,,mi*el ,,corday ,les ma9s propres ,,essai ,d',,ducation ,,sans ,,dogme ,,p>is ,,erne/ ,,flamm>ion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf ,t\s droits de traduction1 d'adaptation et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays4 ,il a t tir1 de cet ouvrage1 qu9ze exemplaires sur papi] de ,holl&e1 t\s numrots4 ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur ,,librairie ,e4 ,,flamm>ion ,dans la mme collection3 ,vnus ou les ,deux ,risques4 ,les ,embrass4 ,ssame ou la ,mat]nit cons5tie4 ,les ,frres ,jolidan4 ,les ,demi-,f\s4 ,la ,mmoire du cur4 ,m>iage de dema94 ,les ,rvles4 ,les ,conv5us4 ,monsieur1 ,madame et l',auto4 ,plaisirs d'auto4 ,les ,casseurs de bois4 ,,en ,,pr,,p>ation3 ,les ,feux du ,c\*ant4 ,les ,hauts ,f\rneaux4 ,e4 ,,grev9--,,imprim]ie ,,de ,,lagny ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays4 ,copyright #aiai by ,,erne/ ,,flamm>ion4 ,a ,,la ,m,,moire ,,de ,,jean ,,jaur,s ,,les ,,ma9s ,,propres ,,pr,,ambule ,,le ,,b ,,et ,,le ,,plan ,cet essai s'adresse ceux qui lv5t leurs enfants en dehors des dogmes1 dans un esprit de libre exam54 ,quiconque a entrepris cette t*e en sait les difficults4 ,ds qu'on rfl*it avant d'agir1 ds qu'on se dem&e p\rquoi on agit1 ds qu'on ne fait plus une *ose uniquem5t p>ce qu'elle se fait1 t\t devi5t problme4 ,on a quitt la bonne vieille gr&e r\te1 si commode1 si facile1 si plane1 et que le tr\peau des gnrations a suivie4 ,on a devant soi l'espace en fri*e1 o s]p5t5t quelques pi/es indcises1 t\tes fra*es4 ,o e/ la bonne direction8 ,ici1 faut-il pr5dre droite1 gau*e8 ,p>fois1 on s5t l'angoisse du d\te4 ,mais il faut avanc]4 ,alors1 on jette des vues1 on s'ori5te1 on se dcide4 ,et l'on m>*e1 en entranant ses petits p> la ma94 ,il faut que l'ef=t de *aque pionni] s]ve ceux qui lui succd]ont4 ,il faut qu'ils puiss5t pr(it] de ses re*]*es1 qu'ils retr\v5t les dt]m9ations qu'il a prises1 les directions qu'il a suivies1 l'empre9te de ses pas4 ,cet ouvrage n'a pas d'autre b1 ni d'autre plan4 ,c'e/ un ensemble de mode/es solutions aux innombrables problmes qui se pos5t au long de la r\te4 ,ce n'e/ qu'une suite d'op9ions4 ,et on ne s'en tonn]a pas4 ,en effet1 qu'e/-ce qu'duqu]8 ,c'e/ complt]1 =tifi] et r$ress]1 p> l'influ5ce du milieu1 les notions confuses dposes dans le petit tre p> l'atavisme et l'hrdit4 ,or1 n\s ne p\vons agir sur l'enfant que p> notre exemple1 nos caus]ies1 nos enseignem5ts2 et n\s ne faisons alors1 en t\tes ces circon/ances1 qu'imprim] dans la jeune c]velle nos propres op9ions sur t\tes *oses444 ,la premire p>tie de cet essai e/ prcism5t un expos des op9ions gnrales dont n\s s\haitons que les enfants soi5t pntrs1 plus encore p> les entreti5s de leurs p>5ts et l'atmosphre du foy] que p> la lecture des livres et les leons des matres4 ,la seconde p>tie e/ t\te d'adaptation4 ,quant au titre de cet ouvrage1 il e/ emprunt l'une de ces vues morales qui se sont affran*ies des anci5s dogmes4 ,,premi,,re ,,p>tie ,,op9ions ,,*apitre ,,premi] ,,le ,,bonheur ,qu& on se lance1 hors de la gr&e r\te1 hors des *em9s battus1 possde-t-on une indication gnrale sur la direction suivre8 ,la vie huma9e a-t-elle une t5dance8 ,c> cette t5dance devrait n\s guid]4 ,n\s devrions m>*] dans son s5s4 ,oh6 ,il ne s'agit pas de re*]*] le de/9 f9al de l'homme4 ,a ce sujet1 disons-n\s simplem5t que cette plante m\rra comme les autres4 ,il s'agit de savoir s'il exi/e une aspiration commune t\s les tres depuis qu'ils respir5t sur la t]re1 un signe indicateur de la vie4 ,hlas6 ,la plup>t des huma9s ne se pos5t mme pas la "q4 ,ils naiss5t1 subsi/5t1 meur5t1 sans avoir pris consci5ce de ce qu'ils ont t5t de ralis] p5dant leur vie4 ,et p\rtant1 cette t5dance exi/e4 ,voyez une rue frqu5te1 v]s le soir4 ,t\s les passants c\r5t1 se ht5t1 se press5t4 ,or1 si les buts sont diffr5ts1 le mobile e/ unique4 ,obissant t\t droit leur in/9ct dbrid ou t5us en lisire p> le devoir1 *]*ant l'utile ou l'agrable1 la hauta9e volupt du sacrifice ou le bas plaisir1 reg>dant le ciel ou la t]re1 t\s aspir5t ralis] leur dsir1 t\s vont v]s leur satisfaction4 ,oui1 t\s1 malgr des app>5ces contraires1 malgr de dconc]tants dt\rs1 t\s veul5t leur bonheur4 ,c'e/ l'in/9ct primordial de t\te exi/5ce4 ,on le surpr5d *ez le plus infime animalcule dans le *amp du microscope4 ,il fuit la pe9e et *]*e la joie1 c'e/--dire qu'il fuit le milieu o il s\ffre et *]*e le milieu o il se plat4 ,en quoi il obx bi5 la loi de la vie3 c> la joie e/ de la vie accrue1 plus int5se et plus ard5te2 et la d\leur e/ de la vie dim9ue1 l'a*em9em5t v]s la mort4 ,mais qu'e/-ce donc que le bonheur8 ,ce s]ait folie d'en donn] une df9ition applicable t\s les huma9s1 puisque ce milli>d et demi d'tres sont diffr5ts les uns des autres1 puisqu'il n'y a pas deux visages--ni sans d\te deux c]veaux--id5tiquem5t semblables4 ,il y a autant de bonheurs que d'individus4 ,mais peu importe qu'on dem&e ces joies au p\voir1 aux honneurs1 l'art1 aux voyages1 aux plaisirs de la table ou de l'am\r1 la consci5ce de la t*e accomplie1 aux s]e9es re*]*es du laboratoire1 aux lans de l'altruisme1 aux flicits du propritaire1 du collectionneur1 de mode/es travaux manuels1 mme aux motions de la *asse ou de la p*e4 ,t\s ces bonheurs ont des traits communs4 ,ils donn5t l'tre sa satisfaction1 le s5s de la plnitude4 ,ils port5t la vie sa plus haute t5sion4 ,il exi/e dans la nature un exemple de cette t5dance cont9uelle s'accrotre4 ,c'e/ le vgtal4 ,une plante1 une vie huma9e s'ef=c5t t\tes deux d'atte9dre leur exubrance totale4 ,elles s'lv5t1 l'une v]s la lumire1 l'autre v]s le bonheur4 ,au surplus1 la croissance de l'esprit e/ t\te p>eille celle de la plante1 qui d'abord *]*e sa subsi/ance de t\tes p>ts1 aveuglm5t1 p> ses mille rac9es1 dans l'obscurit de la t]re1 puis1 s'lanant au j\r1 se n\rrit d'lm5ts plus subtils1 obx ses aff9its et enf9 s'exprime et s'pan\it dans les cont\rs prcis de ses v]dures fleuries4 ,si t\tes les manife/ations d'une exi/5ce1 actes et p5ses1 p\vai5t pr5dre une =me s5sible1 s'inscrire dans l'espace comme autant de feuilles et de fleurs1 l'ensemble d'une vie complte app>atrait comme un bel arbre1 h>monieux1 t\ffu1 luxuriant1 t5dant ses bran*es en t\s s5s1 dans un frmissant dsir de s'accrotre encore4 ,un beau rosi] e/ l'image du bonheur4 ,et1 de mme qu'il y a des vgtaux de t\tes tailles1 du *ne au br9 d'h]be1 mais qui t\s ont ce c>actre commun de remplir leur ligne1 de t5dre v]s leur complet dveloppem5t1 de mme il y a des vies de t\tes env]gures1 les unes trs mode/es1 les autres magnifiques1 mais qui t\tes peuv5t tre galem5t heureuses1 atte9dre leur ple9 pan\issem5t4 ,ce n'e/ pas une "q de dim5sion1 c'e/ une "q de d5sit1 de plnitude4 ,une de/9e heureuse1 c'e/ une de/9e remplie4 ,enf91 de ce po9t de vue1 le b de l'ducation app>at4 duqu]1 c'e/ cultiv]4 ,c'e/ favoris] l'expansion de la plante huma9e4 ,c'e/ la r$ress]1 l'abreuv]1 l'mond]1 la bi5 expos]1 de faon qu'elle soit =te1 sa9e1 qu'elle donne t\tes les qualits de l'espce1 qu'elle atteigne sa plus haute puissance4 99 99 99 99 99 ,devant la morale du bonheur1 une objection se dresse aussitt4 ,mais1 dira-t-on1 si *acun p\rsuit son bonheur1 uniquem5t son bonheur1 *acun bless]a son vois91 dans cette p\rsuite4 ,aussi faut-il en trac] immdiatem5t les bornes4 ,oh6 elles sont indiques dans t\tes les morales1 p> la simple loi3 ,tu ne nuiras pas4 ,il faut s'arrt] au mom5t de nuire4 ,notre bonheur a p\r limites le bonheur du vois94 ,p\r repr5dre l'analogie avec le monde vgtal1 un gr\pe huma9 ne doit plus tre l'inculte =t o les arbres s't\ff5t mutuellem5t4 ,une socit civilise doit tre un j>d91 cultiv avec intellig5ce1 o *aque plante1 p\r donn] t\tes ses fleurs et t\s ses fruits1 arrte ses frondaisons aux frondaisons vois9es4 ,a9si la plante re/e d'un exemple total3 mont] bi5 droit1 dans la cl>t1 s'accrotre1 s'pan\ir1 s'orn] de fleurs1 se rp&re en p>fums1 donn] des fruits1 et ne born] son expansion qu' l'expansion des autres4 ,d'ailleurs--et ceci e/ capital--cette limitation elle-mme app>at de notre intrt4 ,les preuves en abond5t4 ,il e/ bi5 c]ta9 que si *acun s'ef=ait d'obs]v] cette loi re/rictive1 tant de heurts1 de drames1 de s\ffrances s]ai5t vits1 que l'tat gnral de l'humanit s]ait meilleur4 ,le monde s]ait plus agrable habit]4 ,la vie d'un village e/ symbolique cet g>d4 ,l1 p> une l5te sagesse1 t\s les habitants sont p>v5us respect] la t]re du vois94 ,leur bi5 se borne au bi5 d'autrui4 ,ne sont-ils pas plus heureux que s'ils dpassai5t les limites de leur propre doma9e et dbordai5t sans cesse sur les doma9es adjac5ts8 ,que de qu]elles1 de luttes1 de ha9es abolies6 ,ce s]ait la gu]re4 ,c'e/ la paix4 ,il y a aussi un fait d'expri5ce qui1 dans l'intrt de notre propre bonheur1 doit n\s dt\rn] de nuire4 ,c'e/ que1 le plus s\v5t1 t\t acte nuisible retombe sur son auteur4 ,la loi d'quilibre1 ou de comp5sation1 j\e4 ,cet acte nuisible fait boom]ang4 ,on croit le projet] contre autrui4 ,il revi5t son po9t de d"p4 ,le bonheur conquis sur le vois9 n'e/ plus du bonheur4 ,on l'a pay trop *]4 ,on lui g>de rigueur des remords qu'il veille4 ,au fond1 n\s s\ffrons plus du mal que n\s faisons que du mal qu'on n\s fait4 ,enf91 la notion relativem5t rc5te1 p\r a9si dire sci5tifique1 de la solid>it1 vi5t encore confirm] qu'il e/ de notre intrt de ne pas nuire4 ,en lsant autrui1 n\s ne sommes jamais srs de ne pas n\s ls] n\s-mmes1 prcism5t p>ce que t\tes les cellules sociales sont dp5dantes1 solidaires4 ,qu& un po9t de l'organisme s'enflamme1 t\t l'organisme a la fivre4 ,t\t ce qui nuit la collectivit nuit l'individu4 ,celui qui1 au mpris de la prud5ce ou de l'hygine1 jette quelque virus dans la circulation1 e/-il jamais sr que le mal1 *em9ant trav]s le monde1 ne vi5dra pas frapp] l'un des si5s8 ,a9si1 le s\ci bi5 compris de notre bonheur mme1 n\s amne le born]4 ,et ceux-l se tromp5t qui accus5t la morale du bonheur de n'avoir ni sanctions ni fre9s4 ,elle les tr\ve en elle-mme4 99 99 99 99 99 ,au surplus1 la comprh5sion1 le so9 de notre propre bonheur1 ne n\s dt\rn5t pas seulem5t de nuire1 de faire le mal4 ,ils n\s incit5t aussi faire le bi51 c> ces lois d'quilibre et de rciprocit j\5t p\r le bi5 comme p\r le mal4 ,faire du bi5 autrui1 c'e/ en faire soi-mme4 ,on fait des heureux p\r tre heureux4 ,on reoit en reflet le bonheur que l'on donne4 99 99 99 99 99 ,oui1 entre la morale religieuse1 froide1 tran*ante1 nue1 au/re1 et la sauvage morale de la =ce1 la morale du br[n+1 il y a place p\r une morale s\riante1 pan\ie1 rayonnante1 la morale de la fleur4 99 99 99 99 99 ,il ne faut po9t cep5dant oppos] la morale du bonheur aux morales religieuses4 ,leur antagonisme e/ plus app>5t que rel4 ,il e/ dans les mots4 ,qui n'applique en fait la morale du bonheur8 ,il faut1 au contraire1 considr] cette morale huma9e comme le prolongem5t des morales div9es4 ,celles-ci t5ai5t l'homme en lisire4 ,elles guidai5t ses pas4 ,elles le jugeai5t incapable encore de m>*] seul4 ,a9si1 la morale *rti5ne le ma9t5ait dans le droit *em9 p> la cra9te de l'enf] et l'espoir du p>adis4 ,la morale du bonheur m>que un progrs4 ,elle correspond un tat n\veau de civilisation4 ,elle e/ime que la crature peut enf9 s'affran*ir de tutelle1 qu'elle e/ adulte1 qu'elle peut avanc] sans aide1 que sa consci5ce av]tie peut clair] sa conduite4 99 99 99 99 99 ,les connaissances huma9es se prs5t5t comme un tronc dont trois rameaux ont jailli3 art1 sci5ce1 morale4 ,le premi]1 l'art1 a donn son lan et ne progresse plus gure2 le deuxime1 celui de la sci5ce1 vi5t de se dvelopp] prodigieusem5t2 le troisime1 celui de la morale1 vgte4 ,faut-il dsespr] qu'il rattrape les deux autres8 99 99 99 99 99 ,il faudrait embellir la vie1 la fleurir4 ,n'e/-ce pas la t5dance gnrale des progrs huma9s8 ,en effet1 quels tai5t les in/9cts primitifs de l'homme8 ,se n\rrir1 se repos]1 se reproduire4 ,voyez comme n\s avons peu peu p>1 enjoliv ces trois in/9cts grossi]s6 ,du beso9 de se n\rrir1 n\s avons fait le dlicat plaisir de la table4 ,du beso9 de se repos]1 la volupt du lit4 ,et le beso9 de se reproduire e/ dev5u l'am\r444 ,il y a tant faire1 p\r embellir la vie1 p\r l'gay]4 ,qu'y a-t-il de plus tri/e qu'une fte =a9e8 ,ces muses d'horreur1 ces jeux de massacre1 ces manges bruyants et laids4 ,ne p\rrait-on pas1 peu peu1 c\l] des div]tissem5ts plus jolis1 sans s'c>t] du gt de la f\le8 ,on ne dira jamais assez la tri/esse des monum5ts publics4 ,et les magas9s8 ,p\rquoi ne sont-ils pas gnralem5t plus plaisants aux yeux8 ,p\rquoi la rtiss]ie1 la poissonn]ie1 la b\*]ie1 ne sont-elles pas t\j\rs dcores de cramiques1 de m>bres8 ,p\rquoi ne pas re*]*] un dcor qui soit plus joyeux sans tre plus coteux8 ,les t5tatives qu'on a faites en ce s5s ont presque *oqu4 ,il semble qu'il y ait quelque *ose de sacrilge mettre de la grce1 de la beaut1 dans le dtail de la vie4 99 99 99 99 99 ,une humanit travaillant p\r le bonheur t5drait enc\rag] p> les plus belles rcomp5ses t\s ceux qui collabor5t ce bonheur1 l'arti/e1 l'inv5teur444 ,et ce ne sont pas les gr&s hros4 99 99 99 99 99 ,mettons dans notre vie de la grce1 de l'lgance1 de la bont1 de la posie1 des en?\siasmes1 du plaisir4 ,en un mot1 *]*ons l'accrotre1 la fleurir1 la faire la plus opul5te1 la plus luxuriante4 ,ayons aussi des raisons1 des buts de vivre4 ,sans quoi1 n\s desc5dons la conception la plus misrable1 la plus primitive de la vie1 un tat inconsci5t o l'tre ne *]*e qu' subsi/] au j\r le j\r4 99 99 99 99 99 ,c&ide disait3 ,cultivons notre j>d94 ,oui4 ,reprs5tons-n\s *aque exi/5ce comme un j>d94 ,et voyez1 surface gale1 combi5 les j>d9s sont diffr5ts4 ,l'un e/ la br\sse1 l'autre le p>adis4 ,t\t dp5d des so9s qu'on y donne4 99 99 99 99 99 ,n\s ne p\vons pas prt5dre au bonheur absolu1 mais n\s devons *]*] l'atte9dre p> le plus gr& nombre de po9ts possible4 ,notre bonheur e/ enclos dans notre vie1 comme la /atue dans le bloc de m>bre4 ,c'e/ n\s de le dgag]4 ,les sculpteurs pratici5s procd5t comme si la /atue exi/ait dj dans sa gangue de pi]re4 ,ils l'atteign5t p> des sondages nombreux1 qui s'arrt5t ju/e la surface de la future image4 ,ils la t\*5t p> po9ts4 ,n\s devons tre les pratici5s de notre bonheur4 99 99 99 99 99 ,il faut saisir les beaux in/ants1 c'e/--dire ceux o l'on e/ heureux sans nuire4 ,et il faut aussi les proclam]1 en soi1 aut\r de soi4 ,on dit plus volonti]s3 ,quel sale temps6 que3 ,le beau temps444 ,il faut que nos propos soi5t l'image de la vie1 qui r\le le bon et le mauvais4 ,ne s]ait-ce que p\r rgl] notre p5se sur nos p>oles et n\s pntr] de ce s5s de l'quilibre4 ,il y a d'ailleurs un bonheur dont n\s ne pr5ons pas assez consci5ce3 l'abs5ce de malheur4 ,p> exemple1 que de ju/es petites volupts on se procure se r5dre compte qu'on ne s\ffre plus de maux famili]s dont on a pti4 ,n\s n'en j\issons pas4 ,n\s ne n\s disons pas assez3 ,quelle *ance de ne pas avoir mal la tte1 mal aux d5ts6 99 99 99 99 99 ,au fond1 t\s nos actes t5d5t v]s l'utile ou l'agrable4 ,cette =mule en deux mots enf]me notre vie4 ,c'e/ un vase qui la conti5t4 ,a n\s d'en faire une belle amphore1 de l'l>gir v]s le haut1 d'y mettre t\tes les belles fleurs de l'lgance1 de l'art1 de l'altruisme4 99 99 99 99 99 ,l'aspect d'une ros]aie publique1 comme celle de ,bagatelle1 un diman*e1 o la f\le l5te1 recueillie1 discrte1 se promne s\s les arceaux de fleurs1 app>at une anticipation1 une vision de dema94 ,,*apitre ,,ii ,,le ,,temps ,la foi dans l'av5ir4--,la connaissance de l'av5ir4--,le prs5t vaut le pass4--,l'hritage du pass4 ,foi dans l'av5ir4 ,n\s aussi1 n\s croyons une vie meilleure1 une vie future4 ,mais n\s ne la g>antissons pas dans cet au-del de la mort que nul encore n'a sond d'un reg>d c]ta94 ,notre vie meilleure1 c'e/ celle de nos desc5dants4 ,notre vie meilleure1 c'e/ l',av5ir4 ,elle n'e/ pas dans le ciel4 ,elle e/ sur la t]re4 ,c'e/ la vie que n\s =geons p\r ceux qui n\s succd]ont4 ,n\s y croyons p>ce que n\s y travaillons1 p>ce qu'elle e/ le prolongem5t de notre vie4 ,voil l'acte de foi qui doit n\s s\t5ir au c\rs de notre exi/5ce4 ,cette vie meilleure1 n\s ne l'att5dons pas dans la rsignation1 s\s le j\g des dogmes4 ,n\s la prp>ons1 n\s apportons notre humble pi]re l'difice1 dans le c\rage et l'allgresse4 99 99 99 99 99 ,devant les vagues mon/rueuses1 /upides et magnifiques qui se jett5t et se bris5t contre la jete1 je p5se que les hommes ont dompt les =ces extrieures de la nature et qu'ils n'ont pas encore dompt les =ces intrieures1 c'e/--dire celles qui sont en eux3 la colre1 la ha9e1 la m*ancet1 celles qui les p\ss5t nuire1 tu]444 ,ils ont ass]vi les flots1 les v5ts1 la f\dre2 ils n'ont po9t encore refrn leurs in/9cts b>b>es4 ,mais qui donc aurait os prdire aux premi]s hommes ces victoires sur la nature d*ane8 ,et qui peut assur] que les hommes futurs ne c\ronn]ont pas cette victoire1 en l'a*evant sur eux-mmes8 99 99 99 99 99 ,dans les gr&es maladies qui frl5t la mort1 les tres se montr5t s\v5t si beaux1 si gr&s1 si dlicats1 si exquis1 si t\*ants1 qu'ils dvoil5t une humanit suprieure4 ,ils montr5t ce qu'ils aurai5t pu tre1 ce qu'ils aurai5t t s'ils avai5t pu se libr] de t\tes les entraves qui les ret5ai5t de montr] le meilleur d'eux-mmes4 ,on dirait qu'au seuil de la mort ils voi5t l'av5ir des hommes et dj le ralis5t4 99 99 99 99 99 ,j'ent5ds des g5s dire que n\s avons la mme m5talit que l'homme des cav]nes1 que la morale n'a pas fait de progrs1 p>alllem5t la sci5ce et s\s son influ5ce4 ,e/-ce bi5 sr8 ,et surt\t s'e/-il c\l assez de temps p\r que ces progrs n\s soi5t s5sibles8 ,les phnomnes d'volution1 ceux qui ont sculpt la surface de la t]re1 ceux qui ont peu peu ralis l'tre huma91 sont tellem5t l5ts1 exig5t tant de milli]s d'annes6 ,les notions acquises depuis quelques sicles seulem5t modifi5t peut-tre l'esprit de l'homme4 ,mais l'empre9te n'e/ pas encore assez pr(onde p\r que n\s disc]nions ce relief n\veau4 ,pr5ez en exemple la conception de l'inf9i1 la conception qu'il y a des a/res d]rire les a/res1 qu'il n'y a pas de limites l'espace4 ,elle e/ rc5te1 puisque les anci5s voyai5t un univ]s born1 vot4 ,elle e/ fille de l'a/ronomie mod]ne4 ,or1 cette notion de l'inf9i1 de notre t]re p]due comme un gra9 de b\e1 comme une cellule isole d'un organisme imm5se1 cette notion n'e/-elle pas p\r n\s montr] la petitesse1 la vanit de nos qu]elles1 de nos luttes1 et p> consqu5t p\r amlior] peu peu la morale8 ,ne donne-t-elle pas l'esprit une sorte d'apaisem5t bi5faisant1 cette srnit de l'aronaute ou de l'aviateur qui vogue dans l'espace8 ,peut-tre cette influ5ce d'une vrit neuve s'ex]ce-t-elle en ce mom5t mme sur nos c]veaux8 ,peut-tre modifie-t-elle le s5s de nos lans1 de nos aspirations8 ,mais la mtamorphose e/ trop fra*e1 trop actuelle1 p\r que n\s en pr5ions nettem5t consci5ce4 99 99 99 99 99 ,on dit que la sci5ce ne *ange pas la vie4 ,cep5dant1 pr5ez un mode/e exemple3 le tlphone444 ,n'a-t-il pas cr un tat n\veau des relations huma9es8 ,ces g5s qui sont loigns et qui se p>l5t l'oreille1 qui s'ent5d5t sans se voir1 comme des aveugles sp>s p> l'espace et non plus p> la nuit444 ,n'a-t-il pas donn l'am\r1 l'important am\r1 une facette n\velle8 ,ent5dre une voix *re et ne pas voir le visage4 ,avoir un peu plus que la p5se1 un peu plus que l'criture1 avoir la p>ole444 et n'avoir pas les lvres4 ,et si *acun v\lait dress] le bilan de ce qu'il doit au tlphone1 de ce qu'il a pu faire grce lui et de ce qu'il n'aurait pas fait sans lui1 il s]ait bi5 contra9t de reconnatre qu'il y a quelque *ose de *ang dans sa vie4 ,d'une faon gnrale1 les communications rapides1 transports et messages1 ont r5du la vie plus s5sible1 en runissant des tres *]s1 en assurant de prompts sec\rs4 ,elles la r5d5t plus d5se et plus ple9e1 puisqu'elles p]mett5t1 dans un mme temps1 d'agir davantage4 ,et elles n'ont fait qu'bau*]1 depuis quatre-v+ts ans1 leur uvre de pntration int]nationale4 ,il n'e/ pas jusqu' la photographie qui n'ait ragi sur les murs4 ,depuis tr5te ans qu'elle s'e/ vulg>ise1 on a pu1 grce elle1 pr5dre d'une mme p]sonne d'innombrables aspects1 exacts et vivants4 ,grce elle1 les abs5ts et les morts s\ri5t s\s nos yeux4 ,a9si a-t-elle =tifi les li5s des gnrations et le culte du s\v5ir4 99 99 99 99 99 ,un esprit de tradition1 fidle au pass1 reconnatra aism5t que la dc\v]te de l'imprim]ie et de l',amrique entrana la ,r5aissance et la ,r=me1 bref agit sur les murs1 il y a quatre c5ts ans4 ,mais dem&ez-lui si le *em9 de f] et le tlphone1 la sans-fil et l'aviation ex]c]ont une influ5ce morale1 il ni]a4 ,ce qu'il y a d'ailleurs d'un peu comique *ez les zlateurs du pass1 les ennemis du progrs1 c'e/ qu'ils se s]v5t de la sci5ce1 t\t en la maudissant4 ,ils us5t de la dp*e1 du petit bleu1 des transports rapides1 auto et *em9 de f]1 p\r leurs affaires et leurs plaisirs4 ,ils vant5t les vieux logis et ils les ds]t5t4 ,ils dnigr5t la maison mod]ne et ils s'y port5t en f\le4 ,ils blagu5t les mdec9s et les appell5t au premi] bobo4 ,ils ne ddaign5t ni l'asc5seur1 ni l'inc&esc5ce4 ,et ils ne p\rrai5t plus se pass] de leur j\rnal1 vite in=m1 vite imprim1 vite s]vi444 99 99 99 99 99 ,il y a1 malgr t\t1 bi5 des raisons de croire un progrs des murs1 des raisons tires de la vie c\rante4 ,a9si1 on n'abme pas le matriel du *em9 de f]1 bi5 qu'on puisse impunm5t1 qu& on e/ seul dans un comp>tim5t1 obir un in/9ct de rapt et de de/ruction4 ,c'e/ un humble et curieux signe d'honntet gnrale4 99 99 99 99 99 ,*aque fois qu'on modifie un eng9 de transport en commun1 on va t\j\rs de l'incon=t v]s le con=t4 ,rappelez-v\s le vieil omnibus1 la dilig5ce4 ,voyez les trans=mations successives du wagon1 du tramway4 ,n'e/-ce po9t l un signe que l'humanit t5d inconsciemm5t v]s le mieux-tre8 99 99 99 99 99 ,le progrs s'affran*it difficilem5t de la r\t9e4 ,il ne s'arra*e pas sans pe9e aux =mes du pass4 ,a9si1 les premires automobiles tai5t ju*es sur de gr&es r\es arrire p>ce qu'elles drivai5t des voitures *evaux4 ,on n'en v9t que plus t>d aux petites r\es gales4 99 99 99 99 99 ,n\s raillons les ,anglais p\r les p]ruques de leurs juges et le crmonial surann de leurs ftes royales4 ,ils n\s raill5t p\r nos b>rires d'octroi et p\r nos duels1 p>ce qu'ils sont affran*is de ces usages4 ,dans une mue p]ptuelle1 le monde se dp\ille de ses vieilles plumes4 ,il en re/e de ci1 de l1 quelques-unes4 ,et n\s rions de celles du vois94 99 99 99 99 99 ,t\tes les qualits acquises1 les s5tim5ts dlicats1 les f9es s5sations1 t\t ce que l'homme a conquis depuis qu'il app>ut faible et nu sur la t]re1 me sembl5t comp>ables cet humus qui s'e/ l5tem5t dpos sur la rude corce du globe1 cet humus qui n'e/ que le rsidu de la vie1 la p\ssire accumule des gnrations1 et qui n\s donne les fleurs4 99 99 99 99 99 ,je ne sais pas de plus nfa/e ge/e que celui de ,diogne rejetant l'cuelle dont il se s]vait1 la vue d'un enfant qui buvait dans le creux de sa ma94 ,e/-ce qu'au contraire le progrs huma9 n'e/ pas une suite d'acquisitions8 ,la crature jete nue sur la t]re1 peu peu1 accru sa vie4 ,elle l'a p>e1 elle l'a embellie4 ,elle l'a ad\cie4 ,supprim] l'cuelle1 c'e/ ret\rn] l'tat primitif4 ,c'e/ m>*] en arrire4 ,c'e/ r5i] t\t l'ef=t sculaire que reprs5te la cration de cette cuelle4 ,la connaissance de l'av5ir4 ,on ne peut pas prt5dre qu'on ne prdira jamais l'av5ir4 ,on prdit dj l'av5ir a/ronomique1 le ret\r des clipses et des comtes4 ,or1 il en e/ d'un ge/e huma9 comme de la m>*e d'une toile dans le ciel4 ,l'un et l'autre sont le rsultat de causes dt]m9antes1 de =ces prcises et qui se compos5t4 ,le phnomne t]re/re e/ peut-tre plus complexe que le phnomne cle/e1 mais t\s deux sont du mme ordre4 ,on ne peut donc pas affirm] qu'on ne prdira pas l'un comme on a prdit l'autre4 99 99 99 99 99 ,quelle s]a la pro*a9e prvision8 ,sans d\te la connaissance exacte du temps1 au po9t de vue mtorologique1 grce une tude m?odique de ses phnomnes et grce leur coord9ation1 r5due possible p> les moy5s de communication in/antane1 comme la tlgraphie sans fil4 ,dj1 on annonce plusieurs j\rs d'avance la m>*e d'une inondation1 celle d'un cyclone1 d'une dpression b>omtrique4 99 99 99 99 99 ,l'usage des graphiques1 des c\rbes qui enregi/r5t p> exemple la temprature ou la pression b>omtrique1 n\s famili>ise avec l'ide de la connaissance de l'av5ir4 ,en effet1 si on arrte la c\rbe en un po9t quelconque1 on connat la direction qu'elle va suivre immdiatem5t au del de ce po9t4 ,cette direction se confond p5dant quelques in/ants avec celle de ce qu'on nomme la tang5te en ce po9t1 tang5te qui n\s e/ connue4 ,on peut donc dire que l'on sait quelle s]a la temprature ou la pression un peu au del du mom5t prs5t4 ,on a pu prdire quelques conditions de l'av5ir immdiat4 99 99 99 99 99 ,s'accommod]a-t-on de savoir l'av5ir8 ,oui4 ,c> n\s connaissons dj une circon/ance future de notre exi/5ce3 n\s avons la c]titude de notre mort4 ,et n\s n\s en accommodons4 99 99 99 99 99 ,les al*imi/es ont *]* la transmutation des corps1 c'e/--dire l'unit de la matire4 ,sans d\te cette notion devi5dra-t-elle une vrit sci5tifique4 ,de mme la lecture de la p5se1 qui n'e/ encore qu'une ress\rce de pre/idigitateur1 devi5dra1 elle aussi1 une sci5ce exacte4 ,a9si1 des empiriques1 guids p> un obscur in/9ct1 ont entrevu l'av5ir4 ,p\rquoi ne s\lv]ions-n\s pas d'autres pans du voile8 99 99 99 99 99 ,n\s devons lutt] contre une p>esse de notre esprit1 qui se refuse concevoir un autre tat de murs que l'tat actuel4 ,bi5 qu'un reg>d jet sur le pass suffise n\s conva9cre de la ralit d'une volution1 n\s avons pe9e admettre que cette volution se p\rsuivra4 ,c'e/ a9si que1 de trs bonne foi1 des g5s v\s cras5t s\s des =mules comme celle-ci3 ,il y aura t\j\rs des d\anes1 lorsqu'on s'ef=ce d'voqu] un temps o les nations tir]ai5t leurs ress\rces f9ancires d'un autre sy/me fiscal et supprim]ai5t a9si une *ance de gu]re4 99 99 99 99 99 ,nos desc5dants s]ai5t tonns de quelques traits de b>b>ie de notre poque1 comme n\s le sommes n\s-mmes p> l'hi/oire des s]fs qui battai5t l'eau des d\ves af9 d'apais] les gr5\illes et de protg] le sommeil du seigneur4 ,comme n\s le sommes p> ces rvlations sur la salet de la noblesse du gr& ,roy1 sur l'abs5ce de lieux d'aisances au *teau de ,v]sailles1 sur la misre des paysans rduits mang] de la t]re444 ,ils d\t]ont de l'exi/5ce d'une socit o l'ouvri] pe9ait de l'aube au soir p\r subsi/] t&is que le f9anci] gagnait des millions en signant un ordre4 ,d'une socit o c9q c5ts francs de fleurs dcorai5t le c\v]t d'un dn]1 t&is que des misreux s'alignai5t aux portes des cas]nes en att5dant une cuelle de s\pe4 ,ils refus]ont de croire que des gabel\s et des d\ani]s palpai5t les sacs ma91 tripotai5t les victuailles1 faisai5t ouvrir les malles1 violai5t les intimits du l+e1 et f\illai5t les p]sonnes mme jusque dans leurs plus secrets replis4 ,ils s]ont /upfaits de con/at] que la mmoire1 la seule mmoire1 donnait accs aux c>rires les plus re*]*es4 ,c>1 p\r dev5ir +nieur1 mdec91 pr(esseur1 avocat1 (fici]1 il fallait subir des exam5s qui tai5t uniquem5t des ex]cices de mmoire et qui ne t5ai5t nul compte du c>actre1 de l'intellig5ce1 ni du jugem5t4 ,et notre hygine1 dont le taudis re/e la t>e honteuse1 ne leur inspir]a qu'un dgt apitoy4 ,ne s]ont-ils pas bahis d'appr5dre que nos mnagres avai5t le droit--qu'elles ex]ai5t avec la gravit s]e9e du devoir--de v]s] sur la f\le mat9ale1 en m>*e v]s les ateli]s et les bureaux1 t\s les d*ets1 t\s les dtritus d'humanit1 t\tes les p\ssires1 t\tes les pellicules1 t\s les g]mes de mort1 cont5us dans les tapis1 les paillassons1 les plumeaux et les *iffons sec\s p> les f5tres8 ,puissions-n\s les tonn] comme nos anctres n\s tonn5t4 ,c> l'humanit aura donc fait un n\veau pas v]s le mieux4 99 99 99 99 99 ,les enfants se plais5t ce jeu des anticipations1 qui pr5n5t p\r eux des allures de contes de fes4 ,ils ador5t btir les palais de l'av5ir4 ,a9si leur esprit s'are et s'l>git4 ,ils se famili>is5t avec l'espace et le temps4 ,qu& je *]*ais devant mon fils1 t\t petit1 les progrs possibles de l'espce huma9e1 il me disait avec un gr& ge/e gnreux3 ,je te donne des sicles1 je te donne des sicles444 ,le prs5t vaut le pass4 ,*aque gnration se juge suprieure celle qui la suit4 ,c'e/ videmm5t une illusion1 dont on retr\ve la trace dans t\s les livres de t\s les temps4 ,a9si que le disait dj ,montesquieu1 si cette d*ance se m>quait a9si d'ge en ge1 n\s s]ions ret\rns au temps des cav]nes4 ,les hommes les plus intellig5ts criv5t ou s'cri5t3 ,ah6 de mon temps6444 ,t\t s'en va444 videmm5t1 ce que n\s regrettons dans le pass1 c'e/ notre jeunesse4 ,cette explication simpli/e devrait suffire n\s g>d] de ce trav]s4 ,mais il y a d'autres raisons cette s+ulire illusion4 ,a9si1 la plup>t des hommes mrs accus5t les jeunes de frocit4 ,c'e/ un des gr&s griefs de *aque gnration contre celle qui lui succde4 ,d'o vi5t cette accusation--videmm5t fausse1 c> si *aque gnration dpassait la prcd5te en frocit1 n\s s]ions en effet r$ev5us de vritables btes fauves8 ,elle vi5t surt\t d'une s+ulire facult d'oubli1 qui n\s fait p]dre le s\v5ir1 dans l'ge mr1 de ce que n\s avons t dans notre jeunesse4 ,un capita9e manque d'indulg5ce aux frasques d'un s\s-lieut5ant comme s'il ne se rappelait pas avoir commis des frasques de s\s-lieut5ant4 ,un pre met son fils int]ne comme s'il ne se rappelait pas ses propres s\ffrances d'int]ne4 ,et1 d'une faon plus gnrale1 ces manires cassantes et roides1 cet apptit +nu de p>v5ir1 enf9 t\s ces dfauts inhr5ts la jeunesse1 n\s ne n\s rappelons pas les avoir eus4 ,n\s les condamnons *ez ceux qui n\s suiv5t comme des signes n\veaux1 des m>ques de dgnresc5ce4 ,enf91 il faut aj\t] que notre propre jeunesse n\s app>at dans le lo9ta91 t\t empotise p> la mlancolie du regret4 ,le pass e/ un j>d9 dont n\s ne voyons plus que les fleurs4 99 99 99 99 99 ,il faut ragir1 mme de bonne heure1 contre notre trange p5*ant de dnigr] notre temps et de tr\v] le pass bi5 suprieur4 ,notre prs5t s]a le pass de l'av5ir4 ,ne l'oublions pas4 ,et ce mom5t-l1 on le tr\v]a admirable4 ,supposez qu'il y ait eu1 v]s l'an #afjj1 des j\rnaux *roniques4 ,j'en vois une1 inspire p> une inv5tion n\velle1 et qu'on dnigre1 naturellem5t4 ,o allons-n\s8 ,on vi5t de con/ruire des m\l9s eau6 ,comm5t dire l'horreur de ce btim5t qui s'accr\pit grossirem5t sur le ruisseau1 jambe de ci1 jambe de l1 qui le b>re et qui le bat8 ,c'en e/ f9i de la posie de la rivire qui s]p5tait librem5t trav]s les prairies4 ,o e/ le vieux m\l9 de nos pres1 qui t\rnait gaiem5t ses ailes dans le v5t8444 ,et son t\r1 le m\l9 eau e/ dev5u le vieux m\l9 potique4 ,c'e/ le temps qui embellit t\t4 99 99 99 99 99 ,il en e/ des *oses comme des actrices3 on ne les tr\ve belles que lorsqu'elles ne sont plus t\tes jeunes4 ,p\r que n\s app>aisse la beaut d'un objet n\veau1 il faut du temps4 ,qu& nos anctres sculptai5t des ca?drales1 ils n'en savai5t pas t\te la beaut4 ,il a fallu des sicles p\r dgag] leur svre spl5deur4 ,il a fallu l'ducation des yeux1 le cons5tem5t des gnrations4 ,a pe9e nos enfants comm5c5t-ils gt] la beaut d'une locomotive4 ,et n\s qui donnons notre admiration aux travaux roma9s1 n\s la refusons encore ces gr&s viaducs1 ces audacieuses et lgres d5telles d'aci] jetes en *>pe sur la gorge des montagnes4 99 99 99 99 99 ,soyons fi]s du prs5t4 ,quelle joie1 quel orgueil d'avoir assi/ l'closion de tant de dc\v]tes6 ,plaignons ceux que l'ori5tation de leur esprit a dt\rns de gt] ces spl5dides1 ces potiques dlices des gr&s horizons de sci5ce1 l'air et la m] pntrs1 l'univ]s dvoil1 la cellule viole1 l'atome gr&i1 la t]re rduite4 ,l'hritage du pass4 ,il s]ait p>faitem5t inju/e de croire qu'on rpudie t\t le pass p>ce qu'on aime la vie mod]ne4 ,on peut avoir t\t ensemble le culte du s\v5ir et de l'av5ir4 ,on peut tre pris des gr&es dc\v]tes sci5tifiques1 en s5tir l'ard5te posie1 et s'atta*] passionnm5t aux ve/iges m\vants ou gracieux des poques disp>ues4 ,n\s ne sommes pas les ennemis de t\t le pass4 ,n\s v\drions g>d] t\t ce qu'il eut d'aimable et n'abolir que ce qu'il eut de nuisible4 ,n\s v\drions n'accept] son hritage que s\s bnfice d'inv5taire1 le s\mettre l'exam54 ,il faut tri] le pass1 et non pas le tu]4 ,on peut tre remu jusqu'aux l>mes p> une antique maison1 un bibelot vnrable1 une c\tume t\*ante1 une vieille *anson1 se passionn] p\r les annales de sa famille1 p\r les lieux o elle a vcu1 tre rassur1 satisfait de s5tir au-dess\s de soi des rac9es pr(ondes1 sans p\r cela t\t admir] du pass1 aveuglm5t1 en bloc1 sans p\r cela respect] les sup]/itions1 les cruauts1 l'ignorance1 s\s c\leur qu'elles n\s ont t lgues p> les anctres6 ,p> exemple1 e/-il ri5 de plus *>mant1 de plus ju/ifi1 que le co/ume rgional8 ,il rsulte du climat4 ,il e/1 comme la flore1 le produit du sol et le reflet du ciel4 ,lo9 de le laiss] disp>atre1 ne devrait-on pas s'ef=c] de le ressuscit]8 ,n\s v\lons galem5t ram5] les belles ru9es la lumire du j\r1 clbr] a9si la dure dans ses plus nobles monum5ts4 ,n\s v\lons que surviv5t les t\*ants usages1 les vieilles ftes locales1 les jolies traditions4 ,n\s v\lons que refleurisse sans cesse cette guirl&e lgre qui c\rt au long des ges4 ,mais n\s ent5dons allg] la *ane pesante des prjugs qui n\s rive aux erreurs du pass4 99 99 99 99 99 ,c> ces prjugs1 ces traditions1 ces usages1 sont oppressifs4 ,t\s exig5t qu'on leur obisse1 et qu'on les suive4 ,il importe donc de les exam9] avant de les suivre et de ne leur obir que s'ils app>aiss5t dignes d'tre obis4 ,il faut rig\reusem5t leur dem&] leur orig9e1 leurs papi]s1 leur ju/ification4 ,ah6 c'e/ un jeu curieux1 que d'obs]v] a9si t\tes les c\tumes1 t\tes les conv5ances1 d'un reg>d neuf1 d'un esprit affran*i4 ,on en voit dont clate l'illogisme cruel4 ,a9si1 une socit qui exalte la repopulation et qui devrait p> consqu5t honor] la mat]nit s\s t\tes ses =mes1 crase s\s la honte la fille-mre4 ,ailleurs1 cet illogisme app>at surt\t grotesque4 ,voici un trait que j'en ai cit s\v5t4 ,un homme dc\vre la photo de sa femme enlace ple9s bras p> un galant4 ,altr de sang1 il fonce sur la c\pable1 qui reconnat en s\riant l'preuve3 c'e/ l'in/antan d'un t\r de valse1 dans une g>d5-p>ty4 ,aussitt le m>i s'cr\le4 ,il tuait le c\ple immobile4 ,il dem&e p>don au c\ple mobile4 ,s\s ce j\r cru1 t\t aspect de la vie devi5t un sujet d'tonnem5t4 ,s'agit-il d'un repas8 ,t\t fait "q4 ,p\rquoi les hommes ont-ils *oisi comme t5ue de gala prcism5t celle des dome/iques8 ,comm5t tolrons-n\s que des tres1 qui n\s sont semblables1 se ti5n5t deb\t d]rire n\s1 n\s prs5tant des plats1 n\s v]sant boire8 ,comm5t p\ssons-n\s l'inconsci5ce jusqu' p>l] devant eux comme s'ils n'exi/ai5t pas8 ,comm5t les femmes os5t-elles s'accro*] des bij\x un peu p>t\t1 p\r une c\rte j\issance d'o/5tation et de coquett]ie1 qu& *acun de ces gra9s de pi]re f]ait la =tune d'une humble famille1 qu& un rang de p]les reprs5te un colli] de bonheurs8 ,qui rgla l'ordre des prsances8 ,p\rquoi place-t-on trs haut c]ta9es pr(essions et en ti5t-on d'autres en petite e/ime8 ,quelles lois my/rieuses dressr5t la hir>*ie des mti]s8 ,on exalte le *irurgi51 on mprise un peu le d5ti/e4 ,p\rtant t\s deux ne font que cur] des p>ties diffr5tes de l'individu444 ,le spectacle de la rue n'e/ pas mo9s ri*e en surprises p\r peu qu'on se soit un in/ant dp\ill de ses prjugs1 qu'on l'exam9e avec un esprit t\t neuf1 mis nu4 ,on s'tonne alors que les passants s'treign5t les ma9s p\r m>qu] ou fe9dre de la sympa?ie1 qu'ils se dc\vr5t le crne p\r tmoign] de la dfr5ce4 ,les modes devi5n5t des motifs d'hil>it3 se p>] de la dp\ille des oiseaux ou des animaux f\rrure1 se comprim] la taille des organes vitaux1 t\r t\r s'anantir ou s'exagr] la poitr9e1 l'abdom5 et les han*es1 t\t app>at follem5t jovial4 ,les co/umes d'exception devi5n5t comiques4 ,on s'ap]oit que le mme bicorne coiffe la tte du gnral1 du g>on de recettes1 du polyte*nici5 et du g>di5 de muse4 ,p\rquoi le militaire et le g>on b\*] sont-ils seuls port] au ct l'in/rum5t de leur pr(ession1 l'un le sabre et l'autre la pi]re afft]8 ,on re/e /upfait de la vnration qui s'atta*e aux emblmes honorifiques4 ,p\rquoi des hommes inspir5t-ils plus de respect en s'enveloppant les jambes dans l'unique f\rreau d'une robe que dans les deux f\rreaux d'un pantalon8 ,passe-t-il un ent]rem5t8 ,/upeur n\velle4 ,bi5 qu'ils ai5t l'horreur et l'effroi de la mort1 les hommes la salu5t comme une amie et les femmes l'honor5t du mme signe que leur dieu4 ,t\s tolr5t1 bi5 qu'ils *]*5t l'c>t] de leur p5se1 qu'elle s'impose en spectacle1 conduite p> un co*] silh\ette de poli*9elle1 ent\re de dguiss macabres1 suivie d'une f\le o t\t *oque1 la d\leur vraie qui s'exhibe1 et l'indiffr5ce qui se masque mal4 ,a9si1 qu'on lise un j\rnal1 un livre1 ou qu'on obs]ve la vie de ce reg>d dp\ill1 nos murs ne cess5t pas de surpr5dre4 ,leurs lois app>aiss5t incohr5tes1 mettant ici de la honte sur une maladie1 l de la gloire sur le massacre1 p>fois aussi inju/e dans leurs pudeurs que dans leurs en?