,o4 ,v4 ,,de ,l4-,,milosz ,,ars ,,magna ,,ditions ,,alice ,,sauerwein ,dpositaire gnral ,,les ,,presses ,,universitaires ,,de ,,france #di1 boulevard ,saint-,michel1 #di ,,paris #aibd ,a ,,renaissance ,,avertissement ,l'ptre ,storge1 la premire partie d',ars ,magna1 a t compose en #aiaf et publie en janvier #aiag dans la ,revue de ,hollande4 ,l'auteur ne connaissait cette poque ni les thories de ,m4 ,a4 ,einstein1 ni mme le nom du grand mathmaticien4 ,cependant1 par une concidence assez troublante pour mriter l'attention des hommes de science1 l'ptre1 fruit de mditations essentiellement mtaphysiques sur le mouvement1 renferme toutes les conclusions d'ordre gnral tires de la thorie einsteinienne par ses commentateurs1 l'espace1 identifi avec la matire1 y tant reprsent comme un solide1 le temps comme une quatrime dimension1 et l',univers comme un corps illimit mais fini1 dont les lments ne se laissent situer que dans la relation qui les lie les uns aux autres4 ,dans les quatre pomes suivants1 ,memoria1 ,nombres1 ,turba ,magna et ,lumen1 l'auteur dveloppe sa thse du point de vue de la biologie et de la mystique1 en la rattachant aux doctrines hermtiques ainsi qu' la philosophie pythagoricienne4 ,i ,,pitre ,a ,,storge ,certain jour d't de l'anne mil neuf cent seize1 comme j'tais tendu1 quelque distance de vous1 ,storge ,androgyne1 sur le rivage blouissant d'une mer moins vaste1 moins perfide et moins multiforme que ma douleur1 soudain1 et tout au fond de moi1 j'entendis votre voix qui m'interrogeait3 mais qu'est-ce donc1 enfin1 que tout cela8 mais que nous veut donc tout ceci8--,alors je tombai dans une mditation profonde1 et des vrits me furent rvles1 et le sens intrieur de mainte vision ancienne s'offrit sans voile l'omniscience de mon amour4 ,du premier au dernier mouvement de notre vie physique et mentale1 ,storge1 toute chose de ce monde naturel o nous sommes pour quelques jours se laisse ramener une ncessit unique de situer4 ,nous n'apportons1 la vrit1 ni l'espace ni le temps dans la nature1 mais bien le mouvement de notre corps et la connaissance1 ou1 plus exactement1 la constatation et l'amour de ce mouvement1 constatation et amour que nous appelons ,pense et qui sont l'origine de la science premire et fondamentale de situer toutes choses1 en commenant par nous-mmes4 ,l'espace et le temps semblent avoir t prpars de longue main pour nous recevoir2 cependant1 toutes nos inquitudes nous viennent du besoin de situer cet espace mme et ce temps2 et l'opration mentale par laquelle1 faute d'un autre lieu ou contenant imaginable1 nous leur assignons une place en eux-mmes1 en les multipliant et divisant l'infini1 n'te rien de ces terribles angoisses1--de ces angoisses d'amour1 ,storge1--qui nous poursuivent jusqu'aux confins de la ,valle de l',ombre de la ,mort4 ,le sentiment obscur qui accompagne notre premire apparition peure dans la nature ne peut que ressembler celui qui se saisit parfois si brutalement de nos rveils en sursaut aprs les torpeurs d'aprs-midi profondes et sans rves1 au fort de l't4 ,l'oubli du temps et du lieu nous jette alors dans une pouvante et une tristesse sans nom1 et c'est moins dans l'engourdissement des organes que dans ce besoin1 le premier et le plus tyrannique de tous1 de tout situer dans un espace et dans un temps1 qu'il faut rechercher les causes profondes de cette indfinissable oppression4 ,on pourrait dire de la contrainte o nous sommes de situer toutes choses 7et jusqu' l'espace et au temps dans lesquels nous situons7 qu'elle est la premire dans l'ordre des manifestations mentales de notre vie4 ,il n'est1 coup sr1 ni pense ni sentiment qui ne drive de cette activit essentielle de l'tre4 ,les premiers mouvements de notre esprit dans la reconnaissance du monde environnant lui sont aveuglment soumis4 ,plus tard1 nous la retrouvons sous les mmes traits de dominatrice dans la gomtrie et les sciences naturelles2 son rgne embrasse jusqu'aux abstractions extrmes de la philosophie1 de la religion1 de la morale et de l'art2 le bien1 le mal1 l'amour1 les conflits du vrai et du faux1 la rceptivit de la ,rvlation1 l'oubli1 l'tat d'innocence1 l'inspiration1--toute notre progniture spirituelle nous rclame son hritage de terres merveilleuses1 et l'obtient2 et c'est encore la vieille ncessit de situer toutes choses qui tend son sceptre sur ces contres dlicieuses ou terribles3 l',est des ,anciens1 les ,enfers1 le ,saana1 l',armaggedon1 la ,pathmos du ,boanerge1 le ,leth1 l',arcadie1 le ,parnasse--et d'autres1 et une infinit d'autres encore4 ,par la premire pense je constate mon mouvement et1 ce faisant1 situe dj les choses dans le temps et l'espace2 et1 par la seconde1 je fais effort d'embrasser1 donc de situer1 l'espace et le temps mme o j'ai pos toutes choses4 ,et alors je m'aperois que mes deux notions extrmes du monde naturel1 celles de l'infiniment grand et de l'infiniment petit1 dcoulent directement de cette contrainte o je suis de situer en lieu sr toutes choses4 ,car1 comme on ne situe un objet que par rapport un autre1 mon ignorance irrmdiable d'une correspondance de l'espace et du temps m'ordonne de leur assigner une sorte de place en eux-mmes1 en les tendant l'un et l'autre l'infini4 ,et ma rpugnance m'arrter sur un indivisible provient de la mme ncessit de situer tout prix3 car un dernier divisible a encore besoin de quelque place1 et il n'en peut trouver que dans la divisibilit des moitis que je supposais sans tendue4 ,mon ide de la matire1 fondement de toutes les ides naturelles1 est donc indissolublement unie l'apparence de situation qu'un pouvoir purement thorique de multiplication et de division l'infini me permet d'assigner au temps et l'espace4 ,otez cet amour du mouvement et cette folie du rythme de mon cerveau1 et vous en terez du mme coup l'ide de la matire4 ,car1 si je cesse de multiplier et de diviser l'infini1 je perds toute notion du lieu o je m'tais plac1 je ne situe et n'imagine plus le monde naturel en lui-mme1 comme je faisais en multipliant et divisant4 ,si bien que1 le recul ternel des limites dans l'immense et le minime une fois t1 tout est t1 et jusqu' l'ide de la matire4 ,mais direz-vous1 nous n'avons que faire ici de la matire2 la multiplication et la division l'infini ne se rapportent qu' l'espace et au temps4 ,a coup sr2 mais le temps1 l'espace et la matire nous sont donns non pas sparment1 mais en un seul bloc dans la loi du mouvement4 ,nombre de penseurs ont fait effort1 sans doute dans un faux esprit de simplification1 de sparer l'image du contenu de celle du contenant1 ou l'ide de la matire borne de celle de l'tendue sans fin4 ,quelques-uns ont mme pouss leur purile tmrit jusqu' sectionner l'espace infini irrductible en deux parts1 dont l'une renfermerait1 selon eux1 la matire cosmique et l'autre les seules tnbres extrieures4 ,ils nous ont laiss l'espace illimit et nous ont rationn la matire1 estimant sans doute l'infini de l'un plus aisment concevable que l'infini de l'autre4 ,de grands esprits et de belles imaginations ont donn de toute vole dans le panneau4 ,je ne puis lucider ici les causes profondes de cette aberration4 ,elles sont spirituelles1 et formeraient1 dans cette lettre entirement consacre la matire1 une digression trop longue4 ,je constaterai seulement que l'espace vide des partisans d'un univers fini ne forme1 avec sa particule d'espace combl1 qu'un seul illimit1 puisque toute interruption1 d'ailleurs inimaginable1 dans l'tendue1 serait elle-mme espace conjonctif4 ,or l'infini1 rsultat extrme et ternellement fuyant de multiplications et de divisions thoriques1 demeure stable dans toutes les oprations2 car1 quel que soit le multiplicateur1 le produit est infini1 tout de mme que le quotient1 indpendamment du diviseur2 car un quotient dtermin1 multipli par le diviseur1 ne restituerait pas un dividende infini4 ,ce qui revient dire1 d'une manire gnrale1 que l'infini n'a pas de parties1 ou1 en accordant les termes avec ceux de la proposition ,eurka1 que toute partie de l'infini est infinie en soi4 ,or1 l'espace reconnu contenant se trouvant tre particule de l'espace infini suppos vide1 il est1 en soi-mme1 infini2 et1 ainsi1 le monde de la matire est infini1 ou1 pour parler avec moins de prsomption1 notre reprsentation humaine d'un univers de matire est bien conception d'un univers de matire illimit4 ,dans l',amour conjugal et ses chastes dlices1 ,dieu1 la cration et l',homme1 ,la ,vraie ,religion ,chrtienne et l',apocalypse ,rvle1 le pre de la science moderne1 le conciliateur de la raison et de la foi se plat remmorer les terreurs o le jetaient1 dans sa jeunesse1 ses considrations sur la cration de l'espace et du temps2 et1 par l1 il semble reconnatre que la cration de l'espace et du temps prcdait1 dans sa reprsentation1 celle de la matire4 ,mais l'ide de la matire ne dcoule pas de celle de l'espace et du temps4 ,tout est donn en bloc dans le ,mouvement2 il y a simultanit et identit absolues4 ,et1 par toutes les fois que l'on fait de la matire universelle le sujet de sa mditation1 il est prudent d'carter autant que possible l'image troublante des espaces interstellaires4 ,ces tendues ne sont rien autre chose1 par rapport l'infinit des descriptibles matriels1 ou mme l'immensit du ciel sidral partiel offert notre observation1 que des interatomiques2 et1 ds que nous les situons dans l'immesurable universel1 elles deviennent pure apparence4 ,je sais1 dans notre pauvre ciel astronomique1 deux toiles singulirement brlantes1 deux confidentes fidles1 belles et pures1 et que je croyais spares de leur ami par des distances inimaginables4 ,or1 l'autre soir1 un grand papillon de nuit tant tomb de la lampe sur ma main1 j'eus la tendre curiosit d'interroger ses yeux flamboyants444 ,l'illimit est l'ennemi des chappatoires4 ,il lui faut la sagesse de l'affirmation totale ou la folie de la ngation absolue4 ,il m'est libre d'assigner des bornes la matire aussi longtemps que je situe un objet seulement par rapport un autre1 dans un espace