,,s\s ,,les ,,eaux ,,tumultueuses ,,dora ,,meleg>i ,,s\s ,,les ,,eaux ,,tumultueuses ,illu/ration3 colophon ,,p>is ,,librairie ,,fis*ba*] #cc1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #cc #aibc ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays ,copyright by ,librairie ,fis*ba*] #aibc ,je ddie ce livre ceux qui1 comme moi1 ont f]mem5t espr et espr5t encore qu'aprs la gu]re et avec l'tablissem5t de la paix1 s'ouvrira p\r l'homme une de/9e meilleure que celle qu'il a connue jusqu'ici4 ,,pr,,face ,je ne fais pas un livre1 il se fait4 ,il mrit et crot dans ma tte1 comme un fruit4 ,,alfr$ ,,de ,,vigny4 ,ces eaux qui1 jadis1 c\vrai5t le monde sont auj\rd'hui trangem5t b\rbeuses et agites4 ,la surface des *oses app>at p>t\t inquitante4 ,qu'y a-t-il s\s cette surface8 ,l'angoissante "q se pose t\s les curs qui s5t5t et t\s les c]veaux qui rfl*iss5t6 ,du temps o le respect de soi-mme1 l'intrt bi5 ent5du et la savante hypocrisie imposai5t aux hommes intellig5ts1 ou du mo9s cultivs1 une attitude correcte1 les mots s\s la surface des *oses avai5t une signification bi5 diffr5te de celle que je leur attribue auj\rd'hui4 ,aup>avant1 ils aurai5t indiqu ce que les individus ca*ai5t de mdiocre1 de brutal1 et mme de cruel s\s des dehors corrects et conv5tionnels4 ,auj\rd'hui que la plup>t des tres n'essay5t mme plus de masqu] leurs lgrets1 leurs petitesses et leurs convoitises1 il n'y a gure1 s\s leurs actes et leurs allures1 de motifs secrets dc\vrir4 ,t\tes les laideurs sont dev5ues app>5tes et visibles4 ,n\s vivons une poque de t]rible s9crit2 on ne le relve pas suffisamm5t4 ,/5dhal a dit quelque "p que1 p\r les femmes1 dire la vrit quivalait enlev] leur fi*u2 mais1 auj\rd'hui1 elles ne port5t plus de fi*u1 et les disgracies elles-mmes expos5t avec c\rage les dfectuosits physiques que jadis les filles d've essayai5t soigneusem5t de dissimul] aux reg>ds4 ,quant aux hommes1 combi5 d'entre eux ne t5t5t mme plus de se df5dre si l'on attaque leur c>actre ou leur probit6 ,ceux qui en manqu5t n'en pr\v5t plus de honte2 ceux qui les possd5t1 s'ils y mett5t encore du prix dans le fond de leur me1 sont dev5us indiffr5ts l'op9ion publique4 ,ce mpris de l'op9ion publique e/ un signe c>actri/ique de notre temps4 99 99 99 99 99 ,ce qu'il faut disc]n] s\s la surface des eaux tumultueuses1 ce ne sont donc pas les laideurs secrtes1 puisqu'avec tant de complaisances on les tale1 mais bi5 plutt les aspirations d'ard5te gnrosit et de pure beaut qui se ca*5t p>fois s\s les app>5ces dconc]tantes de la psy* mod]ne1 tels des symptmes annonciateurs d'une aube n\velle6 ,cep5dant1 malgr ces fugitives lueurs1 le ds>roi des pauvres mes e/ re/ lam5table4 ,aprs l'branlem5t crbral de la gu]re et les dceptions de la paix1 on a pu croire qu'elles tai5t dev5ues muettes p\r t\j\rs6 ,ce phnomne d'anantissem5t p>at d'autant plus r$\table qu'il e/ univ]sel et se manife/e aussi bi5 *ez les va9queurs que *ez les va9cus6 ,le monde e/ dev5u semblable une m] en tempte1 sillonne de b>ques sans pilotes1 et la m>e ne cesse de mont]444 ,le spectacle1 vraim5t eff>ant1 abat les plus f]mes c\rages4 ,une my/rieuse intuition av]tit cep5dant ceux qui ont l'habitude de reg>d] et d'obs]v] que des feux s'allum5t encore sur les montagnes1 et que de ce *aos effrayant1 de ce d*anem5t de convoitises viol5tes1 natra un monde meilleur1 prcurseur du rgne de l'esprit4 ,ces ouragans qui s\ffl5t de t\tes p>ts1 c'e/ l'me d'une humanit r5\vele qui s'labore dans un d\l\reux enfantem5t4 99 99 99 99 99 ,ce livre tait de/9 p>atre au comm5cem5t de l'an d]ni]3 les espoirs qu'il conti5t et proclame aurai5t alors1 peut-tre1 sembl *imriques aux esprits positifs4 ,la plup>t de ceux qui se complais5t dans la tri/e grisaille des in/9cts et des =ces matrielles1 ne voyai5t en ce mom5t aucune lumire l'horizon1 et ne disc]nai5t pas la bordure d'arg5t des nuages noirs4 ,les vnem5ts extraord9aires qui se sont vrifis rcemm5t dans l'un des pays de l',europe1 ont pr\v ces intellig5ces trop unilatrales que le rveil de l'esprit n'tait po9t un simple mirage1 mais bi5 une ralit puissante4 ,l'importance de la rvolution politique qui vi5t de sauv] un peuple1 s't5d moralem5t bi5 au del de la limite de ses frontires1 c> elle a proclam une vrit univ]selle3 ,l'homme doit avoir p\r mot d'ordre la df5se de la patrie et de ,dieu6 ,c'e/ un rgne n\veau qui app>at l'horizon du monde1 celui de l'esprit6 ,on ent5d l'air trembl] au son des clo*es invisibles qui en annonc5t l'avnem5t4 ,,dora ,,meleg>i4 ,p>is1 #aibc4 ,,s\s ,,les ,,eaux ,,tumultueuses ,,premi,,re ,,p>tie ,p5dant que la nuit dure encore4 ,,*apitre ,,premi] ,,esp,,rances ,,pr,,matur,,es ,h5ce ! mo/ vital movem5t mortal feel1 ,is hope2 ! balm & life blood ( ! s\l4 7,,ralph-,,waldo ,,tr9e47 ,je ddie ce livre ceux qui ont beso9 d'esprance1 et ne peuv5t se cont5t] du simple pa9 quotidi51 qu'ils l'ai5t gagn p> leur travail1 ou leur p*1 ou que1 p>asites1 ils le doiv5t au travail ou au p* d'autrui4 ,c'e/ dans ces mes assoiffes que l'esprance doit refleurir4 ,quant aux autres1 celles qui se satisfont d'app>5ces et de fume1 elles app>ti5n5t la catgorie des mes qui1 selon c]ta9s pres de l'glise1 s]ai5t autorises refus] l'immortalit4 99 99 99 99 99 ,ri5 n'e/ plus dmoralisant que de cess] d'espr] et une p>tie du ds>roi actuel provi5t des gr&es esprances conues durant la gu]re,a et qui ont t dues ensuite4 ,ces esprances sont de/9es cep5dant1 j'en ai la conviction1 se ralis] plus t>d1 mais bi5 plus t>d1 trav]s d'autres expri5ces1 d'autres surprises1 d'autres s\ffrances444 ,l'erreur des esprits de bonne foi a t de croire que1 ds le l5dema9 du =midable conflit1 t\t se remettrait en quilibre et que les gr&s pr9cipes1 qui avai5t arm les bras et en?\siasm les curs1 s'impos]ai5t t\s1 va9queurs et va9cus4 ,on s'tait imag9 que la sagesse de ,salomon pntr]ait les c]veaux1 et que la cit des m5songes s'cr\l]ait1 ensevelissant dans sa *ute les convoitises que l'orgueil des combats avait exac]bes4 ,peut-tre bi5 y avait-il un manque de rflexion et un peu d'+nuit dans les esprances qui avai5t a9si gonfl les curs4 ,on se figurait que le palais de la vrit allait s'lev] dans la cit de la ju/ice4 ,le rveil fut am]1 et alors1 criant l'utopie1 *acun r5ia ses dieux4 ,p\rtant1 logiquem5t1 ces esprances avai5t t fondes4 ,jamais on n'avait assi/ une p>eille trpidation d'mes1 un semblable lan moral *ez les peuples4 99 99 99 99 99 ,comm5t adv9t-il que dans le cur des hommes1 au lieu de cette floraison magnifique1 les plus basses passions se soi5t dresses1 et que le mal se soit inc>n8 ,je ne veux pas faire de politique ou de sociologie dans ces pages qui n'envisag5t que la recon/itution de la m5talit gnrale2 mais il e/ c]ta9 que l',esprit n'a pas s\ffl sur les arbitres des de/9es du monde--comme en c]ta9s conclaves qu'enregi/re l'hi/oire--et que1 p> son sil5ce1 il a p]mis l'ignorance huma9e de jet] entre les peuples des g]mes de discorde qui ont aiguis les armes des ha9es futures4 ,l'obscurcissem5t de la p5se a t la premire inoculation fatale1 et1 sa suite1 la dfiance a empoisonn le cur des frres d'armes1 et provoqu ces mal5t5dus qui1 aigrissant les am\r-propres nationaux1 ont emp* jusqu'ici les bi5faisantes consqu5ces de la paix de se faire s5tir4 99 99 99 99 99 ,l'une des plaies de l'poque d'avant-gu]re tait le m5songe et le culte du faux s\s t\tes ses =mes3 fausses valeurs1 fausses consci5ces1 fausses pitis444 ,on se figurait que le triomphe du bon droit les f]ait s'cr\l] in/antanm5t1 comme les trompettes de ,josu fir5t tomb] les murs de ,jri*o4 ,mais ri5 ne s'e/ effondr4 ,la victoire a t1 comme t\tes les autres victoires de ce monde1 un alambic o se sont labors les gr&s c\rages et les m]veilleux hrosmes1 mais elle n'a pas trans=m l'homme dans son ess5ce4 ,il s'e/1 comme t\j\rs1 montr1 aprs la paix1 l'esclave de ses passions et de ses t5dances p>ticulires4 ,la gr&e gu]re des nations1--c'e/ un fait pr\v auj\rd'hui1--n'a donc pas eu le rsultat miraculeux qu'on en att5dait4 ,un v5t de viol5ce a promptem5t disp]s les s5tim5ts de solid>it et de reconnaissance qui avai5t p>u reli] les peuples entre eux durant la priode des dang]s communs4 ,ces s5tim5ts ont t remplacs d'un ct p> le pre/ige de la =ce et de l'arrogance2 de l'autre1 p> des ncessits conomiques4 ,trop cyniquem5t tales1 elles fur5t cause de dboires am]s1 de dsillusions cruelles qui dess*r5t et rduisir5t en c5dres les g]mes de la fconde rcolte sur laquelle on comptait4 ,t\t cela e/ si connu1 qu'il n'e/ po9t utile de s'att>d] sur le fait en lui-mme1 ni d'en re*]*] les causes secrtes1 ou d'en indiqu] les rsultats dess*ants4 ,les consqu5ces