\siasmes1 dans leurs svrits que dans leurs indulg5ces1 dans le *oix de leurs victimes innoc5tes que dans celui de leurs hros malfaisants4 ,c'e/ p\rquoi un rig\reux exam5 s'impose1 devant l'amas des c\tumes1 norme bric--brac hrit d'un pass pro*e ou lo9ta91 o se ctoi5t l'excell5t et le pire1 le robu/e et le v]m\lu1 le grotesque et le *>mant4 ,autant il importe de cons]v]1 de consolid] les bons usages1 autant il e/ ju/e de travaill] dtruire les mauvais4 99 99 99 99 99 ,il en e/ des habitudes comme des traditions4 ,il ne faut leur obir qu'aprs les avoir exam9es4 ,elles s]v5t en n\s l'in/9ct du mo9dre ef=t4 ,ce sont des lignes de mo9dre rsi/ance que notre esprit suit volonti]s1 comme l'eau qui desc5d au flanc des valles suit les p5tes les plus rapides4 ,mais il y a deux sortes d'habitudes4 ,la bonne habitude1 c'e/ celle qui simplifie notre vie1 en n\s facilitant des actes ncessaires mais peu intressants4 ,a9si1 p\r t\s les ge/es de la toilette1 le rangem5t d'objets dont n\s usons p>eillem5t *aque j\r1 l'habitude e/ excell5te4 ,elle n\s disp5se de rfl*ir1 de *]*]1 elle n\s p>gne du temps1 dans des besognes qui ne sont vraim5t dignes ni de rflexion1 ni de re*]*es4 ,qui ne connat la mauvaise habitude1 l'ineffaable pli de l'esprit1 n de la rptition d'un acte que n\s ne p\vons plus n\s emp*] d'accomplir1 mme en n\s en reprs5tant le ridicule ou la nocivit8 ,il faut la bris] impitoyablem5t1 c> elle n\s enlve sans pr(it le contrle de n\s-mme et n\s ravale au rang de la brute4 99 99 99 99 99 ,si l'on rfl*issait avant d'agir444 ,la face du monde *ang]ait4 ,ri5 ne s]ait p]du1 mais t\t s]ait n\veau4 ,on condamne1 on excute1 au nom de l'usage1 sans voir plus lo94 ,ah6 videmm5t1 cette rgle e/ simple et commode4 ,ne ri5 discut]1 p\s] les ides reues1 respect] t\tes les traditions1 agir comme les autres1 s'habill] comme les autres1 p5s] comme les autres444 ,oui1 c'e/ une ligne de vie qu'on s]ait t5t de suivre4 ,d'autant qu'en dehors de cette voie1 on ttonne1 sans guide et s\s les c\ps4 ,mais c'e/ ju/em5t p>ce que cette morale e/ oppressive et cruelle1 impitoyable1 qu'on ne peut pas s'y s\mettre sans l*et4 ,et puis1 on ne peut plus la respect] ds qu'on l'exam9e4 99 99 99 99 99 ,en abordant les traditions et les usages avec circonspection1 en exam9ant la lumire de la raison cette floraison p\sse sur la c\*e du pass1 o le bon et le mauvais s'entreml5t1 n\s faisons acte de progrs4 ,c>1 en obissant t\tes les c\tumes1 p> simple esprit d'imitation1 p>ce que cela se fait1 p\r faire comme t\t le monde1 n\s n\s rappro*ons de la bte qui1 guide p> l'in/9ct1 accomplit t\j\rs la mme t*e avec les mmes ge/es1 sans y rfl*ir4 99 99 99 99 99 ,cet in/9ct d'imitation1 ce s\ci de faire comme les autres1 d'tre comme les autres1 sont t\t-puissants4 ,ils n'en sont pas plus respectables4 ,dans une assemble bi5 duque1 il f]ait beau voir que t\s les individus ne fuss5t pas habills de la mme faon6 ,avoir la mme t5ue que les autres444 mais c'e/ un beso9 pr(ond4 ,qu& un convive en r$+ote tombe1 dans un dn]1 p>mi des habits noirs1 p\rquoi son vtem5t lui pse-t-il c5t mille kilos sur les paules1 p\rquoi e/-il empoisonn au po9t de v\loir repr5dre la porte8 ,ce n'e/ pas p> vanit1 c> mme si son co/ume tait plus fa/ueux que les autres1 il pr\v]ait la mme gne4 ,ce qui l'oppresse1 c'e/ que ce co/ume soit diffr5t des autres4 ,c'e/ un in/9ct si viol5t qu'il en e/ agressif4 ,si quelqu'un se prom5ait dans la rue en violet1 c\leur discrte mais inacc\tume1 il irait s\s les rires et bi5tt s\s les hues4 ,p\rtant il ne nuirait p]sonne1 il ne *oqu]ait aucun s5tim5t vraim5t respectable4 ,mais il faut tre comme les autres et faire comme les autres4 ,n\s sommes encore des tres d'habitude1 comme ces insectes qui tu5t celui d'entre eux qui1 p\r une cause quelconque1 a cess de leur ressembl]4 ,n\s les imitons presque4 ,la f\le a h\spill1 frapp des malheureuses qui essayai5t de lanc] la ville la mode1 p\rtant discrte et commode1 de la jupe-culotte adopte bicyclette4 99 99 99 99 99 ,il y a aussi1 dans le respect des usages1 un gr& s\ci du qu'en dira-t-on1 s\ci qui n'e/ ni trs noble1 ni trs c\rageux4 ,il y a enf91 dans ce respect aveugle1 une gr&e p>esse morale4 ,balzac dit d'un de ses p]sonnages3 ,les in/itutions p5sai5t p\r lui4 ,le contrle et la critique des usages exig5t en effet un ef=t cont9u4 ,e/-ce dire qu'il faille s'en affran*ir a priori8 ,mille fois non4 ,encore une fois1 il y a des traditions excell5tes dans le legs du pass4 ,l'important e/ de les disc]n]4 99 99 99 99 99 ,c]tes1 on e/ sans cesse oblig de faire des concessions au milieu o l'on vit4 ,p\r re/] avec ses semblables1 il faut adopt] la plup>t de leurs conv5tions4 ,un homme qui la langue franaise dplairait s]ait oblig de la p>l] en ,france p\r se faire compr5dre4 ,il doit obir la loi1 aux autorits4 ,s'il refuse l'impt1 on le v5d4 ,s'il rsi/e un ag5t1 on l'empoigne4 ,s'il insi/e1 on l'esqu9te4 ,et il n'a mme pas la facult de se retir] dans une le sauvage1 c> les naturels le mettrai5t la bro*e1 s\s c\leur1 prcism5t1 qu'il n'a pas leurs c\tumes4 99 99 99 99 99 ,il y aurait d'ailleurs un grave dang] mpris] ouv]tem5t t\s les usages reu4 ,on ne peut pas-- mo9s d'tre un aptre--vivre hors du temps et du milieu o l'on e/ n4 ,a anticip] trop1 on s'amo9drit inutilem5t1 on se nuit4 ,et on a r>em5t le droit de se nuire4 ,il y a des concessions ncessaires4 ,ri5 n'tait plus /upide que le duel1 o l'(f5s p\vait se faire p]c] la peau p> un (f5seur plus habile ou plus heureux4 ,et cep5dant1 celui qui refusait le duel1 au nom de ses pr9cipes1 se dim9uait socialem5t1 puisque sa conviction p\vait tre prise p\r de la cra9te4 ,il en e/ de mme du m>i qui se sait tromp4 ,il peut1 intrieurem5t1 admettre cette situation2 mais1 face au monde1 il se ridiculise4 ,de l encore1 la ncessit de ca*] une liaison qui1 sans ls] p]sonne1 heurte les prjugs444 ,c>1 en l'affi*ant1 on risqu]ait de nuire cette union mme1 ceux qui l'ont contracte4 ,a9si il y a de durs compromis entre le beso9 d'adapt] ses actes ses doctr9es et l'impossibilit d'*app] son poque4 ,on n'agit pas t\j\rs comme on p5se4 ,mais on peut t\j\rs travaill] dtruire p\r les gnrations suivantes les prjugs dont on e/ contra9t de port] le j\g4 99 99 99 99 99 ,dans cette sorte de dfiance consci5te contre les prjugs et traditions1 on aura s\v5t lutt] contre le vieil homme1 c'e/--dire celui qui g>de en n\s t\s les in/9cts ataviques que n\s r\lons dans notre sang4 ,c'e/ l'ance/ral1 le b>b>e1 le fodal4 ,il a des rveils1 des lans1 et des impulsions rpr\vs p> l'homme de raison qui s'e/ peu peu dvelopp en n\s4 ,d'o des conflits frqu5ts444 ,il faut t]rass] le vieil homme4 99 99 99 99 99 ,n\s sommes comme ces insectes qui ont des ant5nes et un l\rd arrire-tra94 ,n\s avons des ant5nes qui tt5t l'av5ir et n\s sommes ret5us dans notre m>*e p> un arrire-tra9 l\rd des prjugs du pass4 99 99 99 99 99 levs dans l'esprit d'exam51 les enfants s'expos5t ce que1 plus t>d1 p>v5us l'ge adulte1 on les accuse de v\loir t\t dtruire4 ,il s]ait pr(ondm5t inju/e de confondre l'esprit critique et l'esprit de/ructeur4 ,il e/ bi5 ent5du qu'on ne peut enlev] une pi]re de l'difice des murs sans en t5ir une autre prte lui tre sub/itue4 ,t\te conv5ance dont on croit devoir s'affran*ir au nom de l'intellig5ce de la vie doit tre remplace p> une rgle meilleure4 99 99 99 99 99 ,s'il me semble ju/e et bon de s\mettre l'exam5 les traditions1 les conv5ances1 les prjugs1 les habitudes1 il ne s'ensuit pas qu'il faille faire fi de la rgle et de l'ordre4 ,ce sont des directrices ncessaires la vie de la socit comme celle de l'individu4 ,la m>*e de l'univ]s e/ l'exemple p>fait1 le *ef-d'uvre de l'ordre4 ,c'e/ une des consqu5ces de la loi d'quilibre qui t\t obx4 ,et la rgle facilite l'exi/5ce4 ,c'e/ un guide1 une rampe d'appui4 ,mais elle aussi1 il faut l'exam9] avant de la suivre4 ,elle peut tre caduque1 v]m\lue4 ,elle peut n\s entran] dans des dt\rs inutiles4 ,mettons donc de l'ordre dans notre vie1 mais un ordre cons5ti1 dont n\s aurons mis n\s-mmes les lois en h>monie avec le bon s5s et les exig5ces du milieu4 ,donnons-n\s des rgles1 mais des rgles vrifies1 que n\s aurons s\mises ce mme travail de mise au po9t4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,vie ,la vie en s\plesse4--,la vie e/ complexe4--,la vie e/ prcaire4--,l'inutile tri/esse4--,l'h>monie dans la vie4--,le plan du rel4 ,la vie en s\plesse4 ,le ,x,i,xe sicle fut le sicle de la vitesse4 ,t\s ses progrs sont des progrs de vitesse4 ,on voyage plus vite1 on correspond plus vite1 on portraitise plus vite4 ,locomotion1 tlgraphie1 photographie1 ce sont des progrs de vitesse4 ,on t5d p>t\t v]s l'in/antan4 ,je crois qu'aprs avoir progress en vitesse1 on progress]a en s\plesse4 ,j'ent5ds p> l que la vie1 aprs tre dev5ue plus rapide1 devi5dra plus pla/ique4 ,ce s]a--p\r qui a foi dans le progrs et p\r qui en voit les signes dans ces *angem5ts--la pro*a9e amlioration huma9e4 99 99 99 99 99 ,si l'on admet que l'enfant recomm5ce l'humanit1 en p>c\rt t\tes les tapes1 on s'ap]oit que n\s progressons en s\plesse4 ,en effet1 l'enfant manque d'abord de s\plesse4 ,p\r atte9dre un b1 il fait un m\vem5t dmesur1 il dploie une trop gr&e n]gie4 ,il comm5ce p> s'envoy] la cuill] dans l'il p\r atte9dre sa b\*e4 ,c'e/ peu peu qu'il calcule son ge/e et son ef=t p\r obt5ir le rsultat avec la mo9dre dp5se1 une s\ple facilit4 ,il en e/ de mme dans le db d'un ex]cice physique1 tel que l'escrime4 ,d'abord1 on se roidit1 on se fatigue4 ,et c'e/ peu peu qu'on gagne en h>monieuse s\plesse ce qu'on p>gne en =ce maladroite4 ,en ces matires1 l'ducation t5d donc dvelopp] le mo9dre ef=t p\r atte9dre le b4 ,a9si1 le ruisseau1 p\r desc5dre de la montagne la pla9e1 se trace le *em9 le plus c\rt4 ,a9si le c\rant lectrique suit la ligne de mo9dre rsi/ance4 ,mais il ne faut pas considr] cette re*]*e du mo9dre ef=t comme un enc\ragem5t la p>esse6 ,lo9 de l4 ,il s'agit du mo9dre ef=t p\r un rsultat dt]m94 ,il s'agit de la meilleure utilisation1 du meilleur r5dem5t4 ,c'e/ encore le triomphe de l'lgance et de la s\plesse4 99 99 99 99 99 ,un symptme--qui e/ en mme temps un symbole--de cette t5dance l'ass\plissem5t de la vie3 le tra9 tait oblig de suivre sa voie2 puis l'auto s'affran*it du rail et peut1 la mme vitesse1 suivre son caprice au long des r\tes2 enf9 l'aroplane s'vade de la t]re mme1 il a t\t l'espace p\r sa fantaisie4 99 99 99 99 99 ,l'ide de s\plesse s'appliqu]a aux usages trop rigides1 ceux qu'on suit uniquem5t p>ce que cela se fait4 ,on les bris]a1 dans le s5s o l'on brise une *aussure trop troite p\r l'ass\plir et l'adapt] son pi$4 ,elle s'appliqu]a aux habitudes qui1 si elles n\s aid5t p>fois1 s\v5t n\s ankylos5t4 ,elle s'appliqu]a aux rgles de la vie usuelle1 qui ont s\v5t quelque *ose d'automatique1 d'inutilem5t dur4 ,p> exemple1 on se dplac]a v]s des villgiatures1 non pas une seule fois p> an comme on en avait c\tume au temps des voyages difficiles1 mais plusieurs fois1 selon les loisirs1 selon la c\leur du ciel1 selon les opportunits4 ,et dj cette t5dance se dess9e4 ,on s'*appe de la ville div]ses vacances4 ,on va et on vi5t4 ,on t5d les congs des enfants1 sans nuire leurs tudes4 ,il y a plus d'aisance dans le jeu de la vie4 99 99 99 99 99 ,il faut ass\plir les rgles de la vie mnagre4 ,elles sont trop rigides4 ,a9si1 qu& elle fait une *ambre1 la s]vante ouvre la f5tre aussi l>gem5t t\s les j\rs4 ,il faudrait nuanc]1 ouvrir plus ou mo9s selon que le temps e/ humide ou sec1 que le v5t e/ plus ou mo9s viol5t4 ,dj1 p\r le vtem5t mascul91 n\s avons suivi cette loi de l'ass\plissem5t4 ,ce n'e/ plus la ga9e troite1 l'armure rigide qui s'imposai5t nos anctres4 ,ais1 flottant1 il se plie1 s'adapte notre =me1 sur mesure4 ,p\rquoi ne pas suivre cette t5dance dans t\tes les directions de la vie pratique8 99 99 99 99 99 ,il faut aussi compos] avec soi-mme1 ne pas s'impos] inutilem5t une roide discipl9e1 mais au contraire tir] de soi1 de son organisme1 le meilleur pr(it4 ,a9si1 a-t-on sommeil le mat98 ,e/-on1 comme on dit1 du soir8 ,il ne faut pas lutt]1 et s\ffrir va9em5t t\te sa vie4 ,il faut transport] au soir la besogne qu'on aurait v\lu faire le mat94 ,il faut adapt] au mieux son labeur aux beso9s de son tre physique4 99 99 99 99 99 ,a9si1 dans les bureaux1 les ateli]s1 ne devrait-on pas essay]1 mme avec des grossires approximations1 de se guid] sur le soleil1 p\r comm5c] le travail#a4 #a crit en #aiac4 ,de l'hiv] l't1 il y a quatre heures de diffr5ce1 quant au lev] du soleil4 ,on devrait comm5c] la j\rne beauc\p plus t>d en hiv]1 beauc\p plus tt en t1 af9 de travaill] mo9s la lumire artificielle et de mieux pr(it] du j\r4 ,salaires1 emploi du temps1 p\rrai5t tre modifis de faon que ni la production ni les ga9s ne soi5t1 au total1 tr\bls p> ces *angem5ts saisonni]s4 ,il faut ass\plir la vie1 la dure vie4 99 99 99 99 99 ,la vie matrielle1 la vie des c\tumes1 devi5dront donc plus s\ples4 ,et aussi la vie morale4 ,l'indulg5ce1 c'e/ la s\plesse de l'esprit4 ,n\s adapt]ons nos jugem5ts aux tres1 aux circon/ances4 ,oui1 il faut des rgles1 mais non pas des rgles rigides4 ,il faut des rgles s\ples1 qui s'appliqu5t notre silh\ette4 ,n\s avions un dur talon1 le mtre de plat9e1 qui ne se c\rbe pas4 ,au mtre droit1 sub/ituons le mtre-ruban4 ,la vie e/ complexe4 ,re*]*ons t\te action des causes multiples4 ,c]tes1 un de ces mobiles e/ s\v5t prdom9ant4 ,c'e/ en gnral le seul que n\s ap]cevions4 ,n\s aurions gr& tort de nglig] les autres4 ,d'autant que n\s risqu]ions d'en mconnatre de =t importants4 ,en effet1 t\tes les =ces qui n\s sollicit5t sont comme autant de poids que n\s jetons dans la balance de notre jugem5t4 ,or1 n'e/-ce pas s\v5t un t\t petit poids1 aj\t au d]ni] mom5t1 qui dcide du s5s o vont incl9] les plateaux8 ,a9si l'ide d'unit s'oppose et nuit l'ide de complexit4 ,que de mal5t5dus naiss5t de ce f*eux concept d'une cause unique1 qui n\s masque les autres6 ,c'e/ un excell5t ex]cice que de suivre a9si le jeu de nos dcisions1 d'en analys] t\s les lm5ts4 ,cet entranem5t n\s r5d plus habiles et plus prompts n\s dt]m9]4 ,puis1 bi5 pntrs p> notre propre exemple de la complexit des causes1 n\s pntr]ons1 p>fois mieux qu'eux-mmes1 les raisons des autres4 ,cette comprh5sion n\s assure un gr& avantage dans t\s nos rapports avec notre pro*a91 qu'il s'agisse de p]suad]1 de va9cre ou de p>donn]4 99 99 99 99 99 ,un exemple de la complexit de la mo9dre s5sation3 celle du *aud1 du froid4 ,n\s croyons qu'elle e/ enregi/re p> le !rmomtre1 p> l'unique !rmomtre4 ,c'e/ inexact4 ,il y a des j\rs o le !rmomtre e/ trs bas et o n\s avons *aud et rciproquem5t4 ,p\r recueillir t\tes les coordonnes1 t\s les lm5ts de notre impression1 il faudrait en mme temps employ] le b>omtre qui mesure la pression1 l'hygromtre qui mesure l'humidit1 l'anmomtre qui mesure la =ce du v5t1 le radiomtre qui mesure celle du soleil4 ,peut-tre d'autres1 qui mesur]ai5t la t5sion lectrique444 ,ri5 n'e/ simple4 99 99 99 99 99 ,n\s appelons s\v5t m5songe une des faces de la vrit1 une de celles qui ne n\s app>aiss5t pas4 ,plis concevoir l'unit du vrai1 n\s accusons de fausset t\t ce qui n'e/ po9t cette c\leur unique du vrai4 99 99 99 99 99 ,la vrit e/ si div]se qu'on peut en pe9dre deux aspects opposs1 galem5t exacts et s9cres4 ,cela dp5d du po9t de vue o l'on s'e/ plac4 ,il e/ plus ju/e encore de reprs5t] la vrit comme une matire pla/ique1 analogue la glaise1 que *acun ptrit son empre9te4 ,les avocats exploit5t prcism5t cette pla/icit des faits4 ,ils s'ef=c5t de leur donn] une figure favorable la cause qu'ils df5d5t4 ,ce n'e/ pas de l'artifice4 ,c'e/ de l'art4 99 99 99 99 99 ,l'ide d'unit fait qu'on s'tonne de voir un mme tre se prs5t] s\s des aspects diffr5ts4 ,on l'accuse de manqu] de s9crit4 ,mais n\s ne n\s tonnons p\rtant pas qu'un mme arbre soit1 l'hiv] et l't1 nu ou c\v]t de feuilles4 ,l'app>5ce *ange4 ,l'armature re/e4 99 99 99 99 99 ,habituons-n\s la div]sit d'un mme tre1 avant qu'il soit dim9u nos yeux du fait d'tre div]s4 ,tel homme aime une femme et en p>le lgrem5t4 ,p\rtant1 il e/ s9cre1 t\r t\r1 dans la t5dresse et l'ironie4 ,un ami ne n\s trahit pas p>ce qu'il mdit un tant9et de n\s4 ,ce sont des tats diffr5ts4 ,voil t\t4 ,v\s prote/ez8 ,v\s v\s cabrez8 ,mais v\s-mme1 v\s savez bi5 que v\s avez t dans ces tats diffr5ts1 sans cess] d'tre v\s-mme4 ,exam9ez-v\s4 ,n'avez-v\s pas t t\r t\r t5dre et dur1 cruel et bon1 s5sible et sec8 ,cette div]sit de l'tre app>at dans les tmoignages en ju/ice4 ,l'un dit d'un accus3 il tait d\x4 ,un autre3 il tait viol5t4 ,un troisime3 il tait franc4 ,un autre encore3 il tait f\rbe4 ,tmo9s *>ge1 tmo9s d*>ge tr\v5t dans sa vie des traits opposs et qui peuv5t tre t\s vrais4 ,c> n\s sommes div]s4 ,cela dr\te notre c\tume de p5s] selon l'unit1 de jug] les hommes comme s'ils tai5t des /atues1 d'une seule matire1 t\t en bronze1 t\t en m>bre4 ,et n\s ne sommes qu'une mosaque4 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue de la div]sit de l'tre1 n\s p\vons con/at] sur n\s-mme1 dans le dtail de la vie1 des manife/ations d'un in/9ct et d'un contre-in/9ct correspondant4 ,exemple3 n\s sommes sociables1 puisque la solitude n\s e/ mortelle1 a9si que le pr\ve le rgime cellulaire4 ,et n\s s\haitons f>\*em5t d'tre seul en wagon4 ,de mme1 l'homme a c]ta9em5t le gt et le beso9 d'une compagne4 ,p> l1 il e/ monogame4 ,et en mme temps il aspire la polygamie4 ,ces contradictions sont innombrables4 ,en sa div]sit1 la crature app>at contradictoire4 ,*acun de n\s e/ un livre dont les feuillets ne se rpt5t pas4 ,n\s-mme1 n\s n'en savons pas d*iffr] t\tes les pages4 ,et n\s ne savons mme pas d'o vi5t le s\ffle qui les fait t\rn]4 99 99 99 99 99 ,dans l'amas des usages1 il en e/ de bons et de mauvais4 ,eux aussi sont div]s4 ,mais notre esprit1 pli l'unit1 accepte t\t4 ,la cra9te et la p>esse aidant1 il refuse de procd] l'inv5taire1 de cons]v] les uns et de dtruire les autres4 ,on ne dplor]a jamais assez cet esprit d'unit4 ,t\t e/ compos1 t\t e/ complexe4 99 99 99 99 99 ,cette ide de div]sit doit s'appliqu] aussi la multitude1 aux tres considrs les uns p> rapport aux autres4 ,il y a longtemps qu'on a rem>qu que les empre9tes digitales diffr5t d'un individu l'autre4 ,il faut transport] cette notion dans le doma9e moral4 ,t\s les individus sont aussi diffr5ts les uns des autres que leur empre9te digitale4 ,la premire consqu5ce1 c'e/ qu'il ne faut pas jug] un autre d'aprs soi4 ,en lui prtant nos propres mobiles1 n\s risqu]ions =t de n\s tromp]4 ,d'autant que lui-mme1 tombant dans le mme trav]s1 n\s prte les si5s4 ,c'e/ la s\rce d'innombrables mal5t5dus4 ,une autre consqu5ce de cette div]sit1 c'e/ de faire app>atre le dfaut de la ,loi1 telle que n\s l'ont lgue les civilisations antiques4 ,pntre de l'esprit d'unit1 elle ent5d s'appliqu] t\s les hommes1 les jug] comme s'ils tai5t id5tiques4 ,les s\mettant au mme gab>it1 elle opprime trop les uns1 p>gne trop les autres4 ,l'ide de div]sit et l'ide de s\plesse1 dom9es elles-mmes p> la notion du dt]m9isme1 prsid]ont sans d\te la refonte des ,codes4 ,la vie e/ prcaire4 ,deux conceptions de la vie sont en prs5ce4 ,la premire e/ fonde sur la c]titude de vivre trs vieux4 ,celui qui l'adopte dira p> exemple3 ,dans dix ans1 je f]ai cela1 quitte s'vapor] dans dix j\rs4 ,elle a p\r pr9cipal inconvni5t de sacrifi] les plus belles annes de la vie la prp>ation de la vieillesse1 de *oisir une situation mdiocre1 o l'on rogne sur le sup]flu1 sur le ncessaire1 p5dant sa jeunesse et sa maturit1 p\r avoir droit cette retraite laquelle on ne p>vi5dra peut-tre pas444 ,la seconde conception consi/e pr5dre consci5ce de la prc>it de l'av5ir1 de la fragilit de la vie1 de l'imprvu du l5dema94 ,c'e/ elle que va ma prfr5ce4 ,je la crois plus huma9e4 ,la premire ressemble trop la srnit animale4 ,on m'a s\v5t oppos que le s5s de la prc>it de l'av5ir dc\rageait l'ef=t4 ,c'e/ une erreur4 ,n'ayant pas la c]titude bate d'une longue vie1 on n'en e/ que plus press d'ab\tir1 de ralis] sa t*e1 de crer l'uvre qu'on veut laiss] aprs soi4 ,c'e/ un /imulant1 non pas un ane/hsiant4 ,et1 au po9t de vue spcial de la retraite1 de l'p>gne rs]v] p\r la vieillesse1 cette ide de la fragilit de la vie n'entrane pas une frivole ins\ciance de l'av5ir1 un gaspillage au j\r le j\r4 ,non4 ,elle re/re9t simplem5t la "p norme que l'on sacrifie cette retraite dans la socit actuelle1 "p dmesure1 puisqu'on voit des milli]s de g5s *oisir le mti] de fonctionnaire1 tre malheureux t\te leur vie1 p\r cette fameuse retraite dont ils ne d\t5t pas de j\ir1 et dont beauc\p ne j\iront pas4 99 99 99 99 99 ,j'ai ent5du des g5s qui1 se plaignant de leurs occupations1 s\pirai5t3 ,on oublie de vivre444 ,et c'e/ vrai4 ,ne conoit-on pas une exi/5ce plus s\ple1 plus intellig5te1 o l'on ait le temps de vivre8 ,p> exemple1 ne p\rrait-on pas avoir la sagesse de se retir] plus tt1 en ple9e =ce1 au risque de n'avoir pas autant d'aisance8 ,a quoi bon tant de ri*esse1 si on meurt avant d'en pr(it]8 99 99 99 99 99 ,des comm]ants1 des indu/riels1 des gr&s cultivateurs1 hsit5t s\v5t saisir l'occasion unique d'un voyage qui maill]ait leur vie d'un r>e s\v5ir4 ,ils obiss5t plus la r\t9e qu'au zle4 ,qu'ils tomb5t gravem5t malades1 ou qu'ils se cass5t une jambe1 ils f]ont a9si la preuve qu'ils ont pu ab&onn] p\r un temps leurs affaires sans qu'elles en s\ffr5t srieusem5t4 99 99 99 99 99 ,p\r ragir contre cette foi in/9ctive dans la scurit de l'av5ir1 p\r laiss] la place du has>d1 il exi/e un moy5 qui1 si puril qu'il p>aisse1 n'en e/ pas mo9s efficace4 ,a propos d'un voyage pro*a91 on dit1 on crit1 avec une l\rde c]titude3 ,je p>tirai tel j\r444 j'arriv]ai tel j\r444 je pr5drai le tra9 de telle heure444 crivez ou dites plutt3 ,je compte p>tir444 je me propose d'arriv]444 j'ai l'int5tion de pr5dre tel tra9444 ,on e/ contra9t de p5s] les mots qu'on prononce4 ,p> ce simple artifice1 on pr5d le s5s de la prc>it de la vie1 on fait la "p du de/91 on s'incl9e lgrem5t devant le dieu inconnu4 99 99 99 99 99 ,notre vie s]a c\rte ou longue1 n\s ne le savons pas d'avance4 ,l'important1 c'e/ qu'elle soit t\j\rs ple9e et brillante4 ,n\s s\fflons *acun notre bulle de savon4 ,n\s ne savons pas qu& elle clat]a4 ,peut-tre s]a-t-elle encore petite ce mom5t-l4 ,peut-tre s]a-t-elle dev5ue gr&e4 ,mais l'important1 c'e/ qu'elle soit emplie d'un s\ffle sa91 et qu'elle s'irise444 ,l'inutile tri/esse4 ,que d'exemples on p\rrait donn] du f*eux p5*ant qui n\s incl9e ne voir que le mauvais ct de la vie6 ,j'en ai dj cit4 ,vieux re/es sans d\te des t]reurs ance/rales1 du temps o l'homme ds>m tremblait devant les mon/res et peuplait la nature de fantmes et de div9its froces4 ,a9si le paysan se pla9t sans cesse du mauvais temps4 ,il con/ate bi5 plus r>em5t le beau temps4 ,d'une faon plus gnrale1 on con/ate plus volonti]s le mal que le bi54 ,les j\rnaux sont le plus frappant exemple de cette t5dance4 ,ils sont tri/es4 ,ils n'enregi/r5t que le crime et l'accid5t4 ,ils ne donn5t pas un reflet exact de la vie4 ,cela ragit c]ta9em5t sur la m5talit du pays4 ,c> n\s sommes des imitateurs-ns4 ,p\rquoi1 dans ces quotidi5s1 ne pas donn] aux vnem5ts heureux1 gais1 curieux1 une place analogue celle qu'ils ti5n5t dans la vie ct des vnem5ts dramatiques8 ,faut-il vraim5t du sang p\r excit] l'intrt8 ,plus t>d1 en feuilletant nos j\rnaux1 on s'tonn]a de voir que neuf portraits sur dix reprs5tai5t des assass9s4 99 99 99 99 99 ,p\rquoi1 lorsqu'on a comm5c de btir des g>es1 des cas]nes1 des hpitaux1 des lyces1 a-t-on fait tri/e8 ,p\rquoi n'avoir pas fait riant8 ,il n'en et gure cot davantage4 ,je sais deux g>es *>mantes4 ,l'une1 o le po/e d'aiguillage e/ pavois de roses4 ,l'autre1 o la vigne ent\re les pili]s de la m>quise et fait son fronton une frise admirable4 ,l'exemple e/ suivre4 ,les seuls tablissem5ts publics qui soi5t gracieux1 n'tai5t pas de/9s leur emploi actuel3 les m9i/res1 in/alls dans des palais dsaffects4 ,et encore1 bi5 vite1 l'esprit adm9i/ratif a su les enlaidir1 gr& r5=t de banquettes1 de cloisons1 de tapis v]ts1 ta*es d'encre et g>ons de bureau4 99 99 99 99 99 ,ouvrez un dictionnaire de synonymes4 ,les mots tri/es ont beauc\p plus d'quival5ts que les mots gais4 ,autre preuve du tri/e p5*ant qu'on p\rrait r$ress]3 ,la plup>t des prsages annonc5t un vnem5t f*eux3 le sel rp&u1 les c\v]ts croiss1 treize table1 la glace brise1 etc4 ,il n'y en a qu'un qui soit optimi/e4 ,araigne du soir1 espoir4 ,encore semble-t-il avoir t =g p\r faire p5dant 3 ,araigne du mat91 *agr94 ,en somme1 il y a peu de prsages de bonheur4 99 99 99 99 99 ,n\s avons un mot qui signifie3 dire de quelqu'un du mal inju/ifi4 ,c'e/ mdire4 ,mais n\s n'avons pas de mot qui signifie3 dire de quelqu'un du bi5 inju/ifi4 99 99 99 99 99 ,une preuve encore que n\s incl9ons v]s la tri/esse3 la plup>t de nos rves sont tri/es4 ,ce sont des cau*em>s4 ,notre esprit1 libre1 sans brides1 lanc dans le *amp inf9i des imag9ations1 se repat de malheurs4 99 99 99 99 99 ,n\s sommes encore si peu acc\tums au bonheur que n\s ne v\lons pas y croire4 ,la n\velle d'une gr&e joie n\s laisse d'abord incrdules3 ,non8 ,ce n'e/ pas possible8 ,ce n'e/ pas vrai444 ,le premi] cri d'allgresse1 c'e/ un cri de d\te4 ,l'h>monie dans la vie4 ,n\s ne savons pas mettre d'h>monie1 d'quilibre1 entre nos dp5ses--ou nos p>gnes--et leurs effets4 ,n\s ne rglons pas nos ef=ts sur leurs rsultats4 ,n\s obissons encore des in/9cts que n\s ne s\mettons pas la raison4 ,a9si1 p\r conomis] le prix d'une voiture1 une b\rgeoise en t5ue de gala risqu]a1 un soir de pluie1 de p]dre sa robe1 ou mme sa vie1 si la bron*ite s'ensuit4 ,et l'exemple du tlgramme8 ,on s'v]tue p>l] petit ngre1 on compromet la cl>t du texte--au risque d'tre incompris1 de p]dre t\t le bnfice d'une affaire1 quelquefois des milli]s de francs--p\r conomis] un mot1 un s\6 99 99 99 99 99 ,dans une maison o l'arg5t c\le flot1 et presque sans contrle1 on f]a la t\te petite conomie d'un blan*issage et l'on assira son convive devant une nappe macule d'une ta*e d\teuse et gnante444 99 99 99 99 99 ,on voit une femme de condition moy5ne pass] des heures ravaud] une paire de *aussettes4 ,elle passe1 cette besogne +rate1 un temps dmesur4 ,c> elle essaie de re/aur]1 de ressuscit] cette ru9e qui n'e/ plus que reprises4 ,et elle ne rfl*it pas au prix m9ime de cet article4 ,je crois donc qu'il faudrait mettre les jeunes filles en g>de contre cette t5dance1 leur appr5dre l'usage h>monieux de leur temps et de leurs occupations4 99 99 99 99 99 ,on peut cit] encore1 comme exemple de dp5se dmesure d'n]gie1 celui de l'homme qui--sans raison capitale--veut attrap] le tramway444 ,il c\rt1 s'accro*e1 se cramponne1 flotte en drapeau au flanc de la voiture4 ,enf9 il se hisse4 ,il a risqu de se faire tu] ou t\t au mo9s de se faire broy] les jambes4 ,et t\t cela p\r gagn] deux m9utes6 ,n'y a-t-il pas disproportion entre le risque et le rsultat8444 ,ah6 si1 en des occasions capitales de sa vie1 qui le laiss5t au contraire indol5t et m\1 il dveloppait cette sauvage ardeur6 ,le plan du rel4 ,n\s ne manquons pas d'pr\v] une dception *aque fois que n\s appr5ons une dfaillance de notre pro*a94 ,a la faveur d'un sc&ale1 ouvre-t-on l'armoire secrte d'une famille1 y dc\vre-t-on fatalem5t quelque l+e sale8 ,n\s rvle-t-on dans notre ent\rage quelque faiblesse1 quelque turpitude8 ,n\s en ress5tons *aque fois une surprise due4 ,quelque *ose en n\s se dcro*e1 automatiquem5t4 ,n\s n'appr5ons la vie qu' c\ps d'tonnem5ts attri/s4 ,p\rquoi8 ,surt\t p>ce que notre ducation n\s a pe9t un monde p>fait4 ,les livres qui compos5t la biblio?que enfant9e ne connaiss5t pas les fl*issem5ts s\da9s de la crature4 ,les p]sonnages n'en sont po9t huma9s4 ,ce sont de pures m>ionnettes qui s'agit5t au-dessus de la vie4 ,puis1 au foy]1 les p>5ts--ces modles immdiats--app>aiss5t impeccables1 dans une sorte de surhumanit4 ,le b&eau du respect ca*e aux petits les fautes des gr&s4 ,bref1 n\s ne t5tons ri5 p\r a*em9] prudemm5t l'enfant v]s l'huma9e vrit4 ,qu'arrive-t-il8 ,qu'il place les tres dans une atmosphre idale1 sur un plan trop lev4 ,p\r les ram5] au plan du rel1 il doit les faire desc5dre4 ,*aque fois1 c'e/ la *ute d'un ange4 ,enf91 n\s portons peut-tre en n\s l'image d'un monde suprieur4 ,elle illu/r]ait notre espoir qu'il se ralise4 ,elle s]ait une anticipation4 ,le s5tim5t du div91 qui s'agite au fond des mes1 n'e/ peut-tre lui-mme que l'aspiration v]s ces temps meilleurs1 la presci5ce de l'homme futur4 ,dieu1 c'e/ une prvision444 99 99 99 99 99 ,ah6 p\rquoi a-t-on cultiv en n\s cette notion d'une humanit ds ma9t5ant p>faite8 ,p\rquoi1 aux yeux de l'enfant1 a-t-on plac les individus sur un plan suprieur au rel8 ,acqurir de l'expri5ce1 c'e/ p]dre ensuite ces illusions dont on prit so9 de n\s n\rrir4 ,n\s employons notre exi/5ce dp\ill]1 de ds5*antem5t en ds5*antem5t1 cette +nuit t5ace4 ,ce doit tre une des causes de la tri/esse de la vie4 ,si on n\s avait peu peu dvoil la faiblesse et la misre pitoyables de la crature1 n\s ne s5tirions pas cette cont9uelle *ute des feuilles dans notre cur4 ,n\s n'pr\v]ions pas1 p> exemple1 un inutile d*irem5t dc\vrir que nos p>5ts eur5t des trav]s et des dfaillances1 comme les autres4 ,cela n\s p>atrait naturel4 ,erreur nfa/e1 de n\s avoir fait vivre d'abord dans un monde si haut1 qu'ensuite la ralit n\s app>aisse t\j\rs basse4 ,en clbrant p]dm5t dans nos pomes et dans nos romans l'hale9e p>fume de t\tes les amantes1 n\s avons mis dans *aque bais] une dception4 99 99 99 99 99 ,mais1 en montrant aux enfants la vie telle qu'elle e/1 v\s allez en faire d'affreux petits sceptiques1 des pessimi/es froces et recroquevills6 ,telle e/ l'objection qui se dresse contre cette vue4 ,elle ne me p>at pas fonde4 ,l'ducation au foy] p]met le tact1 la mesure1 la prud5ce1 l'art pati5t des prp>ations4 ,p> elle1 l'adolesc5t ne s]a-t-il pas mieux initi aux ralits que p> le *oc brutal de ces ralits mmes8 ,et puis1 t\t pr5dre1 si l'exi/5ce doit lui rs]v] des tonnem5ts1 ne doit-on pas prfr]1 la tri/e surprise des dsillusions1 la surprise heureuse de dc\vrir ce qu'il y a--malgr t\t--de joli1 d'lgant dans la vie8 99 99 99 99 99 ,il y a peut-tre de l'gsme aussi *ez les p>5ts qui veul5t g>d] leurs enfants t\te la fleur de l'ignorance p\r s'en donn] l'agrable spectacle4 ,a9si1 je ne suis pas bi5 sr que ,nol soit une si *>mante fiction4 ,e/-ce bi5 p\r la joie des enfants que n\s la cons]vons8 ,n'e/-ce pas p\r le plaisir que n\s donne la vue de leur fra*e surprise8 ,qui donc a mis en balance l'allgresse de l'enfant le soir de ,nol1 avec sa secrte dception le j\r o il appr5d qu'il n'y a pas de ,nol8 99 99 99 99 99 ,il n'y a gure de collaborateurs1 mme de ceux dont n\s associons1 dont n\s s\dons les noms1 comme ,erckmann-,*atrian1 qui ne se soi5t1 un mom5t de leur vie1 br\ills et combattus4 ,*aque fois que n\s appr5ons une de ces ha9es intimes1 c'e/ en n\s une dception1 un dcro*em5t d'illusion4 ,p\rquoi8 ,p>ce que n\s portons en n\s1 p> hrdit1 p> ducation1 peut-tre p> in/9ct du futur1 cette notion des affections frat]nelles1 p>faites1 immuables4 ,la vie se *>ge de la dtruire4 ,si n\s n'avions pas cette ide prconue1 et cultive en n\s1 t\te union de ce g5re s]ait nos yeux l'heureuse surprise4 99 99 99 99 99 ,s'il tait bi5 ent5du1 bi5 admis1 que la discrtion huma9e e/ t\j\rs relative1 qu'elle n'e/ jamais absolum5t tan*e1 imp]mable1 on n'aurait pas de dception *aque fois qu'on appr5d une indiscrtion4 ,et1 de plus1 on ne confi]ait p]sonne ce qu'on ne veut absolum5t pas divulgu]4 99 99 99 99 99 ,physiquem5t1 on n'e/ pas t\j\rs en beaut2 qu& on bille1 on e/ laid4 ,eh bi51 de mme1 on ne peut pas t\j\rs tre beau moralem5t4 ,on a ses mom5ts d'ab&on1 ses billem5ts4 ,pr5ons-en bravem5t notre p>ti4 ,et ne soyons pas du de ces fl*issem5ts de notre pro*a94 99 99 99 99 99 ,qu& n\s passons la ralisation de nos projets1 il se produit t\j\rs une sorte de retrait analogue celui du mtal qu& il se refroidit dans son m\le4 ,n\s p\rrions1 sans v]s] dans le pessimisme ni le scepticisme1 n\s vit] ces dsillusions4 ,n\s p\rrions prvoir ce retrait1 comme on prvoit celui du mtal4 ,,*apitre ,,iv ,,vues ,,morales ,les ma9s propres4--,le dt]m9isme4--,la loi d'quilibre4--,le contrle4--,la brav\re4--,la mort4--,la religion4 ,les ma9s propres4 ,de longs sicles n\s ont donn le gt de n\s lav]4 ,ce gt e/ dev5u presque un in/9ct1 une ncessit4 ,n\s s\ffrons de ne pas n\s s5tir nets1 physiquem5t1 et non seulem5t sur les p>ties visibles de n\s-mmes1 mais sur notre corps t\t enti]4 ,ce gt de la propret se rp&4 ,il pntre dans des classes de plus en plus mode/es et de plus en plus nombreuses4 ,il desc5d la pyramide sociale4 ,c> on peut s'imag9] la socit comme une pyramide3 au sommet1 le t\t petit gr\pe des privilgis2 puis des c\*es qui vont en s'l>gissant au fur et mesure qu'on s'loigne plus de la ri*esse et du p\voir4 ,eh bi51 si la propret e/ dev5ue un in/9ct1 comm5t affirm] que la probit n'en devi5dra pas un galem5t1 p> un travail analogue8 ,n\s n'tions pas plus contra9ts d'tre propres que n\s ne le sommes d'tre honntes4 ,p\r qui tablit une cont9uit absolue entre l'tre physique et l'tre moral1 les deux beso9s se confond5t4 ,on pr\ve la mme satisfaction et on retire le mme avantage tre propre physiquem5t et tre propre moralem5t4 ,les ta*es gn5t autant sur la consci5ce et sur les ma9s4 ,d'ailleurs1 t\tes les notions n\velles sur la solid>it1 sur l'int]dp5dance des tres1 sur la mutuelle rp]cussion de leurs actes1 t5d5t dmontr] qu'on a encore plus d'intrt tre probe qu' tre propre4 99 99 99 99 99 ,l'argot1 qui labore la langue de dema91 avait prvu cette fusion du physique et du moral1 cette troite analogie de la probit et de la propret4 ,p\r une mauvaise action1 un acte vil1 il dit3 une salet1 une crasse4 99 99 99 99 99 ,qu& on n'tablit pas de diffr5ce entre ce qu'on appelle le physique et ce qu'on appelle le moral1 entre le corps et l'me1 qu& on les bloque en un t\t1 qu& on les confond aussi troitem5t que le ci]ge et sa flamme1 cette vue des ma9s propres app>at t\te naturelle4 ,il semble normal que l'individu1 p> l'effet cont9u d'une l5te culture1 aprs avoir pr\v le beso9 d'tre propre physiquem5t1 pr\ve le beso9 d'tre propre moralem5t4 99 99 99 99 99 ,et peut-tre mme une n\velle tape s]a-t-elle fran*ie4 ,qu& la propret s'aff9e1 elle devi5t l'lgance4 ,aprs qu'on s'e/ lav1 on aspire se p>]4 ,ce sont les phases successives de la toilette4 ,peut-tre la propret morale aura-t-elle aussi son luxe1 son lgance1 se p>]a-t-elle de ces v]tus nobles et *>mantes qui sont la grce de la crature4 ,le dt]m9isme4 tre dt]m9i/e c'e/1 surt\t1 croire que nos actes1 que nos p>oles1 sont dt]m9s p> des influ5ces qui s'ex]c5t sur n\s1 des ractions qui se dvelopp5t en n\s1 mais dont n\s ne sommes pas matres1 pas plus que n\s ne sommes matres des phnomnes de notre vie physique4 ,t\tes ces =ces se comb95t1 se compos5t1 ab\tiss5t une rsultante1 qui e/ notre acte ou notre p>ole4 ,notre consci5ce enregi/re cette dlibration1 mais ne la dirige pas4 ,si j'analyse le plus simple de mes ge/es1 saisir un objet1 m>*] v]s un b1 je vois que j'obis un ensemble de sollicitations que je n'ai pas provoques spontanm5t4 ,au mom5t o n\s croyons pr5dre librem5t une rsolution1 t\tes ces voix intrieures ont dj dlibr1 conclu cette dcision4 ,n\s n'avons que l'illusion de la volont4 ,la sphre m5tale e/ un vritable p>lem5t1 o les in/9cts se gr\p5t1 dlibr5t1 exprim5t enf91 p> un vote dcisif1 la volont de l'organisme t\t enti]1 comme le vote p>lem5taire exprime la volont nationale4 ,mme dans notre langue usuelle1 les mots trahiss5t ce travail intrieur3 on pse le p\r et le contre1 on balance1 on se rs\t1 on se dt]m9e4 99 99 99 99 99 ,c'e/ une erreur de croire que la =mule3 ,ce n'e/ pas sa faute ne puisse pas s]vir de rgle de vie1 ne puisse pas tre la base d'une morale4 ,p5s] =tem5t que ce n'e/ pas plus la faute d'un homme s'il e/ irascible que s'il e/ phtisique1 reg>d] les vices1 les trav]s1 enf9 t\tes les t>es de l'esprit1 du mme il que les t>es du corps1 les accueillir avec la mme piti1 comm5t ne s5t-on pas ce qu'une telle conception entrane fatalem5t de mansutude1 de pati5ce1 et comme elle e/ vraim5t l>ge et *>itable8 99 99 99 99 99 ,si nos in/9cts n\s dirig5t1 c'e/ n\s amlior] les bons1 rduire les mauvais4 ,il y a l t\t un entranem5t1 