,,les ,,s\rces ,,p> ,a4 ,,gratry ,,pr,,tre ,,de ,l',,oratoire1 ,,pr(esseur ,,en ,,sorbonne ,,et ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,sixime dition ,,p>is ,,anci5ne ,,maison ,,*>les ,,d\niol ,p4 ,t,,qui1 ,,lib4-,,diteur #bi1 rue de ,t\rnon1 #bi #aijg ,,avis ,,de ,l',,diteur ,le public ne cesse de dem&] deux opuscules du ,pre ,gratry1 intituls1 le premi]3 ,,les ,,s\rces1 ,conseils p\r la conduite de l',esprit2 et le second3 ,,les ,,s\rces1 ou le premi] et le d]ni] livre de la ,sci5ce du ,devoir4 ,n\s croyons donc lui tre agrable en runissant ces deux petits volumes en un seul1 et en les lui (frant auj\rd'hui s\s ce titre unique3 ,,les ,,s\rces4 ,p>is1 le #aj juillet #ahgf4 ,,les ,,s\rces 7,,premi,,re ,,p>tie7 ,,conseils ,,p\r ,,la ,,conduite ,,de ,l',,esprit ,,*apitre ,,premi] ,,sil5ce ,,et ,,travail ,,du ,,mat9 ,ces conseils ne s'adress5t pas t\s3 un trs petit nombre d'esprits1 dans l'tat actuel du monde1 en sont ou en v\dront tre capables4 ,ils s'adress5t cet homme de v+t ans1 esprit r>e et privilgi1 cur encore plus privilgi1 qui1 au mom5t o ses compagnons d'tudes ont f9i1 compr5d que son ducation comm5ce2 qui1 l'ge o l'am\r du plaisir et de la lib]t1 du monde1 de ses honneurs et de ses ri*esses entrane et prcipite la f\le1 s'arrte1 lve les yeux et *]*e1 dans l'imm5se horizon de la vie1 au ciel ou sur la t]re1 l'objet d'un autre am\r4 ,je suppose que je m'adresse cet homme4 ,c'e/ lui seul que je p>le ici4 ,la possession de la sagesse1 lui dirai-je d'abord1 e/ de trs svres conditions2 sa*ez-le bi54 ,ces conditions1 il e/ vrai1 sont plus svres en app>5ce qu'en vrit4 ,mais enf91 l'initiation exige d'au/res preuves4 tes-v\s c\rageux8 ,cons5tez-v\s au sil5ce et la solitude8 ,cons5tez-v\s1 au se9 de votre lib]t1 un travail plus pr(ond1 mais aussi rguli] que le travail =c du collge1 ce travail que les hommes impos5t aux enfants1 mais non pas eux-mmes8 ,cons5tez-v\s1 dans cette voie rude1 voir vos gaux1 p> une voie facile1 v\s dpass] dans la c>rire et pr5dre votre place dans le monde8 ,p\vez-v\s t\t sacrifi] sans exception1 la ju/ice et la vrit8 ,alors c\tez4 ,i ,si v\s avez cette extraord9aire dcision1 et si v\s savez va9cre les innombrables oppositions1 draisonnables et raisonnables1 qui vont v\s arrt]1 sa*ez qui v\s allez avoir ma9t5ant p\r matre4 ,ce s]a ,dieu4 ,le temps vi5t o v\s avez pratiqu] cette p>ole du ,*ri/3 ,n'appelez p]sonne sur la t]re votre matre3 c> v\s n'avez t\s qu'un matre1 qui e/ le ,*ri/1 et v\s tes t\s frres#a4 #a ,mat?41 ,,xxiii1 #h4 ,oui1 il faut que v\s ayez ma9t5ant ,dieu p\r matre4 ,c'e/ ce que je vais v\s expliqu]1 en v\s donnant les moy5s pratiques d'arriv] aux leons du ,matre div94 ,sa9t ,augu/9 a crit un livre intitul3 ,de ,magi/ro1 o il montre qu'il n'y a qu'un matre1 un seul matre1 qui e/ intrieur4 ,lisez ce livre4 ,malebran*e a beauc\p crit sur ce po9t1 et d'admirables pages1 trop peu connues1 et surt\t trop peu pratiques4 ,il v\s s]a facile de les tr\v]4 ,lisez-les avec att5tion et recueillem5t4 ,du re/e1 v\s avez ent5du dire vulgairem5t1 et v\s l'avez probablem5t rpt v\s-mme1 que ,dieu e/ la lumire univ]selle qui claire t\t homme v5ant au monde1 ,croyez-v\s cela8 ,si v\s le croyez1 p\rsuivez-en les consqu5ces4 ,si v\s croyez que v\s avez en v\s un matre qui veut v\s enseign] la sagesse t]nelle1 dites ce matre1 aussi rsolum5t1 aussi prcism5t que v\s le diriez un homme plac en face de v\s3 ,matre1 p>lez-moi4 ,j'c\te4 ,mais1 aprs avoir dit3 ,j'c\te1 il v\s faut c\t]4 ,voil qui e/ simple assurm5t1 mais capital4 ,p\r c\t]1 il faut faire sil5ce4 ,or1 je v\s prie1 p>mi les hommes1 et surt\t p>mi les p5seurs1 qui e/-ce qui fait sil5ce8 ,la plup>t des hommes1 surt\t des hommes d'tude1 n'ont pas une demi-heure de sil5ce p> j\r4 ,et qu& le livre de l',apocalypse dit quelque "p3 ,et il se fit dans le ciel un sil5ce d'une demi-heure1 je crois que le texte sacr signale un fait bi5 r>e dans le ciel des mes4 ,p5dant t\t le j\r1 l'homme d'tude c\te des hommes qui p>l5t1 ou il p>le lui-mme1 et qu& on le croit seul et sil5cieux1 il fait p>l] les livres avec l'extraord9aire volubilit du reg>d1 et il dvore en peu d'in/ants de longs disc\rs4 ,sa solitude e/ peuple1 assige1 encombre1 non seulem5t des amis de son intellig5ce et des gr&s criva9s dont il recueille les p>oles1 mais encore d'une multitude d'inconnus1 de p>leurs inutiles1 et de livres qui sont des ob/acles4 ,de plus1 cet homme1 qui croit v\loir p5s] et p>v5ir la lumire1 p]met la p]turbatrice de t\t sil5ce1 la pr(anatrice de t\tes les solitudes1 la presse quotidi5ne1 de v5ir1 *aque mat91 lui pr5dre le plus pur de son temps1 une heure ou plus1 heure enleve de la vie p> l'emporte-pice quotidi52 heure p5dant laquelle la passion1 l'aveuglem5t1 le bav>dage et le m5songe1 la p\ssire des faits inutiles1 l'illusion des cra9tes va9es et des esprances impossibles vont s'emp>]1 peut-tre p\r l'occup] et le t]nir p5dant t\t le j\r1 de cet esprit fait p\r la sci5ce et la sagesse#b4 #b ,on v]ra plus bas si n\s prt5dons isol] de la vie contempora9e l'homme qui veut s]vir ,dieu2 mais n\s n\s levons de t\tes nos =ces contre l'usage ord9aire que l'on fait des j\rnaux4 ,veuillez me croire1 qu& j'affirme qu'un esprit qui travaille a9si n'appr5dra ri51 ou peu de *ose1 prcism5t p>ce qu'il n'y a qu'un matre1 que ce matre e/ en n\s1 qu'il faut l'c\t] p\r l'ent5dre1 et faire sil5ce p\r l'c\t]4 ,si donc v\s v\lez tablir un peu de sil5ce aut\r de v\s1 lisez modrm5t1 et *assez de *ez v\s les pr(anes4 loignez-v\s1 de t\te manire1 des p>oles inutiles3 il en s]a dem& compte1 dit l'vangile4 ,il en s]a dem& compte aux complices aussi bi5 qu'aux auteurs4 ,,ii ,il faut donc c\t] ,dieu4 ,il faut faire sil5ce p\r l'ent5dre4 ,mais le sil5ce suffit-il8 ,oui1 on peut dire que le sil5ce suffit1 c>1 dit sa9t ,augu/91 la ,sagesse t]nelle ne cesse de p>l] la crature raisonnable1 et la raison ne cesse de f]m5t] en n\s4 ,seulem5t1 il n'e/ pas facile d'obt5ir le sil5ce4 ,faites taire les hommes1 faites taire les livres1 soyez vritablem5t seul1 avez-v\s p\r cela le sil5ce8 ,qu'e/-ce que cette loquacit intrieure des va9es p5ses1 des dsirs inquiets1 des passions1 des prjugs p>ticuli]s de votre ducation1 des prjugs plus r$\tables du sicle qui v\s porte et v\s inspire votre insu8 ,avant d'arriv] au sil5ce sacr du sanctuaire1 il y a de gr&es victoires remport]4 ,il faut ces surnaturelles victoires dont l'esprit de ,dieu dit3 ,celui qui s]a va9queur1 je lui donn]ai p\voir sur les nations4 7,qui vic]it1 dabo ei pote/atem sup] g5tes47 ,il faut cess] d'tre esclave de soi-mme et esclave de son sicle4 ,je ne dis pas que la lutte doit avoir cess2 je dis qu'elle doit avoir comm5c4 ,la passion1 en v\s1 doit avoir s5ti la puissance de la raison4 ,il faut avoir rompu avec le sicle1 et avoir dit au torr5t du j\r3 ,tu ne m'emport]as pas4 ,il faut avoir *app ce ct faux de l'esprit du sicle1 cet entranem5t aveugle et p]v]s p> lequel *aque poque m5ace d'*app] au vrai plan de l'hi/oire univ]selle1 et en ret>de l'accomplissem5t4 ,corrump]e et corrumpi sculum vocatur1 disait ,tacite4 ,ce sicle-l1 ce corrupteur avec ses prjugs1 ses doctr9es1 sa philosophie s'il en a1 il faut s'lev]1 et se t5ir lev1 au-dessus de lui1 p\r le jug]1 le jug] p\r le va9cre1 et p\r le dirig] au nom de ,dieu4 ,c'e/ le s5s du mot cit plus haut3 ,celui qui s]a va9queur1 je lui donn]ai p\voir sur les nations4 ,je n'insi/e pas davantage sur ce po9t capital1 ni sur l'extrme difficult de cette victoire1 ni sur l'espce de t]reur pr(onde qu'pr\ve une me qui vivait navem5t de la vie de son sicle1 et qui ma9t5ant entre en lutte et en contradiction avec cette imm5se vie et ses puissants m\vem5ts1 et comm5ce s5tir sa faiblesse1 sa petitesse1 son isolem5t1 en face de ces gr&s flots4 ,t\t ceci n\s entran]ait trop lo94 ,j'indique seulem5t ici quelles conditions l'me obti5t le sil5ce p\r c\t] ,dieu4 ,,iii ,py?agore avait divis la j\rne des disciples de la philosophie en trois p>ties3 la premire p>tie p\r ,dieu dans la prire3 la seconde p\r ,dieu dans l'tude2 la troisime p\r les hommes et les affaires4 ,a9si t\te la premire moiti du j\r tait p\r ,dieu4 ,c'e/1 en effet1 le mat91 avant t\te di/raction et t\t comm]ce huma91 qu'il faut c\t] ,dieu4 ,mais prcisons4 ,qu'e/-ce1 en effet1 qu'c\t] ,dieu8 me direz-v\s4 ,en pratique1 c\t]ai-je a9si1 comme les contemplatifs de l',inde1 depuis le mat9 jusqu' midi8 ,me ti5drai-je le front p5* et la tte appuye sur ma ma91 ou les yeux fixs v]s le ciel8 ,que f]ai-je en ralit8 ,voici la rponse4 ,v\s crirez4 ,v\s tes-v\s quelquefois dem&3 ,quel e/ le moy51 y a-t-il un moy5 d'appr5dre crire8 ,ce moy5 d'appr5dre crire et de dvelopp]1 en ce s5s1 vos facults dans t\te leur t5due1 je v\s l'(fre ici4 ,ce s]a l l'avantage secondaire de l'emploi de vos mat9es4 ,p>lons d'abord1 s\s ce second po9t de vue1 de votre travail du mat94 ,ce ne s]a pas un hors-d'uvre1 ni mme une digression1 c> n\s v]rons que cet ex]cice secondaire v\s mne ici droit au b pr9cipal4 ,sa9t ,augu/9 comm5ce a9si son livre des ,soliloques3 ,j'tais livr mille p5ses div]ses1 et depuis bi5 des j\rs1 je faisais les plus gr&s ef=ts p\r me tr\v] moi-mme1 moi et mon bi51 et p\r connatre le mal vit]1 qu& t\t c\p1--tait-ce moi-mme8 tait-ce un autre8 tait-il hors de moi ou en moi8 je l'ignore et c'e/ prcism5t ce que je dsirais ardemm5t de savoir2--t\j\rs e/-il que t\t c\p il me fut dit3 ,si tu tr\ves ce que tu *]*es1 qu'en f]as-tu8 ,a qui le confi]as-tu avant de pass] outre8--,je le cons]v]ai dans ma mmoire1 rpondis-je4--,mais ta mmoire e/-elle capable de cons]v] t\t ce que ton a esprit a vu8--,non1 c]tes1 elle ne le peut4--,il faut donc crire4--,mais comm5t1 puisque tu crois que ta sant se refuse au travail d'crire8 ,ces *oses ne se peuv5t dict]3 elles dem&5t t\te la puret de la solitude4--,cela e/ vrai2 je ne sais donc que faire4--,le voici3 dem&e de la =ce1 et puis du sec\rs p\r tr\v] ce que tu *]*es2 puis cris-le1 p\r que cet enfantem5t de ton cur t'anime et te r5de =t4 ,n'cris que les rsultats1 et en peu de mots4 ,ne p5se pas la f\le qui p\rra lire ces pages2 quelques-uns sauront les compr5dre#c4 #c uvres compltes1 t4 ,i1 p4 #fih4 ,ma9t5ant1 je v\s prie1 p5sez-v\s que ces *oses n'arriv5t qu' sa9t ,augu/98 ,si elles n'arriv5t qu' lui et ne n\s arriv5t pas1 c'e/ que notre pitoyable incrdulit s'y oppose4 ,croyez-v\s en ,dieu8 ,dieu e/-il muet8 ,n'e/-il pas c]ta9 que ,dieu p>le sans cesse1 comme le soleil claire t\j\rs8 ,je v\s dirai ici avec ,?omass93 ,quiconque s'tonne de ces *oses et les reg>de comme incroyables1 inespres1 in\es1 celui-l ne sait pas ou ne rfl*it pas que la desc5te de ,dieu1 relle et sub/antielle1 dans la nature intellig5te1 e/ un fait cont9uel et quotidi5#d4 #d ,dogm4 !ol41 de ,inc>nat41 lib4 ,i1 cap4 ,,xxi4--,lisez1 dans notre ,logique1 le livre intitul3 ,des v]tus intellectuelles inspires4 ,mais n'insi/ons pas en ce mom5t sur ce ct de la "q4 ,sa9t ,augu/9 lui-mme1 p>lant de son inspirateur1 ne se dem&e-t-il pas3 tait-ce moi-mme8 tait-ce un autre8 ,je v\s dis seulem5t ici que si v\s suivez mon conseil1 si v\s consacrez crire les meilleures heures du j\r1 ri5 ne peut v\s donn] autant de *ances p\r ent5dre ou p\r voir la vrit1 et ri5 ne saurait1 au mme degr1 v\s =m] crire4 ,l sont les s\rces du gnie et du tal5t4 ,traitons ceci avec quelque dtail1 c'e/ le lieu3 le livre correspondant de la ,logique d',ari/ote traite beauc\p de la rhtorique4 ,v\s le savez1 il n'y a que les ouvrages bi5 crits qui subsi/5t et qui font trace4 ,les autres1 mme savants1 ne sont que des matriaux4 ,ce sont comme des crations infrieures de/9es tre assimiles p> quelque esprit plus vig\reux qui s'en n\rrit1 les fait homme1 et les aj\te la vie de l'esprit huma94 ,si donc v\s v\lez propag] la vrit1 il faut savoir crire4 ,je dirais qu'il v\s faut acqurir du /yle1 si ce mot n'avait deux s5s1 dont l'un1 le s5s vulgaire1 e/ pitoyable4 ,dans ce d]ni] s5s1 il s]ait bon de dire3 ,pas de /yle6 comme on a dit3 ,pas de zle6 ,le meilleur /yle1 en ce s5s1 e/ de n'en po9t avoir4 ,ce /yle1 on le voit assez1 s]t dguis] la p5se ou son abs5ce3 vtem5t t\j\rs un peu de mauvais gt1 qui1 en t\s cas1 p> cela seul qu'il e/ vtem5t1 n\s emp*e d'arriv] la sublime et saisissante nudit du vrai4 ,mais si v\s ent5dez le /yle dans le s5s de ce trs beau mot1 le /yle c'e/ l'homme1 le /yle1 alors1 c'e/ aussi l'loqu5ce1 qu& t\tefois on la df9it avec un matre habile3 ,l'loqu5ce n'e/ que l'me mise au dehors4 ,cela pos1 je tr\ve t\t1 comme rgle pratique de l'art d'crire1 dans le fragm5t de sa9t ,augu/9 qui vi5t d'tre cit4 ,le /yle1 l'loqu5ce1 la p>ole dans le s5s le plus lev du mot1 c'e/ l'homme1 c'e/ l'me mise en lumire4 ,c'e/--dire que si v\s v\lez appr5dre vritablem5t crire1 il faut appr5dre vit] non seulem5t t\t mot sans p5se1 mais encore t\te p5se sans me4 ,le /yle1 disait ,dussaulx1 e/ une habitude de l'esprit4--,heureux ceux1 dit ,j\b]t1 dans lesquels il e/ une habitude de l'me4 ,et ,j\b]t aj\tait3 ,l'habitude de l'esprit e/ artifice2 l'habitude de l'me e/ excell5ce ou p]fection4 ,donc1 p\r crire1 il ne faut pas seulem5t sa prs5ce d'esprit1 il faut encore sa prs5ce d'me2 il faut son cur1 il faut l'homme t\t enti]3 c'e/ soi-mme qu'il en faut v5ir4 ,sa9t ,augu/9 comm5ce donc p>faitem5t qu& il dit3 ,,je ,,me ,,*]*ais ,,moi-,m,,me4 ,mais il faut plus4 ,non seulem5t il faut appr5dre vit] t\te p>ole sans p5se et t\te p5se sans me1 mais encore il faut vit]1 je dis1 p\r bi5 crire1 t\t tat d'me sans ,dieu4 ,c>1 sans d\te1 ce que l'loqu5ce ent5d mettre au dehors1 ce n'e/ pas l'me dans sa laideur1 c'e/ l'me dans sa beaut4 ,or1 sa beaut1 indubitablem5t1 c'e/ sa ressemblance ,dieu4 ,c> comme le dit encore excellemm5t ,j\b]t3 ,plus une p>ole ressemble une p5se1 une p5se une me1 une me ,dieu1 plus t\t cela e/ beau4 ,il faut donc1 comme sa9t ,augu/91 *]*] son me1 se *]*] soi1 ,,soi ,,et ,,son ,,bi51 son me et sa beaut4 7,qur5ti mihi memetipsum et bonum meum47 ,il v\s faut donc1 p\r trs bi5 crire1 la prs5ce de votre me et la prs5ce de ,dieu3 c'e/--dire il faut que votre me t\t entire1 s'il e/ possible1 soit veille et que la spl5deur de ,dieu soit sur elle4 ,c'e/ l1 dis-je1 ce qu'il faut *]*]4 ,mais qui *]*e tr\ve4 ,si v\s *]*ez dans le sil5ce et la solitude1 avec suite et p]svrance 7volv5ti mihi diu1 et p] multos dies s$ulo qur5ti71 plus d'une fois il v\s arriv]a d'tre comme rveill et de s5tir que v\s n'tes plus seul4 ,cep5dant l'hte intrieur et invisible e/ tellem5t ca* et impliqu dans l'me que v\s d\tez4 ,e/-ce moi-mme ou e/-ce un autre qui a p>l8 ,o e/-il8 ,se fait-il ent5dre de lo9 ou p>l]a-t-il dans ce fond recul de moi-mme si loign de la surface habituelle de mes p5ses8 ,ne v\s arrtez pas ce d\te4 ,en pratique1 peu importe4 ,t*ez seulem5t de ne pas laiss] p]dre ce que v\s ent5dez et ce que v\s voyez alors4 ,ne v\s fiez pas la mmoire4 ,la mmoire n'e/ fidle et complte qu'en prs5ce des objets4 ,la mmoire e/ une facult qui oublie4 ,qu& la lumire cle/e des ides luit sur elle1 elle croit que cette lumire ne lui s]a po9t te et qu'elle v]ra t\j\rs le mme spectacle4 ,n'en croyez ri54 ,qu& la lumire se s]a retire1 la mmoire plira1 comme la nature qu& le soleil s'en va1 c> ici l'abs5ce c'e/ l'oubli4 ,il faut donc crire alors4 7,ergo scrib5dum e/47 ,il faut s'ef=c] de dcrire l'ensemble va/e1 les dtails dlicats du spectacle intrieur que v\s voyez pe9e2 il faut c\t] et traduire les ve9es secrtes du murmure sacr 7v5as div9i susurri72 il faut suivre et saisir les plus dlicates motions de cette vie veille4 ,mais je ne puis1 rpond sa9t ,augu/92 ma sant m'en emp*e4 7,valetudo scrib5di laborem recusat47 ,et ici1 il faut reconnatre que *acun a naturellem5t cette sorte de sant qui ne peut pas crire4 ,e/-ce que l'tat presque t\j\rs grossi]1 enivr1 remuant1 l\rd1 somnol5t1 de mon corps1 ne m'emp*e pas d'crire1 c'e/--dire de suivre et de fix] ces beauts intrieures que j'ap]ois pe9e1 et ces dlicates motions1 croises1 effaces1 t\ffes p> les rudes et ptulantes motions de mes s5s8 ,que faire donc8 7,nescio quid agam47 il faut qu'il soit port remde cet tat de votre corps4 7,ora salutem et auxilium47 ,il faut fuir cet tat tnbreux du corps qui emp*e d'crire4 ,il faut dem&] ,dieu cette sorte de sant prcieuse et bnie qui r5d le corps simple et lum9eux1 et dont l'vangile p>le qu& il dit3 ,si votre il e/ simple1 t\t votre corps s]a clair et v\s illum9]a comme un rflecteur de lumire#e4 #e 444 ,totum corpus tuum lucidum erit1 et sicut luc]na fulgoris illum9abit te4 7,luc1 ,,xi1 #cf47 ,oui1 il faut que votre corps mme soit entran et entre dans la voie de votre esprit et de votre me4 ,t\t ce qu'on p5se1 dit p>faitem5t ,j\b]t1 il faut le p5s] avec l'homme t\t enti]1 l'esprit1 l'me et le corps4 ,oui1 le corps e/ de la p>tie1 et sa9t ,augu/9 le s5tait4 ,il faut que l'esprit1 l'me et le corps1 en h>monie1 soi5t dev5us ensemble comme un seul in/rum5t docile l'inspiration intrieure3 inspiration qui manque peu1 mais qui tr\ve r>em5t l'in/rum5t prp>4 ,le dlicat et pr(ond criva9 que j'aime v\s cit] sur ce sujet l'avait bi5 obs]v3 ,qu& il arrive l'me de procd] a9si1 dit-il1 on s5t que les fibres se mont5t et se mett5t t\tes d'accord4 ,elles rsonn5t d'elles-mmes1 et malgr l'auteur1 dont t\t le travail consi/e alors s'c\t]1 remont] la corde qu'il ent5d se rel*]1 et desc5dre celle qui r5d des sons trop hauts1 comme sont contra9ts de le faire ceux qui ont l'oreille dlicate qu& ils j\5t de quelque h>pe4 ,ceux qui ont jamais produit quelque pice de ce g5re m'ent5dront bi51 et av\]ont que1 p\r crire ou compos] a9si1 il faut faire de soi d'abord1 ou dev5ir *aque ouvrage un in/rum5t organis#f4 #f ,p5ses de ,j\b]t1 t4 ,,ii1 p4 #ie4 ,n'e/-ce pas l ce que veut dire le prophte qui s'crie3 veille-toi1 ma glorieuse lumire6 veille-toi1 lyre de mon me6 7,exsurge1 gloria mea4 ,exsurge1 psalt]ium et ci?>a47 ,mais1 je v\s en prvi5s1 si v\s att5dez p\r crire que votre me et votre corps soi5t dev5us cet in/rum5t sonore et dlicat1 v\s n'crirez pas4 ,que dit en effet1 sa9t ,augu/98 ,priez1 dem&ez la =ce1 la sant1 le sec\rs1 et crivez1 af9 que1 v\s s5tant pre1 v\s en dev5iez plus =t 7ut prole tua fias animosior74 ,oui1 comm5cez p> crire et produire1 dussiez-v\s sacrifi] ensuite les premi]s-ns4 ,mais1 en t\t cas1 les premi]s fruits vivants de votre esprit l'anim]ont2 les fibres se mont]ont1 et se mettront d'accord d'elles-mmes4 ,savez-v\s p\rquoi des esprits1 d'ailleurs trs prp>s1 re/5t s\v5t improductifs et n'criv5t pas8 ,c'e/ p>ce qu'ils ne comm5c5t jamais1 et att5d5t un lan qui ne vi5t que de l'uvre4 ,ils ignor5t cette inconte/able vrit1 que p\r crire1 il faut pr5dre la plume1 et que1 tant qu'on ne la pr5d pas1 on n'crit pas4 ,et ils ne pr5n5t jamais la plume1 p>ce que je ne sais quelle circonspection les arrte2 ils p5s5t au lecteur1 ils trembl5t devant t\te cette f\le de critiques qu'ils imag95t et devant leurs mille prt5tions4 ,aussi1 que dit sa9t ,augu/98 ,ne *]*ez pas attir] t\te cette f\le2 quelques-uns sauront v\s compr5dre4 7,nec modo cures invitationem turb leg5tium47 ,le respect huma9 e/ un flau dans t\s les ordres de *oses4 ,p5sez ,dieu et la vrit1 et ne craignez pas les hommes3 rgle fondam5tale p\r bi5 crire1 comme p\r p>l]4 ,ne faites donc po9t d'apprts p\r attir] les hommes4 ,pas de /yle1 avons-n\s dit1 mais la svre nudit du vrai6 ,n'crivez que les rsultats1 en peu de mots 7paucis conclusiunculis brevit] collige72 retran*ez t\t ce qui n'e/ que vtem5t1 ornem5t1 appt1 ruse1 effet1 prcaution1 transition4 ,transition6 flau du /yle et de la p>ole6 ,combi5 d'esprits que les transitions emp*5t de pass]1 et ne laiss5t jamais arriv] ce qu'ils v\lai5t dire6 ,n'crivez que l o v\s voyez1 o v\s s5tez4 ,l o v\s ne voyez pas1 o v\s ne s5tez pas1 n'crivez pas2 taisez-v\s4 ,ce sil5ce-l aura son prix1 et r5dra le re/e sonore4 ,quelle dignit1 quelle gravit1 quelle vrit dans la p>ole de celui qui n'att5d ri5 des hommes1 qui ne *]*e aucune gloire1 mais qui *]*e la vrit3 qui cra9t ,dieu seul et att5d t\t de ,dieu6 ,le ,*ri/ p>lant ceux qui *]*5t la gloire v5ant des hommes1 et non pas celle qui vi5t de ,dieu1 ne dit-il pas3 ,son ,v]be ne demeure po9t en v\s 7v]bum ejus non habetis 9 vobis man5s78 ,donc *]*ez la gloire qui vi5t de ,dieu2 alors le ,v]be de ,dieu demeure en v\s4 ,j\ez p\r les ,muses et p\r moi1 disait un clbre ,a?ni5 un gr& musici5 mconnu4 ,appliquez-v\s ce mot4 crivez p\r ,dieu et p\r v\s4 crivez p\r mieux c\t] le ,v]be en v\s1 et p\r cons]v] ses p>oles4 ,supposez t\j\rs qu'aucun homme ne v]ra ce qui v\s e/ a9si dict4 ,plus un livre e/ crit lo9 du lecteur1 plus il e/ =t4 ,les p5ses de ,pascal1 les travaux de ,bossuet p\r le dauph91 la ,somme de sa9t ,?omas d',aqu9 surt\t1 crite p\r les comm5ants1 en sont des preuves4 ,une preuve des plus s+ulires en ce g5re se tr\ve dans les deux /yles de ,massillon3 celui du ,petit ,c>me1 et celui des ,disc\rs synodaux3 le premi]1 prp> p\r la c\r1 o l'auteur abuse vraim5t de la ductilit de la p5se1 o le dli de la trame puise la pati5ce du reg>d2 l'autre presque improvis p\r quelques curs d',auv]gne1 c\rtes pages vivantes1 n]giques1 o l'on r5contre un autre ,massillon1 aussi suprieur au premi] qu'un beau visage e/ suprieur un beau voile4 ,voici encore une prcaution pr5dre4 ,l'esprit e/ prosaque1 l'me potique e/ musicale4 ,symphonialis e/ anima3 a9si p>lait une sa9te du moy5 ge4 ,le livre de l',imitation le dit aussi4 ,qu& l'me se recueille et ent5d quelque *ose de ,dieu1 que la paix et la joie l'inond5t1 il arrive bi5 ce que dit ,g]son3 ,si das pacem1 si gaudium sanctum infundis1 erit anima s]vi tui pl5a modulatione4 ,j\b]t aussi l'avait compris3 ,naturellem5t1 dit-il1 l'me se *ante elle-mme t\t ce qu'il y a de beau4 ,aussi1 qu& le /yle e/ une habitude de l'me1 il y a un cueil vit]3 c'e/ le *ant4 ,c'e/ l'excs de l'h>monie musicale dans le /yle1 et l'introduction involontaire1 presque cont9uelle du ry?me et du v]s dans la prose3 c'e/ un vrai dfaut1 quoique dans une prose p>faite1 t\te syllabe1 je crois1 e/ compte1 et mme pese4 ,mais il faut rompre ce *ant trop explicite1 non p> un calcul de dtail1 mais p> une modration gnrale et une pr(onde pudeur de l'me1 qui1 n'osant pas *ant]1 modre le ry?me des mots1 le r5d presque ins5sible1 de mme qu'elle r5f]me en elle1 avec pudeur1 l'en?\siasme de sa p5se1 et le ma9ti5t intime1 ca*1 rs]v1 presque ins5sible1 mais d'autant plus irrsi/ible et pntrant4 ,,*apitre ,,ii ,l',,id,e ,,inspiratrice ,je cont9ue v\s donn] ces conseils1 v\s1 qui croyez la prs5ce de ,dieu1 et qui tes rsolu l'au/re discipl9e de sa div9e cole4 ,puiss-je me faire compr5dre et v\s m5] jusqu' la pratique mme6 ,je suivrai vos conseils1 me direz-v\s4 ,je saurai support] la solitude et le sil5ce4 ,j'crirai donc4 ,mais quoi8 ,la rponse e/ implique dans ce qui prcde2 elle e/ trs lo9 du conseil de ,boileau3 ,faites *oix d'un sujet444 ,mot trange6 ,e/-ce qu'un homme srieux *oisit un sujet8 ,s'il n'en a pas1 il n'crit pas4 ,jamais il n'a le *oix4 ,d'abord1 au fond1 il n'y a qu'un sujet3 ,dieu1 l'homme et la nature dans leur rapport2 rapport o se r5contr5t la fois le bi51 le mal1 le vrai1 le beau1 la vie1 la mort1 l'hi/oire1 l'av5ir4 ,de sorte que l'unique sujet total de la mditation de l'me1 c'e/1 en effet1 celui qu'indique sa9t ,augu/93 ,je *]*ais p5dant bi5 des j\rs2 je me *]*ais moi-mme1 moi et mon bi51 et le mal que je veux fuir4 7,volv5ti mihi et p] multos dies qur5ti s$ulo memetipsum et bonum meum1 et malam quod esset vit&um47 ,soit6 ,mais de quel ct pr5dre ce sujet1 qui e/ le sujet univ]sel8 ,je rponds3 ,il faut le pr5dre comme il se prs5te4 ,les musici5s n'ont-ils pas rem>qu que1 lorsque l'me e/ vraim5t mue1 il y a un ton1 un seul1 l'exclusion des autres1 dans lequel il lui e/ possible d'entr]8 ,et qu'on y reg>de de prs3 non seulem5t le ton1 mais la mesure1 mais le fond de l'h>monie gnrale1 peut-tre mme les dtails de la mlodie sont donns1 sont comm&s p> l'motion rgnante4 ,eh bi51 si v\s tes en sil5ce1 si v\s tes veill1 mu1--et d'ord9aire le vrai sil5ce amne l'veil et donne l'motion vraie1--alors ces h>monies et ces mlodies intrieures1 quoique v\s ne sa*iez pas peut-tre encore bi5 les ent5dre1 sont en v\s1 et ces h>monies rpond5t c]ta9s spectacles1 c]ta9es faces des ides t]nelles1 c]ta9es inspirations p>ticulires et actuelles de ,dieu4 ,croyez-v\s que1 lorsque v\s s]ez recueilli1 v\s allez v\s tr\v] en face des attributs de ,dieu tels que les pr(esseurs de philosophie les expliqu5t8 ,c]ta9em5t non4 ,v\s allez v\s tr\v]1 de fait1 en face de ce qu'annonce l'vangile1 le ,v]be fait *air4 ,c'e/ p\rquoi l'vangile ne dit pas3 ,v\s n'avez t\s qu'un matre qui e/ ,dieu2 il dit d'une manire plus prcise3 ,v\s n'avez t\s qu'un matre qui e/ le ,*ri/4 ,dieu n'e/ pas seulem5t p\r n\s l't]nel1 l'immobile1 l'absolu1 l'invisible2 il e/ aussi le ,dieu vivant1 prs5t1 aimant et s\ffrant dans l'humanit4 ,il e/ celui de qui v\s vi5n5t1 si v\s tes vraim5t son disciple1 les plus p>ticulires1 les plus prcises1 les plus actuelles inspirations4 ,or1 que v\lez-v\s que le ,v]be fait *air p\r le salut du monde inspire ses disciples1 s9on ce qui e/ ncessaire actuellem5t au salut du sicle o ils viv5t1 et surt\t leur propre salut8 ,leur salut1 le salut du sicle o ils viv5t1 voil l'uvre et l'ide univ]selle1 id5tique p\r t\s les s]viteurs de ,dieu dans le mme temps1 mais v>is p\r *acun d'eux selon le peuple dont on fait p>tie1 selon le rle qu'on peut et qu'on doit remplir dans la lutte4 ,a9si l'ide vraim5t inspiratrice p\r v\s1 comme p\r t\s1 c'e/ le salut du sicle1 o v\s vivez1 c'e/ votre salut1 li votre uvre1 et qu'il faut assur] *aque heure p> un travail et une obissance propre cette heure4 ,votre ide1 votre lumire1 votre s\rce de vie1 c'e/ le ,dieu vivant et fait homme1 v\lant votre salut et celui du sicle1 y travaillant1 p> sa provid5ce actuelle1 et v\s provoquant l'aid]3 v\s montrant le ct prcis de la vrit que le monde1 au mom5t prs5t1 et que v\s-mme1 en ce mom5t1 devez compr5dre1 dvelopp] et pratiqu] p\r ne pas *app] au plan provid5tiel1 ou y r5tr] si v\s en tes sorti4 ,v5ons plus au dtail4 ,voyons plus en p>ticuli] ce qui e/ inspir l'me qui a su p>v5ir au sil5ce4 ,j'ai dit que v\s avez d impos] sil5ce au bruit du sicle2 que1 p\r cela1 v\s avez d rompre avec lui4 ,mais p5sez-v\s que v\s avez rompu avec l'humanit p\r c\t] ,dieu seul8 ,lo9 de l4 ,rompre avec le sicle1 c'e/ bi54 ,mais rompre avec l'humanit ne se peut pas4 ,le sicle n'e/ pas l'humanit4 ,la t5dance du sicle et la t5dance du g5re huma9 sont deux *oses4 ,celle-ci e/ la loi et l'autre la p]turbation sur la loi4 ,de mme que le m\vem5t total de la t]re1 dans sa c\rse aut\r du soleil1 implique deux m\vem5ts1 celui qui lui fait p>c\rir sa c\rse rgulire1 et celui qui la p\sse dvi] en des oscillations accid5telles3 de mme l'humanit1 en *aque po9t de sa m>*e1 a deux m\vem5ts1 son m\vem5t provid5tiel et rguli]1 et un m\vem5t capricieux et p]v]s qu'on nomme le sicle4 ,auquel des deux m\vem5ts v\lez-v\s app>t5ir8 ,auquel des deux v\lez-v\s donn] t\tes vos =ces8 ,il faut *oisir4 ,il faut va9cre ce m\vem5t faux qu'on nomme le sicle1 le mauvais sicle1 qui e/ la rsultante de t\s les gsmes1 de t\tes les s5sualits1 de t\s les aveuglem5ts et de t\s les orgueils du temps3 m\vem5t c\pable1 qui croise et ret>de le m\vem5t vrai du g5re huma94 ,a9si donc1 rompre avec le sicle1 ce n'e/ pas rompre avec l'humanit1 c'e/ tre avec l'humanit1 en mme temps qu'avec ,dieu4 ,et de fait1 la premire *ose que tr\ve l'me qui se dgage p\r tre ,dieu1 c'e/ l'am\r de l'humanit4 ,qui aime le sicle n'aime pas l'humanit4 ,mais qu& le s5s div9 e/ rveill en n\s p> le sil5ce1 le s5s huma91 le s5s d'autrui1 le s5s frat]nel n\s revi5t1 ,la communion avec l'imm5se humanit comm5ce1 p>ce qu'on vi5t d'abjur] l'esprit t\j\rs sectaire du sicle4 ,n\s r5trons en union1 en sympa?ie relle1 inspiratrice1 avec l'ensemble des hommes de t\s les sicles et de t\tes les p>ties de la t]re1 vivants ou morts1 qui sont unis entre eux et avec ,dieu4 ,cette p>tie sa9e et ess5tielle du g5re huma91 qui a l'unit1 dans le temps et l'espace1 p>ce qu'elle a ,dieu1 cette assemble univ]selle1 cette glise ca?olique dans le s5s le plus l>ge du mot1 cette communion des hommes en ,dieu n\s retr\ve1 n\s repr5d1 n\s ranime de sa sve puissante et de ses div9es inspirations4 ,les cra9tes communes1 les esprances communes1 les volonts1 les p5ses1 les ef=ts de ce gr& faisceau d'mes p\r le salut et le progrs du monde1 n\s port5t1 n\s pntr5t1 n\s multipli5t4 ,n\s reg>dons le globe1 comme ,jsus-,*ri/ le reg>dait1 avec l>mes2 et1 en voyant les hommes c\*s dans les tnbres et les ombres de la mort1 accabls et f\ls aux pi$s p> le mal1 n\s voyons avec ,jsus-,*ri/ que ,la moisson e/ gr&e et qu'il y a peu d'ouvri]s4 ,n\s savons alors ce qui n\s re/e faire4 ,n\s savons quoi p5s] et quoi travaill]4 ,le sujet de t\s nos travaux e/ tr\v4 ,,*apitre ,,iii ,,le ,,soir ,,et ,,le ,,repos ,t\t n'e/ pas dit sur ces heures de la mat9e qui doiv5t v\s apport]1 comme fruit secondaire1 le don d'crire2 qui ouvr5t les s\rces de l'me et la p5se orig9ale2 qui font travaill] en n\s la raison plus que des annes de lecture2 qui mett5t en m\vem5t l'homme enti]2 qui cl>ifi5t l'esprit et mme le corps4 ,je n'ai pas dit encore t\s les moy5s de donn] ces heures t\te leur fcondit1 ni de v\s faire arriv] au gr& b1 v\s1 disciple de la ju/ice et de la vrit1 qui v\lez avoir ,dieu p\r matre4 ,v\s avez dj bi5 compris que ce travail d'crire e/ en gr&e p>tie une prire4 ,je v\s p>l]ai1 en effet1 t\t l'heure1 de la prire proprem5t dite1 qui e/ le gr& moy5 de donn] ces heures et la vie entire t\te leur fcondit4 ,mais1 avant cela1 voici un moy5 que je v\s recomm&e p\r d\bl] votre temps4 ,v\lez-v\s d\bl] votre temps8 ,faites travaill] votre sommeil4--,je m'explique4 ,dans un s5s beauc\p plus pr(ond qu'on ne p5se1 la nuit porte conseil4 ,posez-v\s des que/ions le soir2 bi5 s\v5t v\s les tr\v]ez rsolues au rveil4 ,qu& un g]me e/ pos dans l'esprit et le cur1 ce g]me se dveloppe non seulem5t p> nos travaux1 nos p5ses1 nos ef=ts1 mais p> une sorte de f]m5tation s\rde1 qui se p\rsuit en n\s sans n\s4 ,c'e/ ce que l'vangile fait ent5dre qu& il dit3 ,lorsqu'un homme a jet en t]re une sem5ce1 soit qu'il veille ou qu'il dorme1 la sem5ce crot et se dveloppe2 c> la t]re fructifie d'elle-mme 7t]ra enim ultro fructificat74 ,a9si de notre me1 elle fructifie d'elle-mme4 ,que font les coli]s p\r bi5 appr5dre leur leon8 ,ils la reg>d5t le soir1 avant de s'endormir1 et ils la sav5t le l5dema9 mat94 ,que font les religieux p\r bi5 mdit] le mat98 ,ils prp>5t leur mditation la veille1 aprs la prire du soir1 et ils la tr\v5t t\te vivante au rveil dans leur esprit et dans leur cur4 ,ri5 de plus connu4 ,laplace1 l'illu/re ma?matici51 n\s appr5d1 dans un de ses ouvrages1 que s\v5t il posait le soir des problmes p> le travail et la mditation1 et que le mat9 au rveil1 il les tr\vait rsolus4 ,p>mi ceux qui travaill5t1 qui n'a pas obs]v ces faits8 ,qui ne sait quel po9t le sommeil dveloppe les que/ions poses1 fait fructifi] les g]mes dans notre esprit8 ,que de fois1 au rveil1 la vrit qu'on avait p\rsuivie en va9 brille dans l'me au se9 d'une cl>t pntrante8 ,on dirait que les fruits du travail se conc5tr5t dans le repos1 et que l'ide se dpose en notre me comme un cri/al1 comme un diamant1 qu& l'eau mre1 longtemps agite1 vi5t dormir4 ,voil le fait4 ,le sommeil travaille4 ,il faut donc le faire travaill] en lui prp>ant son travail le soir4 ,l'emploi du soir6 le respect du soir6 ,quelle grave "q pratique6 ,n\s v5ons de p>l] de ce qu'on peut appel] la conscration du mat94 ,p>lons de la conscration du soir4 ,c'e/ ici ou jamais qu'il faut savoir rompre avec nos habitudes prs5tes4 ,je nie que les esprits puiss5t gr&ir avec l'organisation actuelle du soir4 ,qu& t\te j\rne f9it p> le plaisir1 sa*ez que t\te j\rne e/ vide4 ,je ne p>le pas de ceux qui1 *aque soir1 bris5t t\te leur =ce et leur dignit d'homme p> une orgie4 ,je p>le de ceux qui1 comme presque t\s auj\rd'hui1 cess5t t\te vie srieuse un mom5t donn1 p\r l'int]rompre p5dant au mo9s d\ze heures ou quatorze heures4 ,que devi5t ce temps8 ,qu'e/-ce que nos conv]sations du soir1 nos runions1 nos jeux1 nos visites1 nos spectacles8 ,il y a l comme un emporte-pice de quatorze heures sur la vie vritable4 ,c'e/ du repos1 dira-t-on4 ,je le nie4 ,ce qui dissipe ne repose pas4 ,le corps1 l'esprit1 le cur1 puiss1 dissips hors d'eux-mmes1 se prcipit5t aprs une soire va9e1 dans un l\rd et /rile sommeil1 qui ne repose ri51 p>ce que la vie trop disp]se1 n'a plus ni le temps ni la =ce de se retremp] dans ses s\rces4 ,dans quel tat sort-on d'un tel sommeil8 ,c]tes1 il faut du repos2 et n\s manquons auj\rd'hui de repos bi5 plus encore que de travail4 ,le repos e/ le frre du sil5ce4 ,n\s manquons de repos comme de sil5ce4 ,n\s sommes /riles faute de repos plus encore que faute de travail4 ,le repos e/ une *ose si gr&e que la sa9te criture va jusqu' dire3 ,le sage acqu]ra la sagesse au temps de son repos4 ,et ailleurs1 le gr& repro*e qu'un prophte adresse au peuple juif e/ celui-ci3 ,v\s avez dit3 ,je ne me repos]ai pas4 ,et dixi/i3 ,non quiescam4 ,qu'e/-ce donc que le repos8 ,le repos1 c'e/ la vie se recueillant et se retrempant dans ses s\rces4 ,le repos p\r le corps1 c'e/ le sommeil3 ce qui s'y passe1 ,dieu le sait4 ,le repos p\r l'esprit et p\r l'me1 c'e/ la prire4 ,la prire1 c'e/ la vie de l'me1 la vie intellectuelle et cordiale1 se recueillant et se retrempant dans sa s\rce1 qui e/ ,dieu4 ,la vie devrait se compos] de travail et de repos1 comme la suite du temps de cette t]re se compose de j\r et de nuit4 ,n\s donc auj\rd'hui1 n\s travaillons encore un peu1 mais n\s ne n\s reposons plus4 ,aprs l'agitation du travail1 vi5t l'agitation du plaisir1 et aprs l'une et l'autre1 la pro/ration et l'affaissem5t4 ,o e/ p\r n\s le repos du soir1 le repos sacr du diman*e1 celui des ftes1 et ces plus longs repos encore qu'ordonnait la loi de ,mose8 ,le repos1 moral et intellectuel1 e/ un temps de communion avec ,dieu et avec les mes1 et de joie dans cette communion4 ,or1 il e/ bi5 visible que n\s n'avons cons]v du repos que des figures vides dans nos c\tumes et nos plaisirs du soir4 ,je ne connais qu'un seul moy5 de vrai repos dont n\s ayons1 quelque peu1 cons]v l'usage1 ou plutt l'abus1 dans l'emploi du soir3 c'e/ la musique4 ,ri5 ne porte aussi puissamm5t au vrai repos que la musique vritable4 ,le ry?me musical rgul>ise en n\s le m\vem5t1 et opre1 p\r l'esprit et le cur1 mme p\r le corps1 ce qu'opre p\r le corps le sommeil1 qui rtablit1 dans sa plnitude et son calme1 le ry?me des battem5ts du cur1 de la circulation du sang et des s\lvem5ts de la poitr9e4 ,la vraie musique e/ sur de la prire comme de la posie4 ,son influ5ce recueillie1 en ram5ant v]s la s\rce1 r5d aussitt l'me la sve des s5tim5ts1 des lumires1 des lans4 ,comme la prire et comme la posie1 avec lesquelles elle se confond1 elle ramne v]s le ciel1 lieu du repos4 ,mais n\s1 n\s avons tr\v le moy5 d't] presque t\j\rs la musique son c>actre sacr1 son s5s cordial et intellectuel1 p\r en faire un ex]cice d'adresse1 un prodige de vlocit et un brillant tapage qui ne repose pas mme les n]fs1 lo9 de repos] l'me4 ,v\s donc qui v\lez faire p>l] le sil5ce et travaill] le sommeil1 r5dez utile aussi votre repos4 ,faites en sorte que l'int]ruption du travail soit vraim5t le repos4 ,consacrez vos soires4 ,allez la ralit des va9es et vides figures qu'ont cons]ves nos habitudes4 ,que le repos du soir soit un comm]ce d'esprit et d'me1 un ef=t commun v]s le vrai p> quelque facile tude des sci5ces1 v]s le beau p> les arts1 v]s l'am\r de ,dieu et des hommes p> la prire2 donnez des g]mes de lumire1 et de sa9tes motions au sommeil qui va surv5ir et o ,dieu mme les cultiv]a dans l'me de son fils endormi4 ,une vie bi5 ordonne consacr]ait a9si le soir4 ,elle consacr]ait aussi la f9 de *aque priode de sept j\rs1 p> un repos sacr et p> un j\r de communion des mes en ,dieu4 ,une vie bi5 ordonne consacr]ait a9si la f9 de *aque anne p> un repos rp>ateur qui d\bl]ait la sve et la fcondit du travail de l'anne suivante4 ,se retremp] dans le spectacle de la nature1 dans la lumire des arts1 dans le comm]ce des gr&s esprits1 dans les pl]9ages v]s les abs5ts1 dans les amitis sa9tes1 dans les ligues sacres p\r le bi51 et puis enf9 dans quelques j\rs de svre solitude1 en face de ,dieu t\t seul1 d]ni] t]me du repos de l'anne1--qui1 de lo91 p>at seul au/re1 mais1 de prs1 e/ bi5 d\x1--ne s]ait-ce pas l du repos8 ,une vie bi5 ordonne1 enf91 consacr]ait t\t son automne1 t\t l'automne de la vie1 ,dieu surt\t1 l'am\r pur qui vi5t de ,dieu1 la *>it p\r les hommes1 au ct sub/antiel de la sci5ce1 aux esprances prcises du ciel1 au recueillem5t vrai en ,dieu1 c'e/--dire cet unique travail que l'oracle imposait ,socrate dans sa prison1 p5dant les quelques j\rs qui le sp>ai5t de la mort1 lorsqu'il lui dit ce mot que n\s ne savons pas traduire3 ,ne faites plus que de la musique2 mot qui doit signifi] qu'il faut f9ir sa vie dans l'h>monie sacre4 ,mais ces beauts du soir de la vie ne sont que des illusions p\r la plup>t des hommes2 p\r presque t\s1 la ralit e/ bi5 autre4 ,la vie entire ne peut f9ir dans l'h>monie sacre1 dans le sa9t et fcond repos1 ple9 de g]mes que doit dvelopp] la mort p\r le monde d'en haut1 que si *acune de nos annes et *acun de nos j\rs ont su f9ir p> le repos sacr3 c> l'automne de la vie ne recueille que ce que *aque j\r a sem6 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,pri,,re ,j'ose espr] que v\s ne tr\v]ez pas ces conseils inutiles aux progrs de la ,logique vivante1 c'e/--dire au dveloppem5t du ,v]be en v\s4 ,je les crois plus utiles1 en ,logique proprem5t dite1 que l'tude des =mes du syllogisme1 tude que je ne mprise po9t1 v\s le savez#g4 ,je v\s donne les moy5s pratiques de dvelopp] en v\s la vraie lumire de la raison4 ,si v\s les employez1 si v\s prp>ez vos j\rnes p> la conscration du soir1 votre sommeil lui-mme travaill]a4 ,v\s v\s rveill]ez ple9 de sve1 ple9 d'ides implicites1 d'h>monies s\rdes4 ,si1 p\r c\t] cette f]m5tation intrieure de la vie1 cette voix du ,v]be au fond de l'me1 v\s savez tablir le sil5ce en v\s1 le sil5ce vrai1 extrieur et intrieur3 si1 p\r ne pas se born] de vagues auditions de ces murmures lo9ta9s1 qui cess]ai5t bi5tt p> la mo9dre p>esse1 v\s y correspondez p> le travail2 si v\s *]*ez en fix] les prcisions et les dtails p> la p5se articule et inc>ne dans l'criture1 soyez c]ta9s qu'aprs bi5 peu de j\rs d'un tel ef=t1 v\s en v]rez les fruits4 ,et lorsque1 aprs votre travail1 v\s pr5drez un j\r de repos1 et1 aprs une j\rne1 quelques sema9es1--si c'e/ le vrai repos1 non son contraire1--v\s v]rez que votre repos cont9u]a votre travail1 et que v\s p\rrez dire de votre esprit ce qu'on dit de la t]re3 ,nec nulla int]ea e/ in>at gratia t]r4 #g ,voir1 dans le troisime livre de la ,logique1 le *ap4 ,i1 n #a1 et le *ap4 ,,iv t\t enti]4 ,votre vie entire s]a comme ce *amp1 lab\r et ensem5c1 o la sem5ce crot et se