,au lecteur4 ,cette v]sion numrise reproduit1 dans son intgralit1 la v]sion orig9ale4 ,seules les corrections indiques la f9 du texte ont t effectues4 ,,uvres ,,compl,,tes ,,de ,h4 ,,de ,,balzac ,,la ,,com,,die ,,huma9e ,,quatorzi,,me ,,volume ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,tudes ,,philosophiques ,,p>is4--,,imprim]ie ,,de ,,pillet ,,fils ,,a9 ,,rue ,,des ,,gr&s-,,augu/9s1 #e4 ,illu/ration3 ,,le ,,m>*& ,,de ,,curiosit,s4 ,une b>be grise et taille en po9te ca*ait le m5ton de cet tre biz>re4 7,,la ,,peau ,,de ,,*agr947 ,,tudes ,,philosophiques ,,tome ,i ,,la ,,peau ,,de ,,*agr9 ,j,,sus-,,*ri/ ,,en ,,fl&re4--,,melmo? ,r,,concili4 ,,le ,,*ef-,d',,uvre ,,inconnu4--,,la ,,re*]*e ,,de ,l',,absolu4 ,,p>is ,ve ,,alex&re ,,h\ssiaux1 ,,diteur ,,rue ,,du ,,j>d9et ,,sa9t-,,&r ,,des ,,arts1 #c4 #ahgj ,,tudes ,,philosophiques4 ,,la ,,peau ,,de ,,*agr94 ,a ,,monsieur ,,sav>y1 ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces4 ,illu/ration3 ,,/]ne 7,tri/ram ,%&y1 *4 ,,cccxxii47 ,,le ,,talisman4 ,v]s la f9 du mois d'octobre d]ni]1 un jeune homme entra dans le ,palais-,royal au mom5t o les maisons de jeu s'ouvrai5t1 con=mm5t la loi qui protge une passion ess5tiellem5t imposable4 ,sans trop hsit]1 il monta l'escali] du tripot dsign s\s le nom de numro #cf4 --,monsieur1 votre *apeau1 s'il v\s plat8 lui cria d'une voix s*e et grondeuse un petit vieill>d blme1 accr\pi dans l'ombre1 protg p> une b>ricade1 et qui se leva s\da9 en montrant une figure m\le sur un type ignoble4 ,qu& v\s entrez dans une maison de jeu1 la loi comm5ce p> v\s dp\ill] de votre *apeau4 ,e/-ce une p>abole vanglique et provid5tielle8 ,n'e/-ce pas plutt une manire de conclure un contrat inf]nal avec v\s en exigeant je ne sais quel gage8 ,s]ait-ce p\r v\s oblig] g>d] un ma9ti5 respectueux devant ceux qui vont gagn] votre arg5t8 ,e/-ce la police tapie dans t\s les g\ts sociaux qui ti5t savoir le nom de votre *apeli] ou le vtre1 si v\s l'avez inscrit sur la coiffe8 ,e/-ce enf9 p\r pr5dre la mesure de votre crne et dress] une /ati/ique in/ructive sur la capacit crbrale des j\eurs8 ,sur ce po9t l'adm9i/ration g>de un sil5ce complet4 ,mais1 sa*ez-le bi51 pe9e avez-v\s fait un pas v]s le tapis v]t1 dj votre *apeau ne v\s app>ti5t pas plus que v\s ne v\s app>t5ez v\s-mme3 v\s tes au jeu1 v\s1 votre =tune1 votre coiffe1 votre canne et votre manteau4 ,a votre sortie1 le ,,jeu v\s dmontr]a1 p> une atroce pigramme en action1 qu'il v\s laisse encore quelque *ose en v\s r5dant votre bagage4 ,si t\tefois v\s avez une coiffure neuve1 v\s appr5drez vos dp5s qu'il faut se faire un co/ume de j\eur4 ,l'tonnem5t manife/ p> l'trang] qu& il reut une fi*e numrote en *ange de son *apeau1 dont heureusem5t les bords tai5t lgrem5t pels1 indiquait assez une me encore innoc5te4 ,le petit vieill>d1 qui sans d\te avait cr\pi ds son jeune ge dans les b\illants plaisirs de la vie des j\eurs1 lui jeta un c\p d'il t]ne et sans *aleur1 dans lequel un philosophe aurait vu les misres de l'hpital1 les vagabondages des g5s ru9s1 les procs-v]baux d'une f\le d'asphyxies1 les travaux =cs p]ptuit1 les expatriations au ,guazacoalco4 ,cet homme1 dont la longue face blan*e n'tait plus n\rrie que p> les s\pes glat9euses de d',arcet1 prs5tait la ple image de la passion rduite son t]me le plus simple4 ,dans ses rides il y avait trace de vieilles tortures1 il devait j\] ses maigres appo9tem5ts le j\r mme o il les recevait2 semblable aux rosses sur qui les c\ps de f\et n'ont plus de prise1 ri5 ne le faisait tressaillir2 les s\rds gmissem5ts des j\eurs qui sortai5t ru9s1 leurs muettes imprcations1 leurs reg>ds hbts1 le tr\vai5t t\j\rs ins5sible4 ,c'tait le ,jeu inc>n4 ,si le jeune homme avait contempl ce tri/e ,c]bre1 peut-tre se s]ait-il dit3 ,il n'y a plus qu'un jeu de c>tes dans ce cur-l6 ,l'inconnu n'c\ta pas ce conseil vivant1 plac l sans d\te p> la ,provid5ce1 comme elle a mis le dgt la porte de t\s les mauvais lieux2 il entra rsolum5t dans la salle o le son de l'or ex]ait une bl\issante fasc9ation sur les s5s en ple9e convoitise4 ,ce jeune homme tait probablem5t p\ss l p> la plus logique de t\tes les loqu5tes phrases de ,j4-,j4 ,r\sseau1 et dont voici1 je crois1 la tri/e p5se3 ,oui1 je conois qu'un homme aille au ,jeu2 mais c'e/ lorsque entre lui et la mort il ne voit plus que son d]ni] cu4 ,le soir1 les maisons de jeu n'ont qu'une posie vulgaire1 mais dont l'effet e/ assur comme celui d'un drame sangu9ol5t4 ,les salles sont g>nies de spectateurs et de j\eurs1 de vieill>ds indig5ts qui s'y tran5t p\r s'y r*auff]1 de faces agites1 d'orgies comm5ces dans le v9 et prtes f9ir dans la ,se9e2 la passion y abonde1 mais le trop gr& nombre d'acteurs v\s emp*e de contempl] face face le dmon du jeu4 ,la soire e/ un vritable morceau d'ensemble o la tr\pe entire crie1 o *aque in/rum5t de l'or*e/re module sa phrase4 ,v\s v]riez l beauc\p de g5s honorables qui vi5n5t y *]*] des di/ractions et les pay5t comme ils pay]ai5t le plaisir du spectacle1 de la g\rm&ise1 ou comme ils irai5t dans une mans>de a*et] bas prix de cuisants regrets p\r trois mois4 ,mais compr5ez-v\s t\t ce que doit avoir de dlire et de vigueur dans l'me un homme qui att5d avec impati5ce l'ouv]ture d'un tripot8 ,entre le j\eur du mat9 et le j\eur du soir il exi/e la diffr5ce qui di/+ue le m>i non*alant de l'amant pm s\s les f5tres de sa belle4 ,le mat9 seulem5t arriv5t la passion palpitante et le beso9 dans sa fran*e horreur4 ,en ce mom5t v\s p\rrez admir] un vritable j\eur1 un j\eur qui n'a pas mang1 dormi1 vcu1 p5s1 tant il tait rudem5t flagell p> le f\et de sa m>t+ale2 tant il s\ffrait travaill p> le prurit d'un c\p de tr5te et qu>ante4 ,a cette heure maudite1 v\s r5contr]ez des yeux dont le calme effraie1 des visages qui v\s fasc95t1 des reg>ds qui s\lv5t les c>tes et les dvor5t4 ,aussi les maisons de jeu ne sont-elles sublimes qu' l'ouv]ture de leurs sances4 ,si l',espagne a ses combats de taureaux1 si ,rome a eu ses gladiateurs1 ,p>is s'enorgueillit de son ,palais-,royal1 dont les agaantes r\lettes donn5t le plaisir de voir c\l] le sang flots1 sans que les pi$s du p>t]re risqu5t d'y gliss]4 ,essayez de jet] un reg>d furtif sur cette arne1 entrez444 ,quelle nudit6 ,les murs1 c\v]ts d'un papi] gras hauteur d'homme1 n'(fr5t pas une seule image qui puisse rafra*ir l'me2 il ne s'y tr\ve mme pas un cl\ p\r facilit] le suicide4 ,le p>quet e/ u1 malpropre4 ,une table oblongue occupe le c5tre de la salle4 ,la simplicit des *aises de paille presses aut\r de ce tapis u p> l'or annonce une curieuse indiffr5ce du luxe *ez ces hommes qui vi5n5t prir l p\r la =tune et p\r le luxe4 ,cette anti?se huma9e se dc\vre p>t\t o l'me ragit puissamm5t sur elle-mme4 ,l'am\reux veut mettre sa matresse dans la soie1 la revtir d'un moelleux tissu d',ori5t1 et la plup>t du temps il la possde sur un grabat4 ,l'ambitieux se rve au fate du p\voir1 t\t en s'aplatissant dans la b\e du s]vilisme4 ,le m>*& vgte au fond d'une b\tique humide et malsa9e1 en levant un va/e htel1 d'o son fils1 hriti] prcoce1 s]a *ass p> une licitation frat]nelle4 ,enf91 exi/e-t-il *ose plus dplaisante qu'une maison de plaisir8 ,s+uli] problme6 ,t\j\rs en opposition avec lui-mme1 trompant ses esprances p> ses maux prs5ts1 et ses maux p> un av5ir qui ne lui app>ti5t pas1 l'homme imprime t\s ses actes le c>actre de l'inconsqu5ce et de la faiblesse4 ,ici-bas ri5 n'e/ complet que le malheur4 ,au mom5t o le jeune homme entra dans le salon1 quelques j\eurs s'y tr\vai5t dj4 ,trois vieill>ds ttes *auves tai5t non*alamm5t assis aut\r du tapis v]t2 leurs visages de pltre1 impassibles comme ceux des diplomates1 rvlai5t des mes blases1 des curs qui depuis long-temps avai5t dsappris de palpit]1 mme en risquant les bi5s p>aph]naux d'une femme4 ,un jeune ,itali5 aux *eveux noirs1 au te9t olivtre1 tait acc\d tranquillem5t au b\t de la table1 et p>aissait c\t] ces press5tim5ts secrets qui cri5t fatalem5t un j\eur3--,oui4--,non6 ,cette tte mridionale respirait l'or et le feu4 ,sept ou huit spectateurs1 deb\t1 rangs de manire =m] une gal]ie1 att5dai5t les scnes que leur prp>ai5t les c\ps du sort1 les figures des acteurs1 le m\vem5t de l'arg5t et celui des rteaux4 ,ces dsuvrs tai5t l1 sil5cieux1 immobiles1 att5tifs comme l'e/ le peuple la ,grve qu& le b\rreau tran*e une tte4 ,un gr& homme sec1 en habit rp1 t5ait un regi/re d'une ma91 et de l'autre une p+le p\r m>qu] les passes de la ,r\ge ou de la ,noire4 ,c'tait un de ces ,tantales mod]nes qui viv5t en m>ge de t\tes les j\issances de leur sicle1 un de ces av>es sans trsor qui j\5t une mise imag9aire2 espce de f\ raisonnable qui se consolait de ses misres en c>essant une *imre1 qui agissait enf9 avec le vice et le dang] comme les jeunes prtres avec l',eu*>i/ie1 qu& ils dis5t des messes blan*es4 ,en face de la banque1 un ou deux de ces f9s spculateurs1 exp]ts des *ances du jeu1 et semblables d'anci5s =ats qui ne s'effrai5t plus des galres1 tai5t v5us l p\r has>d] trois c\ps et remport] immdiatem5t le ga9 probable duquel ils vivai5t4 ,deux vieux g>ons de salle se prom5ai5t non*alamm5t les bras croiss1 et de temps en temps reg>dai5t le j>d9 p> les f5tres1 comme p\r montr] aux passants leurs plates figures1 en guise d'enseigne4 ,le tailleur et le banqui] v5ai5t de jet] sur les ponteurs ce reg>d blme qui les tue1 et disai5t d'une voix grle3--,faites le jeu6 qu& le jeune homme ouvrit la porte4 ,le sil5ce dev9t en quelque sorte plus pr(ond1 et les ttes se t\rnr5t v]s le n\veau v5u p> curiosit4 ,*ose in\e6 les vieill>ds m\sss1 les employs ptrifis1 les spectateurs1 et jusqu'au fanatique ,itali51 t\t en voyant l'inconnu pr\vr5t je ne sais quel s5tim5t p\vantable4 ,ne faut-il pas tre bi5 malheureux p\r obt5ir de la piti1 bi5 faible p\r excit] une sympa?ie1 ou d'un bi5 s9i/re aspect p\r faire frissonn] les mes dans cette salle o les d\leurs doiv5t tre muettes1 la misre gaie1 le dsespoir dc5t6 ,eh bi56 il y avait de t\t cela dans la s5sation neuve qui remua ces curs glacs qu& le jeune homme entra4 ,mais les b\rreaux n'ont-ils pas quelquefois pleur sur les vi]ges dont les blondes ttes devai5t tre c\pes un signal de la ,rvolution8 ,au premi] c\p d'il les j\eurs lur5t sur le visage du novice quelque horrible my/re3 ses jeunes traits tai5t empre9ts d'une grce nbuleuse1 son reg>d atte/ait des ef=ts trahis1 mille esprances trompes6 ,la morne impassibilit du suicide donnait son front une pleur mate et maladive1 un s\rire am] dess9ait de lg]s plis dans les co9s de sa b\*e1 et sa physionomie exprimait une rsignation qui faisait mal voir4 ,quelque secret gnie sc9tillait au fond de ses yeux1 voils peut-tre p> les fatigues du plaisir4 tait-ce la dbau*e qui m>quait de son sale ca*et cette noble figure jadis pure et brlante1 ma9t5ant dgrade8 ,les mdec9s aurai5t sans d\te attribu des lsions au cur ou la poitr9e le c]cle jaune qui encadrait les paupires1 et la r\geur qui m>quait les j\es1 t&is que les potes euss5t v\lu reconnatre ces signes les ravages de la sci5ce1 les traces de nuits passes la lueur d'une lampe /udieuse4 ,mais une passion plus mortelle que la maladie1 une maladie plus impitoyable que l'tude et le gnie1 altrai5t cette jeune tte1 contractai5t ces muscles vivaces1 tordai5t ce cur qu'avai5t seulem5t effleur les orgies1 l'tude et la maladie4 ,comme1 lorsqu'un clbre crim9el arrive au bagne1 les condamns l'accueill5t avec respect1 a9si t\s ces dmons huma9s1 exp]ts en tortures1 salur5t une d\leur in\e1 une blessure pr(onde que sondait leur reg>d1 et reconnur5t un de leurs pr9ces la maje/ de sa muette ironie1 l'lgante misre de ses vtem5ts4 ,le jeune homme avait bi5 un frac de bon gt1 mais la jonction de son gilet et de sa cravate tait trop savamm5t ma9t5ue p\r qu'on lui suppost du l+e4 ,ses ma9s1 jolies comme des ma9s de femme1 tai5t d'une d\teuse propret2 enf9 depuis deux j\rs il ne portait plus de gants6 ,si le tailleur et les g>ons de salle eux-mmes frissonnr5t1 c'e/ que les en*antem5ts de l'innoc5ce florissai5t p> ve/iges dans ses =mes grles et f9es1 dans ses *eveux blonds et r>es1 naturellem5t b\cls4 ,cette figure avait encore v+t-c9q ans1 et le vice p>aissait n'y tre qu'un accid5t4 ,la v]te vie de la jeunesse y luttait encore avec les ravages d'une impuissante lubricit4 ,les tnbres et la lumire1 le nant et l'exi/5ce s'y combattai5t en produisant t\t la fois de la grce et de l'horreur4 ,le jeune homme se prs5tait l comme un ange sans rayons1 g> dans sa r\te4 ,aussi t\s ces pr(esseurs mrites de vice et d'infamie1 semblables une vieille femme d5te1 prise de piti l'aspect d'une belle fille qui s'(fre la corruption1 fur5t-ils prts cri] au novice3--,sortez6 ,celui-ci m>*a droit la table1 s'y t9t deb\t1 jeta sans calcul sur le tapis une pice d'or qu'il avait la ma91 et qui r\la sur ,noir2 puis1 comme les mes =tes1 abhorrant de *icanires inc]titudes1 il lana sur le tailleur un reg>d t\t la fois turbul5t et calme4 ,l'intrt de ce c\p tait si gr& que les vieill>ds ne fir5t pas de mise2 mais l',itali5 saisit avec le fanatisme de la passion une ide qui v9t lui s\rire1 et ponta sa masse d'or en opposition au jeu de l'inconnu4 ,le banqui] oublia de dire ces phrases qui se sont la longue conv]ties en un cri rauque et in9telligible3 ,faites le jeu6--,le jeu e/ fait6--,ri5 ne va plus4 ,le tailleur tala les c>tes1 et sembla s\hait] bonne *ance au d]ni] v5u1 indiffr5t qu'il tait la p]te ou au ga9 fait p> les entrepr5eurs de ces sombres plaisirs4 ,*acun des spectateurs v\lut voir un drame et la d]nire scne d'une noble vie dans le sort de cette pice d'or2 leurs yeux arrts sur les c>tons fatidiques t9celr5t2 mais1 malgr l'att5tion avec laquelle ils reg>dr5t alt]nativem5t et le jeune homme et les c>tes1 ils ne pur5t ap]cevoir aucun symptme d'motion sur sa figure froide et rsigne4 --,r\ge1 pair1 passe1 dit (ficiellem5t le tailleur4 ,une espce de rle s\rd sortit de la poitr9e de l',itali5 lorsqu'il vit tomb] un un les billets plis que lui lana le banqui]4 ,quant au jeune homme1 il ne comprit sa ru9e qu'au mom5t o le rteau s'allongea p\r ramass] son d]ni] napolon4 ,l'ivoire fit r5dre un bruit sec la pice1 qui1 rapide comme une fl*e1 alla se runir au tas d'or tal devant la caisse4 ,l'inconnu f]ma les yeux d\cem5t1 ses lvres blan*ir5t2 mais il releva bi5tt ses paupires1 sa b\*e reprit une r\geur de corail1 il affecta l'air d'un ,anglais p\r qui la vie n'a plus de my/res1 et disp>ut sans m5di] une consolation p> un de ces reg>ds d*irants que les j\eurs au dsespoir lanc5t assez s\v5t sur la gal]ie4 ,combi5 d'vnem5ts se press5t dans l'espace d'une seconde1 et que de *oses dans un c\p de d6 --,voil sans d\te sa d]nire c>t\*e1 dit en s\riant le cr\pi] aprs un mom5t de sil5ce p5dant lequel il t9t cette pice d'or entre le p\ce et l'index p\r la montr] aux assi/ants4 --,c'e/ un c]veau brl qui va se jet] l'eau1 rpondit un habitu en reg>dant aut\r de lui les j\eurs qui se connaissai5t t\s4 --,bah6 s'cria le g>on de *ambre1 en pr5ant une prise de tabac4 --,si n\s avions imit monsieur8 dit un des vieill>ds ses collgues en dsignant l',itali54 ,t\t le monde reg>da l'heureux j\eur dont les ma9s tremblai5t en comptant ses billets de banque4 --,j'ai ent5du1 dit-il1 une voix qui me criait dans l'oreille3 ,le ,jeu aura raison contre le dsespoir de ce jeune homme4 --,ce n'e/ pas un j\eur1 reprit le banqui]1 autrem5t il aurait gr\p son arg5t en trois masses p\r se donn] plus de *ances4 ,le jeune homme passait sans rclam] son *apeau2 mais le vieux molosse1 ayant rem>qu le mauvais tat de cette gu5ille1 la lui r5dit sans pr(r] une p>ole2 le j\eur re/itua la fi*e p> un m\vem5t ma*9al1 et desc5dit les escali]s en sifflant di tanti palpiti d'un s\ffle si faible1 qu'il en ent5dit pe9e lui-mme les notes dlicieuses4 ,il se tr\va bi5tt s\s les gal]ies du ,palais-,royal1 alla jusqu' la rue ,sa9t-,honor1 prit le *em9 des ,tuil]ies et trav]sa le j>d9 d'un pas irrsolu4 ,il m>*ait comme au milieu d'un ds]t1 c\doy p> des hommes qu'il ne voyait pas1 n'c\tant trav]s les clameurs populaires qu'une seule voix1 celle de la mort2 enf9 p]du dans une eng\rdissante mditation1 semblable celle dont jadis tai5t saisis les crim9els qu'une *>rette conduisait du ,palais la ,grve1 v]s cet *afaud1 r\ge de t\t le sang v]s depuis #agic4 ,il exi/e je ne sais quoi de gr& et d'p\vantable dans le suicide4 ,les *utes d'une multitude de g5s sont sans dang]1 comme celles des enfants qui tomb5t de trop bas p\r se bless]2 mais qu& un gr& homme se brise1 il doit v5ir de bi5 haut1 s'tre lev jusqu'aux cieux1 avoir entrevu quelque p>adis inaccessible4 ,implacables doiv5t tre les ouragans qui le =c5t dem&] la paix3 de l'me la b\*e d'un pi/olet4 ,combi5 de jeunes tal5ts conf9s dans une mans>de s'tiol5t et priss5t faute d'un ami1 faute d'une femme consolatrice1 au se9 d'un million d'tres1 en prs5ce d'une f\le lasse d'or et qui s'ennuie4 ,a cette p5se1 le suicide pr5d des proportions gigantesques4 ,entre une mort volontaire et la fconde esprance dont la voix appelait un jeune homme ,p>is1 ,dieu seul sait combi5 se heurt5t de conceptions1 de posies ab&onnes1 de dsespoirs et de cris t\ffs1 de t5tatives inutiles et de *efs-d'uvre avorts4 ,*aque suicide e/ un pome sublime de mlancolie4 ,o tr\v]ez-v\s1 dans l'ocan des littratures1 un livre surnageant qui puisse lutt] de gnie avec ces lignes3 ,hi]1 quatre heures1 une jeune femme s'e/ jete dans la ,se9e du haut du ,pont-des-,arts4 ,devant ce laconisme p>isi51 les drames1 les romans1 t\t plit1 mme ce vieux frontispice3 ,les lam5tations du glorieux roi de ,karnavan1 mis en prison p> ses enfants2 d]ni] fragm5t d'un livre p]du1 dont la seule lecture faisait pleur] ce ,/]ne1 qui lui-mme dlaissait sa femme et ses enfants4 ,l'inconnu fut assailli p> mille p5ses semblables1 qui passai5t en lambeaux dans son me1 comme des drapeaux d*irs voltig5t au milieu d'une bataille4 ,s'il dposait p5dant un mom5t le f>deau de son intellig5ce et de ses s\v5irs p\r s'arrt] devant quelques fleurs dont les ttes tai5t mollem5t balances p> la brise p>mi les massifs de v]dure1 bi5tt saisi p> une convulsion de la vie qui regimbait encore s\s la pesante ide du suicide1 il levait les yeux au ciel3 l1 des nuages gris1 des b\ffes de v5t *>ges de tri/esse1 une atmosphre l\rde1 lui conseillai5t encore de m\rir4 ,il s'a*em9a v]s le pont ,royal en songeant aux d]nires fantaisies de ses prdcesseurs4 ,il s\riait en se rappelant que "l ,ca/elreagh avait satisfait le plus humble de nos beso9s avant de se c\p] la gorge1 et que l'acadmici5 ,aug] avait t *]*] sa tabatire p\r pris] t\t en m>*ant la mort4 ,il analysait ces biz>r]ies et s'int]rogeait lui-mme1 qu&1 en se s]rant contre le p>apet du pont1 p\r laiss] pass] un =t de la halle1 celui-ci ayant lgrem5t blan*i la man*e de son habit1 il se surprit en sec\] soigneusem5t la p\ssire4 ,arriv au po9t culm9ant de la vote1 il reg>da l'eau d'un air s9i/re4--,mauvais temps p\r se noy]1 lui dit en riant une vieille femme vtue de haillons4 ,e/-elle sale et froide1 la ,se9e6 ,il rpondit p> un s\rire ple9 de navet qui atte/ait le dlire de son c\rage1 mais il frissonna t\t c\p en voyant de lo91 sur le port des ,tuil]ies1 la b>aque surmonte d'un criteau o ces p>oles sont traces en lettres hautes d'un pi$3 ,,sec\rs ,,aux ,,asphyxi,s4 ,m4 ,da*eux lui app>ut arm de sa philan?ropie1 rveillant et faisant m\voir ces v]tueux avirons qui cass5t la tte aux noys1 qu& malheureusem5t ils remont5t sur l'eau3 il l'ap]ut ameutant les curieux1 qutant un mdec91 apprtant des fumigations2 il lut les dolances des j\rnali/es1 crites entre les joies d'un fe/9 et le s\rire d'une danseuse2 il ent5dit sonn] les cus compts des bateli]s p\r sa tte p> le prfet de la ,se9e4 ,mort1 il valait c9quante francs1 mais vivant il n'tait qu'un homme de tal5t sans protecteurs1 sans amis1 sans paillasse1 sans tamb\r1 un vritable zro social1 inutile l'tat1 qui n'en avait aucun s\ci4 ,une mort en ple9 j\r lui p>ut ignoble1 il rsolut de m\rir p5dant la nuit1 af9 de livr] un cadavre ind*iffrable cette socit qui mconnaissait la gr&eur de sa vie4 ,il cont9ua donc son *em91 et se dirigea v]s le quai ,voltaire1 en pr5ant la dm>*e indol5te d'un dsuvr qui veut tu] le temps4 ,qu& il desc5dit les m>*es qui t]m95t le trottoir du pont1 l'angle du quai1 son att5tion fut excite p> les b\qu9s tals sur le p>apet2 peu s'en fallut qu'il n'en m>*&t quelques-uns4 ,il se prit s\rire1 remit philosophiquem5t les ma9s dans ses g\ssets1 et allait repr5dre son allure d'ins\ciance o p]ait un froid dda91 qu& il ent5dit avec surprise quelques pices ret5tir d'une manire vritablem5t fanta/ique au fond de sa po*e4 ,un s\rire d'esprance illum9a son visage1 glissa de ses lvres sur ses traits1 sur son front1 fit brill] de joie ses yeux et ses j\es sombres4 ,cette t9celle de bonheur ressemblait ces feux qui c\r5t dans les ve/iges d'un papi] dj consum p> la flamme3 mais le visage eut le sort des c5dres noires2 il r$ev9t tri/e qu& l'inconnu1 ayant vivem5t retir la ma9 de son g\sset1 ap]ut trois gros s\s4 --,ah6 mon bon monsieur1 la c>ita6 la c>ita6 cat>9a6 ,un petit s\ p\r avoir du pa96 ,un jeune ramoneur dont la figure b\ffie tait noire1 le corps brun de suie1 les vtem5ts dgu5ills1 t5dit la ma9 cet homme p\r lui arra*] ses d]ni]s s\s4 ,a deux pas du petit ,savoy>d1 un vieux pauvre honteux1 maladif1 s\ffreteux1 ignoblem5t vtu d'une tapiss]ie tr\e1 lui dit d'une grosse voix s\rde3--,monsieur1 donnez-moi ce que v\s v\lez1 je pri]ai ,dieu p\r v\s444 ,mais qu& l'homme jeune eut reg>d le vieill>d1 celui-ci se tut et ne dem&a plus ri51 reconnaissant peut-tre sur ce visage funbre la livre d'une misre plus pre que n'tait la si5ne4--,la c>ita6 la c>ita6 ,l'inconnu jeta sa monnaie l'enfant et au vieux pauvre en quittant le trottoir p\r all] v]s les maisons1 il ne p\vait plus support] le poignant aspect de la ,se9e4--,n\s pri]ons ,dieu p\r la cons]vation de vos j\rs1 lui dir5t les deux m5diants4 ,en arrivant l'talage d'un m>*& d'e/ampes1 cet homme presque mort r5contra une jeune femme qui desc5dait d'un brillant quipage4 ,il contempla dlicieusem5t cette *>mante p]sonne dont la blan*e figure tait h>monieusem5t encadre dans le sat9 d'un lgant *apeau2 il fut sduit p> une taille svelte1 p> de jolis m\vem5ts2 la robe1 lgrem5t releve p> le m>*epi$1 lui laissa voir une jambe dont les f9s cont\rs tai5t dess9s p> un bas blanc et bi5 tir4 ,la jeune femme entra dans le magas91 y m>*&a des albums1 des collections de li?ographies2 elle en a*eta p\r plusieurs pices d'or qui t9celr5t et sonnr5t sur le comptoir4 ,le jeune homme1 en app>5ce occup sur le seuil de la porte reg>d] les gravures exposes dans la montre1 *angea vivem5t avec la belle inconnue l'illade la plus p]ante que puisse lanc] un homme1 contre un de ces c\ps d'il ins\ciants jets au has>d sur les passants4 ,c'tait1 de sa "p1 un adieu l'am\r1 la femme6 mais cette d]nire et puissante int]rogation ne fut pas comprise1 ne remua pas ce cur de femme frivole1 ne la fit pas r\gir1 ne lui fit pas baiss] les yeux4 ,qu'tait-ce p\r elle8 une admiration de plus1 un dsir inspir qui le soir lui suggrait cette d\ce p>ole3 ,j'tais bi5 auj\rd'hui4 ,le jeune homme passa promptem5t un autre cadre1 et ne se ret\rna po9t qu& l'inconnue remonta dans sa voiture4 ,les *evaux p>tir5t1 cette d]nire image du luxe et de l'lgance s'clipsa comme allait s'clips] sa vie4 ,il se mit m>*] d'un pas mlancolique le long des magas9s1 en exam9ant sans beauc\p d'intrt les *antillons de m>*&ises4 ,qu& les b\tiques lui manqur5t1 il tudia le ,l\vre1 l',in/itut1 les t\rs de ,notre-,dame1 celles du ,palais1 le ,pont-des-,arts4 ,ces monum5ts p>aissai5t pr5dre une physionomie tri/e en refltant les te9tes grises du ciel1 dont les r>es cl>ts prtai5t un air m5aant ,p>is1 qui1 p>eil une jolie femme1 e/ s\mis d'inexplicables caprices de laideur et de beaut4 ,a9si1 la nature elle-mme conspirait le plong] dans une extase d\l\reuse4 ,en proie cette puissance malfaisante dont l'action dissolvante tr\ve un vhicule dans le fluide qui circule en nos n]fs1 il s5tait son organisme arriv] ins5siblem5t aux phnomnes de la fluidit4 ,les t\rm5ts de cette agonie lui imprimai5t un m\vem5t semblable celui des vagues1 et lui faisai5t voir les btim5ts1 les hommes1 trav]s un br\ill>d o t\t ondoyait4 ,il v\lut se s\/raire aux titillations que produisai5t sur son me les ractions de la nature physique1 et se dirigea v]s un magas9 d'antiquits dans l'int5tion de donn] une pture ses s5s1 ou d'y att5dre la nuit en m>*&ant des objets d'art4 ,c'tait1 p\r a9si dire1 qut] du c\rage et dem&] un cordial1 comme les crim9els qui se dfi5t de leurs =ces en allant l'*afaud2 mais la consci5ce de sa pro*a9e mort r5dit p\r un mom5t au jeune homme l'assurance d'une du*esse qui a deux amants1 et il entra *ez le m>*& de curiosits d'un air dgag1 laissant voir sur ses lvres un s\rire fixe comme celui d'un ivrogne4 ,n'tait-il pas ivre de la vie1 ou peut-tre de la mort4 ,il retomba bi5tt dans ses v]tiges1 et cont9ua d'ap]cevoir les *oses s\s d'tranges c\leurs1 ou animes d'un lg] m\vem5t dont le pr9cipe tait sans d\te dans une irrgulire circulation de son sang1 tantt b\illonnant comme une cascade1 tantt tranquille et fade comme l'eau tide4 ,il dem&a simplem5t visit] les magas9s p\r *]*] s'ils ne r5f]mai5t pas quelques s+ul>its sa conv5ance4 ,un jeune g>on figure fra*e et j\fflue1 *evelure r\sse1 et coiff d'une casquette de l\tre1 commit la g>de de la b\tique une vieille paysanne1 espce de ,caliban femelle occupe nettoy] un pole dont les m]veilles tai5t dues au gnie de ,b]n>d de ,palissy2 puis il dit l'trang] d'un air ins\ciant3--,voyez1 monsieur1 voyez6 ,n\s n'avons en bas que des *oses assez ord9aires2 mais si v\s v\lez pr5dre la pe9e de mont] au premi] tage1 je p\rrai v\s montr] de =t belles momies du ,caire1 plusieurs pot]ies incru/es1 quelques bnes sculpts1 vraie r5aissance1 rcemm5t arrivs1 et qui sont de t\te beaut4 ,dans l'horrible situation o se tr\vait l'inconnu1 ce babil de cicrone1 ces phrases sottem5t m]cantiles fur5t p\r lui comme les taqu9]ies mesqu9es p> lesquelles des esprits troits assass95t un homme de gnie4 ,portant sa croix jusqu'au b\t1 il p>ut c\t] son conducteur et lui rpondit p> ge/es ou p> monosyllabes2 mais ins5siblem5t il sut conqurir le droit d'tre sil5cieux1 et put se livr] sans cra9te ses d]nires mditations1 qui fur5t t]ribles4 ,il tait pote1 et son me r5contra =tuitem5t une imm5se pture3 il devait voir p> avance les ossem5ts de v+t mondes4 ,au premi] c\p d'il1 les magas9s lui (frir5t un tableau confus1 dans lequel t\tes les uvres huma9es et div9es se heurtai5t4 ,des crocodiles1 des s+es1 des boas empaills s\riai5t des vitraux d'glise1 semblai5t v\loir mordre des bu/es1 c\rir aprs des laques1 ou grimp] sur des lu/res4 ,un vase de ,svres1 o madame ,jacotot avait pe9t ,napolon1 se tr\vait auprs d'un sph9x ddi ,sso/ris4 ,le comm5cem5t du monde et les vnem5ts d'hi] se m>iai5t avec une grotesque bonhomie4 ,un t\rnebro*e tait pos sur un o/5soir1 un sabre rpublica9 sur une hacquebute du ,moy5-ge4 ,madame ,dub>ry pe9te au pa/el p> ,lat\r1 une toile sur la tte1 nue et dans un nuage1 p>aissait contempl] avec concupisc5ce une *ib\que indi5ne1 en *]*ant dev9] l'utilit des spirales qui s]p5tai5t v]s elle4 ,les in/rum5ts de mort1 poign>ds1 pi/olets curieux1 armes secret1 tai5t jets ple-mle avec des in/rum5ts de vie3 s\pires en porcela9e1 assiettes de ,saxe1 tasses ori5tales v5ues de ,*9e1 salires antiques1 drageoirs fodaux4 ,un vaisseau d'ivoire voguait ple9es voiles sur le dos d'une immobile tortue4 ,une ma*9e pneumatique borgnait l'emp]eur ,augu/e1 maje/ueusem5t impassible4 ,plusieurs portraits d'*ev9s franais1 de b\rgme/res holl&ais1 ins5sibles alors comme p5dant leur vie1 s'levai5t au-dessus de ce *aos d'antiquits1 en y lanant un reg>d ple et froid4 ,t\s les pays de la t]re semblai5t avoir apport l un dbris de leurs sci5ces1 un *antillon de leurs arts4 ,c'tait une espce de fumi] philosophique auquel ri5 ne manquait1 ni le calumet du sauvage1 ni la pant\fle v]t et or du srail1 ni le yatagan du ,maure1 ni l'idole des ,t>t>es2 il y avait jusqu' la blague tabac du soldat1 jusqu'au ciboire du prtre1 jusqu'aux plumes d'un trne4 ,ces mon/rueux tableaux tai5t encore assujettis mille accid5ts de lumire1 p> la biz>r]ie d'une multitude de reflets dus la confusion des nuances1 la brusque opposition des j\rs et des noirs4 ,l'oreille croyait ent5dre des cris int]rompus1 l'esprit saisir des drames ina*evs1 l'il ap]cevoir des lueurs mal t\ffes4 ,enf9 une p\ssire ob/9e avait jet son lg] voile sur t\s ces objets1 dont les angles multiplis et les s9uosits nombreuses produisai5t les effets les plus pittoresques4 ,l'inconnu comp>a d'abord ces trois salles gorges de civilisation1 de cultes1 de div9its1 de *efs-d'uvre1 de royauts1 de dbau*es1 de raison et de folie1 un miroir ple9 de facettes dont *acune reprs5tait un monde4 ,aprs cette impression brumeuse1 il v\lut *oisir ses j\issances2 mais =ce de reg>d]1 de p5s]1 de rv]1 il tomba s\s la puissance d'une fivre due peut-tre la faim qui rugissait dans ses entrailles4 ,la vue de tant d'exi/5ces nationales ou individuelles1 atte/es p> ces gages huma9s qui leur survivai5t1 a*eva d'eng\rdir les s5s du jeune homme2 le dsir qui l'avait p\ss dans le magas9 fut exauc3 il sortit de la vie relle1 monta p> degrs v]s un monde idal1 arriva dans les palais en*ants de l'extase o l'univ]s lui app>ut p> bribes et en traits de feu1 comme l'av5ir passa jadis flamboyant aux yeux de sa9t ,jean dans ,pa?mos4 ,une multitude de figures endolories1 gracieuses et t]ribles1 obscures et lucides1 lo9ta9es et rappro*es1 se leva p> masses1 p> myriades1 p> gnrations4 ,l'gypte1 roide1 my/rieuse1 se dressa de ses sables1 reprs5te p> une momie qu'enveloppai5t des b&elettes noires3 les ,ph>aons ensevelissant des peuples p\r se con/ruire une tombe2 ,mose1 les ,hbreux1 le ds]t3 il entrevit t\t un monde antique et sol5nel4 ,fra*e et suave1 une /atue de m>bre assise sur une colonne torse et rayonnant de blan*eur lui p>la des my!s voluptueux de la ,grce et de l',ionie4 ,ah6 qui n'aurait s\ri comme lui1 de voir sur un fond r\ge1 la jeune fille brune dansant dans la f9e argile d'un vase trusque devant le dieu ,priape qu'elle saluait d'un air joyeux8 en reg>d1 une re9e lat9e c>essait sa *imre avec am\r6 ,les caprices de la ,rome impriale respirai5t l t\t enti]s et rvlai5t le ba91 la c\*e1 la toilette d'une ,julie indol5te1 songeuse1 att5dant son ,tibulle4 ,arme du p\voir des talismans arabes1 la tte de ,cicron voquait les s\v5irs de la ,rome libre et lui dr\lait les pages de ,tite-,live3 le jeune homme contempla ,s5atus ,populusque romanus3 le consul1 les licteurs1 les toges bordes de p\rpre1 les luttes du ,=um1 le peuple c\rr\c dfilai5t l5tem5t devant lui comme les vaporeuses figures d'un rve4 ,enf9 la ,rome *rti5ne dom9ait ces images4 ,une pe9ture ouvrait les cieux3 il y voyait la ,vi]ge ,m>ie plonge dans un nuage d'or1 au se9 des anges1 clipsant la gloire du soleil1 c\tant les pla9tes des malheureux auxquels cette ve rgnre s\riait d'un air d\x4 ,en t\*ant une mosaque faite avec les diffr5tes laves du ,vsuve et de l',etna1 son me s'lanait dans la *aude et fauve ,italie3 il assi/ait aux orgies des ,borgia1 c\rait dans les ,abruzzes1 aspirait aux am\rs itali5nes1 se passionnait p\r les blancs visages aux longs yeux noirs4 ,il frmissait des dnom5ts nocturnes int]rompus p> la froide pe d'un m>i1 en ap]cevant une dague du ,moy5-ge dont la poigne tait travaille comme l'e/ une d5telle1 et dont la r\ille ressemblait des ta*es de sang4 ,l',inde et ses religions revivai5t dans un magot *9ois coiff de son *apeau po9tu1 losanges relevs1 p> de clo*ettes1 vtu d'or et de soie4 ,prs du magot1 une natte1 jolie comme la bayadre qui s'y tait r\le1 exhalait encore les odeurs du s&al4 ,un mon/re du ,japon dont les yeux re/ai5t tordus1 la b\*e cont\rne1 les membres torturs1 rveillait l'me p> les inv5tions d'un peuple qui1 fatigu du beau t\j\rs unitaire1 tr\ve d'ineffables plaisirs dans la fcondit des laideurs4 ,une salire sortie des ateli]s de ,b5v5uto ,cell9i le reportait au se9 de la r5aissance1 au temps o les arts et la lic5ce fleurissai5t1 o les s\v]a9s se div]tissai5t des supplices1 o les conciles c\*s dans les bras des c\rtisanes dcrtai5t la *a/et p\r les simples prtres4 ,il vit les conqutes d',alex&re sur un came1 les massacres de ,piz>re dans une arquebuse m*e1 les gu]res de religion *eveles1 b\illantes1 cruelles1 au fond d'un casque4 ,puis1 les riantes images de la *eval]ie s\rdir5t d'une armure de ,milan suprieurem5t damasqu9e1 bi5 f\rbie1 et s\s la visire de laquelle brillai5t encore les yeux d'un palad94 ,cet ocan de meubles1 d'inv5tions1 de modes1 d'uvres1 de ru9es1 lui composait un pome sans f94 ,=mes1 c\leurs1 p5ses1 t\t revivait l2 mais ri5 de complet ne s'(frait l'me4 ,le pote devait a*ev] les croquis du gr& pe9tre qui avait fait cette imm5se palette o les innombrables accid5ts de la vie huma9e tai5t jets pr(usion1 avec dda94 ,aprs s'tre emp> du monde1 aprs avoir contempl des pays1 des ges1 des rgnes1 le jeune homme rev9t des exi/5ces individuelles4 ,il se rep]sonnifia1 s'emp>a des dtails en rep\ssant la vie des nations comme trop accablante p\r un seul homme4 ,l dormait un enfant en cire1 sauv du cab9et de ,ruys*1 et cette ravissante crature lui rappelait les joies de son jeune ge4 ,au pre/igieux aspect du pagne virg9al de quelque jeune fille d',otati1 sa brlante imag9ation lui peignait la vie simple de la nature1 la *a/e nudit de la vraie pudeur1 les dlices de la p>esse si naturelle l'homme1 t\te une de/9e calme au bord d'un ruisseau frais et rveur1 s\s un banani]1 qui disp5sait une manne sav\reuse1 sans culture4 ,mais t\t c\p il dev5ait corsaire1 et revtait la t]rible posie empre9te dans le rle de ,l>a1 vivem5t inspir p> les c\leurs nacres de mille coquillages1 exalt p> la vue de quelques madrpores qui s5tai5t le v>e*1 les algues et les ouragans atlantiques4 ,admirant plus lo9 les dlicates m9iatures1 les arabesques d'azur et d'or qui enri*issai5t quelque prcieux missel manuscrit1 il oubliait les tumultes de la m]4 ,mollem5t balanc dans une p5se de paix1 il p\sait de n\veau l'tude et la sci5ce1 s\haitait la grasse vie des mo9es exempte de *agr9s1 exempte de plaisirs1 et se c\*ait au fond d'une cellule1 en contemplant p> sa f5tre en ogive les prairies1 les bois1 les vignobles de son mona/re4 ,devant quelques ,t5i]s1 il endossait la casaque d'un soldat ou la misre d'un ouvri]2 il dsirait port] le bonnet sale et enfum des ,flam&s1 s'enivrait de bire1 j\ait aux c>tes avec eux1 et s\riait une grosse paysanne d'un attrayant embonpo9t4 ,il grelottait en voyant une tombe de neige de ,miris1 ou se battait en reg>dant un combat de ,salvator ,rosa4 ,il c>essait un tomhawk d',ill9ois1 et s5tait le scalpel d'un ,*roke qui lui enlevait la peau du crne4 m]veill l'aspect d'un rebec1 il le confiait la ma9 d'une *tela9e dont il c\tait la romance mlodieuse en lui dcl>ant son am\r1 le soir1 auprs d'une *em9e go?ique1 dans la pnombre o se p]dait un reg>d de cons5tem5t4 ,il s'accro*ait t\tes les joies1 saisissait t\tes les d\leurs1 s'emp>ait de t\tes les =mules d'exi/5ce en p>pillant si gnreusem5t sa vie et ses s5tim5ts sur les simulacres de cette nature pla/ique et vide1 que le bruit de ses pas ret5tissait dans son me comme le son lo9ta9 d'un autre monde1 comme la rumeur de ,p>is arrive sur les t\rs de ,notre-,dame4 ,en montant l'escali] intrieur qui conduisait aux salles situes au premi] tage1 il vit des b\cli]s votifs1 des panoplies1 des tab]nacles sculpts1 des figures en bois p5dues aux murs1 poses sur *aque m>*e4 ,p\rsuivi p> les =mes les plus tranges1 p> des crations m]veilleuses assises sur les conf9s de la mort et de la vie1 il m>*ait dans les en*antem5ts d'un songe2 enf91 d\tant de son exi/5ce1 il tait comme ces objets curieux1 ni t\t fait mort1 ni t\t fait vivant4 ,qu& il entra dans les n\veaux magas9s1 le j\r comm5ait plir2 mais la lumire semblait inutile aux ri*esses respl5dissantes d'or et d'arg5t qui s'y tr\vai5t entasses4 ,les plus coteux caprices de dissipateurs morts s\s des mans>des aprs avoir possd plusieurs millions1 tai5t dans ce va/e baz> des folies huma9es4 ,une critoire paye c5t mille francs et ra*ete p\r c5t s\s1 gisait auprs d'une s]rure secret dont le prix aurait suffi jadis la ranon d'un roi4 ,l1 le gnie huma9 app>aissait dans t\tes les pompes de sa misre1 dans t\te la gloire de ses petitesses gigantesques4 ,une table d'bne1 vritable idole d'arti/e1 sculpte d'aprs les dess9s de ,jean ,g\jon et qui cota jadis plusieurs annes de travail1 avait t peut-tre acquise au prix du bois brl]4 ,des c(frets prcieux1 des meubles faits p> la ma9 des fes1 y tai5t ddaigneusem5t amoncels4 --,v\s avez des millions ici1 s'cria le jeune homme en arrivant la pice qui t]m9ait une imm5se enfilade d'app>tem5ts dors et sculpts p> des arti/es du sicle d]ni]4 --,dites des milli>ds1 rpondit le gros g>on j\fflu4 ,mais ce n'e/ ri5 encore2 montez au troisime tage1 et v\s v]rez6 ,l'inconnu suivit son conducteur et p>v9t une quatrime gal]ie o successivem5t passr5t devant ses yeux fatigus plusieurs tableaux du ,p\ss91 une sublime /atue de ,mi*el-,ange1 quelques ravissants paysages de ,claude ,lorra91 un ,gr>d ,d[ qui ressemblait une page de ,/]ne1 des ,rembr&t1 des ,murillo1 des ,velasquez sombres et colors comme un pome de "l ,byron2 puis des bas-reliefs antiques1 des c\pes d'agate1 des onyx m]veilleux2 enf9 c'tait des travaux dgt] du travail1 des *efs-d'uvre accumuls faire pr5dre en ha9e les arts et tu] l'en?\siasme4 ,il arriva devant une vi]ge de ,raphal1 mais il tait las de ,raphal2 une figure de ,corrge qui v\lait un reg>d ne l'obt9t mme pas2 un vase ine/imable en porphyre antique et dont les sculptures circulaires reprs5tai5t1 de t\tes les priapes roma9es1 la plus grotesquem5t lic5cieuse1 dlice de quelque ,cor9ne1 eut pe9e un s\rire4 ,il t\ffait s\s les dbris de c9quante sicles van\is1 il tait malade de t\tes ces p5ses huma9es1 assass9 p> le luxe et les arts1 oppress s\s ces =mes r5aissantes qui1 p>eilles des mon/res enfants s\s ses pi$s p> quelque mal9 gnie1 lui livrai5t un combat sans f94 ,semblable en ses caprices la *imie mod]ne qui rsume la cration p> un gaz1 l'me ne compose-t-elle pas de t]ribles poisons p> la rapide conc5tration de ses j\issances1 de ses =ces ou de ses ides8 ,beauc\p d'hommes ne priss5t-ils pas s\s le f\droiem5t de quelque acide moral s\da9em5t p&u dans leur tre intrieur8 --,que conti5t cette bote8 dem&a-t-il en arrivant un gr& cab9et1 d]ni] monceau de gloire1 d'ef=ts huma9s1 d'orig9alits1 de ri*esses1 p>mi lesquelles il montra du doigt une gr&e caisse c>re1 con/ruite en acaj\1 susp5due un cl\ p> une *ane d'arg5t4 --,ah6 monsieur en a la clef1 dit le gros g>on avec un air de my/re4 ,si v\s dsirez voir ce portrait1 je me has>d]ai volonti]s le prv5ir4 --,v\s has>d]8 reprit le jeune homme4 ,votre matre e/-il un pr9ce8 --,mais1 je ne sais pas1 rpondit le g>on4 ,ils se reg>dr5t p5dant un mom5t aussi tonns l'un que l'autre4 ,l'appr5ti int]prta le sil5ce de l'inconnu comme un s\hait1 et le laissa seul dans le cab9et4 ,v\s tes-v\s jamais lanc dans l'imm5sit de l'espace et du temps1 en lisant les uvres gologiques de ,cuvi]8 ,emport p> son gnie1 avez-v\s plan sur l'abme sans bornes du pass1 comme s\t5u p> la ma9 d'un en*anteur8 ,en dc\vrant de tran*e en tran*e1 de c\*e en c\*e1 s\s les c>rires de ,montm>tre ou dans les s*i/es de l',oural1 ces animaux dont les dp\illes fossilises app>ti5n5t des civilisations antdiluvi5nes1 l'me e/ effraye d'entrevoir des milli>ds d'annes1 des millions de peuples que la faible mmoire huma9e1 que l'inde/ructible tradition div9e ont oublis et dont la c5dre1 p\sse la surface de notre globe1 y =me les deux pi$s de t]re qui n\s donn5t du pa9 et des fleurs4 ,cuvi] n'e/-il pas le plus gr& pote de notre sicle8 ,"l ,byron a bi5 reproduit p> des mots quelques agitations morales2 mais notre immortel naturali/e a recon/ruit des mondes avec des os blan*is1 a rebti comme ,cadmus des cits avec des d5ts1 a repeupl mille =ts de t\s les my/res de la zoologie avec quelques fragm5ts de h\ille1 a retr\v des populations de gants dans le pi$ d'un mamm\?4 ,ces figures se dress5t1 gr&iss5t et meubl5t des rgions en h>monie avec leurs /atures colossales4 ,il e/ pote avec des *iffres1 il e/ sublime en posant un zro prs d'un sept4 ,il rveille le nant sans prononc] des p>oles gr&em5t magiques2 il f\ille une p>celle de gypse1 y ap]oit une empre9te1 et v\s crie3 ,voyez6 ,s\da9 les m>bres s'animalis5t1 la mort se vivifie1 le monde se dr\le6 ,aprs d'innombrables dyna/ies de cratures gigantesques1 aprs des races de poissons et des clans de mollusques1 arrive enf9 le g5re huma91 produit dgnr d'un type gr&iose1 bris peut-tre p> le ,crateur4 *auffs p> son reg>d rtrospectif1 ces hommes *tifs1 ns d'hi]1 peuv5t fran*ir le *aos1 entonn] un hymne sans f9 et se configur] le pass de l'univ]s dans une sorte d',apocalypse rtrograde4 ,en prs5ce de cette p\vantable rsurrection due la voix d'un seul homme1 la miette dont l'usufruit n\s e/ concd dans cet inf9i sans nom1 commun t\tes les sphres et que n\s avons nomm ,,le ,,temps1 cette m9ute de vie n\s fait piti4 ,n\s n\s dem&ons1 crass que n\s sommes s\s tant d'univ]s en ru9es1 quoi bon nos gloires1 nos ha9es1 nos am\rs2 et si1 p\r dev5ir un po9t intangible dans l'av5ir1 la pe9e de vivre doit s'accept]8 ,drac9s du prs5t1 n\s sommes morts jusqu' ce que notre valet de *ambre entre et vi5ne n\s dire3 ,madame la comtesse a rpondu qu'elle att5dait monsieur4 ,les m]veilles dont l'aspect v5ait de prs5t] au jeune homme t\te la cration connue mir5t dans son me l'abattem5t que produit *ez le philosophe la vue sci5tifique des crations inconnues3 il s\haita plus vivem5t que jamais de m\rir1 et tomba sur une *aise curule en laissant err] ses reg>ds trav]s les fantasmagories de ce panorama du pass4 ,les tableaux s'illum9r5t1 les ttes de vi]ge lui s\rir5t1 et les /atues se colorr5t d'une vie trompeuse4 ,a la faveur de l'ombre1 et mises en danse p> la fivreuse t\rm5te qui f]m5tait dans son c]veau bris1 ces uvres s'agitr5t et t\rbillonnr5t devant lui3 *aque magot lui jeta sa grimace1 les yeux des p]sonnages reprs5ts dans les tableaux remur5t en ptillant2 *acune de ces =mes frmit1 sautilla1 se dta*a de sa place1 gravem5t1 lgrem5t1 avec grce ou brusqu]ie1 selon ses murs1 son c>actre et sa contexture4 ,ce fut un my/rieux sabbat digne des fantaisies entrevues p> le docteur ,fau/ sur le ,brock54 ,mais ces phnomnes d'optique enfants p> la fatigue1 p> la t5sion des =ces oculaires ou p> les caprices du crpuscule1 ne p\vai5t effray] l'inconnu4 ,les t]reurs de la vie tai5t impuissantes sur une me famili>ise avec les t]reurs de la mort4 ,il favorisa mme p> une sorte de complicit railleuse les biz>r]ies de ce galvanisme moral dont les prodiges s'acc\plai5t aux d]nires p5ses qui lui donnai5t encore le s5tim5t de l'exi/5ce4 ,le sil5ce rgnait si pr(ondm5t aut\r de lui1 que bi5tt il s'av5tura dans une d\ce rv]ie dont les impressions graduellem5t noires suivir5t1 de nuance en nuance et comme p> magie1 les l5tes dgradations de la lumire4 ,une lueur prte quitt] le ciel ayant fait reluire un d]ni] reflet r\ge en luttant contre la nuit1 il leva la tte1 vit un squelette pe9e clair qui le montra du doigt1 et p5*a dubitativem5t le crne de droite gau*e1 comme p\r lui dire3 ,les morts ne veul5t pas encore de toi6 ,en passant la ma9 sur son front p\r en *ass] le sommeil1 le jeune homme s5tit di/9ctem5t un v5t frais produit p> je ne sais quoi de velu qui lui effleura les j\es1 et frissonna4 ,les vitres ayant ret5ti d'un claquem5t s\rd1 il p5sa que cette froide c>esse digne des my/res de la tombe lui avait t faite p> quelque *auve-s\ris4 ,p5dant un mom5t encore1 les vagues reflets du c\*ant lui p]mir5t d'ap]cevoir indi/9ctem5t les fantmes p> lesquels il tait ent\r2 puis t\te cette nature morte s'abolit dans une mme te9te noire4 ,la nuit1 l'heure de m\rir tait subitem5t v5ue4 ,il s'c\la1 ds ce mom5t1 un c]ta9 laps de temps p5dant lequel il n'eut aucune p]ception claire des *oses t]re/res1 soit qu'il se ft enseveli dans une rv]ie pr(onde1 soit qu'il et cd la somnol5ce provoque p> ses fatigues et p> la multitude des p5ses qui lui d*irai5t le cur4 ,t\t c\p il crut avoir t appel pas une voix t]rible1 et tressaillit comme lorsqu'au milieu d'un brlant cau*em> n\s sommes prcipits d'un seul bond dans les pr(ondeurs d'un abme4 ,il f]ma les yeux2 les rayons d'une vive lumire l'bl\issai5t2 il voyait brill] au se9 des tnbres une sphre r\getre dont le c5tre tait occup p> un petit vieill>d qui se t5ait deb\t et dirigeait sur lui la cl>t d'une lampe4 ,il ne l'avait ent5du ni v5ir1 ni p>l]1 ni se m\voir4 ,cette app>ition eut quelque *ose de magique4 ,l'homme le plus intrpide1 surpris a9si dans son sommeil1 aurait sans d\te trembl devant ce p]sonnage extraord9aire qui semblait tre sorti d'un s>cophage vois94 ,la s+ulire jeunesse qui animait les yeux immobiles de cette espce de fantme emp*ait l'inconnu de croire des effets surnaturels2 nanmo9s1 p5dant le rapide int]valle qui sp>a sa vie somnambulique de sa vie relle1 il demeura dans le d\te philosophique recomm& p> ,desc>tes1 et fut alors1 malgr lui1 s\s la puissance de ces inexplicables halluc9ations dont les my/res sont condamns p> notre fi]t ou que notre sci5ce impuissante t*e en va9 d'analys]4 ,figurez-v\s un petit vieill>d sec et maigre1 vtu d'une robe en vel\rs noir1 s]re aut\r de ses re9s p> un gros cordon de soie4 ,sur sa tte1 une calotte en vel\rs galem5t noir laissait pass]1 de *aque ct de la figure1 les longues m*es de ses *eveux blancs et s'appliquait sur le crne de manire rigidem5t encadr] le front4 ,la robe ensevelissait le corps comme dans un va/e l9ceul1 et ne p]mettait de voir d'autre =me huma9e qu'un visage troit et ple4 ,sans le bras d*>n1 qui ressemblait un bton sur lequel on aurait pos une t(fe et que le vieill>d t5ait en l'air p\r faire port] sur le jeune homme t\te la cl>t de la lampe1 ce visage aurait p>u susp5du dans les airs4 ,une b>be grise et taille en po9te ca*ait le m5ton de cet tre biz>re1 et lui donnait l'app>5ce de ces ttes judaques qui s]v5t de types aux arti/es qu& ils veul5t reprs5t] ,mose4 ,les lvres de cet homme tai5t si dcolores1 si m9ces1 qu'il fallait une att5tion p>ticulire p\r dev9] la ligne trace p> la b\*e dans son blanc visage4 ,son l>ge front rid1 ses j\es blmes et creuses1 la rigueur implacable de ses petits yeux v]ts1 dnus de cils et de s\rcils1 p\vai5t faire croire l'inconnu que le ,peseur d'or de ,gr>d ,d[ tait sorti de son cadre4 ,une f9esse d'inquisiteur1 trahie p> les s9uosits de ses rides et p> les plis circulaires dess9s sur ses tempes1 accusait une sci5ce pr(onde des *oses de la vie4 ,il tait impossible de tromp] cet homme qui semblait avoir le don de surpr5dre les p5ses au fond des curs les plus discrets4 ,les murs de t\tes les nations du globe et leurs sagesses se rsumai5t sur sa face froide1 comme les productions du monde enti] se tr\vai5t accumules dans ses magas9s p\dreux2 v\s y auriez lu la tranquillit lucide d'un ,dieu qui voit t\t1 ou la =ce orgueilleuse d'un homme qui a t\t vu4 ,un pe9tre aurait1 avec deux expressions diffr5tes et en deux c\ps de p9ceau1 fait de cette figure une belle image du ,pre t]nel ou le masque ricaneur du ,mphi/ophls1 c> il se tr\vait t\t ensemble une suprme puissance dans le front et de s9i/res raill]ies sur la b\*e4 ,en broyant t\tes les pe9es huma9es s\s un p\voir imm5se1 cet homme devait avoir tu les joies t]re/res4 ,le moribond frmit en press5tant que ce vieux gnie habitait une sphre trangre au monde o il vivait seul1 sans j\issances1 p>ce qu'il n'avait plus d'illusion2 sans d\leur1 p>ce qu'il ne connaissait plus de plaisirs4 ,le vieill>d se t5ait deb\t1 immobile1 9branlable comme une toile au milieu d'un nuage de lumire2 ses yeux v]ts1 ple9s de ne je sais quelle malice calme1 semblai5t clair] le monde moral comme sa lampe illum9ait ce cab9et my/rieux4 ,tel fut le spectacle trange qui surprit le jeune homme au mom5t o il ouvrit les yeux1 aprs avoir t b]c p> des p5ses de mort et de fantasques images4 ,s'il demeura comme t\rdi1 s'il se laissa mom5tanm5t dom9] p> une croyance digne d'enfants qui c\t5t les contes de leurs n\rrices1 il faut attribu] cette erreur au voile t5du sur sa vie et sur son ent5dem5t p> ses mditations1 l'agacem5t de ses n]fs irrits1 au drame viol5t dont les scnes v5ai5t de lui prodigu] les atroces dlices cont5ues dans un morceau d'opium4 ,cette vision avait lieu dans ,p>is1 sur le quai ,voltaire1 au dix-neuvime sicle1 temps et lieux o la magie devait tre impossible4 ,vois9 de la maison o le dieu de l'incrdulit franaise avait expir1 disciple de ,gay-,lussac et d',arago1 contempteur des t\rs de gobelets que font les hommes du p\voir1 l'inconnu n'obissait sans d\te qu'aux fasc9ations potiques dont il avait accept les pre/iges et auxquelles n\s n\s prtons s\v5t comme p\r fuir de dsesprantes vrits1 comme p\r t5t] la puissance de ,dieu4 ,il trembla donc devant cette lumire et ce vieill>d1 agit p> l'inexplicable press5tim5t de quelque p\voir trange2 mais cette motion tait semblable celle que n\s avons t\s pr\ve devant ,napolon1 ou en prs5ce de quelque gr& homme brillant de gnie et revtu de gloire4 --,monsieur dsire voir le portrait de ,jsus-,*ri/ pe9t p> ,raphal8 lui dit c\rtoisem5t le vieill>d d'une voix dont la sonorit claire et brve avait quelque *ose de mtallique4 ,et il posa la lampe sur le ft d'une colonne brise1 de manire ce que la bote brune ret t\te la cl>t4 ,aux noms religieux de ,jsus-,*ri/ et de ,raphal1 il *appa au jeune homme un ge/e de curiosit1 sans d\te att5du p> le m>*& qui fit j\] un ressort4 ,s\da9 le panneau d'acaj\ glissa dans une ra9ure1 tomba sans bruit et livra la toile l'admiration de l'inconnu4 ,a l'aspect de cette immortelle cration1 il oublia les fantaisies du magas91 les caprices de son sommeil1 r$ev9t homme1 reconnut dans le vieill>d une crature de *air1 bi5 vivante1 nullem5t fantasmagorique1 et revcut dans le monde rel4 ,la t5dre sollicitude1 la d\ce srnit du div9 visage influr5t aussitt sur lui4 ,quelque p>fum pan* des cieux dissipa les tortures inf]nales qui lui brlai5t la moelle des os4 ,la tte du ,sauveur des hommes p>aissait sortir des tnbres figures p> un fond noir2 une aurole de rayons t9celait vivem5t aut\r de sa *evelure d'o cette lumire v\lait sortir2 s\s le front1 s\s les *airs1 il y avait une loqu5te conviction qui s'*appait de *aque trait p> de pntrantes effluves2 les lvres v]meilles v5ai5t de faire ent5dre la p>ole de vie1 et le spectateur en *]*ait le ret5tissem5t sacr dans les airs1 il en dem&ait les ravissantes p>aboles au sil5ce1 il l'c\tait dans l'av5ir1 la retr\vait dans les enseignem5ts du pass4 ,l'vangile tait traduit p> la simplicit calme de ces adorables yeux o se rfugiai5t les mes tr\bles2 enf9 sa religion se lisait t\t entire en un suave et magnifique s\rire qui semblait exprim] ce prcepte o elle se rsume3 ,aimez-v\s les uns les autres6 ,cette pe9ture inspirait une prire1 recomm&ait le p>don1 t\ffait l'gsme1 rveillait t\tes les v]tus endormies4 ,p>tageant le privilge des en*antem5ts de la musique1 l'uvre de ,raphal v\s jetait s\s le *>me imprieux des s\v5irs1 et son triomphe tait complet1 on oubliait le pe9tre4 ,le pre/ige de la lumire agissait encore sur cette m]veille2 p> mom5ts il semblait que la tte s'levt dans le lo9ta91 au se9 de quelque nuage4 --,j'ai c\v]t cette toile de pices d'or1 dit froidem5t le m>*&4 --,eh6 bi51 il va falloir m\rir1 s'cria le jeune homme qui sortait d'une rv]ie dont la d]nire p5se l'avait ram5 v]s sa fatale de/9e1 en le faisant desc5dre1 p> d'ins5sibles dductions1 d'une d]nire esprance laquelle il s'tait atta*4 --,ah6 ah6 j'avais donc raison de me mfi] de toi1 rpondit le vieill>d en saisissant les deux ma9s du jeune homme qu'il s]ra p> les poignets dans l'une des si5nes1 comme dans un tau4 ,l'inconnu s\rit tri/em5t de cette mprise et dit d'une voix d\ce3--,h6 monsieur1 ne craignez ri51 il s'agit de ma vie et non de la vtre4 ,p\rquoi n'av\]ais-je pas une innoc5te sup]*]ie1 reprit-il aprs avoir reg>d le vieill>d inquiet4 ,en att5dant la nuit1 af9 de p\voir me noy] sans escl&re1 je suis v5u voir vos ri*esses4 ,qui ne p>donn]ait ce d]ni] plaisir un homme de sci5ce et de posie8 ,le s\ponneux m>*& exam9a d'un il sagace le morne visage de son faux *al& t\t en l'c\tant p>l]4 ,rassur bi5tt p> l'acc5t de cette voix d\l\reuse1 ou lisant peut-tre dans ces traits dcolors les s9i/res de/9es qui nagure avai5t fait frmir les j\eurs1 il l*a les ma9s2 mais p> un re/e de suspicion qui rvla une expri5ce au mo9s c5t5aire1 il t5dit non*alamm5t le bras v]s un buffet comme p\r s'appuy]1 et dit en y pr5ant un /ylet3--tes-v\s depuis trois ans surnumraire au trsor1 sans y avoir t\* de gratification8 ,l'inconnu ne put s'emp*] de s\rire en faisant un ge/e ngatif4 --,votre pre v\s a-t-il trop vivem5t repro* d'tre v5u au monde1 ou bi5 tes-v\s d%onor8 --,si je v\lais me d%onor]1 je vivrais4 --,avez-v\s t siffl aux ,funambules1 ou v\s tr\vez-v\s oblig de compos] des flons-flons p\r pay] le convoi de votre matresse8 ,n'auriez-v\s pas plutt la maladie de l'or8 v\lez-v\s dtrn] l'ennui8 ,enf91 quelle erreur v\s engage m\rir8 --,ne *]*ez pas le pr9cipe de ma mort dans les raisons vulgaires qui comm&5t la plup>t des suicides4 ,p\r me disp5s] de v\s dvoil] des s\ffrances in\es et qu'il e/ difficile l'exprim] en langage huma91 je v\s dirai que je suis dans la plus pr(onde1 la plus ignoble1 la plus p]ante de t\tes les misres4 ,et1 aj\ta-t-il d'un ton de voix dont la fi]t sauvage dm5tait ses p>oles prcd5tes1 je ne veux m5di] ni sec\rs ni consolations4 --,eh6 eh6 ,ces deux syllabes que d'abord le vieill>d fit ent5dre p\r t\te rponse ressemblr5t au cri d'une crcelle4 ,puis il reprit a9si3--,sans v\s =c] m'implor]1 sans v\s faire r\gir1 et sans v\s donn] un c5time de ,france1 un p>at du ,levant1 un t>a9 de ,sicile1 un hell] d',allemagne1 une seule des se/]ces ou des oboles de l'anci5 monde1 ni une pia/re du n\veau1 sans v\s (frir quoi que ce soit en or1 arg5t1 billon1 papi]1 billet1 je veux v\s faire plus ri*e1 plus puissant et plus considr que ne peut l'tre un roi con/itutionnel4 ,le jeune homme crut le vieill>d en enfance1 et re/a comme eng\rdi1 sans os] rpondre4 --,ret\rnez-v\s1 dit le m>*& en saisissant t\t c\p la lampe p\r en dirig] la lumire sur le mur qui faisait face au portrait1 et reg>dez cette ,,peau ,,de ,,*agr91 aj\ta-t-il4 ,le jeune homme se leva brusquem5t et tmoigna quelque surprise en ap]cevant au-dessus du sige o il s'tait assis un morceau de *agr9 accro* sur le mur1 et dont la dim5sion n'excdait pas celle d'une peau de r5>d2 mais1 p> un phnomne inexplicable au premi] abord1 cette peau projetait au se9 de la pr(onde obscurit qui rgnait dans le magas9 des rayons si lum9eux que v\s eussiez dit d'une petite comte4 ,le jeune incrdule s'appro*a de ce prt5du talisman qui devait le prs]v] du malheur1 et s'en moqua p> une phrase m5tale4 ,cep5dant1 anim d'une curiosit bi5 lgitime1 il se p5*a p\r la reg>d] alt]nativem5t s\s t\tes les faces1 et dc\vrit bi5tt une cause naturelle cette s+ulire lucidit3 les gra9s noirs du *agr9 tai5t si soigneusem5t polis et si bi5 brunis1 les rayures capricieuses en tai5t si propres et si nettes que1 p>eilles des facettes de gr5at1 les asprits de ce cuir ori5tal =mai5t autant de petits foy]s qui rfl*issai5t vivem5t la lumire4 ,il dmontra ma?matiquem5t la raison de ce phnomne au vieill>d1 qui1 p\r t\te rponse1 s\rit avec malice4 ,ce s\rire de supriorit fit croire au jeune savant qu'il tait dupe en ce mom5t de quelque *>latanisme4 ,il ne v\lut pas emport] une nigme de plus dans la tombe1 et ret\rna promptem5t la peau comme un enfant press de connatre les secrets de son j\et n\veau4 --,ah6 ah6 s'cria-t-il1 voici l'empre9te du sceau que les ,ori5taux nomm5t le ca*et de ,salomon4 --,v\s le connaissez donc8 dem&a le m>*&1 dont les n>9es laissr5t pass] deux ou trois b\ffes d'air qui peignir5t plus d'ides que n'en p\vai5t exprim] les plus n]giques p>oles4 --,exi/e-t-il au monde un homme assez simple p\r croire cette *imre8 s'cria le jeune homme1 piqu d'ent5dre ce rire muet et ple9 d'amres drisions4 ,ne savez-v\s pas1 aj\ta-t-il1 que les sup]/itions de l',ori5t ont consacr la =me my/ique et les c>actres m5song]s de cet emblme qui reprs5te une puissance fabuleuse8 ,je ne crois pas devoir tre plus tax de niais]ie dans cette circon/ance que si je p>lais des ,sph9x ou des ,griffons1 dont l'exi/5ce e/ en quelque sorte sci5tifiquem5t admise4 --,puisque v\s tes un ori5tali/e1 reprit le vieill>d1 peut-tre lirez-v\s cette s5t5ce4 ,il apporta la lampe prs du talisman que le jeune homme t5ait l'env]s1 et lui fit ap]cevoir des c>actres incru/s dans le tissu cellulaire de cette peau m]veilleuse1 comme s'ils euss5t t produits p> l'animal auquel elle avait jadis app>t5u4 --,j'av\e1 s'cria l'inconnu1 que je ne dev9e gure le procd dont on se s]a s]vi p\r grav] si pr(ondm5t ces lettres sur la peau d'un onagre4 ,et1 se ret\rnant avec vivacit v]s les tables *>ges de curiosits1 ses yeux p>ur5t y *]*] quelque *ose4 --,que v\lez-v\s8 dem&a le vieill>d4 --,un in/rum5t p\r tran*] le *agr91 af9 de voir si les lettres y sont empre9tes ou incru/es4 ,le vieill>d prs5ta son /ylet l'inconnu1 qui le prit et t5ta d'entam] la peau l'endroit o les p>oles se tr\vai5t crites2 mais1 qu& il eut enlev une lgre c\*e de cuir1 les lettres y rep>ur5t si nettes et tellem5t con=mes celles qui tai5t imprimes sur la surface1 que1 p5dant un mom5t1 il crut n'en avoir ri5 t4 --,l'indu/rie du ,levant a des secrets qui lui sont rellem5t p>ticuli]s1 dit-il en reg>dant la s5t5ce ori5tale avec une sorte d'inquitude4 --,oui1 rpondit le vieill>d1 il vaut mieux s'en pr5dre aux hommes qu' ,dieu6 ,les p>oles my/rieuses tai5t disposes de la manire suivante3 ,ce qui v\lait dire en franais3 ,,si ,,tu ,,me ,,poss,,des1 ,,tu ,,poss,,d]as ,,t\t4 ,,mais ,,ta ,,vie ,m',,app>ti5dra4 ,,dieu ,l',a ,,v\lu ,,a9si4 ,d,,sire1 ,,et ,,tes ,d,,sirs ,,s]ont ,,accomplis4 ,,mais ,r,,gle ,,tes ,,s\haits ,,sur ,,ta ,,vie4 ,,elle ,,e/ ,,la4 ,a ,,*aque ,,v\loir ,,je ,d,,croitrai ,,comme ,,tes ,,j\rs4 ,,me ,,veux-,,tu8 ,,pr5ds4 ,,dieu ,t',,exauc]a4 ,,soit6 --,ah6 v\s lisez c\ramm5t le sanscrit1 dit le vieill>d4 ,peut-tre avez-v\s voyag en ,p]se ou dans le ,b5gale8 --,non1 monsieur1 rpondit le jeune homme en ttant avec curiosit cette peau symbolique1 assez semblable une feuille de mtal p> son peu de flexibilit4 ,le vieux m>*& remit la lampe sur la colonne o il l'avait prise1 en lanant au jeune homme un reg>d empre9t d'une froide ironie qui semblait dire3 ,il ne p5se dj plus m\rir4 --,e/-ce une plaisant]ie1 e/-ce un my/re8 dem&a le jeune inconnu4 ,le vieill>d ho*a de la tte et dit gravem5t3--,je ne saurais v\s rpondre4 ,j'ai (f]t le t]rible p\voir que donne ce talisman des hommes d\s de plus d'n]gie que v\s ne p>aissiez en avoir2 mais1 t\t en se moquant de la problmatique influ5ce qu'il devait ex]c] sur leurs de/9es futures1 aucun n'a v\lu se risqu] conclure ce contrat si fatalem5t propos p> je ne sais quelle puissance4 ,je p5se comme eux1 j'ai d\t1 je me suis ab/5u1 et444 --,et v\s n'avez pas mme essay8 dit le jeune homme en l'int]rompant4 --,essay]6 dit le vieill>d4 ,si v\s tiez sur la colonne de la place ,v5dme1 essai]iez-v\s de v\s jet] dans les airs8 ,peut-on arrt] le c\rs de la vie8 ,l'homme a-t-il jamais pu sc9d] la mort8 ,avant d'entr] dans ce cab9et1 v\s aviez rsolu de v\s suicid]2 mais t\t c\p un secret v\s occupe et v\s di/rait de m\rir4 ,enfant6 ,*acun de vos j\rs ne v\s (frira-t-il pas une nigme plus intressante que ne l'e/ celle-ci8 c\tez-moi4 ,j'ai vu la c\r lic5cieuse du rg5t4 ,comme v\s1 j'tais alors dans la misre1 j'ai m5di mon pa92 nanmo9s j'ai atte9t l'ge de c5t deux ans1 et je suis dev5u millionnaire3 le malheur m'a donn la =tune1 l'ignorance m'a in/ruit4 ,je vais v\s rvl] en peu de mots un gr& my/re de la vie huma9e4 ,l'homme s'puise p> deux actes in/9ctivem5t accomplis qui t>iss5t les s\rces de son exi/5ce4 ,deux v]bes exprim5t t\tes les =mes que pr5n5t ces deux causes de mort3 ,,v\loir et ,,p\voir4 ,entre ces deux t]mes de l'action huma9e il e/ une autre =mule dont s'emp>5t les sages1 et je lui dois le bonheur et ma longvit4 ,v\loir n\s brle et ,p\voir n\s dtruit2 mais ,,savoir laisse notre faible organisation dans un p]ptuel tat de calme4 ,a9si le dsir ou le v\loir e/ mort en moi1 tu p> la p5se2 le m\vem5t ou le p\voir s'e/ rsolu p> le jeu naturel de mes organes4 ,en deux mots1 j'ai plac ma vie1 non dans le cur qui se brise1 non dans les s5s qui s'm\ss5t2 mais dans le c]veau qui ne s'use pas et qui survit t\t4 ,ri5 d'excessif n'a froiss ni mon me ni mon corps4 ,cep5dant j'ai vu le monde enti]3 mes pi$s ont f\l les plus hautes montagnes de l',asie et de l',amrique1 j'ai appris t\s les langages huma9s1 et j'ai vcu s\s t\s les rgimes3 j'ai prt mon arg5t un ,*9ois en pr5ant p\r gage le corps de son pre1 j'ai dormi s\s la t5te de l',arabe sur la foi de sa p>ole1 j'ai sign des contrats dans t\tes les capitales europennes1 et j'ai laiss sans cra9te mon or dans le wigham des sauvages1 enf9 j'ai t\t obt5u p>ce que j'ai t\t su ddaign]4 ,ma seule ambition a t de voir4 ,voir n'e/-ce pas savoir8 ,oh6 savoir1 jeune homme1 n'e/-ce pas j\ir intuitivem5t8 n'e/-ce pas dc\vrir la sub/ance mme du fait et s'en emp>] ess5tiellem5t8 ,que re/e-t-il d'une possession matrielle8 une ide4 ,jugez alors combi5 doit tre belle la vie d'un homme qui1 p\vant empre9dre t\tes les ralits dans sa p5se1 transporte en son me les s\rces du bonheur1 en extrait mille volupts idales dp\illes des s\illures t]re/res4 ,la p5se e/ la clef de t\s les trsors1 elle procure les joies de l'av>e sans donn] ses s\cis4 ,aussi ai-je plan sur le monde1 o mes plaisirs ont t\j\rs t des j\issances intellectuelles4 ,mes dbau*es tai5t la contemplation des m]s1 des peuples1 des =ts1 des montagnes6 ,j'ai t\t vu1 mais tranquillem5t1 sans fatigue2 je n'ai jamais ri5 dsir1 j'ai t\t att5du2 je me suis prom5 dans l'univ]s comme dans le j>d9 d'une habitation qui m'app>t5ait4 ,ce que les hommes appell5t *agr9s1 am\rs1 ambitions1 rev]s1 tri/esse1 sont p\r moi des ides que je *ange en rv]ies2 au lieu de les s5tir1 je les exprime1 je les traduis2 au lieu de leur laiss] dvor] ma vie1 je les dramatise1 je les dveloppe1 je m'en amuse comme de romans que je lirais p> une vision intrieure4 ,n'ayant jamais lass mes organes1 je j\is encore d'une sant robu/e2 mon me ayant hrit de t\te la =ce dont je n'abusais pas1 cette tte e/ encore mieux meuble que ne le sont mes magas9s4 ,l1 dit-il en se frappant le front1 l sont les vrais millions4 ,je passe des j\rnes dlicieuses en jetant un reg>d intellig5t dans le pass1 j'voque des pays enti]s1 des sites1 des vues de l',ocan1 des figures hi/oriquem5t belles6 ,j'ai un srail imag9aire o je possde t\tes les femmes que je n'ai pas eues4 ,je revois s\v5t vos gu]res1 vos rvolutions1 et je les juge4 ,oh6 comm5t prfr] de fbriles1 de lgres admirations p\r quelques *airs plus ou mo9s colores1 p\r des =mes plus ou mo9s rondes6 comm5t prfr] t\s les dsa/res de vos volonts trompes la facult sublime de faire comp>atre en soi l'univ]s1 au plaisir imm5se de se m\voir sans tre g>rott p> les li5s du temps ni p> les entraves de l'espace1 au plaisir de t\t embrass]1 de t\t voir1 de se p5*] sur le bord du monde p\r int]rog] les autres sphres1 p\r c\t] ,dieu6 ,ceci1 dit-il d'une voix clatante en montrant la ,peau de *agr91 e/ le p\voir et le v\loir runis4 ,l sont vos ides sociales1 vos dsirs excessifs1 vos intemprances1 vos joies qui tu5t1 vos d\leurs qui font trop vivre2 c> le mal n'e/ peut-tre qu'un viol5t plaisir4 ,qui p\rrait dt]m9] le po9t o la volupt devi5t un mal et celui o le mal e/ encore la volupt8 ,les plus vives lumires du monde idal ne c>ess5t-elles pas la vue1 t&is que les plus d\ces tnbres du monde physique la bless5t t\j\rs2 le mot de ,sagesse ne vi5t-il pas de savoir8 et qu'e/-ce que la folie1 s9on l'excs d'un v\loir ou d'un p\voir8 --,eh6 bi51 oui1 je veux vivre avec excs1 dit l'inconnu en saisissant la ,peau de *agr94 --,jeune homme1 pr5ez g>de1 s'cria le vieill>d avec une incroyable vivacit4 --,j'avais rsolu ma vie p> l'tude et p> la p5se2 mais elles ne m'ont mme pas n\rri1 rpliqua l'inconnu4 ,je ne veux tre la dupe ni d'une prdication digne de ,sw$5borg1 ni de votre amulette ori5tale1 ni des *>itables ef=ts que v\s faites1 monsieur1 p\r me ret5ir dans un monde o mon exi/5ce e/ dsormais impossible4 ,voyons6 aj\ta-t-il en s]rant le talisman d'une ma9 convulsive et reg>dant le vieill>d4 ,je veux un dn] royalem5t spl5dide1 quelque bac*anale digne du sicle o t\t s'e/1 dit-on1 p]fectionn6 ,que mes convives soi5t jeunes1 spirituels et sans prjugs1 joyeux jusqu' la folie6 que les v9s se succd5t t\j\rs plus incisifs1 plus ptillants1 et soi5t de =ce n\s enivr] p\r trois j\rs6 ,que la nuit soit p>e de femmes ard5tes6 ,je veux que la ,dbau*e en dlire et rugissante n\s emporte dans son *> quatre *evaux1 p>-del les bornes du monde1 p\r n\s v]s] sur des plages inconnues3 que les mes mont5t dans les cieux ou se plong5t dans la b\e1 je ne sais si alors elles s'lv5t ou s'abaiss5t2 peu m'importe6 ,donc je comm&e ce p\voir s9i/re de me fondre t\tes les joies dans une joie4 ,oui1 j'ai beso9 d'embrass] les plaisirs du ciel et de la t]re dans une d]nire tre9te p\r en m\rir4 ,aussi s\hait-je et des priapes antiques aprs boire1 et des *ants rveill] les morts1 et de triples bais]s1 des bais]s sans f9 dont le bruit passe sur ,p>is comme un craquem5t d'inc5die1 y rveille les p\x et leur inspire une ardeur cuisante qui rajeunisse mme les septuagnaires6 ,un clat de rire1 p>ti de la b\*e du petit vieill>d1 ret5tit dans les oreilles du jeune f\ comme un bruissem5t de l'enf]1 et l'int]dit si despotiquem5t qu'il se tut4 --,croyez-v\s1 dit le m>*&1 que mes plan*]s vont s'ouvrir t\t c\p p\r donn] passage des tables somptueusem5t s]vies et des convives de l'autre monde8 ,non1 non1 jeune t\rdi4 ,v\s avez sign le pacte3 t\t e/ dit4 ,ma9t5ant vos volonts s]ont scrupuleusem5t satisfaites1 mais aux dp5s de votre vie4 ,le c]cle de vos j\rs1 figur p> cette peau1 se ress]r]a suivant la =ce et le nombre de vos s\haits1 depuis le plus lg] jusqu'au plus exorbitant4 ,le bra*mane auquel je dois ce talisman m'a jadis expliqu qu'il s'opr]ait un my/rieux accord entre les de/9es et les s\haits du possesseur4 ,votre premi] dsir e/ vulgaire1 je p\rrais le ralis]2 mais j'en laisse le so9 aux vnem5ts de votre n\velle exi/5ce4 ,aprs t\t1 v\s v\liez m\rir8 h6 bi51 votre suicide n'e/ que ret>d4 ,l'inconnu1 surpris et presque irrit de se voir t\j\rs plaisant p> ce s+uli] vieill>d dont l'int5tion demi-philan?ropique lui p>ut clairem5t dmontre dans cette d]nire raill]ie1 s'cria3--,je v]rai bi51 monsieur1 si ma =tune *ang]a p5dant le temps que je vais mettre fran*ir la l>geur du quai4 ,mais1 si v\s ne v\s moquez pas d'un malheureux1 je dsire1 p\r me v5g] d'un si fatal s]vice1 que v\s tombiez am\reux d'une danseuse6 ,v\s compr5drez alors le bonheur d'une dbau*e1 et peut-tre devi5drez-v\s prodigue de t\s les bi5s que v\s avez si philosophiquem5t mnags4 ,il sortit sans ent5dre un gr& s\pir que p\ssa le vieill>d1 trav]sa les salles et desc5dit les escali]s de cette maison1 suivi p> le gros g>on j\fflu qui v\lut va9em5t l'clair]3 il c\rait avec la pre/esse d'un voleur pris en flagrant dlit4 ,aveugl p> une sorte de dlire1 il ne s'ap]ut mme pas de l'incroyable ductilit de la ,peau de *agr91 qui1 dev5ue s\ple comme un gant1 se r\la s\s ses doigts frntiques et put entr] dans la po*e de son habit o il la mit presque ma*9alem5t4 ,en s'lanant de la porte du magas9 sur la *ausse1 il heurta trois jeunes g5s qui se t5ai5t bras dessus bras dess\s4 --,animal6 --,imbcile6 ,telles fur5t les gracieuses int]pellations qu'ils *angr5t4 --,eh6 c'e/ ,raphal4 --,ah bi56 n\s te *]*ions4 --,quoi6 c'e/ v\s8 ,ces trois phrases amicales succdr5t l'injure aussitt que la cl>t d'un rv]bre balanc p> le v5t frappa les visages de ce gr\pe tonn4 --,mon *] ami1 dit ,raphal le jeune homme qu'il avait failli r5v]s]1 tu vas v5ir avec n\s4 --,de quoi s'agit-il donc8 --,avance t\j\rs1 je te cont]ai l'affaire en m>*ant4 ,de =ce ou de bonne volont1 ,raphal fut ent\r de ses amis1 qui1 l'ayant en*an p> les bras dans leur joyeuse b&e1 l'entranr5t v]s le ,pont-des-,arts4 --,mon *]1 dit l'orateur en cont9uant1 n\s sommes ta p\rsuite depuis une sema9e environ4 ,a ton respectable htel ,sa9t-,qu5t91 dont p> p>5?se l'enseigne inamovible (fre des lettres t\j\rs alt]nativem5t noires et r\ges comme au temps de ,j4-,j4 ,r\sseau1 ta ,lon>de n\s a dit que tu tais p>ti p\r la campagne au mois de ju94 ,cep5dant n\s n'avions c]tes pas l'air de g5s d'arg5t1 huissi]s1 cranci]s1 g>de du comm]ce1 etc4 ,n'importe6 ,ra/ignac t'avait ap]u la veille aux ,b\ffons1 n\s avons repris c\rage1 et mis de l'am\r-propre dc\vrir si tu te p]*ais sur les arbres des ,*amps-lyses1 si tu allais c\*] p\r deux s\s dans ces maisons philan?ropiques o les m5diants dorm5t appuys sur des cordes t5dues1 ou si1 plus heureux1 ton biv\ac n'tait pas tabli dans quelque b\doir4 ,n\s ne t'avons r5contr nulle "p1 ni sur les cr\s de ,sa9te-,plagie1 ni sur ceux de la ,=ce6 ,les m9i/res1 l',opra1 les maisons conv5tuelles1 cafs1 biblio?ques1 li/es de prfets1 bureaux de j\rnali/es1 re/aurants1 foy]s de ?tre1 bref1 t\t ce qu'il y a dans ,p>is de bons et de mauvais lieux ayant t savamm5t explors1 n\s gmissions sur la p]te d'un homme d\ d'assez de gnie p\r se faire galem5t *]*] la c\r et dans les prisons4 ,n\s p>lions de te canonis] comme un hros de juillet6 et1 ma p>ole d'honneur1 n\s te regrettions4 ,en ce mom5t1 ,raphal passait avec ses amis sur le ,pont-des-,arts1 d'o1 sans les c\t]1 il reg>dait la ,se9e dont les eaux mugissantes rptai5t les lumires de ,p>is4 ,au-dessus de ce fleuve1 dans lequel il v\lait se prcipit] nagure1 les prdictions du vieill>d tai5t accomplies1 l'heure de sa mort se tr\vait dj fatalem5t ret>de4 --,et n\s te regrettions vraim5t6 dit son ami p\rsuivant t\j\rs sa ?se4 ,il s'agit d'une comb9aison dans laquelle n\s te compr5ions en ta qualit d'homme suprieur1 c'e/--dire d'homme qui sait se mettre au-dessus de t\t4 ,l'escamotage de la muscade con/itutionnelle s\s le gobelet royal se fait auj\rd'hui1 mon *]1 plus gravem5t que jamais4 ,l'infme ,mon>*ie r5v]se p> l'hrosme populaire tait une femme de mauvaise vie avec laquelle on p\vait rire et banquet]2 mais la ,patrie e/ une p\se ac>itre et v]tueuse dont il n\s faut accept]1 bon gr1 mal gr1 les c>esses compasses4 ,or donc1 le p\voir s'e/ transport1 comme tu sais1 des ,tuil]ies *ez les j\rnali/es1 de mme que le budget a *ang de qu>ti]1 en passant du faub\rg ,sa9t-,g]ma9 la ,*ausse-d',ant94 ,mais voici ce que tu ne sais peut-tre pas6 ,le g\v]nem5t1 c'e/--dire l'ari/ocratie de banqui]s et d'avocats1 qui font auj\rd'hui de la patrie comme les prtres faisai5t jadis de la mon>*ie1 a s5ti la ncessit de my/ifi] le bon peuple de ,france avec des mots n\veaux et de vieilles ides1 l'in/> des philosophes de t\tes les coles et des hommes =ts de t\s les temps4 ,il s'agit donc de n\s inculqu] une op9ion royalem5t nationale1 en n\s pr\vant qu'il e/ bi5 plus heureux de pay] d\ze c5ts millions tr5te-trois c5times la patrie reprs5te p> messieurs tels et tels1 que onze c5ts millions neuf c5times un roi qui disait moi au lieu de dire n\s4 ,en un mot1 un j\rnal arm de deux ou trois c5t bons mille francs vi5t d'tre fond dans le b de faire une opposition qui cont5te les mcont5ts1 sans nuire au g\v]nem5t national du roi-citoy54 ,or1 comme n\s n\s moquons de la lib]t autant que du despotisme1 de la religion aussi bi5 que de l'incrdulit2 que p\r n\s la patrie e/ une capitale o t\tes les ides s'*ang5t1 o t\s les j\rs amn5t de succul5ts dn]s1 de nombreux spectacles2 o f\rmill5t de lic5cieuses pro/itues1 des s\p]s qui ne f9iss5t que le l5dema91 des am\rs qui vont l'heure comme les citad9es2 que ,p>is s]a t\j\rs la plus adorable de t\tes les patries6 la patrie de la joie1 de la lib]t1 de l'esprit1 des jolies femmes1 des mauvais sujets1 du bon v91 et o le bton du p\voir ne se f]a jamais trop s5tir1 puisque l'on e/ prs de ceux qui le ti5n5t4 ,n\s1 vritables sectateurs du dieu ,mphi/ophls6 avons entrepris de badigeonn] l'esprit public1 de rhabill] les acteurs1 de cl\] de n\velles plan*es la b>aque g\v]nem5tale1 de mdicam5t] les doctr9aires1 de recuire les vieux rpublica9s1 de r*ampir les bonap>ti/es et de ravitaill] les c5tres1 p\rvu qu'il n\s soit p]mis de rire 9 petto des rois et des peuples1 de ne pas tre le soir de notre op9ion du mat91 et de pass] une joyeuse vie la ,panurge ou m ori5tali1 c\*s sur de moelleux c\ss9s4 ,n\s te de/9ions les rnes de cet empire mac>onique et burlesque2 a9si n\s t'emm5ons de ce pas au dn] donn p> le fondateur dudit j\rnal1 un banqui] retir qui1 ne sa*ant que faire de son or1 veut le *ang] en esprit4 ,tu y s]as accueilli comme un frre1 n\s t'y salu]ons roi de ces esprits frondeurs que ri5 n'p\vante1 et dont la p]spicacit dc\vre les int5tions de l',autri*e1 de l',anglet]re ou de la ,russie1 avant que la ,russie1 l',anglet]re ou l',autri*e n'ai5t des int5tions6 ,oui1 n\s t'in/itu]ons le s\v]a9 de ces puissances intellig5tes qui f\rniss5t au monde les ,mirabeau1 les ,talleyr&1 les ,pitt1 les ,mett]ni*1 enf9 t\s ces h>dis ,crisp9s qui j\5t entre eux les de/9es d'un empire comme les hommes vulgaires j\5t leur kir*5-wass] aux dom9os4 ,n\s t'avons donn p\r le plus intrpide compagnon qui jamais ait tre9t corps corps la ,dbau*e1 ce mon/re admirable avec lequel veul5t lutt] t\s les esprits =ts6 ,n\s avons mme affirm qu'il ne t'a pas encore va9cu4 ,j'espre que tu ne f]as pas m5tir nos loges4 ,taillef]1 notre amphitryon1 n\s a promis de surpass] les troites saturnales de nos petits ,lucullus mod]nes4 ,il e/ assez ri*e p\r mettre de la gr&eur dans les petitesses1 de l'lgance et de la grce dans le vice4 ,ent5ds-tu1 ,raphal8 lui dem&a l'orateur en s'int]rompant4 --,oui1 rpondit le jeune homme1 mo9s tonn de l'accomplissem5t de ses s\haits que surpris de la manire naturelle p> laquelle les vnem5ts s'en*anai5t2 et1 quoiqu'il lui ft impossible de croire une influ5ce magique1 il admirait les has>ds de la de/9e huma9e4 --,mais tu n\s dis oui1 comme si tu p5sais la mort de ton gr&-pre1 lui rpliqua l'un de ses vois9s4 --,ah6 reprit ,raphal avec un acc5t de navet qui fit rire ces criva9s1 l'espoir de la jeune ,france1 je p5sais1 mes amis1 que n\s voil prs de dev5ir de bi5 gr&s coqu9s6 ,jusqu' prs5t n\s avons fait de l'impit entre deux v9s1 n\s avons pes la vie tant ivres1 n\s avons pris les hommes et les *oses en digrant2 vi]ges du fait1 n\s tions h>dis en p>oles2 mais m>qus ma9t5ant p> le f] *aud de la politique1 n\s allons entr] dans ce gr& bagne et y p]dre nos illusions4 ,qu& on ne croit plus qu'au diable1 il e/ p]mis de regrett] le p>adis de la jeunesse1 le temps d'innoc5ce o n\s t5dions dvotem5t la langue un bon prtre1 p\r recevoir le sacr corps de notre ,seigneur ,jsus-,*ri/4 ,ah6 mes bons amis1 si n\s avons eu tant de plaisir commettre nos premi]s p*s1 c'e/ que n\s avions des remords p\r les embellir et leur donn] du piquant1 de la saveur2 t&is que ma9t5ant444 --,oh6 ma9t5ant1 reprit le premi] int]locuteur1 il n\s re/e444 --,quoi8 dit un autre4 --,le crime444 --,voil un mot qui a t\te la hauteur d'une pot5ce et t\te la pr(ondeur de la ,se9e1 rpliqua ,raphal4 --,oh6 tu ne m'ent5ds pas4 ,je p>le des crimes politiques4 ,depuis ce mat9 je n'envie qu'une exi/5ce1 celle des conspirateurs4 ,dema91 je ne sais si ma fantaisie dur]a t\j\rs2 mais ce soir la vie ple de notre civilisation1 unie comme la ra9ure d'un *em9 de f]1 fait bondir mon cur de dgt6 ,je suis pris de passion p\r les malheurs de la dr\te de ,mosc\1 p\r les motions du ,corsaire r\ge et p\r l'exi/5ce des contreb&i]s4 ,puisqu'il n'y a plus de ,*>treux en ,france1 je v\drais au mo9s un ,botany-,bay1 une espce d'infirm]ie de/9e aux petits lords ,byrons1 qui1 aprs avoir *iffonn la vie comme une s]viette aprs dn]1 n'ont plus ri5 faire qu' inc5di] leur pays1 se brl] la c]velle1 conspir] p\r la rpublique1 ou dem&] la gu]re444 --mile1 dit avec feu le vois9 de ,raphal l'int]locuteur1 foi d'homme1 sans la rvolution de juillet je me faisais prtre p\r all] m5] une vie animale au fond de quelque campagne1 et444 --,et tu aurais lu le brviaire t\s les j\rs8 --,oui4 --,tu es un fat4 --,n\s lisons bi5 les j\rnaux4 --,pas mal6 p\r un j\rnali/e4 ,mais1 tais-toi1 n\s m>*ons au milieu d'une masse d'abonns4 ,le j\rnalisme1 vois-tu1 c'e/ la religion des socits mod]nes1 et il y a progrs4 --,comm5t8 --,les pontifes ne sont pas t5us de croire1 ni le peuple non plus444 ,en devisant a9si1 comme de braves g5s qui savai5t le ,de ,viris illu/ribus depuis longues annes1 ils arrivr5t un htel de la rue ,j\b]t4 mile tait un j\rnali/e qui avait conquis plus de gloire ne ri5 faire que les autres n'en recueill5t de leurs succs4 ,critique h>di1 ple9 de v]ve et de mordant1 il possdait t\tes les qualits que comportai5t ses dfauts4 ,franc et rieur1 il disait en face mille pigrammes un ami1 qu'abs5t1 il df5dait avec c\rage et loyaut4 ,il se moquait de t\t1 mme de son av5ir4 ,t\j\rs dp\rvu d'arg5t1 il re/ait1 comme t\s les hommes de quelque porte1 plong dans une inexprimable p>esse1 jetant un livre dans un mot au nez de g5s qui ne savai5t pas mettre un mot dans leurs livres4 ,prodigue de promesses qu'il ne ralisait jamais1 il s'tait fait de sa =tune et de sa gloire un c\ss9 p\r dormir1 c\rant a9si la *ance de se rveill] vieux l'hpital4 ,d'ailleurs1 ami jusqu' l'*afaud1 fanf>on de cynisme et simple comme un enfant1 il ne travaillait que p> b\tade ou p> ncessit4 --,n\s allons faire1 suivant l'expression de matre ,alc(ribas1 un fameux tronon de *i]e lie1 dit-il ,raphal en lui montrant les caisses de fleurs qui embaumai5t et v]dissai5t les escali]s4 --,j'aime les por*es bi5 *auffs et g>nis de ri*es tapis1 rpondit ,raphal4 ,le luxe ds le pri/yle e/ r>e en ,france4 ,ici1 je me s5s r5atre4 --,et l-haut n\s allons boire et rire encore une fois1 mon pauvre ,raphal4 ,ah 6 reprit-il1 j'espre que n\s s]ons les va9queurs et que n\s m>*]ons sur t\tes ces ttes-l4 ,puis1 d'un ge/e moqueur1 il lui montra les convives en entrant dans un salon qui respl5dissait de dorures1 de lumires1 et o ils fur5t aussitt accueillis p> les jeunes g5s les plus rem>quables de ,p>is4 ,l'un v5ait de rvl] un tal5t neuf1 et de rivalis] p> son premi] tableau avec les gloires de la pe9ture impriale4 ,l'autre avait has>d la veille un livre ple9 de v]deur1 empre9t d'une sorte de dda9 littraire1 et qui dc\vrait l'cole mod]ne de n\velles r\tes4 ,plus lo91 un /atuaire dont la figure ple9e de rudesse accusait quelque vig\reux gnie1 causait avec un de ces froids railleurs qui1 selon l'occurr5ce1 tantt ne veul5t voir de supriorit nulle "p1 et tantt en reconnaiss5t p>t\t4 ,ici1 le plus spirituel de nos c>icaturi/es1 l'il mal91 la b\*e mordante1 guettait les pigrammes p\r les traduire c\ps de crayon4 ,l1 ce jeune et audacieux criva91 qui mieux que p]sonne di/illait la qu9tess5ce des p5ses politiques1 ou cond5sait en se j\ant l'esprit d'un criva9 fcond1 s'entret5ait avec ce pote dont les crits cras]ai5t t\tes les uvres du temps prs5t1 si son tal5t avait la puissance de sa ha9e4 ,t\s deux essayai5t de ne pas dire la vrit et de ne pas m5tir1 en s'adressant de d\ces flatt]ies4 ,un musici5 clbre consolait en si bmol1 et d'une voix moqueuse1 un jeune homme politique rcemm5t tomb de la tribune sans se faire aucun mal4 ,de jeunes auteurs sans /yle tai5t auprs de jeunes auteurs sans ides1 des prosateurs ple9s de posie prs de potes prosaques4 ,voyant ces tres incomplets1 un pauvre sa9t-simoni51 assez naf p\r croire sa doctr9e1 les acc\plait avec *>it1 v\lant sans d\te les trans=m] en religieux de son ordre4 ,enf9 il s'y tr\vait deux ou trois de ces savants de/9s mettre de l'azote dans la conv]sation1 et plusieurs vaudevilli/es prts y jet] de ces lueurs phmres1 qui1 semblables aux t9celles du diamant1 ne donn5t ni *aleur ni lumire4 ,quelques hommes p>adoxes1 riant s\s cape des g5s qui p\s5t leurs admirations ou leurs mpris p\r les hommes et les *oses1 faisai5t dj de cette politique d\ble tran*ant1 avec laquelle ils conspir5t contre t\s les sy/mes1 sans pr5dre p>ti p\r aucun4 ,le jugeur1 qui ne s'tonne de ri51 qui se m\*e au milieu d'une cavat9e aux ,b\ffons1 y crie brava avant t\t le monde1 et contr$it ceux qui prvi5n5t son avis1 tait l1 *]*ant s'attribu] les mots des g5s d'esprit4 ,p>mi ces convives1 c9q avai5t de l'av5ir1 une diza9e devait obt5ir quelque gloire viagre2 quant aux autres1 ils p\vai5t comme t\tes les mdiocrits se dire le fameux m5songe de ,l\is ,,xviii3 ,union et oubli4 ,l'amphitryon avait la gaiet s\cieuse d'un homme qui dp5se deux mille cus2 de temps en temps ses yeux se dirigeai5t avec impati5ce v]s la porte du salon1 en appelant celui des convives qui se faisait att5dre4 ,bi5tt app>ut un gros petit homme qui fut accueilli p> une flatteuse rumeur1 c'tait le notaire qui1 le mat9 mme1 avait a*ev de crer le j\rnal4 ,un valet de *ambre vtu de noir v9t ouvrir les portes d'une va/e salle mang]1 o *acun alla sans crmonie reconnatre sa place aut\r d'une table imm5se4 ,avant de quitt] les salons1 ,raphal y jeta un d]ni] c\p d'il4 ,son s\hait tait c]tes bi5 compltem5t ralis3 la soie et l'or tapissai5t les app>tem5ts1 de ri*es c&labres supportant d'innombrables b\gies faisai5t brill] les plus lg]s dtails des frises dores1 les dlicates ciselures du bronze et les somptueuses c\leurs de l'ameublem5t2 les fleurs r>es de quelques j>d9ires arti/em5t con/ruites avec des bamb\s1 rp&ai5t de d\x p>fums2 les drap]ies respirai5t une lgance sans prt5tion2 il y avait en t\t je ne sais quelle grce potique dont le pre/ige devait agir sur l'imag9ation d'un homme sans arg5t4 --,c5t mille livres de r5te sont un bi5 joli comm5taire du cat*isme1 et n\s aid5t m]veilleusem5t mettre la morale en actions6 dit-il en s\pirant4 ,oh6 oui1 ma v]tu ne va gure pi$4 ,p\r moi1 le vice c'e/ une mans>de1 un habit rp1 un *apeau gris en hiv]1 et des dettes *ez le porti]4 ,ah6 je veux vivre au se9 de ce luxe un an1 six mois1 n'importe6 ,et puis aprs m\rir4 ,j'aurai du mo9s puis1 connu1 dvor mille exi/5ces4 --,oh6 lui dit mile qui l'c\tait1 tu pr5ds le c\p d'un ag5t de *ange p\r le bonheur4 ,vas1 tu s]ais bi5tt ennuy de la =tune en t'ap]cevant qu'elle te ravirait la *ance d'tre un homme suprieur4 ,entre les pauvrets de la ri*esse et les ri*esses de la pauvret1 l'arti/e a-t-il jamais balanc8 ,ne n\s faut-il pas t\j\rs des luttes1 n\s autres8 ,aussi1 prp>e ton e/omac1 vois1 dit-il en lui montrant1 p> un ge/e hroque1 le maje/ueux1 le trois fois sa9t1 l'vanglique et rassurant aspect que prs5tait la salle mang] du b5ot capitali/e4 ,cet homme-l1 reprit-il1 ne s'e/ vraim5t donn la pe9e d'amass] son arg5t que p\r n\s4 ,n'e/-ce pas une espce d'ponge oublie p> les naturali/es dans l'ordre des ,polypi]s1 et qu'il s'agit de press] avec dlicatesse1 avant de la laiss] suc] p> des hriti]s8 ,ne tr\ves-tu pas du /yle aux bas-reliefs qui dcor5t les murs8 ,et les lu/res1 et les tableaux1 quel luxe bi5 ent5du6 ,s'il faut croire les envieux et ceux qui ti5n5t voir les ressorts de la vie1 cet homme aurait tu1 p5dant la rvolution1 un ,allem& et quelques autres p]sonnes qui s]ai5t1 dit-on1 son meilleur ami et la mre de cet ami4 ,peux-tu donn] place des crimes s\s les *eveux grisonnants de ce vnrable ,taillef]8 ,il a l'air d'un bi5 bon homme4 ,vois donc comme l'arg5t]ie t9celle1 et *acun de ses rayons brillants s]ait p\r lui un c\p de poign>d6 ,allons donc6 autant vaudrait croire en ,mahomet4 ,si le public avait raison1 voici tr5te hommes de cur et de tal5t qui s'apprt]ai5t mang] les entrailles1 boire le sang d'une famille4 ,et n\s deux1 jeunes g5s ple9s de c&eur1 d'en?\siasme1 n\s s]ions complices du =fait6 ,j'ai envie de dem&] notre capitali/e s'il e/ honnte homme4 --,non pas ma9t5ant6 s'cria ,raphal1 mais qu& il s]a ivre-mort3 n\s aurons dn4 ,les deux amis s'assir5t en riant4 ,d'abord et p> un reg>d plus rapide que la p>ole1 *aque convive paya son tribut d'admiration au somptueux c\p d'il qu'(frait une longue table1 blan*e comme une c\*e de neige fra*em5t tombe1 et sur laquelle s'levai5t symtriquem5t les c\v]ts c\ronns de petits pa9s blonds4 ,les cri/aux rptai5t les c\leurs de l'iris dans leurs reflets toils1 les b\gies traai5t des feux croiss l'inf9i1 les mets placs s\s des dmes d'arg5t aiguisai5t l'apptit et la curiosit4 ,les p>oles fur5t assez r>es4 ,les vois9s se reg>dr5t4 ,le v9 de ,madre circula4 ,puis le premi] s]vice app>ut dans t\te sa gloire2 il aurait fait honneur feu ,cambacrs1 et ,brillat-,sav>9 l'et clbr4 ,les v9s de ,bordeaux et de ,b\rgogne1 blancs et r\ges1 fur5t s]vis avec une pr(usion royale4 ,cette premire p>tie du fe/9 tait comp>able1 en t\t po9t1 l'exposition d'une tragdie classique4 ,le second acte dev9t quelque peu bav>d4 ,*aque convive avait bu raisonnablem5t en *angeant de crus suivant ses caprices1 en sorte qu'au mom5t o l'on emporta les re/es de ce magnifique s]vice1 de temptueuses discussions s'tai5t tablies2 quelques fronts ples r\gissai5t1 plusieurs nez comm5ai5t s'emp\rpr]1 les visages s'allumai5t1 les yeux ptillai5t4 ,p5dant cette aurore de l'ivresse1 le disc\rs ne sortait pas encore des bornes de la civilit2 mais les raill]ies1 les bons mots s'*appai5t peu peu de t\tes les b\*es2 puis la calomnie levait t\t d\cem5t sa petite tte de s]p5t et p>lait d'une voix flte2 et l1 quelques s\rnois c\tai5t att5tivem5t1 esprant g>d] leur raison4 ,le second s]vice tr\va donc les esprits t\t fait *auffs4 ,*acun mangea en p>lant1 p>la en mangeant1 b sans pr5dre g>de l'afflu5ce des liquides1 tant ils tai5t lampants et p>fums1 tant l'exemple tait contagieux4 ,taillef] se piqua d'anim] ses convives1 et fit avanc] les t]ribles v9s du ,rhne1 le *aud ,tokay1 le vieux ,r\ssillon capiteux4 ,d*ans comme les *evaux d'une malle-po/e qui "p d'un relais1 ces hommes f\etts p> les piquantes fl*es du v9 de ,*ampagne impatiemm5t att5du1 mais abondamm5t v]s1 laissr5t alors galop] leur esprit dans le vide de ces raisonnem5ts que p]sonne n'c\te1 se mir5t racont] ces hi/oires qui n'ont pas d'auditeur1 recomm5cr5t c5t fois ces int]pellations qui re/5t sans rponse4 ,l'orgie seule dploya sa gr&e voix1 sa voix compose de c5t clameurs confuses qui grossiss5t comme les cresc5do de ,ross9i4 ,puis arrivr5t les toa/s insidieux1 les =fant]ies1 les dfis4 ,t\s r5onai5t se glorifi] de leur capacit intellectuelle p\r rev5diqu] celle des tonneaux1 des f\dres1 des cuves4 ,il semblait que *acun et deux voix4 ,il v9t un mom5t o les matres p>lr5t t\s la fois1 et o les valets s\rir5t4 ,mais cette mle de p>oles o les p>adoxes d\teusem5t lum9eux1 les vrits grotesquem5t habilles1 se heurtr5t trav]s les cris1 les jugem5ts int]locutoires1 les arrts s\v]a9s et les niais]ies1 comme au milieu d'un combat se crois5t les b\lets1 les balles et la mitraille1 et sans d\te intress quelque philosophe p> la s+ul>it des p5ses1 ou surpris un politique p> la biz>r]ie des sy/mes4 ,c'tait t\t la fois un livre et un tableau4 ,les philosophies1 les religions1 les morales1 si diffr5tes d'une latitude l'autre1 les g\v]nem5ts1 enf9 t\s les gr&s actes de l'intellig5ce huma9e tombr5t s\s une faux aussi longue que celle du ,temps2 peut-tre eussiez-v\s pu difficilem5t dcid] si elle tait manie p> la ,sagesse ivre1 ou p> l',ivresse dev5ue sage et clairvoyante4 ,emports p> une espce de tempte1 ces esprits semblai5t1 comme la m] irrite contre ses falaises1 v\loir branl] t\tes les lois entre lesquelles flott5t les civilisations1 satisfaisant a9si sans le savoir la volont de ,dieu1 qui laisse dans la nature le bi5 et le mal en g>dant p\r lui seul le secret de leur lutte p]ptuelle4 ,furieuse et burlesque1 la discussion fut en quelque sorte un sabbat des intellig5ces4 ,entre les tri/es plaisant]ies dites p> ces enfants de la ,rvolution la naissance d'un j\rnal1 et les propos t5us p> de joyeux buveurs la naissance de ,g>gantua1 se tr\vait t\t l'abme qui sp>e le dix-neuvime sicle du seizime4 ,celui-ci apprtait une de/ruction en riant1 le ntre riait au milieu des ru9es4 --,comm5t appelez-v\s le jeune homme que je vois l-bas8 dit le notaire en montrant ,raphal4 ,j'ai cru l'ent5dre nomm] ,val5t94 --,que *antez-v\s avec votre ,val5t9 t\t c\rt8 s'cria mile en riant4 ,raphal de ,val5t91 s'il v\s plat6 ,n\s portons un aigle d'or en *amp de sable c\ronn d'arg5t becqu et ongle de gueules1 avec une belle devise3 ,,non ,,cecidit ,,animus6 ,n\s ne sommes pas un enfant tr\v1 mais le desc5dant de l'emp]eur ,val5s1 s\*e des ,val5t9ois1 fondateur des villes de ,val5ce en ,espagne et en ,france1 hriti] lgitime de l'empire d',ori5t4 ,si n\s laissons trn] ,mahm\d ,con/ant9ople1 c'e/ p> pure bonne volont1 et faute d'arg5t et de soldats4 mile dcrivit en l'air1 avec sa f\r*ette1 une c\ronne au-dessus de la tte de ,raphal4 ,le notaire se recueillit p5dant un mom5t et se remit bi5tt boire en laissant *app] un ge/e au!ntique1 p> lequel il semblait av\] qu'il lui tait impossible de ratta*] sa cli5tle les villes de ,val5ce1 de ,con/ant9ople1 ,mahm\d1 l'emp]eur ,val5s et la famille des ,val5t9ois4 --,la de/ruction de ces f\rmilires nommes ,babylone1 ,tyr1 ,c>?age1 ou ,v5ise1 t\j\rs crases s\s les pi$s d'un gant qui passe1 ne s]ait-elle pas un av]tissem5t donn l'homme p> une puissance moqueuse8 dit un j\rnali/e1 ,claude ,vignon1 espce d'esclave a*et p\r faire du ,bossuet dix s\s la ligne4 --,mose1 ,sylla1 ,l\is ,,xi1 ,ri*elieu1 ,robespi]re et ,napolon sont peut-tre un mme homme qui rep>at trav]s les civilisations comme une comte dans le ciel6 rpondit un ballan*i/e4 --,p\rquoi sond] la ,provid5ce8 dit ,canalis1 un fabricant de ballades4 --,allons1 voil la ,provid5ce1 s'cria le jugeur en l'int]rompant4 ,je ne connais ri5 au monde de plus la/ique4 --,mais1 monsieur1 ,l\is ,,xiv a fait prir plus d'hommes p\r creus] les aqu$ucs de ,ma9t5on que la ,conv5tion p\r asseoir ju/em5t l'impt1 p\r mettre de l'unit dans la loi1 nationalis] la ,france et faire galem5t p>tag] les hritages1 disait ,massol1 un jeune homme dev5u rpublica9 faute d'une syllabe devant son nom4 --,monsieur1 lui rpondit ,moreau de l',oise1 bon propritaire1 v\s qui pr5ez le sang p\r du v91 cette fois-ci laiss]ez-v\s *acun sa tte sur ses paules8 --,a quoi bon1 monsieur8 les pr9cipes de l'ordre social ne val5t-ils donc pas quelques sacrifices8 --,bixi\6 ,h6 ,*ose-le-rpublica9 prt5d que la tte de ce propritaire s]ait un sacrifice1 dit un jeune homme son vois94 --,les hommes et les vnem5ts ne sont ri51 disait le rpublica9 en cont9uant sa ?orie trav]s les hoquets1 il n'y a en politique et en philosophie que des pr9cipes et des ides4 --,quelle horreur6 ,v\s n'auriez nul *agr9 de tu] vos amis p\r un si444 --,h6 monsieur1 l'homme qui a des remords e/ le vrai sclrat1 c> il a quelque ide de la v]tu2 t&is que ,pi]re-le-,gr&1 le duc d',albe1 tai5t des sy/mes1 et le corsaire ,monb>d1 une organisation4 --,mais la socit ne peut-elle pas se priv] de vos sy/mes et de vos organisations8 --,oh6 d'accord1 s'cria le rpublica94 --,eh6 votre /upide rpublique me donne des nauses6 n\s ne saurions dc\p] tranquillem5t un *apon sans y tr\v] la loi agraire4 --,tes pr9cipes sont excell5ts1 mon petit ,brutus f>ci de truffes6 ,mais tu ressembles mon valet de *ambre1 le drle e/ si cruellem5t possd p> la manie de la propret1 que si je lui laissais bross] mes habits sa fantaisie1 j'irais t\t nu4 --,v\s tes des brutes6 v\s v\lez nettoy] une nation avec des cure-d5ts1 rpliqua l'homme la rpublique4 ,selon v\s la ju/ice s]ait plus dang]euse que les voleurs4 --,h6 h6 fit l'av\ ,desro*es4 --,sont-ils ennuyeux avec leur politique6 dit ,c>dot le notaire4 ,f]mez la porte4 ,il n'y a pas de sci5ce ou de v]tu qui vaille une g\tte de sang4 ,si n\s v\lions faire la liquidation de la vrit1 n\s la tr\v]ions peut-tre en faillite4 --,ah6 il en aurait sans d\te mo9s cot de n\s amus] dans le mal que de n\s disput] dans le bi54 ,aussi1 donn]ais-je t\s les disc\rs prononcs la tribune depuis qu>ante ans p\r une truite1 p\r un conte de ,p]rault ou une croquade de ,*>let4 --,v\s avez bi5 raison6 ,passez-moi des asp]ges4 ,c>1 aprs t\t1 la lib]t enfante l'an>*ie1 l'an>*ie conduit au despotisme1 et le despotisme ramne la lib]t4 ,des millions d'tres ont pri sans avoir pu faire triomph] aucun de ces sy/mes4 ,n'e/-ce pas le c]cle vicieux dans lequel t\rn]a t\j\rs le monde moral8 ,qu& l'homme croit avoir p]fectionn1 il n'a fait que dplac] les *oses4 --,oh6 oh6 s'cria ,cursy le vaudevilli/e1 alors1 messieurs1 je porte un toa/ ,*>les ,x1 pre de la lib]t6 --,p\rquoi pas8 dit mile4 ,qu& le despotisme e/ dans les lois1 la lib]t se tr\ve dans les murs1 et vice v]sa4 --,buvons donc l'imbcillit du p\voir qui n\s donne tant de p\voir sur les imbciles6 dit le banqui]4 --,h6 mon *]1 au mo9s ,napolon n\s a-t-il laiss de la gloire6 criait un (fici] de m>9e qui n'tait jamais sorti de ,bre/4 --,ah6 la gloire1 tri/e d5re4 ,elle se paye *] et ne se g>de pas4 ,ne s]ait-elle po9t l'gsme des gr&s hommes1 comme le bonheur e/ celui des sots8 --,monsieur1 v\s tes bi5 heureux4 --,le premi] qui inv5ta les fosss tait sans d\te un homme faible1 c> la socit ne pr(ite qu'aux g5s *tifs4 ,placs aux deux extrmits du monde moral1 le sauvage et le p5seur ont galem5t horreur de la proprit4 --,joli6 s'cria ,c>dot4 ,s'il n'y avait pas de proprits1 comm5t p\rrions-n\s faire des actes8 --,voil des petits pois dlicieusem5t fanta/iques6 --,et le cur fut tr\v mort dans son lit1 le l5dema9444 --,qui p>le de mort8 ,ne bad9ez pas8 ,j'ai un oncle4 --,v\s v\s rsign]iez sans d\te le p]dre4 --,ce n'e/ pas une "q4 --c\tez-moi1 messieurs6 ,,mani,,re ,,de ,,tu] ,,son ,,oncle4 ,*ut6 7c\tez6 c\tez67 ,ayez d'abord un oncle gros et gras1 septuagnaire au mo9s1 ce sont les meilleurs oncles4 7,s5sation47 ,faites-lui mang]1 s\s un prtexte quelconque1 un pt de foie gras444 --,h6 mon oncle e/ un gr& homme sec1 av>e et sobre4 --,ah6 ces oncles-l sont des mon/res qui abus5t de la vie4 --,et1 dit l'homme aux oncles en cont9uant1 annoncez-lui1 p5dant sa dige/ion1 la faillite de son banqui]4 --,s'il rsi/e8 --,l*ez-lui une jolie fille6 --,s'il e/444 dit-il en faisant un ge/e ngatif4 --,alors1 ce n'e/ pas un oncle1 l'oncle e/ ess5tiellem5t grill>d4 --,la voix de la ,malibran a p]du deux notes4 --,non1 monsieur4 --,si1 monsieur4 --,oh6 oh6 ,oui et non1 n'e/-ce pas l'hi/oire de t\tes les diss]tations religieuses1 politiques et littraires8 ,l'homme e/ un b\ffon qui danse sur des prcipices6 --,a v\s ent5dre1 je suis un sot4 --,au contraire1 c'e/ p>ce que v\s ne m'ent5dez pas4 --,l'in/ruction1 belle niais]ie6 ,monsieur ,he9effett]ma* porte le nombre des volumes imprims plus d'un milli>d1 et la vie d'un homme ne p]met pas d'en lire c5t c9quante mille4 ,alors expliquez-moi ce qui signifie le mot in/ruction8 p\r les uns1 elle consi/e savoir les noms du *eval d',alex&re1 du dogue ,brcillo1 du seigneur des ,accords1 et d'ignor] celui de l'homme auquel n\s devons le flottage des bois ou la porcela9e4 ,p\r les autres1 tre in/ruit1 c'e/ savoir brl] un te/am5t et vivre en honntes g5s1 aims1 considrs1 au lieu de vol] une montre en rcidive1 avec les c9q circon/ances aggravantes1 et d'all] m\rir en place de ,grve1 has et d%onors4 --,lam>t9e re/]a-t-il8 --,ah6 ,scribe1 monsieur1 a bi5 de l'esprit4 --,et ,victor ,hugo8 --,c'e/ un gr& homme1 n'en p>lons plus4 --,v\s tes ivres6 --,la consqu5ce immdiate d'une con/itution e/ l'aplatissem5t des intellig5ces4 ,arts1 sci5ces1 monum5ts1 t\t e/ dvor p> un effroyable s5tim5t d'gsme1 notre lpre actuelle4 ,vos trois c5ts b\rgeois1 assis sur des banquettes1 ne p5s]ont qu' plant] des peupli]s4 ,le despotisme fait illgalem5t de gr&es *oses1 la lib]t ne se donne mme pas la pe9e d'en faire lgalem5t de trs-petites4 --,votre enseignem5t mutuel fabrique des pices de c5t s\s en *air huma9e1 dit un absoluti/e en int]rompant4 ,les individualits disp>aiss5t *ez un peuple nivel p> l'in/ruction4 --,cep5dant le b de la socit n'e/-il pas de procur] *acun le bi5-tre8 dem&a le sa9t-simoni54 --,si v\s aviez c9quante mille livres de r5te1 v\s ne p5s]iez gure au peuple4 tes-v\s pris de belle passion p\r l'humanit2 allez ,madagasc>3 v\s y tr\v]ez un joli petit peuple t\t neuf sa9t-simonis]1 class]1 mettre en bocal2 mais ici1 *acun entre t\t naturellem5t dans son alvole1 comme une *eville dans son tr\4 ,les porti]s sont porti]s1 et les niais sont des btes sans avoir beso9 d'tre promus p> un collge des ,pres4 ,ah6 ah6 --,v\s tes un c>li/e6 --,p\rquoi pas8 ,j'aime le despotisme1 il annonce un c]ta9 mpris p\r la race huma9e4 ,je ne hais pas les rois4 ,ils sont si amusants6 ,trn] dans une *ambre1 tr5te millions de lieues du soleil1 n'e/-ce donc ri58 --,mais rsumons cette l>ge vue de la civilisation1 disait le savant qui p\r l'in/ruction du sculpteur inatt5tif avait entrepris une discussion sur le comm5cem5t des socits et sur les peuples auto*tones4 ,a l'orig9e des nations la =ce fut en quelque sorte matrielle1 une1 grossire2 puis avec l'accroissem5t des agrgations1 les g\v]nem5ts ont procd p> des dcompositions plus ou mo9s habiles du p\voir primitif4 ,a9si1 dans la haute antiquit1 la =ce tait dans la ?ocratie2 le prtre t5ait le glaive et l'enc5soir4 ,plus t>d1 il y eut deux sac]doces3 le pontife et le roi4 ,auj\rd'hui1 notre socit1 d]ni] t]me de la civilisation1 a di/ribu la puissance suivant le nombre des comb9aisons1 et n\s sommes arrivs aux =ces nommes indu/rie1 p5se1 arg5t1 p>ole4 ,le p\voir n'ayant plus alors d'unit m>*e sans cesse v]s une dissolution sociale qui n'a plus d'autre b>rire que l'intrt4 ,aussi ne n\s appuyons-n\s ni sur la religion1 ni sur la =ce matrielle1 mais sur l'intellig5ce4 ,le livre vaut-il le glaive1 la discussion vaut-elle l'action8 ,voil le problme4 --,l'intellig5ce a t\t tu1 s'cria le c>li/e4 ,allez1 la lib]t absolue mne les nations au suicide1 elles s'ennui5t dans le triomphe1 comme un ,anglais millionnaire4 --,que n\s direz-v\s de neuf8 ,auj\rd'hui v\s avez ridiculis t\s les p\voirs1 et c'e/ mme *ose vulgaire que de ni] ,dieu6 ,v\s n'avez plus de croyance4 ,aussi le sicle e/-il comme un vieux sultan p]du de dbau*e6 ,enf91 votre "l ,byron1 en d]ni] dsespoir de posie1 a *ant les passions du crime4 --,savez-v\s1 lui rpondit ,bian*on compltem5t ivre1 qu'une dose de phosphore de plus ou de mo9s fait l'homme de gnie ou le sclrat1 l'homme d'esprit ou l'idiot1 l'homme v]tueux ou le crim9el8 --,peut-on trait] a9si la v]tu6 s'cria de ,cursy4 ,la v]tu1 sujet de t\tes les pices de ?tre1 dnom5t de t\s les drames1 base de t\s les tribunaux4 --,h6 tais-toi donc1 animal4 ,ta v]tu1 c'e/ ,a*ille sans talon6 dit ,bixi\4 --,a boire6 --,veux-tu p>i] que je bois une b\teille de v9 de ,*ampagne d'un seul trait8 --,quel trait d'esprit6 s'cria ,bixi\4 --,ils sont gris comme des *>reti]s1 dit un jeune homme qui donnait srieusem5t boire son gilet4 --,oui1 monsieur1 le g\v]nem5t actuel e/ l'art de faire rgn] l'op9ion publique4 --,l'op9ion8 mais c'e/ la plus vicieuse de t\tes les pro/itues6 ,a v\s ent5dre1 hommes de morale et de politique1 il faudrait sans cesse prfr] vos lois la nature1 l'op9ion la consci5ce4 ,allez1 t\t e/ vrai1 t\t e/ faux6 ,si la socit n\s a donn le duvet des oreill]s1 elle a c]tes comp5s le bi5fait p> la g\tte1 comme elle a mis la procdure p\r tempr] la ju/ice1 et les rhumes la suite des *les de ,ca*emire4 --,mon/re6 dit mile en int]rompant le misan?rope1 comm5t peux-tu mdire de la civilisation en prs5ce de v9s1 de mets aussi dlicieux1 et table jusqu'au m5ton8 ,mords ce *evreuil aux pi$s et aux cornes dores1 mais ne mords pas ta mre4 --,e/-ce ma faute1 moi1 si le ca?olicisme arrive mettre un million de dieux dans un sac de f>9e1 si la rpublique ab\tit t\j\rs quelque ,robespi]re1 si la royaut se tr\ve entre l'assass9at de ,h5ri ,,iv et le jugem5t de ,l\is ,,xvi1 si le libralisme devi5t ,la ,fayette8 --,l'avez-v\s embrass en juillet8 --,non4 --,alors taisez-v\s1 sceptique4 --,les sceptiques sont les hommes les plus consci5cieux4 --,ils n'ont pas de consci5ce4 --,que dites-v\s8 ils en ont au mo9s deux4 --,escompt] le ciel6 monsieur1 voil une ide vraim5t comm]ciale4 ,les religions antiques n'tai5t qu'un heureux dveloppem5t du plaisir physique2 mais n\s autres n\s avons dvelopp l'me et l'esprance2 il y a eu progrs4 --,h6 mes bons amis1 que p\vez-v\s att5dre d'un sicle repu de politique8 dit ,na?an4 ,quel a t le sort de ,sm>ra1 la plus ravissante conception444 --,sm>ra6 cria le jugeur d'un b\t de la table l'autre4 ,ce sont des phrases tires au has>d dans un *apeau4 ,vritable ouvrage crit p\r ,*>5ton4 --,v\s tes un sot6 --,v\s tes un drle6 --,oh6 oh6 --,ah6 ah6 --,ils se battront4 --,non4 --,a dema91 monsieur4 --,a l'in/ant1 rpondit ,na?an4 --,allons6 allons6 v\s tes deux braves4 --,v\s en tes un autre6 dit le provocateur4 --,ils ne peuv5t seulem5t pas se mettre deb\t4 --,ah6 je ne me ti5s pas droit1 peut-tre6 reprit le belliqueux ,na?an en se dressant comme un c]f-volant indcis4 ,il jeta sur la table un reg>d hbt1 puis comme extnu p> cet ef=t1 il retomba sur sa *aise1 p5*a la tte et re/a muet4 --,ne s]ait-il pas plaisant1 dit le jugeur son vois91 de me battre p\r un ouvrage que je n'ai jamais vu ni lu6 --mile1 pr5ds g>de ton habit1 ton vois9 plit1 dit ,bixi\4 --,kant1 monsieur4 ,encore un ballon lanc p\r amus] les niais6 le matrialisme et le spiritualisme sont deux jolies raquettes avec lesquelles des *>latans en robe font all] le mme volant4 ,que ,dieu soit en t\t selon ,sp9osa1 ou que t\t vi5ne de ,dieu selon sa9t ,paul444 ,imbciles6 ouvrir ou f]m] une porte1 n'e/-il pas le mme m\vem5t8 ,l'uf vi5t-il de la p\le ou la p\le de l'uf8 7,passez-moi du can>d67 ,voil t\te la sci5ce4 --,nigaud1 lui cria le savant1 la "q que tu poses e/ tran*e p> un fait4 --,et lequel8 --,les *aires de pr(esseurs n'ont pas t faites p\r la philosophie1 mais bi5 la philosophie p\r les *aires8 ,mets des lunettes et lis le budget4 --,voleurs6 --,imbciles6 --,fripons6 --,dupes6 --,o tr\v]ez-v\s ailleurs qu' ,p>is un *ange aussi vif1 aussi rapide entre les p5ses1 s'cria ,bixi\1 le plus spirituel des arti/es1 en pr5ant une voix de basse-taille4 --,allons1 ,bixi\1 fais-n\s quelque f>ce classique6 ,voyons1 une *>ge6 --,v\lez-v\s que je v\s fasse le dix-neuvime sicle8 --c\tez6 --,sil5ce6 --,mettez des s\rd9es vos muffles6 --,te tairas-tu1 *9ois6 --,donnez-lui du v91 et qu'il se taise1 cet enfant6 --,a toi1 ,bixi\6 ,l'arti/e b\tonna son habit noir jusqu'au col1 mit ses gants jaunes1 et se grima de manire s+] ,,le ,,globe2 mais le bruit c\vrit sa voix1 et il fut impossible de saisir un seul mot de sa moqu]ie4 ,s'il ne reprs5ta pas le sicle1 au mo9s reprs5ta-t-il le j\rnal1 c> il ne s'ent5dit pas lui-mme4 ,le dess]t se tr\va s]vi comme p> en*antem5t4 ,la table fut c\v]te d'un va/e surt\t en bronze dor1 sorti des ateli]s le ,?omire4 ,de hautes figures d\es p> un clbre arti/e des =mes conv5ues en ,europe p\r la beaut idale1 s\t5ai5t et portai5t des buissons de fraises1 des ananas1 des dattes fra*es1 des rais9s jaunes1 de blondes p*es1 des oranges arrives de ,stubal p> un paquebot1 des gr5ades1 des fruits de la ,*9e1 enf9 t\tes les surprises du luxe1 des miracles du petit-f\r1 les dlicatesses les plus fri&es1 les fri&ises les plus sductrices4 ,les c\leurs de ces tableaux ga/ronomiques tai5t rehausses p> l'clat de la porcela9e1 p> des lignes t9celantes d'or1 p> les dc\pures des vases4 ,gracieuse comme les liquides franges de l',ocan1 v]te et lgre1 la m\sse c\ronnait les paysages du ,p\ss91 copis ,svres4 ,le budget d'un pr9ce allem& n'aurait pas pay cette ri*esse insol5te4 ,l'arg5t1 la nacre1 l'or1 les cri/aux fur5t de n\veau prodigus s\s de n\velles =mes2 mais les yeux eng\rdis et la v]beuse fivre de l'ivresse p]mir5t pe9e aux convives d'avoir une intuition vague de cette ferie digne d'un conte ori5tal4 ,les v9s de dess]t apportr5t leurs p>fums et leurs flammes1 filtres puissants1 vapeurs en*ant]esses1 qui eng5dr5t une espce de mirage intellectuel et dont les li5s puissants en*an5t les pi$s1 al\rdiss5t les ma9s4 ,les pyramides de fruits fur5t pilles1 les voix grossir5t1 le tumulte gr&it2 il n'y eut plus alors de p>oles di/9ctes2 les v]res volr5t en clats1 et des rires atroces p>tir5t comme des fuses4 ,cursy saisit un cor et se mit sonn] une fanf>e4 ,ce fut comme un signal donn p> le diable4 ,cette assemble en dlire hurla1 siffla1 *anta1 cria1 rugit1 gronda4 ,v\s eussiez s\ri de voir des g5s naturellem5t gais1 dev5us sombres comme les dnom5ts de ,crbillon1 ou rveurs comme des m>9s en voiture4 ,les hommes f9s disai5t leurs secrets des curieux qui n'c\tai5t pas4 ,les mlancoliques s\riai5t comme des danseuses qui a*v5t leurs pir\ettes4 ,claude ,vignon se d&9ait la manire des ours en cage4 ,des amis intimes se battai5t4 ,les ressemblances animales inscrites sur les figures huma9es1 et si curieusem5t dmontres p> les physiologi/es1 rep>aissai5t vaguem5t dans les ge/es1 dans les habitudes du corps4 ,il y avait un livre t\t fait p\r quelque ,bi*at qui se s]ait tr\v l froid et jeun4 ,le matre du logis se s5tant ivre1 n'osait se lev]1 mais il appr\vait les extravagances de ses convives p> une grimace fixe1 en t*ant de cons]v] un air dc5t et hospitali]4 ,sa l>ge figure1 dev5ue r\ge et bleue1 presque violace1 t]rible voir1 s'associait au m\vem5t gnral p> des ef=ts semblables au r\lis et au tangage d'un brick4 ,illu/ration3 ,,rapha,l4 ,son reg>d atte/ait des ef=ts trahis1 mille esprances trompes6 7,,la ,,peau ,,de ,,*agr947 --,les avez-v\s assass9s8 lui dem&a mile4 --,la confiscation et la pe9e de mort sont abolies depuis la rvolution de juillet1 rpondit ,taillef] en haussant les s\rcils d'un air t\t la fois ple9 de f9esse et de btise4 --,mais ne les voyez-v\s pas quelquefois en songe8 reprit ,raphal8 --,il y a prescription6 dit le meurtri] ple9 d'or4 --,et sur sa tombe1 s'cria mile d'un ton s>donique1 l'entrepr5eur du cimetire grav]a3 ,passants1 accordez une l>me sa mmoire6 ,oh6 reprit-il1 je donn]ais bi5 c5t s\s au ma?matici5 qui me dmontr]ait p> une quation algbrique l'exi/5ce de l'enf]4 ,il jeta une pice en l'air en criant3--,face p\r ,dieu6 --,ne reg>dez pas1 dit ,raphal en saisissant la pice1 que sait-on8 le has>d e/ si plaisant4 --,hlas6 reprit mile d'un air tri/em5t b\ffon1 je ne vois pas o pos] les pi$s entre la gomtrie de l'incrdule et le ,pat] no/] du pape4 ,bah6 buvons6 ,tr9c e/1 je crois1 l'oracle de la div9e b\teille et s]t de conclusion au ,pantagruel4 --,n\s devons au ,pat] no/]1 rpondit ,raphal1 nos arts1 nos monum5ts1 nos sci5ces peut-tre2 et1 bi5fait plus gr& encore1 nos g\v]nem5ts mod]nes1 dans lesquels une socit va/e et fconde e/ m]veilleusem5t reprs5te p> c9q c5ts intellig5ces1 o les =ces opposes les unes aux autres se neutralis5t en laissant t\t p\voir la ,,civilisation1 re9e gigantesque qui remplace le roi1 cette anci5ne et t]rible figure1 espce de faux de/9 cr p> l'homme entre le ciel et lui4 ,en prs5ce de tant d'uvres accomplies1 l'a?isme app>at comme un squelette qui n'eng5dre pas4 ,qu'en dis-tu8 --,je songe aux flots de sang rp&us p> le ca?olicisme1 dit froidem5t mile4 ,il a pris nos ve9es et nos curs p\r faire une contrefaon du dluge4 ,mais n'importe6 ,t\t homme qui p5se doit m>*] s\s la bannire du ,*ri/4 ,lui seul a consacr le triomphe de l'esprit sur la matire1 lui seul n\s a potiquem5t rvl le monde int]mdiaire qui n\s sp>e de ,dieu4 --,tu crois8 reprit ,raphal en lui jetant un indf9issable s\rire d'ivresse4 ,eh6 bi51 p\r ne pas n\s compromettre1 portons le fameux toa/3 ,diis ignotis6 ,et ils vidr5t leurs calices de sci5ce1 de gaz c>bonique1 de p>fums1 de posie et d'incrdulit4 --,si ces messieurs veul5t pass] dans le salon1 le caf les y att5d1 dit le matre d'htel4 ,en ce mom5t presque t\s les convives se r\lai5t au se9 de ces limbes dlicieuses o les lumires de l'esprit s'teign5t1 o le corps1 dlivr de son tyran1 s'ab&onne aux joies dlirantes de la lib]t4 ,les uns1 arrivs l'apoge de l'ivresse1 re/ai5t mornes et pniblem5t occups saisir une p5se qui leur atte/t leur propre exi/5ce2 les autres1 plongs dans le m>asme produit p> une dige/ion al\rdissante1 niai5t le m\vem5t4 ,d'intrpides orateurs disai5t encore de vagues p>oles dont le s5s leur *appait eux-mmes4 ,quelques refra9s ret5tissai5t comme le bruit d'une mcanique oblige d'accomplir sa vie factice et sans me4 ,le sil5ce et le tumulte s'tai5t biz>rem5t acc\pls4 ,nanmo9s1 en ent5dant la voix sonore du valet qui1 dfaut d'un matre1 leur annonait des joies n\velles1 ils se levr5t1 entrans1 s\t5us ou ports les uns p> les autres4 ,la tr\pe entire re/a p5dant un mom5t1 immobile et *>me1 sur le seuil de la porte4 ,les j\issances excessives du fe/9 plir5t devant le *at\illant spectacle que l'amphitryon (frait au plus voluptueux de leurs s5s4 ,s\s les t9celantes b\gies d'un lu/re d'or1 aut\r d'une table *>ge de v]meil1 un gr\pe de femmes se prs5ta s\da9 aux convives hbts dont les yeux s'allumr5t comme autant de diamants4 ,ri*es tai5t les p>ures1 mais plus ri*es encore tai5t ces beauts bl\issantes devant lesquelles disp>aissai5t t\tes les m]veilles de ce palais4 ,les yeux passionns de ces filles1 pre/igieuses comme des fes1 avai5t encore plus de vivacit que les torr5ts de lumire qui faisai5t respl5dir les reflets sat9s des t5tures1 la blan*eur des m>bres1 les saillies dlicates des bronzes et la grce des drap]ies4 ,le cur brlait voir les contra/es de leurs coiffures agites et de leurs attitudes1 t\tes div]ses d'attraits et de c>actre4 ,c'tait une haie de fleurs mles de rubis1 de saphirs et de corail2 une ce9ture de colli]s noirs sur des c\s de neige1 des *>pes lgres flottant comme les flammes d'un ph>e1 des turbans orgueilleux1 des tuniques mode/em5t provoquantes4 ,ce srail (frait des sductions p\r t\s les yeux1 des volupts p\r t\s les caprices4 ,pose ravir1 une danseuse semblait tre sans voile s\s les plis onduleux du ca*emire4 ,l une gaze diaphane1 ici la soie *atoyante1 ca*ai5t ou rvlai5t des p]fections my/rieuses4 ,de petits pi$s troits p>lai5t d'am\r1 des b\*es fra*es et r\ges se taisai5t4 ,de frles et dc5tes jeunes filles1 vi]ges factices dont les jolies *evelures respirai5t une religieuse innoc5ce1 se prs5tai5t aux reg>ds comme des app>itions qu'un s\ffle p\vait dissip]4 ,puis des beauts ari/ocratiques1 au reg>d fi]1 mais indol5tes1 mais fluettes1 maigres1 gracieuses1 p5*ai5t la tte comme si elles avai5t encore de royales protections faire a*et]4 ,une ,anglaise1 blan*e et *a/e figure ari5ne1 desc5due des nuages d',ossian1 ressemblait un ange de mlancolie1 un remords fuyant le crime4 ,la ,p>isi5ne dont t\te la beaut gt dans une grce indescriptible1 va9e de sa toilette et de son esprit1 arme de sa t\te-puissante faiblesse1 s\ple et dure1 sirne sans cur et sans passion1 mais qui sait artificieusem5t crer les trsors de la passion et contrefaire les acc5ts du cur1 ne manquait pas cette prilleuse assemble1 o brillai5t encore des ,itali5nes tranquilles en app>5ce et consci5cieuses dans leur flicit2 de ri*es ,norm&es aux =mes magnifiques1 des femmes mridionales aux *eveux noirs1 aux yeux bi5 f5dus4 ,v\s eussiez dit les beauts de ,v]sailles convoques p> ,lebel1 ayant ds le mat9 dress t\s leurs piges1 arrivant comme une tr\pe d'esclaves ori5tales rveilles p> la voix du m>*& p\r p>tir l'aurore4 ,elles re/ai5t int]dites1 honteuses1 et s'empressai5t aut\r de la table comme des abeilles qui b\rdonn5t dans l'intrieur d'une ru*e4 ,cet emb>ras cra9tif1 repro*e et coquett]ie t\t ensemble1 accusait et sduisait4 tait-ce pudeur involontaire8 peut-tre un s5tim5t que la femme ne dp\ille jamais compltem5t leur ordonnait-il de s'envelopp] dans le manteau de la v]tu p\r donn] plus de *>me et de piquant aux prodigalits du vice4 ,aussi la conspiration ourdie p> le vieux ,taillef] semblait-elle devoir *\]4 ,ces hommes sans fre9 fur5t subjugus t\t d'abord p> la puissance maje/ueuse dont la femme e/ inve/ie4 ,un murmure d'admiration rsonna comme la plus d\ce musique4 ,l'am\r n'avait pas voyag de compagnie avec l'ivresse2 au lieu d'un ouragan de passions1 les convives1 surpris dans un mom5t de faiblesse1 s'ab&onnr5t aux dlices d'une voluptueuse extase4 ,a la voix de la posie qui les dom9e t\j\rs1 les arti/es tudir5t avec bonheur les nuances dlicates qui di/+uai5t ces beauts *oisies4 ,rveill p> une p5se1 due peut-tre quelque manation d'acide c>bonique dgag du v9 de ,*ampagne1 un philosophe frissonna en songeant aux malheurs qui am5ai5t l ces femmes1 lignes peut-tre jadis des plus purs hommages4 ,*acune d'elles avait sans d\te un drame sanglant racont]4 ,presque t\tes apportai5t d'inf]nales tortures1 et tranai5t aprs elles des hommes sans foi1 des promesses trahies1 des joies ranonnes p> la misre4 ,ses convives s'appro*r5t d'elles avec politesse1 et des conv]sations aussi div]ses que les c>actres s'tablir5t4 ,des gr\pes se =mr5t4 ,v\s eussiez dit d'un salon de bonne compagnie o les jeunes filles et les femmes vont (frant aux convives1 aprs le dn]1 les sec\rs que le caf1 les liqueurs et le sucre prt5t aux g\rm&s emb>rasss dans les travaux d'une dige/ion rcalcitrante4 ,mais bi5tt quelques rires clatr5t1 le murmure augm5ta1 les voix s'levr5t4 ,l'orgie1 dompte p5dant un mom5t1 m5aa p> int]valles de se rveill]4 ,ces alt]natives de sil5ce et de bruit eur5t une vague ressemblance avec une symphonie de ,bee?ov54 ,assis sur un moelleux divan1 les deux amis vir5t d'abord arriv] prs d'eux une gr&e fille bi5 proportionne1 sup]be en son ma9ti51 de physionomie assez irrgulire1 mais p]ante1 mais imptueuse1 et qui saisissait l'me p> de vig\reux contra/es4 ,sa *evelure noire1 lascivem5t b\cle1 semblait avoir dj subi les combats de l'am\r1 et retombait en flocons lg]s sur ses l>ges paules1 qui (frai5t des p]spectives attrayantes voir2 de longs r\leaux bruns enveloppai5t demi un c\ maje/ueux sur lequel la lumire glissait p> int]valles en rvlant la f9esse des plus jolis cont\rs2 sa peau1 d'un blanc mat1 faisait ressortir les tons *auds et anims de ses vives c\leurs2 l'il1 arm de longs cils1 lanait des flammes h>dies1 t9celles d'am\r2 la b\*e1 r\ge1 humide1 entr'ouv]te1 appelait le bais]2 elle avait une taille =te1 mais am\reusem5t la/ique2 son se91 ses bras tai5t l>gem5t dvelopps1 comme ceux des belles figures du ,c>ra*e2 nanmo9s1 elle p>aissait le/e1 s\ple1 et sa vigueur supposait l'agilit d'une pan?re1 comme la mle lgance de ses =mes en promettait les volupts dvorantes4 ,quoique cette fille dt savoir rire et foltr]1 ses yeux et son s\rire effrayai5t la p5se4 ,semblable ces prophtesses agites p> un dmon1 elle tonnait plutt qu'elle ne plaisait4 ,t\tes les expressions passai5t p> masses et comme des clairs sur sa figure mobile4 ,peut-tre et-elle ravi des g5s blass1 mais un jeune homme l'et r$\te4 ,c'tait une /atue colossale tombe du haut de quelque temple grec1 sublime di/ance1 mais grossire voir de prs4 ,nanmo9s1 sa f\droyante beaut devait rveill] les impuissants1 sa voix *>m] les s\rds1 ses reg>ds ranim] de vieux ossem5ts4 mile la comp>ait vaguem5t une tragdie de ,%akspe>e1 espce d'arabesque admirable o la joie hurle1 o l'am\r a je ne sais quoi de sauvage1 o la magie de la grce et le feu du bonheur succd5t aux sanglants tumultes de la colre2 mon/re qui sait mordre et c>ess]1 rire comme un dmon1 pleur] comme les anges1 improvis] dans une seule tre9te t\tes les sductions de la femme1 except les s\pirs de la mlancolie et les en*ant]esses mode/ies d'une vi]ge2 puis en un mom5t rugir1 se d*ir] les flancs1 bris] sa passion1 son amant2 enf91 se dtruire elle-mme comme fait un peuple insurg4 ,vtue d'une robe en vel\rs r\ge1 elle f\lait d'un pi$ ins\ciant quelques fleurs dj tombes de la tte de ses compagnes1 et d'une ma9 ddaigneuse t5dait aux deux amis un plateau d'arg5t4 ,fire de sa beaut1 fire de ses vices peut-tre1 elle montrait un bras blanc1 qui se dta*ait vivem5t sur le vel\rs4 ,elle tait l comme la re9e du plaisir1 comme une image de la joie huma9e1 de cette joie qui dissipe les trsors amasss p> trois gnrations1 qui rit sur des cadavres1 se moque des aeux1 diss\t des p]les et des trnes1 trans=me les jeunes g5s en vieill>ds1 et s\v5t les vieill>ds en jeunes g5s2 de cette joie p]mise seulem5t aux gants fatigus du p\voir1 pr\vs p> la p5se1 ou p\r lesquels la gu]re e/ dev5ue comme un j\et4 --,comm5t te nommes-tu8 lui dit ,raphal4 --,aquil9a4 --,oh6 oh6 tu vi5s de ,v5ise sauve1 s'cria mile4 --,oui1 rpondit-elle4 ,de mme que les papes se donn5t de n\veaux noms en montant au-dessus des hommes1 j'en ai pris un autre en m'levant au-dessus de t\tes les femmes4 --,z-tu donc1 comme ta patronne1 un noble et t]rible conspirateur qui t'aime et sa*e m\rir p\r toi8 dit vivem5t mile1 rveill p> cette app>5ce de posie4 --,je l'ai eu1 rpondit-elle4 ,mais la guillot9e a t ma rivale4 ,aussi mett-je t\j\rs quelques *iffons r\ges dans ma p>ure p\r que ma joie n'aille jamais trop lo94 --,oh6 si v\s lui laissez racont] l'hi/oire des quatre jeunes g5s de ,la ,ro*elle1 elle n'en f9ira pas4 ,tais-toi donc1 ,aquil9a6 ,les femmes n'ont-elles pas t\tes un amant pleur]2 mais t\tes n'ont pas1 comme toi1 le bonheur de l'avoir p]du sur un *afaud4 ,ah6 j'aim]ais bi5 mieux savoir le mi5 c\* dans une fosse1 ,clam>t1 que dans le lit d'une rivale4 ,ces phrases fur5t prononces d'une voix d\ce et mlodieuse p> la plus innoc5te1 la plus jolie et la plus g5tille petite crature qui ft jamais sortie d'un uf en*ant4 ,elle tait arrive pas muets1 et montrait une figure dlicate1 une taille grle1 des yeux bleus ravissants de mode/ie1 des tempes fra*es et pures4 ,une naade +nue1 qui s'*appe de sa s\rce1 n'e/ pas plus timide1 plus blan*e ni plus nave4 ,elle p>aissait avoir seize ans1 ignor] le mal1 ignor] l'am\r1 ne pas connatre les orages de la vie1 et v5ir d'une glise o elle aurait pri les anges d'obt5ir avant le temps son rappel dans les cieux4 ,a ,p>is seulem5t se r5contr5t ces cratures au visage c&ide qui ca*5t la dpravation la plus pr(onde1 les vices les plus raff9s1 s\s un front aussi d\x1 aussi t5dre que la fleur d'une m>gu]ite4 ,tromps d'abord p> les cle/es promesses crites dans les suaves attraits de cette jeune fille1 mile et ,raphal acceptr5t le caf qu'elle leur v]sa dans les tasses prs5tes p> ,aquil9a1 et se mir5t la que/ionn]4 ,elle a*eva de transfigur] aux yeux des deux potes1 p> une s9i/re allgorie1 je ne sais quelle face de la vie huma9e1 en opposant l'expression rude et passionne de son imposante compagne le portrait de cette corruption froide1 voluptueusem5t cruelle1 assez t\rdie p\r commettre un crime1 assez =te p\r en rire2 espce de dmon sans cur1 qui punit les mes ri*es et t5dres de ress5tir les motions dont il e/ priv1 qui tr\ve t\j\rs une grimace d'am\r v5dre1 des l>mes p\r le convoi de sa victime1 et de la joie le soir p\r en lire le te/am5t4 ,un pote et admir la belle ,aquil9a2 le monde enti] devait fuir la t\*ante ,euphrasie3 l'une tait l'me du vice1 l'autre le vice sans me4 --,je v\drais bi5 savoir1 dit mile cette jolie crature1 si p>fois tu songes l'av5ir4 --,l'av5ir8 rpondit-elle en riant4 ,qu'appelez-v\s l'av5ir8 ,p\rquoi p5s]ais-je ce qui n'exi/e pas encore8 ,je ne reg>de jamais ni en arrire ni en avant de moi4 ,n'e/-ce pas dj trop que de m'occup] d'une j\rne la fois8 ,d'ailleurs1 l'av5ir1 n\s le connaissons1 c'e/ l'hpital4 --,comm5t peux-tu voir d'ici l'hpital et ne pas vit] d'y all]8 s'cria ,raphal4 ,illu/ration3 ,,euphrasie ,,aquil9a ,un pote eut admir la belle ,aquil9a2 le monde enti] devait fuir la t\*ante ,euphrasie4 7,,la ,,peau ,,de ,,*agr947 --,qu'a donc l'hpital de si effrayant8 dem&a la t]rible ,aquil9a4 ,qu& n\s ne sommes ni mres ni p\ses1 qu& la vieillesse n\s met des bas noirs aux jambes et des rides au front1 fltrit t\t ce qu'il y a de femme en n\s et s*e la joie dans les reg>ds de nos amis1 de quoi p\rrions-n\s avoir beso98 ,v\s ne voyez plus alors en n\s1 de notre p>ure1 que sa fange primitive1 qui m>*e sur deux pattes1 froide1 s*e1 dcompose1 et va produisant un bruissem5t de feuilles mortes4 ,les plus jolis *iffons n\s devi5n5t des haillons1 l'ambre qui rj\issait le b\doir pr5d une odeur de mort et s5t le squelette2 puis1 s'il se tr\ve un cur dans cette b\e1 v\s y insultez t\s1 v\s ne n\s p]mettez mme pas un s\v5ir4 ,a9si1 que n\s soyons1 cette poque de la vie1 dans un ri*e htel soign] des *i5s1 ou dans un hpital tri] des gu5illes1 notre exi/5ce n'e/-elle pas exactem5t la mme8 ,ca*] nos *eveux blancs s\s un m\*oir c>reaux r\ges et bleus ou s\s des d5telles1 balay] les rues avec du b\leau ou les m>*es des ,tuil]ies avec du sat91 tre assises des foy]s dors ou n\s *auff] des c5dres dans un pot de t]re r\ge1 assi/] au spectacle de la ,grve1 ou all] l',opra1 y a-t-il donc l tant de diffr5ce8 --,aquil9a mia1 jamais tu n'z eu tant de raison au milieu de tes dsespoirs1 reprit ,euphrasie4 ,oui1 les ca*emires1 les vl9s1 les p>fums1 l'or1 la soie1 le luxe1 t\t ce qui brille1 t\t ce qui plat ne va bi5 qu' la jeunesse4 ,le temps seul p\rrait avoir raison contre nos folies1 mais le bonheur n\s abs\t4 ,v\s riez de ce que je dis1 s'cria-t-elle en lanant un s\rire v5imeux aux deux amis2 n'ai-je pas raison8 ,j'aime mieux m\rir de plaisir que de maladie4 ,je n'ai ni la manie de la p]ptuit ni gr& respect p\r l'espce huma9e voir ce que ,dieu en fait6 ,donnez-moi des millions1 je les mang]ai2 je ne v\drais pas g>d] un c5time p\r l'anne pro*a9e4 ,vivre p\r plaire et rgn]1 tel e/ l'arrt que prononce *aque battem5t de mon cur4 ,la socit m'appr\ve2 ne f\rnit-elle pas sans cesse mes dissipations8 ,p\rquoi le bon ,dieu me fait-il t\s les mat9s la r5te de ce que je dp5se t\s les soirs8 p\rquoi n\s btissez-v\s des hpitaux8 ,comme il ne n\s a pas mis entre le bi5 et le mal p\r *oisir ce qui n\s blesse ou n\s ennuie1 je s]ais bi5 sotte de ne pas m'amus]4 --,et les autres8 dit mile4 --,les autres8 ,eh6 bi51 qu'ils s'arrang5t6 ,j'aime mieux rire de leurs s\ffrances que d'avoir pleur] sur les mi5nes4 ,je dfie un homme de me caus] la mo9dre pe9e4 --,qu'z-tu donc s\ff]t p\r p5s] a9si8 dem&a ,raphal4 --,j'ai t quitte p\r un hritage1 moi6 dit-elle en pr5ant une pose qui fit ressortir t\tes ses sductions4 ,et cep5dant j'avais pass les nuits et les j\rs travaill] p\r n\rrir mon amant4 ,je ne veux plus tre la dupe d'aucun s\rire1 d'aucune promesse1 et je prt5ds faire de mon exi/5ce une longue p>tie de plaisir4 --,mais1 s'cria ,raphal1 le bonheur ne vi5t-il donc pas de l'me8 --,eh6 bi51 reprit ,aquil9a1 n'e/-ce ri5 que de se voir admire1 flatte1 de triomph] de t\tes les femmes1 mme des plus v]tueuses1 en les crasant p> notre beaut1 p> notre ri*esse8 ,d'ailleurs n\s vivons plus en un j\r qu'une bonne b\rgeoise en dix ans1 et alors t\t e/ jug4 --,une femme sans v]tu n'e/-elle pas odieuse8 dit mile ,raphal4 ,euphrasie leur lana un reg>d de vipre1 et rpondit avec un inimitable acc5t d'ironie3--,la v]tu6 n\s la laissons aux laides et aux bossues4 ,que s]ai5t-elles sans cela1 les pauvres femmes8 --,allons1 tais-toi1 s'cria mile1 ne p>le po9t de ce que tu ne connais pas4 --,ah6 je ne la connais pas6 reprit ,euphrasie4 ,se donn] p5dant t\te la vie un tre dte/1 savoir lev] des enfants qui v\s ab&onn5t1 et leur dire3 ,m]ci6 qu& il v\s frapp5t au cur2 voil les v]tus que v\s ordonnez la femme4 ,encore1 p\r la rcomp5s] de son abngation1 v5ez-v\s lui impos] des s\ffrances en *]*ant la sduire2 si elle rsi/e1 v\s la compromettez4 ,jolie vie6 ,autant re/] libres1 aim] ceux qui n\s plais5t et m\rir jeunes4 --,ne cra9s-tu pas de pay] t\t cela un j\r8 --,eh6 bi51 rpondit-elle1 au lieu d'entreml] mes plaisirs de *agr9s1 ma vie s]a c\pe en deux p>ts3 une jeunesse c]ta9em5t joyeuse1 et je ne sais quelle vieillesse inc]ta9e p5dant laquelle je s\ffrirai t\t mon aise4 --,elle n'a pas aim1 dit ,aquil9a d'un son de voix prononc4 ,elle n'a jamais fait c5t lieues p\r all] dvor] avec mille dlices un reg>d et un refus2 elle n'a po9t atta* sa vie un *eveu1 ni essay de poign>d] plusieurs hommes p\r sauv] son s\v]a91 son seigneur1 son dieu4 ,p\r elle1 l'am\r tait un joli colonel4 --,h6 h6 ,la ,ro*elle1 rpondit ,euphrasie1 l'am\r e/ comme le v5t1 n\s ne savons d'o il vi5t4 ,d'ailleurs1 si tu avais t bi5 aime p> une bte1 tu pr5drais les g5s d'esprit en horreur4 --,le ,code n\s df5d d'aim] les btes1 rpliqua la gr&e ,aquil9a d'un acc5t ironique4 --,je te croyais plus indulg5te p\r les militaires1 s'cria ,euphrasie en riant4 --,sont-elles heureuses de p\voir abdiqu] a9si leur raison6 s'cria ,raphal4 --,heureuses6 dit ,aquil9a s\riant de piti1 de t]reur1 en jetant aux deux amis un horrible reg>d4 ,ah6 v\s ignorez ce que c'e/ que d'tre condamne au plaisir avec un mort dans le cur4 ,contempl] en ce mom5t les salons1 c'tait avoir une vue anticipe du ,p&monium de ,milton4 ,les flammes bleues du pun* colorai5t d'une te9te inf]nale les visages de ceux qui p\vai5t boire encore4 ,des danses folles1 animes p> une sauvage n]gie1 excitai5t des rires et des cris qui clatai5t comme les dtonations d'un feu d'artifice4 ,jon*s de morts et de m\rants1 le b\doir et un petit salon (frai5t l'image d'un *amp de bataille4 ,l'atmosphre tait *aude de v91 de plaisirs et de p>oles4 ,l'ivresse1 l'am\r1 le dlire1 l'oubli du monde tai5t dans les curs1 sur les visages1 crits sur les tapis1 exprims p> le dsordre1 et jetai5t sur t\s les reg>ds de lg]s voiles qui faisai5t voir dans l'air des vapeurs enivrantes4 ,il s'tait mu1 comme dans les b&es lum9euses traces p> un rayon de soleil1 une p\ssire brillante trav]s laquelle se j\ai5t les =mes les plus capricieuses1 les luttes les plus grotesques4 et l1 des gr\pes de figures enlaces se confondai5t avec les m>bres blancs1 nobles *efs-d'uvre de la sculpture qui ornai5t les app>tem5ts4 ,quoique les deux amis cons]vass5t encore une sorte de lucidit trompeuse dans les ides et dans leurs organes1 un d]ni] frmissem5t1 simulacre imp>fait de la vie1 il leur tait impossible de reconnatre ce qu'il y avait de rel dans les fantaisies biz>res1 de possible dans les tableaux surnaturels qui passai5t incessamm5t devant leurs yeux lasss4 ,le ciel t\ffant de nos rves1 l'ard5te suavit que contract5t les figures dans nos visions1 surt\t je ne sais quelle agilit *>ge de *anes1 enf9 les phnomnes les plus inacc\tums du sommeil1 les assaillai5t si vivem5t1 qu'ils prir5t les jeux de cette dbau*e p\r les caprices d'un cau*em> o le m\vem5t e/ sans bruit1 o les cris sont p]dus p\r l'oreille4 ,et le mom5t le valet de *ambre de confiance russit1 non sans pe9e1 attir] son matre dans l'anti*ambre1 et lui dit l'oreille3--,monsieur1 t\s les vois9s sont aux f5tres et se plaign5t du tapage4 --,s'ils ont peur du bruit1 ne peuv5t-ils pas faire mettre de la paille devant leurs portes8 s'cria ,taillef]4 ,raphal laissa t\t c\p *app] un clat de rire si brusquem5t intempe/if1 que son ami lui dem&a compte d'une joie aussi brutale4 --,tu me compr5drais difficilem5t1 rpondit-il4 ,d'abord1 il faudrait t'av\] que v\s m'avez arrt sur le quai ,voltaire1 au mom5t o j'allais me jet] dans la ,se9e1 et tu v\drais sans d\te connatre les motifs de ma mort4 ,mais qu& j'aj\t]ais que1 p> un has>d presque fabuleux1 les ru9es les plus potiques du monde matriel v5ai5t alors de se rsum] mes yeux p> une traduction symbolique de la sagesse huma9e2 t&is qu'en ce mom5t les dbris de t\s les trsors intellectuels dont n\s avons fait table un si cruel pillage ab\tiss5t ces deux femmes1 images vives et orig9ales de la folie1 et que notre pr(onde ins\ciance des hommes et des *oses a s]vi de transition aux tableaux =tem5t colors de deux sy/mes d'exi/5ce si diamtralem5t opposs1 en s]as-tu plus in/ruit8 ,si tu n'tais pas ivre1 tu y v]rais peut-tre un trait de philosophie4 --,si tu n'avais pas les deux pi$s sur cette ravissante ,aquil9a dont les ronflem5ts ont je ne sais quelle analogie avec le rugissem5t d'un orage prs d'clat]1 reprit mile1 qui lui-mme s'amusait r\l] et dr\l] les *eveux d',euphrasie1 sans trop avoir la consci5ce de cette innoc5te occupation1 tu r\girais de ton ivresse et de ton bav>dage4 ,tes deux sy/mes peuv5t entr] dans une seule phrase et se rduis5t une p5se4 ,la vie simple et mcanique conduit quelque sagesse ins5se en t\ffant notre intellig5ce p> le travail2 t&is que la vie passe dans le vide des ab/ractions ou dans les abmes du monde moral mne quelque folle sagesse4 ,en un mot1 tu] les s5tim5ts p\r vivre vieux1 ou m\rir jeune en acceptant le m>tyre des passions1 voil notre arrt4 ,encore1 cette s5t5ce lutte-t-elle avec les tempram5ts que n\s a donns le rude gogu5>d qui n\s devons le patron de t\tes les cratures4 --,imbcile6 s'cria ,raphal en l'int]rompant4 ,cont9ue t'abrg] a9si1 tu f]as des volumes6 ,si j'avais eu la prt5tion de =mul] proprem5t ces deux ides1 je t'aurais dit que l'homme se corrompt p> l'ex]cice de la raison et se purifie p> l'ignorance4 ,c'e/ faire le procs aux socits6 ,mais que n\s vivions avec les sages ou que n\s prissions avec les f\s1 le rsultat n'e/-il pas tt ou t>d le mme6 ,aussi1 le gr& ab/racteur de qu9tess5ce a-t-il jadis exprim ces deux sy/mes en deux mots3 ,,c>ym>y1 ,,c>ym>a4 --,tu me fais d\t] de la puissance de ,dieu1 c> tu es plus bte qu'il n'e/ puissant1 rpliqua mile4 ,notre *] ,rabelais a rsolu cette philosophie p> un mot plus bref que ,c>ym>y1 ,c>ym>a2 c'e/ peut-tre1 d'o ,montaigne a pris son ,que sais-je8 ,encore ces d]ni]s mots de la sci5ce morale ne sont-ils gure que l'exclamation de ,pyrrhon re/ant entre le bi5 et le mal1 comme l'ne de ,buridan entre deux mesures d'avo9e4 ,mais laissons l cette t]nelle discussion qui ab\tit auj\rd'hui oui et non4 ,quelle expri5ce v\lais-tu donc faire en te jetant dans la ,se9e8 tais-tu jal\x de la ma*9e hydraulique du pont ,notre-,dame8 --,ah6 si tu connaissais ma vie4 --,ah6 s'cria mile1 je ne te croyais pas si vulgaire2 la phrase e/ ue4 ,ne sais-tu pas que n\s avons t\s la prt5tion de s\ffrir beauc\p plus que les autres8 --,ah6 s'cria ,raphal4 --,mais tu es b\ffon avec ton ah6 ,voyons2 une maladie d'me on de corps t'oblige-t-elle de ram5] t\s les mat9s1 p> une contraction de tes muscles1 les *evaux qui le soir doiv5t t'c>tel]1 comme jadis le fit ,dami5s8 ,z-tu mang ton *i5 t\t cru1 sans sel1 dans ta mans>de8 ,tes enfants t'ont-ils jamais dit3 ,j'ai faim8 ,z-tu v5du les *eveux de ta matresse p\r all] au jeu8 ,z-tu t pay] un faux domicile une fausse lettre de *ange1 tire sur un faux oncle1 avec la cra9te d'arriv] trop t>d8 ,voyons1 j'c\te4 ,si tu te jetais l'eau p\r une femme1 p\r un prott1 ou p> ennui1 je te r5ie4 ,confesse-toi1 ne m5s pas2 je ne te dem&e po9t de mmoires hi/oriques4 ,surt\t1 sois aussi bref que ton ivresse te le p]mettra2 je suis exigeant comme un lecteur1 et prt dormir comme une femme qui lit ses vpres4 --,pauvre sot6 dit ,raphal4 ,depuis qu& les d\leurs ne sont-elles plus en raison de la s5sibilit8 ,lorsque n\s arriv]ons au degr de sci5ce qui n\s p]mettra de faire une hi/oire naturelle des curs1 de les nomm]1 de les class] en g5res1 en s\s-g5res1 en familles1 en cru/acs1 en fossiles1 en sauri5s1 en microscopiques1 en444 que sais-je8 alors1 mon bon ami1 ce s]a *ose pr\ve qu'il en exi/e de t5dres1 de dlicats1 comme des fleurs1 et qui doiv5t se bris] comme elles p> de lg]s froissem5ts auxquels c]ta9s curs m9raux ne sont mme pas s5sibles4 --,oh6 de grce1 p>gne-moi ta prface1 dit mile d'un air moiti riant moiti piteux1 en pr5ant la ma9 de ,raphal4 ,,la ,,femme ,,sans ,c,,ur4 ,aprs tre re/ sil5cieux p5dant un mom5t1 ,raphal dit en laissant *app] un ge/e d'ins\ciance3--,je ne sais en vrit s'il ne faut pas attribu] aux fumes du v9 et du pun* l'espce de lucidit qui me p]met d'embrass] en cet in/ant t\te ma vie comme un mme tableau1 o les figures1 les c\leurs1 les ombres1 les lumires1 les demi-te9tes sont fidlem5t r5dues4 ,ce jeu potique de mon imag9ation ne m'tonn]ait pas1 s'il n'tait accompagn d'une sorte de dda9 p\r mes s\ffrances et p\r mes joies passes4 ,vue di/ance1 ma vie e/ comme rtrcie p> un phnomne moral4 ,cette longue et l5te d\leur qui a dur dix ans peut auj\rd'hui se reproduire p> quelques phrases dans lesquelles la d\leur ne s]a plus qu'une p5se1 et le plaisir une rflexion philosophique4 ,je juge au lieu de s5tir4 --,tu es ennuyeux comme un am5dem5t1 s'cria mile4 --,c'e/ possible1 reprit ,raphal sans murmur]4 ,aussi1 p\r ne pas abus] de tes oreilles1 te f]ai-je grce des dix-sept premires annes de ma vie4 ,jusque-l1 j'ai vcu comme toi1 comme mille autres1 de cette vie de collge ou de lyce1 dont ma9t5ant n\s n\s rappelons t\s avec tant de dlices les malheurs fictifs et les joies relles1 laquelle notre ga/ronomie blase r$em&e les lgumes du v5dr$i1 tant que n\s ne les avons pas gts de n\veau3 belle vie dont n\s mprisons les travaux1 qui cep5dant n\s ont appris le travail444 --,arrive au drame1 dit mile d'un air moiti comique et moiti pla9tif4 --,qu& je sortis du collge1 reprit ,raphal en rclamant p> un ge/e le droit de cont9u]1 mon pre m'a/reignit une discipl9e svre1 il me logea dans une *ambre contigu son cab9et2 je me c\*ais ds neuf heures du soir et me levais c9q heures du mat92 il v\lait que je fisse mon droit en consci5ce1 j'allais en mme temps l'cole et *ez un av\2 mais les lois du temps et de l'espace tai5t si svrem5t appliques mes c\rses1 mes travaux1 et mon pre me dem&ait en dnant un compte si rig\reux de444 --,qu'e/-ce que cela me fait8 dit mile4 --,eh6 que le diable t'emporte1 rpondit ,raphal4 ,comm5t p\rras-tu concevoir mes s5tim5ts si je ne te raconte les faits imp]ceptibles qui influr5t sur mon me1 la faonnr5t la cra9te et me laissr5t long-temps dans la navet primitive du jeune homme8 ,a9si1 jusqu' v+t et un ans1 j'ai t c\rb s\s un despotisme aussi froid que celui d'une rgle monacale4 ,p\r te rvl] les tri/esses de ma vie1 il suffira peut-tre de te dpe9dre mon pre3 un gr& homme sec et m9ce1 le visage en lame de c\teau1 le te9t ple1 p>ole brve1 taqu9 comme une vieille fille1 mticuleux comme un *ef de bureau4 ,sa pat]nit planait au-dessus de mes lut9es et joyeuses p5ses1 et les enf]mait comme s\s un dme de plomb4 ,si je v\lais lui manife/] un s5tim5t d\x et t5dre1 il me recevait en enfant qui va dire une sottise4 ,je le r$\tais bi5 plus que n\s ne craignions nagure nos matres d'tude4 ,j'avais t\j\rs huit ans p\r lui4 ,je crois encore le voir devant moi3 dans sa r$+ote m>ron1 o il se t5ait droit comme un ci]ge pascal1 il avait l'air d'un h>5g saur envelopp dans la c\v]ture r\getre d'un pamphlet4 ,cep5dant j'aimais mon pre1 au fond il tait ju/e4 ,peut-tre ne hassons-n\s pas la svrit qu& elle e/ ju/ifie p> un gr& c>actre1 p> des murs pures1 et qu'elle e/ adroitem5t entremle de bont4 ,si mon pre ne me quitta jamais1 si jusqu' l'ge de v+t ans1 il ne laissa pas dix francs ma disposition1 dix coqu9s1 dix lib]t9s de francs1 trsor imm5se dont la possession va9em5t envie me faisait rv] d'ineffables dlices1 il *]*ait du mo9s me procur] quelques di/ractions4 ,aprs m'avoir promis un plaisir p5dant des mois enti]s1 il me conduisait aux ,b\ffons1 un conc]t1 un bal1 o j'esprais r5contr] une matresse4 ,une matresse6 c'tait p\r moi l'indp5dance4 ,mais honteux et timide1 