,,francis ,,jammes ,ma ,fille ,bernadette ,,septi,,me ,,dition ,,paris ,,mercvre ,,de ,,france ,,xxvi1 ,,rve ,,de ,,cond1 ,,xxvi ,,mcmxvi ,,du ,m,,me ,,auteur ,posie ,de l',angelus de l',aube l',angelus du soir1 7#ahhh-ahig71 contenant les premiers ,vers1 ,la ,naissance du ,pote1 ,un ,jour et ,la ,mort du ,pote #a vol4 ,le ,deuil des ,primevres 7#ahih-aijj71 contenant les ,elgies1 ,la ,jeune fille nue1 des ,posies diverses et les ,prires #a vol4 ,le ,triomphe de la ,vie 7#aijj-aija71 contenant ,jean de ,noarrieu et ,existences #a vol4 ,clairires dans le ,ciel 7#aijb-aijf71 contenant ,en ,dieu1 ,tristesses1 ,le ,pote et sa femme1 ,posies diverses et l'glise habille de feuilles #a vol4 ,les ,gorgiques chrtiennes #a vol4 ,prose ,le ,roman du ,livre1 contenant ,le ,roman du ,livre1 ,clara d',ellbeuse1 ,almade d',etremont1 ,des choses1 ,contes1 ,notes sur les oasis et sur ,alger1 ,le #ae aot ,laruns1 ,deux proses1 ,notes sur ,jean-,jacques ,rousseau et ,madame de ,warens aux ,charmettes et ,chambry #a vol4 ,le ,rosaire au ,soleil #a vol4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 ,douze exemplaires sur papier de ,hollande numrots de #a #ab ,,justification ,,du ,,tirage3 ,droits de traduction et de reproduction rservs pour tous pays4 ,a ,,marie ,,de ,,nazareth1 ,m,,re ,,de ,,dieu ,en ,vous ddiant cette uvre1 je ,vous ddie aussi ma fille ,bernadette dont la patronne1 dans mon pays natal qui est la ,bigorre montagneuse1 ,vous a vue4 ,les vieux botanistes ,vous ddiaient aussi leurs flores et on ,vous peignait la premire page1 debout1 ,votre fils dans les bras1 tout entoure de lilas1 de radies bleues1 de roses1 de gloxinias1 de weiglias1 de pivoines1 de boules-de-neige1 de lis1 de ces mille fleurs qui ne reviendront plus parce qu'elles ne sont plus cueillies pour ,vous par les robustes rveuses qui se levaient au matin des myosotis et s'endormaient au couchant des capucines4 ,vous tes la mre de tous les hommes et de ,dieu4 ,vous tes ne ,nazareth aussi simplement que ma ,bernadette ,orthez4 ,on a dit la vrit4 ,on n'a pas invent pour ,vous une origine extraordinaire4 ,je ,vous tiens dans mon cur comme une certitude4 ,je suis inintelligent1 c'est possible1 mais l'encens de toutes les fleurs cres s'lve pour ,vous de la terre et ,vous le changez en amour comme ce rosier grimpant qui s'lance la cime des cdres4 ,vous voyez que je ne sais plus bien ce que j'cris1 mais ma pense s'attache ,vous ainsi que cette liane fleurie1 et je ,vous ddie cette pauvre uvre comme une servante son pot de rsda1 et il tremble dans mes mains leves4 ,l',,nigme ,au moment des premires douleurs de la mre1 c'tait un mardi dans l'touffante matine1 de grands lis roses de la ,guadeloupe semblaient accrotre le silence du salon obscur4 ,autour de l'paisse demeure feuillue o l'me de mon enfant commenait de se faire jour1 telle que la lumire bleue du ciel lutte avec la nuit et palpite1 j'ai eu ce plaisir de voir errer des jeunes filles inconnues4 ,elles venaient voir la maison du pote1 elles levaient le cou comme des cygnes1 et les grands lis roses de la ,guadeloupe se pmaient4 ,et moi1 les souliers encore boueux d'une course champtre1 j'piais ces enfants curieuses qui essayaient1 par-dessus le mur pais1 d'apercevoir le mystre d'o nat ma posie4 ,bonjour1 chur gracieux qui tes venu entourer cette demeure4 ,vous auriez voulu entrer par la petite porte verte4 ,aussi1 je vous propose cette nigme3 ,qui donc est sorti de la maison sans y tre entr auparavant8 ,c'est ,bernadette4 ,l',,acte ,,de ,,naissance ,l'an #aijh et le #ai aot1 dans l'anniversaire et presque l'heure de la mort de ,blaise ,pascal1 est ne ,orthez ma fille ,bernadette4 ,l'un des tmoins la mairie a t mon premier voisin ,franois le savetier qui a un oiseau4 ,l',,ange ,,gardien ,comme un flocon de neige inattendu au milieu de l't1 elle est apparue sur le seuil tenue dans sa robe de baptme4 ,et les pauvres petits du quartier avaient jonch le sol de buis et de baies de sureau4 ,et ils ont cri3 ,vive ,mlle ,bernadette6 ,et dans mon cur pris par tant de douce navet1 ,vous seul1 mon ,dieu6 avez su ce que je ,vous disais4 ,car vous tes mon ,dieu et ,bernadette est ma fille4 ,c'est ,vous qui l'avez envoye du fond de ,votre ,ciel deux voyageurs ici-bas qui ,vous louent de ce qu'elle repose dans son humble nid sous un rayon de gloire4 ,c'est un prodige adorable que ,votre main1 qui soulve les flots1 nous offre cette rose frle4 ,de tout temps ,vous aviez prvu son closion1 car dans ,votre ternel dessein ,vous voyez se presser sur la fresque du firmament1 parmi les ailes des anges gardiens1 les faces innombrables des nouveau-ns4 ,parfois ,votre regard qui confond les abmes se repose4 ,et je ne sais si ce n'est pas alors que ,vous le tournez vers ces petits et que1 l'levant au-dessus d'eux1 ,vous contemplez ,votre propre ,fils dans sa crche4 ,oh6 quel pote dcrira ce paradis entr'ouvert sur ces lgions d'enfants6 ,il en est parmi eux qui attendent leur tour de descendre sur la terre et il en est1 hlas6 qui en ont t rappels trop tt notre gr4 ,cependant1 vous qui pleurez1 consolez-vous1 car ceux-ci sont dans la batitude et ils vous tendent les bras et gonflent leurs joues et l'un d'eux parfois gazouille en demandant pour vous une grce la ,trinit formidable4 ,a chaque enfant son nid4 ,et ce nid1 il est tantt de simple paille comme celui de ,notre-,seigneur ,jsus-,christ1 et cach dans une table4 ,c'est ainsi que dans son humilit ,dieu imite le passereau4 ,et tantt ce nid est de roseaux comme celui de la fauvette de rivire1 et la fille du ,pharaon qui va au bain sauve et recueille ,mose4 ,il est encore des nids de bois prcieux qu'abritent des villas de marbre1 suspendues au-dessus de la mer comme des aires de grands oiseaux4 ,et le nid de ,henri ,,iv est une caille de tortue dans un chteau qui communique avec le gave1 la mode du martin-pcheur4 ,et la femme de l',indien tresse un hamac d'alos qu'elle suspend l'ombre des roses de la ,louisiane1 et les colibris s'y trompent et s'en viennent butiner sur les lvres de son fils4 ,les premires soies dont on tisse un nid d'enfant1 ce sont les cheveux que s'arrache en rvant la jeune fille qui les donne son fianc4 ,ainsi la tourterelle choisit les duvets les plus doux son cur4 ,le nid de ,bernadette fut commenc de cette sorte1 puis des fils de lin blanc trams autour l'paissirent et1 comme un cocon entr'ouvert1 il fut fix entre les barres de l'humble berceau d'o s'lvent les vapeurs du tulle4 ,le tout repose sur un vieux plancher1 au-dessus d'une grange4 ,les hirondelles revenues de l',extrme-,orient ont pondu et couv en bas et leurs petits semblaient s'en tre alls quand arrivait ,bernadette4 ,mais le gazouillement continue et je ne sais trop parfois si c'est ,bernadette qui hante le berceau des hirondelles ou si ce sont les hirondelles qui visitent le nid de ,bernadette4 ,enfants1 oiseaux1 vous parlez une mme langue6 99 99 99 99 99 --,qu'avez-vous vu8 demande la petite fille ses amies ailes4 ,et celles-ci3 --,nous avons vu l'empereur de ,chine4 ,il coiffe un chapeau qui sonne comme ton hochet4 ,le toit de son palais est pareil son chapeau1 mais nous n'avons point pondu sous les corniches de peur que l'on ne prt nos nids pour les manger4 ,nous avons plan au-dessus des pagodes des diables et pass la mer pour venir jusqu'ici4 ,nous nous reposions sur le pont des navires o nous becquetions dans les doigts de jeunes passagres4 ,quand nous repartions elles pleuraient1 portant une main leur cur et l'autre au-dessus de leurs yeux pour nous suivre longtemps travers leurs larmes4 ,ainsi parlent les hirondelles1 mais ,bernadette gazouille ainsi3 --,je viens d'un ,empire cleste qui n'est pas le mme que celui que vous chantez4 ,j'ai t amene sur la terre1 pour l'amour de mes parents1 par l'ange gardien dont j'entrevois1 tout contre mon bonnet1 la figure comme une belle pomme rouge4 ,voyez1 il ne me quitte pas1 il m'accompagne dans le jardin o mon aeule me promne sous le beau temps des feuilles dans lesquelles on entend le vent bruire comme un ruisseau4 ,il a les mains jointes4 ,mais les ailes parfois battent en silence pour louer le ,seigneur4 ,et alors je m'efforce retenir dans mes