en sont d'une trop pntrante mlancolie p\r ceux qui avai5t espr4 ,or1 comme la con/atation p]ptuelle du mal e/ m9emm5t dc\rageante1 on doit essay] au plus vite de dpass] cette priode4 99 99 99 99 99 ,il faudrait de l'aveuglem5t ou de la niais]ie p\r ni] la crise que l'humanit trav]se1 et ne pas la combattre quivaudrait un maladroit aveu d'impuissance2 mais la plus gr&e faute s]ait encore d'en avoir peur et de la croire durable4 ,l'unique moy5 efficace p\r en arrt] le dveloppem5t e/ de lev] les yeux et de reg>d] au-dessus et au del4 ,t\t ce qui e/ prcieux re/e ca* auj\rd'hui au trfond des curs1 et l'app>5ce des *oses e/ dconc]tante4 ,la vanit p\sse p>t\t des rac9es =midables3 *aque soldat prt5d tre ,m>*al et1 s'il y a encore des matres1 il n'y a plus de disciples1 ni de s]viteurs6 ,or1 comme aut\r des gr&s palmi]s solitaires il n'y a que des pla9es sablonneuses1 c'e/ v]s un imm5se ds]t que la socit semble m>*]444 ,puisque t\tes les =ces vives des nations sont dresses1 l'arme au po+1 les unes contre les autres1 elles ne peuv5t se coalis] efficacem5t contre l'p\vantable dang] qui les m5ace4 ,il en e/ a9si dans t\te l',europe1 il en e/ a9si dans *aque pays sp>m5t4 99 99 99 99 99 ,*acun sait1 *acun a con/at ce que je vi5s de dire4 ,p>mi les g5s qui ont une vision claire de la ralit1 il y en a de faibles qui dsespr5t /rilem5t1 et de =ts qui1 p\r prcipit] l'volution1 ne croi5t qu' l'exi/5ce des faits4 ,mais les faits sembl5t p>t\t s'accumul]1 irrconciliables les uns avec les autres4 ,p\r crer des faits suprieurs comme valeur et comme puissance1 p\r ouvrir la r\te de n\veaux c\rants1 p\r allum] des flammes capables de dtruire les scories qui encombr5t la r\te1 il faut1 avant t\t1 avoir confiance dans le p\voir crateur de la p5se huma9e4 ,a t\s les hommes d'intellig5ce et de bonne volont une croisade s'impose p\r laquelle la premire arme de combat e/ l'att5te sage1 pati5te1 p]spicace444 ,,*apitre ,,ii ,l',,att5te ,c'e/ la nuit qu'il e/ beau de croire la lumire4 7,,ed4 ,,ro/&47 ,dans t\tes les religions1 l'attitude de l'att5te e/ vivem5t recomm&e2 c'e/1 du re/e1 l'attitude p]ptuelle de la vie huma9e p\r ceux surt\t qui en admett5t le r5\vellem5t inf9i et qui croi5t l'exi/5ce d'une =ce suprieure laquelle l'homme peut avoir rec\rs4 ,t\te esprance =mule n'a-t-elle pas1 d'ailleurs1 p\r consqu5ce logique l'att5te de la rponse8 ,donc il faut att5dre1 qu'on le veuille ou non4 ,l'important c'e/ de savoir att5dre6 ,*ez quelques-uns c'e/ une disposition naturelle3 *ez d'autres une v]tu acquise ou qu'il faut acqurir4 99 99 99 99 99 ,les mots de ,dieu ,adam3 ,dsormais tu gagn]as ton pa9 la sueur de ton front1 s'appliqu5t t\s les s]vices1 t\s les g5res de labeur et vont bi5 au del de l'ef=t matriel des bras et des muscles4 ,ils compr5n5t *aque ef=t dont e/ capable l'me huma9e4 ,mme qu& l'homme produit des fruits remplis non de pulpe1 mais de c5dres1 ces fruits sont dus au travail de sa p]sonne ou de sa p5se4 ,les imag9ations p]v]ses se fatigu5t labor] sans cesse des =ces de/ructrices1 et c'e/ aussi la sueur de leur front qu'elles p\ss5t le monde aux actes dmoralisants4 ,dieu a appel l'homme collabor] avec lui en t\t ce qui s'accomplit sur notre plante1 mme lorsqu'il s'agit de miracles comme la rsurrection de ,laz>e4 ,c'e/ l un fait fondam5tal que l'homme ne devrait jamais p]dre de vue4 99 99 99 99 99 ,dans la signification qu'il faut donn] au mot att5dre1 t\te ide de p>esse doit1 bi5 ent5du1 tre exclue4 ,l'homme qui sait att5dre n'e/ pas un fa9ant1 c> il e/ con/amm5t en tat de veille4 ,il ne s'agite pas1 il ne se prcipite pas1 il ne s'irrite pas1 mais son esprit e/ sans cesse t5du v]s l'objet de son att5te1 et ce n'e/ pas l un m9ce labeur4 ,l'att5te doit tre pati5te1 mais non rsigne4 ,ces deux mots s'exclu5t3 qu& on se rsigne1 on n'att5d plus6 ,il faut donc que l'att5te soit vigilante et optimi/e4 ,le monde app>ti5t aux optimi/es1 disait ,m4 ,guizot1 les pessimi/es n'ont jamais t que des spectateurs4 ,en ce mom5t1 l'ordre donn p> ,dieu ,adam a cess d'tre obi et compris dans sa signification prcise1 qui e/ l'obligation absolue du travail4 ,une vague de p>esse a pass sur le monde1 et1 auj\rd'hui1 l'homme1 symptme effrayant1 se refuse travaill] de ses ma9s3 il refuse mme de sem] le bl et le riz dont il doit vivre6 ,quant ceux qui ne lab\r5t pas1 qui ne produis5t pas les matriaux ncessaires la production1 ils demeur5t ass\pis dans une apa?ie crim9elle1 une sorte d'eng\rdissem5t de la p5se4 ,on dirait qu'ils att5d5t1 dans une espce de l?>gique sommeil1 l'gorgem5t f9al de leur classe4 ,p\r la df5dre1 ils ne t5t5t mme pas un ef=t4 ,a les voir volu] dans la vie avec des allures non*alantes1 il semble qu'il assi/5t un jeu sur les rsultats duquel ils n'ont pas engag de p>i6 ,les individus de cette catgorie n'att5d5t ri5 videmm5t4 ,leurs yeux ne sont pas t\rns comme ceux des ,rois ,mages v]s l'toile qui doit se lev] l',ori5t4 ,ils subiss5t les vnem5ts1 ils n'y conc\r5t pas4 ,or1 subir1 c'e/ dj un tat infrieur4 99 99 99 99 99 ,l'att5te fconde se manife/e extrieurem5t de deux faons3 p> le sil5ce gros de p5ses qui quivaut des =ces inf9ies d'action2 et p> la p>ole qui peut avoir sur les esprits et les curs une si puissante rp]cussion4 ,voyons comm5t l'homme se comporte vis--vis du sil5ce et de la p>ole1 comm5t il en use dans la vie publique et prive4 ,,*apitre ,,iii ,,le ,,sil5ce ,seul le sil5ce e/ gr&1 t\t le re/e e/ faiblesse 7,,alfr$ ,,de ,,vigny47 ,le v]s admirable d',alfr$ de ,vigny e/ la condamnation de l'abondance inutile des mots4 ,il faut avoir une gr&e foi dans le sil5ce1 non le sil5ce qui nat d'un c>actre morose1 d'un orgueil dmesur1 d'un manque de s9crit1 d'imag9ation1 d'expansion1 d'une sorte de pauvret d'esprit ou bi5 simplem5t d'une humeur sauvage1 mais le sil5ce intuitif ou v\lu de ceux qui voi5t1 s5t5t et sav5t4 ,cette =ce muette a t\j\rs ex]c un m]veilleux p\voir mais jamais elle n'a t plus ncessaire que dans ce mom5t suprme de l'hi/oire du monde1 o l'on meurt de trop de p>oles6 ,avec notre organisation politique et sociale1 qui admet la libre discussion sur les po9ts les plus graves et les plus dlicats1 il e/ difficile de mettre un fre9 aux langues qui p>l5t4 ,auj\rd'hui qu'aux voix mascul9es1 les voix fm99es s'uniss5t1 et que dans son = intrieur1 *aque homme1 mme le plus mdiocre1 se croit un /ratge et un *ef politique1 le bruit e/ dev5u ass\rdissant1 et le *aos crot *aque j\r davantage4 ,dans ce rseau s]r de m5songes1 d'intrts inav\s1 d'a/uce et de p]fidie1 il e/ naturel que l'esprit p]de son quilibre1 ne sa*e o se pos] et soit emport p> le flux et le reflux de la p5se en ds>roi4 99 99 99 99 99 ,la vrit qui devait1 aprs la gu]re1 surgir victorieuse1 tire du spulcre o la fausset et la veul]ie des hommes l'avai5t relgue1 dans quel puits se ca*e-t-elle auj\rd'hui8 ,n\s la *]*ons et ne la tr\vons pas6 ,faut-il l'inscrire1 comme sur les *amps de bataille1 p>mi les disp>us puisqu' l'appel dsespr de ses f]v5ts adorateurs1 elle ne rpond pas3 ,prs5te6 ,p\r ceux qui avai5t confiance1 p\r les optimi/es qui avai5t espr sa rsurrection pro*a9e1 le dsappo9tem5t e/ am]4 ,les autres1 ceux qui1 c\p de grosse caisse1 avai5t inscrit son nom en v$ette sur leurs drapeaux1 ne ca*5t plus auj\rd'hui leur s\rire ddaigneux p\r les +nus qui avai5t cru de bonne foi la m5songre devise4 ,la ,fonta9e1 dans une de ses ,fables1 n\s montre le plus s9cre et le plus mode/e des animaux de la cration condamn pay] p\r t\s444 ,l'hi/oire1 comme la ,fable1 se r5\velle cont9uellem5t4 ,mais il e/ dang]eux d'insi/] sur les po9ts noirs des vnem5ts contempora9s3 cela e/ contraire cette v]tu du sil5ce que n\s devons appr5dre pratiqu]4 ,il e/ vid5t que les p>oles inutilem5t prononces p5dant quatre annes et demie de gu]re et plus de trois ans de paix1 ont nui la re/auration de la vrit dans le monde4 ,elle ressuscit]a cep5dant4 ,plus on v\dra l't\ff]1 l'cras]1 la raill]1 plus puissante elle s'affirm]a un j\r2 mais p\r arriv] ce j\r il faudra s\ffrir encore4 ,essayons au mo9s d'en acclr] la v5ue et de ne pas ret>d]1 p> d'imprud5tes p>oles pessimi/es1 son avnem5t dans le monde4 vitons soigneusem5t ce qui e/ propre sem] la discorde1 aigrir les curs1 dc\rag] les bonnes volonts4 99 99 99 99 99 ,ent5dons-n\s6 ,limit] nos p>oles1 et rfl*ir leurs consqu5ces ne signifie po9t s'isol]1 cess] d'c\t]1 de veill] et d'tre prt int]v5ir p\r prote/] utilem5t4 ,on devrait billonn] la presse1 dira-t-on2 mais la presse1 qui f]ait bi51 c]tes1 de se musel] un peu elle-mme1 a une autre t*e remplir que les individus6 ,elle doit in=m] l>gem5t le public des div]ses t5dances1 des div]s bruits1 des div]ses