,,dora ,,meleg>i ,,faiseurs ,,de ,,pe9es ,,et ,,faiseurs ,,de ,,joies ,deo fav5te ,,treizi,,me ,,dition ,,p>is ,,librairie ,,fis*ba*] ,,soci,t ,,anonyme #cc1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #cc ,t\s droits rs]vs ,,ouvrages ,,de ,,dora ,,meleg>i ,,ames ,,dormantes #g;e dition1 #a volume 9-#ab #e fr4 ,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise4 ,,faiseurs ,,de ,,pe9es ,,et ,,faiseurs ,,de ,,joies #aa;e dition1 #a volume 9-#ab #f fr4 ,,*]*eurs ,,de ,,s\rces #f;e dition1 #a volume 9-#ab #e fr4 ,,amis ,,et ,,ennemis #a volume 9-#ab #e fr4 ,,romans ,expiation 7sans nom d'auteur74 ,m>! de ,?i5nes 7s\s le pseudonyme de ,=san74 ,les ,inc]titudes de ,livia ,id4 ,dans la vieille rue ,id4 ,la ,du*esse ,ghisla9e ,id4 ,kyrie ,eleison ,id4 ,la petite ,mlle ,*ri/9e 7s\s le nom de l'auteur74 ,les ,mres3 ,cat]9a ,spad>o ,id4 ,les ,mres3 ,mes ,filles ,id4 ,,autres ,,ouvrages ,j\rnal intime de ,b5jam9 ,con/ant1 et lettres sa famille et ses amis1 avec une ,introduction p> ,dora ,meleg>i4 ,lettres intimes de ,joseph ,mazz9i1 avec une ,introduction p> ,dora ,meleg>i4 ,la ,jeune ,italie et la ,jeune ,europe4 ,lettres 9dites de ,joseph ,mazz9i ,l\is-,amde ,meleg>i1 publies p> ,dora ,meleg>i1 #a volume 9-#ab #e fr4 ,,en ,,itali5 ,le tre capitali4--#a;er volume3 ,la citt =te4 ,il sonno delle anime1 #b;e dition4 ,la ,giov9e ,italia e la ,giov9e ,europa1 dal c>teggio in$ito di ,giuseppe ,mazz9i a ,luigi ,am$eo ,meleg>i4 ,artefici di p5e ed ,artefici di gioie1 #b;e dition4 ,aux ,,lecteurs ,d',,ames ,,dormantes ,,pr,,face ,ce livre1 que je ddie aux lecteurs d',ames dormantes1 s'adresse1 comme le prcd5t1 t\s ceux qui *]*5t la ju/ice et v\drai5t tr\v] le bonheur dans l'h>monie de leur tre avec les ralits de la vie et les vrits suprieures4 ,les rflexions qu'il conti5t n'ont po9t le b orgueilleux d'expliqu] le my/re de notre individualit1 ses orig9es et son av5ir1 mais d'tablir une communication m5tale entre ceux qui p>tag5t les mmes esprances4 ,n\s assi/ons1 en ce mom5t1 une dcomposition1 ou plutt une dsagrgation de l'anci5 monde1 de ses murs et de ses pr9cipes4 ,elle s'e/ d'abord prp>e l5tem5t1 puis a progress avec une v]tig9euse rapidit4 ,cep5dant1 les molcules qui composai5t l'difice social sont re/es les mmes1 et si t\t t5d se trans=m]1 ri5 ne s]a dtruit4 ,dans cette recomposition 9vitable1 c]ta9s angles faux1 s\s lesquels tant de *oses tai5t considres1 disp>atront1 et les prjugs tomb]ont comme les feuilles mortes des arbres1 p\r se recon/itu] peut-tre s\s une autre =me4 ,mais1 p5dant quelque temps du mo9s1 on s]a =c de voir plus vrai et plus ju/e1 p>ce que l'horizon de t\s se s]a l>gi4 ,un ard5t admirateur de l',asie a crit que les ,europens1 ne connaissant qu'un demi-hmisphre1 n'avai5t eu jusqu'ici que des demi-p5ses6 ,avons-n\s mme t\j\rs des demi-p5ses8 ,l'vid5ce de ce qu'il y a d'incomplet dans nos p]ceptions crbrales n\s saisit p>fois si =tem5t1 que n\s s5tons notre ignorance avec une d\l\reuse int5sit4 ,mme sur les que/ions les plus simples1 =mules en axiomes p> les gnrations antcd5tes1 le d\te a pntr les esprits s9cres et les consci5ces droites4 ,l'anci5 langage ne n\s cont5te plus2 n\s v\drions des =mes n\velles p\r exprim] les p5ses n\velles en ge/ation dans notre c]veau4 ,et1 n'ayant notre disposition que les vieux mots1 n\s les torturons p\r leur attribu] un s5s qu'ils n'avai5t pas autrefois4 ,le beso9 d'tre db>rass d'une f\le de raisonnem5ts suranns1 de conceptions troites1 d'ides t\tes faites que les gnrations successives se sont transmises1 sans les analys] jamais1 t\rm5te l'homme4 ,mais il cont9ue encore r$ire ma*9alem5t1 d'une voix dc\rage1 o la conviction ne vibre plus1 les phrases que rptai5t ses pres1 et il n'ose pas port] une ma9 suffisamm5t h>die sur les =mules de l'anci5ne psy*ologie p\r les claircir1 les enri*ir et les simplifi]4 ,celle-ci avait une faon dogmatique de divis] les hommes en bons et mauvais1 sages et f\s1 =ts et faibles1 purs et impurs1 a?es et croyants2 elle avait trop de nuances ou trop peu6 ,ne s]ait-il pas plus pratique et plus vrai de les p>tag] dsormais en deux n\velles catgories1 correspondant aux t5dances v]s lesquelles s'ori5te l'av5ir3 ,faiseurs de joies et ,faiseurs de pe9es1 puisque1 *aque j\r davantage1 t\t s]a calcul cette mesure8 ,le *ri/ianisme semble dispos1 t\t le premi]1 rev5ir aux =mules simples et se conc5tr] en deux notions pr9cipales3 celle d'un pre div9 d'o n\s procdons et v]s lequel n\s devons ret\rn]1 et celle de la frat]nit entre les hommes4 ,la pratique de cette frat]nit t5d dev5ir--mille symptmes l'indiqu5t1--la vritable pi]re de t\*e des vies religieuses4 ,du re/e1 la logique l'impose3 refus] de reconnatre ses frres visibles1 quivaut r5i] le pre invisible et commun4 ,sortir de l'impasse e/ impossible4 ,l'poque appro*e o l'homme 7en dehors de t\t p>ti politique ou confessionnel7 appr5dra dire n\s et aura honte d'abus] du monosyllabe moi4 ,dj auj\rd'hui1 lorsque1 dans l'exi/5ce relle ou dans les crations littraires1 une p]sonnalit vivante ou fictive tale pompeusem5t ses motions1 ses dboires1 ses difficults1 comme si son tat p>ticuli] avait p\r l'univ]s une importance capitale1 elle provoque *ez les autres une c]ta9e impati5ce4 ,donn] tant de poids ses s5sations p]sonnelles1 p>at aux esprits mod]nes une faiblesse purile et ils ne s'meuv5t plus1 comme jadis1 aux tri/esses et aux lam5tations des potes4 ,*aque me1 *aque intellig5ce1 *aque consci5ce a en soi1 p\r les spirituali/es du mo9s1 une valeur relle2 dim9u] cette valeur enray]ait1 leurs yeux1 t\t progrs moral4 ,mais les mes1 les intellig5ces1 les consci5ces d'autrui devrai5t avoir p\r *acun le mme prix que la si5ne propre4 ,si l'homme s5tait rellem5t battre dans son cur le cur de l'humanit1 la r\te d'un bonheur relatif s'ouvrirait probablem5t devant lui4 ,jusqu'ici1 il a ttonn dans ses ef=ts v]s le bi51 et il suit encore des s5ti]s obscurs o des cl>ts fugitives p>aiss5t et disp>aiss5t4 ,sa de/9e e/ probablem5t de ne jamais connatre1 sur cette t]re1 la lumire clatante du vrai complet1 mais il e/ c]ta9 qu'il s5t en lui la possibilit d'int5sifi] et d'l>gir sa vie d'une faon illimite1 et d'arriv]1 plus t>d1 au seuil des portes lum9euses1 d]rire lesquelles la vrit rayonne4 ,cette re*]*e ard5te de la signification de notre de/9e ennoblit l'homme1 et si la ?orie de l'immortalit conditionnelle tait ju/e1 ce s]ait sans d\te l un des moy5s de la conqurir4 ,mais il en e/ un autre1 plus simple1 plus la porte de t\s3 celui de ne pas faire s\ffrir et de rp&re la joie aut\r de soi4 ,si cette proccupation dom9ait les mes et les vies1 que de l>mes s]ai5t essuyes1 et que de floraisons n\velles gay]ai5t nos j>d9s6 ,,dora ,,meleg>i4 ,rome1 m>s #aije4 99 99 99 99 99 ,je dem&e d'avance p>don aux lecteurs des quelques rptitions qu'ils tr\v]ont dans ce livre4 ,elles sont 9vitables dans un ouvrage de ce g5re1 les mmes remdes s'appliquant dans l'ordre moral des maux diffr5ts1 et les mmes causes produisant s\v5t des effets dissemblables4 ,,faiseurs ,,de ,,pe9es ,,et ,,faiseurs ,,de ,,joies ,,*apitre ,,premi] ,,faiseurs ,,de ,,pe9es ,tem] si dee di sole quelle cose1 ,c'hanno pot5za di f> altrui male4 ,,dante4 ,la s\ffrance e/ la gr&e ducatrice4 ,sans elle1 l'me huma9e re/]ait un *amp brl1 sec et /rile4 ,le malheur e/ semblable la pluie qui1 pntrant dans les pr(ondeurs de la t]re1 fait g]m] les sem5ces4 ,le bonheur e/ comme le soleil1 il claire1 r*auffe1 et1 s\s son influ5ce1 les arbres et les plantes fleuriss5t4 ,l'homme a donc beso9 de l'un et de l'autre4 ,si la flicit con/ante ret>de son volution1 la cont9uit de la d\leur a p\r effet c]ta9 de le dprim] jusqu' le r5dre incomplet1 incapable de produire des fleurs odorantes et des fruits sav\reux3 lui aussi1 il faut des saisons de joie p\r s'pan\ir et rayonn]4 ,mais comm5t arriv] ce ju/e quilibre1 comm5t disp5s] en p>ts gales les s\rires et les l>mes1 di/ribu] *acun la dose qui lui convi5t des deux lm5ts8 ,cette rp>tition1 quels que puiss5t tre dans l'av5ir les progrs de la sci5ce et les p]fectionnem5ts sociaux1 e/ et re/]a impossible4 ,le gr& di/ributeur des bi5s et des maux en f]a t\j\rs sa guise4 ,l'homme1 cep5dant1 p\rrait vit] p>tiellem5t la s\ffrance1 d'abord en appr5ant se bi5 aim]#a1 ce qui c>t]ait de sa vie les *agr9s inutiles1 et1 ensuite1 en s'imposant le devoir d'tre aussi peu que possible1 p\r autrui1 un faiseur de pe9es4 #a ,voir le *apitre3 ,le faux am\r de soi1 dans ,ames dormantes4 ,auj\rd'hui1 lorsque n\s s\ffrons de l'inju/ice1 de la mauvaise foi1 de l'intolrance1 de la jal\sie1 de la m*ancet de notre pro*a91 n\s ne p\vons plus accept] ses c\ps d'e/oc et de taille comme des preuves v5ant directem5t de ,dieu1 p\r n\s punir de nos manquem5ts et de nos erreurs4 ,cette conception moy5ageuse a cess de correspondre la m5talit mod]ne2 n\s savons que les blessures p> lesquelles notre sang c\le sont simplem5t le rsultat des int5tions v5imeuses du cur d'autrui4 ,or1 e/-il ncessaire que ce cur soit rempli de s5tim5ts ho/iles1 d'envies de nuire et de dsirs inju/es8 ,si l'homme se r5dait compte du mal qu'il cause1 peut-tre appr5drait-il se contrl] davantage et rfl*ir aux responsabilits qu'il assume en cdant ses impulsions malfaisantes4 ,mais dev5ir consci5t du rsultat de ses actes indique dj la possession d'une consci5ce relativem5t active4 ,or1 il y a une f\le de p]sonnes qui ont t\ff la leur--si elle a jamais fonctionn--et p\r lesquelles savoir qu'elles donn5t du *agr9 quivaut les p\ss] en donn] davantage4 ,elles sont1 en t\s cas1 absolum5t indiffr5tes aux pe9es qu'elles caus5t4 ,faire s\ffrir leur semble une preuve de puissance4 ,dans leurs yeux--ce sont mme s\v5t de beaux yeux--pass5t des lueurs malignes1 et l'on voit la po9te de leurs doigts s'enfonc] dans la paume de leur ma9 comme dans le c\ d'une victime qu'on trangle4 ,le raisonnem5t ni la piti ne peuv5t ri5 sur ces curs4 ,p\r les att5drir1 il faudrait de bi5 autres b\lev]sem5ts1 et la rflexion ne les amn]a jamais une vue nette de leurs responsabilits4 ,ce n'e/ pas p\r eux que j'cris ces pages1 mais p\r ceux qui1 t\t en faisant s\ffrir1 p>fois jusqu' la cruaut1 ont cep5dant dans leurs mes de vagues aspirations de bont1 de ju/ice1 de droiture444 99 99 99 99 99 ,t\s nos *agr9s n\s vi5n5t des autres4 ,cette affirmation pessimi/e d'un homme auquel la vie n'avait plus ri5 appr5dre1 r5f]me une "p de vrit1 mais1 p\r la r5dre complte1 il faudrait aj\t]3 et t\tes nos joies en driv5t4 ,en effet1 les esprits capables de s5tir la beaut et le *>me de la solitude sont r>es4 ,les mots3 ,beata solitudo1 sola beatitudo sont compris de peu d'mes1 et mme celles qui ont le plus beso9 de sil5ce1 qui ne saurai5t vivre sans des heures de mditation1 ne peuv5t support] un trop long isolem5t4 ,ri5 de gr& ne se fait sans la solitude1 disait ,lacordaire2 mais les heures o l'on essaye de faire gr& sont r>es et c\rtes1 et il y a des curs qui n'y aspir5t jamais4 ,du re/e1 quelles que soi5t les t5dances intrieures de l'esprit1 la plus gr&e p>tie de l'exi/5ce des individus normaux s'c\le en contact avec les autres hommes4 ,n\s avons beso9 les uns des autres1 et sommes1 p> consqu5t1 les uns p\r les autres1 des s\rces con/antes de pe9es ou de joies4 ,les tres absolum5t indp5dants1 qui n'app>ti5n5t aucune communaut1 qui ont sec\ le j\g de la famille1 se tr\v5t1 eux aussi1 sauf quelques cas de misan?ropie acc5tue1 dans les mmes conditions4 ,il faut tre arriv un haut degr d'volution et se tr\v] en communion intime et p]man5te avec ,dieu et les amis invisibles1 p\r ne plus s\ffrir des v>iations d'humeur des autres hommes1 p\r support] avec srnit et indulg5ce leurs torts et leurs dfauts4 ,mais ce sont l des situations m5tales =t r>es et la plup>t des tres se repli5t d\l\reusem5t aux contacts dsagrables et s'pan\iss5t aux contacts affectueux1 enc\rageants et d\x444 ,aussi1 en rfl*issant ce que l'on peut p\r ou contre le bonheur d'autrui1 on se s5t cras et l'me se met trembl]4 ,si n\s p\vions procd] un m9utieux exam5 rtrospectif de t\tes les phases de notre exi/5ce passe1 de nos d\leurs et de nos joies1 des pas en avant et des pas en arrire qui ont avanc ou ret>d notre m>*e1 et des t5dances imprvues qui1 p5dant une c\rte dure1 ont sembl s'veill] en n\s2 si n\s n\s rappelions les arrts et les progrs subits de notre dveloppem5t intellectuel et moral1 les j\rs de c\rage et les j\rs de dc\ragem5t qui se sont succd sans cause app>5te et ont1 t\r t\r1 lev ou abaiss la temprature de notre vie intrieure1 n\s n\s r5drions compte de l'influ5ce que les p5ses et les p>oles de notre pro*a9 ont eue sur les oscillations de notre tre4 ,les hommes subiss5t l'impulsion de =ces div]ses d'action et de raction3 celles des puissances invisibles1 celles de leur propre ego1 celles des exi/5ces antcd5tes qu'ils ont peut-tre vcues1 celles de l'atavisme et celles enf9 de leur pro*a94 ,ces d]nires sont les plus facilem5t ralisables et analysables4 ,p>5ts1 in/ituteurs1 amis1 indiffr5ts1 t\s ont une "p dans nos plaisirs et nos tri/esses4 ,les premi]s dirig5t nos vies2 les seconds1 nos p5ses1 p> les livres qu'ils n\s font lire2 les troisimes notre s5tim5talit2 les d]ni]s reprs5t5t l'op9ion publique qui ex]ce galem5t une action considrable sur notre ori5tation morale4 ,du j\r de sa naissance au j\r de sa mort1 l'homme e/ donc la proie des autres4 ,si le c]cle des influ5ces qu'il subit e/ re/re9t1 elles n'en sont que plus pr(ondes et actives4 ,s'il e/ plus t5du1 elles sont indirectes1 complexes et mo9s reconnaissables1 mais t\t aussi relles4 ,dans la =mation de notre esprit et les vicissitudes de notre vie1 la "p des autres e/ imm5se1 sans que n\s n\s en r5dions nettem5t compte4 ,ceux qui *app5t la dom9ation de leur ent\rage subiss5t l'influ5ce du pro*a9 p> les c\rants de la p5se gnrale1 auxquels nul ne peut se s\/raire compltem5t4 ,les plus f>\*es df5seurs de leur indp5dance dp5d5t1 eux aussi1 d'autrui1 p\r c]ta9s de leurs plaisirs et de leurs *agr9s1 mo9s qu'ils n'ai5t russi supprim] dans leur tre t\te s5tim5talit et t\te s5sualit4 ,l'affirmation de ce que les autres peuv5t p\r ou contre n\s e/ indniable1 et p\rtant la proposition contraire e/ vraie galem5t3 le bonheur et le malheur de l'homme rsid5t surt\t en lui-mme4 ,et cela1 non seulem5t en raison des satisfactions que lui donn5t la ri*esse ou la pauvret de sa vie intrieure et ses communications avec le div91 mais p>ce qu'il peut appr5dre1 p> la culture d'une c]ta9e philosophie1 j\ir des rayons de *aleur qu'irradie la sympa?ie huma9e et oppos] aux v5ts glacs de l'ho/ilit une cuirasse d'indulg5ce1 de pati5ce et de froideur4 ,au contraire1 s'il se laisse all] au pessimisme et la viol5ce de ses impressions1 il contribue augm5t]1 jusqu' l'invraisemblable1 la somme de s\ffrances que lui cause autrui4 ,en rsum1 l'homme e/ en gr&e p>tie l'artisan de sa propre de/9e1 mais cep5dant l'influ5ce du pro*a9 sur son bonheur1 son malheur et l'ori5tation morale de sa vie e/ imm5se et dcisive4 ,il croit y *app] en s'enf]mant avec ses livres et ses s\v5irs4 ,mais que sont les livres8 ,les p5ses des autres4 ,que sont les s\v5irs8 ,le rappel des j\rs passs avec les autres1 des pe9es et des satisfactions qu'ils n\s ont donnes4 ,l'homme ne p\rra donc assur] ses joies possibles et *app] aux d\leurs inutiles qu'en modifiant ses rapports avec ses semblables4 99 99 99 99 99 ,quelles que soi5t les amliorations qu'il e/ possible d'espr] dans les relations des hommes entre eux1 il y a videmm5t des sries de d\leurs auxquelles l'tre huma9 ne p\rra jamais *app]3 la pauvret1 la maladie1 la mort6 ,s\v5t les uns et les autres sont provoqus ou prcipits p> les ef=ts d'autrui4 ,il e/ c]ta91 cep5dant1 qu'indp5damm5t des mauvaises volonts huma9es1 l'homme e/ de/9 s\ffrir et voir s\ffrir1 m\rir et voir m\rir1 ce qui suffit r5dre sa de/9e tragique4 ,le /ocisme ou la rsignation peuv5t lui appr5dre s\ffrir avec f]met1 sans se pla9dre2 mais voir s\ffrir ceux qu'il aime1 ri5 ne p\rra lui enseign] le support] sans un intolrable d*irem5t d'me4 ,il e/ presque plus facile de voir m\rir4 ,sans arriv] accueillir la mort des si5s avec des manife/ations de joie1 comme le faisai5t1 p>at-il1 les anci5s gypti5s1 les curs trs pieux tr\v5t dans la conviction pr(onde du revoir c]ta9 et de l'entre des disp>us dans la vie bi5heureuse1 une consolation la sp>ation mom5tane4 ,p\r eux les morts ne sont pas des abs5ts1 ils sont des invisibles4 ,aucune esprance ne vi5t p> contre ad\cir l'angoisse cause p> la s\ffrance des vivants que n\s aimons2 elle broie le cur1 et le plus f]me esprit ne p>vi5t pas l't\ff]4 ,tant qu'il s'agit de lutt]1 de disput] la pauvret1 l'insuccs1 la maladie1 des tres *]s1 avec l'espoir de russir1 une =ce s\ti5t2 mais devant l'irrmdiable1 la liqueur amre se boit jusqu' la lie et une intolrable s5sation d'impuissance torture l'me4 ,les curs vaillants p>vi5n5t oppos] le /ocisme leurs s\ffrances p]sonnelles1 mais ils ne les s5t5t que davantage peut-tre1 c> la d\leur qui ne s'extriorise pas1 creuse en pr(ondeur4 ,t\s d'ailleurs ne sont pas des curs vaillants2 ceux-ci mme sont trs r>es4 ,la seule ide de la maladie t]rorise c]ta9es mes1 et elles ne voi5t dans la mort que la re9e des p\vantem5ts4 ,ces mes tremblantes n'hsit5t p\rtant pas caus] des tres de/9s1 eux aussi1 la s\ffrance1 la maladie1 la disp>ition1 un surcrot de *agr9s dprimants1 rongeants1 inutiles444 ,il y a quelque *ose la fois de tragique et de puril dans les pe9es que n\s n\s infligeons les uns aux autres1 sa*ant que n\s sommes t\s des condamns mort qui ne peuv5t tre srs du l5dema94 ,vivre p\r soi1 ne pas compt] sur les autres1 se r5f]m] dans les satisfactions g/es1 reprs5te p\r beauc\p d'esprits la suprme sagesse4 ,ils se croi5t indp5dants1 et ils sont d'autant plus esclaves2 c>1 mme p\r les plus p]sonnels et matriels plaisirs1 le conc\rs d'autrui e/ indisp5sable1 s\s quelque =me que ce soit4 ,les joies de l'ambition satisfaite dp5d5t de l'admiration des autres2 celles de l'am\r1 de la t5dresse ou de la complaisance des autres2 celles du con=t1 de l'intellig5te organisation du travail des autres1 et a9si de suite1 indf9im5t4 ,n\s ne p\vons *app] ces contacts et cette dp5dance4 ,ceci tabli et con/at1 les ducateurs intellig5ts devrai5t se proccup] de dim9u] les s\ffrances huma9es1 en veillant les consci5ces sur ce po9t spcial1 en =ant l'homme reconnatre l'norme responsabilit qui lui incombe dans les pe9es qui attri/5t le monde4 ,le j\r doit arriv] o t\t tre s9cre et non m*ant apport]a le mme so9 ne pas tre un faiseur de pe9es qu' ne pas commettre une action reconnue malhonnte ou violemm5t cruelle4 ,la proccupation de ne pas aggrav] les malheurs d'autrui se borne =cm5t l'ent\rage direct2 l'homme ne peut envisag] beauc\p au del la rp]cussion de ses actions4 ,cep5dant1 le mo9dre m\vem5t accompli ayant une influ5ce indirecte et indt]m9e sur le m\vem5t gnral1 le bi5 qu'on fait quelqu'un peut avoir p\r rsultat le malheur d'un inconnu4 ,c'e/ p\rquoi ,r5an raconte1 dans ses ,s\v5irs1 qu'il tait arriv la dt]m9ation de ne jamais recomm&] p]sonne1 de cra9te de commettre une inju/ice4 ,mais en p\ssant cette ?orie l'extrme1 on arrive au plus effroyable gsme1 sans rtablir le rgne de l'quit4 ,l'homme e/1 auj\rd'hui encore1 un tre extrmem5t limit1 et peut-tre le re/]a-t-il t\j\rs2 la sphre o il agit directem5t e/ =t re/re9te4 ,sa p5se seule peut dpass] les bornes de l'horizon que ses yeux p]oiv5t1 et se rp&re au lo94 ,mais1 pratiquem5t1 il n'a gure p\r pro*a9s que ceux dont la vie se mlange la si5ne p> la famille1 p> l'amiti1 p> les intrts communs4 ,s'il se donnait comme devoir1--sans se ds9tress] des gr&es proccupations huma9es1--de ne pas r5dre malheureuses1 p> sa faute1 les exi/5ces qui dp5d5t de lui1 un pas imm5se s]ait fait1 et une bonne p>tie des pe9es s\s lesquelles succomb5t les habitants de la t]re1 s'allg]ait m]veilleusem5t4 ,mais comm5t am5] les hommes cette rsolution1 ceux surt\t dont l'ducation n'e/ plus refaire et qui ont vcu jusqu'ici p>faitem5t ins\ciants des consqu5ces de leur c>actre et de leurs faons d'agir8 ,la plup>t mme n'ont jamais p5s aux dommages qu'ils ont causs4 ,quelques r>es mes dlicates et s5sibles s5t5t seules le scrupule d'avoir afflig1 dc\rag1 froiss444 ,les autres f\l5t d'un pi$ paisible les petites fleurs qui croiss5t sur le s5ti] o elles m>*5t2 leurs ma9s brutales corn5t et bris5t ce qui passe leur porte1 et elles c>t5t avec une ddaigneuse indiffr5ce les ob/acles qui les gn5t4 ,les viol5ts1 les maussades1 les inju/es1 les jal\x tortur5t la vie des autres1 sans presque en avoir consci5ce1 tellem5t il e/ admis que l'on peut avoir un dte/able c>actre sans risqu] la mse/ime4 ,or1 c'e/ l le po9t sur lequel la m5talit huma9e doit se trans=m]4 ,les dfauts de c>actre mrit5t d'tre considrs comme des t>es morales1 et jugs comme tels4 ,l'op9ion publique e/ seule capable de produire ce m\vem5t de p5se2 l'ess5tiel e/ d'tablir un c\rant1 p\r faible qu'il soit2 il s'l>gira ensuite et dom9]a les esprits4 ,lorsqu'il s]a admis que t\rm5t] son pro*a9 quivaut le dp\ill] de sa b\rse1 les g5s ne l*]ont plus aussi facilem5t la bride leurs t5dances irritables1 imprieuses1 intolrantes et inju/es4 ,c]ta9s tres s'arrog5t le monopole de cette lic5ce et en tir5t mme une sorte d'orgueil trange qu'ils dcor5t du nom de c\rage ou de fran*ise1 et peut-tre sont-ils de bonne foi6 ,mais cette bonne foi e/ base sur une telle erreur de jugem5t1 qu'on ne peut en t5ir compte4 ,la =mation d'une op9ion publique sur cette matire e/ donc le seul remde aux maux v>is que les hommes se caus5t entre eux4 ,il e/ ncessaire d'tablir des c\rants de p5se en ce s5s1 et t\s doiv5t s'y essay]4 ,l'analyse des s5tim5ts et des mobiles qui p\ss5t les g5s se t\rm5t] les uns les autres e/ le premi] pas faire dans cette voie2 le second e/ de leur ouvrir les yeux sur les consqu5ces1 s\v5t dsa/reuses1 de leurs actes et de leurs p>oles4 ,il faut1 en somme1 que l'tre huma9 devi5ne consci5t1 l'inconsci5ce tant le gr& ob/acle son volution4 99 99 99 99 99 ,mais1 dira-t-on1 il e/ p>fois utile de faire s\ffrir p\r =m] les c>actres4 ,en vitant t\j\rs de caus] de la pe9e autrui1 on risque de p]dre t\te influ5ce moralisatrice1 de provoqu] un amollissem5t gnral des facults1 et surt\t des facults de raction si ncessaires la sant physique1 intellectuelle et morale des individus4 ,la s\ffrance e/ bonne444 ,p\r ce qui e/ du d]ni] argum5t on peut se tranquillis]1 la s\ffrance ne manqu]a jamais1 la ,provid5ce ou la de/9e se *>geant t\j\rs de n\s la faire connatre4 ,mais la premire p>tie de l'objection e/ ju/e3 il faut savoir1 dans l'ducation1 t\*] et bless] c]ta9s s5tim5ts1 les faire saign] mme1 et virilis] les c>actres en leur imposant l'ef=t1 le r5oncem5t1 le travail1 t\tes *oses qui1 au mom5t mme1 ressembl5t trangem5t des pe9es4 ,les enfants ont ce sujet des p]ceptions tonnamm5t ju/es4 ,ils prfr5t presque t\j\rs les p>5ts svres ceux qui ne le sont pas1 p\rvu qu'ils dc\vr5t1 s\s leur rigueur app>5te1 un esprit de ju/ice et de bont4 videmm5t un pre1 une mre qui1 p\r vit] une contr>it leurs enfants1 leur p]mett5t de se lev] t>d1 de nglig] leurs tudes et de consacr] leurs =ces au plaisir1 sont leurs pires ennemis4 ,p> une indulg5ce purile et une faiblesse in9tellig5te1 ils risqu5t d'endommag] l'av5ir de leurs fils et de leurs filles de faon irrmdiable2 ils mrit5t donc d'tre placs p>mi les pires faiseurs de pe9es4 ,mais t\t raisonnem5t suppose une intellig5ce capable de le compr5dre4 ,la vrit la plus vid5te1 sottem5t applique1 peut avoir des rsultats pires que le m5songe4 ,a9si la n\rriture e/ indisp5sable la vie1 l'air1 au fonctionnem5t des p\mons2 mais gav] un enfant d'alim5ts1 ou l'expos] un v5t du nord glac1 p5dant des heures entires1 e/ atte9dre un b contraire celui que l'on se propose4 ,il en e/ a9si de la trop gr&e complaisance4 ,v\loir c>t] de ceux qu'on aime les difficults va9cre et les occasions d'ef=t1 e/ le plus mauvais s]vice leur r5dre1 surt\t s'il s'agit d'enfants et de jeunes g5s4 ,il faut1 au contraire1 inv5t] les ob/acles1 si les conditions de la vie n'en f\rniss5t pas4 ,telle p>ole incisive1 tel blme svre sont comme le sel qu'on mle aux alim5ts2 ils s]v5t de /imulant4 ,ne pas savoir1 l'occasion1 caus] volontairem5t un mom5t de pe9e1 s]ait mal aim] ou montr] une dplorable abs5ce de comprh5sion4 ,mais entre une critique mrite1 de/9e produire un effet salutaire1 et des p>oles malignes1 reflet de s5tim5ts inju/es1 jal\x1 ou pis encore1 aucune comp>aison ne peut s'tablir4 ,la premire e/ semblable au remde qui gurit1 mme si le gt en e/ cre2 les secondes sont des liqueurs qui empoisonn5t4 ,on object]a encore que telles p]sonnes1 capables de =mul] les plus dures vrits1 ont t des sonneurs de clo*es efficaces4 ,que d'mes rveilles p> ces langues ac]bes6 ,jamais un d\x b]g] n'aurait eu cette influ5ce4 ,c'e/ qu'il y avait en ces hommes1 aux p>oles brusques et svres1 l't(fe d'un aptre1 et qu'ils s'exprimai5t en mots c+lants1 emports p> leurs convictions et non p> un esprit de m*ancet1 d'intolrance ou d'inju/ice4 ,il e/ c]ta91 du re/e1 que leur influ5ce dp5dait de la valeur et de la =ce de leur c>actre et non des =mes brusques et dures dont ils enveloppai5t leurs enseignem5ts et leurs blmes4 ,avec plus de d\ceur et d'indulg5ce1 le mme effet aurait t produit1 peut-tre mme un effet meilleur4 ,en quelques cas1 en c]ta9es circon/ances1 avec les natures molles et l?>giques1 il e/ possible que la viol5ce soit ncessaire p\r veill] les consci5ces4 ,elles ont beso9 de l'effet physique produit p> la voix irrite1 les p>oles rudes et les manires brutales4 ,le fait se vrifie surt\t avec les enfants4 ,plus t>d1 l'esprit critique s'tant dvelopp *ez l'individu1 la b\rs\flure dans les repro*es en dtruit l'efficacit4 ,de t\tes faons1 une dm>cation nette doit tre tablie1 ds le db1 entre les faiseurs de pe9e p> altruisme et consci5ce et les faiseurs de pe9e p> gsme et inconsci5ce4 ,les premi]s sav5t ce qu'ils font1 mme s'ils se tromp5t dans la =me qu'ils emploi5t2 les seconds sont semblables des aveugles1 qui mett5t le feu p>t\t o ils pass5t1 sans disc]n] les dsa/res dont ils sont cause4 ,ces crim9els sans le savoir sont les plus pla9dre des hommes1 c> ils risqu5t de se tr\v] devant l'irrp>able1 le j\r o ils ouvriront les yeux la vue nette des responsabilits qu'ils ont enc\rues4 ,,*apitre ,,ii ,,crim9els ,,inconsci5ts ,srem5t si les cratures vivantes p\vai5t voir les consqu5ces de t\tes leurs mauvaises actions444 elles s'en dt\rn]ai5t avec horreur4 ,,imitation ,,de ,,b\dha4 ,erne/ ,r5an s'exprimait peu prs en ces t]mes1 en p>lant de l'ducation religieuse3 ,nos enfants ont t levs s\s l'influ5ce de l'ombre du *ri/ianisme1 mais qu'en s]a-t-il de nos petits-enfants8 ,ils n'auront plus que l'ombre d'une ombre3 or1 c'e/ bi5 m9ce6 ,n\s en sommes ma9t5ant cette ombre d'une ombre1 et c'e/ bi5 m9ce1 en effet6 ,cep5dant1 dans c]ta9es classes sociales1 l'in/ruction religieuse se donne encore p> conviction ou p> conv5ance1 et l'on enseigne le dcalogue aux jeunes g5s et aux enfants4 ,mais la plup>t sont disposs p5s]1 comme d'ailleurs le faisai5t leurs pres1 qu'une p>tie des dix comm&em5ts ne les reg>de po9t1 ceux surt\t qui df5d5t le vol et le meurtre4 ,les p]sonnes qui les in/ruis5t les =c5t s'y arrt]1 leur dmontrant qu'on peut vol] son pro*a9 sans lui drob] app>emm5t aucun objet matriel1 en dim9uant inju/em5t sa rputation1 en dnigrant ses capacits1 en lui faisant p]dre du temps lorsqu'il vit de son travail1 en ret>dant les payem5ts qui lui sont dus1 en essayant d'obt5ir des rabais exagrs sur le prix des objets qu'on lui a*te4 ,les exemples peuv5t se multipli] l'inf9i1 et t\s reprs5t5t des vols1 inconsci5ts peut-tre1 mais non mo9s rels et p]nicieux dans leurs effets4 ,qu& il s'agit du3 ,tu ne tu]as po9t1 les in/ructeurs sont plus emb>rasss et mo9s clairs4 ,t\te p5se de ha9e1 dis5t-ils1 impliquant le dsir de la disp>ition de l'ennemi ou du gneur qui encombre notre r\te1 peut tre assimile l'homicide4 ,mais si l'on tue plus s\v5t p> la p5se que p> le poign>d ou l'arme feu1 ces lans meurtri]s sont t\tefois assez r>es1 et s'ils rvl5t des curs viol5ts1 rancuni]s1 intresss1 ils sont du mo9s nuls dans leurs effets1 c> ceux que l'on occit en esprance sont d'ord9aire les plus rebelles quitt] le monde d'o l'on v\drait les exclure4 ,des faons de tu] bi5 autrem5t relles et sres peuv5t tre cites3 un fils qui tri*e au jeu1 une fille qui se d%onore1 amn5t ou prcipit5t la mort de leurs p>5ts4 ,c]ta9es cruelles trahisons d'am\r ont p>fois aussi le mme rsultat4 ,l'associ infidle qui ru9e l'ami confiant e/ s\v5t la cause directe de la maladie qui emporte celui-ci4 numr] les occasions tragiques o l'homme e/ responsable d'avoir abrg les j\rs de son semblable s]ait trop long4 ,les cas extrmes que je vi5s de cit] sont r>es cep5dant4 ,la plup>t des g5s honntes ou appels tels n'ont ni d%onneur1 ni trahison1 ni ru9es se repro*]4 ,ils vont de l'avant dans la vie1 la consci5ce s]e9e1 c]ta9s de n'avoir pas manqu au sixime comm&em5t et1 si on le prononce devant eux1 ils relv5t v]tueusem5t le front4 ,cet ordre1 qu'ils n'ont jamais enfre9t1 ne les reg>de pas2 il s'adresse ceux que la police traque ou que les prisons abrit5t4 ,cette p>faite tranquillit d'esprit e/-elle ju/ifie8 ,sommes-n\s rellem5t c]ta9s que ces p>oles ne n\s reg>d5t pas et que1 s'adressant un peuple enti]1 ,mose1 s\s l'inspiration div9e1 ait prononc des p>oles inapplicables la plup>t des hommes8 ,il e/ probable1 au contraire1 que les ordres donns l'tai5t p\r t\s1 s'adossai5t t\s1 correspondai5t des t5tations et des possibilits communes t\s4 ,il y a dans la vie huma9e1 comme je l'ai dit dj#b1 un ct grave dont on a r>em5t consci5ce4 ,si l'on s'en r5dait nettem5t compte1 l'ori5tation de l'exi/5ce s]ait diffr5te4 ,j'ent5ds p>l] de la porte qu'ont les actes1 les p>oles et1 qui sait8 mme les p5ses p]sonnelles4 ,n'e/-il pas effrayant que t\t ce que n\s disons ou faisons ait une rp]cussion immdiate qui influe sur notre propre de/9e et sur celle d'autrui8 ,c'e/ dans le fait de cette rp]cussion qu'il faut *]*] en quoi le sixime comm&em5t reg>de t\s les hommes1 et p\rquoi ils sont dans l'erreur en v\lant l'appliqu] une seule catgorie d'individus4 #b ,voir le *apitre3 ,faiseurs de pe9es4 99 99 99 99 99 ,quelle que soit la =me des doctr9es religieuses1 philosophiques ou positivi/es qui g\v]n5t les vies1 c]ta9es notions sont communes t\s les hommes4 ,la nature1 l'hrdit et l'influ5ce des milieux sont la cause de ces analogies4 ,en t\t cas l'on peut affirm] que t\s les tres crs s\ffr5t des mmes pe9es4 ,quelquefois leurs joies sont div]ses1 mais la d\leur les assimile les uns aux autres4 ,comme la mort1 elle e/ le gr& niveleur1 et la g>de qui veille aux b>rires du ,l\vre n'en df5d pas nos rois4 ,la mme qualit de l>mes r\git les yeux des misrables et des puissants1 et leurs curs se s]r5t de la mme faon1 s\s l'tre9te de la s\ffrance4 ,n\s p\vons donc t\s mesur] ce qu'elle reprs5te p\r autrui1 et n\s r5dre compte des ravages qu'elle produit dans l'organisme physique4 ,si rellem5t l'on doit tr\v] dans l'au-del un rgne de ju/ice o t\tes les actions secrtes des hommes et t\s les effets de ces actions s]ont pess une ju/e balance1 il y aura de s+ulires surprises4 ,p>mi les meurtri]s que ,dante a placs dans le septime c]cle de l'enf]1 au milieu d'une rivire de sang b\illant3 ,lungo la proda del bollo v]miglio ove i bolliti faceano alte /rida1 n\s v]rons peut-tre surgir des figures que n\s n'aurions jamais suppos devoir faire p>tie de la s9i/re cohorte4 ,et si le gr& pote dem&ait ent5dre le rcit de leurs fautes1 ces damns ne p\rrai5t plaid] ni la passion folle1 ni la jal\sie aveuglante1 ni l'ambition effrne1 c> c'e/ inconsciemm5t qu'ils ont t assass9s4 ,mais jusqu' quel po9t l'homme de notre poque a-t-il le droit de se dcl>] inconsci5t1 de plaid] l'ignorance et de dcl9] les responsabilits qui lui incomb5t8 ,son premi] devoir d'tre civilis n'e/-il pas ju/em5t de savoir ce qu'il fait1 d'tre consci5t de ses actes et de leurs consqu5ces8 ,il y a videmm5t des pe9es involontaires dont nul n'e/ responsable et des pe9es salutaires#c qui sont un devoir4 ,cep5dant qui de n\s e/ c]ta9 de n'avoir jamais fait s\ffrir sciemm5t et inutilem5t les tres dont l'exi/5ce se tr\ve mlange la ntre1 et d'avoir a9si abrg des vies8 ,en c]ta9s cas1 ces pe9es fur5t passagres1 et le rep5tir de ceux qui les provoqur5t en a effac la trace et le s\v5ir4 ,mais il y a des individualits qui s'arrog5t le droit1 avec suite et p]svrance1 de caus] les pires s\ffrances ceux qui ne leur ont po9t fait de mal4 ,sans p>l] du d%onneur1 de la ru9e et des cata/rophes innombrables que c]ta9es cratures malfaisantes provoqu5t aut\r d'elles1 il y a des =mes inf9ies de *agr9s usants que les hommes se donn5t les uns aux autres1 sans mme avoir p\r excuse la loi de la cons]vation1 cette loi infrieure et cruelle1 d]rire laquelle s'abrit5t les gsmes effrns4 ,on peut ram5]1 il me semble1 la plus gr&e p>tie de ces pe9es inutiles la =mation incomplte des c>actres et l'habitude de ne pas t5ir compte des impressions que nos actes et nos p>oles produis5t sur les s5tim5ts d'autrui4 #c ,voir le *apitre3 ,faiseurs de pe9es4 99 99 99 99 99 ,l'augm5tation croissante des suicides e/ un fait indniable et gnral4 ,les causes qui les provoqu5t1--sauf dans les cas passionnels1--ne sont plus t\t fait les mmes qu'autrefois4 ,a9si les suicides p\r *app] au d%onneur ont dim9u1 et ceux p\r *app] la maladie et la misre ont qu9tupl au mo9s4 ,le phnomne s'explique aism5t4 ,le mot honneur e/ compos des mmes lettres1 mais sa signification a v>i1 et ses limites se sont tonnamm5t l>gies2 ce n'e/ plus l'le esc>pe et sans bord o nul ne p\vait r5tr] qu& il l'avait quitte1 c'e/ une pla9e qui s't5d l'inf9i et dont on ne disc]ne plus nettem5t les bornes4 ,p> consqu5t1 la cra9te d'en tre expuls a cess peu prs d'inquit] les consci5ces4 ,d'autre "p1 la rsignation tant dsormais considre p> les coles mod]nes comme la v]tu des faibles et des incapables1 la plup>t des g5s ont honte de la pratiqu]4 ,et lorsque les nuages s'amoncell5t1 ils s'enfui5t de la pauvret et de la s\ffrance1 en se jetant dans la mort4 ,ceux qui ont dsappris aux mes la beaut et la gr&eur de la pati5ce aurai5t d prvoir ce que cette doctr9e provoqu]ait de dsesprance *ez les malheureux1 dsesprance que les meilleures lois sociales ne guriront pas1 c> les s\ffrances physiques et morales *app]ont t\j\rs leur contrle4 ,peut-tre ces contempteurs de la rsignation ont-ils1 au contraire1 prvu le rsultat de leurs leons et e/im5t-ils que les tres inutiles la socit font bi5 de se supprim]8 ,en ce cas ils ne mrit]ont pas une accusation de lgret4 ,il faut mme reconnatre qu'ils n'ont pas travaill en va9 et que leur influ5ce sur les mes a t relle4 ,la responsabilit d'une autre catgorie de suicides1 assez frqu5te de nos j\rs1 et qui a p\r cause les *agr9s dome/iques1 peut en p>tie leur tre attribue galem5t4 ,les trahisons conjugales ne se ca*5t pas s\s cette dnom9ation 7ayant leur rubrique spciale72 il s'agit simplem5t des tortures que les membres d'une mme famille s'impos5t les uns aux autres et qui1 p>fois1 produis5t des exasprations telles1 que les victimes de ces misres prfr5t en f9ir avec la vie plutt que de cont9u] les support]4 ,le dda9 ouv]tem5t exprim p\r la pati5ce et la rsignation contribue1 c]tes1 ces accid5ts1 mais d'autres facteurs entr5t galem5t en jeu1 et ce sont le manque de contrle sur soi-mme et l'irascibilit qu'on ose auj\rd'hui tal] impudemm5t en les dcorant du nom de n]vosit3 ,dans ma jeunesse1 la neura/hnie s'appelait mauvais c>actre1 disait une femme au franc p>l]4 videmm5t elle avait le tort de trop gnralis]1 mais un fond de vrit ornait ses p>oles4 ,que de *oses appeles honteuses autrefois et que1 s\s le nom de n]fs1 on se p>donne auj\rd'hui avec une aisance tonnante4 ,accus] quelqu'un d'impati5ce1 d'irritabilit1 d'inju/ice et mme de mauvaise foi n'e/ plus une injure3 ,ce sont les n]fs1 rpond-on1 et ce mot magique explique et excuse t\t4 ,*acun se s5t dev5ir irresponsable1 c> ces n]fs-l1 *acun les a1 *acun s]ait t5t p> mom5t de leur l*] la bride4 ,une c]ta9e raction contre l'importance excessive donne aux dsordres n]veux comm5ce se manife/] dans le monde mdical1 et d'autres moy5s de cure que la complaisance1 dont les spciali/es ont u jusqu'ici1 sont prconiss4 ,on essaye1 p> l'ducation