t\te une or?opdie pratiqu]4 ,de mme que n\s =tifions un bu/e mal+re p> l'ex]cice1 n\s p\vons dvelopp] un in/9ct faible p> l'ducation4 ,quelle vue fconde6 ,trait] les maladies morales comme les maladies physiques1 cela signifie aussi les soign]1 remont] leurs causes--ce qu'on n'a jamais fait--essay] de les gurir4 ,mais qu'on y fasse bi5 att5tion4 ,cela signifie aussi se df5dre contre elles4 ,o l'on dit c\pable1 il faut dire nuisible4 ,c'e/ la mme sauveg>de1 avec plus d'indulg5ce et sans l'ide sombre de v9dicte4 videmm5t l'heure n'e/ pas v5ue o une telle maxime3 ,ce n'e/ pas sa faute1 inspir]a les lois4 ,mais ds ma9t5ant1 p\r qui en e/ f]mem5t conva9cu1 satur1 elle e/1 en t\tes circon/ances1 devant soi et devant les autres1 t\t in/ant1 le guide sr et ju/e444 99 99 99 99 99 ,les deux gr&s mots pr(onds des enfants sont3 ,ce n'e/ pas ma faute et3 ,je ne l'ai pas fait exprs4 ,ils ont bi5 raison4 ,c'e/ t\t le fond du dt]m9isme4 ,mais s'ensuit-il qu'il n'y ait pas de suite donn] leurs petits dlits8 ,et que cela les absolve et leur p]mette de recomm5c]8 ,c5t mille fois non6 ,voil l'erreur des g5s qui prt5d5t que n\s sommes libres de faire le bi5 et le mal et qui accus5t les doctr9es dt]m9i/es d'tre dissolvantes4 ,pas du t\t4 ,qu& un enfant attrape la r\geole1 ce n'e/ pas sa faute4 ,il ne l'a pas fait exprs4 ,on le soigne1 p\rtant4 ,eh bi51 de mme qu& il a commis une faute4 ,on s'ef=ce d'en dc\vrir les causes1 d'en montr] les inconvni5ts1 d'en vit] le ret\r4 99 99 99 99 99 ,on peut agir sur ses s5tim5ts dans la mesure o l'on peut agir sur son organisme4 ,il semble qu'on puisse soign] une crise morale comme on soigne une maladie1 en puisant dans le dsir de gurir l'n]gie ncessaire la cure4 ,les remdes sont analogues dans les deux cas4 ,les rvulsifs1 les drivatifs1 devi5n5t1 dans la maladie morale1 les di/ractions qui dt\rn5t l'esprit de sa hantise et le port5t v]s d'autres objets4 ,il y a des ane/hsiants qui endorm5t la s5sibilit d\l\reuse1 p> exemple une sa9e fatigue1 un labeur a*>n4 ,il y a l'opration1 qui c\pe c\rt1 comme l'abs5ce1 le long voyage1 le sil5ce4 ,il y a l'homopa?ie1 qui combat le mal p> le mal1 l'am\r p> l'am\r444 ,il y a enf9 la re*]*e des causes1 qui dmontre p>fois l'orig9e t\te =tuite1 la nature fragile de la crise et qui p]met de l'atte9dre sa s\rce4 99 99 99 99 99 ,entre la ?orie du dt]m9isme et celle qui n\s suppose libres de *oisir entre le bi5 et le mal1 il n'y a au fond qu'une "q de mots4 ,se croire de la volont1 ou savoir qu'on n'a que l'illusion de la volont1 cela revi5t au mme4 ,ce sont deux faons diffr5tes de voir la nature huma9e4 ,mais le dt]m9isme e/ plus indulg5t4 ,et il e/ aussi plus fcond1 p>ce qu'il indique les moy5s directs de se soign]1 de s'am5d]1 de s'amlior]4 ,il faut s'lev] violemm5t contre la confusion du dt]m9isme et du fatalisme4 ,le fatali/e s'ab&onne sa de/9e4 ,t&is que le dt]m9i/e envisage les moy5s de se mettre en g>de contre lui-mme1 de tr\v] des remdes ses dfaillances4 ,si l'on conoit *aque dcision s\s la =me simpli/e d'une pese1 o des poids jets dans les deux plateaux de la balance f9iss5t p> la faire oscill] et se fix] dans un c]ta9 s5s1 on s5t bi5 qu'on p\rra faire int]v5ir de n\veaux poids p\r la faire p5*] dans le meilleur s5s4 ,se s5t-on t5t p> une mauvaise action1 sollicit p> un vice8 ,on appelle son sec\rs des aides n\velles4 ,on se reprs5te les dang]s1 les inconvni5ts que l'on va risqu]4 99 99 99 99 99 ,si l'on a admis que le travail de nos dcisions ressemble celui d'une opration o l'on met des poids dans les deux plateaux de la balance1 il y aura intrt se livr] consciemm5t cette besogne de dt]m9ation1 port] en deux colonnes les raisons p\r et les raisons contre4 ,on ps]a mieux4 99 99 99 99 99 ,il faut considr] les pe9es du code comme des contre-poids4 ,la cra9te qu'elles inspir5t e/ un poids que l'on jette dans la balance de nos dcisions4 99 99 99 99 99 ,a la lecture des faits-div]s1 on a consci5ce qu'un gr& nombre de drames aurai5t pu tre vits si1 au pralable1 on avait soign m5talem5t le meurtri]4 ,c> s\v5t on voit qu'il tait en puissance de crime4 ,mais on ne soigne pas le c]veau1 p>ce que c'e/ l'me1 l'intangible1 le diffr5t du corps4 99 99 99 99 99 ,je crois que les hommes ne se dis5t pas d'avance3 je vais tre noir1 je vais tre fatal4 ,ils se laiss5t entran]4 ,ils gliss5t au mal et au crime4 99 99 99 99 99 ,p\r se dt]m9]1 il faut *]*] la solution de mo9dre inconvni5t4 ,on ne peut pas t\j\rs vit] de faire de la pe9e4 ,il faut faire la mo9dre pe9e4 99 99 99 99 99 ,je suis trs p]suad que les mots ex]c5t une influ5ce mcanique sur la p5se4 ,j'ent5ds p> l que l'on contra9t sa p5se c\l] dans le m\le des mots qu'on prononce4 ,elle pr5d leur empre9te4 ,on p5se comme on p>le4 ,a9si1 en dt]m9isme1 le simple artifice qui consi/e dire3 ,c'e/ de son fait1 au lieu de3 ,c'e/ de sa faute1 modifie la m5talit4 ,l'emploi mme de la =mule efface de l'esprit l'ide de blme1 de responsabilit au s5s religieux1 d'expiation1 la remplace p> une con/atation apaise1 s]e9e1 o dj se lve l'indulg5ce4 ,la loi d'quilibre4 ,la loi d'quilibre qui semble rgir l'univ]s et susp5dre les a/res dans l'espace1 cette mme loi doit g\v]n] le dtail de notre vie4 ,elle veut qu' t\te action corresponde une raction gale4 ,on ne dira plus3 t\t se paye4 ,mais peut-tre dira-t-on3 t\t se comp5se4 ,il faut seulem5t que cette loi ait le temps de j\]4 ,elle ne connat pas d'exception4 ,qu& elle semble en dfaut1 n\s p\vons n\s en pr5dre nos s5s ou notre savoir borns4 ,l'exemple e/ classique de ,lev]ri] dc\vrant p> le calcul l'exi/5ce de ,neptune4 ,la loi d'quilibre exigeait1 p\r tre respecte1 que cette plante ft4 ,a9si1 t\t se balance1 le positif et le ngatif1 le beau et le laid1 le bon et le mauvais4 ,t\s les contraires se neutralis5t4 ,t\tes les =ces opposes s'annihil5t dans un quilibre f9al4 ,et la notion1 en somme1 e/ rassurante1 de cette h>monie faite d'antagonisme1 de ce nant fcond4 99 99 99 99 99 ,la loi d'quilibre n\s ouvre des vues consolantes4 ,c> elle veut que le bi5 et le mal se comp5s5t4 ,a9si1 dans le monde innombrable des plantes1 il doit y en avoir autant de bi5faisantes que de malfaisantes4 ,je crois qu'on n'a pas arra* aux simples t\s leurs secrets4 ,les hommes ont dc\v]t des poisons vgtaux qui1 en quelques secondes1 amn5t l'organisme de la sant la mort4 ,la loi d'quilibre p]met de prvoir qu'on dc\vrira1 en opposition avec ces toxiques1 des toniques qui amn]ont in/antanm5t la sant un organisme au seuil de la mort4 ,non pas des contre-poisons1 mais de puissants rvulsifs qui ressuscit]ont l'individu prs de succomb] un *oc1 un traumatisme1 une asphyxie4 ,de mme1 dans une autre direction1 on peut prvoir que l'quilibre se rtablira entre les villes et les campagnes4 ,avant qu'un p5dule ne pr5ne la v]ticale1 il oscille droite1 puis gau*e4 ,ce qui manque une vie huma9e1 c'e/ le temps de voir le p5dule pr5dre l'quilibre4 ,on n'assi/e qu' une oscillation4 99 99 99 99 99 ,t\t se comp5se1 la condition que cet quilibre ait le temps de se ralis]4 ,c'e/ bi5 en effet un quilibre qui s'tablit entre le bon et le mauvais1 au c\rs d'une exi/5ce4 ,supposez un j\eur de r\lette qui j\]ait un nombre de c\ps inf9i444 ,les ma?matiques pr\v5t que ses ga9s et ses p]tes se s]ai5t quilibrs4 ,je crois que le mal et le bi5 se comp5s5t dans une exi/5ce1 c> le total d'une vie1 comme le rsultat d'une longue opration de jeu1 doit t5dre v]s zro1 v]s l'quilibre qui rgit t\t4 ,seulem5t1 n\s avons dans l'esprit l'ide d'expiation qui vi5t de la t]reur inspire aux premi]s hommes p> le my/rieux univ]s qui les ent\rait4 ,n\s v\lons que le mal qu'on endure expie le mal qu'on a fait4 99 99 99 99 99 ,il doit y avoir en n\s un s5s du ju/e et de l'inju/e4 ,quelque *ose n\s av]tit1 p> exemple1 qu'il y a de l'inju/ice dans le cas du f]mi]1 oblig de travaill] p\r v]s] de l'arg5t un fils de famille qui n'a fait qu'hrit]1 dans le cas de l'ouvri] qui trime avec les mmes ge/es p5dant c9quante ans1 p\r enri*ir un patron qui se donne t\s les plaisirs de l'oisivet4 ,mais n\s devons cultiv]1 dvelopp] ce s5s de la ju/ice4 ,c'e/ un des aspects de cette loi d'quilibre qui rgit les mondes4 ,ri5 d'tonnant ce que ce s5s ne soit pas r5=c en n\s4 ,c> c'e/ la vrit sci5tifique1 en dc\vrant p> exemple la loi de la gravitation1 qui a dvoil cette notion de l'quilibre univ]sel4 ,dc\v]te relativem5t rc5te1 notion encore neuve4 ,c'e/ n\s la dgag]1 la faire respl5dir en n\s4 ,le ,contrle4 ,il e/ utile de se r5dre compte du rle en *acun de n\s de l'inconsci5t4 ,c'e/ une zone du c]veau que l'tat de nos connaissances ne n\s p]met pas encore de circonscrire1 o s'labor5t nos p5ses avant de p>v5ir aux rgions o n\s en pr5ons consci5ce4 ,antre obscur1 o se cuis95t1 o s'agit5t nos rsolutions avant d'm]g] au j\r4 ,il e/ bon d'imag9] l'exi/5ce de cette zone o c]ta9es de nos p5ses naiss5t1 flott5t1 s'bau*5t4 ,peut-tre e/-ce la p>tie du c]veau la plus anci5ne1 celle qui ressemble le plus celle des autres animaux1 celle de l'in/9ct1 t&is que les rgions1 o s'ex]ce notre contrle1 sont des conqutes rc5tes1 le propre de l'homme1 le signe du progrs et du p]fectionnem5t4 ,p>fois1 bi5 que t\t ce travail ait lieu notre insu1 cette bau*e de notre dcision e/ trs p\sse4 ,elle jaillit1 elle m]ge t\te arme1 t\te prte1 dans la lumire de notre consci5ce4 ,a pe9e avons-n\s le temps de l'exam9]4 ,dj elle agit1 dj elle comm&e nos ge/es4 ,c'e/ l'impulsion1 avec t\s ses *>mes et t\s ses dang]s4 ,donc1 p5sons t\t ce travail ca*1 secret p\r n\s-mmes1 t\te cette prp>ation qui p>fois va n\s surpr5dre4 ,qu& on a le s5tim5t de cet inconsci5t1 on s'explique bi5 des dcisions subites1 qui se sont labores dans l'antre1 dans l'ombre de n\s-mmes444 99 99 99 99 99 ,a l'inv]se1 il arrive frquemm5t que des p>oles1 des images1 bref le but9 de nos s5s1 tomb5t dans notre inconsci5t sans que n\s les p]cevions au passage1 sans que n\s ayons eu le temps de les enregi/r]1 un peu comme un visiteur se glisse dans l'immeuble sans tre vu du conci]ge4 99 99 99 99 99 ,grce aux j\rnaux1 n\s n\s s\cions de t\tes sortes de faits que n\s eussions ignors sans cette lecture4 ,a propos d'vnem5ts qui ne n\s t\*5t p\rtant pas directem5t1 n\s n\s crons des petites joies1 des petits *agr9s1 des triomphes et des dfaites4 ,n\s savons ce qui se passe dans l'univ]s et dans l'esprit des autres4 ,n\s p>ticipons plus que nos anctres la vie gnrale4 ,l'in=mation n\s arrive en ondes rapides4 ,et notre consci5ce du monde s'en tr\ve prolonge4 ,a9si elle s't5d en surface4 ,de mme qu'elle doit1 physiologiquem5t1 gagn] en pr(ondeur4 ,au fur et mesure que des tres se civilis5t1 le doma9e de la consci5ce doit conqurir dans leur c]veau des zones n\velles1 empit] de plus en plus sur l'obscure rgion de l'in/9ct4 ,n\s dev5ons consci5ts de plus de *oses aut\r de n\s et de plus de *oses en n\s4 ,dans une n\velle tape1 cette consci5ce de l'univ]s devi5dra plus s5sible4 ,elle n\s aid]a compatir4 ,a9si1 jadis1 n\s eussions ignor une cata/rophe lo9ta9e4 ,auj\rd'hui1 n\s la connaissons1 mais elle ne n\s meut pas4 ,plus t>d1 elle n\s t\*]a comme n\s t\*e actuellem5t une cata/rophe t\te pro*e4 99 99 99 99 99 ,j'ai dit que1 dans notre c]veau1 le doma9e o s'ex]ce la consci5ce1 le contrle de la p5se1 devait gr&ir peu peu et que cet accroissem5t devait m>qu] notre progrs1 n\s loign] des animaux1 *ez lesquels semble rgn] l'in/9ct4 ,mais cette expansion du doma9e de la consci5ce ne se manife/e-t-elle pas dans cet organisme encore imp>fait qu'on appelle un peuple8 ,e/-ce que le progrs de ce peuple en civilisation ne se m>que pas p> le nombre t\j\rs croissant d'lm5ts1 c'e/--dire d'individus1 qui pr5n5t consci5ce d'tre des hommes1 qui ne se laiss5t plus m5] comme un tr\peau1 avec des ordres--ou des mots d'ordre--qu'ils ne compr5n5t pas1 qu'ils n'exam95t pas8 ,il faudrait agr&ir encore cette consci5ce sociale1 en surface et en pr(ondeur1 l'enri*ir de vrits n\velles4 ,a9si1 un gr& progrs ne s]a-t-il pas accompli1 le j\r o la majorit des g5s s]ont pntrs de cette notion que faire du bi5 autrui1 c'e/ s'en faire soi-mme8 99 99 99 99 99 ,plus n\s p\rrons contrl] nos ge/es1 nos p>oles1 avant de les laiss] jaillir de n\s-mmes1 plus n\s n\s amlior]ons4 ,et il me semble que l'tre se p]fectionne dans ce s5s4 ,la zone de sa consci5ce s'agr&it4 ,c'e/--dire qu'il pr5d consci5ce d'un nombre gr&issant d'in/9cts qui jadis s'vadai5t1 l'entranai5t d'une impulsion1 sans contrle4 ,qui n'a obs]v ce phnomne sur soi-mme8 ,avant de prononc] une p>ole1 gnralem5t on l'essaye4 ,et c'e/ aprs l'avoir a9si vrifie qu'on la laisse pass]4 ,mais il y en a qui jailliss5t de n\s-mme sans pass] au gui*et de la rflexion4 ,ce sont les impulsions4 ,eh bi51 ces impulsions gagn]ai5t tre contrles4 ,qu'y p]drait-on8 ,n\s ne laiss]ions plus *app]1 aprs ce petit exam51 le mot m*ant1 les sugge/ions de la ha9e et de la v5geance4 ,et n\s donn]ions t\t de mme la vole aux lans du cur4 ,il faut rfl*ir avant d'agir1 faire pass] t\tes les sollicitations de notre in/9ct au contrle de la consci5ce4 ,encore une fois1 pas de regret3 si le ge/e e/ beau1 n\s l'accomplissons4 ,s'il e/ sot1 n\s le ret5ons4 ,ce don d'exam51 c'e/ un des signes de la conqute huma9e4 ,de la ,fidlit4 ,la v]tu qu'il importe peut-tre le plus de cultiv] en n\s1 c'e/ la fidlit4 ,et je l'ent5ds au s5s le plus l>ge1 qui s't5d jusqu' la loyaut4 ,la langue a d'ailleurs elle-mme prvu cette synonymie3 l'immuable atta*em5t d'un peuple sa race orig9elle ne s'appelle-t-il pas le loyalisme8 ,n\s p\vons peu sur n\s-mme4 ,n\s p\vons nanmo9s dvelopp] et =tifi] un s5tim5t dans notre cur en n\s reprs5tant sans cesse l'avantage de l'pr\v] et le dommage d'y manqu]4 ,or1 les bi5faits que la fidlit rp& sur la vie sont innombrables4 ,s\s t\s ses aspects1 elle sduit1 elle conqui]t1 on l'honore4 ,que ce soit dans le doma9e du s5tim5t1 de la croyance ou de la doctr9e1 p>t\t elle =ce le respect et l'admiration4 ,on vnre la fidlit dans la t5dresse lorsqu'elle s\de deux tres jusqu' la mort4 ,et cela qu'il s'agisse de l'amiti1 du m>iage ou de l'am\r4 ,la fable et l'hi/oire sont peuples de ses hros4 ,leurs noms n\s sont famili]s4 ,ils sont unis deux deux dans notre mmoire4 ,et ces c\ples illu/res sont les plus belles images de la lg5de huma9e4 ,n\s admirons aussi la fidlit une croyance1 une doctr9e1 un idal4 ,celle-l compte galem5t ses hros et ses m>tyrs4 ,les noms sont gr&s de ceux qui ont accept la mort plutt que de r5i] leur vie4 ,sans mme qu'elle s'a*ve en tragdie1 une c>rire n\s semble belle p\rvu qu'elle soit droite4 ,on e/ime trs haut l'arti/e1 le tribun1 le philosophe1 qui re/5t t\te leur exi/5ce fidles leur cole1 leur cause1 leurs pr9cipes4 ,p> contre1 quelle unanime svrit p\r l'infidle1 p\r t\s les infidles6 ,on mprise le politici5 trop s\ple qui l\voie1 pr5d le v5t1 arbore des convictions aux c\leurs *angeantes du temps1 dess9e une c>rire ple9e d'inflexions1 de dt\rs et de cro*ets4 ,on s\rit de l'criva9 trop habile qui1 rpudiant la gnreuse audace de ses dbuts1 p\se de fades op9ions plus propices au succs4 ,et qu& les ,mmoires du pass ressuscit5t nos yeux une de ces sduisantes figures de femme1 t\tes p>es de grces1 d'intellig5ce et de beaut1 ne sommes-n\s pas secrtem5t du qu'au lieu de se v\] un unique am\r elle adresse des hros successifs des s]m5ts *aque fois t]nels8 ,ah6 comme n\s lui en v\lons d'avoir fait dfleurir une illusion dans notre cur444 ,a9si1 un blme public ou ca* atte9t t\j\rs les infidles4 ,et cep5dant ils p\rrai5t plaid] heureusem5t leur cause4 ,s'ils volu5t--c> telle e/ l'indulg5te =mule dont ils baptis5t leur incon/ance--c'e/ qu'ils suiv5t la loi de nature4 ,n'e/-elle pas elle-mme en cont9uelle volution8 ,notre organisme se r5\velle sans cesse4 ,p\rquoi n'en s]ait-il pas de nos p5ses comme des cellules qui les ti5n5t encloses8 ,mais un in/9ct plus =t que cette app>5te logique s\haite que l'esprit demeure1 si la matire *ange4 ,peu importe qu'on v]se sans cesse un alim5t n\veau la lampe du ph>e1 p\rvu que le feu re/e fixe444 ,quel e/ donc cet in/9ct qui atta*e tant de prix la con/ance8 ,peut-tre aspire-t-il v]s une humanit meilleure8 ,peut-tre en s]t-il l'espoir et la prvision8 ,on ne sait4 ,mais on peut1 en t\t cas1 dc\vrir ses rac9es4 ,la con/ance satisfait d'abord en n\s un beso9 de scurit4 ,les contrats entre deux tres ou deux entits n'ont pas de plus sr g>ant que la fidlit4 ,non seulem5t elle p>gne les consqu5ces tragi-comiques de la trahison conjugale et les ravages corrosifs de l'incon/ance am\reuse1 mais encore elle veille sur t\s les accords1 t\tes les ent5tes1 t\s les traits4 ,sans elle1 ils ne sont pas4 ,elle e/ le solide appui dans la conduite de t\tes les entreprises4 ,elle e/ la condition de la confiance4 ,p> elle1 la vie1 qui n'e/ qu'un cont9uel phnomne d'*anges1 devi5t plus fran*e et plus directe1 plus facile et plus d\ce1 plus simple et plus noble4 ,enf91 la fidlit flatte en n\s le gt de la dure4 ,n\s aimons que ri5 ne *ange aut\r de n\s4 ,cela n\s rassure et n\s donne l'illusion de notre pr5nit4 ,l'homme s'ef=ce de se survivre1 de se prolong]4 ,il grave son nom sur l'corce des arbres et sur les tables d'aira94 ,il dresse des monum5ts p\r p]ptu] sa mmoire4 ,il con/ruit son tombeau plus solidem5t que son logis4 ,p> t\s les moy5s1 il ent5d p]si/]4 ,et l'art lui-mme n'e/ que de la vie qui dure plus qu'une vie444 ,or1 la fidlit satisfait en n\s ce gt de l'immuable4 ,elle en e/ le symbole huma94 ,dans la dtresse de voir aut\r de soi t\t s'effrit]1 t\t se fltrir1 t\t vieillir1 comm5t ne pas s'att5drir et ne pas s'm]veill] devant cette fe *>mante qui ne *ange pas8 ,l'me fidle1 c'e/ le m>bre o t\t demeure de ce qu'on y inscrit2 l'me incon/ante n'e/ que l'ardoise o t\t s'efface4 ,il ne fallait pas tant de raisons p\r que la fidlit app>t1 t\*ante et sacre1 au premi] rang des grces dont se puisse p>] la crature et s'affirmt peut-tre la v]tu capitale4 ,la brav\re4 ,la vraie brav\re1 dans un monde consci5t que n\s devons t\s travaill] con/ruire1 ce s]a d'expos] sa vie p\r un effet utile4 ,actuellem5t on tr\ve brave celui qui expose sa vie1 t\t c\rt4 ,on n'exam9e pas s'il l'expose p> o/5tation p\r bl\ir des tmo9s1 p\r leur montr] qu'il n'a pas peur de la mort ni du dang]4 ,on n'exam9e pas s'il l'expose dans une impulsion p\r un effet futile1 qui ne vaut pas son sacrifice4 ,a la vue de ces actes irrfl*is1 s'veille et applaudit en n\s un trs vieil in/9ct qui n\s p\sse admir] le mpris de la mort1 le dda9 de la vie4 ,on dira que ce vieil in/9ct conti5t en g]me l'altruisme1 puisqu'il n\s fait admir] l'homme qui sauve son semblable4 ,j'en d\te4 ,c> on admire aussi l'homme qui risque sa vie p\r un t\r de =ce1 p\r le plus /upide p>i1 o nulle exi/5ce n'e/ sauv]4 ,a9si que nos autres s5tim5ts--plus mme que beauc\p de nos s5tim5ts--la brav\re dem&e tre contrle1 p\r dev5ir consci5te1 cess] d'tre p>fois un jeu de vanit1 p\r s'ex]c] utilem5t1 noblem5t1 huma9em5t4 99 99 99 99 99 ,il a d se produire une confusion dans l'esprit4 ,on admire l'exploit qui sauve une exi/5ce ou qui va9c une difficult utile bris]4 ,et1 p> ext5sion1 p> gnralisation1 on en e/ v5u admir] l'exploit qui sauv]a peut-tre une exi/5ce1 mme en en sacrifiant c]ta9em5t plusieurs1 ou l'exploit qui va9e une difficult purile4 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue de la brav\re1 de ce qu'elle e/ et de ce qu'elle devrait tre1 on p\rra exam9] ce petit problme3 qu& un cambrioleur v\s donne *oisir entre le sil5ce et la mort1 p\rquoi l'homme qui s'e/ tu sort-il un peu dim9u de l'av5ture8 ,il aurait donc d plutt m\rir8 ,a9si il app>at bi5 qu'en ces que/ions de brav\re1 de peur1 de dv\em5t1 une conception n\velle devrait s'tablir1 o aurait pass la claire raison4 99 99 99 99 99 ,il y aurait beauc\p r=m] dans les ides qu'voque le suicide4 ,on a mis de la honte aut\r de lui1 comme on en a mis aut\r d'autres actes qui nuisai5t au sort de la race et qui tai5t faciles accomplir3 l'onanisme1 qui va contre la reproduction2 la ds]tion1 qui va contre la nation2 le faux-monnayage1 qui va contre le monopole f9anci] de l'tat4 ,on a donc lev une b>rire de honte contre ces t5tations4 ,dgag de prv5tions1 le suicide app>at avec une face n\velle4 ,il app>at comme une vasion hors de la d\leur4 vasion qui dem&e du c\rage4 ,c> elle doit va9cre l'in/9ct de cons]vation1 =c] l'affreux passage de la vie la mort4 ,quant au droit au suicide1 il faut di/+u]4 ,il me semble que l'homme qui ne produit ri5 p\r la communaut et qui e/ seul sur t]re peut p>faitem5t se dtruire4 ,celui qui e/ l'objet d'affections ou qui croit avoir encore produire uvre utile doit au contraire mettre ces considrations en antagonisme avec les s\ffrances ou les preuves auxquelles il veut *app]4 99 99 99 99 99 ,une des curieuses inconsqu5ces de notre morale1 c'e/ qu'on a mis de la honte aut\r du suicide1 aut\r de l'tre qui sacrifie sa vie p\r *app] la d\leur1 et qu'on a mis de l'admiration aut\r de l'tre qui sacrifie sa vie mme p\r un exploit inutile1 voire /upide4 ,la mort4 ,comme on sait peu de *oses sur la seule c]titude de la vie1 la mort6 ,on dit d'un tre3 il e/ mort4 ,on met son *evet deux b\gies1 de l'eau bnite1 un mdec9 htif passe1 et le cadavre e/ happ p> les exig5ces de l',adm9i/ration4 ,sans d\te1 l'in/9ct de rsignation1 l'horreur mprisante du corps1 exploits p> la religion1 s]v5t l'ignorance o l'on veut re/] de la mort4 ,et cep5dant la mort n'e/ pas si vite df9itive4 ,la physiologie a dc\v]t que les organes et les tissus meur5t successivem5t4 ,elle a fait revivre des organismes4 ,les expri5ces de ,c>rel en sont tmo94 ,l'automobile e/ v5ue illu/r] cette notion3 en bi5 des cas1 on p\rrait rp>] la ma*9e4 ,si on remplaait l'organe ls1 elle rep>tirait1 elle revivrait4 ,ab&onne aprs la panne au bord de la r\te1 elle s'effrit]ait1 se r\ill]ait1 a*v]ait de se diss\dre1 de m\rir4 ,un mdec9 lgi/e me disait qu'un milli>daire qui se f]ait suivre1 comme de son ombre1 d'un mdec91 *app]ait un c]ta9 nombre de *ances de mort1 celles qui susp5d5t la vie sans la bris] du c\p4 ,d'ailleurs1 la traction ry?me de la langue dans t\tes les asphyxies montre qu'on va de plus en plus pr(ondm5t *]*] la vie dans la mort4 ,la mort recule comme l'ignorance4 ,cette notion de la mort successive1 cont9ue1 ouvre une vue s+ulire4 ,les g5s qu'on a ranims1 grce la traction ry?me de la langue1 ont t retirs de la mort4 ,ils ont comm5c m\rir4 ,ils ne rapport5t de cette incursion aucun s\v5ir4 ,n'e/-ce pas un db de preuve de la non-exi/5ce d'un au-del8 99 99 99 99 99 ,il n'y a qu'une c]titude dans la vie3 c'e/ la mort4 ,t\t le re/e n'e/ qu'hypo?se4 ,et je m'tonne t\j\rs qu'on n'ait pas bti t\t l'difice de la vie sur cette solide c]titude de la mort4 ,en se reprs5tant la vie comme enf]me dans un espace clos1 on e/ plus t5t de l'emplir1 de la faire intellig5te1 d5se et belle1 que lorsqu'on ne s'imag9e po9t ses limites4 ,il e/ s+uli] qu'on n'ait encore fond1 comme difice de vie1 sur la c]titude de la mort1 que les ,assurances4 99 99 99 99 99 ,sans la vie future1 la morale *ange d'axe4 ,la vie huma9e app>at plus prcieuse4 ,on ne la sacrifie plus qu' des croyances mdites1 cons5ties4 ,c'e/ en v]tu d'atavismes religieux qu'on tr\ve l*e de t5ir la vie4 ,sans l'ide d'immortalit1 le culte de la vie app>at ju/e et bon4 99 99 99 99 99 ,n\s t5dons sans cesse embellir la vie4 ,les religions t5d5t embellir la mort4 ,elles en ont fait le seuil du bonheur4 ,n\s en avons fait la f9 du bonheur4 ,grce cette promesse1 les prtres ont pu entran] des gnrations la s\ffrance et au massacre4 ,ils leur ont fait btir des pyramides1 ils les ont jetes dans les batailles4 ,qu'importait8 ,la vie future1 l't]nit tait au b\t de ces phmres preuves4 ,en ralit1 ils fondai5t1 sur ce beso9 de croire l'immortalit1 leur p\voir huma94 ,ils ont exalt le nant de la vie4 ,n\s pr*ons le nant de la mort4 99 99 99 99 99 ,voici un exemple s+uli] de la p]turbation jete dans la morale p> la suppression de l'ide de vie future4 ,on n'a pas tr\v de plus cruelle v5geance1 de plus gr& *tim5t que la mort4 ,c'e/ la suprme expiation4 ,c'e/ l qu'en veul5t v5ir deux ennemis a*>ns4 ,c'e/ la pe9e capitale inflige p> la socit4 ,or1 qu'e/-ce que la mort1 sans la vie future8 ,c'e/ l'oubli absolu4 ,c'e/ la f9 de la s\ffrance4 ,si bi5 que p\r punir1 p\r *ti] un tre excr1 on le fait *app] t\te d\leur1 dans le nant4 ,p\rtant1 s'il ne se survit pas1 s'il n'a pas d'me immortelle1 sa punition e/ c\rte4 ,elle s'arrte la mort4 ,elle ne dure que le temps de la m5ace de la mort4 ,on le prive1 dira-t-on1 de ce bi5 suprme1 la vie8 ,mais puisqu'il ne s]a plus l p\r dplor] cette privation6 ,puisque la mort e/ la f9 de t\t444 ,puisqu'une fois mort il ne saura plus qu'il e/ priv de la vie6 ,et1 cep5dant1 qu& on essaie de faire pntr] cette notion dans l'esprit de la p]sonne la plus lucide1 on se heurte une rsi/ance inv9cible3 ,si6 dit-elle1 je s]ai prive de la vie4 ,va9em5t rpliqu]a-t-on3 ,mais puisque v\s ne saurez pas que v\s en tes prive444 ,elle ne se r5d pas4 ,le s5s spirituali/e doit p]si/] en elle4 ,il lui s\ffle qu'elle se survivra1 qu'elle assi/]a sa mort1 qu'elle en aura consci5ce1 qu'elle voltig]a au-dessus de sa dp\ille1 qu'elle se pleur]a4 ,en fait1 l'affreux1 le cruel1 c'e/ le passage de la vie la mort4 ,c'e/ l'apprh5sion1 l'appro*e1 le prambule1 les circon/ances de la mort4 ,c'e/ l'adieu la vie4 ,et plus cet adieu e/ bref1 plus la pe9e e/ c\rte4 ,elle e/ nulle dans la mort imprvue1 in/antane4 ,en ralit1 la mort d'un tre ne frappe que ceux qui1 l'aimant1 lui surviv5t4 ,on peut dire aussi qu'elle lse la collectivit1 puisqu'il la prive du conc\rs qu'il et pu lui donn] encore4 ,mais1 en matrialisme1 cet tre lui-mme ne survit pas sa disp>ition4 ,il ne la regrette que le temps qu'elle se prp>e4 ,son regret cesse avec sa vie4 99 99 99 99 99 ,on a dit bi5 s\v5t que les vieill>ds devai5t se prp>] la mort1 s'y acc\tum]1 vivre en bon vois9age avec elle et l'appel] comme un repos df9itif4 ,j'e/ime mme qu' p>tir d'un c]ta9 ge1 on devrait *aque mat9 s'tonn] un peu de vivre encore1 considr] *aque rveil comme une amusante rsurrection1 et s'm]veill] de ce miracle quotidi54 ,religion4 ,sans d\te faudrait-il n\rrir les enfants de la religion ca?olique si n\s vivions dans un milieu de foi1 tel qu'on n\s pe9t le moy5 ge4 ,mais qui peut prt5dre srieusem5t que la cra9te de l'enf] ou l'espoir du p>adis guide actuellem5t les actes de la plup>t d'entre n\s8 ,sans foi1 il ne re/e plus qu'une "q de rites obs]v]4 ,et du mom5t que ces usages ne sont pas s\t5us p> une croyance pr(onde1 ils ne mrit5t plus le respect4 ,suivre des c\tumes uniquem5t p\r le qu'en dira-t-on1 p\r imit] le vois91 sans en s5tir vraim5t le beso91 e/-ce digne de n\s8 ,il ne s'agit pas d'ailleurs d'lev] les enfants dans le mpris du ca?olicisme4 ,il suffit qu'ils soi5t areligieux4 ,s'ils r5contr5t plus t>d la foi dans ce dogme1 ou dans d'autres1 il s]a temps p\r eux de s'y rfugi]1 d'en dem&] alors1 consciemm5t1 t\s les sacrem5ts4 ,ne pas donn] de religion1 c'e/ les donn] t\tes4 99 99 99 99 99 ,comm5t se dissimul] que la *rti5t ne rgne ni sur t\s les peuples ni sur t\s les temps1 qu'elle n'occupe qu'un fragm5t de la plante et qu'un mom5t de l'hi/oire8 ,comm5t se dissimul] qu'il y a plus de quatre c5ts religions1 que *acune dit3 ,je suis la seule4 ,hors de moi1 pas de salut4 ,n'a-t-on pas le droit de jet] ce reg>d d'ensemble sur notre petit globe8 99 99 99 99 99 ,la foi n'e/ respectable que qu& elle ne s'impose pas1 qu& elle n'enrle pas p> contra9te s\s ses bannires ceux qui ne la p>tag5t pas4 99 99 99 99 99 ,que *]*e-t-on donn] aux enfants8 ,le bonheur4 tre areligieux1 cela leur enlve-t-il une *ance de bonheur8 ,non1 du mom5t qu'on ne peut pas leur donn] la foi opaque1 la foi moy5geuse1 que leur raison p]c]ait4 99 99 99 99 99 ,qu& on discute avec un f]v5t ca?olique1 qu& on lui dem&e comm5t il croit tre plus agrable son ,dieu en mangeant de la s>celle que du p\let le v5dr$i1 il refuse de s'expliqu] et dit3 ,c'e/ un acte d'obissance4 ,v\s ne compr5driez pas4 ,il faut la grce4 ,il faut la foi4 ,soit4 ,mais qu& on n'a pas cette foi dans le dogme1 p\rquoi en suivre les rites8 99 99 99 99 99 ,n'e/-ce pas une foi1 de croire une ju/ice plus ju/e1 une lib]t plus libre1 une vie meilleure sur la t]re8 99 99 99 99 99 ,l'ide div9e pntre pr(ondm5t l'tre huma91 elle se glisse en p>ticuli] dans la langue1 expression et reflet de la p5se1 hritage que se transmett5t les gnrations4 ,on dit3 ,adieu4 ,on s'crie3 ,mon ,dieu6 ,jsus6 ,ciel6 ,gr& ,dieu6 ,bon ,dieu6 ,on r5d grce ,dieu3 ,dieu m]ci6 ,le ,ciel soit l\6 ,le mot e/ sur les lvres4 ,e/-il autant dans les curs8 99 99 99 99 99 ,mais il y a1 dit-on1 un beso9 de pri]1 de se rfugi] l'abri d'une gr&e puissance inconnue1 de lui dem&] sec\rs dans l'extrme pril4 ,soit4 ,mais p\rquoi ceux qui pr\v5t ce beso9 n'aurai5t-ils pas leur dieu1 sans se pli] t\tes les exig5ces du dogme1 qui app>aiss5t si tranges1 s\v5t si *oquantes1 qu& on n'a plus la foi simple et aveugle que n\s prtons nos anctres de l'an mille8 99 99 99 99 99 ,un p5*ant de notre esprit incl9e accept] la s\ffrance sans exam5 ni rvolte1 s\s la t]reur obscure d'un *tim5t4 ,c'e/ une p5te qui plonge v]s les lo9ta9s abmes du pass1 o l'homme faible et ds>m1 blotti au fond d'une cav]ne1 frmissait aux rugissem5ts des mon/res et croyait les ent5dre dans t\tes les clameurs de la nature4 ,c'e/ sur cette p5te que les religions ont volonti]s bti leur glise4 99 99 99 99 99 ,c]tes1 la religion n'a jamais fait que rpondre aux appels de la crature4 ,mais ses prtres n'ont po9t rsi/ la t5tation de dom9]1 de trans=m] leur influ5ce en in/rum5ts de p\voir1 d'en*an] les bras qui se t5dai5t v]s eux4 ,le beso9 de la prire et des pompeuses crmonies a empli leurs temples et leurs aumnires2 le beso9 de confession leur a livr les foy]s et les curs2 la peur de la vie brutale a peupl leurs clotres et leurs retraites2 et la peur de la mort a surt\t s]vi leur puissance4 ,c>1 apaisant cette cra9te p> la promesse du p>adis1 ils ont exalt du mme c\p la rsignation aux misres t]re/res1 p\ss a9si les masses m\tonnires v]s les durs labeurs et les massacres /upides4 99 99 99 99 99 ,la croyance en une vie future n'e/ peut-tre pas ne uniquem5t de la peur de la mort4 ,elle e/ peut-tre aussi l'aspiration v]s le mieux1 mais le mieux sur la t]re1 la presci5ce d'une humanit plus heureuse4 ,il s]ait curieux que la religion et mtamorphos cette notion du progrs en la promesse1 si l>gem5t exploite p> elle1 d'un monde meilleur4 99 99 99 99 99 ,on oublie s\v5t que la croix--dev5ue l'emblme du sacrifice de ,jsus la rdemption du monde--tait un in/rum5t de supplice4 ,si la foi sociali/e s'impose son t\r1 si elle a son gr& m>tyr et s'il prit sur l'*afaud1 il e/ s+uli] de p5s] qu'on v\dra p]ptu] son s\v5ir p> l'in/rum5t de son supplice et qu'on v]ra1 comme on voit auj\rd'hui des calvaires1 se dress] de symboliques guillot9es aux croises des *em9s4 ,,*apitre ,v ,,vues ,,sociales ,altruisme4--,solid>it4--,quelques iniquits4--,l'ide de patrie4 ,l'altruisme4 ,allons6 ,il faut avoir le c\rage de le cri]3 *acun p5se soi1 d'abord soi1 frocem5t soi4 ,soi1 soi1 c'e/ le c5tre de l'univ]s4 ,t\s nos s5s1 qui conc5tr5t en n\s la p]ception du dehors1 n'aid5t-ils po9t cette illusion8 ,plus on avance dans la vie1 plus cette vue s'impose4 ,la conv]sation n\s en (fre un exemple typique4 ,*acun ne vise qu' brill]1 qu' se racont]1 qu' t5ir la scne4 ,nos p>oles ne provoqu5t *ez les autres que des ret\rs sur eux-mmes4 ,citez-v\s un p]sonnage8 ,l'int]locuteur ragit automatiquem5t3 ,je le connais1 je ne le connais pas4 ,nommez-v\s un site3 ,j'y ai t1 je n'y ai pas t4 ,l'intressant1 ce n'e/ pas votre p]sonnage ou votre site1 c'e/ de savoir si votre p>t5aire le connat ou ne le connat pas4 ,contez-v\s une anecdote8 ,elle en suggre immdiatem5t une autre au vois94 ,et il n'c\te plus la vtre1 dans sa hte trpidante de plac] la si5ne4 ,*acun p>le avec une *aleur passionne de ses ambitions1 de ses entreprises1 de ses am\rs4 ,et le confid5t1 p5dant ce temps1 p> association d'ides1 songe ses am\rs1 ses entreprises1 ses ambitions4 ,il t5te de leur donn] l'essor1 en c\pant d'un classique3 ,a9si moi444 ,c'e/ comme moi444 ,ou bi5 il guette1 dans une impati5ce di/raite1 le mom5t de pr5dre enf9 la p>ole4 ,on se dem&e s'il exi/a vraim5t de brillants causeurs4 ,p]sonne n'c\te4 ,t\t le monde att5d de p>l]4 ,et il y a bi5 d'autres exemples1 incessants1 de cette opration automatique1 fatale4 ,c'e/ un jeu auquel on peut se livr] avec la c]titude de gagn]4 ,en lanant une ide1 v\s tes sr qu'elle va frapp] votre auditeur au c5tre de lui-mme1 et qu'elle va faire se dress] une ide analogue qui tait en lui4 ,a9si1 qu& on vise une cible1 le fanion sort et s'agite4 ,mais ici1 on e/ sr de mettre *aque fois dans le mille4 ,une fois qu'on a considr de ce po9t de vue la vie de relation1 on s'ap]oit que ces phnomnes se rpt5t avec une vigueur1 une gnralit absolues4 ,et cela devi5t un mlancolique amusem5t que de voir ces lois se vrifi] sans exception4 ,et c]tes1 le spectacle n'e/ pas beau1 de cet tre qui p5se d'abord lui1 qui e/ t\j\rs ple9 de lui1 de ses uvres et de ses s\cis4 ,et cep5dant c'e/ de cet gsme que jaillit t\te la floraison *>mante de l'altruisme4 ,c> l'altruisme n'e/ bi5 que de l'gsme aff91 cultiv4 ,la plante huma9e n'e/ pas seulem5t un buisson aux lignes s*es1 au feuillage aride1 et qui se borne lui-mme4 ,elle se c\vre et se p>e aussi de fleurs qui1 semant leur p\ssire fconde et leur p>fum1 lui p]mett5t de se rp&re et de se dpass]4 ,et ces fleurs s'appell5t c\rtoisie1 bont1 indulg5ce1 gnrosit1 dv\em5t1 piti1 am\r4 ,oui1 l'altruisme n'e/ bi5 que l'pan\issem5t fleuri1 le prolongem5t intellig5t et gracieux de l'gsme4 tre bon1 tre gnreux1 c'e/ p\voir se donn] la f9e joie d'tre gnreux et bon1 d'en recueillir les bi5faits en ret\r4 ,avoir de la piti1 c'e/ d'abord t5t] d'abolir la d\leur dont le spectacle (f5se4 ,le sacrifice1 l'abngation ne sont1 au fond1 que de hauta9es volupts4 ,et ce qui fait la beaut de l'am\r1 de t\tes les am\rs1 c'e/ que1 dans la t5dresse1 l'homme t5d d'autres tres sa proccupation jusqu'alors p]sonnelle4 ,il cesse de s'app>t5ir uniquem5t1 frocem5t4 ,il p5se d'autres que soi4 ,il se p5*e sur eux4 ,il les c\te4 ,il p\se leurs vux4 ,il n'e/ plus la plante sans p>fum4 ,il s'exhale4 ,voil le vrai progrs moral1 la plus prcieuse conqute du prs5t sur le pass1 cette t5dance l'expansion de soi-mme v]s les autres4 ,l'tre le plus b>b>e e/ celui qui1 enf]m dans sa dure c>apace1 satisfait bassem5t1 prem5t1 ses seuls apptits4 ,le plus civilis e/ le plus s5sible la vie extrieure1 celui qui s'y mle et qui s'y donne4 ,a9si la crature peu peu obx la loi univ]selle1 la d\ce loi de rayonnem5t3 l'a/re sc9tille1 la fleur embaume1 l'homme aime4 99 99 99 99 99 ,les fleurs sont le symbole de ce qu'il y a de meilleur et de plus noble en n\s4 ,les btes n\s rappell5t p> leur exemple nos ncessits1 nos bas beso9s1 nos pauvres po/ures4 ,les btes n\s rappell5t notre bte4 ,t&is que les fleurs n\s rappell5t la f9e fleur de n\s-mme4 ,elles ne sont pas g/es4 ,elles rayonn5t1 elles exhal5t un peu d'elles-mmes1 elles se rp&5t1 elles se donn5t4 ,et elles mont5t t\j\rs droit v]s la lumire4 ,puis elles se n\rriss5t discrtem5t1 p> la rac9e4 ,elles boiv5t une g\tte de rose4 ,leur petit cadavre ne s5t pas mauvais4 ,et elles ca*5t leur sexe dans leur cur1 au c5tre d'elles-mmes4 ,elles sont de l'am\r1 (f]t dans la robe des ptales4 ,solid>it4 ,la plus gr&e dc\v]te huma9e e/ peut-tre celle de l'int]dp5dance des tres1 des *oses mmes1 la connaissance des li5s invisibles qui les uniss5t et qui les r5d5t solidaires4 ,elle e/ rc5te4 ,la notion n'en e/ pas encore in/alle dans les esprits4 ,c> elle a t mise en lumire p> la sci5ce4 ,les lois de la gravitation univ]selle n\s ont appris que les a/res ex]ai5t les uns sur les autres une attraction1 que les mondes eux-mmes se t5ai5t1 qu'un tr\ble dans la vie d'une toile lo9ta9e se rp]cutait dans les autres toiles1 que la *ute d'une pi]re sur ,jupit] tait ress5tie sur notre t]re4 ,l'tude du corps huma91 rc5te galem5t1 t5ue longtemps secrte1 e/ v5ue r5=c] cette notion de dp5dance et de solid>it4 ,elle a montr qu'une cellule malade tr\blait l'organisme enti]1 que t\t l'tre avait la fivre p\r un po9t enflamm4 ,et les individus dp5d5t les uns des autres1 ragiss5t les uns sur les autres1 comme les a/res jets dans l'inf9i1 comme les cellules d'un organisme4 ,nul de n\s n'e/ isol4 ,quoi que n\s en ayons1 le sort du vois9 influe sur notre sort4 ,n\s vivons d'*ange4 ,p5ses1 plaisirs1 labeurs1 t\t n'e/ qu'*ange4 ,de ce phnomne vital1 les exemples abond5t galem5t4 ,la contagion n\s en f\rnit une preuve s5sible4 ,la notion en e/ neuve encore1 comme celle de t\tes les dc\v]tes sci5tifiques1 et si peu familire aux esprits que1 dans les classes re/es incultes1 on ne croit pas la contagion1 on ne la cra9t pas1 on s'y expose niaisem5t4 ,cep5dant1 elle matrialise ces li5s invisibles qui1 jets d'un tre l'autre1 mn5t s\v5t leur de/9e4 ,si la contagion n\s montre la mutuelle dp5dance des individus s\s son j\r nfa/e1 elle n\s rvle aussi l'enseignem5t que n\s devons en tir]4 ,*acun doit se p]suad] que sa sant dp5d s\v5t de celle du vois94 ,il e/ de l'intrt de *acun1 p\r ne po9t attrap] la fivre typhode1 que p]sonne ne l'ait dans le milieu o il volue4 ,s\v5t1 la tub]culose ou la syphilis d'un ri*e vi5n5t d'un pauvre4 ,ri5 ne montre mieux l'intrt des privilgis combattre ces maux dont ils sont m5acs4 ,a9si1 trav]s ce symbole un peu rude1 app>at le prcepte capital de la solid>it huma9e3 ,t\tes les exi/5ces se ti5n5t4 ,*acune e/ influ5ce p> l'ensemble des autres4 ,les soign] t\tes1 c'e/ soign] la si5ne4 ,c'e/ travaill] son bonheur p>ticuli] que de travaill] au bonheur gnral4 ,et1 l encore1 l'utilit de faire le bi5 prolonge l'utilit de ne pas faire le mal4 99 99 99 99 99 ,c]tes1 on p\rra jug] svrem5t une morale qui proclame l'intrt p\r *acun de r5dre heureux autrui af9 d'tre heureux soi-mme4 ,encore n'e/-elle utilitaire qu'en app>5ce1 puisqu'au fond elle ent5d faire jaillir l'altruisme des s\rces de l'gsme1 puisqu'elle veut faire du bonheur univ]sel la condition ncessaire du bonheur p]sonnel4 ,elle e/ en h>monie avec notre nature1 qui t5d faire de *acun de n\s le c5tre de l'univ]s et qui n\s anime d'abord du s\ci de n\s-mme4 ,et si elle fait appel nos intrts et nos passions1 du mo9s les dirige-t-elle dans la voie gnreuse4 99 99 99 99 99 ,les aptres de la solid>it ne l'ont pas borne aux lignes un peu s*es de sa df9ition sci5tifique1 qui con/ate simplem5t la mutuelle dp5dance des tres4 ,ils l'ont revtue d'un plus ample vtem5t4 ,ils lui ont donn un s5s social4 ,considrant que *aque individu pr(itait du labeur de la collectivit1 ils ent5d5t qu'il paye de ret\r cette collectivit4 ,puis1 associant l'uvre des morts celle des vivants1 ils dcl>5t que *acun de n\s1 bnficiant des ef=ts des gnrations1 a contract une vritable dette env]s la socit4 ,enf91 ils rclam5t l'entr'aide1 le conc\rs de t\s les individus l'action commune4 ,ils pr*5t le gr\pem5t1 l'association1 dont les organismes naturels donn5t l'exemple et n\s ont rvl les bi5faits4 ,qu'on ne s'y trompe pas3 l'ide de solid>it1 dans ses expressions div]ses1 va9cra4 ,elle anim]a les volutions futures4 ,elle s]a la foi de dema94 99 99 99 99 99 ,on ne met pas assez les enfants devant cette ralit que1 ns sur un sol1 en un temps donn1 ils doiv5t accept] les obligations de la vie sociale telle qu'elle e/ rgie sur ce sol et en ce temps4 ,de ce fait1 ils ont contract une sorte d'engagem5t1 t\*ant les impts1 les *>ges1 les lois4 ,c'e/ l du patriotisme pacifique4 ,c'e/ aussi un aspect de la solid>it4 ,n\s devons beauc\p ceux qui n\s ont prcds4 ,t\t objet dont n\s n\s s]vons e/ le rsultat d'une longue suite d'ef=ts4 ,nos vtem5ts1 nos tra9s1 notre tlphone1 n\s tr\vons t\t cela s\s notre ma91 n\s jugeons t\t naturel de n\s en s]vir4 ,mais t\t cela n\s le devons ceux qui sont morts4 ,voil ce qui r5d les gnrations solidaires4 99 99 99 99 99 ,l'enfant ignore t\t de cette dp5dance des tres4 ,il e/ absolu4 ,il n'e/ pas relatif4 ,et comme n\s devons lui appr5dre en quelques annes ce que les hommes ont acquis en des c5ta9es de sicles1 n\s devons l'initi] cette loi si fconde et si gnrale1 bi5 le p]suad] qu'il e/ li1 lui qui se croit libre1 t\t ce qui l'ent\re4 99 99 99 99 99 ,on ne saisira jamais assez d'occasions1 on n'inv5t]a jamais assez d'anecdotes1 p\r pntr] l'enfant de cette dp5dance4 ,p> exemple1 on lui montr]a que le plus insignifiant de ses ge/es1 en app>5ce1 peut ret5tir sur une de/9e vois9e4 ,c> n\s sommes1 notre insu1 comme l'araigne au c5tre de sa toile4 ,nos actions se prolong5t au-del de n\s-mmes1 s'irradi5t1 jett5t aut\r de n\s une trame invisible1 o les autres vi5n5t se pr5dre4 ,oui1 nos ge/es ont leurs prolongem5ts inconnus1 leurs ret5tissem5ts my/rieux4 ,s'il exi/e une solid>it des tres1 il exi/e aussi une solid>it des actes4 ,encore un phnomne capital1 qui devrait s\v5t fix] notre rflexion4 ,au mom5t d'arrt] une dcision1 si m9ce soit-elle1 il ne faudrait pas dire1 comme on n\s y invite volonti]s ,bah6 ri5 n'a d'importance6 ,non1 non4 ,il faudrait dire3 ,t\t peut avoir de l'importance4 ,mditant sur une grave circon/ance de notre vie1 n\s sommes s\v5t t5ts d'en re*]*] les causes en remontant le c\rs du pass4 ,n\s ne le p\vons pas4 ,c> elle e/ l'ab\tissem5t d'une suite d'vnem5ts dont beauc\p n\s *app5t4 ,elle n\s app>at susp5due une *ane dont bi5 des maillons n\s sont ca*s4 ,mais il n\s arrive p\rtant d'isol]1 de saisir un de ces maillons4 ,sans lui la *ane se ft rompue4 ,notre de/9e a dp5du de lui4 ,n\s l'exam9ons444 ,et n\s sommes frapps de sa petitesse et de sa fragilit4 99 99 99 99 99 ,il y a beauc\p d'associations1 de mutualits1 c]tes4 ,mais ce sont encore des flaques isoles1 comme celles qu'on voit sur la grve m>e basse4 ,elles ne sont po9t encore unies en un flux irrsi/ible4 ,un trait montr]a combi5 l'esprit d'association e/ encore nbuleux4 ,a ,p>is1 les locataires d'une mme maison ne s'uniss5t jamais4 ,p\rtant1 ils reprs5t5t une association indique1 dont t\s les membres c\*5t et mang5t s\s le mme toit1 dans une troite communaut de dang]s1 de s\cis1 d'intrts4 ,combi5 leur ent5te unanime agirait puissamm5t sur le propritaire1 le grant1 le conci]ge444 ,ils p\rrai5t1 dans un autre ordre d'ides1 a*et] des objets d'utilit gnrale3 une bascule p\r le *>bon1 une balance p\r les vi&es et les lgumes1 des ext9cteurs d'inc5die1 une sonnette d'al>me4 ,ils p\rrai5t mme avoir une cuis9e commune444 ,non1 ils s'ignor5t et ils ignor5t la =ce que reprs5te leur sup]position4 99 99 99 99 99 ,s\v5t les frais d'une am5de dpass5t de beauc\p le montant de cette am5de4 ,des droits de timbre et d'enregi/rem5t major5t dmesurm5t la valeur d'une taxe4 ,mille excs du mme ordre n\s cras5t4 ,et p]sonne ne prote/e6 ,eh bi51 n\s n'avons que ce que n\s mritons1 du mom5t que n\s ne tr\vons pas l'n]gie de n\s gr\p]1 de n\s compt]1 de n\s ap]cevoir que n\s sommes le nombre et que n\s p\rrions faire *aque j\r de la rvolution pacifique4 ,c> enf91 qui n\s impose ces abus8 ,des irresponsables1 des l>ves de bureau1 dont la =ce e/ faite de notre faiblesse4 ,comme n\s les v]rions trembl] et se t]r]1 si n\s n\s dressions444 99 99 99 99 99 ,visitez un doma9e avec le *tela94 c\tez-le3 ,j'ai bti cette aile1 plant ce fruiti]1 dess9 ce hall1 ouv]t cette r\te444 ,mesurez l'norme ef=t que cet homme a dp5s en si peu d'annes444 ,concevez-v\s quels rsultats on obti5drait si t\s ces propritaires-l--c> ils sont lgion sur le sol de ,france--consacrai5t un peu de cet ef=t1 avec la mme ardeur1 la *ose commune1 quelque gr&e entreprise d'intrt gnral1 comme l'aviation1 le rseau r\ti]1 la suppression des taudis8 ,et cela vi5dra qu& ils s'ap]cevront que s]vir l'intrt commun1 c'e/ encore s]vir leur intrt p>ticuli]4 99 99 99 99 99 ,un exemple du bi5fait du s\ci d'autrui1 de la concession au vois91 n\s e/ donn p> le spectacle de la rue4 ,si *acun allait droit son *em9 sans s'occup] des autres1 s'il ne se rangeait pas un peu1 s'il n'y mettait pas un peu du si51 ce ne s]ai5t que collisions1 alg>ades1 horions4 ,nul n'avanc]ait4 ,donc1 il y a avantage ces concessions mutuelles4 99 99 99 99 99 ,cep5dant1 la f\le n'a pas encore consci5ce de la solid>it4 ,une femme r5\e-t-elle le cordon de son s\li] dans l'escali] du mtro1 p>mi le flot qui se rue v]s la sortie8 ,elle arrte ou ret>de c5t p]sonnes d]rire elle4 ,elle peut compromettre des intrts1 des satisfactions1 des bonheurs4 ,tant d'vnem5ts sont la m]ci d'une m9ute444 ,mais elle ne s\ponne pas encore que son simple ge/e puisse se prolong] en rp]cussions si nombreuses et si graves4 99 99 99 99 99 ,n\s ne p5sons pas assez au vois94 ,n\s ne n\s mettons pas assez sa place4 ,cep5dant1 ce petit travail de rciprocit s]ait t\j\rs de notre intrt4 ,a9si1 on aj\rne volonti]s la note d'un f\rnisseur1 mme sans ncessit4 ,et soi-mme on s\ffrira de voir aj\rn] une r5tre att5due4 ,qui n\s dit que ce f\rnisseur n'att5d pas1 lui aussi1 sa r5tre8 ,il faut dvelopp] en n\s le s5s de la rciprocit4 ,quelques iniquits4 ,qu& on p5se aux ouvri]s1 on e/ comme suffoqu1 tant on aurait dire444 ,et puis1 on g>de le sil5ce1 p>ce qu'on cra9t que t\te p>ole ne soit va9e1 p\r le prs5t4 ,les petites r=mes1 les amliorations de dtail sont si peu1 ct de l'norme inju/ice que con/itue l'opposition du labeur et du luxe4 ,et on s5t que cette inju/ice ne cess]a que dans une autre re1 s\s un autre rgime1 dans une de ces cits futures qui ne s]a peut-tre pas celle qu'bau*5t les collectivi/es1 mais qui e/ aussi dans la t]re promise444 99 99 99 99 99 ,la "q sociale ne f]a de gr&s pas qu' p>tir du mom5t o ceux qui peuv5t la rs\dre y auront un intrt s5tim5tal4 ,j'ent5ds le mom5t o ceux qui dti5n5t la =tune ne p\rront plus p5s] sans malaise la famille nombreuse gr\illant dans un taudis1 l'ouvri] qui va l'hiv] ds sept heures au travail s\s sa m9ce pelure et qui f]a t\t le j\r le mme ge/e jusqu' la mort1 l'ouvrire en *ambre qui cre du luxe p\r un salaire de fam9e4 ,j'ent5ds le mom5t o ces avantags auront pris si intimem5t consci5ce de l'inju/ice qu'elle leur s]a insupportable4 ,le mom5t o ils auront sur le cur le poids de la misre huma9e4 ,alors ils *]*]ont s'en db>rass]4 ,auj\rd'hui1 la jeune fille qui r5tre du bal l'aurore1 reg>de d'un il indiffr5t1 du fond de sa lim\s9e1 les travailleurs qui vont l'us9e4 ,elle n'en s\ffre pas4 ,entre elle et eux1 il y a la vitre1 une cloison dure1 m9ce1 imp]mable4 ,mais un j\r vi5dra o cette jeune fille s\ffrira1 comme elle s\ffre dj la vue d'un *eval abattu entre ses branc>ds4 99 99 99 99 99 ,n\s avons une rsignation vraim5t trop facile la misre d'autrui4 ,oui1 le p*eur1 le m9eur sont atta*s leur tat1 p> habitude1 p> hrdit4 ,mais leur a-t-on fait gt] d'une autre vie8 ,et qui donc s\ti5drait qu'ils ne s\hait5t pas un sort plus d\x8 ,un j\r ne vi5dra-t-il pas o l'on f]a de la pisciculture comme on fait auj\rd'hui de la culture1 o l'levage en bass9s1 le long des ctes1 supprim]a les rigueurs et les prils de la gr&e p*e8 ,un j\r ne vi5dra-t-il pas1 en att5dant de recueillir t\t droit l'n]gie solaire1 o on la dem&]a l'alcool des vgtaux1 o on la rcolt]a la surface de la t]re1 au lieu de l'extraire si durem5t de ses entrailles8 99 99 99 99 99 ,en ce mom5t1 la piti active ne va qu'aux animaux4 ,encore elle ne les connat pas t\s4 ,ses gr&s protgs sont le *i51 le *at1 le *eval4 ,elle ignore sup]bem5t t\s les animaux come/ibles4 ,elle rugit contre la vivisection de laboratoire4 ,mais elle n'a pas un pleur p\r l'abattoir4 ,ni p\r la *asse4 ,bref1 ses lois sont tellem5t obscures et contradictoires1 qu'il ne faut pas dsespr] de la voir1 enf91 all] v]s les hommes4 99 99 99 99 99 ,de nos j\rs1 qu& on voit un ouvri] avec un lorgnon1 on e/ surpris4 ,a9si1 ce simple bi5fait re/e encore le monopole d'une classe4 ,n'e/-ce pas un exemple des normes progrs accomplir8 99 99 99 99 99 ,p\r s\lev] un rail de onze mtres1 il faut qu'un *ef d'quipe donne le comm&em5t3 p> les *eveux ou3 l'paule4 ,sans ce signal1 l'quipe ne lv]ait pas le rail4 ,une coord9ation e/ ncessaire et ju/ifie le comm&em5t4 ,a9si1 le *ef app>at indisp5sable4 ,mais il ne s]a unanimem5t accept que s'il e/ lu4 99 99 99 99 99 ,les gr&es adm9i/rations sont re/es fodales4 ,elles trait5t encore leur cli5tle comme les seigneurs traitai5t leurs s]fs4 ,on ne se s5t pas de pla9-pi$ avec elles4 ,entre elles et soi1 il y a le gui*et1 comme il y avait le pont-levis4 ,dans la =me de leurs m&em5ts1 elles sont brutales1 b\rrues1 oppressives4 ,les ,f9ances rclam5t une contribution s\s la m5ace de p\rsuites4 ,le ,gaz1 l'lectricit rclam5t leur d s\s la m5ace de c\p] la lumire4 ,et cela sans dlai1 grossirem5t1 inutilem5t1 p\r le plaisir4 ,il y a l un esprit anci51 qui devra *ang]4 ,l'adm9i/rant et l'adm9i/r sont des individus quival5ts4 ,et l'on n'imag9e pas combi5 les murs s]ai5t plus aimables s'il y avait d]rire les gui*ets de la bonne grce4 99 99 99 99 99 ,on ne maudira jamais assez l'esprit de bureau4 ,c'e/ notre canc]1 mon/rueux1 flasque1 envahissant1 indrac9able4 ,on ne dnonc]a jamais assez cette passion de l'immobilit1 ce gnie de la complication1 cette horreur de l'innovation1 ce mpris du public1 cette pleutr]ie de l'irresponsabilit unie l'arrogance du despotisme4 ,c'e/ lui qui anmie l'organisme social4 ,c'e/ lui qui en abaisse le r5dem5t un taux ridicule4 ,au jeu des anticipations1 je n'imag9e pas la rvolution qui en triomph]a1 tant que n\s g>d]ons nos traits de race4 99 99 99 99 99 ,r$\tons la ju/ice4 vitons son contact4 ,elle m>que t\t ce qu'elle t\*e4 ,l'homme qui bnficie d'un non-lieu ou d'un acquittem5t demeure dim9u socialem5t4 ,elle e/ brutale4 ,qui n'a pas vu1 la correctionnelle1 di/ribu] des annes de prison la m9ute comme on e/ampille des lettres la po/e1 ne peut pas imag9] cette /upfiante horreur4 ,elle e/ obscure et cruelle4 ,elle guillot9e et elle j>gonne4 ,elle c\pe les g5s en deux et les *eveux en quatre4 ,elle e/ inju/e4 ,elle acquitte volonti]s les crimes de la passion1 c'e/--dire de la passion am\reuse1 et elle condamne les crimes de la faim4 ,la faim aussi e/ une passion6444 ,de deux accuss1 elle rel*e celui qu'elle croit f\1 elle g>de celui qu'elle croit lucide4 ,comme s'ils n'tai5t pas galem5t dang]eux6 ,a9si ses arrts sont incohr5ts et contradictoires4 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'elle e/ btie sur des ru9es1 avec des ru9es4 ,elle e/ roma9e1 napoloni5ne1 *rti5ne4 ,elle n'e/ pas huma9e4 ,au nom de quel idal svit-elle8 ,la pe9e qu'elle applique1 e/-ce l'expiation1 le *tim5t dans le s5s religieux du mot8 ,e/-ce un effet de la loi du talion8 ,e/-ce1 au po9t de vue social1 une dette8 ,e/-ce un exemple8 ,il y a de t\t cela dans sa subtile b>b>ie4 ,sa toge e/ un habit d'arlequ94 ,s\haitons une refonte totale des ,codes4 ,c]tes1 une collectivit doit se df5dre4 ,mais la faon dont se df5d un organisme4 ,or1 la nature ne punit pas la cellule dang]euse4 ,elle l'emp*e de nuire4 ,tel s]a l'unique po9t de vue de la ju/ice pro*a9e4 ,elle s]a d'abord prv5tive4 ,elle *]*]a vit] l'closion puis le dveloppem5t de la mauvaise cellule4 ,et qu& elle n'aura pas pu vit] le mal1 elle ne se dem&]a pas dans quelle mesure l'accus e/ c\pable1 elle se dem&]a dans quelle mesure il e/ nuisible4 ,l'ide de ,patrie#b4 #b ,les notes qui compos5t cet ,essai ont t runies de #aijc #aiad4 ,celles qui conc]n5t l'ide de ,patrie dat5t du pr9temps #aiad4 ,je n'ai ri5 y *ang]4 ,j'aurais trop y aj\t]4 ,on devrait p\voir discut] du patriotisme sans tre accus d'en affaiblir le s5tim5t ou de se drob] ses *>ges4 ,hlas6 ,il n'en e/ ri54 ,df5se de l'exam9]1 df5se d'y rfl*ir4 ,ds qu'on le conoit autrem5t que ses prtres f>\*es1 on e/ le l*e1 on e/ le tratre4 ,je ne sais pas de plus odieuse1 ni de plus /upide inju/ice4 ,le premi] grief que l'on puisse faire au patriotisme1 c'e/ de se prs5t] comme immuable4 ,au contraire1 il se trans=me1 il s'l>git sans cesse4 ,p\rquoi masqu] son c>actre transitoire1 au lieu de montr] son volution1 d'en pntr] les esprits et1 p> l mme1 de la prp>]1 de la ht]8 ,comm5t ni] cette mtamorphose cont9uelle8 ,l'ide de patrie444 ,mais elle nat du j\r o l'homme fixe sa t5te1 habite une cav]ne4 ,et elle ab\tit auj\rd'hui ces imm5ses tats-,unis d',amrique qui sont dix-sept fois plus va/es que la ,france4 ,mais cette ,france elle-mme n'e/ qu'un pati5t agglomrat de p>celles d'abord ennemies4 ,elle e/ un exemple de cet accroissem5t successif1 indf9i4 ,le *aud langage du patriotisme appelle la ,france la tunique sans c\ture4 ,au contraire1 elle n'e/ faite que de pices c\sues4 ,au mom5t o ces lignes sont crites1 beauc\p de g5s viv5t encore qui ont vu l'annexion de la ,savoie et du ,comt de ,nice4 ,la ,lorra9e et l',alsace dev9r5t franaises s\s ,l\is ,,xiv et la premire ,rvolution4 ,il fut un temps o l',au/rasie et la ,neu/rie s't5dai5t sur notre t]ritoire actuel4 ,elles se dte/ai5t4 ,elles tai5t en gu]re cont9uelle4 ,et1 sans d\te1 le papa neu/ri5 disait son petit g>on3 ,la ,neu/rie1 c'e/ la tunique sans c\ture4 ,il faut aim] la ,neu/rie4 ,il ne faut aim] que la ,neu/rie4 ,il faut dte/] l',au/rasie4 ,c'e/ l'ennemie hrditaire4 ,et puis1 un j\r1 la ,neu/rie et l',au/rasie1 cela s'e/ appel la ,france444 ,dans un autre temps1 notre sol tait morcel en fiefs fodaux1 dont les seigneurs luttai5t sans cesse les uns contre les autres4 ,et j'imag9e encore les langages si diffr5ts que t5ai5t peut-tre leurs enfants les g>di5s de deux =t]esses rivales4 ,l'un d'eux disait3 ,on se battra t\j\rs de *teau *teau4 ,en face1 c'e/ l'ennemi t]nel4 ,dressons le pont-levis4 ,et l'autre3 ,on ne se battra peut-tre pas t\j\rs de *teau *teau4 ,notre vois9 ne s]a peut-tre pas t\j\rs notre ennemi4 ,en y p5sant1 prp>ons ce temps-l4 ,hlas6 ,il n'e/ pas encore v5u4 ,dressons le pont-levis4 ,des deux1 quel tait le sage8 ,a qui le temps donna-t-il raison8 ,on vit en paix entre vois9s de campagne1 entre communes1 entre prov9ces4 ,qui peut prt5dre qu'on ne vivra pas en paix entre nations8 ,et cep5dant ces deux g>di5s dressai5t l'un et l'autre le pont-levis4 ,on peut1 en effet1 croire et travaill] un av5ir amlior sans se drob] aux ncessits prs5tes1 quoi qu'en prt5d5t les patriotes de c>rire4 ,on ne saurait trop y insi/]4 ,a9si1 puisqu'il y a des malfaiteurs1 il s]ait f\ de supprim] la police4 ,mais on doit nanmo9s t5t] de dim9u] le nombre de ces malfaiteurs--p> l'ducation1 la lutte contre les gr&s maux populaires--af9 de p>v5ir rduire la police4 ,de mme1 il s]ait f\ de supprim] l'arme1 puisqu'il y a encore des nations fondes sur la =ce4 ,mais ne doit-on pas essay] de modifi] l'tat d'esprit de ces nations1 de les clair] sur elles-mmes1 af9 d'arriv] rduire les armes8 ,contre cette notion d'une patrie t\j\rs plus va/e1 sans cesse l>gie1 on peut dress] deux objections pr9cipales4 ,la premire e/ tire de l'hi/oire4 ,des empires sont ns1 ont gr&i1 sont p>v5us un dveloppem5t limit1 puis ils ont disp>u4 ,leur exemple semble donc dm5tir cette t5dance un l>gissem5t cont9u1 indf9i1 puisque1 p>v5us leur taille1 leur accroissem5t f9al1 ces empires ont a*ev leur hi/oire1 fur5t rays de la c>te du monde1 au lieu de se fondre dans une plus va/e agglomration4 ,mais l'ide de patrie n'*appe pas la loi de trans=mation univ]selle qui1 p>tant de l'embryon1 t5d sans cesse v]s des organismes plus complets4 ,or1 cette loi procde p> essais successifs4 ,les empires dont l'hi/oire a g>d la trace fur5t des bau*es successives de patries4 ,*acun a pr(it de l'hritage du pass1 a laiss son apport1 a m>qu un pas en avant4 ,les tats qui n\s ont prcds tai5t des organismes plus imp>faits que ceux que n\s ralisons auj\rd'hui4 ,a9si1 leurs div]s lm5ts n'tai5t pas runis p> le rseau des li5s rapides1 des communications in/antanes que n\s possdons actuellem5t4 ,de mme1 dans l'*elle asc5dante des tres1 c'e/ le sy/me n]veux qui va se p]fectionnant4 ,n\s ne sommes qu'un mom5t de le cohsion huma9e4 ,seconde objection3 seuls les hommes qui p>l5t une mme langue s'uniss5t s\s un mme drapeau4 ,c'e/ le signe de ralliem5t1 le trait de race4 ,cette ncessit s'oppose donc l'agglomration d'tats dont les langages sont diffr5ts4 ,il s]ait facile de rpondre que nombre de ,bretons et de ,prov5aux ne p>l5t pas le franais et le dsappr5n5t mme aprs le rgim5t4 ,mais il y a mieux4 ,il exi/e un tat dont les citoy5s1 unis p> un mme idal1 p\ss5t trs haut le s5tim5t patriotique1 et qu'on cite s\v5t en exemple de dmocratie organise4 ,cep5dant1 gr\ps en rgions1 ils p>l5t trois langues3 le franais1 l'allem&1 l'itali54 ,c'e/ la ,suisse1 qui app>at comme le modle rduit des confdrations futures4 ,aprs avoir fait grief au patriotisme de se prs5t] comme immuable1 on doit lui repro*] d'tre uniquem5t gu]ri]4 ,il e/ s+uli] qu'entre les individus d'une mme nation l'in/9ct de solid>it ne soit encore vraim5t invoqu1 cultiv1 que face l'ennemi possible4 ,le drapeau1 signe de ralliem5t1 e/ un emblme belliqueux4 ,ds qu'il devi5t pacifique1 on ne le salue plus4 ,une gu]re v5tuelle ne devrait pas tre l'unique occasion1 p\r les g5s d'un mme pays1 de se s]r] les uns contre les autres1 de communi] dans l'en?\siasme1 de s'entr'aid]1 d'aj\t] leurs ef=ts1 de coordonn] leurs lans gnreux4 ,il y en a mille autres1 des occasions de frat]nelle gnrosit4 ,on imag9e une nation dont les citoy5s dirai5t3 ,unissons-n\s p\r que la patrie soit =te1 mais aussi p\r qu'elle soit belle1 aimable1 brillante1 p\r qu'elle n'ait plus ces plaies abom9ables qui la rong5t3 la misre1 la sottise1 l'inju/ice1 l'alcoolisme4 ,non4 ,un peuple ne vibre l'unisson que s\s la m5ace trangre4 ,il ne s'excite que contre le vois94 ,il ne se t\rne que v]s la frontire4 ,il voit le pril extrieur4 ,il ignore les ennemis intrieurs4 ,il n'y a pas encore de patriotisme pacifique1 de patriotisme productif4 ,on ne conoit pas encore que les savants soi5t des patriotes au mme titre que des (fici]s4 ,c'e/ trs beau de m\rir p\r sa patrie1 mais il faudrait aussi vivre p\r elle4 ,que ft-il adv5u de t\tes les dc\v]tes1 si les inv5teurs n'avai5t pas affront le l5t m>tyre de leurs ef=ts et de leurs dceptions8 ,imag9e-t-on un propritaire qui mettrait t\te son ardeur df5dre son doma9e contre les vois9s et qui ne g>d]ait ri5 de son activit p\r le p>] et l'enri*ir8 ,c'e/ a9si que vivait le seigneur fodal4 ,dans son *teau-=t1 nul bi5 tre1 nul agrm5t4 ,t\t y tait sacrifi la cra9te de l'envahisseur4 ,ce n'tait que fosss1 murailles1 travaux de df5se et de guet4 ,les *teaux ne comm5cr5t s'embellir que lorsqu'ils cessr5t de se =tifi]4 ,entre elles1 les nations en sont au moy5 ge4 ,ce c>actre uniquem5t gu]ri] du patriotisme e/ si m>qu qu'il exi/e d'admirables socits p\r les blesss militaires1 fonctionnant fbrilem5t vide1 ou s'entranant1 se faisant la ma9 dans les expditions coloniales4 ,mais il n'y en a pas d'quival5tes p\r les blesss civils1 bi5 que l'us9e et le taudis soi5t des *amps de bataille quotidi5s4 ,ce patriotisme1 t\t en c>apace1 po9tes en dehors1 sans *air intrieure1 se hrisse uniquem5t contre les prils de l'heure4 tant gu]ri]1 il t\ffe le patriotisme pacifique4 ,voil son gr& mfait4 ,il rugit si l'on murmure que ces prils p\rrai5t cess] d'exi/]4 ,p\rtant il suffirait que les peuples m5acs p> la gu]re ne v\luss5t pas la gu]re1 que leur volont unanime ft vraim5t la rsultante de t\tes les volonts4 ,mais le patriotisme ne veut ri5 ent5dre4 ,il /igmatise des mots les plus avilissants ceux qui s\hait5t de prp>] un tel tat d'esprit4 ,il prdit la gu]re4 ,il l'appelle presque4 ,la preuve8 ,qu'une gu]re lo9ta9e clate--expdition coloniale ou lutte entre demi-civiliss--ce patriotisme se t\rne en ricanant v]s les pacifi/es4 ,il triomphe4 ,il l'avait bi5 dit1 qu'il y aurait t\j\rs des gu]res4 ,il n\s dit encore3 ,les b>b>es vont c\l] sur n\s comme aux premi]s sicles4 ,leurs hordes sont nos portes4 ,hlas6 c'e/ possible3 il y a des patriotes enflamms dans t\s les pays4 ,il e/ possible que les *angem5ts rc5ts surv5us dans l'organisme europen n'ai5t pas encore eu le temps de faire s5tir leurs effets bi5faisants1 de triomph] de la folie gu]rire4 ,c> il exi/e des int]nationalismes p>tiels1 dont des congrs frqu5ts sont les signes trop inap]u4 ,en p>ticuli]1 un int]nationalisme f9anci]1 d'une s5sibilit extrme1 d'une puissance incalculable1 et qui prside peut-tre nos de/9es4 ,le rseau des communications int5ses et rapides1 t5du sur les tats1 e/ t\t neuf4 ,le *em9 de f] a soixante-dix ans1 le tlphone qu>ante ans1 l'auto v+t ans1 la sans-fil et l'aviation dix ans4 ,t\t cela ti5t dans la dure d'une vie huma9e4 ,comm5t prt5dre1 en un si c\rt laps de temps1 mesur] les effets de ces modifications pr(ondes dans la vie de relation8 ,il faut l'av\]4 ,ce patriotisme qui n'a qu'en?\siasme p\r les travaux de la gu]re et que s>casmes p\r les travaux de la paix1 ce patriotisme e/ s]vi p> l'me populaire1 si r\t9ire1 si l5te se ralis]1 pr5dre consci5ce d'elle-mme4 ,au ,x,xe sicle1 on p>le de la gu]re avec la mme rsignation1 le mme fatalisme1 que de la mort4 ,il semble que ce soi5t deux flaux galem5t 9vitables4 ,au c9ma1 des femmes du peuple1 reg>dant dfil] des scnes abom9ables d'une rc5te gu]re ori5tale1 disai5t1 les doigts au creux de la j\e3 ,quelle horreur6 ,d'autres f]mai5t les yeux4 ,et ces mmes f\les1 des deux cts de la frontire1 ne se dis5t pas encore3 ,p\rtant1 si n\s ne v\lions pas n\s tu]8 ,cette rsignation la b>b>ie de la gu]re app>at encore plus surpr5ante qu& on la comp>e la m5talit gnrale4 ,nul d\te que les murs ne soi5t mo9s rudes que dans le pass4 ,n\s ne con/atons pas leurs progrs1 mais ils sont rels4 ,et le contra/e e/ clatant entre ces murs ad\cies1 polices1 et l'indulg5ce rsigne p\r la frocit gu]rire4 ,qu& un m9eur ou un puisati] e/ enseveli s\s un b\lem5t1 t\te la nation frmit p\r cette vie huma9e4 ,on suit avec angoisse dans les j\rnaux les progrs des travaux de sauvetage4 ,le retir]a-t-on mort ou vivant8 ,et puis1 que qu>ante mille hommes priss5t en un j\r de bataille1 on ne s'm\vra pas4 ,on lira sans rvolte3 ,l'artill]ie a fait m]veille444 ,qu&1 en ple9e paix1 l'quipage d'un s\s-m>9 ou d'un cuirass prit dans une cata/rophe1 c'e/ un deuil national4 ,les pauvres g5s1 comme on les pla9t6 ,on pleure1 on enqute4 ,mais on ne se dit pas que dans une seule r5contre1 il en prirait c5t fois1 mille fois davantage6 ,ce c>nage belliqueux1 on l'admet1 on l'accepte--d'avance4 ,on ne fait pas t\t ce qui e/ moralem5t possible p\r l'vit]4 ,ce contra/e n'e/-il pas frappant8 ,supposez deux villas vois9es1 la campagne4 ,l'un des propritaires s'arme jusqu'au toit4 ,un j\r1 il massacre t\s ses vois9s4 ,lui-mme a p]du dans la bag>re quelques-uns des si5s4 ,quel tolle si les juges proclamai5t3 ,les droits qu'il a si *rem5t acquis la conqute sont sacrs4 ,la proprit vois9e lui app>ti5t4 ,c'e/ cep5dant le langage que ti5t1 d'un cons5tem5t unanime1 la diplomatie aut\r des belligrants1 la lutte t]m9e4 ,il y a une grce d'tat p\r les *oses de la gu]re4 ,p\rtant1 on devrait cess] de se rsign] ds qu'on exam9e les misrables causes d'une gu]re4 ,faut-il p>l] de ses causes app>5tes2 m9uscule incid5t1 prt5tions diplomatiques8 ,elles sont d'un comique s9i/re1 tant elles sont follem5t dmesures avec les indicibles ravages qu'elles vont d*an]4 ,d]rire ces raisons de p>av5t1 s'abrit5t les vrais apptits4 ,mais qu'il s'agisse d'un trne consolid]1 d'une div]sion des tr\bles intrieurs1 de grosses convoitises de t]ritoire ou d'arg5t1 qu'importe8 ,ri5 de t\t cela n'intresse le bonheur des deux peuples qu'on va jet] l'un sur l'autre4 ,et enf91 d]rire ces mobiles app>5ts ou rels1 il y a les agissem5ts pr(onds1 ceux qui ont r5du la gu]re possible1 en la dcl>ant 9vitable4 ,il y a une c]ta9e presse qui travaille les masses de ses f]m5ts actifs et dont les m5eurs obiss5t t\r t\r--ou t\s ensemble--au *auv9isme1 la folie des gr&eurs1 aux t5tations de la ,b\rse1 aux apptits mtallurgi/es1 au dsir de flatt] les primitifs in/9cts de leur cli5tle4 ,et si l'atroce conflit clate1 qui ret>d]a de plusieurs sicles la civilisation t]re/re1 on retr\v]a peut-tre1 p>mi les artisans inconsci5ts de l'uvre abom9able1 quelques hommes au p\voir qui1 croyant s]vir leur ambition et peut-tre mme leur pays1 n'auront s]vi que d'troits intrts et de longues rancunes de ca/e4 ,enf91 il y a le patriote *auff1 le bon patriote1 comme ils dis5t4 ,oh6 ceux-l sont les gr&s c\pables4 ,d'autant plus inexcusables que1 t\t en v]sant de *audes l>mes sur l'ab&on des gr&s idals du pass1 sur la monte de l'individualisme1 ils suiv5t1 eux aussi1 dans le t]re--t]re de la vie1 l'humble morale du bonheur4 ,ils n'ont jamais t pr(ondm5t influ5cs p> la foi qu'ils pr(ess5t4 ,dans l'exi/5ce1 ils se conduis5t comme de simples pacifi/es4 ,t\t en maudissant le progrs1 ils en us5t4 ,mais non1 ils ne veul5t pas en conv5ir4 ,ah6 ceux-l1 p\rquoi ne peut-on pas leur cri] que le culte de la p]sonne huma9e--ce culte qu'ils s]v5t p\r eux-mmes--entrane celui de la collectivit1 mais non po9t d'une collectivit rduite un co9 de t]re4 ,je maudis leur doctr9e de ha9e4 ,ils veul5t *ass] l'trang]1 ses reprs5tants1 ses produits4 ,qu'advi5drait-il donc de notre ri*esse1 si l'trang] appliquait la loi du talion1 supprimait le bi5faisant *ange8 ,je les maudis de battre monnaie avec un idal qu'ils considr5t comme sacr1 en mettant au j\r des romans1 des pices--dont ils t\*5t les droits--qui exploit5t un *auv9isme exaspr4 ,je maudis le patriote de table d'hte1 celui qui dc]ne des diplmes de bon franais1 qui les dti5t1 qui en a le monopole4 ,celui qui veut sur la nappe un pot de m\t>de franais1 bi5 franais4 ,et qui l\*e sur son vois9 ds que la c\rbe de son nez ne lui p>at pas bi5 franaise4 ,celui qui ravale l'homme au rang de la bte1 en le p\ssant fonc] sur quiconque ne lui ressemble pas4 ,oh6 celui-l1 j'appelle de t\s mes vux sa disp>ition de la surface de la t]re4 ,je n'ai de ha9e que p\r la ha9e444 99 99 99 99 99 ,beauc\p d'esprits n'imag95t pas encore les tats-,unis d',europe4 ,cep5dant1 on peut dire que cette prvision e/ dj ralise c]ta9s yeux4 ,si elle n'exi/e pas dans le temps1 elle exi/e dans l'espace4 ,en effet1 p\r l',amrica9 du ,sud1 p> exemple1 la ,france1 l',anglet]re1 l',allemagne1 l',espagne1 l',italie1 sont dj des dp>tem5ts d',europe4 ,de mme que n\s associons1 que n\s confondons dans l'loignem5t1 le ,brsil1 le ,pr\1 l',arg5t9e1 le ,*ili444 ,et cep5dant ces nations1 elles aussi1 ont creus entre elles les fosss du patriotisme4 ,mais dj n\s les rappro*ons4 99 99 99 99 99 ,un *auffeur1 qui avait fait ,pk9-,p>is en automobile1 me disait qu'il avait eu le mme battem5t de cur en voyant le poteau ,europe en quittant l',asie qu'en voyant le poteau ,france au ret\r d'un voyage en ,italie4 ,ce simple trait ne montre-t-il pas ce qu'il y a de transitoire dans le gr\pem5t actuel8 99 99 99 99 99 ,dans un salon1 on admet qu'il y ait un banqui]1 un arti/e1 un prolifique1 un clibataire4 ,et dans le gr\pe europen1 *acun veut tre au premi] rang1 en t\t4 ,p\rquoi n'y aurait-il pas la nation arti/e1 la nation ri*e1 etc48 99 99 99 99 99 ,les nations rappell5t ces filles lgres et *angeantes qui1 habitant la mme hospitalire maison1 se disput5t1 se f*5t1 se rconcili5t1 t\j\rs excessives dans leurs manife/ations de ha9e et de t5dresse4 ,v\lez-v\s p5s] aux relations de la ,france et de l',anglet]re depuis c5t ans1 de ,wat]loo l',ent5te cordiale1 en passant p> la ,crime et ,fa*oda8 99 99 99 99 99 ,l'ide de patrie e/ subtile4 ,la dette contracte env]s les morts1 la cons]vation du patrimo9e d'uvres et d'ef=ts accomplis avant n\s1 l'atmosphre p>ticulire1 la faune1 la flore1 les c\tumes considres comme des reflets du ciel qui les dom9e1 autant de notions trs tnues1 trs dlicates4 ,et on peut s'tonn] que ce soit au nom de s5tim5ts presque insaisissables1 qu'on dem&e aux hommes les plus incultes les suprmes sacrifices4 ,mais on rpond qu'ils en ont l'in/9ct4 ,et il faut aj\t] aussi qu'on a d habill] ces s5tim5ts1 les pavois]1 les r5dre plus p]ceptibles en les s\t5ant de gr&s mots sonores1 am\r sacr1 honneur1 gloire444 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,adaptations ,,*apitre ,,premi] ,,de ,l',,ducation3 ,,pr9cipes ,,et ,,moy5s ,d',,action ,p\r bi5 se pntr] du rle norme que l'ducation devrait j\] dans la vie du pays et de la famille1 il faut rfl*ir qu'elle ne doit pas se propos] seulem5t de r5dre nos enfants aussi heureux et aussi arms que possible4 ,non4 ,elle a aussi une porte sociale4 ,elle e/ notre seul moy5 vrai de travaill] au progrs moral4 ,c> n\s ne p\vons n\s amlior] que dans nos enfants4 ,le c>actre de l'adulte ne se modifie gure4 ,il a ses traits arrts1 comme le visage4 ,quel *agr91 p>fois1 malgr les plus f]mes rsolutions1 de con/at] qu'on ne p>vi5t pas r$ress] sa nature444 ,et alors1 cette consolation n\s re/e3 t\s les fruits dcevants de notre expri5ce1 n\s allons en faire pr(it] ceux qui sont ns de n\s4 ,nos ef=ts v]s le mieux1 n\s allons t\t de mme leur faire t\*] le b2 ce s]ont nos enfants qui les ralis]ont1 qui en pr(it]ont4 ,c>1 *ez eux1 la sub/ance e/ encore t5dre1 pla/ique4 ,il y a une n\rriture et une or?opdie morales1 vraim5t efficaces4 ,t\tes ces qualits que n\s rvions p\r n\s-mmes1 n\s les en p>]ons4 ,ils les auront p\r n\s4 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue social1 n\s soignons nos ulcres et non pas notre sang4 ,n\s emprisonnons1 n\s hospitalisons t\s les d*ets huma9s1 ns de notre mauvaise organisation1 et n\s ne *]*ons pas atte9dre le mal sa s\rce4 ,ici app>at un des rles de l'ducation4 ,elle seule peut faire compr5dre aux hommes leur vritable intrt2 elle seule peut vit] que ne soi5t jets la circulation tant d'lm5ts nuisibles1 c> elle peut seule crer une m5talit enf9 rvolte contre des conditions sociales qui p]mett5t l'closion1 la mise au j\r de tant de d*ets lam5tables4 99 99 99 99 99 ,p\r amlior] une race1 il ne faut gure compt] sur les lois1 qui ne sont que l'enjeu des luttes de p>tis4 ,il faut agir directem5t sur ses murs4 ,c'e/ l'uvre de *acun1 qui ti5t a9si un peu de l'av5ir dans ses ma9s4 ,et l'action la plus facile1 la plus logique1 la plus urg5te1 ne doit-elle pas s'ex]c] sur l'ducation1 p> l'ducation8 99 99 99 99 99 ,n\s ne p\vons prp>] un meilleur tat social qu'en pntrant nos enfants des mon/rueuses iniquits qui d%onor5t notre poque1 qu'en leur montrant ensuite comm5t l'difice enti] p\rrait tre re/aur pi]re pi]re1 selon nos rves4 ,il faut les frapp] d'exemples qui les pntr5t jusqu'au cur4 99 99 99 99 99 ,l'ducation e/ bi5 fonde sur l'imitation4 ,mfions-n\s de ce fait4 ,que d'enfants pr5n5t les faons de salu]1 de p>l]1 de leurs p>5ts6 ,et1 la meilleure preuve que l'ducation e/ base d'imitation1 c'e/ que l'enfant n'appr5d p>l] qu'en appelant les *oses comme il les ent5d appel]4 ,il en va de mme de ses autres acquisitions4 ,avez-v\s rfl*i que n\s accomplissons un acte norme qu& n\s appr5ons notre enfant le nom d'une *ose8 ,cela n'a l'air de ri51 mais c'e/ le symbole de l'ducation4 ,ce petit ne savait pas comm5t appel] cette *ose4 ,il ne sait ri54 ,c'e/ la page blan*e4 ,n\s prononons un nom4 ,dsormais1 l'enfant appell]a1 de p> n\s1 cette *ose p> ce nom444 ,mais1 direz-v\s1 ce n'e/ pas une bi5 grave responsabilit1 puisque cette *ose s'appelle a9si du cons5tem5t unanime4 ,d'accord4 ,mais n\s lui appr5ons des ides1 de la mme faon que des mots4 ,et1 s\v5t1 il re/]a aussi troitem5t fidle aux ides qu'aux mots4 ,il cont9u]a d'appel] cuill]1 comme n\s le lui avons appris1 l'u/5sile qui lui s]t mang] sa s\pe4 ,de mme1 il cont9u]a de p5s] sur les usages1 la famille1 la socit1 la politique1 comme n\s le lui avons appris4 ,qu& v\s enseignez un mot1 qu& v\s inculquez une ide1 songez la gravit de votre acte444 99 99 99 99 99 ,l'enfant e/ absolu4 ,il e/ extrme4 ,il hurle p\r un t\t petit caprice4 ,ses ge/es sont exagrs4 ,il n'a pas le s5s du ju/e milieu4 ,et c'e/ une des t*es de l'ducation de l'am5] la pondration1 la coord9ation1 l'quilibre1 comme on rgle une balance in/able1 excessive1 jusqu' ce qu'elle indique les poids sans faire d'abord des oscillations dsordonnes4 99 99 99 99 99 ,ayons de l'loignem5t p\r l'espigle1 l'enfant t]rible4 ,il e/ d'un exemple nfa/e4 ,ses dfauts1 qu'on admire1 ne sont pas les traits vritables de l'enfance4 ,oui1 l'enfant doit pass] p> t\tes les tapes de l'humanit--il la recomm5ce--mais faisons-lui fran*ir les tapes +rates au pas r$\bl4 ,et mfions-n\s aussi de cette indulg5ce aux fr$a9es1 que les enfants reti5n5t3 ,il faut bi5 que jeunesse se passe6444 ,il jette sa g\rme6444 ,folle avo9e6444 ,c'e/ s\s ce manteau-l qu'on ca*e tant de hontes et qu'on prp>e tant de maturits frelates4 99 99 99 99 99 ,qu& des enfants se passionn5t p\r un jeu1 une besogne1 il ne faut pas les en dt\rn] brusquem5t1 mme s'ils s'y absorb5t trop4 ,c> la crature s'atta*e ce dont on l'loigne1 comme elle s'c>te de ce qu'on lui impose4 99 99 99 99 99 ,il faudrait p\voir class] les dfauts des autres dans l'esprit de l'enfant1 ses yeux1 en dfauts curables et dfauts incurables4 ,bi5 pntr de cette notion1 il ne se moqu]a jamais d'un infirme1 d'un disgraci1 p>ce qu'il s]a bi5 p]suad que ceux-l n'y peuv5t ri54 ,il rs]v]a sa v]ve et son in/9ct critique p\r le petit cam>ade prt5tieux1 la petite amie frivole4 ,ceux-l1 les blagu]1 c'e/ un peu les soign]4 ,c'e/ un critrium