d'agencement ou d'orientation2 mais aussitt que je suppose un total absolu de matire1 ce n'est plus par opposition un objet et dans un espace descriptible1 mais bien dans l'immesurable1 dans ce que j'appelle l'espace pur1 que je lui assigne sa place2 et l1 toute dtermination s'vanouit4 ,pos mentalement dans cet espace pur1 l'infinitsimal de matire comble l'infini de l'tendue4 ,or la pense1 ou l'acte par lequel nous situons toutes choses1 n'est1 son origine1 qu'une connaissance1 ou1 comme nous l'avons dfinie plus haut1 qu'une constatation et un amour du mouvement2 elle est donc indissolublement unie au mouvement de l'univers4 ,la fixit mme des corps que nous appelons inanims n'est qu'apparente1 associe qu'elle est troitement au mouvement propre des objets et des mondes environnants2 car tout ce qui est corps est corps de la matire universelle1 et cette matire est insparable du mouvement de l'espace descriptible4 ,grce la simultanit du mouvement et de la constatation1 un sentiment obscur de l'universalit de ce mouvement devait dj nous remplir dans les poques o1 par rapport au cours du soleil1 la terre tait considre comme un centre fixe2 et les dcouvertes de ,copernic ne sont peut-tre1 comme toutes les autres dcouvertes humaines1 que des confirmations mathmatiques d'une immmoriale connaissance intuitive retarde par l'immuabilit de l'apparence ou touffe par quelque scrupule religieux analogue celui qui1 dans la ,chrtient1 tirait origine de l'interprtation littrale d'un passage purement spirituel des critures4 ,cette prescience du mouvement universel a1 sans doute1 favoris pareillement les progrs de l'lectro-dynamique contemporaine4 ,quand donc je situe1 dans l'tendue descriptible1 un objet ,a par rapport un objet ,b1 je dtermine simplement la ligne d'un mouvement ,a par opposition celle d'un mouvement ,b4 ,or1 nous savons1 prsent1 que cette tendue descriptible1 ou espace d'agencement et d'orientation1 est l'infini mme1 puisque nous avons tabli l'identit de l'espace pur et de la matire4 ,il nous reste donc examiner les relations de cet infini de matire avec nos lois du mouvement1 sans jamais perdre de vue que ce que nous venons d'arrter pour l'espace s'applique avec la mme exactitude l'ide du temps2 car l'origine de la pense est dans la constatation du mouvement1 et celui-ci est non seulement uni au temps par un lien indissoluble1 mais encore apparat1 qui le considre avec amour1 comme la matire mme de la dure4 ,le mouvement pourrait aussi tre dfini point d'intersection des parallles du temps et de l'espace dans l'illimit2 car la reconnaissance de la similitude de la matire et de l'tendue sans bornes contient dj une identification de l'infini et de l'ternel4 ,situer un corps dans l'tendue descriptible1 c'est en valuer et circonscrire le mouvement par rapport au mouvement de quelque autre corps4 ,or1 nous avons identifi l'tendue offerte notre exprience avec l'infini de la matire impos notre raison2 d'o il semblerait dcouler de la faon la plus naturelle du monde qu'une mme loi du mouvement dt rgir et l'illimit et le descriptible4 ,et tel est1 effectivement1 le cas1 aussi longtemps que nous appliquons cette loi la matire universelle considre dans l'infinit des tendues analogues celle o nous situons un corps par rapport un autre et troitement associes1 du moins dans notre reprsentation1 les unes avec les autres4 ,mais1 aussitt que nous abandonnons cette figure de l'infinit des espaces d'agencement pour l'ide d'un infini unique1 et1 par consquent1 non-situ par opposition un autre1 la loi perd son universalit et l'illimit se rvle notre raison dans toute la terrifiante majest de l'absolu repos4 ,ceci1 au point o nous en sommes1 est dj entendre dans les deux sens1 celui de l'infinit des descriptibles considrs dans leur ensemble1 aussi bien que celui de l'infini unique3 car1 quelque effort que nous fassions de situer un corps dans une tendue descriptible par rapport au mouvement d'une infinit de corps1 ou un espace descriptible--un ciel sidral--tout entier par opposition au mouvement d'une infinit d'autres1 le premier et le second perdent aussitt le mouvement sans jamais rencontrer le lieu4 ,et1 pour ce qui est de l'infini de la matire considr comme un tout absolu et unique1 il ne peut en aucune faon tre imagin courant1 se trouvant tre tout ensemble contenant et contenu illimits4 ,bref1 le mouvement et la situation de la matire sont purement relatifs3 rels1 au sens humain1 tant que subsiste une relation entre corps2 irrels--et irrels au sens absolu--aussitt que nous situons la matire dans l'infini4 ,la spirale ,,ens1 premier simple1 premier mouvement1 premier point naturel et gnratrice de l'infinit des mouvants n'est donc1 elle aussi1 qu'une modification mentale1 qu'un certain tat d'amour purement intrieur de la ,divinit1 puisqu'elle ne rompt l'immobilit de l',essence que pour retomber dans l'immobilit de la ,manifestation4 ,qu'il me soit permis1 pour plus de clart1 de comparer l'infini de la matire l'immobile image que contemplerait avec amour1 dans un miroir fidle1 la ,beaut1 ennemie du mouvement qui dplace les lignes4 ,ainsi donc1 le ,mouvement1 cette origine et cette fin de notre pense2 le ,mouvement1 ce mystique compagnon de service qui nous a suivis travers l'infinit des descriptibles mobiles2 le mouvement s'vanouit au seul nommer de l',infini4 ,et quoi de plus naturel8 car comment imaginer le mouvement d'ensemble d'un total de matire qui1 par dfinition1 remplit dj l'espace illimit1 le ralise en quelque sorte1 ou1 mieux encore1 s'incorpore l'infini de l'tendue8 ,et cependant1 l'immobilit absolue de l'ensemble de ce corps unique et parfait1 compos d'une infinit de particules en mouvement1 est un martyre pour la pense4 ,c'est que la pense est cet acte par lequel nous situons toutes choses en lieu sr par la constatation et l'amour du mouvement1 et que l'immobilit est non seulement une absence de mouvement1 mais encore une ngation de lieu4 ,nous avons appel la pense constatation et amour du mouvement4 ,a ce mot amour1 l'ignorance et la grossiret des poques qui nous sparent du moyen ge ont prt plus d'une signifiance purile ou irrvrencieuse1 et les esprits mme les moins faux de ce terrible temps1 de ce temps d'expiation o nous avons l'infortune de vivre1 semblent ne vouloir gure exprimer autre chose1 en l'employant1 que la passion1 le plaisir ou la curiosit4 ,mais tel n'est pas le sens que j'attache1 moi qui me pique d'crire avec l'me des mots1 ce mot auguste1 enchanteur et effrayant4 ,il dsigne toujours chez moi1 l'ternel fminin-divin d',alighieri et de ,gthe1 la sentimentalit et la sexualit angliques1 la maternit virginale o se fondent1 comme en un brlant creuset1 l'adramandonique de ,swedenborg1 l'hesprique de ,hlderlin1 l'lysen de ,schiller3 l'accord humain parfait1 form par la sagesse attractive de l'poux et la gravitation amoureuse de l'pouse1 la vraie situation spirituelle de l'un au regard de l'autre1 arcane essentiel1 si terrible et si beau qu'il me devint impossible du jour o je le pntrai1 d'en parler sans verser un torrent de larmes2 effrayante et sourde tendresse dont la hantise exaspre1 de la premire note la dernire1 et1 peut-tre1 l'insu de l'auteur1 toute la musique1 si peu comprise jusqu' ce jour1 de ,richard ,wagner4 ,au sens universel1 enfin1 l'intuition orphique qui nous enseigne dverser la surabondance de notre mouvement dans le cur fraternel de la pierre1 animer le corps le plus humble1 le poser en son lieu et son temps avec cette tendresse dlicate et cette infaillibilit amoureuse qui nous permettent de situer en lieu sr et temps propre le mot et le son dans le pome1 le muscle et le pas dans la danse1 le ton et l'accent dans la diction1 la ligne matresse de mouvement et de vie en sculpture1 la premire vibration de couleur et la dernire en peinture1 en architecture1 enfin1 la pierre et la solive1 dans une harmonieuse et logique rpartition de l'effort4 ,le rythme est l'expression terrestre la plus haute de ce que nous appelons pense1 c'est--dire de la constatation et de l'amour du ,mouvement4 ,voil donc1 arrt en quelques traits rapides1 le sens spirituel que j'attache dans mes crits au mot essentiel1 amour1 verbe ternel et premier de tous les cris4 ,mais comment concilier le sublime amour d'un mouvement qui1 sans cesse1 fait courir en cercle1 par les espaces descriptibles1 la matire si harmonieuse et si belle1 oui1 comment accorder cet immense amour1 cet art et cette science et cette foi universelle1 avec l'inimaginable immobilit de l'infini de la matire pure8 ,car il faut notre amour une matire en mouvement et une matire qui se laisse tendre l'infini1 et la raison nous donne bien une matire qui se laisse tendre1 mais anime seulement du rythme mental par lequel nous tendons4 ,en dpit donc de sa ralit de descriptible identifi avec l'infini1 la matire pure n'a1 pour tout mouvement et consquemment toute situation1 que ce que lui peuvent prter de l'un et de l'autre un pouvoir purement thorique de multiplication et de division sans fin1 et une cration ternellement insatisfaite de rythmes4 ,l-bas1 je ne sais o1 l'immobile ,illimit2 ni mouvement1 ni lieu2 un je ne sais quoi qui est un total de tout ce qui est1 de tout ce que je sais et de tout ce qui me reste apprendre2 un contenant de tout lieu rel ou imaginable1 et un contenant non-situ2 cela mme vers quoi je vais1 vers quoi se hte tout le mouvement de l'infinit des descriptibles2 et qu'est-ce8 mais qu'est-ce donc enfin8 ,un absolu d'immobilit qui passe ma raison et qui1 toutefois1 ne la passe pas tellement qu'elle n'en puisse reconnatre quelque attribut3 et ce connaissable unique est prcisment l'inimaginable immobilit4 ,ici--mais que dsigne1 ,storge1 ce mot ici8--une dbile raison insatisfaite et rvolte1 et un immense amour3 un amour que rien ne rassasie1 que rien n'apaise2 un pieux amour de la matire illimite en ternel mouvement1 une folie universelle du ,rythme4 ,et gardons-nous1 ,storge1 de perdre jamais de vue que ce qui nous occupe ici n'est