n\velles qui c\r5t4 ,ce devoir d'in=mateur n'incombe pas au simple citoy53 il a celui1 au contraire1 d'tre prud5t1 vigilant1 de ne pas exaspr] les mes1 de ne pas donn] un poids exagr aux rancurs1 aux mal5t5dus1 aux d\tes444 ,dans les mom5ts angoissants que trav]s5t c]ta9s pays1 il faudrait1 je ne dis pas susp5dre t\t jugem5t1 mais =mul] ceux qu'on porte de faon faire compr5dre leurs torts aux c\pables sans les accabl] de repro*es qui1 p> leur viol5ce1 ressembl5t presque des injures4 ,il e/ opportun aussi de ne pas excit] les victimes1 af9 qu'elles ne p]d5t pas leur sang-froid1 cette suprme qualit des triomphateurs4 ,l'habilet vraie consi/e obs]v] t\j\rs1 t\t c\t] et se recueillir s\v5t4 ,c'e/ l un programme auquel on peut jo9dre un conseil3 levez dans vos curs un temple au sil5ce6 99 99 99 99 99 ,ce n'e/ pas seulem5t dans les heures suprmes de la vie publique1 mais encore dans t\tes nos relations avec les faits et les individus1 qu'il y a avantage us] de peu de p>oles4 ,dans la vie dome/ique et familiale1 le sil5ce e/ c]ta9em5t plus efficace que les repro*es1 il t\*e davantage1 meut plus1 il donne aux mots1 qu& f9alem5t ils sont prononcs1 un pre/ige plus gr&4 ,les matresses de maison les mieux obies1 les mres de famille les plus respectes1 ont t presque t\j\rs des sil5cieuses4 ,en am\r aussi1 la femme qui p>le peu et semble se rfugi] dans sa vie intrieure1 e/ celle qui sait ret5ir l'am\r le plus longtemps4 ,il y a en elle une saveur de my/re qui fasc9e les mes4 ,a l'arme1 l'cole1 le pre/ige ex]c sur les soldats et les enfants e/1 en gnral1 rs]v aux laconiques1 des lvres desquels ne sort5t que des ordres prcis1 des enseignem5ts nets et clairs4 99 99 99 99 99 ,que de fois galem5t1 dans des circon/ances dlicates1 une situation a t sauve uniquem5t p> le sil5ce6 ,une seule p>ole aurait t\t gt et t\t p]du4 ,le sil5ce1 semblable un baume m]veilleux1 a cicatris la plaie et a emp* la tragdie d'clat]4 ,t\s les tres huma9s ne peuv5t pas tre des sil5cieux efficaces2 il faut p\r cela du tact1 de l'intellig5ce1 de la f9esse6 ,ces privilgis sont r>es2 mais t\s peuv5t mettre un fre9 leur langue p\r qu'elle ne devi5ne pas une s\rce d'antagonismes et d'am]s mcont5tem5ts4 ,cela n'e/ pas t\j\rs facile1 qu& le cur bat d'une indignation ju/ifie1 mais c'e/ p\rtant obligatoire4 ,n\s ne devons pas oubli] que t\te p>ole ac]be e/ une joie p\r l'ennemi qui1 secrtem5t et incessamm5t1 essaye de sem] la ha9e dans les lignes des va9queurs4 99 99 99 99 99 ,comme le pote d',eloa1 r5dons un culte au sil5ce1 mais n'oublions pas cep5dant qu'il en peut tre une mauvaise espce3 celui-l e/ le fruit de l'orgueil et de l'ob/9ation2 il f]me ses oreilles la vrit1 s'entte dans les fausses apprciations1 refuse d'c\t] les conseils de l'expri5ce4 ,dans la politique1 comme dans la vie familiale1 ce mutisme e/ s\v5t cause de malheurs inf9is et de prilleuses rancurs4 ,nul homme1 quelle que soit sa valeur intellectuelle1 n'e/ autoris mpris] compltem5t l'*ange des ides avec ses semblables4 ,il faut seulem5t tre p]spicace1 savoir disc]n] les valeurs et ne pas donn] sa confiance aux mdiocres qui ne la mrit5t pas4 99 99 99 99 99 ,si la p>ole trop prolixe prs5te des inconvni5ts1 l'*ange des mots e/ cep5dant ncessaire au bon mcanisme de la vie4 ,il n'y a ri5 de plus tri/e qu'une famille de sil5cieux moroses4 ,le m>i1 le fils r5tr5t au foy]1 mais pas une phrase ne sort de leur b\*e1 ils ne racont5t ri5 de ce qu'ils sav5t1 de ce qu'ils ont vu6444 ,si on leur pose une "q ils en sembl5t exasprs et y rpond5t pe9e4 ,combi5 de familles s\ffr5t de ce sy/me d'inique sil5ce4 ,que dem&5t au fond ces mres1 ces p\ses1 ces filles8 ,elles n'exig5t pas de longs disc\rs1 mais seulem5t un s\rire1 un mot qui les mette un peu au c\rant des *oses2 un simple reg>d affectueux suffit mme s\v5t les satisfaire1 dissip] l'oppression de ce mutisme (f5sant1 comp5s] la r>et des mots prononcs4 99 99 99 99 99 ,la cause de ce mal e/ unique3 c'e/ l'gsme orgueilleux1 jo9t l'habitude de ne jamais rfl*ir suffisamm5t aux consqu5ces des attitudes que l'on pr5d ou la signification que les autres leur attribu5t4 ,l'heure e/ si grave auj\rd'hui qu'une svre discipl9e e/ dev5ue indisp5sable t\s2 n\s devons appr5dre contrl] notre langue1 et ceux auxquels leur consci5ce impose un mea culpa doiv5t tre les premi]s rp>] les ennuis1 et p>fois les malheurs que leur trop gr&e impulsivit a pu caus]4 levons donc un hymne la noblesse du sil5ce consci5t1 qui signifie sagesse1 philosophie1 tact1 dignit1 altruisme1 et dnonons le sil5ce de l'orgueil1 de l'gsme1 de l'ob/9ation1 et ce ds9tressem5t complet de la p5se d'autrui qui1 non seulem5t pse sur la vie familiale1 mais peut aussi dev5ir dang]eux dans la vie politique des peuples4 ,,*apitre ,,iv ,l',,in/rum5t ,,magique ,et que tes lvres g>d5t la connaissance4 7,prov4 ,v-#b47 ,aprs avoir affirm la beaut1 le pre/ige1 la dignit du sil5ce1 il faut p>l] un in/ant de l'in/rum5t magique dont l'homme dispose et qui s'appelle la p>ole6 ,trois syllabes6 ,et dans ces trois syllabes1 t\tes les manife/ations de l'me univ]selle peuv5t se cond5s]4 ,ces trois syllabes disp5s5t la gu]re et la paix1 la =tune la plus clatante et la plus p\vantable misre1 la flicit la plus complte et la plus atroce d\leur4 ,elles difi5t et dtruis5t1 consol5t et dsespr5t1 allum5t les inc5dies1 propag5t les ha9es1 exalt5t l'orgueil de l'homme et le rduis5t en p\ssire2 elles pntr5t son me d'une inf9ie d\ceur et la d*ir5t d'angoisse4 ,elles sp>5t les amants les plus t5dres1 arm5t l'un contre l'autre les amis les plus srs1 loign5t les fils des mres1 et si1 p>fois1 elles rappro*5t l'homme de ,dieu1 s\v5t elles le p\ss5t dans les bras t\j\rs ouv]ts de ,lucif] qui t5d inlassablem5t sur le monde son ombre gigantesque4 ,et cet in/rum5t magique et m]veilleux1 le plus extraord9aire des dons qui ont t faits l'homme1 celui-ci e/ matre de s'en s]vir au gr de sa fantaisie4 ,on l'a laiss1 au fond1 trs ignorant des =ces t]rifiantes qu'il p\vait mettre en jeu p> le seul m\vem5t de ses lvres4 ,comm5t s]ait-il consci5t de ses responsabilits1 puisqu'on les lui a pe9e indiques1 et que ni les religions ni les philosophies n'en ont fait1 comme elles l'aurai5t d1 l'objet d'un enseignem5t spcial et de capitale importance4 ,elles se sont bornes des conseils d'ordre gnral4 ,quelques prov]bes1 app>t5ant p\r la plup>t la littrature ori5tale1 mett5t bi5 l'homme en g>de contre le dang] des p>oles surabondantes et irrfl*ies1 mais c'e/ comme en passant1 sans y atta*] d'importance1 sans insi/] sur les t]ribles responsabilits qu'il peut enc\rir de ce *ef4 99 99 99 99 99 ,appr5dre l'homme1 ds sa premire enfance1 se mfi] des mots devrait tre1 au contraire1 le pr9cipal objet de t\te intellig5te prp>ation la vie4 ,il faudrait enseign] l'enfant que la p>ole doit tre manie avec mesure et prud5ce1 comme s'il s'agissait d'une arme de prcision4 ,elle tue1 en effet1 mieux que le br[n+ le plus p]fectionn4 ,il e/ vraim5t inconcevable que les pdagogues1 les philosophes1 les gr&s prtres de t\tes les religions et les arbitres de la de/9e huma9e n'ai5t pas mieux compris l'incalculable porte de la p>ole1 et t5t de la matris] p\r la faire s]vir aux f9s qu'ils p\rsuivai5t4 ,or1 cela n'a jamais t fait6 ,au ,,xx sicle1 la p>ole a pris des allures dsordonnes contre lesquelles aucune sanction ne s'ex]ce plus4 ,aup>avant1 les citoy5s des diffr5tes nations ne p\vai5t t\*] c]ta9s sujets politiques ou religieux sans enc\rir de graves remontrances1 et mme des pnalits4 ,mais il ne s'agissait que de quelques t]ra9s prohibs1 c>1 dans le doma9e priv1 l'homme a t\j\rs t libre de d%onor] son pro*a9 et de le tu] moralem5t autant de fois qu'il le p\vait dans une j\rne6 ,qui a jamais p5s mettre un fre9 au dbordem5t de la p>ole8 ,ce n'e/ c]tes pas l'autorit publique4 ,quant l'op9ion1 elle e/ re/e muette1 et si quelques voix se sont leves p\r prote/]1 vite on les a fait taire1 au nom de la lib]t6 ,dans la d]nire gu]re1 il y eut de gr&s faits que les p>oles ont dnatur et obscurci1 exasprant les am\r-propres1 et prp>ant l',europe un long av5ir de rancurs1 emp*ant les conciliations de s'opr] et les mal5t5dus de s'expliqu]4 ,la responsabilit de cette imm5se tu]ie remonte c]ta9em5t la convoitise des ,huns ressuscits1 mais l'abus ins5s des p>oles a jet sur les feux allums des matires explosives1 il a tu moralem5t autant de s5tim5ts1 d'illusions et d'esprances que les plus hideuses inv5tions mod]nes ont fait de victimes huma9es4 ,j'en appelle aux curs droits qui batt5t encore dans la poitr9e de quelques-uns des tres crs p> ,dieu son image2 il s]ait temps que les hommes se r5d5t compte enf9 de