ne sa*ant po9t l'idiome des salons et n'y connaissant p]sonne1 j'en rev5ais le cur t\j\rs aussi neuf et t\t aussi gonfl de dsirs4 ,puis le l5dema91 brid comme un *eval d'escadron p> mon pre1 ds le mat9 je ret\rnais *ez un av\1 au ,droit1 au ,palais4 ,v\loir m'c>t] de la r\te uni=me qu'il m'avait trace1 c'et t m'expos] sa colre2 il m'avait m5ac de m'emb>qu] ma premire faute1 en qualit de m\sse1 p\r les ,antilles4 ,aussi me pr5ait-il un horrible frisson qu& p> has>d j'osais m'av5tur]1 p5dant une heure ou deux1 dans quelque p>tie de plaisir4 ,figure-toi l'imag9ation la plus vagabonde1 le cur le plus am\reux1 l'me la plus t5dre1 l'esprit le plus potique1 sans cesse en prs5ce de l'homme le plus caill\teux1 le plus atrabilaire1 le plus froid du monde2 enf9 m>ie une jeune fille un squelette1 et tu compr5dras l'exi/5ce dont tu m'int]dis de te dvelopp] les scnes curieuses3 projets de fuite van\is l'aspect de mon pre1 dsespoirs calms p> le sommeil1 dsirs comprims1 sombres mlancolies dissipes p> la musique4 ,j'exhalais mon malheur en mlodies4 ,bee?ov5 ou ,moz>t fur5t s\v5t mes discrets confid5ts4 ,auj\rd'hui je s\ris en me s\v5ant de t\s les prjugs qui tr\blai5t ma consci5ce cette poque d'innoc5ce et de v]tu3 si j'avais mis le pi$ *ez un re/aurateur1 je me s]ais cru ru92 mon imag9ation me faisait considr] un caf comme un lieu de dbau*e1 o les hommes se p]dai5t d'honneur et engageai5t leur =tune2 quant risqu] de l'arg5t au jeu1 il aurait fallu en avoir4 ,oh6 qu& je devrais t'endormir1 je veux te racont] l'une des plus t]ribles joies de ma vie1 une de ces joies armes de griffes et qui s'enfonc5t dans notre cur comme un f] *aud sur l'paule d'un =at4 ,j'tais au bal *ez le duc de ,nav>re9s1 c\s9 de mon pre4 ,mais p\r que tu puisses p>faitem5t compr5dre ma position1 appr5ds que j'avais un habit rp1 des s\li]s mal faits1 une cravate de co*] et des gants dj ports4 ,je me mis dans un co9 af9 de p\voir t\t mon aise pr5dre des glaces et contempl] les jolies femmes4 ,mon pre m'ap]ut4 ,p> une raison que je n'ai jamais dev9e1 tant cet acte de confiance m'abas\rdit1 il me donna sa b\rse et ses clefs g>d]4 ,a dix pas de moi quelques hommes j\ai5t4 ,j'ent5dais frtill] l'or4 ,j'avais v+t ans1 je s\haitais pass] une j\rne entire plong dans les crimes de mon ge4 ,c'tait un lib]t9age d'esprit dont n\s ne tr\v]ions l'analogue ni dans les caprices de c\rtisane1 ni dans les songes des jeunes filles4 ,depuis un an je me rvais bi5 mis1 en voiture1 ayant une belle femme mes cts1 tran*ant du seigneur1 dnant *ez ,vry1 allant le soir au spectacle1 dcid ne rev5ir que le l5dema9 *ez mon pre1 mais arm contre lui d'une av5ture plus intrigue que ne l'e/ le ,m>iage de ,fig>o1 et dont il lui aurait t impossible de se dptr]4 ,j'avais e/im t\te cette joie c9quante cus4 ,n'tais-je pas encore s\s le *>me naf de l'cole buissonnire8 ,j'allai donc dans un b\doir o1 seul1 les yeux cuisants1 les doigts tremblants1 je comptai l'arg5t de mon pre3 c5t cus6 voques p> cette somme1 les joies de mon escapade app>ur5t devant moi1 dansant comme les sorcires de ,macbe? aut\r de leur *audire1 mais all*antes1 frmissantes1 dlicieuses6 ,je dev9s un coqu9 dt]m94 ,sans c\t] ni les t9tem5ts de mon oreille1 ni les battem5ts prcipits de mon cur1 je pris deux pices de v+t francs que je vois encore6 ,leurs millsimes tai5t effacs et la figure de ,bonap>te y grimaait4 ,aprs avoir mis la b\rse dans ma po*e1 je rev9s v]s une table de jeu en t5ant les deux pices d'or dans la paume humide de ma ma91 et je rdai aut\r des j\eurs comme un m\*et au-dessus d'un p\laill]4 ,en proie des angoisses inexprimables1 je jetai s\da9 un reg>d translucide aut\r de moi4 ,c]ta9 de n'tre ap]u p> aucune p]sonne de connaissance1 je p>iai p\r un petit homme gras et rj\i1 sur la tte duquel j'accumulai plus de prires et de vux qu'il ne s'en fait en m] p5dant trois temptes4 ,puis1 avec un in/9ct de sclratesse ou de ma*iavlisme surpr5ant mon ge1 j'allai me plant] prs d'une porte1 reg>dant trav]s les salons sans y ri5 voir4 ,mon me et mes yeux voltigeai5t aut\r du fatal tapis v]t4 ,de cette soire date la premire obs]vation physiologique laquelle j'ai d cette espce de pntration qui m'a p]mis de saisir quelques my/res de notre d\ble nature4 ,je t\rnais le dos la table o se disputait mon futur bonheur1 bonheur d'autant plus pr(ond peut-tre qu'il tait crim9el2 entre les deux j\eurs et moi1 il se tr\vait une haie d'hommes1 paisse de quatre ou c9q ranges de causeurs2 le b\rdonnem5t des voix emp*ait de di/+u] le son de l'or qui se mlait au bruit de l'or*e/re2 malgr t\s ces ob/acles1 p> un privilge accord aux passions qui leur donne le p\voir d'anantir l'espace et le temps1 j'ent5dais di/9ctem5t les p>oles des deux j\eurs1 je connaissais leurs po9ts1 je savais celui des deux qui ret\rnait le roi comme si j'eusse vu les c>tes2 enf9 dix pas du jeu1 je plissais de ses caprices4 ,mon pre passa devant moi t\t c\p1 je compris alors cette p>ole de l'criture3 ,l'esprit de ,dieu passa devant sa face6 ,j'avais gagn4 ,a trav]s le t\rbillon d'hommes qui gravitait aut\r des j\eurs1 j'acc\rus la table en m'y glissant avec la dextrit d'une anguille qui s'*appe p> la maille rompue d'un filet4 ,de d\l\reuses1 mes fibres dev9r5t joyeuses4 ,j'tais comme un condamn qui1 m>*ant au supplice1 a r5contr le roi4 ,p> has>d1 un homme dcor rclama qu>ante francs qui manquai5t4 ,je fus s\ponn p> des yeux inquiets1 je plis et des g\ttes de sueur sillonnr5t mon front4 ,le crime d'avoir vol mon pre me p>ut bi5 v5g4 ,le bon gros petit homme dit alors d'une voix c]ta9em5t anglique3 ,t\s ces messieurs avai5t mis1 et paya les qu>ante francs4 ,je relevai mon front et jetai des reg>ds triomphants sur les j\eurs4 ,aprs avoir rintgr dans la b\rse de mon pre l'or que j'y avais pris1 je laissai mon ga9 ce digne et honnte monsieur qui cont9ua de gagn]4 ,ds que je me vis possesseur de c5t soixante francs1 je les enveloppai dans mon m\*oir de manire ce qu'ils ne puss5t ni remu] ni sonn] p5dant notre ret\r au logis1 et ne j\ai plus4--,que faisiez-v\s au jeu8 me dit mon pre en entrant dans le fiacre4--,je reg>dais1 rpondis-je en tremblant4--,mais1 reprit mon pre1 il n'y aurait eu ri5 d'extraord9aire ce que v\s eussiez t =c p> am\r-propre mettre quelque arg5t sur le tapis4 ,aux yeux des g5s du monde1 v\s p>aissez assez g p\r avoir le droit de commettre des sottises4 ,aussi v\s excus]ais-je1 ,raphal1 si v\s v\s tiez s]vi de ma b\rse444 ,je ne rpondis ri54 ,qu& n\s fmes de ret\r1 je r5dis mon pre ses clefs et son arg5t4 ,en r5trant dans sa *ambre1 il vida la b\rse sur sa *em9e1 compta l'or1 se t\rna v]s moi d'un air assez gracieux1 et me dit en sp>ant *aque phrase p> une pause plus ou mo9s longue et significative3--,mon fils1 v\s avez bi5tt v+t ans4 ,je suis cont5t de v\s4 ,il v\s faut une p5sion1 ne ft-ce que p\r v\s appr5dre conomis]1 connatre les *oses de la vie4 ,ds ce soir1 je v\s donn]ai c5t francs p> mois4 ,v\s dispos]ez de votre arg5t comme il v\s plaira4 ,voici le premi] trime/re de cette anne1 aj\ta-t-il en c>essant une pile d'or1 comme p\r vrifi] la somme4 ,j'av\e que je fus prt me jet] ses pi$s1 lui dcl>] que j'tais un brig&1 un infme1 et444 pis que cela1 un m5teur6 ,la honte me ret9t4 ,j'allais l'embrass]1 il me rep\ssa faiblem5t4--,ma9t5ant1 tu es un homme1 mon enfant1 me dit-il4 ,ce que je fais e/ une *ose simple et ju/e dont tu ne dois pas me rem]ci]4 ,si j'ai droit votre reconnaissance1 ,raphal1 reprit-il d'un ton d\x mais ple9 de dignit1 c'e/ p\r avoir prs]v votre jeunesse des malheurs qui dvor5t t\s les jeunes g5s1 ,p>is4 ,dsormais1 n\s s]ons deux amis4 ,v\s devi5drez1 dans un an1 docteur en droit4 ,v\s avez1 non sans quelques dplaisirs et c]ta9es privations1 acquis les connaissances solides et l'am\r du travail si ncessaires aux hommes appels mani] les affaires4 ,appr5ez1 ,raphal1 me connatre4 ,je ne veux faire de v\s ni un avocat1 ni un notaire1 mais un homme d'tat qui puisse dev5ir la gloire de notre pauvre maison4 ,a dema96 aj\ta-t-il en me r5voyant p> un ge/e my/rieux4 ,ds ce j\r1 mon pre m'initia fran*em5t ses projets4 ,j'tais fils unique et j'avais p]du ma mre depuis dix ans4 ,autrefois1 peu flatt d'avoir le droit de lab\r] la t]re l'pe au ct1 mon pre1 *ef d'une maison hi/orique peu prs oublie en ,auv]gne1 v9t ,p>is p\r y t5t] le diable4 ,d\ de cette f9esse qui r5d les hommes du midi de la ,france si suprieurs qu& elle se tr\ve accompagne d'n]gie1 il tait p>v5u sans gr& appui pr5dre position au cur mme du p\voir4 ,la rvolution r5v]sa bi5tt sa =tune2 mais il avait su p\s] l'hritire d'une gr&e maison1 et s'tait vu s\s l'empire au mom5t de re/itu] notre famille son anci5ne spl5deur4 ,la re/auration1 qui r5dit ma mre des bi5s considrables1 ru9a mon pre4 ,ayant jadis a*et plusieurs t]res donnes p> l'emp]eur ses gnraux et situes en pays trang]1 il luttait depuis dix ans avec des liquidateurs et des diplomates1 avec les tribunaux prussi5s et bav>ois p\r se ma9t5ir dans la possession conte/e de ces malheureuses dotations4 ,mon pre me jeta dans le labyr9! inextricable de ce va/e procs d'o dp5dait notre av5ir4 ,n\s p\vions tre condamns re/itu] les rev5us p> lui p]u1 a9si que le prix de c]ta9es c\pes de bois faites de #ahad #ahag2 dans ce cas1 le bi5 de ma mre suffisait pe9e p\r sauv] l'honneur de notre nom4 ,a9si1 le j\r o mon pre p>ut en quelque sorte m'avoir mancip1 je tombai s\s le j\g le plus odieux4 ,je dus combattre comme sur un *amp de bataille1 travaill] nuit et j\r1 all] voir des hommes d'tat1 t*] de surpr5dre leur religion1 t5t] de les intress] notre affaire1 les sduire1 eux1 leurs femmes1 leurs valets1 leurs *i5s1 et dguis] cet horrible mti] s\s des =mes lgantes1 s\s d'agrables plaisant]ies4 ,je compris t\s les *agr9s dont l'empre9te fltrissait la figure de mon pre4 ,p5dant une anne environ1 je m5ai donc en app>5ce la vie d'un homme du monde1 mais cette dissipation et mon empressem5t me li] avec des p>5ts en faveur ou avec des g5s qui p\vai5t n\s tre utiles1 ca*ai5t d'imm5ses travaux4 ,mes div]tissem5ts tai5t encore des plaidoiries1 et mes conv]sations des mmoires4 ,jusque-l1 j'avais t v]tueux p> l'impossibilit de me livr] mes passions de jeune homme2 mais craignant alors de caus] la ru9e de mon pre ou la mi5ne p> une nglig5ce1 je dev9s mon propre despote1 et n'osai me p]mettre ni un plaisir ni une dp5se4 ,lorsque n\s sommes jeunes1 qu&1 =ce de froissem5ts1 les hommes et les *oses ne n\s ont po9t encore enlev cette dlicate fleur de s5tim5t1 cette v]deur de p5se1 cette noble puret de consci5ce qui ne n\s laisse jamais transig] avec le mal1 n\s s5tons vivem5t nos devoirs2 notre honneur p>le haut et se fait c\t]2 n\s sommes francs et sans dt\r3 a9si tais-je alors4 ,je v\lus ju/ifi] la confiance de mon pre4 ,nagure1 je lui aurais drob dlicieusem5t une *tive somme2 mais portant avec lui le f>deau de ses affaires1 de son nom1 de sa maison1 je lui eusse donn secrtem5t mes bi5s1 mes esprances1 comme je lui sacrifiais mes plaisirs2 heureux mme de mon sacrifice6 ,aussi1 qu& monsieur de ,villle exhuma1 t\t exprs p\r n\s1 un dcret imprial sur les d*ances1 et n\s eut ru9s1 signai-je la v5te de mes proprits1 n'en g>dant qu'une le sans valeur1 situe au milieu de la ,loire1 et o se tr\vait le tombeau de ma mre4 ,auj\rd'hui1 peut-tre1 les argum5ts1 les dt\rs1 les discussions philosophiques1 philan?ropiques et politiques ne me manqu]ai5t pas p\r me disp5s] de faire ce que mon av\ nommait une btise4 ,mais v+t et un ans1 n\s sommes1 je le rpte1 t\t gnrosit1 t\t *aleur1 t\t am\r4 ,les l>mes que je vis dans les yeux de mon pre fur5t alors p\r moi la plus belle des =tunes1 et le s\v5ir de ces l>mes a s\v5t consol ma misre4 ,dix mois aprs avoir pay ses cranci]s1 mon pre m\rut de *agr94 ,il m'adorait et m'avait ru92 cette ide le tua4 ,en #ahbf1 l'ge de v+t-deux ans1 v]s la f9 de l'automne1 je suivis t\t seul le convoi de mon premi] ami1 de mon pre4 ,peu de jeunes g5s se sont tr\vs1 seuls avec leurs p5ses1 d]rire un corbill>d1 p]dus dans ,p>is1 sans av5ir1 sans =tune4 ,les orphel9s recueillis p> la *>it publique ont au mo9s p\r av5ir le *amp de bataille1 p\r pre le g\v]nem5t ou le procureur du roi1 p\r refuge un hospice4 ,moi1 je n'avais ri56 ,trois mois aprs1 un commissaire-priseur me remit onze c5t d\ze francs1 produit net et liquide de la succession pat]nelle4 ,des cranci]s m'avai5t oblig v5dre notre mobili]4 ,acc\tum ds ma jeunesse donn] une gr&e valeur aux objets de luxe dont j'tais ent\r1 je ne pus m'emp*] de m>qu] une sorte d'tonnem5t l'aspect de ce reliquat exigu4--,oh6 me dit le commissaire-priseur1 t\t cela tait bi5 rococo4 ,mot p\vantable qui fltrissait t\tes les religions de mon enfance et me dp\illait de mes premires illusions1 les plus *res de t\tes4 ,ma =tune se rsumait p> un bord]eau de v5te1 mon av5ir gisait dans un sac de toile qui cont5ait onze c5t d\ze francs1 la socit m'app>aissait en la p]sonne d'un huissi]-priseur qui me p>lait le *apeau sur la tte4 ,un valet de *ambre qui me *rissait1 et auquel ma mre avait jadis con/itu quatre c5ts francs de r5te viagre1 ,jona?as me dit en quittant la maison d'o j'tais si s\v5t sorti joyeusem5t en voiture p5dant mon enfance3--,soyez bi5 conome1 monsieur ,raphal6 ,il pleurait1 le bon homme4 ,tels sont1 mon *] mile1 les vnem5ts qui matrisr5t ma de/9e1 modifir5t mon me1 et me placr5t jeune encore dans la plus fausse de t\tes les situations sociales4 ,des li5s de famille1 mais faibles1 m'atta*ai5t quelques maisons ri*es dont l'accs m'et t int]dit p> ma fi]t1 si le mpris et l'indiffr5ce ne m'en euss5t dj f]m les portes4 ,quoique p>5t de p]sonnes trs-influ5tes et prodigues de leur protection p\r des trang]s1 je n'avais ni p>5ts ni protecteurs4 ,sans cesse arrte dans ses expansions1 mon me s'tait replie sur elle-mme3 ple9 de fran*ise et de naturel1 je devais p>atre froid1 dissimul2 le despotisme de mon pre m'avait t t\te confiance en moi2 j'tais timide et gau*e1 je ne croyais pas que ma voix pt ex]c] le mo9dre empire1 je me dplaisais1 je me tr\vais laid1 j'avais honte de mon reg>d4 ,malgr la voix intrieure qui doit s\t5ir les hommes de tal5t dans leurs luttes1 et qui me criait3 ,c\rage6 m>*e6 malgr les rvlations s\da9es de ma puissance dans la solitude1 malgr l'espoir dont j'tais anim en comp>ant les ouvrages n\veaux admirs du public ceux qui voltigeai5t dans ma p5se1 je d\tais de moi comme un enfant4 ,j'tais la proie d'une excessive ambition1 je me croyais de/9 de gr&es *oses1 et me s5tais dans le nant4 ,j'avais beso9 des hommes1 et je me tr\vais sans amis2 je devais me fray] une r\te dans le monde1 et j'y re/ais seul1 mo9s cra9tif que honteux4 ,p5dant l'anne o je fus jet p> mon pre dans le t\rbillon de la haute socit1 j'y v9s avec un cur neuf1 avec une me fra*e4 ,comme t\s les gr&s enfants1 j'aspirai secrtem5t de belles am\rs4 ,je r5contrai p>mi les jeunes g5s de mon ge une secte de fanf>ons qui allai5t tte leve1 disant des ri5s1 s'asseyant sans trembl] prs des femmes qui me semblai5t les plus imposantes1 dbitant des imp]t95ces1 m*ant le b\t de leurs cannes1 m9audant1 se pro/ituant eux-mmes les plus jolies p]sonnes1 mettant ou prt5dant avoir mis leurs ttes sur t\s les oreill]s1 ayant l'air d'tre au refus du plaisir1 considrant les plus v]tueuses1 les plus prudes comme de prise facile et p\vant tre conquises la simple p>ole1 au mo9dre ge/e h>di1 p> le premi] reg>d insol5t6 ,je te le dcl>e1 en mon me et consci5ce1 la conqute du p\voir ou d'une gr&e r5omme littraire me p>aissait un triomphe mo9s difficile obt5ir qu'un succs auprs d'une femme de haut rang1 jeune1 spirituelle et gracieuse4 ,je tr\vai donc les tr\bles de mon cur1 mes s5tim5ts1 mes cultes en dsaccord avec les maximes de la socit4 ,j'avais de la h>diesse1 mais dans l'me seulem5t1 et non dans les manires4 ,j'ai su plus t>d que les femmes ne v\lai5t pas tre m5dies4 ,j'en ai beauc\p vu que j'adorais de lo91 auxquelles je livrais un cur t\te preuve1 une me d*ir]1 une n]gie qui ne s'effrayait ni des sacrifices1 ni des tortures2 elles app>t5ai5t des sots dont je n'aurais pas v\lu p\r porti]s4 ,combi5 de fois1 muet1 immobile1 n'ai-je pas admir la femme de mes rves1 surgissant dans un bal6 ,dv\ant alors en p5se mon exi/5ce des c>esses t]nelles1 j'imprimais t\tes mes esprances en un reg>d1 et lui (frais dans mon extase un am\r de jeune homme qui c\rait au-devant des tromp]ies4 ,en c]ta9s mom5ts1 j'aurais donn ma vie p\r une seule nuit4 ,eh bi56 n'ayant jamais tr\v d'oreilles qui confi] mes propos passionns1 de reg>ds o repos] les mi5s1 de cur p\r mon cur1 j'ai vcu dans t\s les t\rm5ts d'une impuissante n]gie qui se dvorait elle-mme1 soit faute de h>diesse ou d'occasions1 soit inexpri5ce4 ,peut-tre ai-je dsespr de me faire compr5dre1 ou trembl d'tre trop compris4 ,et cep5dant j'avais un orage t\t prt *aque reg>d poli que l'on p\vait m'adress]4 ,malgr ma promptitude pr5dre ce reg>d ou des mots en app>5ce affectueux comme de t5dres engagem5ts1 je n'ai jamais os ni p>l] ni me taire propos4 ,a =ce de s5tim5t ma p>ole tait insignifiante1 et mon sil5ce tait /upide4 ,j'avais sans d\te trop de navet p\r une socit factice qui vit aux lumires1 et r5d t\tes ses p5ses p> des phrases conv5ues1 ou des mots que dicte la mode4 ,puis je ne savais po9t p>l] en me taisant1 ni me taire en p>lant4 ,enf91 g>dant en moi des feux qui me brlai5t1 ayant une me semblable celles que les femmes s\hait5t de r5contr]1 en proie cette exaltation dont elles sont avides1 possdant l'n]gie dont se vant5t les sots1 t\tes les femmes m'ont t tratreusem5t cruelles4 ,aussi1 admirais-je navem5t les hros de cot]ie qu& ils clbrai5t leurs triomphes1 sans les s\ponn] de m5songe4 ,j'avais sans d\te le tort de dsir] un am\r sur p>ole1 de v\loir tr\v] gr&e et =te dans un cur de femme frivole et lgre1 affame de luxe1 ivre de vanit1 cette passion l>ge1 cet ocan qui battait temptueusem5t dans mon cur4 ,oh6 se s5tir n p\r aim]1 p\r r5dre une femme bi5 heureuse1 et ne pas avoir tr\v mme une c\rageuse et noble ,m>cel9e ou quelque vieille m>quise6 ,port] des trsors dans une besace et ne p\voir r5contr] p]sonne1 pas mme une enfant1 quelque jeune fille curieuse1 p\r les lui faire admir]4 ,j'ai s\v5t v\lu me tu] de dsespoir4 --,jolim5t tragique ce soir6 s'cria mile4 --,eh6 laisse-moi condamn] ma vie1 rpondit ,raphal4 ,si ton amiti n'a pas la =ce d'c\t] mes lgies1 si tu ne peux me faire crdit d'une demi-heure d'ennui1 dors6 ,mais ne me dem&e plus compte de mon suicide qui gronde1 qui se dresse1 qui m'appelle et que je salue4 ,p\r jug] un homme1 au mo9s faut-il tre dans le secret de sa p5se1 de ses malheurs1 de ses motions2 ne v\loir connatre de sa vie que les vnem5ts matriels1 c'e/ faire de la *ronologie1 l'hi/oire des sots6 ,le ton am] avec lequel ces p>oles fur5t prononces frappa si vivem5t mile que1 ds ce mom5t1 il prta t\te son att5tion ,raphal en le reg>dant d'un air hbt4 --,mais1 reprit le n>rateur1 ma9t5ant la lueur qui colore ces accid5ts leur prte un n\vel aspect4 ,l'ordre des *oses que je considrais jadis comme un malheur a peut-tre eng5dr les belles facults dont plus t>d je me suis enorgueilli4 ,la curiosit philosophique1 les travaux excessifs1 l'am\r de la lecture qui1 depuis l'ge de sept ans jusqu' mon entre dans le monde1 ont con/amm5t occup ma vie1 ne m'aurai5t-ils pas d\ de la facile puissance avec laquelle1 s'il faut v\s en croire1 je sais r5dre mes ides et m>*] en avant dans le va/e *amp des connaissances huma9es8 ,l'ab&on auquel j'tais condamn1 l'habitude de ref\l] mes s5tim5ts et de vivre dans mon cur ne m'ont-ils pas inve/i du p\voir de comp>]1 de mdit]8 ,en ne se p]dant pas au s]vice des irritations monda9es qui rapetiss5t la plus belle me et la rduis5t l'tat de gu5ille1 ma s5sibilit ne s'e/-elle pas conc5tre p\r dev5ir l'organe p]fectionn d'une volont plus haute que le v\loir de la passion8 ,mconnu p> les femmes1 je me s\vi5s de les avoir obs]ves avec la sagacit de l'am\r ddaign4 ,ma9t5ant1 je le vois1 la s9crit de mon c>actre a d leur dplaire6 ,peut-tre veul5t-elles un peu d'hypocrisie8 ,moi qui suis t\r t\r1 dans la mme heure1 homme et enfant1 futile et p5seur1 sans prjugs et ple9 de sup]/itions1 s\v5t femme comme elles1 n'ont-elles pas d pr5dre ma navet p\r du cynisme1 et la puret mme de ma p5se p\r du lib]t9age8 ,la sci5ce leur tait ennui1 la langueur fm99e faiblesse4 ,cette excessive mobilit d'imag9ation1 le malheur des potes1 me faisait sans d\te jug] comme un tre incapable d'am\r1 sans con/ance dans les ides1 sans n]gie4 ,idiot qu& je me taisais1 je les eff>\*ais peut-tre qu& j'essayais de leur plaire4 ,les femmes m'ont condamn4 ,j'ai accept1 dans les l>mes et le *agr91 l'arrt port p> le monde4 ,cette pe9e a produit son fruit4 ,je v\lus me v5g] de la socit1 je v\lus possd] l'me de t\tes les femmes en me s\mettant les intellig5ces1 et voir t\s les reg>ds fixs sur moi qu& mon nom s]ait prononc p> un valet la porte d'un salon4 ,je m'in/ituai gr& homme4 ,ds mon enfance1 je m'tais frapp le front en me disant comme ,&r de ,*ni]3 ,il y a quelque *ose l6 ,je croyais s5tir en moi une p5se exprim]1 un sy/me tablir1 une sci5ce expliqu]4 ,o mon *] mile6 auj\rd'hui que j'ai v+t-six ans pe9e1 que je suis sr de m\rir inconnu1 sans avoir jamais t l'amant de la femme que j'ai rv de possd]1 laisse-moi te cont] mes folies6 ,n'avons-n\s pas t\s1 plus ou mo9s1 pris nos dsirs p\r des ralits8 ,ah6 je ne v\drais po9t p\r ami d'un jeune homme qui dans ses rves ne se s]ait pas tress des c\ronnes1 con/ruit quelque pide/al ou donn de complaisantes matresses4 ,moi1 j'ai s\v5t t gnral1 emp]eur2 j'ai t ,byron1 puis ri54 ,aprs avoir j\ sur le fate des *oses huma9es1 je m'ap]cevais que t\tes les montagnes1 t\tes les difficults re/ai5t gravir4 ,cet imm5se am\r-propre qui b\illonnait en moi1 cette croyance sublime une de/9e1 et qui devi5t du gnie peut-tre1 qu& un homme ne se laisse pas d*iquet] l'me p> le contact des affaires aussi facilem5t qu'un m\ton ab&onne sa la9e aux p9es des halli]s o il passe1 t\t cela me sauva4 ,je v\lus me c\vrir de gloire et travaill] dans le sil5ce p\r la matresse que j'esprais avoir un j\r4 ,t\tes les femmes se rsumai5t p> une seule1 et cette femme je croyais la r5contr] dans la premire qui s'(frait mes reg>ds4 ,mais1 voyant une re9e dans *acune d'elles1 t\tes devai5t1 comme les re9es qui sont obliges de faire des avances leurs amants1 v5ir un peu au-devant de moi1 s\ffreteux1 pauvre et timide4 ,ah6 p\r celle qui m'et pla9t1 j'avais dans le cur tant de reconnaissance outre l'am\r1 que je l'eusse adore p5dant t\te sa vie4 ,plus t>d1 mes obs]vations m'ont appris de cruelles vrits4 ,a9si1 mon *] mile1 je risquais de vivre t]nellem5t seul4 ,les femmes sont habitues1 p> je ne sais quelle p5te de leur esprit1 ne voir dans un homme de tal5t que ses dfauts1 et dans un sot que ses qualits2 elles pr\v5t de gr&es sympa?ies p\r les qualits du sot qui sont une flatt]ie p]ptuelle de leurs propres dfauts1 t&is que l'homme suprieur ne leur (fre pas assez de j\issances p\r comp5s] ses imp]fections4 ,le tal5t e/ une fivre int]mitt5te1 nulle femme n'e/ jal\se d'en p>tag] seulem5t les malaises2 t\tes veul5t tr\v] dans leurs amants des motifs de satisfaire leur vanit2 c'e/ elles encore qu'elles aim5t en n\s6 ,un homme pauvre1 fi]1 arti/e1 d\ du p\voir de crer1 n'e/-il pas arm d'un blessant gsme8 ,il exi/e aut\r de lui je ne sais quel t\rbillon de p5ses dans lequel il enveloppe t\t1 mme sa matresse1 qui doit en suivre le m\vem5t4 ,une femme adule peut-elle croire l'am\r d'un tel homme8 ,ira-t-elle le *]*]8 ,cet amant n'a pas le loisir de s'ab&onn] aut\r d'un divan ces petites s+]ies de s5sibilit auxquelles les femmes ti5n5t tant et qui sont le triomphe des g5s faux et ins5sibles4 ,le temps manque ses travaux1 comm5t en dp5s]ait-il se rapetiss]1 se *am>r]8 ,prt donn] ma vie d'un c\p1 je ne l'aurais pas avilie en dtail4 ,enf9 il exi/e1 dans le mange d'un ag5t de *ange qui fait les commissions d'une femme ple et m9audire1 je ne sais quoi de mesqu9 dont l'arti/e a horreur4 ,l'am\r ab/rait ne suffit pas un homme pauvre et gr&1 il en veut t\s les dv\em5ts4 ,les petites cratures qui pass5t leur vie essay] des ca*emires ou se font les porte-manteaux de la mode1 n'ont pas de dv\em5t1 elles en exig5t et voi5t dans l'am\r le plaisir de comm&]1 non celui d'obir4 ,la vritable p\se en cur1 en *air et en os1 se laisse tran] l o va celui en qui rside sa vie1 sa =ce1 sa gloire1 son bonheur4 ,aux hommes suprieurs1 il faut des femmes ori5tales dont l'unique p5se soit l'tude de leurs beso9s3 p\r eux1 le malheur e/ dans le dsaccord de leurs dsirs et des moy5s4 ,moi1 qui me croyais homme de gnie1 j'aimais prcism5t ces petites-matresses6 ,n\rrissant des ides si contraires aux ides reues1 ayant la prt5tion d'escalad] le ciel sans *elle1 possdant des trsors qui n'avai5t pas c\rs1 arm de connaissances t5dues qui sur*>geai5t ma mmoire et que je n'avais pas encore classes1 que je ne m'tais po9t assimiles2 me tr\vant sans p>5ts1 sans amis1 seul au milieu du plus affreux ds]t1 un ds]t pav1 un ds]t anim1 p5sant1 vivant1 o t\t v\s e/ bi5 plus qu'ennemi1 indiffr5t6 la rsolution que je pris tait naturelle1 quoique folle2 elle comportait je ne sais quoi d'impossible qui me donna du c\rage4 ,ce fut comme un p>ti fait avec moi-mme1 et dont j'tais le j\eur et l'enjeu4 ,voici mon plan4 ,mes onze c5ts francs devai5t suffire ma vie p5dant trois ans2 je m'accordais ce temps p\r mettre au j\r un ouvrage qui pt attir] l'att5tion publique sur moi1 me faire une =tune ou un nom4 ,je me rj\issais en p5sant que j'allais vivre de pa9 et de lait1 comme un solitaire de la ,?bade1 plong dans le monde des livres et des ides1 dans une sphre inaccessible1 au milieu de ce ,p>is si tumultueux1 sphre de travail et de sil5ce1 o1 comme les *rysalides1 je me btissais une tombe p\r r5atre brillant et glorieux4 ,j'allais risqu] de m\rir p\r vivre4 ,en rduisant l'exi/5ce ses vrais beso9s1 au /rict ncessaire1 je tr\vais que trois c5t soixante-c9q francs p> an devai5t suffire ma pauvret4 ,en effet1 cette maigre somme a satisfait ma vie1 tant que j'ai v\lu subir ma propre discipl9e clau/rale4 --,c'e/ impossible1 s'cria mile4 --,j'ai vcu prs de trois ans a9si1 rpondit ,raphal avec une sorte de fi]t4 ,comptons6 reprit-il4 ,trois s\s de pa91 deux s\s de lait1 trois s\s de *>cut]ie m'emp*ai5t de m\rir de faim et t5ai5t mon esprit dans un tat de lucidit s+ulire4 ,j'ai obs]v1 tu le sais1 de m]veilleux effets produits p> la dite sur l'imag9ation4 ,mon logem5t me cotait trois s\s p> j\r1 je brlais p\r trois s\s d'huile p> nuit1 je faisais moi-mme ma *ambre1 je portais des *emises de flanelle p\r ne dp5s] que deux s\s de blan*issage p> j\r4 ,je me *auffais avec du *>bon de t]re1 dont le prix divis p> les j\rs de l'anne n'a jamais donn plus de deux s\s j\r *acun2 j'avais des habits1 du l+e1 des *aussures p\r trois annes1 je ne v\lais m'habill] que p\r all] c]ta9s c\rs publics et aux biblio?ques4 ,ces dp5ses runies ne faisai5t que dix-huit s\s1 il me re/ait deux s\s p\r les *oses imprvues4 ,je ne me s\vi5s pas d'avoir1 p5dant cette longue priode de travail1 pass le ,pont-des-,arts1 ni d'avoir jamais a*et d'eau2 j'allais en *]*] le mat91 la fonta9e de la place ,sa9t-,mi*el1 au co9 de la rue des ,grs4 ,oh6 je portais ma pauvret firem5t4 ,un homme qui press5t un bel av5ir m>*e dans sa vie de misre comme un innoc5t conduit au supplice1 il n'a po9t honte4 ,je n'avais pas v\lu prvoir la maladie3 comme ,aquil9a1 j'envisageais l'hpital sans t]reur4 ,je n'ai pas d\t un mom5t de ma bonne sant4 ,d'ailleurs1 le pauvre ne doit se c\*] que p\r m\rir4 ,je me c\pai les *eveux1 jusqu'au mom5t o un ange d'am\r ou de bont444 ,mais je ne veux pas anticip] sur la situation laquelle j'arrive4 ,appr5ds seulem5t1 mon *] ami1 qu' dfaut de matresse1 je vcus avec une gr&e p5se1 avec un rve1 un m5songe auquel n\s comm5ons t\s p> croire plus ou mo9s4 ,auj\rd'hui je ris de moi1 de ce moi1 peut-tre sa9t et sublime1 qui n'exi/e plus4 ,la socit1 le monde1 nos usages1 nos murs1 vus de prs1 m'ont rvl le dang] de ma croyance innoc5te et la sup]fluit de mes f]v5ts travaux4 ,ces approvisionnem5ts sont inutiles l'ambitieux3 que lg] soit le bagage de qui p\rsuit la =tune4 ,la faute des hommes suprieurs e/ de dp5s] leurs jeunes annes se r5dre dignes de la faveur4 ,p5dant qu'ils ?sauris5t1 leur =ce e/ la sci5ce p\r port] sans ef=t le poids d'une puissance qui les fuit2 les intrigants1 ri*es de mots et dp\rvus d'ides1 vont et vi5n5t1 surpr5n5t les sots1 et se log5t dans la confiance des demi-niais3 les uns tudi5t1 les autres m>*5t2 les uns sont mode/es1 les autres h>dis2 l'homme de gnie tait son orgueil1 l'intrigant arbore le si5 et doit arriv] ncessairem5t4 ,les hommes du p\voir ont si =t beso9 de croire au mrite t\t fait1 au tal5t effront1 qu'il y a *ez le vrai savant de l'enfantillage espr] les rcomp5ses huma9es4 ,je ne *]*e c]tes pas p>aphras] les lieux communs de la v]tu1 le cantique des cantiques t]nellem5t *ant p> les gnies mconnus2 je veux dduire logiquem5t la raison des frqu5ts succs obt5us p> les hommes mdiocres4 ,hlas6 l'tude e/ si mat]nellem5t bonne1 qu'il y a peut-tre crime lui dem&] des rcomp5ses autres que les pures et d\ces joies dont elle n\rrit ses enfants4 ,je me s\vi5s d'avoir quelquefois tremp gaiem5t mon pa9 dans mon lait1 assis auprs de ma f5tre en y respirant l'air1 en laissant plan] mes yeux sur un paysage de toits bruns1 gristres1 r\ges1 en ardoises1 en tuiles1 c\v]ts de m\sses jaunes ou v]tes4 ,si d'abord cette vue me p>ut monotone1 j'y dc\vris bi5tt de s+ulires beauts3 tantt le soir des raies lum9euses1 p>ties des volets mal f]ms1 nuanai5t et animai5t les noires pr(ondeurs de ce pays orig9al2 tantt les lueurs ples des rv]bres projetai5t d'en bas des reflets jauntres trav]s le br\ill>d1 et accusai5t faiblem5t dans les rues les ondulations de ces toits presss1 ocan de vagues immobiles2 p>fois de r>es figures app>aissai5t au milieu de ce morne ds]t4 ,p>mi les fleurs de quelque j>d9 ari51 j'entrevoyais le pr(il anguleux et cro*u d'une vieille femme arrosant des capuc9es1 ou dans le cadre d'une luc>ne p\rrie quelque jeune fille faisant sa toilette1 se croyant seule1 et dont je ne p\vais ap]cevoir que le beau front et les longs *eveux levs en l'air p> un joli bras blanc4 ,j'admirais dans les g\ttires quelques vgtations phmres1 pauvres h]bes bi5tt emportes p> un orage6 ,j'tudiais les m\sses1 leurs c\leurs ravives p> la pluie1 et qui s\s le soleil se *angeai5t en un vel\rs sec et brun reflets capricieux4 ,enf9 les potiques et fugitifs effets du j\r1 les tri/esses du br\ill>d1 les s\da9s sc9tillem5ts du soleil1 le sil5ce et les magies de la nuit1 les my/res de l'aurore1 les fumes de *aque *em9e1 t\s les accid5ts de cette s+ulire nature m'tai5t dev5us famili]s et me div]tissai5t4 ,j'aimais ma prison1 elle tait volontaire4 ,ces savanes de ,p>is =mes p> des toits nivels comme une pla9e1 mais qui c\vrai5t des abmes peupls1 allai5t mon me et s'h>moniai5t avec mes p5ses4 ,il e/ fatiguant de retr\v] brusquem5t le monde qu& n\s desc5dons des hauteurs cle/es o n\s entran5t les mditations sci5tifiques4 ,aussi ai-je alors p>faitem5t conu la nudit des mona/res4 ,qu& je fus bi5 rsolu suivre mon n\veau plan de vie1 je *]*ai mon logis dans les qu>ti]s les plus ds]ts de ,p>is4 ,un soir1 en rev5ant de l',e/rapade1 je passais p> la rue des ,cordi]s p\r ret\rn] *ez moi4 ,a l'angle de la rue de ,cluny1 je vis une petite fille d'environ quatorze ans1 qui j\ait au volant avec une de ses cam>ades1 et dont les rires et les espigl]ies amusai5t les vois9s4 ,il faisait beau1 la soire tait *aude1 le mois de septembre durait encore4 ,devant *aque porte1 des femmes tai5t assises et devisai5t comme dans une ville de prov9ce p> un j\r de fte4 ,j'obs]vai d'abord la jeune fille1 dont la physionomie tait d'une admirable expression1 et le corps t\t pos p\r un pe9tre4 ,c'tait une scne ravissante4 ,je *]*ai la cause de cette bonhomie au milieu de ,p>is1 je rem>quai que la rue n'ab\tissait ri51 et ne devait pas tre trs-passante4 ,en me rappelant le sj\r de ,j4-,j4 ,r\sseau dans ce lieu1 je tr\vai l'htel ,sa9t-,qu5t91 et le dlabrem5t dans lequel il tait me fit espr] d'y r5contr] un gte peu coteux4 ,je v\lus le visit]4 ,en entrant dans une *ambre basse1 je vis les classiques flambeaux de cuivre g>nis de leurs *&elles1 m?odiquem5t rangs au-dessus de *aque clef1 et fus frapp de la propret qui rgnait dans cette salle1 ord9airem5t assez mal t5ue dans les autres htels4 ,elle tait peigne comme un tableau de g5re3 son lit bleu1 les u/5siles1 les meubles1 avai5t la coquett]ie d'une nature de conv5tion4 ,la matresse de l'htel1 femme de qu>ante ans environ1 dont les traits exprimai5t des malheurs1 dont le reg>d tait comme t]ni p> des pleurs1 se leva1 v9t moi2 je lui s\mis humblem5t le t>if de mon loy]4 ,sans en p>atre tonne1 elle *]*a une clef p>mi t\tes les autres1 et me conduisit dans les mans>des1 o elle me montra une *ambre qui avait vue sur les toits1 sur les c\rs des maisons vois9es1 p> les f5tres desquelles passai5t de longues p]*es *>ges de l+e4 ,ri5 n'tait plus horrible que cette mans>de aux murs jaunes et sales1 qui s5tait la misre et appelait son savant4 ,la toiture s'y abaissait rgulirem5t et les tuiles disjo9tes laissai5t voir le ciel4 ,il y avait place p\r un lit1 une table1 quelques *aises1 et s\s l'angle aigu du toit je p\vais log] mon piano4 ,n'tant pas assez ri*e p\r meubl] cette cage digne des plombs de ,v5ise1 la pauvre femme n'avait jamais pu la l\]4 ,ayant prcism5t except de la v5te mobilire que je v5ais de faire les objets qui m'tai5t en quelque sorte p]sonnels1 je fus bi5tt d'accord avec mon htesse1 et m'in/allai le l5dema9 *ez elle4 ,je vcus dans ce spulcre ari5 p5dant prs de trois ans1 travaillant nuit et j\r sans rel*e1 avec tant de plaisir1 que l'tude me semblait tre le plus beau ?me1 la plus heureuse solution de la vie huma9e4 ,le calme et le sil5ce ncessaires au savant ont je ne sais quoi de d\x1 d'enivrant comme l'am\r4 ,l'ex]cice de la p5se1 la re*]*e des ides1 les contemplations tranquilles de la sci5ce n\s prodigu5t d'ineffables dlices1 indescriptibles comme t\t ce qui p>ticipe de l'intellig5ce1 dont les phnomnes sont invisibles nos s5s extrieurs4 ,aussi sommes-n\s t\j\rs =cs d'expliqu] les my/res de l'esprit p> des comp>aisons matrielles4 ,le plaisir de nag] dans un lac d'eau pure1 au milieu des ro*]s1 des bois et des fleurs1 seul et c>ess p> une brise tide1 donn]ait aux ignorants une bi5 faible image du bonheur que j'pr\vais qu& mon me tait baigne dans les lueurs de je ne sais quelle lumire1 qu& j'c\tais les voix t]ribles et confuses de l'inspiration1 qu& d'une s\rce inconnue les images ruisselai5t dans mon c]veau palpitant4 ,voir une ide qui po9te dans le *amp des ab/ractions huma9es comme le lev] du soleil au mat9 et s'lve comme lui1 qui1 mieux encore1 gr&it comme un enfant1 arrive la pub]t1 se fait l5tem5t virile1 e/ une joie suprieure aux autres joies t]re/res1 ou plutt c'e/ un div9 plaisir4 ,l'tude prte une sorte de magie t\t ce qui n\s environne4 ,le bureau *tif sur lequel j'crivais1 et la basane brune qui le c\vrait1 mon piano1 mon lit1 mon fauteuil1 les biz>r]ies de mon papi] de t5ture1 mes meubles1 t\tes ces *oses s'animr5t1 et dev9r5t p\r moi d'humbles amis1 les complices sil5cieux de mon av5ir4 ,combi5 de fois ne leur ai-je pas communiqu mon me1 en les reg>dant8 ,s\v5t1 en laissant voyag] mes yeux sur une m\lure djete1 je r5contrais des dveloppem5ts n\veaux1 une preuve frappante de mon sy/me ou des mots que je croyais heureux p\r r5dre des p5ses presque intraduisibles4 ,a =ce de contempl] les objets qui m'ent\rai5t1 je tr\vais *acun sa physionomie1 son c>actre2 s\v5t ils me p>lai5t3 si1 p>-dessus les toits1 le soleil c\*ant jetait trav]s mon troite f5tre quelque lueur furtive1 ils se colorai5t1 plissai5t1 brillai5t1 s'attri/ai5t ou s'gayai5t1 en me surpr5ant t\j\rs p> des effets n\veaux4 ,ces m5us accid5ts de la vie solitaire1 qui *app5t aux proccupations du monde1 sont la consolation des prisonni]s4 ,n'tais-je pas captiv p> une ide1 emprisonn dans un sy/me2 mais s\t5u p> la p]spective d'une vie glorieuse6 ,a *aque difficult va9cue1 je baisais les ma9s d\ces de la femme aux beaux yeux1 lgante et ri*e1 qui devait un j\r c>ess] mes *eveux en me disant avec att5drissem5t3 ,tu z bi5 s\ff]t1 pauvre ange6 ,j'avais entrepris deux gr&es uvres4 ,une comdie devait en peu de j\rs me donn] une r5omme1 une =tune1 et l'entre de ce monde1 o je v\lais rep>atre en y ex]ant les droits rgali5s de l'homme de gnie4 ,v\s avez t\s vu dans ce *ef-d'uvre la premire erreur d'un jeune homme qui sort du collge1 une vritable niais]ie d'enfant4 ,vos plaisant]ies ont dtruit de fcondes illusions1 qui depuis ne se sont plus rveilles4 ,toi seul1 mon *] mile1 z calm la plaie pr(onde que d'autres fir5t mon cur6 ,toi seul admiras ma ,?orie de la volont1 ce long ouvrage p\r lequel j'avais appris les langues ori5tales1 l'anatomie1 la physiologie1 auquel j'avais consacr la plus gr&e p>tie de mon temps2 uvre qui1 si je ne me trompe1 complt]a les travaux de ,mesm]1 de ,lavat]1 de ,gall1 de ,bi*at1 en ouvrant une n\velle r\te la sci5ce huma9e4 ,l s'arrte ma belle vie1 ce sacrifice de t\s les j\rs1 ce travail de v]--soie inconnu au monde et dont la seule rcomp5se e/ peut-tre dans le travail mme4 ,depuis l'ge de raison jusqu'au j\r o j'eus t]m9 ma ?orie1 j'ai obs]v1 appris1 crit1 lu sans rel*e1 et ma vie fut comme un long p5sum4 ,amant effm9 de la p>esse ori5tale1 am\reux de mes rves1 s5suel1 j'ai t\j\rs travaill1 me refusant gt] les j\issances de la vie p>isi5ne4 ,g\rm&1 j'ai t sobre2 aimant et la m>*e et les voyages m>itimes1 dsirant visit] plusieurs pays1 tr\vant encore du plaisir faire1 comme un enfant1 rico*] des caill\x sur l'eau1 je suis re/ con/amm5t assis1 une plume la ma92 bav>d1 j'allais c\t] en sil5ce les pr(esseurs aux ,c\rs publics de la ,biblio?que et du ,musum2 j'ai dormi sur mon grabat solitaire comme un religieux de l'ordre de ,sa9t-,b5ot1 et la femme tait cep5dant ma seule *imre1 une *imre que je c>essais et qui me fuyait t\j\rs6 ,enf9 ma vie a t une cruelle anti?se1 un p]ptuel m5songe4 ,puis jugez donc les hommes6 ,p>fois mes gts naturels se rveillai5t comme un inc5die long-temps c\v4 ,p> une sorte de mirage ou de cal5ture1 moi1 veuf de t\tes les femmes que je dsirais1 dnu de t\t et log dans une mans>de d'arti/e1 je me voyais alors ent\r de matresses ravissantes6 ,je c\rais trav]s les rues de ,p>is1 c\* sur les moelleux c\ss9s d'un brillant quipage6 ,j'tais rong de vices1 plong dans la dbau*e1 v\lant t\t1 ayant t\t2 enf9 ivre jeun1 comme sa9t ,anto9e dans sa t5tation4 ,heureusem5t le sommeil f9issait p> te9dre ces visions dvorantes2 le l5dema9 la sci5ce m'appelait en s\riant1 et je lui tais fidle4 ,j'imag9e que les femmes dites v]tueuses doiv5t tre s\v5t la proie de ces t\rbillons de folie1 de dsirs et de passions1 qui s'lv5t en n\s1 malgr n\s4 ,de tels rves ne sont pas sans *>mes3 ne ressembl5t-ils pas ces caus]ies du soir1 en hiv]1 o l'on "p de son foy] p\r all] en ,*9e4 ,mais que devi5t la v]tu1 p5dant ces dlicieux voyages o la p5se a fran*i t\s les ob/acles8 ,p5dant les dix premi]s mois de ma rclusion1 je m5ai la vie pauvre et solitaire que je t'ai dpe9te3 j'allais *]*] moi-mme1 ds le mat9 et sans tre vu1 mes provisions p\r la j\rne2 je faisais ma *ambre1 j'tais t\t ensemble le matre et le s]viteur1 je diognisais avec une incroyable fi]t4 ,mais aprs ce temps1 p5dant lequel l'htesse et sa fille espionnr5t mes murs et mes habitudes1 exam9r5t ma p]sonne et comprir5t ma misre1 peut-tre p>ce qu'elles tai5t elles-mmes =t malheureuses1 il s'tablit d'9vitables li5s entre elles et moi4 ,paul9e1 cette *>mante crature dont les grces naves et secrtes m'avai5t en quelque sorte am5 l1 me r5dit plusieurs s]vices qu'il me fut impossible de refus]4 ,t\tes les in=tunes sont surs3 elles ont le mme langage1 la mme gnrosit1 la gnrosit de ceux qui ne possdant ri5 sont prodigues de s5tim5t2 pai5t de leur temps et de leur p]sonne4 ,ins5siblem5t ,paul9e s'impatronisa *ez moi1 v\lut me s]vir et sa mre ne s'y opposa po9t4 ,je vis la mre elle-mme raccommodant mon l+e et r\gissant d'tre surprise cette *>itable occupation4 ,dev5u malgr moi leur protg1 j'acceptai leurs s]vices4 ,p\r compr5dre cette s+ulire affection1 il faut connatre l'emportem5t du travail1 la tyrannie des ides de cette rpugnance in/9ctive qu'pr\ve p\r les dtails de la vie matrielle l'homme qui vit p> la p5se4 ,p\vais-je rsi/] la dlicate att5tion avec laquelle ,paul9e m'apportait pas muets mon repas frugal1 qu& elle s'ap]cevait que1 depuis sept ou huit heures1 je n'avais ri5 pris8 ,avec les grces de la femme et l'+nuit de l'enfance1 elle me s\riait en faisant un signe p\r me dire que je ne devais pas la voir4 ,c'tait ,ariel se glissant comme un sylphe s\s mon toit1 et prvoyant mes beso9s4 ,un soir1 ,paul9e me raconta son hi/oire avec une t\*ante +nuit4 ,son pre tait *ef d'escadron dans les gr5adi]s *eval de la g>de impriale4 ,au passage de la ,brs9a1 il avait t fait prisonni] p> les ,cosaques4 ,plus t>d1 qu& ,napolon proposa de l'*ang]1 les autorits russes le fir5t va9em5t *]*] en ,sibrie4 ,au dire des autres prisonni]s1 il s'tait *app avec le projet d'all] aux ,indes4 ,depuis ce temps1 madame ,gaud91 mon htesse1 n'avait pu obt5ir aucune n\velle de son m>i4 ,les dsa/res de #ahad et #ahae tai5t arrivs4 ,seule1 sans ress\rces et sans sec\rs1 elle avait pris le p>ti de t5ir un htel g>ni p\r faire vivre sa fille4 ,elle esprait t\j\rs revoir son m>i4 ,son plus cruel *agr9 tait de laiss] ,paul9e sans ducation1 sa ,paul9e1 filleule de la pr9cesse ,borghse1 et qui n'aurait pas d m5tir aux belles de/9es promises p> son impriale protectrice4 ,qu& madame ,gaud9 me confia cette amre d\leur qui la tuait1 et me dit avec un acc5t d*irant3 ,je donn]ais bi5 et le *iffon de papi] qui cre ,gaud9 b>on de l'empire1 et le droit que n\s avons la dotation de ,wits*nau1 p\r savoir ,paul9e leve ,sa9t-,d5is6 t\t c\p je tressaillis1 et p\r reconnatre les so9s que me prodiguai5t ces deux femmes1 j'eus l'ide de m'(frir f9ir l'ducation de ,paul9e4 ,la c&eur avec laquelle ces deux femmes acceptr5t ma proposition fut gale la navet qui la dictait4 ,j'eus a9si des heures de rcration4 ,la petite avait les plus heureuses dispositions3 elle apprit avec tant de facilit1 qu'elle dev9t bi5tt plus =te que je ne l'tais sur le piano4 ,en s'acc\tumant p5s] t\t haut prs de moi1 elle dployait les mille g5tillesses d'un cur qui s'ouvre la vie comme le calice d'une fleur l5tem5t dplie p> le soleil4 ,elle m'c\tait avec recueillem5t et plaisir1 en arrtant sur moi ses yeux noirs et vel\ts qui semblai5t s\rire4 ,elle rptait ses leons d'un acc5t d\x et c>essant1 en tmoignant une joie enfant9e qu& j'tais cont5t d'elle4 ,sa mre1 *aque j\r plus inquite d'avoir prs]v] de t\t dang] une jeune fille qui dveloppait en croissant t\tes les promesses faites p> les grces de son enfance1 la vit avec plaisir s'enf]m] p5dant t\te la j\rne p\r tudi]4 ,mon piano tant le seul dont elle pt se s]vir1 elle pr(itait de mes abs5ces p\r s'ex]c]4 ,qu& je r5trais1 je la tr\vais *ez moi1 dans la toilette la plus mode/e2 mais au mo9dre m\vem5t1 sa taille s\ple et les attraits de sa p]sonne se rvlai5t s\s l't(fe grossire4 ,elle avait un pi$ mignon dans d'ignobles s\li]s1 comme l'hrone du conte de ,peau-d',ane4 ,mais ses jolis trsors1 sa ri*esse de jeune fille1 t\t ce luxe de beaut fut comme p]du p\r moi4 ,je m'tais ordonn moi-mme de ne voir qu'une sur en ,paul9e1 j'aurais eu horreur de tromp] la confiance de sa mre1 j'admirais cette *>mante fille comme un tableau1 comme le portrait d'une matresse morte4 ,enf91 c'tait mon enfant1 ma /atue4 ,pygmalion n\veau1 je v\lais faire d'une vi]ge vivante et colore1 s5sible et p>lante1 un m>bre4 ,j'tais trs-svre avec elle1 mais plus je lui faisais pr\v] les effets de mon despotisme magi/ral1 plus elle dev5ait d\ce et s\mise4 ,si je fus enc\rag dans ma ret5ue et dans ma cont95ce p> des s5tim5ts nobles1 nanmo9s les raisons de procureur ne me manqur5t pas4 ,je ne compr5ds po9t la probit des cus sans la probit de la p5se4 ,tromp] une femme ou faire faillite a t\j\rs t mme *ose p\r moi4 ,aim] une jeune fille ou se laiss] aim] p> elle con/itue un vrai contrat dont les conditions doiv5t tre bi5 ent5dues4 ,n\s sommes matres d'ab&onn] la femme qui se v5d1 mais non pas la jeune fille qui se donne3 elle ignore l't5due de son sacrifice4 ,j'aurais donc p\s ,paul9e1 et c'et t une folie3 n'tait-ce pas livr] une me d\ce et vi]ge d'effroyables malheurs8 ,mon indig5ce p>lait son langage g/e1 et v5ait t\j\rs mettre sa ma9 de f] entre cette bonne crature et moi4 ,puis1 je l'av\e ma honte1 je ne conois pas l'am\r dans la misre4 ,peut-tre e/-ce en moi une dpravation due cette maladie huma9e que n\s nommons la civilisation2 mais une femme1 ft-elle attrayante autant que la belle ,hlne1 la ,galate d',homre1 n'a plus aucun p\voir sur mes s5s p\r peu qu'elle soit crotte4 ,ah6 vive l'am\r dans la soie1 sur le ca*emire1 ent\r des m]veilles du luxe qui le p>5t m]veilleusem5t bi51 p>ce que lui-mme e/ un luxe peut-tre4 ,j'aime froiss] s\s mes dsirs de pimpantes toilettes1 bris] des fleurs1 port] une ma9 dva/atrice dans les lgants difices d'une coiffure embaume4 ,des yeux brlants1 ca*s p> un voile de d5telle que les reg>ds p]c5t comme la flamme d*ire la fume du canon1 m'(fr5t de fanta/iques attraits4 ,mon am\r veut des *elles de soie escalades en sil5ce1 p> une nuit d'hiv]4 ,quel plaisir d'arriv] c\v]t de neige dans une *ambre claire p> des p>fums1 tapisse de soies pe9tes1 et d'y tr\v] une femme qui1 elle aussi1 sec\e de la neige3 c> quel autre nom donn] ces voiles de voluptueuses m\ssel9es trav]s lesquels elle se dess9e vaguem5t comme un ange dans son nuage1 et d'o elle va sortir8 ,puis il me faut encore un cra9tif bonheur1 une audacieuse scurit4 ,enf9 je veux revoir cette my/rieuse femme1 mais clatante1 mais au milieu du monde1 mais v]tueuse1 environne d'hommages1 vtue de d5telles1 de diamants1 donnant ses ordres la ville1 et si haut place et si imposante que nul n'ose lui adress] des vux4 ,au milieu de sa c\r1 elle me jette un reg>d la drobe1 un reg>d qui dm5t ces artifices1 un reg>d qui me sacrifie le monde et les hommes6 ,c]tes1 je me suis v+t fois tr\v ridicule d'aim] quelques aunes de blondes1 du vel\rs1 de f9es bati/es1 les t\rs de =ce d'un coiffeur1 des b\gies1 un c>rosse1 un titre1 d'hraldiques c\ronnes pe9tes p> des vitri]s ou fabriques p> un orfvre1 enf9 t\t ce qu'il y a de factice et de mo9s femme dans la femme2 je me suis moqu de moi1 je me suis raisonn1 t\t a t va94 ,une femme ari/ocratique et son s\rire f91 la di/9ction de ses manires et son respect d'elle-mme m'en*ant5t2 qu& elle met une b>rire entre elle et le monde1 elle flatte en moi t\tes les vanits1 qui sont la moiti de l'am\r4 ,envie p> t\s1 ma flicit me p>at avoir plus de saveur4 ,en ne faisant ri5 de ce que font les autres femmes1 en ne m>*ant pas1 ne vivant pas comme elles1 en s'enveloppant dans un manteau qu'elles ne peuv5t avoir1 en respirant des p>fums elle1 ma matresse me semble tre bi5 mieux moi3 plus elle s'loigne de la t]re1 mme dans ce que l'am\r a de t]re/re1 plus elle s'embellit mes yeux4 ,en ,france1 heureusem5t p\r moi1 n\s sommes depuis v+t ans sans re9e3 j'eusse aim la re9e4 ,p\r avoir les faons d'une pr9cesse1 une femme doit tre ri*e4 ,en prs5ce de mes romanesques fantaisies1 qu'tait ,paul9e8 ,p\vait-elle me v5dre des nuits qui cot5t la vie1 un am\r qui tue et met en jeu t\tes les facults huma9es8 ,n\s ne m\rons gure p\r de pauvres filles qui se donn5t6 ,je n'ai jamais pu dtruire ces s5tim5ts ni ces rv]ies de pote4 ,j'tais n p\r l'am\r impossible1 et le has>d a v\lu que je fusse s]vi p> del mes s\haits4 ,combi5 de fois n'ai-je pas vtu de sat9 les pi$s mignons de ,paul9e1 emprisonn sa taille svelte comme un jeune peupli] dans une robe de gaze1 jet sur son se9 une lgre *>pe en lui faisant f\l] les tapis de son htel et la conduisant une voiture lgante4 ,je l'eusse adore a9si4 ,je lui donnais une fi]t qu'elle n'avait pas1 je la dp\illais de t\tes ses v]tus1 de ses grces naves1 de son dlicieux naturel1 de son s\rire +nu1 p\r la plong] dans le ,/yx de nos vices et lui r5dre le cur invulnrable1 p\r la f>d] de nos crimes1 p\r en faire la p\pe fantasque de nos salons1 une femme fluette qui se c\*e au mat9 p\r r5atre le soir1 l'aurore des b\gies4 ,elle tait t\t s5tim5t1 t\t fra*eur1 je la v\lais s*e et froide4 ,dans les d]ni]s j\rs de ma folie1 le s\v5ir m'a montr ,paul9e1 comme il n\s pe9t les scnes de notre enfance4 ,plus d'une fois1 je suis re/ att5dri1 songeant de dlicieux mom5ts3 soit que je la revisse assise prs de ma table1 occupe c\dre1 paisible1 sil5cieuse1 recueillie et faiblem5t claire p> le j\r qui1 desc5dant de ma luc>ne1 dess9ait de lg]s reflets arg5ts sur sa belle *evelure noire2 soit que j'ent5disse son rire jeune1 ou sa voix au timbre ri*e *ant] les gracieuses cantilnes qu'elle composait sans ef=ts4 ,s\v5t elle s'exaltait en faisant de la musique3 sa figure ressemblait alors d'une manire frappante la noble tte p> laquelle ,c>lo ,dolci a v\lu reprs5t] l',italie4 ,ma cruelle mmoire me jetait cette jeune fille trav]s les excs de mon exi/5ce comme un remords1 comme une image de la v]tu6 ,mais laissons la pauvre enfant sa de/9e6 ,quelque malheureuse qu'elle puisse tre1 au mo9s l'aurai-je mise l'abri d'un effroyable orage1 en vitant de la tran] dans mon enf]4 ,jusqu' l'hiv] d]ni]1 ma vie fut la vie tranquille et /udieuse dont j'ai t* de te donn] une faible image4 ,dans les premi]s j\rs du mois de dcembre #ahbi1 je r5contrai ,ra/ignac1 qui1 malgr le misrable tat de mes vtem5ts1 me donna le bras et s'enquit de ma =tune avec un intrt vraim5t frat]nel4 ,pris la glu de ses manires1 je lui racontai brivem5t et ma vie et mes esprances4 ,il se mit rire1 me traita t\t la fois d'homme de gnie et de sot4 ,sa voix gasconne1 son expri5ce du monde1 l'opul5ce qu'il devait son savoir-faire1 agir5t sur moi d'une manire irrsi/ible4 ,il me fit m\rir l'hpital1 mconnu comme un niais1 conduisit mon propre convoi1 me jeta dans le tr\ des pauvres4 ,il me p>la de *>latanisme4 ,avec cette v]ve aimable qui le r5d si sduisant1 il me montra t\s les hommes de gnie comme des *>latans4 ,il me dcl>a que j'avais un s5s de mo9s1 une cause de mort1 si je re/ais seul1 rue des ,cordi]s4 ,selon lui1 je devais all] dans le monde1 gs] adroitem5t1 habitu] les g5s prononc] mon nom et me dp\ill] moi-mme de l'humble monsieur qui messeyait un gr& homme de son vivant4--,les imbciles1 s'cria-t-il1 nomm5t ce mti]-l intrigu]1 les g5s morale le proscriv5t s\s le mot de vie dissipe2 ne n\s arrtons pas aux hommes1 int]rogeons les rsultats4 ,toi1 tu travailles3 eh6 bi51 tu ne f]as jamais ri54 ,moi1 je suis propre t\t et bon ri51 p>esseux comme un hom>d3 eh6 bi51 j'arriv]ai t\t4 ,je me rp&s1 je me p\sse1 l'on me fait place3 je me vante1 l'on me croit4 ,la dissipation1 mon *]1 e/ un sy/me politique4 ,la vie d'un homme occup mang] sa =tune devi5t s\v5t une spculation2 il place ses capitaux en amis1 en plaisirs1 en protecteurs1 en connaissances4 ,un ngociant risqu]ait-il un million8 p5dant v+t ans il ne dort1 ni ne boit1 ni ne s'amuse2 il c\ve son million1 il le fait trott] p> t\te l',europe2 il s'ennuie1 se donne t\s les dmons que l'homme a inv5ts2 puis une liquidation le laisse s\v5t sans un s\1 sans un nom1 sans un ami4 ,le dissipateur1 lui1 s'amuse vivre1 faire c\rir ses *evaux4 ,si p> has>d il p]d ses capitaux1 il a la *ance d'tre nomm receveur-gnral1 de se bi5 m>i]1 d'tre atta* un m9i/re1 un ambassadeur4 ,il a encore des amis1 une rputation et t\j\rs de l'arg5t4 ,connaissant les ressorts du monde1 il les manuvre son pr(it4 ,ce sy/me e/-il logique1 ou ne suis-je qu'un f\6 ,n'e/-ce pas l la moralit de la comdie qui se j\e t\s les j\rs dans le monde8 ,ton ouvrage e/ a*ev1 reprit-il aprs une pause1 tu z un tal5t imm5se6 ,eh6 bi51 tu arrives au po9t de d"p4 ,il faut ma9t5ant faire ton succs toi-mme1 c'e/ plus sr4 ,tu iras conclure des alliances avec les cot]ies1 conqurir des prneurs4 ,moi1 je veux me mettre de moiti dans ta gloire3 je s]ai le bij\ti] qui aura mont les diamants de ta c\ronne4 ,p\r comm5c]1 dit-il1 sois ici dema9 soir4 ,je te prs5t]ai dans une maison o va t\t ,p>is1 notre ,p>is n\s1 celui des beaux1 des g5s millions1 des clbrits1 enf9 des hommes qui p>l5t d'or comme ,*ryso/ome4 ,qu& ils ont adopt un livre1 le livre devi5t la mode2 s'il e/ rellem5t bon1 ils ont donn quelque brevet de gnie sans le savoir4 ,si tu z de l'esprit1 mon *] enfant1 tu f]as toi-mme la =tune de ta ?orie en compr5ant mieux la ?orie de la =tune4 ,dema9 soir tu v]ras la belle comtesse ,fdora1 la femme la mode4--,je n'en ai jamais ent5du p>l]4--,tu es un ,cafre1 dit ,ra/ignac en riant4 ,ne pas connatre ,fdora6 ,une femme m>i] qui possde prs de quatre-v+t mille livres de r5tes1 qui ne veut de p]sonne ou dont p]sonne ne veut6 ,espce de problme fm991 une ,p>isi5ne moiti ,russe1 une ,russe moiti ,p>isi5ne6 ,une femme *ez laquelle s'dit5t t\tes les productions romantiques qui ne p>aiss5t pas1 la plus belle femme de ,p>is1 la plus gracieuse6 ,tu n'es mme pas un ,cafre1 tu es la bte int]mdiaire qui jo9t le ,cafre l'animal4 ,adieu1 dema94 ,il fit une pir\ette et disp>ut sans att5dre ma rponse1 n'admettant pas qu'un homme raisonnable pt refus] d'tre prs5t ,fdora4 ,comm5t expliqu] la fasc9ation d'un nom8 ,f,,dora me p\rsuivit comme une mauvaise p5se avec laquelle on *]*e transig]4 ,une voix me disait3 ,tu iras *ez ,fdora4 ,j'avais beau me dbattre avec cette voix et lui cri] qu'elle m5tait1 elle crasait t\s mes raisonnem5ts avec ce nom3 ,fdora4 ,mais ce nom1 cette femme1 n'tai5t-ils pas le symbole de t\s mes dsirs et le ?me de ma vie8 ,le nom rveillait les posies artificielles du monde1 faisait brill] les ftes du haut ,p>is et les cl9quants de la vanit2 la femme m'app>aissait avec t\s les problmes de passion dont je m'tais affol4 ,ce n'tait peut-tre ni la femme ni le nom1 mais t\s mes vices qui se dressai5t deb\t dans mon me p\r me t5t] de n\veau4 ,la comtesse ,fdora1 ri*e et sans amant1 rsi/ant des sductions p>isi5nes1 n'tait-ce pas l'inc>nation de mes esprances1 de mes visions8 ,je me crai une femme1 je la dess9ai dans ma p5se1 je la rvai4 ,p5dant la nuit je ne dormis pas1 je dev9s son amant1 je fis t5ir en peu d'heures une vie entire1 une vie d'am\r2 j'en sav\rai les fcondes1 les brlantes dlices4 ,le l5dema91 incapable de s\t5ir le supplice d'att5dre longuem5t la soire1 j'allai l\] un roman1 et passai la j\rne le lire1 me mettant a9si dans l'impossibilit de p5s] ni de mesur] le temps4 ,p5dant ma lecture le nom de ,fdora ret5tissait en moi comme un son que l'on ent5d dans le lo9ta91 qui ne v\s tr\ble pas1 mais qui se fait c\t]4 ,je possdais heureusem5t encore un habit noir et un gilet blanc assez honorables2 puis de t\te ma =tune il me re/ait environ tr5te francs1 que j'avais sems dans mes h>des1 dans mes tiroirs1 af9 de mettre entre une pice de c5t s\s et mes fantaisies la b>rire p9euse d'une re*]*e et les has>ds d'une circumnavigation dans ma *ambre4 ,au mom5t de m'habill]1 je p\rsuis mon trsor trav]s un ocan de papi]4 ,la r>et du numraire peut te faire concevoir ce que mes gants et mon fiacre emportr5t de ri*esses3 ils mangr5t le pa9 de t\t un mois4 ,hlas6 n\s ne manquons jamais d'arg5t p\r nos caprices1 n\s ne discutons que le prix des *oses utiles ou ncessaires4 ,n\s jetons l'or avec ins\ciance des danseuses1 et n\s m>*&ons un ouvri] dont la famille affame att5d le payem5t d'un mmoire4 ,combi5 de g5s ont un habit de c5t francs1 un diamant la pomme de leur canne1 et dn5t v+t-c9q s\s6 ,il semble que n\s n'a*etions jamais assez *rem5t les plaisirs de la vanit4 ,ra/ignac1 fidle au r5dez-v\s1 s\rit de ma mtamorphose et m'en plaisanta2 mais1 t\t en allant *ez la comtesse1 il me donna de *>itables conseils sur la manire de me conduire avec elle4 ,il me la peignit av>e1 va9e et dfiante2 mais av>e avec fa/e1 va9e avec simplicit1 dfiante avec bonhomie4--,tu connais mes engagem5ts1 me dit-il1 et tu sais combi5 je p]drais *ang] d'am\r4 ,en obs]vant ,fdora j'tais ds9tress1 de sang-froid1 mes rem>ques doiv5t tre ju/es4 ,en p5sant te prs5t] *ez elle1 je songeais la =tune2 a9si pr5ds g>de t\t ce que tu lui diras3 elle a une mmoire cruelle1 elle e/ d'une adresse dsespr] un diplomate1 elle saurait dev9] le mom5t o il dit vrai2 entre n\s1 je crois que son m>iage n'e/ pas reconnu p> l'emp]eur1 c> l'ambassadeur de ,russie s'e/ mis rire qu& je lui ai p>l d'elle4 ,il ne la reoit pas1 et la salue =t lgrem5t qu& il la r5contre au bois4 ,nanmo9s elle e/ de la socit de madame de ,srisy1 va *ez mesdames de ,nuc+5 et de ,re/aud4 ,en ,france sa rputation e/ intacte2 la du*esse de ,c>igliano1 la m>*ale la plus collet-mont de t\te la cot]ie bonap>ti/e1 va s\v5t pass] avec elle la belle saison sa t]re4 ,beauc\p de jeunes fats1 le fils d'un pair de ,france1 lui ont (f]t un nom en *ange de sa =tune2 elle les a t\s polim5t conduits4 ,peut-tre sa s5sibilit ne comm5ce-t-elle qu'au titre de comte6 ,n'es-tu pas m>quis8 m>*e en avant si elle te plat6 ,voil ce que j'appelle donn] des in/ructions4 ,cette plaisant]ie me fit croire que ,ra/ignac v\lait rire et piqu] ma curiosit1 en sorte que ma passion improvise tait arrive son p>oxysme qu& n\s n\s arrtmes devant un pri/yle orn de fleurs4 ,en montant un va/e escali] tapiss1 o je rem>quai t\tes les re*]*es du com=t anglais1 le cur me battit2 j'en r\gissais3 je dm5tais mon orig9e1 mes s5tim5ts1 ma fi]t1 j'tais sottem5t b\rgeois4 ,hlas6 je sortais d'une mans>de1 aprs trois annes de pauvret1 sans savoir encore mettre au-dessus des bagatelles de la vie ces trsors acquis1 ces imm5ses capitaux intellectuels qui v\s enri*iss5t en un mom5t qu& le p\voir tombe entre vos ma9s sans v\s cras]1 p>ce que l'tude v\s a =m d'avance aux luttes politiques4 ,j'ap]u une femme d'environ v+t-deux ans1 de moy5ne taille1 vtue de blanc1 ent\re d'un c]cle d'hommes1 mollem5t c\*e sur une ottomane1 et t5ant la ma9 un cran de plumes4 ,en voyant entr] ,ra/ignac1 elle se leva1 v9t n\s1 s\rit avec grce1 me fit d'une voix mlodieuse un complim5t sans d\te apprt4 ,notre ami m'avait annonc comme un homme de tal5t1 et son adresse1 son emphase gasconne me procurr5t un accueil flatteur4 ,je fus l'objet d'une att5tion p>ticulire qui me r5dit confus2 mais ,ra/ignac avait heureusem5t p>l de ma mode/ie4 ,je r5contrai l des savants1 des g5s de lettres1 d'anci5s m9i/res1 des pairs de ,france4 ,la conv]sation reprit son c\rs quelque temps aprs mon arrive1 et1 s5tant que j'avais une rputation s\t5ir1 je me rassurai2 puis1 sans abus] de la p>ole qu& elle m'tait accorde1 je t*ai de rsum] les discussions p> des mots plus ou mo9s incisifs1 pr(onds ou spirituels4 ,je produisis quelque s5sation3 p\r la millime fois de sa vie ,ra/ignac fut prophte4 ,qu& il y eut assez de monde p\r que *acun retr\vt sa lib]t1 mon introducteur me donna le bras1 et n\s n\s prom5mes dans les app>tem5ts4--,n'aie pas l'air d'tre trop m]veill de la pr9cesse1 me dit-il1 elle dev9]ait le motif de ta visite4 ,les salons tai5t meubls avec un gt exquis4 ,j'y vis des tableaux de *oix4 ,*aque pice avait comme *ez les ,anglais les plus opul5ts1 son c>actre p>ticuli]3 la t5ture de soie1 les agrm5ts1 la =me des meubles1 le mo9dre dcor1 s'h>moniai5t avec une p5se premire4 ,dans un b\doir go?ique dont les portes tai5t ca*es p> des rideaux en tapiss]ie1 les encadrem5ts de l't(fe1 la p5dule1 les dess9s du tapis1 tai5t go?iques3 le plafond1 =m de solives brunes sculptes1 prs5tait l'il des caissons ple9s de grce et d'orig9alit2 les bois]ies tai5t arti/em5t travailles2 ri5 ne dtruisait l'ensemble de cette jolie dcoration1 pas mme les croises1 dont les vitraux tai5t coloris et prcieux4 ,je fus surpris l'aspect d'un petit salon mod]ne1 o je ne sais quel arti/e avait puis la sci5ce de notre dcor1 si lg]1 si frais1 si suave1 sans clat1 sobre de dorures4 ,c'tait am\reux et vague comme une ballade allem&e1 un vrai rduit taill p\r une passion de #ahbg1 embaum p> des j>d9ires ple9es de fleurs r>es4 ,aprs ce salon1 j'ap]u en enfilade une pice dore o revivait le gt du sicle de ,l\is ,,xiv1 qui oppos nos pe9tures actuelles1 produisait un biz>re mais agrable contra/e4--,tu s]as assez bi5 log1 me dit ,ra/ignac avec un s\rire o p]ait une lgre ironie4 ,n'e/-ce pas sduisant8 aj\ta-t-il en s'asseyant4 ,t\t c\p il se leva1 me prit p> la ma91 me conduisit la *ambre c\*]1 et me montra s\s un dais de m\ssel9e et de moire blan*es un lit voluptueux d\cem5t clair1 le vrai lit d'une jeune fe fiance un gnie4--,n'y a-t-il pas1 s'cria-t-il voix basse1 de l'impudeur1 de l'insol5ce et de la coquett]ie outre mesure1 n\s laiss] contempl] ce trne de l'am\r8 ,ne se donn] p]sonne1 et p]mettre t\t le monde de mettre l sa c>te6 ,si j'tais libre1 je v\drais voir cette femme s\mise et pleurant ma porte4--,es-tu donc si c]ta9 de sa v]tu8--,les plus audacieux de nos matres1 et mme les plus habiles1 av\5t avoir *\ prs d'elle1 l'aim5t encore et sont ses amis dv\s4 ,cette femme n'e/-elle pas une nigme8 ,ces p>oles excitr5t en moi une sorte d'ivresse1 ma jal\sie craignait dj le pass4 ,tressaillant d'aise1 je rev9s prcipitamm5t dans le salon o j'avais laiss la comtesse1 que je r5contrai dans le b\doir go?ique4 ,elle m'arrta p> un s\rire1 me fit asseoir prs d'elle1 me que/ionna sur mes travaux1 et sembla s'y intress] vivem5t1 surt\t qu& je lui traduisis mon sy/me en plaisant]ies au lieu de pr5dre le langage d'un pr(esseur p\r le lui dvelopp] doctoralem5t4 ,elle p>ut s'amus] beauc\p en appr5ant que la volont huma9e tait une =ce matrielle semblable la vapeur2 que1 dans le monde moral1 ri5 ne rsi/ait cette puissance qu& un homme s'habituait la conc5tr]1 en mani] la somme1 dirig] con/amm5t sur les mes la projection de cette masse fluide2 que cet homme p\vait son gr t\t modifi] relativem5t l'humanit1 mme les lois les plus absolues de la nature4 ,ses objections me rvlr5t en elle une c]ta9e f9esse d'esprit4 ,je me complus lui donn] raison p5dant quelques mom5ts p\r la flatt]1 et je dtruisis ses raisonnem5ts de femme p> un mot1 en attirant son att5tion sur un fait j\rnali] dans la vie1 le sommeil1 fait vulgaire en app>5ce1 mais au fond ple9 de problmes insolubles p\r le savant4 ,je piquai sa curiosit4 ,elle re/a mme un in/ant sil5cieuse qu& je lui dis que nos ides tai5t des tres organiss1 complets1 qui vivai5t dans un monde invisible1 et influai5t sur nos de/9es1 en lui citant p\r preuves les p5ses de ,desc>tes1 de ,did]ot1 de ,napolon1 qui avai5t conduit1 qui conduisai5t encore t\t un sicle4 ,j'eus l'honneur de l'amus]4 ,elle me quitta en m'invitant la v5ir voir2 en /yle de c\r1 elle me donna les gr&es entres4 ,soit que je prisse1 selon ma l\able habitude1 les =mules polies p\r des p>oles de cur1 soit qu'elle vt en moi quelque clbrit pro*a9e1 et v\lt augm5t] sa mnag]ie de savants1 je crus lui plaire4 ,j'voquai t\tes mes connaissances physiologiques et mes tudes antrieures sur la femme p\r exam9] m9utieusem5t p5dant cette soire sa p]sonne et ses manires4 ,ca* dans l'embrasure d'une f5tre1 j'espionnai ses p5ses en les *]*ant dans son ma9ti51 en tudiant ce mange d'une matresse de maison qui va et vi5t1 s'assi$ et cause1 appelle un homme1 l'int]roge1 et s'appuie p\r l'c\t] sur un *ambranle de porte4 ,je rem>quai dans sa dm>*e un m\vem5t bris si d\x1 une ondulation de robe si gracieuse1 elle excitait si puissamm5t le dsir1 que je dev9s alors trs-incrdule sur sa v]tu4 ,si ,fdora mconnaissait auj\rd'hui l'am\r1 elle avait d jadis tre =t passionne4 ,une volupt savante se peignait jusque dans la manire dont elle se posait devant son int]locuteur3 elle se s\t5ait sur la bois]ie avec coquett]ie1 comme une femme prs de tomb]1 mais aussi prs de s'enfuir si quelque reg>d trop vif l'intimide4 ,les bras mollem5t croiss1 p>aissant respir] les p>oles1 les c\tant mme du reg>d et avec bi5veillance1 elle exhalait le s5tim5t4 ,ses lvres fra*es et r\ges tran*ai5t sur un te9t d'un vive blan*eur2 ses *eveux bruns faisai5t assez bi5 valoir la c\leur orange de ses yeux mls de ve9es comme une pi]re de ,flor5ce1 et dont l'expression semblait aj\t] de la f9esse ses p>oles2 son corsage tait p> des grces les plus attrayantes4 ,une rivale aurait peut-tre accus de duret ses pais s\rcils qui p>aissai5t se rejo9dre1 et blm l'imp]ceptible duvet qui ornait les cont\rs de son visage4 ,je tr\vai la passion empre9te en t\t4 ,l'am\r tait crit sur ses paupires itali5nes1 sur ses belles paules dignes de la ,vnus de ,milo1 dans ses traits1 sur sa lvre infrieure un peu =te et lgrem5t ombrage4 ,cette femme tait un roman3 ces ri*esses fm99es1 l'ensemble h>monieux des lignes1 les promesses que cette ri*e /ructure faisait la passion1 tai5t temprs p> une rs]ve con/ante1 p> une mode/ie extraord9aire1 qui contra/ai5t avec l'expression de t\te la p]sonne4 ,il fallait une obs]vation aussi sagace que la mi5ne p\r dc\vrir dans cette nature les signes d'une de/9e de volupt4 ,p\r expliqu] plus clairem5t ma p5se1 il y avait en elle deux femmes sp>es p> le bu/e peut-tre3 l'une tait froide1 la tte seule semblait tre am\reuse4 ,avant d'arrt] ses yeux sur un homme1 elle prp>ait son reg>d1 comme s'il se passait je ne sais quoi de my/rieux en elle-mme3 v\s eussiez dit une convulsion dans ses yeux si brillants4 ,enf91 ou ma sci5ce tait imp>faite1 et j'avais encore bi5 des secrets dc\vrir dans le monde moral1 ou la comtesse possdait une belle me dont les s5tim5ts et les manations communiquai5t sa physionomie ce *>me qui n\s subjugue et n\s fasc9e1 asc5dant t\t moral et d'autant plus puissant qu'il s'accorde avec les sympa?ies du dsir4 ,je sortis ravi1 sduit p> cette femme1 enivr p> son luxe1 *at\ill dans t\t ce que mon cur avait de noble1 de vicieux1 de bon1 de mauvais4 ,en me s5tant si mu1 si vivant1 si exalt1 je crus compr5dre l'attrait qui am5ait l ces arti/es1 ces diplomates1 ces hommes du p\voir1 ces agioteurs d\bls de tle comme leurs caisses4 ,sans d\te ils v5ai5t *]*] prs d'elle l'motion dlirante qui faisait vibr] en moi t\tes les =ces de mon tre1 f\ettait mon sang dans la mo9dre ve9e1 agaait le plus petit n]f et tressaillait dans mon c]veau6 ,elle ne s'tait donne aucun p\r les g>d] t\s4 ,une femme e/ coquette tant qu'elle n'aime pas4--,puis1 dis-je ,ra/ignac1 elle a peut-tre t m>ie ou v5due quelque vieill>d1 et le s\v5ir de ses premires noces lui donne de l'horreur p\r l'am\r4 ,je rev9s pi$ du faub\rg ,sa9t-,honor1 o ,fdora demeure4 ,entre son htel et la rue des ,cordi]s il y a presque t\t ,p>is2 le *em9 me p>ut c\rt1 et cep5dant il faisait froid4 ,entrepr5dre la conqute de ,fdora dans l'hiv]1 un rude hiv]1 qu& je n'avais pas tr5te francs en ma possession1 qu& la di/ance qui n\s sp>ait tait si gr&e6 ,un jeune homme pauvre peut seul savoir ce qu'une passion cote en voitures1 en gants1 en habits1 l+e1 etc4 ,si l'am\r re/e un peu trop de temps platonique1 il devi5t ru9eux4 ,vraim5t1 il y a des ,lauzun de l'cole de droit auxquels il e/ impossible d'appro*] d'une passion loge un premi] tage4 ,et comm5t p\vais-je lutt]1 moi1 faible1 grle1 mis simplem5t1 ple et hve comme un arti/e en convalesc5ce d'un ouvrage1 avec des jeunes g5s bi5 friss1 jolis1 pimpants1 cravats dsespr] t\te la ,croatie1 ri*es1 arms de tilburys et vtus d'imp]t95ce8--,bah6 ,fdora ou la mort6 criai-je au dt\r d'un pont4 ,fdora1 c'e/ la =tune6 ,le beau b\doir go?ique et le salon la ,l\is ,,xiv passr5t devant mes yeux1 je revis la comtesse avec sa robe blan*e1 ses gr&es man*es gracieuses1 et sa sduisante dm>*e1 et son corsage t5tateur4 ,qu& j'arrivai dans ma mans>de nue1 froide1 aussi mal peigne que le sont les p]ruques d'un naturali/e1 j'tais encore environn p> les images du luxe de ,fdora4 ,ce contra/e tait un mauvais conseill]1 les crimes doiv5t natre a9si4 ,je maudis alors1 en frissonnant de rage1 ma dc5te et honnte misre1 ma mans>de fconde o tant de p5ses avai5t surgi4 ,je dem&ai compte ,dieu1 au diable1 l'tat social1 mon pre1 l'univ]s enti]1 de ma de/9e1 de mon malheur2 je me c\*ai t\t affam1 grommelant de risibles imprcations1 mais bi5 rsolu de sduire ,fdora4 ,ce cur de femme tait un d]ni] billet de lot]ie *>g de ma =tune4 ,je te f]ai grce de mes premires visites *ez ,fdora1 p\r arriv] promptem5t au drame4 ,t\t en t*ant de m'adress] son me1 j'essayai de gagn] son esprit1 d'avoir sa vanit p\r moi4 ,af9 d'tre srem5t aim1 je lui donnai mille raisons de mieux s'aim] elle-mme4 ,jamais je ne la laissai dans un tat d'indiffr5ce2 les femmes veul5t des motions t\t prix1 je les lui prodiguai2 je l'eusse mise en colre plutt que de la voir ins\ciante avec moi4 ,si d'abord1 anim d'une volont f]me et du dsir de me faire aim]1 je pris un peu d'asc5dant sur elle1 bi5tt ma passion gr&it1 je ne fus plus matre de moi1 je tombai dans le vrai1 je me p]dis et dev9s p]dum5t am\reux4 ,je ne sais pas bi5 ce que n\s appelons1 en posie ou dans la conv]sation1 am\r2 mais le s5tim5t qui se dveloppa t\t c\p dans ma d\ble nature1 je ne l'ai tr\v pe9t nulle "p3 ni dans les phrases rhtoriques et apprtes de ,j4-,j4 ,r\sseau1 de qui j'occupais peut-tre le logis1 ni dans les froides conceptions de nos deux sicles littraires1 ni dans les tableaux de l',italie4 ,la vue du lac de ,bri5ne1 quelques motifs de ,ross9i1 la ,madone de ,murillo1 que possde le m>*al ,s\lt1 les lettres de la ,lescombat1 c]ta9s mots p>s dans les recueils d'anecdotes1 mais surt\t les prires des extatiques et quelques passages de nos fabliaux1 ont pu seuls me transport] dans les div9es rgions de mon premi] am\r4 ,ri5 dans les langages huma9s1 aucune traduction de la p5se faite l'aide des c\leurs1 des m>bres1 des mots ou des sons1 ne saurait r5dre le n]f1 la vrit1 le f9i1 la s\da9et du s5tim5t dans l'me6 ,oui6 qui dit art1 dit m5songe4 ,l'am\r passe p> des trans=mations inf9ies avant de se ml] p\r t\j\rs notre vie et de la te9dre jamais de sa c\leur de flamme4 ,le secret de cette infusion imp]ceptible *appe l'analyse de l'arti/e4 ,la vraie passion s'exprime p> des cris1 p> des s\pirs ennuyeux p\r un homme froid4 ,il faut aim] s9crem5t p\r tre de moiti dans les rugissem5ts de ,lovelace1 en lisant ,cl>isse ,h>l[e4 ,l'am\r e/ une s\rce nave1 p>tie de son lit de cresson1 de fleurs1 de gravi]1 qui rivire1 qui fleuve1 *ange de nature et d'aspect *aque flot1 et se jette dans un incomm5surable ocan o les esprits incomplets voi5t la monotonie1 o les gr&es mes s'abm5t en de p]ptuelles contemplations4 ,comm5t os] dcrire ces te9tes transitoires du s5tim5t1 ces ri5s qui ont tant de prix1 ces mots dont l'acc5t puise les trsors du langage1 ces reg>ds plus fconds que les plus ri*es pomes8 ,dans *acune des scnes my/iques p> lesquelles n\s n\s pr5ons ins5siblem5t d'une femme1 s'ouvre un abme engl\tir t\tes les posies huma9es4 ,eh6 comm5t p\rrions-n\s reproduire p> des gloses les vives et my/rieuses agitations de l'me1 qu& les p>oles n\s manqu5t p\r pe9dre les my/res visibles de la beaut8 ,quelles fasc9ations6 ,combi5 d'heures ne suis-je pas re/ plong dans une extase ineffable occup la voir6 ,heureux1 de quoi8 je ne sais4 ,dans ces mom5ts1 si son visage tait inond de lumire1 il s'y oprait je ne sais quel phnomne qui le faisait respl5dir2 l'imp]ceptible duvet qui dore sa peau dlicate et f9e en dess9ait mollem5t les cont\rs avec la grce que n\s admirons dans les lignes lo9ta9es de l'horizon qu& elles se p]d5t dans le soleil4 ,il semblait que le j\r la c>esst en s'unissant elle1 ou qu'il s'*appt de sa rayonnante figure une lumire plus vive que la lumire mme2 puis une ombre passant sur cette d\ce figure y produisait une sorte de c\leur qui en v>iait les expressions en en *angeant les te9tes4 ,s\v5t une p5se semblait se pe9dre sur son front de m>bre2 son il p>aissait r\gir1 sa paupire vacillait1 ses traits ondulai5t1 agits p> un s\rire2 le corail intellig5t de ses lvres s'animait1 se dpliait1 se repliait2 je ne sais quel reflet de ses *eveux jetait des tons bruns sur ses tempes fra*es2 *aque accid5t1 elle avait p>l4 ,*aque nuance de beaut donnait des ftes n\velles mes yeux1 rvlait des grces inconnues mon cur4 ,je v\lais lire un s5tim5t1 un espoir1 dans t\tes ces phases du visage4 ,ces disc\rs muets pntrai5t d'me me comme un son dans l'*o1 et me prodiguai5t des joies passagres qui me laissai5t des impressions pr(ondes4 ,sa voix me causait un dlire que j'avais pe9e comprim]4 ,imitant je ne sais quel pr9ce de ,lorra9e1 j'aurais pu ne pas s5tir un *>bon ard5t au creux de ma ma9 p5dant qu'elle aurait pass dans ma *evelure ses doigts *at\illeux4 ,ce n'tait plus une admiration1 un dsir1 mais un *>me1 une fatalit4 ,s\v5t1 r5tr dans mon toit1 je voyais indi/9ctem5t ,fdora *ez elle1 et p>ticipais vaguem5t sa vie4 ,si elle s\ffrait1 je s\ffrais1 et je lui disais le l5dema93--,v\s avez s\ff]t4 ,combi5 de fois n'e/-elle pas v5ue au milieu des sil5ces de la nuit1 voque p> la puissance de mon extase6 ,tantt1 s\da9e comme une lumire qui jaillit1 elle abattait ma plume1 elle eff>\*ait la ,sci5ce et l'tude1 qui s'enfuyai5t dsoles2 elle me =ait l'admir] en repr5ant la pose attrayante o je l'avais vue nagure4 ,tantt j'allais moi-mme au-devant d'elle dans le monde des app>itions1 et la saluais comme une esprance en lui dem&ant de me faire ent5dre sa voix arg5t9e2 puis je me rveillais en pleurant4 ,un j\r1 aprs m'avoir promis de v5ir au spectacle avec moi1 t\t c\p elle refusa capricieusem5t de sortir1 et me pria de la laiss] seule4 ,dsespr d'une contradiction qui me cotait une j\rne de travail1 et1 le dirai-je8 mon d]ni] cu1 je me r5dis l o elle aurait d tre1 v\lant voir la pice qu'elle avait dsir voir4 ,a pe9e plac1 je reu un c\p lectrique dans le cur4 ,une voix me dit3--,elle e/ l6 ,je me ret\rne1 j'ap]ois la comtesse au fond de sa loge1 ca*e dans l'ombre1 au rez-de-*ausse4 ,mon reg>d n'hsita pas1 mes yeux la tr\vr5t t\t d'abord avec une lucidit fabuleuse1 mon me avait vol v]s sa vie comme un insecte vole sa fleur4 ,p> quoi mes s5s avai5t-ils t av]tis8 ,il e/ de ces tressaillem5ts intimes qui peuv5t surpr5dre les g5s sup]ficiels1 mais ces effets de notre nature intrieure sont aussi simples que les phnomnes habituels de notre vision extrieure3 aussi ne fus-je pas tonn1 mais f*4 ,mes tudes sur notre puissance morale1 si peu connue1 s]vai5t au mo9s me faire r5contr] dans ma passion quelques preuves vivantes de mon sy/me4 ,cette alliance du savant et de l'am\reux1 d'une cordiale idoltrie et d'un am\r sci5tifique1 avait je ne sais quoi de biz>re4 ,la sci5ce tait s\v5t cont5te de ce qui dsesprait l'amant1 et1 qu& il croyait triomph]1 l'amant *assait lo9 de lui la sci5ce avec bonheur4 ,fdora me vit et dev9t srieuse3 je la gnais4 ,au premi] entr'acte1 j'allai lui faire une visite4 ,elle tait seule1 je re/ai4 ,quoique n\s n'eussions jamais p>l d'am\r1 je press5tis une explication4 ,je ne lui avais po9t encore dit mon secret1 et cep5dant il exi/ait entre n\s une sorte d'att5te3 elle me confiait ses projets d'amusem5t1 et me dem&ait la veille avec une sorte d'inquitude amicale si je vi5drais le l5dema92 elle me consultait p> un reg>d qu& elle disait un mot spirituel1 comme si elle eut v\lu me plaire exclusivem5t2 si je b\dais1 elle dev5ait c>essante2 si elle faisait la f*e1 j'avais en quelque sorte le droit de l'int]rog]2 si je me r5dais c\pable d'une faute1 elle se laissait long-temps suppli] avant de me p>donn]4 ,ces qu]elles auxquelles n\s avions pris gt1 tai5t ple9es d'am\r4 ,elle y dployait tant de grce et de coquett]ie1 et moi j'y tr\vais tant de bonheur6 ,en ce mom5t notre intimit fut t\t fait susp5due1 et n\s re/mes l'un devant l'autre comme deux trang]s4 ,la comtesse tait glaciale2 moi1 j'apprh5dais un malheur4--,v\s allez m'accompagn]1 me dit-elle qu& la pice fut f9ie4 ,le temps avait *ang subitem5t4 ,lorsque n\s sortmes il tombait une neige mle de pluie4 ,la voiture de ,fdora ne put arriv] jusqu' la porte du ?tre4 ,en voyant une femme bi5 mise oblige de trav]s] le b\lev>d1 un commissionnaire t5dit son p>apluie au-dessus de nos ttes1 et rclama le prix de son s]vice qu& n\s fmes monts4 ,je n'avais ri52 j'eusse alors v5du dix ans de ma vie p\r avoir deux s\s4 ,t\t ce qui fait l'homme et ses mille vanits fur5t crass en moi p> une d\leur inf]nale4 ,ces mots3--,je n'ai pas de monnaie1 mon *]6 fur5t dits d'un ton dur qui p>ut v5ir de ma passion contr>ie1 dits p> moi1 frre de cet homme1 moi qui connaissais si bi5 le malheur6 moi qui jadis avais donn sept c5t mille francs avec tant de facilit6 ,le valet rep\ssa le commissionnaire1 et les *evaux f5dir5t l'air4 ,en rev5ant son htel1 ,fdora1 di/raite1 ou affectant d'tre proccupe1 rpondit p> de ddaigneux monosyllabes mes que/ions4 ,je g>dai le sil5ce4 ,ce fut un horrible mom5t4 ,arrivs *ez elle1 n\s n\s assmes devant la *em9e4 ,qu& le valet de *ambre se fut retir aprs avoir attis le feu1 la comtesse se t\rna v]s moi d'un air indf9issable et me dit avec une sorte de sol5nit3--,depuis mon ret\r en ,france1 ma =tune a t5t quelques jeunes g5s3 j'ai reu des dcl>ations d'am\r qui aurai5t pu satisfaire mon orgueil1 j'ai r5contr des hommes dont l'atta*em5t tait si s9cre et si pr(ond qu'ils m'euss5t encore p\se1 mme qu& ils n'aurai5t tr\v en moi qu'une fille pauvre comme je l'tais jadis4 ,enf9 sa*ez1 monsieur de ,val5t91 que de n\velles ri*esses et des titres n\veaux m'ont t (f]ts2 mais appr5ez aussi que je n'ai jamais revu les p]sonnes assez mal inspires p\r m'avoir p>l d'am\r4 ,si mon affection p\r v\s tait lgre1 je ne v\s donn]ais pas un av]tissem5t dans lequel il entre plus d'amiti que d'orgueil4 ,une femme s'expose recevoir une sorte d'affront lorsque1 en se supposant aime1 elle se refuse p> avance un s5tim5t t\j\rs flatteur4 ,je connais les scnes d',ars9o1 d',aram9te1 a9si je me suis famili>ise avec les rponses que je puis ent5dre en p>eille circon/ance2 mais j'espre auj\rd'hui ne pas tre mal juge p> un homme suprieur p\r lui avoir montr fran*em5t mon me4 ,elle s'exprimait avec le sang-froid d'un av\1 d'un notaire1 expliquant leurs cli5ts les moy5s d'un procs ou les articles d'un contrat4 ,le timbre clair et sducteur de sa voix n'accusait pas la mo9dre motion2 seulem5t sa figure et son ma9ti51 t\j\rs nobles et dc5ts1 me semblr5t avoir une froideur1 une s*]esse diplomatiques4 ,elle avait sans d\te mdit ses p>oles et fait le programme de cette scne4 ,oh6 mon *] ami1 qu& c]ta9es femmes tr\v5t du plaisir n\s d*ir] le cur1 qu& elles se sont promis d'y enfonc] un poign>d et de le ret\rn] dans la plaie1 ces femmes-l sont adorables1 elles aim5t ou veul5t tre aimes6 ,un j\r elles n\s rcomp5s]ont de nos d\leurs1 comme ,dieu doit1 dit-on1 rmunr] nos bonnes uvres2 elles n\s r5dront en plaisirs le c5tuple du mal dont elles ont d apprci] la viol5ce3 leur m*ancet n'e/-elle pas ple9e de passion8 ,mais tre tortur p> une femme qui n\s tue avec indiffr5ce1 n'e/-ce pas un atroce supplice8 ,en ce mom5t ,fdora m>*ait1 sans le savoir1 sur t\tes mes esprances1 brisait ma vie et dtruisait mon av5ir avec la froide ins\ciance et l'innoc5te cruaut d'un enfant qui1 p> curiosit1 d*ire les ailes d'un papillon4--,plus t>d1 aj\ta ,fdora1 v\s reconnatrez1 je l'espre1 la solidit de l'affection que j'(fre mes amis4 ,p\r eux1 v\s me tr\v]ez t\j\rs bonne et dv\e4 ,je saurais leur donn] ma vie1 mais v\s me mpris]iez si je subissais leur am\r sans le p>tag]4 ,je m'arrte4 ,v\s tes le seul homme auquel j'aie encore dit ces d]ni]s mots4 ,d'abord les p>oles me manqur5t1 et j'eus pe9e matris] l'ouragan qui s'levait en moi2 mais bi5tt je ref\lai mes s5sations au fond de mon me1 et me mis s\rire3--,si je v\s dis que je v\s aime1 rpondis-je1 v\s me bannirez2 si je m'accuse d'indiffr5ce1 v\s m'en punirez3 les prtres1 les magi/rats et les femmes ne dp\ill5t jamais leur robe entirem5t4 ,le sil5ce ne prjuge ri53 tr\vez bon1 madame1 que je me taise4 ,p\r m'avoir adress de si frat]nels av]tissem5ts1 il faut que v\s ayez cra9t de me p]dre1 et cette p5se p\rrait satisfaire mon orgueil4 ,mais laissons la p]sonnalit lo9 de n\s4 ,v\s tes peut-tre la seule femme avec laquelle je puisse discut] en philosophe une rsolution si contraire aux lois de la nature4 ,relativem5t aux autres sujets de votre espce1 v\s tes un phnomne4 ,eh6 bi51 *]*ons ensemble1 de bonne foi1 la cause de cette anomalie psy*ologique4 ,exi/e-t-il en v\s1 comme *ez beauc\p de femmes fires d'elles-mmes1 am\reuses de leurs p]fections1 un s5tim5t d'gsme raff9 qui v\s fasse pr5dre en horreur l'ide d'app>t5ir un homme1 d'abdiqu] votre v\loir et d'tre s\mise une supriorit de conv5tion qui v\s (f5se8 v\s me sembl]iez mille fois plus belle4 ,auriez-v\s t maltraite une premire fois p> l'am\r8 ,peut-tre le prix que v\s devez atta*] l'lgance de votre taille1 votre dlicieux corsage1 v\s fait-il cra9dre les dgts de la mat]nit3 ne s]ait-ce pas une de vos meilleures raisons secrtes p\r v\s refus] tre trop bi5 aime8 ,avez-v\s des imp]fections qui v\s r5d5t v]tueuse malgr v\s8 ,ne v\s f*ez pas1 je discute1 j'tudie1 je suis mille lieues de la passion4 ,la nature1 qui fait des aveugles de naissance1 peut bi5 crer des femmes s\rdes1 muettes et aveugles en am\r4 ,vraim5t v\s tes un sujet prcieux p\r l'obs]vation mdicale6 ,v\s ne savez pas t\t ce que v\s valez4 ,v\s p\vez avoir un dgt =t lgitime p\r les hommes3 je v\s appr\ve1 ils me p>aiss5t t\s laids et odieux4 ,mais v\s avez raison1 aj\tai-je en s5tant mon cur se gonfl]1 v\s devez n\s mpris]3 il n'exi/e pas d'homme qui soit digne de v\s4 ,je ne te dirai pas t\s les s>casmes que je lui dbitai en riant4 ,eh6 bi51 la p>ole la plus acre1 l'ironie la plus aigu1 ne lui arra*r5t ni un m\vem5t ni un ge/e de dpit4 ,elle m'c\tait en g>dant sur ses lvres1 dans ses yeux1 son s\rire d'habitude1 ce s\rire qu'elle pr5ait comme un vtem5t1 et t\j\rs le mme p\r ses amis1 p\r ses simples connaissances1 p\r les trang]s4--,ne suis-je pas bi5 bonne de me laiss] mettre a9si sur un amphi?tre8 dit-elle en saisissant un mom5t p5dant lequel je la reg>dais en sil5ce4 ,v\s le voyez1 cont9ua-t-elle en riant1 je n'ai pas de sottes susceptibilits en amiti6 ,beauc\p de femmes punirai5t votre imp]t95ce en v\s faisant f]m] leur porte4--,v\s p\vez me bannir de *ez v\s sans tre t5ue de donn] la raison de vos svrits4 ,en disant cela1 je me s5tais prt la tu] si elle m'avait congdi4--,v\s tes f\1 s'cria-t-elle en s\riant4--,avez-v\s jamais song1 repris-je1 aux effets d'un viol5t am\r8 ,un homme au dsespoir a s\v5t assass9 sa matresse4--,il vaut mieux tre morte que malheureuse1 rpondit-elle froidem5t4 ,un homme aussi passionn doit un j\r ab&onn] sa femme et la laiss] sur la paille aprs lui avoir mang sa =tune4 ,cette ari?mtique m'abas\rdit4 ,je vis clairem5t un abme entre cette femme et moi4 ,n\s ne p\vions jamais n\s compr5dre4--,adieu1 lui dis-je froidem5t4--,adieu1 rpondit-elle en incl9ant la tte d'un air amical4 ,a dema94 ,je la reg>dai p5dant un mom5t en lui d>dant t\t l'am\r auquel je r5onais4 ,elle tait deb\t1 et me jetait son s\rire banal1 le dte/able s\rire d'une /atue de m>bre1 sec et poli1 p>aissant exprim] l'am\r1 mais froid4 ,concevras-tu bi51 mon *]1 t\tes les d\leurs qui m'assaillir5t en rev5ant *ez moi p> la pluie et la neige1 en m>*ant sur le v]glas des quais p5dant une lieue1 ayant t\t p]du8 ,oh6 savoir qu'elle ne p5sait seulem5t pas ma misre et me croyait1 comme elle1 ri*e et d\cem5t voitur6 ,combi5 de ru9es et de dceptions6 ,il ne s'agissait plus d'arg5t1 mais de t\tes les =tunes de mon me4 ,j'allais au has>d1 en discutant avec moi-mme les mots de cette trange conv]sation1 je m'g>ais si bi5 dans mes comm5taires que je f9issais p> d\t] de la valeur nom9ale des p>oles et des ides6 ,et j'aimais t\j\rs1 j'aimais cette femme froide dont le cur v\lait tre conquis t\t mom5t1 et qui1 en effaant t\j\rs les promesses de la veille1 se produisait le l5dema9 comme une matresse n\velle4 ,en t\rnant s\s les gui*ets de l',in/itut1 un m\vem5t fivreux me saisit4 ,je me s\v9s alors que j'tais jeun4 ,je ne possdais pas un d5i]4 ,p\r comble de malheur1 la pluie d=mait mon *apeau4 ,comm5t p\voir abord] dsormais une femme lgante et me prs5t] dans un salon sans un *apeau mettable6 ,grce des so9s extrmes1 et t\t en maudissant la mode niaise et sotte qui n\s condamne exhib] la coiffe de nos *apeaux en les g>dant con/amm5t la ma91 j'avais ma9t5u le mi5 jusque-l dans un tat d\teux4 ,sans tre curieusem5t neuf ou s*em5t vieux1 dnu de b>be ou trs-soyeux1 il p\vait pass] p\r le *apeau problmatique d'un homme soigneux2 mais son exi/5ce artificielle arrivait son d]ni] priode3 il tait bless1 djet1 f9i1 vritable haillon1 digne reprs5tant de son matre4 ,faute de tr5te s\s1 je p]dais mon indu/rieuse lgance4 ,ah6 combi5 de sacrifices ignors n'avais-je pas faits ,fdora depuis trois mois6 ,s\v5t je consacrais l'arg5t ncessaire au pa9 d'une sema9e p\r all] la voir un mom5t4 ,quitt] mes travaux et jen]1 ce n'tait ri56 ,mais trav]s] les rues de ,p>is sans se laiss] clab\ss]1 c\rir p\r vit] la pluie1 arriv] *ez elle aussi bi5 mis que les fats qui l'ent\rai5t1 ah6 p\r un pote am\reux et di/rait1 cette t*e avait d'innombrables difficults4 ,mon bonheur1 mon am\r1 dp5dait d'une m\*eture de fange sur mon seul gilet blanc6 ,r5onc] la voir si je me crottais1 si je me m\illais6 ,ne pas possd] c9q s\s p\r faire effac] p> un dcrotteur la plus lgre ta*e de b\e sur ma botte6 ,ma passion s'tait augm5te de t\s ces petits supplices inconnus1 imm5ses *ez un homme irritable4 ,les malheureux ont des dv\em5ts dont il ne leur e/ po9t p]mis de p>l] aux femmes qui viv5t dans une sphre de luxe et d'lgance2 elles voi5t le monde trav]s un prisme qui te9t en or les hommes et les *oses4 ,optimi/es p> gsme1 cruelles p> bon ton1 ces femmes s'exempt5t de rfl*ir au nom de leurs j\issances1 et s'absolv5t de leur indiffr5ce au malheur p> l'entranem5t du plaisir4 ,p\r elles un d5i] n'e/ jamais un million1 c'e/ le million qui leur semble tre un d5i]4 ,si l'am\r doit plaid] sa cause p> de gr&s sacrifices1 il doit aussi les c\vrir dlicatem5t d'un voile1 les ensevelir dans le sil5ce2 mais1 en prodiguant leur =tune et leur vie1 en se dv\ant1 les hommes ri*es pr(it5t des prjugs monda9s qui donn5t t\j\rs un c]ta9 clat leurs am\reuses folies4 ,p\r eux le sil5ce p>le et le voile e/ une grce1 t&is que mon affreuse dtresse me condamnait d'p\vantables s\ffrances sans qu'il me ft p]mis de dire3 ,j'aime6 ou3 ,je meurs6 tait-ce du dv\em5t aprs t\t8 ,n'tais-je pas ri*em5t rcomp5s p> le plaisir que j'pr\vais t\t immol] p\r elle8 ,la comtesse avait donn d'extrmes valeurs1 atta* d'excessives j\issances aux accid5ts les plus vulgaires de ma vie4 ,nagure ins\ciant en fait de toilette1 je respectais ma9t5ant mon habit comme un autre moi-mme4 ,entre une blessure recevoir et la d*irure de mon frac1 je n'aurais pas hsit6 ,tu dois alors p\s] ma situation et compr5dre les rages de p5ses1 la frnsie croissante qui m'agitai5t en m>*ant1 et que peut-tre la m>*e animait encore6 ,j'pr\vais je ne sais quelle joie inf]nale me tr\v] au fate du malheur4 ,je v\lais voir un prsage de =tune dans cette d]nire crise2 mais le mal a des trsors sans fond4 ,la porte de mon htel tait entr'ouv]te4 ,a trav]s les dc\pures en =me de cur pratiques dans le volet1 j'ap]u une lumire projete dans la rue4 ,paul9e et sa mre causai5t en m'att5dant4 ,j'ent5dis prononc] mon nom1 j'c\tai4--,raphal1 disait ,paul9e1 e/ bi5 mieux que l'tudiant du numro sept6 ,ses *eveux blonds sont d'une si jolie c\leur6 ,ne tr\ves-tu pas quelque *ose dans sa voix1 je ne sais1 mais quelque *ose qui v\s remue le cur8 ,et puis1 quoiqu'il ait un peu l'air fi]1 il e/ si bon1 il a des manires si di/+ues6 ,oh6 il e/ vraim5t trs-bi56 ,je suis sre que t\tes les femmes doiv5t tre folles de lui4--,tu en p>les comme si tu l'aimais1 reprit madame ,gaud94--,oh6 je l'aime comme un frre1 rpondit-elle en riant4 ,je s]ais jolim5t +rate si je n'avais pas de l'amiti p\r lui6 ,ne m'a-t-il pas appris la musique1 le dess91 la grammaire1 enf9 t\t ce que je sais8 ,tu ne fais pas gr&e att5tion mes progrs1 ma bonne mre2 mais je devi5s si in/ruite que dans quelque temps je s]ai assez =te p\r donn] des leons1 et alors n\s p\rrons avoir une dome/ique4 ,je me retirai d\cem5t2 et1 aprs avoir fait quelque bruit1 j'entrai dans la salle p\r y pr5dre ma lampe1 que ,paul9e v\lut allum]4 ,la pauvre enfant v5ait de jet] un baume dlicieux sur mes plaies4 ,ce naf loge de ma p]sonne me r5dit un peu de c\rage4 ,j'avais beso9 de croire en moi-mme et de recueillir un jugem5t imp>tial sur la vritable valeur de mes avantages4 ,mes esprances1 a9si ranimes1 se refltr5t peut-tre sur les *oses que je voyais4 ,peut-tre aussi n'avais-je po9t encore bi5 srieusem5t exam9 la scne assez s\v5t (f]te mes reg>ds p> ces deux femmes au milieu de cette salle2 mais alors j'admirai dans sa ralit le plus dlicieux tableau de cette nature mode/e si navem5t reproduite p> les pe9tres flam&s4 ,la mre1 assise au co9 d'un foy] demi te9t1 tricotait des bas1 et laissait err] sur ses lvres un bon s\rire4 ,paul9e colorait des crans3 ses c\leurs1 ses p9ceaux1 tals sur une petite table1 p>lai5t aux yeux p> de piquants effets2 mais1 ayant quitt sa place et se t5ant deb\t p\r allum] ma lampe1 sa blan*e figure en recevait t\te la lumire4 ,il fallait tre subjugu p> une bi5 t]rible passion p\r ne pas admir] ses ma9s transp>5tes et roses1 l'idal de sa tte et sa virg9ale attitude6 ,la nuit et le sil5ce prtai5t leur *>me cette laborieuse veille1 ce paisible intrieur4 ,ces travaux cont9us et gaiem5t supports atte/ai5t une rsignation religieuse ple9e de s5tim5ts levs4 ,une indf9issable h>monie exi/ait l entre les *oses et les p]sonnes4 ,*ez ,fdora le luxe tait sec1 il rveillait en moi de mauvaises p5ses2 t&is que cette humble misre et ce bon naturel me rafra*issai5t l'me4 ,peut-tre tais-je humili en prs5ce du luxe2 prs de ces deux femmes1 au milieu de cette salle brune o la vie simplifie semblait se rfugi] dans les motions du cur1 peut-tre me rconciliai-je avec moi-mme en tr\vant ex]c] la protection que l'homme e/ si jal\x de faire s5tir4 ,qu& je fus prs de ,paul9e1 elle me jeta un reg>d presque mat]nel1 et s'cria1 les ma9s tremblantes1 en posant vivem5t la lampe3--,dieu6 comme v\s tes ple6 ,ah6 il e/ t\t m\ill6 ,ma mre va v\s essuy]4 ,monsieur ,raphal1 reprit-elle aprs une lgre pause1 v\s tes fri& de lait3 n\s avons eu ce soir de la crme1 t5ez1 v\lez-v\s y gt]8 ,elle sauta comme un petit *at sur un bol de porcela9e ple9 de lait1 et me le prs5ta si vivem5t1 me le mit s\s le nez d'une si g5tille faon1 que j'hsitai4--,v\s me refus]iez8 dit-elle d'une voix altre4 ,nos deux fi]ts se compr5ai5t3 ,paul9e p>aissait s\ffrir de sa pauvret1 et me repro*] ma hauteur4 ,je fus att5dri4 ,cette crme tait peut-tre son djeun] du l5dema91 j'acceptai cep5dant4 ,la pauvre fille essaya de ca*] sa joie1 mais elle ptillait dans ses yeux4--,j'en avais beso91 lui dis-je en m'asseyant4 7,une expression s\cieuse passa sur son front47 ,v\s s\v5ez-v\s1 ,paul9e1 de ce passage o ,bossuet n\s pe9t ,dieu rcomp5sant un v]re d'eau plus ri*em5t qu'une victoire8--,oui1 dit-elle4 ,et son se9 battait comme celui d'une jeune fauvette entre les ma9s d'un enfant4--,eh6 bi51 comme n\s n\s quitt]ons bi5tt1 aj\tai-je d'une voix mal assure1 laissez-moi v\s tmoign] ma reconnaissance p\r t\s les so9s que v\s et votre mre v\s avez eus de moi4--,oh6 ne comptons pas1 dit-elle en riant4 ,son rire ca*ait une motion qui me fit mal4--,mon piano1 repris-je sans p>atre avoir ent5du ses p>oles1 e/ un des meilleurs in/rum5ts d'r>d3 acceptez-le4 ,pr5ez-le sans scrupule1 je ne saurais vraim5t l'emport] dans le voyage que je compte entrepr5dre4 claires peut-tre p> l'acc5t de mlancolie avec lequel je prononai ces mots1 les deux femmes semblr5t m'avoir compris et me reg>dr5t avec une curiosit mle d'effroi4 ,l'affection que je *]*ais au milieu des froides rgions du gr& monde1 tait donc l1 vraie1 sans fa/e1 mais onctueuse et peut-tre durable4--,il ne faut pas pr5dre tant de s\ci1 me dit la mre4 ,re/ez ici4 ,mon m>i e/ en r\te cette heure1 reprit-elle4 ,ce soir1 j'ai lu l'vangile de sa9t ,jean p5dant que ,paul9e t5ait susp5due entre ses doigts notre clef atta*e dans une ,bible1 la clef a t\rn4 ,ce prsage annonce que ,gaud9 se porte bi5 et prospre4 ,paul9e a recomm5c p\r v\s et p\r le jeune homme du numro sept2 mais la clef n'a t\rn que p\r v\s4 ,n\s s]ons t\s ri*es1 ,gaud9 revi5dra millionnaire4 ,je l'ai vu en rve sur un vaisseau ple9 de s]p5ts2 heureusem5t l'eau tait tr\ble1 ce qui signifie or et pi]r]ies d'outre-m]4 ,ces p>oles amicales et vides1 semblables aux vagues *ansons avec lesquelles une mre endort les d\leurs de son enfant1 me r5dir5t une sorte de calme4 ,l'acc5t et le reg>d de la bonne femme exhalai5t cette d\ce cordialit qui n'efface pas le *agr91 mais qui l'apaise1 qui le b]ce et l'm\sse4 ,plus p]spicace que sa mre1 ,paul9e m'exam9ait avec inquitude1 ses yeux intellig5ts semblai5t dev9] ma vie et mon av5ir4 ,je rem]ciai p> une incl9ation de tte la mre et la fille2 puis je me sauvai1 craignant de m'att5drir4 ,qu& je me tr\vai seul s\s mon toit1 je me c\*ai dans mon malheur4 ,ma fatale imag9ation me dess9a mille projets sans base et me dicta des rsolutions impossibles4 ,qu& un homme se trane dans les dcombres de sa =tune1 il y r5contre encore quelques ress\rces2 mais j'tais dans le nant4 ,ah6 mon *]1 n\s accusons trop facilem5t la misre4 ,soyons indulg5ts p\r les effets du plus actif de t\s les dissolvants sociaux3 o rgne la misre1 il n'exi/e plus ni pudeur1 ni crimes1 ni v]tus1 ni esprit4 ,j'tais alors sans ides1 sans =ce1 comme une jeune fille tombe g5\x devant un tigre4 ,un homme sans passion et sans arg5t re/e matre de sa p]sonne2 mais un malheureux qui aime ne s'app>ti5t plus et ne peut pas se tu]4 ,l'am\r n\s donne une sorte de religion p\r n\s-mmes1 n\s respectons en n\s une autre vie2 il devi5t alors le plus horrible des malheurs1 le malheur avec une esprance1 une esprance qui v\s fait accept] des tortures4 ,je m'endormis avec l'ide d'all] le l5dema9 confi] ,ra/ignac la s+ulire dt]m9ation de ,fdora4--,ah6 ah6 me dit ,ra/ignac en me voyant entr] *ez lui ds neuf heures du mat91 je sais ce qui t'amne1 tu dois tre congdi p> ,fdora4 ,quelques bonnes mes jal\ses de ton empire sur la comtesse ont annonc votre m>iage4 ,dieu sait les folies que tes rivaux t'ont prtes et les calomnies dont tu z t l'objet6--,t\t s'explique1 m'criai-je4 ,je me s\v9s de t\tes mes imp]t95ces et tr\vai la comtesse sublime4 ,a mon gr1 j'tais un infme qui n'avait pas encore assez s\ff]t1 et je ne vis plus dans son indulg5ce que la pati5te *>it de l'am\r4--,n'allons pas si vite1 me dit le prud5t ,gascon4 ,fdora possde la pntration naturelle aux femmes pr(ondm5t g/es3 elle t'aura jug peut-tre au mom5t o tu ne voyais encore en elle que sa =tune et son luxe2 en dpit de ton adresse1 elle aura lu dans ton me4 ,elle e/ assez dissimule p\r qu'aucune dissimulation ne tr\ve grce devant elle4 ,je crois1 aj\ta-t-il1 t'avoir mis dans une mauvaise voie4 ,malgr la f9esse de son esprit et de ses manires1 cette crature me semble imprieuse comme t\tes les femmes qui ne pr5n5t de plaisir que p> la tte4 ,p\r elle le bonheur gt t\t enti] dans le bi5-tre de la vie1 dans les j\issances sociales2 *ez elle1 le s5tim5t e/ un rle3 elle te r5drait malheureux1 et f]ait de toi son premi] valet4 ,ra/ignac p>lait un s\rd4 ,je l'int]rompis1 en lui exposant avec une app>5te gaiet ma situation f9ancire4--,hi] au soir1 me rpondit-il1 une ve9e contraire m'a emport t\t l'arg5t dont je p\vais dispos]4 ,sans cette vulgaire in=tune1 j'eusse p>tag volonti]s ma b\rse avec toi4 ,mais1 allons djeun] au cab>et1 les hutres n\s donn]ont peut-tre un bon conseil4 ,il s'habilla1 fit attel] son tilbury2 puis semblables deux millionnaires1 n\s arrivmes au caf de ,p>is avec l'imp]t95ce de ces audacieux spculateurs qui viv5t sur des capitaux imag9aires4 ,ce diable de ,gascon me confondait p> l'aisance de ses manires et p> son aplomb imp]turbable4 ,au mom5t o n\s pr5ions le caf1 aprs avoir f9i un repas =t dlicat et trs-bi5 ent5du1 ,ra/ignac1 qui di/ribuait des c\ps de tte une f\le de jeunes g5s galem5t recomm&ables p> les grces de leur p]sonne et p> l'lgance de leur mise1 me dit en voyant entr] un de ces d&ys3--,voici ton affaire4 ,et il fit signe un g5tilhomme bi5 cravat1 qui semblait *]*] une table sa conv5ance1 de v5ir lui p>l]4--,ce gaill>d-l1 me dit ,ra/ignac l'oreille1 e/ dcor p\r avoir publi des ouvrages qu'il ne compr5d pas3 il e/ *imi/e1 hi/ori51 romanci]1 publici/e2 il possde des qu>ts1 des ti]s1 des moitis1 dans je ne sais combi5 de pices de ?tre1 et il e/ ignorant comme la mule de don ,miguel4 ,ce n'e/ pas un homme1 c'e/ un nom1 une tiquette familire au public4 ,aussi se g>d]ait-il bi5 d'entr] dans ces cab9ets sur lesquels il y a cette inscription3 ,ici l'on peut crire soi-mme4 ,il e/ f9 j\] t\t un congrs4 ,en deux mots1 c'e/ un mtis en morale3 ni t\t fait probe1 ni compltem5t fripon4 ,mais *ut6 il s'e/ dj battu1 le monde n'en dem&e pas davantage et dit de lui3 ,c'e/ un homme honorable4--,eh6 bi51 mon excell5t ami1 mon honorable ami1 comm5t se porte ,votre ,intellig5ce8 lui dit ,ra/ignac au mom5t o l'inconnu s'assit la table vois9e4 --,mais ni bi51 ni mal4 ,je suis accabl de travail4 ,j'ai entre les ma9s t\s les matriaux ncessaires p\r faire des mmoires hi/oriques trs-curieux1 et je ne sais qui les attribu]4 ,cela me t\rm5te1 il faut se ht]1 les mmoires vont pass] de mode4 --,sont-ce des mmoires contempora9s1 anci5s1 sur la c\r1 sur quoi8 --,sur l'affaire du ,colli]4 --,n'e/-ce pas un miracle8 me dit ,ra/ignac en riant4 ,puis se ret\rnant v]s le spculateur3--,monsieur de ,val5t91 reprit-il en me dsignant1 e/ un de mes amis que je v\s prs5te comme l'une de nos futures clbrits littraires4 ,il avait jadis une tante =t bi5 en c\r1 m>quise1 et depuis deux ans il travaille une hi/oire royali/e de la rvolution4 ,puis1 se p5*ant l'oreille de ce s+uli] ngociant1 il lui dit3--,c'e/ un homme de tal5t2 mais un niais qui peut v\s faire vos mmoires1 au nom de sa tante1 p\r c5t cus p> volume4--,le m>* me va1 rpondit l'autre en haussant sa cravate4 ,g>on1 mes hutres1 donc6--,oui1 mais v\s me donn]ez v+t-c9q l\is de commission et lui pai]ez un volume d'avance1 reprit ,ra/ignac4--,non1 non4 ,je n'avanc]ai que c9quante cus p\r tre plus sr d'avoir promptem5t mon manuscrit4 ,ra/ignac me rpta cette conv]sation m]cantile voix basse4 ,puis sans me consult]3--,n\s sommes d'accord1 lui rpondit-il4 ,qu& p\vons-n\s all] v\s voir p\r t]m9] cette affaire8--,eh6 bi51 v5ez dn] ici1 dema9 soir1 sept heures4 ,n\s n\s levmes1 ,ra/ignac jeta de la monnaie au g>on1 mit la c>te pay] dans sa po*e1 et n\s sortmes4 ,j'tais /upfait de la lgret1 de l'ins\ciance avec laquelle il avait v5du ma respectable tante1 la m>quise de ,montbauron4--,j'aime mieux m'emb>qu] p\r le ,brsil1 et y enseign] aux ,indi5s l'algbre1 dont je ne sais pas un mot1 que de salir le nom de ma famille6 ,ra/ignac m'int]rompit p> un clat de rire4--,es-tu bte6 ,pr5ds d'abord les c9quante cus et fais les mmoires4 ,qu& ils s]ont a*evs1 tu refus]as de les mettre s\s le nom de ta tante1 imbcile6 ,madame de ,montbauron1 morte sur l'*afaud1 ses pani]s1 ses considrations1 sa beaut1 son f>d1 ses mules val5t bi5 plus de six c5ts francs4 ,si le libraire ne veut pas alors pay] ta tante ce qu'elle vaut1 il tr\v]a quelque vieux *evali] d'indu/rie1 ou je ne sais quelle fangeuse comtesse p\r sign] les mmoires4--,oh6 m'criai-je1 p\rquoi suis-je sorti de ma v]tueuse mans>de8 ,le monde a des env]s bi5 salem5t ignobles4--,bon1 rpondit ,ra/ignac1 voil de la posie1 et il s'agit d'affaires4 ,tu es un enfant4 c\te3 quant aux mmoires1 le public les jug]a2 quant mon ,proxnte littraire1 n'a-t-il pas dp5s huit ans de sa vie1 et pay ses relations avec la librairie p> de cruelles expri5ces8 ,en p>tageant 9galem5t avec lui le travail du livre1 ta "p d'arg5t n'e/-elle pas aussi la plus belle8 ,v+t-c9q l\is sont une bi5 plus gr&e somme p\r toi1 que mille francs p\r lui4 ,va1 tu peux crire des mmoires hi/oriques1 uvres d'art si jamais il en fut1 qu& ,did]ot a fait six s]mons p\r c5t cus4--,enf91 lui dis-je t\t mu1 c'e/ p\r moi une ncessit3 a9si1 mon pauvre ami1 je te dois des rem]ciem5ts4 ,v+t-c9q l\is me r5dront bi5 ri*e4--,et plus ri*e que tu ne p5ses1 reprit-il en riant4 ,si ,f9ot me donne une commission dans l'affaire1 ne dev9es-tu pas qu'elle s]a p\r toi8 ,allons au bois de ,b\logne1 dit-il2 n\s y v]rons ta comtesse1 et je te montr]ai la jolie petite veuve que je dois p\s]1 une *>mante p]sonne1 ,alsaci5ne un peu grasse4 ,elle lit ,kant1 ,s*ill]1 ,jean-,paul1 et une f\le de livres hydrauliques4 ,elle a la manie de t\j\rs me dem&] mon op9ion1 je suis oblig d'avoir l'air de compr5dre t\te cette s5sibl]ie allem&e1 de connatre un tas de ballades1 t\tes drogues qui me sont df5dues p> le mdec94 ,je n'ai pas encore pu la d%abitu] de son en?\siasme littraire3 elle pleure des av]ses la lecture de ,g!1 et je suis oblig de pleur] un peu1 p> complaisance1 c> il y a c9quante mille livres de r5tes1 mon *]1 et le plus joli petit pi$1 la plus jolie petite ma9 de la t]re6 ,ah6 si elle ne disait pas mon an*e1 et pr\ill] p\r mon ange et br\ill]1 ce s]ait une femme accomplie4 ,n\s vmes la comtesse1 brillante dans un brillant quipage4 ,le coquette n\s salua =t affectueusem5t en me jetant un s\rire qui me p>ut alors div9 et ple9 d'am\r4 ,ah6 j'tais bi5 heureux1 je me croyais aim1 j'avais de l'arg5t et des trsors de passion1 plus de misre4 ,lg]1 gai1 cont5t de t\t1 je tr\vai la matresse de mon ami *>mante4 ,les arbres1 l'air1 le ciel1 t\te la nature semblait me rpt] le s\rire de ,fdora4 ,en rev5ant des ,*amps-lyses1 n\s allmes *ez le *apeli] et *ez le tailleur de ,ra/ignac4 ,l'affaire du ,colli] me p]mit de quitt] mon misrable pi$ de paix1 p\r pass] un =midable pi$ de gu]re4 ,dsormais je p\vais sans cra9te lutt] de grce et d'lgance avec les jeunes g5s qui t\rbillonnai5t aut\r de ,fdora4 ,je rev9s *ez moi4 ,je m'y enf]mai1 re/ant tranquille en app>5ce1 prs de ma luc>ne2 mais disant d't]nels adieux mes toits1 vivant dans l'av5ir1 dramatisant ma vie1 escomptant l'am\r et ses joies4 ,ah6 comme une exi/5ce peut dev5ir orageuse entre les quatre murs d'une mans>de6 ,l'me huma9e e/ une fe3 elle mtamorphose une paille en diamants2 s\s sa baguette les palais en*ants clos5t comme les fleurs des *amps s\s les *audes inspirations du soleil4 ,le l5dema91 v]s midi1 ,paul9e frappa d\cem5t ma porte et m'apporta1 dev9e quoi8 une lettre de ,fdora4 ,la comtesse me priait de v5ir la pr5dre au ,luxemb\rg p\r all]1 de l1 voir ensemble le ,musum et le ,j>d9 des ,plantes4--,un commissionnaire att5d la rponse1 me dit-elle aprs un mom5t de sil5ce4 ,je griffonnai promptem5t une lettre de rem]ciem5t que ,paul9e emporta4 ,je m'habillai4 ,au mom5t o1 assez cont5t de moi-mme1 j'a*evais ma toilette1 un frisson glacial me saisit cette p5se3 ,fdora e/-elle v5ue en voiture ou pi$8 pleuvra-t-il1 f]a-t-il beau8 ,mais1 me dis-je1 qu'elle soit pi$ ou en voiture1 e/-on jamais c]ta9 de l'esprit fantasque d'une femme8 elle s]a sans arg5t et v\dra donn] c5t s\s un petit ,savoy>d p>ce qu'il aura de jolies gu5illes4 ,j'tais sans un r\ge li>d et ne devais avoir de l'arg5t que le soir4 ,oh6 combi51 dans ces crises de notre jeunesse1 un pote paie *] la puissance intellectuelle dont il e/ inve/i p> le rgime et p> le travail6 ,en un in/ant1 mille p5ses vives et d\l\reuses me piqur5t comme autant de d>ds4 ,je reg>dai le ciel p> ma luc>ne1 le temps tait =t inc]ta94 ,en cas de malheur1 je p\vais bi5 pr5dre une voiture p\r la j\rne2 mais aussi ne trembl]ais-je pas t\t mom5t1 au milieu de mon bonheur1 de ne pas r5contr] ,f9ot le soir8 ,je ne me s5tis pas assez =t p\r support] tant de cra9tes au se9 de ma joie4 ,malgr la c]titude de ne ri5 tr\v]1 j'entrepris une gr&e exploration trav]s ma *ambre1 je *]*ai des cus imag9aires jusque dans la pr(ondeur de ma paillasse1 je f\illai t\t1 je sec\ai mme de vieilles bottes4 ,en proie une fivre n]veuse1 je reg>dais mes meubles d'un il hag>d aprs les avoir r5v]ss t\s4 ,compr5dras-tu le dlire qui m'anima1 lorsqu'en ouvrant p\r la septime fois le tiroir de ma table crire que je visitais avec cette espce d'indol5ce dans laquelle n\s plonge le dsespoir1 j'ap]u colle contre une plan*e latrale1 tapie s\rnoisem5t1 mais propre1 brillante1 lucide comme une toile son lev]1 une belle et noble pice de c5t s\s8 ,ne lui dem&ant compte ni de son sil5ce ni de la cruaut dont elle tait c\pable en se t5ant a9si ca*e1 je la baisai comme un ami fidle au malheur et la saluai p> un cri qui tr\va de l'*o4 ,je me ret\rnai brusquem5t et vis ,paul9e t\te ple4--,j'ai cru1 dit-elle d'une voix mue1 que v\s v\s faisiez mal4 ,le commissionnaire444 ,elle s'int]rompit comme si elle t\ffait4 ,mais ma mre l'a pay1 aj\ta-t-elle4 ,puis elle s'enfuit1 enfant9e et follette comme un caprice4 ,pauvre petite6 je lui s\haitai mon bonheur4 ,en ce mom5t1 il me semblait avoir dans l'me t\t le plaisir de la t]re1 et j'aurais v\lu re/itu] aux malheureux la "p que je croyais leur vol]4 ,n\s avons presque t\j\rs raison dans nos press5tim5ts d'adv]sit1 la comtesse avait r5voy sa voiture4 ,p> un de ces caprices que les jolies femmes ne s'expliqu5t pas t\j\rs elles-mmes1 elle v\lait all] au ,j>d9 des ,plantes p> les b\lev>ds et pi$4--,mais il va pleuvoir1 lui dis-je4 ,elle prit plaisir me contr$ire4 ,p> has>d1 il fit beau p5dant t\t le temps que n\s m>*mes dans le ,luxemb\rg4 ,qu& n\s en sortmes1 un gros nuage dont j'avais ma9tes fois pi la m>*e avec une secrte inquitude1 ayant laiss tomb] quelques g\ttes d'eau1 n\s montmes dans un fiacre4 ,lorsque n\s emes atte9t les b\lev>ds1 la pluie cessa1 le ciel reprit sa srnit4 ,en arrivant au ,musum1 je v\lus r5voy] la voiture1 ,fdora me pria de la g>d]4 ,que de tortures6 ,mais caus] avec elle en comprimant un secret dlire qui sans d\te se =mulait sur mon visage p> quelque s\rire niais et arrt2 err] dans le ,j>d9 des ,plantes1 en p>c\rir les alles bocagres et s5tir son bras appuy sur le mi51 il y eut dans t\t cela je ne sais quoi de fanta/ique3 c'tait un rve en ple9 j\r4 ,cep5dant ses m\vem5ts1 soit en m>*ant1 soit en n\s arrtant1 n'avai5t ri5 de d\x ni d'am\reux1 malgr leur app>5te volupt4 ,qu& je *]*ais m'associ] en quelque sorte l'action de sa vie1 je r5contrais en elle une intime et secrte vivacit1 je ne sais quoi de saccad1 d'exc5trique4 ,les femmes sans me n'ont ri5 de moelleux dans leurs ge/es4 ,aussi n'tions-n\s unis1 ni p> une mme volont1 ni p> un mme pas4 ,il n'exi/e po9t de mots p\r r5dre ce dsaccord matriel de deux tres1 c> n\s ne sommes pas encore habitus reconnatre une p5se dans le m\vem5t4 ,ce phnomne de notre nature se s5t in/9ctivem5t1 il ne s'exprime pas4 ,p5dant ces viol5ts p>oxysmes de ma passion1 reprit ,raphal aprs un mom5t de sil5ce1 et comme s'il rpondait une objection qu'il se ft adresse lui-mme1 je n'ai pas dissqu mes s5sations1 analys mes plaisirs1 ni supput les battem5ts de mon cur1 comme un av>e exam9e et pse ses pices d'or4 ,oh6 non1 l'expri5ce jette auj\rd'hui sa tri/e lumire sur les vnem5ts passs1 et le s\v5ir m'apporte ces images1 comme p> un beau temps les flots de la m] amn5t br9 br9 les dbris d'un naufrage sur la grve4--,v\s p\vez me r5dre un s]vice assez important1 me dit la comtesse en me reg>dant d'un air confus4 ,aprs v\s avoir confi mon antipa?ie p\r l'am\r1 je me s5s plus libre en rclamant de v\s un bon (fice au nom de l'amiti4 ,n'aurez-v\s pas1 reprit-elle en riant1 beauc\p plus de mrite m'oblig] auj\rd'hui8 ,je la reg>dais avec d\leur4 ,n'pr\vant ri5 prs de moi1 elle tait patel9e et non pas affectueuse2 elle me p>aissait j\] un rle en actrice consomme2 puis t\t c\p son acc5t1 un reg>d1 un mot rveillai5t mes esprances2 mais si mon am\r ranim se peignait alors dans mes yeux1 elle en s\t5ait les rayons sans que la cl>t des si5s s'en altrt1 c> ils semblai5t1 comme ceux des tigres1 tre d\bls p> une feuille de mtal4 ,en ces mom5ts-l1 je la dte/ais4--,la protection du duc de ,nav>re9s1 dit-elle en cont9uant avec des inflexions de voix ple9es de cl9]ie1 me s]ait trs-utile auprs d'une p]sonne t\te-puissante en ,russie1 et dont l'int]v5tion e/ ncessaire p\r me faire r5dre ju/ice dans une affaire qui conc]ne la fois ma =tune et mon tat dans le monde1 la reconnaissance de mon m>iage p> l'emp]eur4 ,le duc de ,nav>re9s n'e/-il pas votre c\s98 ,une lettre de lui dcid]ait t\t4--,je v\s app>ti5s1 lui rpondis-je1 ordonnez4--,v\s tes bi5 aimable1 reprit-elle en me s]rant la ma94 ,v5ez dn] avec moi1 je v\s dirai t\t comme un confesseur4 ,cette femme si mfiante1 si discrte1 et laquelle p]sonne n'avait ent5du dire un mot sur ses intrts1 allait donc me consult]4--,oh6 combi5 j'aime ma9t5ant le sil5ce que v\s m'avez impos6 m'criai-je4 ,mais j'aurais v\lu quelque preuve plus rude encore4 ,en ce mom5t1 elle accueillit l'ivresse de mes reg>ds et ne se refusa po9t mon admiration1 elle m'aimait donc6 ,n\s arrivmes *ez elle4 ,=t heureusem5t1 le fond de ma b\rse put satisfaire le co*]4 ,je passai dlicieusem5t la j\rne1 seul avec elle1 *ez elle4 ,c'tait la premire fois que je p\vais la voir a9si4 ,jusqu' ce j\r1 le monde1 sa gnante politesse et ses faons froides n\s avai5t t\j\rs sp>s1 mme p5dant ses somptueux dn]s2 mais alors j'tais *ez elle comme si j'eusse vcu s\s son toit1 je la possdais p\r a9si dire4 ,ma vagabonde imag9ation brisait les entraves1 arrangeait les vnem5ts de la vie ma guise1 et me plongeait dans les dlices d'un am\r heureux4 ,me croyant son p\x1 je l'admirais occupe de petits dtails2 j'pr\vais mme du bonheur lui voir t] son s*all et son *apeau4 ,elle me laissa seul un mom5t1 et rev9t les *eveux arrangs1 *>mante4 ,cette jolie toilette avait t faite p\r moi6 ,p5dant le dn]1 elle me prodigua ses att5tions et dploya des grces inf9ies dans mille *oses qui sembl5t des ri5s et qui cep5dant sont la moiti de la vie4 ,qu& n\s fmes t\s deux devant un feu ptillant1 assis sur la soie1 environns des plus dsirables crations d'un luxe ori5tal2 qu& je vis si prs de moi cette femme dont la beaut clbre faisait palpit] tant de curs1 cette femme si difficile conqurir1 me p>lant1 me r5dant l'objet de t\tes ses coquett]ies1 ma voluptueuse flicit dev9t presque de la s\ffrance4 ,p\r mon malheur1 je me s\v9s de l'importante affaire que je devais conclure1 et v\lus all] au r5dez-v\s qui m'avait t donn la veille4--,quoi6 dj6 dit-elle en me voyant pr5dre mon *apeau4--,elle m'aimait6 ,je le crus du mo9s1 en l'ent5dant prononc] ces deux mots d'une voix c>essante4 ,p\r prolong] mon extase1 j'aurais alors volonti]s troqu deux annes de ma vie contre *acune des heures qu'elle v\lait bi5 m'accord]4 ,mon bonheur s'augm5ta de t\t l'arg5t que je p]dais6 ,il tait m9uit qu& elle me r5voya4 ,nanmo9s le l5dema91 mon hrosme me cota bi5 des remords1 je craignis d'avoir manqu l'affaire des mmoires1 dev5ue si capitale p\r moi2 je c\rus *ez ,ra/ignac1 et n\s allmes surpr5dre son lev] le titulaire de mes travaux futurs4 ,f9ot me lut un petit acte o il n'tait po9t "q de ma tante1 et aprs la signature duquel il me compta c9quante cus4 ,n\s djeunmes t\s les trois4 ,qu& j'eus pay mon n\veau *apeau1 soixante ca*ets tr5te s\s et mes dettes1 il ne me re/a plus que tr5te francs2 mais t\tes les difficults de la vie s'tai5t aplanies p\r quelques j\rs4 ,si j'avais v\lu c\t] ,ra/ignac1 je p\vais avoir des trsors en adoptant avec fran*ise le sy/me anglais4 ,il v\lait absolum5t m'tablir un crdit et me faire faire des emprunts1 en prt5dant que les emprunts s\ti5drai5t le crdit4 ,selon lui1 l'av5ir tait de t\s les capitaux du monde le plus considrable et le plus solide4 ,en hypo?quant a9si mes dettes sur de futurs cont+5ts1 il donna ma pratique son tailleur1 un arti/e qui compr5ait le jeune homme et devait me laiss] tranquille jusqu' mon m>iage4 ,ds ce j\r1 je rompis avec la vie mona/ique et /udieuse que j'avais m5e p5dant trois ans4 ,j'allai =t assidm5t *ez ,fdora1 o je t*ai de surpass] en app>5ce les imp]t95ts ou les hros de cot]ie qui s'y tr\vai5t4 ,en croyant avoir *app p\r t\j\rs la misre1 je rec\vrai ma lib]t d'esprit1 j'crasai mes rivaux1 et passai p\r un homme ple9 de sductions1 pre/igieux1 irrsi/ible4 ,cep5dant les g5s habiles disai5t en p>lant de moi3 ,un g>on aussi spirituel ne doit avoir de passions que dans la tte6 ,ils vantai5t *>itablem5t mon esprit aux dp5s de ma s5sibilit4 ,e/-il heureux de ne pas aim]6 s'criai5t-ils4 ,s'il aimait1 aurait-il autant de gaiet1 de v]ve6 ,j'tais cep5dant bi5 am\reusem5t /upide en prs5ce de ,fdora6 ,seul avec elle1 je ne savais ri5 lui dire1 ou si je p>lais1 je mdisais de l'am\r2 j'tais tri/em5t gai comme un c\rtisan qui veut ca*] un cruel dpit4 ,enf91 j'essayai de me r5dre indisp5sable sa vie1 son bonheur1 sa vanit3 t\s les j\rs prs d'elle1 j'tais un esclave1 un j\et sans cesse ses ordres4 ,aprs avoir a9si dissip ma j\rne1 je rev5ais *ez moi p\r y travaill] p5dant les nuits1 ne dormant gure que deux ou trois heures de la mat9e4 ,mais n'ayant pas1 comme ,ra/ignac1 l'habitude du sy/me anglais1 je me vis bi5tt sans un s\4 ,ds lors1 mon *] ami1 fat sans bonnes =tunes1 lgant sans arg5t1 am\reux anonyme1 je retombai dans cette vie prcaire1 dans ce froid et pr(ond malheur soigneusem5t ca* s\s les trompeuses app>5ces du luxe4 ,je ress5tis alors mes s\ffrances premires1 mais mo9s aigus3 je m'tais famili>is sans d\te avec leurs t]ribles crises4 ,s\v5t les gteaux et le ?1 si p>cimonieusem5t (f]ts dans les salons1 tai5t ma seule n\rriture4 ,quelquefois1 les somptueux dn]s de la comtesse me sub/antai5t p5dant deux j\rs4 ,j'employai t\t mon temps1 mes ef=ts et ma sci5ce d'obs]vation pntr] plus avant dans l'impntrable c>actre de ,fdora4 ,jusqu'alors1 l'esprance ou le dsespoir avai5t influ5c mon op9ion1 je voyais en elle t\r t\r la femme la plus aimante ou la plus ins5sible de son sexe2 mais ces alt]natives de joie et de tri/esse dev9r5t intolrables3 je v\lus *]*] un dnom5t cette lutte affreuse1 en tuant mon am\r4 ,de s9i/res lueurs brillai5t p>fois dans mon me et me faisai5t entrevoir des abmes entre n\s4 ,la comtesse ju/ifiait t\tes mes cra9tes2 je n'avais pas encore surpris de l>mes dans ses yeux4 ,au ?tre une scne att5drissante la tr\vait froide et rieuse4 ,elle rs]vait t\te sa f9esse p\r elle1 et ne dev9ait ni le malheur ni le bonheur d'autrui4 ,enf9 elle m'avait j\6 ,heureux de lui faire un sacrifice1 je m'tais presque avili p\r elle en allant voir mon p>5t le duc de ,nav>re9s1 homme g/e1 qui r\gissait de ma misre et avait de trop gr&s torts env]s moi p\r ne pas me har3 il me reut donc avec cette froide politesse qui donne aux ge/es et aux p>oles l'app>5ce de l'insulte1 son reg>d inquiet excita ma piti4 ,j'eus honte p\r lui de sa petitesse au milieu de tant de gr&eur1 de sa pauvret au milieu de tant de luxe4 ,il me p>la des p]tes considrables que lui occasionnait le trois p\r c5t1 je lui dis alors quel tait l'objet de ma visite4 ,le *angem5t de ses manires1 qui de glaciales dev9r5t ins5siblem5t affectueuses1 me dgta4 ,eh6 bi51 mon ami1 il v9t *ez la comtesse1 il m'y crasa4 ,fdora tr\va p\r lui des en*antem5ts1 des pre/iges inconnus2 elle le sduisit1 traita sans moi cette affaire my/rieuse de laquelle je ne sus pas un mot3 j'avais t p\r elle un moy54 ,elle p>aissait ne plus m'ap]cevoir qu& mon c\s9 tait *ez elle1 elle m'acceptait alors avec mo9s de plaisir peut-tre que le j\r o je lui fus prs5t4 ,un soir1 elle m'humilia devant le duc p> un de ces ge/es et p> un de ces reg>ds qu'aucune p>ole ne saurait pe9dre4 ,je sortis pleurant1 =mant mille projets de v5geance1 comb9ant d'p\vantables viols4 ,s\v5t je l'accompagnais aux ,b\ffons3 l1 prs d'elle1 t\t enti] mon am\r1 je la contemplais en me livrant au *>me d'c\t] la musique1 puisant mon me dans la d\ble j\issance d'aim] et de retr\v] les m\vem5ts de mon cur bi5 r5dus p> les phrases du musici54 ,ma passion tait dans l'air1 sur la scne2 elle triomphait p>t\t1 except *ez ma matresse4 ,je pr5ais alors la ma9 de ,fdora1 j'tudiais ses traits et ses yeux en sollicitant une fusion de nos s5tim5ts1 une de ces s\da9es h>monies qui1 rveilles p> les notes1 fait vibr] les mes l'unisson2 mais sa ma9 tait muette et ses yeux ne disai5t ri54 ,qu& le feu de mon cur man de t\s mes traits la frappait trop =tem5t au visage1 elle me jetait ce s\rire *]*1 phrase conv5ue qui se reproduit au salon sur les lvres de t\s les portraits4 ,elle n'c\tait pas la musique4 ,les div9es pages de ,ross9i1 de ,cim>osa1 de ,z+>elli1 ne lui rappelai5t aucun s5tim5t1 ne lui traduisai5t aucune posie de sa vie2 son me tait aride4 ,fdora se produisait l comme un spectacle dans le spectacle4 ,sa lorgnette voyageait incessamm5t de loge en loge3 inquite1 quoique tranquille1 elle tait victime de la mode3 sa loge1 son bonnet1 sa voiture1 sa p]sonne tai5t t\t p\r elle4 ,v\s r5contrez s\v5t des g5s de colossale app>5ce de qui le cur e/ t5dre et dlicat s\s un corps de bronze2 mais elle ca*ait un cur de bronze s\s sa frle et gracieuse enveloppe4 ,ma fatale sci5ce me d*irait bi5 des voiles4 ,si le bon ton consi/e s'oubli] p\r autrui1 mettre dans sa voix et dans ses ge/es une con/ante d\ceur1 plaire aux autres en les r5dant cont5ts d'eux-mmes1 malgr sa f9esse1 ,fdora n'avait pas effac t\t ve/ige de sa plbi5ne orig9e3 son oubli d'elle-mme tait fausset2 ses manires1 au lieu d'tre innes1 avai5t t laborieusem5t conquises2 enf9 sa politesse s5tait la s]vitude4 ,eh6 bi51 ses p>oles emmielles tai5t p\r ses favoris l'expression de la bont1 sa prt5tieuse exagration tait un noble en?