dveloppe1 soit que l'homme veille1 soit qu'il dorme3 t]ra enim ultro fructificat4 ,cep5dant je n'ai pas t\t dit1 et il me re/e v\s donn] le plus important des conseils4 ,j'ai nomm la prire1 mais n'en ai pas encore p>l directem5t1 quoique indirectem5t je n'aie gure cess d'en p>l]4 ,je v\s le dem&e1 priez-v\s8 ,si v\s ne priez pas1 qu'tes-v\s8 tes-v\s a?e ou pan?i/e8 ,alors ce n'e/ pas v\s que je p>le en ce mom5t4 ,je p>le l'homme qui1 ayant reconnu1 ds ses premi]s pas en ce monde1 le ct va9 de la vie1 *]*e son ct vrai1 savoir3 l'am\r de la ju/ice et la vue de la vrit4 ,cet homme-l croit en ,dieu4 ,et p\r peu que cet homme sa*e la valeur des mots1 il sait que ,dieu e/ l'am\r inf9i1 la sagesse1 la vie inf9ie1 libre1 intellig5te1 p]sonnelle1 en qui n\s sommes1 en qui n\s n\s m\vons1 en qui n\s respirons4 ,or1 la prire e/ la respiration de l'me en ,dieu4 ,l'me prie longtemps sans le savoir4 ,l'me des enfants1 dans leurs annes pures1 prie et contemple1 sans rfl*ir1 avec la =ce et la gr&eur de la simplicit4 ,mais1 aprs ces annes passives1 vi5n5t les annes actives et libres4 ,la prire libre1 avec consci5ce d'elle-mme1 =m]a l'homme en v\s et dvelopp]a en v\s1 l'image de ,dieu1 la p]sonnalit qui e/ implicite et lat5te dans l'enfant4 ,je ne v\s pr\v]ai pas ici plus amplem5t qu'il faut pri]4 ,je ne v\s y exhort]ai mme pas4 ,je v\s en donn]ai les moy5s4 ,on appelle vulgairem5t prire du mat9 et du soir1 la rcitation d'un c]ta9 texte1 excell5t en lui-mme1 en usage p>mi les *rti5s1 rcitation dont la dure v>ie de c9q dix m9utes2 et on appelle mditation la rflexion libre sur quelque gr&e vrit1 morale ou dogmatique3 ex]cice que quelques p]sonnes font dur] le mat9 une demi-heure4 ,mais le gr& ob/acle ces pratiques1 c'e/ que1 dans la mditation1 on dort ou on divague1 et que1 dans la prire1 on articule des mots1 p> trop connus1 sans rflexion ni s5tim5t4 ,ces deux faiblesses1 que presque p]sonne ne sait va9cre1 dgt5t1 loign5t cont9uellem5t de la prire et de la mditation un trs gr& nombre d'mes3 c> quoi bon1 dis5t-elles1 ces prires nulles1 ces mditations vides8 ,or voici1 p\r vit] les di/ractions dans la mditation1 le conseil donn rcemm5t l'assemble du cl]g d'un diocse de ,france4 ,mditez1 en crivant4 crivez l5tem5t1 p>lez ,dieu que v\s savez prs5t3 crivez ce que v\s lui dites2 priez-le de v\s inspir]1 de v\s dict] ses volonts1 de v\s m\voir de ces m\vem5ts intrieurs1 purs1 dlicats et simples1 qui sont sa voix1 et qui sont infaillibles4 ,en effet1 s'il v\s dit3 ,mon fils1 sois bon2 cela peut-il tre trompeur8 ,s'il v\s dit3 ,aime-moi p>-dessus t\t3 sois pur1 sois gnreux1 sois c\rageux2 aime les hommes comme toi-mme2 p5se la mort qui e/ c]ta9e1 qui e/ pro*a9e2 sacrifie ce qui doit pass]2 consacre ta vie la ju/ice et la vrit1 qui ne meur5t pas2 direz-v\s que ces rvlations ne sont pas infaillibles8 ,et si1 dans le mme temps1 l'am\r n]gique de ces vrits manife/es v\s e/ comme inspir au cur p> je ne sais quelle t\*e div9e qui saisit et qui fixe1 direz-v\s que la s\rce de ces =ces ard5tes et lum9euses n'e/ pas ,dieu8 ,et si1 sans ri5 aj\t] d'arbitraire et d'inutile ces impressions =tes et ces lumires simples1 v\s les crivez t\tes brlantes1 p5sez-v\s que v\s n'en s]ez pas d\blem5t saisi1 et que la di/raction et le sommeil int]vi5dront dans cette mditation8 ,quelqu'un disait1--c'tait une femme3--,oh6 je ne veux plus mdit] a9si3 cela me saisit trop4 ,essayez1 et j'espre que plus d'une fois v\s cess]ez d'crire p\r tomb] g5\x et p\r v]s] des l>mes4 ,plus d'une fois1 s\s la t\*e de ,dieu1--v\s savez qu'il e/ vrai de le dire3 ,dieu n\s t\*e1--plus d'une fois votre me1 recueillie p> le gr& et div9 saisissem5t de ce r>e et puissant contact1 votre me opr]a d'elle-mme cet acte prodigieux que ,bossuet nomme le plus gr& acte de la vie1 et qu'il faut que je v\s fasse connatre4 ,et1 ce propos1 je v\s conseille de lire et de relire avec la plus pr(onde att5tion les opuscules de ,bossuet intituls3 ,manire c\rte et facile de faire oraison1 et ,disc\rs sur l'acte d'ab&on4 ,c'e/ le rsum le plus pur et le plus sub/antiel de l'asctisme et du my/icisme or?odoxe4 ,voici donc l'acte le plus pr(ond1 le plus sublime et le plus important que l'me huma9e puisse opr]1 et dont ,bossuet1 d'accord avec l'glise ca?olique et la plus savante ?ologie1 v\s p>le a9si3 ,il faut tr\v] un acte qui r5f]me t\t dans son unit4 ,faites-moi tr\v] cet acte1 mon ,dieu6 cet acte si t5du1 si simple1 qui v\s livre t\t ce que je suis1 qui m'unisse t\t ce que v\s tes4 ,tu l'ent5ds dj1 me *rti5ne3 ,jsus te dit1 dans le cur1 que cet acte e/ l'acte d'ab&on1 c> cet acte livre t\t l'homme ,dieu3 son me1 son corps en gnral et en p>ticuli]1 t\tes ses p5ses1 t\s ses s5tim5ts1 t\s ses dsirs2 t\s ses membres1 t\tes ses ve9es avec t\t le sang qu'elles r5f]m5t2 t\s ses n]fs1 jusqu'aux mo9dres l9am5ts2 t\s ses os1 jusqu' l'intrieur et jusqu' la moelle2 t\tes ses entrailles2 t\t ce qui e/ au d$ans et au dehors4 ,o ,dieu6 unit p>faite que je ne puis gal] ni compr5dre p> la multiplicit1 quelle qu'elle soit1 dans mes p5ses1 et1 au contraire1 dont je m'loigne d'autant plus que je multiplie mes p5ses1 je v\s en dem&e une1 si v\s le v\lez1 o je ramasse en un1 autant qu'il e/ p]mis ma faiblesse1 t\tes vos inf9ies p]fections1 ou plutt cette p]fection seule et inf9ie1 qui fait que v\s tes ,dieu1 en qui t\t e/4 ,avec cet acte1 qui que v\s soyez1 ne soyez en pe9e de ri54 ,le dirai-je8 ,oui1 je le dirai3 ne soyez pas en pe9e de vos p*s mmes1 p>ce que cet acte1 s'il e/ bi5 fait1 les emporte t\s4 ,cet acte1 le plus p>fait et plus simple de t\s les actes1 n\s met p\r a9si p>l]1 t\t en action p\r ,dieu4 ,c'e/ un enti] ab&on cet esprit de n\veaut qui ne cesse de v\s r=m] intrieurem5t et extrieurem5t en remplissant t\t votre intrieur de s\mission ,dieu1 et t\t votre extrieur de pudeur1 de mode/ie1 de d\ceur et de paix4 ,qu'e/-ce que cet acte1 s9on cet am\r p>fait qui bannit la cra9te8 ,t\t disp>at devant cet acte qui r5f]me t\te la v]tu du sacrem5t de ,pnit5ce4 ,v\s le voyez1 je v\s mne en ,?ologie my/ique propos de logique3 mais t\t se t\*e4 ,la ,logique vivante1 qui e/ le dveloppem5t du ,v]be en v\s1 c'e/--dire de votre esprit ou v]be huma9 p> son union l'esprit et au ,v]be de ,dieu1 la ,logique relle et vivante1 a c]ta9em5t p\r s\rce pr9cipale la prire1 la prire sub/antielle telle que ,bossuet vi5t de n\s la dcrire4 ,aj\tons un mot sur l'autre prire1 celle dont quelques-uns se dgt5t1 p>ce que ce sont1 dis5t-ils1 t\j\rs les mmes p>oles1 qu' la f9 l'habitude n\s emp*e de voir et d'ent5dre4 ,le fond de cette prire quotidi5ne1 c'e/ l',oraison dom9icale3 ,notre ,pre qui tes aux cieux1 et le re/e4 ,cette prire que notre mre1 dans notre premire enfance1 n\s a fait dire sur ses g5\x et en joignant elle-mme nos ma9s1 e/ celle qui a t dicte1 mot p\r mot1 p> le ,*ri/1 le matre des hommes4 ,cette prire1 me ft-elle in9telligible1 je veux1 t\s les titres1 et v\s v\lez comme moi la rpt]1 t\s les j\rs de la vie1 mat9 et soir1 jusqu' la mort4 ,du re/e1 lorsque votre esprit s'e/ ouv]t et a reg>d le monde et son hi/oire1 v\s avez d compr5dre le s5s visiblem5t div9 de ces p>oles4 ,elles sont la prire ess5tielle de l'humanit sur la t]re3 ,notre ,pre1--que votre rgne arrive1 que votre volont soit faite en la t]re comme au ciel4 videmm5t1 cela mme e/ la sub/ance de la prire1 telle que ,dieu doit ncessairem5t la dict] t\t cur qu'il inspire4 ,mais v\lez-v\s aj\t] quelque *ose cette c\rte prire dicte de ,dieu1 ce fond de t\te prire crite8 tes-v\s de ces heureux et flexibles esprits qui sav5t lire1 c'e/--dire quitt]1 qu& ils le veul5t1 leur p5se propre1 p\r entr] aussitt dans la p5se d'autrui et improvis] en eux-mmes t\t ce que comport5t de s5s des p>oles apportes du dehors8 ,si v\s avez ce don1 je v\s en flicite gr&em5t et voici ce que je v\s conseille4 ,il exi/e d'admirables p>oles1 ple9es d'une posie t\te div9e et de la plus vig\reuse et de la plus sublime simplicit4 ,lisez-les comme prire du mat9 et du soir4 ,ce sont les ,psaumes1 sa9te posie du peuple qui a t le cur du monde anci5 et le pre du ,messie4 ,l'glise ca?olique en a compos des prires1 qu'elle met dans la b\*e de ses prtres4 ,ces prires1 prp>es p\r les heures div]ses du j\r1 sont composes *acune d'une p>tie fixe et d'une p>tie v>iable3 la p>tie v>iable diffre p\r *aque heure et p\r *aque j\r de la sema9e4 ,pr5ez1 *aque j\r1 deux de ces prires1 dont l'une rpond la prire du mat9 et l'autre celle du soir1 ce que n\s appelons ,prime et ,complies4 ,lisez-les avec une pr(onde att5tion1 et reg>dez la p>tie v>iable comme une rvlation spciale que ,dieu v\s adress]ait1 v\s1 et p\r ce j\r4 ,v\s v]rez si ces va/es p>oles n'ont pas une s+ulire v]tu p\r n\s aid] sortir de nos mesqu9es p5ses4 ,,*apitre ,v ,,la ,,lecture ,i ,j'ai dit un mot de la lecture4 ,il en faut p>l] plus au long4 ,aprs la prire et t\t ce qui s'y rapporte1 aprs la mditation p]sonnelle1 vi5t la lecture comme s\rce de lumire4 ,comm5t us] de la lecture p\r le progrs de la ,logique vivante1 le dveloppem5t du ,v]be en v\s8 ,il y a un livre qu'on appelle1 entre t\s les autres1 le livre proprem5t dit1 la ,bible4 ,lisez ce livre4 ,et d'abord1 croyez-v\s qu'il ne puisse y avoir1 sur la t]re1 de p>ole de ,dieu actuellem5t crite8 ,il y a des p5seurs qui s\ti5n5t que t\s les livres sont sacrs1 que t\te p5se e/ inspire1 que t\te p>ole e/ p>ole de ,dieu4 ,c>1 dis5t-ils1 s'il e/ vrai1 comme le croi5t les *rti5s1 que l'homme n'e/ raisonnable1 qu'il ne p5se et ne p>le que p> une p>ticipation actuelle la lumire de ,dieu1 ou plutt si1 comme n\s le s\t5ons1 dis5t-ils1 l'homme e/ ,dieu mme p5sant1 comm5t expliquez-v\s que l'homme puisse p>l] quelque *ose qui ne soit pas p>ole de ,dieu8 ,j'espre que v\s n'adhrez pas t\t ce pan?isme4 ,mais du mo9s1 si l'on v\s enseigne qu'il y a1 dans la mmoire des hommes et dans la tradition1 des p>oles pures et vraim5t inspires de ,dieu1 je suis c]ta9 que v\s n'avez aucune solide raison de le ni]4 ,voici que1 depuis plus de trois mille ans1 une gr&e p>tie du g5re huma91 la plus vivante1 la p>tie civilisatrice du monde1 qui =me le c\rant pr9cipal de l'hi/oire univ]selle1 et qu'anime l'glise ca?olique1 voici dis-je1 que ce ct lum9eux de l'humanit1 p> des motifs considrables1 qu'il v\s e/ facile de connatre1 ti5t comme tant t\t pur1 comme c]ta9em5t sa9t et div9em5t inspir1 ce texte crit qu'on nomme la ,bible4 ,p\rquoi ne le pas croire1 si v\s croyez en ,dieu8 ,p\rquoi ne pas croire d'avance que la bont du ,pre a su p>fois inspir] ses enfants8 ,v\s lirez donc la ,bible4 ,du re/e1 comm5t compr5dre qu'un homme1 quel qu'il soit1 croyant ou autre1 ne mdite pas1 avant t\te autre *ose1 les p>oles du ,*ri/8 ,comm5t compr5dre que l'vangile ne soit pas t\j\rs1 p\r t\t homme de cur et t\t homme qui p5se1 le premi] des livres8 ,v\s donc1 qui v\lez tre disciple de ,dieu et qui avez en v\s le s5s div91 v\s lirez *aque j\r l'vangile4 ,et qu& v\s en aurez quelque usage et que v\s y lirez ceci3 ,si v\s pratiquez ma p>ole1 v\s connatrez la vrit1 et la vrit v\s r5dra libres2 qu& v\s aurez1 en effet1 entrevu l'insondable lumire du texte et press5ti les =ces libratrices que sa pratique v\s donn]ait1 v\s v]rez bi5 qu'aprs la pratique mme de l'vangile et la prire1 la mditation des p>oles du ,*ri/ doit tre la gr&e s\rce philosophique1 l'alim5t pr9cipal du dveloppem5t du ,v]be en v\s4 ,qu& v\s comm5c]ez compr5dre1 et v\s d\t] enf9 de cet vangile t]nel1 inc>n dans cet vangile hi/orique que v\s voyez1 v\s direz avec ,origne3 ,il s'agit donc ma9t5ant de traduire l'vangile s5sible en vangile intelligible et spirituel4 ,et v\s aj\t]ez avec son comm5tateur1 ,?omass93 ,oui1 il faut traduire l'vangile temporel et s5sible en vangile intelligible et t]nel1 si n\s v\lons enf9 quitt] l'enfance et p>v5ir la pub]t de l'esprit#h4 #h ,et enim hunc nobis propositum e/1 dit ,origne1 ut ,evangelium s5sibile transmutemus 9 intelligible et spiritale4 ,et ,?omass9 aj\te3 ,ubi p]spicue duplex discrim9at ,evangelium1 et s5sibile 9 intelligibile1 temporale 9 t]num traduci deb]e demon/rat1 si modo pu]itia aliqu&o excuti et adolesc]e intellig5tia debet4 7,?omass9us1 ,de ,inc>natione ,v]bi1 lib4 ,i1 cap4 ,x47 ,voici comm5t v\s lirez4 ,lisez le texte ou la ,vulgate4 ,d'ord9aire1 mettez une heure lire un ou deux *apitres4 ,quelquefois1 une lecture suivie de l'un des quatre vangiles e/ d'un gr& fruit4 ,dans ce cas1 il faut lire tantt dans une langue1 tantt dans une autre1 franais1 allem&1 anglais1 etc4 ,dans t\s les cas1 ef=cez-v\s de v\s appliqu] v\s-mme t\t ce que v\s lisez4 ,priez ,dieu ardemm5t de v\s faire entr] dans le fond du s5s4 ,ef=cez-v\s1 et ceci e/ trs important1 de tr\v] dans les disc\rs du ,*ri/1 qui d'ord9aire sembl5t pass] brusquem5t d'un objet un autre1 l'unit puissante et vivante qui les c>actrise4 ,a mes yeux1 une des plus =tes preuves intr9sques de la div9it de ces disc\rs1 c'e/ leur saisissante unit jo9te leur tonnante v>it4 ,qu& on e/ p>v5u au fond du s5s1 on ap]oit une sorte de lumire t]nelle1 imm5se et simple1 dans laquelle viv5t et se t\*5t t\s les objets de la cration1 les plus div]s1 les plus lo9ta9s1 comme en ,dieu mme4 ,si jamais il v\s e/ donn1 une seule fois1 de voir les mots vangliques que ,jsus-,*ri/ lui-mme comp>e des gra9s de bl1 s'il v\s e/ donn de voir ces g]mes clat] et s'ouvrir1 dvelopp] leurs tiges1 leur beaut1 leurs p>fums1 leurs trsors1 v\s n'oubli]ez pas ce spectacle4 ,et qu& v\s v\s s]ez n\rri de leur sub/ance1 qui e/ la fois vigne et from5t1 et plus encore1 ou plutt qui e/ je ne sais quelle sub/ance univ]selle impliquant t\t1 v\s compr5drez p\rquoi1 le ,*ri/ ayant prononc sur le monde ce peu de mots que n\s recueillons en dix pages1 ces quelques mots ont produit dans l'hi/oire1 je ne dis pas la plus gr&e1 je dis la seule rvolution morale1 religieuse et intellectuelle qu'ait vue le g5re huma94 ,plus v\s aurez de cur1 d'esprit1 de sci5ce1 de bonne volont1 de c\rage1 de pntration1 d'expri5ce1 surt\t d'am\r des hommes1 plus v\s v]rez le texte vanglique s'ouvrir p\r v\s4 ,mais sa*ez bi5 que v\s n'aurez saisi le s5s d]ni] des mots du ,*ri/ que lorsque v\s ap]cevrez leur incomp>able unit1 et qu& v\s p\rrez dire de *acun d'eux3 ,patuit ,deus4 ,,ii ,v\s voyez1 v\s qui v\lez avoir ,dieu p\r matre1 que je ne cesse de v\s dire une seule *ose3 c\tez ,dieu dans le sil5ce1 dans la mditation1 dans la prire1 dans le travail de la prire crite1 dans la lecture4 ,comme lecture1 je ne v\s ai encore p>l que d'un seul livre1 l'vangile4 ,mais la lecture du livre div9 exclura-t-elle les livres huma9s8 ,brl]ons-n\s t\t p\r l'vangile comme on a t\t brl p\r le ,coran8 ,non3 le livre div9 n'exclut pas plus les livres huma9s que l'am\r de ,dieu n'exclut l'am\r des hommes4 ,l'am\r de ,dieu donne l'am\r des hommes2 de mme on puise dans l'vangile l'intellig5ce des p5ses des hommes3 on y puise l'esprit philosophique et sci5tifique le plus pr(ond2 et1 il faut dire avec sa9t ,?omas3 ,la sci5ce du ,*ri/ ne dtruit pas la sci5ce huma9e1 mais l'illum9e4 ,un esprit l>gi p> l'vangile1 voit dans les livres huma9s des t5dues1 des pr(ondeurs1 que l'homme s\v5t n'y a pas mises1 mais qu'il a r5contres et laisses au milieu de son uvre1 son insu4 ,d'ord9aire1 notre troite p5se ne voit1 dans le livre ou la p5se d'autrui1 que ce que les mots et le /yle exprim5t la rigueur4 ,lo9 de prt] aux autres1 n\s leur tons4 ,n\s leur faisons t\j\rs1 dans notre ent5dem5t p>cimonieux et inhospitali]1 un lit de ,procu/e4 ,mais l'esprit dilat p> l',esprit du ,*ri/ a cet incomp>able don des langues1 qui compr5d les langages div]s des diffr5tes natures d'esprit4 ,il a cette bi5veillance intellectuelle qui transfigure les accid5ts de la p>ole3 remonte de la p>ole son s5s dans l'esprit1 et de ce s5s lui-mme1 tel qu'il e/ dans l'esprit de nos frres1 l't]nelle ide qui e/ en ,dieu1 et qui porte et inspire ce s5s4 ,en sorte que1 p>fois1 cette clairvoyante *>it de l'esprit voit les *oses mme trav]s une p5se mal conue et plus mal exprime1 et elle se s]t de ces dbris p\r recon/ruire la vrit1 comme la sci5ce recon/ruit un tre1 qui fut vivant1 avec un dbris de ses os4 ,on sait qu'il n'y avait pas de livre si dte/able dont ,leibniz ne tirt quelque fruit4 ,faites de mme ou plutt faites mieux4 ,puisqu'il e/ p]mis de *oisir1 ne lisez que les excell5ts4 ,il faut peu lire1 disait ,malebran*e4 ,il ne faut lire qu'un livre1 disait un autre1 v\lant faire compr5dre p> l la puissance t\j\rs considrable de l'unit4 ,mais que s]ait-ce si v\s saviez tr\v] l'unit des esprits du premi] ordre1 et si v\s p\viez frqu5t] comme une seule socit1 p> voie de comp>aison cont9uelle1 ,platon et ,ari/ote1 sa9t ,augu/9 et sa9t ,?omas d',aqu91 ,desc>tes1 ,bossuet et ,fnelon1 ,malebran*e et ,leibniz6 ,ce sont l1 je crois1 les pr9cipaux gnies du premi] ordre4 ,puissiez-v\s p>v5ir en voir l'unit6 ,puissiez-v\s p>v5ir compr5dre dans quel s5s gnral et commun ,dieu inspire les gr&s hommes1 et ce qu'il veut de l'esprit huma96 ,puissiez-v\s clairem5t compr5dre1 dans ,ari/ote et dans ,platon la gr&eur de l'esprit de l'homme et ses bornes1 et dans les autres1 l'imm5sit qu'aj\te la raison huma9e la lumire rvle de ,dieu6 ,,*apitre ,,vi ,,foi4--,,sci5ce ,,comp>,e ,i ,mais1 disions-n\s1 qu'e/-ce que ,dieu veut de l'esprit huma98 ,gr&e "q1 que je n'aborde pas ici t\t entire4 ,je p\rsuis ces conseils pratiques4 ,il e/ vrai qu'ils n\s mn5t considr] un ct1 =t important p\r n\s1 de cette "q4 ,je v\s ai dit que1 qu& un homme se donne vraim5t ,dieu et devi5t son disciple1 ,dieu le p\sse une uvre1 le salut du sicle o il vit4 ,dieu lui montre le monde malade1 c\* dans les tnbres et la s\ffrance2 il lui donne le reg>d du ,*ri/ p\r en sond] les plaies1 et quelque *ose du cur du ,*ri/ p\r les s5tir3 puis il lui dit1 au fond du cur3 ,il y a peu d'ouvri]s4 ,qu& l'homme compr5d et se dcide dev5ir un ouvri]1 un de ces ouvri]s dont p>le le prophte1 qui travaill5t sur les nations#i1 qui =tifi5t leurs frres1 et que ,dieu suscite quelquefois p\r sauv] un sicle ou un peuple1 alors ,dieu lui inspire1 p> la compassion et l'am\r1 l'intellig5ce1 ou in/9ctive ou dveloppe1 de l'uvre entrepr5dre4 #i ,za*41 ,i1 #bj1 #ba4 ,et o/5dit mihi ,dom9us quatuor fabros444 ut dejiciant cornua g5tium4 ,or1 auj\rd'hui1 quelle e/ la plaie et quelle e/ l'uvre8 ,il n'e/ pas ncessaire d'tre prophte p\r le savoir1 ,jsus-,*ri/ dit aux hommes dans l'vangile3 ,v\s savez bi5 prvoir le beau temps ou l'orage2 hypocrites6 p\rquoi ne connaissez-v\s pas aussi les signes des temps#aj8 #aj ,luc1 ,,xii1 #ef4 ,v\s donc qui v\lez dev5ir ouvri] p>mi les hommes1 r5dez-v\s att5tif aux signes des temps qui s'ap]oiv5t4 ,mais d'abord1 qu'att5dez-v\s de la m>*e de l'humanit sur la t]re8 ,v]s quel av5ir va le monde8 ,comm5t f9ira-t-il8 ,p\r moi1 je crois que le monde e/ libre et f9ira comme il v\dra4 ,le monde f9ira comme un sa9t1 comme un sage1 ou comme un m*ant3 peut-tre comme une de ces mes insignifiantes et inutiles que ,dieu seul peut jug]4 ,t\t e/ possible4 ,l'humanit e/ libre4 ,il n'y a pas d'article de foi sur ce po9t4 ,la seule *ose qu'en ait dite le ,*ri/1 si t\tefois j'ent5ds bi5 ses p>oles1 e/ une "q qu'il a pose sans la rs\dre4 ,qu& le fils de l',homme revi5dra1 dit-il1 p5sez-v\s qu'il tr\ve encore de la foi sur la t]re8 ,il semble que1 sur ce sujet1 le d\te e/ la vrit mme4 ,or1 je ne sais si v\s s5tez ceci comme je le s5s1 mais ce d\te m'lectrise4 ,le d\te n]ve d'ord9aire2 ici il vivifie1 il transporte4 ,oui1 il se peut que sur la face de cette t]re1 comme fruit de tant de l>mes et de luttes1 le bi5 l'emporte enf91 que le rgne de ,dieu arrive1 et que sa volont soit faite en la t]re1 comme au ciel4 ,il se peut que l'hi/oire f9isse p> une moisson4 ,et il se peut aussi que t\t f9isse p> la /rilit1 comme la vie du figui] maudit2 que1 comme on voit des hommes1 puiss de dbau*e et p]dus de folie1 m\rir avant le temps1 le monde aussi vi5ne m\rir avant le temps1 puis de dbau*e et p]du de folie4 ,il se peut que la ju/ice et la vrit soi5t va9cues1 et r5tr5t dans le se9 de ,dieu en maudissant la t]re qui aura refus de donn] son fruit4 ,or1 v\s savez qu'auj\rd'hui1 p>mi n\s1 bi5 des esprits dc\rags s\ti5n5t qu'il en s]a c]ta9em5t a9si4 ,d'autres1 trangem5t confiants1 dcl>5t qu'il en s]a1 sans aucun d\te1 t\t autrem5t1 et que le bi5 doit triomph] sur t]re4 ,moi1 je l'ignore1 et je ne sais qu'une seule *ose1 c'e/ que l'humanit e/ libre et que l'homme f9ira comme il v\dra4 ,je sais que v\s1 moi1 *acun de n\s1 n\s p\vons aj\t] nos m\vem5ts et notre poids au m\vem5t de dcad5ce qui n\s emporte v]s l'abme1 ou bi51 au nom de ,dieu1 et en union avec le ,*ri/1 travaill] sauv] le monde1 et r$ress]1 en ce mom5t mme1 la direction du sicle et de l'hi/oire1 si elle e/ fausse4 ,mais1 je v\s le dem&e ma9t5ant1 et ceci e/ la plaie du sicle1 qu'e/-ce qui n\s manque t\s p\r cette uvre8 ,il n\s manque la foi4 ,si v\s aviez de la foi1 seulem5t comme un gra9 de snev1 a dit le ,*ri/1 v\s transport]iez les montagnes1 et ri5 ne v\s s]ait impossible4 ,or1 qui e/-ce qui croit ma9t5ant que ri5 n'e/ impossible8 ,qui e/-ce qui croit qu'on peut transport] les montagnes1 qu'on peut gurir les peuples1 faire prdom9] la ju/ice dans le monde1 et1 dans l'esprit huma91 la vrit8 ,o sont-ils1 ces croyants8 ,la foi manque dans ceux qu'il faut sauv]1 et l'on ne peut pas les saisir2 et la foi manque dans ceux qui veul5t ou croi5t v\loir sauv] les autres1 et ils n'ont pas la =ce d'entran] ceux qu'ils aurai5t saisis4 ,qu& le ,fils de l',homme revi5dra1 p5sez-v\s qu'il tr\ve encore de la foi sur la t]re8 ,je le vois1 n\s sommes s\s le c\p de cette "q4 ,voil la plaie4 ,seigneur1 augm5tez-n\s la foi4 ,voil donc la prire qu'il faut faire1 et l'uvre laquelle il faut n\s atta*]4 ,mais comm5t8 ,,ii ,il y a deux manires4 ,l'une1 plus haute que la philosophie1 ne n\s reg>de pas ici4 ,je l'indiqu]ai cep5dant4 ,l'autre prcism5t e/ l'uvre de la philosophie1 et rpond la "q pose plus haut3 ,qu'e/-ce que ,dieu veut de l'esprit huma98 ,le plus puissant moy5 de retr\v] la foi e/ celui qu'a employ sa9t ,v9c5t de ,paul4 ,on lit1 dans la vie de cet homme hroque1 un fait trop peu connu4 ,un j\r1 mu de compassion p> l'tat d'un malheureux prtre1 docteur en ?ologie1 qui p]dait sa foi p>ce qu'il avait cess d'tudi] la gr&e sci5ce1 sa9t ,v9c5t de ,paul pria ,dieu de lui r5dre la vivacit de sa foi1 s'(frant de se s\mettre lui-mme1 s'il le fallait1 au f>deau que ce pauvre frre ne p\vait pas port]4 ,il fut exauc l'heure mme1 et ce gr& sa9t re/a1 p5dant quatre ans1 comme priv de cette foi qui cep5dant tait sa vie4 ,savez-v\s comm5t il sortit de cette preuve8 ,il en sortit en dev5ant sa9t ,v9c5t de ,paul1 c'e/--dire t\t ce que signifie ce nom4 ,c'e/ cette preuve1 inexplicable en app>5ce1 qui a fait sa9t ,v9c5t de ,paul1 c'e/--dire l'esprit de foi1 d'am\r1 de compassion inc>n dans une vie t\t entire4 ,c'e/ en se donnant la compassion sans rs]ve que ce gr& cur a retr\v la possession paisible de sa foi4 ,aprs trois ou quatre ans passs dans ce rude ex]cice1 dit son hi/ori51 gmissant t\j\rs devant ,dieu1 il s'avisa un j\r de pr5dre une rsolution f]me et inviolable de s'adonn] t\te sa vie1 p\r l'am\r de ,dieu1 au s]vice des pauvres4 ,il n'eut pas plus tt =m cette rsolution dans son esprit que ses s\ffrances s'van\ir5t1 que son cur se tr\va remis dans une d\ce lib]t2 et qu'il a av\ depuis1 en div]ses occasions1 qu'il lui semblait voir les vrits de la foi dans la lumire#aa4 #aa ,abelly1 t4 ,,ii1 p4 #bih4 ,voil l'exemple4 ,que notre sicle en fasse autant1 et se donne1 p\r l'am\r de ,dieu1 au s]vice des pauvres4 ,il n'y aura bi5tt plus de lutte contre la foi4 ,tel e/ le gr& et le premi] moy5 de ram5] la foi sur la t]re p\r la sauv]4 ,voici le second4 ,le premi] e/ ce que ,dieu veut du cur huma94 ,le second e/ ce que ,dieu veut de l'esprit huma94 ,ceci reg>de la ,logique4 ,donnez-moi t\te votre att5tion4 ,,iii ,quelle e/ depuis trois sicles1 en ,france1 et plus ou mo9s dans t\te l',europe1 et p> consqu5t dans le monde1 la m>*e de l'esprit huma9 s\s le rapport de la foi8 ,je vois un gr& sicle de foi1 le dix-septime2 je vois un sicle d'incrdulit1 le dix-huitime2 je vois un sicle de lutte entre la foi et l'incrdulit1 c'e/ le ntre4 ,qu'e/-ce qui l'emport]a8 ,c'e/ l1 dis-je1 ce qui dp5d de n\s4 ,qu'tait le dix-septime sicle8 ,un docteur en ?ologie1 d'abord2 et en outre1 s\s le rapport intellectuel1 le po9t le plus lum9eux de l'hi/oire4 ,le dix-septime sicle1 lui seul1 e/ le pre des sci5ces1 le crateur de cette gr&e sci5ce mod]ne dont n\s sommes si fi]s auj\rd'hui4 ,on a1 depuis1 p]fectionn1 dduit et appliqu2 mais il a t\t cr1 et1 si l'on ose a9si p>l]1 t\t dans l'ordre sci5tifique1 a t fait p> lui1 et ri5 de ce qui a t fait jusqu' prs5t n'a t fait sans lui4 ,il y a eu l comme une inspiration du ,v]be p\r l'avnem5t des sci5ces4 ,ce sicle1 du re/e1 tait le plus prcis1 le plus complet des sicles ?ologiques2 le plus gr& sans comp>aison des sicles philosophiques1 et le plus gr& des sicles littraires4 ,mais aprs cet imm5se lan1 l'esprit huma91 semblable ce docteur qui avait cess d'tudi]1 cessa aussi de travaill]1 non la physique1 non les ma?matiques1 mais la ?ologie et la philosophie1 la sci5ce de ,dieu et celle de l'homme4 ,et alors la foi se p]dit4 ,je dis qu'on a cess de travaill] la ?ologie et la philosophie4 ,la ?ologie1 cela e/ visible2 et l'uvre du dix-huitime sicle a prcism5t consi/ *ass] la ?ologie de t\tes les directions de l'esprit huma94 ,on la *assait au nom de la philosophie4 ,on proclamait le rgne de la philosophie1 et1 p5dant ce temps1 on *assait la philosophie tel po9t que je ne connais aucun sicle qui en ait eu mo9s4 ,c'e/ ce que j'ai quelque "p clairem5t dmontr p> une citation de ,voltaire1 suivie d'une citation de ,condillac4 ,je dis donc qu'aprs l'imm5se lumire du sicle prcd5t1 l'ignorance philosophique du dix-huitime sicle e/ un prodige qui ne saurait tre expliqu que p> la dpravation gnrale des murs1 la p>esse et l'abt>dissem5t qui en rsult5t4 ,je ne connais qu'un seul phnomne analogue3 c'e/ l'hi/oire1 du re/e trop frqu5te1 de ce pauvre enfant1 d'abord brillant et admirable dans ses tudes1 tant qu'il e/ pur et pieux2 mais le vice et l'impit le font desc5dre1 d'une anne l'autre1 aux d]ni]s rangs4 ,on cessa donc de s'occup] de ?ologie et de philosophie1 et on p]dit la foi1 ou plutt le t\t v9t ensemble3 il y a l une cause et un effet mls1 qui se produis5t rciproquem5t3 immoralit1 incrdulit et p>esse1 font c]cle4 ,le comm5cem5t e/ o l'on veut4 ,je n'aj\te qu'un mot sur le dix-huitime sicle4 ,sa ress\rce devant ,dieu1 et ce p\r quoi1 peut-tre1 il n'a pas absolum5t rompu avec le c\rs provid5tiel de l'hi/oire1 c'e/ qu'il a p>l de ju/ice et d'am\r des hommes1 p>fois s9crem5t1 et que1 p5dant qu'il s'g>ait d'ailleurs1 il y avait1 au fond du sicle1 je ne sais quel m\vem5t du cur univ]sel des bons1 qui *]*ait1 p> une adoration plus pr(onde1 dev5ir plus semblable au cur sacr du ,*ri/2 et le sicle sup]ficiel lui-mme1 trav]s ses dbau*es et ses folies1 bnissait sa9t ,v9c5t de ,paul1 et le pr5ait p\r son patron4 ,mais rev5ons4 ,la "q e/ auj\rd'hui de savoir lequel des deux m\vem5ts s]a le ntre4 ,a qui v\lons-n\s ressembl]1 nos pres ou nos aeux8 ,il e/ clair que ces deux m\vem5ts1 p>mi n\s1 lutt5t encore et que n\s hsitons4 ,laiss]ons-n\s c\rir la dcad5ce1 qui c\rt t\j\rs1 ou remont]ons-n\s v]s la lumire8 ,je le rpte1 cela dp5d de n\s4 ,v\s avez vu la dcad5ce simultane de la philosophie et de la foi4 ,relevez l'une et l'autre en mme temps1 et l'une p> l'autre4 ,e/-ce que v\s ne compr5ez pas que votre philosophie /rile1 nulle1 puise1 et dont ne s'occupe plus que la ligne des pr(esseurs1 n'e/ telle que p>ce qu'elle e/ vide de foi8 ,et ne voyez-v\s pas de vos yeux que la foi e/ *asse de l'esprit de t\s les demi-savants1 et mme des ignorants1 p> le prjug sculaire que la philosophie et la raison sont contraires la foi8 ,travaillez donc les runir1 et v\s travaill]ez au salut du sicle4 ,,iv ,mais je ne m'arrt]ai pas aux gnralits1 je veux en v5ir au dtail4 ,voici p\r arriv] ce gr& b1--qui e/ prcism5t ce que ,dieu veut de l'esprit huma92--voici encore1 si v\s ne v\s lassez pas de me suivre1 un conseil pratique qui1 du re/e1 e/ indisp5sable au dveloppem5t de vos facults et au progrs de la lumire dans votre esprit4 ,voici ce conseil3 ,travaillez la sci5ce comp>e4 ,ceci dem&e explication4 ,travaill] la sci5ce comp>e1 c'e/ pr5dre p\r devise1 dans vos tudes1 cette p>ole de ,leibniz3 ,il y a de l'h>monie1 de la mtaphysique1 de la gomtrie1 de la morale p>t\t4 ,c'e/ aj\t] encore cette imm5se et pr(onde p>ole deux mots que ,leibniz ne dsav\]a pas1 et dire3 ,il y a de l'h>monie1 de la mtaphysique1 de la ?ologie1 de la physique1 de la gomtrie1 de la morale p>t\t4 ,c'e/ y aj\t] encore une autre p>ole que n\s citons sans cesse et que n\s v\drions p\voir crire p>t\t en lettres d'or1 et que voici3 ,il faut savoir qu'il y a trois sortes de sci5ces3 la premire e/ purem5t huma9e2 la seconde1 div9e simplem5t2 la troisime e/ huma9e et div9e t\t ensemble2 c'e/ proprem5t la vraie sci5ce des *rti5s#ab4 #ab ,vie de ,m4 ,oli]1 t4 ,,ii1 p4 #bgg4 ,si v\s v\lez auj\rd'hui travaill] utilem5t1 contribu] au ret\r du sicle v]s la lumire1 la r5aissance de la foi1 la re/auration de la raison publique1 c'e/ dans ce s5s qu'il v\s faut travaill]4 ,rappelez-v\s les p>oles du gr& ,joseph de ,mai/re1 ce demi-prophte3 ,att5dez que l'aff9it naturelle de la religion et de la sci5ce les runisse dans la tte d'un seul homme de gnie3 l'app>ition de cet homme ne saurait tre loigne1 et peut-tre mme exi/e-t-il dj4 ,celui-l s]a fameux et mettra f9 au dix-huitime sicle1 qui dure t\j\rs#ac4 #ac ,soires de ,sa9t-,pt]sb\rg4 ,onzime entreti54 ,rem>quez t\tefois que si l'homme de gnie tait n avant #ahaj1 ou mme avant #ahbj1 il aurait bi5 probablem5t dj donn signe de vie4 ,considrez de plus que l'uvre e/ tellem5t imm5se qu',ari/ote ou ,leibniz n'y suffirait pas4 ,ari/ote a trop peu d'lan2 ,leibniz a trop de s+ul>its4 ,peut-tre sa9t ,?omas d',aqu9 p\rrait-il entrepr5dre la ,somme du dix-neuvime sicle3 gnie d'un lan prodigieux1 sans aucune s+ul>it1 sublime et rig\reux1 aussi t5du t\t au mo9s qu',ari/ote ou ,leibniz1 on n'ose lui trac] de limites ni dire ce qu'il ne p\rrait pas4 ,mais o e/ sa9t ,?omas d',aqu98 ,o e/ la plus haute sa9tet1 unie au plus haut gnie8 ,o e/ l'absolue *a/et d'une vie entire1 unie la ri*esse d'une nature mridionale8 ,o sont la solitude1 le sil5ce1 le clotre1 et ces d\ze frres criva9s1 qui d*iffr5t1 copi5t1 *]*5t p\r sa9t ,?omas1 et sont prts nuit et j\r crire ces dictes que ,dieu inspire8 ,que faire donc8 ,il faut1 en att5dant1 que quelque c\p de gnie n\s rveille et entrane l'esprit europen dans cette fconde et magnifique c>rire1 il faut1 v\s qui entrevoyez ces vrits1 v\s y donn] d'abord et t\t enti]4 ,qui sait si l'on ne f]a pas1 p> le nombre et l'union1 ce que ,joseph de ,mai/re att5d de l'unit et de la solitude du gnie8 ,peut-tre1 en effet1 le temps e/-il v5u o il n'y aura plus d'coles1 o l'on ne donn]a plus aucun homme p>ticuli] le nom de matre1 o l'on pratiqu]a en un c]ta9 s5s lev ce mot du ,*ri/3 ,n'appelez p]sonne sur la t]re votre matre1 p>ce que v\s n'avez qu'un matre1 qui e/ le ,*ri/1 et que v\s tes t\s frres4 ,peut-tre que plusieurs humbles disciples du ,*ri/1 unissant leurs intellig5ces dans l'humilit frat]nelle1 et mritant1 dans l'ordre de la sci5ce1 cette bndiction du vrai matre3 ,lorsque deux ou trois d'entre v\s s'uniss5t en mon nom sur la t]re1 je suis au milieu d'eux2 peut-tre1 dis-je1 que plusieurs humbles frres1 unis en ,dieu1 f]ont plus qu'un gr& homme4 ,peut-tre que plusieurs bons ouvri]s1 dcids1 c\rageux1 laborieux1 et p\sss p> un ar*itecte invisible1 con/ruiront l'difice comme des abeilles con/ruis5t une ru*e4 ,mais je suis seul1 me direz-v\s4 ,alors soyez du mo9s aussi c\rageux que ,bacon1 mais plus mode/e4 ,ne dites pas comme lui3 ,viam aut inv5tam aut faciam2 mais travaillez p\rtant1 et si v\s tes p]svrant et conva9cu1 peut-tre1 plus heureux que ,bacon1 qui *]*ait bris] une porte dj ouv]te p> de plus =ts que lui1 peut-tre v\s s]a-t-il donn d'ouvrir mode/em5t d'autres plus =ts que v\s1 qui sauront conqurir la place1 une porte qu'ils n'ap]cevai5t pas4 ,,*apitre ,,vii ,,sci5ce ,,comp>,e ,cela pos1 voici comm5t v\s travaill]ez1 si v\s v\lez p>v5ir la sci5ce comp>e4 ,je suppose que v\s sortez du collge1 avec de bonnes tudes littraires1 et quelque comm5cem5t de philosophie4 ,il v\s faut ma9t5ant la ?ologie et les sci5ces4 ,v\s savez que les gr&s hommes du dix-septime sicle tai5t la fois ma?matici5s1 physici5s1 a/ronomes1 naturali/es1 hi/ori5s1 ?ologi5s1 philosophes1 criva9s4 ,qu'on en cite un qui n'ait t que philosophe6 ,de ,kepl] ,newton1 t\s sont ?ologi5s4 ,voil vos modles4 ,donc1 relguez un peu1 et mme beauc\p1 les lettres et la philosophie1 et faites place la ?ologie et aux sci5ces4 ,du re/e1 il e/ heureux que v\s ayez pr5dre ce p>ti1 c>1 si v\s avez du gt p\r les lettres et la philosophie1 la premire prcaution pr5dre1 c'e/ de ne pas v\s y enf]m]4 ,homme littraire1 dang]eux et va96 disait quelqu'un4 ,compr5ez-v\s ce texte de l'criture sa9te3 ,p>ce que je ne suis pas littraire1 j'entr]ai dans les puissances sacres8 7,quoniam non cognovi litt]aturam1 ideo introibo 9 pot5tias ,dom9i47 ,n'avez-v\s jamais rem>qu la diffr5ce1 le contra/e1 je dirai mme l'opposition qui se r5contr5t entre la puissante pr(ondeur des div9es ides1 et surt\t des div9s s5tim5ts1 et leur expression littraire8 ,n'avez-v\s jamais rem>qu ces deux natures d'esprit1 si bi5 dcrites p> ,fnelon1 dont l'une exprime1 peu prs sans voir ni s5tir2 dont l'autre s5t et voit1 mais n'exprime pas1 ou du mo9s pas encore8 ,dfiez-v\s de cette premire espce d'esprits1 et t*ez de n'en tre pas4 ,si v\s avez dj acquis quelque art d'exprim] ce que v\s t5ez1 *]*ez ma9t5ant les *oses exprim]2 c> il v\s faut d'abord savoir3 ,scrib5di recte sap]e e/ et pr9cipium et fons4 ,laissez ma9t5ant dormir en v\s l'esprit littraire1 et *]*ez l'esprit sci5tifique4 ,soyez savant4 ,votre esprit non seulem5t en devi5dra plus ri*e1 mais aussi plus =t et plus gr&4 ,heureux ceux qui s\mett5t leur esprit au conseil que ,virgile donnait aux lab\reurs3 ,et qui proscisso qu suscitat quore t]ga ,rursus 9 obliquum v]so p]rumpit aratro1 ,ex]cetque frequ5s tellurem atque imp]at arvis#ad6 #ad ,que dire de celui qui1 aprs avoir ouv]t le sol et s\lev la t]re1 ret\rne la *>rue1 croise et brise les premi]s sillons1 ex]ce a9si la t]re et la g\v]ne6 7,gorgiques1 ,i1 #ig-ii47 ,faites de mme4 ,croisez votre littrature p> la sci5ce1 la sci5ce p> la ?ologie4 ,rompez vos premires habitudes d'esprit1 vos premires =mes de p5se4 ,surt\t1 si v\s avez pris1 au collge1 une premire atta*e un sy/me p>ticuli] de philosophie1 htez-v\s de rappel] la *>rue1 et de dirig] les sillons dans un t\t autre s5s3 ,rursus 9 obliquum v]so p]rumpit aratro4 ,dans ce second travail1 ri5 de bon ne s]a p]du2 mais que de prjugs1 d'erreurs1 d'incohr5ces disp>atront6 ,quelle m9ce culture que celle de la premire ducation6 ,sup]posez cette ducation une autre ducation1 et puis une autre encore4 ,rompez et domptez votre esprit en le lab\rant plus d'une fois en plusieurs s5s3 ,ex]cetque frequ5s tellurem atque imp]at arvis4 ,ne craignez pas de *ang] plusieurs fois de culture4 ,ri5 n'e/ plus favorable la t]re1 dit ailleurs le pote4 ,le *angem5t de culture repose3 ,sic quoque mutatis requiescunt ftibus arva#ae4 #ae ,c'e/ a9si que la t]re se repose p> le *angem5t de culture4 ,il y a plus1 telle ou telle production brle et dess*e la t]re1 si on la cont9ue4 ,mais que les moissons se succd5t sans se ressembl]1 et la t]re les porte gam5t4 ,urit enim l9i campum seges1 urit av51 ,urunt le?o p]fusa papav]a somno1 ,s$ tam5 alt]nis facilis labor#af4 #af ,le l9 brle le *amp qui le porte2 l'avo9e aussi et le pavot *>g du sommeil de la mort4 ,mais la t]re ne s\ffrira po9t1 s'ils se succd5t4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que les ma?matiques isoles brl5t et dess*5t l'esprit3 la philosophie le b\rs\fle2 la physique l'ob/rue2 la littrature l'extnue1 le met t\t en surface2 et la ?ologie p>fois le /upfie4 ,croisez ces influ5ces2 sup]posez ces cultures div]ses3 ri5 de bon ne se p]d1 beauc\p de mal e/ vit4 ,,ii ,l'esprit e/ une trange capacit1 une sub/ance d'une nature surpr5ante4 ,je v\s excite la sci5ce comp>e2 je v\s dem&e1 p\r cela1 d'tudi] t\t3 ?ologie1 philosophie1 gomtrie1 physique1 physiologie1 hi/oire4 ,eh bi51 je crois v\s mo9s *>g] l'esprit que si je v\s disais de travaill] de t\tes vos =ces1 p5dant la vie entire1 la physique seule1 la gomtrie seule1 la philosophie ou la ?ologie seule4 ,il se passe p\r l'esprit ce que la sci5ce a con/at p\r l'eau dans sa capacit d'absorption4 ,saturez l'eau d'une c]ta9e sub/ance3 cela ne v\s emp*e en ri5 de la satur] aussitt d'une autre sub/ance1 comme si la premire n'y tait pas puis d'une troisime1 d'une quatrime et plus4 ,au contraire1 et c'e/ l le =t du prodige1 la capacit du liquide p\r la premire sub/ance augm5te encore qu& v\s l'avez en outre remplie p> la seconde1 et a9si de suite1 jusqu' un c]ta9 po9t4 ,donc1 aj\tez votre philosophie t\tes les sci5ces et la ?ologie1 v\s augm5t]ez votre capacit philosophique3 votre philosophie1 son t\r1 augm5te de beauc\p votre capacit sci5tifique1 ?ologique2 a9si de suite1 jusqu' un c]ta9 po9t qui dp5d de la nature f9ie de l'esprit huma9 et du tempram5t p>ticuli] de *aque esprit4 ,il ne faut po9t oubli] surt\t que ces capacits de l'eau dp5d5t pr9cipalem5t de sa temprature4 ,refroidissez3 la capacit dim9ue3 elle augm5te si la *aleur revi5t4 ,de mme1 ri5 n'augm5te autant la vraie capacit de l'esprit qu'un cur ard5t4 ,l'esprit gr&it qu& il fait *aud dans l'me4 ,les p5ses sont gr&es qu& le cur les dilate4 ,il y a des esprits o il fait clair2 il y en a o il fait *aud1 disait excellemm5t ,j\b]t4 ,oui1 p>fois la *aleur et la cl>t se sp>5t1 mais la *aleur et la gr&eur1 jamais4 ,les esprits les plus gr&s sont t\j\rs ceux o il fait *aud4 ,donc ne v\s effrayez pas du travail de la sci5ce comp>e2 la sci5ce comp>e1 au contraire1 e/ une m?ode p\r travaill] normm5t1 sans trop de fatigue2 c'e/ le moy5 de dploy] t\tes vos ress\rces et t\tes vos facults1 et surt\t d'appr(ondir *aque sci5ce plus qu'elle ne p\vait l'tre dans l'isolem5t4 ,l'av5ir montr]a la vrit de cette rem>que1 si l'on entre c\rageusem5t dans la voie de la sci5ce comp>e4 ,quelle n'a pas t la fcondit de l'algbre1 applique la gomtrie2 puis la fcondit de cette sci5ce d\ble1 applique son t\r la physique et l'a/ronomie6 ,que s]a-ce qu& on ira plus lo91 et que l'on saura comp>] les sci5ces morales aux sci5ces physiologiques1 et mme physiques1 et le t\t la ?ologie8 ,,iii ,s\s ce rapport1 les ,allem&s n\s donn5t l'exemple4 ,seulem5t1 le pan?isme en g>e un gr& nombre4 ,le faux pr9cipe des hgli5s opre1 dans le doma9e des sci5ces1 la p>odie de ce que n\s annonons ici4 ,ils prt5d5t qu'il n'y a qu'une sci5ce1 p>ce que t\t e/ absolum5t un2 qu'il ne faut plus