doigts un peu de la brise dont elles me caressent4 ,et il est vrai que l'ange gardien de ,bernadette dj la protge1 et qu'il la prservera des mille dangers que courent les petits4 ,si elle tombe1 il tendra la main1 telle qu'une palme pacifique1 pour que le front ne bute pas contre le pav4 ,et si elle frotte des allumettes1 l'ange1 avec le mme arrosoir qu'elle aura fait bruiner sur les fleurs1 dtrempera le phosphore pour qu'elle ne s'incendie pas4 ,et si1 dans le jardin1 elle porte la bouche quelque baie vnneuse1 l'ange fera s'envoler un papillon si bleu que ,bernadette ravie jettera cette baie pour ne s'occuper plus que de l'insecte4 ,et si1 dans la rue1 elle s'chappe et qu'elle soit menace d'tre crase par quelque voiture1 il saisira par la bride le bon cheval en lui disant3 --,je suis l'ange gardien de la petite fille4 ,o ,bernadette6 j'ai vu1 dans un livre de la ,bibliothque rose1 une gravure qui reprsente un ange gardien qui donne la main une petite fille1 et jamais je n'oublierai cette gravure3 ,dans le difficile sentier du ,ciel l'tre divin conduit l'enfant semblable quelque ,chaperon rouge4 ,des forts aux arbres merveilleux s'tendent ct1 mais on les devine suspectes et c'est loin d'elles que le serviteur de ,dieu entrane sa frle protge4 ,o mon enfant6 semble-t-il lui dire1 ne va point cueillir ces fruits des ,mille et une ,nuits et garde-toi de ces corolles pleines d'un encens empoisonn4 ,mais plutt1 suivons ce chemin rocailleux que ne bordent que les mres et les marjolaines4 ,tu couteras1 ma fille6 les conseils de ton ange4 ,si calme que soit une existence1 des souffles qui donnent le vertige s'lvent parfois de la fort maudite et sduisante4 ,ne quitte pas alors le chemin que ,dieu t'a trac4 ,que les violettes de notre petite proprit suffisent charmer ton cur6 ,du haut d'une cte tu contempleras parfois la vie simple dont tu te seras contente3 cette maison o fut ton nid1 les graniums sur le mur du jardin1 l'glise1 la place1 la fontaine4 ,cette existence un peu obscure te sera chre parce que ton cur l'illuminera du feu de ,dieu1 comme l'toile de ,bethlem claira les rois mages4 ,mais tu es encore loin de ce moment o l'on connat le trouble et qui vous rend semblable un ruisseau de ,mai sous de lgers orages4 ,avant que je m'en aille tu reviendras souvent vers nous1 n'est-ce pas8 ,et ton ange gardien sera le frre de ce voyageur inconnu qui accompagne et ramne le jeune ,tobie la maison4 ,o ma ,bernadette6 tu songeras cette grande histoire1 au chien qui aboie pour annoncer le retour1 au pre aveugle et guri par le fiel du poisson4 ,a la manire dont je me lverai du coin du feu pour t'accueillir1 tu devineras que l'ombre commence de peser sur mes yeux fatigus4 ,et tu prieras ton ange pour que la lumire me soit conserve4 ,alors il ouvrira quelque armoire et1 sur les draps qui seront mon linceul1 il prendra un livre et te le tendra4 ,et il se tiendra debout1 t'enveloppant d'une aile1 cependant que tu me liras les ,saintes critures pour que j'y trouve l'onguent qui descelle les paupires4 ,et c'est toi qui m'aideras entrer dans la tombe puisque c'est moi qui t'ai aide sortir du berceau4 ,,vue ,,sur ,,les ,,choses ,o ,bernadette6 tes yeux s'ouvrent4 ,oh6 ,qu'est ceci8 ,la vie4 ,oh6 ,que c'est tonnant6 ,tu regardes l1 mais quoi6 ,eh6 ,qu'importe8 ,tu vois3 il y a des choses4 ,tu n'as pas besoin de savoir1 mais fixant un coin de la tapisserie1 obstinment1 tu dcouvres le monde4 ,il est extraordinaire4 ,il y a ceci que tu vois peut-tre et que je ne vois plus1 et il y a cela que tu ne vois pas encore et que je vois3 des chevaux1 des bufs1 des prairies1 de l'eau et la face de ta mre et son sein o ta bouche se colle comme une lape au rocher4 ,parfois tu souris tant c'est joyeux1 mais soudain ta lvre devient arque et amre comme celle du ,dante3 ton il se fait hagard contempler ce gouffre de ,pascal qui s'tend au del de ton bonnet4 ,et ton bras repli en querre sur la poitrine1 tel celui de ,bonaparte1 mesure ton domaine4 ,furent-ils jamais plus grands que des petits1 ces grands hommes8 ,oh6 non4 ,leurs regards passent ce que tu vois et ne savent plus s'arrter aux objets ordinaires1 tandis que ton hochet te distraira et1 dans ses cercles troits1 tu enfermeras toute ta divine comdie1 tes penses et ton sceptre4 ,,le ,,sourire ,mais puisque j'ai parl de ton sourire3 qu'il est bon6 ,venu des abmes de la ,joie il flotte en l'air comme un parfum et comme une couleur1 puis se pose sur ton visage ainsi que l'arome et la blancheur du lis sur son calice4 ,il s'panouit1 rayonne sur ta face4 ,et ta bouche n'est plus qu'un fruit rose ple qui s'allonge vers les pommettes qui s'arrondissent1 tes yeux sont deux gouttes d'eau de mer joyeuses4 ,et le plus divin1 c'est le silence de ce sourire qui reflte l'air des anges et l'innocente ignorance et l'onde paisible du ciel sur laquelle nage un petit oiseau4 ,quel fut le premier sourire du monde8 ,ce fut la belle ligne que formrent les choses en se donnant la main3 la mer donna la main la plaine1 la plaine la colline1 la colline la montagne et la montagne au ciel4 ,ton il luisant1 ma fille1 donne la main ta petite bouche plate qui la donne aux boules de tes joues qui la donnent ton nez-en-l'air4 ,tu es comme le sourire du monde4 ,veux-tu que nous jouions au monde8 ,tu n'as qu' sourire4 ,c'est fait4 ,c'est moi qui suis pris4 ,je clume4 ,tu sauras plus tard que jadis le monde ne cessait pas de sourire et que sa face ne commena de s'attrister que lorsque la premire fleur se fana au ,paradis terrestre4 ,tu n'as vu encore1 ,bernadette1 aucune fleur se fltrir1 et j'pie dans ton sourire la batitude de nos premiers parents quand ils causaient avec ,dieu devant les chevaux qui paissaient4 ,,les ,,larmes ,mais les larmes de ,bernadette6 ,sur la face sans nuage un pli se creuse comme sur une eau tranquille1 soudain3 le front se fronce1 le nez se fronce1 les joues se froncent1 la bouche s'ouvre comme si elle ne devait plus jamais se refermer1 les mains se crispent1 effilochent l'air1 un long cri succde de petits sanglots entrecoups4 ,oh6 ,qu'elle est malheureuse6 ,on lui dit3 ,tais-toi1 ,bernadette6 ,tais-toi1 ,bernadettou6 ,c'est le sein qu'elle veut1 la clameur se fait imprative et rageuse4 ,et l'on voit luire au coin de l'il la premire larme4 ,o mon enfant6 ,de mme que j'ai mdit sur le premier sourire du monde1 je mditerai sur sa premire larme4 ,on t'apprendra plus tard que la ,terre1 ayant offens son ,crateur1 ne fut plus quelque temps qu'une larme roulant dans la paupire du ciel4 ,mais quelles furent les premires larmes verses sur cette ,terre8 ,je crains1 hlas6 que dans la duret de leur cur ,adam et ve n'aient trop longtemps refoul les leurs4 ,mais peut-tre que le chien 7tu sauras plus tard comme le chien est bon1 fidle et obissant71 ds qu'il se fut aperu de la peine que ses matres avaient cause ,dieu1 pleura dans la niche4 ,o ,bernadette6 ,je ne sais pas1 quand je les vois s'vaporer si vite1 si1 tes larmes1 ton ange gardien ne les recueille pas une une et n'en fait pas un chapelet bni4 ,la ,mre de ,dieu refuserait-elle rien en change de ces perles vivantes de mon enfant8 ,,la ,,nymphe ,emmaillotte1 elle a l'air d'une chrysalide1 et c'est dans des enveloppes imbriques comme les feuilles d'un bourgeon qu'elle dlie ses gestes4 ,la tte seule saille du maillot1 ainsi que la tte de l'insecte appel frigane de son tui de bois1 ou celle de la tortue de son test4 ,ce maillot1 ponctu au dos du corselet par des pingles de nourrice1 se bombe au milieu4 ,voici la mre4 ,elle saisit cette nymphe dans les vapeurs du berceau1 s'assied1 l'tend plat ventre sur elle1 dgrafe les pingles1 la retourne1 la dpouille de ses langes dont le dernier est souvent d'un jaune d'uf1 la met nue et la plonge jusqu'au cou dans un baquet4 ,bernadette soutenue sous les bras essaie de se renverser1 dresse ses genoux vers son menton4 ,sa face exprime la batitude1 ses yeux luisent et1 presque1 ils rient4 ,mais1 tout coup1 elle rugit4 ,c'est quand1 s'tant saisie d'une ponge et d'ouate hydrophile1 la mre nettoie et essuie sa petite4 ,,la ,,visite ,,aux ,,morts ,on ne l'avait mene encore en ville que pour son baptme1 on la promne d'ordinaire dans le