ,m>ie1 un ,*ri/ ressuscit1 et1 au c5tre d'une gloire sans limites1 ,trois ,p]sonnes t]nellem5t agissantes1 les suppose-t-on claquemurs en leur ,p>adis1 abs5ts des *oses qui se pass5t dans le royaume de l',homme1 image de ,celui qui e/8 ,la ,lumire veut illum9]1 la gloire se dilate1 l',am\r se donne2 et comm5t des ve/iges n'atte/]ai5t-ils pas ces visites de la ,batitude notre misre1 de la ,ju/ice notre iniquit8 ,ce n'e/ po9t la faute de la ,spl5deur ca*e si notre condition p*]esse lui rsi/e1 si les ,puissances d'en bas n\s tir5t elles de t\t leur poids4 ,*aque homme vi5t en ce monde avec la cl>t du ,v]be2 et c]ta9es cratures1 lues selon des f9s ncessaires1 sont envahies1 en naissant1 p> de cle/es prdilections2 l'intgrit des dons e/ re/itue1 en leur me1 autant qu'elle peut l'tre1 au g5re huma92 elles ressuscit5t une "p du premi] ,p>adis1 de cet tat o l',image de ,dieu p>lait ,dieu1 comme un fils p>le son pre1 tant con/itue peu au-dess\s des ,anges1 dit le ,psalmi/e dans ce ,psaume ,,viii qui articule1 sur les privilges des ,sa9ts1 d'+nues et magnifiques vrits3 ,de la b\*e des petits enfants qui tt5t tu z tir la l\ange1 p>faite1 et cela1 cause de tes ennemis444 ,les ,sa9ts ne sont pas des anormaux4 ,l'anormal1 c'e/ l'homme enfonc dans l'illusion des apptits1 c>icature be/ialise de la race div9e qu'eux seuls rtabliss5t prs de l'orig9elle p]fection2 et leurs s\ffrances1 en p>tie volontaires1 ne sont qu'une con=mit aux d\leurs glorieuses d'une ,rdemption qui1 p> eux1 dveloppe sa plnitude4 ,si on met en d\te le miracle de cette r5aissance p>adisiaque1 on ne peut ri5 compr5dre une vie tissue de prodiges1 comme celle d',anna ,mos4 99 99 99 99 99 ,elle tait ne en #ahcb1 ,b\s1 village riv]a9 de la ,moselle1 dans ce ca?olique ,du* de ,luxemb\rg dont les ,dom9ica9s1 puis les ,jsuites1 avai5t fait un ba/ion contre l'hrsie4 ,son pre tait un in/ituteur1 sa mre1 une femme de pit simple1 semblable d'autres du pays4 ,v+t-quatre heures aprs sa naissance1 ,anna fut baptise2 mais ce baptme s'accompagna de circon/ances intrieures que sa mmoire transcrivit extraord9airem5t3 claire1 dit-elle1 p> une lumire surnaturelle1 j'acquis aussitt le ple9 usage de ma raison4 ,cette lumire1 qui =mait trois rayons quoique n'tant qu'une lumire1 fit connatre clairem5t mon me le ,dieu un et tr9e1 ,crateur1 ,rdempteur et ,sanctificateur1 mon attitude en face de lui en tant que crature et les dons qu'il me faisait p> le ,sa9t ,baptme4 ,en mme temps1 ,dieu me fit connatre la vocation de ma vie entire3 ma mission au sujet de l',ordre de ,sa9t ,dom9ique et de la fondation d'un c\v5t de religieuses contemplatives selon l'esprit du ,sa9t ,patri>*e4 ,le ,seigneur m'annonait qu'il me dem&]ait des prires et des s\ffrances cont9uelles en vue de ce b et me laiss]ait en proie aux p]scutions des hommes et des esprits inf]naux4 ,sa9t ,dom9ique et ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 accompagns d'une f\le de ,bi5heureux de l',ordre1 assi/ai5t la crmonie#bb4 #bb ,extrait des comptes r5dus de consci5ce crits p> ,sur ,claire selon la volont de son directeur1 et classs p> ordre *ronologique4 ,dans le rcit d'un fait huma9em5t invraisemblable ,anna ne laisse vibr] aucune emphase2 son humilit ni ne s'tonne1 ni ne s'emb>rasse4 ,elle relate ce qui adv9t1 comme la ,moselle1 entre ses rives1 rpte1 s\s son miroir tranquille1 les vignes de ses coteaux4 ,en dpit des commotions qui la heurtr5t au d$ans et au dehors1 jamais elle ne semble s'tre dp>tie de ce calme robu/e et d'une simplicit presque imp]sonnelle4 ,il ne faudrait pas *]*] en ses p>oles les viol5ces fulgurantes d'une ,angle de ,foligno1 les hauteurs d'une ,sa9te ,?rse4 ,sa prcocit surnaturelle n'admet qu'une explication1 l'influx d'une =ce sanctificatrice qui dn\ait dans l'enfant n\veau-n les facults suprieures d'une intellig5ce htive4 ,a six sema9es1 se s\v5ait-elle1 dj elle p\vait rpondre son ,ange g>di51 si elle ne p>lait pas encore aux hommes4 ,ds l',av5t de #ahcb1 selon l'impulsion de l',ange1 elle faisait pnit5ce1 trois j\rs p> sema9e1 refusant le se9 et se privant de sommeil le m]cr$i1 le v5dr$i et le sam$i4 ,on lui disait qu'elle tait mignonne2 elle ouvrit la b\*e p\r articul]3 ,admirez ,jsus1 seule et vraie ,beaut4 ,elle l'adjura de la r5dre laide1 et un mal1 dont elle fut longtemps dfigure1 lui tomba sur les yeux4 ,mais la compagnie des ,anges la consolait de ses s\ffrances3 elle voyait s\v5t un ,ange s\s l'app>5ce d'un enfant de c9q ans1 l'air d\x et tri/e1 la tte un peu incl9e1 les ma9s croises sur sa poitr9e4 ,il l'appelait sa petite sur1 la pr5ait p> la ma91 l'emm5ait dans des prairies o j\ai5t avec elle d'autres ,esprits bi5heureux1 et dans une my/rieuse cole1 p\r appr5dre lire sur une ardoise d'or4 ,son obissance aux ,anges1 lo9 de la rduire une batifique dome/icit1 augm5tait sa consci5ce d'tre libre3 ,dieu1 crivait-elle1 me laissait libre d'tre bonne ou mauvaise4 ,il p]mettait s\v5t que je fusse assaillie de t5tations de t\tes sortes2 ct de cela v5ai5t les inspirations intrieures et les sec\rs des anges p\r m'enc\rag] aim] le bi5 et fuir le mal2 mais t\j\rs je s5tais ce p\voir de *oisir entre les deux voies4 ,a quatre ans1 elle dem&a que ses s\ffrances fuss5t aggraves1 et son corps se c\vrit de pu/ules1 d'abcs1 dev9t un objet de rpulsion4 ,sa mre1 comme honteuse d'elle1 l'ab&onnait s\v5t1 dans un co9 sombre de la maison1 la t5dresse de l'ange qui la visitait4 ,il lui apprit1 c9q ans1 l'usage de l'oraison m5tale4 ,seulem5t elle eut une pe9e extrme se mettre dans l'intellig5ce la notion d'un pur esprit4 ,qu& elle sut que le ,*ri/ avait port une c\ronne d'p9es1 elle v\lut s'en tress] une1 alla dans l'glise la montr] au ,seigneur en croix p\r qu'il vt si elle tait bi54 ,et1 la nuit1 elle se l'enfonait aut\r des tempes4 ,trois heures de sommeil lui suffisai5t3 ,ce sommeil si c\rt1 disait-elle1 rafra*issait mon esprit et mon corps d'une faon m]veilleuse1 comme si j'avais repos une nuit entire4 ,a six ans1 elle pronona le vu de virg9it p]ptuelle1 de mme que ,sa9te ,rose de ,lima l'avait fait en sa c9quime anne1 et ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 sept ans4 ,v]s la f9 d'octobre #ahdj1 ses maux d'yeux s'tant attnus1 son pre la prit dans son cole2 elle savait dj tant de *oses1 on ne compr5ait pas comm5t1 qu'il la *>gea d'in/ruire et de g>d] une p>tie de ses petites compagnes4 ,un des signes propres de sa mission devait tre d'unir incessamm5t une vie d'action extrieure une vie extatique4 ,p> l1 elle configurait dans son idal l',ordre dom9ica9 dont aucun mortel1 jusqu'alors1 ne lui avait p>l4 ,c'tait p\rtant aux f9s de son av5ir qu'elle jenait1 veillait1 se flagellait4 ,et1 ju/em5t1 durant ces annes-l1 aprs de t]ribles conflits intimes o son me tombait s\s lui1 comme un cavali] s\s son *eval1 ,lacordaire dcida cette *ose in\e3 refaire au ,x,i,xe sicle ce qu'avait cr1 au ,x,i,i,ie1 ,sa9t ,dom9ique4 ,l'impit des temps allait fl*ir devant sa f\gue de conqute1 l'glise s]vit ses desse9s4 ,p\r sa victoire1 qui dfia t\tes les prvisions1 un lm5t de =ce incalculable fut la pnit5ce d',anna1 spcialise cet effet1 t\te la somme des au/rits qu'elle insrait dans les d\leurs omnipot5tes de la ,passion4 ,elle cessa bi5tt d'aid] son pre l'cole2 mais elle s'occupait du mnage ou travaillait aux *amps depuis l'aube jusqu'au soir et n'en cont9uait pas mo9s des jenes rig\reux3 les j\rs o la voix intrieure lui int]disait de se n\rrir1 si elle dsobissait1 des s\ffrances pires que celles de la faim la corrigeai5t4 ,je veux que tu sois =te uniquem5t p> ma grce1 comm&ait la voix4 ,un tel rgime n'tait ri5 sa vigueur paisible4 ,le ,p4 ,engl]1 jsuite1 son c\s91 qui l'avait longtemps frqu5te1 atte/ait de son c>actre3 ,anna e/ une vraie virago1 portant une me virile dans un corps de femme1 bi5 plus p]sonne de tte que de s5tim5t4 ,elle e/ d'humeur tranquille1 gale1 plutt joyeuse4 ,elle s'v]tuait ca*] ses extases1 et une jeune fille dont elle fit ensuite la premire associe de sa vie religieuse1 ,anna ,engels1 la reprs5te l'glise1 trs simplem5t1 presque pauvrem5t vtue1 deb\t prs d'un confessionnal comme si elle et cra9t de pr5dre la place d'une autre p]sonne dans un banc ou sur une *aise444 ,jamais elle ne me rvla ri5 de son intrieur qui pt donn] une haute op9ion d'elle4 ,cep5dant1 elle demeurait av]tie des rp]cussions imm5ses qu'obt5ait sa vie obscure4 ,le j\r de la fte du ,sacr-,cur1 en #ahdi1 elle sut qu'un vnem5t considrable1 avec son aide1 se prp>ait p\r l',ordre dom9ica92 et1 le j\r de ,nol #ahej1 il lui fut rvl que cet vnem5t tait accompli1 mais elle en ignora les conjonctures4 ,or1 le pape ,pie ,,ix1 passant p>-dessus les p\voirs du ,*apitre gnral1 v5ait de nomm]1 le #a;er octobre #ahej1 vicaire gnral de l',ordre1 le ,pre ,j&el1 prieur du c\v5t de ,nancy4 ,lacordaire dcl>a cette nom9ation miraculeuse1 p]sonne ne s'y att5dait2 on peut dire qu'elle allait tre le salut de l',ordre revivifi4 ,les hommes prde/9s sont irremplaables4 ,il fallait un ,suprieur comme le ,pre ,j&el1 un sa9t et un prud5t1 un homme d'un zle t5ace1 positif la manire des gr&s my/iques1 p\r impos] p>t\t la rgle primitive1 la faire dur]1 ranim]1 avec l'esprit de r5oncem5t1 la volont d'expansion1 l'ardeur de savoir1 la confiance de l'am\r triomphant4 ,quelles allgresses spirituelles conc5tre une p>eille uvre1 et aussi quelles contradictions des puissances mauvaises1 quelle rsi/ance des orgueils1 des s5sualits1 des p>esses elle dut abattre1 n\s en suivons l'image rflexe dans les illum9ations et les s\ffrances d',anna ,mos4 ,le #bj janvi] de cette anne #ahej1 tant la ,messe1 au mom5t de la communion1 elle vit ,jsus1 en prs5ce de la ,vi]ge ,immacule1 de ,sa9t ,dom9ique et de ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 s'appro*] d'elle1 et lui pass] au doigt l'anneau des p\sailles t]nelles4 ,cet anneau tait d'or1 avec des gemmes translucides o elle ap]cevait1 p]ceptible ses yeux surnaturaliss1 le visage vrai de son me4 ,le mme j\r1 elle reut de ,dieu un ordre crasant1 celui de fond] ,luxemb\rg un c\v5t de ,dom9ica9es o s]ai5t en pratique t\tes les discipl9es de la vieille obs]vance3 ,les ,surs imit]ont fidlem5t la vie ca*e du ,sauveur ,naz>e?4 ,elles p\rvoiront autant que possible leur subsi/ance p> le travail manuel4 ,leur mona/re et leur faon de vivre s]ont trs simples1 leur vtem5t pauvre et d't(fe commune4 ,elles g>d]ont les jenes et l'ab/95ce p]ptuelle prescrite dans le gr& ,ordre4 ,l',(fice div9 se f]a aussi sol5nellem5t que possible2 les ,mat9es auront lieu m9uit4 ,la clture et le sil5ce s]ont /rictem5t obs]vs444 ,les surs s'ex]c]ont1 *acune selon sa mesure1 un complet r5oncem5t1 et reg>d]ont comme p]due la j\rne o elles n'y aurai5t pas fait de progrs444 ,elles s'(friront *aque j\r ,dieu en rp>ation de l'impit des hommes1 p>ticulirem5t des p]scuteurs de l'glise1 et p\r obt5ir l'p\se du ,*ri/ la =ce et la victoire dans ses combats4 ,l'exig5ce div9e la con/]na2 elle se jugeait indigne1 incapable3 fond] une maison d'un ,ordre qui n'exi/ait plus dans le pays1 elle1 fille de la campagne1 dnue de sci5ce1 de pre/ige et d'arg5t6 ,elle ne put1 d'ailleurs1 obir aussitt4 ,son frre1 l'abb ,mi*el ,mos1 fut nomm vicaire ,septfonta9es1 prs de ,luxemb\rg1 et il eut beso9 d'elle p\r t5ir son mnage1 d'autant qu'il logeait aussi deux de ses frres plus jeunes4 ,anna se fit joyeusem5t sa s]vante4 ,il la traitait d'une faon dure1 ne lui laissait1 dans la j\rne1 pas un mom5t de rpit4 ,elle c\*ait en un rduit au-dessus de l'table2 son plus jeune frre1 dont la *ambre tait vois9e1 l'ent5dait1 durant les oraisons de ses veilles1 se c+l] le corps jusqu'au sang4 ,elle lavait1 avant l'aube1 le plan*]1 p\r qu'on n'y surprt aucun ve/ige de ses flagellations4 ,deux ans plus t>d1 l'abb ,mos m\rut d'une maladie s\da9e2 ,anna eut la vision de son ,purgatoire1 et1 af9 de l'abrg]1 en assuma une "p effrayante4 ,l'expri5ce de ces t\rm5ts lui p]mit de consign] une admonition salutaire et pr(onde3 ,les s\ffrances d'une p]sonne dont l'me e/ unie au corps ne peuv5t en aucune faon quivaloir aux s\ffrances des mes sp>es4 ,ici-bas1 une seule d\leur trs =te affecte tellem5t le corps enti]1 qu'au cas o une d\leur plus faible vi5t s'y aj\t]1 elle e/ en quelque sorte absorbe4 ,mais1 dans ces s\ffrances de l'autre monde1 on s5t t\t la fois avec une telle int5sit qu'on semble tre1 en quelque sorte1 multipli p\r tre plus accessible la d\leur4 ,elle n'eut pas simplem5t endur] les tortures qu'appelait sur elle son libre v\loir compatissant4 ,sauf le ,cur d',ars1 il n'y a pas eu1 peut-tre1 au sicle d]ni]1 une crature h>cele p> les dmons1 comme ,anna ,mos le fut presque jusqu' sa mort4 ,cette p]scution lui avait t prdite1 en #ahei1 le j\r de la fte du ,sacr-,cur1 dans un transport o elle contempla ,jsus s\s sa c\ronne d'p9es1 et le cur lacr de plaies4 ,l'preuve comm5a p> des t5tations biz>res1 qui allr5t en s'exasprant1 mesure qu',anna s'enh>dissait contre elles et les mprisait4 ,la ce9ture de f] qu'elle portait aut\r des re9s disp>aissait sans qu'elle pt s'expliqu] comm5t4 ,tantt des images obscnes la hantai5t1 tantt des btes hideuses f\rmillai5t trav]s sa *ambre4 ,si elle v\lait pr(r] le nom de ,jsus1 des doigts lui s]rai5t la gorge1 l'tranglai5t4 ,qu& elle pr5ait le *em9 de l'glise1 il lui semblait qu'une nappe d'eau subm]geait la campagne et qu'en avanant elle se noi]ait4 ,les exorcismes rompai5t p\r quelques j\rnes ces obsessions4 ,mais1 alors1 elle tait att]re d'elle-mme1 sollicite au suicide4 ,elle voyait sur la table une corde1 un c\teau1 du poison4 ,une fois mme elle avala un rel poison1 mais le rejeta aussitt4 ,p\rtant1 dans les int]valles de ces supplices1 des joies extatiques la comblai5t2 elle recevait en son me t\tes les gloires du ,*ri/ s\ffrant1 les agonies de sa ,passion transfigures1 et sur les suavits ineffables de cette agonie rdemptrice une de ses confid5ces ouvre un abme de lumire3 ,l'tat dans lequel on se s5t fait p5s] celui de nos premi]s p>5ts en l'tat d'innoc5ce3 les trois puissances1 la mmoire1 l'intellig5ce et la volont1 ne sont plus s\s l'influ5ce des suites du p* orig9el1 et peuv5t s'adonn] sans entraves leur activit suprieure4 ,la compassion qui la transp]ait en prs5ce de l',am\r d*ir lui mrita de port] mme sur sa *air les signes du crucifiem5t4 ,aprs une extase o elle avait s5ti le ,sauveur t] de son propre front la c\ronne d'p9es p\r lui en ce9dre la tte1 elle vit avec effroi que du sang avait c\l de son front jusqu' ses vtem5ts4 ,le #cj m>s #ahfj1 comme elle fut porte1 en esprit s\s la ,croix1 un rayon1 aigu comme une lance1 p>tit du ,cur crucifi1 transv]bra le si51 en fit c\l] du sang et de l'eau4 ,lorsqu'elle reprit ses s5s1 elle avait une fivre dvorante et le sang avait p]c jusqu' sa robe4 ,le #f avril1 le ,v5dr$i ,sa9t1 explique-t-elle1 ayant suivi le ,sauveur jusqu'au ,calvaire dans une gr&e et ard5te compassion1 au mom5t o le d\x ,agneau fut atta* la croix1 une v]tu my/rieuse sortit de lui p\r dilat] les puissances de mon me et de mon corps4 ,une vive lumire me jeta p> t]re1 m't5dit sur une croix my/ique1 et aussitt des rayons lum9eux1 sortant des plaies du ,sauveur comme des cl\s normes1 v9r5t p]c] mes ma9s et mes pi$s4 ,la d\leur fut telle que jamais je n'en avais pr\v de p>eilles dans mes extases4 ,le sang c\la abondamm5t4 ,rev5ue moi1 j'eus beauc\p de *agr9 de con/at] les plaies visibles sur mes ma9s4 ,je n'en p>lai p]sonne et dissimulai mon tat aux yeux de t\s4 ,bi5 d'autres my/iques1 et surt\t des femmes1 ont eu ce poignant privilge de la ,compassion empre9te p> des /igmates4 ,mais1 *ez ,anna1 ces phnomnes concidr5t avec une autre rvlation3 le l5dema91 j\r de ,pques1 l'ordre lui fut rxr de fond] un c\v5t dom9ica9 et le ,*ri/ lui dsignait mme la maison o elle devait1 avec ,anna ,engels1 se retir]4 ,elle consulta des religieux2 son projet p>aissait extravagant1 ils y mir5t ob/acle4 ,l'un v\lait faire entr] ,anna ,mos *ez les ,francisca9es g>de-malades1 un autre dans un ,c>mel4 ,elle va9quit la rsi/ance de son directeur1 le ,p4 ,romi1 en lui signalant un pisode de sa vie intrieure qu'elle ne p\vait1 jugea-t-il1 connatre d'une connaissance naturelle#bc4 #bc ,il avait pr\v1 dans son c\v5t1 un petit froissem5t d'am\r-propre4 ,elle lui dit3 ,tel j\r1 telle heure1 v\s avez eu cette p5se4 ,il obt9t de deux vieilles filles1 p\r les s]vantes de ,dieu1 un gte aussi pauvre que l'table de ,be?lem4 ,c'tait une petite f]me dlabre1 pro*e de ,luxemb\rg1 au ,limp]tsb]g1 si tri/e et malpropre1 raconte ,anna1 qu'elle n\s fit l'effet d'un repaire de brig&s4 ,au moy5 d'une *elle on arrivait un gr5i] dont le plan*] tait tellem5t tr\ qu'on risquait1 *aque pas1 de tomb] dans la pice du rez-de-*ausse4 ,le toit tait si mauvais que la pluie et la neige y entrai5t librem5t444 ,un j>d9 att5ait cette masure2 mais comm5t1 p\r le cultiv]1 a*et] les sem5ces8 ,anna ,mos et ,anna ,engels eur5t l'ide d'all] dans les immondices ramass] des *iffons et de les v5dre4 ,elles fir5t transport] quelques meubles1 hrits de l'abb ,mos1 dans le logis qu'elles n'euss5t pas *ang contre un palais1 et1 le #bb m>s #ahfa1 elles y passr5t la premire nuit4 ,une tempte affreuse faillit r5v]s] le toit4 ,anna ,mos1 priant jusqu'au mat91 s'en ap]ut pe9e1 et ,anna ,engels dormit dans une paix dlicieuse4 ,ds le l5dema91 elles suivir5t la rgle conv5tuelle que leur avait trace le ,p4 ,romi4 ,mlle ,mos avait pris le nom de ,sur ,claire1 et ,mlle ,engels1 celui de ,sur ,josepha4 ,elles se levai5t m9uit p\r les ,mat9es1 se rec\*ai5t un c\rt mom5t1 puis se r5dai5t la ,messe1 =t lo91 en ple9e nuit noire1 dans la *apelle des ,rdemptori/es4 ,p> les temps mauvais elles arrivai5t trempes1 re/ai5t des heures l'glise4 ,au ret\r1 des travaux manuels c\pai5t les (fices4 ,a midi1 elles mangeai5t1 ag5\illes devant un maigre feu1 des pommes de t]re cuites l'eau4 ,p>fois elles n'avai5t ni pommes de t]re ni pa91 et travaillai5t jusqu'au soir sans autre n\rriture que l',ho/ie4 ,bi5tt1 quelques pieuses femmes se joignir5t elles4 ,le noyau d'une communaut rgulire se con/itua4 ,les ,rdemptori/es confir5t aux ,surs le so9 du l+e de la sacri/ie4 ,leur dnm5t s'attnua1 mais les s\ffrances extatiques ou dmoniaques de ,sur ,claire p]si/ai5t2 dans la vie commune1 elle ne p\vait plus les ca*]4 ,la premire fois que ,sur ,josepha fut tmo9 d'une extase de la ,passion--c'tait un ,v5dr$i de ,c>me1 en #ahfa1--;elles disai5t ensemble les petites ,heures de l'(fice de la ,sa9te ,vi]ge4 ,t\t d'un c\p1 ent5dant ,sur ,claire s'arrt]1 ,sur ,josepha lve les yeux1 ap]oit du sang qui ta*ait le bonnet de sa compagne et c\lait en grosses g\ttes sur son front4 ,sur ,claire1 *ancelante1 se retire dans sa cellule1 et ,sur ,josepha l'y tr\ve t5due sur son lit1 les ma9s jo9tes1 le b\*e entr'ouv]te et comme dess*e1 les yeux et les tempes enfoncs1 ple et raide comme une morte4 ,a onze heures du mat91 elle sortit de cette extase1 mais faible1 hors d'tat de se s\t5ir1 brle d'une soif horrible4 ,ses *eveux tai5t imbibs de sang1 les plaies des ma9s et des pi$s tai5t normes1 celles des pi$s plus gr&es que celles des ma9s4 ,une autre ,sur1 plus t>d1 a dcrit1 en des t]mes m9utieux1 les /igmates des ma9s3 ,ils tai5t ronds1 un peu allongs du ct des doigts1 r\ges et remplis de sang caill1 d'environ un deux c5timtres de diamtre4 ,on voyait dans le milieu de la ma9 un t\t petit creux1 et1 du ct oppos1 une petite prom95ce1 comme si un cl\ avait t enfonc du d$ans au dehors4 ,le plus trange peut-tre en ces ravissem5ts1 c'tait de les voir int]rompus s\da92 elle repr5ait une faon de vivre normale1 p>lait1 rpondait comme si ri5 ne se ft pass1 puis retombait subitem5t dans sa vision1 dfigure1 les yeux fixes1 se tordant les ma9s1 rlante1 agonisante1 p>fois les bras t5dus et s\t5ue dans le vide4 ,elle eut des extases purem5t joyeuses1 celle entre autres d'un mat9 de ,pques o1 v]s trois heures1 elle se leva1 c\rut sonn] t\te vole la petite clo*e du ,c\v5t2 elle criait3 ,jsus e/ ressuscit1 alleluia6 et ne sortit de son transport qu'en reconnaissant1 aut\r d'elle1 le c]cle des ,surs eff>es4 ,le plus s\v5t1 ses lvations tai5t crucifiantes4 ,elle ne ret5ait po9t1 comme ,ca!r9e ,emm]i*1 p\r les transcrire en tableaux1 les circon/ances de la ,passion4 ,elle entrait1 avec ,angle de ,foligno1 dans l'intime des blessures de l',homme-,dieu1 les pr5ait en son tre autant et plus que son humanit le tolrait4 ,c>1 av\e-t-elle1 il m'e/ impossible de dcrire ce que je s\ffre1 et je s]ais incapable de l'endur]1 si ,dieu ne me mettait dans l'tat surnaturel de l'extase4 ,le ,sauveur m'unit en quelque sorte sa nature div9e1 dans la mesure o ,il veut que je pr5ne "p ses s\ffrances444 ,les d\leurs physiques sont si =tes que je ne puis les comp>] aucune s\ffrance naturelle4 ,ces plaies produis5t une s5sation trs p>ticulirem5t aigu1 mais qui n'excite dans l'me aucun dsir d'en tre dlivre ou seulem5t s\lage444 ,il e/ ncessaire p\r cela que le corps soit entran p> l'me dans un tat suprieur et surnaturel qui le recre et le trans=me en quelque sorte444 ,l'me1 de son ct1 voyant la docilit et l'am\r avec lesquels le corps assume ces dures s\ffrances1 se tr\ve enc\rage le s\t5ir1 et d'autant plus qu'elle con/ate que le corps ne lui fait plus d'ob/acle p\r sa vie suprieure et surnaturelle4 ,d'autre "p1 les ,esprits malfaisants se relayai5t la t\rm5t]4 ,ils la frappai5t1 la tranai5t trav]s sa cellule1 essayai5t de l't\ff] s\s la paillasse de son lit4 ,une des surs l'en retira1 un mat91 demi morte4 ,p5dant ses jenes1 une faim atroce la rongeait2 il lui semblait qu'un tr\peau de m\tons n'aurait pas suffi la rassasi]4 ,et cette faim n'avait ri5 d'une faim naturelle qui1 s\ff]te p\r ,dieu et son glise1 accroissait1 au contraire1 en elle1 la *>it et l'am\r de la pnit5ce4 ,dans l'glise1 elle voyait une cohorte de dmons1 t5dant des glaives de flamme1 faire la haie depuis la porte jusqu' la table de la communion4 ,des viol5ces mme physiques assaillai5t sa *a/et4 ,excde1 pro*e du dsespoir1 croyant sa damnation c]ta9e1 elle n'ap]cevait qu'une dlivrance3 fuir n'importe o4 ,un j\r1 elle s'enfuit rellem5t1 c\rut la g>e et prit un billet p\r ,trves4 ,a pe9e arrive en cette ville1 aprs avoir pu communi] dans la ca?drale1 elle s5tit qu'une =ce surhuma9e l'enlevait trav]s l'espace4 ,elle fut transporte1 en ,france et en ,allemagne1 au milieu d'assembles lucifri5nes et contra9te d'assi/] des abom9ations4 ,les dmons la m>tyrisr5t1 la jetr5t1 m\rante d'horreur et de faim1 p>mi les arbres d'une =t sans r\te4 ,l1 elle p]ut dans l'air un bruissem5t et une cl>t qui croissait4 ,la ,vi]ge ,m>ie1 avec des ,anges1 desc5dait la dlivr]4 ,elle lui fit boire un breuvage qui la ranima1 et l'emm5a en planant au-dessus des villes1 des villages1 des fleuves et des bois1 jusqu' un petit b\rg situ sur une montagne444 ,les portes de l'glise s'ouvrir5t d'elles-mmes1 et je fus dpose dans une *apelle gau*e o se tr\vait une belle /atue de la ,mre des ,d\leurs4 ,en sortant1 elle apprit1 l'aub]ge vois9e1 que cette *apelle tait un lieu de pl]9age1 ddi ,sa9t ,eb]h>d1 dans le diocse de ,trves1 et elle regagna son c\v5t o ses compagnes se dsesprai5t4 ,a ces t5tations exorbitantes s'adjoignait1 p\r elle1 la tri/esse de l'impit d'un sicle qu'elle voyait trs misrable4 ,cet vnem5t eut lieu du #f au #h dcembre #ahgg4 ,trois ans aup>avant1 elle avait eu la vision du ,*ri/ ju/ici] pr(rant d'une voix semblable au tonn]re3 ,o monde1 monde aveugl1 p\rquoi me p]scutes-tu8 ,que t'ai-je donc fait8 ,mais la ,mre de ,dieu adjurait son ,fils d'avoir encore piti2 elle ,lui prs5tait ,sur ,claire comme expiatrice2 et le poids des p*s du monde tomba sur la victime1 avec une angoisse et des remords indicibles4 ,auprs de tribulations p>eilles comptai5t peu les opprobres v5us des hommes2 on se d\te qu'ils ne lui fur5t pas p>gns4 ,elle avait fait dem&]1 en #ahfc1 l'vque de ,luxemb\rg1 son approbation p\r la petite communaut2 prv5u contre elle1 il refusa net1 et mme v\lait exig] la disp]sion des surs2 elles obt9r5t cep5dant de re/] ensemble p\r cultiv] la f]me1 mais sans oratoire1 sans habit religieux1 sans p\voir admettre aucune des v+t po/ulantes qui v\lai5t s'associ] elles4 ,la s\mission de ,sur ,claire fut totale et admirable3 ,mon me1 rem>quait-elle1 a un beso9 naturel d'tre mprise et humilie de temps en temps444 ,p>fois je suis tonne d'ent5dre dire que les mpris bless5t et (f5s5t pr(ondm5t4 ,cela me p>at incompatible avec le vritable am\r de ,dieu444 ,o un mpris1 un seul mpris1 que de gr&es *oses il peut valoir devant ,dieu6444 ,je n'ai pas d'ennemis1 c> t\s ceux qui n\s calomni5t et n\s p]scut5t sont nos meilleurs amis4 ,p\rtant1 le ,ti]s-,ordre de ,sa9t ,dom9ique comm5ait se propag] dans le ,gr&-,du* de ,luxemb\rg4 ,sur ,claire et les autres ,surs y fur5t admises4 ,c'tait une tape v]s la fondation du mona/re rguli]4 ,d'in9tellig5tes ho/ilits la ret>dai5t4 ,une fausse extatique s'tait introduite auprs de ,sur ,claire2 l'vque les condamna t\tes deux1 int]dit aux prtres qui les dirigeai5t d'avoir dsormais aucun rapport avec elles4 ,sur ,claire se vit dlaisse1 mprise comme une visionnaire maladive et dang]euse4 ,elle n'aurait1 p> in/ants1 s\hait qu'une *ose3 tre libre de sa mission1 ne plus appro*] de ,dieu p> des *em9s extraord9aires4 ,mais la ,voix inflexible lui intimait d'obir en t\t3 ,je veux a*ev] en toi ce que j'ai comm5c1 tu n'z pas la possibilit d'*app] ma puissance4 ,le mme ,esprit1 qui lui comm&ait de s\ffrir1 l'armait d'une =ce suprieure t\tes les lassitudes4 ,en #ahfi1 et p5dant les six annes qui suivir5t1 elle satisfit aux ncessits rp>atrices en jenant t\t le ,c>me un jene absolu1 n'tant su/5te que d'un seul alim5t3 de la communion quotidi5ne4 ,et son corps se pliait cette ab/95ce4 ,elle ne dormait qu'une heure p> nuit4 ,des priodes de paix radieuse surpayai5t ses dsolations4 ,elle atteignait une telle pr(ondeur d'union trans=mante que1 p>fois1 la prs5ce s5sible du ,*ri/ se sub/ituait en elle au s5tim5t de sa propre vie3 ,ds que j'eus reu la ,communion--ceci se passait en #ahgf1 le j\r de la fte du ,sacr-,cur1--je p]u que mon cur tait my/rieusem5t trans=m en celui de mon ,bi5-,aim4 ,les espces du pa9 disp>ur5t1 et je s5tis en moi le ,cur vivant de mon ador ,rdempteur qui enveloppa totalem5t mon cur et le liqufia1 de faon que je dus me dire3 ,ton cur n'exi/e plus2 sa place se tr\ve celui de ton p\x bi5-aim4 ,huma9em5t1 des assi/ances imprvues1 celle d'un oncle prtre qui rev9t des tats-,unis1 celle du ,p4 ,r\>d de ,c>d1 vicaire gnral des ,frres-,pr*eurs1 avai5t s\lag l'excessive indig5ce du ,c\v5t et r$ress1 l'g>d de ,sur ,claire1 l'op9ion publique4 ,les ,surs avai5t ma9t5ant un petit oratoire2 en #ahgc1 il leur fut p]mis de faire1 l1 pr(ession4 ,elles tai5t dom9ica9es1 mais sans l'habit4 ,l'vque de ,luxemb\rg m\rut2 son successeur1 ,mgr ,koppes1 autrem5t dispos1 fit exam9] p> des ?ologi5s les rvlations de ,sur ,claire4 ,ils rpondir5t l'unanimit3 ,sur ,claire n'a pu tre trompe p> le ,dmon et t\t ce qu'elle se propose e/ l\able4 ,la ,volont du ,*ri/ lui dsigna1 p\r y tablir le mona/re des dom9ica9es1 une valle du ,luxemb\rg belge1 ,clairefonta9e1 a9si appele p>ce que ,sa9t ,b]n>d1 dit-on1 accompagnant le ,pape ,eugne ,,iii de ,reims ,trves1 fit halte en ce lieu et bnit une s\rce dont l'eau reut une v]tu de gurison4 ,des *tela9s du pays donnr5t l'arg5t que ,sur ,claire n'avait pas1 af9 qu'on pt con/ruire une *apelle et des btim5ts4 ,sur ,claire1 seule religieuse de *ur depuis qu'tai5t mortes ,sur ,josepha et ,sur ,johanna1 aide de quelques conv]ses1 disposa t\t dans leur n\velle demeure1 avec un en?\siasme de joie qu'atte/e cette p>ole d'une de ses lettres3 ,p\r faire la volont de ,dieu1 j'affront]ais le glaive et le feu4 ,je s5s en moi une telle =ce surnaturelle qu'il me semble que ri5 ne p\rra m'branl]4 ,qu'un monde n\veau et un enf] n\veau surgiss5t et se conjur5t p\r m'ext]m9]1 je ne bron*]ai pas4 ,le #cj avril #ahhb1 en la fte de ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 fut clbre la crmonie de sa vture1 o1 selon le rite de l',ordre1 l'(ficiant prs5te aux novices deux c\ronnes1 une de fleurs et une d'p9es4 ,devant celle-ci1 ,claire ,mos n'tait po9t une novice4 ,la c\ronne qu'elle avait1 en secret1 *oisie ds son enfance1 elle la pr5ait liturgiquem5t2 de mme que la conscration de l',ordre dom9ica9 au ,sacr-,cur1 accomplie1 depuis des annes1 dans le dsir de la ,voyante1 avait t visiblem5t ralise p> le ,pre ,j&el1 peu avant sa mort1 en #ahgb4 ,mais ,sur ,claire ne dem&ait ,dieu que de s\ffrir jusqu' la f94 ,elle v\lait les drisions et les injures comme son seul manteau de gloire4 ,le fiel ne manqua jamais dans son calice4 ,en #ahhd1 il y eut1 trav]s les rues de ,luxemb\rg1 au temps du c>naval1 un dfil sacrilge2 ,sur ,claire1 en effigie1 fut baf\e1 d%onore avec les prtres qui la dirigeai5t4 ,deux ans plus t>d1 au mom5t d'une grve1 les ouvri]s d',arlon allr5t manife/] devant le mona/re de ,clairefonta9e2 on insulta les religieuses1 on lana des pi]res contre leur porte2 une ha*e envoye p>-dessus le mur de la clture alla s'enfonc] dans le plan*] d'une cellule4 ,les ,surs dcidr5t de rev5ir ,luxemb\rg1 au ,limp]tsb]g1 et c'e/ l que fut difi leur c\v5t actuel4 ,l'ampleur des con/ructions1 proportionne l'afflu5ce des po/ulantes1 fait song] au gra9 de s5ev dev5u un gr& arbre4 ,sur ,claire1 lue prieure1 se manife/a aussi apte au g\v]nem5t temporel qu' la direction asctique4 ,ses maximes portai5t le sceau d'un bon s5s que les inspirations div9es avai5t confirm dans sa rectitude3 ,les au/rits1 disait-elle1 doiv5t tre pratiques avec un esprit vrai d'humilit et de r5oncem5t2 sans cela elles sont vides de mrites et peuv5t dev5ir une abom9ation aux yeux de ,dieu444 ,mieux vaut faire peu avec suite et allgresse que de se *>g] de f>deaux qu'il faut dpos] presque aussitt4 ,l'obissance extrieure1 sans la s\mission de la ,volont et du jugem5t1 e/ comme l'enveloppe d'une noix sans son fruit4 ,la vraie lib]t consi/e dans l'obissance4 ,p\r prv5ir les zizanies1 les aigreurs mdisantes1 les vanits /riles1 elle avait impos une rgle3 qu& deux religieuses1 p5dant la rcration1 s'entret5ai5t1 il leur tait int]dit de p>l] d'une troisime1 ni de se dc]n] l'une l'autre des l\anges4 ,elle exigeait des ,surs l'obissance absolue1 mais s'humiliait devant elles1 expiait leurs fautes leur place1 v\lait tre la plus pauvrem5t vtue4 ,trois ans avant sa mort1 le #bi juillet #ahib1 elle subit encore une crise d'obsessions dmoniaques o elle se croyait damne1 criait son dsespoir1 injuriait1 malgr elle1 le prtre qui l'exorcisait4 ,victorieuse jusqu'au t]me1 elle ne connut le repos qu'aprs avoir consomm l'(fr&e d'elle-mme4 ,les d]ni]s temps de son preuve t]re/re1 elle ne p\vait plus1 trop faible1 quitt] sa cellule4 ,mais1 de son lit1 ses yeux atteignai5t le *ur de l'oratoire et l'autel4 ,elle expira le #bd fvri] #ahie1 sa tte incl9e en avant1 comme ,jsus moribond4 ,sa b\*e et ses yeux se f]mr5t d'eux-mmes4 ,il ne semble pas que sa mort ait suscit aut\r de sa vie une immdiate rumeur de vnration4 ,j'allai ,luxemb\rg six mois plus t>d1 j'y ret\rnai en #ahif2 p]sonne ne me p>la d'elle dans le pays4 ,elle devait tre de ces mes ca*es qui m]g5t peu peu du sil5ce et d'une sorte de nuit surnaturelle4 ,je n'ai pu qu'abrg]1 traits rudim5taires1 les phases saillantes d'une exi/5ce dont le rcit intime1 trac p> ,anna ,mos la dem&e expresse de son confesseur1 ti5t #a1gjd pages de manuscrit4 ,ce que j'en ai dit suffit dvoil]1 une fois de plus1 l'9valuable p\voir d'une me qui s'e/ donne au ,*ri/ totalem5t4 ,l'lection my/ique de ,sur ,claire1 ses d\leurs et ses joies surm95tes tmoign5t quel prix ,dieu mettait l'av5ir de l',ordre dom9ica92 et telles fur5t les conditions de sa r5aissance1 telles demeur5t celles de sa dure4 ,la vraie dom9ica9e se btit dans les s\ffrances1 rptait ,sur ,claire4 ,la croix de ,lacordaire1 dans la crypte des ,c>mes1 la grossire croix brune c\ronne d'p9es o il se faisait susp5dre et flagell] a plus acquis aux ,frres ,pr*eurs que t\tes les p]suasions de son loqu5ce4 ,n\s sommes faits1 disait le ,cur d',ars1 en =me de croix4 ,se faire croix1 c'e/1 qu'on le veuille ou non1 l'unique manire d'tre homme au s5s de ,dieu4 ,,le ,,ca?olicisme ,,de ,,b>bey ,d',,aurevilly ,le c5t5aire#bd de ,b>bey d',aurevilly semble une occasion de ru9] sa lg5de p>adoxale et d'impos] sur sa mmoire un jugem5t vridique en criant la gr&eur de ce qu'il fut4 #bd ,d',aurevilly e/ n le #b novembre #ahjh4 ,il prvoyait assurm5t l'indiffr5ce po/hume des gnrations4 ,il eut le cur assez haut p\r en s\ffrir peu2 sans t\tefois port] le dda9 ou l'abngation jusqu' v\loir se faire1 a9si que ,maurice de ,gur91 son ami1 une aurole d'obscurit1 ni pr5dre son compte le mot plus humble de ,donoso ,corts3 ,je ne veux pas que mon nom rsonne2 c> il aima le succs1 mme populaire#be3 *acun de ses ret\rs en ,basse-,norm&ie1 dans ce ,cot5t9 o les vieilles p*euses l'appelai5t t\j\rs ,monsieur ,jeules1 il exultait de retr\v] son pays plus fi] de ce qu'il l'avait pe9t4 ,mais il ne p\vait admettre qu'un ca?olique condesc5dt des c\rbettes devant les disp5sateurs de glorioles3 ,hello1 qum&ant des articles laudatifs1 l'indignait4 ,en songeant ,raymond ,brck]1 le magnanime aptre qui1 ayant beauc\p fait p\r l'glise1 n'en avait ri5 eu1 il concluait p\r lui-mme1 lo9 de t\te aigreur3 #be ,j'ai la plus belle popul>it de salon1 crivait-il ,trebuti5 en #ahde1 au mom5t o il travaillait ,une vieille matresse1 et je veux un succs grossi] de cab9et de lecture4 ,le ca?olicisme a cela de beau qu'il peut1 sans +ratitude1 se d*>g] sur ,dieu du so9 de pay] les s]vices qu'on lui r5d#bf4 #bf ,romanci]s d'hi] et d'avant-hi]1 p4 #aec4 ,seulem5t1 plus d'une fois1 il se revan*a p> un sursaut d'orgueil des aveuglem5ts et des ha9es qu'il affrontait3 ,le btail imbcile qui =me le monde e/ digne d'un tel mpris que la plus belle p\rpre qu'on puisse atta*] aux paules d'un tre fi]1 c'e/ la p\rpre de la calomnie1 et les plus beaux diamants dont on puisse con/ell] cette p\rpre1 ce sont les cra*ats de l'insulte qu'on ne mrite pas#bg4 #bg ,s5sations d'hi/oire1 p4 #aid4 ,calomni1 il le fut et dnigr1 plus encore p> ceux qui devai5t le df5dre que p> les autres4 ,m4 de ,pontm>t9 dpassa contre lui ,zola en cret de rage4 ,il a eu beau disp>atre3 ou bi51 son g>d1 l'iniquit du sil5ce se prolonge2 ou on s'en ti5t l'op9ion qu'ont faite ses ennemis2 on lui en veut1 comme s'il vivait1 de deux supriorits irrmissibles3 d'avoir t un ari/ocrate et un ca?olique1 et de l'avoir t sup]bem5t1 en conqurant1 non en va9cu4 ,son ari/ocratie#bh1 mme s'il en et r5i les pr9cipes1 et (f5s des temps dmagogiques excrant d'in/9ct quiconque humilie1 p> sa /ature1 l'anonyme pleutr]ie des masses4 ,mais ,b>bey d',aurevilly1 lo9 d'effac] son cusson sur sa porte1 le relu/ra1 et laissait clat] dans t\s ses ge/es les privilges d'un sang hauta94 ,bi5 qu'il crt aux ari/ocraties p]sonnelles--c]ta9es individualits val5t des races1 p>ce qu'elles sont faites p\r en fond]1--il n'en croyait pas mo9s que le signe le plus au!ntique d'une lite traditionnelle1 le gnie du ,comm&em5t1 peut pass] d'un anctre quelques desc5dants lus4 ,ces virtualits hrditaires1 p\r sa "p1 il les transmua en =ce imag9ative et en ides1 les glorifia dans ses fictions4 #bh ,paul ,b\rget1 qui fut son intime et qui l'a df9i avec sa pntration dans la prface du deuxime mmor&um1 me livrait nagure 7dcembre #aibf7 ces p>ticul>its4 ,qu9ze j\rs avant sa mort1 d',aurevilly l'appela auprs de lui1 rue ,r\sselet1 et lui montra des papi]s de famille tablissant que son arrire-gr&-pre tait le *evali] ,b>bey3 ,v\s atte/]ez1 lui dit-il1 que mon vrai nom n'e/ pas ,b>bey d',aurevilly1 que je suis le *evali] ,b>bey4 ,faut-il admettre que ce ,b>bey fut fait *evali]1 ayant cons5ti p\s] une demoiselle honore quelques sema9es des faveurs de ,l\is ,,xv et dev5ue ence9te du ,roi8 ,b\rget int]rogea un j\r sur cette orig9e ,b>bey2 il rpondit p> une b\tade3 ,je ne veux pas tre le c\s9 du comte de ,*ambord1 d'un pr9ce qui ne sait pas mont] *eval4 ,mais le duc d',aumale1 qui se croyait bi5 in=m1 dit au mme ,paul ,b\rget1 lorsqu'il lui posa cette "q3 ,oui1 ,b>bey e/ un ,b\rbon4 ,aussi ses gts ari/ocratiques lui fur5t-ils imputs comme une bravade4 ,il e/ clair que son beso9 de s'en t>gu] trahissait l'inquitude d'une dcad5ce1 de mme qu'avant lui1 *ez ,sa9t-,simon1 le t\rm5t des prsances et de l'tiquette4 ,nanmo9s1 il y avait l mieux qu'une pose d'arti/e et de monda92 le g5tilhomme en lui se df5dait1 df5dait t\t un monde contre la subm]geante vulg>it4 ,ses semblants de d&ysme1 son s\ci des nuances r>es et des s5tim5ts absolus quivalai5t des ve/iges d'indp5dance fodale4 ,il se p]mettait des lgances tran*antes1 sa*ant trop que p]sonne n'aurait l'audace de les imit]1 et il eut celle d'tre lui aussi bi5 dans les d5telles de ses cravates et les tortillons de ses p>aphes sanglants que dans ses p>adoxes de contre-rvolutionnaire et de *rti54 ,ce que ses manires talai5t d'orig9al et qu'on a pris p\r de l'enfantillage romantique rpondait l'esprit d'une ca/e qui1 dp\ille de ses di/9ctions1 p\r atte/] qu'elle ne v\lait pas m\rir1 se s+ul>isait plus jal\sem5t4 ,ses attitudes o/5tatoires prv5ai5t une anxit du mme ordre4 ,d'ailleurs1 il ne dp5dait gure plus de son caprice d'avoir1 comme euss5t dit ses pres1 le b\te-hors ais et avantageux1 que d'tre d\ d'une voix mordante et d'un il de g]faut4 ,il tait de ceux qui port5t leur blason jusque dans la g\ttire de leur nez4 ,il et v\lu s'encanaill]1 ou se faire une *9e docile2 malgr lui1 il se s]ait dnonc patrici51 imprieux4 ,trs consci5t de ce qu'il valait1 il passait au milieu des hommes avec une allure de ju/ici]1 n'oubliait pas qu'il avait eu p\r aeul un gr& bailli robe r\ge1 ,ango1 longtemps fameux en ,norm&ie p> ses rigueurs4 ,s\s son h>nois de j\rnali/e1 il n'abdiqua po9t la fran*ise de sa fi]t3 ,on doit la vrit1 prononait-il1 t\s1 sur t\t1 en t\t lieu et t\t mom5t1 et