de la raison1 de dmontr] aux malades que l'tat de leurs n]fs dp5d en gr&e p>tie de l'tat de leur esprit1 et que c'e/ celui-ci qu'il faut gurir4 ,mais aprs avoir p]suad aux g5s qu'ils ont un sy/me n]veux dtraqu1 il e/ excessivem5t difficile de les conva9cre que la gurison dp5d d'eux-mmes4 ,leur am\r-propre se met de la p>tie1 c> ils sont dev5us intressants leurs propres yeux1 regrett5t leur situation de sujets pa?ologiques et n'pr\v5t aucun dsir de r$ev5ir responsables de leurs propres actes4 ,le phnomne e/ s+uli]1 mais trs rel4 videmm5t on se s5t humili des maladies enlaidissantes1 rpugnantes et qui mett5t des entraves aux j\issances2 mais si la vanit et le plaisir n'en s\ffr5t pas1 c]ta9es g5s tr\v5t une sorte de satisfaction orgueilleuse p>l] de leurs maux4 ,le p]sonnage de ,dick5s1 qui tait si dmesurm5t fi] de la frle sant de sa femme1 n'e/1 comme t\tes les c>icatures1 qu'une exagration de la vrit4 ,le n]vosisme n'a pas cr les dfauts p> lesquels les hommes de t\t temps se sont fait s\ffrir les uns les autres1 mais il les a aggravs1 leur a f\rni le prtexte de s'tal] avec impudeur2 en mme temps1 il dim9uait les qualits d'endurance4 ,de l un malaise gnral2 les n]fs des uns ne veul5t plus support] les n]fs des autres2 ,x se laisse all] son irascibilit1 et ,z se rvolte contre les faons dsagrables qu'il avait jusqu'ici supportes avec pati5ce4 ,un exam5 de consci5ce s'impos]ait t\s1 c> t\s1 plus ou mo9s--sauf quelques lum9euses exceptions--font s\ffrir et s\ffr5t4 ,or1 ces s\ffrances sont inutiles et p\rrai5t tre1 en p>tie du mo9s1 lim9es1 si la proccupation de ne pas tre des faiseurs de pe9es pntrait les esprits1 et si *acun appr5ait mesur] ses responsabilits4 ,le mauvais c>actre d'un membre d'une famille n'amne pas ncessairem5t le suicide des autres1 mais il dcolore leur exi/5ce et peut acclr] le dveloppem5t des maladies dont ils port5t le g]me4 ,dans beauc\p de cas1 il prcipite les morts4 ,les organisations s5sibles1 fires et dlicates1 les curs pr(onds s\s une app>5ce brusque1 les tres de bonne foi et de ju/ice sont ceux qui s\ffr5t davantage des contr>its de la vie dome/ique4 ,ils ont le beso9 int5se d'un c5tre d'h>monie et de paix o se repos] des luttes extrieures1 et ne sav5t se rsign] ne pas le tr\v] s\s leur toit4 ,le regret les ronge et les r5d moroses1 t]nes1 dc\rags4 ,ils contribu5t a9si al\rdir l'atmosphre morale de la famille4 ,d'abord victimes1 ils f9iss5t p> dev5ir b\rreaux1 tellem5t l'humeur *agr9e e/ une maladie contagieuse4 ,le pr9ce de ,bism>ck a dit1 je ne sais o1 que les g5s de bonne humeur avai5t t\j\rs raison4 ,en t\t cas1 les grognons ont t\j\rs tort4 ,comme il suffit d'une brebis malade p\r empoisonn] un tr\peau1 il suffit d'un c>actre *agr9 p\r gt] t\s les autres1 c'e/ la trane de p\dre4 ,la m9ute d'avant1 on riait2 le f*eux entre1 et au b\t d'un in/ant *acun b\de6 ,ces effets dsa/reux se manife/5t surt\t dans les familles1 p>ce que la gne en e/ bannie et que1 s'aimant davantage1 on e/ plus s5sible aux procds dsagrables4 ,et puis c'e/ l'hi/oire de la g\tte d'eau qui1 tombant *aque j\r1 f9it p> creus] le sol4 ,telle attitude1 prise =tuitem5t dans le monde p> un indiffr5t1 froisse sans afflig]1 mais de la "p d'une mre1 d'une femme1 d'un frre1 d'un m>i1 elle blesse aux po9ts s5sibles du cur4 ,e/-ce dire que la vie de famille n\s expose des expri5ces d\l\reuses auxquelles n\s *appons ailleurs8 ,il e/ impossible de le ni]1 et cep5dant la famille e/ encore ce que l'on a inv5t de mieux en ce monde1 et ceux qui v\drai5t la dtruire n'y p>vi5dront pas4 ,on p\rra la diss\dre1 elle se re=m]a fatalem5t4 ,la supprim] s]ait priv] l'homme de t\t appui et de t\te consolation4 ,mais la r5dre d\l\reuse1 comme le fait notre manque d'altruisme1 c'e/ la =c] dvi] de sa mission vritable1 qui e/ d'tre un abri1 une cole et un b4 ,comm5t concevoir une humanit sans famille8 ,les hommes ne s]ai5t plus que des voyageurs solitaires1 passant d'un htel l'autre1 n'app>t5ant p]sonne1 sans devoir1 sans responsabilits1 ne connaissant que la joie de contacts passag]s1 d'o natra peut-tre une autre crature solitaire1 dont l'tat s'emp>]a et qu'il lanc]a ensuite dans l'exi/5ce1 sans le s\v5ir d'un pass1 sans l'esprance d'un av5ir4 99 99 99 99 99 ,les tres brutaux et viol5ts1 m*ants mme1 ne sont pas t\j\rs ceux qui env5im5t davantage la vie de famille4 ,les c>actres inju/es et de mauvaise foi--l'un ne va gnralem5t pas sans l'autre--caus5t des misres plus pr(ondes1 et le mal qu'ils font e/ autrem5t subtil et dang]eux4 ,l'affirmation p>atra p>adoxale et ne l'e/ pas4 ,d'abord les premi]s sont r>em5t aims ou cess5t promptem5t de l'tre1 et leurs actes ne produis5t s\v5t que des effets extrieurs2 ils donn5t des c\ps de po+ qu'on peut r5dre ou dont on peut gurir4 ,les seconds v]s5t un poison l5t qui tue4 ,c]ta9es natures ne s\ffr5t que faiblem5t de l'inju/ice ou de la mauvaise foi de leur ent\rage2 t\t glisse sur elles1 p\rvu que leurs intrts ou leurs plaisirs ne soi5t pas compromis4 ,p\r les tres droits et s5sibles1 au contraire1 t\t contact avec ces deux =ces dissolvantes reprs5te une torture qui les exaspre et les humilie4 ,on m'a accus de jug] svrem5t les femmes1 et c]ta9s passages d',ames dormantes m'ont valu des repro*es de la "p de celles qui1 reconnaissant leurs propres mrites1 tr\vai5t mes rflexions dplaces4 ,d'autres1 au contraire1 mes admirables et droites1 se sont montres d'une humilit t\*ante1 me repro*ant de n'en avoir pas dit assez sur les lacunes de l'esprit fm994 ,je cra9s1 cette fois-ci encore1 d'veill] des susceptibilits en osant prt5dre qu'au po9t de vue de l'inju/ice1 les femmes r5d5t des po9ts l'autre sexe4 ,c'e/ surt\t dans la famille que ce manque d'quit se manife/e4 ,l'homme ayant au dehors de nombreux *amps d'action et d'volution1 se complat p>fois1 *ez lui1 au rle de bon juge4 ,la mre1 l'p\se1 la sur y prt5d5t r>em5t4 ,dites un homme qu'il e/ inju/e1 il s'(f5se4 ,ret\rnez l'accusation contre la femme1 elle ne se rvolte pas1 elle s\rit p>fois mme avec complaisance4 ,les scrupules ne l'arrt5t gure dans ses aveugles prfr5ces ni dans ses apprciations fausses4 ,elle e/ime que de ne pas avoir se s\ci] de ce qui e/ ju/e1 reprs5te un des privilges de son sexe444 ,les femmes s9crem5t *rti5nes et les femmes intellectuellem5t suprieures ne tomb5t pas dans cette basse erreur4 ,elles se croi5t dignes d'aspir] la ju/ice1 et l'accusation d'y manqu] les blesse autant que l'homme4 ,mais t\t ce qui e/ haut e/ r>e4 ,p\r qu'il y ait un *angem5t dans les conditions psy*ologiques de l'humanit1 il faudrait que c]ta9es habitudes morales s'tabliss5t sur le t]ra9 commun4 ,il ne s]a possible d'y arriv] que p> l'ducation et l'influ5ce de l'op9ion publique1 lorsque celle-ci se re=m]a sur des bases n\velles4 ,qu& l'inju/ice n\s t\*e directem5t et lse nos intrts1 n\s n\s rvoltons1 n\s n\s indignons1 mais notre plus f9e sub/ance n'e/ pas seule t\*e4 ,d'autres lm5ts s'y mlang5t1 et les s5tim5ts qui n\s agit5t sont tellem5t imprgns de colre et de rancune p]sonnelle1 que le s5s de l'quit blesse se fait mo9s s5tir4 ,c'e/ lorsque les actes1 les p>oles et les p5ses inju/es ne sont pas dirigs contre n\s1 mais contre autrui1 que n\s connaissons1 dans t\te son int5sit1 cette s\ffrance spciale1 intolrable aux mes droites4 ,l'inju/ice vis--vis des enfants e/ la plus inique2 ils ne peuv5t se df5dre et ne se r5d5t mme pas compte de ce qui les fait s\ffrir2 on voit pass] dans leurs yeux une surprise1 une dtresse qui angoiss5t le cur4 ,dans la jeunesse1 l'effet des inju/ices subies e/ mo9s m\vant1 mais plus dang]eux2 il aigrit1 endurcit et s\v5t dprave les mes4 ,il loigne de la famille1 prmaturm5t1 ceux qui aurai5t encore beso9 d'tre guids p> elle2 il dpose dans les jeunes esprits des g]mes de dfiance et de rancune qui ne s'lim95t jamais4 ,un fils1 une fille1 qui voi5t l'un de leurs p>5ts victime de l'inju/ice de l'autre1 en sont plus frapps que s'il s'agissait de torts plus graves qui se dissimul5t mieux et heurt5t mo9s au fond4 ,si encore on p>v5ait dmontr] leurs torts aux tres inju/es1 une sorte de s\lagem5t s'ensuivrait4 ,mais on n'y p>vi5t jamais1 s\v5t p>ce qu'ils sont inconsci5ts1 et presque t\j\rs p>ce qu'ils sont de mauvaise foi vis--vis d'eux-mmes et des autres4 ,il e/ r>e que la mauvaise foi ne soit pas allie l'inju/ice2 elles m>*5t presque t\j\rs de cons]ve1 l'une appuye sur l'autre4 ,de la famille o elles s'ex]c5t j\rnellem5t1 ces deux surs p]v]ses s't5d5t t\s les rapports sociaux1 qu'elles gt5t et attri/5t4 ,la mauvaise foi e/ subtile1 s'ins9ue p>t\t1 mme dans l'am\r et aussi s\v5t dans l'amiti4 ,les relations monda9es en sont satures1 et elle atte9t des proportions gigantesques dans la vie publique4 ,le jeu des p>tis dans le sy/me p>lem5taire e/ bas en gr&e p>tie sur la mauvaise foi4 ,cette ncessit de dsappr\v] t\te noble initiative du p>ti contraire1 et d'appr\v] aveuglm5t les sottises de son propre p>ti donne aux mes l'habitude de se m5tir elles-mmes4 ,les esprits droits t5d5t ragir contre ce s]vage politique1 mais au po9t de vue du sy/me reprs5tatif1 ces vellxs d'mancipation morale sont rpr\ves4 ,sur c]ta9es que/ions l'on voit auj\rd'hui les gr\pes se dsagrg]1 les c>actres indp5dants se refus] vot] contre une motion qui leur p>at bonne1 simplem5t p>ce qu'elle e/ prs5te p> des adv]saires4 ,ces symptmes sembl5t indiqu] un av5ir meilleur1 o les hommes1 au lieu de se rang] s\s un drapeau1 reprs5tant des intrts1 se discipl9]ont s\s le j\g de pr9cipes librem5t accepts1 dont le b unique s]a le bi5 gnral4 ,que n\s sommes lo9 encore de cette s9crit d'me6 ,dans quels rapports huma9s la mauvaise foi ne rgne-t-elle pas en matresse8 ,les g5s1 en ce monde1 p>aiss5t surt\t proccups de se tromp] l'un l'autre4 ,de l'homme d'tat1 qui bl\it le pays de promesses qu'il sait ne p\voir t5ir1 jusqu'au ngociant1 qui v5d des produits falsifis1 et l'ouvri]1 qui fait p> calcul un ouvrage sans dure1 p\r s'assur] une cli5tle1 la mauvaise foi s'tale t\s les degrs de l'*elle sociale4 ,on le sait3 quelques-uns s'indign5t1 d'autres s\ri5t2 mais tant qu'elle ne lse que des intrts matriels1 qu'elle ne se manife/e que dans la vie publique et les rapports extrieurs1 on la supporte et on n'en meurt pas4 ,mais si elle pntre dans l'intimit de notre exi/5ce s5tim5tale1 elle devi5t1 elle aussi1 t\t comme l'inju/ice1 une cause de mort1 c> elle s\lve des rvoltes dans la p>tie la plus dlicate de notre tre4 ,dc\vrir de la mauvaise foi *ez ceux que l'on aime1--mme en dehors de l'am\r1--e/ autrem5t d\l\reux qu'une injure ou un acte brutal4 ,il e/ tri/e de ne p\voir tabl] sur le dv\em5t d'un frre1 d'une sur1 d'un ami1 mais ne p\voir compt] sur leur bonne foi e/ plus tri/e encore4 ,le cur se gonfle d'indignation jusqu' clat] et n'a pas la ress\rce de se s\lag] p> des repro*es comme p\r un tort tangible1 le c>actre de la mauvaise foi tant ju/em5t de nuire et d'exaspr]1 sans en assum] la responsabilit4 ,des p]sonnes1 qui s]ai5t =t tonnes si on d\tait de leur honorabilit1 se p]mett5t de dire les *oses les plus blessantes et les plus inju/es leur ent\rage1 de ces *oses qui font saign] l'me4 ,puis1 si leur victime essaye de ragir1 elles j\5t la surprise1 dcl>5t qu'elles ne compr5n5t pas p\rquoi on se f*e1 que pas une p>ole1 dont elles ai5t se rep5tir1 n'e/ sortie de leur b\*e4 ,et cep5dant leurs lvres sont *audes encore des mots incisifs et cruels qu'elles ont prononcs6 ,e/-ce lacune m5tale ou mauvaise foi8 ,d'autres individualits ont p\r sy/me1 dans une discussion1 de ne jamais t5ir compte des argum5ts de leur int]locuteur1 et revi5n5t t\j\rs leur po9t de d"p p\r df5dre leur gsme1 impos] des sacrifices autrui ou repro*] des torts qu'on ne leur a pas faits4 ,aucune dmon/ration1 aucune explication ne les p]suade1 les bonnes raisons n'arriv5t pas leur c]veau4 ,du mo9s elles n'en ti5n5t aucun compte et1 aprs des heures de discussion1 remett5t sur le tapis leurs premi]s argum5ts1 dont la fausset cep5dant leur a t victorieusem5t dmontre4 ,ces mmes p]sonnes ont p\r sy/me de ne jamais reconnatre ce qu'on a fait p\r elles et ne se s\vi5n5t que de ce que l'on a oubli de faire4 ,si l'on s'abaisse rappel] des actes positifs de dv\em5t accomplis leur g>d1 elles regimb5t1 v\s accus5t de leur repro*] les bi5faits reu et dcl>5t qu'elles n'en avai5t nul beso96 ,t\t esprit manquant de droiture e/1 p> cela mme1 +rat4 ,or l'+ratitude1 jo9te la mauvaise foi et l'inju/ice1 font tant de mal aux tres s5sibles1 que la plup>t des maladies de foie et de cur qui1 t\t c\p1 emport5t nombre de g5s1 ont t l5tem5t prp>es p> la tri/esse1 l'am]tume1 la rvolte qu'pr\v5t les mes loyales et t5dres ces contacts d\l\reux4 ,les femmes en gnral1--exception faite naturellem5t des femmes de cur et d'intellig5ce suprieure1--ont l'habitude de dire du mal des m>is1 en tant que catgorie4 ,ils le mrit5t sur beauc\p de po9ts sans d\te4 ,mais il en e/ cep5dant de dv\s1 de bons1 s'extnuant de travail p\r donn] du bi5-tre leur famille1 qui sont tus l5tem5t p> l'+ratitude1 l'inju/ice et la mauvaise foi de leur femme4 ,celle-ci e/ peut-tre une trs v]tueuse p]sonne1 qui n'a jamais manqu ses devoirs d'p\se1 mais elle se pla9t t\j\rs2 elle ne reconnat jamais ce que l'on a fait p\r elle2 elle a des caprices con/ants et une irritabilit *ronique4 ,le pauvre homme r5tre dans son intrieur o jamais une bonne p>ole ne l'att5d1 o jamais ses oreilles n'ent5d5t un raisonnem5t ju/e4 ,s'il e/ faible et sans pr9cipe1 il *]*]a des comp5sations ailleurs1 mais s'il e/ honnte et affectionn1 il se cont5t]a d'tre malheureux1 de se rong] intrieurem5t1 et de ces rongem5ts naiss5t les maladies qui emport5t4 ,dans les vies monda9es et les maisons ri*es1 o les obligations d'une gr&e =tune f9iss5t t\j\rs p> extrioris] =cm5t les exi/5ces1 ces misres morales se s5t5t mo9s1 p>ce que l'on dp5d mo9s les uns des autres4 ,mais dans les milieux mode/es et laborieux1 l'homme aurait beso9 de tr\v] dans sa famille1 qu'il soit m>i1 pre1 fils1 ou frre1 un abri p\r se repos] des luttes de la j\rne et se prp>] celles du l5dema91 un abri o il soit sr de ne pas r5contr] l'inju/ice1 la mauvaise foi1 l'+ratitude1 ces ennemis qui le guett5t *aque in/ant dans la vie publique4 ,il y a aussi1 bi5 ent5du1 des m>is1 des pres1 des fils brutaux1 inju/es1 de mauvaise foi et +rats1--surt\t +rats1--mais1 en gnral1 les torts des hommes pr5n5t d'autres =mes1 ils tu5t d'une autre faon1 et leurs torts sont plus app>5ts1 plus grossi]s1 plus tangibles444 ,impossible p\r ceux-ci de plaid] l'inconsci5ce4 ,a9si on voit des hommes ru9] leur famille p> leurs vices1 leur imprud5ce ou leur faiblesse1 mais1 du mo9s1 ils ont la responsabilit de ces cata/rophes1 puisque l'adm9i/ration de la =tune e/ entre leurs ma9s4 ,p\rtant que de fois c'e/ la femme qui p\sse au luxe1 se refuse l'conomie1 ne veut pas sacrifi] ses robes et ses colifi*ets et r5d impossible les r=mes que le *ef de famille v\drait impos]4 ,des /ati/iques de la crim9alit1 il rsulte que les hommes rec\r5t aux moy5s viol5ts p\r se db>rass] des femmes1 dans une proportion trs suprieure celle de l'autre sexe2 mais dans la catgorie des empoisonnem5ts1 celui-ci repr5d le dessus4 ,il en e/ de mme p\r les torts qui1 sans avoir rec\rs au crime1 amn5t la mort des membres d'une famille3 ceux des femmes sont plus subtils1 ils ne frapp5t ni le reg>d1 ni le t\*]1 ni l'op9ion1 et si la loi se mlait de les re*]*]1 ils *app]ai5t son contrle4 ,les hommes pr5n5t leur revan*e sur d'autres que/ions1 c> ils sont faiseurs de pe9es t\t autant et mme davantage que les femmes4 ,a9si dans les malheurs qu'amne l'am\r1 leur responsabilit e/ plus considrable1 et il en e/ de mme sur beauc\p d'autres po9ts4 ,mais leurs torts1 leurs fautes1 leurs crimes reprs5t5t1 la plup>t du temps1 des ralits positives1 tangibles1 visibles1 dont ils doiv5t r5dre compte4 ,leur inju/ice1 leur mauvaise foi revt5t des =mes agressives et brutales et se montr5t plus s\v5t encore dans la vie publique que dans la vie prive1 t&is que la femme1 n'ayant pas cette ress\rce1 ex]ce son action seulem5t dans la famille et dans l'intimit4 ,si la faon p]fide de faire s\ffrir1 o excell5t c]ta9es cratures huma9es1 excite l'indignation cause des dc\ragem5ts d\l\reux qu'elle provoque et des malheurs qui en rsult5t1 une tri/esse pr(onde se jo9t l'indignation1 c> ces cratures ont s\v5t le cur affectueux2 elles aim5t ceux qu'elles tortur5t1 elles v\drai5t tre bonnes1 remplir leur devoir1 elles croi5t le remplir et sont p>fois--pas t\j\rs--absolum5t ignorantes du mal qu'elles caus5t4 ,lorsque1 dans cette exi/5ce ou dans des exi/5ces successives1 elles auront dvelopp leur consci5ce et que l'ducation de leur raisonnem5t s]a faite1 leur rveil s]a t]rible1 c> le mot trop t>d e/ le plus d\l\reux que les lvres huma9es puiss5t prononc]4 ,trop t>d p\r tre heureuses elles-mmes1 trop t>d p\r r5dre heureux ceux qu'elles aimai5t1 trop t>d p\r rp>] les ravages qu'elles ont produits1 trop t>d p\r r$onn] la vie444 ,,*apitre ,,iii ,,galit ,l'il ne peut pas dire la ma93 je n'ai pas beso9 de toi1 ni la tte dire aux pi$s3 je n'ai pas beso9 de v\s4 ,,sa9t ,,paul4 ,p>mi les faiseurs de pe9es1 il faut plac] au premi] rang les utopi/es gnreux et f\s qui ont jet dans le monde le mot d'galit4 ,ce mot1 qui rpond au beso9 de ju/ice qui t\rm5te les consci5ces mod]nes1 a sduit les mes2 p\rtant jamais mot n'a contribu davantage dtruire la paix des curs en veillant en eux d'irralisables aspirations4 ,une p>tie du malaise qui tr\ble la socit actuelle en procde directem5t1 c> donn] p\r b aux hommes l'galit1 c'e/ les plac] en face d'une *imre t]nellem5t fuyante4 ,sur quoi se bas5t1 en effet1 les esprances galitaires qui auj\rd'hui s\lv5t les f\les8 ,o que n\s reg>dions1 l'9galit rgne p>t\t3 dans les uvres de la nature1 les =mations huma9es1 les inf9ies v>its psy*ologiques des individus4 ,depuis le comm5cem5t des sicles jusqu' ma9t5ant1 s\s aucune =me1 l'galit n'app>at dans le monde2 preuve que d'immuables lois s'y oppos5t4 ,les religions s'en sont si nettem5t r5du compte qu'elles ne l'ont jamais proclame1 mme au po9t de vue spcial de la situation de la crature vis--vis du crateur4 ,le *ri/ianisme lui-mme1 t\t en proclamant que t\s les hommes sont enfants de ,dieu1 contr$it absolum5t1 p> la doctr9e des appels et des lus1 le pr9cipe galitaire4 ,p\r n\s en t5ir la religion de l',occid5t1 il rsulte de l'anci5 et du n\veau ,te/am5t que l't]nel n'a pas vis--vis de *acun des int5tions id5tiques1 qu'il emploie des mesures div]ses1 qu'il cre des vases d'lection et des vases de p]dition4 ,n'e/-il pas le poti] qui se s]t d'lm5ts diffr5ts p\r des fonctions diffr5tes et avec lequel nul n'a le droit de conte/]8 ,les p>oles de l'aptre ,paul sont ce sujet nettes et explicites3 ,dieu appelle qui ,il veut1 rejette qui ,il veut1 et p\rtant1 t\s sont ses enfants1 t\s sont gaux devant son am\r et sa ju/ice4 ,c'e/ l le my/re que le s5tim5t de la solid>it bi5 comprise t5d claircir2 la tte a beso9 des bras et les bras1 de la tte4 ,et ce beso9 mutuel cre une sorte d'galit entre les membres d'un mme corps2 mais l'9galit des conditions et des dons dur]a aussi longtemps que le monde1 et mme peut-tre au-del du monde4 99 99 99 99 99 ,les fondateurs d'tat et les diffr5tes civilisations1 s'inspirant des 9galits de la nature1 tablir5t des rgimes1 bass sur tant de tyrannie1 d'abus et de criantes inju/ices1 qu'enf9 le cur de l'homme se rvolta4 ,la dcl>ation1 relativem5t rc5te1 de l'galit de t\s devant la loi1 procde de cet clat d'indignation1 si =t *ez quelques-uns1 qu'il a cr d'irrsi/ibles c\rants et impos dans la lgislation quelques pr9cipes base d'quit4 ,on n'e/ encore qu'au comm5cem5t de la r\te p>c\rir4 ,de gr&es r=mes re/5t accomplir1 et le devoir de t\s e/ de travaill]1 mme au prix de graves sacrifices p]sonnels1 acclr] les conqutes de la ju/ice4 ,celles-ci promett5t l'humanit un av5ir meilleur1 o les rev5dications s]ont mo9s pres1 tant mo9s ju/ifies1 o les p\sses de l'envie s'attnu]ont1 o1 lorsque surgiront des conflits1 *acun s5tira qu'il exi/e des juges ,b]l91 et une op9ion publique intellig5te et droite dont les arrts auront moralem5t =ce de loi4 ,ce j\r e/ loign encore1 bi5 que l'aurore en semble pro*e quelques-uns2 mais que ce rsultat soit atte9t longue ou brve *ance1 il reprs5te la seule victoire contre l'9galit laquelle l'homme puisse prt5dre4 ,le mirage de l'galit des conditions1 qu'on fait miroit] devant les f\les1 e/ aussi dcevant que les plus fausses *imres dont on ait jamais amus l'humanit4 ,autant promettre l'homme de l'emp*] de m\rir6 ,un mdec9 qui leurr]ait ses cli5ts de p>eille esprance1 pass]ait p\r un *>latan1 un ignorant ou un f\6 ,les prophtes1 annonciateurs d'une socit future dont t\s les membres possd]ont les mmes avantages1 prp>5t1 ceux qui leur prt5t foi1 de t]ribles dconv5ues4 ,en t\s cas1 ils dvelopp5t dans les mes un +urissable mcont5tem5t1 une croissante irritation1 qui1 au lieu d'augm5t] le s5tim5t de la frat]nit1 en t\ffe les g]mes4 ,on rpondra que mes argum5ts enfonc5t des portes ouv]tes1 que les plus ignorants se r5d5t compte des 9galits de la nature1 et sav5t que pas une feuille d'un mme arbre n'e/ semblable l'autre4 ,n\s ne songeons pas1 s'cri5t les n\veaux aptres1 modifi] les lois de la cration1 dont la cause premire e/ encore inconnue1 mais trans=m] la socit que les hommes ont con/itue1 abattre les b>rires qu'ils ont dresses1 donn] *acun la "p qui lui revi5t dans les ftes de la vie1 tablir1 en somme1 un tat idal1 o t\s occup]ont une place au fe/94 ,c]tes1 *acun n'aura pas le mme visage1 la mme taille1 la mme vigueur physique1 les mmes dons intellectuels1 mais la future organisation sociale p\rvoira donn] t\s la mme situation et le mme trempl94 ,comme si cette situation et ce trempl9 ne dp5dai5t pas ju/em5t du visage1 de la taille1 de la vigueur physique et des dons intellectuels dont le di/ributeur1 de quelque nom qu'on l'appelle1 n'en fit jamais qu' sa guise6 ,mais aucun raisonnem5t ne prvaut4 ,le mot d'galit semble avoir g> les meilleurs esprits2 ils se sont laisss enivr] p> cette fausse div9it4 ,joseph ,mazz9i1 malgr la hauteur de son intellig5ce1 t5ait absolum5t inscrire la dcevante p>ole sur le drapeau de la ,jeune ,italie2 il y t5ait plus qu' t\te autre1 non seulem5t p\r galvanis] les f\les1 mais p>ce que1 de bonne foi1 il n'en voyait pas le vide et l'absurdit4 ,l'univ]s1 dans t\tes ses manife/ations1 dit3 ,9galit1 et l'homme1 le faible roseau p5sant de ,pascal1 ose rpondre3 galit6 ,il y a dans cette irralisable aspiration une "p de purilit et une plus gr&e "p de tri/esse4 ,qu& on ent5d des p]sonnes1 dont l'ignorance g>antit la s9crit1 exprim] c]ta9es c]titudes1 une compassion saisit l'me4 ,on v\drait prmunir ces curs gonfls d'espoir contre les 9vitables dceptions et faire luire leurs yeux de ralisables p]spectives1 c> t\te esprance cont9uellem5t due e/ p\r l'me un poison corrosif4 ,mme en admettant la possibilit de con/itu] p> dcret lgislatif un tat de *oses o les enfants1 leur naissance1 s]ai5t t\s propritaires d'un morceau de t]ra9 id5tique1 et aurai5t t\s droit la mme ducation et in/ruction1 l'galit ne s]ait pas tablie p\r cela1 non seulem5t p>ce que la ,provid5ce re/]a t\j\rs matresse de son *oix et qu'aucune puissance huma9e ne p\rra la contra9dre une di/ribution galitaire de ses bi5faits1 mais p>ce qu'aucune loi au monde1 mme s\t5ue p> la viol5ce1 ne p\rra emp*] qu'il n'y ait des hommes ns p\r comm&] et d'autres p\r obir1 dans t\tes les classes sociales4 ,la mme hygine1 les mmes ex]cices1 la mme n\rriture1 p\rront peut-tre dim9u] la dissemblance des =mes extrieures 7et encore s]a-ce possible874 ,mais l'intellig5ce1 le c>actre1 les s5tim5ts1 ri5 ne les ramn]a jamais un niveau gal4 ,il ne s'agit pas seulem5t des diffr5ces d'ducation et d'hrdit2 deux frres levs de faon id5tique donn]ont les rsultats les plus opposs3 l'un compr5dra t\t dans la vie1 l'autre ne compr5dra ri56 ,leur situation dans la socit s]a donc fatalem5t diffr5te1 leur travail aura une rtribution diffr5te1 l'un aura du pre/ige sur les volonts et les esprits1 l'autre ne p\rra que subir le c\rant gnral4 ,voil donc l'galit dtruite dans les circon/ances o elle p>aissait le plus facile tablir4 ,que s]a-ce dans les cas o les dbuts de l'exi/5ce1 l'influ5ce des milieux et l'empre9te atavique sont diamtralem5t opposs8 ,d'ailleurs1 outre la naissance1 la =tune1 les dons extrieurs1 l'intellig5ce1 le c>actre1 tant de =ces secrtes diffr5ci5t les hommes les uns des autres1 que1 mme si on p>v5ait nivel] t\t le re/e entre eux1 ils re/]ai5t t\j\rs dissemblables4 ,il y a dans *aque tre des puissances spciales dont on n'a pas pntr l'ess5ce et dont il e/ t\t aussi impossible de dt]m9] que de rgl] les effets4 ,p\rquoi tel capita9e1 tel *ef d'us9e1 tel matre d'cole ont-ils du pre/ige sur leurs soldats1 leurs ouvri]s1 leurs lves8 ,p\rquoi tel autre1 d\ peut-tre de qualits suprieures1 ne p>vi5t-il jamais se faire c\t] ni obir8 ,la psy*ologie mod]ne n'e/ pas encore arrive dc\vrir p> quelles my/rieuses =ces c]ta9es organisations dom95t les autres1 donn5t une impulsion aux autres1 attir5t les mes comme la flamme les phalnes4 ,contre ce magntisme qui donne le p\voir1 provoque l'am\r1 influ5ce l'op9ion1 aucun froce niveleur ne p\rra prvaloir jamais4 ,ce sont l vraim5t des portes closes1 au seuil infran*issable4 99 99 99 99 99 ,dans les classes pauvres et dans la longue p>abole des dclasss1 si nombreux auj\rd'hui1 il e/ naturel que le mot galit ait fait =tune2 il semble le remde tant de ju/es beso9s et d'inju/es s\ffrances4 ,mais aprs avoir jet son poison dans le cur des ignorants et des malheureux1 p\r lesquels il e/ synonyme de revan*e1 il a pntr l'me gnrale du monde1 et les privilgis de la =tune et du bonheur y ont puis le droit de se rebell] contre t\te supriorit4 ,ceux dont l'exi/5ce e/ facile et bonne1 y tr\v5t le prtexte d'un mcont5tem5t cont9uel et d'une mauvaise humeur *agr9e4 ,le cri qu'on ent5d n'e/ plus seulem5t celui des tres p]scuts et s\ffrants2 c'e/ la pla9te des vanits exac]bes1 qui t\tes veul5t grimp] aux premires places et support5t malaism5t de ne pas y tre p\sses de =ce p> l'op9ion publique4 ,les quatre syllabes qui1 lorsqu'elles p>t5t de la b\*e des m5eurs d'hommes1 p\ss5t le peuple aux meutes1 aux grves1 aux rvolutions1 ont produit dans la vie intime des classes#d b\rgeoises des b\lev]sem5ts galem5t dang]eux4 #d ,voir ,ames dormantes4 ,la dim9ution du respect des enfants vis--vis des p>5ts en procde de faon directe4 ,on l'attribue au dveloppem5t de l'individualisme1 rsultat de l'ducation mod]ne2 mais ne provi5t-il pas plutt de ce que l'esprit a p]du le s5s des mesures et a dsappris les valu]8 ,seuls les tres d'lite sav5t s'incl9] encore devant les supriorits4 ,les mdiocres s'y refus5t1 depuis le collgi5 qui s'imag9e tre sur le mme pi$ intellectuel que son pre ou son pr(esseur1 jusqu'au nopolitici5 qui traite d'imbciles les pr9cipaux hommes d'tat de son pays1 et au s\s-lieut5ant qui appelle son gnral3 vieille gana*e6 ,cette prt5due indp5dance n'emp*e po9t ceux qui croirai5t se dim9u] en subissant le pre/ige d'hommes suprieurs1 de re*]*] avidem5t les puissants du monde1 p\r sollicit] les avantages dont ils dispos5t4 ,aucune admiration1 aucun respect s9cres ne se ml5t leurs ef=ts p\r obt5ir qu'un rayon du soleil tombe jusqu' eux4 ,ils se s5t5t gaux t\s1--mais ce s5tim5t1 au lieu de dvelopp] dans leurs mes une dignit fire1 les p\sse l'abaissem5t moral de fe9dre1 en vue de leurs intrts1 une humilit dont ils enrag5t de devoir port] le masque4 ,p\rquoi lui et pas moi8 se dem&5t-ils4 ,ces mots sont crits auj\rd'hui dans la plup>t des curs4 ,les plus nafs les =mul5t haute voix1 et il y a quelque *ose d'inexprimablem5t tri/e dans cette exclamation purile de g5s incapables1 qui se croi5t en mesure de g\v]n] le monde1 de produire un *ef-d'uvre1 de dc\vrir une des =ces ignores de la nature4 ,si les jugem5ts que les hommes port5t les uns sur les autres tai5t connus1 la plup>t des li5s se romprai5t1 sauf dans les cas r>es des mes qui s5t5t le respect de leurs affections4 ,ces apprciations malveillantes sont-elles t\j\rs l'effet de l'envie1 de la m*ancet1 de la calomnie8 ,oui1 c]tes1 p>fois1 mais en gnral1 elles provi5n5t des curs que le v59 de l'galit a infe/s4 ,ne p\voir arriv]1 sur c]ta9s po9ts1 la compt5ce des autres1 leur e/ insupportable2 ils veul5t pass] le niveau sur les ttes4 ,or1 il n'y a qu'un moy53 abaiss] les fronts qui se dress5t trop haut1 et la meilleure manire d'y p>v5ir e/ le dnigrem5t4 ,une actrice clbre disait d'une autre3 ,c'e/ une comdi5ne p>faite1 ri5 ne lui manque1 que l'art4 ,ces mots blessai5t savamm5t le po9t s5sible1 c'e/--dire celui qui fait la raison d'tre d'une exi/5ce4 ,eh bi51 c'e/ ce po9t-l que les galitaires vis5t t\j\rs4 ,ils ne diront pas d'un savant3 il manque de littrature et de philosophie1 mais3 sa sci5ce e/ incomplte1 sup]ficielle444 ,s'il s'agit d'un homme politique1 d'un psy*ologue1 d'un hi/ori51 ils l'attaqu]ont sur sa culture gnrale4 ,la femme ne s'a*>n]a pas sur les pires dfauts d'une autre femme1 mais elle essay]a de dmolir ses qualits ou ses avantages1 ceux surt\t qui font son pre/ige et auxquels elle a le plus sacrifi4 ,c'e/ le beso9 d'galit qui excite ce g5re de dmolissem5t1 dont p>fois la m*ancet positive e/ abs5te4 ,le mcont5tem5t qui attri/e tant de vies a galem5t sa s\rce dans la notion errone qu'il faut possd] ce que les autres possd5t4 ,les malades1--c> c'e/ l une maladie de l'esprit1--ne se dis5t pas la *ose si nettem5t eux-mmes1 mais ils la s5t5t t\j\rs2 il suffit de les obs]v] d'un peu prs p\r s'en conva9cre4 ,le nombre des g5s qui ne sont pas satisfaits de leur sort e/ imm5se1 et je ne p>le que des classes dirigeantes4 ,t\s possd5t des apptits suprieurs leur condition1 et qu& la condition s'amliore1 l'apptit crot et le mcont5tem5t re/e le mme4 ,les g5s excessivem5t ri*es1 ou ceux qui occup5t une haute situation p]sonnelle ou sociale1 sont en gnral indemnes de la maladie galitaire2 les indp5dants1 les solitaires1 les philosophes et les sages ne la connaiss5t pas1 et ils en s\ri5t qu& ils la con/at5t *ez autrui4 ,les natures droites1 bonnes et simples l'ignor5t compltem5t1 mais t\s les mdiocres d'me en sont atte9ts2 leur bas niveau (fre un t]ra9 admirable la culture du bacille4 ,et cette rage d'galit en fait immdiatem5t des faiseurs de pe9es4 ,dans leur famille1 dans leur ent\rage direct1 la mauvaise humeur1 rsultant de ce beso9 non satisfait1 les r5d insupportables1 irascibles1 inju/es444 ,la doctr9e de l'galit a nui normm5t l'auto-critique2 le s5tim5t de la mesure se p]d1 les g5s s'arrog5t le droit de tran*] les que/ions qu'ils ignor5t4 ,avec le s5tim5t de la mesure et la p]ception ju/e de l'*elle des valeurs1 le tact1 cette *ose subtile qui ad\cit les angles et r5d aiss les rapports sociaux1 dim9ue ncessairem5t4 ,les pi?tes les mo9s flatteuses sort5t des lvres les plus incompt5tes1 non seulem5t en littrature 7la littrature prt5dant tre l'image de la vie1 *acun peut se croire en mesure de la jug]71 mais en pe9ture1 en musique1 en sci5ce mme444 ,cette d]nire1 surt\t s\s sa =me mdicale1 intresse vivem5t les femmes1 ce qui e/ ju/e1 du re/e1 c>1 ayant *>ge d'enfants1 elles doiv5t connatre les rgles de l'hygine et savoir1 en cas d'abs5ce du mdec91 appliqu] c]ta9s remdes urg5ts2 mais il e/ un peu ridicule de les ent5dre lgifr] sur les m?odes de cure1 et lanc] sans mnagem5t1 l'adresse de pratici5s p>fois clbres1 l'pi?te d'imbcile ou de *>latan4 ,quelle e/ la s\rce ca*e de cette s+ulire audace8 ,le beso9 d'galit4 ,p>ce qu'elles ont appris le nom de quelques-uns des remdes la mode et des n\velles applications de la ?rapeutique1 elles s'imag95t en savoir peu prs autant que ceux dont la vie a t consacre ces tudes4 ,il en e/ de mme dans t\tes les bran*es du savoir huma93 les hommes1 t\t comme les femmes1 se plais5t tran*] sur les *oses qu'ils ne connaiss5t pas4 ,la plup>t du temps1 ils ne sav5t pas eux-mmes quel mobile les p\sse mettre a9si dc\v]t leur ignorance4 ,ils obiss5t non pas aux piges de leurs in/9cts1 comme lorsqu'ils sont guids p> le gnie de l'espce1 mais ceux de la fausse doctr9e galitaire1 qui a t rp&ue dans leurs mes4 ,se taire ou int]rog] n'quivaudrait-il pas confess] qu'ils reconnaiss5t celui qui p>le une compt5ce qu'ils ne possd5t pas eux-mmes8 ,les g5s d'esprit ne tomb5t pas dans cette erreur1 mais si les g5s intellig5ts sont innombrables1 combi5 sont r>es les g5s d'esprit1 capables d'auto-critique6 ,il e/ impossible de connatre et d'appr(ondir *aque sujet1 mais il e/ indisp5sable d'avoir des cl>ts de t\t1 p\r s'intress] aux argum5ts en discussion et mme p\r y t\*]4 ,mais entre t\*] et tran*]1 entre gliss] une apprciation ou dogmatis] premptoirem5t1 il y a la di/ance qui sp>e une brise lgre d'un gros v5t de pluie4 ,en prs5ce d'hommes dont l'autorit e/ reconnue en c]ta9es bran*es1 on voit des g5s =t mdiocres se c>r] dans leur fauteuil1 avec l'air de dire3 ,v\s passez p\r un gr& savant1 un gr& arti/e1 un gr& m9i/re1 mais sa*ez bi5 que1 malgr cela1 je me considre comme votre gal6 ,les mots ne sort5t pas des lvres1 mais l'attitude et le reg>d p>l5t clairem5t4 ,des sots outrecuidants6 dira-t-on4 ,oui1 des sots outrecuidants1 mais la doctr9e galitaire t5d les multipli] de faon effrayante4 ,ce g5re de s5tim5ts al\rdit et aigrit la vie sociale4 ,il pntre dans les familles et les dsagrge4 ,t\s les membres ne sont pas d\s des mmes facults et des mmes dons2 celui qui s'lve au-dessus des autres p> sa beaut ou son esprit1 ne flatte plus que r>em5t l'am\r-propre de ses pro*es2 au contraire1 cet am\r-propre s'insurge contre sa supriorit1 relle ou app>5te4 ,volonti]s on conspire son dtrim5t1 et1 dans l'exi/5ce familiale1 il e/ le plus malheureux de t\s1 c> il a contre lui t\tes les vanits en rvolte4 ,ses actes1 ses p>oles1 ses faons d'tre sont l'objet de critiques s\rdes et cont9uelles4 ,sans la doctr9e galitaire1 la famille aurait t heureuse et fire de con/at] le *>me ou la clbrit d'un de ses membres1 ce qui aurait assur des satisfactions t\s4 ,lo9 de l1 il y a rbellion dans les mes3 la vie de celui qui a m]g e/ empoisonne p> les ho/ilits qui l'ent\r5t1 le cur des autres se consume dans des rancunes mesqu9es4 ,ces pe9es en eng5dr5t d'autres1 l'inf9i1 et elles =m5t1 runies les unes aux autres1 un f>deau qui c\rbe les paules de l'humanit s\s un poids dprimant4 99 99 99 99 99 ,un autre f*eux effet de la doctr9e galitaire e/ de dtruire t\te orig9alit4 ,dans le dsir d'tre semblable aux autres1 l'homme abolit en lui t\t ce qui le diffr5cie de son pro*a94 ,il a t\j\rs suivi les mmes modes1 les mmes habitudes de vivre1 il s'e/ t\j\rs cru oblig aux mmes plaisirs1 mais la t5dance1 qui dj exi/ait du temps de ,rabelais1--et ,rabelais avait des anctres1--t5d s'acc5tu] davantage4 ,les orig9aux dim9u5t de plus en plus2 p]sonne ne ressort en saillie4 ,on n'a qu'une p5se3 copi] les usages des autres1 et1 naturellem5t1 de plus haut que soi4 ,les p>5ts s'agit5t1 ds qu'ils voi5t des gts spciaux se manife/] *ez leurs enfants4 ,une jeune fille1 qui n'aime ni le monde1 ni la toilette1 e/ considre comme un *antillon de mauvais gt4 ,les mres s'al>m5t3 il faut aim] ces *oses-l1 p> =ce1 p\r tre au niveau des autres6 ,et celles qui sav5t p> expri5ce ce que le dveloppem5t de ces gts entrane p\r l'av5ir1 n'en sont pas mo9s dsireuses de les voir natre et fleurir *ez leurs enfants4 ,ce s5tim5t illogique1 d'o procde-t-il1 s9on de l'esprit d'galit qui tr\ble les c]veaux8 ,on voit des mres intellig5tes1 droites1 honntes1 se rsign] d'avance t\tes les sottises que commettront leurs fils1 comme un droit de page auquel il e/ impossible d'*app]1 cause de la p>it absolue des tres entre eux4 ,voil la capitale erreur3 les hommes ne sont pas t\s semblables2 l'in/9ct1 en plusieurs cas1 les diffr5cie les uns des autres1 et1 plus encore1 les moy5s de le g\v]n] ou de le rprim]4 ,il n'y a ri5 de plus antipa?ique et de plus ridicule au monde que la fausse orig9alit1 que la re*]*e de se di/+u] d'autrui2 mais qu& on a rellem5t des gts et des faons de p5s] p>ticulires1 p\rquoi ne pas s'y ab&onn] simplem5t8 ,ce beso9 d'app>t5ir un tr\peau e/ l'un des plus absurdes qui exi/e4 ,si une initiative "p d'assez haut p\r qu'il soit lgant de la suivre1 on voit la masse des g5s s'empress] de la second]1 mme si elle ne correspond aucune de leurs t5dances4 ,c'e/ p\rquoi l'on s'ennuie si