\siasme4 ,moi seul avais tudi ses grimaces1 j'avais dp\ill son tre intrieur de la m9ce corce qui suffit au monde1 et n'tais plus dupe de ses s+]ies2 je connaissais fond son me de *atte4 ,qu& un niais la complim5tait1 la vantait1 j'avais honte p\r elle4 ,et je l'aimais t\j\rs6 j'esprais fondre ses glaces s\s les ailes d'un am\r de pote4 ,si je p\vais une fois ouvrir son cur aux t5dresses de la femme1 si je l'initiais la sublimit des dv\em5ts1 je la voyais alors p>faite2 elle dev5ait un ange4 ,je l'aimais en homme1 en amant1 en arti/e1 qu& il aurait fallu ne pas l'aim] p\r l'obt5ir3 un fat bi5 g\rm1 un froid calculateur1 en aurait triomph peut-tre4 ,va9e1 artificieuse1 elle et sans d\te ent5du le langage de la vanit1 se s]ait laiss entortill] dans les piges d'une intrigue2 elle et t dom9e p> un homme sec et glac4 ,des d\leurs acres entrai5t jusqu'au vif dans mon me1 qu& elle me rvlait navem5t son gsme4 ,je l'ap]cevais avec d\leur seule un j\r dans la vie et ne sa*ant qui t5dre la ma91 ne r5contrant pas de reg>ds amis o repos] les si5s4 ,un soir1 j'eus le c\rage de lui pe9dre1 s\s des c\leurs animes1 sa vieillesse ds]te1 vide et tri/e4 ,a l'aspect de cette p\vantable v5geance de la nature trompe1 elle dit un mot atroce4--,j'aurai t\j\rs de la =tune1 me rpondit-elle4 ,eh6 bi51 avec de l'or n\s p\vons t\j\rs crer aut\r de n\s les s5tim5ts qui sont ncessaires notre bi5-tre4 ,je sortis f\droy p> la logique de ce luxe1 de cette femme1 de ce monde1 dont j'tais si sottem5t idoltre4 ,je n'aimais pas ,paul9e pauvre1 ,fdora ri*e n'avait-elle pas le droit de rep\ss] ,raphal8 ,notre consci5ce e/ un juge infaillible1 qu& n\s ne l'avons pas encore assass9e4 ,fdora1 me criait une voix sophi/ique1 n'aime ni ne rep\sse p]sonne2 elle e/ libre1 mais elle s'e/ autrefois donne p\r de l'or4 ,amant ou p\x1 le comte russe l'a possde4 ,elle aura bi5 une t5tation dans sa vie6 ,att5ds-la4 ,ni v]tueuse ni fautive1 cette femme vivait lo9 de l'humanit1 dans une sphre elle1 enf] ou p>adis4 ,ce my/re femelle vtu de ca*emire et de brod]ies mettait en jeu dans mon cur t\s les s5tim5ts huma9s1 orgueil1 ambition1 am\r1 curiosit4 ,un caprice de la mode1 ou cette envie de p>atre orig9al qui n\s p\rsuit t\s1 avait am5 la manie de vant] un petit spectacle du b\lev>d4 ,la comtesse tmoigna le dsir de voir la figure enf>9e d'un acteur qui faisait les dlices de quelques g5s d'esprit1 et j'obt9s l'honneur de la conduire la premire reprs5tation de je ne sais quelle mauvaise f>ce4 ,la loge cotait pe9e c5t s\s1 je ne possdais pas un tratre li>d4 ,ayant encore un demi-volume de mmoires crire1 je n'osais pas all] m5di] un sec\rs ,f9ot1 et ,ra/ignac1 ma provid5ce1 tait abs5t4 ,cette gne con/ante malficiait t\te ma vie4 ,une fois1 au sortir des ,b\ffons1 p> une horrible pluie1 ,fdora m'avait fait avanc] une voiture sans que je ne pusse me s\/raire son obligeance de p>ade3 elle n'admit aucune de mes excuses1 ni mon gt p\r la pluie1 ni mon envie d'all] au jeu4 ,elle ne dev9ait mon indig5ce ni dans l'emb>ras de mon ma9ti51 ni dans mes p>oles tri/em5t plaisantes4 ,mes yeux r\gissai5t1 mais compr5ait-elle un reg>d8 ,la vie des jeunes g5s e/ s\mise de s+uli]s caprices6 ,p5dant le voyage1 *aque t\r de r\e rveilla des p5ses qui me brlr5t le cur2 j'essayai de dta*] une plan*e au fond de la voiture en esprant gliss] sur le pav2 mais r5contrant des ob/acles inv9cibles1 je me pris rire convulsivem5t et demeurai dans un calme morne1 hbt comme un homme au c>can4 ,a mon arrive au logis1 aux premi]s mots que je balbutiai1 ,paul9e m'int]rompit en disant3--,si v\s n'avez pas de monnaie444 ,ah6 la musique de ,ross9i n'tait ri5 auprs de ces p>oles4 ,mais rev5ons aux ,funambules4 ,p\r p\voir y conduire la comtesse1 je p5sai mettre en gage le c]cle d'or dont le portrait de ma mre tait ent\r4 ,quoique le ,mont-de-,pit se ft t\j\rs dess9 dans ma p5se comme une des portes du bagne1 il valait encore mieux y port] mon lit moi-mme que de sollicit] une aumne4 ,le reg>d d'un homme qui v\s dem&ez de l'arg5t fait tant de mal6 ,c]ta9s emprunts n\s cot5t notre honneur1 comme c]ta9s refus prononcs p> une b\*e amie n\s enlv5t une d]nire illusion4 ,paul9e travaillait1 sa mre tait c\*e4 ,jetant un reg>d furtif sur le lit dont les rideaux tai5t lgrem5t relevs1 je crus madame ,gaud9 pr(ondm5t endormie1 en ap]cevant au milieu de l'ombre son pr(il calme et jaune imprim sur l'oreill]4--,v\s avez du *agr91 me dit ,paul9e1 qui posa son p9ceau sur son coloriage4--,ma pauvre enfant1 v\s p\vez me r5dre un gr& s]vice1 lui rpondis-je4 ,elle me reg>da d'un air si heureux que je tressaillis4--,m'aim]ait-elle8 p5sai-je4--,paul9e8 repris-je4 ,et je m'assis prs d'elle p\r la bi5 tudi]4 ,elle me dev9a1 tant mon acc5t tait int]rogateur2 elle baissa les yeux1 et je l'exam9ai1 croyant p\voir lire dans son cur comme dans le mi51 tant sa physionomie tait nave et pure4 --,v\s m'aimez8 lui dis-je4 --,un peu1 passionnm5t1 pas du t\t1 s'cria-t-elle4 ,elle ne m'aimait pas4 ,son acc5t moqueur et la g5tillesse du ge/e qui lui *appa peignai5t seulem5t une foltre reconnaissance de jeune fille4 ,je lui av\ai donc ma dtresse1 l'emb>ras dans lequel je me tr\vais1 et la priai de m'aid]4--,comm5t1 monsieur ,raphal1 dit-elle1 v\s ne v\lez pas all] au ,mont-de-,pit1 et v\s m'y envoyez6 ,je r\gis1 confondu p> la logique d'un enfant4 ,elle me prit alors la ma9 comme si elle et v\lu comp5s] p> une c>esse la vrit de son exclamation4 ,oh6 j'irais bi51 dit-elle1 mais la c\rse e/ inutile4 ,ce mat91 j'ai tr\v d]rire le piano deux pices de c5t s\s qui s'tai5t glisses votre insu entre le mur et la b>re1 et je les ai mises sur votre table4--,v\s devez bi5tt recevoir de l'arg5t1 monsieur ,raphal1 me dit la bonne mre1 qui montra sa tte entre les rideaux2 je puis bi5 v\s prt] quelques cus en att5dant4--,oh6 ,paul9e1 m'criai-je en lui s]rant la ma91 je v\drais tre ri*e4--,bah6 p\rquoi8 dit-elle d'un air mut94 ,sa ma9 tremblant dans la mi5ne rpondait t\s les battem5ts de mon cur2 elle retira vivem5t ses doigts1 exam9a les mi5s3--,v\s p\s]ez une femme ri*e6 dit-elle1 mais elle v\s donn]a bi5 du *agr94 ,ah6 ,dieu6 elle v\s tu]a4 ,j'en suis sre4 ,il y avait dans son cri une sorte de croyance aux folles sup]/itions de sa mre4--,v\s tes bi5 crdule1 ,paul9e6--,oh6 bi5 c]ta9em5t6 dit-elle en me reg>dant avec t]reur1 la femme que v\s aim]ez v\s tu]a4 ,elle reprit son p9ceau1 le trempa dans la c\leur en laissant p>atre une vive motion1 et ne me reg>da plus4 ,en ce mom5t1 j'aurais bi5 v\lu croire des *imres4 ,un homme n'e/ pas t\t fait misrable qu& il e/ sup]/itieux4 ,une sup]/ition e/ une esprance4 ,retir dans ma *ambre1 je vis en effet deux nobles cus dont la prs5ce me p>ut inexplicable4 ,au se9 des p5ses confuses du premi] sommeil1 je t*ai de vrifi] mes dp5ses p\r me ju/ifi] cette tr\vaille inespre1 mais je m'endormis p]du dans d'inutiles calculs4 ,le l5dema91 ,paul9e v9t me voir au mom5t o je sortais p\r all] l\] une loge4--,v\s n'avez peut-tre pas assez de dix francs1 me dit en r\gissant cette bonne et aimable fille1 ma mre m'a *>ge de v\s (frir cet arg5t4 ,pr5ez1 pr5ez6 ,elle jeta trois cus sur ma table et v\lut se sauv]2 mais je la ret9s4 ,l'admiration s*a les l>mes qui r\lai5t dans mes yeux3--,paul9e1 lui dis-je1 v\s tes un ange6 ,ce prt me t\*e bi5 mo9s que la pudeur de s5tim5t avec laquelle v\s me l'(frez4 ,je dsirais une femme ri*e1 lgante1 titre2 hlas6 ma9t5ant je v\drais possd] des millions et r5contr] une jeune fille pauvre comme v\s et comme v\s ri*e de cur1 je r5onc]ais une passion fatale qui me tu]a4 ,v\s aurez peut-tre raison4--,assez6 dit-elle4 ,elle s'enfuit1 et sa voix de rossignol1 ses r\lades fra*es ret5tir5t dans l'escali]4--,elle e/ bi5 heureuse de ne pas aim] encore6 me dis-je en p5sant aux tortures que je s\ffrais depuis plusieurs mois4 ,les qu9ze francs de ,paul9e me fur5t bi5 prcieux4 ,fdora1 songeant aux manations populacires de la salle o n\s devions re/] p5dant quelques heures1 regretta de ne pas avoir un b\quet2 j'allai lui *]*] des fleurs2 je lui apportai ma vie et ma =tune4 ,j'eus la fois des remords et des plaisirs en lui donnant un b\quet dont le prix me rvla t\t ce que la galant]ie sup]ficielle en usage dans le monde avait de disp5dieux4 ,bi5tt elle se plaignit de l'odeur un peu trop =te d'un jasm9 du ,mexique1 elle pr\va un intolrable dgt en voyant la salle1 en se tr\vant assise sur de dures banquettes2 elle me repro*a de l'avoir am5e l4 ,quoiqu'elle ft prs de moi1 elle v\lut s'en all]2 elle s'en alla4 ,m'impos] des nuits sans sommeil1 avoir dissip deux mois de mon exi/5ce1 et ne pas lui plaire6 ,jamais ce dmon ne fut ni plus gracieux ni plus ins5sible4 ,p5dant la r\te1 assis prs d'elle dans un troit c\p1 je respirais son s\ffle1 je t\*ais son gant p>fum1 je voyais di/9ctivem5t les trsors de sa beaut1 je s5tais une vapeur d\ce comme l'iris3 t\te la femme et po9t de femme4 ,en ce mom5t1 un trait de lumire me p]mit de voir les pr(ondeurs de cette vie my/rieuse4 ,je p5sai t\t c\p au livre rcemm5t publi p> un pote1 une vraie conception d'arti/e taille dans la /atue de ,polycls4 ,je croyais voir ce mon/re qui1 tantt (fici]1 dompte un *eval f\gueux1 tantt jeune fille se met sa toilette et dsespre ses amants1 amant1 dsespre une vi]ge d\ce et mode/e4 ,ne p\vant plus rs\dre autrem5t ,fdora1 je lui racontai cette hi/oire fanta/ique3 ri5 ne dcela sa ressemblance avec cette posie de l'impossible2 elle s'en amusa de bonne foi1 comme un enfant d'une fable prise aux ,mille et une ,nuits4 ,p\r rsi/] l'am\r d'un homme de mon ge1 la *aleur communicative de cette belle contagion de l'me1 ,fdora doit tre g>de p> quelque my/re1 me dis-je en rev5ant *ez moi4 ,peut-tre1 semblable lady ,delac\r1 e/-elle dvore p> un canc]8 ,sa vie e/ sans d\te une vie artificielle4 ,a cette p5se1 j'eus froid4 ,puis je =mai le projet le plus extravagant et le plus raisonnable en mme temps auquel un amant puisse jamais song]4 ,p\r exam9] cette femme corporellem5t comme je l'avais tudie intellectuellem5t1 p\r la connatre enf9 t\t entire1 je rsolus de pass] une nuit *ez elle1 dans sa *ambre1 son insu4 ,voici comm5t j'excutai cette entreprise1 qui me dvorait l'me comme un dsir de v5geance mord le cur d'un mo9e corse4 ,aux j\rs de rception1 ,fdora runissait une assemble trop nombreuse p\r qu'il ft possible au porti] d'tablir une balance exacte entre les entres et les sorties4 ,sr de p\voir re/] dans la maison sans y caus] de sc&ale1 j'att5dis impatiemm5t la pro*a9e soire de la comtesse4 ,en m'habillant1 je mis dans la po*e de mon gilet un petit canif anglais1 dfaut de poign>d4 ,tr\v sur moi1 cet in/rum5t littraire n'avait ri5 de suspect1 et ne sa*ant jusqu'o me conduirait ma rsolution romanesque1 je v\lais tre arm4 ,lorsque les salons comm5cr5t se remplir1 j'allai dans la *ambre c\*] y exam9] les *oses1 et tr\vai les p]si5nes et les volets f]ms1 ce fut un premi] bonheur2 comme la femme de *ambre p\rrait v5ir p\r dta*] les rideaux draps aux f5tres1 je l*ai leurs embrasses2 je risquais beauc\p en me has>dant a9si faire le mnage p> avance1 mais je m'tais s\mis aux prils de ma situation et les avais froidem5t calculs4 ,v]s m9uit1 je v9s me ca*] dans l'embrasure d'une f5tre4 ,af9 de ne pas laiss] voir mes pi$s1 j'essayai de grimp] sur la pl9! de la bois]ie1 le dos appuy contre le mur1 en me cramponnant l'espagnolette4 ,aprs avoir tudi mon quilibre1 mes po9ts d'appui1 mesur l'espace qui me sp>ait des rideaux1 je p>v9s me famili>is] avec les difficults de ma position1 de manire demeur] l sans tre dc\v]t1 si les crampes1 la t\x et les t]nuem5ts me laissai5t tranquille4 ,p\r ne pas me fatigu] inutilem5t1 je me t9s deb\t en att5dant le mom5t critique p5dant lequel je devais re/] susp5du comme une araigne dans sa toile4 ,la moire blan*e et la m\ssel9e des rideaux =mai5t devant moi de gros plis semblables des tuyaux d'orgue1 o je pratiquai des tr\s avec mon canif af9 de t\t voir p> ces espces de meurtrires4 ,j'ent5dis vaguem5t le murmure des salons1 les rires des causeurs1 leurs clats de voix4 ,ce tumulte vaporeux1 cette s\rde agitation dim9ua p> degrs4 ,quelques hommes v9r5t pr5dre leurs *apeaux placs prs de moi1 sur la commode de la comtesse4 ,qu& ils froissai5t les rideaux1 je frissonnais en p5sant aux di/ractions1 aux has>ds de ces re*]*es faites p> des g5s presss de p>tir et qui furett5t alors p>t\t4 ,j'augurai bi5 de mon entreprise en n'pr\vant aucun de ces malheurs4 ,le d]ni] *apeau fut emport p> un vieil am\reux de ,fdora1 qui se croyant seul reg>da le lit1 et p\ssa un gros s\pir suivi de je ne sais quelle exclamation assez n]gique4 ,la comtesse1 qui n'avait plus aut\r d'elle1 dans le b\doir vois9 de sa *ambre1 que c9q ou six p]sonnes intimes1 leur proposa d'y pr5dre le ?4 ,les calomnies1 p\r lesquelles la socit actuelle a rs]v le peu de croyance qui lui re/e1 se mlr5t alors des pigrammes1 des jugem5ts spirituels1 au bruit des tasses et des cuill]s4 ,sans piti p\r mes rivaux1 ,ra/ignac excitait un rire f\ p> de mordantes saillies4--,monsieur de ,ra/ignac e/ un homme avec lequel il ne faut pas se br\ill]1 dit la comtesse en riant4--,je le crois1 rpondit-il navem5t4 ,j'ai t\j\rs eu raison dans mes ha9es4 ,et dans mes amitis1 aj\ta-t-il4 ,mes ennemis me s]v5t autant que mes amis peut-tre4 ,j'ai fait une tude assez spciale de l'idiome mod]ne et des artifices naturels dont on se s]t p\r t\t attaqu] ou p\r t\t df5dre4 ,l'loqu5ce m9i/rielle e/ un p]fectionnem5t social4 ,un de vos amis e/-il sans esprit8 v\s p>lez de sa probit1 de sa fran*ise4 ,l'ouvrage d'un autre e/-il l\rd8 v\s le prs5tez comme un travail consci5cieux4 ,si le livre e/ mal crit1 v\s en vantez les ides4 ,tel homme e/ sans foi1 sans con/ance1 v\s *appe t\t mom5t8 ,bah6 il e/ sduisant1 pre/igieux1 il *>me4 ,s'agit-il de vos ennemis8 v\s leur jetez la tte les morts et les vivants2 v\s r5v]sez p\r eux les t]mes de votre langage1 et v\s tes aussi p]spicace dc\vrir leurs dfauts que v\s tiez habile mettre en relief les v]tus de vos amis4 ,cette application de la lorgnette la vue morale e/ le secret de nos conv]sations et t\t l'art du c\rtisan4 ,n'en pas us]1 c'e/ v\loir combattre sans armes des g5s b>ds de f] comme des *evali]s bann]ets4 ,et j'en use6 j'en abuse mme quelquefois4 ,aussi me respecte-t-on moi et mes amis1 c>1 d'ailleurs1 mon pe vaut ma langue4 ,un des plus f]v5ts admirateurs de ,fdora1 jeune homme dont l'imp]t95ce tait clbre1 et qui s'en faisait mme un moy5 de p>v5ir1 releva le gant si ddaigneusem5t jet p> ,ra/ignac4 ,il se mit1 en p>lant de moi1 vant] outre mesure mes tal5ts et ma p]sonne4 ,ra/ignac avait oubli ce g5re de mdisance4 ,cet loge s>donique trompa la comtesse qui m'immola sans piti2 p\r amus] ses amis1 elle abusa de mes secrets1 de mes prt5tions et de mes esprances4--,il a de l'av5ir1 dit ,ra/ignac4 ,peut-tre s]a-t-il un j\r homme pr5dre de cruelles revan*es3 ses tal5ts gal5t au mo9s son c\rage2 aussi reg>d-je comme bi5 h>dis ceux qui s'attaqu5t lui1 c> il a de la mmoire444--,et fait des mmoires1 dit la comtesse1 qui p>ut dplaire le pr(ond sil5ce qui rgna4--,des mmoires de fausse comtesse1 madame1 rpliqua ,ra/ignac4 ,p\r les crire1 il faut avoir une autre sorte de c\rage4--,je lui crois beauc\p de c\rage1 reprit-elle1 il m'e/ fidle4 ,il me prit une vive t5tation de me montr] s\da9 aux rieurs comme l'ombre de ,banquo dans ,macbe?4 ,je p]dais une matresse1 mais j'avais un ami6 ,cep5dant l'am\r me s\ffla t\t c\p un de ces l*es et subtils p>adoxes avec lesquels il sait endormir t\tes nos d\leurs4 ,si ,fdora m'aime1 p5s-je1 ne doit-elle pas dissimul] son affection s\s une plaisant]ie malicieuse8 ,combi5 de fois le cur n'a-t-il pas dm5ti les m5songes de la b\*e8 ,enf9 bi5tt mon imp]t95t rival1 re/ seul avec la comtesse1 v\lut p>tir4--,eh quoi6 dj8 lui dit-elle avec un son de voix ple9 de cl9]ies et qui me fit palpit]4 ,ne me donn]ez-v\s pas encore un mom5t8 ,n'avez-v\s donc plus ri5 me dire1 et ne me sacrifi]ez-v\s po9t quelques-uns de vos plaisirs8 ,il s'en alla4--,ah6 s'cria-t-elle en billant1 ils sont t\s bi5 ennuyeux6 ,et tirant avec =ce un cordon1 le bruit d'une sonnette ret5tit dans les app>tem5ts4 ,la comtesse r5tra dans sa *ambre en fr$onnant une phrase du ,pria *e spunti4 ,jamais p]sonne ne l'avait ent5due *ant]1 et ce mutisme donnait lieu de biz>res int]prtations4 ,elle avait1 dit-on1 promis son premi] amant1 *>m de ses tal5ts et jal\x d'elle p> del le tombeau1 de ne donn] p]sonne un bonheur qu'il v\lait avoir gt seul4 ,je t5dis les =ces de mon me p\r aspir] les sons4 ,de note en note la voix s'leva1 ,fdora sembla s'anim]1 les ri*esses de son gosi] se dployr5t1 et cette mlodie prit alors quelque *ose de div94 ,la comtesse avait dans l'organe une cl>t vive1 une ju/esse de ton1 je ne sais quoi d'h>monique et de vibrant qui pntrait1 remuait et *at\illait le cur4 ,les musici5nes sont presque t\j\rs am\reuses4 ,celle qui *antait a9si devait savoir bi5 aim]4 ,la beaut de cette voix fut donc un my/re de plus dans une femme dj si my/rieuse4 ,je la voyais alors comme je te vois3 elle p>aissait s'c\t] elle-mme et ress5tir une volupt qui lui ft p>ticulire2 elle pr\vait comme une j\issance d'am\r4 ,elle v9t devant la *em9e en a*evant le pr9cipal motif de ce rondo2 mais qu& elle se tut1 sa physionomie *angea1 ses traits se dcomposr5t1 et sa figure exprima la fatigue4 ,elle v5ait d't] un masque2 actrice1 son rle tait f9i4 ,cep5dant l'espce de fltrissure imprime sa beaut p> son travail d'arti/e1 ou p> la lassitude de la soire1 n'tait pas sans *>me4 ,la voil vraie1 me dis-je4 ,elle mit1 comme p\r se *auff]1 un pi$ sur la b>re de bronze qui surmontait le g>de-c5dre1 ta ses gants1 dta*a ses bracelets1 et enleva p>-dessus sa tte une *ane d'or au b\t de laquelle tait susp5due sa cassolette orne de pi]res prcieuses4 ,j'pr\vais un plaisir indicible voir ses m\vem5ts empre9ts de la g5tillesse dont les *attes font preuve en se toilettant au soleil4 ,elle se reg>da dans la glace1 et dit t\t haut d'un air de mauvaise humeur3 ,je n'tais pas jolie ce soir1 mon te9t se fane avec une effrayante rapidit4 ,je devrais peut-tre me c\*] plus tt1 r5onc] cette vie dissipe4 ,mais ,ju/9e se moque-t-elle de moi8 ,elle sonna de n\veau1 la femme de *ambre acc\rut4 ,o logeait-elle8 je ne sais4 ,elle arriva p> un escali] drob4 ,j'tais curieux de l'exam9]4 ,mon imag9ation de pote avait s\v5t incrim9 cette invisible s]vante1 gr&e fille brune1 bi5 faite4--,madame a sonn8--,deux fois1 rpondit ,fdora4 ,vas-tu donc ma9t5ant dev5ir s\rde8--,j'tais faire le lait d'am&es de madame4 ,ju/9e s'ag5\illa1 dfit les co?urnes des s\li]s1 d*aussa sa matresse1 qui non*alamm5t t5due sur un fauteuil ressorts1 au co9 du feu1 billait en se grattant la tte4 ,il n'y avait ri5 que de trs-naturel dans t\s ses m\vem5ts1 et nul symptme ne me rvla ni les s\ffrances secrtes1 ni les passions que j'avais supposes4--,georges e/ am\reux1 dit-elle1 je le r5v]rai4 ,n'a-t-il pas encore dfait les rideaux ce soir8 quoi p5se-t-il8 ,a cette obs]vation1 t\t mon sang reflua v]s mon cur1 mais il ne fut plus "q des rideaux4--,l'exi/5ce e/ bi5 vide1 reprit la comtesse4 ,ah 6 pr5ds g>de de m'gratign] comme hi]4 ,ti5s1 vois-tu1 dit-elle en lui montrant un petit g5\ sat91 je porte encore la m>que de tes griffes4 ,elle mit ses pi$s nus dans des pant\fles de vel\rs f\rres de cygne1 et dta*a sa robe p5dant que ,ju/9e prit un peigne p\r lui arrang] les *eveux4--,il faut v\s m>i]1 madame1 avoir des enfants4--,des enfants6 il ne me manqu]ait plus que cela p\r m'a*ev]1 s'cria-t-elle4 ,un m>i6 ,quel e/ l'homme auquel je p\rrais me444 tais-je bi5 coiffe ce soir8--,mais1 pas trs-bi54--,tu es une sotte4--,ri5 ne v\s va plus mal que de trop crp] vos *eveux1 reprit ,ju/9e4 ,les grosses b\cles bi5 lisses v\s sont plus avantageuses4--,vraim5t8--,mais oui1 madame1 les *eveux crps clair ne vont bi5 qu'aux blondes4--,me m>i]8 non1 non4 ,le m>iage e/ un trafic p\r lequel je ne suis pas ne4 ,quelle p\vantable scne p\r un amant6 ,cette femme solitaire1 sans p>5ts1 sans amis1 a?e en am\r1 ne croyant aucun s5tim5t2 et quelque faible que ft en elle ce beso9 d'pan*em5t cordial1 naturel t\te crature huma9e1 rduite p\r le satisfaire caus] avec sa femme de *ambre1 dire des phrases s*es ou des ri5s6 j'en eus piti4 ,ju/9e la dlaa4 ,je la contemplai curieusem5t au mom5t o le d]ni] voile s'enleva4 ,elle avait un corsage de vi]ge qui m'bl\it2 trav]s sa *emise et la lueur des b\gies1 son corps blanc et rose t9cela comme une /atue d'arg5t qui brille s\s son enveloppe de gaze4 ,non1 nulle imp]fection ne devait lui faire r$\t] les yeux furtifs de l'am\r4 ,hlas6 un beau corps triomph]a t\j\rs des rsolutions les plus m>tiales4 ,la matresse s'assit devant le feu1 muette et p5sive1 p5dant que la femme de *ambre allumait la b\gie de la lampe d'albtre susp5due devant le lit4 ,ju/9e alla *]*] une bass9oire1 prp>a le lit1 aida sa matresse se c\*]2 puis1 aprs un temps assez long employ p> de m9utieux s]vices qui accusai5t la pr(onde vnration de ,fdora p\r elle-mme1 cette fille p>tit4 ,la comtesse se ret\rna plusieurs fois1 elle tait agite1 elle s\pirait2 ses lvres laissai5t *app] un lg] bruit p]ceptible l'oue et qui indiquait des m\vem5ts d'impati5ce2 elle avana la ma9 v]s la table1 y prit une fiole1 v]sa dans son lait avant de le boire quelques g\ttes d'une liqueur dont je ne di/+uai pas la nature2 enf91 aprs quelques s\pirs pnibles1 elle s'cria3 ,mon ,dieu6 ,cette exclamation1 et surt\t l'acc5t qu'elle y mit1 me brisa le cur4 ,ins5siblem5t elle re/a sans m\vem5t4 ,j'eus peur1 mais bi5tt j'ent5dis ret5tir la respiration gale et =te d'une p]sonne endormie2 j'c>tai la soie cri>de des rideaux1 quittai ma position et v9s me plac] au pi$ de son lit1 en la reg>dant avec un s5tim5t indf9issable4 ,elle tait ravissante a9si4 ,elle avait la tte s\s le bras comme un enfant2 son tranquille et joli visage envelopp de d5telles exprimait une suavit qui m'enflamma4 ,prsumant trop de moi-mme1 je n'avais pas compris mon supplice3 tre si prs et si lo9 d'elle4 ,je fus oblig de subir t\tes les tortures que je m'tais prp>es4 ,mon ,dieu6 ce lambeau d'une p5se inconnue1 que je devais remport] p\r t\te lumire1 avait t\t c\p *ang mes ides sur ,fdora4 ,ce mot insignifiant ou pr(ond1 sans sub/ance ou ple9 de ralits1 p\vait s'int]prt] galem5t p> le bonheur ou p> la s\ffrance1 p> une d\leur de corps ou p> des pe9es4 tait-ce imprcation ou prire1 s\v5ir ou av5ir1 regret ou cra9te8 ,il y avait t\te une vie dans cette p>ole1 vie d'indig5ce ou de ri*esse2 il y t5ait mme un crime6 ,l'nigme ca*e dans ce beau semblant de femme r5aissait1 ,fdora p\vait tre explique de tant de manires qu'elle dev5ait inexplicable4 ,les fantaisies du s\ffle qui passait entre ses d5ts1 tantt faible1 tantt acc5tu1 grave ou lg]1 =mai5t une sorte de langage auquel j'atta*ais des p5ses et des s5tim5ts4 ,je rvais avec elle1 j'esprais m'initi] ses secrets en pntrant dans son sommeil1 je flottais entre mille p>tis contraires1 entre mille jugem5ts4 ,a voir ce beau visage1 calme et pur1 il me fut impossible de refus] un cur cette femme4 ,je rsolus de faire encore une t5tative4 ,en lui racontant ma vie1 mon am\r1 mes sacrifices1 peut-tre p\rrais-je rveill] en elle la piti1 lui arra*] une l>me1 celle qui ne pleurait jamais4 ,j'avais plac t\tes mes esprances dans cette d]nire preuve1 qu& le tapage de la rue m'annona le j\r4 ,il y eut un mom5t o je me reprs5tai ,fdora se rveillant dans mes bras4 ,je p\vais me mettre t\t d\cem5t ses cts1 m'y gliss]1 et l'tre9dre4 ,cette ide me tyrannisa si cruellem5t1 que1 v\lant y rsi/]1 je me sauvai dans le salon sans pr5dre aucune prcaution p\r vit] le bruit2 mais j'arrivai heureusem5t une porte drobe qui donnait sur un petit escali]4 ,a9si que je le prsumai1 la clef se tr\vait la s]rure2 je tirai la porte avec =ce1 je desc5dis h>dim5t dans la c\r1 et sans reg>d] si j'tais vu1 je sautai v]s la rue en trois bonds4 ,deux j\rs aprs1 un auteur devait lire une comdie *ez la comtesse3 j'y allai dans l'int5tion de re/] le d]ni] p\r lui prs5t] une requte assez s+ulire4 ,je v\lais la pri] de m'accord] la soire du l5dema91 et de me la consacr] t\t entire1 en faisant f]m] sa porte4 ,qu& je me tr\vai seul avec elle1 le cur me faillit4 ,*aque battem5t de la p5dule m'p\vantait4 ,il tait m9uit mo9s un qu>t4--,si je ne lui p>le pas1 me dis-je1 il faut me bris] le crne sur l'angle de la *em9e4 ,je m'accordai trois m9utes de dlai1 les trois m9utes se passr5t1 je ne me brisai pas le crne sur le m>bre1 mon cur s'tait al\rdi comme une ponge dans l'eau4--,v\s tes extrmem5t aimable1 me dit-elle4--,ah6 madame1 rpondis-je1 si v\s p\viez me compr5dre6--,qu'avez-v\s8 reprit-elle1 v\s plissez4--,j'hsite rclam] de v\s une grce4 ,elle m'enc\ragea p> un ge/e1 et je lui dem&ai le r5dez-v\s4--,volonti]s1 dit-elle4 ,mais p\rquoi ne me p>l]iez-v\s pas en ce mom5t8--,p\r ne pas v\s tromp]1 je dois v\s montr] l't5due de votre engagem5t1 je dsire pass] cette soire prs de v\s1 comme si n\s tions frre et sur4 ,soyez sans cra9te1 je connais vos antipa?ies2 v\s avez pu m'apprci] assez p\r tre c]ta9e que je ne veux ri5 de v\s qui puisse v\s dplaire2 d'ailleurs1 les audacieux ne procd5t pas a9si4 ,v\s m'avez tmoign de l'amiti1 v\s tes bonne1 ple9e d'indulg5ce4 ,eh6 bi51 sa*ez que je dois v\s dire adieu dema94 ,ne v\s rtractez pas1 m'criai-je en la voyant prte p>l]1 et je disp>us4 ,en mai d]ni]1 v]s huit heures du soir1 je me tr\vai seul avec ,fdora1 dans son b\doir go?ique4 ,je ne tremblai pas alors1 j'tais sr d'tre heureux4 ,ma matresse devait m'app>t5ir1 ou je me rfugiais dans les bras de la mort4 ,j'avais condamn mon l*e am\r4 ,un homme e/ bi5 =t qu& il s'av\e sa faiblesse4 ,vtue d'une robe de ca*emire bleu1 la comtesse tait t5due sur un divan1 les pi$s sur un c\ss94 ,un bret ori5tal1 coiffure que les pe9tres attribu5t aux premi]s ,hbreux1 avait aj\t je ne sais quel piquant attrait d'tranget ses sductions4 ,sa figure tait empre9te d'un *>me fugitif1 qui semblait pr\v] que n\s sommes *aque in/ant des tres n\veaux1 uniques1 sans aucune similitude avec le n\s de l'av5ir et le n\s du pass4 ,je ne l'avais jamais vue aussi clatante4--,savez-v\s1 dit-elle en riant1 que v\s avez piqu ma curiosit8--,je ne la tromp]ai pas1 rpondis-je froidem5t1 en m'asseyant prs d'elle et lui pr5ant une ma9 qu'elle m'ab&onna4 ,v\s avez une bi5 belle voix6--,v\s ne m'avez jamais ent5due1 s'cria-t-elle en laissant *app] un m\vem5t de surprise4--,je v\s pr\v]ai le contraire qu& cela s]a ncessaire4 ,votre *ant dlicieux s]ait-il donc encore un my/re8 ,rassurez-v\s1 je ne veux pas le pntr]4 ,n\s re/mes environ une heure caus] familirem5t4 ,si je pris le ton1 les manires et les ge/es d'un homme auquel ,fdora ne devait ri5 refus]1 j'eus aussi t\t le respect d'un amant4 ,en j\ant a9si1 j'obt9s la faveur de lui bais] la ma92 elle se dganta p> un m\vem5t mignon1 et j'tais alors si voluptueusem5t enfonc dans l'illusion laquelle j'essayais de croire1 que mon me se fondit et s'pan*a dans ce bais]4 ,fdora se laissa flatt]1 c>ess] avec un incroyable ab&on4 ,mais ne m'accuse pas de niais]ie2 si j'avais v\lu faire un pas de plus au del de cette cl9]ie frat]nelle1 j'eusse s5ti les griffes de la *atte4 ,n\s re/mes dix m9utes environ1 plongs dans un pr(ond sil5ce4 ,je l'admirais1 lui prtant des *>mes auxquels elle m5tait4 ,en ce mom5t1 elle tait moi1 moi seul4 ,je possdais cette ravissante crature1 comme il tait p]mis de la possd]1 intuitivem5t2 je l'enveloppai dans mon dsir1 la t9s1 la s]rai1 mon imag9ation l'p\sa4 ,je va9quis alors la comtesse p> la puissance d'une fasc9ation magntique4 ,aussi ai-je t\j\rs regrett de ne pas m'tre entirem5t s\mis cette femme2 mais1 en ce mom5t1 je n'en v\lais pas son corps1 je s\haitais une me1 une vie1 ce bonheur idal et complet1 beau rve auquel n\s ne croyons pas longtemps4--,madame1 lui dis-je enf91 s5tant que la d]nire heure de mon ivresse tait arrive1 c\tez-moi4 ,je v\s aime1 v\s le savez1 je v\s l'ai dit mille fois1 v\s auriez d m'ent5dre4 ,ne v\lant devoir votre am\r ni des grces de fat1 ni des flatt]ies ou des importunits de niais1 je n'ai pas t compris4 ,combi5 de maux n'ai-je pas s\ff]ts p\r v\s1 et dont cep5dant v\s tes innoc5te6 ,mais dans quelques mom5ts v\s me jug]ez4 ,il y a deux misres1 madame3 celle qui va p> les rues effrontm5t en haillons1 qui1 sans le savoir1 recomm5ce ,diogne1 se n\rrissant de peu1 rduisant la vie au simple2 heureuse plus que la ri*esse peut-tre1 ins\ciante du mo9s1 elle pr5d le monde l o les puissants n'en veul5t plus4 ,puis la misre du luxe1 une misre espagnole1 qui ca*e la m5dicit s\s un titre2 fire1 emplume1 cette misre en gilet blanc1 en gants jaunes1 a des c>rosses1 et p]d une =tune faute d'un c5time4 ,l'une e/ la misre du peuple2 l'autre1 celle des escrocs1 des rois et des g5s de tal5t4 ,je ne suis ni peuple1 ni roi1 ni escroc2 peut-tre n'ai-je pas de tal5t3 je suis une exception4 ,mon nom m'ordonne de m\rir plutt que de m5di]4 ,rassurez-v\s1 madame1 je suis ri*e auj\rd'hui1 je possde de la t]re t\t ce qu'il m'en faut1 lui dis-je en voyant sa physionomie pr5dre la froide expression qui se pe9t dans nos traits qu& n\s sommes surpris p> des quteuses de bonne compagnie4 ,v\s s\v5ez-v\s du j\r o v\s avez v\lu v5ir au ,gymnase sans moi1 croyant que je ne m'y tr\v]ais po9t8 ,elle fit un signe de tte affirmatif4 ,j'avais employ mon d]ni] cu p\r all] v\s y voir4 ,v\s rappelez-v\s la prom5ade que n\s fmes au ,j>d9 des ,plantes8 ,votre voiture me cota t\te ma =tune4 ,je lui racontai mes sacrifices1 je lui peignis ma vie1 non pas comme je te la raconte auj\rd'hui1 dans l'ivresse du v91 mais dans la noble ivresse du cur4 ,ma passion dborda p> des mots flamboyants1 p> des traits de s5tim5t oublis depuis1 et que ni l'art1 ni le s\v5ir ne saurai5t reproduire4 ,ce ne fut pas la n>ration sans *aleur d'un am\r dte/1 mon am\r dans sa =ce et dans la beaut de son esprance m'inspira ces p>oles qui projett5t t\te une vie en rptant les cris d'une me d*ire4 ,mon acc5t fut celui des d]nires prires faites p> un m\rant sur le *amp de bataille4 ,elle pleura4 ,je m'arrtai4 ,gr& ,dieu6 ses l>mes tai5t le fruit de cette motion factice a*ete c5t s\s la porte d'un ?tre1 j'avais eu le succs d'un bon acteur4--,si j'avais su1 dit-elle4--,n'a*evez pas1 m'criai-je4 ,je v\s aime encore assez en ce mom5t p\r v\s tu]444 ,elle v\lut saisir le cordon de la sonnette4 ,j'clatai de rire4 ,n'appelez pas1 repris-je4 ,je v\s laiss]ai paisiblem5t a*ev] votre vie4 ,ce s]ait mal ent5dre la ha9e que de v\s tu]6 ,ne craignez aucune viol5ce2 j'ai pass t\te une nuit au pi$ de votre lit1 sans444--,monsieur1 dit-elle en r\gissant2 mais aprs ce premi] m\vem5t donn la pudeur que doit possd] t\te femme1 mme la plus ins5sible1 elle me jeta un reg>d mprisant et me dit3--,v\s avez d avoir bi5 froid6--,croyez-v\s1 madame1 que votre beaut me soit si prcieuse8 lui rpondis-je en dev9ant les p5ses qui l'agitai5t4 ,votre figure e/ p\r moi la promesse d'une me plus belle encore que v\s n'tes belle4 ,eh6 madame1 les hommes qui ne voi5t que la femme dans une femme peuv5t a*et] t\s les soirs des odalisques dignes du srail et se r5dre heureux bas prix6 ,mais j'tais ambitieux1 je v\lais vivre cur cur avec v\s1 avec v\s qui n'avez pas de cur4 ,je le sais ma9t5ant4 ,si v\s deviez tre un homme1 je l'assass9]ais4 ,mais non1 v\s l'aim]iez1 et sa mort v\s f]ait peut-tre de la pe9e4 ,combi5 je s\ffre6 m'criai-je4--,si cette promesse peut v\s consol]1 dit-elle en riant1 je puis v\s assur] que je n'app>ti5drai p]sonne4--,eh6 bi51 repris-je en l'int]rompant1 v\s insultez ,dieu mme1 et v\s en s]ez punie6 ,un j\r1 c\*e sur un divan1 ne p\vant support] ni le bruit ni la lumire1 condamne vivre dans une sorte de tombe1 v\s s\ffrirez des maux in\s4 ,qu& v\s *]*]ez la cause de ces l5tes et v5g]esses d\leurs1 s\v5ez-v\s alors des malheurs que v\s avez si l>gem5t jets sur votre passage6 ,ayant sem p>t\t des imprcations1 v\s tr\v]ez la ha9e au ret\r4 ,n\s sommes les propres juges1 les b\rreaux d'une ju/ice qui rgne ici-bas1 et m>*e au-dessus de celle des hommes1 au-dess\s de celle de ,dieu4--,ah6 dit-elle en riant1 je suis sans d\te bi5 crim9elle de ne pas v\s aim]8 ,e/-ce ma faute8 ,non1 je ne v\s aime pas2 v\s tes un homme1 cela suffit4 ,je me tr\ve heureuse d'tre seule1 p\rquoi *ang]ais-je ma vie1 g/e si v\s v\lez1 contre les caprices d'un matre8 ,le m>iage e/ un sacrem5t en v]tu duquel n\s ne n\s communiquons que des *agr9s4 ,d'ailleurs1 les enfants m'ennui5t4 ,ne v\s ai-je pas loyalem5t prv5u de mon c>actre8 ,p\rquoi ne v\s tes-v\s pas cont5t de mon amiti8 ,je v\drais p\voir consol] les pe9es que je v\s ai causes en ne dev9ant pas le compte de vos petits cus1 j'apprcie l't5due de vos sacrifices2 mais l'am\r peut seul pay] votre dv\em5t1 vos dlicatesses1 et je v\s aime si peu1 que cette scne m'affecte dsagrablem5t4--,je s5s combi5 je suis ridicule1 p>donnez-moi1 lui dis-je avec d\ceur sans p\voir ret5ir mes l>mes4 ,je v\s aime assez1 repris-je1 p\r c\t] avec dlices les cruelles p>oles que v\s prononcez4 ,oh6 je v\drais p\voir sign] mon am\r de t\t mon sang4--,t\s les hommes n\s dis5t plus ou mo9s bi5 ces phrases classiques1 reprit-elle en riant4 ,mais il p>at qu'il e/ trs-difficile de m\rir nos pi$s c> je r5contre de ces morts-l p>t\t4 ,il e/ m9uit1 p]mettez-moi de me c\*]4--,et dans deux heures v\s v\s cri]ez3 ,mon ,dieu6 lui dis-je4--,avant-hi]6 ,oui1 dit-elle en riant1 je p5sais mon ag5t de *ange1 j'avais oubli de lui faire conv]tir mes r5tes de c9q en trois1 et dans la j\rne le trois avait baiss4 ,je la contemplais d'un il t9celant de rage4 ,ah6 quelquefois un crime doit tre t\t un pome1 je l'ai compris4 ,famili>ise sans d\te avec les dcl>ations les plus passionnes1 elle avait dj oubli mes l>mes et mes p>oles4--p\s]iez-v\s un pair de ,france8 lui dem&ais-je froidem5t--,peut-tre1 s'il tait duc4 ,je pris mon *apeau1 je la saluai4 ,p]mettez-moi de v\s accompagn] jusqu' la porte de mon app>tem5t1 dit-elle en mettant une ironie p]ante dans son ge/e1 dans la pose de sa tte et dans son acc5t4--,madame4--,monsieur4--,je ne v\s v]rai plus4--,je l'espre1 rpondit-elle en incl9ant la tte avec une imp]t95te expression4--,v\s v\lez tre du*esse8 repris-je anim p> une sorte de frnsie que son ge/e alluma dans mon cur4 ,v\s tes folle de titres et d'honneurs8 ,eh bi56 laissez-v\s seulem5t aim] p> moi1 dites ma plume de ne p>l]1 ma voix de ne ret5tir que p\r v\s1 soyez le pr9cipe secret de ma vie1 soyez mon toile6 ,puis ne m'acceptez p\r p\x que m9i/re1 pair de ,france1 duc4 ,je me f]ai t\t ce que v\s v\drez que je sois8--,v\s avez1 dit-elle en s\riant1 assez bi5 employ votre temps *ez l'av\1 vos plaidoy]s ont de la *aleur4--,tu z le prs5t1 m'criai-je1 et moi l'av5ir4 ,je ne p]ds qu'une femme1 et tu p]ds un nom1 une famille4 ,le temps e/ gros de ma v5geance1 il t'apport]a la laideur et une mort solitaire1 moi la gloire6--,m]ci de la proraison1 dit-elle en ret5ant un billem5t et tmoignant p> son attitude le dsir de ne plus me voir4 ,ce mot m'imposa sil5ce4 ,je lui jetai ma ha9e dans un reg>d et je m'enfuis4 ,illu/ration3 ,f,,dora tait t5due sur un divan1 les pi$s sur un c\ss92 un bret ori5tal avait aj\t je ne sais quel piquant attrait d'tranget ses sductions4 7,,la ,,peau ,,de ,,*agr947 ,il fallait oubli] ,fdora1 me gurir de ma folie1 repr5dre ma /udieuse solitude ou m\rir4 ,je m'imposai donc des travaux exorbitants1 je v\lus a*ev] mes ouvrages4 ,p5dant qu9ze j\rs1 je ne sortis pas de ma mans>de1 et consumai t\te mes nuits en de ples tudes4 ,malgr mon c\rage et les inspirations de mon dsespoir1 je travaillais difficilem5t et p> saccades4 ,la muse avait fui4 ,je ne p\vais *ass] le fantme brillant et moqueur de ,fdora4 ,*acune de mes p5ses c\vait une autre p5se maladive1 je ne sais quel dsir1 t]rible comme un remords4 ,j'imitai les ana*ortes de la ,?bade4 ,sans pri] comme eux1 comme eux je vivais dans un ds]t1 creusant mon me au lieu de creus] des ro*]s4 ,je me s]ais au beso9 s]r les re9s avec une ce9ture arme de po9tes1 p\r dompt] la d\leur morale p> la d\leur physique4 ,un soir1 ,paul9e pntra dans ma *ambre4--,v\s v\s tuez1 me dit-elle d'une voix suppliante2 v\s devriez sortir1 allez voir vos amis4--,ah6 ,paul9e6 votre prdiction tait vraie4 ,fdora me tue1 je veux m\rir4 ,la vie m'e/ insupportable4--,il n'y a donc qu'une femme dans le monde8 dit-elle en s\riant4 ,p\rquoi mettez-v\s des pe9es inf9ies dans une vie si c\rte8--,je reg>dai ,paul9e avec /upeur4 ,elle me laissa seul4 ,je ne m'tais pas ap]u de sa retraite1 j'avais ent5du sa voix1 sans compr5dre le s5s de ses p>oles4 ,bi5tt je fus oblig de port] le manuscrit de mes mmoires mon entrepr5eur de littrature4 ,proccup p> ma passion1 j'ignorais comm5t j'avais pu vivre sans arg5t1 je savais seulem5t que les quatre c5t c9quante francs qui m'tai5t dus suffirai5t pay] mes dettes2 j'allais donc *]*] mon salaire1 et je r5contrai ,ra/ignac1 qui me tr\va *ang1 maigri4--,de quel hpital sors-tu8 me dit-il4--,cette femme me tue1 rpondis-je4 ,je ne puis ni la mpris] ni l'oubli]4--,il vaux mieux la tu]1 tu n'y song]as peut-tre plus1 s'cria-t-il en riant4--,j'y ai bi5 p5s1 rpondis-je4 ,mais si p>fois je rafra*is mon me p> l'ide d'un crime1 viol ou assass9at1 et les deux ensemble1 je me tr\ve incapable de le commettre en ralit4 ,la comtesse e/ un admirable mon/re qui dem&]ait grce1 et n'e/ pas ,o!llo qui veut6 --,elle e/ comme t\tes les femmes que n\s ne p\vons pas avoir1 dit ,ra/ignac en m'int]rompant4--,je suis f\1 m'criai-je4 ,je s5s la folie rugir p> mom5ts dans mon c]veau4 ,mes ides sont comme des fantmes1 elles dans5t devant moi sans que je puisse les saisir4 ,je prfre la mort cette vie4 ,aussi *]*-je avec consci5ce le meilleur moy5 de t]m9] cette lutte4 ,il ne s'agit plus de la ,fdora vivante1 de la ,fdora du faub\rg ,sa9t-,honor1 mais de ma ,fdora1 de celle qui e/ l1 dis-je en me frappant le front4 ,que p5ses-tu de l'opium8--,bah6 des s\ffrances atroces1 rpondit ,ra/ignac4--,l'asphyxie8--,canaille6--,l a ,se9e8--,les filets et la ,morgue sont bi5 sales4--,un c\p de pi/olet8--,et si tu te manques1 tu re/es dfigur4 c\te1 reprit-il1 j'ai comme t\s les jeunes g5s mdit sur les suicides4 ,qui de n\s1 tr5te ans1 ne s'e/ pas tu deux ou trois fois8 ,je n'ai ri5 tr\v de mieux que d'us] l'exi/5ce p> le plaisir4 ,plonge-toi dans une dissolution pr(onde1 ta passion ou toi1 v\s y prirez4 ,l'intemprance1 mon *]1 e/ la re9e de t\tes les morts4 ,ne comm&e-t-elle pas l'apoplexie f\droyante8 ,l'apoplexie e/ un c\p de pi/olet qui ne n\s manque po9t4 ,les orgies n\s prodigu5t t\s les plaisirs physiques1 n'e/-ce pas l'opium en petite monnaie8 ,en n\s =ant de boire outrance1 la dbau*e porte de mortels dfis au v94 ,le tonneau de malvoisie du duc de ,cl>5ce n'a-t-il pas meilleur gt que les b\rbes de la ,se9e8 ,qu& n\s tombons noblem5t s\s la table1 n'e/-ce pas une petite asphyxie priodique6 ,si la patr\ille n\s ramasse1 en re/ant t5dus sur les lits froids des corps-de-g>de1 ne j\issons-n\s pas des plaisirs de la ,morgue1 mo9s les v5tres enfls1 turgides1 bleus1 v]ts1 plus l'intellig5ce de la crise8 ,ah6 reprit-il1 ce long suicide n'e/ pas une mort d'pici] en faillite4 ,les ngociants ont d%onor la rivire1 ils se jett5t l'eau p\r att5drir leurs cranci]s4 ,a ta place1 je t*]ais de m\rir avec lgance4 ,si tu veux crer un n\veau g5re de mort en te dbattant a9si contre la vie1 je suis ton second4 ,je m'ennuie1 je suis dsappo9t4 ,ma veuve me fait du plaisir un vrai bagne4 ,d'ailleurs1 j'ai dc\v]t qu'elle a six doigts au pi$ gau*e1 je ne puis pas vivre avec une femme qui a six doigts6 cela se saurait1 je devi5drais ridicule4 ,elle n'a que dix-huit mille francs de r5te1 sa =tune dim9ue et ses doigts augm5t5t4 ,au diable6 ,en m5ant une vie enrage1 peut-tre tr\v]ons-n\s le bonheur p> has>d4 ,ra/ignac m'entrana4 ,ce projet faisait brill] de trop =tes sductions1 il rallumait trop d'esprances1 enf9 il avait une c\leur trop potique p\r ne pas plaire un pote4--,et de l'arg5t8 lui dis-je4--,n'z-tu pas quatre c5t c9quante francs8--,oui1 mais je dois mon tailleur1 mon htesse4 --,tu paies ton tailleur8 tu ne s]as jamais ri51 pas mme m9i/re4--,mais que p\vons-n\s avec v+t l\is8--,all] au jeu4--,je frissonnai4--,ah6 reprit-il en s'ap]cevant de ma prud]ie1 tu veux te lanc] dans ce que je nomme le ,sy/me dissipationnel1 et tu z peur d'un tapis v]t6--c\te1 lui rpondis-je1 j'ai promis mon pre de ne jamais mettre le pi$ dans une maison de jeu4 ,non-seulem5t cette promesse e/ sacre1 mais encore j'pr\ve une horreur inv9cible en passant devant un tripot2 pr5ds mes c5t cus1 et vas-y seul4 ,p5dant que tu risqu]as notre =tune j'irai mettre mes affaires en ordre1 et revi5drai t'att5dre *ez toi4 ,voil1 mon *]1 comm5t je me p]dis4 ,il suffit un jeune homme de r5contr] une femme qui ne l'aime pas1 ou une femme qui l'aime trop1 p\r que t\te sa vie soit drange4 ,le bonheur engl\tit nos =ces1 comme le malheur te9t nos v]tus4 ,rev5u mon htel ,sa9t-,qu5t91 je contemplai long-temps la mans>de o j'avais m5 la *a/e vie d'un savant1 une vie qui peut-tre aurait t honorable1 longue1 et que je n'aurais pas d quitt] p\r la vie passionne qui m'entranait dans un g\ffre4 ,paul9e me surprit dans une attitude mlancolique4--,eh6 bi51 qu'avez-v\s8 dit-elle4 ,je me levai froidem5t et comptai l'arg5t que je devais sa mre en y aj\tant le prix de mon loy] p\r six mois4 ,elle m'exam9a avec une sorte de t]reur4--,je v\s quitte1 ma *re ,paul9e4--,je l'ai dev91 s'cria-t-elle4--c\tez1 mon enfant1 je ne r5once pas rev5ir ici4 ,g>dez-moi ma cellule p5dant une demi-anne4 ,si je ne suis pas de ret\r v]s le qu9ze novembre1 v\s hrit]ez de moi4 ,ce manuscrit ca*et1 dis-je en lui montrant un paquet de papi]s1 e/ la copie de mon gr& ouvrage sur la ,volont1 v\s le dpos]ez la ,biblio?que du ,roi4 ,quant t\t ce que je laisse ici1 v\s en f]ez ce que v\s v\drez4 ,elle me jetait des reg>ds qui pesai5t sur mon cur4 ,paul9e tait l comme une consci5ce vivante4--,je n'aurai plus de leons1 dit-elle en me montrant le piano4 ,je ne rpondis pas4--,m'crirez-v\s8--,adieu1 ,paul9e1 ,je l'attirai d\cem5t moi1 puis sur son front d'am\r1 vi]ge comme la neige qui n'a pas t\* t]re1 je mis un bais] de frre1 un bais] de vieill>d4 ,elle se sauva4 ,je ne v\lus pas voir madame ,gaud94 ,je mis ma clef sa place habituelle et p>tis4 ,en quittant la rue de ,cluny1 j'ent5dis d]rire moi le pas lg] d'une femme4--,je v\s avais brod cette b\rse1 la refus]ez-v\s aussi8 me dit ,paul9e4 ,je crus ap]cevoir la lueur du rv]bre une l>me dans les yeux de ,paul9e1 et je s\pirai4 ,p\sss t\s deux p> la mme p5se peut-tre1 n\s n\s sp>mes avec l'empressem5t de g5s qui aurai5t v\lu fuir la pe/e4 ,la vie de dissipation laquelle je me v\ais app>ut devant moi biz>rem5t exprime p> la *ambre o j'att5dais avec une noble ins\ciance le ret\r de ,ra/ignac4 ,au milieu de la *em9e1 s'levait une p5dule surmonte d'une ,vnus accr\pie sur sa tortue1 et qui t5ait entre ses bras un cig>e demi consum4 ,des meubles lgants1 prs5ts de l'am\r1 tai5t p>s4 ,de vieilles *aussettes tranai5t sur un voluptueux divan4 ,le con=table fauteuil ressorts dans lequel j'tais plong portait des cicatrices comme un vieux soldat1 il (frait aux reg>ds ses bras d*irs1 et montrait incru/es sur son dossi] la pommade et l'huile antique apportes p> t\tes les ttes d'amis4 ,l'opul5ce et la misre s'acc\plai5t navem5t dans le lit1 sur les murs1 p>t\t4 ,v\s eussiez dit les palais de ,naples bords de ,lazz>oni4 ,c'tait une *ambre de j\eur ou de mauvais sujet dont le luxe e/ t\t p]sonnel1 qui vit de s5sations1 et des incohr5ces ne se s\cie gure4 ,ce tableau ne manquait pas d'ailleurs de posie4 ,la vie s'y dressait avec ses paillettes et ses haillons1 s\da9e1 incomplte comme elle e/ rellem5t1 mais vive1 mais fantasque comme dans une halte o le m>audeur a pill t\t ce qui fait sa joie4 ,un ,byron auquel manquai5t des pages avait allum la fal\rde du jeune homme qui risque au jeu c5t francs et n'a pas une b*e1 qui c\rt en tilbury sans possd] une *emise sa9e et valide4 ,le l5dema91 une comtesse1 une actrice ou l'c>t lui donn5t un tr\sseau de roi4 ,ici la b\gie tait fi*e dans le f\rreau v]t d'un briquet phosphorique2 l gisait un portrait de femme dp\ill de sa monture d'or cisel4 ,comm5t un jeune homme naturellem5t avide d'motions r5onc]ait-il aux attraits d'une vie aussi ri*e d'oppositions et qui lui donne les plaisirs de la gu]re en temps de paix8 ,j'tais presque ass\pi qu&1 d'un c\p de pi$1 ,ra/ignac enfona la porte de sa *ambre1 et s'cria3--,victoire6 n\s p\rrons m\rir notre aise4 ,il me montra son *apeau ple9 d'or1 le mit sur la table1 et n\s dansmes aut\r comme deux ,cannibales ayant une proie mang]1 hurlant1 trpignant1 sautant1 n\s donnant des c\ps de po+ tu] un rh9ocros1 et *antant l'aspect de t\s les plaisirs du monde cont5us p\r n\s dans ce *apeau4--,v+t-sept mille francs1 rptait ,ra/ignac en aj\tant quelques billets de banque au tas d'or4 ,a d'autres cet arg5t suffirait p\r vivre1 mais n\s suffira-t-il p\r m\rir8 ,oh6 oui1 n\s expir]ons dans un ba9 d'or4 ,h\rra6 ,et n\s cabriolmes d]e*ef4 ,n\s p>tagemes en hriti]s1 pice pice1 comm5ant p> les d\bles napolons1 allant des grosses pices aux petites1 et di/illant notre joie en disant long-temps3 ,a toi4 ,a moi4--,n\s ne dormirons pas1 s'cria ,ra/ignac4 ,joseph1 du pun*6 ,il jeta de l'or son fidle dome/ique3--,voil ta "p1 dit-il1 ent]re-toi si tu peux4 ,le l5dema91 j'a*etai des meubles *ez ,lesage1 je l\ai l'app>tem5t o tu m'z connu1 rue ,taitb\t1 et *>geai le meilleur tapissi] de le dcor]4 ,j'eus des *evaux4 ,je me lanai dans un t\rbillon de plaisirs creux et rels t\t la fois4 ,je j\ais1 gagnais et p]dais t\r t\r d'normes sommes1 mais au bal1 *ez nos amis2 jamais dans les maisons de jeu p\r lesquelles je cons]vai ma sa9te et primitive horreur4 ,ins5siblem5t je me fis des amis4 ,je dus leur atta*em5t des qu]elles ou cette facilit confiante avec laquelle n\s n\s livrons nos secrets en n\s avilissant de compagnie2 mais peut-tre aussi1 ne n\s accro*ons-n\s bi5 que p> nos vices8 ,je has>dai quelques compositions littraires qui me valur5t des complim5ts4 ,les gr&s hommes de la littrature m>*&e1 ne voyant po9t en moi de rival cra9dre1 me vantr5t1 mo9s sans d\te p\r mon mrite p]sonnel que p\r *agr9] celui de leurs cam>ades4 ,je dev9s un viveur1 p\r me s]vir de l'expression pittoresque consacre p> votre langage d'orgie4 ,je mettais de l'am\r-propre me tu] promptem5t1 cras] les plus gais compagnons p> ma v]ve et p> ma puissance4 ,j'tais t\j\rs frais1 lgant4 ,je passais p\r spirituel4 ,ri5 ne trahissait en moi cette p\vantable exi/5ce qui fait d'un homme un entonnoir1 un app>eil *yle1 un *eval de luxe4 ,bi5tt la dbau*e m'app>ut dans t\te la maje/ de son horreur1 et je la compris6 ,c]tes les hommes sages et rangs qui tiquett5t des b\teilles p\r leurs hriti]s ne peuv5t gure concevoir ni la ?orie de cette l>ge vie1 ni son tat normal4 ,en inculqu]ez-v\s la posie aux g5s de prov9ce p\r qui l'opium et le ?1 si prodigues de dlices1 ne sont encore que deux mdicam5ts8 ,a ,p>is mme1 dans cette capitale de la p5se1 ne se r5contre-t-il pas des syb>ites incomplets8 ,inhabiles support] l'excs du plaisir1 ne s'en vont-ils pas fatigus aprs une orgie1 comme le sont ces bons b\rgeois qui1 aprs avoir ent5du quelque n\vel opra de ,ross9i1 condamn5t la musique8 ,ne r5onc5t-ils pas cette vie1 comme un homme sobre ne veut plus mang] de pts de ,ruffec1 p>ce que le premi] lui a donn une indige/ion8 ,la dbau*e e/ c]ta9em5t un art comme la posie1 et veut des mes =tes4 ,p\r en saisir les my/res1 p\r en sav\r] les beauts1 un homme doit en quelque sorte s'adonn] de consci5cieuses tudes4 ,comme t\tes les sci5ces1 elle e/ d'abord rep\ssante1 p9euse4 ,d'imm5ses ob/acles environn5t les gr&s plaisirs de l'homme1 non ses j\issances de dtail1 mais les sy/mes qui rig5t en habitude ses s5sations les plus r>es1 les rsum5t1 les lui f]tilis5t en lui crant une vie dramatique dans sa vie1 en ncessitant une exorbitante1 une prompte dissipation de ses =ces4 ,la ,gu]re1 le ,p\voir1 les ,arts1 sont des corruptions mises aussi lo9 de la porte huma9e1 aussi pr(ondes que l'e/ la dbau*e1 et t\tes sont de difficile accs4 ,mais qu& une fois l'homme e/ mont l'assaut de ces gr&s my/res1 ne m>*e-t-il pas dans un monde n\veau4 ,les gnraux1 les m9i/res1 les arti/es sont t\s plus ou mo9s ports v]s la dissolution p> le beso9 d'oppos] de viol5tes di/ractions leur exi/5ce si =t en dehors de la vie commune4 ,aprs t\t1 la gu]re e/ la dbau*e du sang1 comme la politique e/ celle des intrts3 t\s les excs sont frres4 ,ces mon/ruosits sociales possd5t la puissance des abmes1 elles n\s attir5t comme ,sa9te-,hlne appelait ,napolon2 elles donn5t des v]tiges1 elles fasc95t1 et n\s v\lons en voir le fond sans savoir p\rquoi4 ,la p5se de l'inf9i exi/e peut-tre dans ces prcipices1 peut-tre r5f]m5t-ils quelque gr&e flatt]ie p\r l'homme2 n'intresse-t-il pas alors t\t lui-mme8 ,p\r contra/] avec le p>adis de ses heures /udieuses1 avec les dlices de la conception1 l'arti/e fatigu dem&e1 soit comme ,dieu le repos du diman*e1 soit comme le ,diable les volupts de l'enf]1 af9 d'oppos] le travail des s5s au travail de ses facults4 ,le dlassem5t de "l ,byron ne p\vait pas tre le bo/on babill>d qui *>me un r5ti]3 pote1 il v\lait la ,grce j\] contre ,mahm\d4 ,en gu]re1 l'homme ne devi5t-il pas un ange ext]m9ateur1 une espce de b\rreau1 mais gigantesque4 ,ne faut-il pas des en*antem5ts bi5 extraord9aires p\r n\s faire accept] ces atroces d\leurs1 ennemies de notre frle enveloppe1 qui ent\r5t les passions comme d'une ence9te p9euse8 ,s'il se r\le convulsivem5t et s\ffre une sorte d'agonie aprs avoir abus du tabac1 le fumeur n'a-t-il pas assi/ je ne sais en quelles rgions de dlicieuses ftes8 ,sans se donn] le temps d'essuy] ses pi$s qui tremp5t dans le sang jusqu' la *eville1 l',europe n'a-t-elle pas sans cesse recomm5c la gu]re8 ,l'homme en masse a-t-il donc aussi son ivresse1 comme la nature a ses accs d'am\r6 ,p\r l'homme priv1 p\r le ,mirabeau qui vgte s\s un rgne paisible et rve des temptes1 la dbau*e compr5d t\t2 elle e/ une p]ptuelle tre9te de t\te la vie1 ou mieux1 un duel avec une puissance inconnue1 avec un mon/re3 d'abord le mon/re p\vante1 il faut l'attaqu] p> les cornes1 c'e/ des fatigues in\es2 la nature v\s a donn je ne sais quel e/omac troit ou p>esseux8 v\s le domptez1 v\s l'l>gissez1 v\s appr5ez port] le v91 v\s apprivoisez l'ivresse1 v\s passez les nuits sans sommeil1 v\s v\s faites enf9 un tempram5t de colonel de cuirassi]s1 en v\s crant v\s-mme une seconde fois1 comme p\r frond] ,dieu6 ,qu& l'homme s'e/ a9si mtamorphos1 qu&1 vieux soldat1 le nophyte a faonn son me l'artill]ie1 ses jambes la m>*e1 sans encore app>t5ir au mon/re1 mais sans savoir entre eux quel e/ le matre1 ils se r\l5t l'un sur l'autre1 tantt va9queurs1 tantt va9cus1 dans une sphre o t\t e/ m]veilleux1 o s'endorm5t les d\leurs de l'me1 o reviv5t seulem5t des fantmes d'ides4 ,dj cette lutte atroce e/ dev5ue ncessaire4 ,ralisant ces fabuleux p]sonnages qui1 selon les lg5des1 ont v5du leur me au diable p\r en obt5ir la puissance de mal faire1 le dissipateur a troqu sa mort contre t\tes les j\issances de la vie1 mais abondantes1 mais fcondes6 ,au lieu de c\l] long-temps entre deux rives monotones1 au fond d'un ,comptoir ou d'une tude1 l'exi/5ce b\illonne et fuit comme un torr5t4 ,enf9 la dbau*e e/ sans d\te au corps ce que sont l'me les plaisirs my/iques4 ,l'ivresse v\s plonge en des rves dont les fantasmagories sont aussi curieuses que peuv5t l'tre celles de l'extase4 ,v\s avez des heures ravissantes comme les caprices d'une jeune fille1 des caus]ies dlicieuses avec des amis1 des mots qui peign5t t\te une vie1 des joies fran*es et sans arrire-p5se1 des voyages sans fatigue1 des pomes dr\ls en quelques phrases4 ,la brutale satisfaction de la bte au fond de laquelle la sci5ce a t *]*] une me1 e/ suivie de torpeurs en*ant]esses aprs lesquelles s\pir5t les hommes ennuys de leur intellig5ce4 ,ne s5t5t-ils pas t\s la ncessit d'un repos complet1 et la dbau*e n'e/-elle pas une sorte d'impt que le gnie paie au mal8 ,vois t\s les gr&s hommes3 s'ils ne sont pas voluptueux1 la nature les cre *tifs4 ,moqueuse ou jal\se1 une puissance leur vicie l'me ou le corps p\r neutralis] les ef=ts de leurs tal5ts4 ,p5dant ces heures av9es1 les hommes et les *oses comp>aiss5t devant v\s1 vtus de vos livres4 ,roi de la cration1 v\s la trans=mez vos s\haits4 ,a trav]s ce dlire p]ptuel1 le jeu v\s v]se1 votre gr1 son plomb fondu dans les ve9es4 ,un j\r1 v\s app>t5ez au mon/re1 v\s avez alors1 comme je l'eus1 un rveil enrag3 l'impuissance e/ assise votre *evet4 ,vieux gu]ri]1 une ph?isie v\s dvore2 diplomate1 un anvrisme susp5d dans votre cur la mort un fil2 moi1 peut-tre une pulmonie va me dire3 ,p>tons6 comme elle a dit jadis ,raphal d',urb91 tu p> un excs d'am\r4 ,voil comm5t j'ai vcu6 ,j'arrivais ou trop tt ou trop t>d dans la vie du monde2 sans d\te ma =ce y et t dang]euse si je ne l'avais amortie a9si2 l'univ]s n'a-t-il pas t guri d',alex&re p> la c\pe d',h]cule1 la f9 d'une orgie6 ,enf9 c]ta9es de/9es trompes1 il faut le ciel ou l'enf]1 la dbau*e ou l'hospice du mont ,sa9t-,b]n>d4 ,t\t l'heure je n'avais pas le c\rage de moralis] ces deux cratures1 dit-il en montrant ,euphrasie et ,aquil9a4 ,n'tai5t-elles pas mon hi/oire p]sonnifie1 une image de ma vie6 ,je ne p\vais gure les accus]1 elles m'app>aissai5t comme des juges4 ,au milieu de ce pome vivant1 au se9 de cette t\rdissante maladie1 j'eus cep5dant deux crises bi5 f]tiles en acres d\leurs4 ,d'abord quelques j\rs aprs m'tre jet comme ,s>danapale dans mon b*]1 je r5contrai ,fdora s\s le pri/yle des ,b\ffons4 ,n\s att5dions nos voitures4--,ah6 je v\s retr\ve encore en vie4 ,ce mot tait la traduction de son s\rire1 des malicieuses et s\rdes p>oles qu'elle dit son sigisb en lui racontant sans d\te mon hi/oire1 et jugeant mon am\r comme un am\r vulgaire4 ,elle applaudissait sa fausse p]spicacit4 ,oh6 m\rir p\r elle1 l'ador] encore1 la voir dans mes excs1 dans mes ivresses1 dans le lit des c\rtisanes1 et me s5tir victime de sa plaisant]ie6 ,ne p\voir d*ir] ma poitr9e et y f\ill] mon am\r p\r le jet] ses pi$s4 ,enf91 j'puisai facilem5t mon trsor2 mais trois annes de rgime m'avai5t con/itu la plus robu/e de t\tes les sants1 et le j\r o je me tr\vais sans arg5t1 je me portais m]veille4 ,p\r cont9u] de m\rir1 je signai des lettres de *ange c\rte *ance1 et le j\r du payem5t arriva4 ,cruelles motions6 et comme elles font vivre de jeunes curs6 ,je n'tais pas fait p\r vieillir encore2 mon me tait t\j\rs jeune1 vivace et v]te4 ,ma premire dette ranima t\tes mes v]tus qui v9r5t pas l5ts et m'app>ur5t dsoles4 ,je sus transig] avec elles comme avec ces vieilles tantes qui comm5c5t p> n\s grond] et f9iss5t en n\s donnant des l>mes et de l'arg5t4 ,plus svre1 mon imag9ation me montrait mon nom voyageant1 de ville en ville1 dans les places de l',europe4 ,notre nom1 c'e/ n\s-mmes1 a dit ,eusbe ,salv]te4 ,aprs des c\rses vagabondes1 j'allais1 comme le d\ble d'un ,allem&1 rev5ir mon logis d'o je n'tais pas sorti1 p\r me rveill] moi-mme en sursaut4 ,ces hommes de la banque1 ces remords comm]ciaux1 vtus de gris1 portant la livre de leur matre1 une plaque d'arg5t1 jadis je les voyais avec indiffr5ce qu& ils allai5t p> les rues de ,p>is2 mais auj\rd'hui1 je les hassais p> avance4 ,un mat91 l'un d'eux ne vi5drait-il pas me dem&] raison des onze lettres de *ange que j'avais griffonnes8 ,ma signature valait trois mille francs1 je ne les valais pas moi-mme6 ,les huissi]s aux faces ins\ciantes t\s les dsespoirs1 mme la mort1 se levai5t devant moi1 comme les b\rreaux qui dis5t un condamn3--,voici trois heures et demie qui sonn5t4 ,leurs cl]cs avai5t le droit de s'emp>] de moi1 de griffonn] mon nom1 de le salir1 de s'en moqu]4 ,,je ,,devais6 ,devoir1 e/-ce donc s'app>t5ir8 ,d'autres hommes ne p\vai5t-ils pas me dem&] compte de ma vie8 p\rquoi j'avais mang des pudd+s la *ipolata1 p\rquoi je buvais la glace8 p\rquoi je dormais1 m>*ais1 p5sais1 m'amusais sans les pay]8 ,au milieu d'une posie1 au se9 d'une ide1 ou djeun]1 ent\r d'amis1 de joie1 de d\ces raill]ies1 je p\vais voir entr] un monsieur en habit m>ron1 t5ant la ma9 un *apeau rp4 ,ce monsieur s]a ma dette1 ce s]a ma lettre de *ange1 un spectre qui fltrira ma joie1 me =c]a de quitt] la table p\r lui p>l]2 il m'enlv]a ma gaiet1 ma matresse1 t\t jusqu' mon lit4 ,le remords e/ plus tolrable1 il ne n\s met ni dans la rue ni ,sa9te-,plagie1 il ne n\s plonge pas dans cette excrable s5t9e du vice1 il ne n\s jette qu' l'*afaud o le b\rreau anoblit3 au mom5t de notre supplice1 t\t le monde croit notre innoc5ce2 t&is que la socit ne laisse pas une v]tu au dbau* sans arg5t4 ,puis ces dettes deux pattes1 habilles de drap v]t1 portant des lunettes bleues ou des p>apluies multicolores2 ces dettes inc>nes avec lesquelles n\s n\s tr\vons face face au co9 d'une rue1 au mom5t o n\s s\rions1 ces g5s allai5t avoir l'horrible privilge de dire3--,monsieur de ,val5t9 me doit et ne me paie pas4 ,je le ti5s4 ,ah6 qu'il n'ait pas l'air de me faire mauvaise m9e6 ,il faut salu] nos cranci]s1 les salu] avec grce4 ,qu& me pai]ez-v\s8 dis5t-ils4 ,et n\s sommes dans l'obligation de m5tir1 d'implor] un autre homme p\r de l'arg5t1 de n\s c\rb] devant un sot assis sur sa caisse1 de recevoir son froid reg>d1 son reg>d de sangsue plus odieux qu'un s\fflet1 de subir sa morale de ,b>me et sa crasse ignorance4 ,une dette e/ une uvre d'imag9ation qu'ils ne compr5n5t pas4 ,des lans de l'me entran5t1 subjugu5t s\v5t un emprunteur1 t&is que ri5 de gr& ne subjugue1 ri5 de gnreux ne guide ceux qui viv5t dans l'arg5t et ne connaiss5t que l'arg5t4 ,j'avais horreur de l'arg5t4 ,enf9 la lettre de *ange peut se mtamorphos] en vieill>d *>g de famille1 flanqu de v]tus4 ,je devrais peut-tre un vivant tableau de ,greuze1 un p>alytique environn d'enfants1 la veuve d'un soldat1 qui t\s me t5dront des ma9s suppliantes4 ,t]ribles cranci]s avec lesquels il faut pleur]1 et qu& n\s les avons pays1 n\s leur devons encore des sec\rs4 ,la veille de l'*ance1 je m'tais c\* dans ce calme faux des g5s qui dorm5t avant leur excution1 avant un duel1 ils se laiss5t t\j\rs b]c] p> une m5teuse esprance4 ,mais en me rveillant1 qu& je fus de sang-froid1 qu& je s5tis mon me emprisonne dans le portefeuille d'un banqui]1 c\*e sur des tats1 crite l'encre r\ge1 mes dettes jaillir5t p>t\t comme des saut]elles2 elles tai5t dans ma p5dule1 sur mes fauteuils1 ou incru/es dans les meubles desquels je me s]vais avec le plus de plaisir4 ,dev5us la proie des h>pies du ,*telet1 ces d\x esclaves matriels allai5t donc tre enlevs p> des recors1 et brutalem5t jets sur la place4 ,ah6 ma dp\ille tait encore moi-mme4 ,la sonnette de mon app>tem5t ret5tissait dans mon cur1 elle me frappait o l'on doit frapp] les rois1 la tte4 ,c'tait un m>tyre1 sans le ciel p\r rcomp5se4 ,oui1 p\r un homme gnreux1 une dette e/ l'enf]1 mais l'enf] avec des huissi]s et des ag5ts d'affaires4 ,une dette impaye e/ la bassesse1 un comm5cem5t de friponn]ie1 et pis que t\t cela1 un m5songe6 elle bau*e des crimes1 elle assemble les madri]s de l'*afaud4 ,mes lettres de *ange fur5t prote/es4 ,trois j\rs aprs je les payai2 voici comm5t4 ,un spculateur v9t me propos] de lui v5dre l'le que je possdais dans la ,loire et o tait le tombeau de ma mre4 ,j'acceptai4 ,en signant le contrat *ez le notaire de mon acqureur1 je s5tis au fond de l'tude obscure une fra*eur semblable celle d'une cave4 ,je frissonnai en reconnaissant le mme froid humide qui m'avait saisi sur le bord de la fosse o gisait mon pre4 ,j'accueillis ce has>d comme un fune/e prsage4 ,il me semblait ent5dre la voix de ma mre et voir son ombre2 je ne sais quelle puissance faisait ret5tir vaguem5t mon propre nom dans mon oreille1 au milieu d'un bruit de clo*es6 ,le prix de mon le me laissa1 t\tes dettes payes1 deux mille francs4 ,c]tes1 j'eusse pu rev5ir la paisible exi/5ce du savant1 ret\rn] ma mans>de aprs avoir exprim5t la vie1 y rev5ir la tte ple9e d'obs]vations imm5ses et j\issant dj d'une espce de rputation4 ,mais ,fdora n'avait pas l* sa proie4 ,n\s n\s tions s\v5t tr\vs en prs5ce4 ,je lui faisais corn] mon nom aux oreilles p> ses amants tonns de mon esprit1 de mes *evaux1 de mes succs1 de mes quipages4 ,elle re/ait froide et ins5sible t\t1 mme cette horrible phrase3 ,il se tue p\r v\s6 dite p> ,ra/ignac4 ,je *>geais le monde enti] de ma v5geance1 mais je n'tais pas heureux6 ,en creusant a9si la vie jusqu' la fange1 j'avais t\j\rs s5ti davantage les dlices d'un am\r p>tag1 j'en p\rsuivais le fantme trav]s les has>ds de mes dissipations1 au se9 des orgies4 ,p\r mon malheur1 j'tais tromp dans mes belles croyances1 j'tais puni de mes bi5faits p> l'+ratitude1 rcomp5s de mes fautes p> mille plaisirs4 ,s9i/re philosophie1 mais vraie p\r le dbau*6 ,enf9 ,fdora m'avait communiqu la lpre de sa vanit4 ,en sondant mon me1 je la tr\vai gangr5e1 p\rrie4 ,le dmon m'avait imprim son ergot au front4 ,il m'tait dsormais impossible de me pass] des tressaillem5ts cont9uels d'une vie t\t mom5t risque1 et des excrables raff9em5ts de la ri*esse4 ,ri*e millions1 j'aurais t\j\rs j\1 mang1 c\ru4 ,je ne v\lais plus re/] seul avec moi-mme4 ,j'avais beso9 de c\rtisanes1 de faux amis1 de v91 de bonne *re p\r m't\rdir4 ,les li5s qui atta*5t un homme la famille tai5t briss en moi p\r t\j\rs4 ,galri5 du plaisir1 je devais accomplir ma de/9e de suicide4 ,p5dant les d]ni]s j\rs de ma =tune1 je fis *aque soir des excs incroyables2 mais1 *aque mat91 la mort me rejetait dans la vie4 ,semblable un r5ti] viag]1 j'aurais pu pass] tranquillem5t dans un inc5die4 ,enf9 je me tr\vai seul avec une pice de v+t francs1 je me s\v9s alors du bonheur de ,ra/ignac444 --,h6 h6 s'cria-t-il en p5sant t\t c\p son talisman qu'il tira de sa po*e4 ,soit que1 fatigu des luttes de cette longue j\rne1 il n'et plus la =ce de g\v]n] son intellig5ce dans les flots de v9 et de pun*2 soit qu'exaspr p> l'image de sa vie1 il se ft ins5siblem5t enivr p> le torr5t de ses p>oles1 ,raphal s'anima1 s'exalta comme un homme compltem5t priv de raison4 --,au diable la mort6 s'cria-t-il en br&issant la ,peau4 ,je veux vivre ma9t5ant6 ,je suis ri*e1 j'ai t\tes les v]tus4 ,ri5 ne me rsi/]a4 ,qui ne s]ait pas bon qu& il peut t\t8 ,h6 h6 ,oh6 ,j'ai s\hait deux c5t mille livres de r5te1 je les aurai4 ,saluez-moi1 p\rceaux qui v\s vautrez sur ces tapis comme sur du fumi]6 ,v\s m'app>t5ez1 fameuse proprit6 ,je suis ri*e1 je peux v\s a*et] t\s1 mme le dput qui ronfle l4 ,allons1 canaille de la haute socit1 bnissez-moi6 ,je suis pape4 ,en ce mom5t les exclamations de ,raphal1 jusque-l c\v]tes p> la basse cont9ue des ronflem5ts1 fur5t ent5dues s\da94 ,la plup>t des dormeurs se rveillr5t en criant1 ils vir5t l'int]rupteur mal assur sur ses jambes1 et maudir5t sa bruyante ivresse p> un conc]t de jurem5ts4 --,taisez-v\s6 reprit ,raphal4 ,*i5s1 vos ni*es6 mile1 j'ai des trsors1 je te donn]ai des cig>es de la ,havane4 --,je t'ent5ds1 rpondit le pote1 ,fdora ou la mort6 ,va ton tra96 ,cette sucre de ,fdora t'a tromp4 ,t\tes les femmes sont filles d've4 ,ton hi/oire n'e/ pas du t\t dramatique4 --,ah6 tu dormais1 s\rnois8 --,non6 ,fdora ou la mort1 j'y suis4 --,rveille-toi1 s'cria ,raphal en frappant mile avec la ,peau de *agr9 comme s'il v\lait en tir] du fluide lectrique4 --,tonn]re6 dit mile en se levant et en saisissant ,raphal bras-le-corps1 mon ami1 songe donc que tu es avec des femmes de mauvaise vie4 --,je suis millionnaire4 --,si tu n'es pas millionnaire1 tu es bi5 c]ta9em5t ivre4 --,ivre du p\voir4 ,je peux te tu]6 ,sil5ce1 je suis ,nron6 je suis ,nabu*odonosor4 --,mais1 ,raphal1 n\s sommes en m*ante compagnie1 tu devrais re/] sil5cieux1 p> dignit4 --,ma vie a t un trop long sil5ce4 ,ma9t5ant1 je vais me v5g] du monde enti]4 ,je ne m'amus]ai pas dissip] de vils cus1 j'imit]ai1 je rsum]ai mon poque en consommant des vies huma9es1 et des intellig5ces1 des mes4 ,voil un luxe qui n'e/ pas mesqu91 n'e/-ce pas l'opul5ce de la pe/e6 ,je lutt]ai avec la fivre jaune1 bleue1 v]te1 avec les armes1 avec les *afauds4 ,je puis avoir ,fdora4 ,mais non1 je ne veux pas de ,fdora1 c'e/ ma maladie1 je meurs de ,fdora6 ,je veux oubli] ,fdora4 --,si tu cont9ues cri]1 je t'emporte dans la salle mang]4 --,vois-tu cette ,peau8 c'e/ le te/am5t de ,salomon4 ,il e/ moi1 ,salomon1 ce petit cui/re de roi6 ,j'ai l',arabie1 ,ptre encore4 ,l'univ]s moi4 ,tu es moi1 si je veux4 ,ah6 si je veux1 pr5ds g>de8 ,je peux a*et] t\te ta b\tique de j\rnali/e1 tu s]as mon valet4 ,tu me f]as des c\plets1 tu rgl]as mon papi]4 ,valet6 valet1 cela veut dire3 ,il se porte bi51 p>ce qu'il ne p5se ri54 ,a ce mot1 mile emporta ,raphal dans la salle mang]4 --,eh bi56 oui1 mon ami1 lui dit-il1 je suis ton valet4 ,mais tu vas tre rdacteur en *ef d'un j\rnal1 tais-toi6 sois dc5t1 p> considration p\r moi6 ,m'aimes-tu8 --,si je t'aime6 ,tu auras des cig>es de la ,havane1 avec cette ,peau4 ,t\j\rs la ,peau1 mon ami1 la ,peau s\v]a9e6 ,excell5t topique1 je peux gurir les cors4 ,z-tu des cors8 ,je te les te4 --,jamais je ne l'ai vu si /upide4 --,/upide1 mon ami8 ,non4 ,cette ,peau se rtrcit qu& j'ai un dsir444 c'e/ une antiphrase4 ,le bra*mane1 il se tr\ve un bra*mane l-dess\s6 le bra*mane donc tait un gogu5>d1 p>ce que les dsirs1 vois-tu1 doiv5t t5dre444 --,eh6 bi51 oui4 --,je te dis444 --,oui1 cela e/ trs-vrai1 je p5se comme toi4 ,le dsir t5d444 --,je te dis1 la ,peau6 --,oui4 --,tu ne me crois pas4 ,je te connais1 mon ami1 tu es m5teur comme un n\veau roi4 --,comm5t veux-tu que j'adopte les divagations de ton ivresse8 --,je te p>ie1 je peux te le pr\v]4 ,pr5ons la mesure4 --,allons1 il ne s'endormira pas1 s'cria mile en voyant ,raphal occup furet] dans la salle mang]4 ,val5t9 anim d'une adresse de s+e1 grce cette s+ulire lucidit dont les phnomnes contra/5t p>fois *ez les ivrognes avec les obtuses visions de l'ivresse1 sut tr\v] une critoire et une s]viette1 en rptant t\j\rs3 ,pr5ons la mesure6 ,pr5ons la mesure6 --,eh6 bi51 oui1 reprit mile1 pr5ons la mesure6 ,les deux amis t5dir5t la s]viette et y sup]posr5t la ,peau de *agr94 mile1 dont la ma9 semblait tre plus assure que celle de ,raphal1 dcrivit la plume1 p> une ligne d'encre1 les cont\rs du talisman1 p5dant que son ami lui disait3--,j'ai s\hait deux c5t mille livres de r5te1 n'e/-il pas vrai8 ,eh bi51 qu& je les aurai1 tu v]ras la dim9ution de t\t mon *agr94 --,oui1 ma9t5ant dors4 ,veux-tu que je t'arrange sur ce canap8 ,allons1 es-tu bi58 --,oui1 mon n\rrisson de la ,presse4 ,tu m'amus]as1 tu *ass]as mes m\*es4 ,l'ami du malheur a droit d'tre l'ami du p\voir4 ,aussi1 te donn]ai-je des ci444ga444res de la ,hav444 --,allons1 cuve ton or1 millionnaire4 --,toi1 cuve tes articles4 ,bonsoir4 ,dis-donc bonsoir ,nabu*odonosor8 ,am\r6 ,a boire6 ,france444 gloire et ri*e444 ,ri*e444 ,bi5tt les deux amis unir5t leurs ronflem5ts la musique qui ret5tissait dans les salons4 ,conc]t inutile6 ,les b\gies s'teignir5t une une en faisant clat] leurs bob*es de cri/al4 ,la nuit enveloppa d'un crpe cette longue orgie dans laquelle le rcit de ,raphal avait t comme une orgie de p>oles1 de mots sans ides1 et d'ides auxquelles les expressions avai5t s\v5t manqu4 ,le l5dema91 v]s midi1 la belle ,aquil9a se leva1 billant1 fatigue1 et les j\es m>bres p> les empre9tes du tab\ret en vel\rs pe9t sur lequel sa tte avait repos4 ,euphrasie1 rveille p> le m\vem5t de sa compagne1 se dressa t\t c\p en jetant un cri rauque2 sa jolie figure1 si blan*e1 si fra*e la veille1 tait jaune et ple comme celle d'une fille allant l'hpital4 ,ins5siblem5t les convives se remur5t en p\ssant des gmissem5ts s9i/res1 ils se s5tir5t les bras et les jambes raidis1 mille fatigues div]ses les accablr5t leur rveil4 ,un valet v9t ouvrir les p]si5nes et les f5tres des salons4 ,l'assemble se tr\va sur pi$1 rappele la vie p> les *auds rayons du soleil qui ptilla sur les ttes des dormeurs4 ,les m\vem5ts du sommeil ayant bris l'lgant difice de leurs coiffures et fan leurs toilettes1 les femmes frappes p> l'clat du j\r prs5tr5t un hideux spectacle3 leurs *eveux p5dai5t sans grce1 leurs physionomies avai5t *ang d'expression1 leurs yeux si brillants tai5t t]nis p> la lassitude4 ,les te9ts bilieux qui jett5t tant d'clat aux lumires faisai5t horreur1 les figures lymphatiques1 si blan*es1 si molles qu& elles sont reposes1 tai5t dev5ues v]tes2 les b\*es nagure dlicieuses et r\ges1 ma9t5ant s*es et blan*es1 portai5t les honteux /igmates de l'ivresse4 ,les hommes r5iai5t leurs matresses nocturnes les voir a9si dcolores1 cadavreuses comme des fleurs crases dans une rue aprs le passage des processions4 ,ces hommes ddaigneux tai5t plus horribles encore4 ,v\s eussiez frmi de voir ces faces huma9es1 aux yeux caves et c]ns qui semblai5t ne ri5 voir1 eng\rdies p> le v91 hbtes p> un sommeil gn1 plus fatigant que rp>ateur4 ,ces visages hves o p>aissai5t nu les apptits physiques sans la posie dont les dcore notre me1 avai5t je ne sais quoi de froce et de froidem5t be/ial4 ,ce rveil du vice sans vtem5ts ni f>d1 ce squelette du mal dgu5ill1 froid1 vide et priv des sophismes de l'esprit ou des en*antem5ts du luxe1 p\vanta ces intrpides a?ltes1 quelque habitus qu'ils fuss5t lutt] avec la dbau*e4 ,arti/es et c\rtisanes g>dr5t le sil5ce en exam9ant d'un il hag>d le dsordre de l'app>tem5t o t\t avait t dva/1 ravag p> le feu des passions4 ,un rire satanique s'leva t\t c\p lorsque ,taillef]1 ent5dant le rle s\rd de ses htes1 essaya de les salu] p> une grimace2 son visage en sueur et sangu9ol5t fit plan] sur cette scne inf]nale l'image du crime sans remords4 ,le tableau fut complet4 ,c'tait la vie fangeuse au se9 du luxe1 un horrible mlange des pompes et des misres huma9es1 le rveil de la dbau*e1 qu& de ses ma9s =tes elle a press t\s les fruits de la vie1 p\r ne laiss] aut\r d'elle que d'ignobles dbris ou des m5songes auxquels elle ne croit plus4 ,v\s eussiez dit la ,mort s\riant au milieu d'une famille pe/ifre3 plus de p>fums ni de lumires t\rdissantes1 plus de gaiet ni de dsirs2 mais le dgt avec ses odeurs nausabondes et sa poignante philosophie1 mais le soleil clatant comme la vrit1 mais un air pur comme la v]tu1 qui contra/ai5t avec une atmosphre *aude1 *>ge de miasmes1 les miasmes d'une orgie6 ,malgr leur habitude du vice1 plusieurs de ces jeunes filles p5sr5t leur rveil d'autrefois1 qu& innoc5tes et pures elles entrevoyai5t p> leurs croises *amptres ornes de *vrefeuilles et de roses1 un frais paysage en*ant p> les joyeuses r\lades de l'al\ette1 vaporeusem5t illum9 p> les lueurs de l'aurore et p> des fantaisies de la rose4 ,d'autres se peignir5t le djeun] de la famille1 la table aut\r de laquelle riai5t innocemm5t les enfants et le pre1 o t\t respirait un *>me indf9issable1 o les mets tai5t simples comme les curs4 ,un arti/e songeait la paix de son ateli]1 sa *a/e /atue1 au gracieux modle qui l'att5dait4 ,un jeune homme1 se s\v5ant du procs d'o dp5dait le sort d'une famille1 p5sait la transaction importante qui rclamait sa prs5ce4 ,le savant regrettait son cab9et o l'appelait un noble ouvrage4 ,presque t\s se plaignai5t d'eux-mmes4 ,en ce mom5t1 mile1 frais et rose comme le plus joli des commis-m>*&s d'une b\tique en vogue1 app>ut en riant4 --,v\s tes plus laids que des recors1 s'cria-t-il4 ,v\s ne p\rrez ri5 faire auj\rd'hui2 la j\rne e/ p]due1 m'e/ avis de djeun]4 ,a ces mots1 ,taillef] sortit p\r donn] des ordres4 ,les femmes allr5t languissamm5t rtablir le dsordre de leurs toilettes devant les glaces4 ,*acun se sec\a4 ,les plus vicieux pr*r5t les plus sages4 ,les c\rtisanes se moqur5t de ceux qui p>aissai5t ne pas se tr\v] de =ce cont9u] ce rude fe/94 ,en un mom5t1 ces spectres s'animr5t1 =mr5t des gr\pes1 s'int]rogr5t et s\rir5t4 ,quelques valets habiles et le/es remir5t promptem5t les meubles et *aque *ose sa place4 ,un djeun] spl5dide fut s]vi4 ,les convives se rur5t alors dans la salle mang]4 ,l1 si t\t porta l'empre9te ineffaable des excs de la veille1 au mo9s y eut-il trace d'exi/5ce et de p5se comme dans les d]nires convulsions d'un m\rant4 ,semblable au convoi du m>di-gras1 la saturnale tait ent]re p> des masques fatigus de leurs danses1 ivres de l'ivresse1 et v\lant conva9cre le plaisir d'impuissance p\r ne pas s'av\] la leur4 ,au mom5t o cette intrpide assemble borda la table du capitali/e1 ,c>dot1 qui1 la veille1 avait disp>u prudemm5t aprs le dn]1 p\r f9ir son orgie dans le lit conjugal1 montra sa figure (ficieuse sur laquelle errait un d\x s\rire4 ,il semblait avoir dev9 quelque succession dgu/]1 p>tag]1 inv5tori]1 grossoy]1 une succession ple9e d'actes faire1 grosse d'honoraires1 aussi juteuse que le filet tremblant dans lequel l'amphitryon plongeait alors son c\teau4 --,oh6 oh6 n\s allons djeun] p>-devant notaire1 s'cria de ,cursy4 --,v\s arrivez propos p\r cot] et p>aph] t\tes ces pices1 lui dit le banqui] en lui montrant le fe/94 --,il n'y a pas de te/am5t faire1 mais p\r des contrats de m>iage1 peut-tre6 dit le savant1 qui p\r la premire fois depuis un an s'tait suprieurem5t m>i4 --,oh6 oh6 --,ah6 ah6 --,un in/ant1 rpliqua ,c>dot ass\rdi p> un *ur de mauvaises plaisant]ies1 je vi5s ici p\r affaire srieuse4 ,j'apporte six millions l'un de v\s4 7,sil5ce pr(ond47 ,monsieur1 dit-il en s'adressant ,raphal1 qui1 dans ce mom5t1 s'occupait sans crmonie s'essuy] les yeux avec un co9 de sa s]viette1 madame votre mre n'tait-elle pas une demoiselle ,o',flah>ty8 --,oui1 rpondit ,raphal assez ma*9alem5t1 ,b>be-,m>ie4 --,avez-v\s ici1 reprit ,c>dot1 votre acte de naissance et celui de madame de ,val5t98 --,je le crois4 --,eh bi56 monsieur1 v\s tes seul et unique hriti] du major ,o',flah>ty1 dcd en aot #ahbh1 ,calcutta4 --,bravo1 le major6 s'cria le jugeur4 --,le major ayant dispos p> son te/am5t de plusieurs sommes en faveur de quelques tablissem5ts publics1 sa succession a t rclame la ,compagnie des ,indes p> le g\v]nem5t franais1 reprit le notaire4 ,elle e/ en ce mom5t liquide et palpable4 ,depuis qu9ze j\rs je *]*ais infructueusem5t les ayants cause de la demoiselle ,b>be-,m>ie ,o',flah>ty1 lorsque hi] table444 ,en ce mom5t1 ,raphal se leva s\da9 en laissant *app] le m\vem5t brusque d'un homme qui reoit une blessure4 ,il se fit comme une acclamation sil5cieuse1 le premi] s5tim5t des convives fut dict p> une s\rde envie1 t\s les yeux se t\rnr5t v]s lui comme autant de flammes4 ,puis1 un murmure1 semblable celui d'un p>t]re qui se c\rr\ce1 une rumeur d'meute comm5a1 grossit1 et *acun dit un mot p\r salu] cette =tune imm5se apporte p> le notaire4 ,r5du t\te sa raison p> la brusque obissance du sort1 ,raphal t5dit promptem5t sur la table la s]viette avec laquelle il avait mesur nagure la ,peau de *agr94 ,sans ri5 c\t]1 il y sup]posa le talisman1 et frissonna violemm5t en voyant une assez gr&e di/ance entre le cont\r trac sur le l+e et celui de la ,peau4 --,h bi56 qu'a-t-il donc8 s'cria ,taillef]1 il a sa =tune bon compte4 --,s\ti5s-le1 ,*tillon1 dit ,bixi\ mile1 la joie va le tu]4 ,une horrible pleur dess9a t\s les muscles de la figure fltrie de cet hriti]3 ses traits se contractr5t1 les saillies de son visage blan*ir5t1 les creux dev9r5t sombres1 le masque fut livide1 et les yeux se fixr5t4 ,il voyait la ,,mort4 ,ce banqui] spl5dide ent\r de c\rtisanes fanes1 de visages rassasis1 cette agonie de la joie1 tait une vivante image de sa vie4 ,raphal reg>da trois fois le talisman qui se j\ait l'aise dans les impitoyables lignes imprimes sur la s]viette3 il essayait de d\t]2 mais un clair press5tim5t anantissait son incrdulit4 ,le monde lui app>t5ait1 il p\vait t\t et ne v\lait plus ri54 ,comme un voyageur au milieu du ds]t1 il avait un peu d'eau p\r la soif et devait mesur] sa vie au nombre des gorges4 ,il voyait ce que *aque dsir devait lui cot] de j\rs4 ,puis il croyait la ,peau de *agr91 il s'c\tait respir]1 il se s5tait dj malade1 il se dem&ait3 ,ne suis-je pas pulmonique8 ,ma mre n'e/-elle pas morte de la poitr9e8 --,ah6 ah6 ,raphal1 v\s allez bi5 v\s amus]6 ,que me donn]ez-v\s8 disait ,aquil9a4 --,buvons la mort de son oncle1 le major ,m>t9 ,o',flah>ty6 ,voil un homme4 --,il s]a pair de ,france4 --,bah6 qu'e/-ce qu'un pair de ,france aprs ,juillet8 dit le jugeur4 --,auras-tu loge aux ,b\ffons8 --,j'espre que v\s n\s rgal]ez t\s1 dit ,bixi\4 --,un homme comme lui sait faire gr&em5t les *oses1 dit mile4 ,le h\rra de cette assemble rieuse rsonnait aux oreilles de ,val5t9 sans qu'il pt saisir le s5s d'un seul mot2 il p5sait vaguem5t l'exi/5ce mcanique et sans dsirs d'un paysan de ,bretagne1 *>g d'enfants1 lab\rant son *amp1 mangeant du s>raz91 buvant du cidre mme son pi*1 croyant la ,vi]ge et au roi1 communiant ,pques1 dansant le diman*e sur une pel\se v]te et ne compr5ant pas le s]mon de son recteur4 ,le spectacle (f]t en ce mom5t ses reg>ds1 ces lambris dors1 ces c\rtisanes1 ce repas1 ce luxe1 le pr5ai5t la gorge et le faisai5t t\ss]4 --,dsirez-v\s des asp]ges8 lui cria le banqui]4 --,je ne dsire ri51 lui rpondit ,raphal d'une voix tonnante4 --,bravo6 rpliqua ,taillef]4 ,v\s compr5ez la =tune1 elle e/ un brevet d'imp]t95ce4 ,v\s tes des ntres6 ,messieurs1 buvons la puissance de l'or4 ,monsieur de ,val5t9 dev5u six fois millionnaire arrive au p\voir4 ,il e/ roi1 il peut t\t1 il e/ au-dessus de t\t1 comme sont t\s les ri*es4 ,p\r lui dsormais1 ,,les ,,fran,,ais ,,sont ,,gaux ,,devant ,,la ,,loi e/ un m5songe inscrit en tte du ,code4 ,il n'obira pas aux lois1 les lois lui obiront4 ,il n'y a pas d'*afaud1 pas de b\rreaux p\r les millionnaires6 --,oui1 rpliqua ,raphal1 ils sont eux-mmes leurs b\rreaux6 --,oh6 cria le banqui]1 buvons4 --,buvons1 rpta ,raphal en mettant le talisman dans sa po*e4 --,que fais-tu l8 dit mile en lui arrtant la ma94 ,messieurs1 aj\ta-t-il en s'adressant l'assemble assez surprise des manires de ,raphal1 appr5ez que notre ami de ,val5t91 que dis-je8 ,,monsieur ,,le ,,m>quis ,,de ,,val5t91 possde un secret p\r faire =tune4 ,ses s\haits sont accomplis au mom5t mme o il les =me4 ,a mo9s de pass] p\r un laquais1 p\r un homme sans cur1 il va n\s enri*ir t\s4 --,ah6 mon petit ,raphal1 je veux une p>ure de p]les1 s'cria ,euphrasie4 --,s'il e/ reconnaissant1 il me donn]a deux voitures atteles de beaux *evaux et qui aill5t vite6 dit ,aquil9a4 --,s\haitez-moi c5t mille livres de r5te4 --,des ca*emires6 --,payez mes dettes6 --,envoie une apoplexie mon oncle1 le gr& sec6 --,raphal1 je te ti5s quitte dix mille livres de r5te4 --,que de donations6 s'cria le notaire4 --,il devrait bi5 me gurir de la g\tte4 --,faites baiss] les r5tes1 s'cria le banqui]4 ,t\tes ces phrases p>tir5t comme les g]bes du b\quet qui t]m9e un feu d'artifice1 et ces furieux dsirs tai5t peut-tre plus srieux que plaisants4 --,mon *] ami1 dit mile d'un air grave1 je me cont5t]ai de deux c5t mille livres de r5te2 excute-toi de bonne grce1 allons6 --mile1 dit ,raphal1 tu ne sais donc pas quel prix8 --,belle excuse6 s'cria le pote4 ,ne devons-n\s pas n\s sacrifi] p\r nos amis8 --,j'ai presque envie de s\hait] votre mort t\s1 rpondit ,val5t9 en jetant un reg>d sombre et pr(ond sur les convives4 --,les m\rants sont furieusem5t cruels1 dit mile en riant4 ,te voil ri*e1 aj\ta-t-il srieusem5t1 eh bi56 je ne te donne pas deux mois p\r dev5ir fangeusem5t g/e4 ,tu e/ dj /upide1 tu ne compr5ds pas une plaisant]ie4 ,il ne te manque plus que de croire ta ,peau de *agr94 ,raphal craignit les moqu]ies de cette assemble1 g>da le sil5ce1 b outre mesure et s'enivra p\r oubli] un mom5t sa fune/e puissance4 ,l',,agonie4 ,dans les premi]s j\rs du mois de dcembre1 un vieill>d septuagnaire allait1 malgr la pluie1 p> la rue de ,v>5nes en levant le nez la porte de *aque htel1 et *]*ant l'adresse de monsieur le m>quis ,raphal de ,val5t91 avec la navet d'un enfant et l'air absorb des philosophes4 ,l'empre9te d'un viol5t *agr9 aux prises avec un c>actre despotique clatait sur cette figure accompagne de longs *eveux gris en dsordre1 dess*s comme un vieux p>*em9 qui se tord dans le feu4 ,si quelque pe9tre et r5contr ce s+uli] p]sonnage1 vtu de noir1 maigre et ossu1 sans d\te1 il l'aurait1 de ret\r l'ateli]1 transfigur sur son album1 en inscrivant au-dess\s du portrait3 ,pote classique en qute d'une rime4 ,aprs avoir vrifi le numro qui lui avait t indiqu1 cette vivante pal+nsie de ,roll9 frappa d\cem5t la porte d'un magnifique htel4 --,monsieur ,raphal y e/-il8 dem&a le bonhomme un suisse en livre4 --,monsieur le m>quis ne reoit p]sonne1 rpondit le valet en avalant une norme m\illette qu'il retirait d'un l>ge bol de caf4 --,sa voiture e/ l1 rpondit le vieil inconnu en montrant un brillant quipage arrt s\s le dais de bois qui reprs5tait une t5te de c\til et p> lequel les m>*es du p]ron tai5t abrites4 ,il va sortir1 je l'att5drai4 --,ah6 mon anci51 v\s p\rriez bi5 re/] ici jusqu' dema9 mat91 reprit le suisse4 ,il y a t\j\rs une voiture prte p\r monsieur4 ,mais sortez1 je v\s prie1 je p]drais six c5ts francs de r5te viagre si je laissais une seule fois entr] sans ordre une p]sonne trangre l'htel4 ,en ce mom5t1 un gr& vieill>d dont le co/ume ressemblait assez celui d'un huissi] m9i/riel sortit du ve/ibule et desc5dit prcipitamm5t quelques m>*es en exam9ant le vieux solliciteur bahi4 --,au surplus1 voici monsieur ,jona?as1 dit le suisse4 ,p>lez-lui4 ,les deux vieill>ds1 attirs l'un v]s l'autre p> une sympa?ie ou p> une curiosit mutuelle1 se r5contrr5t au milieu de la va/e c\r d'honneur1 un rond-po9t o croissai5t quelques t\ffes d'h]bes entre les pavs4 ,un sil5ce effrayant rgnait dans cet htel4 ,en voyant ,jona?as1 v\s eussiez v\lu pntr] le my/re qui planait sur sa figure1 et dont t\t p>lait dans cette maison morne2 le premi] so9 de ,raphal1 en recueillant l'imm5se succession de son oncle1 avait t de dc\vrir o vivait le vieux s]viteur dv\ sur l'affection duquel il p\vait compt]4 ,jona?as pleura de joie en revoyant son jeune matre auquel il croyait avoir dit un t]nel adieu2 mais ri5 n'gala son bonheur qu& le m>quis le promut aux m95tes fonctions d'int5dant4 ,le vieux ,jona?as dev9t une puissance int]mdiaire place entre ,raphal et le monde enti]4 ,ordonnateur suprme de la =tune de son matre1 excuteur aveugle d'une p5se inconnue1 il tait comme un sixime s5s trav]s lequel les motions de la vie arrivai5t ,raphal4 --,monsieur1 je dsir]ais p>l] monsieur ,raphal1 dit le vieill>d ,jona?as en montant quelques m>*es du p]ron p\r se mettre l'abri de la pluie4 --,p>l] monsieur le m>quis1 s'cria l'int5dant4 ,a pe9e m'adresse-t-il la p>ole1 moi son pre n\rrici]4 --,mais je suis aussi son pre n\rrici]1 s'cria le vieil homme4 ,si votre femme l'a jadis allait1 je lui ai fait suc] moi-mme le se9 des muses4 ,il e/ mon n\rrisson1 mon enfant1 c>us alumnus6 ,j'ai faonn sa c]velle1 cultiv son ent5dem5t1 dvelopp son gnie1 et j'ose le dire1 mon honneur et gloire4 ,n'e/-il pas un des hommes les plus rem>quables de notre poque8 ,je l'ai eu1 s\s moi1 en sixime1 en troisime et en rhtorique4 ,je suis son pr(esseur4 --,ah6 monsieur e/ monsieur ,porriquet4 --,prcism5t4 ,mais monsieur444 --,*ut1 *ut6 fit ,jona?as deux m>mitons dont les voix rompai5t le sil5ce clau/ral dans lequel la maison tait ensevelie4 --,mais1 monsieur1 reprit le pr(esseur1 monsieur le m>quis s]ait-il malade8 --,mon *] monsieur1 rpondit ,jona?as1 ,dieu seul sait ce qui ti5t mon matre4 ,voyez-v\s1 il n'exi/e pas ,p>is deux maisons semblables la ntre4 ,ent5dez-v\s8 deux maisons4 ,ma foi1 non4 ,monsieur le m>quis a fait a*et] cet htel qui app>t5ait prcdemm5t un duc et pair4 ,il a dp5s trois c5t mille francs p\r le meubl]4 ,voyez-v\s8 c'e/ une somme1 trois c5t mille francs4 ,mais *aque pice de notre maison e/ un vrai miracle4 ,bon6 me suis-je dit en voyant cette magnific5ce1 c'e/ comme *ez dfunt monsieur son pre6 ,le jeune m>quis va recevoir la ville et la c\r6 ,po9t4 ,monsieur n'a v\lu voir p]sonne4 ,il mne une drle de vie1 monsieur ,porriquet1 ent5dez-v\s8 une vie inconciliable4 ,monsieur se lve t\s les j\rs la mme heure4 ,il n'y a que moi1 moi seul1 voyez-v\s8 qui puisse entr] dans sa *ambre4 ,j'ouvre sept heures1 t comme hiv]4 ,cela e/ conv5u s+ulirem5t4 tant entr1 je lui dis3 ,monsieur le m>quis1 il faut v\s rveill] et v\s habill]4 ,il se rveille et s'habille4 ,je dois lui donn] sa robe de *ambre1 t\j\rs faite de la mme faon et de la mme t(fe4 ,je suis oblig de la remplac] qu& elle ne p\rra plus s]vir1 ri5 que p\r lui vit] la pe9e d'en dem&] une neuve4 ,c'te imag9ation6 ,au fait1 il a mille francs mang] p> j\r1 il fait ce qu'il veut1 ce *] enfant4 ,d'ailleurs1 je l'aime tant1 qu'il me donn]ait un s\fflet sur la j\e droite1 je lui t5drais la gau*e6 ,il me dirait de faire des *oses plus difficiles1 je les f]ais encore1 ent5dez-v\s8 ,au re/e1 il m'a *>g de tant de vtilles1 que j'ai de quoi m'occup]4 ,il lit les j\rnaux1 pas vrai8 ,ordre de les mettre au mme endroit1 sur la mme table4 ,je vi5s aussi1 la mme heure1 lui faire moi-mme la b>be et je ne tremble pas4 ,le cuis9i] p]drait mille cus de r5te viagre qui l'att5d5t aprs la mort de monsieur1 si le djeun] ne se tr\vait pas inconciliablem5t s]vi devant monsieur1 dix heures1 t\s les mat9s1 et le dn] c9q heures prcises4 ,le m5u e/ dress p\r l'anne entire1 j\r p> j\r4 ,monsieur le m>quis n'a ri5 s\hait]4 ,il a des fraises qu& il y a des fraises1 et le premi] maqu]eau qui arrive ,p>is1 il le mange4 ,le programme e/ imprim1 il sait le mat9 son dn] p> cur4 ,p\r lors1 il s'habille la mme heure avec les mmes habits1 le mme l+e1 poss t\j\rs p> moi1 ent5dez-v\s8 sur le mme fauteuil4 ,je dois encore veill] ce qu'il ait t\j\rs le mme drap2 en cas de beso91 si sa r$+ote s'abme1 une supposition1 la remplac] p> une autre1 sans lui en dire un mot4 ,s'il fait beau1 j'entre et je dis mon matre3 ,v\s devriez sortir1 monsieur8 ,il me rpond oui1 ou non4 ,s'il a ide de se prom5]1 il n'att5d pas ses *evaux1 ils sont t\j\rs attels2 le co*] re/e inconciliablem5t1 f\et en ma91 comme v\s le voyez l4 ,le soir1 aprs le dn]1 monsieur va un j\r l',opra et l'autre aux ,ital444 mais non1 il n'a pas encore t aux ,itali5s1 je n'ai pu me procur] une loge qu'hi]4 ,puis1 il r5tre onze heures prcises p\r se c\*]4 ,p5dant les int]valles de la j\rne o il ne fait ri51 il lit1 il lit t\j\rs1 voyez-v\s8 une ide qu'il a4 ,j'ai ordre de lire avant lui le ,j\rnal de la librairie1 af9 d'a*et] des livres n\veaux1 af9 qu'il les tr\ve le j\r mme de leur v5te sur sa *em9e4 ,j'ai la consigne d'entr] d'heure en heure *ez lui1 p\r veill] au feu1 t\t1 p\r voir ce que ri5 ne lui manque2 il m'a donn1 monsieur1 un petit livre appr5dre p> cur1 et o sont crits t\s mes devoirs1 un vrai ca?*isme4 ,en t1 je dois1 avec des tas de glace1 ma9t5ir la temprature au mme degr de fra*eur1 et mettre en t\s temps des fleurs n\velles p>t\t4 ,il e/ ri*e8 il a mille francs mang] p> j\r1 il peut faire ses fantaisies4 ,il a t priv assez long-temps du ncessaire1 le pauvre enfant6 ,il ne t\rm5te p]sonne1 il e/ bon comme le bon pa91 jamais il ne dit mot1 mais1 p> exemple1 sil5ce complet l'htel et dans le j>d96 ,enf91 mon matre n'a pas un seul dsir =m]1 t\t m>*e au doigt et l'il1 et recta6 ,et il a raison1 si l'on ne ti5t pas les dome/iques1 t\t va la db&ade4 ,je lui dis t\t ce qu'il doit faire1 et il m'c\te4 ,v\s ne sauriez croire quel po9t il a p\ss la *ose4 ,ses app>tem5ts sont444 en444 en comm5t donc8 ah6 en enfilade4 ,eh bi56 il ouvre1 une supposition1 la porte de sa *ambre ou de son cab9et1 crac6 t\tes les portes s'ouvr5t d'elles-mmes p> un mcanisme4 ,p\r lors1 il peut all] d'un b\t l'autre de sa maison sans tr\v] une seule porte f]me4 ,c'e/ g5til et commode et agrable p\r n\s autres6 a n\s a cot gros p> exemple6 ,enf91 f9alem5t1 monsieur ,porriquet1 il m'a dit3 ,jona?as1 tu auras so9 de moi comme d'un enfant au maillot4 ,au maillot1 oui1 monsieur1 au maillot qu'il a dit4 ,tu p5s]as mes beso9s1 p\r moi4 ,je suis le matre1 ent5dez-v\s8 et il e/ quasim5t le dome/ique4 ,le p\rquoi8 ,ah6 p> exemple1 voil ce que p]sonne au monde ne sait que lui et le bon ,dieu4 ,c'e/ inconciliable6 --,il fait un pome1 s'cria le vieux pr(esseur4 --,v\s croyez1 monsieur1 qu'il fait un pome8 ,c'e/ donc bi5 assujettissant1 a6 ,mais1 voyez-v\s1 je ne crois pas4 ,il me rpte s\v5t qu'il veut vivre comme une v]gtation1 en v]gtant4 ,et pas plus t>d qu'hi]1 monsieur ,porriquet1 il reg>dait une tulipe1 et il disait en s'habillant3 ,voil ma vie4 ,je v]gte1 mon pauvre ,jona?as4 ,a cette heure1 d'autres prt5d5t qu'il e/ monomane4 ,c'e/ inconciliable6 --,t\t me pr\ve1 ,jona?as1 reprit le pr(esseur avec une gravit magi/rale qui imprima un pr(ond respect au vieux valet de *ambre1 que votre matre s'occupe d'un gr& ouvrage4 ,il e/ plong dans de va/es mditations1 et ne veut pas en tre di/rait p> les proccupations de la vie vulgaire4 ,au milieu de ses travaux intellectuels1 un homme de gnie oublie t\t4 ,un j\r le clbre ,newton444 --,ah6 ,newton1 bi51 dit ,jona?as4 ,je ne le connais pas4 --,newton1 un gr& gomtre1 reprit ,porriquet1 passa v+t-quatre heures1 le c\de appuy sur une table2 qu& il sortit de sa rv]ie1 il croyait le l5dema9 tre encore la veille1 comme s'il et dormi4 ,je vais all] le voir1 ce *] enfant1 je peux lui tre utile4 --,m9ute1 s'cria ,jona?as4 ,v\s s]iez le roi de ,france1 l'anci51 s'ent5d6 que v\s n'entr]iez pas mo9s de =c] les portes et de me m>*] sur le corps4 ,mais1 monsieur ,porriquet1 je c\rs lui dire que v\s tes l1 et je lui dem&]ai comme a3 ,faut-il le faire mont]8 ,il rpondra oui ou non4 ,jamais je ne lui dis3 ,s\haitez-v\s8 v\lez-v\s8 dsirez-v\s8 ,ces mots-l sont rays de la conv]sation4 ,une fois il m'en e/ *app un4--,veux-tu me faire m\rir8 m'a-t-il dit1 t\t en colre4 ,jona?as laissa le vieux pr(esseur dans le ve/ibule1 en lui faisant signe de ne pas avanc]2 mais il rev9t promptem5t avec une rponse favorable1 et conduisit le vieil mrite trav]s de somptueux app>tem5ts dont t\tes les portes tai5t ouv]tes4 ,porriquet ap]ut de lo9 son lve au co9 d'une *em9e4 ,envelopp d'une robe de *ambre gr&s dess9s1 et plong dans un fauteuil ressorts1 ,raphal lisait le j\rnal4 ,l'extrme mlancolie laquelle il p>aissait tre en proie tait exprime p> l'attitude maladive de son corps affaiss2 elle tait pe9te sur son front1 sur son visage ple comme une fleur tiole4 ,une sorte de grce effm9e et les biz>r]ies p>ticulires aux malades ri*es di/+uai5t sa p]sonne4 ,ses ma9s1 semblables celles d'une jolie femme1 avai5t une blan*eur molle et dlicate4 ,ses *eveux blonds1 dev5us r>es1 se b\clai5t aut\r de ses tempes p> une coquett]ie re*]*e4 ,une calotte grecque1 entrane p> un gl& trop l\rd p\r le lg] ca*emire dont elle tait faite1 p5dait sur un ct de sa tte4 ,il avait laiss tomb] ses pi$s le c\teau de mala*ite enri*i d'or dont il s'tait s]vi p\r c\p] les feuillets d'un livre4 ,sur ses g5\x tait le bec d'ambre d'un magnifique h\ka de l',inde dont les spirales mailles gisai5t comme un s]p5t dans sa *ambre1 et il oubliait d'en suc] les frais p>fums4 ,cep5dant1 la faiblesse gnrale de son jeune corps tait dm5tie p> des yeux bleus o t\te la vie semblait s'tre retire1 o brillait un s5tim5t extraord9aire qui saisissait t\t d'abord4 ,ce reg>d faisait mal voir4 ,les uns p\vai5t y lire du dsespoir2 d'autres1 y dev9] un combat intrieur1 aussi t]rible qu'un remords4 ,c'tait le c\p d'il pr(ond de l'impuissant qui ref\le ses dsirs au fond de son cur1 ou celui de l'av>e j\issant p> la p5se de t\s les plaisirs que son arg5t p\rrait lui procur]1 et s'y refusant p\r ne pas amo9drir son trsor2 ou le reg>d du ,prom?e en*an1 de ,napolon d*u qui appr5d l'lyse1 en #ahae1 la faute /ratgique commise p> ses ennemis1 qui dem&e le comm&em5t p\r v+t-quatre heures et ne l'obti5t pas4 ,vritable reg>d de conqurant et de damn6 et1 mieux encore1 le reg>d que1 plusieurs mois aup>avant1 ,raphal avait jet sur la ,se9e ou sur sa d]nire pice d'or mise au jeu4 ,il s\mettait sa volont1 son intellig5ce1 au grossi] bon s5s d'un vieux paysan pe9e civilis p> une dome/icit de c9quante annes4 ,presque joyeux de dev5ir une sorte d'automate1 il abdiquait la vie p\r vivre1 et dp\illait son me de t\tes les posies du dsir4 ,p\r mieux lutt] avec la cruelle puissance dont il avait accept le dfi1 il s'tait fait *a/e la manire d',origne1 en *trant son imag9ation4 ,le l5dema9 du j\r o1 s\da9em5t enri*i p> un te/am5t1 il avait vu dcrotre la ,peau de *agr91 il s'tait tr\v *ez son notaire4 ,l1 un mdec9 assez en vogue avait racont srieusem5t1 au dess]t1 la manire dont un ,suisse attaqu de pulmonie s'en tait guri4 ,cet homme n'avait pas dit un mot p5dant dix ans1 et s'tait s\mis ne respir] que six fois p> m9ute dans l'air pais d'une va*]ie1 en suivant un rgime alim5taire extrmem5t d\x4 ,je s]ai cet homme6 se dit en lui-mme ,raphal1 qui v\lait vivre t\t prix4 ,au se9 du luxe1 il m5a la vie d'une ma*9e vapeur4 ,qu& le vieux pr(esseur envisagea ce jeune cadavre1 il tressaillit2 t\t lui semblait artificiel dans ce corps fluet et dbile4 ,en ap]cevant le m>quis l'il dvorant1 au front *>g de p5ses1 il ne put reconnatre l'lve au te9t frais et rose1 aux membres juvniles1 dont il avait g>d le s\v5ir4 ,si le classique bonhomme1 critique sagace et cons]vateur du bon gt1 avait lu "l ,byron1 il aurait cru voir ,manfr$ l o il et v\lu voir ,*ilde-,h>old4 --,bonj\r1 pre ,porriquet1 dit ,raphal son pr(esseur en pressant les doigts glacs du vieill>d dans une ma9 brlante et moite4 ,comm5t v\s portez-v\s8 --,mais moi je vais bi51 rpondit le vieill>d effray p> le contact de cette ma9 fivreuse4 ,et v\s8 --,oh6 j'espre me ma9t5ir en bonne sant4 --,v\s travaillez sans d\te quelque bel ouvrage8 --,non1 rpondit ,raphal4 ,exegi monum5tum1 pre ,porriquet1 j'ai a*ev une gr&e page1 et j'ai dit adieu p\r t\j\rs la sci5ce4 ,a pe9e sais-je o se tr\ve mon manuscrit4 --,le /yle en e/ pur1 sans d\te8 dem&a le pr(esseur4 ,v\s n'aurez pas1 j'espre1 adopt le langage b>b>e de cette n\velle cole qui croit faire m]veille en inv5tant ,rons>d4 --,mon ouvrage e/ une uvre purem5t physiologique4 --,oh6 t\t e/ dit1 reprit le pr(esseur4 ,dans les sci5ces1 la grammaire doit se prt] aux exig5ces des dc\v]tes4 ,nanmo9s1 mon enfant1 un /yle clair1 h>monieux1 la langue de ,massillon1 de ,m4 de ,buffon1 du gr& ,rac9e1 un /yle classique1 enf91 ne gte jamais ri54 ,mais1 mon ami1 reprit le pr(esseur en s'int]rompant1 j'oubliais l'objet de ma visite4 ,c'e/ une visite intresse4 ,se rappelant trop t>d la v]beuse lgance et les loqu5tes priphrases auxquelles un long pr(essorat avait habitu son matre1 ,raphal se rep5tit presque de l'avoir reu2 mais au mom5t o il allait s\hait] de le voir dehors1 il comprima promptem5t son secret dsir en jetant un furtif c\p d'il la ,peau de *agr91 susp5due devant lui et applique sur une t(fe blan*e o ses cont\rs fatidiques tai5t soigneusem5t dess9s p> une ligne r\ge qui l'encadrait exactem5t4 ,depuis la fatale orgie1 ,raphal t\ffait le plus lg] de ses caprices1 et vivait de manire ne pas caus] le mo9dre tressaillem5t ce t]rible talisman4 ,la ,peau de *agr9 tait comme un tigre avec lequel il lui fallait vivre1 sans en rveill] la frocit4 ,il c\ta donc patiemm5t les amplifications du vieux pr(esseur4 ,le pre ,porriquet mit une heure lui racont] les p]scutions dont il tait dev5u l'objet depuis la rvolution de juillet4 ,le bonhomme1 v\lant un g\v]nem5t =t1 avait mis le vu patriotique de laiss] les pici]s leurs comptoirs1 les hommes d'tat au maniem5t des affaires publiques1 les avocats au ,palais1 les pairs de ,france au ,luxemb\rg2 mais un des m9i/res populaires du roi-citoy5 l'avait banni de sa *aire en l'accusant de c>lisme4 ,le vieill>d se tr\vait sans place1 sans retraite et sans pa94 tant la provid5ce d'un pauvre neveu dont il payait la p5sion au sm9aire de ,sa9t-,sulpice1 il v5ait1 mo9s p\r lui-mme que p\r son enfant adoptif1 pri] son anci5 lve de rclam] auprs du n\veau m9i/re1 non sa rintgration1 mais l'emploi de proviseur dans quelque collge de prov9ce4 ,raphal tait en proie une somnol5ce inv9cible1 lorsque la voix monotone du bonhomme cessa de ret5tir ses oreilles4 ,oblig p> politesse de reg>d] les yeux blancs et presque immobiles de ce vieill>d au dbit l5t et l\rd1 il avait t /upfi1 magntis p> une inexplicable =ce d'in]tie4 --,eh6 bi51 mon bon pre ,porriquet1 rpliqua-t-il sans savoir prcism5t quelle int]rogation il rpondait1 je n'y puis ri51 ri5 du t\t4 ,je s\haite bi5 vivem5t que v\s russissiez444 ,en ce mom5t1 sans ap]cevoir l'effet que produisir5t sur le front jaune et rid du vieill>d ces banales p>oles1 ple9es d'gsme et d'ins\ciance1 ,raphal se dressa comme un jeune *evreuil effray4 ,il vit une lgre ligne blan*e entre le bord de la peau noire et le dess9 r\ge2 il p\ssa un cri si t]rible que le pauvre pr(esseur en fut p\vant4 --,allez1 vieille bte6 s'cria-t-il1 v\s s]ez nomm proviseur6 ,ne p\viez-v\s pas me dem&] une r5te viagre de mille cus plutt qu'un s\hait homicide8 ,votre visite ne m'aurait ri5 cot4 ,il y a c5t mille emplois en ,france1 et je n'ai qu'une vie6 ,une vie d'homme vaut plus que t\s les emplois du monde4 ,jona?as6 ,jona?as p>ut4 ,voil de tes uvres1 triple sot1 p\rquoi m'z-tu propos de recevoir monsieur8 dit-il en lui montrant le vieill>d ptrifi4 ,t'ai-je remis mon me entre les ma9s p\r la d*ir]8 ,tu m'arra*es en ce mom5t dix annes d'exi/5ce6 ,encore une faute comme celle-ci1 et tu me conduiras la demeure o j'ai conduit mon pre4 ,n'aurais-je pas mieux aim possd] la belle lady ,dudley que d'oblig] cette vieille c>casse1 espce de haillon huma98 ,j'ai de l'or p\r lui4 ,d'ailleurs1 qu& t\s les ,porriquet du monde m\rrai5t de faim1 qu'e/-ce que cela me f]ait8 ,la colre avait blan*i le visage de ,raphal2 une lgre cume sillonnait ses lvres tremblantes1 et l'expression de ses yeux tait sangu9aire4 ,a cet aspect1 les deux vieill>ds fur5t saisis d'un tressaillem5t convulsif1 comme deux enfants en prs5ce d'un s]p5t4 ,le jeune homme tomba sur son fauteuil2 il se fit une sorte de raction dans son me1 des l>mes c\lr5t abondamm5t de ses yeux flamboyants4 --,oh6 ma vie6 ma belle vie6 dit-il4 ,plus de bi5faisantes p5ses6 plus d'am\r6 plus ri56 ,il se t\rna v]s le pr(esseur4 ,le mal e/ fait1 mon vieil ami1 reprit-il d'une voix d\ce4 ,je v\s aurai l>gem5t rcomp5s de vos so9s4 ,et mon malheur aura1 du mo9s1 produit le bi5 d'un bon et digne homme4 ,il y avait tant d'me dans l'acc5t qui nuana ces p>oles presque in9telligibles1 que les deux vieill>ds pleurr5t comme on pleure en ent5dant un air att5drissant *ant dans une langue trangre4 --,il e/ pileptique1 dit ,porriquet voix basse4 --,je reconnais votre bont1 mon ami1 reprit d\cem5t ,raphal1 v\s v\lez m'excus]4 ,la maladie e/ un accid5t1 l'inhumanit s]ait un vice4 ,laissez-moi ma9t5ant1 aj\ta-t-il4 ,v\s recevrez dema9 ou aprs-dema91 peut-tre mme ce soir1 votre nom9ation1 c> la rsi/ance a triomph du m\vem5t4 ,adieu4 ,le vieill>d se retira1 pntr d'horreur et en proie de vives inquitudes sur la sant morale de ,val5t94 ,cette scne avait eu p\r lui quelque *ose de surnaturel4 ,il d\tait de lui-mme et s'int]rogeait comme s'il se ft rveill aprs un songe pnible4 --c\te1 ,jona?as1 reprit le jeune homme en s'adressant son vieux s]viteur4 ,t*e de compr5dre la mission que je t'ai confie6 --,oui1 monsieur le m>quis4 --,je suis comme un homme mis hors la loi commune4 --,oui1 monsieur le m>quis4 --,t\tes les j\issances de la vie se j\5t aut\r de mon lit de mort et dans5t comme de belles femmes devant moi2 si je les appelle1 je meurs4 ,t\j\rs la mort6 ,tu dois tre une b>rire entre le monde et moi4 --,oui1 monsieur le m>quis1 dit le vieux valet en essuyant les g\ttes de sueur qui *>geai5t son front rid4 ,mais1 si v\s ne v\lez pas voir de belles femmes1 comm5t f]ez-v\s ce soir aux ,itali5s8 ,une famille anglaise qui rep>t p\r ,londres m'a cd le re/e de son abonnem5t1 et v\s avez une belle loge4 ,oh6 une loge sup]be1 aux premires4 ,tomb dans une pr(onde rv]ie1 ,raphal n'c\tait plus4 ,voyez-v\s cette fa/ueuse voiture1 ce c\p simple en dehors1 de c\leur brune1 mais sur les panneaux duquel brille l'cusson d'une antique et noble famille8 ,qu& ce c\p passe rapidem5t1 les grisettes l'admir5t1 en convoit5t le sat9 jaune1 le tapis de la ,savonn]ie1 la passem5t]ie fra*e comme une paille de riz1 les moelleux c\ss9s1 et les glaces muettes4 ,deux laquais en livre se ti5n5t d]rire cette voiture ari/ocratique2 mais au fond1 sur la soie1 gt une tte brlante aux yeux c]ns1 la tte de ,raphal1 tri/e et p5sif4 ,fatale image de la ri*esse6 ,il c\rt trav]s ,p>is comme une fuse1 arrive au pri/yle du ?tre ,fav>t1 le m>*epi$ se dploie1 ses deux valets le s\ti5n5t1 une f\le envieuse le reg>de4 --,qu'a-t-il fait celui-l p\r tre si ri*e8 dit un pauvre tudiant en droit1 qui1 faute d'un cu1 ne p\vait ent5dre les magiques accords de ,ross9i4 ,raphal m>*ait l5tem5t dans les corridors de la salle2 il ne se promettait aucune j\issance de ces plaisirs si =t envis jadis4 ,en att5dant le second acte de la ,semiramide1 il se prom5ait au foy]1 errait trav]s les gal]ies1 ins\ciant de sa loge dans laquelle il n'tait pas encore entr4 ,le s5tim5t de la proprit n'exi/ait dj plus au fond de son cur4 ,semblable t\s les malades1 il ne songeait qu' son mal4 ,appuy sur le manteau de la *em9e1 aut\r de laquelle abondai5t1 au milieu du foy]1 les jeunes et vieux lgants1 d'anci5s et de n\veaux m9i/res1 des pairs sans pairie1 et des pairies sans pair1 telles que les a faites la rvolution de juillet1 enf9 t\t un monde de spculateurs et de j\rnali/es1 ,raphal vit quelques pas de lui1 p>mi t\tes les ttes1 une figure trange et surnaturelle4 ,il s'avana en clignant les yeux =t insolemm5t v]s cet tre biz>re1 af9 de le contempl] de plus prs4 ,quelle admirable pe9ture6 se dit-il4 ,les s\rcils1 les *eveux1 la virgule la ,maz>9 que montrait vaniteusem5t l'inconnu1 tai5t te9ts en noir2 mais1 appliqu sur une *evelure sans d\te trop blan*e1 le cosmtique avait produit une c\leur violtre et fausse dont les te9tes *angeai5t suivant les reflets plus ou mo9s vifs des lumires4 ,son visage troit et plat1 dont les rides tai5t combles p> d'paisses c\*es de r\ge et de blanc1 exprimait la fois la ruse et l'inquitude4 ,cette enlum9ure manquait quelques endroits de la face et faisait s+ulirem5t ressortir sa dcrpitude et son te9t plomb2 aussi tait-il impossible de ne pas rire en voyant cette tte au m5ton po9tu1 au front prom95t1 assez semblable ces grotesques figures de bois sculptes en ,allemagne p> les b]g]s1 p5dant leurs loisirs4 ,en exam9ant t\r t\r ce vieil ,adonis et ,raphal1 un obs]vateur aurait cru reconnatre dans le m>quis les yeux d'un jeune homme s\s le masque d'un vieill>d1 et dans l'inconnu les yeux t]nes d'un vieill>d s\s le masque d'un jeune homme4 ,val5t9 *]*ait se rappel] en quelle circon/ance il avait vu ce petit vieux sec1 bi5 cravat1 bott en adulte1 qui faisait sonn] ses p]ons et se croisait les bras comme s'il avait t\tes les =ces d'une ptulante jeunesse dp5s]4 ,sa dm>*e n'accusait ri5 de gn1 ni d'artificiel4 ,son lgant habit1 soigneusem5t b\tonn1 dguisait une antique et =te *>p5te1 en lui donnant la t\rnure d'un vieux fat qui suit encore les modes4 ,cette espce de p\pe ple9e de vie avait p\r ,raphal t\s les *>mes d'une app>ition1 et il le contemplait comme un vieux ,rembr&t enfum1 rcemm5t re/aur1 v]ni1 mis dans un cadre neuf4 ,cette comp>aison lui fit retr\v] la trace de la vrit dans ses confus s\v5irs3 il reconnut le m>*& de curiosits1 l'homme auquel il devait son malheur4 ,en ce mom5t1 un rire muet *appait ce fanta/ique p]sonnage1 et se dess9ait sur ses lvres froides1 t5dues p> un faux rteli]4 ,a ce rire1 la vive imag9ation de ,raphal lui montra dans cet homme de frappantes ressemblances avec la tte idale que les pe9tres ont donne au ,mphi/ophls de ,g!4 ,mille sup]/itions s'emp>r5t de l'me =te de ,raphal1 il crut alors la puissance du dmon1 t\s les sortilges rapports dans les lg5des du moy5 ge et mises en uvre p> les potes4 ,se refusant avec horreur au sort de ,fau/1 il invoqua s\da9 le ciel1 ayant1 comme les m\rants1 une foi f]v5te en ,dieu1 en la vi]ge ,m>ie4 ,une radieuse et fra*e lumire lui p]mit d'ap]cevoir le ciel de ,mi*el-,ange et de ,sanzio d',urb93 des nuages1 un vieill>d b>be blan*e1 des ttes ailes1 une belle femme assise dans une aurole4 ,ma9t5ant il compr5ait1 il adoptait ces admirables crations dont les fantaisies presque huma9es lui expliquai5t son av5ture et lui p]mettai5t encore un espoir4 ,mais qu& ses yeux retombr5t sur le foy] des ,itali5s1 au lieu de la ,vi]ge1 il vit une ravissante fille1 la dte/able ,euphrasie1 cette danseuse au corps s\ple et lg]1 qui1 vtue d'une robe clatante1 c\v]te de p]les ori5tales1 arrivait impati5te de son vieill>d impati5t1 et v5ait se montr]1 insol5te1 le front h>di1 les yeux ptillants1 ce monde envieux et spculateur p\r tmoign] de la ri*esse sans bornes d'un m>*& dont elle dissipait les trsors4 ,raphal se s\v9t du s\hait gogu5>d p> lequel il avait accueilli le fatal prs5t du vieux homme1 et sav\ra t\s les plaisirs de la v5geance en contemplant l'humiliation pr(onde de cette sagesse sublime1 dont nagure la *ute semblait impossible4 ,le funbre s\rire du c5t5aire s'adressait ,euphrasie qui rpondit p> un mot d'am\r2 il lui (frit son bras dess*1 fit deux ou trois fois le t\r du foy]1 recueillit avec dlices les reg>ds de passion et les complim5ts jets p> la f\le sa matresse1 sans voir les rires ddaigneux1 sans ent5dre les raill]ies mordantes dont il tait l'objet4 --,dans quel cimetire cette jeune g\le a-t-elle dt]r ce cadavre8 s'cria le plus lgant de t\s les romantiques4 ,euphrasie se prit s\rire4 ,le railleur tait un jeune homme aux *eveux blonds1 aux yeux bleus et brillants1 svelte1 portant m\/a*e1 ayant un frac c\rt1 le *apeau sur l'oreille1 la rep>tie vive1 t\t le langage du g5re4 --,combi5 de vieill>ds1 se dit ,raphal en lui-mme1 c\ronn5t une vie de probit1 de travail1 de v]tu1 p> une folie4 ,celui-ci a les pi$s froids et fait l'am\r4 --,h bi56 monsieur1 s'cria ,val5t9 en arrtant le m>*& et lanant une illade ,euphrasie1 ne v\s s\v5ez-v\s plus des svres maximes de votre philosophie8 --,ah6 rpondit le m>*& d'une voix dj casse1 je suis ma9t5ant heureux comme un jeune homme4 ,j'avais pris l'exi/5ce au reb\rs4 ,il y a t\te une vie dans une heure d'am\r4 ,en ce mom5t1 les spectateurs ent5dir5t la sonnette de rappel et quittr5t le foy] p\r se r5dre leurs places4 ,le vieill>d et ,raphal se sp>r5t4 ,en entrant dans sa loge1 le m>quis ap]ut ,fdora1 place l'autre ct de la salle prcism5t en face de lui4 ,sans d\te arrive depuis peu1 la comtesse rejetait son *>pe en arrire1 se dc\vrait le c\1 faisait les petits m\vem5ts indescriptibles d'une coquette occupe se pos]3 t\s les reg>ds tai5t conc5trs sur elle4 ,un jeune pair de ,france l'accompagnait1 elle lui dem&a la lorgnette qu'elle lui avait donne port]4 ,a son ge/e1 la manire dont elle reg>da ce n\veau p>t5aire1 ,raphal dev9a la tyrannie laquelle son successeur tait s\mis4 ,fasc9 sans d\te comme il l'avait t jadis1 dup comme lui1 comme lui luttant avec t\te la puissance d'un am\r vrai contre les froids calculs de cette femme1 ce jeune homme devait s\ffrir les t\rm5ts auxquels ,val5t9 avait heureusem5t r5onc4 ,une joie inexprimable anima la figure de ,fdora1 qu&1 aprs avoir braqu sa lorgnette sur t\tes les loges1 et rapidem5t exam9 les toilettes1 elle eut la consci5ce d'cras] p> sa p>ure et p> sa beaut les plus jolies1 les plus lgantes femmes de ,p>is2 elle se mit rire p\r montr] ses d5ts blan*es1 agita sa tte orne de fleurs p\r se faire admir]1 son reg>d alla de loge en loge1 se moquant d'un bret gau*em5t pos sur le front d'une pr9cesse russe1 ou d'un *apeau manqu qui coiffait horriblem5t mal la fille d'un banqui]4 ,t\t c\p elle plit en r5contrant les yeux fixes de ,raphal2 son amant ddaign la f\droya p> un intolrable c\p d'il de mpris4 ,qu& aucun de ses amants bannit ne mconnaissait sa puissance1 ,val5t91 seul dans le monde1 tait l'abri de ses sductions4 ,un p\voir impunm5t brav t\*e sa ru9e4 ,cette maxime e/ grave plus pr(ondm5t au cur d'une femme qu' la tte des rois4 ,aussi1 ,fdora voyait-elle en ,raphal la mort de ses pre/iges et de sa coquett]ie4 ,un mot1 dit p> lui la veille l',opra1 tait dj dev5u clbre dans les salons de ,p>is4 ,le tran*ant de cette t]rible pigramme avait fait la comtesse une blessure incurable4 ,en ,france1 n\s savons cautris] une plaie1 mais n\s n'y connaissons pas encore de remde au mal que produit une phrase4 ,au mom5t o t\tes les femmes reg>dr5t alt]nativem5t le m>quis et la comtesse1 ,fdora aurait v\lu l'abm] dans les oubliettes de quelque ,ba/ille1 c> malgr son tal5t p\r la dissimulation1 ses rivales dev9r5t sa s\ffrance4 ,enf9 sa d]nire consolation lui *appa4 ,ces mots dlicieux3 je suis la plus belle6 cette phrase t]nelle qui calmait t\s les *agr9s de sa vanit1 dev9t un m5songe4 ,a l'ouv]ture du second acte1 une femme v9t se plac] prs de ,raphal1 dans une loge qui jusqu'alors tait re/e vide4 ,le p>t]re enti] laissa *app] un murmure d'admiration4 ,cette m] de faces huma9es agita ses lames intellig5tes et t\s les yeux reg>dr5t l'inconnue4 ,jeunes et vieux fir5t un tumulte si prolong que1 p5dant le lev] du rideau1 les musici5s de l'or*e/re se t\rnr5t d'abord p\r rclam] le sil5ce2 mais ils s'unir5t aux applaudissem5ts et en accrur5t les confuses rumeurs4 ,des conv]sations animes s'tablir5t dans *aque loge4 ,les femmes s'tai5t t\tes armes de leurs jumelles1 les vieill>ds rajeunis nettoyai5t avec la peau de leurs gants le v]re de leurs lorgnettes4 ,l'en?\siasme se calma p> degrs1 les *ants ret5tir5t sur la scne1 t\t r5tra dans l'ordre4 ,la bonne compagnie1 honteuse d'avoir cd un m\vem5t naturel1 reprit la froideur ari/ocratique de ses manires polies4 ,les ri*es veul5t ne s'tonn] de ri51 ils doiv5t reconnatre au premi] aspect d'une belle uvre le dfaut qui les disp5s]a de l'admiration1 s5tim5t vulgaire4 ,cep5dant quelques hommes re/r5t immobiles sans c\t] la musique1 p]dus dans un ravissem5t naf1 occups contempl] la vois9e de ,raphal4 ,val5t9 ap]ut dans une baignoire1 et prs d',aquil9a1 l'ignoble et sanglante figure de ,taillef]1 qui lui adressait une grimace approbative4 ,puis il vit mile1 qui1 deb\t l'or*e/re1 semblait lui dire3--,mais reg>de donc la belle crature qui e/ prs de toi6 ,enf9 ,ra/ignac assis prs d'une jeune femme1 une veuve sans d\te1 tortillait ses gants comme un homme au dsespoir d'tre en*an l1 sans p\voir all] prs de la div9e inconnue4 ,la vie de ,raphal dp5dait d'un pacte encore inviol qu'il avait fait avec lui-mme1 il s'tait promis de ne jamais reg>d] att5tivem5t aucune femme1 et p\r se mettre l'abri d'une t5tation1 il portait un lorgnon dont le v]re microscopique arti/em5t dispos1 dtruisait l'h>monie des plus beaux traits1 en leur donnant un hideux aspect4 ,encore en proie la t]reur qui l'avait saisi le mat91 qu&1 p\r un simple vu de politesse1 le talisman s'tait si promptem5t ress]r1 ,raphal rsolut f]mem5t de ne pas se ret\rn] v]s sa vois9e4 ,assis comme une du*esse1 il prs5tait le dos au co9 de sa loge1 et drobait avec imp]t95ce la moiti de la scne l'inconnue1 ayant l'air de la mpris]1 d'ignor] mme qu'une jolie femme se tr\vt d]rire lui4 ,la vois9e copiait avec exactitude la po/ure de ,val5t94 ,elle avait appuy son c\de sur le bord de la loge1 et se mettait la tte de trois qu>ts1 en reg>dant les *anteurs1 comme si elle se ft pose devant un pe9tre4 ,ces deux p]sonnes ressemblai5t deux amants br\ills qui se b\d5t1 se t\rn5t le dos et vont s'embrass] au premi] mot d'am\r4 ,p> mom5ts1 les lg]s m>ab\ts ou les *eveux de l'inconnue effleurai5t la tte de ,raphal et lui causai5t une s5sation voluptueuse contre laquelle il luttait c\rageusem5t2 bi5tt il s5tit le d\x contact des ru*es de blonde qui g>nissai5t le t\r de la robe1 la robe elle-mme fit ent5dre le murmure effm9 de ses plis1 frissonnem5t ple9 de molles sorcell]ies2 enf9 le m\vem5t imp]ceptible imprim p> la respiration la poitr9e1 au dos1 aux vtem5ts de cette jolie femme1 t\te sa vie suave se communiqua s\da9 ,raphal comme une t9celle lectrique2 le tulle et la d5telle transmir5t fidlem5t son paule *at\ille la dlicieuse *aleur de ce dos blanc et nu4 ,p> un caprice de la nature1 ces deux tres dsunis p> le bon ton1 sp>s p> les abmes de la mort1 respirr5t ensemble et p5sr5t peut-tre l'un l'autre4 ,les pntrants p>fums de l'alos a*evr5t d'enivr] ,raphal4 ,son imag9ation irrite p> un ob/acle1 et que les entraves r5dai5t encore plus fantasque1 lui dess9a rapidem5t une femme en traits de feu4 ,il se ret\rna brusquem5t4 ,*oque sans d\te de se tr\v] en contact avec un trang]1 l'inconnue fit un m\vem5t semblable2 leurs visages1 anims p> la mme p5se1 re/r5t en prs5ce4 --,paul9e6 --,monsieur ,raphal6 ,ptrifis l'un et l'autre1 ils se reg>dr5t un in/ant en sil5ce4 ,raphal voyait ,paul9e dans une toilette simple et de bon gt4 ,a trav]s la gaze qui c\vrait *a/em5t son corsage1 des yeux habiles p\vai5t ap]cevoir une blan*eur de lis et dev9] des =mes qu'une femme et admires4 ,puis c'tait t\j\rs sa mode/ie virg9ale1 sa cle/e c&eur1 sa gracieuse attitude4 ,l't(fe de sa man*e accusait le tremblem5t qui faisait palpit] le corps comme palpitait le cur4 --,oh6 v5ez dema91 dit-elle1 v5ez l'htel ,sa9t-,qu5t91 y repr5dre vos papi]s4 ,j'y s]ai midi4 ,soyez exact4 ,elle se leva prcipitamm5t et disp>ut4 ,raphal v\lut suivre ,paul9e1 il craignit de la compromettre1 re/a1 reg>da ,fdora1 la tr\va laide2 mais ne p\vant compr5dre une seule phrase de musique1 t\ffant dans cette salle1 le cur ple91 il sortit et rev9t *ez lui4 --,jona?as1 dit-il son vieux dome/ique au mom5t o il fut dans son lit1 donne-moi une demi-g\tte de laudanum sur un morceau de sucre1 et dema9 ne me rveille qu' midi mo9s v+t m9utes4 --,je veux tre aim de ,paul9e1 s'cria-t-il le l5dema9 en reg>dant le talisman avec une indf9issable angoisse4 ,la peau ne fit aucun m\vem5t1 elle semblait avoir p]du sa =ce contractile1 elle ne p\vait sans d\te pas ralis] un dsir accompli dj4 --,ah6 s'cria ,raphal en se s5tant dlivr comme d'un manteau de plomb qu'il aurait port depuis le j\r o le talisman lui avait t donn1 tu m5s1 tu ne m'obis pas1 le pacte e/ rompu6 ,je suis libre1 je vivrai4 ,c'tait donc une mauvaise plaisant]ie4 ,en disant ces p>oles1 il n'osait pas croire sa propre p5se4 ,il se mit aussi simplem5t qu'il l'tait jadis1 et v\lut all] pi$ son anci5ne demeure1 en essayant de se report] en ide ces j\rs heureux o il se livrait sans dang] la furie de ses dsirs1 o il n'avait po9t encore jug t\tes les j\issances huma9es4 ,il m>*ait1 voyant1 non plus la ,paul9e de l'htel ,sa9t-,qu5t91 mais la ,paul9e de la veille1 cette matresse accomplie1 si s\v5t rve1 jeune fille spirituelle1 aimante1 arti/e1 compr5ant les potes1 compr5ant la posie et vivant au se9 du luxe2 en un mot ,fdora d\e d'une belle me1 ou ,paul9e comtesse et deux fois millionnaire comme l'tait ,fdora4 ,qu& il se tr\va sur le seuil u1 sur la dalle casse de cette porte o1 tant de fois1 il avait eu des p5ses de dsespoir1 une vieille femme sortit de la salle et lui dit3--,n'tes-v\s pas monsieur ,raphal de ,val5t98 --,oui1 ma bonne mre1 rpondit-il4 --,v\s connaissez votre anci5 logem5t1 reprit-elle1 v\s y tes att5du4 --,cet htel e/-il t\j\rs t5u p> madame ,gaud98 dem&a-t-il4 --,oh6 non1 monsieur4 ,ma9t5ant madame ,gaud9 e/ b>onne4 ,elle e/ dans une belle maison elle1 de l'autre ct de l'eau4 ,son m>i e/ rev5u4 ,dame6 il a rapport des mille et des c5ts4 ,l'on dit qu'elle p\rrait a*et] t\t le qu>ti] ,sa9t-,jacques1 si elle le v\lait4 ,elle m'a donn gratis son fonds et son re/ant de bail4 ,ah6 c'e/ une bonne femme t\t de mme6 ,elle n'e/ pas plus fire auj\rd'hui qu'elle ne l'tait hi]4 ,raphal monta le/em5t sa mans>de1 et qu& il atteignit les d]nires m>*es de l'escali]1 il ent5dit les sons du piano4 ,paul9e tait l mode/em5t vtue d'une robe de p]cal9e2 mais la faon de la robe1 les gants1 le *apeau1 le *le1 ngligemm5t jets sur le lit1 rvlai5t t\te une =tune4 --,ah6 v\s voil donc6 s'cria ,paul9e en t\rnant la tte et se levant p> un naf m\vem5t de joie4 ,raphal v9t s'asseoir prs d'elle1 r\gissant1 honteux1 heureux2 il la reg>da sans ri5 dire4 --,p\rquoi n\s avez-v\s donc quittes8 reprit-elle en baissant les yeux au mom5t o son visage s'emp\rpra4 ,qu'tes-v\s dev5u8 --,ah6 ,paul9e1 j'ai t1 je suis bi5 malheureux encore6 --,l6 s'cria-t-elle t\t att5drie4 ,j'ai dev9 votre sort hi] en v\s voyant bi5 mis1 ri*e en app>5ce1 mais en ralit1 he96 monsieur ,raphal1 e/-ce t\j\rs comme autrefois8 ,val5t9 ne put ret5ir quelques l>mes1 elles r\lr5t dans ses yeux1 il s'cria3--,paul9e6444 je444 ,il n'a*eva pas1 ses yeux t9celr5t d'am\r1 et son cur dborda dans son reg>d4 --,oh6 il m'aime1 il m'aime1 s'cria ,paul9e4 ,raphal fit un signe de tte1 c> il se s5tit hors d'tat de prononc] une seule p>ole4 ,a ce ge/e1 la jeune fille lui prit la ma91 la s]ra1 et lui dit tantt riant1 tantt sanglotant3--,ri*es1 ri*es1 heureux1 ri*es1 ta ,paul9e e/ ri*e4 ,mais moi1 je devrais tre bi5 pauvre auj\rd'hui4 ,j'ai mille fois dit que je pai]ais ce mot3 il m'aime1 de t\s les trsors de la t]re4 ,o mon ,raphal6 j'ai des millions4 ,tu aimes le luxe1 tu s]as cont5t2 mais tu dois aim] mon cur aussi1 il y a tant d'am\r p\r toi dans ce cur6 ,tu ne sais pas8 mon pre e/ rev5u4 ,je suis une ri*e hritire4 ,ma mre et lui me laiss5t entirem5t matresse de mon sort2 je suis libre1 compr5ds-tu8 ,en proie une sorte de dlire1 ,raphal t5ait les ma9s de ,paul9e1 et les baisait si ardemm5t1 si avidem5t1 que son bais] semblait tre une sorte de convulsion4 ,paul9e se dgagea les ma9s1 les jeta sur les paules de ,raphal et le saisit2 ils se comprir5t1 se s]rr5t et s'embrassr5t avec cette sa9te et dlicieuse f]veur1 dgage de t\te arrire-p5se1 dont se tr\ve empre9t un seul bais]1 le premi] bais] p> lequel deux mes pr5n5t possession d'elles-mmes4 --,ah6 s'cria ,paul9e en retombant sur la *aise1 je ne veux plus te quitt]4 ,je ne sais d'o me vi5t tant de h>diesse6 reprit-elle en r\gissant4 --,de la h>diesse1 ma ,paul9e8 ,oh6 ne cra9s ri51 c'e/ de l'am\r1 de l'am\r vrai1 pr(ond1 t]nel comme le mi51 n'e/-ce pas8 --,oh6 p>le1 p>le1 p>le1 dit-elle4 ,ta b\*e a t si longtemps muette p\r moi6 --,tu m'aimais donc8 --,oh6 ,dieu1 si je t'aimais6 combi5 de fois j'ai pleur1 l1 ti5s1 en faisant ta *ambre1 dplorant ta misre et la mi5ne4 ,je me s]ais v5due au dmon p\r t'vit] un *agr96 ,auj\rd'hui1 mon ,raphal1 c> tu es bi5 moi3 moi cette belle tte1 moi ton cur6 ,oh6 oui1 ton cur1 surt\t1 t]nelle ri*esse6 ,eh6 bi51 o en suis-je8 reprit-elle aprs une pause4 ,ah6 m'y voici3 n\s avons trois1 quatre1 c9q millions1 je crois4 ,si j'tais pauvre je ti5drais peut-tre port] ton nom1 tre nomme ta femme mais1 en ce mom5t1 je v\drais te sacrifi] le monde enti]1 je v\drais tre encore et t\j\rs ta s]vante4 ,va1 ,raphal1 en t'(frant mon cur1 ma p]sonne1 ma =tune1 je ne te donn]ai ri5 de plus auj\rd'hui que le j\r o j'ai mis l1 dit-elle en montrant le tiroir de la table1 c]ta9e pice de c5t s\s4 ,oh6 comme alors ta joie m'a fait mal4 --,p\rquoi es-tu ri*e1 s'cria ,raphal1 p\rquoi n'z-tu pas de vanit8 je ne puis ri5 p\r toi4 ,il se tordit les ma9s de bonheur1 de dsespoir1 d'am\r4 ,qu& tu s]as madame la m>quise de ,val5t91 je te connais1 me cle/e1 ce titre et ma =tune ne vaudront pas444 --,un seul de tes *eveux1 s'cria-t-elle4 --,moi aussi1 j'ai des millions2 mais que sont ma9t5ant les ri*esses p\r n\s8 ,ah6 j'ai ma vie1 je puis te l'(frir1 pr5ds-la4 --,oh6 ton am\r1 ,raphal1 ton am\r vaut le monde4 ,comm5t1 ta p5se e/ moi8 mais je suis la plus heureuse des heureuses4 --,l'on va n\s ent5dre1 dit ,raphal4 --,h6 il n'y a p]sonne1 rpondit-elle en laissant *app] un ge/e mut94 --,h6 bi51 vi5s1 s'cria ,val5t9 en lui t5dant les bras4 ,elle sauta sur ses g5\x et joignit ses ma9s aut\r du c\ de ,raphal3--,embrassez-moi1 dit-elle1 p\r t\s les *agr9s que v\s m'avez donns1 p\r effac] la pe9e que vos joies m'ont faite1 p\r t\tes les nuits que j'ai passes pe9dre mes crans4 --,tes crans6 --,puisque n\s sommes ri*es1 mon trsor1 je puis te dire t\t4 ,pauvre enfant6 combi5 il e/ facile de tromp] les hommes d'esprit6 ,e/-ce que tu p\vais avoir des gilets blancs et des *emises propres deux fois p> sema9e1 p\r trois francs de blan*issage p> mois8 ,mais tu buvais deux fois plus de lait qu'il ne t'en rev5ait p\r ton arg5t4 ,je t'attrapais sur t\t3 le feu1 l'huile1 et l'arg5t donc8 ,oh6 mon ,raphal1 ne me pr5ds pas p\r femme1 dit-elle en riant1 je suis une p]sonne trop a/ucieuse4 --,mais comm5t faisais-tu donc8 --,je travaillais jusqu' deux heures du mat91 rpondit-elle1 et je donnais ma mre une moiti du prix de mes crans1 toi l'autre4 ,ils se reg>dr5t p5dant un mom5t1 t\s deux hbts de joie et d'am\r4 --,oh6 s'cria ,raphal1 n\s pai]ons sans d\te1 un j\r1 ce bonheur p> quelque effroyable *agr94 --,s]ais-tu m>i8 cria ,paul9e4 ,ah6 je ne veux te cd] aucune femme4 --,je suis libre1 ma *rie4 --,libre1 rpta-t-elle4 ,libre1 et moi6 ,elle se laissa gliss] sur ses g5\x1 joignit les ma9s1 et reg>da ,raphal avec une dvotieuse ardeur4 --,j'ai peur de dev5ir folle4 ,combi5 tu es g5til6 reprit-elle en passant une ma9 dans la blonde *evelure de son amant4 ,e/-elle bte1 ta comtesse ,fdora6 ,quel plaisir j'ai ress5ti hi] en me voyant salue p> t\s ces hommes4 ,elle n'a jamais t applaudie1 elle6 ,dis1 *]1 qu& mon dos a t\* ton bras1 j'ai ent5du en moi je ne sais quelle voix qui m'a cri3 ,il e/ l4 ,je me suis ret\rne1 et je t'ai vu4 ,oh6 je me suis sauve1 je me s5tais l'envie de te saut] au c\ devant t\t le monde4 --,tu es bi5 heureuse de p\voir p>l]1 s'cria ,raphal4 ,moi1 j'ai le cur s]r4 ,je v\drais pleur]1 je ne puis4 ,ne me retire pas ta ma94 ,il me semble que je re/]ais1 p5dant t\te ma vie1 te reg>d] a9si1 heureux1 cont5t4 --,oh6 rpte-moi cela1 mon am\r6 --,et que sont les p>oles1 reprit ,val5t9 en laissant tomb] une l>me *aude sur les ma9s de ,paul9e4 ,plus t>d1 j'essai]ai de te dire mon am\r1 en ce mom5t je ne puis que le s5tir444 --,oh6 s'cria-t-elle1 cette belle me1 ce beau gnie1 ce cur que je connais si bi51 t\t e/ moi1 comme je suis toi4 --,p\r t\j\rs1 ma d\ce crature1 dit ,raphal d'une voix mue4 ,tu s]as ma femme1 mon bon gnie4 ,ta prs5ce a t\j\rs dissip mes *agr9s et rafra*i mon me2 en ce mom5t1 ton s\rire anglique m'a p\r a9si dire purifi4 ,je crois comm5c] une n\velle vie4 ,le pass cruel et mes tri/es folies me sembl5t n'tre plus que de mauvais songes4 ,je suis pur1 prs de toi4 ,je s5s l'air du bonheur4 ,oh6 sois l t\j\rs1 aj\ta-t-il en la pressant sa9tem5t sur son cur palpitant4 --,vi5ne la mort qu& elle v\dra1 s'cria ,paul9e en extase1 j'ai vcu4 ,heureux qui dev9]a leurs joies1 il les aura connues6 --,oh6 mon ,raphal1 dit ,paul9e aprs quelques heures de sil5ce1 je v\drais qu' l'av5ir p]sonne n'entrt dans cette *re mans>de4 --,il faut mur] la porte1 mettre une grille la luc>ne et a*et] la maison1 rpondit le m>quis4 --,c'e/ cela1 dit-elle4 ,puis1 aprs un mom5t de sil5ce3--,n\s avons un peu oubli de *]*] les manuscrits8 ,ils se prir5t rire avec une d\ce innoc5ce4 --,bah6 je me moque de t\tes les sci5ces1 s'cria ,raphal4 --,ah6 monsieur1 et la gloire6 --,tu es ma seule gloire4 --,tu tais bi5 malheureux en faisant ces petits pi$s de m\*e1 dit-elle en feuilletant les papi]s4 --,ma ,paul9e444 --,oh6 oui1 je suis ta ,paul9e4 ,eh bi58 --,o demeures-tu donc8 --,rue ,sa9t-,laz>e4 ,et toi8 --,rue de ,v>5nes4 --,comme n\s s]ons lo9 l'un de l'autre1 jusqu' ce que444 ,elle s'arrta en reg>dant son ami d'un air coquet et malicieux4 --,mais1 rpondit ,raphal1 n\s avons t\t au plus une qu9za9e de j\rs re/] sp>s4 --,vrai6 dans qu9ze j\rs n\s s]ons m>is6 ,elle sauta comme un enfant4 ,oh6 je suis une fille dnature1 reprit-elle1 je ne p5se plus ni pre1 ni mre1 ni ri5 dans le monde6 ,tu ne sais pas1 pauvre *ri8 mon pre e/ bi5 malade4 ,il e/ rev5u des ,indes1 bi5 s\ffrant4 ,il a manqu m\rir au ,havre1 o n\s l'avons t *]*]4 ,ah6 ,dieu1 s'cria-t-elle en reg>dant l'heure sa montre1 dj trois heures4 ,je dois me tr\v] son rveil1 quatre heures4 ,je suis la matresse au logis3 ma mre fait t\tes mes volonts1 mon pre m'adore1 mais je ne veux pas abus] de leur bont1 ce s]ait mal6 ,le pauvre pre1 c'e/ lui qui m'a envoye aux ,itali5s hi]4 ,tu vi5dras le voir dema91 n'e/-ce pas8 --,madame la m>quise de ,val5t9 veut-elle me faire l'honneur d'accept] mon bras8 --,ah6 je vais emport] la clef de cette *ambre1 reprit-elle4 ,n'e/-ce pas un palais1 notre trsor8 --,paul9e1 encore un bais]8 --,mille6 ,mon ,dieu1 dit-elle en reg>dant ,raphal1 ce s]a t\j\rs a9si1 je crois rv]4 ,ils desc5dir5t l5tem5t l'escali]2 puis1 bi5 unis1 m>*ant du mme pas1 tressaillant ensemble s\s le poids du mme bonheur1 se s]rant comme deux colombes1 ils arrivr5t sur la place de la ,sorbonne1 o la voiture de ,paul9e att5dait4 --,je veux all] *ez toi1 s'cria-t-elle4 ,je veux voir ta *ambre1 ton cab9et1 et m'asseoir la table sur laquelle tu travailles4 ,ce s]a comme autrefois1 aj\ta-t-elle en r\gissant4--,joseph1 dit-elle un valet1 je vais rue de ,v>5nes avant de ret\rn] la maison4 ,il e/ trois heures un qu>t1 et je dois tre rev5ue quatre4 ,georges press]a les *evaux4 ,et les deux amants fur5t en peu d'in/ants m5s l'htel de ,val5t94 --,oh6 que je suis cont5te d'avoir exam9 t\t cela1 s'cria ,paul9e en *iffonnant la soie des rideaux qui drapai5t le lit de ,raphal4 ,qu& je m'endormirai1 je s]ai l1 en p5se4 ,je me figur]ai ta *re tte sur cet oreill]4 ,dis-moi1 ,raphal1 tu n'z pris conseil de p]sonne p\r meubl] ton htel8 --,de p]sonne4 --,bi5 vrai8 ,ce n'e/ pas une femme qui444 --,paul9e6 --,oh6 je me s5s une affreuse jal\sie4 ,tu z bon gt4 ,je veux avoir dema9 un lit p>eil au ti54 ,raphal1 ivre de bonheur1 saisit ,paul9e4 --,oh6 mon pre1 mon pre6 dit-elle4 --,je vais donc te reconduire1 c> je veux te quitt] le mo9s possible1 s'cria ,val5t94 --,combi5 tu es aimant6 je n'osais pas te le propos]444 --,n'es-tu donc pas ma vie8 ,il s]ait fa/idieux de consign] fidlem5t ces adorables bav>dages de l'am\r auxquels l'acc5t1 le reg>d1 un ge/e intraduisible donn5t seuls du prix4 ,val5t9 reconduisit ,paul9e jusque *ez elle1 et rev9t ayant au cur autant de plaisir que l'homme peut en ress5tir et en port] ici-bas4 ,qu& il fut assis dans son fauteuil1 prs de son feu1 p5sant la s\da9e et complte ralisation de t\tes ses esprances1 une ide froide lui trav]sa l'me comme l'aci] d'un poign>d p]ce une poitr9e1 il reg>da la ,peau de *agr91 elle s'tait lgrem5t rtrcie4 ,il pronona le gr& juron franais1 sans y mettre les jsuitiques rtic5ces de l'abbesse des ,&\illettes1 p5*a la tte sur son fauteuil et re/a sans m\vem5t les yeux arrts sur une patre1 sans la voir4 ,gr& ,dieu6 s'cria-t-il4 ,quoi6 t\s mes dsirs1 t\s6 ,pauvre ,paul9e6 ,il prit un compas1 mesura ce que la mat9e lui avait cot d'exi/5ce4 ,je n'en ai pas p\r deux mois1 dit-il4 ,une sueur glace sortit de ses pores1 t\t c\p il obx un inexprimable m\vem5t de rage1 et saisit la ,peau de *agr9 en s'criant3 ,je suis bi5 bte6 il sortit1 c\rut1 trav]sa les j>d9s1 et jeta le talisman au fond d'un puits3 ,vogue la galre1 dit-il4 ,au diable t\tes ces sottises6 ,raphal se laissa donc all] au bonheur d'aim]1 et vcut cur cur avec ,paul9e1 qui ne conut pas le refus en am\r4 ,leur m>iage1 ret>d p> des difficults peu intressantes racont]1 devait se clbr] dans les premi]s j\rs de m>s4 ,ils s'tai5t pr\vs1 ne d\tai5t po9t d'eux-mmes1 et le bonheur leur ayant rvl t\te la puissance de leur affection1 jamais deux mes1 deux c>actres ne s'tai5t aussi p>faitem5t unis qu'ils le fur5t p> la passion2 en s'tudiant ils s'aimr5t davantage3 de "p et d'autre mme dlicatesse1 mme pudeur1 mme volupt1 la plus d\ce de t\tes les volupts1 celle des anges2 po9t de nuages dans leur ciel2 t\r t\r les dsirs de l'un faisai5t la loi de l'autre4 ,ri*es t\s deux1 ils ne connaissai5t po9t de caprices qu'ils ne puss5t satisfaire1 et p>tant n'avai5t po9t de caprices4 ,un gt exquis1 le s5tim5t du beau1 une vraie posie animait l'me de l'p\se2 ddaignant les colifi*ets de la f9ance1 un s\rire de son ami lui semblait plus beau que t\tes les p]les d',ormus1 la m\ssel9e ou les fleurs =mai5t ses plus ri*es p>ures4 ,paul9e et ,raphal fuyai5t d'ailleurs le monde1 la solitude leur tait si belle1 si fconde6 ,les oisifs voyai5t exactem5t t\s les soirs ce joli mnage de contreb&e aux ,itali5s ou l',opra4 ,si d'abord quelques mdisances gayr5t les salons1 bi5tt le torr5t d'vnem5ts qui passa sur ,p>is fit oubli] deux amants in(f5sifs2 enf91 espce d'excuse auprs des prudes1 leur m>iage tait annonc1 et p> has>d leurs g5s se tr\vai5t discrets2 donc1 aucune m*ancet trop vive ne les punit de leur bonheur4 ,v]s la f9 du mois de fvri]1 poque laquelle d'assez beaux j\rs fir5t croire aux joies du pr9temps1 un mat91 ,paul9e et ,raphal djeunai5t ensemble dans une petite s]re1 espce de salon rempli de fleurs1 et de pla9-pi$ avec le j>d94 ,le d\x et ple soleil de l'hiv]1 dont les rayons se brisai5t trav]s des arbu/es r>es1 tidissait alors la temprature4 ,les yeux tai5t gays p> les vig\reux contra/es des div]s feuillages1 p> les c\leurs des t\ffes fleuries et p> t\tes les fantaisies de la lumire et de l'ombre4 ,qu& t\t ,p>is se *auffait encore devant les tri/es foy]s1 les deux jeunes p\x riai5t s\s un b]ceau de camlias1 de lilas1 de bruyres4 ,leurs ttes joyeuses s'levai5t au-dessus des n>cisses1 des muguets et des roses du ,b5gale4 ,dans cette s]re voluptueuse et ri*e1 les pi$s f\lai5t une natte africa9e colore comme un tapis4 ,les p>ois t5dues en c\til v]t n'(frai5t pas la mo9dre trace d'humidit4 ,l'ameublem5t tait de bois en app>5ce grossi]1 mais dont l'corce polie brillait de propret4 ,un jeune *at accr\pi sur la table o l'avait attir l'odeur du lait se laissait b>b\ill] de caf p> ,paul9e2 elle foltrait avec lui1 df5dait la crme qu'elle lui p]mettait pe9e de flair] af9 d'ex]c] sa pati5ce et d'entret5ir le combat2 elle clatait de rire *acune de ses grimaces1 et dbitait mille plaisant]ies p\r emp*] ,raphal de lire le j\rnal1 qui1 dix fois dj1 lui tait tomb des ma9s4 ,il abondait dans cette scne mat9ale un bonheur inexprimable comme t\t ce qui e/ naturel et vrai4 ,raphal feignait t\j\rs de lire sa feuille1 et contemplait la drobe ,paul9e aux prises avec le *at1 sa ,paul9e enveloppe d'un long peignoir qui la lui voilait imp>faitem5t1 sa ,paul9e les *eveux en dsordre et montrant un petit pi$ blanc ve9 de bleu dans une pant\fle de vel\rs noir4 ,*>mante voir en d%abill1 dlicieuse comme les fanta/iques figures de ,we/hall1 elle semblait tre t\t la fois jeune fille et femme2 peut-tre plus jeune fille que femme1 elle j\issait d'une flicit sans mlange1 et ne connaissait de l'am\r que ses premires joies4 ,au mom5t o1 t\t fait absorb p> sa d\ce rv]ie1 ,raphal avait oubli son j\rnal1 ,paul9e le saisit1 le *iffonna1 en fit une b\le1 le lana dans le j>d91 et le *at c\rut aprs la politique qui t\rnait comme t\j\rs sur elle-mme4 ,qu& ,raphal1 di/rait p> cette scne enfant9e1 v\lut cont9u] lire et fit le ge/e de lev] la feuille qu'il n'avait plus1 clatr5t des rires francs1 joyeux1 r5aissant d'eux-mmes comme les *ants d'un oiseau4 ,illu/ration3 ,,paul9e4 ,un jeune *at accr\pi sur la table se laissait b>b\ill] de caf p> ,paul9e2 elle foltrait avec lui1 df5dait la crme qu'elle lui p]mettait pe9e de flair]444 7,,la ,,peau ,,de ,,*agr947 --,je suis jal\se du j\rnal1 dit-elle en essuyant les l>mes que son rire d'enfant avait fait c\l]4 ,n'e/-ce pas une flonie1 reprit-elle r$ev5ant femme t\t c\p1 que de lire des proclamations russes en ma prs5ce1 et de prfr] la prose de l'emp]eur ,nicolas des p>oles1 des reg>ds d'am\r8 --,je ne lisais pas1 mon ange aim1 je te reg>dais4 ,en ce mom5t le pas l\rd du j>d9i] dont les s\li]s f]rs faisai5t cri] le sable des alles ret5tit prs de la s]re4 --,excusez1 monsieur le m>quis1 si je v\s int]romps a9si que madame1 mais je v\s apporte une curiosit comme je n'en ai jamais vu4 ,en tirant t\t l'heure1 s\s votre respect1 un seau d'eau1 j'ai am5 cette s+ulire plante m>9e6 ,la voil6 ,faut1 t\t de mme1 que ce soit bi5 acc\tum l'eau1 c> ce n'tait po9t m\ill1 ni humide4 ,c'tait sec comme du bois1 et po9t gras du t\t4 ,comme monsieur le m>quis e/ plus savant que moi c]ta9em5t1 j'ai p5s qu'il fallait la lui apport]1 et que a l'intress]ait4 ,et le j>d9i] montrait ,raphal l'inexorable ,peau de *agr9 qui n'avait pas six p\ces c>rs de sup]ficie4 --,m]ci1 ,vanire1 dit ,raphal4 ,cette *ose e/ trs-curieuse4 --,qu'z-tu1 mon ange8 tu plis6 s'cria ,paul9e4 --,laissez-n\s1 ,vanire4 --,ta voix m'effraie1 reprit la jeune fille1 elle e/ s+ulirem5t altre4 ,qu'z-tu8 ,que te s5s-tu8 ,o z-tu mal8 ,tu z mal6 ,un mdec96 cria-t-elle4 ,jona?as1 au sec\rs6 --,ma ,paul9e1 tais-toi1 rpondit ,raphal qui rec\vra son sang-froid4 ,sortons4 ,il y a prs de moi une fleur dont le p>fum m'incommode4 ,peut-tre e/-ce cette v]ve9e8 ,paul9e s'lana sur l'innoc5t arbu/e1 le saisit p> la tige et le jeta dans le j>d94 --,oh6 ange1 s'cria-t-elle en s]rant ,raphal p> une tre9te aussi =te que leur am\r et en lui apportant avec une lang\reuse coquett]ie ses lvres v]meilles bais]1 en te voyant plir1 j'ai compris que je ne te survivrais pas3 ta vie e/ ma vie4 ,mon ,raphal1 passe-moi ta ma9 sur le dos8 ,j'y s5s encore la petite mort1 j'y ai froid4 ,tes lvres sont brlantes4 ,et ta ma98444 elle e/ glace1 aj\ta-t-elle4 --,folle6 s'cria ,raphal4 --,p\rquoi cette l>me8 dit-elle4 ,laisse-la-moi boire4 --,oh6 ,paul9e1 ,paul9e1 tu m'aimes trop4 --,il se passe en toi quelque *ose d'extraord9aire1 ,raphal8 ,sois vrai1 je saurai bi5tt ton secret4 ,donne-moi cela1 dit-elle en pr5ant la ,peau de *agr94 --,tu es mon b\rreau1 cria le jeune homme en jetant un reg>d d'horreur sur le talisman4 --,quel *angem5t de voix6 rpondit ,paul9e qui laissa tomb] le fatal symbole du de/94 --,m'aimes-tu8 reprit-il4 --,si je t'aime1 e/-ce une "q8 --,eh bi51 laisse-moi1 va-t'en6 ,la pauvre petite sortit4 --,quoi6 s'cria ,raphal qu& il fut seul1 dans un sicle de lumires o n\s avons appris que les diamants sont les cri/aux du c>bone1 une poque o t\t s'explique1 o la police traduirait un n\veau ,messie devant les tribunaux et s\mettrait ses miracles l',acadmie des ,sci5ces1 dans un temps o n\s ne croyons plus qu'aux p>aphes des notaires1 je croirais1 moi6 une espce de ,man1 ,!kel1 ,ph>s8 ,non1 de p> ,dieu6 je ne p5s]ai pas que l'tre-,suprme puisse tr\v] du plaisir t\rm5t] une honnte crature4 ,allons voir les savants4 ,il arriva bi5tt1 entre la ,halle aux v9s1 imm5se recueil de tonneaux1 et la ,salptrire1 imm5se sm9aire d'ivrogn]ie1 devant une petite m>e o s'baudissai5t des can>ds rem>quables p> la r>et des espces et dont les ondoyantes c\leurs1 semblables aux vitraux d'une ca?drale1 ptillai5t s\s les rayons du soleil4 ,t\s les can>ds du monde tai5t l1 criant1 b>botant1 gr\illant1 et =mant une espce de *ambre can>de rassemble contre son gr1 mais heureusem5t sans *>te ni pr9cipes politiques1 et vivant sans r5contr] de *asseurs1 s\s l'il des naturali/es qui les reg>dai5t p> has>d4 --,voil monsieur ,lavrille1 dit un porte-clefs ,raphal qui avait dem& ce gr& pontife de la zoologie4 ,le m>quis vit un petit homme pr(ondm5t enfonc dans quelques sages mditations l'aspect de deux can>ds4 ,ce savant1 entre deux ges1 avait une physionomie d\ce1 encore ad\cie p> un air obligeant2 mais il rgnait dans t\te sa p]sonne une proccupation sci5tifique3 sa p]ruque incessamm5t gratte et fantasquem5t retr\sse1 laissait voir une ligne de *eveux blancs et accusait la fureur des dc\v]tes qui1 semblable t\tes les passions1 n\s arra*e si puissamm5t aux *oses de ce monde que n\s p]dons la consci5ce du moi4 ,raphal1 homme de sci5ce et d'tude1 admira ce naturali/e dont les veilles tai5t consacres l'agr&issem5t des connaissances huma9es1 dont les erreurs s]vai5t encore la gloire de la ,france2 mais une petite matresse aurait ri sans d\te de la solution de cont9uit qui se tr\vait entre la culotte et le gilet ray du savant1 int]/ice d'ailleurs *a/em5t rempli p> une *emise qu'il avait copieusem5t fronce en se baissant et se levant t\r t\r au gr de ses obs]vations zoognsiques4 ,aprs quelques premires phrases de politesse1 ,raphal crut ncessaire d'adress] monsieur ,lavrille un complim5t banal sur ses can>ds4 --,oh6 n\s sommes ri*es en can>ds1 rpondit le naturali/e4 ,ce g5re e/ d'ailleurs1 comme v\s le savez sans d\te1 le plus fcond de l'ordre des palmipdes4 ,il comm5ce au cygne1 et f9it au can>d z9z91 en compr5ant c5t tr5te-sept v>its d'individus bi5 di/9cts1 ayant leurs noms1 leurs murs1 leur patrie1 leur physionomie1 et qui ne se ressembl5t pas plus entre eux qu'un blanc ne ressemble un ngre4 ,en vrit1 monsieur1 qu& n\s mangeons un can>d1 la plup>t du temps n\s ne n\s d\tons gure de l't5due444 ,il s'int]rompit l'aspect d'un joli petit can>d qui remontait le talus de la m>e4--,v\s voyez-l le cygne cravate1 pauvre enfant du ,canada1 v5u de bi5 lo9 p\r n\s montr] son plumage brun et gris1 sa petite cravate noire6 ,t5ez1 il se gratte4 ,voici la fameuse oie duvet ou can>d ,eid]1 s\s l'dr$on de laquelle dorm5t nos petites matresses2 e/-elle jolie6 qui n'admir]ait ce petit v5tre d'un blanc r\getre1 ce bec v]t8 ,je vi5s1 monsieur1 reprit-il1 d'tre tmo9 d'un acc\plem5t dont j'avais jusqu'alors dsespr4 ,le m>iage s'e/ fait assez heureusem5t1 et j'en att5drai =t impatiemm5t le rsultat4 ,je me flatte d'obt5ir une c5t tr5te-huitime espce laquelle peut-tre mon nom s]a donn6 ,voici les n\veaux p\x1 dit-il en montrant deux can>ds4 ,c'e/ d'une "p une oie rieuse 7anas albifrons71 de l'autre le gr& can>d siffleur 7anas ruff9a de ,buffon74 ,j'avais long-temps hsit entre le can>d siffleur1 le can>d s\rcils blancs et le can>d s\*et 7anas clypeata73 t5ez1 voici le s\*et1 ce gros sclrat brun-noir dont le col e/ v]dtre et si coquettem5t iris4 ,mais1 monsieur1 le can>d siffleur tait hupp1 v\s compr5ez alors que je n'ai plus balanc4 ,il ne n\s manque ici que le can>d v>i calotte noire4 ,ces messieurs prt5d5t unanimem5t que ce can>d fait d\ble emploi avec le can>d s>celle bec rec\rb1 quant moi444 ,il fit un ge/e admirable qui peignit la fois la mode/ie et l'orgueil des savants1 orgueil ple9 d'enttem5t1 mode/ie ple9e de suffisance4 ,je ne le p5se pas1 aj\ta-t-il4 ,v\s voyez1 mon *] monsieur1 que n\s ne n\s amusons pas ici4 ,je m'occupe en ce mom5t de la monographie du g5re can>d4 ,mais je suis vos ordres4 ,en se dirigeant v]s une assez jolie maison de la rue de ,buffon1 ,raphal s\mit la ,peau de *agr9 aux inve/igations de monsieur ,lavrille4 --,je connais ce produit1 rpondit le savant aprs avoir braqu sa l\pe sur le talisman2 il a s]vi quelque dessus de bote4 ,le *agr9 e/ =t anci56 ,auj\rd'hui les gani]s prfr5t se s]vir de galu*at4 ,le galu*at e/1 comme v\s le savez sans d\te1 la dp\ille du raja seph51 un poisson de la m] ,r\ge444 --,mais ceci1 monsieur1 puisque v\s avez l'extrme bont444 --,ceci1 reprit le savant en int]rompant1 e/ autre *ose3 entre le galu*at et le *agr91 il y a1 monsieur1 t\te la diffr5ce de l'ocan la t]re1 du poisson un quadrupde4 ,cep5dant la peau du poisson e/ plus dure que la peau de l'animal t]re/re4 ,ceci1 dit-il en montrant le talisman1 e/1 comme v\s le savez sans d\te1 un des produits les plus curieux de la zoologie4 --,voyons6 s'cria ,raphal4 --,monsieur1 rpondit le savant en s'enfonant dans son fauteuil1 ceci e/ une peau d'ne4 --,je le sais1 dit le jeune homme4 --,il exi/e en ,p]se1 reprit le naturali/e1 un ne extrmem5t r>e1 l'onagre des anci5s1 equus as9us1 le k\lan des ,tat>s4 ,pallas a t l'obs]v]1 et l'a r5du la sci5ce4 ,en effet1 cet animal avait long-temps pass p\r fanta/ique4 ,il e/1 comme v\s le savez1 clbre dans l'criture sa9te2 ,mose avait df5du de l'acc\pl] avec ses congnres4 ,mais l'onagre e/ encore plus fameux p> les pro/itutions dont il a t l'objet1 et dont p>l5t s\v5t les prophtes bibliques4 ,pallas1 comme v\s le savez sans d\te1 dcl>e1 dans ses ,act4 ,petrop41 tome ,,ii1 que ces excs biz>res sont encore religieusem5t accrdits *ez les ,p]sans et les ,nogas comme un remde s\v]a9 contre les maux de re9s et la g\tte sciatique4 ,n\s ne n\s d\tons gure de cela1 n\s autres pauvres ,p>isi5s4 ,le ,musum ne possde pas d'onagre4 ,quel sup]be animal6 reprit le savant4 ,il e/ ple9 de my/res2 son il e/ muni d'une espce de tapis rflecteur auquel les ,ori5taux attribu5t le p\voir de la fasc9ation1 sa robe e/ plus lgante et plus polie que ne l'e/ celle de nos plus beaux *evaux2 elle e/ sillonne de b&es plus ou mo9s fauves1 et ressemble beauc\p la peau du zbre4 ,son la9age a quelque *ose de moelleux1 d'ondoyant1 de gras au t\*]2 sa vue gale en ju/esse et en prcision la vue de l'homme2 un peu plus gr& que nos plus beaux nes dome/iques1 il e/ d\ d'un c\rage extraord9aire4 ,si1 p> has>d1 il e/ surpris1 il se df5d avec une supriorit rem>quable contre les btes les plus froces2 quant la rapidit de sa m>*e1 elle ne peut se comp>] qu'au vol des oiseaux2 un onagre1 monsieur1 tu]ait la c\rse les meilleurs *evaux arabes ou p]sans4 ,d'aprs le pre du consci5cieux docteur ,nibuhr1 dont1 comme v\s le savez sans d\te1 n\s dplorons la p]te rc5te1 le t]me moy5 du pas ord9aire de ces admirables cratures e/ de sept mille pas gomtriques p> heure4 ,nos nes dgnrs ne saurai5t donn] une ide de cet ne indp5dant et fi]4 ,il a le port le/e1 anim1 l'air spirituel1 f91 une physionomie gracieuse1 des m\vem5ts ple9s de coquett]ie6 ,c'e/ le roi zoologique de l',ori5t4 ,les sup]/itions turques et p]sanes lui donn5t mme une my/rieuse orig9e1 et le nom de ,salomon se mle aux rcits que les conteurs du ,?ibet et de la ,t>t>ie font sur les pr\esses attribues ces nobles animaux4 ,enf9 un onagre apprivois vaut des sommes imm5ses2 il e/ presque impossible de le saisir dans les montagnes1 o il bondit comme un *evreuil1 et semble vol] comme un oiseau4 ,la fable des *evaux ails1 notre ,pgase1 a sans d\te pris naissance dans ces pays1 o les b]g]s ont pu voir s\v5t un onagre sautant d'un ro*] un autre4 ,les nes de selle1 obt5us en ,p]se p> l'acc\plem5t d'une nesse avec un onagre apprivois1 sont pe9ts en r\ge1 suivant une immmoriale tradition4 ,cet usage a donn lieu peut-tre notre prov]be3 ,m*ant comme un ne r\ge4 ,a une poque o l'hi/oire naturelle tait trs-nglige en ,france1 un voyageur aura1 je p5se1 am5 un de ces animaux curieux qui support5t =t impatiemm5t l'esclavage4 ,de l1 le dicton6 ,la peau que v\s me prs5tez1 reprit le savant1 e/ la peau d'un onagre4 ,n\s v>ions sur l'orig9e du nom4 ,les uns prt5d5t que ,*agri e/ un mot turc1 d'autres veul5t que ,*agri soit la ville o cette dp\ille zoologique subit une prp>ation *imique assez bi5 dcrite p> ,pallas1 et qui lui donne le gra9 p>ticuli] que n\s admirons2 monsieur ,m>tell5s m'a crit que ,*agri e/ un ruisseau4 --,monsieur1 je v\s rem]cie de m'avoir donn des r5seignem5ts qui f\rnirai5t une admirable note quelque ,dom ,calmet1 si les bndict9s exi/ai5t encore2 mais j'ai eu l'honneur de v\s faire obs]v] que ce fragm5t tait primitivem5t d'un volume gal444 cette c>te gographique1 dit ,raphal en montrant ,lavrille un atlas ouv]t3 or depuis trois mois elle s'e/ s5siblem5t contracte444 --,bi51 reprit le savant1 je compr5ds4 ,monsieur1 t\tes les dp\illes d'tres primitivem5t organiss sont sujettes un dprissem5t naturel1 facile concevoir1 et dont les progrs sont s\mis aux influ5ces atmosphriques4 ,les mtaux eux-mmes se dilat5t ou se ress]r5t d'une manire s5sible1 c> les +nieurs ont obs]v des espaces assez considrables entre de gr&es pi]res primitivem5t ma9t5ues p> des b>res de f]4 ,la sci5ce e/ va/e1 la vie huma9e e/ bi5 c\rte4 ,aussi n'avons-n\s pas la prt5tion de connatre t\s les phnomnes de la nature4 --,monsieur1 reprit ,raphal presque confus1 excusez la dem&e que je vais v\s faire4 tes-v\s bi5 sr que cette peau soit s\mise aux lois ord9aires de la zoologie1 qu'elle puisse s't5dre8 --,oh6 c]tes4 ,ah6 pe/e1 dit monsieur ,lavrille en essayant de tir] le talisman4 ,mais1 monsieur1 reprit-il1 si v\s v\lez all] voir ,plan*ette1 le clbre pr(esseur de mcanique1 il tr\v]a c]ta9em5t un moy5 d'agir sur cette peau1 de l'amollir1 de la di/5dre4 --,oh6 monsieur1 v\s me sauvez la vie4 ,raphal salua le savant naturali/e1 et c\rut *ez ,plan*ette1 en laissant le bon ,lavrille au milieu de son cab9et rempli de bocaux et de plantes s*es4 ,il remportait de cette visite1 sans le savoir1 t\te la sci5ce huma9e3 une nom5clature6 ,ce bonhomme ressemblait ,san*o ,pana racontant ,don ,qui*otte l'hi/oire des *vres1 il s'amusait compt] des animaux et les numrot]4 ,arriv sur le bord de la tombe1 il connaissait pe9e une petite fraction des incomm5surables nombres du gr& tr\peau jet p> ,dieu trav]s l'ocan des mondes1 dans un b ignor4 ,raphal tait cont5t4--,je vais t5ir mon ne en bride1 s'criait-il4 ,/]ne avait dit avant lui3 ,mnageons notre ne1 si n\s v\lons vivre vieux4 ,mais la bte e/ si fantasque6 ,plan*ette tait un gr& homme sec1 vritable pote p]du dans une p]ptuelle contemplation1 occup reg>d] t\j\rs un abme sans fond1 ,,le ,,m\vem5t4 ,le vulgaire taxe de folie ces esprits sublimes1 g5s incompris qui viv5t dans une admirable ins\ciance du luxe et du monde1 re/ant des j\rnes entires fum] un cig>e te9t1 ou v5ant dans un salon1 sans avoir t\j\rs bi5 exactem5t m>i les b\tons de leurs vtem5ts avec les b\tonnires4 ,un j\r1 aprs avoir long-temps mesur le vide1 ou entass des ,x s\s des ,aa--g,g1 ils ont analys quelque loi naturelle et dcompos le plus simple des pr9cipes2 t\t c\p la f\le admire une n\velle ma*9e ou quelque haquet dont la facile /ructure n\s tonne et n\s confond6 ,le savant mode/e s\rit en disant ses admirateurs3--,qu'ai-je donc cr8 ,ri54 ,l'homme n'inv5te pas une =ce1 il la dirige1 et la sci5ce consi/e imit] la nature4 ,raphal surprit le mcanici5 plant sur ses deux jambes1 comme un p5du tomb droit s\s une pot5ce4 ,plan*ette exam9ait une bille d'agate qui r\lait sur un cadran solaire1 en att5dant qu'elle s'y arrtt4 ,le pauvre homme n'tait1 ni dcor1 ni p5sionn1 c> il ne savait pas enlum9] ses calculs2 heureux de vivre l'afft d'une dc\v]te1 il ne p5sait ni la gloire1 ni au monde1 ni lui-mme1 et vivait dans la sci5ce p\r la sci5ce4 --,cela e/ indf9issable1 s'cria-t-il4--,ah6 monsieur1 reprit-il en ap]cevant ,raphal1 je suis votre s]viteur4 ,comm5t va la maman8 ,allez voir ma femme4 --,j'aurais cep5dant pu vivre a9si6 p5sa ,raphal qui tira le savant de sa rv]ie en lui dem&ant le moy5 d'agir sur le talisman1 qu'il lui prs5ta4--,dussiez-v\s rire de ma crdulit1 monsieur1 dit le m>quis en t]m9ant1 je ne v\s ca*]ai ri54 ,cette peau me semble possd] une =ce de rsi/ance contre laquelle ri5 ne peut prvaloir4 --,monsieur1 dit-il1 les g5s du monde trait5t t\j\rs la sci5ce assez cavalirem5t1 t\s n\s dis5t peu prs ce qu'un incroyable disait ,lal&e en lui am5ant des dames aprs l'clipse3 ,ayez la bont de recomm5c]4 ,quel effet v\lez-v\s produire8 ,la mcanique a p\r b d'appliqu] les lois du m\vem5t ou de les neutralis]4 ,quant au m\vem5t en lui-mme1 je v\s le dcl>e avec humilit1 n\s sommes impuissants le df9ir4 ,cela pos1 n\s avons rem>qu quelques phnomnes con/ants qui rgiss5t l'action des solides et des fluides4 ,en reproduisant les causes gnratrices de ces phnomnes1 n\s p\vons transport] les corps1 leur transmettre une =ce locomotive dans des rapports de vitesse dt]m9e1 les lanc]1 les divis] simplem5t ou l'inf9i1 soit que n\s les cassions ou les pulvrisions2 puis les tordre1 leur imprim] une rotation1 les modifi]1 les comprim]1 les dilat]1 les t5dre4 ,cette sci5ce1 monsieur1 repose sur un seul fait4 ,v\s voyez cette bille1 reprit-il4 ,elle e/ ici sur cette pi]re4 ,la voici ma9t5ant l4 ,de quel nom appell]ons-n\s cet acte si physiquem5t naturel et si moralem5t extraord9aire8 ,m\vem5t1 locomotion1 *angem5t de lieu8 ,quelle imm5se vanit ca*e s\s les mots6 ,un nom1 e/-ce donc une solution8 ,voil p\rtant t\te la sci5ce4 ,nos ma*9es emploi5t ou dcompos5t cet acte1 ce fait4 ,ce lg] phnomne adapt des masses va faire saut] ,p>is3 n\s p\vons augm5t] la vitesse aux dp5s de la =ce1 et la =ce aux dp5s de la vitesse4 ,qu'e/-ce que la =ce et la vitesse8 ,notre sci5ce e/ inhabile le dire1 comme elle l'e/ crer un m\vem5t4 ,un m\vem5t1 quel qu'il soit1 e/ un imm5se p\voir1 et l'homme n'inv5te pas de p\voirs4 ,le p\voir e/ un1 comme le m\vem5t1 l'ess5ce mme du p\voir4 ,t\t e/ m\vem5t4 ,la p5se e/ un m\vem5t4 ,la nature e/ tablie sur le m\vem5t4 ,la mort e/ un m\vem5t dont les f9s n\s sont peu connues4 ,si ,dieu e/ t]nel1 croyez qu'il e/ t\j\rs en m\vem5t2 ,dieu e/ le m\vem5t1 peut-tre4 ,voil p\rquoi le m\vem5t e/ inexplicable comme lui2 comme lui pr(ond1 sans bornes1 incomprh5sible1 intangible4 ,qui jamais a t\*1 compris1 mesur le m\vem5t8 ,n\s en s5tons les effets sans les voir4 ,n\s p\vons mme le ni] comme n\s nions ,dieu4 ,o e/-il8 o n'e/-il pas8 ,d'o "p-il8 ,o en e/ le pr9cipe8 ,o en e/ la f98 ,il n\s enveloppe1 n\s presse et n\s *appe4 ,il e/ vid5t comme un fait1 obscur comme une ab/raction1 t\t la fois effet et cause4 ,il lui faut comme n\s l'espace1 et qu'e/-ce que l'espace8 ,le m\vem5t seul n\s le rvle2 sans le m\vem5t1 il n'e/ plus qu'un mot vide de s5s4 ,problme insoluble1 semblable au vide1 semblable la cration1 l'inf9i1 le m\vem5t confond la p5se huma9e1 et t\t ce qu'il e/ p]mis l'homme de concevoir1 c'e/ qu'il ne le concevra jamais4 ,entre *acun des po9ts successivem5t occups p> cette bille dans l'espace1 reprit le savant1 il se r5contre un abme p\r la raison huma9e1 un abme o e/ tomb ,pascal4 ,p\r agir sur la sub/ance inconnue1 que v\s v\lez s\mettre une =ce inconnue1 n\s devons d'abord tudi] cette sub/ance2 d'aprs sa nature1 ou elle se bris]a s\s un *oc1 ou elle y rsi/]a3 si elle se divise et que votre int5tion ne soit pas de la p>tag]1 n\s n'atte9drons pas le b propos4 ,v\lez-v\s la comprim]8 ,il faut transmettre un m\vem5t gal t\tes les p>ties de la sub/ance de manire dim9u] uni=mm5t l'int]valle qui les sp>e4 ,dsirez-v\s l't5dre8 n\s devrons t*] d'imprim] *aque molcule une =ce exc5trique gale2 sans l'obs]vation exacte de cette loi1 n\s y produirions des solutions de cont9uit4 ,il exi/e1 monsieur1 des modes inf9is1 des comb9aisons sans bornes dans le m\vem5t4 ,a quel effet v\s arrtez-v\s8 --,monsieur1 dit ,raphal impati5t1 je dsire une pression quelconque assez =te p\r t5dre indf9im5t cette peau444 --,la sub/ance tant f9ie1 rpondit le ma?matici51 ne saurait tre indf9im5t di/5due1 mais la compression multipli]a ncessairem5t l't5due de sa surface aux dp5s de l'paisseur2 elle s'am9cira jusqu' ce que la matire manque444 --,obt5ez ce rsultat1 monsieur1 s'cria ,raphal1 et v\s aurez gagn des millions4 --,je v\s vol]ais votre arg5t1 rpondit le pr(esseur avec le flegme d'un ,holl&ais4 ,je vais v\s dmontr] en deux mots l'exi/5ce d'une ma*9e s\s laquelle ,dieu lui-mme s]ait cras comme une m\*e4 ,elle rduirait un homme l'tat de papi] br\ill>d1 un homme bott1 p]onn1 cravat1 *apeau1 or1 bij\x1 t\t444 --,quelle horrible ma*9e6 --,au lieu de jet] leurs enfants l'eau1 les ,*9ois devrai5t les utilis] a9si1 reprit le savant sans p5s] au respect de l'homme p\r sa progniture4 ,t\t enti] son ide1 ,plan*ette prit un pot de fleurs vide1 tr\ dans le fond et l'apporta sur la dalle du gnomon2 puis il alla *]*] un peu de t]re glaise dans un co9 du j>d94 ,raphal re/a *>m comme un enfant auquel sa n\rrice conte une hi/oire m]veilleuse4 ,aprs avoir pos sa t]re glaise sur la dalle4 ,plan*ette tira de sa po*e une s]pette1 c\pa deux bran*es de sureau1 et se mit les vid] en sifflant comme si ,raphal n'et pas t l4 --,voil les lm5ts de la ma*9e1 dit-il4 ,il atta*a p> un c\de en t]re glaise un de ses tuyaux de bois au fond du pot1 de manire ce que le tr\ de sureau correspondt celui du vase4 ,v\s eussiez dit une norme pipe4 ,il tala sur la dalle un lit de glaise en lui donnant la =me d'une pelle1 assit le pot de fleurs dans la p>tie la plus l>ge1 et fixa la bran*e de sureau sur la portion qui reprs5tait le man*e4 ,enf9 il mit un pt de t]re glaise l'extrmit du tube en sureau1 il y planta l'autre bran*e creuse1 t\te droite1 en pratiquant un autre c\de p\r la jo9dre la bran*e horizontale1 en sorte que l'air1 ou tel fluide ambiant donn1 pt circul] dans cette ma*9e improvise1 et c\rir depuis l'emb\*ure du tube v]tical1 trav]s le canal int]mdiaire1 jusque dans le gr& pot de fleurs vide4 --,monsieur1 cet app>eil1 dit-il ,raphal avec le srieux d'un acadmici5 prononant son disc\rs de rception1 e/ un des plus beaux titres du gr& ,pascal notre admiration4 --,je ne compr5ds pas4 ,le savant s\rit4 ,il alla dta*] d'un arbre fruiti] une petite b\teille dans laquelle son ph>maci5 lui avait envoy une liqueur o se pr5ai5t les f\rmis2 il en cassa le fond1 se fit un entonnoir1 l'adapta soigneusem5t au tr\ de la bran*e creuse qu'il avait fixe v]ticalem5t dans l'argile1 en opposition au gr& rs]voir figur p> le pot de fleurs2 puis1 au moy5 d'un arrosoir1 il y v]sa la quantit d'eau ncessaire p\r qu'elle se tr\vt galem5t bord bord et dans le gr& vase et dans la petite emb\*ure circulaire du sureau4 ,raphal p5sait sa ,peau de *agr94 --,monsieur1 dit le mcanici51 l'eau passe encore auj\rd'hui p\r un corps incompressible1 n'oubliez pas ce pr9cipe fondam5tal1 nanmo9s elle se comprime2 mais si lgrem5t1 que n\s devons compt] sa facult contractile comme zro4 ,v\s voyez la surface que prs5te l'eau arrive la sup]ficie du pot de fleurs4 --,oui1 monsieur4 --,h bi56 supposez cette surface mille fois plus t5due que ne l'e/ l'orifice du bton de sureau p> lequel j'ai v]s le liquide4 ,t5ez1 j'te l'entonnoir4 --,d'accord4 --,h bi56 monsieur1 si p> un moy5 quelconque j'augm5te le volume de cette masse en introduisant encore de l'eau p> l'orifice du petit tuyau1 le fluide1 contra9t d'y desc5dre1 mont]a dans le rs]voir figur p> le pot de fleurs jusqu' ce que le liquide arrive un mme niveau dans l'un et dans l'autre444 --,cela e/ vid5t1 s'cria ,raphal4 --,mais il y a cette diffr5ce1 reprit le savant1 que si la m9ce colonne d'eau aj\te dans le petit tube v]tical y prs5te une =ce gale au poids d'une livre p> exemple1 comme son action se transmettra fidlem5t la masse liquide et vi5dra ragir sur t\s les po9ts de la surface qu'elle prs5te dans le pot de fleurs1 il s'y tr\v]a mille colonnes d'eau qui1 t5dant t\tes s'lev] comme si elles tai5t p\sses p> une =ce gale celle qui fait desc5dre le liquide dans le bton de sureau v]tical1 produiront ncessairem5t ici1 dit ,plan*ette en montrant ,raphal l'ouv]ture du pot de fleurs1 une puissance mille fois plus considrable que la puissance introduite l4 ,et le savant indiquait du doigt au m>quis le tuyau de bois plant droit dans la glaise4 --,cela e/ t\t simple1 dit ,raphal4 ,plan*ette s\rit4 --,en d'autres t]mes1 reprit-il avec cette tnacit de logique naturelle aux ma?matici5s1 il faudrait1 p\r rep\ss] l'irruption de l'eau1 dploy]1 sur *aque p>tie de la gr&e surface1 une =ce gale la =ce agissant dans le conduit v]tical2 mais1 cette diffr5ce prs1 que si la colonne liquide y e/ haute d'un pi$1 les mille petites colonnes de la gr&e surface n'y auront qu'une trs-faible lvation4 ,ma9t5ant1 dit ,plan*ette en donnant une *iqu5aude ses btons1 remplaons ce petit app>eil grotesque p> des tubes mtalliques d'une =ce et d'une dim5sion conv5ables2 si v\s c\vrez d'une =te plat9e mobile la surface fluide du gr& rs]voir1 et qu' cette plat9e v\s en opposiez une autre dont la rsi/ance et la solidit soi5t t\te preuve1 si de plus v\s m'accordez la puissance d'aj\t] sans cesse de l'eau p> le petit tube v]tical la masse liquide1 l'objet1 pris entre les deux plans solides1 doit ncessairem5t cd] l'imm5se action qui le comprime indf9im5t4 ,le moy5 d'introduire con/amm5t de l'eau p> le petit tube e/ une niais]ie en mcanique1 a9si que le mode de transmettre la puissance de la masse liquide une plat9e4 ,deux pi/ons et quelques s\papes suffis5t4 ,concevez-v\s alors1 mon *] monsieur1 dit-il en pr5ant le bras de ,val5t91 qu'il n'exi/e gure de sub/ance qui1 mise entre ces deux rsi/ances indf9ies1 ne soit contra9te s'tal]4 --,quoi6 l'auteur des ,lettres prov9ciales a inv5t6 s'cria ,raphal4 --,lui seul1 monsieur4 ,la mcanique ne connat ri5 de plus simple ni de plus beau4 ,le pr9cipe contraire1 l'expansibilit de l'eau a cr la ma*9e vapeur4 ,mais l'eau n'e/ expansible qu' un c]ta9 degr1 t&is que son incompressibilit1 tant une =ce en quelque sorte ngative1 se tr\ve ncessairem5t inf9ie4 --,si cette peau s't5d1 dit ,raphal1 je v\s promets d'lev] une /atue colossale ,blaise ,pascal1 de fond] un prix de c5t mille francs p\r le plus beau problme de mcanique rsolu dans *aque priode de dix ans1 de dot] vos c\s9es1 arrire-c\s9es1 enf9 de btir un hpital de/9 aux ma?matici5s dev5us f\s ou pauvres4 --,ce s]ait =t utile1 dit ,man*ette4--,monsieur1 reprit-il avec le calme d'un homme vivant dans une sphre t\te intellectuelle1 n\s irons dema9 *ez ,spieghalt]4 ,ce mcanici5 di/+u vi5t de fabriqu]1 d'aprs mes plans1 une ma*9e p]fectionne avec laquelle un enfant p\rrait faire t5ir mille bottes de fo9 dans son *apeau4 --,a dema91 monsieur4 --,a dema94 --,p>lez-moi de la mcanique6 s'cria ,raphal4 ,n'e/-ce pas la plus belle de t\tes les sci5ces8 ,l'autre avec ses onagres1 ses classem5ts1 ses can>ds1 ses g5res et ses bocaux ple9s de mon/res1 e/ t\t au plus bon m>qu] les po9ts dans un bill>d public4 ,le l5dema91 ,raphal t\t joyeux v9t *]*] ,plan*ette1 et ils allr5t ensemble dans la rue de la ,sant1 nom de favorable augure4 ,*ez ,spieghalt]1 le jeune homme se tr\va dans un tablissem5t imm5se1 ses reg>ds tombr5t sur une multitude de =ges r\ges et rugissantes4 ,c'tait une pluie de feu1 un dluge de cl\s1 un ocan de pi/ons1 de vis1 de levi]s1 de trav]ses1 de limes d'cr\s1 une m] de fontes1 de bois1 de s\papes et d'aci]s en b>res4 ,la limaille pr5ait la gorge4 ,il y avait du f] dans la temprature1 les hommes tai5t c\v]ts de f]1 t\t puait le f]1 le f] avait une vie1 il tait organis1 il se fluidifiait1 m>*ait1 p5sait en pr5ant t\tes les =mes1 en obissant t\s les caprices4 ,a trav]s les hurlem5ts des s\fflets1 les cresc5do des m>teaux1 les sifflem5ts des t\rs qui faisai5t grogn] le f]1 ,raphal arriva dans une gr&e pice1 propre et bi5 are1 o il put contempl] son aise la presse imm5se dont ,plan*ette lui avait p>l4 ,il admira des espces de madri]s en fonte1 et des jumelles en f] unies p> un inde/ructible noyau4 --,si v\s t\rniez sept fois cette manivelle avec promptitude1 lui dit ,spieghalt] en lui montrant un balanci] de f] poli1 v\s f]iez jaillir une plan*e d'aci] en milli]s de jets qui v\s entr]ai5t dans les jambes comme des aiguilles4 --,pe/e6 s'cria ,raphal4 ,plan*ette glissa lui-mme la ,peau de *agr9 entre les deux plat9es de la presse s\v]a9e1 et1 ple9 de cette scurit que donn5t les convictions sci5tifiques1 il manuvra vivem5t le balanci]4 --,c\*ez-v\s t\s1 n\s sommes morts1 cria ,spieghalt] d'une voix tonnante en se laissant tomb] lui-mme t]re4 ,un sifflem5t horrible ret5tit dans les ateli]s4 ,l'eau cont5ue dans la ma*9e brisa la fonte1 produisit un jet d'une puissance incomm5surable1 et se dirigea heureusem5t sur une vieille =ge qu'elle r5v]sa1 b\lev]sa1 tordit comme une trombe entortille une maison et l'emporte avec elle4 --,oh6 dit tranquillem5t ,plan*ette1 le *agr9 e/ sa9 comme mon il6 ,matre ,spieghalt]1 il y avait une paille dans votre fonte1 ou quelque int]/ice dans le gr& tube4 --,non1 non1 je connais ma fonte4 ,monsieur peut remport] son outil1 le diable e/ log d$ans4 ,l',allem& saisit un m>teau de =g]on1 jeta la peau sur une enclume1 et1 de t\te la =ce que donne la colre1 d*>gea sur le talisman le plus t]rible c\p qui jamais et mugi dans ses ateli]s4 --,il n'y p>at seulem5t pas1 s'cria ,plan*ette en c>essant le *agr9 rebelle4 ,les ouvri]s acc\rur5t4 ,le contre-matre prit la peau et la plongea dans le *>bon de t]re d'une =ge4 ,t\s rangs en demi-c]cle aut\r du feu1 att5dir5t avec impati5ce le jeu d'un norme s\fflet4 ,raphal1 ,spieghalt]1 le pr(esseur ,plan*ette occupai5t le c5tre de cette f\le noire et att5tive4 ,en voyant t\s ces yeux blancs1 ces ttes p\dres de f]1 ces vtem5ts noirs et luisants1 ces poitr9es poilues1 ,raphal se crut transport dans le monde nocturne et fanta/ique des ballades allem&es4 ,le contre-matre saisit la peau avec des p9ces aprs l'avoir laisse dans le foy] p5dant dix m9utes4 --,r5dez-la moi1 dit ,raphal4 ,le contre-matre la prs5ta p> plaisant]ie ,raphal4 ,le m>quis mania facilem5t la peau froide et s\ple s\s ses doigts4 ,un cri d'horreur s'leva1 les ouvri]s s'enfuir5t1 ,val5t9 re/a seul avec ,plan*ette dans l'ateli] ds]t4 --,il y a dcidm5t quelque *ose de diabolique l-d$ans1 s'cria ,raphal au dsespoir4 ,aucune puissance huma9e ne saurait donc me donn] un j\r de plus6 --,monsieur1 j'ai tort1 rpondit le ma?matici5 d'un air contrit1 n\s devions s\mettre cette peau s+ulire l'action d'un lam9oir4 ,o avais-je les yeux en v\s proposant une pression4 --,c'e/ moi qui l'ai dem&e1 rpliqua ,raphal4 ,le savant respira comme un c\pable acquitt p> d\ze jurs4 ,cep5dant intress p> le problme trange que lui (frait cette peau1 il rfl*it un mom5t et dit3--,il faut trait] cette sub/ance inconnue p> des ractifs4 ,allons voir ,japhet1 la *imie s]a peut-tre plus heureuse que la mcanique4 ,val5t9 mit son *eval au gr& trot1 dans l'espoir de r5contr] le fameux *imi/e ,japhet son laboratoire4 --,h bi56 mon vieil ami1 dit ,plan*ette en ap]cevant ,japhet assis dans un fauteuil et contemplant un prcipit1 comm5t va la *imie8 --,elle s'endort4 ,ri5 de neuf4 ,l',acadmie a cep5dant reconnu l'exi/5ce de la salic9e4 ,mais la salic9e1 l'asp>ag9e1 la vauquel9e1 la digital9e ne sont pas des dc\v]tes4 --,faute de p\voir inv5t] des *oses1 dit ,raphal1 il p>at que v\s en tes rduits inv5t] des noms4 --,cela e/ p>dieu vrai1 jeune homme6 --,ti5s1 dit le pr(esseur ,plan*ette au *imi/e1 essaie de n\s dcompos] cette sub/ance3 si tu en extrais un pr9cipe quelconque1 je le nomme d'avance la diabol9e1 c> en v\lant la comprim]1 n\s v5ons de bris] une presse hydraulique4 --,voyons1 voyons cela1 s'cria joyeusem5t le *imi/e1 ce s]a peut-tre un n\veau corps simple4 --,monsieur1 dit ,raphal1 c'e/ t\t simplem5t un morceau de peau d'ne4 --,monsieur8 reprit gravem5t le clbre *imi/e4 --,je ne plaisante pas1 rpliqua le m>quis en lui prs5tant la peau de *agr94 ,le b>on ,japhet appliqua sur la peau les h\ppes n]veuses de sa langue si habile dgu/] les sels1 les acides1 les alcalis1 les gaz1 et dit aprs quelques essais3--,po9t de gt6 ,voyons1 n\s allons lui faire boire un peu d'acide ph?orique4 ,s\mise l'action de ce pr9cipe1 si prompt dsorganis] les tissus animaux1 la peau ne subit aucune altration4 --,ce n'e/ pas du *agr91 s'cria le *imi/e4 ,n\s allons trait] ce my/rieux inconnu comme un m9ral et lui donn] sur le nez en le mettant dans un creuset infusible o j'ai prcism5t de la potasse r\ge4 ,japhet sortit et rev9t bi5tt4 --,monsieur1 dit-il ,raphal1 laissez-moi pr5dre un morceau de cette s+ulire sub/ance1 elle e/ si extraord9aire444 --,un morceau6 s'cria ,raphal1 pas seulem5t la valeur d'un *eveu4 ,d'ailleurs essayez1 dit-il d'un air t\t la fois tri/e et gogu5>d4 ,le savant cassa un rasoir en v\lant entam] la peau1 il t5ta de la bris] p> une =te d*>ge d'lectricit1 puis il la s\mit l'action de la pile voltaque1 enf9 les f\dres de sa sci5ce *\r5t sur le t]rible talisman4 ,il tait sept heures du soir4 ,plan*ette1 ,japhet et ,raphal1 ne s'ap]cevant pas de la fuite de temps1 att5dai5t le rsultat d'une d]nire expri5ce4 ,le *agr9 sortit victorieux d'un p\vantable *oc auquel il avait t s\mis1 grce une quantit raisonnable de *lorure d'azote4 --,je suis p]du6 s'cria ,raphal4 ,dieu e/ l4 ,je vais m\rir4 ,il laissa les deux savants /upfaits4 --,g>dons-n\s bi5 de racont] cette av5ture l',acadmie1 nos collgues s'y moqu]ai5t de n\s1 dit ,plan*ette au *imi/e aprs une longue pause p5dant laquelle ils se reg>dr5t sans os] se communiqu] leurs p5ses4 ,ils tai5t comme des *rti5s sortant de leurs tombes sans tr\v] un ,dieu dans le ciel4 ,la sci5ce8 impuissante6 ,les acides8 eau claire6 ,la potasse r\ge8 d%onore6 ,la pile voltaque et la f\dre8 deux bilboquets6 --,une presse hydraulique f5due comme une m\illette6 aj\ta ,plan*ette4 --,je crois au diable1 dit le b>on ,japhet aprs un mom5t de sil5ce4 --,et moi ,dieu1 rpondit ,plan*ette4 ,t\s deux tai5t dans leur rle4 ,p\r un mcanici51 l'univ]s e/ une ma*9e qui veut un ouvri]2 p\r la *imie1 cette uvre d'un dmon qui va dcomposant t\t1 le monde e/ un gaz d\ de m\vem5t4 --,n\s ne p\vons pas ni] le fait1 reprit le *imi/e4 --,bah6 p\r n\s consol]1 messieurs les doctr9aires ont cr ce nbuleux axiome3 ,bte comme un fait4 --,ton axiome1 rpliqua le *imi/e1 me semble1 moi1 fait comme une bte4 ,ils se prir5t rire1 et dnr5t en g5s qui ne voyai5t plus qu'un phnomne dans un miracle4 ,en r5trant *ez lui1 ,val5t9 tait en proie une rage froide2 il ne croyait plus ri51 ses ides se br\illai5t dans sa c]velle1 t\rnoyai5t et vacillai5t comme celles de t\t homme en prs5ce d'un fait impossible4 ,il avait cru volonti]s quelque dfaut secret dans la ma*9e de ,spieghalt]1 l'impuissance de la sci5ce et du feu ne l'tonnait pas2 mais la s\plesse de la peau qu& il la maniait1 mais sa duret lorsque les moy5s de de/ruction mis la disposition de l'homme tai5t dirigs sur elle1 l'p\vantai5t4 ,ce fait inconte/able lui donnait le v]tige4 --,je suis f\1 se dit-il4 ,quoique depuis ce mat9 je sois jeun1 je n'ai ni faim ni soif1 et je s5s dans ma poitr9e un foy] qui me brle4 ,il remit la ,peau de *agr9 dans le cadre o elle avait t nagure enf]me2 et1 aprs avoir dcrit p> une ligne d'encre r\ge le cont\r actuel du talisman1 il s'assit dans son fauteuil4--,dj huit heures1 s'cria-t-il4 ,cette j\rne a pass comme un songe4 ,il s'acc\da sur le bras du fauteuil1 s'appuya la tte dans sa ma9 gau*e1 et re/a p]du dans une de ces mditations funbres1 dans ces p5ses dvorantes dont les condamns mort emport5t le secret4--,ah6 ,paul9e1 s'cria-t-il1 pauvre enfant6 il y a des abmes que l'am\r ne saurait fran*ir1 malgr la =ce de ses ailes4 ,en ce mom5t il ent5dit trs-di/9ctem5t un s\pir t\ff1 et reconnut p> un des plus t\*ants privilges de la passion le s\ffle de sa ,paul9e4 ,oh6 se dit-il1 voil mon arrt4 ,si elle tait l1 je v\drais m\rir dans ses bras4 ,un clat de rire bi5 franc1 bi5 joyeux1 lui fit t\rn] la tte v]s son lit1 il vit trav]s les rideaux diaphanes la figure de ,paul9e s\riant comme un enfant heureux d'une malice qui russit2 ses beaux *eveux =mai5t des milli]s de b\cles sur ses paules2 elle tait l semblable une rose du ,b5gale sur un monceau de roses blan*es4 --,j'ai sduit ,jona?as1 dit-elle4 ,ce lit ne m'app>ti5t-il pas1 moi qui suis ta femme8 ,ne me gronde pas1 *ri1 je ne v\lais que dormir prs de toi1 te surpr5dre4 ,p>donne-moi cette folie4 ,elle sauta hors du lit p> un m\vem5t de *atte1 se montra radieuse dans ses m\ssel9es1 et s'assit sur les g5\x de ,raphal3--,de quel abme p>lais-tu donc1 mon am\r8 dit-elle en laissant voir sur son front une expression s\cieuse4 --,de la mort4 --,tu me fais mal1 rpondit-elle4 ,il y a c]ta9es ides auxquelles1 n\s autres1 pauvres femmes1 n\s ne p\vons n\s arrt]1 elles n\s tu5t4 ,e/-ce =ce d'am\r ou manque de c\rage8 je ne sais4 ,la mort ne m'effraie pas1 reprit-elle en riant4 ,m\rir avec toi1 dema9 mat91 ensemble1 dans un d]ni] bais]1 ce s]ait un bonheur4 ,il me semble que j'aurais encore vcu plus de c5t ans4 ,qu'importe le nombre de j\rs1 si1 dans une nuit1 dans une heure1 n\s avons puis t\te une vie de paix et d'am\r8 --,tu z raison1 le ciel p>le p> ta jolie b\*e4 ,donne que je la baise1 et m\rons1 dit ,raphal4 --,m\rons donc1 rpondit-elle en riant4 ,v]s les neuf heures du mat91 le j\r passait trav]s les f5tes des p]si5nes2 amo9dri p> la m\ssel9e des rideaux1 il p]mettait encore de voir les ri*es c\leurs du tapis et les meubles soyeux de la *ambre o reposai5t les deux amants4 ,quelques dorures t9celai5t4 ,un rayon de soleil v5ait m\rir sur le mol dr$on que les jeux de l'am\r avai5t jet p> t]re4 ,susp5due une gr&e psy*1 la robe de ,paul9e se dess9ait comme une vaporeuse app>ition4 ,les s\li]s mignons avai5t t laisss lo9 du lit4 ,un rossignol v9t se pos] sur l'appui de la f5tre1 ses gaz\illem5ts rpts1 le bruit de ses ailes s\da9em5t dployes qu& il s'envola1 rveillr5t ,raphal4 --,p\r m\rir1 dit-il en a*evant une p5se comm5ce dans son rve1 il faut que mon organisation1 ce mcanisme de *air et d'os anim p> ma volont1 et qui fait de moi un individu homme1 prs5te une lsion s5sible4 ,les mdec9s doiv5t connatre les symptmes de la vitalit attaque1 et p\voir me dire si je suis en sant ou malade4 ,il contempla sa femme endormie qui lui t5ait la tte1 exprimant a9si p5dant le sommeil les t5dres sollicitudes de l'am\r4 ,gracieusem5t t5due comme un jeune enfant et le visage t\rn v]s lui1 ,paul9e semblait le reg>d] encore en lui t5dant une jolie b\*e entr'ouv]te p> un s\ffle gal et pur4 ,ses petites d5ts de porcela9e relevai5t la r\geur de ses lvres fra*es sur lesquelles errait un s\rire2 l'inc>nat de son te9t tait plus vif1 et la blan*eur en tait p\r a9si dire plus blan*e en ce mom5t qu'aux heures les plus am\reuses de la j\rne4 ,son gracieux ab&on si ple9 de confiance mlait au *>me de l'am\r les adorables attraits de l'enfance endormie4 ,les femmes1 mme les plus naturelles1 obiss5t encore p5dant le j\r c]ta9es conv5tions sociales qui en*an5t les naves expansions de leur me2 mais le sommeil semble les r5dre la s\da9et de vie qui dcore le premi] ge3 ,paul9e ne r\gissait de ri51 comme une de ces *res et cle/es cratures *ez qui la raison n'a encore jet ni p5ses dans les ge/es1 ni secrets dans le reg>d4 ,son pr(il se dta*ait vivem5t sur la f9e bati/e des oreill]s1 de grosses ru*es de d5telle mles ses *eveux en dsordre lui donnai5t un petit air mut92 mais elle s'tait endormie dans le plaisir1 ses longs cils tai5t appliqus sur sa j\e comme p\r g>antir sa vue d'une lueur trop =te ou p\r aid] ce recueillem5t de l'me qu& elle essaie de ret5ir une volupt p>faite1 mais fugitive2 son oreille mignonne1 blan*e et r\ge1 encadre p> une t\ffe de *eveux et dess9e dans une coque de mal9es1 et r5du f\ d'am\r un arti/e1 un pe9tre1 un vieill>d1 et peut-tre re/itu la raison quelque ins5s4 ,voir sa matresse endormie1 rieuse dans un songe1 paisible s\s votre protection1 v\s aimant mme en rve1 au mom5t o la crature semble cess] d'tre1 et v\s (frant encore une b\*e muette qui dans le sommeil v\s p>le du d]ni] bais]6 voir une femme confiante1 demi-nue1 mais enveloppe dans son am\r comme dans un manteau1 et *a/e au se9 du dsordre2 admir] ses vtem5ts p>s1 un bas de soie rapidem5t quitt la veille p\r v\s plaire1 une ce9ture dn\e qui v\s accuse une foi inf9ie1 n'e/-ce pas une joie sans nom8 ,cette ce9ture e/ un pome enti]2 la femme qu'elle protgeait n'exi/e plus1 elle v\s app>ti5t1 elle e/ dev5ue v\s2 dsormais la trahir1 c'e/ se bless] soi-mme4 ,raphal att5dri contempla cette *ambre *>ge d'am\r1 ple9e de s\v5irs1 o le j\r pr5ait des te9tes voluptueuses1 et rev9t cette femme aux =mes pures1 jeunes1 aimante encore1 dont surt\t les s5tim5ts tai5t lui sans p>tage4 ,il dsira vivre t\j\rs4 ,qu& son reg>d tomba sur ,paul9e1 elle ouvrit aussitt les yeux comme si un rayon de soleil l'et frappe4 --,bonj\r1 ami1 dit-elle en s\riant4 ,es-tu beau1 m*ant6 ,ces deux ttes empre9tes d'une grce due l'am\r1 la jeunesse1 au demi-j\r et au sil5ce =mai5t une de ces div9es scnes dont la magie passagre n'app>ti5t qu'aux premi]s j\rs de la passion1 comme la navet1 la c&eur sont les attributs de l'enfance4 ,hlas6 ces joies pr9tanires de l'am\r1 de mme que les rires de notre jeune ge1 doiv5t s'enfuir et ne plus vivre que dans notre s\v5ir p\r n\s dsespr] ou n\s jet] quelque p>fum consolateur1 selon les caprices de nos mditations secrtes4 --,p\rquoi t'es-tu rveille6 dit ,raphal4 ,j'avais tant de plaisir te voir endormie1 j'en pleurais4 --,et moi aussi1 rpondit-elle1 j'ai pleur cette nuit en te contemplant dans ton repos1 mais non pas de joie4 c\te1 mon ,raphal1 c\te-moi8 ,lorsque tu dors1 ta respiration n'e/ pas fran*e1 il y a dans ta poitr9e quelque *ose qui rsonne1 et qui m'a fait peur4 ,tu z p5dant ton sommeil une petite t\x s*e1 absolum5t semblable celle de mon pre qui meurt d'une ph?isie4 ,j'ai reconnu dans le bruit de tes p\mons quelques-uns des effets biz>res de cette maladie4 ,puis tu avais la fivre1 j'en suis sre1 ta ma9 tait moite et brlante4 ,*ri6 tu es jeune1 dit-elle en frissonnant1 tu p\rrais te gurir encore si1 p> malheur444 ,mais non1 s'cria-t-elle joyeusem5t1 il n'y a pas de malheur1 la maladie se gagne1 dis5t les mdec9s4 ,de ses deux bras1 elle enlaa ,raphal1 saisit sa respiration p> un de ces bais]s dans lesquels l'me arrive3--,je ne dsire pas vivre vieille1 dit-elle4 ,m\rons jeunes t\s deux1 et allons dans le ciel les ma9s ple9es de fleurs4 --,ces projets-l se font t\j\rs qu& n\s sommes en bonne sant1 rpondit ,raphal en plongeant ses ma9s dans la *evelure de ,paul9e2 mais il eut alors un horrible accs de t\x1 de ces t\x graves et sonores qui sembl5t sortir d'un c]cueil1 qui font plir le front des malades et les laiss5t tremblants1 t\t en sueur1 aprs avoir remu leurs n]fs1 branl leurs ctes1 fatigu leur moelle p9ire1 et imprim je ne sais quelle l\rdeur leurs ve9es4 ,raphal abattu1 ple1 se c\*a l5tem5t1 affaiss comme un homme dont t\te la =ce s'e/ dissipe dans un d]ni] ef=t4 ,paul9e le reg>da d'un il fixe1 agr&i p> la peur1 et re/a immobile1 blan*e1 sil5cieuse4 --,ne faisons plus de folies1 mon ange1 dit-elle en v\lant ca*] ,raphal les horribles press5tim5ts qui l'agitai5t4 ,elle se voila la figure de ses ma9s1 c> elle ap]cevait le hideux squelette de la ,,mort4 ,la tte de ,raphal tait dev5ue livide et creuse comme un crne arra* aux pr(ondeurs d'un cimetire p\r s]vir aux tudes de quelque savant4 ,paul9e se s\v5ait de l'exclamation *appe la veille ,val5t91 et se dit elle-mme3 ,oui1 il y a des abmes que l'am\r ne peut pas trav]s]1 mais il doit s'y ensevelir4 ,quelques j\rs aprs cette scne de dsolation1 ,raphal se tr\va p> une mat9e du mois de m>s assis dans un fauteuil1 ent\r de quatre mdec9s qui l'avai5t fait plac] au j\r devant la f5tre de sa *ambre1 et t\r t\r lui ttai5t le p\ls1 le palpai5t1 l'int]rogeai5t avec une app>5ce d'intrt4 ,le malade piait leurs p5ses en int]prtant et leurs ge/es et les mo9dres plis qui se =mai5t sur leurs fronts4 ,cette consultation tait sa d]nire esprance4 ,ces juges suprmes allai5t lui prononc] un arrt de vie ou de mort4 ,aussi1 p\r arra*] la sci5ce huma9e son d]ni] mot1 ,val5t9 avait-il convoqu les oracles de la mdec9e mod]ne4 ,grce sa =tune et son nom1 les trois sy/mes entre lesquels flott5t les connaissances huma9es tai5t l devant lui4 ,trois de ces docteurs portai5t avec eux t\te la philosophie mdicale1 en reprs5tant le combat que se livr5t la ,spiritualit1 l',analyse et je ne sais quel clectisme railleur4 ,le quatrime mdec9 tait ,horace ,bian*on1 homme ple9 d'av5ir et de sci5ce1 le plus di/+u peut-tre des n\veaux mdec9s1 sage et mode/e dput de la /udieuse jeunesse qui s'apprte recueillir l'hritage des trsors amasss depuis c9quante ans p> l'cole de ,p>is1 et qui btira peut-tre le monum5t p\r lequel les sicles prcd5ts ont apport tant de matriaux div]s4 ,ami du m>quis et de ,ra/ignac1 il lui avait donn ses so9s depuis quelques j\rs1 et l'aidait rpondre aux int]rogations des trois pr(esseurs auxquels il expliquait p>fois1 avec une sorte d'insi/ance1 les diagno/ics qui lui semblai5t rvl] une ph?isie pulmonaire4 --,v\s avez sans d\te fait beauc\p d'excs1 m5 une vie dissipe1 v\s v\s tes livr de gr&s travaux d'intellig5ce8 dit ,raphal celui des trois clbres docteurs dont la tte c>re1 la figure l>ge1 l'n]gique organisation1 p>aissai5t annonc] un gnie suprieur celui de ses deux antagoni/es4 --,j'ai v\lu me tu] p> la dbau*e aprs avoir travaill p5dant trois ans un va/e ouvrage dont v\s v\s occup]ez peut-tre un j\r1 lui rpondit ,raphal4 ,le gr& docteur ho*a la tte en signe de cont5tem5t1 et comme s'il se ft dit en lui-mme3--,j'en tais sr6 ,ce docteur tait l'illu/re ,brisset1 le *ef des organi/es1 le successeur des ,cabanis et des ,bi*at1 le mdec9 des esprits positifs et matriali/es1 qui voi5t en l'homme un tre f9i1 uniquem5t sujet aux lois de sa propre organisation1 et dont l'tat normal ou les anomalies dltres s'expliqu5t p> des causes vid5tes4 ,a cette rponse1 ,brisset reg>da sil5cieusem5t un homme de moy5ne taille dont le visage emp\rpr1 l'il ard5t1 semblai5t app>t5ir quelque satyre antique1 et qui1 le dos appuy sur le co9 de l'embrasure1 contemplait att5tivem5t ,raphal sans mot dire4 ,homme d'exaltation et de croyance1 le docteur ,camri/us1 *ef des vitali/es1 le ,ballan*e de la mdec9e1 potique df5seur des doctr9es ab/raites de ,van-,helmont1 voyait dans la vie huma9e un pr9cipe lev1 secret1 un phnomne inexplicable qui se j\e des bi/\ris1 trompe la *irurgie1 *appe aux mdicam5ts de la ph>maceutique1 aux x de l'algbre1 aux dmon/rations de l'anatomie1 et se rit de nos ef=ts2 une espce de flamme intangible1 invisible1 s\mise quelque loi div9e1 et qui re/e s\v5t au milieu d'un corps condamn p> nos arrts1 comme elle ds]te aussi les organisations les plus viables4 ,un s\rire s>donique errait sur les lvres du troisime1 le docteur ,maugr$ie1 esprit di/+u1 mais pyrrhoni5 et moqueur1 qui ne croyait qu'au scalpel1 concdait ,brisset la mort d'un homme qui se portait m]veille1 et reconnaissait avec ,camri/us qu'un homme p\vait vivre encore aprs sa mort4 ,il tr\vait du bon dans t\tes les ?ories1 n'en adoptait aucune1 prt5dait que le meilleur sy/me mdical tait de n'en po9t avoir1 et de s'en t5ir aux faits4 ,panurge de l'cole1 roi de l'obs]vation1 ce gr& explorateur1 ce gr& railleur1 l'homme des t5tatives dsespres1 exam9ait la ,peau de *agr94 --,je v\drais bi5 tre tmo9 de la concid5ce qui exi/e entre vos dsirs et son rtrcissem5t1 dit-il au m>quis4 --,a quoi bon8 s'cria ,brisset4 --,a quoi bon8 rpta ,camri/us4 --,ah6 v\s tes d'accord1 rpondit ,maugr$ie4 --,cette contraction e/ t\te simple1 aj\ta ,brisset4 --,elle e/ surnaturelle1 dit ,camri/us4 --,en effet1 rpliqua ,maugr$ie en affectant un air grave et r5dant ,raphal sa ,peau de *agr91 le racornissem5t du cuir e/ un fait inexplicable et cep5dant naturel1 qui1 depuis l'orig9e du monde1 fait le dsespoir de la mdec9e et des jolies femmes4 ,a =ce d'exam9] les trois docteurs1 ,val5t9 ne dc\vrit en eux aucune sympa?ie p\r ses maux4 ,t\s trois1 sil5cieux *aque rponse1 le toisai5t avec indiffr5ce et le que/ionnai5t sans le pla9dre4 ,la non*alance p]ait trav]s leur politesse4 ,soit c]titude1 soit rflexion1 leurs p>oles tai5t si r>es1 si indol5tes1 que p> mom5ts ,raphal les crut di/raits4 ,de temps autre1 ,brisset seul rpondait3 ,bon6 bi56 t\s les symptmes dsesprants dont l'exi/5ce tait dmontre p> ,bian*on4 ,camri/us demeurait plong dans une pr(onde rv]ie1 ,maugr$ie ressemblait un auteur comique tudiant deux orig9aux p\r les transport] fidlem5t sur la scne4 ,la figure d',horace trahissait une pe9e pr(onde1 un att5drissem5t ple9 de tri/esse4 ,il tait mdec9 depuis trop peu de temps p\r tre ins5sible devant la d\leur et impassible prs d'un lit funbre2 il ne savait pas te9dre dans ses yeux les l>mes amies qui emp*5t un homme de voir clair et de saisir1 comme un gnral d'arme1 le mom5t propice la victoire1 sans c\t] les cris des moribonds4 ,aprs tre re/ p5dant une demi-heure environ pr5dre en quelque sorte la mesure de la maladie et du malade1 comme un tailleur pr5d la mesure d'un habit un jeune homme qui lui comm&e ses vtem5ts de noces1 ils dir5t quelques lieux communs1 p>lr5t mme des affaires publiques2 puis ils v\lur5t pass] dans le cab9et de ,raphal p\r se communiqu] leurs ides et rdig] la s5t5ce4 --,messieurs1 leur dit ,val5t91 ne puis-je donc assi/] au dbat8 ,a ce mot1 ,brisset et ,maugr$ie se rcrir5t vivem5t1 et1 malgr les in/ances de leur malade1 ils se refusr5t dlibr] en sa prs5ce4 ,raphal se s\mit l'usage en p5sant qu'il p\vait se gliss] dans un c\loir d'o il ent5drait facilem5t les discussions mdicales auxquelles les trois pr(esseurs allai5t se livr]4 --,messieurs1 dit ,brisset en entrant1 p]mettez-moi de v\s donn] promptem5t mon avis4 ,je ne veux ni v\s l'impos]1 ni le voir controv]s3 d'abord il e/ net1 prcis1 et rsulte d'une similitude complte entre un de mes malades et le sujet que n\s avons t appels exam9]2 puis1 je suis att5du mon hospice4 ,l'importance du fait qui y rclame ma prs5ce m'excus]a de pr5dre le premi] la p>ole4 ,le sujet qui n\s occupe e/ galem5t fatigu p> des travaux intellectuels444 ,qu'a-t-il donc fait1 ,horace8 dit-il en s'adressant au jeune mdec94 --,une ?orie de la volont4 --,ah6 diable1 mais c'e/ un va/e sujet4 ,il e/ fatigu1 dis-je1 p> des excs de p5se1 p> des c>ts de rgime1 p> l'emploi rpt de /imulants trop n]giques4 ,l'action viol5te du corps et du c]veau a donc vici le jeu de t\t l'organisme4 ,il e/ facile1 messieurs1 de reconnatre1 dans les symptmes de la face et du corps1 une irritation prodigieuse l'e/omac1 la nvrose du gr& sympa?ique1 la vive s5sibilit de l'piga/re1 et le ress]rem5t des hypocondres4 ,v\s avez rem>qu la grosseur et la saillie du foie4 ,enf9 monsieur ,bian*on a con/amm5t obs]v les dige/ions de son malade1 et n\s a dit qu'elles tai5t difficiles1 laborieuses4 ,a proprem5t p>l]1 il n'exi/e plus d'e/omac2 l'homme a disp>u4 ,l'intellect e/ atrophi p>ce que l'homme ne digre plus4 ,l'altration progressive de l'piga/re1 c5tre de la vie1 a vici t\t le sy/me4 ,de l p>t5t des irradiations con/antes et flagrantes1 le dsordre a gagn le c]veau p> le plexus n]veux1 d'o l'irritation excessive de cet organe4 ,il y a monomanie4 ,le malade e/ s\s le poids d'une ide fixe4 ,p\r lui cette ,peau de *agr9 se rtrcit rellem5t1 peut-tre a-t-elle t\j\rs t comme n\s l'avons vue2 mais1 qu'il se contracte ou non1 ce *agr9 e/ p\r lui la m\*e que c]ta9 gr& visir avait sur le nez4 ,mettez promptem5t des sangsues l'piga/re1 calmez l'irritation de cet organe o l'homme t\t enti] rside1 t5ez le malade au rgime1 la monomanie cess]a4 ,je n'en dirai pas d'avantage au docteur ,bian*on2 il doit saisir l'ensemble et les dtails du traitem5t4 ,peut-tre y a-t-il complication de maladie1 peut-tre les voies respiratoires sont-elles galem5t irrites2 mais je crois le traitem5t de l'app>eil inte/9al beauc\p plus important1 plus ncessaire1 plus urg5t que ne l'e/ celui des p\mons4 ,l'tude t5ace de matires ab/raites et quelques passions viol5tes ont produit de graves p]turbations dans ce mcanisme vital2 cep5dant il e/ temps encore d'en r$ress] les ressorts1 ri5 n'y e/ trop =tem5t adultr4 ,v\s p\vez donc facilem5t sauv] votre ami1 dit-il ,bian*on4 --,notre savant collgue pr5d l'effet p\r la cause1 rpondit ,camri/us4 ,oui1 les altrations si bi5 obs]ves p> lui exi/5t *ez le malade1 mais l'e/omac n'a pas graduellem5t tabli des irradiations dans l'organisme et v]s le c]veau1 comme une flure t5d aut\r d'elle des rayons dans une vitre4 ,il a fallu un c\p p\r tr\] le vitrail2 ce c\p1 qui l'a port8 le savons-n\s8 avons-n\s suffisamm5t obs]v le malade8 connaissons-n\s t\s les accid5ts de sa vie8 ,messieurs1 le pr9cipe vital1 l'ar*e de ,van-,helmont e/ atte9t en lui1 la vitalit mme e/ attaque dans son ess5ce1 l't9celle div9e1 l'intellig5ce transitoire qui s]t comme de li5 la ma*9e et qui produit la volont1 la sci5ce de la vie1 a cess de rgul>is] les phnomnes j\rnali]s du mcanisme et les fonctions de *aque organe2 de l provi5n5t les dsordres si bi5 apprcis p> mon docte confrre4 ,le m\vem5t n'e/ pas v5u de l'piga/re au c]veau1 mais du c]veau v]s l'piga/re4 ,non1 dit-il en se frappant avec =ce la poitr9e1 non1 je ne suis pas un e/omac fait homme6 ,non1 t\t n'e/ pas l4 ,je ne me s5s pas le c\rage de dire que si j'ai un bon piga/re1 le re/e e/ de =me4 ,n\s ne p\vons pas1 reprit-il plus d\cem5t1 s\mettre une mme cause physique et un traitem5t uni=me les tr\bles graves qui survi5n5t *ez les diffr5ts sujets plus ou mo9s srieusem5t atte9ts4 ,aucun homme ne se ressemble4 ,n\s avons t\s des organes p>ticuli]s1 div]sem5t affects1 div]sem5t n\rris1 propres remplir des missions diffr5tes1 et dvelopp] des ?mes ncessaires l'accomplissem5t d'un ordre de *oses qui n\s e/ inconnu4 ,la portion du gr& t\t1 qui p> une haute volont vi5t opr]1 entret5ir en n\s le phnomne de l'animation1 se =mule d'une manire di/9cte dans *aque homme1 et fait de lui un tre en app>5ce f9i1 mais qui p> un po9t coexi/e une cause inf9ie4 ,aussi1 devons n\s tudi] *aque sujet sp>m5t1 le pntr]1 reconnatre en quoi consi/e sa vie1 quelle en e/ la puissance4 ,depuis la mollesse d'une ponge m\ille jusqu' la duret d'une pi]re ponce1 il y a des nuances inf9ies4 ,voil l'homme4 ,entre les organisations spongieuses des lymphatiques et la vigueur mtallique des muscles de quelques hommes de/9s une longue vie1 que d'erreurs ne commettra pas le sy/me unique1 implacable1 de la gurison p> l'abattem5t1 p> la pro/ration des =ces huma9es que v\s supposez t\j\rs irrites6 ,ici donc1 je v\drais un traitem5t t\t moral1 un exam5 appr(ondi de l'tre intime4 ,allons *]*] la cause du mal dans les entrailles de l'me et non dans les entrailles du corps6 ,un mdec9 e/ un tre inspir1 d\ d'un gnie p>ticuli]1 qui ,dieu concde le p\voir de lire dans la vitalit1 comme il donne aux prophtes des yeux p\r contempl] l'av5ir1 au pote la facult d'voqu] la nature1 au musici5 celle d'arrang] les sons dans un ordre h>monieux dont le type e/ en haut1 peut-tre6444 --,t\j\rs sa mdec9e absoluti/e1 mon>*ique et religieuse1 dit ,brisset en murmurant4 --,messieurs1 reprit promptem5t ,maugr$ie en c\vrant avec promptitude l'exclamation de ,brisset1 ne p]dons pas de vue le malade444 --,voil donc o en e/ la sci5ce6 s'cria tri/em5t ,raphal4 ,ma gurison flotte entre un rosaire et un *apelet de sangsues1 entre le bi/\ri de ,dupuytr5 et la prire du pr9ce de ,hoh5lohe6 ,sur la ligne qui sp>e le fait de la p>ole1 la matire de l'esprit1 ,maugr$ie e/ l1 d\tant4 ,le oui et non huma9 me p\rsuit p>t\t6 ,t\j\rs le ,c>ym>y1 ,c>ym>a de ,rabelais3 je suis spirituellem5t malade1 c>ym>y6 ou matriellem5t malade1 c>ym>a6 ,dois-je vivre8 ils l'ignor5t4 ,au mo9s ,plan*ette tait-il plus franc1 en me disant3 ,je ne sais pas4 ,en ce mom5t1 ,val5t9 ent5dit la voix du docteur ,maugr$ie4 --,le malade e/ monomane1 eh6 bi51 d'accord1 s'cria-t-il1 mais il y a deux c5t mille livres de r5te3 ces monomanes-l sont =t r>es1 et n\s leur devons au mo9s un avis4 ,quant savoir si son piga/re a ragi sur le c]veau1 ou le c]veau sur son piga/re1 n\s p\rrons peut-tre vrifi] le fait1 qu& il s]a mort4 ,rsumons-n\s donc4 ,il e/ malade1 le fait e/ inconte/able4 ,il lui faut un traitem5t quelconque4 ,laissons les doctr9es4 ,mettons-lui des sangsues p\r calm] l'irritation inte/9ale et la nvrose sur l'exi/5ce desquelles n\s sommes d'accord1 puis envoyons-le aux eaux3 n\s agirons la fois d'aprs les deux sy/mes4 ,s'il e/ pulmonique1 n\s ne p\vons gure le sauv]1 a9si444 ,raphal quitta promptem5t le c\loir et v9t se remettre dans son fauteuil4 ,bi5tt les quatre mdec9s sortir5t du cab9et4 ,horace porta la p>ole et lui dit3--,ces messieurs ont unanimem5t reconnu la ncessit d'une application immdiate de sangsues l'e/omac1 et l'urg5ce d'un traitem5t la fois physique et moral4 ,d'abord un rgime dittique1 af9 de calm] l'irritation de votre organisme4 ,ici ,brisset fit un signe d'approbation4 --,puis1 un rgime hyginique p\r rgir votre moral4 ,a9si n\s v\s conseillons unanimem5t d'all] aux eaux d',aix en ,savoie1 ou celles du ,mont-,dor en ,auv]gne1 si v\s les prfrez2 l'air et les sites de la ,savoie sont plus agrables que ceux du ,cantal1 mais v\s suivrez votre gt4 ,l1 le docteur ,camri/us laissa *app] un ge/e d'ass5tim5t4 --,ces messieurs1 reprit ,bian*on1 ayant reconnu de lgres altrations dans l'app>eil respiratoire1 sont tombs d'accord sur l'utilit de mes prescriptions antrieures4 ,ils p5s5t que votre gurison e/ facile et dp5dra de l'emploi sagem5t alt]natif de ces div]s moy5s444 ,et444 --,et voil p\rquoi votre fille e/ muette1 dit ,raphal en s\riant et en attirant ,horace dans son cab9et p\r lui remettre le prix de cette inutile consultation4 --,ils sont logiques1 lui rpondit le jeune mdec94 ,camri/us m5t1 ,brisset exam9e1 ,maugr$ie d\te4 ,l'homme n'a-t-il pas une me1 un corps et une raison8 ,l'une de ces trois causes premires agit en n\s d'une manire plus ou mo9s =te1 et il y aura t\j\rs de l'homme dans la sci5ce huma9e4 ,crois-moi1 ,raphal1 n\s ne gurissons pas1 n\s aidons gurir4 ,entre la mdec9e de ,brisset et celle de ,camri/us1 se tr\ve encore la mdec9e expectante2 mais p\r pratiqu] celle-ci avec succs1 il faudrait connatre son malade depuis dix ans4 ,il y a au fond de la mdec9e ngation comme dans t\tes les sci5ces4 ,t*e donc de vivre sagem5t1 essaie d'un voyage en ,savoie2 le mieux e/ et s]a t\j\rs de se confi] la nature4 ,raphal p>tit p\r les eaux d',aix4 ,au ret\r de la prom5ade et p> une belle soire d't1 quelques-unes des p]sonnes v5ues aux eaux d',aix se tr\vr5t runies dans les salons du ,c]cle4 ,assis prs d'une f5tre et t\rnant le dos l'assemble1 ,raphal re/a long-temps seul1 plong dans une de ces rv]ies ma*9ales durant lesquelles nos p5ses naiss5t1 s'en*an5t1 s'van\iss5t sans revtir de =mes1 et pass5t en n\s comme de lg]s nuages pe9e colors4 ,la tri/esse e/ alors d\ce1 la joie e/ vaporeuse1 et l'me e/ presque endormie4 ,se laissant all] cette vie s5suelle1 ,val5t9 se baignait dans la tide atmosphre du soir en sav\rant l'air pur et p>fum des montagnes1 heureux de ne s5tir aucune d\leur et d'avoir enf9 rduit au sil5ce sa m5aante ,peau de *agr94 ,au mom5t o les te9tes r\ges du c\*ant s'teignir5t sur les cimes1 la temprature fra*it1 il quitta sa place en p\ssant la f5tre4 --,monsieur1 lui dit une vieille dame1 auriez-v\s la complaisance de ne pas f]m] la croise8 ,n\s t\ffons4 ,cette phrase d*ira le tympan de ,raphal p> des dissonances d'une aigreur s+ulire2 elle fut comme le mot que l*e imprudemm5t un homme l'amiti duquel n\s v\lions croire1 et qui dtruit quelque d\ce illusion de s5tim5t en trahissant un abme d'gsme4 ,le m>quis jeta sur la vieille femme le froid reg>d d'un diplomate impassible1 il appela un valet et lui dit s*em5t qu& il arriva3--,ouvrez cette f5tre6 ,a ces mots1 une surprise insolite clata sur t\s les visages4 ,l'assemble se mit *u*ot]1 en reg>dant le malade d'un air plus ou mo9s expressif1 comme s'il et commis quelque grave imp]t95ce4 ,raphal1 qui n'avait pas entirem5t dp\ill sa primitive timidit de jeune homme1 eut un m\vem5t de honte2 mais il sec\a sa torpeur1 reprit son n]gie et se dem&a compte lui-mme de cette scne trange4 ,s\da9 un rapide m\vem5t anima son c]veau3 le pass lui app>ut dans une vision di/9cte o les causes du s5tim5t qu'il inspirait saillir5t en relief comme les ve9es d'un cadavre dont1 p> quelque savante injection1 les naturali/es color5t les mo9dres ramifications2 il se reconnut lui-mme dans ce tableau fugitif1 y suivit son exi/5ce1 j\r p> j\r1 p5se p5se2 il s'y vit1 non sans surprise1 sombre et di/rait au se9 de ce monde rieur1 t\j\rs songeant sa de/9e1 proccup de son mal1 p>aissant ddaign] la caus]ie la plus insignifiante1 fuyant ces intimits phmres qui s'tabliss5t promptem5t entre les voyageurs p>ce qu'ils compt5t sans d\te ne plus se r5contr]2 peu s\cieux des autres1 et semblable enf9 ces ro*]s ins5sibles aux c>esses comme la furie des vagues4 ,puis1 p> un r>e privilge d'intuition1 il lut dans t\tes les mes3 en dc\vrant s\s la lueur d'un flambeau le crne jaune1 le pr(il s>donique d'un vieill>d1 il se rappela de lui avoir gagn son arg5t sans lui avoir propos de pr5dre sa revan*e2 plus lo9 il ap]ut une jolie femme dont les agac]ies l'avai5t tr\v froid2 *aque visage lui repro*ait un de ces torts inexplicables en app>5ce1 mais dont le crime gt t\j\rs dans une invisible blessure faite l'am\r-propre4 ,il avait involontairem5t froiss t\tes les petites vanits qui gravitai5t aut\r de lui4 ,les convives de ses ftes ou ceux auxquels il avait (f]t ses *evaux s'tai5t irrits de son luxe2 surpris de leur +ratitude1 il leur avait p>gn ces espces d'humiliation3 ds lors ils s'tai5t crus mpriss et l'accusai5t d'ari/ocratie4 ,en sondant a9si les curs1 il put en d*iffr] les p5ses les plus secrtes2 il eut horreur de la socit1 de sa politesse1 de son v]nis4 ,ri*e et d'un esprit suprieur1 il tait envi1 ha2 son sil5ce trompait la curiosit1 sa mode/ie semblait de la hauteur ces g5s mesqu9s et sup]ficiels4 ,il dev9a le crime lat5t1 irrmissible1 dont il tait c\pable env]s eux3 il *appait la juridiction de leur mdiocrit4 ,rebelle leur despotisme inquisiteur1 il savait se pass] d'eux2 p\r se v5g] de cette royaut cl&e/9e1 t\s s'tai5t in/9ctivem5t ligus p\r lui faire s5tir leur p\voir1 le s\mettre quelque o/racisme1 et lui appr5dre qu'eux aussi p\vai5t se pass] de lui4 ,pris de piti d'abord cette vue du monde1 il frmit bi5tt en p5sant la s\ple puissance qui lui s\levait a9si le voile de *air s\s lequel e/ ensevelie la nature morale1 et f]ma les yeux comme p\r ne plus ri5 voir4 ,t\t c\p un rideau noir fut tir sur cette s9i/re fantasmagorie de vrit1 mais il se tr\va dans l'horrible isolem5t qui att5d les puissances et les dom9ations4 ,en ce mom5t1 il eut un viol5t accs de t\x4 ,lo9 de recueillir une seule de ces p>oles indiffr5tes en app>5ce1 mais qui du mo9s simul5t une espce de compassion polie *ez les p]sonnes de bonne compagnie rassembles p> has>d1 il ent5dit des int]jections ho/iles et des pla9tes murmures voix basse4 ,la socit ne daignait mme plus se grim] p\r lui1 p>ce qu'il la dev9ait peut-tre4 --,sa maladie e/ contagieuse4 --,le prsid5t du ,c]cle devrait lui int]dire l'entre du salon4 --,en bonne police1 il e/ vraim5t df5du de t\ss] a9si4 --,qu& un homme e/ aussi malade1 il ne doit pas v5ir aux eaux4 --,il me *ass]a d'ici4 ,raphal se leva p\r se drob] la maldiction gnrale1 et se prom5a dans l'app>tem5t4 ,il v\lut tr\v] une protection1 et rev9t prs d'une jeune femme inoccupe laquelle il mdita d'adress] quelques flatt]ies2 mais1 son appro*e1 elle lui t\rna le dos1 et feignit de reg>d] les danseurs4 ,raphal craignit d'avoir dj p5dant cette soire u de son talisman2 il ne se s5tit ni la volont1 ni le c\rage d'entam] la cons]vation1 quitta le salon et se rfugia dans la salle de bill>d4 ,l1 p]sonne ne lui p>la1 ne le salua1 ne lui jeta le plus lg] reg>d de bi5veillance4 ,son esprit naturellem5t mditatif lui rvla1 p> une intussusception1 la cause gnrale et rationnelle de l'av]sion qu'il avait excite4 ,ce petit monde obissait1 sans le savoir peut-tre1 la gr&e loi qui rgit la haute socit1 dont ,raphal a*eva de compr5dre la morale implacable4 ,un reg>d rtrograde lui en montra le type complet en ,fdora4 ,il ne devait pas r5contr] plus de sympa?ie p\r ses maux *ez celle-ci1 que1 p\r ses misres de cur1 *ez celle-l4 ,le beau monde bannit de son se9 les malheureux1 comme un homme de sant vig\reuse expulse de son corps un pr9cipe morbifique4 ,le monde abhorre les d\leurs et les in=tunes1 il les r$\te l'gal des contagions1 il n'hsite jamais entre elles et les vices3 le vice e/ un luxe4 ,quelque maje/ueux que soit un malheur1 le socit sait l'amo9drir1 le ridiculis] p> une pigramme2 elle dess9e des c>icatures p\r jet] la tte des rois d*us les affronts qu'elle croit avoir reu d'eux2 semblable aux jeunes ,roma9es du ,cirque1 elle ne fait jamais grce au gladiateur qui tombe2 elle vit d'or et de moqu]ie2 ,mort aux faibles6 e/ le vu de cette espce d'ordre que/re in/itu *ez t\tes les nations de la t]re1 c> il s'lve p>t\t des ri*es1 et cette s5t5ce e/ crite au fond des curs ptris p> l'opul5ce ou n\rris p> l'ari/ocratie4 ,rassemblez-v\s des enfants dans un collge8 ,cette image en racc\rci de la socit1 mais image d'autant plus vraie qu'elle e/ plus nave et plus fran*e1 v\s (fre t\j\rs de pauvres ilotes1 cratures de s\ffrance et de d\leur1 incessamm5t places entre le mpris et la piti3 l'vangile leur promet le ciel4 ,desc5dez-v\s plus bas sur l'*elle des tres organiss8 ,si quelque volatile e/ endolori p>mi ceux d'une basse-c\r1 les autres le p\rsuiv5t c\ps de bec1 le plum5t et l'assass95t4 ,fidle cette *>te de l'gsme1 le monde prodigue ses rigueurs aux misres assez h>dies p\r v5ir affront] ses ftes1 p\r *agr9] ses plaisirs4 ,quiconque s\ffre de corps ou d'me1 manque d'arg5t ou de p\voir1 e/ un ,p>ia4 ,qu'il re/e dans son ds]t2 s'il en fran*it les limites1 il tr\ve p>t\t l'hiv]3 froideur de reg>ds1 froideur de manires1 de p>oles1 de cur2 heureux1 s'il ne rcolte pas l'insulte l o p\r lui devait clore une consolation4 ,m\rants1 re/ez sur vos lits ds]ts4 ,vieill>ds1 soyez seuls vos froids foy]s4 ,pauvres filles sans dot1 gelez et brlez dans vos gr5i]s solitaires4 ,si le monde tolre un malheur1 n'e/-ce pas p\r le faonn] son usage1 en tir] pr(it1 le bt]1 lui mettre un mors1 une h\sse1 le mont]1 en faire une joie8 ,qu9teuses demoiselles de compagnie1 composez-v\s de gais visages6 endurez les vapeurs de votre prt5due bi5faitrice2 portez ses *i5s2 rivales de ses griffons anglais1 amusez-la1 dev9ez-la1 puis taisez-v\s6 ,et toi1 roi des valets sans livre1 p>asite effront1 laisse ton c>actre la maison2 digre comme digre ton amphitryon1 pleure de ses pleurs1 ris de son rire1 ti5s ses pigrammes p\r agrables2 si tu veux en mdire1 att5ds sa *ute4 ,a9si le monde honore-t-il le malheur3 il le tue ou le *asse1 l'avilit ou le *tre4 ,ces rflexions s\rdir5t au cur de ,raphal avec la promptitude d'une inspiration potique2 il reg>da aut\r de lui1 et s5tit ce froid s9i/re que la socit di/ille p\r loign] les misres1 et qui saisit l'me encore plus vivem5t que la bise de dcembre ne glace le corps4 ,il se croisa les bras sur la poitr9e1 s'appuya le dos la muraille1 et tomba dans une mlancolie pr(onde4 ,il songeait au peu de bonheur que cette p\vantable police procure au monde4 ,qu'tait-ce8 des amusem5ts sans plaisir1 de la gaiet sans joie1 des ftes sans j\issance1 du dlire sans volupt1 enf9 le bois ou les c5dres d'un foy]1 mais sans une t9celle de flamme4 ,qu& il releva la tte1 il se vit seul1 les j\eurs avai5t fui4--,p\r leur faire ador] ma t\x1 il me suffirait de leur rvl] mon p\voir6 se dit-il4 ,a cette p5se1 il jeta le mpris comme un manteau entre le monde et lui4 ,le l5dema91 le mdec9 des eaux v9t le voir d'un air affectueux et s'inquita de sa sant4 ,raphal pr\va un m\vem5t de joie en ent5dant les p>oles amies qui lui fur5t adresses4 ,il tr\va la physionomie du docteur empre9te de d\ceur et de bont1 les b\cles de sa p]ruque blonde respirai5t la philan?ropie1 la c\pe de son habit c>r1 les plis de son pantalon1 ses s\li]s l>ges comme ceux d'un quak]1 t\t1 jusqu' la p\dre circulairem5t seme p> sa petite queue sur son dos lgrem5t vot1 trahissait un c>actre apo/olique1 exprimait la *>it *rti5ne et le dv\em5t d'un homme qui1 p> zle p\r ses malades1 s'tait a/re9t j\] le :i/ et le trictrac assez bi5 p\r t\j\rs gagn] leur arg5t4 --,monsieur le m>quis1 dit-il aprs avoir caus long-temps avec ,raphal1 je vais sans d\te dissip] votre tri/esse4 ,ma9t5ant1 je connais assez votre con/itution p\r affirm] que les mdec9s de ,p>is1 dont les gr&s tal5ts me sont connus1 se sont tromps sur la nature de votre maladie4 ,a mo9s d'accid5t1 monsieur le m>quis1 v\s p\vez vivre la vie de ,ma?usalem4 ,vos p\mons sont aussi =ts que des s\fflets de =ge1 et votre e/omac f]ait honte celui d'une autru*e2 mais si v\s re/ez dans une temprature leve1 v\s risquez d'tre trs-proprem5t et promptem5t mis en t]re sa9te4 ,monsieur le m>quis va me compr5dre en deux mots4 ,la *imie a dmontr que la respiration con/itue *ez l'homme une vritable combu/ion dont le plus ou mo9s d'int5sit dp5d de l'afflu5ce ou de la r>et des pr9cipes phlogi/iques amasss p> l'organisme p>ticuli] *aque individu4 ,*ez v\s1 le phlogi/ique abonde2 v\s tes1 s'il m'e/ p]mis de m'exprim] a9si1 suroxygn p> la complexion ard5te des hommes de/9s aux gr&es passions4 ,en respirant l'air vif et pur qui acclre la vie *ez les hommes fibre molle1 v\s aidez encore une combu/ion dj trop rapide4 ,une des conditions de votre exi/5ce e/ donc l'atmosphre paisse des tables1 des valles4 ,oui1 l'air vital de l'homme dvor p> le gnie se tr\ve dans les gras pturages de l',allemagne1 ,bad5-,bad51 ,tplitz4 ,si v\s n'avez pas d'horreur de l',anglet]re1 sa sphre brumeuse calm]a votre inc&esc5ce2 mais nos eaux situes mille pi$s au-dessus du niveau de la ,mdit]rane v\s sont fune/es4 ,tel e/ mon avis1 dit-il en laissant *app] un ge/e de mode/ie2 je le donne contre nos intrts1 puisque1 si v\s le suivez1 n\s aurons le malheur de v\s p]dre4 ,sans ces d]ni]s mots1 ,raphal et t sduit p> la fausse bonhomie du mielleux mdec91 mais il tait trop pr(ond obs]vateur p\r ne pas dev9] l'acc5t1 au ge/e et au reg>d qui accompagnr5t cette phrase d\cem5t railleuse1 la mission dont le petit homme avait sans d\te t *>g p> l'assemble de ses joyeux malades4 ,ces oisifs au te9t fleuri1 ces vieilles femmes ennuyes1 ces ,anglais nomades1 ces petites-matresses *appes leurs m>is et conduites aux eaux p> leurs amants1 entrepr5ai5t donc d'en *ass] un pauvre moribond dbile1 *tif1 en app>5ce incapable de rsi/] une p]scution j\rnalire4 ,raphal accepta le combat en voyant un amusem5t dans cette intrigue4 --,puisque v\s s]iez dsol de mon d"p1 rpondit-il au docteur1 je vais essay] de mettre pr(it votre bon conseil t\t en re/ant ici4 ,ds dema91 j'y f]ai con/ruire une maison o n\s modifi]ons l'air suivant votre ordonnance4 ,int]prtant le s\rire amrem5t gogu5>d qui v9t err] sur les lvres de ,raphal1 le mdec9 se cont5ta de le salu]1 sans tr\v] un mot lui dire4 ,le lac du ,b\rget e/ une va/e c\pe de montagnes t\t br*e o brille1 sept ou huit c5ts pi$s au-dessus de la ,mdit]rane1 une g\tte d'eau bleue comme ne l'e/ aucune eau dans le monde4 ,vu du haut de la ,d5t-du-,*at1 ce lac e/ l comme une turquoise g>e4 ,cette jolie g\tte d'eau a neuf lieues de cont\r1 et dans c]ta9s endroits prs de c9q c5ts pi$s de pr(ondeur4 tre l dans une b>que au milieu de cette nappe p> un beau ciel1 n'ent5dre que le bruit des rames1 ne voir l'horizon que des montagnes nuageuses1 admir] les neiges t9celantes de la ,mauri5ne franaise1 pass] t\r t\r des blocs de granit vtus de vel\rs p> des f\gres ou p> des arbu/es na9s1 de riantes coll9es2 d'un ct le ds]t1 de l'autre une ri*e nature2 un pauvre assi/ant au dn] d'un ri*e2 ces h>monies et ces discordances compos5t un spectacle o t\t e/ gr&1 o t\t e/ petit4 ,l'aspect des montagnes *ange les conditions de l'optique et de la p]spective3 un sap9 de c5t pi$s v\s semble un roseau1 de l>ges valles v\s app>aiss5t troites autant que des s5ti]s4 ,ce lac e/ le seul o l'on puisse faire une confid5ce de cur cur4 ,on y p5se et on y aime4 ,en aucun endroit v\s ne r5contr]iez une plus belle ent5te entre l'eau1 le ciel1 les montagnes et la t]re4 ,il s'y tr\ve des baumes p\r t\tes les crises de la vie4 ,ce lieu g>de le secret des d\leurs1 il les console1 les amo9drit1 et jette dans l'am\r je ne sais quoi de grave1 de recueilli1 qui r5d la passion plus pr(onde1 plus pure4 ,un bais] s'y agr&it4 ,mais c'e/ surt\t le lac des s\v5irs2 il les favorise en leur donnant la te9te de ses ondes1 miroir o t\t vi5t se rfl*ir4 ,raphal ne supportait son f>deau qu'au milieu de ce beau paysage1 il y p\vait re/] indol5t1 songeur1 et sans dsirs4 ,aprs la visite du docteur1 il alla se prom5] et se fit db>qu] la po9te ds]te d'une jolie coll9e sur laquelle e/ situ le village de ,sa9t-,innoc5t4 ,de cette espce de promontoire1 la vue embrasse les monts de ,bugey1 au pi$ desquels c\le le ,rhne1 et le fond du lac2 mais de l ,raphal aimait contempl]1 sur la rive oppose1 l'abbaye mlancolique de ,haute-,combe1 spulture des rois de ,s>daigne pro/]ns devant les montagnes comme des pl]9s arrivs au t]me de leur voyage4 ,un frissonnem5t gal et cad5c de rames tr\bla le sil5ce de ce paysage et lui prta une voix monotone1 semblable aux psalmodies des mo9es4 tonn de r5contr] des prom5eurs dans cette p>tie du lac ord9airem5t solitaire1 le m>quis exam9a1 sans sortir de sa rv]ie1 les p]sonnes assises dans la b>que1 et reconnut l'arrire la vieille dame qui l'avait si durem5t int]pell la veille4 ,qu& le bateau passa devant ,raphal1 il ne fut salu que p> la demoiselle de compagnie de cette dame1 pauvre fille noble qu'il lui semblait voir p\r la premire fois4 ,dj1 depuis quelques in/ants1 il avait oubli les prom5eurs1 promptem5t disp>us d]rire le promontoire1 lorsqu'il ent5dit prs de lui le frlem5t d'une robe et le bruit de pas lg]s4 ,en se ret\rnant1 il ap]ut la demoiselle de compagnie2 son air contra9t1 il dev9a qu'elle v\lait lui p>l]1 et s'avana v]s elle4 ,age d'environ tr5te-six ans1 gr&e et m9ce1 s*e et froide1 elle tait1 comme t\tes les vieilles filles1 assez emb>rasse de son reg>d1 qui ne s'accordait plus avec une dm>*e indcise1 gne1 sans la/icit4 ,t\t la fois vieille et jeune1 elle exprimait p> une c]ta9e dignit de ma9ti5 le haut prix qu'elle atta*ait ses trsors et ses p]fections4 ,elle avait d'ailleurs les ge/es discrets et mona/iques des femmes habitues se *rir elles-mmes1 sans d\te p\r ne pas faillir leur de/9e d'am\r4 --,monsieur1 votre vie e/ en dang]1 ne v5ez plus au ,c]cle1 dit-elle ,raphal en faisant quelques pas en arrire1 comme si dj sa v]tu se tr\vait compromise4 --,mais1 mademoiselle1 rpondit ,val5t9 en s\riant1 de grce expliquez-v\s plus clairem5t1 puisque v\s avez daign v5ir jusqu'ici444 --,ah6 reprit-elle1 sans le puissant motif qui m'amne1 je n'aurais pas risqu d'enc\rir la disgrce de madame la comtesse1 c> si elle savait jamais que je v\s ai prv5u444 --,et qui le lui dirait1 mademoiselle8 s'cria ,raphal4 --,c'e/ vrai1 rpondit la vieille fille en lui jetant le reg>d tremblotant d'une *\ette mise au soleil4 ,mais p5sez v\s1 reprit-elle2 plusieurs jeunes g5s qui veul5t v\s *ass] des eaux se sont promis de v\s provoqu]1 de v\s =c] v\s battre en duel4 ,la voix de la vieille dame ret5tit dans le lo9ta94 --,mademoiselle1 dit le m>quis1 ma reconnaissance444 ,sa protectrice s'tait dj sauve en ent5dant la voix de sa matresse qui1 d]e*ef1 glapissait dans les ro*]s4 --,pauvre fille6 les misres s'ent5d5t et se sec\r5t t\j\rs1 p5sa ,raphal en s'asseyant au pi$ de son arbre4 ,la clef de t\tes les sci5ces e/ sans contr$it le po9t d'int]rogation1 n\s devons la plup>t des gr&es dc\v]tes au3 ,comm5t8 et la sagesse dans la vie consi/e peut-tre se dem&] t\t propos3 ,p\rquoi8 ,mais aussi cette factice presci5ce dtruit-elle nos illusions4 ,a9si1 ,val5t9 ayant pris1 sans prmditation de philosophie1 la bonne action de la vieille fille p\r texte de ses p5ses vagabondes1 la tr\va ple9e de fiel4 --,que je sois aim d'une demoiselle de compagnie1 se dit-il1 il n'y a ri5 l d'extraord9aire3 j'ai v+t-sept ans1 un titre et deux c5t mille livres de r5te6 ,mais que sa matresse1 qui dispute aux *attes la palme de l'hydrophobie1 l'ait m5e en bateau1 prs de moi1 n'e/-ce pas *ose trange et m]veilleuse8 ,ces deux femmes v5ues en ,savoie p\r y dormir comme des m>mottes1 et qui dem&5t midi s'il e/ j\r1 se s]ai5t leves avant huit heures auj\rd'hui p\r faire du has>d en se mettant ma p\rsuite8 ,bi5tt cette vieille fille et son +nuit quadragnaire fut ses yeux une n\velle trans=mation de ce monde artificieux et taqu91 une ruse mesqu9e1 un complot maladroit1 une po9till]ie de prtre ou de femme4 ,le duel tait-il une fable1 ou v\lait-on seulem5t lui faire peur8 ,insol5tes et tracassires comme des m\*es1 ces mes troites avai5t russi piqu] sa vanit1 rveill] son orgueil1 excit] sa curiosit4 ,ne v\lant ni dev5ir leur dupe1 ni pass] p\r un l*e1 et amus peut-tre p> ce petit drame1 il v9t au ,c]cle le soir mme4 ,il se t9t deb\t1 acc\d sur le m>bre de la *em9e1 et re/a tranquille au milieu du salon pr9cipal1 en s'tudiant ne donn] aucune prise sur lui2 mais il exam9ait les visages1 et dfiait en quelque sorte l'assemble p> sa circonspection4 ,comme un dogue sr de sa =ce1 il att5dait le combat *ez lui1 sans aboy] inutilem5t4 ,v]s la f9 de la soire1 il se prom5a dans le salon de jeu1 en allant de la porte d'entre celle du bill>d1 o il jetait de temps autre un c\p d'il aux jeunes g5s qui y faisai5t une p>tie4 ,aprs quelques t\rs1 il s'ent5dit nomm] p> eux4 ,quoiqu'ils p>lass5t voix basse1 ,raphal dev9a facilem5t qu'il tait dev5u l'objet d'un dbat1 et f9it p> saisir quelques phrases dites haute voix4 --,toi8 --,oui1 moi6 --,je t'en dfie6 --,p>ions6 --,oh6 il ira4 ,au mom5t o ,val5t91 curieux de connatre le sujet du p>i1 s'arrta p\r c\t] att5tivem5t la conv]sation1 un jeune homme gr& et =t1 de bonne m9e1 mais ayant le reg>d fixe et imp]t95t des g5s appuys sur quelque p\voir matriel1 sortit du bill>d1 et s'adressant lui3--,monsieur1 dit-il d'un ton calme1 je me suis *>g de v\s appr5dre une *ose que v\s semblez ignor]3 votre figure et votre p]sonne dplais5t ici t\t le monde1 et moi en p>ticuli]2 v\s tes trop poli p\r ne pas v\s sacrifi] au bi5 gnral1 et je v\s prie de ne plus v\s prs5t] au ,c]cle4 --,monsieur1 cette plaisant]ie1 dj faite s\s l'empire dans plusieurs g>nisons1 e/ dev5ue auj\rd'hui de =t mauvais ton1 rpondit froidem5t ,raphal4 --,je ne plaisante pas1 reprit le jeune homme1 je v\s le rpte3 votre sant s\ffrirait beauc\p de votre sj\r ici2 la *aleur1 les lumires1 l'air du salon1 la compagnie nuis5t votre maladie4 --,o avez-v\s tudi la mdec9e8 dem&a ,raphal4 --,monsieur1 j'ai t reu ba*eli] au tir de ,lepage ,p>is et docteur *ez ,lozs1 le roi du fleuret4 --,il v\s re/e un d]ni] grade pr5dre1 rpliqua ,val5t91 lisez le ,code de la politesse1 v\s s]ez un p>fait g5tilhomme4 ,en ce mom5t les jeunes g5s1 s\riant ou sil5cieux1 sortir5t du bill>d4 ,les autres j\eurs1 dev5us att5tifs1 quittr5t leurs c>tes p\r c\t] une qu]elle qui rj\issait leurs passions4 ,seul au milieu de ce monde ennemi1 ,raphal t*a de cons]v] son sang-froid et de ne pas se donn] le mo9dre tort2 mais son antagoni/e s'tant p]mis un s>casme o l'outrage s'enveloppait dans une =me m9emm5t incisive et spirituelle1 il lui rpondit gravem5t3--,monsieur1 il n'e/ plus p]mis auj\rd'hui de donn] un s\fflet un homme1 mais je ne sais de quel mot fltrir une conduite aussi l*e que l'e/ la vtre4 --,assez6 assez6 v\s v\s expliqu]ez dema91 dir5t plusieurs jeunes g5s qui se jetr5t entre les deux *ampions4 ,raphal sortit du salon1 passant p\r l'(f5seur1 ayant accept un r5dez-v\s prs du *teau de ,bordeau1 dans une petite prairie en p5te1 non lo9 d'une r\te n\vellem5t p]ce p> o le va9queur p\vait gagn] ,lyon4 ,raphal devait ncessairem5t ou g>d] le lit ou quitt] les eaux d',aix4 ,la socit triomphait4 ,le l5dema91 sur les huit heures du mat91 l'adv]saire de ,raphal1 suivi de deux tmo9s et d'un *irurgi51 arriva le premi] sur le t]ra94 --,n\s s]ons trs-bi5 ici1 il fait un temps sup]be p\r se battre1 s'cria-t-il gaiem5t en reg>dant la vote bleue du ciel1 les eaux du lac et les ro*]s sans la mo9dre arrire-p5se de d\te ni de deuil4 ,si je le t\*e l'paule1 dit-il en cont9uant1 le mettrai-je bi5 au lit p\r un mois1 he96 docteur8 --,au mo9s1 rpondit le *irurgi54 ,mais laissez ce petit saule tranquille2 autrem5t v\s v\s fatigu]iez la ma91 et ne s]iez plus matre de votre c\p4 ,v\s p\rriez tu] votre homme au lieu de le bless]4 ,le bruit d'une voiture se fit ent5dre4 --,le voici1 dir5t les tmo9s qui bi5tt ap]ur5t dans la r\te une cal*e de voyage attele de quatre *evaux et m5e p> deux po/illons4 --,quel s+uli] g5re6 s'cria l'adv]saire de ,val5t91 il vi5t le faire tu] en po/e4 ,a un duel comme au jeu1 les plus lg]s incid5ts influ5t sur l'imag9ation des acteurs =tem5t intresss au succs d'un c\p2 aussi le jeune homme att5dit-il avec une sorte d'inquitude l'arrive de cette voiture qui re/a sur la r\te4 ,le vieux ,jona?as en desc5dit l\rdem5t le premi] p\r aid] ,raphal sortir2 il le s\t9t de ses bras dbiles1 en dployant p\r lui les so9s m9utieux qu'un amant prodigue sa matresse4 ,t\s deux se p]dir5t dans les s5ti]s qui sp>ai5t la gr&e r\te de l'endroit dsign p\r le combat1 et ne rep>ur5t que long-temps aprs3 ils allai5t l5tem5t4 ,les quatre spectateurs de cette scne s+ulire pr\vr5t une motion pr(onde l'aspect de ,val5t9 appuy sur le bras de son s]viteur3 ple et dfait1 il m>*ait en g\tteux1 baissait la tte et ne disait mot4 ,v\s eussiez dit de deux vieill>ds galem5t dtruits1 l'un p> le temps1 l'autre p> la p5se2 le premi] avait son ge crit sur ses *eveux blancs1 le jeune n'avait plus d'ge4 --,monsieur1 je n'ai pas dormi1 dit ,raphal son adv]saire4 ,cette p>ole glaciale et le reg>d t]rible qui l'accompagna fir5t tressaillir le vritable provocateur1 il eut la consci5ce de son tort et une honte secrte de sa conduite4 ,il y avait dans l'attitude1 dans le son de voix et le ge/e de ,raphal quelque *ose d'trange4 ,le m>quis fit une pause1 et *acun imita son sil5ce4 ,l'inquitude et l'att5tion tai5t au comble4--,il e/ encore temps1 reprit-il1 de me donn] une lgre satisfaction2 mais donnez-la-moi1 monsieur1 s9on v\s allez m\rir4 ,v\s comptez encore en ce mom5t sur votre habilet1 sans recul] l'ide d'un combat o v\s croyez avoir t\t l'avantage4 ,eh6 bi51 monsieur1 je suis gnreux1 je v\s prvi5s de ma supriorit4 ,je possde une t]rible puissance4 ,p\r anantir votre adresse1 p\r voil] vos reg>ds1 faire trembl] vos ma9s et palpit] votre cur1 p\r v\s tu] mme1 il me suffit de le dsir]4 ,je ne veux pas tre oblig d'ex]c] mon p\voir1 il me cote trop *] d'en us]4 ,v\s ne s]ez pas le seul m\rir4 ,si donc v\s v\s refusez me prs5t] des excuses1 votre balle ira dans l'eau de cette cascade malgr votre habitude de l'assass9at1 et la mi5ne droit votre cur sans que je le vise4 ,en ce mom5t des voix confuses int]rompir5t ,raphal4 ,en prononant ces p>oles1 le m>quis avait con/amm5t dirig sur son adv]saire l'insupportable cl>t de son reg>d fixe1 il s'tait r$ress en montrant un visage impassible1 semblable celui d'un f\ m*ant4 --,fais-le taire1 avait dit le jeune homme son tmo91 sa voix me tord les entrailles6 --,monsieur1 cessez4 ,vos disc\rs sont inutiles1 crir5t ,raphal le *irurgi5 et les tmo9s4 --,messieurs1 je remplis un devoir4 ,ce jeune homme a-t-il des dispositions pr5dre8 --,assez1 assez6 ,le m>quis re/a deb\t1 immobile1 sans p]dre un in/ant de vue son adv]saire qui1 dom9 p> une puissance presque magique1 tait comme un oiseau devant un s]p5t3 contra9t de subir ce reg>d homicide1 il le fuyait1 il rev5ait sans cesse4 --,donne-moi de l'eau1 j'ai soif1 dit-il son tmo94 --,z-tu peur8 --,oui1 rpondit-il4 ,l'il de cet homme e/ brlant et me fasc9e4 --,veux-tu lui faire des excuses8 --,il n'e/ plus temps4 ,les deux adv]saires fur5t placs qu9ze pas l'un de l'autre4 ,ils avai5t *acun prs d'eux une paire de pi/olets1 et1 suivant le programme de cette crmonie1 ils devai5t tir] deux c\ps volont1 mais aprs le signal donn p> les tmo9s4 --,que fais-tu1 ,*>les8 cria le jeune homme qui s]vait de second l'adv]saire de ,raphal1 tu pr5ds la balle avant la p\dre4 --,je suis mort1 rpondit-il en murmurant1 v\s m'avez mis en face du soleil4 --,il e/ d]rire v\s1 lui dit ,val5t9 d'une voix grave et sol5nelle1 en *>geant son pi/olet l5tem5t1 sans s'inquit] ni du signal dj donn1 ni du so9 avec lequel l'aju/ait son adv]saire4 ,cette scurit surnaturelle avait quelque *ose de t]rible qui saisit mme les deux po/illons am5s l p> une curiosit cruelle4 ,j\ant avec son p\voir1 ou v\lant l'pr\v]1 ,raphal p>lait ,jona?as et le reg>dait au mom5t o il essuya le feu de son ennemi4 ,la balle de ,*>les alla bris] une bran*e de saule1 et rico*a sur l'eau4 ,en tirant au has>d1 ,raphal atteignit son adv]saire au cur1 et1 sans faire att5tion la *ute de ce jeune homme1 il *]*a promptem5t la ,peau de *agr9 p\r voir ce que lui cotait une vie huma9e4 ,le talisman n'tait plus gr& que comme une petite feuille de *ne4 --,eh6 bi51 que reg>dez-v\s donc l1 po/illons8 en r\te1 dit le m>quis4 ,arriv le soir mme en ,france1 il prit aussitt la r\te d',auv]gne1 et se r5dit aux eaux du ,mont-,dor4 ,p5dant ce voyage1 il lui surgit au cur une de ces p5ses s\da9es qui tomb5t dans notre me comme un rayon de soleil trav]s d'pais nuages sur quelque obscure valle4 ,tri/es lueurs1 sagesses implacables6 elles illum95t les vnem5ts accomplis1 n\s dvoil5t nos fautes et n\s laiss5t sans p>don devant n\s-mmes4 ,il p5sa t\t c\p que la possession du p\voir1 quelque imm5se qu'il pt tre1 ne donnait pas la sci5ce de s'en s]vir4 ,le sceptre e/ un j\et p\r un enfant1 une ha*e p\r ,ri*elieu1 et p\r ,napolon un levi] faire p5*] le monde4 ,le p\voir n\s laisse tels que n\s sommes et ne gr&it que les gr&s4 ,raphal avait pu t\t faire1 il n'avait ri5 fait4 ,aux eaux du ,mont-,dor1 il retr\va ce monde qui t\j\rs s'loignait de lui avec l'empressem5t que les animaux mett5t fuir un des leurs1 t5du mort aprs l'avoir flair de lo94 ,cette ha9e tait rciproque4 ,sa d]nire av5ture lui avait donn une av]sion pr(onde p\r la socit4 ,aussi1 son premi] so9 fut-il de *]*] un asile c>t aux environs des eaux4 ,il s5tait in/9ctivem5t le beso9 de se rappro*] de la nature1 des motions vraies et de cette vie vgtative laquelle n\s n\s laissons si complaisamm5t all] au milieu des *amps4 ,le l5dema9 de son arrive1 il gravit1 non sans pe9e1 le pic de ,sancy1 et visita les valles suprieures1 les sites ari5s1 les lacs ignors1 les ru/iques *aumires des ,monts-,dor1 dont les pres et sauvages attraits comm5c5t t5t] les p9ceaux de nos arti/es4 ,p>fois1 il se r5contre l d'admirables paysages ple9s de grce et de fra*eur qui contra/5t vig\reusem5t avec l'aspect s9i/re de ces montagnes dsoles4 ,a peu prs une demi-lieue du village1 ,raphal se tr\va dans un endroit o1 coquette et joyeuse comme un enfant1 la nature semblait avoir pris plaisir ca*] des trsors2 en voyant cette retraite pittoresque et nave1 il rsolut d'y vivre4 ,la vie devait y tre tranquille1 spontane1 frugi=me comme celle d'une plante4 ,figurez-v\s un cne r5v]s1 mais un cne de granit l>gem5t vas1 espce de cuvette dont les bords tai5t morcels p> des anfractuosits biz>res3 ici des tables droites sans vgtation1 unies1 bleutres1 et sur lesquelles les rayons solaires glissai5t comme sur un miroir2 l des ro*]s entams p> des cassures1 rids p> des rav9s1 d'o p5dai5t des qu>ti]s de lave dont la *ute tait l5tem5t prp>e p> les eaux pluviales1 et s\v5t c\ronns de quelques arbres rab\gris que torturai5t les v5ts2 puis1 et l1 des r$ans obscurs et frais d'o s'levait un b\quet de *taigni]s hauts comme des cdres1 ou des grottes jauntres qui ouvrai5t une b\*e noire et pr(onde1 palisse de ronces1 de fleurs1 et g>nie d'une langue de v]dure4 ,au fond de cette c\pe1 peut-tre l'anci5 cratre d'un volcan1 se tr\vait un tang dont l'eau pure avait l'clat du diamant4 ,aut\r de ce bass9 pr(ond1 bord de granit1 de saules1 de glaeuls1 de frnes1 et de mille plantes aromatiques alors en fleurs1 rgnait une prairie v]te comme un b\l+r9 anglais2 son h]be f9e et jolie tait arrose p> les infiltrations qui ruisselai5t entre les f5tes des ro*]s1 et engraisse p> les dp\illes vgtales que les orages entranai5t sans cesse des hautes cimes v]s le fond4 ,irrgulirem5t taill en d5ts de l\p comme le bas d'une robe1 l'tang p\vait avoir trois arp5ts d't5due2 selon les rappro*em5ts des ro*]s et de l'eau1 la prairie avait un arp5t ou deux de l>geur2 en quelques endroits1 pe9e re/ait-il assez de place p\r le passage des va*es4 ,a une c]ta9e hauteur1 la vgtation cessait4 ,le granit affectait dans les airs les =mes les plus biz>res1 et contractait ces te9tes vaporeuses qui donn5t aux montagnes leves de vagues ressemblances avec les nuages du ciel4 ,au d\x aspect du vallon ces ro*]s nus et pels opposai5t les sauvages et /riles images de la dsolation1 des b\lem5ts cra9dre1 des =mes si capricieuses que l'une de ces ro*es e/ nomme le ,capuc91 tant elle ressemble un mo9e4 ,p>fois ces aiguilles po9tues1 ces piles audacieuses1 ces cav]nes ari5nes s'illum9ai5t t\r t\r1 suivant le c\rs du soleil ou les fantaisies de l'atmosphre1 et pr5ai5t les nuances de l'or1 se teignai5t de p\rpre1 dev5ai5t d'un rose vif1 ou t]nes ou grises4 ,ces hauteurs (frai5t un spectacle cont9uel et *angeant comme les reflets iriss de la gorge des pigeons4 ,s\v5t1 entre deux lames de lave que v\s eussiez dit sp>es p> un c\p de ha*e1 un beau rayon de lumire pntrait1 l'aurore ou au c\*] du soleil1 jusqu'au fond de cette riante corbeille o il se j\ait dans les eaux du bass91 semblable la raie d'or qui p]ce la f5te d'un volet et trav]se une *ambre espagnole1 soigneusem5t close p\r la sie/e4 ,qu& le soleil planait au-dessus du vieux cratre1 rempli d'eau p> quelque rvolution antdiluvi5ne1 les flancs rocailleux s'*auffai5t1 l'anci5 volcan s'allumait1 et sa rapide *aleur rveillait les g]mes1 fcondait la vgtation1 colorait les fleurs1 et mrissait les fruits de ce petit co9 de t]re ignor4 ,lorsque ,raphal y p>v9t1 il ap]ut quelques va*es paissant dans la prairie2 aprs avoir fait quelques pas v]s l'tang1 il vit1 l'endroit o le t]ra9 avait le plus de l>geur1 une mode/e maison btie en granit et c\v]te en bois4 ,le toit de cette espce de *aumire1 en h>monie avec le site1 tait orn de m\sses1 de li]res et de fleurs qui trahissai5t une haute antiquit4 ,une fume grle1 dont les oiseaux ne s'effrayai5t plus1 s'*appait de la *em9e en ru9e4 ,a la porte1 un gr& banc tait plac entre deux *vrefeuilles normes1 r\ges de fleurs et qui embaumai5t4 ,a pe9e voyait-on les murs s\s les pampres de la vigne et s\s les guirl&es de roses et de jasm9 qui croissai5t l'av5ture et sans gne4 ,ins\ciants de cette p>ure *amptre1 les habitants n'en avai5t nul so91 et laissai5t la nature sa grce vi]ge et lut9e4 ,des langes accro*s un groseilli] s*ai5t au soleil4 ,il y avait un *at accr\pi sur une ma*9e teill] le *anvre1 et dess\s1 un *audron jaune1 rcemm5t rcur1 gisait au milieu de quelques pelures de pommes de t]re4 ,de l'autre ct de la maison1 ,raphal ap]ut une clture d'p9es s*es1 de/9e sans d\te emp*] les p\les de dva/] les fruits et le potag]4 ,le monde p>aissait f9ir l4 ,cette habitation ressemblait ces nids d'oiseaux +nieusem5t fixs au creux d'un ro*]1 ple9s d'art et de nglig5ce t\t ensemble4 ,c'tait une nature nave et bonne1 une ru/icit vraie1 mais potique1 p>ce qu'elle florissait mille lieues de nos posies peignes1 n'avait d'analogie avec aucune ide1 ne procdait que d'elle-mme1 vrai triomphe du has>d4 ,au mom5t o ,raphal arriva1 le soleil jetait ses rayons de droite gau*e1 et faisait respl5dir les c\leurs de la vgtation1 mettait en relief ou dcorait des pre/iges de la lumire1 des oppositions de l'ombre1 les fonds jaunes et gristres des ro*]s1 les diffr5ts v]ts des feuillages1 les masses bleues1 r\ges ou blan*es des fleurs1 les plantes grimpantes et leurs clo*es1 le vel\rs *atoyant des m\sses1 les grappes purpur9es de la bruyre1 mais surt\t la nappe d'eau claire o se rfl*issai5t fidlem5t les cimes granitiques1 les arbres1 la maison et le ciel4 ,dans ce tableau dlicieux1 t\t avait son lu/re1 depuis le mica brillant jusqu' la t\ffe d'h]bes blondes ca*e dans un d\x clair-obscur2 t\t y tait h>monieux voir2 et la va*e ta*ete au poil luisant1 et les fragiles fleurs aquatiques t5dues comme des franges qui p5dai5t au-dessus de l'eau dans un enfoncem5t o b\rdonnai5t des insectes vtus d'azur ou d'm]aude1 et les rac9es d'arbres1 espces de *evelures sablonneuses qui c\ronnai5t une in=me figure en caill\x4 ,les tides s5teurs des eaux1 des fleurs et des grottes qui p>fumai5t ce rduit solitaire1 causr5t ,raphal une s5sation presque voluptueuse4 ,le sil5ce maje/ueux qui rgnait dans ce bocage1 oubli peut-tre sur les rles du p]cepteur1 fut int]rompu t\t c\p p> les aboiem5ts de deux *i5s4 ,les va*es t\rnr5t la tte v]s l'entre du vallon1 montrr5t ,raphal leurs mufles humides1 et se mir5t br\t] aprs l'avoir /upidem5t contempl4 ,susp5dus dans les ro*]s comme p> magie1 une *vre et son *evreau cabriolr5t et v9r5t se pos] sur une table de granit prs de ,raphal1 en p>aissant l'int]rog]4 ,les jappem5ts des *i5s attirr5t au dehors un gros enfant qui re/a bant1 puis v9t un vieill>d en *eveux blancs et de moy5ne taille4 ,ces deux tres tai5t en rapport avec le paysage1 avec l'air1 les fleurs et la maison4 ,la sant dbordait dans cette nature plantureuse1 la vieillesse et l'enfance y tai5t belles2 enf9 il y avait dans t\s ces types d'exi/5ce un laiss]-all] primordial1 une r\t9e de bonheur qui donnait un dm5ti nos capuc9ades philosophiques1 et gurissait le cur de ses passions b\rs\fles4 ,le vieill>d app>t5ait aux modles affectionns p> les mles p9ceaux de ,s*netz2 c'tait un visage brun dont les rides nombreuses p>aissai5t rudes au t\*]1 un nez droit1 des pommettes saillantes et ve9es de r\ge comme une vieille feuille de vigne1 des cont\rs anguleux1 t\s les c>actres de la =ce1 mme l o la =ce avait disp>u2 ses ma9s calleuses1 quoiqu'elles ne travaillass5t plus1 cons]vai5t un poil blanc et r>e2 son attitude d'homme vraim5t libre faisait press5tir qu'en ,italie il s]ait peut-tre dev5u brig& p> am\r p\r sa prcieuse lib]t4 ,l'enfant1 vritable montagn>d1 avait des yeux noirs qui p\vai5t envisag] le soleil sans clign]1 un te9t de bi/re1 des *eveux bruns en dsordre4 ,il tait le/e et dcid1 naturel dans ses m\vem5ts comme un oiseau2 mal vtu1 il laissait voir une peau blan*e et fra*e trav]s les d*irures de ses habits4 ,t\s deux re/r5t deb\t en sil5ce1 l'un prs de l'autre1 mus p> le mme s5tim5t1 (frant sur leur physionomie la preuve d'une id5tit p>faite dans leur vie galem5t oisive4 ,le vieill>d avait p\s les jeux de l'enfant1 et l'enfant l'humeur du vieill>d p> une espce de pacte entre deux faiblesses1 entre une =ce prs de f9ir et une =ce prs de se dploy]4 ,bi5tt une femme ge d'environ tr5te ans app>ut sur le seuil de la porte4 ,elle filait en m>*ant4 ,c'tait une ,auv]gnate1 haute en c\leur1 l'air rj\i1 fran*e1 d5ts blan*es1 figure de l',auv]gne1 taille d',auv]gne1 coiffure1 robe de l',auv]gne1 se9s rebondis de l',auv]gne1 et son p>l]2 une idalisation complte du pays1 murs laborieuses1 ignorance1 conomie1 cordialit1 t\t y tait4 ,elle salua ,raphal1 ils entrr5t en conv]sation2 les *i5s s'apaisr5t1 le vieill>d s'assit sur un banc au soleil1 et l'enfant suivit sa mre p>t\t o elle alla1 sil5cieux1 mais c\tant1 exam9ant l'trang]4 --,v\s n'avez pas peur ici1 ma bonne femme8 --,et d'o que n\s aurions peur1 monsieur8 ,qu& n\s b>rons l'entre1 qui donc p\rrait v5ir ici8 ,oh6 n\s n'avons po9t peur6 ,d'ailleurs1 dit-elle en faisant entr] le m>quis dans la gr&e *ambre de la maison1 qu'e/-ce que les voleurs vi5drai5t donc pr5dre *ez n\s8 ,elle montrait des murs noircis p> la fume1 sur lesquels tai5t p\r t\t ornem5t ces images enlum9es de bleu1 de r\ge et de v]t1 qui reprs5t5t la ,mort de ,crdit1 la ,passion de ,jsus-,*ri/ et les ,gr5adi]s de la ,g>de impriale2 puis1 et l1 dans la *ambre1 un vieux lit de noy] colonnes1 une table pi$s tordus1 des escabeaux1 la hu*e au pa91 du l>d p5du au plan*]1 du sel dans un pot1 une pole2 et sur la *em9e1 des pltres jaunis et colors4 ,en sortant de la maison1 ,raphal ap]ut1 au milieu des ro*]s1 un homme qui t5ait une h\e la ma91 et qui p5*1 curieux1 reg>dait la maison4 --,monsieur1 c'e/ l'homme1 dit l',auv]gnate en laissant *app] ce s\rire famili] aux paysannes2 il lab\re l-haut4 --,et ce vieill>d e/ votre pre8 --,faites excuse1 monsieur1 c'e/ le gr&-pre de notre homme4 ,tel que v\s le voyez1 il a c5t deux ans4 ,eh b56 d]nirem5t il a m51 pi$1 notre petit g>s ,cl]mont6 'a t un homme =t2 ma9t5ant1 il ne fait plus que dormir1 boire et mang]4 ,il s'amuse t\j\rs avec le petit g>s4 ,quelquefois le petit l'emmne dans les hauts1 il y va t\t de mme4 ,aussitt ,val5t9 se rsolut vivre entre ce vieill>d et cet enfant1 respir] dans leur atmosphre1 mang] de leur pa91 boire de leur eau1 dormir de leur sommeil1 se faire de leur sang dans les ve9es4 ,caprice de m\rant6 ,dev5ir une des hutres de ce ro*]1 sauv] son caille p\r quelques j\rs de plus en eng\rdissant la mort1 fut p\r lui l'ar*type de la morale individuelle1 la vritable =mule de l'exi/5ce huma9e1 le beau idal de la vie1 la seule vie1 la vraie vie4 ,il lui v9t au cur une pr(onde p5se d'gsme o s'engl\tit l'univ]s4 ,a ses yeux1 il n'y eut plus d'univ]s1 l'univ]s passa t\t en lui4 ,p\r les malades1 le monde comm5ce au *evet et f9it au pi$ de leur lit4 ,ce paysage fut le lit de ,raphal4 ,qui n'a pas1 une fois dans sa vie1 espionn les pas et dm>*es d'une f\rmi1 gliss des pailles dans l'unique orifice p> lequel respire une limace blonde1 tudi les fantaisies d'une demoiselle fluette1 admir les mille ve9es1 colories comme une rose de ca?drale go?ique1 qui se dta*5t sur le fond r\getre des feuilles d'un jeune *ne8 ,qui n'a dlicieusem5t reg>d p5dant long-temps l'effet de la pluie et du soleil sur un toit de tuiles brunes1 ou contempl les g\ttes de la rose1 les ptales des fleurs1 les dc\pures v>ies de leurs calices8 ,qui ne s'e/ plong dans ces rv]ies matrielles1 indol5tes et occupes1 sans b et conduisant nanmo9s quelque p5se8 ,qui n'a pas enf9 m5 la vie de l'enfance1 la vie p>esseuse1 la vie du sauvage1 mo9s ses travaux8 ,a9si vcut ,raphal p5dant plusieurs j\rs1 sans so9s1 sans dsirs1 pr\vant un mieux s5sible1 un bi5-tre extraord9aire1 qui calma ses inquitudes1 apaisa ses s\ffrances4 ,il gravissait les ro*]s1 et allait s'asseoir sur un pic d'o ses yeux embrassai5t quelque paysage d'imm5se t5due4 ,l1 il re/ait des j\rnes entires comme une plante au soleil1 comme un livre au gte4 ,ou bi51 se famili>isant avec des phnomnes de la vgtation1 avec les vicissitudes du ciel1 il piait le progrs de t\tes les uvres1 sur la t]re1 dans les eaux ou dans l'air4 ,il t5ta de s'associ] au m\vem5t intime de cette nature1 et de s'id5tifi] assez compltem5t sa passive obissance1 p\r tomb] s\s la loi despotique et cons]vatrice qui rgit les exi/5ces in/9ctives4 ,il ne v\lait plus tre *>g de lui-mme4 ,semblable ces crim9els d'autrefois1 qui1 p\rsuivis p> la ju/ice1 tai5t sauvs s'ils atteignai5t l'ombre d'un autel1 il essayait de se gliss] dans le sanctuaire de la vie4 ,il russit dev5ir p>tie intgrante de cette l>ge et puissante fructification3 il avait p\s les intempries de l'air1 habit t\s les creux de ro*]s1 appris les murs et les habitudes de t\tes les plantes1 tudi le rgime des eaux1 leurs gisem5ts1 et fait connaissance avec les animaux2 enf91 il s'tait si p>faitem5t uni cette t]re anime1 qu'il en avait en quelque sorte saisi l'me et pntr les secrets4 ,p\r lui1 les =mes inf9ies de t\s les rgnes tai5t les dveloppem5ts d'une mme sub/ance1 les comb9aisons d'un mme m\vem5t1 va/e respiration d'un tre imm5se qui agissait1 p5sait1 m>*ait1 gr&issait1 et avec lequel il v\lait gr&ir1 m>*]1 p5s]1 agir4 ,il avait fanta/iquem5t ml sa vie la vie de ce ro*]1 il s'y tait implant4 ,grce ce my/rieux illum9isme1 convalesc5ce factice1 semblable ces bi5faisants dlires accords p> la nature comme autant de haltes dans la d\leur1 ,val5t9 gta les plaisirs d'une seconde enfance durant les premi]s mom5ts de son sj\r au milieu de ce riant paysage4 ,il y allait dni*ant des ri5s1 entrepr5ant mille *oses sans en a*ev] aucune1 oubliant le l5dema9 les projets de la veille1 ins\ciant2 il fut heureux1 il se crut sauv4 ,un mat91 il tait re/ p> has>d au lit jusqu' midi1 plong dans cette rv]ie mle de veille et de sommeil1 qui prte aux ralits les app>5ces de la fantaisie et donne aux *imres le relief de l'exi/5ce1 qu& t\t c\p1 sans savoir d'abord s'il ne cont9uait pas un rve1 il ent5dit1 p\r la premire fois1 le bullet9 de sa sant donn p> son htesse ,jona?as1 v5u1 comme *aque j\r1 le lui dem&]4 ,l',auv]gnate croyait sans d\te ,val5t9 encore endormi1 et n'avait pas baiss le diapason de sa voix montagn>de4 --a ne va pas mieux1 a ne va pas pis1 disait-elle4 ,il a encore t\ss p5dant t\te cette nuit r5dre l'me4 ,il t\sse1 il cra*e1 ce *] monsieur1 que c'e/ une piti4 ,je me dem&ons1 moi et mon homme1 o il pr5d la =ce de t\ss] comme a4 a f5d le cur4 ,quelle damne maladie qu'il a6 ,c'e/ qu'il n'e/ po9t bi5 du t\t6 ,j'avons t\j\rs peur de le tr\v] crev dans son lit1 un mat94 ,il e/ vraim5t ple comme un ,jsus de cire6 ,dame1 je le vois qu& il se lve1 eh b51 son pauvre corps e/ maigre comme un c5t de cl\s4 ,et il ne s5t dj pas bon t\t de mme6 a lui e/ gal1 il se consume c\rir comme s'il avait de la sant v5dre4 ,il a bi5 du c\rage t\t de mme de ne pas se pla9dre4 ,mais1 vraim5t1 il s]ait mieux en t]re qu'en pr1 c> il s\ffre la passion de ,dieu6 ,je ne le dsirons pas1 monsieur1 ce n'e/ po9t notre intrt4 ,mais il ne n\s donn]ait pas ce qu'il n\s donne que je l'aim]ions t\t de mme3 ce n'e/ po9t l'intrt qui n\s p\sse4 ,ah6 mon ,dieu6 reprit-elle1 il n'y a que les ,p>isi5s p\r avoir de ces *i5nes de maladies-l6 ,o qui pr5n5t a1 donc8 ,pauvre jeune homme1 il e/ sr qu'il ne peut gure b5 f9ir4 ,c'te fivre1 voyez-v\s1 a v\s le m9e1 a le creuse1 a le ru9e6 il ne s'en d\te po9t4 ,il ne le sait po9t1 monsieur4 ,il ne s'ap]oit de ri54 ,faut pas pleur] p\r a1 monsieur ,jona?as6 ,il faut se dire qu'il s]a heureux de ne plus s\ffrir4 ,v\s devriez faire une neuva9e p\r lui4 ,j'avons vu de belles gurisons p> les neuva9es1 et je pai]ions bi5 un ci]ge p\r sauv] une si d\ce crature1 si bonne1 un agneau pascal4 ,la voix de ,raphal tait dev5ue trop faible p\r qu'il pt se faire ent5dre1 il fut donc oblig de subir cet p\vantable bav>dage4 ,cep5dant l'impati5ce le *assa de son lit1 il se montra sur le seuil de la porte3--,vieux sclrat1 cria-t-il ,jona?as1 tu veux donc tre mon b\rreau8 ,la paysanne crut voir un spectre et s'enfuit4 --,je te df5ds1 dit ,raphal en cont9uant1 d'avoir la mo9dre inquitude sur ma sant4 --,oui1 monsieur le m>quis1 rpondit le vieux s]viteur en essuyant ses l>mes4 --,et tu f]as mme =t bi51 dornavant1 de ne pas v5ir ici sans mon ordre4 ,jona?as v\lut obir2 mais1 avant de se retir]1 il jeta sur le m>quis un reg>d fidle et compatissant o ,raphal lut son arrt de mort4 ,dc\rag1 r5du t\t c\p au s5tim5t vrai de sa situation1 ,val5t9 s'assit sur le seuil de la porte1 se croisa les bras sur la poitr9e et baissa la tte4 ,jona?as1 effray1 s'appro*a de son matre4 --,monsieur8 --,va-t'en6 va-t'en6 lui cria le malade4 ,p5dant la mat9e du l5dema91 ,raphal1 ayant gravi les ro*]s1 s'tait assis dans une crevasse ple9e de m\sse d'o il p\vait voir le *em9 troit p> lequel on v5ait des eaux son habitation4 ,au bas du pic1 il ap]ut ,jona?as conv]sant d]e*ef avec l',auv]gnate4 ,une malicieuse puissance lui int]prta les ho*em5ts de tte1 les ge/es dsesprants1 la s9i/re navet de cette femme1 et lui en jeta mme les fatales p>oles dans le v5t et dans le sil5ce4 ,pntr d'horreur1 il se rfugia sur les plus hautes cimes des montagnes et y re/a jusqu'au soir1 sans avoir pu *ass] les s9i/res p5ses1 si malheureusem5t rveilles dans son cur p> le cruel intrt dont il tait dev5u l'objet4 ,t\t c\p l',auv]gnate elle-mme se dressa s\da9 devant lui comme une ombre dans l'ombre du soir2 p> une biz>r]ie de pote1 il v\lut tr\v]1 dans son jupon ray de noir et de blanc1 une vague ressemblance avec les ctes dess*es d'un spectre4 --,voil le s]e9 qui tombe1 mon *] monsieur1 lui dit-elle4 ,si v\s re/iez l1 v\s v\s avanc]iez ni plus ni mo9s qu'un fruit patr\ill4 ,faut r5tr]4 a n'e/ pas sa9 de hum] la rose1 avec a que v\s n'avez ri5 pris depuis ce mat94 --,p> le tonn]re de ,dieu1 s'cria-t-il1 vieille sorcire1 je v\s ordonne de me laiss] vivre ma guise1 o je dcampe d'ici4 ,c'e/ bi5 assez de me creus] ma fosse t\s les mat9s1 au mo9s ne la f\illez pas le soir4 --,votre fosse6 monsieur6 ,creus] votre fosse6 ,o qu'elle e/ donc votre fosse8 ,je v\drions v\s voir ba/ant comme notre pre et po9t dans la fosse6 ,la fosse6 n\s y sommes t\j\rs assez tt1 dans la fosse4 --,assez1 dit ,raphal4 --,pr5ez mon bras1 monsieur4 --,non4 ,le s5tim5t que l'homme supporte le plus difficilem5t e/ la piti1 surt\t qu& il la mrite4 ,la ha9e e/ un tonique1 elle fait vivre1 elle inspire la v5geance2 mais la piti tue1 elle affaiblit encore notre faiblesse4 ,c'e/ le mal dev5u patel91 c'e/ le mpris dans la t5dresse1 ou la t5dresse dans l'(f5se4 ,raphal tr\va *ez le c5t5aire une piti triomphante1 *ez l'enfant une piti curieuse1 *ez la femme une piti tracassire1 *ez le m>i une piti intresse2 mais1 s\s quelque =me que ce s5tim5t se montrt1 il tait t\j\rs gros de mort4 ,un pote fait de t\t un pome1 t]rible ou joyeux1 suivant les images qui le frapp5t2 son me exalte rejette les nuances d\ces1 et *oisit t\j\rs les c\leurs vives et tran*es4 ,cette piti produisit au cur de ,raphal un horrible pome de deuil et de mlancolie4 ,il n'avait pas song sans d\te la fran*ise des s5tim5ts naturels1 qu& il dsira se rappro*] de la nature4 ,lorsqu'il se croyait seul s\s un arbre1 aux prises avec une qu9te op9itre dont il ne triomphait jamais sans sortir abattu p> cette t]rible lutte1 il voyait les yeux brillants et fluides du petit g>on1 plac en v$ette s\s une t\ffe d'h]bes1 comme un sauvage1 et qui l'exam9ait avec cette enfant9e curiosit dans laquelle il y a autant de raill]ie que de plaisir1 et je ne sais quel intrt ml d'ins5sibilit4 ,le t]rible3 ,frre1 il faut m\rir1 des trappi/es1 semblait con/amm5t crit dans les yeux des paysans avec lesquels vivait ,raphal2 il ne savait ce qu'il craignait de plus de leurs p>oles naves ou de leur sil5ce2 t\t en eux le gnait4 ,un mat91 il vit deux hommes vtus de noir qui rdr5t aut\r de lui1 le flairr5t1 et l'tudir5t la drobe2 puis1 feignant d'tre v5us l p\r se prom5]1 ils lui adressr5t des que/ions banales auxquelles il rpondit brivem5t4 ,il reconnut en eux le mdec9 et le cur des eaux1 sans d\te envoys p> ,jona?as1 consults p> ses htes ou attirs p> l'odeur d'une mort pro*a9e4 ,il entrevit alors son propre convoi1 il ent5dit le *ant des prtres1 il compta les ci]ges1 et ne vit plus qu' trav]s un crpe les beauts de cette ri*e nature1 au se9 de laquelle il croyait avoir r5contr la vie4 ,t\t ce qui nagure lui annonait une longue exi/5ce lui prophtisait ma9t5ant une f9 pro*a9e4 ,le l5dema91 il p>tit p\r ,p>is1 aprs avoir t abreuv des s\haits mlancoliques et cordialem5t pla9tifs que ses htes lui adressr5t4 ,aprs avoir voyag durant t\te la nuit1 il s'veilla dans l'une des plus riantes valles du ,b\rbonnais1 dont les sites et les po9ts de vue t\rbillonnai5t devant lui1 rapidem5t emports comme les images vaporeuses d'un songe4 ,la nature s'talait ses yeux avec une cruelle coquett]ie4 ,tantt l',alli] dr\lait sur une ri*e p]spective son ruban liquide et brillant1 puis des hameaux mode/em5t ca*s au fond d'une gorge de ro*]s jauntres montrai5t la po9te de leurs clo*]s2 tantt les m\l9s d'un petit vallon se dc\vrai5t s\da9 aprs des vignobles monotones1 et t\j\rs app>aissai5t de riants *teaux1 des villages susp5dus1 ou quelques r\tes bordes de peupli]s maje/ueux2 enf9 la ,loire et ses longues nappes diamantes reluisir5t au milieu de ses sables dors4 ,sductions sans f96 ,la nature agite1 vivace comme un enfant1 cont5ant pe9e l'am\r et la sve du mois de ju91 attirait fatalem5t les reg>ds te9ts du malade4 ,il leva les p]si5nes de sa voiture1 et se remit dormir4 ,v]s le soir1 aprs avoir pass ,cosne1 il fut rveill p> une joyeuse musique et se tr\va devant une fte de village4 ,la po/e tait situe prs de la place4 ,p5dant le temps que les po/illons mir5t relay] sa voiture1 il vit les danses de cette population joyeuse1 les filles p>es de fleurs1 jolies1 agaantes1 les jeunes g5s anims1 puis les trognes des vieux paysans gaill>dem5t r\gies p> le v94 ,les petits enfants se rigolai5t1 les vieilles femmes p>lai5t en riant1 t\t avait une voix1 et le plaisir enjolivait mme les habits et les tables dresses4 ,la place et l'glise (frai5t une physionomie de bonheur2 les toits1 les f5tres1 les portes mmes du village semblai5t s'tre endiman*s aussi4 ,semblable aux moribonds impati5ts du mo9dre bruit1 ,raphal ne put rprim] une s9i/re int]jection1 ni le dsir d'impos] sil5ce ces violons1 d'anantir ce m\vem5t1 d'ass\rdir ces clameurs1 de dissip] cette fte insol5te4 ,il monta t\t *agr9 dans sa voiture4 ,qu& il reg>da sur la place1 il vit la joie eff>\*e1 les paysannes en fuite et les bancs ds]ts4 ,sur l'*afaud de l'or*e/re1 un mntri] aveugle cont9uait j\] sur sa cl>9ette une ronde cri>de4 ,cette musique sans danseurs1 ce vieill>d solitaire au pr(il grimaud1 en haillons1 les *eveux p>s1 et ca* dans l'ombre d'un tilleul1 tait comme une image fanta/ique du s\hait de ,raphal4 ,il tombait torr5ts une de ces =tes pluies que les nuages lectriques du mois de ju9 v]s5t brusquem5t et qui f9iss5t de mme4 ,c'tait *ose si naturelle1 que ,raphal1 aprs avoir reg>d dans le ciel quelques nuages blan*tres emports p> un gra9 de v5t1 ne songea pas reg>d] sa ,peau de *agr94 ,il se remit dans le co9 de sa voiture1 qui bi5tt r\la sur la r\te4 ,le l5dema9 il se tr\va *ez lui1 dans sa *ambre1 au co9 de sa *em9e4 ,il s'tait fait allum] un gr& feu1 il avait froid4 ,jona?as lui apporta des lettres1 elles tai5t t\tes de ,paul9e4 ,il ouvrit la premire sans empressem5t1 et la dplia comme si c'et t le papi] gristre d'une sommation sans frais1 envoye p> le p]cepteur4 ,il lut la premire phrase3 ,p>ti1 mais c'e/ une fuite1 mon ,raphal4 ,comm5t6 p]sonne ne peut me dire o tu es8 ,et si je ne le sais pas1 qui donc le saurait8 ,sans v\loir en appr5dre davantage1 il prit froidem5t les lettres et les jeta dans le foy]1 en reg>dant d'un il t]ne et sans *aleur les jeux de la flamme qui tordait le papi] p>fum1 le racornissait1 le ret\rnait1 le morcelait4 ,des fragm5ts r\lr5t sur les c5dres en lui laissant voir des comm5cem5ts de phrase1 des mots1 des p5ses demi brles1 et qu'il se plut saisir dans la flamme p> un div]tissem5t ma*9al4 4444 ,assise ta porte4444 att5du4444 ,caprice4444 j'obis4444 ,des rivales4444 moi1 non64444 ta ,paul9e4444 aime4444 plus de ,paul9e donc84444 ,si tu avais v\lu me quitt]1 tu ne m'aurais pas ab&onne4444 ,am\r t]nel4444 ,m\rir4444 ,ces mots lui donnr5t une sorte de remords3 il saisit les p9cettes et sauva des flammes un d]ni] lambeau de lettre4 4444 ,j'ai murmur1 disait ,paul9e1 mais je ne me suis pas pla9te1 ,raphal8 ,en me laissant lo9 de toi1 tu z sans d\te v\lu me drob] le poids de quelques *agr9s4 ,un j\r1 tu me tu]as peut-tre1 mais tu es trop bon p\r me faire s\ffrir4 ,eh6 bi51 ne p>s plus a9si4 ,va1 je puis affront] les plus gr&s supplices1 mais prs de toi4 ,le *agr9 que tu m'impos]ais ne s]ait plus un *agr93 j'ai dans le cur encore bi5 plus d'am\r que je ne t'en ai montr4 ,je puis t\t support]1 hors de pleur] lo9 de toi1 et de ne pas savoir ce que tu4444 ,raphal posa sur la *em9e ce dbris de lettre noirci p> le feu1 il le rejeta t\t c\p dans le foy]4 ,ce papi] tait une image trop vive de son am\r et de sa fatale vie4 --,va *]*] monsieur ,bian*on1 dit-il ,jona?as4 ,horace v9t et tr\va ,raphal au lit4 --,mon ami1 peux-tu me compos] une boisson lgrem5t opiace qui m'entreti5ne dans une somnol5ce cont9uelle1 sans que l'emploi con/ant de ce breuvage me fasse mal8 --,ri5 n'e/ plus ais1 rpondit le jeune docteur2 mais il faudra cep5dant re/] deb\t quelques heures de la j\rne1 p\r mang]4 --,quelques heures1 dit ,raphal en l'int]rompant1 non1 non1 je ne veux tre lev que durant une heure au plus4 --,quel e/ donc ton desse98 dem&a ,bian*on4 --,dormir1 c'e/ encore vivre1 rpondit le malade4 --,ne laisse entr] p]sonne1 ft-ce mme mademoiselle ,paul9e de ,vits*nau1 dit ,val5t9 ,jona?as p5dant que le mdec9 crivait son ordonnance4 --,h6 bi51 monsieur ,horace1 y a-t-il de la ress\rce8 dem&a le vieux dome/ique au jeune docteur qu'il avait reconduit jusqu'au p]ron4 --,il peut all] encore long-temps1 ou m\rir ce soir4 ,*ez lui1 les *ances de vie et de mort sont gales4 ,je n'y compr5ds ri51 rpondit le mdec9 en laissant *app] un ge/e de d\te4 ,il faut le di/raire4 --,le di/raire6 monsieur1 v\s ne le connaissez pas4 ,il a tu l'autre j\r un homme sans dire ouf6 ,ri5 ne le di/rait4 ,raphal demeura p5dant quelques j\rs plong dans le nant de son sommeil factice4 ,grce la puissance matrielle ex]ce p> l'opium sur notre me immatrielle1 cet homme d'imag9ation si puissamm5t active s'abaissa jusqu' la hauteur de ces animaux p>esseux qui cr\piss5t au se9 des =ts1 s\s la =me d'une dp\ille vgtale1 sans faire un pas p\r saisir une proie facile4 ,il avait mme te9t la lumire du ciel1 le j\r n'entrait plus *ez lui4 ,v]s les huit heures du soir1 il sortait de son lit3 sans avoir une consci5ce lucide de son exi/5ce1 il satisfaisait sa faim1 puis se rec\*ait aussitt4 ,ses heures froides et rides ne lui apportai5t que de confuses images1 des app>5ces1 des clairs-obscurs sur un fond noir4 ,il s'tait enseveli dans un pr(ond sil5ce1 dans une ngation de m\vem5t et d'intellig5ce4 ,un soir1 il se rveilla beauc\p plus t>d que de c\tume1 et ne tr\va pas son dn] s]vi4 ,il sonna ,jona?as4 --,tu peux p>tir1 lui dit-il4 ,je t'ai fait ri*e1 tu s]as heureux dans tes vieux j\rs2 mais je ne veux plus te laiss] j\] ma vie4 ,comm5t6 misrable1 je s5s la faim4 ,o e/ mon dn]8 rponds4 ,jona?as laissa *app] un s\rire de cont5tem5t1 prit une b\gie dont la lumire tremblotait dans l'obscurit pr(onde des imm5ses app>tem5ts de l'htel2 il conduisit son matre r$ev5u ma*9e une va/e gal]ie et en ouvrit brusquem5t la porte4 ,aussitt ,raphal1 inond de lumire1 fut bl\i1 surpris p> un spectacle in\4 ,c'tait ses lu/res *>gs de b\gies1 les fleurs les plus r>es de sa s]re arti/em5t disposes1 une table t9celante d'arg5t]ie1 d'or1 de nacre1 de porcela9es2 un repas royal1 fumant1 et dont les mets apptissants irritai5t les h\ppes n]veuses du palais4 ,il vit ses amis convoqus1 mls des femmes p>es et ravissantes1 la gorge nue1 les paules dc\v]tes1 les *evelures ple9es de fleurs1 les yeux brillants1 t\tes de beauts div]ses1 agaantes s\s de voluptueux trave/issem5ts3 l'une avait dess9 ses =mes attrayantes p> une jaquette irl&aise1 l'autre portait la basqu9a lascive des ,&al\ses2 celle-ci demi-nue en ,diane *ass]esse1 celle-l mode/e et am\reuse s\s le co/ume de mademoiselle de ,la ,vallire1 tai5t galem5t v\es l'ivresse4 ,dans les reg>ds de t\s les convives brillai5t la joie1 l'am\r1 le plaisir4 ,au mom5t o la morte figure de ,raphal se montra dans l'ouv]ture de la porte1 une acclamation s\da9e clata1 rapide1 rutilante comme les rayons de cette fte improvise4 ,les voix1 les p>fums1 la lumire1 ces femmes d'une pntrante beaut frappr5t t\s ses s5s1 rveillr5t son apptit4 ,une dlicieuse musique1 ca*e dans un salon vois91 c\vrit p> un torr5t d'h>monie ce tumulte enivrant1 et complta cette trange vision4 ,raphal se s5tit la ma9 presse p> une ma9 *at\illeuse1 une ma9 de femme dont les bras frais et blancs se levai5t p\r le s]r]1 la ma9 d',aquil9a4 ,il comprit que ce tableau n'tait pas vague et fanta/ique comme les fugitives images de ses rves dcolors1 il p\ssa un cri s9i/re1 f]ma brusquem5t la porte1 et fltrit son vieux s]viteur en le frappant au visage4 --,mon/re1 tu z donc jur de me faire m\rir8 s'cria-t-il4 ,puis1 t\t palpitant du dang] qu'il v5ait de c\rir1 il tr\va des =ces p\r regagn] sa *ambre1 b une =te dose de sommeil1 et se c\*a4 --,que diable6 dit ,jona?as en se relevant1 monsieur ,bian*on m'avait cep5dant bi5 ordonn de le di/raire4 ,il tait environ m9uit4 ,a cette heure1 ,raphal1 p> un de ces caprices physiologiques1 l'tonnem5t et le dsespoir des sci5ces mdicales1 respl5dissait de beaut p5dant son sommeil4 ,un rose vif colorait ses j\es blan*es4 ,son front gracieux comme celui d'une jeune fille exprimait le gnie4 ,la vie tait en fleurs sur ce visage tranquille et repos4 ,v\s eussiez dit d'un jeune enfant endormi s\s la protection de sa mre4 ,son sommeil tait un bon sommeil1 sa b\*e v]meille laissait pass] un s\ffle gal et pur1 il s\riait transport sans d\te p> un rve dans une belle vie4 ,peut-tre tait-il c5t5aire1 peut-tre ses petits-enfants lui s\haitai5t-ils de longs j\rs2 peut-tre de son banc ru/ique1 s\s le soleil1 assis s\s le feuillage1 ap]cevait-il1 comme le prophte1 en haut de la montagne1 la t]re promise1 dans un bi5faisant lo9ta96 --,te voil donc6 ,ces mots1 prononcs d'une voix arg5t9e1 dissipr5t les figures nuageuses de son sommeil4 ,a la lueur de la lampe1 il vit assise sur son lit sa ,paul9e1 mais ,paul9e embellie p> l'abs5ce et p> la d\leur4 ,raphal re/a /upfait l'aspect de cette figure blan*e comme les ptales d'une fleur des eaux1 et qui1 accompagne de longs *eveux noirs1 semblait encore plus noire dans l'ombre4 ,des l>mes avai5t trac leur r\te brillante sur ses j\es1 et y re/ai5t susp5dues1 prtes tomb] au mo9dre ef=t4 ,vtue de blanc1 la tte p5*e et f\lant pe9e le lit1 elle tait l comme un ange desc5du des cieux1 comme une app>ition qu'un s\ffle p\vait faire disp>atre4 --,ah6 j'ai t\t oubli1 s'cria-t-elle au mom5t o ,raphal ouvrit les yeux4 ,je n'ai de voix que p\r te dire3 ,je suis toi6 ,oui1 mon cur e/ t\t am\r4 ,ah6 jamais1 ange de ma vie1 tu n'z t si beau4 ,tes yeux f\droi5t4 ,mais je dev9e t\t1 va6 ,tu z t *]*] la sant sans moi1 tu me craignais444 ,eh bi54 --,fuis1 fuis1 laisse-moi1 rpondit enf9 ,raphal d'une voix s\rde4 ,mais va-t'en donc4 ,si tu re/es l1 je meurs4 ,veux-tu me voir m\rir8 --,m\rir6 rpta-t-elle4 ,e/-ce que tu peux m\rir sans moi4 ,m\rir1 mais tu es jeune6 ,m\rir1 mais je t'aime6 ,m\rir6 aj\ta-t-elle d'une voix pr(onde et gutturale en lui pr5ant les ma9s p> un m\vem5t de folie4 --,froides1 dit-elle4 ,e/-ce une illusion8 ,raphal tira de dess\s son *evet le lambeau de la ,peau de *agr91 fragile et petit comme la feuille d'une p]v5*e1 et le lui montrant3--,paul9e1 belle image de ma belle vie1 disons-n\s adieu1 dit-il4 --,adieu8 rpta-t-elle d'un air surpris4 --,oui4 ,ceci e/ un talisman qui accomplit mes dsirs1 et reprs5te ma vie4 ,vois ce qu'il m'en re/e4 ,si tu me reg>des encore1 je vais m\rir444 ,la jeune fille crut ,val5t9 dev5u f\1 elle prit le talisman1 et alla *]*] la lampe4 claire p> la lueur vacillante qui se projetait galem5t sur ,raphal et sur le talisman1 elle exam9a trs-att5tivem5t et le visage de son amant et la d]nire p>celle de la ,peau magique4 ,en la voyant belle de t]reur et d'am\r1 il ne fut plus matre de sa p5se3 les s\v5irs des scnes c>essantes et des joies dlirantes de sa passion triomphr5t dans son me depuis long-temps endormie1 et s'y rveillr5t comme un foy] mal te9t4 --,paul9e1 vi5s6 ,paul9e6 ,un cri t]rible sortit du gosi] de la jeune fille1 ses yeux se dilatr5t1 ses s\rcils violemm5t tirs p> une d\leur in\e1 s'c>tr5t avec horreur1 elle lisait dans les yeux de ,raphal un de ces dsirs furieux1 jadis sa gloire elle2 et mesure que gr&issait ce dsir1 la ,peau1 en se contractant1 lui *at\illait la ma94 ,sans rfl*ir1 elle s'enfuit dans le salon vois9 dont elle f]ma la porte4 --,paul9e6 ,paul9e6 cria le moribond en c\rant aprs elle1 je t'aime1 je t'adore1 je te veux6 ,je te maudis1 si tu ne m'ouvres6 ,je veux m\rir toi6 ,p> une =ce s+ulire1 d]ni] clat de vie1 il jeta la porte t]re1 et vit sa matresse demi nue se r\lant sur un canap4 ,paul9e avait t5t va9em5t de se d*ir] le se91 et p\r se donn] une prompte mort1 elle *]*ait s'trangl] avec son *le4--,si je meurs1 il vivra1 disait-elle en t*ant va9em5t de s]r] le nud4 ,ses *eveux tai5t p>s1 ses paules nues1 ses vtem5ts en dsordre1 et dans cette lutte avec la mort1 les yeux en pleurs1 le visage enflamm1 se tordant s\s un horrible dsespoir1 elle prs5tait ,raphal1 ivre d'am\r1 mille beauts qui augm5tr5t son dlire2 il se jeta sur elle avec la lgret d'un oiseau de proie1 brisa le *le1 et v\lut la pr5dre dans ses bras4 ,le moribond *]*a des p>oles p\r exprim] le dsir qui dvorait t\tes ses =ces2 mais il ne tr\va que les sons trangls du rle dans sa poitr9e1 dont *aque respiration creuse plus avant1 semblait p>tir de ses entrailles4 ,enf91 ne p\vant bi5tt plus =m] de sons1 il mordit ,paul9e au se94 ,jona?as se prs5ta t\t p\vant des cris qu'il ent5dait1 et t5ta d'arra*] la jeune fille le cadavre sur lequel elle s'tait accr\pie dans un co94 --,que dem&ez-v\s6 dit-elle4 ,il e/ moi1 je l'ai tu1 ne l'avais-je pas prdit6 ,,pilogue4 ,et que dev9t ,paul9e8 --,ah6 ,paul9e1 bi54 tes-v\s quelquefois re/ p> une d\ce soire d'hiv] devant votre foy] dome/ique1 voluptueusem5t livr des s\v5irs d'am\r ou de jeunesse en contemplant les rayures produites p> le feu sur un morceau de *ne8 ,ici la combu/ion dess9e les cases r\ges d'un dami]1 l elle miroite des vel\rs2 de petites flammes bleues c\r5t1 bondiss5t et j\5t sur le fond ard5t du brasi]4 ,vi5t un pe9tre inconnu qui se s]t de cette flamme2 p> un artifice unique1 il trace au se9 de ces flamboyantes te9tes violettes ou emp\rpres une figure sup]naturelle et d'une dlicatesse in\e1 phnomne fugitif que le has>d ne recomm5c]a jamais3 c'e/ une femme aux *eveux emports p> le v5t1 et dont le pr(il respire une passion dlicieuse3 du feu dans le feu6 elle s\rit1 elle expire1 v\s ne la rev]rez plus4 ,adieu fleur de la flamme1 adieu pr9cipe incomplet1 inatt5du1 v5u trop tt ou trop t>d p\r tre quelque beau diamant4 --,mais ,paul9e8 --,v\s n'y tes pas8 je recomm5ce4 ,place6 place6 ,elle arrive1 la voici la re9e des illusions1 la femme qui passe comme un bais]1 la femme vive comme un clair1 comme lui jaillie brlante du ciel1 l'tre incr1 t\t1 esprit1 t\t am\r4 ,elle a revtu je ne sais quel corps de flamme1 ou p\r elle la flamme s'e/ un mom5t anime6 ,les lignes de ses =mes sont d'une puret qui v\s dit qu'elle vi5t du ciel4 ,ne respl5dit-elle pas comme un ange8 n'ent5dez-v\s pas le frmissem5t ari5 de ses ailes8 ,plus lgre que l'oiseau1 elle s'abat prs de v\s et ses t]ribles yeux fasc95t2 sa d\ce1 mais puissante hale9e attire vos lvres p> une =ce magique2 elle fuit et v\s entrane1 v\s ne s5tez plus la t]re4 ,v\s v\lez pass] une seule fois votre ma9 *at\ille1 votre ma9 fanatise sur ce corps de neige1 froiss] ses *eveux d'or1 bais] ses yeux t9celants4 ,une vapeur v\s enivre1 une musique en*ant]esse v\s *>me4 ,v\s tressaillez de t\s vos n]fs1 v\s tes t\t dsir1 t\t s\ffrance4 ,o bonheur sans nom6 v\s avez t\* les lvres de cette femme2 mais t\t c\p une atroce d\leur v\s rveille4 ,ha6 ha6 votre tte a port sur l'angle de votre lit1 v\s en avez embrass l'acaj\ brun1 les dorures froides1 quelque bronze1 un am\r en cuivre4 --,mais1 monsieur1 ,paul9e6 --,encore6 c\tez4 ,p> une belle mat9e1 en p>tant de ,t\rs1 un jeune homme emb>qu sur la ,ville d',ang]s t5ait dans sa ma9 la ma9 d'une jolie femme4 ,unis a9si1 t\s deux admirr5t long-temps1 au-dessus des l>ges eaux de la ,loire1 une blan*e figure1 artificiellem5t close au se9 du br\ill>d comme un fruit des eaux et du soleil1 ou comme un caprice des nues et de l'air4 ,t\r t\r ond9e ou sylphide1 cette fluide crature voltigeait dans les airs comme un mot va9em5t *]* qui c\rt dans la mmoire sans se laiss] saisir2 elle se prom5ait entre les les1 elle agitait sa tte trav]s les hauts peupli]s2 puis dev5ue gigantesque elle faisait ou respl5dir les mille plis de sa robe1 ou brill] l'aurole dcrite p> le soleil aut\r de son visage2 elle planait sur les hameaux1 sur les coll9es1 et semblait df5dre au bateau vapeur de pass] devant le *teau d',uss4 ,v\s eussiez dit le fantme de la ,dame des belles ,c\s9es qui v\lait protg] son pays contre les invasions mod]nes4 --,bi51 je compr5ds1 a9si de ,paul9e4 ,mais ,fdora8 --,oh6 ,fdora1 v\s la r5contr]ez4 ,elle tait hi] aux ,b\ffons1 elle ira ce soir l',opra1 elle e/ p>t\t4 ,p>is1 #ahcj-ca4 ,j,,sus-,,*ri/ ,,en ,,fl&re4 ,a ,,m>cel9e ,,desbordes-,,valmore1 ,a v\s1 fille de la ,fl&re1 et qui en tes une des gloires mod]nes1 cette nave tradition des ,fl&res4 ,,de ,,balzac4 ,a une poque assez indt]m9e de l'hi/oire brabanonne1 les relations entre l'le de ,cadzant et les ctes de la ,fl&re tai5t entret5ues p> une b>que de/9e au passage des voyageurs4 ,capitale de l'le1 ,midelb\rg1 plus t>d si clbre dans les annales du prote/antisme1 comptait pe9e deux ou trois c5ts feux4 ,la ri*e ,o/5de tait un havre inconnu1 flanqu d'une b\rgade *tivem5t peuple p> quelques p*eurs1 p> de pauvres ngociants et p> des corsaires impunis4 ,nanmo9s le b\rg d',o/5de1 compos d'une v+ta9e de maisons et de trois c5ts cabanes1 *aum9es ou taudis con/ruits avec des dbris de navires naufrags j\issait d'un g\v]neur1 d'une milice1 de f\r*es patibulaires1 d'un c\v5t1 d'un b\rgme/re1 enf9 de t\s les organes d'une civilisation avance4 ,qui rgnait alors en ,brabant1 en ,fl&re1 en ,belgique8 ,sur ce po9t1 la tradition e/ muette4 ,av\ons-le8 cette hi/oire se ress5t trangem5t du vague1 de l'inc]titude1 du m]veilleux que les orateurs favoris des veilles flam&es se sont amuss ma9tes fois rp&re dans leurs gloses aussi div]ses de posie que contradictoires p> les dtails4 ,dite d'ge en ge1 rpte de foy] en foy] p> les aeules1 p> les conteurs de j\r et de nuit1 cette *ronique a reu de *aque sicle une te9te diffr5te4 ,semblable ces monum5ts arrangs suivant le caprice des ar*itectures de *aque poque1 mais dont les masses noires et fru/es plais5t aux potes1 elle f]ait le dsespoir des comm5tateurs1 des plu*eurs de mots1 de faits et de dates4 ,le n>rateur y croit1 comme t\s les esprits sup]/itieux de la ,fl&re y ont cru1 sans en tre ni plus doctes ni plus infirmes4 ,seulem5t1 dans l'impossibilit de mettre en h>monie t\tes les v]sions1 voici le fait dp\ill peut-tre de sa navet romanesque impossible reproduire1 mais avec ses h>diesses que l'hi/oire dsav\e1 avec sa moralit que la religion appr\ve1 son fanta/ique1 fleur d'imag9ation1 son s5s ca* dont peut s'accommod] le sage4 ,a *acun sa pture et le so9 de tri] le bon gra9 de l'ivraie4 ,la b>que qui s]vait pass] les voyageurs de l'le de ,cadzant ,o/5de allait quitt] le village4 ,avant de dta*] la *ane de f] qui ret5ait sa *al\pe une pi]re de la petite jete o l'on s'emb>quait1 le patron donna du cor plusieurs reprises1 af9 d'appel] les ret>dataires1 c> ce voyage tait son d]ni]4 ,la nuit appro*ait1 les d]ni]s feux du soleil c\*ant p]mettai5t pe9e d'ap]cevoir les ctes de ,fl&re et de di/+u] dans l'le les passag]s att>ds1 errant soit le long des murs en t]re dont les *amps tai5t environns1 soit p>mi les hauts joncs des m>ais4 ,la b>que tait ple9e1 un cri s'leva3 --,qu'att5dez-v\s8 ,p>tons4 ,en ce mom5t1 un homme app>ut quelques pas de la jete2 le pilote1 qui ne l'avait ent5du ni v5ir1 ni m>*]1 fut assez surpris de le voir4 ,ce voyageur semblait s'tre lev de t]re t\t c\p1 comme un paysan qui se s]ait c\* dans un *amp en att5dant l'heure du d"p et que la trompette aurait rveill4 tait-ce un voleur8 tait-ce quelque homme de d\ane ou de police8 ,qu& il arriva sur la jete o la b>que tait am>re1 sept p]sonnes places deb\t l'arrire de la *al\pe s'empressr5t de s'asseoir sur les bancs1 af9 de s'y tr\v] seules et de ne pas laiss] l'trang] se mettre avec elles4 ,ce fut une p5se in/9ctive et rapide1 une de ces p5ses d'ari/ocratie qui vi5n5t au cur des g5s ri*es4 ,quatre de ces p]sonnages app>t5ai5t la plus haute noblesse des ,fl&res4 ,d'abord un jeune cavali]1 accompagn de deux beaux lvri]s et portant sur ses *eveux longs une toque orne de pi]r]ies1 faisait ret5tir ses p]ons dors et frisait de temps en temps sa m\/a*e avec imp]t95ce1 en jetant des reg>ds ddaigneux au re/e de l'quipage4 ,une altire demoiselle t5ait un faucon sur son po+1 et ne p>lait qu' sa mre ou un ecclsia/ique du haut rang1 leur p>5t sans d\te4 ,ces p]sonnes faisai5t gr& bruit et conv]sai5t ensemble1 comme si elles euss5t t seules dans la b>que4 ,nanmo9s1 auprs d'elles se tr\vait un homme trs-important dans le pays1 un gros b\rgeois de ,bruges1 envelopp dans un gr& manteau4 ,son dome/ique1 arm jusqu'aux d5ts1 avait mis prs de lui deux sacs ple9s d'arg5t4 ,a ct d'eux se tr\vait encore un homme de sci5ce1 docteur l'univ]sit de ,l\va91 flanqu de son cl]c4 ,ces g5s1 qui se mprisai5t les uns les autres1 tai5t sp>s de l'avant p> le banc des rameurs4 ,lorsque le passag] en ret>d mit le pi$ dans la b>que1 il jeta un reg>d rapide sur l'arrire1 n'y vit pas de place1 et alla en dem&] une ceux qui se tr\vai5t sur l'avant du bateau4 ,ceux-l tai5t de pauvres g5s4 ,a l'aspect d'un homme tte nue1 dont l'habit et le haut-de-*ausses en camelot brun1 dont le rabat en toile de l9 empes n'avai5t aucun ornem5t1 qui ne t5ait la ma9 ni toque ni *apeau1 sans b\rse ni pe la ce9ture1 t\s le prir5t p\r un b\rgme/re sr de son autorit1 b\rgme/re bon homme et d\x comme quelques-uns de ces vieux ,flam&s dont la nature et le c>actre +nus n\s ont t si bi5 cons]vs p> les pe9tres du pays4 ,les pauvres passag]s accueillir5t alors l'inconnu p> des dmon/rations respectueuses qui excitr5t des raill]ies *u*otes entre les g5s de l'arrire4 ,un vieux soldat1 homme de pe9e et de fatigue1 donna sa place sur le banc l'trang]1 s'assit au bord de la b>que1 et s'y ma9t9t en quilibre p> la manire dont il appuya ses pi$s contre une de ces trav]ses de bois qui1 semblables aux artes d'un poisson s]v5t li] les plan*es des bateaux4 ,une jeune femme1 mre d'un petit enfant1 et qui p>aissait app>t5ir la classe ouvrire d',o/5de1 se recula p\r faire assez de place au n\veau v5u4 ,ce m\vem5t n'accusa ni s]vilit1 ni dda94 ,ce fut un de ces tmoignages d'obligeance p> lesquels les pauvres g5s1 habitus connatre le prix d'un s]vice et les dlices de la frat]nit1 rvl5t la fran*ise et le naturel de leurs mes1 si naves dans l'expression de leurs qualits et de leurs dfauts2 aussi l'trang] les rem]cia-t-il p> un ge/e ple9 de noblesse4 ,puis il s'assit entre cette jeune mre et le vieux soldat4 ,d]rire lui se tr\vai5t un paysan et son fils1 g de dix ans4 ,une pauvresse ayant un bissac presque vide1 vieille et ride1 en haillons1 type de malheur et d'ins\ciance1 gisait sur le bec de la b>que1 accr\pie dans un gros paquet de cordages4 ,un des rameurs1 vieux m>9i]1 qui l'avait connue belle et ri*e1 l'avait fait entr]1 suivant l'admirable diction du peuple1 p\r l'am\r de ,dieu4 --,gr& m]ci1 ,?omas1 avait dit la vieille1 je dirai p\r toi ce soir deux ,pat] et deux ,ave dans ma prire4 ,le patron donna du cor encore une fois1 reg>da la campagne muette1 jeta la *ane dans un bateau1 c\rut le long du bord jusqu'au g\v]nail1 en prit la b>re1 re/a deb\t2 puis1 aprs avoir contempl le ciel1 il dit d'une voix =te ses rameurs1 qu& ils fur5t en ple9e m]3--,ramez1 ramez =t1 et dp*ons6 la m] s\rit un mauvais gra91 la sorcire6 ,je s5s la h\le au m\vem5t du g\v]nail1 et l'orage mes blessures4 ,ces p>oles1 dites en t]mes de m>9e1 espce de langue intelligible seulem5t p\r des oreilles acc\tumes au bruit des flots1 imprimr5t aux rames un m\vem5t prcipit1 mais t\j\rs cad5c2 m\vem5t unanime1 diffr5t de la manire de ram] prcd5te1 comme le trot d'un *eval l'e/ de son galop4 ,le beau monde assis l'arrire prit plaisir voir t\s ces bras n]veux1 ces visages bruns aux yeux de feu1 ces muscles t5dus1 et ces diffr5tes =ces huma9es agissant de conc]t1 p\r leur faire trav]s] le dtroit moy5nant un faible page4 ,lo9 de dplor] cette misre1 ils se montrr5t les rameurs en riant des expressions grotesques que la manuvre imprimait leurs physionomies t\rm5tes4 ,a l'avant1 le soldat1 le paysan et la vieille contemplai5t les m>9i]s avec cette espce de compassion naturelle aux g5s qui1 vivant de labeur1 connaiss5t les rudes angoisses et les fivreuses fatigues du travail4 ,puis1 habitus la vie en ple9 air1 t\s avai5t compris1 l'aspect du ciel1 le dang] qui les m5aait1 t\s tai5t donc srieux4 ,la jeune mre b]ait son enfant1 en lui *antant une vieille hymne d'glise p\r l'endormir4 --,si n\s arrivons1 dit le soldat au paysan1 le bon ,dieu aura mis de l'enttem5t n\s laiss] en vie4 --,ah6 il e/ le matre1 rpondit la vieille2 mais je crois que son bon plaisir e/ de n\s appel] prs de lui4 ,voyez l-bas cette lumire8 ,et1 p> un ge/e de tte1 elle montrait le c\*ant1 o des b&es de feu tran*ai5t vivem5t sur des nuages bruns nuancs de r\ge qui semblai5t bi5 prs de d*an] quelque v5t furieux4 ,la m] faisait ent5dre un murmure s\rd1 une espce de mugissem5t intrieur1 assez semblable la voix d'un *i5 qu& il ne fait que grond]4 ,aprs t\t1 ,o/5de n'tait pas lo94 ,en ce mom5t1 le ciel et la m] (frai5t un de ces spectacles auxquels il e/ peut-tre impossible la pe9ture comme la posie de donn] plus de dure qu'ils n'en ont rellem5t4 ,les crations huma9es veul5t des contra/es puissants4 ,aussi les arti/es dem&5t-ils ord9airem5t la nature ses phnomnes les plus brillants1 dsesprant sans d\te de r5dre la gr&e et belle posie de son allure ord9aire1 quoique l'me huma9e soit s\v5t aussi pr(ondm5t remue dans le calme que dans le m\vem5t1 et p> le sil5ce autant que p> la tempte4 ,il y eut un mom5t o1 sur la b>que1 *acun se tut et contempla la m] et le ciel1 soit p> press5tim5t1 soit p\r obir cette mlancolie religieuse qui n\s saisit presque t\s l'heure de la prire1 la *ute du j\r1 l'in/ant o la nature se tait1 o les clo*es p>l5t4 ,la m] jetait une lueur blan*e et blaf>de1 mais *angeante et semblable aux c\leurs de l'aci]4 ,le ciel tait gnralem5t gristre4 ,a l'oue/1 de longs espaces troits simulai5t des flots de sang1 t&is qu' l'ori5t des lignes t9celantes1 m>ques comme p> un p9ceau f91 tai5t sp>es p> des nuages plisss comme des rides sur le front d'un vieill>d4 ,a9si1 la m] et le ciel (frai5t p>t\t un fond t]ne1 t\t en demi-te9tes1 qui faisait ressortir les feux s9i/res du c\*ant4 ,cette physionomie de la nature inspirait un s5tim5t t]rible4 ,s'il e/ p]mis de gliss] les audacieux tropes du peuple dans la langue crite1 on rpt]ait ce que disait le soldat1 que le temps tait en dr\te1 ou1 ce que lui rpondit le paysan1 que le ciel avait la m9e d'un b\rreau4 ,le v5t s'leva t\t c\p v]s le c\*ant1 et le patron1 qui ne cessait de consult] la m]1 la voyant s'enfl] l'horizon1 s'cria3--,hau6 hau6 ,a ce cri1 les matelots s'arrtr5t aussitt et laissr5t nag] leurs rames4 --,le patron a raison1 dit froidem5t ,?omas qu& la b>que porte en haut d'une norme vague r$esc5dit comme au fond de la m] entr'ouv]te4 ,a ce m\vem5t extraord9aire1 cette colre s\da9e de l',ocan1 les g5s de l'arrire dev9r5t blmes1 et jetr5t un cri t]rible3--,n\s prissons6 --,oh6 pas encore1 leur rpondit tranquillem5t le patron4 ,en ce mom5t1 les nues se d*irr5t s\s l'ef=t du v5t1 prcism5t au-dessus de la b>que4 ,les masses grises s'tant tales avec une s9i/re promptitude l'ori5t et au c\*ant1 la lueur du crpuscule y tomba d'aplomb p> une crevasse due au v5t d'orage1 et p]mit d'y voir les visages4 ,les passag]s1 nobles ou ri*es1 m>9i]s et pauvres1 re/r5t un mom5t surpris l'aspect du d]ni] v5u4 ,ses *eveux d'or1 p>tags en deux b&eaux sur son front tranquille et s]e91 retombai5t en b\cles nombreuses sur ses paules1 en dc\pant sur la grise atmosphre une figure sublime de d\ceur et o rayonnait l'am\r div94 ,il ne mprisait pas la mort1 il tait c]ta9 de ne pas prir4 ,mais si d'abord les g5s de l'arrire oublir5t un in/ant la tempte dont l'implacable fureur les m5aait1 ils rev9r5t bi5tt leurs s5tim5ts d'gsme et aux habitudes de leur vie4 --,e/-il heureux1 ce /upide b\rgme/re1 de ne pas s'ap]cevoir du dang] que n\s c\rons t\s6 ,il e/ l comme un *i51 et m\rra sans agonie1 dit le docteur4 ,a pe9e avait-il dit cette phrase assez judicieuse1 que la tempte d*ana ses lgions4 ,les v5ts s\fflr5t de t\s les cts1 la b>que t\rnoya comme une t\pie1 et la m] y entra4 --,oh6 mon pauvre enfant6 mon enfant6 ,qui sauv]a mon enfant8 s'cria la mre d'une voix d*irante4 --,v\s-mme1 rpondit l'trang]4 ,le timbre de cet organe pntra le cur de la jeune femme1 il y mit un espoir2 elle ent5dit cette suave p>ole malgr les sifflem5ts de l'orage1 malgr les cris p\sss p> les passag]s4 --,sa9te ,vi]ge de ,bon-,sec\rs1 qui tes ,anv]s1 je v\s promets mille livres de cire et une /atue1 si v\s me tirez de l1 s'cria le b\rgeois g5\x sur des sacs d'or4 --,la ,vi]ge n'e/ pas plus ,anv]s qu'ici1 lui rpondit le docteur4 --,elle e/ dans le ciel1 rpliqua une voix qui semblait sortir de la m]4 --,qui donc a p>l8 --,c'e/ le diable1 s'cria le dome/ique1 il se moque de la ,vi]ge d',anv]s4 --,laissez-moi donc l votre sa9te ,vi]ge1 dit le patron aux passag]s4 ,empoignez-moi les copes et videz-moi l'eau de la b>que4 ,et v\s autres1 reprit-il en s'adressant aux matelots1 ramez f]me6 ,n\s avons un mom5t de rpit1 au nom du diable qui v\s laisse en ce monde1 soyons n\s-mmes notre provid5ce4 ,ce petit canal e/ furieusem5t dang]eux1 on le sait1 voil tr5te ans que je le trav]se4 ,e/-ce de ce soir que je me bats avec la tempte8 ,puis1 deb\t son g\v]nail1 le patron cont9ua de reg>d] alt]nativem5t sa b>que1 la m] et le ciel4 --,il se moque t\j\rs de t\t1 le patron1 dit ,?omas voix basse4 --,dieu n\s laiss]a-t-il m\rir avec ces misrables8 dem&a l'orgueilleuse jeune fille au beau cavali]4 --,non1 non1 noble demoiselle4 c\tez-moi8 ,il l'attira p> la taille1 et lui p>lant l'oreille3--,je sais nag]1 n'en dites ri56 ,je v\s pr5drai p> vos beaux *eveux1 et v\s conduirai d\cem5t au rivage2 mais je ne puis sauv] que v\s4 ,la demoiselle reg>da sa vieille mre4 ,la dame tait g5\x et dem&ait quelque absolution l'vque qui ne l'c\tait pas4 ,le *evali] lut dans les yeux de sa belle matresse un faible s5tim5t de pit filiale1 et lui dit d'une voix s\rde3--,s\mettez-v\s aux volonts de ,dieu6 ,s'il veut appel] votre mre lui1 ce s]a sans d\te p\r son bonheur444 en l'autre monde1 aj\ta-t-il d'une voix encore plus basse4--,et p\r le ntre en celui-ci1 p5sa-t-il4 ,la dame de ,rupelmonde possdait sept fiefs1 outre la b>onnie de ,gvres4 ,la demoiselle c\ta la voix de sa vie1 les intrts de son am\r p>lant p> la b\*e du bel av5turi]1 jeune mcrant qui hantait les glises1 o il *]*ait une proie1 une fille m>i] ou de beaux d5i]s comptants4 ,l'vque bnissait les flots1 et leur ordonnait de se calm] en dsespoir de cause2 il songeait sa concub9e qui l'att5dait avec quelque dlicat fe/91 qui peut-tre en ce mom5t se mettait au ba91 se p>fumait1 s'habillait de vel\rs1 ou faisait agraf] ses colli]s et ses pi]r]ies4 ,lo9 de song] aux p\voirs de la sa9te glise1 et de consol] ces *rti5s en les exhortant se confi] ,dieu1 l'vque p]v]s mlait des regrets monda9s et des p>oles d'am\r aux sa9tes p>oles du brviaire4 ,la lueur qui clairait ces ples visages p]mit de voir leurs div]ses expressions1 qu& la b>que1 enleve dans les airs p> une vague1 puis rejete au fond de l'abme1 puis sec\e comme une feuille frle1 j\et de la bise en automne1 craqua dans sa coque et p>ut prs de se bris]4 ,ce fut alors des cris horribles1 suivis d'affreux sil5ces4 ,l'attitude des p]sonnes assises l'avant du bateau contra/a s+ulirem5t avec celle des g5s ri*es ou puissants4 ,la jeune mre s]rait son enfant contre son se9 *aque fois que les vagues m5aai5t d'engl\tir la fragile emb>cation2 mais elle croyait l'esprance que lui avait jete au cur la p>ole dite p> l'trang]2 *aque fois1 elle t\rnait ses reg>ds v]s cet homme1 et puisait dans son visage une foi n\velle1 la foi =te d'une femme faible1 la foi d'une mre4 ,vivant p> la p>ole div9e1 p> la p>ole d'am\r *appe cet homme1 la nave crature att5dait avec confiance l'excution de cette espce de promesse1 et ne r$\tait presque plus le pril4 ,cl\ sur le bord de la *al\pe1 le soldat ne cessait de contempl] cet tre s+uli] sur l'impassibilit duquel il modelait sa figure rude et basane en dployant son intellig5ce et sa volont1 dont les puissants ressorts s'tai5t peu vicis p5dant le c\rs d'une vie passive et ma*9ale2 jal\x de se montr] tranquille et calme autant que ce c\rage suprieur1 il f9it p> s'id5tifi]1 son insu peut-tre1 au pr9cipe secret de cette puissance intrieure4 ,puis son admiration dev9t un fanatisme in/9ctif1 un am\r sans bornes1 une croyance en cet homme1 semblable l'en?\siasme que les soldats ont p\r leur *ef1 qu& il e/ homme de p\voir1 environn p> l'clat des victoires1 et qu'il m>*e au milieu des clatants pre/iges du gnie4 ,la vieille pauvresse disait voix basse3--,ah6 p*]esse infme que je suis6 ,ai-je s\ff]t assez p\r expi] les plaisirs de ma jeunesse8 ,ah6 p\rquoi1 malheureuse1 z-tu m5 la belle vie d'une ,galloise1 z-tu mang le bi5 de ,dieu avec des g5s d'glise1 le bi5 des pauvres avec les toronni]s et maltli]s8 ,ah6 j'ai eu gr& tort4 ,o mon ,dieu6 mon ,dieu6 laissez-moi f9ir mon enf] sur cette t]re de malheur4 ,ou bi53--,sa9te ,vi]ge1 mre de ,dieu1 pr5ez piti de moi6 --,consolez-v\s1 la mre1 le bon ,dieu n'e/ pas un lomb>d4 ,quoique j'aie tu1 peut-tre tort et trav]s1 les bons et les mauvais1 je ne cra9s pas la rsurrection4 --,ah6 monsieur l'anspessade1 sont-elles heureuses1 ces belles dames1 d'tre auprs d'un vque1 d'un sa9t homme6 reprit la vieille1 elles auront l'absolution de leurs p*s4 ,oh6 si je p\vais ent5dre la voix d'un prtre me disant3--,vos p*s v\s s]ont remis1 je le croirais6 ,l'trang] se t\rna v]s elle1 et son reg>d *>itable la fit tressaillir4 --,ayez la foi1 lui dit-il1 et v\s s]ez sauve4 --,que ,dieu v\s rcomp5se1 mon bon ,seigneur1 lui rpondit-elle4 ,si v\s dites vrai1 j'irai p\r v\s et p\r moi en pl]9age ,notre-,dame-de-,lorette1 pi$s nus4 ,les deux paysans1 le pre et le fils1 re/ai5t sil5cieux1 rsigns et s\mis la volont de ,dieu1 en g5s acc\tums suivre in/9ctivem5t1 comme les animaux1 le branle donn la ,nature4 ,a9si1 d'un ct les ri*esses1 l'orgueil1 la sci5ce1 la dbau*e1 le crime1 t\te la socit huma9e telle que la font les arts1 la p5se1 l'ducation1 le monde et ses lois2 mais aussi1 de ce ct seulem5t1 les cris1 la t]reur1 mille s5tim5ts div]s combattus p> des d\tes affreux1 l1 seulem5t1 les angoisses de la peur4 ,puis1 au-dessus de ces exi/5ces1 un homme puissant1 le patron de la b>que1 ne d\tant de ri51 le *ef1 le roi fatali/e1 se faisant sa propre provid5ce et criant3--,sa9te cope6444 et non pas3--,sa9te ,vi]ge6444 enf91 dfiant l'orage et luttant avec la m] corps corps4 ,a l'autre b\t de la nacelle1 des faibles6444 la mre b]ant dans son se9 un petit enfant qui s\riait l'orage2 une fille1 jadis joyeuse1 ma9t5ant livre d'horribles remords2 un soldat cribl de blessures1 sans autre rcomp5se que sa vie mutile p\r prix d'un dv\em5t infatigable2 il avait pe9e un morceau de pa9 tremp de pleurs2 nanmo9s il se riait de t\t et m>*ait sans s\cis1 heureux qu& il noyait sa gloire au fond d'un pot de bire ou qu'il la racontait des enfants qui l'admirai5t4 ,il commettait gaiem5t ,dieu le so9 de son av5ir2 enf91 deux paysans1 g5s de pe9e et de fatigue1 le travail inc>n1 le labeur dont vivait le monde4 ,ces simples cratures tai5t ins\ciantes de la p5se et de ses trsors1 mais prtes les abm] dans une croyance1 ayant la foi d'autant plus robu/e qu'elles n'avai5t jamais ri5 discut1 ni analys2 natures vi]ges o la consci5ce tait re/e pure et le s5tim5t puissant2 le remords1 le malheur1 l'am\r1 le travail avai5t ex]c1 purifi1 conc5tr1 dcupl1 leur volont1 la seule *ose qui1 dans l'homme1 ressemble ce que les savants nomm5t une me4 ,qu& la b>que1 conduite p> la miraculeuse adresse du pilote1 arriva presque en vue d',o/5de1 c9quante pas du rivage1 elle en fut rep\sse p> une convulsion de la tempte1 et *avira s\da94 ,l'trang] au lum9eux visage dit alors ce petit monde de d\leur3--,ceux qui ont la foi s]ont sauvs2 qu'ils me suiv5t6 ,cet homme se leva1 m>*a d'un pas f]me sur les flots4 ,aussitt la jeune mre prit son enfant dans ses bras et m>*a prs de lui sur la m]4 ,le soldat se dressa s\da9 en disant dans son langage de navet3--,ah6 nom d'une pipe6 je te suivrais au diable4 ,puis1 sans p>atre tonn1 il m>*a sur la m]4 ,la vieille p*]esse1 croyant la t\te-puissance de ,dieu1 suivit l'homme et m>*a sur la m]4 ,les deux paysans se dir5t3--,puisqu'ils m>*5t sur l'eau1 p\rquoi ne f]ions-n\s pas comme eux8 ,ils se levr5t et c\rur5t aprs eux en m>*ant sur la m]4 ,?omas v\lut les imit]2 mais sa foi *ancelant1 il tomba plusieurs fois dans la m]1 se releva2 puis1 aprs trois preuves1 il m>*a sur la m]4 ,l'audacieux pilote s'tait atta* comme un rmora sur le plan*] de sa b>que4 ,l'av>e avait eu la foi et s'tait lev2 mais il v\lut emport] son or1 et son or l'emporta au fond de la m]4 ,se moquant du *>latan et des imbciles qui l'c\tai5t1 au mom5t o il vit l'inconnu proposant aux passag]s de m>*] sur la m]1 le savant se prit rire et fut engl\ti p> l'ocan4 ,la jeune fille fut entrane dans l'abme p> son amant4 ,l'vque et la vieille dame allr5t au fond1 l\rds de crimes1 peut-tre1 mais plus l\rds encore d'incrdulit1 de confiance en de fausses images1 l\rds de dvotion1 lg]s d'aumnes et de vraie religion4 ,la tr\pe fidle qui f\lait d'un pi$ f]me et sec la pla9e des eaux c\rr\ces ent5dait aut\r d'elle les horribles sifflem5ts de la tempte4 ,d'normes lames v5ai5t se bris] sur son *em94 ,une =ce inv9cible c\pait l'ocan4 ,a trav]s le br\ill>d1 ces fidles ap]cevai5t dans le lo9ta91 sur le rivage1 une petite lumire faible qui tremblottait p> la f5tre d'une cabane de p*eurs4 ,*acun1 en m>*ant c\rageusem5t v]s cette lueur1 croyait ent5dre son vois9 criant trav]s les mugissem5ts de la m]3--,c\rage6 ,et cep5dant1 att5tif son dang]1 p]sonne ne disait mot4 ,ils atteignir5t a9si le bord de la m]4 ,qu& ils fur5t t\s assis au foy] du p*eur1 ils *]*r5t en va9 leur guide lum9eux4 ,assis sur le haut d'un ro*]1 au bas duquel l'ouragan jeta le pilote atta* sur sa plan*e p> cette =ce que dploi5t les m>9s aux prises avec la mort1 l',,homme desc5dit1 recueillit le naufrag presque bris2 puis il dit en t5dant une ma9 sec\rable sur sa tte3 ,bon p\r cette fois-ci1 mais n'y rev5ez plus1 ce s]ait d'un trop mauvais exemple4 ,il prit le m>9 sur ses paules et le porta jusqu' la *aumire du p*eur4 ,il frappa p\r le malheureux1 af9 qu'on lui ouvrt la porte de ce mode/e asile1 puis le ,sauveur disp>ut4 ,en cet endroit1 fut bti1 p\r les m>9s1 le c\v5t de la ,m]ci1 o se vit longtemps l'empre9te que les pi$s de ,jsus-,*ri/ avai5t1 dit-on1 laisse sur le sable4 ,en #agic1 lors de l'entre des ,franais en ,belgique1 des mo9es emportr5t cette prcieuse relique1 l'atte/ation de la d]nire visite que ,jsus ait fait la ,t]re4 ,ce fut l que1 fatigu de vivre1 je me tr\vais quelque temps aprs la rvolution de #ahcj4 ,si v\s m'eussiez dem& la raison de mon dsespoir1 il m'aurait t presque impossible de la dire1 tant mon me tait dev5ue molle et fluide4 ,les ressorts de mon intellig5ce se dt5dai5t s\s la brise d'un v5t d'oue/4 ,le ciel v]sait un froid noir1 et les nues brunes qui passai5t au-dessus de ma tte donnai5t une expression s9i/re la nature4 ,l'imm5sit de la m]1 t\t me disait3--,m\rir auj\rd'hui1 m\rir dema91 ne faudra-t-il pas t\j\rs m\rir8 et1 alors444 ,j'errais donc en p5sant un av5ir d\teux1 mes esprances d*ues4 ,en proie ces ides funbres1 j'entrai ma*9alem5t dans cette glise du c\v5t1 dont les t\rs grises m'app>aissai5t alors comme des fantmes trav]s les brumes de la m]4 ,je reg>dai sans en?