,,le ,,s5tim5t ,,religieux ,,p> ,,h5ri ,,bois ,,pr(esseur ,a ,,la ,,facult ,,de ,,?,,ologie ,,prote/ante ,,de ,,montauban ,,p>is ,,librairie ,,fis*ba*] #cc1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #ii #aijb ,,le ,,s5tim5t ,,religieux#a #a ,disc\rs prononc la sance de r5tre de la ,facult de ,montauban1 le #ad novembre #aija4--;,c]ta9es p>ties de ce disc\rs ont d tre omises ou rsumes la lecture4 ,monsieur le ,doy51 ,messieurs les ,pr(esseurs1 ,messieurs les tudiants1 ,messieurs1 ,on a t\j\rs fait de la psy*ologie1 qu& ce ne s]ait que de la faon dont ,m4 ,j\rda9 faisait de la prose444 sans le savoir4 ,il n'en re/e pas mo9s que la psy*ologie n'e/ gure dev5ue une sci5ce vritable qu'au ,x,i,xe sicle1 o on l'a vue1 de mtamorphose en mtamorphose1 et s\s les noms div]s de psy*ologie physiologique1 psy*ologie exprim5tale1 etc41 runir et analys] des volumes de docum5ts1 fix] ses m?odes propres1 se donn] des laboratoires et des in/rum5ts de prcision1 fond] ses revues b\rres de *iffres et de tracs graphiques1 convoqu] ses congrs int]nationaux1 et s9on rs\dre1 du mo9s claircir un nombre t\j\rs croissant de problmes4 ,ce n'e/ c]tes pas dire que la sci5ce psy*ologique ait atte9t le b4 ,nombreuses y sont encore les discussions et pr(ondes les div]g5ces4 ,dans un t\t rc5t ouvrage#b1 ,m4 ,rauh les r5dait en quelque sorte tangibles au reg>d p> un +nieux tableau1 o il gr\pait et classifiait les t5dances div]ses et p>fois contradictoires des psy*ologues contempora9s4 ,mais trav]s les essais v>is et en app>5ce irrductibles1 une uvre commune se p\rsuit1 qui a ab\ti sur quelques po9ts1 qui ab\tira c]ta9em5t sur bi5 d'autres3 a9si va le progrs sci5tifique4 #b ,de la m?ode dans la ,psy*ologie des s5tim5ts1 p4 #aji4 ,alcan1 #ahii4 ,il devait arriv]--et cela tait s\hait] dans l'intrt de la sci5ce comme dans celui de la pit--il devait arriv]1 quoique l'vnem5t ait t>d plus que de raison1 que les m?odes psy*ologiques fuss5t appliques aux tats d'me religieux4 ,en un s5s1 on a fait de la psy*ologie religieuse1 depuis qu'il y a des hommes religieux1 c'e/--dire depuis t\j\rs4 ,on en a t\j\rs fait444 qu& ce ne s]ait que sans le savoir4 ,mais autre *ose e/ de faire de la psy*ologie religieuse sans le savoir1 d'en faire en la confondant soit avec la prdication et la cure d'mes1 soit avec l'hi/oire1 soit avec la dogmatique et la morale1--et autre *ose de faire de la psy*ologie religieuse non seulem5t en sa*ant qu'on en fait1 mais en l'isolant1 en l'tudiant directem5t p\r elle-mme1 et en employant dans cette tude les m?odes1 les procds1 les po9ts de vue1 les rsultats de la psy*ologie laque contempora9e4 ,a ce po9t de vue1 on peut bi5 dire que1 de t\tes les tudes relatives la religion1 qui ont t successivem5t entreprises1 la psy*ologie religieuse e/ la plus rc5te4 ,p> l mme1 elle e/ la mo9s avance4 ,la li/e des travaux importants dj publis en ce doma9e e/ relativem5t brve4 ,qu& n\s aurons m5tionn les publications de ,,mm4 ,leuba1 ,/>buck1 et ,coe1 dans le ,j\rnal ,amrica9 de psy*ologie1 et les deux livres de ,,mm4 ,/>buck#c et ,coe#d2 qu& n\s aurons signal en ,anglet]re l'ouvrage de ,m4 ,grang]#e1 en ,allemagne une production anonyme introduite p> une prface de ,m4 ,baumann#f2 en ,france1 un *apitre sugge/if de ,m4 ,ribot#g1 quelques tudes de l',anne sociologique de ,m4 ,durkheim1 les articles de ,m4 ,murisi] dans la ,revue philosophique1 bi5tt runis et dvelopps en un petit volume#h1 et enf9 les notes de ,m4 ,frommel dans la ,foi et la ,vie2 qu& n\s aurons relev ces quelques indications bibliographiques1 je crois en vrit qu'il ne s'en faudra pas de beauc\p que n\s ayons puis la littrature du sujet#i4 #c ,! psy*ology ( religion1 by ,edw9 ,dill] ,/>buck1 ) a preface by ,william ,james4 ,london1 ,walt] ,scott1 #ahii4 #d ,! spiritual life4 ,/udies 9 ! sci5ce ( religion1 by ,georges ,coe4 ,new-,york1 ,eaton & ,ma9s1 #aijj4 #e ,! ,s\l ( a *ri/ian4 ,a /udy 9 ! religi\s exp]i5ce1 by ,frank ,grang]4 ,london1 ,me?u5 & ,co1 #aijj4 #f #d4 ,religionsphilosophie auf mod]n-wiss5s*aftli*] ,grundlage4 ,mit e9em ,vorwort von ,julius ,baumann4 ,leipzig1 ,beit et ,comp41 #ahhf4 #g ,la ,psy*ologie des s5tim5ts1 p> ,?4 ,ribot4 ,p>is1 ,alcan1 #ahif4 ,deuxime p>tie3 ,psy*ologie spciale4 ,*apitre ,,ix3 ,le s5tim5t religieux4 #h ,les maladies du s5tim5t religieux1 p> ,e4 ,murisi]4 ,p>is1 ,alcan1 #aija4 #i ,j'ent5ds la littrature directe1 c> n\s aurons1 dans le c\rs mme de la prs5te tude1 cit] quantit d'auteurs qui1 p\rsuivant un autre b immdiat1 ont mis p\rtant des rem>ques psy*ologiques dignes t\s g>ds d'tre recueillies1 et1 suivant les cas1 ou bi5 appr\ves1 ou bi5 discutes4 ,il n'e/ pas beso9 d'tre un gr& prophte p\r prvoir que cette littrature e/ de/9e s'accrotre dmesurm5t dans le sicle qui e/ devant n\s4 ,mais ce qu'il importe de dire bi5 haut1 p5dant qu'il en e/ temps encore1 c'e/ qu'il y a un d\ble motif3 sci5tifique et apologtique1 p\r s\hait] que les ?ologi5s *rti5s ne se ds9tress5t pas de ces n\velles tudes1 et mme n'att5d5t pas trop p\r s'y intress]4 ,un motif sci5tifique3 s'il s'agit d'tudi] la pit1 ceux-l sont les mieux qualifis p\r en p>l] qui sont eux-mmes pieux4 ,je ne conte/e pas qu'il soit possible d'crire la psy*ologie des hommes de gnie sans en tre un soi-mme4 ,on m'accord]a en revan*e que p\r crire la psy*ologie des musici5s ou des pe9tres1 c'e/ p\rtant une bonne condition que d'avoir quelque aptitude soi-mme p\r la pe9ture et la musique3 il en va de mme p\r la psy*ologie des hommes religieux4 ,et au motif sci5tifique s'aj\te le motif apologtique4 ,il peut tre dang]eux p\r la religion de laiss] les tudes de psy*ologie religieuse dev5ir le monopole de savants trang]s ou mme ho/iles la foi1 comme la *ose e/ dj un peu trop arrive p\r d'autres discipl9es#aj4 ,on c\rt le risque de laiss] se produire des difficults1 des objections et des prjugs sans nombre1 bi5tt rp&us dans le public1 puis dev5us lieux communs1 contre lesquels il e/ trs difficile ensuite de ragir1 bi5 plus1 qui emb>rass5t le savant religieux lui-mme dans des li5s dont il ne sait plus comm5t se dgag]2 on c\rt le risque de laiss] s'tablir des associations1 non pas indissolubles1 mais trs =tes1 entre les faits devant lesquels t\s doiv5t s'incl9] et les int]prtations philosophiques des faits1 ?ories discutables1 que l'on *]*e p\rtant et russit faire pass] avec les faits et faire pass] p\r les faits4 ,il s]ait s\v]a9em5t dsirable que les ?ologi5s *rti5s compriss5t que c'e/ p\r eux un devoir de p>ticip] effectivem5t1 et ds le db1 aux tudes de psy*ologie religieuse4 ,l'intrt apologtique que je signale ici e/ d'ailleurs1 lui aussi1 au fond1 un intrt sci5tifique2 la sci5ce n'a-t-elle pas t\t gagn] ce que l'on di/+ue nettem5t le c]ta9 et le d\teux1 le fait et l'hypo?se1 la con/atation et la ?orie1 la sci5ce positive et la mtaphysique8 #aj ,p> exemple1 l'hi/oire des religions4 ,je p\rrais aism5t1 ,messieurs1 prolong] ces considrations gnrales de faon en faire t\t mon disc\rs4 ,il m'a sembl qu'il s]ait plus intressant p\r v\s et plus utile en soi de m'attaqu] h>dim5t une "q de psy*ologie religieuse1 bi5 que les limites o je dois me t5ir ne me p]mett5t gure de faire autre *ose que l'effleur]4 ,et je n'ai pas beso91 je p5se1 de m'att>d] ju/ifi] le *oix du sujet auquel je me suis arrt3 le s5tim5t religieux n'e/-il pas gnralem5t considr comme l'ess5ce mme de la religion p]sonnelle1 comme la sub/ance de la pit8 ,i ,encore faut-il savoir en quoi consi/e le s5tim5t religieux8 ,le s5tim5t religieux1 n\s rpondront immdiatem5t de nombreux psy*ologues tels que ,,mm4 ,w4 ,james1 ,lange1 ,dumas1 ,ribot1 le s5tim5t religieux1 comme son nom l'indique1 e/ un s5tim5t4 ,or ce qui e/ vrai du g5re e/ vrai de l'espce4 ,comme t\tes les motions1 le s5tim5t religieux n'e/ et ne peut tre qu'un tat organique consci5t2 il e/ produit immdiatem5t p> des tr\bles fonctionnels du corps1 rsultant de modifications vaso-motrices4 ,on mne un enfant *ez le d5ti/e4 ,au mom5t d'entr]1 son cur dfaille4 ,il tremble4 ,c'e/ qu'il a peur1 n'e/-il pas vrai8 ,sans d\te4 ,mais prcisons4 ,m4 ,w4 ,james ne dira pas3 ,cet enfant tremble p>ce qu'il a peur4 ,il dira3 ,cet enfant a peur p>ce qu'il tremble4 ,son tremblem5t fait natre la peur2 mieux encore1 sa peur n'e/ que son tremblem5t physique dev5u consci5t de lui-mme4 ,autre exemple3 voici une mre qui pleure son fils4 ,m4 ,georges ,dumas n\s df5d d'expliqu] le fait en ces t]mes si naturels3 elle a appris la mort de son fils2 cette n\velle l'a attri/e2 elle pleure4 ,il faut r5v]s] les deux d]ni]s t]mes et raisonn] a9si3 cette femme vi5t d'appr5dre la mort de son fils2 elle pleure2 p> consqu5t1 et seulem5t ensuite1 elle devi5t tri/e4 ,sa tri/esse n'e/ que la consci5ce plus ou mo9s s\rde de ses pleurs1 ou encore1 si v\s prfrez1 des phnomnes vasculaires qui s'accompliss5t dans son corps4 ,m4 ,ribot enf9 donne la ?orie sa =mule sci5tifique3 ce que les m\vem5ts de la face et du corps1 les tr\bles vaso-moteurs1 respiratoires1 scrtoires1 exprim5t objectivem5t1 les tats de consci5ce corrlatifs 7que le langage vulgaire appelle motions7 l'exprim5t subjectivem5t3 c'e/ un seul et mme vnem5t traduit en deux langues4 ,con=mm5t cette doctr9e gnrale1 l'auteur anonyme de l'ouvrage introduit p> ,m4 ,baumann considre la pit comme l'expression d'n]gies int]nes1 de s\rce organique1 qui se manife/5t p>fois obscurm5t la consci5ce t\t en re/ant trangres au moi1 dont l'homme se s5t dp5dant et qu'il p]sonnifie4 ,m4 ,leuba dcl>e que c'e/ dans le doma9e physiologique qu'il convi5t de *]*] la raison pr(onde et l'explication d]nire des conv]sions4 ,et ,m4 ,ribot se plat relev] les phnomnes corporels qui con/itu5t l'aspect physiologique de l'motion religieuse4 ,bi5 lo9 de conte/] les cas numrs p> ,m4 ,ribot1 n\s en complt]ions plutt la li/e4 ,il e/ inconte/able1 p> exemple1 dirons-n\s1 que p>t\t o le s5tim5t religieux a surgi t\t d'un c\p et avec int5sit1 cette brusque closion a t accompagne de phnomnes corporels trs m>qus4 ,que de rveils ont t signals p> des faits nombreux et extraord9aires d'excitation physique3 cris1 pro/]nations1 agonie1 extase6 ,et cela dans t\s les pays4 ,en ,france1 ,*>les ,cook pr*e dans les ,hautes-,alpes1 et il con/ate que quelques p]sonnes pr\v5t en priant une agitation physique extraord9aire qu'elles considr5t comme une manife/ation de l'influ5ce div9e4 ,en ,allemagne1 le premi] j\r de l'an #agig1 le cur ,m>t9 ,boos pr*e ,wigg5sba* avec une telle =ce1 n\s raconte dans sa langue nave son biographe1 ,m4 ,descombez1 que prs de qu>ante p]sonnes1 saisies de la plus pr(onde t]reur1 pr5n5t mal1 au po9t qu'on e/ oblig de les emport] du temple4 ,en ,amrique1 ,f9ney pr*e ,antw]p1 et t\t d'un c\p les assi/ants tomb5t de leurs siges les uns aprs les autres en dem&ant grce4 ,si j'avais eu une pe dans *aque ma91 dit ,f9ney1 je n'aurais pu les r5v]s] de leurs siges plus vite qu'ils n'en tombai5t4 ,en ,anglet]re1 ,wesley pr*e de lieu en lieu1 et1 l'oue de ses p>oles1 l'un croit ress5tir l'impression d'un poids qui accable sa poitr9e2 un autre1 celle d'une pe qui trav]se son corps2 un troisime1 une sec\sse qui lui c\pe la respiration2 *ez la plup>t1 des crises physiques vont de pair avec les proccupations spirituelles et cess5t au mom5t o la paix s'tablit dans l'me4 ,ri5 ne s]ait plus ais que de multipli] indf9im5t ces exemples4 ,mais quel *rti5 f]a-t-on croire que la cra9te de la condamnation n'e/ absolum5t pas autre *ose que la consci5ce d'une *ute sur le sol1 que le respect de la maje/ sa9te de ,dieu n'e/ absolum5t pas autre *ose que la s5sation d'un poids de quelques kilos pesant sur la poitr9e1 et que les auditeurs de ,f9ney1 de ,m>t9 ,boos1 de ,wesley1 de ,*>les ,cook n'ont s5ti leurs p*s que p>ce que et autant que leur organisme avait d'abord subi un affaissem5t accompagn de s\ffrances corporelles8 ,le *rti5 s]a t\j\rs t5t de dem&] un peu indiscrtem5t aux auteurs de ?ories semblables3 avez-v\s donc jamais pr\v v\s-mmes les s5tim5ts que v\s croyez expliqu] a9si8 ,aussi bi51 malgr le crdit dont elle j\it cette heure1 la doctr9e de ,lange et de ,w4 ,james e/-elle difficilem5t s\t5able1 non seulem5t p\r le s5tim5t religieux1 mais en vrit p\r t\te espce de s5tim5ts4 ,elle assimile l'motion la consci5ce d'un c]ta9 nombre et d'un c]ta9 g5re de m\vem5ts4 ,mais autre *ose e/ un m\vem5t1 autre *ose la consci5ce d'un m\vem5t1 savoir la s5sation ou la p]ception ext]ne1 et autre *ose encore l'motion4 ,id5tifi] l'motion la p]ception ext]ne1 c'e/ enlev] l'motion son c>actre spcifique1 c'e/ supprim] en ralit l'motion4 ,m4 ,dumas ne s'en ca*e pas2 il c>te l'motion d'un mot ddaigneux et p5se avoir t\t dit en l'appelant entit m5tale4 ,l'obs]vation psy*ologique e/ contre lui2 le s5tim5t e/ une ralit int]ne1 irrductible soit au m\vem5t soit la consci5ce du m\vem5t4 ,en p>ticuli]1 j'ai consci5ce des tats affectifs qu'exprim5t les mots tri/esse1 peur1 rep5tance1 effroi de la condamnation3 je n'ai nullem5t consci5ce des m\vem5ts qui accompagn5t ces motions4 ,seule une mtaphysique matriali/e ou moni/e peut essay] de dtruire ces diffr5ces qui sont des donnes immdiates de la consci5ce2 mais ici la mtaphysique e/ en opposition flagrante avec la psy*ologie4 ,si le s5tim5t religieux peut bi5 tre accompagn et mme dans c]ta9s cas dp5dre de phnomnes corporels1 en aucun cas il ne se rduit n'tre dans son ess5ce que la pure et simple traduction m5tale1 accessoire et sup]ficielle1 d'un tat physiologique pr(ond4 99 99 99 99 99 ,essayons d'une autre rduction4 ,le s5tim5t religieux se ramn]ait-il peut-tre au s5tim5t de l'inf9i8 ,s*lei]ma*]1 qui a1 il e/ vrai1 *ang plus t>d de df9ition1 l'a s\t5u d'abord4 ,repr5ant avec clat cette conception1 ,max ,mll] a pr(ess que la religion e/ une facult de l'esprit qui r5d l'homme capable de saisir l'inf9i s\s des noms diffr5ts et des dguisem5ts v>iables1 et que la religion de l'inf9i prcde et compr5d t\tes les autres4 ,il e/ p]mis d'avoir quelques d\tes sur le c>actre spcifiquem5t religieux de l'ide d'inf9i4 ,dans une intressante enqute sur les ides gnrales#aa1 ,m4 ,ribot posait nagure div]ses p]sonnes cette "q3 qu'e/-ce que le mot inf9i voque dans votre esprit8 ,un pe9tre a rpondu3 un tr\ noir4 ,une femme3 ri54 ,un savant3 des livres de ma?matiques4 ,un autre savant3 le mot inf9i imprim4 ,un autre3 le signe ma?matique1 un #h r5v]s1 4 ,d'autres ont rpliqu3 ,j'ent5ds le mot1 mais je ne