on doit c\p] la ma9 ceux qui1 l'ayant dans cette ma91 la f]m5t4 ,il sabrait les coqu9s et les mdiocres1 d'autant plus qu'il les voyait puissants1 et se plaisait claironn] les noms d'inconnus qu'il admirait4 ,plus /rictem5t qu' ,sa9t-,simon1 il lui et t p]mis de tmoign] qu'il g>dait son pucelage enti] sur les bassesses2 il m\rut1 a9si qu'il se le promettait1 sans avoir quitt son gant blanc1 et put le t5dre ,dieu1 net au mo9s de t\t vasselage malpropre4 ,de telles faons cavalires devai5t exaspr] ou le r5dre incomprh5sible2 une av]sion1 faite de peurs et de rancunes1 s'e/ t5due de sa p]sonne son uvre4 ,comm5t1 au re/e1 et-on support des livres qui pr5ai5t rebr\sse-poil les prjugs mod]nes8 ,l'ari/ocratie elle-mme1 au temps de ,l\is-,philippe et du ,second ,empire1 elle que d',aurevilly reconnaissait tiole p> la vie de salon1 hbte p> le turf1 ou racornie1 en prov9ce1 au fond d'un /rile isolem5t1 aurait-elle saisi la beaut d'un roman1 tel que le ,*evali] ,de/\*es1 conu la gloire de la ,*\ann]ie8 ,auj\rd'hui1 plus encore1 peu de lecteurs1 voire titrs1 s5tirai5t la magnific5ce de cette p>ole que1 dans l',ensorcele1 la vieille ,clotte jette aux pi$s de l'abb de la ,croix-,jugan3 ,ah6 v\s autres seigneurs1 qu'e/-ce qui peut effac] en v\s la m>que de votre race1 et qui ne reconnatrait pas ce que v\s tiez aux seuls os de vos corps1 qu& ils s]ai5t c\*s dans la tombe8 ,ses romans sont crits comme les ,mmoires d'un homme de qualit qui aurait trav]s des av5tures de gu]re#bi ou d'am\r1 s\v5t tranges1 au-dessus de la vie commune1 en des pays exc5triques1 vieux de murs et d'aspects1 o son me1 comme celle d'un b\vi] norm& d'autrefois1 se saturait de lg5des et voyait spontanm5t le surnaturel insr dans les faits tangibles4 ,une re de vile b\rgeoisie1 s'il en fut jamais1 une ,france peu romanesque1 lasse de ses antiques v]tus gu]rires1 blasphmant t\t ce qu'elle avait cru1 p\vait-elle en faire sa pture8 #bi ,v4 dans le livre de ,franois ,,laur5tie3 sur ,b>bey d',aurevilly1 son masque mortuaire reproduit en frontispice4 ,c'e/ le visage d'un vieux colonel de lanci]s4 ,d'autre "p1 son ca?olicisme lui valut des ho/ilits sans m]ci2 l'intransigeance1 en critique1 de ses convictions1 gnait les croyants de moy5ne espce non mo9s que les libres p5seurs4 ,qu& les ca?oliques subissai5t l'erreur du libralisme1 d',aurevilly1 avec ses axiomes f\droyants p\r la tolrance1 sa fidlit expliqu] l'hi/oire dans le s5s absolu de l'glise et scrut] les vnem5ts s\s le flambeau de ses seules doctr9es1 eff>ait la quitude des compromis4 ,comme il ne s'embrigada dans nulle faction politique1 pas plus qu'il ne v\lut tre d'aucun cnacle ni d'aucune ,acadmie1 les milieux clricaux se mfir5t d'un si r$\table palad94 ,la mdiocratie1 soi-disant religieuse1 rpr\va1 plus que des matres incroyants1 un arti/e qui1 s'avrant ca?olique1 reprs5tait sans fausses dc5ces les dsordres de la *air1 ou ailleurs exaltait le sa9t et le pauvre1 ces deux p\vantails des honntes g5s4 ,et p\rtant1 ds ici proclamons-le1 ,b>bey d',aurevilly re/]a une des gloires les plus solides du ca?olicisme intellectuel1 au sicle d]ni]4 ,ses romans ont pr\v--ce que ,*ateaubri& n'avait su dmontr] p> l'exemple--qu'un art imbu de surnaturalisme1 six c5ts ans aprs ,dante1 e/ encore possible1 et que les s\rces des intuitions suprieures ne sont po9t f]mes p\r n\s4 ,en tant qu'essayi/e et philosophe ca?olique1 mo9s p]ant que ,joseph de ,mai/re dans l'acuit des ap]u1 il le vaut p> la dcision et l'ampleur de son dogmatisme4 ,il ram5a t\tes les modulations de ses ides cette unique vid5ce qu'en dehors du ca?olicisme il n'y a ri5 de pr(ond nulle "p2 po/ulat dont sa propre expri5ce vrifia l'absolue ju/esse2 c> si sa foi ne fut pas t\t son gnie1 son gnie1 hors de sa foi1 n'et t qu'une flamme errante1 dva/atrice1 s'agitant au gr des p>tis pris et des passions4 99 99 99 99 99 ,ce qu'il dut ses croyances1 il le savait d'autant mieux que1 sans avoir jamais r5i son patrimo9e de ca?olicisme1 jusqu' son ge mr il le laissa dormir infructueusem5t4 ,ses deux premi]s ,memor&a 7#ahcf-ahch71 ses pomes de jeunesse1 ,la1 ,amade1 ,ce qui ne meurt pas1 accus5t les g>em5ts de s5sibilit1 la dtresse d'orgueil o ses =ces euss5t dpri1 s'il ne ft enf9 rev5u1 de t\t son lan1 aux tonifiantes rfections des n\rritures sacram5telles4 ,aprs une phase juvnile1 celle de son droit ,ca51--il rvait alors d'une vie fr+ante1 du bruit militaire1 des *>ges et des sonn]ies1 des uni=mes et des aiguillettes1--il pr\va1 entre v+t-c9q et tr5te ans surt\t1 une priode d'anmie s5tim5tale1 de tri/esse s*e1 de s5sation du nant4 ,le byronisme l'atteignit plus intimem5t que bi5 d'autres1 p>ce qu'il tr\vait une sduction cette am]tume mprisante de l'ari/ocrate qui s'ennuie4 ,l'ennui dev5ait le dieu de sa vie4 ,il se jugeait vieux1 vieux1 vieux4 ,des veilles dmesures1 un rgime biz>re--s\v5t il dnait d'une tran*e de melon ou d'un morceau de sucre1 ou mme ne dnait pas du t\t--entret9r5t son tat mlancolique4 ,lorsqu'il re/ait seul1 dans sa *ambre1 au crpuscule1 des angoisses indf9ies l'oppressai5t2 un temps pluvieux1 l'aprs-midi d'un diman*e1 p> les rues ds]tes1 le navrai5t comme un ab&on4 ,irrguli] d'humeur1 capricieux1 ses mom5ts les plus moroses il dbitait des folies et des fatuits ou cdait une p>esse torpide1 s+ulire *ez un arti/e1 plus t>d si productif--sa promptitude d'action ne devait1 au re/e1 en nul temps1 exclure une c]ta9e p5te l'indol5ce1 au reploiem5t2 empoign] son labeur avec une rapidit d'oiseau de proie1 n'tait-ce pas une faon de s'en libr] plus vite8--,sa voracit de lectures trompait son isolem5t2 il lisait n'importe quoi1 mme les ,mmoires du ,diable de ,s\li1 p\r voir ce que c'tait4 ,avec cela1 des ri5s frivoles comblai5t le vide de ses heures3 la v5ue du coiffeur e/ r>em5t omise dans son j\rnal2 il se faisait de l'essayage d'une r$+ote une affaire grave4 ,il frqu5tait quelques salons1 s'y composait un rle de non*alante et s>ca/ique supriorit1 ne trahissant son fond passionn que p> des concetti et des traits t9celants4 ,mais1 quoiqu'il se donnt le ma9ti5 d'un hros selon ,/5dhal1 il n'aurait pu1 comme ,/5dhal1 re/] s*em5t l'analy/e retors des hypocrisies monda9es4 ,ds son petit livre du ,d&ysme et son roman de l',am\r impossible1 la v]ve du pote frmit s\s les rigueurs de l'analyse4 ,ses froideurs de d&y ca*ai5t une tnuit d'impressions morbide1 des facults d'analogies aussi subtiles que celles des lyriques anglais4 ,la vue d'une capote de soie blan*e avec un nud flottant le remuait p\r t\te une soire2 un beau j\r de septembre1 dans une lumire ambre1 lui causait des s5sations inav\ables1 tant elles tai5t incomprh5sibles4 ,ses ides1 qu& elles se cri/allisai5t en maximes1 affectai5t une f9esse d'anti?se presque fm99e3 ,si la p]te de ce qui fut e/ amre1 notait-il un mat91 la p]te de ce qui n'a pas t l'e/ bi5 davantage#cj4 #cj ,deuxime mmor&um1 p4 #bc4 ,une gr&e affection sans espoir p\r une femme qu'il revit de r>es int]valles creusait au c5tre de sa vie comme un puits de sil5ce et de d\leur mure2 des passades s5suelles eur5t pe9e l'en div]tir2 il aimait1 en damoiseau n]veux qu'il tait1 les femmes sculpturales1 ou d'une animalit provocante2 t\tefois1 peu capable de plaisir1 lorsqu'il ne l'intellectualisait po9t p> le s5tim5t et l'imag9ation4 ,ses amis1 ,gur9 et ,trebuti5 entre t\s1 l'occupai5t plus que ses matresses3 il s'enivrait de caus]ies mtaphysiques1 de correspondances insatiables4 ,d',aurevilly1 v]s cette poque1 semblait promettre une sorte de ,musset1 mo9s impulsif1 plus ab/rait1 plus rfl*i4 ,*ez lui1 la viol5ce des in/9cts n'opprima que p> crises le libre arbitre4 ,son beso9 de dom9ation sur les autres et sur lui-mme1 ou1 p\r mieux dire1 son inv9cible ari/ocratie le prs]va des grossi]s dv]gondages4 ,port1 comme t\t ,norm&1 aux liqueurs =tes1 il s'int]disait d'en faire abus2 il s'ex]ait ne po9t se r5dre l'esclave mme des femmes qui lui plaisai5t4 ,de mme que ,juli5 ,sorel1 dans le ,r\ge et le ,noir1 il *]*ait les occasions de petites victoires rxres1 af9 de se pr\v] la =ce de son asc5dant3 ,on obti5t t\t ce qu'on veut des hommes1 crivait-il1 p> la p]si/ance sans colre et p> l'ide fixe t]nellem5t reproduite dans les mmes t]mes et les mmes acc5ts4 ,en att5dant1 il se cont5tait1 au c\rs d'une discussion1 de ne pas se laiss] ds>onn] plus qu'un c5taure2 il s'imposait d'accept] avec calme les dconv5ues2 il aurait v\lu1 l'exemple de ,napolon1 p\voir pr5dre et quitt] librem5t le poids de ses p5ses1 se ma9t5ir matre1 en t\te occurr5ce1 de transpos] son att5tion4 ,il s'indignait1 appro*ant de la tr5ta9e1 d'avoir1 jusque-l1 si peu agi3 ,qu'ai-je fait et que suis-je8 ,qu'e/-ce que je laiss]ais d'a*ev1 de =clos1 si je m\rais8 ,mais sa volont se *]*ait encore sans objet vital1 et aurait pu s'ankylos] dans le vide1 ou dvi] v]s de faux pr9cipes4 ,actuellem5t1 p> cela seul qu'il se dt]m9a dans un autre s5s1 on le concevrait mal1 confondant1 comme le ,vigny d',eloa1 l'am\r avec la piti1 puis1 dtromp des faiblesses du cur1 se raidissant v]s un /ocisme de dsespoir1 celui des ,de/9es4 ,tel e/ l'orbe p\rtant o s'enf]me ,allan de ,c9?ry1 le hros de ,ce qui ne meurt pas4 ,ailleurs1 le philosophe ,alta--c'e/ d',aurevilly lui-mme--s'e/ mis en tte de sauv] la c\rtisane ,amade2 il l'entrane dans la solitude1 au bord de l',ocan1 auprs de son ami1 le pote ,somegod 7,maurice de ,gur974 ,amade1 s'ennuyant1 pr5d la fuite1 ret\rne sa vie d'esclave1 et ,alta conclut en fatali/e3 ,on ne relve pas une femme tombe1 et t\j\rs la *ute e/ mortelle4 ,il et t difficile ,b>bey d',aurevilly1 avec sa claire vue ironique des indig5ces huma9es1 de s'en t5ir de foltres *imres1 de croire la bont de l'espce et la s\v]a9et de la raison4 ,le dang]1 p\r un byroni5 pris de ,/5dhal1 p>aissait plutt de f9ir dans un pessimisme insultant2 les p]v]ses leons du ,x,v,i,i,ie sicle1 dont il ne fut pas indemne1--et c'e/ p\rquoi il l'eut si =t en excration1--l'incitai5t envisag] l'exi/5ce comme une fantasmagorie d'art1 ou une grimace de vanit plus ridicule encore que froce1 et d]rire laquelle il n'y a ri54 ,il s]ait alors dev5u ce qu'une malveillance radoteuse s'entte dprci] en lui1 un homme t\t de dcor et d'attitude1 un cabot9 de haute p>ade4 ,son ret\r au ca?olicisme discipl9a ses p5*ants1 rectifia les oscillations de son intellig5ce1 ouvrit ses n]gies in/ables un *amp de c]titude et d'alacrit4 ,eugnie de ,gur9 le df9issait aup>avant un beau palais o il y avait un labyr9!4 ,dsormais1 le labyr9! simplifi se conv]tit peu peu en une crypte aux assises granitiques1 mle et pure dans son ensemble1 quoique prcieuse d'ornem5tations et trav]se encore de s\ffles lascifs4 ,quant au palais1 t\tes ses f5tres s'embrasr5t1 comme si un concile cumnique y ft v5u sig]4 ,cette conv]sion se fit p> un travail l5t1 sans c\p de f\dre1 att5du qu'il n'avait jamais rompu dsesprm5t avec ses croyances4 ,les supports de la foi1 s9on la foi1 lui re/ai5t3 tels1 au donjon de ,*&os1 ,sa9t-,sauveur-le-,vicomte1 ces puissants gonds des portes arra*es qui s'enfonc5t1 intacts1 au vif des murailles gantes4 ,lorsqu'il sj\rnait *ez son pre1 il assi/ait aux (fices le diman*e2 il aimait les traditions liturgiques1 ddaigneux cep5dant du moy5 ge1 et il et donn1 disait-il1 t\tes les ca?drales p\r une tresse de ,diane de ,poiti]s4 ,ce ne fut ni l'e/htisme ni une exaltation de s5sibilit qui rappro*r5t des sves ca?oliques sa vie intrieure4 ,a cet g>d1 son ca?olicisme se rvle autrem5t srieux que celui d'un ,*ateaubri& et d'un ,lam>t9e4 ,sa raison positive fut reconquise en mme temps que ses facults de pote4 ,un attrait dom9ateur le t\rnait v]s l'hi/oire2 en tudiant les ge/es de la ,papaut 7l',innoc5t ,,iii de ,hurt]7 il admira de plus en plus l'imposance du po9t de vue ca?olique4 ,il lisait avec enivrem5t ,joseph de ,mai/re#ca2 cet indomptable logici5 de la ?ocratie unitaire le gagna sans ef=t une ?se qui r5contrait au fond de son tempram5t des concordances imprieuses4 ,la /abilit de l'glise1 son ent5te du g\v]nem5t des mes et des tats1 t\t ce qui a le plus mis en rbellion contre elle des c]veaux an>*iques et inconsi/ants1 c'e/ l que d',aurevilly tr\va un motif initial de croire4 ,il ne concevait ri5 en ce monde au-dessus du prtre1 p>ce que le prtre e/1 plus que nul autre1 fait p\r comm&]1 tant inve/i d'une puissance tellem5t =midable que ,dieu mme1 une fois qu'il l'y a con/itu1 ne peut plus l'en faire d*oir4 ,les plus clatantes figures de l'hi/oire laque lui p>aissai5t d'une pitre m9e auprs des sa9ts et des porteurs de ti>e ou de p\rpre qui ont m51 depuis le pr-moy5 ge jusqu'aux sicles rvolutionnaires1 les affaires surnaturelles et temporelles de t\s les gr&s peuples4 #ca ,lu la moiti du second volume de ,,de ,,mai/re sur ,bacon4 ,j'ai une j\issance inexprimable lire cet homme2 ce sont des frmissem5ts de plaisir que j'pr\ve qu& je me plonge dans l'eau vive des ab/ractions au se9 desquelles son m]veilleux esprit ne l'ab&onne jamais4 7,deuxime mmor&um1 p4 #ahi47 ,dans sa p5se d'ari/ocrate1 lorsqu' la plnitude du sac]doce s'aj\tait la fi]t de la race1 l'homme qui se savait d\blem5t roi1 et p> son sang et p> l'onction du *rme1 devait atte9dre une omnipot5ce effrayante en soi1 si l'asctisme ne la rfrnait3 son t]rible abb de la ,croix-,jugan spcifie1 une hauteur 9galable de tragique1 cette conjonction presque surhuma9e des deux privilges1 r5due inutile p\r lui1 survivant d'une fodalit agonisante1 et *ange1 soit p> son orgueil1 soit p> des malfices occultes1 en un p\voir d'ensorcellem5t et de mort4 ,le respect inf9i o ,b>bey d',aurevilly s'incl9a devant le sac]doce ne gnait po9t son indp5dance critique l'endroit des prtres individuellem5t considrs ou p>fois dconsidrs4 ,il dit son fait ,lacordaire1 qu& il le vit v]s] dans des concessions tantt monda9es1 tantt dmagogiques4 ,le mdaillon de ,mgr ,dupanl\p n'e/ pas un des mo9s mordants p>mi ceux des qu>ante ,acadmici5s qu'il c\la en bronze1 sauf trois ou quatre1 p\r l't]nit du mpris4 ,il exigeait du prtre qu'il re/t prtre en t\t et p>-dessus t\t1 son action t]re/re devant s'impos] clairvoyante et s\v]a9e d'autant qu'il jug]a la t]re de plus haut2 ,grgoire ,,vii fut un ,pape imprial et sa politique sauva l'glise de drglem5ts o elle semblait p\voir se p]dre2 mais de quoi t9t-il son gnie1 s9on de sa sa9tet#cb8 #cb ,v4 ,s5sations d'hi/oire1 de quelle faon magnifique il a expliqu son pontificat4 ,mme avant de se s\mettre au ca?olicisme comme au vrai absolu1 dans ce qu'il n\s suffit t\t au mo9s d'en connatre1 d',aurevilly vnra donc en sa doctr9e la syn?se des =ces civilisatrices1 la plus p>faite mise en uvre des supriorits possibles et la seule philosophie concrte qui embrasse la nature huma9e t\t entire4 ,a mesure que ses facults d'arti/e s'agr&issai5t1 il con/ata que1 plus sa comprh5sion de la vie se faisait l>ge1 plus elle conv]geait v]s l'or?odoxie1 cette sci5ce du bi5 et du mal1 et qu'un art qui pe9t ressemblant e/ p> excell5ce un art ca?olique4 ,pe9dre ressemblant1 ce n'tait po9t1 il le rpt]a1 m\l] g\jatem5t1 la manire des naturali/es1 l'expression sur le visage des ralits1 mais faire saillir l'intrieur des mes dans un ge/e1 une nuance1 un mot1 plong] jusqu'aux analogies ess5tielles1 dvelopp] la liaison des app>5ces qu'on t\*e avec leurs causes supra-s5sibles4 ,l'ide de ,cause1 =tem5t saisie1 le m5a comme p> la ma9 v]s la surnaturalit du dogme4 ,il n'en p\ssa jamais trs lo9 l'tude hi/orique et ?ologique1 et1 bi5 qu'il se gorget quelquefois de ,sa9t ,?omas#cc1 rude moelle de lions1 il p>ticipa sur ce po9t l'insuffisance commune des mod]nes les plus croyants4 ,cep5dant il possdait cette ?ologie naturelle et c]ta9e qu'admirait *ez lui ,mgr ,b]taud4 #cc ,v4 son ,mmor&um de #ahfd1 p4 #bei4 ,vis--vis des rgles morales1 en dpit de ses propres faiblesses1 jamais il ne prt5dit1 dans ses conceptions1 faire transig] la loi au pr(it du dsordre1 humili] l'esprit s\s la *air2 leur antagonisme insoluble dev9t au contraire le texte de ses romans1 et1 si vieille que ft cette donne1 il la press5tit 9puisable en r5\vellem5ts et en pr(ondeurs4 ,qu&1 p> r5contre1 il s'occupa d'exgse1 il se t9t t\j\rs au droit fil du bon s5s traditionnel3 en lisant la ,vie de ,jsus de ,/rauss1 il jugea les objections du critique libre-p5seur plus dbiles que les argum5ts d'une apologtique suranne4 ,il abom9ait cette m?ode allem&e qu'ont reprise ,r5an et son acolyte ,loisy1 et qui de nuance en nuance1 d'effacem5t en effacem5t1 dp\ille et ple le fait hi/orique1 jusqu' ce qu'il n'en re/e plus ri54 ,rfractaire au my/icisme s5tim5tal1--il le rep\ssait en tant que philtre de draison1 lorsque l'obissance de la foi n'en matrise plus les ivresses1--il posa nanmo9s1 aussi f]mem5t qu'un my/ique1 la rac9e de la vie transc5dante1 comme de t\te vie1 le surnaturel4 ,la conviction que1 ,dieu tant l'orig9e et la f91 n\s ne crons pas la ,vrit1 mais que n\s la recevons de son ,v]be et de son glise1 desc5dit1 p> degrs1 jusqu'au fond de son ent5dem5t4 ,il fallait le matrialisme et la ccit rationali/e des temps mod]nes p\r qu'une telle ontologie acqut la valeur d'une dc\v]te imprvue et semblt p>adoxale1 indmontrable4 ,elle suffirait p\rtant pr\v] la logique intuitive et illum9atrice de ,b>bey d',aurevilly4 ,un philosophe lyonnais1 qu'il t5ait ju/em5t en prodigieuse e/ime1 ,blanc de ,sa9t-,bonnet#cd1 avait1 le devanant1 trac les va/es c\rbes de la mme mtaphysique ultramonta9e1 vol d'aigle4 ,mais l',introduction des ,prophtes du pass la dploie dans une de ces vues plnires1 d'une gr&iose svrit1 telles que1 depuis ,bossuet1 nul1 sauf ,lam5nais1 n'aurait eu l'hale9e d'en s\t5ir l'essor4 ,il n'y a1 qu& on veut atte9dre le ,vrai1 expose en sub/ance d',aurevilly1 que deux voies concevables1 l'une qui "p de ,dieu p\r arriv] l'homme1 l'autre qui "p de l'homme p\r s'lev] ,dieu1 ou plutt p\r ne po9t s'y lev]2 c> du concept de l'homme on ne va pas au concept de ,dieu4 ,au moy5 ge1 la notion de ,dieu triomphait2 avec la ,r=me1 elle a t va9cue1 et1 malgr les dsa/res o sa dfaite cont9ue prcipit] les peuples1 mo9s d'un miracle1 il n'y aura bi5tt plus moy5 de la ressuscit]4 ,si le g5re huma9 doit vivre1 il faudra cep5dant qu'elle ressuscite2 puisqu'en f9 de compte1 et quoi qu'on fasse1 il n'y a jamais1 dans ce f\rmillem5t 9puisable de socits1 qu'un tte--tte t]nel de l'homme avec ,dieu1 l'homme relv]a sa moralit en replaant ,dieu dans sa p5se1 ou il m\rra de son ,moi dilat1 qui crv]a comme une vessie immonde2 mais ,dieu sait seul quels pi$s sangu9ol5ts de por*] il ordonn]a de l'cras]1 p\r l'cras] mieux6 #cd ,v4 ,philosophes et criva9s religieux et ,prophtes du pass1 ce qu'il dit de ses livres de l',infaillibilit1 de la ,d\leur1 de sa bro*ure sur l',affaiblissem5t de la raison en ,europe4 ,re/aur] en ,dieu la consci5ce univ]selle1 il n'e/ po9t d'autre t*e ncessaire p\r l'arti/e1 le mtaphysici51 le politique2 et ils ne peuv5t la t5t] qu' cette condition d'tre absolus1 inflexibles dans leur croyance4 ,qu& on ne rompt pas nettem5t avec c]ta9es ides1 on les p>tage4 ,ils l'avai5t bi5 compris1 ceux qu'on dnomma p> ironie les ,prophtes du pass1 de ,mai/re1 ,bonald1 ,*ateaubri&1 ,lam5nais avant son apo/asie1 ,sa9t-,bonnet1 ces r>es gr&s esprits qui fur5t1 vridiquem5t1 *acun son heure1 des prophtes4 ,b>bey d',aurevilly mrita d'tre rang leur suite1 du j\r o il r5tra t\t enti] dans le giron de l'glise4 ,sa conv]sion demeura longtemps incomplte1 ret>de p> ses fantaisies *>nelles4 ,il mditait1 durant la j\rne1 les ,soires de ,sa9t-,pt]sb\rg1 et allait pass] les si5nes avec le ,conte de ,boccace1 une s\brette d'une beaut pr9cire1 violemm5t am\reuse de lui4 ,lorsqu'il se dta*a du lib]t9age--il t\*ait alors ses qu>ante-sept ans--deux influ5ces manife/es avai5t coopr l'aide my/rieuse de la grce3 celle de son ami1 le f\gueux et humble ,bruck]#ce1 et celle de l'abb ,lon d',aurevilly#cf1 son frre4 #ce ,sur ,bruck]1 v4 ,philosophes et criva9s religieux1 et ,romanci]s d'hi] et d'avant-hi] 7 propos de la conv]sion de ,paul ,fval74 #cf ,l'abb d',aurevilly fut un de ces sa9ts obscurs et ine/imables qui la ,france doit de n'avoir pas t f\droye s\s les ,jugem5ts div9s4 ,quelques annes avant de m\rir--en #ahgb--;il fit une *ose d'une sublime tranget3 assumant sur sa tte1 autant qu'elle le p\vait port]1 le faix des hontes nationales1 il (frit au ,*ri/1 en rp>ation de sa ,ju/ice et de son ,am\r baf\s p> un peuple impnit5t1 le sacrifice1 non seulem5t de sa vie1 mais1 ce qui e/ plus in\1 de son intellig5ce qui tait =t belle4 ,et1 en effet1 peu aprs1 il fut atte9t d'une sorte de gtisme o il se vit l5tem5t diss\dre4 ,le #b fvri] #ahee1 il annonait ,trebuti5 le gr& acte3 ,je n'oubli]ai plus qu'aprs t\te une vie de dsordres et de s>danapal]ies1 ,bruck] m'a conduit l'autel o j'ai communi la premire fois depuis mon enfance1 et qu'il a communi avec moi4 ,il a t p\r moi ca?oliquem5t ce qu'tai5t les p>ra9s la rception des *evali]s de ,sa9t-,l\is4 ,il m'a donn du plat de l'pe sur l'paule1 bais aux j\es et arm ca?olique4 ,cette allgresse fodale1 presque gu]royante1 peut1 en app>5ce1 tre dnue d'humilit2 mais1 s'il avait eu l'me *>latanesque qu'on lui attribue s9i/rem5t1 il aurait1 comme plus d'un dont le nom ret5tit encore1 sonn des fanf>es aut\r de sa pnit5ce1 et en et battu monnaie1 dtaillant ses confessions dans quelque livre gros tirage4 ,au reb\rs1 ce qu'il v5ait d'accomplir ne fran*it gure le secret de l'intimit2 et combi5 son *ri/ianisme se ma9ti5t au-dessus des proccupations vaniteuses1 d'autres lettres confid5tielles en sont des tmoignages difficiles rcus]3 ,ne soyons pas des *rti5s littraires1 crivait-il au mme ,trebuti54 ,soyons faibles1 mais prions ,dieu2 et puisqu'il s'e/ donn n\s dans l',eu*>i/ie1 ne l'y laissons pas sans l'y pr5dre4 ,le pli de ses incl9ations voluptueuses lui infligea-t-il1 dans la suite1 des re*utes suivies d'un n\veau ret\r une vie sans repro*e8 ,il le laissait ent5dre1 lorsqu'en mai #ahgh il confiait ,mgr ,ang]3 ,diman*e1 j'ai eu le bonheur de communi]2 je suis r5tr dans le *em9 droit1 j'ai s5ti vos prires sur mon me4 ,cep5dant1 depuis sa conv]sion premire1 et mme avant--ds #ahdg1 il s'tait rsolum5t crois p\r les gr&es ,causes du ca?olicisme#cg1--les c]titudes de sa foi ne trahir5t aucun fl*issem5t2 appuyes sur un ,absolu mtaphysique1 elles dfiai5t ces muances de s5tim5t o1 d'heure en heure1 l'tre moral se dfait et1 en s\ffrant1 se recon/itue4 #cg ,de cette anne-l dat5t ses articles dans la ,revue du ,monde ,ca?olique sur ,mgr de ,bonald1 sur ,clm5t ,,xiv et les ,jsuites1 etc4 ,son intellig5ce des ides *rti5nes n'alla qu'en s'appr(ondissant4 ,il se plut1 lui si alti] p> complexion1 au culte des humbles2 dans son ,mmor&um de #ahfd1 il consacre la mmoire d'un imagi] de village ignorant et pieux1 mais qui ,dieu avait donn le don de sculpt]2 cet homme s'tait v\ relev] sur l'anci5 plan l',abbaye de ,sa9t-,sauveur-le-,vicomte et l'orn] de /atues p\r lesquelles il n'avait pas eu de modles2 il tait mort1 sans avoir a*ev3 ,dieu ne veut peut-tre pas1 conclut d',aurevilly dans une p5se de mlancolie croyante1 que les tres qu'il aime a*v5t ri54 ,assez pauvre p\r avoir le droit de glorifi] la pauvret1 il se ress\vi5t quelque "p avec admiration d'un vieil aveugle qu'il avait connu1 la porte d'une glise de ,ca51 et dont t\te la supplique se bornait murmur] un t]nel ,ave ,m>ia3 ,belle prire p\r un pauvre6 ,il semblait salu] les femmes qui passai5t de ce noble salut d',ange3 ,je v\s salue1 ,m>ie1 ple9e de grce2 et en mme temps il priait ,,celle-,,la qui ne passait pas1 mais qui l'ent5dait mieux que celles qui passai5t#ch4 ,il aimait les pauvres1 p>ce qu'ils impos5t l'image du ,*ri/ s\ffrant un monde qui ne veut plus de ,lui1 ni d'eux4 ,plus t>d1 il nimb]a1 dans un ,prtre m>i1 la figure ple de l'abb ,mautis1 le cur de village indig5t mme en sci5ce ?ologique1 mais ri*e d'am\r et d'immolation1 lavant lui-mme le l+e s\ill de sa mre dev5ue folle1 et1 un j\r1 se communiant avec une ,ho/ie vomie p> la b\*e d'un pe/ifr4 ,*ose admirable6 ,les pages que d',aurevilly semble avoir le mieux crites avec le *>bon de feu des ,voyants1 c'e/ ,sa9t ,b5ot ,labre1 le ,cur d',ars1 ,sa9te ,?rse qui1 p\r a9si dire1 les lui dictr5t1 qu& il les magnifia4 #ch ,mmor&um de #ahef4 ,la virg9it1 cette ari/ocratie suprme1 lui inspira de vhm5tes adorations4 ,devant une ,vi]ge de ,meml+1 il se mettait g5\x et osait song]3 ,quels yeux baisss6 ,elle s]ait nue que ses paupires baisses a9si la c\vrirai5t t\te mieux qu'un manteau qu'on laiss]ait tomb] sur elle#ci4 ,il v5gea ,jeanne d',arc1 en quelques phrases flamboyantes1 des pr(anations de ,mi*elet1 et1 en son ,aime de ,sp5s1 du ,*evali] ,de/\*es1 div9isa presque la vieille fille1 honore comme vi]ge4 #ci ,mmor&um de #ahef4 ,p> contre1 la prs5ce du dmoniaque dans les p]v]sits huma9es lui (frait l'unique explication de ces mon/rueuses sclratesses qui recul5t les limites de la malice concevable et jett5t un dfi la pati5ce de ,dieu4 ,le s5s du satanisme fut *ez lui plus aigu que l'apptit des batitudes2 son ca?olicisme re/a positif plus que my/ique1 et il lui manquait cette c&eur qui1 seule1 ouvre la vision des royaumes cle/es4 ,il n'en reut pas mo9s de sa culture ca?olique l'intuition des extrmes1 =me de lucidit s+ulirem5t r>e1 depuis que la ,r5aissance1 en v\lant b>r] les av5ues p> o la vie t]re/re se prolonge et s'amplifie v]s l'invisible1 circonscrivit les puissances du dsir et la sagesse aussi bi5 que le vice dans le fond de cuvette de la m$iocritas antique1 o b>bote1 bon gr mal gr1 t\t ce qui a cess d'tre *rti54 ,d',aurevilly comprit que l'abme appelle l'abme1 que la damnation e/ l'env]s de la ,rdemption1 et que l'homme peut1 sans t]me1 se transfigur] ou d*oir1 puisqu'il e/ matre de s'unir l',inf9i et au ,p>fait ou de s'acco9t] l',esprit du mal4 ,il fondait ses c]titudes sur une induction exprim5tale et non1 comme l'en invectivait aveuglm5t ,zola#dj1 sur un a priori my/ique3 t\tes *oses se correspondant entre elles dans l'ordre cr1 il lui p>aissait absurde que le s5s de notre vie s'arrtt notre consci5ce et que l'homme ft le haut b\t de l'univ]s4 ,ce qui se passe en n\s et aut\r de n\s se rp]cute en des volonts suprieures dont les m\vem5ts opprim5t ou s\lv5t notre volont4 #dj ,a l'occasion des ,diaboliques 7v4 ,,buet1 op4 cit41 p4 #bai74 ,la pntration qu'il acquit des mondes spirituels le ram5ait aux faons de s5tir du moy5 ge#da2 de mme que telles autres de ses t5dances le f]ai5t aism5t suppos] contempora9 de ,brantme et de la ,ligue1 et1 telles autres1 pro*e c\s9 du pr9ce de ,ligne et des dilettantes du ,x,v,i,i,ie sicle4 #da ,il songea quelque temps crire un roman sur l'an #ajjj1 dont le plan se tr\ve dans ses notes intimes4 ,il atteignit1 au se9 du ca?olicisme1 l'quilibre de t\tes ses prop5sions1 spcialem5t ncessaire un fodal de dcad5ce qui r\lait dans son sang les in/9cts de plusieurs sicles contradictoires4 ,il pondra son individualisme et nanmo9s en accrut l'indp5dance orig9ale4 ,au lieu d'impos] son imag9ation#db1 comme contrepoids1 l'ironie1 il se livra dsormais aux =ces traditionnelles dont l'ensemble s'aj\tait ses croyances p\r fix] la valeur srieuse de ses actes4 ,dans l',am\r impossible1 il avait raill1 non sans motif1 la fausse di/9ction de l'ari/ocratie mod]ne1 cette tyrannie des conv5ances qui ab\tit l'impuissance d'aim]2 dans ,une vieille matresse1 le ,*evali] ,de/\*es1 il reprs5t]a l'en*antem5t des vraies murs ari/ocratiques1 de celles qu'enfant il avait vu f9ir2 p]sonne1 aussi bi5 que lui1 n'aura portraitur ni mis en scne d'au!ntiques gr&es dames#dc4 ,conva9cu de la ncessit des cadres sociaux1 il ne v\lait plus *]*] dans le roman que l'hi/oire des passions trav]s une =me sociale4 ,ses emportem5ts imag9atifs1 il les re/reignit1 autant qu'il le p\vait1 p\r ploy] une vraisemblance les conjonctures de ses fictions4 #db ,l'imag9ation tait la seule facult dveloppe en moi4 7,ce qui ne meurt pas1 lettre d',allan de ,c9?ry ,&r d',albany47 #dc ,les gr&es dames de ,balzac p>l5t comme des h>5gres ou des matresses d'cole2 celles de ,musset1 comme d'agrables caillettes1 de porte nulle4 ,v4 au contraire ,mme de ,fl]s et ,mme d',artelles dans ,une vieille matresse1 la comtesse de ,montsurv5t dans l',ensorcele1 ,mlle de ,p]cy dans le ,*evali] ,de/\*es1 etc4 ,au ret\r d'un de ses voyages en ,norm&ie1 il avait crit t\rdim5t que sa patrie tait l o tai5t ses habitudes1 et il ddaignait1 de ,p>is1 son ,cot5t94 ,dsormais1 il se reconnut ,norm& jusqu'aux moelles1 fils de ces imm5ses races qui ont t\t g>d de ce qu'elles ont conquis1 et peut-tre de ces fi]s ,i>ls sc&9aves qui ont t5u et ret\rn l'antique ,neu/rie s\s leurs =ts becs de cormoran4 ,il aima la mlancolie1 robu/e quoique lang\reuse1 des pays de l',oue/1 les eaux glauques et torpides1 les *teaux oublis d]rire les tangs brumeux1 les vieilles r\tes t\j\rs les mmes1 les brusques ensoleillem5ts1 les ciels gris1 les petites pluies qui n'en f9iss5t pas1 les h]bages foisonnants o les bufs en ont jusqu'au v5tre1 et la sant plantureuse de ces paysans probes1 btis en =ce1 tels que ,matre ,ta9neb\y1 dans l',ensorcele1 en p]ptue le magnifique exemplaire4 ,la sant1 ,b>bey d',aurevilly la retr\vait1 p\r lui-mme1 lorsqu'il trav]sait *eval des l&es ds]tes1 et c\rait le long de la m]1 la gr&e n\rrice4 ,le ry?me l>gi et glorieux de sa p5se remmora les va/es palpitations d'un v5t que les embruns des h\les ont enivr4 ,au contact des ru/res1 des p*eurs1 il ret9t le patois local1 ce premi] flot sal9 de t\te langue2 la v]deur crue de leurs mtaphores et l'+nuit de leurs impressions imbiba sa mmoire de rhapsode2 il aviva auprs d'eux ses tranges facults de conteur1 gales celle des b>des de jadis2 comme ,%akespe>e--dont il ti5t mo9s p> son romantisme que p> les aff9its immdiates des deux pays--il fit si5nes leurs lg5des sangu9aires et am\reuses1 leur surnaturalisme ml de rm9isc5ces paennes et de dogmes ca?oliques4 ,grce une puissance d'illusion capable de r5dre vrai mme l'impossible1 il campa deb\t ces =mes primitives1 jeta sur elles1 plis r$ondants1 la lim\s9e diapre de son v]be av5tureux#dd4 #dd ,b>bey d',aurevilly suggre la vision des objets1 colore les reflets qu'ils *ang5t1 bi5 plus qu'il ne les dcrit4 ,quelle que soit la vigueur du dtail1 ses contes saisiss5t1 avant t\t1 p> l'animation fasc9atrice du dveloppem5t4 ,paul de ,sa9t-,victor tr\vait son /yle le mordant d'une eau-=te2 il s]ait plus exact d'en comp>] les phosphoresc5ces mtaphoriques au p\droiem5t d'un pa/el4 ,sa phrase crite n'tait que de la p>ole fixe4 ,en outre1 ses rcits s'*app5t involontairem5t v]s les digressions et les incid5ces1 analogues p> l aux n>rations populaires dont l'ess5tiel e/ s\v5t dans l' ct des faits2 ils s'gaill5t la manire des ,*\ans dans leur /ratgie fantaisi/e4 ,t\t1 jusqu'aux nglig5ces1 laisse l'impression d'un improvisateur imptueux1 dupe lui-mme de ses inv5tions2 c> d',aurevilly en e/ dupe bi5 plus qu'il ne *]*e mdus] son lecteur2 leur frqu5te et biz>re navet l'atte/e4 ,a d'autres heures1 lorsqu'il ex]ait son magi/re de critique1 l'autorit de ses op9ions1 leur puissance de syn?se issue de /ables c]titudes rpondait la droiture de t\s ses lans4 ,il possdait ds lors ce qui df9it1 selon ses propres exig5ces1 le gr& critique3 la c>rure1 le poids1 l'lvation dans une comprh5sion et une exclusion galem5t s\v]a9es4 ,il savait faire d'un jugem5t sur un livre une leon de moralit1 pntrant--et1 quelquefois1 le f\et la ma9--jusqu' la consci5ce de l'auteur1 jamais pdant ni l\rdem5t doctr9aire1 ni articli] p> r\t9e1 sans fiel dans la svrit1 sr et tran*ant1 s'il condamnait1 mais rhabilitant d'un comm5taire fa/ueux une ide pauvre *ez autrui1 p&ant la vie o elle tait abs5te1 dom9ant s\s l'ampleur de sa foi les t5dances d'art et les philosophies les mo9s conciliables1 au po9t que les uvres et les hommes difiai5t un inv5taire intellectuel de son sicle et du pass1 semblable1 au mo9s p> sa ri*esse1 l'inv5taire social de la ,comdie huma9e4 ,son adhsion ple9e au ,ca?olicisme ne fut pas une simple concid5ce avec la maturit de son gnie1 elle la dcida4 99 99 99 99 99 ,il e/ frappant en effet qu'il a le mieux appro* de la gr&eur p>faite dans ceux de ses livres o il a le plus fidlem5t int]prt l'esprit du dogme et son accord avec les vrits d'expri5ce1 t&is que ses conceptions faibliss5t t\tes les fois qu'mancipant trop ses hros1 il les enlve leur condition d'huma9s =nicateurs et d*us4 ,son premi] roman1 ,ce qui ne meurt pas1 n'tait religieux qu' =ce de tri/esse1 le nant des passions pr\vant la ncessit de ,dieu4 ,aussi dborde-t-il de v]biage et de s5tim5ts faux2 l'tranget des situations y conf9e au b>oque 7,mme de ,scudemor ence9te1 en mme temps que sa fille1 d',allan de ,c9?ry74 ,dans ,une vieille matresse1 dj1 le srieux de l'action se proportionne au ca?olicisme de l'ide2 ici1 l'acc\plem5t de la d\leur et du p* se n\e dans un faisceau de causes tellem5t oppressif qu'il semble t5ir des rac9es occultes et surnaturelles4 ,l'pigraphe3 ,p]sev]>e diabolicum se d>de1 comme une fl*e d'ana?me1 au trav]s des pisodes luxurieux4 ,un homme a aim dix ans une femme laide1 sans esprit1 et qui n'e/ plus jeune1 mais dom9atrice p> une sorte de possession dmoniaque que s\ti5t l'asc5dant de sa volont et de sa race2 cet homme1 aprs l'avoir quitte p\r se m>i]1 se laisse repr5dre1 et c'e/ sa damnation de la subir sans dn\em5t4 ,si ,b>bey d',aurevilly et press t\te l'horreur d'un p>eil sujet1 son roman aurait tre la nosographie pu la plus n]gique de l'am\r mod]ne4 ,mais1 plus d'une fois1 de s\rdes condesc5dances p\r les faiblesses dont il croit faire abhorr] les s]vitudes l'ont induit des pisodes d'un lyrisme dsuet 7la r5contre dans la cabane1 le tombeau du diable1 etc472 malgr lui1 il environne la passion d'une spl5deur1 et1 sur ce po9t1 outrepasse et l les ju/es lib]ts que sa prface de #ahea rev5dique p\r l'arti/e croyant4 ,en ce temps-l1 c'tai5t des libres p5seurs1 imbus de cagotisme purita91 qui posai5t l'objection insidieuse3 un romanci] ca?olique peut-il1 en t\te indp5dance1 se p]mettre de dcrire les vices et faire de la beaut avec ce qui e/ une s\illure8 ,plus t>d1 qu& les ,diaboliques fur5t taxes de sadisme1 c'e/ *ez les croyants eux-mmes que d',aurevilly devait heurt] cette peur maladive de l'indc5ce1 dont la contagion1 depuis lors combi5 aggrave1 irait aism5t jusqu' v\loir pur] les vangiles4 ,dans la ,prface aj\te la seconde dition de sa ,vieille matresse1 ,b>bey d',aurevilly transp]ce d'aphorismes premptoires l'hypocrite prjug en expliquant selon sa vraie l>geur la moralit ca?olique3 ,le ca?olicisme1 dit-il1 e/ imm5se444 ,il p]met t\t1 p\rvu que l'art ne fasse pas du bi5 le mal et du mal le bi5444 ,il hir>*ise les mrites2 mais il ne mutile pas l'homme444 ,les arti/es sont au-dess\s des asctes1 mais ils ne sont pas des asctes444 ,qu& un criva9 a cr une ralit1 si1 en la peignant1 il e/ une occasion de sc&ale1 il n'en e/ pas plus cause que ,dieu1 en crant les s5s et l'me libre de l'homme4 ,ou il faut r5onc] pe9dre le cur huma91 ou il faut le pe9dre tel qu'il e/4 ,il aurait pu1 comme il y p5sa dans la suite#de1 ju/ifi] hi/oriquem5t ses h>diesses et invoqu] les arti/es du moy5 ge1 libres jusqu' l'obscnit dans les dtails des ca?drales1 dans celle entre autres de ,r\51 o ,salom1 sur le portail1--,flaub]t s'en e/ s\v5u p\r son ,hrodias--danse la tte en bas et les jupes releves4 ,s'il avait s]r l'analyse du bgueulisme contempora91 il et dem& aux sacri/a9s de l'art dc5t p\rquoi ils admettai5t dans le roman et au ?tre1 des rcits de crimes d'une fabuleuse noirceur#df1 mais se hrissai5t et criai5t au sc&ale ds qu'un criva9 traitait avec fran*ise1 d'aprs leur ralit qui n'e/ po9t t\j\rs immatrielle1 les *oses de l'am\r4 ,e/-ce donc que la frocit ou l'av>ice sont des t>es in(f5sives dcrire1 t&is que la mo9dre allusion rotique *at\ille des in/9cts irrsi/ibles8 ,si le romanci] ne sait po9t d\] les passions d'un semblant de vie sans brl] fictivem5t de leur feu mauvais1 ,balzac p*ait-il davantage en s'id5tifiant aux concupisc5ces de ,flix de ,v&5esse et de ,lady ,dudley ou aux solitaires et ab/raites dpravations d'un cupide1 un ,gobseck1 un ,rig\1 un ,gr&et8 ,s\s c\leur de moralit1 t\te expression du mal s]ait exclue de l'art2 et mme la pe9ture sraphique de ,fra ,angelico devi5drait suspecte1 comme n\rrie de songes voluptueux4 #de ,v4 ,s5sations d'art1 p4 #bah4 #df ,les romans qui con/ituai5t alors le fond populaire des biblio?ques ca?oliques tai5t ceux de ,ra\l de ,nav]y ou d'autres1 ple9s d'hi/oires effroyables4 ,on peut le dire sans p>adoxe3 la pudibond]ie d'un c]ta9 monde bi5 p5sant procde du mme fond de matrialisme que les grossirets v\lues des naturali/es4 ,lorsque l'art suscite des =mes am\reuses1 c'e/ le corps qui p>le au corps1 et le corps tant peu prs t\t p\r des gnrations dnues du s5s de l'invisible1 il n'y a gure s'tonn] si l'motion physiologique1 seule1 affri&e les uns et b\lev]se la pudeur des autres4 ,b>bey d',aurevilly p\vait donc abrit] s\s le sceau de l'or?odoxie la donne d',une vieille matresse4 ,t\tefois1 dans cette uvre encore1 il en use p>fois la lgre avec la rgle qu'il a dicte nette comme un v]set de ,sa9t ,paul3 ne pas faire du bi5 le mal ni du mal le bi54 ,il s'oublie1 p> exemple1 crire de ,vell9i1 son hrone1 qu&1 p\r pr\v] son anci5 amant1 elle se pose l'extrme bord d'une falaise surplombant la m]3 ,elle t\rna le dos au prcipice avec une ins\ciance du dang] qui la r5dit sublime2 ou1 de son amant1 alors qu'il vi5t de succomb]3 ,c'tait un tre =t que ,ryno de ,m>igny4 ,a t\s les endroits o la notion du p* s'oblitre1 le s5tim5t gau*it v]s un romantisme surann4 ,l'quation de la logique et du m]veilleux1 des faits naturels et de l',inconnu qui s'y entrelace1 fut rsolue p> l',ensorcele1 un de ces triomphes d'inspiration comme il en e/ r>em5t dp>ti1 mme aux plus inspirs4 ,ici1 le romanci] ti5t les ralits p> les deux b\ts1 induisant de ce qu'on voit ce qu'on ne voit pas1 et f]me *evau*] la lg5de autant que ,matre ,ta9neb\y1 l'h]bag]1 sur sa