\siasme cette =t de colonnes assembles dont les *apiteaux feuillus s\ti5n5t des arcades lgres1 lgant labyr9!4 ,je m>*ai t\t ins\ciant dans les nefs latrales qui se dr\lai5t devant moi comme des portiques t\rnant sur eux-mmes4 ,la lumire inc]ta9e d'un j\r d'automne p]mettait pe9e de voir en haut des votes les clefs sculptes1 les n]vures dlicates qui dess9ai5t si purem5t les angles de t\s les c9tres gracieux4 ,les orgues tai5t muettes4 ,le bruit seul de mes pas rveillait les graves *os ca*s dans les *apelles noires4 ,je m'assis auprs d'un des quatre pili]s qui s\ti5n5t la c\pole1 prs du *ur4 ,de l1 je p\vais saisir l'ensemble de ce monum5t que je contemplai sans y atta*] aucune ide4 ,l'effet mcanique de mes yeux me faisait seul embrass] le ddale imposant de t\s les pili]s1 les roses imm5ses miraculeusem5t atta*es comme des rseaux au-dessus des portes latrales ou du gr& portail1 les gal]ies ari5nes o de petites colonnes m5ues sp>ai5t les vitraux en*sss p> des arcs1 p> des trfles ou p> des fleurs1 joli filigrane en pi]re4 ,au fond du *ur1 un dme de v]re t9celait comme s'il tait bti de pi]res prcieuses habilem5t s]ties4 ,a droite et gau*e1 deux nefs pr(ondes opposai5t cette vote1 t\r t\r blan*e et colorie1 leurs ombres noires au se9 desquelles se dess9ai5t faiblem5t les fts indi/9cts de c5t colonnes gristres4 ,a =ce de reg>d] ces arcades m]veilleuses1 ces arabesques1 ces fe/ons1 ces spirales1 ces fantaisies s>ras9es qui s'entrelaai5t les unes dans les autres1 biz>rem5t claires1 mes p]ceptions dev9r5t confuses4 ,je me tr\vai1 comme sur la limite des illusions et de la ralit1 pris dans les piges de l'optique et presque t\rdi p> la multitude des aspects4 ,ins5siblem5t ces pi]res dc\pes se voilr5t1 je ne les vis plus qu' trav]s un nuage =m p> une p\ssire d'or1 semblable celle qui voltige dans les b&es lum9euses traces p> un rayon de soleil dans une *ambre4 ,au se9 de cette atmosphre vaporeuse qui r5dit t\tes les =mes indi/9ctes1 la d5telle des roses respl5dit t\t c\p4 ,*aque n]vure1 *aque arte sculpte1 le mo9dre trait s'arg5ta4 ,le soleil alluma des feux dans les vitraux dont les ri*es c\leurs sc9tillr5t4 ,les colonnes s'agitr5t1 leurs *apiteaux s'branlr5t d\cem5t4 ,un tremblem5t c>essant disloqua l'difice1 dont les frises se remur5t avec de gracieuses prcautions4 ,plusieurs gros pili]s eur5t des m\vem5ts graves comme e/ la danse d'une d\airire qui1 sur la f9 d'un bal1 complte p> complaisance les quadrilles4 ,quelques colonnes m9ces et droites se mir5t rire et saut]1 p>es de leurs c\ronnes de trfles4 ,des c9tres po9tus se heurtr5t avec les hautes f5tres longues et grles1 semblables ces dames du ,moy5-ge qui portai5t les armoiries de leurs maisons pe9tes sur leurs robes d'or4 ,la danse de ces arcades mitres avec ces lgantes croises ressemblait aux luttes d'un t\rnoi4 ,bi5tt *aque pi]re vibra dans l'glise1 mais sans *ang] de place4 ,les orgues p>lr5t1 et me fir5t ent5dre une h>monie div9e laquelle se mlr5t des voix d'anges1 musique in\e1 accompagne p> la s\rde basse-taille des clo*es dont les t9tem5ts annoncr5t que les deux t\rs colossales se balanai5t sur leurs bases c>res4 ,ce sabbat trange me sembla la *ose du monde la plus naturelle1 et je ne m'en tonnai pas aprs avoir vu ,*>les ,x t]re4 ,j'tais moi-mme d\cem5t agit comme sur une esc>polette qui me communiquait une sorte de plaisir n]veux1 et il me s]ait impossible d'en donn] une ide4 ,cep5dant1 au milieu de cette *aude bac*anale1 le *ur de la ca?drale me p>ut froid comme si l'hiv] y et rgn4 ,j'y vis une multitude de femmes vtues de blanc1 mais immobiles et sil5cieuses4 ,quelques enc5soirs rp&ir5t une odeur d\ce qui pntra mon me en la rj\issant4 ,les ci]ges flamboyr5t4 ,le lutr91 aussi gai qu'un *antre pris de v91 sauta comme un *apeau *9ois4 ,je compris que la ca?drale t\rnait sur elle-mme avec tant de rapidit que *aque objet semblait y re/] sa place4 ,le ,*ri/ colossal1 fix sur l'autel1 me s\riait avec une malicieuse bi5veillance qui me r5dit cra9tif1 je cessai de le reg>d] p\r admir] dans le lo9ta9 une bleutre vapeur qui se glissa trav]s les pili]s1 en leur imprimant une grce indescriptible4 ,enf9 plusieurs ravissantes figures de femmes s'agitr5t dans les frises4 ,les enfants qui s\t5ai5t de grosses colonnes1 battir5t eux-mmes des ailes4 ,je me s5tis s\lev p> une puissance div9e qui me plongea dans une joie inf9ie1 dans une extase molle et d\ce4 ,j'aurais1 je crois1 donn ma vie p\r prolong] la dure de cette fantasmagorie1 qu& t\t c\p une voix cri>de me dit l'oreille3--,rveille-toi1 suis-moi6 ,une femme dess*e me prit la ma9 et me communiqua le froid le plus horrible aux n]fs4 ,ses os se voyai5t trav]s la peau ride de sa figure blme et presque v]dtre4 ,cette petite vieille froide portait une robe noire trane dans la p\ssire1 et g>dait son c\ quelque *ose de blanc que je n'osais exam9]4 ,ses yeux fixes1 levs v]s le ciel1 ne laissai5t voir que le blanc des prunelles4 ,elle m'entranait trav]s l'glise et m>quait son passage p> des c5dres qui tombai5t de sa robe4 ,en m>*ant1 ses os claqur5t comme ceux d'un squelette4 ,a mesure que n\s m>*ions1 j'ent5dais d]rire moi le t9tem5t d'une clo*ette dont les sons ple9s d'aigreur ret5tir5t dans mon c]veau1 comme ceux d'un h>monica4 --,il faut s\ffrir1 il faut s\ffrir1 me disait-elle4 ,n\s sortmes de l'glise1 et trav]smes les rues les plus fangeuses de la ville2 puis1 elle me fit entr] dans une maison noire o elle m'attira en criant de sa voix1 dont le timbre tait fl comme celui d'une clo*e casse3--,df5ds-moi1 df5ds-moi6 ,n\s montmes un escali] tortueux4 ,qu& elle eut frapp une porte obscure1 un homme muet1 semblable aux famili]s de l'inquisition1 ouvrit cette porte4 ,n\s n\s tr\vmes bi5tt dans une *ambre t5due de vieilles tapiss]ies tr\es1 ple9e de vieux l+es1 de m\ssel9es fanes1 de cuivres dors4 --,voil d't]nelles ri*esses1 dit-elle4 ,je frmis d'horreur en voyant alors di/9ctem5t la lueur d'une longue tor*e et de deux ci]ges1 que cette femme devait tre rcemm5t sortie d'un cimetire4 ,elle n'avait pas de *eveux4 ,je v\lus fuir1 elle fit m\voir son bras de squelette et m'ent\ra d'un c]cle de f] arm de po9tes4 ,a ce m\vem5t1 un cri p\ss p> des millions de voix1 le hurrah des morts1 ret5tit prs de n\s6 --,je veux te r5dre heureux jamais1 dit-elle4 ,tu es mon fils6 ,n\s tions assis devant un foy] dont les c5dres tai5t froides4 ,alors la petite vieille me s]ra la ma9 si =tem5t que je dus re/] l4 ,je la reg>dai fixem5t1 et t*ai de dev9] l'hi/oire de sa vie en exam9ant les nippes au milieu desquelles elle cr\pissait4 ,mais exi/ait-elle8 ,c'tait vraim5t un my/re4 ,je voyais bi5 que jadis elle avait d tre jeune et belle1 p>e de t\tes les grces de la simplicit1 vritable /atue grecque au front virg9al4 --,ah6 ah6 lui dis-je1 ma9t5ant je te reconnais4 ,malheureuse1 p\rquoi t'es-tu pro/itue aux hommes8 ,dans l'ge des passions1 dev5ue ri*e1 tu z oubli ta pure et suave jeunesse1 tes dv\em5ts sublimes1 tes murs innoc5tes1 tes croyances fcondes1 et tu z abdiqu ton p\voir primitif1 ta suprmatie t\t intellectuelle p\r les p\voirs de la *air4 ,quittant tes vtem5ts de l91 ta c\*e de m\sse1 tes grottes claires p> de div9es lumires tu z t9cel de diamants1 de luxe et de luxure4 ,h>die1 fire1 v\lant t\t1 obt5ant t\t et r5v]sant t\t sur ton passage1 comme une pro/itue en vogue qui c\rt au plaisir1 tu z t sangu9aire comme une re9e hbte de volont4 ,ne te s\vi5s-tu pas d'avoir t s\v5t /upide p> mom5ts4 ,puis t\t c\p m]veilleusem5t intellig5te1 l'exemple de l',art sortant d'une orgie4 ,pote1 pe9tre1 cantatrice1 aimant les crmonies spl5dides1 tu n'z peut-tre protg les arts que p> caprice1 et seulem5t p\r dormir s\s des lambris magnifiques8 ,un j\r1 fantasque et insol5te1 toi qui devais tre *a/e et mode/e1 n'z-tu pas t\t s\mis ta pant\fle1 et ne l'z-tu pas jete sur la tte des s\v]a9s qui avai5t ici-bas le p\voir1 l'arg5t et le tal5t6 ,insultant l'homme et pr5ant joie voir jusqu'o allait la btise huma9e1 tantt tu disais tes amants de m>*] quatre pattes1 de te donn] leurs bi5s1 leurs trsors1 leurs femmes mme1 qu& elles valai5t quelque *ose6 ,tu z1 sans motif1 dvor des millions d'hommes1 tu les z jets comme des nues sablonneuses de l',occid5t sur l',ori5t4 ,tu es desc5due des hauteurs de la p5se p\r t'asseoir ct des rois4 ,femme1 au lieu de consol] les hommes1 tu les z t\rm5ts1 affligs6 ,sre d'en obt5ir1 tu dem&ais du sang6 ,tu p\vais cep5dant te cont5t] d'un peu de f>9e1 leve comme tu le fus1 mang] des gteaux et mettre de l'eau dans ton v94 ,orig9ale en t\t1 tu df5dais jadis les amants puiss de mang]1 et ils ne mangeai5t pas4 ,p\rquoi extravaguais-tu jusqu' v\loir l'impossible8 ,semblable quelque c\rtisane gte p> ses adorateurs1 p\rquoi t'es-tu affole de niais]ies et n'z-tu pas dtromp les g5s qui expliquai5t ou ju/ifiai5t t\tes tes erreurs8 ,enf91 tu z eu tes d]nires passions6 ,t]rible comme l'am\r d'une femme de qu>ante ans1 tu z rugi6 tu z v\lu tre9dre l'univ]s enti] dans un d]ni] embrassem5t1 et l'univ]s qui t'app>t5ait t'a *app4 ,puis1 aprs les jeunes g5s sont v5us tes pi$s des vieill>ds1 des impuissants qui t'ont r5due hideuse4 ,cep5dant quelques hommes au c\p d'il d'aigle te disai5t d'un reg>d3--,tu priras sans gloire1 p>ce que tu z tromp1 p>ce que tu z manqu tes promesses de jeune fille4 ,au lieu d'tre un ange au front de paix et de sem] la lumire et le bonheur sur ton passage1 tu z t une ,messal9e aimant le cirque et les dbau*es1 abusant de ton p\voir4 ,tu ne peux plus r$ev5ir vi]ge1 il te faudrait un matre4 ,ton temps arrive4 ,tu s5s dj la mort4 ,tes hriti]s te croi5t ri*e1 ils te tu]ont et ne recueill]ont ri54 ,essaie au mo9s de jet] tes h>des qui ne sont plus de mode1 r$evi5s ce que tu tais jadis4 ,mais non6 tu t'es suicide6 ,n'e/-ce pas l ton hi/oire8 lui dis-je en f9issant1 vieille caduque1 d5te1 froide1 ma9t5ant oublie1 et qui passe sans obt5ir un reg>d4 ,p\rquoi vis-tu8 ,que fais-tu de ta robe de plaideuse qui n'excite le dsir de p]sonne8 o e/ ta =tune8 p\rquoi l'z-tu dissipe8 o sont tes trsors8 qu'z-tu fait de beau8 ,a cette dem&e1 la petite vieille se r$ressa sur ses os1 rejeta ses gu5illes1 gr&it1 s'claira1 s\rit1 sortit de sa *rysalide noire4 ,puis1 comme un papillon n\veau-n1 cette cration indi5ne sortit de ses palmes1 m'app>ut blan*e et jeune1 vtue d'une robe de l94 ,ses *eveux d'or flottr5t sur ses paules1 ses yeux sc9tillr5t1 un nuage lum9eux l'environna1 un c]cle d'or voltigea sur sa tte1 elle fit un ge/e v]s l'espace en agitant une longue pe de feu4 --,vois et crois6 dit-elle4 ,t\t c\p1 je vis dans le lo9ta9 des milli]s de ca?drales1 semblables celle que je v5ais de quitt]1 mais ornes de tableaux et de fresques2 j'y ent5dis de ravissants conc]ts4 ,aut\r de ces monum5ts1 des milli]s d'hommes se pressai5t1 comme des f\rmis dans leurs f\rmilires4 ,les uns empresss de sauv] des livres et de copi] des manuscrits1 les autres s]vant les pauvres1 presque t\s tudiant4 ,du se9 de ces f\les innombrables surgissai5t des /atues colossales1 leves p> eux4 ,a la lueur fanta/ique1 projete p> un lum9aire aussi gr& que le soleil1 je lus sur le socle de ces /atues3 ,,hi/oire4 ,,sci5ces4 ,,litt,,ratures4 ,la lumire s'teignit1 je me retr\vai devant la jeune fille1 qui1 graduellem5t1 r5tra dans sa froide enveloppe1 dans ses gu5illes mortuaires1 et r$ev9t vieille4 ,son famili] lui apporta un peu de p\ssi]1 af9 qu'elle r5\velt les c5dres de sa *auff]ette1 c> le temps tait rude2 puis1 il lui alluma1 elle qui avait eu des milli]s de b\gies dans ses palais1 une petite veilleuse af9 qu'elle pt lire ses prires p5dant la nuit4 --,on ne croit plus6444 dit-elle4 ,telle tait la situation critique dans laquelle je vis la plus belle1 la plus va/e1 la plus vraie1 la plus fconde de t\tes les puissances4 --,rveillez-v\s1 monsieur1 l'on va f]m] les portes1 me dit une voix rauque4 ,en me ret\rnant1 j'ap]u l'horrible figure du donneur d'eau bnite1 il m'avait sec\ le bras4 ,je tr\vai la ca?drale ensevelie dans l'ombre1 comme un homme envelopp d'un manteau4 --,croire6 me dis-je1 c'e/ vivre6 ,je vi5s de voir pass] le convoi d'une ,mon>*ie1 il faut df5dre l',,glise6 ,p>is1 fvri] #ahca4 ,,melmo? ,r,,concili4 ,a ,,monsieur ,,le ,g,n,,ral ,,b>on ,,de ,,pomm]eul1 ,en s\v5ir de la con/ante amiti qui a li nos pres et qui subsi/e entre ses fils4 ,,de ,,balzac4 ,il e/ une nature d'hommes que la ,civilisation obti5t dans le ,rgne ,social1 comme les fleuri/es crent dans le ,rgne vgtal p> l'ducation de la s]re1 une espce hybride qu'ils ne peuv5t reproduire ni p> semis1 ni p> b\ture4 ,cet homme e/ un caissi]1 vritable produit an?ropomorphe1 arros p> les ides religieuses1 ma9t5u p> la guillot9e1 bran* p> le vice1 et qui p\sse un troisime tage entre une femme e/imable et des enfants ennuyeux4 ,le nombre des caissi]s ,p>is s]a t\j\rs un problme p\r le physiologi/e4 ,a-t-on jamais compris les t]mes de la proposition dont un caissi] e/ l',x connu8 ,tr\v] un homme qui soit sans cesse en prs5ce de la =tune comme un *at devant une s\ris en cage8 ,tr\v] un homme qui ait la proprit de re/] assis sur un fauteuil de canne1 dans une loge grillage1 sans avoir plus de pas y faire que n'en a dans sa cab9e un lieut5ant de vaisseau1 p5dant les sept huitimes de l'anne et durant sept huit heures p> j\r8 ,tr\v] un homme qui ne s'ankylose ce mti] ni les g5\x ni les apophyses du bass98 ,un homme qui ait assez de gr&eur p\r tre petit8 ,un homme qui puisse se dgt] de l'arg5t =ce d'en mani]8 ,dem&ez ce produit quelque ,religion1 quelque ,morale1 quelque ,collge1 quelque ,in/itution que ce soit1 et donnez-leur ,p>is1 cette ville aux t5tations1 cette succursale de l',enf]1 comme le milieu dans lequel s]a plant le caissi]6 ,eh6 bi51 les ,religions dfil]ont l'une aprs l'autre1 les ,collges1 les ,in/itutions1 les ,morales1 t\tes les gr&es et les petites ,lois huma9es vi5dront v\s comme vi5t un ami intime auquel v\s dem&ez un billet de mille francs4 ,elles auront un air de deuil1 elles se grim]ont1 elles v\s montr]ont la guillot9e1 comme votre ami v\s indiqu]a la demeure de l'usuri]1 l'une des c5t portes de l'hpital4 ,nanmo9s1 la nature morale a ses caprices1 elle se p]met de faire et l d'honntes g5s et des caissi]s4 ,aussi1 les corsaires que n\s dcorons du nom de ,banqui]s et qui pr5n5t une lic5ce de mille cus comme un =ban pr5d ses lettres de m>que1 ont-ils une telle vnration p\r ces r>es produits des incubations de la v]tu qu'ils les encag5t dans des loges af9 de les g>d] comme les g\v]nem5ts g>d5t les animaux curieux4 ,si le caissi] a de l'imag9ation1 si le caissi] a des passions1 ou si le caissi] le plus p>fait aime sa femme1 et que cette femme s'ennuie1 ait de l'ambition ou simplem5t de la vanit1 le caissi] se diss\t4 ,f\illez l'hi/oire de la caisse8 v\s ne cit]ez pas un seul exemple du caissi] p>v5ant ce qu'on nomme une position4 ,ils vont au bagne1 ils vont l'trang]1 ou vgt5t quelque second tage1 rue ,sa9t-,l\is au ,m>ais4 ,qu& les caissi]s p>isi5s auront rfl*i leur valeur intr9sque1 un caissi] s]a hors de prix4 ,il e/ vrai que c]ta9es g5s ne peuv5t tre que caissi]s1 comme d'autres sont inv9ciblem5t fripons4 trange civilisation6 ,la ,socit dc]ne la ,v]tu c5t l\is de r5te p\r sa vieillesse1 un second tage1 du pa9 discrtion1 quelques f\l>ds neufs1 et une vieille femme accompagne de ses enfants4 ,quant au ,vice1 s'il a quelque h>diesse1 s'il peut t\rn] habilem5t un article du ,code comme ,tur5ne t\rnait ,montcuculli1 la ,socit lgitime ses millions vols1 lui jette des rubans1 le f>cit d'honneurs1 et l'accable de considration4 ,le ,g\v]nem5t e/ d'ailleurs en h>monie avec cette ,socit pr(ondm5t illogique4 ,le ,g\v]nem5t1 lui1 lve sur les jeunes intellig5ces1 entre dix-huit et v+t ans1 une conscription de tal5ts prcoces2 il use p> un travail prmatur de gr&s c]veaux qu'il convoque af9 de les tri] sur le volet comme les j>d9i]s font de leurs gra9es4 ,il dresse ce mti] des jurs peseurs de tal5ts qui essay5t les c]velles comme on essaye l'or la ,monnaie4 ,puis1 sur les c9q c5ts ttes *auffes l'esprance que la population la plus avance lui donne annuellem5t1 il en accepte le ti]s1 le met dans de gr&s sacs appels ses coles1 et l'y remue p5dant trois ans4 ,quoique *acune de ces greffes reprs5te d'normes capitaux1 il en fait p\r a9si dire des caissi]s2 il les nomme +nieurs ord9aires1 il les emploie comme capita9es d'artill]ie2 enf91 il leur assure t\t ce qu'il y a de plus lev dans les grades subalt]nes4 ,puis1 qu& ces hommes d'lite1 engraisss de ma?matiques et b\rrs de sci5ce1 ont atte9t l'ge de c9quante ans1 il leur procure en rcomp5se de leurs s]vices le troisime tage1 la femme accompagne d'enfants1 et t\tes les d\ceurs de la mdiocrit4 ,que de ce ,peuple-,dupe il s'en *appe c9q six hommes de gnie qui graviss5t les sommits sociales1 n'e/-ce pas un miracle8 ,ceci e/ le bilan exact du ,tal5t et de la ,v]tu1 dans leurs rapports avec le ,g\v]nem5t et la ,socit une poque qui se croit progressive4 ,sans cette obs]vation prp>atoire1 une av5ture arrive rcemm5t ,p>is p>atrait invraisemblable1 t&is que1 dom9e p> ce sommaire1 elle p\rra peut-tre occup] les esprits assez suprieurs p\r avoir dev9 les vritables plaies de notre civilisation qui1 depuis #ahae1 a remplac le pr9cipe ,honneur p> le pr9cipe ,arg5t4 ,p> une sombre j\rne d'automne1 v]s c9q heures du soir1 le caissi] d'une des plus =tes maisons de banque de ,p>is travaillait encore la lueur d'une lampe allume dj depuis quelque temps4 ,suivant les u et c\tumes du comm]ce1 la caisse tait situe dans la p>tie la plus sombre d'un entresol troit et bas d'tage4 ,p\r y arriv]1 il fallait trav]s] un c\loir clair p> des j\rs de s\ffrance1 et qui longeait les bureaux dont les portes tiquetes ressemblai5t celles d'un tablissem5t de ba9s4 ,le conci]ge avait dit flegmatiquem5t ds quatre heures1 suivant sa consigne3--,la ,caisse e/ f]me4 ,en ce mom5t1 les bureaux tai5t ds]ts1 les c\rri]s expdis1 les employs p>tis1 les femmes des *efs de la maison att5dai5t leurs amants1 les deux banqui]s dnai5t *ez leurs matresses4 ,t\t tait en ordre4 ,l'endroit o les c(fres-=ts avai5t t scells dans le f] se tr\vait d]rire la loge grille du caissi]1 sans d\te occup faire sa caisse4 ,la devanture ouv]te p]mettait de voir une armoire en f] m\*ete p> le m>teau1 qui1 grce aux dc\v]tes de la s]rur]ie mod]ne1 tait d'un si gr& poids1 que les voleurs n' aurai5t pu l'emport]4 ,cette porte ne s'ouvrait qu' la volont de celui qui savait crire le mot d'ordre dont les lettres de la s]rure g>d5t le secret sans se laiss] corrompre1 belle ralisation du ,ssame1 ouvre-toi6 des ,mille et ,une ,nuits4 ,ce n'tait ri5 encore4 ,cette s]rure l*ait un c\p de tromblon la figure de celui qui1 ayant surpris le mot d'ordre1 ignorait le d]ni] secret1 l'ultima ratio du dragon de la ,mcanique4 ,la porte de la *ambre1 les murs de la *ambre1 les volets des f5tres de la *ambre1 t\te la *ambre tait g>nie de feuilles en tle de quatre lignes d'paisseur1 dguises p> une bois]ie lgre4 ,ces volets avai5t t p\sss1 cette porte avait t f]me4 ,si jamais un homme put se croire dans une solitude pr(onde et lo9 de t\s les reg>ds1 cet homme tait le caissi] de la maison ,nuc+5 et compagnie1 rue ,sa9t-,laz>e4 ,aussi1 le plus gr& sil5ce rgnait-il dans cette cave de f]4 ,le pole te9t jetait cette *aleur tide qui produit sur le c]veau les effets pteux et l'inquitude nausabonde que cause une orgie son l5dema94 ,le pole endort1 il hbte et contribue s+ulirem5t crt9is] les porti]s et les employs4 ,une *ambre pole e/ un matras o se dissolv5t les hommes d'n]gie1 o s'am9ciss5t leurs ressorts1 o s'use leur volont4 ,les ,bureaux sont la gr&e fabrique des mdiocrits ncessaires aux g\v]nem5ts p\r ma9t5ir la fodalit de l'arg5t sur laquelle s'appuie le contrat social actuel4 7,voyez les ,employs47 ,la *aleur mphitique qu'y produit une runion d'hommes n'e/ pas une des mo9dres raisons de l'abt>dissem5t progressif des intellig5ces1 le c]veau d'o se dgage le plus d'azote asphyxie les autres la longue4 ,le caissi] tait un homme g d'environ qu>ante ans1 dont le crne *auve reluisait s\s la lueur d'une lampe-,c>cel qui se tr\vait sur sa table4 ,cette lumire faisait brill] les *eveux blancs mlangs de *eveux noirs qui accompagnai5t les deux cts de sa tte1 laquelle les =mes rondes de sa figure prtai5t l'app>5ce d'une b\le4 ,son te9t tait d'un r\ge de brique4 ,quelques rides en*ssai5t ses yeux bleus4 ,il avait la ma9 potele de l'homme gras4 ,son habit de drap bleu1 lgrem5t u sur les endroits saillants1 et les plis de son pantalon miroit1 prs5tai5t l'il cette espce de fltrissure qu'y imprime l'usage1 que combat va9em5t la brosse1 et qui donne aux g5s sup]ficiels une haute ide de l'conomie1 de la probit d'un homme assez philosophe ou assez ari/ocrate p\r port] de vieux habits4 ,mais il n'e/ pas r>e de voir les g5s qui li>d5t sur des ri5s se montr] faciles1 prodigues ou incapables dans les *oses capitales de la vie4 ,la b\tonnire du caissi] tait orne du ruban de la ,lgion-d',honneur1 c> il avait t *ef d'escadron dans les dragons s\s l',emp]eur4 ,monsieur de ,nuc+51 f\rnisseur avant d'tre banqui]1 ayant t jadis mme de connatre les s5tim5ts de dlicatesse de son caissi] en le r5contrant dans une position leve d'o le malheur l'avait fait desc5dre1 y eut g>d1 en lui donnant c9q c5ts francs d'appo9tem5ts p> mois4 ,ce militaire tait caissi] depuis #ahac1 poque laquelle il fut guri d'une blessure reue au combat de ,/udzianka1 p5dant la dr\te de ,mosc\1 mais aprs avoir langui six mois ,/rasb\rg o quelques (fici]s suprieurs avai5t t transports p> les ordres de l',emp]eur p\r y tre p>ticulirem5t soigns4 ,cet anci5 (fici]1 nomm ,ca/ani]1 avait le grade honoraire de colonel et deux mille quatre c5ts francs de retraite4 ,ca/ani]1 en qui depuis dix ans le caissi] avait tu le militaire1 inspirait au banqui] une si gr&e confiance1 qu'il dirigeait galem5t les critures du cab9et p>ticuli] situ d]rire sa caisse et o desc5dait le b>on p> un escali] drob4 ,l se dcidai5t les affaires4 ,l tait le blutoir o l'on tamisait les propositions1 le p>loir o s'exam9ait la place4 ,de l1 p>tai5t les lettres de crdit2 enf9 l se tr\vai5t le ,gr&-livre et le ,j\rnal o se rsumait le travail des autres bureaux4 ,aprs tre all f]m] la porte de communication laquelle ab\tissait l'escali] qui m5ait au bureau d'app>at o se t5ai5t les deux banqui]s au premi] tage de leur htel1 ,ca/ani] tait rev5u s'asseoir et contemplait depuis un in/ant plusieurs lettres de crdit tires sur la maison ,wats*ild9e ,londres4 ,puis1 il avait pris la plume et v5ait de contrefaire1 au bas de t\tes1 la signature ,nuc+54 ,au mom5t o il *]*ait laquelle de t\tes ces fausses signatures tait la plus p>faitem5t imite1 il leva la tte comme s'il et t piqu p> une m\*e en obissant un press5tim5t qui lui avait cri dans le cur3--,tu n'es pas seul6 ,et le faussaire vit d]rire le grillage1 la *atire de sa caisse1 un homme dont la respiration ne s'tait pas fait ent5dre1 qui lui p>ut ne pas respir]1 et qui sans d\te tait entr p> la porte du c\loir que ,ca/ani] ap]ut t\te gr&e ouv]te4 ,l'anci5 militaire pr\va1 p\r la premire fois de sa vie1 une peur qui le fit re/] la b\*e bante et les yeux hbts devant cet homme1 dont l'aspect tait d'ailleurs assez effrayant p\r ne pas avoir beso9 des circon/ances my/rieuses d'une semblable app>ition4 ,la c\pe oblongue de la figure de l'trang]1 les cont\rs bombs de son front1 la c\leur aigre de sa *air1 annonai5t1 aussi bi5 que la =me de ses vtem5ts1 un ,anglais4 ,cet homme puait l'anglais4 ,a voir sa r$+ote collet1 sa cravate b\ffante dans laquelle se heurtait un jabot tuyaux crass1 et dont la blan*eur faisait ressortir la lividit p]man5te d'une figure impassible dont les lvres r\ges et froides semblai5t de/9es suc] le sang des cadavres1 on dev9ait ses gutres noires b\tonnes jusqu'au-dessus du g5\1 et cet app>eil demi purita9 d'un ri*e ,anglais sorti p\r se prom5] pi$4 ,l'clat que jetai5t les yeux de l'trang] tait insupportable et causait l'me une impression poignante qu'augm5tait encore la rigidit de ses traits4 ,cet homme sec et d*>n semblait avoir en lui comme un pr9cipe dvorant qu'il lui tait impossible d'ass\vir4 ,il devait si promptem5t digr] sa n\rriture qu'il p\vait sans d\te mang] incessamm5t1 sans jamais faire r\gir le mo9dre l9am5t de ses j\es4 ,une tonne de ce v9 de ,tokay nomm v9 de succession1 il p\vait l'aval] sans faire *avir] ni son reg>d poign>dant qui lisait dans les mes1 ni sa cruelle raison qui semblait t\j\rs all] au fond des *oses4 ,il avait un peu de la maje/ fauve et tranquille des tigres4 --,monsieur1 je vi5s t\*] cette lettre de *ange1 dit-il ,ca/ani] d'une voix qui se mit en communication avec les fibres du caissi] et les atteignit t\tes avec une viol5ce comp>able celle d'une d*>ge lectrique4 --,la caisse e/ f]me1 rpondit ,ca/ani]4 --,elle e/ ouv]te1 dit l',anglais en montrant la caisse4 ,dema9 e/ diman*e1 et je ne saurais att5dre4 ,la somme e/ de c9q c5t mille francs1 v\s l'avez en caisse1 et moi1 je la dois4 --,mais1 monsieur1 comm5t tes-v\s entr8 ,l',anglais s\rit1 et son s\rire t]rifia ,ca/ani]4 ,jamais rponse ne fut ni plus ample ni plus premptoire que ne le fut le pli ddaigneux et imprial =m p> les lvres de l'trang]4 ,ca/ani] se ret\rna1 prit c9quante paquets de dix mille francs en billets de banque1 et1 qu& il les (frit l'trang] qui lui avait jet une lettre de *ange accepte p> le b>on de ,nuc+51 il fut pris d'une sorte de tremblem5t convulsif en voyant les rayons r\ges qui sortai5t des yeux de cet homme1 et qui v5ai5t reluire sur la fausse signature de la lettre de crdit4 ,illu/ration3 ,,ca/ani]4 ,il prit dans la caisse c9q c5t mille francs en billets et bank-notes4 7,,melmo? ,r,,concili47 --,votre444 acquit444 n'y444 e/ pas1 dit ,ca/ani] en ret\rnant la lettre de *ange4 --,passez-moi votre plume1 dit l',anglais4 ,ca/ani] prs5ta la plume dont il v5ait de se s]vir p\r son faux4 ,l'trang] signa ,,john ,,melmo?1 puis il remit le papi] et la plume au caissi]4 ,p5dant que ,ca/ani] reg>dait l'criture de l'inconnu1 laquelle allait de droite gau*e la manire ori5tale1 ,melmo? disp>ut1 et fit si peu de bruit que qu& le caissi] leva la tte1 il laissa *app] un cri en ne voyant plus cet homme1 et en ress5tant les d\leurs que notre imag9ation suppose devoir tre produites p> l'empoisonnem5t4 ,la plume dont ,melmo? s'tait s]vi lui causait dans les entrailles une s5sation *aude et remuante assez semblable celle que donne l'mtique4 ,comme il semblait impossible ,ca/ani] que cet ,anglais et dev9 son crime1 il attribua cette s\ffrance intrieure la palpitation que1 suivant les ides reues1 doit procur] un mauvais c\p au mom5t o il se fait4 --,au diable6 je suis bi5 bte1 ,dieu me protge1 c> si cet animal s'tait adress dema9 ces messieurs1 j'tais cuit6 se dit ,ca/ani] en jetant dans le pole les fausses lettres inutiles qui s'y consumr5t4 ,il ca*eta celle dont il v\lait se s]vir1 prit dans la caisse c9q c5t mille francs en billets et en bank-notes1 la f]ma1 mit t\t en ordre1 prit son *apeau1 son p>apluie1 teignit la lampe aprs avoir allum son b\geoir1 et sortit tranquillem5t p\r all]1 suivant son habitude1 remettre une des deux clefs de la caisse madame de ,nuc+5 qu& le b>on tait abs5t4 --,v\s tes bi5 heureux1 monsieur ,ca/ani]1 lui dit la femme du banqui] en le voyant entr] *ez elle1 n\s avons une fte lundi1 v\s p\rrez all] la campagne1 ,soisy4 --,v\drez-v\s avoir la bont1 madame1 de dire ,nuc+5 que la lettre de *ange des ,wats*ild9e1 qui tait en ret>d1 vi5t de se prs5t]8 ,les c9q c5t mille francs sont pays4 ,a9si1 je ne revi5drai pas avant m>di1 v]s midi4 --,adieu1 monsieur1 bi5 du plaisir4 --,et v\s1 idem1 madame1 rpondit le vieux dragon en reg>dant un jeune homme alors la mode nomm ,ra/ignac1 qui passait p\r tre l'amant de madame de ,nuc+54 --,madame1 dit le jeune homme1 ce gros pre-l m'a l'air de v\loir v\s j\] quelque mauvais t\r4 --,ah6 bah6 c'e/ impossible1 il e/ trop bte4 --,piquoizeau1 dit le caissi] en entrant dans la loge1 p\rquoi donc laisses-tu mont] la caisse pass quatre heures8 --,depuis quatre heures1 dit le conci]ge1 j'ai fum ma pipe sur le pas de la porte1 et p]sonne n'e/ entr dans les bureaux4 ,il n'en e/ mme sorti que ces messieurs444 --,es-tu sr de ce que tu dis8 --,sr comme de ma propre honneur4 ,il e/ v5u seulem5t quatre heures l'ami de monsieur ,w]bru/1 un jeune homme de *ez messieurs du ,tillet et compagnie1 rue ,j\b]t4 --,bon6 dit ,ca/ani] qui sortit vivem5t4 ,la *aleur mtisante que lui avait communique sa plume pr5ait de l'int5sit4--,mille diables8 p5sait-il en enfilant le b\lev>d de ,g&1 ai-je bi5 pris mes mesures8 ,voyons6 ,deux j\rs francs1 diman*e et lundi3 puis1 un j\r d'inc]titude avant qu'on ne me *]*e1 ces dlais me donn5t trois j\rs et quatre nuits4 ,j'ai deux passeports et deux dguisem5ts diffr5ts1 n'e/-ce pas dr\t] la police la plus habile8 ,je t\*]ai donc m>di mat9 un million ,londres1 au mom5t o l'on n'aura pas encore ici le mo9dre s\pon4 ,je laisse ici mes dettes p\r le compte de mes cranci]s1 qui mettront un ,p dessus1 et je me tr\v]ai1 p\r le re/e de mes j\rs1 heureux en ,italie1 s\s le nom du comte ,f]r>o1 ce pauvre colonel que moi seul ai vu m\rir dans les m>ais de ,zemb91 et de qui je *auss]ai la pelure4 ,mille diables1 cette femme que je vais tran] aprs moi p\rrait me faire reconnatre6 ,une vieille m\/a*e comme moi1 s'enjuponn]1 s'acoqu9] une femme6444 p\rquoi l'emm5]8 il faut la quitt]4 ,oui1 j'en aurai le c\rage4 ,mais je me connais1 je suis assez bte p\r rev5ir elle4 ,cep5dant p]sonne ne connat ,aquil9a4 ,l'emmn]ai-je8 ne l'emmn]ai-je pas8 --,tu ne l'emmn]as pas6 lui dit une voix qui lui tr\bla les entrailles4 ,ca/ani] se ret\rna brusquem5t et vit l',anglais4 --,le diable s'en mle donc6 s'cria le caissi] haute voix4 ,melmo? avait dj dpass sa victime4 ,si le premi] m\vem5t de ,ca/ani] fut de *]*] qu]elle un homme qui lisait a9si dans son me1 il tait en proie tant de s5tim5ts contraires1 qu'il en rsultait une sorte d'in]tie mom5tane1 il reprit donc son allure1 et retomba dans cette fivre de p5se naturelle un homme assez vivem5t emport p> la passion p\r commettre un crime1 mais qui n'avait pas la =ce de le port] en lui-mme sans de cruelles agitations4 ,aussi1 quoique dcid recueillir le fruit d'un crime moiti consomm1 ,ca/ani] hsitait-il encore p\rsuivre son entreprise1 comme font la plup>t des hommes c>actre mixte1 *ez lesquels il se r5contre autant de =ce que de faiblesse1 et qui peuv5t tre dt]m9s aussi bi5 re/] purs qu' dev5ir crim9els1 suivant la pression des plus lgres circon/ances4 ,il s'e/ tr\v dans le ramas d'hommes enrgim5ts p> ,napolon beauc\p de g5s qui1 semblables ,ca/ani]1 avai5t le c\rage t\t physique du *amp de bataille1 sans avoir le c\rage moral qui r5d un homme aussi gr& dans le crime qu'il p\rrait l'tre dans la v]tu4 ,la lettre de crdit tait conue en de tels t]mes1 qu' son arrive ,londres il devait t\*] v+t-c9q mille livres /]l+ *ez ,wa/*ild9e1 le correspondant de la maison de ,nuc+51 avis dj du payem5t p> lui-mme2 son passage tait ret5u p> un ag5t pris ,londres au has>d1 s\s le nom du comte ,f]r>o1 bord d'un vaisseau qui m5ait de ,portsm\? en ,italie une ri*e famille anglaise4 ,les plus petites circon/ances avai5t t prvues4 ,il s'tait arrang p\r se faire *]*] la fois en ,belgique et en ,suisse p5dant qu'il s]ait en m]4 ,puis1 qu& ,nuc+5 p\rrait croire tre sur ses traces1 il esprait avoir gagn ,naples1 o il comptait vivre s\s un faux nom1 la faveur d'un dguisem5t si complet1 qu'il s'tait dt]m9 *ang] son visage en y simulant l'aide d'un acide les ravages de la petite vrole4 ,malgr t\tes ces prcautions qui semblai5t devoir lui assur] l'impunit1 sa consci5ce le t\rm5tait4 ,il avait peur4 ,la vie d\ce et paisible qu'il avait longtemps m5e avait purifi ses murs soldatesques4 ,il tait probe encore1 il ne se s\illait pas sans regret4 ,il se laissait donc all] p\r une d]nire fois t\tes les impressions de la bonne nature qui regimbait en lui4 --,bah6 se dit-il au co9 du b\lev>d et de la rue ,montm>tre1 un fiacre me mn]a ce soir ,v]sailles au sortir du spectacle4 ,une *aise de po/e m'y att5d *ez mon vieux m>*al-des-logis1 qui me g>d]ait le secret sur ce d"p en prs5ce de d\ze soldats prts le fusill] s'il refusait de rpondre4 ,a9si1 je ne vois aucune *ance contre moi4 ,j'emmn]ai donc ma petite ,naqui1 je p>tirai4 --,tu ne p>tiras pas1 lui dit l',anglais dont la voix trange fit afflu] au cur du caissi] t\t son sang4 ,melmo? monta dans un tilbury qui l'att5dait1 et fut emport si rapidem5t que ,ca/ani] vit son ennemi secret c5t pas de lui sur la *ausse du b\lev>d ,montm>tre1 et la montant au gr& trot1 avant d'avoir eu la p5se de l'arrt]4 --,mais1 ma p>ole d'honneur1 ce qui m'arrive e/ surnaturel1 se dit-il4 ,si j'tais assez bte p\r croire en ,dieu1 je me dirais qu'il a mis sa9t ,mi*el mes tr\sses4 ,le diable et la police me laiss]ai5t-ils faire p\r m'empoign] temps8 ,a-t-on jamais vu6 ,allons donc1 c'e/ des niais]ies4 ,ca/ani] prit la rue du ,faub\rg-,montm>tre1 et ral5tit sa m>*e mesure qu'il avanait v]s la rue ,ri*]4 ,l1 dans une maison n\vellem5t btie1 au second tage d'un corps de logis donnant sur des j>d9s1 vivait une jeune fille connue dans le qu>ti] s\s le nom de madame de ,la ,g>de1 et qui se tr\vait innocemm5t la cause du crime commis p> ,ca/ani]4 ,p\r expliqu] ce fait et a*ev] de pe9dre la crise s\s laquelle succombait le caissi]1 il e/ ncessaire de rapport] succ9ctem5t quelques circon/ances de sa vie antrieure4 ,madame de ,la ,g>de1 qui ca*ait son vritable nom t\t le monde1 mme ,ca/ani]1 prt5dait tre ,pimontaise4 ,c'tait une de ces jeunes filles qui1 soit p> la misre la plus pr(onde1 soit p> dfaut du travail ou p> l'effroi de la mort1 s\v5t aussi p> la trahison d'un premi] amant1 sont p\sses pr5dre un mti] que la plup>t d'entre elles font avec dgt1 beauc\p avec ins\ciance1 quelques-unes p\r obir aux lois de leur con/itution4 ,au mom5t de se jet] dans le g\ffre de la pro/itution p>isi5ne1 l'ge de seize ans1 belle et pure comme une ,madone1 celle-ci r5contra ,ca/ani]4 ,trop mal l* p\r avoir des succs dans le monde1 fatigu d'all] t\s les soirs le long des b\lev>ds la *asse d'une bonne =tune paye1 le vieux dragon dsirait depuis longtemps mettre un c]ta9 ordre dans l'irrgul>it de ses murs4 ,saisi p> la beaut de cette pauvre enfant1 que le has>d lui mettait entre les bras1 il rsolut de la sauv] du vice son pr(it1 p> une p5se autant g/e que bi5faisante1 comme le sont quelques p5ses des hommes les meilleurs4 ,le naturel e/ s\v5t bon1 l'tat social y mle son mauvais1 de l provi5n5t c]ta9es int5tions mixtes p\r lesquelles le juge doit se montr] indulg5t4 ,ca/ani] avait prcism5t assez d'esprit p\r tre rus qu& ses intrts tai5t en jeu4 ,donc1 il v\lut tre philan?rope c\p sr1 et fit d'abord de cette fille sa matresse4--,h6 h6 se dit-il dans son langage soldatesque1 un vieux l\p comme moi ne doit pas se laiss] cuire p> une brebis4 ,papa ,ca/ani]1 avant de te mettre en mnage1 p\sse une reconnaissance dans le moral de la fille1 af9 de savoir si elle e/ susceptible d'atta*e6 ,p5dant la premire anne de cette union illgale1 mais qui la plaait dans la situation la mo9s rprh5sible de t\tes celles que rpr\ve le monde1 la ,pimontaise prit p\r nom de gu]re celui d',aquil9a1 l'un des p]sonnages de ,,v5ise ,,sauv,e1 tragdie du ?tre anglais qu'elle avait lue p> has>d4 ,elle croyait ressembl] cette c\rtisane1 soit p> les s5tim5ts prcoces qu'elle se s5tait dans le cur1 soit p> sa figure1 ou p> la physionomie gnrale de sa p]sonne4 ,qu& ,ca/ani] lui vit m5] la conduite la plus rgulire et la plus v]tueuse que pt avoir une femme jete en dehors des lois et des conv5ances sociales1 il lui manife/a le dsir de vivre avec elle m>italem5t4 ,elle dev9t alors madame de ,la ,g>de1 af9 de r5tr]1 autant que le p]mettai5t les usages p>isi5s1 dans les conditions d'un m>iage rel4 ,en effet1 l'ide fixe de beauc\p de ces pauvres filles consi/e v\loir se faire accept] comme de bonnes b\rgeoises1 t\t btem5t fidles leurs m>is2 capables d'tre d'excell5tes mres de famille1 d'crire leur dp5se et de raccommod] le l+e de la maison4 ,ce dsir procde d'un s5tim5t si l\able1 que la ,socit devrait le pr5dre en considration4 ,mais la ,socit s]a c]ta9em5t incorrigible1 et cont9u]a de considr] la femme m>ie comme une corvette laquelle son pavillon et ses papi]s p]mett5t de faire la c\rse1 t&is que la femme entret5ue e/ le pirate que l'on p5d faute de lettres4 ,le j\r o madame de ,la ,g>de v\lut sign] madame ,ca/ani]1 le caissi] se f*a4--,tu ne m'aimes donc pas assez p\r m'p\s]8 dit-elle4 ,ca/ani] ne rpondit pas1 et re/a songeur4 ,la pauvre fille se rsigna4 ,l'ex-dragon fut au dsespoir4 ,naqui fut t\*e de ce dsespoir1 elle aurait v\lu le calm]2 mais1 p\r le calm]1 ne fallait-il pas en connatre la cause8 ,le j\r o ,naqui v\lut appr5dre ce secret1 sans t\tefois le dem&]1 le caissi] rvla piteusem5t l'exi/5ce d'une c]ta9e madame ,ca/ani]1 une p\se lgitime1 mille fois maudite1 qui vivait obscurm5t ,/rasb\rg sur un petit bi51 et laquelle il crivait deux fois *aque anne1 en g>dant sur elle un si pr(ond sil5ce que p]sonne ne le savait m>i4 ,p\rquoi cette discrtion8 ,si la raison en e/ connue beauc\p de militaires qui peuv5t se tr\v] dans le mme cas1 il e/ peut-tre utile de la dire4 ,le vrai tr\pi]1 s'il e/ p]mis d'employ] ici le mot dont on se s]t l'arme p\r dsign] les g5s de/9s m\rir capita9es1 ce s]f atta* la glbe d'un rgim5t e/ une crature ess5tiellem5t nave1 un ,ca/ani] v\ p> avance aux r\]ies des mres de famille qui dans les g>nisons se tr\v5t emp*es de filles difficiles m>i]4 ,donc1 ,nancy1 p5dant un de ces in/ants si c\rts o les armes impriales se reposai5t en ,france1 ,ca/ani] eut le malheur de faire att5tion une demoiselle avec laquelle il avait dans dans une de ces ftes nommes en prov9ce des ,r$\tes1 qui s\v5t tai5t (f]tes la ville p> les (fici]s de la g>nison1 et vice v]sa4 ,aussitt1 l'aimable capita9e fut l'objet d'une de ces sductions p\r lesquelles les mres tr\v5t des complices dans le cur huma9 en en faisant j\] t\s les ressorts1 et *ez leurs amis qui conspir5t avec elles4 ,semblables aux p]sonnes qui n'ont qu'une ide1 ces mres rapport5t t\t leur gr& projet1 dont elles font une uvre long-temps labore1 p>eille au cornet de sable au fond duquel se ti5t le =mica-leo4 ,peut-tre p]sonne n'entr]a-t-il jamais dans ce ddale si bi5 bti1 peut-tre le =mica-leo m\rra-t-il de faim et de soif8 ,mais s'il y entre quelque bte t\rdie1 elle y re/]a4 ,les secrets calculs d'av>ice que *aque homme fait en se m>iant1 l'esprance1 les vanits huma9es1 t\s les fils p> lesquels m>*e un capita9e1 fur5t attaqus *ez ,ca/ani]4 ,p\r son malheur1 il avait vant la fille la mre en la lui ram5ant aprs une valse1 il s'ensuivit une caus]ie au b\t de laquelle arriva la plus naturelle des invitations4 ,une fois am5 au logis1 le dragon y fut bl\i p> la bonhomie d'une maison o la ri*esse semblait se ca*] s\s une av>ice affecte4 ,il y dev9t l'objet d'adroites flatt]ies1 et *acun lui vanta les diffr5ts trsors qui s'y tr\vai5t4 ,un dn]1 propos s]vi en vaisselle plate prte p> un oncle1 les att5tions d'une fille unique1 les cancans de la ville1 un s\s-lieut5ant ri*e qui faisait m9e de v\loir lui c\p] l'h]be s\s le pi$2 enf91 les mille piges des =mica-leo de prov9ce fur5t si bi5 t5dus que ,ca/ani] disait1 c9q ans aprs3 ,je ne sais pas encore comm5t cela s'e/ fait6 ,le dragon reut qu9ze mille francs de dot et une demoiselle heureusem5t brehaigne que deux ans de m>iage r5dir5t la plus laide et consquemm5t la plus h>gneuse femme de la t]re4 ,le te9t de cette fille ma9t5u blanc p> un rgime svre1 se c\p]osa2 la figure1 dont les vives c\leurs annonai5t une sduisante sagesse1 se b\rgeonna2 la taille qui p>aissait droite1 t\rna2 l'ange fut une crature grogn>de et s\ponneuse qui fit enrag] ,ca/ani]2 puis la =tune s'envola4 ,le dragon ne reconnaissant plus la femme qu'il avait p\se1 consigna celle-l dans un petit bi5 ,/rasb\rg1 en att5dant qu'il plt ,dieu d'en orn] le p>adis4 ,ce fut une de ces femmes v]tueuses qui1 faute d'occasions p\r faire autrem5t1 assass95t les anges de leurs pla9tes1 pri5t ,dieu de manire l'ennuy] s'il les c\te1 et qui dis5t t\t d\cettem5t pis que p5dre de leurs m>is1 qu& le soir elles a*v5t leur bo/on avec les vois9es4 ,qu& ,aquil9a connut ces malheurs1 elle s'atta*a s9crem5t ,ca/ani]1 et le r5dit si heureux p> les r5aissants plaisirs que son gnie de femme lui faisait v>i] t\t en les prodiguant1 que1 sans le savoir1 elle causa la p]te du caissi]4 ,comme beauc\p de femmes auxquelles la nature semble avoir donn p\r de/9e de creus] l'am\r jusque dans ses d]nires pr(ondeurs1 madame de ,la ,g>de tait ds9tresse4 ,elle ne dem&ait ni or1 ni bij\x1 ne p5sait jamais l'av5ir1 vivait dans le prs5t1 et surt\t dans le plaisir4 ,les ri*es p>ures1 la toilette1 l'quipage si ardemm5t s\haits p> les femmes de sa sorte1 elle ne les acceptait que comme une h>monie de plus dans le tableau de la vie4 ,elle ne les v\lait po9t p> vanit1 p> dsir de p>atre1 mais p\r tre mieux4 ,d'ailleurs1 aucune p]sonne ne se passait plus facilem5t qu'elle de ces sortes de *oses4 ,qu& un homme gnreux1 comme le sont presque t\s les militaires1 r5contre une femme de cette trempe1 il pr\ve au cur une sorte de rage de se tr\v] infrieur elle dans l'*ange de la vie4 ,il se s5t capable d'arrt] alors une dilig5ce af9 de se procur] de l'arg5t1 s'il n'en a pas assez p\r ses prodigalits4 ,l'homme e/ a9si fait4 ,il se r5d quelquefois c\pable d'un crime p\r re/] gr& et noble devant une femme ou devant un public spcial4 ,un am\reux ressemble au j\eur qui se croirait d%onor1 s'il ne r5dait pas ce qu'il emprunte au g>on de salle1 et qui commet des mon/ruosits1 dp\ille sa femme et ses enfants1 vole et tue p\r arriv] les po*es ple9es1 l'honneur sauf aux yeux du monde qui frqu5te la fatale maison4 ,il en fut a9si de ,ca/ani]4 ,d'abord1 il avait mis ,aquil9a dans un mode/e app>tem5t un quatrime tage1 et ne lui avait donn que des meubles extrmem5t simples4 ,mais en dc\vrant les beauts et les gr&es qualits de cette jeune fille1 en en recevant de ces plaisirs in\s qu'aucune expression ne peut r5dre1 il s'en affola et v\lut p>] son idole4 ,la mise d',aquil9a contra/a si comiquem5t avec la misre de son logis que1 p\r t\s deux1 il fallut en *ang]4 ,ce *angem5t emporta presque t\tes les conomies de ,ca/ani]1 qui meubla son app>tem5t semi-conjugal avec le luxe spcial de la fille entret5ue4 ,une jolie femme ne veut ri5 de laid aut\r d'elle4 ,ce qui la di/+ue entre t\tes les femmes e/ le s5tim5t de l'homognx1 l'un des beso9s les mo9s obs]vs de notre nature1 et qui conduit les vieilles filles ne s'ent\r] que de vieilles *oses4 ,a9si donc il fallut cette dlicieuse ,pimontaise les objets les plus n\veaux1 les plus la mode1 t\t ce que les m>*&s avai5t de plus coquet1 des t(fes t5dues1 de la soie1 des bij\x1 des meubles lg]s et fragiles1 de belles porcela9es4 ,elle ne dem&a ri54 ,seulem5t qu& il fallut *oisir1 qu& ,ca/ani] lui disait3 ,que veux-tu8 elle rpondait3 ,mais ceci e/ mieux6 ,l'am\r qui conomise n'e/ jamais le vritable am\r1 ,ca/ani] pr5ait donc t\t ce qu'il y avait de mieux4 ,une fois l'*elle de proportion admise1 il fallut que t\t1 dans ce mnage1 se tr\vt en h>monie4 ,ce fut le l+e1 l'arg5t]ie et les mille accessoires d'une maison monte1 la batt]ie de cuis9e1 les cri/aux1 le diable6 ,quoique ,ca/ani] v\lt1 suivant une expression connue1 faire les *oses simplem5t1 il s'endetta progressivem5t4 ,une *ose en ncessitait une autre4 ,une p5dule v\lut deux c&labres4 ,la *em9e orne dem&a son foy]4 ,les drap]ies1 les t5tures fur5t trop fra*es p\r qu'on les laisst noircir p> la fume1 il fallut faire pos] des *em9es lgantes1 n\vellem5t inv5tes p> des g5s habiles en prospectus1 et qui promettai5t un app>eil inv9cible contre la fume4 ,puis ,aquil9a tr\va si joli de c\rir pi$s nus sur le tapis de sa *ambre1 que ,ca/ani] mit p>t\t des tapis p\r foltr] avec ,naqui2 enf9 il lui fit btir une salle de ba91 t\j\rs p\r qu'elle ft mieux4 ,les m>*&s1 les ouvri]s1 les fabricants de ,p>is ont un art in\ p\r agr&ir le tr\ qu'un homme fait sa b\rse2 qu& on les consulte1 ils ne sav5t le prix de ri51 et le p>oxisme du dsir ne s'accommode jamais d'un ret>d1 ils se font a9si faire les comm&es dans les tnbres d'un devis approximatif1 puis ils ne donn5t jamais leurs mmoires1 et entran5t le consommateur dans le t\rbillon de la f\rniture4 ,t\t e/ dlicieux1 ravissant1 *acun e/ satisfait4 ,quelques mois aprs1 ces complaisants f\rnisseurs revi5n5t mtamorphoss en totaux d'une horrible exig5ce2 ils ont des beso9s1 ils ont des paiem5ts urg5ts1 ils font mme soi-disant faillite1 ils pleur5t et ils t\*5t6 ,l'abme s'entr\vre alors en vomissant une colonne de *iffres qui m>*5t quatre p> quatre1 qu& ils devai5t all] innocemm5t trois p> trois4 ,avant que ,ca/ani] connt la somme de ses dp5ses1 il en tait v5u donn] sa matresse un remise *aque fois qu'elle sortait1 au lieu de la laiss] mont] en fiacre4 ,ca/ani] tait g\rm&1 il eut une excell5te cuis9ire2 et1 p\r lui plaire1 ,aquil9a le rgalait de primeurs1 de r>ets ga/ronomiques1 de v9s *oisis qu'elle allait a*et] elle-mme4 ,mais n'ayant ri5 elle1 ses cadeaux si prcieux p> l'att5tion1 p> la dlicatesse et la grce qui les dictai5t1 puisai5t priodiquem5t la b\rse de ,ca/ani]1 qui ne v\lait pas que sa ,naqui re/t sans arg5t1 et elle tait t\j\rs sans arg5t6 ,la table fut donc une s\rce de dp5ses considrables1 relativem5t la =tune du caissi]4 ,l'ex-dragon dut rec\rir des artifices comm]ciaux p\r se procur] de l'arg5t1 c> il lui fut impossible de r5onc] ses j\issances4 ,son am\r p\r la femme ne lui avait pas p]mis de rsi/] aux fantaisies de la matresse4 ,il tait de ces hommes qui1 soit am\r-propre1 soit faiblesse1 ne sav5t ri5 refus] une femme1 et qui pr\v5t une fausse honte si viol5te p\r dire3--,je ne puis444 ,mes moy5s ne me p]mett5t pas444 ,je n'ai pas d'arg5t1 qu'ils se ru95t4 ,donc1 le j\r o ,ca/ani] se vit au fond d'un prcipice et que p\r s'en retir] il dut quitt] cette femme et se mettre au pa9 et l'eau1 af9 d'acquitt] ses dettes1 il s'tait si bi5 acc\tum cette femme1 cette vie1 qu'il aj\rna t\s les mat9s ses projets de r=me4 ,p\ss p> les circon/ances1 il emprunta d'abord4 ,sa position1 ses antcd5ts lui mritai5t une confiance dont il pr(ita p\r comb9] un sy/me d'emprunt en rapport avec ses beso9s4 ,puis1 p\r dguis] les sommes auxquelles monta rapidem5t sa dette1 il eut rec\rs ce que le comm]ce nomme des circulations4 ,c'e/ des billets qui ne reprs5t5t ni m>*&ises ni valeurs pcuniaires f\rnies1 et que le premi] endosseur paie p\r le complaisant s\scripteur1 espce de faux tolr p>ce qu'il e/ impossible con/at]1 et que d'ailleurs ce dol fanta/ique ne devi5t rel que p> un non-paiem5t4 ,enf91 qu& ,ca/ani] se vit dans l'impossibilit de cont9u] ses manuvres f9ancires1 soit p> l'accroissem5t du capital1 soit p> l'normit des intrts1 il fallut faire faillite ses cranci]s4 ,le j\r o le d%onneur fut *u1 ,ca/ani] prfra la faillite frauduleuse la faillite simple1 le crime au dlit4 ,il rsolut d'escompt] la confiance que lui mritait sa probit relle1 et d'augm5t] le nombre de ses cranci]s en empruntant1 la faon de ,ma?o1 le caissi] du ,trsor-,royal1 la somme ncessaire p\r vivre heureux le re/e de ses j\rs en pays trang]4 ,et il s'y tait pris comme on vi5t de le voir4 ,aquil9a ne connaissait pas l'ennui de cette vie1 elle en j\issait1 comme font beauc\p de femmes1 sans plus se dem&] comm5t v5ait l'arg5t1 que c]ta9es g5s ne se dem&5t comm5t p\ss5t les bls en mangeant leur petit pa9 dor2 t&is que les mcomptes et les so9s de l'agriculture sont d]rire le f\r des b\lang]s1 comme s\s le luxe inap]u de la plup>t des mnages p>isi5s1 repos5t d'crasants s\cis et le plus exorbitant travail4 ,au mom5t o ,ca/ani] subissait les tortures de l'inc]titude1 en p5sant une action qui *angeait t\te sa vie1 ,aquil9a tranquillem5t assise au co9 de son feu1 plonge indolemm5t dans un gr& fauteuil1 l'att5dait en compagnie de sa femme de *ambre4 ,semblable t\tes les femmes de *ambre qui s]v5t ces dames1 ,j5ny tait dev5ue sa confid5te1 aprs avoir reconnu combi5 tait inattaquable l'empire que sa matresse avait sur ,ca/ani]4 --,comm5t f]ons-n\s ce soir8 ,lon veut absolum5t v5ir1 disait madame de ,la ,g>de en lisant une lettre passionne crite sur un papi] gristre4 --,voil monsieur1 dit ,j5ny4 ,ca/ani] entra4 ,sans se dconc]t]1 ,aquil9a r\la le billet1 le prit dans ses p9cettes et le brla4 --,voil ce que tu fais de tes billets d\x8 dit ,ca/ani]4 --,oh6 mon ,dieu1 oui1 lui rpondit ,aquil9a1 n'e/-ce pas le meilleur moy5 de ne pas les laiss] surpr5dre8 ,d'ailleurs1 le feu ne doit-il pas all] au feu1 comme l'eau va la rivire8 --,tu dis cela1 ,naqui1 comme si c'tait un vrai billet d\x4 --,eh6 bi51 e/-ce que je ne suis pas assez belle p\r en recevoir8 dit-elle en t5dant son front ,ca/ani] avec une sorte de dilig5ce qui et appris un homme mo9s aveugl qu'elle accomplissait une espce de devoir conjugal en faisant de la joie au caissi]4 ,mais ,ca/ani] en tait arriv ce degr de passion inspir p> l'habitude qui ne p]met plus de ri5 voir4 --,j'ai ce soir une loge p\r le ,gymnase1 reprit-il1 dnons de bonne heure p\r ne pas dn] en po/e4 --,allez-y avec ,j5ny4 ,je suis ennuye de spectacle4 ,je ne sais pas ce que j'ai ce soir1 je prfre re/] au co9 de mon feu4 --,vi5s t\t de mme1 ,naqui1 je n'ai plus t'ennuy] longtemps de ma p]sonne4 ,oui1 ,quiqui1 je p>tirai ce soir1 et s]ai quelque temps sans rev5ir4 ,je te laisse ici matresse de t\t4 ,me g>d]as tu ton cur8 --,ni le cur1 ni autre *ose1 dit-elle4 ,mais1 au ret\r1 ,naqui s]a t\j\rs ,naqui p\r toi4 --,h6 bi51 voil de la fran*ise4 ,a9si tu ne me suivrais po9t8 --,non4 --,p\rquoi8 --,eh6 mais1 dit-elle en s\riant1 puis-je ab&onn] l'amant qui m'crit de si d\x billets8 ,et elle montra p> un ge/e demi moqueur le papi] brl4 --,s]ait-ce vrai8 dit ,ca/ani]4 ,aurais-tu donc un amant8 --,comm5t6 reprit ,aquil9a1 v\s ne v\s tes donc jamais srieusem5t reg>d1 mon *]1 v\s avez c9quante ans1 d'abord6 ,puis1 v\s avez une figure mettre sur les plan*es d'une fruitire1 p]sonne ne la dm5tira qu& elle v\dra la v5dre comme un potiron4 ,en montant les escali]s1 v\s s\fflez comme un phoque4 ,votre v5tre se trm\sse sur lui-mme comme un brillant sur la tte d'une femme6 ,tu z beau avoir s]vi dans les ,dragons1 tu es un vieux trs-laid4 ,p> ma ficque1 je ne te conseille pas1 si tu veux cons]v] mon e/ime1 d'aj\t] ces qualits celle de la niais]ie en croyant qu'une fille comme moi se pass]a de tempr] ton am\r a/hmatique p> les fleurs de quelque jolie jeunesse4 --,tu veux sans d\te rire1 ,aquil9a8 --,eh6 bi51 ne ris-tu pas1 toi8 ,me pr5ds-tu p\r une sotte1 en m'annonant ton d"p8--,je p>tirai ce soir1 dit-elle en l'imitant4 ,gr& ,l5dore1 p>l]ais-tu comme cela si tu quittais ta ,naqui8 tu pleur]ais comme un veau que tu es4 --,enf91 si je p>s1 me suis-tu8 dem&a-t-il4 --,dis-moi d'abord si ton voyage n'e/ pas une mauvaise plaisant]ie4 --,oui1 srieusem5t1 je p>s4 --,eh6 bi51 srieusem5t1 je re/e4 ,bon voyage1 mon enfant6 je t'att5drai4 ,je quitt]ais plutt la vie que de laiss] mon bon petit ,p>is4 --,tu ne vi5drais pas en ,italie1 ,naples1 y m5] une bonne vie1 bi5 d\ce1 luxueuse1 avec ton gros bonhomme qui s\ffle comme un phoque8 --,non4 --,+rate6 --,+rate8 dit-elle en se levant4 ,je puis sortir l'in/ant en n'emportant d'ici que ma p]sonne4 ,je t'aurai donn t\s les trsors que possde une jeune fille1 et une *ose que t\t ton sang ni le mi5 ne saurait me r5dre4 ,si je p\vais1 p> un moy5 quelconque1 en v5dant mon t]nit p> exemple1 rec\vr] la fleur de mon corps comme j'ai peut-tre reconquis celle de mon me1 et me livr] pure comme un lys mon amant1 je n'hsit]ais pas un in/ant6 ,p> quel dv\em5t z-tu rcomp5s le mi58 ,tu m'z n\rrie et loge p> le mme s5tim5t qui porte n\rrir un *i5 et le mettre dans une ni*e1 p>ce qu'il n\s g>de bi51 qu'il reoit nos c\ps de pi$ qu& n\s sommes de mauvaise humeur1 et qu'il n\s l*e la ma9 aussitt que n\s le rappelons4 ,qui de n\s deux aura t le plus gnreux8 --,oh6 ma *re enfant1 ne vois-tu pas que je plaisante8 dit ,ca/ani]4 ,je fais un petit voyage qui ne dur]a pas long-temps4 ,mais tu vi5dras avec moi au ,gymnase1 je p>tirai v]s m9uit aprs t'avoir dit un bon adieu4 --,pauvre *at1 tu p>s donc8 lui dit-elle en le pr5ant p> le c\ p\r lui mettre la tte dans son corsage4 --,tu m't\ffes6 cria ,ca/ani] le nez dans le se9 d',aquil9a4 ,la bonne fille se p5*a v]s l'oreille de ,j5ny3--,va dire ,lon de ne v5ir qu' une heure2 si tu ne le tr\ves pas et qu'il arrive p5dant les adieux1 tu le g>d]as *ez toi4--,eh6 bi51 reprit-elle1 en ram5ant la tte de ,ca/ani] devant la si5ne et lui tortillant le b\t du nez1 allons1 toi le plus beau des phoques1 j'irai donc avec toi ce soir au ?tre4 ,mais alors dnons6 tu z un bon petit dn]1 t\s plats de ton gt4 --,il e/ bi5 difficile1 dit ,ca/ani]1 de quitt] une femme comme toi6 --,h6 bi5 donc1 p\rquoi t'en vas-tu8 lui dem&a-t-elle4 --,ah6 p\rquoi6 p\rquoi6 il faudrait p\r te l'expliqu] te dire des *oses qui te pr\v]ai5t que mon am\r p\r toi va jusqu' la folie4 ,si tu m'z donn ton honneur1 j'ai v5du le mi51 n\s sommes quittes4 ,e/-ce aim]8 --,qu'e/-ce que c'e/ que a8 dit-elle4 ,allons1 dis-moi que si j'avais un amant1 tu m'aim]ais t\j\rs comme un pre1 ce s]a de l'am\r6 ,allons1 dites-le t\t de suite1 et donnez la patte4 --,je te tu]ais1 dis ,ca/ani] en s\riant4 ,ils allr5t se mettre table1 et p>tir5t p\r le ,gymnase aprs avoir dn4 ,qu& la premire pice fut j\e1 ,ca/ani] v\lut all] se montr] quelques p]sonnes de sa connaissance qu'il avait vues dans la salle1 af9 de dt\rn] le plus long-temps possible t\t s\pon sur sa fuite4 ,il laissa madame de ,la ,g>de dans sa loge1 qui1 suivant ses habitudes mode/es1 tait une baignoire1 et il v9t se prom5] dans le foy]4 ,a pe9e y eut-il fait quelques pas1 qu'il r5contra la figure de ,melmo? dont le reg>d lui causa la fade *aleur d'entrailles1 la t]reur qu'il avait dj ress5ties1 et ils arrivr5t en face l'un de l'autre4 --,faussaire6 cria l',anglais4 ,en ent5dant ce mot1 ,ca/ani] reg>da les g5s qui se prom5ai5t4 ,il crut ap]cevoir un tonnem5t ml de curiosit sur leurs figures1 il v\lut se dfaire de cet ,anglais l'in/ant mme1 et leva la ma9 p\r lui donn] un s\fflet2 mais il se s5tit le bras p>alys p> une puissance inv9cible qui s'emp>a de sa =ce et le cl\a sur la place2 il laissa l'trang] lui pr5dre le bras1 et t\s deux ils m>*r5t ensemble dans le foy]1 comme deux amis4 --,qui donc e/ assez =t p\r me rsi/]8 lui dit l',anglais4 ,ne sais-tu pas que t\t ici-bas doit m'obir1 que je puis t\t8 ,je lis dans les curs1 je vois l'av5ir1 je sais le pass4 ,je suis ici1 et je puis tre ailleurs6 ,je ne dp5ds ni du temps1 ni de l'espace1 ni de la di/ance4 ,le monde e/ mon s]viteur4 ,j'ai la facult de t\j\rs j\ir1 et de donn] t\j\rs le bonheur4 ,mon il p]ce les murailles1 voit les trsors1 et j'y puise ple9es ma9s4 ,a un signe de ma tte1 des palais se btiss5t et mon ar*itecte ne se trompe jamais4 ,je puis faire clore des fleurs sur t\s les t]ra9s1 entass] des pi]r]ies1 amoncel] l'or1 me procur] des femmes t\j\rs n\velles2 enf91 t\t me cde4 ,je p\rrais j\] la ,b\rse c\p sr1 si l'homme qui sait tr\v] l'or l o les av>es l'ent]r5t avait beso9 de puis] dans la b\rse des autres4 ,s5s donc1 pauvre misrable v\ la honte1 s5s donc la puissance de la s]re qui te ti5t4 ,essaie de faire pli] ce bras de f]6 amollis ce cur de diamant6 ose t'loign] de moi6 ,qu& tu s]ais au fond des caves qui sont s\s la ,se9e1 n'ent5drais-tu pas ma voix8 ,qu& tu irais dans les catacombes1 ne me v]rais-tu pas8 ,ma voix dom9e le bruit de la f\dre1 mes yeux lutt5t de cl>t avec le soleil1 c> je suis l'gal de ,celui qui porte la lumire4 ,ca/ani] ent5dait ces t]ribles p>oles1 ri5 en lui ne les contr$isait1 et il m>*ait ct de l',anglais sans qu'il pt s'en loign]4--,tu m'app>ti5s1 tu vi5s de commettre un crime4 ,j'ai donc enf9 tr\v le compagnon que je *]*ais4 ,veux-tu savoir ta de/9e8 ,ha6 ha6 tu comptais voir un spectacle1 il ne te manqu]a pas1 tu en auras deux4 ,allons1 prs5te-moi madame de ,la ,g>de comme un de tes meilleurs amis4 ,ne suis-je pas ta d]nire esprance4 ,ca/ani] rev9t sa loge suivi de l'trang]1 qu'il s'empressa de prs5t] madame de ,la ,g>de1 suivant l'ordre qu'il v5ait de recevoir4 ,aquil9a ne p>ut po9t surprise de voir ,melmo?4 ,l',anglais refusa de se mettre sur le devant de la loge1 et v\lut que ,ca/ani] y re/t avec sa matresse4 ,le plus simple dsir de l',anglais tait un ordre auquel il fallait obir4 ,la pice qu'on allait j\] tait la d]nire4 ,alors les petits ?tres ne donnai5t que trois pices4 ,le ,gymnase avait cette poque un acteur qui lui assurait la vogue4 ,p]let allait j\] le ,comdi5 d'tampes1 vaudeville o il remplissait quatre rles diffr5ts4 ,qu& la toile se leva1 l'trang] t5dit la ma9 sur la salle4 ,ca/ani] p\ssa un cri de t]reur qui s'arrta dans son gosi] dont les p>ois se collr5t1 c> ,melmo? lui montra du doigt la scne1 en lui faisant compr5dre a9si qu'il avait ordonn de *ang] le spectacle4 ,le caissi] vit le cab9et de ,nuc+51 son patron y tait en confr5ce avec un employ suprieur de la prfecture de police qui lui expliquait la conduite de ,ca/ani]1 en le prv5ant de la s\/raction faite sa caisse1 du faux commis son prjudice et de la fuite de son caissi]4 ,une pla9te tait aussitt dresse1 signe1 et transmise au procureur du roi1--,croyez-v\s qu'il s]a temps encore8 disait ,nuc+54--,oui1 rpondit l'ag5t1 il e/ au ,gymnase et ne se d\te de ri54 ,ca/ani] s'agita sur sa *aise1 et v\lut s'en all]2 mais la ma9 que ,melmo? lui appuyait sur l'paule le =ait re/]1 p> un effet de l'horrible puissance dont n\s s5tons les effets dans le cau*em>4 ,cet homme tait le cau*em> mme1 et posait sur ,ca/ani] comme une atmosphre empoisonne4 ,qu& le pauvre caissi] se ret\rnait p\r implor] cet ,anglais1 il r5contrait un reg>d de feu qui vomissait des c\rants lectriques1 espce de po9tes mtalliques p> lesquelles ,ca/ani] se s5tait pntr1 trav]s de "p en "p et cl\4 --,que t'ai-je fait8 disait-il dans son abattem5t et en haletant comme un c]f au bord d'une fonta9e1 que veux-tu de moi8 --,reg>de6 lui cria ,melmo?4 ,ca/ani] reg>da ce qui se passait sur la scne4 ,la dcoration avait t *ange1 le spectacle tait f9i1 ,ca/ani] se vit lui-mme sur la scne desc5dant de voiture avec ,aquil9a2 mais au mom5t o il entrait dans la c\r de sa maison1 rue ,ri*]1 la dcoration *angea subitem5t encore1 et reprs5ta l'intrieur de son app>tem5t4 ,j5ny causait au co9 du feu1 dans la *ambre de sa matresse1 avec un s\s-(fici] d'un rgim5t de ligne1 en g>nison ,p>is4--,il "p1 disait ce s]g5t1 qui p>aissait app>t5ir une famille de g5s aiss4 ,je vais donc tre heureux mon aise4 ,j'aime trop ,aquil9a p\r s\ffrir qu'elle app>ti5ne ce vieux crapaud6 ,moi1 j'p\s]ai madame de ,la ,g>de6 s'criait le s]g5t4 --,vieux crapaud6 se dit d\l\reusem5t ,ca/ani]4 --,voil madame et monsieur1 ca*ez-v\s6 ,t5ez1 mettez-v\s l1 monsieur ,lon1 lui disait ,j5ny4 ,monsieur ne doit pas re/] long-temps4 ,ca/ani] voyait le s\s-(fici] se mettant d]rire les robes d',aquil9a dans le cab9et de toilette4 ,ca/ani] r5tra bi5tt lui-mme en scne1 et fit ses adieux sa matresse qui se moquait de lui dans ses a p>te avec ,j5ny1 t\t en lui disant les p>oles les plus d\ces et les plus c>essantes4 ,elle pleurait d'un ct1 riait de l'autre4 ,les spectateurs faisai5t rpt] les c\plets4 --,maudite femme6 criait ,ca/ani] dans sa loge4 ,aquil9a riait aux l>mes en s'criant3--,mon ,dieu6 ,p]let e/-il drle en ,anglais6 ,quoi6 v\s seuls dans la salle ne riez pas8 ,ris donc1 mon *at6 dit-elle au caissi]4 ,melmo? se mit rire d'une faon qui fit frissonn] le caissi]4 ,ce rire anglais lui tordait les entrailles et lui travaillait la c]velle comme si quelque *irurgi5 le trpanait avec un f] brlant4 --,ils ri5t1 ils ri5t1 disait convulsivem5t ,ca/ani]4 ,en ce mom5t1 au lieu de voir la pudibonde lady que reprs5tait si comiquem5t ,p]let1 et dont le p>l] anglo-franais faisait p\ff] de rire t\te la salle1 le caissi] se voyait fuyant la rue ,ri*]1 montant dans un fiacre sur le b\lev>d1 faisant son m>* p\r all] ,v]sailles4 ,la scne *angeait encore4 ,il reconnut1 au co9 de la rue de l',orang]ie et de la rue des ,rcollets1 la petite aub]ge borgne que t5ait son anci5 m>*al-des-logis4 ,il tait deux heures du mat91 le plus gr& sil5ce rgnait1 p]sonne ne l'piait1 sa voiture tait attele de *evaux de po/e1 et v5ait d'une maison de l'av5ue de ,p>is o demeurait un ,anglais p\r qui elle avait t dem&e1 af9 de dt\rn] les s\pons4 ,ca/ani] avait ses valeurs et ses passe-ports1 il montait en voiture1 il p>tait4 ,mais la b>rire1 ,ca/ani] ap]ut des g5d>mes pi$ qui att5dai5t la voiture4 ,il jeta un cri affreux que comprima le reg>d de ,melmo?4 --,reg>de t\j\rs1 et tais-toi6 lui dit l',anglais4 ,ca/ani] se vit en un mom5t jet en prison la ,conci]g]ie4 ,puis1 au c9quime acte de ce drame intitul le ,caissi]1 il s'ap]ut1 trois mois de l1 sortant de la ,c\r d',assises1 condamn v+t ans de travaux =cs4 ,il jeta un n\veau cri qu& il se vit expos sur la place du ,palais-de-,ju/ice1 et que le f] r\ge du b\rreau le m>qua4 ,enf91 la d]nire scne1 il tait dans la c\r de ,bictre1 p>mi soixante =ats1 et att5dait son t\r p\r all] faire riv] ses f]s4 --,mon ,dieu6 je n'en puis plus de rire1 disait ,aquil9a4 ,v\s tes bi5 sombre1 mon *at1 qu'avez-v\s donc8 ce monsieur n'e/ plus l4 --,deux mots1 ,ca/ani]1 lui dit ,melmo? au mom5t o la pice f9ie madame de ,la ,g>de se faisait mettre son manteau p> l'ouvreuse4 ,le corridor tait encombr1 t\te fuite tait impossible4 --,eh6 bi51 quoi8 --,aucune puissance huma9e ne peut t'emp*] d'all] reconduire ,aquil9a1 d'all] ,v]sailles1 et d'y tre arrt4 --,p\rquoi8 --,p>ce que le bras qui te ti5t1 dit l',anglais1 ne te l*]a po9t4 ,ca/ani] aurait v\lu p\voir prononc] quelques p>oles p\r s'anantir lui-mme et disp>atre au fond des enf]s4 --,si le dmon te dem&ait ton me1 ne la donn]ais-tu pas en *ange d'une puissance gale celle de ,dieu8 ,d'un seul mot1 tu re/itu]ais dans la caisse du b>on de ,nuc+5 les c9q c5t mille francs que tu y z pris4 ,puis1 en d*irant ta lettre de crdit1 t\te trace de crime s]ait anantie4 ,enf91 tu aurais de l'or flots4 ,tu ne crois gure ri51 n'e/-ce pas8 ,h bi56 si t\t cela arrive1 tu croiras au mo9s au diable4 --,si c'tait possible6 dit ,ca/ani] avec joie4 --,celui qui peut faire ceci1 rpondit l',anglais1 te l'affirme4 ,melmo? t5dit le bras au mom5t o ,ca/ani]1 madame de ,la ,g>de et lui se tr\vai5t sur le b\lev>d4 ,il tombait alors une pluie f9e1 le sol tait b\eux1 l'atmosphre tait paisse1 et le ciel tait noir4 ,aussitt que le bras de cet homme fut t5du1 le soleil illum9a ,p>is4 ,ca/ani] se vit1 en ple9 midi1 comme p> un beau j\r de juillet4 ,les arbres tai5t c\v]ts de feuilles1 et les ,p>isi5s endiman*s circulai5t en deux files joyeuses4 ,les m>*&s de coco criai5t3--,a boire1 la fra*e6 ,des quipages brillai5t en r\lant sur la *ausse4 ,le caissi] jeta un cri de t]reur4 ,a ce cri1 le b\lev>d r$ev9t humide et sombre4 ,madame de ,la ,g>de tait monte en voiture4 --,mais dp*e-toi donc1 mon ami1 lui dit-elle1 vi5s ou re/e4 ,vraim5t1 ce soir1 tu es ennuyeux comme la pluie qui tombe4 --,que faut-il faire8 dit ,ca/ani] ,melmo?4 --,veux-tu pr5dre ma place8 lui dem&a l',anglais4 --,oui4 --,eh6 bi51 je s]ai *ez toi dans quelques in/ants4 --,ah6 a1 ,ca/ani]1 tu n'es pas dans ton assiette ord9aire1 lui disait ,aquil9a4 ,tu mdites quelque mauvais c\p1 tu tais trop sombre et trop p5sif p5dant le spectacle4 ,mon *] ami1 te faut-il quelque *ose que je puisse te donn]8 ,p>le4 --,j'att5ds1 p\r savoir si tu m'aimes1 que n\s soyons arrivs la maison4 --,ce n'e/ pas la pe9e d'att5dre1 dit-elle en se jetant son c\1 ti5s6 ,elle l'embrassa =t passionnm5t en app>5ce en lui faisant de ces cajol]ies qui1 *ez ces sortes de cratures1 devi5n5t des *oses de mti]1 comme le sont les jeux de scne p\r des actrices4 --,d'o vi5t cette musique8 dit ,ca/ani]4 --,allons1 voil que tu ent5ds de la musique1 ma9t5ant4 --,de la musique cle/e6 reprit-il4 ,on dirait que les sons vi5n5t d'en haut4 --,comm5t1 toi qui m'z t\j\rs refus une baignoire aux ,itali5s1 s\s prtexte que tu ne p\vais pas s\ffrir la musique1 te voil mlomane1 cette heure6 ,mais tu es f\6 ta musique e/ dans ta cabo*e1 vieille b\le dtraque6 dit-elle en lui pr5ant la tte et la faisant r\l] sur son paule4 ,dis donc1 papa1 sont-ce les r\es de la voiture qui *ant5t8 --c\te donc1 ,naqui8 si les anges font de la musique au bon ,dieu1 ce ne peut tre que celle dont les accords m'entr5t p> t\s les pores autant que p> les oreilles1 et je ne sais comm5t t'en p>l]1 c'e/ suave comme de l'eau de miel6 --,mais c]ta9em5t on lui fait de la musique au bon ,dieu1 c> on reprs5te t\j\rs les anges avec des h>pes4 ,ma p>ole d'honneur1 il e/ f\1 se dit-elle en voyant ,ca/ani] dans l'attitude d'un mangeur d'opium en extase4 ,ils tai5t arrivs4 ,ca/ani]1 absorb p> t\t ce qu'il v5ait de voir et d'ent5dre1 ne sa*ant s'il devait croire ou d\t]1 allait comme un homme ivre1 priv de raison4 ,il se rveilla dans la *ambre d',aquil9a o il avait t port1 s\t5u p> sa matresse1 p> le porti] et p> ,j5ny1 c> il s'tait van\i en sortant de sa voiture4 --,mes amis1 mes amis1 il va v5ir1 dit-il en se plongeant p> un m\vem5t dsespr dans sa b]gre au co9 du feu4 ,en ce mom5t ,j5ny ent5dit la sonnette1 alla ouvrir1 et annona l',anglais en disant que c'tait un monsieur qui avait r5dez-v\s avec ,ca/ani]4 ,melmo? se montra s\da94 ,il se fit un gr& sil5ce4 ,il reg>da le porti]1 le porti] s'en alla4 ,il reg>da ,j5ny1 ,j5ny s'en alla4 --,madame1 dit ,melmo? la c\rtisane1 p]mettez-n\s de t]m9] une affaire qui ne s\ffre aucun ret>d4 ,il prit ,ca/ani] p> la ma91 et ,ca/ani] se leva4 ,t\s deux allr5t dans le salon sans lumire1 c> l'il de ,melmo? clairait les tnbres les plus paisses4 ,fasc9e p> le reg>d trange de l'inconnu1 ,aquil9a demeura sans =ce1 et incapable de song] son amant1 qu'elle croyait d'ailleurs enf]m *ez sa femme de *ambre1 t&is que1 surprise p> le prompt ret\r de ,ca/ani]1 ,j5ny l'avait ca* dans le cab9et de toilette1 comme dans la scne du drame j\ p\r ,melmo? et p\r sa victime4 ,la porte de l'app>tem5t se f]ma violemm5t1 et bi5tt ,ca/ani] rep>ut4 --,qu'z-tu8 lui cria sa matresse frappe d'horreur4 ,la physionomie du caissi] tait *ange4 ,son te9t r\ge avait fait place la pleur trange qui r5dait l'trang] s9i/re et froid4 ,ses yeux jetai5t un feu sombre qui blessait p> un clat insupportable4 ,son attitude de bonhomie tait dev5ue despotique et fire4 ,la c\rtisane tr\va ,ca/ani] maigri1 le front lui sembla maje/ueusem5t horrible1 et le dragon exhalait une influ5ce p\vantable qui pesait sur les autres comme une l\rde atmosphre4 ,aquil9a se s5tit p5dant un mom5t gne4 --,que s'e/-il pass en si peu de temps entre cet homme diabolique et toi8 dem&a-t-elle4 --,je lui ai v5du mon me4 ,je le s5s1 je ne suis plus le mme4 ,il m'a pris mon tre1 et m'a donn le si54 --,comm5t8 --,tu n'y compr5drais ri54 ,ha6 dit ,ca/ani] froidem5t1 il avait raison1 ce dmon6 ,je vois t\t et sais t\t4 ,tu me trompais4 ,ces mots glacr5t ,aquil9a4 ,ca/ani] alla dans le cab9et de toilette aprs avoir allum un b\geoir1 la pauvre fille /upfaite l'y suivit1 et son tonnem5t fut gr& lorsque ,ca/ani]1 ayant c>t les robes accro*es au porte-manteau1 dc\vrit le s\s-(fici]4 --,v5ez1 mon *]1 lui dit-il en pr5ant ,lon p> le b\ton de la r$+ote et l'am5ant dans la *ambre4 ,la ,pimontaise1 ple1 p]due1 tait alle se jet] dans son fauteuil4 ,ca/ani] s'assit sur la causeuse au co9 du feu1 et laissa l'amant d',aquil9a deb\t4 --,v\s tes anci5 militaire1 lui dit ,lon1 je suis prt v\s r5dre raison4 --,v\s tes un niais1 rpondit s*em5t ,ca/ani]4 ,je n'ai plus beso9 de me battre1 je puis tu] qui je veux d'un reg>d4 ,je vais v\s dire votre fait1 mon petit4 ,p\rquoi v\s tu]ais-je8 ,v\s avez sur le c\ une ligne r\ge que je vois4 ,la guillot9e v\s att5d4 ,oui1 v\s m\rrez en place de ,grve4 ,v\s app>t5ez au b\rreau1 ri5 ne peut v\s sauv]4 ,v\s faites p>tie d'une ,v5te de ,*>bonni]s4 ,v\s conspirez contre le g\v]nem5t4 --,tu ne me l'avais pas dit6 cria la ,pimontaise ,lon4 --,v\s ne savez donc pas1 dit le caissi] en cont9uant t\j\rs1 que le m9i/re a dcid ce mat9 de p\rsuivre votre association8 ,le procureur-gnral a pris vos noms4 ,v\s tes dnoncs p> des tratres4 ,on travaille en ce mom5t prp>] les lm5ts de votre acte d'accusation4 --,c'e/ donc toi qui l'z trahi8444 dit ,aquil9a qui p\ssa un rugissem5t de lionne et se leva p\r v5ir d*ir] ,ca/ani]4 --,tu me connais trop p\r le croire1 rpondit ,ca/ani] avec un sang-froid qui ptrifia sa matresse4 --,comm5t le sais-tu donc8 --,je l'ignorais avant d'all] dans le salon2 mais1 ma9t5ant1 je vois t\t1 je sais t\t1 je peux t\t4 ,le s\s-(fici] tait /upfait4 --,h6 bi51 sauve-le1 mon ami1 s'cria la fille en se jetant aux g5\x de ,ca/ani]4 ,sauvez-le1 puisque v\s p\vez t\t6 ,je v\s aim]ai1 je v\s ador]ai1 je s]ai votre esclave au lieu d'tre votre matresse4 ,je me v\]ai vos caprices les plus dsordonns1 tu f]as de moi t\t ce que tu v\dras4 ,oui1 je tr\v]ai plus que de l'am\r p\r v\s2 j'aurai le dv\em5t d'une fille p\r son pre1 jo9t celui d'une444 mais444 compr5ds donc1 ,rodolphe6 ,enf91 quelque viol5tes que soi5t mes passions1 je s]ai t\j\rs toi6 ,qu'e/-ce que je p\rrais dire p\r te t\*]8 ,j'inv5t]ai les plaisirs444 ,je444 ,mon ,dieu6 ti5s1 qu& tu v\dras quelque *ose de moi1 comme de me faire jet] p> la f5tre1 tu n'auras qu' me dire3--,lon6 je me prcipit]ais alors dans l'enf]1 j'accept]ais t\s les t\rm5ts1 t\tes les maladies1 t\s les *agr9s1 t\t ce que tu m'impos]ais6 ,ca/ani] re/a froid4 ,p\r t\te rponse1 il montra ,lon en disant avec un rire de dmon3--,la guillot9e l'att5d4 --,non1 il ne sortira pas d'ici1 je le sauv]ai1 s'cria-t-elle4 ,oui1 je tu]ai qui le t\*]a6 ,p\rquoi ne veux-tu pas le sauv]8 criait-elle d'une voix t9celante1 l'il en feu1 les *eveux p>s4 ,le peux-tu8 --,je puis t\t4 --,p\rquoi ne le sauves-tu pas8 --,p\rquoi8 cria ,ca/ani] dont la voix vibra jusque dans les plan*]s4 ,h6 je me v5ge6 ,c'e/ mon mti] de mal faire4 --,m\rir1 reprit ,aquil9a1 lui1 mon amant1 e/-ce possible8 ,elle bondit jusqu' sa commode1 y saisit un /ylet qui tait dans une corbeille1 et v9t ,ca/ani] qui se mit rire4 --,tu sais bi5 que le f] ne peut plus m'atte9dre4 ,le bras d',aquil9a se dt5dit comme une corde de h>pe subitem5t c\pe4 --,sortez1 mon *] ami1 dit le caissi] en se ret\rnant v]s le s\s-(fici]2 allez vos affaires4 ,il t5dit la ma91 et le militaire fut oblig d'obir la =ce suprieure que dployait ,ca/ani]4 --,je suis ici *ez moi1 je p\rrais envoy] *]*] le commissaire de police et lui livr] un homme qui s'introduit dans mon domicile1 je prfre v\s r5dre la lib]t3 je suis un dmon1 je ne suis pas un espion4 --,je le suivrai1 dit ,aquil9a4 --,suis-le1 dit ,ca/ani]4 ,j5ny8444 ,j5ny p>ut4 --,envoyez le porti] leur *]*] un fiacre4 --,ti5s1 ,naqui1 dit ,ca/ani] en tirant de sa po*e un paquet de billets de banque1 tu ne quitt]as pas1 comme une misrable1 un homme qui t'aime encore4 ,il lui t5dit trois c5t mille francs1 ,aquil9a les prit1 les jeta p> t]re1 cra*a dessus en les pit9ant avec la rage du dsespoir1 en lui disant3--,n\s sortirons t\s deux pi$1 sans un s\ de toi4 ,re/e1 ,j5ny4 --,bonsoir6 reprit le caissi] en ramassant son arg5t4 ,moi1 je suis rev5u de voyage4--,j5ny1 dit-il en reg>dant la femme de *ambre bahie1 tu me p>ais bonne fille4 ,te voil sans matresse1 vi5s ici8 p\r ce soir1 tu auras un matre4 ,aquil9a1 se dfiant de t\t1 s'en alla promptem5t avec le s\s-(fici] *ez une de ses amies4 ,mais ,lon tait l'objet des s\pons de la police1 qui le faisait suivre p>t\t o il allait4 ,aussi fut-il arrt quelque temps aprs1 avec ses trois amis1 comme le dir5t les j\rnaux du temps4 ,le caissi] se s5tit *ang compltem5t au moral comme au physique4 ,le ,ca/ani]1 t\r t\r enfant1 jeune1 am\reux1 militaire1 c\rageux1 tromp1 m>i1 dsillusionn1 caissi]1 passionn1 crim9el p> am\r1 n'exi/ait plus4 ,sa =me intrieure avait clat4 ,en un mom5t1 son crne s'tait l>gi1 ses s5s avai5t gr&i4 ,sa p5se embrassa le monde1 il en vit les *oses comme s'il et t plac une hauteur prodigieuse4 ,avant d'all] au spectacle1 il pr\vait p\r ,aquil9a la passion la plus ins5se1 plutt que de r5onc] elle il aurait f]m les yeux sur ses infidlits1 ce s5tim5t aveugle s'tait dissip comme une nue se fond s\s les rayons du soleil4 ,heureuse de succd] sa matresse1 et d'en possd] la =tune1 ,j5ny fit t\t ce que v\lait le caissi]4 ,mais ,ca/ani]1 qui avait le p\voir de lire dans les mes1 dc\vrit le motif vritable de ce dv\em5t purem5t physique4 ,aussi s'amusa-t-il de cette fille avec la malicieuse avidit d'un enfant qui1 aprs avoir exprim le jus d'une c]ise1 en lance le noyau4 ,le l5dema91 au mom5t o1 p5dant le djeun]1 elle se croyait dame et matresse au logis1 ,ca/ani] lui rpta mot mot1 p5se p5se1 ce qu'elle se disait elle-mme1 en buvant son caf4 --,sais-tu ce que tu p5ses1 ma petite8 lui dit-il en s\riant1 le voici3 ,ces beaux meubles en bois de paliss&re que je dsirais tant1 et ces belles robes que j'essayais1 sont donc moi6 ,il ne m'en a cot que des btises que madame lui refusait1 je ne sais pas p\rquoi4 ,ma foi1 p\r all] en c>rosse1 avoir des p>ures1 tre au spectacle dans une loge1 et me faire des r5tes1 je lui donn]ais bi5 des plaisirs l'en faire crev]1 s'il n'tait pas =t comme un ,turc4 ,je n'ai jamais vu d'homme p>eil6--,e/-ce bi5 cela8 reprit-il d'une voix qui fit plir ,j5ny4 ,eh6 bi51 oui1 ma fille1 tu n'y ti5drais pas1 et c'e/ p\r ton bi5 que je te r5voie1 tu prirais la pe9e4 ,allons1 quittons-n\s bons amis4 ,et il la congdia froidem5t en lui donnant une =t lgre somme4 ,le premi] usage que ,ca/ani] s'tait promis de faire du t]rible p\voir qu'il v5ait d'a*et]1 au prix de son t]nit bi5heureuse1 tait la satisfaction ple9e et entire de ses gts4 ,aprs avoir mis ordre ses affaires1 et r5du facilem5t ses comptes monsieur de ,nuc+5 qui lui donna p\r successeur un bon ,allem&1 il v\lut une bac*anale digne des beaux j\rs de l'empire roma91 et s'y plongea dsesprm5t comme ,bal?az> son d]ni] fe/94 ,mais1 comme ,bal?az>1 il vit di/9ctivem5t une ma9 ple9e de lumire qui lui traa son arrt au milieu de ses joies1 non pas sur les murs troits d'une salle1 mais sur les p>ois imm5ses o se dess9e l'arc-en-ciel4 ,son fe/9 ne fut pas en effet une orgie circonscrite aux bornes d'un banquet1 ce fut une dissipation de t\tes les =ces et de t\tes les j\issances4 ,la table tait en quelque sorte la t]re mme qu'il s5tait trembl] s\s ses pi$s4 ,ce fut la d]nire fte d'un dissipateur qui ne mnage plus ri54 ,en puisant ple9es ma9s dans le trsor des volupts huma9es dont la clef lui avait t remise p> le ,dmon1 il en atteignit promptem5t le fond4 ,cette norme puissance1 en un in/ant apprh5de1 fut en un in/ant ex]ce1 juge1 ue4 ,ce qui tait t\t1 ne fut ri54 ,il arrive s\v5t que la possession tue les plus imm5ses pomes du dsir1 aux rves duquel l'objet possd rpond r>em5t4 ,ce tri/e dnom5t de quelques passions tait celui que ca*ait l'omnipot5ce de ,melmo?4 ,l'inanit de la nature huma9e fut s\da9 rvle son successeur1 auquel la suprme puissance apporta le nant p\r dot4 ,af9 de bi5 compr5dre la situation biz>re dans laquelle se tr\va ,ca/ani]1 il faudrait p\voir en apprci] p> la p5se les rapides rvolutions1 et concevoir combi5 elles eur5t peu de dure1 ce dont il e/ difficile de donn] une ide ceux qui re/5t emprisonns p> les lois du temps1 de l'espace et des di/ances4 ,ses facults agr&ies avai5t *ang les rapports qui exi/ai5t aup>avant entre le monde et lui4 ,comme ,melmo?1 ,ca/ani] p\vait en quelques in/ants tre dans les riantes valles de l',h9d\/an1 pass] sur les ailes des dmons trav]s les ds]ts de l',afrique1 et gliss] sur les m]s4 ,de mme que sa lucidit lui faisait t\t pntr] l'in/ant o sa vue se portait sur un objet matriel ou dans la p5se d'autrui1 de mme sa langue happait p\r a9si dire t\tes les saveurs d'un c\p4 ,son plaisir ressemblait au c\p de ha*e du despotisme1 qui abat l'arbre p\r en avoir les fruits4 ,les transitions1 les alt]natives qui mesur5t la joie1 la s\ffrance1 et v>i5t t\tes les j\issances huma9es1 n'exi/ai5t plus p\r lui4 ,son palais1 dev5u s5sitif outre mesure1 s'tait blas t\t c\p en se rassasiant de t\t4 ,les femmes et la bonne *re fur5t deux plaisirs si compltem5t ass\vis1 du mom5t o il put les gt] de manire se tr\v] au del du plaisir1 qu'il n'eut plus envie ni de mang]1 ni d'aim]4 ,se sa*ant matre de t\tes les femmes qu'il s\hait]ait1 et se sa*ant arm d'une =ce qui ne devait jamais faillir1 il ne v\lait plus de femmes2 en les tr\vant p> avance s\mises ses caprices les plus dsordonns1 il se s5tait une horrible soif d'am\r1 et les dsirait plus aimantes qu'elles ne p\vai5t l'tre4 ,mais la seule *ose que lui refusait le monde1 c'tait la foi1 la prire1 ces deux onctueuses et consolantes am\rs4 ,on lui obissait4 ,ce fut un horrible tat4 ,les torr5ts de d\leurs1 de plaisirs et de p5ses qui sec\ai5t son corps et son me euss5t emport la crature huma9e la plus =te2 mais il y avait en lui une puissance de vie proportionne la vigueur des s5sations qui l'assaillai5t4 ,il s5tit en d$ans de lui quelque *ose d'imm5se que la t]re ne satisfaisait plus4 ,il passait la j\rne t5dre ses ailes1 v\loir trav]s] les sphres lum9euses dont il avait une intuition nette et dsesprante4 ,il se dess*a intrieurem5t1 c> il eut soif et faim de *oses qui ne se buvai5t ni ne se mangeai5t1 mais qui l'attirai5t irrsi/iblem5t4 ,ses lvres dev9r5t ard5tes de dsir1 comme l'tai5t celles de ,melmo?1 et il haletait aprs l',,inconnu1 c> il connaissait t\t4 ,en voyant le pr9cipe et le mcanisme du monde1 il n'en admirait plus les rsultats1 et manife/a bi5tt ce dda9 pr(ond qui r5d l'homme suprieur semblable un sph9x qui sait t\t1 voit t\t1 et g>de une sil5cieuse immobilit4 ,il ne se s5tait pas la mo9dre vellx de communiqu] sa sci5ce aux autres hommes4 ,ri*e de t\te la t]re1 et p\vant la fran*ir d'un bond1 la ri*esse et le p\voir ne signifir5t plus ri5 p\r lui4 ,il pr\vait cette horrible mlancolie de la suprme puissance laquelle ,satan et ,dieu ne remdi5t que p> une activit dont le secret n'app>ti5t qu' eux4 ,ca/ani] n'avait pas1 comme son matre1 l'inext+uible puissance de har et de mal faire2 il se s5tait dmon1 mais dmon v5ir1 t&is que ,satan e/ dmon p\r l't]nit2 ri5 ne le peut ra*et]1 il le sait1 et alors il se plat remu] avec sa triple f\r*e les mondes comme un fumi]1 en y tracassant les desse9s de ,dieu4 ,p\r son malheur1 ,ca/ani] cons]vait une esprance4 ,a9si t\t c\p1 en un mom5t1 il put all] d'un ple l'autre1 comme un oiseau vole dsesprm5t entre les deux cts de sa cage2 mais1 aprs avoir fait ce bond1 comme l'oiseau1 il vit des espaces imm5ses4 ,il eut de l'inf9i une vision qui ne lui p]mit plus de considr] les *oses huma9es comme les autres hommes les considr5t4 ,les ins5ss qui s\hait5t la puissance des dmons1 la jug5t avec leurs ides d'hommes1 sans prvoir qu'ils endoss]ont les ides du dmon en pr5ant son p\voir1 qu'ils re/]ont hommes et au milieu d'tres qui ne peuv5t plus les compr5dre4 ,le ,nron 9dit qui rve de faire brl] ,p>is p\r sa di/raction1 comme on donne au ?tre le spectacle fictif d'un inc5die1 ne se d\te pas que ,p>is devi5dra p\r lui ce qu'e/ p\r un voyageur press la f\rmilire qui borde un *em94 ,les sci5ces fur5t p\r ,ca/ani] ce qu'e/ un logogriphe p\r celui qui en sait le mot4 ,les rois1 les g\v]nem5ts lui faisai5t piti4 ,sa gr&e dbau*e fut donc1 en quelque sorte un dplorable adieu sa condition d'homme4 ,il se s5tit l'troit sur la t]re1 c> son inf]nale puissance le faisait assi/] au spectacle de la cration dont il entrevoyait les causes et la f94 ,en se voyant exclus de ce que les hommes ont nomm le ciel dans t\s leurs langages1 il ne p\vait plus p5s] qu'au ciel4 ,il comprit alors le dess*em5t intrieur exprim sur la face de son prdcesseur1 il mesura l't5due de ce reg>d allum p> un espoir t\j\rs trahi1 il pr\va la soif qui brlait cette lvre r\ge1 et les angoisses d'un combat p]ptuel entre deux natures agr&ies4 ,il p\vait tre encore un ange1 il se tr\vait un dmon4 ,il ressemblait la suave crature emprisonne p> le mauvais v\loir d'un en*anteur dans un corps dif=me1 et qui1 prise s\s la clo*e d'un pacte1 avait beso9 de la volont d'autrui p\r bris] une dte/able enveloppe dte/e4 ,de mme que l'homme vraim5t gr& n'en a que plus d'ardeur *]*] l'inf9i du s5tim5t dans un cur de femme1 aprs une dception2 de mme ,ca/ani] se tr\va t\t c\p s\s le poids d'une seule ide1 ide qui peut-tre tait la clef des mondes suprieurs4 ,p> cela seul qu'il avait r5onc son t]nit bi5heureuse1 il ne p5sait plus qu' l'av5ir de ceux qui pri5t et qui croi5t4 ,qu&1 au sortir de la dbau*e o il prit possession de son p\voir1 il s5tit l'tre9te de ce s5tim5t1 il connut les d\leurs que les potes sacrs1 les aptres et les gr&s oracles de la foi n\s ont dpe9tes en des t]mes si gigantesques4 ,h>ponn p> l'pe flamboyante de laquelle il s5tait la po9te dans ses re9s1 il c\rut *ez ,melmo?1 af9 de voir ce qu'il adv5ait de son prdcesseur4 ,l',anglais demeurait rue ,fr\1 prs ,sa9t-,sulpice1 dans un htel sombre1 noir1 humide et froid4 ,cette rue1 ouv]te au nord1 comme t\tes celles qui tomb5t p]p5diculairem5t sur la rive gau*e de la ,se9e1 e/ une des rues les plus tri/es de ,p>is1 et son c>actre ragit sur les maisons qui la bord5t4 ,qu& ,ca/ani] fut sur le seuil de la porte1 il la vit t5due de noir1 la vote tait galem5t drape4 ,s\s cette vote1 clatai5t les lumires d'une *apelle ard5te4 ,on y avait lev un cnotaphe temporaire1 de *aque ct duquel se t5ait un prtre4 --,il ne faut pas dem&] monsieur p\rquoi il vi5t1 dit ,ca/ani] une vieille portire1 v\s ressemblez trop ce pauvre *] dfunt4 ,si donc v\s tes son frre1 v\s arrivez trop t>d p\r lui dire adieu4 ,ce brave g5tilhomme e/ mort avant-hi] dans la nuit4 --,comm5t e/-il mort8 dem&a ,ca/ani] l'un des prtres4 --,soyez heureux1 lui rpondit un vieux prtre en s\levant un ct des draps noirs qui =mai5t la *apelle4 ,ca/ani] vit une de ces figures que la foi r5d sublimes et p> les pores de laquelle l'me semble sortir p\r rayonn] sur les autres hommes et les *auff] p> les s5tim5ts d'une *>it p]si/ante4 ,cet homme tait le confesseur de sir ,john ,melmo?4 --,monsieur votre frre1 dit le prtre en cont9uant1 a fait une f9 digne d'envie1 et qui a d rj\ir les anges4 ,v\s savez quelle joie rp& dans les cieux la conv]sion d'une me p*]esse4 ,les pleurs de son rep5tir excits p> la grce ont c\l sans t>ir1 la mort seule a pu les arrt]4 ,l',esprit sa9t tait en lui4 ,ses p>oles ard5tes et vives ont t dignes du ,roi prophte4 ,si jamais1 dans le c\rs de ma vie1 je n'ai ent5du de confession plus horrible que celle de ce g5tilhomme irl&ais1 jamais aussi n'ai-je ent5du de prires plus enflammes4 ,quelque gr&es qu'ai5t t ses fautes1 son rep5tir en a combl l'abme en un mom5t4 ,la ma9 de ,dieu s'e/ visiblem5t t5due sur lui1 c> il ne ressemblait plus lui-mme1 tant il e/ dev5u sa9tem5t beau4 ,ses yeux si rigides se sont ad\cis dans les pleurs4 ,sa voix si vibrante1 et qui effrayait1 a pris la grce et la mollesse qui di/+u5t les p>oles des g5s humilis4 ,il difiait tellem5t les auditeurs p> ses disc\rs1 que les p]sonnes attires p> le spectacle de cette mort *rti5ne1 se mettai5t g5\x en c\tant glorifi] ,dieu1 p>l] de ses gr&eurs inf9ies1 et racont] les *oses du ciel4 ,s'il ne laisse ri5 sa famille1 il lui a c]tes acquis le plus gr& bi5 que les familles puiss5t possd]1 une me sa9te qui veill]a sur v\s t\s1 et v\s conduira dans la bonne voie4 ,ces p>oles produisir5t un effet si viol5t sur ,ca/ani] qu'il sortit brusquem5t et m>*a v]s l'glise de ,sa9t-,sulpice en obissant une sorte de fatalit1 le rep5tir de ,melmo? l'avait abas\rdi4 ,v]s cette poque1 un homme clbre p> son loqu5ce faisait1 le mat91 c]ta9s j\rs1 des confr5ces qui avai5t p\r b de dmontr] les vrits de la religion ca?olique la jeunesse de ce sicle proclame p> une autre voix non mo9s loqu5te1 indiffr5te en matire de foi4 ,la confr5ce devait faire place l'ent]rem5t de l',irl&ais4 ,ca/ani] arriva prcism5t au mom5t o le prdicateur allait rsum] avec cette onction gracieuse1 avec cette pntrante p>ole qui l'ont illu/r1 les preuves de notre heureux av5ir4 ,l'anci5 dragon1 s\s la peau duquel s'tait gliss le dmon1 se tr\vait dans les conditions v\lues p\r recevoir fructueusem5t la sem5ce des p>oles div9es comm5tes p> le prtre4 ,en effet1 s'il e/ un phnomne con/at1 n'e/-ce pas le phnomne moral que le peuple a nomm la foi du *>bonni]8 ,la =ce de la croyance se tr\ve en raison directe du plus ou mo9s d'usage que l'homme a fait de sa raison4 ,les g5s simples et les soldats sont de ce nombre4 ,ceux qui ont m>* dans la vie s\s la bannire de l'in/9ct1 sont beauc\p plus propres recevoir la lumire que ceux dont l'esprit et le cur se sont lasss dans les subtilits du monde4 ,depuis l'ge de seize ans1 jusqu' prs de qu>ante ans1 ,ca/ani]1 homme du midi1 avait suivi le drapeau franais4 ,simple cavali]1 oblig de se battre le j\r1 la veille et le l5dema91 il devait p5s] son *eval avant de song] lui-mme4 ,p5dant son appr5tissage militaire1 il avait donc eu peu d'heures p\r rfl*ir l'av5ir de l'homme4 ,(fici]1 il s'tait occup de ses soldats1 et il avait t entran de *amp de bataille en *amp de bataille1 sans avoir jamais song au l5dema9 de la mort4 ,la vie militaire exige peu d'ides4 ,les g5s incapables de s'lev] ces hautes comb9aisons qui embrass5t les intrts de nation nation1 les plans de la politique aussi bi5 que les plans de campagne1 la sci5ce du tactici5 et celle de l'adm9i/rateur1 ceux-l viv5t dans un tat d'ignorance comp>able celle du paysan le plus grossi] de la prov9ce la mo9s avance de ,france4 ,ils vont en avant1 obiss5t passivem5t l'me qui les comm&e1 et tu5t les hommes devant eux1 comme le b*]on abat des arbres dans une =t4 ,ils pass5t cont9uellem5t d'un tat viol5t qui exige le dploiem5t des =ces physiques un tat de repos1 p5dant lequel ils rp>5t leurs p]tes4 ,ils frapp5t et boiv5t1 ils frapp5t et mang5t1 ils frapp5t et dorm5t1 p\r mieux frapp] encore4 ,a ce tra9 de t\rbillon1 les qualits de l'esprit s'ex]c5t peu4 ,le moral demeure dans sa simplicit naturelle4 ,qu& ces hommes1 si n]giques sur le *amp de bataille1 revi5n5t au milieu de la civilisation1 la plup>t de ceux qui sont demeurs dans les grades infrieurs1 se montr5t sans ides acquises1 sans facults1 sans porte4 ,aussi la jeune gnration s'e/-elle tonne de voir ces membres de nos glorieuses et t]ribles armes1 aussi nuls d'intellig5ce que peut l'tre un commis1 et simples comme des enfants4 ,a pe9e un capita9e de la f\droyante g>de impriale e/-il propre faire les quittances d'un j\rnal4 ,qu& les vieux soldats sont a9si1 leur me vi]ge de raisonnem5t obx aux gr&es impulsions4 ,le crime commis p> ,ca/ani] tait un de ces faits qui s\lv5t tant de que/ions que1 p\r le discut]1 le morali/e aurait dem& la division p\r employ] une expression du langage p>lem5taire4 ,ce crime avait t conseill p> la passion1 p> une de ces sorcell]ies fm99es si cruellem5t irrsi/ibles que nul homme ne peut dire3,je ne f]ai jamais cela1 ds qu'une sirne e/ admise dans la lutte et y dploi]a ses halluc9ations4 ,la p>ole de vie tomba donc sur une consci5ce neuve aux vrits religieuses que la ,rvolution franaise et la vie militaire avai5t fait nglig] ,ca/ani]4 ,ce mot t]rible3 ,v\s s]ez heureux ou malheureux p5dant l't]nit6 le frappa d'autant plus violemm5t qu'il avait fatigu la t]re1 qu'il l'avait sec\e comme un arbre sans fruit1 et que1 dans l'omnipot5ce de ses dsirs1 il suffisait qu'un po9t de la t]re ou du ciel lui ft int]dit1 p\r qu'il s'en occupt4 ,s'il tait p]mis de comp>] de si gr&es *oses aux niais]ies sociales1 il ressemblait ces banqui]s ri*es de plusieurs millions qui ri5 ne rsi/e dans la socit2 mais qui n'tant pas admis aux c]cles de la noblesse1 ont p\r ide fixe de s'y agrg]1 et ne compt5t p\r ri5 t\s les privilges sociaux acquis p> eux1 du mom5t o il leur en manque un4 ,cet homme plus puissant que ne l'tai5t les rois de la t]re runis1 cet homme qui p\vait1 comme ,satan1 lutt] avec ,dieu lui-mme1 app>ut appuy contre un des pili]s de l'glise ,sa9t-,sulpice1 c\rb s\s le poids d'un s5tim5t1 et s'absorba dans une ide d'av5ir1 comme ,melmo? s'y tait abm lui-mme4 --,il e/ bi5 heureux1 lui6 s'cria ,ca/ani]1 il e/ mort avec la c]titude d'all] au ciel4 ,en un mom5t1 il s'tait opr le plus gr& *angem5t dans les ides du caissi]4 ,aprs avoir t le dmon p5dant quelques j\rs1 il n'tait plus qu'un homme1 image de la *ute primitive consacre dans t\tes les cosmogonies4 ,mais1 en r$ev5ant petit p> la =me1 il avait acquis une cause de gr&eur1 il s'tait tremp dans l'inf9i4 ,la puissance inf]nale lui avait rvl la puissance div9e4 ,il avait plus soif du ciel qu'il n'avait eu faim des volupts t]re/res si promptem5t puises4 ,les j\issances que promet le dmon ne sont que celles de la t]re agr&ies1 t&is que les volupts cle/es sont sans bornes4 ,cet homme crut en ,dieu4 ,la p>ole qui lui livrait les trsors du monde ne fut plus ri5 p\r lui1 et ces trsors lui semblr5t aussi mprisables que le sont les caill\x aux yeux de ceux qui aim5t les diamants2 c> il les voyait comme de la v]rot]ie1 en comp>aison des beauts t]nelles de l'autre vie4 ,p\r lui1 le bi5 prov5ant de cette s\rce tait maudit4 ,il re/a plong dans un abme de tnbres et de p5ses lugubres en c\tant le s]vice fait p\r ,melmo?4 ,le ,dies ir l'p\vanta4 ,il comprit1 dans t\te sa gr&eur1 ce cri de l'me rep5tante qui tressaille devant la maje/ div9e4 ,il fut t\t c\p dvor p> l',esprit sa9t1 comme le feu dvore la paille4 ,des l>mes c\lr5t de ses yeux4 --,v\s tes un p>5t du mort8 lui dit le b$eau4 --,son hriti]1 rpondit ,ca/ani]4 --,p\r les frais du culte1 lui cria le suisse4 --,non1 dit le caissi] qui ne v\lut pas donn] l'glise l'arg5t du dmon4 --,p\r les pauvres4 --,non4 --,p\r les rp>ations de l'glise4 --,non4 --,p\r la *apelle de la ,vi]ge4 --,non4 --,p\r le sm9aire4 --,non4 ,ca/ani] se retira1 p\r ne pas tre en butte aux reg>ds irrits de plusieurs g5s de l'glise4--,p\rquoi1 se dit-il en contemplant ,sa9t-,sulpice1 p\rquoi les hommes aurai5t-ils bti ces ca?drales gigantesques que j'ai vues en t\t pays8 ,ce s5tim5t p>tag p> les masses1 dans t\s les temps1 s'appuie ncessairem5t sur quelque *ose4 --,tu appelles ,dieu quelque *ose8 lui disait sa consci5ce1 ,dieu6 ,dieu6 ,dieu6 ,ce mot rpt p> une voix intrieure l'crasait1 mais ses s5sations de t]reur fur5t ad\cies p> les lo9ta9s accords de la musique dlicieuse qu'il avait ent5due dj vaguem5t4 ,il attribua cette h>monie aux *ants de l'glise1 il en mesurait le portail4 ,mais il s'ap]ut1 en prtant att5tivem5t l'oreille1 que les sons arrivai5t lui de t\s cts2 il reg>da dans la place1 et n'y vit po9t de musici5s4 ,si cette mlodie apportait dans l'me les posies bleues et les lo9ta9es lumires de l'esprance1 elle donnait aussi plus d'activit aux remords dont tait travaill le damn qui s'en alla dans ,p>is1 comme vont les g5s accabls de d\leurs4 ,il reg>dait t\t sans ri5 voir1 il m>*ait au has>d la manire des flneurs2 il s'arrtait sans motif1 se p>lait lui-mme1 et ne se ft pas drang p\r vit] le c\p d'une plan*e ou la r\e d'une voiture4 ,le rep5tir le livrait ins5siblem5t cette grce qui broie t\t la fois d\cem5t et t]riblem5t le cur4 ,il eut bi5tt dans la physionomie1 comme ,melmo?1 quelque *ose de gr&1 mais de di/rait2 une froide expression de tri/esse1 semblable celle de l'homme au dsespoir1 et l'avidit haletante que donne l'esprance2 puis1 p>-dessus t\t1 il fut en proie au dgt de t\s les bi5s de ce bas monde4 ,son reg>d effrayant de cl>t ca*ait les plus humbles prires4 ,il s\ffrait en raison de sa puissance4 ,son me violemm5t agite faisait pli] son corps1 comme un v5t imptueux ploie de hauts sap9s4 ,comme son prdcesseur1 il ne p\vait pas se refus] vivre1 c> il ne v\lait pas m\rir s\s le j\g de l'enf]4 ,son supplice lui dev9t insupportable4 ,enf91 un mat91 il songea que ,melmo? le bi5heureux lui avait propos de pr5dre sa place1 et qu'il avait accept2 que1 sans d\te1 d'autres hommes p\rrai5t l'imit]2 et que1 dans une poque dont la fatale indiffr5ce en matire de religion tait proclame p> les hriti]s de l'loqu5ce des ,pres de l'glise1 il devait r5contr] facilem5t un homme qui se s\mt aux clauses de ce contrat p\r en ex]c] les avantages4 --,il e/ un endroit o l'on cote ce que val5t les rois1 o l'on s\pse les peuples1 o l'on juge les sy/mes1 o les g\v]nem5ts sont rapports la mesure de l'cu de c5t s\s1 o les ides1 les croyances sont *iffres1 o t\t s'escompte1 o ,dieu mme emprunte et donne en g>antie ses rev5us d'mes1 c> le pape y a son compte c\rant4 ,si je puis tr\v] une me ngoci]1 n'e/-ce pas l4 ,ca/ani] alla joyeux la ,b\rse1 en p5sant qu'il p\rrait trafiqu] d'une me comme on y comm]ce des fonds publics4 ,un homme ord9aire aurait eu peur qu'on ne s'y moqut de lui2 mais ,ca/ani] savait p> expri5ce que t\t e/ srieux p\r l'homme au dsespoir4 ,semblable au condamn mort qui c\t]ait un f\ s'il v5ait lui dire qu'en prononant d'absurdes p>oles il p\rrait s'envol] trav]s la s]rure de sa porte1 celui qui s\ffre e/ crdule et n'ab&onne une ide que qu& elle a failli1 comme la bran*e qui a cass s\s la ma9 du nageur entran4 ,v]s quatre heures ,ca/ani] p>ut dans les gr\pes qui se =mai5t aprs la f]meture du c\rs des effets publics1 et o se faisai5t alors les ngociations des effets p>ticuli]s et des affaires purem5t comm]ciales4 ,il tait connu de quelques ngociants1 et p\vait1 en feignant de *]*] quelqu'un1 c\t] les bruits qui c\rai5t sur les g5s emb>rasss4 --,plus s\v5t1 mon petit1 que je te ngoci]ai du ,clap>on et compagnie6 ,ils ont laiss remport] p> le g>on de la ,banque les effets de leur paiem5t ce mat91 dit un gros banqui]1 dans son langage sans faon4 ,si tu en z1 g>de-le4 ,ce ,clap>on tait dans la c\r1 en gr&e confr5ce avec un homme connu p\r faire des escomptes usuraires4 ,aussitt ,ca/ani] se dirigea v]s l'endroit o se tr\vait ,clap>on1 ngociant connu p\r has>d] de gr&s c\ps qui p\vai5t aussi bi5 le ru9] que l'enri*ir4 ,qu& ,clap>on fut abord p> ,ca/ani]1 le m>*& d'arg5t v5ait de le quitt]1 et le spculateur avait laiss *app] un ge/e de dsespoir4 --,eh6 bi51 ,clap>on1 n\s avons c5t mille francs pay] la ,banque1 et voil quatre heures3 cela se sait1 et n\s n'avons plus le temps d'arrang] notre petite faillite1 lui dit ,ca/ani]4 --,monsieur6 --,p>lez plus bas1 rpondit le caissi]2 si je v\s proposais une affaire o v\s p\rriez ramass] autant d'or que v\s en v\driez444 --,elle ne pai]ait pas mes dettes1 c> je ne connais pas d'affaire qui ne veuille un temps de cuisson4 --,je connais une affaire qui v\s les f]ait pay] en un mom5t1 reprit ,ca/ani]1 mais qui v\s oblig]ait 444 --,a quoi8 --,a v5dre votre "p du p>adis4 ,n'e/-ce pas une affaire comme une autre8 ,n\s sommes t\s actionnaires dans la gr&e entreprise de l't]nit4 --,savez-v\s que je suis homme v\s s\fflet]8444 dit ,clap>on irrit1 il n'e/ pas p]mis de faire de sottes plaisant]ies un homme dans le malheur4 --,je p>le srieusem5t1 rpondit ,ca/ani] en pr5ant dans sa po*e un paquet de billets de banque4 --,d'abord1 dit ,clap>on1 je ne v5drais pas mon me au diable p\r une misre4 ,j'ai beso9 de c9q c5t mille francs p\r all]444 --,qui v\s p>le de ls9]8 reprit brusquem5t ,ca/ani]4 ,v\s auriez plus d'or que ne peuv5t cont5ir les caves de la ,banque4 ,il t5dit une masse de billets qui dcida le spculateur4 --,fait6 dit ,clap>on4 ,mais comm5t s'y pr5dre8 --,v5ez l-bas1 l'endroit o il n'y a p]sonne1 rpondit ,ca/ani] en montrant un co9 de la c\r4 ,clap>on et son t5tateur *angr5t quelques p>oles1 *acun le visage t\rn contre le mur4 ,aucune des p]sonnes qui les avai5t rem>qus ne dev9a l'objet de cet a p>te1 quoiqu'elles fuss5t assez vivem5t intrigues p> la biz>r]ie des ge/es que fir5t les deux p>ties contractantes4 ,qu& ,ca/ani] rev9t1 une clameur d'tonnem5t *appa aux b\rsi]s4 ,comme dans les assembles franaises o le mo9dre vnem5t di/rait aussitt1 t\s les visages se t\rnr5t v]s les deux hommes qui excitai5t cette rumeur1 et l'on ne vit pas sans une sorte d'effroi le *angem5t opr *ez eux4 ,a la ,b\rse1 *acun se promne en causant1 et t\s ceux qui compos5t la f\le se sont bi5tt reconnus et obs]vs1 c> la ,b\rse e/ comme une gr&e table de b\illotte o les habiles sav5t dev9] le jeu d'un homme et l'tat de sa caisse d'aprs sa physionomie4 ,*acun avait donc rem>qu la figure de ,clap>on et celle de ,ca/ani]4 ,celui-ci1 comme l',irl&ais1 tait n]veux et puissant1 ses yeux brillai5t1 sa c>nation avait de la vigueur4 ,*acun s'tait m]veill de cette figure maje/ueusem5t t]rible en se dem&ant o ce bon ,ca/ani] l'avait prise2 mais ,ca/ani]1 dp\ill de son p\voir1 app>aissait fan1 rid1 vieilli1 dbile4 ,il tait1 en entranant ,clap>on1 comme un malade en proie un accs de fivre1 ou comme un ?riaki dans le mom5t d'exaltation que lui donne l'opium2 mais en rev5ant1 il tait dans l'tat d'abattem5t qui suit la fivre1 et p5dant lequel les malades expir5t1 ou il tait dans l'affreuse pro/ration que caus5t les j\issances excessives du n>cotisme4 ,l'esprit inf]nal qui lui avait fait support] ses gr&es dbau*es tait disp>u2 le corps se tr\vait seul1 puis1 sans sec\rs1 sans appui contre les assauts des remords et le poids d'un vrai rep5tir4 ,clap>on1 de qui *acun avait dev9 les angoisses1 rep>aissait au contraire avec des yeux clatants et portait sur son visage la fi]t de ,lucif]4 ,la faillite avait pass d'un visage sur l'autre4 --,allez crev] en paix1 mon vieux1 dit ,clap>on ,ca/ani]4 --,p> grce1 envoyez-moi *]*] une voiture et un prtre1 le vicaire de ,sa9t-,sulpice1 lui rpondit l'anci5 dragon en s'asseyant sur une borne4 ,ce mot3 ,un prtre6 fut ent5du p> plusieurs p]sonnes1 et fit natre un br\haha gogu5>d que p\ssr5t les b\rsi]s1 t\s g5s qui rs]v5t leur foi p\r croire qu'un *iffon de papi]1 nomm une inscription1 vaut un doma9e4 ,le ,gr&-,livre e/ leur ,bible4 --,aurai-je le temps de me rep5tir8 se dit ,ca/ani] d'une voix lam5table qui frappa ,clap>on4 ,un fiacre emporta le moribond4 ,le spculateur alla promptem5t pay] ses effets la ,banque4 ,l'impression produite p> le s\da9 *angem5t de physionomie de ces deux hommes fut efface dans la f\le comme un sillon de vaisseau s'efface sur la m]4 ,une n\velle de la plus haute importance excita l'att5tion du monde ngociant4 ,a cette heure o t\s les intrts sont en jeu1 ,mose1 en p>aissant avec ses deux cornes lum9euses obti5drait pe9e les honneurs d'un calemb\r1 et s]ait ni p> les g5s en tra9 de faire des reports4 ,lorsque ,clap>on eut pay ses effets1 la peur le prit4 ,il fut conva9cu de son p\voir1 rev9t la ,b\rse et (frit son m>* aux g5s emb>rasss4 ,l'inscription sur le gr&-livre de l'enf]1 et les droits atta*s la j\issance d'icelle1 mot d'un notaire que se sub/itua ,clap>on1 fut a*ete sept c5t mille francs4 ,le notaire rev5dit le trait du diable c9q c5t mille francs un entrepr5eur en btim5t1 qui s'en db>rassa p\r c5t mille cus en le cdant un m>*& de f]2 et celui-ci le rtrocda p\r deux c5t mille francs un *>p5ti]4 ,enf91 c9q heures1 p]sonne ne croyait ce s+uli] contrat1 et les acqureurs manquai5t faute de foi4 ,a c9q heures et demie1 le dt5teur tait un pe9tre en btim5t qui re/ait accot contre la porte de la ,b\rse provisoire1 btie cette poque rue ,feydeau4 ,ce pe9tre en btim5t1 homme simple1 ne savait pas ce qu'il avait en lui-mme4--,il tait t\t *ose1 dit-il sa femme qu& il fut de ret\r au logis4 ,la rue ,feydeau e/1 comme le sav5t les flneurs1 une de ces rues adores des jeunes g5s qui1 faute d'une matresse1 p\s5t t\t le sexe4 ,au premi] tage de la maison la plus b\rgeoisem5t dc5te1 demeurait une de ces dlicieuses cratures que le ciel se plat combl] des beauts les plus r>es1 et qui1 ne p\vant tre ni du*esses ni re9es1 p>ce qu'il y a beauc\p plus de jolies femmes que de titres et de trnes1 se cont5t5t d'un ag5t de *ange ou d'un banqui] de qui elles font le bonheur prix fixe4 ,cette bonne et belle fille1 appele ,euphrasie1 tait l'objet de l'ambition d'un cl]c de notaire dmesurm5t ambitieux4 ,en effet1 le second cl]c de matre ,crottat1 notaire1 tait am\reux de cette femme comme un jeune homme e/ am\reux v+t-deux ans4 ,ce cl]c aurait assass9 le pape et le sacr collge des c>d9aux1 af9 de se procur] une misrable somme de c5t l\is1 rclame p> ,euphrasie p\r un *le qui lui t\rnait la tte1 et en *ange duquel sa femme de *ambre l'avait promise au cl]c4 ,l'am\reux allait et v5ait devant les f5tres de madame ,euphrasie1 comme vont et vi5n5t les ours blancs dans leur cage1 au ,j>d9-des-,plantes4 ,il avait sa ma9 droite passe s\s son gilet1 sur le se9 gau*e1 et v\lait se d*ir] le cur1 mais il n'en tait encore qu' tordre les la/iques de ses bretelles4 ,illu/ration3 ,,madame ,,euphrasie4 ,cette bonne et belle fille tait l'objet de l'ambition d'un cl]c de notaire444 7,,melmo? ,r,,concili47 --,que faire p\r avoir dix mille francs8 se disait-il1 pr5dre la somme que je dois port] l'enregi/rem5t p\r cet acte de v5te4 ,mon ,dieu6 mon emprunt ru9]a-t-il l'acqureur1 un homme sept fois millionnaire8 ,eh6 bi51 dema91 j'irai me jet] ses pi$s1 je lui dirai3 ,monsieur1 je v\s ai pris dix mille francs1 j'ai v+t-deux ans1 et j'aime ,euphrasie1 voil mon hi/oire4 ,mon pre e/ ri*e1 il v\s remb\rs]a1 ne me p]dez pas6 ,n'avez-v\s pas eu v+t-deux ans et une rage d'am\r8 ,mais ces fi*us propritaires1 a n'a pas d'me6 ,il e/ capable de me dnonc] au procureur du roi1 au lieu de s'att5drir4 ,sacr$ieu6 si l'on p\vait v5dre son me au diable6 ,mais il n'y a ni ,dieu ni diable1 c'e/ des btises1 a ne se voit que dans les livres bleus ou *ez les vieilles femmes4 ,que faire8 --,si v\s v\lez v5dre votre me au diable1 lui dit le pe9tre en btim5t devant qui le cl]c avait laiss *app] quelques p>oles1 v\s aurez dix mille francs4 --,j'aurai donc ,euphrasie1 dit le cl]c en topant au m>* que lui proposa le diable s\s la =me d'un pe9tre en btim5t4 ,le pacte consomm1 l'enrag cl]c alla *]*] le *le1 monta *ez madame ,euphrasie2 et1 comme il avait le diable au corps1 il y re/a d\ze j\rs sans en sortir en y dp5sant t\t son p>adis1 en ne songeant qu' l'am\r et ses orgies au milieu desquelles se noyait le s\v5ir de l'enf] et de ses privilges4 ,l'norme puissance conquise p> la dc\v]te de l',irl&ais1 fils du rvr5d ,matur91 se p]dit a9si4 ,il fut impossible quelques ori5tali/es1 des my/iques1 des ar*ologues occups de ces *oses1 de con/at] hi/oriquem5t la manire d'voqu] le dmon4 ,voici p\rquoi4 ,le treizime j\r de ses noces enrages1 le pauvre cl]c gisait sur son grabat1 *ez son patron1 dans un gr5i] de la rue ,sa9t-,honor4 ,la ,honte1 cette /upide desse qui n'ose se reg>d]1 s'emp>a du jeune homme qui dev9t malade1 il v\lut se soign] lui-mme1 et se trompa de dose en pr5ant une drogue curative due au gnie d'un homme bi5 connu sur les murs de ,p>is4 ,le cl]c creva donc s\s le poids du vif-arg5t1 et son cadavre dev9t noir comme le dos d'une taupe4 ,un diable avait c]ta9em5t pass p> l1 mais lequel8 tait-ce ,a/>o?8 --,cet e/imable jeune homme a t emport dans la plante de ,m]cure1 dit le premi] cl]c un dmonologue allem& qui v9t pr5dre des r5seignem5ts sur cette affaire4 --,je le croirais volonti]s1 rpondit l',allem&4 --,ha6 --,oui1 monsieur1 reprit l',allem&1 cette op9ion s'accorde avec les propres p>oles de ,jacob ,bhm1 en sa qu>ante-huitime proposition sur la ,,triple ,,vie ,,de ,l',,homme1 o il e/ dit que si ,dieu a opr t\tes *oses p> le ,,fiat1 le ,,fiat e/ la secrte matrice qui compr5d et saisit la nature que =me l'esprit n de ,m]cure et de ,dieu4 --,v\s dites1 monsieur8 ,l',allem& rpta sa phrase4 --,n\s ne connaissons pas1 dir5t les cl]cs4 --,fiat6444 dit un cl]c1 fiat lux6 --,v\s p\vez v\s conva9cre de la vrit de cette citation1 reprit l',allem& en lisant la phrase dans la page #ge du ,trait de la ,,triple ,,vie ,,de ,l',,homme1 imprim en #ahji1 *ez monsieur ,mign]et1 et traduit p> un philosophe1 gr& admirateur de l'illu/re cordonni]4 --,ha1 il tait cordonni]1 dit le premi] cl]c4 ,voyez-v\s a6 --,en ,prusse6 reprit l',allem&4 --,travaillait-il p\r le roi8 dit un boti5 de second cl]c4 --,il aurait d mettre des bquets ses phrases1 dit le troisime cl]c4 --,cet homme e/ pyramidal1 s'cria le quatrime cl]c en montrant l',allem&4 ,quoiqu'il ft un dmonologue de premire =ce1 l'trang] ne savait pas quels mauvais diables sont les cl]cs2 il s'en alla1 ne compr5ant ri5 leurs plaisant]ies1 et conva9cu que ces jeunes g5s tr\vai5t ,bhm un gnie pyramidal4 --,il y a de l'in/ruction en ,france1 se dit-il4 ,p>is1 #f mai #ahce4 ,,le ,,*ef-,d',,uvre ,,inconnu4 ,a ,,un ,,"l4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 #ahde4 ,i4 ,,gillette4 ,v]s la f9 de l'anne #afab1 p> une froide mat9e de dcembre1 un jeune homme dont le vtem5t tait de trs-m9ce app>5ce1 se prom5ait devant la porte d'une maison situe rue des ,gr&s-,augu/9s1 ,p>is4 ,aprs avoir assez long-temps m>* dans cette rue avec l'irrsolution d'un amant qui n'ose se prs5t] *ez sa premire matresse1 quelque facile qu'elle soit1 il f9it p> fran*ir le seuil de cette porte1 et dem&a si matre ,franois ,,porbus tait en son logis4 ,sur la rponse affirmative que lui fit une vieille femme occupe balay] une salle basse1 le jeune homme monta l5tem5t les degrs1 et s'arrta de m>*e en m>*e1 comme quelque c\rtisan de fra*e date1 inquiet de l'accueil que le roi va lui faire4 ,qu& il p>v9t en haut de la vis1 il demeura p5dant on mom5t sur le pali]1 inc]ta9 s'il pr5drait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l'ateli] o travaillait sans d\te le pe9tre de ,h5ri ,,iv dlaiss p\r ,rub5s p> ,m>ie de ,mdicis4 ,le jeune homme pr\vait cette s5sation pr(onde qui a d faire vibr] le cur des gr&s arti/es qu&1 au =t de la jeunesse et de leur am\r p\r l'art1 ils ont abord un homme de gnie ou quelque *ef-d'uvre4 ,il exi/e dans t\s les s5tim5ts huma9s une fleur primitive1 eng5dre p> un noble en?\siasme qui va t\j\rs faiblissant jusqu' ce que le bonheur ne soit plus qu'un s\v5ir et la gloire un m5songe4 ,p>mi ces motions fragiles1 ri5 ne ressemble l'am\r comme la jeune passion d'un arti/e comm5ant le dlicieux supplice de sa de/9e de gloire et de malheur1 passion ple9e d'audace et de timidit1 de croyances vagues et de dc\ragem5ts c]ta9s4 ,a celui qui lg] d'arg5t1 qui adolesc5t de gnie1 n'a pas vivem5t palpit en se prs5tant devant un matre1 il manqu]a t\j\rs une corde dans le cur1 je ne sais quelle t\*e de p9ceau1 un s5tim5t dans l'uvre1 une c]ta9e expression de posie4 ,si quelques fanf>ons b\ffis d'eux-mmes croi5t trop tt l'av5ir1 ils ne sont g5s d'esprit que p\r les sots4 ,a ce compte1 le jeune inconnu p>aissait avoir un vrai mrite1 si le tal5t doit se mesur] sur cette timidit premire1 sur cette pudeur indf9issable que les g5s promis la gloire sav5t p]dre dans l'ex]cice de leur art1 comme les jolies femmes p]d5t la leur dans le mange de la coquett]ie4 ,l'habitude du triomphe amo9drit le d\te1 et la pudeur e/ un d\te peut-tre4 ,accabl de misre et surpris en ce mom5t de son outrecuidance1 le pauvre nophyte ne s]ait pas entr *ez le pe9tre auquel n\s devons l'admirable portrait de ,h5ri ,,iv1 sans un sec\rs extraord9aire que lui envoya le has>d4 ,un vieill>d v9t mont] l'escali]4 ,a la biz>r]ie de son co/ume1 la magnific5ce de son rabat de d5telle1 la prpondrante scurit de sa dm>*e1 le jeune homme dev9a dans ce p]sonnage ou le protecteur ou l'ami du pe9tre2 il se recula sur le pali] p\r lui faire place1 et l'exam9a curieusem5t1 esprant tr\v] en lui la bonne nature d'un arti/e ou le c>actre s]viable des g5s qui aim5t les arts2 mais il ap]ut quelque *ose de diabolique dans cette figure1 et surt\t ce je ne sais quoi qui affri&e les arti/es4 ,imag9ez un front *auve1 bomb1 prom95t1 retombant en saillie sur un petit nez cras1 retr\ss du b\t comme celui de ,rabelais ou de ,socrate2 une b\*e rieuse et ride1 un m5ton c\rt1 firem5t relev1 g>ni d'une b>be grise taille en po9te1 des yeux v]t de m] t]nis en app>5ce p> l'ge1 mais qui p> le contra/e du blanc nacr dans lequel flottait la prunelle devai5t p>fois jet] des reg>ds magntiques au =t de la colre ou de l'en?\siasme4 ,le visage tait d'ailleurs s+ulirem5t fltri p> les fatigues de l'ge1 et plus encore p> ces p5ses qui creus5t galem5t l'me et le corps4 ,les yeux n'avai5t plus de cils1 et pe9e voyait-on quelques traces de s\rcils au-dessus de leurs arcades saillantes4 ,mettez cette tte sur un corps fluet et dbile1 ent\rez-la d'une d5telle t9celante de blan*eur et travaille comme une truelle poisson1 jetez sur le p\rpo9t noir du vieill>d une l\rde *ane d'or1 et v\s aurez une image imp>faite de ce p]sonnage auquel le j\r faible de l'escali] prtait encore une c\leur fanta/ique4 ,v\s eussiez dit d'une toile de ,rembr&t m>*ant sil5cieusem5t et sans cadre dans la noire atmosphre que s'e/ approprie ce gr& pe9tre4 ,le vieill>d jeta sur le jeune homme un reg>d empre9t de sagacit1 frappa trois c\ps la porte1 et dit un homme valtud9aire1 g de qu>ante ans environ1 qui v9t ouvrir3--,bonj\r1 matre4 ,illu/ration3 ,,maitre ,,fr5h(]4 ,le visage tait d'ailleurs s+ulirem5t fltri4 7,,le ,,*ef-,d',,uvre ,,inconnu47 ,porbus s'incl9a respectueusem5t1 il laissa entr] le jeune homme en le croyant am5 p> le vieill>d et s'inquita d'autant mo9s de lui que le nophyte demeura s\s le *>me que doiv5t pr\v] les pe9tres-ns l'aspect du premi] ateli] qu'ils voi5t et o se rvl5t quelques-uns des procds matriels de l'art4 ,un vitrage ouv]t dans la vote clairait l'ateli] de matre ,porbus4 ,conc5tre sur une toile accro*e au *evalet1 et qui n'tait encore t\*e que de trois ou quatre traits blancs1 le j\r n'atteignait pas jusqu'aux noires pr(ondeurs des angles de cette va/e pice2 mais quelques reflets g>s allumai5t dans cette ombre r\sse une paillette arg5te au v5tre d'une cuirasse de retre susp5due la muraille1 rayai5t d'un brusque sillon de lumire la corni*e sculpte et cire d'un antique dressoir *>g de vaisselles curieuses1 ou piquai5t de po9ts clatants la trame gr5ue de quelques vieux rideaux de broc>t d'or aux gr&s plis casss1 jets l comme modles4 ,des cor*s de pltre1 des fragm5ts et des torses de desses antiques1 am\reusem5t polis p> les bais]s des sicles1 jon*ai5t les tablettes et les consoles4 ,d'innombrables bau*es1 des tudes aux trois crayons1 la sangu9e ou la plume1 c\vrai5t les murs jusqu'au plafond4 ,des botes c\leurs1 des b\teilles d'huile et d'ess5ce1 des escabeaux r5v]ss ne laissai5t qu'un troit *em9 p\r arriv] s\s l'aurole que projetait la haute v]rire dont les rayons tombai5t ple9 sur la ple figure de ,porbus et sur le crne d'ivoire de l'homme s+uli]4 ,l'att5tion du jeune homme fut bi5tt exclusivem5t acquise un tableau qui1 p> ce temps de tr\ble et de rvolutions1 tait dj dev5u clbre1 et que visitai5t quelques-uns de ces entts auxquels on doit la cons]vation du feu sacr p5dant les j\rs mauvais4 ,cette belle page reprs5tait une ,m>ie gypti5ne se disposant pay] le passage du bateau4 ,ce *ef-d'uvre1 de/9 ,m>ie de ,mdicis1 fut v5du p> elle aux j\rs de sa misre4 --,ta sa9te me plat1 dit le vieill>d ,porbus1 et je te la pai]ais dix cus d'or au del du prix que donne la re9e2 mais all] sur ses brises8444 du diable6 --,v\s la tr\vez bi58 --,heu6 heu6 fit le vieill>d1 bi58444 oui et non4 ,ta bonne femme n'e/ pas mal tr\sse1 mais elle ne vit pas4 ,v\s autres1 v\s croyez avoir t\t fait lorsque v\s avez dess9 correctem5t une figure et mis *aque *ose sa place d'aprs les lois de l'anatomie6 ,v\s colorez ce l9am5t avec un ton de *air fait d'avance sur votre palette en ayant so9 de t5ir un ct plus sombre que l'autre1 et p>ce que v\s reg>dez de temps en temps une femme nue qui se ti5t deb\t sur une table1 v\s croyez avoir copi la nature1 v\s v\s imag9ez tre des pe9tres et avoir drob le secret de ,dieu6444 ,prrr6 ,il ne suffit pas p\r tre un gr& pote de savoir fond la syntaxe et de ne pas faire de fautes de langue6 ,reg>de ta sa9te1 ,porbus8 ,au premi] aspect1 elle semble admirable2 mais au second c\p d'il on s'ap]oit qu'elle e/ colle au fond de la toile et qu'on ne p\rrait pas faire le t\r de son corps4 ,c'e/ une silh\ette qui n'a qu'une seule face1 c'e/ une app>5ce dc\pe1 une image qui ne saurait se ret\rn]1 ni *ang] de position4 ,je ne s5s pas d'air entre ce bras et le *amp du tableau2 l'espace et la pr(ondeur manqu5t2 cep5dant t\t e/ bi5 en p]spective1 et la dgradation ari5ne e/ exactem5t obs]ve2 mais1 malgr de si l\ables ef=ts1 je ne saurais croire que ce beau corps soit anim p> le tide s\ffle de la vie4 ,il me semble que si je portais la ma9 sur cette gorge d'une si f]me rondeur1 je la tr\v]ais froide comme du m>bre6 ,non1 mon ami1 le sang ne c\rt pas s\s cette peau d'ivoire1 l'exi/5ce ne gonfle pas de sa rose de p\rpre les ve9es et les fibrilles qui s'entrelac5t en rseaux s\s la transp>5ce ambre des tempes et de la poitr9e4 ,cette place palpite1 mais cette autre e/ immobile1 la vie et la mort lutt5t dans *aque dtail3 ici c'e/ une femme1 l une /atue1 plus lo9 un cadavre4 ,ta cration e/ incomplte4 ,tu n'z pu s\ffl] qu'une portion de ton me ton uvre *rie4 ,le flambeau de ,prom?e s'e/ te9t plus d'une fois dans les ma9s1 et beauc\p d'endroits de ton tableau n'ont pas t t\*s p> la flamme cle/e4 --,mais p\rquoi1 mon *] matre8 dit respectueusem5t ,porbus au vieill>d t&is que le jeune homme avait pe9e rprim] une =te envie de le battre4 --,ah6 voil1 dit le petit vieill>d4 ,tu z flott indcis entre les deux sy/mes1 entre le dess9 et la c\leur1 entre le flegme m9utieux1 la raideur prcise des vieux matres allem&s et l'ardeur bl\issante1 l'heureuse abondance des pe9tres itali5s4 ,tu z v\lu imit] la fois ,hans ,holbe9 et ,titi51 ,albre*t ,dr] et ,paul ,vronse4 ,c]tes c'tait l une magnifique ambition6 ,mais qu'e/-il arriv8 ,tu n'z eu ni le *>me svre de la s*]esse1 ni les dcevantes magies du clair-obscur4 ,dans cet endroit1 comme un bronze en fusion qui crve son trop faible m\le1 la ri*e et blonde c\leur du ,titi5 a fait clat] le maigre cont\r d',albre*t ,dr] o tu l'avais c\le4 ,ailleurs1 le l9am5t a rsi/ et cont5u les magnifiques dbordem5ts de la palette vniti5ne4 ,ta figure n'e/ ni p>faitem5t dess9e1 ni p>faitem5t pe9te1 et porte p>t\t les traces de cette malheureuse indcision4 ,si tu ne te s5tais pas assez =t p\r fondre ensemble au feu de ton gnie les deux manires rivales1 il fallait opt] fran*em5t entre l'une ou l'autre1 af9 d'obt5ir l'unit qui simule une des conditions de la vie4 ,tu n'es vrai que dans les milieux1 tes cont\rs sont faux1 ne s'envelopp5t pas et ne promett5t ri5 p> d]rire4 ,il y a de la vrit ici1 dit le vieill>d en montrant la poitr9e de la sa9te4--,puis1 ici1 reprit-il en indiquant le po9t o sur le tableau f9issait l'paule4--,mais l1 fit-il en rev5ant au milieu de la gorge1 t\t e/ faux4 ,n'analysons ri51 ce s]ait faire ton dsespoir4 ,le vieill>d s'assit sur une escabelle1 se t9t la tte dans les ma9s et re/a muet4 --,matre1 lui dit ,porbus1 j'ai cep5dant bi5 tudi sur le nu cette gorge2 mais1 p\r notre malheur1 il e/ des effets vrais dans la nature qui ne sont plus probables sur la toile444 --,la mission de l'art n'e/ pas de copi] la nature1 mais de l'exprim]6 ,tu n'es pas un vil copi/e1 mais un pote6 s'cria vivem5t le vieill>d en int]rompant ,porbus p> un ge/e despotique4 ,autrem5t un sculpteur s]ait quitte de t\s ses travaux en m\lant une femme6 ,h6 bi51 essaie de m\l] la ma9 de ta matresse et de la pos] devant toi1 tu tr\v]as un horrible cadavre sans aucune ressemblance1 et tu s]as =c d'all] tr\v] le ciseau de l'homme qui1 sans te la copi] exactem5t1 t'en figur]a le m\vem5t et la vie4 ,n\s avons saisir l'esprit1 l'me1 la physionomie des *oses et des tres4 ,les effets6 les effets6 mais ils sont les accid5ts de la vie1 et non la vie4 ,une ma91 puisque j'ai pris cet exemple1 une ma9 ne ti5t pas seulem5t au corps1 elle exprime et cont9ue une p5se qu'il faut saisir et r5dre4 ,ni le pe9tre1 ni le pote1 ni le sculpteur ne doiv5t sp>] l'effet de la cause qui sont inv9ciblem5t l'un dans l'autre6 ,la vritable lutte e/ l6 ,beauc\p de pe9tres triomph5t in/9ctivem5t sans connatre ce ?me de l'art4 ,v\s dess9ez une femme1 mais v\s ne la voyez pas6 ,ce n'e/ pas a9si que l'on p>vi5t =c] l'arcane de la nature4 ,votre ma9 reproduit1 sans que v\s y p5siez1 le modle que v\s avez copi *ez votre matre4 ,v\s ne desc5dez pas assez dans l'intimit de la =me1 v\s ne la p\rsuivez pas avec assez d'am\r et de p]svrance dans ses dt\rs et dans ses fuites4 ,la beaut e/ une *ose svre et difficile qui ne se laisse po9t atte9dre a9si1 il faut att5dre ses heures1 l'pi]1 la press] et l'enlac] troitem5t p\r la =c] se r5dre4 ,la ,=me e/ un ,prote bi5 plus insaisissable et plus f]tile en replis que le ,prote de la fable1 ce n'e/ qu'aprs de longs combats qu'on peut la contra9dre se montr] s\s son vritable aspect2 v\s autres6 v\s v\s cont5tez de la premire app>5ce qu'elle v\s livre1 ou t\t au plus de la seconde1 ou de la troisime2 ce n'e/ pas a9si qu'agiss5t les victorieux lutteurs6 ,ces pe9tres inva9cus ne se laiss5t pas tromp] t\s ces faux-fuyants1 ils p]svr5t jusqu' ce que la nature en soit rduite se montr] t\te nue et dans son vritable esprit4 ,a9si a procd ,raphal1 dit le vieill>d en tant son bonnet de vel\rs noir p\r exprim] le respect que lui inspirait le roi de l'art1 sa gr&e supriorit vi5t du s5s intime qui1 *ez lui1 semble v\loir bris] la ,=me4 ,la ,=me e/1 dans ses figures1 ce qu'elle e/ *ez n\s1 un tru*em5t p\r se communiqu] des ides1 des s5sations1 une va/e posie4 ,t\te figure e/ un monde1 un portrait dont le modle e/ app>u dans une vision sublime1 te9t de lumire1 dsign p> une voix intrieure1 dp\ill p> un doigt cle/e qui a montr1 dans le pass de t\t une vie1 les s\rces de l'expression4 ,v\s faites vos femmes de belles robes de *air1 de belles drap]ies de *eveux1 mais o e/ le sang qui eng5dre le calme ou la passion et qui cause des effets p>ticuli]s4 ,ta sa9te e/ une femme brune1 mais ceci1 mon pauvre ,porbus1 e/ d'une blonde6 ,vos figures sont alors de ples fantmes colors que v\s n\s prom5ez devant les yeux1 et v\s appelez cela de la pe9ture et de l'art4 ,p>ce que v\s avez fait quelque *ose qui ressemble plus une femme qu' une maison1 v\s p5sez avoir t\* le b1 et1 t\t fi]s de n'tre plus obligs d'crire ct de vos figures1 currus v5u/us ou pul*] homo1 comme les premi]s pe9tres1 v\s v\s imag9ez tre des arti/es m]veilleux6 ,ha6 ha6 v\s n'y tes pas encore1 mes braves compagnons1 il v\s faudra us] bi5 des crayons1 c\vrir bi5 des toiles avant d'arriv]4 ,assurm5t1 une femme porte sa tte de cette manire1 elle ti5t sa jupe a9si1 ses yeux s'alanguiss5t et se fond5t avec cet air de d\ceur rsigne1 l'ombre palpitante des cils flotte a9si sur les j\es6 ,c'e/ cela1 et ce n'e/ pas cela4 ,qu'y manque-t-il8 un ri51 mais ce ri5 e/ t\t4 ,v\s avez l'app>5ce de la vie1 mais v\s n'exprimez pas son trop ple9 qui dborde1 ce je ne sais quoi qui e/ l'me peut-tre et qui flotte nuageusem5t sur l'enveloppe2 enf9 cette fleur de vie que ,titi5 et ,raphal ont surprise4 ,en p>tant du po9t extrme o v\s arrivez1 on f]ait peut-tre d'excell5te pe9ture2 mais v\s v\s lassez trop vite4 ,le vulgaire admire1 et le vrai connaisseur s\rit4 ,o ,mabuse1 mon matre1 aj\ta ce s+uli] p]sonnage1 tu es un voleur1 tu z emport la vie avec toi6--,a cela prs1 reprit-il1 cette toile vaut mieux que les pe9tures de ce faqu9 de ,rub5s avec ses montagnes de vi&es flam&es1 saup\dres de v]millon1 ses ondes de *evelures r\sses1 et son tapage de c\leurs4 ,au mo9s1 avez-v\s l c\leur1 s5tim5t et dess91 les trois p>ties ess5tielles de l',art4 --,mais cette sa9te e/ sublime1 bon homme6 s'cria d'une voix =te le jeune homme en sortant d'une rv]ie pr(onde4 ,ces deux figures1 celle de la sa9te et celle du bateli]1 ont une f9esse d'int5tion ignore des pe9tres itali5s1 je n'en sais pas un seul qui et inv5t l'indcision du bateli]4 --,ce petit drle e/-il v\s8 dem&a ,porbus au vieill>d4 --,hlas6 matre1 p>donnez ma h>diesse1 rpondit le nophyte en r\gissant4 ,je suis inconnu1 b>b\illeur d'in/9ct1 et arriv depuis peu dans cette ville1 s\rce de t\te sci5ce4 --,a l'uvre6 lui dit ,porbus en lui prs5tant un crayon r\ge et une feuille de papi]4 ,l'inconnu copia le/em5t la ,m>ie au trait4 --,oh6 oh6 s'cria le vieill>d4 ,votre nom8 ,le jeune homme crivit au bas ,nicolas ,p\ss94 --,voil qui n'e/ pas mal p\r un comm5ant1 dit le s+uli] p]sonnage qui disc\rait si follem5t4 ,je vois que l'on peut p>l] pe9ture devant toi4 ,je ne te blme pas d'avoir admir la sa9te de ,porbus4 ,c'e/ un *ef-d'uvre p\r t\t le monde1 et les initis aux plus pr(onds arcanes de l'art peuv5t seuls dc\vrir en quoi elle p*e4 ,mais puisque tu es digne de la leon1 et capable de compr5dre1 je vais te faire voir combi5 peu de *ose il faudrait p\r complt] cet uvre4 ,sois t\t il et t\t att5tion1 une p>eille occasion de t'in/ruire ne se reprs5t]a peut-tre jamais4 ,ta palette1 ,porbus8 ,porbus alla *]*] palette et p9ceaux4 ,le petit vieill>d retr\ssa ses man*es avec un m\vem5t de brusqu]ie convulsive1 passa son p\ce dans la palette diapre et *>ge de tons que ,porbus lui t5dait2 il lui arra*a des ma9s plutt qu'il ne les prit une poigne de brosses de t\tes dim5sions1 et sa b>be taille en po9te se remua s\da9 p> des ef=ts m5aants qui exprimai5t le prurit d'une am\reuse fantaisie4 ,t\t en *>geant son p9ceau de c\leur1 il grommelait entre ses d5ts3--,voici des tons bons jet] p> la f5tre avec celui qui les a composs1 ils sont d'une crudit et d'une fausset rvoltantes1 comm5t pe9dre avec cela8 ,puis il trempait avec une vivacit fbrile la po9te de la brosse dans les diffr5ts tas de c\leurs dont il p>c\rait quelquefois la gamme entire plus rapidem5t qu'un organi/e de ca?drale ne p>c\rt l't5due de son clavi] l',o ,filii de ,pques4 ,porbus et ,p\ss9 se t5ai5t immobiles *acun d'un ct de la toile1 plongs dans la plus vhm5te contemplation4 --,vois-tu1 jeune homme1 disait le vieill>d sans se dt\rn]1 vois-tu comme au moy5 de trois ou quatre t\*es et d'un petit glacis bleutre1 on p\vait faire circul] l'air aut\r de la tte de cette pauvre sa9te qui devait t\ff] et se s5tir prise dans cette atmosphre paisse6 ,reg>de comme cette drap]ie voltige prs5t et comme on compr5d que la brise la s\lve6 ,aup>avant elle avait l'air d'une toile empese et s\t5ue p> des p+les4 ,rem>ques-tu comme le luisant sat9 que je vi5s de pos] sur la poitr9e r5d bi5 la grasse s\plesse d'une peau de jeune fille1 et comme le ton mlang de brun-r\ge et d'ocre calc9 r*auffe la grise froideur de cette gr&e ombre o le sang se figeait au lieu de c\rir4 ,jeune homme1 jeune homme1 ce que je te montre l1 aucun matre ne p\rrait te l'enseign]4 ,mabuse seul possdait le secret de donn] de la vie aux figures4 ,mabuse n'a eu qu'un lve1 qui e/ moi4 ,je n'en ai pas eu1 et je suis vieux6 ,tu z assez d'intellig5ce p\r dev9] le re/e1 p> ce que je te laisse entrevoir4 ,t\t en p>lant1 l'trange vieill>d t\*ait t\tes les p>ties du tableau3 ici deux c\ps de p9ceau1 l un seul1 mais t\j\rs si propos qu'on aurait dit une n\velle pe9ture1 mais une pe9ture trempe de lumire4 ,il travaillait avec une ardeur si passionne que la sueur se p]la sur son front dp\ill2 il allait si rapidem5t p> de petits m\vem5ts si impati5ts1 si saccads1 que p\r le jeune ,p\ss9 il semblait qu'il y et dans le corps de ce biz>re p]sonnage un dmon qui agissait p> ses ma9s en les pr5ant fanta/iquem5t contre le gr de l'homme4 ,l'clat surnaturel des yeux1 les convulsions qui semblai5t l'effet d'une rsi/ance donnai5t cette ide un semblant de vrit qui devait agir sur une jeune imag9ation4 ,le vieill>d allait disant3--,paf1 paf1 paf6 voil comm5t cela se beurre1 jeune homme6 v5ez1 mes petites t\*es1 faites-moi r\ssir ce ton glacial6 ,allons donc6 ,pon6 pon6 pon6 disait-il en r*auffant les p>ties o il avait signal un dfaut de vie1 en faisant disp>atre p> quelques plaques de c\leur les diffr5ces de tempram5t1 et rtablissant l'unit de ton que v\lait une ard5te gypti5ne4 --,vois-tu1 petit1 il n'y a que le d]ni] c\p de p9ceau qui compte4 ,porbus en a donn c5t1 moi1 je n'en donne qu'un4 ,p]sonne ne n\s sait gr de ce qui e/ dess\s4 ,sa*e bi5 cela6 ,enf9 ce dmon s'arrta1 et se t\rnant v]s ,porbus et ,p\ss9 muets d'admiration1 il leur dit3--,cela ne vaut pas encore ma ,belle-,noiseuse1 cep5dant on p\rrait mettre son nom au bas d'une p>eille uvre4 ,oui1 je la sign]ais1 aj\ta-t-il en se levant p\r pr5dre un miroir dans lequel il la reg>da4--,ma9t5ant1 allons djeun]1 dit il4 ,v5ez t\s deux mon logis4 ,j'ai du jambon fum1 du bon v96 ,h6 h6 malgr le malheur des temps1 n\s caus]ons pe9ture6 ,n\s sommes de =ce4 ,voici un petit bonhomme1 aj\ta-t-il en frappant sur l'paule de ,nicolas ,p\ss91 qui a de la facilit4 ,ap]cevant alors la pitre casaque du ,norm&1 il tira de sa ce9ture une b\rse de peau1 y f\illa1 prit deux pices d'or1 et les lui montrant3--,j'a*te ton dess91 dit-il4 --,pr5ds1 dit ,porbus ,p\ss9 en le voyant tressaillir et r\gir de honte1 c> ce jeune adepte avait la fi]t du pauvre4 ,pr5ds donc1 il a dans son esc>celle la ranon de deux rois6 ,t\s trois1 ils desc5dir5t de l'ateli] et *em9r5t en devisant sur les arts1 jusqu' une belle maison de bois1 situe prs du pont ,sa9t-,mi*el1 et dont les ornem5ts1 le heurtoir1 les encadrem5ts de croises1 les arabesques m]veillr5t ,p\ss94 ,le pe9tre en esprance se tr\va t\t c\p dans une salle basse1 devant un bon feu1 prs d'une table *>ge de mets apptissants1 et p> un bonheur in\1 dans la compagnie de deux gr&s arti/es ple9s de bonhomie4 --,jeune homme1 lui dit ,porbus en le voyant bahi devant un tableau1 ne reg>dez pas trop cette toile1 v\s tomb]iez dans le dsespoir4 ,c'tait l',adam que fit ,mabuse p\r sortir de prison o ses cranci]s le ret9r5t si longtemps4 ,cette figure (frait1 en effet1 une telle puissance de ralit1 que ,nicolas ,p\ss9 comm5a ds ce mom5t compr5dre le vritable s5s des confuses p>oles dites p> le vieill>d4 ,celui-ci reg>dait le tableau d'un air satisfait1 mais sans en?\siasme1 et semblait dire3 ,j'ai fait mieux6 --,il y a de la vie1 dit-il1 mon pauvre matre s'y e/ surpass2 mais il manquait encore un peu de vrit dans le fond de la toile4 ,l'homme e/ bi5 vivant1 il se lve et va v5ir n\s4 ,mais l'air1 le ciel1 le v5t que n\s respirons1 voyons et s5tons1 n'y sont pas4 ,puis il n'y a encore l qu'un homme6 ,or le seul homme qui soit immdiatem5t sorti des ma9s de ,dieu1 devait avoir quelque *ose de div9 qui manque4 ,mabuse le disait lui-mme avec dpit qu& il n'tait pas ivre4 ,p\ss9 reg>dait alt]nativem5t le vieill>d et ,porbus avec une inquite curiosit4 ,il s'appro*a de celui-ci comme p\r lui dem&] le nom de leur hte2 mais le pe9tre se mit un doigt sur les lvres d'un air de my/re1 et le jeune homme1 vivem5t intress1 g>da le sil5ce1 esprant que tt ou t>d quelque mot lui p]mettrait de dev9] le nom de son hte1 dont la ri*esse et les tal5ts tai5t suffisamm5t atte/s p> le respect que ,porbus lui tmoignait1 et p> les m]veilles entasses dans cette salle4 ,p\ss91 voyant sur la sombre bois]ie de *ne un magnifique portrait de femme1 s'cria3--,quel beau ,giorgion6 --,non6 rpondit le vieill>d1 v\s voyez un de mes premi]s b>b\illages6 --,tudieu6 je suis donc *ez le dieu de la pe9ture1 dit navem5t le ,p\ss94 ,le vieill>d s\rit comme un homme famili>is depuis longtemps avec cet loge4 --,matre ,fr5h(]6 dit ,porbus1 ne sauriez-v\s faire v5ir un peu de votre bon v9 du ,rh9 p\r moi4 --,deux pipes1 rpondit le vieill>d4 ,une p\r m'acquitt] du plaisir que j'ai eu ce mat9 en voyant ta jolie p*]esse1 et l'autre comme un prs5t d'amiti4 --,ah6 si je n'tais pas t\j\rs s\ffrant1 reprit ,porbus1 et si v\s v\liez me laiss] voir votre ,belle-,noiseuse1 je p\rrais faire quelque pe9ture haute1 l>ge et pr(onde1 o les figures s]ai5t de gr&eur naturelle4 --,montr] mon uvre1 s'cria le vieill>d t\t mu4 ,non1 non1 je dois la p]fectionn] encore4 ,hi]1 v]s le soir1 dit-il1 j'ai cru avoir f9i4 ,ses yeux me semblai5t humides1 sa *air tait agite4 ,les tresses de ses *eveux remuai5t4 ,elle respirait6 ,quoique j'aie tr\v le moy5 de ralis] sur une toile plate le relief et la rondeur de la nature1 ce mat91 au j\r1 j'ai reconnu mon erreur4 ,ah6 p\r arriv] ce rsultat glorieux1 j'ai tudi fond les gr&s matres du coloris1 j'ai analys et s\lev c\*e p> c\*e les tableaux de ,titi51 ce roi de la lumire2 j'ai1 comme ce pe9tre s\v]a91 bau* ma figure dans un ton clair avec une ple s\ple et n\rrie1 c> l'ombre n'e/ qu'un accid5t1 reti5s cela1 petit4 ,puis je suis rev5u sur mon uvre1 et au moy5 de demi-te9tes et de glacis dont je dim9uais de plus en plus la transp>5ce1 j'ai r5du les ombres les plus vig\reuses et jusqu'aux noirs les plus f\ills2 c> les ombres des pe9tres ord9aires sont d'une autre nature que leurs tons clairs2 c'e/ du bois1 de l'aira91 c'e/ t\t ce que v\s v\drez1 except de la *air dans l'ombre4 ,on s5t que si leur figure *angeait de position1 les places ombres ne se nettoi]ai5t pas et ne devi5drai5t pas lum9euses4 ,j'ai vit ce dfaut o beauc\p d'entre les plus illu/res sont tombs1 et *ez moi la blan*eur se rvle s\s l'opacit de l'ombre la plus s\t5ue6 ,comme une f\le d'ignorants qui s'imag95t dess9] correctem5t p>ce qu'ils font un trait soigneusem5t b>b1 je n'ai pas m>qu s*em5t les bords extrieurs de ma figure et fait ressortir jusqu'au mo9dre dtail anatomique1 c> le corps huma9 ne f9it pas p> des lignes4 ,en cela1 les sculpteurs peuv5t plus appro*] de la vrit que n\s autres4 ,la nature comporte une suite de rondeurs qui s'envelopp5t les unes dans les autres4 ,rig\reusem5t p>lant1 le dess9 n'exi/e pas6 ,ne riez pas1 jeune homme6 ,quelque s+uli] que v\s p>aisse ce mot1 v\s en compr5drez quelque j\r les raisons4 ,la ligne e/ le moy5 p> lequel l'homme se r5d compte de l'effet de la lumire sur les objets2 mais il n'y a pas de lignes dans la nature o t\t e/ ple93 c'e/ en modelant qu'on dess9e1 c'e/--dire qu'on dta*e les *oses du milieu o elles sont1 la di/ribution du j\r donne seule l'app>5ce au corps6 ,aussi1 n'ai-je pas arrt les l9am5ts1 j'ai rp&u sur les cont\rs un nuage de demi-te9tes blondes et *audes qui fait que l'on ne saurait prcism5t pos] le doigt sur la place o les cont\rs se r5contr5t avec les fonds4 ,de prs1 ce travail semble cotonneux et p>at manqu] de prcision1 mais deux pas1 t\t se raff]mit1 s'arrte et se dta*e2 le corps t\rne1 les =mes devi5n5t saillantes1 l'on s5t l'air circul] t\t aut\r4 ,cep5dant je ne suis pas encore cont5t1 j'ai des d\tes4 ,peut-tre faudrait-il ne pas dess9] un seul trait1 et vaudrait-il mieux attaqu] une figure p> le milieu en s'atta*ant d'abord aux saillies les plus claires1 p\r pass] ensuite aux portions les plus sombres4 ,n'e/-ce pas a9si que procde le soleil1 ce div9 pe9tre de l'univ]s4 ,oh6 nature1 nature6 qui jamais t'a surprise dans tes fuites6 ,t5ez1 le trop de sci5ce1 de mme que l'ignorance1 arrive une ngation4 ,je d\te de mon uvre6 ,le vieill>d fit une pause1 puis il reprit3--,voil dix ans1 jeune homme1 que je travaille2 mais que sont dix petites annes qu& il s'agit de lutt] avec la nature8 ,n\s ignorons le temps qu'employa le seigneur ,pygmalion p\r faire la seule /atue qui ait m>*6 ,le vieill>d tomba dans une rv]ie pr(onde1 et re/a les yeux fixes en j\ant ma*9alem5t avec son c\teau4 --,le voil en conv]sation avec son esprit1 dit ,porbus voix basse4 ,a ce mot1 ,nicolas ,p\ss9 se s5tit s\s la puissance d'une inexplicable curiosit d'arti/e4 ,ce vieill>d aux yeux blancs1 att5tif et /upide1 dev5u p\r lui plus qu'un homme1 lui app>ut comme un gnie fantasque qui vivait dans une sphre inconnue4 ,il rveillait mille ides confuses dans l'me4 ,le phnomne moral de cette espce de fasc9ation ne peut pas plus se df9ir qu'on ne peut traduire l'motion excite p> un *ant qui rappelle la patrie au cur de l'exil4 ,le mpris que ce vieil homme affectait d'exprim] p\r les plus belles t5tatives de l'art1 sa ri*esse1 ses manires1 les dfr5ces de ,porbus p\r lui1 cette uvre t5ue si longtemps secrte1 uvre de pati5ce1 uvre de gnie sans d\te1 s'il fallait en croire la tte de ,vi]ge que le jeune ,p\ss9 avait si fran*em5t admire1 et qui belle encore1 mme prs de l',adam de ,mabuse1 atte/ait le faire imprial d'un des pr9ces de l'art2 t\t en ce vieill>d allait au del des bornes de la nature huma9e4 ,ce que la ri*e imag9ation de ,nicolas ,p\ss9 put saisir de clair et de p]ceptible en voyant cet tre surnaturel1 tait une complte image de la nature arti/e1 de cette nature folle laquelle tant de p\voirs sont confis1 et qui trop s\v5t en abuse1 emm5ant la froide raison1 les b\rgeois et mme quelques amateurs1 trav]s mille r\tes pi]reuses1 o1 p\r eux1 il n'y a ri52 t&is que foltre en ces fantaisies1 cette fille au ailes blan*es y dc\vre des popes1 des *teaux1 des uvres d'art4 ,nature moqueuse et bonne1 fconde et pauvre6 ,a9si1 p\r l'en?\sia/e ,p\ss91 ce vieill>d tait dev5u1 p> une transfiguration subite1 l',art lui-mme1 l'art avec ses secrets1 ses f\gues et ses rv]ies4 --,oui1 mon *] ,porbus1 reprit ,fr5h(]1 il m'a manqu jusqu' prs5t de r5contr] une femme irrpro*able1 un corps dont les cont\rs soi5t d'une beaut p>faite1 et dont la c>nation444 ,mais o e/-elle vivante1 dit-il en s'int]rompant1 cette intr\vable ,vnus des anci5s1 si s\v5t *]*e1 et de qui n\s r5controns pe9e quelques beauts p>ses8 ,oh6 p\r voir un mom5t1 une seule fois1 la nature div9e1 complte1 l'idal enf91 je donn]ais t\te ma =tune1 mais j'irais le *]*] dans tes limbes1 beaut cle/e6 ,comme ,orphe1 je desc5drais dans l'enf] de l'art p\r en ram5] la vie4 --,n\s p\vons p>tir d'ici1 dit ,porbus ,p\ss91 il ne n\s ent5d plus1 ne n\s voit plus6 --,allons son ateli]1 rpondit le jeune homme m]veill4 --,oh6 le vieux retre a su en df5dre l'entre4 ,ses trsors sont trop bi5 g>ds p\r que n\s puissions y arriv]4 ,je n'ai pas att5du votre avis et votre fantaisie p\r t5t] l'assaut du my/re4 --,il y a donc un my/re8 --,oui1 rpondit ,porbus4 ,le vieux ,fr5h(] e/ le seul lve que ,mabuse ait v\lu faire4 ,dev5u son ami1 son sauveur1 son pre1 ,fr5h(] a sacrifi la plus gr&e p>tie de ses trsors satisfaire les passions de ,mabuse2 en *ange1 ,mabuse lui a lgu le secret du relief1 le p\voir de donn] aux figures cette vie extraord9aire1 cette fleur de nature1 notre dsespoir t]nel1 mais dont il possdait si bi5 le faire1 qu'un j\r1 ayant v5du et bu le damas fleurs avec lequel il devait s'habill] l'entre de ,*>les-,qu9t1 il accompagna son matre avec un vtem5t de papi] pe9t en damas4 ,l'clat p>ticuli] de l't(fe porte p> ,mabuse surprit l'emp]eur1 qui1 v\lant en faire complim5t au protecteur du vieil ivrogne1 dc\vrit la sup]*]ie4 ,fr5h(] e/ un homme passionn p\r notre art1 qui voit plus haut et plus lo9 que les autres pe9tres4 ,il a pr(ondm5t mdit sur les c\leurs1 sur la vrit absolue de la ligne2 mais1 =ce de re*]*es1 il e/ arriv d\t] de l'objet mme de ses re*]*es4 ,dans ses mom5ts de dsespoir1 il prt5d que le dess9 n'exi/e pas et qu'on ne peut r5dre avec des traits que des figures gomtriques2 ce qui e/ au del du vrai1 puisque avec le trait et le noir1 qui n'e/ pas une c\leur1 on peut faire une figure2 ce qui pr\ve que notre art e/1 comme la nature1 compos d'une inf9it d'lm5ts3 le dess9 donne un squelette1 la c\leur e/ la vie1 mais la vie sans le squelette e/ une *ose plus incomplte que le squelette sans la vie4 ,enf91 il y a quelque *ose de plus vrai que t\t ceci1 c'e/ que la pratique et l'obs]vation sont t\t *ez un pe9tre1 et que si le raisonnem5t et la posie se qu]ell5t avec les brosses1 on arrive au d\te comme le bonhomme1 qui e/ aussi f\ que pe9tre4 ,pe9tre sublime1 il a eu le malheur de natre ri*e1 ce qui lui a p]mis de divagu]1 ne l'imitez pas6 ,travaillez6 les pe9tres ne doiv5t mdit] que les brosses la ma94 --,n\s y pntr]ons1 s'cria le ,p\ss9 n'c\tant plus ,porbus et ne d\tant plus de ri54 ,porbus s\rit l'en?