ni le mystre spirituel des affinits1 ni la vie mystique et sentimentale1 ni l'inconnu au fond duquel tous nous devons1 demain1 tomber2 car nous nous entretenons seulement de la matire que nous sommes1 de la matire qui nous environne et de la matire que nous serons durant de longues1 longues annes1 dans le tombeau4 ,la table laquelle je m'accoude1 l'encrier o je plonge cette plume1 proposent mon cerveau tout-mouvement l'insoluble problme4 ,fils de l'homme1 je n'ai pas o reposer ma tte4 ,pas de lieu2 et certes1 il m'importerait peu de savoir d'o je viens et o je vais2 mais je ne sais pas o je suis1 et cependant je suis1 moi qui aime6 car tout le reste est vanit1 fume1 ombre2 mais vous1 ,storge1 qui m'tes mouvement et lieu1 et moi1 votre poux dans cet espace1 dans cette matire qui est dj l'infini et dans ce temps mesurable qui est dj l'ternit1 nous1 nous sommes4 ,vous1 ,storge1 et moi1 nous sommes2 et c'est peut-tre en moi de la dmence ou de l'ivresse1 mais au sein de cet univers indfini1 non-situ1 je sais un lieu sr1 o la raison ne s'enlise pas1 et ce lieu1 c'est mon amour2 un seul mouvement aussi1 et ce mouvement est l'inlassable et vide multiplication et division l'infini1 superposition d'espaces et de temps incessante1 sur spirituelle de la multiplication sans fin qu'est le pome ternellement insatisfait4 ,car jamais science ne dterminera la situation relle de quelque corps que ce soit2 mais tout corps est situ en lieu sr au regard de l'omniscience1 et l'omniscience est amour4 ,toutefois1 considre de notre point de vue humain1 cette dtermination purement mystique de lieu passe et la raison et le sentiment1 et ce serait dmence que de vouloir rechercher des preuves la ralit terrestre de notre vie hors de l'absolue identit de la matire qui nous revt et nous environne et de celle o s'humilia1 durant les annes de l',incarnation1 le tout-puissant ,amour4 ,o rien n'est situ1 il n'y a pas de passage d'un lieu un autre1 mais seulement d'un tat--et d'un tat d'amour-- un autre2 et voil pourquoi l'amour se rit et de la vie et de la mort4 ,je n'aime ni les thories de l'astral des adeptes1 ni celles des mondes spirituels de ,swedenborg4 ,tous ces pauvres d'amour savent peut-tre1 obscurment1 que rien n'est situ2 mais il leur faut un mouvement et un lieu tout prix2 et1 animant l'absent1 ils situent dans le rien4 ,et ils ont beau dire que leurs mondes substantiels sont trangers au temps et l'espace1 et que le lieu n'y est qu'apparence1 ou1 encore1 que toute ralit y est cration instantane et correspondance d'un tat spirituel2 on sent bien que1 demeurant malgr tout soumis la loi du mouvement1 ils situent leur immatriel en un lieu dtermin par son opposition mme la matire4 ,tant il est malais de rompre1 jusque dans les modes de penser les plus purs1 avec l'habitude de situer ,a par rapport ,b4 ,la doctrine spiritualiste la plus hostile au matrialisme se garde bien1 crainte de perdre pied1 de dvtir la matire de son mouvement et de la chasser par l de son lieu3 car comment assigner une place un monde spirituel1 mme hors de l'espace et du temps1 si on ne le situe par opposition l'ide d'une matire dj assise8 ,mais1 vous1 ,storge1 vous savez maintenant que cette matire que nous avons reconnue infinie est un absolu de l'immobilit et qu'elle n'est situe qu'au regard de l'omniscient ,amour4 ,et vous savez aussi que notre pense1 notre vie dans l'espace descriptible1 ,storge1 n'est qu'une constatation et un amour du mouvement1 et que l'expression suprme de cet amour1 en science1 est la multiplication et la division de l'infini par l'infini1 et1 en art1 le rythme sans cesse jaillissant et ternellement insatisfait4 ,l'instant est donc venu de lever cette antinomie en vous dvoilant1 terrestre tendresse1 l'arcane suprme de l'universel ,amour1 tel qu'il me fut rvl1 moi votre poux1 pendant que je mditais1 la tte dans le sable1 sur le rivage ensoleill4 ,o rien n'est situ1 il n'est pas de passage d'un lieu un autre1 ,storge1 mais seulement d'un tat--et d'un tat d'amour-- un autre4 ,dans l'tat actuel de notre tendresse1 nous multiplions et divisons l'infini1 et nous nous abandonnons au torrent furieux du rythme1 et rien ne nous satisfait4 ,mais nous mourrons1 ,storge1 et nous entrerons dans cet tat bni o multiplication1 division et rythme sans cesse insatisfaits1 trouvent le nombre suprme absolu1 et la finale immuable1 parfaite1 de tout pome4 ,c'est le second amour1 ,storge1 c'est l',elysium de ,matre ,gthe1 c'est l',empyre du grand ,alighieri1 c'est l',adramandoni du bon ,swedenborg1 c'est l',hesprie de l'infortun ,hlderlin4 ,il est dj ici--mais que dsigne1 ,storge1 ce mot ici8--oui1 et rpandu dans l'universelle matire1 dans la matire infinie1 donc prive de mouvement et de lieu4 ,heureux1 l'esprit d'affirmation qui dcouvre1 ici-mme1 cette ralit sre et unique1 cette le de ,pathmos1 terre de la batitude1 o l'accomplissement du mouvement mental est la correspondance de l'immobilit de la matire infinie6 ,car un autre tat d'amour1 un troisime1 me fut rvl1 moi1 esprit infortun d'orgueil1 de rvolte et de ngation4 ,l1 la multiplication et la division l'infini s'efforcent en vain de remplir une noire et atroce ternit de terreur1 et un rythme insatiable1 sacrilge1 infernal vous emporte comme ftu de paille1 dans le tourbillonnement et le fracas du chaos de l'expiation4 ,j'ai visit1 mon cher enfant1 l'une et l'autre contre1 et voici la relation fidle de mon voyage4 ,le quatorze ,dcembre mil neuf cent quatorze1 vers onze heures du soir1 au milieu d'un tat parfait de veille1 ma prire dite et mon verset quotidien de la ,bible mdit1 je sentis tout coup1 sans ombre d'tonnement1 un changement des plus inattendus s'effectuer par tout mon corps4 ,je constatai tout d'abord qu'un pouvoir jusqu' ce jour-l inconnu1 de m'lever librement travers l'espace m'tait accord2 et l'instant d'aprs1 je me trouvais prs du sommet d'une puissante montagne enveloppe de brumes bleutres1 d'une tnuit et d'une douceur indicibles4 ,la peine de m'lever par mon mouvement propre me fut1 de ce moment1 pargne2 car la montagne1 arrachant la terre ses racines1 me porta rapidement vers des hauteurs inimaginables1 vers des rgions nbuleuses1 muettes et sillonnes d'immenses clairs4 ,toutefois1 la singulire ascension ne fut que de courte dure4 ,bientt1 tout mouvement cessa et une assez faible distance de mon front1 j'aperus une nue lourde et trs dense1 qu'en dpit de sa couleur lgrement cuivre1 je comparai la semence frachement verse de l'homme4 ,au-dessus du sommet du crne1 un peu vers l'arrire1 apparut alors une lueur comme d'un flambeau reflt par une eau dormante ou un miroir ancien4 ,tous mes sens demeurrent1 durant la succession rapide de ces tableaux1 aussi veills qu'ils le sont ce moment o j'cris2 mais je ne ressentais ni crainte1 ni curiosit1 ni tonnement4 ,des rgions que je savais situes bien loin derrire moi jaillit1 l'instant d'aprs1 une sorte d'ove gigantesque et rougetre qui1 lanc avec une violence inoue dans l'espace1 eut tt fait d'atteindre la ligne du front2 et l1 changeant tout coup de mouvement et de couleur1 il s'arrondit1 se rtrcit1 devint lampe d'or1 s'abaissa jusqu' frler mon visage1 remonta1 s'tendit nouveau1 reprit sa forme ovale de soleil anglique1 s'alla placer une faible hauteur au-dessus de mon front et me regarda longuement dans les yeux4 ,et sous cet astre sraphique1 une plaine d'or vaporeux1 d'or de ,sheba1 s'tendit1 enchantement pour ma vue1 jusqu'aux confins de ce pays d'amour4 ,alors une immobilit parfaite1 une immobilit absolue frappa soleil et nuages1 me procurant la sensation inexprimable d'un accomplissement suprme1 d'un apaisement dfinitif1 d'un arrt complet de toute opration mentale1 d'une ralisation surhumaine du dernier ,rythme4 ,la lettre ,h tait ajoute mon nom2 je gotais la paix1 oui1 ,storge1 ,storge6 je gotais1 moi6 une sainte paix1 il n'y avait plus dans ma tte trace d'inquitude ni de douleur1 j'tais prtre1 selon l'ordre de ,melchisdec4 ,hlas6 la vision ternelle et trs courte s'vanouit2 je me retrouvai dans mon insupportable logis2 mais des ailes puissantes1 ou1 plus exactement1 des lytres invisibles mais que je devinais immenses m'ventaient avec un adorable bruissement1 et des chuchotements pleins de fraternelle compassion et entrecoups de sons de luth tranges1 m'interrogeaient dans un langage inconnu4 ,au souvenir trs vivant de ce changement d'tat survenu en pleine vie physique et conscience mentale absolue1 se mle l'obscur sentiment que ma prparation morale ne rpondait pas encore l'importance du phnomne et que le beau soleil de ,sheba n'tait lui-mme qu'un voile1 un dernier voile1 peut-tre1 que mon indignit n'osa point soulever4 ,quelque temps aprs1 la grce me fut accorde de visiter ma vraie patrie spirituelle4 ,ce deuxime voyage s'accomplit dans des conditions fort diffrentes de celles du premier2 car loin de me sentir parfaitement matre1 comme dans l'expdition prcdente1 de toutes mes facults physiques et mentales1 je me trouvais1 l'instant o l'influx dangereux me saisit1 plong dans un sommeil extrmement profond4 ,jrmie1 dans le chapitre ,,xxiii de son livre1 tablit une distinction des plus prcises entre le premier tat de vision pure ou de ,pathmos apocalyptique1 et le second1 qui est celui de la rceptivit dans les abmes du sommeil4 ,une vaste tendue de lacs obscurs1 verdtres et pourrissants1 envahis par une folie de tristes nymphas jaunes1 s'ouvrit tout coup ma vue4 ,sur ces eaux stagnantes et dsoles comme les yeux des paralytiques1 un pont de fer tait jet1 d'une forme hideuse et d'une longueur pouvantable1 et1 l'extrmit de ce pont1 aprs une traverse de millions d'annes1 un paysage s'offrit mes yeux dont je n'entreprendrai pas d'exprimer la mortelle1 l'infernale mlancolie4 ,c'tait une plaine immense et dserte1 enferme dans un cercle hostile et muet de hautes et vigilantes montagnes4 ,solitude sans issue1 irrvocable condamnation1 abandon extrme2 et1 dans toute cette satanique immensit1 pas un pouce de terrain qui ne ft recouvert1 en