vois ri51 absolum5t ri54 ,d'autres3 s5sations d'obscurit et de pr(ondeur1 c]cles lum9eux vagues1 une sorte de c\pole1 un horizon qui recule sans cesse1 etc4 #aa ,revue philosophique1 #ahia1 t1 ,,ii1 p4 #cgf sq4 ,je ne conte/e c]tes pas qu'il y ait dans l'motion religieuse l'intuition de quelque *ose qui n\s dpasse et qui dpasse notre t]re1 le s5tim5t qu'il y a quelque *ose--et surt\t quelqu'un--d]rire notre horizon2 l'tre religieux1 c'e/ assurm5t celui qui *]*e p>t\t l'au del en face de la vie comme en face de la mort1 en face de la nature comme en face de soi-mme4 ,mais cette aspiration vague1 indf9ie1 et1 somme t\te1 ngative v]s ce qui n\s dborde1 ce n'e/ ni le s5tim5t de l',inf9i au s5s propre1 ni le s5tim5t religieux vritable et complet3 les objets des religions populaires--c'e/--dire des vraies religions--sont p>faitem5t positifs et df9is p\r la foi4 ,je ne conte/e pas non plus que c]ta9es motions du g5re noble ne puiss5t se gr\p] aut\r de l'ide d'inf9i proprem5t dite4 ,dans une lettre qu'il crivait en #ahea ,ta9e1 ,prvo/-,p>adol se proccupait de tr\v] une satisfaction lgitime cet in/9ct de l'me huma9e qui lui fait dsir] d'tre en rapport direct avec l'inf9i4 ,il me semble1 crivait-il son ami1 que les prires1 les miracles1 le comm]ce p]ptuel que les religions entreti5n5t entre l'homme et un ,dieu1 puis5t t\tes leurs =ces dans cet in/9ct qu'elles p]v]tiss5t et satisfont du mme c\p4 ,et1 s'adressant directem5t son correspondant1 il cont9uait3 ,l'inf9i accomplit en toi-mme ses plus gr&es m]veilles1 et tu le vois l'uvre1 tu lui applaudis1 tu le secondes1 tu le compr5ds4 ,tu l'adores p> le travail1 p> la d\leur bi5 supporte1 p> le plaisir sagem5t *]*2 tu t'unis lui p> la sci5ce1 tu le salues au dehors dans t\tes les manife/ations de la vie2 tu l'c\tes au d$ans p>l] ta p5se4 ,tu l'aimes1 et1 selon la p>ole du matre1 l'am\r que tu z p\r ,dieu1 e/ une p>tie de l'am\r inf9i que ,dieu a p\r lui-mme444 c\t] dans un bois les jeunes oiseaux qui *ant5t1 voir les feuilles s'ouvrir au soleil et s5tir en mme temps dans notre p5se ,dieu se rj\ir de sa vie1 et s'enivr] de son t]nelle floraison1 n'e/-ce pas l l'hosannah dont p>le l'vangile1 le vrai psaume digne des bi5heureux1 l'adoration conv5able et d\ce au vrai ,dieu1 en ce monde et ailleurs1 p>t\t o il vgte1 respire et p5se8 ,mais qui ne voit que le s5tim5t religieux a9si conu1 priv de t\t c>actre di/9ctif et spcifique1 se diss\t et se p]d dans les s5tim5ts arti/iques1 moraux1 intellectuels8 ,l'un des plus rc5ts sectateurs de la religion de l',inf9i1 ,m4 ,buisson1 n\s le dcl>e sans ambages3 morale1 art et sci5ce1 voil la sub/ance mme de la religion de l'av5ir2 elle ne peut ni ne veut dsormais se n\rrir d'autre *ose4 ,le s5tim5t religieux a sign son abdication4 ,et l'on a bi5 raison1 ,messieurs1 de p>l] d'av5ir1 c> le prs5t et le pass ne confirm5t en aucun po9t ces vues sur l'motion religieuse4 ,il e/ vraim5t impossible de voir dans l'ide d'inf9i la notion gnratrice du s5tim5t religieux1 comme l'ont =t bi5 montr1 placs des po9ts de vue trs div]s1 mais runis dans une mme conclusion qui peut dsormais pass] p\r acquise des p5seurs tels que ,,mm4 ,ribot#ab1 ,guyau#ac1 ,r5\vi]#ad1 ,durkheim#ae4 ,l'ide de l'inf9i e/ une notion vague et ab/raite de spculation mtaphysique qui n'a pu qu'tre p>faitem5t trangre la m5talit des premi]s hommes comme elle l'e/ d'ailleurs encore aux c\*es infrieures de la population *ez les nations les plus avances de nos j\rs4 ,quel que soit le jugem5t que l'on porte sur cette ide1 elle e/ po/rieure et de beauc\p l'app>ition premire du s5tim5t religieux4 ,s\s sa =me prcise et actuelle1 s\s la =me qu'elle revt dans l'esprit d'un ,s*lei]ma*] ou d'un ,max ,mll]1 cette ide e/ une ide t\te mod]ne et europenne2 elle date de ,giordano ,bruno et de ,desc>tes2 les p]fectionnem5ts et les dc\v]tes du tlescope l'ont eng5dre2 l'inf9i n'e/ que l'espace2 et c'e/ dans l'bl\issem5t1 bi5 comprh5sible1 d'ailleurs1 des dc\v]tes a/ronomiques que la p5se mod]ne s'e/ laisse entran] confondre les deux t]mes inf9i et p>fait1 et envisag] comme l'ide la plus positive de t\tes une ide contradictoire dans laquelle la philosophie grecque ne voyait avec raison que le symbole et le synonyme de l'imp]fection1 du *aos1 du nant4 ,s\s une =me mo9s nette1 il e/ indniable que l'on r5contre l'ide de l'inf9i1 en g]me t\t au mo9s1 dans t\te doctr9e pan?i/e2 et1 p> suite1 dans les littratures des religions ori5tales1 il ne s]ait nullem5t difficile de tr\v] des passages que l'on p\rrait rang] s\s la rubrique3 inf9i4 ,mais c'e/ qu'il s'agit l de religions qui ne sont ri5 mo9s que primitives1 de religions o la t5dance spculative e/ en lutte avec la t5dance proprem5t religieuse4 ,ni s\s =me prcise et explicite1 ni s\s =me implicite1 l'ide d'inf9i n'app>at dans le poly?isme grec1 ni dans les religions fti*i/es ou animi/es4 ,ni s\s =me prcise et explicite1 ni s\s =me implicite1 l'ide d'inf9i n'app>at dans la religion *rti5ne et la religion hbraque1 prises aux s\rces1 dans les crits bibliques1--j'ent5ds non pas les traductions1 ni les concordances tablies sur ces traductions1 mais la ,bible elle-mme1 tudie d'orig9al1 cette ,bible qui ne connat pas d'ab/ractions1 dont les pr9cipes sont des p]sonnalits1 la philosophie une hi/oire et les dogmes des faits4 ,l'ide d'inf9i e/ une ide v]s laquelle la religion s'ori5te lorsqu'elle t5d p]dre son c>actre religieux et se trans=m] en mtaphysique4 ,aussi n'y a-t-il ri5 d'tonnant voir ,m4 ,guyau et ,m4 ,buisson s'accord] p\r lim9] t\te religion positive et df9ir ce que ,m4 ,buisson appelle la religion de l'av5ir et ce que ,m4 ,guyau nomme l'irrligion de l'av5ir p> le s5tim5t de l'inf9i4 ,lo9 d'en m>qu] l'orig9e et d'en con/itu] l'ess5ce1 le s5tim5t de l'inf9i e/ le gr& dissolvant du s5tim5t religieux4 #ab ,la psy*ologie des s5tim5ts1 p4 #bih sq4 #ac ,l',irrligion de l'av5ir1 p4 #d sq4 #ad ,critique philosophique et ,critique religieuse4 #ae ,anne sociologique #ahig-ahih3 ,de la df9ition des phnomnes religieux1 p4 #d sq4 99 99 99 99 99 ,si le s5tim5t religieux n'e/ pas le s5tim5t de l'inf9i1 faudrait-il l'id5tifi] avec le s5tim5t moral8 ,bi5 des ?ologi5s l'ont cru1 et leur op9ion a tr\v dans l'cole de ,cs> ,malan des df5seurs p>ticulirem5t di/+us et conva9cus4 ,on y s\ti5t en effet que la religion et la morale naiss5t ensemble1 qu'elles ont mme b]ceau1 mme po9t de d"p1 que ,dieu ne peut tre et n'e/ rvl que p> l'obligation1 que la consci5ce morale et la consci5ce religieuse ont une commune s\rce1 l'obligation2 qu'elles ne sont ri5 de diffr5t1 mais qu'il faut y voir deux fonctions d'une seule et mme consci5ce4 ,cette doctr9e importante et intressante1 et t\te pntre d'ailleurs d'un pr(ond et admirable respect p\r les ralits morales1 n\s p>at cep5dant s\lev] de graves objections4 ,hi/oriquem5t1 il p>at tabli que si le s5tim5t moral et le s5tim5t religieux sont intimem5t unis dans le *ri/ianisme1 ils n'ont nullem5t t id5tiques et confondus l'orig9e4 ,c'e/ ce que proclam5t des criva9s aussi nombreux et aussi div]s que ,,mm4 ,guyau#af1 ,ribot#ag1 ,m>illi]#ah1 de la ,grass]ie#ai1 etc4 ,et avec t\te raison1 ce qu'il n\s semble4 ,l'hi/oire en effet n\s montre le s5tim5t religieux trs dvelopp l o le s5tim5t moral e/ des plus rduits3 voyez c]ta9s my/iques1 voyez les ,cor9?i5s *ez lesquels dbordait une si prodigieuse eff]vesc5ce de dons spirituels v>is1 et auxquels sa9t ,paul repro*e1 t\t en les appelant des sa9ts1 de commettre des immoralits telles qu'on n'en r5contre pas mme de semblables *ez les paens4 ,et inv]sem5t l'hi/oire n\s montre aussi le s5tim5t moral trs acc5tu l o le s5tim5t religieux e/ =t affaibli3 voyez la morale indp5dante de #ahgj1 voyez la plup>t des p5seurs franais de notre poque1 voyez les socits p\r la culture morale4--,on me rpondra3 ces dissociations sont anormales1 morbides4 ,j'y cons5s4 ,mais1 pr5ez-y g>de1 la maladie ne peut dissoci] que des phnomnes troitem5t unis1 sans d\te1 mais en eux-mmes di/9cts4 ,suivant le mot si judicieux de ,bayle1 de deux *oses qui n'en sont rellem5t qu'une seule et la mme1 l'une ne peut disp>atre p5dant que l'autre re/e4 ,p> les dissociations qu'elle opre1 la maladie tablit que l o on supposait l'unit et l'id5tit1 il y avait la multiplicit et la diffr5ce4 ,le s5tim5t moral et le s5tim5t religieux sont donc deux espces di/9ctes de s5tim5ts1 quoique dans l'tat normal ces s5tim5ts soi5t si troitem5t mls que l'obs]vation sup]ficielle soit porte les confondre#bj4--;,ce ne sont pas l les deux faces d'un mme fait3 laissons aux p5seurs matriali/es et moni/es ce langage et ce po9t de vue ultra-mtaphysiques1 qui n'ont pas de s5s au po9t de vue psy*ologique exprim5tal3 ce sont deux phnomnes irrductibles4--,ce ne sont pas non plus deux faits dont l'un 7le s5tim5t moral7 s]ait la s\rce de l'autre 7le s5tim5t religieux71 du mo9s il faut s'ent5dre3 dans un s5s mtaphorique1 l'ass]tion e/ s\t5able2 le s5tim5t moral peut tre--il e/ effectivem5t dans les religions p]fectionnes--une des s\rces du s5tim5t religieux1 t\t comme le s5tim5t de la nature2 mais dans les religions primitives1 c'e/ *ronologiquem5t le s5tim5t de la nature qui e/ s\rce du s5tim5t religieux avant le s5tim5t moral2 et dans aucun cas le s5tim5t moral 7pas plus que le s5tim5t de la nature7 n'e/ s\rce du s5tim5t religieux1 si on ent5d p> l que le s5tim5t religieux soit du s5tim5t moral dvelopp 7ou du s5tim5t de la nature volu71 comme ,secrtan assurait que la volont e/ la s\rce de l'intellig5ce3 laissons ces spculations aux dialectici5s1 et t5ons-n\s-en aux obs]vations de psy*ologie4 #af ,l',irrligion de l'av5ir4 #ag ,la psy*ologie des s5tim5ts4 #ah ,art4 ,religion dans la ,gr&e ,encyclopdie4 #ai ,de la psy*ologie des religions4 #bj ,c'e/ ce que reconnaiss5t1 au mo9s en p>tie1 des ?ologi5s tels que ,jalagui]1 ,gretillat1 ,paul ,*apuis1 ,rade4--,voyez1 p> exemple1 ces lignes de ,jalagui]3 ,n'oublions pas que l'ide du bi5 et du mal1 du ju/e et de l'inju/e e/ une des donnes primitives de la raison et du cur2 on conoit ds lors qu'elle se ma9ti5ne l mme o l'ide du monde invisible s'e/ obscurcie ou te9te4 ,aussi voyons-n\s dans les temps anci5s des morales sans religion *ez plusieurs philosophes 7picuri5s71 comme *ez les peuples des religions sans morale 7,paganisme74 ,et dans les temps mod]nes1 c]ta9s disciples de ,kant ont t jusqu' exclure la p5se de ,dieu de la pratique du bi51 p\r que la v]tu re/e pure1 selon la notion qu'ils s'en =m5t4 7,introduction la dogmatique1 p4 #ab-ac474--,voyez ces lignes de ,gretillat3 ,les deux t]mes morale et religion1 qui s'appell5t1 ne se c\vr5t pas l'un l'autre2 ils se rapport5t deux activits de l'me huma9e1 di/9ctes1 mais indisp5sables l'une l'autre2 indisp5sables l'une l'autre1 mais di/9ctes444 ,la di/9ction de la morale et de la religion doit tre *]*e dans leur objet444 qui e/ idal p\r la morale et p]sonnel p\r la religion444 ,devant celui qui prt5drait les confondre1 n\s invoqu]ions l'usage des langues les plus cultives de l'humanit qui1 en ma9t5ant depuis des sicles et des milli]s d'annes la dualit des deux t]mes1 suppose la di/9ction des deux *oses signifies4 7,morale *rti5ne1 t4 #a1 p4 #bfi1 #bgb-bgc47--,voyez ces lignes de ,paul ,*apuis3 ,n\s reconnaissons que dans l'hi/oire les deux =ces 7morale et religion7 sont deux lignes qui t\r t\r se di/+u5t1 se t\*5t ou s'loign5t jusqu' ce que dans l'uvre du ,*ri/ elles se pntr5t et s'id5tifi5t4 7,revue de ,lausanne1 #ahig1 p4 #dbj-dba47--;,enf91 voyez ces lignes de ,rade1 dans une tude sur le *ri/ianisme et la religion morale3 ,la ,religion et la ,morale sont c]ta9em5t des *oses foncirem5t diffr5tes 7gewiss s9d ,religion und ,moral grundv]s*i$5e ,d+e71 mais c'e/ prcism5t le trait di/9ctif du *ri/ianisme du ,*ri/1 qu'en lui elles sont indissolublem5t unes4 7,*ri/li*e ,welt1 n #dj1 #a;er octobre #ahif47 ,au fait1 qu'e/-ce donc que le s5tim5t moral1 s9on un s5tim5t ratta* une loi1 une ide qui fait p>tie intgrante et pr(onde de notre nature8 ,et qu'e/-ce donc que le s5tim5t religieux1 s9on un s5tim5t ratta* un tre qui e/ di/9ct de n\s1 que n\s situons comme un moi spcifique hors de notre moi8 ,sans aucun d\te1 lorsque la foi en la div9it s'e/ prcise et appr(ondie de manire dev5ir la foi en un ,dieu unique et crateur1 on ne peut pas ne pas ab\tir reli] d'une faon ou d'une autre la loi morale ,dieu4 ,kant lui-mme ne s'y e/ pas oppos4 ,si le s5tim5t religieux e/ en soi p>faitem5t di/9ct du s5tim5t moral1 il e/ t\t naturel1 et non seulem5t p]mis1 mais indisp5sable de mettre la loi morale a9si d'ailleurs que t\tes les autres lois rationnelles en relation avec la p]sonne div9e cratrice4 ,et donc il e/ lgitime de dire que si l'motion morale peut subsi/] *ez des tres anormaux qui n'ont jamais eu ou qui ont compltem5t p]du l'motion religieuse1 cep5dant *ez un homme pr(ondm5t religieux l'motion morale t5d se comb9]1 s'unir troitem5t444 s'id5tifi] mme1 si l'on veut1 avec l'motion religieuse2 mais en ce s5s seulem5t qu'elle en devi5t une p>tie1 non pas dans ce s5s qu'elle en exprime jamais la totalit4 ,la loi morale rgit nos rapports supra-sociaux avec ,dieu1 comme elle rgit nos rapports sociaux avec nos semblables4 ,et l'on a beau ratta*] cette loi morale ,dieu3 il re/e t\j\rs qu'elle n'puise pas les rapports religieux4 ,dans un s5s1 elle en fait p>tie2 dans un autre s5s1 elle les suppose p\r les rgl]4 ,mais1 n\s object]a-t-on1 votre critique suppose une conception de la loi morale qui n'e/ ju/em5t pas celle de ,cs> ,malan et de ses adeptes4 ,p\r eux1 le s5tim5t moral e/ antrieur t\te ide morale1 indp5dant de t\t lm5t rationnel4--,il e/ extrmem5t conte/able1 rpliqu]ai-je1 que1 d'un simple et pur s5tim5t1 mme en y aj\tant la rflexion et le s\v5ir1 mme en y introduisant l'ab/raction1 on puisse1 suivant l'expression de ,pascal1 faire russir une rgle1 une rgle du s5tim5t lui-mme comme de l'tre t\t enti]1 une rgle univ]selle1 une rgle absolue4 ,n'e/-ce pas l manife/em5t le rle de la raison8 ,et l'empirisme moral qui p5se faire sortir du s5tim5t pur la loi univ]selle du s5tim5t n'e/-il pas v\ un *ec aussi c]ta9 que l'empirisme de ,hume et de ,/u>t ,mill qui a prt5du faire sortir de la s5sation les lois univ]selles de la s5sation8 ,au re/e1 peu importe ici1 ce n'e/ pas seulem5t dans notre conception rationnelle de la loi morale qu'il e/ impossible d'id5tifi] absolum5t le s5tim5t moral et le s5tim5t