morcel] la sci5ce en logique1 morale1 physique1 mtaphysique1 ?ologie3 t\t cela1 dis5t-ils1 e/ prcism5t un et id5tique1 p>ce que t\s les objets sont id5tiques1 t\t tant ,dieu4 ,voil la confusion4 ,n\s p>lons1 n\s1 de comp>aison4 ,c'e/ autre *ose4 ,comp>aison suppose1 au contraire1 di/9ction4 ,on sait assez les rsultats risibles1 et quelquefois odieux1 qui sort5t de ce pr9cipe de confusion pan?i/ique1 soit en ,logique1 soit en ,morale1 soit en ,physique4 ,mais ce que l'on sait mo9s1 c'e/ que cette voie de rappro*em5t1 cette t5tative impossible d'id5tifi] t\tes les lignes de l'esprit huma91 a cep5dant p\ss la comp>aison1 et produit1 en quelques esprits m95ts1 dont plusieurs1 du re/e1 sont libres de t\t pan?isme1 de trs gr&s rsultats4 ,il suffit de cit] ,ritt]1 le gr& gographe1 ,burda*1 le gr& physiologi/e1 ,grres1 ,humboldt1 le philologue1 ,s*ub]t surt\t4 ,n\s p\vons d'ailleurs att5dre de ce peuple de gr&es *oses p\r la sci5ce comp>e4 ,ces mes pr(ondes1 my/iques1 h>monieuses vont volonti]s au c5tre des ides1 en ce po9t o les rac9es des vrits se t\*5t4 ,la mon/rueuse philosophie1 absolum5t absurde1 dont ils sont auj\rd'hui victimes1 n'e/ po9t p\r t\te l',allemagne1 une preuve de rprobation intellectuelle4 ,ils ont p\ss b\t1 les premi]s1 la raison huma9e isole et sp>e de ,dieu3 ds que la raison de ce peuple repr5dra sa rac9e en ,dieu1 on v]ra ce que peut produire la puissance h>monique de ces mes4 ,mais1 mme ds ma9t5ant1 il e/ vrai de dire que leurs travaux1 malgr la confusion pan?i/ique qui s'y r5contre1 ont prp> beauc\p de matriaux la sci5ce comp>e4 ,qu& la vritable sci5ce comp>e s'lv]a1 elle trait]a ce mon/rueux produit1 comme l'criture sa9te n\s rapporte que ,tobie1 inspir p> l'ange1 traita ce mon/rueux poisson qui l'effrayait d'abord4 ,seigneur1 il m'envahit1 criait l'enfant1 comme n\s disions du pan?isme qui n\s envahissait de t\tes p>ts4 ,ne cra9s ri5 de ce mon/re1 lui dit l'ange1 pr5ds-le et amne-le toi3 tu te n\rriras de sa *air4 ,qu& n\s aurons conu quelque *ose de l'ide et du plan de cette sci5ce n\velle1 qui s]a celle du pro*a9 gr& sicle1 n\s trait]ons a9si le pan?isme1 qui ma9t5ant s'engraisse p\r n\s4 ,,iv ,a9si ne craignez ni la masse1 ni le nombre1 ni la div]sit des sci5ces4 ,t\t cela s]a simplifi1 rduit et fcond p> la comp>aison4 ,mais il v\s faut1 en t\t cas1 de t\te ncessit1 une connaissance suffisante de la gomtrie et des ma?matiques en gnral2 de l'a/ronomie1 de la physique et de la *imie1 de la physiologie comp>e1 de la gologie et de l'hi/oire1 sans p>l] de la ?ologie1 dont il s]a "q plus t>d4 ,et n'oubliez pas d'ailleurs1 qu'il ne faut jamais consacr] ces *oses t\t votre temps4 ,il en faut au contraire1 rs]v] la meilleure p>tie p\r ,dieu seul1 et p\r crire4 ,la t*e1 peut-tre1 v\s p>at impossible4 ,elle ne l'e/ pas4 ,mais deux conditions3 c'e/ que v\s saurez tudi] et que v\s *oisirez vos matres4 ,v\s ne pr5drez pas la sci5ce1 comme on pr5ait autrefois le qu9qu9a avec l'corce2 le malade1 alors1 mangeait peu de suc et beauc\p de bois4 ,v\s pr5drez la sci5ce1 le plus possible1 comme on pr5d auj\rd'hui la qu99e1 sans corce ni bois4 ,puis v\s aurez des matres qui n'enseign]ont pas avec cette excessive l5teur que ncessite la faiblesse des enfants dans les collges1 et surt\t qui s'loign]ont de la manire de ces trop nombreux pr(esseurs1 qui jamais ne prs5t5t un ensemble l'auditoire1 mais t\j\rs des p>celles indf9im5t t5dues2 en sorte que le c\rs n'e/ jamais t]m91 mais se prolonge t\j\rs1 quel que soit le nombre des annes qu'on y mette4 ,v\s *]*]ez des matres qui sa*5t v\s prs5t] rapidem5t les rsultats et les totalits4 ,ceci pos1 comm5cez p> consacr]1 p> exemple1 deux ans aux ma?matiques1 la physique et la *imie1 et la ?ologie4 ,pr5ez une heure et demie de leon p> j\r1 dans l'aprs-midi4 ,deux leons de ma?matiques p> sema9e2 deux leons de physique et de *imie1 deux leons de ?ologie4 ,travaillez *aque leon deux heures1 immdiatem5t aprs les leons4 ,ceci e/ l'emploi de l'aprs-midi4 ,donnez ensuite deux ans aux trois c\rs suivants3 a/ronomie et mcanique2 physiologie comp>e2 ?ologie4 ,puis deux autres annes aux c\rs suivants3 gologie1 gographie1 hi/oire1 philologie1 ?ologie4 ,n'oubliez pas que je p>le un homme dcid travaill] t\te sa vie2 qui tr\ve que l'tude mme aprs la prire1 e/ le bonheur2 qui veut creus] et comp>] *aque *ose p\r y tr\v] la vrit1 c'e/--dire ,dieu4 ,du re/e1 t5ez p\r c]ta9 que les gr&es difficults v\s att5d5t1 v\s qui entr]ez les premi]s dans cette voie4 ,mais que de pe9e on p\rrait s'p>gn] si on savait s'unir et s'entr'aid]6 si1 au nombre de six ou sept1 ayant la mme p5se1 on procdait p> enseignem5t mutuel1 en dev5ant rciproquem5t et alt]nativem5t lve et matre2 si mme1 p> je ne sais quel conc\rs de circon/ances heureuses1 on p\vait vivre ensemble6 si1 outre les c\rs de l'aprs-midi et les tudes sur les c\rs1 on conv]sait le soir1 table mme1 sur t\tes ces belles *oses1 de manire en appr5dre plus1 p> caus]ie et p> infiltration1 que p> les c\rs eux-mmes3 si1 en un mot1 on p\vait =m] quelque "p une sorte de ,port-,royal1 mo9s le s*isme et l'orgueil6 ,quoi qu'il en soit1 j'ai suppos que v\s p\rriez tr\v] des matres capables de v\s prs5t] rapidem5t l'ensemble de *aque sci5ce et son rsultat utile2 et aussi1 que v\s sauriez pr5dre1 dans *aque sci5ce1 le suc en ngligeant l'corce4 ,mais l mme e/ la difficult4 ,si nos sci5ces tai5t a9si faites1 et nos pr(esseurs prp>s enseign] a9si1 les admirables rsultats de nos gr&es sci5ces cess]ai5t bi5tt d'tre un my/re rs]v aux coles et aux acadmies4 ,mais1 puisqu'il n'en e/ pas a9si1 j'essay]ai de v\s donn]1 sur la manire d'tudi] ou d'enseign] ces sci5ces1 quelques avis trs incomplets1 auxquels j'espre1 v\s saurez suppler4 ,,*apitre ,,viii ,,ma?,,matiques ,i ,p>lons d'abord des ma?matiques4 ,platon avait crit1 dit-on1 sur la porte de son cole de philosophie1 ces mots3 ,nul n'entre ici s'il ne sait la gomtrie4 ,ce mot a t rcemm5t comm5t p> ,m4 ,bordaz-,desm\l91 l'un des r>es esprits qui1 p>mi n\s1 ont *]* entr] dans la voie de la sci5ce comp>e1 et qui crit sur la premire page de son livre cette pigraphe3 ,sans les ma?matiques1 on ne pntre po9t au fond de la philosophie2 sans la philosophie1 on ne pntre po9t au fond des ma?matiques2 sans les deux1 on ne pntre au fond de ri54 ,qu& ,desc>tes1 l'un des quatre gr&s ma?matici5s1 ana?matise les ma?matiques en ces t]mes3 ,cette tude n\s r5d impropres la philosophie1 n\s dsacc\tume peu peu de l'usage de notre raison1 et n\s emp*e de suivre la r\te que sa lumire n\s trace2 ,desc>tes1 p> ces mots1 ne contr$it po9t ,platon ni ses comm5tateurs2 il p>le de l'usage exclusif des ma?matiques isoles4 ,de mme qu'une t]re e/ puise p> tel produit unique rev5ant *aque anne1 mais le supporte p> alt]nances1 a9si de notre esprit4 ,les ma?matiques seules ru95t l'esprit3 cela e/ surabondamm5t pr\v4 ,quant ce que peut l'union de la philosophie et des ma?matiques1 ,desc>tes en e/ lui-mme la preuve1 avec ,leibniz encore plus que ,platon4 ,kepl]1 le plus gr& peut-tre des ma?matici5s1 disait3 ,la gomtrie1 antrieure au monde1 cot]nelle ,dieu1 et ,dieu mme a donn les =mes de t\te la cration1 et a pass dans l'homme avec l'image de ,dieu4 ,d'aprs lui1 la gomtrie e/ en ,dieu1 elle e/ dans l'me4 ,on ne connat ,dieu et l'me1 s\s c]ta9es faces1 que p> les ides gomtriques4 ,non seulem5t ,kepl] a montr le premi] que la gomtrie1 non approximativem5t1 mais en t\te rigueur1 comme le dit ,laplace1 tait dans le ciel visible2 il l'y a vue1 et cette vue e/ la vue des gr&es lois qui rgiss5t t\tes les =mes et les m\vem5ts a/ronomiques4 ,non seulem5t on a su1 depuis1 introduire les ma?matiques dans t\tes les bran*es de la physique2 non seulem5t on a tr\v que la lumire et les c\leurs sont nombres1 lignes et sphres2 que le son e/ aussi nombre et sphre2 que la musique1 dans sa =me s5sible1 n'e/ que gomtrie et proportions de nombre2 mais voici que dj la physiologie elle-mme comm5ce s'appliqu] la gomtrie1 comme dans les travaux de ,c>us et autres1 p> exemple1 dans ce beau ?orme de ,burda*3 ,dans la =me la plus p>faite1 le c5tre et la priphrie sont d\bles4 ,mais on ira plus lo94 ,on introduira les ma?matiques dans la psy*ologie p\r y mettre de l'ordre et en ap]cevoir le fond2 ces vagues press5tim5ts de ,platon1 de ,py?agore1 de sa9t ,augu/9 et de tant d'autres3 ,l'me e/ un nombre1 l'me e/ une sphre2 l'me e/ une h>monie2 devi5dront des prcisions sci5tifiques4 ,n\s avons essay d'en montr] quelque *ose dans notre ,connaissance de l'me#ag4 ,on v]ra ce qu'a dit ,leibniz3 ,il y a de la gomtrie p>t\t2 on en tr\v]a jusque dans la morale4 #ag ,livre ,,iv1 *ap4 ,,iii4 ,voyez aussi le livre ,v1 *ap4 ,,ii portant ce titre3 ,le ,lieu de l',immortalit4 ,mais comm5t tudi] et enseign] cette va/e sci5ce8 ,comm5t en cultiv] t\tes les p>ties3 ari?mtique1 gomtrie1 algbre1 application de l'algbre la gomtrie1 calcul inf9itsimal1 diffr5tiel et intgral2 comm5t embrass] t\tes ces sci5ces8 ,voici ce que je v\s conseille4 ,,ii ,posez d'abord votre matre une premire "q3 ,qu'e/-ce que t\t cela8 ,dem&ez-lui une premire leon d'une heure et demie sur ce sujet4 ,qu& il v\s aura dit et fait compr5dre qu'il n'y a en t\t cela que deux objets1 les nombres et les =mes1 ari?mtique et gomtrie2 puis une manire de les reprs5t]1 de les calcul]1 de les comp>]1 ari?mtique et application de l'algbre la gomtrie2 puis une manire plus pr(onde encore de les analys]1 calcul inf9itsimal1 dont le calcul diffr5tiel et le calcul intgral sont les deux p>ties1 alors v\s dem&]ez votre matre une leon sur *acune de ces bran*es4 ,il y a une rgle gnrale d'enseignem5t presque t\j\rs r5v]se auj\rd'hui3 c'e/ qu'il faut comm5c]1 en t\t enseignem5t1 p> la rac9e et p> le tronc1 pass] de l aux matresses bran*es1 puis aux bran*es secondaires1 puis aux rameaux1 puis aux feuilles et aux fruits1 puis la gra9e et au noyau1 et montr] la f91 dans *aque noyau et dans *aque gra9e1 la rac9e et le t\t4 ,auj\rd'hui d'abord1 n\s ne p>lons jamais du t\t1 ni au comm5cem5t1 ni la f92 du re/e1 n\s comm5ons arbitrairem5t p> tel ou tel rameau1 et qu& n\s en avons plus ou mo9s dcrit t\tes les bran*es1 sans les appr(ondir ni mme en montr] l'unit1 n\s croyons notre t*e a*eve4 ,les pr(esseurs sont trop s\v5t1 comme le pote dont p>le ,horace1 assez habiles dans c]ta9s dtails1 mais incapables de produire un t\t3 ,infelix op]is summa quia pon]e totum ,nesciet4 ,aprs cette leon gnrale sur *aque bran*e1 recomm5cez c9q ou six leons sur *acune1 puis repr5ez le t\t encore avec plus de dtail4 ,on peut enseign] de cette manire2 on le doit1 du mo9s p\r c]ta9s esprits2 il le faut1 et n\s y vi5drons4 ,,iii ,ici je veux v\s indiqu] une simplification fondam5tale qui doit vivifi] et acclr]1 dans une incalculable proportion1 l'enseignem5t des ma?matiques4 ,je suis heureux de p\voir m'appuy] en ce po9t sur l'autorit de deux ma?matici5s m95ts1 ,m4 ,poisson1 dont les ouvrages sont dans t\tes les ma9s1 et ,m4 ,coriolis1 anci5 directeur des tudes de l'cole polyte*nique1 homme d'autant d'expri5ce que de pntration4 ,m4 ,poisson1 p5dant les d]nires annes de sa vie1 travaillait r5\vel] en ,france l'enseignem5t des ma?matiques1 p> la m?ode que je vais dire1 et qui e/ aux anci5nes m?odes ce que notre n\veau moy5 de locomotion e/ aux anci5s4 ,mais les ef=ts de l'illu/re et habile gomtre ont *\ contre la =ce d'in]tie et le droit de possession des vieilles m?odes4 ,t\t ce qu'il a pu obt5ir comme conseill] de l',univ]sit1 c'e/ une ordonnance dcrtant le *angem5t de m?ode4 ,l'ordonnance a p>u1 mais elle n'a pas t suivie d'effets4 ,il faut la repr5dre4 ,m4 ,poisson disait que les p>ties des ma?matiques devai5t tre enseignes p> la m?ode inf9itsimale4 ,quelques p]sonnes se s\vi5n5t encore qu'un j\r1 prsidant un conc\rs d'agrgation1 ,m4 ,poisson1 oubliant un in/ant le c&idat qu'il avait jug]1 prit la p>ole et dveloppa ceci3 qu'il y a en gomtrie quatre m?odes3 m?ode de sup]position1 m?ode de rduction l'absurde1 m?ode des limites1 m?ode inf9itsimale4 ,la sup]position1 disait-il1 n'e/ applicable qu'en trs peu de cas2 la rduction l'absurde suppose la vrit connue1 et pr\ve alors qu'il ne peut en tre autrem5t1 mais sans montr] p\rquoi4 ,la m?ode des limites1 isole de l'ide des inf9im5t petits#ah1 cette m?ode plus gnralem5t applicable que les deux autres1 suppose aussi la vrit connue1 et n'e/1 p> consqu5t1 pas davantage une m?ode d'inve/igation3 ce sont trois m?odes de dmon/ration1 applicables *acune1 dans c]ta9s cas1 aux vrits dj connues4 ,au contraire1 la m?ode des inf9im5t petits se tr\ve tre la fois une m?ode gnrale et t\j\rs applicable1 et de dmon/ration et d'inve/igation4--,il e/ vrai1 p5dant que ,m4 ,poisson p>lait a9si1 ct de lui1 un autre ma?matici5 illu/re croyait l'arrt] t\t c\rt en lui disant3 ,qu'e/-ce que les inf9im5t petits8 ,je ne sais ce qu'a rpondu ,m4 ,poisson4 ,mais1 quant la m?ode1 qu'importe la rponse8 ,il suffit qu'avec notre notion1 telle quelle1 des inf9im5t petits1 qui sont ce que ,dieu sait1 aussi bi5 que le po9t1 la ligne1 la surface1 le solide et le re/e1 il suffit dis-je1 que l'introduction de cette notion soit la voie1 sans comp>aison la plus facile et la plus c\rte1 p\r tr\v] et montr] la vrit ma?matique4 #ah ,je dis isole de l'ide des inf9im5t petits1 c> on e/ ple9em5t dans le vrai lorsque1 avec ,m4 ,duhamel1 on reg>de la notion des inf9im5t petits1 et la conception fondam5tale des limites comme intimem5t unies l'une l'autre1 et comme tant les deux ides gnrales les plus fcondes des sci5ces ma?matiques4 7,prface des lm5ts de calcul inf9itsimal47 ,c'e/ donc celle-l que n\s pr5drons4 ,sans m'arrt] aux objections de ceux qui dis5t qu'on ne sait ce que c'e/1 qu'elle n'e/ po9t rig\reuse1 je l'emploie p>ce qu'elle mne au b4 ,d'ailleurs1 n\s avons rpondu1 ce semble1 ces difficults dans le quatrime livre de notre ,logique1 et surt\t dans notre introduction la ,logique4 ,il y a1 dans cette dfiance de la rationalit des inf9im5t petits1 ce que disait dj ,font5elle1 lorsque les esprits *agr9s de l',acadmie des sci5ces v\lai5t t\ff] dans son g]me la dc\v]te de ,leibniz1 il y a une sa9te horreur de l'inf9i2 il y a ce rationalisme pdant qui se donne bi5 du mal p\r dmontr] rig\reusem5t le po/ulatum d',euclide1 qui n'en a pas beso92 il y a ce pdantisme qui se flatte1 comme n\s le disait un spirituel ma?matici51 de tr\v] des difficults l o p]sonne n'en avait vu2 il y a ce que p5sait ,bordaz-,desm\l91 lequel a dit =t propos3 ,l'inf9i qui ne fait qu'app>atre dans la sci5ce l'bl\it2 il y a cette disposition qui p\ssa ,lagrange crire sa ,?orie des fonctions analytiques1 dgage de t\te considration d'inf9im5t petits1 etc42 ,il y a enf9 cet trange aveuglem5t des esprits d'une c]ta9e nature1 qui ne veul5t po9t d'ides plus gr&es que n\s1 et ignor5t que1 comme le dit ,bossuet1 n\s n'galons jamais nos ides1 tant ,dieu a pris so9 d'y m>qu] son inf9it4 ,n\s citions un autre ma?matici5 compt5t1 ,m4 ,coriolis1 lequel1 peu de temps avant sa mort1 n\s av\ait qu'il et aim consacr] le re/e de ses =ces la r=me1 dans ce s5s1 de l'enseignem5t ma?matique4 ,t\t ram5] la m?ode inf9itsimale tait1 me disait-il1 l'ide de t\te sa vie1 comme pr(esseur et comme directeur des tudes4 ,a ses yeux1 l'enseignem5t des ma?matiques1 auj\rd'hui en ,france1 tait le plus l\rd1 le plus pdant1 le plus fatigant p\r les lves et p\r les matres qu'il ft possible de voir1 et prs5tait le plus trange exemple de r\t9e qu'ait (f]t aucun enseignem5t dans aucun temps4 ,qu& on p>le comme on le fait s\v5t1 disait-il1 de la r\t9e des sm9aires dans l'enseignem5t ?ologique1 on e/ lo9 de se d\t] que l'enseignem5t ma?matique e/ victime d'une r\t9e incomp>ablem5t plus l\rde et plus b>b>e4 ,d'aprs ces autorits1 ces raisons1 et bi5 d'autres1 je ne p5se pas qu'il soit tmraire d'affirm] qu'une seule anne d'tudes p> la m?ode inf9itsimale1 conv5ablem5t applique et prs5te1 donn]ait1 non pas plus d'acquis ni de dtail1 mais plus de rsultats utiles1 plus d'intuition gomtrique1 et surt\t plus de dveloppem5t des facults ma?matiques1 que le sj\r mme de l'cole polyte*nique1 qui e/ de deux ans1 et qui suppose d'ord9aire trois annes d'tudes pralables4 ,p> cette voie1 qui e/ vraim5t1 comme le disait ,m4 ,poisson1 la seule voie d'inv5tion1 ne voit-on pas qu'en peu de temps on appr5drait l'lve gomtre faire de petites dc\v]tes1 et voir p> lui-mme1 au lieu d'appr5dre p> cur1 sans voir8 ,il dvelopp]ait ses facults1 en acqurant la sci5ce1 et acclr]ait sa vitesse p> *aque ef=t4 ,je conclus1 sur ce po9t1 en rptant mon ass]tion3 la m?ode inf9itsimale applique p>t\t en ma?matiques1 c'e/ la lumire introduite dans la masse1 c'e/ la vitesse sub/itue la l5teur4 ,aussi je ne d\te pas un seul in/ant que la solution du problme de l'enseignem5t ne rside surt\t en ce po9t4 ,on peut d\bl]1 plus que d\bl]1 la vitesse1 la cl>t1 la fcondit de l'enseignem5t ma?matique p> l'introduction dcide de la m?ode inf9itsimale4 ,on peut alors sup]pos] les deux ducations ncessaires de l'esprit1 faire pntr] la sci5ce dans les lettres1 trop vides et trop banales sans ce vig\reux alim5t1 et p> contre1 donn] la sci5ce la *aleur lum9euse1 le feu1 qui seul en transfigure la masse1 et la *ange en diamant4 ,le premi] qui1 en ,france1 in/itu]a sur une base durable1 p> la voie que n\s indiquons1 cette pntration mutuelle des lettres et des sci5ces dans la premire ducation1 celui-l d\bl]a les lumires de la gnration suivante1 et devi5dra peut-tre le ,ri*elieu d'un gr& sicle4 ,,iv ,re/e donc un po9t dont p]sonne ne s'occupe4 ,n\s tudions auj\rd'hui les ma?matiques soit p\r pass] un exam51 soit p\r appr5dre aux autres le pass]1 mais non pas p\r savoir1 p\r possd] la sci5ce4 ,qu& donc n\s savons dmontr] un ?orme1 c'e/ t\t4 ,mais que fait-on de ce ?orme dmontr8 ,que fait notre esprit de cette vrit dvoile8 ,qu& e/-ce qu'il la mdite1 la contemple en elle-mme1 et s'en n\rrit8 ,quel e/ le s5s de cette gomtrie et de ces =mes8 ,ces =mes sont des c>actres que n\s avons appris di/+u]1 dsign]1 reproduire1 comp>]4 ,mais que veul5t dire ces c>actres8 ,s'il e/ vrai que les c>actres ma?matiques sont des vrits absolues1 t]nelles1 elles sont en ,dieu1 elles sont la loi de t\te *ose4 ,n\s comm5ons le compr5dre p\r la nature inanime3 mais que sont-elles dans l'ordre vivant8 ,que sont-elles dans l'me8 ,que sont-elles en ,dieu8 ,et quelle e/ la philosophie de ces =mes8 ,que/ions tranges p\r les ma?matici5s purs1 aussi bi5 que p\r les philosophes purs1 mais que/ions que l'on pos]a1 et que peut-tre on rs\dra un j\r1 qu& les ma?matiques se rp&ront dans l'ensemble de la sci5ce comp>e4 ,du re/e1 si v\s avez lu et compris le quatrime livre de notre ,logique1 intitul l'induction ou procd inf9itsimal1 v\s y avez vu un exemple de la comp>aison de la philosophie et des ma?matiques3 exemple qui me p>at jet] une vive lumire sur le po9t capital de la ,logique1 lequel1 tant demeur obscur jusqu' prs5t1 quoique vaguem5t entrevu de t\t temps1 tait une vraie pi]re d'a*oppem5t p\r la philosophie4 ,v ,nul n'e/ juge dans sa propre cause4 ,j'ose p\rtant exhort] nos jeunes lecteurs travaill]1 avec plus d'att5tion qu'on ne l'a su faire jusqu'ici1 ce *apitre de la ,logique1 tel que je l'ai crit4 ,il y a bi5tt huit ans que j'ai publi la ?orie du ,procd de transc5dance4 ,depuis1 cette ?orie a t publie en ,allemagne p> un auteur qui1 de son ct1 arrivait au mme rsultat4 ,nulle objection srieuse ne n\s a t faite1 et j'ai d'ailleurs dmontr ma p5se une d]nire fois dans une introduction#ai qui me semble ne p\voir plus tre attaque1 du mo9s dans sa ?se pr9cipale4 ,voici cette ?se3 ,la raison a deux procds1 dduction1 induction1 procd de ,,cont9uit et procd de ,,transc5dance4 ,ces deux procds ncessaires1 de dduction et de transc5dance1 sont les deux procds logiques fondam5taux de la gomtrie1 comme de t\te autre sci5ce4 ,en gomtrie1 comme p>t\t1 le procd de transc5dance ou l'induction e/ le procd d'inv5tion p> excell5ce4 #ai ,logique3 introduction4 ,cette introduction ne se tr\ve pas dans la premire dition1 mais dans les suivantes4 ,or1 si j'ai raison1 il s'ensuit que le *apitre pr9cipal de la ,logique1 la logique d'inv5tion1 disait ,leibniz1 ce *apitre1 oubli p> la philosophie contempora9e1 e/ remis en lumire4 ,il s'ensuit encore selon moi1 que le secret1 la =mule gnrale de ces jugem5ts prompts1 rapides et srs que pose le s5s commun1 =mule que *]*ait ou regrettait ,j\ffroy#bj et qu'il croyait possible de dt]m9]1 se tr\ve ma9t5ant en effet dt]m9e4 ,les ob/acles logiques1 levs contre l'in/9ct des mes et le m\vem5t spontan des esprits1 sont sci5tifiquem5t r5v]ss4 #bj ,n\veaux ,mlanges1 p4 #id4 ,cela mrite d'tre vrifi4 ,pascal a dit3 ,le cur a ses raisons que la raison ne connat pas4 ,eh bi56 je suis trs fi] d'avoir crit des volumes de logique qui dmontr5t1 entre autres *oses1 que les raisons du cur sont bonnes4 ,mais quittons brusquem5t ce sujet1 p\r qu'il ne n\s mne pas trop lo94 ,passons la pr9cipale application des ma?matiques1 l'a/ronomie4 ,,*apitre ,,ix ,,a/ronomie ,l'ignorance du public au sujet de l'a/ronomie e/ vritablem5t trange4 ,j'ai connu des hommes trs in/ruits qui m'ont longtemps s\t5u1 trs vivem5t1 en me qualifiant d'empiri/e1 que le vieux sy/me a/ronomique1 plus philosophique1 disait-on1 que le n\veau1 tait le vrai2 que le soleil t\rne aut\r de la t]re1 non la t]re aut\r du soleil4 ,a9si cette sci5ce simple1 facile1 rgulire1 lum9euse1 maje/ueuse et religieuse1 cette sci5ce ple9e1 dans ses dtails1 du plus puissant intrt1 cette sci5ce1 modle des sci5ces1 et *ef-d'uvre de l'esprit huma91 non seulem5t n'e/ pas encore dev5ue populaire1 mais mme e/ absolum5t inconnue de la plup>t de ceux qui ont reu une ducation librale complte4 ,il e/ vrai que cela ti5t en gr&e p>tie la manire dont on l'enseigne4 ,d'abord1 la sci5ce e/ encombre d'in/rum5ts1 hrisse d'algbre1 dfigure p> un bon nombre de mots effrayants1 enveloppe de c]cles dont l'imag9ation ne peut sortir1 masque surt\t p> les incroyables figures d'animaux1 de dieux et de s]p5ts que v\s savez4 ,ri5 n'effraye plus les esprits que ces figures4 ,de sorte qu'il faut brav] les t5tations de dc\ragem5t1 et bris] une paisse corce p\r p>v5ir jusqu'au noyau1 au rsultat utile1 au fait4 ,de plus1 on expose d'ord9aire l'a/ronomie d'une trange faon4 ,on comm5ce p> dcrire longuem5t et m9utieusem5t l'lve des app>5ces dont on lui appr5dra ensuite la fausset4 ,p\rquoi ne pas dire t\t de suite et fran*em5t ce qui en e/8 ,je me s\vi5s d'un =t habile homme qui1 sur la lecture du premi] volume d'un de nos plus savants traits d'a/ronomie1 voyant l'auteur p>l] t\j\rs des m\vem5ts du soleil1 des c]cles qu'il p>c\rt1 des rvolutions diurnes1 de ses m\vem5ts annuels1 progrs1 /ations et rtrogradations1 croyait1 d'aprs cet expos1 que l',acadmie des sci5ces tait rev5ue au sy/me de ,ptolme4 ,je ne p5se pas qu'il faille procd] a9si qu& on n'a pas de temps p]dre4 ,comm5cez1 comme p\r t\te autre sci5ce1 p> une seule leon sur l'ensemble2 puis une leon sur le sy/me solaire1 une autre sur le sy/me /ellaire1 une troisime sur les ,nbuleuses4 ,repr5ez le sy/me solaire en dix ou d\ze leons1 le sy/me /ellaire en trois ou quatre1 les ,nbuleuses plus brivem5t encore4 ,dans ces leons1 ne p>lez pas des app>5ces qui f\rvoi5t l'imag9ation1 ne dites que ce qui e/1 donnez les rsultats1 les rsultats c]ta9s2 mettez "p ce qui e/ conte/able au sujet des toiles et au sujet surt\t des ,nbuleuses4 ,p>lez trs peu d'abord des in/rum5ts et des m?odes1 qui sont l'*afaudage du monum5t2 montrez le monum5t lui-mme1 il le mrite4 ,puis recomm5cez encore plus amplem5t1 et t\t en multipliant les dtails prcis1 s]rez de prs l'unit de la sci5ce2 montrez la cause unique de t\tes les =mes et de t\s les m\vem5ts1 l'attraction et sa loi4 ,voyez sortir de l1 p> voie de consqu5ce1 la c\rbe du second degr1 le c]cle et sa famille1 p\r rgn] seuls sur t\s les a/res2 et ne rejetez pas trop vite ce que disait ,kepl]1 compt5t en ces *oses1 puisque c'e/ lui qui les a dc\v]tes1 que le c]cle e/ un symbole de l'me et de la ,tr9it de ,dieu1 de sorte que l'me et ,dieu s]ai5t p>t\t retracs dans le ciel et en s]ai5t la loi4 ,placez ici la mcanique cle/e1 et l'application surpr5ante de prcision et de dlicatesse du calcul inf9itsimal l'analyse de t\tes ces =mes et de t\s ces m\vem5ts4 ,faites connatre cette puissance du calcul qui pse sur les a/res1 et qui annonce leurs m\vem5ts plusieurs annes d'avance1 non pas la m9ute1 ni la seconde1 mais p> dixime de seconde2 qui sur l'imp]ceptible frmissem5t d'un a/re1 affirme1 comme l'a fait ,m4 ,lev]ri]1 qu'il y a un a/re invisible1 un milli>d de lieues1 qui inquite celui que l'on voit2 puis enf91 calculant le s5s et l'amplitude du frmissem5t1 dnonce le lieu et l'heure o l'on ap]cevra l'a/re inconnu4 ,p5dant ces leons dveloppes1 la description des in/rum5ts1 des m?odes et des procds et l'hi/oire de la sci5ce se plac5t et l comme digression1 avec un trs gr& intrt3 surt\t l'admirable hi/oire de ,kepl]1 qui e/ la ,g5se de l'a/ronomie4 ,mais qu& v\s connatrez t\t le matriel de la sci5ce1 les faits et leurs lois1 que votre imag9ation se reprs5t]a1 jusqu' un c]ta9 po9t1 l'ensemble des =mes et des m\vem5ts1--je p>le ici du sy/me solaire1 qui e/ la p>tie a*eve de la sci5ce3--qu& v\s saurez les di/ances des plantes au soleil1 leur gr&eur relative1 leur d5sit1 le temps des rotations et des rvolutions2 qu& v\s v]rez t\te cette flotte de mondes vogu] de conc]t et avanc] dans le mme s5s2 et notre t]re aussi flottant comme un navire aut\r de cette le de lumire qui e/ notre soleil3 qu& v\s v]rez les dcroissances tranges de lumire1 de *aleur et de m\vem5t p\r les mondes loigns du c5tre2 puis l'incroyable exc5tricit et l'espce de folie des comtes1 qui sembl5t se dbattre s\s la loi dont elles sont d'ailleurs dom9es t\t autant que les mondes habitables2 et puis leur tonnante mobilit de =mes1 leurs combu/ions furieuses1 tantt dans la *aleur et tantt dans le froid2 qu& v\s v]rez t\te cette gomtrie en action1 t\te cette physique vivante1 t\t ce m]veilleux mcanisme de la nature1 t\j\rs entret5u p> la prs5ce de ,dieu1 et manife/em5t rgl p> sa sagesse1 s\s des lois qui sont son image2 qu& v\s v]rez la vie et la mort dans le ciel3 un monde bris dont les dbris r\l5t prs de n\s1 le ciel emportant avec lui ses cadavres dans son voyage du temps comme la t]re emporte les si5s2 qu& v\s v]rez des toiles disp>atre1 p5dant que d'autres naiss5t1 croiss5t et gr&iss5t2 qu& v\s ap]cevrez ces ,nbuleuses1--que ce soi5t des gr\pes de soleils ou bi5 des gr\pes d'atomes1 que les unes soi5t soleils1 d'autres atomes1 p\ssire d'atomes ou p\ssire de soleils1 qu'importe8--qu& v\s v]rez les gr\pes de mme race1 mais de diffr5ts ges1 p>v5us s\s nos yeux diffr5ts degrs de =mation1 et laissant voir la m>*e du dveloppem5t1 comme n\s voyons dans une =t de *nes1 le dveloppem5t de l'arbre dans t\s ses ges2 puis1 qu& v\s v]rez sur t\s les mondes ces alt]nances de nuit et de j\r1 ces vicissitudes de saisons1 en h>monie avec la vie de la nature1 je dirai mme avec la vie de nos p5ses et de nos mes3 vicissitudes1 alt]natives1 p>t\t 9vitables1 except dans ce monde c5tral o rgne un ple9 t1 un ple9 midi2 alors1 s'il n'entre dans votre a/ronomie ni posie1 ni philosophie1 ni religion1 ni morale1 ni esprances1 ni conjectures de la vie t]nelle et de l'tat /able du monde futur2 si v\s ne compr5ez ri5 ce mot sublime de ,ritt]3 ,la t]re1 dans ses rvolutions p]ptuelles1 *]*e peut-tre le lieu de son t]nel repos2 si v\s ne compr5ez ces mots de sa9t ,?omas d',aqu93 ,ri5 ne se meut p\r se m\voir1 mais bi5 p\r arriv]3 t\s ces m\vem5ts cess]ont2--si v\s ne compr5ez ces mots de ,h]d]3 ,la disp]sion des mondes ne subsi/]a pas3 ,dieu les ramn]a l'unit1 et runira dans un mme j>d9 les plus belles fleurs de t\s les mondes2--si v\s ne croyez pas cette prophtie de sa9t ,pi]re3 ,il y aura de n\veaux cieux et une n\velle t]re2 et cet oracle du ,*ri/3 ,il n'y aura plus qu'une b]g]ie1--si1 en face de ces c>actres si gr&ioses1 et de ces traits fondam5taux de l'uvre visible de ,dieu1 v\s reg>dez sans voir et sans compr5dre1 sans s\ponn] la possibilit du s5s3 alors1 oh6 alors1 je v\s pla9s6 ,,*apitre ,x ,,physique ,qu'e/-ce que la physique8 ,n\s appelons physique la sci5ce de la nature inorganique1 et physiologie la sci5ce de la nature organise4 ,ces mots s'ent5d5t suffisamm5t4 ,dans la nature inorganique1 n\s di/+uons deux *oses3 la matire et la =ce4 ,sans discut] si ce qu'on nomme matire n'e/ pas aussi purem5t un effet de la =ce 7ce que n\s ne p5sons pas1 du mo9s dans le s5s ord9aire des dynami/es71 cont9uons pos]1 avec le peuple1 la di/9ction de matire et de =ce4 ,qu'e/-ce que la matire8 ,la physique n'en dit ri54 ,c'e/ une "q fondam5tale de la mtaphysique1 qu'il e/ c]tes p]mis au physici5 de mdit] et de p\rsuivre3 mais1 de fait1 dans l'tat actuel de la sci5ce1 la physique ne p>le que peu ou po9t de la matire1 et ne traite que des =ces4 ,la physique1 c'e/ donc la ?orie des =ces de la nature inorganique4 ,n'y a-t-il qu'une seule =ce8 ,y en a-t-il trois8 ,y en a-t-il quatre8 ,le fait e/ que la sci5ce t5d les ram5] t\tes une seule1 l'lectricit1 qui produit trois effets ou =ces drives1 l'attraction1 la lumire1 la *aleur4 ,ceci r5f]me donc t\te la physique4 ,qu'il y ait une premire leon d'ensemble sur ce sujet1 c'e/--dire sur l'lectricit1 en notant1 t\tefois1 que la physique traite aussi du son1 qui n'e/ qu'une imitation et une image grossie de la lumire1 et r5tre s\s la mme ?orie4 ,vi5dront ensuite trois leons sur l'attraction1 sur la lumire1 sur la *aleur1 considres dans leurs effets gnraux1 et comme produits de l'lectricit4--,puis une leon spciale sur l'ac\/ique4 ,ensuite il faudra repr5dre en dtail les gr&s *apitres de la physique1 en dveloppant1 dans *acun de ces *apitres1 la ?orie des ondes1 qui e/ le fond et l'unit de la sci5ce4 ,c'e/ p> ce po9t que la physique t\*e la gomtrie1 et que l'on entre en physique et gomtrie comp>es4 ,la ?orie des ondes dveloppe et embrasse t\te la physique4 ,et qu'e/-ce que les ondes8 ,des sphres se dveloppant avec une vitesse calculable1 se succdant int]valles compts4 ,ce sont des m\vem5ts1 des =mes1 des nombres4 ,l encore les ma?matiques1 la gomtrie sont p>t\t4 ,la ,bible l'avait bi5 dit3 ,t\t e/ compt1 pes et mesur4 ,omnia 9 num]o1 pond]e et m5sura4 ,desc>tes avait raison de dire3 ,t\t se fait p> =mes et m\vem5ts2 il avait raison d'affirm] qu'on p\rsuivrait dans le dtail des phnomnes les lois prcises de ces =mes et de ces m\vem5ts1 esprance que ,pascal lui-mme n'osait concevoir1 et qui e/ auj\rd'hui accomplie1 en gr&e p>tie du mo9s4 ,du re/e1 la sci5ce avance *aque j\r dans cette voie4 ,t\t se calcule1 t\t e/ compt1 pes et mesur4 ,on f9ira probablem5t p> s\mettre l'analyse ma?matique les phnomnes *imiques eux-mmes4 ,n'avons-n\s pas dj les tonnants travaux d'un illu/re ma?matici5#ba sur les atomes1 non seulem5t atomes des corps1 mais atomes de la lumire3 travaux o le gnie atte9t p> le calcul les =mes de l'atome1 et leurs v>iations1 et leur pol>it1 d'o rsult5t le jeu v>iable des =ces dans la matire et les v>iations de *aleur1 de c\leur1 de rpulsion et d'attraction8 ,l se tr\ve probablem5t la pro*a9e gr&e dc\v]te faire dans les sci5ces3 il n\s faut les ,kepl] et les ,newton de l'inf9im5t petit4 ,on att5d les lgislateurs de l'atome1 comme on a les lgislateurs des a/res4 #ba ,m4 ,cau*y4 ,ri5 ne me sembl]ait plus utile1 en physique1 que de mdit] ces que/ions1 dt-on se born] les pos]4 ,quoi qu'il en soit1 une fois ratta*es la gomtrie et au calcul1 la physique et la *imie se ratta*]ont plus haut encore4 ,je ne cra9s nullem5t d'affirm]1 con=mm5t ma ?se gnrale sur la sci5ce comp>e1 qu'il faut remont]1 p> la physique et la *imie1 trav]s les ma?matiques1 jusqu' la philosophie1 et jusqu' la ?ologie3 la philosophie et la ?ologie1 du re/e1 tant c]ta9em5t comp>ables et mutuellem5t pntrables4 ,si n\s croyons1 comme l'affirme un esprit di/+u qui entre dans cette voie#bb1 que t\te sci5ce qui s'isole se condamne la /rilit2 que cette philosophie qui cont9ue la fois les gr&es traditions444 de ,desc>tes1 de ,leibniz1 e/ capable de pass] la frontire1 et d'entr] sur le t]ra9 de la physique2 n\s croyons de mme que la physique aussi e/ auj\rd'hui capable de mont] plus haut1 et que cette t5tative de physique et de philosophie comp>e e/1 comme le dit encore le mme auteur1 une t5tative qui1 un j\r ou l'autre1 doit russir#bc4 #bb ,m4 ,h5ri ,m>t91 ,philosophie spirituali/e de la nature4 #bc ,philosophie spirituali/e de la nature4 ,prface1 p4 ,,xxii4 ,il faut en v5ir compr5dre ce qu'il y a s\s cette ?orie n\velle des ondes1 s\s ces =mes sphrodales qui sont p>t\t1 s\s cette loi gnrale de la raison inv]se du c>r des di/ances1 ce qu'il y a enf9 dans t\te =ce4 ,il faut savoir s'il e/ vrai et visible en physique1 comme cela e/ visible en psy*ologie1 que ,dieu opre en t\t ce qui opre2 que l'attraction1 la lumire1 la *aleur sont des effets de la prs5ce de ,dieu1 produits p> lui comme cause premire1 et radicalem5t impossibles sans son action p]ptuelle4 ,il faut voir si cette vrit ?ologique n'e/ pas implique dans cette trange proprit du m\vem5t et de la propagation des =ces1 leur p]si/ance indf9ie1 sans fatigue ni altration1 de sorte que le rayonnem5t d'une =ce quelconque se cons]ve t\j\rs t\t enti] quelque di/ance du c5tre que l'onde soit p>v5ue4 ,il faut savoir si on ne peut pas dire que ,dieu1 p> l1 a pris so9 de m>qu] son inf9it dans la =ce1 comme il a pris so91 dit ,bossuet1 de m>qu] son inf9it dans nos ides2 si ds lors on ne peut pas ap]cevoir le ct de la =ce qui e/ de ,dieu1 comme on ap]oit1 en psy*ologie1 le ct de la raison et des ides qui e/ donn de ,dieu2 comme en effet on doit f9ir p> di/+u]1 dans t\t ce qui e/ cr1 le f9i1 qui e/ le cr lui-mme et l'indisp5sable prs5ce de l'incommunicable inf9i1 qui porte et s\ti5t le f9i4 ,je vais plus lo92 je crois avec l'auteur dj cit qui en a montr quelque *ose1 l'accord des conclusions lgitimes de la m?ode rationnelle en philosophie et dans les sci5ces naturelles avec les enseignem5ts *rti5s sur la nature de ,dieu1 sur sa provid5ce et sur sa cration#bd4 #bd ,philosophie spirituali/e de la nature4 ,prface1 p4 ,,xx4 ,et p\r v\s dire le fond de ma p5se qui1 au premi] abord1 p\rra *oqu] bi5 des esprits1 je suis trs conva9cu qu'il e/ possible d'entrepr5dre d'une manire vritablem5t sci5tifique1 ce qui a t dj vaguem5t entrepris tant de fois1 je veux dire d'appliqu] t\te la physique et t\tes les sci5ces1 l'ide qui inspira ,kepl] dans sa m]veilleuse dc\v]te du monde a/ronomique1 et qu'il indique dans son *apitre3 ,du reflet de la ,tr9it dans la sphre4 ,de adumbratione ,tr9itatis 9 sphrico4 ,si la sphre et ses drivs sont p>t\t1 si cette =me r5f]me1 en effet1 quelque ve/ige1 quelque ombre du gr& my/re1 il s'ensuit donc qu'il y a p>t\t ve/ige de la ,tr9it1 comme l'affirmait ,kepl] d'aprs la ?ologie ca?olique4 ,et1 p\r ce qui e/ de la physique en p>ticuli]1 je ne dirai pas avec les ,allem&s1 ni avec ,lam5nais dans son ,esquisse d'une philosophie1 que t\te =ce1 quelle qu'elle soit1 e/ un c\lem5t du ,pre1 un don qu'il fait de lui-mme2 que t\te intellig5ce1 t\te =me1 quelle qu'elle soit 7notamm5t la lumire7 e/ un c\lem5t du ,fils1 un don qu'il fait de lui-mme2 que t\te vie 7notamm5t le calorique7 e/ un c\lem5t de l',esprit1 un don qu'il fait de lui-mme#be1 et que p> consqu5t les trois =ces de la nature sont les p]sonnes div9es4 ,n\s dirons que t\t ce pan?isme e/ absurde2 il r5f]me p\rtant une vrit qu'il dfigure1 savoir3 l'univ]selle prs5ce de ,dieu et son action univ]selle1 et la signature en t\te *ose de son indivisible ,tr9it1 ce que sa9t ,paul t\*ait qu& il disait3 ,n\s sommes en lui1 vivons en lui1 et n\s m\vons en lui4 ,9 ipso vivimus1 movemur et sumus4 #be ,lam5nais1 ,esquisse d'une philosophie1 t4 ,i1 p4 #cch4 ,,*apitre ,,xi ,,physiologie ,s'il e/ une sci5ce que /rilise son isolem5t1 et que vivifi]ait1 ou plutt que transfigur]ait son union la philosophie1 et p> celle-ci la ?ologie1 c'e/ la physiologie#bf4 #bf ,voir le ,trait de la ,connaissance de l'me1 liv4 ,i1 *ap4 ,,iii1 et liv4 ,,iii1 *ap4 ,,iii4 ,je v\s signale l'tat actuel de cette sci5ce4 ,il e/ tel auj\rd'hui1 en ,france1 que le doy5 d'une facult de mdec9e1 dans son c\rs de #ahej1 citait ses lves ,helvtius1 ,cabanis et ,condillac1 comme les auteurs consult] sur les rapports du physique et du moral4 ,d'un autre ct1 nanmo9s1 la physiologie1 de ,burda*1 longtemps rep\sse1 comm5ce tre apprcie p> les esprits philosophiques4 ,on f]a ju/ice des traces de pan?isme que r5f]me ce gr& ouvrage1 et l'on saura en exploit] les fcondes intuitions4 ,burda* avait crit un premi] trait de physiologie 7,blick 9's ,leb57 o il *]*e montr] dans l'ensemble et les dtails de la sci5ce une seule ide1 celle de la ,tr9it4 ,mais ce travail ayant t tax de conception physiologique a priori 7gr&e injure aux yeux des physiologues71 l'auteur a crit1 en cons]vant le plan invisible de son ide1 son trait de physiologie exprim5tale4 ,un esprit au mo9s aussi pr(ond que ,burda*1 mais plus exact et entirem5t *rti51 c'e/ ,s*ub]t 7de ,muni*74 ,il faut connatre surt\t son livre intitul3 ,hi/oire de l'me4 ,v\s y tr\v]ez de trs gr&es vues de ?ologie1 de philosophie et de physiologie comp>es1 sans pan?isme4 ,un homme1 ,grres1 mo9s spcial que les prcd5ts1 en physiologie1 n'e/ ri5 mo9s que le premi] auteur d'une dc\v]te fondam5tale vulgairem5t attribue d'autres4 ,grres1 le premi]1 a di/+u dans la moelle p9ire les n]fs du s5tim5t et les n]fs du m\vem5t4 ,or1 ce vig\reux esprit a fait dans sa my/ique et ailleurs d'heureux ef=ts de physiologie et de psy*ologie comp>es4 ,l'tude de la physiologie aura p\r v\s1 entre autres avantages1 ce rsultat pratique1 de v\s faire t\*] du doigt la pr(onde dcad5ce de la philosophie mdicale p>mi n\s1 de v\s montr] clairem5t la possibilit d'une magnifique r=me1 et de v\s inspir] peut-tre la gr&e p5se de l'entrepr5dre4 ,quant n\s1 n\s avons p>l de ces *oses dans le ,trait de la ,,connaissance ,,de ,l',,ame1 et n\s croyons avoir pos les bases de la ,psy*ologie et de la ,physiologie comp>es#bg4 ,ef=cez-v\s de compr5dre1 de jug] p> v\s-mme1 les ?ses que j'ai essay d'tablir sur ce po9t4 ,elles sont le fruit d'un =t gr& travail suivi p5dant un qu>t de sicle au mo9s4 ,elles n'ont po9t t attaques4 ,au po9t de vue physiologique1 des esprits m95ts les ont juges solides4 #bg ,connaissance de l'me1 liv4 ,i1 *ap4 ,,iii4 ,,*apitre ,,xii ,g,,ologie1 ,g,,ographie1 ,,hi/oire ,i ,ce qui manque1 peu prs p>t\t dans l'enseignem5t1 c'e/ l'ensemble4 ,mais dans aucun enseignem5t ce dfaut n'e/ plus s5sible ni surt\t plus f*eux qu'en hi/oire4 ,le dfaut d'ensemble en hi/oire quivaut l'erreur4 ,faute d'ensemble1 on p]d de vue la proportionnalit des faits2 ds lors1 t\te la sci5ce du pass devi5t in=me s\s nos yeux4 ,on fausse l'hi/oire en tant aux faits leur mesure4 ,on ne m5t pas1 on ne tronque pas absolum5t1 on n'aj\te pas1 mais on gr\pe les objets1 et on dirige o l'on veut la lumire qui les montre4 ,on a deux manires inv]ses de voir1 