jardin si vieux qu'il a toujours l'air d'tre au clair de lune et d'offrir ses tonnelles aux ombres des vieux potes4 7,les corolles des weiglias1 d'un rose si rose1 se fanrent au ,printemps1 elles ont peut-tre migr en ,chine1 elles seront de retour avec les hirondelles47 ,mais hier ,bernadette a visit les ,morts1 elle a suivi1 aux bras de la femme de chambre1 la rue ,saint-,pierre dont les tuiles croulantes sont rouilles comme les clefs du ,ciel4 ,la porteuse s'est assise sur une tombe1 elle tenait l'enfant sur ses genoux1 l'enfant vtue d'une longue robe solennelle1 l'enfant semblable un grand oiseau de neige endormi dont tranerait la belle queue4 ,a quoi rvais-tu1 ,bernadette8 ,que racontait ton songe aux songes des petits qui ne s'veillent plus pour tendre la bouche aux nourrices8 ,tu sommeillais au milieu du sommeil4 ,et le silence tait pareil au bruit calme de la mer4 ,,la ,,visite ,,aux ,,vivants ,il flotte encore tant de ciel dans les yeux de ,bernadette qu'elle ne dmle pas trs bien la terre ni ce qu'il y a dessus4 ,je ne pense point que1 lorsqu'elle rend visite nos amis et parents1 elle en ait plus de connaissance que n'en aurait l'oiseau du savetier1 si on le leur apportait dans sa cage4 ,et cependant1 de ,bernadette se dgage la majest de ceux qui demeurent indiffrents4 ,c'est en vain que le jardin de la villa d'une bonne vieille dame offre la jeune visiteuse quelque alle ratisse comme celle d'un plan et des arbres en ordre et ronds2 en vain que1 dans le salon1 le portrait d'un marin prside2 en vain que l'on agite des hochets et que l'on prodigue les plus doux mots et que l'on cherche des ressemblances4 ,bernadette reste impassible4 ,on redouble d'amnit1 on se met genoux devant elle pour lui mieux sourire4 ,elle semble ne vouloir voir que la blancheur informe du plafond4 ,ange1 chrie1 amour1 mignonne1 dlice de mon cur3 rien n'y fait4 ,elle oppose tout hommage l'air d'une reine blase1 ou d'un chat que des enfants veulent forcer d'tre content4 ,mais1 soudain1 va-t-elle sourire8 ,la bouche s'ouvre en pot--lait1 un grognement en sort4 ,on s'meut4 ,oh6 ,oh6 ,oh6 ,qu'as-tu1 petite ,bernadette8 ,ce qu'elle a8 ,elle pousse dans le monde4 ,l',,arbre-,a-,,lait ,l'arbre--lait de ,bernadette1 c'est sa mre4 ,l'enfant1 comme un fruit entre deux branches suspendu1 se gonfle de suc1 tenue entre les bras4 ,la bouche de la tteuse se prend au sein o les veines dessinent une voie lacte1 et la sve aspire s'pand dans ces petits os1 ces mignons ongles1 cette peau de rose1 y fixe ses gracieux lments1 et fait de ,bernadette un trsor compos de la fleur du minral4 ,souvent1 alors qu'aucune bise ne l'agite1 l'arbre maternel saisi de joie chante4 ,,le ,,rire ,heu6 ,heu6 ,heu6 fait ,bernadette en riant4 ,la lampe brille1 le feu danse1 la chienne ronfle1 les fauteuils sont vieux4 ,heu6 ,heu6 ,bernadette a tant bu que deux gouttes glissent de sa bouche factieuse et luisent sur les cts du menton4 ,heu6 ,heu6 ,heu6 ,les sourires de ,bernadette ont pass travers le ciel de son regard et rpercutent l'cho de la lumire des anges4 ,heu6 ,heu6 ,la voici dans son berceau1 veille4 ,la joie claire sa face qui claire le berceau et le berceau claire les parents4 ,heu6 ,heu6 ,heu6 ,l',automne s'lve de nouveau et ruisselle sur le feu des arbres d'ornement4 ,ha6 ,la feuille tombe et ton sourire la remplace1 ,bernadette6 ,l',,ame ,,de ,,la ,,maison ,le vieux mur ne s'vapore plus au soleil4 ,il pleut sur le perron bris4 ,le marteau de la porte paisse est petit4 ,si vous tes dans la nuit1 frappez4 ,la porte ouverte1 vous verrez l'me de la maison sur le canap que caresse la lueur du feu3 ,bernadette4 ,approchez-vous1 elle dort1 elle a l'air d'un uf de fourmi4 ,le bon ,dieu l'a allume comme une petite lampe qui claire ce papier o j'cris ce nom3 ,bernadette4 ,l',,alphabet ,a ,,la ,,fleur ,les premiers jours qu'on la promenait dans le jardin1 il y a trois mois1 ,bernadette tait comme le cur blanc de cette grande fleur la corolle verte et bleue qu'est la nature en ,aot4 ,chaque chose a pour centre le centre que le dsir choisit4 ,quand on relevait les yeux de dessus mon enfant pour les reporter au loin1 le contour de la fleur c'taient les ,pyrnes aux ptales chancrs4 ,l',automne a jauni la corolle dont le cur est encore blanc4 ,sache donc1 toi qui soutiens cette petite fille6 que tu supportes tout le paysage qu'elle entrane avec elle et que si elle n'et pas exist dans l'univers1 l'univers n'et pas exist sans elle1 puisque ,dieu l'a cr pour elle4 ,quoi8 ,toute la terre8 ,et tout ce pollen d'astres qu'elle ne distingue mme pas encore6 ,penses-tu8 ,oui1 c'est l'alphabet qu'ouvre l'ternel pour apprendre lire ,bernadette4 ,dj1 blottie au cur de la fleur1 elle pelle la lumire4 ,,le ,,sirop ,,de ,,pomme-,,reinette ,on lui a fait boire du sirop de pomme-reinette444 ,dans quel enclos as-tu mri1 pomme-reinette8444 ,dans quel enclos bleu1 pour qu'un jour ton suc ft1 pomme-reinette6 si doux remde ,bernadette8 ,voici la simple histoire3 ,bernadette n'tait pas conue1 que l'enclos bourdonnait cause d'une abeille qui est l'amour4 ,deux fiancs coutaient l'abeille sans savoir que onze mois aprs leur natrait ,bernadette4 ,mais un pharmacien prvit non seulement cette naissance1 mais que l'enfant serait un peu indispose4 ,c'est pourquoi1 grimpant l'chelle1 il cueillit au-dessus des fiancs une pomme-reinette dont il tira un extrait savant4 ,o ,bernadou6 ,tu sauras plus tard que la science est la sur de la sagesse et que ce pharmacien est le frre de cet opulent roi ,salomon lequel1 nous dit la ,bible1 disserta sur les arbres depuis le cdre qui crot au ,liban jusqu' l'hysope qui sort de la muraille4 ,,la ,r,p,,tition ,,pour ,,no,l ,la lune1 hors des nuages pais et pluvieux1 ressemble au soleil si on la regarde entre les branches de cyprs du jardin4 ,le hibou que je suis semblerait seul devoir hanter cette retraite et gmir avec le ,psalmiste3 ,sum sicut nycticorax in domicilio4 ,cependant tout prs de moi1 dans le salon1 j'entends cette note sourde et timide qu'met la colombe sauvage aux jours chauds4 ,c'est ,bernadette qui roucoule4 ,o ,bernadette6 ,de qui tiens-tu cette voix sinon de ,dieu lui-mme1 de cette autre ,colombe qui chante aussi en ,dcembre1 mais sur la crche du ,petit-,jsus8 ,ah6 ,tu t'essayes1 tu veux1 mon enfant6 toi qui ne parles pas encore6 chanter pour ton premier ,nol4 ,l',,enfant-,j,,sus ,cet ,enfant-,jsus est ton frre1 mais toi tu es dans ton berceau et il dormait sur la paille4 ,et ceux qui avaient une grande inquitude devenaient joyeux en le regardant1 les mages et les bergers4 coute1 ma ,bernadette6 la petite cloche d'un agneau1 d'un agneau qui le baise au front1 lui ton ,dieu6 ,lui1 ton ,dieu et ton frre444 ,oh6 que me penchant sur toi1 mon enfant6 je retrouve dans tes traits ceux du ,nouveau-,n qui s'abaissa jusqu' ta petitesse4 ,dj tu lui ressembles4 ,il tette et pleure aujourd'hui1 mais bientt il vaquera d'humbles besognes comme toi qui iras chercher le pain sur le buffet et le fil pour coudre4 ,mais1 toi plus grande1 je te conduirai vers la bleue montagne de ,lourdes pour te le montrer auprs de sa ,mre4 ,je te hausserai dans mes bras pour que tu voies ce ,roi qui est ton frre1 te dis-je6 et pour que tu lui cries en levant les mains qu'il t'a donnes3 ,vous tes mon ,seigneur et mon ,dieu6 ,,le ,,sommeil ,,dans ,,la ,,temp,,te ,cette nuit1 la tempte a pleur sans discontinuer1 les rafales se succdaient comme se suivent les lames de la mer4 ,on entendait les bouffes de vent pluvieux s'craser aux volets1 des coups sourds1 une souris4 ,sans souci de ce dsarroi de la nature1 ,bernadette1 dans son berceau voil1 a sommeill jusqu'au matin au calme de notre chambre4 ,o divin mystre qui rapproche une crature du ,crateur6 ,cependant ,jsus1 couch la poupe1 la tte sur un coussin1 s'tait endormi4 ,o ma ,bernadou6 ,petite disciple6 ,tu sais que tu es dans la main du ,tout-,puissant et que1 malgr cette furie de l'air et de l'eau1 il ne peut t'arriver rien que le ,ciel ne veuille4 ,c'est pourquoi tu ne doutes pas que ton pauvre nid qu'un coup de vent suffirait balayer ne continue t'tre un sr abri4 ,toi seule1 innocente6 si la crue venait lcher le seuil de la maison1 ne