religieux4 ,c'e/ aussi dans la conception elle-mme de ,cs> ,malan et de ses disciples4 ,ils conoiv5t ,dieu comme un tre ,absolu que son absoluit condamne ne p\voir agir autrem5t que d'une manire absolue4 ,c'e/ p\r cela1 n\s dis5t-ils1 que ,dieu ne peut pas agir sur la p>tie consci5te de l'homme1 p>ce que1 s'il agissait sur cette p>tie consci5te1 son action absolue dt]m9]ait absolum5t la crature relative et lui t]ait t\te indp5dance4 ,dieu pr5d un dt\r4 ,il ex]ce son action absolue sur la p>tie subconsci5te de notre tre4 ,et il p>at--p> un my/re que je ne me *>ge pas d'expliqu]1 ne l'ayant jamais bi5 compris--que l'tre absolum5t dt]m9 dans sa p>tie subconsci5te1 qu& il pr5d consci5ce de soi1 pr5d consci5ce de soi non pas comme absolum5t dt]m9 et ncessit--ce qui s]ait p\rtant naturel--mais comme libre et oblig4 ,n'insi/ons pas sur la difficult de cette g5se#ba4 ,ret5ons-en la conception qui s'y rvle du c>actre 9luctable de l'action div9e1 de t\te action div9e4 ,l'action div9e e/ conue comme ne p\vant pas ne pas tre absolue1 gnrale1 con/ante1 uni=me1 immuable4 ,elle ne connat ni nuances1 ni modifications1 ni s\plesse4 ,elle se rduit une action t\te semblable celle des =ces de la nature3 le rappro*em5t e/ si irrsi/ible qu'il e/ plus qu'indiqu1 pris1 repris et amplifi dans l'intressant ouvrage de ,m4 ,fulliquet4 ,mais re/re9dre et limit] a9si l'action div9e1 cela ne revi5t-il presque pas supprim] l'action div9e p\r l'homme religieux8 ,il ne suffit pas de dire que l'obligation mane d'un ,dieu p]sonnel4 ,a-t-on satisfait les exig5ces de la pit qu& on lui donne un ,dieu p]sonnel sans d\te1 mais un ,dieu qui ne fait ri5 p]sonnellem5t8 ,saisie dans la simplicit pure et nue de son ess5ce1 l'obligation ne manife/e pas plus la lib]t div9e que les lois de la nature qui provi5n5t1 elles aussi1 d'un ,dieu p]sonnel4 ,l'homme religieux a beso9 d'un ,dieu auquel il puisse p>l] et qui lui p>le lui-mme1 d'un ,dieu vivant et qui ait le s5s de la vie1 d'un ,dieu capable de connatre p]sonnellem5t sa crature1 d'entr] dans le dtail de son exi/5ce1 de recevoir les confid5ces de son cur1 enf9 d'agir spcialem5t et v>iablem5t en elle et p\r elle4 ,t\t cela dpasse et dborde de t\s cts les cadres rigides et froids de la pure et simple obligation4 ,qui dit religion1 dit autre *ose et plus qu'obligation1 il dit surnaturel moral4 #ba ,n\s ne conte/ons nullem5t l'exi/5ce du subconsci5t1 p\rvu qu'on s'ab/i5ne d'y voir une sorte d'entit sp>e p> je ne sais quel foss my/rieux de l'entit consci5t2 t\tes les puissances et fonctions de notre tre sont susceptibles de pass] du subconsci5t au consci5t1 et vice v]sa1 p> une *elle indf9ie de degrs qui va de la ple9e consci5ce au nant et du nant la ple9e consci5ce trav]s une srie de dgradations ou d'accroissem5ts4--,n\s ne conte/ons pas davantage l'action de ,dieu sur les phnomnes subconsci5ts de notre tre3 ce qui provoque nos d\tes et nos objections1 c'e/ l'explication qu'on en donne1 les conclusions qu'on en tire1 la ?orie dont on l'enveloppe4 ,et notre conclusion demeure la mme1 si1 ab&onnant la position p>ticulire de ,cs> ,malan et de ses disciples1 et leur ?orie de l'action de ,dieu sur le subconsci5t1 n\s n\s plaons simplem5t au po9t de vue de ceux qui1 sans raff9] ni subtilis] leur ?se1 expliqu5t t\t unim5t l'obligation p> la volont de ,dieu1 ou encore se born5t dire3 ,l'obligation1 c'e/ ,dieu en n\s444 ,n\s n'avons pas affaire ici prcism5t la df9ition de l'obligation 7qui demeure p\r n\s une catgorie de la raison71 mais la df9ition du s5tim5t religieux4 ,eh bi56 de quelque faon qu'on l'ent5de et l'explique1 elle seule1 l'obligation n'e/ pas un don de =ce4 ,elle dit3 fais ce que tu crois tre bi51 elle ne communique pas l'n]gie p\r l'accomplir4 ,elle fait s5tir le beso9 de la grce1 elle ne con/itue pas la grce4 ,a elle seule1 la religion de l'obligation *\e faire droit ce qui e/ l'me mme de la pit1 la prire et la foi en l'exaucem5t4 ,la prire apporte ,dieu les dem&es multiples et v>ies de sa crature et rapporte la crature les bi5faits inf9im5t div]s de son ,dieu4 ,v\s ne rduirez jamais l'exaucem5t div9 de la prire l'action uni=me1 immuable et absolue de ,dieu dans l'obligation4 ,aussi bi5 l'exemple de ,jsus lui-mme montre jusqu' l'vid5ce que le s5tim5t religieux normal ne se rduit pas au s5tim5t de l'obligation4 ,relisez les vangiles1 et osez dire qu'il n'y a pas entre ,jsus et ,dieu des relations surnaturelles incessantes1 des prires et des exaucem5ts1 des dem&es et des rponses1 un dialogue p]ptuel enf9 dans lequel ,dieu se montre non pas en vrit comme l'tre ,absolu esclave de son absoluit1 mais comme le ,pre cle/e dont la t5dresse possde le don adorable de suivre en s'y adaptant t\tes les s9uosits et t\tes les palpitations de la vie *ez son ,fils bi5-aim1 et qui entreti5t un comm]ce de d\ce et fconde lib]t avec ,celui en qui il a mis t\te son affection4 99 99 99 99 99 ,si le s5tim5t religieux ne se ramne pas au s5tim5t moral1 le s5tim5t social n'en s]ait-il pas la ralit pr(onde1 l'lm5t p]man5t enf9 dgag des sup]ftations et sup]/itions qui en ont altr la pure ess5ce8 ,tel e/ bi5 l'ab\tissem5t d]ni] d',augu/e ,comte avec sa religion de l'humanit2 tel e/ aussi1 avec des diffr5ces1 le po9t de vue des socits p\r la culture morale d',amrique1 d',anglet]re1 d',allemagne4 ,dans l',anne sociologique de #ahii1 ,m4 ,durkheim a expos une conception vois9e4 ,les phnomnes religieux consi/5t1 d'aprs lui1 en croyances et en pratiques obligatoires4 ,or t\t ce qui e/ obligatoire e/ d'orig9e sociale4 ,c> une obligation implique un comm&em5t1 p> consqu5t une autorit qui comm&e4 ,et si l'on s'int]dit1 comme on le doit1 de dpass] le doma9e de l'expri5ce1 le seul tre p5sant qui soit plus gr& que l'homme1 c'e/ la socit4 ,c'e/ donc elle qui prescrit au fidle les dogmes qu'il doit croire et les rites qu'il doit obs]v]4 ,si c'e/ dans la consci5ce individuelle que les phnomnes religieux se pass5t1 ils n'en sont pas mo9s des faits d'orig9e1 non pas individuelle1 mais sociale4 ,l'organisme et la consci5ce de l'individu ne donn5t ces phnomnes que leur ton s5tim5tal3 les notions et croyances1 les directions gnrales sont f\rnies p> le milieu social4 ,m4 ,durkheim av\e bi5 que le nom de religieuses peut s'appliqu] des croyances et des pratiques qui sont en p>tie le fruit de spontanxs individuelles4 ,mais il aj\te immdiatem5t que les croyances et les pratiques individuelles ont t\j\rs t peu de *ose ct des croyances et des pratiques collectives2 et que s'il y a entre ces deux sortes de religions un rapport de filiation1 comme il e/ vraisemblable a priori1 c'e/ videmm5t la foi individuelle et prive qui e/ drive de la foi sociale et publique4 ,l'auteur de cette df9ition des phnomnes religieux ne la donne que p\r une df9ition purem5t =melle et se df5d de prt5dre expliqu] l'ess5ce mme de la *ose df9ie4 ,on compr5d t\tefois que la socit1 en prescrivant des croyances et des pratiques l'individu1 ne saurait se propos] d'autres objets que des objets d'intrt gnral1 suivant l'expression de ,m4 ,durkheim4 ,elle ne saurait avoir d'autre b qu'elle-mme4 ,non seulem5t la =me1 mais l'ess5ce du phnomne religieux doit tre sociale4 ,et1 au fait1 ,m4 ,durkheim1 dm>quant son insu peut-tre l'une des df9itions du s5tim5t religieux proposes p> ,s*lei]ma*]1 crit3 ,l'tat de p]ptuelle dp5dance o n\s sommes vis--vis de la socit n\s inspire p\r elle un s5tim5t de respect religieux4 ,la socit e/ sub/itue ,dieu non seulem5t comme orig9e1 mais comme objet du s5tim5t religieux4 ,et n\s voil rev5us la religion de l'humanit d',augu/e ,comte4 ,la ?orie de ,m4 ,durkheim a t =t bi5 critique p> ,,mm4 ,pillon#bb et ,m>illi]#bc4 ,comme ces deux p5seurs l'ont suprieurem5t tabli1 l'hi/oire n\s rvle l'initiative d'une consci5ce individuelle et l'action de cette consci5ce sur les autres l'orig9e de t\te n\velle religion2 elle n\s montre que les s5tim5ts et les croyances en matires religieuses sont desc5dus de c]ta9s initiateurs dans les masses1 et non pas entrs dans les esprits de ces initiateurs p> la voie de la tradition ou p> la =ce et l'autorit des p5ses communes4 ,les prophtes1 les aptres1 les ,r=mateurs sont des crateurs sociaux bi5 plus que des produits sociaux4 ,l'humanit doit se reconnatre dp5dante de l'individu en religion1 et la religion e/ individuali/e et non po9t sociale en ses gr&es s\rces4 ,on ne saurait srieusem5t conte/] l'orig9alit de la religion dans les mes individuelles et la transmission des s5tim5ts et des ides de ceux qui les ont de s\rce intrieure propre ceux qui ont l'aptitude les recevoir d'autrui4 ,en d'autres t]mes1 l'inv5tion et l'imitation1 ces deux lois qui1 d'aprs ,m4 ,t>de1 rgiss5t la socit1 s'appliqu5t l'une et l'autre ici1 s\s =me d'inspiration et d'imitation4 ,t\tes deux suppos5t une nature religieuse en l'homme4 ,p\r ses t5dances religieuses in/9ctives une haute consci5ce individuelle tr\ve une c]ta9e satisfaction2 elle dgage de son expri5ce c]ta9s jugem5ts gnraux4 ,ces s5tim5ts et ces p5ses sont accueillis p> les autres consci5ces4 ,et alors comm5ce la tradition4 #bb ,anne philosophique de #ahii1 p4 #beg4 #bc ,art4 ,religion dans la ,gr&e ,encyclopdie4 ,c'e/ cette tradition qui explique et produit le c>actre obligatoire de telles croyances et de telles pratiques4 ,il faut en effet en *]*] la cause premire non dans la socit et dans la pression qu'elle ex]ce sur ses membres1 mais dans la con/itution m5tale de l'individu qui conti5t en soi la =me rationnelle de l'obligation1 dans l'impulsion primordiale de l'individu appliqu] con/amm5t cette =me1 dans sa t5dance inne l'approbation et au blme4 ,de ces div]ses donnes primitives naiss5t1 lorsque le s5tim5t religieux a surgi dans une me avec son cortge de croyances et de pratiques1 des jugem5ts spontans sur la valeur de ces croyances et de ces pratiques1 des maximes impratives que l'individu s'applique soi-mme et applique bi5tt aux autres4 ,d'individuels1 ces jugem5ts et ces impratifs devi5n5t communs aux membres du mme gr\pe1 en v]tu de la sugge/ion qu'ils ex]c5t les uns sur les autres2 ils se trans=m5t en jugem5ts et en impratifs sociaux1 et a9si l'autorit sociale1 la pression sociale en matire religieuse e/ non le pr9cipe1 mais le produit et le rsultat des consci5ces religieuses individuelles4 ,elle app>at au c\rs de l'volution des dogmes et des rites1 elle n'e/ pas l'orig9e de cette volution4 ,t\te religion e/ individuelle en son ess5ce l'orig9e4 ,on voit l'erreur que commett5t les sociologues en s'imag9ant que1 p\r avoir isol l'lm5t social1 ils ont dgag du c\p le s5tim5t religieux dans son orig9e et son ess5ce4 ,m4 ,murisi] a montr que le s5tim5t religieux normal et complet conti5t des s5tim5ts individuels et des s5tim5ts sociaux4 ,et en effet il y a un s5tim5t religieux proprem5t individuel qui consi/e dans les relations entre l'individu huma9 et ,dieu et tr\ve dans le my/icisme son au!ntique expression4 ,et il y a un s5tim5t religieux proprem5t social qui consi/e dans les relations de l'individu avec ses semblables p> ,dieu et en ,dieu1 suivant un d\ble ry?me3 de ,dieu l'humanit1 de l'humanit ,dieu4 ,c]ta9s s5tim5ts sociaux font donc bi5 p>tie du s5tim5t religieux intgral2 mais j'ose dire qu'ils n'en con/itu5t pas la p>tie la plus ess5tielle et la plus pr(onde4 ,les relations immdiates de t\tes les mes individuelles avec ,dieu ne peuv5t pas ne pas dev5ir1 mais aussi elles doiv5t demeur] le fondem5t des relations religieuses sociales entre ces mes individuelles elles-mmes4 ,il y a une c]ta9e analogie entre cette df9ition du s5tim5t religieux p> le s5tim5t social et la df9ition prcdemm5t critique du s5tim5t religieux p> le s5tim5t moral4 ,ceux qui df9iss5t le s5tim5t religieux p> le s5tim5t moral isol5t une p>tie du s5tim5t religieux p>v5u l'apoge de son dveloppem5t et pr5n5t la p>tie p\r le t\t2 s\s prtexte que le s5tim5t religieux actuel attire et absorbe en soi le s5tim5t moral1 ils v\drai5t que le s5tim5t moral attire et absorbe en soi le s5tim5t religieux1 et ils ne s'ap]oiv5t pas qu' l'orig9e le s5tim5t moral et le s5tim5t religieux tai5t di/9cts et que le s5tim5t religieux actuel conti5t en soi beauc\p plus que le s5tim5t moral4 ,de mme ceux qui df9iss5t le s5tim5t religieux p> le s5tim5t social isol5t une p>tie du s5tim5t religieux actuel p>v5u l'apoge de son dveloppem5t1 et pr5n5t la p>tie p\r le t\t2 s\s prtexte que le s5tim5t religieux dvelopp attire et absorbe en soi le s5tim5t social1 ils v\drai5t que le s5tim5t social attire et absorbe en soi le s5tim5t religieux1 et ils ne s'ap]oiv5t pas qu' l'orig9e le s5tim5t religieux a t individuel avant d'tre social1 et que le s5tim5t religieux complet conti5t en soi1 ct et au-dessus comme au-dess\s des s5tim5ts sociaux1 les s5tim5ts individuels4 99 99 99 99 99 ,quels sont ces s5tim5ts individuels8 ,avant mme d'avoir pos directem5t la "q1 p> t\tes nos obs]vations prcd5tes n\s avons dj rpondu4 ,ces s5tim5ts individuels sont eux-mmes en un s5s d'espce sociale4 ,ils diffr5t des s5tim5ts sociaux p> l'objet 7,dieu--la socit71 non p> la nature psy*ologique4 ,et la vritable conception du s5tim5t religieux n'e/ autre que celle qui ressort des df9itions dues ces p5seurs p\rtant si div]s qui ont nom ,goblet d',alviella#bd1 ,guyau#be1 ,secrtan#bf1 ,rville#bg1 ,t>de#bh1 ,m>illi]#bi1 ,murisi]#cj4 ,qu'on relise ces df9itions diffr5tes1 qu'on les claire les unes p> les autres1 qu'on en dgage l'lm5t commun1 on arriv]a cette conclusion que p\r ces p5seurs1 comme p\r n\s1 l'motion religieuse e/ un s5tim5t analogue au s5tim5t qui se dploie dans les relations rciproques des p]sonnes huma9es1 mais un s5tim5t relatif des p]sonnes surhuma9es1 donc un s5tim5t supra-social qui se dploie dans les rapports des div]ses p]sonnes huma9es avec la div9it1 conue comme multiple ou unique4 ,deux traits galem5t indisp5sables c>actris5t le ,dieu objet du s5tim5t religieux concret1 hi/orique3 #a la puissance en v]tu de laquelle il e/ le pr9cipe de notre tre1 ou t\t au mo9s le s\v]a9 du monde1 ou t\t au mo9s notre suprieur2 #b l'analogie de cet tre puissant avec l'individu huma91 analogie en v]tu de laquelle il e/ notre semblable4 #bd ,p> religion1 j'ent5ds la faon dont l'homme ralise ses rapports avec les puissances surhuma9es et my/rieuses dont il croit dp5dre4 #be ,l'ide d'un li5 de socit entre l'homme et des puissances suprieures1 mais plus ou mo9s