jum5t4 ,la scurit d'allure et la belle humeur virile du rcit1 p>mi l'inquitude ocanique de la l&e1 les t]reurs qui en m]g5t1 les rm9isc5ces de la ,*\ann]ie1 l'hi/oire =midable de ,matresse le ,h>d\ey et de l',abb de la ,croix-,jugan1 c'e/ une h>monie sans analogue1 impossible concevoir hors d'une t5ace tradition religieuse1 du ca?olicisme sculaire implant dans le sol et les passions d'une race4 ,en nul de ses romans1 le tragique#dg ne s'empre9t de cette ncessit simple4 ,de mme que dans les ,my/res espagnols et *ez ,es*yle1 l'motion s'alim5te au se9 d'une ide ?ologique1 elle-mme ramifie des sup]/itions locales et des prjugs immmoriaux4 ,b>bey d',aurevilly rappelle que la sorcell]ie et la magie ont t condamnes p> l'glise non comme *oses va9es et p]nicieusem5t fausses1 mais comme *oses ,r,,elles1 et que ses dogmes expliquai5t trs bi54 ,il ne se t\rm5te gure1 au c\rs des tranges cata/rophes qu'il dr\le1 d'tablir un d"p entre ce qui e/ spontanm5t huma9 et ce qui vi5t d'ailleurs4 ,lorsque ,jeanne de ,feu>d5t1 cette fodale m>ie un simple f]mi] et un ,bleu1 se voit hante d'un am\r maudit p\r le g5tilhomme en s\tane1 l'anci5 ,*\an qui a v\lu se tu] plutt que de survivre sa cause1 l'abb de la g\le fracasse1 dont le visage sans nom produisait une s5sation sans nom1 e/-ce le simple moi d'un mme sang noble qui la prcipite v]s l'impassible prtre8 ,ou sort-il de cet homme une sil5cieuse fasc9ation d'orgueil et de laideur1 semblable l'attirance d'un abme8 ,ou subit-elle le sortilge du vieux ptre1 l'envotem5t de sa p>ole3 ,v\s v\s s\vi5drez longtemps de ces vpres1 ,matresse le ,h>d\ey6 ,aux furies de son dsir s'aj\t5t1 p\r l'ensorcel]1 les p]suasions d'une t]re f>\*e1 a*>ne1 elle aussi1 p> ses horreurs secrtes1 lui jet] un sort4 #dg ,on p\rrait extraire de l',ensorcele un sujet prodigieux de drame1 surt\t de drame musical4 ,t\t cela1 ,b>bey d',aurevilly n'en veut nullem5t dml] le my/re2 mais il pose le surnaturel avec l'vid5ce d'un fait2 la connexion de ,puissances indf9ies et d'actes huma9em5t explicables con/itue le signe de ses p]sonnages4 ,elle autorise le simplisme des pisodes et sauveg>de1 en un si audacieux sujet1 la svrit des pe9tures2 c>1 attribuant une dt]m9ation presque satanique la *ute de ,matresse le ,h>d\ey1 il s't5d =t peu sur l'impuret de ses obsessions et n'a mme pas beso9 de longues analyses scabreuses p\r la m5] de la convoitise au dsespoir et au suicide4 ,la prs5ce d'un lm5t sac]dotal et liturgique dvoile t\te sa =ce impressionnante dans la mort de la ,clotte 7l'absolution sur la l&e71 dans cette prodigieuse ,messe de ,pques o1 l'in/ant de la ,conscration1 l'abb de la ,croix-,jugan1 frapp d'une balle--la balle du ,bleu--s'abat1 la tte sur l'autel1 et dans cette autre ,messe1 po9t irrelle1 tant elle e/ d\l\reusem5t symbolique1 celle du rev5ant1 condamn1 en expiation de fautes obscures1 recomm5c]1 *aque nuit1 seul au *ur de son abbaye dmantele1 le rite o il s'embr\ille1 ne s'en s\v5ant plus1 sans jamais p\voir all] jusqu' la f94 ,l',ensorcele ti5t du symbolisme ca?olique et aussi de cette *ose imm5se qu'elle rfl*it1 de la mlancolie d'une ca/e qui succombe1 une maje/ de c>actre si haute que ce pome envoie sur les autres romans de ,b>bey d',aurevilly une espce d'ombre amo9drissante4 ,ce qui manque au ,*evali] ,de/\*es1 ce n'e/ c]tes pas le m\vem5t d'une pope3 la bataille c\ps de f\ets sur le *amp de foire1 l'enlvem5t de ,de/\*es1 l'expdition du ,m\l9 bleu sont conduits avec autant de fr+ance et de vhm5te c\leur norm&e que le rcit de ,matre ,ta9neb\y4 ,d',aurevilly1 au lieu de jug] la ,*\ann]ie la manire de ,balzac n'y ap]cevant que du brig&age et des frivolits misrables1 a su en compr5dre la *eval]esque beaut4 ,mais l'pisode1 s\t5u t\t enti] p> une exaltation d'ari/ocratie gu]rire1 e/ presque dnu du frisson surnaturali/e dont ri5 ne supple la pr(ondeur4 ,au reb\rs1 p\rquoi les ,diaboliques1 quelques-unes du mo9s1 impos5t-elles le pre/ige halluc9ant d'une vision mle la vie tangible et qui va p\rtant au del8 ,le ,rideau cramoisi1 avec son milieu de prov9ce ar*aque1 la t\rnure militaire du hros1 la biz>r]ie de l'av5ture et l'effrayante s\da9et du dn\em5t1 n'e/1 dans son fond1 qu'un petit conte la ,/5dhal4 ,seulem5t1 l'anxit d'une faute cl&e/9e *tie p> la plus f\droyante des morts pse sur le s5sualisme p>fois morbide des mo9dres dtails comme le press5tim5t d'une damnation4 ,de mme1 le ,bonheur dans le crime aurait l'air d'une gageure t\t fait immorale si on n'y posait l'pigraphe d',une vieille ,matresse1 le ,p]sev]>e diabolicum4 ,d',aurevilly s\s-ent5d que1 *ez ,s]lon et sa matresse1 cette con/ance de flicit1 avec le f>deau du cadavre entre eux1 implique un dlaissem5t de la grce irrmissible4 ,dans les ,dess\s de c>tes d'une p>tie de :i/1 la ,vicomtesse du ,tremblay porte le /igmate d'un diabolisme plus subtil1 d'une p]v]sion d'autant plus endurcie qu'elle e/ plus dissimule2 et ,la ,v5geance d'une femme1 ,a un dn] d'a?es1 entre-bill5t un abme vraim5t inf]nal de ha9e et d'horreur2 ce dmoniaque-l1 le plus vrai de t\s1 e/ vois9 de celui que ,flaub]t1 involontairem5t1--,flaub]t1 dont ,b>bey d',aurevilly n'a po9t s5ti l'pret biblique1--aux d]nires pages de ,salammb1 exaspre jusqu'au ttanisme dans la furie des ,baalim1 se v5geant d'un homme p> les ma9s de t\t un peuple4 99 99 99 99 99 ,p]sonne1 ma9t5ant1 ne conte/]ait plus ,b>bey d',aurevilly qu'il fut un arti/e r>e1 un p5seur imposant4 ,ce qu'on ignore trop de lui1 c'e/ qu'il voyait au-dessus de son art et plus lo94 ,l'art1 disait-il1 e/ la d]nire religion de l'homme444 ,dans le dnm5t que l'homme s'e/ fait1 l'art doit lui sembl] la plus gr&e des puissances huma9es1 et1 malgr l'ef=t du gnie1 ce n'e/ peut-tre qu'une impuissance#dh4 #dh ,s5sations d'art1 p4 #cc4 ,le ca?olique1 en lui1 tait plus haut que l'arti/e et le g5tilhomme4 ,a t\te poque1 il faut que la vrit ait ses tmo9s2 elle les aura jusqu' la f9 des temps4 ,la mission de ,b>bey d',aurevilly fut d'tre1 p\r un sicle de dmagogie emport effrnm5t v]s les ab]rations de/ructrices1 un juge et un tmo91 un prophte irrfragable4 ,=t de ses pr9cipes1 =t de l'hi/oire et de sa propre expri5ce1 il confessa d'une voix clatante la ncessit du ca?olicisme4 ,en croyant la confess] trop t>d il se trompait2 nul cri1 mme p\r les ,morts1 n'e/ p]du2 si sa prvision que ,dieu s'obscurcirait de plus en plus dans le monde reoit d'une ,france d*ue un s9i/re accomplissem5t1 son uvre n'en e/ pas mo9s une tor*e de gloire et d'p\vante sec\e sur les tnbres inquites2 et la tor*e ne s'e/ pas te9te en tombant de sa ma91 quoique nul autre encore ne la relve f]me et bl\issante a9si qu'il la dressait4 ,mais son uvre ne fut p\rtant pas le meilleur de ce qu'il p5sa4 ,il a laiss le tmoignage d'une foi intime ard5te et absolue jusqu' l'humilit4 ,il savait que ni les feux d'artifice de l'imag9ation1 ni l'apologtique la plus p]suasive ne val5t un ,ave ,m>ia lanc d'un cur pnit5t v]s la ,porte de t\t espoir et l',auxiliatrice des infirmes4 ,p\r l'avoir compris1 il e/ plus gr& que p\r avoir crit les ,prophtes du pass et l',ensorcele4 ,c9q j\rs avant de m\rir1 le ,jeudi ,sa9t #ah avril #ahhi1 dans cette *ambre de la rue ,r\sselet1 o1 de deux f5tres1 une seule s'ouvrait--comme elle s'ouvre encore--sur des cimes d'arbres antiques et sur le ciel1 il dictait ,mlle ,l\ise ,read1 p\r expi] un pome peu croyant de sa jeunesse1 ,amade1 cette note qui e/ le plus beau des te/am5ts3 ,qu& il crivit ces pages1 l'auteur ignorait t\t de la vie4 ,l'me trs enivre alors de ses lectures et de ses rves1 il dem&ait aux ef=ts de l'orgueil huma9 ce que seuls peuv5t et p\rront t]nellem5t--il l'a su depuis--deux pauvres morceaux de bois mis en croix4 ,,villi]s ,,de ,l',,isle-,,adam ,depuis tr5te ans qu'il e/ mort#di il e/ illu/re et pe9e lu4 #di ,le #ai aot #ahhi4 ,j'ai vcu prs d'un demi-sicle1 sans ri5 connatre de lui1 sauf quelques titres de ses livres4 ,ai-je me rep5tir d'une si longue incuriosit8 ,la dc\v]te de ce r>e et sublime esprit me rs]vait des bl\issem5ts inesprables2 mais aussi j'ai d reconnatre en son uvre des t5dances trop contraires celles d'o peut surgir un art vivace2 au lieu d'incorpor] ses fictions des ralits p]man5tes1 ,villi]s semble diss\dre celles-ci dans ses fictions3 ,il n'e/ d'autre univ]s p\r toi1 enseigne ,matre ,jahus son disciple ,axel1 que la conception qui s'en rfl*it dans tes p5ses4 ,axel1 p> un corollaire fatidique1 transpose en acte ce ngatif dda9 du monde extrieur4 ,a la jeune fille qui l'aime1 ds la premire m9ute o1 brlant de se donn]1 elle palpite entre ses bras1 il ne propose que de m\rir3 ,t\tes les ralits1 dema91 que s]ai5t-elles en comp>aison des mirages que n\s v5ons de vivre8 ,des mirages1 des comb9aisons d'ides1 une exaltation lyrique1 des images radieuses ou t]ribles1 l'au d$ans et l'au del des app>5ces et des mots1 leur po9t de contact avec le my/re1 sans qu'on puisse df9ir quelles *oses le my/re enclot1 telle s]ait l'unique et solide vrit4 ,le monde e/ dev5u1 un in/ant1 ce que la p5se v\lait qu'il ft2 ensuite1 il n'a plus qu' la laiss] libre et disp>atre4 ,seul1 l'artificiel mrite d'tre le rel4 ,mais1 qu& la p5se ne croit plus qu' l'artificiel1 elle s'en lasse et s'en dpr5d1 elle en vi5t le ni]1 se ni] elle-mme4 ,le nant et l'tre1 devant elle1 sont prs de se confondre4 ,villi]s de l',isle-,adam1 p>ce qu'il fut impliqu dans l'erreur d'un idalisme hgli51 conclut la plup>t de ses pomes la faon d'un pessimi/e sans espoir3 "l ,ewald1 le hros s5tim5tal de l've future1 assi/e au dsa/re de l'illusion dont il s'e/ envot2 et le d\ble suicide d',axel porte le p>adoxe du nihilisme une telle dm5ce que l'auteur1 pratiquem5t homme de foi1 songeait1 lorsqu'il m\rut1 le ret\rn] dans un s5s ca?olique4 ,ses livres ne sont donc pas une s\rce pure de sa9e n]gie4 ,il g>dait en son me1 comme il le dcl>ait1 le reflet des ri*esses /riles d'un gr& nombre de rois oublis4 ,arrt] sur ces ri*esses notre mditation ne s]a p\rtant po9t /rile4 ,n\s aimons *ez ,villi]s le magici5 du ,v]be1 un des plus p]suasifs qui ai5t fait rsonn] la langue de ,france2 peu d'arti/es sont entrs plus avant1 p> del les *oses tangibles1 dans les pr(ondeurs de la vie spirituelle2 et l'incomplte magnific5ce de son lyrisme prolonge des p]spectives d'autant plus attirantes qu'elles demeur5t ina*eves4 ,ses anomalies mmes et ses ab]rations supposai5t des facults glorieuses4 ,son gt de l'artifice cont9uait c]ta9s p5*ants de notre littrature qui ne cess5t po9t de la sollicit]2 il explique le succs biz>re de tel ou tel p>mi les criva9s d'auj\rd'hui1 et p\rquoi on clbre comme des novateurs de faux simples ou d'alambiqus dcad5ts4 ,fleur suprme d'une trs vieille race1 ,villi]s s'appropria1 p> droit de naissance1 les dons les plus opul5ts4 ,le prodige de sa mmoire p>aissait un hritage des anci5s b>des celtiques2 il dt5ait leur privilge de haute improvisation2 a9si que les primitifs1 il possdait la fois l'intuition mtaphysique des pr9cipes et la plnitude des images concrtes2 il p]cevait l'unit fondam5tale du langage de t\s les arts1 la c\leur des ry?mes et des mlodies1 l'ar*itecture des priodes1 les correspondances des mtaphores et des ab/ractions4 ,il tait n philosophe et musici5#ej en mme temps que pote4 ,ses anctres lui lguai5t neuf sicles au mo9s d'insignes asc5dances2 c> il p\vait remont]1 dans les fa/es de sa maison1 jusqu' l'an #ajfg1 et il y comptait des hommes de gu]re jadis illu/res1 un m>*al de ,france1 un gr& matre de ,malte1 un vque1 des m>9s av5tureux4 ,la cont9uit1 trav]s tant de gnrations1 d'une prm95ce sociale1 atte/ait un admirable fond de vigueur et de v]tus actives4 ,mais l'clat de cette famille dcl9ait depuis longtemps1 lorsque le m>quis1 pre de ,villi]s1 en consomma la ru9e p> son dsquilibre imag9atif4 ,ce *]*eur de trsors ent]rs se croyait suprieurem5t pratique1 et il s'entta jusqu'au d]ni] s\pir dans l'illusion de laiss] son fils une =tune de pr9ce2 il ressemblait au *iffonni] moribond qui dit de lui-mme3 ,p\vant incorpor] mes rves1 je les possdais comme rels#ea4 #ej ,je ne crois pas1 cep5dant1 malgr le dire de ses amis 7,v4 de ,r\gemont1 ,villi]s de l',isle-,adam1 ,m]cure de ,france1 d41 pp4 #gc et suiv47 qu'il aurait pu tre un gr& musici5 comme il fut un admirable pote en prose4 ,t\t gnie sa langue native o il excelle au dtrim5t d'autres modes d'expression4 ,villi]s1 en improvisant sur son piano1 en *antant1 ,se grisait de sonorits flottantes2 des ides musicales lui v5ai5t2 p\r leur donn] =me ce n'tait pas seulem5t la sci5ce qui lui manquait2 son activit potique absorbait l'ess5tiel de sa =ce cratrice4 #ea ,n\veaux contes cruels1 l'lu des rves4 ,villi]s naquit donc avec un excs hrditaire d'imag9ation o se conc5tra t\te la =ce que ses aeux employai5t dans un labeur traditionnel4 ,pauvre1 il *oya d'autant plus la *imre des spl5deurs fictives4 ,quelles ri*esses tangibles aurai5t valu les amoncellem5ts d'or et de joyaux dont sa fantaisie disposait sans autre limite que son p\voir de crer8 ,t\te l'opul5ce d'une dyna/ie pruvi5ne1 en mille ans1 s]ait de la misre auprs de la rvlation (f]te1 dans le ,s\t]ra9 d',au]sp]g1 ,s>a1 l'amante d',axel3 ,et voici que1 du sommet de la fissure c9tre de l'ouv]ture1-- mesure que celle-ci s'l>git plus bante--s'*appe d'abord une sc9tillante av]se de pi]r]ies1 une bruissante pluie de diamants1 et1 l'in/ant d'aprs1 un cr\lem5t de gemmes de t\tes c\leurs1 m\illes de lumires1 une myriade de brillants aux facettes d'clairs1 de l\rds colli]s de diamants encore1 sans nombre1 de bij\x en feu1 de p]les4 ,ce torr5tiel ruissellem5t de lueurs semble inond] brusquem5t les paules1 les *eveux et les vtem5ts de ,s>a3 les pi]res prcieuses et les p]les bondiss5t aut\r d'elle de t\tes p>ts1 t9tant sur le m>bre des tombes et rejaillissant1 en g]be d'bl\issantes t9celles1 jusque sur les blan*es /atues1 avec le crpitem5t d'un inc5die4 ,et1 comme ce pan de la muraille s'e/ ma9t5ant enfonc plus d' moiti s\s t]re1 voici que1 des deux cts de la va/e embrasure1 de tonnantes et sonnantes cat>actes d'or liquide se pr(lu5t aux pi$s de la tnbreuse adv5ue4 ,a9si que t\t l'heure les pi]r]ies1 de r\lants flots de pices d'or tomb5t =midablem5t de l'intrieur de b>ils dfoncs1 briss p> la r\ille et p> la pression de leur nombre444 ,les dunes d'or les plus pro*es1 amonceles contre cette p>oi disp>ue du mur--qui s'e/ arrte au ras du sol--r\l5t pr(usion1 bruiss5t1 b\rdonn5t1 et se rp&5t follem5t--irruption v]meille1 trav]s les alles spulcrales4 ,qu& un homme peut se donn] a9si la fte de m]veilles imag9aires1 il en vi5t ddaign] les spectacles que lui impose le soleil trop vridique4 ,villi]s eut mme p\r la cl>t du j\r une sorte d'av]sion2 dans sa jeunesse1 il f]mait1 le mat91 ses contrev5ts et travaillait la lueur d'un flambeau4 ,il re/a1 plus t>d1 un amant effrn de la nuit1 un noctambule1 p>ce que la nuit mancipait ses yeux devant les =mes inc]ta9es4 ,de mme1 il mprisait les voyages1 l'gal d'une s]vitude2 p\rquoi aurait-il v\lu vrifi] si ses visions tai5t exactes8 ,une ville antique1 confiait-il son ami ,remacle#eb1 ,bn>s1 se dresse depuis des j\rs imprativem5t exigeante comme un p]sonnage unique et flamboyant du pass1 mirage rel4 ,je photographi]ais1 malgr moi1 cette cit surgie en moi1 sans aucune raison de lectures ou rves pralables1 avec ses palais1 aspects de rues1 b\tiques1 cortges royaux lphants et en armes4 ,et v\s ent5dez8 ,je v\s donne un ,bn>s1 tel qu'il a exi/1 j'en suis c]ta91 cela sans docum5ts1 une vision relle1 non une recon/itution travaux la ,salammb4 ,cela f]a un c]ta9 effet4 #eb ,cit p> ,f]n& ,,cl]get 7,villi]s de l',isle-,adam1 p4 #aca74 ,sur la puissance vocatrice de ,villi]s1 v4 ,h5ri ,,lav$an1 motions1 pp4 #dd-de4 ,son imag9ation1 p> *oix1 s'assujettissait des pays extraord9aires et des villes ananties1 comme tant mieux son aise p\r se les figur] sans contradiction4 ,il ne les photographiait po9t1 malgr t\t1 la manire d'une voyante1 d'une ,ca!r9e ,emm]i* dcrivant1 dans une vision t\te intuitive1 ,jrusalem et les scnes vangliques4 ,akdyssril#ec1 o il a cru ressuscit] exactem5t ,bn>s1 suppose1 quoi qu'il affirme1 des rves et des lectures pralables4 ,ce n'e/ pas en lui-mme qu'il a tr\v le l+ham de ,siva1 les phaodjs1 les psylles1 et les sans1 dess]vants de la demeure du ,dieu4 #ec ,publi avec d'autres n\velles s\s ce mauvais titre3 ,le ,secret de l'*afaud1 *ez ,flamm>ion 7,collection3 ,les auteurs clbres74 ,dans les aspects de ses obsessions se laiss5t aism5t surpr5dre des ve/iges de littrature1 l'empre9te d'un ,baudelaire1 la tonalit des sujets o se complut l'auteur des ,p>adis artificiels4 ,analogue celle d',edg> ,po1 sa fantaisie d'imag9atif procrait des figures de femmes d'une p]fection irralisable4 ,le possible ne p\vant ass\vir son apptit de beaut1 il s'vadait1 au del1 dans l'inconnu4 ,mais1 ce qu'il s5tait huma9em5t impossible1 il v\lait l'anim] devant ses yeux1 le t5ir entre ses ma9s comme plus vrai que la plus immdiate ralit3 le comte d',a?ol#ed1 au ret\r des funrailles de sa jeune p\se ,vra1 veut se conva9cre qu'elle n'e/ pas morte1 il la croit l1 il lui p>le1 elle lui rpond2 l'halluc9ation1 pro*e de la folie1 s'exalte jusqu' l'in/ant o leurs lvres s'uniss5t dans une joie div9e1--oublieuse--immortelle4 ,et ils s'ap]oiv5t alors qu'ils n'tai5t rellem5t qu'un seul tre4 #ed ,les ,contes cruels3 ,vra4 ,si la p5se eng5dre ce qui exi/e hors d'elle1 l'illusion du comte d',a?ol n'a ri5 d'absurde4 ,mais1 p\r que l'esprit puisse avoir foi aux fantmes o il se dd\ble1 il a beso9 de les matrialis]4 ,le t]me de la fiction idali/e devait tre l've future1 la femme idalem5t artificielle4 ,ce livre capital de ,villi]s e/ issu p\rtant d'un fait au!ntique et non d'un rve4 ,un jeune "l anglais avait une fiance dont il idoltrait la beaut corporelle1 t\t en excrant sa platitude d'intellig5ce et d'me4 ,il fit model] son image une effigie de cire qu'il habilla fa/ueusem5t1 et1 se c\*ant prs d'elle1 il se tua4 ,un +nieur amrica91 devant qui tait conte cette morbide anecdote1 se leva et dit trs paisiblem5t3 --,je suis au regret que votre ami ne se soit pas adress moi2 je l'aurais peut-tre guri4 --,v\s1 comm5t8 --,by ,god6 ,en mettant dans sa p\pe la vie1 l'me1 le m\vem5t et l'am\r4 ,t\t le monde se mit rire1 hormis ,villi]s qui semblait absorb dans la confection de sa cig>ette4 --,v\s p\vez rire1 trang]s1 dit gravem5t l',amrica9 en pr5ant son *apeau et sa canne1 mais mon matre ,edison v\s appr5dra bi5tt que l'lectricit e/ aussi puissante que ,dieu#ee4 #ee ,,pontavice du ,,heussey1 ,villi]s de l',isle-,adam1 pp4 #agj-aga4 ,villi]s n'entreprit po9t son ve future af9 de ju/ifi] cette ?se digne d'un ,tribulat ,bonhomet3 ,l'lectricit e/ aussi puissante que ,dieu4 ,mais il lui fallut une surpr5ante =ce de p]suasion imag9ative p\r con/ruire et suggr] comme possible l',hadaly d',edison1 cette armure lectrique1 vtue de *air artificielle1 et qui un mdium communique1 avec son me1 l'impulsion de ses m\vem5ts4 ,je ne connais ri5 de comp>able au *apitre o ,"l ,ewald1 croyant tre9dre sa matresse1 l'ent5d murmur] t\t d'un c\p3 --,ami1 ne me reconnais-tu pas8 ,je suis ,hadaly4 ,le romanci] p>vi5t n\s r5dre un in/ant dupes volontaires de l'illusion qu'il a v\lu enfant]4 ,n\s sommes en ple9 fanta/ique4 ,le fanta/ique e/ l'abme qui invite ses v]tiges une imag9ation folle de lib]t4 ,seulem5t1 ds que le bon s5s s'e/ repris1 le phantasme disp>u laisse une morne /upeur2 et l'esprit ne re/e po9t libre devant les cratures de son rve2 il en a peur1 comme si elles dev5ai5t plus exi/antes que lui-mme4 ,la t]reur e/ la revan*e de l',inconnu sur l'audacieux1 capable d'en scrut] les p>ages4 ,la c\leur des contes de ,villi]s se prs5te1 dans l'ensemble1 tragique comme son exi/5ce1 comme les sujets des lg5des bretonnes1 presque t\j\rs attires v]s des pisodes s9i/res4 ,la mort et l'*afaud envahir5t ses song]ies presque la faon d'une ide fixe4 ,il re*]*ait le spectacle des excutions1 comme son convive des d]nires ftes#ef1 non sans d\te *at\ill du mme sadisme sangu9aire1 mais en blas curieux d'motions =tes1 et p\r surpr5dre le brusque saut d'un vivant dans les cl>ts de l'au del4 ,il croyait que les suprmes images rfl*ies p> les yeux d'un moribond p]si/5t au fond de ses prunelles1 mme qu& les battem5ts de son cur ont cess4 ,la hantise de la guillot9e explique des inv5tions b>oques1 telles que la msav5ture de ,m4 ,r$\x#eg3 ,m4 ,r$\x1 contemplant1 au ,muse ,tussaud1 la ma*9e qui s]vit p\r le supplice de ,l\is ,,xvi1 en vi5t mim] l'excution du ,roi2 il se c\*e sur la plan*e1 ins9ue son c\ dans la lunette et ne peut plus l'en retir]4 #ef ,v4 ,les ,contes cruels4 #eg ,les phantasmes de ,m4 ,r$\x 7,hi/oires insolites74 ,villi]s dom9ait cep5dant les sujets macabres p> un ef=t de rigueur logique1 semblable celui du savant1 lorsqu'il analyse un cas anormal4 ,il se ma9t5ait extrieur ses fictions t]rifiantes1 se div]tissait /upfi] son lecteur1 lui donn] froid dans le dos4 ,cela f]a1 dcl>ait-il1 un c]ta9 effet4 ,e/-ce dire que le t\rm5t de l'effet absorbe t\tes ses int5tions et qu'il comb9e des faits tranges1 la manire des conteurs amrica9s1 p\r le seul attrait de l'tranget8 ,claire ,l5oir a jadis tromp son m>i2 elle agonise dans une *ambre d'htel1 et1 au mom5t de m\rir1 voit se pe9dre sur la muraille la mort affreuse de l'homme p\r qui elle fut c\pable4 ,qu& elle a expir1 le docteur ,tribulat ,bonhomet1 unique spectateur de sa d]nire angoisse1 attire son cadavre en trav]s du lit1 exam9e1 l'aide d'un ophtalmoscope1 les yeux1 les gr&s yeux r5v]ss1 vitreux1 fixes1 exorbitants1 dploys4 ,et voici t\t ce qu'il y ap]oit3 ,des cieux6--des flots lo9ta9s1 un gr& ro*]1 la nuit tombante et les toiles6--,et1 deb\t sur la ro*e1 plus gr& que les vivants1 un homme p>eil aux huit insulaires des ar*ipels de la ,m]-dang]euse1 se dressait6 tait-ce un homme1 ce fantme8 ,il levait d'une ma91 v]s l'abme1 une tte sanglante1 p> les *eveux6--,avec un hurlem5t que je n'ent5dais pas1 mais dont je dev9ais l'horreur l'ignivome di/5sion de sa b\*e gr&e ouv]te1 il semblait la v\] aux s\ffles de l'ombre et de l'espace4 ,de son autre ma9 p5dante1 il t5ait un c\telas de pi]re1 dg\ttant et r\ge4 ,aut\r de lui1 l'horizon me p>aissait sans bornes1--la solitude1 jamais maudite6 ,et1 s\s l'expression de furie surnaturelle1 s\s la contraction de v5geance1 de sol5nelle colre et de ha9e1 je reconnus1 sur-le-*amp1 sur la face de l',ottysor-vampire1 la ressemblance inexprimable du pauvre ,m4 ,l5oir avant sa mort1 et1 dans la tte tran*e1 les traits affreusem5t assombris de ce jeune homme d'autrefois1 de sir ,h5ry ,clifton1 le lieut5ant p]du4 ,app>emm5t1 ,villi]s s'e/ plu jet] le ngateur et sci5ti/e ,bonhomet en face d'une vision dont l'p\vante s'enfonce dans l'obscur labyr9! des concordances surnaturelles4 ,mais jusqu' quel po9t admettait-il lui-mme la ralit possible1 de ce tableau8 ,l'artifice littraire ne dborde-t-il pas ici le symbolisme my/ique8 ,my/ique avec vhm5ce1 ,villi]s fut p\rtant un my/ificateur4 ,il enf]mait ses am]tumes1 ses mpris1 p>fois ses croyances dans le f\rreau damasqu9 d't9celantes ironies4 ,il eut beau mpris] l'esprit p\r l'esprit1--c> l'esprit dans le s5s monda91 p5sait-il1 e/ l'ennemi de l'intellig5ce#eh1 le pli c\tumi] de sa lvre1 son il aigu et mfiant trahissai5t un beso9 de p]siflage1 le qui-vive du bretteur en g>de contre t\te agression#ei4 ,son ironie p>tait d'un dda9 d'ari/ocrate p\r l'indcrottable ha9e des g5s du commun qui l'opprimai5t de leurs sottises coalises4 ,le g5tilhomme v\ la misre1 l'arti/e vilip5d se revan*ait p> des traits ac]bes des avanies qu'il devait subir4 ,r>em5t il s'indignait1 il invectivait4 ,son ironie1 d'une indfectible lgance1 p]ait en effleurant1 comme le poign>d du spectre1 dans la ,mort r\ge d',edg> ,po4 ,p]sonne n'a mani l'antiphrase d'une ma9 plus meurtrire que le railleur des ,deux augures#fj4 ,un jeune criva9 se prs5te *ez le directeur d'un j\rnal et lui propose un article2 p\r se faire valoir il n'a que deux titres3 il e/ inconnu et sans ombre de tal5t4 #eh ,l've future1 p4 #fi4 #ei ,gu/ave ,,gui*es1 ,villi]s de l',isle-,adam 7la ,n\velle ,revue1 #a;er mai #ahij74 #fj ,v4 ,les ,contes cruels4 ,he98 s'crie le directeur1 tremblant de joie1 v\s v\s prt5dez sans tal5t8444 ,non1 je ne puis y croire4 ,votre =tune s]ait faite et la mi5ne aussi4 ,c'e/ six francs la ligne que je v\s (frirais6--,voyons1 entre n\s1 qui me g>antit la nullit de cet article8 --,lisez1 monsieur6 articule avec fi]t le jeune t5tateur444 ,une v]ve surpr5ante1 et qui ne dvie jamais v]s des outrances vulgaires1 module1 durant dix-huit pages1 cette gageure de p>adoxale drision4 ,les demoiselles de ,bi5filtre1 ,virg9ie et ,paul1 ,la ma*9e de gloire#fa sont aussi des m]veilles d'ironie fantaisi/e4 ,t\tefois1 l encore1 ,villi]s re/e artificiel4 ,comm5t rpt] une manire1 et n'tre po9t manir8 ,la prs5ce de l'auteur e/ trop p]ceptible s\s *aque mot de ses p]sonnages2 il se fait comme un jeu de taill] en d>d aigu la queue de t\tes ses phrases1 mais n\s laisse la dception d'ap]cevoir dans les huma9s de ses contes des c>icatures lyriques et symboliques1 non des vivants analogues ceux que notre expri5ce a r5contrs4 ,en se moquant d'eux1 il semble p>fois se moqu] de lui-mme1 et on p5s]ait presque de lui ce qu'il exprime du cabot9 ,*audval3 ,le vieux hi/rion expira1 dclamant t\j\rs son gr& s\hait de voir des spectres1 sans compr5dre qu'il tait lui-mme ce qu'il *]*ait#fb4 #fa ,id4 #fb ,id41 ,le dsir d'tre un homme4 ,son ,tribulat ,bonhomet baf\e1 aprs ,homais1 le b\rgeois mod]ne1 suffisant et mdiocre1 in/all dans ses p>tis pris1 grossirem5t matriel4 ,il admire ,voltaire et les p5seurs qui sav5t gagn] de l'arg5t4 ,le ,progrs1 la ,sci5ce ont remplac p\r lui l'tre suprme4 ,il se croit philan?rope et p\rsuit d'une froce animadv]sion t\t ce qui drange la scurit de son gsme4 ,il hait mort l'arti/e1 p>ce que l'arti/e a une me et lui fait honte de la si5ne4 ,mais1 t&is qu',homais prore entre ses bocaux1 au!ntique et inamovible1 ,bonhomet1 anormal1 effrayant1 amplifi et d=m en symbole1 crve frquemm5t les limites du vraisemblable4 ,vrai dans l'ess5ce1 il a l'air d'un mon/re4 ,il se dlecte1 la nuit1 pntr] avec de sauvages prcautions jusqu'au milieu d'un tang o dorm5t des cygnes1 et il massacre ceux qu'il peut surpr5dre1 p\r se donn] l'audition de leur *ant d'agonie3 ,qu'il e/ d\x1 se disait-il t\t bas1 d'enc\rag] les arti/es6 ,bonhomet1 qui a des vues sociales et sci5tifiques1 pondeur de mmoires v>is1 d'un entre autres ayant p\r titre3 ,de l'influ5ce de la can?>ide sur le cl]g de ,*&]nagor1 propose une faon orig9ale d'utilis] les tremblem5ts de t]re2 on p>qu]ait les potes et les arti/es dans un des pays les mieux exposs aux convulsions volcaniques2 et il conclut3 ,si n\s eussions le *oix de troqu] les six mille p]sonnes honorables1 crases dans la d]nire cata/rophe1 contre six mille b>b\illeurs de papi]1 quel e/ celui d'entre ,,n\s qui et hsit1--ne ft-ce qu'une seconde8 ,il accuse des ignorances confondantes1 signale1 ,sa9t-,malo1 le tombeau d'un anci5 m9i/re de ,*>les ,x1 le vicomte de ,*ateaubri&1 dont quelques travaux e?nographiques sur les ,sauvages ont t1 p>at-il1 rem>qus4 ,il e/ime ,rocambole trop mtaphysique1 trop ab/rait p\r son intellect2 et1 d'autre "p1 il semble au fait du sy/me d',hgel qu'il dnomme le ,nabu*odonosor de la philosophie4 ,on le croirait inexpugnable dans l'paisseur de son s5s commun1 f]me comme un rh9ocros sur les quatre jambes de sa sottise4 ,et p\rtant il subit des peurs sup]/itieuses1 des affres devant le ,my/re1 des paniques qui conf95t la vsanie4 ,il dcl9e v]s le plus sombre gtisme1 mais1 jusqu'au b\t1 maugre contre l'exi/5ce de l',invisible3 ,t\j\rs1 les toiles6 a n'en f9it pas4 ,mme plus qu' demi trpass1 il ricane1 il gogu5>de1 s'ob/9e d'inadmissibles calembr$a9es4 ,mais ,dieu le r5voie p>mi les f>ceurs1 af91 dit-il1 que votre nombreuse p]sonne inspire1 l-bas1 quelqu'une de ces pages de feu1 de honte et de vomissem5t que1 de sicle en sicle1 l'un de mes soldats cra*e en frmissant1 au front de vos congnres4 ,dans l'ironie de ,villi]s le caprice du sceptique et le surnaturalisme du croyant concid5t sans trop s'accord]4 ,il cl\e ,bonhomet1 tel qu'un vila9 oiseau1 sur la porte de l't]nelle ,ju/ice2 son dgt prote/e contre un sicle qui ne veut pas se reconnatre en lui1 o il se voit un rev5ant1 un exil d'une autre re4 ,il croit donc la ralit de ,bonhomet1 il l'excre2 et1 en mme temps1 il se j\e de lui comme d'une ombre grotesque suscite p> son rve1 et que1 d'un s\ffle1 il dissip]a4 ,cette contradiction ti5t la dplorable emprise qu'eur5t ,fi*te et ,hgel sur sa jeunesse3 si l'univ]s e/ une fantasmagorie de la p5se1 libre au pote de se div]tir des simulacres qu'il anime1 d'envisag] les tres selon lui1 non selon eux4 ,l5oir1 dans sa controv]se philosophique avec ,bonhomet1 av5ture une ide qui n\s ouvre l'arrire-fond de l'ironie habituelle ,villi]s3 ,p\rriez-v\s me dire si l'tre extrieur1 app>5t1 que v\s (frez1 qui se manife/e nos s5s1 e/ rellem5t celui que v\s savez tre en v\s8#fc #fc ,tribulat ,bonhomet1 p4 #aig4 ,l'ironie1 d'un c\p d'ongle1 d*ire le masque et la grimace des app>5ces1 met nu la vrit des mes4 ,seulem5t1 l'criva9 dont l'esprit ne cesse pas d'ironis] re/]a-t-il naturel8 ,t\te ironie prs5te une sorte de miroir d=mant4 ,la simple ralit se pr5d au srieux2 l'ironie la disloque ou la recompose af9 de bris] son illusion4 ,voil p\rquoi l'ironie de ,villi]s contribue l'artificiel de son uvre4 ,la conception comme l'expression laisse disc]n] ce manque frqu5t de naturel4 ,mais1 lorsqu'on p>le d'artifice littraire1 une inc]titude a beso9 d'tre lucide3 quel mur1 quelle zone fran*e sp>e du naturel l'artificiel8 ,l'art n'e/ jamais qu'une transposition idale o les aspects innombrables du monde sont /yliss dans des =mes4 ,le gnie des c\leurs fut et re/e1 en son pr9cipe1 quelque *ose de spontan2 et1 cep5dant1 si lo9 que n\s allions v]s les orig9es de leur art1 *ez les fabuli/es de l',inde1 les ades de l',hellade homrique1 ses =mes primitives1 une fois tablies1 se rvl5t cont9ues selon des rgles acquises p\r longtemps4 ,les mmes lg5des1 les mmes procds n>ratifs1 les mmes comp>aisons1 les mmes pi?tes suffir5t des gnrations de potes4 ,p> quoi sommes-n\s induits jug] qu'un rcit d',homre1 l'hi/oire1 entre autres1 de ,nausicaa1 possde cette beaut1 p\r n\s si prcieuse3 le naturel8 ,c'e/ que les images de la vie s'y rfl*iss5t avec leur ordre simple et normal1 comme si elles ne p\vai5t tre autrem5t2 et les p]sonnages pr(r5t sans re*]*e les p>oles qu'exig5t des s5tim5ts et des situations plausibles4 ,au reb\rs1 un arti/e mod]ne--dans l'espce1 ,villi]s de l',isle-,adam--fait si5nes des faons de n>r] qu'il r5\velle1 t(fe1 ass\plit p> inspiration et p> volont4 ,il e/ n orig9al1 mais s'v]tue l'tre davantage4 ,il entr5\e dans ses contes des incid5ts inatt5dus1 conduit1 p\r ab\tir au dn\em5t1 des sapes s9ueuses1 et f9it sur quelque mot prodigieux ou sur un fait qui dconc]te#fd4 ,un de ses contes les plus poignants1 la torture p> l'esprance#fe1 n\s entrane la suite du vieux rabb9 ,as] ,ab>banel1 depuis un an t\rm5t au fond d'une gele de l',inquisition1 et *]*ant s'vad]4 ,les inquisiteurs l'ont prv5u1 le soir1 qu'il f]ait p>tie1 le l5dema91 d'un autodaf2 aprs leur d"p il s'ap]oit que la porte de son ca*ot e/ mal v]r\ille1 il la p\sse1 il se glisse en rampant contre la p>oi d'un corridor inf9i4 ,des inquisiteurs le r5contr5t et n'ont pas l'air de le voir4 ,il arrive1 aprs d'p\vantables angoisses1 au seuil de j>d9s m]veilleux2 il se croit sauv et1 p\r bnir encore le ,dieu qui lui accordait cette misricorde1 il t5dit les bras devant lui1 en levant les yeux au firmam5t4 ,ce fut une extase4 #fd ,baudelaire1 dont il e/ pro*e1 s\t5ait1 avec ,edg> ,po1 dans ses ,curiosits e/htiques1 ce p>adoxe que le beau e/ t\j\rs biz>re4 #fe ,voir les ,n\veaux contes cruels4 ,alors1 il crut voir l'ombre de ses bras se ret\rn] sur lui-mme3--il crut s5tir que ces bras d'ombre l'ent\rai5t1 l'enlaai5t1--et qu'il tait press t5drem5t contre une poitr9e4 ,une haute figure tait1 en effet1 auprs de la si5ne4 ,confiant1 il abaissa le reg>d v]s cette figure--et demeura pantelant1 affol1 l'il morne1 trmbond1 gonflant les j\es et bavant d'p\vante4 --,horreur6 ,il tait dans les bras du gr& ,inquisiteur lui-mme1 du vnrable ,p$ro ,arbuez d',espila1 qui le considrait1 de grosses l>mes ple9 les yeux1 et d'un air de bon pa/eur retr\vant sa brebis g>e6 ,le sombre prtre pressait contre son cur1 avec un lan de *>it si f]v5te1 le malheureux juif1 que les po9tes du cilice monacal s>clr5t1 s\s le froc1 la poitr9e du dom9ica94 ,et1 p5dant que le rabb9 ,as] ,ab>banel1 les yeux rvulss s\s les paupires1 rlait d'angoisse entre les bras de l'asctique dom ,arbuez et compr5ait confusm5t que t\tes les phases de la fatale soire n'tai5t qu'un supplice prvu1 celui de l',esprance1 le ,gr& ,inquisiteur lui murmurait l'oreille1 d'une hale9e brlante et altre p> les jenes3 --,eh quoi1 mon enfant6 ,a la veille peut-tre du ,salut1 v\s v\liez donc n\s quitt]6 ,en ses plus infimes dtails ce rcit atte/e une sci5ce de t]reur halluc9ante2 ,c'e/ la russite d'un art aff9 l'excs4 ,mais on voit trop bi5 de quelle int5tion factice il procde3 ,villi]s avait lu le ,puits et le p5dule2 il se plut dmontr] qu'en se passant des eng9s matriels dont ,edg> ,po s'tait aid p\r crer une effroyable fiction1 il obti5drait un effet d'horreur1 d'une int5sit plus haute et /upfiante4 ,il a gagn cette sorte de p>i1 sup]bem5t4 ,malgr t\t1 l'anormale et atroce frocit du cau*em> volontaire provoque dans notre esprit une raction de mfiance2 il cons5t la sec\sse1 une fois1 p> surprise2 qu& on relit plus froidem5t1 on dc\vre dans la liaison des pisodes une srie d'hypo?ses arbitraires et =ces2 et comm5t s'att>d] en compagnie du mon/rueux sans admettre la p]v]sion e/htique qu'rigeait en prcepte ce v]s p>adoxal3 ,le *>me de l'horreur n'enivre que les =ts8 ,le gt de l'horrible correspond celui de l'artificiel4 ,l'exi/5ce relle dvoile une masse de petites noirceurs beauc\p plus que des drames atroces4 ,l'arti/e en qute d'atrocits risque de se p]dre hors nature2 son imag9ation l'emmne comme un somnambule c\rant sur la g\ttire d'un toit4 ,le ,puits et le p5dule1 les ,diaboliques1 la torture p> l'esprance#ff sont des *efs-d'uvre d'exception1 tels que des plantes magiques dont les fleurs bl\issantes aurai5t bu les vapeurs d'un sol satur de poisons4 ,sans d\te le satanisme em]ge-t-il palpablem5t des p]v]sits extrmes4 ,mais les fumes du puits de l'abme ont des pr9cipes mortels p\r ceux-l qui ne veul5t plus ri5 respir] d'autre4 ,un art surnaturali/e ne peut re/] huma9 et naturel que s'il e/ n\rri1 comme au moy5 ge1 p> une foi +nue4 ,dante vivait1 en famili] avec les trois mondes supras5sibles2 aussi transposait-il sans ef=t ni d=mation les accid5ts t]re/res en ralits transc5dantes2 et son ,p>adis faisait quilibre son ,enf]4 ,baudelaire1 ,edg> ,po1 ,b>bey d',aurevilly1 ,villi]s de l',isle-,adam1 ,huysmans ont re/itu dans l'art la prs5ce d'un ,surhuma9 malfaisant2 ils n'ont su r\vrir le ,j>d9 des ,batitudes4 ,il s'ensuit que leur satanisme e/ s\v5t outr1 malfique1 et1 mme s9cre1 ressemble de la littrature4 #ff ,v4 aussi dans les ,amants de ,tolde 7,n\veaux ,contes cruels7 l'trange inv5tion de cruaut sadique attribue ,torquemada4 ,*ez ,villi]s1 magnifique criva9 p\rtant1 la frqu5te abs5ce de naturel se rfl*it dans ses faons d'crire4 ,il app>t9t l'espce des hommes de lettres qui ont deux /yles3 l'un1 qu& ils p>l5t ou criv5t spontanm5t2 l'autre1 qu& ils font une uvre4 ,sans all]1 comme c]ta9s e/htes1 jusqu' se conva9cre que1 p\r avoir un /yle1 on doit nonc] les *oses en des t]mes dont p]sonne n'us]ait1 il composait ses ides un vtem5t de songe4 ,il aurait pu obir aux appels faciles de l'improvisation2 il produisait1 au contraire1 avec une difficult v\lue4 ,lorsqu'il travaillait1 il se c\*ait--ft-ce au milieu du j\r--rappro*ait du lit son pupitre1 et l rvait les phrases1 les reg>dait se =m] mot mot1 pr5dre leur me en mme temps que leur corps4 ,mais ce *oix du vocable ne s'accomplissait pas aism5t1 c> sa probit d'arti/e se laissait combattre p> des scrupules trang]s#fg4 #fg ,gu/ave ,gui*es1 cit p> ,,r\gemont 7,villi]s de l',isle-,adam1 p4 #aaj74 ,il pesait les mots1 disait-il1 dans des balances en toile d'araigne4 ,ce n'tait po9t la manire d'un rhteur1 d'un p>nassi5 *oyant une pi?te p\r elle-mme4 ,il se t\rm5tait d'enclore dans une priode t\te la puissance de syn?se visionnaire qu'elle p\vait suscit]4 ,mo9s simple que ,flaub]t1 il ne visait pas1 comme lui1 la seule nettet pla/ique2 il v\lait pntr] au del des =mes4 ,va oultre1 lui enseignait une des deux devises de sa race4 ,il *]*ait voir et rvl] l'intime des tres1 faire s5tir le my/re dont ils sont ple9s4 ,voici1 p> exemple1 l'vocation nocturne d'un co9 de ,jrusalem1 dans le palais de ,salomon3 ,au-dessus d'eux1 hauteur des feuillages extrieurs1 la my/rieuse ,salle des ,en*antem5ts1 uvre des ,*aldens1 la ,salle o mille /atues de jaspe font brl] une =t de tor*es d'alos1 la haute ,salle des fe/9s1 aux colonnades my/iques1 expose t\s les v5ts de l'espace1 prolonge1 au milieu du ciel1 le v]tige de ses pr(ondeurs triangulaires3 les deux cts de l'angle initial s'ouvr5t1 en face du ,moria1 sur la ville ensevelie dans l'ombre du ,temple1 ti>e lum9euse de ,sion#fh4 #fh ,l',annonciateur 7,contes cruels1 p4 #cbc74 ,qu'on ne dem&e pas de telles phrases le relief ar*itectural d'un lieu bi5 df9i2 ,villi]s n\s apporte mo9s et plus2 il entre-bille1 dans le br\ill>d d'un rve1 la salle inimag9able o brle1 aux ma9s de mille /atues1 la =t des tor*es2 et1 dom9ant ,sion1 la =me my/ique de leur flamboiem5t lui app>at semblable une ti>e lum9euse4 ,or1 p\vait-il configur] cette hyp]bole de spl5deur et ne pas impos] l'expression quelques viol5ces anormales8 ,des tr\vailles de ce g5re3 prolonge le v]tige de ses pr(ondeurs triangulaires correspond5t une complication dcad5te de /yle1 