t'inquiterais pas4 ,car1 mieux que nous ne le voyons de nos yeux grands-ouverts1 tu vois1 mon enfant6 travers tes paupires closes1 l'avant de ton berceau1 ,dieu dormir4 ,,angoisse ,,de ,m,,re ,qu'a-t-elle8 ,qu'a-t-elle8 ,qu'a-t-elle8 ,mais qu'a-t-elle8 ,mais qu'a-t-elle8 ,et voici que1 penche sur ,bernadette qui pleure1 pleure sa mre4 ,il suffit que le motif des sanglots de notre enfant nous soit cach pour que l'ombre noie nos curs4 ,je crois nanmoins que la cause est peu grave de ces larmes--quelque dent qui perce8 ,mais la mre est mue au plus haut point1 et toute la passion et toute l'angoisse qui font se coucher une brebis devant son agnelle qu'on veut lui ravir sont renfermes dans ces mots3 --,je ne veux pas descendre pour dner6 ,je veux manger ma soupe auprs de ma petite4 ,o tristesse de la vie matrielle1 quand l'me est dans l'angoisse6 ,soyez lou1 mon ,dieu1 de ce que les pleurs cessent de part et d'autre4 ,ainsi la rivire se ride sous l'onde et se dride au beau temps comme le visage de la mre en face d'une larme ou d'un sourire4 ,,choses ,,qui ,,parlent ,le cliquetis des aiguilles tricoter1 le froissement de la page que l'on tourne1 le tic-tac de la pendule1 le grincement de ma plume composaient et composent mes soirs de fin d',automne4 ,mais1 la venue de ,bernadette1 les objets familiers ont prononc de nouvelles paroles3 les aiguilles discutent la mesure des petits chaussons1 et la page du livre chuchote la mre que l'heure de l'allaitement s'avance sur le cadran qui rabche4 ,cette plume qui versa tant de larmes s'arrte un instant comme une noire voyageuse aprs un long parcours4 ,elle se souvient d'une halte plus douloureuse1 quand le destin semblait aveugle et la route incertaine4 ,o ma plume qui erras dans le deuil6 ,tu recommences chanter sur cette feuille1 tu loues ,dieu de t'avoir donn pour guide cette enfant qui ne sait pas marcher4 ,,le ,f,,vier ,le fvier est un grand arbre originaire de la ,chine et dont les enfants sucent les gousses marron pleines de baume4 ,a travers la vitre pluvieuse ,bernadette regarde le fvier4 ,elle interroge en silence ce tmoin quelconque de la vie1 apprend le connatre1 et nul doute que dj il ne soit pour elle un grand personnage qu'elle ne dfinit pas1 mais qui l'intresse4 ,que lui rpond l'arbre sinon3 ,je suis l8 ,et quelle affirmation pourrait satisfaire davantage ,bernadette8 ,elle ne sait pas qu'en ,aot il tendait sur elle1 qui dormait1 de grands ventails de feuilles harmonieuses4 ,ma petite fille1 je laisse un peu d'ombre sur ce papier pour que tu saches que moi aussi1 dans ma belle saison1 j'ai fait chanter mes feuilles sur ton sommeil4 ,,la ,,nativit ,ton premier ,nol est pass4 ,les constellations ont trembl minuit1 cerfs-volants d'or obliques4 ,et le cur de ta mre et le mien taient parfums d'encens4 ,et j'coutais bruire dans l'ombre je ne sais quel rouet de sainte4 ,gloria in excelsis ,deo et in terra pax hominibus bon voluntatis444 ,mais tait-ce bien le rouet d'une sainte accompagnant de son ronron les frustes rpons des bergers8444 ,non1 c'tait ce doux vent que ta respiration produit durant ton sommeil1 ,bernadette6 ,le ciel peu peu devenait une pelouse et ton souffle y montait1 tandis que descendait celui des anges4 ,et les brebis des hommes taient assises1 levant leurs pattes fatigues1 deux pattes1 en signe d'adoration4 ,et puis elles parlaient pour baiser au museau les brebis de ,dieu4 ,et puis elles revenaient sur la terre et s'acheminaient vers la ,crche du ,pauvre4 ,et le diadme du roi ngre brillait sous l'toile4 ,et des milliers de pas marquaient la neige1 le pas de ceux qui rptaient3 ,laudamus te4 ,benedicimus te4 ,adoramus te4 ,glorificamus te444 et les pas des chameaux des ,mages1 et mme des pas de petits oiseaux4 ,il y avait trois passereaux1 le pre1 la mre et le fils qui allaient ,bethlem et qui parfois s'arrtaient pour saluer le monde plus vaste que le dsert4 ,et puis j'ai vu1 j'ai vu1 ,bernadette6 une empreinte chrie1 celle de tes pieds1 qui ne sais pas marcher6 l'empreinte envoye par ton cur1 imprime au seuil de l'table4 ,et tandis que ton ,frre divin1 quatre mois plus jeune que tu n'es1 dormait entre la ,vierge et le ,charpentier1 il m'a sembl que tu tais l1 debout1 chantant le chant de ton doux sommeil4 ,,la ,,petite ,,voiture ,on lui a achet une petite voiture qui a quatre roues comme la ,grande ,ourse et que ma femme pousse sur la route4 ,je marche auprs avec la chienne1 et le paysage glisse4 ,douceur rustique d'un mnage modeste1 constellation terrestre1 pome prt clore1 si grand par sa mdiocrit mme3 le pre1 la mre et l'enfant qui se rptent tels que les vers d'une strophe qui ne lasse pas4 ,il est des voitures plus luxueuses que n'est la tienne1 ,bernadette6 ,mais nous avons fait ce que nous avons pu1 et ce m'est d'une tristesse bien douce que nous n'ayons pas pu davantage3 il est bon de sentir que si ,dieu ne nous donne pas la richesse1 il nous pargne la pauvret4 444 ,pas la richesse8 ,ah6 ,que dis-je8 ,il y a un trsor dans la petite voiture4 ,,neige ,la neige interrompt soudain le renouveau des ppiements1 des roulades et des sifflets et1 tandis qu'hier encore les fins duvets des bls naissants recouvraient la terre et l1 pareils aux cheveux de ,bernadette1 aujourd'hui le vieil ,hiver a fait tondre sa barbe4 ,il n'y a plus d'autre vocation de ,printemps que des fumes qui se balancent au-dessus des chaumines et forment des touffes lilas fleuries aux soleils des petits feux mnagers4 ,o bosquet de la halte des pauvres en hiver6 ,j'ai hiss ,bernadette sur mon bras1 de telle faon qu'elle pt apercevoir les toits qui semblent basculs et les terreaux que l'on dirait picors et les feuilles qui ont du coton dans les oreilles4 ,elle a contempl tout cela avec une curiosit qui figeait son sourire4 ,que la nature est donc belle1 mon ,dieu6 ,elle change encore de robe1 mais cette fois c'est une robe comme la tienne1 ,bernadette6 la robe d'une nouvelle-ne1 robe o mrit le grain de bl ou le cur de l'homme4 ,regarde face face cette grande sur1 la ,terre qui1 demain1 aprs son sommeil1 se remettra gazouiller4 ,elle te garde son cur1 ce grain de bl1 afin qu'un jour ,dieu puisse entrer sous ton toit1 de nouveau recouvert par un voile de neige1 le voile de ta premire communion4 ,,la ,,premi,,re ,,dent ,la rose ouvre la bouche pour prier ,dieu en silence1 et cette oraison amne une larme jusqu'aux lvres des ptales4 ,ta bouche s'ouvre aussi1 ,bernadette6 pour louer le ,seigneur4 ,et ta premire dent vient poindre comme la goutte de rose sur la corolle4 ,il fallait bien que tu obtinsses quelque faveur de la ,trinit1 puisque depuis six mois tu lui souriais de ce sourire si bon6 ,l'ternel te convie ainsi au banquet o ce grlon percera la cerise de feu1 le raisin vert d'eau1 la prune d'air bleu et la pomme grise comme la terre4 ,o mon enfant6 ,ta mre qui l'a arros de son lait a pouss des cris de joie quand ce germe a point4 ,mais moi je m'attriste un peu444 ,o ,bernadou6 ,pourquoi cette petite dent8 ,le lait de ta maman n'est-il donc pas si doux qu' jamais il ne te suffise8 ,,portrait ,a ,,six ,,mois ,l'ne de caoutchouc siffle comme un nid1 le hochet tombe1 la poupe est repousse4 ,on redonne ,bernadette le hochet qu'elle mord et qui retombe aussi et1 quand on le lui remet1 c'est l'ne qui va rejoindre le hochet4 ,et ainsi de suite1 et l'aeule sans se lasser ramasse les jouets tandis qu'un bourdonnement et de petites bulles sortent des lvres de ,bernadette dont je contemple la face4 ,cette face ressemble la pleine lune qui les simples prtent des yeux1 un nez et une bouche faits avec des ronds4 ,mon enfant me sourit soudain1 et cette impression s'accuse davantage d'une lune nave que des nuages qui glissent recouvrent et dcouvrent tour tour4 ,le sourire1 c'est l'claircie4 ,,pri,,res ,,du ,,matin ,,et ,,du ,,soir ,bernadette1 lorsque tu t'veilles au matin1 la lumire dlicate met un baiser couleur de primevre jaune aux lvres du contrevent4 ,et ce baiser glisse jusqu' toi1 et alors tu pries ,dieu dans un langage incompris de nous1 un langage qui est celui des oiseaux cette heure o le ciel claire la nuit4 99 99 99 99 99 ,bernadette1 lorsque je t'lve vers le ,seigneur1 le soir1 avant de