l'une qui grossit1 l'autre qui dim9ue1 ce qui dtruit t\te la vrit du spectacle2 on voit1 comme cet animal de la fable1 successivem5t avec les v]res opposs de cette lunette4 ,on voit de prs t\t ce qui *>me4 ,on voit de lo9 ce qui dplat4 ,p> l1 on peut tablir p> l'hi/oire les plus r$\tables m5songes et les plus p]nicieuses erreurs4 ,c'e/ p\r cela que ,m4 de ,mai/re a pu dire3 ,l'hi/oire depuis trois c5ts ans1 e/ une conspiration p]man5te contre la vrit4 ,p>ole capitale1 laquelle on comm5ce faire droit4 ,je v\drais p\r cette seconde ducation que v\s entrepr5ez p> am\r de la vrit1 v\s voir repr5dre vos tudes hi/oriques en comm5ant p> l'hi/oire univ]selle1 vue d'abord dans le plus rapide ensemble4 ,ds ce premi] c\p d'il jet sur t\te l'hi/oire1 je v\drais faire entr] t\te la sci5ce comp>e que comporte l'hi/oire1 a/ronomie1 gologie1 gographie1 philologie1 philosophie1 ?ologie4 videmm5t l'esprit mod]ne travaille la philosophie de l'hi/oire1 et la vanit d'un si gr& nombre de t5tatives malheureuses sur ce po9t n'emp*e pas cette t5dance d'tre pr(ondm5t utile et vraie4 ,et puisque j'ai nomm la ?ologie1 je v\drais1 en effet1 que l'hi/oire ft p\r v\s une tude sacre1 et que v\s pussiez dire avec ,ritt]3 ,cette sci5ce e/ p\r moi une religion4 ,je v\drais qu'avec sa9t ,augu/9 et ,bossuet1 v\s pussiez contempl] dans son ensemble la m>*e du g5re huma91 en y *]*ant cette trace de ,dieu dont un prophte a dit3 ,seigneur1 qu'il n\s soit donn de connatre votre r\te sur cette t]re1 et votre plan provid5tiel p\r le salut de t\s les peuples#bh4 ,e/-ce que le progrs de l'hi/oire e/ autre *ose que le progrs de la religion8 ,e/-ce qu'on ne peut pas donn] de la religion et de l'hi/oire cette seule et mme df9ition3 ,le progrs de l'union des hommes entre eux et avec ,dieu8 #bh ,ut cognoscamus 9 t]ra viam tuam1 9 omnibus g5tibus salut>e tuum4 7,ps4 ,,lxvi47 ,puis il faudrait tudi] d'abord le ?tre o se passe la scne de l'hi/oire1--cette plante qui n\s e/ donne1--et mdit] ce qui n\s e/ connu de sa nature1 de son orig9e et de ses de/9es4 ,il faut d'abord la voir vogu] comme un navire et l\voy] sur l'cliptique1 en r\lant sur son axe1 et c\rant aut\r de ce c5tre glorieux d'o lui vi5n5t la lumire et la vie4 ,il faut voir sa petitesse relative1 connatre sa jeunesse1 et savoir qu'elle m\rra4 ,n\s avons p>mi les plantes une plante morte1 les autres m\rront aussi4 ,n\s voyons p>mi les toiles s'te9dre des soleils2 le ntre s'te9dra aussi4 ,ce qu'il faut en conclure d'abord e/ que n\s sommes des passag]s sur un vaisseau4 ,puis en voyant c\rir ce vaisseau1 avec son infatigable vitesse et la surpr5ante prcision de sa m>*e1 dem&ons-n\s3 ,p\rquoi c\rt-il1 et o va-t-il8 et rpondons avec le pr9ce des gographes3 ,la t]re1 dans ses rvolutions p]ptuelles1 *]*e peut-tre le lieu de son t]nel repos#bi4 #bi ,voir dans la ,connaissance de l'me1 le livre intitul3 le ,lieu de l'immortalit4 ,qu& n\s saurons p> l'a/ronomie et la gologie que n\s avons comm5c1--puisque si notre t]re n'a pas t d'abord un nuage1 ce qui e/ bi5 probable p\rtant1 du mo9s il e/ c]ta9 qu'elle a t t\t entire dans le feu1 puis t\t entire s\s l'eau2--qu& n\s saurons que n\s avons comm5c1 que n\s sommes jeunes1 que n\s devons f9ir1 n\s ti5drons les deux b\ts de l'hi/oire1 notre orig9e et notre f91 et n\s ne p\rrons reg>d] l'une et l'autre que dans une humble et religieuse contemplation4 ,la vue de ce monde qui e/ n1 qui doit m\rir1 qui e/ en m>*e1 qui e/ t\j\rs moiti dans la nuit et moiti dans la lumire1 qui e/ fcond p> places et p> int]mitt5ces1 n\s f]a compr5dre ces potiques ass]tions de ,h]d]3 ,notre humanit n'e/ qu'un tat de prp>ation et le b\ton d'une fleur qui doit clore4 ,l'tat prs5t de l'homme e/ le li5 qui unit deux mondes4 ,puis1 reg>dant en elle-mme cette demeure du g5re huma92 exam9ant son plan gographique1 aussi visiblem5t trac avec intellig5ce que le plan d'une maison2 contemplant aussi le prodige de sa vie mtorologique et de ses arrosem5ts3 ces inondations de lumire1 de *aleur1 d'lectricit1 d'eau fconde1 qui ont un b aussi visible1 aussi prmdit que le travail d'un j>d9i]2 n'oubliant pas de rem>qu] aussi la ri*esse de son se91 ple9 d'armes1 d'in/rum5ts1 de trsors1--v\s conclurez encore1 avec ,ritt]1 que notre globe e/ manife/em5t une demeure prp>e p> une intellig5te bont1 p\r l'ducation d'une race d'hommes4 ,et lorsqu'enf9 sur ce ?tre v\s v]rez v5ir successivem5t des cratures irraisonnables et muettes1 p\r y att5dre un tre intellig5t et libre1 qui p>le1 qui connat et qui veut2 qu& v\s v]rez1 comme de vos yeux1 ,dieu mme dpos] sur la t]re l'homme qui n'y tait pas l'heure d'avant1 et qu& v\s aurez bi5 compris qu'il e/ une date prcise1 un lieu prcis o un homme a t t\t c\p suscit dans le monde p\r tre pre du g5re huma92 je crois que ce spectacle1 si v\s savez le contempl]1 en laissant tomb] un in/ant le l\rd aveuglem5t et l'inquite incrdulit qui n\s drob5t t\t rayon de lumire1 je crois que ce spectacle mettra en v\s le g]me de l'hi/oire1 et l'esprit de l'hi/oire p\r dvelopp] le g]me4 ,v\s v]rez bi5 que cet homme1 qui e/ intellig5t et libre1 a un b idal qu'il peut connatre1 et que sa lib]t doit atte9dre4 ,la m>*e v]s le b1 c'e/ l'hi/oire1 et comme l'homme m>*e au b librem5t p> le *em9 qu'il veut1 et s'en dt\rne s'il le veut1 v\s compr5drez qu'il e/ le roi du monde et en dirige s\s l'il de ,dieu1 la de/9e4 ,et aussitt v\s divis]ez l'hi/oire en trois que/ions3 ,premirem5t3 ,o en sommes-n\s1 relativem5t au b8 ,secondem5t3 ,quelle r\te avons-n\s p>c\rue8 ,troisimem5t3 ,quel *em9 n\s re/e-t-il faire8 qu'e/-ce que le pass n\s appr5d sur la m>*e de l'av5ir8 ,,ii ,notez que l'enseignem5t ord9aire de l'hi/oire ne traite jamais la premire "q4 ,je me suis s\v5t dem& p\rquoi il n'y avait nulle "p un c\rs d'hi/oire sur ce sujet3 ,,tat ,,pr,,s5t ,,du ,,globe4 ,c'e/ p> l qu'il v\s faut comm5c] dans votre seconde ducation4 ,il semble du re/e qu'un homme religieux1 aimant ,dieu et ses frres1 devrait t\j\rs avoir l'image totale du globe prs5te la p5se4 ,n\s prions devant le crucifix4 ,c'e/ ju/em5t ce qui convi5t4 ,mais la vraie croix n'e/ pas isole de la t]re3 la vraie croix e/ plante en t]re2 le crucifix rel ti5t au globe3 la base1 le pi$ du crucifix1 c'e/ un globe arros du sang de ,jsus-,*ri/4 ,ne faites jamais de ces deux *oses qu'une seule image4 ,c'e/ l la vraie1 la belle1 la complte image de pit4 ,reg>dez1 contemplez cette t]re1 temple de ,dieu1 cette demeure commune de nos frres et de nos surs donne de ,dieu ses enfants2 et dites-v\s3 ,o en sont-ils8 ,que devi5n5t-ils8 ,qu'e/-ce que leur pass8 ,o sont leurs esprances8 ,priez alors p\r eux1 et rappelez-v\s cette p>tie d'une prire ca?olique3 ,o pre qui z donn tes enfants ce globe p\r le cultiv]1 fais qu'ils n'ai5t qu'un cur et qu'une me1 de mme qu'ils n'ont qu'une seule demeure4 ,ici encore1 v\s p\rrez recevoir l'esprit de l'hi/oire et l'am\r de son plan provid5tiel4 ,reg>dez donc et comp>ez1 sur t\te la t]re1 l'tat prs5t des hommes1 les circonscriptions naturelles dans le plan de la t]re habitable1 les races1 les langues1 les religions1 l'tat intellectuel et moral1 l'tat social et politique4 ,faites int]v5ir ici les gr&s rsultats de la physiologie1 de la philologie et de la symbolique comp>es4 ,v\s ne t>d]ez pas dc\vrir une race c5trale et civilisatrice1 enveloppe p> le re/e du g5re huma91 comme un noyau p> son corce1 race blan*e1 gographiquem5t ent\re d'hommes de t\te c\leur1 dpositaire du culte d'un seul ,dieu1 ent\re d'idoltres ou mme d'adorateurs explicites du mal2 dans cette race seule1 la famille1 c'e/--dire l'lm5t social1 con/itu p> l'unit du li52 dans cette race seule1 quelques traces de *a/et1 c'e/--dire de spiritualit1 temprant la f]m5tation maladive de la gnration *>nelle1 et p]mettant quelques hommes1 en quelque *ose1 de dev5ir lumire et am\r libre1 af9 de dirig] le monde v]s la ju/ice1 la vrit1 la lib]t1 l'union2 p>t\t ailleurs1 l'humanit dc\ronne1 dgrade p> la s5sualit dbordante1 et p> l'intemprance sans fre92 p>t\t ailleurs1 l'humanit p>alyse1 crase dans l'un des deux cts d'elle-mme1 l'un des deux sexes2 mais t\j\rs la ju/ice1 l'intellig5ce1 la sci5ce1 la =ce1 la dignit1 la lib]t1 ou leur abs5ce1 proportionnes1 dans *aque p>tie du g5re huma91 la plus gr&e ou mo9dre p>ticipation de *aque peuple la lumire et la religion du noyau c5tral et civilisateur4 ,mais p>mi les peuples mme les plus rappro*s du modle1 quelle di/ance relativem5t l'idal6 ,a "p quelques hros1 o en sont les meilleurs des hommes et les peuples les plus clairs8 ,que sav5t-ils et comm5t viv5t-ils8 ,*ez qui ,dieu rgne-t-il8 ,de quel peuple ,dieu peut-il se s]vir auj\rd'hui p\r faire m>*] l'hi/oire1 et avanc] le monde v]s le b de sa volont sa9te8 ,voil quelques rem>ques sur la premire "q3 ,o en sommes-n\s8 ,,iii ,entrez alors dans la seconde1 et1 sans jamais p]dre de vue t\t ce premi] tableau1 repr5ez1 t\j\rs p> voie de syn*ronisme1 et d'hi/oire gnrale comp>e1 l'hi/oire di/9cte des races et des nations2 t\j\rs avec rapidit1 en p>c\rant1 aussi rapidem5t qu'il se p\rra1 *aque ligne1 depuis son orig9e p]ceptible jusqu' nos j\rs4 ,les revues de totalits peuv5t seules in/ruire4 ,p> l seulem5t1 v\s compr5drez ce qui ret>de ou avance *aque nation et l'ensemble de l'humanit4 ,p> l v\s v]rez clairem5t o e/ le c\rant pr9cipal de l'hi/oire2 o sont les eaux /agnantes4 ,v\s v]rez quelle poque prcise l'humanit a cess de dormir comme un lac1 lac expos se corrompre t\t enti]2 quelle poque prcise s'e/ enf9 c\l du lac un fleuve d'eau vive et vivifiante1 qui peut-tre entran]a t\t4 ,v\s suivrez facilem5t ensuite le *em9 p>c\ru p> le fleuve4 ,,iv ,quant la troisime des que/ions hi/oriques1 quelle e/ la voie de l'av5ir8 je crois qu'il v\s s]a utile de la pos] et de la trait]4 ,ce n'e/ plus1 si l'on veut1 que de la philosophie de l'hi/oire4 ,soit4 ,c'e/ prcism5t la sci5ce comp>e que n\s *]*ons4 ,dans cette "q1 il faut p>tir de ce pr9cipe1 que l'homme e/ libre et que le g5re huma9 f9ira comme il v\dra4 ,il faut admettre1 avec l'criture sa9te1 que ,dieu a mis l'humanit et l'a laisse dans la ma9 de son propre conseil2 que la vie et la mort sont devant n\s2 qu'il n\s s]a donn ce v]s quoi n\s t5drons la ma94 ,d'aprs cela1 ,h]d] avait raison de dire3 ,t\t ce qu'une nation ou une p>tie de l'humanit v\dra s9crem5t p\r son bi5 lui s]a donn4 ,ce qui s'appuie encore sur la p>ole du ,*ri/3 ,si v\s aviez la foi1 ri5 ne v\s s]ait impossible4 ,cela pos1 n\s devons croire qu'il e/ possible d'atte9dre le b1 et que si l'glise ca?olique dit3 ,o ,pre1 qui z donn tes enfants ce globe p\r le cultiv]1 fais qu'ils n'ai5t qu'un cur et qu'une me1 de mme qu'ils n'ont qu'une seule demeure2 si cette sublime p>ole e/ manife/em5t le b1 n\s p\vons y atte9dre1 ou t\t au mo9s en appro*]1 autant que l'homme sur t]re peut appro*] de la p]fection4 ,si on le v\lait1 dit sa9t ,augu/91 si l'on suivait les prceptes de ,dieu1 la rpublique t]re/re f]ait1 p> sa flicit1 l'ornem5t de ce monde prs5t1 et s'avanc]ait1 en montant t\j\rs1 v]s le royaume de la vie t]nelle#cj4 #cj ,cujus prcepta de ju/is probisque moribus si simul audir5t atque entr>5t444 et t]ras vit prs5tis orn>et sua felicitate respublica1 et vit t]n culm5 beatissime regnatura consc5d]et4 7,de ,civit4 ,dei1 lib4 ,,ii1 p4 #gb47 ,voil le b1 l'idal1 le possible4 ,n\s sommes libres d'y arriv]4 ,mais y arriv]ons-n\s1 et p> quelle voie1 et quel s]ait1 en ce cas1 le plan de l'hi/oire future8 ,c'e/ la "q4 ,et quelle "q plus gr&e et plus pressante8 ,c'e/ l'homme voyageur sur la t]re qui se dem&e3 ,o e/ ma r\te8 ,o e/ ce *em9 de ,dieu sur la t]re#ca1 qu'il faut connatre1 et qui mne au b8 #ca ,ut cognoscamus 9 t]ra viam tuam4 ,v\s compr5ez que cette "q e/ digne des plus srieuses mditations d'une vie entire4 ,,*apitre ,,xiii ,,la ,,morale ,a vrai dire1 l'hi/oire n'e/ que la morale en action4 ,mais il faut aj\t] un mot sur la morale considre comme sci5ce4 ,je vi5s de lire avec bonheur un livre intitul3 ,consci5ce et ,sci5ce du devoir#cb4 #cb ,p> ,j4 ,oudot1 pr(esseur la ,facult de droit de ,p>is4 ,ce livre e/ un signe du temps4 ,oui1 n\s sommes dans le sicle de la sci5ce comp>e1 et aussi dans cette poque du monde qui correspond l'tat d'esprit de ,leibniz lorsqu'il disait3 ,je n'ai trav]s la mtaphysique et les sci5ces que p\r arriv] la morale4 ,et c'e/ l'tat d'esprit o je me tr\ve moi-mme depuis bi5 des annes4 ,auj\rd'hui1 je suis oblig d'av\] que j'ai horreur de la mtaphysique ab/raite1 et de t\te sci5ce qui ne se relie pas la morale1 ,dieu1 au bi5 des hommes4 ,et je vois1 avec une joie pr(onde1 mon sicle en v5ir au mme po9t4 ,la civilisation *rti5ne1 depuis trois c5ts ans1 a cr ces sci5ces m]veilleuses que trav]sa ,leibniz1 et qui *ang5t auj\rd'hui la figure du monde matriel2 et ma9t5ant1 p> l'hi/oire et la sci5ce sociale1 dveloppes surt\t en notre sicle1 l'esprit huma9 arrive la morale1 je dis la morale considre comme sci5ce1 comme sci5ce trs t5due1 trs fconde et trs inconnue3 sci5ce de/9e t]m9] la crise o l',europe se dbat depuis un sicle3 sci5ce de/9e n\s conduire cet ordre n\veau dont ,*ateaubri& dit3 ,c'e/ sur la base du *ri/ianisme1--c'e/--dire de la morale univ]selle1--que doit se recon/itu]1 aprs un sicle ou deux1 la vieille socit qui se dcompose prs5t4 ,tel e/ le temps o n\s vivons4 ,et c'e/ un signe du temps que l'exi/5ce de plusieurs livres1 tels que celui dont j'ai cit le titre1 et d'un enseignem5t public aussi l>ge et aussi lev que celui qui se donne dans plusieurs *aires de la ,facult de droit de ,p>is1 ,c'e/ une gr&e joie1 p\r ceux qui connaiss5t la c\rbe qui suit notre sicle1 d'ent5dre ses disc\rs o l'on recueille cette conclusion3 ,la jurisprud5ce e/ place au po9t d'int]section o les donnes de t\tes les autres sci5ces vi5n5t conv]g]1 p\r que la sci5ce du devoir les coordonne4 ,le droit1 qui doit dirig] les nations1 que peut-il sans les enseignem5ts de la religion comme de la physiologie1 de l'hi/oire comme de l'conomie politique8 ,ce n'e/ pas une p>ole ambitieuse1 c'e/ une vrit trs c]ta9e que cette antique df9ition3 ,la sci5ce du devoir e/ la sci5ce d'ensemble des *oses div9es et des *oses huma9es#cc4 #cc ,oudot1 t4 ,,ii1 p4 #bdd4 ,l'on compr5d donc enf9 que ,droit1 soit naturel1 soit positif1 ,lgislation1 ,sci5ce g\v]nem5tale1 ,politique1 conomie politique1 ,sci5ce sociale et le re/e1 ne sont que des *apitres sp>s d'une sci5ce unique et suprieure1 qui n'e/ autre que la morale ou la sci5ce du devoir1 et que cette sci5ce ne saurait tre sp>e de la religion4 ,et l'on prote/e enf9 hautem5t contre la mutilation qu'on opre qu& on prt5d voir des sci5ces diffr5tes dans les div]s aspects d'une sci5ce unique#cd4 #cd ,consci5ce et sci5ce du devoir1 t4 ,i1 p4 #ceh4 ,oui1 mutilation6 ,et de l les jugem5ts si opposs que port5t1 sur la valeur et la t5dance de plusieurs de ces sci5ces1 des esprits qui devrai5t s'ent5dre4 ,on m'assure1 p> exemple1 que l'conomie politique e/ un flau4 ,moi1 je dis3 ,c'e/ le salut des socits4 ,flau1 je le veux bi51 p\r ceux qui p>l5t d'conomie politique sp>e1 mutile2 mais moi qui crois devoir t\j\rs1 d'aprs le conseil des sages1 considr] les *oses et en p>l] selon leur vrit et non selon leur vanit1 je vois1 ou du mo9s1 je veux voir1 les tres et les ides1 non dans leur ess5ce isole1 mais dans leurs relations vivantes et ncessaires4 ,qu& je dis feuille d'arbre1 je n'ent5ds pas feuille tombe1 mais feuille t5ant l'arbre4 ,et qu& je p>le d'conomie politique1 je p>le de la sci5ce sociale et de la sci5ce sociale ram5e la morale1 et de la morale ram5e la religion4 ,voil donc ce que l'on comm5ce compr5dre4 ,et l'on compr5d aussi1 ds lors1 que la sci5ce du devoir e/ aussi t5due1 aussi ri*e1 aussi capable de progrs1 que la consci5ce du devoir e/ simple1 univ]selle1 primitive1 antrieure t\t4 ,sci5ce1 c'e/ consci5ce claire1 consci5ce qui veut et sait1 qui1 v\lant la ju/ice1 connat le po9t d'application o doit port] la =ce p\r faire jaillir la ju/ice triomphante1 et atte9dre le b1 salut des hommes1 des peuples et du g5re huma94 ,l'ef=t p\r p\ss] le monde son b1 voil notre devoir4 ,la lumire qui claire cet ef=t1 voil la sci5ce du devoir4 ,ici1 jeunes g5s1 e/ le gr& po9t3 connatre son devoir6 ,savoir ce qu'en ce sicle mme v\s devez votre patrie et au g5re huma9 t\t enti]2 ne pas seulem5t avoir au cur le dv\em5t1 l'hrosme peut-tre1 qui e/ en v\s2 mais savoir comm5t doit s'appliqu] la bonne volont du devoir1 savoir jug] les illusions du b1 les effets des milieux1 des di/ances2 connatre les faux m\vem5ts des bonnes volonts ignorantes1 les faux lans des hrosmes subv]sifs qui tu5t p\r dlivr]1 qui cras5t p\r sauv]4 ,il faut que si l'on donne son me1 sa vie1 son en?\siasme1 on sa*e du mo9s m5] au b ces =ces magnifiques avec la prcision mme de la sci5ce1 qui mne au b l'emportem5t du feu1 qui dirige sur des lignes traces l'insaisissable clair4 ,v\loir et savoir1 c'e/ p\voir2 v\loir ne suffit pas4 ,oh6 liguons-n\s p\r connatre le dtail du devoir1 ses voies utiles et vritables1 en *aque temps1 p\r *aque me1 et surt\t au temps o n\s sommes4 ,qu'il n\s soit donn de connatre la m>*e de ,dieu sur la t]re1 et son plan de salut p\r t\s les peuples4 ,ut cognoscamus 9 t]ra viam tuam1 9 omnibus g5tibus salut>e tuum4 ,je n'en dirai pas plus sur la morale1 mais je travaille de t\t cur v\s (frir bi5tt mon faible essai sur ce c\ronnem5t de la philosophie4 ,quant aux rapports de la sci5ce du devoir1 de t\te la sci5ce sociale et de la ?ologie1 je n'en dirai ici que ce seul mot1 c'e/ que le gr& progrs de sci5ce morale1 de sci5ce sociale que j'ap]ois1 e/ l'aurore de ce ret\r la ?ologie1 enf9 comprise1 que j'att5ds et annonce4 ,,*apitre ,,xiv ,,la ,,?,,ologie ,on disait autrefois que la ?ologie e/ la re9e des sci5ces1 que la philosophie e/ sa s]vante4 ,voici1 je crois1 la vrit sur ce sujet4 ,il y a1 dit ,pascal1 trois mondes3 le monde des corps1 le monde des esprits1 et un troisime monde qui e/ ,dieu1 qui e/ surnaturel1 relativem5t aux deux premi]s4 ,or1 la philosophie e/ du second monde2 elle doit rgn] sur le premi]1 et elle doit se s\mettre au troisime1 non p\r s'anantir1 mais p\r mont] plus haut4 ,en d'autres t]mes la philosophie e/ la sci5ce propre que porte et que possde l'esprit huma92 c'e/ l'esprit huma9 dvelopp4 ,l'esprit huma9 dvelopp doit pntr] le monde des corps1 en connatre les lois4 ,mais il doit1 en mme temps1 se s\mettre ,dieu1 non plus seulem5t de cette s\mission ncessaire son dveloppem5t propre1 mais de cette autre s\mission plus pr(onde qui dveloppe en lui la lumire de ,dieu mme2 qui1 la propre rac9e et la propre sub/ance de l'homme1 aj\te les fruits dont ,dieu e/ la rac9e et la sub/ance4 ,or1 l'esprit huma9 e/ capable du dveloppem5t qui vi5t de ,dieu1 comme un arbre e/ capable de greffe1 ,et peut port] des fruits qui ne sont pas les si5s4 ,ces fruits n\veaux dtruis5t-ils le vieil arbre8 ,ils l'honor5t et le glorifi5t4 ,lui enlv5t-ils sa sve8 ,non2 mais ils donn5t cette sve qui demeurait /rile1 un c\rs glorieux4 ,c'e/ a9si que la sci5ce div9e ne dtruit pas la sci5ce huma9e1 mais l'illum9e4 ,or1 la ?ologie1 c'e/ la philosophie greffe4 ,et cette greffe1 c'e/ l'esprit de ,dieu mme ent sur l'esprit huma94 ,et cette donne n\velle e/ et doit tre surnaturelle1 c'e/--dire d'une autre nature que l'esprit huma9 mme1 inf9ie en prs5ce de lui qui e/ f9i1 quoique indf9im5t gr&issant4 ,je n'explique pas ici le my/re de la greffe1 ni p\r le monde des corps1 ni p\r le monde des esprits4 ,je n'ent5ds pas du re/e1 pr\v] ici ces ass]tions1 je veux seulem5t v\s donn] des conseils p\r l'tude de la ?ologie et v\s y exhort]4 ,rem>quez d'abord que la ?ologie ca?olique1 indp5damm5t de t\t ce qu'enseigne la foi *rti5ne1 e/ manife/em5t1 et ne peut pas ne pas tre le plus gr& monum5t1 sans nulle comp>aison1 qu'ait lev l'esprit huma94 ,je dis qu'outre la lumire div9e1 surnaturelle1 dont1 selon n\s1 la ?ologie e/ remplie1 cette ?ologie e/ et ne peut pas ne pas tre le plus imm5se faisceau de lumire huma9e que les hommes ai5t jamais =m4 ,voyez le fait4 ,quels sont les gr&s ?ologi5s8--,je ne p>le pas de sa9t ,paul4--,nos deux plus gr&s ?ologi5s sont sa9t ,augu/9 et sa9t ,?omas d',aqu94 ,le troisime e/ trs difficile nomm]4 ,il y en a v+t1 vraim5t gr&s et pr(onds1 et dont le plus glorieux n'e/ pas1 comme ?ologi51 le plus gr&4 ,mais enf91 p\r les hommes de lettres1 mettons ,bossuet4 ,voici donc sa9t ,augu/91 sa9t ,?omas et ,bossuet4 ,or1 je v\s prie1 ne voyez-v\s pas que sa9t ,augu/9 r5f]me t\t ,platon1 mais ,platon prcis et encore agr&i8 ,me direz-v\s que sa9t ,?omas d',aqu9 ne conti5t pas en lui t\t ,ari/ote1 mais ,ari/ote lev de t]re1 lum9eux et non plus tnbreux8 ,me direz-v\s que ,leibniz n'e/ pas d'accord avec ,bossuet8 ,prt5drez-v\s que ,desc>tes t\t enti] n'a pas n\rri ,bossuet1 et n'ait pass dans son gnie8 ,voici donc1 dans nos trois gr&s ?ologi5s1 un faisceau compos des pr9cipaux gnies du premi] ordre4 ,citez un homme vraim5t considrable qui p5se dans un autre s5s1 et qui ait une autre lumire1 un autre soleil de vrit que cette socit de gnies6 ,l'autorit d'un homme du premi] ordre e/ gr&e assurm5t4 ,mais qu'e/-ce que l'autorit de plusieurs hommes de premi] ordre1 je dis plus1 l'autorit de t\s les hommes du premi] ordre1 p>lant l'unisson8 ,or1 sa9t ,augu/91 sa9t ,?omas d',aqu9 et ,bossuet p>l5t l'unisson2 ceux qu'ils impliqu5t en eux p>l5t de mme2 t\t ce qui1 dans ,platon1 dans ,ari/ote1 dans ,leibniz et ,desc>tes1 n'entre pas dans cet unisson que =m5t les trois autres1 qui sont ?ologi5s1 ti5t de l'erreur1 de l'accid5t1 et ne saurait compt]4 ,ce sont des fautes1 comme les plus gr&s hommes en commett5t4 ,mais e/-ce l t\te l'autorit huma9e de la ?ologie8 ,je n'en ai dit que la mo9dre p>tie4 ,la ?ologie1 t\j\rs considre seulem5t dans son ct huma91 e/ la seule sci5ce1 ceci e/ capital1 que le g5re huma9 ait travaill en commun4 ,t\t ce que le pre des hommes1 sorti des ma9s de ,dieu1 et ses premi]s enfants ont livr la mmoire du g5re huma9 et la tradition univ]selle2 t\t ce que les prophtes et les vrais fils de ,dieu1 dans t\s les temps1 ont pu voir et recevoir de ,dieu2 t\t ce que les aptres du ,*ri/1 les m>tyrs et les ,pres ont compris2 t\t ce que les mditations des solitaires1 qui n'aimr5t que la vrit1 ont my/rieusem5t excit dans l'esprit huma92 t\t ce que les gr&s ordres religieux1 travaillant en commun1 comp>ant1 dbattant sans cesse leurs travaux1 ont dvelopp et prcis2 t\t ce que les conciles gnraux1 les premires assembles univ]selles qu'ait vues le monde1 ont df9i2 t\t ce que les erreurs1 mises j\r1 reconnues et juges leurs fruits1 dans l'importante hi/oire des sectes1 n\s ont t d'inc]titudes2 t\t ce que les sa9ts et les sa9tes1 ces s\rces vives de pure lumire1 ont inspir1 sans crire ni p>l]3 t\t cela mis en un1 voil la ?ologie ca?olique4 ,v\s le compr5ez ma9t5ant1 c'e/ la seule sci5ce que l'esprit huma9 ait enfante d'ensemble4 ,les gr&es uvres philosophiques sont des uvres de gr&eur isole2 l'uvre ?ologique e/ un m\vem5t de totalit du va/e cur et de l'imm5se esprit huma94 ,de plus1 s'il e/ vrai1 comme on n'en peut d\t]1 que l o les esprits s'uniss5t1 l se tr\ve ,dieu1 il s'ensuit que la ?ologie ca?olique e/ l'uvre univ]selle et la voix unanime des hommes qui ont t unis entre eux et avec ,dieu4 ,c'e/ p\rquoi je rpte p>ce que je l'ai pr\v1 que la ?ologie ca?olique e/ et ne peut pas tre autre *ose que le plus gr& monum5t qu'ait lev l'esprit huma91 et le plus gr& faisceau de lumire qu'il y ait en ce monde4 ,et ma9t5ant1 comm5t expliquez-v\s qu'un homme qui *]*e la vrit ne fasse pas sa premire tude de cette sci5ce-l8 ,voil p\rquoi1 si v\s avez compris ce qui prcde1 et si v\s v\lez travaill] relev] l'esprit huma9 v]s la lumire1 v\s tudi]ez la ?ologie ca?olique1 t\j\rs4 ,voici comm5t v\s procd]ez4 ,v\s comm5c]ez p> appr5dre p> cur1 et mot p\r mot1 le ,t\t1 comme l'enfant appr5d ses prires4 ,ce monum5t incomp>able de la ?ologie a un plan simple et facile connatre4 ,cet imm5se faisceau de lumire se rduit un petit nombre de vrits1 peut-tre trois1 et une4 ,mais1 sans remont] si haut v]s l'unit div9e de cette lumire1 il se tr\ve que t\te la ?ologie ca?olique e/ =mule en un petit nombre de propositions dogmatiques qu'on nomme articles de foi1 auxquelles les ?ologi5s en aj\t5t d'autres qui1 sans tre articles de foi1 sont t5ues p\r c]ta9es1 comme drivant rig\reusem5t des articles de foi4 ,t\tes ces propositions peuv5t tre1 et1 de fait1 ont t imprimes en huit pages4 ,je dem&e comm5t il se fait que t\t homme in/ruit ne les sa*e pas p> cur littralem5t#ce4 #ce ,n\s avons runi les textes1 ou du mo9s les propositions de foi1 en lat9 et en franais1 dans un app5dice la f9 de notre ,trait de la connaissance de ,dieu4 ,si v\s tes *rti5s1 voil le dtail de votre foi2 si v\s n'tes pas *rti5s1 voil cette gr&e croyance *rti5ne1 la seule qui ait *ance d'tre vraie1 et qu'il v\s faut connatre1 p\r savoir si v\s y vi5drez4 ,si v\s tes ennemi1 dcid combattre le *ri/ianisme1 pr5ez la pe9e de le connatre1 du mo9s dans son nonc4 ,vos c\ps port]ont mo9s faux4 ,v\s pr5drez donc une ,?ologie lm5taire quelconque1 vulgaire1 enseigne dans les ,sm9aires4 ,je v\s recomm&e celle de ,p]rone1 qui e/ rc5te1 trs rp&ue1 qui vi5t de ,rome4 ,v\s ouvrirez la table des matires1 qui a t imprime en huit pages1 et qui n'e/ autre *ose que la suite des ?ormes ?ologiques1 articles de foi ou autres4 ,v\s appr5drez p> cur ces ?ormes1 et v\s connatrez l'nonc complet1 au!ntique1 (ficiel du dogme ca?olique#cf4 #cf ,notre ,app5dice r5f]me les propositions de ,p]rone1 et1 en outre1 quelques-uns des textes vangliques qui appui5t les ?ormes ?ologiques4 ,de plus1 v\s aurez s\s la ma9 un ,bossuet1 un ,?omass91 un sa9t ,?omas d',aqu9 et un sa9t ,augu/92 et1 en outre1 le ,dictionnaire ?ologique de ,b]gi]1 en un volume4 ,v\s v\s atta*]ez sa9t ,?omas d',aqu9 avant t\t autre4 ,v\s n'oubli]ez pas qu'au d]ni] concile gnral1 ,tr5te1 il y avait sur le bureau de l'assemble1 droite du crucifix1 la ,bible2 gau*e1 la ,somme de sa9t ,?omas d',aqu94 ,quant la ,bible1 il e/ bi5 ent5du que v\s la lirez *aque j\r2 que v\s lirez et pratiqu]ez l'vangile1 s\rce vive et pr9cipale de t\te lumire4 ,mais1 p\r rev5ir sa9t ,?omas d',aqu91 c'e/ vritablem5t l'ange de l'cole et le pr9ce des ?ologi5s4 gal1 au mo9s1 ,ari/ote comme mtaphysici5 et logici52 nullem5t contraire ,platon1 ce qui s]ait un dfaut capital2 ple9 de sa9t ,augu/91 et impliquant1 ds lors1 ce que ,platon a dit de vrai2 du re/e1 n'ayant pas tant les ides mmes que les =ces de ces gnies1 sa9t ,?omas d',aqu91 dans sa ,somme1 saisit1 rsume1 pntre1 ordonne1 comp>e1 explique1 pr\ve et df5d1 p> la raison1 p> la tradition1 p> t\te la sci5ce possible1 acquise ou dev9e1 les articles de la foi ca?olique dans leurs d]ni]s dtails1 avec une prcision1 une lumire1 un bonheur1 une =ce1 qui p\ss5t sur presque t\tes les que/ions le vrai jusqu'au sublime4 ,oui1 on s5t presque p>t\t1 si je puis m'exprim] a9si1 le g]me du sublime frmir s\s ses brves et puissantes =mules o le gnie1 inspir de ,dieu1 fixe la vrit4 ,sa9t ,?omas d',aqu9 e/ inconnu de n\s1 p>ce qu'il e/ trop gr&4 ,son livre1 comme l'et dit ,homre1 e/ un de ces qu>ti]s de roc que dix hommes de nos j\rs ne p\rrai5t s\lev]4 ,comm5t notre esprit1 habitu aux dlayures du /yle contempora91 se f]ait-il la d5sit mtallique du /yle de sa9t ,?omas d',aqu98 ,l'ignorance mme de la langue1 de la typographie et de la =me extrieure dans la di/ribution des matires1 n\s arrte au seuil de la ,somme de sa9t ,?omas d',aqu94 ,je sais un homme in/ruit1 trs occup de philosophie et de ?ologie1 qui1 ayant ouv]t un j\r la ,somme1 ne t>da pas ref]m] le livre avec dgt4 ,et p\rquoi8 ,p>ce qu'il avait pris p\r l'nonc des ?ses de sa9t ,?omas l'nonc des erreurs qu'il rfute4 ,cet homme vcut un an sur ce prjug4 ,lisez l',index t]tius de la ,somme1 p\r connatre d'un c\p d'il les noncs du gr& ,docteur sur *aque "q4 ,il faut consult] cet ,index sur t\te "q2 il en faut ret5ir1 mot p\r mot1 beauc\p de =mules4 ,p\r ce qui e/ de ,?omass91 c'e/ un gnie t\t diffr5t2 gnie aussi1 non du mme ordre1 et non mo9s inconnu4 ,?omass91 contempora9 de ,bossuet1 a crit en lat9 ses ,dogmes ?ologiques qu'on p\rrait appel] ,m$ulla ,patrum4 ,le ti]s au mo9s de ces trois 9-folio ne consi/e qu'en citations des ,pres1 grecs et lat9s1 s\v5t aussi des philosophes1 le t\t li et cim5t p> le gnie qui pntre et possde ce qu'il pr5d1 agr&it ce qu'il t\*e1 multiplie la valeur de ce qu'il emprunte1 en gr\pant s\s une lumire unique les prcieuses p>celles qu'il recueille3 t\t cela dans un lat9 ple9 de v]ve1 d'orig9alit1 d'exubrante ri*esse4 ,je n'ai ri5 dire de ,bossuet ni de sa9t ,augu/94 ,pratiquez beauc\p la table des matires du second1 m]veilleux travail des bndict9s4 ,quant ,b]gi]1 c'e/ un ,dictionnaire conv5able1 judicieux1 ne manquant pas d'autorit4 ,enf9 ces livres seuls ne suffis5t pas4 ,il v\s faut un enseignem5t ?ologique oral1 p> un ?ologi5 de pr(ession1 enseignant dans les sm9aires4 ,ri5 ne supple l'enseignem5t oral de la ?ologie4 ,dix annes d'tudes solitaires v\s laiss]ai5t des traces notables d'ignorance4 ,or1 je crois p\voir v\s assur] que qu& v\s aurez comm5c compr5dre la ?ologie ca?olique1 v\s s]ez pr(ondm5t tonn de l'ignorance et de l'aveuglem5t de notre sicle l'g>d de ce foy] de lumire1 auquel aucune autre lumire dans le monde ne saurait tre comp>e4 ,il v\s sembl]a que depuis c5t c9quante ans l',europe e/ dans une nuit polaire1 et que le soleil des esprits e/ ca* d]rire notre horizon trop dt\rn de ,dieu1 et d]rire les sommets glacs de nos sci5ces froides4 ,v\s compr5drez que l'alliance dont on p>le entre la philosophie et la ?ologie1 alliance que les philosophes purs ne compr5n5t pas et ne peuv5t pas excut]1 p> cela mme qu'ils ne sont que purs philosophes1 e/ s+ulirem5t avance du ct des ?ologi5s1 qui1 tant la fois ?ologi5s et philosophes1 philosophes t\j\rs plus complets1 plus exacts1 plus pr(onds1 plus levs que les philosophes purs1 ont mission et capacit p\r entrepr5dre et conclure l'alliance4 ,v\s v]rez aussi que la ?ologie ca?olique1 inspire p> le ,*ri/1 qui e/ ,dieu1 implique rellem5t t\tes les sci5ces4 ,ce n'e/ pas n\s qui les en dduirons1 je le sais1 et je sais que la prt5tion de t\t dduire du dogme a t une s\rce d'erreurs4 ,mais1 mesure que les sci5ces se =m5t p> leur propre m?ode et leurs propres pr9cipes1 ce sont des concordances et des consonances m]veilleuses avec la sci5ce de ,dieu4 ,v\s compr5drez que1 comme le dit ,pascal#cg1 la religion doit tre tellem5t l'objet et le c5tre o t\tes *oses t5d5t1 que1 qui en saura les pr9cipes1 puisse r5dre raison1 et de t\te la nature de l'homme en p>ticuli] et de t\te la conduite du monde en gnral4 #cg ,p5ses1 t4 ,i1 p4 #baf4 7uvres compltes47 ,v\s v]rez peut-tre aussi que1 p> le fait1 la ?ologie ca?olique a directem5t inspir t\t le gr& m\vem5t sci5tifique mod]ne1 cr p> le dix-septime sicle4 ,v\s p>tag]ez ma surprise et ma joie qu& v\s v]rez se vrifi] hi/oriquem5t ce qui1 a priori1 doit tre1 savoir3 que les sa9ts produis5t1 ou sont eux-mmes1 les gr&s ?ologi5s my/iques2 que les gr&s ?ologi5s my/iques produis5t les dogmatiques pr(onds et les vrais philosophes2 que t\s ensemble produis5t les savants crateurs1 mme en physique et en ma?matiques2 comme p> exemple1 lorsqu'on voit les gr&s sa9ts et ?ologi5s my/iques du comm5cem5t du dix-septime sicle creus] plus pr(ondm5t que jamais le rapport du my/re de ,dieu l'homme3 le livr] la p5se philosophique s\s la =me du rapport mtaphysique du f9i l'inf9i2 faire po9dre dans une f\le d'crits asctiques de surpr5antes =mules sur l'inf9i1 le f9i1 le nant#ch3 suscit] *ez ,kepl]1 *ez ,pascal#ci1 et bi5 d'autres1 les pr9cipes implicites1 s\v5t mme assez explicites1 du calcul inf9itsimal2 inspir] enf9 ,leibniz son livre de ,sci5tia inf9iti1 dont le calcul inf9itsimal1 qui e/ le levi] univ]sel des sci5ces1 e/ un *apitre2 *apitre qui1 ram5 et comp> la philosophie dont il vi5t1 a*v]a d'organis] cette re9e des sci5ces4 #ch ,p> exemple1 les crits d',oli]2 la ,vie du ,p4 de ,condr51 p> le ,p4 ,amelote4 #ci ,p5ses1 ,ire p>tie1 art4 #b4 ,,conclusion ,concluons t\t ce livre4 ,ce livre ne s'adresse qu'aux r>es esprits qui aim5t et *]*5t la sagesse1 et aux c\rages qui sacrifi5t t\t la ju/ice et la vrit4 tablir du sil5ce dans son me p\r c\t] en soi ,dieu qui p>le dans t\s les hommes1 surt\t en ceux qui aim5t la vrit2 se dgag] de ses passions1 et se t5ir au-dessus de son sicle p\r tre plus prs de ,dieu et du cur de l'humanit3 fuir la mditation oisive et l'illusion des contemplations p>esseuses1 en fixant p> la plume les vrits qui se dploi5t dans l'me1 s\s le s\ffle de ,dieu1 qu& elle e/ pure et en repos2 discipl9] son corps1 le pntr]1 le rapport]1 comme un in/rum5t1 son esprit et son me1 p\r que l'homme t\t enti] soit uni dans son uvre2 consacr] la vrit t\t son temps1 aussi bi5 que l'homme t\t enti]1 me et corps2 consacr] la j\rne entire1 et ne pas mpris] la nuit mme ni le sommeil2 consacr] le sommeil en consacrant le soir2 prp>] au sommeil sa t*e1 et le faire travaill]2 fuir la dissipation qui int]rompt l'esprit et qui l'te9t1 p\r tr\v] le repos qui le recueille et le fconde2 pratiqu]1 dans la cont9uit de l'adoration intrieure1 ce que pratiqu5t les g]mes1 qui croiss5t et qui gr&iss5t1 soit que l'on veille ou que l'on dorme3 p>v5ir la vraie prire1 o la voix infaillible de ,dieu se fait ent5dre2 o le contact de ,dieu n\s e/ donn1 et o s'accomplit le my/re du rapport sub/antiel et vivant de l'me ,dieu2 puis] dans cette union ,dieu l'inspiration relle1 c'e/--dire la rsolution de dev5ir un ouvri] dans la moisson de ,dieu2 recevoir1 dans cette inspiration et cette rsolution1 la connaissance des plaies de son me et des s\ffrances du monde1 la compassion p\r ces s\ffrances et p\r ces plaies1 la =ce1 la volont de travaill] les gurir2 voir et jug]1 dans cette lumire1 la crise du prs5t sicle1 qui e/ la "q du ,seigneur2 p5sez-v\s que le ,fils de l'homme tr\ve encore de la foi sur la t]re8 ,appr5dre ce que ,dieu veut du cur huma9 et de l'esprit huma91 et ce qu'il en exige p\r leur donn] ou leur laiss] la foi2 r5tr] dans la voie1 manife/em5t droite1 du d]ni] gr& sicle1 qui allait ,dieu p> la sa9tet et p> la sci5ce1 et unissait1 fcondait1 ou p\r mieux dire1 crait les sci5ces dans la lumire de ,dieu2 repr5dre le faisceau1 trop longtemps bris1 des gr&es lignes de l'esprit huma92 crer a9si cette sci5ce comp>e qui s]a celle du pro*a9 gr& sicle2 remont] de *aque ligne de la sci5ce au c5tre de la comp>aison2 y tr\v] ,dieu p>t\t1 et sa lumire vivante et rgnratrice2 faire r$esc5dre cette lumire dans t\s les canaux de la sci5ce1 dans t\tes les fibres de l'esprit2 dlivr]1 r*auff] les curs p> cet influx n\veau2 et relev] enf91 p> une ducation plus lum9euse1 les gnrations v5ir3 tel e/ l'ensemble des conseils qu'il faut donn]1 et du b qu'il faut propos] celui qui veut tre auj\rd'hui disciple de ,dieu4 ,compr5ez ma9t5ant l'unit ?orique1 et le s5s proprem5t sci5tifique de t\t ceci4 ,n\s avons dmontr ailleurs que le s\v]a9 procd de la raison1 celui qui donne la sci5ce1 e/ un procd qui mne1 p>tir de t\te *ose1 l'inf9i1 ,dieu2 et que ce procd donne la sci5ce1 prcism5t en tant qu'il mne ,dieu et aux ides t]nelles qui sont ,dieu4 ,v\s avez compris que ce ne sont pas l seulem5t de potiques ass]tions1 mais bi5 des vrits logiques prcises et sci5tifiquem5t tablies4 ,mais ce procd mne ,dieu1 n\s l'avons encore dmontr1 p>ce qu'il "p de ,dieu1 c'e/--dire du s5s div9 en n\s1 et d'un degr quelconque de foi en l'objet inf9i de ce s5s2 et il y mne1 en se s]vant de *oses f9ies1 l'me et la nature1 comme signes et comme images1 p\r expliqu] ce s5s obscur de l'inf9i que ,dieu n\s donne p> son contact4 ,donc la m?ode pratique1 p\r all] la sci5ce1 consi/]a d'abord dvelopp] en soi le s5s div92 en second lieu1 connatre son me1 connatre la nature et ses lois1--ce qui r5f]me t\tes les sci5ces p>tielles1--puis remont] t\j\rs1 de notre me1 de t\t tat de l'me1 et de t\te sci5ce p>tielle et de t\te impression1 jusqu'aux ides de ,dieu et jusqu'au cur de ,dieu4 ,oui1 ceci e/ la m?ode pratique p\r arriv] la lumire3 rappel] l'esprit lui-mme2 unir son esprit son cur1 son cur ,dieu2 et t\t ram5]1 sans ri5 confondre1 cette unit intrieure qui e/ notre me et ,dieu4 ,et l'homme arriv l connat la vie4 ,il s5t et voit qu'aim] ,dieu p>-dessus t\tes *oses1 aim] t\s les hommes comme soi-mme1 donn] son cur1 son me1 son esprit et ses =ces p\r r5dre les hommes meilleurs et plus heureux1 c'e/ la vie1 c'e/ la loi1 c'e/ le bonheur1 la ju/ice et la vrit4 ,,f9 ,,des ,,s\rces ,,disc\rs ,,sur ,,le ,,devoir ,,intellectuel ,,des ,,*r,,ti5s ,,au ,x,i,xe ,,si,,cle ,,et ,,sur ,,la ,,mission ,,des ,,pr,,tres ,,de ,l',,oratoire ,,messieurs1 ,je veux v\s exhort] la pratique intellectuelle de l'vangile4 ,l'vangile1 v\s le savez1 comm5ce p> le mot ,pnit5ce1 et f9it p> le sacrifice de la ,croix4 ,pnit5ce1 trans=mation1 rgnration1 passage ,dieu et l'am\r p> l'anantissem5t de l'gsme3 vie n\velle p> la pnit5ce1 c'e/--dire p> le sacrifice de la croix1 t\t cela c'e/ mme *ose4 ,contemplons donc auj\rd'hui la lumire de cette croix du ,*ri/1 s9on d'aussi prs que sa9t ,jean et la ,vi]ge1 du mo9s comme ce gr\pe de femmes dont il e/ dit3 qu'elles reg>dai5t de lo94 ,contemplons le plan gnral de l'hi/oire de la ,croix4 ,qu'a produit la ,croix dans ce monde8 ,quel e/ le fruit de son premi] triomphe8 ,quels sont les dang]s qui m5ac5t auj\rd'hui son rgne8 ,quelles sont les ress\rces que les fils de la ,croix peuv5t oppos] ces dang]s8 ,et quels sont dans cette lutte nos devoirs1 n\s ,prtres de l',oratoire qui v\s p>lons1 v\s nos auditeurs ou nos amis8 ,i ,voici dons ,jsus-,*ri/ en croix4 ,voici le signe et l'in/rum5t du sacrifice plant1 comme un arbre de vie1 sur le globe4 ,le rgnrateur ici pratique1 p> son sang qui c\le1 l'am\r de ,dieu et des ses frres jusqu'au sacrifice de soi-mme4 ,c'e/ l la n\velle loi1 c'e/ l l'alliance n\velle de la crature avec ,dieu4 ,je v\s donne un comm&em5t n\veau1 a-t-il dit3 ,aimez-v\s comme je v\s ai aims4 ,et p>lant de ce sang que n\s voyons c\l]1 il a dit3 ,c'e/ le sang de la n\velle et t]nelle alliance4 ,ce sang qui se rp& sur t]re e/ la sem5ce d'une humanit n\velle1 humanit dont le signe et le c>actre1 la loi et la vie e/ et doit tre l'am\r de ,dieu et des hommes jusqu'au mpris de soi4 ,il faut que cette humanit n\velle croisse et se multiplie et qu'elle remplisse la t]re4 ,mais la t]re e/ c\v]te p> les hommes du vieux monde dont le signe et le c>actre1 la loi et la vie e/ au contraire l'am\r de soi jusqu'au mpris du g5re huma9 et au mpris de ,dieu4 ,ce vieux monde se df5d ds qu'il compr5d le s5s de la vie n\velle1 qui e/ l'absolue opposition la vieille vie2 il entre en lutte1 et p5dant trois sicles1 il ext]m9e p> le f] et le feu l'humanit rgnre4 ,mais la cration suprieure se df5d son t\r p\r la v]tu de ,dieu4 ,elle laisse c\l] son sang p\r ensem5c] la t]re plus l>gem5t2 et1 aprs trois sicles de lutte1 l'humanit sacrifie triomphe de l'humanit qui tue4 ,les victimes ont va9cu la =ce4 ,la =ce passe