quelle arme =midable ils dispos5t4 ,tant qu'ils ne l'auront pas appris1 tant qu'on ne le leur aura pas enseign ds leurs premi]s balbutiem5ts1 ils ne p\rront connatre1 en aucune circon/ance1 la scurit ou la joie s]e9e d'autrefois1 alors que1 dans sa vie plus recueillie1 l'humanit disc\rait mo9s4 ,si celle-ci n'appr5d pas se taire1 une insondable mlancolie cont9u]a rp&re son ombre sur les paysages de la t]re1 et la beaut de la lumire ne se reflt]a plus dans les yeux des hommes4 ,inquiets1 sombres1 despotiques1 agits1 ils err]ont de p> le monde1 rvant de de/ruction1 de laideur1 de m5ace et de viol5ce4 99 99 99 99 99 ,on a si peu rfl*i jusqu'ici la porte et l'horrible dang] des p>oles1 que l'on s]a /upfait de leur voir donn] une p>eille importance et les *>g] d'une semblable responsabilit4 ,on dira3 ,la p>ole e/ un don naturel dont l'homme a le droit d'us] comme de la facult de voir et d'ent5dre4--,c]tes les tribuns la mani5t avec trop de viol5ce1 et la presse en abuse2 quelques lois re/rictives s'impos5t1 n\s le reconnaissons4 ,les plus raisonnables arriv5t n\s faire cette concession4 ,hlas6 le mal e/ trop grave et trop t5du p\r que des articles de loi puiss5t avoir auj\rd'hui une action efficace4 ,c'e/ l'me p>ticulire des individus qu'il faut m\voir et conva9cre1 r5dre consci5te de ce que les mots reprs5t5t comme puissance1 du mal inf9i qu'ils peuv5t faire1 et du bi5 incomm5surable dont ils p\rrai5t tre capables4 99 99 99 99 99 ,comme on enseigne un enfant ne pas se jet] devant une automobile lance t\te vitesse1 ne pas gratign] le visage de son pro*a91 ne pas lui tir] la langue sans provocation1 il faudrait lui enseign] mesur] et contrl] les mots qu'il prononce4 ,ah6 les mots6 ,en am\r1 *acun sait le tr\ble et l'angoisse qu'ils provoqu5t1 les c\ps cruels qu'ils port5t1 les +urissables blessures dont ils sont cause et les sp>ations qui en rsult5t4 ,ils romp5t le *>me qui avait li les mes les unes aux autres et les jett5t sans scrupule dans la dsesprante solitude4 ,l'amiti1 le plus srieux et noble s5tim5t qui puisse li] le cur des hommes1 subit1 elle aussi1 l'atte9te des p>oles4 ,et que de tragdies d'mes1 sur lesquelles on ne s'explique jamais1 sont dues au malfique p\voir de phrases ins\ciantes prononces et comm5tes4 99 99 99 99 99 ,la famille1 elle non plus1 n'*appe pas ce flau4 ,p\r expliqu] c]ta9s suicides1 qu& la cause passionnelle ou f9ancire manque1 on classe ceux-ci s\s la dnom9ation vague de *agr9s dome/iques4 ,cette phrase ouvre des p]spectives abom9ablem5t tri/es4 ,c'e/ comme si on plongeait le reg>d dans un puits sombre au fond duquel on ap]oit une miroitante ta*e d'eau noire2 et dans la plup>t de ces cas1 si quelques lueurs se font plus t>d sur l'vnem5t1 c'e/ presque t\j\rs l'abus des p>oles qu'il faut faire remont] la tragdie4 ,il en e/ de mme en ce qui conc]ne les malheurs publics1 et *acun peut en faire l'obs]vation4 ,p>t\t o une cata/rophe quelconque se prp>e1 elle e/ provoque1 accompagne1 accrue et env5ime p> l'abondance des mots1 p>ls ou crits4 ,semblables de s9i/res g>di5s et s\t5eurs1 ils se camp5t1 se gr\p5t et se multipli5t aut\r des lieux o s'labore l'in=tune4 ,qu& l'homme s]a dev5u consci5t de la puissance qu'il possde de creus] des tombes1 ou de r5\vel] des vies1 il hsit]a peut-tre p>l] sans savoir ce qu'il dit1 et beauc\p d'ombres se dissip]ont sur la t]re4 99 99 99 99 99 ,l'usage plus discret de la p>ole prs5t]a encore un autre avantage2 l'intellig5ce huma9e y gagn]a1 c> t\tes les inepties qui c\r5t le monde dans un galop furieux et dsordonn1 cess]ont de ret5tir aux oreilles de ceux qui1 comme ,maet]l9ck1 donn5t au bon s5s1 dans les facults de l'esprit huma91 une place di/+ue4 ,qu'on ne se mpr5ne pas sur ma p5se6 ,s'il y a quelque *ose d'agrable dans l'exi/5ce c'e/ bi5 la conv]sation vive1 al]te1 gaie1 mme un peu frivole de g5s qui se connaiss5t et se compr5n5t1 et ces joyeuses caus]ies de famille o *acun dit t\t haut ce qu'il p5se et qui p]drai5t beauc\p tre prcdes de trop de rflexion4 ,en p>lant d'inepties1 je p5sais ces l\rds et inutiles bav>dages dont on a pris l'habitude1 sur des *oses qu'on ignore compltem5t4 ,les sujets les plus simples1 l'levage des volailles mme1 peuv5t dev5ir attrayants qu& on en p>le avec compt5ce et hum\r4 ,mais durant les annes de gu]re1 alors que l'angoisse faisait palpit] les curs1 ce fut une rude preuve d'ent5dre les /ratges de salon expliqu] gravem5t comm5t il fallait dispos] les tr\pes p\r gagn] les batailles4 99 99 99 99 99 ,aprs avoir dnonc les p>oles crim9elles qui eng5dr5t la discorde1 la ha9e et la viol5ce1 les p>oles froces ou simplem5t m*antes qui meurtriss5t et dsespr5t les curs1 les p>oles fausses qui sm5t la dfiance1 les p>oles quivoques qui tr\bl5t les consci5ces1 les p>oles l\rdes et pesantes qui ouvr5t la porte ce vieux rdeur1 l'ennui1 dont ,satan a fait son bras droit1 il re/e p>l] des p>oles bi5faisantes1 enc\rageantes1 semeuses de vie et de =ce4 ,celles-l sont recon/ructrices1 et c'e/ dans une autre p>tie de ce livre qu'il faudra trait] de l'aide puissante qu'elles peuv5t apport] l'volution de la de/9e huma9e4 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,m>*&s et m>*&es de fume4 ,,*apitre ,,premi] ,,*assons ,,les ,,v5deurs ,,du ,,temple ,ils v5d5t des c5dres p\r du pa94 ,ils v5d5t du v9 dilu4 79999997 ,l'pisode gr&iose du ,*ri/ *assant les v5deurs du ,temple e/ prs5t la mmoire de t\s1 c> il a frapp l'imag9ation des f\les4 ,le ge/e de ,jsus--div9 p> la sa9te colre qui le provoque1 et huma9 p>ce que c'e/ le ,fils qui df5d la maison de son ,pre contre les trafiquants qui os5t la s\ill] de leurs ignobles m>*s--ce ge/e fut un c\p de ?tre inatt5du1 magnifique et t]rifiant1 qui dut satisfaire le beso9 in/9ctif de ju/ice que t\te me droite porte en soi4 ,les p>oles mprisantes et svres dont il fut accompagn1 fir5t sans d\te trembl] les curs1 mais nul ne prote/a et t\tes les ttes fl*ir5t4 ,ce beso9 de ju/ice qui t\rm5tait les contempora9s du fils du *>p5ti] de ,naz>e? a p]si/ trav]s des sicles d'inju/ice1 et1 malgr les app>5ces contraires1 il n'a jamais t plus gr& qu'auj\rd'hui4 ,n\s ne n\s r5dons pas suffisamm5t compte quel po9t il t\rm5te les mes1 et quelle e/ sa "p de responsabilit dans les temptes qui1 en ce mom5t1 s\ffl5t de p>t\t aut\r de nos foy]s4 ,en y reg>dant de prs1 n\s le retr\vons s\s les viol5ces rvolutionnaires auxquelles il a s]vi de prtexte1 et il se ca*e aussi s\s l'am] dc\ragem5t qui a rduit la classe b\rgeoise cette honteuse apa?ie qui l'a faite1 en c]ta9 pays1 t5dre presque le c\ ses gorgeurs4 ,c'e/ p>ce que son beso9 de ju/ice n'avait pas t satisfait1 et qu'elle ne voyait de rec\rs nulle "p1 que1 blesse dans sa consci5ce intime1 cette classe tait tombe dans l'in]tie1 au lieu de se hauss] une belle rsi/ance4 ,comme c]ta9s actes publics lui avai5t fait p]dre t\te confiance dans la ju/ice tablie p> les lois huma9es1 elle ne savait plus que gmir4 ,a quoi bon lutt]8 s\pirait-elle4 99 99 99 99 99 ,p\r satisfaire les consci5ces indignes et meurtries1 il faudrait que le gr& ge/e du ,*ri/ se r5\velt4 ,mais c'e/ l'homme cette fois1 qu'en incomb]a la *>ge4 ,les =ces div9es arm]ont son bras1 mais le c\p de v]ge doit tre donn p> lui4 ,comm5t s'y pr5dra-t-il8 ,dans t\s les pays1 la situation morale des v5deurs se relie au grave problme du travail et des *anges et fait p>tie de l'conomie gnrale du monde4 ,p\r rs\dre quitablem5t ce problme1 le conc\rs des sicles s]a ncessaire ou du mo9s il faudra de longues priodes de temps4 ,ce qu'il e/ urg5t de faire t\t de suite1 c'e/ de db>rass] les portiques du temple de la cohorte des m>*&s et m>*&es de fume qui les encombr5t et les obscurciss5t4 ,aucune esprance d'un de/9 meilleur p\r l'homme ne p\rra se ralis] tant qu'ils y re/]ont in/alls1 libres d'(frir et de v5dre le nant1 l'ess5ce des fruits de la m] ,morte1 enf]me dans leurs bocaux1 flacons et cassolettes et dont les l\rdes vapeurs dltres emp*5t l'air pur de circul] librem5t et r5d5t impossible t\t dveloppem5t de vie sa9e1 de comm]ce honnte et d'initiative vig\reuse4 ,et jamais il n'y a eu autant de m>*&s de fume qu'auj\rd'hui1 alors qu'aux hommes1 se sont jo9tes les femmes et que dans *aque tre une ambition e/ ne4 ,*acun veut avoir b\tique sur rue4 ,qu& les m>*&ises relles manqu5t1 on en v5d l'app>5ce4 ,ce comm]ce1 qui n'e/ que fume1 e/ connu2 t\t le monde en a vaguem5t consci5ce2 mais1 p> une basse conniv5ce1 p]sonne ne dnonce le trafic4 ,les c>tons vides cont9u5t port] l'tiquette des /ocks abs5ts4 ,c'e/ surt\t dans le doma9e moral que la tromp]ie e/ facile comme n\s le v]rons plus t>d4 ,en att5dant1 reg>dons les enseignes des