vite de t\tes *oses6 ,le nombre de ceux qui y p>ticip5t sans conviction produit ce dsa/reux effet4 ,les meilleurs et les plus clairs ne rsi/5t pas t\j\rs cette t5dance l'imitation1 qui a p\r complice la l*et et la p>esse inhr5tes l'homme4 ,leur devoir s]ait1 au contraire1 de la combattre avec t\tes leurs n]gies1 puisqu'elle rapetisse l'individu et r5d la vie monotone4 ,si la notion galitaire n'avait pas t\ff t\t g]me d'orig9alit dans les mes1 l'l>gissem5t des po9ts de vue1 la plus gr&e indp5dance dont *acun j\it et l'entre dans un n\veau sicle aurai5t d faire clore des v>its inf9ies dans les p]sonnalits4 ,mais cette notion a pntr la majorit des curs et arrive mme t\ff] *ez quelques-uns les dons qui les aurai5t mis en valeur1 tellem5t le beso9 de se con=m] la sottise gnrale e/ puissant4 ,la mode e/ l'image frappante de cet tat d'esprit4 ,la femme trs ri*e1 et la plus petite b\rgeoise sont vtues de mme3 id5tique =me de robe1 de manteau1 de *apeau6 ,seulem5t1 ce qui e/ lgant *ez l'une e/ laid *ez l'autre1 cause de la c\pe et de la qualit des t(fes et de la faon dont la toilette e/ porte4 ,si la petite b\rgeoise1 aux ress\rces mode/es1 avait assez d'imag9ation et d'orig9alit p\r adopt] un co/ume inv5t p> elle1 con=me ses moy5s1 elle s]ait bi5 plus *>mante1 dp5s]ait mo9s et ne ressembl]ait pas une mauvaise copie4 ,mais elle n'a pas cet esprit1 et s]t son t\r de modle l'ouvrire1 qui imite ses *apeaux et ses robes4 ,on raconte qu'un clbre pe9tre franais du ,x,i,xe sicle confectionnait lui-mme les robes de bal de sa femme4 ,il drapait sur elle des morceaux d't(fe1 de la gaze1 des rubans1 des fleurs2 t\t cela atta* p> des p+les et inv5t au d]ni] mom5t4 ,l'effet tait m]veilleux1 et les toilettes de ,mme 999999 ju/em5t clbres4 ,quelle femme se prt]ait auj\rd'hui p>eille fantaisie8 ,l'ide de ne pas ressembl] aux autres1 de ne pas tre suffisamm5t banale la glac]ait de t]reur4 ,il en e/ de c]ta9s dfauts comme de c]ta9es robes1 il faut les avoir4 ,si quelqu'un s'en passe1 il e/ pris p\r un dtraqu4 ,le monde e/ beauc\p plus exigeant sur les dfauts que sur les qualits4 ,il ne p]met pas qu'on lui escroque ceux qu'il e/ habitu con/at]4 ,avec les annes1 lorsqu'ils ont cess d'occup] l'att5tion du monde1 les individus sont autoriss affirm] leur manire d'tre p>ticulire1 mais en gnral1 cet ge1 on a p]du t\te saillie1 comme les pices de monnaie qui ont trop circul4 ,jusqu' qu>ante-c9q ou c9quante ans1--sauf s'il app>ti5t la catgorie des solitaires et des indp5dants1--l'homme e/ oblig c]ta9es attitudes2 il doit manife/] c]ta9es passions et pratiqu] c]ta9s vices1 mme innoc5ts4 ,s'il s'en ab/i5t1 on croit de l'hypocrisie1 une pauvret de nature2 en t\t cas1 cette non id5tit complte avec les g5s du mme ge ou de la mme condition p>at un fait anormal qui n'veille aucune sympa?ie et provoque les dfiances4 ,l'uni=mit en t\tes *oses e/ le trait c>actri/ique de ce comm5cem5t de sicle3 t\t le monde1 homme ou femme1 se coiffe de la mme faon1 s'habille de la mme faon1 se meuble de la mme faon1 cultive les mmes sports1 adopte les mmes =mes de langage4 ,dm>*e1 allures du corps1 ge/es des ma9s1 une mode implacable rgle t\s les m\vem5ts4 ,reg>dez des jeunes filles pass] dans la rue1 ne dirait-on pas des p\pes mcaniques sorties d'un mme ateli]8 ,la mat]nit et l'expri5ce mett5t quelques nuances dans cette monotonie d'attitude1 mais jusqu'au m>iage ou l'am\r1 elle e/ absolue4 ,celles qui sav5t re/] elles-mmes1 m>*] et se t5ir comme la nature ou leur vision p]sonnelle du beau le leur suggre1 sont les intellig5tes et les r>es4 ,la gnralit montre une pauvret d'imag9ation dplorable et pose avec con/ance1 non en vue de l'e/htique1 mais de l'uni=mit correcte4 ,la v>it e/ dj une beaut en elle-mme1 et p>t\t o la volont de l'homme peut atte9dre1 il s'a*>ne la supprim]4 ,la nature1 qui a plus d'esprit que n\s1 ne rpte jamais le mme visage1 joli ou laid4 ,p\rquoi ne pas l'imit]1 au lieu de gt] les *oses belles p> des copies s]viles et fades8 ,il y a des g5s qui1 s'ils le p\vai5t1 id5tifi]ai5t les sexes p\r t\t galis]4 ,on ne peut mconnatre que le fm9isme pose une grave "q d'conomie sociale et de dignit huma9e1 mais1 dans ses excs1 d'o procde-t-il1 lui aussi1 s9on de l'ide galitaire8 ,il a fait de ju/es conqutes et en f]a encore1 s'il se g>de de v\loir uni=mis] les tres4 ,l'homme doit lutt] contre la nature p\r l'ass]vir ses beso9s1 non p\r en dtruire les lois fondam5tales4 ,il y a une sorte de plan div9 ou d'ordre naturel des *oses qu'on ne peut essay] de r5v]s]4 ,t\t ef=t prolong en ce s5s aurait des consqu5ces contraires au b p\rsuivi4 ,p\rvu que les femmes ne s'enivr5t pas d'illusions galitaires1 elles arriv]ont conqurir1 auprs de l'homme1 une place t\j\rs plus considrable3 l'in/ruction intgrale se gnralis]a1 et les moy5s honorables de vivre se multipli]ont4 ,mais si elles s'atta*5t la *imre des fonctions id5tiques1 elles auront de pnibles surprises4 ,il y a des femmes suprieures et des hommes =t mdiocres1 c'e/ indniable2 mais l'excs d'intellig5ce d'un ct et sa pauvret de l'autre ne suffis5t pas tablir l'galit4 ,oh6 le malheureux mot qui ne peut jamais s'appliqu] en aucun s5s et fausse les c]veaux et les curs6 ,pr5ons comme exemple la banale comp>aison d'une s\v]a9e et d'une paysanne4 ,naturellem5t cette d]nire ne peut song] tre l'gale de la premire1 et p\rtant1 si la f]mire e/ belle et la re9e laide1 c'e/ la re9e qui1 sur ce po9t spcial1 n'e/ pas l'gale de la f]mire4 ,le mo9dre petit pr(esseur1 s'il a du gnie1 peut refus] de reconnatre comme son gal le plus ri*e p]sonnage du royaume2 de mme l'homme bi5 lev vis--vis du voy\2 cep5dant le voy\1 p> la =ce de ses muscles1 regagne l'avantage dans un pugilat1 et l'9galit s'tablit son pr(it4 ,et a9si de suite1 indf9im5t4 ,ce mot1 fatal la paix du monde1 devrait tre ray de t\tes les langues et se rfugi] uniquem5t dans le code4 ,mais1 dira-t-on1 sans ce beso9 d'galit qui t\rm5te les mes1 aucun progrs ne se s]ait accompli dans le monde3 c'e/ lui qui a p\ss les hommes aux conqutes444 ,en e/-on bi5 sr8 ,ne les doit-on pas plutt1 comme le dit ,pa/eur1 aux travaux ds9tresss de l'esprit8 ,mme au po9t de vue social1 il ne faut pas confondre le dsir normal1 sa9 et ju/e1 de l'amlioration p\r t\s avec le *imrique dsir d'un tat id5tique p\r t\s4 ,quant la "q de r=me lgale1 le simple s5tim5t de la ju/ice aurait suffi faire modifi] la lgislation de faon plus quitable2 et p\r les r=mes encore indisp5sables sur ce po9t1 c'e/ sur lui qu'il faut compt]1 c> le beso9 d'galit ne rpond pas1 si on l'analyse de prs1 l'esprit de ju/ice2 il voit presque t\j\rs les *oses s\s un seul angle4 ,l'homme dem&e tre l'gal de son suprieur1 presque jamais de son infrieur1 ce qui rduit l'aspiration galitaire un beso9 de mont]1 d'atte9dre des conditions matrielles et morales suprieures celles qu'on possde1 aspirations lgitimes1 mais qu'il e/ p]nicieux de dguis] s\s un faux nom4 ,ju/ice et frat]nit1 ces deux t]mes devrai5t tre le cat*isme social de l'homme mod]ne4 ,eux seuls sont capables de pacifi] l'me et d'tablir entre les cratures huma9es des rapports qui ne soi5t pas rciproquem5t une s\rce de s\ffrance4 ,ils r5f]m5t les lm5ts capables d'amlior] la vie de *aque individu et celle des socits huma9es2 la re*]*e de l'galit1 au contraire1 ne s]a jamais qu'une purile erreur1 grosse d'9vitables dceptions2 elle empire la de/9e de l'homme et r5d son cur am]4 ,sans divis] absolum5t1 comme le faisait le comte de ,gob9eau1--ce prdcesseur franais de ,nietzs*e1--les valeurs huma9es en quatre catgories3 fils de rois1 imbciles1 drles1 brutes1 il e/ c]ta9 que la t]re donne p>fois naissance des tres d'lite possdant1 selon le mot de ,c>lyle3 ,la div9e ide du monde1 et qu'il e/ impossible de les confondre avec la gr&e masse des mdiocres et des in/9ctifs4 ,la seule galit possible consi/e en ce que1 t\s1 n\s avons beso9 les uns des autres3 *aque tre huma9 a sa fonction df9ie dans le gr& m\vem5t de l'univ]s4 ,on ne le compr5d pas t\j\rs2 si l'on s'en r5dait mieux compte1 les rapports des hommes entre eux s'ad\cirai5t s+ulirem5t4 ,les r>es tres qui1 p]suads de cette vrit1 essay5t d'y con=m] leurs actes1 viv5t dans une atmosphre de ju/ice et de frat]nit dont le *aud et clair rayonnem5t se rp& sur t\s ceux qui les appro*5t4 ,l'important e/ d'acqurir la consci5ce des *oses2 l'inconsci5ce e/ la gr&e ennemie2 elle n\s fait m>*] en aveugles et n\s mne p>fois jusqu'au crime4 ,,*apitre ,,iv ,,petites ,,t>es ,,de ,l',,ame ,g>de ton cur plus qu'aucune *ose que l'on g>de1 c> c'e/ de lui que procd5t les s\rces de la vie4 ,,prov]bes4 ,les petites t>es de l'me sont la s\rce d'une bonne p>tie des misres que les hommes se font les uns aux autres4 ,la plup>t d'entre eux n'en s\ponn5t mme pas l'exi/5ce1 et s'ils appr5ai5t remont] de leurs actes aux causes qui les ont produits1 ils s]ai5t /upfaits de dc\vrir dans leurs curs ces excroissances malfaisantes4 ,cette ignorance de leur vie intrieure o presque t\s les hommes viv5t1 r5d difficile la gurison des maladies morales4 ,ce qui1 au db1 n'tait qu'une t5dance facile rduire1 devi5t promptem5t une infection incurable4 ,appr5dre connatre les vritables mobiles de ses s5tim5ts et de ses actions#e devrait tre le premi] devoir de t\s les tres p5sants4 ,or1 cette tude subjective e/1 au contraire1 absolum5t nglige4 #e ,voir le *apitre3 galit4 ,sauf aux poques de gr&e crise1 l'homme vit automatiquem5t1 s5tant1 agissant sans se r5dre compte de ce qui le p\sse dans un c\rant plutt que dans un autre4 ,lorsque ses intrts sont en jeu1 il devi5t plus accort1 mais c'e/ *ez lui un travail intellectuel et non moral4 ,s'il pr5ait l'habitude de s'exam9] davantage1 son cur s]ait un j>d9 mieux cultiv1 dont les mauvaises h]bes s]ai5t p>fois arra*es4 ,n\s s5tons cet organe p> ses contractions de joie ou de pe9e1 mais n\s le traitons comme l'une de ces *ambres ab&onnes o la p\ssire1 les insectes1 les toiles d'araigne s'tal5t l'aise1 sans qu'un plumeau dilig5t vi5ne les disp]s] jamais4 ,les exam5s de consci5ce ont t\j\rs t r>es1 la p>esse des mes et des volonts s'y tant sans cesse oppose2 on les pratiquait t\t au plus c]ta9es poques de l'anne1 p\r cess] d'y p5s] ensuite4 ,dans la vie mod]ne1 si agite1 le temps manque p\r les retraites2 il faudrait rev5ir au sy/me de ,py?agore1 et repass] sa j\rne *aque soir1 comme on pr5d son ba91 le mat94 ,mais le soir1 on e/ d'ord9aire si extnu1 que les desc5tes dans l'me sont brves et sup]ficielles4 ,le seul moy5 pratique de savoir ce qui se passe en n\s1 s]ait de n\s le dem&] *acun de nos actes et de nos p>oles4 ,n\s avons bi5 l'habitude de reg>d] o n\s mettons les pi$s p\r dirig] notre m>*e1 et cela ne n\s cote aucune fatigue4 ,p\rquoi n'appliqu]ions-n\s pas l'ordre moral ce que la prud5ce1 dans l'ordre physique1 n\s fait accomplir si aism5t8 ,mais p\r compr5dre la ncessit d'int]rog] sa consci5ce1 il faut avoir appris lui donn] de l'importance4 ,ceux p\r qui elle reprs5te une =mation artificielle1 hritage des gnrations antcd5tes et que les gnrations futures ne connatront plus1 hauss]ont les paules l'ide d'en faire un objet d'usage j\rnali]4 ,ceux qui la ni5t p>ce qu'ils ne la s5t5t plus tressaillir1 n'ont qu' f]m] ce livre3 il ne peut (frir d'intrt qu'aux mes p\r lesquelles l'exi/5ce d'une voix qui les appr\ve ou les blme reprs5te une ralit vcue4 ,cette voix e/-elle un s\ffle de l'esprit ou une sub/ance plus f9e que la matire animale1 puisqu'elle en condamne les in/9cts aveugles8 ,le saurons-n\s jamais8 ,en t\t cas1 cet organe ou ce s\ffle produit des phnomnes div]s et *angeants2 quelques-uns1 il ne s'e/ jamais rvl2 d'autres l'ont endormi de =ce1 et1 t\tes les fois qu'il a donn signe de vie1 il a t t\ff comme ,desdemona p> ,o!llo4 ,*ez d'autres encore1 il e/ sujet des sommeils et des rveils subits que ri5 n'explique4 ,les p]sonnes qui viv5t en communion cont9uelle avec leur consci5ce sont =t r>es2 ce sont les tres suprieurs1 ceux qui sav5t dirig] leur vie et ex]c] une influ5ce bi5faisante sur celle d'autrui4 ,les faiseurs de pe9es ne se recrut5t pas dans leurs rangs4 ,mais cette lite e/ peu nombreuse4 ,des tres bons1 gnreux1 aimant le bi51 dte/ant le mal1 n'en font po9t p>tie1 c> on n'arrive pas sans pe9e cet tat qui dem&e un ef=t con/ant et une att5tion pati5te4 ,sans tomb] dans les scrupules excessifs qui obscurciss5t l'esprit et angoiss5t inutilem5t le cur1 n\s devons rfl*ir aux effets de nos actes et de nos p>oles4 ,t\t dans ce monde1 ne l'oublions pas1 a une plus longue porte que l'esprit born de l'homme ne le suppose4 ,s'il s'en r5dait mieux compte1 sa vie intrieure et sociale s'ori5t]ait sans d\te diffremm5t4 99 99 99 99 99 ,la vanit1 l'envie1 la jal\sie et l'impati5ce de t\te supriorit sont1 avec leurs drivs1 les petites t>es des mes relativem5t honntes4 ,il y en a de sciemm5t inju/es1 crim9elles1 vicieuses1 m*antes1 de mauvaise foi2 sur celles-ci1 aucun raisonnem5t huma9 ne peut avoir de prise4 ,p\r les branl]1 il faudrait une int]v5tion div9e3 le miracle de la r\te de ,damas1 qui f\droya l'aptre ,paul6 ,les quatre petites t>es que je vi5s d'numr] sont gnralem5t unies comme des surs qui s'aim5t2 mais1 suivant les c>actres1 l'une prvaut sur l'autre1 et il e/ r>e qu'elles soi5t de mme taille et de mme env]gure4 ,la vanit rgne seule quelquefois1 si elle e/ accompagne de sottise suffisante et d'abs5ce d'esprit critique4 ,on voit1 en effet1 des hommes et des femmes1 s'avanc] dans la vie le visage satisfait et la b\*e s\riante1 s'admirant eux-mmes1 et p>faitem5t c]ta9s d'excit] l'approbation d'autrui4 ,ils ne connaiss5t ni l'envie1 ni la jal\sie1 tellem5t ils sont c]ta9s d'avoir t\j\rs la premire place dans le c]cle o ils se meuv5t4 ,l'impati5ce de la supriorit d'autrui ne les t\rm5te jamais1 puisqu'ils ne la disc]n5t pas2 la fureur de l'galit leur e/ inconnue1 c> ils se tr\v5t t\j\rs prfrables aux autres4 ,lorsqu'une femme possde ce don de la satisfaction p]man5te1 beauc\p de s\ffrances lui sont p>gnes4 ,elle n'e/ jamais jal\se en am\r3 son m>i peut la tromp]1 mme av]tie1 elle n'y croit pas6 ,des phnomnes id5tiques se manife/5t *ez les hommes4 ,les mo9dres honneurs1 ds qu'on les leur r5d1 se gonfl5t leurs yeux de faon dmesure2 satisfaits au suprme degr1 ils n'envi5t pas les autres4 ,mais cette catgorie d'tres e/ si peu intressante en soi1 qu'aprs en avoir n l'exi/5ce1 elle ne vaut pas la pe9e de s'y arrt]4 ,beauc\p de fi]t vraie sauve de la vanit2 le fatalisme galem5t2 une gr&e f9esse d'intellig5ce produit le mme effet2 les mes /oques ne la s5t5t presque pas2 les mes *rti5nes victorieuses l'ont bannie1 mais1 *ez la gr&e masse des individus1 elle e/ la base des impulsions1 des p>oles1 des actes4 ,les tres intuitifs1 les esprits p]ception nette1 la dev95t et la s5t5t immdiatem5t *ez les autres4 ,cette vulgaire production du cur t]nit les plus nobles qualits4 ,tr\v] une nature dp\rvue de vanit procure une joie r>e qui r$onne confiance dans la nature huma9e4 ,malgr leur p>5t app>5te1 il faut trac] une ligne de dm>cation nette1 entre la vanit et l'ambition4 ,cette d]nire peut tre noble2 la premire ne l'e/ jamais4 ,l'tre vaniteux qui ne lutte plus contre son in/9ct de paon1 devi5t1 p> cela mme1 capable des plus basses p5ses1 et des plus m*antes actions2 il e/ fatalem5t un faiseur de pe9es1 c> la vanit e/ implacable4 ,p\rtant elle reprs5te une faiblesse et non une =ce1 mais le mal que peut produire la =ce brutale e/ mo9s cruel et mo9s dang]eux4 ,il y a des femmes1--les ravages de la vanit mascul9e revt5t gnralem5t d'autres =mes1--irrpro*ables en app>5ce1 sans faiblesse passionnelle se repro*]1 capables mme d'actes de bont1 p]suades p> consqu5t de leur droit au respect1 et qui ont fait plus de mal1 p> leur vanit et leur jal\sie1 que n'en ont jamais caus1 malgr le ret5tissem5t de leurs fautes1 d'autres femmes1 ouv]tem5t immorales1 mais qui n'tai5t1 du mo9s1 ni vaniteuses1 ni jal\ses4 ,la jal\sie dont je p>le ici n'e/ pas celle du cur4 ,elle nat de l'avidit des l\anges1 ce s5tim5t qui r5d insupportable les succs d'autrui et produit un irrsi/ible beso9 de dnigrem5t4 ,t\t rayonnem5t1 aut\r du front du pro*a91 irrite ces am\rs-propres ultra-s5sibles2 un dsir aveugle de t]nir cette aurole les saisit1 les emporte1 les dom9e444 ,ils ne se dem&5t pas quel s]a le rsultat de leurs p>oles p]fides et de leurs manuvres insidieuses2 ils ne p5s5t qu' la satisfaction immdiate de faire desc5dre du pide/al ou du mo9s de quelques *elons1 les tres dont la supriorit en un g5re quelconque les (fusque4 ,ces *elons desc5dus peuv5t avoir1 p\r ces d]ni]s1 des consqu5ces dsa/reuses1 qu'importe6 ou1 p\r mieux dire1 nul ne s'en occupe4 ,l'habitude de consult] sa consci5ce e/ =cm5t ab&onne p> les vaniteux2 ils ne p\rrai5t se support] eux-mmes1 s'ils l'int]rogeai5t4 ,lorsqu'ils la sond5t1 c'e/ sur d'autres po9ts2 ils n'en ouvr5t que quelques portes et cad5ass5t les autres4 ,c'e/ l une pitoyable ruse dont presque t\s les hommes se r5d5t inconsciemm5t c\pables4 c\t] t\tes les voix du juge intrieur e/ gnant c]ta9es heures de la vie4 ,il y a des mom5ts o l'on se b\*e l'oreille de droite p\r ne laiss] arriv] les sons qu' l'oreille de gau*e4 ,mais ce sont l s\v5t des l*ets mom5tanes2 *ez les vaniteux1 au contraire1 l'habitude e/ dev5ue invtre4 ,leur mal e/ comp>able la gangrne qui empoisonne le sang1 amne la mort1 et p\rtant ne produit pas ces lancem5ts viol5ts qui indiqu5t au malade le sige et les progrs du mal4 ,malgr cet eng\rdissem5t *ronique de leur consci5ce1 ces faiseurs de pe9es sont les premires victimes de leurs malfaisantes p5ses4 ,a mo9s d'tre des sots1 ils ne sont jamais satisfaits de leurs avantages sociaux4 ,voir des g5s possd] ce qu'ils n'ont pas1 e/ une *>de dans leur *air4 ,si ,dante vivait auj\rd'hui1 il aj\t]ait un n\veau c]cle l'enf]1 celui de la vanit insatiable et jamais rassasie4 ,les vaniteux et les jal\x rp&5t du poison aut\r d'eux2 ils dtruis5t ou t]niss5t ce qui fleurit de meilleur dans le cur huma93 sympa?ie1 amiti1 e/ime6 ,qui n'a fait l'expri5ce des refroidissem5ts inexplicables que ri5 ne ju/ifie4 ,les poignes de ma9s devi5n5t mo9s cordiales1 le ton mo9s affectueux1 les p>oles mo9s confiantes4 ,c'e/ comme une dfiance s\da9e1 une ombre qui s'int]pose1 un je ne sais quoi de *ang qui n'y tait pas la veille4 ,inutile de *]*] bi5 lo9 la cause du mal5t5du1 il n'y en a pas1 la plup>t du temps4 ,il a suffi de l'influ5ce d'un tre vaniteux et jal\x1 p\r rp&re dans les esprits1 p> le dnigrem5t ou la calomnie1 le g]me de/ructeur des s5tim5ts d'affection et de respect4 ,en p>eil cas1 impossible de p>] le c\p2 on ne se df5d pas contre des ombres6 ,l'expri5ce de la vie1 une bonne dose de philosophie1 un c]ta9 /ocisme d'me aid5t support] ces pnibles surprises1 sans que l'on p]de son quilibre4 ,mais les c>actres mo9s bi5 dresss1 plus en?\sia/es1 plus impulsifs1 en s\ffr5t cruellem5t4 ,ils en s\ffr5t cause des amitis qui se voil5t et qu'ils craign5t de p]dre2 ils en s\ffr5t1 p>ce qu'ils avai5t confiance dans l'ami qui les a dess]vis1 et que la preuve de sa trahison les anantit4 ,p>fois le dommage n'e/ que passag]1 c> la vrit e/ plus puissante que le m5songe2 elle triomphe des mdisances et des s\pons3 elle a des rayonnem5ts s\da9s qui dissip5t les nuages4 ,mais il n'en e/ pas t\j\rs a9si4 ,c]ta9s c>actres1 une fois que le d\te les a pntrs1 ne p>vi5n5t jamais s'en dlivr]1 mme devant l'vid5ce2 le travail de la mdisance et de l'ins9uation calomnieuse a *ez eux un ret5tissem5t t]nel4 ,le *>me des rapports qui unissai5t les tres e/ rompu2 c'e/ une d\ceur enleve la vie1 un li5 bris que ri5 ne r5\e4 ,s\v5t les consqu5ces de cette rupture sont inf9ies et imprvues dans l'ordre moral4 ,dans l'ordre matriel1 les effets peuv5t tre galem5t p]nicieux3 il y a des c>rires p]dues ou enrayes p> la petite vanit d'un cur jal\x2 il y a des g5s qui p]d5t leur pa9 quotidi51 p>ce qu'ils ont eu le malheur d'obt5ir une notorit qui a agac les am\rs-propres de leur ent\rage4 ,ces exemples p\rrai5t se multipli] l'inf9i4 ,c'e/ surt\t dans l'art de refroidir les amitis et de glac] l'admiration que les femmes jal\ses et vaniteuses excell5t4 ,la jal\sie et l'envie des hommes s'attaqu5t des bi5s plus concrets4 ,c'e/ en vue d'une place1 d'une situation1 d'un ga9 quelconque qu'ils s'attaqu5t et se trahiss5t les uns les autres4 ,lorsque le poison a pntr leur cur1 ils n'ont pas plus de scrupules que les femmes4 ,et1 bi5 ent5du1 je ne p>le que des g5s qui prt5d5t l'honntet4 ,p\r les autres1 ces faons de nuire auxquelles l'intrt les p\sse1 sont naturelles et logiques4 ,se s5tir des faiseurs de pe9es excite mme leur orgueil1 ils se figur5t a9si acqurir des =ces ou affirm] leurs puissances4 ,la plup>t des vaniteux jal\x1 hommes ou femmes1 ne se d\t5t pas du mal qu'ils font4 ,si on =mulait contre eux des accusations1 ils rpondrai5t1 =t tonns3 ,mais comm5t donc6 ,un tel ou une telle8 ,mais je suis son ami1 je v\drais mme lui tre utile4 ,j'ai dit du mal sur son compte8 ,quelle ide6 videmm5t *acun a sa faon de p5s]4 ,faut-il abjur] t\te indp5dance de jugem5t8 ,a9si p> exemple444 ,et de n\veau la *>ge comm5ce1 le dnigrem5t s'ex]ce444 ,je suis p]suade que1 si la plup>t des pauvres tres1 que ces vulgaires passions agit5t1 analysai5t la bassesse de leurs motifs1 ils en s]ai5t honteux et surpris4 ,au lieu de les har p\r les *agr9s qu'ils caus5t1 il faut surt\t les pla9dre4 ,ils r5onc5t aux joies les plus p>faites1 et viv5t dans un malaise cont9uel4 ,ces visages rids prmaturm5t1 ces b\*es tordues en un pli am]1 ces te9ts gristres que le mcont5tem5t1 et non la maladie1 t]nit1 t\t cela indique un tat de tr\ble pnible4 ,il y a des jal\x au te9t clair1 c'e/ vid5t1 mais cep5dant1 p\r l'obs]vateur p]spicace1 aucune srnit h>monieuse ne rayonne sur ces visages1 reflets d'une me mdiocre1 qui ne sait pas se rj\ir des joies des autres4 ,t\s les curs1 dira-t-on1 r5f]m5t en g]me ces deux passions surs2 t\s n\s sommes vaniteux et t\s n\s sommes jal\x4 ,c'e/ la fois vrai et faux4 ,d'abord1 il s]ait inju/e de confondre la vanit avec l'am\r-propre2 ils sont d'ess5ce div]se et ne se ressembl5t qu'app>emm5t4 ,ensuite1 il y a rellem5t des natures qui ne s5t5t presque pas les atte9tes de ces deux ennemies4 ,en t\t cas1 elles en t\ff5t avec n]gie les mo9dres manife/ations et les trait5t en rivales va9cues4 ,il faut app>t5ir cette catgorie de vaillants1 p\r song] dev5ir des faiseurs de joies4 ,tant qu'on re/e une me vaniteuse1 on ne peut rp&re le bonheur aut\r de soi4 99 99 99 99 99 ,l'envie e/ tellem5t lie la jal\sie et la vanit qu'on ne sait comm5t les sp>]1 et p\rtant de nombreuses nuances les di/+u5t4 ,qu& on e/ envieux1 on e/ gnralem5t vaniteux et jal\x1 et p\rtant on peut tre l'un sans l'autre6 ,l'envie e/ quelquefois uniquem5t dirige v]s les bi5s matriels1 sans dsir de pre/ige4 ,on veut l'arg5t p\r l'arg5t1 le bi5-tre p\r le bi5-tre1 le plaisir p\r le plaisir2 aucune proccupation d'am\r-propre ne se mlange cette volont d'accap>em5t4 ,les natures que les j\issances matrielles absorb5t et qui les envi5t dsesprm5t lorsqu'elles leur manqu5t1 sont s\v5t dp\rvues de vanit4 ,elles se moqu5t des app>5ces et des approbations2 ce sont *oses va9es4 ,le tangible seul a du prix leurs yeux4 ,c'e/ plutt le cas des hommes2 *ez les femmes1 un peu de vanit se mle presque t\j\rs l'envie qui se porte sur les avantages dans lesquels le dsir de plaire1 de surpass]1 de brill]1 tr\ve son compte4 ,les c>actres droits1 simples et dignes ne connaiss5t pas ces t>es4 ,ils sont ce qu'ils sont1 t\t unim5t1 et la somme de pe9es qu'ils caus5t e/ p> consqu5t bi5 mo9dre4 ,les envieux1 dans un b d'accap>em5t s\v5t illusoire1 essay5t de dtruire et de dim9u] les avantages d'autrui1 ils laiss5t tomb] les mots p]fides qui t]niss5t les rputations1 endommag5t les clbrits et rp&5t aut\r d'eux une atmosphre l\rde1 dprimante1 empoisonne de malveillance et de dnigrem5t4 ,jamais la n\velle d'un bonheur ne les rj\it1 et1 s'ils sont assez bi5 levs p\r tmoign] une satisfaction factice1 on s5t1 s\s leur s\rire1 une cret envieuse1 et un froid se rp& qui glace les curs4 ,la plup>t des g5s n'analys5t pas1 ils s5t5t le malaise sans en p]cevoir la cause4 ,ces trois surs p]fides1 unies ou sp>es1 sont les vraies de/ructrices du bonheur1 de la paix1 de la bonne direction des vies4 ,c]ta9es p]sonnes1 app>emm5t respectables1 auront ce sujet de t]ribles comptes r5dre4 ,elles ont emp* et gt tant de joies1 t>i tant de bonnes volonts1 jet le d\te dess*ant sur tant d'affections1 dnigr tant de tal5ts1 qu'elles aurai5t fait mo9s de mal en tordant simplem5t le c\ une ou deux p]sonnes4 ,cela aurait limit les ravages quelques morts viol5tes4 ,malheureusem5t1 r=m] le code n'e/ pas *ose facile2 il se born]a t\j\rs punir les homicides et les vols visibles et positifs4 ,l'op9ion publique1 elle aussi1 quoique plus libre1 ne p\rra jamais suffisamm5t atte9dre les c\pables4 ,il n'en re/e pas mo9s vrai que les pires ennemis des hommes ne sont pas t\j\rs ceux qui vid5t les caisses et j\5t du c\teau4 99 99 99 99 99 ,ce qui e/ gai et brillant1 ce qui reprs5te la =tune et le succs ex]ce un irrsi/ible pre/ige1 et t\s se prcipit5t d'in/9ct v]s ce qui rp& *aleur et lumire4 ,de la "p des envieux1 le m\vem5t e/ automatique et non volontaire1 c> ils tr\v5t plus facile de pleur] avec ceux qui pleur5t que de se rj\ir avec les curs cont5ts4 ,il y a cep5dant des nuances4 ,c]ta9es p]sonnes jal\s5t le monde enti]1 d'autres se limit5t envi] leurs pro*es1 ceux qui occup5t une position peu prs analogue la leur1 qui p\rsuiv5t les mmes buts et ont les mmes spcialits4 ,l'lvation des objectifs n'emp*e pas t\j\rs ces v5imeuses effloresc5ces3 les uvres philan?ropiques1 sociales et ducatrices s]v5t s\v5t de *amp clos ces luttes p]fides4 ,le beso9 de se mettre en avant1 de p>atre1 de faire prvaloir son op9ion1 gte les meilleures initiatives4 ,que de p]sonnes1 ne p\vant y j\] le premi] rle1 se ds9tress5t des plus utiles re*]*es4 ,et quelle rancune contre celles qui1 faisant le bi5 p\r le bi51 acquir5t une ju/e prpondrance4 ,on s'tonne p>fois de voir une uvre s'anmi] et prir4 ,sans qu'on s'en d\te1 elle meurt des s5tim5ts mdiocres qui s'y sont glisss4 ,t\te p5se d'envie1 de rancune ou de p]fidie cre des =ces p]v]ses et de/ructrices qui s'ex]c5t ensuite1 indp5damm5t de la volont qui les a mises en m\vem5t4 ,les p5ses sont autrem5t efficaces dans leurs rsultats que les actes et les p>oles4 ,une mauvaise p5se non =mule cause plus de ravages que des mots ac]bes4 ,dans l'intimit surt\t1 elle suffit t>ir les s\rces de la joie et de la paix4 ,il y a des familles o la df5se des intrts communs e/ si =tem5t s5tie que les membres se ti5n5t s]rs les uns aux autres1 comme les soldats d'une compagnie prte s'lanc] sur l'ennemi4 ,d'autres ressembl5t des socits d'admiration mutuelle4 ,dans d'autres encore1 l'am\r e/ si pr(ond qu'il enseigne t\tes les *oses bonnes et d\ces1 et salutaires4 ,mais il en e/ que l'envie et la jal\sie dvor5t2 c'e/ une conspiration qui s'ourdit contre l'un des membres de la communaut4 ,t\s se mett5t d'accord p\r le critiqu]1 blm] ses actes et sa faon de vivre4 ,on le jal\se en t\tes *oses2 on ne voit que ses avantages1 on nie ses malheurs1 aucune piti ne va jamais lui6 ,s'il a quelque lvation de c>actre ou d'intellig5ce1 quelque indp5dance d'esprit1 c'e/ pire encore1 les mauvaises volonts s'acc5tu5t444 ,il y a1 au fond de t\t tre vaniteux et jal\x1 un tyran impati5t de ce qui le dpasse4 ,que de p]sonnes rs]v5t leur indulg5ce aux tres bas1 dsquilibrs1 en qui ils s5t5t des infrieurs4 ,ils pr\v5t en leur prs5ce une dlicieuse impression de supriorit4 ,ce s5tim5t assure le succs des g5s mdiocres et r5d la vie difficile t\s ceux qui s'lv5t un peu au-dessus de la masse p> leurs tal5ts ou leurs aspirations4 ,ne les plaignons pas trop cep5dant3 puisque le p>fait bonheur e/ dans la communion avec le div91 s'en appro*]1 mme de lo91 doit tre une joie4 ,les s\ffrances volontaires causes autrui sont le plus sr moy5 d'int]rompre nos communications avec l'hte my/rieux qui vi5t n\s visit] p>fois1 et je me dem&e si un gr& p*1 qui ne cause pe9e ou dommage p]sonne1 n'e/ pas mo9s rep\ssant que le petit p* dont le b e/ la pe9e du pro*a98 videmm5t1 il n'y a pas de p* sans consqu5ce1 mais je crois f]mem5t que1 dans la balance div9e1 l'importance du p* en lui-mme ps]a mo9s que le mal dont il aura t la cause4 ,,*apitre ,v ,,les ,,griefs ,repr5ds ton ami1 peut-tre n'a-t-il ri5 fait1 et1 s'il l'a fait1 ce s]a p\r qu'il ne cont9ue pas4 ,,b5 ,,sira*4 ,p>mi les pe9es inutiles1 dont l'exi/5ce e/ embr\ssaille et obscurcie1 il faut compt] les griefs4 ,le mot semble insignifiant1 mais il reprs5te une telle srie de s5tim5ts mesqu9s et de p5ses nuisibles1 qu'il devi5t =midable dans ses consqu5ces4 ,semblables ces petits rongeurs qui f9iss5t p> dtruire des maisons entires1 les griefs port5t le tr\ble dans t\s les curs o ils naiss5t1 pass5t et viv5t4 ,ds qu'ils y app>aiss5t et s'y accumul5t1 la paix et la joie en sont bannies4 ,dans t\s les rapports sociaux1 ils di/ill5t du poison4 ,leur prs5ce1 au db1 se fait pe9e s5tir1 et l'on ne s'en ap]oit que lorsque1 matres de la place1 ils en ont *ass t\s les s5tim5ts d\x3 confiance1 gratitude1 t5dresse6 ,leur d5t malfaisante tran*e les fleurs des prairies1 et le sol o ils ont pass re/e aride et sec4 ,il n'y a pas d'affection qu'ils n'assombriss5t2 on dirait ces essaims d'insectes qui1 en c]ta9es saisons et en c]ta9s climats1 obscurciss5t t\t c\p l'atmosphre4 ,la pluie de saut]elles que l't]nel envoya aux gypti5s reprs5te au figur une pluie de griefs4 ,en effet1 ceux-ci s'abatt5t sur l'me comme les saut]elles sur la t]re4 ,il faut une r>e lvation d'esprit p\r leur f]m] t\j\rs l'entre de soi-mme2 lorsqu'on s'y att5d le mo9s1 ils fond5t sur les curs4 ,aucune plante au monde n'a une croissance aussi rapide3 na9s le mat91 ils sont gants le soir6 ,ils dtruis5t les meilleures int5tions et les meilleurs s5tim5ts4 ,on se s5tait prt une action gnreuse1 les griefs survi5n5t1 et les bonnes volonts t>iss5t6 ,le plus s\v5t1 le grief ne repose sur ri52 c'e/ ce qui fait sa =ce et son dang]4 ,le cri angoissant de ,macbe?1 qui se pla9t de n'avoir combattre que des fantmes1 se rapporte trs bi5 la calomnie1 mais s'applique t\t aussi bi5 aux griefs4 ,ils sont d't(fe si m9ce que1 p> am\r-propre1 nul ne les av\e jamais4 ,capables de produire1 en s'accumulant1 des ha9es meurtrires1 ils *app5t ob/9m5t l'explication s9cre qui p\rrait les dissip]1 et demeur5t incru/s et dissimuls dans le fond intime de l'tre4 ,le mot de ,m>ie ,tudor1 disant qu' sa mort1 si on lui ouvrait le cur1 on y tr\v]ait grav le nom de ,calais1 peut se rpt] p\r c]ta9s griefs4 ,il y a des mes qui les port5t en elles-mmes jusqu'au tombeau4 ,la plup>t du temps1 si l'on remontait leur orig9e1 la honte s]ait gr&e d'avoir n\rri tant d'am]tume p\r de si maigres torts4 ,les p]sonnes qui ne sont pas sujettes se faire de griefs sont celles qui en donn5t le plus aux autres1 c> elles ne se figur5t jamais qu'on puisse leur en v\loir de tel ou tel oubli1 de tel ou tel acte insignifiant1 de tel ou tel mot dit sans int5tion4 ,la prvoyance1 la prud5ce1 la bont ne les sauv5t pas4 ,elles devrai5t rapetiss] leur me p\r se figur] c]ta9es mesqu9es rancunes4 ,il y a1 p> contre1 des catgories d'individus qui sembl5t pr5dre plaisir dfi] les ho/ilits2 ils n'ouvr5t la b\*e que p\r prononc] des p>oles dnigrantes1 lanc] des calomnies1 des mdisances1 et n'ont jamais p\r p]sonne un mot bi5veillant ou une att5tion4 ,leur b semble tre de provoqu] les antipa?ies et les v5geances444 ,irritables1 n]veux1 colriques1 ils aim5t froiss]1 bless]1 humili]1 se figurant sans d\te affirm] a9si une supriorit qu'ils sont seuls reconnatre4 ,ces faiseurs de pe9es ne mrit5t pas qu'on s'occupe d'eux ni qu'on essaye de les prmunir contre les griefs qu'ils excit5t volontairem5t et ju/em5t4 ,mais on v\drait en prs]v] les d\x1 les paisibles et les ju/es4 ,comm5t les mettre l'abri des rancunes que leurs qualits elles-mmes suscit5t8 ,l'unique moy5 e/ qu'ils g>d5t leur me libre de t\te p5se amre4 ,et alors1 peut-tre p> ces communications my/rieuses d'esprit esprit1 dont on s5t p>fois les effets1 sans en connatre la cause1 ils arriv]ont dblay] le cur de leur pro*a9 des griefs qui le rong5t4 ,le traitem5t entrepr5dre e/ donc uniquem5t subjectif1 c> seul un travail intrieur p>vi5t dlivr] l'me des p>asites qui en absorb5t le suc vital4 ,il ne faudrait accord] aux autres hommes le droit de n\s faire s\ffrir que p> la piti ou l'am\r qu'ils n\s inspir5t4 ,n'y a-t-il pas du ridicule tre la victime du reg>d froid des indiffr5ts1 d'une p>ole ac]be1 d'une nglig5ce1 d'une impolitesse de la "p de g5s dont notre vie s5tim5tale ne dp5d po9t8 ,et mme1 qu& ces blessures n\s sont portes p> des amis1 des pro*es1 des tres qui n\s donn5t le bonheur ou le malheur1 n'e/-il pas maladroit de leur accord] de l'importance8 ,si ces froissem5ts sont lg]s1 ne vaut-il pas mieux les t\ff]8 ,s'ils sont de nature afflig] srieusem5t1 le plus sage n'e/-il pas de les p>donn] en sil5ce8 ,s'ils sont trop graves p\r tre p>donns en sil5ce1 on gagn]ait les exprim] p> des mots4 ,impossible6 dira-t-on4 ,t\s ceux qui1 s5tant des ombres s'int]pos] entre eux et leurs amis1 ont re*]* navem5t une explication1 se sont tr\vs en face d'un mur de glace4--,quelque *ose contre v\s8 ,mais comm5t donc8--,il n'y a ri51 absolum5t ri56--,v\s avez une imag9ation tonnante6--,et un s\rire de raill]ie s\ligne les p>oles fausses4 ,il semble dire1 ce s\rire3 ,v\s v\s figurez m'avoir bless6 ,quel sot am\r-propre e/ donc le vtre6 ,l'am\r-propre1 voil le gr& ob/acle ces expositions s9cres de nos blessures morales4 ,il e/1 en gnral1 compris de faon s+ulire4 ,les hommes ne se s\ci5t gure de la ralit des *oses#f1 mais bi5 plutt du rle qu'ils j\5t1 en tant que m>ionnettes sociales 7oh6 pas t\s1 bi5 ent5du1 mais le plus gr& nombre74 ,le cabot9age a tellem5t envahi les murs et les esprits que t\t se fait p\r et sur la scne1 y compris la bi5faisance4 ,jadis1 les auteurs dramatiques et les acteurs se proccupai5t peu prs seuls des applaudissem5ts des f\les2 auj\rd'hui les confr5ces1 les congrs et les expositions multiples sont autant de ?tres o presque t\tes les catgories de citoy5s ont leur rle j\]4 #f ,voir ,ames dormantes1 le *apitre3 ,le faux am\r de soi4 ,a c]ta9s po9ts de vue1 le cabot9age e/ utile2 il s]t d'mulation1 il appr5d se mieux t5ir1 dlivre de la timidit4 ,l'habitude de se prs5t] au public donne1 ds l'enfance1 un aplomb tonnant2 on voit des petites filles j\] la comdie avec une ds9volture amusante2 elles rcit5t des complim5ts aux s\v]a9s ou prs5t5t une adresse au ,sa9t ,pre avec un aplomb et une abs5ce d'motion que leur envi]ait une actrice vieillie sur les plan*es4 ,pas un battem5t de cils6 ,elles ne r\giss5t mme pas4 ,la r\geur n'e/ plus que l'indice de l'am\r-propre bless3 les causes qui la provoquai5t autrefois1 pudeur et honte1 sont peu prs lim9es de la vie mod]ne4 ,ce dveloppem5t du cabot9age a donn une impulsion ins5se aux vanits et a1 p> consqu5t1 augm5t de beauc\p le nombre des griefs secrets4 ,t\s aspirant un succs p]sonnel sur une scne quelconque1 il s]ait maladroit d'admettre le succs d'autrui4 ,en ce monde1 bi5tt1 il n'y aura plus que des comptiteurs6 ,le plaisir de la mdisance a peut-tre dim9u1 p>ce qu'on a mo9s de temps y consacr]1 mais l'loge spontan et s9cre a disp>u des habitudes morales du ,x,xe sicle1 et elles sont r>es1 les gloires qu'on n'essaye pas de dmolir6 ,p\r *app] au dnigrem5t1 il faut avoir de s+uli]s mrites1 ou travaill] dans des bran*es concurr5ce limite4 ,en t\t cas1 il e/ indisp5sable que le gr& homme vive solitaire1 lo9 des f\les1 de faon ne pas irrit] le pro*a9 p> le bruit des applaudissem5ts qu'il recueille4 ,les contacts trop frqu5ts sont de srs provocateurs de griefs4 ,la gr&e loi des causes et des effets e/ mise en d\te1 cause des dm5tis que l'expri5ce lui donne4 ,mais sont-ce des dm5tis8 ,si l'on ti5t compte des causes ignores1 on ne saurait prt5dre qu'il y ait jamais un effet sans cause4 ,on ne peut dire non plus qu'il y ait des causes sans effets1 les rsultats directs d'une cause tant p>fois dtruits ou p>alyss p> d'autres causes plus =tes que n\s ne p]cevons pas1 et qui provoqu5t des effets diffr5ts de ceux que la cause visible semblait indiqu] comme c]ta9s4 ,t\tes les inconnues qui ent\r5t la vie de l'homme1 et dont on con/ate