trs sr1 ce s5s du corrigible et de l'incorrigible4 ,faisons un ret\r sur n\s-mme4 ,n\s savons =t bi5 ceux de nos trav]s que n\s p\vons ou que n\s ne p\vons pas r$ress]4 99 99 99 99 99 ,le gr&e infirmit incurable1 c'e/ la vieillesse4 ,enseignons bi5 aux enfants ne pas la raill]4 ,c]tes1 ils ne peuv5t press5tir l'incessante1 la pa?tique angoisse1 les t\rnants tragiques de cette desc5te la mort4 ,mais qu'ils s'acc\tum5t la contempl] avec autant de gravit que la mort mme4 ,qu'ils ne la mpris5t pas1 qu'ils en ai5t piti4 ,si n\s n't\ffons pas dans leur cur ce g]me de dda9 cruel que n\s inspire n\s-mme la vieillesse1 ils le p]ptu]ont4 ,n\s dc\vrons sur notre vois9 les signes de l'ge avec une jubilation froce1 une sorte de mpris impitoyable4 ,il n\s p>at dim9u1 d*u1 t]re4 ,un f>\*e hallali sonne en n\s4 ,et n\s aurions peut-tre beso9 n\s-mme1 ce mme mom5t1 d'indulg5ce et de compassion4 ,n'e/-ce pas effrayant que deux amants1 remis face face aprs avoir t longtemps sp>s p> la vie1 au lieu d'tre att5dris d'abord p> leurs communs s\v5irs1 p5s5t avant t\t1 cruellem5t3 ,comme il a vieilli444 ,comme elle a vieilli444 99 99 99 99 99 ,le colre1 le mpris1 la tri/esse1 l'ironie1 imprim5t *acun aux traits huma9s une expression p>ticulire4 ,et1 inv]sem5t1 p> une sorte d'in/9ct atavique1 en voyant ces expressions sur un visage1 n\s dcidons qu'il e/ irrit1 mprisant1 tri/e1 ou railleur4 ,mais cette proposition inv]se n'e/ pas t\j\rs vraie4 ,et voil une rem>que faire entr] dans l'esprit des enfants4 ,il suffit d'un pli1 d'un relief lg]1 sculpt dans notre *air1 p\r que notre masque exprime ces div]s tats d'esprit4 ,et l'individu qui porte ce masque n'e/ pas t\j\rs dans cet tat4 ,s'il a les traits tombants1 on dit qu'il e/ tri/e4 ,si sa lvre se retr\sse1 on dit qu'il e/ mprisant4 ,qui sait8 ,il e/ peut-tre intrieurem5t trs gai1 ou il ne mprise peut-tre p]sonne4 ,et qui plus e/1 il ne sait peut-tre pas qu'il a l'air tri/e1 ou mprisant4 ,le prov]be3 ,ne jugeons pas les g5s sur la m9e1 pr5d ici son s5s le plus =t4 ,c> cette m9e modele p> le c\p de p\ce fantaisi/e de la nature1 n'exprime pas t\j\rs les s5tim5ts qui s'agit5t d]rire elle4 99 99 99 99 99 ,que les enfants soi5t mis en g>de contre les mfaits du sil5ce4 ,plus on e/ muet1 p>esseux p>l]1 plus on se rappro*e du vgtal1 des rgnes naturels qui n\s ont prcds4 ,la p>ole1 l'criture1 t\s les moy5s de correspondre entre les huma9s1 sont des acquisitions1 des signes de culture4 ,en pr(it]1 c'e/ all] dans le s5s de l'av5ir4 ,les ddaign]1 c'e/ all] en s5s contraire4 ,ah6 ,le mal que peut faire le sil5ce1 entre compagnons de vie444 ,il faut se le reprs5t]1 p\r le va9cre4 99 99 99 99 99 ,mlons autant que possible nos enfants notre exi/5ce4 ,il y a des enfants soigns1 peigns1 comme des plates-b&es de p>t]re1 mais t5us dans l'ignorance1 l'c>t de la vie4 ,ils ne doiv5t ri5 savoir de ce qui se passe hors de leur salle d'tudes4 ,ils sont prisonni]s4 ,on les a tellem5t discipl9s1 faonns1 qu'ils ne sont pas eux-mmes4 ,ils n'ont pas d'lans1 de ge/es spontans4 ,ils n'os5t mme plus lev] la voix4 ,ils t\ff5t4 99 99 99 99 99 ,acc\tumons les enfants s]r] de prs les projets4 ,donnons-leur l'exemple4 ,projetons-n\s--le mot l'indique--dans l'av5ir4 ,n\s n\s v]rons alors aux prises avec de petites difficults de dtail qui ne n\s tai5t pas t\t d'abord app>ues4 ,elles ne doiv5t pas n\s dc\rag]4 ,mais n\s devons n\s +ni] d'avance les rs\dre4 ,ce petit travail d'anticipation n'e/ pas du travail p]du4 99 99 99 99 99 ,la mre franaise e/ grondeuse4 ,elle a la ma9 le/e et la tape s*e4 ,sans cesse elle rprim&e1 elle h\spille ses enfants1 qui f9iss5t p> ne plus ent5dre4 ,qu& une femme int]pelle un enfant d'une voix imprieuse1 on peut affirm]3 c'e/ la mre4 ,combi5 un mot calme et bi5 plac re/e plus efficace6 ,e/-on sr que les enfants ne devi5n5t pas dsobissants cause de ce manque de pre/ige1 de cet avilissem5t de la rprim&e8 99 99 99 99 99 ,il faut insi/] sur ce p5*ant de la mre franaise se rp&re en grond]ies1 en rprim&es1 si nombreuses1 si cont9ues1 que l'enfant ne prte plus d'att5tion ces obs]vations en *apelet et n'en g>de plus qu'une confuse impression de tri/esse1 celle que lui donne la *ute cont9ue d'une av]se4 ,il les range au nombre des calamits naturelles4 99 99 99 99 99 ,il arrive ceci3 c'e/ qu'en ,france1 l'enfant n'ent5d jamais signal] que ses dfauts4 ,jamais on ne vante ses qualits4 ,s'il e/ bon de r$ress] ses trav]s1 il s]ait salutaire d'exalt] et d'accrotre p> la l\ange ses dons4 ,l'enfant ne connat de lui-mme1 p\r se les tre ent5du repro*]1 que ses trav]s4 ,le femme1--et mme l'homme1 y rfl*ir--ne s'ent5d clbr] que dans l'am\r4 ,p\r la premire fois1 un autre tre r5d hommage ses v]tus1 ses beauts1 ses grces4 ,et je me dem&e si ce n'e/ pas un des secrets de la t\te-puissance de l'am\r4 99 99 99 99 99 ,dans la b\rgeoisie franaise1 les enfants en bas ge accap>5t la mre4 ,elle ne vit que p\r eux4 ,elle ne vit pas p\r elle4 ,et c'e/ p\rtant la fleur de sa jeunesse4 ,puis1 au contraire1 plus t>d1 elle met ces mmes enfants en p5sion1 elle ne les voit presque plus4 ,t\j\rs le manque d'h>monie1 de mesure4 99 99 99 99 99 ,il exi/e un moy51 p\r la jeune mre b\rgeoise1 de se v\] mo9s uniquem5t la premire ducation de ses enfants et de p\voir pr(it] a9si des plus *>mantes annes de son exi/5ce4 ,p\rquoi ne pas confi]1 de plus en plus1 les petits-enfants aux gr&s-p>5ts8 ,t\t milite en faveur de cette t5dance4 ,la gr&-mre n'e/ plus l'aeule en *eveux blancs des cli*s conv5us4 ,elle e/ active1 allante4 ,elle peut assum] la t*e4 ,et d'un cur d'autant meilleur qu'elle a t\t de mme r5onc en p>tie l'agitation du monde et qu'elle a1 p\r ses petits-enfants1 une mansutude1 une pati5ce1 une d\ceur1 que n'ont pas t\j\rs les mres4 99 99 99 99 99 ,il y a des mres trs malheureuses4 ,peut-tre sont-elles les artisans de leur propre malheur4 ,peut-tre en faut-il voir les causes dans la s*e svrit de la premire ducation1 puis dans l'ab&on de l'int]nat4 ,il faut avoir le c\rage d'ouvrir les yeux des enfants sur ce gr& et tri/e drame1 qui fait tant de victimes4 ,il s'agit de ce mal5t5du si frqu5t1 bi5 plus frqu5t qu'on ne croit1 entre la mre et ses enfants4 ,elle les aime et elle ne p>vi5t pas s'en faire aim]4 ,elle se pla9t de ne pas les avoir prs d'elle et1 qu& elle les a1 elle les accable d'obs]vations1 elle leur r5d ces runions pnibles4 ,il y a alors1 *ez ces enfants1 un s5tim5t qui n'a de nom dans aucune langue4 ,ce n'e/ pas de la ha9e1 de l'loignem5t1 de l'ho/ilit4 ,non4 ,je le rpte4 ,cela n'a pas de nom4 ,enf91 ces enfants et leur mre ne se compr5n5t plus4 ,*aque fois qu'ils t5t5t de s'tre9dre1 dans un lan1 ils se heurt5t et se bless5t4 ,et ce sont l1 je le rpte1 des mres trs malheureuses1 trs d\l\reuses4 ,elles ont beauc\p d'am\r ref\l dans le cur4 ,et qu& elles veul5t le montr]1 elles se s5t5t maladroites4 ,il leur p>at qu'on accueille mal leurs c>esses4 ,il leur jaillit des mots diffr5ts des mots qu'elles v\drai5t dire4 ,quel calvaire devi5t alors leur exi/5ce444 ,et les enfants compr5n5t t>d--avec quelle affreuse mlancolie--le mal5t5du qui les a sp>s de leur mre4 ,aussi faut-il le dnonc]1 s'ef=c] de le dissip] temps4 99 99 99 99 99 ,l'enfant doit appr5dre vivre ds qu'il comm5ce vivre4 ,de sa premire anne dp5dront t\tes ses annes4 ,on doit appliqu] p\r a9si dire ds la naissance les pr9cipes dont on ent5d s'inspir]4 ,c'e/ une ncessit capitale4 ,plus l'ducation devi5t une sci5ce1 plus cette influ5ce initiale app>at dcisive4 ,le petit tre que n\s portons dans nos bras e/ d'une pla/icit incomp>able4 ,a ce mom5t de son exi/5ce1 l'action du milieu s'ex]ce pr(ondm5t sur les in/9cts hrditaires1 encore inconsi/ants et l'or?opdie morale peut accomplir des miracles4 ,le livre1 le ?tre mme1 ont montr l'importance du *oix de la n\rrice sur la de/9e de l'enfant4 ,ils ne se sont pas att>ds1 que je sa*e1 devant une vue que m'a dvoile la presci5ce d'un illu/re physiologi/e4 ,si la n\rrice communique srem5t l'enfant des t>es de son tempram5t physique1 peut-tre lui donne-t-elle aussi quelques-uns des gr&s traits de son c>actre4 ,il e/ possible qu'il devi5ne un peu breton1 ou norm&1 ou gascon1 selon le lait qu'il a suc4 ,les enfants n\rris p> une *vre ne g>d5t-ils pas quelque *ose de capricant8 ,on a t\t dit des so9s qui doiv5t ent\r] les premires s5sations de l'enfant qui s'ouvre la vie4 ,que ri5 ne l'(f5se1 que t\t le flatte1 de ce qu'il voit1 ent5d1 gte1 t\*e et respire4 ,qui sait si des s5s heureux ne prp>5t pas une me heureuse8 ,on a t\t dit de la ncessit1 ds cette premire anne de l'enfant1 de =tifi] en lui les bonnes habitudes1 de bris] les mauvaises1 de combl] ses ju/es dsirs et de rsi/] f]me ses caprices malicieux4 ,la biblio?que de la premire ducation e/ ri*e en conseils4 ,l'un d'eux mrite p\rtant qu'on s'y arrte encore4 ,puisque l'enfant appr5d la langue qu'il ent5d1 enseignons-lui t\t de suite un langage correct4 ,ne lui p>lons pas bb4 ,n'employons pas n\s-mmes ces mots purils qu'il balbutie et qu'il devra ensuite dsappr5dre4 ,p\rquoi appel] devant lui tuture un objet qu'il devra f9alem5t appel] voiture8 ,ne tombons pas dans le trav]s de ces g5s qui1 p\r se faire compr5dre d'un anglais1 lui p>l5t franais avec un acc5t britannique4 99 99 99 99 99 ,il n'y a pas de pire moy5 d'ducation que la viol5ce4 ,les gr&s clats de voix1 les aigres grond]ies1 sont inefficaces4 ,n\s l'avons dit3 l'enfant s'y acc\tume et cesse bi5tt de les ent5dre4 ,dans les *amps1 la plup>t des *>reti]s mn5t leurs *evaux gr& r5=t d'effroyables jurons4 ,mais bi5tt ils ne peuv5t plus se dpass] eux-mmes en viol5ce4 ,et leurs hurlem5ts sont sans action4 ,au contraire1 le taciturne obti5t t\t d'un mot qui porte4 ,proscrivons aussi la m5ace du pre ,f\ett>d et autres ,croquemita9es4 ,a quoi bon peupl] l'imag9ation des enfants de fantmes d'p\vante8 ,la ralit leur rs]ve assez de visions d'effroi sans que n\s en aj\tions4 ,enf91 n'usons pas des punitions corporelles4 ,la gifle n'e/ qu'une d*>ge de la colre4 ,de sang-froid1 on la regrette4 ,elle s\lage qui la donne4 ,elle ne gurit pas qui la reoit4 ,n'en usons donc pas1 ni du m>t9et1 ni de la fesse1 de la pote d'eau froide1 ni du cab9et noir4 ,t\te cette purile torture a les effets de la vraie torture4 ,elle inspire t\tes les sugge/ions1 t\tes les l*ets de la peur4 ,je suis p]suad que la plup>t des enfants m5t5t p> cra9te du *tim5t4 ,c'e/ le moy5 de df5se des faibles4 99 99 99 99 99 ,au lieu de la punition qui n'explique ri51 il faut mettre des fre9s sur la r\te des mauvais p5*ants4 ,il faut1 p> exemple1 reprs5t] vivem5t les consqu5ces de la glissade v]s le mal4 ,c'e/ le ,att5tion6 ,t\rnant dang]eux1 qui vite au *auffeur la culbute4 ,ri5 ne vaut la pe9ture des suites successives d'une sottise initiale p\r en dt\rn] un enfant4 ,dans les ,impressions de ,voyage en ,suisse1 ,dumas pre raconte l'av5ture d'un jeune ,anglais timide4 pris d'une jeune fille1 il e/ invit *ez le pre de l'idole4 ,comme entre de jeu1 il crase1 dans un salut correct1 l'orteil g\tteux du vieux "l4 ,tr\bl p> ce db1 il accro*e un tapis de table o pose un encri]4 ,le liquide se rp&4 ,il l'tan*e avec son m\*oir qu'il remet dans sa po*e4 ,mais la f9 du repas1 il avale une b\*e de pudd+ brlant et s'ponge la face du m\*oir ple9 d'encre4 ,le voil ngre4 ,la gal]ie n'y rsi/e plus4 ,elle clate de rire4 ,le pauvre jeune homme s'enfuit4 ,il n'p\s]a pas l'adore4 ,a9si s'en*an5t les bvues4 ,que de fois n'a-t-on pas l'occasion d'voqu] l'hi/oire de l',anglais timide8 99 99 99 99 99 ,une des consqu5ces de la fusion entre le physique et le moral1 c'e/ de soign] les trav]s de la mme faon que les maux du corps4 ,a9si qu'on l'a vu propos du dt]m9isme1 le pr9cipal moy5 de cure contre la t5tation de mal faire consi/e se reprs5t] =tem5t t\s les inconvni5ts de l'acte commettre4 ,on se les mettra devant les yeux et on tr\v]a a9si une raison de rsi/ance4 ,on puis]a la =ce de se livr] cette exhortation dans l'in/9ct qui n\s s\ffle de re/] en sant morale1 de ne pas n\s nuire4 ,c'e/ le remde prv5tif4 ,on p\rra aussi s'appliqu] *app] la t5tation en s'occupant =tem5t une autre besogne attirante4 ,c'e/ le remde rvulsif1 celui qui aiguille sur d'autres voies l'ardeur et le dsir4 99 99 99 99 99 ,un pre devrait t\j\rs tre indulg5t aux trav]s de son fils3 il ne sait jamais s'il ne les lui a pas lgus444 99 99 99 99 99 ,au lieu de punir1 de se montr] autoritaire1 je v\drais qu'on ex]t sur l'enfant du pre/ige1 cet asc5dant que n\s acqurons p>fois sur nos amis1 notre ent\rage4 ,et cela ds la t\te petite enfance4 ,c'e/ cette sorte de respect bl\i qu'il faut lui inspir] p\r le dirig]1 jusqu'au j\r o n\s p\rrons agir sur sa s5sibilit et sa raison1 ces deux rnes idales4 ,comm5t l'obt5ir8 ,jamais1 en t\t cas1 avec des c\ps4 ,ce pre/ige1 c'e/ de notre op9itret v\loir nos desse9s1 c'e/ de la dignit de notre attitude qu'il doit natre4 ,n\s devons donn] l'enfant la notion de notre f]met comme de la solidit des murs1 de la cl>t du j\r4 ,un s\rcil fronc1 une voix simplem5t durcie1 val5t alors t\tes les imprcations du monde4 ,un autre mot me satisf]ait autant que le pre/ige p\r df9ir ce p\voir ncessaire avant l'veil du cur et de l'intellig5ce3 c'e/ la cra9te1 mais la cra9te au s5s div9 du mot4 ,c> n\s sommes1 n\s devons tre p\r le t\t petit une sorte de div9it4 ,c'e/ de n\s qu'il ti5t t\te sa morale de b]ceau4 ,ce qu'il doit faire et ne pas faire1 c'e/ ce que n\s p]mettons et df5dons4 ,provisoirem5t1 n\s sommes sa consci5ce6 ,et voil en quoi1 devant le gr& obs]vateur qu'e/ le petit enfant1 n\s devons surveill] nos ge/es1 nos p>oles1 p>atre en beaut1 comme des dieux qui s]ai5t visibles4 ,ce pre/ige1 qui n\s s]t qu& l'enfant s'veille pe9e la vie1 dans les premires annes de son exi/5ce1 il faut le g>d] ses yeux qu& il comm5ce compr5dre et s5tir4 ,c'e/ plus difficile1 mais c'e/ aussi ncessaire444 99 99 99 99 99 ,n\s n\s enorgueillissons p> trop1 devant les enfants1 de notre expri5ce4 ,ce n'e/ que la somme de nos dceptions4 ,n'en soyons pas plus fi]s que des *eveux qui blan*iss5t ou qui tomb5t3 l'expri5ce n'e/ qu'en?\siasmes plis1 illusions fanes4 ,la vie ne n\s donne gure de sagesse4 ,en faut-il un exemple8 ,deux crises born5t l'exi/5ce virile3 l'aube1 l'veil des s5s1 au dcl91 leur sommeil4 ,or1 ces deux crises font commettre l'homme des folies analogues4 ,ne croyons donc pas dev5ir d'augu/es1 de m>morennes /atues4 ,ayons humblem5t consci5ce de notre cont9uelle fragilit4 99 99 99 99 99 ,il y a une sorte de contrat tablir entre l'enfant et ses p>5ts4 ,jusqu' l'ge o il subvi5t ses beso9s1 une subord9ation de sa "p e/ 9vitable4 ,c'e/ aux p>5ts l'en pntr] et lui r5dre d\ce cette ncessit d'obissance4 99 99 99 99 99 ,il faut insi/] sur cette ide qu'en ne punissant pas les enfants1 on leur vite de m5tir4 ,en effet1 ils emploi5t le m5songe comme un b\cli]4 ,ils se dissimul5t d]rire lui4 ,c'e/ un moy5 de ca*] la faute et d'vit] le *tim5t4 ,si1 lorsqu'ils ont commis une maladresse1 cass quelque objet1 ils sav5t qu'en l'av\ant on ne les grond]a pas1 qu'on ne les frapp]a pas1 qu'on leur dira simplem5t3 ,ce n'e/ pas bi54 ,t*e de faire att5tion1 qu'on leur reprs5t]a le prix des *oses1 le so9 qu'il en faut avoir1 dans ce cas-l1 ils av\]ont1 ils ne m5tiront pas4 ,ils auront acquis1 p\r l'av5ir1 le prcieux bnfice de la fran*ise4 99 99 99 99 99 ,p\r cultiv] cette fran*ise *ez l'enfant1 il faut1 comme je l'ai dit1 ne pas lui inspir] la cra9te du *tim5t viol5t1 qui e/ le secret de la dissimulation *ez les petits4 ,il faut lui montr] aussi l'avantage de la fran*ise1 le p]suad] que c'e/ la suprme habilet dans la vie4 ,il n'y a qu'une limite la fran*ise3 le s\ci de ne pas faire autrui une pe9e inutile3 on ne signale pas un dfaut physique2 on ca*e au malade la gravit de son tat4 99 99 99 99 99 ,on n'imag9e pas t\t ce qu'on peut obt5ir des enfants1 lorsqu'on a remplac1 ds l'orig9e1 la svrit p> la d\ceur1 l'autorit p> le pre/ige4 ,lorsqu'ils ont commis un acte rprh5sible1 on les t\*e plus que p> une punition en leur disant de trs simples phrases1 qui v>i5t seulem5t selon leur nature3 ,ce n'e/ pas *ic444 ce n'e/ pas lgant1 ou3 ,tu m'z fait de la pe9e4 99 99 99 99 99 ,surt\t lorsqu'un enfant e/ difficile1 il faut t\*] ses cordes s5sibles1 il faut en j\]4 ,ce sont des moy5s d'agir sur lui4 ,il n'y a pas de crature compltem5t indomptable4 ,mais les faons v>i5t d'apprivois]4 99 99 99 99 99 ,lorsque nos enfants regimbai5t devant quelque usage ncessaire1 n\s les envoyions dans une le imag9aire qu'au mpris de la gographie n\s appelions la ,pap\asie4 --,tu ne veux pas le suivre8 ,eh bi51 il faut all] vivre en ,pap\asie4 ,la ,pap\asie1 c'tait une le sauvage o l'on p\vait s'affran*ir de t\tes les c\tumes1 de t\tes les conv5ances4 ,ds qu'un refus de suivre la rgle commune n\s p>aissait regrettable1 n\s prononcions l'arrt3 --,eh bi51 va en ,pap\asie4 ,p> ce prompt exil1 n\s faisions t\*] ces petites intellig5ces les usages dont on ne peut pas s'affran*ir sans se nuire1 sans se dim9u]1 du mom5t qu'on a accept de vivre dans notre socit actuelle4 ,c'e/ la concession au milieu4 ,et cela n\s p]mettait un triage entre les c\tumes444 ,seules1 celles que n\s jugions indisp5sables exigeai5t1 en cas de rbellion1 le fatal3 --,alors1 va en ,pap\asie1 99 99 99 99 99 ,on ne saurait trop proclam] les bi5faits de l'ducation au ple9 air1 au j>d94 ,d'ailleurs la vie aux *amps e/ aussi salutaire aux gr&s qu'aux petits4 ,les milieux de luxe ou d'arg5t1 mme les milieux arti/es ou politiques1 ex]c5t sur le s5s moral une action dissolvante4 ,il s'y rel*e ou s'y atrophie4 ,cette seule vue suffirait ju/ifi] l'utilit des retraites mom5tanes au contact de la nature1 o l'on se purifie1 o l'on se re/aure1 o l'on se ressaisit4 ,mais l'ducation proprem5t dite au j>d9 prs5te d'innombrables avantages et facilite s+ulirem5t la t*e des p>5ts qui s'y consacr5t4 ,un j>d91 c'e/ surt\t un 9puisable *amp d'tude1 mais c'e/ aussi une *>mante salle d'tude4 ,une table et des *aises de f] sur la pel\se l'ombre1 et voil la classe prte4 ,les +rats et ncessaires dbuts de l'in/ruction1 criture1 calcul1 or?ographe1 rudim5ts d'hi/oire et de gographie1 p>aiss5t mo9s arides1 au gr& air1 dans la v]dure4 ,une heure y suffit1 *aque mat94 ,et encore1 comme l'att5tion des petits e/ c\rte et vite lasse1 c\pe-t-on la sance de brves dt5tes1--le temps de but9] une fleur1 d'bau*] une pir\ette dans l'h]be--dont on revi5t avec une c]velle t\te neuve1 t\te fra*e1 la rose4 ,mme p\r ce travail d'coli]1 le j>d9 ne prte pas seulem5t ses meubles et son dcor4 ,il y apporte une aide plus directe4 ,il f\rnit des in/rum5ts de dmon/ration4 ,s'agit-il d'ari?mtique8 ,les br9s d'h]be sont des units trs commodes que l'on peut divis]1 fractionn]1 runir4 ,faire un b\quet1 c'e/ faire une addition4 ,et c'e/ plaisir que d'appr5dre la s\/raction en enlevant les gra9s d'une grappe de groseilles ou de rais94 ,au j>d91 la gographie devi5t un jeu4 ,avec le sable des alles1 on con/ruit des villes1 des contres entires1 hrisses de montagnes1 creuses de valles et de fleuves1 bordes d'e/uaires et de golfes4 ,et t\s les noms1 t\tes les =mes1 entr5t sans ef=t dans les petites mmoires4 ,le j>d9 lui-mme1 avec ses cultures v>ies1 ses dt\rs1 e/ un plan famili]1 qu'on s'ex]ce lire4 ,de l1 procdant t\j\rs du simple au compos1 de l'immdiat au lo9ta91 la vue s't5d au village1 au canton1 au dp>tem5t1 au pays t\t enti]4 ,c'e/ au cadran solaire que les petits appr5n5t s'ori5t]1 qu'ils press5t5t1 devant l'ombre qui s'avance sur la table d'ardoise1 la m>*e de l'univ]s4 ,et le soir1 t5dus sur un banc devant la maison1 le nez lev v]s le gr\illem5t inf9i des toiles1 ils int]rog5t1 ils veul5t connatre le nom des a/res et des con/ellations1 le s5s de ces images +nieuses et *>mantes que les anci5s ont dess9es sur le ciel4 ,sans cesse1 leurs que/ions vont au-devant des problmes que le j>d9 leur pose4 ,aussi la sci5ce leur e/-elle aimable et lgre4 ,ri5 qu'en lanant ces bulles de savon dont le vol hsitant papillonne sur les fleurs1 ils appr5n5t autant de physique qu'en une classe morose4 ,en effeuillant une fleur1 en la dp\illant de sa robe *>mante de ptales1 en dc\vrant le pi/il o dort le fruit futur1 l'tam9e gonfle de poll51 ils se prp>5t compr5dre1 dans l'esprit le plus *a/e et le plus sa91 le my/re m]veilleux des fcondations4 ,le j>d9 les initie encore d'autres connaissances1 plus humbles et s\v5t plus utiles1 de celles que ddaign5t les exam5s et les brevets4 ,ils suiv5t les progrs du potag]1 depuis le j\r o le j>d9i] a fait ses premi]s semis4 ,ils pi5t les jeunes p\sses ds l'closion1 s\s les clo*es de v]re et les *ssis1 puis en ple9e t]re4 ,ils sav5t ce qu'il faut *acune d'eau1 de *aleur et de soleil4 ,ils s\ffr5t des privations qu'elles endur5t4 ,ils connaiss5t l'poque o fruits et lgumes s]ont maturit4 ,combi5 peu de leurs ans1 dans les villes1 possd5t ce cal5dri] rural8 ,enf91 s'tant intresss troitem5t la vie des plantes1 ils les suiv5t jusqu'aux suprmes tapes1 jusqu' l'(fice1 jusqu' la cuis9e1 et ils n'ignor5t ri5 de l'art mode/e de les cueillir1 de les dress]1 mme de les accommod]4 ,d'autres enseignem5ts1 plus hauts1 plus va/es1 naiss5t et jailliss5t encore du j>d94 ,ils dpass5t bi5 un peu les petites ttes enfant9es4 ,mais ils sec\5t t\t de mme sur elles une sem5ce de vrit4 ,a9si1 les enfants ont v\lu trois petits enclos dans le gr&4 ,*acun le si54 ,le s5s de la proprit e/ si pr(ondm5t enrac9444 ,mais quelle bonne leon de mutualit lorsqu'ils cons5t5t--la *ose arrive-- s'entr'aid] dans leur arrosage1 se prt] leurs outils1 ou mme mettre en commun un c>r de lgumes1 af9 d'en obt5ir un meilleur r5dem5t444 ,autre exemple4 ,a suivre j\r p> j\r cette vgtation qui les ent\re1 la voir natre d'une gra9e1 d'un b\rgeon1 de ri51 presque1 puis1 ins5siblem5t1 trav]s les vicissitudes1 c\vrir la t]re et masqu] mme le ciel1 les enfants pr5n5t la meilleure leon de pati5ce et de tnacit4 ,ils conoiv5t comm5t1 p]svr] sans cesse dans son labeur trav]s les ob/acles1 on p>vi5t l'a*ev]4 ,ils pr5n5t la notion prcieuse de l'ef=t cont9u1 qui mne l'pan\issem5t de l'uvre4 ,dans le plant de radis1 le j>d9i] a sem les gra9es pr(usion4 ,cep5dant1 un nombre re/re9t vi5t croissance4 ,ce sont les plus =tes1 les mieux armes p\r la lutte1 p\r conqurir leur place au soleil4 ,les *oses ne vont gure autrem5t p> le monde4 ,et en se p5*ant sur leurs radis1 les enfants tr\v5t un exact reflet de la lutte qui les att5d4 ,et qu& le j>d9i]--ce philosophe sans le savoir--*oisit les meilleures gra9es et les meilleurs semis1 il fait de la slection1 cette sagesse de l'av5ir4 ,un j>d91 c'e/ ple9 de symboles4 ,a-t-on oubli1 le d]ni] automne1 des pommes de t]re au fond de la cave8 ,elles ont p\ss1 ce pr9temps-ci1 des tiges1 longues1 ples et m9ces1 de vrais ci]ges1 o les enfants en joie *]*5t va9em5t un air de famille avec la plante trapue1 d'un v]t *aud1 qui s'pan\it en ce mom5t au soleil4 ,a9si app>at l'uvre dprimante de la nuit1 et le bi5fait de la lumire4 ,ri5 ne ressemble plus l'esprit laiss dans l'ignorance1 que ce tub]cule ab&onn dans la cave4 ,un j\r1 on a c\p un arbre trop vieux1 ou dont l'ombre dev5ait nuisible4 ,mais il lance ob/9m5t1 les annes suivantes1 des rejets qu'il faut abattre de n\veau4 ,a9si les longues erreurs1 pr(ondm5t enrac9es1 rep>aiss5t aprs qu'on les a jetes bas4 ,on croit les avoir arra*es1 et il faut1 longtemps encore1 combattre leurs p\sses r5aissantes4 ,mais1 dira-t-on1 voil de petits enfants p\r qui la vie au j>d9 ne doit pas tre foltre t\s les j\rs3 s'ent5dre a9si tir] une moralit de t\t ce qu'on voit8 ,erreur4 ,ils s'in/ruis5t en riant1 en j\ant1 en c\rant1 au has>d de la prom5ade1 au dt\r d'une alle4 ,t\t cela ne les emp*e pas d'arros]1 de b*]1 de grimp] aux *elles1 de se livr] la plus sa9e gymna/ique1 de vivre en sant1 en lumire1 comme les autres plantes du j>d94 ,ils accompliss5t la vraie mission de l'enfance1 qui e/ de satisfaire son imm5se gat et son imm5se curiosit4 ,et la sagesse en puissance1 p>se1 qui monte du j>d91 les fconde sans qu'ils y song5t1 comme le poll5 qui danse dans l'air *aud tombe au calice de leurs surs les fleurs4 99 99 99 99 99 ,les sj\rs la campagne ne sont pas seulem5t ri*es en exemples et favorables au recueillem5t4 ,ils ex]c5t aussi une action sdative et tonique4 ,on peut concevoir que la vie au gr& air enlve aux enfants le gt de ce qu'on appelle les ides diaboliques4 ,aprs une j\rne de sa9e fatigue o ils se sont dp5ss1 ils n'pr\v5t plus le beso9 de dv]s] le trop-ple9 de leur exubrance en inv5tions plus ou mo9s saugr5ues4 99 99 99 99 99 ,on ne doit pas duqu] en *aire4 ,t\tes les occasions sont bonnes d'enseign] aimablem5t la vie4 ,il suffit la plup>t du temps de tir] d'un acte c\rant sa moralit4 ,j'en pr5drai p\r exemple la leon de conduite1 o le pre appr5d son fils m5] une auto4 ,a y reg>d] de prs1 les pr9cipes du *auffeur1 appliqus la vie1 con/itu5t une vritable petite morale4 ,le g>on qui se p\ss]ait p> le monde comme il dirige sa voiture p> les campagnes f]ait sans d\te son *em94 ,c'e/ une mme sci5ce de savoir conduire et de savoir se conduire4 ,que dem&e-t-on avant t\t au bon mcanici58 ,de bi5 connatre sa ma*9e1 af9 de prv5ir le mal1 et1 au beso91 de le dc\vrir et d'y remdi]4 ,a quoi s]t un *auffeur d'tre audacieux1 brillant1 rapide1 s'il e/ ignorant1 s'il re/e sottem5t en panne faute d'avoir prvu l'accroc ou de p\voir le rp>]8 ,c'e/ la connaissance la base1 la qualit ess5tielle4 ,sans elle1 t\tes les autres sont inutiles et va9es4 ,eh bi51 notre ma*9e1 n\s1 c'e/ notre corps4 ,d'ailleurs1 l'auto e/ presque un tre1 dont l'ess5ce e/ le sang1 dont le mtal e/ la *air1 dont l'lectricit e/ le flux n]veux1 la s\rce de vie4 ,on n\s a laisss longtemps dans l'ignorance1 et mme dans le mpris de notre corps4 ,au contraire1 n\s devons le connatre en t\s dtails1 savoir ce qu'il y a d$ans1 comme le mcanici5 doit connatre sa ma*9e organe p> organe4 ,et cette connaissance aussi s]a p\r n\s capitale1 ncessaire1 la base4 ,c> elle n\s p]mettra de prv5ir s\v5t le mal1 de veill] sur notre sant1 la plus prcieuse des ri*esses--on ne le rpt]a jamais assez--puisque1 sans elle1 n\s ne p\vons j\ir d'aucune autre4 ,la deuxime v]tu qu'on exige d'un mcanici51 c'e/ le so94 ,non cont5t de bi5 connatre sa ma*9e1 il l'entreti5t bi54 ,il la graisse1 il la huile1 la nettoie1 la palpe1 il en vrifie les jo9tures1 il l'ausculte1 il dresse l'oreille au mo9dre bruit insolite4 ,ces att5tions1 appliques n\s-mmes1 s'appell5t l'hygine et le sport4 ,elles doiv5t donc t5ir encore dans notre exi/5ce une place importante1 primordiale4 ,a9si donc1 graissons1 huilons1 nettoyons1 entret5ons notre propre ma*9e1 faisons j\] ses articulations1 si n\s v\lons qu'elle g>de longtemps sa =ce1 sa s\plesse1 son tat de neuf4 ,mais voici notre mcanici5 sur la r\te4 ,il a dm>r4 ,va-t-il fonc] t\t droit1 en obus8 ,non1 mo9s que ce ne soit un f\4 ,il aura l'il4 ,il veill]a au v]re cass1 au *i51 au croisem5t1 au virage1 au po*>d1 l'emb>de1 bref t\tes les emb*es du *em94 ,il *]*]a1 avant t\t1 dans sa m>*e1 ne pas se nuire4 ,et a9si de n\s4 ,n\s *]*ons1 avant t\t1 n\s vit] l'accid5t4 ,l'intrt p]sonnel1 le puissant in/9ct de la cons]vation1 demeure notre premire loi4 ,on a *]* masqu] cette vrit1 p>ce qu'on lui tr\vait un visage froce4 ,mais ceux-l mmes qui la niai5t en p>oles la ju/ifiai5t p> leurs actes4 ,ayons donc le c\rage de la reg>d] honntem5t en face4 ,notre premi] devoir1 c'e/ un devoir env]s n\s-mme4 ,les autres n'en sont que les prolongem5ts lgants1 les fleurs4 ,c> il y en a d'autres4 ,notre mcanici51 obs]vant soigneusem5t les rgles de la r\te1 vit]a d'emb\tir les passants et les voitures4 ,de mme qu'il conjure l'accid5t p\r lui-mme1 il conjure l'accid5t p\r autrui4 ,bref1 il ne f]a pas aux autres ce qu'il ne v\drait pas qu'on lui ft4 ,cette maxime-l1 t\tes les religions et t\tes les philosophies l'ont inscrite en tte de leurs lois4 ,c'e/ encore de l'intrt p]sonnel1 mais de l'intrt p]sonnel l>gi4 ,et l1 encore1 l'cole du *auffeur e/ l'cole de la vie4 ,enf91 s'il dc\vre sur la r\te un confrre en panne et les bras au ciel1 notre mcanici5 s'arrte4 ,il s'enqui]t de ses beso9s4 ,il lui passe l'outil1 la pice1 le bidon d'ess5ce qui lui manqu5t4 ,il fait aux autres ce qu'il v\drait qu'on lui ft4 ,c'e/ un *ange de bons procds1 de la gnrosit avise1 de l'gsme au troisime degr4 ,c'e/ un s5s social qui vi5t pe9e d'app>atre sur notre plante1 qui s'y dveloppe l5tem5t1 et qu'on a baptis d'un nom un peu l\rd et massif3 la solid>it4 ,a9si1 ne pas se nuire1 ne pas nuire aux autres1 aid] les autres1 voil les trois rgles de conduite4 ,avec ces trois maximes-l dans la tte1 ces trois fre9s s\s la ma91 on peut m>*]4 ,droit et s\ple1 lgant et rfl*i1 habile et prud5t1 bi5 pntr du rle de la *ance dans les actes huma9s1 on peut fonc] v]s le b qu'on s'e/ donn1 en s'emplissant p]dum5t la poitr9e de la gris]ie de l'air et les yeux de la beaut des sites444 ,,*apitre ,,ii ,,de ,l',,ducation3 ,,quelques ,,aspects ,arg5t4--,mnage4--,de la p>ure4--,de la discussion4--ducation sexuelle4--,m>iage1 am\r1 famille4 ,arg5t4 ,bi5 us] de l'arg5t1 c'e/ aussi difficile que de jongl] sur la corde raide3 il faut1 en effet1 en us] avec une att5tion habile1 h>monieuse1 avec une grce lgante1 comme un jongleur fait de ses b\les2 et1 en mme temps1 il faut re/] en quilibre1 vit] de tomb] de l'un ou l'autre ct1 dans l'un des deux trav]s de l'av>ice ou de la prodigalit4 ,y a-t-il ri5 de plus laid que l'av>e8 ,de crature plus sordide que le faux pauvre1 qu'on tr\v]a mort sur une paillasse o de la v]m9e gr\ill]a p>mi les billets de banque8 ,y a-t-il ri5 de plus sot que l'homme qui trime t\te sa vie1 qui accumule de l'arg5t1 sans pr5dre le temps d'en us]1 sans la satisfaction mme de le laiss] des tres aims8 ,et le prodigue e/ aussi un tre dplorable4 ,d'abord1 il donne le pire exemple ses enfants4 ,puis il prp>e leur ru9e4 ,c> son vice e/ de ceux qui frapp5t les gnrations successives4 ,et le secret des plus vila9es d*ances1 des pires bassesses1 des plus navrantes turpitudes1 ne ti5t-il pas dans cette =mule3 dp5s] plus qu'on n'a4 ,ces limites traces1 il devrait y avoir un art de la dp5se4 ,on n'y apporte pas t\j\rs assez de logique1 assez d'h>monie4 ,j'ai dj cit l'exemple du s\ du tlgraphe4 ,au risque d'envoy] un texte obscur qui s]a prjudiciable1 on se m>tyrise la c]velle p\r conomis] un mot1--un s\--dans une dp*e4 ,et1 quelques in/ants plus t>d1 p> o/5tation1 p> r\t9e1 on donn]a dans un caf un p\rboire presque gal au prix du v]re de bire4 ,j'ai voqu ces femmes qui vit5t de pr5dre une voiture p> la pluie1 p]d5t leur robe ou contract5t une maladie dont les so9s cot]ont mille fois plus qu'une heure de taxi4 ,on me cite galem5t le cas de ce jeune m>i qui (fre sa femme une bague de trois mille francs et1 ses rs]ves =t cornes1 lui s]t un voyage de noces dans des conditions si mesqu9es qu'elle en g>de un s\v5ir nfa/e p\r l'av5ir du mnage4 ,oui1 il exi/e une sci5ce de conduire un budget4 ,sci5ce dlicate1 mode/e1 ess5tielle1 qu'on ne peut gure enseign] que p> de cont9uels exemples et qu'on ne peut jalonn] que de quelques pr9cipes4 ,ne pas triqu] sa vie p> une p>gne dmesure--la mort vi5t1 on n'a j\i de ri5--ne pas la g*] p> une dp5se excessive1 et us] intelligemm5t de ce dont on dispose4 ,il faut mettre des fleurs dans sa vie1 mais seulem5t les fleurs qu'on peut a*et]1 celles qu'on ne doit p]sonne4 ,on rp>tira ses ress\rces p> *apitres1 en donnant *acun de ces *apitres des dim5sions selon ses gts4 ,a9si1 dans tel mnage1 on sacrifi]a un peu le loy] au voyage2 dans tel autre1 le voyage la table4 ,mais1 la "p faite de ces lgitimes prfr5ces1 cette di/ribution doit demeur] h>monieuse4 ,aucune de ses p>ties ne doit tre dmesure4 ,il y a1 dans le langage famili]1 une expression qui cond5se t\te cette sci5ce3 savoir s'arrang]4 ,faute de savoir s'arrang]1 il y a des mnages qui viv5t dans la gne avec des ress\rces dix fois suprieures--et un tra9 d'app>5ce gale-- celles d'autres mnages plus judicieux4 ,il faut se r5dre compte et se r5dre des comptes soi-mme4 ,c'e/--dire qu'il faut d'une "p dom9] sa situation1 voir o on va1 et d'autre "p exam9] de prs1 en connaissance de cause1 les diffr5ts articles de son budget4 ,en p>ticuli]1 l'arg5t de po*e1 l'arg5t qui c\le entre les doigts1 *appe au contrle et provoque d'irrp>ables surprises1 si l'on ne surveille pas sa fuite4 ,enf91 et ce n'e/ pas le mo9s important de ces conseils gnraux1 il faut que les p\x se consult5t et se conc]t5t4 ,ils doiv5t bris] cette trange pudeur qui reti5t tant d'tres de p>l] arg5t4 ,ils doiv5t apport]1 aux *oses de l'arg5t1 le mme gt de fran*ise pr(onde et dvoile qu'aux *oses de l'am\r4 ,a9si1 quilibre1 h>monie1 exam51 on retr\ve t\j\rs1 p\r t\tes les manife/ations de la vie1 les mmes lois4 99 99 99 99 99 ,ce n'e/ pas l'arg5t qui e/ hassable1 ce sont ses effets1 sa re*]*e et son usage444 ,l'arg5t1 lui1 n'e/ qu'une reprs5tation de p\voir4 ,le dte/able1 ce sont les bassesses commises p\r acqurir ce p\voir1 p\r le cons]v]1 p\r en msus]4 99 99 99 99 99 ,l'hritage direct m'app>at lgitime1 p>ce qu'il peut tre une comp5sation d'autres legs que n\s ne p\vons pas emp*]1 le legs des maladies1 des vices de con/itution4 ,p\rquoi ne pas lgu] nos bi5s nos enfants1 puisque n\s leur lguons1 en les leur v]sant dans le sang1 t\tes nos autres hrdits8 99 99 99 99 99 ,cette =mule d'un =t banqui] m'a t\j\rs frapp et vaut qu'on la creuse et la mdite3 ,si je n'tais pas honnte p> nature1 je le s]ais p> intrt4 ,oui1 c'e/ notre intrt d'tre honnte4 ,c'e/ l'habilet suprme1 quoi qu'il y p>aisse4 99 99 99 99 99 ,il faudrait montr] l'intrt d'tre honnte1 p> des anecdotes4 ,a9si1 un monsieur refile #ebg francs une obligation qu'il sait tre sortie au pair #ejj francs4 ,il se rj\it de sa r\bl>dise4 ,or1 elle avait gagn #ajj4jjj francs444 99 99 99 99 99 ,on reprs5t]a t\t le mal que se donne le voleur1 t\te l'inquitude qui le hante1 les risques qu'il c\rt1 ses frissons1 ses al]tes1 ses sursauts4 ,s'il dp5sait autant de sa sub/ance p\r un labeur in(f5sif1 non nuisible1 il gagn]ait davantage4 ,surt\t que le voleur e/ le plus s\v5t p9c4 voquez les gr&s vols qui ont frapp l'op9ion dans ces v+t ou tr5te d]nires annes444 la plup>t des voleurs sont pris4 ,ils ne pr(it5t donc pas du l>c94 ,et1 p> l1 ces rcits sont de la morale en action1 puisqu'ils pr\v5t l'avantage de l'honntet4 ,mnage4 ,plumeaux esbr\ffants1 c\rants d'air1 ba/onnades des meubles1 tapis df5e/rs1 s]vantes en quilibre sur le vide p\r frott] les vitres1 odeur pre et po9tue de l'encau/ique1 m>es sur les c>relages1 cuivres anci5s a/iqus au gr& dommage de leur pat9e1 9vitable ranon des bibelots briss1 voil le mnage1 dans sa manire agressive1 niaise1 traditionnelle4 ,a mesure que l'outillage se p]fectionne1 remplaons p> l'aspirateur le ridicule p\ssetage qui ne fait que dplac] la p\ssire4 ,r5dons le mnage mo9s inutilem5t dsagrable et bruyant3 ass\plissons-le4 99 99 99 99 99 ,le culte de l'escali]1 dans la maison de prov9ce1 symbolise la conception du mnage4 ,dans ces vieilles demeures o l'on ne tr\ve p\r se lav] que des cuvettes de p\pe1 l'escali] respl5dit comme une agate4 ,les invits qui le desc5d5t1 la ma9 crispe la rampe1 flatt5t t\t haut la propritaire3 ,oh6 ,oh6 cet escali] e/ d'une propret holl&aise4 ,et ils apprh5d5t t\t bas3 ,srem5t1 je vais me cass] la figure4 ,qu& la matresse de maison y dc\vre une trace de pas1 elle gmit1 d%onore3 ,ce n'e/ plus un escali]1 c'e/ une r\te4 ,elle le soigne comme d'autres cultiv5t leur esprit4 ,elle s'y mire4 ,il lui ti5t lieu de consci5ce4 ,n\s f]ions mieux d'apport] d'abord en n\s ce gt de nettet brillante4 99 99 99 99 99 ,amliorons le rangem5t1 l'odieux1 le t]rible rangem5t1 qui gr\pe en pile les objets les plus disp>ates1 botes1 papi]s1 livres1 c>nets1 p\rvu qu'ils ai5t la mme dim5sion4 ,l'odieux rangem5t1 qui fait1 de t\t objet rang1 un objet intr\vable4 99 99 99 99 99 ,il faut apport] un peu d'initiative1 de gt p]sonnel1 dans l'amnagem5t du logis4 ,p\rquoi suivre aveuglm5t les dcrets du tapissi] ou l'exemple du vois98 ,p\rquoi1 p> exemple1 s'a/re9dre orn] t\j\rs la *em9e d'une p5dule1 mettre l'heure sur le feu1 comme la m>mite sur le f\rneau8 ,mettez-y des fleurs3 elles sonn]ont les saisons4 ,p\rquoi encore obir la sotte c\tume qui fait du salon un ds]t glac1 et qui veut que la plus belle pice du logis soit la mo9s frqu5te8 99 99 99 99 99 ,une femme doit connatre peu prs le prix des *oses que sa cuis9ire a*te4 ,sans quoi1 comm5t modr] la danse du pani]8 ,un excell5t entranem5t p\r l'adolesc5te1 c'e/ d'accompagn] p>fois la dome/ique aux ,halles4 ,et puis1 il faut p\voir au