\siasme du jeune inconnu1 et le quitta en l'invitant v5ir le voir4 ,nicolas ,p\ss9 rev9t pas l5ts v]s la rue de la ,h>pe1 et dpassa sans s'en ap]cevoir la mode/e htell]ie o il tait log4 ,montant avec une inquite promptitude son misrable escali]1 il p>v9t une *ambre haute1 situe s\s une toiture en colombage1 nave et lgre c\v]ture des maisons du vieux ,p>is4 ,prs de l'unique et sombre f5tre de cette *ambre1 il vit une jeune fille qui1 au bruit de la porte1 se dressa s\da9 p> un m\vem5t d'am\r2 elle avait reconnu le pe9tre la manire dont il avait attaqu le loquet4 --,qu'z-tu8 lui dit-elle4 --,j'ai1 j'ai1 s'cria-t-il en t\ffant de plaisir1 que je me suis s5ti pe9tre6 ,j'avais d\t de moi jusqu' prs5t1 mais ce mat9 j'ai cru en moi-mme6 ,je puis tre un gr& homme6 ,va1 ,gillette1 n\s s]ons ri*es1 heureux6 ,il y a de l'or dans ces p9ceaux4 ,mais il se tut s\da94 ,sa figure grave et vig\reuse p]dit son expression de joie qu& il comp>a l'imm5sit de ses esprances la mdiocrit de ses ress\rces4 ,les murs tai5t c\v]ts de simples papi]s *>gs d'esquisses au crayon4 ,il ne possdait pas quatre toiles propres4 ,les c\leurs avai5t alors un haut prix1 et le pauvre g5tilhomme voyait sa palette peu prs nue4 ,au se9 de cette misre1 il possdait et ress5tait d'incroyables ri*esses de cur1 et la surabondance d'un gnie dvorant4 ,am5 ,p>is p> un g5tilhomme de ses amis1 ou peut-tre p> son propre tal5t1 il y avait r5contr s\da9 une matresse1 une de ces mes nobles et gnreuses qui vi5n5t s\ffrir prs d'un gr& homme1 en p\s5t les misres et s'ef=c5t de compr5dre leurs caprices2 =te p\r la misre et l'am\r1 comme d'autres sont intrpides port] le luxe1 faire p>ad] leur ins5sibilit4 ,le s\rire errant sur les lvres de ,gillette dorait ce gr5i] et rivalisait avec l'clat du ciel4 ,le soleil ne brillait pas t\j\rs1 t&is qu'elle tait t\j\rs l1 recueillie dans sa passion1 atta*e son bonheur1 sa s\ffrance1 consolant le gnie qui dbordait dans l'am\r avant de s'emp>] de l'art4 --c\te1 ,gillette1 vi5s4 ,l'obissante et joyeuse fille sauta sur les g5\x du pe9tre4 ,elle tait t\te grce1 t\te beaut1 jolie comme un pr9temps1 p>e de t\tes les ri*esses fm99es et les clairant p> le feu d'une belle me4 --,o ,dieu6 s'cria-t-il1 je n'os]ai jamais lui dire444 --,un secret8 reprit-elle1 je veux le savoir4 ,le ,p\ss9 re/a rveur4 --,p>le donc4 --,gillette6 pauvre cur aim6 --,oh6 tu veux quelque *ose de moi8 --,oui4 --,si tu dsires que je pose encore devant toi comme l'autre j\r1 reprit-elle d'un petit air b\deur1 je n'y cons5tirai plus jamais1 c>1 dans ces mom5ts-l1 tes yeux ne me dis5t plus ri54 ,tu ne p5ses plus moi1 et cep5dant tu me reg>des4 --,aim]ais-tu mieux me voir copiant une autre femme8 --,peut-tre1 dit-elle1 si elle tait bi5 laide4 --,eh6 bi51 reprit ,p\ss9 d'un ton srieux1 si p\r ma gloire v5ir1 si p\r me faire gr& pe9tre1 il fallait all] pos] *ez un autre8 --,tu veux m'pr\v]1 dit-elle4 ,tu sais bi5 que je n'irais pas4 ,le ,p\ss9 p5*a sa tte sur sa poitr9e comme un homme qui succombe une joie ou une d\leur trop =te p\r son me4 --c\te1 dit-elle en tirant ,p\ss9 p> la man*e de son p\rpo9t u1 je t'ai dit1 ,nick1 que je donn]ais ma vie p\r toi3 mais je ne t'ai jamais promis1 moi vivante1 de r5onc] mon am\r4 --,y r5onc]8 s'cria ,p\ss94 --,si je me montrais a9si un autre1 tu ne m'aim]ais plus4 ,et1 moi-mme1 je me tr\v]ais indigne de toi4 ,obir tes caprices1 n'e/-ce pas *ose naturelle et simple8 ,malgr moi1 je suis heureuse1 et mme fire de faire ta *re volont4 ,mais p\r un autre6 fi donc4 --,p>donne1 ma ,gillette1 dit le pe9tre en se jetant ses g5\x4 ,j'aime mieux tre aim que glorieux4 ,p\r moi1 tu es plus belle que la =tune et les honneurs4 ,va1 jette mes p9ceaux1 brle ces esquisses4 ,je me suis tromp4 ,ma vocation1 c'e/ de t'aim]4 ,je ne suis pas pe9tre1 je suis am\reux4 ,priss5t et l'art et t\s ses secrets6 ,elle l'admirait1 heureuse1 *>me6 ,elle rgnait1 elle s5tait in/9ctivem5t que les arts tai5t oublis p\r elle1 et jets ses pi$s comme un gra9 d'enc5s4 --,ce n'e/ p\rtant qu'un vieill>d1 reprit ,p\ss94 ,il ne p\rra voir que la femme en toi4 ,tu e/ si p>faite6 --,il faut bi5 aim]1 s'cria-t-elle prte sacrifi] ses scrupules d'am\r p\r rcomp5s] son amant de t\s les sacrifices qu'il lui faisait4 ,mais1 reprit-elle1 ce s]ait me p]dre4 ,ah6 me p]dre p\r toi4 ,oui1 cela e/ bi5 beau6 mais tu m'oubli]as4 ,oh6 quelle mauvaise p5se z-tu donc eue l6 --,je l'ai eue et je t'aime1 dit-il avec une sorte de contrition1 mais je suis donc un infme4 --,consultons le pre ,h>d\98 dit-elle4 --,oh1 non6 que ce soit un secret entre n\s deux4 --,eh6 bi51 j'irai2 mais ne sois pas l1 dit-elle4 ,re/e la porte1 arm de ta dague2 si je crie1 entre et tue le pe9tre4 ,ne voyant plus que son art1 le ,p\ss9 pressa ,gillette dans ses bras4 --,il ne m'aime plus6 p5sa ,gillette qu& elle se tr\va seule4 ,elle se rep5tait dj de sa rsolution4 ,mais elle fut bi5tt en proie une p\vante plus cruelle que son rep5tir1 elle s'ef=a de *ass] une p5se affreuse qui s'levait dans son cur4 ,elle croyait aim] dj mo9s le pe9tre en le s\ponnant mo9s e/imable qu'aup>avant4 ,,ii4 ,,ca!r9e ,,lescault4 ,trois mois aprs la r5contre du ,p\ss9 et de ,porbus1 celui-ci v9t voir matre ,fr5h(]4 ,le vieill>d tait alors en proie l'un de ces dc\ragem5ts pr(onds et spontans dont la cause e/1 s'il faut en croire les ma?matici5s de la mdec9e1 dans une dige/ion mauvaise1 dans le v5t1 la *aleur ou quelque emptem5t des hypo*ondres2 et1 suivant les spirituali/es1 dans l'imp]fection de notre nature morale4 ,le bonhomme s'tait purem5t et simplem5t fatigu p>a*ev] son my/rieux tableau4 ,il tait languissamm5t assis dans une va/e *aire de *ne sculpt1 g>nie de cuir noir2 et1 sans quitt] son attitude mlancolique1 il lana sur ,porbus le reg>d d'un homme qui s'tait tabli dans son ennui4 --,eh6 bi51 matre1 lui dit ,porbus1 l'outrem] que v\s tes all *]*] ,bruges tait-il mauvais1 e/-ce que v\s n'avez pas su broy] notre n\veau blanc1 votre huile e/-elle m*ante1 ou les p9ceaux rtifs8 --,hlas6 s'cria le vieill>d1 j'ai cru p5dant un mom5t que mon uvre tait accomplie2 mais je me suis1 c]tes1 tromp dans quelques dtails1 et je ne s]ai tranquille qu'aprs avoir clairci mes d\tes4 ,je me dcide voyag] et vais all] en ,turquie1 en ,grce1 en ,asie p\r y *]*] un modle et comp>] mon tableau div]ses natures4 ,peut-tre ai-je l-haut1 reprit-il en laissant *app] un s\rire de cont5tem5t1 la nature elle-mme4 ,p>fois1 j'ai quasi peur qu'un s\ffle ne me rveille cette femme et qu'elle ne disp>aisse4 ,puis il se leva t\t c\p1 comme p\r p>tir4 --,oh6 oh6 rpondit ,porbus1 j'arrive temps p\r v\s vit] la dp5se et les fatigues du voyage4 --,comm5t1 dem&a ,fr5h(] tonn4 --,le jeune ,p\ss9 e/ aim p> une femme dont l'incomp>able beaut se tr\ve sans imp]fection aucune4 ,mais1 mon *] matre1 s'il cons5t v\s la prt]1 au mo9s faudra-t-il n\s laiss] voir votre toile4 ,le vieill>d re/a deb\t1 immobile1 dans un tat de /upidit p>faite4 --,comm5t6 s'cria-t-il enf9 d\l\reusem5t1 montr] ma crature1 mon p\se8 d*ir] le voile s\s lequel j'ai *a/em5t c\v]t mon bonheur8 ,mais ce s]ait une horrible pro/itution6 ,voil dix ans que je vis avec cette femme1 elle e/ moi1 moi seul1 elle m'aime4 ,ne m'a-t-elle pas s\ri *aque c\p de p9ceau que je lui ai donn8 elle a une me1 l'me dont je l'ai d\e4 ,elle r\girait si d'autres yeux que les mi5s s'arrtai5t sur elle4 ,la faire voir6 mais quel e/ le m>i1 l'amant assez vil p\r conduire sa femme au d%onneur8 ,qu& tu fais un tableau p\r la c\r1 tu n'y mets pas t\te ton me1 tu ne v5ds aux c\rtisans que des mannequ9s coloris4 ,ma pe9ture n'e/ pas une pe9ture1 c'e/ un s5tim5t1 une passion6 ,ne dans mon ateli]1 elle doit y re/] vi]ge1 et n'en peut sortir que vtue4 ,la posie et les femmes ne se livr5t nues qu' leurs amants6 ,possdons-n\s le modle de ,raphal1 l',anglique de l',ario/e1 la ,batrix du ,dante8 ,non6 n\s n'en voyons que les ,=mes4 ,eh6 bi51 l'uvre que je ti5s l-haut s\s mes v]r\s e/ une exception dans notre art4 ,ce n'e/ pas une toile1 c'e/ une femme6 une femme avec laquelle je pleure1 je ris1 je cause et p5se4 ,veux-tu que t\t c\p je quitte un bonheur de dix annes comme on jette un manteau4 ,que t\t c\p je cesse d'tre pre1 amant et ,dieu4 ,cette femme n'e/ pas une crature1 c'e/ une cration4 ,vi5ne ton jeune homme1 je lui donn]ai mes trsors1 je lui donn]ai des tableaux du ,corrge1 de ,mi*el-,ange1 du ,titi51 je bais]ai la m>que de ses pas dans la p\ssire2 mais en faire mon rival8 honte moi6 ,ha6 ha6 je suis plus amant encore que je ne suis pe9tre4 ,oui1 j'aurai la =ce de brl] ma ,belle-,noiseuse mon d]ni] s\pir2 mais lui faire support] le reg>d d'un homme1 d'un jeune homme1 d'un pe9tre8 non1 non6 ,je tu]ais le l5dema9 celui qui l'aurait s\ille d'un reg>d6 ,je te tu]ais l'in/ant1 toi1 mon ami1 si tu ne la saluais pas g5\x6 ,veux-tu ma9t5ant que je s\mette mon idole aux froids reg>ds et aux /upides critiques des imbciles8 ,ah6 l'am\r e/ un my/re1 il n'a de vie qu'au fond des curs1 et t\t e/ p]du qu& un homme dit mme son ami3--,voil celle que j'aime6 ,le vieill>d semblait tre r$ev5u jeune2 ses yeux avai5t de l'clat et de la vie3 ses j\es ples tai5t nuances d'un r\ge vif1 et ses ma9s tremblai5t4 ,porbus1 tonn de la viol5ce passionne avec laquelle ces p>oles fur5t dites1 ne savait que rpondre un s5tim5t aussi neuf que pr(ond4 ,fr5h(] tait-il raisonnable ou f\8 ,se tr\vait-il subjugu p> une fantaisie d'arti/e1 ou les ides qu'il avait exprimes procdai5t-elles de ce fanatisme inexprimable produit en n\s p> le long enfantem5t d'une gr&e uvre8 ,p\vait-on jamais espr] de transig] avec cette passion biz>re8 ,en proie t\tes ces p5ses1 ,porbus dit au vieill>d3--,mais n'e/-ce pas femme p\r femme8 ,p\ss9 ne livre-t-il pas sa matresse vos reg>ds8 --,quelle matresse8 rpondit ,fr5h(]4 ,elle le trahira tt ou t>d4 ,la mi5ne me s]a t\j\rs fidle6 --,eh6 bi51 reprit ,porbus1 n'en p>lons plus4 ,mais avant que v\s ne tr\viez1 mme en ,asie1 une femme aussi belle1 aussi p>faite que celle dont je p>le1 v\s m\riez peut-tre sans avoir a*ev votre tableau4 --,oh6 il e/ f9i1 dit ,fr5h(]4 ,qui le v]rait1 croirait ap]cevoir une femme c\*e sur un lit de vel\rs1 s\s des c\rt9es4 ,prs d'elle un trpi$ d'or exhale des p>fums4 ,tu s]ais t5t de pr5dre le gl& des cordons qui reti5n5t les rideaux1 et il te sembl]ait voir le se9 de ,ca!r9e ,lescault1 une belle c\rtisane appele la ,belle ,noiseuse1 r5dre le m\vem5t de sa respiration4 ,cep5dant je v\drais bi5 tre c]ta9444 --,va donc en ,asie1 rpondit ,porbus en ap]cevant une sorte d'hsitation dans le reg>d de ,fr5h(]4 ,et ,porbus fit quelques pas v]s la porte de la salle4 ,en ce mom5t1 ,gillette et ,nicolas ,p\ss9 tai5t arrivs prs du logis de ,fr5h(]4 ,qu& la jeune fille fut sur le po9t d'y entr]1 elle quitta le bras du pe9tre1 et se recula comme si elle et t saisie p> quelque s\da9 press5tim5t4 --,mais que vi5s-je donc faire ici8 dem&a-t-elle son amant d'un son de voix pr(ond et en le reg>dant d'un il fixe4 --,gillette1 je t'ai laisse matresse et veux t'obir en t\t4 ,tu es ma consci5ce et ma gloire4 ,revi5s au logis1 je s]ai plus heureux1 peut-tre1 que si tu444 --,suis-je moi qu& tu me p>les a9si8 ,oh6 non1 je ne suis plus qu'une enfant4--,allons1 aj\ta-t-elle en p>aissant faire un viol5t ef=t1 si notre am\r prit1 et si je mets dans mon cur un long regret1 ta clbrit ne s]a-t-elle pas le prix de mon obissance tes dsirs8 ,entrons1 ce s]a vivre encore que d'tre t\j\rs comme un s\v5ir dans ta palette4 ,en ouvrant la porte de la maison1 les deux amants se r5contrr5t avec ,porbus qui1 surpris p> la beaut de ,gillette dont les yeux tai5t alors ple9s de l>mes1 la saisit t\te tremblante1 et l'am5ant devant le vieill>d3--,t5ez1 dit-il1 ne vaut-elle pas t\s les *efs-d'uvre du monde8 ,fr5h(] tressaillit4 ,gillette tait l1 dans l'attitude nave et simple d'une jeune ,gorgi5ne innoc5te et peureuse1 ravie et prs5te p> des brig&s quelque m>*& d'esclaves4 ,une pudique r\geur colorait son visage1 elle baissait les yeux1 ses ma9s tai5t p5dantes ses cts1 ses =ces semblai5t l'ab&onn]1 et des l>mes prote/ai5t contre la viol5ce faite sa pudeur4 ,en ce mom5t1 ,p\ss91 au dsespoir d'avoir sorti ce beau trsor de ce gr5i]1 se maudit lui-mme4 ,il dev9t plus amant qu'arti/e1 et mille scrupules lui t\rnr5t le cur qu& il vit l'il rajeuni du vieill>d1 qui1 p> une habitude de pe9tre1 d%abilla1 p\r a9si dire1 cette jeune fille en en dev9ant les =mes les plus secrtes4 ,il rev9t alors la froce jal\sie du vritable am\r4 --,gillette1 p>tons6 s'cria-t-il4 ,a cet acc5t1 ce cri1 sa matresse joyeuse leva les yeux sur lui1 le vit1 et c\rut dans ses bras4 --,ah6 tu m'aimes donc1 rpondit-elle en fondant en l>mes4 ,aprs avoir eu l'n]gie de taire sa s\ffrance1 elle manquait de =ce p\r ca*] son bonheur4 --,oh6 laissez-la moi p5dant un mom5t1 dit le vieux pe9tre1 et v\s la comp>]ez ma ,ca!r9e4 ,oui1 j'y cons5s4 ,il y avait encore de l'am\r dans le cri de ,fr5h(]4 ,il semblait avoir de la coquett]ie p\r son semblant de femme1 et j\ir p> avance du triomphe que la beaut de sa vi]ge allait remport] sur celle d'une vraie jeune fille4 --,ne le laissez pas se ddire1 s'cria ,porbus en frappant sur l'paule du ,p\ss94 ,les fruits de l'am\r pass5t vite1 ceux de l'art sont immortels4 --,p\r lui1 rpondit ,gillette en reg>dant att5tivem5t le ,p\ss9 et ,porbus1 ne suis-je donc pas plus qu'une femme8 ,elle leva la tte avec fi]t2 mais qu&1 aprs avoir jet un c\p d'il t9celant ,fr5h(]1 elle vit son amant occup contempl] de n\veau le portrait qu'il avait pris nagure p\r un ,giorgion3--,ah6 dit-elle1 montons6 ,il ne m'a jamais reg>de a9si4 --,vieill>d1 reprit ,p\ss9 tir de sa mditation p> la voix de ,gillette1 vois cette pe1 je la plong]ai dans ton cur au premi] mot de pla9te que prononc]a cette jeune fille1 je mettrai le feu ta maison1 et p]sonne n'en sortira4 ,compr5ds-tu8 ,nicolas ,p\ss9 tait sombre1 et sa p>ole fut t]rible4 ,cette attitude et surt\t le ge/e du jeune pe9tre consolr5t ,gillette qui lui p>donna presque de la sacrifi] la pe9ture et son glorieux av5ir4 ,porbus et ,p\ss9 re/r5t la porte de l'ateli]1 se reg>dant l'un l'autre en sil5ce4 ,si1 d'abord1 le pe9tre de la ,m>ie gypti5ne se p]mit quelques exclamations3--,ah6 elle se d%abille1 il lui dit de se mettre au j\r6 ,il la comp>e6 ,bi5tt il se tut l'aspect du ,p\ss9 dont le visage tait pr(ondm5t tri/e2 et1 quoique les vieux pe9tres n'ai5t plus de ces scrupules si petits en prs5ce de l'art1 il les admira tant ils tai5t nafs et jolis4 ,le jeune homme avait la ma9 sur la g>de de sa dague et l'oreille presque colle la porte4 ,t\s deux1 dans l'ombre et deb\t1 ressemblai5t a9si deux conspirateurs att5dant l'heure de frapp] un tyran4 --,entrez1 entrez1 leur dit le vieill>d rayonnant de bonheur4 ,mon uvre e/ p>faite1 et ma9t5ant je puis la montr] avec orgueil4 ,jamais pe9tre1 p9ceaux1 c\leurs1 toile et lumire ne f]ont une rivale ,ca!r9e ,lescault1 la belle c\rtisane4 ,en proie une vive curiosit1 ,porbus et ,p\ss9 c\rur5t au milieu d'un va/e ateli] c\v]t de p\ssire1 o t\t tait en dsordre1 o ils vir5t et l des tableaux accro*s aux murs4 ,ils s'arrtr5t t\t d'abord devant une figure de femme de gr&eur naturelle1 demi-nue1 et p\r laquelle ils fur5t saisis d'admiration4 --,oh6 ne v\s occupez pas de cela1 dit ,fr5h(]1 c'e/ une toile que j'ai b>b\ille p\r tudi] une pose1 ce tableau ne vaut ri54 ,voil mes erreurs1 reprit-il en leur montrant de ravissantes compositions susp5dues aux murs1 aut\r d'eux4 ,a ces mots1 ,porbus et ,p\ss91 /upfaits de ce dda9 p\r de telles uvres1 *]*r5t le portrait annonc1 sans russir l'ap]cevoir4 --,eh6 bi51 le voil6 leur dit le vieill>d dont les *eveux tai5t en dsordre1 dont le visage tait enflamm p> une exaltation surnaturelle1 dont les yeux ptillai5t1 et qui haletait comme un jeune homme ivre d'am\r4--,ah6 ah6 s'cria-t-il1 v\s ne v\s att5diez pas tant de p]fection6 ,v\s tes devant une femme et v\s *]*ez un tableau4 ,il y a tant de pr(ondeur sur cette toile1 l'air y e/ si vrai1 que v\s ne p\vez plus le di/+u] de l'air qui n\s environne4 ,o e/ l'art8 p]du1 disp>u6 ,voil les =mes mmes d'une jeune fille4 ,n'ai-je pas bi5 saisi la c\leur1 le vif de la ligne qui p>at t]m9] le corps8 ,n'e/-ce pas le mme phnomne que n\s prs5t5t les objets qui sont dans l'atmosphre comme les poissons dans l'eau8 ,admirez comme les cont\rs se dta*5t du fond8 ,ne semble-t-il pas que v\s puissiez pass] la ma9 sur ce dos8 ,aussi1 p5dant sept annes1 ai-je tudi les effets de l'acc\plem5t du j\r et des objets4 ,et ces *eveux1 la lumire ne les inonde-t-elle pas8444 ,mais elle a respir1 je crois64444 ,ce se91 voyez8 ,ah6 qui ne v\drait l'ador] g5\x8 ,les *airs palpit5t4 ,elle va se lev]1 att5dez4 --,ap]cevez-v\s quelque *ose8 dem&a ,p\ss9 ,porbus4 --,non4 ,et v\s8 --,ri54 ,les deux pe9tres laissr5t le vieill>d son extase1 reg>dr5t si la lumire1 en tombant d'aplomb sur la toile qu'il leur montrait1 n'en neutralisait pas t\s les effets4 ,ils exam9r5t alors la pe9ture en se mettant droite1 gau*e1 de face1 en se baissant et se levant t\r t\r4 --,oui1 oui1 c'e/ bi5 une toile1 leur disait ,fr5h(] en se mpr5ant sur le b de cet exam5 scrupuleux4 ,t5ez1 voil le *ssis1 le *evalet1 enf9 voici mes c\leurs1 mes p9ceaux4 ,et il s'emp>a d'une brosse qu'il leur prs5ta p> un m\vem5t naf4 --,le vieux lansqu5et se j\e de n\s1 dit ,p\ss9 en rev5ant devant le prt5du tableau4 ,je ne vois l que des c\leurs confusm5t amasses et cont5ues p> une multitude de lignes biz>res qui =m5t une muraille de pe9ture4 --,n\s n\s trompons1 voyez8444 reprit ,porbus4 ,en s'appro*ant1 ils ap]ur5t dans un co9 de la toile le b\t d'un pi$ nu qui sortait de ce *aos de c\leurs1 de tons1 de nuances indcises1 espce de br\ill>d sans =me2 mais un pi$ dlicieux1 un pi$ vivant6 ,ils re/r5t ptrifis d'admiration devant ce fragm5t *app une incroyable1 une l5te et progressive de/ruction4 ,ce pi$ app>aissait l comme un torse de quelque ,vnus en m>bre de ,p>os qui surgirait p>mi les dcombres d'une ville inc5die4 --,il y a une femme l-dess\s1 s'cria ,porbus en faisant rem>qu] ,p\ss9 les div]ses sup]positions de c\leurs dont le vieux pe9tre avait successivem5t *>g t\tes les p>ties de cette figure en v\lant la p]fectionn]4 ,les deux pe9tres se t\rnr5t spontanm5t v]s ,fr5h(]1 en comm5ant s'expliqu]1 mais vaguem5t1 l'extase dans laquelle il vivait4 --,il e/ de bonne foi1 dit ,porbus4 --,oui1 mon ami1 rpondit le vieill>d en se rveillant1 il faut de la foi1 de la foi dans l'art1 et vivre p5dant long-temps avec son uvre p\r produire une cration semblable4 ,quelques-unes de ces ombres m'ont cot bi5 des travaux4 ,t5ez1 il y a l sur sa j\e1 au-dess\s des yeux1 une lgre pnombre qui1 si v\s l'obs]vez dans la nature1 v\s p>atra presque intraduisible4 ,eh6 bi51 croyez-v\s qu'elle ne m'ait pas cot des pe9es in\es reproduire8 ,mais aussi1 mon *] ,porbus1 reg>de att5tivem5t mon travail1 et tu compr5dras mieux ce que je te disais sur la manire de trait] le model et les cont\rs4 ,reg>de la lumire du se91 et vois comme1 p> une suite de t\*es et de rehauts =tem5t empts1 je suis p>v5u accro*] la vritable lumire et la comb9] avec la blan*eur luisante des tons clairs2 et comme p> un travail contraire1 en effaant les saillies et le gra9 de la pte1 j'ai pu1 =ce de c>ess] le cont\r de ma figure1 noy dans la demi-te9te1 t] jusqu' l'ide de dess9 et de moy5s artificiels1 et lui donn] l'aspect et la rondeur mme de la nature4 ,appro*ez1 v\s v]rez mieux ce travail4 ,de lo91 il disp>at4 ,t5ez8 l il e/1 je crois1 trs-rem>quable4 ,et du b\t de sa brosse1 il dsignait aux deux pe9tres un pt de c\leur claire4 ,porbus frappa sur l'paule du vieill>d en se t\rnant v]s ,p\ss93--,savez-v\s que n\s voyons en lui un bi5 gr& pe9tre8 dit-il4 --,il e/ encore plus pote que pe9tre1 rpondit gravem5t ,p\ss94 --,l1 reprit ,porbus en t\*ant la toile1 f9it notre art sur t]re4 --,et1 de l1 il va se p]dre dans les cieux1 dit ,p\ss94 --,combi5 de j\issance sur ce morceau de toile6 s'cria ,porbus4 ,le vieill>d absorb ne les c\tait pas1 et s\riait cette femme imag9aire4 --,mais1 tt ou t>d1 il s'ap]cevra qu'il n'y a ri5 sur sa toile1 s'cria ,p\ss94 --,ri5 sur ma toile1 dit ,fr5h(] en reg>dant t\r t\r les deux pe9tres et son prt5du tableau4 --,qu'avez-v\s fait6 rpondit ,porbus ,p\ss94 ,le vieill>d saisit avec =ce le bras du jeune homme et lui dit3--,tu ne vois ri51 manant6 maheu/re6 bltre6 b>da*e6 ,p\rquoi donc es-tu mont ici8--,mon bon ,porbus1 reprit-il en se t\rnant v]s le pe9tre1 e/-ce que1 v\s aussi1 v\s v\s j\]iez de moi8 rpondez8 je suis votre ami1 dites1 aurais-je donc gt mon tableau8 ,porbus1 indcis1 n'osa ri5 dire2 mais l'anxit pe9te sur la physionomie blan*e du vieill>d tait si cruelle1 qu'il montra la toile en disant3--,voyez6 ,fr5h(] contempla son tableau p5dant un mom5t et *ancela4 --,ri51 ri56 ,et avoir travaill dix ans6 ,il s'assit et pleura4 --,je suis donc un imbcile1 un f\6 je n'ai donc ni tal5t1 ni capacit1 je ne suis plus qu'un homme ri*e qui1 en m>*ant1 ne fait que m>*]6 ,je n'aurai donc ri5 produit4 ,il contempla sa taille trav]s ses l>mes1 il se releva t\t c\p avec fi]t1 et jeta sur les deux pe9tres un reg>d t9celant4 --,p> le sang1 p> le corps1 p> la tte du ,*ri/1 v\s tes des jal\x qui v\lez me faire croire qu'elle e/ gte p\r me la vol]6 ,moi1 je la vois6 cria-t-il1 e/-elle m]veilleusem5t belle4 ,en ce mom5t1 ,p\ss9 ent5dit les pleurs de ,gillette1 oublie dans un co94 --,qu'z-tu1 mon ange8 lui dem&a le pe9tre r$ev5u subitem5t am\reux4 --,tue-moi6 dit-elle4 ,je s]ais une infme de t'aim] encore1 c> je te mprise4 ,je t'admire1 et tu me fais horreur4 ,je t'aime et je crois que je te hais dj4 ,p5dant que ,p\ss9 c\tait ,gillette1 ,fr5h(] rec\vrait sa ,ca!r9e d'une s]ge v]te1 avec la srieuse tranquillit d'un joailli] qui f]me ses tiroirs en se croyant en compagnie d'adroits l>rons4 ,il jeta sur les deux pe9tres un reg>d pr(ondm5t s\rnois1 ple9 de mpris et de s\pon1 les mit sil5cieusem5t la porte de son ateli]1 avec une promptitude convulsive4 ,puis1 il leur dit sur le seuil de son logis3--,adieu1 mes petits amis4 ,cet adieu glaa les deux pe9tres4 ,le l5dema91 ,porbus inquiet1 rev9t voir ,fr5h(]1 et apprit qu'il tait mort dans la nuit1 aprs avoir brl ses toiles4 ,p>is1 fvri] #ahcb4 ,,la ,,re*]*e ,,de ,l',,absolu4 ,a ,,madame ,,jos,,ph9e ,,delannoy1 ,n,e ,,d\m]c4 ,madame1 fasse ,dieu que cette uvre ait une vie plus longue que la mi5ne6 la reconnaissance que je v\s ai v\e1 et qui1 je l'espre1 gal]a votre affection presque mat]nelle p\r moi1 subsi/]ait alors au del du t]me fix nos s5tim5ts4 ,ce sublime privilge d't5dre a9si p> la vie de nos uvres l'exi/5ce du cur suffirait1 s'il y avait jamais une c]titude cet g>d1 p\r consol] de t\tes les pe9es qu'il cote ceux dont l'ambition e/ de le conqurir4 ,je rpt]ai donc3 ,dieu le veuille6 ,,de ,,balzac4 ,il exi/e ,d\ai dans la rue de ,p>is une maison dont la physionomie1 les dispositions intrieures et les dtails ont1 plus que ceux d'aucun autre logis1 g>d le c>actre des vieilles con/ructions flam&es1 si navem5t appropries aux murs patri>cales de ce bon pays2 mais avant de la dcrire1 peut-tre faut-il tablir dans l'intrt des criva9s la ncessit de ces prp>ations didactiques contre lesquelles prote/5t c]ta9es p]sonnes ignorantes et voraces qui v\drai5t des motions sans en subir les pr9cipes gnrateurs1 la fleur sans la gra9e1 l'enfant sans la ge/ation4 ,l',art s]ait-il donc t5u d'tre plus =t que ne l'e/ la ,nature8 ,les vnem5ts de la vie huma9e1 soit publique1 soit prive1 sont si intimem5t lis l'ar*itecture1 que la plup>t des obs]vateurs peuv5t recon/ruire les nations ou les individus dans t\te la vrit de leurs habitudes1 d'aprs les re/es de leurs monum5ts publics ou p> l'exam5 de leurs reliques dome/iques4 ,l'ar*ologie e/ la nature sociale ce que l'anatomie comp>e e/ la nature organise4 ,une mosaque rvle t\te une socit1 comme un squelette d'i*?yosaure s\s-ent5d t\te une cration4 ,de "p et d'autre1 t\t se dduit1 t\t s'en*ane4 ,la cause fait dev9] un effet1 comme *aque effet p]met de remont] une cause4 ,le savant ressuscite a9si jusqu'aux v]rues des vieux ges4 ,de l vi5t sans d\te le prodigieux intrt qu'inspire une description ar*itecturale qu& la fantaisie de l'criva9 n'en dnature po9t les lm5ts2 *acun ne peut-il pas la ratta*] au pass p> de svres dductions2 et1 p\r l'homme1 le pass ressemble s+ulirem5t l'av5ir3 lui racont] ce qui fut1 n'e/-ce pas presque t\j\rs lui dire ce qui s]a8 ,enf91 il e/ r>e que la pe9ture des lieux o la vie s'c\le ne rappelle *acun ou ses vux trahis ou ses esprances en fleur4 ,la comp>aison entre un prs5t qui trompe les v\loirs secrets et l'av5ir qui peut les ralis]1 e/ une s\rce 9puisable de mlancolie ou de satisfactions d\ces4 ,aussi1 e/-il presque impossible de ne pas tre pris d'une espce d'att5drissem5t la pe9ture de la vie flam&e1 qu& les accessoires en sont bi5 r5dus4 ,p\rquoi8 ,peut-tre e/-ce1 p>mi les diffr5tes exi/5ces1 celle qui f9it le mieux les inc]titudes de l'homme4 ,elle ne va pas sans t\tes ftes1 sans t\s les li5s de la famille1 sans une grasse aisance qui atte/e la cont9uit du bi5-tre1 sans un repos qui ressemble de la batitude2 mais elle exprime surt\t le calme et la monotonie d'un bonheur navem5t s5suel o la j\issance t\ffe le dsir en le prv5ant t\j\rs4 ,quelque prix que l'homme passionn puisse atta*] aux tumultes des s5tim5ts1 il ne voit jamais sans motion les images de cette nature sociale o les battem5ts du cur sont si bi5 rgls1 que les g5s sup]ficiels l'accus5t de froideur4 ,la f\le prfre gnralem5t la =ce anormale qui dborde la =ce gale qui p]si/e4 ,la f\le n'a ni le temps ni la pati5ce de con/at] l'imm5se p\voir ca* s\s une app>5ce uni=me4 ,aussi1 p\r frapp] cette f\le emporte p> le c\rant de la vie1 la passion de mme que le gr& arti/e n'a-t-elle d'autre ress\rce que d'all] au del du b1 comme ont fait ,mi*el-,ange1 ,bianca ,capello1 mademoiselle de ,la ,vallire1 ,bee?ov5 et ,pagan9i4 ,les gr&s calculateurs seuls p5s5t qu'il ne faut jamais dpass] le b1 et n'ont de respect que p\r la virtualit empre9te dans un p>fait accomplissem5t qui met en t\te uvre ce calme pr(ond dont le *>me saisit les hommes suprieurs4 ,or1 la vie adopte p> ce peuple ess5tiellem5t conome remplit bi5 les conditions de flicit que rv5t les masses p\r la vie citoy5ne et b\rgeoise4 ,la matrialit la plus exquise e/ empre9te dans t\tes les habitudes flam&es4 ,le com=t anglais (fre des te9tes s*es1 des tons durs2 t&is qu'en ,fl&re le vieil intrieur des mnages rj\it l'il p> des c\leurs moelleuses1 p> une bonhomie vraie2 il implique le travail sans fatigue2 la pipe y dnote une heureuse application du f> ni5te napolita92 puis1 il accuse un s5tim5t paisible de l'art1 sa condition la plus ncessaire1 la pati5ce2 et l'lm5t qui en r5d les crations durables1 la consci5ce4 ,le c>actre flam& e/ dans ces deux mots1 pati5ce et consci5ce1 qui sembl5t exclure les ri*es nuances de la posie et r5dre les murs de ce pays aussi plates que le sont ses l>ges pla9es1 aussi froides que l'e/ son ciel brumeux2 mais il n'en e/ ri54 ,la civilisation a dploy l son p\voir en y modifiant t\t1 mme les effets du climat4 ,si l'on obs]ve avec att5tion les produits des div]s pays du globe1 on e/ t\t d'abord surpris de voir les c\leurs grises et fauves spcialem5t affectes aux productions des zones tempres1 t&is que les c\leurs les plus clatantes di/+u5t celles des pays *auds4 ,les murs doiv5t ncessairem5t se con=m] cette loi de la nature4 ,les ,fl&res1 qui jadis tai5t ess5tiellem5t brunes et v\es des te9tes unies1 ont tr\v les moy5s de jet] de l'clat dans leur atmosphre fulig9euse p> les vicissitudes politiques qui les ont successivem5t s\mises aux ,b\rguignons1 aux ,espagnols1 aux ,franais1 et les ont fait frat]nis] avec les ,allem&s et les ,holl&ais4 ,de l',espagne1 elles ont g>d le luxe des c>lates1 les sat9s brillants1 les tapiss]ies effet vig\reux1 les plumes1 les m&ol9es1 et les =mes c\rtoises4 ,de ,v5ise1 elles ont eu1 en ret\r de leurs toiles et de leurs d5telles1 cette v]r]ie fanta/ique o le v9 reluit et semble meilleur4 ,de l',autri*e1 elles ont cons]v cette pesante diplomatie qui1 suivant un dicton populaire1 fait trois pas dans un boisseau4 ,le comm]ce avec les ,indes y a v]s les inv5tions grotesques de la ,*9e1 et les m]veilles du ,japon4 ,nanmo9s1 malgr leur pati5ce t\t amass]1 ne ri5 r5dre1 t\t support]1 les ,fl&res ne p\vai5t gure tre considres que comme le magas9 gnral de l',europe1 jusqu'au mom5t o la dc\v]te du tabac s\da p> la fume les traits p>s de leur physionomie nationale4 ,ds lors1 en dpit des morcellem5ts de son t]ritoire1 le peuple flam& exi/a de p> la pipe et la bire4 ,aprs s'tre assimil1 p> la con/ante conomie de sa conduite1 les ri*esses et les ides de ses matres ou de ses vois9s1 ce pays1 si nativem5t t]ne et dp\rvu de posie1 se composa une vie orig9ale et des murs c>actri/iques1 sans p>atre enta* de s]vilit4 ,l',art y dp\illa t\te idalit p\r reproduire uniquem5t la ,=me4 ,aussi ne dem&ez cette patrie de la posie pla/ique1 ni la v]ve de la comdie1 ni l'action dramatique1 ni les jets h>dis de l'pope ou de l'ode1 ni le gnie musical2 mais elle e/ f]tile en dc\v]tes1 en discussions doctorales qui veul5t et le temps et la lampe4 ,t\t y e/ frapp au co9 de la j\issance temporelle4 ,l'homme y voit exclusivem5t ce qui e/1 sa p5se se c\rbe si scrupuleusem5t s]vir les beso9s de la vie qu'en aucune uvre elle ne s'e/ lance au del de ce monde4 ,la seule ide d'av5ir conue p> ce peuple fut une sorte d'conomie en politique1 sa =ce rvolutionnaire v9t du dsir dome/ique d'avoir les c\des fran*es table et son aise complte s\s l'auv5t de ses /e$s4 ,le s5tim5t du bi5-tre et l'esprit d'indp5dance qu'inspire la =tune eng5drr5t1 l plus tt qu'ailleurs1 ce beso9 de lib]t qui plus t>d travailla l',europe4 ,aussi la con/ance de leurs ides et la tnacit que l'ducation donne aux ,flam&s1 en fir5t-elles autrefois des hommes r$\tables dans la df5se de leurs droits4 ,*ez ce peuple1 ri5 donc ne se faonne demi1 ni les maisons1 ni les meubles1 ni la digue1 ni la culture1 ni la rvolte4 ,aussi g>de-t-il le monopole de ce qu'il entrepr5d4 ,la fabrication de la d5telle1 uvre de pati5te agriculture et de plus pati5te indu/rie1 celle de sa toile1 sont hrditaires comme ses =tunes patrimoniales4 ,s'il fallait pe9dre la con/ance s\s la =me huma9e la plus pure1 peut-tre s]ait-on dans le vrai1 en pr5ant le portrait d'un bon b\rgme/re des ,pays-,bas1 capable1 comme il s'en e/ tant r5contr1 de m\rir b\rgeoisem5t et sans clat p\r les intrts de sa ,hanse4 ,mais les d\ces posies de cette vie patri>cale se retr\v]ont naturellem5t dans la pe9ture d'une des d]nires maisons qui1 au temps o cette hi/oire comm5ce1 en cons]vai5t encore le c>actre ,d\ai4 ,de t\tes les villes du dp>tem5t du ,nord1 ,d\ai e/1 hlas6 celle qui se mod]nise le plus1 o le s5tim5t innovateur a fait les plus rapides conqutes1 o l'am\r du progrs social e/ le plus rp&u4 ,l1 les vieilles con/ructions disp>aiss5t de j\r en j\r1 les antiques murs s'effac5t4 ,le ton1 les modes1 les faons de ,p>is y dom95t2 et de l'anci5ne vie flam&e1 les ,d\aisi5s n'auront plus bi5tt que la cordialit des so9s hospitali]s1 la c\rtoisie espagnole1 la ri*esse et la propret de la ,holl&e4 ,les htels en pi]re blan*e auront remplac les maisons de briques4 ,le cossu des =mes bataves aura cd devant la *angeante lgance des n\veauts franaises4 ,la maison o se sont passs les vnem5ts de cette hi/oire se tr\ve peu prs au milieu de la rue de ,p>is1 et porte ,d\ai1 depuis plus de deux c5ts ans1 le nom de la ,maison ,clas4 ,les ,van-,clas fur5t jadis une des plus clbres familles d'artisans auxquels les ,pays-,bas dur5t1 dans plusieurs productions1 une suprmatie comm]ciale qu'ils ont g>de4 ,p5dant long-temps les ,clas fur5t dans la ville de ,g&1 de pre en fils1 les *efs de la puissante confrrie des ,tiss]&s4 ,lors de la rvolte de cette gr&e cit contre ,*>les-,qu9t qui v\lait en supprim] les privilges1 le plus ri*e des ,clas fut si =tem5t compromis que1 prvoyant une cata/rophe et =c de p>tag] le sort de ses compagnons1 il envoya secrtem5t1 s\s la protection de la ,france1 sa femme1 ses enfants et ses ri*esses1 avant que les tr\pes de l'emp]eur n'euss5t inve/i la ville4 ,les prvisions du ,syndic des ,tiss]&s tai5t ju/es4 ,il fut1 a9si que plusieurs autres b\rgeois1 except de la capitulation et p5du comme rebelle1 t&is qu'il tait en ralit le df5seur de l'indp5dance gantoise4 ,la mort de ,clas et de ses compagnons porta ses fruits4 ,plus t>d ces supplices inutiles cotr5t au roi des ,espagnes la plus gr&e p>tie de ses possessions dans les ,pays-,bas4 ,de t\tes les sem5ces confies la t]re1 le sang v]s p> les m>tyrs e/ celle qui donne la plus prompte moisson4 ,qu& ,philippe ,,ii1 qui punissait la rvolte jusqu' la seconde gnration1 t5dit sur ,d\ai son sceptre de f]1 les ,clas cons]vr5t leurs gr&s bi5s1 en s'alliant la trs-noble famille de ,mol9a1 dont la bran*e ane1 alors pauvre1 dev9t assez ri*e p\r p\voir ra*et] le comt de ,n\rho qu'elle ne possdait que titulairem5t dans le royaume de ,lon4 ,au comm5cem5t du dix-neuvime sicle1 aprs des vicissitudes dont le tableau n'(frirait ri5 d'intressant1 la famille de ,clas tait reprs5te1 dans la bran*e tablie ,d\ai1 p> la p]sonne de monsieur ,bal?az> ,clas-,mol9a1 comte de ,n\rho1 qui t5ait s'appel] t\t unim5t ,bal?az> ,clas4 ,de l'imm5se =tune amasse p> ses anctres qui faisai5t m\voir un milli] de mti]s1 il re/ait ,bal?az> environ qu9ze mille livres de r5tes en fonds de t]re dans l'arrondissem5t de ,d\ai1 et la maison de la rue de ,p>is dont le mobili] valait d'ailleurs une =tune4 ,quant aux possessions du royaume de ,lon1 elles avai5t t l'objet d'un procs entre les ,mol9a de ,fl&re et la bran*e de cette famille re/e en ,espagne4 ,les ,mol9a de ,lon gagnr5t les doma9es et prir5t le titre de comtes de ,n\rho1 quoique les ,clas euss5t seuls le droit de le port]2 mais la vanit de la b\rgeoisie belge tait suprieure la morgue ca/illane4 ,aussi1 qu& l'tat ,civil fut in/itu1 ,bal?az> ,clas laissa-t-il de ct les haillons de sa noblesse espagnole p\r sa gr&e illu/ration gantoise4 ,le s5tim5t patriotique exi/e si =tem5t *ez les familles exiles1 que jusque dans les d]ni]s j\rs du dix-huitime sicle1 les ,clas tai5t demeurs fidles leurs traditions1 leurs murs et leurs usages4 ,ils ne s'alliai5t qu'aux familles de la plus pure b\rgeoisie3 il leur fallait un c]ta9 nombre d'*ev9s ou de b\rgme/res du ct de la fiance1 p\r l'admettre dans leur famille4 ,enf9 ils allai5t *]*] leurs femmes ,bruges ou ,g&1 ,lige ou en ,holl&e af9 de p]ptu] les c\tumes de leur foy] dome/ique4 ,v]s la f9 du d]ni] sicle1 leur socit1 de plus en plus re/re9te1 se bornait sept ou huit familles de noblesse p>lem5taire dont les murs1 dont la toge gr&s plis1 dont la gravit magi/rale mi-p>tie espagnole1 s'h>moniai5t leurs habitudes4 ,les habitants de la ville portai5t une sorte de respect religieux cette famille1 qui p\r eux tait comme un prjug4 ,la con/ante honntet1 la loyaut sans ta*e des ,clas1 leur inv>iable dcorum faisai5t d'eux une sup]/ition aussi invtre que celle de la fte de ,gayant1 et bi5 exprime p> ce nom1 la ,maison ,clas4 ,l'esprit de la vieille ,fl&re respirait t\t enti] dans cette habitation1 qui (frait aux amateurs d'antiquits b\rgeoises le type des mode/es maisons que se con/ruisit la ri*e b\rgeoisie au ,moy5-ge4 ,le pr9cipal ornem5t de la faade tait une porte deux v5taux en *ne g>nis de cl\s disposs en qu9conce1 au c5tre desquels les ,clas avai5t fait sculpt] p> orgueil deux navettes acc\ples4 ,la baie de cette porte1 difie en pi]re de grs1 se t]m9ait p> un c9tre po9tu qui supportait une petite lant]ne surmonte d'une croix1 et dans laquelle se voyait une /atuette de sa9te ,g5evive filant sa qu5\ille4 ,quoique le temps et jet sa te9te sur les travaux dlicats de cette porte et de la lant]ne1 le so9 extrme qu'en pr5ai5t les g5s du logis p]mettait aux passants d'en saisir t\s les dtails4 ,aussi le *ambranle1 compos de colonnettes assembles1 cons]vait-il une c\leur gris-fonc et brillait-il de manire faire croire qu'il avait t v]ni4 ,de *aque ct de la porte1 au rez-de-*ausse1 se tr\vai5t deux croises semblables t\tes celles de la maison4 ,leur encadrem5t en pi]re blan*e f9issait s\s l'appui p> une coquille ri*em5t orne1 en haut p> deux arcades que sp>ait le montant de la croix qui divisait le vitrage en quatre p>ties 9gales1 c> la trav]se place la hauteur v\lue p\r figur] une croix1 donnait aux deux cts infrieurs de la croise une dim5sion presque d\ble de celle des p>ties suprieures arrondies p> leurs c9tres4 ,la d\ble arcade avait p\r enjolivem5t trois ranges de briques qui s'avanai5t l'une sur l'autre1 et dont *aque brique tait alt]nativem5t saillante ou retire d'un p\ce environ1 de manire dess9] une grecque4 ,les vitres1 petites et en losange1 tai5t en*sses dans des bran*es en f] extrmem5t m9ces et pe9tes en r\ge4 ,les murs1 btis en briques rejo9toyes avec un morti] blanc1 tai5t s\t5us de di/ance en di/ance et aux angles p> des *anes en pi]re4 ,le premi] tage tait p]c de c9q croises2 le second n'en avait plus que trois1 et le gr5i] tirait son j\r d'une gr&e ouv]ture ronde c9q comp>tim5ts1 borde en grs1 et place au milieu du fronton triangulaire que dcrivait le pignon1 comme la rose dans le portail d'une ca?drale4 ,au fate s'levait1 en guise de gir\ette1 une qu5\ille *>ge de l94 ,les deux cts du gr& triangle que =mait le mur du pignon tai5t dc\ps c>rm5t p> des espces de m>*es jusqu'au c\ronnem5t du premi] tage1 o1 droite et gau*e de la maison1 tombai5t les eaux pluviales rejetes p> la gueule d'un animal fanta/ique4 ,au bas de la maison1 une assise en grs y simulait une m>*e4 ,enf91 d]ni] ve/ige des anci5nes c\tumes1 de *aque ct de la porte1 entre les deux f5tres1 se tr\vait dans la rue une trappe en bois g>nie de gr&es b&es de f]1 p> laquelle on pntrait dans les caves4 ,depuis sa con/ruction1 cette faade se nettoyait soigneusem5t deux fois p> an4 ,si quelque peu de morti] manquait dans un jo9t1 le tr\ se reb\*ait aussitt4 ,les croises1 les appuis1 les pi]res1 t\t tait p\sset mieux que ne sont p\ssets ,p>is les m>bres les plus prcieux4 ,ce devant de maison n'(frait donc aucune trace de dgradation4 ,malgr les te9tes fonces causes p> la vtu/ mme de la brique1 il tait aussi bi5 cons]v que peuv5t l'tre un vieux tableau1 un vieux livre *ris p> un amateur et qui s]ai5t t\j\rs neufs1 s'ils ne subissai5t1 s\s la clo*e de notre atmosphre1 l'influ5ce des gaz dont la malignit n\s m5ace n\s-mmes4 ,le ciel nuageux1 la temprature humide de la ,fl&re et les ombres produites p> le peu de l>geur de la rue tai5t =t s\v5t cette con/ruction le lu/re qu'elle empruntait sa propret re*]*e qui1 d'ailleurs1 la r5dait froide et tri/e l'il4 ,un pote aurait aim quelques h]bes dans les j\rs de la lant]ne ou des m\sses sur les dc\pures du grs1 il aurait s\hait que ces ranges de briques se fuss5t f5dilles1 que s\s les arcades des croises1 quelque hirondelle et maonn son nid dans les triples cases r\ges qui les ornai5t4 ,aussi le f9i1 l'air propre de cette faade demi rpe p> le frottem5t lui donnai5t-ils un aspect s*em5t honnte et dcemm5t e/imable1 qui1 c]tes1 aurait fait dmnag] un romantique1 s'il et log en face4 ,qu& un visiteur avait tir le cordon de la sonnette en f] tress qui p5dait le long du *ambranle de la porte1 et que la s]vante v5ue de l'intrieur lui avait ouv]t le battant au milieu duquel tait une petite grille1 ce battant *appait aussitt de la ma91 emport p> son poids1 et retombait en r5dant s\s les votes d'une spacieuse gal]ie dalle et dans les pr(ondeurs de la maison1 un son grave et l\rd comme si la porte et t de bronze4 ,cette gal]ie pe9te en m>bre1 t\j\rs fra*e1 et seme d'une c\*e de sable f91 conduisait une gr&e c\r c>re intrieure1 pave en l>ges c>reaux v]nisss et de c\leur v]dtre4 ,a gau*e se tr\vai5t la l+]ie1 les cuis9es1 la salle des g5s2 droite le b*]1 le magas9 au *>bon de t]re et les communs du logis dont les portes1 les croises1 les murs tai5t orns de dess9s entret5us dans une exquise propret4 ,le j\r1 tamis entre quatre murailles r\ges rayes de filets blancs1 y contractait des reflets et des te9tes roses qui prtai5t aux figures et aux mo9dres dtails une grce my/rieuse et de fanta/iques app>5ces4 ,une seconde maison absolum5t semblable au btim5t situ sur le devant de la rue1 et qui1 dans la ,fl&re1 porte le nom de qu>ti] de d]rire1 s'levait au fond de cette c\r et s]vait uniquem5t l'habitation de la famille4 ,au rez-de-*ausse1 la premire pice tait un p>loir clair p> deux croises du ct de la c\r1 et p> deux autres qui donnai5t sur un j>d9 dont la l>geur galait celle de la maison4 ,deux portes vitres p>allles conduisai5t l'une au j>d91 l'autre la c\r1 et correspondai5t la porte de la rue1 de manire ce que1 ds l'entre1 un trang] p\vait embrass] l'ensemble de cette demeure1 et ap]cevoir jusqu'aux feuillages qui tapissai5t le fond du j>d94 ,le logis de devant1 de/9 aux rceptions1 et dont le second tage cont5ait les app>tem5ts donn] aux trang]s1 r5f]mait c]tes des objets d'art et de gr&es ri*esses accumules2 mais ri5 ne p\vait gal] aux yeux des ,clas1 ni au jugem5t d'un connaisseur1 les trsors qui ornai5t cette pice1 o1 depuis deux sicles1 s'tait c\le la vie de la famille4 ,le ,clas1 mort p\r la cause des lib]ts gantoises1 l'artisan de qui l'on pr5drait une trop m9ce ide1 si l'hi/ori5 omettait de dire qu'il possdait prs de qu>ante mille m>cs d'arg5t1 gagns dans la fabrication des voiles ncessaires la t\te-puissante m>9e vniti5ne2 ce ,clas eut p\r ami le clbre sculpteur en bois ,van-,huysium de ,bruges4 ,ma9tes fois1 l'arti/e avait puis dans la b\rse de l'artisan4 ,quelque temps avant la rvolte des ,gantois1 ,van-,huysium1 dev5u ri*e1 avait secrtem5t sculpt p\r son ami une bois]ie en bne massif o tai5t reprs5tes les pr9cipales scnes de la vie d',artewelde1 ce brasseur1 un mom5t roi des ,fl&res4 ,ce revtem5t compos de soixante panneaux1 cont5ait environ quatorze c5ts p]sonnages pr9cipaux1 et passait p\r l'uvre capitale de ,van-,huysium4 ,le capita9e *>g de g>d] les b\rgeois que ,*>les-,qu9t avait dcid de faire p5dre le j\r de son entre dans sa ville natale1 proposa1 dit-on1 ,van-,clas de le laiss] vad] s'il lui donnait l'uvre de ,van-,huysium2 mais le tiss]& l'avait envoye en ,france4 ,ce p>loir1 entirem5t bois avec ces panneaux que1 p> respect p\r les mnes du m>tyr1 ,van-,huysium v9t lui-mme encadr] de bois pe9t en outrem] mlang de filets d'or1 e/ donc l'uvre la plus complte de ce matre1 dont auj\rd'hui les mo9dres morceaux sont pays presque au poids de l'or4 ,au-dessus de la *em9e1 ,van-,clas1 pe9t p> ,titi5 dans son co/ume de prsid5t du tribunal des ,p>*ons1 semblait conduire encore cette famille qui vnrait en lui son gr& homme4 ,la *em9e1 primitivem5t en pi]re1 manteau trs-lev1 avait t recon/ruite en m>bre blanc dans le d]ni] sicle1 et supportait un vieux c>tel et deux lambeaux c9q bran*es cont\rnes1 de mauvais gt1 mais en arg5t massif4 ,les quatre f5tres tai5t dcores de gr&s rideaux en damas r\ge1 fleurs noires1 d\bls de soie blan*e1 et le meuble de mme t(fe avait t r5\vel s\s ,l\is ,,xiv4 ,le p>quet1 videmm5t mod]ne1 tait compos de gr&es plaques de bois blanc encadres p> des b&es de *ne4 ,le plafond =m de plusieurs c>t\*es1 au fond desquels tait un masc>on cisel p> ,van-,huysium1 avait t respect et cons]vait les te9tes brunes du *ne de ,holl&e4 ,aux quatre co9s de ce p>loir s'levai5t des colonnes tronques1 surmontes p> des flambeaux semblables ceux de la *em9e1 une table ronde en occupait le milieu4 ,le long des murs1 tai5t symtriquem5t ranges des tables j\]4 ,sur deux consoles dores1 dessus de m>bre blanc1 se tr\vai5t l'poque o comm5ce cette hi/oire deux globes de v]re ple9s d'eau dans lesquels nageai5t sur un lit de sable et de coquillages des poissons r\ges1 dors ou arg5ts4 ,cette pice tait la fois brillante et sombre4 ,le plafond absorbait ncessairem5t la cl>t1 sans en ri5 reflt]4 ,si du ct du j>d9 le j\r abondait et v5ait papillot] dans les tailles de l'bne1 les croises de la c\r donnant peu de lumire1 faisai5t pe9e brill] les filets d'or imprims sur les p>ois opposes4 ,ce p>loir si magnifique p> un beau j\r tait donc1 la plup>t du temps1 rempli des te9tes d\ces1 des tons r\x et mlancoliques que le soleil pan*e sur la cime des =ts en automne4 ,il e/ inutile de cont9u] la description de la maison ,clas dans les autres p>ties de laquelle se pass]ont ncessairem5t plusieurs scnes de cette hi/oire2 il suffit1 en ce mom5t1 d'en connatre les pr9cipales dispositions4 ,en #ahab1 v]s les d]ni]s j\rs du mois d'aot1 un diman*e1 aprs vpres1 une femme tait assise dans sa b]gre devant une des f5tres du j>d94 ,les rayons du soleil tombai5t alors obliquem5t sur la maison1 la pr5ai5t en *>pe1 trav]sai5t le p>loir1 expirai5t en reflets biz>res sur les bois]ies qui tapissai5t les murs du ct de la c\r1 et enveloppai5t cette femme dans la zone p\rpre projete p> le rideau de damas drap le long de la f5tre4 ,un pe9tre mdiocre qui dans ce mom5t aurait copi cette femme1 et c]tes produit une uvre saillante avec une tte si ple9e de d\leur et de mlancolie4 ,la pose du corps et celle des pi$s jets en avant accusai5t l'abattem5t d'une p]sonne qui p]d la consci5ce de son tre physique dans la conc5tration de ses =ces absorbes p> une p5se fixe2 elle en suivait les rayonnem5ts dans l'av5ir1 comme s\v5t1 au bord de la m]1 on reg>de un rayon de soleil qui p]ce les nues et trace l'horizon quelque b&e lum9euse4 ,les ma9s de cette femme1 rejetes p> les bras de la b]gre1 p5dai5t en dehors1 et la tte1 comme trop l\rde1 reposait sur le dossi]4 ,une robe de p]cale blan*e trs-simple emp*ait de bi5 jug] les proportions1 et le corsage tait dissimul s\s les plis d'une *>pe croise sur la poitr9e et ngligemm5t n\e4 ,qu& mme la lumire n'aurait pas mis en relief son visage1 qu'elle semblait se complaire produire prfrablem5t au re/e de sa p]sonne1 il et t impossible de ne pas s'en occup] alors exclusivem5t2 son oppression1 qui et frapp le plus ins\ciant des enfants1 tait une /upfaction p]si/ante et froide1 malgr quelques l>mes brlantes4 ,ri5 n'e/ plus t]rible voir que cette d\leur extrme dont le dbordem5t n'a lieu qu' de r>es int]valles1 mais qui re/ait sur ce visage comme une lave fige aut\r du volcan4 ,on et dit une mre m\rante oblige de laiss] ses enfants dans un abme de misres1 sans p\voir leur lgu] aucune protection huma9e4 ,la physionomie de cette dame1 ge d'environ qu>ante ans1 mais alors beauc\p mo9s lo9 de la beaut qu'elle ne l'avait jamais t dans sa jeunesse1 n'(frait aucun des c>actres de la femme flam&e4 ,une paisse *evelure noire retombait en b\cles sur les paules et le long des j\es4 ,son front1 trs-bomb1 troit des tempes1 tait jauntre1 mais s\s ce front sc9tillai5t deux yeux noirs qui jetai5t des flammes4 ,sa figure1 t\te espagnole1 brune de ton1 peu colore1 ravage p> la petite vrole1 arrtait le reg>d p> la p]fection de sa =me ovale dont les cont\rs cons]vai5t1 malgr l'altration des lignes1 un f9i d'une maje/ueuse lgance et qui rep>aissait p>fois t\t enti] si quelque ef=t de l'me lui re/ituait sa primitive puret4 ,le trait qui donnait le plus de di/9ction cette figure mle tait un nez c\rb comme le bec d'un aigle1 et qui1 trop bomb v]s le milieu1 semblait intrieurem5t mal con=m2 mais il y rsidait une f9esse indescriptible1 la cloison des n>9es en tait si m9ce que sa transp>5ce p]mettait la lumire de la r\gir =tem5t4 ,quoique les lvres l>ges et trs-plisses dcelass5t la fi]t qu'inspire une haute naissance1 elles tai5t empre9tes d'une bont naturelle1 et respirai5t la politesse4 ,on p\vait conte/] la beaut de cette figure la fois vig\reuse et fm99e1 mais elle comm&ait l'att5tion4 ,petite1 bossue et boiteuse1 cette femme re/a d'autant plus long-temps fille qu'on s'ob/9ait lui refus] de l'esprit2 nanmo9s il se r5contra quelques hommes =tem5t mus p> l'ardeur passionne qu'exprimait sa tte1 p> les indices d'une 9puisable t5dresse1 et qui demeurr5t s\s un *>me inconciliable avec tant de dfauts4 ,elle t5ait beauc\p de son aeul le duc de ,casa-,ral1 gr& d',espagne4 ,en cet in/ant1 le *>me qui jadis saisissait si despotiquem5t les mes am\reuses de la posie1 jaillissait de sa tte plus vig\reusem5t qu'en aucun mom5t de sa vie passe1 et s'ex]ait1 p\r a9si dire1 dans le vide1 en exprimant une volont fasc9atrice t\te-puissante sur les hommes1 mais sans =ce sur les de/9es4 ,qu& ses yeux quittai5t le bocal o elle reg>dait les poissons sans les voir1 elle les relevait p> un m\vem5t dsespr1 comme p\r invoqu] le ciel4 ,ses s\ffrances semblai5t tre de celles qui ne peuv5t se confi] qu' ,dieu4 ,le sil5ce n'tait tr\bl que p> des grillons1 p> quelques cigales qui criai5t dans le petit j>d9 d'o s'*appait une *aleur de f\r1 et p> le s\rd ret5tissem5t de l'arg5t]ie1 des assiettes et des *aises que remuait1 dans la pice contigu au p>loir1 un dome/ique occup s]vir le dn]4 ,en ce mom5t1 la dame afflige prta l'oreille et p>ut se recueillir1 elle prit son m\*oir1 essuya ses l>mes1 essaya de s\rire1 et dtruisit si bi5 l'expression de d\leur grave dans t\s ses traits1 qu'on et pu la croire dans cet tat d'indiffr5ce o n\s laisse une vie exempte d'inquitudes4 ,soit que l'habitude de vivre dans cette maison o la conf9ai5t ses infirmits lui et p]mis d'y reconnatre quelques effets naturels imp]ceptibles p\r d'autres et que les p]sonnes en proie des s5tim5ts extrmes re*]*5t vivem5t1 soit que la nature et comp5s tant de disgrces physiques en lui donnant des s5sations plus dlicates qu' des tres en app>5ce plus avantageusem5t organiss1 cette femme avait ent5du le pas d'un homme dans une gal]ie btie au-dessus des cuis9es et des salles de/9es au s]vice de la maison1 et p> laquelle le qu>ti] de devant communiquait avec le qu>ti] de d]rire4 ,le bruit des pas dev9t de plus en plus di/9ct4 ,bi5tt1 sans avoir la puissance avec laquelle une crature passionne comme l'tait cette femme sait s\v5t abolir l'espace p\r s'unir son autre moi1 un trang] aurait facilem5t ent5du le pas de cet homme dans l'escali] p> lequel on desc5dait de la gal]ie au p>loir4 ,au ret5tissem5t de ce pas1 l'tre le plus inatt5tif et t assailli de p5ses1 c> il tait impossible de l'c\t] froidem5t4 ,une dm>*e prcipite ou saccade effraie4 ,qu& un homme se lve et crie au feu1 ses pi$s p>l5t aussi haut que sa voix4 ,s'il en e/ a9si1 une dm>*e contraire ne doit pas caus] de mo9s puissantes motions4 ,la l5teur grave1 le pas tranant de cet homme euss5t sans d\te impati5t des g5s irrfl*is2 mais un obs]vateur ou des p]sonnes n]veuses aurai5t pr\v un s5tim5t vois9 de la t]reur au bruit mesur de ces pi$s d'o la vie semblait abs5te1 et qui faisai5t craqu] les plan*]s comme si deux poids en f] les euss5t frapps alt]nativem5t4 ,v\s eussiez reconnu le pas indcis et l\rd d'un vieill>d ou la maje/ueuse dm>*e d'un p5seur qui entrane des mondes avec lui4 ,qu& cet homme eut desc5du la d]nire m>*e1 en appuyant ses pi$s sur les dalles p> un m\vem5t ple9 d'hsitation1 il re/a p5dant un mom5t dans le gr& pali] o ab\tissait le c\loir qui m5ait la salle des g5s1 et d'o l'on entrait galem5t au p>loir p> une porte ca*e dans la bois]ie1 comme l'tait p>alllem5t celle qui donnait dans la salle mang]4 ,en ce mom5t1 un lg] frissonnem5t1 comp>able la s5sation que cause une t9celle lectrique1 agita la femme assise dans la b]gre2 mais aussi le plus d\x s\rire anima ses lvres1 et son visage mu p> l'att5te d'un plaisir respl5dit comme celui d'une belle madone itali5ne2 elle tr\va s\da9 la =ce de ref\l] ses t]reurs au fond de son me2 puis1 elle t\rna la tte v]s les panneaux de la porte qui allait s'ouvrir l'angle du p>loir1 et qui fut en effet p\sse avec une telle brusqu]ie que la pauvre crature p>ut en avoir reu la commotion4 ,illu/ration3 ,,bal?az> ,,cla,s4 ,il p>aissait g de plus de soixante ans1 quoiqu'il en et environ c9quante4 7,,la ,,re*]*e ,,de ,l',,absolu47 ,bal?az> ,clas se montra t\t c\p1 fit quelques pas1 ne reg>da pas cette femme1 ou s'il la reg>da1 ne la vit pas1 et re/a t\t droit au milieu du p>loir en appuyant sur sa ma9 droite sa tte lgrem5t incl9e4 ,une horrible s\ffrance laquelle cette femme ne p\vait s'habitu]1 quoiqu'elle revnt frquemm5t *aque j\r1 lui treignit le cur1 dissipa son s\rire1 plissa son front brun entre les s\rcils v]s cette ligne que creuse la frqu5te expression des s5tim5ts extrmes2 ses yeux se remplir5t de l>mes1 mais elle les essuya s\da9 en reg>dant ,bal?az>4 ,il tait impossible de ne pas tre pr(ondm5t impressionn p> ce *ef de la famille ,clas4 ,jeune1 il avait d ressembl] au sublime m>tyr qui m5aa ,*>les-,qu9t de recomm5c] ,artewelde2 mais en ce mom5t1 il p>aissait g de plus de soixante ans1 quoiqu'il en et environ c9quante1 et sa vieillesse prmature avait dtruit cette noble ressemblance4 ,sa haute taille se votait lgrem5t1 soit que ses travaux l'obligeass5t se c\rb]1 soit que l'p9e dorsale se ft bombe s\s le poids de sa tte4 ,il avait une l>ge poitr9e1 un bu/e c>r2 mais les p>ties infrieures de son corps tai5t grles1 quoique n]veuses2 et ce dsaccord dans une organisation videmm5t p>faite autrefois1 intriguait l'esprit qui *]*ait expliqu] p> quelque s+ul>it d'exi/5ce les raisons de cette =me fanta/ique4 ,son abondante *evelure blonde1 peu soigne1 lui tombait sur ses paules la manire allem&e1 mais dans un dsordre qui s'h>moniait la biz>r]ie gnrale de sa p]sonne4 ,son l>ge front (frait d'ailleurs les protubrances dans lesquelles ,gall a plac les mondes potiques4 ,ses yeux d'un bleu clair et ri*e avai5t la vivacit brusque que l'on a rem>que *ez les gr&s *]*eurs de causes occultes4 ,son nez1 sans d\te p>fait autrefois1 s'tait allong1 et les n>9es semblai5t s'ouvrir graduellem5t de plus en plus1 p> une involontaire t5sion des muscles olfactifs4 ,les pommettes velues saillai5t beauc\p1 ses j\es dj fltries en p>aissai5t d'autant plus creuses2 sa b\*e ple9e de grce tait ress]re entre le nez et un m5ton c\rt1 brusquem5t relev4 ,la =me de sa figure tait cep5dant plus longue qu'ovale2 aussi le sy/me sci5tifique qui attribue *aque visage huma9 une ressemblance avec la face d'un animal et-il tr\v une preuve de plus dans celui de ,bal?az> ,clas1 que l'on aurait pu comp>] une tte de *eval4 ,sa peau se collait sur ses os1 comme si quelque feu secret l'et incessamm5t dess*e2 puis1 p> mom5ts1 qu& il reg>dait dans l'espace comme p\r y tr\v] la ralisation de ses esprances1 on et dit qu'il jetait p> ses n>9es la flamme qui dvorait son me4 ,les s5tim5ts pr(onds qui anim5t les gr&s hommes respirai5t dans ce ple visage =tem5t sillonn de rides1 sur ce front pliss comme celui d'un vieux roi ple9 de s\cis1 mais surt\t dans ces yeux t9celants dont le feu semblait galem5t accru p> la *a/et que donne la tyrannie des ides1 et p> le foy] intrieur d'une va/e intellig5ce4 ,les yeux pr(ondm5t enfoncs dans leurs orbites p>aissai5t avoir t c]ns uniquem5t p> les veilles et p> les t]ribles ractions d'un espoir t\j\rs du1 t\j\rs r5aissant4 ,le jal\x fanatisme qu'inspir5t l'art ou la sci5ce se trahissait encore *ez cet homme p> une s+ulire et con/ante di/raction dont tmoignai5t sa mise et son ma9ti51 en accord avec la magnifique mon/ruosit de sa physionomie4 ,ses l>ges ma9s poilues tai5t sales1 ses longs ongles avai5t leurs extrmits des lignes noires trs-fonces4 ,ses s\li]s ou n'tai5t pas nettoys ou manquai5t de cordons4 ,de t\te sa maison1 le matre seul p\vait se donn] l'trange lic5ce d'tre si malpropre4 ,son pantalon de drap noir ple9 de ta*es1 son gilet db\tonn1 sa cravate mise de trav]s1 et son habit v]dtre t\j\rs dc\su compltai5t un fantasque ensemble de petites et de gr&es *oses qui1 *ez t\t autre1 et dcel la misre qu'eng5dr5t les vices2 mais qui1 *ez ,bal?az> ,clas1 tait le nglig du gnie4 ,trop s\v5t le vice et le gnie produis5t des effets semblables1 auxquels se trompe le vulgaire4 ,le ,gnie n'e/-il pas un con/ant excs qui dvore le temps1 l'arg5t1 le corps1 et qui mne l'hpital plus rapidem5t encore que les passions mauvaises8 ,les hommes p>aiss5t mme avoir plus de respect p\r les vices que p\r le ,gnie1 c> ils refus5t de lui faire crdit4 ,il semble que les bnfices des travaux secrets du savant soi5t tellem5t loigns que l'tat social craigne de compt] avec lui de son vivant1 il prfre s'acquitt] en ne lui p>donnant pas sa misre ou ses malheurs4 ,malgr son cont9uel oubli du prs5t1 si ,bal?az> ,clas quittait ses my/rieuses contemplations1 si quelque int5tion d\ce et sociable ranimait ce visage p5seur1 si ses yeux fixes p]dai5t leur clat rigide p\r pe9dre un s5tim5t1 s'il reg>dait aut\r de lui en rev5ant la vie relle et vulgaire1 il tait difficile de ne pas r5dre involontairem5t hommage la beaut sduisante de ce visage1 l'esprit gracieux qui s'y peignait4 ,aussi1 *acun1 en le voyant alors1 regrettait-il que cet homme n'app>tnt plus au monde1 en disant3 ,il a d tre bi5 beau dans sa jeunesse6 ,erreur vulgaire6 ,jamais ,bal?az> ,clas n'avait t plus potique qu'il ne l'tait en ce mom5t4 ,lavat] aurait v\lu c]ta9em5t tudi] cette tte ple9e de pati5ce1 de loyaut flam&e1 de moralit c&ide1 o t\t tait l>ge et gr&1 o la passion semblait calme p>ce qu'elle tait =te4 ,les murs de cet homme devai5t tre pures1 sa p>ole tait sacre1 son amiti semblait con/ante1 son dv\em5t et t complet2 mais le v\loir qui emploie ces qualits au pr(it de la patrie1 du monde ou de la famille1 s'tait port fatalem5t ailleurs4 ,ce citoy51 t5u de veill] au bonheur d'un mnage1 de gr] une =tune1 de dirig] ses enfants v]s un bel av5ir1 vivait en dehors de ses devoirs et de ses affections dans le comm]ce de quelque gnie famili]4 ,a un prtre1 il et p>u ple9 de la p>ole de ,dieu1 un arti/e l'et salu comme un gr& matre1 un en?\sia/e l'et pris p\r un ,voyant de l'glise ,sw$5borgi5ne4 ,en ce mom5t le co/ume dtruit1 sauvage1 ru9 que portait cet homme contra/ait s+ulirem5t avec les re*]*es gracieuses de la femme qui l'admirait si d\l\reusem5t4 ,les p]sonnes contrefaites qui ont de l'esprit ou une belle me apport5t leur toilette un gt exquis4 ,ou elles se mett5t simplem5t en compr5ant que leur *>me e/ t\t moral1 ou elles sav5t faire oubli] la disgrce de leurs proportions p> une sorte d'lgance dans les dtails qui div]tit le reg>d et occupe l'esprit4 ,non-seulem5t cette femme avait une me gnreuse1 mais encore elle aimait ,bal?az> ,clas avec cet in/9ct de la femme qui donne un avant-gt de l'intellig5ce des anges4 leve au milieu d'une des plus illu/res familles de la ,belgique1 elle y aurait pris du gt si elle n'en avait pas eu dj2 mais claire p> le dsir de plaire con/amm5t l'homme qu'elle aimait1 elle savait se vtir admirablem5t sans que son lgance ft disp>ate avec ses deux vices de con=mation4 ,son corsage ne p*ait d'ailleurs que p> les paules1 l'une tant s5siblem5t plus grosse que l'autre4 ,elle reg>da p> les croises1 dans la c\r intrieure1 puis dans le j>d91 comme p\r voir si elle tait seule avec ,bal?az>1 et lui dit d'une voix d\ce1 en lui jetant un reg>d ple9 de cette s\mission qui di/+ue les ,flam&es1 c> depuis long-temps l'am\r avait entre eux *ass la fi]t de la gr&esse espagnole3--,bal?az>1 tu es donc bi5 occup8444 voici le tr5te-troisime diman*e que ta n'es v5u ni la messe ni vpres4 ,clas ne rpondit pas2 sa femme baissa la tte1 joignit les ma9s et att5dit1 elle savait que ce sil5ce n'accusait ni mpris ni dda91 mais de tyranniques proccupations4 ,bal?az> tait un de ces tres qui cons]v5t long-temps au fond du cur leur dlicatesse juvnile1 il se s]ait tr\v crim9el d'exprim] la mo9dre p5se blessante une femme accable p> le s5tim5t de sa disgrce physique4 ,lui seul peut-tre1 p>mi les hommes1 savait qu'un mot1 un reg>d peuv5t effac] des annes de bonheur1 et sont d'autant plus cruels qu'ils contra/5t plus =tem5t avec une d\ceur con/ante2 c> notre nature n\s porte ress5tir plus de d\leur d'une dissonance dans la flicit1 que n\s n'pr\vons de plaisir r5contr] une j\issance dans le malheur4 ,quelques in/ants aprs1 ,bal?az> p>ut se rveill]1 reg>da vivem5t aut\r de lui1 et dit3--,vpres8 ,ha6 les enfants sont vpres4 ,il fit quelques pas p\r jet] les yeux sur le j>d9 o s'levai5t de t\tes p>ts de magnifiques tulipes2 mais il s'arrta t\t c\p comme s'il se ft heurt contre un mur1 et s'cria3--,p\rquoi ne se comb9]ai5t-ils pas dans un temps donn8 --,devi5drait-il donc f\8 se dit la femme avec une pr(onde t]reur4 ,p\r donn] plus d'intrt la scne que provoqua cette situation1 il e/ indisp5sable de jet] un c\p d'il sur la vie antrieure de ,bal?az> ,clas et de la petite-fille du duc de ,casa-,ral4 ,v]s l'an #aghc1 monsieur ,bal?az> ,clas-,mol9a de ,n\rho1 alors g de v+t-deux ans1 p\vait pass] p\r ce que n\s appelons en ,france un bel homme4 ,il v9t a*ev] son ducation ,p>is o il prit d'excell5tes manires dans la socit de madame d',egmont1 du comte de ,horn1 du pr9ce d',aremb]g1 de l'ambassadeur d',espagne1 d',helvtius1 des ,franais orig9aires de ,belgique1 ou des p]sonnes v5ues de ce pays1 et que leur naissance ou leur =tune faisai5t compt] p>mi les gr&s seigneurs qui1 dans ce temps1 donnai5t le ton4 ,le jeune ,clas y tr\va quelques p>5ts et des amis qui le lancr5t dans le gr& monde au mom5t o ce gr& monde allait tomb]2 mais comme la plup>t des jeunes g5s1 il fut plus sduit d'abord p> la gloire et la sci5ce que p> la vanit4 ,il frqu5ta donc beauc\p les savants et p>ticulirem5t ,lavoisi]1 qui se recomm&ait alors plus l'att5tion publique p> l'imm5se =tune d'un f]mi]-gnral1 que p> ses dc\v]tes en *imie2 t&is que plus t>d1 le gr& *imi/e devait faire oubli] le petit f]mi]-gnral4 ,bal?az> se passionna p\r la sci5ce que cultivait ,lavoisi] et dev9t son plus ard5t disciple2 mais il tait jeune1 beau comme le fut ,helvtius1 et les femmes de ,p>is lui apprir5t bi5tt di/ill] exclusivem5t l'esprit et l'am\r4 ,quoiqu'il et embrass l'tude avec ardeur1 que ,lavoisi] lui et accord quelques loges1 il ab&onna son matre p\r c\t] les matresses du gt auprs desquelles les jeunes g5s pr5ai5t leurs d]nires leons de savoir-vivre et se faonnai5t aux usages de la haute socit qui1 dans l',europe1 =me une mme famille4 ,le songe enivrant du succs dura peu2 aprs avoir respir l'air de ,p>is1 ,bal?az> p>tit fatigu d'une vie creuse qui ne conv5ait ni son me ard5te ni son cur aimant4 ,la vie dome/ique1 si d\ce1 si calme1 et dont il se s\v5ait au seul nom de la ,fl&re1 lui p>ut mieux conv5ir son c>actre et aux ambitions de son cur4 ,les dorures d'aucun salon p>isi5 n'avai5t effac les mlodies du p>loir brun et du petit j>d9 o son enfance s'tait c\le si heureuse4 ,il faut n'avoir ni foy] ni patrie p\r re/] ,p>is4 ,p>is e/ la ville du cosmopolite ou des hommes qui ont p\s le monde et qui l'treign5t incessamm5t avec le bras de la ,sci5ce1 de l',art ou du ,p\voir4 ,l'enfant de la ,fl&re rev9t ,d\ai comme le pigeon voyageur1 il pleura de joie en y r5trant le j\r o se prom5ait ,gayant4 ,gayant1 ce sup]/itieux bonheur de t\te la ville1 ce triomphe des s\v5irs flam&s1 s'tait introduit lors de l'migration de sa famille ,d\ai4 ,la mort de son pre et celle de sa mre laissr5t la maison ,clas ds]te1 et l'y occupr5t p5dant quelque temps4 ,sa premire d\leur passe1 il s5tit le beso9 de se m>i] p\r complt] l'exig5ce heureuse dont t\tes les religions l'avai5t ressaisi2 il v\lut suivre les errem5ts du foy] dome/ique en allant1 comme ses anctres1 *]*] une femme soit ,g&1 soit ,bruges1 soit ,anv]s2 mais aucune des p]sonnes qu'il y r5contra ne lui conv9t4 ,il avait sans d\te1 sur le m>iage1 quelques ides p>ticulires1 c> il fut ds sa jeunesse accus de ne pas m>*] dans la voie commune4 ,un j\r1 il ent5dit p>l]1 *ez l'un de ses p>5ts1 ,g&1 d'une demoiselle de ,bruxelles qui dev9t l'objet de discussions assez vives4 ,les uns tr\vai5t que la beaut de mademoiselle de ,temn9ck s'effaait p> ses imp]fections2 les autres la voyai5t p>faite malgr ses dfauts4 ,le vieux c\s9 de ,bal?az> ,clas dit ses convives que1 belle ou non1 elle avait une me qui la lui f]ait p\s]1 s'il tait m>i]2 et il raconta comm5t elle v5ait de r5onc] la succession de son pre et de sa mre af9 de procur] son jeune frre un m>iage digne de son nom1 en prfrant a9si le bonheur de ce frre au si5 propre et lui sacrifiant t\te sa vie4 ,il n'tait pas croire que mademoiselle de ,temn9ck se m>it vieille et sans =tune1 qu&1 jeune hritire1 il ne se prs5tait aucun p>ti p\r elle4 ,quelques j\rs aprs1 ,bal?az> ,clas re*]*ait mademoiselle de ,temn9ck1 alors ge de v+t-c9q ans1 et de laquelle il s'tait vivem5t pris4 ,josph9e de ,temn9ck se crut l'objet d'un caprice1 et refusa d'c\t] monsieur ,clas2 mais la passion e/ si communicative1 et p\r une pauvre fille contrefaite et boiteuse1 un am\r inspir un homme jeune et bi5 fait1 comporte de si gr&es sductions1 qu'elle cons5tit se laiss] c\rtis]4 ,ne faudrait-il pas un livre enti] p\r bi5 pe9dre l'am\r d'une jeune fille humblem5t s\mise l'op9ion qui la proclame laide1 t&is qu'elle s5t en elle le *>me irrsi/ible que produis5t les s5tim5ts vrais8 ,c'e/ de froces jal\sies l'aspect de bonheur1 de cruelles vellxs de v5geance contre la rivale qui vole un reg>d1 enf9 des motions1 des t]reurs inconnues la plup>t des femmes1 et qui alors p]drai5t n'tre qu'indiques4 ,le d\te1 si dramatique en am\r1 s]ait le secret de cette analyse1 ess5tiellem5t m9utieuse1 o c]ta9es mes retr\v]ai5t la posie p]due1 mais non pas oublie de leurs premi]s tr\bles3 ces exaltations sublimes au fond du cur et que le visage ne trahit jamais2 cette cra9te de n'tre pas compris1 et ces joies illimites de l'avoir t2 ces hsitations de l'me qui se replie sur elle-mme et ces projections magntiques qui donn5t aux yeux des nuances inf9ies2 ces projets de suicide causs p> un mot et dissips p> une intonation de voix aussi t5due que le s5tim5t dont elle rvle la p]si/ance mconnue2 ces reg>ds tremblants qui voil5t de t]ribles h>diesses2 ces envies s\da9es de p>l] et d'agir1 rprimes p> leur viol5ce mme2 cette loqu5ce intime qui se produit p> des phrases sans esprit1 mais prononces d'une voix agite2 les my/rieux effets de cette primitive pudeur de l'me et de cette div9e discrtion qui r5d gnreux dans l'ombre1 et fait tr\v] un gt exquis aux dv\em5ts ignors2 enf91 t\tes les beauts de l'am\r jeune et les faiblesses de sa puissance4 ,mademoiselle ,josph9e de ,temn9ck fut coquette p> gr&eur d'me4 ,le s5tim5t de ses app>5tes imp]fections la r5dit aussi difficile que l'et t la plus belle p]sonne4 ,la cra9te de dplaire un j\r veillait sa fi]t1 dtruisait sa confiance et lui donnait le c\rage de g>d] au fond de son cur ces premires flicits que les autres femmes aim5t publi] p> leurs manires1 et dont elles se font une orgueilleuse p>ure4 ,plus l'am\r la p\ssait vivem5t v]s ,bal?az>1 mo9s elle osait lui exprim] ses s5tim5ts4 ,le ge/e1 le reg>d1 la rponse ou la dem&e qui1 *ez une jolie femme1 sont des flatt]ies p\r un homme1 ne dev5ai5t-elles pas en elle d'humiliantes spculations8 ,une femme belle peut son aise tre elle-mme1 le monde lui fait t\j\rs crdit d'une sottise ou d'une gau*]ie2 t&is qu'un seul reg>d arrte l'expression la plus magnifique sur les lvres d'une femme laide1 intimide ses yeux1 augm5te la mauvaise grce de ses ge/es1 emb>rasse son ma9ti54 ,ne sait-elle pas qu' elle seule il e/ df5du de commettre des fautes1 *acun lui refuse le don de les rp>]1 et d'ailleurs p]sonne ne lui en f\rnit l'occasion4 ,la ncessit d'tre *aque in/ant p>faite ne doit-elle pas te9dre les facults1 glac] leur ex]cice8 ,cette femme ne peut vivre que dans une atmosphre d'anglique indulg5ce4 ,o sont les curs d'o l'indulg5ce s'pan*e sans se te9dre d'une amre et blessante piti8 ,ces p5ses auxquelles l'avait acc\tume l'horrible politesse du monde1 et ces g>ds qui1 plus cruels que des injures1 aggrav5t les malheurs en les con/atant1 oppressai5t mademoiselle de ,temn9ck1 lui causai5t une gne con/ante qui ref\lait au fond de son me les impressions les plus dlicieuses1 et frappait de froideur son attitude1 sa p>ole1 son reg>d4 ,elle tait am\reuse la drobe1 n'osait avoir de l'loqu5ce ou de la beaut que dans la solitude4 ,malheureuse au gr& j\r1 elle aurait t ravissante s'il lui avait t p]mis de ne vivre qu' la nuit4 ,s\v5t1 p\r pr\v] cet am\r et au risque de le p]dre1 elle ddaignait la p>ure qui p\vait sauv] en p>tie ses dfauts4 ,ses yeux d',espagnole fasc9ai5t qu& elle s'ap]cevait que ,bal?az> la tr\vait belle en nglig4 ,nanmo9s1 la dfiance lui gtait les r>es in/ants p5dant lesquels elle se has>dait se livr] au bonheur4 ,elle se dem&ait bi5tt si ,clas ne *]*ait pas l'p\s] p\r avoir au logis une esclave1 s'il n'avait pas quelques imp]fections secrtes qui l'obligeai5t se cont5t] d'une pauvre fille disgracie4 ,ces anxits p]ptuelles donnai5t p>fois un prix in\ aux heures o elle croyait la dure1 la s9crit d'un am\r qui devait la v5g] du monde4 ,elle provoquait de dlicates discussions en exagrant sa laideur1 af9 de pntr] jusqu'au fond de la consci5ce de son amant1 elle arra*ait alors ,bal?az> des vrits peu flatteuses2 mais elle aimait l'emb>ras o il se tr\vait1 qu& elle l'avait am5 dire que ce qu'on aimait dans une femme tait avant t\t une belle me1 et ce dv\em5t qui r5d les j\rs de la vie si con/amm5t heureux2 qu'aprs quelques annes de m>iage1 la plus dlicieuse femme de la t]re e/ p\r un m>i l'quival5t de la plus laide4 ,aprs avoir entass ce qu'il y avait de vrai dans les p>adoxes qui t5d5t dim9u] le prix de la beaut1 s\da9 ,bal?az> s'ap]cevait de la dsobligeance de ces propositions1 et dc\vrait t\te la bont de son cur dans la dlicatesse des transitions p> lesquelles il savait pr\v] mademoiselle de ,temn9ck qu'elle tait p>faite p\r lui4 ,le dv\em5t1 qui peut-tre e/ *ez la femme le comble de l'am\r1 ne manqua pas cette fille1 c> elle dsespra d'tre t\j\rs aime2 mais la p]spective d'une lutte dans laquelle le s5tim5t devait l'emport] sur la beaut la t5ta2 puis elle tr\va de la gr&eur se donn] sans croire l'am\r2 enf9 le bonheur1 de quelque c\rte dure qu'il pt tre1 devait lui cot] trop *] p\r qu'elle se refust le gt]4 ,ces inc]titudes1 ces combats1 en communiquant le *>me et l'imprvu de la passion cette crature suprieure1 inspirai5t ,bal?az> un am\r presque *eval]esque4 ,le m>iage eut lieu au comm5cem5t de l'anne #agje4 ,les deux p\x rev9r5t ,d\ai pass] les premi]s j\rs de leur union dans la maison patri>cale des ,clas1 dont les trsors fur5t grossis p> mademoiselle de ,temn9ck qui apporta quelques beaux tableaux de ,murillo et de ,velasquez1 les diamants de sa mre et les magnifiques prs5ts que lui envoya son frre1 dev5u duc de ,casa-,ral4 ,peu de femmes fur5t plus heureuses que madame ,clas4 ,son bonheur dura qu9ze annes1 sans le plus lg] nuage2 et comme une vive lumire1 il s'infusa jusque dans les m5us dtails de l'exi/5ce4 ,la plup>t des hommes ont des 9galits de c>actre qui produis5t de cont9uelles dissonances2 ils priv5t a9si leur intrieur de cette h>monie1 le beau idal du mnage2 c> la plup>t des hommes sont enta*s de petitesses1 et les petitesses eng5dr5t les tracass]ies4 ,l'un s]a probe et actif1 mais dur et r*e2 l'autre s]a bon1 mais entt2 celui-ci aim]a sa femme1 mais aura de l'inc]titude dans ses volonts2 celui-l1 proccup p> l'ambition1 s'acquitt]a de ses s5tim5ts comme d'une dette1 s'il donne les vanits de la =tune1 il emporte la joie de t\s les j\rs2 enf91 les hommes du milieu social sont ess5tiellem5t incomplets1 sans tre notablem5t repro*ables4 ,les g5s d'esprit sont v>iables autant que des b>omtres1 le gnie seul e/ ess5tiellem5t bon4 ,aussi le bonheur pur se tr\ve-t-il aux deux extrmits de l'*elle morale4 ,la bonne bte ou l'homme de gnie sont seuls capables1 l'un p> faiblesse1 l'autre p> =ce1 de cette galit d'humeur1 de cette d\ceur con/ante dans laquelle se fond5t les asprits de la vie4 ,*ez l'un1 c'e/ indiffr5ce et passivit2 *ez l'autre1 c'e/ indulg5ce et cont9uit de la p5se sublime dont il e/ l'int]prte et qui doit se ressembl] dans le pr9cipe comme dans l'application4 ,l'un et l'autre sont galem5t simples et nafs2 seulem5t1 *ez celui-l c'e/ le vide2 *ez celui-ci c'e/ la pr(ondeur4 ,aussi les femmes adroites sont-elles assez disposes pr5dre une bte comme le meilleur pis-all] d'un gr& homme4 ,bal?az> porta donc d'abord sa supriorit dans les plus petites *oses de la vie4 ,il se plut voir dans l'am\r conjugal une uvre magnifique1 et comme les hommes de haute porte qui ne s\ffr5t ri5 d'imp>fait1 il v\lut en dploy] t\tes les beauts4 ,son esprit modifiait incessamm5t le calme du bonheur1 son noble c>actre m>quait ses att5tions au co9 de la grce4 ,a9si1 quoiqu'il p>taget les pr9cipes philosophiques du dix-huitime sicle1 il in/alla *ez lui jusqu'en #ahja1 malgr les dang]s que les lois rvolutionnaires lui faisai5t c\rir1 un prtre ca?olique1 af9 de ne pas contr>i] le fanatisme espagnol que sa femme avait suc dans le lait mat]nel p\r le ca?olicisme roma92 puis1 qu& le culte fut rtabli en ,france1 il accompagna sa femme la messe1 t\s les diman*es4 ,jamais son atta*em5t ne quitta les =mes de la passion4 ,jamais il ne fit s5tir dans son intrieur cette =ce protectrice que les femmes aim5t tant1 p>ce que p\r la si5ne elle aurait ressembl de la piti4 ,enf91 p> la plus +nieuse adulation1 il la traitait comme son gale et laissait *app] de ces aimables b\d]ies qu'un homme se p]met env]s une belle femme comme p\r en brav] la supriorit4 ,ses lvres fur5t t\j\rs embellies p> le s\rire du bonheur1 et sa p>ole fut t\j\rs ple9e de d\ceur4 ,il aima sa ,josph9e p\r elle et p\r lui1 avec cette ardeur qui comporte un loge cont9uel des qualits et des beauts d'une femme4 ,la fidlit1 s\v5t l'effet d'un pr9cipe social1 d'une religion ou d'un calcul *ez les m>is1 en lui1 semblait involontaire1 et n'allait po9t sans les d\ces flatt]ies du pr9temps de l'am\r4 ,le devoir tait du m>iage la seule obligation qui ft inconnue ces deux tres galem5t aimants1 c> ,bal?az> ,clas tr\va dans mademoiselle de ,temn9ck une con/ante et complte ralisation de ses esprances4 ,en lui1 le cur fut t\j\rs ass\vi sans fatigue1 et l'homme t\j\rs heureux4 ,non-seulem5t1 le sang espagnol ne m5tait pas *ez la petite fille des ,casa-,ral1 et lui faisait un in/9ct de cette sci5ce qui sait v>i] le plaisir l'inf9i2 mais elle eut aussi ce dv\em5t sans bornes qui e/ le gnie de son sexe1 comme la grce en e/ t\te la beaut4 ,son am\r tait un fanatisme aveugle qui sur un seul signe de tte l'et fait all] joyeusem5t la mort4 ,la dlicatesse de ,bal?az> avait exalt *ez elle les s5tim5ts les plus gnreux de la femme1 et lui inspirait un imprieux beso9 de donn] plus qu'elle ne recevait4 ,ce mutuel *ange d'un bonheur alt]nativem5t prodigu mettait visiblem5t le pr9cipe de sa vie en dehors d'elle1 et rp&ait un croissant am\r dans ses p>oles1 dans ses reg>ds1 dans ses actions4 ,de "p et d'autre1 la reconnaissance fcondait et v>iait la vie du cur2 de mme que la c]titude d'tre t\t l'un p\r l'autre excluait les petitesses en agr&issant les mo9dres accessoires de l'exi/5ce4 ,mais aussi1 la femme contrefaite que son m>i tr\ve droite1 la femme boiteuse qu'un homme ne veut pas autrem5t1 ou la femme ge qui p>at jeune1 ne sont-elles pas les plus heureuses cratures du monde fm998444 ,la passion huma9e ne saurait all] au del4 ,la gloire de la femme n'e/-elle pas de faire ador] ce qui p>at un dfaut en elle4 ,oubli] qu'une boiteuse ne m>*e pas droit e/ la fasc9ation d'un mom5t2 mais l'aim] p>ce qu'elle boite e/ la dification de son vice4 ,peut-tre faudrait-il grav] dans l'vangile des femmes cette s5t5ce3 ,bi5heureuses les imp>faites1 elles app>ti5t le royaume de l'am\r4 ,c]tes1 la beaut doit tre un malheur p\r une femme1 c> cette fleur passagre entre p\r trop dans le s5tim5t qu'elle inspire2 ne l'aime-t-on pas comme on p\se une ri*e hritire8 ,mais l'am\r que fait pr\v] ou que tmoigne une femme d%rite des fragiles avantages aprs lesquels c\r5t les enfants d',adam1 e/ l'am\r vrai1 la passion vraim5t my/rieuse1 une ard5te tre9te des mes1 un s5tim5t p\r lequel le j\r du ds5*antem5t n'arrive jamais4 ,cette femme a des grces ignores du monde au contrle duquel elle se s\/rait1 elle e/ belle propos1 et recueille trop de gloire faire oubli] ses imp]fections p\r n'y pas con/amm5t russir4 ,aussi1 les atta*em5ts les plus clbres dans l'hi/oire fur5t-ils presque t\s inspirs p> des femmes qui le vulgaire aurait tr\v des dfauts4 ,cloptre1 ,jeanne de ,naples1 ,diane de ,poiti]s1 mademoiselle de la ,vallire1 madame de ,pompad\r1 enf9 la plup>t des femmes que l'am\r a r5dues clbres ne manqu5t ni d'imp]fections1 ni d'infirmits2 t&is que la plup>t des femmes dont la beaut n\s e/ cite comme p>faite1 ont vu f9ir malheureusem5t leurs am\rs4 ,cette app>5te biz>r]ie doit avoir sa cause4 ,peut-tre l'homme vit-il plus p> le s5tim5t que p> le plaisir8 peut-tre le *>me t\t physique d'une belle femme a-t-il des bornes1 t&is que le *>me ess5tiellem5t moral d'une femme de beaut mdiocre e/ inf9i8 ,n'e/-ce pas la moralit de la fabulation sur laquelle repos5t les ,mille et une ,nuits4 ,femme d',h5ri ,,viii1 une laide aurait dfi la ha*e et s\mis l'incon/ance du matre4 ,p> une biz>r]ie assez explicable *ez une fille d'orig9e espagnole1 madame ,clas tait ignorante4 ,elle savait lire et crire2 mais jusqu' l'ge de v+t ans1 poque laquelle ses p>5ts la tirr5t du c\v5t1 elle n'avait lu que des ouvrages asctiques4 ,en entrant dans le monde1 elle eut d'abord soif des plaisirs du monde et n'apprit que les sci5ces futiles de la toilette2 mais elle fut si pr(ondm5t humilie de son ignorance qu'elle n'osait se ml] aucune conv]sation2 aussi passa-t-elle p\r avoir peu d'esprit4 ,cep5dant1 cette ducation my/ique avait eu p\r rsultat de laiss] en elle les s5tim5ts dans t\te leur =ce1 et de ne po9t gt] son esprit naturel4 ,sotte et laide comme une hritire aux yeux du monde1 elle dev9t spirituelle et belle p\r son m>i4 ,bal?az> essaya bi5 p5dant les premires annes de son m>iage de donn] sa femme les connaissances dont elle avait beso9 p\r tre bi5 dans le monde2 mais il tait sans d\te trop t>d1 elle n'avait que la mmoire du cur4 ,josph9e n'oubliait ri5 de ce que lui disait ,clas1 relativem5t eux-mmes2 elle se s\v5ait des plus petites circon/ances de sa vie heureuse1 et ne se rappelait pas le l5dema9 sa leon de la veille4 ,cette ignorance et caus de gr&s discords entre d'autres p\x2 mais madame ,clas avait une si nave ent5te de la passion1 elle aimait si pieusem5t1 si sa9tem5t son m>i1 et le dsir de cons]v] son bonheur la r5dait si adroite qu'elle s'arrangeait t\j\rs p\r p>atre le compr5dre1 et laissait r>em5t arriv] les mom5ts o son ignorance et t p> trop vid5te4 ,d'ailleurs qu& deux p]sonnes s'aim5t assez p\r que *aque j\r soit p\r eux le premi] de leur passion1 il exi/e dans ce fcond bonheur des phnomnes qui *ang5t t\tes les conditions de la vie4 ,n'e/-ce pas alors comme une enfance ins\ciante de t\t ce qui n'e/ pas rire1 joie1 plaisir8 ,puis1 qu& la vie e/ bi5 active1 qu& les foy]s en sont bi5 ard5ts1 l'homme laisse all] la combu/ion sans y p5s] ou la discut]1 sans mesur] les moy5s ni la f94 ,jamais d'ailleurs aucune fille d've n'ent5dit mieux que madame ,clas son mti] de femme4 ,elle eut cette s\mission de la ,flam&e1 qui r5d le foy] dome/ique si attrayant1 et laquelle sa fi]t d',espagnole donnait une plus haute saveur4 ,elle tait imposante1 savait comm&] le respect p> un reg>d o clatait le s5tim5t de sa valeur et de sa noblesse2 mais devant ,clas elle tremblait2 et1 la longue1 elle avait f9i p> le mettre si haut et si prs de ,dieu1 en lui rapportant t\s les actes de sa vie et ses mo9dres p5ses1 que son am\r n'allait plus sans une te9te de cra9te respectueuse qui l'aiguisait encore4 ,elle prit avec orgueil t\tes les habitudes de la b\rgeoisie flam&e et plaa son am\r-propre r5dre la vie dome/ique grassem5t heureuse1 entret5ir les plus petits dtails de la maison dans leur propret classique1 ne possd] que des *oses d'une bont absolue1 ma9t5ir sur sa table les mets les plus dlicats et mettre t\t *ez elle en h>monie avec la vie du cur4 ,ils eur5t deux g>ons et deux filles4 ,l'ane1 nomme ,m>gu]ite1 tait ne en #agif4 ,le d]ni] enfant tait un g>on1 g de trois ans et nomm ,jean ,bal?az>4 ,le s5tim5t mat]nel fut *ez madame ,clas presque gal son am\r p\r son p\x4 ,aussi se passa-t-il en son me1 et surt\t p5dant les d]ni]s j\rs de sa vie1 un combat horrible entre ces deux s5tim5ts galem5t puissants1 et dont l'un tait en quelque sorte dev5u l'ennemi de l'autre4 ,les l>mes et la t]reur empre9tes sur sa figure au mom5t o comm5ce le rcit du drame dome/ique qui c\vait dans cette paisible maison1 tai5t causes p> la cra9te d'avoir sacrifi ses enfants son m>i4 ,en #ahje1 le frre de madame ,clas m\rut sans laiss] d'enfants4 ,la loi espagnole s'opposait ce que la sur succdt aux possessions t]ritoriales qui apanageai5t les titres de la maison2 mais p> ses dispositions te/am5taires1 le duc lui lgua soixante mille ducats environ1 que les hriti]s de la bran*e collatrale ne lui disputr5t pas4 ,quoique le s5tim5t qui l'unissait ,bal?az> ,clas fut tel que jamais aucune ide d'intrt l'et enta*1 ,josph9e pr\va une sorte de cont5tem5t possd] une =tune gale celle de son m>i1 et fut heureuse de p\voir son t\r lui (frir quelque *ose aprs avoir si noblem5t t\t reu de lui4 ,le has>d fit donc que ce m>iage1 dans lequel les calculateurs voyai5t une folie1 ft1 s\s le rapport de l'intrt1 un excell5t m>iage4 ,l'emploi de cette somme fut assez difficile dt]m9]4 ,la maison ,clas tait si ri*em5t f\rnie en meubles1 en tableaux1 en objets d'art et de prix1 qu'il semblait difficile d'y aj\t] des *oses dignes de celles qui s'y tr\vai5t dj4 ,le gt de cette famille y avait accumul des trsors4 ,une gnration s'tait mise la pi/e de beaux tableaux2 puis la ncessit de complt] la collection comm5ce avait r5du le gt de la pe9ture hrditaire4 ,les c5t tableaux qui ornai5t la gal]ie p> laquelle on communiquait du qu>ti] de d]rire aux app>tem5ts de rception situs au premi] tage de la maison de devant1 a9si qu'une c9quanta9e d'autres placs dans les salons d'app>at1 avai5t exig trois sicles de pati5tes re*]*es4 ,c'tait de clbres morceaux de ,rub5s1 de ,ruysdal1 de ,van-,dyck1 de ,t]burg1 de ,gr>d ,d[1 de ,t5i]s1 de ,miris1 de ,paul ,pott]1 de ,w\w]mans1 de ,rembr&t1 d',hobbema1 de ,crana* et d',holbe94 ,les tableaux itali5s et franais tai5t en m9orit1 mais t\s au!ntiques et capitaux4 ,une autre gnration avait eu la fantaisie des s]vices de porcela9e japonaise ou *9oise4 ,tel ,clas s'tait passionn p\r les meubles1 tel autre p\r l'arg5t]ie1 enf9 *acun d'eux avait eu sa manie1 sa passion1 l'un des traits les plus saillants du c>actre flam&4 ,le pre de ,bal?az>1 le d]ni] dbris de la fameuse socit holl&aise1 avait laiss l'une des plus ri*es collections de tulipes1 connues4 ,outre ces ri*esses hrditaires qui reprs5tai5t un capital norme1 et meublai5t magnifiquem5t cette vieille maison1 simple au dehors comme une coquille1 mais comme une coquille intrieurem5t nacre et p>e des plus ri*es c\leurs1 ,bal?az> ,clas possdait encore une maison de campagne dans la pla9e d',or*ies4 ,lo9 de bas]1 comme les ,franais1 sa dp5se sur ses rev5us1 il avait suivi la vieille c\tume holl&aise de n'en consomm] que le qu>t2 et d\ze c5ts ducats p> an mettai5t sa dp5se au niveau de celle que faisai5t les plus ri*es p]sonnes de la ville4 ,la publication du ,code ,civil donna raison cette sagesse4 ,en ordonnant le p>tage gal des bi5s1 le ,titre des ,successions devait laiss] *aque enfant presque pauvre et disp]s] un j\r les ri*esses du vieux muse ,clas4 ,bal?az>1 d'accord avec madame ,clas1 plaa la =tune de sa femme de manire donn] *acun de leurs enfants une position semblable celle du pre4 ,la maison ,clas p]si/a donc dans la mode/ie de son tra9 et a*eta des bois1 un peu maltraits p> les gu]res qui avai5t eu lieu2 mais qui bi5 cons]vs devai5t pr5dre dix ans de l une valeur norme4 ,la haute socit de ,d\ai1 que frqu5tait monsieur ,clas1 avait su si bi5 apprci] le beau c>actre et les qualits de sa femme1 que1 p> une espce de conv5tion tacite1 elle tait exempte des devoirs auxquels les g5s de prov9ce ti5n5t tant4 ,p5dant la saison d'hiv] qu'elle passait la ville1 elle allait r>em5t dans le monde1 et le monde v5ait *ez elle4 ,elle recevait t\s les m]cr$is1 et donnait trois gr&s dn]s p> mois4 ,*acun avait s5ti qu'elle tait plus l'aise dans sa maison1 o la ret5ai5t d'ailleurs sa passion p\r son m>i et les so9s que rclamait l'ducation de ses enfants4 ,telle fut1 jusqu'en #ahji1 la conduite de ce mnage qui n'eut ri5 de con=me aux ides reues4 ,la vie de ces deux tres1 secrtem5t ple9e d'am\r et de joie1 tait extrieurem5t semblable t\te autre4 ,la passion de ,bal?az> ,clas p\r sa femme1 et que sa femme savait p]ptu]1 semblait1 comme il le faisait obs]v] lui mme1 employ] sa con/ance inne dans la culture du bonheur qui valait bi5 celle des tulipes v]s laquelle il p5*ait ds son enfance1 et le disp5sait d'avoir sa manie comme *acun de ses anctres avait eu la si5ne4 ,a la f9 de cette anne1 l'esprit et les manires de ,bal?az> subir5t des altrations fune/es1 qui comm5cr5t si naturellem5t que d'abord madame ,clas ne tr\va pas ncessaire de lui en dem&] la cause4 ,un soir1 son m>i se c\*a dans un tat de proccupation qu'elle se fit un devoir de respect]4 ,sa dlicatesse de femme et ses habitudes de s\mission lui avai5t t\j\rs laiss att5dre les confid5ces de ,bal?az>1 dont la confiance lui tait g>antie p> une affection si vraie qu'elle ne donnait aucune prise sa jal\sie4 ,quoique c]ta9e d'obt5ir une rponse qu& elle se p]mettrait une dem&e curieuse1 elle avait t\j\rs cons]v de ses premires impressions dans la vie la cra9te d'un refus4 ,d'ailleurs1 la maladie morale de son m>i eut des phases1 et n'arriva que p> des te9tes progressivem5t plus =tes cette viol5ce intolrable qui dtruisit le bonheur de son mnage4 ,quelque occup que ft ,bal?az>1 il re/a nanmo9s1 p5dant plusieurs mois1 causeur1 affectueux1 et le *angem5t de son c>actre ne se manife/ait alors que p> de frqu5tes di/ractions4 ,madame ,clas espra longtemps savoir p> son m>i le secret de ses travaux2 peut-tre ne v\lait-il l'av\] qu'au mom5t o ils ab\tirai5t des rsultats utiles1 c> beauc\p d'hommes ont un orgueil qui les p\sse ca*] leurs combats et ne se montr] que victorieux4 ,au j\r du triomphe1 le bonheur dome/ique devait donc rep>atre d'autant plus clatant que ,bal?az> s'ap]cevait de cette lacune dans sa vie am\reuse que son cur dsav\]ait sans d\te4 ,josph9e connaissait assez son m>i p\r savoir qu'il ne se p>donn]ait pas d'avoir r5du sa ,ppita mo9s heureuse p5dant plusieurs mois4 ,elle g>dait donc le sil5ce en pr\vant une espce de joie s\ffrir p> lui1 p\r lui2 c> sa passion avait une te9te de cette pit espagnole qui ne sp>e jamais la foi de l'am\r1 et ne compr5d po9t le s5tim5t sans s\ffrances4 ,elle att5dait donc un ret\r d'affection en se disant *aque soir3--,ce s]a dema96 et en traitant son bonheur comme un abs5t4 ,elle conut son d]ni] enfant au milieu de ces tr\bles secrets4 ,horrible rvlation d'un av5ir de d\leur6 ,en cette circon/ance1 l'am\r fut1 p>mi les di/ractions de son m>i1 comme une di/raction plus =te que les autres4 ,son orgueil de femme1 bless p\r la premire fois1 lui fit sond] la pr(ondeur de l'abme inconnu qui la sp>ait jamais du ,clas des premi]s j\rs4 ,ds ce mom5t1 l'tat de ,bal?az> empira4 ,cet homme1 nagure incessamm5t plong dans les joies dome/iques1 qui j\ait p5dant des heures entires avec ses enfants1 se r\lait avec eux sur le tapis du p>loir ou dans les alles du j>d91 qui semblait ne p\voir vivre que s\s les yeux noirs de sa ,ppita1 ne s'ap]ut po9t de la grossesse de sa femme1 oublia de vivre en famille et s'oublia lui-mme4 ,plus madame ,clas avait t>d lui dem&] le sujet de ses occupations1 mo9s elle l'osa4 ,a cette ide1 son sang b\illonnait et la voix lui manquait4 ,enf9 elle crut avoir cess de plaire son m>i et fut alors srieusem5t al>me4 ,cette cra9te l'occupa1 la dsespra1 l'exalta1 dev9t le pr9cipe de bi5 des heures mlancoliques1 et de tri/es rv]ies4 ,elle ju/ifia ,bal?az> ses dp5s en se tr\vant laide et vieille2 puis elle entrevit une p5se gnreuse1 mais humiliante p\r elle1 dans le travail p> lequel il se faisait une fidlit ngative1 et v\lut lui r5dre son indp5dance en laissant s'tablir un de ces secrets divorces1 le mot du bonheur dont p>aiss5t j\ir plusieurs mnages4 ,nanmo9s1 avant de dire adieu la vie conjugale1 elle t*a de lire au fond de ce cur1 mais elle le tr\va f]m4 ,ins5siblem5t1 elle vit ,bal?az> dev5ir indiffr5t t\t ce qu'il avait aim1 nglig] ses tulipes en fleurs1 et ne plus song] ses enfants4 ,sans d\te il se livrait quelque passion en dehors des affections du cur1 mais qui1 selon les femmes1 n'en dess*e pas mo9s le cur4 ,l'am\r tait endormi et non pas enfui4 ,si ce fut une consolation1 le malheur n'en re/a pas mo9s le mme4 ,la cont9uit de cette crise s'explique p> un seul mot1 l'esprance1 secret de t\tes ces situations conjugales4 ,au mom5t o la pauvre femme arrivait un degr de dsespoir qui lui prtait le c\rage d'int]rog] son m>i2 prcism5t1 alors elle retr\v]ait de d\x mom5ts1 p5dant lesquels ,bal?az> lui pr\vait que s'il app>t5ait quelques p5ses diaboliques1 elles lui p]mettai5t de r$ev5ir p>fois lui-mme4 ,durant ces in/ants o son ciel s'claircissait1 elle s'empressait trop j\ir de son bonheur p\r le tr\bl] p> des importunits2 puis1 qu& elle s'tait enh>die que/ionn] ,bal?az>1 au mom5t mme o elle allait p>l]1 il lui *appait aussitt1 il la quittait brusquem5t1 ou tombait dans le g\ffre de ses mditations d'o ri5 ne le p\vait tir]4 ,bi5tt la raction du moral sur le physique comm5a ses ravages1 d'abord imp]ceptibles1 mais nanmo9s saisissables l'il d'une femme aimante qui suivait la secrte p5se de son m>i dans ses mo9dres manife/ations4 ,s\v5t1 elle avait pe9e ret5ir ses l>mes en le voyant1 aprs le dn]1 plong dans une b]gre au co9 du feu1 morne et p5sif1 l'il arrt sur un panneau noir sans s'ap]cevoir du sil5ce qui rgnait aut\r de lui4 ,elle obs]vait avec t]reur les *angem5ts ins5sibles qui dgradai5t cette figure que l'am\r avait faite sublime p\r elle4 ,*aque j\r1 la vie de l'me s'en retirait davantage1 la *>p5te physique re/ait sans aucune expression4 ,p>fois1 les yeux pr5ai5t une c\leur vitreuse2 il semblait que la vue se ret\rnt et s'ex]t l'intrieur4 ,qu& les enfants tai5t c\*s1 aprs quelques heures de sil5ce et de solitude1 ple9es de p5ses affreuses1 si la pauvre ,ppita se has>dait dem&]3--,mon ami1 s\ffres-tu8 quelquefois ,bal?az> ne rpondait pas2 ou1 s'il rpondait1 il rev5ait lui p> un tressaillem5t comme un homme arra* en sursaut son sommeil1 et disait un non sec et cav]neux qui tombait pesamm5t sur le cur de sa femme palpitante4 ,quoiqu'elle et v\lu ca*] ses amis la biz>re situation o elle se tr\vait1 elle fut cep5dant oblige d'en p>l]4 ,selon l'usage des petites villes1 la plup>t des salons avai5t fait du drangem5t de ,bal?az> le sujet de leurs conv]sations1 et dj dans c]ta9es socits1 l'on savait plusieurs dtails ignors de madame ,clas4 ,aussi1 malgr le mutisme comm& p> la politesse1 quelques amis tmoignr5t-ils de si vives inquitudes1 qu'elle s'empressa de ju/ifi] les s+ul>its de son m>i4 --,monsieur ,bal?az> avait1 disait-elle1 entrepris un gr& travail qui l'absorbait1 mais dont la russite devait tre un sujet de gloire p\r sa famille et p\r sa patrie4 ,cette explication my/rieuse c>essait trop l'ambition d'une ville o1 plus qu'en aucune autre1 rgne l'am\r du pays et le dsir de son illu/ration1 p\r qu'elle ne produist pas dans les esprits une raction favorable monsieur ,clas4 ,les suppositions de sa femme tai5t1 jusqu' un c]ta9 po9t1 assez fondes4 ,plusieurs ouvri]s de div]ses pr(essions avai5t long-temps travaill dans le gr5i] de la maison de devant1 o ,bal?az> se r5dait ds le mat94 ,aprs y avoir fait des retraites de plus en plus longues1 auxquelles s'tai5t ins5siblem5t acc\tums sa femme et ses g5s1 ,bal?az> en tait arriv y demeur] des j\rnes entires4 ,mais1 d\leur in\e6 madame ,clas apprit p> les humiliantes confid5ces de ses bonnes amies tonnes de son ignorance1 que son m>i ne cessait d'a*et] ,p>is des in/rum5ts de physique1 des matires prcieuses1 des livres1 des ma*9es1 et se ru9ait1 disait-on1 *]*] la pi]re philosophale4 ,elle devait song] ses enfants1 aj\tai5t les amies1 son propre av5ir1 et s]ait crim9elle de ne pas employ] son influ5ce p\r dt\rn] son m>i de la fausse voie o il s'tait engag4 ,si madame ,clas retr\vait son imp]t95ce de gr&e dame p\r impos] sil5ce ces disc\rs absurdes1 elle fut prise de t]reur malgr son app>5te assurance1 et rsolut de quitt] son rle d'abngation4 ,elle fit natre une de ces situations p5dant lesquelles une femme e/ avec son m>i sur un pi$ d'galit2 mo9s tremblante alors1 elle osa dem&] ,bal?az> la raison de son *angem5t1 et le motif de sa con/ante retraite4 ,le ,flam& frona les s\rcils1 et lui rpondit3--,ma *re1 tu n'y compr5drais ri54 ,un j\r1 ,josph9e insi/a p\r connatre ce secret en se plaignant avec d\ceur de ne pas p>tag] t\te la p5se de celui de qui elle p>tageait la vie4 --,puisque cela t'intresse tant1 rpondit ,bal?az> en g>dant sa femme sur ses g5\x et lui c>essant ses *eveux noirs1 je te dirai que je me suis remis la *imie1 et je suis l'homme le plus heureux du monde4 ,deux ans aprs l'hiv] o monsieur ,clas tait dev5u *imi/e1 sa maison avait *ang d'aspect4 ,soit que la socit se *oqut de la di/raction p]ptuelle du savant1 ou crt le gn]2 soit que ses anxits secrtes euss5t r5du madame ,clas mo9s agrable1 elle ne voyait plus que ses amis intimes4 ,bal?az> n'allait nulle "p1 s'enf]mait dans son laboratoire p5dant t\te la j\rne1 y re/ait p>fois la nuit1 et n'app>aissait au se9 de sa famille qu' l'heure du dn]4 ,ds la deuxime anne1 il cessa de pass] la belle saison sa campagne que sa femme ne v\lut plus habit] seule4 ,quelquefois ,bal?az> sortait de *ez lui1 se prom5ait et ne r5trait que le l5dema91 en laissant madame ,clas p5dant t\te une nuit livre de mortelles inquitudes2 aprs l'avoir fait infructueusem5t *]*] dans une ville dont les portes tai5t f]mes le soir1 suivant l'usage des places =tes1 elle ne p\vait envoy] sa p\rsuite dans la campagne4 ,la malheureuse femme n'avait mme plus alors l'espoir ml d'angoisses que donne l'att5te1 et s\ffrait jusqu'au l5dema94 ,bal?az>1 qui avait oubli l'heure de la f]meture des portes1 arrivait le l5dema9 t\t tranquillem5t sans s\ponn] les tortures que sa di/raction devait impos] sa famille2 et le bonheur de le revoir tait p\r sa femme une crise aussi dang]euse que p\vai5t l'tre ses apprh5sions1 elle se taisait1 n'osait le que/ionn]2 c>1 la premire dem&e qu'elle fit1 il avait rpondu d'un air surpris3 ,eh6 bi51 quoi1 l'on ne peut pas se prom5]4 ,les passions ne sav5t pas tromp]4 ,les inquitudes de madame ,clas ju/ifir5t donc les bruits qu'elle s'tait plu dm5tir4 ,sa jeunesse l'avait habitue connatre la piti polie du monde2 p\r ne pas la subir une seconde fois1 elle se r5f]ma plus troitem5t dans l'ence9te de sa maison que t\t le monde ds]ta1 mme ses d]ni]s amis4 ,le dsordre dans les vtem5ts1 t\j\rs si dgradant p\r un homme de la haute classe1 dev9t tel *ez ,bal?az>1 qu'entre tant de causes de *agr9s1 ce ne fut pas l'une des mo9s s5sibles dont s'affecta cette femme habitue l'exquise propret des ,flam&es4 ,de conc]t avec ,lemulqu9i]1 valet de *ambre de son m>i1 ,josph9e remdia p5dant quelque temps la dva/ation j\rnalire des habits1 mais il fallut y r5onc]4 ,le j\r mme o1 l'insu de ,bal?az>1 des effets neufs avai5t t sub/itus ceux qui tai5t ta*s1 d*irs ou tr\s1 il en faisait des haillons4 ,cette femme heureuse p5dant qu9ze ans1 et dont la jal\sie ne s'tait jamais veille1 se tr\va t\t c\p n'tre plus ri5 en app>5ce dans le cur o elle rgnait nagure4 ,espagnole d'orig9e1 le s5tim5t de la femme espagnole gronda *ez elle1 qu& elle se dc\vrit une rivale dans la ,sci5ce qui lui enlevait son m>i2 les t\rm5ts de la jal\sie lui dvorr5t le cur1 et rnovr5t son am\r4 ,mais que faire contre la ,sci5ce8 comm5t en combattre le p\voir incessant1 tyrannique et croissant8 ,comm5t tu] une rivale invisible8 ,comm5t une femme1 dont le p\voir e/ limit p> la nature1 peut elle lutt] avec une ide dont les j\issances sont inf9ies et les attraits t\j\rs n\veaux8 ,que t5t] contre la coquett]ie des ides qui se rafra*iss5t1 r5aiss5t plus belles dans les difficults1 et entran5t un homme si lo9 du monde qu'il oublie jusqu' ses plus *res affections8 ,enf9 un j\r1 malgr les ordres svres que ,bal?az> avait donns1 sa femme v\lut au mo9s ne pas le quitt]1 s'enf]m] avec lui dans ce gr5i] o il se retirait1 combattre corps corps avec sa rivale en assi/ant son m>i durant les longues heures qu'il prodiguait cette t]rible matresse4 ,elle v\lut se gliss] secrtem5t dans ce my/rieux ateli] de sduction1 et acqurir le droit d'y re/] t\j\rs4 ,elle essaya donc de p>tag] avec ,lemulqu9i] le droit d'entr] dans le laboratoire2 mais1 p\r ne pas le r5dre tmo9 d'une qu]elle qu'elle r$\tait1 elle att5dit un j\r o son m>i se pass]ait du valet de *ambre4 ,depuis quelque temps1 elle tudiait les alles et v5ues de ce dome/ique avec une impati5ce ha9euse2 ne savait-il pas t\t ce qu'elle dsirait appr5dre1 ce que son m>i lui ca*ait et ce qu'elle n'osait lui dem&]2 elle tr\vait ,lemulqu9i] plus favoris qu'elle1 elle1 l'p\se6 ,elle v9t donc tremblante et presque heureuse2 mais1 p\r la premire fois de sa vie1 elle connut la colre de ,bal?az>2 pe9e avait-elle entr'ouv]t la porte1 qu'il fondit sur elle1 la prit1 la jeta rudem5t sur l'escali]1 o elle faillit r\l] du haut en bas4 --,dieu soit l\1 tu exi/es6 cria ,bal?az> en la relevant4 ,un masque de v]re s'tait bris en clats sur madame ,clas qui vit son m>i ple1 blme1 effray4 --,ma *re1 je t'avais df5du de v5ir ici1 dit-il en s'asseyant sur une m>*e de l'escali] comme un homme abattu4 ,les sa9ts t'ont prs]ve de la mort4 ,p> quel has>d mes yeux tai5t-ils fixs sur la porte8 ,n\s avons failli prir4 --,j'aurais t bi5 heureuse alors1 dit-elle4 --,mon expri5ce e/ manque1 reprit ,bal?az>4 ,je ne puis p>donn] qu' toi la d\leur que me cause ce cruel mcompte4 ,j'allais peut-tre dcompos] l'azote4 ,va1 ret\rne tes affaires4 ,bal?az> r5tra dans son laboratoire4 --,j'allais peut-tre dcompos] l'azote6 se dit la pauvre femme en rev5ant dans sa *ambre o elle fondit en l>mes4 ,cette phrase tait in9telligible p\r elle4 ,les hommes1 habitus p> leur ducation t\t concevoir1 ne sav5t pas ce qu'il y a d'horrible p\r une femme ne p\voir compr5dre la p5se de celui qu'elle aime4 ,plus indulg5tes que n\s ne le sommes1 ces div9es cratures ne n\s dis5t pas qu& le langage de leurs mes re/e incompris2 elles craign5t de n\s faire s5tir la supriorit de leurs s5tim5ts1 et ca*5t alors leurs d\leurs avec autant de joie qu'elles tais5t leurs plaisirs mconnus2 mais plus ambitieuses en am\r que n\s ne le sommes1 elles veul5t p\s] mieux que le cur de l'homme1 elles en veul5t aussi t\te la p5se4 ,p\r madame ,clas1 ne ri5 savoir de la ,sci5ce dont s'occupait son m>i1 eng5drait dans son me un dpit plus viol5t que celui caus p> la beaut d'une rivale4 ,une lutte de femme femme laisse celle qui aime le plus l'avantage d'aim] mieux2 mais ce dpit accusait une impuissance et humiliait t\s les s5tim5ts qui n\s aid5t vivre4 ,josph9e ne savait pas6 ,il se tr\vait1 p\r elle1 une situation o son ignorance la sp>ait de son m>i4 ,enf91 d]nire torture1 et la plus vive1 il tait s\v5t entre la vie et la mort1 il c\rait des dang]s1 lo9 d'elle et prs d'elle1 sans qu'elle les p>taget1 sans qu'elle les connt4 ,c'tait1 comme l'enf]1 une prison morale sans issue1 sans esprance4 ,madame ,clas v\lut au mo9s connatre les attraits de cette sci5ce1 et se mit tudi] en secret la *imie dans les livres4 ,cette famille fut alors comme clotre4 ,telles fur5t les transitions successives p> lesquelles le malheur fit pass] la maison ,clas1 avant de l'am5] l'espce de mort civile dont elle e/ frappe au mom5t o cette hi/oire comm5ce4 ,cette situation viol5te se compliqua4 ,comme t\tes les femmes passionnes1 madame ,clas tait d'un ds9tressem5t in\4 ,ceux qui aim5t vritablem5t sav5t combi5 l'arg5t e/ peu de *ose auprs des s5tim5ts1 et avec quelle difficult il s'y agrge4 ,nanmo9s ,josph9e n'apprit pas sans une cruelle motion que son m>i devait trois c5t mille francs hypo?qus sur ses proprits4 ,l'au!nticit des contrats sanctionnait les inquitudes1 les bruits1 les conjectures de la ville4 ,madame ,clas1 ju/em5t al>me1 fut =ce1 elle si fire1 de que/ionn] le notaire de son m>i1 de le mettre dans le secret de ses d\leurs ou de les lui laiss] dev9]1 et d'ent5dre enf9 cette humiliante "q3 ,comm5t monsieur ,clas ne v\s a-t-il encore ri5 dit8 ,heureusem5t le notaire de ,bal?az> lui tait presque p>5t1 et voici comm5t4 ,le gr&-pre de monsieur ,clas avait p\s une ,pi]qu9 d',anv]s1 de la mme famille que les ,pi]qu9 de ,d\ai4 ,depuis ce m>iage1 ceux-ci1 quoique trang]s aux ,clas1 les traitai5t de c\s9s4 ,monsieur ,pi]qu91 jeune homme de v+t-six ans qui v5ait de succd] la *>ge de son pre1 tait la seule p]sonne qui et accs dans la maison ,clas4 ,madame ,bal?az> avait depuis plusieurs mois vcu dans une si complte solitude que le notaire fut oblig de lui confirm] la n\velle des dsa/res dj connus dans t\te la ville4 ,il lui dit que1 vraisemblablem5t1 son m>i devait des sommes considrables la maison qui lui f\rnissait des produits *imiques4 ,aprs s'tre enquis de la =tune et de la considration dont j\issait monsieur ,clas1 cette maison accueillait t\tes ses dem&es et faisait les envois sans inquitude1 malgr l't5due des crdits4 ,madame ,clas *>gea ,pi]qu9 de dem&] le mmoire des f\rnitures faites son m>i4 ,deux mois aprs1 messieurs ,protez et ,*iffreville1 fabricants de produits *imiques1 adressr5t un arrt de compte1 qui montait c5t mille francs4 ,madame ,clas et ,pi]qu9 tudir5t cette facture avec une surprise croissante4 ,si beauc\p d'articles1 exprims sci5tifiquem5t ou comm]cialem5t1 tai5t p\r eux in9telligibles1 ils fur5t effrays de voir ports en compte des p>ties de mtaux1 des diamants de t\tes les espces1 mais en petites quantits4 ,le total de la dette s'expliquait facilem5t p> la multiplicit des articles1 p> les prcautions que ncessitait le transport de c]ta9es sub/ances ou l'envoi de quelques ma*9es prcieuses1 p> le prix exorbitant de plusieurs produits qui ne s'obt5ai5t que difficilem5t1 ou que leur r>et r5dait *]s1 enf9 p> la valeur des in/rum5ts de physique ou de *imie confectionns d'aprs les in/ructions de monsieur ,clas4 ,le notaire1 dans l'intrt de son c\s91 avait pris des r5seignem5ts sur les ,protez et ,*iffreville1 et la probit de ces ngociants devait rassur] sur la moralit de leurs oprations avec monsieur ,clas qui1 d'ailleurs1 ils faisai5t s\v5t "p des rsultats obt5us p> les *imi/es de ,p>is1 af9 de lui vit] des dp5ses4 ,madame ,clas pria le notaire de ca*] la socit de ,d\ai la nature de ces acquisitions qui euss5t t taxes de folies2 mais ,pi]qu9 lui rpondit que dj1 p\r ne po9t affaiblir la considration dont j\issait ,clas1 il avait ret>d jusqu'au d]ni] mom5t les obligations not>ies que l'importance des sommes prtes de confiance p> ses cli5ts avait enf9 ncessites4 ,il dvoila l't5due de la plaie1 en disant sa c\s9e que1 si elle ne tr\vait pas le moy5 d'emp*] son m>i de dp5s] sa =tune si follem5t1 dans six mois les bi5s patrimoniaux s]ai5t grevs d'hypo?ques qui en dpass]ai5t la valeur4 ,quant lui1 aj\ta-t-il1 les obs]vations qu'il avait faites son c\s91 avec les mnagem5ts dus un homme si ju/em5t considr1 n'avai5t pas eu la mo9dre influ5ce4 ,une fois p\r t\tes1 ,bal?az> lui avait rpondu qu'il travaillait la gloire et la =tune de sa famille4 ,a9si1 t\tes les tortures de cur que madame ,clas avait supportes depuis deux ans1 dont *acune s'aj\tait l'autre et accroissait la d\leur du mom5t de t\tes les d\leurs passes1 se joignit une cra9te affreuse1 incessante qui lui r5dait l'av5ir p\vantable4 ,les femmes ont des press5tim5ts dont la ju/esse ti5t du prodige4 ,p\rquoi en gnral trembl5t-elles plus qu'elles n'espr5t qu& il s'agit des intrts de la vie8 ,p\rquoi n'ont-elles de foi que p\r les gr&es ides de l'av5ir religieux8 ,p\rquoi dev95t-elles si habilem5t les cata/rophes de =tune ou les crises de nos de/9es8 ,peut-tre le s5tim5t qui les unit l'homme qu'elles aim5t1 leur en fait-il admirablem5t pes] les =ces1 e/im] les facults1 connatre les gts1 les passions1 les vices1 les v]tus2 la p]ptuelle tude de ces causes en prs5ce desquelles elles se tr\v5t sans cesse1 leur donne sans d\te la fatale puissance d'en prvoir les effets dans t\tes les situations possibles4 ,ce qu'elles voi5t du prs5t leur fait jug] l'av5ir avec une habilet naturellem5t explique p> la p]fection de leur sy/me n]veux1 qui leur p]met de saisir les diagno/ics les plus lg]s de la p5se et des s5tim5ts4 ,t\t en elles vibre l'unisson des gr&es commotions morales4 ,ou elles s5t5t1 ou elles voi5t4 ,or1 quoique sp>e de son m>i depuis deux ans1 madame ,clas press5tait la p]te de sa =tune4 ,elle avait apprci la f\gue rfl*ie1 l'inaltrable con/ance de ,bal?az>2 s'il tait vrai qu'il *]*t faire de l'or1 il devait jet] avec une p>faite ins5sibilit son d]ni] morceau de pa9 dans son creuset2 mais que *]*ait-il8 ,jusque-l1 le s5tim5t mat]nel et l'am\r conjugal s'tai5t si bi5 confondus dans le cur de cette femme1 que jamais ses enfants1 galem5t aims d'elle et de son m>i1 ne s'tai5t int]poss entre eux4 ,mais t\t c\p elle fut p>fois plus mre qu'elle n'tait p\se1 quoiqu'elle ft plus s\v5t p\se que mre4 ,et nanmo9s1 quelque dispose qu'elle pt tre sacrifi] sa =tune et mme ses enfants au bonheur de celui qui l'avait *oisie1 aime1 adore1 et p\r qui elle tait encore la seule femme qu'il y et au monde1 les remords que lui causait la faiblesse de son am\r mat]nel la jetai5t en d'horribles alt]natives4 ,a9si1 comme femme1 elle s\ffrait dans son cur2 comme mre1 elle s\ffrait dans ses enfants2 et comme *rti5ne1 elle s\ffrait p\r t\s4 ,elle se taisait et cont5ait ces cruels orages dans son me4 ,son m>i1 seul arbitre du sort de sa famille1 tait le matre d'en rgl] son gr la de/9e1 il n'en devait compte qu' ,dieu4 ,d'ailleurs1 p\vait-elle lui repro*] l'emploi de sa =tune1 aprs le ds9tressem5t dont il avait fait preuve p5dant dix annes de m>iage8 tait-elle juge de ses desse9s8 ,mais sa consci5ce1 d'accord avec le s5tim5t et les lois1 lui disait que les p>5ts tai5t les dpositaires de la =tune1 et n'avai5t pas le droit d'alin] le bonheur matriel de leurs enfants4 ,p\r ne po9t rs\dre ces hautes que/ions1 elle aimait mieux f]m] les yeux1 suivant l'habitude des g5s qui refus5t de voir l'abme au fond duquel ils sav5t devoir r\l]4 ,depuis six mois1 son m>i ne lui avait plus remis d'arg5t p\r la dp5se de sa maison4 ,elle fit v5dre secrtem5t ,p>is les ri*es p>ures de diamants que son frre lui avait donnes au j\r de son m>iage1 et introduisit la plus /ricte conomie dans sa maison4 ,elle r5voya la g\v]nante de ses enfants1 et mme la n\rrice de ,jean4 ,jadis le luxe des voitures tait ignor de la b\rgeoisie la fois si humble dans ses murs1 si fire dans ses s5tim5ts2 ri5 n'avait donc t prvu dans la maison ,clas p\r cette inv5tion mod]ne1 ,bal?az> tait oblig d'avoir son curie et sa remise dans une maison en face de la si5ne2 ses occupations ne lui p]mettai5t plus de surveill] cette p>tie du mnage qui reg>de ess5tiellem5t les hommes2 madame ,clas supprima la dp5se onreuse des quipages et des g5s que son isolem5t r5dait inutiles1 et malgr la bont de ces raisons1 elle n'essaya po9t de color] ses r=mes p> des prtextes4 ,jusqu' prs5t les faits avai5t dm5ti ses p>oles1 et le sil5ce tait dsormais ce qui conv5ait le mieux4 ,le *angem5t du tra9 des ,clas n'tait pas ju/ifiable dans un pays o1 comme en ,holl&e1 quiconque dp5se t\t son rev5u passe p\r un f\4 ,seulem5t1 comme sa fille ane1 ,m>gu]ite1 allait avoir seize ans1 ,josph9e p>ut v\loir lui faire faire une belle alliance1 et la plac] dans le monde1 comme il conv5ait une fille allie aux ,mol9a1 aux ,van-,o/rom-,temn9ck1 et aux ,casa-,ral4 ,quelques j\rs avant celui p5dant lequel comm5ce cette hi/oire1 l'arg5t des diamants tait puis4 ,ce mme j\r1 trois heures1 en conduisant ses enfants vpres1 madame ,clas avait r5contr ,pi]qu9 qui v5ait la voir1 et qui l'accompagna jusqu' ,sa9t-,pi]re1 en causant voix basse sur sa situation4 --,ma c\s9e1 dit-il1 je ne saurais1 sans manqu] l'amiti qui m'atta*e votre famille1 v\s ca*] le pril o v\s tes1 et ne pas v\s pri] d'en confr] avec votre m>i4 ,qui peut1 si ce n'e/ v\s1 l'arrt] sur le bord de l'abme o v\s m>*ez4 ,les rev5us des bi5s hypo?qus ne suffis5t po9t pay] les intrts des sommes empruntes2 a9si v\s tes auj\rd'hui sans aucun rev5u4 ,si v\s c\piez les bois que v\s possdez1 ce s]ait v\s enlev] la seule *ance de salut qui v\s re/]a dans l'av5ir4 ,mon c\s9 ,bal?az> e/ en ce mom5t dbiteur d'une somme de tr5te mille francs la maison ,protez et ,*iffreville de ,p>is1 avec quoi les pay]ez-v\s1 avec quoi vivrez-v\s8 et que devi5drez-v\s si ,clas cont9ue dem&] des ractifs1 des v]r]ies1 des piles de ,volta et autres brimborions4 ,t\te votre =tune1 mo9s la maison et le mobili]1 s'e/ dissipe en gaz et en *>bon4 ,qu& il a t "q1 avant-hi]1 d'hypo?qu] sa maison1 savez-v\s quelle a t la rponse de ,clas3 ,diable6 ,voil depuis trois ans la premire trace de raison qu'il ait donne4 ,madame ,clas pressa d\l\reusem5t le bras de ,pi]qu91 leva les yeux au ciel1 et dit3--,g>dez-n\s le secret4 ,malgr sa pit1 la pauvre femme anantie p> ces p>oles d'une cl>t f\droyante ne put pri]1 elle re/a sur sa *aise entre ses enfants1 ouvrit son p>oissi5 et n'en t\rna pas un feuillet2 elle tait tombe dans une contemplation aussi absorbante que l'tai5t les mditations de son m>i4 ,l'honneur espagnol1 la probit flam&e rsonnai5t dans son me d'une voix aussi puissante que celle de l'orgue4 ,la ru9e de ses enfants tait consomme6 ,entre eux et l'honneur de leur pre1 il ne fallait plus hsit]4 ,la ncessit d'une lutte pro*a9e entre elle et son son m>i l'p\vantait2 il tait ses yeux1 si gr&1 si imposant1 que la seule p]spective de sa colre l'agitait autant que l'ide de la maje/ div9e4 ,elle allait donc sortir de cette con/ante s\mission dans laquelle elle tait sa9tem5t demeure comme p\se4 ,l'intrt de ses enfants l'oblig]ait contr>i] dans ses gts un homme qu'elle idoltrait4 ,ne faudrait-il pas s\v5t le ram5] des que/ions positives1 qu& il plan]ait dans les hautes rgions de la ,sci5ce1 le tir] violemm5t d'un riant av5ir p\r le plong] dans ce que la matrialit prs5te de plus hideux1 aux arti/es et aux gr&s hommes4 ,p\r elle1 ,bal?az> ,clas tait un gant de sci5ce1 un homme gros de gloire2 il ne p\vait l'avoir oublie que p\r les plus ri*es esprances2 puis1 il tait si pr(ondm5t s5s1 elle l'avait ent5du p>l] avec tant de tal5t sur les que/ions de t\t g5re1 qu'il devait tre s9cre en disant qu'il travaillait p\r la gloire et la =tune de sa famille4 ,l'am\r de cet homme p\r sa femme et ses enfants n'tait pas seulem5t imm5se1 il tait inf9i4 ,ces s5tim5ts n'avai5t pu s'abolir1 ils s'tai5t sans d\te agr&is en se reproduisant s\s une autre =me4 ,elle si noble1 si gnreuse et si cra9tive1 allait faire ret5tir incessamm5t aux oreilles de ce gr& homme le mot arg5t et le son de l'arg5t2 lui montr] les plaies de la misre1 lui faire ent5dre les cris de la dtresse1 qu& il ent5drait les voix mlodieuses de la ,r5omme4 ,peut-tre l'affection que ,bal?az> avait p\r elle s'en dim9u]ait-elle8 ,si elle n'avait pas eu d'enfant elle aurait embrass c\rageusem5t et avec plaisir la de/9e n\velle que lui faisait son m>i4 ,les femmes leves dans l'opul5ce s5t5t promptem5t le vide que c\vr5t les j\issances matrielles2 et qu& leur cur1 plus fatigu que fltri1 leur a fait tr\v] le bonheur que donne un con/ant *ange de s5tim5ts vrais1 elles ne recul5t po9t devant une exi/5ce mdiocre1 si elle convi5t l'tre p> lequel elles se sav5t aimes4 ,leurs ides1 leurs plaisirs sont s\mis aux caprices de cette vie en dehors de la leur2 p\r elles1 le seul av5ir r$\table e/ de la p]dre4 ,en ce mom5t donc1 ses enfants sp>ai5t ,ppita de sa vraie vie1 autant que ,bal?az> ,clas s'tait sp> d'elle p> la ,sci5ce2 aussi1 qu& elle fut rev5ue de vpres1 et qu'elle se fut jete dans sa b]gre1 r5voya-t-elle ses enfants en rclamant d'eux le plus pr(ond sil5ce2 puis1 elle fit dem&] son m>i de v5ir la voir2 mais quoique ,lemulqu9i]1 le vieux valet de *ambre1 et insi/ p\r l'arra*] son laboratoire1 ,bal?az> y tait re/4 ,madame ,clas avait donc eu le temps de rfl*ir4 ,et elle aussi demeura songeuse1 sans faire att5tion l'heure ni au temps1 ni au j\r4 ,la p5se de devoir tr5te mille francs et de ne p\voir les pay]1 rveilla les d\leurs passes1 les joignit celles du prs5t et de l'av5ir4 ,cette masse d'intrts1 d'ides1 de s5sations la tr\va trop faible1 elle pleura4 ,qu& elle vit entr] ,bal?az> dont alors la physionomie lui p>ut plus t]rible1 plus absorbe1 plus g>e qu'elle ne l'avait jamais t2 qu& il ne lui rpondit pas1 elle re/a d'abord fasc9e p> l'immobilit de ce reg>d blanc et vide1 p> t\tes les ides dvorantes que di/illait ce front *auve4 ,s\s le c\p de cette impression elle dsira m\rir4 ,qu& elle eut ent5du cette voix ins\ciante exprimant un dsir sci5tifique au mom5t o elle avait le cur cras1 son c\rage rev9t2 elle rsolut de lutt] contre cette p\vantable puissance qui lui avait ravi un amant1 qui avait enlev ses enfants un pre1 la maison une =tune1 t\s le bonheur4 ,nanmo9s1 elle ne put rprim] la con/ante trpidation qui l'agita1 c>1 dans t\te sa vie1 il ne s'tait pas r5contr de scne si sol5nelle4 ,ce mom5t t]rible ne cont5ait-il pas virtuellem5t son av5ir1 et le pass ne s'y rsumait-il pas t\t enti]8 ,ma9t5ant1 les g5s faibles1 les p]sonnes timides1 ou celles qui la vivacit de leurs s5sations agr&it les mo9dres difficults de la vie1 les hommes que saisit un tremblem5t involontaire devant les arbitres de leur de/9e peuv5t t\s concevoir les milli]s de p5ses qui t\rnoyr5t dans la tte de cette femme1 et les s5tim5ts s\s le poids desquels son cur fut comprim1 qu& son m>i se dirigea l5tem5t v]s la porte du j>d94 ,la plup>t des femmes connaiss5t les angoisses de l'intime dlibration contre laquelle se dbattit madame ,clas4 ,a9si celles mme dont le cur n'a encore t violemm5t mu que p\r dcl>] leur m>i quelque excdant de dp5se ou des dettes faites *ez la m>*&e de modes1 compr5dront combi5 les battem5ts du cur s'l>giss5t alors qu'il s'en va de t\te la vie4 ,une belle femme a de la grce se jet] aux pi$s de son m>i1 elle tr\ve des ress\rces dans les poses de la d\leur2 t&is que le s5tim5t de ses dfauts physiques augm5tait encore les cra9tes de madame ,clas4 ,aussi1 qu& elle vit ,bal?az> prs de sortir1 son premi] m\vem5t fut-il bi5 de s'lanc] v]s lui2 mais une cruelle p5se rprima son lan1 elle allait se mettre deb\t devant lui6 ne devait-elle pas p>atre ridicule un homme qui1 n'tant plus s\mis aux fasc9ations de l'am\r1 p\rrait voir ju/e4 ,josph9e et volonti]s t\t p]du1 =tune et enfants1 plutt que d'amo9drir sa puissance de femme4 ,elle v\lut c>t] t\te *ance mauvaise dans une heure si sol5nelle1 et appela =tem5t3--,bal?az>8 ,il se ret\rna ma*9alem5t et t\ssa2 mais sans faire att5tion sa femme1 il v9t cra*] dans une de ces petites botes c>res places de di/ance en di/ance le long des bois]ies1 comme dans t\s les app>tem5ts de la ,holl&e et de la ,belgique4 ,cet homme1 qui ne p5sait p]sonne1 n'oubliait jamais les cra*oirs1 tant cette habitude tait invtre4 ,p\r la pauvre ,josph9e1 incapable de se r5dre compte de cette biz>r]ie1 le so9 con/ant que son m>i pr5ait du mobili]1 lui causait t\j\rs une angoisse in\e2 mais1 dans ce mom5t1 elle fut si viol5te1 qu'elle la jeta hors des bornes1 et lui fit cri] d'un ton ple9 d'impati5ce o s'exprimr5t t\s ses s5tim5ts blesss3--,mais1 monsieur1 je v\s p>le6 --,qu'e/-ce que cela signifie1 rpondit ,bal?az> en se ret\rnant vivem5t et lanant sa femme un reg>d o la vie rev5ait et qui fut p\r elle comme un c\p de f\dre4 --,p>don1 mon ami1 dit-elle en plissant4 ,elle v\lut se lev] et lui t5dre la ma91 mais elle retomba sans =ce4--,je me meurs6 dit-elle d'une voix entrec\pe p> des sanglots4 ,a cet aspect1 ,bal?az> eut1 comme t\s les g5s di/raits1 une vive raction et dev9a p\r a9si dire le secret de cette crise2 il prit aussitt madame ,clas dans ses bras1 ouvrit la porte qui donnait sur la petite anti*ambre1 et fran*it si rapidem5t le vieil escali] de bois1 que la robe de sa femme ayant accro* une gueule des t>asques qui =mai5t les balu/res1 il en re/a un lez enti] arra* gr& bruit4 ,il donna1 p\r l'ouvrir1 un c\p de pi$ la porte du ve/ibule commun leurs app>tem5ts2 mais il tr\va la *ambre de sa femme f]me4 ,il posa d\cem5t ,josph9e sur un fauteuil en se disant3--,mon ,dieu1 o e/ la clef8 --,m]ci1 mon ami1 rpondit madame ,clas en ouvrant les yeux1 voici la premire fois depuis bi5 long-temps que je me suis s5tie si prs de ton cur4 --,bon ,dieu6 cria ,clas1 la clef1 voici nos g5s4 ,josph9e lui fit signe de pr5dre la clef qui tait atta*e un ruban le long de sa po*e4 ,aprs avoir ouv]t la porte1 ,bal?az> jeta sa femme sur un canap1 sortit p\r emp*] ses g5s effrays de mont] en leur donnant l'ordre de promptem5t s]vir le dn]1 et v9t avec empressem5t retr\v] sa femme4 --,qu'z-tu1 ma *re vie8 dit-il en s'asseyant prs d'elle et lui pr5ant la ma9 qu'il baisa4 --,mais je n'ai plus ri51 rpondit-elle1 je ne s\ffre plus6 ,seulem5t1 je v\drais avoir la puissance de ,dieu p\r mettre tes pi$s t\t l'or de la t]re4 --,p\rquoi de l'or1 dem&a-t-il4 ,et il attira sa femme sur lui1 la pressa et la baisa de n\veau sur le front4--,ne me donnes-tu pas de plus gr&es ri*esses en m'aimant comme tu m'aimes1 *re et prcieuse crature1 reprit-il4 --,oh6 mon ,bal?az>1 p\rquoi ne dissip]ais-tu pas les angoisses de notre vie t\s1 comme tu *asses p> ta voix le *agr9 de mon cur8 ,enf91 je le vois1 tu es t\j\rs le mme4 --,de quelles angoisses p>les-tu1 ma *re8 --,mais n\s sommes ru9s1 mon ami6 --,ru9s1 rpta-t-il4 ,il se mit s\rire1 c>essa la ma9 de sa femme en la t5ant dans les si5nes1 et dit d'une voix d\ce qui depuis longtemps ne s'tait pas fait ent5dre3--,mais dema91 mon ange1 notre =tune s]a peut-tre sans bornes4 ,hi] en *]*ant des secrets bi5 plus importants1 je crois avoir tr\v le moy5 de cri/allis] le c>bone1 la sub/ance du diamant4 ,o ma *re femme6444 dans quelques j\rs tu me p>donn]as mes di/ractions4 ,il p>at que je suis di/rait quelquefois4 ,ne t'ai-je pas brusque t\t l'heure8 ,sois indulg5te p\r un homme qui n'a jamais cess de p5s] toi1 dont les travaux sont t\t ple9s de toi1 de n\s4 --,assez1 assez1 dit-elle1 n\s caus]ons de t\t cela ce soir1 mon ami4 ,je s\ffrais p> trop de d\leur1 ma9t5ant je s\ffre p> trop de plaisir4 ,elle ne s'att5dait pas revoir cette figure anime p> un s5tim5t aussi t5dre p\r elle qu'il l'tait jadis1 ent5dre cette voix t\j\rs aussi d\ce qu'autrefois1 et retr\v] t\t ce qu'elle croyait avoir p]du4 --,ce soir1 reprit-il1 je veux bi51 n\s caus]ons4 ,si je m'absorbais dans quelque mditation1 rappelle-moi cette promesse4 ,ce soir1 je veux quitt] mes calculs1 mes travaux1 et me plong] dans t\tes les joies de la famille1 dans les volupts du cur2 c>1 ,ppita1 j'en ai beso91 j'en ai soif6 --,tu me diras ce que tu *]*es1 ,bal?az>8 --,mais1 pauvre enfant1 tu n'y compr5drais ri54 --,tu crois8444 ,h6 mon ami1 voici prs de quatre mois que j'tudie la *imie p\r p\voir en caus] avec toi4 ,j'ai lu ,f\rcroy1 ,lavoisi]1 ,*aptal1 ,nollet1 ,r\elle1 ,b]?ollet1 ,gay-,lussac1 ,spallanzani1 ,leuw5hok1 ,galvani1 ,volta1 enf9 t\s les livres relatifs la ,sci5ce que tu adores4 ,va1 tu peux me dire tes secrets4 --,oh6 tu es un ange1 s'cria ,bal?az> en tombant aux g5\x de sa femme et v]sant des pleurs d'att5drissem5t qui la fir5t tressaillir1 n\s n\s compr5drons en t\t6 --,ah6 dit-elle1 je me jett]ais dans le feu de l'enf] qui attise tes f\rneaux p\r ent5dre ce mot de ta b\*e et p\r te voir a9si4 ,en ent5dant le pas de sa fille dans l'anti*ambre1 elle s'y lana vivem5t4--,que v\lez-v\s1 ,m>gu]ite8 dit-elle sa fille ane4 --,ma *re mre1 monsieur ,pi]qu9 vi5t d'arriv]4 ,s'il re/e dn]1 il faudrait du l+e1 et v\s avez oubli d'en donn] ce mat94 ,madame ,clas tira de sa po*e un tr\sseau de petites clefs et les remit sa fille1 en lui dsignant les armoires en bois des les qui tapissai5t cette anti*ambre1 et lui dit3--,ma fille1 pr5ez droite dans les s]vices ,gra9dorge4 --,puisque mon *] ,bal?az> me revi5t auj\rd'hui1 r5ds-le-moi t\t enti]8 dit-elle en r5trant et donnant sa physionomie une expression de d\ce malice4 ,mon ami1 va *ez toi1 fais-moi la grce de t'habill]1 n\s avons ,pi]qu9 dn]4 ,voyons1 quitte ces habits d*irs4 ,ti5s1 vois ces ta*es8 ,n'e/-ce pas de l'acide muriatique ou sulfurique qui a bord de jaune t\s ces tr\s8 ,allons1 rajeunis-toi1 je vais t'envoy] ,mulqu9i] qu& j'aurai *ang de robe4 ,bal?az> v\lut pass] dans sa *ambre p> la porte de communication1 mais il avait oubli qu'elle tait f]me de son ct4 ,il sortit p> l'anti*ambre4 --,m>gu]ite1 mets le l+e sur un fauteuil1 et vi5s m'habill]1 je ne veux pas de ,m>?a1 dit madame ,clas en appelant sa fille4 ,bal?az> avait pris ,m>gu]ite1 l'avait t\rne v]s lui p> un m\vem5t joyeux en lui disant3--,bonj\r1 mon enfant1 tu es bi5 jolie auj\rd'hui dans cette robe de m\ssel9e1 et avec cette ce9ture rose4 ,puis il la baisa au front et lui s]ra la ma94 --,maman1 papa vi5t de m'embrass]1 dit ,m>gu]ite en entrant *ez sa mre2 il p>at bi5 joyeux1 bi5 heureux6 --,mon enfant1 votre pre e/ un bi5 gr& homme1 voici bi5tt trois ans qu'il travaille p\r la gloire et la =tune de sa famille1 et il croit avoir atte9t le b de ses re*]*es4 ,ce j\r doit tre p\r n\s t\s une belle fte444 --,ma *re maman1 rpondit ,m>gu]ite1 nos g5s tai5t si tri/es de le voir refrogn1 que n\s ne s]ons pas seules dans la joie4 ,oh6 mettez donc une autre ce9ture1 celle-ci e/ trop fane4 --,soit1 mais dp*ons-n\s1 je veux all] p>l] ,pi]qu93 ,o e/-il8 --,dans le p>loir1 il s'amuse avec ,jean4 --,o sont ,gabriel et ,flicie8 --,je les ent5ds dans le j>d94 --,h6 bi51 desc5dez vite2 veillez ce qu'ils n'y cueill5t pas de tulipes6 votre pre ne les a pas encore vues de cette anne1 et il p\rrait auj\rd'hui v\loir les reg>d] en sortant de table4 ,dites ,mulqu9i] de mont] votre pre t\t ce dont il a beso9 p\r sa toilette4 ,qu& ,m>gu]ite fut sortie1 madame ,clas jeta un c\p d'il ses enfants p> les f5tres de sa *ambre qui donnai5t sur le j>d91 et les vit occups reg>d] un de ces insectes ailes v]tes1 luisantes et ta*etes d'or1 vulgairem5t appels des c\turires4 --,soyez sages1 mes bi5-aims1 dit-elle en faisant remont] une p>tie du vitrage qui tait c\lisse et qu'elle arrta p\r ar] sa *ambre4 ,puis elle frappa d\cem5t la porte de communication p\r s'assur] que son m>i n'tait pas retomb dans quelque di/raction4 ,il ouvrit1 et elle lui dit d'un acc5t joyeux en le voyant d%abill3--,tu ne me laiss]as pas long-temps seule avec ,pi]qu91 n'e/-ce pas8 ,tu me rejo9dras promptem5t4 ,elle se tr\va si le/e p\r desc5dre1 qu'en l'ent5dant1 un trang] n'aurait pas reconnu le pas d'une boiteuse4 --,monsieur1 en emportant madame1 lui dit le valet de *ambre qu'elle r5contra dans l'escali]1 a d*ir la robe1 ce n'e/ qu'un m*ant b\t d't(fes2 mais il a bris la m*oire de cette figure et je ne sais pas qui p\rra la remettre4 ,voil notre escali] d%onor1 cette rampe tait si belle6 --,bah6 mon pauvre ,mulqu9i]1 ne la fais pas raccommod]1 ce n'e/ pas un malheur4 --,qu'arrive-t-il donc1 se dit ,mulqu9i]1 p\r que ce ne soit pas un dsa/re8 mon matre aurait-il tr\v l'absolu8 --,bonj\r1 monsieur ,pi]qu91 dit madame ,clas en ouvrant la porte du p>loir4 ,le notaire acc\rut p\r donn] le bras sa c\s9e1 mais elle ne pr5ait jamais que celui de son m>i2 elle rem]cia donc son c\s9 p> un s\rire et lui dit3--,v\s v5ez peut-tre p\r les tr5te mille francs8 --,oui1 madame1 en r5trant *ez moi1 j'ai reu une lettre d'avis de la maison ,protez et ,*iffreville qui a tir1 sur monsieur ,clas1 six lettres de *ange de *acune c9q mille francs4 --,h6 bi51 n'en p>lez pas ,bal?az> auj\rd'hui1 dit-elle4 ,dnez avec n\s4 ,si p> has>d il v\s dem&ait p\rquoi v\s tes v5u1 tr\vez quelque prtexte plausible1 je v\s en prie4 ,donnez-moi la lettre1 je lui p>l]ai moi-mme de cette affaire4 ,t\t va bi51 reprit-elle en voyant l'tonnem5t du notaire4 ,dans quelques mois1 mon m>i remb\rs]a probablem5t les sommes qu'il a empruntes4 ,en ent5dant cette phrase dite voix basse1 le notaire reg>da mademoiselle ,clas qui rev5ait du j>d91 suivie de ,gabriel et de ,flicie1 et dit3--,je n'ai jamais vu mademoiselle ,m>gu]ite aussi jolie qu'elle l'e/ en ce mom5t4 ,madame ,clas1 qui s'tait assise dans sa b]gre et avait pris sur ses g5\x le petit ,jean1 leva la tte1 reg>da sa fille et le notaire en affectant un air indiffr5t4 ,pi]qu9 tait de taille moy5ne1 ni gras1 ni maigre1 d'une figure vulgairem5t belle et qui exprimait une tri/esse plus *agr9e que mlancolique1 une rv]ie plus indt]m9e que p5sive2 il passait p\r misan?rope1 mais il tait trop intress1 trop gr& mangeur p\r que son divorce avec le monde ft rel4 ,son reg>d habituellem5t p]du dans le vide1 son attitude indiffr5te1 son sil5ce affect semblai5t accus] de la pr(ondeur1 et c\vrai5t en ralit le vide et la nullit d'un notaire exclusivem5t occup d'intrts huma9s1 mais qui se tr\vait encore assez jeune p\r tre envieux4 ,s'alli] la maison ,clas aurait t p\r lui la cause d'un dv\em5t sans bornes1 s'il n'avait pas eu quelque s5tim5t d'av>ice s\s-jac5t4 ,il faisait le gnreux1 mais il savait compt]4 ,aussi1 sans se r5dre raison lui-mme de ses *angem5ts de manires1 ses att5tions tai5t-elles tran*antes1 dures et b\rrues comme le sont en gnral celles des g5s d'affaires1 qu& ,clas lui semblait ru92 puis elles dev5ai5t affectueuses1 c\lantes et presque s]viles1 qu& il s\ponnait quelque heureuse issue aux travaux de son c\s94 ,tantt il voyait en ,m>gu]ite ,clas une infante de laquelle il tait impossible un simple notaire de prov9ce d'appro*]2 tantt il la considrait comme une pauvre fille trop heureuse s'il daignait en faire sa femme4 ,il tait homme de prov9ce1 et ,flam&1 sans malice2 il ne manquait mme ni de dv\em5t ni de bont2 mais il avait un naf gsme qui r5dait ses qualits incompltes1 et des ridicules qui gtai5t sa p]sonne4 ,en ce mom5t1 madame ,clas se s\v9t du ton bref avec lequel le notaire lui avait p>l s\s le por*e de l'glise ,sa9t-,pi]re1 et rem>qua la rvolution que sa rponse avait faite dans ses manires2 elle dev9a le fond de ses p5ses1 et d'un reg>d p]spicace elle essaya de lire dans l'me de sa fille p\r savoir si elle p5sait son c\s92 mais elle ne vit en elle que la plus p>faite indiffr5ce4 ,aprs quelques in/ants1 p5dant lesquels la conv]sation r\la sur les bruits de la ville1 le matre du logis desc5dit de sa *ambre o1 depuis un in/ant1 sa femme ent5dait avec un inexprimable plaisir des bottes criant sur le p>quet4 ,sa dm>*e1 semblable celle d'un homme jeune et lg]1 annonait une complte mtamorphose1 et l'att5te que son app>ition causait madame ,clas fut si vive qu'elle eut pe9e cont5ir un tressaillem5t qu& il desc5dit l'escali]4 ,bal?az> se montra bi5tt dans le co/ume alors la mode4 ,il portait des bottes rev]s bi5 cires qui laissai5t voir le haut d'un bas de soie blanc1 une culotte de casimir bleu b\tons d'or1 un gilet blanc fleurs1 et un frac bleu4 ,il avait fait sa b>be1 peign ses *eveux1 p>fum sa tte1 c\p ses ongles1 et lav ses ma9s avec tant de so9 qu'il semblait mconnaissable ceux qui l'avai5t vu nagure4 ,au lieu d'un vieill>d presque en dm5ce1 ses enfants1 sa femme et le notaire voyai5t un homme de qu>ante ans dont la figure affable et polie tait ple9e de sductions4 ,la fatigue et les s\ffrances que trahissai5t la maigreur des cont\rs et l'adhr5ce de la peau sur les os avai5t mme une sorte de grce4 --,bonj\r1 ,pi]qu91 dit ,bal?az> ,clas4 ,r$ev5u pre et m>i1 le *imi/e prit son d]ni] enfant sur les g5\x de sa femme1 et l'leva en l'air en le faisant rapidem5t desc5dre et le relevant alt]nativem5t4 --,voyez ce petit8 dit-il au notaire4 ,une si jolie crature ne v\s donne-t-elle pas l'envie de v\s m>i]8 ,croyez moi1 mon *]1 les plaisirs de famille consol5t de t\t4--,brr6 dit-il en enlevant ,jean4 ,p\nd6 s'criait-il en le mettant t]re4 ,brr6 ,p\nd6 ,l'enfant riait aux clats de se voir alt]nativem5t en haut du plafond et sur le p>quet4 ,la mre dt\rna les yeux p\r ne pas trahir l'motion que lui causait un jeu si simple en app>5ce et qui1 p\r elle1 tait t\te une rvolution dome/ique4 --,voyons comm5t tu vas1 dit ,bal?az> en posant son fils sur le p>quet et s'allant jet] dans une b]gre4 ,l'enfant c\rut son pre1 attir p> l'clat des b\tons d'or qui atta*ai5t la culotte au-dessus de l'oreille des bottes4--,tu es un mignon6 dit le pre en l'embrassant1 tu es un ,clas1 tu m>*es droit4--,h bi56 ,gabriel1 comm5t se porte le pre ,morillon8 dit-il son fils an en lui pr5ant l'oreille et la lui tortillant1 te df5ds-tu vaillamm5t contre les ?mes1 les v]sions8 mords-tu f]me aux ma?matiques8 ,puis ,bal?az> se leva1 v9t ,pi]qu91 et lui dit avec cette affectueuse c\rtoisie qui le c>actrisait3--,mon *]1 v\s avez peut-tre quelque *ose me dem&]8 ,il lui donna le bras et l'entrana dans le j>d91 en aj\tant3--,v5ez voir mes tulipes8444 ,madame ,clas reg>da son m>i p5dant qu'il sortait1 et ne sut pas cont5ir sa joie en le revoyant si jeune1 si affable1 si bi5 lui-mme2 elle se leva1 prit sa fille p> la taille1 et l'embrassa en disant3--,ma *re ,m>gu]ite1 mon enfant *rie1 je t'aime encore mieux auj\rd'hui que de c\tume4 --,il y avait bi5 long-temps que je n'avais vu mon pre si aimable1 rpondit-elle4 ,lemulqu9i] v9t annonc] que le dn] tait s]vi4 ,p\r vit] que ,pi]qu9 lui (frt le bras1 madame ,clas prit celui de ,bal?az>1 et t\te la famille passa dans la salle mang]4 ,cette pice dont le plafond se composait de p\tres app>5tes1 mais enjolives p> des pe9tures1 laves et rafra*ies t\s les ans1 tait g>nie de hauts dressoirs en *ne sur les tablettes desquelles se voyai5t les plus curieuses pices de la vaisselle patrimoniale4 ,les p>ois tai5t tapisses de cuir violet sur lequel avai5t t imprims1 en traits d'or1 des sujets de *asse4 ,au-dessus des dressoirs1 et l1 brillai5t soigneusem5t disposs des plumes d'oiseaux curieux et des coquillages r>es4 ,les *aises n'avai5t pas t *anges depuis le comm5cem5t du seizime sicle et (frai5t cette =me c>re1 ces colonnes torses1 et ce petit dossi] g>ni d'une t(fe franges dont la mode fut si rp&ue que ,raphal l'a illu/re dans son tableau appel la ,vi]ge la *aise4 ,le bois en tait dev5u noir1 mais les cl\s dors reluisai5t comme s'ils euss5t t neufs1 et les t(fes soigneusem5t r5\veles tai5t d'une c\leur r\ge admirable4 ,la ,fl&re revivait l t\t entire avec ses innovations espagnoles4 ,sur la table1 les c>afes1 les flacons avai5t cet air respectable que leur donn5t les v5tres arrondis du galbe antique4 ,les v]res tai5t bi5 ces vieux v]res hauts sur patte qui se voi5t dans t\s les tableaux de l'cole holl&aise ou flam&e4 ,la vaisselle en grs et orne de figures colories la manire de ,b]n>d de ,palissy1 sortait de la fabrique anglaise de ,w$gwood4 ,l'arg5t]ie tait massive1 pans c>rs1 bosses ple9es1 vritable arg5t]ie de famille dont les pices1 t\tes diffr5tes de ciselure1 de mode1 de =me1 atte/ai5t les comm5cem5ts du bi5-tre et les progrs de la =tune de ,clas4 ,les s]viettes avai5t des franges1 mode t\t espagnole4 ,quant au l+e1 *acun doit p5s] que *ez les ,clas1 le po9t d'honneur consi/ait en possd] de magnifique4 ,ce s]vice1 cette arg5t]ie tai5t de/9s l'usage j\rnali] de la famille4 ,la maison de devant1 o se donnai5t les ftes1 avait son luxe p>ticuli]1 dont les m]veilles rs]ves p\r les j\rs de gala1 leur imprimai5t cette sol5nit qui n'exi/e plus qu& les *oses sont dconsidres p\r a9si dire p> un usage habituel4 ,dans le qu>ti] de d]rire1 t\t tait m>qu au co9 d'une navet patri>cale4 ,enf91 dtail dlicieux1 une vigne c\rait en dehors le long des f5tres que les pampres bornai5t de t\tes p>ts4 --,v\s re/ez fidle aux traditions1 madame1 dit ,pi]qu9 en recevant une assiette de cette s\pe au ?ym1 dans laquelle les cuis9ires flam&es ou holl&aises mett5t de petites b\les de vi&es r\les et mles des tran*es de pa9 grill1 voici le potage du diman*e en usage *ez nos pres6 ,votre maison et celle de mon oncle ,des ,raquets sont les seuls o l'on retr\ve cette s\pe hi/orique dans les ,pays-,bas4 ,ah6 p>don1 le vieux monsieur ,sav>on de ,sav>us la fait encore orgueilleusem5t s]vir ,t\rnay *ez lui1 mais p>t\t ailleurs la vieille ,fl&re s'en va4 ,ma9t5ant les meubles se fabriqu5t la grecque1 on n'ap]oit p>t\t que casques1 b\cli]s1 lances et faisceaux4 ,*acun rebtit sa maison1 v5d ses vieux meubles1 refond son arg5t]ie1 ou la troque contre la porcela9e de ,svres qui ne vaut ni le vieux ,saxe ni les *9ois]ies4 ,oh6 moi je suis ,flam& dans l'me4 ,aussi mon cur saigne-t-il en voyant les *audronni]s a*et] p\r le prix du bois ou du mtal1 nos beaux meubles incru/s de cuivre ou d'ta94 ,mais l'tat social veut *ang] de peau1 je crois4 ,il n'y a pas jusqu'aux procds de l'art qui ne se p]d5t6 ,qu& il faut que t\t aille vite1 ri5 ne peut tre consci5cieusem5t fait4 ,p5dant mon d]ni] voyage ,p>is1 l'on m'a m5 voir les pe9tures exposes au ,l\vre4 ,ma p>ole d'honneur1 c'e/ des crans que ces toiles sans air1 sans pr(ondeur o les pe9tres craign5t de mettre de la c\leur4 ,et ils veul5t1 dit-on1 r5v]s] notre vieille cole4 ,ah6 ou98444 --,nos anci5s pe9tres1 rpondit ,bal?az>1 tudiai5t les div]ses comb9aisons et la rsi/ance des c\leurs1 en les s\mettant l'action du soleil et de la pluie4 ,mais v\s avez raison3 auj\rd'hui les ress\rces matrielles de l'art sont mo9s cultives que jamais4 ,madame ,clas n'c\tait pas la conv]sation4 ,en ent5dant dire au notaire que les s]vices de porcela9e tai5t la mode1 elle avait aussi conu la lum9euse ide de v5dre la pesante arg5t]ie prov5ue de la succession de son frre1 esprant a9si p\voir acquitt] les tr5te mille francs dus p> son m>i4 --,ah6 ah6 disait ,bal?az> au notaire qu& madame ,clas se remit la conv]sation1 l'on s'occupe de mes travaux ,d\ai8 --,oui1 rpondit ,pi]qu91 *acun se dem&e quoi v\s dp5sez tant d'arg5t4 ,hi]1 j'ent5dais monsieur le premi] prsid5t dplor] qu'un homme de votre sorte *]*t la pi]re philosophale4 ,je me suis alors p]mis de rpondre que v\s tiez trop in/ruit p\r ne pas savoir que c'tait se mesur] avec l'impossible1 trop *rti5 p\r croire l'emport] sur ,dieu1 et comme t\s les ,clas1 trop bon calculateur p\r *ang] votre arg5t contre de la p\dre ,p]limp9p94 ,nanmo9s je v\s av\]ai que j'ai p>tag les regrets que cause votre retraite t\te la socit4 ,v\s n'tes vraim5t plus de la ville4 ,en vrit1 madame1 v\s eussiez t ravie si v\s aviez pu ent5dre les loges que *acun s'e/ plu faire de v\s et de monsieur ,clas4 --,v\s avez agi comme un bon p>5t en rep\ssant des imputations dont le mo9dre mal s]ait de me r5dre ridicule1 rpondit ,bal?az>4 ,ah6 les ,d\aisi5s me croi5t ru96 ,eh6 bi51 mon *] ,pi]qu91 dans deux mois je donn]ai1 p\r clbr] l'anniv]saire de mon m>iage1 une fte dont la magnific5ce me r5dra l'e/ime que nos *]s compatriotes accord5t aux cus4 ,madame ,clas r\git =tem5t4 ,depuis deux ans cet anniv]saire avait t oubli4 ,semblable ces f\s qui ont des mom5ts p5dant lesquels leurs facults brill5t d'un clat inusit1 jamais ,bal?az> n'avait t si spirituel dans sa t5dresse4 ,il se montra ple9 d'att5tions p\r ses enfants1 et sa conv]sation fut sduisante de grce1 d'esprit1 d'-propos4 ,ce ret\r de la pat]nit1 abs5te depuis si long-temps1 tait c]tes la plus belle fte qu'il pt donn] sa femme p\r qui sa p>ole et son reg>d avai5t repris cette con/ante sympa?ie d'expression qui se s5t de cur cur et qui pr\ve une dlicieuse id5tit de s5tim5t4 ,illu/ration3 ,,lemulqu9i] avait conu p\r son matre un s5tim5t sup]/itieux ml de t]reur1 d'admiration et d'gsme4 7,,la ,,re*]*e ,,de ,l',,absolu47 ,le vieux ,lemulqu9i] p>aissait se rajeunir1 il allait et v5ait avec une allgresse insolite cause p> l'accomplissem5t de ses secrtes esprances4 ,le *angem5t si s\da9em5t opr dans les manires de son matre tait encore plus significatif p\r lui que p\r madame ,clas4 ,l o la famille voyait le bonheur1 le valet de *ambre voyait une =tune4 ,en aidant ,bal?az> dans ses manipulations1 il en avait p\s la folie4 ,soit qu'il et saisi la porte de ses re*]*es dans les explications qui *appai5t au *imi/e qu& le b se reculait s\s ses ma9s1 soit que le p5*ant inn *ez l'homme p\r l'imitation lui et fait adopt] les ides de celui dans l'atmosphre duquel il vivait1 ,lemulqu9i] avait conu p\r son matre un s5tim5t sup]/itieux ml de t]reur1 d'admiration et d'gsme4 ,le laboratoire tait p\r lui1 ce qu'e/ p\r le peuple un bureau de lot]ie1 l'espoir organis4 ,*aque soir il se c\*ait en se disant3 ,dema91 peut-tre nag]ons-n\s dans l'or6 ,et le l5dema9 il se rveillait avec une foi t\j\rs aussi vive que la veille4 ,son nom indiquait une orig9e t\te flam&e4 ,jadis les g5s du peuple n'tai5t connus que p> un sobriquet tir de leur pr(ession1 de leur pays1 de leur con=mation physique ou de leurs qualits morales4 ,ce sobriquet dev5ait le nom de la famille b\rgeoise qu'ils fondai5t lors de leur affran*issem5t4 ,en ,fl&re1 les m>*&s de fil de l9 se nommai5t des mulqu9i]s1 et telle tait sans d\te la pr(ession de l'homme qui1 p>mi les anctres du vieux valet1 passa de l'tat de s]f celui de b\rgeois jusqu' ce que les malheurs inconnus r5diss5t le petit-fils du mulqu9i] son primitif tat de s]f1 plus la solde4 ,l'hi/oire de la ,fl&re1 de son fil et de son comm]ce se rsumait donc en ce vieux dome/ique1 s\v5t appel p> euphonie ,mulqu9i]4 ,son c>actre et sa physionomie ne manquai5t pas d'orig9alit4 ,sa figure de =me triangulaire tait l>ge1 haute et c\ture p> une petite-vrole qui lui avait donn de fanta/iques app>5ces1 en y laissant une multitude de l9am5ts blancs et brillants4 ,maigre et d'une taille leve1 il avait une dm>*e grave1 my/rieuse4 ,ses petits yeux1 orangs comme la p]ruque jaune et lisse qu'il avait sur la tte1 ne jetai5t que des reg>ds obliques4 ,son extrieur tait donc en h>monie avec le s5tim5t de curiosit qu'il excitait4 ,sa qualit de prp>ateur initi aux secrets de son matre sur les travaux duquel il g>dait le sil5ce1 l'inve/issait d'un *>me4 ,les habitants de la rue de ,p>is le reg>dai5t pass] avec un intrt ml de cra9te1 c> il avait des rponses sybilliques et t\j\rs grosses de trsors4 ,fi] d'tre ncessaire son matre1 il ex]ait sur ses cam>ades une sorte d'autorit tracassire1 dont il pr(itait p\r lui-mme en obt5ant de ces concessions qui le r5dai5t moiti matre au logis4 ,au reb\rs des dome/iques flam&s1 qui sont extrmem5t atta*s la maison1 il n'avait d'affection que p\r ,bal?az>4 ,si quelque *agr9 affligeait madame ,clas1 ou si quelque vnem5t favorable arrivait dans la famille1 il mangeait son pa9 beurr1 buvait sa bire avec son flegme habituel4 ,le dn] f9i1 madame ,clas proposa de pr5dre le caf dans le j>d91 devant le buisson de tulipes qui en ornai5t le milieu4 ,les pots de t]re dans lesquels tai5t les tulipes dont les noms se lisai5t sur des ardoises graves1 avai5t t ent]rs et disposs de manire =m] une pyramide au sommet de laquelle s'levait une tulipe ,gueule-de-dragon que ,bal?az> possdait seul4 ,cette fleur1 nomme tulipa ,clasiana1 runissait les sept c\leurs1 et ses longues *ancrures semblai5t dores sur les bords4 ,le pre de ,bal?az>1 qui en avait plusieurs fois refus dix mille flor9s1 pr5ait de si gr&es prcautions p\r qu'on ne pt en vol] une seule gra9e1 qu'il la g>dait dans le p>loir et passait s\v5t des j\rnes entires la contempl]4 ,la tige tait norme1 bi5 droite1 f]me1 d'un admirable v]t2 les proportions de la plante se tr\vai5t en h>monie avec le calice dont les c\leurs se di/+uai5t p> cette brillante nettet qui donnai5t jadis tant de prix ces fleurs fa/ueuses4 --,voil p\r tr5te ou qu>ante mille francs de tulipes1 dit le notaire en reg>dant alt]nativem5t sa c\s9e et le buisson aux mille c\leurs4 ,madame ,clas tait trop en?