telle qu'en p\rsuiv5t1 auj\rd'hui encore1 des symboli/es att>ds4 ,on dirait que p\r ces *]*eurs de qu9tess5ce les rapports habituels des mots r5d5t un son u de vieil orgue4 ,villi]s1 aprs ,baudelaire et ,po1 semblait trop s\v5t crire dans cet tat d'hyp]acuit lucide que dt]m9e l'opium1 au db de l'ivresse#fi4 ,le simple et le rel lui dev5ai5t alors inexi/ants et l'on s'explique des paysages1 comme celui-ci1 o lui-mme reconnat une sorte de simulation imag9aire3 ,c'tait le crpuscule d'une j\rne d'clipse4 ,a l',occid5t1 des rais d'une aurore borale allongeai5t sur t\t le ciel les bran*es de leur s9i/re v5tail4 ,l'horizon donnait la s5sation d'un dcor444 ,du sud au nord-oue/ se r\lai5t de mon/rueux nuages p>eils des monceaux de ouate violette1 bords d'or4 ,les cieux p>aissai5t artificiels#gj4 #fi ,t\t le monde sait que ,po et d'autres entret5ai5t avec des liqueurs =tes leur exaltation quotidi5ne4 ,villi]s fut-il exempt de ces habitudes8 ,ceux qui l'ont connu l'affirm5t1 quoiqu'il passt au caf la plup>t de ses nuits4 #gj ,l've future1 pp4 #cac1 #cad4 ,de mme1 qu& il essaie d'illum9] l'intrieur des mes1 il s'v]tue tre pr(ond1 pr(ond jusqu'au v]tige1 mais ne l'e/ po9t sans des obscurits inquitantes3 ,lorsque le front seul conti5t l'exi/5ce d'un homme1 cet homme n'e/ clair qu'au-dessus de la tte2 alors1 son ombre jal\se1 r5v]se t\te droite au-dess\s de lui1 l'attire p> les pi$s1 p\r l'entran] dans l',invisible4 ,en sorte que l'abaissem5t lascif de ses passions n'e/ /rictem5t que le rev]s de la hauteur glace de ces esprits#ga4 #ga ,l',annonciateur 7,contes cruels1 p4 #ccc74 ,dans un pome lg5daire1 la surt5sion descriptive1 les nuages du s5tim5t app>ti5n5t1 en un c]ta9 s5s1 l'irralit du sujet4 ,mais au ?tre1 il e/ plus difficile d'accept] des hommes et des femmes vtus comme n\s et dclamant des proses lyriques qu' leur place jamais des huma9s vraisemblables n'aurai5t l'ide de concevoir4 ,les deux d]nires p>ties d',axel 7le monde occulte et le monde passionnel7 rsi/5t1 p> l1 aux conditions normales du v]be scnique2 ,axel1 matre ,janus1 ,s>a1 disc\r5t comme des livres2 ou plutt c'e/1 en eux1 ,villi]s dont le lyrisme mtaphysique dialogue avec lui-mme4 ,en #ahgj1 il put faire j\] un petit drame deux p]sonnages1 la ,rvolte#gb1 impeccablem5t crit1 d'une p]fection de langage mme trop /ricte p\r sembl] vraie4 ,le sujet met aux prises un banqui] et sa femme1 lui1 sec et positif1 elle1 affame de t5dresse s5tim5tale et de posie4 ,or1 les mo9dres p>oles de ce b\rgeois sont ornes de la di/9ction concise1 tran*ante propre ,villi]s2 l'ironie de l'auteur p]ce p>t\t1 notamm5t en cette tirade#gc o ,flix dcl>e3 ,je n'aime pas les montagnes trop hautes1 ni dans les p]sonnes1 ni dans la nature4 ,si l'on veut tre sublime444 qu'on le soit du mo9s avec discrtion4 #gb ,,lem]re1 d4 #gc ,pages #bf-bg4 ,aprs quelques reprs5tations orageuses1 la ,rvolte tomba et n'a jamais t reprise4 ,une des causes de son *ec fut l'criture cont9uellem5t arti/e de scnes o la mdiocratie mod]ne ne p\vait reconnatre le timbre de sa voix vulgaire4 ,villi]s de l',isle-,adam suscite peut-tre l'impression de l'artificiel1 p>ce qu'il demeure ari/ocrate1 alors que le naturel1 en son temps1 et t de s5tir et de p>l] comme un b\rgeois4 ,mais son art e/ vraim5t factice1 t\tes les fois qu'il se trahit1 s\cieux de se faire valoir avant de faire valoir les *oses mmes qu'il veut r5dre4 ,c>1 en somme1 c'e/ ici la ligne de p>tage entre le naturel et l'artificiel3 qu& un s5tim5t spontan1 une ju/e int]prtation de l'huma9 ou du div9 prdom9e sur les procds e/htiques et le mirage v]bal1 l'criva9 e/ pro*e du naturel1 de la bonhomie1 et il a les plus hautes *ances de s'y ma9t5ir1 s'il se s\met et s'efface devant les ralits4 ,seulem5t1 les ralits1 il faut y croire1 et l'idali/e ,villi]s1 trop s\v5t1 incl9e les t\rn] en un jeu4 ,c'e/ alors que la bonhomie lui manque avec la simplicit4 99 99 99 99 99 ,cep5dant l'artificiel1 p\r a*ev] de se df9ir1 a beso9 d'tre mis en contra/e avec ce qui ne l'e/ pas4 ,villi]s1 dans ses plus fran*es inspirations1 atteignit cet tat de foi intuitive o la s9crit du cur et de l'intellig5ce donne l'irrsi/ible acc5t du vrai4 ,il *appe d'abord l'artificiel p> le dsir de s'en vad]4 ,un admirable lan lyrique1 dans l've future1 nonce d\l\reusem5t cette angoisse de l',illusion qui se v\drait exi/ante et relle1 t&is qu'elle n'e/ qu'une app>5ce1 un songe et un *o4 ,hadaly reg>de le p>c illum9 p> la lune3 ,nuit1 dit-elle1 avec une simplicit d'acc5t presque familire1 c'e/ moi1 la fille augu/e des vivants1 la fleur de ,sci5ce et de ,gnie rsulte d'une s\ffrance de six mille annes4 ,reconnaissez dans mes yeux voils votre ins5sible lumire1 toiles qui prirez dema92 et v\s1 mes des vi]ges mortes avant le bais] nuptial1 v\s qui flottez1 int]dites1 aut\r de ma prs5ce1 rassurez-v\s6 ,je suis l'tre obscur dont la disp>ition ne vaut pas un s\v5ir de deuil444 ,o p>c en*ant6 ,gr&s arbres qui sacrez mon humble front des reflets de vos ombrages6 ,h]bes *>mantes o des t9celles de rose s'allum5t et qui tes plus que moi6 ,et v\s1 cieux d',esprance1--hlas6 si je p\vais vivre6 ,si je possdais la vie6 ,oh6 que c'e/ beau de vivre6 ,heureux ceux qui palpit5t6 ,o ,lumire1 te voir6 ,murmures d'extase1 v\s ent5dre6 ,am\r1 s'abm] en tes joies6 ,oh6 respir] seulem5t une fois1 p5dant leur sommeil1 ces jeunes roses si belles6 ,s5tir seulem5t pass] le v5t de la nuit dans mes *eveux6 ,p\voir1 seulem5t1 m\rir6#gd #gd ,pages #cdc-cdc4 ,en atte/ant p> la voix d',hadaly que la sci5ce ne peut contrefaire la vie1 uvre transc5dante1 ,villi]s nonait donc implicitem5t3 ,la vie1 hors de ma p5se1 exi/e et j'y crois4 ve1 c'e/ la vie4 ,dans ce roman biz>re o il dploie une +niosit prodigieuse transmu] en posie une fiction sci5tifique1 s'e/ dlivre sa no/algie de la femme idale ayant une me p>faite comme son corps1 de l've ptrie p> les ma9s div9es2 il ne rve pas un p>adis futuri/e1 il se ress\vi5t de l'd5 p]du4 ,la soif d'absolu dont il brlait ne p\vait se calm] qu'en buvant dans les yeux de la crature dsirable la lumire de l',ess5ce incre4 ,il retr\vait l'apptit platonici5 et *rti5 de la ,beaut pure1 de l'tre4 ,celte et g5tilhomme1 ataviquem5t initi au culte de la femme1 il a fait entreluire1 en beauc\p de ses contes1 des figures d'hrones dlicates et sublimes1 qu' =ce de s9crit il r5d vraisemblables3 ,je s5tais1 dit l'ami de ,mlle d',aubelleyne1 que c'tait seulem5t la transp>5ce de son me qui me sduisait en cette jeune femme1 et que t\te passionnelle p5se1 sa vue1 me s]ait t\j\rs d'un idal mille fois mo9s attrayant que le simple et frat]nel p>tage de sa tri/esse et de sa foi4 ,ru? ,moore#ge1 ,frdrique#gf1 ,paule de ,luanges#gg port5t le commun signe d'une di/9ction my/ique1 ?re et grave1 qui vapore en p>tie la sub/ance *>nelle de leur ralit et les laisse p\rtant vraies1 au mo9s d'une vrit de songe1 exemplaires de la ,femme presque re/itue sa c&eur et sa p]fection primordiales4 #ge ,dans son drame1 ,le ,n\veau ,monde4 #gf ,l'am\r sublime4 7,n\veaux ,contes cruels47 #gg ,la ,maison du bonheur 7,hi/oires insolites74 ,d'autre "p1 qu& ,villi]s a v\lu r5dre la bassesse ou la p]v]sit fm99e1 s'il n'a pas lud quelques lieux-communs romantiques 7sa ,mi/ress ,&rews du ,n\veau ,monde71 il a bur9 avec une =ce incisive1 et sans l\rdeur1 ces modles effrayants de sottise g/e ou de pr(essionnelle dpravation1 ,miss ,alicia ,cl>y1 la cabot9e p\r qui sa voix et sa beaut ne sont qu'un gagne-pa91 et ,miss ,evelyn ,habal1 la danseuse qui mne1 p> une l5te d*ance1 son amant jusqu'au suicide4 ,il s]ait difficile d'expos] plus p]t9emm5t le mcanisme d'une passion dgradante qu'en cette av5ture d',&]son avec ,miss ,evelyn ,habal1 et ,villi]s atte9t une des causes les plus secrtes du pre/ige meurtri] que dti5n5t de p>eilles femmes3 ,leur action fatale et morbide sur leur victime e/ en raison directe de la quantit d'artificiel dont elles font valoir--dont elles rep\ss5t plutt--le peu de sductions naturelles qu'elles possd5t#gh4 #gh ,l've future1 p4 #aia4 videmm5t1 son optique d'idali/e l'induisait trop di/ribu] les huma9s en deux catgories3 ceux que t\rm5te un idal et ceux qui vgt5t dans le t]re--t]re des calculs et des convoitises4 ,il n'en eut pas mo9s1 sur la vie quotidi5ne1 des intuitions d'une c]titude prophtique4 ,a ses yeux1 p> exemple1 mancip] les apptits de la plbe1 c'tait dplac] le faix des s\ffrances et l'accrotre au lieu de l'allg]3 ,la victime1 une fois ses li5s dess]rs1 n'a gure d'autre idal que d'en tre9dre le col de son librateur1 c> la place des misrables ne saurait demeur] vacante en ce monde1 et l'on ne peut en ra*et] un seul qu'en se sub/ituant lui#gi4 #gi ,tribulat ,bonhomet1 p4 #afa4 ,il pr\vait1 devant la bassesse des masses1 un dda9 compatissant qu'il a transcrit en plus d'un pa?tique symbole3 tel le m5diant c5t5aire assis contre la grille du p>vis ,notre-,dame et clamant3 ,pr5ez piti d'un pauvre aveugle1 s'il v\s plat#hj4 #hj ,vox populi4 7,les ,contes cruels47 ,la voix de ce pauvre1 voix vraie1 intime voix du ,peuple lam5table1 p]si/e trav]s les tumultes des vnem5ts1 t\j\rs la mme1 et p]ptue la prire occulte de la ,f\le qui ne voit pas sa misre et ne se sait po9t aveugle4 ,tel aussi le messag] triomphal envoy des ,!rmopyles ,sp>te p> ,lonidas et les ,trois ,c5ts4 ,il porte l'annonce de la victoire1 mais on le pr5d p\r un fuy>d1 et1 du haut des murs1 les citoy5s le lapid5t1 cra*5t sur lui4 ,il tombe1 une nue de corbeaux le d*ire encore vivant2 il meurt1 l'me p]due de cette seule gloire que jal\s5t les dieux et f]mant pieusem5t les paupires p\r que l'aspect de la ralit ne tr\blt d'aucune va9e tri/esse la conception sublime qu'il g>dait de la ,patrie444#ha #ha ,impati5ce de la f\le 7,contes cruels47 ,comme ,vigny1 mais sans y mettre sa glaciale dsesprance1 ,villi]s compr5ait la maje/ des agonies sil5cieuses et de la rsignation dans la mort4 ,son duc de ,portl&1 lpreux et moribond1 t5du1 m9uit1 sur la grve o sa fiance s'ag5\ille prs de lui1 ne pr(re avant d'expir] que ces trois mots3 --,au revoir1 ,hl5a6#hb #hb ,duke ( ,portl& 7,contes cruels74 ,au s5s des gr&eurs ari/ocratiques ,villi]s aj\ta celui des sublimits populaires1 tmo9 la p>ole de ,ru? dans son drame1 le ,n\veau-,monde3 ,mon ,dieu1 bnissez ce pa9 qui va dev5ir du sang p\r c\l] au nom de la ,lib]t#hc4 #hc ,le ,n\veau ,monde1 acte ,,iv1 p4 #acb4 ,sans re/] captif des lgances artificielles1 il sut mettre au ?tre1 selon leur vrit triviale de s5tim5t et d'locution1 des types plbi5s comme le =at ,pagnol et le s9i/re ,pre ,ma?ieu#hd4 ,dans le mode comique1 quelle satire exactem5t rali/e du petit b\rgeois1 l'ineffable scne du ,socle de la ,/atue#he1 le dialogue de l'pici] ,gambade et de son p\se1 le soir o e/ lu dput leur fils ,pantalon6 #hd ,p]sonnages de l'vasion1 drame en #a acte 7,/ock4 d474 #he ,le socle de la ,/atue1 n\velle insre dans un recueil po/hume4 ,*ez les passants 7,comptoir d'dition1 #ahij74 ,d'autre "p1 le d]ni] des l',isle-,adam1 p\r s]vir des causes qu'il jugeait sacres1 dploya1 en plus d'une r5contre1 une loqu5ce de haute allure1 inv9ciblem5t dmon/rative4 ,l'entreti5 du ,duc et du ,*evali]#hf1 aprs la mort du ,comte de ,*ambord1 indique1 sur l'av5ir possible de la mon>*ie1 des vues ess5tielles4 #hf ,propos d'au-del 7,aj\ts aux ,n\veaux ,contes cruels47 ,dans un ordre de conceptions plus /able1 le premi] acte d',axel1 taill au cur des liturgies mona/iques1 en dveloppe non seulem5t les magnific5ces tangibles1 mais l'intime asctisme4 ,le conflit muet de ,s>a1 la novice1 et des =ces traditionnelles qui s'v]tu5t la ret5ir1 l'abbesse et l'ar*idiacre dresss comme des images de vitrail1 et si vivants dans la roideur oppressive de leur dogmatisme1 la jubilation nocturne de ,nol1 le ,non t]rible qui1 tombant des lvres de ,s>a1 l'in/ant de pr(r] ses vux1 *ange en tnbres d'horreur l'allgresse de l'(fice1 le ge/e de la rebelle1 qu& elle contra9t1 la ha*e en ma91 l'ar*idiacre desc5dre dans le caveau de l'9 pace o il v\lait la faire ptir1 cet ensemble1 d'une puissance b>b>e et d'une angoissante sol5nit1 =me un des plus beaux pomes ca?oliques qu'on ait jamais rvs4 ,enf91 n'envisag]1 *ez ,villi]s de l',isle-,adam1 que l'ironi/e et le lyrique intime1 dans son ironie mme les vrits surabond5t4 ,les bassesses des temps mod]nes1 le m]cantilisme1 le sci5tisme1 l'avilissem5t des intellig5ces1 l'idoltrie du ,progrs re/]ont m>qus1 p> ses mots incisifs1 d'une cicatrice de plus en plus nette et mordante1 mesure que l'expri5ce des gnrations aura mieux accus la ju/esse de ses traits4 ,sa revan*e sur les sottises et les iniquits dont il s\ffrit leur survivra4 ,son lyrisme1 plus ab/rait que s5tim5tal1 dlie des nuances 9dites dans les clairs-obscurs mal explors de la vie intrieure4 ,l'invisible1 dans ses phrases1 donne plus au visible qu'il n'en reoit4 ,sa vision atte/e1 au del des phnomnes1 des rgions irrvles4 ,le plus saisissant1 peut-tre1 de ses contes1 l',int]signe#hg n\s met de pla9-pi$ avec des mondes inconnus et pro*es dont n\s sp>e seulem5t la gele obscure de nos s5s4 ,l1 le surnaturel s'insre1 sans viol5ce factice1 p>mi des conjonctures tragiquem5t simples et normales4 ,a une poque ngatrice du my/re1 ,villi]s aura t l'un des hommes p> qui le my/re a dit d'une voix 9ludable3 ,j'exi/e4 ,et sa prose1 avec des sonorits neuves1 n\s *ante l'antique mlodie des sicles o le cur des hommes montait de ce qu'ils voyai5t ce qu'ils ne voyai5t pas4 ,ses mtaphores font s\v5t entreluire des horizons imm5ses1 comme l'ar*e prismatique d'un arc-en-ciel illum9e1 dans un soir humide1 des av5ues indf9ies de nues4 #hg ,dans les ,contes cruels4 ,t\t cela n'e/ po9t de l'artificiel1 mais de la pr(onde ralit4 ,j'a*ve ces rflexions1 ma f5tre ouv]te en face du j>d9 mme dont les arbres1 il y a tr5te ans1 pur5t consol] ses yeux de moribond4 ,d]rire ces m>ronni]s plus t\ffus qu'alors le soleil dcl9e a9si qu'une /rophe expire aux lvres lasses d'un pote1 et dema91 revivra1 aussi jeune qu'hi]4 ,quelques mois avant la mort de ,villi]s1 un autre m\rant1 et aussi glorieux1 ,b>bey d',aurevilly1 reg>dait1 le j\r de ,pques1 ces mmes arbres1 une d]nire fois4 ,p\rquoi ,b>bey d',aurevilly1 mo9s aff91 mo9s arti/e1 n\s semble-t-il plus sa9 et =t que ,villi]s de l',isle-,adam8 ,une ddicace de son ,*evali] ,de/\*es ,victor-mile ,mi*elet abrge le secret de sa supriorit3 ,en agissant1 dit-il des hros de son roman1 ils fir5t nos livres4 ,n\s n'avons su que les crire4 ,d',aurevilly considrait que l'action e/ la f9 suprme4 ,l',axel de ,villi]s dcl>ait au contraire3 ,j'ai trop p5s p\r daign] agir4 ,or1 on a vu quelles suites impliqua cette erreur d'isol] la p5se de l'acte4 ,l'art1 issu du rel1 doit t5dre1 de t\te son n]gique c]titude1 au rel1 af9 d'accrotre1 dans ce qui mrite de dur]1 la p]man5ce de l'tre4 ,,le ,,greco ,,de ,,maurice ,,b>r,s ,,et ,,le ,g,,nie ,,my/ique ,,de ,l',,espagne ,l',espagne (fre ,maurice ,b>rs une somme de concid5ces avec sa complexion et son esprit que nul pays1 sauf la ,lorra9e1 ne lui rs]v]ait4 ,extrieurem5t1 on imag9e sans pe9e son pr(il p>mi ceux des g5til%ommes en noir qui1 sur la toile de ,greco1 assi/5t la spulture du comte d',orgaz4 ,*ez lui1 comme *ez ces ,toldans1 se disc]ne un fond n]veux et tri/e1 un ensemble d'indol5ce ari/ocratique et d'n]gie discipl9e1 une me voluptueuse et p\rtant svre1 de l'enttem5t au po9t d'honneur et c]ta9es traditions1 il faut aj\t] ce que lui-mme dit de leur pe9tre1 un art matre de soi1 lim9ant avec un magnifique sang-froid1 t\t ce qui n'e/ pas l'ess5tiel1 d'une int5sit froide et lum9euse1 capable de r5dre s5sible la mtaphysique qui enveloppe ses modles1 et surt\t ennobli de rv]ie religieuse4 ,la =me de sa p5se s'aju/e aux lignes de paysages taills reliefs concis1 plus imprieux que suaves1 o une lumire presque ab/raite1 d'un gris c5dr1 comme l'aimait ,vlasquez1 anime de ses vibrations ry?miques les plus tnus dtails4 ,l',espagne qui lui correspond le plus exactem5t me semble celle de ,tolde1 beauc\p plus que l'autre1 dont il c\ta la *anson avant d'crire3 ,du sang1 de la volupt et de la mort4 ,dans les impressions qu'il avait reues de cette d]nire1 quelque *ose p]si/ait des images que n\s en rapportr5t un ,mrime1 un ,gauti]1 un ,hrdia4 ,sans d\te1 la ,sville qu'a depuis magnifie ,l\is ,b]tr& dans ses fresques du ,rival de don ,juan p\vait ret5ir quelques j\rs son admiration d'arti/e2 auj\rd'hui encore il aime la plnitude s5suelle qui s'exhale des vig\reux *evaux d',&al\sie1 d'une jeune ,svillane clatante4441 des normes illets p>fums de ,cord\e4 ,mais ce qu'il y a1 dans l',espagne populaire1 d'exubrance1 de jovialit1 d'emportem5t1 de faconde et de ge/iculation le div]tit sans le pntr]#hh4 ,au reb\rs1 il devait s'atta*] l',espagne ca/illane et noble1 recluse en ses villes de prov9ce1 dans ses maisons armories1 dans la c\rtoisie de sa vieille civilisation1 dans ses orgueils et sa foi4 ,la s+ul>it des mes l'y attire et le my/re des races complexes que le pr9cipe ca?olique a domptes s\s lui4 #hh ,b>rs me disait un j\r qu'il aimait peu ,goya1 mme le ,goya jeune1 bl\issant du ,prado4 ,c'e/ qu'il s5t s\s cet clat *>nel un fond de vulg>it4 ,c'e/ le my/icisme contemplatif de ,greco qui fixa son attrait p\r ce pe9tre trange2 les *apitres ramasss comme des eaux-=tes o il fait saillir les c>actres de ,tolde ab\tiss5t une sorte d'essai sur la my/ique espagnole1 une apologie succ9cte de la vie supra-s5sible4 ,mais1 bi5 que cet ordre de rflexions nonce le m\vem5t de son intellig5ce v]s une spiritualit de plus en plus f]me1 il n'y porte aucun dogmatisme et se cont5te de transcrire ce qu'il a ress5ti dans une glise1 un c\v5t ou en face de quelques tableaux4 ,a ceux mme qui ne connaiss5t ni ,tolde ni l',espagne1 il impose la ju/esse de ses obs]vations4 ,une des =ces de ,m4 ,b>rs e/ de savoir1 en prs5ce d'un objet ou d'un problme1 dc\vrir d'un c\p d'il le po9t vif qu'il faut atte9dre1 reconnatre la position pr5dre et s'y t5ir ob/9m5t4 ,qu& d'av5ture il dcrit1 des traits rapides lui suffis5t p\r configur] les l9am5ts des tres et ce qu'il appelle leur qualit morale4 ,je rev5ais d'un pl]9age transpyrnen lorsque je lus son livre2 je pus d'autant mieux saisir l'exactitude de ses notations sur le ca?olicisme espagnol2 aut\r d'elles mes s\v5irs se brodai5t4 ,l o il montre1 dans la ca?drale de ,tolde1 des enfants de *ur c\rant comme des e/afettes1 j'en revoyais deux1 p5dant une gr&'messe1 ,b>celone1 qui1 au sortir de la sacri/ie1 s'en allai5t p> une nef1 babillant1 riant1 et se faisant l'un l'autre un simulacre de gnuflexion g5tille et pre/e1 sans indc5ce ni vulg>it4 ,de mme1 son simple mot sur les trilles des sonnettes l'lvation1 me reprs5tait un cl]geon1 les ma9s p5dues une corde1 dans l'att5te de l'in/ant o le prtre s'ag5\ill]ait devant l',ho/ie1 et alors un s\da9 c>illon1 dgr+olant en ti]ces1 de clo*ettes cri>des dont la frnsie prolonge semblait v\loir r5dre plus prodigieux le ,my/re accompli sur l'autel4 ,un des traits qui saut5t aux yeux dans la dvotion espagnole e/ ju/em5t la famili>it avec les *oses sa9tes1 l'aisance o l'on e/ *ez ,dieu1 comme *ez soi4 ,les fidles ignor5t les allures compasses que n\s infligea le rationalisme jansni/e4 ,d'autre "p1 il leur manque cet lm5t d'apologtique qui n\s vi5t de la *aire1 si indig5te qu'elle soit2 les prtres espagnols dbit5t1 p\r la plup>t1 leurs s]mons avec une effrayante volubilit2 ils p>aiss5t se piqu] de ne jamais respir] entre les phrases4 ,l'auditoire e/ mis hors d'tat de suivre des ides1 et il s'en passe1 att5tif seulem5t la mimique1 au ry?me des priodes et au son des mots vnrables4 ,t&is que1 dans nos ca?drales1 t\t conv]ge unitairem5t la gr&e nef et au matre-autel1 le coro qu'enf]me un jub et o s'isol5t les *ano9es ne laisse aut\r de la ,capilla mayor qu'un espace re/re9t4 ,les fidles s'p>pill5t le long des *apelles ou s'en vont aux multiples autres glises2 jamais1 sauf p\r les gr&es ftes1 on n'a l'impression d'une f\le assemble et ordonne dans une f]veur compacte4 ,les retables dors1 les /atues tages au creux des ni*es et les baldaqu9s en /yle b>oque ont l'air de ne s'tal] que p\r flatt] l'orgueil des sacri/a9s et rj\ir les yeux des pauvresses qui1 assises sur leurs talons1 dvid5t t\t haut leur *apelet4 ,ce fa/e1 ,m4 ,b>rs en lucide d'un mot l'orig9e1 lorsqu'il voque le triomphe de l'glise militante proclam p> ces or*e/res de f]1 d'arg5t1 de m>bre et d'or4 ,le ca?olicisme d',espagne1 en conflit p]man5t avec le gnie smitique1 m>qua sur lui sa victoire p> une emphase qu'excitait l'apptit d'hidalgos pauvres p\r les opul5ces les plus arrogantes4 ,au fond1 la mme passion de vivre que rvle la s5sualit de ce peuple se transmue en dsir my/ique4 ,t5du v]s la c]titude de la possession1 il veut avoir1 ds ici-bas1 dans la b\*e1 le gt de ce qui ne peut pas m\rir4 ,c'e/ p\rquoi le dogme de la ,prs5ce relle seul ass\vit sa foi4 ,maurice ,b>rs a trs bi5 vu que le ca?olicisme espagnol e/1 avant t\t1 eu*>i/ique4 ,et ce ralisme sacram5tel fut l'alim5t du ralisme dans l'art2 le plus laid des gueux semblait aux pe9tres avoir le droit de pr5dre place1 tel qu'il tait1 sur une toile1 aussi bi5 qu'il l'avait de s'ag5\ill] la ,table sa9te4 ,de mme1 dans un pays o l'adoration de la femme se *angeait volonti]s en idoltrie *eval]esque1 ce s5tim5t pur1 surnaturalis1 lana les mes au culte p]du de la ,vi]ge immacule4 ,si la p]sonne du ,*ri/ s\ffrant se prs5tait aux imag9ations avec des plaies r\ges et des opprobres tangibles1 c'tait mo9s un in/9ct de volupt cruelle qui se complaisait ces viol5ces qu'un beso9 de s5tir1 de sav\r] la ,rdemption dans la vue d'une *air div9e humilie et du prcieux ,sang rp&u4 ,il ne faudrait pas en conclure que la pit des ,espagnols s'arrte grossirem5t des images4 ,m4 ,b>rs admire leur noblesse de contemplation asctique1 o il veut reconnatre p\rtant des aff9its juives et arabes4 ,mais une n]gie s'y aj\te que les smites avai5t peu connue1 le libre am\r conqurant ,dieu p> la plnitude de la foi1 une sorte d'aimantation qui prcipite v]s les gloires cle/es l'tre spirituel et arra*e les corps eux-mmes leur poids corruptible4 ,*ez les sa9ts espagnols ce don d'extase--trs diffr5t des visions passives comme celles des ,prophtes juifs--atteignit une puissance vraim5t sans gale4 ,l'exemple le plus extraord9aire que j'en connaisse se r5contre dans la vie de sa9t ,jean de la ,croix4 ,il s'entret5ait un j\r avec sa9te ,?rse1 sp> d'elle p> une grille1 lorsqu'il s5tit s\da9 que la vhm5ce du dsir de ,dieu le s\levait au-dessus du sol2 il rsi/ait l'impulsion1 pesait sur le sige o il tait assis1 mais1 malgr lui1 montait1 et sa9te ,?rse1 son t\r1 emporte p> la mme ardeur1 p]dait t]re1 s'levait4 ,un tel pisode explique comm5t les pe9tres de l'poque sur5t fix]1 sans froideur ni contorsions1 de semblables tats surnaturels4 ,le ,sa9t ,h]mnigilde d',h]r]a le ,vieux bondit1 un crucifix au po+1 v]s les espaces radieux d'o les ,anges lui t5d5t les bras1 et il n'a po9t d'autres ailes que l'esprance et la *>it4 ,nul1 mieux que ,greco1 n'a r5du cette asc5sion des =mes allges de la misre t]re/re4 ,le ,*ri/ de sa ,rsurrection1 m9ce1 dmesurm5t long1 son t5d>d la ma91 se dlivre du spulcre2 les g\ffres du ciel l'aspir5t hors de nos tnbres2 il monte comme une pi]re desc5d4 ,dans sa ,p5tecte1 analyse avec motion ,maurice ,b>rs1 les ,aptres et les sa9tes femmes s'lanc5t d'un seul et mme m\vem5t1 hors de leur condition naturelle1 p\r rejo9dre l',esprit-,sa9t qui plane lum9eusem5t4 ,n\s les voyons devant n\s qui se spiritualis5t4 ,un en*antem5t d'en?\siame les p]ce et les transfigure1 les hrose4 ,cette transposition des app>5ces au se9 d'une lumire extatique dveloppe dans la p5se de ,m4 ,b>rs une curiosit dont les effets dpass5t la my/ique et l'art espagnols1 p>ce qu'elle t\*e au plus intime de la vie spirituelle4 ,l'ide de p]fection qu'nonc5t les figures de ,greco ne repose po9t sur l'h>monie pla/ique2 s\v5t il tire les corps1 projette sur les visages une cl>t spectrale4 ,y a-t-il donc un dsquilibre suprieur l'h>monie8 ,ou bi5 ne faut-il pas une rupture d'quilibre p\r con/itu] un quilibre plus p>fait8 ,t\t lan v]s l',invisible suppose le dda9 d'une sant moy5ne1 l'immolation des apptits infrieurs1 et l'art lui-mme1 *ez ceux qui s'y donn5t absolum5t1 devi5t un mode d'asctisme dont ,flaub]t a cond5s le symbole en cette phrase d'une de ses lettres3 ,de cet arbre au feuillage v]doyant je v\lais faire une colonne t\te nue p\r y pos] t\t en haut je ne sais quelle flamme cle/e4 ,maurice ,b>rs1 en d'autres temps1 semblait suivre un idal analogue celui de ,g!1 la mise en uvre m?odique de t\tes ses facults d'homme1 af9 de port] son ,moi au plus haut degr possible de puissance et de bonheur4 ,auj\rd'hui1 sans r5onc] aux f9s immdiates1 il se pr5d concevoir que la p]fection d]nire e/ le fruit du ,sacrifice4 ,mais qui donc peut lui en (frir l'exemple8 ,ce ne s]a ni ,greco ni aucun arti/e de la plus my/ique ,espagne4 ,seuls1 les ,sa9ts rconcili5t avec une ple9e aisance l't]nel et le transitoire3 sa9te ,?rse et sa9t ,jean de la ,croix n'ont-ils pas crit1 l'un son livre des ,fondations1 l'autre ses ,maximes et avis spirituels1 deux m]veilles de sagesse pratique8 ,l'h>monie des =ces que p>aissait rompre le p]ptuel holocau/e de leur corps et de leur volont tait refaite en eux suprieurem5t p> la ,grce4 ,,maurice ,,b>r,s ,,et ,,sa ,,p5s,e ,,religieuse ,la coll9e inspire ,j'ai relu ces j\rs-ci1 loisir1 comme elle le mrite1 cette uvre haute et s+ulire4 ,les ides qui la support5t1 les figures qui s'y dvelopp5t se sont faonnes et lies l5tem5t dans une me mditative1 jusqu' ce que leur ensemble ait pris la cohsion1 l'ampleur d'un pome symphonique o l'on p]oit s\s la mlodie dom9ante les sonorits multiples de motifs accid5tels et nanmo9s pr(onds4 ,maurice ,b>rs a v\lu conc5tr] aut\r des ,baill>d et de la coll9e my/ique t\te la ge/e du pays lorra92 qu& bi5 mme ses p]sonnages sont un peu m9ces p\r log] la ri*esse des s5s qu'il lui plut d'accumul] en eux1 la =ce grave de son lyrisme les s\ti5t dans des aspects hroques int]rompus seulem5t p> des phases de platitude et de triviales misres4 ,sur le mamelon h]bu qui m>que le plus haut po9t de la coll9e1 il a vu1 trav]s le v5t et la pluie d'automne1 mont] les ombres tri/es des trois prtres hrsi>ques4 ,ce qu'il a pu ranim] de leur hi/oire au!ntique1 ce qu'il en a dev9 p> son intimit native avec la campagne lorra9e1 il le retrace en traits srs et concis1 selon sa manire d'int]prt] moralem5t les faits et d'en con/ruire une idologie4 ,d'un crayon dcisif il indique l'ess5tiel de leur vie extrieure1 mais dgage plus encore les m\vem5ts de leurs mes associs aux vibrations des paysages1 l'pret des murs traditionnelles et surt\t aux v]tiges d'un my/icisme drgl4 ,si l'on veut pntr] les dviations m5tales d'un hrtique1 il faut suivre le v9trasi5 ,lopold ,baill>d en ses frnsies d\l\reuses et t5aces4 ,b>rs a suprieurem5t expos le dsordre de cette intellig5ce croyante qui rpudie t\t mdiateur et t\te hir>*ie4 ,dans la mise en valeur d'un tel c>actre ri5 n'tait plus difficile que d'exprim] sans p>ti pris d'av]sion ni complaisance s5tim5tale l'amalgame d'absurdit et de foi spl5dide1 de gr&eur et de ridicule inhr5t ses actes4 ,lorsque1 dnu de ress\rces1 il va mettre aux pi$s d'une /atue de ,m>ie la b\rse des qutes1 dans l'espoir qu'un miracle la remplira1 son lan s]ait admirable s'il p>tait d'une confiance humble et non d'un orgueil d'illum94 ,ailleurs1 qu& il se raidit contre l'am]tume des opprobres en se comp>ant au ,*ri/ insult p> la populace1 c'e/ l'orgueil aussi qui *ange un s5tim5t sublime en une illusion dm5te4 ,aprs l',anne noire1 qu'il avait prophtise avec en?\siasme--c> le fanatique1 obs]ve ,b>rs1 reoit de ses visions un surcrot d'n]gie1 alors mme qu'elles le t]rifi5t1--il prononce un mot d'une surpr5ante clairvoyance1 mais o se s\lage son am\r-propre exaspr3 ,les ,franais n'ont pas t assez malheureux444 ,c'e/ recomm5c]4 ,l'art de ,b>rs1 sobre et ddaigneux des gros effets comme des analyses pesantes1 laisse s5tir p> de simples1 mais =tes notations1 en quoi ce rvolt v]se dans le faux1 et d'autant plus qu'il se croit dans le vrai1 qu'il s'engage sans cesse sur la lisire du droit s5ti] p\r en ressortir l'in/ant4 ,et les dsa/res de ses ambitions1 au lieu de lui r5dre une vue nette de ses erreurs1 l'y emmur5t plus ob/9m5t4 ,il a beau1 avant de m\rir1 sign] une rtractation2 son ide fixe ou plutt la volont fanatique de ,v9tras s'entte le dom9]4 ,il ne veut ni ne peut compr5dre qu'il s'e/ tromp3 ,v9tras1 tu z pass p> ces preuves4 ,telle e/ sa p>ole suprme4 ,cette tragdie d'une me ins\mise me semble d'un prodigieux attrait2 elle et t p\rtant plus poignante si l'criva9 y avait infondu les t]reurs et les extases d'une foi dont il aurait l'immdiate expri5ce4 ,en plus d'un pisode1 il fait entrevoir la prs5ce possible d'un ag5t dmoniaque3 c'e/ la nuit1 dans la ,*>treuse de ,boss]ville1 o ,lopold s5t quelque *ose entr] et s'arrt] auprs de son lit444 ,ce qu'il s5tait l1 prs de lui1 vivant et se m\vant1 c'tait ab/rait comme une ide et rel comme une p]sonne444 ,et1 le plus odieux1 c'e/ que cette *ose1 il ne p\vait la fix] nulle "p4 ,elle ne re/ait jamais en place1 ou plutt elle tait p>t\t la fois1 et s'il croyait p> mom5t la t5ir s\s son reg>d1 dans quelque co9 de la *ambre1 elle se drobait aussitt p\r app>atre l'autre b\t4 ,c'e/ la t5tative diabolique de ,sur ,laz>9e#hi v\lant sduire l',abb ,flor5t94 ,ce sont les simagres mmes de ,v9tras1 ces exhibitions d'ho/ies sanglantes ou p>fumes1 de calices vides t\t d'un c\p remplis de v91 sup]*]ies probables d'un bateleur--autrem5t1 on devait y reconnatre des phnomnes d'un satanisme effrayant2--mais1 en racontant ces faits tranges1 ,b>rs obs]ve l'attitude d'un hi/ori5 pote que son sujet captive1 il n'pr\ve ni de donne l'apprh5sion d'une ralit surnaturelle4 #hi ,b>rs a trs bi5 s5ti1 mais montre discrtem5t qu'une exaltation my/ique sans contra9te p\vait ab\tir1 *ez les femmes surt\t1 des fureurs hy/riques et des g>em5ts *>nels4 ,quelle e/ donc au ju/e sa p5se devant ces visionnaires8 ,outre la posie lorra9e de leur hi/oire1 tait-ce une curiosit de psy*ologue qui l'attirait s'y enfonc]8 ,ou bi5 p\rsuivait-il cette inve/igation en homme tr\bl p> les problmes de l',invisible et qui veut au mo9s voir clair dans la notion qu'il s'en fait8 ,aprs la campagne que nul1 sa place1 n'et m5e bi5 et qu'il a s\t5ue avec une tnacit si noble en faveur des glises1 beauc\p de ca?oliques att5dai5t la ,coll9e inspire comme un livre o s'atte/]ait une volont de croire1 o celui qui s'v]tue sauv] les murs et les votes du sanctuaire entr]ait dans la nef p\r s'ag5\ill]4 ,ils ont t du2 c]ta9s mme--et ceux-l ont eu tort1 je crois--se sont sc&aliss que des prtres et des religieuses app>uss5t en des po/ures de d*ance et d'indignit4 ,p\r moi1 je n'ai po9t eu d'tonnem5t1 vu la position dj prise p> ,maurice ,b>rs devant l'glise et ses dogmes1 et qu'il n'a pas encore dpasse4 ,la ,coll9e inspire me produit1 avant t\t1 l'impression d'une enqute intrieure p\rsuivie p> le morali/e sur son mode de religiosit et d'or?odoxie positivi/e2 je l'y retr\ve avec cette comb9aison de fantaisie lyrique1 voluptueuse et d'intellectualisme dont il s'affran*ira peut-tre un j\r4 ,au db du livre1 l'idalisme r5ani5 pse davantage sur son esprit2 ,l'me6 ,le ciel6 crit-il p4 #ag1 vieux mots dont la magie g>de sa =ce6 ,on croirait rent5dre avec un autre son la phrase fameuse3 ,dieu6 l'me6 l'immortalit6 t\s ces bons vieux mots6444 ,seulem5t ,r5an aj\tait3 ,un peu l\rds peut-tre1 et ceci1 ,b>rs ne le p5s]ait plus4 ,il s'e/ r5du compte que l'adoration religieuse e/ ncessaire aux mes1 et il accepte le ca?olicisme en tant que ses pr9cipes rpond5t nos beso9s actuels de civiliss et de ,franais4 ,mais1 dans la religion1 il admet la croyance elle-mme1 non l'objet de la croyance4 ,d'o le malaise que n\s cause plus d'une page de la ,coll9e inspire4 ,a n\s qui possdons la ,face vivante de l',homme-,dieu et de sa ,mre1 que n\s import5t ,rosm]?a1 la grce quivoque et dfunte de l',h]maphrodite1 et t\tes les fausses images van\ies devant la cl>t du ,*ri/6 ,le pote c\te les ,symphonies sur la prairie1 le *ant qui sort de deux mes1 celle de l'en?\sia/e sans loi1 et celle du prtre fidle la rgle4 ,il p]oit avec dlices leur alt]nance et s]ait afflig si1 en ce drame musical1 l'une des deux p>ties manquait4 ,qui des deux a raison contre l'autre1 le ,pre ,aubry ou ,lopold8 ,en fait1 la droiture de ,b>rs n'hsite pas2 il conclut la ncessit salutaire de l'or?odoxie1 et prs5te comme ju/e1 si dure qu'elle soit1 la condamnation du s*ismatique4 ,seulem5t1 il ne reconnat po9t l'ess5ce t]nelle et absolue de la hir>*ie1 cette manation de l'autorit du ,v]be1 allant du ,conscrateur invisible l'vque qui consacre le prtre1 et du prtre la communion des fidles4 ,la *apelle1 dans l'pilogue1 n\s dit3 ,visiteurs de la prairie1 apportez-moi vos rves p\r que je les pure1 vos lans p\r que je les ori5te444 ,je prolonge la prairie1 mme qu& elle me nie4 ,j'ai t con/ruite1 =ce d'y avoir t rve444 ,qui que tu sois1 il n'e/ en toi ri5 d'excell5t qui t'emp*e d'accept] mon sec\rs444 ,n\s avons t prp>s1 toi et moi1 p> tes pres#ij4 ,comme toi1 je les inc>ne444 #ij ,entre cette conception et celle de ,*>les ,maurras on a signal des analogies4 ,l'une et l'autre concid5t1 en effet1 sur ce po9t4 ,mais1 dans l'ensemble1 les t5dances religieuses de ,b>rs contr$is5t les pr9cipes de ,maurras1 puisqu'il fait une l>ge place au s5tim5t4 ,s\s l'loqu5ce de ce langage p]si/e l'inadmissible ide que le ca?olicisme1 comme t\t autre sy/me religieux1 a t prp> p> les rves des gnrations et con/itu p> une loi t\te naturelle d'ordonnance et de discipl9e1 en d'autres t]mes1 qu'il n'e/ pas vraim5t div91 au s5s o n\s y croyons4 ,il y a p\rtant1 au seuil du mme pilogue1 un passage qui laisse p]c]1 *ez ,maurice ,b>rs1 une inquitude my/ique plus srieuse1 c'e/ en sa rflexion sur les saisons qui recomm5c5t3 ,combi5 de fois me s]a-t-il donn de t\rn] dans ce c]cle qui1 moi disp>u1 cont9u]a infatigablem5t8 ,l'nigme de la mort s'(fre sur son *em91 et il ne fuit pas devant elle4 ,le seul endroit de la ,coll9e inspire o l'motion de l'criva9 impose un t\r de vrit son expression de la foi ca?olique1 n'e/-ce pas l'admirable *apitre qui raconte la f9 du vieux ,baill>d rconcili8 ,aprs une telle uvre1 je ne vois p\r son art qu'un moy5 de gr&ir4 ,dieu ne lui a pas fait l>gesse de si beaux dons uniquem5t af9 que son me se donne en spectacle elle-mme4 ,ce musici5 pre/igieux e/ att5du aux orgues sa9tes o peut seule rsonn] la mlodie des c]titudes4 ,avant d'y pos] ses doigts1 il lui re/e pri] avec n\s p\r que l',esprit desc5de en lui4 ,,georges ,,dumesnil ,au mom5t o j'appris sa mort1 le mat9 du #g aot#ia1 je desc5dais ent5dre la messe l'glise vois9e4 ,on y clbrait un s]vice p\r un soldat tomb au lo92 un drapeau1 d]rire le catafalque1 tait dploy4 ,dans l'affliction qui m'absorbait1 je ne pus suivre les rites1 c\t] l'abs\te qu'en appliquant t\t l'(fice notre ami1 comme si son corps et t l1 entre les ci]ges4 ,c]tes il mritait bi5 le gr& repos1 lui qui a tant travaill1 et la lumire promise1 aprs l'avoir si f]mem5t att5due4 ,et n'avait-il pas succomb1 lui aussi1 p\r la ,france1 ayant s\ff]t p\r elle plus que beauc\p de soldats dans les tran*es8 #ia ,dumesnil e/ mort le #ca juillet #aiaf4 ,dumesnil e/ un des ,franais qui ont pris le plus au srieux la gu]re4 ,ds le comm5cem5t il avait (f]t ,dieu sa propre vie1 s'il lui plaisait de la pr5dre af9 que le pays ft sauv4 ,durant les premi]s mois1 il trav]sa de t]ribles angoisses1 il eut des sueurs froides1 dcl>ait-il ensuite1 la p5se d'un dsa/re possible4 ,il connaissait les ,allem&s1 il avait vu de prs leur =ce d'oppression2 peut-tre mme se l'exagrait-il2 et il se disait que la supriorit d'une civilisation ne suffit pas la df5dre3 les ,b>b>es1 au ,ve sicle1 culbutr5t l',empire roma92 or1 jamais leurs dva/ations n'ont t ple9em5t rp>es ni v5ges4 ,ses ,rflexions p5dant le combat s\lagr5t ses t\rm5ts et sa ju/e ha9e4 ,quelle revan*e sur les ,g]ma9s1 ces notes incisives o1 la faon d'un *irurgi5 inflexible1 il dp\ille et *>cute l'paisseur de leur pdantisme1 les replis de leur frocit p]v]se6 ,il cont9ua1 deux ans1 cette vivisection2 et1 si rpugnante que ft la matire1 jamais sa ma9 ne trembla4 ,nanmo9s son sang-froid c\vrait des viol5ces qu'il se fatiguait rprim]3 contra9te hroque1 mais qui aggrava le mal dont il a pri4 ,dumesnil1 d'ailleurs1 dans l'ensemble de ses actes1 matrisait s\s le calme du philosophe une poignante s5sibilit4 ,il a t un des r>es p5seurs de sa gnration vraim5t dignes du nom d'intellectuel1 pi?te s\v5t drisoire1 que l'on colle sur des c]veaux s5sitifs1 hors d'tat de jo9dre logiquem5t deux ides4 ,il mit t\te sa consci5ce dvelopp] au plus haut po9t dont il tait capable la facult raisonnante#ib4 ,p\rtant sa raison ne put mat] sans des luttes con/antes ses n]fs d\l\reux4 ,s'il n'avait t *rti51 cet ef=t d'ascte s'v]tuant v]s une paix difficile l'et m5 au non-espoir /oque4 ,il en sortit va9queur1 u1 malgr t\t1 p> sa victoire mme4 ,philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir4 ,dumesnil le compr5ait mieux que ,socrate2 bi5 qu'il aimt la vie prs5te et les joies de son activit1 il s'tait longuem5t prp> autre *ose2 il vivait comme un homme qui att5d un ,visiteur dans la nuit et ti5t sa lampe allume444 #ib ,revue de la ,jeunesse du #be fvri] #aiad4 ,ses amis sav5t ce qu'ils p]d5t en le p]dant4 ,sa droiture de cur leur assurait dans son intimit une plnitude de confiance2 il appelait l'affection p> une bont l>ge et accueillante1 mais si discrte qu'ayant beauc\p d'amitis il semblait app>t5ir uniquem5t *acune d'elles4 ,un vig\reux in/9ct de pat]nit l'attirait v]s la jeunesse1 et les jeunes g5s v5ai5t lui4 ,j'en ai vu plus d'un1 aprs une simple r5contre1 se donn] sans rs]ve son asc5dant4 ,ils s5tai5t en sa p]sonne une =ce directrice2 et sa bonhomie l'tablissait de pla9-pi$ avec eux4 ,il savait les mettre en valeur1 les modelait son image sans opprim] leurs qualits propres4 ,le plus f]v5t de ses disciples fut ,lon ,silvy1 mort1 hlas6 en #aijg2 p]sonne ne r5dra gloire ,dumesnil autant que ,silvy l'a fait dans ses lettres#ic4 ,dumesnil tait aim des jeunes p>ce qu'il tait jeune encore aux al5t\rs de la soixanta9e1 ouv]t l'imprvu des en?