beso9 mettre la ma9 la pte1 connatre des pr9cipes et un peu de pratique cul9aires4 ,la patronne qui rprim&e sa cuis9ire sans ri5 savoir du mti]1 manque autant de pre/ige et frise autant le ridicule qu'un +nieur qui repr5d un ouvri] sans p\voir saisir l'outil et lui montr] comm5t s'en s]vir4 99 99 99 99 99 ,l'attitude des enfants env]s les dome/iques de leur maison e/ dlicate4 ,la situation de la s]vante e/ tellem5t fausse6 ,mais1 l comme ailleurs1 ils ne f]ont qu'imit] leurs p>5ts4 ,quels exemples ceux-ci doiv5t-ils donc leur donn]8 ,p\r beauc\p de g5s1 les dome/iques ne sont pas des tres huma9s2 ils ne sont pas de la mme race4 ,on leur p>le avec une duret inconsci5te1 comme des esclaves4 ,on a p\r eux des p>oles et des procds blessants4 ,en prov9ce1 la matresse de maison met son orgueil ce que les s]vantes soi5t leves avant le j\r1 a/iqu5t la *&elle1 sans ncessit4 ,on leur impose des travaux rpugnants1 dmesurs4 ,et qu&1 au contraire1 on s'e/ pntr de l'inju/ice d'une telle attitude1 qu& on les considre comme des tres p>eils soi1 comme des semblables1 on e/ cont9uellem5t *oqu1 gn1 des s]vices qu'on leur dem&e4 ,je sais un acadmici5 qui ne peut se rs\dre faire vid] son vase de nuit p> sa bonne4 ,en somme1 il faut reg>d] les dome/iques dans la maison comme des collaborateurs4 ,*acun1 dans cette association1 fait son mti]4 ,monsieur gagne de l'arg5t4 ,la cuis9ire fait la cuis9e4 ,une fois cette position prise1 on s]a vite am5 leur p>gn] le ton rude1 les faons ddaigneuses et les besognes inutilem5t humiliantes4 ,l'cueil1 c'e/ que1 traits sur le pi$ d'galit1 ils ne compr5n5t pas t\j\rs ce pacte1 c> leur ducation ne les y a pas prp>s4 ,et ils gagn5t la ma91 se rel*5t et dbord5t4 ,il y a l une mesure g>d]4 ,comme vis--vis des enfants1 c'e/ en ex]ant sur eux une sorte de pre/ige1 qu'on les ma9ti5dra dans leur rle4 ,leur situation e/ si inju/e1 si d\l\reuse--cet isolem5t1 ces *ambres au septime1 cette con/ante 9galit de condition avec leurs matres1--qu'il faut y remdi] p> une gr&e bont1 une compassion att5tive4 ,a mo9s d'inconduite incurable1 il ne faut pas *ass] la bonne ence9te1 il faut la mettre mme de faire ses c\*es et la repr5dre4 ,et puis1 il faut t5dre surt\t supprim] la dome/icit4 ,l',amrique n\s (fre un exemple p>tiel de cette volution4 ,le ma*9isme n\s y aid]a4 ,il y a dj des monte-*>ges1 des nettoyages p> le vide4 ,il faut enc\rag] ces t5tatives4 ,et puis on s'ap]oit avec surprise qu'on peut accomplir soi-mme--ds qu'on se tr\ve dans une situation un peu exceptionnelle--t\tes sortes de petites besognes que l'on jugeait indignes de soi ou dont on se croyait incapable3 faire le lit1 les *aussures1 etc4 ,de la p>ure4 ,quelles ides devons-n\s laiss] tomb]1 dans l'esprit de nos filles1 p> nos conv]sations1 nos enseignem5ts1 notre exemple1 sur la toilette et la p>ure8 ,l'une et l'autre ti5n5t une place norme dans la vie de la femme actuelle4 ,faut-il la re/re9dre et dans quelle mesure8 ,voyons d'abord p\rquoi la p>ure et la toilette j\5t un rle si important dans la vie fm99e4 ,ce gt de s'enjoliv] p> les vtem5ts1 les bij\x et p> de m5us artifices1 ce gt e/ inhr5t la nature mme4 ,puis l'ducation et le milieu l'ont s+ulirem5t favoris4 ,ce gt1 ai-je dit1 e/ naturel4 ,en effet1 sans tmo91 sans re*]*e d'approbation extrieure1 p\r lui-mme1 l'tre huma9 pr\ve une satisfaction nave et ple9e se s5tir orn d'at\rs4 ,c'e/ un in/9ct de l'animal4 ,le paon s'(fre p\r lui seul l'orgueil de son spl5dide v5tail4 ,le coq agite la crte et t5d l'ergot1 le faisan promne son plumage d'or et de feu4 ,une *atte1 p\r elle-mme1 se lisse1 se pomponne avec les mmes petites m9es soigneuses et t5dues qu'une femme occupe se remettre de la p\dre sur le nez4 ,l'homme pr\ve du plaisir1 mme lo9 des reg>ds1 port] un co/ume d'exception qui le dgage1 l'avantage et l'empana*e--uni=me ou trave/issem5t4 ,et1 si les miroirs p\vai5t p>l]6 ,s'ils p\vai5t racont] t\s les s\rires complaisants1 les reg>ds approbateurs1 t\tes les attitudes essayes1 ils tmoign]ai5t p> leurs aveux que le gt de la p>ure e/1 avant t\t1 un in/9ct de solitaire4 ,mais l'ducation va r5=c] cette t5dance naturelle4 ,en ,france surt\t1 la classe moy5ne lve ses enfants au-dessus d'elle-mme4 ,elle les ent\re de plus de so9s et de luxe qu'elle n'en a connu4 ,elle fait de ses filles des p\pettes pomponnes qui flatt5t l'orgueil et les yeux4 ,elle en fait des objets d'am\r et de vanit4 ,puis on dveloppe1 avec une niaise lgret1 la coquett]ie *ez la petite fille4 ,on lui dit1 les ma9s jo9tes2 ,oh6 comme elle a une jolie robe6 ,l'enfant se pavane et ces l\anges lui devi5n5t si ncessaires qu'elle les provoque au beso93 ,ti5s1 reg>de comme j'ai une jolie robe4 ,a9si le g]me naturel e/ fcond4 ,la coquett]ie va se dvelopp]1 emplir l'tre4 ,enf91 l'enfant gr&it et l'influ5ce du milieu va s'ex]c] son t\r4 ,il s'agit dsormais de brill] aux yeux des rivales1 de les gal] ou de les clips]4 ,et1 p\r triomph]1 la femme va dsormais se pli] la tyrannie dlicieuse de la ,mode4 ,ah6 ,t\t ce qu'on peut1 t\t ce qu'on doit dire contre la ,mode4 ,elle fait appel de bas in/9cts3 la frivolit1 la sottise1 l'o/5tation4 ,elle trane d]rire elle t\tes les dfaillances4 ,combi5 de femmes1 conduites p> la ,mode1 desc5d5t jusqu'au crime1 en t\s cas jusqu' ce crime dome/ique de dp5s] au-del des ress\rces du mnage8 ,la t5tation des gr&s magas9s a fom5t autant de drames que l'alcool des assommoirs4 ,la ,mode e/ dte/able aussi lorsqu'elle app>at1 *ez ceux qui la lanc5t1 comme une spculation indu/rielle4 ,s\s c\leur de caprice1 elle =ce les femmes des *angem5ts frqu5ts de co/umes1 au gr& pr(it de ceux qui v5d5t ces n\veaux modles4 ,la ,mode e/ odieuse lorsqu'elle impose la vanit fm99e ces colli]s dont *aque p]le reprs5t]ait p\r une famille pauvre un monde de bonheur4 ,si l'on devait dsespr] de l'intellig5ce des femmes1 ce s]ait en les ent5dant p>l] toilette4 ,comme elles pr5n5t alors une voix *aude1 passionne1 unique6 ,et n'e/-ce pas pleur]1 lorsqu'on r5contre une jeune femme qu'on a connu f9e1 cultive1 de ne l'ent5dre plus p>l] que robe1 de s5tir t\tes ses p5ses atta*es la robe8 ,n'e/-ce pas attri/ant d'assi/] la r5contre de deux femmes1 d'c\t] leurs propos frmissants3 ,v\s avez un *apeau exquis--le vtre e/ dlicieux4 ,et comme on mesure bi5 la colossale importance qu'une femme atta*e sa robe1 lorsqu'on la voit entr] dans un salon avec un n\veau modle1 t\te tr\ble1 les g5\x dfaillants1 la p5se de l'effet qu'elle produit4 ,ne doit-on pas dsespr] de cette intellig5ce1 lorsqu'on voque t\s les excs de la ,mode dans un pass bi5 c\rt8 ,oui1 on a vu des femmes qui devai5t re/] g5\x dans leur voiture cause de la hauteur de leur *apeau4 ,on en a vu qui ne p\vai5t pas entr] dans cette mme voiture1 cause de la l>geur de ce mme *apeau4 ,on a vu des femmes crases p> une auto qu'elles ne p\vai5t pas fuir1 tant leur jupe tait entrave4 ,on en a vu crev] des yeux et d*ir] des j\es avec leurs longues p+les *apeau4 ,et encore je ne p>le pas des s\ffrances qu'elles endur5t1 s\s le corset1 du haut de leurs talons4 ,ces sortes de supplices sont si ridicules que n\s les raillons *ez les autres peuples4 ,n\s n'avons pas assez de s>casmes p\r le pi$ atrophi des ,*9oises ou l'anneau dans le nez des ,peaux-,r\ges4 ,et cep5dant1 cette mode1 il faut la subir dans une c]ta9e mesure1 p\r plusieurs raisons4 ,d'abord il faut la considr] comme une ncessit sociale1 presque aussi imprieuse que la ncessit de se vtir4 ,une femme qui s'affran*irait compltem5t de la ,mode nuirait la r5omme de son mnage4 ,on le croirait ru9 ou t\t au mo9s en f*euse situation4 ,la robe de la femme e/ le drapeau de l'association conjugale4 ,l'il de ses amies excelle d*iffr] l'ge de ses vtem5ts4 ,si son *apeau1 si son manteau dat5t1 on croira qu'elle n'a pas pu les r5\vel]4 ,et p> une sorte de loi absurde et 9luctable1 il s'ensuivra une dprciation de sa valeur sociale4 ,elle tomb]a1 s9on dans l'e/ime1 au mo9s dans l'e/imation de son ent\rage4 ,p\r se pay] le luxe de g>d] t\t au long de sa vie la mme =me de robe ou de *apeau1 une femme devrait tre tellem5t ri*e et tellem5t gnreuse1 qu'on ne pt imput] ni l'av>ice1 ni la gne cette fidlit4 ,il faut encore subir la ,mode af9 de plaire4 ,mais dira-t-on1 p\rquoi faut-il plaire8 ,p\r bi5 des raisons4 ,d'abord1 la femme doit plaire p>ce que c'e/ une de ses raisons d'tre4 ,t\t en elle n'e/-il pas fait p\r sduire et *>m]8 ,le dsir de plaire l'anime4 ,qui n'a mesur l'extraord9aire p\voir d'un mot de l\ange sur une femme8 ,or1 dans l'attrait qu'elle ex]ce1 sa grce et sa beaut j\5t un rle important1 et aussi la faon de s]vir cette grce et cette beaut4 ,p\rquoi ab&onn]ait-elle ces lgitimes moy5s d'action8 ,la femme recle comme la fleur l'av5ir de la race1 elle a droit aussi la corolle4 ,ensuite1 plaire1 c'e/ s'accrotre4 ,c'e/ m>qu] une conqute sur la nature4 ,c'e/ une acquisition sur la crature primitive4 ,et t\s les ef=ts des huma9s n'ont-ils pas t\j\rs t5du se cultiv]1 se p]fectionn]1 embellir la vie8 ,de ce po9t de vue1 l'lgance e/ un progrs4 ,une femme doit se p>]1 non pas p\r tre mieux que les autres1 mais p\r tre mieux qu'elle-mme4 ,une femme doit plaire encore dans l'intimit du foy]1 p\r g>d] son pre/ige vis--vis de son compagnon d'exi/5ce4 ,fi de celles qui se montr5t trop volonti]s en vieille robe de *ambre ou en savates cules4 ,p\r entret5ir le culte1 il faut p>] l'autel4 ,elle doit plaire1 enf91 p\r se df5dre contre les attaques de l'ge1 p\r s'aff]mir contre lui1 p\r recul] l'heure du dcl94 ,s\ci pa?tique1 digne de respect et de piti4 ,donc1 il faut plaire4 ,or1 la femme ne peut plaire que dans les lignes auxquelles nos yeux sont acc\tums4 ,feuilletez un album de gravures de modes4 ,celles qui dat5t de c9q ans n\s p>aiss5t surannes1 t\*antes et comiques4 ,on s'crie3 ,comm5t les femmes ont-elles pu avoir des man*es p>eilles8 ,le reg>d oublie aussi vite qu'il s'habitue1 en matire de co/umes4 ,en s'c>tant de la mode1 on s'enlve des *ances de plaire4 ,=ce e/ donc de la suivre4 ,mais il faut le suivre de lo91 et non po9t jusque dans ses excs4 ,il faut s'en inspir]1 lui pr5dre ce qu'elle a de gracieux4 ,il ne faut pas qu'une femme1 dans la rage d'tre la mode1 abdique son gt p]sonnel4 ,et le cas e/ frqu5t4 ,telle mode avantage une femme1 telle autre mode la dsavantage4 ,va-t-elle donc les suivre aussi troitem5t l'une et l'autre8 ,non4 ,telle mode e/ =t coteuse4 ,telle autre l'e/ mo9s4 ,il faudra p> consqu5t1 avant de les suivre1 consult] ses ress\rces4 ,il importe de g>d]1 mme sur ce t]ra91 l'esprit de rflexion1 d'exam51 d'h>monie1 ncessaire t\s les actes de la vie4 ,de la discussion4 ,p]suadons-n\s bi5 que les neuf diximes des discussions sont fondes sur des mal5t5dus4 ,et p>fois sur des mal5t5dus matriels4 ,on c\te si peu les autres444 ,mais c'e/ s\v5t sur les df9itions qu'on s'e/ mal ent5du4 ,mettez-v\s bi5 d'accord sur la signification des mots1 sur l'objet de la discussion4 ,et v\s v]rez que v\s s]ez d'accord1 ou prs de l'tre1 sur le fond mme de la "q4 ,cette cra9te du mal5t5du e/ d'ailleurs excell5te en t\s cas4 ,elle met de la prud5ce1 de la modration1 de la cl>t dans la discussion4 ,elle fait fre94 ,le mal5t5du ne prside pas seulem5t aux qu]elles4 ,il se glisse sil5cieusem5t entre deux adv]saires qui s'imag95t n\rrir de mutuels griefs4 ,ils ne s'en sont jamais expliqus4 ,y p>vi5n5t-ils8 ,l'erreur et la v9dicte se dissip5t en mme temps4 ,on ne saurait trop mettre les enfants en g>de contre cet incessant dang]4 ,il e/ mme peut-tre plus gnral encore qu'on ne p5se4 ,deux tres1 anims du dsir de s'ouvrir l'un l'autre1 de se pntr]1 ne se compr5n5t jamais compltem5t4 ,l'un et l'autre ne donn5t po9t aux mots le mme s5s4 ,*acun s]t et suit sa p5se4 ,il semble que les langages huma9s soi5t encore des in/rum5ts imp>faits de comprh5sion4 ,la vie n'e/ peut-tre qu'un long mal5t5du4 99 99 99 99 99 ,il faut apport] dans la discussion une l>ge tolrance4 ,on n'y peut p>v5ir qu' la condition d'tre anim de l'esprit d'exam51 c'e/--dire de l'esprit de sci5ce4 ,en effet1 ses doctr9es sont sans cesse p]fectibles1 sujettes rvision4 ,elles sont fondes sur l'hypo?se1 la m]ci d'une dc\v]te n\velle4 ,elles ont un c>actre transitoire4 ,ce ne sont que des travaux d'appro*e1 des tapes v]s le vrai4 ,aussi leurs adeptes1 si passionnm5t qu'ils y soi5t atta*s1 ne les affirm5t-ils jamais avec une l\rde assurance4 ,ils mnag5t un adv]saire dont ils respect5t la s9crit et dont ils craign5t de froiss] les convictions4 ,c> ils admett5t qu'on en puisse avoir d'autres que les leurs4 ,au contraire1 un esprit de dogme et de pass n'imag9e pas qu'on puisse avoir un autre avis que le si54 ,l'excell5ce de ses op9ions lui app>at vid5te4 ,p>lant de sa cause1 de ses j\rnaux1 de son patriotisme1 il dit3 la bonne cause1 la bonne presse1 de bons franais4 ,il a le monopole de ce qui e/ bon4 ,il en ti5t brevet4 ,sa croyance e/ si absolue qu'il se df5d d'y rfl*ir1 c> rfl*ir c'e/ discut] avec soi-mme4 ,ses pr9cipes lui app>aiss5t si p>faits qu'il les expose avec une impassible puissance1 sans s\ponn] qu'on puisse p5s] autrem5t4 ,qu& il laisse tomb] la vrit--sa vrit--de ses lvres1 il ne conoit pas qu'il puisse bless] quelqu'un4 ,a9si crase-t-on avec srnit le pi$ du vois91 ju/em5t p>ce qu'on ignorait qu'il ft l4 ,=ce app>5te1 relle faiblesse4 ,assurons-n\s donc cette discrte supriorit dans la discussion1 que donne seul l'esprit d'exam54 99 99 99 99 99 ,avant de =mul] une op9ion1 dites3 ,je tr\ve que444 ,ou bi5 dbutez p>3 ,a mon avis444 ,cela v\s fait s\rire1 cela n'a l'air de ri54 ,cela semble une simple =me de langage4 ,et p\rtant cela suffit p\r pli] l'esprit la tolrance2 p\r lui reprs5t]1 *aque fois1 qu'il s'agit d'une op9ion p]sonnelle et que d'autres peuv5t p5s] autrem5t4 ,faites dire vos enfants3 ,je tr\ve que444 ducation sexuelle4 ,depuis une v+ta9e d'annes1 de srieux ef=ts se sont ex]cs en faveur de l'ducation sexuelle4 ,un vritable apo/olat s'e/ ef=c d'arra*] le manteau de honte qui ca*ait les maladies vnri5nes et les r5dait d'autant plus graves qu'elles tai5t inav\ables4 ,d'excell5ts petits livres1 crits mme p> des mamans1 ont montr comm5t initi] les jeunes filles aux *oses de la mat]nit4 ,besogne d'autant plus utile que l'ducation b\rgeoise1 pr5ant l'ignorance p\r l'innoc5ce1 avait creus un foss pr(ond entre la vie de la jeune fille et la vie de la femme4 ,qu'une ma9 malhabile le lui ft fran*ir1 elle risquait d'en re/] blesse jamais4 ,mais ces gnreuses t5tatives se heurtai5t de trop l\rds prjugs p\r provoqu] un de ces c\rants qui emport5t la f\le4 ,elles n'ont mme pas cr une mode1 donn le ton4 ,et la moiti de l'humanit1 p> la contagion ou l'hrdit1 e/ t\*e p> la syphilis4 ,et la moiti des m>iages e/ fausse ds l'orig9e p> une effraction imprvue4 ,c'e/ *acun de n\s qu'il app>ti5t de repr5dre l'uvre des aptres de la fran*ise1 d'apport] la lumire notre foy]1 de faire lev] d\cem5t cette aube444 99 99 99 99 99 ,c> c'e/ bi5 le po9t capital3 il faut agir p> progrs ins5sibles1 comme croiss5t les tres1 comme se lve l'aurore4 ,on procd]a l5tem5t et on procd]a aussi naturellem5t4 ,c'e/--dire qu'on lanc]a peu peu des ides ou des mots que les conv5ances rpr\v5t1 mais qu'appr\ve la raison1 en p>aissant tr\v] cela naturel1 en les sortant le j\r o p\r la premire fois l'occasion opportune s'en prs5te dans l'entreti54 ,c'e/ le my/re jet sur t\tes les *oses de la gnration qui leur a donn un gt de p]v]sit4 ,dit-on un enfant qui n'a*ve pas sa phrase3 ,voyons1 acc\*e8 ,le mot lui p>at scabreux1 honteux mme4 ,le mot lui et sembl naturel comme la *ose elle-mme1 s'il n'avait pas t df5du1 si ses p>5ts l'avai5t plac dans la conv]sation1 paisiblem5t1 sa9em5t1 comme les mots natre ou m\rir4 ,c'e/ p\r cet enseignem5t surt\t qu'il ne faut pas mont] en *aire4 ,il n'e/ pas de pire m?ode1 p\r un pre ou p\r une mre1 que d'initi] leur enfant un j\r avec sol5nit4 ,t\t au contraire1 c'e/ l'uvre l5te p> excell5ce4 99 99 99 99 99 ,on ne rpt]a jamais assez1 propos d'ducation sexuelle1 ces trois mots3 l5teur1 opportunit1 naturel4 ,il e/ bi5 ent5du qu'elle ne peut tre entreprise sa9em5t que dans la vie de famille1 p> le contact frqu5t des p>5ts et des enfants4 ,p5dant des sicles1 peut-tre1 tant que l'esprit gnral ne s]a pas r$ress1 t\t ce qu'un enfant appr5dra sur ce sujet p> ses cam>ades aura un gt de fruit df5du1 un rel5t de vice4 ,les plus belles notions s]ont confondues avec l'obscnit et la pornographie4 99 99 99 99 99 ,il va de soi que la vie la campagne--ft-ce p5dant quelques mois de l'anne--favorise s+ulirem5t cette ducation4 ,l'exemple des plantes et des animaux famili>ise les enfants avec t\s les my/res de la reproduction4 ,qu& ils ont dissqu les organes de la gnration de la fleur1 qui ressembl5t si troitem5t ceux de la gnration huma9e1 qu& ils ont vu m5] la va*e au taureau1 natre les petits lap9s1 le veau et le p\la91 la procration n'a plus p\r eux de my/re2 elle leur p>at simple et sa9te et ils en p>l5t avec autant de naturelle c&eur que des autres rites de la vie4 99 99 99 99 99 ,il e/ presque impossible de donn] un conseil d'ensemble sur la conduite t5ir au mom5t de l'veil des s5s *ez un g>on4 ,c> c'e/ bi5 l que s'applique le prcepte3 ,il n'y a pas de rgles gnrales4 ,il n'y a que des cas p>ticuli]s4 ,tantt cet veil e/ t>dif et tantt prcoce4 ,*ez les uns cet veil sonne en fanf>e4 ,*ez les autres il demeure un demi-sommeil4 ,on ne peut que mettre en g>de et en armes les tempram5ts imprieux--dont on s'exagre peut-tre le nombre et les exig5ces--contre les deux gr&s risques de la maladie et de l'enfant1 leurs suites irrp>ables4 ,p\r t\s ceux que ne dom95t pas leurs s5s1 le m>iage jeune1 trs jeune1 app>at de beauc\p la meilleure solution4 99 99 99 99 99 ,p]suadons-n\s qu'on peut arriv] t\t dire aux enfants4 ,cela dp5d de la manire de dire et aussi des murs admises4 ,la preuve8 ,les opras que les pures jeunes filles de la b\rgeoisie vont ent5dre1 racont5t s\v5t d'affreuses hi/oires4 ,aprs un m>iage cl&e/9 contre le cons5tem5t des p>5ts1 un jeune homme de v+t ans s'introduit la nuit *ez une jeune fille de qu9ze ans p> une *elle de soie4 ,c'e/ ,romo et ,juliette4 ,une jeune fille a un enfant1 d'un sducteur qui l'a t5te avec des bij\x4 ,elle tue son enfant4 ,c'e/ ,fau/4 99 99 99 99 99 ,que de femmes ne surveill5t pas leur corps1 p> cette rpugnance1 cette honte qu'on a mises aut\r de lui4 ,il y en a qui ca*5t des maladies de leur sexe1 p> fausse pudeur1 et jusqu' en m\rir4 ,il y en a bi5 plus encore qui nglig5t--et la frivolit de l'ducation se conjure ici avec le mpris du corps--le so9 d'hygine lm5taire et capital d'avoir le corps libre4 ,elles se s\ci5t plus de leur robe que de la g>de-robe4 99 99 99 99 99 ,il faut agir en matire de lecture comme en matire d'ducation sexuelle4 ,c'e/--dire vit] de donn] l'impression1 l'attrait malsa9 du df5du4 ,puis allong] progressivem5t1 ins5siblem5t les rnes4 ,suivre la taille1 qui elle aussi gr&it sans qu'on la voie gr&ir4 ,et t\j\rs g>d] un ton naturel1 sa94 ,il faut arriv] ce que l'adolesc5t dem&e librem5t3 --,e/-ce que je peux lire a8 ,af9 de p\voir lui rpondre avec simplicit3 --,oui4 ,ou3 --,plus t>d4 a ne t'intress]ait pas encore4 ,au surplus1 la curiosit v>ie normm5t d'un enfant l'autre4 ,je suis d'avis de leur laiss] beauc\p de lib]t1 de leur p]mettre un maximum4 ,qu'importe8 ,ce qu'ils ne compr5n5t pas ne les intresse pas4 ,et quant aux livres vraim5t mauvais1 d'une p]v]sit v\lue1 le mieux e/ de les mettre totalem5t hors de vue4 ,je ne sais pas de pire m?ode que de c\dre des pages4 ,voil qui veille l'ide et la t5tation du fruit df5du6 ,m>iage1 ,am\r1 ,famille4 ,quelle ide du m>iage s\haitons-n\s donn] nos enfants8 ,c'e/ de ce seul po9t de vue qu'il importe d'exam9] la "q conjugale en matire d'ducation4 ,c'e/ pntrs1 n\rris de cette ide qu'ils abord]ont et qu'ils rs\dront plus t>d ce grave problme4 ,leur sort en dp5d4 ,elle vaut donc qu'on y rfl*isse4 ,et cette op9ion--comme t\tes les autres op9ions--n\s la leur communiqu]ons surt\t p> nos entreti5s1 p> nos propos p>fois les plus incid5ts1 et p> notre propre attitude4 ,il faut donc pr5dre p>ti4 ,devons-n\s s\t5ir le m>iage ou le combattre1 le vant] ou le dcri]8 ,j'e/ime qu'il faut pr5dre la df5se du m>iage4 ,t\t imp>fait1 t\t prcaire qu'il soit1 de =tes raisons plaid5t p\r lui4 ,il e/ la solution de mo9dre inconvni5t4 ,dans le mom5t prs5t1 il e/1 p\r un c\ple1 la =malit ncessaire1 qui le met en rgle avec la socit et lui ouvre les portes4 ,il e/ le passe-port et le passe-p>t\t4 ,lui seul p]met au pre et la mre de se prolong] ouv]tem5t dans leurs enfants1 c> lui seul leur p]met de les av\]1 de les g>d]1 de les lev] selon leur p5se1 de leur lgu] leur nom1 leurs reliques et leurs bi5s4 ,le m>iage ne fait que consacr] un gr\pem5t dont on doit s\hait] la =ce et la dure4 ,c> la famille1 limite aux p>5ts et aux enfants1 con/itue la vraie cellule sociale1 microcosme o j\5t dj ces v]tus d'association dont l'essor doit sauv] le monde4 ,en contra/e avec l'gsme du clibat1 le m>iage app>at en effet une longue preuve d'altruisme4 ,la vie conjugale contra9t p5s] aux autres1 travaill] p\r les autres4 ,le r5oncem5t1 la tolrance1 s'y ex]c5t incessamm5t4 ,elle n'e/ qu'une longue suite de concessions mutuelles4 ,en b\tade1 on p\rrait appel] le m>iage une concession p]ptuit4 ,puis le m>iage e/ dans le s5s de l'av5ir4 ,la t5dresse s'aff9e et s'pure trav]s les sicles4 ,le monde primitif1 le pass b>b>e1 voqu5t la promiscuit animale1 le t\tes t\s4 ,le monde futur ralis]a peut-tre l'union mrem5t dlibre1 respecte sans ef=t ni contra9te1 s\s la devise ,une seule p\r un seul4 ,d'ailleurs1 *aque homme1 qui recomm5ce et refait p\r son compte t\te l'hi/oire de l'humanit1 passe p> t\tes ces tapes4 ,il e/ d'abord le collgi5 qui dsire t\tes les passantes2 puis il devi5t peu peu plus exigeant1 et son *oix1 de plus en plus r>e1 t5d enf9 v]s une seule femme4 ,a quoi bon arra*] le sceau lgal atta* p> le m>iage ces deux gr&s beso9s qui mn5t la crature et qui dur]ont tant que battra un cur huma93 s'appuy] sur un autre tre1 et se survivre p> l'enfant8 ,du fond de l'av5ir1 des rvolutions grondantes peuv5t acc\rir1 t\t abattre p\r t\t re/aur]4 ,elles n'aboliront pas le s5s de la pat]nit1 claire raison de vivre1 d\ce tyrannie que l'homme subit sans rvolte1 culte qu'il s]t dans la f]veur1 foi mode/e qui possde p\rtant1 comme ses surs altires1 ses sacrifices1 ses t5tations1 sa vie future1 ses extases1 ses my/res et ses grces1 humble religion qui survit t\tes les religions444 ,des cataclysmes d'ides1 des dluges de sang peuv5t b\lev]s] le monde4 ,ils n'aboliront pas cet in/9ct qui1 aux sommets de la joie et de la s\ffrance1 dans l'am\r et la dtresse1 jette l'homme contre un se9 de femme et1 dans un lan de t5dresse ou de compassion1 ouvre les bras de sa compagne sur le d\x refuge d'oubli1 l'asile voluptueux et mat]nel444 ,il faut donc ragir1 dans l'esprit de l'enfant1 contre ce cont9uel dnigrem5t du m>iage que propag5t tant de refra9s1 de satires et de vaudevilles et dont nos faciles plaisant]ies--sans d\te p> un beso9 de revan*e contre les petites misres de la vie--se font trop volonti]s l'*o4 ,raill]ies tellem5t rp&ues1 tellem5t admises1 qu'une pice1 un roman1 ne peuv5t pas mettre en scne des p\x am\reux sans p>atre ridicules et suranns4 ,l'incompatibilit entre le m>iage et l'am\r e/ si solidem5t tablie que1 p\r un passant dans la rue1 un c\ple enlac n'e/ jamais un c\ple m>i4 ,s'il importe de ne pas reprs5t]1 aux yeux des enfants1 la vie au-dessus du plan du rel1 il importe t\t autant de ne pas la leur reprs5t] au-dess\s de ce plan4 ,ayons donc le petit c\rage d'affirm]1 en dpit de la littrature et de nos facties1 que s'il n'exi/e gure de mnages d'am\r au s5s p>fait du mot1 il exi/e p> contre nombre d'unions t5dres1 =tes et durables4 ,n'en voit-on pas1 de ces c\ples p>v5us leur automne1 o l'on s5t que les deux compagnons s'e/im5t t\j\rs et se plais5t encore4 ,att5tifs l'un l'autre1 appuys l'un l'autre1 ils rsi/5t au temps et la vie4 ,les s\v5irs purs et frais des primes annes ont laiss dans leur cur un p>fum qui ne s'van\it pas4 ,puis les enfants1 tant de pe9es et de joies p>tages1 l'habitude1 les li5s de la *air1 les mutuelles confid5ces1 ont tiss entre eux une trame innombrable et solide4 ,et cette trame leur e/ prcieuse4 ,c> elle e/ leur uvre1 elle e/ ne de leur ef=t1 comme la maison qu'ils ont btie1 le j>d9 qu'ils ont cultiv4 ,oui1 les 9vitables intempries ont dfeuill la fleur pr9tanire4 ,mais elles ont dc\v]t et fcond un solide fruit de t5dresse1 dont le suc tonique re/e le gr& cordial1 aux heures d'preuve444 ,et c'e/ encore une trs belle ralisation4 ,montrons aussi aux enfants que la gr&e *ance et la meilleure g>antie de bonheur sont dans le libre *oix des fiancs1 o ils puiss5t longuem5t s'pr\v]1 reconnatre entre eux l'ent5te et l'attrait1 aussi bi5 les aff9its morales que les aff9its physiques1 dont la place e/ si l>ge dans la vie deux4 ,une telle union ne promet-elle pas plus de scurit que celles ou prsidr5t l'intrt1 le caprice romanesque1 un fade arrangem5t8 ,devant de tels gages1 incl9ons nos prfr5ces p]sonnelles4 ,rs]vons simplem5t notre droit de contrle et ne l'ex]ons qu'au cas o n\s aurions dc\v]t *ez le prt5dant une t>e ineffaable4 ,les conv]sations et les lectures donn5t aussi l'enfant des ides fausses et contradictoires sur l'adultre4 ,d'une "p1 dans nos propos1 n\s le traitons en gaudriole4 ,un homme e/-il tromp8 ,il e/ comique4 ,on lui fait les cornes4 ,on l'appelle cocu4 ,et l'on passe gaiem5t4 ,et1 d'autre "p1 les faits-div]s sont r\ges des drames d'adultre4 ,le cocu devi5t tragique4 ,il tue4 ,son ge/e p>at si lgitime que le jury l'abs\t et que la ju/ice lui accorde l'excuse lgale s'il abat sa femme en flagrant dlit444 ,l'enfant recueille ces propos et ces exemples incohr5ts4 ,qui croire8 ,en fait1 la vrit e/ entre ces deux erreurs4 ,l'adultre ne mrite ni l'hum\r ni la mort4 ,il n'e/ po9t si facile1 ni si ais1 ni si gracieux4 ,il impose1 ceux qui le commett5t1 t\tes sortes de l*ets1 d'entraves1 d'humiliations1 de m5songes1 d'effrois et d'al]tes4 ,il inflige1 ceux qui en s\ffr5t1 d'indicibles *agr9s4 ,et1 p> ailleurs1 p\r t\s ceux qui port5t haut le respect de la vie huma9e1 il n'e/ pas de dfaillance qui exige du sang1 pas de cas passionnel qui ne se rsolve autrem5t que p> le meurtre4 ,les enfants--qui voi5t t\t--voi5t aut\r d'eux des mnages se rompre4 ,acc\tumons-les l'ide que le divorce e/ ju/e et logique p\r deux p\x sans enfant qui se sont tromps l'un sur l'autre1 ou l'un l'autre4 ,mais conv5ons qu'il app>at insuffisant1 mdiocre et boiteux1 ds qu'il s'agit d'un pre et d'une mre4 ,l'enfant e/ entre eux1 qui les ti5t p> la ma94 ,il les unit d'un li5 qu'ils hsit5t tran*]4 ,c'e/ seulem5t qu& les petits sont capables de s'envol] du nid que les p>5ts peuv5t l'ab&onn] leur t\r4 ,mais notre propre exemple1 notre propre attitude1 sont encore les meilleures leons des *oses du m>iage4 vitons donc avant t\t ces discussions1 ces disputes1 qui frapp5t l'esprit des enfants et f9iss5t p> y associ] les deux ides de qu]elle et de mnage4 ,au contraire1 quel m]veilleux enseignem5t donne le spectacle d'un foy] o les p\x en t\s po9ts se conc]t5t et se mett5t d'accord4 ,m9i/re en m9iature1 o les deux dirigeants se p>tag5t1 p\voir gal--c> la femme t5d trs ju/em5t dev5ir l'quival5te de l'homme--les div]s portefeuilles selon leurs aptitudes et non plus selon les traditions3 l'un les f9ances1 les affaires trangres2 l'autre l'intrieur1 le comm]ce444 ,c'e/ au foy] qu'on appr5d t\te la dlicate conduite de la politique mnagre4 ,depuis les petites opportunits1 celle de ne pas quitt] trop t>d le nglig du mat91 de ne pas *auss] trop tt les pant\fles du soir1 jusqu'aux gr&es oprations de police1 o l'on v9ce du p\voir ceux qui t5drai5t l'usurp]1 amis trop assidus1 p>5ts trop tyranniques444 ,politique au gr& j\r1 qui montr]a le bi5fait de la fran*ise1 de la cl>t1 des ent5tes explicites1 incessantes1 et qui laiss]a dans l'ombre les aveux inutilem5t pnibles d'o naiss5t les conflits4 ,c'e/ l'cole du foy] qu'on pr5d les gr&es leons d'indulg5ce et de mansutude1 en p>ticuli] l'g>d de ces caprices1 de ces *angeantes humeurs qui sont s\v5t *ez la femme des reflets de sa sant4 ,c'e/ l enf9 que s'acqui]t l'art *>mant des prv5ances1 des att5tions1 t\t cet actif *ange1 si ncessaire la dure de la t5dresse entre deux tres3 cadeau qui fte les dates heureuses1 f9e l\ange qui ensoleille une me fm99e1 cont9uel s\ci de l'autre1 de lui assur] sa joie1 t\te sa joie4 ,c]tes1 l'enfant ignore bi5 des rites de ce culte assidu et f]v5t1 ceux surt\t qui val5t un homme d'tre appel p> sa compagne--de quelle voix reconnaissante--un bon m>i4 ,mais d'aimables images sont tombes dans sa mmoire4 ,plus t>d il en saisira le s5s pr(ond1 la porte ca*e4 ,il compr5dra que le symbole du m>iage e/ un solide autel bti d'e/ime et de confiance1 o ne doit pas s'te9dre la flamme du plaisir4 99 99 99 99 99 ,p\r l'am\r comme p\r le m>iage1 une seule "q s'impose1 du po9t de vue de l'ducation3 quelle ide de l'am\r s\haitons-n\s donn] nos enfants p> notre cont9uel enseignem5t1 af9 de les prp>] la vie8 ,ah6 ,bi5 plus encore que p\r le m>iage1 il importe de r$ress] les notions conv5ues qui tran5t dans les livres1 les pices1 les conv]sations1 p>t\t4 ,t\te notre littrature se n\rrit de l'am\r4 ,les opras *ant5t l'am\r4 ,les tableaux1 les /atues1 illu/r5t l'am\r4 ,l'art t\t enti] s'inspire de l'am\r1 s5t l'am\r1 s]t l'am\r4 ,et n\s respirons un imm5se m5songe4 ,jamais la reprs5tation de la vie ne s'e/ tant c>te du rel4 ,sans cesse1 elle t5d n\s montr] l'am\r facile1 l'am\r sans risques1 l'am\r p>fait4 ,or1 il n'e/ pas une av5ture1 pas une seule1 o l'homme ne se heurte la cra9te de la maladie ou la cra9te de l'enfant4 ,dans l'av5ture monda9e1 la femme jette aut\r de ses re9s une invisible ce9ture de /rilit qu'il faut t\rn] avec t\tes sortes de ruses amo9drissantes1 de s\cis triviaux1 sans s'affran*ir p\rtant d'une longue suite de bas s\cis4 ,et l'av5ture galante1 o le plaisir s'apaise la s\rce banale1 empoisonne p> d'innombrables passages1 app>at encore plus dcevante en ses fraudes ou tragique en ses dang]s4 ,et n\s n\s faisons les complices de cette norme dup]ie1 p> nos propos4 ,n\s jonglons lgrem5t avec ces l\rds prils4 ,n\s s]vons de fades lieux communs avec un clignem5t d'il1 un bon rire gaulois4 ,l'enfant illgitime8 ,p* de jeunesse4 ,la maladie8 ,c\p de pi$ de ,vnus4 ,quitte d'ailleurs djug] nos p>oles p> nos actes1 en accablant de la mme honte impitoyable1 de la mme rprobation froce1 la fille-mre et le vnri54 ,il faut dnonc] un autre dlit de la littrature3 elle n\s reprs5te la frqu5ce et la dure du gr& am\r1 d'un am\r si gr& qu'il emplisse t\te une exi/5ce d'une immuable flicit4 ,le gr& am\r444 ,on le voit app>atre dans t\s les romans1 dans t\tes les comdies4 ,o le voit-on dans la vie8 ,a feuillet] les ,mmoires du pass1 reg>d] aut\r de soi1 on con/ate vite que--sauf *ez quelques tres d'exception--il n'e/ po9t de passion qui demeure tale1 qui se s\ti5ne d'une ardeur fixe t\t au long d'une exi/5ce4 ,on s'ap]oit que t\t s'effrite1 se ride et fl*it1 et que l'am\r vieillit encore plus vite que l'am\reux4 ,peut-tre faut-il disc]n] encore1 dans cette croyance au gr& am\r1 au long am\r1 une prvision d'une humanit suprieure o t\s les tres s]ai5t enf9 fidles et respl5dirai5t de cette noblesse1 de cette =ce et de cette beaut que donne la con/ance4 ,mais ces temps ne sont pas v5us4 ,il n'e/ pas plus d'am\r inaltrable que de jeunesse t]nelle4 ,ah6 ,si l'on p\vait lacr] t\t ce dcor d'illusions1 bris] t\s ces m5songes dors qui flatt5t et reflt5t notre espoir d'absolu4 ,si l'on p\vait faire admettre que le bonheur e/ relatif et la passion saisonnire444 ,p>mi ces c\ples qui se jett5t au gr& am\r1 d'une rue f>\*e et p>fois meurtrire1 il en e/ qui r5onc]ai5t au voyage1 d'autres qui du mo9s en ap]cevrai5t d'avance le t]me4 ,que de dceptions1 de drames vits444 ,e/-ce dire que l'am\r ne soit pas important8 ,nullem5t4 ,il suffit d'int]rog] l'hi/oire prs5te ou passe p\r se conva9cre qu'il e/ p>t\t1 au c5tre de t\t1 qu'il anime t\t4 ,ce n'e/ pas seulem5t dans un crime qu'il faut *]*] la femme4 ,mais d]rire t\s les ge/es de l'homme1 des plus bas aux plus nobles4 ,la conqute de l'arg5t1 celle du p\voir1 qui sembl5t les gr&s mobiles huma9s1 ne sont elles-mmes que des moy5s de conqurir la femme4 ,le dsir mle dresse l'axe du monde4 ,oui1 l'am\r e/ important4 ,mais c'e/ cause de cette importance mme qu'il ne faut pas le montr] s\s des traits faux et f>ds ceux qui dc\vr5t la vie4 ,il ne faut pas que l'enfant croie le plaisir si facile1 ni l'am\r si frqu5t444 99 99 99 99 99 ,au mom5t o l'volution fm99e s'acclre et se m>que1 il peut tre intressant d'exam9] si elle influ5c]a l'am\r1 s'il y aura quelque *ose de *ang dans ses modalits1 du fait que la femme s'affran*it1 se ralise et devi5t vraim5t la moiti de l'humanit4 ,a mon s5s1 on n'en peut pas d\t]4 ,il semble bi5 que la femme doive pay] la conqute de ses droits sociaux4 ,et sur quel t]ra9 devra-t-elle recul]1 s9on sur celui o s'ex]ait s\v]a9em5t son empire8 ,voici donc la prdiction qu'autorise et qu'impose l'9luctable loi d'quilibre et de comp5sation3 ce qu'elle gagn]a en p\voir visible1 la femme le p]dra en p\voir ca*4 ,il s'agit d'abord d'une dim9ution de f]veur4 ,c> la galant]ie n'e/ que le signe s5sible du culte dont la femme tait l'objet1 du p\voir secret qu'elle ex]ait sur l'homme4 ,et ce p\voir tait =midable4 ,inju/em5t opprime p> la loi du mle1 contra9te la ruse dfaut du droit1 elle avait d dans l'ombre aiguis] ses armes naturelles1 son *>me et sa beaut1 ses dons d'attrait et de sduction4 ,p> sa duret mme1 l'homme obligeait la femme aux s\ples habilets4 ,p\r lutt] contre lui1 elle dut t5dre des piges1 dont sa grce tait l'appt4 ,mais rduite j\] ce rle secret1 elle s'y montra m]veilleuse4 ,le langage mme de l'am\r peignait sa s\v]a9et4 ,elle tait l'idole4 ,elle tait la matresse4 ,le tyran lui p>lait g5\x4 ,et ce fut sa revan*e cont9uelle444 ,la loi disait rudem5t3 ,la femme doit suivre son m>i4 ,mais1 dans la rue1 le m>i suivait les femmes4 ,on la *assa du trne3 mais elle rgna sur les rois4 ,elle m5a la plante sans jamais se montr] et1 p> l1 fut div9e4 ,on avait fait d'elle une crature r>e1 di/ante1 convoite1 ref]me sur elle-mme1 df5sive4 ,soit4 ,elle usa1 p\r p>v5ir ses f9s1 de son pre/ige my/rieux4 ,sa mo9dre dm>*e tr\blait et flattait l'homme en place4 ,il tait prt d'avance l'c\t] et la satisfaire4 ,il l'att5dait dans une petite fivre1 aprs un c\p d'il la glace et un c\p de doigt la m\/a*e4 ,et si elle obt5ait tant avec un s\rire1 que n'obt5ait-elle pas en accordant davantage8 ,c'e/ cet empire secret qui va peut-tre ress]r] ses frontires4 ,c'e/ sur cette c>te du ,t5dre que la femme n\velle va peut-tre ab&onn] du t]ra94 ,sortie du temple o l'avait relgue l'homme et pr5ant place au =um1 elle ne connatra plus t\s les rites du culte anci54 ,ds son avnem5t au gr& j\r1 elle devra laiss] tomb] son voile de my/re et combattre visage dc\v]t dans le duel de l'am\r4 ,e/-ce dire que les deux rivaux vont subir une mtamorphose complte8 ,que la femme va p]dre sa coquett]ie1 ses *>mantes pudeurs1 ses grces m\vantes1 son bel idal de t5dresse dv\e1 de passion absolue8 ,que l'homme n'aura plus ce con/ant dsir d'bl\ir1 de va9cre sa *re ennemie1 et aussi de se rfugi] contre elle8 ,non pas4 ,ce sont des traits de l'espce1 des raisons d'tre4 ,mais dans ce combat1 les armes s]ont dsormais presque gales4 ,il y aura1 dans les aveux1 une sorte d'quival5ce et de rciprocit4 ,on a vu t\t ce qu'ont acquis de rsolution1 de =ce dcide1 les femmes n\velles qui travaill5t4 ,elles sav5t ce qu'elles veul5t et ce qu'elles val5t4 ,cette autorit1 elles l'apport]ont p>t\t4 ,la vie s5tim5tale y gagn]a en fran*ise4 ,il y aura mo9s de madrigaux1 mais plus de s9crit1 mo9s de papillonnages aut\r de la fleur r>e1 mais mo9s de fleurs dlaisses4 ,combi5 de de/9es en devi5dront meilleures6 ,combi5 de malheureuses ont s\pir en va9 aprs le compagnon s\hait qu'elles aimai5t secrtem5t4 ,peut-tre et-il t heureux de se savoir prfr4 ,mais il ne savait pas4 ,et il passait4 ,vi5ne1 aprs le rgne des paupires baisses1 celui des reg>ds droits1 et c'en s]a f9i de ces inju/es s\ffrances4 ,plus audacieux1 mais plus rfl*i1 plus cons5ti1 le don de soi app>atra plus noble4 ,t\t libre-*ange fait pass] sur les frontires un gr& s\ffle salubre4 99 99 99 99 99 ,la vraie famille se limite au gr\pe p>5ts-enfants4 ,dj1 l'affection vritable n'e/ pas si frqu5te entre frres et surs4 ,p\rquoi t5t] de l't5dre8 ,le c\s9age n'e/ que la c>icature de la famille4 ,il en s\ligne les dfauts sans en montr] les qualits4 ,il suscite la jal\sie sans veill] la solid>it4 ,les g5s que l'on contra9t de s'aim] incl95t se dte/]4 ,ils ont1 dira-t-on1 des s\v5irs communs8 ,mais ils pr(it5t de se connatre p\r se mieux d*ir]4 ,les s\cis d'hritage env5im5t encore ces qu]elles4 ,le c\s9age semble avoir t inv5t p> les notaires4 ,faisons donc table rase de ces p>5ts loigns qu'on ne r5contre que dans les m>iages et les ent]rem5ts4 ,s'il en e/ qui n\s plais5t1 tant mieux4 ,ri5 ne n\s emp*e de les attir]4 ,a la famille impose1 sub/ituons la famille d'lection1 celle que con/itu5t les amis que n\s n\s sommes donns4 ,l1 po9t de vila9s s\cis d'arg5t4 ,mais des aff9its qui se sont reconnues4 ,si notre *oix fut mauvais1 ne n\s en pr5ons qu' n\s-mmes4 ,du mo9s sommes-n\s libres de le rpudi]4 ,c]tes1 t\t e/ prcaire1 t\t e/ fragile1 mme l'amiti4 ,ces li5s ne sont pas indissolubles4 ,mais n\s *]*]ons les entret5ir1 p>ce que n\s les avons spontanm5t tresss4 ,,*apitre ,,iii ,,de ,l',,in/ruction4 ,,pr9cipes ,,et ,,moy5s ,d',,action ,le ,lyce4--,le ,foy]4--,la ,valise4--,comm5t appr5dre4--,le ,*oix d'un ,mti]4 ,le ,lyce4 ,a quoi s]t de savoir8 ,voici ce que n\s rpondions aux enfants3 ,a se r5dre compte de ce qu'on voit4 ,a tre aussi =t qu'autrui dans la lutte4 ,a s'ass\plir l'esprit1 dvelopp] ses dons d'inv5tion1 qui s]viront t\j\rs1 quoi qu'on fasse4 ,a connatre en surface1 quitte creus] plus t>d en pr(ondeur sur c]ta9s po9ts4 ,a se p>]1 se meubl] l'esprit1 faire qu'on soit une biblio?que ple9e au lieu d'une biblio?que vide4 ,a j\ir1 p> la comprh5sion1 de t\t ce qu'on p]oit4 ,a s'loign] de l'tre primitif qui s'agite p\r mang]1 dormir1 m\rir4 99 99 99 99 99 ,de l'aveu mme de c]ta9s pdagogues1 le lyce e/ avant t\t une g>d]ie4 ,il p]met aux p>5ts de se d*>g] de l'in/ruction des enfants et de se db>rass] de leur prs5ce4 ,le lyce plaide timidem5t en faveur de son enseignem5t1 qui ass\plit l'esprit1 qui donne le gt des ides gnrales4 ,mais il se ju/ifie en ralit p> la ncessit de prp>] aux exam5s1 de fran*ir ces ob/acles de /eeple-*ase1 ces haies dresses et sans cesse surleves1 dont on b>re l'entre de t\te c>rire4 ,l'exam5 e/ un tamisage ncessaire8 ,il donne--au mo9s quant la mmoire--le pas aux meilleurs8 ,soit4 ,mais on sait bi5 que les programmes d'tudes sont sur*>gs p\r accrotre les difficults des conc\rs1 p\r rtrcir la maille du tamis1 p\r hauss] la haie4 ,et on sait bi5 aussi que1 p\r un exam51 on s'emplit la c]velle refus1 comme on emplit une ponge d'eau4 ,l'exam5 pass1 on presse l'ponge1 on oublie t\t4 ,consqu5ce3 les plus *>mantes1 les plus prcieuses annes de la vie1 celles o l'on a dj la comprh5sion1 la s5sibilit1 sans avoir encore le s\ci1 se pass5t dans une gele4 ,en moy5ne1 dix ans de dt5tion4 ,l'exig5ce n'e/-elle pas dmesure avec le rsultat1 qu'il s'agisse de conc\rs ou de culture gnrale8 ,non4 ,le rle de g>d]ie explique seul une si longue rclusion4 ,une intellig5ce d'adolesc5t1 demeure fra*e et neuve1 absorb]ait en deux ou trois ans t\tes ces indige/es matires qu'on m*onne dix ans4 ,en ralit1 il suffirait1 depuis la c9quime jusqu' la qu9zime anne1 d'une demi-heure p> j\r de leon p\r possd] une culture suffisante4 ,ensuite1 si on veut =c] la porte d'coles spciales1 de c>rires exam5s1 il s]ait bi5 temps1 p\r un c]veau t\t frais1 d'assimil] p\r un mom5t l'norme fatras des programmes4 ,et surt\t1 pas d'int]nat6 ,mme le prov9cial loign d'un lyce p\rrait tre plac dans un foy] ami1 o il gt]ait la vie de famille1 o il vit]ait l'affreuse promiscuit444 99 99 99 99 99 ,oh6 non1 pas d'int]nat4 ,pas de cette gele o les enfants sembl5t faire dix ans de prison prv5tive p\r t\s les dlits qu'ils commettront plus t>d6 ,p\rquoi les p>5ts int]n5t-ils leurs enfants8 ,d'abord1 je l'ai dit1 p> gsme1 p\r se libr] de surveillance et de s\ci4 ,p> r\t9e1 p>ce que a se fait1 p\r imit] le vois94 ,p> ignorance1 fe9te ou vraie4 ,la mre--c> le pre1 lui1 ne peut pas avoir oubli--la mre croit que l'int]ne travaille mieux lo9 des di/ractions1 que le rptiteur se p5*e avec sollicitude sur son paule1 l'aide rs\dre les difficults de sa t*e4 ,alors qu'en fait le pion prp>e lui-mme un exam5 et n'exige que le sil5ce et la paix4 ,et dans quel froce petit monde jett5t-ils a9si leurs enfants6 ,image rduite et d=me de l'humanit1 o les in/9cts et les vices app>aiss5t nu1 sans ce v]nis de politesse et de dignit que donn5t aux hommes les annes1 sans ces s\ffles de piti1 d'en?