semblables lui1 e/ prcism5t ce qui fait l'unit de t\tes les conceptions religieuses444 ,cette sociabilit e/ le fond durable du s5tim5t religieux444 ,le li5 religieux a t conu ex analogia societatis human444 ,la religion e/ un sociomorphisme univ]sel4 #bf ,la religion1 t\t en impliquant c]ta9es ides1 e/ ess5tiellem5t une affaire pratique1 qui consi/e dans un ef=t1 tantt plus individuel1 tantt plus collectif1 de l'homme p\r se ratta*] intimem5t au pr9cipe de son tre tel qu'il le conoit1 et mme sans qu'il s'en =me ncessairem5t une ide bi5 di/9cte4 #bg ,la religion e/ la dt]m9ation de la vie huma9e p> le s5tim5t d'un li5 unissant l'esprit huma9 l'esprit my/rieux dont il reconnat la dom9ation sur le monde et sur lui-mme et auquel il aime se s5tir uni4 #bh ,c'e/ ncessairem5t son image1 ds le pr9cipe1 mais son image psy*ologique et non corporelle1 que le sauvage conoit ses dieux4 ,il leur prte non ses =mes1 mais ses passions1 ses colres1 ses ides4 ,ce psy*omorphisme initial e/ l'lm5t p]man5t de la conception div9e4 #bi ,l'affirmation de la possibilit p\r l'homme d'entr] en relation avec des tres surhuma9s dont la puissance dpasse la si5ne et dont l'action se fait ou peut se faire s5tir dans la direction de sa propre vie et suscite t\s les vnem5ts de la nature se retr\ve dans t\tes les religions1 sauf en c]ta9s types ab]rants1 comme le b\ddhisme primitif1 et encore faut-il dire que mme ici la conception c\rante e/ remplace p> des conceptions connexes et trs analogues444 ,la religion1 nos yeux1 e/ l'ensemble des tats affectifs suscits dans l'esprit de l'homme p> l'obscure consci5ce de la prs5ce en lui et aut\r de lui de ,puissances1 la fois suprieures et analogues lui1 avec lesquelles il peut entr] en relation1 des reprs5tations eng5dres p> ces s5tim5ts et qui leur f\rniss5t des objets df9is1 et des actes rituels auxquels il e/ provoqu p> l'action comb9e de ces motions et de ces croyances4 #cj ,l'atta*em5t de l'tre huma9 une p]sonne inve/ie d'une autorit s\v]a9e donne naissance des affections qui v>i5t selon le tempram5t1 le c>actre1 le sexe1 l'ge444 ,cette df9ition a sans d\te t conte/e4 ,m4 ,durkheim s\ti5t que la notion de la div9it1 lo9 d'tre ce qu'il y a de fondam5tal dans la vie religieuse1 n'en e/1 en ralit1 qu'un pisode secondaire4 ,et p\r appuy] cette ass]tion1 plus que p>adoxale1 il allgue qu'il y a des religions d'o t\te ide de ,dieu e/ abs5te1 et il invoque le b\ddhisme4 ,mais les citations mmes qu'il emprunte au livre de ,m4 ,old5b]g#ca t5d5t tablir que le b\ddhisme a?e e/ une spculation mtaphysique provoque p> une dissolution progressive des religions antrieures4 ,et n'oublions pas que cette spculation mtaphysique ab/raite n'a pu1 telle quelle1 se ma9t5ir2 elle ne s'e/ popul>ise que grce la rintroduction =tes doses de l'lm5t div91 si bi5 que1 p> une rem>quable ironie des *oses1 les disciples du ,b\ddha a?e ont div9is le ,b\ddha4 ,ne n\s laissons donc pas intimid] p> le b\ddhisme primitif1 simple pisode de mtaphysique pan?i/e ou a?e entre deux priodes de religion4 #ca ,que l'on pse ces expressions de ,m4 ,old5b]g3 ,qu& le ,b\ddha s'engage dans cette gr&e entreprise d'imag9] un monde de salut o l'homme se sauve lui-mme et de crer une religion sans ,dieu1 la spculation brahmanique a dj prp> le t]ra9 p\r cette t5tative4 ,la notion de la div9it a recul pas pas1 les figures des anci5s dieux s'effac5t plissantes1 le ,brahma trne dans son t]nelle quitude1 trs haut au-dessus du monde t]re/re1 et1 en dehors de lui1 il ne re/e plus qu'une seule p]sonne pr5dre une "p active la gr&e uvre de la dlivrance3 c'e/ l'homme4 ,qu'e/-ce dire1 s9on que l'a?isme du ,b\ddha e/ le fruit am] et dess* de la spculation1 mri au se9 d'une dcomposition de la foi religieuse8 ,nulle "p1 l'humanit ne dbute en religion p> le pan?isme ni1 plus =te raison1 p> l'a?isme4 ,ce que n\s tr\vons l'orig9e1 dans l'humanit dj sp>e de son ,crateur p> la *ute1 et peu peu oublieuse du ,dieu unique1 c'e/ la croyance en des dieux p]sonnels multiples1 quelle que soit d'ailleurs la faon dont ces dieux sont conu et imag9s4 ,mais de cet tat infrieur1 le s5tim5t et la p5se de l'homme t5d5t sortir en faisant droit au beso9 d'unit si pr(ondm5t enrac9 p> le ,dieu un dans notre nature4 ,seulem5t cette unit peut tre atte9te p> deux procds contraires4 ,le premi] consi/e s'lev] de la notion des p]sonnes div9es multiples la notion d'une seule p]sonne div9e1 d'autant plus gr&e et plus =te1 et d'autant plus p]sonnelle1 qu'elle e/ mieux conue comme unique4 ,l'objet du s5tim5t religieux et le s5tim5t religieux lui-mme se dvelopp5t et se purifi5t3 c'e/ le mono?isme4--,l'autre procd consi/e1 p\r lim9] la pluralit des p]sonnes1 lim9] peu peu l'ide mme de p]sonnalit1 et retir] ,dieu d'abord les qualits morales1 puis l'intellig5ce1 jusqu' ce qu'il ne re/e plus que la =ce brute et bi5tt qu'une sub/ance de plus en plus vague et amorphe1 un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue3 c'e/ la dgradation1 l'ext9ction progressive de la religion1 qui trav]se le pan?isme p\r s'van\ir enf9 dans l'a?isme dcl>4 ,il suit de l que le pan?isme ne con/itue pas ct du mono?isme une des deux gr&es divisions p>allles dans lesquelles se s]ait engag le s5tim5t religieux4 ,le pan?isme se classe sur la mme ligne que le mono?isme1 mais en bas1 t&is que le mono?isme se classe en haut4 ,et qu& on pr5d en considration le fait que nulle "p1 sauf dans la religion hbraque et *rti5ne1 l'homme n'a rellem5t russi se hauss] jusqu'au vritable mono?isme1 qu& on se r5d compte que le *ri/ianisme n'e/ pas autre *ose aprs t\t que le mono?isme lui-mme1 lev la p]fection p> le messianisme spirituel de ,jsus1 on ne peut pas s'emp*] de conclure que la psy*ologie religieuse n\s appr5d voir1 dans l'hi/oire des religions envisage en son ensemble1 une admirable preuve apologtique en faveur de l'vangile du ,*ri/4 ,nulle "p en effet la p]sonnalit spirituelle du ,dieu unique et crateur n'a t plus clairem5t et plus =tem5t affirme et s5tie que dans la religion des prophtes1 du ,*ri/ et de ses aptres4 ,et je dem&]ai ici la confirmation de ma ?se non pas un ?ologi5 ou un philosophe de pr(ession1 qui p\rrait tre aism5t suspect1 mais un criva9 religieux qui sans proccupation d'cole n'a eu p\r b que de donn] libre essor et fran*e expression aux s5tim5ts dont vivait son cur3 ,homme1 le ,dieu que tu *]*es1 a crit ,*ri/ophe ,diet]l51 c'e/ le ,dieu de la ,bible3 un ,dieu homme1 un ,dieu pre1 frre1 un ,dieu qui s5t comme n\s1 qui e/ prs de ceux qui l'invoqu5t4 ,ce qui n\s t\*e le t\*e2 dans t\tes nos dtresses1 il e/ en dtresse#cb444 ,la rvlation capitale1 la clef de t\tes les autres1 c'e/ la premire m5tion que ,dieu fait de l'homme3 ,faisons l'homme notre image1 selon notre ressemblance4 ,d'aprs cette p>ole1 il y a li5 de p>5t intime entre ,dieu et l'homme4 ,donc1 p\r compr5dre ,dieu1 l'homme devra s'tudi] lui-mme1 et plus il appro*]a de ,dieu1 mieux il se connatra2 c> si l'homme e/ la ressemblance de ,dieu1 celui-ci a c>actre huma91 et si ,dieu a cr l'homme son image1 c'e/ que celui-ci a nature div9e#cc444 ,dieu et l'homme sont deux semblables qui se sont p]dus et qui se re*]*5t#cd444 ,les ,pres ont entrevu p> la foi l'humanit de ,dieu et ont trait avec lui d'homme homme4 ,c'e/ a9si qu',abraham plaide p\r ,sodome#ce444 ,p\r trait] alliance avec ,abraham1 ,dieu se manife/e lui comme son semblable#cf444 ,le p*eur a beso9 d'avoir ,dieu t\t prs et p> intuition1 il le compr5d tel qu'il se manife/e ,abraham3 une p]sonnalit huma9e4 ,abraham qui att5dait le salut1 n'e/ po9t tonn p> son app>ition1 et lui p>le comme un homme p>le un autre homme#cg444 ,lorsque avec les s5tim5ts huma9s d',abraham n\s f]ons appel aux s5tim5ts huma9s de ,dieu1 n\s s]ons en bndiction comme ,abraham#ch444 ,le beso9 d'un ,dieu huma9 e/ si inn l'homme que1 l'humanit de ,dieu ayant t voile1 quelques-uns se sont adresss dans leurs prires des mdiateurs huma9s444 ,m>ie et les sa9ts6 ,pauvres mes1 si v\s saviez que la p]fection de ,dieu consi/e dans le s5tim5t p>fait de t\tes nos pe9es#ci444 ,l'homme cr l'image de ,dieu1 qui e/ am\r1 a le s5tim5t que l'am\r e/ son vritable lm5t1 que comme la religion de ,dieu notre g>d e/ un battem5t de cur1 une motion d'entrailles1 notre religion doit tre avant t\t un battem5t de cur1 une motion d'entrailles p\r ,dieu et p\r le pro*a9#dj444 ,la foi t5d mettre le s5tim5t huma9 l'unisson avec le s5tim5t div9#da444 #cb ,de la prire1 p4 #ai4 #cc tude sur la religion de la ,bible1 p4 #g4 #cd ,ibid41 p4 #ac4 #ce ,de la prire1 p4 #ba-bb4 #cf tude sur la religion de la ,bible1 p4 #bc4 #cg ,ibid41 p4 #bc-bd4 #ch ,de la prire1 p4 #bc4 #ci ,de la prire1 p4 #bc-bd4 #dj ,la religion pure et sans ta*e1 p4 #f4--;,il e/ pe9e beso9 de dire que ,*ri/ophe ,diet]l5 n'ent5dait pas ces dcl>ations au s5s o les ent5drai5t ,w4 ,james1 ,lange1 ,ribot4 #da tude sur la religion de la ,bible1 p4 #ca4 ,voil jusqu' quel po9t un *rti5 dgag de t\s les scrupules de va9e mtaphysique1 ose ouv]tem5t1 la div9it de ,dieu1 jo9dre ce qu'il a si bi5 appel l'humanit de ,dieu6 ,voil jusqu' quel po9t1 f\lant aux pi$s t\s les prjugs et t\tes les pudeurs scola/iques1 la religion de l'homme p\r ,dieu1 il ose jo9dre h>dim5t la religion de ,dieu l'g>d de l'homme6 ,et o donc1 dans t\te l'hi/oire de notre race1 l'humanit de ,dieu app>at-elle avec plus de =ce1 faisant vibr] ce qu'il y a de plus intime et de plus pr(ond dans les motions de notre me1 qu'en ,jsus-,*ri/ ,fils de l'homme et ,fils de ,dieu1 en ,jsus-,*ri/1 l'homme p>fait qui a pu dire3 ,celui qui m'a vu1 a vu le ,pre8 ,o donc dans t\te l'hi/oire de notre race1 la religion de ,dieu l'g>d de l'homme se m>que-t-elle en des traits plus t\*ants que dans cet vangile o notre cur frmissant contemple et adore un ,dieu qui donne au monde1 un ,dieu qui sacrifie l'homme son ,fils bi5-aim1 un ,dieu qui prie1 qui supplie l'homme d'agrer ce sacrifice et de se rconcili] avec lui6 ,voil le ,dieu am\r qui provoque l'am\r6 ,voil le ,dieu qu'il faut au vrai s5tim5t religieux6 ,un tel ,dieu--laissez-moi enf9 le proclam]--un tel ,dieu e/ trop huma9 p\r avoir t inv5t p> l'homme6 ,et je conclus3 dire que nulle "p la p]sonnalit de ,dieu n'a t plus pr(ondm5t s5tie que dans le *ri/ianisme1 c'e/ dire qu'aucune autre religion n'a t plus religieuse que le *ri/ianisme1 c'e/ dire en vrit que le *ri/ianisme e/ la religion p> excell5ce1 la religion p>faite1 et dire que le *ri/ianisme e/ la religion p>faite1 c'e/ dire que ,dieu exi/e1 que l'vangile vi5t de ,dieu1 et que ,jsus e/ bi5 le *em91 la vrit et la vie#db4 #db ,e/-il beso9 de dire qu'il s'agit ici d'une induction1 non d'un syllogisme8 ,on tr\v]a des infr5ces de ce g5re dveloppes dans les ouvrages de l',amrica9 ,fiske4 ,,ii ,le s5tim5t religieux e/ un s5tim5t qui se dploie dans des relations p]sonnelles entre l'homme et une div9it conue comme p]sonnelle4 ,mais de mme que la vie sociale ne se rduit pas au s5tim5t social1 de mme aussi la religion ne se rduit pas au s5tim5t religieux4 ,dans des relations vivantes de p]sonne p]sonne1 c'e/ la p]sonne t\t entire qui se tr\ve et ne peut pas ne pas se tr\v] engage4 ,or1 au po9t de vue psy*ologique1 dans la con/itution de l'tre huma91 le s5tim5t n'e/ pas t\t3 la volont1 l'intellig5ce s'y montr5t aussi intgrs4 ,e/-il beso9 de prote/] que n\s n'avons aucune sup]/ition p\r le *iffre #c et que n\s t5ons p\r bi5 et dum5t ent]re la vieille ?orie classique des facults sp>es1 des entits *res la philosophie cossaise et la philosophie clectique8 ,il e/ plus ncessaire de rep\ss] t\tes les t5tatives faites p\r rduire un de ces t]mes l'autre1 de n\s refus] comme ,m4 ,ribot voir dans les tats affectifs des tats secondaires1 drivs1 sup]ficiels1 de l'intellig5ce confuse1 de rsi/] aux ef=ts dialectiques de ,secrtan p\r faire sortir l'intellig5ce de la volont p> un ret\r2 une rduplication sur soi-mme3 la m?ode psy*ologique ne sanctionne pas ces subtiles trans=mations mtaphysiques4 ,autre *ose e/ le s5tir1 autre *ose le v\loir1 autre *ose le p5s]4 ,mais alors se pos5t deux que/ions3 #a ,quels sont les rapports du s5tim5t religieux avec l'intellig5ce8 #b ,quels sont les rapports du s5tim5t religieux avec la volont8 ,=c de n\s re/re9dre1 n\s born]ons notre tude la religion p>faite1 le *ri/ianisme4 ,envisageons d'abord le premi] problme3 ,quelles sont dans la vie *rti5ne les relations du s5tim5t avec l'intellig5ce8 99 99 99 99 99 ,en ralit1 le mot intellig5ce rec\vre d'une mme tiquette deux lm5ts d'une trs 9gale valeur3 la raison d'une "p1 et de l'autre1 l'intellig5ce proprem5t dite4 ,cette di/9ction1 que les empiri/es purs refus5t ou nglig5t de faire1 s'impose3 sans elle il e/ impossible de r5dre ju/ice la ralit des *oses psy*ologiques4 ,la raison e/ l'ensemble des lois qui sont la condition mme de l'expri5ce1 et lui prexi/5t logiquem5t1 quoiqu'elles ne pass5t de la puissance l'acte et ne se ralis5t au concret que p>1 dans et avec l'expri5ce4 ,c'e/ donc l'ensemble des lois et pr9cipes qui sont la condition mme de la vie s5sible3 s5sation et p]ception1 de la vie affective3 s5tim5ts et motions1 de la vie morale3 volont et pratique du bi51 et enf9 de la vie sociale et de la vie religieuse4 ,ces lois et pr9cipes rationnels1 au nombre desquels doit tre inscrite la loi morale1 sont inns1 donns dans notre con/itution4 ,dans un s5s1 c'e/ la raison qui a la primaut1 puisque c'e/ elle qui promulgue la loi laquelle la vie affective doit se s\mettre2 dans un autre s5s1 p\rtant1 c'e/ la vie affective que cette primaut revi5t1 c> la vie affective1 c'e/ l'tre1 t&is que la loi morale e/ une rgle ab/raite qui n'exi/e que p> et p\r l'tre concret2 la rgle suppose quelque *ose rgl]1 elle se rapporte aux dsirs1 aux incl9ations1 aux t5dances1 et n'aurait plus d'objet si on supprimait le s5tim5t4 ,la vie affective1 c'e/ ce que l'individu e/ en fait2 la loi morale1 c'e/ ce que la vie affective doit tre4 99 99 99 99 99 ,t&is que la raison e/ la facult des lois1 l'intellig5ce proprem5t dite e/ la facult des ides4 ,laissant de ct la "q difficile des orig9es#dc1 on peut dire que1 dans la vie *rti5ne actuelle1 l'ide e/ sans aucun d\te troitem5t mle au s5tim5t religieux1 comme elle l'e/ au s5tim5t social1 et qu'en sus de cette alliance indissoluble de simultanx1 il y a des relations rciproques et inv]ses de succession1 et plus que de succession1 de causalit4 motion et ide se dvelopp5t intrieurem5t