aux *rti5s4 ,cs>1 roi du vieux monde1 e/ *rti53 il voit la croix dans le ciel1 signe de la =ce et de la victoire4 ,la croix e/ une premire fois glorifie3 elle monte sur la c\ronne des emp]eurs4 ,ds ce mom5t1 p5dant qu9ze sicles de paix relative1 voici ce qu'opre la croix4 ,elle eng5dre en effet une autre humanit1 qui auj\rd'hui e/ matresse du globe4 ,les peuples *rti5s sont rois de la t]re entire1 sans rsi/ance possible de la "p du vieux monde4 ,la croix a donn la =ce et l'empire ceux qui l'ont reue4 ,elle absorbe la b>b>ie1 elle ret\rne le paganisme1 elle produit le miracle des socits n\velles2 elle rgnre l'lm5t social1 la famille1 selon sa lgitime et primitive in/itution4 ,elle r5d possible la lib]t sans esclavage1 sans an>*ie1 et l'unit sans tyrannie4 ,elle sme1 sur les peuples1 ce sel vanglique dont le ,sauveur a dit3 ,v\s1 v\s tes le sel de la t]re2 c'e/--dire qu'elle produit le miracle des lgions angliques1 qui p> le sacrifice complet1 p> la virg9it1 sont1 avec et aprs ,jsus-,*ri/1 la =ce qui lve la t]re v]s le ciel4 ,une intellig5ce plus haute e/ donne aux peuples mod]nes avec des murs plus leves4 ,l'esprit huma9 rgnr contemple la nature d'un il plus pur1 plus pntrant4 ,il s'en r5d matre et la dom9e et la dirige3 il saisit et g\v]ne les =ces physiques inconnues aux anci5s2 il triomphe de l'espace et du temps2 il p>c\rt son doma9e avec la vitesse mme du v5t2 sa p5se trav]se le globe avec la vitesse mme de la lumire4 ,tel e/ le premi] triomphe de la croix1 aprs la premire lutte4 ,,ii ,mais quels sont auj\rd'hui les dang]s qui m5ac5t ce rgne de la croix8 ,les *rti5s sont matres du monde4 ,mais les *rti5s sont diviss4 ,le vieux monde ne peut ri5 contre eux4 ,il ne peut ri5 qu'avec eux et p> eux1 et en les divisant4 ,or1 ,dieu a p]mis que l'esprit du vieux monde pntrt au milieu des *rti5s p\r une preuve n\velle4 ,l'esprit qui nie le sacrifice1 qui l'abolit et le ret\rne1 l'esprit de la cit du mal o *acun doit s'aim] contre t\s et contre ,dieu mme1 l'esprit paen a relev la tte et tr\v des adorateurs4 ,dieu a p]mis que l'esprit anci5 divist son peuple1 comme autrefois il avait p]mis que son peuple1 matre de la t]re promise1 ft divis4 ,dix tribus se sp>ai5t alors de ,jrusalem et du temple1 et1 abolissant le sacrifice1 elles adorai5t ,a/>t1 ,baal et le ,veau d'or3 ,a/>t1 desse de la volupt1 adore comme s\v]a9 ,bi52 ,baal1 dieu du soleil1 lumire cre1 adore comme lumire incre1 et l',or1 in/rum5t de l'orgueil et de la volupt4 ,aprs mille ans de *ri/ianisme1 la moiti du peuple *rti51 trop atta*e l'esprit du vieux monde1 sa sagesse philosophique et politique1 et incapable du gr& sacrifice de la virg9it1 s'e/ sp>e du monde n\veau1 mais sans abolition =melle du sacrifice4--,s*isme ori5tal4--,et1 depuis trois c5ts ans1 voici le ,prote/antisme1 et le philosophisme du dix-huitime sicle1 et le sophisme contempora91 triple ef=t de l'esprit du vieux monde p\r abolir le sacrifice6 ,qu'e/-ce en effet que cet esprit manife/ s\s ces trois =mes1 esprit que les aveugles appell5t esprit n\veau1 quoiqu'il soit au contraire l'antique esprit paen luttant contre l'esprit n\veau8 ,qu'e/-ce que le prote/antisme8 ,le prote/antisme e/ p> ess5ce et prcism5t l'abolition du sacrifice4 ,abolir la ralit du sa9t sacrifice quotidi51 p\r n'en plus faire qu'un ple et /rile s\v5ir2 abolir le t]rible et rel sacrifice de t\tes les =ces de l'homme p> la virg9it2 abolir la mortification1 l'ab/95ce et le jene2 abolir la ncessit des bonnes uvres1 l'ef=t1 la lutte et la v]tu2 r5f]m] en un mot le sacrifice en ,jsus seul1 sans le laiss] pass] n\s2 ne plus dire comme sa9t ,paul3 ,je s\fre ce qui re/e s\ffrir des s\ffrances du ,sauveur4 ,mais dire ,jsus crucifi3 ,s\ffrez seul1 ,seigneur6 voil le prote/antisme4 ,oui1 dire ,jsus crucifi3 ,s\ffrez seul1 ,seigneur6 voil1 non pas c]tes dans la pratique des individus1 mais dans l'ess5ce mme de son dogme1 voil prcism5t la rac9e de t\t le prote/antisme4 ,c'e/ un ef=t p\r r5v]s] la croix1 p\r l'arra*] de t]re1 et disp5s] *aque homme de la port]1 sans p\rtant en ni] l'ide1 puisque la croix de ,jsus-,*ri/ e/ manife/em5t t\t l'vangile1 et que le peuple prote/ant se dit *rti54 ,mais la secte philosophique1 qui s'lve au dix-huitime sicle1 va plus lo94 ,elle s'attaque l'idal mme du sacrifice2 elle s'attaque ,jsus-,*ri/ mme2 elle prt5d l'cras]1 et purg] l'univ]s enti] de t\te trace et de t\te ide de la croix1 de t\te p5se du sacrifice4 ,qu'e/-ce qu'on sacrifie1 lorsque l'on sacrifie8 ,on sacrifie la volupt1 l'orgueil et l'gsme4 ,mais c'e/ prcism5t ce qu'on ent5d sauv]1 ce qu'on prt5d ador] qu& on ret\rne l'esprit paen2 et l'on repr5d avec le vieux culte1 le culte de soi1 le culte de l'orgueil et de la volupt4 ,on adore de n\veau ,a/>t1 desse de la joie s5suelle1 et ,baal1 lumire cre1 raison huma9e que l'on fait ,dieu1 et l',or1 dieu de t\tes les passions1 matre de t\t4 ,mais les sophi/es du dix-neuvime sicle p\ss5t b\t cette doctr9e4 ,leur unique et cont9uel ennemi1 c'e/ la croix4 ,abolir absolum5t t\te ide et t\te trace de la croix et du sacrifice1 t\t fre91 t\te autorit1 t\te subord9ation de l'homme ,dieu1 t\te loi1 t\te discipl9e1 t\te consci5ce1 t\te di/9ction du bi5 et du mal1 c'e/ le b et l'ide#dj4 #dj ,dans la ,revue des ,deux-,mondes du #af fvri] #ahfa1 dans un article sur l',hglianisme1 l'auteur dcl>e qu'il veut dgag] du sy/me hgli51 qui e/ mort1 sa p5se vivante et t]nelle444 ses lm5ts p]man5ts444 les p5ses leves et pr(ondes n\s lui devons444 les deux ou trois ides que l'humanit s'e/ appropries444 et qui suffis5t la gloire du philosophe et celle du pays et du sicle qui l'ont vu natre444 ,cela dit1 voici ce qu'il tr\ve3 ,la dc\v]te du c>actre relatif des vrits1 qui e/ le fait capital de l'hi/oire de la p5se contempora9e444 ,les jugem5ts absolus sont faux444 ,auj\rd'hui1 ri5 n'e/ plus p\r n\s vrit ni erreur1 il faut inv5t] d'autres mots444 ,n\s admettons jusqu' l'id5tit des contraires4 ,n\s ne connaissons plus la religion1 mais des religions2 plus de morale1 mais des murs2 plus de pr9cipes1 mais des faits4 ,n\s expliquons t\t1 et1 comme on l'a dit1 l'esprit f9it p> appr\v] t\t ce qu'il explique4 ,la v]tu mod]ne se rsume dans la tolrance444 ,la morale1 qui e/ l'ab/rait et l'absolu1 tr\ve mal son compte cette indulg5ce444 ,les c>actres s'affaiss5t p5dant que les esprits s't5d5t et s'ass\pliss5t4 ,t\t cela repose sur ce pr9cipe qui s'e/ emp> avec =ce de l'esprit mod]ne1 et qui peut tre ram5 l',hglianisme3 je veux p>l] du pr9cipe en v]tu duquel une ass]tion n'e/ pas plus vraie que l'ass]tion oppose4 ,a9si p>l5t ceux qui se croi5t les vrais reprs5tants de la p5se contempora9e4 ,p\rquoi8 ,prcism5t p>ce que l'homme e/ dieu1 dis5t-ils4 ,si l'homme tait dieu1 t\te possibilit1 t\t prtexte de sacrifice se tr\ve ananti4 ,*rti5s1 voil l'ennemi4 ,voil son plan3 abolition du sacrifice1 r5v]sem5t de la croix du ,sauveur4 ,or1 quelle e/ auj\rd'hui la =ce1 la position de l'ennemi8 ,le voici3 ,il y a auj\rd'hui une =ce qui rgne sur le monde4 ,il y a un g\v]nail du globe4 ,ce n'e/ plus comme autrefois ,cs>4 ,cs> n'e/ plus que la seconde des =ces4 ,voici en effet la premire1 et ,dieu en soit l\3 c'e/ la p>ole publique1 fixe p\r t\s les temps1 multiplie p\r t\s les lieux p> l'imprim]ie4 ,or1 aux ma9s de qui e/ auj\rd'hui cette =ce8 videmm5t1 elle e/ aux ma9s de l'ennemi depuis un sicle4 ,le peuple *rti51 l'humanit n\velle e/ accid5tellem5t g\v]ne p> l'esprit du vieux monde4 ,la civilisation *rti5ne se tr\ve auj\rd'hui dans l'tat o se tr\vait le peuple de ,dieu s\s le rgne de ,jzabel et d',a?alie4 ,jzabel massacrait les prophtes1 abolissait le sacrifice dans ,isral1 c'e/--dire dans la p>tie s*ismatique du peuple de ,dieu4 ,c'e/ ce qu'ont fait les hrsies4 ,mais bi5tt1 au se9 mme de ,juda1 voici la fille de ,jzabel1 ,a?alie qui rgne sur ,jrusalem1 qui opprime le temple de ,dieu et travaille l'abolition gnrale du sacrifice sur t\te cette t]re que ,dieu avait donne aux enfants d',abraham4 ,tel p>at le philosophisme du dix-huitime sicle1 et il n'e/ pas mo9s heureux qu',a?alie4 ,seulem5t1 comme elle1 il a aussi dj eu son rve1 o il n'a plus tr\v 444 ,qu'un horrible mlange ,d'os et de *airs meurtris1 et trans dans la fange4 ,mais cep5dant il rgne encore4 ,il a un fils plus mauvais que lui1 et qui prt5d non plus seulem5t abolir le sacrifice1 mais le ret\rn]3 au lieu de sacrifi] la nature ,dieu1 sacrifi] ,dieu la nature2 ne plus se sp>] de ,dieu1 mais l'attaqu]2 ne plus seulem5t vid] notre raison de t\te donne div9e1 mais ador] comme ,dieu notre raison2 ne plus seulem5t l'isol] du ciel1 mais la ret\rn] v]s l'enf]4 ,je ne veux pas insi/] ici sur ce my/re de mort4 ,j'en ai p>l2 j'en p>l]ai s\v5t4 ,ce que je vois1 c'e/ qu',a?alie et ,jzabel sont sur le trne4 ,elles ti5n5t le g\v]nail4 ,la p>ole publique fixe p\r t\s les temps1 multiplie p\r t\s les lieux p> l'imprim]ie1 cette irrsi/ible puissance e/ dans leurs ma9s4 ,dieu l'a p]mis4 ,armes de cette gr&e =ce1 elles ru95t le *ri/ianisme4 ,o sont les *rti5s fidles8 ,o sont les hommes qui reprs5t5t les sept mille hommes qui n'avai5t po9t fl*i le g5\ devant ,baal8 ,ils exi/5t assurm5t et plus nombreux que les sept mille4 ,mais sur ces trois c5t millions d'hommes qui port5t le nom de *rti51 en e/-il sept millions qui pratiqu5t8 ,mettez "p les s*ismatiques1 les hrtiques1 les incrdules et les indiffr5ts1 que re/e-t-il8 ,a ,p>is1 il n'y a pas auj\rd'hui un v+time de la population qui suive ,dieu et sa loi4 ,si donc1 dans l'ensemble du monde *rti51 l'on compte un homme sur c5t qui n'ait pas fl*i le g5\ devant l'ennemi1 qui adore ,dieu et suive sa loi1 c'e/ beauc\p4 ,voil la position de l'ennemi et sa =ce3 voil le dang] qui m5ace la croix4 ,,iii ,eh bi56 ce s]ait avoir peu de foi que de p]dre c\rage la vue de la =ce ennemie et du dang]4 ,v\s allez voir si n\s n'avons pas de ress\rces4 ,seulem5t v\s devrez compr5dre qu'il ne faudrait pas dormir plus longtemps4 ,s\s ,tibre et ,dioclti51 il y avait une ress\rce1 savoir3 les catacombes et dans les catacombes la croix4 ,et la croix a en effet va9cu4 ,s\s ,a?alie1 il y avait une ress\rce1 le temple1 et dans le temple ,joas et ,joiada2 l'hriti] lgitime et le prtre de ,dieu4 ,il en e/ de mme auj\rd'hui4 ,en prs5ce de l'irrsi/ible p\voir qui n\s dom9e1 il y a le temple de ,dieu1 l'glise ca?olique et les m9i/res de ,jsus-,*ri/1 et la croix1 lgitime hritire du trne4 ,oui1 le sceptre et le trne1 c'e/ la p>ole publique1 fixe p\r t\s les temps1 multiplie p\r t\s les lieux p> la presse4 ,or1 la croix e/ l'hritire de ce trne et de ce sceptre4 ,elle s'lv]a sur ce trne1 comme elle s'e/ leve sur la c\ronne de ,con/ant94 ,dieu veut que l'humanit n\velle1 aprs avoir triomph de la =ce et de ,cs> p> le m>tyre2 aprs avoir rgn d'un c]ta9 rgne bi5 imp>fait encore1 mais p\rtant trs fcond1 p5dant qu9ze sicles1 triomphe des n\veaux matres du monde1 et comm5ce un second rgne mo9s imp>fait et mille fois plus fcond que le premi]4 ,mais quels sont les matres du monde8 des ides1 des doctr9es1 des esprits4 ,n\s avons donc ma9t5ant dire avec sa9t ,paul3 ,notre lutte n'e/ plus contre la *air et le sang1 elle e/ contre les =ces intellectuelles du mal444 contre les rois de ces tnbres qui n\s envelopp5t4 ,il n\s faut conqurir le monde une seconde fois1 non plus seulem5t ni surt\t p> le sang1 mais p> l'intellig5ce1 p> l'intellig5ce appuye sur la croix comme le sang des m>tyrs lui-mme tirait de la croix seule t\te sa v]tu4 ,c'e/ au nom de la sci5ce1 de la raison1 de la philosophie que l'on n\s crase p> la presse depuis un sicle1 et que le v59 de la sci5ce p]v]se1 de la philosophie m5teuse atte9t jusqu'aux extrmits du monde les lettrs et les illettrs1 les esprits sans df5se1 et t\s les comm5ants de la raison1 plus faciles encore surpr5dre que les enfants4 ,or1 c'e/ sur ce po9t mme que ,dieu1 n\s l'esprons1 prp>e un clatant triomphe4 ,il prp>e une manife/ation de lumire *rti5ne1 de sci5ce et de raison *rti5ne1 de sagesse ca?olique1 laquelle c]ta9em5t clips]a ces tnbreuses lueurs qui n\s sduis5t et n\s g>5t4 ,voici comm5t3 ,dieu inspire aux si5s1 en ce sicle1 et bi5tt depuis c9quante ans1 l'ide d'une sci5ce d'ensemble1 d'un enseignem5t encyclopdique1 clair t\t enti] p> la croix4 ,ratta*] t\t ,jsus-,*ri/1 les lettres1 les sci5ces1 les arts1 la philosophie et l'hi/oire1 et le droit et les lois1 c'e/ une p5se qui f]m5te dans l'glise4 ,c'e/ le mot de sa9t ,paul appliqu l'ordre intellectuel3 ,rtablir t\t en ,jsus-,*ri/2 ou1 comme le porte une autre v]sion3 ,rsum] t\t1 rcapitul] t\t en ,jsus-,*ri/2 c'e/--dire ratta*] cette tte1 ce pr9cipe1 cette s\rce1 ce c5tre1 t\s les rayons de l'esprit huma94 ,et sa9t ,paul le dit ailleurs plus clairem5t encore3 ,je ne veux savoir qu'une seule *ose3 ,jsus-,*ri/1 et ,jsus-,*ri/ crucifi4 ,eh bi56 oui3 le *rti5 qui p5se sait auj\rd'hui que ce mot e/ et doit tre la vraie devise de la sci5ce ple9e1 pr(onde1 t5due t\t4 ,on multiplie donc les essais1 on publie des livres intituls3 ,univ]sit ca?olique1 ,encyclopdie ca?olique4 ,on fait plus1 on fonde ,l\va9 une vritable univ]sit ca?olique qui vivifie t\t un royaume4 ,plus t>d1 notre vnrable frre ,newmann1 fondateur de l'oratoire anglais1 fonde aussi l'univ]sit ca?olique de ,dubl94 ,en ,france1 il n\s s]a impossible1 ce semble1 p5dant trs longtemps1 de fond] un tel c5tre d'enseignem5t4 ,mais1 au lieu de m'en pla9dre1 j'en veux rem]ci] ,dieu4 ,cette impossibilit n\s donn]a l'lan qui dcuple la =ce s\s la difficult1 comme on l'a dit si heureusem5t3 ,s'appuy] sur l'ob/acle et s'lanc] plus lo94 ,au lieu d'un c5tre d'enseignem5t oral et local1 dcl>ons que n\s tablissons nos *aires d'enseignem5t *rti5 sur le trne mme d'o l'on g\v]ne le monde1 et que1 comme t\s en ont le droit1 n\s n\s emp>ons1 p\r enseign]1 de la p>ole publique1 fixe p\r t\s les temps1 multiplie p\r t\s les lieux1 p> la presse4 ,mais c'e/ l mme la difficult1 direz-v\s8 ,je le sais4 ,comm5t *ass] l'ennemi de ce sommet p\r n\s y tablir n\s-mmes8 ,il n\s faut donc reg>d] en face1 f]mem5t et att5tivem5t1 l'ensemble et le dtail de la difficult et *]*] s'il n'y a pas quelque moy51 quelque *em9 encore inexplor1 p\r p>v5ir ce sommet et y dom9] t\t4 ,,iv ,il y a plus de tr5te ans qu'un homme d'un gr& s5s1 et qui c]tes n'tait p\ss p> aucun fanatisme religieux1 disait3 ,le cl]g ca?olique p\rrait1 s'il le v\lait1 pr5dre le sceptre de la sci5ce qui e/ p> t]re4 ,je ne lui dem&e p\r cela que dix annes d'ef=ts4 ,ce mot e/ encore plus vrai que ne le p5sait son auteur1 et ,dieu mme en prp>e l'accomplissem5t4 ,dieu dis-je1 prp>e1 au fond de l'esprit mod]ne une sci5ce d'ensemble1 dom9e p> la croix1 ,dieu prp>e la ralisation littrale et textuelle du mot de la sa9te criture3 ,les lvres du prtre s]ont les dpositaires de la sci5ce4 ,expliquons-n\s4 ,je p>le de la sci5ce4 ,non pas des sci5ces p>tielles1 mais de la sci5ce4 ,la sci5ce e/ la connaissance de ce qui e/4 ,or1 qu'e/-ce qui e/8 ,il y a trois mondes1 dit ,pascal3 le monde des corps1 le monde des esprits et le monde de la *>it1 qui e/ surnaturel4 ,ari/ote avait dit la mme *ose en des t]mes =t peu diffr5ts3 ,il y a1 dit-il1 trois ess5ces1 deux naturelles1 une immuable4 ,il e/ vid5t qu'il y a ces trois mondes et po9t d'autres4 ,il y a les corps et les esprits crs1 et puis il y a ,dieu4 ,connatre ces trois mondes et leur rapport autant qu'il peut tre donn l'homme sur cette t]re1 c'e/ la sci5ce4 ,s'il en e/ a9si1 la sci5ce proprem5t dite n'a jamais t possible que de nos j\rs1 et elle n'e/ dev5ue possible que p> le *ri/ianisme4 ,l'antiquit ne connaissait ni le monde d'en haut1 ni le monde d'en bas4 ,elle ne connaissait pas le monde des corps1 c'e/ un fait4 ,elle ne connaissait pas le monde d'en haut1 p>ce qu'on ne peut le connatre solidem5t que p> la foi et la rvlation4 ,l'antiquit ne connaissait donc que l'esprit de l'homme1 et bi5 imp>faitem5t1 puisqu'on ne peut connatre suffisamm5t l'un des mondes que p> sa comp>aison aux deux autres4 ,le *ri/ianisme1 la foi1 la croix de ,jsus-,*ri/ sont v5us rvl] le monde d'en haut et ses my/res4 ,les ,pres de l'glise et le moy5 ge tai5t donc en possession de deux mondes1 le monde d'en haut1 obscurm5t rvl p> la foi1 et le monde de l'esprit cr1 illum9 p> cette rvlation d'o e/ sortie une sci5ce ?ologique et philosophique suprieure1 sans nulle comp>aison1 la sci5ce des anci5s4 ,mais notre moy5 ge lui-mme ne p\vait pas encore essay] heureusem5t l'encyclopdie vritable1 ni le comm5cem5t de la sci5ce proprem5t dite2 l'un des trois mondes lui manquait3 le monde visible lui tait inconnu peu prs autant qu'aux anci5s4 ,mais1 le temps v5u1 ,dieu veut donn] au peuple *rti5 la sci5ce de ce troisime monde3 il inspire1 il p\sse l'esprit huma9 connatre enf9 la nature4 ,il suscite des esprits ple9s de =ce et d'lan1 remplis de l'en?\siasme de la vrit3 ,cop]nic1 ,galile1 ,kepl]1 ,pascal1 ,desc>tes1 ,leibniz1 qui fur5t les crateurs de t\t le m\vem5t sci5tifique mod]ne1 et qui fir5t entr] dans le monde la sci5ce de la nature visible4 ,seigneur1 dit ,kepl]1 v\s avez att5du six mille ans un contemplateur de vos uvres4 ,soyez bni4 ,j'ai drob les vases des gypti5s2 j'en veux faire un tab]nacle mon ,dieu4 ,ce tab]nacle1 consqu5ce des dc\v]tes de ,kepl]1 n'e/ a*ev que de nos j\rs4 ,depuis peu1 l'homme possde un c]ta9 ensemble de la gr&e sci5ce de la nature1 non pas complet1 mais suffisant p\r comm5c]4 ,auj\rd'hui donc1 p\r la premire fois1 n\s avons s\s les yeux les trois mondes3 le monde d'en haut rvl p> l',inc>nation1 donne obscure1 mais dj pr(ondm5t tudie p> le travail ?ologique de dix-huit sicles1 travail imm5se1 incomp>able1 dont le monde du dehors ne se d\te pas4 ,n\s avons s\s les yeux le monde des corps1 dont la sci5ce m>*e de conqute en conqute depuis trois sicles2 et n\s avons la sci5ce de l'esprit huma9 enri*ie de l'expri5ce de t\s les sicles tant anci5s que mod]nes4 ,donc la sci5ce d'ensemble1 la sci5ce proprem5t dite1 l'encyclopdie vritable peut comm5c]4 ,on peut ma9t5ant comp>] la ?ologie1 la philosophie et les sci5ces4 ,on peut comp>] les trois mondes4 ,att5dez1 disait ,m4 de ,mai/re il y a qu>ante ans1 att5dez que l'aff9it naturelle de la sci5ce et de la religion les runisse6 ,mais qui peut faire cette runion et cette comp>aison8 ,je dis qu'elle n'e/ possible que p> la v]tu de la croix3 c'e/ l1 *rti5s1 votre triomphe4 ,qu'ont donc produit jusqu' prs5t nos adv]saires8 ,j'ent5ds p> l ceux qui veul5t r5v]s] la croix1 ceux qui veul5t rejet] de la vie et de l'esprit huma9 la pratique et l'ide du sacrifice4 ,qu'ont-ils produit8 ,v\s ent5dez dire quelquefois qu'ils ont produit le m\vem5t sci5tifique mod]ne4 ,mais quoi6 c'e/ le dix-septime sicle qui a t\t fait et t\t cr2 depuis1 l'on a p]fectionn4 ,mais t\s les inv5teurs tai5t *rti5s4 ,ces sci5ces sont donc n\s p> leurs inv5teurs3 les peuples *rti5s seuls tai5t capables de les crer4 ,elles ont t cres1 non p> rvlation assurm5t1 ni p> voie de consqu5ce ?ologique1 mais p> l'ef=t de l'esprit huma91 bni de ,dieu1 pntr p> la sve *rti5ne1 p> les prires des sa9ts1 p> la lumire des contemplatifs1 p> l'lan des my/iques1 p> la philosophie pr(onde des gr&s ?ologi5s4 ,oui1 ces =ces1 ces lumires1 ces grces et ces bndictions1 p> la v]tu du sacrifice et de la croix1 ont s\lev l'esprit huma9 v]s un plus gr& am\r du vrai et de plus gr&s lans4 ,ces sci5ces donc1 p> leurs inv5teurs1 sont n\s4 ,les cont9uateurs ont pu tre ce qu'on v\dra1 bons ou mauvais2 il n'importe4 ,en elles-mmes1 d'ailleurs1 t\tes ces sci5ces1 a/ronomie1 ma?matiques1 physique1 sont videmm5t neutres4 ,elles sont au premi] occupant1 celui qui saura s'en s]vir1 et les faire entr]1 t\tes pntres de lumire et de philosophie1 dans l'unit de l'encyclopdie vritable4 ,or1 nos ennemis le peuv5t-ils8 ,je dem&e encore une fois1 p\r jug] leurs =ces1 ce que jusqu' prs5t ils ont produit1 outre les ru9es4 ,mettons "p ces ru9es1 qu'ont-ils dit1 affirm1 dmontr8 qu'ont-ils con/ruit8 ,je ne tr\ve absolum5t ri54 ,ils ne peuv5t nomm] que deux *oses3 la philosophie du dix-huitime sicle et la philosophie du dix-neuvime sicle1 c'e/--dire un clat de rire1 suivi d'un acte de folie4 ,la philosophie du dix-huitime sicle e/ un clat de rire contre t\te religion et t\te philosophie4 ,ils ont dit3 ,entre ,platon et ,locke1 il n'y a ri5 en philosophie2 c'e/ av\] qu'ils ne savai5t plus mme ce que veut dire philosophie4 ,p\r eux1 sa9t ,augu/91 sa9t ,?omas et sa9t ,anselme1 t\s les ,pres grecs et t\s les scola/iques1 t\s les my/iques1 t\t le dix-septime sicle1 ,desc>tes1 ,pascal1 ,bossuet et ,fnelon1 ,malebran*e et ,leibniz1 n'tai5t ri5 en philosophie4 ,ils ont dit3 ,n\s avons quatre mtaphysici5s3 ,desc>tes1 ,malebran*e1 ,leibniz et ,locke2 ce d]ni] seul n'tait pas ma?matici51 et de combi5 n'tait-il pas suprieur aux trois autres8 ,ce qui veut dire simplem5t que le dix-huitime sicle avait p]du le s5s philosophique1 et qu' ma connaissance1 aucun sicle1 depuis ,platon1 n'a t philosophiquem5t aussi nul4 ,c'e/ une clipse philosophique absolue4 ,a p>tir de la plus vive lumire ?ologique1 philosophique et sci5tifique1 ils sont tombs en un in/ant dans les tnbres4 ,que ne puis-je exprim] ce que je vois6 ,v\s qui savez et qui p5sez1 je v\s le dem&e1 mditez ceci4 ,je vois au milieu du dix-huitime sicle1 p> suite du rgne de la dbau*e1 une ngation subite du *ri/ianisme1 et le propos dlibr d'cras] ,jsus-,*ri/ et la croix4 ,je vois1 au mme in/ant1 les tnbres envahir ce sicle1 comme au calvaire1 la mort du ,*ri/1 et t\te lumire immdiatem5t retire aux esprits ennemis de ,dieu4 ,j'insi/e4 ,je vois le religieux dix-septime sicle en possession de la lumire des trois mondes1 lumire ?ologique rvle1 lumire exprim5tale et sci5tifique du monde des corps1 puis une troisime lumire proprem5t philosophique1 rsultant des deux autres1 p> l'lan du gnie et la =ce pr(onde de la foi4 ,le scepticisme impie rejette la lumire rvle du monde div93 l'in/ant mme la lumire de la philosophie lui e/ te4 ,il cesse de p\voir compr5dre1 et mme d'ap]cevoir t\te la philosophie du monde mod]ne4 ,non seulem5t il p]d la lumire d'en haut et ses effets sur la philosophie proprem5t dite1 mais il p]d la meilleure moiti de la lumire d'en bas4 ,il tombe absolum5t au-dess\s de ,platon et au niveau de ,dmocrite dans les atomes et dans le vide4 ,l'lan naturel qui1 de la vue du monde physique1 s'lance v]s les ides1 et pr5d son vol v]s ,dieu1 lui devi5t impossible4 ,leur esprit a p]du ses ailes1 leur raison son lan2 c'e/--dire1 prodige6 que le plus noble et le plus efficace des m\vem5ts de la raison1 celui qui s'lve1 qui dc\vre1 qui a des ailes et qui e/1 comme n\s l'avons s\v5t dit1 le calque logique du sacrifice1--ce que ,platon avait dit avant n\s1--ce m\vem5t s'arrte en eux4 ,leur esprit1 qui niait la croix1 a t1 comme p> miracle et *tim5t1 p>alys en un in/ant dans ses deux ailes6 ,o amis6 si l'on voyait les *oses spirituelles comme on voit le monde extrieur1 le seul spectacle de ce *tim5t intellectuel des impies ramn]ait le monde au *ri/ianisme4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,la *ute devait tre encore plus pr(onde1 le *tim5t plus tonnant4 ,si v\s saviez ce qu'e/ la sophi/ique contempora9e et la folie pan?i/ique1 qui se nomme la folie n\velle1 v\s v]riez l'esprit des impies qui au dix-huitime sicle1 m>*ait du mo9s sur t]re1 mais priv d'ailes et dans les tnbres1 v\s le v]riez faire de nos j\rs un incroyable ef=t p\r desc5dre s\s t]re et pr5dre1 de haut en bas1 je ne sais quel vol lugubre et s+uli]1 comme p\r *]*] des lumires s\t]ra9es dans les abmes4 ,leurs pres avai5t p]du la =ce de leurs ailes1 mais avai5t cons]v la m>*e4 ,ceux-ci n'ont plus ni vol ni m>*e1 ils n'ont plus qu'un seul m\vem5t1 la *ute4 ,ils ont v\lu se donn] un lan1 mais c'tait un lan ret\rn4 ,ils se sont fait des ailes1 mais des ailes plus l\rdes que l'homme1 plus l\rdes que la t]re1 qui prcipit5t au lieu d'lev]4 ,reg>dez bi51 ,messieurs1 et v\s v]rez dans ces images le c>actre prcis du sophisme contempora94 ,leur volont a dnatur les deux m\vem5ts de la raison2 ils ni5t les deux pr9cipes de la p5se3 celui qui m>*e dans l'id5tit des dductions2 celui qui monte d'un libre lan s\s l'infaillible attrait de la s\v]a9e vrit4 ,ils dtruis5t le premi] en affirmant audacieusem5t l'id5tit des contraires1 ce qui e/ le propre c>actre et l'aveu naf de l'absurde4 ,ils dtruis5t le second en ret\rnant sa direction1 et pr5ant a9si leur lan v]s les tnbres librem5t *oisies4 ,ce qu'ils dc\vr5t dans cet lan1 le voici3 c'e/ que la vrit e/ nulle1 que l'tre n'e/ pas1 que le ,nant e/ id5tique l'tre4 ,voil1 frres1 les deux philosophies qui remplac5t la philosophie *rti5ne du monde mod]ne4 ,la premire avait rpudi la lumire rvle et p]du la lumire philosophique1 mais s'atta*ait la lumire du monde des corps et cont9uait avec ef=t la sci5ce de la nature1 cre p> les *rti5s4 ,les autres ont t\t p]du1 ce po9t qu'ils rejett5t la sci5ce du monde des corps1 comme n'tant pas philosophique1 qu'ils mpris5t la nature comme tant un ob/acle l'ide1 et qu'ils ont affirm ceci3 ,qu& la nature n'e/ pas d'accord avec notre philosophie1 c'e/ que la nature s'e/ trompe6 ,voil1 *rti5s1 nos adv]saires4 ,n\s n'avons d'autres adv]saires que ces deux sectes4 ,quiconque rep\sse le pan?isme contempora91 quiconque s'lve plus haut que le rire voltairi51 celui-l n'e/ po9t contre n\s4 ,or1 qui n'e/ pas contre n\s e/ p\r n\s1 selon la p>ole du ,sauveur4 ,nos adv]saires dans l'ordre de la vrit1 de la sci5ce1 de l'affirmation1 sont donc absolum5t et radicalem5t impuissants4 ,ils peuv5t ni]1 dtruire1 divis] et se divis]2 mais se runir p\r con/ruire1 p\r difi]1 p\r affirm]1 ils ne le peuv5t4 ,s'ils l'essay5t1 comme le pan?isme contempora91 ils produis5t des mon/res1 qui sont une dmon/ration p> l'absurde de leur incurable /rilit4 ,il re/e donc1 mes frres1 que les *rti5s1 au nom de ,jsus-,*ri/ crucifi1 s'emp>5t des trois lumires3 lumire div9e et rvle du monde d'en haut1 lumire purem5t naturelle du monde des corps1 et lumire la fois div9e et huma9e de la sagesse *rti5ne1 de la philosophie du monde n\veau4 ,il re/e qu'clairs p> la croix1 les m9i/res de ,dieu rassembl5t en un seul faisceau les trois lumires1 et qu'ils lv5t ce ph>e incomp>able sur le trne de la =ce mod]ne1 qui s'appelle la p>ole publique1 fixe p\r t\s les temps1 multiplie p\r t\s les lieux4 ,v ,mais prcisons4 ,comm5t la croix peut-elle dev5ir et la lumire et l'in/rum5t de ce triomphe intellectuel de l'esprit n\veau1 ma9t5ant opprim p> l'esprit paen qui dom9e8 ,le voici4 ,il exi/e une trange et vig\reuse pe9ture reprs5tant le ,calvaire s\s la miraculeuse obscurit4 ,t\t e/ noir1 sauf la croix qui attire un rayon du ciel qu'elle rfl*it sur t\te la scne4 ,t\t po9t qui t\*e cette ligne lum9euse de la croix devi5t fcond l'in/ant mme1 et des morts ressuscits sort5t de t]re4 ,de mme la croix1 je veux dire la doctr9e du sacrifice1 la pratique et l'ide et les applications intellectuelles du sacrifice1 la croix1 dis-je1 fait desc5dre la lumire du ciel1 la rp& sur la t]re1 ressuscite et relve v]s le ciel l'esprit huma91 si mort qu'il soit1 lui r5d t\s ses m\vem5ts et t\tes ses =ces1 et la vie1 et la m>*e1 et l'lan4 ,elle runit dans une lumire unique1 la fois div9e et huma9e1 les trois mondes que l'homme veut connatre4 ,en effet1 le monde d'en haut e/ donn p> la foi4 ,mais la donne de la foi e/ obscure4 ,la foi n'e/ pas la sci5ce4 ,il faut traduire en philosophie la simplicit de la foi1 et faire g]m] en sagesse lum9euse ses donnes implicites4 ,ceci e/ un autre don du ,sa9t-,esprit1 dit la ?ologie3 ceci s'opre p> ce que l'on appelle les v]tus intellectuelles inspires1 v]tus donnes de ,dieu1 et sans lesquelles la foi1 p\r notre esprit1 n'e/ qu'un tal5t faire valoir2 mais v]tus auxquelles l'homme travaille1 et dont il ne se r5d capable qu'en saisissant la croix et en s'y atta*ant4 ,il n'y a de lumire div9e que p\r l'intellig5ce sacrifie1 qui sort de soi p\r s'lanc] dans l'inf9i de ,dieu4 ,les anci5s eux-mmes l'avai5t vu1 ,platon l'a dit3 ,philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir4 ,et ailleurs3 ,la sagesse n'e/ donne qu'aux morts4 ,et1 en effet1 l'atta*e aux phnomnes1 sans libre lan v]s les ides1 e/ le mal des esprits t]re/res non sacrifis4 ,ces esprits ressembl5t aux curs non sacrifis1 qui aim5t la t]re1 le plaisir et les s5sations3 ces curs n'ont pas d'ides2 ils n'ont pas mme la sci5ce de la t]re1 ils n'en ont que la vue animale4 ,et les esprits eux-mmes1 si gr&s qu'ils soi5t1 lorsqu'ils sont lis des curs non sacrifis1 p]d5t l'lan philosophique4 ,il faut ab/raire1 c\p] et retran*]1 dpass] l'accid5t et les =mes p>ticulires p\r arriv] au vrai4 ,c'e/--dire qu'il faut sacrifi] p\r connatre la vrit1 comme il faut sacrifi] p\r pratiqu] le bi54 ,le sacrifice e/ la gr&e loi logique1 comme il e/ la gr&e loi morale4 ,et je n'appelle po9t sacrifice ce que ,bossuet nommait si bi53 l'anantissem5t p]v]s des faux my/iques4 ,ceci e/ le procd des sophi/es1 qui anantiss5t l'tre p> la p5se1 et le font id5tique au nant4 ,mais j'appelle sacrifice l'imitation du sa9t et salutaire sacrifice de la croix1 o l'homme meurt1 p\r r5atre glorieux2 o l'on meurt au temps p\r revivre l't]nit1 l'gsme p\r revivre l'am\r4 ,en un mot1 j'appelle sacrifice non pas ce qui anantit1 mais ce qui multiplie et glorifie4 ,et ce div9 passage1 ce trs sa9t et div9 sacrifice1 e/ le procd ncessaire de la vie1 p\r notre cur1 notre esprit1 notre corps1 p\r notre progrs dans le temps1 et notre salut dans le monde v5ir4 ,jsus-,*ri/1 p> sa croix1 a inocul sur la t]re ce div9 procd de progrs1 d'accroissem5t1 de rgnration et de rsurrection4 ,les hommes1 les peuples1 les esprits et les curs qui s'y donn5t1 y tr\v5t la voie1 la vrit1 la vie4 ,la croix donc1 clairant nos travaux1 peut seule reli] les trois mondes dans sa lumire1 et n\s donn] le comm5cem5t de cette sci5ce d'ensemble1 qui ravira et entran]a l'esprit v]s ,dieu4 ,sans la croix1 la base t]re/re de la sci5ce ne s'lv]a jamais plus haut que la t]re3 l'il contempl]a la t]re1 mais sans y voir le reflet du ciel4 ,nul ne peut mont] au ciel1 dit le ,sauveur dans l'vangile1 que celui qui en e/ desc5du444 ,mais qu& j'aurai t lev de la t]re 7p> la croix71 j'attir]ai t\t moi4 ,cela veut dire qu'aucun ef=t huma9 ne p\vait dc\vrir les div9es donnes de la foi1 c'e/--dire la lumire du ciel4 ,mais la lumire du ciel1 une fois rp&ue sur la t]re p> ,jsus-,*ri/1 qui e/ cette lumire mme1 peut remont] et attir] jusqu'au ciel la t]re mme4 ,et si la volont de ,dieu doit rgn] en la t]re comme au ciel1 sa lumire peut aussi brill] sur la t]re comme au ciel4 ,le *rti51 dans la sci5ce de la croix1 peut comp>] la t]re avec le ciel4 ,il peut comp>] l'ensemble des donnes t]re/res1 fruits de la sci5ce mod]ne1 et l'ensemble des donnes cle/es1 apportes p> le ,rvlateur1 mdites1 dveloppes p> l'glise ca?olique depuis des sicles4 ,la sve t]re/re1 ncessaire t\te sci5ce huma9e1 peut1 p> l'arbre de la croix1 dont les rac9es pntr5t jusqu'au c5tre du globe1 remont] jusqu'au ciel p\r s'unir son air vital1 et l'air vital1 bu p> la sci5ce t]re/re1 dans les bran*es de la croix1 r$esc5d jusqu'au c5tre du globe1 p\r y port] la vie d'en haut4 ,,vi ,la croix1 outre ce qu'elle e/ d'ailleurs1 e/ donc le vritable1 le seul in/rum5t de la sci5ce4 ,les m9i/res de ,dieu1 ou les hommes sacrifis ,dieu1 s]ont ses ouvri]s4 ,les autres les aid5t et taill5t les pi]res4 ,eux seuls connaiss5t le plan1 l'ensemble1 la loi1 la vie du t\t1 et ont la =ce qui lve et rappro*e les fragm5ts du vrai4 ,eux seuls peuv5t1 p> le sacrifice1 acqurir quelque sci5ce exprim5tale des *oses d'en haut1 et traduire en lumire huma9e les donnes obscures de la foi2 eux seuls peuv5t c\t] ,dieu dans la limpidit de la vie pure1 le sil5ce de l'humilit1 le calme de la pauvret4 ,eux seuls dev5us humbles p> la croix et sacrifis dans l'troite p]sonnalit de l'esprit individuel1 peuv5t travaill] plusieurs en un4 ,nos adv]saires ne peuv5t se runir1 si ce n'e/ en tumulte et p\r dtruire2 n\s seuls1 p> l'am\r intellectuel des esprits sacrifis1 p\vons n\s runir en ordre p\r difi]4 ,n\s seuls donc p\vons1 p> le nombre et l'union1 l'ef=t suivi1 la prire pntrante et la bndiction de ,dieu1 p>c\rir et connatre le monde imm5se des sci5ces contempora9es1 p>c\rir et connatre le monde presque indf9i de l'hi/oire et de la sci5ce sociale1 p>c\rir et connatre le monde plus imm5se encore de la ?ologie et de la foi2 puis rappro*] les mondes1 les comp>]1 en faire1 non pas la confusion et le mlange1 mais la mutuelle pntration dans la lumire1 et dans la lumire de la croix1 de manire rapport] t\te la nature l'homme1 t\t l'homme ,jsus-,*ri/1 l',homme-,dieu crucifi et ressuscit et montant comme il l'a dit lui-mme1 v]s son ,pre et notre ,pre1 v]s son ,dieu et notre ,dieu4 ,messieurs1 t\tes ces p>oles s]ont peut-tre nigmatiques p\r plusieurs d'entre v\s2 elles s]ont c]ta9em5t mo9s obscures p\r ceux qui ont longtemps mdit l'vangile4 ,quoi qu'il en soit1 v\s compr5ez t\s que le travail des m9i/res de ,dieu1 des *rti5s dv\s1 unis p> l'am\r de la foi et travaillant dans la sa9e lumire de la philosophie *rti5ne sur les admirables donnes de la foi1 de l'hi/oire1 des sci5ces1 de la nature et de la socit1 peut produire en ce sicle un m\vem5t d'ensemble que les sicles passs tai5t impuissants produire2 un m\vem5t d'ensemble que l'esprit paen1 esprit de division et d'incrdulit1 dnu de philosophie vritable1 livr au rve du scepticisme1 ou bi5 la folie du pan?isme1 ne saurait pas mme entrepr5dre4 ,voil1 ,messieurs1 notre irrsi/ible puissance dans notre lutte contre les =ces du mal4 ,n\s t5ons dans nos ma9s le pr9cipe1 la possibilit d'une lumire ca?olique1 univ]selle1 la fois div9e et huma9e1 que l'adv]saire n'a pas et ne saurait avoir4 ,de plus1 il y a une =ce publique1 univ]selle aussi1 qui e/ le g\v]nail du monde1 et qui e/ la p>ole fixe et multiplie p> la presse4 ,n\s p\vons n\s en emp>] le j\r mme o n\s m>*]ons avec ensemble dans la voie de cette sci5ce4 ,c> si l'adv]saire a p\r lui le nombre1 l'int5sit des voix1 et la cl>t sup]ficielle1 et l'entranem5t du rire et la ligue des passions2 n\s1 n\s avons p\r n\s la vrit1 ,dieu mme et le fond des mes4 ,n\s n'avons plus seulem5t la vrit nonce en langue inconnue1 mais bi5 la vrit traduite1 selon la p5se de sa9t ,paul1 la vrit sci5tifiquem5t et philosophiquem5t (f]te t\t esprit qui p5se1 en mme temps qu'enseigne t\s1 populairem5t et p> div9e autorit4 ,n\s avons en outre p\r n\s bi5 plus de la moiti du camp des adv]saires2 c> le nombre des esprits sduits1 dans leur s9cre am\r du vrai1 p> la demi-lueur des vrits p>tielles1 frauduleusem5t t\rnes contre la vrit1 e/ bi5 plus gr& que celui des m*ants1 qui1 p> p]v]sit d'in/9ct1 ori5t5t la f\le v]s l'erreur4 ,qu'un rayon p>te de la croix1 les m*ants s]ont t]rasss1 et t\s leurs auxiliaires sduits s]ont p\r n\s1 et la croix devi5dra le sceptre des *efs intellectuels1 comme elle e/ dev5ue le sceptre de ,con/ant94 ,la croix brill]a dans le ciel de l'intellig5ce1 comme ,con/ant9 la vit brill] dans le ciel des batailles4 ,la croix aura son second triomphe et son second avnem5t dans le monde des esprits crs1 avant le d]ni] avnem5t o elle brill]a dans t\s les cieux et dans le ciel des cieux p\r le d]ni] jugem5t4 ,o sa9te et bi5heureuse fcondit de cette seconde poque du triomphe temporel de la croix1 n'e/-ce pas v\s que ,bossuet voyait qu& il disait3 ,heureux les yeux qui v]ront l',occid5t et l',ori5t se runir p\r faire les beaux j\rs de l'glise6 ,n'e/-ce pas v\s que ,fnelon rvait t\j\rs8 ,n'e/-ce pas v\s dont ,leibniz disait3 ,le temps vi5t o les hommes se mettront plus la raison qu'ils n'ont fait jusqu'ici8 ,n'e/-ce pas v\s que ,joseph de ,mai/re nommait3 les admirables recon/ructions que ,dieu prp>e8 v\s que sa9te ,hildeg>de voyait qu& elle p>lait du sicle d'admirable vigueur des m9i/res de ,dieu1 sicle de vraie lumire1 o les deux mondes1 l'esprit et le corps1 s]ont confondus dans une mme sci5ce8 v\s dont un intellig5t hi/ori5 a dit3 ,il se prp>e une n\velle apologie du *ri/ianisme1 qui runira les *rti5s1 qui entran]a l'incrdulit mme#da2 v\s dont un philosophe a dit3 ,c'e/ l'poque o le pan?isme s]a dtruit1 o l'arbre de la sci5ce s'lv]a sur les rac9es de la rvlation3 r5aissance qui s]a p\r le monde la plus gr&e des poques6 ,n'e/-ce pas v\s qui faites enf9 l'esprance du vicaire actuel de ,jsus1 l'homme de la croix1 qui au pi$ de la croix avec la ,vi]ge immacule sa mre1 prophtise t\tes les fois qu'il p>le1 quelque gr& triomphe de la croix6 #da ,rancke1 ,f9 de l'hi/oire de la papaut1 #are dition4 ,,vii ,or1 en prs5ce de ces vrits1 ,messieurs1 quels sont nos devoirs1 n\s qui v\s p>lons1 v\s1 nos auditeurs ou nos amis8 ,n'e/-ce pas1 comme n\s l'avons dit en comm5ant1 de pratiqu] t\t l'vangile1 avec un cur n\veau2 puis de donn] notre vie et nos =ces la propagation de l'vangile1 au triomphe de la croix8 ,et n\s d'abord qui v\s p>lons1 qu'avons-n\s entrepris8 ,qu'e/-ce que l',oratoire8 ,l',oratoire e/ un lieu de prire1 d'tude dans la prire1 et de propagation vanglique p> la p>ole et p> la plume4 ,laissez-moi v\s p>l] un peu1 ,messieurs et frres de cet ,oratoire1 de ce faible g]me qui *]*e vivre1 que v\s semblez aim]1 et bnir de votre prs5ce et de votre prire4 ,je v\s en p>l]ai =t librem5t1 cur ouv]t1 comme de l'uvre d'autrui2 or il semble que c'e/ une uvre que ,dieu opre1 et que n\s reg>dons du dehors comme v\s4 ,si jamais j'ai d compr5dre cette p>ole de sa9t ,paul3 ,n\s1 n\s sommes crs en ,jsus-,*ri/ p\r les bonnes uvres que ,dieu prp>e1 p\r que n\s m>*ions sa suite1 c'e/ bi5 en prs5ce du spectacle de cette petite uvre naissante4 ,dieu a t\t prp>1 et quelques hommes ont suivi timidem5t1 imp>faitem5t1 de lo94 ,il a v\lu en bi5 des circon/ances p>atre clairem5t nos yeux1 agir lui-mme p\r t\t conduire1 t\t comm5c]4 ,et d'abord1 ,il prp>e notre ide1 n\s l'avons vu1 depuis un demi-sicle1 et l'inspire t\s les p5seurs *rti5s1 aux prtres1 aux religieux1 que les beso9s urg5ts du sac]doce n'emport5t pas t\t enti]s dans l'action4 ,quant n\s1 qui sommes un trs petit gr\pe dans l'ensemble1 ,lui qui s'occupe des dtails comme du t\t1 et des mo9dres *oses comme des gr&es1 ,lui1 dis-je1 s'e/ occup de n\s aussi4 ,dieu prp>e depuis bi5tt tr5te ans1 v+t ans1 dix ans1 les div]s membres de ce gr\pe s'unir p\r travaill] la gr&e ide de ce sicle4 ,dieu a v\lu l'exi/5ce de ce petit c5tre1 de ce petit sanctuaire d'tude et de prire uniquem5t fond sur cette p5se1 livr cette ide de la ,croix du ,sauveur1 comme c5tre et s\rce de lumire4 ,c'e/ donc l'uvre de ,dieu1 je ne saurais le mettre en d\te4 ,seulem5t n\s p\vons laiss] prir l'uvre de ,dieu p> notre orgueil1 notre l*et1 notre in9tellig5ce1 notre incapacit2 ce qui arriv]ait videmm5t1 p> le fait mme1 si n\s avions le malheur d'puis] la premire sve de l',oratoire naissant en quelque uvre p>ticulire et secondaire2 si n\s n'appliquions pas t\tes nos p5ses cette sci5ce de la croix1 qui e/ la propre sci5ce du ,prtre3 labia enim sac]dotis cu/odi5t sci5tiam2 si enf9 n\s ne savions pas conc5tr] t\j\rs nos =ces