touffer1 d'une herbe jaune1 cendreuse1 rpugnante1 que je comparai1 en dpit de sa hauteur d'arbuste1 la mousse rousstre et altre qui ronge les vieilles pierres spulcrales4 ,le soir tomba4 ,alors un univers de terreur1 des milliards et des milliards de fois plus vaste1 plus peupl et plus scintillant que notre ciel sidral1 s'alluma au-dessus de ma tte1 et le mouvement1 visible l'il nu1 de ces cosmos tourments1 tait accompagn d'un bruit odieux1 criminel1 ennemi de toute mditation1 de tout recueillement4 ,et le sens secret de tout ce mouvement et de tout ce fracas tait3 il faut multiplier et diviser l'infini par l'infini durant une ternit d'ternits2 ni repos1 pour toi1 ni souvenir1 ni amour1 ni espoir2 multiplie1 multiplie1 divise1 divise2 ces mondes tomberont dans le chaos1 et tu les remplaceras par d'autres2 mais tu seras toujours ici1 toujours cette mme place1 et tu multiplieras et diviseras4 ,et tu sentiras ternellement le dernier nombre1 le son suprme1 la finale de ce rythme martyrisant sur le bout de ta langue1 et1 misrable victime de ta propre iniquit1 ridicule jouet de ton propre orgueil scientifique1 tu feras des efforts dsesprs pour rejeter ce dernier nombre1 pour le cracher1 pour le vomir3 en vain1 il s'effacera de ta dbile mmoire et tu retomberas dans le calcul infini1 dans le tourbillonnement du rythme ternel4 ,alors1 du fond de mon pouvante et du sommet de mon exaspration1 je m'criai3 o est le ,matre de ce pays8 o est le ,roi de cet affreux ,royaume ,aven8 qu'il apparaisse6 lui1 il me comprendra1 m'abritera sous son aile noire et froide1 m'aimera1 me sauvera2 car1 s'il est dans cet infini de douleur1 de terreur et d'abandon une crature amie de l',amour1 ce ne peut tre que le ,prince dchu de ces ,royaumes6 ,des milliards d'affreux regards stellaires se concentrrent sur mon visage1 un rire de dmon illumina la face de l'ternel ,mouvant4 ,l'toile du matin cherche l',,toile ,,du ,,matin1 le fils de l'homme appelle le ,,fils ,,de ,l',,homme4 ,tout est accompli4 ,tout est accompli4 ,veuille le ,divin1 sourd mes noires prires2 entendre1 ,storge1 les vtres4 ,,ii ,,memoria 444 ,il s'effacera de ta dbile ,mmoire et tu retomberas dans le calcul infini444 ptre ,storge ,ceci est n de l'amour de l',abme1 ceci est ,ars ,magna et renferme toute la posie sacre de la ,science4 ,toi qui1 dans les sicles venir1 liras ces pages avec un sentiment de filial respect pour leur auteur et d'indicible mpris pour l'poque qui les vit natre1 souviens-toi que ,memoria est la clef de l'ptre ,storge1 et que cette ptre1 o te fut dvoil ds l'anne #aiaf le secret mtaphysique de la ,relativit1 est la nouvelle porte du palais de l'union des fontaines4 ,ainsi donc1 approche de ma tempe ton oreille et coute4 ,ma tte est comme la pierre du carrefour et du torrent cosmiques4 ,voici1 les grands chariots noirs et sourds de la ,mditation vont passer4 ,puis1 ce sera un effroi comme d'un dversement de l'eau primordiale4 ,et tout cela1 ce sera le ,silence4 ,et d'un lieu que n'a jamais atteint le message d'aucune terre1 je sonderai cette ternit sans lieu qui s'ouvre en moi dans le muet cataclysme4 ,car l'espace1 le temps et la matire sont enferms dans cette unit insondable mais sensible que cre en nous et projette travers l'il mur notre ,mouvement intrieur1 sang et esprit1 pour ne le point nommer de prime abord pense du sang4 ,ce langage t'a dj rvl qui je suis4 ,oui1 mon enfant1 je suis celui que je suis1 je suis celui qui sait1 qui sait1 et je suis celui qui parle astreint une mesure4 ,apprends donc de moi1 fils d'un temps o je serai compris et aim1 que de l'alpha l'omga tout ce pome1 ,couronne des deux ,testaments1 traite du prochain lever du ,soleil de la ,mmoire4 ,la connaissance de la substance primordiale sommeille en nous dans les tnbres de l'orgueil comme l'or sous le poids des montagnes4 ,ce que notre science avare et prive de son regard mdian et initial nous jette de sicle en sicle du dehors1 comme un os1 n'est qu'une obscure correspondance du magistre dont resplendit l'intrieur de notre sainte maison d'argile4 ,quelque chose subsiste en nous indubitablement du premier pre2 les gnrations procdent d'un ,mouvement unique1 et ce ,mouvement est de l'espace et du temps l'inaltrable matire4 ,que t'enseignait ,storge8 que l'immobilit n'est pas seulement une absence de mouvement1 mais encore une ngation de lieu 7par consquent d'espace1 de temps et de matire74 ,memoria ajoute3 ,tout ce qui est ,mouvement est sang4 ,le ,mouvement est ,un1 puisqu'il est l'espace et le temps saisis dans une matire2 la matire est donc ,une1 comme cela par quoi elle est matire1 et par quoi est-elle matire1 sinon par le ,mouvement8 ,or1 si la matire est unit1 dans quel ,mouvement autre que celui du sang en rechercherons-nous la ralit1 le lieu unique8 ,tout le secret de la ,manifestation rside dans la transmission par le sang1 fiat cleste1 d'un ,mouvement qui est identit de l'espace1 de la matire et du temps4 ,physiquement1 le cosmos court tout entier en nous3 mais si la mer primitive1 qui fut l'un de nos premiers habitats et dont la respiration rgle encore celle de notre cur1 se souvient1 nous1 nous avons oubli4 ,les racines de notre tre physique pntrent si avant dans la masse illusoire du globe1 qu'il est plus ais de prcher la vrit aux arbres et aux rocs que de faire saisir l'homme l'identit de la matire1 de l'espace et du temps dans le ,mouvement1 ou la ncessit de substituer au concept enfantin d'une ternit de succession divise en pass1 prsent et avenir1 celui d'une simultanit ou plutt instantanit1 dont la rotation une vitesse infinie serait l'imparfaite image4 ,ainsi donc1 notre sang perptue l'instant de la premire mission1 et toute la conscience du propulseur spirituel est encore en lui1 toujours prte se dvoiler progressivement aux intelligences qui1 avec l'arme magique de la prire1 ont reconquis le lieu absolu de l',affirmation4 ,tout le sang cosmique est encore dans l'lan de la premire jaculation2 mobile initial1 il nous enseigne situer toutes choses de l'espace dans le seul ,mouvement1 et toutes choses du temps dans la seule instantanit4 ,c'est l le secret des vieux ,matres et l'origine cleste de leur double concept de l'unit de la matire et de l'identit des deux mondes4 ,la transmutation une fois admise comme principe fondamental1 le progrs de mon uvre sur le leur devait se borner une simple extension1 car il ne me restait gure1 aprs ,bhme1 ,sendivogius et ,paracelse1 qu' identifier la matire avec le temps et l'espace et1 les ayant ainsi capts tous trois dans le ,mouvement1 chasser le ,mouvement lui-mme de son lieu 7lequel1 comme je l'ai appris depuis peu et le rvle ici1 est le sang7 pour faire retomber le tout dans l'immobile instantanit du ,soleil de la ,mmoire4 tranger aux mathmatiques1 en publiant ds janvier #aiag mon ptre ,storge1 je n'tais donc qu'un annonciateur mtaphysique de la thorie de la ,relativit gnralise1 dont j'ignorais cette poque le premier mot et en qui je saluai1 quelques annes plus tard1 moins une confirmation du rsultat de ma mditation de vingt annes sur la matire1 l'espace et le temps1 que l'aube d'une re nouvelle et merveilleuse de l'esprit4 ,il importe assez peu que je n'aie pas t compris de la misrable et goste pense contemporaine2 car1 pour dire le vrai1 je me plais si fort dans la solitude de mon promontoire1 et le ,soleil de la ,mmoire m'a fait connatre tant de richesse intrieure1 que je rougirais d'apercevoir autre chose dans ma dcouverte qu'un secret hermtique trs ancien hrit1 avec le mouvement du sang1 de mes anctres les souverains de la ,lusace4 ,interroge1 mon cher enfant1 ce sang qui1 ds la consistance et la couleur1 t'apparat d'une si cleste substance2 pntre dans sa coule spirituelle1 saisis-le dans sa tragique pulsation et viens m'apprendre si c'est la dmence ou la sagesse qui me dicte ici de dfendre sa gloire4 ,en lui tu retrouveras la chaleur et le jet de l'instantanit insondable2 il te dira de quelles fidlits et de quelles rvoltes il est la lice somptueuse2 il te rvlera ses mille poisons et son remde unique2 il t'expliquera la fminit de la ,manifestation1 et comment ve fut tire d',adam1 et pourquoi1 en s'abandonnant au rythme de l'mission premire1 toute prdisposition la cration intellectuelle non soutenue par l'oraison1 finit par rpudier l'acte procrateur4 ,il te dvoilera1 enfin1 le secret de l'universelle transmutation1 car il est l',alchimiste qui1 sous la robe de rubis1 dissimule le pain et le vin de la ,cne4 ,le soleil de notre mmoire n'est qu'obscurci et tout nous sera rendu avec le secret du sang dans la vertu d'une science ramene par la ,relativit et ses clestes origines4 ,car ce sang1 essence du ,mouvement et rythme universel1 est le contenant1 la fondation1 le lieu1 pour tout dire1 de la simultanit et de l'instantanit du temps1 de l'espace et de la matire4 ,que n'ai-je le pouvoir de t'introduire dans les chambres secrtes1 dans le gynce de la virginale ,cration6 ,hlas6 parler et crire1 que voil donc une misrable charit6 car ce n'est point communier1 ce n'est que proposer quelque sujet la mditation4 ,et la mditation elle-mme n'est qu'un effort anxieux et dbile de notre mmoire2 car le lieu secret entre tous est en nous1 et notre couronne est celle des trois royaumes4 ,voil pourquoi1 quand l'esprit de la terre me dicte3 subconscient1 moi dans le ,lieu seul situ j'cris3 ,soleil de la ,mmoire4 ,memoria1 je le rpte1 est la clef d'or de ,storge qui elle-mme est la porte que tu ouvriras toute grande aux effluences de paradis des temps nouveaux4 ,relis l'ptre gnreuse et tu connatras ce que renferme la mmoire de l'homme4 ,car1 mystiquement1 que dit ,storge8 ,moi qui n'ai jamais pu voir tomber de ma main un caillou ramass sur la route sans que quelque chose en moi de secret se dchire comme pour une division de curs1 j'ai la premire1 moi ,storge1 compris ceci3 que la sainte pierre du chemin est de l'espace1 du temps et du ,mouvement l'indivisible et insondable unit4 ,car matire1 espace1 temps et mouvement