te recoucher1 tu souris et ta bouche est comme la braise d'un encensoir4 ,ta jeune prire c'est toi-mme1 ton innocence qui ne parle pas4 ,un jour tu diras3 ,notre ,pre444 ,mais prsent tu contemples ce ,pre sans trouver aucun mot1 et ton oraison ressemble celle des oiseaux qui se taisent cette heure o la nuit claire le ciel4 ,,la ,,vaccination ,elle avait une bonne grosse tte1 pas mfiante du tout1 tandis que le docteur prparait son bistouri pour la vacciner4 ,elle ne savait pas1 elle6 ,est-ce que ce n'est pas toujours pour se faire du bien que l'on se rapproche8 ,pour donner un baiser ou tter8 ,elle tait si sre de ce que l'on ne lui voulait aucun mal qu'elle n'en a ressenti aucun1 l'innocente6 ,et tandis que sous l'pine d'acier naissaient quatre petites roses rouges1 la figure de ,bernadette exprimait la confiance et peut-tre un peu aussi l'tonnement4 ,je ne sais pas ce que vous faites1 avait-elle l'air de nous dire4 ,je songe ce que l'on m'a dit que fit ,notre-,seigneur quand1 les rites voulant qu'il saignt de sa propre main un agneau pascal1 il ne sut du bout du couteau que lui donner une caresse4 ,o mon agnelle6 je pense qu'avant qu'un autre que ,notre-,seigneur le tut1 ton frre l'agneau dut avoir le doux regard dont tu nous fixais en attendant ta premire blessure4 ,l',,entourage ,je veux fixer ici pour toi nos trois portraits1 le mien tel que je suis quarante ans dans l'ombre que modle une humble lampe au mois de ,mars de l'an #aiji3 ,sous des sourcils indociles mon masque un peu lourd se creuse autour d'yeux qui semblent comme ceux des chats avoir pris leur lueur de cul-de-bouteille aux vieilles petites vitres bosseles de la ,province4 ,sous le lorgnon miroitant de myope1 qui enfourche obliquement un nez plutt fort et busqu dont le bout s'abaisse parfois en s'arrondissant pour aspirer quelque ironie que lance la bouche sensuelle1 ces yeux sont tantt d'une grande duret1 tantt d'une grande douceur4 ,de la colre au calme ils passent sans transition et leurs ondes rident ou aplanissent le front un peu fuyant plus apte reflter des images qu' mouler des penses4 ,les oreilles moyennes s'enroulent simplement4 ,les cheveux qui grisonnent et s'claircissent et les crins emmls de la barbe noire et blanche n'ont pas de beaut3 seuls les yeux et les mains4 ,depuis peu le corps s'est beaucoup largi3 un homme qui accepte enfin d'tre tel qu'il a t ptri4 ,il a assez souffert1 assez aim1 assez pri pour renoncer peu peu toute grce qui n'est point divine1 le pre de ,bernadette4 ,ta mre1 vingt-six ans1 est une grosse rose dont les joues supportent comme deux hannetons les yeux qui semblent bourdonner et s'envoler4 ,son double petit menton1 vu de profil1 est assez d'un ,louis ,,xiv1 et sa bouche1 sous le nez large mais bien fait1 a la forme d'un chapeau de polichinelle4 ,le sourire dcouvre les dents brillantes et petites dont deux plus aigus en haut ont pouss en avant et de chaque ct4 ,elle aime et elle rit de tout son cur qui est d'or et agit au moindre souffle comme celui de la rose4 ,aucun grain de rose n'accueille si vite le soleil qu'une de ses larmes le sourire4 ,sur son chignon un ruban est pos1 frre de ce papillon du ,brsil qui1 au-dessus de la chemine1 luit comme un miroir d'azur4 ,elle porte ce soir un corsage clair et une robe sombre1 elle est assise sur une chaise basse en face du feu et je lui dis3 ,ginette1 il est temps de prendre ton quinquina4 ,elle sort un instant1 puis revient et se penche sur ce papier avec tendresse et va se rasseoir4 ,maintenant fondue dans l'ombre elle babille d'une voix nerveuse qui se fait si chaude pour le chant4 ,j'entends qu'elle dit3 l'air de petits myosotis444 il y en a de trs fines444 ,de quoi parle-t-elle8444 cependant que tu dors1 ,bernadette6 toi qu'elle placera comme un bouton de rose sur son cur qui te nourrit4 99 99 99 99 99 ,tout auprs de ta mre il y a une grande ombre1 la plus grande du salon1 et la flamme claire la face de cette ombre et la neige ternelle de ses cheveux et1 sur le nez long1 trs en avant des yeux couleur de lin1 s'appuient les cercles d'or qui jadis autour d'autres yeux encadrrent des choses et des tres des ,antilles4 ,o ,bernadette6 ,c'est ton aeule paternelle1 c'est de la nuit vivante genoux devant toi et elle te serre contre son vtement sombre comme le soir serre une toile4 ,,le ,p,,re ,,des ,p,,res ,hier1 fte de ,saint ,joseph1 on t'a conduite la chapelle de l',hospice4 ,tu sauras plus tard quel pre fut ,saint ,joseph qui1 dans les mauvais chemins1 tirait par la bride le petit ne qui servait de monture la ,vierge pressant contre son sein son ,bernadou chri qui est ,n4 ,s4 ,que de bons pres encore dans l',histoire ,sainte6 ,que tous ces pres prient pour nous le ,pre qui nous a mis dans son cur1 dans son cur pareil un jardin qui n'a pas de portes6 ,,vers ,,la ,,source ,o ,bernadette dont on compte tous les doigts avec amour6 dont on entend les petits ongles gratter parfois le dessus du berceau6 voici que l'on t'a habille pour te mettre dans la petite voiture et ton bonnet rappelle la coiffe d'un ,pharaon et ta robe de mousseline est comme un liseron blanc que dborderaient deux tamines3 tes jambes agites par la brise de l'impatience4 ,tu es couche dans la voiture que nous poussons tour tour ta mre et moi1 et tu souffres un peu de ta dent1 tu tires la langue d'un air boudeur4 ,nous quittons la grand'route1 nous stoppons dans un sentier auprs d'un talus qui borde un ruisseau2 jamais on ne t'a conduite aussi loin dans la campagne4 ,je t'lve dans mes bras au-dessus de la haie1 mais tu ne peux encore saisir ce qui dpasse l'horizon d'une chambre et tu ne fixes ni les montagnes ni les champs4 ,cependant notre voisin1 le petit ruisseau1 jase4 ,tes yeux s'abaissent vers lui et le contemplent4 ,dieu l'a plac l pour qu'il amuse1 toi qui ne verrais pas l'ocan6 mais qui regardes vers la ,source dont tu es si prs encore4 ,,le ,,rosier ,,qui ,,gazouille ,je crois que ,bernadette parle quand elle gazouille4 ,que signifient ces phrases qu'elle module et qui m'impressionnent dans le silence de la nuit8 ,le parler de ,bernadette est comme un rosier dont les fleurs sont encore closes4 ,les mots sont encore ferms2 l'un aprs l'autre ils s'panouiront2 dj ils s'entr'ouvrent4 ,mais ce langage encore en boutons1 les innocents du ,ciel seuls le comprennent4 ,puissions-nous1 mon enfant6 soigner bientt le doux rosier de tes mots enfin dlivrs1 et diriger ses branches dans un bel ordre qui assigne chaque fleur sa place3 le mot ,dieu comme une rose rouge1 au centre de l'arbuste1 et la plus haute pour que le parfum de ses surs monte vers elle et que tu la voies toujours dominer4 ,oh6 ,si saintes que soient les autres roses1 mme la blanche ,marie1 aucune ne doit tre sentie avec autant d'amour que cette rose paternelle4 ,o mon enfant6 que le mot ,dieu ne fleurisse jamais sur tes lvres1 sans que tu pries pour les pauvres jardiniers qui auront aid son panouissement444 ,aprs ce mot1 tu dlieras de leurs calices de silence les mots qui disent les lus1 les hommes1 les animaux1 les plantes et les pierres4 ,et tu nommeras ainsi une une au ,seigneur toutes ses merveilles plantes dans ton cur3 puisqu'en te faisant crotre dans le sien il t'a appele ,bernadette4 ,,premier ,,printemps ,tu es entre depuis cinq jours dans ton premier printemps4 ,quand j'tais adolescent j'aimais de toute mon me cette poque o mes rveries fleurissaient avec la rose rustique1 l'aubpine et l'anmone-sylvie4 ,je vibrais comme une ruche et me nourrissais d'avenir4 ,il y avait un banc dans un bosquet444 ,et les jeunes filles que j'avais suivies tiraient derrire elles les lourdes portes qui se refermaient sur leurs yeux flatts1 interrogateurs et liquides4 ,les pluies fines dans la poussire sentaient bon444 ,o mon cur6 qui fus longuement balanc1 tel que dans la haie le rameau que l'on touche en courant1 que faisais-tu de ces trsors vivants cachs en toi comme des dormeuses dans leur demeure8 ,mon cur rpond3 ce que j'ai fait de ces impressions de printemps1 je les ai mries en secret pour qu'elles prissent une forme4 ,des teintes de la rose rustique1 de l'aubpine et de l'anmone-sylvie1 du chant des oiseaux des bois1 de la naissance