\siasmes1 presque naf dans c]ta9es admirations4 #ic ,elles ont t runies en volume 7,beau*esne1 diteur74 ,en mme temps1 sa p]spicacit faisait1 p\r une gr&e "p1 le *>me de son comm]ce4 ,il n'eut ri5 d'un dilettante in/able4 ,mais1 au lieu de se claquemur] dans un dogmatisme de pdagogue ou de mtaphysici5 ab/rus1 l'intrieur de quelques pr9cipes1 sans f5tres sur l'espace tangible1 son expri5ce s'appropriait les faits significatifs aussi bi5 que son intuition pntrait les mes4 ,il laisse en hi/oire des vues orig9ales2 il disc\rait p]t9emm5t sur les pe9tres2 il comm5tait avec pr(ondeur les potes1 ex]a lui-mme ses dons potiques et dramatiques4 ,l'art et la philosophie n'tai5t po9t devant ses yeux deux mondes trang]s l'un l'autre2 son esprit de syn?se s'atta*ait ralis] leurs multiples po9ts d'h>monie1 transmu] l'ide en image1 a9si qu' illum9] l'image p> l'ide4 ,les hommes de la gnration antrieure la si5ne1 un ,ta9e1 un ,flaub]t1 convoitai5t une sorte d'univ]salit encyclopdique4 ,dumesnil1 en une sphre plus mode/e1 manife/a comme un ,x,v,i,ie sicle succdant une ,r5aissance exubrante#id4 ,il se s\ciait peu d'accumul]2 il triait1 il aju/ait4 ,je retr\ve1 dans sa manire de concevoir et d'crire1 le gnie /rict d'un ,malh]be4 ,desc>tes tait son matre4 ,a l'poque de ,boileau1 il se s]ait vu rang p>mi ceux qu'on appelait alors les honntes g5s4 ,qu& p>atra1 plus t>d1 sa correspondance1 elle tonn]a p> l'ampleur t\te mod]ne des sujets qu'elle t\*e et enri*it1 mais n\s y admir]ons aussi la t5ue1 la dignit1 l'aisance1 la sagesse pondre d'un ,franais de l'anci5 temps4 #id ,flaub]t v\lut tre un classique2 mais il tait encl9 aux expressions dbordantes1 ,rabelais l'enivrait3 ,ce que j'aime1 dit-il dans une de ses lettres1 c'e/ l'exubrance4 ,ces qualits fuss5t demeures va9es1 si la foi ne les et f]tilises4 ,je vi5s de song] au ,x,v,i,ie sicle4 ,le *ri/ianisme1 tel que ,dumesnil l'exprimait1 voque la religion d'un auditeur de ,bossuet1 une religion solide et pratique1 plus raisonnable qu'exalte1 sociale et *>itable avec mesure4 ,il laissait ,huysmans la re*]*e des s+ul>its p>ticulires aux tats my/iques4 ,ce n'tait pas qu'il ft dnu de my/icisme4 ,je me s\vi5s mme d'un surpr5ant pisode qu'il me confia3 il avait une sur cadette1 =t pieuse2 elle m\rut dix-sept ans2 quelques annes aprs1 un j\r qu'il se dbattait intrieurem5t dans une crise de dsespoir1 il reut t\t d'un c\p la c]titude s5sible1 miraculeuse d'une communication avec l'abs5te1 et se tr\va aussitt dlivr4 ,dumesnil fut cep5dant un my/ique de raison plutt que de s5tim5t4 ,lorsqu'il se conv]tit1 des motifs doctr9aux1 mtaphysiques1 le dcidr5t3 ,j'tudiai le concept de ,dieu1 comme il se =me dans la philosophie antique1 et je fus surpris de reconnatre p> raison que le concept de la ,tr9it *rti5ne comblait d'une ri*esse inf9ie t\t ce que l'intellig5ce huma9e avait pu press5tir1 et qu'il se prs5tait elle comme un bloc de diamant o elle ne saurait tr\v] une fissure444 ,le cruel problme de notre lib]t n'avait cess de me mettre la gne depuis que les t]mes s'en tai5t poss devant moi2 le dt]m9isme sci5tifique et positivi/e appesanti sur ma gnration m'en faisait entr] les *anes dans la *air4 ,je les rompis4 ,je reconnus que le mcanisme univ]sel ne m5ait ri5 et quivalait au nant1 mais voici qu'en appr(ondissant ces difficults et ces p5ses1 je tombai dans une doctr9e de la causalit qui1 d*irant le rseau ma?matique1 me m5ait t\t droit la grce444 ,de l1 je devais v5ir aux rapports de ,dieu avec le monde et l'homme1 au lieu de la grce2 et si je re/ai fidle ma maxime de disc]n] en t\t le meilleur1 il e/ facile d'imag9] o il clatait mes yeux4 ,il fallait m'aveugl] volontairem5t ou voir le ,mdiateur1 seul arm de son inf9ie puissance sacrificielle4 ,a ce po9t d'vid5ce1 j'tais t5u de me r5dre ou de m'abm]4 ,mais qu'on se rassure3 j'avais un collaborateur qui ne v\lait pas me laiss] p]dre4 ,p\r avoir suivi une m>*e intellectuelle1 je s]ais bi5 ins5s et mal conv]ti1 si je m'en attribuais le mrite4 ,comm5t ,dieu a*eva le dialogue avec moi qui p5sais d'abord p>l] seul1 c'e/ mon affaire4 ,elle avana peu peu1 p> une f\le de rflexions et de m\vem5ts#ie4 #ie ,une conv]sion intellectuelle 7,revue de la ,jeunesse47 ,dumesnil n'aurait crit aucun livre1 sa vie mrit]ait d'tre (f]te en haut exemple t\s les ,franais qui sav5t p5s]4 ,mais son uvre e/ deb\t1 telle qu'une maison bi5 con/ruite avec des pi]res de *oix et o *aque *ose e/ sa place4 ,norm&1 il s'ent5dait btir1 et mieux que les ,norm&s2 c>1 t&is que la maison norm&e1 presque dp\rvue d'ouv]tures sur le dehors1 p>at g/e1 inhospitalire1 la si5ne dployait les deux battants de ses portes quiconque n'tait pas indigne de s'y abrit]4 ,beauc\p y sj\rnr5t1 apprir5t1 en considrant la fire solidit des *>p5tes et les dlicatesses des sculptures1 vivre selon les conceptions de l'ar*itecte4 ,ce s]ait assez1 p\r aim] ,dumesnil1 de savoir qu'il contribua de t\t son labeur refaire une ,france vig\reuse1 croyante1 ordonne1 amie du beau4 ,l'influ5ce d'un homme ne s'value pas au *iffre d'ditions qu'ont eu ses ouvrages4 ,p>fois les livres qui ont le plus agi sur une gnration sont ceux dont elle p>le le mo9s4 ,mais1 disait le ,prophte1 comme la pluie desc5d du ciel et enivre la t]re et la pntre1 et donne la sem5ce celui qui sme et le pa9 celui qui mange2 a9si ma p>ole1 celle qui sortira de ma b\*e1 ne revi5dra pas moi vide1 mais elle f]a t\t ce que j'ai v\lu et prospr]a dans les *oses p\r lesquelles je l'ai envoye4 ,on peut tr\v] inique1 l'g>d de ,georges ,dumesnil1 la disproportion entre l'importance de ses travaux et leur demi-obscurit4 ,sa mort mme n'a dcid qu'un petit nombre de critiques#if s'occup] de lui4 ,cette +ratitude des temps e/ trop explicable4 ,un philosophe ne devi5t clbre que si on annonce son de trompe l'extraord9aire de ses doctr9es4 ,dumesnil enseignait en prov9ce2 et il tait trop digne1 il n'aurait pas organis aut\r de sa *aire un or*e/re =a94 ,la simple rectitude de ses vues1 la svrit de son exposition ne p\vait captiv] qu'une lite2 le public inconsi/ant1 celui qui s'e/ eng\ de l'volution cratrice1 ignora ,dumesnil ou le ngligea4 ,les autres philosophes1 cela va de soi1 se s]ai5t bi5 g>ds de propag] son nom2 lorsqu'on ti5t les ttes de pont du succs1 on n'accorde le droit de passage qu' des mdiocres4 ,quant aux ca?oliques1 leurs en?\siasmes s'vad5t trop s\v5t v]s ce qui e/ ct ou en dehors de l'or?odoxie4 ,il avait un moy5 p\rtant de s'impos] aux badauds3 faire valoir sa conv]sion4 ,mais il e/imait que la pudeur si$ un conv]ti et mprisait les g5s qui batt5t monnaie avec le rcit de leurs incroyances4 ,il recevait sans dplaisir les tmoignages d'e/ime spontans et ne s'abaissait po9t en qut] auprs des puissants4 #if ,entre autres1 ,juli5 de ,n>fon dans un gnreux article du ,fig>o 7#h aot #aiaf74 ,mais voici l'heure1 p\r n\s1 de le proclam] en t\te c]titude3 ,dumesnil a t le seul philosophe spirituali/e ayant cont9u aprs ,ma9e de ,biran et ,ravaisson la =te tradition c>tsi5ne4 ,il a t notre seul mtaphysici5 ca?olique1 seul con/ruire une ontologie rationnelle adquate la foi2 et je ne sais ri5 de comp>able au ,miroir de l',ordre#ig1 cette syn?se abrge des rapports de ,dieu avec l'univ]s que le my/ique voit consomms dans le sacrem5t de l',eu*>i/ie3 #ig ,le ,miroir de l',ordre p>ut d'abord1 en #aijb1 ,aix-en-,prov5ce1 dans le ,pays de ,france1 la revue qu'avait fonde notre ami commun1 ,joa*im ,gasquet2 il fut ensuite rdit en plaquette dans la ,biblio?que de l',amiti de ,france 7,beau*esne1 d474 ,le corps glorifi de ,jsus-,*ri/ dans l',eu*>i/ie ralise avec un inf9i p\voir1 s\s les conditions prescrites p> la ,provid5ce1 l'ubiquit imite laborieusem5t et un degr t\j\rs relatif p> t\t corps mobile2 dans l',eu*>i/ie sont s\v]a9em5t concilis l'activit d'un corps capable de se m\voir avec un p\voir inf9i et le repos de ce corps dans *aque lieu o il e/4 ,le miracle y e/ le type et la raison de l'ordre naturel4 ,et l',eu*>i/ie1 qui e/ une intussusception de ,dieu p> l'homme1 e/ inv]sem5t et p> l'int]pntration de la grce une intussusception spirituelle de l'homme p> ,dieu4 ,l'homme qui y conc\rt d'un ple9 ab&on entre dans le c\rant mme du s\ffle div91 du ,sa9t-,esprit qui1 p> son aspiration1 l'emporte sur la voie inf9ie de ,dieu4 ,ses ouvrages purem5t spculatifs1 le ,rle des concepts1 le ,spiritualisme1 les ,conceptions philosophiques p]durables1 la ,sophi/ique contempora9e exig5t du lecteur1 s'il veut t\t saisir1 une c]ta9e prp>ation4 ,au contraire1 sa va/e tude sur l'ide de l'volution applique la littrature et surt\t l',amiti de ,france reprs5t5t la p5se concrte de l'essayi/e1 du morali/e et de l'arti/e4 ,l',amiti de ,france1 en ses neuf annes de dveloppem5t1 a pu =m] une excell5te image de ce que s]ait notre pays1 libr du dsordre rvolutionnaire1 avec la v>it de ses prov9ces1 la vigueur de ses traditions re/aure1 sa vie sociale1 politique et ses arts gr\ps aut\r du vieux clo*] roman1 s\s l'immuable devise des peuples qui veul5t vivre3 ,diex ae4 ,cette admirable revue1 p>aissant t\s les trois mois1 p\vait donn] mieux que des articles2 *apitres philosophiques1 essais d'hi/oire1 pomes1 analyses critiques y alt]nai5t selon un tranquille quilibre2 et l'on tait sr d'y tr\v]1 comme dans les ateli]s des anci5s ,matres1 du travail solide et probe1 le ry?me d'une vrit bi5 assise et d'une beaut ple9e2 c> ,dumesnil tait un criva9 net1 grave1 possdant la sci5ce du v]be et la puissance de color] l'ab/raction2 sa prose1 t\t imbue qu'elle ft des classiques1 possdait un acc5t f]me qui la r5dait reconnaissable entre mille4 ,il e/ attri/ant de savoir que l',amiti de ,france1 impossible s\t5ir sans celui dont la p]sonnalit l'emplissait1 n\s quitte avec lui4 ,c'e/ le lieu de r$ire un mot du gr& ,anctre qu'il glorifia s\v5t1 de ,b>bey d',aurevilly3 ,dieu ne veut pas que ceux qu'il aime a*v5t ri54 ,je p5se v\s1 mon *] ,dumesnil1 en ce soir d't1 sur ce quai ds]t du port de ,bre/1 o volonti]s v\s m'eussiez accompagn1 v\s que l',ocan grisait et qui rviez autrefois d'tre un m>94 ,l',occid5t reti5t encore le prisme du crpuscule4 ,devant moi1 dans l'ampleur de la rade1 les ombres des nuages sont en susp5s s\s les eaux ples et mordores4 ,les navires de gu]re1 presque sans feux1 repos5t comme des lots morts ou des ca?drales de plomb4 ,pas un ph>e ne s'allume4 ,une b>que r5tre1 sa voile brune p5d le long du mt4 ,un paquebot s'loigne v]s le *5al de la passe2 l'inconnu du l>ge1 dj combl p> les brumes1 l'aspire d\cem5t4 ,les artes des jetes1 les mles des falaises1 les p5tes des coll9es1 t\t devi5t vague comme s'il n'y avait d]rire que du vide et de l'inf9i444 ,la m] desc5d1 je la vois pe9e2 elle ne fait aucun bruit2 mais son odeur s'vapore des grves qu'a m\illes le flot2 et je sais qu'elle e/ l4 ,la nuit s'e/ dplie1 comme un drap funbre1 sur nos ttes2 mon cur e/ anxieux4 ,o tes-v\s1 heureux ami8 ,hors des tnbres1 hors du *aos1 et jamais4 ,v\s t5ez la plnitude de l'tre2 p\r v\s l't]nel ,prs5t respl5dit4 ,v\s n\s laissez dans le noir1 au bord d'une re effrayante et sublime dont n\s ne connaissons que les d\leurs4 ,n\s allons p\rtant1 n\s aussi1 v]s le t]me de notre att5te1 comme dans une glise1 qu& une f\le va communi]1 ceux qui sont au bas de la nef avanc5t l5tem5t v]s la table sa9te1 mais ils avanc5t1 jusqu' ce que ce soit leur t\r enf94 ,,hi/oire ,,de ,,mon ,,amiti ,,p\r ,,camille ,,sa9t-,,sa,,ns ,le #ag dcembre #aiba1 les amis de ,sa9t-,sans appr5ai5t tri/em5t que1 la veille au soir1 v]s dix heures1 cet homme prodigieux avait t]m9 sa longue c>rire4 ,je portai longtemps ce deuil en sil5ce4 ,mais ,sa9t-,sans a t5u dans mon pass une place tellem5t haute et intime que ma mmoire se plat rev5ir aux temps heureux de notre amiti4 ,le livre o je fixai aut\r de son uvre une syn?se des =mes musicales#ih a rempli dix annes de ma jeunesse4 ,ceux qui l'ont lu ou le liront le compr5dront mieux qu& ils sauront l'ensemble de ses orig9es et t\tes les circon/ances qui le suivir5t4 ,on me p>donn]a si1 en v\lant expos] mes relations avec ce gr& mort1 je p>ais crire un *apitre de ma vie4 #ih ,les gr&es =mes de la ,musique4 99 99 99 99 99 ,il tait v5u ,lyon--ma ville natale--en #ahgf1 p\r dirig] au ,gr&-,?tre ti5ne ,m>cel4 ,son passage laissa une =te impression1 mais seulem5t dans les milieux trs musicaux4 ,ses uvres tai5t alors juges trop audacieuses1 savantes l'excs4 ,quelques annes plus t>d--j'avais treize ans--j'ent5dis un soir mon pre et ma c\s9e milie ,lucas j\] la ,sonate p\r violoncelle en ut m9eur4 ,ce fut une sec\sse in\bliable4 ,il faut dire que mon pre1 violoncelli/e f\gueux1 au jeu mordant et contra/1 d*anait en cette sonate ses prop5sions batailleuses2 et la piani/e lui donnait sup]bem5t la rplique1 dramatisant les pisodes1 sans n]v] la svrit de l'ensemble4 ,mon en?\siasme eut p\rtant d'autres causes que la vigueur de l'excution4 ,la ,sonate exaltait mon s5s inn du tragique4 ,depuis mon enfance1 je vivais subconsciemm5t dans l'att5te--non dans l'angoisse--de *oses t]ribles4 ,j'tais n deux ans avant #gj2 mon pre1 avec le pessimisme outranci] des mon>*i/es d'alors1 prdisait *aque in/ant que la gu]re allait recomm5c] et que les ,allem&s1 cette fois1 ne f]ai5t de n\s qu'une b\*e4 ,je s5tais la ,france vraim5t amo9drie2 j'avais assi/ des expulsions de religieux qui m'indignr5t4 ,je g>dais le press5tim5t de cata/rophes expiatrices2 il ne m'accablait po9t1 me haussait au contraire v]s l'inconnu des actes hroques4 ,dans les ?mes et l'lan de la ,sonate1 je p]cevais d'une faon obscure un tat d'esprit correspondant4 ,l'&ante1 p> son calme de liturgie1 me transportait s\s les nefs de la pro*e ca?drale1 de cette ca?drale ,sa9t-,jean que je ne puis jamais revoir sans y reconnatre l'ar*itecture et la c\leur de ma vie secrte4 ,enf91 je tr\vais dans le d]ni] temps un sauvage essor no/algique2 mes apptits d'indp5dance et de bonheur sans limite se laissai5t emport] sur ce torr5t4 ,je reg>dais1 en c\tant1 une toile d',isidore ,fla*ron qui reprs5te la c\r intrieure d'une mosque d',alg]4 ,j'y voyais des tombes1 un m9>et1 des femmes en blanc1 voiles1 et un vieux datti]1 c\rb p> sa haute taille1 lanc contre le ciel crulen1 un ciel comme ,lyon je n'en avais jamais s\ponn4 ,p\vais-je me d\t] qu'un j\r j'habit]ais deux pas de cette mosque1 que cette petite c\r devi5drait un lieu *oisi p\r mes heures de p>esse mditative8 ,je ne prsumais pas non plus que je connatrais1 ,alg] mme1 l'auteur de la ,sonate4 ,telle fut ma premire r5contre avec lui2 elle dcida une passion durable4 ,j'tudiai la ,sonate2 j'arrivai l'excut] assez bi52 mon pre cons5tit la j\] avec moi1 en public1 devant un nombreux auditoire4 ,je la repr5ais t\t seul1 p> cur1 p\r le plaisir de m'en gorg]1 indf9im5t et sans lassitude4 ,v]s la mme poque1 j'eus l'occasion d'ent5dre le ,dluge4 ,comme j'avais l'imag9ation emplie de scnes bibliques1 j'entrai aism5t dans l'esprit de l'au/re oratorio4 ,je me s\vi5s de l'impression halluc9ante du prlude4 ,l'image que j'ai prcise depuis1 au sujet des d]nires mesures en m9eur3 ,quelqu'un1 la nuit tombante1 m>*e sur les eaux solitaires1 att5dant l'ar*e et l'homme n\veau1 je la vis s'bau*] ce j\r-l1 devant la transition susp5sive et =midable des basses4 ,je ress5s encore auj\rd'hui la fra*eur idalem5t simple de la phrase du contralto3 ,c'tait un homme ju/e1 et le calme du *ant des cordes qui succde au tableau du cataclysme4 ,qu& se dveloppa la fugue t]m9ale3 ,croissez et multipliez1 de l'escali] o je me t5ais deb\t1 dom9ant la salle au plafond noy d'oriflammes et la f\le qui me semblait imm5se1 je crus voir1 du fond des sicles1 comme une seule arme1 se dploy] la file int]m9able1 magnifique des gnrations444 ,du temps que j'tais tudiant1 j'assi/ais un soir une reprs5tation1 paisible et t]ne1 de ,mireille4 ,au mom5t o elle f9issait1 le rgisseur v9t sur la scne annonc] que l'illu/re piani/e ,pad]ewski allait j\] le conc]to en ut m9eur de ,sa9t-,sans4 ,pad]ewski1 trav]sant ,lyon1 (frait son ami ,luig9i et ses musici5s la fte imprvue d'une audition t>dive4 ,il arriva1 long et ple1 la tte nimbe de ses *eveux ari5s1 surnaturel comme un fantme--l'heure des fantmes allait sonn]4 ,la manire fatidique dont il fit vibr] la phrase initiale m'e/ re/e p\r jamais dans l'oreille4 ,entre *aque morceau1 je hurlais1 je trpignais d'en?\siasme4 ,les impressions que j'ai1 depuis1 voques sur ce conc]to sont une faible rm9isc5ce de cette ivresse corybantique4 ,l'indiffr5ce d'une p>tie des auditeurs la t\rnait en une sorte de furie gu]rire qu'ensuite une ,polonaise de ,*op9 porta au p>oxysme4 ,luig9i1 *ef d'or*e/re entrepr5ant1 avait organis de beaux conc]ts symphoniques4 ,a l'un d'eux il donna la symphonie de ,sa9t-,sans avec orgue4 ,je suivis les rptitions2 je pntrai dans ses replis cette uvre imm5se4 ,dix ans aprs1 lorsque j'eus entre les ma9s1 p\r la comm5t]1 la p>tition1 je la lus comme une *ose familire dont les sonorits *antai5t en moi4 ,j'en dgageai une syn?se du monde1 ?ologique et dantesque1 laquelle se retr\ve au fond de t\s mes livres4 ,mais ,samson eut sur ma p5se une action encore plus dcisive4 ,l'ardeur de la foi1 le conflit de la *air et de l'esprit1 du ,dieu vivant et des ,puissances tnbreuses1 le *tim5t du dsir et la rdemption p> la d\leur1 t\t ce que j'ai exprim ncessairem5t vivait dans ce drame et dans cette musique4 ,p\rquoi1 mme auj\rd'hui1 ne puis-je ent5dre sans un frisson le db du premi] acte ou le lam5to de la meule8 ,assurm5t1 la lecture des ,psaumes et de ,job#ii me prp>ait compr5dre la ligne et l'acc5t des mlodies1 mais surt\t elles me rvlai5t dans leur beaut p]suasive le my/re d'expiation o s'enfonce t\te expri5ce huma9e2 c> ,samson1 c'e/ le purem5t huma91 df9i p> ,wagn]1 sans que nul de ses hros ait pu t\t fait l'inc>n]4 #ii ,un pote lyonnais1 ,jules ,beauv]ie1 me ddia la p>aphrase qu'il en fit dans ses ,pomes bibliques et vangliques 7#ahhi71 sa*ant l'attrait p>ticuli] que m'inspirait ce livre sublime4 ,ce drame lyrique enf]mait un autre lm5t de vrit--et j'allais bi5tt le connatre--l'expression du pays o le musici5 l'avait compos1 de l',afrique ard5te et d\l\reuse4 ,a la f9 de septembre #ahia1 je p>tis p\r ,alg]4 99 99 99 99 99 ,sa9t-,sans y v9t pass] l'hiv]1 comme les annes d'avant2 cause de sa poitr9e dlicate1 le froid lui tait insupportable4 ,on lui proposa de faire j\] dans la ca?drale sa messe de ,requiem2 l'organi/e1 ,m4 ,roy1 tait de nos amis2 il m'av]tit du soir o le ,matre dirig]ait la rptition des *urs et de l'or*e/re4 ,l1 p\r la premire fois1 je vis ,sa9t-,sans4 ,j'ai dit1 dans ,les gr&es =mes de la musique1 la maje/ funbre du dcor1 l'glise t5due de noir et sans lampes1 le *ur illum9 o les *ori/es1 des ,pres blancs1 se massai5t aut\r de l'orgue4 ,assis devant le triple clavi]1 ,sa9t-,sans prs5tait le pr(il dom9ateur d'un aigle apocalyptique4 ,a l'in/ant o j'entrai1 les trompettes du ,tuba mirum lanai5t leur qu9te nue1 ut sol1 t]rible dans sa simplicit2 l'orgue y rpliqua p> un accord fracassant comme si1 d'un bloc1 l'univ]s cr\lait dans un g\ffre sans nom4 ,j'eus la vision du ,j\r de colre1 cet p]dum5t qui ag5\illait les f\les du moy5 ge s\s une rafale d'angoisse1 l'ide du ,juge ouvrant le ,livre de vie4 ,sa9t-,sans--il l'a nonc plusieurs fois--envisageait1 malgr lui1 dans le dogme1 le pr9cipe de cra9te que la dvotion mod]ne en v\drait lim9]4 ,cep5dant1 le quid sum1 mis]444 att5drissait d'une piti l'anantissem5t o il se t]m9ait1 et le ,record>e balana une supplication indiciblem5t d\ce1 c\pe1 il e/ vrai1 p> des reprises de t]reur4 ,je me livrais d'un cur trop ple9 cet moi religieux p\r ap]cevoir1 en c]ta9es p>ties du ,requiem1 des procds de mti] plutt qu'une volont pieuse4 ,mais l',agnus ,dei me transporta1 lam5tation *>ge de spl5deur qui se dr\lait1 comme un cortge flamboyant1 aut\r de l't]nelle ,victime4 ,j'y s5tais ralis le ry?me de s\ffrance et de gloire o triomphe l'quilibre ca?olique4 ,quelques sema9es aprs1 l'excell5te ,mme ,roy1 la femme de l'organi/e1 n\s (frit d'all] en sa compagnie faire une visite ,sa9t-,sans4 ,il habitait la ,po9te ,pescade4 ,la r\te1 au del de ,sa9t-,eugne1 tait d'une sauvag]ie magnifique1 t\rnant1 le long de la m]1 au bas de coll9es t\ffues tailles en cnes1 en mamelons1 avec des rav9s br\ssailleux4 ,la maison qu'il avait l\e reg>dait une petite l&e trangem5t rude4 ,des nons y paissai5t et quelques *vres4 ,un ,arabe1 tresseur de nattes1 y avait bti une cabane p>mi des alos1 des figui]s de ,b>b>ie2 t\t au b\t1 sur un roc d'un noir basaltique1 se raidissait la t\r br*e d'un =t9 turc1 tellem5t r\ssie p> le soleil et brle p> la salure des embruns qu' de c]ta9es heures elle semblait en feu4 ,on ent5dait la m] s'br\] contre la falaise1 comme une jum5t dans son curie4 ,ce j\r-l1 un ciel gristre l'ensommeillait s\s des brumes4 ,p> des temps clairs1 je l'avais vue de ce promontoire1 bondir1 t\te sa cr9ire au v5t1 t9celante1 et mordre la cte abrupte comme un mors blanc d'cume4 ,sa9t-,sans m'accueillit avec l'affabilit d'un arti/e qui sait trop ses prm95ces p\r s'en prvaloir et pontifi]4 ,il avait une s+ulire animation de m\vem5ts et de p>oles#ajj2 orig9al sans le v\loir1 trang] t\t cabot9age4 ,son zzaiem5t ne *oquait po9t comme un ridicule1 pas plus que sa voix1 nasill>de et mordante4 ,il tait lui dans ses mo9dres ge/es4 #ajj ,v4 dans ,les gr&es =mes de la ,musique son portrait plus dvelopp4 ,sur sa table s'talai5t les pages du trio en mi m9eur qu'il t]m9ait ce mom5t4 ,n\s lui dem&mes de se mettre au piano2 il s'empressa de trs bonne grce2 c'tait son plaisir d'en donn] ses visiteurs1 et j'ai compris1 dans la suite1 qu'il tr\vait a9si une occasion de travaill] mme en leur prs5ce2 c> il *]*ait peu les complim5ts4 ,il n\s j\a1 entre autres *oses1 une transcription du quatuor d',h5ri ,,viii2 ce morceau1 p\r des raisons qui dpassai5t la musique1 m'tait *] depuis mon adolesc5ce4 ,son jeu se di/+uait p> une fran*ise d'attaque f\droyante1 une fabuleuse lgret--plus tonnante encore l'orgue qu'au piano--2 sa rectitude vitait la s*]esse4 ,hors de sa musique1 ce qu'il r5dait le mieux1 c'tait ,rameau1 ,ba*1 ,moz>t1 ,bee?ov54 ,*op9 et ,s*umann--j'ent5ds le ,s*umann lyrique--tai5t mo9s dans ses cordes4 ,n\s le quittmes1 trs cont5ts de sa rception4 ,une seule *ose me heurta3 comme il n\s raccompagnait dans son j>d91 jusqu' la porte mauresque de la villa1 quelqu'un fit allusion au ,pat] de l'vangile4 ,sa9t-,sans dco*a contre le texte div9 une b\tade voltairi5ne4 ,je prote/ai2 il rpliqua1 et je compris qu'il avait p]du l'intellig5ce des vrits suprieures4 ,mais son actuel aveuglem5t emp*ait-il ses plus belles uvres d'avoir mri dans la lumire de la foi8 ,on donna ,samson au ?tre d',alg]2 il conduisit l'or*e/re1 le soir de la premire reprs5tation4 ,j'crivis un article que publia une revue depuis longtemps dfunte1 la ,*ronique africa9e4 ,j'y m>quais surt\t les rapports de la c\leur musicale avec la t]re d',afrique1 pro*e p>5te de l',ori5t o ,samson prit d'avoir connu ,dalila4 ,le surl5dema91 je r5contrai ,sa9t-,sans dans une soire2 il m'apprit qu'il m'avait lu et que j'allais recevoir une lettre de lui3 ,j'ai t* de ne pas v\s dire des sottises4 ,sa lettre1 en effet1 dbordait d'une satisfaction vhm5te4 ,il v9t *ez moi1 un peu plus t>d1 l'improvi/e1 me rem]ci] et fit mon piano rtif l'honneur de le dompt] s\s ses doigts imprieux4 ,l'hiv] d'aprs1 je le vis r>em5t1 sauf la f9 de la saison4 ,le #a;er avril #ic1 il j\a p\r la premire fois en public sa fantaisie avec or*e/re1 ,africa4 ,la veille1 la rptition1 je lui t\rnai les pages4 ,au b\t du pre/o1 comme je t\rnai une seconde en ret>d1 je me s\vi5s qu'il r\la contre moi des yeux furibonds4 ,ds ce temps-l1 je songeais une va/e tude sur son uvre2 et je l'avais t\t de suite conue comme un monum5t d'ensemble1 o ,sa9t-,sans s]ait considr p>mi le *ur des gr&s musici5s4 ,le monum5t aurait pu cras] l'homme1 et l'arc de triomphe dev5ir un catafalque4 ,la preuve du haut gnie de ,sa9t-,sans1 c'e/ qu'il s\t9t le f>deau d'un tel hommage1 et1 rcemm5t1 ayant relu p\r une n\velle dition mon livre vieux de v+t ans ou plutt de tr5te1--si je remonte ses orig9es1--j'ai eu la c]titude que l'ampleur de son plan tait ju/ifie4 ,je ne lui p>lai de mon desse9 qu'en #id1 l'issue d'un conc]t donn p> la romantique ,mme ,jall4 ,il ne fut pas1 vrai dire1 trs enc\rageant4 ,me jugeait-il tmraire8 ,volonti]s mfiant1 se t5ait-il sur le qui-vive8 ,je crois surt\t que mon projet l'tonna1 lui p>ut invraisemblable4 ,non qu'il st tre exempt d'orgueil1 mais il g>dait de sa jeunesse un pli excell5t1 d la svrit de sa mre3 ,mme ,sa9t-,sans l'avait habitu ne jamais s'enfl] d'une va9e prsomption4 ,au lieu de hum] l'enc5s1 il se htait de s'y drob]4 ,il ne ressemblait pas ceux qui entreti5n5t leur gloire comme une matresse exigeante et j\iss5t de s'humili]1 de s'avilir p\r elle4 ,il comptait sur sa =ce2 quelle porte p\vait avoir le livre d'un jeune homme obscur8 ,je n'en p\rsuivis pas mo9s deux ans la prp>ation de mon ouvrage1 en ple9e eff]vesc5ce lyrique1 et1 d'autre "p1 t*ant d'id5tifi] mon comm5taire l'uvre int]prte1 la recrant avec des mots1 telle1 s'il tait possible1 que le musici5 avec des sons l'avait eng5dre4 ,j'avais crit div]s fragm5ts et une p>tie du *apitre sur les ,pomes ,symphoniques4 ,en mai #if1 j'tais ,nice2 au soleil c\*ant1 je flnais devant la m]2 je vois un homme pass] d'une allure plus que vive1 effrne4 ,je reconnais temps ,sa9t-,sans et je l'arrte4 ,il arrivait d',italie2 p\r se remettre d'une longue immobilit fatigante1 il m>*ait avec emportem5t4 ,n\s conv5ons de n\s revoir1 *ez moi1 le l5dema94 ,il v9t en effet1 et1 p5dant qu'il absorbait des tasses de caf1 je lui lus mon *apitre2 son impression fut pr(onde2 p>tir de ce j\r-l1 il prit vraim5t au srieux mon travail4 ,p> malheur1 je m'y donnai sans mesure1 le suraj\tant mes t*es quotidi5nes1 et je tombai malade1 au po9t que je dus re/] t\te une anne inactif4 ,je ne comm5ai1 aprs une reprise m?odique du sujet1 crire avec suite que durant l'automne de #aijj4 ,en septembre #aijb1 on j\a aux ftes de ,bzi]s ,p>ysatis de la bonne ,mme ,dieulafoy4 ,sa9t-,sans avait compos p\r ce drame une p>tition importante4 ,il m'invita1 et je me r5dis ,bzi]s1 ivre de retr\v] p\r quelques heures le ,midi brlant1 de p>ticip] une sol5nit o l'homme que j'aimais recevrait une apo?ose4 ,qu& je db>quai dans la ville1 un soir pluvieux m'accueillit1 une pluie *aude qui faisait sortir1 comme en ,afrique1 des arbres et de la t]re1 une sueur embaume4 ,le diman*e mat91 il pleuvait encore2 mais1 p5dant le djeun]1 *ez ,m4 ,ca/elbon de ,beauxho/es1 le ciel s'claircit4 ,n\s c\tions ,faur racont] que1 deux ans aup>avant1 t&is qu'on j\ait son ,prom?e1 un orage non fictif avait c\p le d]ni] acte2 et la f\dre tait tombe sur le roc mme d'o le ,titan avait blasphm ,jupit]4 ,en ce mom5t1 un des convives se ret\rna v]s les f5tres1 et s'cria3 ,le soleil a va9cu6--,tant que a1 rpondit ,faur p> un calemb\r qui eut au mo9s le mrite de l'inatt5du4 ,sa9t-,sans1 qu'n]vait l'att5te de l'aprs-midi1 fut pris d'un f\ rire2 il se ca*a la figure dans sa s]viette1 et dut sortir de table p\r se calm]4 ,la reprs5tation de ,p>ysatis1 comme celle de ,djanire1 eut une spl5deur olympique4 ,la f\le qui montait v]s les arnes1 le long de l'av5ue ,sa9t-,sans1 tait elle seule un gr&iose spectacle4 ,ces ,mridionaux s'avanai5t comme en procession2 le s5tim5t d'une sol5nit cont5ait les voix1 et ce fut m]veille de voir la multitude s'ordonn] sans pe9e sur les grad9s1 puis1 un simple c\p de clo*e1 s'tablir dans un sil5ce liturgique o l'on n'ent5dit plus que la palpitation des v5tails4 ,les trois c5t c9quante musici5s de l'or*e/re tai5t masss v]s la droite du cirque2 les cordes des v+t h>pes sc9tillai5t4 ,lorsque les cuivres lancr5t le motif initial1 rigide et soleillant1 il sembla qu'clatait le triomphe de t\t un peuple4 ,mle l'air limpide1 la musique1 avec ses =tes lignes1 pr5ait t\te sa valeur dcorative4 ,dans la loge o n\s tions1 le dialogue des acteurs n'arrivait que p> bribes4 ,j'ignore si n\s y p]dions beauc\p4 ,mais1 ent5dant pe9e les p>oles1 n\s admirions plus librem5t les ar*itectures et le paysage scniques4 ,le ,palais de ,suse appuyait ses colonnades des alles montantes de palmi]s et de fleurs irrelles qui se p]dai5t v]s de trs hautes montagnes1 d'un gris fluide1 vaporis s\s la lumire4 ,les m\vem5ts du *ur1 le long des portiques1 h>monisai5t des blan*eurs1 des robes oranges et des nuances flottantes comme celles des vagues irises de soleil4 ,les *ants rsonnai5t dans le cri/al de l'espace1 comme si l'univ]s se rsolvait en une seule cl>t1 au se9 d'un mirage d't]nel aprs-midi4 ,p\rtant1 le soleil s'en allait1 t\*ant d'une ma9 v]meille les toits du palais1 les buissons de fleurs1 et la tunique mauve d',aspasie expirante1 dont un hautbois sanglotait l'agonie4 ,un sil5ce prodigieux oppressait la f\le4 ,puis1 qu& le suprme accord de l'or*e/re s'teignit1 une clameur frntique d*ana l'ovation sans f94 ,j'en fus heureux p\r ,sa9t-,sans1 autant que si j'avais t moi-mme le triomphateur4 ,je lui avais apport les c5t premires pages de mon manuscrit2 il les lut le soir mme et1 le l5dema91 avant de quitt] ,bzi]s1 j'eus de lui une lettre en?\sia/e1 non sans une note comique3 ,v\s tes cause que je me suis pass de dormir444 ,c'e/ drle de se voir dissqu vivant4 ,mais v\s avez beau dire1 je ne puis arriv] me tr\v] si intressant4 ,il t]m9ait sur cette rflexion o ceux qui l'ont connu retr\v]ont sa fidlit d'ami3 ,gr& m]ci p\r ce que v\s avez dit de ,regnault et de ,bizet que j'ai tant aims et que j'aime t\j\rs4 ,le livre f9i--en septembre #aijd1--;il m'aida gnreusem5t le publi]1 mais ne fit ri5 p\r le rp&re4 ,il pr\vait une gne vant] un volume qui le magnifiait2 ses travaux p]sonnels1 ses t\rnes de virtuose l'emportai5t d'ailleurs dans un vorace t\rbillon4 ,*ose plus biz>re1 presque jamais il ne me rep>la de mon ouvrage1 et j'vitais--on s'en d\te--d'y ram5] son att5tion2 je n'y songeais mme pas4 ,j'aurais cru inju/e de le suppos] oublieux2 il me pr\vait qu'il ne l'tait po9t4 ,mais1 en me tmoignant une dilection con/ante1 il s\s-ent5dait les motifs o elle avait pris naissance4 99 99 99 99 99 ,notre amiti a dur jusqu' sa mort4 ,les contradictions qui la tr\blr5t quelquefois val5t d'tre m5tionnes1 p>ce qu'elles t\*ai5t des po9ts ess5tiels4 ,lorsqu'il reut mon premi] roman3 l',immol1 le titre d'un *apitre3 ,le prlude de ,tri/an1 lui dplut4 ,il s'imag9a que j'avais v\lu *ant] les l\anges de ,wagn]1 en fut outr comme d'une trahison1 et m'crivit sur un ton d'am]tume presque des invectives4 ,je lui rpondis une lettre indigne1 et lui dmontrai qu'il n'avait pas compris l'int5tion symbolique du passage1 que je rpr\vais1 au contraire1 l'hy/rie am\reuse de ,tri/an4 ,il reconnut son erreur1 s'excusa2 mais1 le #bf aot #aiad1 il me rappela cette dispute1 ob/9 me croire wagnri53 ,compr5ez-v\s ma9t5ant p\rquoi je v\s ai si rudem5t malm5 qu& v\s avez wagnris dans un de vos romans8444 ,wagn]1 c'tait la pntration pacifique444 en att5dant l'autre4 ,j'tais seul le voir4 ,s'il avait tr\v le temps de relire les endroits de mes livres o ,wagn] e/ mis en cause1 il aurait bi5 vu que je n'ai jamais wagnris4 ,mais l'ensorcellem5t des philtres wagnri5s a rd aut\r de moi4 ,je les ai df9is aprs avoir connu le pril d'y tremp] mes lvres4 ,sa9t-,sans1 bi5 qu'il admirt musicalem5t ,wagn]1 re/ait trang] son lyrisme4 ,il ne p\vait compr5dre que j'eusse dcrit avec exaltation les v]tiges de cet art4 ,lui1 il le rep\ssait p\r des motifs de /ratgie1 de sauveg>de nationale3 ,wagn]1 c'tait l'invasion de notre ?tre p> l'ennemi2 c'tait l'imprialisme de l',allemagne s\s sa =me la plus p]suasive1 donc la plus r$\table4 ,j'admettais ces raisons1 mais j'en ap]cevais d'autres1 des raisons mtaphysiques et morales4 ,je les ai cond5ses dans un article p>u v]s la f9 de la gu]re#aja1 et qu'a trop ju/ifi1 depuis1 la r5tre s\v]a9e de ,wagn] sur la scne de l',opra4 ,le dang] de sa musique ou plutt de t\te la p5se allem&e ti5t son pan?isme idali/e4 ,tu es t\t ce que tu vois1 sembl5t clam] l'or*e/re et le drame wagnri52 donc tu n'z qu' te p]dre au se9 du ,t\t4 ,les limites qui font l'ordre du monde sont dvores p> le *aos4 trange illogisme1 *ez des ,lat9s1 de s'ab&onn] cette confusion6 ,mais la musique e/ le lieu des incohr5ces2 on ne voit pas qu'elle dom9e et ptrit1 p> les joies s5sitives1 l'homme t\t enti]4 #aja ,l'idalisme musical et l'av5ir franais 7,revue des ,jeunes1 #aj juillet #aiah74 ,sur ,wagn] le mal5t5du entre ,sa9t-,sans et moi fut promptem5t clairci4 ,sur les que/ions religieuses1 il tait impossible de n\s ent5dre4 ,n\s avions1 trs longtemps1 p> un accord tacite1 ret>d ce conflit4 ,la qu]elle devait clat]2 ce fut l'improvi/e1 un j\r que n\s djeunions ensemble1 dans un re/aurant de l'av5ue des ,*amps-lyses4 ,au dess]t1 n\s vnmes p>l] de ,b>bey d',aurevilly4 --,b>bey d',aurevilly1 obs]va ,sa9t-,sans1 un homme de p>ade qui posait p\r le ca?olique r5=c444 --,mais ce n'tait pas une pose1 rpliquai-je2 il l'tait s9crem5t4 --,alors1 v\s croyez1 reprit ,sa9t-,sans1 qu'on peut l'tre s9crem5t6 --,v\s savez bi5 que je le suis4 --,c'e/ ce que je ne peux pas compr5dre444 ,et il entreprit de me dmontr] l'absurdit de croyances qui reposai5t sur des my!s3 le ,p>adis t]re/re1 le ,s]p5t qui p>le la femme1 l'homme d*u p\r avoir mang un fruit1 etc444 ,je lui rpondis simplem5t que1 p\r avoir le droit de ni] les faits miraculeux1 surt\t qu& ils sont lis un ensemble d'autres faits c]ta9s1 il faudrait d'abord dmontr] impossible l'int]v5tion div9e dans l'hi/oire huma9e4 ,n\s sortmes du re/aurant1 trs anims p> une controv]se que n\s ne p\vions plus int]rompre4 ,n\s m>*ions du ct de la ,concorde1 en discutant sur l'exi/5ce de ,dieu4 ,sa9t-,sans ne niait po9t une ,cause premire1 mais rep\ssait1 comme in9telligible1 la spiritualit d'une me qui pt vivre indp5dante du corps et immortelle4 ,n\s tions arrivs devant la rue ,royale4 ,l1 p>mi la cohue des passants1 le vac>me des vhicules1 n\s p\rsuivions1 arrts au bord du trottoir1 en n\s gosillant l'un et l'autre1 le gr& dbat4 ,et je s\t5ais ,sa9t-,sans1 les yeux dans les yeux3 --,v\s avez beau dire1 il ne peut v\s tre indiffr5t de p5s] que1 si un camion v\s crasait la tte1 de votre gnie1 de v\s-mme il ne re/]ait qu'une *air broye et un peu de phosphore prt se diss\dre4 --,eh bi56 si1 cria-t-il en tapant de sa canne sur le bitume1 et projetant sur moi des prunelles t]ribles1 il ne re/]a ri51 v\s ent5dez1 ri5444 ,et1 hlant une voiture1 il y monta1 plus irrit de ma rsi/ance que tr\bl de mes argum5ts4 ,qu& je le revis une sema9e ensuite1 il ne fit aucune allusion--ni moi non plus-- l'orage de ce conflit4 ,sa jeunesse avait t n\rrie dans de f]mes croyances religieuses4 ,des cahi]s de cat*isme qu'on a g>ds atte/5t une in/ruction m?odique1 reue avec attrait4 ,l'empre9te du dogme le pntra si bi5 qu'on la retr\ve dans son uvre *aque in/ant4 ,il lui manqua d'abord d'avoir fait une bonne philosophie4 ,sa c>rire musicale lui laissa peu de temps p\r appr(ondir les pr9cipes qu'il avait reu4 ,jusqu' v+t-c9q ou tr5te ans il cons]va la foi4 ,mais il suivit cette gnration de #ahej que mdusai5t les doctr9es positivi/es4 ,il p]dit1 sans d\te1 l'habitude des pratiques sacram5telles1 et s'ap]ut t\t d'un c\p qu'il ne croyait plus4 ,en s\ffrit-il8 ,il se considra plutt comme libr4 ,p\r moi1 m'a-t-il dit s\v5t1 une *ose ne peut pas tre vraie ou fausse demi4 ,l'tat d'esprit d'un ,r5an ne fut jamais le si54 ,son dogmatisme se ret\rna au pr(it d'hypo?ses sci5ti/es qu'il accepta comme des c]titudes intangibles4 ,il se butait pr9cipalem5t aux objections de la prhi/oire et l'impossibilit du miracle4 ,j'essayai1 plusieurs fois1 d'inquit] la fausse paix de son incroyance4 ,mais1 *ez un homme de son ge1 il se produit une sorte de sclrose m5tale2 mo9s d'un prodige1 modifi] ses prv5tions exig]ait un ef=t surhuma92 et comm5t s\mettrait-il sa raison une discipl9e d'humilit8 ,votre religion e/ admirable2 c'e/ t\t ce que je puis v\s accord]4 ,voil ce qu'il m'crivait en #aiaf1 au b\t d'une longue discussion2 et1 la mme anne1 dans une lettre du #bg octobre1 il concluait3 ,v\s m'aimez beauc\p4 ,et moi donc6 je v\s aime t5drem5t1 et si v\s s\ffrez de me voir incrdule1 je s\ffre de voir un gr& tal5t comme le vtre prisonni] de croyances qui entrav5t son essor4 ,il m'tait trop facile de lui rpondre3 ,p\rquoi supposez-v\s que la foi m'entrave1 qu& j'ai l'vid5ce intrieure de lui devoir ma seule =ce8 ,mais je suis conva9cu1 envisag] seulem5t son uvre1 qu'il a1 en p]dant le contact du div9 ,am\r1 graduellem5t te9t les s\rces de son inspiration4 ,s'il tait demeur croyant1 il et *app cette erreur o il se dess*a3 envisag] dans l'art la =me avant t\t4 ,il n'en cont9ua pas mo9s1 jusqu' ses d]nires annes1 qu& il le p\vait1 crire de la musique religieuse4 ,le #g janvi] #aiaf1 il m'crivait3 ,mon temps e/ dvor p> une effroyable correspondance et p> un tas d'occupations p>asites4 ,p\rtant je suis p>v5u d]nirem5t crire deux petits morceaux d'glise3 un quam dilecta p\r quatre voix et un ,laudate p\r voix d'enfants1 ce d]ni] p\r en (frir la ddicace un *>mant abb avec qui je suis en correspondance4 ,et si cela v\s tonne que j'aime tant faire de l'art religieux1 je v\s cit]ai le ,prug9 qui tait incroyant1 ,raphal dont la vie n'tait gure difiante#ajb6 ,en revan*e1 le ,p4 ,lambillote1 qui tait probablem5t un sa9t homme1 a fait de la musique religieuse dplorablem5t pr(ane6 #ajb ,hlas1 mon *] ,sa9t-,sans1 voil sans d\te p\rquoi le ,prug9 e/ si froid1 et ,raphal si pr(ane dans sa pe9ture religieuse4 ,t\t ce qui se rapporte l'art sacr ne cess]a pas de le passionn]4 ,ayant appris que la ,socit de ,sa9te-,ccile avait1 p\r sa messe annuelle1 fait excut]1 au lieu d'une ,messe1 une cantate de ,ba*1 il s'indigna d'un tel non-s5s liturgique et prote/a auprs de l'ar*evque de ,p>is4 ,il avait la dvotion de son art1 et1 jusqu' son d]ni] s\ffle1 il p]svra dans ce gr& am\r4 ,p> l s'explique une activit qui demeura surpr5ante1 pass quatre-v+ts ans4 ,je le tr\vai cep5dant accabl p> l'ge1 en septembre #aibj4 ,il m>*ait avec pe9e1 il manquait d'entra92 son reg>d tait las1 et1 qu& il j\ait du piano1 son t\*] n'avait plus sa puissance4 ,mais1 presque aussitt1 il rebondit4 ,comme je l'avais flicit d'avoir pu se faire ent5dre au ,trocadro1 le #c novembre1 il me rpondit3 ,que p>lez-v\s de vigueur p\r cet unique morceau qui n'e/ p\r moi qu'un jeu6 ,il fallait me voir en ,suisse1 en ,belgique1 en ,norm&ie1 dans les conc]ts o j'ai t5u le piano p5dant deux heures et j\ des *oses t]ribles4 ,l'anne suivante1 il semblait gaill>d1 ple9 d'une flamme m]veilleuse4 ,un soir de septembre1 il n\s j\a des pices de ,rameau1 les ,cyclopes entre autres1 avec une f\gue presque juvnile4 ,n\s revmes *ez lui1 p\r la d]nire fois1 un vieil ami d',alg] dont je vi5s d'appr5dre la mort1 ,*>les de ,gall&1 musici5 raff91 homme d'un cur exquis4 ,quelques j\rs aprs1 ,sa9t-,sans v9t rue ,r\sselet1 dans l'anci5 logis de ,b>bey d',aurevilly1 m'apport] six fugues p\r le piano qu'il m'avait promises4 ,il r5contra dans cette *ambre--ma9t5ant anantie--,mlle ,read dont la vivacit *>mante le frappa4 ,elle n'avait jamais vu ,sa9t-,sans1 mais elle n'eut qu' puis] dans la *iffonnire de ses s\v5irs p\r en tr\v] qui le t\*r5t4 ,lorsqu'il n\s quitta1 je le reconduisis jusqu'au pali] de l'tage4 ,je l'embrassai1 et je le reg>dai desc5dre appuy la rampe1 un peu l5t4 ,n\s ne devions plus n\s revoir4 ,une lettre du #cj octobre--la d]nire de t\tes--m'annona son d"p pro*a9 p\r l',algrie4 ,je suis bi5 cont5t1 aj\tait-il1 que mes petites fugues v\s ai5t plu4 ,je n'avais pas l'int5tion d'en faire et j'ignore comm5t l'ide m'en e/ v5ue4 ,je ne les sais plus1 je les emport]ai ,alg] et les travaill]ai p\r me di/raire4 ,en relisant cette lettre et les autres1 j'ai l'impression qu'il e/ t\j\rs l4 ,la p]sonne d'un homme1 si peu qu'il soit devant l',inf9i1 subsi/e p\rtant comme un absolu1 comme une *ose inaltrable4 ,qu& son ,moi a t puissant1 qu& son uvre lui survit1 sa prs5ce cont9ue1 tellem5t vivace qu'il ne devi5t jamais un disp>u4 ,sa9t-,sans ne p\rrait l'tre dans ma vie2 je l'ai trop aim4 ,et je p5se son me qu'il v\lait anantir1 son me qui a vu ma9t5ant la ,vrit4 ,il sait dsormais ce que signifiait p\r elle notre amiti4 ,p\r moi1 j'ai reu de sa musique des joies imm5ses et salutaires4 ,j'ai d beauc\p aussi son intimit4 ,je nglige le bonheur de frqu5t] un gr& arti/e1 bi5 que ce soit une lvation et un alim5t =t4 ,mais1 en le reg>dant vivre1 j'ai admir un bel exemplaire de droiture1 de fran*ise1 d'n]gie infatigable1 et une simplicit ennemie de t\s les artifices4 ,s'il avait une p5te amre au s>casme1 une rudesse qui se *angeait p>fois en duret1 jamais je n'ai surpris *ez lui un s5tim5t bas4 ,il re/]a1 sur ma r\te1 un de ces compagnons invisibles dont le sil5ce mme e/ un appui4 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,la ,,gloire ,,unique ,un gr& pril1 p\r l'arti/e1 e/ de s'ador] lui-mme4 ,depuis la ,r5aissance1 depuis le temps o ,ptr>que acceptait de se voir c\ronn au ,capitole les paules drapes du manteau royal de ,rob]t de ,naples1 l'homme de p5se t5dit se croire un demi-dieu4 ,rons>d1 au bas d'un acte de baptme que n\s avons1 signait3 ,pi]re de ,rons>d1 premi] pote du ,roi4 ,il dcl>ait aux potes1 ses contempora9s3 ,v\s tes mes sujets et je suis votre ,roi4 ,si le ,x,v,i,ie sicle rabattit1 en app>5ce1 de cette infatuation1 les criva9s d'alors mritai5t p\rtant la rude apo/rophe de ,bossuet3 ,on en voit qui pass5t leur vie t\rn] un v]s1 arrondir une priode1 en un mot1 r5dre agrables des *oses non seulem5t inutiles1 mais encore dang]euses1 comme *ant] leurs am\rs et remplir l'univ]s des folies de leur jeunesse g>e4 ,aveugles admirateurs de leurs ouvrages1 ils ne peuv5t s\ffrir ceux des autres444 ,s'ils remport5t ou qu'ils s'imag95t remport] l'applaudissem5t du public4441 ils appr5n5t mettre leur flicit dans les voix confuses1 dans un bruit qui se fait dans l'air1 et pr5n5t rang p>mi ceux qui le prophte adresse ce repro*e3 ,v\s qui v\s rj\issez dans le nant4 ,que si quelque critique vi5t leurs oreilles1 avec un dda9 app>5t ou une d\leur vritable1 ils se font ju/ice eux-mmes2 de peur de les afflig]1 il faut bi5 qu'une tr\pe d'amis flatteurs prononc5t p\r eux et les assur5t du public4 ,att5tifs son jugem5t1 o le gt1 c'e/--dire ord9airem5t la fantaisie et l'humeur1 ont plus de "p que la raison1 ils ne song5t pas ce svre jugem5t1 o la vrit condamn]a l'inutilit de leur vie1 la vanit de leurs travaux1 la bassesse de leurs flatt]ies444 ,o tromp]ie6 ,o aveuglem5t6 ,o va9 triomphe de l'orgueil#ajc6 #ajc ,trait de la concupisc5ce1 *apitre ,,viii4 ,les romantiques dilatr5t jusqu' l'extravagance l'outrecuidante fiction de l'arti/e privilgi p> cela seul qu'il e/ arti/e1 exempt des rgles de t\te commune sagesse1 ayant aussi bi5 le droit de ne po9t pay] ses dettes que de pr5dre sa femme son vois94 ,j'ai ent5du quelquefois1 dans des b\*es o il tonnait1 ce lieu commun ridicule3 ,un arti/e e/ t\j\rs sr d'tre sauv4 ,cela ressemble au mot impud5t qu'on prte la m>*ale de la ,mell]aye3 ,dieu y reg>d]a deux fois avant de damn] des g5s comme n\s4 ,en fait1 le don qu'un homme a reu d'excell] dans un art1 c'e/ une monnaie qui passe entre ses ma9s1 un tal5t faire valoir1 non p\r lui1 mais p\r ,dieu4 ,si je me glorifie moi-mme1 ma gloire n'e/ ri54 7,jean1 ,,viii1 #ed47 ,a9si se considrait l',homme-,dieu1 le ,sa9t des ,sa9ts4 ,que devrai5t p5s] de leur gloire d'impurs et fragiles ratureurs de papi]8 ,le disciple n'e/ jamais au-dessus du ,matre4 ,mais n\s n'avons pas ou dire que les vangli/es ai5t tir vanit d'avoir transcrit les p>oles et les miracles du ,seigneur4 ,se *]*] soi-mme e/1 p\r le commun des g5s1 la gr&e misre4 ,p\r le seul arti/e s]a-ce un pr9cipe de joie et une =ce8 ,l'art pr(ane1 et surt\t l'art mod]ne1 dprit ju/em5t de cette infirmit3 l'hyp]trophie du ,moi1 l'outrance du lyrisme p]sonnel1 la torture de v\loir tre orig9al4 tre orig9al1 mais c'e/ tre fidle ses orig9es6 ,seul e/ orig9al1 celui qui1 purant son me des apptits infrieurs1 en fait un net miroir du rayon d',en ,haut1 de la ,tr9it div9e1 dont elle e/ l'image4 ,c'e/ p\rquoi les ,sa9ts obti5n5t le privilge d'tre vraim5t orig9aux1 dans leur /yle comme dans leurs actes4 ,de fru/es p*eurs1 des b]gres illettres ont dit ou crit des *oses incomp>ables1 p>ce qu'ils les recevai5t du ,pre des pauvres1 de l',esprit d'intellig5ce4 ,v\s donc1 jeune criva91 srieusem5t *rti51 qui1 v\s mettant au travail1 faites le signe de la croix et appelez votre aide cet ,esprit de vrit1 prs]vez votre art de se t\rn] en fti*e ou en in/rum5t d'ambition2 ne v\s laissez po9t t\rdir p> le subtil ,dmon des vanits *at\illeuses4 ,g>dez-v\s d'attif] votre gloire comme une p\pe de cire qu'on habille d't(fes rutilantes p\r l'expos] dans une vitr9e4 laborez votre uvre de votre mieux1 mais en sa*ant qu'elle e/ infime4 ,ne v\s admirez pas v\s-mme4 ,entre ce qu'on veut faire et ce qu'on fait1 la disproportion re/e humiliante4 ,les plus beaux *efs-d'uvre1 confronts avec la beaut absolue1 n\s p>atrai5t de *tifs avortem5ts4 ,n'crivez pas non plus avec l'arrire-desse9 d'clips] les autres ou de v\s faire admir]4 ,qu'importe qu'on murmure aut\r de v\s les syllabes de votre nom8 ,dema91 peut-tre1 dans votre t]nit1 v\s n'ent5drez plus cette rumeur m\tonnire1 v\s la mpris]ez4 ,qu& v\s s]iez fameux comme ,victor ,hugo1 il y aura t\j\rs plus d'hommes ignorants de v\s que v\s n'aurez d'admirateurs4 ,si une gnration v\s enc5se1 celle d'ensuite v\s oubli]a4 ,et combi5 de sots p>mi ceux qui v\s l\]ont6 ,combi5 v\s dnigr]ont sans savoir p\rquoi6 ,le bruit du monde1 disait ,dante1 ,od]isi1 n'e/ qu'un s\ffle de v5t qui vi5t tantt d'ici1 tantt de l1 et *ange de nom en *angeant de ct4 ,le moy5 ge seul a bi5 compris l'enfantillage des gloires qui sont des glorioles4 ,a ,s5s1 dans la c\r du vieux palais synodal1 contre la muraille1 e/ sculpte la figure d'un mo9e t5ant entre ses ma9s jo9tes un compas4 ,les rudits prt5d5t que cette /atuette e/ l'emblme de la gomtrie4 ,la lg5de veut y reconnatre ,guillaume de ,s5s1 l'ar*itecte de la ca?drale1 et la lg5de me semble symboliquem5t vraie4 ,ce ,guillaume n'a pas mme inscrit son nom sur une pi]re de l'glise avec la po9te de son compas2 il n'exige po9t qu'on dise3 c'e/ son uvre4 ,mais il jo9t ses ma9s en oraison1 comme p\r signifi] au passant3 ,prie avec moi et p\r moi que tu n'z jamais connu4 ,telle e/ la rclame que devrait admettre un auteur *rti54 ,telle e/ l'humilit d'o surgiss5t les gr&es uvres4 ,aimez la gloire2 convoitez-la p]dum5t1 puisque n\s sommes ns p\r elle1 p\r un poids de gloire incomm5surable1 mais *]*ez-la o elle repose1 dans la spl5deur du ,*ri/1 visible ds ici-bas2 et alors1 sur t\t ce que v\s crerez1 quelque *ose de sa glorieuse prs5ce desc5dra4 ,quels transports de l'art pr(ane ont pu valoir l'inspiration d'un psaume1 d'un hymne liturgique1 d'un vaisseau de ca?drale8 ,notre p5se1 p> elle-mme n'e/ qu'une scorie grise1 un *>bon fumeux4 ,jetons-la dans l'indfectible f\rnaise avec l'espoir qu'elle y devi5ne blan*e et translucide comme la braise qui t\*a les lvres d',isae4 ,,tre ,,simple ,ce n'e/ po9t une *ose qui s'enseigne1 comme le jeu de l'oie4 ,dire aux criva9s3 ,soyez simples1 cela revi5t presque leur dire3 ,soyez en tat de grce4 ,un prdicateur p\rrait extraire de ce prcepte le sujet d'un beau s]mon4 ,ici1 je scrute simplem5t l'intrieur d'un mot4 ,dieu e/ simple p> ess5ce2 ri5 n'e/ en ,lui qui ne soit ,dieu4 ,il voit t\t dans une nudit sans ombre4 ,il e/ simple en ses actes3 v\loir et faire1 p\r ,lui1 sont id5tiques2 qu& ,il aime1 ,il se donne absolum5t2 qu& ,il rpr\ve1 sa ju/ice n'hsite jamais2 qu& ,il p>le1 son langage e/ la sub/ance mme du v]be communicable3 ,ego sum qui sum4 ,l'homme1 jusqu' la *ute1 tait simple1 autant que peut l'tre une crature con/itue de deux pr9cipes2 t\tes ses puissances obissai5t la lumire de sa raison1 image de la ,lumire incre4 ,en s'adorant lui-mme1 il p]dit la simplicit de son orig9e1 il se dsaccorda1 sa *air convoita contre son esprit2 l'artifice et le m5songe enveloppr5t t\s les lm5ts de son intellig5ce et de son v\loir comme les replis du s]p5t ens]rai5t le tronc de l'arbre sacr4 ,r$ev5ir t\t fait simple quivaudrait r5tr] dans le ,p>adis p]du4 ,la simplicit prsuppose donc l'unit d'ess5ce1 ou l'h>monie de pr9cipes subordonns une f9 lucide1 la droiture de l'intuition1 la concordance du m\vem5t intime et de l'acte2 dans le langage1 c'e/ un rapport ju/e et immdiat entre l'ide et l'objet r5dre1 entre le fond d'un s5tim5t et les mots o il s'enf]me1 entre la matire et la =me4 ,la simplicit ne se confond p\rtant pas avec la ju/esse4 ,l'criva9 simple tr\ve1 sans se mettre en pe9e1 les p>oles qu'il faut1 celles que t\t autre sembl]ait p\voir dire sa place4 ,la simplicit s'ignore1 t&is que la ju/esse1 s\v5t1 se *]*e et s'v]tue4 ,le gnie--seul aprs les ,sa9ts--r5contre la pure1 l'+nue simplicit4 ,elle e/ trs diffr5te d'une c]ta9e mollesse de p5se et de plume qui se disp5se et disp5se le lecteur du mo9dre ef=t de conc5tration4 ,aussi dsav\e-t-elle ces proses laxatives1 surt\t d'un g5re pieux1 dont les bonnes dames sont satisfaites et dis5t3 ,comme c'e/ simple6 ,comme c'e/ c\lant6 ,elle n'abhorre pas mo9s la fausse simplicit1 les afft]ies qui veul5t tre naves1 les calculs de sobrit ou de racc\rcis viol5ts1 t\t ce que le snobisme imite1 p>ce que c'e/ facile imit]4 ,en gnral1 les vues intellectuelles re/5t plus simples que les modes d'expression o le s5tim5t prvaut4 ,un long pome1 un roman s5tim5tal qui s]ait1 d'un b\t l'autre1 une me crite1 je ne sais si cette m]veille a jamais pu s'accomplir4 ,ds que la facult cratrice1 au lieu de t5dre droit l'objet1 subit les p]suasions du ,moi infrieur1 ds qu'on veut plaire ou s'bl\ir de sa =ce1 t\tes les fois qu'une arrire-p5se1 une coquett]ie1 une timidit1 une enflure vaniteuse1 dvi5t le jet direct de l'motion1 l'uvre e/ v\e au manirisme1 l'artificiel1 au confus1 au faux sublime4 ,il e/ r>e que les lettres d'am\r soi5t simples2 les amants p5s5t trop eux-mmes avec le s\ci de se faire voir dans un beau j\r et de *>m]4 ,baudelaire accusait la littrature dvote1 l'art dvot d'tre 9vitablem5t prcieux4 ,leur commune faiblesse e/ bi5 plus l'insignifiance conv5tionnelle que la prciosit4 ,mais les deux dfauts sort5t d'une seule cause3 en p>lant ,dieu ou en reprs5tant les *oses sa9tes1 on se voit soi-mme1 et non ,lui2 dans cette complaisance1 l'lan s9cre s'alambique2 on p>e de colifi*ets son oraison2 ou bi5 la pit imag9ative se t\rm5te *>g] de dorures un autel1 cisel] sur une colonne une pr(usion de symboles4 ,on suit la mode2 et l'homlie monda9e1 l'glise aux =mes composites ne log5t pas un atome de simplicit vraie4 ,c> la simplicit n'e/ qu'un trait de la cl>t cle/e t\*ant les cimes de l'intellig5ce et du cur4 ,mais1 avant que ,dieu pntre1 il faut que les petites complications et les br\ill>ds de l'am\r-propre soi5t p>tis4 ,quel motif1 cette heure1 m'engage en ces rflexions8 ,je vi5s de lire un livre dont un ami m'avait fait les plus gr&es l\anges1 et je le f]me1 du1 presque irrit4 ,l'auteur e/ un esprit subtil1 mditatif1 imbu d'une haute =mation religieuse1 trop ex]c aux r\]ies de l'criture littraire4 ,il affrontait un sujet t\t gonfl de pa?tique div92 or1 lo9 de se livr] aux sol5nelles motions que je *]*ais dans son rcit1 il les transpose en priodes laborieusem5t compasses1 copie les ry?mes factices d'un tel1 les images moralisantes d'un autre1 les phrases sans v]be d'un troisime4 ,j'aurais v\lu1 p> lui1 m'exalt]1 et il m'inflige un ex]cice de rhteur4 ,je sais bi5 que les mod]nes ont1 p\r n'tre pas simples1 t\tes sortes de raisons3 tant d'inc]titudes subconsci5tes1 de philosophies htrognes1 d'e/htiques antagoni/es se b\scul5t au fond de leur culture6 ,*ez plus d'un qui se croit vig\reux1 les cont\rs vacillants des ides ressembl5t la rondeur fuyante de la m]2 une surface tranquille c\vre les gr\illem5ts de l'abme4 ,quant aux blass1 aux survivants du dilettantisme1 ils se div]tiss5t dans leur incohr5ce2 tantt ils qualifi]ai5t de simple ce qui e/ in=me1 de naf ce qui conf9e la /upidit2 tantt ils ont soif de l'imprvu1 du b>oque1 du f9 des f9s4 ,si la musique1 mieux que nul autre art1 accuse les signes m5taux d'une gnration1 quelle horreur du naturel en ces po*ades sonores1 ces jeux d'h>monies qu9tess5cis o le disc\rs musical ne veut avoir ni comm5cem5t1 ni milieu1 ni conclusion logique1 o des l>ves de ?mes vagiss5t et succomb5t dans des c>illons d'accords dsorbits6 ,t\t cela1 dema91 p>atra vieillot1 comme l'e/ depuis longtemps la posie des imitateurs de ,v]la9e4 ,l'av5ir reti5dra-t-il1 de cet art transitoire1 mme quelques fantaisies exquises et mivres8 ,les sicles1 en effet1 sont des voyageurs htifs n'emportant avec eux que le ncessaire4 ,les alim5ts qu'ils se transmett5t sont des *ants simples1 des livres simples dont la =me s'e/ s\mise aux rgles gnrales de la /ructure e/htique et du langage raisonnable4 ,la simplicit du gnie franais1 en son plus bel clat1 a fait1 p\r une "p vid5te1 l'univ]salit durable de ses uvres4 ,il e/ habituel d'associ] la simplicit la gr&eur4 ,un homme qui peut con/ruire de va/es ensembles ne s'att>de pas f9iol]4 ,une fois acquise la plnitude de l'laboration1 il nonce les *oses telles qu'il les s5t1 et1 comme son insu1 prolonge1 au del de ce qu'il exprime1 des p]spectives imm5ses4 ,j'ouvre la ,g5se1 je lis au seizime v]set du premi] *apitre3 ,dieu fit deux gr&s lum9aires1 un plus gr& p\r comm&] au j\r1 un mo9s gr& p\r comm&] la nuit1 et les toiles4 ,la faon nglig5te et sublime de cette f93 ,et les toiles1 me semble un exemplaire de simplicit dans la gr&eur4 ,l'esprit de simplicit devait emplir1 entre t\s les livres1 celui qui porte le sceau de la rvlation primitive4 ,c]ta9es p>ties des critures ne ma9ti5n5t pas1 dans leur /yle1 ce c>actre au mme degr3 z*iel e/ mo9s simple d'imag9ation que ,mose ou ,david1 et les d]ni]s prophtes trahiss5t le gt des subtilits symboliques1 des artifices d'cole1 comme p\r faire glorieusem5t valoir la nudit diaphane des vangiles4 ,c'e/ un lieu commun1 canonis p> ,fnelon1--ce modle du faux simple--de clbr] la simplicit des ,grecs1 selon lui1 plus pro*es que n\s de la nature4 ,homre lui donne raison dans ce qu'il a de plus ar*aque4 ,mais1 les *urs des tragdies1 les /rophes de ,p9d>e1 les disc\rs de ,?ucydide1 quoi de plus compliqu6 ,et l'alex&r9isme1 aprs avoir infe/ l'art grec1 corrompit dans sa fleur la posie lat9e1 dont les plus hauts virtuoses1 hors des inspirations qu'ils t9r5t du pays et de ses robu/es races1 ne fur5t que des mosa/es1 des arrangeurs d'images empruntes4 ,le moy5 ge lui-mme1 n\rri l'cole de la dcad5ce lat9e1 t\rm5t d'allgories morales1 n'atteignit que p> in/ants1 *ez ,dante1 *ez ,villon1 dans les arts d'glise1 et plus encore *ez les sa9ts my/iques1 un beau simple o l'invisible se rfl*it navem5t et directem5t3 ri5 peut-tre1 en ce s5s1 n'gale les quatra9s du ,dies irae4 ,aprs le moy5 ge1 les rhtoriqueurs1 puis la mode itali5ne des concetti1 les extravagances du romanesque espagnol1 puis les prcieuses1 et1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 les arlequ9ades des salons1 les pa/i*es des tragdies pseudo-classiques1 t\tes les poques atte/5t1 de la simplicit1 qu'elle e/ difficile et r>e4 ,il y a p\rtant une alt]nance salutaire entre les phases de prciosit complexe et les ret\rs au gr& art spontan3 a9si1 l'htel de ,ramb\illet succdr5t les puissants rali/es de l'apoge franaise2 d'eux n\s revi5n5t en f\le des traits de sup]be simplicit3 ,je v\s aime ,beauc\p mo9s que mon ,dieu1 beauc\p plus que moi-mme4 ,madame fut d\ce env]s la mort1 comme elle l'tait env]s t\t le monde4 ,le ,snat fut sduit2 une loi mo9s svre ,mit ,claude dans mon lit et ,rome mes g5\x4 ,de mme1 aprs l'exsangue classicisme du premi] ,empire1 surgiss5t un ,lam>t9e1 un ,victor ,hugo1 et plus t>d1 aprs les divagations romantiques1 le ,flaub]t de ,mme ,bov>y ou d',un cur simple4 ,ce ry?me hi/orique n\s confirme dans une esprance1 c'e/ de voir bi5tt triomph] la simplicit de l'art p\r laquelle n\s sommes quelques-uns bataill] depuis v+t-c9q ans4 ,la priode dont n\s v\lons sortir1 celle qui eut comme initiateur un ,mall>m1 fut t]riblem5t factice4 ,on p\vait croire que la gu]re1 jetant les hommes face face avec l'ess5tiel de la vie1 ext]m9]ait d'un c\p les =mules de cnacles1 les sy/mes myopes qui prt5d5t1 leur guise1 d=m] le rel4 ,mais la plup>t des hommes qui ont fait la gu]re en revi5n5t avec le pli qu'ils y ont port4 ,l'impression des vnem5ts normes ne modifi]a qu' di/ance l'me de la pro*a9e lite4 ,il faut att5dre d',en ,haut1 beauc\p plus que des conjonctures huma9es1 le mom5t rnovateur4 ,t\t au mo9s ap]cevons-n\s quelques-unes des conditions qu'il exige3 un dogmatisme solide1 au lieu de vellxs s5tim5tales2 une s\mission pati5te l'objet2 l'habitude racquise de considr] les tres dans la prs5ce radieuse du ,v]be ou les tnbres de la *ute2 la =ce du recueillem5t contemplatif2 un don de soi total aux gr&es *oses1 non aux mesqu9es2 le mpris des ruses et des poses littraires2 la con/ance de ne jamais m5tir en crivant1 de cri] le cri de son cur et les c]titudes de sa raison4 ,au re/e1 ne l'oublions pas1 n\s-mmes qui aimons la simplicit3 elle e/ comme la foi1 un don plus ais p]dre qu' obt5ir2 le ,p>adis de l'art simple n'ouvre qu'une porte troite2 les humbles seuls et les purs ont promesse d'entr]4 ,l',,art ,,surnaturali/e ,,et ,l',,art ,,naturali/e ,les doctr9es sans les uvres s]ai5t peu de *ose4 ,l'imag9ation cratrice dprit si on veut l'en*an] des vues ?oriques comme un p]roquet son p]*oir4 ,en ouvrant ici une controv]se sur l'art paen et l'art *rti51 n\s ne visons po9t pos] une ?se comme le fit ,*ateaubri& dans son ,gnie1 quitte l'appuy] ultrieurem5t p> des exemples1 selon la m?ode qu'il av\ait dans la prface des ,m>tyrs4 ,l'art monte du s5sible l'intelligible4 ,l'intuition prcde1 *ez l'inspir1 t\t prcepte potique4 ,jamais des =mules ab/raites n'eng5drr5t un beau pome ni un bon roman4 ,mais e/-ce dire que les doctr9es sont va9es1 et qu'aut\r d'elles les discussions ne s]v5t de ri58 ,a son insu ou consciemm5t1 l'arti/e e/ g\v]n p> une mtaphysique1 une e/htique4 ,elles in=m5t dans un s5s df9i la matire qu'il met en uvre4 ,si elles sont fausses1 il int]prt]a la vie1 comme un aveugle m>*e ttons1 dev9ant p>fois la r\te1 et1 plus s\v5t1 lui t\rnant le dos1 incapable1 s'il s'e/ g>1 de retr\v] le po9t o il se trompa4 ,une dviation religieuse1 une fallacieuse ide du beau peuv5t1 p\r des sicles1 p]dre une littrature4 ,l'importance e/ donc =midable de savoir d'o l'on vi5t1 o l'on va4 ,n\s avons1 d]rire n\s1 des expri5ces millnaires2 et1 la ntre s'y aj\tant1 il n\s semble licite de conclure3 ,tel arbre donna t\j\rs tel fruit3 jamais il n'en donn]a d'autre4 ,a reg>d] les *oses de haut et l>gem5t1 l'art ne suit que deux directions possibles3 ou il e/ surnaturali/e ou il e/ naturali/e4 ,mme avant l',inc>nation du ,v]be1 tant que les hommes ont suivi la ,rvlation primitive1 l'art1 comme la foi1 rapporta son pr9cipe et sa f9 la gloire du ,seigneur invisible et transc5dant1 mais que t\tes les cratures manife/5t1 tant ,lui et faites p> ,lui4 ,le cantique des trois jeunes hommes dans la f\rnaise appelle au gr& hosanna1 avec les anges et les esprits des ju/es1 le soleil et la lune1 la pluie et la rose1 le feu et la neige1 les nues et la f\dre1 les montagnes et les coll9es1 t\t ce qui g]me sur la t]re1 s\s la m] et les fleuves1 les oiseaux du ciel et les btes des *amps4 ,sa9t ,paul1 dlimitant ce qu'tai5t1 jusqu' la v5ue du ,fils de ,dieu1 les lumires de la raison1 n\s expliqu]a mieux qu'un e/htici5 l'ess5ce d'un art surnaturali/e3 ,l'invisible qui e/ en ,dieu1 dit-il au db de l'ptre aux ,roma9s1 n\s e/ intelligible et visible p> les cratures de ce monde4 ,et ,dante1 au premi] *ant du ,p>adis1 enclora dans des t]mes s*ola/iques la mme df9ition3 ,les *oses1 t\tes tant qu'elles sont1 tutte quante1 ont un ordre entre elles2 et cet ordre e/ la =me qui fait l'univ]s ressemblant ,dieu4 ,qu'e/-ce donc qu'un pote surnaturali/e8 ,celui qui s5t et conoit ces vrits di/9ctes3 le monde n'e/ pas ,dieu1 mais il se meut en ,dieu2 l'tre t]nel dborde inf9im5t le cr1 et n\s ne connaissons de ,lui que son nom1 c'e/--dire les signes de sa puissance2 mais ce sont des signes d*iffrables et vivants1 des hiroglyphes tracs au front des toiles comme dans l'ef=t molculaire du plus infime des vibrions4 ,entre ,dieu et n\s1 il exi/e un autre langage que celui des *oses extrieures4 ,n\s sommes ses images1 sans tre ,lui1 sans qu'il soit n\s2 mais il e/ en notre me1 il n\s p>le1 n\s lui p>lons2 et1 v5ant de ,lui1 n\s ret\rnons ,lui4 ,job v\lait crire avec un /ylet de f] sur une lame de plomb ou sculpt] sur une pi]re avec un c\teau les p>oles de son esprance3 ,je sais que mon ,rdempteur vit1 et qu'au d]ni] j\r je me lv]ai de t]re444 ,et je v]rai dans ma *air mon ,dieu4 ,je le v]rai p> mes yeux1 moi et non un autre4 ,a9si1 la flamme illimite de la vie div9e n\rrit1 enveloppe1 sur9ve/it les vivants1 sans qu'ils cess5t d'tre eux-mmes4 ,rappelons-n\s la ronce ard5te o flambait la ,prs5ce sacre2 et la ronce ne se consumait po9t4 ,la ronce1 c'e/ la nature2 le brasi]1 c'e/ la surnature1 l',esprit d'am\r et de vrit4 ,le s5tim5t de cette limite1 de cette dp5dance et de cette s\v]a9e pntration fait1 il me semble1 le fond du surnaturalisme biblique1 de celui des ,psalmi/es et des ,prophtes1 ou1 p\r mieux dire1 de t\t l',anci5 ,te/am5t4 ,surnaturalisme tantt glorieux1 p]du d'allgresse1 ou d'une t5dre +nuit1 tantt f>\*e et anxieux dans le contact du ,seigneur qui f\droie1 au passage du s\ffle inconnu1 ml aux agonies des visions nocturnes1 pantelant s\s la ma9 qui trace le long du mur1 en lettres de feu1 des prophties v5g]esses4 ,malgr t\t ce qu'il a de durem5t hbraque1 le surnaturel de ces ,livres ,sa9ts re/e si ju/e d'acc5t1 si mesur que l'glise1 p\r introduire les ,psaumes dans la p]ptuit de ses liturgies1 n'eut pas les modifi]2 et ces hymnes1 le plus s\v5t jaillis des circon/ances1 lis l'troite vie d'un homme ou d'un peuple1 dom95t les espaces et les sicles des sicles1 tant d'involontaires prfigurations4 ,mon ,dieu1 mon ,dieu6 criait ,david du plus bas abme de sa dtresse1 reg>de v]s moi2 p\rquoi m'z-tu dlaiss8 ,et ,jsus v\dra exhal] la pla9te suprme de son ab&on avec les mots du mme v]set1 imposant sa d\leur div9e la =me liturgique o il la voyait prophtise4 ,jsus se df5dit d'avoir apport au monde quelque *ose qui n'y ft pas dj2 c> lui-mme y tait1 ds avant que les montagnes fuss5t cres4 ,l',inc>nation n'en fut pas mo9s un agr&issem5t prodigieux1 incomprh5sible de la nature au-dessus d'elle-mme2 p> suite1 l'art en a reu des possibilits surnaturali/es qu'il n'puis]a jamais4 ,ce que l'homme porte en soi de div91 les paens l'avai5t entrevu1 mais ass]vis aux app>5ces1 et p]suads que l'action la plus religieuse e/ d'expos] des =mes pures#ajd4 ,le ,*ri/1 en disant ceux qui l'aim5t3 ,soyez p>faits1 comme l'e/ votre ,pre dans les cieux1 fit desc5dre sur la figure huma9e la rvlation de l't]nelle beaut4 ,sa ,passion ret\rne en spl5deur les plaies et l'ignom9ie des supplices4 ,alors que1 de la plante des pi$s au sommet de la tte1 t\t e/1 dans son corps1 navrures livides1 sang caill1 enflure des c\ps1 ce p5du1 affreux s\s sa coiffure d'p9es1 devi5t1 p\r les yeux qui compr5n5t1 le plus beau des enfants des hommes4 ,auprs de lui1 les ,apollon1 les ,h]ms1 les ,zeus ne p>aiss5t que de froides btisses d'une *air prissable et morne4 ,l'absolu de la s\ffrance e/ illum9 p> la batitude4 ,le d$ans1 l'ineffable transfigure les effrayantes laideurs4 ,l'horrible de la mort e/ va9cu4 #ajd ,,flaub]t4--,t5tation de ,sa9t ,anto9e4 ,reg>d] ,jsus en croix1 leon1 t\t ensemble1 de ralisme svrem5t fidle1 et de surnaturalisme6 ,n'ayons po9t peur de considr] en face1 avec la fixit d\l\reuse d'un am\r impuissant t\t saisir1 les dfigurations du visage1 les cra*ats colls aux s\rcils1 les ordures ptries dans la b>be1 et1 s\s la peau des membres lam5tables1 avec les b\rreaux dont n\s fmes1 dnombrons les saillies des os4 ,f]m] les yeux devant le my/re de nos d*ances s]ait dm5tir la ncessit de la ,rdemption4 ,les hommes ne dem&5t qu' oubli] ce qui les fait abjects4 ,il faut les contra9dre au spectacle de leur opprobre1 non p\r les dsespr]2 mais af9 qu'ils se jett5t dans les bras d*irs du ,librateur4 ,aussi jugeons-n\s difficile qu'un art idyllique1 f>dant t\tes les hideurs s\s une gracieuse idalit1 ait ri5 de =tem5t *rti54 ,il y a des cas o le pote et1 plus encore1 le romanci] doit crire une page ou une phrase qui mettra peut-tre en fuite dix mille lecteurs1 si la vrit du sujet rclame de malplaisantes viol5ces4 ,cep5dant1 me dira-t-on1 c]ta9s arti/es ne sont aptes concevoir que les joies et les t5dresses3 p\r un ,fra ,angelico1 la crucifixion elle-mme ressemble une bi5heureuse extase4 ,et1 en effet1 d'aprs l'exemplaire div9 du ,*ri/1 la vie relle peut tre reprs5te dans trois tats diffr5ts3 ou la s\ffrance sans la gloire1 ou la gloire sans la s\ffrance1 ou la gloire p> la s\ffrance4 ,tel criva91 tel pote surt\t1 s]a prde/9 ne *ant] que l'tat de gloire1 et c'e/1 en app>5ce1 un magnifique privilge1 cette impossibilit voir le laid1 s5tir la d\leur4 ,mais je ne puis oubli] la p>ole illum9atrice de l',imitation3 ,un cur pur pntre le ciel1 la t]re et l'enf]4 ,le ciel d'abord sans d\te1 et1 si ,dante e/ entr dans la =t sauvage qui m5ait aux lieux d'horreur1 ,batrice1 d'en haut1 lui envoyait un guide4 ,il avait dess9 des anges sur des tablettes avant d'ap]cevoir ,ugol9 faisant craqu] s\s ses d5ts atroces le crne de son ennemi4 ,p\rquoi1 nanmo9s1 ,dante re/e-t-il le matre du *ant ca?olique1 celui qui n\s donnons l'pe comme lui-mme la donnait au gr& ,homre8 ,c'e/ qu'il a embrass dans son ampleur l'imm5sit de la vie4 ,le mal e/ nu devant ses yeux1 p>ce qu'il voit le rapport de ce qui habite la nuit des g\ffres avec l'empyre des ,bi5heureux4 ,il faut tre desc5du jusqu'au fond des iniquits et des *tim5ts p\r ador] les ju/ices div9es et compr5dre d'o sort t\te l'abom9ation de l'univ]s4 ,la gr&eur de l'art ca?olique e/ ju/em5t d'atte9dre avec c]titude l'univ]salit4 ,un paen peut s5tir les analogies1 les correspondances des phnomnes dans le monde tangible4 ,seul1 le *rti5 apporte de d]rire l'horizon la cl>t orig9elle o s'explique le m\vem5t de t\t ce qui respire1 soit v]s ,dieu1 soit v]s ,satan4 ,l'l>gissem5t des *oses t]re/res1 qu& on les envisage a9si1 e/ inexprimable4 ,l'me du d]ni] des hommes dti5t en son my/re les spl5deurs des trois ,p]sonnes div9es4 ,les conjonctures de son passage sur le pont qui va d'une t]nit l'autre intress5t le ciel1 la t]re et les damns4 ,aut\r d'elle1 les anges et les dmons s\ti5n5t la bataille qui dur]a jusqu' la f9 des temps4 ,ses actes et ses p5ses ont des rp]cussions normes1 peuv5t sauv] des multitudes de vivants ou les p]dre1 ht] la dlivrance des morts l5ts expi]1 accrotre la flicit des sa9ts et la gloire mme de ,dieu4 ,l'inf9i conv]ge dans la pauvre t9celle de notre vie1 et qui saura l'y reconnatre1 si ce n'e/ le voyant1 le contemplatif1 ou l'arti/e ayant la foi8 ,p\r le pote surnaturali/e1 l',enf]1 le ,purgatoire et le ,ciel sont accessibles1 p>ce que les app>5ces d'ici-bas s'y retr\v5t leves au-dessus1 d'elles-mmes des modes inconnus4 99 99 99 99 99 ,en esquissant les p]spectives ine/imables de l'art surnaturali/e1 n\s laissons ent5dre1 du mme c\p1 ce qui manque au naturalisme4 ,il lui manque1 c'e/ trs simple1 d'tre la vrit4 ,un mot du ,symbole de ,sa9t ,a?anase abrge m]veilleusem5t l'ossature des deux doctr9es4 ,le ,*ri/1 y lisons-n\s1--et cela s\s-ent5d le g5re huma91 corps my/ique du ,*ri/1--e/ un1 non p> la conv]sion de la div9it en =me *>nelle1 mais p> l'assomption de l'humanit une =me div9e4 ,le paganisme fut un sanglot v]s l'unit de l'tre1 une manire de jo9dre l'homme1 ses in/9cts1 sa raison1 un pr9cipe plus /able que lui4 ,seulem5t1 sans n\s arrt] aux fictions poly?i/es1 n\s con/atons que ni les initis orphiques1 ni les mtaphysici5s n'arrivr5t tablir la transc5dance de l',am\r crateur1 le ,v]be en qui et p> qui t\tes *oses fur5t faites et respir5t4 ,l'esprit ordonnateur du monde1 p\r la plup>t1 re/e ml au monde1 s\mis ses limites4 ,at1 la figure du ,de/9 qui opprime les hommes1 m>*e sur leurs ttes2 mais qu'e/-elle1 s9on une =ce aveugle appliquant une loi qu'elle n'a pas cre8 ,dans la conception naturali/e1 c'e/ t\j\rs l'humanit qui se fait dieu4 ,p\r y p>v5ir1 ou bi5 la p]sonne huma9e devra se p]dre au se9 du ,t\t1 et cet apptit de se fondre avec l'univ]s quivaudrait un mon/rueux dsir du nant1--que peut tre la batitude sans la consci5ce de notre moi8--ou bi5 les =ces du ,t\t se conc5tr]ont dans la p]sonne huma9e1 seul rel exemplaire de la div9it4 ,a cette seconde position s'arrta le paganisme grco-lat91 et1 sa suite1 depuis plus de trois sicles1 les paens mod]nes y sont rev5us4 ,si l'homme e/ l'unique dieu rvl1 difi] ses in/9cts s]a sa religion et sa v]tu4 ,cep5dant1 l'expri5ce avait appris aux anci5s que la lib]t des joies se paie en d'excessives d\leurs4 ,aussi imposai5t-ils une norme aux in/9cts2 ils v\lai5t que la tradition des anctres et la raison fuss5t les rgulatrices de la vie normale4 ,mais1 cette raison n'admettant au-dessus d'elle-mme que les inaccessibles ,de/9es1 ou s'ador]a dans la *imre du sage impassible et suprieur aux dieux1 ou n'enseign]a qu'une sagesse de ju/e milieu1 une prud5te mdiocrit4 ,oui1 la mdiocrit1 c'e/ fatalem5t l'idal et la gr&e misre du naturalisme paen4 ,e/-ce dire que les hauteurs surnaturali/es lui ai5t t impraticables8 ,je n'oublie c]tes pas tel fragm5t sublime de ,p>mnide1 ni ,es*yle1 ni les ,bac*antes d',euripide1 ni les my!s de ,platon1 ni c]ta9s v]s de ,virgile o tremblait l'aube du j\r att5du4 ,mais1 dans l'ensemble1 l'art paen n'exprimait que la vie du corps et la beaut ry?mique des ge/es1 les modes lm5taires de la s\ffrance et de l'allgresse1 des maximes de s5s commun1 l'hrosme dirig v]s des f9s re/re9tes1 une humanit lie la t]re comme une /atue l'e/ son socle4 ,adonis mort ne ressuscitait que p\r les ivresses d'un pr9temps4 ,comp> la lumire supras5sible du ,v]be1 le soleil o s'agitai5t les a?ltes1 sur le sable des pale/res1 n'tait qu'un lumignon fumeux4 ,une nuit opaque r5dait comme inexi/ante devant les yeux des vivants l't]nit relle4 ,vus d'o les my/iques peuv5t les voir1 du ,?abor de la foi transfigurante1 les temps paens fur5t des temps sombres4 ,un vase d'bne aut\r duquel sont dess9s en traits r\ges des danseurs sec\ant des tor*es1 telle s]ait1 je crois1 l'image de l'illusion antique4 ,reconnaissons que la /ructure du vase e/ exquise2 une sa9e et nave ju/esse de c\p d'il conduisit la ma9 qui l'orna2 mais ces figures se meuv5t sur le noir1 dans le noir1 et qu& elles n\s ont (f]t l'ess5tiel de leurs lignes1 elles n'ont plus ri5 n\s appr5dre4 ,l'trange1 dans l'hi/oire de l'art naturali/e1 n'e/ po9t que le paganisme s'en soit cont5t1 c'e/ qu'aprs la ,rvlation *rti5ne1 aprs t\t le moy5 ge et ,dante1 on soit retomb lui4 ,p> quel faux enivrem5t un ,rons>d1 *ano9e1 prtre mme1 comme l'atte/e un acte (ficiel#aje1 mit-il ou peu s'en faut#ajf1 la porte de la posie le ,*ri/1 les sa9ts1 les my/res liturgiques1 la vrit huma9e de l'homme p*eur1 l'nigme de son av5ir sans t]me1 p\r clbr] des galant]ies phmres et t\tes s5suelles1 des hros my?ologiques ou les paysages dont l'agrm5t t\*ait ses yeux8 #aje ,le procs-v]bal de son in/allation1 en #aefj1 comme *ano9e1 au *apitre du ,mans o n\s lisons3 ,accepimus nobilem et circumspectum virum ,petrum de ,rons>t1 presbyt]um4 #ajf ,on r5contre1 trav]s les huit volumes de son uvre1 quelques v]s1 quelques morceaux *rti5s1 uniquem5t suscits p> des circon/ances accid5telles4 ,mis b\t b\t1 ils ti5drai5t peut-tre en t\t v+t pages4 ,qu& il se df5d contre les calomnies des hugu5ots1 il pr(esse sa foi ca?olique dont la s9crit ne peut tre mise en d\te4 ,il crit1 p>ce qu'on lui a dem& ces pomes1 une p>aphrase sur le ,te ,deum1 des hymnes ,sa9t ,blaise1 ,sa9t ,ro*1 ,sa9t ,g]vais1 etc4 ,l',h]cule *rti5 fut compos la requte du c>d9al de ,*tillon p\r complaire--,rons>d l'av\e en propres t]mes-- ce protecteur opul5t qu'il appelle ailleurs son ,mec5as4 ,c'e/1 au re/e1 une similitude grossirem5t p\rsuivie entre ,h]cule1 dompteur des mon/res1 et ,jsus1 va9queur de ,satan4 ,l'anne mme o il v]sifiait l',h]cule *rti5 7#aefj71 ,rons>d faisait1 dans une des ,odes retran*es1 cette dcl>ation trs peu *rti5ne3 ,au mo9s1 avant que trespass]1 ,que je puisse mon aise1 un j\r1 ,j\]1 saut]1 rire et danc] ,avecque ,bac*us et ,am\r4 ,il n'e/ po9t sup]flu d'claircir les causes d'une telle d*ance d'inspiration1 et d'autant qu'elles m5ac]ont indf9im5t les r5aissances de l'art *rti54 ,une tapiss]ie du dix-septime sicle1 que j'ai s\v5t l'occasion de revoir dans une glise1 reprs5te ,mose frappant le ro*] avec la v]ge miraculeuse4 ,aut\r de lui1 des g5s puiss de soif2 l'eau jaillit devant eux et dc\rt au creux du sol2 mais les uns1 avant de boire1 m]veills1 lv5t leurs ma9s ou les joign5t et r5d5t grces ,dieu d'o desc5d l'eau qui sauve2 un autre1 accr\pi1--et on dev9e qu'il se mettrait volonti]s plat v5tre--(fre sa cru*e au jet1 et se ret\rne1 faisant signe ses compagnons d'acc\rir1 af9 qu'ils se dsaltr5t1 comme des animaux1 sans p5s] ri5 qu' la volupt de n'avoir plus soif4 ,les premi]s sont des surnaturali/es2 le re/e figur]ait trop bi5 le naturalisme in/9ctif4 ,idoltr] la vie prs5te1 se c\rb] v]s elle1 s'en abreuv] g\lm5t1 cela n'exige aucun ef=t2 le poids de notre infirmit n\s prcipite cet ass\vissem5t2 il y a au fond de n\s un paganisme inde/ructible2 t\j\rs la *air convoit]a contre l'esprit2 et1 ds que les yeux sont enfoncs dans les j\issances ou les dsirs infrieurs1 ils ne rfl*iss5t plus les cl>ts cle/es1 ils les oubli5t s'ils ne les ni5t po9t4 ,la t5sion des sicles asctiques avait c\rbatur les volonts p>esseuses2 p> lassitude1 p> beso9 de *ang]1 elles s'mancipr5t2 l'eff]vesc5ce paenne1 *ez les cl]cs comme *ez les laques1 fut effrne1 et l'imag9ation des potes se fit complice du commun dbridem5t4 ,mais1 dans la posie1 d'autres motifs affadir5t le gt des sublimits *rti5nes4 ,les rhtoriqueurs1 v]s la f9 du moy5 ge1 =ce de subtilits symboliques1 de complications mtriques et v]bales1 avai5t r5du fa/idieux le my/icisme imag9atif2 on dlaissait au milieu des voies prilleuses de ce monde le ,trav]seur de ,jean ,b\*et1 comme n\s ab&onnmes1 dans la futaie de leurs p9eux symboles1 ,mall>m et ceux qui lui ressemblai5t4 ,aj\tons que la posie *rti5ne ne lguait1 en ,france1 aucun haut *ef-d'uvre p\vant (frir un modle imitable comme ceux des anci5s4 ,pas une *anson de ge/e n'a valu l',iliade1 pas un my/re n'e/ comp>able dipe-,roi2 la f>ce de ,pa!l9 re/e une m9ime bau*e devant les comdies d',ari/ophane4 ,le lyrisme de ,villon1 si pntrant p\r n\s1 devait sembl] mprisable des g5s qui ne v\lai5t plus connatre le visage de la pnit5ce et de la mort4 ,au moy5 ge1 la posie1 le roman1 le ?tre mme qu& il ne fut plus dans l'glise1 avai5t t trop s\v5t considrs comme des passe-temps1 des jeux rcratifs auxquels on dem&ait surt\t d'tre sans dang] p\r les mes4 ,cette erreur1 qui e/ encore auj\rd'hui celle de trop nombreux ca?oliques1 lucide l'insuffisance d'improvisations populaires1 d'une littrature d'amateurs dont on faisait bon m>*4 ,rons>d et ses disciples eur5t de leur travail d'arti/es une ide plus consci5cieuse4 ,ils