l'une l'autre dans une incessante raction mutuelle1 et1 normalem5t1 *acune des deux s'enri*it de t\t ce qui enri*it l'autre4 #dc ,voici le po9t de vue auquel1 le cas *ant1 on se plac]ait p\r rs\dre cette "q3 ,la raison1 comme telle1 ne conti5t pas ,dieu d'une faon explicite et immdiate4 ,dieu n'e/ pas rductible une loi1 il e/ un tre4 ,il suffit la raison p\r sa gloire de cont5ir des pr9cipes indisp5sables l'aide desquels l'homme p\rra s'lev] ,dieu p> son intellig5ce et qui p]mettront la vie religieuse de natre et de fonctionn]4--,d'une manire gnrale1 t\t ex]cice de l'intellig5ce rclame une expri5ce pralable2 l'intellig5ce ne peut travaill] que sur des donnes qu'elle labore lorsqu'elles lui ont t f\rnies p> l'expri5ce4 ,l'intellig5ce1 dans le doma9e religieux1 ne droge pas cette rgle4 ,t\tefois1 une seconde di/9ction ici s'impose4 ,ce que l'intellig5ce religieuse implique avant elle1 c'e/ simplem5t l'expri5ce s5sible1 la premire en date de t\tes les expri5ces2 elle suppose vrai dire non seulem5t l'expri5ce s5sible1 mais c]ta9es int]prtations intellectuelles de ces expri5ces s5sibles4 ,p> ses s5s1 l'homme primitif subit la pression du milieu extrieur1 il ragit contre ces impressions multiples et confuses1 il leur applique les pr9cipes c>d9aux de la raison1 il conoit un monde extrieur3 nature et humanit4 ,l'ide religieuse1 s\s sa =me lm5taire1 surgit d'une n\velle application des lois rationnelles de causalit et de f9alit ce monde extrieur a9si conu3 l'individu se ratta*e1 avec la nature elle-mme et l'humanit1 un tre ou des tres suprieurs1 div9s4 ,en effet1 comme l'a proclam sa9t ,paul1 les p]fections invisibles de ,dieu1 sa puissance t]nelle et sa div9it1 se voi5t comme l'il1 depuis la cration du monde1 qu& on les considre dans ses ouvrages 7,rom4 ,i1 #bj74 ,l'ide religieuse se complte et s'pure p> une n\velle application de la raison 7lois de moralit7 l'individu1 la socit et ,dieu4--,la premire ide religieuse n'a donc pas suivi *ronologiquem5t le premi] s5tim5t religieux4 ,l'a-t-elle prcd8 ou bi5 ide et s5tim5t ont-ils jailli ensemble dans un mme lan de l'tre t\t enti]8 ,il e/ difficile de le dcid]4 ,une rponse unique n'e/ peut-tre pas de mise4 ,qui sait si les deux possibilits ne se sont pas ralises t\tes deux p>mi les div]s membres de l'humanit primitive8 ,quoi qu'il en soit1 la premire motion religieuse a ncessairem5t d envelopp] une croyance1 un jugem5t1 une notion4 ,sans cet lm5t intellectuel1 la premire motion religieuse n'aurait pas t religieuse4 ,comme dans t\s les doma9es1 dans le doma9e religieux aussi1 le s5tim5t e/ la =ce qui met en branle l'intellig5ce1 lui donne l'impulsion1 se s]t de cet in/rum5t compliqu comme d'un outil1 l'emploie ses f9s1 et t5d la p]fectionn] p> l'ex]cice mme qu'il lui impose4 ,comme dans t\s les doma9es1 dans le doma9e religieux aussi1 la sci5ce dp5d de l'expri5ce4 ,qui p>um s5tit1 p>um scit1 a dit =t ju/em5t t+]1 et la ?orie de ,s*lei]ma*] e/ vraie d'aprs qui la dogmatique travaille sur un objet donn1 la consci5ce *rti5ne1 prise un mom5t prcis de son dveloppem5t1 et en traduit les expri5ces intimes en langage sci5tifique4 ,la dogmatique n'e/ qu'un ef=t p\r gal] l'intellig5ce la vie4 ,quelles diffr5ces doctr9ales entre un sa9t ,augu/9 et un ,lu!r1 un ,calv9 et un ,sp5] ou un ,z9z5dori1 un ,wesley et un ,:itefield1 un frre morave et un docteur cossais ou g5evois6444 ,quelles diffr5ces mme entre un ,bossuet1 un ,fnelon1 un ,pascal1 un ,v9c5t de ,paul6 ,bi5 plus1 quelles diffr5ces dj entre un sa9t ,jean1 un sa9t ,jacques1 un sa9t ,pi]re1 un sa9t ,paul6 ,ces noms dsign5t en vrit presque autant de dogmatiques div]ses4 ,il e/ inconte/able que1 p\r une bonne "p t\t au mo9s1 ces div]g5ces doctr9ales sont comme le reflet de div]g5ces plus pr(ondes1 et que la vie affective p>ticulire de *acun de ces gr&s *rti5s a donn une coloration et une ori5tation t\te spciale leur p5se4 ,et qui sont1 dans le doma9e de la spculation1 les gr&s rnovateurs s9on ceux qui ont eu le c\rage et la puissance de rev5ir p> l'expri5ce intime la vue directe et au contact immdiat des *oses1 aprs s'tre d'abord dgag des attitudes r\t9ires et de l'rudition livresque2 qui1 aprs avoir *]* qu& il le fallait diss\dre p> la critique l'enveloppe de mots qui rec\vrait la vrit1 ont r5du t\s les lm5ts de celle-ci leur s5s psy*ologique pr(ond1 ont vivifi leur p5se rfl*ie1 l'ont baigne de ralit1 ont pr\v leurs ides au contact de l'tre1 et s]rant t\j\rs de plus prs le rel1 ont apport une philosophie et une ?ologie concrtes1 fruit de la mditation et de la vie8 ,le s5tim5t prcde a9si et conditionne la connaissance sci5tifique4 ,il arrive de mme qu'il prcde et conditionne la connaissance simple et populaire1 sans prt5tion1 et1 p> exemple1 que telle me soit conv]tie1 sans se d\t] seulem5t qu'elle l'e/4 ,il y a peut-tre peu de phnomnes psy*ologiques plus surpr5ants au premi] abord que celui-l1 mais il n'y en a pas de plus au!ntique4 ,aprs avoir pass t\te une mat9e en prires sur une coll9e c\v]te de =ts1 t\t c\p1 sans savoir comm5t1 ,f9ney s'ap]oit qu'une paix inconnue remplit son me4 ,qu'e/-ce que cela8 se dit-il4 ,je n'ai plus le s5tim5t de mon p*2 j'aurai contri/ le ,sa9t-,esprit p> mon importunit4 ,oui1 c'e/ bi5 cela4 ,comm5t un p*eur tel que moi a-t-il eu l'audace de pr5dre ,dieu au mot8 ,c'tait un acte d'outrecuidance1 un blasphme4 ,j'ai peut-tre commis le p* contre le ,sa9t-,esprit4 ,incapable de ri5 compr5dre cette abs5ce complte de s5tim5t du p*1 ,f9ney *]*e le rveill] dans son me4 ,impossible3 ses p5ses1 malgr qu'il en ait1 se dt\rn5t de lui-mme p\r se fix] sur ,dieu avec une d\ceur inexprimable4 ,un peu plus t>d1 ,f9ney s'explique sa situation3 ,le dogme de la ju/ification p> la foi1 dit-il1 m'a t enseign comme une vrit d'expri5ce444 ,du mom5t o1 dans le bois1 j'avais cru1 la consci5ce de condamnation m'avait t te1 et c'tait p\r cela que t\s mes ef=ts p\r rappel] dans mon me le s5tim5t du p* avai5t t va9s#dd4 #dd ,m4 ,frommel a relev un trait analogue dans la conv]sion de ,nettleton4 ,l aussi il y a un *angem5t effectif des dispositions de son cur1 antcd5t la connaissance qu'il en a444 ,la surprise qu'il en pr\ve1 son effroi d'avoir p]du jusqu' la conviction de son p*1 la manire nave surt\t et t\t empirique dont il s'assure de la trans=mation qui1 son insu1 vi5t de s'opr] en lui1 dmontr5t que quelque *ose s'e/ pass au plus intime de son tre1 quoi1 s'il en a f\rni les conditions1 sa volont consci5te n'a po9t p>ticip4 7,la ,foi et la ,vie1 #af janvi] #aija47 ,si telle e/ l'influ5ce et la priorit du s5tim5t sur l'ide1 inv]sem5t aussi1 l'intellig5ce peut agir sur les t5dances et les dsirs p\r les modifi]4 ,*aque ide n'a-t-elle pas comme son timbre motif spcial1 sa rsonnance affective possible8 ,c'e/ en ma9t5ant c]ta9es ides dans le *amp de la consci5ce1 en voquant c]ta9es images1 qu'on peut modifi] la p>tie affective de son tre4 ,hi/oriquem5t1 on peut dire que le progrs du s5tim5t e/ li celui de l'intellig5ce2 et que le s5tim5t1 d'abord en quelque sorte homogne1 vague et confus1 n'acqui]t d'individualit1 d'exi/5ce diffr5cie1 ne se spcialise que grce l'ide et reoit de l'ide ses nuances1 ses te9tes dlicates1 ses dveloppem5ts div]s4 ,bi5 plus1 dans l'tat actuel du ,*ri/ianisme1 il y a inconte/ablem5t des ides qui sont p\r l'individu antrieures t\te expri5ce *rti5ne de sa "p1 et qui1 bi5 lo9 de driv] de son expri5ce individuelle1 la conditionn5t et la provoqu5t4 ,jamais1 si on ne lui avait p>l d'abord clairem5t ou obscurm5t de l'vangile1 un *rti5 ne tir]ait de son expri5ce religieuse l'ide de l'exi/5ce de ,jsus-,*ri/1 des prophties ralises en sa p]sonne1 de la mort et de la rsurrection corporelle de l'homme-,dieu4 ,c'e/ qu'aussi bi51 sans des connaissances de ce g5re--n\s n'avons nulle int5tion d'en dress] ici la li/e1--sans c]ta9es connaissances dtailles ou fragm5taires1 pures ou mles d'erreur1 peu importe1 l'expri5ce religieuse elle-mme de cet individu ne se s]ait jamais produite4 ,cet homme se conv]tit3 qu'e/-ce dire1 s9on que la vrit *rti5ne devi5t p\r lui un pr9cipe d'unification intime1 pntre et colore peu peu de sa nuance t\t le cont5u de sa vie8 ,au lieu qu'elle tait jadis en lui /rile1 froide et morte1 auj\rd'hui il la pratique intrieurem5t1 et la vrit devi5t a9si une habitude de son moi t\t enti]1 une habitude in=matrice qui influe sur *acun de ses actes1 une =ce qui met en jeu et multiplie t\tes ses n]gies4 ,dsormais il vit ses ides4 ,et vivre une ide1 c'e/ la n\rrir1 la r5\vel] sans cesse p> l'accession d'autres ides2 c'e/ la ptrir p> la rflexion en vue de lui assur] une efficacit durable1 de la r5dre praticable1 de l'adapt] la ralit et d'adapt] la ralit elle1 c'e/ mettre en elle t\te son me1 c'e/ voir l'univ]s enti] trav]s elle1 c'e/ y v]s] t\s les flots de sa vie intrieure1 c'e/ y croire sans int]ruptions ni limites au lieu de lui rs]v] des mom5ts et des doma9es1 c'e/ la pr5dre comme levi] du progrs spirituel2 vivre une ide1 c'e/ la conv]tir en sa propre sub/ance1 l'intgr] son moi1 l'organis] avec l'ensemble de sa vie4 ,qui mesur]a la puissance incalculable de l'ide8 ,p\r appuy] ma ?se1 j'emprunt]ai mes argum5ts l'un des psy*ologues religieux qui p>aiss5t au premi] abord lui tre le plus contraires4 ,dans les rem>quables articles#de o il raconte et tudie div]s cas de conv]sion1 ,m4 ,frommel n\s appr5d--je reproduis ses propres expressions--qu'une p5se frappa subitem5t ,nettleton1 une ide le tr\bla beauc\p et laissa dans son esprit une impression ineffaable444 ,quelque temps aprs1 des p>oles de l'criture transp]c5t son me--je cont9ue de cit]--les doctr9es vangliques de la s\v]a9e grce et de l'lection div9e devi5n5t p\r lui la cause de tr\bles pr(onds4 ,ces p5ses d*irai5t son cur4 ,et ,m4 ,frommel conclut sur ,nettleton que les doctr9es et les influ5ces intellectuelles du *ri/ianisme ne sont pas abs5tes de sa conv]sion1 puisqu'il ent5d des prdications1 lit sa ,bible et des ouvrages de pit4 ,conv]ti1 ,nettleton devi5t conv]tisseur4 ,et ,m4 ,frommel dpe9t en ces t]mes la prdication exprim5tale de ,nettleton3 ,la doctr9e n'tait po9t abs5te444 ,arm de la doctr9e1 le prdicateur desc5dait au plus pr(ond des curs#df4 ,enf91 ,adolphe ,monod1 cit p> ,m4 ,frommel1 crit3 ,un j\r1 c'tait le #ba juillet #ahbg1 me prom5ant dans les rues de ,naples1 accabl comme t\j\rs p> une mlancolie sans consolations1 je me dis t\t d'un c\p3 d'autres ont t tri/es avant toi1 ils ont tr\v la paix dans l'vangile4 ,p\rquoi ne l'y tr\v]ais-tu pas8 ,s\s l'impression de cette p5se1 je r5trai *ez moi1 je me jetai g5\x1 et je priai comme je n'avais encore pri de ma vie4 ,a p>tir de ce j\r1 une vie intrieure comm5a p\r moi444 et une fois engag dans cette voie1 le ,dieu de ,jsus-,*ri/ auquel je v5ais d'appr5dre me confi]1 a fait peu peu le re/e4 #de ,la ,foi et la ,vie1 du #a;er janvi] au #af avril #aija4 #df ,de mme le gradu d',ox=d1 dont ,m4 ,leuba a publi et dont ,m4 ,frommel a traduit l'autobiographie1 ne ca*e pas le rle important j\ dans sa conv]sion p> des textes bibliques1 des p>oles444 des ides4 ,il y a donc1 entre l'intellig5ce et le s5tim5t1 d'incessantes relations mutuelles4 ,si on n\s dem&e l-dessus3 de ces deux t]mes1 en e/-il un qui doive tre considr comme pr9cipal8 ,l'intellig5ce e/-elle le p\voir rgulateur et s\v]a9 auquel il faille t\t subordonn]8 ,e/-elle fonde rclam] qu'on lui reconnaisse une primaut de juridiction p>mi les manife/ations div]ses de la vie consci5te8 ,doit-elle g\v]n] dans l'homme8 ,n\s rpondrons sans hsit]3 l'intellig5ce e/ une lumire qui n\s guide et non une =ce qui se suffit1 c'e/ un auxiliaire et non un *ef4 ,c]tes1 c'e/ un auxiliaire indisp5sable et une lumire sans laquelle il e/ 9vitable de s'g>]4 ,il y a erreur et pril dprci] l'intellig5ce1 pr*] un ab&on p>esseux de la p5se claire et matresse de soi p\r je ne sais quel rve obscur d'une quivoque my/icit4 ,un gracieux conteur1 ,m4 ,t4 de ,wyzewa1 crivait nagure3 ,si n\s devons1 comme n\s l'ordonne ,notre ,seigneur ,jsus-,*ri/1 arra*] l'il droit1 c\p] la ma9 droite1 qui font tomb] dans le p*1 n\s devons n\s ef=c] surt\t de dtruire en n\s l'intellig5ce1 cette soi-disant facult de savoir et de p5s]2 c> t\te sci5ce e/ va9e1 t\te p5se e/ va9e1 et c'e/ d'elle que nat t\te la s\ffrance qui e/ dans le monde4 ,bi5 des my/iques1 j'allais dire des s5tim5tali/es *rti5s1 s]ai5t disposs contresign] ces p>oles4 ,n\s n'en sommes pas rduit aux suppositions ou aux procs de t5dances4 ,p\r n\s born] trois exemples pris dans des sphres diffr5tes1 ,sa9t-,cyran dcl>ait ,arnauld3 ,il n'y a ri5 de si dang]eux que de savoir4 ,sa9t ,v9c5t de ,paul ne craignait pas de dire aux jeunes g5s qui entrepr5ai5t des tudes de ?ologie que les p]sonnes grossires et ignorantes font p\r l'ord9aire mieux l'oraison que les hommes savants1 et que ,dieu pr5d plaisir se communiqu] aux simples1 p>ce qu'ils sont plus humbles que les doctes qui ont p\r l'ord9aire quelque bonne op9ion d'eux-mmes2 que l'orgueil p]dait les savants1 comme il avait p]du les anges2 que le plus petit dmon des enf]s en savait davantage que le plus subtil philosophe et le plus pr(ond ?ologi5 de la t]re2 que ,dieu n'a po9t beso9 des savants p\r faire ses uvres#dg4 ,aprs cela1 on se dem&e avec curiosit s'il s'e/ tr\v beauc\p de jeunes g5s1 amis de sa9t ,v9c5t1 p\r s'adonn] avec en?