b\tiques4 ,plusieurs ont des titres sugge/ifs1 comm5ons p> celui-ci3 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,escamoteurs ,exam9ons si ce que tu promets e/ ju/e et possible1 c> la promesse e/ une dette4 7,,confucius47 ,c'e/1 bi5 ent5du1 au figur que n\s exam9]ons les livres de ce comm]ce spcial4 ,ce sont les secrets des pre/idigitateurs d'ordre moral qu'il e/ intressant de pntr]4 ,leur bilan s'explique en peu de mots3 t\t individu qui ne se croit pas oblig d'apport] dans les actes moraux de sa vie une p>faite bonne foi n'e/1 au fond1 qu'un vulgaire escamoteur4 ,celui-ci ne fait pas disp>atre dans son gilet ou dans son *apeau1 les objets les plus htroclites1 tels qu'une p\le blan*e aux ailes dployes1 des b\teilles de v9 ca*etes1 des d\za9es d'ufs frais pondus1 un p]roquet ou un s+e6 ,ce ne s]ai5t l que des jeux innoc5ts4 ,ceux de l'escamoteur moral sont1 au contraire1 r$\tables1 et l'homme le plus avis russit avec pe9e se df5dre contre ses t\rs de passe-passe4 ,c> ce malfaiteur sait en gnral revtir des app>5ces d'honntet et de respectabilit1 et cette faon de donn] le *ange e/ un des traits c>actri/iques de son trafic4 99 99 99 99 99 ,les faons de procd] de nos escamoteurs v>i5t4 ,l'une des plus communes et des plus banales dans sa brutalit1 e/ de ni] sans v]gogne1 au mieux de leurs intrts1 les p>oles qu'ils vi5n5t de prononc] l'in/ant mme1 et qui flott5t encore sur leurs lvres4 ,dans la discussion1 ce sy/me jette l'int]locuteur hors des gonds et provoque *ez lui les pires s5tim5ts d'indignation et de colre4 ,tu vi5s de dire ceci et cela6 ,j'ai des tmo9s444--,mais non1 je n'ai ri5 dit de semblable6 ,p>eille impud5ce ne donne-t-elle pas envie d'cras] ceux qui en font preuve entre le p\ce et l'index8 ,cette mauvaise foi dans les rponses env5ime t\s les rapports de famille et d'amiti4 ,elle tue l'am\r6 ,dans les affaires publiques1 dans les discussions de pr(ession ou de c>rire1 les escamoteurs de la p>ole tr\bl5t les eaux et peuv5t provoqu] les plus graves conflits4 ,ils donn5t assurm5t aux autres le droit d'ex]c] leur g>d de t]ribles reprsailles1 mais ils les subiss5t r>em5t1 tellem5t1 semblable une c\*e de cire paisse1 la l*et encrasse les mes4 99 99 99 99 99 ,les escamoteurs ont donc beau nuire et dtruire1 aucune pnalit ne les atte9t jamais4 ,il n'y a pas de rec\rs contre eux2 leurs procds sont p\r a9si dire impalpables4 ,on ne peut les saisir sur le fait ni les conva9cre1 c> ils manipul5t le nant4 ,matriellem5t1 ils v5d5t des m>*&ises frelates2 moralem5t1 ils escamot5t les situations1 les obligations1 les promesses faites1 les engagem5ts pris1 les s]m5ts *angs4 ,avec un admirable sang-froid1 ils oppos5t t\t repro*e des f9s de non-recevoir qui dconc]t5t les plus intellig5ts et les plus habiles4 ,si1 devant leur vid5te mauvaise foi dans les gr&es comme dans les petites *oses1 quelqu'un s'meut et1 emport p> l'indignation1 essaye de frapp] leur consci5ce1 ils *app5t avec une dextrit surpr5ante t\te responsabilit4 ,p> leur escamotage des faits1 des *oses et des p>oles1 ils ont ru9 les uns1 p]du la rputation des autres1 emp* la russite d'un troisime1 en s'attribuant1 ou en attribuant d'indignes protgs1 les mrites qui aurai5t pu le mettre en valeur4 ,mais naturellem5t ils ni5t avoir eu une "p quelconque ces dsa/res4 ,leurs ma9s sont si habitues br\ill] les c>tes qu'ils ne s'ap]oiv5t mme plus de la besogne que leurs doigts accompliss5t4 ,a =ce de j\] t\j\rs avec des ds pips1 quelques-uns tri*5t presque de bonne foi4 99 99 99 99 99 ,ils vol5t t\t ce qui leur tombe s\s la ma93 les bons mots des uns1 les p5ses des autres4 ,dans l'ordre des s5tim5ts1 ils ont galem5t sur la consci5ce plus d'un crime4 ,et le pire e/ qu'ils font cole4 ,on dcore polim5t du nom d'habilet et d'adresse leur faon d'escamot] les ralits1 et de leur sub/itu] le m5songe et le nant4 ,comme l'on va *ez la tireuse de c>tes1 combi5 de g5s vont dem&] conseil ces v5deurs de fume6 ,ils enseign5t br\ill] les c>tes dans la vie prive ou publique1 ils f9iss5t p> t5ir b\tique ouv]te de fraudes4 ,ce sont des g5s1 en gnral1 de mdiocre intellig5ce et de plus mdiocre culture1 et comme ils sont dp\rvus de passion1 ils mn5t s\v5t une vie respectable4 ,quelques-uns sont des escamoteurs de naissance1 et je ne sais quelle maladie ou quelle t>e de leur esprit les r5d incapables d'accept] la responsabilit de leurs actes et de leurs p>oles4 ,ils sont les mo9s dang]eux de leur classe2 les pires sont au contraire les escamoteurs qui se sont engags dans la tri/e phalange p> opportunisme1 p> envie ou p> un beso9 cre et viol5t de dim9u] les mrites d'autrui1 af9 de donn] plus de lu/re aux leurs propres4 ,des plagiaires naiss5t des escamoteurs1 et les uns et les autres se n\rriss5t de fume6 99 99 99 99 99 ,mais il e/ impossible de dtruire la vrit4 ,p5dant qu'on la nie1 qu'on la dplace ou la transporte1 elle e/ l1 en face de n\s1 et n\s reg>de4 ,on ne peut effac] cette image de la p>oi1 o elle se dta*e en lumire2 mieux vaudrait t\t de suite1 devant elle1 baiss] honteusem5t la tte4 ,t\s les hommes1 mme les plus loyaux1 sont c\pables d'avoir1 p> bi5veillance1 piti1 ou politesse1 altr le vrai4 ,quelques-uns ont fait pire2 ils ont peut-tre m5ti une fois p> intrt p]sonnel1 mais le s\v5ir de ce m5songe les brle comme un f] r\ge4 ,l'un d'eux me disait un j\r3 ,je pla9s les escamoteurs2 ne les jugeons pas trop svrem5t4 ,p5sez1 quelle torture ce doit tre de vivre cont9uellem5t dans ce qui n'e/ pas vrai6 ,c'e/ comme si l'on ne p\vait jamais pos] le pi$ sur la t]re f]me1 si on la s5tait p]ptuellem5t vacill] s\s ses pas4 ,j'tais mo9s indulg5te et je refusais de m'apitoy]1 peut-tre p>ce que les escamoteurs et les br\illeurs de c>tes m'avai5t fait s\ffrir4 ,je leur repro*e surt\t de faire cole1 au lieu de se limit] excut] de la pre/idigitation p\r leur propre compte et1 qu& ils font les l\ps1 de pr5dre une app>5ce d'agneaux4 ,quelques-uns ex]c5t leur mti] avec tant de dextrit et excut5t leurs t\rs avec une si m]veilleuse adresse que les g5s +nus ou simplem5t peu p]spicaces ne s'ap]oiv5t pas qu'ils ont affaire des br\illeurs de c>tes4 ,or1 il e/ temps que les yeux s'ouvr5t et que l'on dnonce l'op9ion publique ces trafiquants1 c>1 p>mi les m>*&s de fume qui d%onor5t le temple1 les escamoteurs doiv5t tre mis en premire ligne2 ils sont les plus nombreux et les plus ins9uants4 ,c'e/ sur leurs paules que le premi] c\p de v]ge doit tomb]4 99 99 99 99 99 ,l'heure a sonn de dblay] le t]ra9 p\r que les ma9s robu/es et f]mes puiss5t accomplir leur uvre de recon/ruction4 ,le monde a beauc\p s\ff]t1 en ces d]nires annes4 ,p\r enfant] l'me n\velle de l'humanit1 que de curs se rong5t d'angoisse1 que d'intellig5ces s'puis5t donn] t\t ce qu'elles possd5t d'n]gie vitale1 que d'mes de bonne volont s'ef=c5t de saisir1 dans le plus secret de leur tre1 la voix de leur subconsci5t p\r qu'il les claire en vue du gr& travail de la recon/itution huma9e4 ,au lieu de les aid] dans leur t*e1 comm5t les hommes de consci5ce1--il y en a encore1--p]mett5t-ils aux escamoteurs de pr5dre ceux-ci les c>tes des ma9s p\r un jeu qui e/ celui de la de/ruction8 ,l'atmosphre que ces misrables crent aut\r d'eux e/ si n]vante1 si l\rde et si dprimante1 qu'elle fait succomb] les plus f]mes c\rages4 ,dans les familles1 p> exemple1 il suffit d'un seul escamoteur p\r gt] t\te possibilit de bonheur4 ,sa prs5ce e/ l'invitation con/ante au dc\ragem5t1 la dfiance1 l'irritation intrieure1 l'am]tume quotidi5ne4 ,soyons indulg5ts p\r ces p*eurs1 mais pas p\r ce p*1 qui e/ bi5 le plus laid et le plus vulgaire qui soit6 ,=ons les escamoteurs f]m] b\tique et ne plus d%onor] le portique du temple1 en y projetant leur vila9e ombre4 ,,*apitre ,,iii ,,les ,,faux ,,int]pr,,tes ,l',et]nel hait le faux tmo9 qui dit des m5songes1 ,et celui qui excite des qu]elles entre frres4 7,prov]bes ,,vi-#ag47 ,eux aussi sont des m>*&s de fume et ti5n5t b\tique ct des escamoteurs et des br\illeurs de c>tes4 ,s\s le prtexte fallacieux de *]*] la vrit1 ils lui sub/itu5t le m5songe et le nant4 ,leurs magas9s sont =t a*al&s comme ceux de leurs confrres1 mais on n'y tr\ve aucune m>*&ise de bon aloi1 solide et intgrale6 ,ils ont un talage de pure app>5ce2 au lieu de ralits1 ils (fr5t sans scrupules les crations de leur fantaisie4 ,on les a*te t\t de mme1 tellem5t le faux et l'artificiel satisfont cette antipa?ie de la vrit dont tant de g5s s\ffr5t6 ,c]ta9s naiss5t avec l'esprit fait de telle sorte qu'ils pr\v5t le beso9 d'embr\ill] les *oses les plus claires et de voir des piges d]rire t\t ce qui frappe leur reg>d ou leur oue4 ,si un homme se jette la rivire p\r sauv] un