s'y donnai5t t\t enti]s1 aspirai5t la p]fection pati5te4 ,mais ils voyai5t dans l'art une te*nique s'assujettir1 non une *ose pr(onde1 o le t\t de la vie doit se rfl*ir et se cont9u]4 ,la =me plus que l'ess5ce des tres sollicitait leur conqute4 ,la posie dev9t donc avec eux un aimable et pre/igieux m5songe2 et leur poque les admira1 p>ce qu'on ne pr5ait pas au srieux la posie2 des hommes graves1 directeurs de collges1 se plaisai5t div]tir leurs coli]s en leur faisant j\] des pices tailles dans quelque my! antique1 belles p>fois qu& elles tai5t d'heureuses traductions1 mais trangres au monde vrai o il faut vivre et vides =cm5t de t\t esprit *rti54 ,ici1 quelques-uns1 peut-tre1 se rcri]ont3 --,alors1 v\s rpr\vez donc l'antiquit pr(ane et ce que n\s devons de meilleur la civilisation grecque ou lat9e8 ,je m'en g>d]ais comme d'une +ratitude4 ,ne battons pas notre n\rrice4 ,si le gt d'une =te simplicit1 des ju/es rapports entre l'objet et l'expression rsi/e1 *ez n\s1 t\tes les p]v]sions accid5telles1 notre fidlit aux lettres classiques n\s mrite1 p\r une "p prcieuse1 cette noblesse d'esprit4 ,mais l'antiquit n'aurait jamais d tre une idole4 ,c'e/ une matresse d'cole dont il faut avoir c\t la voix1 en ret5ant son expri5ce l o elle concorde avec la discipl9e de l'glise4 ,elle doit re/] une humble s]vante2 on fit d'elle1 ds la ,r5aissance1 la desse ,raison4 ,et1 malgr l'n]gique r$ressem5t du dix-septime sicle1 le pli paen p]si/a dans l'art1 il dom9a si bi5 les intellig5ces que ,polyeucte et ,a?alie1 magnifiques exceptions1 n'eur5t aucun succs4 ,on crut ,boileau qu& il conduisit doctoralem5t de l'pope et du ?tre les sujets *rti5s comme n'tant po9t susceptibles d'ornem5ts gays4 ,il e/ in\ de voir le pieux ,fnelon =mant son lve avec des fables t\tes paennes1 avec ,tlmaque4 ,il prt5dait faire au paganisme sa "p2 le p\vait-il8 tre *rti5 dans sa vie1 paen dans sa littrature1 ce dd\blem5t e/ une *imre4 ,lorsqu'un sy/me e/ matre de l'imag9ation1 il l'e/ bi5tt du cur1 de l'ent5dem5t2 il envahit1 il mne l'homme t\t enti]4 ,a cette vid5ce les temps o rgna ,voltaire allai5t apport] la plus dsolante des illu/rations4 ,et n\s savons trop ce que fut la posie d'alors3 un jeu monda91 une acrobatie de priphrases1 des tirades sur la tolrance1 ou des c\plets de petits s\p]s4 ,d'une montagne de tragdies1 d'odes1 d'pitres philosophiques1 il ne re/e auj\rd'hui qu'une p9ce de c5dre4 ,mme un gueux m\rant de faim comme le d\l\reux ,gilb]t en tait rduit se pla9dre en v]s avec les mtaphores de b\rgeois qui ont bi5 dn3 ,au banquet de la vie in=tun convive ,j'app>ais un j\r et je meurs4 ,jadis1 l'picuri5 ,lucrce avait1 non sans mpris1 assimil la vie des ripailles2 cette image1 au dix-huitime sicle1 passa dans les murs absolum5t2 l'lgante ou cynique p>tie de plaisir se prolongea jusqu' ce que la populace culbutt la table1 impati5te de s'y gorg]4 ,alors bondit de la poitr9e d'un homme un cri d'indignation1 vrai et sup]be4 ,*ni]1 la veille de mont] sur la *>rette1 crivit ses ,iambes o il en appelle la ,ju/ice immuable contre les b\rreaux1 b>b\illeurs de lois4 ,il fallut le cataclysme p\r dessill] quelques yeux4 ,je tr\ve dans une longue lettre de ,*ateaubri& ,fontanes1 date du #bb dcembre #ahjj1 cette phrase mmorable3 ,v\s n'ignorez pas que ma folie e/ de voir p>t\t ,jsus-,*ri/4 ,mot d'une porte extraord9aire1 pigraphe1 radieuse comme un lab>um1 du r5\veau surnaturali/e4 ,p> malheur1 ,*ateaubri& ne sut pas vivre t\te sa foi4 ,s*em5t voltairi5 dans sa manire de jug] les hommes1 dnu de solide ?ologie1 il nona un *ri/ianisme plus littraire qu'intime1 il asp]gea d'eau lu/rale la littrature plutt qu'il n'y fit remont] la sve div9e4 ,le m]veilleux des ,m>tyrs e/ glac1 faux la manire d'une ma*9e de ?tre4 ,malgr la scne t]m9ale dont l'ide re/e une spl5deur1 le pr9cipe paen prvaut dans ce livre composite4 ,c> c'e/ trop peu d'avoir une imag9ation *rti5ne4 ,t\tes les puissances de l'me doiv5t tre imm]ges dans le surnaturel4 ,l'uvre e/ une expiration des lm5ts vitaux que l'arti/e aspira2 l'air de la vie mod]ne tant satur de contagions ho/iles1 si le cur et l'intellig5ce de l'criva9 ne sont sursaturs de vigueur *rti5ne1 ses pomes1 ses romans s]ont comme ces enfants dont le pre e/ d\teux2 leur =me accus]a un mtissage impur1 la t>e des clectismes adultr9s4 ,envisag de la sorte1 quel a t le sicle d'o n\s sortons8 ,assurm5t1 t\s les criva9s1 mme les plus irrligieux1 s'y proccupr5t du ca?olicisme4 ,un ,/5dhal1 un ,mrime fur5t conduits exprim] des mes ca?oliques et les compr5dre au mo9s dans les aspects sup]ficiels de leurs ractions4 ,que s]ait le ,fau/ de ,g! sans le conflit1 aut\r du salut de ,fau/ et de ,m>gu]ite1 des bons ,anges et de l',ennemi8 ,mais1 *ez le plus gr& nombre1 de multiples influ5ces dvir5t1 dbilitr5t ou tur5t l'essor ca?olique4 ,en l'un--tel ,lam>t9e--c'e/ une religiosit my/icisante o se diss\t le dogme imprieux4 ,en l'autre--tel ,musset--la dissipation1 les faux am\rs1 l'ignorance ?ologique ru95t les vellxs d'un ret\r la foi4 ,ou bi5 c'e/ le jansnisme dsespr d'un ,vigny1 le pan?isme extravagant d'un ,victor ,hugo1 avec ses dclamations sur le progrs et ses virul5ces anticlricales2 cet homme qui a reu dans ,la f9 de ,satan1 sur la damnation1 sur le ,dluge1 sur la ,passion de ,jsus1 des bl\issem5ts de visionnaire inspir1 devait laiss] son pome avort] en cette fiction purile et grotesque3 ,satan p>donn1 p>ce qu'une de ses plumes d',ar*ange lum9eux1 re/e au seuil du ,p>adis1 devi5t1 en #aghi1 l',ange lib]t6 ,plus t>d ,flaub]t1 obsd p> ,sa9t ,anto9e1 capable de s5tir la lg5de d'un ,juli5 l',hospitali]1 ne tr\va jamais lui-mme l'humilit de la prire +nue2 et son me demeura p>eille celle du solitaire dans la nuit de la t5tation1 une cit]ne vide1 avec des ronces t\t aut\r1 et1 au fond1 une gr&e ta*e noire4 ,presque t\s les romantiques--et aussi les positivi/es--du sicle d]ni] me rappell5t une fantaisie d'un sculpteur symboli/e1 la figure d'un homme beau jusqu'au bu/e1 *]*ant se mettre en m>*e v]s des horizons de lumire que son front rfl*it2 mais le re/e de son corps e/ fait d'une squelle de mon/res emmls2 il les trane1 il se trane2 de sa suite hideuse qui donc le dgag]a8 ,n'induisons p\rtant pas des misres du dix-neuvime sicle qu'il n\s (fre seulem5t l'exemple d'erreurs vit]4 ,n\s devons aux romantiques le s5s de la c\leur1 de l'intimit spirituelle1 de la ri*esse des analogies1 de l'unit du monde que les potes1 depuis la ,r5aissance1 avai5t p]du4 ,si beauc\p se sont g>s1 rdant l'av5ture1 dans l'indf9i du my/re1 ils n\s ont rappris l'audace d'en explor] les appro*es4 ,n\s devons aux positivi/es le s\ci de confront] avec la svre expri5ce nos vues et nos aspirations1 le mpris de ce que ,r5an appelait le gongorisme ca?olique1 de l'enflure et de la creuse faconde1 flau dont t\s nos criva9s et surt\t nos orateurs sont encore lo9 d'tre indemnes4 ,mais1 au-dessus des romantiques et des positivi/es1 saluons1 de t\te la vnration de notre am\r1 les gr&s apologi/es1 les romanci]s et les potes ca?oliques sans qui n\s ne s]ions pas ce que n\s sommes4 ,nommons-les ici1 qu& mme ils sont dans la mmoire de t\s1 comme on lit les noms des morts tombs au *amp d'honneur3 de ,mai/re1 ,bonald1 ,lam5nais avant son apo/asie1 ,balzac1 en dpit de ses confusions philosophiques1 ,blanc de ,sa9t-,bonnet1 ,lacordaire1 ,b>bey d',aurevilly1 ,veuillot1 ,villi]s de l',isle-,adam1 ,hello1 ,huysmans1 ,v]la9e1 ,lon ,bloy4 ,ces gr&s ans m>*5t devant n\s1 non p\r n\s impos] d'tre leurs disciples1 mais p\r n\s excit] faire mieux qu'ils n'ont fait4 ,p\r n\s qui voyons de lo9 dj ces lum9aires d'un autre sicle1 la concordance de leurs m\vem5ts espacs n\s e/ un haut signe d'espoir4 ,ils eur5t mission de rintgr] le ,*ri/ au c5tre de la p5se et du v\loir huma91 et1 dans cette uvre ess5tielle1 ils se sont cont9us1 comme s'*elonn5t des a/res sur les r\tes t]nelles4 ,entre ,joseph de ,mai/re tablissant la suprmatie du dogme et ,b>bey d',aurevilly dcl>ant dans la prface de l',ensorcele que l'art ca?olique1 avec sa gr&e l>geur1 ne cra9t pas de t\*] aux passions lorsqu'il s'agit de faire trembl] sur leurs suites1 n\s p]cevons cette commune c]titude3 dans t\s les doma9es1 aussi bi5 dans celui de l'imag9ation que dans celui de l'intellig5ce1 le ca?olicisme doit tre s\v]a94 ,il doit l'tre avant t\t1 au fond de l'criva9 lui-mme4 ,si nos ans n\s laiss5t des modles imp>faits1 ce n'e/ po9t seulem5t que t\t gnie re/e c\rt p> quelque endroit4 ,c'e/ qu'ils fur5t incompltem5t des ca?oliques et des *rti5s4 ,supposez ,balzac pr5ant la pe9e de s'assimil] une bonne philosophie s*ola/ique2 il n'et po9t confondu la nature et le surnaturel1 comme il l'a fait dans le galimatias de ,l\is ,lamb]t et de ,s]aphita4 ,supposez ,v]la9e s'vadant sans ret\r du cloaque o il avait exprim5t l'immondice des in/9cts2 il n\s et donn mieux que la dol5ce de ses faiblesses2 il se ft dp\ill d'un je ne sais quoi d'indcis et d'artificiel qui s'insre en ses plus suaves lvations4 ,c>1 s'il e/ s\v]a9 dans l'tre intrieur du pote1 le ca?olicisme exclut de son uvre les cabot9ages littraires1 les s\rnoises habilets comme les molles nglig5ces4 ,t\te posie o une c]ta9e =me de ry?me et d'expression devi5t tyrannique1 calcule1 porte un g]me de mort1 n'e/ pas vraim5t *rti5ne4 ,l'art *rti51 t\j\rs difficile1 e/ ple9 de piges p\r quiconque1 guett p> le dmon du factice1 s'y engage sans la c&eur d'une foi absolue4 ,et cette c&eur mme e/ plus aise p]dre qu' obt5ir4 ,il s]ait odieux d'en faire une attitude4 ,v\s v\s rappelez ce hros d'un roman de ,*e/]ton qui voyait des anges ag5\ills dans l'h]be1 avant d'avoir vu l'h]be4 ,il s]ait beau de voir le monde a9si2 trs peu d'entre n\s--et trs peu1 c'e/ beauc\p dire--ont ce degr d'+nuit4 ,cont5tons-n\s donc d'tre s9cres1 vrais devant les hommes comme devant n\s-mmes4 ,le propre d'un criva9 ca?olique e/ d'aim] p]dum5t ce qui e/ vrai4 ,p\r atte9dre le supra-s5sible1 n\s avons ref\l] le br\ill>d1 d5se comme des tnbres1 d'un naturalisme a?e4 ,il ne s'agit po9t de f]m] les yeux en le trav]sant1 mais d'lev] en notre ma9 la lampe ard5te qui le p]c]a4 ,projetons-en la flamme h>die sur t\t ce qui peut tre clair4 ,qu& on ti5t ces deux vrits1 la *ute et la rdemption1 il n'e/ aucun g\ffre o l'on ne puisse envoy] une flamme de ju/ice1 un signal de compassion1 un appel d'esprance4 ,p\r un arti/e d'une foi vig\reuse1 l'attitude en face de la nature e/ aise df9ir3 il reg>de1 il s5t la vie telle que sa vue de rali/e la lui fait voir et aim]2 et il l'int]prte selon l'optique *rti5ne qui ne d=me pas les objets1 qui les rejo9t entre eux et les explique en les illum9ant4 ,notre unanime dsir e/ que cet ensemble d'ides ab\tisse suscit]1 dans la littrature pro*a9e1 plus d'ardeur cratrice1 plus de beaut4 ,durant la gu]re et surt\t au mom5t de la victoire1 j'avais espr des temps cornli5s1 un pan\issem5t d'en?\siasme1 d'allgresse1 de =ce exubrante1 des cris de clairons ails dans un soleil de gloire1 puis le *ur au/re des hrosmes pacifiques t5dus v]s la patrie et le monde rnov]4 ,ni l'esprit public1 ni la multitude des livres surgis depuis quatre ans n'ont correspondu cette illusion4 ,les ,hymnes de ,joa*im ,gasquet1 symphonie dlirante1 spl5dide p> int]valles1 ne *ant5t que le pan du triomphe d'un j\r4 ,au l5dema9 du triomphe1 le poids imm5se des deuils1 l'normit de la t*e repr5dre1 les dceptions du prs5t et les anxits de l'av5ir ont dt]m9 *ez beauc\p une sorte d'affaissem5t sur eux-mmes1 une dissolution des =ces viriles4 ,il e/ gr& temps1 p\r les volonts en ds>roi1 de se repr5dre4 ,aux criva9s ca?oliques plus qu' p]sonne1 il incombe de sonn] le ralliem5t des n]gies4 ,je v\drais que leur voix1 p>-dessus la l\rde rumeur des inc]titudes1 ressemblt ces clo*es de balises dont la vibration1 l>ge et d\ce comme celle d'un cor lo9ta91 dom9e les *ocs des v5ts et les hurlem5ts de la m]4 ,je v\drais que les plus puissantes et les plus pures d'entre elles fuss5t des clo*es de ca?drale1 des clo*es de ,te ,deum1 des clo*es de ,fte-,dieu1 des clo*es de deuil aussi1 de piti ou d'al>me1 mais1 plus encore1 des clo*es nuptiales1 des clo*es de rsurrection4 ,les mes ont beso9 de savoir qu'elles ne vont pas m\rir4 ,d'o leur vi5dra1 s9on du pote *rti51 en =me de libre cantique1 le message de la paix1 le message de l't]nit8 ,nulle conception ne saurait tre va/e et =te l'gal du surnaturalisme ca?olique4 ,lorsque j'en *]*e l'idale figure1 je me s\vi5s d'un vieux my/ique comp>ant l'am\r p>fait un anneau d'or qui s]ait plus ample que le ciel1 la t]re et t\tes les *oses cres4 ,qu& je m'en reprs5te la ralit plus mode/e1 je p5se une p>ole de l'admirable ,mi/ral dans une lettre ,lam>t9e3 ,si humble et si petit que soit le gra9 de bl1 lorsqu'il monte en pis s\s la rose du ciel1 il peut encore faire honneur la ma9 qui l'a sem4 ,voil le gr& po9t3 que le *amp o n\s v\lons remplir notre j\rne de bons ouvri]s soit troit ou l>ge1 av>e ou plantureux1 ne disons jamais comme les hommes sans foi3 ,ce *amp e/ n\s2 il y a n\s et ri5 que n\s2 ne *]*ons pas notre gloire1 mais r5dons-la t\te la ,ma9 qui a t\t donn4 ,,les ,,possibilit,s ,,du ,,roman ,,ca?olique ,il ne s]a jamais sup]flu de le r$ire3 de t\tes les =mes littraires1 la plus ardue1 c'e/ le roman4 ,nulle autre ne requi]t la mise en jeu d'lm5ts si complexes ni une telle con/ance de vrit cratrice4 ,l'uvre romanesque1 p>faite comme e/ p>fait1 au ?tre1 dipe-,roi1 semble un prodige encore natre4 ,un bref roman d'analyse1 une idylle1 un rcit fantaisi/e peuv5t donn] l'illusion d'un ouvrage sans dfaut4 ,mais1 lorsqu'un va/e sujet entrelace des c>actres et des milieux1 fait surgir1 au-dessus de figures multiples et d'une masse d'pisodes1 une gr&e ide vitale1 cette entreprise quivaut v\loir introduire dans le plan du rel un sy/me de =ces1 presque un monde incr4 ,p>eille audace re/e =cm5t infrieure son objet4 ,elle a plus de *ances encore de ne po9t l'atte9dre1 si l'arti/e veut faire t5ir en une syn?se les relations du visible avec l'invisible1 s'il e/ un romanci] ca?olique et my/ique4 ,n\s vivons dans la sphre des app>5ces4 ,elles reti5n5t l'imag9ation p> t\t le poids de leurs attraits2 ou bi5 elles l'opprim5t p> la t]reur et le dgt4 ,p\r les dom9]1 il faut les avoir scrutes s\s la lumire des rgions div9es2 il faut aussi les avoir bi5 vues d'un reg>d qui obs]ve af9 de reprs5t] fidlem5t4 ,le romanci] ca?olique doit tre t\t ensemble un rali/e et un surnaturali/e4 ,je dis rali/e1 non po9t naturali/e4 ,ca?olique et naturali/e1 ces deux mots hurl5t de se voir ensemble4 ,le naturali/e s'atta*e au fait p\r le fait2 il se pose devant la cration comme un cl]c de notaire inv5toriant un mobili]2 ou1 s'il la considre en philosophe1 c'e/1 ass]vi un dur sy/me2 il saisit dans l'homme l'animalit2 il con/ate les t>es ataviques1 la mesqu9]ie des habitudes1 la hideur des vices4 ,qu& il note les c>actres d'un milieu1 il n'a s\ci que d'aj\t] quelques fi*es au dossi] huma92 il se donne la volupt /rile de con/ruire une figuration4 ,s'il se p5*e avec sympa?ie sur la misre de ses p]sonnages1 s'il y reconnat la si5ne1 il peut vivifi] d'un s\ffle d\l\reux ces ombres qui s'agit5t dans le vide4 ,la ,sapho d',alphonse ,daudet1 la ,g]m9ie ,lac]teux des ,gonc\rt sont des tmoignages probants1 comme une confession1 sur la d*ance o peut gliss] une pauvre me dans l'ab&on4 ,la vie lui p>at le plus ennuyeux des non-s5s4 ,le monde se dresse contre elle1 comme une ma*9e /upidem5t implacable1 p\r l'cras]4 ,la mort lui re/e1 seule f5tre entre-bille sur le libre espace4 ,c'e/ p\rquoi tant de romans naturali/es1 depuis ,madame ,bov>y1 f9iss5t1 d'une manire 9vitable1 p> un suicide4 ,les casi]s de l'obs]vation naturali/e ressembl5t ces geles suffocantes o ,sa9te ,?rse1 dans sa vision de l',enf]1 se s5tit bloque1 s\s un plafond si bas1 entre des p>ois si troites qu'elle ne p\vait se t5ir deb\t ni s'asseoir2 et1 navem5t1 elle s'tonnait qu'au se9 de tnbres opaques on pt di/+u] t\tes les *oses affreuses p\r la vue4 ,image de damnation qui n'e/ pas un m5songe1 qu& le romanci] considre la socit mod]ne1 en son dsordre et son a?isme4 ,les mes ne peuv5t plus mme jet] le cri de leur dtresse3 ,le sil5ce e/ au fond de t\t le bruit qu'on fait4 ,si1 p> int]valles1 le naturali/e et le rali/e ca?olique ont l'air de se rejo9dre1 c'e/ dans la nause des laideurs4 ,mais le premi] n'y reconnat que le jeu accid5tel de =ces inconsci5tes2 l'autre y dc\vre les suites du p*2 au b\t des drames les plus atroces il voit entreluire la ,rdemption4 ,l'art du naturali/e e/ un miroir qui rfl*it de mornes surfaces2 celui du rali/e *rti5 pntre jusqu' la sub/ance et aux rac9es des vnem5ts4 ,le naturalisme e/ tellem5t inhuma9 que ses fanatiques eux-mmes n'ont gure pu s'y conf9]4 ,flaub]t s'abma dans une sorte de nihilisme idali/e1 celui que le ,diable1 au plus aigu de la t5tation1 s\ffle l'oreille de ,sa9t ,anto9e3 ,peut-tre qu'il n'y a ri54 ,zola devait ab\tir au songe milln>i/e1 puril et grossi]1 d'une humanit innoc5te1 heureuse p> la satisfaction de ses apptits4 ,la notion de sub/ance1 seul1 le ca?olique en possde la f]me plnitude4 ,il rvre en t\tes les *oses de ce monde la ma9 div9e qui les cre et les sauve4 ,il admire les lys des *amps1 comme ,jsus les admirait1 vtus plus spl5didem5t que ,salomon sur son trne4 ,jsus n'apportait pas aux hommes une *imre de p]fection4 ,il v\lait rellem5t s\ffrir et m\rir4 ,v]e passum1 immolatum4 ,la foi en la ,prs5ce relle demeure le fondem5t du ralisme ca?olique4 ,c'tait l'am\r du ,*ri/ uni la t]re dans le pa9 et le v9 de l',ho/ie qui jetait ,sa9t ,franois en contemplation devant les plus infimes cratures et lui faisait p>fois embrass] avec des pleurs de joie les arbres ou les rocs dont le ,seigneur a dit que1 si les hommes se taisai5t1 leurs pi]res cri]ai5t sa gloire4 ,l'homme tant conu comme l'image de ,dieu1 l'arti/e s'appliqua plus exactem5t la vrit de la ressemblance#ajg4 #ajg ,il s]ait facile de montr] que t\t ralisme pr(ond "p d'une int5tion religieuse4 ,a9si1 dans l'art gypti54 ,de l1 *ez l'arti/e *rti51 un s5s de la beaut cle/e1 un s5s de la laideur aussi que le paganisme n'avait po9t s\ponn4 ,c> le p* d=me la ressemblance div9e2 le ,dmon y sup]pose son affreuse empre9te4 ,et n\s ne songeons pas seulem5t la vrit des contra/es1 l'exactitude pla/ique4 ,le plus important1 c'e/ l'intrieur de l'homme1 l't]nel conflit dont il e/ le *amp de bataille1 le my/re des p]spectives surnaturelles o se prp>e le dn\em5t4 ,ralisme et surnaturalisme ne font qu'un4 ,appliques au roman dont les =mes ont une autre s\plesse que le ?tre ou le pome lyrique1 les possibilits de l'art *rti5 sont imm5ses4 ,il semble trange qu'on les ait si peu explores4 ,c]ta9s romans du moy5 ge--a9si ,p]ceval le ,gallois--proposai5t des fictions tailles1 si l'on peut dire1 en ple9 drap1 dans le dogme1 et ple9es de symboles my/iques4 ,raymond ,lulle1 dans son ,blanqu]na1 inspir1 croit-on1 d'un roman h9d\1 suivit l'hi/oire d'un homme jeune qui s'av5ture trav]s le monde1 en qute de bonheur et de sagesse2 il se m>ie1 puis entre dans un mona/re2 il devi5t ensuite un prlat1 un c>d9al2 il e/ lu ,pape2 aprs quoi il se retire lo9 du monde2 ermite au fond d'un bois1 il gte enf9 la batitude4 ,les ,espagnols ont s\v5t imit ce type de roman qui peut esquiss] t\tes les conditions sociales1 pe9dre des milieux1 des s5tim5ts multiples1 se faire v>i comme la vie mme4 ,cep5dant le g5re1 ds le moy5 ge1 fl*issait v]s une frivolit monda9e4 ,on y *]*ait ce qu'on y *]*e trop encore1 un phmre amusem5t4 ,la plup>t des sujets t\rnai5t1 comme des cureuils dans leur cage1 l'intrieur de cette monotone intrigue3 un tel s]a-t-il l'amant d'une telle8 ,ils allai5t de l'am\r hroque l'am\r idyllique1 laissant aux rcits des contes les lic5ces de l'am\r grivois4 ,n\s ne dem&]ons pas un modle de roman ca?olique l',amadis ni l',a/re1 ni au ,gr& ,cyrus1 ni mme ,don ,qui*otte1 encore mo9s au ,dcamron ou ,pantagruel1 bi5 que les plus idali/es de ces livres impliqu5t la civilisation *rti5ne avec ses dlicatesses1 et que ,boccace1 ,rabelais1 l mme o ils travaill5t corrompre le ca?olicisme1 en re/5t n\rris4 ,le seul beau roman qui ait surnag au ,x,v,i,ie sicle fut1 il e/ vrai1 un roman *rti52 la ,pr9cesse de ,clves repose sur l'ide du r5oncem5t4 ,mme de ,clves sacrifie un bonheur possible2 elle s'ob/9e le rep\ss]1 qu& la mort de son m>i l'a r5due libre4 ,mais1 *ez elle1 l'am\r huma9 ne s'immole pas l'am\r cle/e2 elle assure1 avant t\t1 le repos de sa consci5ce2 elle a peur de s'engag] en de n\veaux li5s4 ,devi5dra-t-elle jamais un gr& cur my/ique8 ,elle e/ bi5 plutt une femme raisonnable qui pse des risques et se range au p>ti de l'entire scurit4 ,il et t prodigieux que le ,x,v,i,i,ie sicle lib]t9 vt surgir un roman *rti5 d'esprit4 ,manon ,lescaut aurait pu l'tre4 ,le conflit d'un s5tim5t pr(ane et d'une vocation pieuse1 la rdemption aprs la *ute1 le relvem5t de la brebis p]due enf]mai5t la donne d'pisodes admirables4 ,l'abb ,prvo/ n'en tira qu'un roman d'av5tures trop mollem5t bti1 o s]p5te le p]fide lieu commun de la c\rtisane rhabilite4 ,les romans de ,voltaire visai5t ext]m9] t\te conception *rti5ne de la vie4 ,c&ide e/ le ricanem5t satanique du dsespoir1 devant l'nigme du p*4 ,nanmo9s1 le blasphme atte/e ,dieu2 l'homme qui desc5d jusqu'au fond de sa misre impuissante rveille1 mme contre son gr1 le beso9 d'un appel au ,rdempteur4 ,c&ide e/ plus prs d'une apologtique reb\rs que la n\velle ,hlose ou ,paul et ,virg9ie4 ,avec sa ?se3 ,la nature e/ bonne1 ,jean-,jacques semblait ru9]1 dans l'art1 les *ances d'un r5\veau *rti54 ,la ,t]reur se *>gea de le dm5tir4 ,et ,*ateaubri&1 conv]ti1 osa pr5dre le contre-pi$ de ,r\sseau2 ,atala rtablit au-dessus de la nature la sa9te loi du sacrifice4 ,trs imp>faitem5t1 d'ailleurs4 ,si la mre d',atala n'avait li p> un vu imprud5t l'av5ir de sa fille1 les amants s'unirai5t en lib]t2 n\s aurions1 avec des horizons plus va/es1 une reprise de ,paul et ,virg9ie4 ,la contra9te ca?olique int]vi5t comme un tr\ble-fte4 ,un disciple de ,r\sseau et e/im qu'elle a tort2 ,*ateaubri& devait tre un peu de son avis4 ,les p>ties *rti5nes du roman sont pauvres et s*es d'expression4 ,de mme1 ses ,m>tyrs re/5t une uvre indcise entre le *ri/ianisme et le m5songe paen4 ,en dpit de ses insuffisances1 ,*ateaubri& ouvrait au roman *rti5 d'tonnantes p]spectives4 ,atala et les ,m>tyrs1 aprs le ,gnie du ,*ri/ianisme1 dt]m9r5t puissamm5t cette proccupation religieuse qui ne s]a presque jamais abs5te de la littrature1 au ,x,i,xe sicle4 ,mais1 p\r tr\v] ce qui s'appelle un roman ca?olique1 il faut dpass] les temps lam>t9i5s1 ,hugo et ,balzac lui-mme2 il faut all] jusqu' ,b>bey d',aurevilly4 ,le romantisme eut1 d'abord1 cette nfa/e action de diss\dre en vague s5tim5talit l'lan spirituel4 ,le sujet de ,jocelyn1 qui e/ un roman v]sifi1 (frait la matire d'une pr(onde tude sur la vie intrieure d'un prtre4 ,or le livre se rduit de v]beuses descriptions1 des effusions lyriques4 ,sauf en deux ou trois pisodes o se dess9e le drame1 la p5se du pote ne se conc5tre pas v]s le d$ans des tres4 ,les rapports d'une me sac]dotale avec le dogme et la discipl9e ecclsia/ique sont pe9e indiqus4 ,l'indig5ce de my/icisme e/ navrante dans cette hi/oire d'un sublime r5oncem5t4 ,n'en soyons po9t surpris2 l'criva9 jette en son uvre ce qu'il porte au fond de sa vie relle4 ,comm5t exprim] l'asctisme si l'on n'a l'intellig5ce et le dsir d'une rgle asctique8 ,le prtre de ,jocelyn1 comme l'vque des ,misrables1 e/ con/ruit sur le modle du ,vicaire ,savoy>d2 la seule excuse de ,lam>t9e et de ,hugo1 c'e/ qu'on r5contrait alors des prtres et des vques =ms sur un tel patron4 ,balzac1 avec sa pntration rali/e du ca?olicisme en tant qu'ordre social1 a magnifiquem5t exprim l'action de la foi sur les murs1 les gnrosits qu'elle suscite1 le drame des antagonismes qu'elle appr(ondit4 ,rappelez-v\s simplem5t ,mme de ,mortsauf du ,lys dans la valle1 ,mme ,gr&et et sa fille4 ,il a pe9t t\te la gradation des milieux ecclsia/iques1 depuis le cur du village jusqu'au prlat raff94 ,on a pu extraire de la ,comdie huma9e un ensemble de maximes que ne dsav\]ait pas le plus or?odoxe apologi/e2 c'e/ lui1 dans ,la ,c\s9e ,bette1 qui a dit de la ,vi]ge ,m>ie3 ,elle efface p> sa gr&eur t\s les types h9d\s1 gypti5s1 grecs4 ,la ,virg9it1 mre des gr&es *oses1 ti5t dans ses belles ma9s blan*es la clef des mondes suprieurs4 ,enf91 cette gr&iose et t]rible exception mrite t\s les honneurs que lui dc]ne l'glise4 ,p\rquoi cep5dant ,balzac n'a-t-il pas donn un seul roman qu'on puisse qualifi] d'exclusivem5t ca?olique8 ,c'e/ qu'il mlait au dogme une philosophie confuse1 idali/e1 pan?i/e1 avec un amalgame de my/icisme sv$5borgi54 ,un seul axiome s\ti5t l'normit de son uvre3 ,la nature e/ une et compacte4 ,ce qu'on nomme attractions et rpulsions des *oses1 ralis dans les intellig5ces1 devi5t l'am\r et l'antipa?ie4 ,ce qui e/1 en n\s1 la volont e/1 dans la plante1 odeur ou sve4 ,matire et p5se1 l'en croire1 s]ai5t les deux modes d'une ,puissance unique4 ,sa vision du monde spirituel1 des sphres angliques1 et l prodigieuse dans ,s]aphita1 e/ tr\ble p> les b>oques extravagances qui lui vi5n5t du prote/ant ,sv$5borg4 ,d'autre "p1 il br\illait la notion prcise du surnaturel et le surnaturalisme tel que l'ent5dra1 d'aprs lui1 ,baudelaire1 une transposition1 exalte jusqu'au v]tige1 des s5sations o les mots se crisp5t impuissants r5dre l'ineffable3 ,il m'a s\v5t sembl1 dcl>e ,emilio1 dans ,massimilla ,doni1 au sujet de la femme qu'il aime1 que le tissu de sa peau empreignt des fleurs sur la mi5ne qu& sa ma9 se pose sur ma ma9444 ,l'air devi5t alors r\ge et ptille2 des p>fums inconnus et d'une =ce inexprimable dt5d5t mes n]fs1 des roses me tapiss5t les p>ois de la tte1 et il me semble que mon sang s'c\le p> t\tes mes artres ouv]tes1 tant ma langueur e/ complte4 ,autrem5t exacte et svre fut la conception de ,b>bey d',aurevilly4 ,l',ensorcele1 ,un prtre m>i1 les ,diaboliques n\s (fr5t les premi]s exemplaires de romans ou de n\velles qui procd5t du dogme1 de la morale1 de la tradition ca?olique et qui1 hors d'elle1 s]ai5t impossibles#ajh4 #ajh ,il faudrait y aj\t] ,l',honnte femme1 de ,l\is ,veuillot4 ,voir ce que j'en ai dit dans les ,lettres de fvri] #aibg4 ,un ralisme ?ologique s\ti5t ici le jeu des passions4 ,supposons1 dans l',ensorcele1 la fiction dp\ille de l'lm5t surnaturel4 ,il lui re/]ait un tragique de folie am\reuse1 ml aux rm9isc5ces de la ,*\ann]ie4 ,mais son aspect lg5daire1 son gr&iose s'van\irai5t4 ,le gr&iose ti5t au s\ffle satanique qu'on y respire2 et le satanisme fait la vrit pr(onde du rcit4 ,l'glise1 avec ses dogmes1 amplifie au re/e t\t ce qu'elle t\*e4 ,p>ce qu'elle e/1 comme le ,*ri/1 un signe de contradiction1 en dressant contre les apptits huma9s une digue1 elle les =ce rebondir1 torr5t orageux1 ou les sublimise p> la s\mission impose4 ,c'e/ a9si que d',aurevilly1 dans ,un prtre m>i1 ent\re d'une gr&eur in\e la t5dresse de ,sombreval p\r sa fille4 ,sombreval1 avant de se m>i] et d'avoir une fille1 tait un prtre4 ,il a beau vivre en mcrant2 le signe de l'onction demeure sur lui4 ,il ne peut dire3 ,ma fille6 sans rpt] un sacrilge ineffaable devant ,dieu et devant les hommes4 ,dans le plus naturel et le plus noble des s5tim5ts il mange1 il boit t\te heure sa rprobation4 ,on repro*]a au romanci]1 sans d\te1 de se complaire dans l'anormal4 ,cette critique ne s]ait po9t va9e4 ,le surnaturel1 p\r se rvl]1 a-t-il beso9 de pripties et d'mes extraord9aires8 ,il semble plus probant s'il s'insre dans la trame des faits quotidi5s4 ,mais d',aurevilly aurait pu rpondre que l'anormal e/ incessant4 ,n\s croisons des huma9s que des yeux sup]ficiels dcl>5t quelconques2 ri5 d'trange au dehors ne signale leur vie4 ,si n\s en connaissions le fond1 n\s s]ions t]rifis de ce qu'elle ca*e1 ou p>fois bl\is de leurs v]tus ignores4 ,d',aurevilly s5tait ce qui manquait1 dans son uvre1 une syn?se du visible et de l'invisible4 ,des mes exi/5t1 ailes1 radieuses1 qu'un v5t pur enlve1 comme la colombe de l'ar*e1 au-dessus des cloaques tnbreux4 ,le conteur des ,diaboliques rvait de leur donn] un p5dant3 les ,cle/es4 ,faute de temps ou d'inspiration il ne les a jamais esquisses4 ,c'e/ qu'il e/ plus accessible d'exprim] les passions mauvaises que la v]tu4 ,celle-ci p>at trop aism5t conv5tionnelle1 hors du possible4 ,au temps de ,b>bey d',aurevilly1 une mode pessimi/e portait les criva9s faire leur pture de l'horrible1 du mon/rueux1 de t\t ce qui rvolte une s5sibilit moy5ne4 ,huysmans1 avant sa conv]sion1 p> un sadisme morbide1 se div]tira en voquant les atrocits d'un ,gilles de ,rais4 ,l-bas s'a*ve sur l'effroyable rcit d'une ,messe noire4 ,lon ,bloy transpos]a1 dans le ,dsespr1 les s\ffrances de sa jeunesse1 exagrant au del du vraisemblable les calamits qu'un arti/e peut appel] sur lui4 ,le ,dsespr n'e/ pas un roman1 pas plus qu',en r\te de ,huysmans4 ,un roman1 disait d',aurevilly1 c'e/ de l'hi/oire possible4 ,qu& les faits rels dbord5t sur la fiction ou p>aiss5t l'exclure1 n\s n'avons plus un roman1 mais des confessions1 des mmoires1 une autobiographie1 avec ce que ,bloy appelait l'arrangem5t littraire1 la lib]t de modifi] ou mme de d=m] l'hi/oire1 en vue d'un c]ta9 effet4 ,bloy1 d'ailleurs1 tait trop lyrique1 et1 comme ,huysmans1 trop proccup de lui-mme1 p\r se mettre dans l'tat d'esprit propre au romanci]4 ,s'il eut sur le roman quelque influ5ce1 ce fut p> rico*et1 en tant qu'il sec\ait d'pres invectives l'illusion paenne o s'eng\rdissait1 *ez c]ta9s1 la f]veur de la foi4 ,au contraire1 les livres de ,f]d9& ,fabre sont de vrais romans1 et ca?oliques de p5se1 bi5 qu'il n'y mnage gure les milieux clricaux4 ,une scne comme les obsques nocturnes de ,mgr de ,roquebrun1 dans l',abb ,tigrane1 exigeait1 p\r tre conue1 un s5s r>e du dramatique inhr5t aux liturgies4 ,on peut blm] comme outre la fureur ambitieuse d'un ,ruf9 ,capdepont4 ,mais n'oublions pas que ce roman se passe en un diocse montagneux1 dans un vieux pays pro*e de l',espagne1 o les antagonismes devai5t s'exaspr] sans m]ci4 ,l'auteur a mo9s *]* la /ricte vraisemblance que la vrit symbolique4 ,le ,dmon1 au surplus1 qu& il rde aut\r d'une me ins5sible aux convoitises *>nelles1 n'a prise sur elle que p> l'ambition1 l'orgueil ou le dsespoir2 c'e/ lui qui tr\ble le t]rible et gr& ,capdepont4 ,nulle int5tion d'apologi/e ne s'aj\te la pe9ture des murs2 et p\rtant une apologtique indirecte s'en dgage2 la =ce div9e de l'glise e/ avre mme dans les faiblesses de ceux qui la reprs5t5t4 ,avec ,b>bey d',aurevilly et ,f]d9& ,fabre se df9issait dj ce que j'appell]ais le roman ca?olique intgral3 reg>d] la vie d'aussi prs qu'on peut l'atte9dre1 mais en clair] t\s les aspects p> cette flamme my/rieuse qui vi5t des g\ffres d'en haut ou d'en bas4 ,beauc\p d'uvres mod]nes--et des plus importantes--sont nes1 d'autre "p1 dans un ry?me ca?olique2 elles s]ai5t impossibles si l'auteur ne p5sait en croyant4 ,paul ,b\rget1 confrontant avec son expri5ce les doctr9es de l'glise1 fut am5 ce tmoignage que ses livres1 depuis le disciple1 rxr5t ob/9m5t3 l'ordre ca?olique e/ pr9cipe de vie2 t\t ce qui lui e/ contraire eng5dre le *aos1 la mort4 ,r5 ,baz9 a pos1 dans la ,b>rire1 un duel de consci5ces aut\r de l'or?odoxie1 p>ce que lui-mme atta*ait sa foi un prix pa?tique4 ,h5ry ,bordeaux1 dans la ,maison morte1 aurait-il r5du avec une simple motion la mort pieuse d'une paysanne1 s'il n'avait tr\v au fond de son cur la pit d'un tel spectacle8 ,franois ,mauriac a beau dcl>]3 ,je ne suis pas un romanci] ca?olique2 je suis un ca?olique qui crit des romans1 sa s5sibilit1 ses fictions1 son gt mme de l'am] p*1 t\t suppose *ez lui une vie intrieure ca?olique dont son art e/ pntr jusqu'aux fibres4 ,mais1 ce que je veux atte/]1 c'e/ l'l>gissem5t des horizons romanesques p> le surnaturalisme4 ,il me convi5drait mal d'all] pr5dre dans mon uvre des argum5ts4 ,j'aime mieux voqu] l'admirable scne du ,sanguis m>tyrum de ,l\is ,b]tr& o les m9eurs *rti5s voi5t surgir prs d'eux un prtre inconnu qui leur apporte s\s t]re le ,pa9 cle/e4 ,ici1 le miraculeux se mle comme naturellem5t l'huma9 de la vie2 il s'impose p>ce qu'il e/ dsir1 att5du2 il n'affirme p\rtant pas3 ,c'e/ moi4 ,qu'on se rappelle aussi1 dans le ,v9 de ta vigne 7de ,l\is ,artus7 la trs suave et prophtique n\velle3 ,l'enfant qui n'allait pas l'cole4 ,un roman p>u l'an d]ni]1 ,un pnit5t de ,furnes1 d',h5ri ,davignon1 peut expliqu] d'une faon probante quel imprvu poignant le symbole *rti5 aj\te une situation peu neuve en soi4 ,la femme de ,rg9ald ,cam]l+he l'a quitt2 il veut expi] p\r elle son erreur2 d'autant plus qu'il n'e/ pas lui-mme sans repro*e4 ,il suit1 comme pnit5t1 la l\rde croix sur l'paule1 trav]s les rues de ,furnes1 le cortge de la ,k]messe qui reprs5te la ,passion4 ,*aque pisode de la ,k]messe1 au lieu d'tre devant ses yeux un jeu pictural1 ret5tit en son cur2 il s5t le poids de la ,croix qu'il s\ti5t et sa v]tu expiatrice4 ,quelle beaut1 p> exemple1 en ce dtail trs simple1 agr&i jusqu'au symbole3 ,jsus se relve1 raccepte le f>deau1 et rep>t de son pas rapide1 c\rt et cad5c4 ,sa silh\ette projete sur le mur semble v\loir emplir l'horizon4 ,de la f\le1 une petite vieille se dta*e et t5d v]s l'homme en sueur un v]re d'eau claire4 ,il a fait non de la tte1 t\t sa t*e inf9ie6 ,plus rcemm5t encore qu',h5ri ,davignon1 ,georges ,b]nanos1 dans son roman trange3 ,s\s le ,soleil de ,satan1 explore avec une audace de visionnaire les pr(ondeurs de l'invasion dmoniaque4 ,cette uvre syn?tise des qualits sup]bes3 un ralisme =t et cond5s1 n'ayant peur ni du laid1 ni du cynique1 p>ce que le laid et le cynique1 c'e/ le rire du ,dmon1 sa revan*e sur l'uvre div9e2 une pntration des mes tran*ante1 subtile1 amre2 l'int5sit cont9ue1 mme excessive de l'halluc9ation2 une faon de pe9dre o le d$ans projette sur le dehors des lueurs transc5dantes2 des dialogues dont *aque mot enf]me du sil5ce4 ,la c\leur de l'ensemble e/1 comme le fond de c]ta9es toiles espagnoles1 furieusem5t sombre2 c> le soleil de ,satan1 c'e/ la nuit4 ,l'hi/oire de la malheureuse fille que le dmon p\sse du dsordre au suicide e/ lie celle de l'abb ,donissan p> une relation t\te my/ique4 ,le drame se conc5tre dans le cur de ce prtre ascte1 t\rm5t p> l',esprit du mal4 ,le ,dmon lui app>at mme--c'e/ l'pisode capital du roman1--et cette vision doit1 p\r une haute "p1 sa puissance au ralisme qui en s\ti5t la t]reur surnaturali/e4 ,le cur de ,lumbres reoit1 plus t>d1 le don des miracles2 un f]mi]1 dont l'enfant vi5t de m\rir1 l'adjure de ressuscit] son enfant4 ,le prtre croit ent5dre un ordre my/rieux qui le contra9t d'opr] cette rsurrection4 ,il l'essaie1 il voit le petit mort s\lev] ses deux paupires2 mais le cadavre retombe4 ,un clat de rire ret5tit1 celui de la mre qui l'a suivi son insu2 l'abb reconnat le rire de ,satan2 il s'enfuit p\vant4 ,aprs un tel dsa/re1 il n'a plus qu' m\rir4 ,le po9t conte/able du livre semble cette outrance de faits dsesprants4 ,c]ta9es mes sa9tes viv5t1 il e/ vrai1 dans la plus noire dsolation1 et cet tat peut se prolong] des annes4 ,elles ne sont po9t t5tes1 malgr t\t1 au del des =ces huma9es4 ,dieu les s\lage p> d'inexprimables joies4 ,un prtre1 *aque mat91 qu& il (fre le ,corps de son ,dieu1 e/ combl d'une ,prs5ce o il reoit un avant-gt du ,p>adis4 ,mais l'abb ,donissan se mfie mme de ces consolations3 ,j'ai ha le p*1 se dit-il1 puis la vie mme1 et ce que je s5tais d'ineffable dans les dlices de l'oraison1 c'tait peut-tre ce dsespoir qui me fondait dans le cur4 ,satan1 cra9t-il1 e/ dans le reg>d qui le brave1 il e/ dans la b\*e qui le nie4 ,il e/ dans l'angoisse my/ique1 il e/ dans l'assurance et la srnit du sot444 ,pr9ce du monde6 ,pr9ce du monde6 ,et il en vi5t cette conclusion t]rible3 ,n\s sommes va9cus6 ,va9cus6 ,va9cus6 ,assurm5t1 il ne faudrait pas confondre une telle torture my/ique avec l'ide fixe1 l'obsession maladive du ,diable1 qui va s\v5t jusqu' la folie 7j'ai r5contr1 ,sa9te-,anne1 une vieille dame folle1 conva9cue qu'elle tait ,satan en p]sonne74 ,mais l'abb ,donissan me p>at un jansni/e effrn1 presque un mani*en4 ,av\] le triomphe de ,satan quivaut dsespr] de la ,misricorde1 et n\s ne sommes pas trs lo9 du p* contre l',esprit4 ,je cra9s que ,georges ,b]nanos1 soit p> une viol5ce sy/matique de tempram5t1 soit p> une re*]*e de l'effet1 n'ait dpass t\te mesure dans l'expression de la tri/esse spirituelle#aji4 #aji ,il reconnat lui-mme que la d\ceur et la confiance font dfaut l'abb ,donissan2 ce prtre e/ un sa9t manqu4 ,mais la gr&eur anormale dont il l'inve/it abuse le lecteur sur les limites du p]sonnage4 ,et n\s t\*ons ici une des graves difficults du roman ca?olique4 ,il reprs5te l'homme p*eur1 il doit le reprs5t]4 ,un roman ca?olique ne doit jamais tre un fade m5songe d'idylle4 ,cette expression du dsordre1 si =te qu'elle soit1 va-t-elle nanmo9s inflig] aux mes un accablem5t8 ,je l'ai dit propos des passions am\reuses3 ,la gr&e rgle1 p\r l'arti/e *rti51 e/ de ne ri5 pe9dre qui laisse aux lecteurs l'impression dom9ante d'un tr\ble sduisant1 de re/re9dre les pisodes *>nels1 d'en faire s5tir les suites d\l\reuses1 de prs5t] le p* comme le p*1 la honte comme la honte4 ,mais1 qu& le romanci] appr(ondit un drame spirituel1 la limite e/ plus dlicate fran*ir1 et le dang] plus subtil4 ,il faut une nette f]met de s5s ?ologique1 la ju/esse prud5te de l'analyse1 p>-dessus t\t1 la bonhomie et la droiture de l'intuition4 ,les possibilits du roman ca?olique sont imm5ses2 ses difficults les gal5t4 ,qu'elles ne rebut5t pas les jeunes criva9s4 ,qu'ils exprim5t1 dans son ampleur1 le my/re joyeux comme le my/re d\l\reux de la vie intrieure4 ,qu'ils g>d5t1 devant elle1 une prcieuse humilit4 ,seul la r5drait1 avec sa plnitude1 celui qui en aurait t\te l'expri5ce1 c'e/--dire un ,sa9t4 ,mais les ,sa9ts ont mieux faire que des romans4 ,,le ,,si,,cle ,,eu*>i/ique ,dans quelques j\rs2 t\tes les r\tes de la *rti5t