\siasme1 d'art1 qui devi5n5t l'ornem5t de la vie4 ,ri5 ne lui manque1 ce monde de na9s3 ses m5eurs1 ses tyrans1 ses banqui]s1 ses bretteurs1 ses m\*>ds1 ses filles444 ,l'int]nat franais prp>e de mauvais hommes4 ,ils ne peuv5t pas connatre le t5dre respect filial1 puisqu'ils fur5t bannis du foy] de famille4 ,ils ne peuv5t pas ple9em5t connatre le respect de soi1 c> de honteux s\v5irs les font longtemps encore r\gir d'eux-mmes4 ,ils ne peuv5t pas connatre le bi5fait d'une vie intrieure1 puisqu'ils ont vcu jusqu' v+t ans dans l'ennui morne et malsa91 lo9 du spectacle du monde4 ,l'int]nat444 ,abject temps1 ptri de bassesses1 et dont on re/e t5t de dt\rn] la tte444 ,enfance poisseuse1 dont on passe t\te l'exi/5ce se lav]444 ,oh6 ,ces annes1 de dix v+t ans1 ces annes qui devrai5t tre le j>d91 la p>ure1 comme le p>adis de l'exi/5ce1 o l'me devrait clore avec ravissem5t1 t\t appr5dre1 t\t compr5dre1 avec surprise1 avec extase1 o les yeux devrai5t s'emplir de s\v5irs ensoleills1 p5dant que l'on e/ encore irresponsable et sans s\ci1 dj s5sible et consci5t1 ces annes o plus t>d nos mlancolies devrai5t p\voir but9] mille et mille images de dlices1 ces annes1 des murs caduques les ont inju/em5t1 inutilem5t encloses de hauts murs1 sans lumire1 sans visages et sans joie4 99 99 99 99 99 ,on a jug commode de plaisant] et de t\rn] en *anson la dtresse de l'enfant int]n4 ,on l'appelle pota*e et t\t e/ dit4 ,c'e/ une l\rde faute4 ,il ne faut pas rire des *agr9s purils4 ,s'ils p>aiss5t plus petits que les s\cis adultes1 c'e/ qu'ils sont la taille de l'enfant3 mais ils l'empliss5t t\t enti]4 ,il n'e/ po9t endurci contre la d\leur1 il n'e/ pas di/rait d'une pe9e p> d'autres pe9es1 entran p> la ncessit salutaire de cont9u] vivre4 ,non4 ,son *agr9 e/ gr& comme lui4 ,et1 quoi que lui rs]ve le de/91 jamais il ne r5contr]a de d\leur aussi complte1 aussi cont9ue1 aussi inju/e4 99 99 99 99 99 ,on dit aussi3 le lyce r5d dbr\ill>d1 au contact d'autrui4 ,mais le j\r o un g>on qui n'a pas t au lyce enf\r*e une bicyclette1 o il pr5d son essor1 se dt]m9e1 se r5seigne1 pr5d contact avec le monde1 ce j\r-l1 sa bcane lui r5d agrablem5t1 ce mme po9t de vue1 le mme s]vice que l'affreuse gele du lyce4 ,on dit enf93 la duret du lyce fait1 en contra/e1 p>atre ensuite la vie meilleure4 ,t\j\rs cette notion du p>adis4 ,s\ffrons sur t]re1 p\r une rcomp5se t]nelle4 ,n'e/-il pas ju/e d'vit] d'abord la s\ffrance dans l'exi/5ce dont on a la c]titude8 ,n'e/-il pas ju/e d'vit] d'abord la s\ffrance l'enfant1 l'adolesc5t8 ,qui sait ce que lui rs]ve la vie8 99 99 99 99 99 ,le lyce dveloppe l'esprit de ruse4 ,on s'y dnonce4 ,p\r ne pas tre di/anc dans une composition1 on inv5te des tr\vailles ma*iavliques4 ,je sais un g>onnet qui1 p\r assur] sa supriorit et =t de sa mmoire1 oubliait consciemm5t son livre af9 que le pr(esseur ne laisst de livres p]sonne4 ,m]veilleuse cole de probit6 ,s+uli] effet de l'mulation1 de la fameuse mulation1 tant vante1 du3 ,ote-toi de l que je m'y mette6 ,et faut-il tellem5t admir] l'usage des prix8 ,rcomp5s] la mmoire1 l'intellig5ce1 e/-ce bi5 ju/e8 ,ce sont des dons1 comme la sant1 la =ce4 ,or1 on s\rit du prix de gymna/ique4 ,il faudrait s'ent5dre4 ,je conois qu'on atta*e des valeurs diffr5tes *acun de ces avantages diffr5ts comme la vigueur1 l'esprit1 l'adresse1 le tal5t4 ,mais l'inju/e1 c'e/ d'tablir une nette ligne de dm>cation entre les qualits physiques et les qualits intellectuelles1 de considr] les premires comme un cadeau de la nature dont le de/9ataire n'e/ pas responsable1 t&is qu'on lui fait des secondes un mrite1 digne de rcomp5se4 ,les unes et les autres sont p\rtant galem5t des dons4 99 99 99 99 99 ,dans la p5se des hommes d'tat1 les deux gr&es conqutes sociales mod]nes sont la lib]t et la solid>it4 ,or1 le jeune franais e/ faonn1 lam9 successivem5t p> le lyce et la cas]ne4 ,au lyce1 p5dant dix ans1 l'ge le plus mallable1 on lui rpte3 ,t*e d'tre avant ton vois94 ,t*e de pr5dre sa place4 ,s'il le dpasse1 il e/ rcomp5s4 ,s'il l'aide1 il e/ puni4 ,admirable prp>ation l'altruisme4 ,a la cas]ne1 au nom de la discipl9e1 on l'introduit dans une socit t\te oppose celle o il volu]a plus t>d4 ,on lui inculque la notion du suprieur et de l'infrieur4 ,on lui int]dit d'agir et de p5s] p> lui-mme4 ,et cela l'ge de sa =mation morale4 ,comm5t ce jeune homme p\rra-t-il retr\v] le s5s de la lib]t et celui de la solid>it1 qu'on a successivem5t t\ffs en lui8 ,le ,foy]4 ,j'ai dit ce que je p5se du lyce4 ,l'idal s]ait l'in/ruction p> les p>5ts1 au mo9s jusqu' la qu9zime anne4 ,j'ent5ds dj leurs cris3 ,ils n'ont pas le temps4 ,ce n'e/ pas mon avis4 ,que *acun fasse son exam5 de consci5ce4 ,une demi-heure p> j\r suffirait l>gem5t4 ,qui ne p]d pas une demi-heure8 ,les femmes1 en c\rses1 en visites1 en ?s4 ,les hommes1 au caf1 au jeu1 ou *ez leurs matresses4 ,on peut t\j\rs tr\v] une demi-heure4 ,une autre objection se dresse1 assez comique4 ,un j\r1 je disais un de mes confrres1 un criva9 trs rput1 que j'avais entrepris l'in/ruction de mon fils4 ,il m'int]rompit1 +num5t3 --,mais alors1 v\s avez d t\t rappr5dre8 ,le mot e/ d\ble fond4 ,creusez-le4 ,v\s y tr\v]ez t\t le procs de l'in/ruction actuelle4 ,c> enf91 si n\s devons t\t rappr5dre p\r in/ruire nos enfants1 c'e/ donc que n\s avons t\t oubli4 ,c'e/ donc que nos annes de lyce ne n\s ont s]vi ri58 99 99 99 99 99 ,la preuve qu'on p\rrait consacr] beauc\p mo9s de temps l'in/ruction1 c'e/ la somme norme de connaissances que l'enfant encaisse dans ses t\tes premires annes4 ,songez qu' sa c9quime anne1 il a t\t appris1 le nom de t\t1 la notion de t\t1 ce que le monde a mis des milli]s d'annes savoir4 99 99 99 99 99 ,p\r dim9u] le rle de la mmoire1 il faudrait que l'usage soit gnralis des prcis1 des vademecum1 des lexiques1 de ce qu'on appelle ju/em5t des aide-mmoire4 ,et qu'il n'y et pas dim9ution s'en s]vir4 ,mais il y aurait dim9ution4 ,supposez un mdec9 qui tir]ait un petit c>net de sa po*e p\r ordonn] exactem5t des dosages4 ,il s]ait p]du4 ,et p\rtant444 99 99 99 99 99 ,dans le tra91 f9 septembre1 une mre1 r5trant de vacances avec sa fillette aux j\es claires et rebondies1 aux jambes brunies1 la sant s\s la peau1 disait avec une admirable et niaise rsignation ceux qui la complim5tai5t sur cette belle app>5ce3 ,oui1 mais elle aura p]du ses belles c\leurs en janvi]4 ,et cep5dant elle la ram5ait ,p>is1 p\r le ,c\rs4 99 99 99 99 99 ,je suis p]suad que la plup>t des enfants p\rrai5t s'in/ruire avec le seul conc\rs des livres--surt\t si ces livres tai5t conu dans ce desse94 ,malheureusem5t ces prcis sont r>es4 ,c'e/ une trange illusion de la "p des p>5ts--d'autant plus inexplicable que les pres ont pass p> le lyce et sav5t ce qu'il en e/--que cette foi dans le p\voir de la classe et de l'tude4 ,le pr(esseur p>le p\r tr5te lves4 ,il ne peut pas s'occup] de *acun d'eux4 c\te qui veut1 compr5d qui peut4 ,mais1 dira-t-on1 l'lve de lyce e/ oblig de pr5dre des notes1 de faire des devoirs1 d'appr5dre des leons4 ,t&is qu'un enfant n'aura jamais la sagesse et la raison d'tudi] seul dans les livres4 ,d\ble erreur4 ,n\s savons bi5 que presque t\t s'oublie1 de ce qui fut appris s\s le f\et de l'am\r-propre ou la cra9te de la punition4 ,et j'affirme aussi qu'un enfant s'in/ruira p> le livre1 le j\r o1 son gt se dess9ant1 il tr\v]a dans ses lectures des connaissances qui l'intress]ont1 qu'il saura ncessaires son futur mti]4 ,c'e/ une "q de mom5t4 99 99 99 99 99 ,p\r les p>5ts qui ne v\drai5t pas tir] leur sci5ce de leur propre fonds1 les c\rs p> correspondance s]ont un guide excell5t4 ,c]ta9s manuels d'in/ruction au logis sont dj conu dans un esprit lucide et pratique4 ,et1 je le rpte1 je crois beauc\p l'enseignem5t p> le livre1 p\r celui qui s'intresse ce qu'il appr5d4 ,on peut appr(ondir1 creus] un sujet1 rev5ir en arrire1 mdit]1 mrir4 ,on n'e/ pas talonn4 ,t&is qu'un pr(esseur qui p>le tr5te lves ne peut pas s'occup] de *acun d'eux4 ,il va1 il va4 ,il sme4 ,tant pis si sa p>ole ne g]me pas4 ,la ,valise4 ,a quoi bon appr5dre p> cur les proprits ?oriques du sulfure de b>yum8 ,qui se rappelle t\t ce fatras8 ,il ne faut *>g] sa mmoire que d'un m9imum ncessaire4 ,d'une "p1 ce qu'il faut savoir dans la vie de relation1 p\r ne pas p>atre ignorant1 p\r ne pas se nuire p> le monde4 ,d'autre "p1 les connaissances gnrales qui n\s p]mettront de compr5dre une sci5ce lorsque n\s v\drons ensuite l'appr(ondir1 p> gt ou p> ncessit4 ,ce bagage indisp5sable1 qu'on emporte p>t\t avec soi1 dans sa tte1 c'e/ ce que n\s appelions la ,valise4 ,les l\rdes malles1 les *apelires1 t\t le con=t1 le luxe et le sup]flu1 ne font que suivre4 ,avec la valise1 on n'e/ dplac nulle "p4 99 99 99 99 99 ,il faut faire de la gographie c\ps de s]pe4 ,dbit] dans le bloc t]re/re de gros morceaux dont on saura la place et l'aspect4 ,on toil]a la c>te d',europe de ses gr&es villes4 ,et il suffira de connatre la figure et les noms de cette con/ellation4 99 99 99 99 99 ,en hi/oire1 il suffit de p\voir plac] les vnem5ts dans leur sicle1 af9 de ne pas commettre une hrsie s5sible4 99 99 99 99 99 ,en ari?mtique1 les quatre rgles4 ,dj1 la rac9e c>re e/ un luxe4 ,en gomtrie1 la notion et le calcul des surfaces et des solides simples4 99 99 99 99 99 ,en *imie1 on ne s'emb>rass]a donc pas de ces ractions1 descriptions de *aque corps1 qu'on nonne p\r les exam5s4 ,on appr5dra les gnralits1 sels1 bases1 acides1 en en signalant le c>actre transitoire1 en les prs5tant comme des lois appro*es1 qui satisfont actuellem5t l'esprit4 ,puis1 quelques proprits1 utiles ou curieuses1 de c]ta9s corps usuels4 99 99 99 99 99 ,en physique1 les lois gnrales1 illu/res autant que possible des exemples de la vie1 du logis1 de la sci5ce amusante4 99 99 99 99 99 ,en my?ologie1 en hi/oire gnrale1 y compris l'hi/oire sa9te1 il faut un bagage monda93 savoir la signification des noms1 des lg5des qui prt5t aux allusions4 ,plus t>d1 si on s'y intresse1 il s]a t\j\rs temps de f\ill] une poque4 99 99 99 99 99 ,on n'oubli]a pas d'emport] dans la valise la li/e des locutions vicieuses--comme3 s'en rappel]--af9 de les vit]4 ,c> il y a des g5s qui v\s jug5t svrem5t sur ces fautes lgres et l'on se dprcie dmesurm5t les employ]4 ,la li/e galem5t des locutions trangres1 de langues mortes ou vivantes1 qui c\r5t dans la conv]sation et dont l'ignorance e/ gnante4 99 99 99 99 99 ,il faudra connatre aussi1 af9 de ne pas se tr\v] en tat d'infriorit1 les types sortis des pices et des romans et qui cont9u5t de vivre dans la mmoire contempora9e3 ,giboy]1 ,mme ,m>neffe4 ,de mme les arti/es qui ont cr un g5re1 au ?tre1 et dont le nom e/ dev5u synonyme de ce g5re mme3 une ,dugazon4 99 99 99 99 99 ,comme hommes illu/res--noms et uvres--on f]a un triage1 en ret5ant ceux auxquels on fait frquemm5t allusion dans la caus]ie et ceux qui sont dignes de mmoire4 ,n\s avions compos c9q c5ts c>tes4 ,au recto1 un nom4 ,au v]so1 le sicle1 la pr(ession1 l'uvre4 ,et une petite anecdote c>actri/ique1 autant que possible4 ,le jeu consi/ait1 lisant le recto1 connatre l'invisible v]so4 ,cela s'appelait le ,pan?on4 99 99 99 99 99 ,dans un *apitre spcialem5t consacr aux pr9cipales lacunes de l'in/ruction (ficielle1 on tr\v]a l'indication de quelques connaissances utiles emport] dans la ,valise4 ,comm5t appr5dre4 ,il faut savoir att5dre4 ,un adolesc5t1 r\vrant un livre qu'il avait tudi avec ennui dans l'enfance1 e/ surpris de s'ap]cevoir qu'il le compr5d mieux1 qu'il s'y atta*e4 ,a9si1 il y a un ge1 une maturit1 o1 p\r *aque tude1 l'intrt et la comprh5sion sont po9t4 ,la hte o l'on e/ de b\rr] les c]veaux de connaissances p\r les exam5s1 p>ce qu'il faut tre reu1 cette hte a fait devanc] l'ge propice4 ,c'e/ p\rquoi l'enfant ne reti5t ri5 de ce qu'il apprit trop tt1 dans l'curem5t4 ,aussi1 ne faut-il grav] en lui que l'indisp5sable1 l',a ,b ,c de t\t et1 p\r le re/e1 att5dre l'ge o s'veill5t l'intellig5ce et la curiosit1 en une sorte de pub]t de l'esprit4 99 99 99 99 99 ,il y a un mom5t o votre petit g>on v\s dit spontanm5t3 ,j'ai compris inv]sem5t proportionnel6 ,on a bi5 fait de ne pas insi/] plus tt4 ,il vi5t seulem5t d'tre mr p\r cette ide4 99 99 99 99 99 ,mme p\r les jeux--qui sont encore des enseignem5ts--il faut savoir att5dre4 ,il faut guett] le mom5t o ces jeux intress]ont les enfants1 l'heure qui sonne4 ,a9si1 j'avais a*et une petite presse et une casse d'imprim]ie4 ,les enfants tai5t trop petits p\r s'en s]vir et s'en amus]4 ,j'ai d att5dre dix ans6 ,et puis1 un beau j\r1 ils ont dc\v]t leur imprim]ie4 ,et il a fallu c\rir les magas9s de ,p>is p\r se procur] de l'encre1 des r\leaux1 sans att5dre un in/ant de plus444 ,de mme p\r la photographie4 ,j'en ai fait leurs cts p5dant des annes sans qu'ils y mord5t4 ,et je ne les y incitais pas4 ,et l'heure aussi a sonn1 et 'a t le ravissem5t1 la tr\vaille1 le gr& zle qu'on a seulem5t p\r ce qu'on aime444 99 99 99 99 99 ,on n'insi/]a jamais trop sur cette ide3 aprs avoir in/ruit l'enfant des connaissances la base--la valise--il faut att5dre1 p\r t\te culture de luxe1 que le gt s'en veille4 ,comme on appr5d vite et mieux1 qu& on a le dsir de savoir1 qu& on sait p\rquoi on appr5d6 ,voyez le cas de l'anglais4 ,le j\r o des enfants exprim5t le dsir de savoir cette langue1 il suffit de leur faire suivre1 p> exemple1 p5dant deux mois les c\rs de ,b]litz1 dose int5sive1 deux leons p> j\r4 ,puis une jeune anglaise vi5t s'in/all] deux saisons leur foy]4 ,elle appr5d le franais1 elle enseigne l'anglais4 ,a9si1 dans l'agrm5t1 au b\t de huit mois au total1 ils p>l5t c\ramm5t l'anglais4 99 99 99 99 99 ,qu& il s'agit de fleurir1 de p>] l'enseignem5t de fond1 il faut *oisir1 ou plutt laiss] *oisir1 guett] l'veil des gts4 ,a9si1 de deux fillettes1 galem5t d\es1 l'une aura un p5*ant p\r le dess9 de modes1 l'autre p\r le prcieux dess9 japonais4 ,il faut alors suivre ce p5*ant1 et l'accus]1 l'affirm]4 99 99 99 99 99 ,la dure d'une leon ne doit pas tre de plus d'une demi-heure4 ,dans son tude sur l',att5tion volontaire1 ,ribot value la dure totale de l'att5tion une heure et il l'e/ime plus faible *ez l'enfant1 la femme1 le vieill>d4 ,d'ailleurs1 la vie n\s en donne un exemple frappant4 ,au ?tre1 o l'on s'amuse--gnralem5t--l'acte ne dure jamais plus de trois qu>ts d'heure4 ,on a s5ti le beso9 in/9ctif de ne pas dem&] plus l'att5tion cont9ue1 ft-elle agrable4 99 99 99 99 99 ,il faut voir si l'enfant reti5t mieux p> la mmoire des yeux ou la mmoire des sons1 s'il e/ visuel ou auditif4 ,les visuels sont inf9im5t plus nombreux que les auditifs1 d'ailleurs4 ,et c'e/ surt\t p> l'image qu'on devra frapp] leur esprit4 ,le c9ma1 quelle ress\rce6 ,il n'e/ pas une connaissance lm5taire1 pas une1 qui ne puisse se dr\l] en film4 ,je suis c]ta9 que l'coli] primaire appr5drait a9si1 jamais1 en huit j\rs1 ce qu'il nonne en huit ans4 99 99 99 99 99 ,il faut vit] ce que n\s appelions le ton in/itutrice4 ,je ne sais quoi d'aigre1 d'imprieux1 d'en classe1 mesdemoiselles1 qu'on e/ t5t de pr5dre ds qu'il s'agit d'enseignem5t et qui r5d d'avance la leon maussade4 ,il ne faut pas que cette demi-heure soit odieuse1 grce d'pres3 ,z-tu fait ta t*e8 ,il faut vit] de r5=c] cette ide du travail-ennui4 ,on ne doit pas riv] l'enfant la table comme le bagn>d la *ane4 ,s'il e/ inatt5tif1 fatigu1 il faut p\voir (frir paisiblem5t3 ,veux-tu cess]8 99 99 99 99 99 ,il faut divorc] le travail et l'ennui4 ,c'e/ une union tellem5t admise1 tellem5t troite1 que les enfants1 lorsqu'on e/ p>v5u les in/ruire en les amusant1 dis5t3 ,ce n'e/ pas travaill]1 puisque ce n'e/ pas ennuyeux4 ,quelle antique et t]rible erreur6 99 99 99 99 99 ,il faut faire impression sur l'enfant1 et p\r cela1 le t\*]1 l'intress]1 l'amus]1 piqu] sa curiosit1 frapp] son imag9ation1 m\voir son cur4 ,et il ne faut jamais l'ennuy]4 99 99 99 99 99 ,r5dons la sci5ce aimable1 attrayante4 ,p\r enseign] l'inv5tion des ballons1 p> exemple1 de vieilles e/ampes1 de vieilles assiettes1 fix]ont mieux les s\v5irs que de longs disc\rs4 99 99 99 99 99 ,p\r amus]1 on emploie des ruses4 ,a9si1 p\r faire compr5dre l'adaptation des organismes au milieu1 on imag9e un monde #ejj degrs1 un monde de feu1 o c\l]ai5t des fleuves d'ta91 o p\ss]ai5t des plantes mtalliques1 o circul]ai5t des salam&res1 o la vie aurait d'autres exig5ces que sur la t]re4 99 99 99 99 99 ,on inv5t]a une agriculture fantaisi/e1 o on ondul]ait les *amps p\r leur donn] plus de surface2 o on lv]ait plusieurs tages de t]re sur des *>p5tes mtalliques1 les plus bas p\r la culture ombre1 les plus hauts p\r la culture au soleil2 o on c\p]ait les bls d'un seul c\p1 avec un fil r\gi p> l'lectricit2 o on s\ti5drait les pis1 t5ts de se c\*]1 p> un treillage horizontal444 99 99 99 99 99 ,il y a des v]tiges qu'il e/ bon de donn]1 une sorte d'ivresse de l'imag9ation4 ,a9si1 song] que1 peut-tre1 la t]re n'e/ qu'un atome d'un monde norme1 qui lui-mme n'e/ qu'une cellule dans l'inf9i444 ,ou bi51 quelques p]sonnes sont runies dans un salon4 ,il faut se dire qu'il a exi/1 qu'il exi/e ou qu'il exi/]a1 sur un autre monde1 une assemble id5tique1 o les mmes p]sonnes prononc]ont les mmes p>oles1 f]ont les mmes ge/es4 ,p\rquoi8 ,p>ce que cette assemble se compose d'un nombre f9i de cellules4 ,et comme les cellules sont en nombre inf9i dans l'espace et le temps1 elles ont ralis et ralis]ont n\veau le gr\pem5t que reprs5te cette assemble4 ,et cette comb9aison elle-mme se r5\vell]a un nombre inf9i de fois444 99 99 99 99 99 ,aux livres arides de physique1 je prfre la ,sci5ce amusante1 la sci5ce au foy]1 ces petites expri5ces que c]ta9s auteurs ont runies en srie4 ,une fois que la curiosit e/ amorce1 il e/ temps d'voqu] les gr&es et s*es lois gnrales4 ,c'e/ une conclusion4 ,d'ailleurs1 n'e/-on pas p>ti de l'expri5ce p\r arriv] aux lois8 ,p\rquoi ne pas suivre cette t5dance naturelle8 ,ou bi5 on racont]a des vies d'inv5teurs4 ,il faut s'amus] faire de la physique4 99 99 99 99 99 ,p\r les premi]s lm5ts de *imie1 comme p\r la physique1 il faut se plac] au niveau de l'enfant1 le frapp] avec des expri5ces4 ,p>tir des petits faits de la vie1 comme les mlanges rfrigrants1 le v]t-de-gris1 la m\sse du *ampagne1 p\r p>v5ir aux gr&es lois gnrales4 ,il faut1 autant que possible1 racont] des hi/oires4 ,que se rappelle une jeune fille brevet de la *imie telle qu'elle l'a apprise8 ,ri54 99 99 99 99 99 ,on ne rp& pas assez les arts d'agrm5t1 le dess91 la sculpture1 le modelage4 ,on ne fleurit pas assez la vie4 ,ces notions lm5taires devrai5t tre diffuses1 au lieu de re/] le privilge d'une ca/e4 ,ou alors1 on a t l'extrme4 ,exemple3 ,p> mode1 p> conv5ance1 p> imitation1 p\r se donn] un signe de ri*esse1 on impose aux filles des sances normes de piano4 ,et la plup>t y t\*5t pe9e1 une fois m>ies4 ,y a-t-il proportion entre les heures d'tudes et la joie qu'on en retir]a8 ,seules1 celles qui sont d\es devrai5t s'y consacr]4 ,on devrait vit] cet excs4 ,p\r p\voir lire la musique1 p\r d*iffr] cette langue univ]selle et *>mante1 p\r en connatre les lm5ts1 l'criture1 il suffirait de s'entran] d'abord1 l'ge des connaissances premires1 sur un in/rum5t simple1 comme la ci?>e4 99 99 99 99 99 ,p\r r5dre la gographie attrayante1 on peut p>tir du j>d91 t5dre la notion la commune1 au canton1 l'arrondissem5t1 etc4 ,p\r l'hi/oire1 cette m?ode s]ait sduisante1 de p>tir de la famille1 de remont] aux gr&s-p>5ts4 ,mais il faut y r5onc]1 c> elle ne p]mettrait pas de suivre l'humanit pas pas dans ses progrs1 t&is que ces tapes et ces conqutes sont s5sibles qu& on pr5d l'homme ses orig9es connues4 ,naturellem5t1 il faut ram5] les gu]res et les rois leur importance relle et r5dre la place qu'ils mrit5t aux c\tumes1 aux dc\v]tes1 aux arts1 aux gr&s m\vem5ts de la p5se1 t\t le labeur des hommes4 99 99 99 99 99 ,on p\rrait appr5dre l'hi/oire de ,france ri5 qu'avec une suite de romans comme ceux d',alex&re ,dumas1 ,erckmann-,*atrian1 ,paul ,adam1 les frres ,m>gu]itte4 ,cela ne s]ait pas exact1 direz-v\s8 ,cela le s]ait t\t autant que l'hi/oire t\te s*e1 surt\t au po9t de vue de l'atmosphre gnrale des poques4 ,il suffit de se r5dre compte que1 sur un fait contempora91 il y a my/re ou dsaccord1 p\r conv5ir que l'hi/oire1 telle qu'elle n\s e/ transmise1 ne peut pas tre exacte quant aux faits4 ,qu& on e/ dans un vnem5t1 on e/ comme un alp9i/e dans un nuage3 on n'en voit pas les cont\rs4 99 99 99 99 99 ,j'ai dj montr quel enseignem5t on p\vait tir]1 en matire d'ducation1 d'un fait usuel comme la conduite d'une auto4 ,la leon e/ t\t aussi attrayante1 du po9t de vue de l'in/ruction4 ,songez que1 d'in/9ct1 l'enfant veut t\t connatre1 t\t compr5dre4 ,*aque j\r1 il se rveille avec un p\rquoi8 et s'endort avec un comm5t8 ,avec ses po9ts d'int]rogation1 il ent5d cro*et] t\s les my/res1 =c] t\s les secrets4 ,v\s voyez d'ici t\t ce qu'une auto doit rvl] son ard5te curiosit3 ,p\rquoi les gaz s'enflamm5t-ils8 ,comm5t le moteur t\rne-t-il8 ,*aque c>t] conti5t une nigme enclose dont il lui faut la cl4 ,et le *angem5t de vitesse8 ,et le diffr5tiel8 ,et les engr5ages8 ,si bi5 que p\r apais] cette fr+ale1 c'e/ t\t ensemble un peu d'lectricit1 de *imie et de mcanique qu'on doit lui s]vir444 ,ce petit exemple concrte les deux gr&es rgles qui doiv5t prsid] l'in/ruction4 ,la premire1 pass] du connu l'inconnu4 ,la seconde1 r5dre la leon attrayante1 la donn] comme un alim5t et non comme un mdicam5t4 ,*oix d'un mti]4 ,le mti]1 c'e/ un compagnon qu'on retr\ve *aque mat9 p\r ne le quitt] que le soir1 t\te la vie4 ,si on l'aime1 cette vie en e/ embellie4 ,si on le dte/e1 elle en e/ empoisonne4 ,une pr(ession6 ,con=me aux gts et aux aptitudes de *acun1 elle lui vaudrait le robu/e plaisir de produire un ef=t qui ne lui cot]ait pas1 la ju/e fi]t de prospr] en raison mme de cet ef=t4 ,*ez n\s1 pe9e une poigne d'hommes ont le c\rage et l'n]gie d'un tel *oix1 d'o dp5d p\rtant la c\leur de la vie4 ,et la plup>t1 p\r qui *aque heure de travail devi5t un f>deau1 qui guett5t1 la montre la ma91 l'in/ant de l'vasion quotidi5ne1 se laiss5t mollem5t entran] non seulem5t p> le has>d1 mais p> d'absurdes prjugs4 ,les exemples qui p\rrai5t suggr] des prfr5ces manqu5t aux enfants isols p> l'int]nat4 ,*acun de n\s ne connat qu'une pr(ession1 celle de son pre4 ,il n\s en loigne volonti]s p>ce qu'il en connat les difficults ou p>ce qu'il n\s y juge inaptes4 ,et si l'un de n\s1 p\rtant1 manife/e du gt p\r une c>rire d'exception1 la prud5ce pat]nelle l'en dt\rne encore4 ,il faut apport] la mme att5tion au *oix d'un mti] qu'au *oix d'une compagne de vie4 ,les p>5ts qui *oisiss5t p\r leur enfant le mti] qu'ils aim5t et non celui qu'il aime1 doiv5t bi5 se r5dre compte qu'ils s'expos5t commettre un vritable crime4 ,ils us5t de cette autorit r$\table1 ve/ige de la loi roma9e1 qui donnait au pre le droit de vie et de mort sur son fils4 ,il faut guett] *ez l'enfant1 *ez l'adolesc5t1 l'veil d'un gt4 ,cet veil e/ s\v5t assez t>dif4 ,mais qu'importe8 ,a qu9ze ans1 un g>on peut prp>] n'importe quel exam51 fran*ir t\s les ob/acles placs au seuil des c>rires privilgies4 ,veut-il tre mdec91 m>91 +nieur1 (fici]8 ,p\r aucune de ces pr(essions1 il n'y a encore de temps de p]du4 ,le g>on de qu9ze ans peut se mettre en c\rse p\r n'importe lequel de ces /eeple-*ase1 mme--on p\rrait presque dire surt\t--s'il n'y e/ pas entran p> l'nonnem5t de dix ans de classe4 ,a la condition1 bi5 ent5du1 qu'il ait le gt de la pr(ession *oisie1 que son n]gie soit t5due v]s le b4 ,dans ces conditions1 il aura le gt du travail mme le plus +rat1 c> il compr5dra p\rquoi il travaille4 ,mais bi5 des g5s dis5t3 ,mon fils n'a pas d'aptitude1 il n'a de gt p\r ri54 ,il faut provoqu] l'closion du gt1 le rvl] l'enfant lui-mme1 pi] le mo9dre petit g]me et1 dsormais1 le cultiv] et le r5=c]4 ,si l'enfant m>que un p5*ant p\r la mcanique1 faites-lui visit] des us9es1 donnez-lui un petit outillage4 ,s'il se plat la culture1 mettez-le en contact avec les paysans1 avec leurs labeurs1 faites-lui s5tir la belle et noble indp5dance qu'assur5t les travaux de la t]re4 ,et a9si1 enc\ragez la mo9dre prdilection4 ,cet veil de la prfr5ce peut t5ir des causes si subtiles1 et si lo9ta9es4 ,n'a-t-on pas dit c5t fois l'influ5ce de la panoplie sur la vocation militaire8 ,il y aurait beauc\p dire sur cette "q du mti] d'(fici]4 ,il e/ ju/e de le remettre son plan4 ,les vnem5ts pr\v]ont peut-tre que l'(fici] de rs]ve et de t]ritoriale1 qui tait dans la vie +nieur1 pici] ou f9anci]1 c\rt absolum5t les mmes risques que l'(fici] de c>rire4 ,il ne faut donc pas laiss] ce d]ni] le monopole de l'hrosme et du sacrifice1 c> ce s]ait dni] d'avance aux autres ces mmes qualits d'abngation4 ,et il y a tant d'(fici]s malheureux dans leur mti]444 ,en vrit1 p\r re/] quitables1 il faudrait mettre aux ma9s des enfants des panoplies de t\t4 ,des co/umes d'alp9i/e1 de facteur1 d'explorateur1 d'aviateur1 de *auffeur1 de m>94 ,au mo9s1 on ne fauss]ait pas leur *oix4 ,et1 quoi qu'on en ait dit sur ce puril sujet1 je suis d'avis de proscrire les soldats de plomb4 ,c> il attise *ez l'enfant le gt de la gu]re1 il en montre la face attrayante1 sans lui en laiss] s\ponn] les deuils irrp>ables1 les indicibles horreurs4 ,c'e/ une gnration de plus qui se tr\ve a9si prp>e l'accept] sans rvolte1 d'avance1 sans l'envisag] s\s son j\r vritable1 en n'en voyant que la pompe1 le dfil1 t\t ce qui sduit et flatte en n\s un vieil in/9ct b>b>e4 ,d'innombrables jeunes hommes1 faute de prfr5ces spontanes ou suggres1 se laiss5t aussi hypnotis] p> l'adm9i/ration4 ,elle les bl\it4 ,c'e/ le soleil sur l'horizon vide4 tre fonctionnaire ou ne pas tre4 ,p\r eux1 voil la "q4 ,avoir un petit titre1 un petit fixe1 un petit travail1 une petite scurit1 une petite retraite1 voil le rve4 ,et de belles n]gies se calc95t1 tomb5t en c5dres1 devant le disque flamboyant4 ,il t5d ses rayons sur les campagnes comme sur les villes3 plus de moissons1 d'autant plus hautes que le sillon fut plus pr(ond4 ,mais une bonne petite place bi5 sre d'homme d'quipe4 ,qu& un vieux paysan dit3 ,mon fils e/ sur les *em9s de f]1 il se dc\vre en tremblant4 ,peut-tre son g>s lave-t-il les cab9ets1 mais il a une casquette4 ,t\te adm9i/ration d'app>5ce puissante et /able dra9e des c5ta9es d'intellig5ces1 bi5tt enlises dans une besogne ma*9ale1 galem5t paye quel que soit l'ef=t et rcomp5se au t\r de bte4 ,un *ef de bureau n'a qu'un mrite3 avoir vcu jusqu' l'ge d'tre *ef de bureau4 ,encore grise p> le bi5fait rc5t de l'in/ruction p\r t\s1 la masse prt5d en tir] arg5t1 au lieu de la considr] comme un ornem5t ncessaire4 ,c'e/ une sorte de vtem5t de l'esprit3 elle veut le v5dre4 ,il faut vivre1 dit-on4 ,on n'a pas le *oix4 ,eh bi51 si1 on avait le *oix1 mais on se l'e/ f]m4 ,p> cette fasc9ation nfa/e du titre et du fixe1 p> un faux orgueil de j\] au monsieur1 on s'e/ int]dit les entreprises audacieuses et les libres et jolis mti]s d'artisan4 ,avoir un titre6 ,autre frnsie passagre qui s\ffle sur t\t le pays4 ,il faut une ligne mettre sur une c>te de visite4 ,le prjug nobiliaire n'e/ pas te9t1--tant s'en faut--et dj la vanit en a eng5dr un autre qui1 obissant aussi la gr&e loi de vulg>isation1 e/ inf9im5t plus va/e que le prcd5t4 ,peut-on prs5t] ,monsieur un tel1 qui e/ bon1 n]gique1 et ju/e8 ,non4 ,il lui faut un titre1 p>t\t1 en t\tes circon/ances4 ,a tel po9t qu'il se nuit s'il n'en a pas4 ,et plus ce titre e/ incompris1 plus il impose4 ,une hir>*ie n\velle s'e/ donc tablie4 ,au-dessus du petit titre p\r t\s--commis ou employ d'adm9i/ration1--brille le titre de *oix1 le titre pre/igieux4 ,une =malit r$\table le dlivre3 les exam5s4 ,noblesse d'exam5s6 ,mo9s arbitraire que l'anci5ne1 mais non mo9s despotique1 et dont les ,univ]sits1 les coles1 disp5s5t *aque anne1 p> milli]s1 les p>*em9s ncessaires4 ,de mme que nos anctres portai5t la ha*e de pi]re sur l'paule ou l'pe au flanc1 n\s portons des diplmes dans nos po*es4 ,ce sont nos armes n\s1 nos armes de papi]4 ,une vieille dame dem&ait un j\r devant moi1 en p>lant d'un jeune g>on3 ,e/-il reu8 ,elle ignorait pr(ondm5t quelle c>rire il se de/9ait4 ,mais un vague in/9ct l'av]tissait qu'auj\rd'hui t\t adolesc5t doit tre reu4 ,combi5 a-t-on vu de ces jeunes g5s qui1 sans vocation1 p> vanit1 p>fois cdant mme l'attrait de quelques avantages d'ordre militaire1 dcid5t a9si de t\te leur vie et se laiss5t pr5dre p> l'engr5age1 s\v5t crasant1 des conc\rs4 ,c>1 et-on pass d'un qu>t de sicle l'ge des exam5s1 on ne peut song] sans un battem5t de cur ces preuves froces4 ,vraim5t1 elles provoqu5t des motions physiques trop viol5tes p\r d'aussi t5dres organismes en ple9e =mation1 affaiblis p> un labeur dmesur4 99 99 99 99 99 ,il y aura lieu de se proccup] de plus en plus d'une pr(ession p\r les filles4 ,la "q des mti]s de femme pr5dra sans d\te une importance croissante4 ,p\r moi1 c'e/ une erreur de faire faire aux femmes la mme *ose qu'aux hommes4 ,la femme ne doit pas vis] tre l'gale de l'homme1 mais son quival5te4 ,la rp>tition des mti]s e/ refaire de fond en comble4 ,une rvision s'impose4 ,il e/ ridicule qu'un gaill>d bi5 rbl v5de des gants aux dames4 ,il e/ odieux qu'il y ait des porteuses de pa94 ,il faudrait remettre les noms de t\s les mti]s dans une gr&e corbeille et recomm5c] logiquem5t la di/ribution entre les deux sexes4 99 99 99 99 99 ,af9 que les adolesc5ts ne soi5t pas p\sss t\s v]s les mmes pr(essions1 af9 d'l>gir leur *oix1 il s]ait bon de montr] ce qu'il y a d'inconsqu5t et s\v5t de /upide dans la hir>*ie des mti]s1 telle qu'elle s'e/ in/alle dans l'e/ime publique4 ,c> cette hir>*ie exi/e4 ,on en a une preuve curieuse dans la rdaction des lettres mortuaires4 ,dans l'numration de la famille1 on fait figur] les titres des (fici]s1 des magi/rats1 et on se g>de bi5 de m5tionn] les indu/riels1 les comm]ants1 les agriculteurs1 les +nieurs mme4 ,p> quelle l5te /ratification de prjugs cette hir>*ie s'e/-elle tablie8 ,les pr(essions les plus honores sont-elles les plus prilleuses8 ,non4 ,c> les tables de mortalit n\s appr5n5t que le p\rc5tage le plus lev dans la paix e/ atte9t p> les c\vreurs et les vidangeurs4 ,celles qui ont exig le plus de travail pralable8 ,non4 ,c> le pr(esseur de lyce1 qui a pass p> ,normale suprieure et f\rni un labeur crasant1 ne vi5t pas en tte de li/e4 ,celles qui exig5t le plus de ds9tressem5t8 ,non4 ,c> les fonctionnaires1 galem5t peu pays1 ne j\iss5t pas d'un pre/ige culm9ant4 ,les plus fructueuses8 ,non4 ,c> on n'e/ime pas spcialem5t les f9anci]s4 ,les plus puissantes8 ,non4 ,c> les hommes arms du plus va/e p\voir sont les j\rnali/es et les polici]s4 ,tant de raisons complexes ont j\ dans ce classem5t6 ,il y a des c>rires qui fur5t brillantes dans le pass et qui g>d5t un clat p]si/ant3 la c>rire diplomatique1 bi5 que ses murs soi5t surannes1 son rle1 hlas6 s\v5t va9 et p>fois dang]eux4 ,puis il y a des titres qui inspir5t d'autant plus de respect qu'on les compr5d mo9s3 ,conseill] rfr5daire la ,c\r des ,comptes4 ,d'autres prjugs vi5n5t d'un pass plus lo9ta94 ,si le comm]ce ne j\it pas de plus d'e/ime1 c'e/ peut-tre qu'il tait ex]c dans les anci5nes civilisations p> des esclaves4 ,enf91 la vieille supriorit de l'me sur le corps a exalt dmesurm5t le travail de l'esprit et rejet dans l'ombre le mti] manuel4 ,qu'en conclure8 ,que cette hir>*ie s'e/ assise s\s c5t influ5ces complexes1 illogiques1 et qu'il faut puis]1 dans le s5tim5t de cette incohr5ce1 la =ce de s'affran*ir de ses dcrets4 99 99 99 99 99 ,une preuve de l'inju/ice des prv5tions contre les mti]s manuels3 au db de l'automobile1 le milli>daire qui conduisait lui-mme rp>ait la panne4 ,il se mettait du camb\is jusqu'au c\de1 jusque dans les *eveux1 il trif\illait sa voiture jusqu'aux entrailles1 et il ne tr\vait cette besogne ri5 de d%onorant ni de pnible4 99 99 99 99 99 ,il faut bi5 se r5dre compte de l'importance et de la ncessit de l'appr5tissage4 ,c'e/ lui qui n\s fait pr(it] de t\t l'acquit des gnrations qui n\s ont prcds4 ,ce s]ait folie de v\loir s'en affran*ir4 ,l'amateur le plus habile1 livr ses seules ress\rces1 ne p>vi5dra jamais faire un assemblage aussi correct que celui d'un mode/e m5uisi] de village4 ,il y a quelque *ose de