\siasme aux labeurs sci5tifiques6 ,en ,allemagne1 il e/ dplor] que le pitisme dont ,sp5] tait le *ef n'ait pas hsit accrdit] ce prjug fune/e1 si rp&u depuis et si indrac9able en c]ta9s milieux1 que la sci5ce et la pit sont incompatibles1 que la sci5ce e/ mme nuisible la vraie pit4 ,qu'en rsulta-t-il8 ,c'e/ qu'un demi-sicle aprs1 le pitisme se tr\va t\t aussi impuissant que l'anci5ne or?odoxie oppos] une digue au torr5t du rationalisme qui envahit avec une rapidit effrayante les univ]sits et les *aires4 ,et l'on peut accus] le pitisme1 en ngligeant la sci5ce1 d'avoir prp> indirectem5t et sans le v\loir1 le triomphe du rationalisme4 #dg ,biographie de sa9t ,v9c5t de ,paul1 p> ,abelly1 t4 ,,ii1 p4 #bie4 ,les ass]tions fantaisi/es de ,m4 de ,wyzewa tr\v5t leur rfutation dans les belles et =tes p>oles de ,m4 ,fallot3 ,il n'e/ pit plus oppose celle de ,jsus que la pit qui r5once p5s]4 ,dans ses enseignem5ts1 ri5 de sy/matique sans d\te1 mais aucun mot qui ne soit m>qu de l'empre9te d'une intellig5ce t\j\rs en veil444 ,la vie p>faite implique au re/e une plnitude de consci5ce qui ne peut exi/] sans un appel con/ant l'intellig5ce4 ,celui qui recomm&ait d'aim] ,dieu de t\te son intellig5ce 7,m>c ,,xii1 #cc71 mettait son intellig5ce dans *acune de ses p>oles1 en sorte qu'il atteignait cette simplicit m]veilleuse1 qui e/ le privilge d'une p5se matresse d'elle-mme#dh4 #dh ,qu'e/-ce qu'une glise8 p4 #ci4 ,mais si l'intellig5ce doit tre ma9t5ue1 elle ne doit pas dom9]4 ,ce s]ait tomb] dans l'intellectualisme que de lui laiss] pr5dre le premi] rang4--,l'intellectualisme6 je n'ignore pas qu'on a u et abus du t]me p\r fltrir les objets div]s de dsapprobations plus ou mo9s lgitimes4 ,l'intellectualisme e/ dev5u comme une sorte de mon/re1 qui1 au fur et mesure des beso9s de la polmique1 et p\r la commodit du disc\rs1 se grossit de t\tes les erreurs1 de t\s les prjugs1 de t\tes les contradictions qu'il e/ possible un auteur +nieux de dc\vrir *ez ceux qui ne p5s5t pas comme lui4 ,puisqu'il e/ ent5du que le mot intellectualisme doit tre pris en un s5s pjoratif1 dcl>ons du mo9s et proclamons bi5 haut que ce n'e/ pas tre intellectuali/e que de croire l'influ5ce des ides sur les s5tim5ts1 et de se proccup] de la doctr9e1 c'e/--dire1 aprs t\t1 de la vrit4 ,ce n'e/ pas tre intellectuali/e que de se refus] t\t absorb] dans l'motion1 t\t1 y compris la raison elle-mme4 ,ce n'e/ pas tre intellectuali/e que de se refus] ram5] la loi morale au s5tim5t pur4 ,l'intellectualisme vritable et damnable1 c'e/ celui qui consi/e atta*] tant d'importance la doctr9e1 uvre de l'intellig5ce1 qu'on la lui accorde presque t\te1 que de moy5 on la trans=me en b1 et qu'on en vi5t mesur] au degr de l'or?odoxie la valeur morale et religieuse des autres et de soi-mme4--,il y a deux voies1 semble-t-il1 p> o l'intellectualisme peut se gliss] dans une me religieuse3 la voie ecclsia/ique1 et la voie sci5tifique#di4 ,d'une "p1 un homme d'glise qui croit l'influ5ce des doctr9es sur la pit et qui se ti5t1 de ce *ef1 p\r oblig de les df5dre contre ceux qui les attaqu5t1 peut se laiss] aism5t all] p> raction dpass] son propre po9t de vue1 exagr] le rle et la valeur des dogmes1 et mme il peut s'habitu] si bi5 prn] les ides1 que la vie lui glisse entre les doigts sans qu'il s'en d\te et qu'il ne reti5ne que la doctr9e4 ,aprs s'tre atta* la doctr9e p\r la vie1 on s'atta*e la doctr9e p\r la doctr9e1 de mme1 suivant une comp>aison emprunte ,/u>t ,mill1 que l'av>e1 aprs avoir aim l'arg5t p\r les j\issances qu'il procure1 f9it p> aim] l'arg5t p\r l'arg5t4 ,d'autre "p1 un savant *rti5--,s*]] n'en a-t-il pas f\rni l'glise et au monde une illu/re et tri/e dmon/ration8--peut dbut] p> mettre au premi] plan le s5tim5t en pratique et en ?orie4 ,mais voici1 =ce de rfl*ir1 d'tudi]1 d'analys]1 de spcul]1 il contracte comme une hyp]trophie de l'intellig5ce1 laquelle c\rt le risque de correspondre bi5tt une atrophie symtrique du s5tim5t2 c> on dirait p>fois que notre tre psy*ique ne dispose que d'une quantit limite de =ce m5tale1 et que lorsque cette =ce se porte en abondance sur un po9t1 il faille qu'elle manque ailleurs4 ,alors le gr\pe des s5tim5ts religieux se diss\t comme p> morceaux1 la sphre affective se rtrcit de plus en plus2 on cont9ue quelque temps encore mettre l'motion au premi] plan en ?orie1 t&is qu'elle a dj baiss dans la vie4 ,et peu peu la ?orie s'branle p\r suivre et rejo9dre la pratique1 la dissolution m5aante e/ l2 f9alem5t on p]d t\t1 la doctr9e comme la vie6 #di ,m4 ,murisi] a divis en deux gr\pes les maladies du s5tim5t religieux3 #a maladies causes p> l'hyp]trophie de l'lm5t individuel de l'motion religieuse2 #b maladies causes p> l'hyp]trophie de l'lm5t social de l'motion religieuse4--,d'une manire analogue1 on p\rrait dire que l'intellectualisme1 qui consi/e dans l'atrophie de l'motion religieuse t\t entire p> rapport l'intellig5ce1 peut avoir une d\ble orig9e3 #a une orig9e individuelle 7 sci5tifique72 #b une orig9e sociale 7 ecclsia/ique74 ,l'intellectualisme n'e/ pas une maladie imag9aire1 comme quelques p]sonnes sembl5t p>fois trop portes se le figur]4 ,il a svi ma9tes et ma9tes poques dans la *rti5t4 ,inconnu lors de la premire prdication apo/olique1 alors que l'vangile tait encore dans t\te la fra*eur de sa div9e orig9alit1 il s'e/ introduit dans les glises *rti5nes ds qu'elles ont comm5c s'organis] et se propag] des pres aux enfants4 ,l'ptre de ,jacques n\s met en prs5ce de communauts *rti5nes dont les membres se cont5tai5t de pr(ess] la bonne doctr9e1 mais se s\ciai5t trop peu d'agir en consqu5ce4 ,intellectuali/es sont s\v5t les premires confessions de foi4 ,le ,symbole ,quicunque1 dit d',a?anase1 prononce la damnation t]nelle de ceux qui ne croi5t pas au dogme de la ,tr9it =mul dans ce ,symbole4 ,ces ana?mes ca?oliques ont t reu dans plusieurs de nos confessions de foi prote/antes1 comme le font obs]v] non pas seulem5t ,,mm4 ,mngoz#ej et ,wilfr$ ,monod#ea1 mais aussi ,m4 ,jalagui]1 qui ne cra9t pas d'crire3 ,cette erreur fatale a dom9 p5dant des sicles en ?ologie comme en pdagogie1 et c'e/ ce qui explique l'empire du dogmatisme 7,symbole d',a?anase74 ,elle tait gnrale l'poque de la ,r=mation1 et elle faussa ou rtrcit s\s bi5 des rapports cette gr&e re/auration religieuse4 ,elle se pose comme un pr9cipe jusque dans les confessions de foi 7conf4 helv47#eb4 ,le pitisme de ,sp5]1 la ?ologie de ,s*lei]ma*] ne fur5t pas autre *ose que des prote/ations et des ractions contre un intellectualisme dom9ant4 ,et ,m4 ,jalagui]1 propos du ,rveil du ,x,i,xe sicle1 dcl>e que trop s\v5t1 dans la lutte contre le disme soc9i5 qui avait t\t envahi1 le zle de la doctr9e a fait nglig] le travail de la sanctification#ec4 ,si l'on veut des exemples p>ticuli]s1 un bon type d'intellectuali/e peut tre f\rni p> ,bayle1 dont les conv]sions religieuses successives ont t de simples *angem5ts d'op9ions1 fonds sur des argum5tations rationnelles et p>faitem5t trangres sa vie morale4 #affi1 le m>di #ai m>s1 *ang de religion2 le l5dema91 repris l'tude de la logique4 ,c'e/ avec cette froideur que ,bayle note sa conv]sion au ca?olicisme dans son j\rnal4 ,il n'y avait1 p>at-il1 en cet vnem5t1 ri5 qui pt l'm\voir3 ce n'tait que la conclusion d'un raisonnem5t4--,p>lant de son tat avant sa conv]sion vritable1 ,wesley crit3 ,quant la foi qui sauve1 j'en ignorais la nature1 croyant qu'elle n'tait autre *ose qu'une f]me adhsion t\tes les vrits cont5ues dans l',anci5 et le ,n\veau ,te/am5t4--,lorsque l'abb ,miel quitta ,rome1 l'me assombrie p> t\t ce qu'il y avait vu en fait de morale et de pit1 un rvr5d pre auquel il faisait "p de son ds5*antem5t ne *]*a pas ni] ni mme attnu] la vrit des con/atations de ,miel4 ,oui1 rpondit-il1 j'en suis surpris et afflig1 et je le dplore comme v\s4 ,cep5dant444 il y a t\t cela une ample comp5sation4 ,laquelle donc8 s'cria ,miel4 ,et le rvr5d ,pre de rpondre3 ,ils ont la foi6 ,dans la p5se de ce digne homme la foi1 la foi seule1 et quelle foi6 une croyance sup]/itieuse et =mali/e t5ait lieu de t\tes v]tus1 de t\t bi51 de t\te vraie motion religieuse4--,dans une conv]sation avec ,ami ,bo/1 un missionnaire anglais or?odoxe1 bi5 sal>i1 se moquait un j\r de la pauvre paie des pa/eurs libraux de ,g5ve3 ,c'e/ une *ose dure que d'tre m9i/re soc9i51 disait-il1 on n'a que deux mille francs p> an dans cette vie1 et on e/ p]du dans l'autre6 #ej ,publications div]ses sur le fidisme1 p4 #bfj1 #bff4 #ea ,l',esprance *rti5ne1 #b;e vol43 ,le ,royaume1 p4 #cfj1 note #b4 #eb ,introduction la dogmatique1 p4 #fh4 #ec ,ibid41 p4 #ei4 ,eh bi56 messieurs1 le *rti5 doit savoir se g>d] de cet intellectualisme qui se cont5te de saisir une p\ssire d'ides mortes1 qui c\pe l'ide de ses communications avec le rel p\r en faire un petit monde clos isol au se9 de la vie4 ,il doit se r5dre compte que p> elles-mmes les doctr9es ne sont que des ab/ractions2 et que p\r les vivifi]1 p\r leur donn] une signification relle et les r5dre capables de mordre sur les mes1 il faut des expri5ces de l'ordre affectif1 des donnes concrtes4 ,il doit se r5dre compte que le fond de l'tre huma91 c'e/ l'apptit au s5s de ,sp9oza1 c'e/ le s5tir et non le p5s]4 ,il doit se r5dre compte que la doctr9e n'a de s5s que p> la qualit d'me qu'elle rvle ou produit1 il doit se r5dre compte enf9 qu'il ne faut voir la valeur des vrits ?ologiques que dans la puissance de vie qu'elles r5f]m5t1 dans le m\vem5t et l'impulsion qu'elles communiqu5t l'me qui les reoit1 dans le dynamisme psy*ique dont elles sont le vhicule1 dans l'attitude intime1 et p\r a9si dire1 les ge/es intrieurs qu'elles provoqu5t *ez le *rti5 qui les p5se jusqu'au fond et les ratta*e aux s\rces primordiales et int>issables de sa vie ca*e4 99 99 99 99 99 ,si telles sont1 si telles doiv5t tre les relations du s5tim5t religieux avec l'intellig5ce1 comm5t rs\drons-n\s le second des deux problmes que n\s avons s\levs3 celui des rapports du s5tim5t religieux avec la volont8 99 99 99 99 99 ,en ralit1 le mot s5tim5t rec\vre d'une mme tiquette deux lm5ts de trs 9gale valeur3 l'tat de plaisir ou de d\leur1 d'une "p1 et de l'autre1 la t5dance1 le dsir1 l'incl9ation4 ,ces deux ordres de phnomnes psy*ologiques ont des c>actres =t diffr5ts3 la t5dance e/ ess5tiellem5t active2 le plaisir ou la d\leur sont ess5tiellem5t passifs4 ,l'incl9ation e/ une donne premire1 antrieure1 pr(onde2 le plaisir et la d\leur sont des tats secondaires1 po/rieurs1 relativem5t sup]ficiels4 ,le plaisir suppose avant lui la vie1 l'activit2 il nat de la satisfaction d'une t5dance1 donne elle-mme dans l'organisation physique et m5tale primitive4 ,qu& on dit que l'lm5t affectif e/ le fond de l'tre1 on =mule la vrit1 si on ent5d p> l que le fond de l'tre1 c'e/ le dsir2 mais on exprime une erreur si on veut dire que le fond de l'tre1 c'e/ le plaisir et la d\leur4--,la t5dance et la volont se rappro*5t et se ressembl5t en ceci qu'elles sont t\tes deux actives4 ,c'e/ ce qui explique que tant de p5seurs les ai5t confondues4 ,s*op5hau]1 p> exemple--et il a t suivi sur ce po9t p> ,secrtan--a crit un de ses plus brillants et solides *apitres sur le primat de la volont2 mais ,,mm4 ,ribot et ,pillon n\s prvi5n5t qu'il ne faut pas se laiss] abus] p> l'quivoque du mot volont2 c>1 p\r ,s*op5hau]1 v\loir1 c'e/ dsir]1 aspir]1 fuir1 espr]1 cra9dre1 aim]1 har1 c'e/--dire que p\r ,s*op5hau]1 la volont compr5d non seulem5t la volont1 mais le dsir4 ,il ne re/e plus alors1 p\r c>actris] le s5tim5t1 que le plaisir et la d\leur3 c'e/ le po9t de vue de ,,mm4 ,b\ill]1 ,lon ,dumont1 etc4 ,c'e/ aussi celui de ,m4 ,gretillat qui refuse de voir dans la religion une affaire de s5tim5t1 p\r ne pas y voir une pure j\issance4 ,son sige1 assure-t-il1 ne peut tre que l'organe de la volont1 le cur3 langage qui ne laisse pas d'tre un peu surpr5ant4 ,si n\s n\s rangions l'op9ion et la t]m9ologie de ,s*op5hau] et de ,m4 ,gretillat1 n\s n'hsit]ions pas dcl>]1 qu'en effet1 ce n'e/ pas le s5tim5t1 mais la volont qui e/ le fond de l'tre4 ,mais il e/ plus exact1 psy*ologiquem5t1 d'vit] la confusion entre le dsir et la volont1 t\t autant que la confusion entre le dsir et la j\issance3 ,la t5dance e/ cont9ue1 t&is que la volont proprem5t dite e/ discont9ue4 ,la t5dance e/ l'orig9e et le b3 la volont e/ le moy54 ,la t*e de l'ag5t moral e/ de con/itu] en soi un ensemble h>monieux et cohr5t de t5dances purifies et con=mes la loi morale1 ce qui suppose l'anantissem5t de c]ta9s dsirs1 la purification de c]ta9es t5dances1 la cration d'incl9ations n\velles qui soi5t notre uvre4 ,la volont a donc travaill] sur les t5dances exi/antes et en crer de n\velles4 99 99 99 99 99 ,au po9t de vue religieux1 il e/ capital de di/+u] nettem5t ces trois t]mes3 j\issance1 incl9ation1 volont4 ,p\r avoir manqu la di/9ction entre l'incl9ation et la j\issance1 il e/ arriv que plusieurs hommes religieux1 v\lant attribu] au s5tim5t la premire place1 se sont figur qu'il la fallait donn] au plaisir et la d\leur4 ,c]tes1 la tri/esse et la joie1 qui sont les =mes suprieures de la d\leur et du plaisir1 j\5t un rle considrable1 un rle lgitime et normal dans la vie religieuse sa9e et complte4 ,la tri/esse religieuse6 v\lez-v\s savoir ce que c'e/8 ,lisez ces rcits si div]s de conv]sions et de rveils dont l'tude e/ aussi in/ructive au po9t de vue sci5tifique qu'elle e/ utile et fconde p\r les progrs de la foi4 ,voyez ces jeunes g5s et ces vieill>ds1 ces hommes et ces femmes abattus1 dsesprs1 qui sanglott5t dans une angoisse cruelle1 qui *]*5t du s\lagem5t sans en p\voir dc\vrir1 qui se tran5t d'un lieu l'autre la tte p5dante sur la poitr9e1 qui s'agit5t et s'inquit5t sans sommeil sur leur c\*e et pass5t leurs nuits pleur] et gmir4 ,dem&ez-leur la cause de cette agonie4 ,ils v\s rpondront qu'ils se s5t5t comme au bord d'un abme sans fond de d\leur et de p]dition t]nelles2 qu'ils fl*iss5t s\s le f>deau accablant de leurs p*s4 ,v\s les v]rez frissonn]1 clat] en pleurs1 et tomb] dans un tat de pro/ration physique et morale effrayant voir4 ,ce jeune homme quitte un soir une runion religieuse en proie de vritables tortures4 ,il ne peut se rs\dre r5tr] dans sa demeure4 ,il passe sa nuit err] p> la ville1 s'arrtant p>fois devant la porte de quelque *rti5 et se dem&ant s'il ne f]a pas lev] t\te la famille1 af9 qu'on prie p\r lui1 et le malheureux1 p\rsuivi p> les t]reurs de la colre v5ir1 se rsigne d\l\reusem5t att5dre le j\r p\r implor] le sec\rs de ses frres4 ,aprs la tri/esse1 la joie4 ,repr5ez les rcits de conv]sions et de rveils que n\s v5ons de feuillet]1 et relisez les tmoignages en?