l'exi/5ce *aque pas1 p]mett5t cette loi1 qui satisfait le beso9 de logique et l'in/9ct de ju/ice que n\s portons en n\s-mmes1 de cons]v] sa valeur4 ,valeur d'hypo?se si l'on veut1 mais t\t n'e/-il pas peu prs hypo?se1 dans ce monde de l'inc]titude o n\s naissons1 vivons et m\rons8 ,on peut donc affirm] que l'exac]bation de l'am\r-propre1 rsultat du cabot9age mod]ne et de la doctr9e galitaire1 a p\r consqu5ce immdiate le grief1 c> celui-ci tr\ve dans la vanit une s\rce int>issable o s'abreuv] et se r5\vel]4 ,l'homme va9 a dsesprm5t beso9 des autres1 p>ce qu'il en att5d les approbations et les flatt]ies dont il e/ assoiff4 ,mais s'il exige des joies1 il n'en donne pas et e/ presque t\j\rs lui-mme un faiseur de pe9es1 non p> m*ancet ou frocit in/9ctives1 mais simplem5t p>ce que l'loge n'atte9t jamais la hauteur de ses dsirs1 et que1 si on le lui refuse1 il regimbe et devi5t la proie de rancunes qui le trans=m5t en tre nuisible4 ,le petit grief pr5d facilem5t *ez lui des allures de ha9e4 99 99 99 99 99 ,les effets nuisibles des griefs se retr\v5t dans t\s les rapports sociaux4 ,entre deux p]sonnes1 des relations cordiales s'tabliss5t2 elles ressembl5t un comm5cem5t d'amiti4 ,t\t c\p les poignes de ma9s devi5n5t plus fra*es1 les reg>ds plus di/raits1 les p>oles mo9s aimables3 un p\voir dissolvant a dsagrg les lm5ts bons4 ,ce *angem5t e/ p>fois l'uvre de la mdisance ou de la calomnie1 mais s\v5t il a p\r cause un simple grief vaniteux ou s5tim5tal1 caus p> un lg] oubli de l'am\r-propre du pro*a91 ou p> un succs qui le heurte1 ou une app>5ce de froideur qui le blesse4 ,a la privation d'une joie possible1 qui aurait t l'amiti entrevue1 se joign5t bi5tt les procds dsagrables1 c> t\t grief qui ne s'av\e pas ouv]tem5t rec\rt1 p\r se manife/]1 des manuvres secrtes et p]nicieuses4 ,le c>actre des griefs e/ de crer une atmosphre ho/ile ceux qui les ont involontairem5t causs3 demi-mots significatifs1 ins9uations p]fides1 s\pons vagues rp&us avec art4 ,le malheureux qui se dbat dans cet *eveau habilem5t embr\ill r5contre des mauvaises volonts p>t\t et ne sait quoi les attribu]4 ,devant lui1 on se drobe1 les ma9s se retir5t1 les (fres de s]vice se r5i5t444 videmm5t la vrit possde une =ce en soi1 elle triomphe en gnral de la calomnie1 et t\te exi/5ce pure et droite f9it p> s'impos] l'e/ime4 ,qu& on vit dans une maison de cri/al1 on ne peut prt5dre1 la longue1 que votre vie s'c\le dans d'obscures cav]nes2 mais le d\te propag avec ruse a suffi p>alys] vos ef=ts1 ret>d] votre c>rire1 remplir votre cur d'une am]tume dont la saveur cre ne disp>at entirem5t que *ez les natures assez =tes p\r s'en dlivr] p> un acte d'n]gie4 ,les griefs entre g5s qu'uniss5t des li5s de p>5t n'ont pas autant de rp]cussion extrieure2 ils nuis5t mo9s l'exi/5ce sociale1 mais empoisonn5t la vie intime4 ,il faut les divis] en deux catgories3 vanits et s5tim5ts blesss4 ,les effets sont les mmes3 yeux froids1 visages maussades1 s\rires s>ca/iques1 p>oles piquantes1 s\s-ent5dus gros de rancunes444 ,en voyant les membres d'une mme famille runis1 on p\rrait suppos] p>fois1 d'aprs leurs attitudes1 qu'ils ont de graves mfaits se repro*] les uns aux autres1 et1 au fond1 ils s'aim5t t5drem5t et sont prts se dv\] les uns p\r les autres4 ,l'ombre provi5t d'embryons de torts1 non de torts rels1 mais ces embryons1 grossis p> l'imag9ation1 dnaturs p> l'am\r-propre ou un p> faux s5tim5talisme1 dvelopp5t et ma9ti5n5t les griefs4 ,les natures susceptibles s'en =g5t sans cesse de n\veaux1 p\r se tortur] elles-mmes et tortur] les autres2 les c>actres b\deurs1 grognons1 p]v]s1 excitables1 en ont beso9 comme d'un alim5t indisp5sable1 p\r cons]v] l'attitude mcont5te qui fait le t\rm5t de leur ent\rage et le leur propre4 ,l'affection1 le dv\em5t1 les g>ds dont on les ent\re ne p>vi5n5t jamais t>ir cette s\rce d'am]tume cont9uellem5t jaillissante dans leur cur4 ,le don de soi-mme ne les t\*e pas1 mais1 si v\s oubliez de leur faire un message ou si v\s ne cons5tez pas b\lev]s] votre j\rne p\r satisfaire leur caprice1 ils v\s considr5t comme un ennemi4 ,la crise passe1 mais p\r recomm5c] deux j\rs plus t>d4 ,l'art de se t\rm5t] rciproquem5t e/ frqu5t entre p]sonnes qui s'aim5t4 ,des g5s quitables dans la vie publique et sociale cess5t de l'tre avec leurs pro*es et ils ont une audace dans l'inju/ice qui frise le cynisme4 ,ils ps5t de t\t le poids de leur humeur *agr9e sur ceux qui les ent\r5t1 et ne p\vant ragir contre les vritables auteurs des dsagrm5ts dont ils s\ffr5t1 ils inv5t5t des griefs contre leur famille p\r se v5g] sur elle des torts d'autrui4 ,il y a des maisons d'o la gat e/ bannie1 non p> les malheurs1 mais p> les griefs4 ,qu& ils revt5t la =me s5tim5tale1 ils sont plus exasprants encore4 ,on r5tre un peu en ret>d1 le visage joyeux1 apportant une bonne n\velle2 on tr\ve des visages sombres qui sembl5t v\s accus] de t\s les mfaits4 ,une seule p]sonne susceptible suffit gt] la vie d'une famille entire4 ,on cra9t t\j\rs de la froiss]1 on tremble l'ide de son mcont5tem5t4 ,semblable une div9it malfaisante1 elle dem&e sans cesse1 p\r tre apaise1 de n\veaux sacrifices la bont ou la l*et d'autrui4 ,il e/ facile de se faire des griefs1 c> le cur huma9 y e/ encl9 et la p5te e/ glissante4 ,s'y laiss] all] e/ la faute la plus grave que l'on puisse commettre contre sa propre me4 ,t\t homme libre1 matre de lui-mme1 devrait1 au premi] indice1 cras] ces plantes v5imeuses s\s son talon4 ,les gr&es d\leurs ne n\s guett5t pas t\j\rs1 et p\rtant1 que d'exi/5ces tri/es et mornes6 ,en lim9ant les griefs1 on v]rait les s\rires refleurir sur des lvres qui en avai5t p]du l'habitude4 ,se f*] contre ceux qu'on aime e/ absurde2 les t\rm5t] e/ crim9el4 ,qu& on rfl*it ce qu'a de tragique la de/9e huma9e1 les s\ffrances naissant de nos susceptibilits p>aiss5t misrables et folles4 ,dev5ir son propre b\rreau e/ de la dm5ce in9tellig5te4 ,et c'e/ ce que t\s les hommes font1 peu prs1 du plus au mo9s4 ,on dirait que les hauteurs s]e9es les effray5t2 ils prfr5t les luttes infcondes o1 sans ri5 conqurir1 le sang des curs c\le inutilem5t et d\l\reusem5t4 ,mais1 dira-t-on1 il e/ impossible de ne pas tre s5sible aux torts1 et que cette s5sation ne se *ange pas en grief4 ,les crets que l'on g>de en soi f]m5t5t 9vitablem5t4 ,en famille1 il y aurait1 p\r vit] ces f]m5tations malsa9es1 un moy5 pratique employ]4 ,puisque l'aveu direct du froissem5t pr\v cote trop l'orgueil1 on devrait dpos] dans un meuble1 dont *acun aurait la clef1 un regi/re sur lequel1 t\r t\r1 *acun des membres de la communaut numr]ait les procds dont il se croit victime4 ,qu& il s'agirait de *oses graves et dlicates1 un pli ca*et1 avec une adresse1 s]ait gliss entre les feuillets4 ,dnonc] les culpabilits1 sans avoir beso9 de rec\rir aux p>oles1 s]ait p\r tant de pauvres curs t\ffs p> l'accumulation de leurs griefs un s\lagem5t int5se4 ,ce sy/me p\rrait1 en outre1 provoqu] *ez les mes scrupuleuses un beso9 de rp>ation1 et a9si1 plusieurs plaies morales1 involontairem5t causes1 s]ai5t panses et cicatrises4 ,la m?ode que je suggre ne s]a videmm5t pas suivie3 les rancunes cont9u]ont tre n\rries dans les curs2 s\s le toit familial les mmes visages r5frogns s'align]ont4 ,les hommes et les femmes qui1 aprs les combats de l'exi/5ce j\rnalire1 r5tr]ont au foy] avec le dsir de s'y repos] et de s'y r*auff]1 y tr\v]ont assis le grief1 ennemi de t\te paix et de t\te *aleur4 ,ils ent5dront les voix s'abaiss] leur appro*e1 et ils s]ont =cs de compr5dre que les p>oles *anges =mulai5t des pla9tes dont ils tai5t l'objet4 ,dans la vie publique1 les c>rires et les pr(essions o les hommes se font concurr5ce les uns aux autres1 il s]ait utile aussi de p\voir ouvrir un livre des griefs4 ,la *ute d'un ,cab9et1 qui a p>fois p\r le pays des consqu5ces r$\tables1 e/ due s\v5t des sries de petits griefs dont celui qui les a suscits n'a pas le mo9dre s\pon4 ,que d'hommes de valeur loigns du p\voir1 simplem5t p> les ho/ilits qu'ils ont inconsciemm5t provoques6 ,que de votes de mfiance causs p> les mmes motifs6 ,que de c>rires ret>des ou entraves p> les rancunes bureaucratiques6 ,le mdec91 l'avocat1 le banqui] sont galem5t victimes des griefs3 ils voi5t leur cli5tle dim9u] et n'en compr5n5t pas la raison4 ,des ob/acles sans cesse r5aissants s'amoncell5t sur leur r\te2 la conspiration des griefs en e/ cause3 deux ou trois bonnes rancunes se sont coalises et ont russi provoqu] contre les malheureux un m\vem5t d'op9ion dfavorable4 ,et il en e/ de mme dans t\tes les pr(essions et dans t\s les mti]s4 ,les ennemis invisibles sont bi5 plus r$\tables que les adv]saires connus et tangibles1 p\r froces qu'ils soi5t4 99 99 99 99 99 ,s'il y a des individus dont le trait c>actri/ique e/ de suscit] les ho/ilits1 p> leurs faons brutales et leurs p>oles cres1 il en e/ d'autres dont les mes ressembl5t des ru*es1 dans lesquelles1 au lieu d'abeilles1 se presse l'essaim b\rdonnant des griefs3 griefs p]sonnels1 griefs imp]sonnels1 recueillis p\r =tifi] les leurs propres4 ,lorsqu'ils p>l5t1 on s5t qu'il ne p>vi5dront jamais exprim] t\tes les rancunes qui b\illonn5t dans leur cur1 et c'e/ pe9e s'ils p>aiss5t s\lags1 qu& ils en ont =mul amrem5t quelques-unes4 ,jamais on ne p\rra assez pla9dre ces tri/es individualits1 leur pa9 quotidi5 e/ arros de fiel2 mais en mme temps1 il faut les dnonc] l'op9ion comme les pires faiseurs de pe9es que la socit ait produits4 ,ce ne sont pas de gr&s malfaiteurs occasionnels2 leurs dlits sont j\rnali]s et1 p> consqu5t1 inf9im5t plus nuisibles4 ,dans t\tes les classes sociales on retr\ve ces misrables natures dont les griefs =m5t la sub/ance psy*ique2 ils en mang5t1 ils en boiv5t1 ils en meur5t4 ,sans arriv] ce degr d'irritabilit morbide1 combi5 de trs honntes g5s n'ont aucun scrupule de n\rrir en eux-mmes de bons petits griefs1 nuancs de ha9e1 contre leurs pro*es ou leurs amis8 ,les privilgis du de/91 ceux dont l'exi/5ce s'c\le dans une l>ge aisance tranquille1 ne devrai5t pas connatre les griefs4 ,et p\rtant1 ils y sont sujets t\t comme les lutteurs outrance ou les va9cus de la vie4 ,le rcit biblique de l'unique brebis1 possde p> le pauvre1 et dont le ri*e s'emp>e1 se r5\velle con/amm5t1 c> les favoriss du sort font volonti]s un grief aux malheureux du mo9dre avantage qu'ils possd5t4 ,on e/ p>fois surpris de con/at] c]ta9es rancunes inexplicables4 ,aucun tort n'a t commis vis--vis de ceux qui les n\rriss5t4 ,p]sonne n'a m>* sur leurs brises4 ,p\rquoi alors8 ,comm5t expliqu] leurs reg>ds ho/iles1 leurs p>oles s\da9 malveillantes8 ,nul ne suppose que la vue d'une unique petite brebis a pu (fusqu] les possesseurs de gr&s tr\peaux4 ,si le prophte ,na?an leur montrait ce qu'ils ont dans le cur1 comme il fit p\r le roi ,david1 peut-tre se mettrai5t-ils jen]1 honteux de la petitesse de leur me4 ,mais si les prophtes se prs5tai5t la porte de nos contempora9s1 ils s]ai5t *asss probablem5t comme d'importuns solliciteurs dont on n'a nulle envie d'ent5dre le message4 ,les griefs que l'attitude ho/ile rvle ne sont pas les pires4 ,les griefs ca*s s\s une app>5ce cordiale sont les plus dang]eux4 ,c'e/ s\v5t le cas en amiti1 et surt\t en am\r4 ,p> fi]t1 p> gr&eur d'me1 p> peur de ce qu'on p\rrait dc\vrir1 p> cra9te d'explications pnibles ou p\r d'autres causes plus basses1 on ca*e ses griefs4 ,tant que la passion dure1 ses manife/ations ard5tes dissimul5t les rancunes secrtes4 ,le j\r o l'am\r dim9ue ou s'te9t1 elles dress5t la tte1 et celui qui dc\vre qu'il en e/ l'objet1 recule p\vant devant les s5tim5ts ho/iles dont le s\pon ne l'avait mme pas effleur4 ,il y a encore la catgorie des griefs qu'on se cre volontairem5t contre les autres1 p\r expliqu] les torts graves qu'on a vis--vis d'eux3 ce phnomne se produit dans t\s les g5res d'atta*em5ts1 mais spcialem5t dans l'am\r4 ,celui qui cesse d'aim] le premi]1 *]*e des raisons son incon/ance2 celui qui rompt le premi]1 p> lgret1 p> opportunisme ou p> peur1 essaye de se =g] des rancunes qui l'excus5t4 ,une femme que son meilleur ami avait quitte subitem5t1 sans une qu]elle1 sans une scne1 sans une raison app>5te de rupture1 aprs de longues annes d'une union troite1 et laquelle je disais3 ,s'il p5se v\s1 il doit avoir des remords1 rpondit3 ,des remords8 ,quelle ide6 ,il se figure auj\rd'hui que t\s les torts sont de mon ct4 ,rtrospectivem5t il s'e/ cr des griefs imag9aires4 ,je me rcriai1 indigne1 prte la pla9dre davantage4 ,elle s\rit et1 posant ses doigts sur ma b\*e p\r me faire taire3 ,ne me plaignez pas1 dit-elle1 je p\rrais avoir des griefs et n'en ai pas2 c'e/ donc moi1 malgr t\t1 qui ai la bonne "p6 ,elle avait raison4 ,les griefs sont p>eils une pe d\ble po9te dont l'une blesse le cur qu'elle vise et l'autre le cur d'o elle sort2 mais le plus malheureux des deux curs e/ encore celui qui ti5t l'pe1 c> la po9te qui le transp]ce s'enfonce plus =tem5t1 et il e/ presque impossible de l'arra*] de la blessure4 ,t\t le monde1 en sub/ance1 e/ victime des griefs3 ceux qui les n\rriss5t1 comme ceux qui les inspir5t1 p>ce que t\s se refus5t aux explications fran*es4 ,et ce qu'il y a de plus tri/e1 c'e/ que1 produisant tant de mal1 ils ont s\v5t une cause si m9ce1 semblables en cela aux duels de ce ,napolita91 qui s'tait battu dix-sept fois propos des mrites respectifs du ,tasse et de l',ario/e1 dont il n'avait jamais lu les uvres6 ,,*apitre ,,vi ,,pe9es ,,s5tim5tales ,un mot1 un reg>d peuv5t effac] des annes d'affection4 ,,balzac4 ,p>mi les pe9es que les hommes se caus5t les uns aux autres1 les *agr9s intimes occup5t une place importante1 quoique la vie s5tim5tale ait dim9u de vivacit s\s t\tes les latitudes et dans t\tes les classes4 ,ce cuirassem5t contre la s5sibilit s'appelle progrs4 ,en effet1 dans les pays les plus avancs comme civilisation1 l'individualisme outr1 les habitudes m\vem5tes1 l'extriorisation gnrale des exi/5ces emp*5t le cur de vivre avec int5sit et d'avoir consci5ce de ses battem5ts4 ,*ez les peuples qui ont c\ru avec mo9s de rapidit sur la voie de l'indiffr5tisme pratique et de la froideur lgante1 les affections ont g>d plus de =ce1 et les passions plus de viol5ce3 la t5dresse familiale att5drit t\j\rs les curs1 et les dsespoirs d'am\r sont fconds en cata/rophes4 ,dans le midi de l',europe1 le dv\em5t aux p>5ts1 aux enfants1 au m>i produit des miracles d'abngation1 et les femmes sont capables de s'oubli] elles-mmes compltem5t p\r l'homme qu'elles aim5t4 ,un spirituel criva9 franais me disait un j\r3 ,vos compatriotes sont les seules femmes qui sav5t encore aim]4 ,reg>dez une ,franaise dans la rue3 elle e/ t\j\rs lgante1 tire quatre p+les2 le m>i1 au contraire1 e/ s\v5t nglig dans ses vtem5ts1 t&is qu'en ,italie l'homme e/ plus soign que la femme2 celle-ci s'efface444 ,on compr5d que les ress\rces de la mode/e famille sont employes mettre en valeur le *ef1 le reprs5tant de la communaut444 ,l'obs]vation a du vrai#g1 l',italie e/ le pays o l'am\r s\s t\tes ses =mes--qu'il soit mat]nel1 filial1 frat]nel1 conjugal et mme extra-lgal--e/ encore le plus s9crem5t pratiqu4 videmm5t la civilisation outrance f9ira p> y pntr] et l'on y appr5dra raisonn] avec plus de froideur4 ,cep5dant1 quels que soi5t les effets dess*ants de cette civilisation sur les mes de t\tes les races1 il y a c]ta9s s5tim5ts tellem5t in/9ctifs p> nature et enrac9s dans le cur1 que ri5 ne p>vi5dra jamais les dtruire de faon complte1 et que l'homme le plus raff9 cont9u]a en s\ffrir4 #g ,dans les gr&s c5tres1 cep5dant1 la proccupation de la toilette *ez les femmes augm5te de faon inquitante4 ,dans de prcd5ts *apitres1 j'ai p>l des *agr9s que s'inflig5t les uns aux autres les g5s qui croi5t s'aim]4 ,p>mi les membres d'une mme famille1 combi5 sembl5t ns p\r se t\rm5t] rciproquem5t6 ,les griefs#h et les mal5t5dus qui sp>5t les curs sont inf9is4 ,p\r les tres aimants une p>ole dure1 un m\vem5t ho/ile1 une fausse int]prtation de leurs actes ou de leurs int5tions quivaut un c\p de c\teau moral4 ,c'e/ p\rquoi la jeunesse trav]se des mom5ts d'indicible am]tume et d'int5se dsespoir1 c> elle croit la dure des impressions d\l\reuses2 ceux qui les provoqu5t ont si peu l'habitude de considr] l'effet de leurs p>oles qu'ils n'ont pas le mo9dre s\pon des maux dont ils sont la cause4 #h ,voir le *apitre3 ,les griefs4 ,une des s\ffrances intimes les plus secrtes et les plus dmoralisantes que les tres jeunes subiss5t1 e/ d'assi/] aux dfaillances de c>actre des p]sonnes qu'ils ont aimes et respectes dans leur enfance1 alors qu'ils ne savai5t encore ni disc]n] ni raisonn]4 ,a mesure qu'ils acquir5t l'expri5ce de la vie et la facult de jug]1 les anci5nes idoles tomb5t de leur pide/al1 et cette *ute provoque une amre d\leur4 ,la jeunesse e/ intolrante1 elle n'admet pas les circon/ances attnuantes1 elle ne ti5t compte de ri51 elle ne s'arrte pas considr]1 elle donne des int]prtations positives c]ta9es app>5ces inc]ta9es4 ,s\v5t elle e/ dans le vrai1 s\v5t aussi elle se trompe1 mais1 que ses impressions soi5t relles ou fausses1 la pe9e ress5tie e/ la mme4 ,avoir t cause1 mme sans le v\loir1 d'une p>eille dception1 remplit de remords les consci5ces habitues s5tir leurs responsabilits4 ,les g5s maussades1 grognons1 capricieux1 de mauvaise foi1 sont des faiseurs de pe9es1 non seulem5t p>ce qu'ils emp*5t les autres de dans] en rond et attri/5t leurs vies1 mais p>ce qu'ils t]niss5t l'image que ceux-ci avai5t d'eux dans le cur4 ,c'e/ l une subtile s\ffrance d'ordre s5tim5tal dont il e/ impossible de mesur] les effets sur l'av5ir des mes4 ,une amie me disait un j\r3 ,tant que mes enfants tai5t petits1 j'ai vcu l'aise avec mes dfauts et mes mauvaises habitudes4 ,peut-tre gnai5t-elles les autres1 moi1 elles ne me gnai5t nullem5t6 ,mais depuis qu'ils sont gr&s1 j'ai honte4 ,je r5contre leurs reg>ds qui m'emb>rass5t1 je compr5ds qu'ils me jug5t1 qu'ils obs]v5t mes attitudes1 ma manire d'agir1 qu'ils mesur5t mes p>oles4 ,ri5 ne leur *appe3 ni le petit accroc la vrit1 ni le raisonnem5t illogique1 ni l'irritation inju/e1 ni aucune des mille imp]fections dans lesquelles je me complaisais autrefois4 ,je suis oblige auj\rd'hui de me surveill] con/amm5t1 et il se tr\v]a1 la f9 des f9s1 que mon ducation aura t faite p> eux1 beauc\p plus que la leur p> moi6 ,&r ,t[ianski1 le my/ique polonais1 qui v\lait rtablir t\tes *oses en ,*ri/1 prt5dait que le seul crime vritable tait de rep\ss] l'affection2 la pire des actions malfaisantes e/ d'(frir un caill\ qui n\s (fre du pa91 et les pe9es que les hommes inflig5t sans ncessit aux tres qui les aim5t s]ont comptes1 sans d\te1 comme autant de crimes p> la ju/ice suprme4 ,beauc\p de g5s pr5n5t plaisir ce jeu1 mme des g5s qui se dcl>5t et se croi5t honntes et v]tueux4 ,il y a1 p>at-il1 dans l'me huma9e1 des reco9s cruels1 comme un beso9 secret de faire s\ffrir ceux sur lesquels on a du p\voir1 peut-tre p>ce que1 se reconnaissant indigne de leur affection1 on les mprise in/9ctivem5t de la ress5tir4 ,ce phnomne1 qui a r5du am] le pa9 quotidi5 de tant de curs endoloris1 se manife/e dans t\s les g5res d'atta*em5t1 mais c'e/ dans l'am\r qu'il tr\ve son expression la plus complte et se produit avec le plus de frqu5ce4 99 99 99 99 99 ,la "q de l'am\r e/ trop complexe p\r qu'il soit possible de la trait] dans ces pages2 l'expri5ce de la vie1 la rflexion1 l'tude objective des s5tim5ts et des s5sations qui exalt5t et tr\bl5t l'tre intime font compr5dre t\t obs]vateur s9cre qu'aucune =me de dt]m9isme ne lui e/ applicable4 ,les plus savants docteurs en la matire1 s'ils ti5n5t honntem5t compte de la nature complice1 des conditions de l'exi/5ce sociale1 des droits et des devoirs des individus1 et1 en mme temps1 des prceptes moraux indisp5sables aux socits bi5 organises1 doiv5t se dcl>] incompt5ts la rs\dre4 ,en premi] lieu1 appliqu] une loi gnrale l'am\r e/ impossible1 il n'y a que des cas p>ticuli]s4 ,ceux qui mconnaiss5t ce pr9cipe risqu5t d'exagr] la rigueur ou d'en manqu] trop4 ,de t\tes faons1 mme dans une socit en progrs1 l'am\r re/]a t]nellem5t un lm5t de tr\ble4 ,si on atte9t l'idal d'lev] un temple la vrit dans la cit de la ju/ice2 si on p>vi5t supprim] la misre1 te9dre les ambitions et les cupidits vulgaires1 in/all] le rgne de la probit morale et matrielle1 on n'arriv]a jamais dtruire l'attraction qui p\sse irrsi/iblem5t1 les uns v]s les autres1 les hommes et les femmes4 ,p> consqu5t t\j\rs1 dans l'ordre le mieux tabli1 le dsordre risqu]a de rep>atre p> l'am\r1 cause p]ptuelle de flicits et de pe9es4 ,la d\leur tant la raction naturelle de la joie1 ce g5re de s\ffrance ne peut pas tre supprim4 ,il e/ t\tefois c]ta9 qu'on y aj\te des am]tumes inutiles p> les faux po9ts de vue auxquels on se place4 ,si l'on savait mieux s'aim]#i1 l'int5sit des affections ne dim9u]ait pas1 mais les hommes et les femmes cess]ai5t d'tre leurs propres b\rreaux4 #i ,ames dormantes1 *apitre ,le faux am\r de soi4 ,la catgorie des am\rs appels malheureux e/ celle o un n]gique ef=t de volont1 jo9t au raisonnem5t1 p\rrait gurir le malade4 ,ce g5re de s5tim5t1 o l'un des curs re/e froid1 t&is que l'autre se consume en va9s regrets et en inutiles esprances1 e/ un objet de moqu]ies1 p>fois inju/es1 c>1 si c]ta9s de ces atta*em5ts sans rciprocit sont ridicules1 on en rec5tre aussi s\v5t de t\*ants4 ,ces accid5ts f*eux sont 9vitables1 c> t\s plus ou mo9s1 hommes ou femmes inspir5t1 dans leur vie1 des incl9ations auxquelles il leur e/ impossible de rpondre4 ,p>fois ces incl9ations sont provoques volontairem5t p> les coquett]ies des femmes ou les flatt]ies banales dont c]ta9s hommes sont c\tumi]s vis--vis des desc5dantes d've1 mais ce sont p\r la plup>t des phnomnes spontans dont p]sonne n'e/ responsable4 ,ils devi5dront1 probablem5t1 mo9s frqu5ts au ,x,xe sicle1 la s5tim5talit t5dant disp>atre de nos murs4 ,du re/e1 l'am\r malheureux tant un peu draisonnable en soi et ne prs5tant pas de p]spective de longue dure1--sauf *ez les tres d\s d'une excessive s5sibilit1--on le met au second rang dans la nom5clature des d\leurs de l'am\r4 ,aux poques romanesques1 quelques jeunes filles en m\rai5t2 auj\rd'hui encore on voit des jeunes hommes se suicid] p>ce que leur passion ne peut tre satisfaite2 mais c'e/ plutt *ez eux rvolte contre la s\ffrance1 que preuve de s5tim5t4 ,il e/ curieux d'obs]v]1 qu& la fivre bat son ple91 combi5 la faon de procd] des deux sexes e/ diffr5te4 ,en gnral1 les femmes se moqu5t des am\reux qu'elles n'aim5t po9t2 aucune piti n'amollit leur cur1 et p>fois leur indiffr5ce moqueuse va jusqu' la cruaut4 ,quelques-unes1 les consci5tes1 les bonnes1 les d\ces1--qu'elles ai5t eu une "p directe ou non dans la naissance du s5tim5t qu'elles inspir5t1--essay5t de consol] leurs adorateurs conduits4 ,et c]ta9es excell5t si p>faitem5t en cet art de trans=m] l'am\r en amiti1 que les malheureux qui ont pass p> leurs ma9s cons]v5t de cette cure morale un s\v5ir att5dri1 prfrable peut-tre celui d'une bonne =tune4 ,les hommes sont mo9s habiles en ce g5re de traitem5t1 ils prfr5t une autre m?ode3 celle de s'm\voir et de se laiss] aim]4 ,il e/ c]ta9 qu'ils s'apitoi5t beauc\p plus facilem5t que les femmes4 ,e/-ce vanit8 bont8 ,les deux *oses peut-tre la fois4 ,en t\t cas1 ils se refus5t presque t\j\rs tre des faiseurs de pe9es p\r les curs qui se t5d5t v]s eux1 sans rfl*ir que cette condesc5dance am\reuse a p>fois des consqu5ces plus cruelles que l'indiffr5ce nettem5t affirme4 ,mais ces am\rs unilatraux ou ceux tablis sur une motion passagre ne m>qu5t pas ord9airem5t l'me de traces pr(ondes et n'abrg5t pas les exi/5ces4 ,c'e/ lorsqu'il y a entre deux tres *ange complet de t\tes les =ces1 que les d\leurs succdant aux joies produis5t ces d*irem5ts qui altr5t les s\rces mme de la vie4 ,les tres d\s d'une robu/e sant physique n'en meur5t pas1 mais en eux quelque *ose re/e bris4 ,ces d*irem5ts naiss5t s\v5t de ce qu'il y a d'incompatible entre les aspirations et les capacits des hommes4 ,de lo9 en lo91 il e/ vrai1 quelques curs se convi5t des noces t]nelles2 mais ils sont r>es1 ces fidlits prolonges tant1 p>at-il1 contraires aux lois de l'imprieuse nature1 sur laquelle1 jusqu'ici1 n\s avons un si faible empire4 ,l'am\r1 qui nat de ri51 meurt de t\t4 ,on voit p>fois les tres qui se sont le plus t5drem5t aims et qui semblai5t avoir confondu leurs exi/5ces morales1 se sp>] t\t c\p sans une raison valable1 sans une qu]elle1 sans une infidlit1 comme si la sub/ance dont tai5t =ms leurs curs1 leurs esprits et leurs s5s s'tait s\da9 trans=me et ne s'amalgamait plus4 ,qu& le tri/e phnomne se manife/e dans les unions sanctionnes1 il n'y a pas de brisure app>5te1 mais la joie disp>at des vies4 ,entre ces deux tres qui avai5t jusqu'ici vcu cur cur1 il ne re/e plus qu'un seul et froid trait d'union3 l'habitude et les intrts communs6 ,lorsqu'au contraire1 le li5 n'a pas alin l'indp5dance1 la rupture e/ rapide2 les amis de la veille1 fiancs ou amants1 sembl5t ne p\voir jamais mettre entre eux assez de di/ance1 presss qu'ils sont d'oubli] leur pass d'am\r1 p> honte peut-tre de ce r5iem5t de leurs mes4 ,lorsque le dta*em5t se manife/e en mme temps dans les curs1 il n'y a pas de s\ffrance1 ri5 que la tri/esse d'une lumire qui s'te9t4 ,mais en gnral1 l'am\r dj mort *ez l'un1 vit encore *ez l'autre et s'exaspre p> l'ab&on4 ,on accuse les hommes de sonn] les premi]s le glas4 ,c'e/ vrai et faux en mme temps4 ,vrai1 dans le s5s qu'ils sont plus facilem5t infidles4 ,faux1 en ce qu'ils sav5t p>fois re/] con/ants en dev5ant infidles1 t&is que la femme1 la premire t5tation qui l'assaille d'un autre am\r1 n'a plus qu'un dsir3 liquid] l'anci56 ,e/-ce s9crit plus gr&e de sa "p8 ,ou mo9dre ri*esse de nature8 ,ou p>ce que son me plus lgre n'a pas reu d'empre9te assez =te8 ,ou que *ez elle t\t n\vel am\r entre d'emble dans le cur en matre absolu8 ,en t\t cas1 il e/ c]ta9 que les femmes possd5t1 en gnral1 beauc\p plus que les hommes la facult d'oubli] ce qui a t1 et de pass] l'ponge sur leurs s\v5irs4 ,elles revoi5t p>fois avec une p>faite ds9volture ceux qu'elles ont aims1 sans qu'une vibration fasse tressaillir leur cur et leur tre6 ,la vue de celui p\r lequel1 s\v5t1 elles ont t\t risqu1 ne les meut pas2 il e/ r$ev5u leurs yeux une quantit ngligeable quelconque4 ,les hommes1 eux1 se vant5t de ne jamais oubli]1 mme aprs avoir remplac un nombre respectable de fois la femme jadis aime4 ,dans cet ordre de s5tim5ts et de s5sations1 les nuances sont inf9ies1 et il e/ impossible d'tablir des po9ts de repaire1 mme relatifs4 ,une seule *ose e/ sre et indniable3 les hommes et les femmes sont des faiseurs de pe9es l'g>d les uns des autres1 aprs avoir t des faiseurs de joies4 ,ce rsultat e/-il absolum5t ncessaire8 ,cette raction e/-elle fatale8 ,ne dp5d-il de n\s d'aucune faon d'en emp*] les effets1 d'en dim9u] la viol5ce1 d'en attnu] la tri/esse8 ,un plus l>ge dveloppem5t de consci5ce1 une vue plus nette des responsabilits rciproques1 la compassion s't5dant aux pe9es de l'me et un gr& respect de l'am\r p\rrai5t peut-tre emp*] quelques-unes des cata/rophes morales qui dvoi5t et dtruis5t tant d'exi/5ces4 99 99 99 99 99 ,il n'e/ pas "q ici1 bi5 ent5du1 des tragdies viol5tes dont les passions de l'am\r sont causes3 meurtres1 suicides1 innoc5ts sacrifis1 vies jetes au vice1 familles d%onores444 ,t\t cela r5tre dans le tu ne tu]as pas4 ,ceux qui sont responsables de tels malheurs1 mme si leur consci5ce e/ en l?>gie1 sav5t intellectuellem5t qu'ils ont commis des crimes1 manqu aux lois sociales1 t des p]turbateurs de l'ordre et dtruit quelque *ose dans l'h>monie de l'univ]s#aj4 ,la loi1 en c]ta9s cas1 int]vi5t p\r les *ti]1 et1 si ces dlits *app5t au code pnal1 la socit les punit d'une autre faon4 ,dites plutt qu'elle les rcomp5se1 s'cri]ont les esprits pessimi/es4 ,c'e/ vrai aussi1 mais d'une vrit app>5te qui r5tre dans les mon/ruosits que la nature produit p>fois1 p\r montr] qu'elle e/ suprieure ses propres lois4 #aj ,cet tat de demi-consci5ce t5d disp>atre4 ,on en arrive1 de nos j\rs1 admir] les beaux crimes p]v]s et trait] d'in9tellig5ts et d'inhuma9s les esprits droits qui croi5t encore la ncessit d'un *tim5t p\r les homicides4 videmm5t1 si une trans=mation morale s'accomplissait *ez les tres capables de dlits aussi graves1 si l'ide d'une sanction div9e pntrait leur c]veau1 ils se punirai5t eux-mmes p> leurs remords et leurs regrets du mal dont ils sont responsables2 mais la grce seule1 cette opration my/rieuse--qui re/]a l't]nel secret des dieux--peut produire dans les mes une rvolution semblable4 ,aucune influ5ce huma9e1 p\r int5se et n]gique qu'elle soit1 ne saurait y p>v5ir4 ,il faut qu'une consci5ce soit dj peu prs veille1 p\r qu'on puisse l'int]rog]1 la t\*]1 la faire tressaillir4 ,t\t tressaillem5t moral prsuppose une c]ta9e honntet de p5se1 un c]ta9 dsir du bi51 une c]ta9e honte du mal444 ,ce degr d'volution ne n\s emp*e pas1 du re/e1 de caus] autrui d'indicibles et inutiles s\ffrances4 ,inutiles1 c> ce qu'il y a d'9vitablem5t d\l\reux dans le flux et reflux des passions1 n'e/ pas t\j\rs le ct le plus am] des *agr9s de l'am\r4 ,ce qui torture l'me plus que la brivet des heures heureuses1 c'e/ la trahison1 le m5songe1 la l*et4 ,il y a pis encore3 s'ap]cevoir t\t c\p qu'on a aim un fantme1 que l'tre auquel on a donn sa vie p5dant des annes tait un inconnu dont on n'avait jamais ap]u le vrai visage1 voil la d\leur insupportable6 ,si les tres qui s'aim5t avai5t quelque respect l'un p\r l'autre1 ils se montr]ai5t s9cres avant1 p5dant1 aprs4 ,avant1 cette s9crit emp*]ait bi5 des li5s de se n\] et des m>iages de se faire2 p5dant1 elle donn]ait un s5tim5t de scurit qui f]ait mieux gt] le bonheur2 aprs1 c'e/--dire l'heure de la sp>ation ou de la dsunion1 elle p]mettrait la d\ceur du s\v5ir2 le pass ne s]ait pas empoisonn1 et1 dans le cur re/ fidle1 l'image encore aime ne s]ait pas t]nie4 ,mais le prjug contre la s9crit1 en am\r surt\t1 e/ l'un des plus gnralem5t rp&us4 ,le prtexte des g>ds que l'on se doit les uns aux autres le =tifie1 comme si la plus haute =me du respect n'tait pas1 t\j\rs et p>t\t1 la fran*ise4 ,on a le tort de la dcl>] impossible en am\r4 ,et p\rquoi8 ,les t\rs bties sur l'argile s'effondr]ont1 mais s]a-ce dommage8 ,l'am\r vrai rsi/]a comme les =t]esses bties en pi]re de taille4 ,le re/e s'appell]a de son nom rel3 gnie de l'espce1 vanit ou vice1 beso9s1 ceux-l1 que l'on tr\v]a t\j\rs moy5 de satisfaire1 sans les assaisonn] des f\rb]ies qui les r5d5t crim9els et en font des causes de s\ffrances et de dceptions#aa4 #aa ,voir dans ,ames dormantes1 le *apitre3 ,le culte de la vrit4 ,remettre t\tes *oses leur vraie place1 donn] t\tes *oses leur vraie valeur1 c'e/ la seule vritable sci5ce de la vie1 et elle peut tre applique l'am\r comme au re/e4 ,mais1 dira-t-on1 enlev] celui-ci ses guirl&es1 ne s]a-ce pas dim9u] son attrait8 ,les fleurs en sont l'ess5ce et l'accompagnem5t indisp5sable3 ,qual fior cadea sul lembo1 ,qual sulle trecce bionde1 ,qual si posava 9 t]ra e qual su l'onde2 ,qual con un vago error ,gir&o1 p>ea dir3 ,qui regna amor#ab6 #ab ,une fleur tombait sur ses g5\x1--,une autre sur ses tresses blondes1--,une autre se posait sur la t]re1--,une autre sur l'onde1--,une autre1 p> une erreur gracieuse1--,t\rnoyant1 semblait dire3 ,ici rgne l'am\r4 ,ptr>que a raison de faire pleuvoir des fleurs aut\r de ,laure1 c> il ne faut pas en priv] l'am\r1 mais seulem5t sub/itu] les fleurs fra*es aux fleurs artificielles et ne c\ronn] avec elles que le front du dieu1 en laissant ses contrefaons sans p>ure4 ,les empiriques des foires1 qui prconis5t leur drogue comme tant apte gurir t\s les maux1 sont un objet de rise1 et p\rtant la drogue m]veilleuse exi/e au po9t de vue moral3 c'e/ cette s9crit dont on ne veut po9t6 ,o qu'on l'applique1 elle e/ salutaire3 s9crit vis--vis des autres1 et s9crit vis--vis de soi-mme4 ,si l'tre huma9 appr5ait disc]n] la nature des motions qui l'treign5t1 les tragdies s]ai5t mo9s frqu5tes dans la vie s5tim5tale1 et les li5s d'am\r1 lorsque l'heure de la sp>ation aurait sonn1 se dn\]ai5t plus dignem5t4 ,s\ffrir n'e/ ri51 mais que d'mes sont p]dues p>ce qu'elles ont t mal aimes4 ,dans les exi/5ces jetes au vice1 on tr\ve presque t\j\rs1 comme fait initial1 un dsespoir d'am\r ou une complication s5tim5tale4 ,en gnral1 on ne s'occupe que des consqu5ces directes et immdiates de l'am\r1 et les consci5ces scrupuleuses elles-mmes ne voi5t pas au del4 ,p]sonne presque ne rfl*it aux effets ultrieurs qu'il peut avoir sur le c>actre et la future exi/5ce morale des deux tres qui s'uniss5t4 ,les intresss n'y p5s5t pas plus que les autres1 non seulem5t dans la jeunesse1 ce qui e/ excusable1 mais dans la maturit1 ce qui l'e/ mo9s6 ,l'adoption d'habitudes s9cres aurait p\r rsultat d'veill] dans les consci5ces un s5tim5t de responsabilit4 ,se faire aim]1 accept] un gr& am\r1 le r5dre et en j\ir1 c'e/ assum] rciproquem5t *>ge d'me4 ,les hommes et les femmes auxquels on aurait enseign1 ds l'enfance1 que les faiseurs de pe9es p> lgret1 gsme1 l*et ou t\t autre s5tim5t mauvais ou mdiocre peuv5t tre assimils des crim9els vritables1 acqu]rai5t =cm5t1 en am\r aussi1 un s5s plus pr(ond et plus dlicat de leurs obligations4 99 99 99 99 99 ,il e/ difficile d'tablir quelles sont1 en ralit1 les plus frqu5tes victimes de l'am\r4 ,au po9t de vue social1 ce sont les femmes1 l'op9ion publique se montrant plus svre leur g>d4 ,plusieurs se sauv5t p> l'habilet et la ruse1 beauc\p succomb5t1 et1 n'ayant plus la possibilit de guid] leur de/9e1 elles devi5n5t la proie du has>d4 ,au po9t de vue moral galem5t1 la femme e/ la gr&e va9cue2 elle ne sait pas g>d] son quilibre comme l'homme1 elle s'ab&onne tte baisse ses impulsions passionnelles1 et le dsordre la m>que bi5 plus rapidem5t de ses /igmates extrieurs4 ,ds que ses murs devi5n5t trop faciles1 elle pr5d un aspect dgrad1 t&is que son compagnon de l'autre sexe1 dans les mmes conditions de vie1 g>de s\v5t un air plus noble4 ,c'e/ que d'autres passions le dom95t1 ti5n5t ses facults en veil et s]v5t de correctif aux effets du vice4 ,enf91 au po9t de vue du s5tim5t1 on a l'habitude de p5s] que la femme s\ffre plus que l'homme4 ,c'tait absolum5t vrai autrefois2 l'e/-ce auj\rd'hui au mme degr8 ,le s]a-ce encore dema98 ,la f9 du ,x,i,xe et le comm5cem5t du ,x,xe sicle ont facilit l'closion d'une catgorie de jeunes filles1 dont la faon de considr] l'exi/5ce dconc]te ceux qui ont vcu avant elles4 ,le flirt lui-mme1 si son b re/e id5tique1 a *ang d'intonation1 il n'e/ plus s5tim5tal4 ,quelques-uns vis5t au m>iage ou au mauvais motif4 ,d'autres sont de simples jeux1 rsultats du calcul fm99 qu'il faut avoir de nombreux flirts bi5 placs dans le monde1 c> ils sont utiles1 pos5t une femme1 et r5=c5t sa situation4 ,l'am\r1 comme on le voit1 n'a pas gr&'*ose faire dans ces manuvres1 et la plup>t des monda9es *app5t aux d\leurs qu'il apporte4 ,si elles sont sujettes des faiblesses1 il s]ait naf d'en *]*] la cause dans la s5sibilit de leur cur ou l'ardeur de leur imag9ation3 elles succomb5t p\r des raisons qu'il e/ inutile d'numr] ici4 ,mais ces flirteuses monda9es ne se recrut5t que dans c]ta9es classes et ne reprs5t5t qu'une petite p>tie de l'humanit fm99e4 ,d'autres femmes s5t5t encore peu prs comme s5tai5t leurs mres et1 faisant dp5dre le bonheur de l'am\r1 se dsespr5t qu& on cesse de les aim]4 ,j'incl9e donc croire qu'auj\rd'hui encore les femmes s\ffr5t s5tim5talem5t davantage que les hommes4 ,quelle erreur6 me disait d]nirem5t un vieill>d de haute intellig5ce1 trs v]s en ces controv]ses1 qu& un homme aime rellem5t3 il aime bi5 plus qu'une femme1 il en meurt mme p>fois4 ,dans ma longue vie1 j'ai connu plusieurs hommes qui n'ont pu survivre la mort ou la trahison d'une femme aime1 t&is que la femme survit t\j\rs4 ,qu& elle meurt ou se tue1 c'e/ que le *agr9 d'am\r se complique d'autres raisons4 ,les op9ions tant div]ses sur l'entit et l'int5sit de la s\ffrance s5tim5tale *ez les deux sexes1 on ne peut tablir de ?orie ce sujet4 ,du re/e1 en am\r1 il n'y a que des cas p>ticuli]s1 comme je le disais en comm5ant2 *acun s\ffre1 non pas suivant son sexe1 mais selon sa capacit de s\ffrance2 il y a des tres organiss m]veilleusem5t p\r la d\leur2 d'autres sont t\rns v]s la joie1 comme c]ta9es plantes v]s le soleil4 ,une seule *ose e/ c]ta9e3 la pe9e1 et c'e/ cette pe9e qu'on v\drait emp*]1 allg]1 consol]1 