enfant qui se noie1 vite les faux int]prtes *]*5t son acte gnreux un motif secret et p>fois honteux4 ,et qu& on applaudit devant eux cette action c\rageuse1 ils rican5t ou pr5n5t un air pr(ond comme s'ils tai5t au c\rant de my/rieuses m5es que les autres ignor5t1 alors qu'au fond ils ne sav5t absolum5t ri5 de spcial6 ,mais ils sont g5s d'imag9ation1 et ceux qui manqu5t de cette facult1--et combi5 de p]sonnes ne possd5t mme pas une t9celle de ce don div96--les re*]*5t p\r se r5seign]1 p\r appr5dre leur cole l'art de t\t dnigr] et de tr\v] aux faits les plus simples une explication tortueuse4 ,cela devi5t vite un sy/me que l'on applique ensuite t\tes les gr&es et les petites *oses de l'exi/5ce huma9e1 causant a9si d'inf9ies s\ffrances4 ,sans l'int]v5tion des faux int]prtes1 ces s\ffrances spciales que n\s allons exam9] exi/]ai5t qu& mme1 c> n\s sommes t\s mom5tanm5t capables de n\s tromp] dans nos jugem5ts1 mais elles demeur]ai5t exceptionnelles1 t&is qu'avec les b\tiques ouv]tes des faux int]prtes1 il n'e/ gure de fait ou de s5tim5t qui soit accept auj\rd'hui avec simplicit et bonne foi4 ,p\r les hommes s9cres et gnreux1 le fait d'tre mconnu reprs5te une d\leur intolrable qui obscurcit p\r eux la beaut des j\rs clairs et qui les blesse dans leur intimit pr(onde4 ,aucun tat social1 p\r m]veilleusem5t organis qu'il soit1 ne protg]a jamais l'homme contre les jugem5ts de son frre ou de son vois94 ,ce sont l des dsagrm5ts 9vitables2 mais en int]disant les pratiques auxquelles se livr5t les faux int]prtes1 emp*ant ceux-ci de faire mti] de mdisance1 en frappant leur comm]ce de taxes morales considrables1 on mettra peut-tre un fre9 la dte/able propag&e qu'ils font p> leurs p]fides et ins9uantes manuvres4 99 99 99 99 99 ,mais il en e/ de ceci comme de t\tes les autres preuves auxquelles l'homme e/ s\mis3 c'e/ en lui-mme qu'il doit tr\v] ses meilleures et plus efficaces armes de df5se4 ,il faut qu'il s'ef=ce de dim9u] sa s5sibilit l'g>d des fausses int]prtations4 ,quelques individualits ont dj russi lim9] ou1 du mo9s1 attnu] ce g5re de s\ffrance4 ,qu& on attribue leurs actions des motifs sublimes1 elles s\ri5t1 sa*ant que leurs mobiles ont t mdiocres2 elles s\ri5t galem5t lorsqu'elles ent5d5t attribu] leurs meilleures int5tions des calculs mesqu9s et p]fides4 ,ces p]sonnes ont cess de prote/]3 elles accept5t1 se rsign5t et f9iss5t p> dev5ir presque ins5sibles au fait d'tre mconnues4 ,et comme elles croi5t une ju/ice imman5te1 elles pr\v5t presque plus de honte recevoir des loges immrits qu' tre accuses des pires int5tions4 ,ce sont l des natures =tes et fires1 bi5 qu'un peu froides peut-tre4 ,d'autres1 au contraire1 cont9u5t se rong] le cur qu& elles ne se s5t5t pas comprises et que leurs actes et leurs motifs sont faussem5t int]prts4 ,leur s5sibilit s'exaspre2 elles prote/5t1 se plaign5t1 se df5d5t1 essay5t de remettre les *oses au po9t1 sans y russir3 elles oubli5t que de telles plaies ne guriss5t que d'elles-mmes1 et avec l'aide t\te puissante du temps4 99 99 99 99 99 ,c]ta9s esprits s\ti5n5t qu'il e/ prfrable de prote/] immdiatem5t contre les ins9uations mdisantes3 ils ont p\r ?orie que les lg5des une fois =mes1 il e/ excessivem5t difficile de les dtruire2 il faut donc1 d'aprs eux1 avoir t\j\rs l'oreille t5due1 et1 au plus petit indice suspect1 arbor] son drapeau et mettre flamb]ge au v5t4 ,cette m?ode r5d la vie trs fatigante1 et1 la plup>t du temps1 ne s]t ri54 ,il faudrait p\voir remont] la s\rce secrte d'o provi5n5t les fausses int]prtations4 ,sans p>l] des pr(essionnels qui les rp&5t et que n\s avons dnoncs1 elles pr5n5t naissance dans t\s les milieux1 et1 si l'on *]*e bi51 on voit qu'un s5tim5t de rancune1 d'envie1 ou d'ambition fru/re les inspire presque t\j\rs4 ,elles naiss5t aussi d'un manque de clairvoyance et sont s\v5t filles de l'ignorance4 ,ri5 n'e/ plus r>e1 du re/e1 que la p]spicacit1 dans notre socit mod]ne4 ,c'e/ mme l un po9t sur lequel je devrai rev5ir frquemm5t dans cette tude1 c> il mrite d'attir] l'att5tion1 tant donn le dveloppem5t que le beso9 d'analyse a pris dans t\s les esprits mod]nes4 ,cette s+ulire lacune e/-elle imputable la vie tumultueuse du ,,xx sicle1 o le temps d'obs]v]1 de rfl*ir et de raisonn] manque absolum5t8 ,quelle qu'en soit l'orig9e1 le fait exi/e et doit tre tudi1 c> il ds>me l'homme devant les vnem5ts et les pripties de la vie4 ,on peut remplac] la p]spicacit p> l'intuition1 mais c'e/ un don r>e et p]sonnel et non une vraie sci5ce1 mise la porte de t\s et qu'on puisse acqurir4 ,lorsqu'on possde ce don1 on peut le dvelopp] p> une con/ante communion avec les =ces qui dirig5t l'univ]s4 ,et n\s voyons t\j\rs le mme my/rieux phnomne se rpt]3 c'e/ celui qui a beauc\p reu1 qu'il e/ donn davantage4 ,cette promesse s5t le privilge1 et beauc\p d'esprits troits se rebell5t contre elle4 ,or1 l'troitesse de l'esprit e/ une =t]esse inexpugnable1 une montagne t\te en saillie1 une p>oi unie et lisse qu'aucun pi$1 p\r agile qu'il soit1 ne p>vi5t gravir4 99 99 99 99 99 ,l'ob/9ation des sots e/ irrductible et1 contre les g5s borns1 il n'y a pas de rec\rs possible2 c'e/ p\r cela que1 si s\v5t1 on voit ces d]ni]s occup] de hautes situations1 l'tonnem5t et l'indignation gnrales4 ,il faut abord] ici un po9t dlicat1 c> il s\lve un grave problme3 jusqu' quel po9t les g5s in9tellig5ts1 ou qui manqu5t de p]spicacit peuv5t-ils tre t5us p\r responsables du mal qu'ils font et des d\leurs qu'ils caus5t8 ,on peut affirm]1 en t\t cas1 qu'il n'y a pas de bonnes btes1 comme on le prt5d quelquefois1 la bont1 s\s t\tes ses =mes1 tant t\j\rs une preuve d'intellig5ce4 ,dans le cas spcial de la propagation des fausses int]prtations1 les sots ti5n5t le record1 d'abord p>ce que1 manquant de bon s5s et ayant des capacits limites1 il leur arrive s\v5t de ne pas compr5dre et de ne pas savoir disc]n] la ralit des s5tim5ts et des int5tions2 ils se tromp5t1 p> consqu5t1 plus s\v5t que d'autres2 et de plus1 tant dp\rvus d'ides p]sonnelles1 ils se laiss5t facilem5t g>] p> les faux int]prtes4 ,on peut donc affirm] sans dm5ti possible1 que les c]veaux troits sont d'mrites faiseurs de pe9es4 ,on me rpondra qu'on ne devrait atta*] aucune valeur leurs fausses int]prtations4 ,c'e/ vrai1 et1 en effet1 s'ils n\s sont indiffr5ts1 n\s p>v5ons aism5t ne pas s5tir l'*>de qu'ils ont plante dans notre *air4 ,n\s haussons les paules1 et n\s en remettons au temps et la ju/ice f9ale des *oses4 ,mais lorsque des jugem5ts has>ds1 blessants et faux1 sort5t de b\*es aimes1--c> n\s aimons les g5s p\r une f\le de raisons complexes o l'intellig5ce n'entre s\v5t p\r ri51--t\te p>ole pr5d une valeur1 t\t jugem5t erron blesse nos s5tim5ts intimes1 et e/ crateur de griefs4 ,n\s ne p\vons hauss] les paules1 ni rpondre p> un fi] sil5ce1 ou un frivole je m'en moque leurs p>oles mal5contreuses1 puisque ces fausses int]prtations1 p>tant de lvres *ries1 mett5t en pril nos pauvres bonheurs4 99 99 99 99 99 ,la famille1 l'am\r1 l'amiti1 au lieu d'tre1 comme on le v\drait1 des =t]esses inaccessibles sont1 p>fois1 p\r les fausses int]prtations1 d'admirables *amps de culture o celles-ci fau*5t t\t ce qui1 p\r un cur s5sible1 reprs5te la d\ceur de vivre4 ,on voit s\v5t dans les familles un mconnu1 contre lequel les autres se ligu5t1 et il arrive que ce mconnu e/ le plus intellig5t1 le plus gnreux et le plus l>ge d'esprit de t\s4 ,une lg5de se =me aut\r du malheureux et1 sortant du c]cle familial1 elle se rp& mme au dehors4 ,de trs hautes p]sonnalits ont connu des msav5tures morales de ce g5re4 ,un des gr&s hommes d'tat de notre poque1 le comte de ,cav\r1 fait allusion dans son j\rnal intime une situation semblable4 ,dans sa jeunesse1 ses p>5ts le t5ai5t un peu l'c>t1 et lorsqu'on discutait c]ta9es que/ions de famille1 on baissait la voix son appro*e p>ce qu'on n'avait pas confiance dans son jugem5t6444 ,il en s\ffrit1 t\t en se s5tant dj1 sans d\te1 suprieur ceux qui le mconnaissai5t4 ,oh6 ces voix qui se baiss5t notre appro*e1 ou qui s\da9 se tais5t1 quel symptme non quivoque de dnigrem5t elles sont p\r n\s6 ,n\s en recevons un petit *oc au cur1 et le s5tim5t de solid>it qui fait la *aleur et le p>fum des rapports de famille1 en e/ dim9u2 le fruit a dsormais p]du son duvet et sa bonne saveur4 99 99 99 99 99 ,p>fois1 c'e/ l'amiti qui n\s rs]ve cette preuve4 ,les amis qui devrai5t n\s connatre le mieux1 qui n\s sont unis p> des li5s de *oix1 int]prt5t mal nos actions ou accept5t sans hsit] les int5tions que nos adv]saires n\s attribu5t4 ,on n'a pas t\j\rs d'ennemis au s5s le plus grave du mot1 mais *acun a des adv]saires disposs dfigur] les motifs qui guid5t