\sia/es et dbordants de ceux qui t\t l'heure se lam5tai5t4 ,quels *angem5ts dans leurs traits6 ,un s\rire calme et ple9 d'une d\ce srnit a remplac l'expression de dc\ragem5t4 ,le f>deau a disp>u4 ,l'inquitude s'e/ van\ie4 ,savez-v\s qu'il leur semble voir ,jsus leur droite1 oui1 ,jsus leur s\riant d'un s\rire ple9 d'am\r8 ,a cette vue1 leur me se remplit d'une joie ineffable et triomphante4 ,celui-ci1 sur son lit de mort1 s'crie3 ,je suis aussi heureux que je puis l'tre sur la t]re1 et aussi assur du ciel que si j'y tais4 ,cet autre se met p>c\rir sa *ambre comme ravi en extase3 il a entrevu les spl5deurs de l't]nit bi5heureuse4 ,jamais spectacle plus magnifique ne s'e/ (f]t aux reg>ds d'un mortel4 ,il c\rt la f5tre appelant de t\s ses vux le j\r1 af9 d'all] dire t\s comm5t il a tr\v son ,sauveur4 ,bi5tt l'aurore t9celante p>at et la lumire du dehors vi5t faire fte la lumire du d$ans4 ,jamais1 non1 jamais1 les oiseaux n'avai5t fait ret5tir les airs de *ants si suaves et si mlodieux6 ,jamais la nature entire n'avait p>u si radieuse1 si p>fume6 ,les prs1 les *amps1 les fleurs ont revtu une beaut inconnue4 ,la nature elle-mme e/ comme ne de n\veau4 ,si j'ai *oisi mes exemples dans les rcits de rveils1 c'e/ que la tri/esse et la joie y sont plus accessibles l'obs]vation et s'y montr5t n\s comme dans un relief grossi4 ,mais quel e/ le *rti51 qui n'ait jamais con/at aut\r de lui et s5ti en lui-mme au mo9s quelque *ose de ces =tes et pntrantes motions#ed8 #ed ,il e/ d'ailleurs p>faitem5t c]ta9 que ces motions v>i5t soit d'int5sit1 soit de nature1 avec les temps et les milieux4 ,en ce qui conc]ne mme les rveils proprem5t dits1 elles p>aiss5t n'tre pas t\t fait exactem5t id5tiques dans ceux de ,f9ney ou de ,wesley1 p> exemple1 et dans ceux de ,moody444 ,je compr5ds1 c]tes1 ceux qui recomm&5t aux *rti5s de les re*]*]4 ,ne sont-elles pas les symptmes d'vnem5ts int]nes pr(onds8 ,et si on ti5t la ralit1 n'e/-il pas naturel qu'on ti5ne p> l mme ce qui en e/ normalem5t le signe et l'effet8 ,s5tez votre misre1 dit sa9t ,jacques2 soyez dans le deuil et dans les l>mes2 que votre rire se *ange en deuil1 et votre joie en tri/esse4 ,et sa9t ,paul1 d'autre "p1 s'crie3 ,rj\issez-v\s t\j\rs dans le ,seigneur2 je le rpte1 rj\issez-v\s4 ,soyez t\j\rs joyeux#ee4 ,d'ailleurs si1 dans le fond1 et l'orig9e t\te premire1 c'e/ la t5dance qui prcde le plaisir et qui le produit1 il arrive aussi1 ensuite1 que le plaisir influe sur la t5dance1 la provoque1 la dveloppe et agit p> l sur la volont4 ,qu& on a pr\v les d\ceurs et les dlices de la foi1 les j\issances ress5ties ont leur rp]cussion sur la t5dance religieuse elle-mme1 et1 trav]s l'am\r p\r ,dieu1 sur le v\loir1 l'obissance ,dieu4 ,on a j\i4 ,p>ce qu'on a j\i1 on dsire et on aime4 ,p>ce qu'on dsire et qu'on aime1 on veut4 ,j\issance1 incl9ation1 volont1 voil l'ordre que la nature et la grce s'accord5t suivre s\v5t4 #ee ,dans le volume intitul le ,rveil ,amrica9 ou la puissance de la prire1 on r5contre de temps autre sur la b\*e des *rti5s qui s'occup5t de la conv]sion de leurs frres des que/ions telles que celles-ci3 ,ces runions v\s ont-elles fait du bi58 ,v\s s5tez-v\s p*]esse8 pr\vez-v\s une vritable horreur de vos p*s8 tes-v\s heureux dans votre foi8 ,et nanmo9s l'me huma9e e/ si complexe1 les ressorts dlicats qui font m\voir cette tonnante ma*9e sont si faciles fauss]1 qu'on ne saurait rig] en signe c]ta9 ou en condition ncessaire du db et de la cont9uation de la vie *rti5ne les tats pnibles ou agrables de la s5sibilit4 ,les faits n\s pr\v5t que la vie spirituelle peut tre prs5te1 p>fois1 lors mme que ces symptmes rguli]s de sa prs5ce font dfaut4 ,ils ont manqu en gr&e p>tie1 s9on totalem5t1 dans la conv]sion de ,wesley3 ,v]s neuf heures mo9s un qu>t1 en ent5dant la description que ,lu!r fait du *angem5t que ,dieu opre dans le cur p> la foi en ,*ri/1 je s5tis que mon cur se r*auffait trangem5t4 ,je s5tis que je me confiais en ,*ri/1 en ,*ri/ seul p\r mon salut1 et je reu l'assurance qu'il avait t mes p*s1 et qu'il me sauvait de la loi du p* et de la mort4 ,je me mis alors pri] de t\tes mes =ces p\r ceux qui m'avai5t le plus outrag et p]scut4 ,puis1 je r5dis tmoignage ouv]tem5t1 devant les p]sonnes prs5tes1 de ce que j'pr\vais en mon cur p\r la premire fois4 ,l'ennemi me suggra bi5tt3 ,ceci ne peut tre la foi3 c> o e/ ta joie8 ,mais j'appris bi5tt que1 si la paix et la victoire sur le p* sont troitem5t lies la foi au ,*ef de notre salut1 il n'en e/ pas a9si de ces transports de joie1 qui l'accompagn5t ord9airem5t1 surt\t *ez ceux qui ont pass p> une angoisse pr(onde1 mais que ,dieu se rs]ve de disp5s] ou de refus] selon son bon plaisir#ef4 ,adolphe ,monod son t\r1 dans la priode antrieure sa conv]sion1 crit1 en p>lant des doctr9es *rti5nes3 ,ces ides ne p>l5t po9t mon cur444 ,cette or?odoxie e/ un sacrifice trop pnible de t\s mes s5tim5ts naturels2 je ne s5s pas ce qu'elle enseigne et je s5s ce qu'elle n'enseigne pas4 ,c'e/ le s5tim5t qui l'emp*e de dev5ir *rti54 ,et qu& il se conv]tit1 c'e/ la fois contre ses s5tim5ts naturels et sans motions *rti5nes4 ,je ne suis pas encore trs heureux1 ni con/amm5t heureux1 dit-il1 en p>lant de son tat immdiatem5t aprs sa conv]sion1 p>ce que le s5tim5t de la prs5ce et de l'am\r de mon ,dieu ne m'e/ ni cont9uel1 ni vif444 ,mais cette tri/esse n'a ri5 de dsespr3 je sais trop bi5 que ,dieu peut y mettre f9 qu& il v\dra1 et qu'il le v\dra qu& il le faudra4 ,sur quoi ,m4 ,frommel1 =t ju/em5t1 aj\te3 ,quant la crise psy*ologique elle-mme1 elle n'(fre ri5 de viol5t4 ,l'motion n'y j\e qu'un rle secondaire2 t\t se conc5tre dans la volont4 #ef ,john ,wesley1 p> ,mat?ieu ,lelivre1 #c;e dit41 p4 #gf-gg4 ,et ce n'e/ pas seulem5t au mom5t de la conv]sion que cette abs5ce ou cette atrophie de la s5sibilit religieuse peut se produire4 ,tel *rti5 qui j\it pe9e de sa foi1 en e/ possd3 il y donne sa vie4 ,ami ,bo/1 dans ses mmoires1 av\e1 ma9tes et ma9tes reprises1 la privation de joie spirituelle1 l'abs5ce de t\t am\r s5sible p\r ,dieu1 le dfaut de j\issance dans sa vie *rti5ne4 ,il me manquait1 confesse-t-il1 le fil cont9u1 je ne dis pas de la foi1 mais de la j\issance religieuse et d'un am\r s5ti4 ,*ez ,wesley1 ,adolphe ,monod1 ,ami ,bo/1 la ralit exi/e sans le signe4 ,mais il peut se faire aussi que le signe exi/e sans la ralit4 ,dans ses disc\rs ceux qui font pr(ession d'tre *rti5s1 ,f9ney dcrit en ces t]mes ceux qui viv5t sur leurs s5tim5ts3 ,ils aj\t5t beauc\p d'importance aux motions qu'ils pr\v5t de temps autre4 ,s'il leur arrive d'avoir l'occasion des lans de f]veur religieuse1 ils y arrt5t complaisamm5t leur p5se et font dur] longtemps cette preuve de leur pit444 ,s'ils ont eu la *ance d'tre mls des scnes de rveil1 que leur imag9ation ait t excite au po9t de faire c\l] leurs l>mes et de les p\ss] la prire1 ce s\v5ir va n\rrir leurs esprances p5dant des annes4 ,quoique1 le rveil pass1 ils ne fass5t ri5 p\r l'avancem5t du rgne du ,*ri/ et que leurs curs soi5t aussi durs que le roc1 ils sont ple9s d'assurance1 et att5d5t patiemm5t qu'un n\veau rveil vi5ne les p\ss] d]e*ef en avant4 ,ami ,bo/ que n\s v5ons de cit]1 raconte que les ,moraves1 *ez lesquels il avait pass quatre ans dans sa jeunesse1 donn5t une gr&e valeur la s5sibilit1 surt\t qu& elle porte sur le s\v5ir des s\ffrances de ,jsus4 ,*ez eux1 crit-il1 cette motion e/ p>ticulirem5t s5sible dans la sema9e qui prcde ,pques4 ,l1 et nommm5t dans l'assemble du v5dr$i soir1 au mom5t o se lis5t les p>oles3 ,et ayant baiss la tte il r5dit l'esprit1 le lecteur ne manque jamais de s'arrt]2 t\te l'glise tombe g5\x1 il n'y a plus de p>oles1 il n'y a plus que des l>mes4 ,et la scne e/ tellem5t m\vante qu'en crivant ces lignes1 je suis repris p> cet att5drissem5t4 ,mais1 soit ma petite philosophie1 de treize1 de quatorze et de qu9ze ans444 qui me faisait tr\v] assez s+uli] qu'on pt pleur] a9si j\r fixe1 soit1 surt\t que je m'ap]usse que ma conduite n'tait pas t\j\rs sa9te proportion de l'att5drissem5t que j'avais pr\v1--je compris bi5tt qu'il ne faut pas pr5dre des motions de ce g5re p\r mesure de sa pit4 ,oui1 le p5*ant aux pleurs1 mme appliqu aux motions religieuses1 peut n\s faire illusion sur la qualit de notre me4 ,a =ce de p\rsuivre les d\leurs ou les plaisirs de la pit1 on c\rt le dang] de f9ir p> donn] tant d'importance au signe1 qu'on lui en accorde plus qu' la *ose signifie1 et qu'on en fasse au lieu du rsultat1 le b1 au lieu d'une condition v5tuelle et relative1 une condition ess5tielle et absolue4 ,ri5 n'e/ plus fune/e la pit que cette proccupation con/ante de ce que l'on s5t1 traduisez du plaisir ou de la d\leur qu'on pr\ve4 ,p>ce qu'on ne les pr\ve pas comme on p5se qu'on devrait les pr\v]1 on e/ime qu'on n'e/ pas *rti51 qu'on n'e/ pas conv]ti1 ou bi5 que l'on ne fait aucun progrs dans la vie *rti5ne1 que l'on va mme en reculant4 ,p>ce que l'on n'a pas ress5ti1 en clbrant la ,sa9te-,cne1 ce qu'on p5sait qu'il fallait ress5tir1 on se dem&e si l'on ne s'e/ pas r5du c\pable d'une communion indigne4 ,p>ce que l'on ne se s5t pas intrieurem5t p\ss pri]1 on s'ab/i5t de fl*ir les g5\x4 ,on se replie con/amm5t sur soi-mme p\r faire l'anatomie de son cur1 on obs]ve avec anxit les m\vem5ts qui s'y produis5t1 on s'ef=ce de fix] les impressions fugitives4 ,p>fois on russit provoqu] sup]ficiellem5t ces agitations de la s5sibilit1 et alors1 elles ne pr\v5t et ne produis5t ri54 ,plus s\v5t on *\e les faire natre1 et alors on att5d passivem5t qu'elles veuill5t bi5 surv5ir1 que ,dieu les suscite en n\s1 et on ne se met pas rsolum5t et n]giquem5t l'uvre p\r agir et p\r vivre#eg4 #eg ,p\r mesur] les dang]s de celle re*]*e excessive des s5sations religieuses1 on n'a qu' lire dans les ,rcits amrica9s1 publis p> ,l\is ,bridel1 le *apitre intitul3 ,att5dre des impressions plus vives ou il faut obir ,dieu1 et celui qui e/ intitul3 ,je ne puis ri5 s5tir ou une ruse trs subtile du cur naturel4 ,aussi les pa/eurs et les rvivali/es ne cess5t-ils de mettre leurs auditeurs en g>de contre cette fune/e proccupation4 ,h5ri ,pyt crivait une dame anxieuse et agite3 ,*re sur1 croire n'e/ pas s5tir4 ,le salut e/ un fait indp5dant de ce que n\s s5tons1 ou ne s5tons pas1 un fait accompli3 oui1 accompli p\r et dans t\s ceux qui croi5t1 quoiqu'ils ne le s5t5t pas4 ,o donc1 *re sur1 avez-v\s lu1 dans la p>ole de votre ,seigneur3 ,l'homme e/ ju/ifi en s5tant ce qu'il croit2 ou bi53 ,celui qui ne s5t pas ce qu'il croit1 e/ condamn8 ,le moi e/ la rac9e de t\tes ces tri/es mprises4 ,la nature rpugne *]*] hors d'elle-mme des motifs d'esprance1 de paix et de joie4--,s5tim5t1 s5tim5t1 s5tim5t6 s'crie ,moody4 ,j'ai ent5du ce cri au po9t que j'en ai des nauses4 ,supposez qu'un ami m'invite auj\rd'hui dn]4--,ah6 je s]ais bi5 aise de dn] avec v\s2 mais je ne sais pas si mes s5tim5ts sont ce qu'ils devrai5t tre4--tes-v\s malade8--,non1 je ne me suis jamais mieux port4--,alors1 que v\lez-v\s dire8--,je d\te que mes s5tim5ts soi5t conv5ables2 je cra9s de n'tre pas dans de bonnes dispositions d'esprit444--,ah a6 dirait-il1 je cra9s que ,m4 ,moody n'ait le c]veau drang4 ,je l'invitais dn]1 et au lieu de me rpondre t\t simplem5t1 il n'a fait que me p>l] de ses s5tim5ts4 ,mes amis1 ,dieu v\s invite-t-il8 ,s'il v\s invite1 p\rquoi ne pas accept] l'invitation8 ,si v\s avez envie de v5ir1 v5ez et cessez de p>l] de vos s5tim5ts4 ,et ailleurs1 une jeune dame qui *]*ait ,jsus depuis trois ans sans le tr\v]3 ,allez de la ,g5se l',apocalypse1 v\s ne tr\v]ez nulle "p le salut atta* au s5tim5t4 ,il faut s'lev] au-dessus de la rgion du s5tim5t4 ,qu'e/-ce dire8 ,messieurs1 c'e/ que la volont et l'action1 voil ce qui doit tre au premi] rang dans les proccupations du *rti54 ,celui qui veut faire1 selon l'expression de ,jsus1 a le d\ble avantage d'accomplir son devoir prs5t dans l'in/ant donn1 et en mme temps de =m] en soi une habitude4 ,et lorsqu'il aura a9si dvelopp au plus pr(ond de son individu une seconde nature1 p> la satisfaction des t5dances pr(ondes de son tre1 p> la cration de n\velles t5dances qui obti5dront elles aussi une satisfaction sans cesse r5\vele1 alors je v\s le dis1 la j\issance qu'il n'aura pas re*]*e vi5dra2 le meilleur moy5 de la manqu]1 c'e/ d'en faire le b3 le meilleur moy5 de l'atte9dre1 c'e/ de ne pas y vis]4 ,volont1 incl9ation1 j\issance1 voil l'ordre auquel il doit se t5ir4 99 99 99 99 99 ,mais la volont peut-elle agir sur l'incl9ation8 ,kant l'a conte/4 ,p\vons-n\s n\s contra9dre aim]8 ,c'e/ impossible1 dcl>e l'illu/re p5seur4 ,le devoir peut comm&] d'tre ju/e1 non d'aim] son pro*a93 l'am\r ne se comm&e pas4 ,on peut se =c] agir comme si l'on aimait1 non se =c] aim]4--,agir comme si l'on aimait1 lui rpondrons-n\s1 cela mme conduit aim]4 ,et la ?orie de ,kant n\s oppos]ons la pratique de ,pascal4 ,il y a trois moy5s de croire1 a dit ,pascal3 la raison1 la c\tume1 l'inspiration4 ,c'e/ l en trois mots t\te l'autobiographie spirituelle de ,pascal4 ,intellectuellem5t conva9cu qu'il lui faut tre *rti51 ,pascal n'e/ pas *rti5 p\rtant4 ,sa sur ,jacquel9e n\s in=me qu'il ne s5tait aucun attrait de ce ct-l4 ,c'e/ que l'intellig5ce ne peut *ang] de b en blanc l'tat pr(ond d'un cur4 ,qu'il y a lo9 de la connaissance de ,dieu l'aim]6 ,e/-ce p> raison que v\s aimez8 ,c'e/ le cur qui s5t ,dieu et non la raison4 ,voil ce que c'e/ que la foi3 ,dieu s5sible au cur et non la raison4 ,la foi e/ dans le cur4 ,or1 en quoi consi/e proprem5t ce cur rebelle1 cette nature qui sp>e ,pascal de ,dieu8 ,pascal l'a disc]n d'un c\p d'il aussi rapide que pr(ond4 ,si la c\tume n'e/ qu'une seconde nature1 la nature n'e/ qu'une premire c\tume4 ,si la nature n'e/ qu'une c\tume1 la nature e/ modifiable1 ,la mme cause qui lui a donn naissance peut la *ang]4 ,la c\tume anci5ne peut tre combattue p> de n\velles c\tumes4 ,et a9si1 ,pascal f]a comme s'il croyait1 il pr5dra de l'eau bnite1 il ent5dra des messes1 dira des prires1 af9 de ploy] la ma*9e4 ,naturellem5t mme1 ces actions provoqu]ont dans le cur la foi dont elles sont le signe4 ,et surnaturellem5t1 l'homme qui a a9si comm5c et qui e/ all au-devant de la grce1 ,dieu1 p\r a*ev] l'uvre du salut1 accord]a une vision1 un ravissem5t dont ,pascal t]nis]a le s\v5ir en ces mots3 ,s5tim5t1 joie1 paix444 ,joie1 joie1 joie1 pleurs de joie4 ,r5onciation totale et d\ce444 t]nellem5t en joie p\r un j\r d'ex]cice sur la t]re4 ,de la volont l'incl9ation1 de l'incl9ation la j\issance1 telle e/ la =mule de l'volution religieuse *ez ,pascal#eh4 ,mais la volont ne se borne pas crer ou =tifi] la t5dance religieuse en face des autres t5dances2 elle e/ appele ex]c] son influ5ce sur la t5dance religieuse elle-mme qui n'e/ pas simple#ei1 p\r assur] son h>monie et son dveloppem5t normal#fj1 p\r ma9t5ir en p>ticuli] la proportion entre les t5dances religieuses individuali/es et les t5dances religieuses sociales4 ,m4 ,murisi] a =t bi5 montr#fa que dans la pit normale1 le s5tim5t religieux compr5d un lm5t individuel et un lm5t social indivisiblem5t unis4 ,mais dans les maladies1 les p]v]sions1 les dviations du s5tim5t religieux1 cette syn?se se brise1 d'un ct p> l'exagration du s5tim5t religieux individuel qui conduit au complet dta*em5t de l'extase1 de l'autre