sont tombs du ,lieu situ en une seule pierre de tmoignage4 ,c'est l1 comprends-le bien1 le fondamental arcane2 cause que toute ralit initiale demande l'humilit d'un corps et l'preuve d'une vie1 et cela pour l'adoration2 car dans l'acte d'adoration rside la fin de toutes choses4 ,tel est l'esprit cleste du ,mouvement1 maison du temps1 de la matire et de l'espace4 ,et qu'ajoute ce discours le confident de ,storge qui te parle8 ceci simplement3 ,ce ,mouvement1 ce vent qui vers le ,lieu chasse les systmes non situs1 ce ,mouvement est en nous1 il est notre sang4 ,maintenant1 mon enfant1 prends bien garde ce qui va suivre4 ,quand tu possdes une chose1 est-ce bien la chose que tu possdes ou seulement l'affirmation intrieure par laquelle tu te donnes toi-mme comme possesseur8 ,or1 ton sang1 que tu possdes dans l'instantanit comme jamais poux ne possda pouse1 mon enfant1 ton sang qui est ,mouvement primordial1 espace1 temps1 matire1 ton sang et son secret1 tu as cess de les possder en esprit4 ,l'initiale possession par la simultanit est l2 mais quel secours en attendre1 sans l'hroque ,affirmation8 ,la folie de l'orgueil1 c'est d'lever le moindre butin par-dessus toute donation2 et1 lors mme que la libralit est avoue1 de l'attribuer l'inconnu plutt qu'au pre4 coute1 mon enfant1 je ne me lasserai point de le redire3 tout l'univers court en toi1 clairant de son aurole admirable la tte de l'omniprsent4 ,ton sang1 ton sang est comme l'eau primordiale2 il se souvient dans l'obissance1 il opre dans l'amour4 ,nourris donc du bl de l'affirmation ton sang1 mon fils2 ne le sustente pas uniquement des fruits de ton verger tout cres de la sueur de ton front4 ,qu'as-tu fait1 mais qu'as-tu donc fait1 mon enfant1 pour oublier cela dont se souvient ton sang1 cleste clepsydre8 ,approche1 ouvre-moi du moins ta conscience1 afin que je transmue en or le plomb de ton humilit4 ,et puisque nous avons nomm l',aliment1 prononce voix haute avec moi ces mots que je te prescris3 ,soyez bnis1 ,vous ,pain et ,vin1 enfants de la terre et du ciel1 qui aprs chaque repas que je fais1 moi voyageur1 en cette auberge1 me jetez dans une sainte et fconde exaltation4 ,soyez bnis1 ,pain1 ,vin1 en l'unit de ce sang1 de ce ,mouvement et de cet espace1 dans les sicles des sicles4 ,amen4 ,mais je ne sais pas si tu m'as bien compris4 ,ton sang1 ton sang1 te dis-je1 est le fiat qui1 avant mme l'closion cosmique1 reut la premire impression de ,mouvement1 seule fin de revtir d'un contenant physique1 partant1 d'une simple apparence de lieu1 le concept indivis matire-espace-temps1 lequel est l'homme lui-mme1 dans la perfection de son humilit4 ,cette belle humilit solaire ayant t obscurcie par l'haleine volcanique de l'orgueil1 comment1 me diras-tu1 mon enfant1 comprendre que ce sang de la ccit ait souci encore de dcrire travers l'immense inutilit des choses1 ses deux admirables cercles1 le grand et le petit8 ,mais c'est l1 prcisment1 mon fils1 ce que les hommes qui ont cr ,dieu et l',univers appellent instinct et instinct de conservation1 et que nous1 dans le ,lieu seul situ1 nous connaissons comme ,soleil de la ,mmoire4 ,car ce sang cosmique1 ce fiat mouvement-espace-temps-matire1 n'est rien autre chose que l'empreinte d'un ,lieu qui1 n'existant pas uniquement dans le rapport de ,a ,b1 mais par sa ralit propre dans notre pouvoir d'affirmation1 est1 de tous les lieux circonscrits par une relation1 le gniteur et l'unique repre4 ,comprends-tu1 sens-tu prsent jusqu' quel point vous vous tes l'un l'autre1 le sang et toi1 devenus trangers8 eh bien1 je vais te le dire avec tout le mnagement possible4 ,passe encore que ton sang propre1 matre de ton secret le plus profond1 anxieusement voyage dans les tnbres froces2 mais1 lors mme que celui de l'pouse aime de fureur sainte t'emporte en son lysen torrent1 tu te sens comme l'aveugle qui1 traversant le pont1 ne peroit de la rivire que l'odeur et la respiration4 ,car ton amour ne recueille de la mystique effusion que le tmoignage extrieur1 lequel embrasse certaines manifestations allant du toucher1 qui est illusion1 la parole qui est mensonge2 tandis que l'union parfaite1 l'alchimique fusion dont l'enfant lui-mme n'est que la signature phmre et sensible1 s'opre l'abri de ton il mdian revtu de la taie nocturne de l'orgueil1 meurtrier de toute durabilit4 ,trs certainement vous sortirez de ce monde de pierres altres1 l'pouse et toi1 comme vous y tes entrs1 dans la ,sparation1 et sans avoir t jamais accord de harpe2 tristesse et impuret pour le ,couple des ,jardins2 et vos propres yeux1 des talons au sommet du crne1 rouges sexes saisis par le frisson des portes secrtes1 rongs par le dlice de cette fausse fidlit mentale qui1 jusque dans le sacrement vid de sa lumire1 vient allumer et tordre la bte de la trahison4 ,toutefois1 si tu es pre1 bnis la cration1 car l'pouse encore vierge a peut-tre aim en toi son enfant4 ,je te rvle ici un secret pouvantable1 mais tu es habitant du solaire ,avenir1 un sicle de ,relativit s'est coul dj et le rgne de l'esprit nouveau commence4 ,au demeurant1 est-il beaut plus tourmentante que celle de l'ange qui trouble les eaux8 ,du mariage indestructible nat le mouvement vers le lieu situ1 ,magnum ,compositum1 dont la vertu active s'agite encore au milieu des terreurs de la spirituelle clipse2 et la preuve en est dans le secours prt une impure science par les contre-poisons tirs du sang1 rayons furtifs tout ensemble souvenirs et avant-coureurs de la spirituelle ,magnificence4 ,le feu d'omniscience couve pareillement dans le sang animal1 dans la sve nourricire de nos surs les plantes et1 en gnral1 dans les trois substances de la somme terrestre entrane dans notre dchance4 ,imagine donc lev l',astre de ,mmoire1 rayonnant terrible mais aussi tout doux d'un or comme fminin--ah6 comme nous courons1 toi et moi1 saluer dans leur saint langage le lzard1 la pierre et l'ortie6 ,tel est1 mon enfant1 l',arcane fondamental2 mais1 pour apaiser ton cur1 je vais te redire les mmes choses en douces images4 ,le ,mouvement1 le ,sang1--l',amour1 puisque enfin il le faut nommer--ne voyage point comme le regard en droite ligne de crature crature4 ,il dcrit une merveilleuse courbe sur un chemin d'arc-en-ciel1 et1 jaillissant d'un cur pour retomber dans un cur1 il traverse tout le grand cur balsamique du ,matre1 ses pieds de lumire sur les perce-neige de la paradisiaque fracheur4 ,l'amour des poux1 mon pauvre enfant1 est le fruit de la greffe de deux prires4 ,mais ne t'ai-je pas parl de la fminit de la ,manifestation8 et toi-mme1 as-tu pu demeurer insensible au charme de cette ,eau jonche de milliards de nymphas stellaires8 ,mon fils1 mon fils6 ,sur cette terre gare o la pierre attend avec une sainte patience que tu lui dises qu'elle vit1 mais o ,adam finit par se dsenchanter de tout1 mme du pouvoir de n'tre qu'un avec ,dieu1 mon enfant1 mon enfant1 n'as-tu jamais entendu rsonner en toi l'heure parfaite de l'univers8 coute1 j'voque des jours trs anciens2 la matire1 l'espace et le temps taient encore comme les les parses d'une mer mesure1 toutes les galres d'or du firmament taient encore l'ancre dans l'antique port de l'immobilit1 la pense de l'homme nageait paisiblement dans la transparence sans se demander o tait situe cette eau universelle1 et les sages se dtachaient dj de ,dieu1 mais avec un sourire1 cause que1 ,dieu disparu1 il restait encore un ,lieu et une ,scurit1 mon enfant1 mon enfant1 j'voque des jours trs anciens1 et cependant l'effroi de la ralit me ressaisit6 ,c'tait une nuit brlante du second quinoxe1 et j'tais seul dans le silence de la lumire totale du monde2 car ,renaissance1 mon pouse1 dormait aux pieds du trne sur les terrasses suspendues entre les deux roses immenses1 celle d'en haut et celle d'en bas1 la stellaire et la terrestre4 ,et comme je contemplais la ,dormeuse enveloppe dans le feu de la nuit1 elle m'apparut1 travers la distance du sommeil1 lointaine comme une constellation4 ,et cependant1 je la sentais en moi1 plus doucement et plus terriblement en moi que jamais4 ,elle descendait1 avec le rayon d'un soleil depuis longtemps disparu1 dans les profondeurs les plus silencieuses de ma vie1 dans cet abme o souvenance et pressentiment ne sont qu'un4 ,et soudain1 je la sentis tout fait intrieure et mienne1 et comme transmue en une beaut d'univers4 ,quelle compassion alors me saisit la vue de tout ce cosmos en bas6 ,je perdis jusqu' la notion de la chose extrieure2 amour redevenu charit1 je sentais mon propre sang courir travers toute la cration1 et la manifestation de l',etre m'apparaissait dans sa forme et sa lumire fminines4 ,ainsi me fut dvoil l',arcane ,conjugal4 ,et alors1 dans l'immense ,instantanit1 le ,feu admirable me couronna1 le ,soleil de la ,mmoire1 porte du ,lieu seul situ1 tombeau des ,nombres1 palais des rencontres secrtes avec moi-mme4 ,mon enfant1 relis l'ptre ,storge4 ,et souviens-toi qu'il faut chrir les tres et les choses3 car tout cela1 depuis la pierre jusqu' ,christ1 et depuis ,christ jusqu'au ,pre1 tout cela1 c'est ton sang4 ,soleil ou atome1 tout mouvement est vie et amour1 cration d'espace-temps-matire4 ,ce ne sont point l graines lances par une main de semeur6 ,il n'y a que du sang1 du sang qui court de son mouvement propre6 ,,iii ,,nombres 444 ,soleil de la ,mmoire1 porte du lieu seul situ tombeau des ,nombres444 ,memoria4 ,le sang est l'talon des valeurs mtaphysiques4 ,l'espace1 le temps et la matire te sont donns dans l'instantanit non pas seulement de la connaissance1 mais mme de la simple constatation1 par l'universel ,mouvement1 lequel est fiat1 c'est--dire projection de ton sang hors du ,lieu4 ,ce sang1 ce cosmos1 ouvrier de ta chair1 mobile unique et parfait1 est une somme des nergies manifestes4 ,tout lumineux et fumant encore de la teinture de son soleil1 attache pareillement l'or curatif qu'il charrie1 il nous offre coup sr une image vivante de l',unit originelle figure dans le pectoral par le rubis4 ,toutefois1 dans l'ordre physique1 il est l'acte mme