mystrieuse de l'amour1 des lgres larmes de l'averse sur la terre et du balancement des branches j'ai ptri ,bernadette4 ,,les ,,rameaux ,ta mre regrette que tu ne puisses dj soutenir une branche de laurier bnit d'o pendent des ufs de sucre1 des gteaux1 des noix dores4 ,tu n'lves vers le ,seigneur que tes mains nues1 spares des poignets ronds par un pli fin comme un fil de soie auquel rien n'est attach4 ,,jeudi ,,et ,,vendredi ,,saints ,ton ami l',enfant ,jsus a gagn la sueur de son front1 dans l'atelier de son pre1 un morceau de pain qu'il te garde pour quand tu auras faim4 ,et il a dit3 ,mon pre1 si vous voulez1 avec le reste de ce bois faisons un berceau encore8 ,il a tant fabriqu de berceaux1 le pauvre ,enfant ,jsus1 qu'il n'est plus rest pour lui que deux poutres o il s'est tendu444 ,tant de berceaux dans l'choppe du ,charpentier ont t fabriqus6 ,et le tien1 ,bernadette6 ,ah6 ,les gens qui dans l'troit atelier de ce pre et de ce ,fils s'asseyaient parfois pour leur dire bonsoir ne savaient gure que l1 chez ,joseph1 tous les berceaux du monde venir devaient tre faits4 ,un jour il semblait que le bois ft dfaut1 qu'il n'en restt plus que juste ce qu'il fallait pour la ,croix de ,n4-,s4 ,et la ,mre au cur transperc s'cria3 ,o mon ,fils6 quelle place te restera-t-il pour mourir sur ce bois8 ,mais l',enfant ,jsus sourit et il prit encore sur sa ,croix4 ,et1 dans notre chambre se dressait ton berceau1 ma ,bernadette6 ,que je marque ici1 d'une faon particulire1 tes premiers ,jeudi et ,vendredi ,saints3 ,n'avais-je pas crit au dbut de ce livre que ton ange gardien te protgerait1 qu'il carterait de toi le cheval emport8 ,or ,jeudi1 quand vous alliez tre crass toi et ta petite voiture par un attelage emball et sans conducteur1 les chevaux ont dvi tout coup d'eux-mmes en te frlant4 ,et1 le lendemain1 ,notre-,seigneur est mort ta place4 ,,paques ,pques2 l'uf de la poule blanche luit dans la mousse et l'ajonc fleuri a chant4 ,cocorico6 ,cocorico6 ,ma ,bernadette1 les fidles ont communi4 ,la calme splendeur de ,dieu baigne les collines1 le soleil brun des frelons ronfle dans le jardin verni1 le chant du rossignol dans la matine est plein d'encens1 la terre s'entr'ouvre1 la mort est morte1 tu vivras jamais1 ,bernadette6 car en toi1 autour de toi1 l'infini1 le ,ciel s'tend4 ,le ,seigneur est si humble que ,madeleine le prit pour un jardinier4 ,en ce jour il t'appelle peut-tre sa petite sur1 parce que le grelot de ton hochet sonne comme la clarine d'une agnelle pascale4 ,alleluia4 ,alleluia4 ,,nuit ,,souffrante ,dans la triste nuit tu tousses et nous nous levons pour te soigner4 ,la flamme rousse et bleue de l'alcool fleurit sous la casserole grsillante1 et les perles fines de l'air se dtachent du mtal1 montent crever la surface de l'eau1 y sont remplaces par d'autres1 de plus en plus rapidement1 jusqu' l'bullition complte4 ,quelle angoisse de voir ta petite figure se contracter sous la toux6 ,mais quelle grandeur que de veiller sur toi6 ,on n'entend que l'eau et la flamme4 ,et1 au milieu du sommeil qui entoure la maison1 nous nous tenons debout ta mre et moi avec1 pour tmoin et ami1 ,dieu4 ,ne nous abandonnez pas1 ,sauveur6 ,j'ai confiance4 ,ne nous montrez point dans notre enfant cet affaissement o vous avez t4 ,c'est assez que1 dans le chemin1 vous soyez tomb sous la ,croix en nous jetant un regard interrogateur444 ,nous avons calm ,bernadette et maintenant elle s'est assoupie4 ,son souffle qui devient paisible me prend comme une berceuse4 ,et c'est ainsi qu' mon tour mon enfant m'endort4 ,f,,te-,,dieu ,ta premire ,fte-,dieu1 tu l'as passe loin d',orthez aux grets1 dans le pays qu'habite la maman de ta maman4 ,tu avais une couronne retenue par un lastique1 une couronne de roses blanches1 si petites que l'on et dit des camomilles1 et un panier suspendu au cou pour que tu fisses semblant de jeter quelques ptales au passage de ,notre-,seigneur4 ,tu ne sais mme pas ce que c'est que de jeter des fleurs4 ,et alors on te prenait la main et l'on te faisait essayer ce geste d'en lancer ,dieu4 ,comme il a d te regarder6 ,quel attendrissement n'a-t-il pas d avoir en sentant sa toute-puissance envelopper ta faiblesse6 444 ,la ,fte-,dieu est si belle et si bonne qu'il semble que ce jour-l le feuillage soit plus ombreux1 le gteau plus sucr1 l'herbe plus verte1 la cerise plus rouge1 la rose plus rose4 ,a cette ,fte-,dieu paraissais-tu donc1 de mme que la rose plus rose1 plus ,bernadette que jamais8 ,non1 car pour nous1 ma fille6 tu es la ,fte-,dieu de tous les jours4 ,,nouveaux ,,progr,s ,tu t'mancipes lentement1 tes jambes et tes bras se dlient1 tu peux redresser la faon d'un rameur ton buste dans ton berceau4 ,tu appelles1 tu appelles1 tu appelles la chienne3 iane444 iane4444 ,tu commences d'apercevoir les dtails1 les reflets des glaces o tu te souris de tes six dents4 ,tu t'intresses tout avec passion4 ,tu regardes d'un il soutenu les anguilles que je rapporte de la pche4 ,le grand chaos pour toi s'ordonne6 ,la vue du sirop purgatif et de la seringue te font pleurer4 ,viendra le jour qu'au-dessus du miroir noir tu voudras saisir le papillon de feu bleu qui1 dans son cadre1 voque les forts dont mon pre m'a transmis l'ardeur1 forts qui baignent sans doute dans un ciel pareil cet insecte gant qu'caille une limaille d'azur4 ,papillon1 miroir1 seringue1 sirop1 anguilles1 chienne1 berceau1 papa1 maman1 voil les premiers exemples de ta grammaire vivante1 le vocabulaire que tu traduis dans une langue diffuse qui embrouille les syllabes1 compose un mot avec les assonances d'autres mots1 se rsout parfois dans un appel semblable celui d'une perruche4 ,ton progrs est une agitation4 ,comme le jeune oiseau tte l'air avec ses plumes1 tu palpes le monde avec les ailes de ta petite me qui bat1 qui est l pareille1 quand je te tiens1 cette fauvette au bord du nid1 ta petite me qui est l au bord de tes yeux1 de ta bouche et de ta vie2 qui est l4 ,et tu cries6 ,et tu cries6 ,et tu saisis deux mains ton pied nu et tu le portes ta bouche1 parce qu'un pied c'est pour s'amuser4 ,,le ,,trousseau ,,de ,,clefs ,dans sa voiture1 l'ombre de l'acacia1 ,bernadette me sourit comme la lune en plein jour4 ,entre les pavs de la cour1 un plantain est si net qu'il semble une tache d'eau sur la lumire4 ,la vie1 telle qu'une mer calme1 fait entendre son murmure et l'enfant joue avec un trousseau de clefs4 ,elle jouera longtemps avec ce trousseau de clefs1 heureuse de toute nouveaut1 et si douce sous son petit chapeau de paille d'o pendent deux pompons de fleurs d'artichaut6 ,qu'il est beau1 ce monde o chaque chose se dcouvre peu peu6 ,voil3 il y a donc encore1 en dehors du polichinelle1 de la poupe et du chat d'toffe1 il y a des clefs4 ,mon ,dieu1 se dit sans doute ,bernadette1 il est bon de vivre cette heure-ci sur une terre o il y a quelque chose de brillant qui fait du bruit et que je mords4 ,,le ,p,,lerinage ,,accompli ,je vous salue1 patronne de ma petite fille4 ,ayant quitt un jour votre chaumire pour patre comme d'habitude vos brebis au bord du gave3 vous qui n'aviez rencontr jamais au pied de la montagne que des gens obscurs comme leurs foyers teints1 vous avez vu la ,mre de ,dieu plus brillante qu'une toile4 ,le choc de vos sabots sur les galets cesse4 ,et tout coup il n'y a plus rien que de l',amour1 que de l',amour1 il n'y a plus rien que de l',amour4 ,vous tes genoux4 ,vous la voyez4 ,elle4 ,et c'est cette terre de bndiction qui la supporte parmi des roses1 ma terre moi1 la terre ptrie de ciel et pleine des murmures affectueux des torrents et des brises charges de pinsons4 ,comme je l'avais promis1 nous sommes alls prsenter notre ,bernadette votre ,vierge1 ,bernadette6 ,ainsi1 ne sachant plus que faire pour tmoigner de leur reconnaissance1 des enfants qui ont reu un trsor vont l'offrir celui qui le leur a donn4 ,,le ,,royaume ,,des ,,cieux ,,est ,,pour ,,ceux ,,qui ,,leur ,,ressemblent 7,saint-,matthieu1 ,,xix1 #ad47 ,tu sauras plus tard1 ,bernadette1 qu'un saint n'a pas une figure diffrente de celle d'un autre homme et que1 mme dans sa niche1 il ne diffre pas beaucoup en apparence d'un vieux qui se tient debout dans un petit magasin4 ,il te faudra donc tre bien