nos actes4 ,les amis qui se montr5t prts accept] les fausses int]prtations suggres p> nos adv]saires1 commett5t dj une dloyaut2 mais qu& c'e/ d'eux-mmes et spontanm5t qu'ils n\s mconnaiss5t1 le mot trahison vi5t t\t naturellem5t nos lvres4 ,p\r n\1 le paysage se dcolore1 la lumire s'te9t1 la joie de l'amiti disp>at3 n\s les aim]ons encore1 peut-tre1 les amis infidles1 mais ce ne s]a plus que d'une faon grise et banale4 ,une flure s'e/ produite au plus pr(ond du cur4 99 99 99 99 99 ,en am\r1 les blessures sont plus irrmdiables encore2--et1 p> am\r1 je n'ent5ds pas seulem5t celui qui lie les hommes aux femmes1 mais aussi ces affections de famille ou d'amiti1 si troites et pr(ondes qu'elles ont t\te l'ardeur de l'am\r4 ,en de p>eils li5s1 la fausse int]prtation fait l'effet d'un c\p de c\teau en ple9 cur4 ,elle cre des griefs qui lv5t peu peu1 entre ceux qui s'aimai5t1 des b>rires1 qui ne sembl5t d'abord ri5 et dont les effets sont =midables4 ,le seul fait de voir leurs motifs mconnus p> l'un de ces tres *ris1 suffit t]nir1 *ez les natures dlicates1 l'image de celui ou de celle qu'elles avai5t1 dans leur me1 plac sur un autel4 ,les p\x1 les amants croi5t avoir droit s\s ce rapport un traitem5t spcial1 et ils sont s+ulirem5t /ricts sur ce po9t p>ticuli]4 ,trop indulg5ts aux m5songes1 la duplicit1 la ruse qu& elles sont appliques autrui1 ils ne cons5t5t pas les excus] vis--vis d'eux-mmes4 ,que la c\pable soit mre1 sur1 p\se1 fille1 amante1 amie1 ils ne lui p>donn5t jamais une fausse int]prtation de leurs actes4 ,je connais le cas d'un fils qui1 adorant sa mre1 s'ap]ut un j\r qu'elle avait attribu des motifs errons quelques-uns de ses actes4 ,leur intimit se rompit1 et il fallut des annes p\r la rtablir4 ,et ce tri/e phnomne s'e/ reproduit s\v5t dans d'autres relations4 ,que de bonheurs ont t dtruits p> de fausses int]prtations non p>donnes et qui entranai5t leur suite beauc\p de d\leurs inutiles1 puisqu'elles tai5t bases sur de la fume1 c'e/--dire sur l'inexi/ant4 ,c'e/ l une s\rce de s\ffrance dont l'humanit doit tre dlivre4 ,le remde e/ dans l'homme lui-mme4 ,qu& il aura refait son ducation1 il russira matris] cette s5sibilit spciale4 ,c'e/ une sci5ce n\velle qu'il doit appr5dre et qui reprs5t]a une p>tie ess5tielle de sa recon/ruction morale4 ,p\r lui facilit] sa t*e1 il faut que t\s les hommes de bonne volont dnonc5t les faux int]prtes p>t\t o ils les dc\vr5t1 af9 de ne plus p]mettre leur ombre de s't5dre s\s les portiques du temple1 ni leurs ma9s de l*] l'essaim pe/il5tiel des insectes v5imeux que leurs bocaux conti5n5t1 et qui ont nom3 dfiances1 d\tes1 s\pons1 calomnies1 br\ill>ds1 vapeurs1 fume1 p\ssire et c5dres6 ,,*apitre ,,iv ,,les ,,faux ,,juges ,l't]nel a horreur des yeux hauta9s et des langues m5teuses4 7,prov]bes ,,vi-#i47 ,la b\tique o sig5t les faux juges a une app>5ce plus conv5able et plus noble que celle des autres dbitants de fume4 ,les crieurs *>gs d'attir] les *al&s ont la voix mo9s aigu1 les ge/es mo9s canailles que ceux des b>aques vois9es4 ,une sorte de sol5nit prside l'arrangem5t de l'ensemble des *oses4 ,les magi/rats improviss se font un visage grave1 ils p>l5t avec une hypocrite mesure1 p9c5t les lvres1 fronc5t les s\rcils1 comme si1 avant d'mettre une s5t5ce1 ils en pesai5t soigneusem5t la porte4 ,dans leur attitude1 il y a quelque *ose qui inspire confiance1 non seulem5t aux +nus et aux hommes inexprim5ts1 mais mme ceux qui connaiss5t fond la vie et n'ont pas l'habitude de s'en t5ir aux app>5ces4 ,pntrs d'une illusoire confiance1 quelques-uns vont mme1 dans les cas dlicats1 pr5dre conseil des faux juges1 ce qui augm5te le pre/ige de ceux-ci auprs des faibles1 des sots1 des inc]ta9s4 ,le manque de clairvoyance ou de bon s5s de g5s rputs sages et =ts1 peut avoir des consqu5ces d'une incalculable importance4 ,a leur suite1 le public se r5d *ez les faux juges1 les c\te et1 ensuite1 malicieusem5t ou maladroitem5t1 rp& leurs s5t5ces dans le monde4 ,en gnral1 celles-ci dfigur5t la vrit2 elles condamn5t les actes droits et s9cres1 p\r donn] des loges ceux sur qui1 au contraire1 il faudrait pass] condamnation p\r leur gsme1 leur vanit1 leur bassesse4 ,il suffit d'tre d\ d'un peu de bon s5s et de p]spicacit p\r faire ce propos d'tranges rflexions4 ,mais ce n'e/ pas dans leur b\tique que ces m>*&s de fausse ju/ice accompliss5t leur pire besogne4 ,ils ne demeur5t pas longtemps leur tribunal1 c> cela les ennuie de sig] avec app>at2 ils prfr5t se rp&re au dehors et r5dre leurs s5t5ces pdantes et bornes devant un auditoire plus v>i4 ,les p>oles prononces la face du monde vol5t1 se disp]s5t et ont plus de *ances de tr\v] un t]ra9 o g]m]4 ,j'ai connu quelques-uns de ces faux juges1 t\s ,ph>isi5s de race1 d'ducation et d'in/9ct4 ,je les ai vus ourdir des conspirations contre ceux de leurs pro*a9s1 dont la prs5ce dans la vie les contr>iait1 les gnait444 ,d'un air de suprme sagesse1 ils comm5ai5t p> s'indign] fond contre ces malheureux p\r arriv] ensuite1 sans une preuve en ma91 port] contre eux une s5t5ce df9itive4 ,s\v5t leur manuvre tait grotesque et nulle comme rsultat positif1 mais t\t de mme un peu de mal tait fait6 ,si le nombre et la prsomption de ces faux juges devai5t s'accrotre1 le s5tim5t de la scurit disp>atrait des curs1 et les c\rages vacill]ai5t1 c> il ne s]virait plus ri5 d'vit] avec so9 t\tes les causes de conflits avec la ju/ice1 puisque1 hors des tribunaux et de t\t l'app>eil lgal1 des hommes et des femmes s'improvis5t prsid5ts d'appel ou d'assises et os5t =mul] des arrts qui peuv5t dtruire ou fltrir les rputations4 ,les femmes1 plus encore que les hommes1 se complais5t dans cette besogne extra-lgale4 ,ne p\vant r5dre publiquem5t la ju/ice1 elles en ador5t le simulacre1 et il faut les ent5dre dcid] et tran*] sur t\t4 ,l'asc5sion de la dmocratie a pr\v qu'il y avait un despote en t\t homme et en t\te femme galem5t4 ,celles-ci refus5t de fatigu] leurs mn+es1 n'tudi5t pas1 ne creus5t pas les textes3 cela rid]ait leur front et jaunirait leur te9t444 ,elles ne se s\ci5t pas de recueillir des preuves1 elles ne ti5n5t compte ni des circon/ances1 ni des atavismes4 ,une impression f*euse1 une rancune1 un dpit1 suffis5t les dcid] dans un s5s ou dans l'autre4 ,le lit de ju/ice o elles tal5t leurs robes1 n'e/1 p\r elles1 qu'un t]ra9 de jeux1 et elles n'pr\v5t aucun beso9 d'claircir leurs ides4 ,il ne s'agit que de fume1 dira-t-on2 mais il y a des fumes l\rdes de miasmes mortels4 99 99 99 99 99 ,les faux juges des deux sexes1 hors de leur b\tique du temple1 travaill5t sp>m5t4 ,ils se divis5t la besogne3 ce sont1 en gnral1 des g5s prt5tieux et borns d'esprit1 qui se pr5n5t au srieux et se croi5t eux-mmes inf9im5t intellig5ts4 ,p>fois1 ces francs-tireurs pr\v5t le dsir de se runir4 ,quel aropage6 ,malheur aux ,phryns1 mme trs vtues1 qui os]ai5t s'y prs5t]6 ,les s5t5ces qu'on y r5d sont de celles que le tribunal des ,animaux1 qui condamnr5t l',ane dans la fable de ,la ,fonta9e1 n'aurait pas dsav\es6 ,j'ai t\j\rs e/im que la pr(ession de juge tait l'une des plus l\rdes p\r la consci5ce1 et il m'a t\j\rs p>u in\ que1 sans y tre =c p> s]m5t1 quelqu'un veuille de son ple9 gr1 assum] cette t*e1 usurp] cette place444 ,ces juges improviss ne reg>d5t donc jamais en eux-mmes8 ,c'e/ un phnomne assez curieux de l'me huma9e que cet auto-aveuglem5t4 ,plus on jette les yeux aut\r de soi1 plus on se r5d compte que le vrai e/ ce dont l'homme se s\cie le mo9s6 ,ceux mme qui aurai5t v\lu dcro*] les toiles du ciel et arrt] sur les lvres la vieille *anson qu'on *antait auprs des b]ceaux et des tombes1 ne sont pas plus rali/es que les autres6 ,eux aussi sont des a*eteurs et des v5deurs de fume4 99 99 99 99 99 ,p\r en rev5ir aux faux juges1 dont les s5t5ces c\r5t le monde1 dtruis5t la confiance et emp*5t le dveloppem5t des meilleures initiatives1 comm5t leur donn] la *asse et les anantir8 ,les mitrailleuses elles-mmes s]ai5t impuissantes1 contre leurs dcisions1 c> elles ne frapp5t pas dans le vide444 ,seul un ge/e div9 p\rrait les faire disp>atre dans ces cav]nes de sable m\vant et sans fond1 o l'enlisem5t t]nel att5d t\t ce qui1 en ce monde1 a t m5songe et fume4 ,,*apitre ,v ,,les ,,bluffeurs ,le m5songe e/ l'avilissem5t1 en quelque sorte l'anantissem5t de la dignit huma9e4 7,,kant47 ,il e/ impossible de quitt] les m>*&s de fume1 sans dire un mot des bluffeurs1 malgr la vulg>it rebutante du mot et de la *ose4 ,auj\rd'hui leur dgradant moy5 d'action s'e/ tellem5t rp&u que le nom bluff a t adopt dans t\tes les langues et qu'il e/ compris et appliqu dans t\s les pays4 ,fils du ,n\veau ,monde1 il a acquis ma9t5ant droit de