du ddoublement1 et il lui faut dj1 comme au ,christ1 deux yeux pour se voir1 alors que la vue mnmonique en se dirigeant vers le ,lieu1 n'met qu'un seul rayon4 ,le sang est donc la personne seconde2 et si tu m'as suivi attentivement travers les dductions de l'ptre ,storge et de ,memoria1 tu dois avoir dj saisi la porte scientifique de la parole du ,matre3 voici ma chair1 voici mon sang1 et de la doctrine hermtique de l'identit des deux sphres1 car ce que nous nommons vie et esprit n'est que la transmutation1 dans l'instantanit1 du macrocosme en microcosme1 du pain et du vin en sang4 ,ton mouvement intrieur est ,verbe et se nourrit du ,verbe dans l'instantanit du fiat4 ,ce que tu manges est toi-mme1 comme te l'a montr le divin ,hohenheim4 ,et ce mouvement intrieur est galement ,lux1 conscience totale1 soleil de la ,mmoire4 ,fiat est donc sang1 et dans son giclement hors du ,lieu1 il entrane irrsistiblement le deuxime terme1 lequel est ,lux3 et c'est l la solaire connaissance que vint obscurcir le moment o l'homme1 renonant se reconnatre dans le ,lieu seul dtermin de l',instantanit1 s'prit du phantasme d'une ternit passe et future1 et inventa de multiplier et de diviser l'infini par l'infini1 dans le fol espoir de situer par ses propres moyens l'infinitude des points cosmiques abms dans la relativit4 ,mais j'ai dj puis cet arcane dans l'ptre ,storge1 vangile de la connaissance nouvelle2 et je n'ai nulle envie de m'appesantir sur ces objets1 cause que les seuls lecteurs que j'aie en vue1 mes fils spirituels dans les sicles venir1 m'entendront demi-mot1 guids qu'ils seront dans l'tude de mon uvre par les confirmations mathmatiques d',einstein4 ,la chute d',adam et la confusion des langues ne sont que les symboles de la division en espace1 temps1 mouvement et matire1 de l'unit enclose primitivement avec sa conscience dans le sang4 ,la consquence en fut que l'homme perdit la notion du mouvement intrieur et unique1 et que sa pense1 mme aprs ,harvey et jusqu' ce jour1 demeura une simple constatation de l'infinitude non situe des mouvements extrieurs4 ,cela est si vrai1 que le ,rdempteur n'eut point d'autre objet que de reconstituer l'glise1 par quoi il faut entendre le concept de la ,cration1 dans son unit1 en la fondant sur une seule pierre1 laquelle1 comme je l'ai montr dans ,memoria1 est le sang qui1 en jaillissant du ,lieu1 devient espace-temps2 car sang et pierre ou sang et cosmos sont une seule et mme chose1 et telle est la raison qui nous fait rechercher la pierre sacre en nous-mmes4 ,le sang1 avons-nous dit1 est ,verbe1 fiat2 son mouvement universel et unique est un jaillissement dans l'instantanit1 et ce n'est que par la division l'infini de l'unit1 qu'il nous fut donn de le concevoir comme une circulation dans le temps4 ,la source du sang est dans l'indivisible unit1 seul alpha qui n'appelle point de bta en vue d'une dtermination4 ,le sang est donc1 par la vertu de l'instantanit1 l'unit insondable elle-mme2 toutefois1 en tant que manifestation1 il est dj unit divisible1 signe vivant du nombre deux1 et1 par l1 gniteur de l'infinitude des points non-situs4 ,car si matire possde une ralit relative1 ce ne peut tre que celle du nombre1 qui en est en quelque sorte le corps2 et ce nombre ici est deux4 ,issus de l',unit1 ,lieu de misricorde o nous jouissions du spectacle de l'instantanit1 nous voici dj dans le monde triparti2 car le sang1 mouvement premier et unique1 uni au nombre deux comme l'ombre au corps1 nous donne simultanment la matire1 l'espace et le temps4 ,et dans ta pense humaine1 qui n'est que constatation et amour de ce mouvement1 tu reconnais le nombre quatre4 ,oui1 mon enfant1 la pense humaine n'est rien autre chose que l'impression du nombre quatre dans la constatation et l'amour de la trinit espace-temps-matire enclose dans l'unit du ,mouvement4 ,mais ici encore1 je me vois contraint de te renvoyer la divine ptre4 ,parvenus au nombre quatre1 nous retombons dans l'unit2 car ce quatrime terme est tout entier dans ton sang1 qui est ,manifestation2 et par cette voie nous est donn le pentagramme1 mais dans sa forme ensemble la plus haute et la plus profonde3 nous l'appellerons pentagramme universel1 car il est le signe de la transmutation en sang du ,pain et du ,vin du grand monde1 et comme le chemin de la descente du ,pre dans l'humain4 ,le nombre six sera donn par la rconciliation dans l'homme du sang et de la conscience1 et figur par le lever du ,soleil de la ,mmoire4 ,le jour septime1 le plus admirable de tous1 sera celui de l'accomplissement dans l'adoration4 ,sache1 mon enfant1 que ce qui vient de t'tre rvl ici est le secret rapport d'gypte par ,pythagore1 mais revtu pour la premire fois de sa substance vive4 ,je ne m'occuperai pas des trois nombres restants1 trinit cleste1 grand arcane de l'espace-temps-matire donns non plus par le mouvement1 mais par l'immobilit2 ces objets1 de mme que l',unit qui les renferme1 tant inaccessibles notre raison4 ,il n'appartient qu' la toute-puissance de l',oraison ,dominicale et de la ,salutation ,anglique d'tendre jusqu'aux parterres du joyeux ,jardin la domination de notre vue mdiane4 ,au surplus1 s'il me plat ici d'associer aux nombres dsuets mes jeunes vrits1 d'enfermer mon vin nouveau dans de vieilles outres1 de relier l'avenir1 ce mot vide de sens1 au pass1 cet cho trompeur du cri de notre naissance1 ne va pas en infrer1 mon enfant1 que je divague sous l'empire d'une antique superstition4 ,je n'ai aucun respect pour le ,nombre4 ,si je lui reconnais quelque apparence de vertu1 ce n'est prcisment que dans le domaine religieux1 et l encore1 avec quelles restrictions6 ,car pour ce qui est du nombre mathmatique1 ftiche de mes barbares contemporains1 je l'ai depuis longtemps dlog de son lieu imaginaire4 ,certes1 en lui donnant pour ombre la matire1 je l'ai lev1 en ce qui concerne la substantialit1 au-dessus de l'univers sensible4 ,cependant1 o disparat l'ombre1 l'objet lui-mme s'efface2 et l'objet a beau ici tre le nombre1 il n'en est pas plus apte survivre la matire4 ,car enfin1 qu'est-ce que le nombre1 sinon l'aune mentale avec quoi nous mesurons la figure1 elle-mme forme pure du lieu8 ou bien encore expression du rapport de figure figure1 ou de partie partie1 mais toujours selon l'ordre de situation4 ,storge l'omnisciente n'a-t-elle pas ramen la ,pense une ncessit fondamentale et trs simple de situer toutes choses8 ,les sages d',isral1 ces fils de l'gypte1 n'ont-ils pas enferm leurs quatre mondes dans les lettres d'un alphabet numral1 et le monde idal dans un signe de ponctuation1 le ,yod8 ,voil pourquoi il t'est libre peut-tre d'affirmer que #c #b #e1 et que par consquent #e #c #b4 ,mais que si tu t'aventurais jusqu' dfinir cinq comme gal cinq1 mtaphysiquement ton affirmation serait pure dmence4 ,a cause qu'en agissant ainsi tu tracerais dans un lieu absolu une figure qui ne tire son tre que de sa relation la figure prochaine3 or1 celle-ci emprunte galement sa ralit celle du lieu1 que celui-ci soit terre1 ciel ou cerveau2 et la ralit du lieu1 ainsi que nous l'a fait voir ,storge1 est purement relative1 tant tout entire situe dans le rapport de ,a ,b4 ,le nombre n'est que la mesure de la ligne de mouvement ou le signe du rapport entre deux lignes mobiles2 et c'est ce rapport qui renferme le total de notre ralit sensible4 ,le nombre n'est donc pas le repre invulnrable de l'infinitude des lignes de force4 ,il est cette infinitude mme2 avec elle il cherche son immobilit1 sa dlivrance4 ,il l'accompagne1 li son char aux milliards de roues1 dans sa poursuite vertigineuse du ,lieu4 ,bref1 le nombre n'est mme pas une expression stable de la relativit1 il est cette relativit mme1 que dis-je1 il est la dmonstration de cette relativit4 ,le vrai nom du nombre mathmatique pourrait tre ,mea ,culpa4 ,car il se frappe la poitrine la manire des pnitents3 c'est moi qui suis le nombre1 la splendide expression du ,rien4 ,du ,rien innombrable1 universel1 roi sans terre dont toute la puissance rside dans une pouvante insondable1 illimite4 ,il se frappe les ctes au sein d'un vain mirage d'ternit et d'infini1 et les bents des poques de matrialisme comptent les coups et exultent de multiplier les mondes et de se multiplier eux-mmes dans une scurit si belle et si commodment tablie en son lieu4 ,peu importe qu'au nombre trois1 choisi au hasard dans le phantasme de l'infinit1 je donne pour vtement1 ou plutt pour ombre1 la matire cosmique1 ou celle d'une fleur1 ou celle encore de la terre2 ni les trois constellations1 ni les trois gloxinia1 ni les trois grains de sable ne rencontreront jamais1 dans leur mouvement1 d'autre lieu que le rapport de ce mouvement un autre4 ,il n'est que logique1 par consquent1 d'affirmer que ce n'est point dans la reprsentation d'un ,copernic ou d'un ,einstein1 mais bien plutt dans la vision d'un zchiel que le nombre atteint la misrable somme de sa ralit4 ,car dans ce lieu de lumire1 qui lui-mme encore n'est situ que dans sa relation l'insondable unit1 la division premire est du moins provoque par le ,mouvement initial1 lequel est jaillissement du sang hors du lieu seul rel de l'instantanit4 ,et le rsultat de cette division nous donne un nombre dont les trois lments3 espace1 temps1 matire1 enferms dans l'unit ,mouvement1 sont la correspondance directe des nombres suprieurs1 complment du septenaire cosmique1 savoir1 la ,trinit cleste ,espace1 ,temps1 ,substance1 dont le contenant n'est plus l'unit du ,mouvement1 mais celle de l'immobilit dans l'instantanit1 que nous avons essay de rendre sensible dans l'image d'une rotation vitesse infinie4 ,il serait d'ailleurs superflu de souligner ce qui subsiste encore d'humain et de sensoriel dans cette conception d'une trinit ,espace-,temps-,substance enclose dans l'unit immobile et indivisible4 ,ce n'est l1 videmment1 qu'une misrable figure1 quelque chose de fort semblable au fameux hyperespace trac autour de la sphre de notre espace solide rcemment enrichi par les mathmatiques d'une quatrime dimension