vives dans l'ess5ce mme de l',oratoire1 qui n'e/ autre que l'ess5ce mme du sac]doce1 la ,prire et la ,prdication de l'vangile3 ,nos autem orationi et m9i/]io ,v]bi in/antes erimus4 ,ret5ez bi51 ,messieurs1 cette re/riction4 ,mais1 grce ,dieu1 cette uvre e/ une plante que le ,pre cle/e a plante4 ,voici donc ce que n\s p\vons dire du b intellectuel de notre uvre2 je dis le b intellectuel1 c> il s'agit de l'ess5ce mme de l',oratoire1 t\t e/ dans ce seul mot3 ,nos autem orationi et m9i/]io ,v]bi in/antes erimus4 ,,viii ,travaill] au triomphe intellectuel de la croix1 p> l'ensemble des =ces huma9es bnies de ,dieu1 et p> cette sci5ce d'ensemble possible p> la croix seule2 pri]1 se recueillir p\r recevoir quelque lumire d'en haut1 quelque bndiction intellectuelle1 et quelque initiation dans la sci5ce de la croix2 travaill] dans la lumire vanglique t\tes les sci5ces1 surt\t les sci5ces morales1 et leur application la vie des peuples et la solution de la gr&e crise que trav]se le g5re huma92 se runir p\r travaill] plusieurs en un1 af9 de ram5] l'unit t\tes les bran*es de la sci5ce et t\tes les directions de la p5se2 s'atta*] avec zle et respect la puret1 la simplicit1 la cl>t1 et1 si l'on peut1 la beaut et la dignit de la p>ole1 af9 de rp&re p>t\t la sci5ce *rti5ne1 fruit de la foi1 de la prire1 du travail op9itre et de l'union1 tel e/ le b4 ,les moy5s sont d'abord3 la runion de plusieurs dans un lieu de prire et d'tudes1 dans cet ,oratoire qui se compose de deux lm5ts3 l',oratoire proprem5t dit1 et puis l'ateli] de travail1 ou1 si l'on veut1 la *apelle et la biblio?que4 ,il faut tre plusieurs ouvri]s1 possd] des =ces div]ses1 les uns l'hi/oire1 le droit2 d'autres les lettres ou la philosophie2 d'autres les sci5ces conomiques et politiques2 d'autres la physique et les ma?matiques1 l'a/ronomie et t\tes les sci5ces du monde des corps3 d'autres possd]ont fond la ?ologie1 qui1 d'ailleurs1 en tant que re9e et directrice1 doit1 aussi bi5 que la philosophie1 tre commune t\s1 du mo9s au degr suffisant4 ,ces lm5ts donns1 il n\s faut la f]me rsolution de travaill] avec accord1 avec ensemble1 avec prire et sacrifice p]ptuel1 sa*ant qu'on ne peut ri5 qu'en ,jsus-,*ri/ qui l'on ne s'unit qu'en s'unissant au sacrifice4 ,puis il n\s faut la rsolution de ne pas n\s p]dre dans la polmique1 mais de combattre l'ennemi p> voie de supplantation4 ,il n\s faut encore la rsolution de voir dans t\t ennemi un frre possible1 un auxiliaire probable si1 sans le frapp] du glaive1 n\s l'enveloppons de lumire4 ,il n\s faut la rsolution de p>l] t\j\rs1 et dans t\te l't5due de la sci5ce1 une mme langue1 la langue du monde civilis1 en supprimant le grec et les idiomes te*niques des sci5ces p>ticulires4 ,il n\s faut la rsolution d'crire la vrit avec notre me entire1 esprit et cur1 af9 de s'adress] t\s les s5s1 t\tes les facults des hommes1 af9 de les atte9dre t\s1 et ceux qui sav5t p5s] et ceux qui sav5t s5tir1 ceux qui p5s5t p> images et ceux qui p5s5t p> raisonnem5t4 ,un /yle complet e/ celui qui atte9t t\tes les mes et t\tes les facults des mes6 ,or1 si l'on aime1 si l'on sait1 si l'on prie1 si l'on admire1 si l'on travaille longtemps1 si l'on sacrifie les mille biz>res p>ticul>its du lieu et du mom5t1 de la cot]ie et du sy/me1 on peut avoir un /yle mo9s incomplet que le langage ord9aire des savants4 ,mais il n\s faut surt\t bi5 *oisir le ct p> lequel n\s devons prs5t] au monde la gr&e philosophie *rti5ne4 ,il faut savoir quel e/ le po9t qui1 d'ici un demi-sicle1 doit tre surt\t dvelopp4 ,ce po9t1 ce n'e/ pas la mtaphysique ni la logique1 c'e/ la morale1 c'e/ la gr&e sci5ce du devoir4 ,c'e/ l't]nelle1 univ]selle et infaillible morale vanglique qu'il faut v]s] comme un esprit vivant1 et comme un feu sacr1 dans une sci5ce d'ensemble qui1 unissant en elle le droit1 l'hi/oire1 la politique1 la lgislation et l'conomie politique1 puisse se nomm] la sci5ce du devoir1 du devoir d'homme homme1 de peuple peuple1 de g\v]nant g\v]n3 sci5ce ncessaire p\r t]m9] la crise o se dbat le monde contempora9 au mom5t o il se trans=me4 ,cette sci5ce videmm5t1 qui e/ surt\t celle de la croix1 e/ la premire que n\s aurons travaill] ensemble1 n\s *rti5s1 et tablir dans le monde1 p> le dtail de ses applications4 ,c'e/ a9si que n\s r5v]s]ons sans l'attaqu] la vieille philosophie paenne qui pr5d pi$ p>mi n\s depuis un sicle1 s\s =me de scepticisme1 et puis de pan?isme4 ,n\s la r5v]s]ons en y sub/ituant la puissante et lum9euse philosophie *rti5ne1 populairem5t enseigne p> la presse t\te l',europe1 au monde enti]4 ,n\s en f]ons deux traductions3 l'une p\r le monde lettr et l'autre p\r le peuple1 et une autre encore de vive voix4 ,tel e/ notre devoir n\s qui v\s p>lons4 ,voici ma9t5ant non pas votre devoir1 ,messieurs1 mais la "p que v\s p\vez pr5dre v\s-mmes nos travaux1 v\s nos amis1 nos auditeurs4 ,,ix ,avant t\t1 v\s p\vez1 et v\s le p\vez t\s1 n\s aid] p> votre prire4 ,la prire e/ la plus gr&e des =ces4 ,priez ,dieu de n\s support]1 de n\s s\t5ir1 quoique indignes ouvri]s de son uvre4 ,en second lieu1 v\s p\vez n\s aid] p> quelque coopration intellectuelle1 soit en v5ant travaill] avec n\s dans une union plus ou mo9s intime1 soit en travaillant lo9 de n\s1 mais dans le mme s5s4 ,et cette uvre1 en effet1 e/ l'uvre de t\s les *rti5s1 des m9i/res de ,dieu d'abord1 du cl]g ca?olique t\t enti]1 de v\s t\s1 si v\s v\s levez1 quoique laques1 au sac]doce du zle1 du dv\em5t et du travail p\r ,dieu4 ,dieu veuille suscit] p>mi v\s des sa9ts d'abord1 puis p\r la propagation de la vraie sci5ce1 des gnies *rti5s6 ,enf91 ,messieurs1 quelques-uns d'entre v\s1 peut-tre1 travaill]ont l'uvre commune1 p> cet esprit de sacrifice qui fonde sur t]re le corps des uvres de ,dieu4 ,oui1 je v\drais p\voir v\s inspir] l'esprit de fondation4 ,les uvres de ,dieu1 les ides de l'glise du ,*ri/ ont t1 il y a un demi-sicle1 en ,france1 entirem5t dp\illes de leur corps4 ,c'e/ ce qu'on a opr plus rcemm5t1 s\s nos yeux1 en ,espagne et puis en ,pimont4 ,c'e/ ce que le ,pimont excute en ce mom5t mme1 magnifiquem5t1 en ,italie4 ,l'esprit paen cra9t en effet que l'esprit de ,dieu ne s'inc>ne4 ,mais ,dieu bnit la foi de ceux qui travaill5t rp>] ces ru9es1 et qui donn5t aux div9es ides un asile et un corps4 ,je connais un *rti5 vnrable qui m'honore de son amiti1 et qui vi5t de fond] dans sa patrie1--c> il n'e/ po9t notre compatriote1--une uvre imm5se4 ,c'e/ une maison de v+t-c9q missionnaires4 ,maison1 *apelle1 biblio?que1 exi/5ce p]ptuit de v+t-c9q ouvri]s vangliques1 ce noble *rti5 a fond le t\t lui seul4 ,p\rquoi d'autres *rti5s1 aussi nobles de cur1 et placs dans les mmes circon/ances1 n'aurai5t-ils pas l'inspiration de fond] gr&em5t aussi le corps de la div9e ide dont n\s v5ons de v\s p>l]8 ,l',oratoire1 autrefois1 avait c\v]t la ,france de ses biblio?ques4 ,ces livres dorm5t ma9t5ant dans ces catacombes de l'esprit que l'on appelle biblio?ques publiques3 aucun il ne les ap]oit1 aucune ma9 n'en sec\e la p\ssire1 et n\s1 n\s avons d\bl] nos ef=ts p\r travaill] sans livres1 ou bi5 avec quelques dbris que le has>d n\s met en ma9s#db4 #db ,depuis que ce disc\rs a t prononc1 l'illu/re et bi5 regrettable ,augu/9 ,?i]ry n\s a fait le trs gr& honneur de n\s lgu] sa biblio?que4 ,l',oratoire avait c\v]t la ,france de ses maisons et de ses glises4 ,auj\rd'hui1 n\s avons cette salle p\r *apelle#dc4 ,sans d\te n\s bnissons cet humble comm5cem5t4 ,cette pauvret1 c'e/ notre cr*e2 et cette cr*e port]a bonheur la div9e ide4 ,mais le temps vi5t o n\s devons n\s livr] au travail avec plus de =ce et d'ensemble1 et il n\s faut1 comme sa9t ,joseph1 l'ateli] de travail et les in/rum5ts de travail1 p\r n\rrir le div9 enfant4 #dc ,la *apelle de l',oratoire e/ con/ruite auj\rd'hui4 ,quelqu'un n\s les donn]a4 ,dieu env]ra quelqu'un4 ,et si ce n'e/ un seul1 les envoys de ,dieu s]ont plusieurs4 ,c'e/ donc a9si1 ,messieurs1 qu'auj\rd'hui1 ou bi5tt1 ou p> la suite1 qu& ,dieu v\dra1 v\s p\rrez n\s aid]3 et cette uvre peut dev5ir p\r v\s1 ou l'un de ces plaisirs1 ou l'une de ces affaires1 dont je v\s ai dit s\v5t3 ,il faut d'autres plaisirs1 d'autres affaires6 ,x ,et ma9t5ant1 je r5tre dans ce que j'ai appel si s\v5t notre devoir4 ,votre devoir n'e/ po9t telle ou telle uvre p>ticulire4 ,votre devoir e/ de pratiqu] l'vangile1 c'e/--dire de faire pnit5ce et de p>ticip] au sacrifice1 p>ce que le rgne de ,dieu appro*e1 et af9 qu'il appro*e plus vite4 ,votre devoir e/ de pr5dre la croix1 de la port] et de suivre ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/4 ,le temps o n\s vivons dem&e d'autres *rti5s que des *rti5s qui dorm5t4 ,il faut des combattants1 il faut des ouvri]s4 ,t\t *rti5 doit tre ouvri] ou combattant3 c> il faut df5dre la croix1 il faut *ass] l'esprit paen1 l'esprit adv]saire de la croix1 du milieu de cette humanit n\velle fonde sur la lumire1 la =ce et la v]tu du ,*ri/4 ,p5dant que n\s dormons1 l'ennemi m>*e4 ,j'ent5ds p> l l'esprit de ret\r au paganisme p> l'abolition du sacrifice1 p> la re*ute dans les s5s et l'orgueil1 p> la re*ute dans t\t ce qui sp>e et divise1 p> la re*ute dans l'antique gsme1 qui repullule avec fureur1 ds que le sacrifice e/ aboli4 ,o mes frres1 ne laissez pas l'envahisseur s'avanc] plus lo94 ,pr5ez la croix4 ,levez la tte1 occupez-v\s des intrts de la ju/ice et de la vrit1 et cessez de tr\v] dans ce qu'on nomme le monde1 dans ce monde banal et vieilli1 t\s vos plaisirs1 t\tes vos affaires4 ,honte celui qui1 p>mi tant d'affaires1 n'en a pas une qui soit p\r ,dieu6 ,honte celui qui1 dans ses mille plaisirs1 n'en a pas un qui vi5ne de ,dieu4 ,le temps appro*e1 esprons-le1 o l'homme qui vivra p\r lui seul1 selon la fade et c\pable r\t9e du vieux monde dcrpit1 ne s]a plus un homme aux yeux des si5s1 mais un effm94 ,le temps vi5t o1 comme autrefois dans l'en?\siasme des croisades1 les femmes env]ront l'homme qui prt5dra re/] dans ses plaisirs et son repos la qu5\ille de fileuse p\r le rveill] p> la honte4 ,le temps vi5t o1 rveills enf9 p> la honte ou p> le dang]1 les *rti5s retr\v]ont une sci5ce et une pratique plus pr(onde de la croix2 y v]ront le passage de cette vie qui meurt1 la vie t]nelle2 et y v]ront de plus le passage de la vie t]re/re mauvaise1 corrompue1 corruptrice1 t\j\rs en dcad5ce1 la vie gnreuse1 gr&issante et fconde qui fait m>*] le monde v]s la ju/ice1 qui hte le t]me o la n\velle humanit1 fonde p> la croix du ,sauveur1 rgn]a sur la t]re entire p\r la gloire de ,dieu et p\r la paix et le salut du plus gr& nombre4 ,a9si soit-il4 ,,les ,,s\rces 7,,seconde ,,p>tie7 ,,ou ,,le ,,premi] ,,et ,,le ,,d]ni] ,,livre ,,de ,,la ,,sci5ce ,,du ,,devoir ,,premi] ,,livre ,,pr,,p>ation ,,*apitre ,,premi] ,i ,je v\s ai autrefois propos un plan d'tudes#dd4 ,je v\drais auj\rd'hui v\s propos] un plan de vie4 #dd ,les ,s\rces 7,ire p>tie74 ,ce plan de vie se rsume en un mot1 que j'ose v\s adress] au nom de ,dieu3 ,mon fils1 sois bon6 ,le plan e/ simple2 mais v\s v]rez qu'il e/ aussi ri*e qu'il e/ simple4 ,sans d\te1 il n'y a que les gr&s curs qui sav5t ce qu'il y a de gloire tre bon4 ,mais p\rquoi v\s1 qui que v\s soyez1 n'auriez-v\s pas dj1 ou n'os]iez-v\s pas dem&] ,dieu1 votre ,pre t\t-puissant1 un gr& cur et de gr&es p5ses8 ,essayons4 ,voyons si v\s saurez compr5dre la gr&eur et la gloire de la bont4 ,voyons si v\s v\lez cette gloire4 ,donc1 je v\s le dem&e1 v\lez-v\s tre bon8 ,v\lez-v\s tre l'homme de bonne volont que ,dieu veut#de8 #de ,et 9 t]ra pax hom9ibus bon voluntatis4 ,v\lez-v\s consacr] votre vie la ju/ice et la vrit8 ,v\lez-v\s vraim5t accomplir la mission de l'homme sur la t]re8 ,v\lez-v\s tre gnreux1 c\rageux1 ds9tress8 ,s]iez-v\s fi] de dev5ir un s]viteur des hommes1 un ouvri] de ,dieu8 ,sauriez-v\s suivre1 avec une clairvoyance imp]turbable1 avec une indomptable rsolution1 le b huma91 l'uvre de ,dieu8 ,quels que soi5t votre tat ou votre ge1 votre ri*esse ou votre pauvret1 votre ignorance ou votre sci5ce1 v\s p\vez1 si v\s avez un cur vivant1 v\s p\vez concevoir la royale et div9e ambition de mettre dans les de/9es du monde votre poids de ju/ice et de bont4 ,laissez-moi v\s faire "p du p]ptuel tonnem5t de ma vie4 ,il m'e/ entirem5t impossible de concevoir p\rquoi p>mi tant d'hommes qui c\vr5t la face du monde1 il n'en e/ po9t qui ait l'ide de pr5dre p\r b rel et unique de sa vie1 la ju/ice#df4 ,il n'y a pas de b si trange1 si mesqu91 si difficile1 si dang]eux1 que ne p\rsuiv5t avec ardeur1 c\rage1 sagacit1 p]svrance1 des milli]s d'hommes4 ,beauc\p d'hommes se j\5t de la vie2 quelques-uns mme la jett5t2 et p]sonne n'a l'ide de la pos] comme une (fr&e et comme une =ce donne la ju/ice6 #df ,non e/ qui faciat bonum1 non e/ usque ad unum4 ,je vois des mes qui sembl5t d'ailleurs dans l'ordre1 dans la morale et la religion4 ,elles veul5t assurm5t ne pas vivre dans l'iniquit4 ,mais le b n'e/ pas la ju/ice4 ,elles ont un autre b con/ant1 qui absorbe leurs p5ses et leurs =ces4 ,elles n'aim5t po9t p>-dessus t\tes *oses ,dieu1 la ,ju/ice1 la ,vrit4 ,et je ne p>le pas1 en ce mom5t1 de l'homme atta* la t]re p\r en tir] p> son labeur1 le pa9 du j\r4 ,je p>le de l'homme libre1 qui possde son temps et sa vie4 ,je p>le de cet homme de v+t ans qui e/ n ri*e1 qui e/ in/ruit1 qui sait l'hi/oire1 qui voit l'tat du monde1 et dont le cur n'e/ pas encore te9t4 ,il entre dans la vie4 ,que va-t-il faire8 ,je ne sais4 ,mais c\p sr voici ce qu'il ne f]a pas4 ,se t5ant humblem5t et rsolum5t devant ,dieu et devant sa consci5ce1 il n'aura po9t la surpr5ante audace de dire ceci3 ,je ne veux ri52 je ne cra9s ri52 et n'ayant autre dsir ni autre cra9te1 je donne ma vie la ju/ice et la vrit4 ,voil1 dis-je1 ce qui me surpr5d4 ,quoi6 p]sonne ne compr5d ce que veul5t dire ces mots3 donn] vie la ju/ice et la vrit6 ,quoi6 votre esprit n'ap]oit pas le rel et le ple9 de cette sublime c>rire6 ,et votre cur ne conoit pas cette imm5se et simple ambition6 ,eh bi56 je v\s adresse ce livre p\r v\s aid] concevoir cette ambition4 ,je v\s aid]ai1 et v\s rveill]ai peut-tre1 en v\s disant comm5t ,dieu m'a donn l'ide de cette conscration4 ,v\s1 de votre ct1 aidez-moi1 rveillez-moi3 dem&ez-moi comm5t1 ayant dans l'me ces ides et ces g]mes1 je les ai enf\is presque t\s et n'ai pas su produire leurs fruits4 ,,ii ,mais combi5 il s]a difficile peut-tre de me faire ent5dre6 ,n\s sommes auj\rd'hui1 en ,europe1 cruellem5t diviss2 diviss p> des ignorances incurables et p> d'inextricables mal5t5dus4 ,t\t e/ ni1 t\t e/ affirm1 absolum5t ni ou absolum5t affirm4 ,les voix se *oqu5t directem5t et s'teign5t l'une contre l'autre4 ,et dj la colre int]vi5t1 la f\dre s'accumule2 le sombre aveuglem5t de l'orage et de la colre n\s enveloppe1 et la lumire de la raison et la srnit de la ju/ice sont t\ffes4 ,mais ne p\rrions-n\s donc n\s ent5dre en un po9t8 ,ne p\rrions-n\s pas1 t\s ensemble1 n\s appuy] sur l'vid5t pr9cipe de l't]nelle morale1 de l'infaillible et univ]selle religion8 tre bons les uns p\r les autres1 tre ju/es les uns p\r les autres8 ,avoir piti de l'imm5se multitude qui s\ffre1 et v\loir essuy] tant de l>mes8 ,ne s]ait-ce pas l le po9t inconte/8 ,n'e/-ce pas l l'vid5ce morale et la vrit ncessaire8 ,n'y aurait-il pas l une base 9branlable1 un po9t de d"p simple1 solide et accept de t\s8 ,je l'espre1 voil p> o comm5c]a le ret\r la paix1 l'union1 la =ce que donne l'union et aux miracles que produit la =ce des hommes unis4 ,oui1 n\s n\s unirons dans une imm5se piti p\r les s\ffrances du monde1 et dans l'espoir et dans la volont de les gurir4 ,oui1 la vrit se dmontr]a de n\veau1 p\r produire de n\veaux gr&s sicles4 ,elle se dmontr]a1 non plus p> des disc\rs1 mais bi5 p> des miracles4 ,les disc\rs sont us4 ,jsus dmontrait sa doctr9e en gurissant les hommes et en multipliant les pa9s4 ,la vrit relle et inc>ne veut1 auj\rd'hui encore1 se dmontr] en gurissant les peuples et en multipliant la vie dans t\te l'humanit4 ,il y a l un n\veau pr9cipe d'hrosme et d'en?\siasme que ,dieu veut inspir] notre sicle4 ,ouvrons nos curs et nos esprits cette inspiration et cette =ce4 ,n'e/-il pas temps de comm5c] les gr&s *angem5ts1 les vraies rvolutions1 et d'impos] aux nations elles-mmes les lois de ,dieu8 ,tu ne tu]as pas6 ,tu ne drob]as pas6 ,p\rquoi ces lois1 videmm5t div9es et ncessaires1 n'atteign5t-elles que les hommes isols1 mais non pas les hommes rassembls8 ,p\rquoi les peuples sont-ils ligus contre les lois de ,dieu8 ,comm5t un peuple dont la lgislation condamne le misrable qui vole un peu d'arg5t cont9ue-t-il s'organis] p\r le pillage du globe8 ,c'e/ en prs5ce de ces que/ions que je v\s dis1 v\s qui v\lez tre clairvoyant et c\rageux1 ces mots de la sa9te criture3 ,pr5ds de la =ce1 et devi5s un homme4 ,p\rquoi8 ,p\r faire triomph] sur la t]re les vid5ces morales qui ma9t5ant n\s press5t4 ,devi5s =t p\r impos] au monde la raison et la loi de ,dieu4 ,sois homme p\r os] dire3 ,au nom de ,dieu1 il faut que le dsordre cesse4 ,je le veux4 ,j'y mettrai ma tte s'il le faut4 ,oh6 p\rquoi le c\rage moral et religieux exi/e-t-il pe9e8 ,e/-ce la =ce de sacrifi] sa vie qui manque l'homme8 ,en aucune sorte4 ,p>mi n\s1 qui n'a pas cet atroce c\rage des batailles1 t\j\rs prt m>*]1 sans hsit]1 au-devant du f] et du feu8 ,nul ne refuse de s'lanc] contre la mort la plus p\vantable4 ,nul ne recule4 ,les enfants y vont comme les autres4 ,t\t homme que s\ti5n5t une patrie et l'honneur sait m\rir4 ,o sublime beaut du c\rage6 ,gr&eur1 noblesse et maje/ du g5re huma96 ,voyez1 p> ce sublime ct1 si l'humanit n'e/ pas belle6 ,voyez si l'homme n'e/ pas une =ce dont la gr&eur e/ encore inconnue6 ,que s]a-ce donc qu& cette =ce imm5se1 cette incalculable puissance du c\rage qui sacrifie la vie1 s'appliqu]a1 non plus l'ext]m9ation gu]rire1 tradition du vieux monde paen1 mais la protection de l'ordre et de la ju/ice sur la t]re1 et la runion des peuples s\s l'unit de la loi de ,dieu8 ,n\s avons comm5c rgn] magnifiquem5t sur la matire p> la puissance des lois physiques enf9 connues et appliques4 ,comm5ons ma9t5ant1 p> la puissance des lois morales t]nellem5t connues1 rgn] sur n\s-mmes et sur le g5re huma94 ,on peut1 on doit faire triomph] dans l'ensemble la loi morale et la ju/ice4 ,on peut s'ent5dre p\r rprim] p> t\te la t]re ceux qui vol5t et qui tu5t1 hommes ou peuples4 ,on peut m>*] v]s l'union croissante des hommes et des nations4 ,voil le b4 ,voil la t]re promise6 ,heureux ceux qui ne cess5t d'y croire et d'y m>*]6 ,c'e/ dans ce b et dans cette foi que je v\s dis3 ,sois bon6 ,pr5ds de la =ce1 et devi5s homme6 ,,*apitre ,,ii ,i ,mais p\r compr5dre ce plan de vie1 et surt\t p\r os] l'entrepr5dre1 il y a une premire condition fondam5tale qu'il faut remplir4 ,il y a un ob/acle va9cre4 ,il y a comme une *ane qu'il faut bris]4 ,cette *ane1 c'e/ l'illusion univ]selle qui n\s atta*e la vieille surface de ce monde tel qu'il e/4 ,cette *ane1 c'e/ l'am\r de l'arg5t6 ,mais1 comme il e/ presque impossible de faire ent5dre ceci aucun homme1 il faut que je v\s expose en dtail p> quelle voie et p> quel bonheur il m'a t donn1 ds ma jeunesse1 de p>v5ir compr5dre ce po9t4 c\tez1 je v\s prie1 cette hi/oire de l'heure la meilleure de ma vie4 ,j'tais alors un coli] de dix-sept ans1 qui v5ais d'obt5ir1 en mon collge1 beauc\p d'honneurs1 et en tais ravi de joie4 ,ple9 d'esprance1 libre de t\te s\ffrance et de t\te pe9e1 et d'ailleurs trs ami du travail1 j'tais heureux de vivre4 ,et c'e/ p\rquoi un soir1 au lieu de m'endormir1--je vois encore cette cellule du dortoir1--voici que je me mis mdit] sur mon bonheur4 ,or1 cette rv]ie fut1 s\s une =me trs simple1 presque banale1 le plus gr& vnem5t de ma vie4 ,je n'tais qu'un enfant4 ,une heure aprs1 j'tais un homme4 ,je rcapitulais mes succs rc5ts1 et j'en mditais de plus gr&s p\r l'anne o j'entrais et p\r celle qui suivait4 ,je croyais voir ces d]nires annes s'a*ev] dans un travail vig\reux et fcond4 ,je voyais crotre peu peu les =ces de mon esprit1 je s5tais le tal5t v5ir4 ,je sortais du collge et comm5ais1--t\j\rs dans ma vision1--d'autres tudes qui prp>ai5t ma c>rire suppose4 ,dans ces tudes et cette c>rire1 j'esprais p>v5ir aux succs les plus clatants4 ,cep5dant l'orgueil juvnile se mlait aussi de prud5ce et de raison4 ,je voyais cette norme f\le de concurr5ts que la lutte a*>ne des conc\rs m'appr5ait ne pas mpris]4 ,mais1 ayant dj entrevu que le noyau des amis du travail dim9ue vite mesure qu'on avance dans la vie1 je mettais ma confiance dans un travail t\j\rs plus n]gique1 et j'arrivais a9si aux premi]s rangs4 ,puis1 lo9 de m'enf]m] dans l'troite ence9te d'une c>rire1 je prt5dais t\te la gloire que peuv5t donn] les lettres4 ,ici v5ai5t encore des travaux1 des succs1 dont j'ap]cevais en esprit t\s les dtails1 et dont je s5tais t\tes les joies4 ,la =tune v5ait p> surcrot1 solide1 surabondante1 t\t honorable1 fruit du travail et de la gloire4 ,puis se dr\lait un tableau d'une gr&e beaut4 ,je voyais une spl5dide demeure1 au milieu d'une spl5dide nature2 mon pre et ma mre bi5-aims y vivai5t prs de moi4 ,puis la gr&e lumire du tableau1 l'me de la gloire1 de la nature1 de la =tune1 l'tre idal1 rv depuis la premire heure de l'adolesc5ce1 app>aissait dans la spl5deur de sa beaut1 dans la surnaturelle puissance de l'am\r le plus pur1 le plus =t et le plus religieux qui fut jamais4 ,t\s ces tableaux vivai5t devant mes yeux4 ,dieu mme1 je crois1 donnait en ce mom5t mon esprit une =ce cratrice4 ,je s5tais et palpais la vie4 ,je rsumais des j\rs et des annes en un in/ant4 ,j'en t5ais la sub/ance1 j'en s5tais les dlices1 avec une =ce1 une ivresse1 une vivacit que la ralit n'a po9t4 ,je vis a9si se dr\l]1 j\r p> j\r1 anne p> anne1 dans le plus bel ensemble et les plus ri*es dtails1 une vie comble de t\s les bi5s dont l'homme peut j\ir sur la t]re4 ,et la vie avanait1 t\j\rs plus belle et plus remplie1 mesure que mes annes se dr\lai5t et se comptai5t4 ,et1 en effet1 je comptais mes annes4 ,j'allais de la jeunesse la virilit1 et puis la maturit1 et ces annes de la maturit s'accumulai5t4 ,t\t c\p j'ap]u1 avec une vive tri/esse1 qu' l'ge o je me voyais p>v5u1 mon pre dpassait de bi5 lo9 les limites ord9aires de la vie4 ,mon pre m\rait1 et j'tais son lit de mort4 ,ma mre1 ma mre presque adore1 survivait jusqu' l'ge le plus avanc4 ,mais enf91 elle aussi m\rait4 ,abreuv de d\leur1 je lui f]mais les yeux4 ,ma sur et mes amis1 peu peu1 suivai5t la voie commune et me quittai5t4 ,mais voici qu' son t\r1 la noble et belle compagne de ma jeunesse1 l'me de ma vie1 entrait dans son hiv]1 recueillait ses rayons et se prp>ait au d"p4 ,lui survivrais-je aussi8 ,oui1 elle aussi m\rait4 ,la voil froide et morte s\s mes yeux4 p\vant et bris de d\leur1 je s]rais mes fils dans mes bras4 ,ils tai5t hommes depuis longtemps4 ,j'tais moi-mme =t avanc dans la vieillesse4 ,leur survivrais-je encore8 ,hlas6 ma vie e/ 9puisable6 ,je m'endurcis et je me dess*e sans m\rir4 ,comme le tronc vid d'un vieil arbre1 je dure p> mon corce1 et je vois1 en effet1 m\rir mes fils4 ,me voil seul1 sans bran*es ni rejetons1 mais je vgte encore un peu4 ,enf9 mon heure arrive1 et je suis sur mon lit de mort4 ,oui1 le mom5t vi5dra o je s]ai t5du sur un lit1 je m'y dbattrai p\r m\rir1 et je m\rrai4 ,en ce po9t de mon rve veill1 ,dieu1 qui v\lait me faire trav]s] en une heure t\te la vie et la mort1 donnait de plus en plus ma p5se la puissance cratrice4 ,ce que je p5sais s'oprait4 ,je voyais intuitivem5t t\tes ces *oses4 ,je les pr\vais t\tes4 ,et t\t tait plus vif que la ralit4 ,il m'e/ impossible de dire avec quelle vrit je vis la mort4 ,la mort me fut montre1 dvoile et donne4 ,je ne p5se pas qu' mon d]ni] mom5t je doive la voir et la s5tir1 comme je l'ai gte cette heure4 ,t\t e/ donc f9i6 m'criai-je4 ,t\t e/ ananti6 ,pre1 mre1 sur1 amis1 anantis6 ,bi5-aime de mon me1 compagne de ma vie heureuse1 anantie6 tres *ris1 issus de mon sang et du si51 anantis6 ,moi-mme je disp>ais4 ,plus de soleil6 ,plus de monde6 ,plus d'hommes6 ,plus ri56 ,j'ai pass dans la vie un in/ant4 ,je vois encore mes annes d'enfance6 ,mon b]ceau1 je le t\*e de mon lit de mort4 ,c]tes1 il n'y a pas lo9 de la naissance la mort la plus diffre4 ,c'e/ un seul j\r1 ou plutt c'e/ un rve4 ,les antiques et banales ass]tions des morali/es sont la vrit pure4 ,voil la vie6 ,t\s les hommes naiss5t et meur5t a9si1 depuis le comm5cem5t du monde jusqu' la f94 ,les gnrations se succd5t1 pass5t en c\rant et disp>aiss5t4 ,et je voyais1 dans une lumire et s\s des =mes que ri5 n'effac]a de ma mmoire1 je voyais les innombrables multitudes1 depuis le comm5cem5t des sicles jusqu' la f91 pass]1 pass] comme des tr\peaux qui vont la b\*]ie sans le savoir4 ,et puis je les voyais c\l] comme les flots d'une rivire qui appro*e d'une gr&e cat>acte et d'un abme4 ,t\s les flots y vi5n5t leur t\r1 ils tomb5t1 mais p\r re/] s\s t]re et ne plus revoir le soleil4 ,je voyais1 dans ce fleuve1 de petits flots surgir et jaillir un in/ant1 et1 p5dant la dure d'un cl9 d'il1 reflt] un rayon de soleil1 puis se t]nir et s'enfonc]4 ,ce flot1 c'e/ moi4 ,ceux qui ont lui t\t ct1 ce sont les tres que j'ai aims4 ,mais t\s sont dj s\s la t]re et dans l'ombre4 ,a cette vue1 j'tais immobile et comme cl\ p> l'tonnem5t et la t]reur4 ,mais que signifie t\t cela8 m'criai-je4 ,p\rquoi les hommes ne font-ils pas une ligue p\r *]*] avant t\t l'explication de cette affreuse nigme et p\r trans=m] t\t cela8 ,p]sonne ne s'en inquite6 ,on passe sans s'in=m] de ri54 ,on vit comme les m\*]ons qui b\rdonn5t et qui dans5t dans un rayon de soleil4 ,a quoi s]v5t ces app>itions d'un in/ant1 au milieu de ce fleuve qui passe8 ,p\rquoi passe-t-on8 ,p\rquoi e/-on v5u8 ,a quoi bon t\t ce qui exi/e8 ,j'tais dsespr p\r moi1 dsespr p\r t\s les hommes4 ,je reg>dais t\j\rs avec t]reur l'abom9able et insoluble nigme4 ,alors un imm5se dsespoir rassembla mes ides et mes =ces p\r a*ev] violemm5t quelque issue et tr\v] quelque "p une ress\rce et une explication4 ,se peut-il que ce soit l t\t8 ,se peut-il que t\t soit absurde1 inutile et dnu de s5s8 ,les *oses ont-elles une raison d'tre1 et quelle e/-elle8 ,si ce que je vois n'e/ pas t\t1 o e/ le re/e8 ,et quoi s]t ce que je vois8 ,ne peut-on po9t bris] ce rve8 ,mais je n'ap]cevais aucune rponse ces que/ions4 ,en ce temps-l je n'avais aucune religion4 ,je ne croyais ri51 s9on peut-tre ,dieu4 ,j'avais p\r le ca?olicisme t\te l'horreur et t\t le dgt qu'ont pu jamais avoir ses ennemis les plus aveugles4 ,cep5dant je me mis p5s] ,dieu4 ,o mon ,dieu1 m'criai-je1 m'ent5dez-v\s8--,po9t de rponse4 ,le ciel e/ s\rd et vide4--,et1 t\j\rs plus dsespr1 j'essayai un n\vel ef=t4 ,bi5tt1 s\s cet ef=t vraim5t imm5se1 t\t mon tre pr\va comme une vig\reuse contraction1 comme un reflux de la vie entire v]s le c5tre4 ,il me sembla que j'entrais dans mon me et que je pntrais en moi des pr(ondeurs insondables1 que p\r la premire fois j'entrevoyais4 ,je crois voir encore auj\rd'hui ces tranges pr(ondeurs4 ,ce que je dis ici ne sont pas des p>oles *]*es4 ,v\s devez le s5tir4 ,ce sont des descriptions de faits1 qui sont encore et s]ont t\j\rs s\s mes yeux ineffaablem5t4 ,t\t c\p de l'insondable et my/rieux abme p>tit un cri p]ant1 r$\bl1 d*irant1 capable1 ce qui me semblait d'atte9dre aux d]nires limites de l'univ]s1 de pntr] et d'branl] t\t ce qui e/4 ,il me semblait qu'en ce fond de mon me1 un tre trs puissant1 autre que moi1 donnait ce gr& cri de t\te ma nature s\leve une irrsi/ible n]gie4 ,o ,dieu6 ,dieu6 criai-je1 expliquez-moi l'nigme4 ,mon ,dieu1 je le promets et je le jure1 faites-moi connatre la vrit2 je lui consacr]ai ma vie4 ,aussitt je compris que cet imm5se ef=t et ce gr& cri de l'homme enti] n'avait pas t va94 ,je s5tis qu'une rponse me vi5drait2 mais je ne voyais pas de quel ct4 ,p\rtant cela seul me calma4 ,la vrit doit exi/]4 ,la vrit exi/e4 ,elle e/ belle1 elle rpond t\t4 ,oui1 je la *]*]ai1 et je la connatrai et lui consacr]ai ma vie4 ,alors je m'ap]u que j'tais encore au collge dans ma cellule4 ,mais je n'tais plus un enfant4 ,telle e/ la premire p>tie de l'hi/oire4 ,voici la seconde3 ,,ii ,aprs le gr& vnem5t intime qui me fit pass] en une heure de l'enfance la virilit1 je demeurai plus d'une anne sans tir] de t\t ce que j'avais vu et s5ti aucune conclusion explicite4 ,mais la direction morale de ma vie tait *ange4 ,je n'avais plus aucune illusion1 ni aucune esprance1 dans le s5s ord9aire du mot4 ,t\t ce qui1 la veille1 me sduisait tait ananti4 ,t\s les palais1 t\s les trsors1 t\s les honneurs du monde1 t\t le p\voir1 t\te la spl5deur des rois1 t\te la gloire des hros1 t\te celle des lettres1 t\t cela me semblait puril4 ,on m'et en ce mom5t propos un empire1 que je l'eusse ddaign4 ,la vie entire me p>aissait si /rile et si vide que je p5sais p>fois la quitt]4 ,j'tais dev5u trs srieux1 trs critique et trs fi]4 ,t\s les hommes me p>aissai5t nuls et in9tellig5ts4 ,a mes yeux1 la raison n'tait *ez eux qu'en g]me1 mais po9t en ex]cice4 ,p> t\te leur vie1 leurs habitudes1 leurs m\vem5ts moraux et intellectuels1 je les voyais assez peu diffr5ts des animaux4 ,auj\rd'hui1 t\t cela1 sans d\te1 me semble encore vrai en p>tie2 mais je le s5s t\t autrem5t1 et d'ailleurs je sais autre *ose4 ,il s]ait trop long de v\s dire comm5t je fus ram5 de la tri/esse critique et de l'orgueil l'e/ime et la p\rsuite de cet tat d'am\r et de bont1 qui e/ l'tat o notre ,pre met l'me de ceux qui veul5t dev5ir ses enfants4 ,je ne v\s dirai po9t en ce mom5t comm5t je fus conduit ce que je sais tre la lumire4 ,je me borne l'hi/oire de ce bi5heureux comm5cem5t de mon ducation p> ,dieu4 ,qu& j'eus compris que le monde et l'humanit sont p]fectibles2 que l'tat animal du g5re huma9 peut et doit tre trans=m2 que la raison doit cess] d'tre en g]me1 et qu'elle doit p>v5ir rgn] sur le monde2 qu& je compris qu'il e/ un rgne de la ju/ice et de la vrit qui appro*e1 et dont l'avnem5t dp5d de nos ef=ts2 que la sa9te compassion p\r tant de l>mes et de s\ffrances ne s]a pas t\j\rs /rile2 et qu'enf9 l'vangile de ,jsus e/ l'annonce de cet av5ir1 l'in/rum5t de ces trans=mations1 la loi n\velle de ce monde meilleur2 qu& j'ai su contempl] en elle-mme cette loi de ,dieu1 et qu& j'ai vu1 avec une c]titude ncessairem5t et absolum5t infaillible1 que cette loi e/ la lumire mme1 la vrit que j'avais dem&e3 alors1 avec une joie imm5se et un indicible transport1 embrassant ma =tune et mon bi5 de t\tes les =ces de mon me1 je consacrai ma vie1 comme je l'avais jur1 faire connatre1 faire rgn] cette vrit1 espoir de t\s les peuples1 ress\rce de t\s les hommes dans la vie et la mort4 ,mais je v\s prie1 dcid que j'tais consacr] ma vie la vrit seule1--conscration qui tait mon bonheur et qui me suffisait1--quel temps p\vais-je donn] autre *ose8 ,il e/ clair que je ne t5ais plus la vieille surface de ce monde tel qu'il e/1 ni surt\t son ,dieu1 qui e/ l'arg5t4 ,je n'avais aucun temps donn] l'acquisition des ri*esses4 ,et puis1 considrant que l'imm5se multitude des hommes doiv5t1 j\r p> j\r1 gagn] leur vie en travaillant1 et ne possd5t ri5 dont ils puiss5t vivre un j\r sans travaill]1 je refusai le privilge et l'exception1 et v\lus re/] pauvre1 comme le sont peu prs t\s les hommes4 ,jsus-,*ri/ e/ n pauvre1 a v\lu vivre et m\rir pauvre4 ,il a travaill de ses ma9s p5dant tr5te ans p\r gagn] son pa9 de *aque j\r4 ,lorsqu'il a cess son travail p\r comm5c] sa prdication1 il n'avait ri52 il recevait son humble n\rriture de ses amis1 ou de la f\le qui l'ent\rait1 ou des femmes qui le suivai5t p\r le s]vir4 ,il m>*ait et passait en bnissant et enseignant1 mais n'avait ni t]res ni maisons o il pt demeur]4 ,les r5>ds1 disait-il1 ont des tanires1 et les oiseaux du ciel leur nid2 le ,fils de l'homme n'a pas seulem5t un lieu p\r repos] sa tte4 ,cette p>ole1 je l'av\e1 p]ait mon cur de "p en "p et le remplissait d'en?\siasme4 ,moi aussi1 si j'avais du c\rage1 je p\rrais pass] en ce monde la suite de mon ,matre en faisant quelque bi51 sans jamais possd] un lieu p\r repos] ma tte4 ,et cela me semblait beau et bon4 ,il me semblait qu'en r5onant t\t1-- ce t\t que je connaissais n'tre ri51--je gagnais ,dieu1 la bont1 la lumire1 la lib]t1 et que je recevais en *ange le p\voir de propag] la vrit4 ,un j\r donc1 aprs avoir trs mrem5t pes les consqu5ces les plus cruelles de la pauvret et de la vie vanglique1 je les acceptai librem5t4 ,puis1 p\r donn] plus de sol5nit l'acte qui allait dcid] de ma vie1 j'entrai dans une glise1 et l1 comme j'tais seul1 t5dant la ma9 v]s l'autel1 je fis vu de ne jamais dev5ir ri*e1 de ne jamais avoir qu'un b1 et de ne possd] qu'un bi51 la vrit1 et s'il se p\vait1 la ju/ice4 ,v\s compr5ez p\rquoi je v\s dis cette hi/oire4 ,c'e/ p\r v\s montr]1 si je puis1 comm5t il faut1 au db de la vie1 savoir d'abord se mettre en lib]t1 se dgag] de la /rile r\t9e du vieux monde1 et g>d] t\tes ses =ces p\r *]*] l'unique ncessaire et l'unique vie p]man5te et fconde4 ,en outre1 je sais qu'il exi/e1 de plusieurs cts1 un c]ta9 nombre d'hommes de cur1 dont la raison e/ dveloppe1 qui aim5t1 en effet1 la ju/ice et veul5t se dv\] son triomphe4 ,j'ai v\lu1 en me faisant connatre eux1 non pas dans mes inconsqu5ces ni dans mes fautes1 dont je dem&e p>don ,dieu1 mais dans l'int5tion droite et bonne qui1 depuis ma jeunesse1 a dirig ma vie1 j'ai v\lu qu'aucun de ces hommes ne pt d\t] de mon po9t de d"p et de mon b4 ,qu'ils sa*5t bi5 que dans t\tes ces que/ions1 politiques1 sociales1 philosophiques ou religieuses1 je suis aussi libre de prjugs et d'troites et mauvaises passions que p\rrait l'tre un mort4 ,c'e/ qu'en effet j'ai trav]s la mort4 ,et puis qu'ils sa*5t aussi que cette hi/oire1 qui e/ la mi5ne1 littralem5t vraie dans *aque mot1 e/1 peu de *ose prs1 celle de bi5 des milli]s de prtres en ,france et dans le monde enti]4 ,seulem5t ces gnreux et vnrs frres1 presque t\s1 ont su mieux employ] que moi le don de ,dieu#dg4 #dg ,t\t ce rcit1 de la plus exacte autobiographie1 sa tr\ve dans les ,s\v5irs de ma jeunesse publis aprs la mort du ,p4 ,gratry4 7,note de l'diteur47 ,,*apitre ,,iii ,i ,et ma9t5ant1 je rpte ma "q3 ,v\lez-v\s tre bon8 ,v\lez-v\s suivre le plan de ,dieu8 ,v\lez-v\s consacr] votre vie la ju/ice et la vrit8 ,alors le premi] pas faire1 c'e/ de va9cre l'ob/acle4 ,c'e/ de bris] la *ane qui ti5t captifs les hommes et les nations4 ,c'e/ d'tre libre l'g>d de ce monde tel qu'il e/4 ,compr5ez bi5 ceci3 les hommes1 lis p> la tradition du vieux monde1 et emports p> la p5te du grossi] gsme1 se tromp5t peu prs t\s1 presque t\j\rs1 comme s'ils n'avai5t pas la raison4 ,ils viv5t encore p\r la plup>t1 dans une avidit presque animale4 ,c'e/ l leur *ane1 c'e/ l le paganisme et l'esclavage t\j\rs vivants4 ,il y a1 p\r l'individu comme p\r la socit1 deux voies1 deux buts1 deux cultes4 ,il y a ,dieu et il y a l'idole4 ,et savez-v\s1 d'aprs l'vangile1 ce qu'e/ l'idole8 ,l'vangile dit qu'il y a deux matres qu'on ne peut s]vir la fois1 et ces deux matres sont ,,dieu ,,et ,l',,arg5t4 ,v\s ne p\vez s]vir la fois ,,dieu ,,et ,l',,arg5t#dh4 #dh ,non pote/is ,deo s]vire et mammon4 7,luc1 ,,xvi1 #ac47 ,a9si donc l'idole1 c'e/ l'arg5t4 ,mais c'e/ ici que le monde rit de l'vangile3 ,ils se moquai5t de lui 7d]idebant illum71 dit le texte sacr4 ,et c'e/ ici que n\s-mmes n\s avons beso9 de c\rage p\r pr*] l'vangile et p\r rpt] la gr&e loi3 ,v\s ne p\vez pas s]vir la fois ,,dieu ,,et ,l',,arg5t4 ,mais l'vangile explique la loi1 et pose le pr9cipe de la sci5ce p> un seul mot3 ri*esses d'iniquits1 dit-il1 mammona iniquitatis4 ,donc1 ce qui e/ maudit1 ce n'e/ pas le travail qui accumule des =ces reprs5tes p> la ri*esse1 mais bi5 l'iniquit qui les dtruit4 ,l'arg5t1 cette idole qu'on ne peut pas s]vir si l'on s]t ,dieu1 c'e/ le culte des ri*esses inju/es1 le culte des ri*esses p\r j\ir1 culte qui brise en effet les =ces du travail1 et qui ru9e les nations4 ,en ce s5s donc1 l'arg5t e/ vritablem5t le gr& et univ]sel sacrem5t de t\s les cultes faux et de t\tes les idoltries4 ,plus que le ,de/91 plus que ,jupit]1 il e/ matre des dieux et des hommes4 ,il e/ videmm5t matre de ,jupit]1 dieu du p\voir2 de ,m>s1 dieu de la gu]re2 de ,vnus impudique ou pudique#di2 de ,m]cure1 dieu des voleurs1 des v5deurs1 des j\eurs1 et aussi dieu de l'loqu5ce1 c'e/--dire de la gr&e f\le de ceux qui criv5t et qui p>l5t4 ,l'arg5t e/ donc la gr&e idole et le sacrem5t de t\t mal1 et le gr& ennemi de ,dieu4 #di ,je n'ose absolum5t po9t cit]1 sur ce sujet1 le mot de ,b\rdal\e dans son ,s]mon sur les ri*esses4 ,or1 tant que les individus et les peuples ne revi5dront pas avec foi au culte du vrai ,dieu et ne bris]ont pas l'idole1 t\t progrs de *aque homme et du monde e/ absolum5t impossible4 ,aucun triomphe du royaume de ,dieu n'e/ concevable4 ,la ju/ice et la vrit ne p\rront faire un pas de plus4 ,f\l] aux pi$s l'idole1 c'e/ donc le comm5cem5t de la vie morale1 c'e/ le pr9cipe et la condition absolue de t\t progrs de l'homme et de la socit4 ,ce n'e/ pas sans admiration qu'en ouvrant l'vangile je tr\ve que la premire p>ole du premi] disc\rs du ,sauveur e/ celle-ci3 ,bi5heureux les pauvres1 p>ce que le royaume du ciel e/ eux4 ,ailleurs je lis cette tonnante condamnation3 ,il e/ impossible qu'un ri*e entre dans le royaume du ciel4 ,c'e/--dire3 il e/ impossible que l'adorateur de l'arg5t1 que l'homme qui n'a pas va9cu cette idole1 entre dans le royaume du ciel1 dans la ju/ice et dans la vrit1 et vi5ne jamais la lumire et au bonheur de l't]nelle ju/ice et de l't]nelle vrit4 ,en effet1 ne voyez-v\s pas qu'il y a dans t\te me deux *oses1 la raison et la passion8 ,j'appelle passion cette p5te qui n\s porte t\j\rs j\ir et j\ir trop2 fuir le travail p\r j\ir2 s'abaiss]1 se dgrad]1 ramp]1 m5tir1 tromp]1 vol]1 tu] p\r j\ir1 et p\r atte9dre le gr& et univ]sel sacrem5t de t\tes les j\issances1 l'arg5t4 ,tel e/ le culte de l'idole4 ,mais1 je v\s prie1 qu'e/-ce que gagn5t ces paens dans leur abom9able culte8 videmm5t t\s les maux physiques et moraux4 ,la sci5ce et l'expri5ce n\s dis5t qu'il y a1 dans le cur et le sang huma91 un in/9ct avide et furieux1 une faim1 une soif de joie1 qui ne cesse de n\s emport]4 ,la sci5ce aj\te que celui qui se livre cette p5te tue son corps4 ,celui-l m>*e v]s t\tes les maladies1 v]s la vieillesse prcoce et v]s la mort avant le t]me4 ,presque t\s les hommes c\r5t a9si prmaturm5t v]s la mort4 ,et c'e/ p\rquoi la sci5ce aj\te3 ,l'homme ne meurt pas1 il se tue4 ,mais s'il tue rsolum5t son corps1 e/-ce qu'il ne tue pas son me encore plus vite8 ,qu'e/-ce qu'une me sans dignit1 sans vrit1 sans =ce contre la passion1 une me o rgn5t une bassesse incurable1 une soif cont9ue de j\ir1 le froce gsme1 et le mpris du droit d'autrui et de la vie d'autrui1 qu& il s'agit d'arg5t p\r soi1 de joie p\r soi8 videmm5t t\s les hommes naiss5t dans la passion1 dans la p5te v]s soi contre t\s1 dans ce beso9 du mauvais feu des j\issances qui brl5t la vie1 consum5t le corps et l'me1 et n\s port5t v]s la dcad5ce cont9ue1 v]s t\te s\ffrance p\r n\s et autrui4 ,mais1 grce ,dieu1 il y a dans