\siasme p> l'aspect de ces fleurs que les rayons du soleil c\*ant faisai5t ressembl] des pi]r]ies1 p\r bi5 saisir le s5s de l'obs]vation not>iale--,a quoi cela s]t-il1 reprit le notaire en s'adressant ,bal?az>1 v\s devriez les v5dre4 --,bah6 ai-je donc beso9 d'arg5t6 rpondit ,clas en faisant le ge/e d'un homme qui qu>ante mille francs semblai5t tre peu de *ose4 ,il y eut un mom5t de sil5ce p5dant lequel les enfants fir5t plusieurs exclamations4 --,vois donc1 maman1 celle-l4 --,oh6 qu'en voil une belle6 --,comm5t celle-ci se nomme-t-elle8 --,quel abme p\r la raison huma9e1 s'cria ,bal?az> en levant les ma9s et les joignant p> un ge/e dsespr4 ,une comb9aison d'hydrogne et d'oxygne fait surgir p> ses dosages diffr5ts1 dans un mme milieu et d'un mme pr9cipe1 ces c\leurs qui con/itu5t *acune un rsultat diffr5t4 ,sa femme ent5dait bi5 les t]mes de cette proposition qui fut trop rapidem5t nonce p\r qu'elle la cont entirem5t1 ,bal?az> songea qu'elle avait tudi sa ,sci5ce favorite1 et lui dit1 en lui faisant un signe my/rieux3--,tu compr5drais1 tu ne saurais pas encore ce que je veux dire6 ,et il p>ut retomb] dans une de ces mditations qui lui tai5t habituelles4 --,je le crois1 dit ,pi]qu9 en pr5ant une tasse de caf des ma9s de ,m>gu]ite4 ,*assez le naturel1 il revi5t au galop1 aj\ta-t-il t\t bas en s'adressant madame ,clas4 ,v\s aurez la bont de lui p>l] v\s-mme1 le diable ne le tir]ait pas de sa contemplation4 ,en voil p\r jusqu' dema94 ,il dit adieu ,clas qui feignit de ne pas l'ent5dre1 embrassa le petit ,jean que la mre t5ait dans ses bras1 et1 aprs avoir fait une pr(onde salutation1 il se retira4 ,lorsque la porte d'entre ret5tit en se f]mant1 ,bal?az> saisit sa femme p> la taille1 et dissipa l'inquitude que p\vait lui donn] sa fe9te rv]ie en lui disant l'oreille3--,je savais bi5 comm5t faire p\r le r5voy]4 ,madame ,clas t\rna la tte v]s son m>i sans avoir honte de lui montr] les l>mes qui lui v9r5t aux yeux1 elles tai5t si d\ces6 puis elle appuya son front sur l'paule de ,bal?az> et laissa gliss] ,jean t]re4 --,r5trons au p>loir1 dit-elle aprs une pause4 ,p5dant t\te la soire1 ,bal?az> fut d'une gaiet presque folle2 il inv5ta mille jeux p\r ses enfants1 et j\a si bi5 p\r son propre compte1 qu'il ne s'ap]ut pas de deux ou trois abs5ces que fit sa femme4 ,v]s neuf heures et demie1 lorsque ,jean fut c\*1 qu& ,m>gu]ite rev9t au p>loir aprs avoir aid sa sur ,flicie se d%abill]1 elle tr\va sa mre assise dans la gr&e b]gre1 et son pre qui causait avec elle en lui t5ant la ma94 ,elle craignit de tr\bl] ses p>5ts et p>aissait v\loir se retir] sans leur p>l]2 madame ,clas s'en ap]ut et lui dit3--,v5ez1 ,m>gu]ite1 v5ez1 ma *re enfant4 ,puis elle l'attira v]s elle et la baisa pieusem5t au front en aj\tant3--,emportez votre livre dans votre *ambre1 et c\*ez-v\s de bonne heure4 --,bonsoir1 ma fille *rie1 dit ,bal?az>4 ,m>gu]ite embrassa son pre et s'en alla4 ,clas et sa femme re/r5t p5dant quelques mom5ts seuls1 occups reg>d] les d]nires te9tes du crpuscule1 qui m\rai5t dans les feuillages du j>d9 dj dev5us noirs1 et dont les dc\pures se voyai5t pe9e dans la lueur4 ,qu& il fit presque nuit1 ,bal?az> dit sa femme d'une voix mue3--,montons4 ,long-temps avant que les murs anglaises n'euss5t consacr la *ambre d'une femme comme un lieu sacr1 celle d'une ,flam&e tait impntrable4 ,les bonnes mnagres de ce pays n'en faisai5t pas un app>at de v]tu1 mais une habitude contracte ds l'enfance1 une sup]/ition dome/ique qui r5dait une *ambre c\*] un dlicieux sanctuaire o l'on respirait les s5tim5ts t5dres1 o le simple s'unissait t\t ce que la vie sociale a de plus d\x et de plus sacr4 ,dans la position p>ticulire o se tr\vait madame ,clas1 t\te femme aurait v\lu rassembl] aut\r d'elle les *oses les plus lgantes2 mais elle l'avait fait avec un gt exquis1 sa*ant quelle influ5ce l'aspect de ce qui n\s ent\re ex]ce sur les s5tim5ts4 ,*ez une jolie crature c'et t du luxe1 *ez elle c'tait une ncessit4 ,elle avait compris la porte de ces mots3 ,on se fait jolie femme8 maxime qui dirigeait t\tes les actions de la premire femme de ,napolon et la r5dait s\v5t fausse t&is que madame ,clas tait t\j\rs naturelle et vraie4 ,quoique ,bal?az> connt bi5 la *ambre de sa femme1 son oubli des *oses matrielles de la vie avait t si complet1 qu'en y entrant il pr\va de d\x frmissem5ts comme s'il l'ap]cevait p\r la premire fois4 ,la fa/ueuse gaiet d'une femme triomphante clatait dans les spl5dides c\leurs des tulipes qui s'levai5t du long c\ de gros vases en porcela9e *9oise1 habilem5t disposs1 et dans la pr(usion des lumires dont les effets ne p\vai5t se comp>] qu' ceux des plus joyeuses fanf>es4 ,la lueur des b\gies donnait un clat h>monieux aux t(fes de soie gris de l9 dont la monotonie tait nuance p> les reflets de l'or sobrem5t di/ribu sur quelques objets1 et p> les tons v>is des fleurs qui ressemblai5t des g]bes de pi]r]ies4 ,le secret de ces apprts1 c'tait lui1 t\j\rs lui6444 ,josph9e ne p\vait pas dire plus loquemm5t ,bal?az> qu'il tait t\j\rs le pr9cipe de ses joies et de ses d\leurs4 ,l'aspect de cette *ambre mettait l'me dans un dlicieux tat1 et *assait t\te ide tri/e p\r n'y laiss] que le s5tim5t d'un bonheur gal et pur4 ,l't(fe de la t5ture a*ete en ,*9e jetait cet odeur suave qui pntre le corps sans le fatigu]4 ,enf91 les rideaux soigneusem5t tirs trahissai5t un dsir de solitude1 une int5tion jal\se de g>d] les mo9dres sons de la p>ole1 et d'enf]m] l les reg>ds de l'p\x reconquis4 ,p>e de sa belle *evelure noire p>faitem5t lisse et qui retombait de *aque ct de son front comme deux ailes de corbeau1 madame ,clas enveloppe d'un peignoir qui lui montait jusqu'au c\ et que g>nissait une longue pl]9e o b\illonnait la d5telle alla tir] la portire en tapiss]ie qui ne laissait p>v5ir aucun bruit du dehors4 ,de l1 ,josph9e jeta sur son m>i qui s'tait assis prs de la *em9e un de ces gais s\rires p> lesquels une femme spirituelle et dont l'me vi5t p>fois embellir la figure sait exprim] d'irrsi/ibles esprances4 ,le *>me le plus gr& d'une femme consi/e dans un appel con/ant la gnrosit de l'homme1 dans une gracieuse dcl>ation de faiblesse p> laquelle elle l'enorgueillit1 et rveille en lui les plus magnifiques s5tim5ts4 ,l'aveu de la faiblesse ne comporte-t-il pas de magiques sductions8 ,lorsque les anneaux de la portire eur5t gliss s\rdem5t sur leur tr+le de bois1 elle se ret\rna v]s son m>i1 p>ut v\loir dissimul] en ce mom5t ses dfauts corporels en appuyant la ma9 sur une *aise1 p\r se tran] avec grce4 ,c'tait appel] son sec\rs4 ,bal?az>1 un mom5t abm dans la contemplation de cette tte olivtre qui se dta*ait sur ce fond gris en attirant et satisfaisant le reg>d1 se leva p\r pr5dre sa femme et la porta sur le canap4 ,c'tait bi5 ce qu'elle v\lait4 --,tu m'z promis1 dit-elle en lui pr5ant la ma9 qu'elle g>da entre ses ma9s lectrisantes1 de m'initi] au secret de tes re*]*es4 ,convi5s1 mon ami1 que je suis digne de le savoir1 puisque j'ai eu le c\rage d'tudi] une sci5ce condamne p> l'glise1 p\r tre en tat de te compr5dre2 mais je suis curieuse1 ne me ca*e ri54 ,a9si1 raconte-moi p> quel has>d1 un mat9 tu t'es lev s\cieux1 qu& la veille je t'avais laiss si heureux8 --,et c'e/ p\r ent5dre p>l] *imie que tu t'es mise avec tant de coquett]ie8 --,mon ami1 recevoir une confid5ce qui me fait entr] plus avant dans ton cur1 n'e/-ce pas p\r moi le plus gr& des plaisirs1 n'e/-ce pas une ent5te d'me qui compr5d et eng5dre t\tes les flicits de la vie8 ,ton am\r me revi5t pur et enti]1 je veux savoir quelle ide a t assez puissante p\r m'en priv] si long-temps4 ,oui1 je suis plus jal\se d'une p5se que de t\tes les femmes ensemble4 ,l'am\r e/ imm5se1 mais il n'e/ pas inf9i2 t&is que la ,sci5ce a des pr(ondeurs sans limites o je ne saurais te voir all] seul4 ,je dte/e t\t ce qui peut se mettre entre n\s4 ,si tu obt5ais la gloire aprs laquelle tu c\rs1 j'en s]ais malheureuse2 ne te donn]ait-elle pas de vives j\issances8 ,moi seule1 monsieur1 dois tre la s\rce de vos plaisirs4 --,non1 ce n'e/ pas une ide1 mon ange1 qui m'a jet dans cette belle voie1 mais un homme4 --,un homme1 s'cria-t-elle avec t]reur4 --,te s\vi5s-tu1 ,ppita1 de l'(fici] polonais que n\s avons log1 *ez n\s1 en #ahji8 --,si je m'en s\vi5s6 dit-elle4 ,je me suis s\v5t impati5te de ce que ma mmoire me ft si s\v5t revoir ses deux yeux semblables des langues de feu1 les salires au-dessus de ses s\rcils o se voyai5t des *>bons de l'enf]1 son l>ge crne sans *eveux1 ses m\/a*es releves1 sa figure anguleuse1 dva/e6444 ,enf9 quel calme effrayant dans sa dm>*e6444 ,s'il y avait eu de la place dans les aub]ges1 il n'aurait c]tes pas c\* ici4 --,ce g5tilhomme polonais se nommait monsieur ,adam de ,wi]z*[nia1 reprit ,bal?az>4 ,qu& le soir tu n\s eus laisss seuls dans le p>loir1 n\s n\s sommes mis p> has>d caus] *imie4 ,arra* p> la misre l'tude de cette sci5ce1 il s'tait fait soldat4 ,je crois que ce fut l'occasion d'un v]re d'eau sucre que n\s n\s reconnmes p\r adeptes4 ,lorsque j'eus dit ,mulqu9i] d'apport] du sucre en morceaux1 le capita9e fit un ge/e de surprise3--,v\s avez tudi la *imie1 me dem&a-t-il4--,avec ,lavoisi]1 lui rpondis-je4--,v\s tes bi5 heureux d'tre libre et ri*e6 s'cria-t-il4 ,et il sortit de sa poitr9e un de ces s\pirs d'homme qui rvl5t un enf] de d\leur ca* s\s un crne ou enf]m dans un cur1 enf9 ce fut quelque *ose d'ard5t1 de conc5tr que la p>ole n'exprime pas4 ,il a*eva sa p5se p> un reg>d qui me glaa4 ,aprs une pause1 il me dit que la ,pologne quasi morte1 il s'tait rfugi en ,sude4 ,il avait *]* l des consolations dans l'tude de la *imie p\r laquelle il s'tait t\j\rs s5ti une irrsi/ible vocation4--,eh6 bi51 aj\ta-t-il1 je le vois1 v\s avez reconnu comme moi1 que la gomme arabique1 le sucre et l'amidon mis en p\dre1 donn5t une sub/ance absolum5t semblable1 et l'analyse un mme rsultat qualitatif4 ,il fit encore une pause1 et aprs m'avoir exam9 d'un il scrutateur1 il me dit confid5tiellem5t et voix basse de sol5nelles p>oles dont1 auj\rd'hui1 le s5s gnral e/ seul re/ dans ma mmoire2 mais il les accompagna d'une puissance de son1 de *audes inflexions et d'une =ce dans le ge/e qui me remur5t les entrailles et frappr5t mon ent5dem5t comme un m>teau bat le f] sur une enclume4 ,voici donc en abrg ces raisonnem5ts qui fur5t p\r moi le *>bon que ,dieu mit sur la langue d',isae1 c> mes tudes *ez ,lavoisi] me p]mettai5t d'en s5tir t\te la porte4 ,monsieur1 me dit-il1 la p>it de ces trois sub/ances1 en app>5ce si di/9ctes1 m'a conduit p5s] que t\tes les productions de la nature devai5t avoir un mme pr9cipe4 ,les travaux de la *imie mod]ne ont pr\v la vrit de cette loi1 p\r la p>tie la plus considrable des effets naturels4 ,la *imie divise la cration en deux portions di/9ctes3 la nature organique1 la nature inorganique4 ,en compr5ant t\tes les crations vgtales ou animales dans lesquelles se montre une organisation plus ou mo9s p]fectionne1 ou1 p\r tre plus exact1 une plus ou mo9s gr&e motilit qui y dt]m9e plus ou mo9s de s5tim5t1 la nature organique e/1 c]tes1 la p>tie la plus importante de notre monde4 ,or1 l'analyse a rduit t\s les produits de cette nature quatre corps simples qui sont trois gaz3 l'azote1 l'hydrogne1 l'oxygne2 et un autre corps simple non mtallique et solide1 le c>bone4 ,au contraire1 la nature inorganique1 si peu v>ie1 dnue de m\vem5t1 de s5tim5t1 et laquelle on peut refus] le don de croissance que lui a lgrem5t accord ,l9n1 compte c9quante-trois corps simples dont les diffr5tes comb9aisons =m5t t\s ses produits4 ,e/-il probable que les moy5s soi5t plus nombreux l o il exi/e mo9s de rsultats8 ,aussi1 l'op9ion de mon anci5 matre e/-elle que ces c9quante-trois corps ont un pr9cipe commun1 modifi jadis p> l'action d'une puissance te9te auj\rd'hui1 mais que le gnie huma9 doit faire revivre4 ,eh6 bi51 supposez un mom5t que l'activit de cette puissance soit rveille1 n\s aurions une *imie unitaire4 ,les natures organique et inorganique repos]ai5t vraisemblablem5t sur quatre pr9cipes1 et si n\s p>v5ions dcompos] l'azote1 que n\s devons considr] comme une ngation1 n\s n'en aurions plus que trois4 ,n\s voici dj prs du gr& ,t]naire des anci5s et des al*imi/es du ,moy5-ge dont n\s n\s moquons tort4 ,la *imie mod]ne n'e/ encore que cela4 ,c'e/ beauc\p et c'e/ peu4 ,c'e/ beauc\p1 c> la *imie s'e/ habitue ne recul] devant aucune difficult4 ,c'e/ peu1 en comp>aison de ce qui re/e faire4 ,le has>d l'a bi5 s]vie1 cette belle ,sci5ce6 ,a9si1 cette l>me de c>bone pur cri/allis1 le diamant1 ne p>aissait-il pas la d]nire sub/ance qu'il ft possible de crer4 ,les anci5s al*imi/es qui croyai5t l'or dcomposable1 consquemm5t faisable1 reculai5t l'ide de produire le diamant1 n\s avons cep5dant dc\v]t la nature et la loi de sa composition4 ,moi1 dit-il1 je suis all plus lo96 ,une expri5ce m'a dmontr que le my/rieux ,t]naire dont on s'occupe depuis un temps immmorial1 ne se tr\v]a po9t dans les analyses actuelles qui manqu5t de direction v]s un po9t fixe4 ,voici d'abord l'expri5ce4 ,semez des gra9es de cresson 7p\r pr5dre une sub/ance entre t\tes celles de la nature organique71 dans de la fleur de s\fre 7p\r pr5dre galem5t un corps simple74 ,arrosez les gra9es avec de l'eau di/ille p\r ne laiss] pntr] dans les produits de la g]m9ation aucun pr9cipe qui ne soit c]ta98 ,les gra9es g]m5t1 p\ss5t dans un milieu connu en ne se n\rrissant que de pr9cipes connus p> l'analyse4 ,c\pez plusieurs reprises la tige des plantes1 af9 de v\s en procur] une assez gr&e quantit p\r obt5ir quelques gros de c5dres en les faisant brl] et p\voir a9si opr] sur une c]ta9e masse2 eh6 bi51 en analysant ces c5dres1 v\s tr\v]ez de l'acide silicique1 de l'alum9e1 du phosphate et du c>bonate calcique1 du c>bonate magnsique1 du sulfate1 du c>bonate potassique et de l'oxyde f]rique1 comme si le cresson tait v5u en t]re1 au bord des eaux4 ,or1 ces sub/ances n'exi/ai5t ni dans le s\fre1 corps simple1 qui s]vait de sol la plante1 ni dans l'eau employe l'arros] et dont la composition e/ connue2 mais comme elles ne sont pas non plus dans la gra9e1 n\s ne p\vons expliqu] leur prs5ce dans la plante qu'en supposant un lm5t commun aux corps cont5us dans le cresson1 et ceux qui lui ont s]vi de milieu4 ,a9si l'air1 l'eau di/ille1 la fleur de s\fre1 et les sub/ances que donne l'analyse du cresson1 c'e/--dire la potasse1 la *aux1 la magnsie1 l'alum9e1 etc41 aurai5t un pr9cipe commun errant dans l'atmosphre telle que la fait le soleil4 ,de cette irrcusable expri5ce1 s'cria-t-il1 j'ai dduit l'exi/5ce de l',absolu6 ,une sub/ance commune t\tes les crations1 modifie p> une =ce unique1 telle e/ la position nette et claire du problme (f]t p> l',absolu et qui m'a sembl *]*able4 ,l v\s r5contr]ez le my/rieux ,t]naire1 devant lequel s'e/1 de t\t temps1 ag5\ille l',humanit3 la matire premire1 le moy51 le rsultat4 ,v\s tr\v]ez ce t]rible nombre ,trois en t\te *ose huma9e1 il dom9e les religions1 les sci5ces et les lois4 ,ici1 me dit-il1 la gu]re et la misre ont arrt mes travaux4 ,v\s tes un lve de ,lavoisi]1 v\s tes ri*e et matre de votre temps1 je puis donc v\s faire "p de mes conjectures4 ,voici le b que mes expri5ces p]sonnelles m'ont fait entrevoir4 ,la ,,mati,,re ,,une doit tre un pr9cipe commun aux trois gaz et au c>bone4 ,le ,,moy5 doit tre le pr9cipe commun l'lectricit ngative et l'lectricit positive4 ,m>*ez la dc\v]te des preuves qui tabliront ces deux vrits1 v\s aurez la raison suprme de t\s les effets de la nature4 ,oh6 monsieur1 qu& on porte l1 dit-il en se frappant le front1 le d]ni] mot de la cration1 en press5tant l',absolu1 e/-ce vivre que d'tre entran dans le m\vem5t de ce ramas d'hommes qui se ru5t heure fixe les uns sur les autres sans savoir ce qu'ils font4 ,ma vie actuelle e/ exactem5t l'inv]se d'un songe4 ,mon corps va1 vi5t1 agit1 se tr\ve au milieu du feu1 des canons1 des hommes1 trav]se l',europe au gr d'une puissance laquelle j'obis en la mprisant4 ,mon me n'a nulle consci5ce de ces actes1 elle re/e fixe1 plonge dans une ide1 eng\rdie p> cette ide1 la re*]*e de l',absolu1 de ce pr9cipe p> lequel des gra9es1 absolum5t semblables1 mises dans un mme milieu1 donn5t1 l'une des calices blancs1 l'autre des calices jaunes6 ,phnomne applicable aux v]s soie qui1 n\rris des mmes feuilles et con/itus sans diffr5ces app>5tes1 font les uns de la soie jaune1 et les autres de la soie blan*e2 enf9 applicable l'homme lui-mme qui s\v5t a lgitimem5t des enfants entirem5t dissemblables avec la mre et lui4 ,la dduction logique de ce fait n'implique-t-elle pas d'ailleurs la raison de t\s les effets de la nature8 ,h6 quoi de plus con=me nos ides sur ,dieu que de croire qu'il a t\t fait p> le moy5 le plus simple8 ,l'adoration py?agorici5ne p\r le ,,un d'o sort5t t\s les nombres et qui reprs5te la matire une2 celle p\r le nombre ,,deux1 la premire agrgation et le type de t\tes les autres2 celle p\r le nombre ,,trois1 qui1 de t\t temps1 a configur ,dieu1 c'e/--dire la ,matire1 la ,=ce et le ,produit1 ne rsumai5t-elles pas traditionnellem5t la connaissance confuse de l',absolu4 ,/ahl1 ,be*]1 ,p>acelse1 ,agrippa1 t\s les gr&s *]*eurs de causes occultes avai5t p\r mot d'ordre le ,trismgi/e1 qui veut dire le gr& ,t]naire4 ,les ignorants1 habitus condamn] l'al*imie1 cette *imie transc5dante1 ne sav5t sans d\te pas que n\s n\s occupons ju/ifi] les re*]*es passionnes de ces gr&s hommes6 ,l',absolu tr\v1 je me s]ais alors collet avec le ,m\vem5t4 ,ah6 t&is que je me n\rris de p\dre1 et comm&e des hommes de m\rir assez inutilem5t1 mon anci5 matre entasse dc\v]tes sur dc\v]tes1 il vole v]s l',absolu6 ,et moi6 je m\rrai comme un *i51 au co9 d'une batt]ie4 ,qu& ce pauvre gr& homme eut repris un peu de calme1 il me dit avec une sorte de frat]nit t\*ante3 ,si je tr\vais une expri5ce faire1 je v\s la lgu]ais avant de m\rir4 ,ma ,ppita1 dit ,bal?az> en s]rant la ma9 de sa femme1 des l>mes de rage ont c\l sur les j\es creuses de cet homme p5dant qu'il jetait dans mon me le feu de ce raisonnem5t que dj ,lavoisi] s'tait timidem5t fait1 sans os] s'y ab&onn]4 --,comm5t6 s'cria madame ,clas1 qui ne put s'emp*] d'int]rompre son m>i1 cet homme1 en passant une nuit s\s notre toit1 n\s a enlev tes affections1 a dtruit1 p> une seule phrase et p> un seul mot1 le bonheur d'une famille4 ,o mon *] ,bal?az>6 cet homme a-t-il fait le signe de la croix8 l'z-tu bi5 exam98 ,le ,t5tateur peut seul avoir cet il jaune d'o sortait le feu de ,prom?e4 ,oui1 le dmon p\vait seul t'arra*] moi4 ,depuis ce j\r1 tu n'z plus t ni pre1 ni p\x1 ni *ef de famille4 --,quoi6 dit ,bal?az> en se dressant dans la *ambre et jetant un reg>d p]ant sa femme1 tu blmes ton m>i de s'lev] au-dessus des autres hommes1 af9 de p\voir jet] s\s tes pi$s la p\rpre div9e de la gloire1 comme une m9ime (fr&e auprs des trsors de ton cur6 ,mais tu ne sais donc pas ce que j'ai fait1 depuis trois ans8 des pas de gant6 ma ,ppita1 dit-il en s'animant4 ,son visage p>ut alors sa femme plus t9celant s\s le feu du gnie qu'il ne l'avait t s\s le feu de l'am\r1 et elle pleura en l'c\tant4--,j'ai comb9 le *lore et l'azote1 j'ai dcompos plusieurs corps jusqu'ici considrs comme simples1 j'ai tr\v de n\veaux mtaux4 ,ti5s1 dit-il en voyant les pleurs de sa femme1 j'ai dcompos les l>mes4 ,les l>mes conti5n5t un peu de phosphate de *aux1 de *lorure de sodium1 du mucus et de l'eau4 ,il cont9ua de p>l] sans voir l'horrible convulsion qui travailla la physionomie de ,josph9e1 il tait mont sur la ,sci5ce qui l'emportait en cr\pe1 ailes dployes1 bi5 lo9 du monde matriel4--,cette analyse1 ma *re1 e/ une des meilleures preuves du sy/me de l',absolu4 ,t\te vie implique une combu/ion4 ,selon le plus ou mo9s d'activit du foy]1 la vie e/ plus ou mo9s p]si/ante4 ,a9si la de/ruction du m9ral e/ indf9im5t ret>de1 p>ce que la combu/ion y e/ virtuelle1 lat5te ou ins5sible4 ,a9si les vgtaux qui se rafra*iss5t incessamm5t p> la comb9aison d'o rsulte l'humide1 viv5t indf9im5t1 et il exi/e plusieurs vgtaux contempora9s du d]ni] cataclysme4 ,mais1 t\tes les fois que la nature a p]fectionn un app>eil1 que dans un b ignor elle y a jet le s5tim5t1 l'in/9ct ou l'intellig5ce1 trois degrs m>qus dans le sy/me organique1 ces trois organismes veul5t une combu/ion dont l'activit e/ en raison directe du rsultat obt5u4 ,l'homme1 qui reprs5te le plus haut po9t de l'intellig5ce et qui n\s (fre le seul app>eil d'o rsulte un p\voir demi crateur1 la p5se6 e/1 p>mi les crations zoologiques1 celle o la combu/ion se r5contre dans son degr le plus int5se et dont les puissants effets sont en quelque sorte rvls p> les phosphates1 les sulfates et les c>bonates que f\rnit son corps dans notre analyse4 ,ces sub/ances ne s]ai5t-elles pas les traces que laisse en lui l'action du fluide lectrique1 pr9cipe de t\te fcondation8 ,l'lectricit ne se manife/]ait-elle pas en lui p> des comb9aisons plus v>ies qu'en t\t autre animal8 ,n'aurait-il pas des facults plus gr&es que t\te autre crature p\r absorb] de plus =tes portions du pr9cipe absolu1 et ne se les assimil]ait-il pas p\r en compos] dans une plus p>faite ma*9e1 sa =ce et ses ides6 ,je le crois4 ,l'homme e/ un matras4 ,a9si1 selon moi1 l'idiot s]ait celui dont le c]veau conti5drait le mo9s de phosphore ou t\t autre produit de l'lectro-magntisme1 le f\ celui dont le c]veau en conti5drait trop1 l'homme ord9aire celui qui en aurait peu1 l'homme de gnie celui dont la c]velle en s]ait sature un degr conv5able4 ,l'homme con/amm5t am\reux1 le porte-faix1 le danseur1 le gr& mangeur1 sont ceux qui dplac]ai5t la =ce rsultante de leur app>eil lectrique4 ,a9si1 nos s5tim5ts444 --,assez1 ,bal?az>2 tu m'p\vantes1 tu commets des sacrilges4 ,quoi6 mon am\r s]ait444 --,de la matire ?re qui se dgage1 dit ,clas1 et qui sans d\te e/ le mot de l',absolu4 ,songe donc que si moi1 moi le premi]6 si je tr\ve1 si je tr\ve1 si je tr\ve6 ,en disant ces mots sur trois tons diffr5ts1 son visage monta p> degrs l'expression de l'inspir4 ,je fais les mtaux1 je fais les diamants1 je rpte la nature1 s'cria-t-il4 --,en s]as-tu plus heureux8 cria-t-elle avec dsespoir4 ,maudite ,sci5ce1 maudit dmon6 tu oublies1 ,clas1 que tu commets le p* d'orgueil dont fut c\pable ,satan4 ,tu entrepr5ds sur ,dieu4 --,oh6 oh6 ,dieu6 --,il le nie6 s'cria-t-elle en se tordant les ma9s4 ,clas1 ,dieu dispose d'une puissance que tu n'auras jamais4 ,a cet argum5t qui semblait annul] sa *re ,sci5ce1 il reg>da sa femme en tremblant4 --,quoi6 dit-il4 --,la =ce unique1 le m\vem5t4 ,voil ce que j'ai saisi trav]s les livres que tu m'z contra9te lire4 ,analyse des fleurs1 des fruits1 du v9 de ,malaga2 tu dc\vriras c]tes leurs pr9cipes qui vi5n5t1 comme ceux de ton cresson1 dans un milieu qui semble leur tre trang]2 tu peux1 la rigueur1 les tr\v] dans la nature2 mais en les rassemblant1 f]as-tu ces fleurs1 ces fruits1 le v9 de ,malaga8 auras-tu les incomprh5sibles effets du soleil1 auras-tu l'atmosphre de l',espagne8 ,dcompos] n'e/ pas crer4 --,si je tr\ve la =ce corcitive1 je p\rrai crer4 --,ri5 ne l'arrt]a1 cria ,ppita d'une voix dsesprante4 ,oh6 mon am\r1 il e/ tu1 je l'ai p]du4 ,elle fondit en l>mes1 et ses yeux anims p> la d\leur et p> la sa9tet des s5tim5ts qu'ils pan*ai5t1 brillr5t plus beaux que jamais trav]s ses pleurs4 ,oui1 reprit-elle en sanglotant1 tu es mort t\t4 ,je le vois1 la ,sci5ce e/ plus puissante en toi que toi-mme1 et son vol t'a emport trop haut p\r que tu r$esc5des jamais tre le compagnon d'une pauvre femme4 ,quel bonheur puis-je t'(frir encore8 ,ah6 je v\drais1 tri/e consolation1 croire que ,dieu t'a cr p\r manife/] ses uvres et *ant] ses l\anges1 qu'il a r5f]m dans ton se9 une =ce irrsi/ible qui te matrise4 ,mais non1 ,dieu e/ bon1 il te laiss]ait au cur quelques p5ses p\r une femme qui t'adore1 p\r des enfants que tu dois protg]4 ,oui1 le dmon seul peut t'aid] m>*] seul au milieu de ces abmes sans issue1 p>mi ces tnbres o tu n'es pas clair p> la foi d'en haut1 mais p> une horrible croyance en tes facults6 ,autrem5t1 ne te s]ais-tu pas ap]u1 mon ami1 que tu z dvor neuf c5t mille francs depuis trois ans8 ,oh6 r5ds-moi ju/ice1 toi1 mon dieu sur cette t]re1 je ne te repro*e ri54 ,si n\s tions seuls1 je t'apport]ais g5\x t\tes nos =tunes en te disant3 ,pr5ds1 jette dans ton f\rneau1 fais-en de la fume1 et je rirais de la voir voltig]4 ,si tu tais pauvre1 j'irais m5di] sans honte p\r te procur] le *>bon ncessaire l'entreti5 de ton f\rneau4 ,enf91 si en m'y prcipitant1 je te faisais tr\v] ton excrable ,absolu1 ,clas1 je m'y prcipit]ais avec bonheur1 puisque tu places ta gloire et tes dlices dans ce secret encore intr\v4 ,mais nos enfants1 ,clas1 nos enfants6 que devi5dront-ils1 si tu ne dev9es pas bi5tt ce secret de l'enf]6 ,sais-tu p\rquoi v5ait ,pi]qu98 ,il v5ait te dem&] tr5te mille francs que tu dois1 sans les avoir4 ,tes proprits ne sont plus toi4 ,je lui ai dit que tu avais ces tr5te mille francs1 af9 de t'p>gn] l'emb>ras o t'aurai5t mis ses que/ions2 mais p\r acquitt] cette somme1 j'ai p5s v5dre notre vieille arg5t]ie4 ,elle vit les yeux de son m>i prs de s'humect]1 et se jeta dsesprm5t ses pi$s en levant v]s lui des ma9s suppliantes4 ,mon ami1 s'cria-t-elle1 cesse un mom5t tes re*]*es1 conomisons l'arg5t ncessaire ce qu'il te faudra p\r les repr5dre plus t>d1 si tu ne peux r5onc] p\rsuivre ton uvre4 ,oh6 je ne la juge pas1 je s\ffl]ai tes f\rneaux1 si tu le veux2 mais ne rduis pas nos enfants la misre1 tu ne peux plus les aim]1 la ,sci5ce a dvor ton cur1 ne leur lgue pas une vie malheureuse en *ange du bonheur que tu leur devais4 ,le s5tim5t mat]nel a t trop s\v5t le plus faible dans mon cur1 oui1 j'ai s\v5t s\hait ne pas tre mre af9 de p\voir m'unir plus intimem5t mon me1 ta vie6 aussi1 p\r t\ff] mes remords6 dois-je plaid] auprs de toi la cause de tes enfants avant la mi5ne4 ,ses *eveux s'tai5t dr\ls et flottai5t sur ses paules1 ses yeux d>dai5t mille s5tim5ts comme autant de fl*es1 elle triompha de sa rivale4 ,bal?az> l'enleva1 la porta sur le canap1 se mit ses pi$s4 --,je t'ai donc caus des *agr9s1 lui dit-il avec l'acc5t d'un homme qui se rveill]ait d'un songe pnible4 --,pauvre ,clas1 tu n\s en donn]as encore malgr toi1 dit-elle en lui passant sa ma9 dans les *eveux4 ,allons1 vi5s t'asseoir prs de moi1 dit-elle en lui montrant sa place sur le canap4 ,ti5s1 j'ai t\t oubli1 puisque tu n\s revi5s4 ,va1 mon ami1 n\s rp>]ons t\t1 mais tu ne t'loign]as plus de ta femme1 n'e/-ce pas8 ,dis oui8 ,laisse-moi1 mon gr& et beau ,clas1 ex]c] sur ton noble cur cette influ5ce fm99e si ncessaire au bonheur des arti/es malheureux1 des gr&s hommes s\ffrants6 ,tu me brusqu]as1 tu me bris]as si tu veux1 mais tu me p]mettras de te contr>i] un peu p\r ton bi54 ,je n'abus]ai jamais du p\voir que tu me concd]as4 ,sois clbre1 mais sois heureux aussi4 ,ne n\s prfre pas la ,*imie4 c\te1 n\s s]ons bi5 complaisants1 n\s p]mettrons la ,sci5ce d'entr] avec n\s dans le p>tage de ton cur2 mais sois ju/e1 donne-n\s bi5 notre moiti8 ,dis1 mon ds9tressem5t n'e/-il pas sublime8 ,elle fit s\rire ,bal?az>4 ,avec cet art m]veilleux que possd5t les femmes1 elle avait am5 la plus haute "q dans le doma9e de la plaisant]ie o les femmes sont matresses4 ,cep5dant quoiqu'elle p>t rire1 son cur tait si violemm5t contract qu'il repr5ait difficilem5t le m\vem5t gal et d\x de son tat habituel2 mais en voyant r5atre dans les yeux de ,bal?az> l'expression qui la *>mait1 qui tait sa gloire elle1 et lui rvlait l'entire action de son anci5ne puissance qu'elle croyait p]due1 elle lui dit en s\riant3--,crois-moi1 ,bal?az>1 la nature n\s a faits p\r s5tir1 et quoique tu veuilles que n\s ne soyons que des ma*9es lectriques1 tes gaz1 tes matires ?res n'expliqu]ont jamais le don que n\s possdons d'entrevoir l'av5ir4 --,si1 reprit-il1 p> les aff9its4 ,la puissance de vision qui fait le pote1 et la puissance de dduction qui fait le savant1 sont fondes sur des aff9its invisibles1 intangibles et impondrables que le vulgaire range dans la classe des phnomnes moraux1 mais qui sont des effets physiques4 ,le prophte voit et dduit4 ,malheureusem5t ces espces d'aff9its sont trop r>es et trop peu p]ceptibles p\r tre s\mises l'analyse ou l'obs]vation4 --,ceci1 dit-elle en lui pr5ant un bais]1 p\r loign] la ,*imie qu'elle avait si mal5contreusem5t rveille1 s]ait donc une aff9it8 --,non1 c'e/ une comb9aison3 deux sub/ances de mme signe ne produis5t aucune activit444 --,allons1 tais-toi1 dit-elle1 tu me f]ais m\rir de d\leur4 ,oui1 je ne support]ais pas1 *]1 de voir ma rivale jusque dans les transports de ton am\r4 --,mais1 ma *re vie1 je ne p5se qu' toi1 mes travaux sont la gloire de ma famille1 tu es au fond de t\tes mes esprances4 --,voyons1 reg>de-moi6 ,cette scne l'avait r5due belle comme une jeune femme1 et de t\te sa p]sonne1 son m>i ne voyait que sa tte1 au-dessus d'un nuage de m\ssel9es et de d5telles4 --,oui1 j'ai eu bi5 tort de te dlaiss] p\r la sci5ce4 ,ma9t5ant1 qu& je retomb]ai dans mes proccupations1 eh6 bi51 ma ,ppita1 tu m'y arra*]as1 je le veux4 ,elle baissa les yeux et laissa pr5dre sa ma91 sa plus gr&e beaut1 une ma9 la fois puissante et dlicate4 --,mais1 je veux plus encore1 dit-elle4 --,tu es si dlicieusem5t belle que tu peux t\t obt5ir4 --,je veux bris] ton laboratoire et en*an] ta ,sci5ce1 dit-elle en jetant du feu p> les yeux4 --,eh6 bi51 au diable la ,*imie4 --,ce mom5t efface t\tes mes d\leurs1 reprit-elle4 ,ma9t5ant1 fais-moi s\ffrir si tu veux4 ,en ent5dant ce mot1 les l>mes gagnr5t ,bal?az>4 --,mais tu z raison1 je ne v\s voyais qu' trav]s un voile1 et je ne v\s ent5dais plus4 --,s'il ne s'tait agi que de moi1 dit-elle1 j'aurais cont9u s\ffrir en sil5ce1 sans lev] la voix devant mon s\v]a92 mais tes fils ont beso9 de considration1 ,clas4 ,je t'assure que si tu cont9uais dissip] a9si ta =tune1 qu& mme ton b s]ait glorieux1 le monde ne t'en ti5drait aucun compte et son blme retomb]ait sur les ti5s4 ,ne doit-il pas te suffire1 toi1 homme de si haute porte1 que ta femme ait attir ton att5tion sur un dang] que tu n'ap]cevais pas8 ,ne p>lons plus de t\t cela1 dit-elle en lui lanant un s\rire et un reg>d ple9s de coquett]ie4 ,ce soir1 mon ,clas1 ne soyons pas heureux demi4 ,le l5dema9 de cette soire si grave dans la vie de ce mnage1 ,bal?az> ,clas1 de qui ,josph9e avait sans d\te obt5u quelque promesse relativem5t la cessation de ses travaux1 ne monta po9t son laboratoire et re/a prs d'elle durant t\te la j\rne4 ,le l5dema91 la famille fit ses prp>atifs p\r all] la campagne o elle demeura deux mois environ1 et d'o elle ne rev9t en ville que p\r s'y occup] de la fte p> laquelle ,clas v\lait1 comme jadis1 clbr] l'anniv]saire de son m>iage4 ,bal?az> obt9t alors1 de j\r en j\r1 les preuves du drangem5t que ses travaux et son ins\ciance avai5t apport dans ses affaires4 ,lo9 d'l>gir la plaie p> des obs]vations1 sa femme tr\vait t\j\rs des palliatifs aux maux consomms4 ,des sept dome/iques qu'avait ,clas1 le j\r o il reut p\r la d]nire fois1 il ne re/ait plus que ,lemulqu9i]1 ,josette la cuis9ire1 et une vieille femme de *ambre nomme ,m>?a qui n'avait pas quitt sa matresse depuis sa sortie du c\v5t2 il tait donc impossible de recevoir la haute socit de la ville avec un si petit nombre de s]viteurs4 ,madame ,clas leva t\tes les difficults en proposant de faire v5ir un cuis9i] de ,p>is1 de dress] au s]vice le fils de leur j>d9i]1 et d'emprunt] le dome/ique de ,pi]qu94 ,a9si1 p]sonne ne s'ap]cevrait encore de leur tat de gne4 ,p5dant v+t j\rs que durr5t les apprts1 madame ,clas sut tromp] avec habilet le dsuvrem5t de son m>i3 tantt elle le *>geait de *oisir des fleurs r>es qui devai5t orn] le gr& escali]1 la gal]ie et les app>tem5ts2 tantt elle l'envoyait ,dunk]que p\r s'y procur] quelques-uns de ces mon/rueux poissons1 la gloire des tables mnagres dans le dp>tem5t du ,nord4 ,une fte comme celle que donnait ,clas tait une affaire capitale1 qui exigeait une multitude de so9s et une correspondance active1 dans un pays o les traditions de l'hospitalit mett5t si bi5 en jeu l'honneur des familles1 que1 p\r les matres et les g5s1 un dn] e/ comme une victoire remport] sur les convives4 ,les hutres arrivai5t d',o/5de1 les coqs de bruyre tai5t dem&s l'cosse1 les fruits v5ai5t de ,p>is2 enf9 les mo9dres accessoires ne devai5t pas dm5tir le luxe patrimonial4 ,d'ailleurs le bal de la maison ,clas avait une sorte de clbrit4 ,le *ef-lieu du ,dp>tem5t tant alors ,d\ai1 cette soire ouvrait en quelque sorte la saison d'hiv]1 et donnait le ton t\tes celles du pays4 ,aussi p5dant qu9ze ans ,bal?az> s'tait-il ef=c de se di/+u]1 et avait si bi5 russi qu'il s'en faisait *aque fois des rcits v+t lieues la ronde1 et qu'on p>lait des toilettes1 des invits1 des plus petits dtails1 des n\veauts qu'on y avait vues1 ou des vnem5ts qui s'y tai5t passs4 ,ces prp>atifs emp*r5t donc ,clas de song] la re*]*e de l',absolu4 ,en rev5ant aux ides dome/iques et la vie sociale1 le savant retr\va son am\r-propre d'homme1 de ,flam&1 de matre de maison1 et se plut tonn] la contre4 ,il v\lut imprim] un c>actre cette soire p> quelque re*]*e n\velle1 et il *oisit1 p>mi t\tes les fantaisies du luxe1 la plus jolie1 la plus ri*e1 la plus passagre1 et faisant de sa maison un bocage de plantes r>es1 et prp>ant des b\quets de fleurs p\r les femmes4 ,les autres dtails de la fte rpondai5t ce luxe in\1 ri5 ne p>aissait devoir en faire manqu] l'effet4 ,mais le v+t-neuvime bullet9 et les n\velles p>ticulires des dsa/res pr\vs p> la gr&e-arme en ,russie et la ,brs9a s'tai5t rp&us dans l'aprs-dn]4 ,une tri/esse pr(onde et vraie s'emp>a des ,d\aisi5s1 qui1 p> un s5tim5t patriotique1 refusr5t unanimem5t de dans]4 ,p>mi les lettres qui arrivr5t de ,pologne ,d\ai1 il y en eut une p\r ,bal?az>4 ,monsieur de ,wi]z*[nia1 alors ,dresde o il se m\rait1 disait-il1 d'une blessure reue dans un des d]ni]s engagem5ts1 avait v\lu lgu] son hte plusieurs ides qui1 depuis leur r5contre1 lui tai5t surv5ues relativem5t l',absolu4 ,cette lettre plongea ,clas dans une pr(onde rv]ie qui fit honneur son patriotisme2 mais sa femme ne s'y mprit pas4 ,p\r elle1 la fte eut un d\ble deuil4 ,cette soire1 p5dant laquelle la maison ,clas jetait son d]ni] clat1 eut donc quelque *ose de sombre et de tri/e au milieu de tant de magnific5ce1 de curiosits amasses p> six gnrations dont *acune avait eu sa manie1 et que les ,d\aisi5s admirr5t p\r la d]nire fois4 ,la re9e de ce j\r fut ,m>gu]ite1 alors ge de seize ans1 et que ses p>5ts prs5tr5t au monde4 ,elle attira t\s les reg>ds p> une extrme simplicit1 p> son air c&ide et surt\t p> sa physionomie en accord avec ce logis4 ,c'tait bi5 la jeune fille flam&e telle que les pe9tres du pays l'ont reprs5te3 une tte p>faitem5t ronde et ple9e2 des *eveux *ta9s1 lisss sur le front et sp>s en deux b&eaux2 des yeux gris1 mlangs de v]t2 de beaux bras1 un embonpo9t qui ne nuisait pas la beaut2 un air timide1 mais sur son front haut et plat1 une f]met qui se ca*ait s\s un calme et une d\ceur app>5ts4 ,sans tre ni tri/e ni mlancolique1 elle p>ut avoir peu d'enj\em5t4 ,la rflexion1 l'ordre1 le s5tim5t du devoir1 les trois pr9cipales expressions du c>actre flam& animai5t sa figure froide au premi] aspect1 mais sur laquelle le reg>d tait ram5 p> une c]ta9e grce dans les cont\rs1 et p> une paisible fi]t qui donnait des gages au bonheur dome/ique4 ,p> une biz>r]ie que les physiologi/es n'ont pas encore explique1 elle n'avait aucun trait de sa mre ni de son pre1 et (frait une vivante image de son aeule mat]nelle1 une ,conyncks de ,bruges1 dont le portrait cons]v prcieusem5t atte/ait cette ressemblance4 ,le s\p] donna quelque vie la fte4 ,si les dsa/res de l'arme int]disai5t les rj\issances de la danse1 *acun p5sa qu'ils ne devai5t pas exclure les plaisirs de la table4 ,les patriotes se retirr5t promptem5t4 ,les indiffr5ts re/r5t avec quelques j\eurs et plusieurs amis de ,clas2 mais1 ins5siblem5t1 cette maison si brillamm5t claire1 o se pressai5t t\tes les notabilits de ,d\ai1 r5tra dans le sil5ce2 et1 v]s une heure du mat91 la gal]ie fut ds]te1 les lumires s'teignir5t de salon en salon4 ,enf9 cette c\r intrieure1 un mom5t si bruyante1 si lum9euse1 r$ev9t noire et sombre3 image prophtique de l'av5ir qui att5dait la famille4 ,qu& les ,clas r5trr5t dans leur app>tem5t1 ,bal?az> fit lire sa femme la lettre du ,polonais1 elle la lui r5dit p> un ge/e tri/e1 elle prvoyait l'av5ir4 ,en effet1 compt] de ce j\r1 ,bal?az> dguisa mal le *agr9 et l'ennui qui l'accabla4 ,le mat91 aprs le djeun] de famille1 il j\ait un mom5t dans le p>loir avec son fils ,jean1 causait avec ses deux filles occupes c\dre1 brod]1 ou faire de la d5telle2 mais il se lassait bi5tt de ces jeux1 de cette caus]ie1 il p>aissait s'en acquitt] comme d'un devoir4 ,lorsque sa femme r$esc5dait aprs s'tre habille1 elle le tr\vait t\j\rs assis dans la b]gre1 reg>dant ,m>gu]ite et ,flicie1 sans s'impati5t] du bruit de leurs bob9es4 ,qu& v5ait le j\rnal1 il le lisait l5tem5t1 comme un m>*& retir qui ne sait comm5t tu] le temps4 ,puis il se levait1 contemplait le ciel trav]s les vitres1 rev5ait s'asseoir et attisait le feu rveusem5t1 en homme qui la tyrannie des ides tait la consci5ce de ses m\vem5ts4 ,madame ,clas regretta vivem5t son dfaut d'in/ruction et de mmoire4 ,il lui tait difficile de s\t5ir long-temps une conv]sation intressante2 d'ailleurs1 peut-tre e/-ce impossible entre deux tres qui se sont t\t dit et qui sont =cs d'all] *]*] des sujets de di/raction en dehors de la vie du cur ou de la vie matrielle4 ,la vie du cur a ses mom5ts1 et veut des oppositions2 les dtails de la vie matrielle ne saurai5t occup] long-temps des esprits suprieurs habitus se dcid] promptem5t2 et le monde e/ insupportable aux mes aimantes4 ,deux tres solitaires qui se connaiss5t entirem5t doiv5t donc *]*] leurs div]tissem5ts dans les rgions les plus hautes de la p5se1 c> il e/ impossible d'oppos] quelque *ose de petit ce qui e/ imm5se4 ,puis1 qu& un homme s'e/ acc\tum mani] de gr&es *oses1 il devi5t inamusable1 s'il ne cons]ve pas au fond du cur ce pr9cipe de c&eur1 ce laiss]-all] qui r5d les g5s de gnie si gracieusem5t enfants2 mais cette enfance du cur n'e/-elle pas un phnomne huma9 bi5 r>e *ez ceux dont la mission e/ de t\t voir1 de t\t savoir1 de t\t compr5dre8 ,p5dant les premi]s mois1 madame ,clas se tira de cette situation critique p> des ef=ts in\s que lui suggra l'am\r ou la ncessit4 ,tantt elle v\lut appr5dre le trictrac qu'elle n'avait jamais pu j\]1 et1 p> un prodige assez concevable1 elle f9it p> le savoir4 ,tantt elle intressait ,bal?az> l'ducation de ses filles en lui dem&ant de dirig] leurs lectures4 ,ces ress\rces s'puisr5t4 ,il v9t un mom5t o ,josph9e se tr\va devant ,bal?az> comme madame de ,ma9t5on en prs5ce de ,l\is ,,xiv2 mais sans avoir1 p\r di/raire le matre ass\pi1 ni les pompes du p\voir1 ni les ruses d'une c\r qui savait j\] des comdies comme celle de l'ambassade du roi de ,siam ou du sophi de ,p]se4 ,rduit1 aprs avoir dp5s la ,france1 des expdi5ts de fils de famille p\r se procur] de l'arg5t1 le mon>que n'avait plus ni jeunesse ni succs1 et s5tait une effroyable impuissance au milieu des gr&eurs2 la royale bonne1 qui avait su b]c] les enfants1 ne sut pas t\j\rs b]c] le pre1 qui s\ffrait p\r avoir abus des *oses1 des hommes1 de la vie et de ,dieu4 ,mais ,clas s\ffrait de trop de puissance4 ,oppress p> une p5se qui l'treignait1 il rvait les pompes de la ,sci5ce1 des trsors p\r l'humanit1 p\r lui la gloire4 ,il s\ffrait comme s\ffre un arti/e aux prises avec la misre1 comme ,samson atta* aux colonnes du temple4 ,l'effet tait le mme p\r ces deux s\v]a9s1 quoique le mon>que intellectuel ft accabl p> sa =ce et l'autre p> sa faiblesse4 ,que p\vait ,ppita seule contre cette espce de no/algie sci5tifique8 ,aprs avoir u les moy5s que lui (frai5t les occupations de famille1 elle appela le monde son sec\rs1 en donnant deux ,,caf,s p> sema9e4 ,a ,d\ai1 les ,cafs remplac5t les ?s4 ,un ,caf e/ une assemble o1 p5dant une soire entire1 les invits boiv5t les v9s exquis et les liqueurs dont regorg5t les caves dans ce b5ot pays1 mang5t des fri&ises1 pr5n5t du caf noir1 ou du caf au lait frapp de glace2 t&is que les femmes *ant5t des romances1 discut5t leurs toilettes ou se racont5t les gros ri5s de la ville4 ,c'e/ t\j\rs les tableaux de ,miris ou de ,t]burg1 mo9s les plumes r\ges sur les *apeaux gris po9tus1 mo9s les guit>es et les beaux co/umes du seizime sicle4 ,mais les ef=ts que faisait ,bal?az> p\r bi5 j\] son rle de matre de maison1 son affabilit d'emprunt1 les feux d'artifice de son esprit1 t\t accusait la pr(ondeur du mal p> la fatigue laquelle on le voyait en proie le l5dema94 ,ces ftes cont9uelles1 faibles palliatifs1 atte/r5t la gravit de la maladie4 ,ces bran*es que r5contrait ,bal?az> en r\lant dans son prcipice1 ret>dr5t sa *ute1 mais la r5dir5t plus l\rde4 ,s'il ne p>la jamais de ses anci5nes occupations1 s'il n'mit pas un regret en s5tant l'impossibilit dans laquelle il s'tait mis de recomm5c] ses expri5ces1 il eut les m\vem5ts tri/es1 la voix faible1 l'abattem5t d'un convalesc5t4 ,son ennui p]ait p>fois jusque dans la manire dont il pr5ait les p9ces p\r btir ins\ciamm5t dans le feu quelque fantasque pyramide avec des morceaux de *>bon de t]re4 ,qu& il avait atte9t la soire1 il pr\vait un cont5tem5t visible2 le sommeil le db>rassait sans d\te d'une importune p5se2 puis1 le l5dema91 il se levait mlancolique en ap]cevant une j\rne trav]s]1 et semblait mesur] le temps qu'il avait consum]1 comme un voyageur lass contemple un ds]t fran*ir4 ,si madame ,clas connaissait la cause de cette langueur1 elle s'ef=a d'ignor] combi5 les ravages en tai5t t5dus4 ,ple9e de c\rage contre les s\ffrances de l'esprit1 elle tait sans =ce contre les gnrosits du cur4 ,elle n'osait que/ionn] ,bal?az> qu& il c\tait les propos de ses deux filles et les rires de ,jean avec l'air d'un homme occup p> une arrire-p5se2 mais elle frmissait en lui voyant sec\] sa mlancolie et t*]1 p> un s5tim5t gnreux1 de p>atre gai p\r n'attri/] p]sonne4 ,les coquett]ies du pre avec ses deux filles1 ou ses jeux avec ,jean1 m\illai5t de pleurs les yeux de ,josph9e qui sortait p\r ca*] les motions que lui causait un hrosme dont le prix e/ bi5 connu des femmes1 et qui leur brise le cur2 madame ,clas avait alors envie de dire3--,tue-moi1 et fais ce que tu v\dras6 ,ins5siblem5t1 les yeux de ,bal?az> p]dir5t leur feu vif1 et prir5t cette te9te glauque qui attri/e ceux des vieill>ds4 ,ses att5tions p\r sa femme1 ses p>oles1 t\t en lui fut frapp de l\rdeur4 ,ces symptmes1 dev5us plus graves v]s la f9 du mois d'avril1 effrayr5t madame ,clas1 p\r qui ce spectacle tait intolrable1 et qui s'tait dj fait mille repro*es en admirant la foi flam&e avec laquelle son m>i t5ait sa p>ole4 ,un j\r1 que ,bal?az> lui sembla plus affaiss qu'il ne l'avait jamais t1 elle n'hsita plus t\t sacrifi] p\r le r5dre la vie4 --,mon ami1 lui dit-elle1 je te dlie de tes s]m5ts4 ,bal?az> la reg>da d'un air tonn4 --,tu p5ses tes expri5ces8 reprit-elle4 ,il rpondit p> un ge/e d'une effrayante vivacit4 ,lo9 de lui adress] quelque remontrance1 madame ,clas1 qui avait loisir sond l'abme dans lequel ils allai5t r\l] t\s deux1 lui prit la ma9 et la lui s]ra en s\riant3--,m]ci1 ami1 je suis sre de mon p\voir1 lui dit-elle1 tu m'z sacrifi plus que ta vie4 ,a moi ma9t5ant les sacrifices6 ,quoique j'aie dj v5du quelques-uns de mes diamants1 il en re/e encore assez1 en y joignant ceux de mon frre1 p\r te procur] l'arg5t ncessaire tes travaux4 ,je de/9ais ces p>ures nos deux filles1 mais ta gloire ne leur en f]a-t-elle pas de plus t9celantes8 d'ailleurs1 ne leur r5dras-tu pas un j\r leurs diamants plus beaux8 ,la joie qui s\da9em5t claira le visage de son m>i1 mit le comble au dsespoir de ,josph9e2 elle vit avec d\leur que la passion de cet homme tait plus =te que lui4 ,clas avait confiance en son uvre p\r m>*] sans trembl] dans une voie qui1 p\r sa femme1 tait un abme4 ,a lui la foi1 elle le d\te1 elle le f>deau le plus l\rd3 la femme ne s\ffre-t-elle pas t\j\rs p\r deux8 ,en ce mom5t elle se plut croire au succs1 v\lant se ju/ifi] elle-mme sa complicit dans la dilapidation probable de leur =tune4 --,l'am\r de t\te ma vie ne suffirait pas reconnatre ton dv\em5t1 ,ppita1 dit ,clas att5dri4 ,a pe9e a*evait-il ces p>oles que ,m>gu]ite et ,flicie entrr5t1 et leur s\haitr5t le bonj\r4 ,madame ,clas baissa les yeux1 et re/a p5dant un mom5t int]dite1 devant ses enfants dont la =tune v5ait d'tre aline au pr(it d'une *imre2 t&is que son m>i les prit sur ses g5\x et causa gam5t avec eux1 heureux de p\voir dv]s] la joie qui l'oppressait4 ,madame ,clas entra ds lors dans la vie ard5te de son m>i4 ,l'av5ir de ses enfants1 la considration de leur pre fur5t p\r elle deux mobiles aussi puissants que l'tai5t p\r ,clas la gloire et la sci5ce4 ,aussi1 cette malheureuse femme n'eut-elle plus une heure de calme1 qu& t\s les diamants de la maison fur5t v5dus ,p>is p> l'entremise de l'abb de ,solis1 son directeur1 et que les fabricants de produits *imiques eur5t recomm5c leurs envois4 ,sans cesse agite p> le dmon de la ,sci5ce et p> cette fureur de re*]*es qui dvorait son m>i1 elle vivait dans une att5te cont9uelle1 et demeurait comme morte p5dant des j\rnes entires1 cl\e dans sa b]gre p> la viol5ce mme de ses dsirs1 qui1 ne tr\vant po9t comme ceux de ,bal?az> une pture dans les travaux du laboratoire1 t\rm5tr5t son me en agissant sur ses d\tes et sur ses cra9tes4 ,p> mom5ts1 se repro*ant sa complaisance p\r une passion dont le b tait impossible et que monsieur de ,solis condamnait1 elle se levait1 allait la f5tre de la c\r intrieure1 et reg>dait avec t]reur la *em9e du laboratoire4 ,s'il s'en *appait de la fume1 elle la contemplait avec dsespoir1 les ides les plus contraires agitai5t son cur et son esprit4 ,elle voyait s'enfuir en fume la =tune de ses enfants1 mais elle sauvait la vie de leur pre3 n'tait-ce pas son premi] devoir de le r5dre heureux8 ,cette d]nire p5se la calmait p\r un mom5t4 ,elle avait obt5u de p\voir entr] dans le laboratoire et d'y re/]2 mais il lui fallut bi5tt r5onc] cette tri/e satisfaction4 ,elle pr\vait l de trop vives s\ffrances voir ,bal?az> ne po9t s'occup] d'elle1 et mme p>atre s\v5t gn p> sa prs5ce2 elle y subissait de jal\ses impati5ces1 de cruelles envies de faire saut] la maison2 elle y m\rait de mille maux in\s4 ,lemulqu9i] dev9t alors p\r elle une espce de b>omtre3 l'ent5dait-elle siffl]1 qu& il allait et v5ait p\r s]vir le djeun] ou le dn]1 elle dev9ait que les expri5ces de son m>i tai5t heureuses1 et qu'il concevait l'espoir d'une pro*a9e russite2 ,lemulqu9i] tait-il morne1 sombre1 elle lui jetait un reg>d de d\leur1 ,bal?az> tait mcont5t4 ,la matresse et le valet avai5t f9i p> se compr5dre1 malgr la fi]t de l'une et la s\mission rogue de l'autre4 ,faible et sans df5se contre les t]ribles pro/rations de la p5se1 cette femme succombait s\s ces alt]natives d'espoir et de dsesprance qui1 p\r elle1 s'al\rdissai5t des inquitudes de la femme aimante et des anxits de la mre tremblant p\r sa famille4 ,le sil5ce dsolant qui jadis lui refroidissait le cur1 elle le p>tageait sans s'ap]cevoir de l'air sombre qui rgnait au logis1 et des j\rnes entires qui s'c\lai5t dans ce p>loir1 sans un s\rire1 s\v5t sans une p>ole4 ,p> une tri/e prvision mat]nelle1 elle acc\tumait ses deux filles aux travaux de la maison1 et t*ait de les r5dre assez habiles quelque mti] de femme1 p\r qu'elles puss5t en vivre si elles tombai5t dans la misre4 ,le calme de cet intrieur c\vrait donc d'effroyables agitations4 ,v]s la f9 de l't1 ,bal?az> avait dvor l'arg5t des diamants v5dus ,p>is p> l'entremise du vieil abb de ,solis1 et s'tait endett d'une v+ta9e de mille francs *ez les ,protez et ,*iffreville4 ,en aot #ahac1 environ un an aprs la scne p> laquelle cette hi/oire comm5ce1 si ,clas avait fait quelques belles expri5ces que malheureusem5t il ddaignait1 ses ef=ts avai5t t sans rsultat qu& l'objet pr9cipal de ses re*]*es4 ,le j\r o il eut a*ev la srie de ses travaux1 le s5tim5t de son impuissance l'crasa3 la c]titude d'avoir infructueusem5t dissip des sommes considrables le dsespra4 ,ce fut une p\vantable cata/rophe4 ,il quitta son gr5i]1 desc5dit l5tem5t au p>loir1 v9t se jet] dans une b]gre au milieu de ses enfants1 et y demeura p5dant quelques in/ants1 comme mort1 sans rpondre aux que/ions dont l'accablait sa femme2 les l>mes le gagnr5t1 il se sauva dans son app>tem5t p\r ne pas donn] de tmo9s sa d\leur2 ,josph9e l'y suivit et l'emm5a dans sa *ambre o1 seul avec elle1 ,bal?az> laissa clat] son dsespoir4 ,ces l>mes d'homme1 ces p>oles d'arti/e dc\rag1 les regrets du pre de famille eur5t un c>actre de t]reur1 de t5dresse1 de folie qui fit plus de mal madame ,clas que ne lui en avai5t fait t\tes ses d\leurs passes4 ,la victime consola le b\rreau4 ,qu& ,bal?az> dit avec un affreux acc5t de conviction3 ,je suis un misrable1 je j\e la vie de mes enfants1 la ti5ne1 et p\r v\s laiss] heureux1 il faut que je me tue6 ce mot l'atteignit au cur1 et la connaissance qu'elle avait du c>actre de son m>i lui faisant cra9dre qu'il ne ralist aussitt ce vu de dsespoir1 elle pr\va l'une de ces rvolutions qui tr\bl5t la vie dans sa s\rce1 et qui fut d'autant plus fune/e que ,ppita en cont9t les viol5ts effets en affectant un calme m5teur4 --,mon ami1 rpondit-elle1 j'ai consult non pas ,pi]qu91 dont l'amiti n'e/ pas si gr&e qu'il n'pr\ve quelque secret plaisir n\s voir ru9s1 mais un vieill>d qui1 p\r moi1 se montre bon comme un pre4 ,l'abb de ,solis1 mon confesseur1 m'a donn un conseil qui n\s sauve de la ru9e4 ,il e/ v5u voir tes tableaux4 ,le prix de ceux qui se tr\v5t dans la gal]ie peut s]vir pay] t\tes les sommes hypo?ques sur tes proprits1 et ce que tu dois *ez ,protez et ,*iffreville1 c> tu z l sans d\te un compte sold]8 ,clas fit un signe affirmatif en baissant sa tte dont les *eveux tai5t dev5us blancs4 --,monsieur de ,solis connat les ,happe et ,dunck] d',am/]dam2 ils sont f\s de tableaux1 et jal\x comme des p>v5us d'tal] un fa/e qui n'e/ p]mis qu' d'anci5nes maisons1 ils pai]ont les ntres t\te leur valeur4 ,a9si n\s rec\vr]ons nos rev5us1 et tu p\rras sur le prix qui appro*]a de c5t mille ducats1 pr5dre une portion de capital p\r cont9u] tes expri5ces4 ,tes deux filles et moi n\s n\s cont5t]ons de peu4 ,avec le temps et de l'conomie1 n\s remplirons p> d'autres tableaux les cadres vides1 et tu vivras heureux6 ,bal?az> leva la tte v]s sa femme avec une joie mle de cra9te4 ,les rles tai5t *angs4 ,l'p\se dev5ait la protectrice du m>i4 ,cet homme si t5dre et dont le cur tait si cohr5t celui de sa ,josph9e1 la t5ait entre ses bras sans s'ap]cevoir de l'horrible convulsion qui la faisait palpit]1 qui en agitait les *eveux et les lvres p> un tressaillem5t n]veux4 --,je n'osais pas te dire qu'entre moi et l',absolu1 pe9e exi/e-t-il un *eveu de di/ance4 ,p\r gazifi] les mtaux1 il ne me manque plus que de tr\v] un moy5 de les s\mettre une imm5se *aleur dans un milieu o la pression de l'atmosphre soit nulle2 enf9 dans un vide absolu4 ,madame ,clas ne put s\t5ir l'gsme de cette rponse4 ,elle att5dait des rem]cm5ts passionns p\r ses sacrifices1 et tr\vait un problme de *imie4 ,elle quitta brusquem5t son m>i1 desc5dit au p>loir1 y tomba sur sa b]gre entre ses deux filles effrayes1 et fondit en l>mes2 ,m>gu]ite et ,flicie lui prir5t *acune une ma91 s'ag5\illr5t de *aque ct de sa b]gre en pleurant comme elle sans savoir la cause de son *agr91 et lui dem&r5t plusieurs reprises3--,qu'avez-v\s1 ma mre8 --,pauvres enfants6 je suis morte1 je le s5s4 ,cette rponse fit frissonn] ,m>gu]ite qui1 p\r la premire fois1 ap]ut sur le visage de sa mre les traces de la pleur p>ticulire aux p]sonnes dont le te9t e/ brun4 --,m>?a6 ,m>?a6 criait ,flicie1 v5ez1 maman a beso9 de v\s4 ,la vieille dugne acc\rut de la cuis9e1 et en voyant la blan*eur v]te de cette figure lgrem5t bi/re et si vig\reusem5t colore3--,corps du ,*ri/6 s'cria-t-elle en espagnol1 madame se meurt4 ,elle sortit prcipitamm5t1 dit ,josette de faire *auff] de l'eau p\r un ba9 de pi$s1 et rev9t prs de sa matresse4 --,n'effrayez pas monsieur1 ne lui dites ri51 ,m>?a1 s'cria madame ,clas4 ,pauvres *res filles1 aj\ta-t-elle1 en pressant sur son cur ,m>gu]ite et ,flicie p> un m\vem5t dsespr1 je v\drais p\voir vivre assez de temps p\r v\s voir heureuses et m>ies4 ,m>?a1 reprit-elle1 dites ,lemulqu9i] d'all] *ez monsieur de ,solis1 p\r le pri] de ma "p de pass] ici4 ,ce c\p de f\dre se rp]cuta ncessairem5t jusque dans la cuis9e4 ,josette et ,m>?a1 t\tes deux dv\es madame ,clas et ses filles1 fur5t frappes dans la seule affection qu'elles euss5t4 ,ces t]ribles mots3--,madame se meurt1 monsieur l'aura tue1 faites vite un ba9 de pi$s la m\t>de6 avai5t arra* plusieurs phrases int]jectives ,josette qui en accablait ,lemulqu9i]4 ,lemulqu9i]1 froid et ins5sible1 mangeait assis au co9 de la table1 devant une des f5tres p> lesquelles le j\r v5ait de la c\r dans la cuis9e1 o t\t tait propre comme dans le b\doir d'une petite matresse4 --a devait f9ir p> l1 disait ,josette1 en reg>dant le valet de *ambre et montant sur un tab\ret p\r pr5dre sur une tablette un *audron qui reluisait comme de l'or4 ,il n'y a pas de mre qui puisse voir de sang-froid un pre s'amus] fricass] une =tune comme celle de monsieur1 p\r en faire des os de b\d94 ,josette1 dont la tte coiffe d'un bonnet rond ru*es ressemblait celle d'un casse-noisette allem&1 jeta sur ,lemulqu9i] un reg>d aigre que la c\leur v]te de ses petits yeux raills r5dait presque v5imeux4 ,le vieux valet de *ambre haussa les paules p> un m\vem5t digne de ,mirabeau impati5t1 puis il enf\rna dans sa gr&e b\*e une t>t9e de beurre sur laquelle tai5t sems des apptits4 --,au lieu de tracass] monsieur1 madame devrait lui donn] de l'arg5t1 n\s s]ions bi5tt t\s ri*es nag] dans l'or6 ,il ne s'en faut pas de l'paisseur d'un li>d que n\s ne tr\vions444 --,h6 bi51 v\s qui avez v+t mille francs de placs1 p\rquoi ne les (frez-v\s pas monsieur8 ,c'e/ votre matre6 ,et puisque v\s tes si sr de ses faits et ge/es444 --,v\s ne connaissez ri5 cela1 ,josette1 faites *auff] votre eau1 rpondit le ,flam& en int]rompant la cuis9ire4 --,je m'y connais assez p\r savoir qu'il y avait ici mille m>cs d'arg5t]ie1 que v\s et votre matre v\s les avez fondus1 et que1 si on v\s laisse all] votre tra91 v\s f]ez si bi5 de c9q s\s six blancs1 qu'il n'y aura bi5tt plus ri54 --,et monsieur1 dit ,m>?a surv5ant1 tu]a madame p\r se db>rass] d'une femme qui le reti5t1 et l'emp*e de t\t aval]4 ,il e/ possd du dmon1 cela se voit6 ,le mo9s que v\s risquiez en l'aidant1 ,mulqu9i]1 c'e/ votre me1 si v\s en avez une1 c> v\s tes l comme un morceau de glace1 p5dant que t\t e/ ici dans la dsolation4 ,ces demoiselles pleur5t comme des ,madele9es4 ,c\rez donc *]*] monsieur l'abb de ,solis4 --,j'ai affaire p\r monsieur1 rang] la laboratoire1 dit le valet de *ambre4 ,il y a trop lo9 d'ici le qu>ti] d',esqu]*94 ,allez-y v\s-mme4 --,voyez-v\s ce mon/re-l8 dit ,m>?a4 ,qui donn]a le ba9 de pi$s madame8 la v\lez-v\s laiss] m\rir8 ,elle a le sang la tte4 --,mulqu9i]1 dit ,m>gu]ite en arrivant dans la salle qui prcdait la cuis9e1 en rev5ant de *ez monsieur de ,solis1 v\s pri]ez monsieur ,pi]qu9 le mdec9 de v5ir promptem5t ici4 --,he96 v\s irez1 dit ,josette4 --,mademoiselle1 monsieur m'a dit de rang] son laboratoire1 rpondit ,lemulqu9i] en se ret\rnant v]s les deux femmes qu'il reg>da d'un air despotique4 --,mon pre1 dit ,m>gu]ite monsieur ,clas qui desc5dait en ce mom5t1 ne p\rrais-tu pas n\s laiss] ,mulqu9i] p\r l'envoy] en ville8 --,tu iras1 vila9 *9ois1 dit ,m>?a en ent5dant monsieur ,clas mettre ,lemulqu9i] aux ordres de sa fille4 ,le peu de dv\em5t du valet de *ambre p\r la maison tait le gr& sujet de qu]elle entre ces deux femmes et ,lemulqu9i]1 dont la froideur avait eu p\r rsultat d'exalt] l'atta*em5t de ,josette et de la dugne4 ,cette lutte si mesqu9e en app>5ce influa beauc\p sur l'av5ir de cette famille1 qu&1 plus t>d1 elle eut beso9 de sec\rs contre le malheur4 ,bal?az> r$ev9t si di/rait1 qu'il ne s'ap]ut pas de l'tat maladif dans lequel tait ,josph9e4 ,il prit ,jean sur ses g5\x1 et le fit saut] ma*9alem5t1 en p5sant au problme qu'il avait ds lors la possibilit de rs\dre4 ,il vit apport] le ba9 de pi$s sa femme qui1 n'ayant pas eu la =ce de se lev] de la b]gre o elle gisait1 tait re/e dans le p>loir4 ,il reg>da mme ses deux filles s'occupant de leur mre1 sans *]*] la cause de leurs so9s empresss4 ,qu& ,m>gu]ite ou ,jean v\lai5t p>l]1 madame ,clas rclamait le sil5ce en leur montrant ,bal?az>4 ,une scne semblable tait de nature faire p5s] ,m>gu]ite1 qui place entre son pre et sa mre1 se tr\vait assez ge1 assez raisonnable dj p\r en apprci] la conduite4 ,il arrive un mom5t dans la vie intrieure des familles1 o les enfants devi5n5t1 soit volontairem5t1 soit involontairem5t1 les juges de leurs p>5ts4 ,madame ,clas avait compris le dang] de cette situation4 ,p> am\r p\r ,bal?az>1 elle s'ef=ait de ju/ifi] aux yeux de ,m>gu]ite ce qui1 dans l'esprit ju/e d'une fille de seize ans1 p\vait p>atre des fautes *ez un pre4 ,aussi le pr(ond respect qu'en cette circon/ance madame ,clas tmoignait p\r ,bal?az>1 en s'effaant devant lui1 p\r ne pas en tr\bl] la mditation1 imprimait-il ses enfants une sorte de t]reur p\r la maje/ pat]nelle4 ,mais ce dv\em5t1 quelque contagieux qu'il ft1 augm5tait encore l'admiration que ,m>gu]ite avait p\r sa mre laquelle l'unissai5t plus p>ticulirem5t les accid5ts j\rnali]s de la vie4 ,ce s5tim5t tait fond sur une sorte de div9ation de s\ffrances dont la cause devait naturellem5t proccup] une jeune fille4 ,aucune puissance huma9e ne p\vait emp*] que p>fois un mot *app soit ,m>?a1 soit ,josette1 ne rvlt ,m>gu]ite l'orig9e de la situation dans laquelle la maison se tr\vait depuis quatre ans4 ,malgr la discrtion de madame ,clas1 sa fille dc\vrait donc ins5siblem5t1 l5tem5t1 fil fil1 la trame my/rieuse de ce drame dome/ique4 ,m>gu]ite allait tre1 dans un temps donn1 la confid5te active de sa mre1 et s]ait au dnom5t le plus r$\table des juges4 ,aussi t\s les so9s de madame ,clas se portai5t-ils sur ,m>gu]ite laquelle elle t*ait de communiqu] son dv\em5t p\r ,bal?az>4 ,la f]met1 la raison qu'elle r5contrait *ez sa fille la faisai5t frmir l'ide d'une lutte possible entre ,m>gu]ite et ,bal?az>1 qu&1 aprs sa mort1 elle s]ait remplace p> elle dans la conduite intrieure de la maison4 ,cette pauvre femme en tait donc arrive plus trembl] des suites de sa mort que de sa mort mme4 ,sa sollicitude p\r ,bal?az> clatait dans la rsolution qu'elle v5ait de pr5dre4 ,en librant les bi5s de son m>i1 elle en assurait l'indp5dance1 et prv5ait t\te discussion en sp>ant ses intrts de ceux de ses enfants2 elle esprait le voir heureux jusqu'au mom5t o elle f]m]ait les yeux2 puis elle comptait transmettre les dlicatesses de son cur ,m>gu]ite1 qui cont9u]ait j\] auprs de lui le rle d'un ange d'am\r1 en ex]ant sur la famille une autorit tutlaire et cons]vatrice4 ,n'tait-ce pas faire luire encore du fond de sa tombe son am\r sur ceux qui lui tai5t *]s8 ,nanmo9s elle ne v\lut pas dconsidr] le pre aux yeux de la fille en l'initiant avant le temps aux t]reurs que lui inspirait la passion sci5tifique de ,bal?az>2 elle tudiait l'me et le c>actre de ,m>gu]ite p\r savoir si cette jeune fille devi5drait p> elle-mme une mre p\r ses frres et sa sur1 p\r son pre une femme d\ce et t5dre4 ,a9si les d]ni]s j\rs de madame ,clas tai5t empoisonns p> des calculs et p> des cra9tes qu'elle n'osait confi] p]sonne4 ,en se s5tant atte9te dans sa vie mme p> cette d]nire scne1 elle jetait ses reg>ds jusque dans l'av5ir2 t&is que ,bal?az>1 dsormais inhabile t\t ce qui liait conomie1 =tune1 s5tim5ts dome/iques1 p5sait tr\v] l',absolu4 ,le pr(ond sil5ce qui rgnait an p>loir n'tait int]rompu que p> le m\vem5t monotone du pi$ de ,clas qui cont9uait le m\voir sans s'ap]cevoir que ,jean en tait desc5du4 ,assise prs de sa mre de qui elle contemplait le visage ple et dcompos1 ,m>gu]ite se t\rnait de mom5ts en mom5ts v]s son pre1 en s'tonnant de son ins5sibilit4 ,bi5tt la porte de la rue ret5tit en se f]mant1 et la famille vit l'abb de ,solis appuy sur son neveu1 qui t\s deux trav]sai5t l5tem5t la c\r4 --,ah6 voici monsieur ,emmanuel1 dit ,flicie4 --,le bon jeune homme6 dit madame ,clas en ap]cevant ,emmanuel de ,solis1 j'ai du plaisir le revoir4 ,m>gu]ite r\git en ent5dant l'loge qui *appait sa mre4 ,depuis deux j\rs1 l'aspect de ce jeune homme avait veill dans son cur des s5tim5ts inconnus1 et dg\rdi dans son intellig5ce des p5ses jusqu'alors in]tes4 ,p5dant la visite faite p> le confesseur sa pnit5te1 il s'tait pass de ces imp]ceptibles vnem5ts qui ti5n5t beauc\p de place dans la vie1 et dont les rsultats fur5t assez importants p\r exig] ici la pe9ture des deux n\veaux p]sonnages introduits au se9 de la famille4 ,madame ,clas avait eu p\r pr9cipe d'accomplir en secret ses pratiques de dvotion4 ,son directeur1 presque inconnu *ez elle1 se montrait p\r la seconde fois dans sa maison2 mais l1 comme ailleurs1 on devait tre saisi p> une sorte d'att5drissem5t et d'admiration l'aspect de l'oncle et du neveu4 ,l'abb de ,solis1 vieill>d octognaire *evelure d'arg5t1 montrait un visage dcrpit1 o la vie semblait s'tre retire dans les yeux4 ,il m>*ait difficilem5t1 c>1 de ses deux jambes m5ues1 l'une se t]m9ait p> un pi$ horriblem5t d=m1 cont5u dans une espce de sac de vel\rs qui l'obligeait se s]vir d'une bquille qu& il n'avait pas le bras de son neveu4 ,son dos vot1 son corps dess* (frai5t le spectacle d'une nature s\ffrante et frle1 dom9e p> une volont de f] et p> un *a/e esprit religieux qui l'avait cons]ve4 ,ce prtre espagnol1 rem>quable p> un va/e savoir1 p> une pit vraie1 p> des connaissances trs-t5dues1 avait t successivem5t dom9ica91 gr&-pnit5ci] de ,tolde1 et vicaire-gnral de l'ar*ev* de ,mal9es4 ,sans la rvolution franaise1 la protection des ,casa-,ral l'et port aux plus hautes dignits de l'glise2 mais le *agr9 que lui causa la mort du jeune duc1 son lve1 le dgta d'une vie active1 et il se consacra t\t enti] l'ducation de son neveu1 dev5u de trs-bonne heure orphel94 ,lors de la conqute de la ,belgique1 il s'tait fix prs de madame de ,clas4 ,ds sa jeunesse1 l'abb de ,solis avait pr(ess p\r sa9te ,?rse un en?\siasme qui le conduisit autant que la p5te de son esprit v]s la p>tie my/ique du *ri/ianisme4 ,en tr\vant1 en ,fl&re1 o mademoiselle ,b\rignon1 a9si que les criva9s illum9s et quiti/es fir5t le plus de proslytes1 un tr\peau de ca?oliques adonns ses croyances1 il y re/a d'autant plus volonti]s qu'il y fut considr comme un patri>*e p> cette ,communion p>ticulire o l'on cont9ue suivre les doctr9es des ,my/iques1 malgr les c5sures qui frappr5t ,fnelon et madame ,guyon4 ,ses murs tai5t rigides1 sa vie tait exemplaire1 et il passait p\r avoir des extases4 ,malgr le dta*em5t qu'un religieux si svre devait pratiqu] p\r les *oses de ce monde1 l'affection qu'il portait son neveu le r5dait soigneux de ses intrts4 ,qu& il s'agissait d'une uvre de *>it1 le vieill>d mettait contribution les fidles de son glise avant d'avoir rec\rs sa propre =tune1 et son autorit patri>cale tait si bi5 reconnue1 ses int5tions tai5t si pures1 sa p]spicacit si r>em5t en dfaut que *acun faisait honneur ses dem&es4 ,p\r avoir une ide du contra/e qui exi/ait entre l'oncle et le neveu1 il faudrait comp>] le vieill>d l'un de ces saules creux qui vgt5t au bord des eaux1 et le jeune homme l'glanti] *>g de roses dont la tige lgante et droite s'lance du se9 de l'arbre m\ssu1 qu'il semble v\loir r$ress]4 ,svrem5t lev p> son oncle1 qui le g>dait prs de lui comme une matrone g>de une vi]ge1 ,emmanuel tait ple9 de cette *at\illeuse s5sibilit1 de cette c&eur demi rveuse1 fleurs passagres de t\tes les jeunesses1 mais vivaces dans les mes n\rries de religieux pr9cipes4 ,le vieux prtre avait comprim l'expression des s5tim5ts voluptueux *ez son lve1 en le prp>ant aux s\ffrances de la vie p> des travaux cont9us1 p> une discipl9e presque clau/rale4 ,cette ducation1 qui devait livr] ,emmanuel t\t neuf au monde1 et le r5dre heureux s'il r5contrait bi5 dans ses premires affections1 l'avait revtu d'une anglique puret qui communiquait sa p]sonne le *>me dont sont inve/ies les jeunes filles4 ,ses yeux timides1 mais d\bls d'une me =te et c\rageuse1 jetai5t une lumire qui vibrait dans l'me comme le son du cri/al p& ses ondulations dans l'oue4 ,sa figure expressive1 quoique rgulire1 se recomm&ait p> une gr&e prcision dans les cont\rs1 p> l'heureuse disposition des lignes1 et p> le calme pr(ond que donne la paix du cur4 ,t\t y tait h>monieux4 ,ses *eveux noirs1 ses yeux et ses s\rcils bruns rehaussai5t encore un te9t blanc et de vives c\leurs4 ,sa voix tait celle qu'on att5dait d'un si beau visage4 ,ses m\vem5ts fm99s s'accordai5t avec la mlodie de sa voix1 avec les t5dres cl>ts de son reg>d4 ,il semblait ignor] l'attrait qu'excitai5t la rs]ve demi mlancolique de son attitude1 la ret5ue de ses p>oles1 et les so9s respectueux qu'il prodiguait son oncle4 ,a le voir tudiant la m>*e tortueuse du vieil abb p\r se prt] ses d\l\reuses dviations de manire ne pas les contr>i]1 reg>dant au lo9 ce qui p\vait lui bless] les pi$s et le conduisant dans le meilleur *em91 il tait impossible de ne pas reconnatre *ez ,emmanuel les s5tim5ts gnreux qui font de l'homme une sublime crature4 ,il p>aissait si gr&1 en aimant son oncle sans le jug]1 en lui obissant sans jamais discut] ses ordres1 que *acun v\lait voir une prde/9ation dans le nom suave que lui avait donn sa m>ra9e4 ,qu&1 soit *ez lui1 soit *ez les autres1 le vieill>d ex]ait son despotisme de dom9ica91 ,emmanuel relevait p>fois la tte si noblem5t1 comme p\r prote/] de sa =ce s'il se tr\vait aux prises avec un autre homme1 que les p]sonnes de cur tai5t mues1 comme le sont les arti/es l'aspect d'une gr&e uvre1 c> les beaux s5tim5ts ne sonn5t pas mo9s =t dans l'me p> les conceptions vivantes que p> les ralisations de l'art4 ,emmanuel avait accompagn son oncle qu& il tait v5u *ez sa pnit5te1 p\r exam9] les tableaux de la maison ,clas4 ,en appr5ant p> ,m>?a que l'abb de ,solis tait dans la gal]ie1 ,m>gu]ite1 qui dsirait voir cet homme clbre1 avait *]* quelque prtexte m5teur p\r rejo9dre sa mre1 af9 de satisfaire sa curiosit4 ,entre assez t\rdim5t1 en affectant la lgret s\s laquelle les jeunes filles ca*5t si bi5 leurs dsirs1 elle avait r5contr prs du vieill>d vtu de noir1 c\rb1 djet1 cadavreux1 la fra*e1 la dlicieuse figure d',emmanuel4 ,les reg>ds galem5t jeunes1 galem5t nafs de ces deux tres avai5t exprim le mme tonnem5t4 ,emmanuel et ,m>gu]ite s'tai5t sans d\te dj vus l'un et l'autre dans leurs rves4 ,t\s deux baissr5t leurs yeux et les relevr5t ensuite p> un mme m\vem5t1 en laissant *app] un mme aveu4 ,m>gu]ite prit le bras de sa mre1 lui p>la t\t bas p> ma9ti51 et s'abrita p\r a9si dire s\s l'aile mat]nelle1 en t5dant le c\ p> un m\vem5t de cygne1 p\r revoir ,emmanuel qui1 de son ct1 re/ait atta* au bras de son oncle4 ,quoique habilem5t di/ribu p\r faire valoir *aque toile1 le j\r faible de la gal]ie favorisa ces c\ps d'il furtifs qui sont la joie des g5s timides4 ,sans d\te *acun d'eux n'alla pas1 mme en p5se1 jusqu'au si p> lequel comm5c5t les passions2 mais t\s deux ils s5tir5t ce tr\ble pr(ond qui remue le cur1 et sur lesquels au jeune ge on se g>de soi-mme le secret1 p> fri&ise ou p> pudeur4 ,la premire impression qui dt]m9e les dbordem5ts d'une s5sibilit long-temps cont5ue1 e/ suivie *ez t\s les jeunes g5s de l'tonnem5t demi /upide que caus5t aux enfants les premires sonn]ies de la musique4 ,p>mi les enfants1 les uns ri5t et p5s5t1 d'autres ne ri5t qu'aprs avoir p5s2 mais ceux dont l'me e/ appele vivre de posie ou d'am\r c\t5t long-temps et r$em&5t la mlodie p> un reg>d o s'allume dj le plaisir1 o po9d la curiosit de l'inf9i4 ,si n\s aimons irrsi/iblem5t les lieux o n\s avons t1 dans notre enfance1 initis aux beauts de l'h>monie1 si n\s n\s s\v5ons avec dlices et du musici5 et mme de l'in/rum5t1 comm5t se df5dre d'aim] l'tre qui1 le premi]1 n\s rvle les musiques de la vie8 ,le premi] cur o n\s avons aspir l'am\r n'e/-il pas comme une patrie8 ,emmanuel et ,m>gu]ite fur5t l'un p\r l'autre cette ,voix musicale qui rveille un s5s1 cette ,ma9 qui relve des voiles nuageux et montre les rives baignes p> les feux du midi4 ,qu& madame ,clas arrta le vieill>d devant un tableau de ,guide qui reprs5tait un ange1 ,m>gu]ite avana la tte p\r voir quelle s]ait l'impression d',emmanuel1 et le jeune homme *]*a ,m>gu]ite p\r comp>] la muette p5se de la toile la vivante p5se de la crature4 ,cette involontaire et ravissante flatt]ie fut comprise et sav\re4 ,le vieil abb l\ait gravem5t cette belle composition1 et madame ,clas lui rpondait2 mais les deux enfants tai5t sil5cieux4 ,telle fut leur r5contre4 ,le j\r my/rieux de la gal]ie1 la paix de la maison1 la prs5ce des p>5ts1 t\t contribuait grav] plus avant dans le cur les traits dlicats de ce vaporeux mirage4 ,les mille p5ses confuses qui v5ai5t de pleuvoir *ez ,m>gu]ite se calmr5t1 fir5t dans son me comme une t5due limpide et se teignir5t d'un rayon lum9eux1 qu& ,emmanuel balbutia quelques phrases en pr5ant cong de madame ,clas4 ,cette voix1 dont le timbre frais et vel\t rp&ait au cur des en*antem5ts in\s1 complta la rvlation s\da9e qu',emmanuel avait cause et qu'il devait fcond] son pr(it2 c> l'homme dont se s]t le de/9 p\r veill] l'am\r au cur d'une jeune fille1 ignore s\v5t son uvre et la laisse alors ina*eve4 ,m>gu]ite s'incl9a t\t int]dite1 et mit ses adieux dans un reg>d o semblait se pe9dre le regret de p]dre cette pure et *>mante vision4 ,comme l'enfant1 elle v\lait encore sa mlodie4 ,cet adieu fut fait au bas du vieil escali]1 devant la porte du p>loir2 et1 qu& elle y entra1 elle reg>da l'oncle et le neveu jusqu' ce que la porte de la rue se ft f]me4 ,madame ,clas avait t trop occupe des sujets graves1 agits dans sa confr5ce avec son directeur1 p\r avoir pu exam9] la physionomie de sa fille4 ,au mom5t o monsieur de ,solis et son neveu app>aissai5t p\r la seconde fois1 elle tait encore trop violemm5t tr\ble p\r ap]cevoir la r\geur qui colora le visage de ,m>gu]ite en rvlant les f]m5tations du premi] plaisir reu dans un cur vi]ge4 ,qu& le vieil abb fut annonc1 ,m>gu]ite avait repris son ouvrage1 et p>ut y prt] une si gr&e att5tion qu'elle salua l'oncle et le neveu sans les reg>d]4 ,monsieur ,clas r5dit ma*9alem5t le salut que lui fit l'abb de ,solis1 et sortit du p>loir comme un homme emport p> ses occupations4 ,le pieux dom9ica9 s'assit prs de sa pnit5te en lui jetant un de ces reg>ds pr(onds p> lesquels il sondait les mes1 il lui avait suffi de voir monsieur ,clas et sa femme p\r dev9] une cata/rophe4 --,mes enfants1 dit la mre1 allez dans le j>d94 ,m>gu]ite1 montrez ,emmanuel les tulipes de votre pre4 ,m>gu]ite1 demi honteuse1 prit le bras de ,flicie1 reg>da le jeune homme qui r\git et qui sortit du p>loir en saisissant ,jean p> cont5ance4 ,qu& ils fur5t t\s les quatre dans le j>d91 ,flicie et ,jean allr5t de leur ct1 quittr5t ,m>gu]ite1 qui1 re/e presque seule avec le jeune de ,solis1 le m5a devant le buisson de tulipes inv>iablem5t arrang de la mme faon1 *aque anne1 p> ,lemulqu9i]4 --,aimez-v\s les tulipes8 dem&a ,m>gu]ite aprs tre demeure p5dant un mom5t dans le plus pr(ond sil5ce sans qu',emmanuel p>t v\loir le rompre4 --,mademoiselle1 c'e/ de belles fleurs1 mais p\r les aim]1 il faut sans d\te en avoir le gt1 savoir en apprci] les beauts4 ,ces fleurs m'bl\iss5t4 ,l'habitude du travail1 dans la sombre petite *ambre o je demeure1 prs de mon oncle1 me fait sans d\te prfr] ce qui e/ d\x la vue4 ,en disant ces d]ni]s mots1 il contempla ,m>gu]ite1 mais sans que ce reg>d ple9 de confus dsirs contnt aucune allusion la blan*eur mate1 au calme1 aux c\leurs t5dres qui faisai5t de ce visage une fleur4 --,v\s travaillez donc beauc\p8 reprit ,m>gu]ite en conduisant ,emmanuel sur un banc de bois dossi] pe9t en v]t4 ,d'ici1 dit-elle en cont9uant1 v\s ne v]rez pas les tulipes de si prs1 elle v\s fatigu]ont mo9s les yeux4 ,v\s avez raison1 ces c\leurs papillot5t et font mal4 --,a quoi je travaille8 rpondit le jeune homme aprs un mom5t de sil5ce p5dant lequel il avait galis s\s son pi$ le sable de l'alle4 ,je travaille t\tes sortes de *oses4 ,mon oncle v\lait me faire prtre444 --,oh6 fit navem5t ,m>gu]ite4 --,j'ai rsi/1 je ne me s5tais pas de vocation4 ,mais il m'a fallu beauc\p de c\rage p\r contr>i] les dsirs de mon oncle4 ,il e/ si bon1 il m'aime tant6 il m'a d]nirem5t a*et un homme p\r me sauv] de la conscription1 moi1 pauvre orphel94 --,a quoi v\s de/9ez-v\s donc8 dem&a ,m>gu]ite qui p>ut v\loir repr5dre sa phrase en laissant *app] un ge/e et qui aj\ta3--,p>don1 monsieur1 v\s devez me tr\v] bi5 curieuse4 --,oh6 mademoiselle1 dit ,emmanuel en la reg>dant avec autant d'admiration que de t5dresse1 p]sonne1 except mon oncle1 ne m'a encore fait cette "q4 ,j'tudie p\r tre pr(esseur4 ,que v\lez v\s8 je ne suis pas ri*e4 ,si je puis dev5ir pr9cipal d'un collge en ,fl&re1 j'aurai de quoi vivre mode/em5t1 et j'p\s]ai quelque femme simple que j'aim]ai bi54 ,telle e/ la vie que j'ai en p]spective4 ,peut-tre e/-ce p\r cela que je prfre une paqu]ette sur laquelle t\t le monde passe1 dans la pla9e d',or*ies1 ces belles tulipes ple9es d'or1 de p\rpre1 de saphirs1 d'm]audes qui reprs5t5t une vie fa/ueuse1 de mme que la paqu]ette reprs5te une vie d\ce et patri>cale1 la vie d'un pauvre pr(esseur que je s]ai4 --,j'avais t\j\rs appel1 jusqu' prs5t1 les paqu]ettes des m>gu]ites1 dit-elle4 ,emmanuel de ,solis r\git excessivem5t1 et *]*a une rponse en t\rm5tant le sable avec ses pi$s4 ,emb>rass de *oisir entre t\tes les ides qui lui v5ai5t et qu'il tr\vait sottes1 puis dcont5anc p> le ret>d qu'il mettait rpondre1 il dit3--,je n'osais prononc] votre nom444 ,et n'a*eva pas4 --,pr(esseur6 reprit-elle4 --,oh6 mademoiselle1 je s]ai pr(esseur p\r avoir un tat1 mais j'entrepr5drai des ouvrages qui p\rront me r5dre plus gr&em5t utile4 ,j'ai beauc\p de gt p\r les travaux hi/oriques4 --,ah6 ,ce ah6 ple9 de p5ses secrtes1 r5dit le jeune homme encore plus honteux1 et il se mit rire niaisem5t en disant3--,v\s me faites p>l] de moi1 mademoiselle1 qu& je devrais ne v\s p>l] que de v\s4 --,ma mre et votre oncle ont t]m91 je crois1 leur conv]sation1 dit-elle en reg>dant trav]s les f5tres dans le p>loir4 --,j'ai tr\v madame votre mre bi5 *ange4 --,elle s\ffre1 sans v\loir n\s dire le sujet de ses s\ffrances1 et n\s ne p\vons que ptir de ses d\leurs4 ,madame ,clas v5ait de t]m9] en effet une consultation dlicate1 dans laquelle il s'agissait d'un cas de consci5ce1 que l'abb de ,solis p\vait seul dcid]4 ,prvoyant une ru9e complte1 elle v\lait ret5ir1 l'insu de ,bal?az>1 qui se s\ciait peu de ses affaires1 une somme considrable sur le prix des tableaux que monsieur de ,solis se *>geait de v5dre en ,holl&e1 af9 de la ca*] et de la rs]v] p\r le mom5t o la misre ps]ait sur sa famille4 ,aprs une mre dlibration et aprs avoir apprci les circon/ances dans lesquelles se tr\vait sa pnit5te1 le vieux dom9ica9 avait appr\v cet acte de prud5ce4 ,il s'en alla p\r s'occup] de cette v5te qui devait se faire secrtem5t1 af9 de ne po9t trop nuire la considration de monsieur ,clas4 ,le vieill>d envoya son neveu1 muni d'une lettre de recomm&ation1 ,am/]dam1 o le jeune homme en*ant de r5dre s]vice la maison ,clas russit v5dre les tableaux de la gal]ie aux clbres banqui]s ,happe et ,dunck]1 p\r une somme o/5sible de quatre-v+t-c9q mille ducats de ,holl&e1 et une somme de qu9ze mille autres qui s]ait secrtem5t donne madame ,clas4 ,les tableaux tai5t si bi5 connus1 qu'il suffisait p\r accomplir le m>* de la rponse de ,bal?az> la lettre que la maison ,happe et ,dunck] lui crivit4 ,emmanuel de ,solis fut *>g p> ,clas de recevoir le prix des tableaux qu'il lui expdia secrtem5t af9 de drob] la ville de ,d\ai la connaissance de cette v5te4 ,v]s la f9 de septembre1 ,bal?az> remb\rsa les sommes qui lui avai5t t prtes1 dgagea ses bi5s et reprit ses travaux2 mais la maison ,clas s'tait dp\ille de son plus bel ornem5t4 ,aveugl p> sa passion1 il ne tmoigna pas un regret1 il se croyait si c]ta9 de p\voir promptem5t rp>] cette p]te qu'il avait fait faire cette v5te rmr4 ,c5t toiles pe9tes n'tai5t ri5 aux yeux de ,josph9e auprs du bonheur dome/ique et de la satisfaction de son m>i2 elle fit d'ailleurs remplir la gal]ie avec les tableaux qui meublai5t les app>tem5ts de rception1 et p\r dissimul] le vide qu'ils laissai5t dans la maison de devant1 elle en *angea les ameublem5ts4 ,ses dettes payes1 ,bal?az> eut environ deux c5t mille francs sa disposition p\r recomm5c] ses expri5ces4 ,monsieur l'abb de ,solis et son neveu fur5t les dpositaires des qu9ze mille ducats rs]vs p> madame ,clas4 ,p\r grossir cette somme1 l'abb v5dit les ducats auxquels les vnem5ts de la gu]re cont95tale avai5t donn de la valeur4 ,c5t soixante-six mille francs en cus fur5t ent]rs dans la cave de la maison habite p> l'abb de ,solis4 ,madame ,clas eut le tri/e bonheur de voir son m>i con/amm5t occup p5dant prs de huit mois4 ,nanmo9s trop rudem5t atte9te p> le c\p qu'il lui avait port1 elle tomba dans une maladie de langueur qui devait ncessairem5t empir]4 ,la ,sci5ce dvora si compltem5t ,bal?az>1 que ni les rev]s pr\vs p> la ,france1 ni la premire *ute de ,napolon1 ni le ret\r des ,b\rbons ne le tirr5t de ses occupations2 il n'tait ni m>i1 ni pre1 ni citoy51 il fut *imi/e4 ,v]s la f9 de l'anne #ahad1 madame ,clas tait arrive un degr de consomption qui ne lui p]mettait plus de quitt] le lit4 ,ne v\lant pas vgt] dans sa *ambre1 o elle avait vcu heureuse1 o les s\v5irs de son bonheur van\i lui aurai5t inspir d'involontaires comp>aisons avec le prs5t qui l'euss5t accable1 elle demeurait dans le p>loir4 ,les mdec9s avai5t favoris le vu de son cur en tr\vant cette pice plus are1 plus gaie1 et plus conv5able sa situation que sa *ambre4 ,le lit o cette malheureuse femme a*evait de vivre1 fut dress entre la *em9e et la f5tre qui donnait sur le j>d94 ,elle passa l ses d]ni]s j\rs sa9tem5t occupe p]fectionn] l'me de ses deux filles sur lesquelles elle se plut laiss] rayonn] le feu de la si5ne4 ,affaibli dans ses manife/ations1 l'am\r conjugal p]mit l'am\r mat]nel de se dploy]4 ,la mre se montra d'autant plus *>mante qu'elle avait t>d d'tre a9si4 ,comme t\tes les p]sonnes gnreuses1 elle pr\vait de sublimes dlicatesses de s5tim5t qu'elle pr5ait p\r des remords4 ,en croyant avoir ravi quelques t5dresses dues ses enfants1 elle *]*ait ra*et] ses torts imag9aires1 et avait p\r eux des att5tions1 des so9s qui la leur r5dai5t dlicieuse2 elle v\lait en quelque sorte les faire vivre mme son cur1 les c\vrir de ses ailes dfaillantes et les aim] en un j\r p\r t\s ceux p5dant lesquels elle les avait ngligs4 ,les s\ffrances donnai5t ses c>esses1 ses p>oles1 une onctueuse tideur qui s'exhalait de son me4 ,ses yeux c>essai5t ses enfants avant que sa voix ne les mt p> des intonations ple9es de bons v\loirs1 et sa ma9 semblait t\j\rs v]s] sur eux des bndictions4 ,si aprs avoir repris ses habitudes de luxe1 la maison ,clas ne reut bi5tt plus p]sonne1 si son isolem5t r$ev9t plus complet1 si ,bal?az> ne donna plus de fte l'anniv]saire de son m>iage1 la ville de ,d\ai n'en fut pas surprise4 ,d'abord la maladie de madame ,clas p>ut une raison suffisante de ce *angem5t1 puis le paiem5t des dettes arrta le c\rs des mdisances1 enf9 les vicissitudes politiques auxquelles la ,fl&re fut s\mise1 la gu]re des ,c5t ,j\rs1 l'occupation trangre fir5t compltem5t oubli] le *imi/e4 ,p5dant ces deux annes1 la ville fut si s\v5t sur le po9t d'tre prise1 si conscutivem5t occupe soit p> les ,franais1 soit p> les ennemis2 il y v9t tant d'trang]s1 il s'y rfugia tant de campagn>ds1 il y eut tant d'intrts s\levs1 tant d'exi/5ces mises en "q1 tant de m\vem5ts et de malheurs1 que *acun ne p\vait p5s] qu' soi4 ,l'abb de ,solis et son neveu1 les deux frres ,pi]qu9 tai5t les seules p]sonnes qui v9ss5t visit] madame ,clas1 l'hiv] de #ahad #ahae fut p\r elle la plus d\l\reuse des agonies4 ,son m>i v5ait r>em5t la voir1 il re/ait bi5 aprs le dn] p5dant quelques heures prs d'elle1 mais comme elle n'avait plus la =ce de s\t5ir une longue conv]sation1 il disait une ou deux phrases t]nellem5t semblables1 s'asseyait1 se taisait et laissait rgn] au p>loir un p\vantable sil5ce4 ,cette monotonie tait div]sifie les j\rs o l'abb de ,solis et son neveu passai5t la soire la maison ,clas4 ,p5dant que le vieil abb j\ait au trictrac avec ,bal?az>1 ,m>gu]ite causait avec ,emmanuel1 prs du lit de sa mre qui s\riait leurs innoc5tes joies sans faire ap]cevoir combi5 tait la fois d\l\reuse et bonne sur son me meurtrie1 la brise fra*e de ces virg9ales am\rs dbordant p> vagues et p>oles p>oles4 ,l'inflexion de voix qui *>mait ces deux enfants lui brisait le cur1 un c\p d'il d'intellig5ce surpris entre eux la jetait1 elle quasi morte1 en des s\v5irs de ses heures jeunes et heureuses qui r5dai5t au prs5t t\te son am]tume4 ,emmanuel et ,m>gu]ite avai5t une dlicatesse qui leur faisait rprim] les dlicieux enfantillages de l'am\r p\r n'en pas (f5s] une femme endolorie dont les blessures tai5t in/9ctivem5t dev9es p> eux4 ,p]sonne encore n'a rem>qu que les s5tim5ts ont une vie qui leur e/ propre1 une nature qui procde des circon/ances au milieu desquelles ils sont ns2 ils g>d5t et la physionomie des lieux o ils ont gr&i et l'empre9te des ides qui ont influ sur leurs dveloppem5ts4 ,il e/ des passions ardemm5t conues qui re/5t ard5tes comme celle de madame ,clas p\r son m>i2 puis il e/ des s5tim5ts auxquels t\t a s\ri1 qui cons]v5t une allgresse mat9ale1 leurs moissons de joie ne vont jamais sans des rires et des ftes2 mais il se r5contre aussi des am\rs fatalem5t encadrs de mlancolie ou c]cls p> le malheur1 dont les plaisirs sont pnibles1 coteux1 *>gs de cra9tes1 empoisonns p> des remords ou ple9s de dsesprance4 ,l'am\r enseveli dans le cur d',emmanuel et de ,m>gu]ite sans que ni l'un ni l'autre ne compriss5t encore qu'il s'en allait de l'am\r1 ce s5tim5t clos s\s la vote sombre de la gal]ie ,clas1 devant un vieil abb svre1 dans un mom5t de sil5ce et de calme2 cet am\r grave et discret1 mais f]tile en nuances d\ces1 en volupts secrtes1 sav\res comme des grappes voles au co9 d'une vigne1 subissait la c\leur brune1 les te9tes grises qui le dcorr5t ses premires heures4 ,en n'osant se livr] aucune dmon/ration vive devant ce lit de d\leur1 ces deux enfants agr&issai5t leurs j\issances leur insu p> une conc5tration qui les imprimait au fond de leur cur4 ,c'tait des so9s donns la malade1 et auxquels aimait p>ticip] ,emmanuel1 heureux de p\voir s'unir ,m>gu]ite en se faisant p> avance le fils de cette mre4 ,un rem]cm5t mlancolique remplaait sur les lvres de la jeune fille le mielleux langage des amants4 ,les s\pirs de leurs curs1 remplis de joie p> quelque reg>d *ang1 se di/+uai5t peu des s\pirs arra*s p> le spectacle de la d\leur mat]nelle4 ,leurs bons petits mom5ts d'aveux indirects1 de promesses ina*eves1 d'pan\issem5ts comprims p\vai5t se comp>] ces allgories pe9tes p> ,raphal sur des fonds noirs4 ,ils avai5t l'un et l'autre une c]titude qu'ils ne s'av\ai5t pas2 ils savai5t le soleil au-dessus d'eux1 mais ils ignorai5t quel v5t *ass]ait les gros nuages noirs amoncels sur leurs ttes2 ils d\tai5t de l'av5ir1 et craignant d'tre t\j\rs escorts p> des s\ffrances1 ils re/ai5t timidem5t dans les ombres de ce crpuscule1 sans os] se dire3 ,a*v]ons-n\s ensemble la j\rne8 ,nanmo9s la t5dresse que madame ,clas tmoignait ses enfants ca*ait noblem5t t\t ce qu'elle se taisait elle-mme4 ,ses enfants ne lui causai5t ni tressaillem5t ni t]reur1 ils tai5t sa consolation1 mais ils n'tai5t pas sa vie2 elle vivait p> eux1 elle m\rait p\r ,bal?az>4 ,quelque pnible que ft p\r elle la prs5ce de son m>i p5sif durant des heures entires1 et qui lui jetait de temps en temps un reg>d monotone1 elle n'oubliait ses d\leurs que p5dant ces cruels in/ants4 ,l'indiffr5ce de ,bal?az> p\r cette femme m\rante et sembl crim9elle quelque trang] qui en aurait t le tmo92 mais madame ,clas et ses filles s'y tai5t acc\tumes1 elles connaissai5t le cur de cet homme1 et l'absolvai5t4 ,si1 p5dant la j\rne1 madame ,clas subissait quelque crise dang]euse1 si elle se tr\vait plus mal1 si elle p>aissait prs d'expir]1 ,clas tait le seul dans la maison et dans la ville qui l'ignort2 ,lemulqu9i]1 son valet de *ambre1 le savait3 mais ni ses filles auxquelles leur mre imposait sil5ce1 ni sa femme ne lui appr5ai5t les dang]s que c\rait une crature jadis si ardemm5t aime4 ,qu& son pas ret5tissait dans la gal]ie au mom5t o il v5ait dn]1 madame ,clas tait heureuse1 elle allait le voir1 elle rassemblait ses =ces p\r gt] cette joie4 ,a l'in/ant o il entrait1 cette femme ple et demi-morte se colorait vivem5t1 repr5ait un semblant de sant1 le savant arrivait auprs du lit1 lui pr5ait la ma91 et la voyait s\s une fausse app>5ce2 p\r lui seul1 elle tait bi54 ,qu& il lui dem&ait3 ,ma *re femme1 comm5t v\s tr\vez-v\s auj\rd'hui8 elle lui rpondait3 ,mieux1 mon ami6 et faisait croire cet homme di/rait que le l5dema9 elle s]ait leve1 rtablie4 ,la proccupation de ,bal?az> tait si gr&e qu'il acceptait la maladie dont m\rait sa femme1 comme une simple indisposition4 ,moribonde p\r t\t le monde1 elle tait vivante p\r lui4 ,une sp>ation complte entre ces p\x fut le rsultat de cette anne4 ,clas c\*ait lo9 de sa femme1 se levait ds le mat91 et s'enf]mait dans son laboratoire ou dans son cab9et2 en ne la voyant plus qu'en prs5ce de ses filles ou des deux ou trois amis qui v5ai5t la visit]1 il se d%abitua d'elle4 ,ces deux tres1 jadis acc\tums p5s] ensemble1 n'eur5t plus1 que de lo9 en lo91 ces mom5ts de communication1 d'ab&on1 d'pan*em5t qui con/itu5t la vie du cur1 et il v9t un mom5t o ces r>es volupts cessr5t4 ,les s\ffrances physiques v9r5t au sec\rs de cette pauvre femme1 et l'aidr5t support] un vide1 une sp>ation qui l'et tue1 si elle avait t vivante4 ,elle pr\va de si vives d\leurs que1 p>fois1 elle fut heureuse de ne pas en r5dre tmo9 celui qu'elle aimait t\j\rs4 ,elle contemplait ,bal?az> p5dant une p>tie de la soire1 et le sa*ant heureux comme il v\lait l'tre1 elle p\sait ce bonheur qu'elle lui avait procur4 ,cette frle j\issance lui suffisait1 elle ne se dem&ait plus si elle tait aime1 elle s'ef=ait de le croire1 et glissait sur cette c\*e de glace sans os] appuy]1 craignant de la rompre et de noy] son cur dans un affreux nant4 ,comme nul vnem5t ne tr\blait ce calme1 et que la maladie qui dvorait l5tem5t madame ,clas contribuait cette paix intrieure1 en ma9t5ant l'affection conjugale un tat passif1 il fut facile d'atte9dre dans ce morne tat les premi]s j\rs de l'anne #ahaf4 ,v]s la f9 du mois de fvri]1 ,pi]qu9 le notaire porta le c\p qui devait prcipit] dans la tombe une femme anglique dont l'me1 disait l'abb de ,solis1 tait presque sans p*4 --,madame1 lui dit-il l'oreille en saisissant un mom5t o ses filles ne p\vai5t pas ent5dre leur conv]sation1 monsieur ,clas m'a *>g d'emprunt] trois c5t mille francs sur ses proprits1 pr5ez des prcautions p\r la =tune de vos enfants4 ,madame ,clas joignit les ma9s1 leva les yeux au plafond1 et rem]cia le notaire p> une incl9ation de tte bi5veillante et p> un s\rire tri/e dont il fut mu4 ,cette phrase fut un c\p de poign>d qui tua ,ppita4 ,dans cette j\rne elle s'tait livre des rflexions tri/es qui lui avai5t gonfl le cur1 et se tr\vait dans une de ces situations o le voyageur1 n'ayant plus son quilibre1 r\le p\ss p> un lg] caill\ jusqu'au fond du prcipice qu'il a longtemps et c\rageusem5t ctoy4 ,qu& le notaire fut p>ti1 madame ,clas se fit donn] p> ,m>gu]ite t\t ce qui lui tait ncessaire p\r crire1 rassembla ses =ces et s'occupa p5dant quelques in/ants d'un crit te/am5taire4 ,elle s'arrta plusieurs fois p\r contempl] sa fille4 ,l'heure des aveux tait v5u4 ,en conduisant la maison depuis la maladie de sa mre1 ,m>gu]ite avait si bi5 ralis les esprances de la m\rante que madame ,clas jeta sur l'av5ir de sa famille un c\p d'il sans dsespoir1 en se voyant revivre dans cet ange aimant et =t4 ,sans d\te ces deux femmes press5tai5t de mutuelles et tri/es confid5ces se faire1 la fille reg>dait sa mre aussitt que sa mre la reg>dait1 et t\tes deux r\lai5t des l>mes dans leurs yeux4 ,plusieurs fois1 ,m>gu]ite1 au mom5t o madame ,clas se reposait1 disait3--,ma mre8 comme p\r p>l]2 puis1 elle s'arrtait1 comme suffoque1 sans que sa mre trop occupe p> ses d]nires p5ses lui dem&t compte de cette int]rogation4 ,enf91 madame ,clas v\lut ca*et] sa lettre2 ,m>gu]ite1 qui lui t5ait une b\gie1 se retira p> discrtion p\r ne pas voir la suscription4 --,tu peux lire1 mon enfant6 lui dit sa mre d'un ton d*irant4 ,m>gu]ite vit sa mre traant ces mots3 ,a ma fille ,m>gu]ite4 --,n\s caus]ons qu& je me s]ai repose1 aj\ta-t-elle en mettant la lettre s\s son *evet4 ,puis elle tomba sur son oreill] comme puise p> l'ef=t qu'elle v5ait de faire et dormit durant quelques heures4 ,qu& elle s'veilla1 ses deux filles1 ses deux fils tai5t g5\x devant son lit1 et priai5t avec f]veur4 ,ce j\r tait un jeudi4 ,gabriel et ,jean v5ai5t d'arriv] du collge1 am5s p> ,emmanuel de ,solis1 nomm depuis six mois pr(esseur d'hi/oire et de philosophie4 --,*]s enfants1 il faut n\s dire adieu1 s'cria-t-elle4 ,v\s ne m'ab&onnez pas1 v\s6 et celui que444 ,elle n'a*eva pas4 --,monsieur ,emmanuel1 dit ,m>gu]ite en voyant plir sa mre1 allez dire mon pre que maman se tr\ve plus mal4 ,le jeune ,solis monta jusqu'au laboratoire1 et aprs avoir obt5u de ,lemulqu9i] que ,bal?az> vnt lui p>l]1 celui-ci rpondit la dem&e pressante du jeune homme3--,j'y vais4 --,mon ami1 dit madame ,clas ,emmanuel qu& il fut de ret\r1 emm5ez mes deux fils et allez *]*] votre oncle4 ,il e/ ncessaire1 je crois1 de me donn] les d]ni]s sacrem5ts1 je v\drais les recevoir de sa ma94 ,qu& elle se tr\va seule avec ses deux filles1 elle fit un signe ,m>gu]ite qui1 compr5ant sa mre1 r5voya ,flicie4 --,j'avais v\s p>l] aussi1 ma *re maman1 dit ,m>gu]ite qui ne croyant pas sa mre aussi mal qu'elle l'tait1 agr&it la blessure faite p> ,pi]qu94 ,depuis dix j\rs1 je n'ai plus d'arg5t p\r les dp5ses de la maison1 et je dois aux dome/iques six mois de gages4 ,j'ai v\lu dj deux fois dem&] de l'arg5t mon pre1 et je ne l'ai pas os4 ,v\s ne savez pas6 les tableaux de la gal]ie et la cave ont t v5dus4 --,il ne m'a pas dit un mot de t\t cela1 s'cria madame ,clas4 ,o mon ,dieu6 v\s me rappelez temps v]s v\s4 ,mes pauvres enfants1 que devi5drez-v\s8 ,elle fit une prire ard5te qui lui teignit les yeux des feux du rep5tir4--,m>gu]ite1 reprit-elle en tirant la lettre de dess\s son *evet1 voici un crit que v\s n'ouvrirez et ne lirez qu'au mom5t o1 aprs ma mort1 v\s s]ez dans la plus gr&e dtresse1 c'e/--dire si v\s manquiez de pa9 ici4 ,ma *re ,m>gu]ite1 aime bi5 ton pre1 mais aie so9 de ta sur et de tes frres4 ,dans quelques j\rs1 dans quelques heures peut-tre6 tu vas tre la tte de la maison4 ,sois conome4 ,si tu te tr\vais oppose aux volonts de ton pre1 et le cas p\rrait arriv]1 puisqu'il a dp5s de gr&es sommes *]*] un secret dont la dc\v]te doit tre l'objet d'une gloire et d'une =tune imm5se1 il aura sans d\te beso9 d'arg5t1 peut-tre t'en dem&]a-t-il1 dploie alors t\te la t5dresse d'une fille1 et sa*e concili] les intrts dont tu s]as la seule protectrice avec ce que tu dois un pre1 un gr& homme qui sacrifie son bonheur1 sa vie1 l'illu/ration de sa famille2 il ne p\rrait avoir tort que dans la =me1 ses int5tions s]ont t\j\rs nobles1 il e/ si excell5t1 son cur e/ ple9 d'am\r2 v\s le rev]rez bon et affectueux1 v\s6 ,j'ai d te dire ces p>oles sur le bord de la tombe1 ,m>gu]ite4 ,si tu veux ad\cir les d\leurs de ma mort1 tu me promettras1 mon enfant1 de me remplac] prs de ton pre1 de ne lui po9t caus] de *agr92 ne lui repro*e ri51 ne le juge pas6 ,enf91 sois une mdiatrice d\ce et complaisante jusqu' ce que1 son uvre t]m9e1 il r$evi5ne le *ef de sa famille4 --,je v\s compr5ds1 ma mre *rie1 dit ,m>gu]ite en baisant les yeux enflamms de la m\rante1 et je f]ai comme il v\s plat4 --,ne te m>ie1 mon ange1 reprit madame ,clas1 qu'au mom5t o ,gabriel p\rra te succd] dans le g\v]nem5t des affaires et de la maison4 ,ton m>i1 si tu te m>iais1 ne p>tag]ait peut-tre pas tes s5tim5ts1 jett]ait le tr\ble dans la famille et t\rm5t]ait ton pre4 ,m>gu]ite reg>da sa mre et lui dit3--,n'avez-v\s aucune autre recomm&ation me faire sur mon m>iage8 --,hsit]ais-tu1 ma *re enfant8 dit la m\rante d'effroi4 --,non1 rpondit-elle1 je v\s promets de v\s obir4 --,pauvre fille1 je n'ai pas su me sacrifi] p\r v\s1 aj\ta la mre en v]sant des l>mes *audes1 et je te dem&e de te sacrifi] p\r t\s4 ,le bonheur r5d g/e4 ,oui1 ,m>gu]ite1 j'ai t faible p>ce que j'tais heureuse4 ,sois =te1 cons]ve de la raison p\r ceux qui n'en auront pas ici4 ,fais en sorte que tes frres1 que ta sur ne m'accus5t jamais4 ,aime bi5 ton pre1 mais ne le contr>ie pas444 trop4 ,elle p5*a la tte sur son oreill] et n'aj\ta pas un mot1 ses =ces l'avai5t trahie4 ,le combat intrieur entre la ,femme et la ,mre avait t trop viol5t4 ,quelques in/ants aprs1 le cl]g v9t1 prcd de l'abb de ,solis1 et le p>loir fut rempli p> les g5s de la maison4 ,qu& la crmonie comm5a1 madame ,clas1 que son confesseur avait rveille1 reg>da t\tes les p]sonnes qui tai5t aut\r d'elle1 et n'y vit pas ,bal?az>4 --,et monsieur8 dit-elle4 ,ce mot1 o se rsumai5t et sa vie et sa mort1 fut prononc d'un ton si lam5table1 qu'il causa un frmissem5t horrible dans l'assemble4 ,malgr son gr& ge1 ,m>?a s'lana comme une fl*e1 monta les escali]s et frappa durem5t la porte du laboratoire4 --,monsieur1 madame se meurt1 et l'on v\s att5d p\r l'adm9i/r]1 cria-t-elle avec la viol5ce de l'indignation4 --,je desc5ds1 rpondit ,bal?az>4 ,lemulqu9i] v9t un mom5t aprs1 en disant que son matre le suivait4 ,madame ,clas ne cessa de reg>d] la porte du p>loir1 mais son m>i ne se montra qu'au mom5t o la crmonie tait t]m9e4 ,l'abb de ,solis et les enfants ent\rai5t le *evet de la m\rante4 ,en voyant entr] son m>i1 ,josph9e r\git1 et quelques l>mes r\lr5t sur ses j\es4 --,tu allais sans d\te dcompos] l'azote1 lui dit-elle avec une d\ceur d'ange qui fit frissonn] les assi/ants4 --,c'e/ fait1 s'cria-t-il d'un air joyeux4 ,l'azote conti5t de l'oxygne et une sub/ance de la nature des impondrables qui vraisemblablem5t e/ le pr9cipe de la444 ,il s'leva des murmures d'horreur qui l'int]rompir5t et lui r5dir5t sa prs5ce d'esprit4 --,que m'a-t-on dit8 reprit-il4 ,tu es donc plus mal8 ,qu'e/-il arriv8 --,il arrive1 monsieur1 lui dit l'oreille l'abb de ,solis indign1 que votre femme se meurt et que v\s l'avez tue4 ,sans att5dre de rponse1 l'abb de ,solis prit le bras d',emmanuel et sortit suivi des enfants qui le conduisir5t jusque dans la c\r4 ,bal?az> demeura comme f\droy et reg>da sa femme en laissant tomb] quelques l>mes4 --,tu meurs et je t'ai tue1 s'cria-t-il4 ,que dit-il donc8 --,mon ami1 reprit-elle1 je ne vivais que p> ton am\r1 et tu m'z ton insu retir ma vie4 --,laissez-n\s1 dit ,clas ses enfants au mom5t o ils entrr5t4 ,ai-je donc un seul in/ant cess de t'aim]8 reprit-il en s'asseyant au *evet de sa femme et lui pr5ant les ma9s qu'il baisa4 --,mon ami1 je ne te repro*]ai ri54 ,tu m'z r5due heureuse1 trop heureuse2 je n'ai pu s\t5ir la comp>aison des premi]s j\rs de notre m>iage qui tai5t ple9s1 et de ces d]ni]s j\rs p5dant lesquels tu n'z plus t toi-mme et qui ont t vides4 ,la vie du cur1 comme la vie physique1 a ses actions4 ,depuis six ans1 tu z t mort l'am\r1 la famille1 t\t ce qui faisait notre bonheur4 ,je ne te p>l]ai pas des flicits qui sont l'apanage de la jeunesse1 elles doiv5t cess] dans l'arrire-saison de la vie2 mais elles laiss5t des fruits dont se n\rriss5t les mes1 une confiance sans bornes1 de d\ces habitudes2 eh6 bi51 tu m'z ravi ces trsors de notre ge4 ,je m'en vais temps3 n\s ne vivions ensemble d'aucune manire1 tu me ca*ais tes p5ses et tes actions4 ,comm5t es-tu donc arriv me cra9dre8 ,t'ai-je jamais adress une p>ole1 un reg>d1 un ge/e empre9ts de blme8 ,eh6 bi51 tu z v5du tes d]ni]s tableaux1 tu z v5du jusqu'aux v9s de ta cave1 et tu empruntes de n\veau sur tes bi5s sans m'en avoir dit un mot4 ,ah6 je sortirai donc de la vie1 dgte de la vie4 ,si tu commets des fautes1 si tu t'aveugles en p\rsuivant l'impossible1 ne t'ai-je donc pas montr qu'il y avait en moi assez d'am\r p\r tr\v] de la d\ceur p>tag] tes fautes1 t\j\rs m>*] prs de toi1 m'eusses-tu m5e dans les *em9s du crime4 ,tu m'z trop bi5 aime2 l e/ ma gloire et l ma d\leur4 ,ma maladie a dur longtemps1 ,bal?az>2 elle a comm5c le j\r qu' cette place o je vais expir] tu m'z pr\v que tu app>t5ais plus la ,sci5ce qu' la ,famille4 ,voici ta femme morte et ta propre =tune consume4 ,ta =tune et ta femme t'app>t5ai5t1 tu p\vais en dispos]2 mais le j\r o je ne s]ai plus1 ma =tune s]a celle de tes enfants1 et tu ne p\rras en ri5 pr5dre4 ,que vas-tu donc dev5ir8 ,ma9t5ant1 je te dois la vrit1 les m\rants voi5t lo96 o s]a dsormais le contre-poids qui balanc]a la passion maudite de laquelle tu z fait ta vie8 ,si tu m'y z sacrifie1 tes enfants s]ont bi5 lg]s devant toi1 c> je te dois cette ju/ice d'av\] que tu me prfrais t\t4 ,deux millions et six annes de travaux ont t jets dans ce g\ffre1 et tu n'z ri5 tr\v444 ,a ces mots1 ,clas mit sa tte blan*ie dans ses ma9s et se ca*a le visage4 --,tu ne tr\v]as ri5 que la honte p\r toi1 la misre p\r tes enfants1 reprit la m\rante4 ,dj l'on te nomme p> drision ,clas-l'al*imi/e1 plus t>d ce s]a ,clas-le-f\6 ,moi1 je crois en toi4 ,je te sais gr&1 savant1 ple9 de gnie2 mais p\r le vulgaire1 le gnie ressemble de la folie4 ,la gloire e/ le soleil des morts2 de ton vivant tu s]as malheureux comme t\t ce qui fut gr&1 et tu ru9]as tes enfants4 ,je m'en vais sans avoir j\i de ta r5omme1 qui m'et console d'avoir p]du le bonheur4 ,eh6 bi51 mon *] ,bal?az>1 p\r me r5dre cette mort mo9s amre1 il faudrait que je fusse c]ta9e que nos enfants auront un morceau de pa92 mais ri51 pas mme toi1 ne p\rrait calm] mes inquitudes444 --,je jure1 dit ,clas1 de444 --,ne jure pas1 mon ami1 p\r ne po9t manqu] tes s]m5ts1 dit-elle en l'int]rompant4 ,tu n\s devais ta protection1 elle n\s a failli depuis prs de sept annes4 ,la sci5ce e/ ta vie4 ,un gr& homme ne peut avoir ni femme1 ni enfants4 ,allez seuls dans vos voies de misre6 vos v]tus ne sont pas celles des g5s vulgaires1 v\s app>t5ez au monde1 v\s ne sauriez app>t5ir ni une femme1 ni une famille4 ,v\s dess*ez la t]re l'ent\r de v\s comme font de gr&s arbres6 moi1 pauvre plante1 je n'ai pu m'lev] assez haut1 j'expire moiti de ta vie4 ,j'att5dais ce d]ni] j\r p\r te dire ces horribles p5ses1 que je n'ai dc\v]tes qu'aux clairs de la d\leur et du dsespoir4 p>gne mes enfants6 ,que ce mot ret5tisse dans ton cur6 ,je te le dirai jusqu' mon d]ni] s\pir4 ,la femme e/ morte1 vois-tu8 tu l'z dp\ille l5tem5t et graduellem5t de ses s5tim5ts1 de ses plaisirs4 ,hlas6 sans ce cruel so9 que tu z pris involontairem5t1 aurais-je vcu si long-temps8 ,mais ces pauvres enfants ne m'ab&onnai5t pas1 eux6 ils ont gr&i prs de mes d\leurs1 la mre a survcu4 p>gne1 p>gne nos enfants4 --,lemulqu9i]1 cria ,bal?az> d'une voix tonnante4 ,le vieux valet se montra s\da94--,allez t\t dtruire l-haut1 ma*9es1 app>eils2 faites avec prcaution1 mais brisez t\t4 ,je r5once la sci5ce6 dit-il sa femme4 --,il e/ trop t>d1 aj\ta-t-elle en reg>dant ,lemulqu9i]4 ,m>gu]ite1 s'cria-t-elle en se s5tant m\rir4 ,m>gu]ite se montra sur le seuil de la porte1 et jeta un cri p]ant en voyant les yeux de sa mre qui plissai5t4--,m>gu]ite6 rpta la m\rante4 ,cette d]nire exclamation cont5ait un si viol5t appel sa fille1 elle l'inve/issait de tant d'autorit1 que ce cri fut t\t un te/am5t4 ,la famille p\vante acc\rut1 et vit expir] madame ,clas qui avait puis les d]nires =ces de sa vie dans sa conv]sation avec son m>i4 ,bal?az> et ,m>gu]ite immobiles1 elle au *evet1 lui au pi$ du lit1 ne p\vai5t croire la mort de cette femme dont t\tes les v]tus et l'9puisable t5dresse n'tai5t connues que d'eux4 ,le pre et la fille *angr5t un reg>d pesant de p5ses3 la fille jugeait son pre1 le pre tremblait dj de tr\v] dans sa fille l'in/rum5t d'une v5geance4 ,quoique les s\v5irs d'am\r p> lesquels sa femme avait rempli sa vie rev9ss5t en f\le assig] sa mmoire et donnass5t aux d]nires p>oles de la morte une sa9te autorit qui devait t\j\rs lui en faire c\t] la voix1 ,bal?az> d\tait de son cur trop faible contre son gnie2 puis1 il ent5dait un t]rible grondem5t de passion qui lui niait la =ce de son rep5tir1 et lui faisait peur de lui-mme4 ,qu& cette femme eut disp>u1 *acun comprit que la maison ,clas avait une me et que cette me n'tait plus4 ,aussi la d\leur fut-elle si vive dans la famille1 que le p>loir o la noble ,josph9e semblait revivre re/a f]m1 p]sonne n'avait le c\rage d'y entr]4 ,la ,socit ne pratique aucune des v]tus qu'elle dem&e aux hommes1 elle commet des crimes t\te heure1 mais elle les commet en p>oles2 elle prp>e les mauvaises actions p> la plaisant]ie1 comme elle dgrade le beau p> le ridicule2 elle se moque des fils qui pleur5t trop leurs pres1 elle ana?matise ceux qui ne les pleur5t pas assez2 puis elle s'amuse1 ,elle6 s\pes] les cadavres avant qu'ils ne soi5t refroidis4 ,le soir du j\r o madame ,clas expira1 les amis de cette femme jetr5t quelques fleurs sur sa tombe entre deux p>ties de :i/1 r5dir5t hommage ses belles qualits en *]*ant du cur ou du pique4 ,puis1 aprs quelques phrases lacrymales qui sont l',a1 b1 bi1 bo1 bu de la d\leur collective1 et qui se prononc5t avec les mmes intonations1 sans plus ni mo9s de s5tim5t1 dans t\tes les villes de ,france et t\te heure1 *acun *iffra le produit de cette succession4 ,pi]qu91 le premi]1 fit obs]v] ceux qui causai5t de cet vnem5t que la mort de cette excell5te femme tait un bi5 p\r elle1 son m>i la r5dait trop malheureuse2 mais que c'tait1 p\r ses enfants1 un plus gr& bi5 encore2 elle n'aurait pas su refus] sa =tune son m>i qu'elle adorait1 t&is qu'auj\rd'hui ,clas n'en p\vait plus dispos]4 ,et *acun d'e/im] la succession de la pauvre madame ,clas1 de supput] ses conomies 7en avait-elle fait8 n'en avait-elle pas fait871 d'inv5tori] ses bij\x1 d'tal] sa g>de-robe1 de f\ill] ses tiroirs1 p5dant que la famille afflige pleurait et priait aut\r du lit mortuaire4 ,avec le c\p d'il d'un ,jur-peseur de =tunes1 ,pi]qu9 calcula que les propres de madame ,clas1 p\r employ] son expression1 p\vai5t encore se retr\v] et devai5t mont] une somme d'environ qu9ze c5t mille francs reprs5te soit p> la =t de ,waignies dont les bois avai5t depuis d\ze ans acquis un prix norme1 et il en compta les futaies1 les baliveaux1 les anci5s1 les mod]nes1 soit p> les bi5s de ,bal?az> qui tait encore bon p\r remplir ses enfants1 si la valeur de la liquidation ne l'acquittai5t pas env]s eux4 ,mademoiselle ,clas tait donc1 p\r p>l] t\j\rs son argot1 une fille de quatre c5t mille francs4 ,mais si elle ne se m>ie pas promptem5t1 aj\ta-t-il1 ce qui l'mancip]ait1 et p]mettrait de licit] la =t de ,waignies1 de liquid] la "p des m9eurs1 et de l'employ] de manire ce que le pre n'y t\*e pas1 monsieur ,clas e/ homme ru9] ses enfants4 ,*acun *]*a quels tai5t dans la prov9ce les jeunes g5s capables de prt5dre la ma9 de mademoiselle ,clas1 mais p]sonne ne fit au notaire la galant]ie de l'en suppos] digne4 ,le notaire tr\vait des raisons p\r rejet] *acun des p>tis proposs comme indigne de ,m>gu]ite4 ,les int]locuteurs se reg>dai5t en s\riant1 et pr5ai5t plaisir prolong] cette malice de prov9ce4 ,pi]qu9 avait dj vu dans la mort de madame ,clas un vnem5t favorable ses prt5tions1 et il dpeait dj ce cadavre son pr(it4 --,cette bonne femme-l1 se dit-il en r5trant *ez lui p\r se c\*]1 tait fire comme un paon1 et ne m'aurait jamais donn sa fille4 ,h6 h6 p\rquoi ne manuvr]ais-je pas ma9t5ant de manire l'p\s]8 ,le pre ,clas e/ un homme ivre de c>bone qui ne se s\cie plus de ses enfants2 si je lui dem&e sa fille1 aprs avoir conva9cu ,m>gu]ite de l'urg5ce o elle e/ de se m>i] p\r sauv] la =tune de ses frres et de sa sur1 il s]a cont5t de se db>rass] d'une enfant qui peut le tracass]4 ,il s'endormit en entrevoyant les beauts matrimoniales du contrat1 en mditant t\s les avantages que lui (frait cette affaire1 et les g>anties qu'il tr\vait p\r son bonheur dans la p]sonne dont il se faisait l'p\x4 ,il tait difficile de r5contr] dans la prov9ce une jeune p]sonne plus dlicatem5t belle et mieux leve que ne l'tait ,m>gu]ite4 ,sa mode/ie1 sa grce tai5t comp>ables celles de la jolie fleur qu',emmanuel n'avait os nomm] devant elle1 en craignant de dc\vrir a9si les vux secrets de son cur4 ,ses s5tim5ts tai5t fi]s1 ses pr9cipes tai5t religieux1 elle devait tre une *a/e p\se2 mais elle ne flattait pas seulem5t la vanit que t\t homme porte plus ou mo9s dans le *oix d'une femme1 elle satisfaisait encore l'orgueil du notaire p> l'imm5se considration dont sa famille1 d\blem5t noble1 j\issait en ,fl&re et que p>tag]ait son m>i4 ,le l5dema91 ,pi]qu9 tira de sa caisse quelques billets de mille francs et v9t amicalem5t les (frir ,bal?az>1 af9 de lui vit] des ennuis pcuniaires au mom5t o il tait plong dans la d\leur4 ,t\* de cette att5tion dlicate1 ,bal?az> f]ait sans d\te sa fille l'loge du cur et de la p]sonne du notaire4 ,il n'en fut ri54 ,monsieur ,clas et sa fille tr\vr5t cette action t\te simple1 et leur s\ffrance tait trop exclusive p\r qu'ils p5sass5t ,pi]qu94 ,en effet1 le dsespoir de ,bal?az> fut si gr&1 que les p]sonnes disposes blm] sa conduite la lui p>donnr5t1 mo9s au nom de la ,sci5ce qui p\vait l'excus]1 qu'en faveur de ses regrets qui ne rp>ai5t po9t le mal4 ,le monde se cont5te de grimaces1 il se paye de ce qu'il donne1 sans en vrifi] l'aloi2 p\r lui1 la vraie d\leur e/ un spectacle1 une sorte de j\issance qui le dispose t\t abs\dre1 mme un crim9el2 dans son avidit d'motions1 il acquitte sans disc]nem5t et celui qui le fait rire1 et celui qui le fait pleur]1 sans leur dem&] compte des moy5s4 ,m>gu]ite avait accompli sa dix-neuvime anne qu& son pre lui remit le g\v]nem5t de la maison o son autorit fut pieusem5t reconnue p> sa sur et ses deux frres qui1 p5dant les d]ni]s mom5ts de sa vie1 madame ,clas avait recomm& d'obir leur ane4 ,le deuil rehaussait sa blan*e fra*eur1 de mme que la tri/esse mettait en relief sa d\ceur et sa pati5ce4 ,ds les premi]s j\rs1 elle prodigua les preuves de ce c\rage fm991 de cette srnit con/ante que doiv5t avoir les anges *>gs de rp&re la paix1 en t\*ant de leur palme v]te les curs s\ffrants4 ,mais si elle s'habitua1 p> l'ent5te prmature de ses devoirs1 ca*] ses d\leurs1 elles n'en fur5t que plus vives2 son extrieur calme tait en dsaccord avec la pr(ondeur de ses s5sations2 et elle fut de/9e connatre de bonne heure ces t]ribles explosions de s5tim5t que le cur ne suffit pas t\j\rs cont5ir2 son pre devait sans cesse la t5ir presse entre les gnrosits naturelles aux jeunes mes1 et la voix d'une imprieuse ncessit4 ,les calculs qui l'enlacr5t le l5dema9 mme de la mort de sa mre la mir5t aux prises avec les intrts de la vie1 au mom5t o les jeunes filles n'en conoiv5t que les plaisirs4 ,affreuse ducation de s\ffrance qui n'a jamais manqu aux natures angliques6 ,l'am\r qui s'appuie sur l'arg5t et sur la vanit =me la plus op9itre des passions1 ,pi]qu9 ne v\lut pas t>d] circonv5ir l'hritire4 ,quelques j\rs aprs la prise du deuil il *]*a l'occasion de p>l] ,m>gu]ite1 et comm5a ses oprations avec une habilet qui aurait pu la sduire2 mais l'am\r lui avait jet dans l'me une clairvoyance qui l'emp*a de se laiss] pr5dre des dehors d'autant plus favorables aux tromp]ies s5tim5tales que dans cette circon/ance ,pi]qu9 dployait la bont qui lui tait propre1 la bont du notaire qui se croit aimant qu& il sauve des cus4 ,=t de sa d\teuse p>5t1 de la con/ante habitude qu'il avait de faire les affaires et de p>tag] les secrets de cette famille1 sr de l'e/ime et de l'amiti du pre1 bi5 s]vi p> l'ins\ciance d'un savant qui n'avait aucun projet arrt p\r l'tablissem5t de sa fille1 et ne supposant pas que ,m>gu]ite pt avoir une prdilection1 il lui laissa jug] une p\rsuite qui ne j\ait la passion que p> l'alliance des calculs les plus odieux de jeunes mes et qu'il ne sut pas voil]4 ,ce fut lui qui se montra naf1 ce fut elle qui usa de dissimulation1 prcism5t p>ce qu'il croyait agir contre une fille sans df5se1 et qu'il mconnut les privilges de la faiblesse4 --,ma *re c\s9e1 dit-il ,m>gu]ite avec laquelle il se prom5ait dans les alles du petit j>d91 v\s connaissez mon cur et v\s savez combi5 je suis port respect] les s5tim5ts d\l\reux qui v\s affect5t en ce mom5t4 ,j'ai l'me trop s5sible p\r tre notaire1 je ne vis que p> le cur et je suis oblig de m'occup] con/amm5t des intrts d'autrui1 qu& je v\drais me laiss] all] aux motions d\ces qui font la vie heureuse4 ,aussi s\ffr-je beauc\p d'tre =c de v\s p>l] de projets discordants avec l'tat de votre me1 mais il le faut4 ,j'ai beauc\p p5s v\s depuis quelques j\rs4 ,je vi5s de reconnatre que1 p> une fatalit s+ulire1 la =tune de vos frres et de votre sur1 la vtre mme1 sont en dang]4 ,v\lez-v\s sauv] votre famille d'une ru9e complte8 --,que faudrait-il faire8 dit-elle effraye demi p> ces p>oles4 --,v\s m>i]1 rpondit ,pi]qu94 --,je ne me m>i]ai po9t1 s'cria-t-elle4 --,v\s v\s m>i]ez1 reprit le notaire1 qu& v\s aurez rfl*i mrem5t la situation critique dans laquelle v\s tes444 --,comm5t mon m>iage peut-il sauv]444 --,voil o je v\s att5dais1 ma c\s9e1 dit-il en l'int]rompant4 ,le m>iage mancipe6 --,p\rquoi m'mancip]ait-on8 dit ,m>gu]ite4 --,p\r v\s mettre en possession1 ma *re petite c\s9e1 dit le notaire d'un air de triomphe4 ,dans cette occurr5ce1 v\s pr5ez votre "p dans la =tune de votre mre4 ,p\r v\s le donn]1 il faut la liquid]2 or1 p\r la liquid]1 ne faudra-t-il pas licit] la =t de ,waignies8 ,cela pos1 t\tes les valeurs de la succession se capitalis]ont1 et votre pre s]a t5u1 comme tuteur1 de plac] la "p de vos frres et de votre sur1 en sorte que la ,*imie ne p\rra plus y t\*]4 --,dans le cas contraire1 qu'arriv]ait-il8 dem&a-t-elle4 --,mais1 dit le notaire1 votre pre adm9i/r]a vos bi5s4 ,s'il se remettait v\loir faire de l'or1 il p\rrait v5dre le bois de ,waignies et v\s laiss] nus comme des petits sa9t ,jean4 ,la =t de ,waignies vaut en ce mom5t prs de quatorze c5t mille francs2 mais1 qu'auj\rd'hui p\r dema91 votre pre la c\pe blanc1 vos treize c5ts arp5ts ne vaudront pas trois c5t mille francs4 ,ne vaut-il pas mieux vit] ce dang] peu prs c]ta91 en faisant *oir ds auj\rd'hui le cas de p>tage p> votre mancipation8 ,v\s sauv]ez a9si t\tes les c\pes de la =t desquelles votre pre dispos]ait plus t>d votre prjudice4 ,en ce mom5t que la ,*imie dort1 il plac]a ncessairem5t les valeurs de la liquidation sur le ,gr&-,livre4 ,les fonds sont c9quante-neuf1 ces *]s enfants auront donc prs de c9q mille livres de r5te p\r c9quante mille francs2 et att5du qu'on ne peut pas dispos] des capitaux app>t5ant aux m9eurs1 leur majorit vos frres et votre sur v]ront leur =tune d\ble4 ,t&is que1 autrem5t1 ma foi4444 ,voil4444 ,d'ailleurs votre pre a corn le bi5 de votre mre1 n\s saurons le dficit p> un inv5taire4 ,s'il e/ reliquaire1 v\s pr5drez hypo?que sur ses bi5s1 et v\s en sauv]ez dj quelque *ose4 --,fi6 dit ,m>gu]ite1 ce s]ait outrag] mon pre4 ,les d]nires p>oles de ma mre n'ont pas t prononces depuis si peu de temps que je ne puisse me les rappel]4 ,mon pre e/ incapable de dp\ill] ses enfants1 dit-elle en laissant *app] des l>mes de d\leur4 ,v\s le mconnaissez1 monsieur ,pi]qu94 --,mais si votre pre1 ma *re c\s9e1 se remet la ,*imie1 il444 --,n\s s]ions ru9s1 n'e/-ce pas8 --,oh6 mais compltem5t ru9s6 ,croyez-moi1 ,m>gu]ite1 dit-il en lui pr5ant la ma9 qu'il mit sur son cur1 je manqu]ais mes devoirs si je n'insi/ais pas4 ,votre intrt seul444 --,monsieur1 dit ,m>gu]ite d'un air froid en lui retirant sa ma91 l'intrt bi5 ent5du de ma famille exige que je ne me m>ie pas4 ,ma mre en a jug a9si4 --,c\s9e1 s'cria-t-il avec la conviction d'un homme d'arg5t qui voit p]dre une =tune1 v\s v\s suicidez1 v\s jetez l'eau la succession de votre mre4 ,eh6 bi51 j'aurai le dv\em5t de l'excessive amiti que je v\s porte6 ,v\s ne savez pas combi5 je v\s aime1 je v\s adore depuis le j\r o je v\s ai vue au d]ni] bal que votre pre a donn6 v\s tiez ravissante4 ,v\s p\vez v\s fi] la voix du cur1 qu& elle p>le intrt1 ma *re ,m>gu]ite4 ,il fit une pause4 ,oui1 n\s convoqu]ons un conseil de famille et n\s v\s mancip]ons sans v\s consult]4 --,mais qu'e/-ce donc qu'tre mancipe8 --,c'e/ j\ir de ses droits4 --,si je puis tre mancipe sans me m>i]1 p\rquoi v\lez-v\s donc que je me m>ie8 ,et avec qui8 ,pi]qu9 essaya de reg>d] sa c\s9e d'un air t5dre1 mais cette expression contra/ait si bi5 avec la rigidit de ses yeux habitus p>l] d'arg5t1 que ,m>gu]ite crut ap]cevoir du calcul dans cette t5dresse improvise4 --,v\s auriez p\s la p]sonne qui v\s aurait plu444 dans la ville444 reprit-il4 ,un m>i v\s e/ indisp5sable1 mme comme affaire4 ,v\s allez tre en prs5ce de votre pre4 ,seule1 lui rsi/]ez-v\s8 --,oui1 monsieur1 je saurai df5dre mes frres et ma sur1 qu& il en s]a temps4 --,pe/e1 la commre6 se dit ,pi]qu94 ,non1 v\s ne saurez pas lui rsi/]1 reprit-il haute voix4 --,brisons sur ce sujet1 dit-elle4 --,adieu1 c\s9e1 je t*]ai de v\s s]vir malgr v\s1 et je pr\v]ai combi5 je v\s aime en v\s protgeant1 malgr v\s1 contre un malheur que t\t le monde prvoit en ville4 --,je v\s rem]cie de l'intrt que v\s me portez2 mais je v\s supplie de ne ri5 propos] ni faire entrepr5dre qui puisse caus] le mo9dre *agr9 mon pre4 ,m>gu]ite re/a p5sive en voyant ,pi]qu9 s'loign]1 elle en comp>a la voix mtallique1 les manires qui n'avai5t que la s\plesse des ressorts1 les reg>ds qui peignai5t plus de s]vilisme que de d\ceur1 aux posies mlodieusem5t muettes dont les s5tim5ts d',emmanuel tai5t revtus4 ,quoi qu'on fasse1 quoi qu'on dise1 il exi/e un magntisme admirable dont les effets ne tromp5t jamais4 ,le son de la voix1 le reg>d1 les ge/es passionns de l'homme aimant peuv5t s'imit]1 une jeune fille peut tre trompe p> un habile comdi52 mais p\r russir1 ne doit-il pas tre seul8 ,si cette jeune fille a prs d'elle une me qui vibre l'unisson de ses s5tim5ts1 n'a-t-elle pas bi5tt reconnu les expressions du vritable am\r8 ,emmanuel se tr\vait en ce mom5t1 comme ,m>gu]ite1 s\s l'influ5ce des nuages qui1 depuis leur r5contre1 avai5t =m fatalem5t une sombre atmosphre au-dessus de leurs ttes1 et qui leur drobai5t la vue du ciel bleu de l'am\r4 ,il avait1 p\r son lue1 cette idoltrie que le dfaut d'espoir r5d si d\ce et si my/rieuse dans ses pieuses manife/ations4 ,socialem5t plac trop lo9 de mademoiselle ,clas p> son peu de =tune et n'ayant qu'un beau nom lui (frir1 il ne voyait aucune *ance d'tre accept p\r son p\x4 ,il avait t\j\rs att5du quelques enc\ragem5ts que ,m>gu]ite s'tait refuse donn] s\s les yeux dfaillants d'une m\rante4 galem5t purs1 ils ne s'tai5t donc pas encore dit une seule p>ole d'am\r4 ,leurs joies avai5t t les joies g/es que les malheureux sont =cs de sav\r] seuls4 ,ils avai5t frmi sp>m5t1 quoiqu'ils fuss5t agits p> un rayon p>ti de la mme esprance4 ,ils semblai5t avoir peur d'eux-mmes1 en se s5tant dj trop bi5 l'un l'autre4 ,aussi ,emmanuel tremblait-il d'effleur] la ma9 de la s\v]a9e laquelle il avait fait un sanctuaire dans son cur4 ,le plus ins\ciant contact aurait dvelopp *ez lui de trop irritantes volupts1 il n'aurait plus t le matre de ses s5s d*ans4 ,mais quoiqu'ils ne se fuss5t ri5 accord des frles et imm5ses1 des innoc5ts et srieux tmoignages que se p]mett5t les amants les plus timides1 ils s'tai5t nanmo9s si bi5 logs au cur l'un de l'autre1 que t\s deux se savai5t prts se faire les plus gr&s sacrifices1 seuls plaisirs qu'ils puss5t gt]4 ,depuis la mort de madame ,clas1 leur am\r secret s't\ffait s\s les crpes du deuil4 ,de brunes1 les te9tes de la sphre o ils vivai5t tai5t dev5ues noires1 et les cl>ts s'y teignai5t dans les l>mes4 ,la rs]ve de ,m>gu]ite se *angea presque en froideur1 c> elle avait t5ir le s]m5t exig p> sa mre2 et dev5ant plus libre qu'aup>avant1 elle se fit plus rigide4 ,emmanuel avait p\s le deuil de sa bi5-aime1 en compr5ant que le mo9dre vu d'am\r1 la plus simple exig5ce s]ait une =faiture env]s les lois du cur4 ,ce gr& am\r tait donc plus ca* qu'il ne l'avait jamais t4 ,ces deux mes t5dres r5dai5t t\j\rs le mme son2 mais sp>es p> la d\leur1 comme elles l'avai5t t p> les timidits de la jeunesse et p> le respect d aux s\ffrances de la morte1 elles s'en t5ai5t encore au magnifique langage des yeux1 la muette loqu5ce des actions dv\es1 une cohr5ce cont9uelle1 sublimes h>monies de la jeunesse1 premi]s pas de l'am\r en son enfance4 ,emmanuel v5ait1 *aque mat91 savoir des n\velles de ,clas et de ,m>gu]ite1 mais il ne pntrait dans la salle mang] que qu& il apportait une lettre de ,gabriel1 ou qu& ,bal?az> le priait d'entr]4 ,son premi] c\p d'il jet sur la jeune fille lui disait mille p5ses sympa?iques3 il s\ffrait de la discrtion que lui imposai5t les conv5ances1 il ne l'avait pas quitte1 il en p>tageait la tri/esse1 enf9 il p&ait la rose de ses l>mes au cur de son amie1 p> un reg>d que n'altrait aucune arrire-p5se4 ,ce bon jeune homme vivait si bi5 dans le prs5t1 il s'atta*ait tant un bonheur qu'il croyait fugitif1 que ,m>gu]ite se repro*ait p>fois de ne pas lui t5dre gnreusem5t la ma9 en lui disant3--,soyons amis6 ,pi]qu9 cont9ua ses obsessions avec cet enttem5t qui e/ la pati5ce irrfl*ie des sots4 ,il jugeait ,m>gu]ite selon les rgles ord9aires employes p> la multitude p\r apprci] les femmes4 ,il croyait que les mots m>iage1 lib]t1 =tune1 qu'il lui avait jets dans l'oreille g]m]ai5t dans son me1 y f]ai5t fleurir un dsir dont il pr(it]ait1 et il s'imag9ait que sa froideur tait de la dissimulation4 ,mais quoiqu'il l'ent\rt de so9s et d'att5tions galantes1 il ca*ait mal les manires despotiques d'un homme habitu tran*] les plus hautes que/ions relatives la vie des familles4 ,il disait1 p\r la consol]1 de ces lieux communs1 famili]s aux g5s de sa pr(ession1 lesquels pass5t en colimaons sur les d\leurs1 et y laiss5t une trane de p>oles s*es qui en dflor5t la sa9tet4 ,sa t5dresse tait du patel9age4 ,il quittait sa fe9te mlancolie la porte en repr5ant ses d\bles s\li]s1 ou son p>apluie4 ,il se s]vait du ton que sa longue famili>it l'autorisait pr5dre1 comme d'un in/rum5t p\r se mettre plus avant dans le cur de la famille1 p\r dcid] ,m>gu]ite un m>iage proclam p> avance dans t\te la ville4 ,l'am\r vrai1 dv\1 respectueux =mait donc un contra/e frappant avec un am\r g/e et calcul4 ,t\t tait homogne en ces deux hommes4 ,l'un feignait une passion et s'armait de ses mo9dres avantages af9 de p\voir p\s] ,m>gu]ite2 l'autre ca*ait son am\r1 et tremblait de laiss] ap]cevoir son dv\em5t4 ,quelque temps aprs la mort de sa mre1 et dans la mme j\rne1 ,m>gu]ite put comp>] les deux seuls hommes qu'elle tait mme de jug]4 ,jusqu'alors1 la solitude laquelle elle avait t condamne ne lui avait pas p]mis de voir le monde1 et la situation o elle se tr\vait ne laissait aucun accs aux p]sonnes qui p\vai5t p5s] la dem&] en m>iage4 ,un j\r1 aprs le djeun]1 p> une des premires belles mat9es du mois d'avril1 ,emmanuel v9t au mom5t o monsieur ,clas sortait4 ,bal?az> supportait si difficilem5t l'aspect de sa maison1 qu'il allait se prom5] le long des remp>ts p5dant une p>tie de la j\rne4 ,emmanuel v\lut suivre ,bal?az>1 il hsita1 p>ut puis] des =ces en lui-mme1 reg>da ,m>gu]ite et re/a4 ,m>gu]ite dev9a que le pr(esseur v\lait lui p>l] et lui proposa de v5ir au j>d94 ,elle r5voya sa sur ,flicie1 prs de ,m>?a qui travaillait dans l'anti*ambre1 situe au premi] tage2 puis elle s'alla plac] sur un banc o elle p\vait tre vue de sa sur et de la vieille dugne4 --,monsieur ,clas e/ aussi absorb p> le *agr9 qu'il l'tait p> ses re*]*es savantes1 dit le jeune homme en voyant ,bal?az> m>*ant l5tem5t dans la c\r4 ,t\t le monde le pla9t en ville2 il va comme un homme qui n'a plus ses ides2 il s'arrte sans motif1 reg>de sans voir444 --,*aque d\leur a son expression1 dit ,m>gu]ite en ret5ant ses pleurs4 ,que v\liez-v\s me dire8 reprit-elle aprs une pause et avec une dignit froide4 --,mademoiselle1 rpondit ,emmanuel d'une voix mue1 ai-je le droit de v\s p>l] comme je vais le faire8 ,ne voyez1 je v\s prie1 que mon dsir de v\s tre utile1 et laissez-moi croire qu'un pr(esseur peut s'intress] au sort de ses lves au po9t de s'inquit] de leur av5ir4 ,votre frre ,gabriel a qu9ze ans passs1 il e/ en seconde1 et c]tes il e/ ncessaire de dirig] ses tudes dans l'esprit de la c>rire qu'il embrass]a4 ,monsieur votre pre e/ le matre de dcid] cette "q2 mais s'il n'y p5sait pas1 ne s]ait-ce pas un malheur p\r ,gabriel8 ,ne s]ait-ce pas aussi bi5 mortifiant p\r monsieur votre pre1 si v\s lui faisiez obs]v] qu'il ne s'occupe pas de son fils8 ,dans cette conjoncture1 ne p\rriez-v\s pas consult] votre frre sur ses gts1 lui faire *oisir p> lui-mme une c>rire1 af9 que si1 plus t>d1 son pre v\lait en faire un magi/rat1 un adm9i/rateur1 un militaire1 ,gabriel et dj des connaissances spciales8 ,je ne crois pas que ni v\s ni monsieur ,clas v\s v\liez le laiss] oisif444 --,oh6 non1 dit ,m>gu]ite4 ,je v\s rem]cie1 monsieur ,emmanuel1 v\s avez raison4 ,ma mre1 en n\s faisant faire de la d5telle1 en n\s appr5ant avec tant de so9 dess9]1 c\dre1 brod]1 t\*] du piano1 n\s disait s\v5t qu'on ne savait pas ce qui p\vait arriv] dans la vie4 ,gabriel doit avoir une valeur p]sonnelle et une ducation complte4 ,mais1 quelle e/ la c>rire la plus conv5able que puisse pr5dre un homme8 --,mademoiselle1 dit ,emmanuel en tremblant de bonheur1 ,gabriel e/ celui de sa classe qui montre le plus d'aptitude aux ma?matiques2 s'il v\lait entr] l'cole ,polyte*nique1 je crois qu'il y acqu]rait des connaissances utiles dans t\tes les c>rires4 ,a sa sortie1 il re/]ait le matre de *oisir celle p\r laquelle il aurait le plus de gt4 ,sans avoir ri5 prjug jusque-l sur son av5ir1 v\s aurez gagn du temps4 ,les hommes sortis avec honneur de cette cole sont les bi5v5us p>t\t4 ,elle a f\rni des adm9i/rateurs1 des diplomates1 des savants1 des +nieurs1 des gnraux1 des m>9s1 des magi/rats1 des manufacturi]s et des banqui]s4 ,il n'y a donc ri5 d'extraord9aire voir un jeune homme ri*e ou de bonne maison travaillant dans le b d'y tre admis4 ,si ,gabriel s'y dcidait1 je v\s dem&]ais444 me l'accord]ez-v\s6 ,dites oui6 --,que v\lez-v\s8 --tre son rptiteur1 dit-il en tremblant4 ,m>gu]ite reg>da monsieur de ,solis1 lui prit la ma9 et lui dit3--,oui4 ,elle fit une pause et aj\ta d'une voix mue3--,combi5 j'apprcie la dlicatesse qui v\s fait (frir prcism5t ce que je puis accept] de v\s4 ,dans ce que v\s v5ez de dire1 je vois que v\s avez bi5 p5s n\s4 ,je v\s rem]cie4 ,quoique ces p>oles fuss5t dites simplem5t1 ,emmanuel dt\rna la tte p\r ne pas laiss] voir les l>mes que le plaisir d'tre agrable ,m>gu]ite lui fit v5ir aux yeux4 --,je v\s les amn]ai t\s les deux1 dit-il1 qu& il eut repris un peu de calme1 c'e/ dema9 j\r de cong4 ,il se leva1 salua ,m>gu]ite qui le suivit1 et qu& il fut dans la c\r1 il la vit encore la porte de la salle mang] d'o elle lui adressa un signe amical4 ,aprs le dn]1 le notaire v9t faire une visite monsieur ,clas1 et s'assit dans le j>d91 entre son c\s9 et ,m>gu]ite1 prcism5t sur le banc o s'tait mis ,emmanuel4 --,mon *] c\s91 dit-il1 je suis v5u ce soir p\r v\s p>l] affaire4 ,qu>ante-trois j\rs se sont c\ls depuis le dcs de votre femme4 --,je ne les ai pas compts1 dit ,bal?az> en essuyant une l>me que lui arra*a le mot lgal de dcs4 --,oh6 monsieur1 dit ,m>gu]ite en reg>dant le notaire1 comm5t p\vez-v\s444 --,mais1 ma c\s9e1 n\s sommes =cs1 n\s autres1 de compt] des dlais qui sont fixs p> la loi4 ,il s'agit prcism5t de v\s et de vos cohriti]s4 ,monsieur ,clas n'a que des enfants m9eurs1 il e/ t5u de faire un inv5taire dans les qu>ante-c9q j\rs qui suiv5t le dcs de sa femme1 af9 de con/at] les valeurs de la communaut4 ,ne faut-il pas savoir si elle e/ bonne ou mauvaise1 p\r l'accept] ou p\r s'en t5ir aux droits purs et simples des m9eurs4 ,m>gu]ite se leva4--,re/ez1 ma c\s9e1 dit ,pi]qu91 ces affaires v\s conc]n5t v\s et votre pre4 ,v\s savez combi5 je pr5ds "p vos *agr9s2 mais il faut v\s occup] auj\rd'hui mme de ces dtails1 sans quoi v\s p\rriez1 les uns et les autres1 v\s en tr\v] =t mal6 ,je fais en ce mom5t mon devoir comme notaire de la famille4 --,il a raison1 dit ,clas4 --,le dlai expire dans deux j\rs1 reprit le notaire1 je dois donc procd]1 ds dema91 l'ouv]ture de l'inv5taire1 qu& ce ne s]ait que p\r ret>d] le paiem5t des droits de succession que le fisc va v5ir v\s dem&]2 le fisc n'a pas de cur1 il ne s'inquite pas des s5tim5ts1 il met sa griffe sur n\s en t\t temps4 ,donc1 t\s les j\rs1 depuis dix heures jusqu' quatre heures1 mon cl]c et moi1 n\s vi5drons avec l'huissi]-priseur1 monsieur ,rap>li]4 ,qu& n\s aurons a*ev en ville1 n\s irons la campagne4 ,quant la =t de ,waignies1 n\s allons en caus]4 ,cela pos1 passons un autre po9t4 ,n\s avons un conseil de famille convoqu]1 p\r nomm] un subrog-tuteur4 ,monsieur ,conyncks de ,bruges e/ auj\rd'hui votre plus pro*e p>5t2 mais le voil dev5u ,belge6 ,v\s devriez1 mon c\s91 lui crire ce sujet1 v\s sauriez si le bonhomme a envie de se fix] en ,france o il possde de belles proprits1 et v\s p\rriez le dcid] a9si v5ir lui et sa fille habit] la ,fl&re franaise4 ,s'il refuse1 je v]rai compos] le conseil1 d'aprs les degrs de p>5t4 --,a quoi s]t un inv5taire8 dem&a ,m>gu]ite4 --,a con/at] les droits1 les valeurs1 l'actif et le passif4 ,qu& t\t e/ bi5 tabli1 le conseil de famille pr5d dans l'intrt des m9eurs les dt]m9ations qu'il juge444 --,pi]qu91 dit ,clas qui se leva du banc1 procdez aux actes que v\s croirez ncessaires la cons]vation des droits de mes enfants2 mais vitez-n\s le *agr9 de voir v5dre ce qui app>t5ait ma *re444 ,il n'a*eva pas1 il avait dit ces mots d'un air si noble et d'un ton si pntr1 que ,m>gu]ite prit la ma9 de son pre et la baisa4 --,a dema91 dit ,pi]qu94 --,v5ez djeun]1 dit ,bal?az>4 ,puis ,clas p>ut rassembl] ses s\v5irs et s'cria3--,mais d'aprs mon contrat de m>iage qui a t fait s\s la c\tume de ,ha9ault1 j'avais disp5s ma femme de l'inv5taire af9 qu'on ne la t\rm5tt po9t1 je n'y suis probablem5t pas t5u non plus444 --,ah6 quel bonheur1 dit ,m>gu]ite1 il n\s aurait caus tant de pe9e4 --,eh6 bi51 n\s exam9]ons votre contrat dema91 rpondit le notaire un peu confus4 --,v\s ne le connaissiez donc pas8 lui dit ,m>gu]ite4 ,cette obs]vation int]rompit l'entreti54 ,le notaire se tr\va trop emb>rass de cont9u] aprs l'obs]vation de sa c\s9e4 --,le diable s'en mle6 se dit-il dans la c\r4 ,cet homme si di/rait retr\ve la mmoire ju/e au mom5t o il le faut p\r emp*] de pr5dre des prcautions contre lui4 ,ses enfants s]ont dp\ills6 c'e/ aussi sr que deux et deux font quatre4 ,p>lez donc affaires des filles de dix-neuf ans qui font du s5tim5t4 ,je me suis creus la tte p\r sauv] le bi5 de ces enfants-l1 en procdant rgulirem5t et en m'ent5dant avec le bonhomme ,con9cks4 ,et voil6 ,je me p]ds dans l'esprit de ,m>gu]ite qui va dem&] son pre p\rquoi je v\lais procd] un inv5taire qu'elle croit inutile4 ,et monsieur ,clas lui dira que les notaires ont la manie de faire des actes1 que n\s sommes notaires avant d'tre p>5ts1 c\s9s ou amis1 enf9 des btises4444 ,il f]ma la porte avec viol5ce en pe/ant contre les cli5ts qui se ru9ai5t p> s5sibilit4 ,bal?az> avait raison4 ,l'inv5taire n'eut pas lieu4 ,ri5 ne fut donc fix sur la situation dans laquelle se tr\vait le pre vis--vis de ses enfants4 ,plusieurs mois s'c\lr5t sans que la situation de la maison ,clas *anget4 ,gabriel1 habilem5t conduit p> monsieur de ,solis qui s'tait fait son prcepteur1 travaillait avec application1 appr5ait les langues trangres et se disposait pass] l'exam5 ncessaire p\r entr] l'cole ,polyte*nique4 ,flicie et ,m>gu]ite avai5t vcu dans une retraite absolue1 en allant nanmo9s1 p> conomie1 habit] p5dant la belle saison la maison de campagne de leur pre4 ,monsieur ,clas s'occupa de ses affaires1 paya ses dettes en empruntant une somme considrable sur ses bi5s et visita la =t de ,waignies4 ,au milieu de l'anne #ahag1 son *agr91 l5tem5t apais1 le laissa seul et sans df5se contre la monotonie de la vie qu'il m5ait et qui lui pesa4 ,il lutta d'abord c\rageusem5t contre la ,sci5ce qui se rveillait ins5siblem5t1 et se df5dit lui-mme de p5s] la ,*imie4 ,puis il y p5sa4 ,mais il ne v\lut pas s'en occup] activem5t1 il ne s'en occupa que ?oriquem5t4 ,cette con/ante tude fit surgir sa passion qui dev9t ergoteuse4 ,il discuta s'il s'tait engag ne pas cont9u] ses re*]*es et se s\v9t que sa femme n'avait pas v\lu de son s]m5t4 ,quoiqu'il se ft promis lui-mme de ne plus p\rsuivre la solution de son problme1 ne p\vait-il *ang] de dt]m9ation du mom5t o il entrevoyait un succs4 ,il avait dj c9quante-neuf ans4 ,a cet ge1 l'ide qui le dom9ait contracta l'pre fixit p> laquelle comm5c5t les monomanies4 ,les circon/ances conspirr5t encore contre sa loyaut *ancelante4 ,la paix dont j\issait l',europe avait p]mis la circulation des dc\v]tes et des ides sci5tifiques acquises p5dant la gu]re p> les savants des diffr5ts pays entre lesquels il n'y avait po9t eu de relations depuis prs de v+t ans4 ,la ,sci5ce avait donc m>*4 ,clas tr\va que les progrs de la ,*imie s'tai5t dirigs1 l'insu des *imi/es1 v]s l'objet de ses re*]*es4 ,les g5s adonns la haute sci5ce p5sai5t comme lui1 que la lumire1 la *aleur1 l'lectricit1 le galvanisme et le magntisme tai5t les diffr5ts effets d'une mme cause1 que la diffr5ce qui exi/ait entre les corps jusque-l rputs simples devait tre produite p> les div]s dosages d'un pr9cipe inconnu4 ,la peur de voir tr\v] p> un autre la rduction des mtaux et le pr9cipe con/ituant de l'lectricit1 deux dc\v]tes qui m5ai5t la solution de l',absolu *imique1 augm5ta ce que les habitants de ,d\ai appelai5t une folie1 et porta ses dsirs un p>oxysme que concevront les p]sonnes passionnes p\r les sci5ces1 ou qui ont connu la tyrannie des ides4 ,aussi ,bal?az> fut-il bi5tt emport p> une passion d'autant plus viol5te1 qu'elle avait plus longtemps dormi4 ,m>gu]ite1 qui piait les dispositions d'me p> lesquelles passait son pre1 ouvrit le p>loir4 ,en y demeurant elle ranima les s\v5irs d\l\reux que devait caus] la mort de sa mre1 et russit en effet1 en rveillant les regrets de son pre1 ret>d] sa *ute dans le g\ffre o il devait nanmo9s tomb]4 ,elle v\lut all] dans le monde et =a ,bal?az> d'y pr5dre des di/ractions4 ,plusieurs p>tis considrables se prs5tr5t p\r elle1 et occupr5t ,clas1 quoique ,m>gu]ite dcl>t qu'elle ne se m>i]ait pas avant d'avoir atte9t sa v+t-c9quime anne4 ,malgr les ef=ts de sa fille1 malgr de viol5ts combats1 au comm5cem5t de l'hiv]1 ,bal?az> reprit secrtem5t ses travaux4 ,il tait difficile de ca*] de telles occupations des femmes curieuses4 ,un j\r donc1 ,m>?a dit ,m>gu]ite en l'habillant3--,mademoiselle1 n\s sommes p]dues6 ,ce mon/re de ,mulqu9i]1 qui e/ le diable dguis1 c> je ne lui ai jamais vu faire le signe de la croix1 e/ remont dans le gr5i]4 ,voil monsieur votre pre emb>qu p\r l'enf]4 ,fasse le ciel qu'il ne v\s tue pas comme il a tu cette pauvre *re madame4 --,cela n'e/ pas possible1 dit ,m>gu]ite4 --,v5ez voir la preuve de leur trafic444 ,mademoiselle ,clas c\rut la f5tre et ap]ut en effet une lgre fume qui sortait p> le tuyau du laboratoire4 --,j'ai v+t et un ans dans quelques mois1 p5sa-t-elle1 je saurai m'oppos] la dissipation de notre =tune4 ,en se laissant all] sa passion1 ,bal?az> dut ncessairem5t avoir mo9s de respect p\r les intrts de ses enfants qu'il n'en avait eu p\r sa femme4 ,les b>rires tai5t mo9s hautes1 sa consci5ce tait plus l>ge1 sa passion dev5ait plus =te4 ,aussi m>*a-t-il dans sa c>rire de gloire1 de travail1 d'esprance et de misre avec la fureur d'un homme ple9 de conviction4 ,sr du rsultat1 il se mit travaill] nuit et j\r avec un emportem5t dont s'effrayr5t ses filles qui ignorai5t combi5 e/ peu nuisible le travail auquel un homme se plat4 ,aussitt que son pre eut recomm5c ses expri5ces1 ,m>gu]ite retran*a les sup]fluits de la table1 dev9t d'une p>cimonie digne d'un av>e1 et fut admirablem5t seconde p> ,josette et p> ,m>?a4 ,clas ne s'ap]ut pas de cette r=me qui rduisait la vie au /rict ncessaire4 ,d'abord il ne djeunait pas1 puis il ne desc5dait de son laboratoire qu'au mom5t mme du dn]1 enf9 il se c\*ait quelques heures aprs tre re/ dans le p>loir entre ses deux filles1 sans leur dire un mot4 ,qu& il se retirait1 elles lui s\haitai5t le bonsoir1 et il se laissait embrass] ma*9alem5t sur les deux j\es4 ,une semblable conduite et caus les plus gr&s malheurs dome/iques si ,m>gu]ite n'avait t prp>e ex]c] l'autorit d'une mre1 et prmunie p> une passion secrte contre les malheurs d'une si gr&e lib]t4 ,pi]qu9 avait cess de v5ir voir ses c\s9es1 en jugeant que leur ru9e allait tre complte4 ,les proprits rurales de ,bal?az> qui rapportai5t seize mille francs et valai5t environ deux c5t mille cus1 tai5t dj greves de trois c5t mille francs d'hypo?ques4 ,avant de se remettre la ,*imie1 ,clas avait fait un emprunt considrable4 ,le rev5u suffisait prcism5t au paiem5t des intrts2 mais comme avec l'imprvoyance naturelle aux hommes v\s une ide1 il ab&onnait ses f]mages ,m>gu]ite p\r subv5ir aux dp5ses de la maison1 le notaire avait calcul que trois ans suffirai5t p\r mettre le feu aux affaires1 et que les g5s de ju/ice dvor]ai5t ce que ,bal?az> n'aurait pas mang4 ,la froideur de ,m>gu]ite avait am5 ,pi]qu9 un tat d'indiffr5ce presque ho/ile4 ,p\r se donn] le droit de r5onc] la ma9 de sa c\s9e1 si elle dev5ait trop pauvre1 il disait des ,clas avec un air de compassion3 ,ces pauvres g5s sont ru9s1 j'ai fait t\t ce que j'ai pu p\r les sauv]2 mais que v\lez-v\s6 mademoiselle ,clas s'e/ refuse t\tes les comb9aisons lgales qui devai5t les prs]v] de la misre4 ,nomm proviseur du collge de ,d\ai1 p> la protection de son oncle1 ,emmanuel1 que son mrite transc5dant avait fait digne de ce po/e1 v5ait voir t\s les j\rs p5dant la soire les deux jeunes filles qui appelai5t prs d'elles la dugne aussitt que leur pre se c\*ait4 ,le c\p de m>teau d\cem5t frapp p> le jeune de ,solis ne t>dait jamais4 ,depuis trois mois1 enc\rag p> la gracieuse et muette reconnaissance avec laquelle ,m>gu]ite acceptait ses so9s1 il tait dev5u lui-mme4 ,les rayonnem5ts de son me pure comme un diamant brillr5t sans nuages1 et ,m>gu]ite put en apprci] la =ce1 la dure en voyant combi5 la s\rce en tait 9puisable4 ,elle admirait une une s'pan\ir les fleurs1 aprs en avoir respir p> avance les p>fums4 ,*aque j\r1 ,emmanuel ralisait une des esprances de ,m>gu]ite1 et faisait luire dans les rgions en*antes de l'am\r de n\velles lumires qui *assai5t les nuages1 rassrnai5t leur ciel1 et colorai5t les fcondes ri*esses ensevelies jusque-l dans l'ombre4 ,plus son aise1 ,emmanuel put dploy] les sductions de son cur jusqu'alors discrtem5t ca*es3 cette expansive gaiet du jeune ge1 cette simplicit que donne une vie remplie p> l'tude1 et les trsors d'un esprit dlicat que le monde n'avait pas adultr1 t\tes les innoc5tes joyeusets qui vont si bi5 la jeunesse aimante4 ,son me et celle de ,m>gu]ite s'ent5dir5t mieux1 ils allr5t ensemble au fond de leurs curs et y tr\vr5t les mmes p5ses3 p]les d'un mme clat1 suaves et fra*es h>monies semblables celles qui sont s\s la m]1 et qui1 dit-on1 fasc95t les plongeurs6 ,ils se fir5t connatre l'un l'autre p> ces *anges de propos1 p> cette alt]native curiosit qui1 *ez t\s deux1 pr5ait les =mes les plus dlicieuses du s5tim5t4 ,ce fut sans fausse honte1 mais non sans de mutuelles coquett]ies4 ,les deux heures qu',emmanuel v5ait pass]1 t\s les soirs1 entre ces deux jeunes filles et ,m>?a1 faisai5t accept] ,m>gu]ite la vie d'angoisses et de rsignation dans laquelle elle tait entre4 ,cet am\r navem5t progressif fut son s\ti54 ,emmanuel portait dans ses tmoignages d'affection cette grce naturelle qui sduit tant1 cet esprit d\x et f9 qui nuance l'uni=mit du s5tim5t1 comme les facettes relv5t la monotonie d'une pi]re prcieuse1 en en faisant j\] t\s les feux2 admirables faons dont le secret app>ti5t aux curs aimants1 et qui r5d5t les femmes fidles la ,ma9 arti/e s\s laquelle les =mes r5aiss5t t\j\rs neuves1 la ,voix qui ne rpte jamais une phrase sans la rafra*ir p> de n\velles modulations4 ,l'am\r n'e/ pas seulem5t un s5tim5t1 il e/ un art aussi4 ,quelque mot simple1 une prcaution1 un ri5 rvl5t une femme le gr& et sublime arti/e qui peut t\*] son cur sans le fltrir4 ,plus allait ,emmanuel1 plus *>mantes tai5t les expressions de son am\r4 --,j'ai devanc ,pi]qu91 lui dit-il un soir1 il vi5t n\s annonc] une mauvaise n\velle1 je prfre v\s l'appr5dre moi-mme4 ,votre pre a v5du votre =t des spculateurs qui l'ont rev5due p> p>ties2 les arbres sont dj c\ps1 t\s les madri]s sont enlevs4 ,monsieur ,clas a reu trois c5t mille francs comptant dont il s'e/ s]vi p\r pay] ses dettes ,p>is2 et1 p\r les te9dre entirem5t1 il a mme t oblig de faire une dlgation de c5t mille francs sur les c5t mille cus qui re/5t pay] p> les acqureurs4 ,pi]qu9 entra4 --,h6 bi51 ma *re c\s9e1 dit-il1 v\s voil ru9s1 je v\s l'avais prdit2 mais v\s n'avez pas v\lu m'c\t]4 ,votre pre a bon apptit4 ,il a1 de la premire b\*e1 aval vos bois4 ,votre subrog-tuteur1 monsieur ,conyncks1 e/ ,am/]dam1 o il a*ve de liquid] sa =tune1 et ,clas a saisi ce mom5t-l p\r faire son c\p4 ,ce n'e/ pas bi54 ,je vi5s d'crire au bonhomme ,conyncks2 mais1 qu& il arriv]a1 t\t s]a fricass4 ,v\s s]ez obligs de p\rsuivre votre pre1 le procs ne s]a pas long1 mais ce s]a un procs d%onorant que monsieur ,conyncks ne peut se disp5s] d'int5t]1 la loi l'exige4 ,voil le fruit de votre enttem5t4 ,reconnaissez-v\s ma9t5ant combi5 j'tais prud5t1 combi5 j'tais dv\ vos intrts8 --,je v\s apporte une bonne n\velle1 mademoiselle1 dit le jeune de ,solis de sa voix d\ce1 ,gabriel e/ reu l'cole ,polyte*nique4 ,les difficults qui s'tai5t leves p\r son admission sont aplanies4 ,m>gu]ite rem]cia son ami p> un s\rire1 et dit3--,mes conomies auront une de/9ation6 ,m>?a1 n\s n\s occup]ons ds dema9 du tr\sseau de ,gabriel4 ,ma pauvre ,flicie1 n\s allons bi5 travaill]1 dit-elle en baisant sa sur au front4 --,dema91 v\s l'aurez ici p\r dix j\rs1 il doit tre ,p>is le qu9ze novembre4 --,mon c\s9 ,gabriel pr5d un bon p>ti1 dit le notaire en toisant le proviseur1 il aura beso9 de se faire une =tune4 ,mais1 ma *re c\s9e1 il s'agit de sauv] l'honneur de la famille2 v\drez-v\s cette fois m'c\t]8 --,non1 dit-elle1 s'il s'agit encore de m>iage4 --,mais qu'allez-v\s faire8 --,moi1 mon c\s96 ri54 --,cep5dant v\s tes majeure4 --,dans quelques j\rs4 ,avez-v\s1 dit ,m>gu]ite1 un p>ti me propos] qui puisse concili] nos intrts et ce que n\s devons notre pre1 l'honneur de la famille8 --,c\s9e1 n\s ne p\vons ri5 sans votre oncle4 ,cela pos1 je revi5drai qu& il s]a de ret\r4 --,adieu1 monsieur1 dit ,m>gu]ite4 --,plus elle devi5t pauvre1 plus elle fait la bgueule1 p5sa le notaire4 ,adieu1 mademoiselle1 reprit ,pi]qu9 haute voix4 ,monsieur le proviseur1 je v\s salue p>faitem5t4 ,et il s'en alla1 sans faire att5tion ni ,flicie ni ,m>?a4 --,depuis deux j\rs1 j'tudie le code1 et j'ai consult un vieil avocat1 ami de mon oncle1 dit ,emmanuel d'une voix tremblante4 ,je p>tirai1 si v\s m'y autorisez1 dema91 p\r ,am/]dam4 c\tez1 *re ,m>gu]ite444 ,il disait ce mot p\r la premire fois1 elle l'en rem]cia p> un reg>d m\ill1 p> un s\rire et une incl9ation de tte4 ,il s'arrta1 montra ,flicie et ,m>?a4 --,p>lez devant ma sur1 dit ,m>gu]ite4 ,elle n'a pas beso9 de cette discussion p\r se rsign] notre vie de privations et de travail1 elle e/ si d\ce et si c\rageuse6 ,mais elle doit connatre combi5 le c\rage n\s e/ ncessaire4 ,les deux surs se prir5t la ma91 et s'embrassr5t comme p\r se donn] un n\veau gage de leur union devant le malheur4 --,laissez-n\s1 ,m>?a4 --,*re ,m>gu]ite1 reprit ,emmanuel en laissant p]c] dans l'inflexion de sa voix le bonheur qu'il pr\vait conqurir les m5us droits de l'affection2 je me suis procur les noms et la demeure des acqureurs qui doiv5t les deux c5t mille francs re/ant sur le prix des bois abattus4 ,dema91 si v\s y cons5tez1 un av\ agissant au nom de monsieur ,conyncks1 qui ne le dsav\]a pas1 mettra opposition entre leurs ma9s4 ,dans six j\rs1 votre gr&-oncle s]a de ret\r1 il convoqu]a un conseil de famille1 et f]a mancip] ,gabriel1 qui a dix-huit ans4 tant1 v\s et votre frre1 autoriss ex]c] vos droits1 v\s dem&]ez votre "p dans le prix des bois1 monsieur ,clas ne p\rra pas v\s refus] les