et dfini1 depuis #aiaf1 dans l'ptre ,storge1 comme mtaphysiquement insparable du temps et de la matire dans le ,mouvement4 ,en nous1 l'intelligence de l'unit et de l'instantanit dort son sommeil d'clipse4 ,le sang1 mouvement primordial1 jaillissement dans l'instant universel1 voyage dans les tnbres1 mais non pas dans le froid4 ,la chaleur du ,soleil de la ,mmoire subsiste2 la lumire seule est absente4 ,encore la densit de cette nuit intrieure n'est-elle pas si impntrable qu'un rayon furtif ne s'y puisse frayer un chemin jusqu' l'il mdian2 car si tel tait le cas1 nous ne connatrions ni la pseudo-intuition du gnie1 ni l'illumination des mystiques1 ni l'admirable sagesse des enfants1 confidents primitifs des animaux1 des plantes et des pierres4 ,et l'mission mme de la semence1 ce dbile reflet du jaillissement initial dans l'instantanit1 s'accomplirait dans une insensibilit complte et au sein d'un dcor crbral plus infme encore et plus barbare4 ,mais si le souvenir de l'unit est quasi teint 7ce que la ,bible figure par le pch d',adam1 l'exil du paradis1 la confusion des langues et les esclavages d'gypte et de ,babylone71 celui du premier nombre divisible1 reprsent par le sang lui-mme1 a conserv presque intacte sa fracheur1 et c'est par quoi devint possible le prsent miracle de la substitution d'une vision directe et une du ,mouvement au concept triparti espace-temps-matire4 ,il serait mme permis d'avancer que l'oblitration1 dans la conscience cosmique1 du concept de l'unit originelle1 oblitration invitablement suivie d'un assujettissement de l'esprit la premire quantit divisible1 matrice des nombres deux et trois1 a suscit1 en mme temps que la reprsentation tripartie du ,mouvement1 la formation duplicative du langage1 telle que nous la constatons chez le sauvage et chez l'enfant4 ,que ne suis-je en possession1 dans cet acte ingrat d'crire1 de l'idiome que j'entendis rsonner dans mon logis au retour d'un saint plerinage1 et qui sommeille dans ce sang mlancolique et pais o la seule oraison libre les fontaines de soleil6 ,quelque misrable que soit cependant mon langage1 accueille avec amour1 mon fils1 ,affirmateur1 les quelques rares vrits qu'il te transmet travers les ges4 ,car je me suis ouvert toi dans un grand saisissement1 comme lorsque touch par l'amour un ge dclinant1 on se sent fondre tout coup1 tte et cur1 en irrsistible tendresse3 et autour de vous1 un vent des plus beaux jours passs court sur la jeune tristesse des fleurs4 ,et pouvais-je1 dis-moi1 te parler autrement que comme un pre lui-mme ternellement enfant dans la divine instantanit du monde8 ,reconnais le serviteur du ,matre1 toi qui depuis les jours d',adam consumes ta vie troubler les eaux de ta mmoire d'une sonde qui jamais n'en atteint le fond4 ,ta vue s'arrtait la fentre mure d'astres2 je t'ai touch le front entre les sourcils4 ,tu sais maintenant quel spectacle se dploie derrire la cloison blouie de ta ccit4 ,ton corps tait immobile et insensible3 je t'ai rendu le ,mouvement et te voici espace1 temps1 matire4 ,tu tais comme spar du monde extrieur1 ne le saisissant que dans le nombre3 j'ai eu piti de toi1 mon enfant1 j'ai agi envers toi selon la coutume des ,matres2 j'ai substitu aux nombres des objets4 ,et maintenant1 ,hros par la pense et la science1 avec moi prends ton essor vers l',unit1 car je t'ai rendu les deux ,oraisons--tes ailes4 ,,iv ,,turba ,,magna ,il l'accompagne1 li son char aux milliards de roues1 dans sa poursuite vertigineuse du ,lieu4 ,nombres4 ,le mouvement est antrieur la chose qui se meut4 ,le mouvement1 matire-espace-temps1 est dj la chose4 ,et cependant1 il est antrieur la chose4 ,c'est l l'assise nouvelle de toute la mtaphysique de demain4 ,l'espace-temps n'est pas le lieu du mouvement2 il en est la cration1 la matire4 ,nous ne connaissons pas d'autre matire que l'espace et le temps4 ,l'univers est depuis alpha jusqu' omga matire4 ,il l'est1 non pas en opposition l'esprit--misrable concept humain--mais bien par cela qu'il est lui-mme pense1 c'est--dire mouvement4 ,les lments de la pense1 quels sont-ils8 espace1 temps et matire4 ,cet espace1 ce temps et cette matire1 o les trouvons-nous8 dans le mouvement4 ,quelque chose se meut1 donc quelque chose pense2 donc je suis4 ,nous voil loin de ,descartes4 ,reconnaissons cependant que le clair ,descartes tait bien prs du vrai1 de mme que le grand ,pascal avec son point anim d'une vitesse infinie4 ,honneur la ,france1 pays de cristal1 patrie de la pure raison6 ,quelque chose se meut1 donc quelque chose pense1 donc je suis4 ,eh bien non1 ce n'est pas cela encore4 ,ce quelque chose nous arrive trop tt4 ,le mouvement est avant la chose4 ,c'est grce au seul mouvement que la chose est4 ,car la chose est espace et temps donns par le mouvement4 ,avant la chose1 il y a donc le mouvement4 ,mais avant la chose il n'y a rien2 et cependant le mouvement1 qui est matire1 espace et temps1 est dj la chose4 ,et il faut entendre qu'il l'est par antriorit1 donc1 pour ainsi dire1 en soi4 ,quelque effort toutefois que nous fassions1 vers de terre que nous sommes1 cette antriorit du mouvement demeure1 dans notre reprsentation1 contemporaine du ,rien4 ,avant la chose il existe donc une simultanit1 une instantanit plutt de l'tre et du non-tre1 du rien et du mouvement qui est dj la chose4 ,nous arrivons de la sorte1 grce la dcouverte d'une mthode physique ignore avant notre ptre et sur jumelle de la ,relativit gnralise1 la connaissance d'un tat primordial de la chose1 d'un tat antrieur la sparation du ,oui d'avec le ,non4 ,la reconstitution mcanique1 au moyen de notre ,novum ,organum--seul digne de ce nom--de cet tat initial obscurment entrevu par ,kant dans ses antinomies1 vient confirmer l'exactitude de la touchante thorie1 expose par ,lessing dans son ducation du genre humain et d'aprs laquelle toute connaissance rvle finit par s'imposer scientifiquement une fois parcouru le cercle prescrit de son volution1 ,dois-je ajouter que la vrit que j'apporte ici est vieille comme le monde et que seule est nouvelle la voie par laquelle j'y suis parvenu8 ,n'as-tu pas dj salu dans mon ,mouvement1 que j'identifie avec le ,sang et qui est ensemble prexistence et coexistence dans l'instantanit1 ,hesed1 amour constructeur du monde1 et le dsir lumineux dans le ,rien de ,jacob ,bhme1 et aussi ce merveilleux acte que ,gthe1 dans la premire partie de ,faust1 substitue magistralement au ,verbe8 ,le mouvement1 unit de l'espace-temps-matire1 est donc la chose2 et cependant1 en raison de son antriorit1 il coexiste avec le ,rien dans le cadre de l'instantanit4 ,car1 depuis l'obscurcissement du ,soleil de la ,mmoire1 l'homme n'est plus que l'enregistreur d'un mouvement qu'il coupe automatiquement en trois tronons1 pass1 prsent et avenir1 et ce pass1 ce prsent et cet avenir servent en quelque sorte d'alphabet en relief sa pense d'aveugle1 de dispositif et de rail son rigide langage1 et de canal la circulation de son sang dans le monde triparti et non-situ de l'espace1 du temps et de la matire4 ,dans la ,ralit1 l'acte s'accomplit d'une tout autre manire3 l1 tout ce qui fut1 tout ce qui est et tout ce qui sera arrive au mme instant unique4 ,voil pourquoi l'antriorit inconcevable1 absurde du mouvement1 trouve une confirmation dans les nouveaux rapports tablis par la ,relativit gnralise entre l'espace-temps-matire et les champs de gravitation4 ,le mouvement cesse et tout contenant s'vanouit4 ,le mouvement est son propre lieu 7relatif72 qu'il s'agisse d'hier1 d'aujourd'hui ou de demain1 ce que nous appelons notre pense retombe toujours dans la mme prexistence du mouvement en coexistence avec la chose dans le ,rien4 ,et ce ,rien lui-mme1 contemporain du ,mouvement dans l'instantanit1 n'offre qu'une pauvre nourriture notre faim d'immobilit1 comble qu'il nous apparat par avance du fait de sa coexistence avec le mouvement1 c'est--dire la chose4 ,la dernire cime accessible est dj sous nos pieds1 et qu'apercevons-nous d'autre que notre propre mouvement8 ,contemple1 contemple1 mon enfant1 ce sang cosmique qui est le tien3 ternellement il se donne la chasse soi-mme1 attir qu'il est par l'appt du ,lieu2 mais son antriorit court plus vite que lui4 ,il n'y a partout que dsespoir et abme6 ,car si un point ,a trouve dans l'infinitude des descriptibles de l'ptre une apparence de situation dans son rapport au point ,b1 c'est cause seulement qu'il est mouvement1 tout de mme que ,b4 ,et c'est uniquement parce que les choses sont mouvement qu'il existe en nous une ide de diversit3 le soleil est un certain mouvement que nous appelons soleil1 et le cur est un autre mouvement que nous appelons cur2 il en est de mme de l'herbe1 du nuage1 de l'or1 de l'excrment et de la femme1 bref1 de toute chose tombant sous le sens1 que celui-ci soit physique ou mental3 car c'est pareillement la seule fluence du sang qui dtermine chez l'animal dou ou non de langage les divers caractres de race ou d'individualit4 ,chasser le plomb vers l'or ou l',adam vers le ,christ1 qu'est-ce donc1 sinon capter et poser en son lieu1 par le moyen d'une science propitiatoire1 un mouvement qui circonscrit la chose tout en demeurant lui-mme non-situ8 ,le ,grand ,art est de toutes les activits humaines1 la seule raisonnable et naturelle4 ,son corps voyage avec la science1 sans que toutefois son esprit s'loigne de la belle demeure aux solides fondations du ,pre et de la ,mre4 ,il se meut comme la ,balance dont le but ternel est l',immobilit4 ,les deux plateaux1 ,amour et ,vrit1 sont suspendus la main du ,seigneur notre ,justice4 ,cette humble et obissante toute-puissance1 nous l'avons perdue en abandonnant la terre ferme de l'adoration pour le mirage d'une infinitude de points mobiles qui1 loin d'tre la matire1 ne sont que le langage de l'anatomie descriptive de l'univers4 ,mon enfant6 il n'y a que dsespoir et abme4 ,mais dans ce dsespoir1 quel hrosme1 et dans cet abme1 quelle affirmation6 ,ai-je besoin d'ajouter que l'poque qui me voit souffrir comme jamais n'a souffert