nos curs et dans nos mes une autre =ce4 ,c'e/ celle que j'appelle ici la raison4 ,je p>le de la vraie raison1 de l't]nelle raison6 ,la raison1 dis-je1 p>lant dans la consci5ce1 e/ la =ce qui lutte contre la dcad5ce1 qui remonte le c\rant du mal et brise l'ob/acle qu& il le faut4 ,le travail1 le c\rage1 l'esprance1 la v]tu1 la ju/ice p\r autrui1 la victoire sur le l*e et cruel gsme1 la temprance1 la dignit1 la croissance de l'esprit v]s la sagesse et la lumire1 et celle du cur v]s la ju/ice et la bont1 voil ce que j'appelle l'ef=t1 dans la consci5ce1 de la raison bnie de ,dieu4 ,n'e/-il pas vid5t que l'ob/acle t\t bi5 et t\t progrs1 c'e/ la p5te cupide j\ir et possd]8 ,l'ob/acle1 c'e/ cette avidit d'esprit et de cur que l'on peut appel] d'un seul mot l'esprit de lucre ou l'am\r des ri*esses4 ,mais au contraire1 la =ce rgnratrice1 le ressort du progrs1 le bi5 moral1 c'e/ manife/em5t cet esprit de sobrit1 de ds9tressem5t1 de dignit1 de vigueur contre l'gsme1 que l'on peut appel] d'un seul mot3 l'esprit de pauvret4 ,ds lors1 comme le dit l'vangile1 il e/ impossible qu'un ri*e entre dans le royaume du ciel1 et1 d'un autre ct1 il e/ vid5t que3 ,bi5heureux sont les pauvres1 c> le royaume du ciel leur app>ti5t4 ,l'esprit de pauvret e/ le sel de la t]re4 ,c'e/ l'unique voie de cette trans=mation des socits que ,dieu veut auj\rd'hui4 ,c'e/ la seule =ce qui puisse accomplir la mission de l'homme sur la t]re1 savoir3 ,mettre en ordre le monde1 et dispos] le globe t]re/re dans l'quit4 ,,ii ,mais ent5dons-n\s bi5 sur ce qu'il faut nomm] l'esprit de pauvret4 ,c'e/ le premi] po9t connatre et pratiqu] en t\t temps1 mais auj\rd'hui surt\t4 ,c'e/1 comme je v\s l'ai dit1 ,,le ,,premi] ,,mot ,,du ,,premi] ,,disc\rs ,,de ,j,,sus4 ,il y a1 me dit-on s\v5t1 il y a quelque *ose qui sonne faux1 et qui jamais ne s]a vulgairem5t accept dans cet axiome qui e/ l'axiome *rti51 savoir3 tre misrable en cette vie p\r tre heureux dans l'autre4 ,je v\s rponds3 ,ce mot que v\s nommez l'axiome *rti51 n'e/ pas *rti51 il e/ absurde4 ,or1 l'vangile e/1 p>t\t et t\j\rs1 la raison mme4 ,l'vangile dit3 ,celui qui r5once t\t1 tr\ve t\t1 au c5tuple1 mme en cette vie#ej4 ,il dit encore3 ,les pauvres et les d\x possd]ont la t]re4 ,et sa9t ,paul dit3 ,notre loi e/ utile t\t1 et la vie prs5te et la vie future4 #ej ,m>c1 ,x1 #bi et #cj4 ,nemo e/ qui rel9qu]it444 ,qui non accipiat c5ties tantum1 ,,nunc ,,9 ,,tempore ,,hoc4 ,mais qu'e/-ce donc alors que cet esprit vanglique de r5oncem5t1 de dta*em5t1 de pauvret8 ,le voici3 ,on ne peut s]vir ,dieu et l'arg5t4 ,c'e/ ,dieu qu'il faut s]vir1 non l'arg5t4 ,il faut prfr] l'arg5t la ju/ice1 la vrit1 l'honneur1 la v]tu1 la morale1 la dignit1 la lib]t4 ,e/-ce d\teux8 ,il faut encore lui prfr] la sci5ce1 l'art1 la sagesse1 le travail1 et qu& il faut *oisir1 on doit rsolum5t f\l] aux pi$s l'arg5t1 et *oisir la ju/ice4 ,voil ce qui e/ bon4 ,encore une fois1 e/-ce d\teux8 ,p5sez-v\s1 mon fils1 que le *rti51 lorsqu'il *oisit sa voie avec consci5ce et lib]t1 se dise jamais3 ,je s]ai misrable en cette vie p\r tre heureux dans l'autre8 ,t\t au contraire1 il doit os] se dire3 ,je v\drais possd] le s\v]a9 bi5 ds cette vie4 ,p\r cela1 laissons ce qui n'e/ pas le bi5 ni le bonheur1 et possdons la vrit1 s\rce du vrai bonheur4 ,mais quoi6 dans la voie commune de ce monde1 e/-ce donc le bonheur que les hommes p\rsuiv5t et qu'ils tr\v5t8 ,mais n'e/-il pas visible1 t\t au contraire1 qu' peu prs t\s les hommes se tromp5t1 g>s p> un aveuglem5t grossi]1 p> une avidit presque animale8 ,on se jette comme les animaux sur la matire1 et l'on se bat p\r pr5dre les gr&es p>ts4 ,assurm5t1 la vie telle que n\s l'avons faite ressemble un fe/9 sauvage1 o de grossi]s convives s'arra*5t les mets au lieu de se les (frir4 ,ne devrions-n\s pas *ang] cette manire de p\rsuivre le bi58 ,la vie ne p\rrait-elle donc pas un j\r dev5ir une agape o *acun (frirait au lieu de pr5dre2 o celui qui attire lui prte rire2 o l'honnte homme tr\ve bon de n'accept] qu'une "p mode/e2 o1 t&is que les petites g5s1 s'il s'en tr\ve1 s'occup5t des mets1 les premi]s anim5t le fe/9 p> leur grce et p> leur esprit8 ,je ne vois pas p\rquoi la vie entire ne pr5drait pas cette =me1 cette beaut et cette dignit4 ,qu& on saura compr5dre1 ce qui e/ vid5t1 que l'arg5t et le pa9 trs ncessaires assurm5t1 sont p\rtant les mo9dres des bi5s1 et que1 p>mi les =ces et les bi5s1 l'esprit1 la sagesse et la sci5ce1 et surt\t la bont1 le c\rage1 la lib]t1 l'am\r sont de beauc\p les plus puissantes des =ces p\r le bonheur prs5t et quotidi51 il y aura1 j'espre1 p>mi les hommes1 une plus ard5te p\rsuite des plus gr&s bi5s1 une plus faible re*]*e des mo9dres1 et alors le pa9 et l'arg5t s]ont mo9s grossirem5t p\rsuivis1 et mo9s odieusem5t p>tags4 ,,iii ,v\s le voyez1 l'unique moy5 de donn] au monde un lan1 c'e/ de bris] en votre cur l'idole1 l'idole de t\s les temps et de t\s les lieux1 et de compr5dre le premi] mot du premi] disc\rs de ,jsus3 ,bi5heureux ceux qui ont l'esprit de pauvret4 ,mais1 p\r p>l] prcism5t3 qu'e/-ce donc que la pauvret8 ,la pauvret1 ce n'e/ pas la misre1 ce n'e/ pas l'indig5ce1 c'e/ la vie quotidi5ne conquise p> le travail4 ,a9si df9ie1 la pauvret manife/em5t e/ *ose sa9te et sacre3 que t\s n\s devons respect]1 e/im] et *]*]4 ,en effet1 si ,dieu notre ,pre bi5-aim1 qui n\s g\v]ne p> sa ,provid5ce1 n\s avait mis1 tels que n\s sommes1 dans un monde ri*e1--ce monde e/ pauvre1 et ,dieu fait homme a v\lu tre pauvre aussi2--s'il n\s avait placs dans un monde opul5t1 videmm5t n\s tions t\s p]dus4 ,qu'et t p\r n\s un tel monde1 qui et spontanm5t (f]t nos beso9s1 nos dsirs1 t\t ce qu'ils dem&ai5t8 ,c'et t un monde sans ef=ts1 sans travail1 sans c\rage1 sans hrosme et sans gnie1 sans ri5 de ce qui con/itue l'homme1 et encore mo9s l'enfant de ,dieu4 ,il n'y aurait eu sur une t]re a9si faite ni hommes1 ni fils de ,dieu4 ,donc notre ,pre n\s a mis dans un monde vig\reux1 dans une dure cole1 dans un monde pauvre1 o son fils bi5-aim peut dvelopp] son me1 son cur1 son gnie et son hrosme4 ,un monde sans lutte1 sans ob/acles1 sans dang] et sans mort1 n'et fait de n\s qu'une race mprisable4 ,mais le monde o n\s sommes fait des mes =tes1 qui ont l'ef=t1 la con/ance1 l'n]gie1 le c\rage et le dv\em5t1 t\t ce qui e/ beau1 digne et glorieux4 ,voil la pauvret3 elle e/ la matresse du travail et de l'ef=t1 la mre de t\te v]tu4 ,elle e/ l'in/itutrice du g5re huma94 ,or1 il y a des hommes1 ceux que l'vangile nomme les ri*es1 et dont il dit3 ,malheur aux ri*es6 ,il y a des hommes qui mpris5t ces gr&s bi5s1 et dont la vie e/ un p]ptuel s\ci p\r fuir la pauvret1 c'e/--dire le travail1 c'e/--dire l'ef=t qui dveloppe1 le c\rage qui lutte1 qui affronte le dang]1 et qui dompte l'ob/acle4 ,l'homme a t plac sur cette t]re p\r la g>d]1 la df5dre et la cultiv]4 ,c'e/ vid5t4 ,or1 il y a des hommes qui s'ab/i5n5t de ce travail et de ce combat4 ,v\s qui lisez ces lignes1 v\s qui tes ri*es1 qui n'avez jusqu'ici vcu que p\r j\ir1 qui p]dez votre vie dans l'immoralit1 dans l'inutilit1 je v\s le dem&e1 e/-ce l le rle que1 df9itivem5t et aprs rflexion1 v\s acceptez8 ,v\s mettre1 p\r v\s g>antir1 d]rire la masse qui combat et qui meurt8 ,mais je v\s prie1 lorsqu'il y a une gu]re visible1 avez-v\s peur et fuyez-v\s8 ,c]tes qu& il y a du f] et du feu brav]1 v\s m>*ez devant les soldats sans qu'aucune conscription v\s oblige4 ,v\s tes les premi]s au dang]1 et v\s tr\v]iez =t trange qu'un soldat prt5dt v\s c\vrir de son corps4 ,v\s tes braves1 v\s tes gnreux1 v\s tes c\rageux1 v\s tes nobles6 ,mais alors p\rquoi v\s enf\ir dans la honte1 la ds]tion1 la trahison1 qu& il s'agit de cette milice univ]selle et ncessaire1 qui e/ la vie8 ,savez-v\s donc ce que v\s faites1 v\s qui t5ez en ma9 l'arg5t1 c'e/--dire l'arme ou l'in/rum5t2 v\s qui avez1 p> cela mme1 entre les ma9s1 la =ce de c5t ou de mille hommes2 qui1 v\s seul1 tes une lgion p> l'or dont v\s tes arm8 ,voici ce que v\s faites3 p5dant le combat mme v\s ds]tez1 et alors vos frres sont va9cus4 ,les1 *efs ds]t5t1 ceux qui sont bi5 arms s'en vont3 alors la pauvret qui tait un ressort et une =ce1 la pauvret se trans=me en misre1 en faiblesse1 en dnm5t1 en esclavage1 et l'homme va9cu meurt p> la faim4 ,o ri*es1 compr5ez-v\s bi5 ma9t5ant ce qu'e/ la pauvret8 ,compr5ez-v\s enf9 qu'elle e/ l'univ]sel devoir1 puisqu'elle e/ le travail1 la lutte et l'ef=t quotidi58 ,en ce s5s1 t\t homme doit v\loir tre pauvre et se faire pauvre1 c> c'e/ en ce s5s qu'il e/ dit3 ,malheur aux ri*es6 ,compr5ez-v\s aussi ce qu'e/ en elle-mme la ri*esse1 et ce qu'e/ la proprit8 ,compr5ez-v\s que la proprit e/ le salaire de c5t ou de mille ouvri]s1 donn d'avance un *ef de travail8 ,et ce *ef de travail doit compte ,dieu de l'emploi des salaires1 comme il doit compte1 en outre1 a9si que t\s les autres1 de l'emploi de sa vie4 ,et de ce po9t de vue1 qu& on pr*e le mpris des ri*esses1 ne p\rrait-on aussi1 et p\r arriv] au mme b1 pr*] l'e/ime1 le respect de l'arg5t8 ,qu'e/-ce donc que l'arg5t1 et d'o vi5t-il8 ,l'arg5t1 c'e/ du travail accumul1 c'e/ du temps1 c'e/ de la vie huma9e1 c'e/ du sang1 des sueurs et des l>mes4 ,voil ce que v\s t5ez en vos ma9s4 ,qu'en f]ez-v\s8 ,ne voyez-v\s pas en ce po9t t\t l'vangile et t\t le jugem5t de ,dieu8 ,l'vangile appelle ri*e1 ri*e maudit1 celui qui1 t5ant en sa ma9 ce sang1 ces l>mes qui d'ord9aire ne sont pas les si5nes1 les pro/itue1 les rp& p\r j\ir4 ,l'vangile appelle pauvre1 pauvre d'esprit1 celui qui1 sa*ant ce qu'il ti5t en sa ma91 respecte ces bi5s sacrs1 et ne les donne qu'au salut des hommes et au progrs du monde4 ,et je compr5ds alors que la morale1 comme l'vangile1 se rsume en une seule "q3 ,que f]ez-v\s du sang de l'homme et de ses l>mes8 ,conscration8 ,pr(anation8 ,,*apitre ,,iv ,i ,oui1 nobles curs1 v\s compr5ez ces *oses1 et1 je l'espre1 v\s les aimez4 ,v\s v\lez la ju/ice1 et v\s s5tez que v\s p\rrez aim] votre devoir dans cette lutte hroque qui e/ la m>*e de l'humanit v]s son b4 ,v\s compr5ez ce qu'il y a d'honneur et de vraie gloire m>*] p>mi les premi]s et conduire les autres avec c\rage v]s la t]re v5ir d'un sicle meilleur et plus heureux4 ,peut-tre mme avez-v\s dans le cur un de ces imptueux c\rages1 capables de t\t os] et de t\t sacrifi] p\r r5v]s] l'ob/acle et p>v5ir au b4 ,dans ce cas1 il e/ une v]tu qu'il faut jo9dre au zle de la ju/ice3 c'e/ la sagesse4 ,si v\s v\lez p> vos ef=ts1 dev5ir un soldat du progrs1 un ouvri] de la ju/ice1 il faut au ds9tressem5t et au c\rage1 qui e/ la premire condition1 unir cette sagesse paisible et lum9euse qui voit clairem5t l'uvre et le b1 qui ne produit que des ef=ts vrais1 ne s'agite pas dans la viol5ce1 et n'arra*e pas le bl p\r arra*] l'ivraie4 ,p>lons plus clairem5t4 ,si v\s v\lez auj\rd'hui travaill] au bi5 des hommes1 il v\s faut r5onc] d'abord la gr&e maladie m5tale de notre poque1 savoir3 la manie aveugle et f>\*e qui r5v]se et qui brise4 ,t\t bris] p\r t\t recon/ruire sur un plan t\t n\veau1 tel e/1 au milieu de n\s1 depuis bi5tt un sicle1 le risible1 cruel et crim9el ef=t du zle ignorant et f>\*e de la gr&e f\le des ins5ss4 ,si v\s ne savez pas v\s dgag] absolum5t de cette folie /upide1 v\s p\vez beauc\p p\r le mal1 mais v\s tes impuissant p\r le bi54 ,v\s n'essui]ez pas une seule l>me1 v\s en f]ez c\l] beauc\p4 ,,ii ,ami1 qu& j'tais jeune et ignorant1 mais dj dcid travaill] p\r la ju/ice1 j'ai eu d'abord aussi ce zle am]1 sombre et /rile1 qui veut t\t arra*] et qui blasphme le bi5 prs5t1 faute d'en compr5dre la gr&eur4 c\tez3 voici un my/re que j'ai bi5 longtemps ignor1 aveugl que j'tais p> la folie du sicle4 ,ce beau my/re1 je n'en vois la spl5dide cl>t1 je v\s l'av\e1 que depuis peu de j\rs4 ,le voici3 c'e/ qu'en t\tes *oses1 ,dieu a beauc\p plus fait p\r n\s que n\s ne le savons4 ,n\s sommes plus prs de t\s les bi5s que n\s ne p\vons le s\ponn]6 ,n\s ne sommes sp>s du ciel et de la t]re promise que p> un ob/acle moral que la lib]t peut bris]4 ,t\t e/ donn1 mais l'homme ne sait pas encore pr5dre4 ,notre aveugle ignorance1 notre tri/esse +rate ne sav5t pas voir que1 dans t\s les ordres de *oses1 mme dans l'ordre social1 ,dieu n\s donne t\t4 ,si v\s saviez le don de ,dieu#ea6 dit l'vangile3 p>ole univ]selle1 vraie t\j\rs et p>t\t4 #ea ,si scires donum ,dei4 7,joan41 ,,iv1 #aj47 ,cette t]re e/ sa9te1 s'crie le patri>*e dans sa vision1 et moi1 je l'ignorais#eb6 ,oui1 n\s ignorons presque t\s ce qu'il y a de sa9t et de sacr dans le monde prs5t tel qu'il e/4 #eb ,locus i/e sanctus e/1 et ego nesciebam4 7,g541 ,,xxviii1 #af47 ,la vie des hommes sur t]re n'e/ pas plus livre au has>d que celle de la nature1 ou que la vie des a/res4 ,la bont de ,dieu donne t\t g]me1 et ses sa9tes lois provid5tielles travaill5t t\t dvelopp]4 ,que manque-t-il donc8 o e/ le mal8 o e/ l'ob/acle8 ,le voici3 c'e/ notre aveuglem5t et notre iniquit6 l'aveugle iniquit6 ,il n'y a que cet ob/acle unique1 que ce seul ennemi combattre p\r que t\t bi5 se dveloppe4 ,t\t le travail huma9 se rsume dans cette div9e et m]veilleuse p>ole3 ,*]*ez d'abord le royaume de ,dieu et sa ju/ice1 et le re/e v\s s]a donn p> surcrot4 ,oui1 t\t le re/e s]a donn1 ou plutt t\t n'e/-il pas dj donn8 ,,iii ,ah6 si v\s saviez le don de ,dieu6 ,la grce de ,dieu e/ donne t\s1 ds l'orig9e4 ,dieu v]se son soleil et sa rose1 dit l'vangile1 sur les m*ants comme sur les bons4 ,otez l'ob/acle de l'inju/ice1 et l'esprit de ,dieu remplit l'me4 ,ce que le dogme enseigne de la grce et de l'esprit de ,dieu e/ vrai de t\tes les s\rces de la vie4 ,le pa9 du corps n\s e/ donn4 ,la *aleur e/ donne nos membres1 la lumire nos yeux4 ,les g]mes sont donns pr(usion au va/e se9 de la n\rrice du g5re huma94 ,l'eau1 l'lectricit1 la lumire1 la *aleur1 la fcondit lui sont v]ss flots4 ,le lait mat]nel e/ donn aux lvres de l'enfant1 ds qu'il peut l'attir] et le pr5dre2 et qu& il ne p\vait ri5 pr5dre1 le sang lui-mme tait donn1 le sang provid5tiel et mat]nel c\lait en lui sans lui4 ,et1 quant la lumire de la raison1 elle illum9e t\t homme v5ant en ce monde4 ,la vrit aussi n\s e/ donne2 la c]titude n\s e/ inocule2 mais l'inquitude +rate et sophi/ique de nos esprits s'en dgage et s'*appe2 et la rflexion maladroits et dfiante1 p> je ne sais quel aveugle ef=t1 p>vi5t au d\te et l'erreur#ec4 #ec ,les anges des petits enfants1 dit l'vangile1 voi5t sans cesse la face du ,pre qui e/ au ciel4 ,n'e/-ce pas dire qu'un li5 de lumire ratta*e ,dieu t\tes les mes innoc5tes8 ,et qu& ,jsus-,*ri/ p>le de ces petits qui croi5t en lui1 ne semble-t-il pas n\s appr5dre que les mes innoc5tes des enfants1 comme elles ont la raison implicite1 ont aussi la foi implicite et le g]me de l't]nelle lumire8 ,p\rquoi ,dieu n'aurait-il pas fait p\r le cur et p\r l'esprit de l'homme ce qu'il a fait manife/em5t p\r son corps8 ,la vraie sagesse e/ donne dans ses bases ncessaires2 et les sophi/es qui *]*5t crer le comm5cem5t de la sagesse sont d'in9tellig5ts +rats4 ,la vraie religion e/ donne1 et1 s'il e/ vid5t que l'homme ne vit pas seulem5t de pa91 mais de t\te p>ole qui sort de la b\*e de ,dieu1 j'en conclus que la p>ole de ,dieu e/ au milieu de n\s1 aussi bi5 que le pa93 je dis qu'elle c\ve le monde1 et qu'elle atte9t1 explicitem5t ou implicitem5t1 t\s les hommes4 ,la religion e/ vraie4 ,il n'y a qu'une seule religion4 ,c'e/ celle qui e/ entire1 univ]selle1 de t\s les temps et de t\s les lieux4 ,oui1 la vraie religion e/ au milieu de n\s1 ri*em5t rp&ue1 comme les bi5faits de la nature4 ,oui1 ,dieu mme s'e/ donn4 ,oui1 le cle/e idal1 le bi5 suprme qu'appelle t\t cur et que rve t\t esprit1 c'e/--dire ,dieu1 ,dieu s'(fre n\s1 s'inc>ne1 s'unit l'me et l'esprit1 s'unit l'homme enti]1 se donne respir] comme l'air#ed1 se di/ribue en n\rriture et en breuvage3 sang immortel de la vie v5ir1 qui1 dans cette vie t]re/re1 pntre en n\s sans n\s1--comme dans la vie prp>atoire1 antrieure notre naissance1 le sang provid5tiel et mat]nel entrait en n\s sans n\s4 #ed ,spiritus oris no/ri ,*ri/us4 ,et1 de nos j\rs surt\t1 les bi5s n\s sont donns jusque dans les dtails du luxe4 ,sans p>l] des m]veilles et des beauts de l'art1 la vraie sci5ce auj\rd'hui e/ n\s4 ,d'imm5ses rgions de vrits m]veilleuses et fcondes sont accessibles t\s4 ,l'imm5se doma9e des sci5ces ma?matiques (fre l'esprit huma9 un monde indf9i d'affirmations1 applicables la dom9ation de la nature4 ,la =me du ciel visible e/ connue dans le dtail de ses m\vem5ts et dans le pr9cipe de ses lois4 ,on calcule la di/ance des a/res3 on sait leur poids4 ,puis enf9 vi5n5t les m]veilles contempora9es des applications de la sci5ce1 et1 avant t\t1 l'espace va9cu p> l'homme1 et le g5re huma9 ram5 n'avoir plus qu'une seule demeure1 o bi5tt t\s les hommes p\rront s'ent5dre comme dans une assemble4 ,,iv ,et1 aprs t\t cela1 les amis de l'humanit1 les curs altrs de ju/ice1 ceux qui contempl5t la *>it huma9e1 et qui1 comme ,jsus-,*ri/ lui-mme1 pleur5t la vue de ses s\ffrances1 ces mes gnreuses1 lum9euses entre t\tes1 ne s\ponn]ai5t pas que l aussi1 je veux dire dans l'ordre social1 d'innombrables bi5s sont donns1 et que de puissantes et sa9tes lois viv5t et travaill5t p\r le ri*e dveloppem5t de ces bi5s6 ,ils ne s\ponn]ai5t pas que le mal1 que l'ob/acle1 c'e/ notre aveugle +ratitude qui ne voit pas les bi5s1 n'en compr5d pas les g]mes1 et f\le aux pi$s les lois6 ,ils n'aurai5t pas la joie de dc\vrir que notre t*e e/ simple3 anantir l'ob/acle de l'inju/ice1 c'e/--dire pratiqu] simplem5t1 d'homme homme1 de peuple peuple1 de g\v]nant g\v]n1 les gr&es lois morales ncessaires1 t]nellem5t connues1 s5sibles t\te consci5ce1 visibles t\te raison6 ,ils ne compr5drai5t pas enf9 qu'en *]*ant la ju/ice t\te seule1 t\t e/ donn ou v\s s]a donn6 ,o ami6 ent5dez donc bi51 avec la sa9te et ple9e logique du cur1 avec la sa9te raison de la nature non mutile1 que1 puisque v\s avez tr\v dans ce monde1 en y v5ant1 cette m]veilleuse cration de ,dieu1 la famille1 et1 p> l'am\r pat]nel et la provid5ce mat]nelle1 la vie donne ce qui n'tait pas1 entret5ue et supple en ce qui ne p\vait pas1 p> cela seul il e/ c]ta9 qu'il y a une t]nelle et t\te-puissante pat]nit1 p\r t\s les hommes unis1 aussi bi5 que p\r l'homme isol4 ,il y a une pat]nit1 une famille1 une patrie invisible qui veille sur n\s1 n\s1 c'e/--dire t\te l'humanit2 famille qui d'abord n\s donne t\t1 sans n\s1 et qui dveloppe t\t ensuite1 avec n\s et p> n\s1 si n\s n'y mettons pas d'ob/acle et si n\s v\lons travaill]4 ,v ,esprons1 mon frre1 que cette srnit de reg>d qui voit ces *oses va se jo9dre votre zle et votre c\rage4 ,l'homme et le monde1 en s'levant1 m>*5t de la t]reur la confiance1 en mme temps que de l'aveuglem5t la lumire4 ,la lumire montre la beaut des *oses que ca*ai5t les tnbres4 ,un des vices trop peu rem>qus de la nature huma9e1 c'e/ l'esprit de blasphme1 cet esprit qui dnigre1 qui voit noir et qui p>le noir4 ,si v\s avez la vie n\velle1 dit sa9t ,paul aux *rti5s1 dposez l'aigre leva9 de la vieille =me3 colre1 indignation1 malignit1 blasphme4 ,oui1 mesure que l'homme se r5\velle en ,dieu1 le blasphme cesse et la reconnaissance vi5t avec la lumire4 ,l'homme cesse de voir en noir ce j>d9 de la t]re1 de blasphm] la vie et son auteur4 ,peu peu il dc\vre l'imm5se beaut des *oses1 et dans les bi5s prs5ts la magnific5ce des promesses4 ,g>dons-n\s de nos impati5ces idales v]s la p]fection absolue1 et du mpris des bi5s prs5ts et relatifs4 ,que d'hommes se tu5t corporellem5t p> la re*]*e d'une sant p>faite1 p> le mpris et p> la /agnation des =ces suffisantes qu'ils ont1 mais qu'ils n'emploi5t pas6 ,et1 dans la vie des mes1 que d'mes1 au mom5t o ,dieu les inspire1 s'loign5t de ,dieu1 p> je ne sais quelle froideur *agr9e1 s\s prtexte d'indignit1 en att5dant un temps meilleur6 ,et qu& on a p]du1 dans l'+rate in]tie1 ses =ces d'me ou de corps1 on s5t qu'alors1 avant cette p]te1 on possdait la vie assez p\r conqurir la vie plus abondante4 ,quant moi1 je sais1 p> une longue expri5ce1 qu'un des plus gr&s ob/acles de ma vie a t l'ignorance et le dda9 du bi5 prs5t4 ,on att5d un prs5t meilleur p\r l'exploit]1 et ce prs5t meilleur ne peut v5ir que du prs5t rel et actuel que l'on dlaisse et que l'on dtruit4 ,et les m*ants1 p> leur noir et s9i/re esprit1 et les bons1 p> leur impati5ce exalte ou p> leur inquitude +rate1 conspir5t dans ce dda94 ,la vraie sagesse1 dans la srnit1 voit autrem5t4 ,elle voit dans l'homme et dans le monde trois *oses3 des g]mes magnifiques1 des lois qui dvelopp5t les g]mes1 et l'ob/acle moral qui les arrte4 ,elle voit que1 en t\t1 l'tat du monde1 des peuples et de *aque homme1 d'ord9aire1 e/ t\t ce que comporte la vie morale qu'on a4 ,v\s p>lez d'esclavage6 tes-v\s capables de lib]t8 ,soyez capables de lib]t1 et dites3 ,que la lib]t soit2 la lib]t s]a1 et t\t le re/e a9si4 ,il n'y a donc pas lieu la sombre viol5ce qui brise et tue p\r arriv] vivifi]4 ,il n'y a pas lieu dtruire la socit contempora9e p\r la refaire sur un plan meilleur4 ,il n'y a pas lieu ces risibles et impuissants ef=ts de gnie f\1 d'hrosme eff> qu'on dp5se crer l'organisation sociale vritable4 ,l'organisation sociale vritable1 mon frre1 bi5 avant que v\s fussiez n1 e/1 depuis l'orig9e1 cre de ,dieu et donne de ,dieu dans ses bases ess5tielles et dans les lois qui la dvelopp5t2 t\t aussi bi5 que l'organisation de votre corps tait cre de ,dieu1 dans le se9 mat]nel1 bi5 avant qu'il v\s ft possible de le savoir et de le v\loir4 ,encore une fois1 compr5ez-le4 ,ce qui se fait en n\s et dans le monde1 sans n\s ou malgr n\s1 p> la bont de ,dieu et p> ses lois provid5tielles1 e/ t\j\rs beauc\p plus de la moiti de l'uvre4 ,n\s1 n\s avons saisir1 compr5dre1 suivre1 obir et cont9u]4 ,mais surt\t1--l e/ notre gr&eur et notre royaut1--n\s avons connatre et va9cre1 p> la raison et p> la lib]t1 et p> d'hroques entreprises1 qu& il le faut1 l'ob/acle1 l'ob/acle moral1 qui s'int]pose entre l'homme et les dons de ,dieu4 ,donc la morale1 la morale absolue1 ncessaire1 vid5te1 la ju/ice1 en un mot2 voil1 dans t\s les ordres de *oses1 la sa9te et simple condition de t\t progrs et de t\t bi54 ,,d]ni] ,,livre ,,les ,,aphorismes ,,de ,,la ,,sci5ce ,,du ,,devoir ,,*apitre ,,premi] ,c\rage6 oui1 l'esprit huma9 m>*e1 et en ce sicle mme1 il dveloppe une sci5ce qui aura sur le monde plus d'influ5ce que n'en a eu1 depuis deux sicles1 la sci5ce des =ces de la nature4 ,cette sci5ce1 c'e/ la sci5ce du ,devoir4 ,j'ent5ds p> l qu'en ce sicle-ci l',hi/oire1 la ,politique1 la ,sci5ce conomique1 le ,droit1 et t\t l'ensemble des sci5ces sociales1 se ratta*ant dcidm5t l't]nelle ju/ice1 t5d5t s'unir en une sci5ce suprieure1 qui s]a la sci5ce du ,devoir4 ,et cette gr&e sci5ce1 la plus fconde de t\tes1 dmontr]a en t\te lumire1 dvelopp]a1 dans le dtail des prcisions et des applications1 la ri*e beaut de l'inspiration primitive des consci5ces1 et la div9e fcondit des prceptes et des conseils de ,jsus-,*ri/ et de l'glise4 ,la consci5ce e/ donne t\s1 en t\s temps1 en t\s lieux1 et elle suffit4 ,*acun s]a jug sur ce qui lui aura t donn4 ,mais l'homme ju/e doit travaill]1 *aque j\r1 clair] sa consci5ce p> la sci5ce1 et la sci5ce doit1 p> l'ef=t de la raison et de la lib]t1 se dvelopp] de sicle en sicle4 ,le pr9cipe de la sci5ce e/ simple3 comme en a/ronomie1 l'attraction et sa loi4 ,mais ses applications con/itu5t la plus v>ie et la plus t5due des sci5ces4 ,ce pr9cipe simple qui e/ dans la sci5ce du ,devoir ce qu'e/ en a/ronomie l'attraction1 on le peut nonc] a9si3 ,assi/ance due p> t\t tre t\t tre4 ,assi/ance due p> t\t tre t\t tre6 ,c'e/ une autre manire de dire1 comme sa9t ,paul3 ,t\te la loi e/ dans un seul mot3 ,tu aim]as ton pro*a9 comme toi-mme#ee4 ,c'e/ une autre manire de dire3 ,faites autrui ce que v\s v\driez qu'on v\s ft#ef4 ,voil le pr9cipe du ,devoir4 #ee ,omnis lex 9 uno s]mone impletur3 diliges proximum tuum sicut te ipsum4 7,galat41 ,v1 #ad47 #ef ,omnia qucumque vultis ut faciant vobis hom9es1 et vos facite illis4 ,hc e/ enim lex et prophet4 7,mat?41 ,,vii1 #ab47 ,et je laisse desse91 dans la =mule1 le mot tre au lieu du mot homme1 mo9s gnral4 ,cette t5due sans bornes de l'objet du devoir me rappelle la p>ole du ,seigneur3 ,allez dans l'univ]s enti]1 et portez t\te crature la bonne n\velle#eg6 ,c'e/ qu'en effet1 le devoir ne va pas seulem5t de l'homme l'homme1 mais bi5 aussi t\te la cration1 t\t tre1 sans exception4 #eg ,euntes 9 mundum univ]sum1 prdicate ,evangelium omni creatur4 7,m>c1 ,,xvi1 #af47 ,le devoir1 c'e/ d'all] au b et d'y m5] t\te la cration4 ,et n\s devons all] au b1 qui e/ l'union des tres entre eux et avec ,dieu1 de t\te notre me et de t\t notre cur1 de t\t notre esprit et de t\tes nos =ces#eh4 #eh ,diliges ,dom9um ,deum tuum1 ex toto corde tuo1 et 9 tota anima tua1 et 9 tota m5te tua4 7,deut41 ,,vi1 #e4--,mat?41 ,,xx1 #cg4--,m>c1 ,,xii1 #cj4--,luc1 ,x1 #bg47 ,et je mdite avec bonheur l'univ]salit sans re/riction de la =mule3 p> t\t tre t\t tre4 ,je me s\vi5s de l'insi/ance avec laquelle sa9t ,paul dem&e avant t\t aux *rti5s d'assi/] et de port] p> l'me et l'incessante prire ,,t\s ,,les ,,hommes2 c> ,dieu veut sauv] ,,t\s ,,les ,,hommes1 c> le ,*ri/ s'e/ donn ,,p\r ,,t\s#ei4 #ei ,i ,timo?41 ,,ii4 ,et ce pr9cipe de l'univ]salit du devoir et de son objet r5tre encore dans cette sublime p>ole3 ,*rti5s1 v\s r5drez compte1 non pas seulem5t de v\s-mmes1 mais bi5 du monde enti]#fj4 #fj ,non de ve/ra tantum salute1 s$ de univ]so orbe vobis ratio r$d5da e/4 7,sa9t ,*ryso/ome47 ,l'univ]salit absolue du devoir l'g>d de t\t le g5re huma91 voil ce qu'il convi5t plus que jamais1 auj\rd'hui que le globe e/ ram5 l'unit1 d'inculqu] p> l'ducation t\t homme v5ant en ce monde4 ,p\rquoi8 p>ce que cette vue sublime e/ propre dcupl] dans t\s les curs l'en?\siasme et l'ef=t4 ,p\rquoi encore8 ,p>ce qu'il e/ plus facile de mettre en ordre le monde enti] qu'un seul tat ou une seule ville4 ,les nations ne se sauv]ont po9t isoles1 non plus que les individus4 ,en ce sicle1 c'e/ un m\vem5t de totalit que ,dieu dem&e au g5re huma94 ,et je rpte avec une joie pr(onde que cette belle sci5ce du ,devoir1 ncessaire ce gr& m\vem5t1 ,dieu veut1 auj\rd'hui1 la donn] l',europe dans le dtail de ses applications4 ,cette sci5ce n'tait encore que dans sa tige1 ma9t5ant voici les rameaux et les fruits4 ,notre ,matre disait3 ,si v\s cons]vez ma p>ole1 v\s connatrez la vrit4 ,oui1 la p>ole vanglique1 vrit implicite complte1 cons]ve dans le monde *rti51 a fructifi2 et n\s arrivons auj\rd'hui la lumire visible1 la connaissance sci5tifique d'une p>tie de cette vrit4 ,dans ce *apitre intitul ,aphorismes de la sci5ce du ,devoir1 je veux essay] d'nonc] en rsums succ9cts1 mais non pas secs1 les rsultats sci5tifiques pr9cipaux auxquels1 dans l'ordre moral1 l'esprit public des peuples europens p>vi5t ou s]a p>v5u1 j'espre1 avant un sicle4 ,i ,voici donc le pr9cipe simple de la sci5ce de ,devoir3 ,assi/ance due p> t\t tre t\t tre4 ,,ii ,l'accomplissem5t du ,devoir1 dans le s5s ple9 du mot1 c'e/ l'ef=t de l'homme t\t enti] p\r port] t\te la cration son b4 ,,iii ,l'ef=t de l'homme enti]1 l'acte de l'me totale1 en /yle vanglique1 qui e/ le /yle de ,dieu1 se nomme ,,am\r4 ,c'e/ p\rquoi il e/ dit3 ,tu aim]as le ,seigneur ton ,dieu--qui e/ le b et la f9 des tres--de t\te ton me1 de t\t ton cur1 de t\t ton esprit et de t\tes tes =ces4 ,l'acte d'am\r1 l'ef=t p\r assi/]1 c'e/ l'opration gnrale de l'me dans la lumire et dans la lib]t4 ,am\r n'e/ pas passion1 mais acte d'me4 ,,iv ,l'am\r1 comme le pose la div9e =mule1 doit tre l'am\r du pro*a91 c'e/--dire que l'ef=t p\r assi/] t\t tre doit suivre la hir>*ie des devoirs4 ,la rgle donc1 c'e/ d'all] au plus prs2 d'aim] dans la proximit1 comme l'attraction attire s\s la loi des di/ances4 ,mais ent5dez-le bi54 ,v ,l'homme se doit au pro*a9 d'abord4 ,mais qui e/ mon pro*a98 dem&ait-on au ,*ri/4 ,et le ,*ri/ rpondait que le pro*a91 c'e/ l'homme que v\s tr\vez bless sur le *em94 ,,vi ,mais la rgle d'aim] le pro*a9 e/ absolue dans son nonc et mtaphysiquem5t rig\reuse4 ,l'ef=t p\r assi/] ou p\r aim] e/ vritablem5t rgl p> la loi de proximit2 proximit non pas physique1 mais morale et mtaphysique4 ,d'aprs cette rgle1 l'am\r bi5 ordonn comm5ce p> ,dieu1 qui m'e/ plus intime que moi-mme2 puis il desc5d moi1 qui suis d'abord responsable de moi2 puis ensuite il s't5d au pro*a9 qui me t\*e1 et puis la patrie et puis au g5re huma94 ,,vii ,oui c]tes1 le premi] de t\s nos devoirs1 c'e/ d'aim] ,dieu p>-dessus t\tes *oses4 ,oui3 s]vir ,dieu1 le mot e/ bon4 ,je dirai mme assi/] ,dieu3 c> le ,v]be inc>n n\s dit3 ,c'e/ moi-mme que v\s assi/ez4 ,et mihi feci/is4 ,assi/] ,dieu6 c'e/ le mot de sa9t ,paul4 ,n\s aidons ,dieu6 ,dei adjutores sumus4 ,oui1 aid] ,dieu1 c'e/--dire lui ouvrir les mes1 la mi5ne d'abord1 et puis les autres2 le faire entr] dans t\s les tres que lui f]me la p]v]sit1 l'assi/] et l'aid] p\r qu'il vi5ne son b et y mne t\te la cration1 af9 que lui1 bont suprme1 vrit absolue1 beaut1 flicit1 am\r1 soit t\t en t\s4 ,,viii ,oui1 je l'assi/e a9si et je le s]s1 lui1 s\rce de t\s les bi5s1 en m'ef=ant incessamm5t de le connatre et de l'aim]1 et d'tre lui et avec lui de t\t mon cur1 de t\te mon me1 de t\tes mes =ces et de t\t mon esprit4 ,,ix ,et cela mme1 si je sais l'accomplir1 opre t\t mon ,devoir env]s moi-mme et t\te l'assi/ance que je dois t\t mon tre4 ,c> ne cessant1 p> l'am\r et l'ef=t1 de puis] en ,dieu1 comme fait le n\veau-n atta* au se9 mat]nel1 je puise la vie dans la s\rce inf9ie1 et je la fais desc5dre dans t\tes mes =ces et t\tes mes facults4 ,je fais desc5dre la vie de ,dieu dans mon cur1 et puis dans mon esprit1 et enf9 dans mon corps4 ,x ,et ce n'e/ pas en va9 que l'vangile n\s dit que les deux gr&s prceptes aim] ,dieu et aim] son pro*a9 sont semblables et ne font qu'un4 ,c'e/ qu'en effet l'am\r de ,dieu donne l'am\r du pro*a91 et le s]vice de ,dieu s]t le pro*a94 ,c> que puise-t-on en ,dieu p> l'acte d'me1 s9on la foi et la lumire1 la lib]t1 l'am\r8 ,or1 ce sont l les =ces qui bniss5t la t]re1 qui n\s r5d5t ri*es p\r assi/] le g5re huma91 clairvoyants1 rsolus1 p\r p\ss] le monde son b4 ,,xi ,celui donc qui remplit le premi] devoir1 qui puise en ,dieu la foi1 la c]titude1 la lumire et la lib]t1 celui-l veut et opre le devoir t\t enti]1 c> il veut et opre l'assi/ance de t\t son tre t\s les tres4 ,,xii ,a9si mon premi] devoir1 mon devoir env]s ,dieu1 implique1 s'il e/ rempli1 l'accomplissem5t de mon devoir env]s moi-mme et env]s les autres2 c> si je suis le cooprateur de ,dieu dans sa volont trs c]ta9e de me conduire au b1 c'e/ moi-mme que j'ai assi/4 ,et si la vie de ,dieu rside en moi1 c'e/--dire si j'ai pu acqurir la ju/ice1 il e/ visible encore que j'ai travaill p\r autrui4 ,a9si les trois devoirs sont id5tiques4 ,di/+uons1 cep5dant1 af9 d'arriv] au dtail4 ,,*apitre ,,ii ,,le ,,devoir ,,env]s ,,dieu ,i ,je v\s le dis sol5nellem5t3 voici le fond des *oses1 voici t\te la p]fection de la vie4 ,c'e/ l'vangile qui p>le3 ,je ne suis pas seul2 mon ,pre e/ en moi4--,mon ,pre agit incessamm5t1 et moi j'agis incessamm5t4 ,et ce que je vois dans mon ,pre1 je le fais4 ,a9si p>le celui qui e/ l',homme-,dieu4 ,,ii ,et moi aussi1 moi le d]ni] des hommes1 je porte en moi mon ,pre1 mon crateur1 la s\rce t]nelle de ma vie4 ,mon ,pre ne cesse d'opr] en moi1 et de m'excit] v]s le b1 p> de cont9uelles inspirations et impulsions4 ,le dsir ncessaire du bonheur et la p]ptuelle inquitude de t\te me sont les effets de l'incessante opration4 ,c'e/ moi de s5tir1 de compr5dre ce que veut opr] le ,pre1 et d'agir s\s l'action1 avec raison et lib]t4 ,,iii ,dieu qui n\s porte1 qui e/ en n\s1 qui e/ notre pr9cipe et notre s\rce1 prp>e1 comm5ce nos actes et nos p5ses4 ,il vit d'avance1 en lui1 t]nellem5t1 ce qu'il n\s veut faire vivre dans le temps4 ,l'ide qu'il a de n\s1 son t]nelle volont sur n\s1 con/itu5t notre hi/oire idale1 le gr& pome possible de notre vie4 ,ce beau pome1 notre ,pre ple9 d'am\r ne cesse pas de n\s l'inspir] dans le pr(ond dsir de l'me1 dans la consci5ce1 dans la lumire de la raison qui claire t\t homme en ce monde4 ,il y a l une immobile et simple et inf9ie activit provid5tielle1 qui conti5t et opre en elle t]nellem5t t\t le dtail possible de nos actes et de nos m\vem5ts4 ,il faut que notre vie1 dveloppe dans le temps et l'espace1 soit l'image de cet inf9i4 ,,iv ,je supplie ,dieu d'ouvrir les yeux t\s les hommes qui p5s5t1 af9 qu'ils se ligu5t p\r compr5dre et p\r faire compr5dre ce po9t3 ,,le ,p,,re ,,e/ ,,avec ,,n\s2 ,,notre ,,dieu ,,e/ ,,en ,,n\s4 ,il vit en n\s1 et il veut n\s guid]1 et n\s1 ses enfants libres1 n\s suivons ou n\s rsi/ons4 ,eh quoi6 e/-ce que la pr(onde sduction du ,pan?isme1 jo9te sa manife/e absurdit1 ne n\s ouvriront pas les yeux8 ,ne compr5ez-v\s pas qu'assurm5t t\t tre n'e/ pas ,dieu1 mais qu'en t\t tre e/ ,dieu1 surt\t dans l'me intellig5te et libre1 o il opre1 claire1 inspire8 ,voil le fond commun de la mtaphysique1 de la logique1 de la morale et de t\te la sci5ce du ,devoir4 ,v ,oui1 mon ,pre e/ en moi1 au cur de l'me et la s\rce de mon tre3 et il claire1 et il opre1 et il inspire1 et il remplit ma jeunesse d'une sa9te joie4 ,et ma jeunesse1 ce n'e/ pas seulem5t le comm5cem5t de mes annes1 c'e/ encore cette jeunesse radicale1 qui1 t\t ge1 e/ t\j\rs en mon c5tre1 l'orig9e des flots1 au comm5cem5t des impulsions et des inspirations4 ,heureux ceux qui1 p> la t5dresse reconnaissante1 p> l'humble recueillem5t1 ne cess5t de se retremp] dans la s\rce6 ,c'e/ a9si que mon ,pre me rajeunit incessamm5t1 me r5\velle en t\t m\vem5t de ma vie4 ,qui ne sait plus se rajeunir t\*e la mort4 ,,vi ,en aimant ,dieu1 c'e/--dire en ne cessant d'opr] l'acte d'me qui s]t ,dieu et l'assi/e1 c'e/ moi-mme que j'assi/e1 c'e/ moi que je donne la vie4 ,je puise en ,dieu d'abord la =ce radicale1 le ressort premi] de la vie1 c'e/--dire le ressort croissant de la lumire et du bonheur1 de la ju/ice et de la vrit4 ,j'y puise ce bi5 fondam5tal1 la c]titude1 la foi6 ,j'y puise l'espoir1 et la joie de l'ef=t4 ,de l c\l5t dans mon intellig5ce la lumire gr&issante1 et dans ma volont la lib]t croissante4 ,la s\rce vive dont p>lait ,jsus la ,sam>ita9e1 la s\rce vive e/ ouv]te en moi4 ,,vii ,l'ef=t moral p\r puis] dans cette s\rce1 c'e/ la prire1 nom sacr1 le plus clair de t\s p\r exprim] l'acte fondam5tal de la vie libre et raisonnable4 ,la prire cont9ue e/ donc le devoir ess5tiel1 univ]sel et pr9cipal de t\s les hommes1 prcism5t comme le devoir de la feuille v]te e/ d'attir] la sve et de respir] l'air3 sans quoi la feuille va s*] et tomb]4 ,,viii ,il faut se rappel] ici cette autre dcl>ation vanglique3 ,ayez la foi en ,dieu1 et alors1 quoi que v\s dem&iez 7quidquid peti]itis71 quoi que v\s comm&iez sans hsit]1 ce s]a fait 7quidquid dix]itis fiet74 ,telle e/ l'ide complte de la prire4 ,l'vangile n\s appr5d que la prire1 c'e/--dire l'acte d'me fondam5tal1 e/ d'un ct dem&e ,dieu1 et de l'autre1 ordre inculqu aux *oses4 ,l'me supplie ,dieu d'envoy] la vie1 et elle ordonne au monde de recevoir la vie1 et aux ob/acles de disp>atre1 transportant p> la foi les montagnes1 qui arrt5t la m>*e du monde4 ,,ix ,quiconque donc remplit1 dans l't5due du s5s vanglique1 le gr& devoir de la prire1 celui-l remplit t\t devoir4 ,celui qui prie assi/e t\tes les mes1 il assi/e ses frres et les s\ti5t p> le salutaire et puissant magntisme d'une me qui croit1 qui sait et veut4 ,il opre ce que sa9t ,paul n\s supplie de faire avant t\tes *oses1 des prires1 des supplications1 des in/ances1 et des actions de grces p\r t\s les hommes4 ,quel e/ le s5s sci5tifique de ceci8 c'e/ que1 trs rellem5t1 comme le dit ,fnelon1 les hommes se t\*5t d'un b\t du monde l'autre4 ,ils n\s t\*5t6 ,voil donc ce pro*a9 qu'il n\s faut assi/]4 ,or1 en ce rel contact des mes1 e/-ce que mes lans de cur1 mes c]titudes1 mes rsolutions1 mes lumires ne sont en ri5 communicables8 ,c]tes1 si auj\rd'hui les corps se t\*5t et se communiqu5t d'un b\t du monde l'autre1 dans l'lectricit1 me f]a-t-on croire1 je v\s prie1 que les mes ne communiqu5t pas8 ,mais le contact des mes1 c]ta9 d'avance p> la raison et p> la foi1 e/ auj\rd'hui s5sible p> l'expri5ce4 ,ici encore1 moi qui cris ces lignes1 je sais1 j'ai vu4 ,eh bi56 me1 si v\s avez en v\s la s\rce vive1 la s\rce des rayons1 des impulsions1 des convictions1 des esprances1 comm5t ces flots vivants p\rrai5t-ils ne pas dc\l] de votre me sur t\te me8 ,oh6 voil la gr&e assi/ance6 ,c'e/ p\r cela qu',isae dit3 ,qu& tu auras v]s ton me dans une autre me qui allait succomb]1 qu& tu auras rempli l'me affame1 ce s]a la ju/ice et la plnitude du ,devoir#fa4 #fa ,isae1 cap4 ,,xlviii4 ,x ,et sa9t ,paul n\s dem&e l'incessante vigilance dans l'ess5tiel et ncessaire accomplissem5t de ce devoir3 assi/ance de l'me t\te me4 c\tez-le3 ,ne cessez de pri]1 ne cessez de suppli]1 en t\s temps1 dans le ,sa9t-,esprit2 ne cessez de veill]1 dans cet ,esprit-,sa9t1 en t\te in/ance et t\te supplication p\r t\s vos frres#fb4 #fb ,tim41 ,,ii4 ,et ne semble-t-il pas que si v\s cessez de veill]1 d'insi/]1 de faire ef=t1 de t5ir bon1 t\t va se rel*]1 le monde va recul]1 vos frres vont s5tir en eux mo9s de =ce et d'appui8 ,oui1 c]tes1 il en e/ a9si4 ,*acun de n\s1 p\r sa "p1 porte le monde2 et ceux qui cess5t de travaill] et de veill] *>g5t les autres4 ,donc1 encore une fois1 le devoir env]s ,dieu implique t\t4 ,t\t devoir implique t\t devoir4 ,mais di/+uons encore4 ,,*apitre ,,iii ,,devoir ,,de ,l',,homme ,,env]s ,,lui-,m,,me ,i ,notre devoir env]s n\s-mmes1 c'e/ de n\s lev] n\s-mmes4 ,il y a une ducation primitive1 imp]sonnelle1 qui e/ de ,dieu1 de la nature et de la socit4 ,mais ,dieu qui n\s comm5ce p> lui-mme ou p> sa cration1 ,dieu veut que n\s n\s a*evions p> rflexion et lib]t3 c'e/ l'ducation p]sonnelle4 ,,ii ,ici1 la premire p>tie du ,devoir1 c'e/ le pr(ond respect de ce qui e/ comm5c en n\s1 sans n\s1 p> ,dieu1 p> la famille1 p> la socit1 p> l'glise4 ,c'e/ l'assimilation laborieuse et l'adoption p> *oix de ce qui n\s tait d'abord impos ou inocul4 ,ici comm5ce la crise de l'ducation p]sonnelle4 ,,iii ,cette crise1 de nos j\rs surt\t1 n'e/ pas bi5 trav]se p> la plup>t des hommes4 ,ils ne respect5t pas1 n'accept5t pas et n'appr(ondiss5t pas4 ,ils mpris5t et ils f\l5t aux pi$s les ri*es donnes provid5tielles4 ,au lieu d'imit] les ,aptres en prs5ce des filets remplis2 au lieu de disc]n]1 de pr5dre peu prs t\t1 en rep\ssant quelques rebuts1 ils rejett5t en bloc dans la m] cette abondance qui leur tait v5ue p> grce4 ,aprs quoi1 la plup>t viv5t t\t le j\r1 pauvres de vie morale1 pauvres de foi1 et ce n'e/ que l'puisem5t et la tri/esse du soir qui les ramn5t re*]*]1 retr\v] quelque *ose des ri*esses qu'ils t5ai5t le mat9 dans leur miraculeux filet4 ,,iv ,beauc\p d'hommes1 il e/ vrai1 manqu5t du bi5fait de l'ducation primitive2 ils naiss5t sans patrimo9e moral1 et n'ont reu peut-tre1 p\r viatique de cette vie difficile1 que la p]v]sit des exemples et des maximes4 ,mais la raison et l'vangile le dis5t3 il ne s]a dem& *acun