deux c5t mille francs arrts p> l'opposition2 quant aux c5t mille autres qui v\s s]ont encore dus1 v\s obti5drez une obligation hypo?caire qui repos]a sur la maison que v\s habitez4 ,monsieur ,conyncks rclam]a des g>anties p\r les trois c5t mille francs qui revi5n5t mademoiselle ,flicie et ,jean4 ,dans cette situation1 votre pre s]a =c de laiss] hypo?qu] ses bi5s de la pla9e d',or*ies1 dj grevs de c5t mille cus4 ,la loi donne une priorit rtroactive aux inscriptions prises dans l'intrt des m9eurs2 t\t s]a donc sauv4 ,monsieur ,clas aura dsormais les ma9s lies1 vos t]res sont inalinables2 il ne p\rra plus ri5 emprunt] sur les si5nes1 qui rpondront des sommes suprieures leur prix1 les affaires se s]ont faites en famille1 sans sc&ale1 sans procs4 ,votre pre s]a =c d'all] prudemm5t dans ses re*]*es1 si mme il ne les cesse t\t fait4 --,oui1 dit ,m>gu]ite1 mais o s]ont nos rev5us8 ,les c5t mille francs hypo?qus sur cette maison ne n\s rapport]ont ri51 puisque n\s y demeurons4 ,le produit des bi5s que possde mon pre dans la pla9e d',or*ies pay]a les intrts des trois c5t mille francs dus des trang]s2 avec quoi vivrons-n\s8 --,d'abord1 dit ,emmanuel1 en plaant les c9quante mille francs qui re/]ont ,gabriel sur sa "p1 dans les fonds publics2 v\s en aurez1 d'aprs le taux actuel1 plus de quatre mille livres de r5te qui suffiront sa p5sion et son entreti5 ,p>is4 ,gabriel ne peut dispos] ni de la somme inscrite sur la maison de son pre1 ni du fonds de ses r5tes2 a9si v\s ne cra9drez pas qu'il en dissipe un d5i]1 et v\s aurez une *>ge de mo9s4 ,puis1 ne v\s re/]a-t-il pas c5t c9quante mille francs v\s6 --,mon pre me les dem&]a1 dit-elle avec effroi1 et je ne saurai pas les lui refus]4 --,h6 bi51 *re ,m>gu]ite1 v\s p\vez les sauv] encore1 en v\s en dp\illant4 ,placez-les sur le ,gr& ,livre1 au nom de votre frre4 ,cette somme v\s donn]a d\ze ou treize mille livres de r5te qui v\s f]ont vivre4 ,les m9eurs mancips ne p\vant ri5 alin] sans l'avis d'un conseil de famille1 v\s gagn]ez a9si trois ans de tranquillit4 ,a cette poque1 votre pre aura tr\v son problme ou vraisemblablem5t y r5onc]a2 ,gabriel1 dev5u majeur1 v\s re/itu]a les fonds p\r tablir les comptes entre v\s quatre4 ,m>gu]ite se fit expliqu] de n\veau des dispositions de loi qu'elle ne p\vait compr5dre t\t d'abord4 ,ce fut c]tes une scne neuve que celle des deux amants tudiant le code dont s'tait muni ,emmanuel p\r appr5dre sa matresse les lois qui rgissai5t les bi5s des m9eurs2 elle en eut bi5tt saisi l'esprit1 grce la pntration naturelle aux femmes1 et que l'am\r aiguisait encore4 ,le l5dema91 ,gabriel rev9t la maison pat]nelle4 ,qu& monsieur de ,solis le r5dit ,bal?az>1 en lui annonant l'admission l'cole ,polyte*nique1 le pre rem]cia le proviseur p> un ge/e de ma91 et dit3--,j'en suis bi5 aise1 ,gabriel s]a donc un savant4 --,oh6 mon frre1 dit ,m>gu]ite en voyant ,bal?az> remont] son laboratoire1 travaille bi51 ne dp5se pas d'arg5t6 fais t\t ce qu'il faudra faire2 mais sois conome4 ,les j\rs o tu sortiras dans ,p>is1 va *ez nos amis1 *ez nos p>5ts p\r ne contract] aucun des gts qui ru95t les jeunes g5s4 ,ta p5sion monte prs de mille cus1 il te re/]a mille francs p\r tes m5us-plaisirs1 ce doit tre assez4 --,je rponds de lui1 dit ,emmanuel de ,solis en frappant sur l'paule de son lve4 ,un mois aprs1 monsieur de ,conyncks avait1 de conc]t avec ,m>gu]ite1 obt5u de ,clas t\tes les g>anties dsirables4 ,les plans si sagem5t conu p> ,emmanuel de ,solis fur5t entirem5t appr\vs et excuts4 ,en prs5ce de la loi1 devant son c\s9 dont la probit f>\*e transigeait difficilem5t sur les que/ions d'honneur1 ,bal?az>1 honteux de la v5te qu'il avait cons5tie dans un mom5t o il tait h>cel p> ses cranci]s1 se s\mit t\t ce qu'on exigea de lui4 ,satisfait de p\voir rp>] le dommage qu'il avait presque involontairem5t fait ses enfants1 il signa les actes avec la proccupation d'un savant4 ,il tait dev5u compltem5t imprvoyant la manire des ngres qui1 le mat91 v5d5t leur femme p\r une g\tte d'eau-de-vie1 et la pleur5t le soir4 ,il ne jetait mme pas les yeux sur son av5ir le plus pro*e1 il ne se dem&ait pas quelles s]ai5t ses ress\rces1 qu& il aurait fondu son d]ni] cu2 il p\rsuivait ses travaux1 cont9uait ses a*ats1 sans savoir qu'il n'tait plus que le possesseur titulaire de sa maison1 de ses proprits1 et qu'il lui s]ait impossible1 grce la svrit des lois1 de se procur] un s\ sur les bi5s desquels il tait en quelque sorte le g>di5 judiciaire4 ,l'anne #ahah expira sans aucun vnem5t malheureux4 ,les deux jeunes filles payr5t les frais ncessits p> l'ducation de ,jean1 et satisfir5t t\tes les dp5ses de leur maison1 avec les dix-huit mille francs de r5te1 placs s\s le nom de ,gabriel1 dont les seme/res leur fur5t envoys exactem5t p> leur frre4 ,monsieur de ,solis p]dit son oncle dans le mois de dcembre de cette anne4 ,un mat91 ,m>gu]ite apprit p> ,m>?a que son pre avait v5du sa collection de tulipes1 le mobili] de la maison de devant1 et t\te l'arg5t]ie4 ,elle fut oblige de ra*et] les c\v]ts ncessaires au s]vice de la table1 et les fit m>qu] son *iffre4 ,jusqu' ce j\r elle avait g>d le sil5ce sur les dprdations de ,bal?az>2 mais le soir1 aprs le dn]1 elle pria ,flicie de la laiss] seule avec son pre1 et qu& il fut assis1 suivant son habitude1 au co9 de la *em9e du p>loir1 ,m>gu]ite lui dit3--,mon *] pre1 v\s tes le matre de t\t v5dre ici1 mme vos enfants4 ,ici1 n\s v\s obirons t\s sans murmure2 mais je suis =ce de v\s faire obs]v] que n\s sommes sans arg5t1 que n\s avons pe9e de quoi vivre cette anne1 et que n\s s]ons obliges1 ,flicie et moi1 de travaill] nuit et j\r p\r pay] la p5sion de ,jean1 avec le prix de la robe de d5telle que n\s avons entreprise4 ,je v\s en conjure1 mon bon pre1 discont9uez vos travaux4 --,tu z raison1 mon enfant1 dans six sema9es t\t s]a f9i6 ,j'aurai tr\v l',absolu1 ou l',absolu s]a intr\vable4 ,v\s s]ez t\s ri*es millions444 --,laissez-n\s p\r le mom5t un morceau de pa91 rpondit ,m>gu]ite4 --,il n'y a pas de pa9 ici1 dit ,clas d'un air effray1 pas de pa9 *ez un ,clas4 ,et t\s nos bi5s8 --,v\s avez ras la =t de ,waignies4 ,le sol n'en e/ pas encore libre1 et ne peut ri5 produire4 ,quant vos f]mes d',or*ies1 les rev5us ne suffis5t po9t pay] les intrts des sommes que v\s avez empruntes4 --,avec quoi vivons-n\s donc1 dem&a-t-il4 ,m>gu]ite lui montra son aiguille1 et aj\ta3--,les r5tes de ,gabriel n\s aid5t1 mais elles sont insuffisantes4 ,je jo9drais les deux b\ts de l'anne si v\s ne m'accabliez de factures auxquelles je ne m'att5ds pas1 v\s ne me dites ri5 de vos a*ats en ville4 ,qu& je crois avoir assez p\r mon trime/re1 et que mes petites dispositions sont faites1 il m'arrive un mmoire de s\de1 de potasse1 de z9c1 de s\fre1 que sais-je8 --,ma *re enfant1 encore six sema9es de pati5ce2 aprs1 je me conduirai sagem5t4 ,et tu v]ras des m]veilles1 ma petite ,m>gu]ite4 --,il e/ bi5 temps que v\s p5siez vos affaires4 ,v\s avez t\t v5du2 tableaux1 tulipes1 arg5t]ie1 il ne n\s re/e plus ri52 au mo9s1 ne contractez pas de n\velles dettes4 --,je n'en veux plus faire1 dit le vieill>d4 --,plus1 s'cria-t-elle4 ,v\s en avez donc8 --,ri51 des misres1 rpondit-il en baissant les yeux et r\gissant4 ,m>gu]ite se tr\va p\r la premire fois humilie p> l'abaissem5t de son pre1 et en s\ffrit tant qu'elle n'osa l'int]rog]4 ,un mois aprs cette scne1 un banqui] de la ville v9t p\r t\*] une lettre de *ange de dix mille francs1 s\scrite p> ,clas4 ,m>gu]ite ayant pri le banqui] d'att5dre p5dant la j\rne en tmoignant le regret de n'avoir pas t prv5ue de ce paiem5t1 celui-ci l'av]tit que la maison ,protez et ,*iffreville en avait neuf autres de mme somme1 *ant de mois en mois4 --,t\t e/ dit1 s'cria ,m>gu]ite1 l'heure e/ v5ue4 ,elle envoya *]*] son pre et se prom5a t\t agite gr&s pas1 dans le p>loir1 en se p>lant elle-mme3--,tr\v] c5t mille francs1 dit-elle1 ou voir notre pre en prison6 ,que faire8 ,bal?az> ne desc5dit pas4 ,lasse de l'att5dre1 ,m>gu]ite monta au laboratoire4 ,en entrant1 elle vit son pre au milieu d'une pice imm5se1 =tem5t claire1 g>nie de ma*9es et de v]r]ies p\dreuses2 et l1 des livres1 des tables encombres de produits tiquets1 numrots4 ,p>t\t le dsordre qu'entrane la proccupation du savant y froissait les habitudes flam&es4 ,cet ensemble de matras1 de cornues1 de mtaux1 de cri/allisations fantasquem5t colores1 d'*antillons accro*s aux murs1 ou jets sur des f\rneaux1 tait dom9 p> la figure de ,bal?az> ,clas qui1 sans habit1 les bras nus comme ceux d'un ouvri]1 montrait sa poitr9e c\v]te de poils blan*is comme ses *eveux4 ,ses yeux horriblem5t fixes ne quittr5t pas une ma*9e pneumatique4 ,le rcipi5t de cette ma*9e tait coiff d'une l5tille =me p> de d\bles v]res convexes dont l'intrieur tait ple9 d'alcool et qui runissait les rayons du soleil entrant alors p> l'un des comp>tim5ts de la rose du gr5i]4 ,le rcipi5t1 dont le plateau tait isol1 communiquait avec des fils d'une imm5se pile de ,volta4 ,lemulqu9i] occup faire m\voir le plateau de cette ma*9e monte sur un axe mobile1 af9 de t\j\rs ma9t5ir la l5tille dans une direction p]p5diculaire aux rayons du soleil1 se leva1 la face noire de p\ssire1 et dit3--,ha6 mademoiselle1 n'appro*ez pas6 ,l'aspect de son pre qui1 presque ag5\ill devant sa ma*9e1 recevait d'aplomb la lumire du soleil1 et dont les *eveux p>s ressemblai5t des fils d'arg5t1 son crne bossu1 son visage contract p> une att5te affreuse1 la s+ul>it des objets qui l'ent\rai5t1 l'obscurit dans laquelle se tr\vai5t les p>ties de ce va/e gr5i] d'o s'lanai5t des ma*9es biz>res1 t\t contribuait frapp] ,m>gu]ite qui se dit avec t]reur3 ,mon pre e/ f\6 ,elle s'appro*a de lui p\r lui dire l'oreille3--,r5voyez ,lemulqu9i]4 --,non1 non1 mon enfant1 j'ai beso9 de lui1 j'att5ds l'effet d'une belle expri5ce laquelle les autres n'ont pas song4 ,voici trois j\rs que n\s guettons un rayon de soleil4 ,j'ai les moy5s de s\mettre les mtaux dans un vide p>fait1 aux feux solaires conc5trs et des c\rants lectriques4 ,vois-tu1 dans un mom5t1 l'action la plus n]gique dont puisse dispos] un *imi/e va clat]1 et moi seul444 --,eh6 mon pre1 au lieu de vaporis] les mtaux1 v\s devriez bi5 les rs]v] p\r pay] vos lettres de *ange444 --,att5ds1 att5ds6 --,monsieur ,m]sktus e/ v5u1 mon pre1 il lui faut dix mille francs quatre heures4 --,oui1 oui1 t\t l'heure4 ,j'avais sign ces petits effets p\r ce mois-ci1 c'e/ vrai4 ,je croyais que j'aurais tr\v l',absolu4 ,mon ,dieu1 si j'avais le soleil de juillet1 mon expri5ce s]ait faite6 ,il se prit p> les *eveux1 s'assit sur un mauvais fauteuil de canne1 et quelques l>mes r\lr5t dans ses yeux4 --,monsieur a raison4 ,t\t a1 c'e/ la faute de ce gr$9 de soleil qui e/ trop faible1 le l*e1 le p>esseux6 ,le matre et le valet ne faisai5t plus att5tion ,m>gu]ite4 --,laissez-n\s1 ,mulqu9i]1 lui dit-elle4 --,ah6 je ti5s une n\velle expri5ce1 s'cria ,clas4 --,mon pre1 oubliez vos expri5ces1 lui dit sa fille qu& ils fur5t seuls1 v\s avez c5t mille francs pay]1 et n\s ne possdons pas un li>d4 ,quittez votre laboratoire1 il s'agit auj\rd'hui de votre honneur4 ,que devi5drez-v\s1 qu& v\s s]ez en prison1 s\ill]ez-v\s vos *eveux blancs et le nom de ,clas p> l'infamie d'une banqu]\te8 ,je m'y oppos]ai4 ,j'aurai la =ce de combattre votre folie1 et il s]ait affreux de v\s voir sans pa9 dans vos d]ni]s j\rs4 ,ouvrez les yeux sur notre position1 ayez donc enf9 de la raison8 --,folie6 cria ,bal?az> qui se dressa sur ses jambes1 fixa ses yeux lum9eux sur sa fille1 se croisa les bras sur la poitr9e1 et rpta le mot folie si maje/ueusem5t1 que ,m>gu]ite trembla4 ,ah6 ta mre ne m'aurait pas dit ce mot6 reprit-il1 elle n'ignorait pas l'importance de mes re*]*es1 elle avait appris une sci5ce p\r me compr5dre1 elle savait que je travaille p\r l'humanit1 qu'il n'y a ri5 de p]sonnel ni de sordide en moi4 ,le s5tim5t de la femme qui aime e/1 je le vois1 au-dessus de l'affection filiale4 ,oui1 l'am\r e/ le plus beau de t\s les s5tim5ts6 ,avoir de la raison8 reprit-il en se frappant la poitr9e1 en manqu-je8 ne suis-je pas moi8 ,n\s sommes pauvres1 ma fille1 eh6 bi51 je le veux a9si4 ,je suis votre pre1 obissez-moi4 ,je v\s f]ai ri*e qu& il me plaira4 ,votre =tune1 mais c'e/ une misre4 ,qu& j'aurai tr\v un dissolvant du c>bone1 j'emplirai votre p>loir de diamants1 et c'e/ une niais]ie en comp>aison de ce que je *]*e4 ,v\s p\vez bi5 att5dre1 qu& je me consume en ef=ts gigantesques4 --,mon pre1 je n'ai pas le droit de v\s dem&] compte des quatre millions que v\s avez engl\tis dans ce gr5i] sans rsultat4 ,je ne v\s p>l]ai pas de ma mre que v\s avez tue4 ,si j'avais un m>i1 je l'aim]ais1 sans d\te1 autant que v\s aimait ma mre1 et je s]ais prte t\t lui sacrifi]1 comme elle v\s sacrifiait t\t4 ,j'ai suivi ses ordres en me donnant v\s t\t entire1 je v\s l'ai pr\v en ne me m>iant po9t af9 de ne pas v\s oblig] me r5dre votre compte de tutelle4 ,laissons le pass1 p5sons au prs5t4 ,je vi5s ici reprs5t] la ncessit que v\s avez cre v\s-mme4 ,il faut de l'arg5t p\r vos lettres de *ange1 ent5dez-v\s8 il n'y a ri5 saisir ici que le portrait de notre aeul ,van-,clas4 ,je vi5s donc au nom de ma mre1 qui s'e/ tr\ve trop faible p\r df5dre ses enfants contre leur pre et qui m'a ordonn de v\s rsi/]1 je vi5s au nom de mes frres et de ma sur1 je vi5s1 mon pre1 au nom de t\s les ,clas v\s comm&] de laiss] vos expri5ces1 de v\s faire une =tune v\s avant de les p\rsuivre4 ,si v\s v\s armez de votre pat]nit qui ne se fait s5tir que p\r n\s tu]1 j'ai p\r moi vos anctres et l'honneur qui p>l5t plus haut que la ,*imie4 ,les familles pass5t avant la ,sci5ce4 ,j'ai trop t votre fille6 --,et tu veux tre alors mon b\rreau1 dit-il d'une voix affaiblie4 ,m>gu]ite se sauva p\r ne pas abdiqu] le rle qu'elle v5ait de pr5dre1 elle crut avoir ent5du la voix de sa mre qu& elle lui avait dit3 ,ne contr>ie pas trop ton pre1 aime-le bi56 --,mademoiselle fait l-haut de la belle ouvrage6 dit ,lemulqu9i] en desc5dant la cuis9e p\r djeun]4 ,n\s allions mettre la ma9 sur le secret1 n\s n'avions plus beso9 que d'un br9 de soleil de juillet1 c> monsieur1 ah6 quel homme6 il e/ quasim5t dans les *ausses du bon ,dieu6 ,il ne s'en faut pas de a1 dit-il ,josette en faisant claqu] l'ongle de son p\ce droit s\s la d5t populairem5t nomme la palette1 que n\s ne sa*ions le pr9cipe de t\t4 ,patatras6 elle s'en vi5t cri] p\r des btises de lettres de *ange4 --,eh6 bi51 payez-les de vos gages1 dit ,m>?a1 ces lettres d'*ange8 --,il n'y a po9t de beurre mettre sur mon pa98 dit ,lemulqu9i] ,josette4 --,et de l'arg5t p\r en a*et]8 rpondit aigrem5t la cuis9ire4 ,comm5t1 vieux mon/re1 si v\s faites de l'or dans votre cuis9e de dmon1 p\rquoi ne v\s faites-v\s pas un peu de beurre8 ce ne s]ait pas si difficile1 et v\s en v5driez au m>* de quoi faire all] la m>mite4 ,n\s mangeons du pa9 sec1 n\s autres6 ,ces deux demoiselles se cont5t5t de pa9 et de noix1 v\s s]iez donc mieux n\rri que les matres8 ,mademoiselle ne veut dp5s] que c5t francs p> mois p\r t\te la maison4 ,n\s ne faisons plus qu'un dn]4 ,si v\s v\lez des d\ceurs1 v\s avez vos f\rneaux l-haut o v\s fricassez des p]les1 qu'on ne p>le que de a au m>*4 ,faites-v\s-y des p\lets rtis4 ,lemulqu9i] prit son pa9 et sortit4 --,il va a*et] quelque *ose de son arg5t1 dit ,m>?a1 tant mieux1 ce s]a autant d'conomis4 ,e/-il av>e1 ce ,*9ois-l6 --,fallait le pr5dre p> la fam9e1 dit ,josette4 ,voil huit j\rs qu'il n'a ri5 frott nune "p1 je fais son ouvrage1 il e/ t\j\rs l-haut2 il peut bi5 me pay] de a1 en n\s rgalant de quelques h>5gs1 qu'il en apporte1 je m'en vais jolim5t les lui pr5dre6 --,ah6 dit ,m>?a1 j'ent5ds mademoiselle ,m>gu]ite qui pleure4 ,son vieux sorci] de pre aval]a la maison sans dire une p>ole *rti5ne1 le sorci]4 ,dans mon pays1 on l'aurait dj brl vif2 mais ici l'on n'a pas plus de religion que *ez les ,maures d',afrique4 ,mademoiselle ,clas t\ffait mal ses sanglots en trav]sant la gal]ie4 ,elle gagna sa *ambre1 *]*a la lettre de sa mre1 et lut ce qui suit3 ,mon enfant1 si ,dieu le p]met1 mon esprit s]a dans ton cur qu& tu liras ces lignes1 les d]nires que j'aurai traces6 elles sont ple9es d'am\r p\r mes *]s petits qui re/5t ab&onns un dmon auquel je n'ai pas su rsi/]4 ,il aura donc absorb votre pa91 comme il a dvor ma vie et mme mon am\r4 ,tu savais1 ma bi5-aime1 si j'aimais ton pre6 je vais expir] l'aimant mo9s1 puisque je pr5ds contre lui des prcautions que je n'aurais pas av\es de mon vivant4 ,oui1 j'aurai g>d dans le fond de mon c]cueil une d]nire ress\rce p\r le j\r o v\s s]ez au plus haut degr du malheur4 ,s'il v\s a rduits l'indig5ce1 ou s'il faut sauv] votre honneur1 mon enfant1 tu tr\v]as *ez monsieur de ,solis1 s'il vit encore1 s9on *ez son neveu1 notre bon ,emmanuel1 c5t soixante dix mille francs environ1 qui v\s aid]ont vivre4 ,si ri5 n'a pu dompt] sa passion1 si ses enfants ne sont pas une b>rire plus =te p\r lui que ne l'a t mon bonheur1 et ne l'arrt5t pas dans sa m>*e crim9elle1 quittez votre pre1 vivez au mo9s6 ,je ne p\vais l'ab&onn]1 je me devais lui4 ,toi1 ,m>gu]ite1 sauve la famille6 ,je t'abs\s de t\t ce que tu f]as p\r df5dre ,gabriel1 ,jean et ,flicie4 ,pr5ds c\rage1 sois l'ange tutlaire des ,clas4 ,sois f]me1 je n'ose dire sois sans piti2 mais p\r p\voir rp>] les malheurs dj faits1 il faut cons]v] quelque =tune1 et tu dois te considr] comme tant au l5dema9 de la misre1 ri5 n'arrt]a la fureur de la passion qui m'a t\t ravi4 ,a9si1 ma fille1 ce s]a tre ple9e de cur que d'oubli] ton cur2 ta dissimulation1 s'il fallait m5tir ton pre1 s]ait glorieuse2 tes actions1 quelque blmables qu'elles puiss5t p>atre1 s]ai5t t\tes hroques faites dans le b de protg] la famille4 ,le v]tueux monsieur de ,solis me l'a dit1 et jamais consci5ce ne fut ni plus pure ni plus clairvoyante que la si5ne4 ,je n'aurais pas eu la =ce de te dire ces p>oles1 mme en m\rant4 ,cep5dant sois t\j\rs respectueuse et bonne dans cette horrible lutte6 ,rsi/e en adorant1 refuse avec d\ceur4 ,j'aurai donc eu des l>mes inconnues et des d\leurs qui n'clat]ont qu'aprs ma mort4 ,embrasse1 en mon nom1 mes *]s enfants1 au mom5t o tu devi5dras a9si leur protection4 ,que ,dieu et les sa9ts soi5t avec toi4 ,,jos,,ph9e4 ,a cette lettre tait jo9te une reconnaissance de messieurs de ,solis oncle et neveu1 qui s'engageai5t remettre le dpt fait entre leurs ma9s p> madame ,clas celui de ses enfants qui leur reprs5t]ait cet crit4 --,m>?a1 cria ,m>gu]ite la dugne qui monta promptem5t1 allez *ez monsieur ,emmanuel et priez-le de pass] *ez moi4 ,noble et discrte crature6 il ne m'a jamais ri5 dit1 moi1 p5sa-t-elle1 moi dont les ennuis et les *agr9s sont dev5us les si5s4 ,emmanuel v9t avant que ,m>?a ne ft de ret\r4 --,v\s avez eu des secrets p\r moi8 dit-elle en lui montrant l'crit4 ,emmanuel baissa la tte4 --,m>gu]ite1 v\s tes donc bi5 malheureuse8 reprit-il en laissant r\l] quelques pleurs dans ses yeux4 --,oh6 oui4 ,soyez mon appui1 v\s que ma mre a nomm l notre bon ,emmanuel1 dit-elle en lui montrant la lettre et ne p\vant rprim] un m\vem5t de joie en voyant son *oix appr\v p> sa mre4 --,mon sang et ma vie tai5t v\s le l5dema9 du j\r o je v\s vis dans la gal]ie1 rpondit-il en pleurant de joie et de d\leur2 mais je ne savais pas1 je n'osais pas espr] qu'un j\r v\s accept]iez mon sang4 ,si v\s me connaissez bi51 v\s devez savoir que ma p>ole e/ sacre4 ,p>donnez-moi cette p>faite obissance aux volonts de votre mre1 il ne m'app>t5ait pas d'en jug] les int5tions4 --,v\s n\s avez sauvs1 dit-elle en l'int]rompant et lui pr5ant le bras p\r desc5dre au p>loir4 ,aprs avoir appris l'orig9e de la somme que g>dait ,emmanuel1 ,m>gu]ite lui confia la tri/e ncessit qui poignait la maison4 --,il faut all] pay] les lettres de *ange1 dit ,emmanuel1 si elles sont t\tes *ez ,m]sktus1 v\s gagn]ez les intrts4 ,je v\s remettrai les soixante-dix mille francs qui v\s re/]ont4 ,mon pauvre oncle m'a laiss une somme semblable en ducats qu'il s]a facile de transport] secrtem5t4 --,oui1 dit-elle1 apportez-les la nuit2 qu& mon pre dormira1 n\s les ca*]ons n\s deux4 ,s'il savait que j'ai de l'arg5t1 peut-tre me f]ait-il viol5ce4 ,oh6 ,emmanuel1 se dfi] de son pre6 dit-elle en pleurant et appuyant son front sur le cur du jeune homme4 ,ce gracieux et tri/e m\vem5t p> lequel ,m>gu]ite *]*ait une protection1 fut la premire expression de cet am\r t\j\rs envelopp de mlancolie1 t\j\rs cont5u dans une sphre de d\leur2 mais ce cur trop ple9 devait dbord]1 et ce fut s\s le poids d'une misre6 --,que faire8 que dev5ir8 ,il ne voit ri51 ne se s\cie ni de n\s ni de lui1 c> je ne sais pas comm5t il peut vivre dans ce gr5i] dont l'air e/ brlant4 --,que p\vez-v\s att5dre d'un homme qui t\t mom5t s'crie comme ,ri*>d ,,iii3 ,mon royaume p\r un *eval6 dit ,emmanuel4 ,il s]a t\j\rs impitoyable1 et v\s devez l'tre autant que lui4 ,payez ses lettres de *ange1 donnez-lui1 si v\s v\lez1 votre =tune2 mais celle de votre sur1 celle de vos frres n'e/ ni v\s ni lui4 --,donn] ma =tune8 dit-elle en s]rant la ma9 d',emmanuel et lui jetant un reg>d de feu1 v\s me le conseillez1 v\s6 t&is que ,pi]qu9 faisait mille m5songes p\r me la cons]v]4 --,hlas6 peut-tre suis-je g/e ma manire6 dit-il4 ,tantt je v\s v\drais sans =tune1 il me semble que v\s s]iez plus prs de moi2 tantt je v\s v\drais ri*e1 heureuse1 et je tr\ve qu'il y a de la petitesse se croire sp>s p> les pauvres gr&eurs de la =tune4 --,*]6 ne p>lons pas de n\s444 --,n\s6 rpta-t-il avec ivresse4 ,puis aprs une pause1 il aj\ta3--,le mal e/ gr&1 mais il n'e/ pas irrp>able4 --,il se rp>]a p> n\s seuls1 la famille ,clas n'a plus de *ef4 ,p\r en arriv] ne plus tre ni pre ni homme1 n'avoir aucune notion du ju/e et de l'inju/e1 c> lui1 si gr&1 si gnreux1 si probe1 il a dissip malgr la loi le bi5 des enfants auxquels il doit s]vir de df5seur6 dans quel abme e/-il donc tomb8 ,mon ,dieu6 que *]*e-t-il donc6 --,malheureusem5t1 ma *re ,m>gu]ite1 s'il a tort comme *ef de famille1 il a raison sci5tifiquem5t1 et une v+ta9e d'hommes en ,europe l'admir]ont1 l o t\s les autres le tax]ont de folie2 mais v\s p\vez sans scrupule lui refus] la =tune de ses enfants4 ,une dc\v]te a t\j\rs t un has>d4 ,si votre pre doit r5contr] la solution de son problme1 il la tr\v]a sans tant de frais1 et peut-tre au mom5t o il en dsespr]a6 --,ma pauvre mre e/ heureuse1 dit ,m>gu]ite1 elle aurait s\ff]t mille fois la mort avant de m\rir1 elle qui a pri son premi] *oc contre la ,sci5ce4 ,mais ce combat n'a pas de f94 --,il y a une f91 reprit ,emmanuel4 ,qu& v\s n'aurez plus ri51 monsieur ,clas ne tr\v]a plus de crdit1 et s'arrt]a4 --,qu'il s'arrte donc ds auj\rd'hui1 s'cria ,m>gu]ite1 n\s sommes sans ress\rces4 ,monsieur de ,solis alla ra*et] les lettres de *ange et v9t les remettre ,m>gu]ite4 ,bal?az> desc5dit quelques mom5ts avant le dn]1 contre son habitude4 ,p\r la premire fois1 depuis deux ans1 sa fille ap]ut dans sa physionomie les signes d'une tri/esse horrible voir3 il tait r$ev5u pre1 la raison avait *ass la ,sci5ce2 il reg>da dans la c\r1 dans le j>d91 et qu& il fut c]ta9 de se tr\v] seul avec sa fille1 il v9t elle p> un m\vem5t ple9 de mlancolie et de bont4 --,mon enfant1 dit-il en lui pr5ant la ma9 et la lui s]rant avec une onctueuse t5dresse1 p>donne ton vieux pre4 ,oui1 ,m>gu]ite1 j'ai eu tort4 ,toi seule z raison4 ,tant que je n'aurai pas tr\v1 je suis un misrable6 ,je m'en irai d'ici4 ,je ne veux pas voir v5dre ,van-,clas1 dit-il en montrant le portrait du m>tyr4 ,il e/ mort p\r la ,lib]t1 je s]ai mort p\r la ,sci5ce1 lui vnr1 moi ha4 --,ha1 mon pre8 non1 dit-elle en se jetant sur son se91 n\s v\s adorons t\s4 ,n'e/-ce pas1 ,flicie8 dit-elle sa sur qui entrait en ce mom5t4 --,qu'avez-v\s1 mon *] pre8 dit la jeune fille en lui pr5ant la ma94 --,je v\s ai ru9s4 --,h6 dit ,flicie1 nos frres n\s f]ont une =tune4 ,jean e/ t\j\rs le premi] dans sa classe4 --,t5ez1 mon pre1 reprit ,m>gu]ite en am5ant ,bal?az> p> un m\vem5t ple9 de grce et de cl9]ie filiale devant la *em9e o elle prit quelques papi]s qui tai5t s\s le c>tel1 voici vos lettres de *ange2 mais n'en s\scrivez plus1 il n'y aurait plus ri5 p\r les pay]444 --,tu z donc de l'arg5t1 dit ,bal?az> l'oreille de ,m>gu]ite qu& il fut rev5u de sa surprise4 ,ce mot suffoqua cette hroque fille1 tant il y avait de dlire1 de joie1 d'esprance dans la figure de son pre qui reg>dait aut\r de lui1 comme p\r dc\vrir de l'or4 --,mon pre1 dit-elle avec un acc5t de d\leur1 j'ai ma =tune4 --,donne-la-moi1 dit-il en laissant *app] un ge/e avide1 je te r5drai t\t au c5tuple4 --,oui1 je v\s la donn]ai1 rpondit ,m>gu]ite en contemplant ,bal?az> qui ne comprit pas le s5s que sa fille mettait ce mot4 --,ha6 ma *re fille1 dit-il1 tu me sauves la vie6 ,j'ai imag9 une d]nire expri5ce1 aprs laquelle il n'y a plus ri5 de possible4 ,si1 cette fois1 je ne le tr\ve pas1 il faudra r5onc] *]*] l',absolu4 ,donne-moi le bras1 vi5s1 mon enfant *rie1 je v\drais te faire la femme la plus heureuse de la t]re1 tu me r5ds au bonheur1 la gloire2 tu me procures le p\voir de v\s combl] de trsors1 je v\s accabl]ai de joyaux1 de ri*esses4 ,il baisa sa fille au front1 lui prit les ma9s1 les s]ra1 lui tmoigna sa joie p> des cl9]ies qui p>ur5t presque s]viles ,m>gu]ite2 p5dant le dn] ,bal?az> ne voyait qu'elle1 il la reg>dait avec l'empressem5t1 avec l'att5tion1 la vivacit qu'un amant dploie p\r sa matresse3 faisait-elle un m\vem5t8 il *]*ait dev9] sa p5se1 son dsir1 et se levait p\r la s]vir2 il la r5dait honteuse1 il mettait ses so9s une sorte de jeunesse qui contra/ait avec sa vieillesse anticipe4 ,mais1 ces cajol]ies ,m>gu]ite opposait le tableau de la dtresse actuelle1 soit p> un mot de d\te1 soit p> un reg>d qu'elle jetait sur les rayons vides des dressoirs de cette salle mang]4 --,va1 lui dit-il1 dans six mois1 n\s remplirons a d'or et de m]veilles4 ,tu s]as comme une re9e4 ,bah6 la nature entire n\s app>ti5dra1 n\s s]ons au-dessus de t\t444 et p> toi444 ma ,m>gu]ite4 ,m>g>ita8 reprit-il en s\riant1 ton nom e/ une prophtie4 ,m>g>ita veut dire une p]le4 ,/]ne a dit cela quelque "p4 ,z-tu lu ,/]ne8 veux-tu un ,/]ne8 a t'amus]a4 --,la p]le e/1 dit-on1 le fruit d'une maladie1 reprit-elle1 et n\s avons dj bi5 s\ff]t6 --,ne sois pas tri/e1 tu f]as le bonheur de ceux que tu aimes1 tu s]as bi5 puissante1 bi5 ri*e4 --,mademoiselle a si bon cur1 dit ,lemulqu9i] dont la face en cumoire grimaa pniblem5t un s\rire4 ,p5dant le re/e de la soire1 ,bal?az> dploya p\r ses deux filles t\tes les grces de son c>actre et t\t le *>me de sa conv]sation4 ,sduisant comme le s]p5t1 sa p>ole1 ses reg>ds pan*ai5t un fluide magntique1 et il prodigua cette puissance de gnie1 ce d\x esprit qui fasc9ait ,josph9e1 et il mit p\r a9si dire ses filles dans son cur4 ,qu& ,emmanuel de ,solis v9t1 il tr\va1 p\r la premire fois depuis long-temps1 le pre et les enfants runis4 ,malgr sa rs]ve1 le jeune proviseur fut s\mis au pre/ige de cette scne1 c> la conv]sation1 les manires de ,bal?az> eur5t un entranem5t irrsi/ible4 ,quoique plongs dans les abmes de la p5se1 et incessamm5t occups obs]v] le monde moral1 les hommes de sci5ce ap]oiv5t nanmo9s les plus petits dtails dans la sphre o ils viv5t4 ,plus intempe/ifs que di/raits1 ils ne sont jamais en h>monie avec ce qui les ent\re1 ils sav5t et oubli5t t\t2 ils prjug5t l'av5ir1 prophtis5t p\r eux seuls1 sont au fait d'un vnem5t avant qu'il n'clate1 mais ils n'en ont ri5 dit4 ,si1 dans le sil5ce des mditations1 ils ont fait usage de leur puissance p\r reconnatre ce qui se passe aut\r d'eux1 il leur suffit d'avoir dev93 le travail les emporte1 et ils appliqu5t presque t\j\rs faux les connaissances qu'ils ont acquises sur les *oses de la vie4 ,p>fois1 qu& ils se rveill5t de leur apa?ie sociale1 ou qu& ils tomb5t du monde moral dans le monde extrieur1 ils y revi5n5t avec une ri*e mmoire1 et n'y sont trang]s ri54 ,a9si ,bal?az>1 qui joignait la p]spicacit du cur la p]spicacit du c]veau1 savait t\t le pass de sa fille1 il connaissait ou avait dev9 les mo9dres vnem5ts de l'am\r my/rieux qui l'unissait ,emmanuel1 il le leur pr\va f9em5t1 et sanctionna leur affection en la p>tageant4 ,c'tait la plus d\ce flatt]ie que put faire un pre1 et les deux amants ne sur5t pas y rsi/]4 ,cette soire fut dlicieuse p> le contra/e qu'elle =mait avec les *agr9s qui assaillai5t la vie de ces pauvres enfants4 ,qu&1 aprs les avoir p\r a9si dire remplis de sa lumire et baigns de t5dresse1 ,bal?az> se retira1 ,emmanuel de ,solis1 qui avait eu jusqu'alors une cont5ance gne1 se db>rassa de trois mille ducats en or qu'il t5ait dans ses po*es en craignant de les laiss] ap]cevoir4 ,il les mit sur la travailleuse de ,m>gu]ite qui les c\vrit avec le l+e qu'elle raccommodait1 et alla *]*] le re/e de la somme4 ,qu& il rev9t1 ,flicie tait alle se c\*]4 ,onze heures sonnai5t4 ,m>?a1 qui veillait p\r d%abill] sa matresse1 tait occupe *ez ,flicie4 --,o ca*] cela8 dit ,m>gu]ite qui n'avait pas rsi/ au plaisir de mani] quelques ducats1 un enfantillage qui la p]dit4 --,je s\lv]ai cette colonne de m>bre dont le socle e/ creux1 dit ,emmanuel1 v\s y gliss]ez les r\leaux1 et le diable n'irait pas les y *]*]4 ,au mom5t o ,m>gu]ite faisait son avant-d]ni] voyage de la travailleuse la colonne1 elle jeta un cri p]ant1 laissa tomb] les r\leaux dont les pices brisr5t le papi] et s'p>pillr5t sur le p>quet3 son pre tait la porte du p>loir1 et montrait sa tte dont l'expression d'avidit l'effraya4 --,que faites-v\s donc l8 dit-il en reg>dant t\r t\r sa fille que la peur cl\ait sur le plan*]1 et le jeune homme qui s'tait brusquem5t dress1 mais dont l'attitude auprs de la colonne tait assez significative4 ,le fracas de l'or sur le p>quet fut horrible et son p>pillem5t semblait prophtique4--,je ne me trompais pas1 dit ,bal?az> en s'asseyant1 j'avais ent5du le son de l'or4 ,il n'tait pas mo9s mu que les deux jeunes g5s dont les curs palpitai5t si bi5 l'unisson1 que leurs m\vem5ts s'ent5dai5t comme les c\ps d'un balanci] de p5dule au milieu du pr(ond sil5ce qui rgna t\t c\p dans le p>loir4 --,je v\s rem]cie1 monsieur de ,solis1 dit ,m>gu]ite ,emmanuel en lui jetant un c\p d'il qui signifiait3 ,secondez-moi1 p\r sauv] cette somme4 --,quoi1 cet or444 reprit ,bal?az> en lanant des reg>ds d'une p\vantable lucidit sur sa fille et sur ,emmanuel4 --,cet or e/ monsieur qui a la bont de me le prt] p\r faire honneur nos engagem5ts1 lui rpondit-elle4 ,monsieur de ,solis r\git et v\lut sortir4 --,monsieur1 dit ,bal?az> en l'arrtant p> le bras1 ne v\s drobez pas mes rem]cm5ts4 --,monsieur1 v\s ne me devez ri54 ,cet arg5t app>ti5t mademoiselle ,m>gu]ite qui me l'emprunte sur ses bi5s1 rpondit-il en reg>dant sa matresse qui le rem]cia p> un imp]ceptible clignem5t de paupires4 --,je ne s\ffrirai pas cela1 dit ,clas qui prit une plume et une feuille de papi] sur la table o crivait ,flicie1 et se t\rnant v]s les deux jeunes g5s tonns3--,combi5 y a-t-il8 ,la passion avait r5du ,bal?az> plus rus que ne l'et t le plus adroit des int5dants coqu9s2 la somme allait tre lui4 ,m>gu]ite et monsieur de ,solis hsitai5t4--,comptons1 dit-il4 --,il y a six mille ducats1 rpondit ,emmanuel --,soixante-dix mille francs1 reprit ,clas4 ,le c\p d'il que ,m>gu]ite jeta sur son amant lui donna du c\rage4 --,monsieur1 dit-il en tremblant1 votre engagem5t e/ sans valeur1 p>donnez-moi cette expression purem5t te*nique2 j'ai prt ce mat9 mademoiselle c5t mille francs p\r ra*et] des lettres de *ange que v\s tiez hors d'tat de pay]1 v\s ne sauriez donc me donn] aucune g>antie4 ,ces c5t soixante-dix mille francs sont mademoiselle votre fille qui peut en dispos] comme bon lui semble1 mais je ne les lui prte que sur la promesse qu'elle m'a faite de s\scrire un contrat avec lequel je puisse pr5dre mes srets sur sa "p dans les t]ra9s nus de ,waignies4 ,m>gu]ite dt\rna la tte p\r ne pas laiss] voir les l>mes qui lui v9r5t aux yeux1 elle connaissait la puret de cur qui di/+uait ,emmanuel4 lev p> son oncle dans la pratique la plus svre des v]tus religieuses1 le jeune homme avait spcialem5t horreur du m5songe2 aprs avoir (f]t sa vie et son cur ,m>gu]ite1 il lui faisait donc encore le sacrifice de sa consci5ce4 --,adieu1 monsieur1 lui dit ,bal?az>1 je v\s croyais plus de confiance dans un homme qui v\s voyait avec des yeux de pre4 ,aprs avoir *ang avec ,m>gu]ite un dplorable reg>d1 ,emmanuel fut reconduit p> ,m>?a qui f]ma la porte de la rue4 ,au mom5t o le pre et la fille fur5t bi5 seuls1 ,clas dit sa fille3--,tu m'aimes1 n'e/-ce pas8 --,ne pr5ez pas de dt\rs1 mon pre4 ,v\s v\lez cette somme1 v\s ne l'aurez po9t4 ,elle se mit rassembl] les ducats1 son pre l'aida sil5cieusem5t les ramass] et vrifi] la somme qu'elle avait seme1 et ,m>gu]ite le laissa faire sans lui tmoign] la mo9dre dfiance4 ,les deux milles ducats remis en pile1 ,bal?az> dit d'un air dsespr3--,m>gu]ite1 il me faut cet or6 --,ce s]ait un vol si v\s le pr5iez1 rpondit-elle froidem5t4 c\tez1 mon pre3 il vaut mieux n\s tu] d'un seul c\p1 que de n\s faire s\ffrir mille morts *aque j\r4 ,voyez1 qui de v\s1 qui de n\s doit succomb]4 --,v\s aurez donc assass9 votre pre1 reprit-il4 --,n\s aurons v5g notre mre1 dit-elle en montrant la place o madame ,clas tait morte4 --,ma fille1 si tu savais ce dont il s'agit1 tu ne me dirais pas de telles p>oles4 c\te1 je vais t'expliqu] le problme444 ,mais tu ne me compr5dras pas8 s'cria-t-il avec dsespoir4 ,enf91 donne6 crois une fois en ton pre4 ,oui1 je sais que j'ai fait de la pe9e ta mre2 que j'ai dissip1 p\r employ] le mot des ignorants1 ma =tune et dilapid la vtre2 que v\s travaillez t\s p\r ce que tu nommes une folie2 mais1 mon ange1 ma bi5-aime1 mon am\r1 ma ,m>gu]ite1 c\te-moi donc6 ,si je ne russis pas1 je me donne toi1 je t'obirai comme tu devrais1 toi1 m'obir2 je f]ai tes volonts1 je te remettrai la conduite de ma =tune1 je ne s]ai plus le tuteur de mes enfants1 je me dp\ill]ai de t\te autorit4 ,je le jure p> ta mre1 dit-il en v]sant des l>mes4 ,m>gu]ite dt\rna la tte p\r ne pas voir cette figure en pleurs1 et ,clas se jeta aux g5\x de sa fille en croyant qu'elle allait cd]4--,m>gu]ite1 ,m>gu]ite6 donne1 donne6 ,que sont soixante mille francs p\r vit] des remords t]nels6 ,vois-tu1 je m\rrai1 ceci me tu]a4 c\te-moi6 ma p>ole s]a sacre4 ,si j'*\e1 je r5once mes travaux1 je quitt]ai la ,fl&re1 la ,france mme1 si tu l'exiges1 et j'irai travaill] comme un manuvre af9 de refaire s\ s\ ma =tune et rapport] un j\r mes enfants ce que la ,sci5ce leur aura pris4 ,m>gu]ite v\lait relev] son pre1 mais il p]si/ait re/] ses g5\x1 et il aj\ta en pleurant3--,sois une d]nire fois1 t5dre et dv\e8 ,si je ne russis pas1 je te donn]ai moi-mme raison dans tes durets4 ,tu m'appell]as vieux f\6 tu me nomm]as mauvais pre6 enf9 tu me diras que je suis un ignorant6 ,moi1 qu& j'ent5drai ces p>oles1 je te bais]ai les ma9s4 ,tu p\rras me battre1 si tu le veux2 et qu& tu me frapp]as1 je te bnirai comme la meilleure des filles en me s\v5ant que tu m'z donn ton sang6 --,s'il ne s'agissait que de mon sang1 je v\s le r5drais1 s'cria-t-elle1 mais puis-je laiss] gorg] p> la ,sci5ce mon frre et ma sur8 non6 ,cessez1 cessez1 dit-elle en essuyant ses l>mes et rep\ssant les ma9s c>essantes de son pre4 --,soixante-mille francs et deux mois1 dit-il en se levant avec rage1 il ne me faut plus que cela2 mais ma fille se met entre la gloire1 entre la ri*esse et moi4 ,sois maudite6 aj\ta-t-il4 ,tu n'es ni fille1 ni femme1 tu n'z pas de cur1 tu ne s]as ni une mre1 ni une p\se1 aj\ta-t-il4 ,laisse-moi pr5dre6 dis1 ma *re petite1 mon enfant *rie1 je t'ador]ai1 aj\ta-t-il en avanant la ma9 sur l'or p> un m\vem5t d'atroce n]gie4 --,je suis sans df5se contre la =ce1 mais ,dieu et le gr& ,clas n\s voi5t6 dit ,m>gu]ite en montrant le portrait4 --,eh6 bi51 essaie de vivre c\v]te du sang de ton pre1 cria ,bal?az> en lui jetant un reg>d d'horreur4 ,il se leva1 contempla le p>loir et sortit l5tem5t4 ,en arrivant la porte1 il se ret\rna comme et fait un m5diant et int]rogea sa fille p> un ge/e auquel ,m>gu]ite rpondit en faisant un signe de tte ngatif4--,adieu1 ma fille1 dit-il avec d\ceur1 t*ez de vivre heureuse4 ,qu& il eut disp>u1 ,m>gu]ite re/a dans une /upeur qui eut p\r effet de l'isol] de la t]re1 elle n'tait plus dans le p>loir1 elle ne s5tait plus son corps1 elle avait des ailes1 et volait dans les espaces du monde moral o t\t e/ imm5se1 o la p5se rappro*e et les di/ances et les temps1 o quelque ma9 div9e relve la toile t5due sur l'av5ir4 ,il lui sembla qu'il s'c\lait des j\rs enti]s entre *acun des pas que faisait son pre en montant l'escali]2 puis elle eut un frisson d'horreur au mom5t o elle l'ent5dit entr] dans sa *ambre4 ,guide p> un press5tim5t qui rp&it dans son me la poignante cl>t d'un clair1 elle fran*it les escali]s sans lumire1 sans bruit1 avec la vlocit d'une fl*e1 et vit son pre qui s'aju/ait le front avec un pi/olet4 --,pr5ez t\t1 lui cria-t-elle en s'lanant v]s lui4 ,elle tomba sur un fauteuil4 ,bal?az> la voyant ple1 se mit pleur] comme pleur5t les vieill>ds2 il r$ev9t enfant1 il la baisa au front1 lui dit des p>oles sans suite1 il tait prs de saut] de joie1 et semblait v\loir j\] avec elle comme un amant j\e avec sa matresse aprs en avoir obt5u le bonheur4 --,assez6 assez1 mon pre1 dit-elle1 songez votre promesse6 ,si v\s ne russissez pas1 v\s m'obirez6 --,oui4 --,o ma mre1 dit-elle en se t\rnant v]s la *ambre de madame ,clas1 v\s auriez t\t donn1 n'e/-ce pas8 --,dors en paix1 dit ,bal?az>1 tu es une bonne fille4 --,dormir6 dit-elle1 je n'ai plus les nuits de ma jeunesse2 v\s me vieillissez1 mon pre1 comme v\s avez l5tem5t fltri le cur de ma mre4 --,pauvre enfant1 je v\drais te rassur] en t'expliquant les effets de la magnifique expri5ce que je vi5s d'imag9]1 tu compr5drais4 --,je ne compr5ds que notre ru9e1 dit-elle en s'en allant4 ,le l5dema9 mat91 qui tait un j\r de cong1 ,emmanuel de ,solis am5a ,jean4 --,h bi58 dit-il avec tri/esse en abordant ,m>gu]ite4 --,j'ai cd1 rpondit-elle4 --,ma *re vie1 dit-il avec un m\vem5t de joie mlancolique1 si v\s aviez rsi/1 je v\s eusse admire2 mais faible1 je v\s adore6 --,pauvre1 pauvre ,emmanuel1 que n\s re/]a-t-il8 --,laissez-moi faire1 s'cria le jeune homme d'un air radieux1 n\s n\s aimons1 t\t ira bi56 ,quelques mois s'c\lr5t dans une tranquillit p>faite4 ,monsieur de ,solis fit compr5dre ,m>gu]ite que ses *tives conomies ne con/itu]ai5t jamais une =tune1 et lui conseilla de vivre l'aise en pr5ant1 p\r ma9t5ir l'abondance au logis1 l'arg5t qui re/ait sur la somme de laquelle il avait t le dpositaire4 ,p5dant ce temps1 ,m>gu]ite fut livre aux anxits qui jadis avai5t agit sa mre en semblable occurr5ce4 ,quelque incrdule qu'elle pt tre1 elle en tait arrive espr] dans le gnie de son pre4 ,p> un phnomne inexplicable1 beauc\p de g5s ont l'esprance sans avoir la foi4 ,l'esprance e/ la fleur du ,dsir1 la foi e/ le fruit de la ,c]titude4 ,m>gu]ite se disait3 ,si mon pre russit1 n\s s]ons heureux6 ,clas et ,lemulqu9i] seuls disai5t3 ,n\s russirons6 ,malheureusem5t1 de j\r en j\r1 le visage de cet homme s'attri/a4 ,qu& il v5ait dn]1 il n'osait p>fois reg>d] sa fille et p>fois il lui jetait aussi des reg>ds de triomphe4 ,m>gu]ite employa ses soires se faire expliqu] p> le jeune de ,solis plusieurs difficults lgales4 ,elle accabla son pre de que/ions sur leurs relations de famille4 ,enf9 elle a*eva son ducation virile1 elle se prp>ait videmm5t excut] le plan qu'elle mditait si son pre succombait encore une fois dans son duel avec l',inconnu 7,x74 ,au comm5cem5t du mois de juillet1 ,bal?az> passa t\te une j\rne assis sur le banc de son j>d91 plong dans une mditation tri/e4 ,il reg>da plusieurs fois le t]tre dnu de tulipes1 les f5tres de la *ambre de sa femme2 il frmissait sans d\te en songeant t\t ce que sa lutte lui avait cot3 ses m\vem5ts atte/ai5t des p5ses en dehors de la ,sci5ce4 ,m>gu]ite v9t s'asseoir et travaill] prs de lui quelques mom5ts avant le dn]4 --,h6 bi51 mon pre1 v\s n'avez pas russi4 --,non1 mon enfant4 --,ah6 dit ,m>gu]ite d'une voix d\ce1 je ne v\s adress]ai pas le plus lg] repro*e1 n\s sommes galem5t c\pables4 ,je rclam]ai seulem5t l'excution de votre p>ole1 elle doit tre sacre1 v\s tes un ,clas4 ,vos enfants v\s ent\r]ont d'am\r et de respect2 mais d'auj\rd'hui v\s m'app>t5ez1 et me devez obissance4 ,soyez sans inquitude1 mon rgne s]a d\x1 et je travaill]ai mme le faire promptem5t f9ir4 ,j'emmne ,m>?a1 je v\s quitte p\r un mois environ1 et p\r m'occup] de v\s1 c>1 dit-elle en le baisant au front1 v\s tes mon enfant4 ,dema91 ,flicie conduira donc la maison4 ,la pauvre enfant n'a que dix-sept ans1 elle ne saurait pas v\s rsi/]2 soyez gnreux1 ne lui dem&ez pas un s\1 c> elle n'aura que ce qu'il lui faut /rictem5t p\r les dp5ses de la maison4 ,ayez du c\rage1 r5oncez p5dant deux ou trois annes vos travaux et vos p5ses4 ,le problme mrira1 je v\s aurai amass l'arg5t ncessaire p\r le rs\dre et v\s le rs\drez4 ,h6 bi51 votre re9e n'e/-elle pas clm5te1 dites8 --,t\t n'e/ donc pas p]du1 dit le vieill>d4 --,non1 si v\s tes fidle votre p>ole4 --,je v\s obirai1 ma fille1 rpondit ,clas avec une motion pr(onde4 ,le l5dema91 monsieur ,conyncks de ,cambrai v9t *]*] sa petite nice4 ,il tait en voiture de voyage1 et ne v\lut re/] *ez son c\s9 que le temps ncessaire ,m>gu]ite et ,m>?a p\r faire leurs apprts4 ,monsieur ,clas reut son c\s9 avec affabilit1 mais il tait visiblem5t tri/e et humili4 ,le vieux ,conyncks dev9a les p5ses de ,bal?az>1 et1 en djeunant1 il lui dit avec une grosse fran*ise3--,j'ai quelques-uns de vos tableaux1 c\s91 j'ai le gt des beaux tableaux1 c'e/ une passion ru9euse2 mais1 n\s avons t\s notre folie444 --,*] oncle6 dit ,m>gu]ite4 --,v\s passez p\r tre ru91 c\s91 mais un ,clas a t\j\rs des trsors l1 dit-il en se frappant le front4 ,et l1 n'e/-ce pas8 aj\ta-t-il en montrant son cur4 ,aussi compt-je sur v\s6 ,j'ai tr\v dans mon esc>celle quelques cus que j'ai mis votre s]vice4 --,ha6 s'cria ,bal?az>1 je v\s r5drai des trsors444 --,les seuls trsors que n\s possdions en ,fl&re1 c\s91 c'e/ la pati5ce et le travail1 rpondit svrem5t ,conyncks4 ,notre anci5 a ces deux mots gravs sur le front1 dit-il en lui montrant le portrait du prsid5t ,van-,clas4 ,m>gu]ite embrassa son pre1 lui dit adieu1 fit ses recomm&ations ,josette1 ,flicie1 et p>tit en po/e p\r ,p>is4 ,le gr&-oncle dev5u veuf n'avait qu'une fille de d\ze ans et possdait une imm5se =tune1 il n'tait donc pas impossible qu'il v\lt se m>i]2 aussi les habitants de ,d\ai crur5t-ils que mademoiselle ,clas p\sait son gr&-oncle4 ,le bruit de ce ri*e m>iage ram5a ,pi]qu9 le notaire *ez les ,clas4 ,il s'tait fait de gr&s *angem5ts dans les ides de cet excell5t calculateur4 ,depuis deux ans1 la socit de la ville s'tait divise en deux camps ennemis4 ,la noblesse avait =m un premi] c]cle1 et la b\rgeoisie un second1 naturellem5t =t ho/ile au premi]4 ,cette sp>ation subite qui eut lieu dans t\te la ,france et la p>tagea en deux nations ennemies1 dont les irritations jal\ses allr5t en croissant1 fut une des pr9cipales raisons qui fir5t adopt] la rvolution de juillet #ahcj en prov9ce4 ,entre ces deux socits1 dont l'une tait ultra-mon>*ique et l'autre ultra-librale1 se tr\vai5t les fonctionnaires admis1 suivant leur importance1 dans l'un et dans l'autre monde1 et qui1 au mom5t de la *ute du p\voir lgitime1 fur5t neutres4 ,au comm5cem5t de la lutte entre la noblesse et la b\rgeoisie1 les ,cafs royali/es contractr5t une spl5deur in\e1 et rivalisr5t si brillamm5t avec les ,cafs libraux1 que ces sortes de ftes ga/ronomiques cotr5t1 dit-on1 la vie plusieurs p]sonnages qui1 semblables des morti]s mal fondus1 ne pur5t rsi/] ces ex]cices4 ,naturellem5t1 les deux socits dev9r5t exclusives et s'purr5t4 ,quoique =t ri*e p\r un homme de prov9ce1 ,pi]qu9 fut exclu des c]cles ari/ocratiques1 et ref\l dans ceux de la b\rgeoisie4 ,son am\r-propre eut beauc\p s\ffrir des *ecs successifs qu'il reut en se voyant ins5siblem5t conduit p> les g5s avec lesquels il frayait nagure4 ,il atteignait l'ge de qu>ante ans1 seule poque de la vie o les hommes qui se de/95t au m>iage puiss5t encore p\s] des p]sonnes jeunes4 ,les p>tis auxquels il p\vait prt5dre app>t5ai5t la b\rgeoisie1 et son ambition t5dait re/] dans le haut monde1 o devait l'introduire une belle alliance4 ,l'isolem5t dans lequel vivait la famille ,clas l'avait r5due trangre ce m\vem5t social4 ,quoique ,clas app>tnt la vieille ari/ocratie de la prov9ce1 il tait vraisemblable que ses proccupations l'emp*]ai5t d'obir aux antipa?ies cres p> ce n\veau classem5t de p]sonnes4 ,quelque pauvre qu'elle pt tre1 une demoiselle ,clas apportait son m>i cette =tune de vanit que s\hait5t t\s les p>v5us4 ,pi]qu9 rev9t donc *ez les ,clas avec une secrte int5tion de faire les sacrifices ncessaires p\r arriv] la conclusion d'un m>iage qui ralisait dsormais t\tes ses ambitions4 ,il t9t compagnie ,bal?az> et ,flicie p5dant l'abs5ce de ,m>gu]ite1 mais il reconnut t>divem5t un concurr5t r$\table dans ,emmanuel de ,solis4 ,la succession du dfunt abb passait p\r tre considrable2 et1 aux yeux d'un homme qui *iffrait navem5t t\tes les *oses de la vie1 le jeune hriti] p>aissait plus puissant p> son arg5t que p> les sductions du cur dont ne s'inquitait jamais ,pi]qu94 ,cette =tune r5dait au nom de ,solis t\te sa valeur4 ,l'or et la noblesse tai5t comme deux lu/res qui1 s'clairant l'un p> l'autre1 r$\blai5t d'clat4 ,l'affection s9cre que le jeune proviseur tmoignait ,flicie1 qu'il traitait comme une sur1 excita l'mulation du notaire4 ,il essaya d'clips] ,emmanuel en mlant le j>gon la mode et les expressions d'une galant]ie sup]ficielle aux airs rveurs1 aux lgies s\cieuses qui allai5t si bi5 sa physionomie4 ,en se disant ds5*ant de t\t au monde1 il t\rnait les yeux v]s ,flicie de manire lui faire croire qu'elle seule p\rrait le rconcili] avec la vie4 ,flicie1 qui p\r la premire fois un homme adressait des complim5ts1 c\ta ce langage t\j\rs si d\x1 mme qu& il e/ m5song]2 elle prit le vide p\r de la pr(ondeur1 et1 dans le beso9 qui l'oppressait de fix] les s5tim5ts vagues dont surabondait son cur1 elle s'occupa de son c\s94 ,jal\se1 son insu peut-tre1 des att5tions am\reuses qu',emmanuel prodiguait sa sur1 elle v\lait sans d\te se voir1 comme elle1 l'objet des reg>ds1 des p5ses et des so9s d'un homme4 ,pi]qu9 dmla facilem5t la prfr5ce que ,flicie lui accordait sur ,emmanuel1 et ce fut p\r lui une raison de p]si/] dans ses ef=ts1 en sorte qu'il s'engagea plus qu'il ne le v\lait4 ,emmanuel surveilla les comm5cem5ts de cette passion fausse peut-tre *ez le notaire1 nave *ez ,flicie dont l'av5ir tait en jeu4 ,il s'ensuivit1 entre la c\s9e et le c\s91 quelques caus]ies d\ces1 quelques mots dits voix basse en arrire d',emmanuel1 enf9 de ces petites tromp]ies qui donn5t un reg>d1 une p>ole une expression dont la d\ceur insidieuse peut caus] d'innoc5tes erreurs4 ,a la faveur du comm]ce que ,pi]qu9 entret5ait avec ,flicie1 il essaya de pntr] le secret du voyage entrepris p> ,m>gu]ite1 af9 de savoir s'il s'agissait de m>iage et s'il devait r5onc] ses esprances2 mais1 malgr sa grosse f9esse1 ni ,bal?az> ni ,flicie ne pur5t lui donn] aucune lumire1 p> la raison qu'ils ne savai5t ri5 des projets de ,m>gu]ite qui1 en pr5ant le p\voir1 semblait en avoir suivi les maximes en taisant ses projets4 ,la morne tri/esse de ,bal?az> et son affaissem5t r5dai5t les soires difficiles pass]4 ,quoique ,emmanuel et russi faire j\] le *imi/e au trictrac1 ,bal?az> y tait di/rait2 et la plup>t du temps cet homme1 si gr& p> son intellig5ce1 semblait /upide4 ,d*u de ses esprances1 humili d'avoir dvor trois =tunes1 j\eur sans arg5t1 il pliait s\s le poids de ses ru9es1 s\s le f>deau de ses esprances mo9s dtruites que trompes4 ,cet homme de gnie1 musel p> la ncessit1 se condamnant lui-mme1 (frait un spectacle vraim5t tragique qui et t\* l'homme le plus ins5sible4 ,pi]qu9 lui-mme ne contemplait pas sans un s5tim5t de respect ce lion en cage1 dont les yeux ple9s d'une puissance ref\le tai5t dev5us calmes =ce de tri/esse1 t]nes =ce de lumire2 dont les reg>ds dem&ai5t une aumne que la b\*e n'osait pr(r]4 ,p>fois un clair passait sur cette face dess*e qui se ranimait p> la conception d'une n\velle expri5ce2 puis1 si1 en contemplant le p>loir1 les yeux de ,bal?az> s'arrtai5t la place o sa femme avait expir1 de lg]s pleurs r\lai5t comme d'ard5ts gra9s de sable dans le ds]t de ses prunelles que la p5se faisait imm5ses1 et sa tte retombait sur sa poitr9e4 ,il avait s\lev le monde comme un ,titan1 et le monde rev5ait plus pesant sur sa poitr9e4 ,cette gigantesque d\leur1 si virilem5t cont5ue1 agissait sur ,pi]qu9 et sur ,emmanuel qui1 p>fois1 se s5tai5t assez mus p\r v\loir (frir cet homme la somme ncessaire quelque srie d'expri5ces2 tant sont communicatives les convictions du gnie6 ,t\s deux concevai5t comm5t madame ,clas et ,m>gu]ite avai5t pu jet] des millions dans ce g\ffre3 mais la raison arrtait promptem5t les lans du cur2 et leurs motions se traduisai5t p> des consolations qui aigrissai5t encore les pe9es de ce ,titan f\droy4 ,clas ne p>lait po9t de sa fille ane1 et ne s'inquitait ni de son abs5ce1 ni du sil5ce qu'elle g>dait en n'crivant ni lui1 ni ,flicie4 ,qu& ,solis et ,pi]qu9 lui en dem&ai5t des n\velles1 il p>aissait affect dsagrablem5t4 ,press5tait-il que ,m>gu]ite agissait contre lui8 ,se tr\vait-il humili d'avoir rsign les droits maje/ueux de la pat]nit son enfant8 ,en tait-il v5u mo9s l'aim] p>ce qu'elle allait tre le pre1 et lui l'enfant8 ,peut-tre y avait-il beauc\p de ces raisons et beauc\p de ces s5tim5ts inexprimables qui pass5t comme des nuages en l'me1 dans la disgrce muette qu'il faisait pes] sur ,m>gu]ite4 ,quelque gr&s que puiss5t tre les gr&s hommes connus ou inconnus1 heureux ou malheureux dans leurs t5tatives1 ils ont des petitesses p> lesquelles ils ti5n5t l'humanit4 ,p> un d\ble malheur1 il ne s\ffr5t pas mo9s de leurs qualits que de leurs dfauts2 et peut-tre ,bal?az> avait-il se famili>is] avec les d\leurs de ses vanits blesses4 ,la vie qu'il m5ait1 et les soires p5dant lesquelles ces quatre p]sonnes se tr\vr5t runies en l'abs5ce de ,m>gu]ite fur5t donc une vie et des soires empre9tes de tri/esse1 remplies d'apprh5sions vagues4 ,ce fut des j\rs inf]tiles comme des l&es dess*es1 o nanmo9s ils glanai5t quelques fleurs1 r>es consolations4 ,l'atmosphre leur semblait brumeuse en l'abs5ce de la fille ane1 dev5ue l'me1 l'espoir et la =ce de cette famille4 ,deux mois se passr5t a9si1 p5dant lesquels ,bal?az> att5dit patiemm5t sa fille4 ,m>gu]ite fut ram5e ,d\ai p> son oncle1 qui re/a au logis au lieu de ret\rn] ,cambrai1 sans d\te p\r y appuy] de son autorit quelque c\p d'tat mdit p> sa nice4 ,ce fut une petite fte de famille que le ret\r de ,m>gu]ite4 ,le notaire et monsieur de ,solis avai5t t invits dn] p> ,flicie et p> ,bal?az>4 ,qu& la voiture de voyage s'arrta devant la porte de la maison1 ces quatre p]sonnes v9r5t y recevoir les voyageurs avec de gr&es dmon/rations de joie4 ,m>gu]ite p>ut heureuse de revoir les foy]s pat]nels1 ses yeux s'emplir5t de l>mes qu& elle trav]sa la c\r p\r arriv] au p>loir4 ,en embrassant son pre1 ses c>esses de jeune fille ne fur5t pas nanmo9s sans arrire-p5se1 elle r\gissait comme une p\se c\pable qui ne sait pas fe9dre2 mais ses reg>ds reprir5t leur puret qu& elle reg>da monsieur de ,solis1 en qui elle semblait puis] la =ce d'a*ev] l'entreprise qu'elle avait secrtem5t =me4 ,p5dant le dn]1 malgr l'allgresse qui animait les physionomies et les p>oles1 le pre et la fille s'exam9r5t avec dfiance et curiosit4 ,bal?az> ne fit ,m>gu]ite aucune "q sur son sj\r ,p>is1 sans d\te p> dignit pat]nelle4 ,emmanuel de ,solis imita cette rs]ve4 ,mais ,pi]qu91 qui tait habitu connatre t\s les secrets de famille1 dit ,m>gu]ite en c\vrant sa curiosit s\s une fausse bonhomie3--,eh6 bi51 *re c\s9e1 v\s avez vu ,p>is1 les spectacles444 --,je n'ai ri5 vu ,p>is1 rpondit-elle1 je n'y suis pas alle p\r me div]tir4 ,les j\rs s'y sont tri/em5t c\ls p\r moi1 j'tais trop impati5te de revoir ,d\ai4 --,si je ne m'tais pas f*1 elle ne s]ait pas v5ue l',opra1 o d'ailleurs elle s'e/ ennuye6 dit monsieur ,conyncks4 ,la soire fut pnible1 *acun tait gn1 s\riait mal ou s'ef=ait de tmoign] cette gaiet de comm&e s\s laquelle se ca*5t de relles anxits4 ,m>gu]ite et ,bal?az> tai5t en proie de s\rdes et cruelles apprh5sions qui ragissai5t sur les curs4 ,plus la soire s'avanait1 plus la cont5ance du pre et de la fille s'altrait4 ,p>fois ,m>gu]ite essayait de s\rire1 mais ses ge/es1 ses reg>ds1 le son de sa voix trahissai5t une vive inquitude4 ,messieurs ,conyncks et de ,solis semblai5t connatre la cause des secrets m\vem5ts qui agitai5t cette noble fille1 et p>aissai5t l'enc\rag] p> des illades expressives4 ,bless d'avoir t mis en dehors d'une rsolution et de dm>*es accomplies p\r lui1 ,bal?az> se sp>ait ins5siblem5t de ses enfants et de ses amis1 en affectant de g>d] le sil5ce4 ,m>gu]ite allait sans d\te lui dc\vrir ce qu'elle avait dcid de lui4 ,p\r un homme gr&1 p\r un pre1 cette situation tait intolrable4 ,p>v5u un ge o l'on ne dissimule ri5 au milieu de ses enfants1 o l't5due des ides donne de la =ce aux s5tim5ts1 il dev5ait donc de plus en plus grave1 songeur et *agr91 en voyant s'appro*] le mom5t de sa mort civile4 ,cette soire r5f]mait une de ces crises de la vie intrieure qui ne peuv5t s'expliqu] que p> des images4 ,les nuages et la f\dre s'amoncelai5t au ciel1 l'on riait dans la campagne2 *acun avait *aud1 s5tait l'orage1 levait la tte et cont9uait sa r\te4 ,monsieur ,conyncks1 le premi]1 alla se c\*] et fut conduit sa *ambre p> ,bal?az>4 ,p5dant son abs5ce1 ,pi]qu9 et monsieur de ,solis s'en allr5t4 ,m>gu]ite fit un adieu ple9 d'affection au notaire1 elle ne dit ri5 ,emmanuel1 mais elle lui pressa la ma9 en lui jetant un reg>d humide4 ,elle r5voya ,flicie1 et qu& ,clas rev9t au p>loir1 il y tr\va sa fille seule4 --,mon bon pre1 lui dit-elle d'une voix tremblante1 il a fallu les circon/ances graves o n\s sommes p\r me faire quitt] la maison2 mais1 aprs bi5 des angoisses et aprs avoir surmont des difficults in\es1 j'y revi5s avec quelques *ances de salut p\r n\s t\s4 ,grce votre nom1 l'influ5ce de notre oncle et aux protections de monsieur de ,solis1 n\s avons obt5u1 p\r v\s1 une place de receveur des f9ances en ,bretagne2 elle vaut1 dit-on1 dix-huit v+t mille francs p> an4 ,notre oncle a fait le cautionnem5t4 ,voici votre nom9ation1 dit-elle en tirant une lettre de son sac4 ,votre sj\r ici1 p5dant nos annes de privations et de sacrifices1 s]ait intolrable4 ,notre pre doit re/] dans une situation au mo9s gale celle o il a t\j\rs vcu4 ,je ne v\s dem&]ai ri5 sur vos rev5us1 v\s les emploi]ez comme bon v\s sembl]a4 ,je v\s supplie seulem5t de song] que n\s n'avons pas un s\ de r5te1 et que n\s vivrons t\s avec ce que ,gu/ave n\s donn]a sur ses rev5us4 ,la ville ne saura ri5 de cette vie clau/rale4 ,si v\s tiez *ez v\s1 v\s s]iez un ob/acle aux moy5s que n\s emploi]ons1 ma sur et moi1 p\r t*] d'y rtablir l'aisance4 ,e/-ce abus] de l'autorit que v\s m'avez donne que de v\s mettre dans une position refaire v\s-mme votre =tune8 dans quelques annes1 si v\s le v\lez1 v\s s]ez ,receveur-gnral4 --,a9si1 ,m>gu]ite1 dit d\cem5t ,bal?az>1 tu me *asses de ma maison4 --,je ne mrite pas un repro*e si dur1 rpondit la fille en comprimant les m\vem5ts tumultueux de son cur4 ,v\s revi5drez p>mi n\s lorsque v\s p\rrez habit] votre ville natale comme il v\s convi5t d'y p>atre4 ,d'ailleurs1 mon pre1 n'ai-je po9t votre p>ole8 reprit-elle froidem5t4 ,v\s devez m'obir4 ,mon oncle e/ re/ p\r v\s emm5] en ,bretagne1 af9 que v\s ne fissiez pas seul le voyage4 --,je n'irai pas1 s'cria ,bal?az> en se levant1 je n'ai beso9 du sec\rs de p]sonne p\r rtablir ma =tune et pay] ce que je dois mes enfants4 --,ce s]a mieux1 reprit ,m>gu]ite sans s'm\voir4 ,je v\s pri]ai de rfl*ir notre situation respective que je vais v\s expliqu] en peu de mots4 ,si v\s re/ez dans cette maison1 vos enfants en sortiront1 af9 de v\s en laiss] le matre4 --,m>gu]ite6 cria ,bal?az>4 --,puis1 dit-elle en cont9uant sans v\loir rem>qu] l'irritation de son pre1 il faut in/ruire le m9i/re de votre refus1 si v\s n'acceptez pas une place lucrative et honorable que1 malgr nos dm>*es et nos protections1 n\s n'aurions pas eue sans quelques billets de mille francs adroitem5t mis p> mon oncle dans le gant d'une dame4 --,me quitt]6 --,ou v\s n\s quitt]ez ou n\s v\s fuirons1 dit-elle4 ,si j'tais votre seule enfant1 j'imit]ais ma mre1 sans murmur] contre le sort que v\s me f]iez4 ,mais ma sur et mes deux frres ne priront pas de faim ou de dsespoir auprs de v\s2 je l'ai promis celle qui m\rut l1 dit-elle en montrant la place du lit de sa mre4 ,n\s v\s avons ca* nos d\leurs1 n\s avons s\ff]t en sil5ce1 auj\rd'hui nos =ces se sont ues4 ,n\s ne sommes pas au bord d'un abme1 n\s sommes au fond1 mon pre6 p\r n\s en tir]1 il ne n\s faut pas seulem5t du c\rage1 il faut encore que nos ef=ts ne soi5t pas incessamm5t dj\s p> les caprices d'une passion444 --,mes *]s enfants6 s'cria ,bal?az>1 en saisissant la ma9 de ,m>gu]ite1 je v\s aid]ai1 je travaill]ai1 je444 --,en voici les moy5s1 rpondit-elle en lui t5dant la lettre m9i/rielle4 --,mais1 mon ange1 le moy5 que tu m'(fres p\r refaire ma =tune e/ trop l5t6 tu me fais p]dre le fruit de dix annes de travaux1 et les sommes normes que reprs5te mon laboratoire4 ,l1 dit-il en indiquant le gr5i]1 sont t\tes nos ress\rces4 ,m>gu]ite m>*a v]s la porte en disant3--,mon pre1 v\s *oisirez6 --,ah6 ma fille1 v\s tes bi5 dure6 rpondit-il en s'asseyant dans un fauteuil et la laissant p>tir4 ,le l5dema9 mat91 ,m>gu]ite apprit p> ,lemulqu9i] que monsieur ,clas tait sorti4 ,cette simple annonce la fit plir1 et sa cont5ance fut si cruellem5t significative1 que le vieux valet lui dit3--,soyez tranquille1 mademoiselle1 monsieur a dit qu'il s]ait rev5u onze heures p\r djeun]4 ,il ne s'e/ pas c\*4 ,a deux heures du mat91 il tait encore deb\t dans le p>loir1 reg>d] p> les f5tres les toits du laboratoire4 ,j'att5dais dans la cuis9e1 je le voyais1 il pleurait1 il a du *agr94 ,voici ce fameux mois de juillet p5dant lequel le soleil e/ capable de n\s enri*ir t\s1 et si v\s v\liez444 --,assez6 dit ,m>gu]ite en dev9ant t\tes les p5ses qui avai5t d assaillir son pre4 ,il s'tait en effet accompli *ez ,bal?az> ce phnomne qui s'emp>e de t\tes les p]sonnes sd5taires1 sa vie dp5dait p\r a9si dire des lieux avec lesquels il s'tait id5tifi1 sa p5se m>ie son laboratoire et sa maison les lui r5dait indisp5sables1 comme l'e/ la ,b\rse au j\eur p\r qui les j\rs fris sont des j\rs p]dus4 ,l tai5t ses esprances1 l desc5dait du ciel la seule atmosphre o ses p\mons p\vai5t puis] l'air vital4 ,cette alliance des lieux et des *oses entre les hommes1 si puissante *ez les natures faibles1 devi5t presque tyrannique *ez les g5s de sci5ce et d'tude4 ,quitt] sa maison1 c'tait1 p\r ,bal?az>1 r5onc] la ,sci5ce1 son problme1 c'tait m\rir4 ,m>gu]ite fut en proie une extrme agitation jusqu'au mom5t du djeun]4 ,la scne qui avait port ,bal?az> v\loir se tu] lui tait rev5ue la mmoire1 et elle craignit de voir se dn\] tragiquem5t la situation dsespre o se tr\vait son pre4 ,elle allait et v5ait dans le p>loir1 en tressaillant *aque fois que la sonnette de la porte ret5tissait4 ,enf91 ,bal?az> rev9t4 ,p5dant qu'il trav]sait la c\r1 ,m>gu]ite1 qui tudia sa figure avec inquitude1 n'y vit que l'expression d'une d\leur orageuse4 ,qu& il entra dans le p>loir1 elle s'avana v]s lui p\r lui s\hait] le bonj\r2 il la saisit affectueusem5t p> la taille1 l'appuya sur son cur1 la baisa au front et lui dit l'oreille3--,je suis all dem&] mon passe-port4 ,le son de la voix1 le reg>d rsign1 le m\vem5t de son pre1 t\t crasa le cur de la pauvre fille qui dt\rna la tte p\r ne po9t laiss] voir ses l>mes2 mais ne p\vant les rprim]1 elle alla dans le j>d91 et rev9t aprs y avoir pleur son aise4 ,p5dant le djeun]1 ,bal?az> se montra gai comme un homme qui avait pris son p>ti4 --,n\s allons donc p>tir p\r la ,bretagne1 mon oncle1 dit-il a monsieur ,conyncks4 ,j'ai t\j\rs eu le dsir de voir ce pays-l4 --,on y vit bon m>*1 rpondit le vieil oncle4 --,mon pre n\s quitte8 s'cria ,flicie4 ,monsieur de ,solis entra1 il am5ait ,jean4 --,v\s n\s le laiss]ez auj\rd'hui1 dit ,bal?az> en mettant son fils prs de lui1 je p>s dema91 et je veux lui dire adieu4 ,emmanuel reg>da ,m>gu]ite qui baissa la tte4 ,ce fut une j\rne morne1 p5dant laquelle *acun fut tri/e1 et rprima des p5ses ou des pleurs4 ,ce n'tait pas une abs5ce1 mais un exil4 ,puis1 t\s s5tai5t in/9ctivem5t ce qu'il y avait d'humiliant p\r un pre dcl>] a9si publiquem5t ses dsa/res en acceptant une place et en quittant sa famille l'ge de ,bal?az>4 ,lui seul fut aussi gr& que ,m>gu]ite tait f]me1 et p>ut accept] noblem5t cette pnit5ce des fautes que l'emportem5t du gnie lui avait fait commettre4 ,qu& la soire fut passe et que le pre et la fille fur5t seuls1 ,bal?az>1 qui1 p5dant t\te la j\rne1 s'tait montr t5dre et affectueux1 comme il l'tait durant les beaux j\rs de sa vie patri>cale1 t5dit la ma9 ,m>gu]ite1 et lui dit avec une sorte de t5dresse mle de dsespoir3--,es-tu cont5te de ton pre8 --,v\s tes digne de celui-l1 rpondit ,m>gu]ite en lui montrant le portrait de ,van-,clas4 ,le l5dema9 mat91 ,bal?az> suivi de ,lemulqu9i] monta dans son laboratoire comme p\r faire ses adieux aux esprances qu'il avait c>esses et que ses oprations comm5ces lui reprs5tai5t vivantes4 ,le matre et le valet se jetr5t un reg>d ple9 de mlancolie en entrant dans le gr5i] qu'ils allai5t quitt] peut-tre p\r t\j\rs4 ,bal?az> contempla ces ma*9es sur lesquelles sa p5se avait si longtemps plan1 et dont *acune tait lie au s\v5ir d'une re*]*e ou d'une expri5ce4 ,il ordonna d'un air tri/e ,lemulqu9i] de faire vapor] des gaz ou des acides dang]eux1 de sp>] des sub/ances qui aurai5t pu produire des explosions4 ,t\t en pr5ant ces so9s1 il pr(rait des regrets am]s1 comme en exprime un condamn mort1 avant d'all] l'*afaud4 --,voici p\rtant1 dit-il en s'arrtant devant une capsule dans laquelle plongeai5t les deux fils d'une pile de ,volta1 une expri5ce dont le rsultat devrait tre att5du4 ,si elle russissait1 affreuse p5se6 mes enfants ne *ass]ai5t pas de sa maison un pre qui jett]ait des diamants leurs pi$s4 ,voil une comb9aison de c>bone et de s\fre1 aj\ta-t-il en se p>lant lui-mme1 dans laquelle le c>bone j\e le rle de corps lectro-positif2 la cri/allisation doit comm5c] au ple ngatif2 et1 dans le cas de dcomposition1 le c>bone s'y port]ait cri/allis444 --,ah6 a se f]ait comme a1 dit ,lemulqu9i] en contemplant son matre avec admiration4 --,or1 reprit ,bal?az> aprs une pause1 la comb9aison e/ s\mise l'influ5ce de cette pile qui peut agir444 --,si monsieur veut1 je vais en augm5t] l'effet444 --,non1 non1 il faut la laiss] telle qu'elle e/4 ,le repos et le temps sont des conditions ess5tielles la cri/allisation444 --,p>bleu1 faut qu'elle pr5ne son temps1 cette cri/allisation1 s'cria le valet de *ambre4 --,si la temprature baisse1 le sulfure de c>bone se cri/allis]a1 dit ,bal?az> en cont9uant d'exprim] p> lambeaux les p5ses indi/9ctes d'une mditation complte dans son ent5dem5t2 mais si l'action de la pile opre dans c]ta9es conditions que j'ignore444 ,il faudrait surveill] cela444 il e/ possible444 ,mais quoi p5s-je8 il ne s'agit plus de ,*imie1 mon ami1 n\s devons all] gr] une recette en ,bretagne4 ,clas sortit prcipitamm5t1 et desc5dit p\r faire un d]ni] djeun] de famille auquel assi/r5t ,pi]qu9 et monsieur de ,solis4 ,bal?az>1 press d'en f9ir avec son agonie sci5tifique1 dit adieu ses enfants et monta en voiture avec son oncle1 t\te la famille l'accompagna sur le seuil de la porte4 ,l1 qu& ,m>gu]ite eut embrass son pre p> une tre9te dsespre1 laquelle il rpondit en lui disant l'oreille3 ,tu es une bonne fille1 et je ne t'en v\drai jamais6 elle fran*it la c\r1 se sauva dans le p>loir1 s'ag5\illa la place o sa mre tait morte1 et fit une ard5te prire ,dieu p\r lui dem&] la =ce d'accomplir les rudes travaux de sa n\velle vie4 ,elle tait dj =tifie p> une voix intrieure qui lui avait jet dans le cur les applaudissem5ts des anges et les rem]cm5ts de sa mre1 qu& sa sur1 son frre1 ,emmanuel et ,pi]qu9 r5trr5t aprs avoir reg>d la cal*e jusqu' ce qu'ils ne la viss5t plus4 --,ma9t5ant1 mademoiselle1 qu'allez-v\s faire8 lui dit ,pi]qu94 --,sauv] la maison1 rpondit-elle avec simplicit4 ,n\s possdons prs de treize c5ts arp5ts ,waignies4 ,mon int5tion e/ de les faire dfri*]1 les p>tag] en trois f]mes1 con/ruire les btim5ts ncessaires leur exploitation1 les l\]2 et je crois qu'en quelques annes1 avec beauc\p d'conomie et de pati5ce1 *acun de n\s1 dit-elle en montrant sa sur et son frre1 aura une f]me de quatre c5ts et quelques arp5ts qui p\rra valoir1 un j\r1 prs de qu9ze mille francs de r5te4 ,mon frre ,gu/ave g>d]a p\r sa "p cette maison et ce qu'il possde sur le ,gr&-,livre4 ,puis n\s r5drons un j\r notre pre sa =tune dgage de t\te obligation1 en consacrant nos rev5us l'acquittem5t de ses dettes4 --,mais1 *re c\s9e1 dit le notaire /upfait de cette ent5te des affaires et de la froide raison de ,m>gu]ite1 il v\s faut plus de deux c5t mille francs p\r dfri*] vos t]ra9s1 btir vos f]mes et a*et] des be/iaux4 ,o pr5drez-v\s cette somme8 --,l comm5c5t mes emb>ras1 dit-elle en reg>dant alt]nativem5t le notaire et monsieur de ,solis1 je n'ose les dem&] mon oncle qui a dj fait le cautionnem5t de mon pre6 --,v\s avez des amis6 s'cria ,pi]qu9 en voyant t\t c\p que les demoiselles ,clas s]ai5t encore des filles de plus de c9q c5t mille francs4 ,emmanuel de ,solis reg>da ,m>gu]ite avec att5drissem5t1 mais1 malheureusem5t p\r lui1 ,pi]qu9 re/a notaire au milieu de son en?\siasme et reprit a9si3--,moi1 je v\s les (fre1 ces deux c5t mille francs6 ,emmanuel et ,m>gu]ite se consultr5t p> un reg>d qui fut un trait de lumire p\r ,pi]qu94 ,flicie r\git excessivem5t1 tant elle tait heureuse de tr\v] son c\s9 aussi gnreux qu'elle le s\haitait4 ,elle reg>da sa sur qui1 t\t c\p1 dev9a que p5dant l'abs5ce qu'elle avait faite1 la pauvre fille s'tait laiss pr5dre quelques banales galant]ies de ,pi]qu94 --,v\s ne me pai]ez que c9q p\r c5t d'intrt1 dit-il4 ,v\s me remb\rs]ez qu& v\s v\drez1 et v\s me donn]ez une hypo?que sur vos t]ra9s4 ,mais soyez tranquille1 v\s n'aurez que les db\rss pay] p\r t\s vos contrats1 je v\s tr\v]ai de bons f]mi]s1 et f]ai vos affaires gratuitem5t af9 de v\s aid] en bon p>5t4 ,emmanuel fit un signe ,m>gu]ite p\r l'engag] refus]2 mais elle tait trop occupe tudi] les *angem5ts qui nuanai5t la physionomie de sa sur p\r s'en ap]cevoir4 ,aprs une pause1 elle reg>da le notaire d'un air ironique et lui dit d'elle-mme1 la gr&e joie de monsieur de ,solis3--,v\s tes un bi5 bon p>5t1 je n'att5dais pas mo9s de v\s2 mais l'intrt c9q p\r c5t ret>d]ait trop notre libration1 j'att5drai la majorit de mon frre et n\s v5drons ses r5tes4 ,pi]qu9 se mordit les lvres1 ,emmanuel se mit s\rire d\cem5t4 --,flicie1 ma *re enfant1 reconduis ,jean au collge1 ,m>?a t'accompagn]a1 dit ,m>gu]ite en montrant son frre4--,jean1 mon ange1 sois bi5 sage1 ne d*ire pas tes habits1 n\s ne sommes pas assez ri*es p\r te les r5\vel] aussi s\v5t que n\s le faisions6 ,allons1 va1 mon petit1 tudie bi54 ,flicie sortit avec son frre4 --,mon c\s91 dit ,m>gu]ite ,pi]qu91 et v\s1 monsieur1 dit-elle monsieur de ,solis1 v\s tes sans d\te v5us voir mon pre p5dant mon abs5ce1 je v\s rem]cie de ces preuves d'amiti4 ,v\s ne f]ez sans d\te pas mo9s p\r deux pauvres filles qui vont avoir beso9 de conseils4 ,ent5dons-n\s ce sujet8444 ,qu& je s]ai en ville1 je v\s recevrai t\j\rs avec le plus gr& plaisir2 mais qu& ,flicie s]a seule ici avec ,josette et ,m>?a1 je n'ai pas beso9 de v\s dire qu'elle ne doit voir p]sonne1 ft-ce un vieil ami1 et le plus dv\ de nos p>5ts4 ,dans les circon/ances o n\s n\s tr\vons1 notre conduite doit tre d'une irrpro*able svrit4 ,n\s voici donc p\r long-temps v\es au travail et la solitude4 ,le sil5ce rgna p5dant quelques in/ants4 ,emmanuel1 abm dans la contemplation de la tte de ,m>gu]ite1 semblait muet1 ,pi]qu9 ne savait que dire4 ,le notaire prit cong de sa c\s9e1 en pr\vant un m\vem5t de rage contre lui-mme3 il avait dev9 t\t c\p que ,m>gu]ite aimait ,emmanuel1 et qu'il v5ait de se conduire en vrai sot4 --,ah6 1 ,pi]qu91 mon ami1 se dit-il en s'apo/rophant lui-mme dans la rue1 un homme qui te dirait que tu es un gr& animal aurait raison4 ,suis-je bte8 ,j'ai d\ze mille livres de r5te1 en dehors de ma *>ge1 sans compt] la succession de mon oncle ,des ,racquets1 de qui je suis le seul hriti]1 et qui me d\bl]a ma =tune un j\r ou l'autre 7enf91 je ne lui s\haite pas de m\rir1 il e/ conome67444 et j'ai l'infamie de dem&] des intrts mademoiselle ,clas6 ,je suis sr qu' eux deux ils se moqu5t ma9t5ant de moi4 ,je ne dois plus p5s] ,m>gu]ite6 ,non4 ,aprs t\t1 ,flicie e/ une d\ce et bonne petite crature qui me convi5t mieux4 ,m>gu]ite a un c>actre de f]1 elle v\drait me dom9]1 et elle me dom9]ait6 ,allons1 montrons-n\s gnreux1 ne soyons pas tant notaire1 je ne peux donc pas sec\] ce h>nais l8 ,sac papi]1 je vais me mettre aim] ,flicie1 et je ne b\ge pas de ce s5tim5t-l6 ,f\r*e6 elle aura une f]me de quatre c5t tr5te arp5ts1 qui1 dans un temps donn1 vaudra entre qu9ze et v+t mille livres de r5te1 c> les t]ra9s de ,waignies sont bons4 ,que mon oncle ,des ,racquets meure1 pauvre bonhomme6 je v5ds mon tude et je suis un homme de c9-quan-te-mil-le-li-vres de r5-te4 ,ma femme e/ une ,clas1 je suis alli des maisons considrables4 ,diantre1 n\s v]rons si les ,c\rteville1 les ,magalh5s1 les ,sav>on de ,sav>us refus]ont de v5ir *ez un ,pi]qu9-,clas-,mol9a-,n\rho4 ,je s]ai maire de ,d\ai1 j'aurai la croix1 je puis tre dput1 j'arrive t\t4 ,ha6 a1 ,pi]qu91 mon g>on1 ti5s-toi l1 ne faisons plus de sottises1 d'autant que1 ma p>ole d'honneur1 ,flicie444 mademoiselle ,flicie ,van-,clas1 elle t'aime4 ,qu& les deux amants fur5t seuls1 ,emmanuel t5dit une ma9 ,m>gu]ite qui ne put s'emp*] d'y mettre sa ma9 droite4 ,ils se levr5t p> un m\vem5t unanime en se dirigeant v]s leur banc dans le j>d92 mais au milieu du p>loir1 l'amant ne put rsi/] sa joie1 et d'une voix que l'motion r5dit tremblante1 il dit ,m>gu]ite3--,j'ai trois c5t mille francs v\s6444 --,comm5t1 s'cria-t-elle1 ma pauvre mre v\s aurait encore confi8444 ,non4 ,quoi8 --,oh6 ma ,m>gu]ite1 ce qui e/ moi n'e/-il pas v\s8 ,n'e/-ce pas v\s qui la premire avez dit n\s8 --,*] ,emmanuel1 dit-elle en pressant la ma9 qu'elle t5ait t\j\rs2 et1 au lieu d'all] au j>d91 elle se jeta dans la b]gre4 --,n'e/-ce pas moi de v\s rem]ci]1 dit-il avec sa voix d'am\r1 puisque v\s acceptez4 --,ce mom5t1 dit-elle1 mon *] bi5-aim1 efface bi5 des d\leurs1 et rappro*e un heureux av5ir6 ,oui1 j'accepte ta =tune1 reprit-elle en laissant err] sur ses lvres un s\rire d'ange1 je sais le moy5 de la faire mi5ne4 ,elle reg>da le portrait de ,van-,clas comme p\r avoir un tmo94 ,le jeune homme qui suivait les reg>ds de ,m>gu]ite ne lui vit pas tir] de son doigt une bague de jeune fille1 et ne s'ap]ut de ce ge/e qu'au mom5t o il ent5dit ces p>oles3--,au milieu de nos pr(ondes misres1 il surgit un bonheur4 ,mon pre me laisse1 p> ins\ciance1 la libre disposition de moi-mme1 dit-elle en t5dant la bague1 pr5ds ,emmanuel8 ,ma mre te *rissait1 elle t'aurait *oisi4 ,les l>mes v9r5t aux yeux d',emmanuel1 il plit1 tomba sur ses g5\x1 et dit ,m>gu]ite en lui donnant un anneau qu'il portait t\j\rs3--,voici l'alliance de ma mre6 ,ma ,m>gu]ite1 reprit-il en baisant la bague1 n'aurai-je donc d'autre gage que ceci6 ,elle se baissa p\r apport] son front aux lvres d',emmanuel4 --,hlas6 mon pauvre aim1 ne faisons-n\s pas l quelque *ose de mal8 dit-elle t\t mue1 c> n\s att5drons longtemps4 --,mon oncle disait que l'adoration tait le pa9 quotidi5 de la pati5ce1 en p>lant du *rti5 qui aime ,dieu4 ,je puis t'aim] a9si1 je t'ai1 depuis longtemps1 confondue avec le ,seigneur de t\tes *oses3 je suis toi1 comme je suis lui4 ,ils re/r5t p5dant quelques mom5ts en proie la plus d\ce exaltation4 ,ce fut la s9cre et calme effusion d'un s5tim5t qui1 semblable une s\rce trop ple9e1 dbordait p> de petites vagues incessantes4 ,les vnem5ts qui sp>ai5t ces deux amants tai5t un sujet de mlancolie qui r5dit leur bonheur plus vif1 en lui donnant quelque *ose d'aigu comme la d\leur2 ,flicie rev9t trop tt p\r eux4 ,emmanuel1 clair p> le tact dlicieux qui fait t\t dev9] en am\r1 laissa les deux surs seules1 aprs avoir *ang avec ,m>gu]ite un reg>d o elle put voir t\t ce que lui cotait cette discrtion1 c> il y exprima combi5 il tait avide de ce bonheur dsir si longtemps1 et qui v5ait d'tre consacr p> les fianailles du cur4 --,vi5s ici1 petite sur1 dit ,m>gu]ite en pr5ant ,flicie p> le c\4 ,puis1 la ram5ant dans le j>d91 elles allr5t s'asseoir sur le banc auquel *aque gnration avait confi ses p>oles d'am\r1 ses s\pirs de d\leur1 ses mditations et ses projets4 ,malgr le ton joyeux et l'aimable f9esse du s\rire de sa sur1 ,flicie pr\vait une motion qui ressemblait un m\vem5t de peur1 ,m>gu]ite lui prit la ma9 et la s5tit trembl]4 --,mademoiselle ,flicie1 dit l'ane en s'appro*ant de l'oreille de sa sur1 je lis dans votre me4 ,pi]qu9 e/ v5u s\v5t p5dant mon abs5ce1 il e/ v5u t\s les soirs1 il v\s a dit de d\ces p>oles1 et v\s les avez c\tes4 ,flicie r\git4--,ne t'en df5ds pas1 mon ange1 reprit ,m>gu]ite1 il e/ si naturel d'aim]6 ,peut-tre ta *re me *ang]a-t-elle un peu la nature du c\s91 il e/ g/e1 intress1 mais c'e/ un honnte homme2 et sans d\te ses dfauts s]viront ton bonheur4 ,il t'aim]a comme la plus jolie de ses proprits1 tu f]as p>tie de ses affaires4 ,p>donne-moi ce mot1 *re amie8 tu le corrig]as des mauvaises habitudes qu'il a prises de ne voir p>t\t que des intrts1 en lui appr5ant les affaires du cur4 ,flicie ne put qu'embrass] sa sur4--,d'ailleurs1 reprit ,m>gu]ite1 il a de la =tune4 ,sa famille e/ de la plus haute et de la plus anci5ne b\rgeoisie4 ,mais s]ait-ce donc moi qui m'oppos]ais ton bonheur si tu veux le tr\v] dans une condition mdiocre8 ,flicie laissa *app] ces mots3--,*re sur6 --,oh6 oui1 tu peux te confi] moi1 s'cria ,m>gu]ite4 ,quoi de plus naturel que de n\s dire nos secrets4 ,ce mot ple9 d'me dt]m9a l'une de ces caus]ies dlicieuses o les jeunes filles se dis5t t\t4 ,qu& ,m>gu]ite1 que l'am\r avait faite exp]te1 eut reconnu l'tat du cur de ,flicie1 elle f9it en lui disant3--,h bi51 ma *re enfant1 assurons-n\s que le c\s9 t'aime vritablem5t2 et444 alors444 --,laisse-moi faire1 rpondit ,flicie en riant1 j'ai mes modles4 --,folle8 dit ,m>gu]ite en la baisant au front4 ,quoique ,pi]qu9 app>tnt cette classe d'hommes qui dans le m>iage voi5t des obligations1 l'excution des lois sociales et un mode p\r la transmission des proprits2 qu'il lui ft indiffr5t d'p\s] ou ,flicie ou ,m>gu]ite1 si l'une ou l'autre avai5t le mme nom et la mme dot2 il s'ap]ut nanmo9s que t\tes deux tai5t1 suivant une de ses expressions1 des filles romanesques et s5tim5tales1 deux adjectifs que les g5s sans cur emploi5t p\r se moqu] des dons que la nature sme d'une ma9 p>cimonieuse trav]s les sillons de l'humanit1 le notaire se dit sans d\te qu'il fallait hurl] avec les l\ps2 et1 le l5dema91 il v9t voir ,m>gu]ite1 il l'emm5a my/rieusem5t dans le petit j>d91 et se mit p>l] s5tim5t1 puisque c'tait une des clauses du contrat primitif qui devait prcd]1 dans les lois du monde1 le contrat not>i4 --,*re c\s9e1 lui dit-il1 n\s n'avons pas t\j\rs t du mme avis sur les moy5s pr5dre p\r arriv] la conclusion heureuse de vos affaires2 mais v\s devez reconnatre auj\rd'hui que j'ai t\j\rs t guid p> un gr& dsir de v\s tre utile4 ,h6 bi51 hi] j'ai gt mes (fres p> une fatale habitude que n\s donne l'esprit notaire1 compr5ez-v\s8444 ,mon cur n'tait pas complice de ma sottise4 ,je v\s ai bi5 aime2 mais n\s avons une c]ta9e p]spicacit1 n\s autres1 et je me suis ap]u que je ne v\s plaisais pas4 ,c'e/ ma faute6 un autre a t plus adroit que moi4 ,h6 bi51 je vi5s v\s av\] t\t bonifacem5t que j'pr\ve un am\r rel p\r votre sur ,flicie4 ,traitez-moi donc comme un frre8 puisez dans ma b\rse1 pr5ez mme6 allez1 plus v\s pr5drez1 plus v\s me pr\v]ez d'amiti4 ,je suis t\t v\s1 sans intrt1 ent5dez-v\s8 ni d\ze1 ni un qu>t p\r c5t4 ,que je sois tr\v digne de ,flicie et je s]ai cont5t4 ,p>donnez-moi mes dfauts1 ils ne vi5n5t que de la pratique des affaires1 le cur e/ bon1 et je me jett]ais dans la ,sc>pe1 plutt que de ne pas r5dre ma femme heureuse4 --,voil qui e/ bi51 c\s96 dit ,m>gu]ite1 mais ma sur dp5d d'elle et de notre pre444 --,je sais cela1 ma *re c\s9e1 dit le notaire1 mais v\s tes la mre de t\te la famille1 et je n'ai ri5 plus cur que de v\s r5dre juge du mi54 ,cette faon de p>l] pe9t assez bi5 l'esprit de l'honnte notaire4 ,plus t>d1 ,pi]qu9 dev9t clbre p> sa rponse au comm&ant du camp de ,sa9t-,om] qui l'avait pri d'assi/] une fte militaire1 et qui fut a9si conue3 ,monsieur ,pi]qu9-,clas de ,mol9a-,n\rho1 maire de la ville de ,d\ai1 *evali] de la ,lgion-d',honneur1 aura celui de se r5dre1 etc4 ,m>gu]ite accepta l'assi/ance du notaire1 mais seulem5t dans t\t ce qui conc]nait sa pr(ession1 af9 de ne compromettre en ri5 ni sa dignit de femme1 ni l'av5ir de sa sur1 ni les dt]m9ations de son pre4 ,ce j\r mme elle confia sa sur la g>de de ,josette et de ,m>?a1 qui se v\r5t corps et me leur jeune matresse1 en en secondant les plans d'conomie4 ,m>gu]ite p>tit aussitt p\r ,waignies o elle comm5a ses oprations qui fur5t savamm5t diriges p> ,pi]qu94 ,le dv\em5t s'tait *iffr dans l'esprit du notaire comme une excell5te spculation1 ses so9s1 ses pe9es fur5t alors en quelque sorte une mise de fonds qu'il ne v\lut po9t p>gn]4 ,d'abord1 il t5ta d'vit] ,m>gu]ite la pe9e de faire dfri*] et de lab\r] les t]res de/9es aux f]mes4 ,il avisa trois jeunes fils de f]mi]s ri*es qui dsirai5t s'tablir1 il les sduisit p> la p]spective que leur (frait la ri*esse de ces t]ra9s1 et russit leur faire pr5dre bail les trois f]mes qui allai5t tre con/ruites4 ,moy5nant l'ab&on du prix de la f]me p5dant trois ans1 les f]mi]s s'engagr5t en donn] dix mille francs de loy] la quatrime anne1 d\ze mille la sixime1 et qu9ze mille p5dant le re/e du bail2 creus] les fosss1 faire les plantations et a*et] les be/iaux4 ,p5dant que les f]mes se btir5t1 les f]mi]s v9r5t dfri*] leurs t]res4 ,quatre ans aprs le d"p de ,bal?az>1 ,m>gu]ite avait dj presque rtabli la =tune de son frre et de sa sur4 ,deux c5t mille francs suffir5t pay] t\tes les con/ructions4 ,ni les sec\rs1 ni les conseils ne manqur5t cette c\rageuse fille dont la conduite excitait l'admiration de la ville4 ,m>gu]ite surveilla ses btisses1 l'excution de ses m>*s et de ses baux avec ce bon s5s1 cette activit1 cette con/ance que sav5t dploy] les femmes qu& elles sont animes p> un gr& s5tim5t4 ,ds la c9quime anne1 elle put consacr] tr5te mille francs de rev5u que donnr5t les f]mes1 les r5tes de son frre et le produit des bi5s pat]nels1 l'acquittem5t des capitaux hypo?qus1 et la rp>ation des dommages que la passion de ,bal?az> avait faits dans sa maison4 ,l'amortissem5t devait donc all] rapidem5t p> la dcroissance des intrts4 ,emmanuel de ,solis (frit d'ailleurs ,m>gu]ite les c5t mille francs qui lui re/ai5t sur la succession de son oncle1 et qu'elle n'avait pas employs1 en y joignant une v+ta9e de mille francs de ses conomies1 en sorte que1 ds la troisime anne de sa ge/ion1 elle put acquitt] une assez =te somme de dettes4 ,cette vie de c\rage1 de privations et de dv\em5t ne se dm5tit po9t durant c9q annes2 mais t\t fut d'ailleurs succs et russite1 s\s l'adm9i/ration et l'influ5ce de ,m>gu]ite4 ,dev5u +nieur des ponts-et-*ausses1 ,gabriel aid p> son gr&-oncle fit une rapide =tune dans l'entreprise d'un canal qu'il con/ruisit1 et sut plaire sa c\s9e mademoiselle ,conyncks1 que son pre adorait et l'une des plus ri*es hritires des deux ,fl&res4 ,en #ahbd1 les bi5s de ,clas se tr\vr5t libres1 et la maison de la rue de ,p>is avait rp> ses p]tes4 ,pi]qu9 dem&a positivem5t la ma9 de ,flicie ,bal?az>1 de mme que monsieur de ,solis sollicita celle de ,m>gu]ite4 ,au comm5cem5t du mois de janvi] #ahbe1 ,m>gu]ite et monsieur ,conyncks p>tir5t p\r all] *]*] le pre exil de qui *acun dsirait vivem5t le ret\r1 et qui donna sa dmission af9 de re/] au milieu de sa famille dont le bonheur allait recevoir sa sanction4 ,en l'abs5ce de ,m>gu]ite1 qui s\v5t avait exprim le regret de ne p\voir remplir les cadres vides de la gal]ie et des app>tem5ts de rception1 p\r le j\r o son pre repr5drait sa maison1 ,pi]qu9 et monsieur de ,solis complotr5t avec ,flicie de prp>] ,m>gu]ite une surprise qui f]ait p>ticip] en quelque sorte la sur cadette la re/auration de la maison ,clas4 ,t\s deux avai5t a*et ,flicie plusieurs beaux tableaux qu'ils lui (frir5t p\r dcor] la gal]ie4 ,monsieur ,conyncks avait eu la mme ide4 ,v\lant tmoign] ,m>gu]ite la satisfaction que lui causait sa noble conduite et son dv\em5t remplir le m&at que lui avait lgu sa mre1 il avait pris des mesures p\r qu'on apportt une c9quanta9e de ses plus belles toiles et quelques-unes de celles que ,bal?az> avait jadis v5dues1 en sorte que la gal]ie ,clas fut entirem5t remeuble4 ,m>gu]ite tait dj v5ue plusieurs fois voir son pre1 accompagne de sa sur1 ou de ,jean2 *aque fois1 elle l'avait tr\v progressivem5t plus *ang2 mais depuis sa d]nire visite1 la vieillesse s'tait manife/e *ez ,bal?az> p> d'effrayants symptmes la gravit desquels contribuait sans d\te la p>cimonie avec laquelle il vivait af9 de p\voir employ] la plus gr&e p>tie de ses appo9tem5ts faire des expri5ces qui trompai5t t\j\rs son espoir4 ,quoiqu'il ne ft g que de soixante-c9q ans1 il avait l'app>5ce d'un octognaire4 ,ses yeux s'tai5t pr(ondm5t enfoncs dans leurs orbites1 ses s\rcils avai5t blan*i1 quelques *eveux lui g>nissai5t pe9e la nuque2 il laissait crotre sa b>be qu'il c\pait avec des ciseaux qu& elle le gnait2 il tait c\rb comme un vieux vign]on2 puis le dsordre de ses vtem5ts avait repris un c>actre de misre que la dcrpitude r5dait hideux4 ,quoiqu'une p5se =te animt ce gr& visage dont les traits ne se voyai5t plus s\s les rides1 la fixit du reg>d1 un air dsespr1 une con/ante inquitude y gravai5t les diagno/ics de la dm5ce1 ou plutt de t\tes les dm5ces ensemble4 ,tantt il y app>aissait un espoir qui donnait ,bal?az> l'expression du monomane2 tantt l'impati5ce de ne pas dev9] un secret qui se prs5tait lui comme un feu follet y mettait les symptmes de la fureur2 puis t\t c\p un rire clatant trahissait la folie1 enf9 la plup>t du temps l'abattem5t le plus complet rsumait t\tes les nuances de sa passion p> la froide mlancolie de l'idiot4 ,quelque fugaces et imp]ceptibles que fuss5t ces expressions p\r des trang]s1 elles tai5t malheureusem5t trop s5sibles p\r ceux qui connaissai5t un ,clas sublime de bont1 gr& p> le cur1 beau de visage et duquel il n'exi/ait que de r>es ve/iges4 ,vieilli1 lass comme son matre p> de con/ants travaux1 ,lemulqu9i] n'avait pas eu subir comme lui les fatigues de la p5se2 aussi sa physionomie (frait-elle un s+uli] mlange d'inquitude et d'admiration p\r son matre1 auquel il tait facile de se mpr5dre3 quoiqu'il c\tt sa mo9dre p>ole avec respect1 qu'il suivt ses mo9dres m\vem5ts avec une sorte de t5dresse1 il avait so9 du savant comme une mre a so9 d'un enfant2 s\v5t il p\vait avoir l'air de le protg]1 p>ce qu'il le protgeait vritablem5t dans les vulgaires ncessits de la vie auxquelles ,bal?az> ne p5sait jamais4 ,ces deux vieill>ds envelopps p> une ide1 confiants dans la ralit de leur espoir1 agits p> le mme s\ffle1 l'un reprs5tant l'enveloppe et l'autre l'me de leur exi/5ce commune1 =mai5t un spectacle la fois horrible et att5drissant4 ,lorsque ,m>gu]ite et monsieur ,conyncks arrivr5t1 ils tr\vr5t ,clas tabli dans une aub]ge1 son successeur ne s'tait pas fait att5dre et avait dj pris possession de la place4 ,a trav]s les proccupations de la ,sci5ce1 un dsir de revoir sa patrie1 sa maison1 sa famille agitait ,bal?az>2 la lettre de sa fille lui avait annonc des vnem5ts heureux2 il songeait c\ronn] sa c>rire p> une srie d'expri5ces qui devait le m5] enf9 la dc\v]te de son problme1 il att5dait donc ,m>gu]ite avec une excessive impati5ce4 ,la fille se jeta dans les bras de son pre en pleurant de joie4 ,cette fois1 elle v5ait *]*] la rcomp5se d'une vie d\l\reuse1 et le p>don de sa gloire dome/ique4 ,elle se s5tait crim9elle la manire des gr&s hommes qui viol5t les lib]ts p\r sauv] la patrie4 ,mais en contemplant son pre1 elle frmit en reconnaissant les *angem5ts qui1 depuis sa d]nire visite1 s'tai5t oprs en lui4 ,conyncks p>tagea le secret effroi de sa nice1 et insi/a p\r emm5] au plus tt son c\s9 ,d\ai o l'influ5ce de la patrie p\vait le r5dre la raison1 la sant1 en le r5dant la vie heureuse du foy] dome/ique4 ,aprs les premires effusions de cur qui fur5t plus vives de la "p de ,bal?az> que ,m>gu]ite ne le croyait1 il eut p\r elle des att5tions s+ulires2 il tmoigna le regret de la recevoir dans une mauvaise *ambre d'aub]ge1 il s'in=ma de ses gts1 il lui dem&a ce qu'elle v\lait p\r ses repas avec les so9s empresss d'un amant2 il eut enf9 les manires d'un c\pable qui veut s'assur] de son juge4 ,m>gu]ite connaissait si bi5 son pre qu'elle dev9a le motif de cette t5dresse1 en supposant qu'il p\vait avoir en ville quelques dettes desquelles il v\lait s'acquitt] avant son d"p4 ,elle obs]va p5dant quelque temps son pre1 et vit alors le cur huma9 nu4 ,bal?az> s'tait rapetiss4 ,le s5tim5t de son abaissem5t1 l'isolem5t dans lequel le mettait la ,sci5ce1 l'avait r5du timide et enfant dans t\tes les que/ions trangres ses occupations favorites2 sa fille ane lui imposait1 le s\v5ir de son dv\em5t pass1 de la =ce qu'elle avait dploye1 la consci5ce du p\voir qu'il lui avait laiss pr5dre1 la =tune dont elle disposait et les s5tim5ts indf9issables qui s'tai5t emp>s de lui1 depuis le j\r o il avait abdiqu sa pat]nit dj compromise1 la lui avai5t sans d\te gr&ie de j\r en j\r4 ,conyncks semblait n'tre ri5 aux yeux de ,bal?az>1 il ne voyait que sa fille et ne p5sait qu' elle en p>aissant la r$\t] comme c]ta9s m>is faibles r$\t5t la femme suprieure qui les a subjugus2 lorsqu'il levait les yeux sur elle1 ,m>gu]ite y surpr5ait avec d\leur une expression de cra9te1 semblable celle d'un enfant qui se s5t fautif4 ,la noble fille ne savait comm5t concili] la maje/ueuse et t]rible expression de ce crne dva/ p> la ,sci5ce et p> les travaux1 avec le s\rire puril1 avec la s]vilit nave qui se peignai5t sur les lvres et la physionomie de ,bal?az>4 ,elle fut blesse du contra/e que prs5tai5t cette gr&eur et cette petitesse1 et se promit d'employ] son influ5ce faire reconqurir son pre t\te sa dignit1 p\r le j\r sol5nel o il allait rep>atre au se9 de sa famille4 ,d'abord1 elle saisit un mom5t o ils se tr\vr5t seuls p\r lui dire l'oreille3--,devez-v\s quelque *ose ici8 ,bal?az> r\git et rpondit d'un air emb>rass3--,je ne sais pas1 mais ,lemulqu9i] te le dira4 ,ce brave g>on e/ plus au fait de mes affaires que je ne le suis moi-mme4 ,m>gu]ite sonna le valet de *ambre1 et qu& il v9t1 elle tudia presque involontairem5t la physionomie des deux vieill>ds4 --,monsieur dsire quelque *ose8 dem&a ,lemulqu9i]4 ,m>gu]ite1 qui tait t\t orgueil et noblesse1 eut un s]rem5t de cur1 en s'ap]cevant au ton et au ma9ti5 du valet1 qu'il s'tait tabli quelque famili>it mauvaise entre son pre et le compagnon de ses travaux4 --,mon pre ne peut donc pas faire sans v\s le compte de ce qu'il doit ici8 dit ,m>gu]ite4 --,monsieur1 reprit ,lemulqu9i]1 doit444 ,a ces mots1 ,bal?az> fit son valet de *ambre un signe d'intellig5ce que ,m>gu]ite surprit et qui l'humilia4 --,dites-moi t\t ce que doit mon pre1 s'cria-t-elle4 --,ici1 monsieur doit un milli] d'cus un apo?icaire qui ti5t l'pic]ie en gros1 et qui n\s a f\rni des potasses cau/iques1 du plomb1 du z9c1 et des ractifs4 --,e/-ce t\t8 dit ,m>gu]ite4 ,bal?az> rxra un signe affirmatif ,lemulqu9i] qui1 fasc9 p> son matre1 rpondit3--,oui1 mademoiselle4 --,h6 bi51 reprit-elle1 je vais v\s les remettre4 ,bal?az> embrassa joyeusem5t sa fille en lui disant3--,tu es un ange p\r moi1 mon enfant4 ,et il respira plus l'aise1 en la reg>dant d'un il mo9s tri/e1 mais1 malgr cette joie1 ,m>gu]ite ap]ut facilem5t sur son visage les signes d'une pr(onde inquitude1 et jugea que ces mille cus con/ituai5t seulem5t les dettes cri>des du laboratoire4 --,soyez franc1 mon pre1 dit-elle en se laissant asseoir sur ses g5\x p> lui1 v\s devez encore quelque *ose8 ,av\ez-moi t\t1 rev5ez dans votre maison sans cons]v] un pr9cipe de cra9te au milieu de la joie gnrale4 --,ma *re ,m>gu]ite1 dit-il en lui pr5ant les ma9s et les lui baisant avec une grce qui semblait tre un s\v5ir de sa jeunesse1 tu me grond]as444 --,non1 dit-elle4 --,vrai1 rpondit-il en laissant *app] un ge/e de joie enfant9e1 je puis donc t\t te dire1 tu pai]as444 --,oui1 dit-elle en rprimant des l>mes qui lui v5ai5t aux yeux4 --,h6 bi51 je dois444 ,oh6 je n'ose pas444 --,mais dites donc1 mon pre6 --,c'e/ considrable1 reprit-il6 ,elle joignit les ma9s p> un m\vem5t de dsespoir4 --,je dois tr5te mille francs messieurs ,protez et ,*iffreville4 --,tr5te mille francs1 dit-elle1 sont mes conomies1 mais j'ai du plaisir v\s les (frir1 aj\ta-t-elle en lui baisant le front avec respect4 ,il se leva1 prit sa fille dans ses bras1 et t\rna t\t aut\r de sa *ambre en la faisant saut] comme un enfant2 puis1 il la remit sur le fauteuil o elle tait1 en s'criant3--,ma *re enfant1 tu es un trsor d'am\r6 ,je ne vivais plus4 ,les ,*iffreville m'ont crit trois lettres m5aantes et v\lai5t me p\rsuivre1 moi qui leur ai fait faire une =tune4 --,mon pre1 dit ,m>gu]ite avec un acc5t de dsespoir1 v\s *]*ez donc t\j\rs8 --,t\j\rs1 dit-il avec un s\rire de f\4 ,je tr\v]ai1 va6444 ,si tu savais o n\s en sommes4 --,qui1 n\s8444 --,je p>le de ,mulqu9i]1 il a f9i p> me compr5dre1 il m'aide bi54 ,pauvre g>on1 il m'e/ si dv\6 ,conyncks int]rompit la conv]sation en entrant1 ,m>gu]ite fit signe son pre de se taire en craignant qu'il ne se dconsidrt aux yeux de leur oncle4 ,elle tait p\vante des ravages que la proccupation avait faits dans cette gr&e intellig5ce absorbe dans la re*]*e d'un problme peut-tre insoluble4 ,bal?az>1 qui ne voyait sans d\te ri5 au del de ses f\rneaux1 ne dev9ait mme pas la libration de sa =tune4 ,le l5dema91 ils p>tir5t p\r la ,fl&re4 ,le voyage fut assez long p\r que ,m>gu]ite pt acqurir de confuses lumires sur la situation dans laquelle se tr\vai5t son pre et ,lemulqu9i]4 ,le valet avait-il sur le matre cet asc5dant que sav5t pr5dre sur les plus gr&s esprits les g5s sans ducation qui se s5t5t ncessaires1 et qui1 de concession en concession1 sav5t m>*] v]s la dom9ation avec la p]si/ance que donne une ide fixe8 ,ou bi5 le matre avait-il contract p\r son valet cette espce d'affection qui nat de l'habitude1 et semblable celle qu'un ouvri] a p\r son outil crateur1 que l',arabe a p\r son c\rsi] librateur4 ,m>gu]ite pia quelques faits p\r se dcid]1 en se proposant de s\/raire ,bal?az> un j\g humiliant1 s'il tait rel4 ,en passant ,p>is1 elle y re/a durant quelques j\rs p\r y acquitt] les dettes de son pre1 et pri] les fabricants de produits *imiques de ne ri5 envoy] ,d\ai sans l'avoir prv5ue l'avance des dem&es que leur f]ait ,clas4 ,elle obt9t de son pre qu'il *anget de co/ume et reprt les habitudes de toilette conv5ables un homme de son rang4 ,cette re/auration corporelle r5dit ,bal?az> une sorte de dignit physique qui fut de bon augure p\r un *angem5t d'ides4 ,bi5tt sa fille1 heureuse p> avance de t\tes les surprises qui att5dai5t son pre dans sa propre maison1 rep>tit p\r ,d\ai4 ,a trois lieues de cette ville1 ,bal?az> tr\va sa fille ,flicie *eval1 escorte p> ses deux frres1 p> ,emmanuel1 p> ,pi]qu9 et p> les intimes amis des trois familles4 ,le voyage avait ncessairem5t di/rait le *imi/e de ses p5ses habituelles1 l'aspect de la ,fl&re avait agi sur son cur2 aussi qu& il ap]ut le joyeux cortge que lui =mai5t et sa famille et ses amis1 pr\va-t-il des motions si vives que ses yeux dev9r5t humides1 sa voix trembla1 ses paupires r\gir5t1 et il embrassa si passionnm5t ses enfants sans p\voir les quitt]1 que les spectateurs de cette scne fur5t mus aux l>mes4 ,lorsqu'il revit sa maison1 il plit1 sauta hors de la voiture de voyage avec l'agilit d'un jeune homme1 respira l'air de la c\r avec dlices1 et se mit reg>d] les mo9dres dtails avec un plaisir qui dbordait dans ses ge/es2 il se r$ressa1 et sa physionomie r$ev9t jeune4 ,qu& il entra dans le p>loir1 il eut des pleurs aux yeux en y voyant p> l'exactitude avec laquelle sa fille avait reproduit ses anci5s flambeaux d'arg5t v5dus1 que les dsa/res devai5t tre entirem5t rp>s4 ,un djeun] spl5dide tait s]vi dans la salle mang]1 dont les dressoirs avai5t t remplis de curiosits et d'arg5t]ie d'une valeur au mo9s gale celle des pices qui s'y tr\vai5t jadis4 ,quoique ce repas de famille durt long-temps1 il suffit pe9e aux rcits que ,bal?az> exigeait de *acun de ses enfants4 ,la sec\sse imprime son moral p> ce ret\r lui fit p\s] le bonheur de sa famille1 et il s'en montra bi5 le pre4 ,ses manires reprir5t leur anci5ne noblesse4 ,dans le premi] mom5t1 il fut t\t la j\issance de la possession1 sans se dem&] compte des moy5s p> lesquels il rec\vrait t\t ce qu'il avait p]du4 ,sa joie fut donc entire et ple9e4 ,le djeun] f9i1 les quatre enfants1 le pre et ,pi]qu9 le notaire passr5t dans le p>loir o ,bal?az> ne vit pas sans inquitude des papi]s timbrs qu'un cl]c avait apports sur une table devant laquelle il se t5ait1 comme p\r assi/] son patron4 ,les enfants s'assir5t1 et ,bal?az> tonn re/a deb\t devant la *em9e4 --,ceci1 dit ,pi]qu91 e/ le compte de tutelle que r5d monsieur ,clas ses enfants4 ,quoique ce ne soit pas trs-amusant1 aj\ta-t-il en riant la faon des notaires qui pr5n5t assez gnralem5t un ton plaisant p\r p>l] des affaires les plus srieuses1 il faut absolum5t que v\s l'c\tiez4 ,quoique les circon/ances ju/ifiass5t cette phrase1 monsieur ,clas1 qui sa consci5ce rappelait le pass de sa vie1 l'accepta comme un repro*e et frona les s\rcils4 ,le cl]c comm5a la lecture4 ,l'tonnem5t de ,bal?az> alla croissant mesure que cet acte se dr\lait4 ,il y tait tabli d'abord que la =tune de sa femme montait1 au mom5t du dcs1 seize c5t mille francs environ1 et la conclusion de cette r$dition de compte f\rnissait clairem5t *acun de ses enfants une "p entire1 comme aurait pu la gr] un bon et soigneux pre de famille4 ,il en rsultait que la maison tait libre de t\te hypo?que1 que ,bal?az> tait *ez lui1 et que ses bi5s ruraux tai5t galem5t dgags4 ,lorsque les div]s actes fur5t signs1 ,pi]qu9 prs5ta les quittances des sommes jadis empruntes et les ma9-leves des inscriptions qui pesai5t sur les proprits4 ,en ce mom5t1 ,bal?az>1 qui rec\vrait la fois l'honneur de l'homme1 la vie du pre1 la considration du citoy51 tomba dans un fauteuil2 il *]*a ,m>gu]ite qui p> une de ces sublimes dlicatesses de femme s'tait abs5te p5dant cette lecture1 af9 de voir si t\tes ses int5tions avai5t t bi5 remplies p\r la fte4 ,*acun des membres de la famille comprit la p5se du vieill>d au mom5t o ses yeux faiblem5t humides dem&ai5t sa fille que t\s voyai5t en ce mom5t p> les yeux de l'me1 comme un ange de =ce et de lumire4 ,luci5 alla *]*] ,m>gu]ite4 ,en ent5dant le pas de sa fille1 ,bal?az> c\rut la s]r] dans ses bras4 --,mon pre1 lui dit-elle au pi$ de l'escali] o le vieill>d la saisit p\r l'tre9dre1 je v\s en supplie1 ne dim9uez en ri5 votre sa9te autorit4 ,rem]ciez-moi1 devant t\te la famille1 d'avoir bi5 accompli vos int5tions1 et soyez a9si le seul auteur du bi5 qui a pu se faire ici4 ,bal?az> leva les yeux au ciel1 reg>da sa fille1 se croisa les bras1 et dit aprs une pause p5dant laquelle son visage reprit une expression que ses enfants ne lui avai5t pas vue depuis dix ans3--,que n'es-tu l1 ,ppita1 p\r admir] notre enfant6 ,il s]ra ,m>gu]ite avec =ce1 sans p\voir prononc] une p>ole1 et r5tra4--,mes enfants1 dit-il avec cette noblesse de ma9ti5 qui en faisait autrefois un des hommes les plus imposants1 n\s devons t\s des rem]cm5ts et de la reconnaissance ma fille ,m>gu]ite1 p\r la sagesse et le c\rage avec lesquels elle a rempli mes int5tions1 excut mes plans1 lorsque1 trop absorb p> mes travaux1 je lui ai remis les rnes de notre adm9i/ration dome/ique4 --,ah6 ma9t5ant1 n\s allons lire les contrats de m>iage1 dit ,pi]qu9 en reg>dant l'heure4 ,mais ces actes-l ne me reg>d5t pas1 att5du que la loi me df5d d'in/rum5t] p\r mes p>5ts et p\r moi4 ,monsieur ,rap>li] l'oncle va v5ir4 ,en ce mom5t1 les amis de la famille invits au dn] que l'on donnait p\r ft] le ret\r de monsieur ,clas et clbr] la signature des contrats1 arrivr5t successivem5t1 p5dant que les g5s apportr5t les cadeaux de noces4 ,l'assemble s'augm5ta promptem5t et dev9t aussi imposante p> la qualit des p]sonnes qu'elle tait belle p> la ri*esse des toilettes4 ,les trois familles qui s'unissai5t p> le bonheur de leurs enfants avai5t v\lu rivalis] de spl5deur4 ,en un mom5t1 le p>loir fut ple9 des gracieux prs5ts qui se font aux fiancs4 ,l'or ruisselait et ptillait4 ,les t(fes dplies1 les *les de ca*emire1 les colli]s1 les p>ures excitai5t une joie si vraie *ez ceux qui les donnai5t et *ez celles qui les recevai5t1 cette joie enfant9e demi se peignait si bi5 sur t\s les visages1 que la valeur de ces prs5ts magnifiques tait oublie p> les indiffr5ts1 assez s\v5t occups la calcul] p> curiosit4 ,bi5tt comm5a le crmonial usit dans la famille ,clas p\r ces sol5nits4 ,le pre et la mre devai5t seuls tre assis1 et les assi/ants demeurai5t deb\t devant eux di/ance4 ,a gau*e du p>loir et du ct du j>d9 se placr5t ,gabriel ,clas et mademoiselle ,conyncks1 auprs de qui se t9r5t monsieur de ,solis et ,m>gu]ite1 sa sur et ,pi]qu94 ,a quelques pas de ces trois c\ples1 ,bal?az> et ,conyncks1 les seuls de l'assemble qui fuss5t assis1 prir5t place *acun dans un fauteuil1 prs du notaire qui remplaait ,pi]qu94 ,jean tait deb\t d]rire son pre4 ,une v+ta9e de femmes lgamm5t mises et quelques hommes1 t\s *oisis p>mi les plus pro*es p>5ts des ,pi]qu91 des ,conyncks et des ,clas1 le maire de ,d\ai qui devait m>i] les p\x1 les d\ze tmo9s pris p>mi les amis les plus dv\s des trois familles1 et dont faisait p>tie le premi] prsid5t de la c\r royale1 t\s1 jusqu'au cur de ,sa9t-,pi]re1 re/r5t deb\t en =mant1 du ct de la c\r1 un c]cle imposant4 ,cet hommage r5du p> t\te cette assemble la pat]nit qui1 dans cet in/ant1 rayonnait d'une maje/ royale1 imprimait cette scne une c\leur antique4 ,ce fut le seul mom5t p5dant lequel1 depuis seize ans1 ,bal?az> oublia la re*]*e de l',absolu4 ,monsieur ,rap>li]1 le notaire1 alla dem&] ,m>gu]ite et sa sur si t\tes les p]sonnes invites la signature et au dn] qui devait la suivre tai5t arrives2 et1 sur leur rponse affirmative1 il rev9t pr5dre le contrat de m>iage de ,m>gu]ite et de monsieur de ,solis1 qui devait tre lu le premi]1 qu& t\t c\p la porte du p>loir s'ouvrit1 et ,lemulqu9i] se montra le visage flamboyant de joie4 --,monsieur1 monsieur6 ,bal?az> jeta sur ,m>gu]ite un reg>d de dsespoir1 lui fit un signe et l'emm5a dans le j>d94 ,aussitt le tr\ble se mit dans l'assemble4 --,je n'osais pas te le dire1 mon enfant1 dit le pre sa fille2 mais puisque tu z tant fait p\r moi1 tu me sauv]as de ce d]ni] malheur4 ,lemulqu9i] m'a prt1 p\r une d]nire expri5ce qui n'a pas russi1 v+t mille francs1 le fruit de ses conomies4 ,le malheureux vi5t sans d\te me les r$em&] en appr5ant que je suis r$ev5u ri*e1 donne-les-lui sur-le-*amp4 ,ah6 mon ange1 tu lui dois ton pre1 c> lui seul me consolait dans mes dsa/res1 lui seul encore a foi en moi4 ,c]tes1 sans lui je s]ais mort444 --,monsieur1 monsieur1 criait ,lemulqu9i]4 --,eh6 bi58 dit ,bal?az> en se ret\rnant4 --,un diamant6 ,clas sauta dans le p>loir en ap]cevant un diamant dans la ma9 de son valet de *ambre qui lui dit t\t bas3--,je suis all au laboratoire4 ,le *imi/e1 qui avait t\t oubli1 jeta un reg>d sur le vieux ,flam&1 et ce reg>d ne p\vait se traduire que p> ces mots3 ,tu es all le premi] au laboratoire6 --,et1 dit le valet en cont9uant1 j'ai tr\v ce diamant dans la capsule qui communiquait avec cette pile que n\s avions laisse en tra9 de faire des si5nes1 et elle en a fait1 monsieur6 aj\ta-t-il en montrant un diamant blanc de =me octadrique dont l'clat attirait les reg>ds tonns de t\te l'assemble4 --,mes enfants1 mes amis1 dit ,bal?az>1 p>donnez mon vieux s]viteur1 p>donnez-moi4 ,ceci va me r5dre f\4 ,un has>d de sept annes a produit1 sans moi1 une dc\v]te que je *]*e depuis seize ans4 ,comm5t8 je n'en sais ri54 ,oui1 j'avais laiss du sulfure de c>bone s\s l'influ5ce d'une pile de ,volta dont l'action aurait d tre surveille t\s les j\rs4 ,eh6 bi51 p5dant mon abs5ce1 le p\voir de ,dieu a clat dans mon laboratoire sans que j'aie pu con/at] ses effets1 progressifs1 bi5 ent5du6 ,cela n'e/-il pas affreux8 ,maudit exil6 maudit has>d6 ,hlas6 si j'avais pi cette longue1 cette l5te1 cette subite1 je ne sais comm5t dire1 cri/allisation1 trans=mation1 enf9 ce miracle1 eh6 bi51 mes enfants s]ai5t plus ri*es encore4 ,quoique ce ne soit pas la solution du problme que je *]*e1 au mo9s les premi]s rayons de ma gloire aurai5t lui sur mon pays1 et ce mom5t que nos affections satisfaites r5d5t si ard5t de bonheur s]ait encore *auff p> le soleil de la ,sci5ce4 ,*acun g>dait le sil5ce devant cet homme4 ,les p>oles sans suite qui lui fur5t arra*es p> la d\leur fur5t trop vraies p\r n'tre pas sublimes4 ,t\t c\p1 ,bal?az> ref\la son dsespoir au fond de lui-mme1 jeta sur l'assemble un reg>d maje/ueux qui brilla dans les mes1 prit le diamant1 et l'(frit ,m>gu]ite en s'criant3--,il t'app>ti5t1 mon ange4 ,puis il r5voya ,lemulqu9i] p> un ge/e1 et dit au notaire3--,cont9uons4 ,ce mot excita dans l'assemble le frissonnem5t que1 dans c]ta9s rles1 ,talma causait aux masses att5tives4 ,bal?az> s'tait assis en se disant voix basse3 ,je ne dois tre que pre auj\rd'hui4 ,m>gu]ite ent5dit le mot1 s'avana1 saisit la ma9 de son pre et la baisa respectueusem5t4 --,jamais homme n'a t si gr&1 dit ,emmanuel qu& sa prt5due rev9t prs de lui1 jamais homme n'a t si puissant1 t\t autre en devi5drait f\4 ,les trois contrats lus et signs1 *acun s'empressa de que/ionn] ,bal?az> sur la manire dont s'tait =m ce diamant1 mais il ne p\vait ri5 rpondre sur un accid5t si trange4 ,il reg>da son gr5i]1 et le montra p> un ge/e de rage4 --,oui1 la puissance effrayante due au m\vem5t de la matire enflamme qui sans d\te a fait les mtaux1 les diamants1 dit-il1 s'e/ manife/e l p5dant un mom5t1 p> has>d4 --,ce has>d e/ sans d\te bi5 naturel1 dit un de ces g5s qui veul5t expliqu] t\t1 le bonhomme aura oubli quelque diamant vritable4 ,c'e/ autant de sauv sur ceux qu'il a brls4 --,oublions cela1 dit ,bal?az> ses amis1 je v\s prie de ne pas m'en p>l] auj\rd'hui4 ,m>gu]ite prit le bras de son pre p\r se r5dre dans les app>tem5ts de la maison de devant o l'att5dait une somptueuse fte4 ,qu& il entra dans la gal]ie aprs t\s ses htes1 il la vit meuble de tableaux et remplie de fleurs r>es4 --,des tableaux1 s'cria-t-il1 des tableaux6 et quelques-uns de nos anci5s6 ,il s'arrta1 son front se rembrunit1 il eut un mom5t de tri/esse1 et s5tit alors le poids de ses fautes en mesurant l't5due de son humiliation secrte4 --,t\t cela e/ v\s1 mon pre1 dit ,m>gu]ite en dev9ant les s5tim5ts qui agitai5t l'me de ,bal?az>4 --,ange que les esprits cle/es doiv5t applaudir1 s'cria-t-il1 combi5 de fois auras-tu donc donn la vie ton pre8 --,ne cons]vez plus aucun nuage sur votre front1 ni la mo9dre p5se tri/e dans votre cur1 rpondit-elle1 et v\s m'aurez rcomp5se au del de mes esprances4 ,je vi5s de p5s] ,lemulqu9i]1 mon pre *ri1 le peu de mots que v\s m'avez dits de lui me le fait e/im]1 et1 je l'av\e1 j'avais mal jug cet homme2 ne p5sez plus ce que v\s lui devez1 il re/]a prs de v\s comme un humble ami4 ,emmanuel possde environ soixante mille francs d'conomie1 n\s les donn]ons ,lemulqu9i]4 ,aprs v\s avoir si bi5 s]vi1 cet homme doit tre heureux le re/e de ses j\rs4 ,ne v\s inquitez pas de n\s6 ,monsieur de ,solis et moi1 n\s aurons une vie calme et d\ce1 une vie sans fa/e2 n\s p\vons donc n\s pass] de cette somme jusqu' ce que v\s n\s la r5diez4 --,ah6 ma fille1 ne m'ab&onne jamais6 ,sois t\j\rs la provid5ce de ton pre4 ,en entrant dans les app>tem5ts de rception1 ,bal?az> les tr\va re/aurs et meubls aussi magnifiquem5t qu'ils l'tai5t autrefois4 ,bi5tt les convives se r5dir5t dans la gr&e salle mang] du rez-de-*ausse p> le gr& escali]1 sur *aque m>*e duquel se tr\vai5t des arbres fleuris4 ,une arg5t]ie m]veilleuse de faon1 (f]te p> ,gabriel son pre1 sduisit les reg>ds autant qu'un luxe de table qui p>ut in\ aux pr9cipaux habitants d'une ville o ce luxe e/ traditionnellem5t la mode4 ,les dome/iques de monsieur ,conyncks1 ceux de ,clas et de ,pi]qu9 tai5t l p\r s]vir ce repas somptueux4 ,en se voyant au milieu de cette table c\ronne de p>5ts1 d'amis et de figures sur lesquelles clatait une joie vive et s9cre1 ,bal?az>1 d]rire lequel se t5ait ,lemulqu9i]1 eut une motion si pntrante que *acun se tut1 comme on se tait devant les gr&es joies ou les gr&es d\leurs4 --,*]s enfants1 s'cria-t-il1 v\s avez tu le veau gras p\r le ret\r du pre prodigue4 ,ce mot p> lequel le savant se faisait ju/ice1 et qui emp*a peut-tre qu'on ne la lui ft plus svre1 fut prononc si noblem5t que *acun att5dri essuya ses l>mes2 mais ce fut la d]nire expression de mlancolie1 la joie prit ins5siblem5t le c>actre bruyant et anim qui signale les ftes de famille4 ,aprs le dn]1 les pr9cipaux habitants de la ville arrivr5t p\r le bal qui s'ouvrit et qui rpondit la spl5deur classique de la maison ,clas re/aure4 ,les trois m>iages se fir5t promptem5t et donnr5t lieu des ftes1 des bals1 des repas qui entranr5t p\r plusieurs mois le vieux ,clas dans le t\rbillon du monde4 ,son fils an alla s'tablir la t]re que possdait prs de ,cambray ,conyncks1 qui ne v\lait jamais se sp>] de sa fille4 ,madame ,pi]qu9 dut galem5t quitt] la maison pat]nelle1 p\r faire les honneurs de l'htel que ,pi]qu9 avait fait btir1 et o il v\lait vivre noblem5t1 c> sa *>ge tait v5due1 et son oncle ,des ,racquets v5ait de m\rir en lui laissant des trsors l5tem5t conomiss4 ,jean p>tit p\r ,p>is1 o il devait a*ev] son ducation4 ,les ,solis re/r5t donc seuls prs de leur pre1 qui leur ab&onna le qu>ti] de d]rire1 en se logeant au second tage de la maison de devant4 ,m>gu]ite cont9ua de veill] au bonheur matriel de ,bal?az>1 et fut aide dans cette d\ce t*e p> ,emmanuel4 ,cette noble fille reut p> les ma9s de l'am\r la c\ronne la plus envie1 celle que le bonheur tresse et dont l'clat e/ entret5u p> la con/ance4 ,en effet1 jamais c\ple n'(frit mieux l'image de cette flicit complte1 av\e1 pure1 que t\tes les femmes c>ess5t dans leurs rves4 ,l'union de ces deux tres si c\rageux dans les preuves de la vie1 et qui s'tai5t si sa9tem5t aims1 excita dans la ville une admiration respectueuse4 ,monsieur de ,solis1 nomm depuis long-temps inspecteur-gnral de l',univ]sit1 se dmit de ses fonctions p\r mieux j\ir de son bonheur1 et re/] ,d\ai o *acun r5dait si bi5 hommage ses tal5ts et son c>actre1 que son nom tait p> avance promis au scrut9 des collges lectoraux1 qu& vi5drait p\r lui l'ge de la dputation4 ,m>gu]ite1 qui s'tait montre si =te dans l'adv]sit1 r$ev9t dans le bonheur une femme d\ce et bonne4 ,clas re/a p5dant cette anne gravem5t proccup sans d\te2 mais1 s'il fit quelques expri5ces peu coteuses et auxquelles ses rev5us suffisai5t1 il p>ut nglig] son laboratoire4 ,m>gu]ite1 qui reprit les anci5nes habitudes de la maison ,clas1 donna t\s les mois son pre1 une fte de famille laquelle assi/ai5t les ,pi]qu9 et les ,conyncks1 et reut la haute socit de la ville un j\r de la sema9e o elle avait un ,caf qui dev9t l'un des plus clbres4 ,quoique s\v5t di/rait1 ,clas assi/ait t\tes les assembles1 et r$ev9t si complaisamm5t homme du monde p\r complaire sa fille ane1 que ses enfants pur5t croire qu'il avait r5onc *]*] la solution de son problme4 ,trois ans se passr5t a9si4 ,en #ahbh1 un vnem5t favorable ,emmanuel l'appela en ,espagne4 ,quoiqu'il y et1 entre les bi5s de la maison de ,solis et lui1 trois bran*es nombreuses1 la fivre jaune1 la vieillesse1 l'infcondit1 t\s les caprices de la =tune s'accordr5t p\r r5dre ,emmanuel l'hriti] des titres et des ri*es sub/itutions de sa maison1 lui1 le d]ni]4 ,p> un de ces has>ds qui ne sont invraisemblables que dans les livres1 la maison de ,solis avait acquis le comt de ,n\rho4 ,m>gu]ite ne v\lut pas se sp>] de son m>i qui devait re/] en ,espagne aussi long-temps que le v\drai5t ses affaires1 elle fut d'ailleurs curieuse de voir le *teau de ,casa-,ral1 o sa mre avait pass son enfance1 et la ville de ,gr5ade1 b]ceau patrimonial de la famille ,solis4 ,elle p>tit1 en confiant l'adm9i/ration de la maison au dv\em5t de ,m>?a1 de ,josette et de ,lemulqu9i] qui avait l'habitude de la conduire4 ,bal?az>1 qui ,m>gu]ite avait propos le voyage en ,espagne1 s'y tait refus en allguant son gr& ge2 mais plusieurs travaux mdits depuis long-temps1 et qui devai5t ralis] ses esprances1 fur5t la vritable raison de son refus4 ,le comte et la comtesse de ,soly ,y ,n\rho re/r5t en ,espagne plus long-temps qu'ils ne le v\lur5t1 ,m>gu]ite y eut un enfant4 ,ils se tr\vai5t au milieu de l'anne #ahcj ,cadix1 o ils comptai5t s'emb>qu] p\r rev5ir en ,france1 p> l',italie2 mais ils y reur5t une lettre dans laquelle ,flicie appr5ait de tri/es n\velles sa sur4 ,en dix-huit mois leur pre s'tait compltem5t ru94 ,gabriel et ,pi]qu9 tai5t obligs de remettre ,lemulqu9i] une somme m5suelle p\r subv5ir aux dp5ses de la maison4 ,le vieux dome/ique avait encore une fois sacrifi sa =tune son matre4 ,bal?az> ne v\lait recevoir p]sonne1 et n'admettait mme pas ses enfants *ez lui4 ,josette et ,m>?a tai5t mortes4 ,le co*]1 le cuis9i] et les autres g5s avai5t t successivem5t r5voys4 ,les *evaux et les quipages tai5t v5dus4 ,quoique ,lemulqu9i] g>dt le plus pr(ond secret sur les habitudes de son matre1 il tait croire que les mille francs donns p> mois p> ,gabriel ,clas et p> ,pi]qu9 s'employai5t en expri5ces4 ,le peu de provisions que le valet de *ambre a*etait au m>* faisait suppos] que ces deux vieill>ds se cont5tai5t du /rict ncessaire4 ,enf91 p\r ne pas laiss] v5dre la maison pat]nelle1 ,gabriel et ,pi]qu9 payai5t les intrts des sommes que le vieill>d avait empruntes1 leur insu1 sur cet immeuble4 ,aucun de ses enfants n'avait d'influ5ce sur ce vieill>d1 qui1 soixante-dix ans1 dployait une n]gie extraord9aire p\r arriv] faire t\tes ses volonts1 mme les plus absurdes4 ,m>gu]ite p\vait peut-tre seule repr5dre l'empire qu'elle avait jadis ex]c sur ,bal?az>1 et ,flicie suppliait sa sur d'arriv] promptem5t2 elle craignait que son pre n'et sign quelques lettres de *ange4 ,gabriel1 ,conyncks et ,pi]qu91 effrays t\s de la cont9uit d'une folie qui avait dvor environ sept millions sans rsultat1 tai5t dcids ne pas pay] les dettes de monsieur ,clas4 ,cette lettre *angea les dispositions du voyage de ,m>gu]ite1 qui prit le *em9 le plus c\rt p\r gagn] ,d\ai4 ,ses conomies et sa n\velle =tune lui p]mettai5t bi5 d'te9dre encore une fois les dettes de son pre2 mais elle v\lait plus1 elle v\lait obir sa mre en ne laissant pas desc5dre au tombeau ,bal?az> d%onor4 ,c]tes1 elle seule p\vait ex]c] assez d'asc5dant sur ce vieill>d p\r l'emp*] de cont9u] son uvre de ru9e1 un ge o l'on ne devait att5dre aucun travail fructueux de ses facults affaiblies4 ,mais elle dsirait le g\v]n] sans le froiss]1 af9 de ne pas imit] les enfants de ,sophocle1 au cas o son pre appro*]ait du b sci5tifique auquel il avait tant sacrifi4 ,monsieur et madame de ,solis atteignir5t la ,fl&re v]s les d]ni]s j\rs du mois de septembre #ahca1 et arrivr5t ,d\ai dans la mat9e4 ,m>gu]ite se fit arrt] sa maison de la rue de ,p>is1 et la tr\va f]me4 ,la sonnette fut violemm5t tire sans que p]sonne rpondt4 ,un m>*& quitta le pas de sa b\tique o l'avait am5 le fracas des voitures de monsieur de ,solis et de sa suite4 ,beauc\p de p]sonnes tai5t aux f5tres p\r j\ir du spectacle que leur (frait le ret\r d'un mnage aim dans t\te la ville1 et attires aussi p> cette curiosit vague qui s'atta*ait aux vnem5ts que l'arrive de ,m>gu]ite faisait prjug] dans la maison ,clas4 ,le m>*& dit au valet de *ambre du comte de ,solis que le vieux ,clas tait sorti depuis environ une heure4 ,sans d\te1 monsieur ,lemulqu9i] prom5ait son matre sur les remp>ts4 ,m>gu]ite envoya *]*] un s]ruri] p\r ouvrir la porte1 af9 d'vit] la scne que lui prp>ait la rsi/ance de son pre1 si1 comme le lui avait crit ,flicie1 il se refusait l'admettre *ez lui4 ,p5dant ce temps1 ,emmanuel alla *]*] le vieill>d p\r lui annonc] l'arrive de sa fille1 t&is que son valet de *ambre c\rut prv5ir monsieur et madame ,pi]qu94 ,en un mom5t la porte fut ouv]te4 ,m>gu]ite entra dans le p>loir p\r y faire mettre ses bagages1 et frissonna de t]reur en en voyant les murailles nues comme si le feu y et t mis4 ,les admirables bois]ies sculptes p> ,van-,huysium et le portrait du ,prsid5t avai5t t v5dus1 dit-on1 "l ,sp5c]4 ,la salle mang] tait vide1 il ne s'y tr\vait plus que deux *aises de paille et une table commune sur laquelle ,m>gu]ite ap]ut avec effroi deux assiettes1 deux bols1 deux c\v]ts d'arg5t1 et sur un plat les re/es d'un h>5g saur que ,clas et son valet de *ambre v5ai5t sans d\te de p>tag]4 ,en un in/ant elle p>c\rut la maison1 dont *aque pice lui (frit le dsolant spectacle d'une nudit p>eille celle du p>loir et de la salle mang]4 ,l'ide de l',absolu avait pass p>t\t comme un inc5die4 ,p\r t\t mobili]1 la *ambre de son pre avait un lit1 une *aise et une table sur laquelle tait un mauvais *&eli] de cuivre o la veille avait expir un b\t de *&elle de la plus mauvaise espce4 ,le dnm5t tait si complet qu'il ne s'y tr\vait plus de rideaux aux f5tres4 ,les mo9dres objets qui p\vai5t avoir une valeur dans la maison1 t\t1 jusqu'aux u/5siles de cuis9e1 avait t v5du4 mue p> la curiosit qui ne n\s ab&onne mme pas dans le malheur1 ,m>gu]ite entra *ez ,lemulqu9i]1 dont la *ambre tait aussi nue que celle de son matre4 ,dans le tiroir demi f]m de la table1 elle ap]ut une reconnaissance du ,mont-de-,pit qui atte/ait que le valet avait mis sa montre en gage quelques j\rs aup>avant4 ,elle c\rut au laboratoire1 et vit cette pice ple9e d'in/rum5ts de sci5ce comme p> le pass4 ,elle se fit ouvrir son app>tem5t1 son pre y avait t\t respect4 ,au premi] c\p d'il qu'elle y jeta1 ,m>gu]ite fondit en l>mes et p>donna t\t son pre4 ,au milieu de cette fureur dva/atrice1 il avait donc t arrt p> le s5tim5t pat]nel et p> la reconnaissance qu'il devait sa fille6 ,cette preuve de t5dresse reue dans un mom5t o le dsespoir de ,m>gu]ite tait au comble1 dt]m9a l'une de ces ractions morales contre lesquelles les curs les plus froids sont sans =ce4 ,elle desc5dit au p>loir et y att5dit l'arrive de son pre1 dans une anxit que le d\te augm5tait affreusem5t4 ,comm5t allait-elle le revoir8 ,dtruit1 dcrpit1 s\ffrant1 affaibli p> les jenes qu'il subissait p> orgueil8 ,mais aurait-il sa raison8 ,des l>mes c\lai5t de ses yeux sans qu'elle s'en ap]t en retr\vant ce sanctuaire dva/4 ,les images de t\te sa vie1 ses ef=ts1 ses prcautions inutiles1 son enfance1 sa mre heureuse et malheureuse1 t\t1 jusqu' la vue de son petit ,joseph qui s\riait ce spectacle de dsolation1 lui composait un pome de d*irantes mlancolies4 ,mais1 quoiqu'elle prvt des malheurs1 elle ne s'att5dait pas au dnom5t qui devait c\ronn] la vie de son pre1 cette vie la fois si gr&iose et si misrable4 ,l'tat dans lequel se tr\vait monsieur ,clas n'tait un secret p\r p]sonne4 ,a la honte des hommes1 il ne se r5contrait pas ,d\ai deux curs gnreux qui r5diss5t honneur sa p]svrance d'homme de gnie4 ,p\r t\te la socit1 ,bal?az> tait un homme int]dire1 un mauvais pre1 qui avait mang six =tunes1 des millions1 et qui *]*ait la pi]re philosophale1 au ,dix-,neuvime ,sicle1 ce sicle clair1 ce sicle incrdule1 ce sicle1 etc444 ,on le calomniait en le fltrissant du nom d'al*imi/e1 en lui jetant au nez ce mot3--,il veut faire de l'or6 ,que ne disait-on pas d'loges propos de ce sicle1 o1 comme dans t\s les autres1 le tal5t expire s\s une indiffr5ce aussi brutale que l'tait celle des temps o m\rur5t ,dante1 ,c]vantes1 ,tasse e tutti quanti4 ,les peuples compr5n5t encore plus t>divem5t les crations du gnie que ne les compr5ai5t les ,rois4 ,ces op9ions avai5t ins5siblem5t filtr de la haute socit d\aisi5ne dans la b\rgeoisie1 et de la b\rgeoisie dans le bas peuple4 ,le *imi/e septuagnaire excitait donc un pr(ond s5tim5t de piti *ez les g5s bi5 levs1 une curiosit railleuse dans le peuple1 deux expressions grosses de mpris et de ce v victis6 dont sont accabls les gr&s hommes p> les masses qu& elles les voi5t misrables4 ,beauc\p de p]sonnes v5ai5t devant la ,maison ,clas1 se montr] la rosace du gr5i] o s'tait consum tant d'or et de *>bon4 ,qu& ,bal?az> passait1 il tait indiqu du doigt2 s\v5t1 son aspect1 un mot de raill]ie ou de piti s'*appait des lvres d'un homme du peuple ou d'un enfant2 mais ,lemulqu9i] avait so9 de le lui traduire comme un loge1 et p\vait le tromp] impunm5t4 ,si les yeux de ,bal?az> avai5t cons]v cette lucidit sublime que l'habitude des gr&es p5ses y imprime1 le s5s de l'oue s'tait affaibli *ez lui4 ,p\r beauc\p de paysans1 de g5s grossi]s et sup]/itieux1 ce vieill>d tait donc un sorci]4 ,la noble1 la gr&e maison ,clas s'appelait1 dans les faub\rgs et dans les campagnes1 la maison du diable4 ,il n'y avait pas jusqu' la figure de ,lemulqu9i] qui ne prtt aux croyances ridicules qui s'tai5t rp&ues sur son matre4 ,aussi1 qu& le pauvre vieux ilote allait au m>* *]*] les d5res ncessaires la subsi/ance1 et qu'il pr5ait p>mi les mo9s *res de t\tes1 n'obt5ait-il ri5 sans recevoir quelques injures en manire de rj\issance2 heureux mme1 si1 s\v5t1 quelques m>*&es sup]/itieuses ne refusai5t pas de lui v5dre sa maigre pitance en craignant de se damn] p> un contact avec un suppt de l'enf]4 ,les s5tim5ts de t\te cette ville tai5t donc gnralem5t ho/iles ce gr& vieill>d et son compagnon4 ,le dsordre des vtem5ts de l'un et de l'autre y prtait encore1 ils allai5t vtus comme ces pauvres honteux qui cons]v5t un extrieur dc5t et qui hsit5t dem&] l'aumne4 ,tt ou t>d ces deux vieilles g5s p\vai5t tre insults4 ,pi]qu91 s5tant combi5 une injure publique s]ait d%onorante p\r la famille1 envoyait t\j\rs1 durant les prom5ades de son beau-pre1 deux ou trois de ses g5s qui l'environnai5t di/ance avec la mission de le protg]1 c> la rvolution de juillet n'avait pas contribu r5dre le peuple respectueux4 ,p> une de ces fatalits qui ne s'expliqu5t pas1 ,clas et ,lemulqu9i]1 sortis de gr& mat91 avai5t tromp la surveillance secrte de monsieur et madame ,pi]qu91 et se tr\vai5t seuls en ville4 ,au ret\r de leur prom5ade ils v9r5t s'asseoir au soleil1 sur un banc de la place ,sa9t-,jacques o passai5t quelques enfants p\r all] l'cole ou au collge4 ,en ap]cevant de lo9 ces deux vieill>ds sans df5se1 et dont les visages s'pan\issai5t au soleil1 les enfants se mir5t en caus]4 ,ord9airem5t1 les caus]ies d'enfants arriv5t bi5tt des rires2 du rire1 ils en v9r5t des my/ifications sans en connatre la cruaut4 ,sept ou huit des premi]s qui arrivr5t se t9r5t di/ance et se mir5t exam9] les deux vieilles figures en ret5ant des rires t\ffs qui attirr5t l'att5tion de ,lemulqu9i]4 --,ti5s1 vois-tu celui-l dont la tte e/ comme un g5\8 --,oui4 --,h6 bi51 il e/ savant de naissance4 --,papa dit qu'il fait de l'or1 dit un autre4 --,p> o8 ,c'e/-y p> l ou p> ici8 aj\ta un troisime en montrant d'un ge/e gogu5>d cette p>tie d'eux-mmes que les coli]s se montr5t si s\v5t en signe de mpris4 ,le plus petit de la b&e qui avait son pani] ple9 de provisions1 et qui l*ait une t>t9e beurre1 s'avana navem5t v]s le banc et dit ,lemulqu9i]3--,c'e/-y vrai1 monsieur1 que v\s faites des p]les et des diamants8 --,oui1 mon petit milici51 rpondit ,lemulqu9i] en s\riant et lui frappant sur la j\e1 n\s t'en donn]ons qu& tu s]as bi5 savant4 --,ha6 monsieur1 donnez-m'en aussi1 fut une exclamation gnrale4 ,t\s les enfants acc\rur5t comme une nue d'oiseaux et ent\rr5t les deux *imi/es4 ,bal?az>1 absorb dans une mditation d'o il fut tir p> ces cris1 fit alors un ge/e d'tonnem5t qui causa un rire gnral4 --,allons1 gam9s1 respect un gr& homme6 dit ,lemulqu9i]4 --,a la *i5lit6 crir5t les enfants4 ,v\s tes des sorci]s4--,oui1 sorci]s1 vieux sorci]s6 sorci]s1 na6 ,lemulqu9i] se dressa sur ses pi$s1 et m5aa de sa canne les enfants qui s'enfuir5t en ramassant de la b\e et des pi]res4 ,un ouvri]1 qui djeunait quelques pas de l1 ayant vu ,lemulqu9i] levant sa canne p\r faire sauv] les enfants1 crut qu'il les avait frapps1 et les appuya p> ce mot t]rible3 ,a bas les sorci]s6 ,les enfants1 se s5tant s\t5us1 lancr5t leurs projectiles qui atteignir5t les deux vieill>ds1 au mom5t o le comte de ,solis se montrait au b\t de la place1 accompagn des dome/iques de ,pi]qu94 ,ils n'arrivr5t pas assez vite p\r emp*] les enfants de c\vrir de b\e le gr& vieill>d et son valet de *ambre4 ,le c\p tait port4 ,bal?az>1 dont les facults avai5t t jusqu'alors cons]ves p> la *a/et naturelle aux savants *ez qui la proccupation d'une dc\v]te anantit les passions1 dev9a1 p> un phnomne d'intussusception1 le secret de cette scne2 son corps dcrpit ne s\t9t pas la raction affreuse qu'il pr\va dans la haute rgion de ses s5tim5ts1 il tomba frapp d'une attaque de p>alysie entre les bras de ,lemulqu9i] qui le ram5a *ez lui sur un branc>d1 ent\r p> ses deux g5dres et p> leurs g5s4 ,aucune puissance ne put emp*] la populace de ,d\ai d'escort] le vieill>d jusqu' la porte de sa maison1 o se tr\vai5t ,flicie et ses enfants1 ,jean1 ,m>gu]ite et ,gabriel qui1 prv5u p> sa sur1 tait arriv de ,cambrai avec sa femme4 ,ce fut un spectacle affreux que celui de l'entre de ce vieill>d qui se dbattait mo9s contre la mort que contre l'effroi de voir ses enfants pntrant le secret de sa misre4 ,aussitt un lit fut dress au milieu du p>loir1 les sec\rs fur5t prodigus ,bal?az> dont la situation p]mit1 v]s la f9 de la j\rne1 de concevoir quelques esprances p\r sa cons]vation4 ,la p>alysie1 quoique habilem5t combattue1 le laissa nanmo9s assez long-temps dans un tat vois9 de l'enfance4 ,qu& la p>alysie eut cess p> degrs1 elle re/a sur la langue qu'elle avait spcialem5t affecte1 peut-tre p>ce que la colre y avait port t\tes les =ces du vieill>d au mom5t o il v\lut apo/roph] les enfants4 ,cette scne avait allum dans la ville une indignation gnrale4 ,p> une loi1 jusqu'alors inconnue1 qui dirige les affections des masses1 cet vnem5t ram5a t\s les esprits monsieur ,clas4 ,en un mom5t il dev9t un gr& homme1 il excita l'admiration et obt9t t\s les s5tim5ts qu'on lui refusait la veille4 ,*acun vanta sa pati5ce1 sa volont1 son c\rage1 son gnie4 ,les magi/rats v\lur5t svir contre ceux qui avai5t p>ticip cet att5tat2 mais le mal tait fait4 ,la famille ,clas dem&a la premire que cette affaire ft ass\pie4 ,m>gu]ite avait ordonn de meubl] le p>loir1 dont les p>ois nues fur5t bi5tt t5dues de soie4 ,qu&1 quelques j\rs aprs cet vnem5t1 le vieux pre eut rec\vr ses facults1 et qu'il se retr\va dans une sphre lgante1 environn de t\t ce qui tait ncessaire la vie heureuse1 il fit ent5dre que sa fille ,m>gu]ite devait tre v5ue1 au mom5t mme o elle r5trait au p>loir2 en la voyant1 ,bal?az> r\git1 ses yeux se m\illr5t sans qu'il en sortt des l>mes4 ,il put press] de ses doigts froids la ma9 de sa fille1 et mit dans cette pression t\s les s5tim5ts et t\tes les ides qu'il ne p\vait plus exprim]4 ,ce fut quelque *ose de sa9t et de sol5nel1 l'adieu du c]veau qui vivait encore1 du cur que la reconnaissance ranimait4 puis p> ses t5tatives infructueuses1 lass p> sa lutte avec un problme gigantesque et dsespr peut-tre de l'incognito qui att5dait sa mmoire1 ce gant allait bi5tt cess] de vivre2 t\s ses enfants l'ent\rai5t avec un s5tim5t respectueux1 en sorte que ses yeux pur5t tre rcrs p> les images de l'abondance1 de la ri*esse1 et p> le tableau t\*ant que lui prs5tait sa belle famille4 ,il fut con/amm5t affectueux dans ses reg>ds1 p> lesquels il put manife/] ses s5tim5ts2 ses yeux contractr5t s\da9 une si gr&e v>it d'expression qu'ils eur5t comme un langage de lumire1 facile compr5dre4 ,m>gu]ite paya les dettes de son pre1 et r5dit1 en quelques j\rs1 la maison ,clas une spl5deur mod]ne qui devait c>t] t\te ide de dcad5ce4 ,elle ne quitta plus le *evet du lit de ,bal?az>1 de qui elle s'ef=ait de dev9] t\tes les p5ses1 et d'accomplir les mo9dres s\haits4 ,quelques mois se passr5t dans les alt]natives de mal et de bi5 qui signal5t *ez les vieill>ds le combat de la vie et de la mort2 t\s les mat9s1 ses enfants se r5dai5t prs de lui1 re/ai5t p5dant la j\rne dans le p>loir en dnant devant son lit1 et ne sortai5t qu'au mom5t o il s'endormait4 ,la di/raction qui lui plut davantage p>mi t\tes celles que l'on *]*ait lui donn]1 fut la lecture des j\rnaux que les vnem5ts politiques r5dir5t alors =t intressants4 ,monsieur ,clas c\tait att5tivem5t cette lecture que monsieur de ,solis faisait voix haute et prs de lui4 ,v]s la f9 de l'anne #ahcb1 ,bal?az> passa une nuit extrmem5t critique p5dant laquelle monsieur ,pi]qu9 le mdec9 fut appel p> la g>de1 effraye d'un *angem5t subit qui se fit *ez le malade2 en effet1 le mdec9 v\lut le veill] en craignant *aque in/ant qu'il n'expirt s\s les ef=ts d'une crise intrieure dont les effets eur5t le c>actre d'une agonie4 ,le vieill>d se livrait des m\vem5ts d'une =ce incroyable p\r sec\] les li5s de la p>alysie2 il dsirait p>l] et remuait la langue sans p\voir =m] de sons2 ses yeux flamboyants projetai5t des p5ses2 ses traits contracts exprimai5t des d\leurs in\es2 ses doigts s'agitai5t dsesprm5t1 il suait grosses g\ttes4 ,le mat91 les enfants v9r5t embrass] leur pre avec cette affection que la cra9te de sa mort pro*a9e leur faisait pan*] t\s les j\rs plus ard5te et plus vive2 mais il ne leur tmoigna po9t la satisfaction que lui causai5t habituellem5t ces tmoignages de t5dresse4 ,emmanuel1 av]ti p> ,pi]qu91 s'empressa de dca*et] le j\rnal p\r voir si cette lecture f]ait div]sion aux crises intrieures qui travaillai5t ,bal?az>4 ,en dpliant la feuille1 il vit ces mots1 dc\v]te de l'absolu1 qui le frappr5t vivem5t1 et il lut ,m>gu]ite un article o il tait p>l d'un procs relatif la v5te qu'un clbre ma?matici5 polonais avait faite de l',absolu4 ,quoique ,emmanuel lt t\t bas l'annonce du fait ,m>gu]ite qui le pria de pass] l'article1 ,bal?az> avait ent5du4 ,t\t c\p le moribond se dressa sur ses deux po+s1 jeta sur ses enfants effrays un reg>d qui les atteignit t\s comme un clair1 les *eveux qui lui g>nissai5t la nuque remur5t1 ses rides tressaillir5t1 son visage s'anima d'un esprit de feu1 un s\ffle passa sur cette face et la r5dit sublime1 il leva une ma9 crispe p> la rage1 et cria d'une voix clatante le fameux mot d',ar*imde3 ,,eur,,ka6 7j'ai tr\v74 ,il retomba sur son lit en r5dant le son l\rd d'un corps in]te1 il m\rut en p\ssant un gmissem5t affreux1 et ses yeux convulss exprimr5t jusqu'au mom5t o le mdec9 les f]ma le regret de n'avoir pu lgu] la ,sci5ce le mot d'une nigme dont le voile s'tait t>divem5t d*ir s\s les doigts d*>ns de la ,mort4 ,p>is1 ju9-septembre #ahcd4 ,,f9 ,,du ,,tome ,,quatorzi,,me4 ,,table ,,des ,,mati,,res4 ,,tudes ,,philosophiques4 ,,la ,,peau ,,de ,,*agr9 #a ,j,,sus-,,*ri/ ,,en ,,fl&re #bbe ,,melmo? ,r,,concili #bda ,,le ,,*ef-,d',,uvre ,,inconnu #bhc ,,la ,,re*]*e ,,de ,l',,absolu #cjh ,,f9 ,,de ,,la ,,table ,,p>is4--,,imp4 ,,de ,,pillet ,,fils ,,a91 ,,rue ,,des ,,gr&s-,,augu/9s1 #e4 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,les dfauts d'impression en db et en f9 de ligne ont t tacitem5t corrigs1 et la ponctuation a t tacitem5t corrige p> endroits4 ,de plus1 les corrections suivantes ont t apportes4 ,page #aa3 inconnu remplac p> inconnue 7qu& l'inconnue remonta dans sa voiture74 ,page #ad3 releves remplac p> relevs 7 losanges relevs1 p> de clo*ettes74 ,page #bi3 ori5tal remplac p> ori5tale 7ni de votre amulette ori5tale1 ni des *>itables ef=ts74 ,page #cj3 exhorbitant remplac p> exorbitant 7jusqu'au plus exorbitant74 ,page #cc3 campagnon remplac p> compagnon 7le plus intrpide compagnon qui74 ,page #dj3 crit remplac p> cria 7s'cria mile en riant74 ,page #dj3 texte rtabli selon d'autres ditions3 trav]s les civilisations comme une comte4 ,page #ej3 des remplac p> ces 7au se9 de ces limbes74 ,page #gb3 contraire remplac p> contraires 7des ides si contraires aux ides reues74 ,page #gh3 v\lnt remplac p> v\lut 7*ez moi1 v\lut me s]vir74 ,page #gi3 ,wi/*nau remplac p> ,wits*nau 7la dotation de ,wits*nau74 ,page #hi3 s\rcis remplac p> s\rcils 7ses pais s\rcils qui p>aissai5t74 ,page #id3 monosyllables remplac p> monosyllabes 7rpondit p> de ddaigneux monosyllabes mes que/ions74 ,page #id3 noples remplac p> nobles 7t\j\rs nobles et dc5ts74 ,page #ajg3 p>oxismes remplac p> p>oxysmes 7ces viol5ts p>oxysmes de ma passion74 ,page #aaj3 politessse remplac p> politesse 7cette froide politesse qui donne aux ge/es74 ,page #aaf3 t]num5ts remplac p> t]nuem5ts 7les t]nuem5ts me laissai5t tranquille74 ,page #abi3 b*a remplac p> b*e 7et n'a pas une b*e74 ,page #acj3 ,h\ra remplac p> ,h\rra 7dans un ba9 d'or4 ,h\rra674 ,page #aca3 elle remplac p> elles 7elles n\s attir5t comme ,sa9te-,hlne74 ,page #afa3 d\ remplac p> d\e 7,fdora d\e d'une belle me74 ,page #afd3 s\s remplac p> sans 7n\s pai]ons sans d\te1 un j\r74 ,page #aga3 puisamm5t remplac p> puissamm5t 7n\s arra*e si puissamm5t aux *oses de ce monde74 ,page #agc3 pe9te remplac p> pe9ts 7sont pe9ts en r\ge74 ,page #ahg3 c\templant remplac p> contemplant 7en te contemplant dans ton repos74 ,page #ahh3 sil5ci5se remplac p> sil5cieuse 7et re/a immobile1 blan*e1 sil5cieuse74 ,page #ahi3 auquels remplac p> auxquels 7trois pr(esseurs auxquels il expliquait74 ,page #aic3 ,c>im>y remplac p> ,c>ym>y 7,t\j\rs le ,c>ym>y1 ,c>ym>a de ,rabelais74 ,page #aie3 ci5ces remplac p> sci5ces 7comme dans t\tes les sci5ces74 ,page #aie3 le remplac p> la 7,val5t9 se baignait dans la tide atmosphre74 ,page #aie3 cause remplac p> causes 7les causes du s5tim5t qu'il inspirait74 ,page #aig3 rtrograge remplac p> rtrograde 7,un reg>d rtrograde lui en montra le type74 ,page #bjb3 scria remplac p> s'cria 7mademoiselle8 s'cria ,raphal74 ,page #bjc3 tre remplac p> tes 7v\s tes trop poli74 ,page #bjd3 tudiez remplac p> tudi 7--,o avez-v\s tudi la mdec9e74 ,page #bjd3 ncesssairem5t remplac p> ncessairem5t 7,raphal devait ncessairem5t ou g>d] le lit74 ,page #bac3 p>faitem5nt remplac p> p>faitem5t 7il s'tait si p>faitem5t uni74 ,page #bae3 veangeance remplac p> v5geance 7elle inspire la v5geance74 ,page #bbj3 trav]tissem5ts remplac p> trave/issem5ts 7s\s de voluptueux trave/issem5ts74 ,page #bbb3 vascillante remplac p> vacillante 7la lueur vacillante qui se projetait74 ,page #bbi3 murmrue remplac p> murmure 7faisait ent5dre un murmure s\rd74 ,page #bce3 ,fanais remplac p> ,franais 7l'entre des ,franais en ,belgique74 ,page #bce3 seule remplac p> seul 7,le bruit seul de mes pas74 ,page #bcg3 ,elles remplac p> ,elle 7,elle m'entranait trav]s l'glise74 ,page #bdj3 celles remplac p> celle 7semblables celle que je v5ais de quitt]74 ,page #bda3 ankilose remplac p> ankylose 7qui ne s'ankylose ce mti]74 ,page #beh3 insr se 7--,+rate8 dit-elle en se levant74 ,page #bfd3 insr que 7autant que p> les oreilles74 ,page #bfg3 dis remplac p> dit 7--,ti5s1 ,naqui1 dit ,ca/ani]74 ,page #bga3 f\rmillire remplac p> f\rmilire 7la f\rmilire qui borde un *em974 ,page #bgb3 ses remplac p> ces 7,ca/ani] vit une de ces figures74 ,page #bgd3 syrne remplac p> sirne 7ds qu'une sirne e/ admise74 ,page #bhc3 pr5dait remplac p> pr5drait 7inc]ta9 s'il pr5drait le heurtoir74 ,page #bhi3 allanguiss5t remplac p> alanguiss5t 7ses yeux s'alanguiss5t et se fond5t74 ,page #bid3 tur remplac p> c> 7c> le corps huma9 ne f9it pas74 ,page #bid3 nac>e remplac p> nature 7,la nature comporte une suite de rondeurs74 ,page #bih3 donn]ai remplac p> donn]ais 7je donn]ais ma vie p\r toi74 ,page #bih3 ,gilette remplac p> ,gillette 7--,p>donne1 ma ,gillette1 dit le pe9tre74 ,page #bii3 qu'elle remplac p> quelle 7,oh6 quelle mauvaise p5se74 ,page #cji3 ,bee?[5 remplac p> ,bee?ov5 7,la ,vallire1 ,bee?ov5 et ,pagan9i74 ,page #cba3 il remplac p> lui 7peu soigne1 lui tombait sur ses paules74 ,page #cbf3 irrrsi/ible remplac p> irrsi/ible 7le *>me irrsi/ible que produis5t74 ,page #cbg3 un remplac p> une 7ne peut vivre que dans une atmosphre74 ,page #cbh3 entase remplac p> entass 7,aprs avoir entass ce qu'il y avait de vrai74 ,page #cbi3 pes remplac p> pas 7af9 de ne pas contr>i]74 ,page #ccc3 d'arts remplac p> d'art 7objets d'art et de prix74 ,page #cce3 ,bal?as> remplac p> ,bal?az> 7que ,bal?az> s'ap]cevait de cette lacune74 ,page #cch3 de remplac p> ne 7elle ne voyait plus que ses amis74 ,page #cci3 ,bal?as> remplac p> ,bal?az> 7que ,bal?az> avait donns74 ,page #cdj3 anctionnait remplac p> sanctionnait 7,l'au!nticit des contrats sanctionnait les inquitudes74 ,page #cda3 maieon remplac p> maison 7 la maison qui lui f\rnissait74 ,page #cej3 ce9tre remplac p> ce9ture 7mettez donc une autre ce9ture74 ,page #ceb3 indiffr5te remplac p> indiffr5ce 7la plus p>faite indiffr5ce74 ,page #cec3 enjolivs remplac p> enjolives 7mais enjolives p> des pe9tures74 ,page #ced3 ,weegvood remplac p> ,w$gwood 7la fabrique anglaise de ,w$gwood74 ,page #cei3 mai remplac p> mais 7mais elle l'avait fait74 ,page #cfe3 ,/hal remplac p> ,/ahl 7,/ahl1 ,be*]1 ,p>acelse1 ,agrippa74 ,page #cgb3 in\e remplac p> in\ 7rpondai5t ce luxe in\74 ,page #cgb3 letttre remplac p> lettre 7,cette lettre plongea ,clas74 ,page #cgc3 app>5tes remplac p> app>5ts 7un calme et une d\ceur app>5ts74 ,page #cgg3 tait remplac p> tai5t 7aussi puissants que l'tai5t p\r ,clas74 ,page #cgh3 insr an 7environ un an aprs la scne74 ,page #cid3 dem&it remplac p> dem&ait 7,qu& il lui dem&ait74 ,page #cid3 cette remplac p> cet 7faisait croire cet homme di/rait74 ,page #cih3 rsumait remplac p> rsumai5t 7,ce mot1 o se rsumai5t et sa vie et sa mort74 ,page #cii3 dgt remplac p> dgte 7dgte de la vie74 ,page #dac3 au remplac p> ou 7avant d'tre p>5ts1 c\s9s ou amis74 ,page #daf3 le remplac p> la 7p> la protection de son oncle74 ,page #dbh3 envelop remplac p> envelopp 7cet am\r t\j\rs envelopp de mlancolie74 ,page #dcf3 les les remplac p> les 7et volait dans les espaces du monde moral74 ,page #dci3 famile remplac p> famille 7,l'isolem5t dans lequel vivait la famille ,clas74 ,page #dda3 agisait remplac p> agissait 7agissait sur ,pi]qu974 ,page #dda3 promtem5t remplac p> promptem5t 7la raison arrtait promptem5t les lans74 ,page #ddc3 ins5sibl5t remplac p> ins5siblem5t 7,bal?az> se sp>ait ins5siblem5t de ses enfants74 ,pages #ddd et #ddh3 au lieu de ,gu/ave il faut sans d\te lire ,gabriel dans3 ce que ,gu/ave n\s donn]a et ,mon frre ,gu/ave g>d]a p\r sa "p4 ,page #ded3 insr de 7ils ne vi5n5t que de la pratique des affaires74 ,page #dff3 gr&e remplac p> gr&es 7devant les gr&es joies ou les gr&es d\leurs74 ,page #dga3 lesquels remplac p> lesquelles 7contre lesquelles les curs les plus froids74