respectueuse envers tout le monde puisque telle ou telle personne peut tre une sainte sans que ce soit crit sur sa figure4 ,il est probable que ,bernadette de ,lourdes est une sainte1 puisqu'elle a vu la ,vierge4 ,cependant si tu regardes un jour son portrait1 tu verras qu'elle ressemble une pauvre paysanne pas bien jolie qui vendrait des pommes au march4 ,c'est dans le cur qu'est la saintet1 comme de l'eau pure dans une cruche sous des feuilles4 ,sous les vtements ,dieu remplit cette cruche peu peu avec de l'eau de ,ciel sans que personne voie tomber cette pluie1 pas mme celui ou celle qui la reoit4 ,cette eau doit tre bonne puisque ceux qui en ont le cur plein se mettent genoux pour remercier le ,seigneur de les avoir ainsi dsaltrs4 ,mais comment1 demanderas-tu1 faire que mon cur soit la petite cruche de ,dieu8 ,en le gardant toute ta vie1 ce cur1 tel qu'il est aujourd'hui que tu as un an4 ,ainsi soit-il4 ,,tes ,,morts ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste ,la figure ronde et rose1 les cheveux en brosse arrondie et noirs comme les courts favoris1 les yeux bleus sous des lunettes d'or1 le nez et la bouche petits et bien faits1 un peu trapu1 il charge son fusil non loin de l'habitation de planches que surmontent les plumeaux des cocotiers4 ,il tue un ramier qu'il met dans sa carnassire4 ,et le souffle de la mer lui apporte l'odeur de la cuisine des noirs4 ,il y a une tempte4 ,le voici maintenant sur une chaloupe4 ,il va au secours d'un navire en danger et le sauve4 ,il y a un tremblement de terre1 beaucoup de maisons s'effondrent sur les habitants de la ,pointe--,pitre midi quand les fourneaux sont allums4 ,il ampute des bras et des jambes4 ,il se dvoue lors d'une pidmie de cholra4 ,il a la croix d'honneur4 ,mais que lui importent la chasse1 la saveur pice des mets et ses actes de courage rcompenss8 ,sa compagne charmante est morte en rentrant la ,guadeloupe1 malgr tous les soins qu'il lui a fait donner ,paris1 malgr l'habilet des chirurgiens4 ,il est seul1 ses enfants sont en ,france au collge4 ,son cur est malade et il pense avoir trouv1 pour en acclrer ou ralentir les battements1 le jus de la verveine4 ,,ta ,,bisaieule ,,antoinette ,elle passa la mer plusieurs fois1 des ,antilles en ,france et de ,france aux ,antilles o elle mourut en touchant terre1 comme une vague gmit et s'efface4 ,ses traits sont absents1 il ne reste d'elle que du corail1 de la soie et deux raisins d'or qui tremblaient ses oreilles4 ,,ton ,,grand-,p,,re ,,paternel ,le front courbe1 les tempes larges et plates1 le nez busqu1 les yeux noirs1 la lvre suprieure retrousse1 la barbe grise en pointe1 le port de tte en arrire1 de haute taille2 il tait fait davantage pour vivre en grand seigneur la ,guadeloupe que dans ce bureau o il gagnait notre pain en usant son cur4 ,tout est bien en ordre sur sa table de travail4 ,le vieil huissier qui1 lorsqu'il sue en marchant1 fait scher sa chemise sur son parapluie qu'il ouvre au soleil1 vient faire enregistrer des papiers et s'en va4 ,entre le notaire qui se plaint de ce qu'une pie apprivoise lui drobe des objets brillants4 ,il cause un moment de sa chasse aux petits oiseaux et part4 ,voici le conservateur des hypothques4 ,receveur1 dit-il1 je venais vous inviter manger un livre que j'ai failli tuer4 ,quatre heures sonnent4 ,je sors avec mon pre dans la campagne chaude et bleue4 ,il amorce sa ligne4 ,aujourd'hui sur la berge o il fut il n'y a plus que de la lumire4 ,,un ,,fr,,re ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste ,mdecin puis juge de paix il avait une tte ronde1 je n'en sais gure plus sur son physique1 il demeura garon jusqu' un ge assez avanc4 ,il avait tudi chez ,dupuytren et se consolait de l'abandon de la chirurgie par l'abatage des arbres4 ,il les sciait lui-mme au moment que leurs fruits commenaient de mrir4 ,il prparait par la chimie des drages et du civet de livre4 ,il jouait du cor de chasse dans la garde nationale4 ,et il tait galant avec les dames1 en voici la preuve3 ,un jour qu'il chassait il se brisa un os de la jambe et se trana jusqu'au bord d'un foss o il s'assit4 ,une voiture de jeunes femmes passa4 ,ne voulant pas qu'elles eussent le dsagrment de le savoir estropi1 il fit comme si de rien n'tait4 ,et1 se soulevant sur le talus1 il les salua de son plus souriant coup de chapeau4 ,,un ,,autre ,,fr,,re ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste ,ce fut une vie de duels1 emporte comme une tempte1 et puis la mort prmature ,la ,havane dans la dsolation d'un soleil jaune comme la fivre4 ,rien4 ,rien4 ,il ne reste de lui rien que la miniature de sa fiance ,mademoiselle ,dubarry dont j'interroge la beaut mridionale3 ,n'avez-vous pas bien souffert quand loin de vous le bien-aim courait les aventures8 ,elle me contemple d'un air dsabus4 ,,cl,,mence1 ,s,,ur ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste ,elle tait protestante comme sa mre et ses surs1 maigre1 avec des yeux verts et perants dans une figure anguleuse4 ,mais sa svrit se faisait douce pour moi4 ,le ,seigneur tait sa vie4 ,il semblait quand elle marchait sur le parquet cir de la maison natale que la harpe du roi ,david accompagnt ses pas sur les eaux4 ,on la disait colre1 mais un peu je pense de la colre des prophtes en face de ceux qui n'observent pas assez rigoureusement la ,loi4 ,pour ceux qu'elle voulait convertir1 elle ne connaissait pas de trve et sa voix charge des orages de l',ancien ,testament retentissait jusque dans les agonies4 ,je recopie dans sa ,bible ce verset qu'elle a transcrit d'un ,psaume3 ,certainement c'est dans l'apparence que l'homme se promne4 ,certainement c'est en vain qu'il s'agite4 ,il amasse des biens1 et il ne sait qui doit les cueillir4 ,elle ne mentait jamais1 pas mme en plaisantant4 ,il y avait en face d'elle sur la table manger un huilier dont les cornues croisaient leurs cols en forme d'x4 ,,une ,,autre ,s,,ur ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste ,si ,clmence optait pour la vie contemplative1 ,clanire avait choisi la vie active4 ,je revois ,clanire aux yeux bleus1 au menton et au nez crochus1 osseuse et vote sur le fond de suie de l'tre o elle fixe une pince de fer une chandelle de rsine2 elle rompt du fagot sur son genou1 vente les braises avec un cran1 gonfle ses joues pour attiser le feu davantage1 frotte le gril1 avance et recule le pot o cuisent des haricots1 suspend le chaudron la crmaillre1 bat l'omelette1 s'impatiente1 chasse les chats1 balaie1 cire1 lave1 tire du vin de la barrique et1 la mode barnaise1 lche sur le dos de sa main un peu d'aigre pte de millet4 ,c'est la saison o il faut surveiller les vendanges4 ,elle boit un peu de caf et de bouillon1 coiffe un chapeau de moissonneuse1 grimpe dans le char--bufs1 se dispute avec le mtayer et prtend lui confectionner des gutres avec un vieux haut-de-forme4 ,elle prise du tabac1 joue au loto et cite des proverbes4 ,le soleil descend comme un pressoir sur la colline rouge4 ,,ton ,,grand-,,oncle ,,paternel ,il descend la colline dans le soleil rose des bruyres4 ,il boit un coup de vin sa gourde4 ,il porte l'impriale1 et la couleur de ses yeux qui s'enflamment est vive et noire comme la poudre de son ,lefaucheux4 ,il s'est mari tout jeune4 ,comme un enfant il est emport et bon4 ,une de ses filles voudrait entrer en ,religion4 ,si elle y entre1 je mettrai le feu au couvent1 a-t-il dit4 ,ses chiens tombent en arrt4 ,il tue deux perdreaux4 ,il casse une crote l'auberge et regagne sa perception des finances4 ,j'ai cinq ans4 ,il me montre son fusil1 il me voudrait dj de son ge et son camarade4 ,on me donne du miel pour goter4 ,l'ombre descend sur l'tendue sauvage1 et il meurt vers quarante ans us par sa violence4 ,il y a des clochers au sommet des coteaux1 des livres dans les fourrs et de bons dners avec les compagnons de chasse4 ,,ton ,,bisaieul ,,augustin ,le port roide de quelque intendant militaire retrait1 de petite taille1 le nez long chaussant des lunettes fines1 les yeux d'un bleu clair1 la moustache un peu jaunie par les pipes qui enfumaient aussi les journaux et les livres1 et tombante et releve aux bouts cirs1 le menton peu saillant1 les cheveux rares