trans=m]4 ,au mal1 trois remdes s'appliqu5t3 la s9crit en am\r1 le respect de l'am\r1 l'altruisme en am\r4 ,j'ai dj p>l de la s9crit qui1 en emp*ant de pro/itu] le nom1 facilit]a le respect p\r la *ose4 ,l'homme e/ trangem5t inconsqu5t ce propos4 ,il subira p\r l'am\r les pires dang]s et les plus gr&es cata/rophes1 il risqu]a sa =tune1 sa sant1 sa vie1 et en s\ffrira dans ses fibres morales les plus intimes1 et il en p>le avec dda91 comme d'une *ose basse2 plus on desc5d dans l'*elle sociale1 plus le phnomne s'acc5tue4 ,or1 il e/ t\t naturel qu'on n'ait aucun scrupule de trait] lgrem5t ce qu'on mprise dans le fond4 ,en effet1 les s\ffrances que les tres huma9s s'inflig5t les uns aux autres1 dans cet ordre d'ides1 ont presque t\j\rs p\r base l'abs5ce de respect p\r le s5tim5t qu'il s'agit de bless]4 ,si on en mesurait mieux le c>actre1 l'int5sit et la pr(ondeur1 c]ta9s g>ds s'impos]ai5t et1 avant t\t1 la fran*ise dans les relations et les procds4 ,il e/ donc possible d'affirm] que la s9crit et le respect en am\r dp5d5t rciproquem5t l'un de l'autre4 ,qu& on ne se tromp]a pas mutuellem5t sur la nature de l'attrait qu'on ress5t1 le faux am\r cess]a d'tre confondu avec le vrai4 ,et qu& ce s]a l'am\r vritable1 il aura *ance de dur] plus longtemps1 *acun le respectant dans l'autre4 ,et s'il doit se trans=m] ou m\rir1 le s\v5ir des j\rs heureux ne s]a pas t]ni dans les curs2 l'intolrable et humiliante s\ffrance d'avoir aim un inconnu dont on n'avait jamais r5contr le vrai reg>d1 s]a p>gne l'me4 ,l'altruisme en am\r6 ,je me s]s de ce mot1 faute d'un autre capable d'exprim] mieux ma p5se4 ,il e/ c]ta9 que l'gsme1 le dsir d'obt5ir autant ou plus qu'on ne donne1 la proccupation de ne pas tre dupe1 la jal\sie contre t\t ce qui peut sollicit] l'att5tion ou l'intrt de celui ou de celle qu'on v\drait entirem5t absorb] en soi1 sont autant de causes de s\ffrance4 ,au po9t de vue religieux1 d'ac]bes et ju/es critiques sont adresses aux dvots qui pri5t ,dieu p\r la rcomp5se qu'ils en att5d5t et l'aim5t p\r les joies qu'il peut di/ribu]4 ,les incrdules se s]v5t comme d'une arme de cette mesqu9e faon d'envisag] les rapports de la crature avec son crateur1 et ils ont raison4 ,mais eux-mmes1 comme la plup>t des g5s1 appliqu5t ce procd l'am\r4 ,si l'on aimait p>ce qu'on aime1 t\t simplem5t1 si l'on aimait la p]sonne p\r ce qu'elle e/ et non p\r ce qu'elle peut donn]1 si l'on p5sait elle plus s\v5t et mo9s soi1 si l'on tait gnreux dans la lib]t qu'on lui accorde1 que d'am]tumes p>gnes6 ,mais alors1 dira-t-on1 ce ne s]ait plus l'am\r6 ,et p\rquoi8 ,p\r aim]1 e/-il donc ncessaire d'tre g/e et exclusif8 ,je ne puis qu'effleur] le sujet1 mais j'ai connu des p]sonnes1 r>es il e/ vrai1 qui aimai5t de cette faon gnreuse1 et ce sont elles qui ont t aimes le plus longtemps4 ,elles le s]ont peut-tre t\j\rs4 ,n'y a-t-il pas quelque *ose de bassem5t m]cantile1 dans notre volont d'exig] l'quival5t de ce que n\s donnons8 ,cela n'enlve-t-il pas aux affections t\te gnrosit et t\te gr&eur8 ,si l'on appr5ait1 mme en am\r1 aim] les autres p\r eux et non p\r soi1 t\t s'l>girait et s'ennoblirait dans le cur et dans la p5se4 ,qu& cela arrive1 qu& l'affection e/ ds9tresse entre p>5ts ou amis1 comme l'on se s5t l'abri d'un c]ta9 g5re de d\leur6 ,t\te une catgorie de s\ffrances s5tim5tales disp>at1 et c'e/ la plus cre4 ,p\rquoi ne pas essay] d'appliqu] cette mme m?ode l'am\r8 ,l'on dem&ait un j\r au ,roma9 ,atticus1 comm5t il avait fait p\r cons]v] ses amis jusqu' la f9 de sa vie2 il rpondit simplem5t3 ,je n'en ai jamais ri5 att5du4 ,il e/ difficile peut-tre de cons]v]1 dans l'emportem5t de la passion1 cette srnit indulg5te que l'amiti p]met4 ,mais1 sans arriv] au ri5 att5dre d',atticus1 si la proccupation de beauc\p donn] dom9ait les mes1 l'aiguillon de l'am\r-propre bless cess]ait de s'enfonc] dans la *air1 p>ce que l'am\r-propre *ang]ait d'objet3 il mettrait son orgueil donn] et non recevoir#ac4 #ac ,voir dans ,ames dormantes1 le *apitre3 ,l'av>ice morale4 ,je n'ai pas v\lu1 comme je l'ai dit en comm5ant1 crire un *apitre sur l'am\r2 je n'ai fait qu'effleur] le sujet1 tudiant uniquem5t cette passion au po9t de vue des *agr9s dont elle e/ cause et que la s9crit1 le respect1 l'altruisme p\rrai5t lim9] en p>tie1 si l'on v\lait cess] une fois de croire que le m5songe e/ sa base ess5tielle1 le mpris mutuel sa f9 c]ta9e et l'gsme son 9vitable compagnon4 ,mais1 p\r atte9dre ce b1 il faudrait que les hommes et les femmes appriss5t se mieux connatre4 ,,*apitre ,,vii ,,ce ,,que ,,p5s5t ,,les ,,hommes ,,des ,,femmes ,matresse d'appr5dre et de dev5ir t\t ce qu'elle peut tre et dev5ir sans sortir de sa nature de femme4 ,,t5nyson4 ,les adages et les axiomes1 s'ils conti5n5t peu prs t\s une petite "p de vrit1 ont s\v5t une l>ge "p d'erreur4 ,a9si on a l'habitude de dire que les peuples ont le g\v]nem5t qu'ils mrit5t1 et que1 si les hommes sont ce qu'ils sont1 ils le doiv5t aux femmes qui les ont levs et qu'ils ont aimes4 ,l'affirmation e/ exacte en ce qui conc]ne l'ducation mat]nelle1 elle l'e/ mo9s1 lorsqu'il s'agit des rapports d'un sexe l'autre1 c> t\t mle porte en lui un esprit de rbellion qui le r5d impati5t des influ5ces fm99es1 tellem5t il e/ jal\x de sa lib]t et cra9t d'en alin] la mo9dre p>celle4 ,la femme1 p> contre1 e/ t\te dispose suivre les conseils de l'homme et subir sa direction4 ,qu& ,alex&re ,dumas fils dcl>ait que le *ef de famille devait reprs5t]1 p\r la femme1 non seulem5t l'p\x1 mais l'ami1 le conseill]1 voire mme le prtre1 on tr\va qu'il donnait une porte dmesure l'influ5ce de l'homme sur l'esprit de sa compagne4 ,les rev5dications fm9i/es ont1 depuis lors1 branl =tem5t la ?orie du morali/e dramaturge1 mais le dm5ti qu'elles lui oppos5t e/ peut-tre plus app>5t que rel4 ,l'av5ir n\s appr5dra s'il se borne une "q de p>oles1 ces p>oles qui enivr5t l'humanit et qui1 mme vides de s5s1 acquir5t une porte =midable p> les p\sses qu'elles provoqu5t4 ,en p>lant des femmes1 on ne peut t\j\rs gnralis]1 les diffr5ces d'ducation crant entre elles des m5talits diffr5tes4 ,cep5dant c]ta9s in/9cts leur sont communs1 et en s'adressant aux femmes des classes dirigeantes1 on les compr5d t\tes1 peu prs1 dans la df9ition de leurs t5dances ou le press5tim5t de leurs de/9es4 ,il e/ impossible1 du re/e1 de les divis] p> catgories et de spcifi] *aque page que tel argum5t conc]ne la monda9e brillante1 tel autre la b\rgeoise srieuse1 tel autre encore la femme criva91 arti/e1 ducatrice1 ou bi5 la femme du peuple et l'ouvrire4 ,ces d]nires ont videmm5t une psy*ologie mo9s complexe que celle de leurs surs plus dveloppes1 et (fr5t mo9s de prise l'analyse4 ,les labeurs matriels qui opprim5t leur vie1 ne p]mett5t gure d'tudi] sur elles les influ5ces intellectuelles et morales des milieux1 des vnem5ts et des hommes4 ,les femmes cultives1 possdant un c]ta9 raff9em5t d'ducation et d'habitudes1 f\rniss5t un meilleur *amp d'obs]vation1 c> elles comm5c5t pr5dre consci5ce d'elles-mmes1 connatre les =ces dont elles dispos5t1 et sav5t p>fois scrut] leurs mes4 99 99 99 99 99 ,les femmes du monde sont videmm5t portes1 p> leur g5re de vie1 se proccup] plus que les autres femmes de l'op9ion des hommes leur g>d2 d'abord p>ce qu'elles les frqu5t5t davantage1 et ensuite p>ce qu'elles ont plus beso9 de leurs suffrages4 ,c'e/ affaire d'in/9ct1 de c\tumes et de raisonnem5t3 elles e/im5t que l'admiration mascul9e confre leur p]sonne et leur esprit une sanction que celle des femmes e/ impuissante donn]4 ,sur deux po9ts seulem5t elles re*]*5t l'appui et l'approbation de leurs surs2 la situation monda9e et ce qu'il e/ conv5u d'appel] les lgances fm99es3 la toilette et ses accessoires1 l'ameublem5t et les mille petits dtails d'une maison bi5 t5ue4 ,p\r les quipages1 le sport et mme la table1 l'apprciation de l'autre sexe leur p>at inf9im5t plus flatteuse2 elle leur donne un s5tim5t de scurit qui les met bi5 en quilibre vis--vis d'elles-mmes et d'autrui4 ,ces cts spciaux de la "q se rapport5t exclusivem5t la vie monda9e et luxueuse1 privilge ou corve du petit nombre1 mais l'tat d'me qu'ils rvl5t se retr\ve t\s les degrs de l'*elle sociale4 ,la p\sse du fm9isme n'y a apport que de trs lgres modifications4 ,les femmes ont1 en gnral1 la mme faon de s5tir3 leur cont5tem5t dp5d de l'approbation de l'homme1 et *ez les plus f>\*es rev5dicatrices des droits fm99s1 en y reg>dant de prs1 la mme faiblesse se rvle1--p\r dissimule qu'elle soit s\s une app>5ce d'ho/ilit1--si t\tefois l'on peut appel] faiblesse cet irrductible in/9ct4 ,quelques femmes d'esprit religieux ou simplem5t d'me haute et fire1 dp\rvues de vanit ds leur jeunesse1 re*]*5t p\r leur vie morale une sanction plus haute que celle des hommes de leur ent\rage2 mais ces femmes mettront cep5dant1 lorsqu'il s'agit de leur p]sonne1 plus de prix un complim5t mascul9 qu' un loge fm994 ,l'atavisme leur a donn l'habitude de p5s] que l'homme seul p\vait dcrt] si une femme tait capable de plaire ou non4 ,or1 comme le mot plaire a et aura t\j\rs un norme pre/ige sur le moi fm991 t\te fille d've cont9u]a re*]*] l'admiration de ses compagnons de r\te1 du mo9s tant que dur]a sa jeunesse ou tant qu'elle essay]a de la ret5ir4 ,sur ce po9t p>ticuli]1 aucun *angem5t total n'e/ possible1 et l'on v]ra t\j\rs la femme s'pan\ir s\s le reg>d approbateur des hommes4 ,il y a des nuances videmm5t2 telle ne ti5t qu' l'op9ion d'un seul2 telle autre limite ses ambitions un c]cle re/re9t de p>5ts et d'amis2 d'autres1 plus banales1 plus vulgaires1 d'une vanit plus insatiable1 ont soif de l'hommage de t\s les reg>ds1 d'o qu'ils vi5n5t4 ,p\r les *oses de l'esprit1 le mme phnomne se manife/e1 et il e/ galem5t ju/ifiable4 ,*aque poque a donn quelques p]sonnalits fm99es suprieures1 mais1 "p ces cas isols1 la femme n'a pntr que rcemm5t dans la vie intellectuelle2 elle voit donc dans l'homme un frre an qui l'a prcde sur la r\te2 elle reconnat en lui des connaissances plus amples que les si5nes1 des facults de raisonnem5t qui lui manqu5t4 ,elle con/ate aussi dans ce c]veau1 prp> p> une suite de gnrations aux re*]*es ab/raites1 des puissances de dduction dont elle e/ incapable4 ,elle compr5d galem5t que l'homme dispose1 p\r les luttes de la vie publique1 de =ces qu'elle ne possde po9t4 ,dans leur admiration1 av\e ou dissimule1 consci5te ou inconsci5te1 p\r cet tre qui les dom9e p> tradition1 p> orgueil sexuel et p>ce qu'il se s5t physiquem5t le plus =t1 beauc\p de femmes sont disposes oubli] leurs propres dons de p]ception rapide1 de f9esse s\ple1 d'intuition s\v5t m]veilleuse4 ,ce s]vage intellectuel 7qui se mlange s\v5t au mpris moral7 s]a sec\ p> les femmes intellig5tes mesure qu'elles appr5dront mesur] l'*elle des valeurs4 ,elles n'accord]ont plus aveuglm5t l'homme le droit de dom9] leur esprit1 et sauront disc]n] qu& il mrite d'tre reconnu et *oisi p\r juge4 ,dj les plus cons]vatrices ont cess d'tre le tr\peau rus ou docile d'hi]2 quelques-unes ont appris se =m] des op9ions p]sonnelles1 =mul] des jugem5ts d'tres libres1 trait] elles-mmes leurs intrts4 ,cep5dant1 le nombre des femmes qui ont rellem5t conquis leur indp5dance intellectuelle e/ trs re/re9t encore4 ,en pays lat9 on les compte2 le type e/ plus frqu5t *ez les ,anglo-,saxonnes et les ,sc&9aves1 qui prt5d5t s'tre m5talem5t libres du j\g4 ,en effet1 les femmes du ,nord ne connaiss5t plus l'am\r s\s la =me du don complet d'elles-mmes2 elles se prt5t sans se donn]4 ,mais re*]*5t-elles mo9s avidem5t p\r cela les suffrages mascul9s8 ,si elles considr5t dsormais l'homme comme un adv]saire1 c'e/ un adv]saire qui les occupe s+ulirem5t4 ,on peut1 p> consqu5t1 tablir1 en dpit des prote/ations de c]ta9es fm9i/es outrancires1 que la femme du ,x,xe sicle e/ encore fasc9e p> l'homme1 non pas seulem5t en am\r1 ce qui e/ fatal1 mais presque sur t\s les autres po9ts4 ,il faut donc compt] avec cette influ5ce1 qu& il s'agit des de/9es futures de la femme1 tudi] comm5t elle s'e/ ex]ce jadis1 se r5dre compte s\s quelle =me elle se manife/e auj\rd'hui1 et prvoir de quelle faon elle p\rrait se modifi] dans l'av5ir4 99 99 99 99 99 ,je n'ai ni l'int5tion ni la prt5tion de refaire ici l'hi/oire des conditions sociales et morales de la femme trav]s les sicles4 ,t\t le monde connat les phases div]ses de son volution1 les lois s\s lesquelles elle a d se c\rb]1 les v>iations de l'op9ion publique son sujet1 et les conqutes qu'elle a faites peu peu en c]ta9s pays au po9t de vue de l'indp5dance conomique et de la lib]t individuelle4 ,de cette vue d'ensemble1 un fait semble ressortir vid5t4 ,dans t\tes les socits =tem5t organises1 on voit la femme s\mise l'homme1 g>di5ne du foy] et acceptant le j\g pat]nel et conjugal4 ,dans les socits en dcad5ce1 au contraire1 elle s'mancipe1 acqui]t des privilges et s'impose l'att5tion2 la corruption des murs semble bris] ses *anes4 ,le *ri/ianisme1 ses dbuts1 la relve1 il e/ vrai1 mais bi5tt1 p> raction contre les excs vicieux du paganisme m\rant1 l'glise fait de la femme la t5tatrice suprme4 ,elle devi5t l'arme la plus efficace de ,satan1 et l'on va jusqu' discut] dans un concile si elle a une me6 ,la *eval]ie la tire de cette condition honteuse et lui donne une importance n\velle4 ,elle n'e/ pas libre1 mais elle monte sur un pide/al4 ,la raction a lieu1 cette fois1 contre les murs brutales et tyranniques de l'poque3 on div9ise la femme1 on en fait un symbole4 ,cette espce de div9isation l'enveloppe d'une cuirasse1 dont les p\x p>tant p\r les croisades et les gu]res lo9ta9es1 apprciai5t l'avantage4 ,ils croyai5t mieux assure a9si la fidlit de leurs femmes4 ,la v]tu de la *a/et tait alors porte aux nues2 mais lorsque les p\ses y manquai5t1 leurs seigneurs se rs]vai5t le droit de les punir brutalem5t et frocem5t1 comme de viles esclaves et non en g5tes et nobles dames dont ils avai5t port avec o/5tation les c\leurs1 en ,t]re ,sa9te ou dans les t\rnois4 ,durant la ,r5aissance1 p> la corruption croissante des murs1 les femmes acquir5t une gr&e importance sociale1 importance qui1 en ,france1 dure jusqu' la rvolution4 ,le ,x,v,i,ie sicle se montre plus svre dans ses jugem5ts sur les passions de l'am\r4 ,l'influ5ce de ,port-,royal et des gr&s vques franais s'ex]ce mme sur les hrones de la ,fronde1 romanesques et dissolues1 et sur les belles dames galantes de la c\r du ,roi ,soleil4 ,malgr leurs fautes1 elles s5t5t pass] ,dieu sur leurs mes1 et l'on voit les ,longueville et les ,la ,vallire c\rb] leur orgueil et mortifi] leur *air dans la pratique de l'expiation volontaire4 ,le ,x,v,i,i,ie sicle devait effac] les notions de morale dans l'esprit des femmes app>t5ant la c\r et au monde1 et cela peu prs dans t\s les pays d',europe4 ,que leur dem&ait-on1 en effet1 dans ce temps-l8 ,d'tre *>mantes1 f9es et t5dres1 d'avoir du c\rage1 s'il fallait m\rir1 et de l'esprit dans t\tes les occasions4 ,leurs murs ne proccupai5t que mdiocrem5t l'op9ion1 et l'on taxait d'aimables faiblesses ce que l'glise1 les r=mateurs et les morali/es de t\tes les poques ont appel d'assez vila9s noms4 ,il fallut l'influ5ce de ,r\sseau p\r rveill] la consci5ce de la femme1 lui rvl] la nature et la mat]nit1 ouvrir son esprit des horizons n\veaux de vie1 dvelopp] sa s5sibilit et la ram5] la v]tu1 une v]tu s5sualise1 assez loigne de la puret *rti5ne1 mais cep5dant une v]tu1 la v]tu de ,julie qui a aim ,sa9t-,preux et qui1 dev5ue ,mme de ,volm>1 cultive les volupts innoc5tes4 ,m4 ,faguet a trac1 il y a quelques annes1 un piquant p>allle entre les ides de ,r\sseau et celles de ,fnelon1 sur l'ducation des femmes1 o il dmontre que l'ar*evque de ,cambrai e/ inf9im5t plus mod]ne dans ses vues que ,jean-,jacques4 ,celui-ci dem&e qu'on lve les femmes p\r plaire leurs m>is2 l'adv]saire de ,bossuet voit dans la femme une crature huma9e dont l'me e/ immortelle et qui doit avant t\t appr5dre vivre1 en vue de son p]fectionnem5t p]sonnel4 ,le re/e vi5t en seconde ligne4 ,fnelon press5tait la femme1 telle que la premire moiti du ,x,i,xe sicle l'a conue et p>fois ralise4 ,une conception de la de/9e plus srieuse que celle du sicle prcd5t avait pntr son esprit3 les v]tus b\rgeoises d'ordre1 de droiture1 d'au/rit1 apportes p> le rgne du ti]s tat1 tai5t =t e/imes1 non au po9t de vue de l'agrm5t monda91 mais comme bases ess5tielles de la famille4 ,l'op9ion publique s\t5ait alors ces v]tus1 et les hommes croyai5t de leur devoir ou de leur intrt de ne pas les froiss] directem5t4 ,il suffit de relire la littrature de l'poque1 p\r s'en conva9cre4 ,les criva9s ou les auteurs dramatiques assez h>dis p\r les attaqu] ou les ridiculis] p> des audaces de langage1--qui pass]ai5t auj\rd'hui p\r des timidits1--s\levai5t de graves indignations4 ,a9si la c5sure essaya d'impos] mile ,augi] de v]tueuses modifications1 lorsque les ,lionnes pauvres fur5t s\mises son exam54 ,il fallait que l'hrone ret sur la scne le ju/e salaire de son crime4 ,si le m>i ne v\lait pas la tu]1 il tait facile de faire contract] la c\pable une bonne maladie1 la petite vrole p> exemple1 qui1 la frappant dans sa beaut1 rpondt au beso9 de moralit des spectateurs4 ,l'accusation d'hypocrisie e/ volonti]s lance contre cette poque dont les murs1 dit-on1 ne valai5t pas mieux que les ntres4 ,discut] cette "q m'entran]ait lo9 de mon sujet1 mais il e/ c]ta9 cep5dant que la corruption des ides tait mo9s gnrale qu'auj\rd'hui et se limitait au c]cle born des g5s de plaisir4 ,l'volution du roman s]t du re/e le pr\v]4 ,dans ma jeunesse1 c]ta9s livres tai5t int]dits1 dont les mres les plus svres du ,x,xe sicle p]mett5t c\ramm5t la lecture leurs filles4 ,e/-ce un mal1 e/-ce un bi58 ,il faut t5ir compte des =ces de raction4 ,s\v5t des p*s dont on dev9e seulem5t l'exi/5ce ont plus de pre/ige qu'ils n'en aurai5t s'ils tai5t brutalem5t dvoils4 ,t\t my/re ex]ce un attrait4 ,cep5dant l'habitude d'appel] t\j\rs un *at un *at peut (frir des dang]s1 et1 ne ft-ce que p\r l'e/htique1 l'on regrette quelque peu l'poque o des voiles habilem5t jets ma9t5ai5t l'illusion4 ,mais on ne peut jamais rev5ir en arrire4 ,la femme d'auj\rd'hui1 mme celle qui n'aspire pas sortir de la r\te o ses aeules ont *em9 avant elle1 se tr\ve1 pe9e sortie des langes intellectuels et ds qu'elle met les pi$s dans le monde1--surt\t dans les gr&s c5tres1--en contact avec les ralits les plus brutales4 ,comm5t p\rrait-elle encore ignor] quelque *ose8 ,les j\rnaux1 les propos qui circul5t librem5t1 les uvres sociales et philan?ropiques dont les titres sugge/ifs s'tal5t p>t\t1 les romans qu'elle lit ouv]tem5t ou en ca*ette1 les conv]sations auxquelles elle p>ticipe1 la mett5t au c\rant des dess\s de l'exi/5ce1 avant que le m>iage1 la mat]nit ou l'expri5ce vcue1 l'ai5t in/ruite directem5t4 ,la femme de t\tes les classes e/ donc appele1 beauc\p plus tt qu'autrefois1 envisag] c]ta9es que/ions dlicates un po9t de vue gnral4 ,or1 du gnral elle arrive 9vitablem5t au p>ticuli]4 ,jadis la femme tait la proie de l'accid5t1 de l'imprvu1 p>ce qu'elle n'avait pas rfl*i aux v5tualits de l'av5ir2 sa ligne de conduite dp5dait du has>d1 de sa foi religieuse1 de ses s5tim5ts p]sonnels et de la cra9te de l'op9ion4 ,auj\rd'hui1 elle sait que l'op9ion peut tre circonv5ue facilem5t2 quant aux s5tim5ts1 elle a appris d\t] de leur dure1 ce qui l'arme contre eux et la ds>me en mme temps1 suivant les occasions4 ,la religion1 dans les mes o elle rgne encore1 s'e/ vanglise3 elle e/ dev5ue plus huma9e et a ad\ci ses arrts4 ,le has>d seul n'a pas *ang1 puisqu'il e/ inconnaissable de p> son ess5ce mme4 ,il y a1 p> consqu5t1 quelque *ose de plus raisonn et de plus v\lu dans l'impulsion que la femme mod]ne donne sa vie s5tim5tale4 ,mais ce progrs ne se ralise que *ez les intellig5tes et les =tes4 ,les faibles1 les impressionnables1 les v>iables1 les n]veuses se tr\v5t dsemp>es et1 manquant de t\t appui moral1 ne sav5t plus gure p\rquoi elles devrai5t lutt] contre les in/9cts ou les dsirs dont elles-mmes sont complices4 ,*ez quelques-unes1 l'in/9ct e/ meilleur que la volont1 et1 dcides faillir1 tr\vant qu'il n'y a aucun avantage dans la rsi/ance1 elles ne failliss5t pas4 ,mais cette faon involontaire d'*app] aux fautes ne peut se dcor] du nom de c\rage et ne saurait donn] aucune joie4 ,c'e/ sans d\te p\r cela que c]ta9es femmes1 dont la rputation e/ intacte et qu'aucun malheur n'accable1 ont des visages si mcont5ts et si mornes4 ,elles sont re/es sur la rive droite1 sans savoir p\rquoi1 p> hsitation1 timidit1 manque de h>diesse1 et1 p\r se consol] du bonheur qu'elles s'imag95t avoir p]du1 elles n'ont pas le s\v5ir de l'ivresse que doit donn] la victoire aux mes vaillantes4 ,mme si leur p>ticipation au m\vem5t social ne s'l>git pas autant qu'elles le dem&5t1 les femmes sont appeles dsormais mieux pr5dre consci5ce d'elles-mmes1 mieux savoir ce qu'elles veul5t1 mieux disc]n] la direction qu'elles compt5t donn] leur av5ir et1 en p>ticuli]1 leur vie s5tim5tale4 ,p\r quelques-unes1 la dmoralisation s]a peut-tre plus prompte1 plus v\lue1 mo9s excusable2 les *utes s]ont mo9s pa?tiques1 les rep5tirs plus difficiles1 mais il y aura1 comme contrepoids1 des v]tus plus consci5tes1 plus d\ces1 plus huma9es4 ,ayant rfl*i1 ds leur jeunesse1 aux consqu5ces de leurs actes1 sond leur cur1 mesur leurs =ces1 valu les avantages de leur situation morale et sociale1 les femmes qui auront sciemm5t prfr le droit *em91 auront plus de comprh5sion et de piti1 non seulem5t p\r leurs surs faibles et passionnes1 mais p\r celles qui1 p> hrdit1 sont incapables de rsi/ance et d'ef=t1 vaniteuses1 sottes1 folles mme ou vicieuses4 ,dans cette volution de la consci5te fm99e sur ce sujet spcial1 quel rle peut et doit j\] l'op9ion des hommes1 cette op9ion encore si prpondrante sur l'esprit fm998 99 99 99 99 99 ,a ct des enseignem5ts religieux et des conseils de morale et de sagesse sociale1 bases de l'ducation donne aux jeunes filles1 il tait d'usage1--et cela l'e/ encore dans c]ta9es familles1--d'insi/] sur le mpris que les hommes n\rriss5t dans leur = intrieur p\r la coquett]ie et la lib]t de murs *ez les femmes4 ,leurs app>5ts hommages ne sont que le dguisem5t d'un dda9 rel2 ils n'p\s5t pas les jeunes filles provocantes2 ils n'ont aucune e/ime p\r les femmes qui font p>l] d'elles444 ,le ?me tait dvelopp l'inf9i1 et je suppose que les mres qui =mulai5t ces axiomes et les =mul5t auj\rd'hui encore1 tai5t et sont conva9cues de leur exactitude4 ,cep5dant1 de nos j\rs1 il e/ un peu difficile1 p\r des obs]vateurs mme mdiocres1 de s\t5ir cette ?se qui1 dans les deux premi]s ti]s du ,x,i,xe sicle1 cont5ait une gr&e "p de vrit4 ,l'op9ion publique agissait alors comme la c5sure3 elle exigeait que la morale ft respecte app>emm5t1 et le mal puni4 ,une jeune fille trop libre d'allures tr\vait1 en effet1 difficilem5t se plac]1 et les femmes qui vivai5t dans une situation quivoque voyai5t c]ta9es portes se f]m] devant elles4 ,les hommes eux-mmes n'osai5t pas trop les s\t5ir1 p> cra9te de se dconsidr] aux yeux du monde4 ,depuis lors1 la socit a m>*1 comme la littrature qui en e/ la reproduction plus ou mo9s fidle4 ,en t\t cas1 l'int]prtation donne aux mots s'e/ modifie4 ,s\s le nom de flirt1 la coquett]ie e/ accepte p>t\t1 s\s t\tes les =mes2 on ne se df5d plus de la pratiqu]4 ,on l'affirme comme un droit1 et l'on se vante mme d'en us]4 ,une jeune fille qui ne sait pas flirt] e/ considre dans un salon comme une quantit ngligeable2 elle e/ mo9s invite que d'autres4 ,les hommes du monde dcl>5t ouv]tem5t que c'e/ son premi] devoir social1 et la coquett]ie1 mme outre1 n'e/ plus considre p> les jeunes g5s ou leurs familles comme un emp*em5t la conclusion d'un m>iage4 ,il faut reconnatre1 du re/e1 que1 comme t\tes les *oses pratiques avec fran*ise1 la coquett]ie a p]du de son dang]2 elle n'a plus l'attrait du fruit df5du1 elle e/ mo9s s5tim5tale1 et a pris les allures d'un sport4 ,dans les gr&s c5tres et les c]cles la mode1 jeunes femmes et jeunes filles p>l5t sans rtic5ce de leurs flirts4 ,ceux-ci sont des sortes de cam>ades1 avec une nuance en plus2 on peut en avoir plusieurs3 un flirt p\r la littrature et les arts2 un autre p\r la danse2 un autre p\r le sport et les lgances1 et a9si de suite1 l'inf9i4 ,leurs privilges v>i5t3 ils se cont5t5t de presque ri5 et peuv5t aspir] t\t6 ,la *ose e/ innoc5te en soi3 le pril e/ dans l'habitude2 ce beso9 d'excitation crbrale peut1 en se prolongeant dans la vie1 j\] de mauvais t\rs4 ,il e/ semblable l'ivresse3 p\r la procur]1 les doses de la veille ne suffis5t plus le l5dema94 ,on voit des jeunes filles trs flirt r5onc] ce jeu qu& elles se m>i5t4 ,d'autres le cont9u5t1 en l'int5sifiant de t\te l'expri5ce acquise2 elles sav5t qu'en y mettant un peu d'habilet1 nul ne leur repro*]a de provoqu] l'att5tion des hommes4 ,eux-mmes mo9s que p]sonne6 ,ils dis5t3 ,mais n\s sommes reconnaissants aux femmes d'tre coquettes1 mme si n\s n'en n'esprons ri52 c'e/ un hommage qu'elles n\s r5d5t4 ,celles qui ne se s\ci5t pas de notre admiration n\s font l'effet d'tre sans sexe6 ,ce s5tim5t se retr\ve dans t\tes les classes1 et mme *ez le peuple4 ,les jeunes ouvrires s'en s]v5t comme excuse1 si on leur repro*e des allures provocantes ou des frais de toilette exagrs3 c'e/ le seul moy51 dis5t-elles1 de conqurir un m>i4 videmm5t1 t\te une catgorie de g5s srieux p5se diffremm5t1 mais c'e/ une m9orit4 ,il y a aussi des amants de l'idal auxquels rpugn5t les comdies et les fe9tes1 et qui g>d5t de la femme1 dans leur cur1 une image pure et fire2 mais ils reprs5t5t1 eux aussi1 un t\t petit gr\pe1 et1 dans une vue d'ensemble1 c'e/ la majorit qu'il faut considr]4 ,il e/ donc faux1 en gnral1 de donn] comme s\ti5 aux pr9cipes ducatifs1 l'affirmation que la coquett]ie nuit aux jeunes filles dans l'esprit de l'autre sexe1 puisque c'e/ le contraire qui arrive1 surt\t si cette coquett]ie e/ accompagne d'une t5ue lgante et si un peu de hauteur s'y mle comme pim5t4 ,il e/ galem5t faux1 et ceci e/ plus grave1 de v\loir leur p]suad] que les hommes d'auj\rd'hui jug5t svrem5t les lgrets de conduite des femmes4 videmm5t s'il s'agit de leur fille1 de leur sur1 de leur fiance ou de leur femme1 les pres1 les frres1 les fiancs ou les m>is ne sont pas indulg5ts leurs faiblesses1 p>fois mme1 en ,italie p> exemple1 ils sont prts ext]m9] les c\pables2 mais c'e/ bi5 plutt une "q de jal\sie1 d'am\r-propre1 d'honneur p]sonnel que de morale ou de rpugnance p\r la faute4 ,et encore1 ce beso9 de *tim5t t5d disp>atre *ez les classes dirigeantes4 ,cet ad\cissem5t de la p5se mascul9e1 ce r5oncem5t aux reprsailles provi5t de deux lm5ts3 cynisme et ju/ice4 ,cynisme1 p>ce que les hommes s5t5t mo9s le po9t d'honneur p\r la femme2 ju/ice1 p>ce qu'ils considr5t davantage les cas p>ticuli]s et n'englob5t plus uni=mm5t1 dans un mpris gnral1 t\tes celles qui ont aim4 ,et puis1 p\r a?e que soit la socit actuelle1 la p>ole du ,*ri/3 ,que celui qui e/ sans p* lui jette la premire pi]re1 comm5ce pntr] la consci5ce mod]ne4 ,au po9t de vue ducatif1 il s]ait plus utile1 plus srieux et plus digne de reg>d] les *oses bi5 en face et de sortir1 une fois p\r t\tes1 des lieux communs qui se rpt5t de gnration en gnration1 sans que p]sonne se donne la pe9e de vrifi] leur exactitude ou leur vraisemblance4 ,ri5 de plus dang]eux que de proclam] des axiomes dont le nant e/ manife/e la premire expri5ce1 l'difice qui s'cr\le risquant alors d'entran] dans son effondrem5t les pi]res angulaires elles-mmes4 ,ici1 il convi5t de di/+u] nettem5t entre les hommes religieux et ceux qui ne le sont pas2 les premi]s sont svres p\r les fautes des femmes comme p\r les leurs propres1--p>ce qu'ils e/im5t que les unes et les autres loign5t de ,dieu et voil5t son image dans les mes2 mais les a?es1 les matriali/es1 les indiffr5ts1 ne peuv5t tre s9crem5t svres l'g>d de faiblesses dont ils pr(it5t1 mo9s qu'elles ne leur port5t un dommage p]sonnel4 ,en rsum1 l'homme mod]ne n'a pas en gr&e e/ime la *a/et de la femme1 sauf dans les cas o sa jal\sie et son am\r-propre entr5t en jeu4 ,et1 au fond1 cet tat d'esprit e/ naturel1 c> comm5t t5ir beauc\p p\r les autres une *ose laquelle on ne ti5t pas p\r soi-mme8 ,p\r peu donc que la femme soit intellig5te1 obs]vatrice et rfl*ie1 elle doit arriv] se conva9cre que ce n'e/ pas dans l'op9ion des hommes qu'elle tr\v]a une sanction p\r la puret de sa vie4 ,si elle e/ honnte1 elle s\ffrira de cette con/atation1 et il lui s]a dur de r5onc] une ide qui1 de gnration en gnration1 a t transmise aux c]veaux fm99s4 ,mais si elle la cons]ve contre l'vid5ce1 ses pi$s cont9u]ont se pos] sur le sol m\vant o s'lv5t les fragiles difices qu'un c\p de v5t r5v]se4 ,fnelon et ceux qui ont p5s comme lui sont dans le vrai3 la femme doit tre ce qu'elle veut tre p\r elle-mme et p\r ,dieu4 ,ce n'e/ pas sur l'op9ion de l'homme qu'elle peut appuy] auj\rd'hui sa consci5ce1 puisque cette op9ion n'e/ pas =me encore1 qu'elle e/ in/9ctive1 flottante1 indcise et p> consqu5t imp]man5te1 p>fois pr(ondm5t inju/e et s\v5t d'une clm5ce dmoralisante1 ju/em5t p>ce qu'elle s'appuie sur une connaissance imp>faite de la femme1 sur de vieilles traditions hors d'usage et sur un dda9 inconsci5t et gnral de la p]sonnalit fm99e4 ,il ne faut pas se faire d'illusion3 l'indulg5ce actuelle des hommes p\r les faiblesses de la femme a plus s\v5t p\r base le cynisme que la ju/ice4 ,ils pr\v5t1 en outre1 une sorte de plaisir tr\v] si dociles1 sur ce t]ra91 les cratures assez h>dies p\r prt5dre leur t5ir tte sur un autre4 ,jusqu'ici la p\sse du fm9isme n'a pas s]vi relev] la femme aux yeux de l'homme en tant que p]sonnalit morale4 ,au contraire1 elle a effac la rvr5ce1 assez platonique du re/e1 que lui inspirait la femme dv\e et la mre4 ,n\s sommes au seuil d'un sicle n\veau et assi/ons au db1 peut-tre heureux1 d'une modification dans les rapports de l'homme et de la femme4 ,p\r la prp>]1 il faut dblay] la r\te des vieilles erreurs qui l'ob/ru5t et tablir quelques po9ts ess5tiels3 l'un e/ que la femme met encore un trs gr& prix l'op9ion de l'homme2 l'autre1 que l'homme ne s'occupe en ri5 de travaill] l'lvation morale de sa compagne4 ,il y a l une =ce p]due qui p\rrait s'ex]c] efficacem5t et s]vir au bonheur des deux p>ties de l'humanit4 99 99 99 99 99 ,les coles mixtes qui fonctionn5t de faon satisfaisante1 non seulem5t dans c]ta9s pays du ,nord1 mais mme en ,italie o1 malgr la *aleur du soleil1 elles n'ont donn lieu aucun inconvni5t1 appr5dront aux hommes mieux connatre les femmes4 ,ces contacts famili]s et srieux1 durant l'enfance et la priode des tudes1 leur enseign]ont disc]n] les nuances du c>actre fm991 sans att5dre les r5contres de salon1 o l'artificiel pr5d t\j\rs le dessus sur le naturel1 ni les premires atte9tes de l'am\r1 o la n]vosit inhr5te ce g5re d'motions oblitre fatalem5t le jugem5t4 ,les coles mixtes sont encore l'objet de prjugs srieux1 dont ,m4 ,m>cel ,prvo/1 dans ses ,lettres ,franoise1 relve =t bi5 l'absurdit et l'illogisme4 ,comm5t1 l'on e/ime p>faitem5t conv5able que les premires r5contres ai5t lieu au bal1 alors qu' moiti d%abilles les jeunes filles sont jetes dans les bras des jeunes hommes qui les font t\rn]1 s]res contre leurs poitr9es1 au son d'une musique sugge/ive1 et l'on tr\ve d'une inconv5ance suprme que ces mmes jeunes g5s1 lorsqu'ils sont enfants1 criv5t leurs ?mes dans une salle d'cole commune1 sans autre ag5t provocateur que la voix du matre de lat91 d'hi/oire ou de gomtrie4 ,l'application l>ge de l'ducation mixte1 qui doit f9ir p> s'impos]1 aura d'imm5ses avantages2 elle donn]a la p]sonnalit fm99e1 intellectuelle et morale1 une importance qu'elle n'a jamais eue aux yeux des hommes4 ,l'habitude1 prise ds l'enfance1 de considr] la femme comme un tre p5sant1 avec lequel on a fait l'appr5tissage de la vie1 p\rra ex]c] une influ5ce considrable sur l'ori5tation future des rapports entre les deux sexes4 ,l'homme a rellem5t beso9 d'appr5dre connatre sa compagne--en dehors des ides de bonheur et de plaisir qu'elle veille en lui4 ,et son ignorance e/ gr&e ce po9t de vue4 ,t&is qu'il diss]te sur ce sujet1 les lvres fm99es s\ri5t1 tellem5t sa psy*ologie e/ rudim5taire4 ,quelques hommes--ce type devi5t de plus en plus r>e--se sont fait une spcialit de l'tude de la femme1 mais leur p]spicacit ne s'ex]ce que sur les *oses de l'am\r et les t5dances qui s'y rapport5t1 et1 sur ce sujet spcial1 ils possd5t une c]ta9e compt5ce1 bi5 que presque t\j\rs les causes leur *app5t4 ,ils ne sav5t disc]n] que les effets4 ,en t\t cas1 la psy*ologie mascul9e ne dpasse pas les limites p]sonnelles4 ,elle n'analyse que la crature d'am\r2 t\te la vie intime et p]sonnelle de la femme lui re/e inconnue4 ,quant la gnralit des hommes1--exception faite des esprits religieux qui1 voyant dans t\t tre huma9 une me immortelle1 attribu5t autant d'importance celle de la femme qu' la leur propre1--ils ne se donn5t la pe9e d'tudi] leur compagne d'aucun ct4 ,ils la pr5n5t telle qu'elle se montre1 se dfiant t\j\rs d'elle1 et accordant p\rtant une confiance aveugle aux b\*es m5teuses qui veul5t bi5 les tromp]4 ,quelle diffr5ce avec la p]spicacit de l'autre sexe6 ,une femme1 p\r peu qu'elle soit intellig5te et quitable1 sait p>faitem5t jug] la valeur relle des autres femmes2 elle di/+ue nettem5t les cl>ts et les ombres1 t&is que l'homme les p]oit de faon confuse1 en myope qui ne peut disc]n] les zones de lumire des zones obscures4 ,les *oses fe9tes ont plus d'influ5ce sur lui que les *oses vraies4 ,le fait peut s'obs]v] surt\t en ce qui conc]ne la fran*ise2 une nature rellem5t droite ne le frapp]a pas1 mais ils s]a p]suad de la loyaut de la femme m5teuse qui a t\j\rs le mot de s9crit la b\*e6 ,un homme d'une gr&e valeur disait rcemm5t1 propos d'une femme de sa connaissance3 ,jamais elle ne veut p>l] d'elle-mme1 c'e/ un oubli complet de sa p]sonnalit6 ,ses int]locuteurs l'c\tai5t confondus1 c> cette femme1 non seulem5t se mettait con/amm5t en avant1 mais dvoilait des trang]s1 sans ncessit1 les secrets les plus intimes de sa vie4 ,comm5t expliqu] p>eille illusion *ez un esprit suprieur8 ,simplem5t p> dda9 de la ,psy* fm99e3 la femme avait affirm devant lui son imp]sonnalit1 et1 sans se donn] la pe9e d'obs]v]1 l'homme s'tait =m une conviction4 ,que l'orgueil mascul9 ne se cabre pas6 ,il y a des hommes p]spicaces qui1 analysant t\t1 sav5t p]c] aussi les secrets de l'me fm99e2 mais1 en gnral1 la majorit se laisse tromp] avec une facilit s+ulire sur les t5dances et les qualits morales des filles d've1 ju/em5t p>ce qu'elle leur accorde peu d'importance4 ,le j\r o on leur en donn]a davantage1 on les tudi]a mieux4 ,cette ignorance e/ la cause du peu de bonheur que les deux p>ties de l'humanit se donn5t l'une l'autre1 sauf en de fugitifs mom5ts d'motion4 ,en se connaissant mieux1 les heureux s]ai5t plus heureux encore1 et ceux qui ne le sont pas1 appr5drai5t peut-tre le dev5ir2 en t\s cas il y aurait mo9s de dsagrables surprises4 ,comme l'a dit ,sp9oza1 il ne peut y avoir de bonheur en dehors de la re*]*e du p]fectionnem5t4 ,ceux qui en veill5t le dsir et y p\ss5t p> leur influ5ce sont les vritables faiseurs de joies4 ,c]tes la femme doit t5dre son amlioration propre1 p\r elle-mme et p\r ,dieu2 mais lorsqu'elle v]ra que d'tre loyale1 gnreuse1 ju/e1 augm5te son pre/ige aux yeux de son compagnon de de/9e1 elle m>*]a plus joyeuse sur la r\te qui conduit aux cimes4 ,l'homme a vis--vis de la femme une srieuse mission remplir1 mission dont il n'e/ pas consci5t4 ,le j\r o il s5tira rellem5t son bonheur en pril1 il se r5dra compte qu'en dmoralisant la femme1 en se s]vant de son influ5ce p\r dvelopp] uniquem5t la vanit et les vices de sa compagne1 il travaille son propre malheur et1 faiseur de pe9es p\r les autres1 risque de le dev5ir p\r lui-mme4 ,,*apitre ,,viii ,,ce ,,que ,,p5s5t ,,les ,,femmes ,,des ,,hommes ,il exi/e1 dans l'esprit de la femme1 un manque visible de la plus ab/raite des motions1 qui e/ ce s5tim5t de ju/ice qui rgle la conduite1 indp5damm5t des affections1 des sympa?ies et des antipa?ies qu'inspir5t les individus4 ,h4 ,,sp5c]4 ,s'il e/ absolum5t c]ta9 que les hommes se tromp5t en gnral dans leurs op9ions sur les femmes1--eux-mmes d'ailleurs les dcl>5t incomprh5sibles1 l'exception de c]ta9s savants qui ramn5t t\tes les manife/ations psy*iques de la femme des phnomnes physiologiques1--on peut galem5t affirm] que les femmes1 elles aussi1 dans leur faon de jug] les hommes1 