t\*ant dans cette p5se qu'en quelques mois1 quelques sema9es1 un humble artisan n\s v]se le trsor des connaissances patiemm5t acquises p> nos anctres depuis des milli]s d'annes4 ,,*apitre ,,iv ,,de ,l',,in/ruction3 ,,quelques ,,lacunes ,les langages secrets4--,la con/itution4--,soi-mme4--,self-def5ce4-- ,plant] un cl\4--,les applications4 ,les langages secrets4 ,on j>gonne aut\r de n\s des langues qui sont aussi diffr5tes du franais1 aussi my/rieuses que les langues trangres1 mortes et vivantes4 ,or1 le programme des tudes fait une place importante au lat91 voire au grec1 qui sont des fleurs de luxe et de haute culture4 ,il consacre un temps mo9dre l'anglais et l'allem&1 qui ne sont qu'utiles4 ,et il ddaigne absolum5t ces langages la fois usuels et secrets dont on aura t\j\rs beso9 dans la vie actuelle4 ,quels sont donc ces idiomes h]mtiques1 qu'on n'appr5d pas et qu'il faut compr5dre8 ,mais t\t d'abord celui qu'on p>le au pays de ,f9ance4 ,n\s en ignorons1 au mom5t d'entr] dans la lutte1 les plus lm5taires rudim5ts4 ,qui donc n\s apprit la simple diffr5ce entre une action et une obligation8 ,entre le divid5de et l'intrt8 ,qui n\s initia au my/re de l'hypo?que1 du m>* t]me et au comptant1 du *ange et de l'escompte1 du report et de la c\v]ture8 ,qui n\s rvla l'nigme all*ante de l'action de j\issance et celle1 angoissante1 du *que b>r8 ,et tant de mots dt\rns de leur s5s orig9el1 le p>quet1 la c\lisse1 la liquidation444 ,les c\rs de comptabilit jett5t bi5 l-dessus quelque lumire4 ,mais ils ne figur5t qu'au programme d'une in/ruction dj spcialise4 ,t\t le monde ne les suit pas4 ,et t\t le monde aura beso9 de connatre ces notions4 ,t\t le monde se heurt]a1 tt ou t>d1 ces mots impntrables4 ,dans ce pays o le s5s de l'p>gne e/ si vif1 o *acun s'ef=ce1 aux dp5s de son bi5-tre prs5t1 d'amass] p\r l'av5ir une petite liasse de titres1 n'e/-il pas surpr5ant qu'on n'enseigne pas le moy5 de s'en s]vir8 ,l'arg5t circule dans le corps social comme le sang dans un organisme4 ,les phnomnes f9anci]s mn5t le monde actuel4 ,ils font la paix et la gu]re4 ,il y a l1 au po9t de vue des rapports int]nationaux1 une gographie qui en vaut bi5 une autre4 ,or1 p> une hypocrisie p>eille l'hypocrisie sexuelle1 on g>de1 sur ces que/ions qu'on sait p\rtant vitales1 un sil5ce absolu4 ,on rtorqu]a que1 l-dessus1 *acun fait son appr5tissage1 le mom5t v5u1 tant bi5 que mal1 s\s la pression du beso94 ,f*euse m?ode4 ,d'abord1 c'e/ risqu] d'tre pris de c\rt dans une circon/ance imprvue4 ,et puis1 ce ne s]ait pas la pe9e de consacr] l'in/ruction dix des plus *>mantes annes de la vie1 si l'on n'acqurait pas ce prix l',a ,b ,c des connaissances utiles1 si l'on devait t\t appr5dre plus t>d1 dans l'urg5ce et s\s le j\g de la ncessit4 ,p\rquoi ne pas inculqu] ces simples notions l'ge o l'on admet que la mmoire e/ spcialem5t s5sible1 t5dre et fidle8 ,encore une fois1 il ne s'agit pas de faire de nos adolesc5ts autant de petits f9anci]s4 ,il n'e/ "q que d'un enseignem5t trs lm5taire1 qui n'exig]ait gure de temps dans l'norme total des heures de classe4 ,et si cet enseignem5t ne figure aucun degr du programme des tudes gnrales1 c'e/ sans d\te que ce plan a t conu dans un esprit dj anci51 une poque o la ncessit de ces connaissances ne se ft ju/ifie ni p> la prodigieuse ext5sion des affaires1 ni p> la non mo9s /upfiante diffusion des =tunes4 ,il exi/e encore un autre langage aussi ncessaire et aussi f]m4 ,c'e/ celui que p>l5t les notaires et les av\s4 ,c'e/ la langue du ,palais4 ,l1 encore1 nul ne peut dire qu'il ne se heurt]a pas quelque j\r un j>gon incomprh5sible et dont il aurait p\rtant beso9 de pntr] le s5s4 ,p\r conclure en connaissance de cause un acte d'association1 indu/rielle ou conjugale1 il n\s faudrait des cl>ts qu'on ne n\s a pas donnes4 ,quels fiancs ont saisi un mot la lecture de leur contrat de m>iage8 ,o subtilits de la communaut rduite aux acquts1 l\rdes entraves du rgime dotal1 rigueurs du remploi1 v\s re/ez lettre close p\r les t5dres am\reux4 ,et qu& ils v\s dc\vr5t1 il e/ trop t>d4 ,que de drames s]ai5t vits1 en trois leons6 ,et combi5 d'indu/riels1 de comm]ants1 ont d maudire leur ignorance lorsqu'ils se sont s5tis prisonni]s de leur acte de socit1 faute d'avoir pu v5t] les piges t5dus *aque ligne8 ,actuellem5t1 p\r se m>i]1 p\r s'tablir1 p\r m\rir mme--c> on ne sait pas rdig] son te/am5t--il faut avoir fait son droit4 ,mais1 dira-t-on1 il y a le notaire4 ,je sais bi54 ,d'abord1 il ne peut pas s'intress] *acun de n\s aussi troitem5t que n\s-mme4 ,puis1 on ne peut pas se faire accompagn] t\te sa vie p> un notaire4 ,on signe des actes hors de sa prs5ce4 ,et1 en t\t cas1 ce n'e/ po9t une ambition dmesure1 ni une prcaution sup]flue1 que de v\loir compr5dre un peu le langage qu'il n\s p>le444 ,voil bi5 l'effet--et peut-tre aussi la cause--de notre ignorance3 elle ju/ifie le notaire4 ,elle le r5d indisp5sable1 mme en des circon/ances o l'on conoit qu'on p\rrait se pass] de lui4 ,que d'actes p\rrai5t tre signs sans gros frais1 non dans une tude1 mais dans un bureau qu'on ouvrirait dans les mairies1 si n\s avions quelques connaissances en droit usuel6 ,en p>lant un langage obscur et qu'on n\s laisse ignor]1 le tabellion obx peut-tre une sorte d'in/9ct de cons]vation4 ,t\s les hommes de robe--les mdec9s qui pr(ess5t s'en affubl5t encore en crmonie--ont beso91 p\r g>d] leur p\voir1 de s'envelopp] de my/re1 comme ils s'ent\r5t les deux jambes dans un unique f\rreau4 ,notre ignorance fait pide/al leur sci5ce4 ,enseignons donc nos enfants les quelques lm5ts ess5tiels de ces deux langages1 celui de la ,b\rse et celui du ,palais1 comme on appr5d d'avance les mots pr9cipaux d'une langue vivante1 af9 de ne pas tre t\t fait dsemp> sur la t]re trangre4 ,la ,con/itution4 ,on ne sait gure comm5t m>*e la ma*9e g\v]n]4 ,qui s'avise de la di/9ction entre le lgislatif et l'excutif1 du rle du ,prsid5t1 de ses m9i/res et du p>lem5t1 du jeu de la vie adm9i/rative8 ,en ,france1 on mprise volonti]s la politique4 ,c]tes1 on peut tay] cette attitude de =ts argum5ts4 ,qu&1 jetant les yeux sur le f\rmillem5t p>lem5taire1 on ap]oit les s]vitudes et les apptits1 la t]reur des responsabilits1 les intrigues et les compromissions1 les rivalits et les pal9odies1 je conois qu'on en dt\rne le reg>d4 ,mais ce n'e/ l qu'une vue p>tielle1 donc inju/e4 ,du logis qu'on visite1 on n'explore pas uniquem5t l'(fice4 ,les politici5s1 n'tant que des hommes1 en ont les passions et les dfaillances4 ,n\s les ap]cevons d'autant mieux qu'ils sont en v$ette et que leur vie n\s app>ti5t4 ,mais ils ne commett5t pas que des turpitudes4 ,cette agitation ca*e des ef=ts1 produit du travail1 eng5dre des lois444 ,les sances du ,p>lem5t donn5t une ide inexacte des p>lem5taires4 ,elles laiss5t ignor] le labeur rel des ,commissions4 ,la politique e/ une fonction ncessaire du corps social4 ,et t\s les organismes ont leurs basses s]vitudes4 ,quiconque tudie l'pope napoloni5ne ou l'uvre de la premire ,rvolution1 ne s'arrte pas la trivialit des hros4 ,il juge d'ensemble4 ,ef=ons-n\s d'apport] cette h>monieuse imp>tialit dans notre apprciation du prs5t4 ,un trange in/9ct n\s p\sse croire que le temps o n\s vivons e/ infrieur t\tes les poques passes4 ,qui sait8 ,l'hi/oire de ce rgime naissant1 de sa rsi/ance aux assauts1 de la df5se ob/9e de son idal trav]s les crises suprmes1 inspir]a peut-tre nos desc5dants une curiosit recueillie4 ,p\r ma "p1 je dplore ce divorce entre la politique et le pays4 ,je crois qu'il e/ n de mal5t5dus1 s]vi p> les lg5des que laisse flott] dans l'air l'clatem5t des sc&ales1 qu'il fut surt\t n\rri de faciles c\plets de revue1 excit p> d'pres j\rnaux de p>ti1 entret5u p> le snobisme4 ,je crois qu'il y aurait gr& bnfice ce qu'on suivt passionnm5t le spectacle de la vie publique4 ,il y a l un c]cle vicieux4 ,se ds9tress] de la politique1 la t5ir en mse/ime1 c'e/ autoris] les dfaillances1 p]mettre l'affaissem5t des consci5ces4 ,g>d] le contact avec les lus1 ce s]ait /imul] leur zle1 ex]c] sur eux le meilleur contrle4 ,les g5s qui se sav5t reg>ds cons]v5t t\j\rs une gr&e dignit d'attitude4 ,s\v5t1 on voit des hommes se pla9dre que le ,p>lem5t n'agisse pas selon le programme des c&idats4 ,mais se donn5t-ils la pe9e de rappel] leur dput ses promesses8 ,lui font-ils connatre leurs vues1 leurs dsirs8 ,lui donn5t-ils un m&at prcis1 r5\vel1 vivant1 se modelant sur les circon/ances1 sur la vie8 ,non4 ,prcism5t p>ce qu'ils le ddaign5t1 p>ce qu'ils l'ignor5t1 aprs l'avoir nomm4 ,ils ne se rappell5t lui que p\r le *>g] de dm>*es et de commissions4 ,ils lui donn5t leurs voix1 mais ensuite ils ne le *>g5t pas d'exprim] leur p5se444 ,je dplore encore ce dta*em5t ddaigneux p\r une autre cause3 t\s1 plus ou mo9s1 n\s dp5dons de la politique444 ,en effet1 il faut bi5 se r5dre compte qu'une d\za9e de m9i/res se p>tag5t t\te l'activit du pays4 ,*acun d'eux jette sur la ,france--et c'e/ une gographie qu'on n'appr5d gure--un rseau adm9i/ratif1 une trame plus ou mo9s s]re4 ,la ,ju/ice la p>tage en ,c\rs d'appel1 l'in/ruction ,publique en ,univ]sits1 la ,gu]re en ,corps d'arme1 etc4 ,les ,*ambres de ,comm]ce1 les ,trsor]ies gnrales1 les rgions m9ires et agricoles con/itu5t des divisions analogues4 ,et n\s sommes t\j\rs pris dans les mailles d'un de ces filets lancs sur le t]ritoire national4 ,quelque mti] qu'on ex]ce1 on e/ tributaire d'un de ces dp>tem5ts4 ,l'arti/e dp5d des ,beaux-,arts1 le cultivateur de l',agriculture1 l'ouvri] du ,travail1 le ngociant du ,comm]ce4 ,celui qui convoite une ju/e faveur--le plus s\v5t de c\leur r\ge ou violette--ou celui qui rclame mme l'ex]cice d'un droit1 se voit contra9t de s'adress] au m9i/re dont il e/ ju/iciable4 ,malgr lui1 il fait de la politique4 ,le simple fait d'tre citoy5 franais1 de pay] l'impt1 d'obir la police1 de s]vir1 de vot]1 n\s contra9t de reconnatre plusieurs de ces p\voirs dont1 soit dit en passant1 n\s subissons le pre/ige1 t\t en les mprisant4 ,leurs dcisions1 leurs dcrets n\s t\*5t4 ,le mo9dre *angem5t dans la loi fiscale ou militaire ragit sur notre vie ou sur celle des ntres4 ,entre n\s et le rgime accept1 s'e/ fatalem5t tablie une solid>it ncessaire4 ,alors1 puisque n\s sommes contra9ts d'obir aux lois1 puisque n\s ne p\vons pas les ignor]1 p\rquoi fe9dre leur g>d un dta*em5t puril8 ,puisque n\s en subissons les effets1 p\rquoi se ds9tress] de leurs causes8 ,p\rquoi ne pas en suivre la g5se1 t\t le travail d'laboration8 ,l1 encore1 l'enseignem5t (ficiel e/ le gr& c\pable4 ,sur ce t]ra91 cep5dant1 il aurait d m>*] de l'avant1 donn] le gt du rgime4 ,mais non4 ,il donne l'exemple de l'indiffr5ce4 ,au lieu d'en dmont] les r\ages1 d'en montr] les gr&s m\vem5ts1 il laisse p\r a9si dire ignor] t\t le ma*9isme de la ,con/itution4 ,il ne s'agissait p\rtant pas p\r lui de pr5dre p>ti4 ,au contraire1 il et favoris l'esprit critique4 ,comm5t1 p> exemple1 discut] l'exi/5ce de ces gr&s corps comme le ,conseil d'tat1 la ,c\r des ,comptes1 dont n\s ignorons le rle8 ,comm5t condamn] celle des s\s-prfets1 du mom5t qu'on n\s en a ca* soigneusem5t les s]vices8 ,si l'adolesc5t connaissait le fonctionnem5t de la ma*9e politique1 il ne s'en ds9tress]ait peut-tre pas dans la vie4 ,conva9cu qu'il p>ticipe son m\vem5t et qu'il en subit les effets1 il cont9u]ait d'en suivre le travail4 ,au surplus1 le spectacle n'e/ pas si morose que sembl5t croire ceux qui en dt\rn5t les yeux4 ,t\j\rs in/ructif1 s\v5t sav\reux1 il e/ p>fois brillant et pa?tique4 ,il y a de la beaut dans la passion4 ,s\rds aux plaisant]ies et aux prjugs1 tudions donc un peu cette plan*e d'anatomie politique qui s'appelle la ,con/itution4 ,en un temps o volonti]s on coc>dise1 ce n'e/ pas la mo9s intellig5te faon d'aim] son pays que de savoir comm5t il vit4 ,soi-mme4 ,t\t le monde sait la place de la ,s]bie4 ,peu de g5s sav5t la place de leur gl&e ?yrode4 ,cette ignorance de soi-mme1 du site1 du rle et du jeu des pr9cipaux organes huma9s1 app>at prodigieuse1 inconcevable1 qu& on l'oppose au prix et l'importance que *acun atta*e sa vie1 sa sant et aussi la sant et la vie de ceux qui lui sont *]s4 ,je m'en tonnai un j\r devant un homme qui a donn des m>ques clatantes d'intellig5ce gnrale4 ,il rpondit avec un ge/e de pudique dgt3 --,cela ne m'intresse pas4 ,notez que ce mme homme sait p>faitem5t qu'une migra9e le fau*e1 qu'il e/ la m]ci de ce corps mpris4 ,et il p\sse l'extrme le s\ci de ne pas vieillir avant l'ge4 ,il fait analys] ses444 rsidus c\rts int]valles4 ,il veille au gra9 de sable4 ,conoit-on p>eilles contradictions dans un matre c]veau8 ,on devrait p\voir p>l] de son corps comme on p>le de son cur4 ,il s]ait curieux de re*]*] dans le pass les orig9es de cet trange mpris p\r notre gu5ille4 ,mais il importe surt\t de le con/at] dans le prs5t4 ,le programme des tudes secondaires comporte bi5 quelques leons de sci5ces naturelles4 ,mais elles s't5d5t volonti]s sur les gnralits et pass5t rapidem5t sur le *apitre de l',homme4 ,la preuve que cet enseignem5t e/ trop sommaire8 ,mais c'e/ que nul ne s'en s\vi5t444 ,je le rpte1 il suffit de s'int]rog] p\r reconnatre qu'on ne sait ri5 de soi1 ri5 de ce qui se passe en soi4 ,quant aux effets de cette ignorance1 ils se manife/5t mme l'tat de sant4 ,cette sant1 n\s ne savons pas la df5dre4 ,n\s ne savons pas pr5dre p\r elle ces simples1 ces in/9ctives mesures de prcaution qui n\s font cons]v]1 brillante1 entre nos ma9s en coquille1 la lueur d'une allumette4 ,n\s ne savons pas n\s mettre en g>de contre les risques1 contre les suites d'une imprud5ce1 des excs1 du surm5age4 ,ri5 ne n\s av]tit des s\rdes al]tes du mal1 dans sa priode d'incubation1 alors qu'il s]ait temps de l'enray] et qu'on ne songe po9t encore appel] le mdec94 ,o donc aurions-n\s appris t\t cela8 ,n\s ne savons pas n\s n\rrir4 ,la notion des alim5ts vraim5t nutritifs1 de ceux qui ne le sont pas1 e/ totalem5t ignore de la mnagre qui dresse le m5u4 ,cep5dant1 le pr9cipe e/ simple1 la li/e e/ c\rte4 ,il y aurait gr& intrt ce qu'ils fuss5t rp&us1 aussi bi5 p\r notre conomie vitale que p\r l'conomie de notre budget4 ,n\s ne savons mme pas dormir6 ,en ce s5s que n\s ne savons pas favoris] p> des moy5s naturels notre sommeil1 o p\rtant se rgnre notre vie4 ,on ne n\s enseigne pas le rgime qui lui soit le plus propice4 ,et n\s ne savons ri5 de l'influ5ce de ces c\rants magntiques qui1 dirigeant l'aiguille de la b\ssole du nord au sud1 agiss5t sans d\te sur notre organisme au repos1 peut-tre sur notre organisme en action1 et devrai5t t\t au mo9s dcid] de l'ori5tation de notre lit4 ,et cette prcieuse intgrit de n\s-mme1 n\s ne savons gure plus l'entret5ir et la dvelopp] que la protg]4 ,la plup>t des g5s ignor5t leurs ress\rces physiques1 le p>ti m]veilleux qu'ils p\rrai5t tir] d'eux-mmes1 les rsultats /upfiants1 extra-rapides de simples ex]cices gymna/iques444 ,il suffit p\rtant1 le mat91 de quelques m\vem5ts rguli]s1 p\r amplifi] le jeu de la respiration--n\s ne savons pas respir]1 n\s n'utilisons pas ple9em5t nos p\mons--p\r r5=c] les muscles en ret>d1 p\r ret\*] la /atue4 ,avec une *elle1 une simple *elle1 on acc\tume un enfant au v]tige4 ,en l'escaladant l'endroit1 l'env]s1 en s'y susp5dant1 il se dveloppe h>monieusem5t4 ,il faudrait encore *oisir p>mi les sports1 les adapt] aux complexions1 en vit] les excs4 ,si le canotage e/ excell5t p\r t\s1 p>ce qu'il exige l'ex]cice complet des muscles en mme temps qu'il aiguise la prs5ce d'esprit1 la bicyclette e/ nfa/e quelques-uns4 ,mais l encore1 n\s allons ttons4 ,cette ignorance de la ma*9e huma9e e/ encore plus f*euse qu& n\s n\s tr\vons en prs5ce d'un accid5t ou des premi]s symptmes d'une maladie dcl>e4 ,notre bon v\loir e/ ds>m4 ,il peut mme tre nfa/e4 ,c> n\s risquons1 p> exemple1 de plac] un asphyxi dans une mauvaise position ou de pr5dre au sujet d'un malade des dcisions contre-indiques4 ,et qu'on ne prt5de pas1 dans ces deux cas1 qu'on a t\j\rs un mdec9 s\s la ma94 ,il peut tre loign1 occup1 abs5t4 ,bref1 il y a t\j\rs une priode d'att5te1 o notre ignorance peut tre mortelle1 faute de quelques connaissances mdicales4 ,elle e/ fatale encore qu& elle n\s masque t\te la vie sexuelle1 qui j\e un rle si important dans l'conomie huma9e4 ,je l'ai dit3 de c\rageuses initiatives ont s\lev un co9 du voile1 prote/ contre le my/re honteux qui aggravait les maux vnri5s4 ,mais l'hi/oire de la gnration ne se borne pas au *apitre de la maladie1 heureusem5t4 ,et c'e/ l'ensemble de cette hi/oire que l'on ti5t secret4 ,j'ai ent5du le propritaire d'une ros]aie fameuse s'assur]1 l'il inquiet1 avant d'expliqu] le m>iage des roses3 ,il n'y a pas de jeunes filles8 ,de p>eilles pudibond]ies ne sont-elles pas indc5tes8 ,mais c'e/ ju/em5t grce l'exemple des fleurs1 des btes dome/iques1 qu'on p>vi5t jet]1 sur ces gr&es lois vitales1 quelques cl>ts dans l'me enfant9e1 sans la *oqu] ni la dcevoir4 ,et cela sans sol5nit1 je le rpte une fois de plus1 t\t simplem5t1 t\t naturellem5t1 au has>d des occasions et des caus]ies4 ,po9t n'e/ beso9 d'all] vite4 ,la prud5ce n'e/ pas de la prud]ie4 ,et alors l'initiation p]dra ce vila9 attrait de fruit df5du qui lui donne actuellem5t son c>actre de l\*e obscnit4 ,alors s]ont vites bi5 des blessures morales1 *ez la femme qu'une rvlation trop brutale a froisse jamais4 ,et ce ne s]ont pas seulem5t des blessures morales qui s]ont vites1 mais aussi les blessures physiques4 ,ce mpris1 cette honte qu'on s'inspire soi-mme1 reti5n5t des malheureux des deux sexes d'av\] mme au mdec9 leur intime misre1 quelle qu'en soit l'orig9e4 ,ayant mis un b&eau sur les yeux1 on a mis du mme c\p un billon sur les lvres4 ,et il y en a qui se laiss5t m\rir plutt que de p>l]1 s'immolant a9si volontairem5t aux exig5ces f>\*es de la pudeur conv5ue4 ,enf91 mme sil5ce sur les *oses de la mat]nit4 ,n'e/-il pas prodigieux qu'on amliore t\tes les autres espces animales1 qu'on tudie p\r elles les lois de la reproduction et de la slection1 et qu'on ab&onne encore au pur has>d la procration huma9e8 ,combi5 d'p\x1 faute d'en connatre les prmisses--o donc en aurai5t-ils connu8--arriv5t au j\r de la dlivrance sans savoir si elle s'annonce et se prs5te normalem5t1 si elle e/ prcde de ses signes ncessaires1 et alors1 ce sont des cata/rophes1--aism5t vitables--o le petit enfant p]d s\v5t la vie4 ,tels sont1 gr&s traits1 les ravages de l'ignorance de soi-mme4 ,tels sont les fruits du dda9 et de la honte que n\s inspire notre corps4 ,je ne sais pas de prjug qui fasse plus de victimes ni qui mrite d'tre plus ob/9m5t dnonc4 ,self-def5ce4 ,un j\r1 un bon b\rgeois passait aux environs de la g>e ,sa9t-,laz>e1 qu& il s5tit une ma9 s'abattre durem5t sur son paule4 ,t\rnant la tte1 il vit un homme sombre et furieux qui lui ordonna de le suivre4 --,o donc8 --,au po/e4 ,on n'e/ jamais t\t fait innoc5t4 ,arrt sans cause connue1 on a vite fait soi-mme d'en dc\vrir une dans son pass4 ,bref1 sans plus regimb]1 notre prom5eur se laissa conduire au commiss>iat vois94 ,et l1 il s'ap]ut qu'il avait t arrt p> un f\444 ,oui1 c'tait un vrai f\1 qui1 sans d\te atte9t de la manie des gr&eurs1 se croyait polici]4 ,l'anecdote e/ au!ntique4 ,a notre poque1 un f\ peut arrt] un passant et le conduire au commiss>iat4 ,comm5t p>eille av5ture e/-elle possible8 ,l'explication e/ =t simple3 le passant ignore ses droits4 ,il ne sait pas les g>anties qu'il doit exig] de l'homme qui veut l'arrt]4 ,dmuni d'armes lgales1 il ne peut pas se df5dre4 ,que *acun s'int]roge s9crem5t et se place dans un cas semblable4 ,c]tes1 selon sa nature1 il se cabr]a plus ou mo9s haut4 ,mais1 en vrit1 il ne saura pas au ju/e les catgories d'individus qui ont le droit d'arrt] les autres4 ,il ignor]a les moy5s de vrifi] leur id5tit4 ,il ne saura pas dans quelles conditions d'heure et de lieu1 ni sur la prs5tation de quels m&ats cette arre/ation e/ lgale4 ,p\r les p]quisitions1 mme hi/oire4 ,n\s ne sommes pas mieux arms p\r la df5se de notre foy] que p\r celle de notre p]sonne4 ,l1 encore1 les faits-div]s n\s apport5t leurs tmoignages4 ,que de fois la femme1 re/e seule au logis1 laisse f\ill] les meubles et cro*et] les tiroirs--qu& elle n'en livre pas elle-mme les clefs--p> de faux polici]s1 qu'elle a crus sur leur arrogance et leur mauvaise m9e6 ,elle ne savait pas4 ,elle ignorait sur quel ,ssame n\s devons ouvrir notre porte la loi4 ,et n\s ne savons pas plus dans quelles conditions n\s devons l'ouvrir la rquisition militaire en temps de manuvre1 l'inquisition fiscale en matire de fraudes4 ,qu& un rat de cave1 flairant un petit dlit1 se prs5te *ez un viticulteur s\ponn ou dnonc1 il se nomme pe9e4 ,il entre1 il e/ *ez lui4 ,seul1 son sans-gne e/ g>ant de son autorit4 ,le propritaire se tait et se ti5t coi4 ,et p\r cause4 ,sait-il seulem5t les rfr5ces qu'il peut exig] de l'inquisiteur8 ,ce sont l1 dira-t-on1 des cas exceptionnels4 ,soit4 ,mais t\t le monde paie l'impt1 et t\t le monde passe l'octroi4 ,or1 sommes-n\s mieux arms p\r exig] le respect de nos bi5s que p\r df5dre celui de notre p]sonne et de notre logis8 ,*acun paie aveuglm5t ses contributions4 ,qui donc en p\rrait vrifi] l'exactitude8 ,nul ne sait1 nul ne se s\cie de savoir sur quelles bases elles sont calcules4 ,qu& la ma9 du gabel\ s'abat sur nos bagages1 sur notre auto1 connaissons-n\s exactem5t nos droits8 ,p\vons-n\s simplem5t donn] au sbire la clef de notre malle et le laiss] sa basse besogne1 ou peut-il n\s contra9dre db\cl] et reb\cl]8 ,qu& n\s lui affirmons que n\s n'avons ri5 dcl>]1 peut-il nonob/ant exig] la f\ille8 ,a9si1 qu'il s'agisse de n\s ou de notre proprit1 n\s ne savons pas n\s df5dre4 ,n\s avons nglig les armes que n\s t5dait la loi4 ,mais elles exi/5t1 ces armes1 elles repos5t l'ombre de l'paisse =t du ,code4 ,il n\s s]ait relativem5t ais de les ramass]4 ,a-t-on dj t5t en ce s5s quelque ef=t (ficiel8 ,j'ai consult le programme actuel des lyces de ,france4 ,j'ai vu que1 dans une classe de troisime1 on consacrait une heure p> sema9e l'tude du droit usuel4 ,et encore on ne fait du droit usuel que dans la division ,b o l'on n'appr5d pas le lat94 ,si bi5 que le lat9i/e e/ condamn ignor] t\te notion de droit4 ,mais tranquillisez-v\s3 ces notions de droit usuel ne desc5d5t pas jusqu' ces applications pratiques dont on aurait beso9 dans la vie4 ,en fait1 lat9i/es et mod]nes re/5t galem5t ignorants1 galem5t ds>ms dans l'art de se df5dre contre les abus de l'autorit4 ,plant] un cl\4 ,un diman*e mat91 ,monsieur1 pris d'un beau zle1 dcide de se pass] des s]vices t\j\rs onreux du tapissi] et d'accro*] lui-mme quelques tableaux4 ,il se munit de cl\s1 s'arme d'un m>teau1 pr5d d'assaut l'escabelle4 ,il frappe4 ,l'opration semble aise4 ,or1 elle e/ r>em5t c\ronne de succs4 ,le m>teau ne veut ri5 savoir p\r tomb] sur le cl\4 ,il m>que le mur d'une empre9te ineffaable ou il meurtrit les doigts de ,monsieur4 ,cep5dant1 p>mi tant de c\ps1 c]ta9s p>vi5n5t de/9ation4 ,a =ce de p]svrance1 la po9te s'enfonce4 ,mais la malice des *oses n'a pas dit son d]ni] mot4 ,tantt le cl\ s'enfonce trop bi5 dans un jo9t de pltre et ,monsieur le cueille comme un fruit mr4 ,tantt le cl\ r5contre de la brique et1 s\s les c\ps qui l'atteign5t1 il se tord4 ,comme il a raison de se tordre6 ,n'e/-ce pas comique1 qu'un homme cultiv ne soit pas capable de plant] un cl\8 ,mais qui donc le lui aurait appris8 ,c'e/ l't]nelle "q4 ,dans la b\rgeoisie qui de/9e son fils aux c>rires librales1 le collge pr5d l'enfant ds sa premire culotte1 ne le l*e que p\r le confi] aux coles spciales4 ,elles le pass5t la cas]ne1 qui le jette enf9 dans la vie4 ,il y tombe t\t fait gau*e1 t\t fait inadapt1 puisqu'on s'e/ bi5 g>d1 au c\rs de ces /ages successifs1 de lui donn] cette dextrit pratique dont l'art de plant] un cl\ n'tait qu'un mode/e symbole4 ,d'ailleurs1 c'e/ ds le b]ceau qu'on a nglig d'appr5dre l'enfant l'usage de ses ma9s4 ,en ralit1 n\s n'avons qu'une ma94 ,n\s n\s privons du bnfice d'en avoir deux4 ,n\s n'avons pas de ma9 gau*e4 ,n\s agissons comme si n\s n'en avions pas4 ,n\s n\s imposons d'tonnantes gymna/iques p\r laiss] la ma9 gau*e son rle de re9e fa9ante4 ,l'art de jongl] table avec sa f\r*ette et son c\teau e/ aussi curieux obs]v] que difficile ex]c]4 ,seule1 la ma9 droite rgne4 ,la mre dit son enfant sans rfl*ir3 ,ta ma9 droite6 ,a la campagne1 on dit3 ,ta belle ma96 ,p\rquoi n'utilisons-n\s pas les deux8 ,p\rquoi n'entrane-t-on pas l'enfant les employ] t\r t\r la mme besogne af9 d'acqurir1 p> une habitude gale1 une gale habilet8 ,il y a bi5 d'autres traits de cette inaptitude se s]vir de ses ma9s et des outils qui les prolong5t4 ,on n'e/ pas adroit1 *ez les privilgis de la vie4 ,le s]ait-on1 qu'on l'ignor]ait4 ,comm5t s'en s]ait-on ap]u8 ,cette gau*]ie n\s r5d p\r a9si dire trang]s notre propre logis et tributaires1 au mo9dre accroc1 de t\s les corps de mti]4 ,p\r pos] une sonn]ie1 p\r *ang] une lampe lectrique1 p\r remplac] un plomb qui saute1 p\r remont] l'horloge1 bi5 vite il faut faire v5ir un spciali/e4 ,le plus mode/e emballage dc\rage les meilleures volonts4 ,sci] une plan*e1 c'e/ encore plus difficile que de plant] un cl\4 ,lo9 de donn] aux enfants le gt de l'habilet manuelle1 il semble qu'on les en ait dgts4 ,tir] p>ti de ses ma9s1 c'e/ une sorte de d*ance4 ,c'e/ effrayant ce que la s]rur]ie de ,l\is ,,xvi lui a fait du tort devant l'hi/oire4 ,qu& on a dit d'un p>ticuli] qu'il btit des petits ouvrages en bois dc\p ou qu'il t\rne des ronds de s]viette1 on l'a m>qu d'un signe indlbile de mdiocrit4 ,cela vaut p\rtant mieux que de c>tonn]4 ,et ce mpris du travail manuel ne r5d pas seulem5t l'homme inapte aux besognes familires4 ,il le prive de l'agrable en mme temps que de l'utile4 ,il lui df5d les petits plaisirs 9puisables du bricolage1 la joie de mettre son empre9te sur les objets qui l'ent\r5t4 ,il lui int]dit la pratique de ces arts *>mants qui lui p]mettrai5t de dcor]1 d'embellir peu de frais son logis et p> consqu5t de s'y atta*]4 ,cette inaptitude1 ce dfaut de prp>ation la vie pratique1 il en s\ffre dans t\tes sortes de directions4 ,sait-il1 p> exemple1 le prix des *oses8 ,j'ent5ds le prix approximatif des *oses qui ont un c\rs4 ,savons-n\s le prix moy5 d'un kilo de beurre1 d'un kilo de buf1 d'un kilo de f]8 ,p\rrions-n\s tablir le prix1 mme vaguem5t appro*1 du mtre c\rant d'une maonn]ie dt]m9e8 ,cela p\rrait cep5dant s]vir p\r dress] un devis1 prp>] un budget1 ou t\t simplem5t p\r n'tre pas dupe devant une facture4 ,il y aurait l une v+ta9e de *iffres savoir4 ,ce ne s]ait pas plus inutile qu'une v+ta9e de dates de bataille4 ,on n'appr5d pas se s]vir de la vie4 ,j'ent5ds p> l que les enfants1 dont la c]velle e/ b\rre1 en vue des exam5s1 de notions dont ils n'auront jamais beso91 ne sont pas initis t\tes sortes de petites connaissances utiles qui r5drai5t la vie d'un usage plus commode4 ,a9si1 p\r prcis] p> un exemple1 entrane-t-on un adolesc5t se s]vir de la po/e8 ,a l'envoi des m&ats1 des diffr5ts m&ats8 ,a quel mom5t lui appr5d-on les div]ses manires d'expdi] un paquet1 p> colis po/al1 messag]ies1 etc48 ,mais1 dira-t-on1 il l'appr5dra bi5 l'us]4 ,d'abord1 mieux vaut le lui enseign] au mom5t o1 au dire mme des pdagogues1 il a la mmoire facile4 ,puis1 dans la vie1 plus t>d1 on n'a pas le temps4 ,on n'appr5d pas crire une lettre1 un tlgramme1 les compos] d'avance dans sa tte1 tre clair1 prcis1 faire t5ir en peu de mots l'ess5tiel1 mettre *aque *ose sa place4 ,les lettres8 ,n\s ne savons mme pas les lire4 ,faites l'expri5ce4 ,ou n\s sautons des mots1 ou n\s faussons leur s5s4 ,on n'appr5d pas p>l] au tlphone1 y dire d'abord l'important1 sans bav>dage prlim9aire1 p\r le cas o la communication vi5drait tre c\pe4 ,et t\j\rs tre exact1 limpide1 y v]s] une p>ole dp\ille4 ,ce sont de petits arts ncessaires4 ,en somme1 qu'il s'agisse de mani] le bois1 de mani] le f]1 de mani] la plume1 ou de mani] l'arg5t1 t\t exige un appr5tissage4 ,ni l'in/ruction1 ni l'ducation ne n\s le donn5t4 ,les ,applications4 ,l'enseignem5t (ficiel se flatte de donn] une culture gnrale4 ,mais c'e/ une culture sans fruit4 ,avec elle1 on ne rcolte pas4 ,on pio*e dans le sol aride1 on l'ab&onne ds qu'il devi5t fcond4 ,aussitt que la leon m5ace de dev5ir intressante1 de s'appliqu] la vie1 au po9t prcis o app>atrait son utilit1 elle s'arrte4 ,cet enseignem5t a ses raisons de plan] sur les hauteurs1 de ddaign] la t]re4 ,il ent5d dc\vrir l'esprit des vues plus t5dues1 l'l>gir et l'ass\plir4 ,c]tes1 une telle gymna/ique doit p]mettre de desc5dre ensuite aism5t aux vulgaires cont+5ces4 ,mais le dt\r e/ s+uli]4 ,on rirait d'un quidam qui mont]ait en ballon p\r appr5dre m>*]4 ,qu'arrive-t-il1 en effet8 ,l'coli] devi5t tudiant1 soldat1 il entre enf9 dans la vie normale4 ,or1 il n'a jamais eu le temps de prolong] son in/ruction1 de la complt] au po9t de vue pratique4 ,sa mmoire a vomi les matires indige/es dont on l'avait *>ge4 ,de t\t ce qu'il apprit1 ri5 ne lui re/e4 ,en faut-il des exemples8 ,on appr5d beauc\p de physique1 au lyce4 videmm5t1 puisqu'on en dem&e aux exam5s4 ,on s't5d avec complaisance sur les lois1 les ?ories1 s*em5t illu/res d'expri5ces classiques4 ,mais voici notre ba*eli] dans la vie4 ,n'et-il1 p> un miracle unique1 ri5 oubli de sa sci5ce1 il re/]a comme un simple sot1 incapable d'une explication1 d'une cl>t1 devant tant de phnomnes famili]s qui sont cep5dant de la physique4 ,sait-il p\rquoi la *em9e tire mal1 p\rquoi la lampe file8 ,non4 ,il ignore mme qu'il faut p]c] un tonneau de deux tr\s p\r que le liquide s'en c\le4 ,il ignore le fonctionnem5t de son radiateur1 de son asc5seur1 de son *auffe-ba91 qui conti5n5t p\rtant des m5aces de dang]4 ,bi5 qu'il ait la c]velle f>cie des lois d',ampre et de ,f>aday1 il ne sait ri5 de l'app>eillage lectrique1 sonn]ie1 lumire et tlphone4 ,bref1 il ignore t\t de la physique du logis4 ,s'il desc5d dans la rue1 il n'y brille pas davantage4 ,je le mets au dfi d'expliqu] comm5t fonctionn5t le mtro1 le tramway1 l'horloge lectrique4 ,et je ne suis pas bi5 sr que le capot d'une lim\s9e ne recle pas p\r lui du my/re4 ,p\rquoi8 ,p>ce que la sci5ce (ficielle1 dans je ne sais quel antique esprit de r5oncem5t1 de mpris p\r la vie vraie1 s'e/ rsolum5t arrte devant les applications4 ,et il en e/ a9si p\r *aque bran*e de l'enseignem5t4 ,on la c\pe au mom5t o l'on va cueillir1 son extrmit1 la fleur ou le fruit4 ,s'agit-il de gographie8 ,on s'e/ b\rr la mmoire de nom5clatures de fleuves1 de montagnes4 ,on a appris les noms des comts1 du*s1 pr9cipauts1 de t\s ces petits lambeaux de sol que s'arra*e l'ambition huma9e4 ,bref1 on e/ trs cal en gographie4 ,seulem5t1 on n'a pas appris lire la c>te444 ,j'ent5ds la lire pratiquem5t1 savoir se dbr\ill]1 s'ori5t]1 v5ir en aide au pilote1 au *auffeur assis ses cts4 ,en hi/oire1 on possde fond les civilisations abolies1 les ges disp>us4 ,mais on connat =t mal son propre sicle4 ,on sait mieux le successeur de ,l\is ,,xiv que celui de ,sadi-,c>not4 ,je veux dire p> l qu'on ne le connat pas d'une manire intime1 familire1 qui p]mette de jug] les vnem5ts actuels et de les reli] ceux de la veille4 ,notons en passant que dans l'ducation familiale1 on tombe dans le mme trav]s4 ,on va ce qui e/ lo9 dans l'espace et le temps4 ,et on ignore ce qui e/ pro*e4 ,on ignore sa famille au-dessus de ses gr&s-p>5ts4 ,on appr5d la filiation des rois et on ne sait pas la si5ne4 ,on ne sait pas le nom de son bisaeul et encore mo9s son mti]1 son uvre sur la t]re4 ,on ignore l'hi/oire et le plan de la ville qu'on habite4 ,et on appr5d des dates de batailles et les afflu5ts du ,danube444 ,on pio*e l'hi/oire littraire en vue des exam5s1 mais on n'appr5d pas les noms de ces hros de ,balzac1 de ,daudet1 de ,zola1 d',anatole ,france1 qui sont dev5us1 p> la puissance du gnie1 des entits vivantes4 ,on appr5d peu prs les noms des arti/es de la ,r5aissance1 mais on ignore les noms de ces pe9tres rc5ts qui fondr5t des coles et dont les toiles devi5n5t cep5dant classiques4 ,on n'e/ po9t apte saisir t\tes les allusions que r\le l'entreti51 lorsqu'elles s'inspir5t d'uvres contempora9es4 ,c> c'e/ la d]nire fleur de l'hi/oire et l'enseignem5t ne la connat pas4 ,en dess91 mme *anson4 ,p\r les conc\rs1 on appr5d reproduire tant bi5 que mal les traits d'un morne ,roma9 de pltre1 gr& r5=t d'effets d'e/ompe4 ,mais veut-on montr] un m5uisi]1 un maon1 le petit projet qu'on rve de ralis]8 ,impossible4 ,on ne sait pas se s]vir de ses doigts4 ,on ne peut pas les contra9dre exprim] p> des traits sa p5se4 ,ils se drob5t4 ,ils refus5t4 ,ils trahiss5t4 ,c'e/ t\j\rs le rsultat de l'enseignem5t4 ,appliqu] des notions de dess9 la pratique8 ,fi donc6 ,on devrait enseign] aux enfants un peu de modelage1 leur mettre aux ma9s la b\lette de glaise ou de pla/il9e4 ,ri5 n'acc\tume mieux pntr] le secret des =mes1 des reliefs et des cont\rs4 ,mais on ne dem&e pas de modelage aux exam5s6 ,t\s ces repro*es doiv5t se ret\rn] contre ceux qui labor5t les programmes scolaires4 ,p\rquoi en c>t5t-ils ces applications qui en app>aiss5t le c\ronnem5t logique8 ,p\rquoi cette cassure entre l'enseignem5t et la vie8 ,il suffirait de jet] du le/ p> ailleurs1 d'lim9] de va9es connaissances dont notre mmoire fait ju/ice4 ,p\r en f9ir avec ces lacunes des programmes (ficiels1 notons encore qu'on n'appr5d pas l'e?nographie4 ,elle n\s enseigne p\rtant ce m]veilleux *ange d'effluves entre le ciel et la t]re1 qui cre les races1 les faunes1 les flores4 ,elle devrait tre la prface s\riante de la gographie4 ,on ne donne po9t aux enfants1 p>mi les connaissances la base1 quelques notions d'ar*itecture4 ,elles leur p]mettrai5t cep5dant de compr5dre et de gt] ces sages leons d'quilibre et d'h>monie qui sont inscrites dans les lignes d'un beau monum5t4 ,elles leur p]mettrai5t aussi de disc]n] le /yle d'un difice anci51 de donn] un ge ces tmo9s m\vants du pass1 qui n\s ent\r5t et que p\rtant n\s ne savons pas voir4 ,enf91 on n'appr5d gure d'a/ronomie1 dans les notions gnrales4 ,et cep5dant ce devrait tre une connaissance la base4 ,elle e/1 de t\tes les sci5ces1 la plus troitem5t mle notre exi/5ce4 ,c'e/ elle qui rgle le p5dule et le cal5dri]4 ,c'e/ elle qui fait le j\r et la nuit1 la pluie et le beau temps1 elle qui entrane aut\r de la t]re la ronde des saisons4 ,les spectacles a/ronomiques n\s ent\r5t3 le rayon de soleil qui n\s v]se la vie1 le clair de lune qui n\s v]se la paix1 les con/ellations qui sont la p>ure de la nuit1 t\s les phnomnes qui frapp5t l'imag9ation1 clipses1 toiles filantes1 comtes4 ,et cep5dant les notions acquises sur l'univ]s sont peu rp&ues4 ,elles ne sont pas desc5dues dans les c\*es pr(ondes4 ,elles ne n\s sont pas familires4 ,il y a sans d\te dans cette ignorance l'effet d'un in/9ct religieux4 ,l'a/ronomie ne reprs5te pas le ciel tel que le ca?olicisme l'avait organis4 ,de plus1 l'a/ronomie ouvre l'esprit des vues dang]euses p\r l'ordre tabli4 ,elle n\s ramne notre taille1 qui e/ petite4 ,elle n\s montre combi5 sont mesqu9es nos luttes1 combi5 sont brefs les empires1 devant l'inf9i de l'espace et du temps4 ,et c'e/ l le pril4 ,c>1 prtres et *efs d'tat1 p\r g>d] leur p\voir et m5] les f\les1 ont beso9 d'entret5ir un fanatisme1 ha9e des peuples et cra9te de ,dieu1 que dissip]ait1 si n\s rfl*issions1 le clair reg>d d'une toile4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,prambule4--,le ,b et le ,plan #a ,,premi,,re ,,p>tie ,,op9ions ,*apitre ,i]4--,le ,bonheur #e ,*apitre ,,ii4--,le ,temps #ag ,la ,foi dans l',av5ir4--,la ,connaissance de l',av5ir4--,le ,prs5t vaut le ,pass4--,l',hritage du ,pass4 ,*apitre ,,iii4--,la ,vie #dc ,la ,vie en s\plesse4--,la ,vie e/ complexe4--,la ,vie e/ prcaire4--,l',inutile ,tri/esse4--,l',h>monie dans la ,vie4--,le ,plan du ,rel4 ,*apitre ,,iv4--,vues ,morales #fg ,les ,ma9s propres4--,le ,dt]m9isme4--,la ,loi d'quilibre4--,le ,contrle4--,la ,brav\re4--,la ,mort4--,la ,religion4 ,*apitre ,v4--,vues ,sociales #ii ,altruisme4--,solid>it4--,quelques iniquits4--,l'ide de ,patrie4 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,adaptations ,*apitre ,i]4--,de l'ducation3 ,pr9cipes et moy5s d'action #aca ,*apitre ,,ii4--,de l'ducation3 ,quelques aspects #afa ,l',arg5t4--,le ,mnage4--,de la ,p>ure4--,de la ,discussion4--ducation sexuelle4--,m>iage1 am\r1 famille4 ,*apitre ,,iii4--,de l',in/ruction3 ,pr9cipes et moy5s d'action #aii ,le ,lyce4--,le ,foy]4--,la ,valise4--,comm5t appr5dre4--,le ,*oix d'un mti]4 ,*apitre ,,iv4--,de l',in/ruction3 ,quelques lacunes #bcc ,les ,langages secrets4--,la ,con/itution4--,soi-mme4 --,self-def5ce4--,plant] un cl\4--,les applications4 ,e4 ,,grev9--,,imprim]ie ,,de ,,lagny