cur mortel1 est la plus sotte et la plus vile de toutes1 poque de mouvement qu'elle est dans tous les domaines1 amour1 art1 science1 politique8 ,je ne veux pas m'tendre sur un sujet si peu fait pour moi1 si indigne de mon caractre et de mon gnie4 ,et pourtant1 j'aime et j'admire mon poque1 et je remercie mon ,matre de m'y avoir jet3 car surabondance de mouvement est putrfaction et source de vie nouvelle4 ,j'ai crit ces pages pour toi seul1 mon fils dans un lointain avenir4 ,ars ,magna est une ,pyramide large sa base et qui va se rtrcissant4 ,j'ai donn mon ,grand'uvre le moins d'tendue et le plus de poids possible1 sans chercher me faire entendre de l'lite agite de ces sicles de ,turba1 donc de putrfaction3 car nos grandes guerres politiques et sociales sont les terribles charrues1 notre conception de l'amour est le fumier et notre science la graine amollie que le soleil du renouveau n'a pas encore fait germer4 ,o ,mouvement1 ,sang jailli dans le ,fiat divin1 quand je t'ai maudit1 j'tais moi-mme un battement du cur du ,matre6 ,maintenant1 mes pieds nouveau solidement s'appuient sur la terre ma mre4 ,je veux vivre1 vivre et agir pour les hommes1 mes ennemis4 ,rveille-toi1 ,cosmos1 rpands-toi travers les milliards de voies lactes tes veines1 ,sang magique jailli du cur du ,matre6 ,o vie1 sainte vie1 apparais1 immense et splendide1 dans la profondeur de l'ombre4 ,heure bnie6 le jour de la terre1 brutal comme l'homme et menteur comme la femme1 ferme sa vue d'ocans et de mers1 et le regard de la sagesse tombe d'une myriade d'yeux sur mon me dore4 ,ma vrit nocturne se rveille2 je suis libre1 libre6 ,je ne suis plus un lche crateur d'illusions2 je ne me donne plus la comdie de purifier la chose terrestre que j'aime par faiblesse4 ,je suis libre6 ,c'est comme si j'tais mort4 ,salut1 univers1 mon amour6 ,v ,,lumen #a4 ,quoi1 mon fils heureux6 tu as aim de folie et compassion une femme ne comme toi de l'argile anxieuse1 et tu me dis que tu n'entends rien mon langage8 #b4 ,viens1 le sacrifice de la nuit s'allume au-dessus de nos ttes4 ,de moi toi l'antique souffrance se fera comprendre de l'antique souffrance4 #c4 ,par del le ,rien1 objet du suprme dsir1 celui-l qui est moins que rien1 tant antrieur l'antriorit du ,mouvement2 celui-l qui est le plus tranger1 le plus inconnu parmi les objets extrieurs1 mais qui est intrieur aussi1 terriblement4 #d4 ,celui-l frappe la pierre espace-temps tombe du ,lieu et en tire ces grandes tincelles pour clairer la face de vierge et de mre de son amour4 #e4 ,un de ces brandons souffls par l'incendie de l'univers1 le soleil jouet de nos jours1 vient de s'envoler si loin dans le nant du ciel1 que tu ne l'aperois plus4 ,la fort et ses oiseaux sont un mme nuage de sommeil4 #f4 ,que savons-nous encore de celui-l qui est moins que le ,rien de ton plus haut dsir8 ,ceci1 mon fils3 qu'il a souffl pareillement l'origine des choses--entends par l ta vraie naissance4 #g4 ,un luminaire amant de ta pense1 laquelle est ,sang1 brlant mariage du feu et de l'eau et leur fluence1 partant espace et dure4 #h4 ,et une affirmation qui est le fond de ton vertige clame en toi depuis l'ternit de ta ,mmoire que le soleil diurnal qui est pourtant ton pain n'est qu'une pauvre allgorie4 #i4 ,et que la dernire vrit solaire est en nous1 barde comme ,raphal de lumire immobile1 donc seule situe4 #aj4 ,quand de la plante des pieds la frisure du poil follet tout ton tre frmit du son3 ,oui6 alors le lieu fixe du cosmos merge des eaux courantes de la pense4 #aa4 ,quel lieu de magnificence c'est l1 mon enfant6 ,le feu et l'eau s'y copulent et fondent en une immobilit d'or3 alors tout est instantanit1 totale ,mmoire6 #ab4 ,et quelqu'un crie en nous--mais briser l'espace3--,moi6 ,et ce ,moi n'est plus notre orgueil loqueteux1 mais l',etre premier et un1 cur immobile de ,lumen4 ,et ce ,moi1 on ne sait plus s'il s'abme en nous ou s'il nous aspire4 #ac4 ,alors les noires glandes venin de la vie se vident dans nos mains et le billement de la tombe s'achve en hilarit4 #ad4 ,jette la vue autour de toi1 mon enfant4 ,comme tout est bon et simple4 ,tout cela1 toute cette matire1 mais c'est ton propre sang1 et ce sang est mouvement1 donc temps et espace4 #ae4 ,ton cur est un soleil anatomique propulseur de ton microcosme sanguin1 comme les grands ,soleils sont les pres et les bergers des systmes4 #af4 ,telle est la raison pour laquelle les ,matres mes amants ont mari le feu et l'eau dans la chaleur organique1 les liant par le doux anneau centr de l'or4 #ag4 ,et si le cerveau1 dans leur tendre babillage1 est devenu ,lune hermtique1 ce n'est pas seulement par analogie de couleur4 #ah4 ,la pense n'est que la feuille dtache de l'arbre de la sensitivit1 le cerveau n'est que le satellite du cur4 ,il ne fait que recevoir1 philtrer et restituer la lumire d'affirmation que lui envoie le cur dans sa spirituelle radiation4 #ai4 ,lune et cerveau sont rcepteurs et ordonnateurs de lumire4 ,ils humanisent le surhumain1 rendent accessibles nos yeux fragiles le dieu aveuglant4 #bj4 ,les silences des vieux ,matres se font parole dans ma bouche4 ,car l'heure de la ,relativit a sonn6 ,et les instruments fouilleurs sont dans nos mains4 ,le jour des symboles n'est plus4 ,tout est accompli4 #ba4 ,les veines de la crucifixion sont taries1 le grand uvre d'expiation est accompli4 ,nous entrons dans la seconde innocence1 dans la joie mrite1 reconquise1 consciente4 ,la ,mathmatique est sanctifie4 #bb4 ,la trinit ,matire-,espace-,temps1 matrice de la multiplicit non-situe1 nous l'avons saisie la gorge dans l'unit vive du ,mouvement4 #bc4 ,tout cela1 mme ceci sous ma plume folle1 est encore reflet1 cerveau1 lune4 ,mais le moment ternel du ,soleil de la ,mmoire lav dans le ,jourdain d'humilit nous va saisir1 et cette instantanit divine nous conduira en la cleste ,chanaan1 la seule terre situe4 #bd4 ,l'immobile ,empyre de ,dante mon pre1 la sphre pure retombe dans l'unit originelle par la conscration du nombre ,dix4 #be4 ,o mon pouse ,renaissance au grand visage de ,france et d'gypte6 toute cette science me vient de toi1 car tu m'as appris la charit en m'enseignant la confiance4 #bf4 ,en m'imposant la confiance1 moi contempteur dans un monde amer1 oh amer6 ,amer tel point que le seul don d'argent de mle femelle ou de femelle mle y atteste la sincrit du demi-amour et scelle de volupt et de rancur l'acte de la terrestre union4 #bg4 ,liber ,paramirum 7que tu m'as fait connatre1 ,compagne71 ,liber ,paramirum nous brle le cur en parlant de la mort4 ,combien m'apparat pur et clment cet arrt du cerveau et du cur1 au regard de la ,turba ,magna notre vie1 sifflement de la faux contre le silex4 #bh4 ,horrible1 atroce vie6 ,sexe ouvert tout venant1 comme sbile de mendiante1 et cur ferm au pauvre comme ,royaut dans tous les temps4 ,miel noir de la trahison coagul en cire paisse sur une poigne de dards arrachs4 #bi4 ,visages fuyants1 vus comme dans un battement d'ailes immense et bref de lumignons de fin d'orgie1 et tout dcomposs par l'anxit1 bande se rompre1 de la luxure adultre4 ,o maison non d'amour1 mais de passades6 #cj4 ,ma fire passion si longtemps pourchasse et transperce et dchiquete6 ,ah6 que l'unit divine1 telle une corde de supplice1 enserre enfin ces membres et organes trangers que je suis4 #ca4 ,prince de la ,paix1 affirmateur ruisselant de sueur sous les oliviers6 j'ai cherch1 j'ai attendu1 j'ai renonc4 ,la plus pure1 la plus fidle au son de l'or tressaille comme la vipre4 #cb4 ,o mer dserte et dchane6 ,les futailles1 dans la cale1 sont puises1 ma vie est reste seule et sans eau douce2 j'ai tendu mon esprit comme une voile de naufrag2 mais le nuage passe1 je ne reois pas le baptme de nature4 ,et voici qu'une nuit de cosmos altrs s'allume dans le vide dsespoir4 #cc4 ,en haut1 en bas1 partout un grouillement4 ,la fureur du ,mouvement nous possde2 un rgne de la vitesse et de la trpidation sur terre et sur eau et dans les airs2 et cette chose qu'ils nomment le fminisme1 agitation douloureuse et strile de grands nymphas jaunes et blancs1 rvolte contre l'poux1 matre d'une science vide d'oraison1 et polygame par dbilit nerveuse4 #cd4 ,pullulation des nationalits1 ouragan de guerres conscientes1 posie et art rythms par les moteurs1 stnographie mentale4 ,voil o tu m'as jet1 ,dieu jaloux1 dans un vomissement de furieux mercure4 #ce4 ,telle tait1 hier encore1 ma prire du matin1 de midi et du soir4 ,mais1 aujourd'hui1 une compagne de service chemine dans mon ombre1 moi fils du ,cosmopolite errant4 ,et je sais que surabondance de mouvement est putrfaction d'o s'lve un jeune bl revivifi4 #cf4 ,et coute encore cet enseignement de charit que j'ai reu de ,renaissance ma ,compagne4 ,que l'pouse1 ,mre virginale de la vie1 l'lve jusqu' ses genoux tout saignants du ,calvaire4 #cg4 ,mes frres de ce temps1 ces ,can que mon ,matre m'ordonne de chrir1 ne se sont jamais encore levs au-dessus de notre mince atmosphre4 #ch4 ,toutefois1 ils affirment superbement qu' celui qui en sortirait1 le soleil apparatrait non pas jaune ou rouge1 mais bleu1 lectriquement et glacialement bleu dans un espace funbre clabouss d'univers blafards4 #ci4 ,s'il en est vraiment ainsi1 quel enseignement de charit ne nous donne-t-il pas1 ce scientifique soleil qui1 en traversant notre atmosphre humanise par notre respiration aimante et anxieuse1 redevient le doux ,sol des pieux laboratoires de jadis4 #dj4 ,car il se revt de chaleur dore et chantante2 et1 non content de nous nourrir de pain et de vin1 il pntre en rayons perforants et secrets jusqu'au grand cur d'enfant de la terre4 #da4 ,et il y mrit l',or incorruptible et curatif de la divine ,charit1 le mielleux mtal1 scrtion des abeilles archangliques1 l'or que ne captera jamais1 sans le secours de l',ave et du ,pater1 aucune entreprise synthtique4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages ,avertissement #g ptre ,storge #i ,memoria #cc ,nombres #dg ,turba ,magna #ei ,lumen #fi ,imp4 des ,presses ,universitaires de ,france4 ,paris