que ce qui lui aura t donn4 ,dieu dem&e *aque me une seule *ose1 t\j\rs possible et t\j\rs provoque en n\s p> la consci5ce et l'impulsion actuelle du ,pre1 savoir3 l'ef=t p\r s'ori5t] v]s le bi5 p>tir du po9t1 quel qu'il soit1 o l'on e/4 ,v ,en *aque po9t o se tr\ve une me1 s'ouvre t\j\rs la d\ble voie4 ,t\j\rs ceci e/ vrai3 ,dieu pose l'homme et lui donne sa loi1 puis le laisse sa lib]t2 la vie1 la mort sont devant lui1 il aura ce qu'il *oisira#fc4 ,le premi] acte de l'ducation p]sonnelle1 acte d'o t\t dp5d1 c'e/ le *oix primitif1 radical1 entre la d\ble direction3 droiture1 p]v]sit1 bi5 ou mal1 vie ou mort4 ,v\lez-v\s tre bon8 ,voil bi5 la "q premire4 #fc ,eccli41 ,,xv1 #ad4 ,,vi ,la droiture1 l'ori5tation in/9ctive v]s le b1 quelque pratique de la ju/ice connue1 quelque am\r de la vrit entrevue1 voil ce qui conduira l'homme1 de pro*e en pro*e1 o ,dieu le veut1 s'il p]svre1 s'il fait ef=t1 s'il veut m>*]4 ,,vii ,qu'il m>*e donc et fasse ef=t1 et entrepr5ne1 p>tir du po9t o il e/1 l'ducation de t\t son tre1 esprit et corps4 ,,viii ,on p>le quelquefois du devoir env]s notre corps4 ,p\rquoi non8 ,or1 le premi] devoir env]s le corps1 c'e/1 avant t\t1 le bon *oix entre les deux directions morales1 bi5 ou mal1 vie ou mort4 ,la sant1 la longvit1 la beaut1 v\s les donnez le plus s\v5t votre corps p> votre *oix4 ,la gr&e majorit des hommes tu5t leur corps p> le vice4 ,la sci5ce a fait l'axiome qu'il faut rpt] *aque page3 ,l'homme ne meurt pas1 il se tue4 ,et quant la beaut1 c'e/ l'me qui transfigure le corps et qui lui donne un s5s4 ,l'expression de la face de l'homme n'e/ que la rsultante des habitudes4 ,assi/ez donc ce pauvre corps1 s\t5ez-le1 transfigurez-le1 s'il se peut1 p> la srnit1 la puret1 la paix1 p> le c\rage1 p> l'intellig5ce1 et p> la noblesse dcide des dsirs1 des habitudes et des rsolutions4 ,,ix ,encore un mot sur le devoir env]s le corps4 ,s\v5ez-v\s de ces trois p>oles3 #a ,la sagesse1 dit l',anci5 ,te/am5t1 ne peut pas habit] dans un corps que le p* corrompt#fd4 #b ,lorsque votre int5tion e/ simple et droite1 dit l'vangile1 t\t votre corps e/ clair1 et il devi5t p\r v\s comme un rflecteur de lumire#fe4 #c ,la beaut du visage dans un ge avanc e/ comme la lampe qui luit sur le *&eli] sa9t#ff4 ,n'oubliez pas que c'e/ l'homme t\t enti]1 me et corps1 qui agit en t\t1 mme dans l'uvre morale et intellectuelle4 ,enf9 n'oubliez pas que la sa9te communion ca?olique se donne p\r protg] et s\t5ir l'me et le corps3 ,ad tutam5tum m5tis et corporis4 #fd ,sagesse1 ,i1 #d4 #fe ,luc1 ,,xi1 #cf4 #ff ,luc]na spl5d5s sup] c&elabrum sanctum1 species faciei sup] tatem /abilem4 7,eccli41 ,,xxvi1 #bb47 ,x ,mais rev5ons l'me4 ,le *oix fait1 la mort c>te et la vie pose en pr9cipe p> la droiture de l'int5tion1 il faut1 p\r que cet acte fondam5tal de l'ducation p]sonnelle donne ses fruits1 il faut agir et travaill]1 et dploy] ses =ces4 ,c'e/ le mom5t4 ,pr5ds de la =ce1 et devi5s homme1 dit alors la consci5ce3 ,con=t>e et e/o vir4 ,cette p>ole e/ dite t\t homme l'entre de la vie1 comme au prophte l'entre de la t]re promise4 ,il s'agit en effet d'entrepr5dre1 et cela p> n\s-mmes1 l'ducation de l'intellig5ce et l'ducation de la volont4 ,il s'agit de conqurir la vrit1 la lib]t4 ,,xi ,la vrit1 la lib]t1 quel b6 ,l',europe contempora9e n'e/ pas encore arrive ce b4 ,le monde n'a pas encore p\ss l'vangile assez lo9 p\r le connatre comme vrit1 plus =te raison p\r en tir] la lib]t4 ,les imm5ses rgions lum9euses dj conquises sont p>ses comme sci5ces sp>es1 ne sont pas encore rassembles comme vrit1 ram5es ,dieu et l'me1 au devoir1 comme s\rce et in/rum5t de lib]t4 ,mais je ne cesse de dire que n\s sommes en cette crise1 et que les aigles *]*5t s'assembl]4 ,les sci5ces conv]g5t1 et c'e/ dans la sci5ce du ,devoir qu'elles sembl5t v\loir s'unir4 ,beauc\p d'esprits l'entrevoi5t et le veul5t4 ,gloire aux hroques ouvri]s de l'esprit qui1 prcdant leur sicle1 dv\vriront le gr& passage v]s la t]re promise1 le passage1 p> la vrit1 la ju/ice et la lib]t6 ,voil le devoir du gnie4 ,,xii ,mais il s'agit ici de n\s1 de n\s t\s1 du d]ni] d'entre n\s4 ,s'clair] et s'in/ruire1 *]*] la vrit1 c'e/ le devoir de t\s les hommes4 ,que faire si le gnie1 et les peuples les plus avancs *]*5t encore8 ,or1 ce qui e/ le suprme devoir du gnie e/ aussi le premi] et le plus simple devoir intellectuel de t\t homme4 ,et p\r t\t homme1 le devoir e/ possible4 ,voici comm5t3 ,*]*ez d'abord le royaume de ,dieu et sa ju/ice1 et le re/e v\s s]a donn p> surcrot4 ,voil t\te la m?ode1 m?ode simple et m?ode ncessaire p\r arriv] la vrit4 ,p\rsuivez la ju/ice1 la vrit e/ donne p> surcrot4 ,*]*ez la connaissance et la pratique du devoir1 c'e/ le propre comm5cem5t de la m>*e v]s l'ensemble des vrits2 c'e/ all] v]s cette sci5ce suprme dont ,jsus dit3 ,si v\s cons]vez ma p>ole1 c'e/--dire si v\s pratiquez la ju/ice1 v\s ,,connaitrez ,,la ,v,,rit4 ,,xiii ,la morale1 morale sociale et individuelle1 nationale et int]nationale1 la morale1 dis-je1 ses consqu5ces et sa sanction1 ses consqu5ces t]nelles et prs5tes1 quelle sci5ce ne r5tre pas dans cette sci5ce-l8 ,l'hygine y r5tre1 et combi5 n'e/-il pas ncessaire d'enseign] l'hygine t\t homme6 ,t\te l'conomie politique e/-elle donc autre *ose que la morale3 sci5ce du travail et de la sagesse1 de l'quit et de la lib]t1 et des sanctions immdiates1 matrielles1 manife/es1 du travail1 de la sagesse1 de l'quit et de la lib]t8 ,c'e/ l'un des plus saisissants po9ts de vue de la sci5ce du ,devoir4 ,la politique e/ id5tique la morale2 ceux qui l'ignor5t sont politiques du temps pass4 ,et l'hi/oire n'e/-elle pas la morale en action8 ,qu'y doit-on voir1 s9on la m>*e du g5re huma91 acclre ou entrave p> le bi5 ou le mal8 ,et la gographie1 insp>able de l'hi/oire1 n'implique-t-elle pas la sci5ce de la nature entire1 et n'apporte-t-elle pas ds lors la morale t\t ce tribut8 ,que dire de la logique8 ,n'e/-elle pas vritablem5t insp>able de la morale1 comme sont insp>ables l'intellig5ce et la volont1 deux facults d'une mme me simple#fg8 #fg ,notre sicle e/ celui de la sci5ce comp>e1 et il a comm5c avec bonheur t\s ces rappro*em5ts4 ,le devoir donc1 le devoir intellectuel1 e/ de *]*] surt\t cette sci5ce d'ensemble qu'on peut nomm] la vrit4 ,et ce rsum se tr\ve tre plus clair que les dtails et ce t\t e/1 la fois1 et plus ri*e et mo9s l\rd que les p>ties4 ,,xiv ,mais1 vrai dire1 le devoir intellectuel consi/e mo9s encore dans l'acquisition de la sci5ce que dans l'ducation des facults4 ,la vie e/ plus que la n\rriture1 dit l'vangile1 et le corps plus que le vtem5t2 =mule applicable p>t\t4 ,considrez votre esprit comme un tre qui v\s devez assi/ance1 et compr5ez qu'il vaut mieux lui donn] la =ce que le vtem5t1 et la sant que la ri*esse1 et la v]tu que t\t le re/e4 ,r5dez votre esprit ju/e1 actif1 prud5t1 droit1 s9cre1 ds9tress4 ,acqurez ce que sa9t ,?omas nomme les v]tus intellectuelles1 et v\s aurez donn votre esprit plus que la sci5ce4 ,v\s lui aurez donn la lumire et la lib]t1 et v\s aurez cr en v\s la raison consi/ante1 capable de se t5ir deb\t dans les temptes de l'op9ion et de la passion4 ,,xv ,la mat]nelle ,provid5ce a v\lu que ce premi] devoir intellectuel1 la p\rsuite des v]tus de l'esprit1 ft beauc\p plus accessible t\t homme1 ri*e ou pauvre1 que l'acquisition de la sci5ce4 ,lisez les admirables pages de ,*ann+ sur l'ducation p]sonnelle de l'ouvri]4 ,la sci5ce elle-mme1 d'ailleurs1 qu& on le v\dra bi51 s]a beauc\p mo9s inaccessible la masse des hommes qui travaill5t1 qu'on ne le saurait croire la vue de l'tat pdantesque o viv5t encore nos sci5ces4 ,l'exposition des sci5ces en langue vulgaire e/ l'un des plus pressants devoirs intellectuels des gr&s esprits et des amis de l'humanit4 ,,xvi ,et n'oublions jamais que1 de t\tes les v]tus intellectuelles#fh1 la plus fconde et la plus ncessaire1 c'e/ la foi3 la foi dans t\s les s5s du mot1 y compris son gr& s5s ?ologique4 ,la foi1 c'e/ l'ass5tim5t libre1 habituel1 de l'esprit et de la volont1 aux vrits que ,dieu rvle4 ,qu'il les rvle la consci5ce1 la raison1 au g5re huma9 ou l'glise1 p> la nature ou p> l'hi/oire1 p> tradition ou p> inspiration1 naturellem5t ou surnaturellem5t1 la foi e/ une v]tu de l'me qui s5t1 en t\tes *oses1 ce qui e/ de ,dieu2 qui le s5t1 dis-je1 qui s'y atta*e1 et pr5d ,dieu mme1 ,dieu rel et prs5t1 p\r fondem5t de ses magnifiques c]titudes4 ,la foi1 div9e tnacit de l'me1 ti5t ,dieu mme1 ,dieu1 s\rce de vrit et s\rce de lib]t4 ,la foi e/ l'ori5tation de l'me t\t entire v]s le vrai4 ,elle sait d'avance que ,,la ,v,,rit ,,e/1 qu'elle e/ belle1 qu'elle rpond t\t4 ,la foi possde la vrit avant de l'avoir vue1 et y ti5t p> le c5tre et le fond qu& la surface de rflexion n'en analyse encore aucun dtail4 #fh ,voyez dans notre ,logique1 le livre des ,v]tus intellectuelles inspires4 ,,xvii ,et c'e/ a9si que les v]tus intellectuelles ti5n5t aux v]tus morales4 ,la foi e/ la rac9e commune4 ,la foi e/ prcism5t cette p>ole dont ,jsus a dit3 ,si v\s cons]vez ma ,p>ole1 v\s connatrez la vrit1 et la vrit v\s r5dra libres4 ,o hommes1 c'e/ ici ou jamais qu'il faut l'ef=t de l'ducation p]sonnelle4 ,c'e/ de la lib]t ma9t5ant qu'il s'agit1 et de t\te votre dignit d'hommes4 ,c'e/ ici qu'il faut dire3 ,aide-toi1 le ciel t'aid]a2 pr5ds de la =ce1 et devi5s homme6--,c\rage1 ami2 fussiez-v\s c\rb t\t le j\r p> le travail v]s la t]re1 fussiez-v\s enf\i dans les m9es1 c\rage1 levez la tte1 et laissez bondir votre cur6 ,l'ducation morale1 encore beauc\p plus importante que l'ducation intellectuelle1 e/ t\j\rs en vos ma9s4 ,v\s avez ,dieu1 la raison et la foi1 la droiture1 la bonne volont1 la prire et l'lan du cur3 v\s p\vez faire de votre esprit une lumire t\j\rs gr&issante1 et de t\te votre me1 une me libre4 ,v\s p\vez dev5ir un homme1 un sage1 un sa9t1 un bi5faiteur de votre race et du g5re huma94 ,oui1 p> la seule consi/ance de votre me en ,dieu1 dans la ju/ice et dans la vrit v\lues1 dans le c\rage qui donne la lib]t1 v\s bnissez implicitem5t et v\s aidez les mes de t\s les hommes4 ,v\s tes dans le faisceau des mes1 un aimant vig\reux qui aimante et ori5te les autres4 ,et n\s v5ons ici nos devoirs env]s autrui1 presque dj remplis p> l'accomplissem5t du devoir env]s ,dieu et env]s n\s-mmes4 ,,*apitre ,,iv ,,devoirs ,,de ,l',,homme ,,env]s ,,autrui4 ,,la ,,famille4 ,il les faut t\s assi/] et aim]6 la famille1 la patrie1 l'homme1 quel qu'il soit1 qui se tr\ve bless prs de n\s1 le g5re huma91 l'glise1 c'e/--dire l'assemble des hommes unis entre eux et avec ,dieu4 ,quels objets aim]1 s]vir1 aid] dans la m>*e v]s ,dieu6 ,i ,mais1 p\r accomplir t\tes ces *oses1 aprs votre ducation p]sonnelle1 homme1 bnissez ,dieu1 v\s n'tes pas seul6 ,oh6 si v\s tiez seul1 que la t*e s]ait l\rde6 ,malheur l'tre moral qui s]ait seul6 ,mais l'homme n'e/ pas un tre solitaire1 c'e/ un tre gr\p4 ,la grappe1 l'pi sont bi5 plutt notre symbole que la p]le ou que le diamant4 ,ami1 il y a la famille1 la famille dont v\s sortez1 et la famille que v\s fondez4 ,,ii ,la famille6 ,p>lons de celle que v\s fondez4 ,peut-tre compr5drez-v\s mieux4 ,oui1 p\r accomplir ces devoirs et v\s aid] dans ces ef=ts1 v\s avez un sec\rs intime1 un aide qui e/ presque v\s-mme3 ,adjutorium simile sibi4 ,v\s avez une p]man5te ress\rce1 une rcomp5se t\j\rs prs5te1 un objet visible d'am\r qui ,dieu mme v\s a uni p> contrat naturel1 social1 lgal1 sacr4 ,voil la =ce3 c>1 dit le ,*ri/1 lorsque deux d'entre v\s s'uniss5t en mon nom sur la t]re1 quoi qu'ils dem&5t1 ils l'obti5dront4 ,on peut donc t\t4 ,o ami1 dix annes de travail et d'ducation p]sonnelle vig\reuse1 e/-ce trop p\r v\s r5dre digne que ,dieu v\s donne sa fille comme compagne de t\te votre vie8 ,ignorez-v\s que le m>iage *rti5 dans sa condition sa9te implique ceci3 c'e/ que ,dieu mme donne son fils ou sa fille1 et une dot qui e/ un royaume8 ,,iii ,cette condition1 notre ?ologie inconnue1--elle e/ publique1 crite p>t\t1 mais inconnue1--notre ?ologie ca?olique la df9it a9si3 ,le m>iage e/ un sacrem5t des vivants1 c'e/--dire qu'il faut tre en tat de grce p\r se m>i] comme p\r communi]4 ,qui d'entre n\s ose communi] indignem5t8 ,p]sonne4 ,p\rquoi donc osez-v\s v\s m>i] indignem5t8 ,,iv ,oui1 la voil1 cette fille de roi1 qui mritait qu'on travaillt p\r l'obt5ir et que1 p\r gagn] son am\r qui vi5t du ciel1 on ft beau1 pur1 c\rageux1 intellig5t1 libre1 honor1 ami de ,dieu1 capable p> le c>actre et le tal5t de la df5dre1 de l'aid] et de la glorifi]1 elle et les fils qui natront d'elle6 ,v ,mais ces *oses sont si gr&es1 que l'am\r seul1 l'am\r d'un noble cur1 peut les compr5dre4 ,heureux le sicle1 pro*a9 j'espre1 qui aura le respect pratique et l'intellig5ce de ce sacrem5t des vivants6 ,alors on p\rra dire3 ,ret\r ,dieu1 comm5cem5t de l're sociale du *ri/ianisme p> la trans=mation de la famille1 p> le m>iage *rti5 enf9 compris6 ,,vi ,le vrai m>iage1 le m>iage sa9t1 le m>iage avec le fils ou la fille de ,dieu1 quelle =tune et quel av5ir6 ,mais e/-ce que le d]ni] des hommes n'y e/ pas appel8 ,gloire ,dieu6 ,t\s les hommes ont une gr&e mission6 ,les diffr5ces sociales s'effac5t devant cette gr&e galit du royal m>iage (f]t t\s avec le fils ou la fille de ,dieu4 ,,vii ,et que s]ait-ce si je p>lais ici de ceux qui p> un plus tonnant my/re1 entr5t plus avant encore1 p\r la vie et l't]nit1 dans l'intime adoption de ,dieu8 ,voil surt\t ceux qui peuv5t dire3 ,je ne suis pas seul1 c> mon ,pre e/ en moi4 ,,viii ,mais c'e/ surt\t qu& l'homme e/ pre qu'il connat de quels bi5s ,dieu n\s comble dans la famille4 ,quant moi1 je ne compr5ds bi5 la gr&eur de ces dons primitifs qu' mesure que j'avance dans la vie4 ,heureux les petits enfants1 rc5tes fleurs que ri5 n'a fltries1 et dont l'vangile dit3 ,leurs anges voi5t en t\t temps la face du ,pre qui e/ au ciel4 ,oui1 l'inspiration pure du ,pre1 qui e/ au ciel et dans leur me1 c\le abondante et sans entrave dans leurs mes innoc5tes4 ,leurs anges voi5t ,dieu4 ,eux1 ils n'en sav5t ri51 mais ils en viv5t1 et tressaill5t de joie dans cette lumire univ]selle du ,pre o ils croiss5t ple9s de press5tim5ts1 de g]mes1 de ravissants lans4 ,or1 qui e/ le m9i/re et le prtre1 et j'allais presque dire le ,dieu visible de cette premire priode de la vie8 ,c'e/ le ,pre4 ,,ix ,oui1 j'en ai le ple9 et bi5heureux s\v5ir1 comme s'il tait d'hi]1 et beauc\p d'mes m'ont racont les faits de leur enfance1 assez nombreux1 assez di/9cts p\r s]vir de base sci5tifique4 ,oui1 l'me pure du petit enfant voit dans son pre un homme div91 t\t sage et t\t-puissant1 et dans sa mre t\s les trsors de la bont1 de l'am\r et de la beaut4 ,je ne sais ri5 de plus pr(ond que ces p>oles de la pit *rti5ne que dis5t aux petits enfants1 dans les coles et les glises1 les prtres et les religieuses3 ,mon enfant1 voyez dans votre pre ,jsus-,*ri/1 et dans votre mre la sa9te ,vi]ge6 ,la famille1 c'e/ l'glise primitive et prive1 c'e/ la religion naturelle1 admirable symbole1 puissante prp>ation de la surnaturelle et univ]selle religion4 ,o homme1 compagne de l'homme1 voil donc ce que croi5t de v\s ces petits6 ,voil ce que ,dieu leur fait croire1 ,dieu qui veut leur donn]1 en v\s montrant eux1 les sa9tes visions et les ides div9es1 les plus gr&es1 les plus vraies1 les plus fcondes qu'ils p\rront jamais acqurir6 ,p>lez6 e/-ce une assez magnifique mission8 ,votre devoir1 c'e/ donc de reprs5t] ,dieu6 tre p\r eux un ,dieu visible1 les remplissant a9si de joie1 de foi1 de confiance1 d'idales esprances1 de cle/es images1 et s\v5t1 ds la plus t5dre enfance1 d'ineffaables s5tim5ts de ju/ice1 d'hrosme et d'honneur4 ,voil ce que v\s leur devez4 ,c'e/ p\r eux l'impulsion initiale de la vie3 ne v\lez-v\s donc pas la r5dre1 p\r ces pauvres petits que ,dieu v\s a confis1 puissante1 heureuse et sa9te8 ,dieu soit l\6 il y a des pres et des mres qui rempliss5t1 en esprit et en vrit1 cet admirable sac]doce4 ,et v\s1 ne le v\lez-v\s pas aussi8 ,v\s leur devez donc1 mon frre1 le spectacle de t\te beaut morale4 ,le leur donn]ez-v\s1 si v\s n'tes pur1 digne1 ju/e1 temprant1 intellig5t et religieux1 matre de v\s dans la d\ceur et la bont8 ,pr5ez g>de6 ils s5t5t l'imp]ceptible3 ils voi5t t\t et compr5n5t t\t4 ,x ,heureux1 mille fois heureux ceux qui ont reu de leurs pres1 et laiss5t leurs enfants1 comme hritage fondam5tal1 ces images et ces s\v5irs6 ,puissance bnie des traditions sacres de la famille1 que v\s tes gr&e et que v\s tes r>e6 ,auj\rd'hui1 les gnrations morceles viv5t "p1 et les familles ne =m5t plus1 dans la trame sociale1 ces lignes suivies1 f]mes et cont9ues1 qui font la solidit de l'ensemble4 ,oh6 que ne compr5d-on la noblesse6 ,et comm5t t\s les hommes1 depuis le pr9ce jusqu'au d]ni] des ptres1 ne la dsir5t-ils pas et ne travaill5t-ils pas la fond]8 ,oui1 la noblesse p\r t\s6 ,elle e/ ouv]te t\s p> le travail et la v]tu4 ,le culte des anctres6 ,belle p>ole et gr&e *ose6 ,e/-ce donc que t\t homme n'a pas en lui le pr(ond et provid5tiel dsir de laiss] une mmoire bnie8 ,le ,*ri/ lui-mme1 second pre des hommes1 lorsqu'il transmet son sang la n\velle humanit1 n'a-t-il pas dit3 ,faites ceci en mmoire de moi8 ,e/-ce que t\t pre ne devrait pas aussi v\loir transmettre1 avec son sang1 une noble1 sa9te et bi5faisante mmoire8 ,,xi ,voici que depuis peu de j\rs l'art de fix] l'image de la figure huma9e devi5t si populaire et si facile1 que les pe9tres1 aids du soleil1 p>c\r5t dans t\te l',europe jusqu'aux mo9dres villages1 et font si bi5 que =t s\v5t ils ne laiss5t pas dans la contre une seule figure huma9e sans la saisir4 ,eh bi56 voil les portraits des anctres4 ,ce qui n'tait possible1 il y a quelques sicles1 qu'aux rois et aux seigneurs1 s]a bi5tt ralis p\r t\s2 l'usage de ces collections s't5dra3 on mettra les noms et les dates1 puis quelques faits saillants3 fonctions1 honneurs1 s]vices1 actes de dv\em5t4 ,les maires et les curs sign]ont les portraits1 con/at]ont les s\v5irs4 ,voil les p>*em9s1 voil les titres de noblesse6 ,o mon frre1 qui que v\s soyez1 dev5ez fondateur ou bi5 rgnrateur d'une race noble6 ,portez avec vigueur son gr& b1 qui e/ la multiplication des ju/es et des enfants de ,dieu1 celle des lignes huma9es dont v\s tes un anneau3 en cela seul1 v\s aurez t un bi5faiteur de l'humanit4 ,,xii ,oui1 n\s f]ons ces *oses1 et bi5 d'autres1 qu& la lumire et la cle/e sve vangliques r5tr]ont dans ces masses huma9es dess*es1 comme lumires et ondes de pr9temps sur les campagnes aprs l'hiv]#fi4 ,oui1 c'e/ mon *] espoir1 avant trois sicles qu& le *aos prs5t s]a dompt1 qu& la sci5ce du ,devoir aura fait le progrs dont la crise s'opre auj\rd'hui1 les nations devi5dront plus nobles1 et la noblesse pntr]a jusqu' leurs d]nires fibres#gj4 #fi ,mais la tempte se dissip]a1 comme il e/ dj plus d'une fois arriv1 et la lumire *rti5ne repr5dra au-dessus des nuages amasss de ma9s d'hommes1 son clat et son empire4 ,cet av5ir e/ crit dans l'hi/oire du pass4 7,guizot1 ,l'glise et la ,socit *rti5ne1 p4 #id47 #gj ,ici se plac]ont1 en temps opportun1 les deux *apitres sur nos devoirs env]s la patrie et le g5re huma94 ,,conclusion ,la volont d'abolir la misre conduit l'vangile et puis l'glise ca?olique4 ,la t]re remplie1 et trop petite1 t5d v]s le ciel4 ,au fond1 la gr&e t]reur et la gr&e d\leur1 c'e/ la mort4 ,la gr&e consolation s]a donc l'immortalit manife/e4 ,i ,je ne dem&e au monde contempora9 qu'une seule *ose3 la volont dt]m9e d'abolir la misre4 ,qu'on se dcide publiquem5t1 sol5nellem5t1 pr5dre p\r devise la p>ole de ,mose3 ,o ,isral1 tu ne s\ffriras pas qu'il y ait dans ton se9 un seul m5diant ni un seul indig5t4 ,que t\s les peuples1 t\tes les sectes1 t\s les p>tis s'accord5t sur ce po9t unique et le p\rsuiv5t sans jamais s'arrt]1 et il suffit4 ,je dis que1 p> cela mme1 la ju/ice1 la vrit1 la religion se rp&5t sur la t]re4 ,p> cela mme1 le *ri/ianisme et le ca?olicisme1 qui e/ le *ri/ianisme enti]1 g\v]n5t le monde4 ,comm5t cela8 ,c'e/ que le *ri/ianisme enti]1 on ne peut trop le rpt]1 se rduit un po9t3 ,j'ai eu faim1 dit le ,*ri/1 et v\s m'avez n\rri3 v\s tes sauvs4--,j'ai eu faim1 et v\s ne m'avez pas n\rri2 v\s tes jugs et condamns4 ,voil le po9t4 ,selon l'vangile1 t\t e/ l1 non en ce s5s que ce seul po9t exclue le re/e1 mais en ce s5s qu'il implique t\t4 ,il implique et attire et suppose t\te pratique1 t\te v]tu *rti5ne1 et la vraie vie de l'me en ,dieu4 ,donc1 si n\rrir ou ne pas n\rrir ,jsus-,*ri/1 c'e/--dire le mo9dre des hommes qui s\fre1 e/ t\te la base du jugem5t d]ni]1 t\te la "q du salut t]nel1 il e/ bi5 clair que ce po9t seul e/ et implique le *ri/ianisme enti]4 ,donc les individus et les peuples opr]ont le *ri/ianisme enti]1 c'e/--dire le ca?olicisme1 ds qu'ils travaill]ont de t\t leur cur et de t\tes leurs =ces1 avec p]svrance jusqu'au succs1 n\rrir de pa9 la masse des hommes que la misre dvore4 ,donc1 encore une fois1 c'e/ l'uvre *rti5ne1 ess5tielle1 qu'entrepr5dront les socits huma9es1 ds qu'elles entrepr5dront de bannir de leur se9 la misre4 ,n'e/-ce pas vid5t8 ,essayez de multipli] les pa9s en ,europe1 dans une nation4 ,essayez de *ass] la misre1 en la remplaant p> l'aisance1 ou seulem5t p> la pauvret supportable1--j'appelle a9si celle qui ne tue pas2 c]tes1 ce n'e/ pas dem&] trop2--eh bi56 ds le premi] ef=t1 v\s voyez de vos yeux qu'il e/ de t\te impossibilit de modifi] en ri5 la condition des classes s\ffrantes1 si v\s ne les moralisez4 ,v\s voyez de vos yeux o e/ l'ob/acle1 le gr& ob/acle fondam5tal et presque unique3 c'e/ l'tat moral des classes pauvres1 c'e/ l'ignorance1 la p>esse et le vice4 ,v\s voyez de vos yeux l'absolue impossibilit de modifi] en ri5 la condition de ceux qui s\ffr5t1 si v\s ne les r5dez meilleurs4 ,cela bi5 vu1 essayez ce second travail1 et1 ds le premi] ef=t1 v\s dc\vrez le nud de la difficult3 v\s voyez s'il e/ possible de r5dre les hommes meilleurs sans religion2 si v\s p\vez trans=m] la famille1 lev] l'homme1 la femme1 l'enfant1 sans ,dieu1 sans loi1 sans foi4 ,oui1 ce dfi banal du prtre au philosophe1 cet axiome rebattu3 ,po9t de morale sans religion1 et de la plus absolue solidit2 bi5 compris1 il ne peut manqu] de dev5ir1 avant un sicle1 la dmon/ration la fois exprim5tale et sci5tifique du *ri/ianisme et du ca?olicisme4 ,mille ans d'ef=ts p> la morale ab/raite et purem5t philosophique ne f]ont pas avanc] d'un seul pas4 ,mais v+t-c9q ans de bonne volont dans la propagation de la vraie religion peuv5t1 en une seule gnration1 *ang] la face d'un peuple4 ,mais de quelle religion s'agit-il8 ,il n'y en a qu'une dans le monde1 le *ri/ianisme2 les autres ne sont pas discutables4 ,donc en p]svrant1 on dmontr]a que1 p\r vivre de pa91 il faut vivre d'abord de vie morale1 et que1 p\r vivre de vie morale1 il faut vivre de ,dieu1 du ,dieu de l'vangile4 ,on dmontr]a1 dis-je1 que ,dieu seul multiplie les pa9s1 et l'on v]ra p> expri5ce que ,dieu1 ,dieu inc>n et rellem5t prs5t dans l'glise ca?olique1 e/ la seule =ce qui multiplie les pa9s4 ,jsus-,*ri/ seul multiplie les pa9s4 ,et telle e/ en ralit1 je l'espre1 la m>*e que va suivre1 et mme que suit ds prs5t1 l'hi/oire des peuples europens4 ,,ii ,il y a p>mi n\s1 depuis longtemps dj1 une bonne volont gnrale et croissante d'amlior] le sort des hommes qui s\ffr5t1 c'e/--dire de la gr&e masse huma9e qui c\vre la t]re4 ,mais1 il y a c5t ans1 les hommes qui1 comme ,voltaire1 p>lai5t le plus d'humanit et du s\lagem5t des opprims1 ces hommes esprai5t dlivr] les peuples1 et leur apport] le bonheur en les livrant la nature et la volupt1 en leur donnant la lib]t sans fre91 et en brisant le j\g des lois morales4 ,auj\rd'hui1 grce ,dieu1 s'il e/ un po9t que les tribuns les plus f\gueux s\ti5n5t avec ardeur1 dans la lumire de l'vid5ce et dans le dtail de la sci5ce1 c'e/ la ,morale1 comme unique s\rce du progrs4 ,auj\rd'hui1 l'esprit du sicle dit3 ,nul progrs1 nul bonheur1 sans loi morale6 et sans le culte au/re de la ju/ice2 travail1 cont95ce et sobrit6 ,ju/ice et loi morale8 ,voil ce que dis5t t\tes les voix4 ,mais plusieurs cri5t3 ,po9t de religion6 ,or1 avant c5t ans1 j'espre1 t\s les yeux v]ront que si la vie du corps1 si le pa9 quotidi5 n'e/ donn que p> la vie morale1 la vie morale1 son t\r1 n'e/ donne que p> la religion4 ,je sais un homme1 considrable et =t connu qui m'assure tre dev5u *rti5 p> cette voie exprim5tale3 ,je me suis atta*1 me dit-il1 quelques familles pauvres que j'ai suivies1 p5dant plusieurs annes1 dans t\t le dtail de leur vie1 me dem&ant3 ,comm5t leur donn] le bi5-tre8 ,j'ai vu qu'un progrs de bi5-tre dp5dait d'un progrs moral1 et qu'un progrs moral dp5dait d'un progrs religieux4 ,ceci e/ mes yeux de la sci5ce exprim5tale aussi c]ta9e que celle des lois physiques4--,j'ai fait plus4 ,j'ai conseill le mme travail des jeunes hommes indcis dans leurs convictions4 ,je leur ai dit d'entrepr5dre1 sans aucun prjug1 ni p>ti pris1 l'tude suivie et dtaille de quelques familles pauvres1 et de *]*] la cause et le remde4 ,leur conclusion n'a jamais v>i3 nul progrs de prosprit sans un progrs moral2 nul progrs moral sans progrs religieux4 ,un criva9 s\v5t furieux1 mais quelquefois lucide1 adressait au cl]g ca?olique l'exhortation suivante4 ,aprs avoir puissamm5t dmontr que la s\rce de la misre n'e/ autre que le dfaut d'quilibre dans la raison publique et dans les murs1 il disait3 ,voil la vrit1 prtres1 qu'il s]ait digne de v\s d'annonc] dans t\tes vos glises2 voil1 de nos j\rs1 le comm5taire le plus loqu5t que v\s puissiez faire de l'vangile2 voil les vrits qui1 publies p> v\s1 et entrant dans la foi des peuples en mme temps qu'elles sont dmontres p> la sci5ce1 t]m9]ai5t pacifiquem5t la crise prs5te en faisant de v\s les *efs naturels du progrs4 ,et en mme temps que v\s adress]iez aux ri*es l'exhortation vanglique comm5te p> la sci5ce vid5te1 n\s1 les tribuns du peuple1 n\s lui dirions3 ,que la cause de ses s\ffrances1 c'e/ l'immoralit univ]selle1 et que la premire *ose faire p\r dtruire le pauprisme et assur] le travail1 e/ de rev5ir la sagesse4 ,n\s dmontr]ions ce peuple1 p> des *iffres qu'il compr5drait1 que dans les conditions les plus favorables1 en supposant runies t\tes les influ5ces heureuses du ciel1 de la t]re1 de l'ordre et de la lib]t1 il ne peut espr] une somme de ri*esse matrielle qui gale la moy5ne de un franc c9quante c5times p> tte et p> j\r1 p\r une population de tr5te-six millions d'mes rp&ue sur un t]ritoire de v+t-sept mille lieues c>res4 ,qu'a9si1 la plus gr&e p>tie de sa flicit doit tre *]*e au = intrieur1 dans les joies de la consci5ce et de l'esprit4 ,et aprs l'avoir a9si dispos la modration1 n\s lui f]ions compr5dre qu'aucun homme1 aucune classe de la socit ne p\vant tre accuse du mal collectif1 t\te p5se de reprsailles doit tre ab&onne1 et qu'aprs n\s tre si longtemps c>ts de la ju/ice1 notre devoir e/ de rev5ir l'quilibre p> une m>*e graduelle qui ne s\lve pas de colres1 et ne fasse ni c\pables1 ni victimes4 ,v\s *>g]ez-v\s1 prtres1 t&is que n\s pr*]ions a9si le proltaire1 de pr*] de votre ct les puissants et les ri*es8 ,ce j\r-l s]ait un gr& j\r1 et la paix s]ait bi5tt faite4 ,oh6 oui1 n\s le f]ons1 n\s l'avons dj fait depuis des sicles1 et p\r les pauvres1 et p\r les puissants et les ri*es4 ,c'e/ n\s1 ce semble1 qui v\s avons enseign t\t cela4 ,mais il e/ bon que v\s le compr5iez enf91 en croyant l'avoir dc\v]t4 ,oui1 c'e/ a9si et a9si seulem5t que se f]ont la paix et le progrs1 que s]a t]m9e la crise qui dure depuis bi5tt un sicle1 et ce s]a la plus gr&e1 la plus puissante et la plus vid5te dmon/ration vanglique et ca?olique qui se soit jamais faite4 ,p> la volont f]me de sortir enf9 de cette misre univ]selle1 qui e/ la lpre orig9aire du globe1 les peuples mod]nes en masse v]ront1 dans le dtail comme on voit les objets corporels1 que la vraie cause du mal1 c'e/ l'immoralit univ]selle1 et que la ress\rce du monde1 c'e/ de rev5ir la sagesse4 ,mais bi5tt ils v]ront que la lumire qui peut seule clair] la m>*e v]s la sagesse1 c'e/ la lumire de l'vangile1 et que la =ce p> laquelle on m>*e1 c'e/ la v]tu relle et efficace et rgnratrice des v]tus et des sacrem5ts ca?oliques4 ,ce j\r-l1 se s]a accomplie dans le monde la plus gr&e des rvolutions depuis la v5ue de l',homme-,dieu2 ce j\r-l comm5c]a vritablem5t l'effet de la prire vanglique univ]selle3 ,que votre rgne arrive2 que votre volont soit faite en la t]re comme au ciel2 donnez-n\s auj\rd'hui notre pa9 quotidi52 dlivrez-n\s du mal4 ,,iii ,c'e/ alors que le g5re huma9 t\t enti]1 dans une =ce1 une lumire1 une lib]t croissantes1 s'lanc]a p\r remplir et dom9] le globe3 ,croissez1 multipliez et remplissez la t]re4 ,et lorsque notre t]re1 vraim5t peuple et cultive1 f]a vivra dix milli>ds d'hommes1 le g5re huma9 v]ra de n\veau que la t]re e/ petite et qu'elle ne suffit pas4 ,un temps vi5dra1 si le monde vit1 o les hommes compr5dront que le nombre ici-bas doit s'arrt]1 et1 comme il arrive *aque homme un sommet de la vie1 on cess]a de crotre4 ,l'quilibre comm5c]a1 et peut-tre la dcroissance4 ,c'e/ alors que l'on connatra le devoir de transfigur] p> la *a/et et p> l'innoc5ce rp>e le d]ni] ti]s de la vie1 aussi bi5 que de ma9t5ir le premi] ti]s dans la puret anglique4 ,c'e/ alors que les lois ca?oliques sur le m>iage app>atront comme la vrit mme1 comme la vraie loi sociale4 ,on v]ra quelle *ose sa9te e/ la virg9it1 quelle *ose sacre e/ le m>iage1 quelle gr&e *ose c'e/ de mettre un homme au monde1 quelle div9e *ose c'e/ de sanctifi] un homme1 et comm5t l'homme e/ lev au ciel ds cette vie1 p> le div9 dveloppem5t p]sonnel intrieur que donne la *a/et4 ,s'lev] au ciel e/ une p>ole que le g5re huma9 compr5dra lorsqu'il v]ra que la t]re e/ p> trop troite4 ,reprs5tez-v\s donc ce que s]a l'esprit huma91 o il se t\rn]a1 qu& l'univ]selle proccupation des peuples1 de la sci5ce et de la politique s]a celle-ci3 ,t\t e/ rempli1 la t]re n\s manque6 ,et les flots huma9s mont5t t\j\rs6 ,sobrit croissante et cont95ce croissante1 voil donc la ju/ice1 la v]tu1 la ncessit4 ,mais quoi8 l'homme v\dra t\j\rs crotre en bonheur1 et il aura raison4 ,c'e/ alors qu'il s]a dmontr au monde enti]3 que la plus gr&e p>tie de la flicit doit tre re*]*e dans l'me1 au = intrieur1 et dans les joies de la consci5ce et de l'esprit4 ,mais les hommes veul5t une flicit concrte1 et les joies de la consci5ce et de l'esprit1 si le s5s de ces mots n'e/ bi5 pris1 sont une ress\rce ab/raite1 dont l'humanit1 t\j\rs plus altre mesure que la lumire monte1 ne peut se cont5t]4 ,mais si ces joies sont l'am\r de ,dieu et des mes1 du ,dieu vivant1 et ri*e1 et inf9i dans les bi5s qu'il prodigue1 l'am\r des tres p]sonnels1 immortels dans la vie et dans la beaut3 oui1 alors l'humanit entire a tr\v son issue4 ,alors le cur huma9 se dem&]a1 comme je me le dem&e auj\rd'hui1 moi qui ai trav]s le monde et la vie1 p> l'ge et p> la rflexion1 on se dem&]a s'il n'e/ pas quelque ext5sion possible de cette vie c\rte et de ce petit monde3 on reg>d]a au ciel1 au ciel visible et au ciel invisible2 on *]*]a les li5s vivants1 les communications possibles de la t]re ce qui l'ent\re3 on *]*]a1 on tr\v]a4 ,p> les m]veilleux dveloppem5ts des sci5ces de la lumire1 on saura quelque *ose peut-tre de l'usage des toiles1 quelque *ose de la vie actuelle1 des de/9es communes de l'univ]s enti]1 quelque *ose de la vie intime du radieux soleil qui n\s donne la fcondit4 ,et qui sait si les autres mondes ne n\s s]ont po9t une ress\rce8 qui sait t\t ce que l'on peut tir] du soleil1 et quel travail1 un j\r1 l'homme peut faire faire ses rayons8 ,qui sait jusqu' quel po9t le ,*ri/ saura multipli] les pa9s1 et surt\t les rayons de l',esprit1 et si sa promesse tait va9e qu& il disait3 ,o ,pre1 je dis ces *oses au monde1 af9 qu'ils ai5t ma joie1 ma joie ple9e rsidant en eux6 ,qui sait si l'espce de t\te-puissance que la prire p\rra donn] au g5re huma91 qu& on dira3 ,jusqu' prs5t n\s n'avons po9t pri6 ma9t5ant que notre t]re n'e/ plus qu'un temple unique1 o n\s n\s t\*ons t\s1 ma9t5ant que n\s sommes t\j\rs assembls1 prions1 af9 que t\s les curs se t\*5t1 encore plus que les lieux1 et que l'int5sit de la vie des mes1 que leur div9e vigueur1 leur ard5te prire cont9ue soi5t un s\ti51 une =ce morale et mme une =ce physique1 et presque un alim5t1 p\r les plus pauvres et les plus faibles4 ,oui1 le ,seigneur a dit3 ,jusqu' prs5t1 v\s n'avez ri5 dem& en mon nom1 dem&ez et v\s recevrez1 af9 que votre joie soit ple9e#ga4 #ga ,joan41 ,,xvi1 #bf4 ,dem&ons la joie ple9e4 ,et qui sait si le gr& effet de cette prire et ce don de joie ple9e ne consi/]ont pas croire et savoir que n\s sommes t\s1 et p\r t\j\rs1 une mme vie1 un mme am\r1 comme le ,pre et le ,fils sont un dans l'unit de l'am\r t]nel#gb1 et que *aque homme peut et doit dire avec le ,*ri/3 ,o ,pre1 je dsire que l o je s]ai1 t\s ceux que v\s m'avez donns y soi5t aussi#gc6 #gb ,s9t unum sicut et nos unum sumus4 7,jean1 ,,xix1 #aa47 #gc ,joan41 ,,xvii1 #bd4 ,qui sait1 dis-je1 si la joie ple9e1 la joie suprme du ,sa9t-,esprit consolateur1 ne consi/]a pas1 ds cette vie mme1 dans la claire vue donne au g5re huma91 que cette prire e/ la vrit1 que les hommes viv5t et qu'ils vivront1 et qu'ils s]ont ensemble dans un lieu o ils se v]ront1 dans ce lieu que le premi]-n de la vie t]nelle1 ,jsus-,*ri/1 a promis1 lorsqu'il quitta cette t]re1 d'all] n\s prp>]3 ,je vais v\s prp>] le lieu#gd6 #gd ,joan41 ,,xiv1 #b4 ,qui sait enf9 si la sci5ce et la foi1 et la rvlation et la lumire de l',esprit-,sa9t1 ne n\s montr]ont pas l'exi/5ce du ciel de l'immortalit1 et sa nature et son rapport l'univ]s1 et si de vivantes relations1 relles et p]sonnelles1 naturelles ou surnaturelles1 avec les immortels de l'autre vie1 ne s]ont pas l'accomplissem5t de la gr&e joie6 ,alors l'humanit p\rra dire avec l'aptre des nations3 ,oui1 t\t e/ n\s1 et le monde1 et la vie1 et la mort mme2 les *oses prs5tes et les *oses v5ir3 t\t e/ n\s#ge4 #ge ,i ,cor9?41 ,,iii1 #bb4 ,oui1 n\s sommes dans la vie1 et n\s y re/]ons6 ,au fond1 la gr&e t]reur et la gr&e d\leur1 c'e/ la mort4 ,la gr&e consolation s]a donc l'immortalit manife/e4 ,p\rquoi la vue de l'immortalit ne n\s s]ait-elle pas donne un j\r1 comme t\s les j\rs n\s avons la vue de la mort8 ,mais quoi6 e/-ce que le fond mme du *ri/ianisme n'e/ pas dj cette vue de la vie t]nelle1 la vue du ,*ri/ ressuscit8 ,n'e/-ce pas a9si que le ,*ri/ n\s dlivre8 ,en se montrant vivant1 dit sa9t ,paul1 il met en lib]t les hommes que la cra9te de la mort faisait esclaves p5dant la vie entire4 ,oui1 j'ai cette esprance2 oui1 si l'humanit devi5t ju/e1 si dans la d]nire phase de sa vie t]re/re1 elle r5at vraim5t de l',esprit1 comme ,dieu le veut1 oui1 je l'espre1 il en s]a a9si4 ,et l'humanit1 sur cette t]re1 f9ira comme un sa9t1 dans la srnit de la lumire1 dans la joie ple9e du ,*ri/4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,avis de l'diteur ,v ,,premi,,re ,,p>tie ,,conseils ,,p\r ,,la ,,conduite ,,de ,l',,esprit ,*apitre ,premi]4--,sil5ce et travail du mat9 #c ,*apitre ,,ii4--,l',ide inspiratrice #be ,*apitre ,,iii4--,le ,soir et le ,repos #cb ,*apitre ,,iv4--,la ,prire #da ,*apitre ,v4--,la ,lecture #eb ,*apitre ,,vi4--,foi #fa ,*apitre ,,vii4--,sci5ce comp>e #gg ,*apitre ,,viii4--,ma?matiques #ij ,*apitre ,,ix4--,a/ronomie #aje ,*apitre ,x4--,physique #aab ,*apitre ,,xi4--,physiologie #abj ,*apitre ,,xii4--,gologie1 ,gographie1 ,hi/oire #abc ,*apitre ,,xiii4--,la ,morale #acf ,*apitre ,,xiv4--,la ,?ologie #adb ,conclusion #aef ,disc\rs sur le devoir intellectuel des *rti5s au dix-neuvime sicle et sur la mission des prtres de l',oratoire #afa ,,seconde ,,p>tie ,,le ,,premi] ,,et ,,le ,,d]ni] ,,livre ,,de ,,la ,,sci5ce ,,du ,,devoir ,premi] ,livre4--,prp>ation #bac ,*apitre ,premi] #bac ,*apitre ,,ii #bbb ,*apitre ,,iii #bch ,*apitre ,,iv #bec ,d]ni] ,livre4--,les ,aphorismes de la sci5ce du devoir #bff ,*apitre premi]4--,aphorismes #bff ,*apitre ,,ii4--,le devoir env]s ,dieu #bgg ,*apitre ,,iii4--,devoirs de l'homme env]s lui-mme #bhe ,*apitre ,,iv4--,devoirs de l'homme env]s autrui4 ,la famille #bii ,conclusion #cji ,,anci5ne ,,maison ,,*>les ,,d\niol ,p4 ,t,,qui1 ,,lib4-,,diteur #bi1 rue de ,t\rnon1 #bi4--,p>is4 ,,ouvrages ,,de ,s4 4 ,,le ,,c>d9al ,,p]raud vque d',autun1 membre de l',acadmie franaise ,disc\rs militaires4 #a vol4 9-#ab4 #c fr4 #ej ,le ,p4 ,gratry1 sa vie1 ses uvres4 #d;e dition4 #a vol4 9-#ab4 #c fr4 #ej ,l',oratoire de ,france aux dix-septime et dix-neuvime sicles4 #a vol4 9-#ab4 #c fr4 #ej ,les ,p>oles de l'anne prs5te 7#ahgj-ahga74 ,9-#ab4 #c fr4 #ej ,a propos de la mort et des funrailles de ,m4 ,erne/ ,r5an4 ,s\v5irs et impressions4 #b;e dition prcde d'une lettre de ,s4 ,s4 ,lon ,,xiii4 #a vol4 9-#ah4 #a fr4 ,le ,p4 ,gratry1 ses d]ni]s j\rs1 son te/am5t spirituel4 #a vol4 9-#h4 #a fr4 #ej ,eury?mie et ,h>monie4 #a vol 9-#ab4 #a fr4 ,,ouvrages ,,de ,m4 ,l',,abb ,,*>les ,,p]raud ,*ano9e honoraire d',autun ,mditations sur les sept p>oles de ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/ en ,croix1 #e;e dit41 prcde d'une introduction et suivie d'un pilogue de ,mgr l',evque d',autun1 de l',acadmie franaise4 #a vol4 9-#ah4 #c fr4 ,p>oles de ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/1 tires des sa9ts vangiles4 #a volume 9-#cb 7dition de ,luxe74 #c fr4 ,le mme ouvrage 7dition ord9aire74 #b fr4 ,la ,libre-p5se et le ,ca?olicisme4 ,confr5ces de ,sa9t-,ro*1 anne #ahhe4 #a volume 9-#ab4 #c fr4 ,le ,*ri/ianisme et le ,progrs4 ,confr5ces de ,sa9t-,ambroise1 anne #ahha4 ,9-#ab4 #c fr4 ,l',abb ,*>les ,p]raud1 p> ,augu/9 ,l>g5t1 ,prtre de l',oratoire1 ,pr(esseur d',hi/oire ecclsia/ique la ,facult de ,?ologie de ,p>is4 #a vol4 9-#ah4 #b fr4 ,la ,mort et les ,funrailles de ,m4 l',abb ,*>les ,p]raud4 #a vol4 9-#h4 #a fr4 ,,ouvrages ,,de ,m4 ,l',,abb ,h4 ,,p]reyve ,*ano9e honoraire d',orlans1 pr(esseur la ,sorbonne4 ,lettres du ,r4 ,p4 ,lacordaire des jeunes g5s1 recueillies et publies p> l'abb ,h4 ,p]reyve1 augm5tes de lettres 9dites et des approbations de ,,nn4 ,,ss4 les ar*evques et vques4 #aa;e dit4 ,9-#ab4 #d fr4 ,entreti5s sur l'glise ca?olique4 ,n\velle dition4 #b vol4 9-#ab4 #h fr4 ,s]mons 9dits4 7,une /ation la ,sorbonne74 ,9-#ab4 #c fr4 #ej ,biographies et ,pangyriques4 ,biographies3 ,le ,r4 ,p4 ,lacordaire4--,h]man de ,j\ffroy4--,rosa ,f]rucci4--,mgr ,baudry4--,pangyriques3 ,sa9t ,?omas d',aqu94--,sa9t ,l\is4--,sa9te ,clotilde4--,jeanne d',arc4 #b;e dit4 ,9-#ab4 #c fr4 #ej ,lettres de l',abb ,h5ri ,p]reyve 7#ahej-ahhe71 #f;e dit41 augm5te de plusieurs lettres1 avec une lettre de ,mgr l'vque d',orlans et le portrait de l'abb ,p]reyve4 ,9-#ah4 #d fr4 ,lettres de ,h5ri ,p]reyve un ami d'enfance 7#ahdg-ahfe74 #f;e dit4 ,9-#ab4 #d fr4 ,mditations sur le ,*em9 de la ,croix1 #aa;e d4 ,9-#ah4 #a fr4 #ej ,p5ses *oisies1 extraites de ses uvres et prcdes d'une introduction p> ,mgr ,p]raud1 vque d',autun1 membre de l',acadmie franaise4 ,9-#ah4 #a fr4 #ej tudes hi/oriques 7uvres po/humes74 ,leons et fragm5ts du c\rs d'hi/oire ecclsia/ique4 ,9-#ah4 #d fr4 ,p>is4--,imp4 ,t,,qui1 #ib1 rue de ,vaugir>d4