s'empliront des pl]9s qui vont au ,congrs de ,l\rdes4 ,une anne de plus dresse les reposoirs de la procession univ]selle o s]a glorifi le ,*ri/-,ho/ie4 ,aucun fait1 depuis le comm5cem5t du n\veau sicle1 n'e/ plus imposant que ces va/es assembles de ca?oliques v5us de pays sans nombre p\r articul] ensemble un acte d'adoration4 ,le moy5 ge lui-mme n'a jamais connu de telles assises my/iques3 on se r5dait alors ,sa9t-,jacques de ,compo/elle comme en un lieu qui dt5ait les re/es corporels d'un aptre et la v]tu sanctifiante de ses os4 ,ici1 les attraits tangibles devi5n5t secondaires3 l',eu*>i/ie peut s'ador] dans un pauvre o/5soir de village aussi bi5 que s\s un dais escort p> c5t vques4 ,ce s]ait puril1 p\r expliqu] l'afflu5ce des fidles1 d'en admettre seulem5t les causes extrieures1 la =ce d'impulsion qui sollicite les hommes v]s t\t po9t o de longues f\les se dirig5t1 l'att5te de magnific5ces extraord9aires et d'unanimes motions4 ,il faut atte9dre au fond des mes et1 plus encore1 dans les volonts conductrices de l',esprit ,sa9t1 les raisons durables de ce m\vem5t4 ,a mesure que la f9 des temps appro*e1 une p>tie du g5re huma9 s'endurcit davantage ni] sa ,rdemption2 mais celle qui re/e croyante veut plus n]giquem5t proclam] sa foi4 ,le soir tombe sur le monde2 la nuit comm5ante s]a la nuit du d]ni] exode4 ,c'e/ l'heure o les fils d',isral immolai5t l',agneau sans ta*e4 ,n\s aussi1 n\s savons qu'il faut m>qu] de son sang le l9teau de notre porte af9 que l'ar*ange ju/ici]1 s'il passe1 ne t\*e po9t nos ttes de son glaive4 ,comme eux1 n\s devons mang] la pque1 t5ant la ma9 le bton de l'imm95t voyage et en hte1 avec la faim d'un gr& dsir4 ,plus l'glise voit sa mission t]re/re prs d'tre a*eve1 plus elle se retrempe en ses orig9es4 ,aux premi]s sicles1 la communion quotidi5ne tait si bi5 admise que les *rti5s se communiai5t eux-mmes dans leurs maisons4 ,mais1 bi5tt#aaj1 un scrupule dont le moy5 ge ne sut se libr] et qui opprime t\j\rs les s*ismatiques grecs1 ret9t les laques une di/ance respectueuse du ,sacrem5t2 plus t>d1 en ,france du mo9s1 les controv]ses prote/antes et le jansnisme attidir5t1 *ez la masse de ceux qui communiai5t ,pques et aux ftes sol5nelles1 t\te f]v5te famili>it4 ,l'expression traditionnelle1 s'appro*] des ,sacrem5ts1 correspondait cet tat de mfiance rationali/e2 on s'en appro*ait1 on ne les mlait pas son tre intime4 ,auj\rd'hui encore1 les hommes de la gnration antrieure la ntre sont imbus d'un prjug contre la communion frqu5te4 ,p\rtant1 sur ce po9t comme sur tant d'autres1 le pontificat de ,pie ,x m>que un ret\r la pr(onde vie primitive4 ,si beauc\p de ca?oliques ont suivi docilem5t ses inspirations1 c'e/ qu'ils compr5n5t le pr9cipe trs simple jadis expos p> sa9t ,ambroise3 #aaj ,ds le ,i,ve sicle et mme avant1 p> une rp]cussion de l'arianisme 7d'aprs le rapport de dom ,j4 ,*apman1 de l',ordre de ,sa9t-,b5ot1 au ,congrs eu*>i/ique de ,we/m9/]1 en #aijh74 ,puisque *aque fois que le ,sang e/ v]s1 il e/ v]s p\r la rmission des p*s1 je dois le recevoir t\j\rs1 af9 que mes p*s soi5t t\j\rs remis4 ,je p*e con/amm5t2 je dois donc con/amm5t pr5dre le remde contre le p*444 ,si c'e/ notre pa9 quotidi51 p\rquoi att5dez-v\s une anne p\r le recevoir1 comme le font les ,grecs en ,ori5t8 ,recevez t\s les j\rs ce qui t\s les j\rs v\s e/ pr(itable4 ,celui qui ne mrite pas de communi] *aque j\r ne mrite pas de communi] une fois l'an4 ,il n'e/ po9t d'me p\r qui ne rsonne incessamm5t le prcepte d'am\r3 ,pr5ez et mangez4 ,mais1 t&is que la multitude des mcrants rejette en ho*ant la tte et s\v5t avec d'immondes opprobres le ,dieu qui ne se lasse pas de s'(frir t\s1 le re/e du tr\peau demeur fidle s'lance d'autant plus avide v]s la n\rriture dlectable4 ,dilate ta b\*e et je l'emplirai1 disait le ,seigneur son peuple p> la voix du ,psalmi/e2 cette p>ole1 d'une insondable munific5ce1 e/ entre dans nos oreilles plus clairem5t qu'en celles de nos anctres4 ,ce n'e/ pas que n\s mritions mieux les l>gesses div9es2 mais elles se multipli5t la mesure de notre indig5ce4 ,le viatique e/ p\r les fragiles1 les infirmes et les moribonds4 ,or1 le monde ressemble un gr& malade qui ne sait plus de quel ct se ret\rn] sur son lit4 ,de quoi peut-il avoir encore faim1 s9on du ,pa9 vital1 promesse d't]nit8 ,il a donn aux tri/es la c\pe de son ,sang1 *ante une hymne de la ,fte-,dieu4 ,plus que jamais il faut aux *rti5s1 p\r n'tre pas tri/es1 l'esprit de triomphe qui les fait m>*] avec scurit1 comme les jeunes hommes dans la f\rnaise1 au milieu des t5tations et des ha9es4 ,d'o recevrai5t-ils cette allgresse1 s9on en mlant leur sang t\te la sub/ance du ,=t des =ts1 du ,dom9ateur dont le royaume n'aura pas de f98 ,tel e/ le s5s des ,congrs eu*>i/iques et surt\t des ,congrs int]nationaux4 ,les pl]9s app>t5ant aux patries les plus di/antes et les plus ho/iles ne s'y donn5t po9t r5dez-v\s seule f9 de dmontr] que le ca?olicisme re/aure la famille huma9e en son h>monie plnire p> l'unanimit d'une foi supra-t]re/re4 ,leur concorde jubilante figure p\r quelques j\rs la communion des lus1 l'tat de gloire et d'adoration p]ptuelle qui se nomme le p>adis4 ,on dirait qu'alors1 du ,levant jusqu'au ,ponant1 les blasphmes se sont tus1 les hrsies et les s*ismes sont morts1 que le puits de l'abme e/ clos sur le dragon li jamais2 l1 t\s sont en t\s1 tant t\s en ,dieu4 ,c'e/ comme un aprs-midi d't vtu d'une spl5deur et d'une paix o ri5 ne semble plus p\voir *ang]4 ,si quelque *ose peut donn] une image des batitudes1 n'e/-ce pas l'in/ant d'une bndiction sol5nelle1 qu& le prtre lve au-dessus de la f\le le ,sa9t ,sacrem5t8 ,et mme1 les bi5heureux qui voi5t la ,face de ,jsus-,*ri/ ne peuv5t plus mrit] comme n\s1 pro/]ns devant l'o/5soir4 ,l'hommage que r5d5t de faibles huma9s la ,prs5ce relle enf]me une sublimit dont les anges doiv5t tre jal\x4 ,un soir1 il y a deux mille ans1 ,jsus1 t5ant du pa9 entre ses doigts1 a dit3 ,ceci e/ mon ,corps2 et ses disciples ont cru sa p>ole1 ils ont fait ce qu'il avait fait1 ils le f]ont jusqu' la f9 des sicles et1 avec eux1 t\s ceux qui croiront en lui4 ,le voil1 le rgne du ,v]be o la p>ole accomplit t\t6 ,dans le miracle de la transsub/antiation1 les app>5ces1 infimes et passives1 subsi/5t seulem5t p\r que la foi ait lieu d'agir et que les s5s ne soi5t po9t du4 ,s\s elles p\rtant s'abrg5t l'univ]s1 la t]re et le from5t1 le soleil n\rrici]1 la *air et le sang de l'homme2 et1 p> la sub/ance du ,fils1 la crature f9ie consomme son union avec l',inf9i en trois p]sonnes4 ,il e/ trop vrai de dire que l't]nit n'puis]a pas la contemplation d'un tel my/re4 ,en mme temps1 quoi de plus simple1 de plus accessible aux simples6 ,je me s\vi5s d'un mot dit p> une femme de p*eur1 aux ,sables-d',olonne1 une vois9e dont les vil5ies l'exasprai5t3 ,allez6 ,v\s me le pay]iez *] si1 ce mat91 je n'avais pas mang mon ,dieu4 ,mang] son ,dieu6 ,p]sonne autre que les ca?oliques n'a jamais os se s]vir de cette prodigieuse expression4 ,mais1 surt\t1 qu'on songe ce qu'y mettait la pauvre femme et qu'on essaye d'valu] quelle somme de *>it humble1 de misricorde1 de puret1 de pati5ce1 de paix entre dans le monde p> l',eu*>i/ie4 ,lorsque les dlgus de la ca?olicit s'assembl5t p\r ador] et mdit] le ,sacrem5t sa9t entre t\s1 l'effet qu'il produit en eux e/ de leur communiqu]1 autant qu'ils peuv5t la recevoir1 son unit surnaturelle2 il fait d'eux comme des gra9s de bl m\lus et ptris qui devi5n5t un seul pa94 ,s'ils se sp>5t ensuite1 la =ce d'une cohsion my/ique p]si/e dans leur vie1 se propage aut\r d'eux4 ,dieu seul mesure l'efficacit qu'ont eue et auront1 en des pays o1 depuis des sicles1 la ,prs5ce relle tait (ficiellem5t nie1 des spectacles tels que ceux de ,we/m9/] et de ,cologne1 ces processions imm5ses qui figurai5t la cont9uit de la vritable glise1 son pl]9age militant et triomphant1 conduit du ,golgo?a au jugem5t d]ni]4 ,lille peut se glorifi] d'avoir t la premire ville *oisie p\r un gr& ,congrs eu*>i/ique4 ,c'tait en #ahha3 trois c5ts prtres et laques s'y tai5t gr\ps2 quatre mille hommes prir5t "p la crmonie de clture4 ,ce comm5cem5t1 comp> ce que fur5t les rc5ts ,congrs1 fait p5s] au gra9 de s5ev croissant en un arbre o les oiseaux du ciel btiss5t leur nid4 ,le *oix de ,l\rdes1 cette anne1 a une signification magnifique3 il atte/e une reprise sol5nelle de la t]re de ,france p> ,jsus-,*ri/ ,roi et p> ,m>ie4 ,l\rdes e/ p\r les ca?oliques un fief inexpugnable2 le ,sauveur e/ l1 si l'on peut dire1 *ez lui plus qu'en nul autre lieu2 il circule p>mi les f\les qui l'acclam5t1 et sa prs5ce e/ tellem5t s5sible que jamais il ne passe sans gurir des infirmes ou dlivr] des mes s\ffrantes4 ,les app>itions de ,l\rdes ne sont qu'une rvlation anticipe1 imp>faite du p>adis4 ,qu& on lit les rcits de ,b]nadette et des tmo9s immdiats#aaa1 on pr\ve quelque *ose de ce rafra*issem5t qu'au sortir du purgatoire doiv5t connatre les sanctifis4 #aaa ,ils sont bi5 transcrits dans le livre limpide et f]v5t de ,m4 ,,reyn,s-,,monlaur1 la ,vision de ,b]nadette4 ,je ne crois po9t qu'il y ait dans l'hi/oire du *ri/ianisme une srie de phnomnes comp>ables aux dix-huit app>itions1 ces conv]sations1 devant une f\le1 entre une petite fille ag5\ille et la ,dame qu'on ne voyait pas1 mais dont le visage se rv]brait sur le si51 qui elle rpondait1 selon les volonts de qui elle agissait2 et la s\rce irrcusable afflua p\r tmoign] elle-mme que ,b]nadette avait vu4 ,cela se passait en #aheh1 alors que ,r5an1 matre des esprits1 prt5dait avoir exclu1 sans ret\r1 des faits le surnaturel4 ,quelle compassion dmesure dans cette insi/ance de ,m>ie s'affirm] exi/ante6 ,mais1 bi5 qu'elle ait ,l\rdes r$it trois fois le mot3 ,pnit5ce6 elle ne s'y rvle pas1 comme la ,salette1 la ,mre d\l\reuse1 transfixe p> les sept glaives et prdisant ses fils +rats les d]nires p\vantes4 ,qu& elle se montre ,b]nadette1 elle s\rit et1 t&is que l'enfant rcite son *apelet1 elle prononce avec elle3 ,gloire au ,pre1 et au ,fils1 et au ,sa9t-,esprit4 ,ce s\rire de l',immacule1 cet hosanna rxr la ,tr9it sa9te1 n'e/-ce po9t le p>adis v]meil1 celui qui desc5dait sur la figure de ,b]nadette1 transp>5te comme si de la lumire passait au trav]s8 ,et1 racontait la voyante1 la ,dame s\riait aussi en reg>dant les autres petites filles qui tai5t l1 les hommes et les femmes1 t\te l'humanit p*]esse4 ,or1 le reg>d de ,m>ie sur n\s1 c'e/ celui mme du ,fils de ,dieu respl5dissant en elle1 l'bl\issem5t de l't]nelle ,ho/ie rfl*i sur celle qui n'a jamais p*4 ,a9si1 ,l\rdes e/ bi5 l'endroit de la t]re o il n\s convi5t le mieux de clbr] les m]veilles du ,sa9t ,sacrem5t4 ,a9si1 n\s tissons notre sicle un manteau d'une p\rpre radieuse1 o s]a ml1 s\haitons-le1 le r\ge de notre sang#aab1 mais qui porte dj la c\leur du ,sang de ,jsus-,*ri/4 ,qu& bi5 mme son av5ir s]ait l\rd de calamits et d'ignom9ies1 il aura eu l'ineffable privilge d'tre le sicle eu*>i/ique4 #aab ,ces pages fur5t crites en ,ju9 #aiad2 elles p>ur5t le #ab ,juillet dans ,la ,sema9e littraire4 ,,la ,,joie ,,*r,,ti5ne ,c]ta9s mots port5t1 dans l'unit simple de leur =me1 un signe d'absolu4 ,e/-ce has>d si notre langue et d'autres font t5ir en une syllabe le nom qui surpasse t\t nom3 ,dieu8 ,le t]me joie semble lm5taire comme le feu1 qu& la flamme1 droite et vive1 surgit des s>m5ts prts flamb]4 ,s'il fallait df9ir la joie1 n\s dirions que c'e/ un accroissem5t d'essor vital p> l'esprance ou la possession d'un bi54 ,l'arbre qui monte le plus haut qu'il peut1 hors du taillis1 v]s le soleil1 reoit en ses fibres un s\rd bi5-tre1 t&is que ses feuilles boiv5t dans l'azur1 la s\rce ard5te4 ,j'ai vu1 en m]1 sur le pont d'un bateau1 des p\la9s h5nir de cont5tem5t au premi] rayon de l'aurore qui t\*ait leurs yeux4 ,un *i5 bondit son cuelle ple9e1 comme s'il conqurait p\r la premire fois la vie4 ,la joie des enfants e/ semblable celle des jeunes animaux1 nave1 imptueuse et totale4 ,elle imite d'autre "p celle des ,anges et des lus p>ce qu'ils sav5t atte9dre dans les plus humbles dlices la prs5ce du p>fait4 ,ils dsign5t du doigt1 en que/ionnant1 le my/re des orig9es2 ils ont la paix des simples1 la paix avec les cratures et avec ,dieu2 ils s'lv5t aism5t l'vid5ce de son tre2 et lui-mme n\s a prv5us que n\s n'entr]ions pas dans son ,royaume1 si notre me n'tait p>eille leur me4 ,mais1 les enfants1 dj leur condition d'homme les loigne du ,p>adis4 ,ils naiss5t en s\ffrant et p\r s\ffrir2 leur volont convoite au del de ce qu'elle possde2 elle s'exaspre des rsi/ances2 elle e/ ram5e durem5t en de des bornes4 ,la c&eur les quitte2 une loi de d*ance signifie durem5t leur faiblesse3 ,en toi1 c'e/ le p*4 ,et1 ds qu'ils ont gr&i1 la joie1 mme naturelle1 leur e/ encore mo9s concde4 ,elle exige une victoire gagn] et regagn] sur le tr\ble des apptits1 sur les puissances de la mort4 ,ceux qui j\iss5t d'elle combi5 sont-ils8 ,on peut tr\v]1 dans l'hi/oire1 des sicles qui eur5t de la gat2 un sicle joyeux e/ encore natre4 ,l'homme mod]ne a sculpt1 plus pr(ondes1 sur son visage1 les rides de la tri/esse4 ,les romantiques s'en sont p>s4 ,sot et vila9 ornem5t aurait dit ,montaigne qui ne songeait1 en picuri5 de ,gascogne1 qu' se ma9t5ir gaill>d et dispos4 ,affaissem5t de la vie spirituelle1 dbilit physique1 frnsie et lassitude des s5s1 inquitude des curs isols1 no/algie du p]ptuel ailleurs1 p]turbations nationales1 press5tim5ts de cata/rophes1 dgt et dsespoir1 t\tes les misres du sicle d]ni] devai5t ab\tir au refra9 d',edg> ,po1 ,nev]more3 ,mon me hors de cette ombre qui gt flottante sur le plan*] ,ne s'lv]a jamais plus4#aac #aac ,d]nire /rophe du ,corbeau4 ,au temps de ,musset et de ,baudelaire il et sembl absurde d'inscrire au front d'un livre le mot fulgurant2 joie4 ,zola1 plus t>d1 l'a os dans un roman dont le titre a survcu4 ,mais l'ensemble de son uvre atte/e impossible cette joie paenne de vivre qu'il s'essayait pr*]4 ,la logique d'un matriali/e le c\rbe v]s le non-espoir2 d'une vie que des =ces imbciles ont faite p\r l'ext]m9] sans savoir p\rquoi1 il ne peut att5dre que des m9utes heureuses2 et encore1 de ces m9utes-l saura-t-il lim9] l'am]tume de song] qu'elles f9ies1 t\t e/ f9i8 ,s'il se console1 c'e/ dans la fiction d'une humanit future1 libre de la s\ffrance1 frat]nelle1 pacifique et ju/e4 ,il met au b\t de l'horizon un ,p>adis t]re/re sans ,dieu4 ,non1 le culte des in/9cts naturels ne n\s a pas r$onn le s5s de la joie4 ,la plup>t des romans naturali/es se t]m95t fatalem5t p> un dsa/re4 ,l'esprance e/ un aimant dont la po9te n'e/ en repos que t\rne v]s le ciel4 ,l'glise seule a g>d le ry?me de l',alleluia4 ,elle conv]tit en une fte quotidi5ne le c]cle uni=me des j\rs4 ,t\s les mat9s1 elle repr5d l't]nelle rj\issance1 le ,sacrifice qui ouvre la batitude4 ,ses liturgies honor5t des c\leurs triomphales1 l'or1 le blanc et le r\ge2 quant au noir1 elle le met la portion congrue4 ,les oraisons des rites#aad1 les litanies de la ,bi5heureuse ,vi]ge et des ,sa9ts dti5n5t des trsors de magnific5ces4 ,nulle exaltation n'e/ comp>able la liesse d'une f\le croyante1 presse dans une ca?drale1 entonnant le ,cr$o1 le ,te ,deum1 le ,magnificat4 ,c'e/ p\r les s5s et p\r t\t l'tre1 la syn?se des ivresses1 la communion dans la plnitude4 #aad ,dans l'ord9ation des diacres1 le ,pontife1 en les revtant de la dalmatique1 dit *acun3 ,induat te ,dom9us ve/im5to laetitiae4 ,a cette jubilation extrieure correspond la paix des volonts4 ,ma9tes fois je me suis dit que1 mme si t\s les bonheurs t]re/res m'tai5t refuss1 p]sonne ne me dp\ill]ait de cette allgresse3 le ,v]be s'e/ fait *air et il habite p>mi n\s4 ,la communion mat9ale illum9e les plus grises1 les plus d\l\reuses j\rnes d'un *rti54 ,l'vangile e/ p> ess5ce un message de joie4 ,aussi les criva9s qui ont re/itu la p5se mod]ne la notion d'esprance1 le gt de la spl5deur sont-ils des ca?oliques4 ,mme ,lon ,bloy1 dans son ,dsespr1 a susp5du1 p> le rcit d'une gr&'messe1 les sombres et furieux d*irem5ts de ,m>*5oir4 ,v]la9e1 le pitoyable ,v]la9e1 nota en des modes exquis la d\ceur d'tre ca?olique3 ,va1 mon me1 l'espoir imm5se#aae444 #aae ,sagesse4 ,ceux qui sur5t et pur5t croire1444 ,ceux-l1 v]s la joie inf9ie1 ,sur la coll9e de ,sion1 ,mont]ont1 d'une aile bnie1 ,aux plis de son ,assomption#aaf4 #aaf ,sagesse4 ,voir aussi ,liturgies intimes1 le pome intitul3 ,vpres ru/iques4 ,le ,*ri/1 en app>5ce1 e/ v5u apport] aux hommes de la d\leur plus que de la joie1 le glaive plus que la paix1 les p9es de sa c\ronne p\r oreill] et les cl\s de sa ,croix1 p\r qu'ils les enfonc5t dans leurs ma9s4 ,ses vrais disciples ont t1 s]ont t\j\rs des m>tyrs4 ,on concevrait mal un ,sa9t dont la vie s]ait exempte de s\ffrances s+ulires1 sans des phases de s*]esse dsole et le brisem5t de t\tes les incl9ations naturelles4 ,la nature et la ,grce s'oppos5t comme deux t]ribles adv]saires2 ce qui e/ donn l'une amo9drit l'autre2 ce que l'une veut1 l'autre le dte/e2 et1 comme la nature ne s'anantit pas1 il faut qu'elle soit t\rm5te jusqu' la mort4 ,dirons-n\s p\rtant des ,sa9ts qu'ils ressembl5t ce cur de campagne dont ,mme de ,svign s'amusait3 ,il mange de la m]lu*e en ce monde af9 de mang] de la morue dans l'autre8 ,la batitude v5ir re/e la *ose ine/imable1 la p]le unique4 ,p\r l'avoir1 v5dre t\t le re/e1 c'e/ pay] bi5 peu *]4 ,et1 ds ici-bas1 l'esprance de la conqurir fait1 seule1 la joie qui e/4 ,les ,sa9ts1 p>ce qu'ils s\ffr5t1 ont le don d'tre joyeux4 ,ils le ti5n5t de leur ,matre qui s\ffrit dans la joie4 ,un des rapports insondables de l'huma9 et du div9 en la p]sonne de ,notre-,seigneur ,jsus1 c'e/ qu'au mom5t o il subissait les affres de l'agonie1 alors qu'il se lam5tait1 crucifi et impuissant3 ,mon ,dieu6 mon ,dieu6 p\rquoi m'avez-v\s ab&onn8 il se voyait sublime la droite de son ,pre2 il p]cevait les fruits magnifiques de la ,rdemption4 ,il tait ineffablem5t heureux2 et1 en un s5s1 l'absolu de ses opprobres1 de son dlaissem5t1 de ses tortures1 augm5tait sa gloire div9e1 la consommait4 ,une simultanx analogue1 trs imp>faite1 se n\e dans l'me des ,sa9ts4 ,en mme temps qu'ils ptiss5t au del des =ces huma9es1 ils sont combls d'un bonheur supra-s5sible4 ,c> la joie my/ique n'e/ po9t la j\issance1 mais la con=mit dans l'am\r avec le s\v]a9 ,bi54 ,elle e/ l'expansion de la *>it p>faite4 ,dans le plus affreux ab&on1 celui qui aime gte la paix2 et1 p>ce qu'il e/ dsol sans p]dre l'am\r1 il mrite d'incroyables dlices1 il les acqui]t p> anticipation4 ,les ravissem5ts des extatiques succd5t volonti]s des preuves o1 sans une aide my/rieuse1 ils aurai5t succomb4 ,ri5 de plus tri/e p\r des yeux frivoles qu'une vie pnit5te comme celle d'un ,ranc considrant qu'aprs ses dsordres il n'avait qu'une ress\rce3 se revtir d'un sac et d'un cilice en repassant ses j\rs dans l'am]tume de son cur4 ,eh bi56 ,ranc acceptait1 comme un viatique de consolation1 mme les rigueurs qui le frappai5t p> les ma9s d'hommes inju/es3 ,ma pr(ession veut que je me reg>de comme un vase bris qui n'e/ plus bon qu' tre f\l aux pi$s2 et1 dans la vrit1 si les hommes me pr5n5t p> des endroits o je ne suis pas tel qu'ils me croi5t1 il y a en moi des iniquits qui ne sont connues de p]sonne et sur lesquelles on ne dit mot2 de sorte que je ne puis ne pas croire que les inju/ices qui me vi5n5t du monde ne soi5t des ju/ices scrtes et vritables de la "p de ,dieu444 ,c'e/ la disposition dans laquelle je suis et que je dois cons]v] d'autant plus que les extrmits de ma vie sont pro*es3 aux portes de l't]nit il n'y a ri5 de plus puissant p\r faire que ,dieu me juge dans sa clm5ce que d'tre jug des hommes sans piti#aag4 #aag ,lettre au m>*al de ,bellefonds crite en #afgh4 ,des joies sont lies aux humiliations pnit5tes1 non le sursaut d'orgueil qui p\ss]ait un ,sa9t j\ir d'tre mpris1 mais le cont5tem5t de savoir qu'une loi de ju/ice e/ satisfaite p> l'iniquit de ses ennemis1 et mieux encore1 l'lan de l'obissance aimante1 l'allgresse de cont9u] la bi5heureuse ,passion4 ,la flicit des ,sa9ts e/ d'un ordre p>adoxal1 transc5dant2 elle se fonde sur un r5v]sem5t des valeurs communes2 ce qui e/ s\ffrance p\r les autres se t\rne en bonheur p\r eux4 ,mais cette joie surnaturelle devi5t comme une seconde nature1 si bi5 qu'ils ne sembl5t plus p\voir la p]dre4 ,dans le p>loir d'un c\v5t je r5dais un j\r visite une religieuse1 femme d'un gr& cur et qui montre1 d'ord9aire sur son visage1 une sorte d'hil>it cle/e4 ,elle v5ait1 l'in/ant1 d'appr5dre la mort d'une p]sonne qu'elle aimait2 elle arriva1 les yeux ple9s de l>mes2 mais le pli de ses lvres re/ait s\riant2 et ce s\rire illum9ait ses pleurs4 ,j'ai revu nagure un fasc9ant ,franois d',assise sculpt en bois brun p> ,alonso ,cano1 d'aprs quelque mo9e surpris dans une extase4 ,cette figure1 comme celle du ,sa9t ,paul d',hugo ,van d] ,gs1 conc5tre une d\ble expression3 reg>de droite1 elle voque1 s\s le capu*on1 un jeune ,frre1 de m9e fru/e et radieuse1 t5du v]s la vision du ,p>adis pro*a92 reg>de gau*e elle donne la prs5ce mme de la ,batitude2 les muscles de la face sont c>esss d'une flamme suave qui semble desc5dre en eux2 la b\*e entr'ouv]te oublie de respir]2 un rayon invisible attire en haut le reg>d embu d'ivresse4 ,l'huma9 subsi/e2 et p\rtant la transfiguration e/ plnire4 ,l'me s'e/ dj comme in/alle dans le ciel4 ,je me s\vi5s aussi d'un petit trappi/e blond9 qui je dem&ais3 tes-v\s heureux8--,oh6 oui1 me rpondit-il1 trop heureux4 ,ces ardeurs de joie ne sont-elles qu'une flambe de jeunesse8 ,ici1 la nature t5drait prvaloir4 ,le plus grave ob/acle o s'm\sse la joie1 ce ne sont pas les t5tations2 c'e/ plutt la torpeur1 la fatigue d'actes longtemps rxrs1 la p>esse d'un ,moi qui r5once se libr] de lui-mme4 ,la joie requi]t une s\plesse neuve de m\vem5ts1 des impressions fra*es4 ,seul1 un puissant am\r rpte sans ennui des p>oles qu'use l'habitude4 ,le vieux mo9e1 qu& il monte d'un pas l\rd la /alle o il repr5dra son (fice1 le mme depuis c9quante ans1 sommeille quelquefois sur les psaumes1 non seulem5t p>ce qu'il e/ vieux1 mais p>ce que les psaumes n'ont pas *ang4 ,cep5dant1 p> le jeu de la ,grce1 une loi suprieure int]vi5t3 plus on a aim1 plus on aime4 ,l'expri5ce consomme de l'oraison affective vaut l'ascte une plus f]me possession de la m?ode qui s\ti5t le colloque avec l'inlassable ,ami4 ,la joie dans la prire e/ un don2 elle e/1 beauc\p d'g>ds1 une sci5ce4 ,c]ta9s hommes d'ge possd5t un cur plus allgre que bi5 des jeunes2 et ceux-l connaiss5t la p]fection de la joie4 ,a9si donc1 joie et sa9tet sont synonymes4 ,n\s le savions sans d\te avant que le ,r4 ,p4 ,ho/a*y et l'heureuse audace de mettre s\s leur signe les portraits de ,sa9tes dont il n\s (fre la quatrime srie4 ,mais son ouvrage illu/re p> t\te la ri*esse des faits cette div9e relation4 ,matire 9puisable1 ample comme l'univ]s des mes4 ,les =mes de la joie sa9te v>i5t prodigieusem5t selon ses causes et ses objets1 selon les c>actres1 les milieux et les temps4 ,la joie d'une ,claire d',assise1 p>faitem5t pauvre ds qu'elle a sec\1 comme la p\ssire de ses pi$s1 les bi5s de ce monde1 ne peut tre p>eille celle d'une ,mlanie la jeune1 s'v]tuant disp]s] entre les ma9s des pauvres une =tune si norme qu'elle n'en sait pas l't5due4 ,la joie d'une ,jeanne de ,*antal1 femme de ,france1 raisonnable et f9e1 hroque avec rflexion1 ne ressemble pas aux hyp]boles extatiques d'une ,angle de ,foligno4 ,la joie dom9ica9e n'e/ pas la joie francisca9e2 l'une e/ plus logici5ne1 dom9atrice2 l'autre plus +nue4 ,la premire considre avec ,dante--dont le ,p>adis e/ ?omi/e--que la batitude se fonde d'abord sur l'acte de voir1 puis sur l'acte d'aim] qui vi5t aprs#aah4 ,la seconde incl9]ait aim] d'abord1 puis compr5dre p>ce qu'elle aime4 #aah ,p>adis1 ,,xxviii1 #cg4 ,voir aussi l'opuscule attribu sa9t ,?omas sur la batitude et les confr5ces du ,r4 ,p4 ,janvi] 7,c>me de #aijc7 sur le mme sujet4 ,l'hi/ori5 d'une sa9te ,ca!r9e de ,gnes df9ira en elle la joie du rep5tir4 ,le biographe d',eu/o*ium1 la trs pure et *>mante amie de sa9t ,jrme1 s'atta*]a aux joies de la virg9it4 ,le pieux auteur s'e/ g>d de t\rn] ses portraits en mditations difiantes ou en s*es tudes de s5tim5ts4 ,comme dans une ,lg5de dore1 mais d'o s]ai5t bannis les miracles invraisemblables et les trop nafs dtails1 il *oisit les mom5ts les plus expressifs d'une de/9e1 ses p>ties dramatiques4 ,des anecdotes1 des extraits de lettres n\s introduis5t1 de pla9-pi$1 prs de sa9tes et de leur ent\rage4 ,bi5 qu'il ait cru devoir associ] des figures lo9ta9es quelques my/iques plus mod]nes1 ,?rse d',avila1 ,m>gu]ite-,m>ie1 il a compris que la n\veaut s]ait de ranim] surt\t des *rti5s des premi]s sicles4 ,rev5ir aux s\rces1 c'e/ le gr& attrait4 ,le commun des lecteurs connat =t mal l'glise du temps des ,pres et se plairait la connatre4 ,si l'on veut s'assimil] la ple9e joie ca?olique1 il semble rationnel de la saisir en sa floraison native4 ,le ,*ri/ianisme se prs5tait comme la voie du bonheur4 ,au moy5 ge1 les p\vantes du ,jugem5t1 l'ombre pnit5tielle des ca?drales (fusqu]ont d'une anxit cette c&ide esprance4 ,villon1 dans sa ,ballade fameuse1 fait dire sa bonne femme de mre1 devant les vitraux o elle voit pe9ts l'enf] et le p>adis3 ,l'un me fait pa\r1 l'autre joie et liesse444 ,la peur avant la joie1 n'e/-ce pas1 en g]me1 l'effroi jansni/e vis--vis de l't]nit8 ,au sicle de sa9t ,jrme1 et1 plus encore1 au temps des ,aptres1 la ,p>\sie se rvlait comme la gr&e fte promise aux ,sa9ts1 la gloire du ,*ri/ att5due1 la s\mission ultime des cratures au ,va9queur de la mort4 ,le ,p>adis tait vu trs simplem5t3 dans un pacage1 au milieu des brebis1 le bon ,b]g] avec sa h\lette2 ou1 comme ,alex&rie1 sur la pe9ture murale rapporte de la crypte d',ab\-,girgeh1 un ,sa9t en robe jaune1 aurol1 p>mi des fleurs v]tes et roses1 prs d'un poisson my/ique1 en face d'un homme et d'une femme deb\t dans leur nudit d'innoc5ce4 ,p\r les p]scuteurs et les impies la m5ace du *tim5t surgissait2 les fidles n'envisageai5t1 aprs les brves tribulations et le feu purificateur#aai1 que la joie sans f94 #aai ,sur le ,purgatoire1 on se rappelle1 dans les ,actes des ,sa9tes ,p]ptue et ,flicit1 la vision de ,d9ocrate altr4 ,la joie1 ils l'embrassai5t en ce monde comme la fille au!ntique du ,seigneur4 ,sa9t ,grgoire de ,nazianze crivait1 de son exil1 la diaconesse ,olympiade1 qu'elle devait har la tri/esse4 ,la mre du ,sa9t1 au b\t d'une vie heureuse1 m\rut en extase devant l'autel3 ,de l'une de ses ma9s1 elle t5ait la ,sa9te ,table2 et1 en levant l'autre1 elle semblait dire3 ,*ri/1 mon ,roi1 sois-moi propice4 ,grgoire lui-mme1 qu& il se vit moribond1 se fit habill]1 p\r m\rir1 de vtem5ts blancs4 ,lorsque ,mlanie l',anci5ne1 qui v5ait de p]dre son m>i1 ent]ra ses deux fils1 elle ne v]sa aucune l>me2 mais pro/]ne aux pi$s du ,*ri/1 elle semblait lui s\rire4 ,les joies surnaturelles laissai5t vivre1 en les transfigurant1 celles de la nature4 ,eu/o*ium1 un j\r de fte1 envoyait1 en cadeau1 son matre ,jrme1 un pani] de c]ises1 des colombes1 et quelques-uns de ces bracelets d'honneur1 armillae1 que l'on donnait aux plus vaillants soldats de la lgion4 ,sa9t ,paul9 de ,nole clbrait dans un pome les d\ceurs de l'affection conjugale4 ,dmtriade1 ,c>?age1 le j\r o elle reut le flammeum des vi]ges1 cons5tit mettre sa plus belle toilette2 et cette prise de voile1 dit sa9t ,jrme1 jeta dans un dlire l'assi/ance2 il y eut l comme une danse joyeuse et sacre de t\t le peuple africa94 ,si les ,sa9ts f]mai5t une f5tre sur les *oses *>nelles1 c'tait p\r faire entr]1 p> une autre1 plus l>ge flot1 la spl5deur du ciel4 ,sa9t ,sba/i51 avant son m>tyre1 p>aissait t\t d'un c\p environn de lumire1 s\s un manteau blanc1 et sept ,anges se t5ai5t deb\t devant lui4 ,sa9t ,tiburce1 m>*ant sur des *>bons ard5ts1 disait3 ,il me semble que je m>*e sur un lit de roses4 ,la pauvret1 la mort1 les supplices tai5t p\ss dans l'ivresse4 ,p\rquoi cette joie primitive t\*e-t-elle notre cur comme si elle tait ntre8 ,c'e/ qu'au fond notre s5sibilit envahie p> la mollesse paenne e/ prs de celle des paens conv]tis4 ,il n\s faut des ,sa9tes1 t\tes en s\rires1 mles aux roses1 comme la suave ,?rse de l',enfant-,jsus4 ,n\s avons le press5tim5t de cataclysmes possibles1 de temps plus cruels que ceux o sa9t ,jrme pleurait sur ,rome dtruite4 ,les ,b>b>es sont nos portes2 ils rgn5t dj *ez n\s4 ,p\r surmont] l'horreur des ru9es1 on aura beso9 de joies dbordantes4 ,l'art *rti5 de l'av5ir s]a fait d'allgresse et de cl>t2 des basiliques semblables ,f\rvires1 des hymnes tels qu'en *antait la jeune *rti5t de l'ge d'or4 ,plus le monde avanc]a v]s son t]me1 plus l'glise s]a le d]ni] refuge de la joie4 ,c> c'e/ elle1 la femme =te1 qui les ,livres ,sa9ts promett5t qu'elle rira au d]ni] j\r4 ,l',,esprit ,,de ,,triomphe ,,dans ,l',,glise ,fait l'image de l',inv9cible1 l'homme e/ n p\r va9cre4 ,son hi/oire a comm5c p> une dfaite multiplie en d'innombrables dsa/res4 ,mais1 ds l'in/ant de la *ute1 la revan*e tait promise4 ,sans la revan*e1 la *ute s]ait mme difficile concevoir4 ,la femme qui ,dieu dit3 ,tu cras]as la tte du s]p5t2 et il guett]a ton talon1 ce n'tait pas seulem5t l',immacule1 la ,mre du ,va9queur2 la prophtie div9e prfigurait l'glise1 c]ta9e d'ext]m9] la ,bte au t]me des sicles1 mais dont le talon re/e mordu1 corn p> les crocs p]fides1 tant qu'une p>tie du g5re huma91 s\/raite son corps1 s9on son me1 vgte ou meurt spirituellem5t4 ,la promesse messianique1 l'att5te de ,celui qui aurait l'empire sur son paule devait tre la =ce d',isral jusqu' l'avnem5t du ,*ri/ et mme ensuite4 ,p\rtant la vrit de cette =ce a pass de la synagogue en l'glise1 depuis l'heure o le ,matre1 avant de quitt] les si5s1 leur laissa l'assurance3 ,allez h>dim5t1 j'ai va9cu le monde4#abj #abj ,ces pages tai5t crites lorsque a p>u l',encyclique in/ituant la fte du ,*ri/-,roi4 ,elles ne sont que le comm5taire anticip de cet augu/e docum5t4 ,p>ole in\e1 pr(re la veille d'une cata/rophe1 en app>5ce1 irrmdiable3 ,jsus sait qu'aprs trois annes de prdication1 tr5te-trois ans1 il va m\rir1 cl\1 comme un misrable1 sur une pot5ce2 que ses disciples vont tre disp]ss1 dsesprs2 que son uvre naissante1 si elle n'tait div9e1 aurait t\tes les *ances d'tre anantie4 ,c'e/ alors qu'il se proclame victorieux4 ,c>1 en cons5tant desc5dre jusqu'au fond des opprobres1 jusqu' la mort1 il a rtabli dans sa dignit le vieil ,adam d*u4 ,la dfaite n'e/ plus possible p>ce que ,dieu-homme a consomm la dfaite4 ,sa rsurrection1 en le dmontrant ,dieu1 signifiait p\r l'humanit la c]titude d'une vie bi5heureuse et immortelle4 ,sans l'vid5ce de ce prodige1 sans la promesse que le ,seigneur1 une date inconnue1 revi5drait avec des lgions d',anges1 dans la spl5deur du feu1 et donn]ait aux ju/es comme aux iniques la rtribution d]nire1 la jeune glise aurait eu gr&e pe9e s\t5ir les p]scutions1 pntr] du f]m5t n\veau les masses paennes1 surmont] les hrsies et les dfaillances4 ,elle savait que la grce du ,*ri/ la port]ait au del de t\tes les preuves4 ,l'esprit de triomphe e/ surt\t ncessaire au comm5cem5t des gr&es entreprises1 ou dans des phases de lassitude1 qu& les n]gies sommeill5t4 ,a un degr magnifique1 sa9t ,paul le reut et le communiqua4 ,les tribulations prs5tes lui semblai5t peu de *ose ou ri5 auprs du poids de gloire dont l'ide l'accablait4 ,il se comp>ait volonti]s au c\reur t5du v]s la c\ronne mise en rs]ve p\r sa victoire4 ,au b\t du gmissem5t imm5se des cratures il voyait la rvlation des enfants de ,dieu4 ,cette rvlation1 l',apocalypse de sa9t ,jean la prophtise dans son message d'allgresse1 o les s\ffrances de l'glise sont figures comme la prp>ation de son triomphe4 ,mais les *rti5s des premi]s sicles esprai5t communm5t que l'vangile atte9drait d'un lan rapide les extrmits de la t]re2 que les signes prcurseurs tant accomplis1 le ret\r du ,*ri/ glorieux ne se f]ait pas longtemps att5dre4 ,peu peu1 la suprmatie tangible de la *rti5t apaisa l'impati5ce my/ique du ,jugem5t4 ,le mot prt ,juli5 l',apo/at3 ,tu z va9cu1 ,galilen61 atte/e s\s une =me lg5daire la fi]t de la foi *rti5ne sre d'avoir rduit l'impuissance le paganisme en dr\te4 ,sur le toit des basiliques la ,croix se haussa comme un trophe4 ,le bon ,pa/eur des catacombes dev9t le ,*ri/ imprial qui sige en ,juge sur les mosaques des absides4 ,sa ,mre eut la maje/ d'une ,?otokos dont l',enfant ti5t en sa petite ma9 le globe du monde2 elle eut la t\te-puissance que l'art byzant9 a fixe avec une gr&eur p]due dans la suite4 ,le moy5 ge p\rtant sut l'imit]1 lorsqu'il reprs5tait ,notre-,dame comme ,re9e du ciel et ,mre du ,seigneur4 ,tmo9 le gr& vitrail occid5tal de ,*>tres1 une des ,vi]ges les plus triomphantes que l'on ait pe9tes depuis les ,vi]ges byzant9es4 ,les hymnes aussi clbrr5t la royaut du ,*ri/ sur le mode o une arme victorieuse *ant]ait l'entre de son *ef dans les villes conquises4 ,telle la prose c>ol+i5ne3 ,*ri/us v9cit1 ,*ri/us regnat1 ,*ri/us imp]at1 presque t]rible en sa rudesse comme si elle v\lait att]r] l',ennemi4 ,et les ca?drales s'rigr5t1 vaisseaux de gloire qui encloront1 jusqu' la f9 des temps1 la somme des spl5deurs ca?oliques4 ,dans un *ur prodigieux comme celui du ,mans1 s\s le triple tage des vitraux1 semblable un ,p>adis v]meil qui desc5drait v]s la t]re1 qu& les hautes colonnes1 p>es d'oriflammes1 tressaill5t des vibrations de l'orgue et des *ants mles de la matrise1 qu&1 au bas de l'autel embras1 devant l'o/5soir o l'humilit de l',ho/ie sublimise t\s les hommages1 entre les ci]ges et les enc5soirs1 se mass5t les *apes d'or1 les surplis blancs1 les robes violettes et les tranes de p\rpre1 alors le plus obscur des fidles1 en p>ticipant cette pompe liturgique1 reoit les prmices des magnific5ces p>adisiaques4 ,p\r lui-mme et p\r la communion univ]selle de l'glise il possde la ,prs5ce div9e1 la vrit1 la joie1 la beaut1 l'avant-gt de la vie p>faite4 ,quelle fte huma9e (frirait aux mes de p>eilles ivresses triomphales8 ,nanmo9s1 il ne faudrait pas croire que l'esprit de triomphe se soit t\j\rs ma9t5u sans fl*issem5t ni dviation4 ,l'esprit de cra9te le contr>ia3 le texte du ,dies irae1 admirable p> sa pr(ondeur pnit5te1 n'voque du ,jugem5t que les aspects =midables4 ,il pose aux pi$s du ,juge le p*eur tremblant1 mais s\s-ent5d la suprme allgresse des ju/es4 ,on y p]oit dj la p5te mod]ne du s5tim5t religieux1 ram5 quelque *ose d'individuel o l'homme se voit en face de ,dieu1 bi5 plus qu'il ne voit ,dieu en face du g5re huma94 ,une autre cause devait affaiblir l'esprit de triomphe3 t\te =ce comprime1 p]scute1 t5d p> la lutte une p]fection plus cohr5te1 gage1 p\r elle1 des victoires pro*a9es4 ,t\te =ce qui se croit victorieuse se dt5d1 s'amollit1 et p]d la volont de va9cre4 ,c'e/ a9si qu'au ,x,i,ie sicle et plus t>d l'afflux des prosprits am5a p>mi les cl]cs de multiples rel*em5ts2 les my/iques s'afflig]ont de cette dcad5ce spirituelle2 ,dante oppose l'glise triomphante1 celle du ,p>adis1 l'glise t]re/re o tant de spectacles le dsol5t et l'indign5t4 ,l'*ec des croisades aussi avait fait s5tir que1 longtemps1 hors de la *rti5t ou contre elle1 subsi/]ai5t des rgions normes1 impntrables la foi4 ,puis v9t le d*irem5t de la ,r=me et le jansnisme anmiant1 la s*]esse rationali/e1 la mondanit sceptique1 t\t ce qui p\vait affaiblir1 dans les curs *rti5s1 l'+nuit de l'esprance4 ,le fa/e des liturgies1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 survivait2 mais l'att5te et le dsir du ,*ri/ triomphant1 comme c'tait lo96 ,ensuite1 l'glise eut trav]s] une phase d'humiliations2 aprs les s\ffrances de la ,t]reur elle subit les *anes du p\voir temporel4 ,il fallut1 p\r que l'esprit de triomphe se rveillt1 l'excs des adv]sits4 ,c'e/ la veille d'tre captif que ,pie ,,ix runit le ,concile du ,vatican4 ,une des mosaques de ,f\rvires symbolise sup]bem5t cette heure triomphale2 le ,pontife levant ses bras au-dessus des mitres innombrables comme si1 avec l'glise prs5te1 celle des temps passs et futurs s'assemblait l p\r ent5dre proclam] le dogme radieux4 ,depuis lors1 bi5 des signes ont confirm que l'univ]s ca?olique a s5ti s'accrotre la consci5ce de sa =ce3 asc5dant du ,sa9t-,sige mme p>mi les nations sp>es2 fi]t intellectuelle de l'lite croyante2 autorit de la sci5ce or?odoxe2 r5\veau des tudes s*ola/iques et de l'exgse2 spl5deur des manife/ations1 en p>ticuli] ,l\rdes et dans les congrs eu*>i/iques1 o le ,sacrem5t de l'autel e/ glorifi1 comme l',agneau ador dans le ciel p> des multitudes sans nombre4 ,durant l',anne ,sa9te enf91 ,rome a vu s'ag5\ill] en ses basiliques t\s les peuples de la t]re ou peu s'en faut4 ,a ,bruxelles et ,p>is d'imposantes assembles ont prp> le ret\r des glises dissid5tes l'unit premire4 ,de plus en plus1 l'glise seule peut dire3 ,l'av5ir e/ moi4 ,les dyna/ies s'cr\l5t1 les empires s'van\iss5t2 le rgne de l'arg5t laisse prvoir son dcl94 ,la seule b>que dont n\s savons qu'elle ne sombr]a po9t1 c'e/ la ntre4 ,mme qu& arriv]ont les j\rs prdits o la foi aura presque disp>u1 qu& l'glise ne s]a plus qu'un petit tr\peau errant1 p\r*ass de ville en ville1 v\ l'ext]m9ation1 les d]ni]s fidles devront p5s] que le gr& triomphe e/ pro*e4 ,aprs ces temps-l1 en effet1 le ,fils de l'homme revi5dra4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,premi,,re ,,p>tie ,prface #i ,lam5nais3 la crise de sa *ute #ae ,une auxiliatrice de ,lacordaire3 ,anna ,mos #ci ,le ca?olicisme de ,b>bey d',aurevilly #fh ,villi]s de l',isle-,adam #ajg ,le ,greco de ,maurice ,b>rs #ada ,maurice ,b>rs et sa p5se religieuse dans la ,coll9e inspire #aej ,georges ,dumesnil #aeh ,hi/oire de mon amiti p\r ,camille ,sa9t-,sans #agj ,,deuxi,,me ,,p>tie ,la gloire unique #aie tre simple #bjj ,l'art surnaturali/e #bjh ,les possibilits du roman ca?olique #bcb ,le sicle eu*>i/ique #bea ,la joie *rti5ne #bfj ,l'esprit de triomphe dans l'glise #bgd ,,a*ev ,d',,imprim] ,,le ,,v+t-,,neuf ,,m>s ,,mil ,,neuf ,,c5t ,,v+t-,,sept ,,p> ,l',,imprim]ie ,,orl,,anaise1 ,a ,,orl,,ans1 ,,p\r ,,b]n>d ,,grasset