commett5t de graves erreurs d'apprciation4 ,elles les considr5t subjectivem5t1 c'e/--dire p> leur pire ct1 c> c'e/ dans ses rapports avec la femme que l'homme se montre le plus son dsavantage4 ,il s'e/ fait1 l'usage de sa compagne1 un code de morale spcial3 s\v5t droit et loyal avec son pro*a9 du mme sexe1 il croit1 vis--vis d'elle1 p\voir us] impunm5t du m5songe et de la tromp]ie4 ,manqu] de p>ole un autre homme quivaut au d%onneur1 manqu] de p>ole une femme reprs5te un aimable jeu auquel le public mascul9 applaudit et contre lequel--*ose plus s+ulire--les victimes elles-mmes ne se rvolt5t pas4 ,*acune s'indigne p\r son compte p>ticuli]1 mais1 s'il s'agit des autres1 elle tr\ve le procd naturel1 sa p5se tant hrditairem5t habitue voir les hommes trahir les femmes1 sans scrupules4 ,celles-ci en us5t p>fois de mme leur g>d1 mais la plus ruse en a t\j\rs quelque remords ou quelque scrupule4 ,grce cette faon subjective de jug]1 il y a dans l'esprit de la femme1 malgr le pre/ige norme que l'homme ex]ce encore sur elle1 un fond de mpris son endroit4 ,il e/ mo9s =t *ez les trs honntes femmes1 dont l'ignorance cons]ve les illusions1 mais celles qui ont une plus l>ge expri5ce de la vie1 de l'am\r et des hommes sont s\v5t implacables dans leurs jugem5ts4 ,plus une femme e/ dgrade1 plus l'homme lui app>at mprisable1 et s'il l'crase de son dda9 froce1 elle le lui r5d au c5tuple1 en secret4 ,et cela1 p>ce qu'elle aussi le voit uniquem5t au po9t de vue de sa conduite vis--vis d'elle4 ,les femmes qui jug5t les hommes dans leur ensemble1 sans sottes illusions et sans p>ti pris troits et unilatraux1 sont =t r>es4 ,celles qui sav5t disc]n] leurs faiblesses et en mme temps compr5dre les cts nobles de leur vie1 reprs5t5t une si faible m9orit qu'elle e/ presque intr\vable4 ,or1 p> respect p\r la vrit et la ju/ice1 cette m9orit devrait dev5ir majorit4 ,le bonheur y gagn]ait1 c> cette vue plus syn?tique et plus quitable de la p]sonnalit mascul9e s]virait tablir entre les deux sexes des rapports mo9s t5dus et mo9s ho/iles1 lorsqu'ils ont comm5c s\v5t p> tre trop exalts et trop t5dres4 99 99 99 99 99 ,p\r les fausses int]prtations des femmes1 comme p\r celles des hommes leur g>d1 un seul remde e/ efficace3 celui de se mieux connatre1 et cette connaissance plus complte ne devi5dra possible1 je l'ai dj dit1 qu'avec l'ducation mixte4 ,lorsque l'homme aura cess de ddaign] la femme1 intellectuellem5t1 qu'il saura que1 si elle le veut1 elle e/ capable de p>tag] ses tudes1 et p> consqu5t d'appr5dre raisonn] avec autant de logique que lui1 sa faon de compr5dre l'honneur vis--vis d'elle se modifi]a =cm5t4 ,de mme1 qu& la femme1 cessant de voir uniquem5t dans l'homme1 le sducteur1 l'adorateur1 le fianc ou le m>i possible1 appr5dra connatre ses dfauts et ses qualits dans les diffr5tes bran*es de l'activit huma9e ou dans la manife/ation de ses s5tim5ts1 elle devi5dra plus quitable dans le jugem5t qu'elle port]a sur son compagnon de r\te4 ,si les hommes et les femmes v\lai5t bi5 appr5dre se considr] comme des tres condamns p> un impntrable my/re la mme de/9e tragique1 qui e/ d'ignor]1 sauf p> les yeux de la foi1 d'o ils vi5n5t et o ils vont1 ils cess]ai5t1 p> piti les uns p\r les autres1 de se mesur] comme des adv]saires4 ,si l'image de l'am\r possible ne hantait pas sans cesse leur imag9ation1 si celui-ci arrivait de faon imprvue et n'tait pas cr artificiellem5t p> l'obsession des p5ses s5tim5tales ou s5suelles1 il s]ait plus s9cre1 plus vif1 plus frais444 ,ri5 de ce qu'il y a de bon ou d'agrable dans les rapports des deux sexes ne s]ait p]du ou dim9u2 seuls les dsagrm5ts inutiles disp>atrai5t4 ,l'ide de l'in/ruction intgrale mise la porte de la femme a pntr presque t\s les esprits4 ,n\s sommes lo9 du temps o ,pie ,,ix rprim&ait svrem5t ,mgr ,d>boy1 ar*evque de ,p>is1 p\r ses ides trop avances sur l'ducation des jeunes filles4 ,auj\rd'hui1 celles qui veul5t p>ticip] aux tudes mascul9es ont la r\te ouv]te devant elles4 ,leur nombre e/ encore re/re9t1 et il le re/]a peut-tre4 ,beauc\p de c]veaux fm99s sont rebelles aux ab/ractions et aux labeurs a*>ns de l'intellig5ce1 mais il suffira qu'une lite s'a*em9e sur cette voie p\r tablir un quilibre qui s]a aussi utile un sexe qu' l'autre4 ,quelques p]sonnes sont encore contraires au dveloppem5t intellectuel de la femme4 ,elles s'imag95t qu'il p\rrait avoir p\r rsultat la dim9ution du *>me fm991 l'ab&on du foy]1 la dsagrgation de la famille4 ,si une femme e/ belle1 sduisante1 t5dre1 passionne1 savoir lire l'nide dans l'orig9al ne lui enlv]a aucun de ses attraits2 ,aspasie prt5dait que la gomtrie lui avait appris mieux dom9] le cur des hommes4 ,si la femme e/ laide1 froide1 rev*e1 l'ignorance ne l'embellira po9t et ne la r5dra pas plus dsirable4 ,quant l'ab&on du foy]1 les quelques femmes app>t5ant aux classes dirigeantes qui le *riss5t encore1 sont ju/em5t les /udieuses1 les mditatives1 celles que l'art ou l'tude reti5n5t *ez elles4 ,les autres1 celles qui ne lis5t pas1 qui n'appr5n5t pas1 qui ne travaill5t pas1 sont hors de la maison t\te la j\rne4 ,elles c\r5t de visite en visite1 de magas9 en magas91 on les voit p>t\t1 sauf au logis6 ,p\r ce qui conc]ne la dsagrgation de la famille1 quelqu'un croit-il encore srieusem5t que l'ignorance de l'p\se et de la mre suffise l'emp*]8 ,on peut plaid] victorieusem5t le contraire4 ,si quelque *ose e/ capable de r$onn] aux rapports familiaux leur =ce p]due1 c'e/ le complet dveloppem5t de la femme et l'influ5ce qu'elle p>vi5dra a9si acqurir directem5t sur ses enfants et1 de faon rflexe1 sur son m>i et sur les hommes de son ent\rage4 ,qu&1 dans les rues des gr&es villes et dans t\s les endroits de r5dez-v\s monda91 on voit des cohortes de femmes oisives err] de lieu en lieu1 la tte vide c]ta9em5t de t\te proccupation intellectuelle1 on se dem&e de quel mal leur ignorance et leur frivolit peuv5t les g>d] et quels avantages ces lacunes de leur intellig5ce assur5t la vie dome/ique8 ,jadis1 les conditions de la vie tai5t diffr5tes3 les so9s matriels de la maison absorbai5t tellem5t la mre de famille1 surt\t si sa position de =tune tait mode/e1 que le temps lui manquait p\r les proccupations d'un autre ordre4 ,mais t\t cela a *ang ma9t5ant3 on ne file plus la maison la toile des *emises et des draps2 la vie matrielle s'e/ facilite au po9t que1 si le gt du luxe ne crait pas des beso9s difficiles satisfaire dans les milieux mdiocres1 on n'en s5tirait presque plus le poids4 ,en t\s cas1 elle laisse des heures de loisir444 ,bref1 si le foy] e/ dlaiss1 je ne crois pas qu'il faille en accus] le dveloppem5t crbral des femmes1 mais bi5 plutt ce beso9 de toilette1 de m\vem5t et de plaisir qui semble les affol] t\tes2 c'e/ lui qui les dt\rne des tudes srieuses1 emp*e la mditation et les p\sse ds]t] leur *ez soi1 o les m>is1 les fils et les frres ne sont srs de les tr\v] qu'aux heures des repas1 o d'ailleurs elles arriv5t bi5 s\v5t en ret>d6 99 99 99 99 99 ,presque t\j\rs1 qu& un esprit imp>tial ent5d1 dans l'intimit1 les femmes p>l] des hommes1 il pr\ve une s5sation de surprise#ad1 tellem5t leur jugem5t semble peu =m et tabli sur des bases inc]ta9es4 ,il e/ subjectif au po9t d'tre rvlateur1 et il donne aism5t la clef de la vie s5tim5tale de celle qui le prononce4 ,si elle-mme n'entre pas en jeu1 c'e/ le sort d'une sur ou d'une amie intime qui lui f\rnit ses argum5ts1 bi5 r>em5t une vue d'ensemble de la "q4 #ad ,les jugem5ts des hommes sont t\t aussi s+uli]s p>fois4 ,voir le *apitre3 ,ce que p5s5t les hommes des femmes4 ,cep5dant1 dans ce c]cle re/re9t o sa p5se se meut1 la femme1 t\t en manquant de ju/ice1 fait preuve d'une p]spicacit tonnante sur c]ta9s po9ts et d'une f9esse d'intuition s+ulire4 ,son in/9ct la trompe r>em5t4 ,p\r dc\vrir c]ta9es culpabilits1 aucun juge d'in/ruction ne la vaut6 ,mais elle s5t5cie en bloc1 attribuant volonti]s t\s les hommes les fautes d'un seul et refusant d'admettre *ez le c\pable aucune qualit qui le rhabilite4 ,s'il l'a blesse dans ses s5tim5ts ou ses prjugs1 t\t s'efface de ce qu'il a pu accomplir de gnreux ou de noble dans d'autres ordres d'ides4 ,rapport] t\t elles-mmes e/ une habitude m5tale propre aux femmes4 ,elles ne fond5t pas d'ord9aire leurs amitis sur les mrites ou le c>actre1 mais sur l'amabilit qu'on dploie leur g>d4 ,cette t5dance de l'esprit fm99 se manife/e dans t\s les rapports sociaux1 mais surt\t dans les relations avec les hommes4 ,le plus gr& p*eur1 s'il leur montre de l'admiration ou de la dfr5ce1 russit facilem5t se faire p>donn]1 bi5 ent5du s'il n'a p* que vis--vis des autres femmes4 ,aussi ent5d-on de =t v]tueuses p]sonnes rompre des lances en faveur d'individus que leurs pr9cipes les =c]ai5t excr]4 ,mais elles f]m5t ob/9m5t les yeux t\t mrite et t\te gloire1 lorsque leurs s5tim5ts ou leur vanit ont reu la plus petite blessure4 ,p>ce qu'on commet une faute1 faut-il les commettre t\tes8 ,tel homme lg]1 tel m>i infidle e/ p>fois un excell5t pre et un citoy5 dv\4 ,l'envelopp] dans un mpris gnral n'e/ pas quitable1 pas plus qu'il ne s]ait quitable d'appliqu] ce jugem5t unilatral aux erreurs des femmes4 ,on r5contre cep5dant quelques exceptions cette rgle3 en ce cas1 il n'y a pas de jugem5t auquel on doive donn] plus de poids qu' celui d'une femme intellig5te1 p]spicace1 exprim5te et quitable4 ,elle sait saisir les mo9dres dtails d'un c>actre1 l'analys] jusque dans ses replis intimes1 en disc]n] t\tes les lumires et t\tes les ombres4 ,l'homme ne sait jug] qu'avec son intellig5ce et sa raison2 la femme y aj\te l'intuition1 puis elle fait pass] son jugem5t p> le crible de son cur1 ce qui en attnue l'pret4 ,mais1 p\r jug] a9si1 il faut tre imp]sonnelle1 or l'imp]sonnalit e/ r>em5t fm99e1 ce qui ne veut pas dire que l'homme la pratique s\v5t1 quoique l'habitude de s'occup] des intrts gnraux lui en donne plus facilem5t l'app>5ce4 ,mme dans l'ge mr1 alors que les passions de l'am\r-propre se sont amorties1 la femme re/e subjective dans ses vues4 ,il lui faut un gr& cur1 ou une =te intellig5ce1 unie une pr(onde comprh5sion de la vie huma9e1 p\r qu'elle soit ju/e et objective dans ses apprciations4 ,en gnral1 elle ne p>vi5t pas voir dans l'homme un tre de/9 avant t\tes *oses accomplir son volution et vivre sa de/9e propre1 mais une crature mise au monde p\r l'ador]1 la protg] et la s]vir4 ,le plus gr& b5t de la t]re1 qui e/ l'esclave dv\ d'une femme1 leur p>at l'homme modle p> excell5ce1 et elles le cit5t volonti]s comme exemple leurs m>is et leur fils1 quittes cep5dant se moqu] de lui l'occasion4 ,il e/ "q1 bi5 ent5du1 ici1 des femmes app>t5ant aux classes suprieures4 ,p\r la femme du peuple1 l'homme e/ un matre brutal1 dont s\v5t elle e/ l'esclave1 de gr ou de =ce4 ,le meilleur d'entre eux ne se prte pas satisfaire les caprices des femmes4 ,l'influ5ce des ,amrica9es a beauc\p contribu dvelopp]1 dans c]ta9s c]veaux fm99s d',europe1 l'ide que le b de la vie des m>is et des pres devrait tre de mettre en relief la p]sonnalit fm99e1 en lui f\rnissant t\tes les armes de victoire possibles4 ,n'e/-il pas ju/e que l'homme travaille p\r p>] la femme et la mettre en valeur1 en lui p]mettant de dvelopp] ses in/9cts de coquett]ie et d'lgance8 ,en se sacrifiant p\r elle1 il j\e son rle2 elle le si51 en acceptant4 ,p> consqu5t1 elle ne lui doit de ce *ef ni gratitude ni dfr5ce4 ,il y a l une d=mation1 ce qu'il me semble1 dans l'ide primitive du c\ple4 ,en ,europe1 et dans les pays lat9s surt\t1 la m5talit fm99e ne l'a pas subie ce degr1 bi5 que la femme se figure tre le rayon de soleil de la vie de l'homme4 ,elle le croit trop1 p\r son malheur4 ,un spirituel critique itali5 crivait rcemm5t3 ,c'e/ un rayon de soleil dont n\s n\s pass]ions volonti]s c]ta9s mom5ts4 ,la b\tade1 quoique un peu brutale1 r5f]me un lg] fond de vrit4 ,moralem5t et intellectuellem5t1 l'homme mod]ne ne re*]*e pas la femme autant que celle-ci se l'imag9e1 ju/em5t p>ce que1 en gnral1 il ne ti5t en e/ime ni son c>actre ni son esprit#ae et qu'il se passe trs bi5 d'elle dans les rapports sociaux4 #ae ,voir3 ,ce que p5s5t les hommes des femmes4 ,la femme doit reconqurir son anci5 pre/ige ou en acqurir un n\veau1 mais elle n'y p>vi5dra po9t en se b]ant de fausses illusions sur l'importance de la place qu'elle occupe dans la psy*ologie de l'homme du ,x,xe sicle4 ,il vaut mieux p\r elle ouvrir les yeux et compr5dre qu'il ne lui suffit plus d'tre mre p\r influ5c] ses enfants1 ni d'tre p\se p\r inspir] l'am\r4 ,la ncessit de mrit] la place qu'elle veut occup]1 doit peu peu pntr] son esprit4 ,elle se croyait s\v]a9e p> droit div91 or ces c\ronnes-l sont si branles que les plus solides se voi5t =ces1 auj\rd'hui1 de r5onc] aux anci5s sy/mes et de *]*]1 contre le flot de/ructeur envahissant1 de n\veaux po9ts d'appui4 99 99 99 99 99 ,si les femmes ne tr\v5t gure d'enc\ragem5t *ez les hommes1 lorsqu'il s'agit du dveloppem5t de leurs qualits nobles1 l'homme1 lui aussi1 r5contre r>em5t *ez sa compagne une inspiratrice qui le p\sse faire gr&4 ,la femme app>ti5t d'in/9ct l'cole empirique3 en t\tes *oses1 elle voit les rsultats app>5ts et pratiques3 l'arg5t1 la situation1 les honneurs444 ,t\t cela1 elle l'apprcie1 et elle honore1 p> consqu5t1 celui qui sait se les procur] et en faire j\ir sa famille4 ,il e/ r>e qu'elle voie au del4 ,l'intgralit des c>actres l'intresse peu1 en gnral4 ,il y a des femmes videmm5t qui s]ai5t prtes t\s les sacrifices1 plutt que de voir leurs m>is1 leurs fils1 leurs frres s'abaiss] un compromis quelconque1 mais n\s savons t\s combi5 ces consci5ces dlicates sont r>es4 ,d'ord9aire les femmes1 mme honntes1 prfr5t ne pas reg>d] de trop prs et j\ir des bi5faits que le sort leur concde1 sans se dem&] quelle en e/ la prov5ance4 ,cet aveuglem5t volontaire et intress e/ s\v5t la base des cata/rophes o sombr5t tant de familles4 ,t\t cela revi5t dire que les femmes et les hommes ne donn5t que peu de valeur aux mes les uns des autres4 ,ils commettront des crimes passionnels1--les homicides et les suicides p> am\r vont croissant de faon effrayante1--mais ils ne s'intress5t que =t peu leur exi/5ce morale et se mpris5t au fond rciproquem5t4 ,quelques femmes1 il e/ vrai1 cons]v5t encore d'normes illusions sur les hommes1 et elles vont trop lo9 dans leur crdulit4 ,non seulem5t elles subiss5t leur influ5ce en t\t#af2 elles e/im5t leur faon de voir suprieure1 elles donn5t leur op9ion un poids extraord9aire1 mais elles refus5t de reconnatre leurs faiblesses et leurs vices4 ,le nombre de ces femmes1 crdules jusqu' la sottise1 va dcroissant4 ,cep5dant1 il en exi/e encore1 et leur sy/me les r5drait heureuses1 si le bonheur p\vait se tr\v] hors du rel et tre le fruit d'un mirage4 #af ,voir le *apitre3 ,ce que p5s5t les hommes des femmes4 ,je ne le crois pas2 il me semble qu'en t\tes *oses la vrit e/ l'unique remde4 ,la plup>t des mal5t5dus qui attri/5t ou aigriss5t les rapports des deux sexes ont leur s\rce1 comme je l'ai dit plusieurs reprises1 dans l'incomplte connaissance qu'ils ont l'un de l'autre4 ,s'ils appr5ai5t se considr] avant t\t comme des tres sociaux1 devant vivre leur propre vie et accomplir leur volution en dehors des relations s5tim5tales qui peuv5t les unir d'une faon durable ou passagre1 ils devi5drai5t l'un p\r l'autre des faiseurs de joies et s]ai5t beauc\p mo9s s\v5t qu'auj\rd'hui des faiseurs de pe9es4 ,il y a des g5s qui viv5t comme des brutes1 se cont5tant uniquem5t des satisfactions matrielles et n'attribuant leur malheur qu' la privation de ces satisfactions1--non ragioniam di loro1 ma gu>da e passa1--mais ceux qui p5s5t et s5t5t1 ceux qui ont rv au bonheur1 sav5t presque t\s1 s'ils desc5d5t dans leur cur et leur consci5ce1 qu'une dsillusion d'am\r e/ la base de ce qu'il y a eu d'incomplet et d'am] dans leur vie4 ,lorsque cette dception a lieu dans le m>iage1 les effets en sont plus graves et plus durables1 mais t\j\rs1 dans n'importe quelle condition1 ils sont des artisans de s\ffrance4 ,p\r la joie ou le malheur1 l'influ5ce d'un sexe sur l'autre e/ imm5se4 ,p\r le bi5 et le mal galem5t4 ,si l'on enseignait l'homme1 ds l'enfance1 honor] dans la femme c]ta9es qualits intellectuelles et morales1 il contribu]ait efficacem5t leur dveloppem5t1 comme je l'ai dit dans le *apitre prcd5t1 et re/]ait t\t de mme libre de port] son am\r celles qui ne les possd5t po9t4 ,du re/e1 p\rquoi ces qualits enlaidirai5t-elles les jolis visages8 ,et peut-tre1 rflexion faite1 les hommes s]ai5t-ils satisfaits de les r5contr] dans la mre de leurs enfants4 ,puisqu'elles contribu5t au bi5-tre dome/ique1 la dignit de la maison et cette honorabilit extrieure qui e/ encore la meilleure politique p\r russir dans le monde4 ,n\s avons vu1 dans le prcd5t *apitre1 que les hommes en gnral donn5t peu de poids l'op9ion des femmes4 ,c'e/ humiliant p\r elles1 quoique p>fois mrit1 les femmes se proccupant r>em5t de ne pas dire de sottises4 ,elles croi5t que l'illogisme e/ une grce de plus1 que leur draison et leur faon enfant9e de p>l]1 con/itu5t un attrait4 ,en quoi elles se tromp5t4 ,on r5contre des femmes intellig5tes et relativem5t cultives qui se complais5t =mul] des p5ses absurdes3 faux s5tim5talisme1 faux raisonnem5ts1 incohr5ce en t\t et sur t\t4 ,si elles ont v+t ans1 cela amuse1 on rit444 ,plus t>d cela ne div]tit p]sonne et devi5t ridicule4 ,elles p]d5t a9si t\te autorit1 et devrai5t se conva9cre que le s5s commun1 la modration1 la bont et la sagesse sont les seuls *>mes de la maturit4 ,si les hommes ont du dda9 p\r les jugem5ts fm99s1 les femmes s'en v5g5t en les mprisant eux-mmes3 ils sont adors p>fois1 re*]*s t\j\rs1 cra9ts s\v5t1 admirs intellectuellem5t1 mais la plup>t des femmes exprim5tes les ti5n5t en m9ce e/ime4 ,entre elles1 qu& elles sont sres de ne pas tre ent5dues1 elles =mul5t sur eux des apprciations qui fris5t le mpris4 ,en s'ob/9ant ne les obs]v] que s\s c]ta9s cts et ne les considr] que relativem5t elles1 les femmes sont inju/es4 ,il faut av\] t\tefois que ces reprsailles sont mrites4 ,le malheur e/ que l'homme ne s'en r5d pas compte4 ,consci5t de son pre/ige1 il ne s'ap]oit nullem5t que ce pre/ige e/ d\bl de mse/ime4 ,le s5s de l'autocritique lui manque4 ,la femme1 plus f9e1 plus intuitive1 p]oit1 s\s les adorations de l'homme1 le dda9 qu'il a d'elle1 en tant que p]sonnalit indp5dante4 ,a pe9e s'incl9e-t-il devant la mre1 mais l encore il manque de p]spicacit1 c> il ne disc]ne pas l'esprit de la lettre1 et on le voit s'att5drir sur des l\ves1 p\rvu qu'elles port5t ce nom sacr4 ,il ne s'ap]oit pas qu'elles le d%onor5t et ont p]du le droit de le port]4 ,la femme du ,x,v,i,i,ie sicle connaissait bi5 mieux les hommes que celles du ,x,i,xe4 ,c'tait sa sci5ce propre1 dis5t les frres de ,gonc\rt1 l'aptitude la plus haute de sa f9e et dlicate nature1 l'in/9ct gnral de son temps1 presque univ]sel dans son sexe1 et qui en rvlait la pr(ondeur et la valeur ca*es4 ,peut-tre alors les hommes1 subissant davantage l'attrait de ces natures admirablem5t intuitives1 les tudiai5t-ils davantage4 ,le ,x,i,xe sicle1 plus srieux1 plus utilitaire1 ignorant des loisirs1 a m\ss la dlicatesse des p]ceptions *ez les deux sexes4 ,un voyage de dc\v]tes mutuelles s]ait donc indisp5sable1 de "p et d'autre1 et je v\drais y convi] t\s les esprits ju/es et les curs s9cres4 ,p\r quelques-uns1 le voyage e/ inutile4 ,ils ont l'me vivante et1 s\s sa direction1 ils class5t *aque *ose et *aque s5tim5t sa place relle2 mais ces prcurseurs du monde futur sont r>es2 la plup>t des hommes et des femmes p]svr5t dans leurs anci5nes erreurs que c]ta9es ides n\velles sont v5ues aggrav] encore4 ,l'homme cont9ue voir dans la femme un tre frivole que1 dans la lutte froce p\r l'exi/5ce1 il n'a pas le temps d'tudi]4 ,la femme1 de son ct1 s'irrite de ne plus tr\v] dans l'homme l'adorateur esclave dont p>lai5t les romans d'autrefois4 ,elle v\drait entr] en lutte avec lui sur d'autres po9ts et le ram5] en am\r aux app>5ces *eval]esquem5t s\mises des poques disp>ues4 ,ce d]ni] dsir e/ irralisable2 il n'y a plus d'oisifs auj\rd'hui1 et il y en aura de mo9s en mo9s2 or1 p\r consacr] de longues heures aux femmes1 il faut des loisirs que la vie mod]ne ne p]met pas4 ,les femmes doiv5t donc vis] conqurir l'homme d'une autre faon4 ,c'e/ le fond de la p5se qu'il faudrait modifi] *ez les uns et les autres4 ,il e/ ncessaire que l'homme l>gisse l'ide qu'il a de la femme1 et lui accorde son e/ime1 comme il l'accorde un autre homme1 si celui-ci y a droit4 ,la femme1 de son ct1 r$onn]a son e/ime l'homme1 qu& elle v]ra qu'il apprcie en elle autre *ose que le plaisir ou l'utilit4 ,p\r quelques-uns il e/ trop t>d1 tellem5t ils sont enliss dans le m>ais du faux po9t de vue et du prjug sexuel4 ,mais il y a les jeunes1 les enfants d'auj\rd'hui1 de/9s tre les hommes et les femmes de dema94 ,c'e/ eux que l'av5ir att5d1 c'e/ eux qu'il faut montr] la voie qui conduira les gnrations futures une vie relativem5t heureuse1 o1 en bons compagnons de r\te1 les hommes et les femmes1 dlivrs de leurs sculaires mal5t5dus1 pr5dront les *em9s qui mn5t aux valles f]tiles et aux cimes leves d'o l'on dom9e le monde4 ,,*apitre ,,ix ,,faiseurs ,,de ,,joies ,he :o1 do+ :at he ought444 gives pleasure to o!rs1 %all f9d joy 9 ! o!r _w4 ,,imitation ,,( ,,b\dha4 ,le surhomme1 ou plutt l'homme suprieur1 en donnant au mot sa vraie et gr&e acception et non le s5s absurde que c]ta9e cole rc5te et plagiaire lui a mrit1 devrait avoir p\r trait di/9ctif d'tre un faiseur de joies4 ,accomplir avec orgueil1 int5sit et cruaut des actes g/es1 mauvais ou bas1 dont les tres les plus vulgaires sont capables1 ne con/itue pas une supriorit4 ,la proccupation de l'e/htique extrieure et des beaux ge/es ne suffit pas non plus l'tablir4 ,t\s les vritables surhommes ont t des altrui/es1 mme les conqurants1 la conqute tant une sorte d'altruisme sui g5]is1 un ef=t1 p\r jo9dre1 aux t]res qu'on possde dj1 d'autres t]res1 de/9es enri*ir le patrimo9e national4 ,non que l'esprit de conqute t]ritoriale soit l\able en soi1 mais p>ce que l'homme qui conqui]t s'occupe directem5t de son pro*a91 quoique ce soit peut-tre inconsciemm5t4 ,il sacrifie des vies1 c'e/ vrai1 mais s'il remporte la victoire1 il augm5te le bi5-tre matriel et moral de ses sujets ou de ses concitoy5s4 ,il peut mme se faire l'illusion1 si les va9cus sont des peuples b>b>es ou arrirs1 qu'il leur apporte la civilisation4 ,l'homme de tal5t1 proccup exclusivem5t de sa gloire et de son plaisir p]sonnels1 ne doit pas tre considr comme un surhomme1 c> la subjectivit abaisse t\j\rs et limite la p5se4 ,le gnie vritable a une =ce d'expansion extraord9aire2 il va au-del de la p]sonnalit4 ,s'il s'y r5f]me1 il p\rra tre brillant1 incisif1 lgant1 il manqu]a de puissance et aura un fond de purilit que t\te la magie d'une imag9ation cratrice ou d'une plume loqu5te ne masqu]a pas longtemps4 ,sans p>l] des anci5s1 ,dante1 ,%akespe>e et ,g! ont t\j\rs eu l'humanit p\r objectif4 ,dante voyait ,dieu reflt dans l'humanit1 mais c'e/ elle qu'il plaignait et *tiait s\s ses =mes c\pables1 admirait et rvrait s\s ses =mes leves et pures4 ,les plus gr&s esprits se sont r>em5t *ants eux-mmes4 ,leur p]sonnalit n'e/ int]v5ue qu'indirectem5t et secondairem5t dans leur philosophie1 leurs drames ou leurs v]s4 ,que p5s]ait-on d'un pe9tre ou d'un sculpteur qui1 avec son p9ceau ou son ciseau1 reprs5t]ait p]ptuellem5t sa propre image ou des scnes de son exi/5ce p]sonnelle8 ,on le jug]ait vite1 quelle que ft sa valeur app>5te1 vaniteux et mesqu94 ,les gr&s pe9tres de la ,r5aissance1 s'ils ont p>fois reproduit dans leurs tableaux les traits de leur visage1 se sont t\j\rs1 avec int5tion1 confondus dans la f\le des p]sonnages secondaires4 ,le mme procd s'impose dans *aque manife/ation intellectuelle4 ,travaill] p\r soi et non en vue ou en faveur des autres1 c'e/ se frapp] de /rilit4 ,nul n'*appe cette loi 9luctable1 quel que puisse tre le sc9tillem5t des fausses gloires4 ,la ?orie de l'art p\r l'art1 telle qu'on la pratique auj\rd'hui1 e/ donc condamnable4 ,l'auteur de la frise du ,p>?non ne faisait c]tes pas de la sculpture ?ique1 mais t\te uvre s]e9e de beaut devi5t moralisatrice p> le fait mme de sa p]fection4 ,phidias a sa place m>que p>mi les surhommes1 bi5faiteurs de l'humanit1 c> il a t p\r les yeux de la ,grce un gr& faiseur de joies2 et1 aprs tant de sicles c\ls1 les dbris de son temple sont encore1 p\r les reg>ds1 une occasion de plaisir lev et r>e4 ,mais1 si l'on ne peut mrit] le nom de surhomme que p> cette expansion gniale qui se rp& sur les autres en bi5-tre1 en esprance1 en bonheur ou en gloire1 il n'e/ pas ncessaire d'tre un surhomme p\r dev5ir un faiseur de joies4 ,les plus humbles et les plus mode/es peuv5t y aspir]4 ,s\v5t les moy5s matriels manqu5t p\r des bi5faits considrables1 mais il y a telles petites att5tions du cur qui donn5t plus de plaisir aux mes que des dons somptueux4 ,un de mes amis de ,rome accompagnait un j\r un mdec9 de sa connaissance dans l'un des faub\rgs les plus misrables de la ville4 ,il vit t\t c\p1 dans l'alle qui prcde le qu>ti] populaire1 une femme en haillons sortir de d]rire un arbre o elle s'tait dissimule1 s'appro*] du docteur1 et lui t5dre un petit b\quet de violettes fra*es4 ,le mdec9 prit le b\quet1 s\rit en sil5ce et passa les fleurs dans sa b\tonnire avec le ge/e ma*9al dont on accomplit les actes quotidi5s1 mais sans mettre la ma9 sa po*e4 ,dj la malheureuse s'tait loigne4 ,mon ami1 tonn de ce manque de gnrosit1 v\lut c\rir aprs elle p\r lui donn] quelques s\s1 mais son compagnon l'arrta3 --,v\s l'(f5s]iez1 dit-il4 ,et comme l'autre insi/ait p\r avoir une explication de la petite scne1 le docteur raconta que1 durant une pidmie de diphtrie1 il avait eu le bonheur de sauv] un des enfants de la pauvre femme4 ,gr&e joie dans le misrable mnage6 ,mais on n'avait pas d'arg5t p\r pay] le mdec94 ,alors1 v\lant absolum5t lui pr\v] sa gratitude1 la mre reconnaissante se levait l'aube1 *aque j\r1 p\r c\rir la campagne la re*]*e des premires violettes4 ,puis elle guettait son passage et glissait le b\quet dans les ma9s qui avai5t sauv son fils4 ,la premire fois1 le mdec9 avait v\lu donn] quelque arg5t en *ange des fleurs1 mais le reg>d que lui lana la femme tait si rempli de repro*e1 qu'il laissa tomb] les pices de monnaie et ne recomm5a plus4 --,je n'os]ais pas1 murmura-t-il avec motion1 en tirant d'un ge/e c>essant les tiges des violettes1 af9 de mieux les assujettir sa b\tonnire4 ,mon ami dem&a3 --,ces fleurs v\s font donc rellem5t plaisir8 --,trs rellem5t1 rpondit le docteur1 c'e/ un petit rayon de soleil qui me r*auffe6 ,si l'on p5sait davantage au petit rayon de soleil dont on p\rrait clair] tant de vies t]nes1 la somme des joies crotrait en ce monde1 ce qui rtablirait l'quilibre1 c> jusqu'ici elle a t t]riblem5t infrieure celle des d\leurs4 99 99 99 99 99 ,mais1 p\r donn] du plaisir aux autres1 il faut que n\s n\s fassions un peu de joie dans nos mes4 ,or1 l'ducation de la joie e/ faire4 ,ent\rs de s\rces de j\issances1 n\s ne savons ni les dc\vrir1 ni n\s y abreuv]4 ,appr5dre disc]n] et gt] la beaut et la posie des *oses e/ une sci5ce qui exige des tudes4 ,*acun de n\s en a plus ou mo9s fait l'expri5ce3 tel aspect qui n\s laissait indiffr5t n\s devi5t *] t\t c\p1 p>ce que1 l'ayant mieux reg>d1 n\s en avons p]u le *>me4 ,l'am\r de la nature1 p> exemple1 n'e/ pas t\j\rs spontan4 ,il nat s\v5t de la lecture des potes qui l'ont *ante1 de l'obs]vation v\lue de ses m]veilles1 de la culture de c]ta9es t5dances de notre tre et de c]ta9es facults de notre intellig5ce4 ,p\r beauc\p de g5s la nature e/ belle1 mais muette et froide4 ,ils ne sont pas entrs avec elle en communion intime1 ils n'ent5d5t pas ses voix3 l'esprit des eaux1 celui des =ts et des montagnes ne leur p>le jamais4 ,ils voi5t la ralit de ses =mes1 mais le gr& secret des nuits toiles leur *appe4 ,les joies que donne la contemplation de l'univ]s leur sont inconnues1 et1 ne les connaissant pas1 ils ne peuv5t ni les enseign] aux autres1 ni les invit] y p>ticip]4 ,t\t ducateur ou ducatrice qui ne s5t pas la nature devrait tre c>t1 c> son enseignem5t e/ fatalem5t incomplet1 puisqu'il nglige d'enseign] gt] une p>tie des joies s]e9es et pures que l'homme peut sav\r]4 ,j'ai vu des p]sonnes bais] passionnm5t l'h]be v]te des prairies qu'elles revoyai5t aprs une longue abs5ce et pr\v] sur la haute montagne des s5sations d'ivresse et de puissante motion qui tai5t peut-tre les plus =tes que la vie leur et fait connatre4 ,combi5 d'hommes ne connaiss5t pas ce livre pr(ond1 ou se sont borns le feuillet] di/raitem5t1 absorbs qu'ils tai5t p> les m5us incid5ts de la vie j\rnalire6 ,on les voit trav]s] presque automatiquem5t les plus beaux sites1 calculant les kilomtres p>c\rus1 l'heure du d"p et celle de l'arrive2 mais leur me ne s5t pas la fra*eur dlicieuse des s\rces ca*es dans les =ts1 et ils ne prt5t pas l'oreille au v5t de la montagne qui leur apporte le salut des neiges t]nelles4 ,dvelopp] en soi et *ez les autres le gt pr(ond de la nature et la facult de saisir la beaut des *oses1 c'e/ tre un faiseur de joies4 ,il en e/ de mme p\r la posie et l'art4 ,lire les potes n'e/ ri51 il faut faire pntr] en soi leur p5se1 s'en imprgn] et l'avoir t\j\rs prs5te l'esprit1 p\r appliqu] leur faon de voir et de s5tir aux images qui pass5t s\s nos yeux4 ,mais d'ord9aire n\s ne saisissons pas ces analogies2 p>mi les lecteurs de ,virgile1 combi5 se s\vi5n5t des ,bucoliques1 devant les *amps d'or du bl mr6 ,t\s les ,itali5s connaiss5t le ,dante1 t\s l'appell5t le div9o poeta1 t\s en sont orgueilleux4 ,mais il n'e/ une s\rce de joies que p\r quelques-uns1 p\r les r>es intellig5ces qui ont t* d'id5tifi] leur p5se la si5ne1 et qui *]*ant s\s ses p>oles1 p>fois obscures1 le s5s ca* qu'elles r5f]m5t et1 oubliant leur scepticisme1 essay5t de se crer une me =te et pieuse1 capable de compr5dre les viol5ces magnifiques du pote1 et de le suivre dans les ab/ractions subtiles de la mtaphysique moy5-geuse4 ,les mmes considrations s'appliqu5t la musique et l'art1 ces autres =mes de la beaut1 mais1 p\r le dveloppem5t de ces deux passions1 des dons p>ticuli]s sont ncessaires1 surt\t p\r la musique qui dem&e1 p\r tre gte et comprise1 un s5s spcial4 ,ceux qui en sont dp\rvus1 mais auxquels le s5tim5t de l'h>monie gnrale des *oses donne l'intuition de ce qu'ils p]d5t1 compr5n5t qu'il ouvre ses privilgis possesseurs un monde n\veau1 le monde v>i et dlicieux du ry?me1 s\rce de j\issances subtiles et raff9es4 ,mais c'e/ l aussi une m9e qu'il faut creus]1 p\r en extraire la paillette d'or4 ,le gt du beau en ar*itecture1 en sculpture et en pe9ture1 quoique dem&ant aussi c]ta9es dispositions p>ticulires1 e/ plus la porte de t\s4 ,bi5 mieux que celui de la musique1 on peut le dvelopp] artificiellem5t4 ,il procure aussi d'int5ses plaisirs4 ,s'il e/ accompagn d'une l>ge culture arti/ique1 p]mettant d'tablir des rapports et des comp>aisons entre les poques1 les coles et les arti/es1 les satisfactions qu'il donne dpass5t le simple plaisir des yeux et de la s5sibilit p\r dev5ir aussi une j\issance de l'esprit4 ,la connaissance pr(onde des tapes successives p>c\rues p> l'art p]met1 en outre1 de saisir dans un monum5t1 une /atue1 un tableau1 des beauts que le reg>d ignorant ne p]oit pas et qui p>aiss5t d'autant plus prcieuses que leur dc\v]te e/ absolum5t p]sonnelle4 ,les ducateurs intellig5ts devrai5t donc se proccup] beauc\p plus qu'ils ne le font d'ord9aire--malgr ,rusk9 et t\s les aptres de l'e/htique--du dveloppem5t du gt du beau1 en tant que s\rce de joie4 ,il faudrait que les lves1 leur t\r1 ds qu'ils ont atte9t l'ge de raison1 les aid5t dans leur t*e p\r s'assur] des plaisirs t\j\rs r5\velables4 ,malheureusem5t1 l'esprit mod]ne e/ tellem5t t\rn v]s la matrialit des *oses qu'il nglige les satisfactions durables p\r s'assur] celles qui sont fugitives1 mdiocres et vulgaires4 ,c'e/ donc la re*]*e des joies vraies et la lutte contre les joies fausses qu'il faudrait convi] les vaillants et les s9cres4 ,on devrait leur p]suad] que de crer du bonheur en soi et aut\r de soi e/ le premi] des devoirs p\r l'homme qui compr5d le s5s pr(ond de la mission que ,dieu lui a confie4 ,plus cet homme app>ti5t l'lite et e/ dpositaire de =ces prcieuses1 plus il doit les rp&re aut\r de lui en dons gnreux4 ,nietzs*e trace une di/9ction entre la morale des matres et celle des esclaves1 et il a raison en un c]ta9 s5s4 ,le matre e/ =c d'avoir une morale bi5 plus haute que l'esclave1 t\te supriorit imposant l'obligation d'tre1 plus que les autres1 bon1 compatissant1 quitable4 ,si le devoir de *aque homme e/ d'tre un faiseur de joies dans la mesure de ses capacits1 p\r les privilgis de la vie ce devoir e/ imprescriptible4 ,qu& on se reconnat fils d'un pre commun1 la frat]nit s'impose2 qu& ce pre v\s a combl de dons1 y faire p>ticip] autrui devrait tre un imprieux beso9 du cur et de la consci5ce4 99 99 99 99 99 ,p\r dev5ir un faiseur de joies1 il faudrait d'abord s'int]dire absolum5t d'tre un faiseur de pe9es1 en vitant avec so9 t\tes les occasions de faire s\ffrir les autres inutilem5t4 ,mais1 dira-t-on1 l'homme n'agirait plus1 s'il avait la m5talit des ,h9d\s et craignait d'cras] un insecte en s'asseyant4 ,je l'ai dit dj#ag1 vit] des s\ffrances son semblable ne signifie po9t tomb] dans la mivr]ie et la purilit4 ,il y a des *agr9s indisp5sables1 ncessaires1 il y a des c\ps de f\et sauveurs1 il y a des svrits faites de ju/ice1 d'intellig5ce et de bont1 qui assur5t les vies heureuses1 comme il y a des indulg5ces p]nicieuses qui dtruis5t l'av5ir de ceux qui en sont l'objet4 #ag ,voir le *apitre3 ,faiseurs de pe9es4 ,mais les svrits1 p\r qu'elles soi5t salutaires1 devrai5t tre t\j\rs contrles p> le cur1 appr\ves p> la raison et n'avoir jamais p\r cause la mauvaise humeur1 l'irritation1 l'impati5ce444 ,une femme qui a j\ un rle important dans l'hi/oire du ,risorgim5to itali51 disait t\j\rs3 ,qu& on veut *ti] un enfant1 il faut all] *]*] une v]ge4 ,p5dant ce temps1 la colre se calme2 on peut raisonn]1 et si l'on punit qu& mme1 on e/ sr que le *tim5t e/ mrit4 ,je ne p>le pas des occasions o les rigueurs procd5t de la pure m*ancet1 bi5 que cela arrive1 l'homme tant1 comme le dit ,s*op5hau]1 le seul animal qui fasse s\ffrir autrui p\r le seul plaisir de faire s\ffrir2 je me borne indiqu] p> quelles impulsions c]ta9s c>actres pr\v5t le beso9 de t\rm5t] leur pro*a91 sans lui v\loir prcism5t du mal1 p> simple envie d'pan*] leur bile ou d'affirm] leur prpondrance4 ,procur] des joies1 dis5t c]ta9es p]sonnes1 n\s le v\drions bi51 mais comm5t faire8 ,n\s ne savons pas6 ,rfl*ir un in/ant p\r dc\vrir les plaisirs qu'elles p\rrai5t procur] effraye leur p>esse4 ,p5s]1 voil ce que p]sonne ne veut faire1 a dit je ne sais plus qui4 ,ces mots r5f]m5t l'explication de l'insuffisance et de la mdiocrit de la vie huma9e4 ,en effet1 p]sonne ne veut p5s]2 que de g5s1 mme intellig5ts1 viv5t sans jamais accomplir cette fonction1 c> rfl*ir reprs5te une opration bi5 plus pr(onde et complexe que celle de gr\p] dans notre c]veau les faits matriels et intellectuels ncessaires notre cons]vation et notre rle social4 ,si l'on v\lait rellem5t essay] d'amlior] et d'ad\cir la vie des autres1 la premire rsolution pr5dre s]ait de ne pas la leur empoisonn] p> l'usage de la lam5tation p]ptuelle4 ,que de bonnes et rellem5t honntes p]sonnes attri/5t l'exi/5ce de leur ent\rage p> cette dplorable habitude4 ,elles se plaign5t de t\t et de t\s1 leurs griefs sont innombrables#ah2 on les ent5d ge9dre cont9uellem5t4 ,s\v5t elles possd5t le bonheur1 mais n'en sont pas plus satisfaites2 le mo9dre nuage suffit leur voil] le soleil1 et *aque petit incid5t1 dont d'autres ne s'ap]cevrai5t mme pas1 assombrit leur humeur4 ,en famille et dans l'intimit1 elles n'ouvr5t la b\*e que p\r =mul] des pla9tes2 les ent5dre1 on dirait qu'elles sont seules dans l'univ]s s5tir le froid et le *aud1 les malaises1 les contr>its444 ,un norme gsme e/ videmm5t la base de cette faon d'accept] et de compr5dre la vie4 ,je connais des familles entires dont les j\rs se tran5t monotones et sans joies p>ce que le m>i ou la femme1 le pre ou la mre1 le frre ou la sur ont contract l'habitude du gmissem5t quotidi54 #ah ,voir le *apitre3 ,les griefs4 ,quelquefois cette disposition peu gayante a p\r rsultat la rvolte et1 p> consqu5t1 la