et longs ramens sur le ct du front un peu fuyant1 l'oreille large3 il faisait songer encore quelque ancien hros des victoires du romantisme4 ,son enfance fut si choye que lorsqu'il dsirait la pluie on montait sur le toit d'o l'on vidait un arrosoir4 ,c'tait un lettr4 ,il rcitait avec passion ces vers de ,musset3 ,oh6 ,sous le vert platane1 ,sous les frais coudriers1 ,diane ,et ses grands lvriers6 ,mais il tait surtout musicien4 ,dans la ville lgante o il s'est retir1 il longe le boulevard4 ,on voit bien le pic du ,midi aujourd'hui4 --,bonjour1 ,monsieur ,bellot1 vous allez au concert classique8 ,le voici dans la salle pleine d'un beau monde silencieux4 ,il est assis tenant par le milieu sa canne qui supporte son chapeau4 ,il vibre dj comme un violon que l'on accorde4 ,une dame lui adresse un salut de la main4 ,il sourit et s'incline4 ,la symphonie ruisselle et ronfle et la fin il applaudit1 il frappe le parquet poli en signe de satisfaction4 ,la prsence d'un seul moustique dans sa chambre lui fait souhaiter de n'tre jamais n4 ,,ta ,,bisaieule ,l,,onore ,la dignit1 la bont et la douleur la marquaient4 ,je revois le deuil de ses yeux1 le deuil de ses vtements1 le deuil de son chapelet dont les grains semblaient faire partie d'elle-mme1 avoir mri entre ses doigts4 ,sa chambre o elle me gardait quelques pastilles de rglisse tait si remplie d'ombre que l'on n'y devinait la prsence de la sainte femme qu' la blancheur de ses cheveux4 ,une partie de sa vie se passait genoux devant un ,crucifix jauni4 ,parfois elle tait en pleine lumire1 face face avec le ,saint ,sacrement expos1 mais tout coup son front retombait dans ses mains4 ,,paysages ,,ta ,,ville ,le bord du cadre est fait des bois de chnes des collines et du marbre bleu des ,pyrnes4 ,un clocher assez proche coupe la vue d'un mamelon loign qui s'isole en s'avanant dans la plaine4 ,tout ce qui1 comme ce mamelon1 est en relief en dehors de l'horizon1 semble couch sur les damiers de bls1 de mas1 de vignes et d'herbes3 les carnes des anciennes redoutes1 les avenues et les places1 le vieux pont pareil au pont du jeu de l'oie et la tour du chteau qui1 dans un nuage d'arbres1 ressemble une leon de dessin4 ,seules demeurent toujours debout les ,pyrnes1 car jamais elles n'abandonnent le ciel si bleu qu'il est solide4 ,en amont1 le gave est une nappe qui forme des lots ombreux1 et1 sur les cailloux1 des vaguettes qui battent de l'aile ensemble comme un vol de pigeons fondu dans la lumire4 ,en aval1 le roc nu encaisse l'eau couleur d'olive et s'avance au milieu et merge et l comme une troupe de btes d'avant le dluge4 ,les maisons des vieux quartiers chausses de galets1 vtues de jardins pareils des chles de l',inde vus l'envers1 coiffes de toits qu'empanachent les fumes1 comme de plumes d'autruches1 regardent les passants travers leurs lunettes carres et fixent leurs fichus de chaux blanche1 garnis de balcons jour1 des bouquets de graniums et des colliers de piments rouges4 ,tel est le tableau1 ,bernadette1 o tu figures au premier plan parce que sans cela tu paratrais trop petite6 ,,la ,,petite ,,ferme ,,dite ,,au ,,cho ,sous un ciel bleu comme une plume de geai1 quand le soleil suspend ses rayons de miel aux feuilles des aulnes et quand les champs de bl sont comme l'intrieur des lis1 la petite ferme est frache4 ,elle est comme la niche du chien du ,bon ,dieu4 ,peut-tre est-elle place au milieu de la ,terre1 et que c'est l qu'habite la fidlit4 ,endroit sauvage6 ,a deux kilomtres1 sur le chemin qui continue la rue ,moncade1 tu tournes gauche4 ,de l un chemin dfonc1 tantt boueux tantt friable1 t'y conduit1 trois cents mtres4 ,les champs sont sur le versant d'un coteau qui s'incline de l',est l',ouest4 ,au bas1 un petit ruisseau les borne o de minces insectes patinent1 projetant sur son fond blond leurs ombres en feuilles de trfle4 ,on les nomme des cordonniers cause des mouvements qu'ils font4 ,recherche la noirceur de l't pour djeuner l sur l'herbe en coutant les mas se froisser entre eux4 ,en amont le ruisseau s'enfonce dans des terrains dtremps o crot en abondance le baume1 cet arbuste coriace l'odeur d'encens1 et o l'on trouve et l des rossolis4 ,lorsque je ne serai plus1 dis-toi que par l je poursuivais les bcasses et que parfois cette solitude semblait lentement s'largir et se refermer sous mon coup de fusil4 ,le terrain qui se relve l',ouest au del du ruisseau est flanqu de lgers bosquets4 ,une ferme1 en face de la ntre1 le domine dans les vignes4 ,c'est la proprit de ,dabitou qui invoque1 le verre la main1 le pacte cordial du voisinage ancien4 ,sur la crte oppose serpente le chemin craquel qui fait songer la fable torride3 ,le ,coche et la ,mouche4 ,il surplombe des ajoncs pineux tout bourdonnants d'abeilles dans l'aprs-midi qu'ils endorment4 ,vers le ,sud une claire chappe en ventail rafrachit l'me4 ,une tour en ruine et des montagnes lustres semblent parler d'un plerinage au ,ciel4 ,pense ce plerin1 prie pour lui1 ma ,bernadette6 quand tu entendras la douceur du btail respirer dans la pauvret de l'table4 ,,la ,,vie ,la vie est comme une petite maison btie sur le bord d'un sentier1 ma ,bernadette1 une maison toute simple aux gros murs honntes dans le jardin de laquelle on cueille du chasselas et des noisettes4 ,puis l'on s'en va4 ,vois la petite maison avec son perron4 ,elle est l comme nous sommes l et la saison avance grands pas4 ,qu'est-ce qui demeure1 de tout cela quand a sonn la dernire heure1 celle o comme un filet d'eau une ombre genoux pleure8 ,dieu4 ,il reste ,dieu1 c'est--dire la maison d'o jamais nous ne sortirons1 la maison o l'ange en prire sur le perron ferme les yeux4 ,mais apprends bien1 ,bernadette1 pendant que tu es dans la vie comment elle est1 cette vie2 sache-la comme une leon qu'on a suivie du bout du doigt et qui t'aura ravie jusqu' la fin4 ,et quand ton front si doux et bossel se relvera du grand livre o tu auras pel le pain qui nat du bl et le vin du raisin1 tu comprendras combien la petite maison est chre1 la maison sur le sentier1 dans laquelle il n'y a rien d'extraordinaire1 mais o vivent quatre curs3 ton pre1 ta mre1 ta grand'mre et toi4 ,et voici que le ciel dor comme le miel aprs notre rveil s'lve sur le toit4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,d,,dicace #g ,l',,nigme #aa ,l',,acte ,,de ,,naissance #ae ,l',,ange ,,gardien #ai ,,vue ,,sur ,,les ,,choses #cc ,,le ,,sourire #cg ,,les ,,larmes #dc ,,la ,,nymphe #di ,,la ,,visite ,,aux ,,morts #ec ,,la ,,visite ,,aux ,,vivants #eg ,l',,arbre-,a-,,lait #fc ,,le ,,rire #fg ,l',,ame ,,de ,,la ,,maison #ga ,l',,alphabet ,a ,,la ,,fleur #ge ,,le ,,sirop ,,de ,,pomme-,,reinette #gi ,,la ,r,p,,tition ,,pour ,,no,l #hc ,l',,enfant-,j,,sus #hg ,,le ,,sommeil ,,dans ,,la ,,temp,,te #ia ,,angoisse ,,de ,m,,re #ie ,,choses ,,qui ,,parlent #ii ,,le ,f,,vier #ajc ,,la ,,nativit #ajg ,,la ,,petite ,,voiture #aac ,,neige #aag ,,la ,,premi,,re ,,dent #abc ,,portrait ,a ,,six ,,mois #abg ,,pri,,res ,,du ,,matin ,,et ,,du ,,soir #aca ,,la ,,vaccination #ace ,l',,entourage #aci ,,le ,p,,re ,,des ,p,,res #adg ,,vers ,,la ,,source #aea ,,le ,,rosier ,,qui ,,gazouille #aee ,,premier ,,printemps #afa ,,les ,,rameaux #afe ,,jeudi ,,et ,,vendredi ,,saints #afi ,,paques #age ,,nuit ,,souffrante #agi ,f,,te-,,dieu #ahc ,,nouveaux ,,progr,s #ahg ,,le ,,trousseau ,,de ,,clefs #aic ,,le ,p,,lerinage ,,accompli #aig ,,le ,,royaume ,,des ,,cieux ,,est ,,pour ,,ceux ,,qui ,,leur ,,ressemblent #bja ,,tes ,,morts3 ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste #bji ,,ta ,,bisaieule ,,antoinette #bac ,,ton ,,grand-,p,,re ,,paternel #bag ,,un ,,fr,,re ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste #bba ,,un ,,autre ,,fr,,re ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste #bbe ,,cl,,mence1 ,s,,ur ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste #bbi ,,une ,,autre ,s,,ur ,,de ,,ton ,,bisaieul ,,jean-,,baptiste #bcc ,,ton ,,grand-,,oncle ,,paternel #bcg ,,ton ,,bisaieul ,,augustin #bda ,,ta ,,bisaieule ,l,,onore #bdg ,,paysages3 ,,ta ,,ville #bec ,,la ,,petite ,,ferme ,,dite ,,au ,,cho #bei ,,la ,,vie3 ,,la ,,vie #bfe ,,poitiers ,imprimerie ,g4 ,roy #g1 rue ,victor-,hugo1 #g4