p> l'exagration du s5tim5t religieux social qui conduit au fanatisme1 l'exclusivisme1 au proslytisme4 ,eh bi56 s\v5ons-n\s ici de la di/9ction que n\s avons tablie entre la t5dance et le plaisir4 ,qu'e/-ce dire8 il y en a *ez qui les t5dances individuelles plus dveloppes procur5t p> leur satisfaction plus de plaisir1 d'autres *ez qui ce sont les t5dances sociales qui l'emport5t et qui1 p> leur satisfaction1 procur5t une j\issance plus gr&e4 ,supposez que n\s pr5ions le plaisir religieux p\r pr9cipe recteur1 que t\te notre ambition se rduise dissip] les mo9dres malaises et n\s s5tir heureux1 n\s prolong]ons dans le s5s o notre incl9ation n\s p\sse4 ,et il n\s arriv]a ce que ,m4 ,murisi] a si ju/em5t dcrit3 le tempram5t ultra-individuel tomb]a dans un my/icisme malsa91 conduisant p> l'extase l'anantissem5t2 le tempram5t ultra-social tomb]a dans une extriorisation sup]ficielle o sa vie intrieure f9ira p> disp>atre2 et la ru9e se tr\v]a au b\t de cette voie1 comme de la prcd5te4 ,s'il s'agit de tr\v] non pas un palliatif1 un ane/hsique1 qui attnue p\r un temps la s\ffrance1 ou mme la supprime1 mais p\r acclr] la dissolution1 s'il s'agit de tr\v] un vrai remde qui r5de la sant1 cette sant qui e/1 comme l'e/ime avec raison ,m4 ,murisi]1 l'union h>monique de l'individuel et du social1 il faudra t5ir aux malades le langage suivant3 ,v\s1 v\s v\s s5tez tr\bl1 dr\t p> le contact avec le milieu social2 g>dez-v\s de v\s rfugi] dans le recueillem5t1 de v\s enfuir dans la solitude1 v\s p\rriez y tr\v] un s\lagem5t passag]1 mais v\s c\rriez le risque d'accrotre votre mal et de tomb] brve *ance dans les d]nires phases du my/icisme extatique1 l'anantissem5t du moi4 ,sans ab&onn]1 bi5 ent5du1 la culture de votre vie individuelle1 employez votre volont re*]*] le contact social au lieu de v\s y drob]4--,v\s1 au contraire1 v\s v\s s5tez tr\bl1 dr\t p> l'isolem5t1 p> le tte tte avec v\s-mme2 g>dez-v\s de v\s absorb] et de v\s extrioris] dans les relations sociales2 v\s p\rriez y tr\v] un s\lagem5t passag]1 mais v\s c\rriez le risque d'accrotre votre mal et de tomb] brve *ance dans les d]nires phases du fanatisme4 ,sans ab&onn]1 bi5 ent5du1 la culture des relations sociales1 employez votre volont re*]*] le recueillem5t au lieu de le fuir4 #eh ,a l'exemple illu/re de ,pascal1 joignons-en un plus mode/e4 ,un j\r ,ami ,bo/ propose sa petite fille1 t\t d'un c\p et sans occasion p>ticulire1 d'all] pri] ensemble un mom5t4 ,elle v9t4 ,qu& n\s emes f9i3 ,papa6 qu& je ne prie pas1 je n'aime pas2 et qu& je prie1 j'aime4 ,je vis que cette petite crature1 t\t en m'obissant p\r v5ir pri]1 avait d'abord t un peu ennuye de mon invitation2 puis1 une fois la prire en tra91 elle y avait tr\v de la j\issance4 ,quelle obs]vation importante et vraie que celle-l6 ,celui qui ne sait pas se =c] la prire1 s'il le faut1 tr\v]a t\j\rs plus de rpugnance cet ex]cice2 celui au contraire qui saura surmont] cette rpugnance f9ira p> y tr\v] de la d\ceur4 ,n'att5dez donc pas que le zle v\s arrive de lui-mme444 ,heureux sommes-n\s qu& n\s pr\vons de l'attrait2 mais qu& il n\s manque1 bi5 lo9 de cd] cette langueur1 cette langueur mme e/ une raison de plus p\r que n\s priions4--,dj l',imitation de ,jsus-,*ri/ blmait ceux qui s'loign5t de la sa9te communion p> un dsir trop vif de la f]veur s5sible4--,le progrs de la vie spirituelle1 disait-elle1 ne consi/e pas seulem5t j\ir des consolations de la grce1 mais en support] la privation avec humilit1 avec abngation1 avec pati5ce1 de sorte qu'alors on ne se rel*e po9t444 ,c'e/ ,dieu de consol]1 et de donn] qu& il veut1 autant qu'il veut et qui il veut1 comme il lui plat1 et non davantage4 #ei ,si le s5tim5t religieux e/ un s5tim5t qui se dploie dans des relations p]sonnelles entre l'homme et une div9it conue comme p]sonnelle1 il en dc\le immdiatem5t que1 comme le s5tim5t social1 l'motion religieuse n'e/ pas une motion simple1 mais un ensemble d'motions4 ,et de mme que l'on dit non pas le s5tim5t social1 mais les s5tim5ts sociaux1 de mme on devrait dire non pas le s5tim5t religieux1 mais les s5tim5ts religieux4 ,la seconde df9ition propose p> ,s*lei]ma*] p\r le s5tim5t religieux e/ insuffisante et troite4 ,la pit e/ bi5 autre *ose encore qu'un in/9ct de dp5dance2 il y a en elle des lm5ts non seulem5t de cra9te1 mais de reconnaissance1 d'esprance1 de joie1 d'am\r4 ,et ,m4 ,t>de a raison d'affirm] que le s5tim5t religieux1 dans t\tes les religions1 nat de la fusion des motions les plus contraires1 grce une temprature int]ne trs leve1 en une motion c>actri/ique1 mtal complexe1 aira9 de ,cor9! du cur4--,si le s5tim5t religieux e/ une motion complexe et multiple1 la proportion de ses lm5ts diffr5ts e/ lo9 de demeur] con/ante4 ,et y a correspondance troite entre la qualit et la quantit de l'motion et la conception que l'homme se fait de la div9it et des rapports qu'il e/ possible1 dsirable1 obligatoire d'entret5ir avec elle4 ,et l'association troite du s5tim5t religieux avec des notions et des s5tim5ts moraux inf9im5t v>is1 le contraign5t se nuanc] de mille te9tes n\velles1 dont *acune e/ propre un temps1 un pays1 une dogmatique1 une liturgie1 un code et un crmonial p>ticuli]s4 #fj ,m4 ,ribot 7,la psy*ologie des s5tim5ts1 p4 #cjg1 #dba7 e/ime que le s5tim5t religieux e/ un s5tim5t b9aire =m p> la comb9aison d'lm5ts dpressifs 7la peur1 qui va dans le s5s du /rict gsme7 et d'lm5ts expansifs 7l'am\r1 qui va dans le s5s de la dpossession de l'individu74 ,le s5tim5t religieux a db *ronologiquem5t p> la peur laquelle se mlait un am\r embryonnaire4 ,l'volution morale a consi/ dans le dveloppem5t de l'am\r et sa prdom9ance sur la cra9te4 ,avec la rgression du s5tim5t religieux1 l'am\r dim9ue et l'lm5t de la cra9te devi5t exclusif3 le s5tim5t religieux revi5t a9si la peur1 sa =me primitive dans l'volution4--,il y aurait lieu de voir si le dveloppem5t de l'lm5t de l'am\r ne peut pas produire une hyp]trophie 7relative et proportionnelle7 ou une altration de cet lm5t4 #fa ,les maladies du s5tim5t religieux4 ,a9si de t\tes p>ts ressort avec clat cette gr&e loi psy*ologique que la volont1 avec sa rgle rationnelle1 le devoir1 e/ indisp5sable la fondation et au ma9ti5 de la sant religieuse2 que le *rti5 doit savoir se g>d] de pr5dre le plaisir1 mme religieux1 p\r b immdiat et p\r critre2 et que c'e/ seulem5t p> la volont et l'action s\mise au devoir qu'il p\rra acqurir et cons]v] une vie religieuse normale et complte1 o t\tes les p>ties de sa nature demeur]ont h>monieusem5t comb9es et fondues1 et o il se donn]a t\t enti] son ,dieu et ses frres p\r se retr\v] lui-mme agr&i dans ce don4 ,comm5t ne pas aj\t] que l o cette vie religieuse e/ vraim5t ralise dans sa plnitude1 la syn?se psy*ologique idale de t\tes les puissances du moi huma9 se tr\ve p> l-mme tablie8 ,voyez sa9t ,paul4 ,y a-t-il p>mi les a?es1 y a-t-il p>mi les sectateurs des autres religions1 une comb9aison plus ri*e et plus orig9ale de volont =te et indomptable1 de dialectique inv9cible1 de s5tim5t p\ss jusqu'au my/icisme et l'extase1 d'action con/ante et in9t]rompue8 ,voyez surt\t ,jsus4 ,la l\ange ne se *ange-t-elle pas en humble adoration devant cette me sa9te et pure o t\t n'e/ qu'h>monie1 paix1 puissance calme et =te1 beaut1 srnit1 incomp>able matrise du monde et de soi-mme1 intime et con/ante possession de son ,dieu6 ,ecce homo6 ,voil l'homme6 voil le *ef-d'uvre de ,dieu6 voil l'homme p>fait1 dont on peut dire qu'en ralisant la p]fection morale1 il a du mme c\p ralis la p]fection psy*ologique de la nature huma9e p> l'int5sit s\v]a9e comme p> l'quilibre irrpro*able et indfectible de t\s les lm5ts de son tre6 ,je v\s le dem&e1 n'e/-il pas manife/e ici qu'envisage froidem5t1 imp>tialem5t1 la religion se dmontre au psy*ologue comme la puissance suprme de sant et de vie8 ,et n\s avons la joie de p\voir conclure une fois de plus que si la psy*ologie religieuse peut s\lev] telles ou telles difficults1 elle n'en e/ pas mo9s de/9e tre sa faon1 elle aussi1 un pdagogue conduisant ,*ri/1 4 ,a la bi5 pr5dre1 et sans sortir le mo9s du monde de son cadre1 ni se dp>tir de la rigueur de ses m?odes1 la psy*ologie religieuse se trans=me *aque in/ant d'elle-mme en une apologtique vivante et p]suasive de la foi au ,*ri/6 99 99 99 99 99 ,la psy*ologie religieuse1 n\s avons t ins5siblem5t conduit l'indiqu]1 e/ une sci5ce qui non seulem5t r5seigne sur la sant et la maladie religieuses1 mais encore sur l'hygine grce laquelle on peut cons]v] la sant et sur les remdes p> lesquels on peut combattre la maladie4 ,des quelques rflexions si incompltes1 je le s5s1 que je vi5s de prs5t]1 dc\l5t cet g>d d'importantes et de nombreuses leons4 ,p]mettez-moi1 ,messieurs les tudiants1 en m'adressant spcialem5t v\s1 d'en dgag]1 p\r f9ir1 quelques-unes3 ,dans cette ,facult de ?ologie1 ce sont naturellem5t les prils de l'intellig5ce que v\s avez d'abord r$\t]1 si v\s tes ce que v\s devez tre1 j'ent5ds de bons tudiants4 ,les prils de l'intellig5ce1 s\s la =me des objections qui se dress5t devant t\t homme religieux qui veut p5s] sa vie et vivre sa p5se1 au milieu de la mle des discussions et des sy/mes4 ,les prils de l'intellig5ce ensuite et surt\t s\s la =me plus subtile de l'intellig5ce qui s't5d1 dborde et c\rt le risque p> son expansion disproportionne d't\ff] la vie intrieure#fb4 #fb ,le j\rnal ,! ,evangeli/ publiait nagure les lignes suivantes3 ,l'accs une belle biblio?que1 le /imulant f\rni p> les discussions dans les classes ou dans les socits d'tudiants1 p> le comm]ce avec des esprits al]tes et solides1 t\t cela risque de dvelopp] la p>tie intellectuelle de l'individu aux dp5s de la p>tie morale et spirituelle4 ,p\r v\s prs]v] de ces div]s prils1 p\r russir cons]v] la fra*eur et l'int5sit de l'motion religieuse1 n\s ne v\s conseill]ons pas de v\s rfugi] dans l'ignorance1 de faire aussi peu de ?ologie que possible1 ju/e assez p\r les exam5s1 de *oisir un sujet de ?se qui ne t\*e aucune "q vitale1 et de v\s absorb] dans l'activit pratique1 mo9s encore que ce ne soit dans l'inactivit444 ,v\s tes ici1 ,messieurs1 p\r reg>d] en face et le monde et les hommes et v\s-mmes et ,dieu4 ,ouvrez plutt1 ouvrez t\t gr& vos esprits et vos curs1 sans cra9te de la vrit4 ,la cra9te de la vrit1 c'e/ dj du scepticisme1 c'e/ au fond de l'incrdulit6 ,v\lez-v\s que je v\s le dise8 la religion *rti5ne possde assez de s\plesse p\r s'arrang] =t bi5 des vrits acquises de la sci5ce4 ,elle ne s]a jamais en pe9e p\r se df5dre contre la sci5ce relle ou se modifi] de manire rpondre ses lgitimes exig5ces4 ,de mme que la sci5ce peut bi5 dtruire c]ta9es conceptions que les hommes se sont faites et se font sur la nature et l'hi/oire de l'individu huma9 et des socits huma9es1 mais ne saurait supprim] l'individu ni la race1 de mme elle peut bi5 am5] les hommes religieux modifi] leurs ides sur les rapports hi/oriques de l'homme et de ,dieu1 elle ne saurait supprim] ni ,dieu1 ni l'homme ni leurs rapports4 ,il e/ sr que dans un individu t\t affaiblissem5t intellectuel c\rt le risque d'entran] la disp>ition des tats affectifs correspondants4 ,mais ce qui m5ace le plus gravem5t et peut-tre le plus frquemm5t la religion dans une me1 c'e/ l'affaiblissem5t1 je ne dis pas de la j\issance religieuse1 je dis du s5tim5t affectif pr(ond4 ,cultivez donc dans t\s les s5s et dveloppez h>dim5t votre intellig5ce1 ,messieurs1 et ne v\s lassez pas de la fcond] et de l'enri*ir4 ,s\v5ez-v\s seulem5t de l'avis que donnait sa9t ,v9c5t de ,paul ceux qui entrepr5ai5t des tudes ?ologiques4 ,il leur rptait qu' *aque fois que leur ent5dem5t tait clair d'une n\velle connaissance1 il fallait *auff] la volont1 et se s]vir de l'tude comme d'un moy5 p\r s'lev] ,dieu4 ,s\v5ez-v\s de l'exhortation que ,sa9t-,cyran adressait ,arnauld3 ,il faut v\s btir une biblio?que intrieure1 et faire pass] dans votre cur t\te la sci5ce que v\s avez dans la tte1 p\r la faire remont] ensuite et rp&re lorsqu'il plaira ,dieu4 ,s\v5ez-v\s aussi de la p>ole de ,bossuet3 ,malheur la connaissance /rile qui ne se t\rne po9t aim]6 ,s\v5ez-v\s1 enf91 de la recomm&ation de ,g]son3 ,ce que tu dis1 ce que tu ent5ds1 ce que tu p5ses1 fais-le pass] aussitt dans le s5tim5t1 trahe confe/im 9 affectionem4 ,oui1 ,messieurs1 p> une con/ante t5sion morale de votre v\loir1 trans=mez en s5tim5t1 trans=mez en t5dance imman5te et pr(onde de votre tre1 t\tes les connaissances que v\s p\vez acqurir4 ,ce travail n'e/ pas mo9s indisp5sable que l'autre1 si v\s v\lez que vos tudes soi5t p\r v\s autre *ose qu'une prp>ation sci5tifique sans li5 avec la vie4 ,pr5ez so91 aj\t]ai-je1 d'vit] la dissociation t\j\rs m5aante entre l'lm5t individuel et l'lm5t social de la pit4 ,ne ngligez pas la mditation et la prire p\r v\s p>pill] sans mesure dans les nombreuses et excell5tes socits d'activit morale et sociale et *rti5ne qui se sont dveloppes p>mi v\s6 ,ne ngligez p> non plus cette dp5se sa9e1 fconde et ncessaire de vos jeunes n]gies p\r v\s conc5tr] exclusivem5t dans le sil5ce et la retraite6 ,en un mot1 exam9ez soigneusem5t quelle e/ votre t5dance dom9ante af9 de ne pas lui laiss] pr5dre un empire exclusif qui altr]ait et mutil]ait votre foi1 r5\velez sans cesse en v\s un viril ef=t p\r ma9t5ir la conv]g5ce des incl9ations div]ses et ralis] l'unit de votre c>actre en les subordonnant au devoir et la volont de ,dieu4 ,saisissez d'une seule prise la religion1 dans sa plnitude de manire la possd] simultanm5t et h>moniquem5t dans t\s ses aspects1 s\mettez-lui t\tes vos facults et t\tes vos puissances1 livrez-lui votre me et votre vie t\t entires1 soyez des hommes enf91 des hommes complets1 des *rti5s complets1 p\r dev5ir des pa/eurs complets444 ,qui e/ suffisant p\r ces *oses8 dem&ait sa9t ,paul444 ,mais s\s sa plume1 cette int]rogation n'avait ri5 de pessimi/e ni de dc\rag4 ,qui e/ suffisant p\r ces *oses1 p5sait-il1 s9on n\s1 les aptres du ,*ri/1 pntrs de sa grce et dbordants de son ,esprit8 ,v\s de mme1 ,messieurs les tudiants1 si le beso9 de ce qu',adolphe ,monod rclamait p\r sa conv]sion1 si le beso9 d'une influ5ce extrieure1 si le beso9 d'un attrait surnaturel p\r mont] la hauteur de l'idal d'un aptre se fait irrsi/iblem5t s5tir votre s9crit1 allez implor] ,celui qui peut et qui veut bnir4 ,et v\s p]cevrez aussitt la rponse qui ne fait jamais dfaut celui qui prie3 ,ma grce te suffit6 ,t\tes *oses sont possibles ,dieu6