dsagrgation de la famille4 ,les c>actres pati5ts et affectueux ne se rebell5t pas1 ils se c\rb5t s\s le f>deau pnible qu'on leur impose sans quit1 mais ils s'attri/5t1 p]d5t leur n]gie et le gt de vivre les ab&onne4 ,or1 je le dem&e3 e/-il ju/e qu'un seul tre pse a9si de t\t son poids sur l'exi/5ce des autres8 ,s'il a une consci5ce1 p\rquoi re/e-t-elle muette8 ,simplem5t p>ce qu'il n'a pas l'habitude de l'int]rog]4 ,p\r tre un faiseur de joies1 il faut donc1 en premi] lieu1 r5onc] la pla9te purile1 dev5ir un vaillant1 mpris] les petites contr>its et port] les vraies croix avec c\rage et le front s]e94 ,les gr&s matres de l'antique philosophie n\s ont enseign cette leon que le *ri/ianisme a =mule galem5t4 ,ceux qui ne l'ont ni apprise ni accepte ne p\rront jamais gravir les *elons qui conduis5t aux hauteurs s]e9es1 ni tre p\r autrui des di/ributeurs d'n]gie et de flicit4 ,si1 p\r tir] du bonheur de l'am\r1 il faut appr5dre respect] l'am\r1 il e/ t\t aussi ncessaire de respect] les bonheurs des autres et les ntres propres4 ,une fausse morale et une fausse religiosit ont fait longtemps consi/] la v]tu en une sorte de morosit au/re4 ,ri5 ne lui a fait plus de tort2 elle a a9si loign d'elle les curs4 ,cette fausse opposition entre la sagesse et la joie a eu une fune/e influ5ce sur plusieurs mes4 ,oui1 c]tes1 n\s devons s\ffrir1 et t\t essai de rvolte contre cette loi 9vitable et probablem5t salutaire s]ait aussi puril qu'inutile2 mais primitivem5t1 avant la my/rieuse tragdie qui a fait pes] sur t\s les fils d',adam une si r$\table condamnation1 n\s avions t crs p\r tre heureux1 et notre cur1 rempli d'un si inext+uible beso9 de bonheur1 s'en porte g>ant4 ,or1 ce beso9 que la nature a mis dans nos mes1 il faut le respect] comme l'indice de notre orig9e div9e2 c'e/ la seule *ose qui n\s ratta*e une exi/5ce meilleure et plus leve4 ,les joies1 mme insignifiantes1 doiv5t tre sacres1 et il faudrait vit] avec so9 de les assombrir ou de les dim9u]1 mo9s qu'elles ne soi5t absurdes1 sottes ou dang]euses4 ,mais la proccupation de ne pas t]nir le cont5tem5t d'autrui e/ inconnu la gnralit des tres1 et1 dans les familles1 il y a t\j\rs quelqu'un p\r se *>g] du rle de tr\ble fte1 soit en n'accordant qu' la d]nire heure une p]mission dem&e1 soit en m5aant de la retir]1 soit en l'accompagnant de tant de repro*es et de recomm&ations que le plaisir att5du e/ gt d'avance4 ,les g5s capricieux pratiqu5t frquemm5t une autre faon d'empoisonn] les j\issances de leurs semblables4 ,on comb9e une p>tie de ?tre1 une prom5ade1 une c\rse1 un voyage2 la d]nire m9ute1 un des membres de la famille ou du gr\pe dcl>e qu'il n'ira pas1 sans qu'aucune raison valable ju/ifie ce *angem5t d'int5tion4 ,il a simplem5t *ang d'ide1 et gte1 sans scrupule1 le plaisir des autres1 oubliant que lui-mme avait impos ses gts dans l'organisation du projet et que t\t avait t comb9 p\r le satisfaire4 ,*oses sans importance1 dira-t-on4 ,mais non1 une joie enleve aux pauvres cratures huma9es1 de/9es tant s\ffrir1 e/ une sorte de vol1 en t\s cas une cruaut inutile1 sans compt] que ces procds dsobligeants provoqu5t dans les curs un 9vitable s5tim5t d'irritation4 ,mais ne pas caus] de pe9es inutiles1 respect] scrupuleusem5t les quelques joies que la ,provid5ce accorde aux hommes1 ne suffit pas4 ,p\r accomplir le devoir de frat]nit que la foi en un pre commun impose aux uns1 et que c]ta9es doctr9es humanitaires impos5t aux autres1 une action plus directe e/ ncessaire3 il faut que n\s int]v5ions efficacem5t dans la vie du pro*a9 et appr5ions dev5ir p\r lui un faiseur de joies4 99 99 99 99 99 ,avez-v\s connu des faiseurs de joies8 ,p\r mon compte j'en ai r5contr quelques-uns1 et je crois f]mem5t que la cont9uation du g5re huma9 leur e/ due4 ,sans les s\rires qu'ils provoqu5t1 les *ants qu'ils font clore sur les lvres1 les rayonnem5ts qu'ils amn5t sur les visages1 le soleil1 depuis longtemps1 aurait cess de luire sur un monde cont9uellem5t maussade et tri/e1 la t]re se s]ait refroidie et le d]ni] homme aurait expir en grelottant4 ,eux seuls n\s ont sauvs et n\s sauv5t encore4 ,heureusem5t ils sont plus nombreux que les ju/es dont l't]nel exigeait l'exi/5ce dans ,sodome et ,gomorrhe1 p\r p>gn] ces deux villes iniques la pluie de feu qu'il leur rs]vait4 ,p>mi les faiseurs de joies1 il y en a d'in/9ctifs et de volontaires4 ,lorsque les deux =ces de l'in/9ct et de la volont se comb95t dans une mme p]sonne1 le rsultat e/ glorieux et bi5faisant4 ,ceux qui app>ti5n5t la premire catgorie sont les g5s les plus agrables et les plus sympa?iques du monde1 ils ex]c5t une attraction presque univ]selle1 on se gr\pe aut\r d'eux1 on se s5t mo9s malheureux en leur prs5ce1 ils r$onn5t l'espoir1 en t\s cas ils provoqu5t une s5sation de bi5-tre et de plaisir qui rcon=te le cur et le dlivre mom5tanm5t de ses f>deaux les plus l\rds4 ,mais les joies que procur5t les simples in/9ctifs ne sont pas t\j\rs bi5 *oisies2 ils satisfont p>fois des dsirs dang]eux1 des aspirations dont le rsultat f9al e/ s\v5t le tr\ble et l'angoisse4 ,p\r donn] le bonheur1 ils mett5t de ct les scrupules gnants4 ,aim] r5dre heureux reprs5te p>fois1 p\r ceux que ce dsir tre9t1 une t5tation suprme et r$\table4 ,ce po9t p>ticuli] p\rrait tre dvelopp l>gem5t1 mais ce s]ait entr] sur un t]ra9 qui n'e/ pas celui de ce livre4 ,je ne fais pas uniquem5t allusion1 ici1 aux faiblesses passionnelles que le dsir de voir nos semblables cont5ts n\s p\sse peut-tre considr] avec trop d'indulg5ce1 mais t\te la srie des concessions et des compromis qu'on e/ t5t de faire1 p\r assur] les joies de ceux qu'on aime4 ,les purs in/9ctifs sont donc cra9dre1 mme dans la catgorie bnie des faiseurs de joies4 ,cep5dant1 on ne peut s'emp*] de croire qu'il leur s]a beauc\p p>donn1 mme s'ils ont beauc\p err1 c>1 s\s leurs faiblesses et leurs fautes se ca*e un *aleureux lan de frat]nit1 un ard5t dsir d'essuy] les l>mes qui m\ill5t les visages huma9s et de ram5] le s\rire sur les lvres qui l'avai5t dsappris4 ,aprs les in/9ctifs1 vi5n5t les faiseurs de joies p> bonne volont4 ,ce ne sont pas les plus *>mants1 mais ce sont les plus admirables4 ,s\v5t1 ils ont lutt] contre leur propre nature1 qui e/ viol5te1 impati5te1 irritable1 et qu'il faut va9cre con/amm5t p\r l'am5] la d\ceur1 l'enj\em5t1 l'indulg5ce4 ,p>fois on s5t l'ef=t s\s leurs bonnes p>oles1 s\s leur s\rire enc\rageant1 s\s les s]vices qu'ils r5d5t4 ,mais ils ont1 plus que les in/9ctifs1 le s5s de la mesure1 l'art de di/+u] les fausses joies des vraies1 et ils ne tomb5t pas dans les complaisances dang]euses4 ,la troisime catgorie1 celle des tres privilgis qui1 tant crs p\r donn] le bonheur aux autres1 aj\t5t l'in/9ct la bonne volont raisonne1 con/itue ce que l'humanit (fre de plus p>fait et de meilleur4 ,qu& on les r5contre1 une lumire et une *aleur pntr5t les curs4 ,s\v5t1 ces faiseurs de joies se born5t frl] nos mes2 ils ne peuv5t ni *ang]1 ni dt]m9] notre de/9e1 mais ils n\s aid5t la support]4 ,un reg>d1 un s\rire1 une ma9 presse au mom5t opportun suffis5t p>fois relev] les c\rages4 ,la sympa?ie de la p5se e/ aussi une arme puissante1 elle enveloppe et r*auffe2 sil5cieuse1 on la s5t davantage1 c> les mots gt5t presque t\t4 ,lorsque ces *anges subtils ont lieu entre p]sonnes dont les vies sont unies p> les li5s de la famille1 de l'amiti1 de l'am\r1 leur influ5ce e/ plus considrable encore sur le bonheur1 c> alors les conditions mme de l'exi/5ce peuv5t tre trans=mes4 ,avoir prs de soi quelqu'un qui se proccupe de v\s donn] de la joie1 qui v\s accueille t\j\rs avec un s\rire heureux1 qui e/ prt sympa?is] vos ennuis et vos d\leurs1 se rj\ir de vos succs1 rveill] vos esprances1 dont les faons sont enj\es et les p5ses vaillantes1 c'e/ dj le bonheur4 ,que de fois1 au contraire1 on tremble en p5sant la manire dont s]a reue1 p> les si5s1 la n\velle d'un insuccs p]sonnel1 c> on sait qu'au lieu d'en allg] le poids1 ils le f]ont pes] plus l\rdem5t sur nos paules4 ,il e/ difficile de r5contr] *ez un seul tre1 l'ensemble de =ce1 de d\ceur et d'optimisme dont je vi5s de p>l]1 mais combi5 p\rrai5t1 du mo9s1 sur quelques po9ts1 rp&re un peu de joie aut\r d'eux1 r$onn] du c\rage ceux qui en manqu5t1 r5dre la foi en eux-mmes ceux qui l'ont p]due1 dire le mot qui relve les curs abattus et fait pass] sur eux une lueur1 mme passagre1 de cont5tem5t4 ,telle phrase logieuse et d\ce produit l'effet d'une rose bi5faisante4 ,je n'ent5ds po9t1 p> l1 prconis] le sy/me de la flatt]ie habile2 bas sur le m5songe1 il dprave les mes qui le pratiqu5t et celles sur lesquelles il s'ex]ce4 ,mais1 p\r dire des *oses agrables1 il n'e/ pas t\j\rs ncessaire de m5tir1 c> presque *aque crature huma9e a quelques qualits physiques1 morales ou intellectuelles qu'on peut relev] sans fausset2 il s'agit de savoir les dc\vrir1 et de jo9dre l'esprit d'obs]vation un peu de bi5veillance et de piti4 ,c'e/ l un sujet sur lequel je revi5drai#ai4 #ai ,voir le *apitre3 ,les consolatrices4 ,dans l'ordre matriel galem5t1 les faiseurs de joie ont un l>ge *amp sur lequel ils peuv5t s'ex]c]4 ,si l'on t5dait plus frquemm5t la ma9 au pro*a91 lui (frant l'aide frat]nelle qui peut remettre un homme flot1 sans qu'on ait faire d'autre sacrifice que ceux d'un ef=t p]svrant et d'une bonne volont inlassable1 il y aurait mo9s de l>mes en ce monde et mo9s de curs aigris o l'image de ,dieu s'e/ efface4 ,les petites att5tions sont galem5t des s\rces de joies auxquelles on ne p5se pas assez4 ,la trame de la vie e/ au fond faite de petites *oses1 et le *>me d'une p5se amicale ou gracieuse1 se rvlant dans les m5us faits de l'exi/5ce quotidi5ne1 s'ex]ce puissant et d\x4 ,les femmes mod]nes1 trop affaires1 ont dsappris cet art4 ,j'en connais cep5dant une d]nire reprs5tante4 ,e/-ce durant les rves ou les insomnies de la nuit que le dsir d'tre agrable aux autres se trans=me dans son c]veau en ides +nieuses8 ,mais *aque j\r elle inv5te p\r l'un ou l'autre de ses amis quelque att5tion aimable4 ,elle tudie leurs gts et s'ef=ce de les satisfaire matriellem5t et moralem5t4 ,elle connat leurs dboires secrets et s'essaye r$onn] l'esprance leurs curs4 ,ses p5ses nobles et t5dres1 ses faons f9es et c>essantes ont mis un co9 d'idal dans plus d'une vie qui en manquait4 ,m9ce et frle jusqu' l'invraisemblance1 avec des *eveux de neige1 nul ne songe dem&] son ge1 tellem5t on s5t qu'une t]nelle jeunesse vit dans son cur4 ,d'autres ont accompli peut-tre des actes hroques1 elle a donn des joies4 ,l'influ5ce d'une p>ole de bont tombant de c]ta9es lvres ne peut tre mesure4 ,je me s\vi5s d'un homme mode/e1 timide1 un peu s+uli] d'aspect et de manires qui1 *aque diman*e1 avait l'habitude de se r5dre dans une maison o le *ef de famille1--homme suprieur et de haute situation--lui disait bonsoir avec bi5veillance1 en s'in=mant de sa sant4 ,ces simples p>oles1 t\j\rs les mmes1 avai5t un tel prix p\r cet tre solitaire que1 lorsque celui qui les prononait fut mort1 le malheureux ne put support] de vivre dans la ville o il l'avait connu1 et1 quittant l'emploi qui le faisait vivre1 alla1 son t\r1 m\rir de *agr9 dans un co9 ignor4 ,on p\rrait multipli] ces exemples de l'influ5ce involontaire que les hommes possd5t les uns sur les autres4 ,j'en p>l]ai dans un pro*a9 *apitre2 en t\s cas1 il suffit de rfl*ir p\r se conva9cre que1 soit dans l'ordre matriel1 soit dans l'ordre moral1 on nglige trop s\v5t les occasions de r5dre les g5s heureux4 ,lorsque l'criture dit qu'il e/ plus facile un *ameau de pass] p> le tr\ d'une aiguille qu' un ri*e d'entr] dans le royaume des cieux1 ces p>oles sembl5t inju/es1 exagres et dures4 ,la ri*esse s]ait-elle donc une maldiction8 ,elle reprs5te1 au contraire1 un imm5se privilge1 puisqu'elle (fre l'occasion de donn] tant de joies aux autres4 ,ne pas les donn]1 voil le crime4 ,elle p]met1 non seulem5t de faire l'aumne1 de vtir le nu et de sec\rir l'affam1 mais d'embellir et de facilit] la vie de ceux p\r lesquels les mo9dres d\ceurs de l'exi/5ce ne s'obti5n5t qu'au prix d'un ef=t s\v5t rude et pnible4 ,il n'e/ pas du re/e beso9 d'tre ri*e p\r essay] de dvelopp]1 en soi et *ez les autres1 les lm5ts de la joie4 ,l'une de ses s\rces les plus pr(ondes e/ un s5tim5t que notre poque nglige1 dans sa hte de vivre1 et qui r5f]me p\rtant des puissances bi5 gr&es de plaisir et de consolation4 ,je veux p>l] de l'amiti4 ,,*apitre ,x ,l',,amiti ,sans v]tu1 l'amiti ne peut exi/]1 et1 sauf la v]tu1 ri5 n'e/ suprieur l'amiti4 ,,cic,,ron4 ,le plus beau prs5t qui ait t fait aux hommes aprs la sagesse1 c'e/ l'amiti4 ,,la ,,ro*ef\cauld4 ,jamais on n'a autant abus du mot et jamais1 peut-tre1 on n'a t aussi lo9 de la *ose6 ,ent5dez p>l] les hommes et les femmes d'auj\rd'hui1 ils se s]v5t du mot amiti avec une facilit extrme4 ,t\s ceux qui ont1 avec eux1 des relations monda9es frqu5tes ou des rapports d'affaires1 sont dsigns s\s ce nom4 ,l'habitude e/ si gnralise que1 t\t en reconnaissant son absurdit1 *acun p>ticipe l'abus de cette appellation4 ,or1 elle devrait tre rs]ve au nombre re/re9t des tres auxquels n\s li5t ces aff9its secrtes qui1 t\t en n'tant pas l'am\r1 ex]c5t sur la vie intrieure une si dcisive influ5ce4 ,le cam>ade1 le compagnon1 le confrre1 le collgue sont dev5us des amis1 ju/em5t peut-tre p>ce que l'ami vrai comm5ce manqu] un peu p>t\t4 ,le snobisme a eu une l>ge "p dans cette application exagre du mot amiti1 c> il e/ agrable beauc\p de g5s de dsign] s\s le nom d'amis1 de simples connaissances dont la situation flatte leur vanit4 ,ils laiss5t tomb] ngligemm5t dans le c\rs d'une conv]sation3 ,m4 ,x41 mon ami6 ,mme ,z41 une bonne amie moi4 ,et si les ,x4 et les ,z4 les ent5dai5t1 ils s]ai5t =t surpris1 sans d\te1 d'app>t5ir l'intimit de g5s qu'ils connaiss5t s\v5t trs peu4 ,mais1 la plup>t du temps1 ils n'en sont pas av]tis1 et l'effet e/ produit4 ,il en a du re/e t de mme t\tes les poques3 la clbrit et la puissance ont ex]c1 trav]s les sicles1 un attrait s+uli] sur les mes4 ,on met dans la b\*e du pape ,pie ,,ii 7,enea ,piccolom9i7 le quatra9 suivant3 ,qu&o mi *iamavo ,enea ,nessun mi conoscea2 ,ora *e sono ,pio1 ,tutti mi voglion zio6 ,ri5 de n\veau s\s le soleil1 disait l',ecclsia/e1 fils de ,salomon4 ,c'e/ vrai1 mais il y a1 suivant les priodes1 des t5dances qui s'acc5tu5t ou dim9u5t1 des faons diffr5tes de concevoir la vie et de s5tir les *oses4 ,la ntre e/ celle de la vulg>isation gnrale2 t\s les p5seurs mod]nes l'ont con/at4 ,dans l'indu/rie1 mme arti/ique1 les productions belles et r>es sont immdiatem5t imites de faon laide et ord9aire4 ,le dess9 d'une t(fe qu>ante francs le mtre s]t galem5t p\r les t(fes v+t s\s4 ,les tableaux eux-mmes ne sont pas respects3 l'olographie a russi r5dre odieux ceux qu'elle reproduit4 ,les botes musique et le phonographe r5d5t le mme s]vice la musique et au *ant4 ,heureusem5t la cration *appe cet abt>dissem5t gnral de t\tes *oses2 si elle tait livre aux ma9s de l'homme1 qu'en f]ait-il8 ,p>t\t o il peut la dfigur] ou la s\ill]1 il n'y manque pas1 comme si le disgracieux et le mdiocre tai5t son idal4 ,au po9t de vue utilitaire1 il en tire ce qu'il peut1 et n\s devons ses ef=ts en ce s5s les commodits de la vie mod]ne4 ,mais quant au beau1 au noble1 au gr&1 il n'en a s\ci4 ,ce beau1 ce noble1 ce gr&1 s'il le r5contre sur sa r\te1 il s'empresse de le rduire en fractions1 p\r que son emploi se gnralise4 ,a la base de cette vulg>isation et de ce morcellem5t1 on tr\ve l'utopie galitaire#bj4 #bj ,voir le *apitre3 galit4 ,ce qui se passe dans le monde matriel se reflte dans l'ordre des s5tim5ts4 ,le nombre des connaissances banales que *acun possde s'e/ l>gi de faon prodigieuse p> l'extriorisation de l'exi/5ce et p> les voyages4 ,si l'on p\vait tablir un travail de /ati/ique sur le nombre des relations qu'un homme possdait il y a c5t et mme c9quante ans et celles qu'il a auj\rd'hui1 la diffr5ce s]ait norme4 ,et *acun t5d encore l>gir son c]cle3 les ambitieux avec disc]nem5t1 les imbciles l'aveuglette1 sans que la sympa?ie ou l'intrt les guide4 ,j'ent5dais une femme dire avec orgueil3 ,j'ai deux mille visites faire dans l'hiv]4 ,et elle en tirait vanit devant ses amies plus mode/es qui n'avai5t qu'un milli] de noms inscrits sur leur c>net4 ,peut-on ri5 voir de plus sot au monde que cette soif d'augm5t] sans cesse les c\ps de *apeau qu'on donne8 ,que de le/ inutile1 dans ces int]m9ables li/es qui ne laiss5t plus place une heure d'intimit intellig5te ou affectueuse6 ,a =ce de pass] p]ptuellem5t de salon en salon1 c]ta9es p]sonnes ont une conv]sation aussi plate qu'une pi]re qui aurait trop r\l4 ,pas de saillie1 pas d'angle1 pas de =me mme6 ,des g5s p>eils n'ont que faire de l'amiti2 ils se cont5t5t de cam>ades indiffr5ts et sans cesse r5\velables4 ,aux monda9s outrance--ces =ats du plaisir--il faut des compagnons de *ane avec lesquels ils puiss5t dans] p>t\t la gr&e f>&ole int]nationale4 ,t\t ce qui dem&e un peu de rflexion1 de pati5ce et de so9s leur p>at ennuyeux1 agaant444 ,avoir s'occup] d'un ami1 r5tre dans la catgorie des corves4 ,dans la plup>t des rapports sociaux1 il suffit amplem5t d'*ang] quelques bav>dages1 ou de se livr] ensemble des sports de g5res div]s2 t\te liaison plus intime1 en dehors des relations passionnelles1 semble beauc\p de g5s de l'exagration s5tim5tale1 pe9e p>donnable *ez des p5sionnaires qui1 en att5dant le m>iage1 dv]s5t le trop ple9 de leur cur sur quelques compagnes d'tudes1 ou *ez des lycens ignorants de la vie qui ont pris ,cicron au srieux4 ,plus t>d1 dev5us des hommes et des femmes1 ceux-ci appr5dront ne donn] du poids qu' leurs plaisirs et leurs intrts1 et riront de leur navet d'antan4 ,ce dda9 de l'amiti se retr\ve *ez de trs honntes p]sonnes qui ont l'esprit pratique4 ,elles admett5t qu'il e/ utile d'avoir des relations4 ,quant aux s5tim5ts d'affection p\r des p]sonnes auxquelles ne les lie aucun intrt commun1 c'e/ vraim5t du sup]flu leurs yeux4 ,p\r occup] leur cur1 leurs enfants et leurs m>is1 sans compt] les autres membres de la famille1 suffis5t amplem5t4 ,p\r se di/raire1 un c]cle nombreux de connaissances e/ plus utile et plus v>i4 ,t\t le monde ne s'exprime pas avec la mme s9crit un peu brutale1 mais cette faon de p5s] e/ commune beauc\p de g5s4 ,c'e/ s\v5t gsme et mdiocrit2 c'e/ aussi1 *ez c]ta9es natures gnreuses1 beso9 de se rp&re1 d'tre t\t t\s1 comme le recomm&e sa9t ,paul1 et peur de se conc5tr] dans les s5tim5ts exclusifs4 ,il me semble que la conciliation e/ possible1 qu'il y a place dans la vie p\r quelques amitis intimes et pr(ondes1 sans que la sympa?ie env]s les d%rits qui ont beso9 de n\s en soit dim9ue4 ,ceux qui ne compr5n5t pas l'amiti1 ne la ress5t5t pas1 ne l'inspir5t pas1 sont des pauvres dans l'ordre moral4 ,ils p\rront obt5ir t\tes les satisfactions de l'am\r-propre1 t\tes les joies de l'am\r2 quelque *ose manqu]a leur ri*esse1 puisque le seul s5tim5t ds9tress que l'homme puisse ress5tir e/ trang] leur cur et qu'ils ignor5t les joies r>es dont il e/ la s\rce4 99 99 99 99 99 ,l'antiquit a compris et pratiqu l'amiti mieux que ne l'a fait le *ri/ianisme2 depuis l'avnem5t de celui-ci c'e/ l'am\r qui a pris sa place4 ,la femme ayant t releve moralem5t p> l'vangile1 l'homme a pu s5tir p\r elle une affection leve et en faire la confid5te de ses p5ses4 ,en ,grce1 o elle n'tait considre que comme un in/rum5t de volupt1 t\tes les =ces du cur des hros et des philosophes tai5t ncessairem5t t\rnes v]s l'amiti4 ,la lg5de grecque1 en effet1 n'e/ qu'un hymne ce s5tim5t1 auquel on dressait des autels ,a?nes et ,rome4 ,les ,grecs reprs5tai5t l'amiti s\s la figure d'une jeune fille1 la tte nue1 une ma9 pose sur son cur1 l'autre appuye sur un ormeau frapp p> la f\dre1 aut\r duquel s'enlaait une vigne *>ge de grappes4 ,sa robe tait soigneusem5t agrafe et son attitude *a/e4 ,la conception des ,roma9s tait plus complique et plus mod]ne4 ,la gorge moiti nue1 la tte c\ronne de myr! et de fleurs de gr5adi]s1 la jeune fille t5ait dans sa ma9 deux curs en*ans1 et la frange de sa tunique portait ces mots3 la mort et la vie4 ,sur son front on lisait3 hiv] et t1 et1 de la ma9 droite1 elle montrait son ct gau*e1 ouv]t jusqu'au cur1 sur lequel tait crit3 ,de prs et de lo94 ,t\t le monde connat les gr&s exemples d'amiti f\rnis p> l'antiquit2 il e/ inutile de les numr] ici1 tellem5t ils sont passs dans le langage c\rant4 ,le trait de ,cicron donne la mesure de ce que les anci5s ent5dai5t p> cette affection sacre1 qui dem&e des mes =tes1 calmes et surt\t indp5dantes4 ,les snobs et les neura/hniques d'auj\rd'hui sont videmm5t incapables de la ress5tir4 ,ce s5tim5t1 que ,py?agore a appel l'galit de l'h>monie1 n'a plus d'autels1 tellem5t nos contempora9s ont peur1 en se donnant1 d'tre dupes l'un de l'autre4 ,au ,x,v,ie sicle1 il tait plus en honneur1 et ,montaigne disait1 en p>lant de ,la ,botie1 ces p>oles t\*antes3 ,si l'on me presse d'expliqu] p\rquoi je l'aimais1 je s5s que cela ne peut s'exprim] qu'en rpondant3 p>ce que c'tait lui1 p>ce que c'tait moi6 ,voltaire lui-mme appelait l'amiti un m>iage de l'me entre deux hommes v]tueux4 ,un gr& b p\rsuivi1 des sacrifices accomplis en commun sont un t]ra9 favorable l'closion de ce s5tim5t3 a9si les m>tyrs du ,risorgim5to itali51 p\rsuivis1 p]scuts1 n'*appant la prison et la mort que p> l'exil1 connur5t les =tes amitis4 ,il y eut celle de ,g! et d',eck]mann1 et1 de nos j\rs1 la publication de la correspondance de ,r5an avec ,b]!lot1 de ,gambetta avec ,spull]1 pr\ve que la seconde moiti du ,x,i,xe sicle en a encore produit quelques-unes4 ,ce s5tim5t quivaut des lettres de noblesse intellectuelle et morale1 c> un bon cur ne suffit pas1 il faut y jo9dre la supriorit de l'esprit4 ,mais1 sans l'aide de la s5sibilit1 les rapports re/5t arides et durs et se bris5t au premi] *oc1 comme du bois trop sec4 ,qu& je r5contre deux p]sonnes pr\vant rciproquem5t l'une de ces amitis qui ont su brav] le temps et l'abs5ce1 et *ez lesquelles le beso9 de la confiance et des communications intimes de l'esprit e/ demeur vivant et imprieux1 je m'incl9e1 compr5ant que je me tr\ve en prs5ce d'tres auxquels les dieux ont accord des privilges r>es4 99 99 99 99 99 ,sa9te-,beuve a dit que les amitis huma9es tai5t bi5 petites1 si ,dieu ne s'y mlait4 ,en effet1 sans la croyance au div9 s\s une =me quelconque1 il e/ difficile qu'elles naiss5t et subsi/5t4 ,l'am\r ard5t de la patrie1 l'atta*em5t une ide gnreuse1 le culte de la v]tu tel que le compr5ai5t les anci5s1 peuv5t remplac] la foi en ,dieu comme li5 entre deux mes2 mais1 ces =mes de l'idal1 que sont-elles1 s9on une religion sans dogmes d]rire laquelle ,dieu se ca*e8 ,la premire condition p\r connatre les amitis =tes e/ donc la foi dans le div9 et le respect de l'me huma9e4 ,les curs bas et mdiocres ne peuv5t ress5tir ces affections srieuses et ds9tresses1 c> comm5t cons5tirai5t-ils aim] *ez autrui les vulg>its qui rempliss5t leur propre me8 ,les natures suprieures sav5t disc]n] les lacunes et les ombres des c>actres1 sans p]dre p\r cela leur foi dans la nature huma9e1 et1 s\s les c5dres1 ils *]*5t l't9celle qui brle encore4 ,mais les g5s mdiocres ne di/+u5t pas4 ,ce qu'il peut y avoir de noble et de gnreux dans les autres curs leur *appe1 et si un clair le leur montre1 vite ils se c\vr5t les yeux1 c> cette vue prolonge leur donn]ait la p]ception dsagrable de leur infriorit4 ,p\r aspir]1 non au simulacre de l'amiti1 mais sa ralit leve et pr(onde1 une c]ta9e di/9ction m5tale et morale e/ donc indisp5sable4 ,cep5dant1 beauc\p de p]sonnes intellig5tes et honorables sont incapables de la ress5tir4 ,les unes p> scepticisme ou pauvret de nature2 d'autres p> gsme2 plusieurs p> cette timidit qui scelle les lvres et r5d impossible t\te expansion4 ,hamilton a crit3 ,j'ai r5onc l'amiti de deux hommes2 l'un p>ce qu'il ne m'a jamais p>l de lui2 l'autre p>ce qu'il ne m'a jamais p>l de moi4 ,deux mauvais symptmes1 en effet6 ,lorsqu'un seul des amis s'pan*e1 l'amiti e/ trop unilatrale et porte en elle-mme un g]me de de/ruction4 ,d'o vi5t ce sil5ce d'une des deux p>ties8 ,d'un manque de confiance ou de ce qu'elle d\te de l'intrt de l'autre p\r ce qui la conc]ne8 ,une rs]ve absolue e/ l'indice d'une lacune dans l'amiti qui1 l'inv]se de l'am\r1 a beso91 p\r subsi/]1 d'un c]ta9 quilibre4 ,l'av>ice morale#ba1 qui prside si s\v5t aux rapports des hommes entre eux1 a contribu1 elle aussi1 t\ff] dans les curs les lans de l'amiti4 ,le snobisme a fait le re/e et1 p\r ne pas ray] le mot du dictionnaire1 on s'e/ dcid donn] le nom d'amis t\s ceux dont la situation ou les relations p\vai5t s]vir nos intrts4 ,y a-t-il ri5 de mo9s vanglique au monde que cette faon d'envisag] les rapports des hommes entre eux8 ,les paens n\s donn5t1 cet g>d1 des leons de noblesse qui devrai5t faire r\gir la socit *rti5ne4 ,s'employ] relev] le pre/ige de l'amiti et appr5dre la jeunesse en cultiv] le dsir jusqu'au j\r o elle p\rra les satisfaire p> une r5contre semblable celle que ,montaigne fit de ,la ,botie1 c'e/ tre un faiseur de joies4 #ba ,voir dans ,ames dormantes1 le *apitre3 ,l',av>ice morale4 99 99 99 99 99 ,l'amiti se divise en plusieurs catgories4 ,on peut di/+u] les amis qui n\s aim5t p>ce qu'ils ont aim nos p>5ts1 et auxquels n\s v\ons un respectueux atta*em5t2 les tres jeunes p\r qui n\s ress5tons une affection protectrice1 et enf9 les amis p]sonnels1 avec lesquels les rapports sont tablis sur un pi$ d'galit4 ,p>mi ces amis1 il faut di/+u] entre ceux que les circon/ances n\s ont imposs et ceux que n\s avons dlibrm5t *oisis4 ,les premi]s sont les compagnons d'tudes et de jeux2 ils ont une place "p dans notre cur1 n\s accompagn5t de l'enfance la mort et j\5t dans notre vie un rle important4 ,mais il e/ assez r>e de p\voir n\] avec eux ces li5s troits1 intellectuels et moraux1 qui con/itu5t les amitis clbres4 ,ces r5contres-l ont lieu plus t>d1 lorsque dj l'esprit e/ en voie de =mation et que1 de l'enfance1 on passe la jeunesse4 ,a ,rome1 prs de la porte ,sa9t-,paul1 non lo9 du monum5t de ,cau ,se/ius1 se tr\ve le cimetire prote/ant du ,te/accio1 le plus potique sj\r des morts o l'on puisse rv] de dormir son d]ni] sommeil4 ,les lauri]s-roses s'enr\l5t aut\r des cyprs et ml5t leurs fleurs clatantes au feuillage sombre et la silh\ette rigide de ces g>di5s des spulcres4 ,dans la p>tie la plus leve de ce funbre j>d91 une longue pi]re tombale1 aut\r de laquelle croiss5t des iris bleus1 rec\vre les c5dres de ,%elley4 ,t\t ct1 une seconde plaque de m>bre s't5d4 ,un autre mort e/ v5u dormir auprs du gr& lyrique anglais4 ,son ami1 ,trelawney1 aprs lui avoir survcu plus de soixante ans1 a v\lu que son cadavre ft transport ,rome p\r repos] prs de celui du pote qu'il accompagnait et ne put sauv] dans le tragique naufrage o prit l'une des gloires de l',anglet]re4 ,ri51 dans son me fidle1 n'avait russi effac] le s\v5ir de son ami de jeunesse3 ni la longue vie vcue1 ni les n\velles affections1 ni l'loignem5t du pays o il avait brl1 sur le rivage de la ,mdit]rane1 en prs5ce de "l ,byron1 selon les rites funraires antiques1 le corps de l'auteur de ,prom?e dlivr4 ,devant ces deux pi]res tombales1 on demeure p5sif1 en mesurant la diffr5ce qui sp>e ces mes pr(ondes1 sur lesquelles le temps n'a pas de prise1 des mes anmies d'auj\rd'hui1 p\r lesquelles le mot3 hi]1 n'a plus de signification4 ,a l'impression d'infriorit se mle un peu d'envie1 c> l'homme n'e/ heureux et ne vaut1 au fond1 que p> ce qu'il s5t4 ,t\t le re/e n'a qu'une valeur relative1 sauf qu& ce re/e s]t alim5t] et ennoblir la =ce du s5tim5t4 ,l'ducation mod]ne a eu raison de dcl>] la gu]re la fausse s5tim5talit2 mais enlev] l'homme un seul des s5tim5ts vrais qui consol5t la vie1 e/ un crime abom9able4 ,les dim9u] en quoi que ce soit e/ dj une prilleuse erreur4 ,l'amiti1 outre son rle direct1 doit tre la base de t\s les autres s5tim5ts2 elle leur donne une d\ceur et un *>me spcial4 ,lorsqu'elle se jo9t aux li5s de p>5t1 elle les =tifie et les lve2 une fille qui e/ l'amie de sa mre ou de son pre1 acqui]t une importance plus considrable dans leurs curs4 ,l'amiti entre frres et surs1 *ose assez r>e1 e/ un sec\rs puissant dans la vie4 ,on peut beauc\p s'aim]1 en famille1 et ne pas tre l'ami l'un de l'autre1 l'amiti impliquant entre deux tres une communion intime1 naissant de conditions spciales de m5talit1 de s5sibilit et de c>actre1 qu'il e/ impossible d'improvis] volont4 ,dans l'am\r mme1 l'amiti reprs5te un lm5t prcieux2 elle e/ la pi]re angulaire des unions durables1 dans le m>iage et hors du m>iage4 ,sans elle1 aucun atta*em5t ne peut se prolong]1 c> elle e/ aux affections ce que l'oxygne e/ l'air que nos p\mons respir5t4 ,dans la famille et dans l'am\r1 son influ5ce e/ indirecte qu& elle exi/e4 ,au contraire1 dans les liaisons de *oix1 c'e/ directem5t qu'elle influ5ce l'individu et lui procure des joies4 ,le ds9tressem5t e/ sa =ce pr9cipale3 ,les amitis qui p>aiss5t les plus =tes ne sont que des intrts conc]ts4 ,cette b\tade de ,sa9t-vremond e/ absolum5t fausse1 ou plutt son auteur dcore du nom d'amiti des habitudes utilitaires qui en sont la ngation4 ,a =ce de creus] le cur de l'homme1 on peut arriv] tr\v] dans t\tes ses affections in/9ctives la t>e de l'gsme3 la mre qui donne sa vie p\r ses enfants le fait p\r *app] une pire d\leur1 celle de les p]dre6 ,l'homme1 m>i ou amant1 qui se jette l'eau p\r sauv] la femme qu'il aime1 accomplit cet acte de c\rage p>ce qu'il s5t que1 priv d'elle1 l'exi/5ce lui s]ait insupportable6 ,t\s deux1 en effet1 n'agiss5t peut-tre pas d'une faon compltem5t ds9tresse1 mais dans l'amiti1 au contraire1 mo9s qu'on ne soit associs ou complices1 les sacrifices qu'on accomplit les uns p\r les autres n'ont presque jamais l'intrt p]sonnel p\r base4 ,dispos] les curs l'amiti1 c'e/ donc les lev] jusqu' la plus noble des manife/ations s5tim5tales et leur assur] des joies qui dfi5t les annes et la vieillesse4 ,on rpondra qu'veill] *ez les individus le dsir des amitis pr(ondes1 c'e/ leur prp>] de n\velles occasions d'tre du1 les incit] donn] une p>tie de leur me des tres p\r qui l'amiti ne reprs5te qu'une intimit plus ou mo9s opportune et passagre4 ,or1 ces dceptions leur caus]ont des *agr9s qu'ils p\rrai5t vit] en se cont5tant des banales et fugitives cam>ad]ies la mode auj\rd'hui4 ,c'e/ l1 en effet1 un risque c\rir4 ,mais il faudrait tre bi5 mal*anceux ou in9tellig5t p\r tomb] mal con/amm5t et ne jamais savoir disc]n] la valeur de ceux qu'on *oisit p\r amis4 ,dans le nombre1 il y aura bi5 quelques curs pr(onds et aimants4 ,sans croire que les amitis puiss5t se multipli] indf9im5t 7p\r tre prcieuses1 elles doiv5t tre r>es71 elles n'exig5t cep5dant pas l'exclusivisme absolu de l'am\r4 ,il e/ possible d'en avoir plusieurs sans qu'elles se fass5t tort rciproquem5t4 ,les nuances de l'amiti sont inf9ies4 ,on aime telle p]sonne p\r c]ta9es qualits qu'elle possde ou c]ta9es aff9its qui la li5t notre moi intime2 on *rit telle autre p\r des raisons diffr5tes4 ,ceux qui naiss5t1 viv5t et meur5t dans le mme milieu ont un nombre plus re/re9t d'amis1 p>ce que l'occasion d'en =m] d'autres leur manque2 qu'tant ent\rs d'anci5nes intimits1 ils n'en s5t5t pas le beso94 ,p> contre1 les g5s qui *ang5t frquemm5t de rsid5ce contract5t =cm5t des liaisons n\velles4 ,l'homme ne peut vivre solitaire p5dant des annes1 se cont5tant de communications crites1 et l o il se tr\ve1 il a beso9 de n\] des rapports plus troits que ceux des relations banales4 ,une des premires conditions1 p\r que l'amiti donne t\tes ses joies1 e/ le respect1 aussi indisp5sable que dans l'am\r4 ,il faut respect] l'amiti1 d'abord1 et l'ami ensuite4 ,qu& n\s p>lons de lui1 il devrait t\j\rs p\voir n\s ent5dre4 ,on peut re/] am\reux sans confiance1 t&is que l'amiti meurt d'un s\pon4 ,son mrite e/ ju/em5t de =c] l'homme la noblesse des s5tim5ts et des procds4 ,dans t\tes les affections huma9es1 il y a une p]sonne qui embrasse et une autre qui t5d la j\e4 ,la plus heureuse e/ t\j\rs celle qui donne davantage1 bi5 que cela puisse tre conte/ en am\r1 cause de la fi]t blesse4 ,p\r l'amiti1 il n'y a pas de d\te2 la p]sonne qui la ress5t le plus =tem5t connat les meilleures joies2 tre aim e/ trs d\x1 aim] soi-mme e/ autrem5t passionnant et sav\reux4 ,la vanit n'entrant pas en jeu dans l'amiti et la rciprocit y tant t\j\rs assure de quelque faon1 aucune am]tume n'att5d le cur royal qui aime le mieux4 ,il n'a que des plaisirs en p]spective4 99 99 99 99 99 ,les femmes vont plus lo9 en am\r que les hommes1 mais les hommes l'emport5t sur elles en amiti4 ,la ,bruyre n'e/ plus de mode1 mais c]ta9es de ses rflexions sont t\j\rs vraies et ju/es4 ,en effet1 les femmes1 quoique abusant1 elles aussi1 de ce mot dans leurs relations c\rantes1 connaiss5t et pratiqu5t r>em5t la vritable amiti4 ,aucun gr& exemple d'amiti entre femmes n'e/ cit dans l'hi/oire4 ,il y a eu quelques atta*em5ts fm99s clbres1 mais t\j\rs de bas en haut3 une esclave p\r sa matresse1 une suivante1 une dame d'honneur p\r sa s\v]a9e4 ,mais ce n'tai5t pas des relations d'gale gale1 et auj\rd'hui p>eils s5tim5ts clorai5t difficilem5t dans les curs4 ,plus on desc5d v]s le ,midi1 mo9s l'amiti entre femmes e/ comprise4 ,dans les pays du ,nord1 elle l'e/ davantage3 on voit les femmes y re*]*] la compagnie les unes des autres1 probablem5t p>ce que leur degr de culture e/ plus avanc4 ,les amies clibataires ou veuves uniss5t p>fois leurs solitudes2 elles s'aid5t l'envi et se consol5t rciproquem5t4 ,en ,france et en ,italie1 le cas ne se produit jamais ou du mo9s =t r>em5t4 ,plutt que d'all] vivre avec une amie que l'on aime1 on prfre l'asile d'un c\v5t ou l'hospitalit d'une p>5te quelconque1 laquelle aucune affection ne v\s lie4 ,e/-ce manque d'indp5dance morale1 rsultat d'une m5talit encore anmie1 ou indice d'indiffr5ce p\r t\t ce qui n'e/ pas l'am\r8 ,les femmes1 en ne re*]*ant pas l'amiti les unes des autres1 au mo9s au s5s l>ge du mot1 c> les amitis banales abond5t1 se priv5t d'un puissant s\ti5 moral4 ,savoir qu'il y a dans le va/e monde quelques mes fidles qui pr5n5t "p vos pe9es1 se rj\iss5t de vos satisfactions1 s'indign5t des torts qui v\s sont faits1 donne le c\rage de vivre4 ,dans une visite1 au milieu d'une fte1 t\t e/ trans=m1 ennui ou plaisir1 p> la prs5ce d'une amie vritable4 ,on ne s5t plus le froid de l'indiffr5ce ou de l'ho/ilit2 les manife/ations de la jal\sie et du dnigrem5t pass5t inap]ues4 ,un reg>d1 un s\rire *angs v\s dis5t qu'on compr5d1 qu'on sympa?ise1 qu'il y a h>monie6 ,et t\t cela dans le calme1 dans la scurit1 sans l'agitation et le tremblem5t intrieur que donne l'am\r4 ,les mes qui ont connu ces joies pures et pr(ondes ne peuv5t compr5dre qu'on n'y aspire pas1 et elles v\drai5t faire entr] le dsir de les connatre dans l'ducation morale1 non seulem5t des hommes1 mais des femmes4 ,j'ai t p>ticulirem5t heureuse en amiti1 mais j'essaye d'tre objective en p>lant et de ne pas all] du p>ticuli] au gnral4 ,je reconnais que les amitis entre femmes sont r>es1 trs r>es2 mais elles exi/5t p\rtant4 ,si j'ai eu le bonheur de r5contr] quelques amies p>faites1 p\rquoi d'autres n'aurai5t-elles pas la mme *ance8 ,je ne possde pas la spcialit d'appel] moi les curs capables de la ress5tir4 ,il y en a p>t\t4 ,si j'ai t favorise1 c'e/ peut-tre p>ce que j'ai t\j\rs cru l'amiti et lui ai r5du un culte dans ma p5se4 ,j'ai connu p> elle#bb ces mom5ts d'ent5te p>faite dans l'indp5dance absolue qui donn5t l'tre huma9 l'avant-gt1 hlas6 fugitif1 de ce que s]a la frat]nit dans les exi/5ces suprieures auxquelles sont appels ceux qui y croi5t4 #bb ,je dem&e p>don aux lecteurs de p>l] de moi1 mais j'ai v\lu saisir cette occasion de dire mes amis ce que je dois leur amiti4 ,lorsqu'il exi/e rellem5t1 entre deux femmes1 l'une de ces affections pr(ondes dont l'influ5ce calmante s'ex]ce mme de lo9 et enveloppe d'une t5dresse protectrice1 il semble qu'on n'a plus beso9 de pri] p\r soi-mme1 qu'une autre s'en *>ge4 ,p>fois l'amiti e/ une ent5te de l'esprit1 une faon semblable de compr5dre les complexits de la vie s5tim5tale et de saisir les ridicules et les tri/esses de la comdie huma9e4 ,elle revt s\v5t aussi la =me d'un dv\em5t actif1 intellig5t1 fidle et rciproque sur lequel on peut compt] dans t\s les mom5ts difficiles2 c'e/ un conseil t\j\rs sr1 un ensemble d'att5tions qui clair5t les j\rs tri/es4 ,on p\rrait multipli] les exemples de ce que les femmes peuv5t tre l'une p\r l'autre1 qu& elles s'aim5t rellem5t4 ,l'amiti des hommes entre eux a plus de =ce1 celle des femmes plus de t5dresse4 ,p\rquoi ce s5tim5t si p>fait e/-il si peu dvelopp *ez le sexe fm998 ,d'abord1 cause de cette vanit qui p\sse les filles d've voir sans cesse des rivales dans leurs surs1 et les incite s'attaqu] mutuellem5t4 ,ensuite1 p>ce que les femmes ont une trop m9ce op9ion de leurs capacits rciproques1 ce qui emp*e entre elles t\t s5tim5t de solid>it et de vraie confiance4 ,leurs progrs intellectuels auront p\r consqu5ce de les rappro*]1 non dans une commune accusation de frivolit et d'incompt5ce1 mais dans un respect mutuel p\r le rsultat de leurs ef=ts4 ,les hommes ont l'habitude de ridiculis] les amitis fm99es1 p>ce qu'ils n'y croi5t pas1 et que les expri5ces faites leur ont appris quel po9t une femme tait t\j\rs prte sacrifi] sa soi-disant meilleure amie p\r une "q de vanit ou de flirt4 ,ils e/im5t aussi que les femmes n'y rec\r5t que p\r se consol] des dboires de l'am\r1 et qu' la plus petite reprise de l'lm5t passionnel dans leur exi/5ce1 elles l*5t l'amiti1 le cur lg]4 ,s\v5t1 hlas6 ce jugem5t e/ fond2 mais les exceptions sont nombreuses1 et il dp5d des femmes de modifi] l'op9ion des hommes cet g>d4 99 99 99 99 99 ,je v\drais p>l] encore ici d'un autre g5re d'amiti sur lequel les deux sexes se montr5t galem5t sceptiques3 celle qui exi/e entre les hommes et les femmes4 ,beauc\p de g5s la ni5t ou n'y voi5t que le masque de l'am\r4 ,elle e/ t\j\rs s\ponne4 ,les habitudes mod]nes de cam>ad]ie t5d5t cep5dant la facilit]1 et l'ducation mixte#bc la f]a entr] dans les habitudes sociales1 ce qui s]a un heureux rsultat1 les hommes ne p\vant appr5dre connatre rellem5t les femmes qu'en dev5ant leurs amis4 #bc ,voir le *apitre3 ,ce que p5s5t les hommes des femmes4 ,en c]ta9s cas1 videmm5t1 l'amiti se *ang]a en am\r2 mais du mo9s celui-ci natra en connaissance de cause et avec quelques *ances de bonheur en plus4 ,si l'amiti entre p]sonnes du mme sexe e/ l'une des gr&es joies de la vie1 celle des p]sonnes de sexes diffr5ts e/ meilleure encore4 ,c'e/ un *ange mutuel de s5tim5ts et d'ides que l'un des deux ne possdait pas4 ,les confid5ces ne s]ont pas aussi intimes1 c>1 si l'homme a mo9s de pudeur physique1 il a plus de pudeur morale que la femme2 mais une amiti d'homme donn]a la femme un s5tim5t de protection plus complte1 et une amiti de femme aura1 p\r l'homme1 des consolations d\ces que l'intimit d'un autre homme ne p\rra jamais lui donn]4 ,ces amitis-l ressembl5t l'am\r1 mais sans sa plnitude et sans ses t\rm5ts1 et elles ne peuv5t se dvelopp] que dans une sphre t\t faire libre4 ,c'e/ un tat o l'me cons]ve sa paix et la possession d'elle-mme4 ,aucune entrave positive ne s'oppose la naissance de ce s5tim5t2 mais mille entraves secrtes en emp*5t le dveloppem5t4 ,il faut mettre en premire ligne les fausses int]prtations du monde1 la jal\sie des m>is1 celle des fiancs1 l'opposition des p>5ts en c]ta9s pays1 et mille prjugs1 si bi5 enrac9s dans les mes1 qu'en ,europe p]sonne n'e/ arriv s'en db>rass] encore4 ,il faut une gr&e indp5dance de c>actre ou de situation p\r affirm] h>dim5t des intimits mascul9es1 si l'on ti5t ne pas tre l'objet de comm5taires malveillants4 ,l'ge mr n'en prs]ve pas1 et des s\rires absurdes ple9s de s\s-ent5dus effleur5t les lvres1 si un homme et une femme *eveux gris ont l'imprud5ce de se montr] trop s\v5t ensemble4 ,il faudrait se moqu] des m*ants propos2 l'amiti en vaut la pe9e2 mais t\tes les femmes n'ont pas ce c\rage ou ne peuv5t l'avoir4 ,cep5dant1 l'avantage de ces contacts de l'esprit entre les deux sexes e/ imm5se2 on reconnat les femmes qui cultiv5t les amitis mascul9es quelque *ose de plus l>ge dans la p5se1 et les hommes qui ont p\r amies des femmes di/+ues un je ne sais quoi de plus f91 de plus c\rtois1 de plus mesur4 ,les ,itali5s passai5t jadis p\r des hommes p>ticulirem5t aimables3 c'e/ que1 n'ayant pas de patrie1 pas de devoirs publics1 ils consacrai5t une gr&e p>tie de leur temps aux intimits fm99es4 ,c'tait un malheur videmm5t1 puisqu'un homme dans la =ce de l'ge1 qui pass]ait sa vie entire *ang] des ides avec une femme1 n\s sembl]ait auj\rd'hui assez inutile et presque ridicule4 ,mais il e/ bon et utile p\r l'homme d'avoir une amie1 p\rvu qu'il la *oisisse bi54 ,s'il la *oisit mal1 t\te son exi/5ce morale s'en ress5t1 c> elle peut tre plus dang]euse qu'une p\se ou une matresse4 ,mesqu9e1 intrigante ou m5teuse1 elle e/ comme la pi]re atta*e au c\ du noy3 il enfonce et ne peut plus remont] la surface4 ,on prt5d gnralem5t que l'homme n'pr\ve jamais p\r la femme d'amiti s9cre1 qu'il ne peut l'aim] de faon ds9tresses4 ,j'ai connu des exemples de dv\em5t mascul9 sans d\ble f9 qui dm5t5t absolum5t cette ass]tion4 ,l'homme peut ress5tir de l'amiti1 mme en tant am\reux ailleurs4 videmm5t1 les brutaux et les mdiocres en sont incapables4 ,un homme passionnm5t pris d'une autre femme disait un j\r son amie3 --,je me suis dem& qui je sauv]ais si je v\s voyais t\tes les deux en pril de mort1 et mon cur m'a rpondu que ce s]ait v\s6 --,p\r ret\rn] ensuite m\rir avec l'autre6 rpondit la femme en s\riant1 mais sans d\t] de lui4 ,il avait dit vrai1 c'e/ elle qu'il aurait sauve6 ,propos de jeunesse6 dira-t-on4 ,mais les annes ne compt5t pas en ce g5re de s5tim5t2 il e/ de t\s les ges et de t\tes les latitudes4 ,a9si j'ai ent5du racont] jadis que1 dans c]ta9e tribu de l',asie1 t\s les jeunes g5s arrivs l'ge d'hommes *oisissai5t une amie1 de/9e leur s]vir de guide1 de conseil1 d'appui moral4 ,vis--vis d'elle1 la confiance devait tre complte2 s'ils avai5t des difficults dans leur exi/5ce prive ou politique1 c'e/ l'amie qu'ils s'adressai5t4 ,mais il fallait que cette femme leur ft sacre et1 si l'am\r entre eux remplaait l'amiti1 t\s deux tai5t immdiatem5t condamns mort sans rmission possible4 ,ceci pr\ve que notre civilisation se vante beauc\p trop2 d'autres ont eu une conception plus leve de ce qui tait bon p\r l'me des hommes1 mme lorsqu'un peu de b>b>ie s'y mlait encore4 ,du re/e1 en tant de *oses1 malgr nos =mes hypocrites et nos prt5dus s5tim5ts de frat]nit1 ne sommes-n\s pas encore des b>b>es8 ,l'hi/oire contempora9e en tmoigne hautem5t4 ,la culture de l'amiti indique1 en t\t cas1 un tat moral trs lev1 c>1 comme le dit ,cicron p> la b\*e d'un sage grec3 ,t\tes les *oses qui exi/5t et se meuv5t dans le monde enti] sont agrges les unes aux autres p> l'amiti et se dsagrg5t p> la discorde4 ,elle e/ donc la base ess5tielle de la vie1 et1 comme telle1 on doit l'honor]1 la re*]*]1 l'enseign]4 ,,*apitre ,,xi ,,les ,,consolatrices ,une femme dont la mat]nit s't5d t\s1 il faudrait s'ag5\ill] devant elle *aque m9ute1 c> elle reflte le div94 ,ames dormantes4 ,ce *apitre1 comme son titre l'indique1 e/ spcialem5t de/9 aux femmes4 ,je crois f]mem5t que leur condition1 dans la vie et vis--vis de l'homme1 p\rra s'amlior] de beauc\p et que1 si elles le veul5t1 elles obti5dront de leurs compagnons de r\te la considration morale et intellectuelle qui leur a t1 sauf exception1 un peu inju/em5t refuse jusqu'ici4 ,elles s]ont alors en mesure de mieux assur] leur bonheur1 si elles le possd5t1 ou d'appr5dre s'en pass]1 si le sort a t leur g>d av>e de s\rires4 ,en t\s cas1 ce qu'il y a s\v5t d'ambigu dans la position des femmes1 disp>atra en gr&e p>tie1 et elles auront1 t\t comme l'homme1 droit une place au soleil4 ,cep5dant1 malgr les amliorations que l'av5ir leur rs]ve1 il exi/]a t\j\rs dans la de/9e des femmes1 des cts difficiles et tri/es1 cts irrductibles1 c> ils dp5d5t non seulem5t de la nature elle-mme1 mais des facults et des lacunes de l'tre fm99 dans sa plus intime ess5ce4 ,le dfaut de =ce physique 7bi5 que les jeunes filles d'auj\rd'hui soi5t en tra9 d'en acqurir p> les ex]cices sportiques71 les n]fs plus faibles1 les crises de sant1 les vtem5ts qui entrav5t les m\vem5ts du corps1 mettront t\j\rs la femme1 physiologiquem5t1 dans une situation d'infriorit vis--vis de l'homme4 ,lgalem5t et conomiquem5t1 sa position1 qui e/ mauvaise1 le re/]a longtemps encore4 ,mme dans la plus favorable des hypo?ses1 les r=mes en sa faveur ne se f]ont que l5tem5t2 l'homme re/]a le *ef de la communaut1 les db\*s ouv]ts son activit s]ont t\j\rs plus nombreux1 et le travail fm99 cont9u]a tre mo9s rtribu que le travail mascul94 ,et cela1 p>ce que les femmes p\rront difficilem5t prt5dre1 comme l'homme1 aux c>rires honorifiques1 ni se lanc] dans les av5tures qui rapport5t aux audacieux intellig5ts ces =tunes fabuleuses1 qui assur5t la puissance et lectris5t les faibles mes huma9es4 ,la loi du plus =t tant la meilleure 7et je cra9s qu'aucun degr de civilisation ne p>vi5ne jamais *ang] cet inique po9t de vue71 la femme1 dans la majorit des cas1 dp5dra de l'homme4 ,or1 t\te situation de dp5dance prsuppose un c]ta9 degr d'humiliation qui se reflte dans t\s les autres rapports4 ,non seulem5t l'homme e/ le plus =t1 mais c'e/ lui qui *oisit la femme4 ,les femmes1 il e/ vrai1 essay5t auj\rd'hui d'int]v]tir les rles1 mais elles n'ont ri5 gagn cette trans=mation1 sauf un peu de mpris4 ,en s'(frant1 elles p]d5t leur pre/ige et leur anci5 p\voir e/ r5v]s4 ,il suffit1 p\r s'en conva9cre1 d'entr] dans un salon et de p\voir ensuite ret\rn] de v+t ans en arrire dans son s\v5ir4 ,les hommes ne s'empress5t plus1 l'initiative a pass l'autre sexe4 ,il y a bi5 quelques exceptions1 mais elles app>ti5n5t p\r la plup>t c]ta9es catgories de p]sonnes et de s5tim5ts dont il ne peut tre "q ici4 ,la majorit des jeunes g5s ont1 de nos j\rs1 une ide extraord9airem5t avantageuse d'eux-mmes1 surt\t vis--vis de la femme4 ,ils sont t\s p]suads peu prs qu'ils n'ont qu' le v\loir p\r plaire1 p\r tre agrs comme m>is et remport] les plus difficiles victoires4 ,ils sont conva9cus1 en outre1 que la femme vit dans l'att5te unique du reg>d que l'un d'eux f]a tomb] sur elle4 ,et ils ont naturellem5t1 p\r tant de bonne volont1 le dda9 des a*eteurs p\r les m>*&ises (f]tes en trop gr&e abondance4 ,l'attitude empresse de c]ta9es femmes et leur insi/ance sollicit] des hommages qui ne sont pas spontans1 contribu5t donn] une app>5ce de raison cette conception de la vanit mascul9e4 ,qu& les jeunes g5s auront appris mieux connatre les jeunes filles1 ils sauront faire1 entre elles1 des diffr5ces1 et se r5dront compte que1 s'il y en a d'effrontes1 dp\rvues de dignit1 les meilleures ne sont pas de si facile dfaite1 et qu'il vaut la pe9e de les mrit]4 ,les hommes1 assez intellig5ts et assez f9s p\r compr5dre que les femmes peuv5t p>fois se pass] d'eux1 sont encore =t r>es4 ,la majorit n\rrit ce sujet les ides les plus arrires et troites4 ,ils sont p]suads que t\tes les femmes1 p\r leur compte ou celui de leurs filles et de leurs surs1 n'ont qu'une aspiration3 le m>iage cote que cote et plutt avec n'importe qui qu'avec p]sonne6 ,lorsqu'ils sont obligs de con/at] le contraire1 ils conclu5t une pauvret de nature1 l'gsme1 une ambition sans limites444 ,une femme e/-elle froide1 ils le lui repro*5t comme une t>e4 ,e/-elle passionne et t5dre1 ils la croi5t t\j\rs prte faillir4 ,si elle e/ trompe1 ils la ridiculis5t4 ,si elle se v5ge p> des reprsailles1 ils lui appliqu5t des mots brutaux4 ,ces vulgaires apprciations sont1 hlas1 =t communes et =m5t aut\r de la femme une atmosphre humiliante4 ,donc physiquem5t1 conomiquem5t1 lgalem5t1 elle e/ infrieure2 moralem5t1 elle e/ considre comme un tre ncessaire la cons]vation de l'espce et au bonheur de l'homme1 mais t\j\rs dp5dant de son bon plaisir et g>dant socialem5t1 vis--vis de lui1 une po/ure d'infriorit4 ,l'audace *ez la femme et la prt5tion l'galit ne *ang]ont pas sa situation2 elle s'amlior]a p> d'autres moy5s4 ,mme lorsque les hommes auront appris le respect de la femme et le respect de l'am\r1 sa condition de fille d've s]a t\j\rs p\r elle une s\rce de tri/esse et de dsillusion1 si elle ne donne pas sa vie une direction n\velle4 ,la femme ne peut se relev] efficacem5t que p> l'l>gissem5t du s5tim5t de mat]nit t5du t\tes les cratures qui l'ent\r5t4 ,lorsqu'elle aura appris considr] l'homme comme un tre dont elle doit avoir so91 t\t s5tim5t d'abaissem5t et d'am]tume disp>atra de son cur4 ,on ne peut tre humili p> ceux que l'on protge et console4 ,elle gagn]a a9si une supriorit qu'elle p\rra oppos] celles que l'homme aura t\j\rs sur elle sur d'autres po9ts4 ,si1 au contraire1 la femme sort de son rle mat]nel1 proclame son droit l'gsme et au plaisir1 elle m>*]a1 je le cra9s1 de tri/esse en tri/esse1 c> sa dignit e/ dans l'ex]cice d'une sollicitude s't5dant1 au-del des enfants de sa *air1 sur t\t ce qui peut avoir beso9 de son aide matrielle et morale4 99 99 99 99 99 ,dieu a-t-il bi5 fait de crer l'homme et la femme et d'en cont9u] l'espce8 ,c'e/ l une "q qu'il s]a t\j\rs impossible aux plus savants de rs\dre4 ,mais le fait e/ l1 imprieux3 rv] de disjo9dre les deux p>ties de l'humanit1 mme au nom de l'idal le plus lev1 s]ait aussi absurde qu'irralisable4 ,ce n'e/ donc pas en se sp>ant de l'homme ou en rduisant ses rapports avec lui des contacts passag]s1 que la femme doit *]*] amlior] sa situation4 ,elle devrait1 au contraire1 s'intress] lui objectivem5t beauc\p plus qu'elle ne le fait auj\rd'hui1 s'occup] de sa vie intellectuelle et s5tim5tale et dsir] qu'il puisse donn] t\te sa mesure4 ,la femme aurait l un rle admirable4 ,mais il dem&e videmm5t un l>ge dveloppem5t d'esprit4 ,j'en connais quelques-unes de ces femmes que j'appell]ai les consolatrices et qui font p5s] au sonnet de ,dante sur ,batrice4 ,revtues de maje/ et de d\ceur1 le calme e/ sur leur front4 ,elles ne sont ni n]veuses1 ni agites2 elles ne *]*5t pas l'admiration2 elles ne =c5t pas leur voix p\r attir] les reg>ds1 ni leur s\rire p\r les fix]4 ,elles peuv5t aim] et s\ffrir1 mais la piti dom9e t\t dans leur cur4 ,le mal qu'on leur fait n'excite pas en elles de rancune1 tellem5t la laideur morale que ce mal reprs5te les attri/e4 ,elles sont t\j\rs prtes pans] les blessures qui saign5t et essuy] les yeux qui pleur5t4 ,la dignit de ces femmes ne peut jamais tre srieusem5t compromise1 mme si un am\r extrme devait les conduire aux plus tmraires imprud5ces et l'oubli des lois sociales4 ,leur pati5ce1 leur compassion p\r les d\leurs1 les faiblesses et les erreurs de ceux qu'elles aim5t donn5t leur attitude un ca*et de mat]nit et d'abngation qui emp*e de les confondre avec les autres femmes se tr\vant dans la mme situation4 ,mais videmm5t la mission consolatrice que le plan div9 a dvolu leur sexe1 s'accomplit plus efficacem5t et plus srem5t qu& les vies sont pures et les actes sages4 ,la femme qui a pris cette attitude morale ne peut plus tre humilie p> ri5 et p> p]sonne4 ,les po9ts de vue inju/es et brutaux des hommes la *agr95t sans l'atte9dre4 ,qu& elle les voit grossi]s1 s5suels1 g/es1 elle s'en c>te4 ,si ces tri/es *antillons de l'espce font p>tie de son ent\rage direct1 c'e/ p\r elle une d\leur pr(onde1 oui1 c]tes1 mais sa dignit de femme re/e intacte4 ,elle les juge1 essaye de les pla9dre au lieu de les mpris]1 et guette en sil5ce le mom5t o ,dieu abaiss]a le front des orgueilleux et des c\pables4 ,alors seulem5t elle t5dra v]s eux ses ma9s bi5faisantes dans un lan de compassion mat]nelle4 ,mais1 dira-t-on1 il faudrait tre p>faite p\r remplir un semblable rle4 ,comme si t\s les rles1 en ce monde1 ne dem&ai5t pas la p]fection p\r tre j\s comme ils le devrai5t6 ,au ?tre1 p> exemple1 n'e/-on pas =c s\v5t de se cont5t] de mdiocres acteurs qu'on c\te cep5dant avec plaisir8 ,le fait se r5\velle dans t\tes les bran*es de l'art1 et il en e/ de mme dans les rapports sociaux4 ,c]tes1 la d\ceur jo9te la =ce1 la compassion la p]spicacit1 la pati5ce la dignit1 =m5t un ensemble r>e et prcieux1 difficile r5contr]4 ,c'e/ comme la p>faite beaut1 dont on ne voit gure que de lo9ta9es imitations1 et laquelle p\rtant t\tes les femmes aspir5t2 quelques-unes font mme des ef=ts dsesprs p\r s'en appro*] le plus possible4 ,p\rquoi n'aurai5t-elles pas la mme n]gie p\r se mettre hors d'atte9te1 en acceptant l'attitude mat]nelle dont la nature leur a donn l'in/9ct8 ,l'on dira encore3 la femme e/ lasse de l'effacem5t et de l'abngation4 ,mais qui lui dem&e de s'effac]8 ,au contraire1 elle doit travaill] de t\tes ses =ces son dveloppem5t1 p\r donn] t\t ce qu'elle peut valoir et arriv] aux cimes dans t\s les ordres d'ides4 ,plus elle s]a sa9e1 =te1 jolie ou agrable voir1 plus elle s]a intellig5te et enj\e1 plus son esprit s]a cultiv et l>gem5t ouv]t1 et plus son influ5ce s'ex]c]a1 plus son pre/ige augm5t]a1 plus elle p\rra consol] efficacem5t4 ,quant l'abngation1 je regrette de le dire1 c> mes p>oles dplairont beauc\p de mes surs1 la femme ne peut y *app]4 ,c'e/ inju/e1 je veux bi52 mais le gr& di/ributeur des joies et des pe9es ne doit de comptes p]sonne1 et il a cr les curs fm99s p\r le dv\em5t4 ,il e/ c]ta9 qu'une femme ouv]tem5t g/e reprs5te un tre dplaisant1 dont la place n'e/ m>que nulle "p4 ,c'e/ tellem5t vrai1 que les plus froces amantes de leur moi essay5t de dissimul] cette s*]esse de cur1 surt\t en ce qui conc]ne leurs enfants1 s\s des mots m5song]s4 ,les hommes1 p> contre1 tal5t leur gsme et mme s'en vant5t1 inconsci5ts de ce qu'a de vulgaire la proccupation absorbante de son propre bi5-tre et de son propre avantage4 ,mais ces attitudes et ces propos d'un individualisme outr sont mo9s rpugnantes *ez eux que *ez la femme4 ,la femme g/e1 comme je le disais1 n'a pas de raison d'exi/]1 sauf comme ag5t reproducteur de la race1 c> t\t ce qu'elle produit de gr& et de bon e/ inspir p> le s5tim5t4 ,dans l'art1 la posie1 la littrature1 elle ne vaut que p> ce qui passe dans son cur et son me et qu'elle r5d ensuite aux autres1 suivant ses facults1 p> de beaux tableaux1 de beaux v]s1 de beaux livres4 ,la femme e/ avant t\t ducatrice2 on le voit dans les coles4 ,p\rquoi l'e/-elle8 ,ju/em5t p>ce que dans son enseignem5t elle se donne elle-mme et influ5ce a9si davantage ses lves4 ,enlevez-lui ce don p> la culture de l'gsme1 et elle tomb]a trs au-dess\s de l'homme1 mme dans l'enseignem5t primaire4 ,qu& une femme e/ dcide j\ir de la vie1 en sav\r] t\tes les satisfactions1 avoir sa "p de t\s les fe/9s1 son infriorit s'acc5tue immdiatem5t et d\l\reusem5t4 ,elle ne peut lutt] avec l'homme sur ce t]ra94 ,p\r que l'quilibre s'tablisse entre eux1 il faut qu'elle ait plus de vices que lui1 et alors elle se dgrade4 ,ds que sa jeunesse passe 7bi5 qu'auj\rd'hui la femme se df5de mieux71 elle p]d sa valeur1 t&is que celle de l'homme augm5te en importance p> l'autorit qu'il acqui]t et les *>ges qu'il assume4 ,une femme dans la maturit de l'ge ne vaut que p> ses qualits de bont1 d'indulg5ce1 de sagesse1 de modration1 p> l'affection qu'elle a rp&ue et rp& aut\r d'elle4 ,or ce ne sont po9t des qualits que l'on peut pr5dre t\t c\p en vieillissant2 il faut les avoir eues ds sa jeunesse4 ,les faiseuses de joies1 celles qui ont eu t\j\rs p\r b de crer aut\r d'elles des bonheurs ou des plaisirs1 ne vieilliss5t jamais1 ou du mo9s1 si leurs visages se rid5t1 on s5t qu'une s\rce 9puisable alim5te leur cur4 ,il y a en elles un incessant r5\vellem5t1 comme si la jeunesse et mme l'enfance des exi/5ces futures auxquelles elles sont de/9es jetait dj son rayonnem5t sur leurs vies f9issantes4 99 99 99 99 99 ,dans le ,phdon de ,platon1 ,cbes1 le ,?ba91 suppose que n\s portons en n\s un enfant1 et qu' cet enfant n\s devons appr5dre ne pas avoir peur de la mort2 ,giovanni ,pascoli1 le pote itali51 repr5ant cette p5se du philosophe grec1 voit dans cet enfant l'inspirateur de t\t ce qui se fait en ce monde de bon1 de pa?tique et de beau4 ,c'e/ lui qui riait et pleurait dans ,homre1 et il e/ le d]ni] ve/ige de notre orig9e suprieure4 ,ne s]ait-il pas plutt l'aurore des exi/5ces purifies qui n\s re/5t encore p>c\rir8 ,il n'exi/e pas en t\s1 et sa prs5ce ne se rvle jamais dans les curs /riles1 mais il e/ t\j\rs prs5t *ez les faiseurs de joies4 ,je connais une femme dont la premire p5se au rveil e/ de se dem&] ce qu'elle p\rrait faire p\r tre agrable aux autres1 et lorsqu'elle y a russi1 ses yeux bleus brl5t d'une flamme m]veilleuse4 ,trs diffr5te de la contemplative dont j'ai p>l dans ,faiseurs de joies1 celle-ci e/ jeune encore1 active1 remuante1 et aucune fatigue ne la rebute p\r atte9dre son b4 ,elle se multiplie et pr\ve presque du plaisir ce g5re de lassitude4 ,inutile6 dis5t les g5s moroses4 ,elle se sacrifie et ne fait que des +rats6 ,encore si elle accomplissait quelque *ose de rellem5t utile1 mais donn] un mom5t de plaisir1 cela ne compte pas6 ,comm5t1 cela ne compte pas8 ,au contraire1 cela compte inf9im5t4 ,mettre un s\rire dans la vie quivaut au morceau de pa9 donn l'affam1 au vtem5t dont on c\vre les membres grelottants du pauvre et1 dans la balance div9e1 savons-n\s ce qui ps]a davantage8 ,cette amie1 faiseuse de joies1 laquelle je repro*ais de faire trop de cas de g5s qui ne le mritai5t pas et de leur dire trop de *oses agrables1 me rpondit ces mots si t5drem5t huma9s3 ,il faut bi5 s'enc\rag] un peu les uns les autres1 la vie e/ si tri/e6 ,oui1 t\s n\s avons beso9 d'enc\ragem5t1 mme les privilgis de ce monde4 ,le secret e/ de savoir =mul] la p>ole qui relve et qui t\*e4 ,les intuitifs et ceux qui sont en relations con/antes avec le div9 la tr\v5t spontanm5t4 ,d'ord9aire1 n\s ne rfl*issons pas assez l'importance que peut avoir telle ou telle phrase1 n\s p>lons la plup>t du temps automatiquem5t1 comme n\s agissons1 et qu&1 des annes plus t>d1 n\s ent5dons dire3 ,tel j\r1 v\s m'avez dit telle ou telle *ose1 et ces mots ont eu une influ5ce dcisive sur ma vie1 n\s re/ons /upfaits4 ,t\s les tres ne possd5t pas un degr gal le r$\table p\voir d'influ5c] leur semblable1 mais presque t\s peuv5t quelque *ose p\r son bonheur4 ,les natures extra-s5sibles et timides ont1 p> exemple1 un intime beso9 de mots t5dres et logieux4 ,ces p>oles sont p\r elles un alim5t indisp5sable1 non p>ce qu'elles sont vaniteuses1 mais p>ce que1 d\tant sans cesse d'elles-mmes1 elles doiv5t tre con/amm5t releves leurs propres yeux4 ,une jeune femme maladive et sans enfants1 m>ie un homme suprieur1 mais occup et di/rait1 s\ffrait inf9im5t lorsqu'elle mettait une robe n\velle ou aj\tait quelque ornem5t son salon1 de con/at] que son m>i ne s'en ap]cevait mme pas4 ,jamais un loge ne sortait de ses lvres6 ,un j\r1 elle lui av\a son *agr94 ,mais1 que veux-tu1 s'cria-t-il1 dsol1 je ne sais pas voir6 ,comm5t faire8 ,la femme rfl*it un mom5t1 puis un accord int]v9t entre eux2 il fut ent5du que1 qu& il y aurait quelque *ose rem>qu]1 elle lui f]ait un petit signe conv5tionnel4 ,av]ti1 il compr5drait1 reg>d]ait1 admir]ait4 ,et je me cont5te6 disait-elle1 un peu honteuse de sa purilit4 ,les mots qu'il prononce ne sont pas spontans1 je le sais1 et p\rtant j'ai du plaisir les ent5dre4 ,ils clair5t ma vie4 ,ce petit fait absurde et t\*ant rvle un tat d'esprit que c]ta9es natures ne peuv5t compr5dre1 mais qui e/ plus gnral qu'on ne le croit4 ,des g5s1 mme =t n]giques1 port5t en eux des s5sibilits ca*es qu'ils n'av\5t pas1 et qu'une p>ole t5dre ou comprh5sive c>esse d\cem5t4 ,l'important e/ surt\t de relev] les c\rages4 ,tant que le c\rage dure1 la vie e/ supportable2 elle peut mme tre belle dans les pires circon/ances1 c> le c\rage e/ t\j\rs uni l'esprance1 et l'esprance compte plus que le bonheur dans l'exi/5ce huma9e4 ,il y a des tres dont la mission semble tre de les abattre2 ils acc5tu5t dsagrablem5t *aque *ose pnible et c\p5t avec volupt t\tes les ailes qui pass5t leur porte4 ,il en e/ d'autres1 au contraire1 dont la prs5ce e/ remontante1 ils veill5t les n]gies et sav5t dc\vrir le po9t bleu1 mme dans un ciel c\v]t4 ,l'atmosphre qu'ils crent e/ *aude ou d\cem5t tide1 et aprs les avoir quitts on s5t mo9s les br\ill>ds humides du dehors4 ,on r5contre des hommes1 sonneurs de clo*es1 dont l'action s't5d sur t\tes les consci5ces1 mais il e/ r>e qu'ils sa*5t tre des consolateurs2 ce rle e/ rs]v p> la nature aux ma9s plus s\ples des femmes4 ,c]ta9es ma9s fm99es possd5t un m]veilleux p\voir rp>ateur2 on le s5t leur t\*]1 elles communiqu5t la paix1 donn5t la =ce et se pos5t si d\ces sur les blessures que celles-ci se cicatris5t miraculeusem5t4 ,ces femmes-l r$onn5t le gt de la vie ceux qui l'avai5t p]du1 et le t]rible ,welts*m]z e/ quelquefois guri p> elles6 99 99 99 99 99 ,p\r remplir ce rle de consolatrice1 qui seul met la dignit fm99e compltem5t hors d'atte9te1 c]ta9es qualits sont indisp5sables1 et en premi] lieu la d\ceur1 c> c'e/ en elle que rside p\r les femmes la plnitude de la =ce4 ,qu& elle n'e/ pas un don naturel1 celles qui en ignor5t le p\voir ou nglig5t de l'acqurir1 commett5t une erreur considrable4 ,c> c'e/1 leur arme la plus r$\table4 ,je ne p>le pas1 bi5 ent5du1 de cette d\ceur bte1 fille de la faiblesse1 de la peur ou de la sottise1 dp\rvue de p]spicacit et de =ce de rsi/ance1 mais de la d\ceur intellig5te et qu'accompagn5t la f]met de l'me et une c]ta9e f9esse de p]ception4 ,ri5 ne peut lui rsi/] longtemps2 p\r le bi5 comme p\r le mal1 son p\voir s'ex]ce1 irrsi/ible4 ,la femme d\ce et p]svrante dans ce qu'elle veut e/ c]ta9e d'obt5ir sur son ent\rage une influ5ce prpondrante4 ,on rpliqu]a que1 dans les mnages1 les femmes d\ces sont des victimes4 ,elles le sont1 non cause de leur d\ceur1 mais cause de leur manque d'intellig5ce1 de raison1 de =ce ou de *>me4 ,si elles avai5t possd ces dons1 la d\ceur en aurait qu9tupl la puissance1 c> elle e/ indisp5sable au pre/ige des femmes4 ,sans d\ceur1 elles devi5n5t facilem5t impati5tantes1 irritantes et ridicules4 ,une femme qui crie =t1 ge/icule violemm5t1 ne peut jamais tre attrayante et p]d t\te dignit4 ,la plus jolie e/ gte p> la colre1 ds que celle-ci s'extriorise4 ,c]tes1 il y a des mom5ts dans la vie o il faut savoir s'indign] et mme manife/] une indignation1 dont les accs1 t\tefois1 p\r tre efficaces1 doiv5t tre r>es6 ,un autre lm5t qui1 jo9t la d\ceur1 c5tuple le p\voir des femmes1 e/ l'enj\em5t4 ,on le nglige trop2 tre gaie1 savoir plaisant]1 tr\v] le ct plaisant des *oses1 r5d la vie facile *acun4 ,t\s les hommes1 mme les p]sonnalits suprieures1 pr\v5t un imm5se beso9 d'tre di/raits et amuss4 ,une mre de famille qui possde ou a acquis ces dons e/ une consolatrice1 et1 mo9s d'avoir1 comme ent\rage1 des mon/res ou des misan?ropes invtrs1 elle s]a aime et obie4 ,les sil5cieuses peuv5t tre aussi1 dans un autre g5re1 des consolatrices efficaces1 c> elles p5s5t davantage1 et les p5ses ont plus de v]tu que les p>oles4 ,les femmes qui p>l5t beauc\p1 =mul5t p>fois des *oses irritantes1 s'arrt5t sur des argum5ts inutiles ou mdiocres1 et leur autorit en e/ dim9ue4 ,les consolatrices ne saurai5t tre des vaniteuses1 la vanit emp*ant le dveloppem5t des qualits altrui/es4 ,elles doiv5t faire ef=t1 cep5dant1 p\r se r5dre le plus agrables possible1 c> c]ta9es qualits extrieures ex]c5t un imm5se asc5dant4 ,quelques femmes remplies de v]tus l'oubli5t trop et p]d5t a9si le p\voir de consol]4 ,les natures s\cieuses1 si excell5tes soi5t-elles1 ne p\rront jamais app>t5ir la catgorie des consolatrices1 c> les nuages noirs dont elles s'envelopp5t rep\ss5t1 au lieu d'attir]1 et on les fuit plus qu'on ne les re*]*e4 ,dem&ant sans cesse tre s\t5ues et consoles1 elles ne peuv5t consol] elles-mmes4 ,les tres1 comme les plantes1 *]*5t d'in/9ct la lumire1 la *aleur1 la =ce1 et se t\rn5t irrsi/iblem5t v]s les tres qui les possd5t ou les ont acquis4 ,j'insi/e sur ce d]ni] mot1 c> je suis p]suade qu'avec de la bonne volont on peut se modifi] et acqurir ce qui manque4 ,dans la jeunesse surt\t c'e/ possible1 c> il y a dans l'tre jeune une la/icit et une mallabilit qui lui p]mett5t de se trans=m]4 ,mais il faut le v\loir4 ,plus t>d1 qu& les habitudes m5tales sont prises1 le travail subjectif devi5t difficile et dem&e plus d'ef=ts4 ,on r5contre1 dans le monde1 des jeunes filles maussades1 prt5tieuses et g/es1 mais il en e/ de dlicieuses qui sembl5t possd] t\s les dons4 ,quelles consolatrices elles p\rrai5t faire dans l'av5ir1 si le contact du monde ne les gtait pas6 ,la mre elle-mme e/ s\v5t la premire les dvoy] p> son exemple ou ses leons4 ,on les jette dans des re*]*es de vanit1 puis on les confie un g/e qui les conv]tit ses pr9cipes1 et elles vont augm5t] la nombreuse cohorte des femmes mdiocres et nuisibles4 ,p\r dev5ir une consolatrice1 une autre qualit e/ ess5tielle3 le calme6 ,sans lui1 comme l'a dit si ju/em5t ,erne/ ,leg\v1 ri5 ne se fait de gr&1 et aucune action efficace ne peut s'ex]c]4 ,cet criva9 ne p>le pas ici du calme qui indique une somnol5ce de nature1 mais du calme1 effet de la sagesse1 de l'expri5ce et d'un p>fait contrle sur soi-mme4 ,la femme qui l'a reu en don ou qui l'a acquis p> un pati5t travail sur son me obti5dra t\j\rs des rsultats suprieurs ceux des cratures impulsives et agites4 ,la d\ceur1 l'enj\em5t1 le calme =m5t donc le triangle sur lequel doit se bas] l'influ5ce fm99e dans le monde4 ,sans ces trois coeffici5ts1 la femme p\rra peu de *ose p\r elle-mme et mo9s encore p\r les autres4 99 99 99 99 99 ,les femmes suiv5t la mode avec une docilit extrme2 elles se prt5t t\tes ses exc5tricits et accept5t les vtem5ts incommodes avec une obissance s]vile 7en cela1 les hommes se montr5t plus intellig5ts1 c> les tailleurs ne leur f]ai5t jamais adopt] des vtem5ts sans po*es ou qui entrav]ai5t la lib]t des m\vem5ts du corps74 ,cette s\mission des ordres reconnus suprieurs p\rrait tre exploite p\r le bi54 ,si c]ta9es dlicatesses de l'me dev5ai5t la mode1 si un gr\pe de femmes en vue arborait ce drapeau1 les autres suivrai5t4 ,a la p>ole de ,r\sseau1 t\tes ses contempora9es se sont bi5 mises aim] la nature1 qu'elles n'avai5t jamais reg>de aup>avant4 ,la voix loqu5te de ,jean-,jacques p\rrait tre remplace p> celle d'une collectivit de femmes d'lite qui dcl>]ai5t la gu]re t\tes les vulg>its2 c'e/ donc l'lite qu'il faut dc\vrir et c>actris]4 ,il y a1 dans un roman contempora9 publi p> un criva9 d'inf9im5t de tal5t1 une =t jolie phrase1 bi5 qu'elle se rapporte une femme que je ne cit]ais pas en exemple mes lectrices3 ,qu& elle se s5tait bonne1 elle s'aimait elle-mme1 elle aurait v\lu s'embrass]4 ,lorsqu'elle lisait un livre loqu5t sur une femme pudique1 elle s5tait une pudeur extrme avec des dlicatesses et des raff9em5ts inf9is4 ,le malheur e/ que les livres loqu5ts sur les femmes pudiques ne s'criv5t plus auj\rd'hui4 ,d'aprs une /ati/ique rc5te1 la *a/e ,anglet]re elle-mme s'e/ adonne une littrature o t\t ce que la loi condamne e/ prs5t comme un devoir social et dcrit dans des t]mes =t libres4 ,les romancires ti5n5t1 en ce g5re1 le record de la h>diesse#bd2 c'e/ qui s'av5tur]a le plus lo9 sur ce t]ra9 glissant1 t\t comme1 s\s le ,directoire1 il y avait lutte entre ,mme ,talli5 et ,mme ,hamel9 sur la faon de se prs5t] en public1 le mo9s vtue possible4 #bd ,mon?ly ,review1 du #ae septembre #aije4 ,le beso9 de remettre en honneur les raff9em5ts et les dlicatesses de l'esprit et du cur e/ donc urg5t2 le gt des *oses propres et pures devrait r$ev5ir de mode4 ,ils font p>tie du beau4 videmm5t il y aurait1 en ce g5re1 des vocations factices qui ne ti5drai5t pas4 ,peu importe1 elles sont 9vitables en t\tes *oses4 ,p\rvu qu'on p]mette aux vritables de se dvelopp]1 le b e/ atte9t4 ,combi5 de natures1 faites p\r les hauteurs1 et qui se tran5t misrablem5t sur les t]res basses6 ,elles ont nglig leur volont1 n'ont pas appris qu'on p\vait s'enivr] de son me#be et1 ayant beso9 d'ivresses1 les ont *]*es ailleurs4 #be ,victor ,hugo4 ,il exi/e1 dans la vie1 de subtiles et secrtes influ5ces#bf1 qui ne rpond5t aucune des catgories auxquelles on peut mettre une tiquette4 ,e/-ce magntisme8 ,e/-ce l'action du subconsci5t8 ,e/-ce l'hte my/rieux plus gr& que n\s1 qui habite en n\s1 p>le c]ta9es heures et dt]m9e nos actions et nos p>oles8 ,le my/re qui enveloppe ces subtilits ne s]a jamais p]c1 peut-tre1 mais un fait e/ c]ta93 ceux qui ex]c5t ce p\voir sont t\j\rs des tres l'me vibrante et qui se contrl5t eux-mmes p>faitem5t4 ,la vraie lib]t1 a dit ,montaigne1 e/ de p\voir t\tes *oses sur soi4 ,p\voir t\tes *oses sur soi1 c'e/ p\voir inf9im5t sur les autres4 ,aim] le beau1 le p\rsuivre avec sa volont1 l'atte9dre en soi-mme1 c'e/ en communiqu] le gt ses semblables1 de la faon la plus c]ta9e4 #bf ,voir le *apitre3 galit4 ,t\tes les femmes qui s'appliqu]ont combattre avec de p>eilles armes s]ont sres de va9cre en p]svrant4 ,elles f]ont d'admirables consolatrices1 non seulem5t p\r l'homme1 pre1 fils1 m>i1 frre1 ami1 mais p\r les autres femmes1 dans la famille et hors de la famille4 ,n\s p\rrions tant1 les unes p\r les autres1 si n\s le v\lions bi56 ,je ne p>le pas des dons matriels1--p\r tre efficaces1 ils doiv5t se faire l>gem5t1 et c'e/ le r>e privilge de quelques-unes1--mais il y a le don moral et intellectuel4 ,lorsque le beso9 de s'aid]1 de se s\t5ir et de se consol] entre elles aura pntr leurs curs1 les femmes ne s5tiront plus au mme degr l'envie1 la jal\sie1 la rancune4 ,les sympa?ies1 dont elles s5t5t l'impulsion1 cess]ont d'tre entraves p> les b>rires r$\tables de la rivalit4 ,elles v]ront1 les unes dans les autres1 des surs s\mises aux mmes preuves1 supportant les mmes tyrannies1 exposes aux mmes d\leurs2 les ma9s qui1 si s\v5t1 s'avanai5t p\r bless]1 se t5dront p\r tre9dre4 ,p\rquoi se combattre1 se har1 se faire des torts rciproques8 ,la vie e/ si c\rte4 ,p\r ceux qui espr5t1 c'e/ un mom5t entre deux t]nits4 ,p\r ceux qui ni5t1 c'e/ une mauvaise comdie o t\s les acteurs1 tt ou t>d1 sont des victimes4 ,,table ,,des ,,*apitres ,,*apitres4 ,pages4 ,prface ,,vii ,i4--,faiseurs de pe9es #a ,,ii4--,crim9els inconsci5ts #bj ,,iii4--galit #de ,,iv4--,petites t>es de l'me #ga ,v4--,les griefs #ij ,,vi4--,pe9es s5tim5tales #aaj ,,vii4--,ce que les hommes p5s5t des femmes #acf ,,viii4--,ce que les femmes p5s5t des hommes #afe ,,ix4--,faiseurs de joies #ahe ,x4--,l'amiti #baa ,,xi4--,les consolatrices #bdj ,,t\rs ,,imprim]ie ,e4 ,,arrault ,,et ,cie #f ,,et #ab1 ,,rue ,,de ,,la ,,pr,,fecture #aeij ,,librairie ,,fis*ba*]1 #ic1 rue de ,se9e1 ,p>is ,,ouvrages ,,de ,,dora ,,meleg>i ,ames dormantes 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise71 #g;e dition1 9-#ab4 #e ,faiseurs de pe9es et faiseurs de joies1 #aa;e dit41 9-#ab4 #f ,*]*eurs de s\rces1 #f;e dition1 9-#ab4 #e ,la jeune ,italie et la jeune ,europe4 ,lettres 9dites de ,joseph ,mazz9i ,l\is-,amde ,meleg>i1 9-#ab4 #e ,amis et ennemis1 9-#ab4 7puis7 ,,ouvrages ,,de ,,*>les ,,wagn] ,l',ami4 ,dialogues intrieurs1 #e;e dition1 9-#ab4 #f ,ju/ice4 ,huit disc\rs1 #h;e dition1 9-#ab4 #e ,jeunesse 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise74 #cj;e dition1 9-#ab4 #e ,vaillance1 #bj;e dition1 9-#ab4 #f ,la ,vie simple1 #ab;e dition1 9-#ab4 #d #ej ,auprs du ,foy]1 #f;e dition1 9-#ab4 #d #ej ,l'vangile et la ,vie4 ,s]mons1 #f;e dition1 9-#ab4 #e ,sois un homme6 ,simples caus]ies sur la conduite de la vie1 #c;e dition1 9-#ab4 ,bro* #a fr4 #ge4 ,reli4 #b #ej ,l',ame des *oses1 #c;e dition1 9-#ab4 #e ,le long du *em91 #e;e dition1 9-#ab4 #e ,v]s le cur de l',amrique1 #c;e dition1 9-#ab4 #e ,p\r les ,petits et les ,gr&s4 ,caus]ies sur la vie et la manire de s'en s]vir1 #b;e dition1 9-#ab4 #d #ej ,p> la ,loi v]s la ,lib]t1 9-#ab4 #b #ej ,a trav]s les *oses et les hommes4 ,p\r appr5dre vivre1 9-#ab4 #d #ej ,p> le ,s\rire1 9-#ab4 #d #ej ,ce qu'il faudra t\j\rs1 9-#ab4 #d #ej ,pages *oisies et fragm5ts 9dits1 de ,flix ,pcaut4 ,philosophie et ,religion2 ,politique2 ducation1 9-#ab4 #e ,s]mons laques1 ou ,propos de morale et de ,philosophie1 p> ,paul ,/apf]1 9-#ab4 #e ,fragm5ts d'un j\rnal intime1 p> ,h5ri-,frdric ,amiel1 prcds d'une tude1 p> ,edmond ,s*]]1 #h;e dition1 #b volumes1 9-#ab4 #aj #hj ,le ,brviaire d'un ,pan?i/e et le ,pessimisme hroque1 p> ,jean ,lahor1 #b;e dition1 9-#ah4 #d ,aux ,croyants et aux ,a?es1 p> ,wilfr$ ,monod1 9-#ab4 #e ,esquisse d'une philosophie de la ,religion1 d'aprs la ,psy*ologie et l',hi/oire1 p> ,augu/e ,sabati]1 #h;e dition1 9-#h4 #aj ,les ,religions d'autorit et la ,religion de l'esprit1 p> ,augu/e ,sabati]1 #c;e dition1 9-#h4 #aj ,ma ,religion1 p> le comte ,lon ,tol/o1 9-#h4 #h ,montaigne morali/e et pdagogue1 p> ,mme ,jules ,favre1 9-#ab4 #e ,la ,morale de ,cicron1 p> ,mme ,jules ,favre1 9-#ab4 #f #ccae4--,t\rs1 ,imprim]ie ,e4 ,,arrault et ,cie4