cit p>t\t4 ,on se s]t c\ramm5t du mot et de la *ose4 ,quel infect bluffeur1 n\s cri]ons-n\s1 si celui auquel l'adjectif s'applique a ls nos intrts4 ,et d'autre "p1 n\s rions en disant un ami3 ,avez-v\s f9i de bluff]8 ,cette faon clectique d'employ] le vocable e/ symptmatique4 ,le bluff peut m5] en c\r d'assises1 mais1 qu& il ne s'applique qu'aux petits intrts de la vie1 on en plaisante agrablem5t1 ce qui e/ un tort1 c> le fond de la *ose e/ le mme4 ,le fait de reconnatre1 dans une mesure quelconque1 qu'on a le droit de bluff] e/ la condamnation de t\te socit bi5 organise4 ,les escamoteurs1 les br\illeurs de c>tes1 les faux int]prtes et les faux juges emp*5t la recon/ruction morale du monde1 mais le bluff p]mis1 reconnu1 protg1 jette un tel ds>roi dans les consci5ces1 que1 l'admettre1 quivaut sonn] le glas de la socit huma9e4 ,si le ,fils de l'homme et de ,dieu a *ass1 il y a presque v+t sicles1 les trafiquants du temple1 qu'aurait-il dit de cette plaie du bluff qui1 semblable une lpre hideuse s't5d auj\rd'hui sur le monde8 ,p\r la lav] il n'y a que les tangs de feu dont le vieill>d de ,patmos p>le dans l',apocalypse4 ,n des plus basses passions et synonyme d'un esprit de tromp]ie froide et calcule1 le bluff n'e/ pas simplem5t de la fume1 mais une vapeur dltre qui empoisonne t\tes les s\rces de l'activit huma9e4 ,que n'a-t-on pas dit des poisons des ,borgia6 ,c]tes1 leur emploi avait des inconvni5ts et ceux qui les +urgitai5t passai5t un mauvais qu>t d'heure1 mais ,s9igaglia mme les victimes ne fur5t que tr5te ou qu>ante4 ,les gr&es plaies sociales actuelles font un nombre bi5 plus considrable de victimes4 ,,*apitre ,,vi ,,lanceuses ,,de ,,bulles ,,de ,,savon ,si le mirage de la ,fata ,morgana faisait naufrag] les navigateurs1 que d'esprances les bulles de savon ont cres et dtruites dans le cur des hommes6 79999997 ,y a-t-il ri5 de plus *>mant qu'une bulle de savon8 ,ces b\les fluides1 lgres1 irises qui s'lanc5t joyeusem5t dans l'air ont un *>me p>ticuli]2 et1 en y rfl*issant1 on peut leur tr\v] une signification pr(onde4 ,auj\rd'hui p\rtant les enfants ne s'amus5t plus gure ce jeu4 ,mais il y a t\j\rs des bulles d'air dont les g5s font comm]ce6 ,qu& les ralits manqu5t1 il faut bi5 v5dre quelque *ose p\r attir] l'att5tion4 ,ces b\tiques-l devrai5t tre impitoyablem5t f]mes4 ,j'en connais qui ont des v5deuses *>mantes et mme bi5 int5tionnes4 ,je regrette de les cit] dans les *apitres consacrs aux escamoteurs et aux bluffeurs1 mais comm5t ne pas p>l] d'elles dans cette nom5clature des comm]ants de fume8 ,leur trafic e/ dang]eux1 non p>ce qu'il fait directem5t du mal1 mais p>ce qu'il eng5dre le dsappo9tem5t et dtruit la confiance4 ,qu& on a vu plusieurs bulles de savon se crev] dans l'air1 on e/ mo9s dispos c\t] la voix des propag&i/es qui dis5t3 ,m>*ez1 suivez telle r\te--v\s arriv]ez tel b444 ,leurs acc5ts les plus p]suasifs et les plus loqu5ts ont cess d'veill] l'esprance1 d'excit] les bonnes volonts3 ,p\ssire1 sable1 fume6 murmure la voix de l'expri5ce4 ,il s]a un peu tri/e de voir disp>atre ces jolies bulles1 faiseuses d'illusions2 mais si l'on veut srieusem5t recon/ruire le monde1 celles qui les v5d5t doiv5t1 elles aussi1 disp>atre du portique du temple4 ,disons-leur cep5dant un adieu un peu att5dri1 c> si elles ont p>fois bluff p\r des motifs p]sonnels1 elles l'ont fait1 s\v5t1 p\r essay] d'allg] la s\ffrance huma9e et p\r /imul] la bonne volont des hommes4 ,,troisi,,me ,,p>tie ,les ,problmes de l'heure4 ,ces problmes sont nombreux et il en e/ qui correspond5t t\tes les cordes puissantes qui font vibr] l'me des hommes2 leur li/e p\rrait reprs5t] la lyre entire de l'exi/5ce huma9e1 mais auj\rd'hui je me born]ai abord] trois d'entre eux3 la ,famille1 l'ducation1 la ,femme1 laissant de ct1 p\r l'in/ant1 le plus important de t\s3 celui de la vie intrieure6 ,,*apitre ,,premi] ,,une ,,condamn,e ,a ,,mort ,,qui ,d,,fie ,,la ,,mort ,la famille e/ la patrie du cur4 7,,joseph ,,mazz9i47 ,avant la gu]re1 p5dant la gu]re1 et aprs la gu]re1 les prophtes ont entonn le ,de ,pr(undis de l'in/itution familiale4 ,on avait inv5t mieux que cela1 et1 dsormais1 *acun se considrant plus ou mo9s comme fils du has>d1 v\drait vivre sa vie en ple9e lib]t1 sans atta*es gnantes1 sans traditions encombrantes1 sans obligations n]vantes4 ,la plante huma9e devait p\voir fleurir face au soleil1 libre de t\te entrave6 ,quel beso9 a-t-on encore d'une famille et d'un home1 puisqu'il y a les htels1 les re/aurants1 les cafs1 les c]cles1 et mille lieux de div]tissem5ts o l'on peut pass] la f9 des aprs-midi et les soires8 ,les femmes tant heureusem5t dev5ues mo9s dp5dantes1 peuv5t vivre leur vie1 et n'ont plus beso9 de protecteur p\r p>ticip] aux diffr5tes manife/ations de l'exi/5ce4 ,p\rquoi donc les hommes1 tant donn cet tat de *oses1 devrai5t-ils cont9u] assum] des *>ges qui ont cess d'tre obligatoires8 ,et les enfants8 dem&ions-n\s4 ,a cette dem&e timide1 on rpondait3 ,l'tat p\rvoira leur ducation4 ,j'ai t\j\rs c\t dvelopp] ces ?ories sans m'm\voir1 p>ce que je n'ai jamais cru qu'on pt les mettre en pratique1 et ce qui se passe auj\rd'hui me donne raison4 ,si la disp>ition de la famille tait si pro*e1 on ne v]rait pas le nombre des m>iages augm5t] dans t\tes les classes4 ,la facilit et le *iffre croissant des divorces1 ne suffit pas expliqu] ce phnomne matrimonial4 ,le beso9 de se crer une famille e/ dev5u si prpondrant *ez les hommes1 depuis le =midable conflit auquel ils ont pris "p1 que plusieurs se p]mett5t des m>iages imprud5ts qu'ils n'aurai5t pas conclus aup>avant4 ,on voit des jeunes g5s accept]1 d'un commun accord1 la p]spective d'une exi/5ce mode/e et laborieuse4 ,l'homme a videmm5t t travaill dans les pr(ondeurs de son tre p> la s\ffrance1 les anxits1 les angoisses de la gu]re1 et il a s5ti la tri/esse de la solitude avec une acuit extraord9aire4 ,c'e/ le beso9 obscur de se ratta*] quelque *ose de fixe1 de /able1 et lui app>t5ant en propre1 qui e/ le pr9cipal motif de l'accroissem5t des m>iages4 ,les dceptions1 cep5dant1 ont t gr&es au ret\r de la t]rible campagne2 plusieurs s'tai5t figur que1 r5trs au foy]1 ils y occup]ai5t la place d'une sorte d'idole dome/ique1 et que le culte de l'hrosme fleurirait dans t\tes les demeures4 ,hlas6 la dsillusion fut rapide4 ,en outre1 un *angem5t trange s'tait accompli dans l'me des p\ses1 des fiances ou de celles qui p\vai5t le dev5ir4 ,elles s'tai5t mancipes1 elles n'att5dai5t plus uniquem5t de l'p\x le droit de vivre et d'affirm] leur p]sonnalit4 ,ces surprises aurai5t d logiquem5t mettre les hommes en g>de contre le m>iage4 ,or c'e/ l'illogisme qui a triomph1 et p\rquoi a-t-il triomph8 ,p>ce qu'il y a1 dans la nature et dans l'individu1 des =ces plus puissantes que t\s les raisonnem5ts1 les doctr9es et les ?ories4 ,il suffira t\j\rs d'un homme et d'une femme qui s'aim5t prs d'un b]ceau1 p\r recon/itu] la famille1 mme si l'on tait p>v5u la diss\dre lgalem5t4 99 99 99 99 99 ,la famille possde1 du re/e1 en elle-mme d'autres s\rces de vie qui la f]ont t]nellem5t subsi/]4 ,celle o s'alim5te1 en c]ta9s pays1 l'atta*em5t des fils p\r leur mre e/ 9puisable4 ,je dis des fils spcialem5t1 c>1 entre les filles et les mres1 des lm5ts d'aigreur entr5t p>fois en jeu1 qui dnatur5t la d\ceur des li5s naturels4 ,la =ce de l'atta*em5t des fils p\r leur mre s'e/ rvle extraord9aire p5dant la gu]re4 ,mes obs]vations se sont1 d'une manire gnrale1 limites l',italie et la ,france1 et je p\rrais crire un livre sur ce que j'ai vu et ent5du ce sujet4 ,en ,italie1 le fils du peuple1 le paysan en p>ticuli]1 e/ aveuglm5t atta* sa mre2 c'e/ son image qui lui app>at l'heure du dang] et l'heure de la mort6 ,s'il se m>ie tant auj\rd'hui1 c'e/ surt\t p\r con/itu] une famille1 p\ss p> le beso9 inconsci5t de r5dre possible d'autres l'affection qui a fait le fond de sa propre vie4 ,une femme de cur1 dont la mission consi/ait f\rnir aux familles les n\velles des soldats qui se tr\vai5t au front1 me disait p5dant la gu]re3 ,ri5 qu' la faon dont elles ouvr5t la b\*e1 je reconnais les mres6 ,les p\ses1 les fiances ont une autre faon de remu] les lvres4 ,et quelle diffr5ce dans leur expression de visage1 t&is qu'elles att5d5t le v]dict qu'elles sont v5ues implor]4 ,*ez les races o le li5 entre la mre et le fils e/ si extraord9airem5t =t1 l'av5ir de la famille e/ assur1 et les ?ories dont on mne tant de bruit ne l'entam]ont jamais4 ,t\tes les mres1 peut-tre1 ne mrit5t pas cet atta*em5t pr(ond2 en ce cas il se dv]se sur celle ou celui qui la remplace1 sur le pre1 il vec*io1 ou sur quelque autre membre de la famille dans les ve9es duquel les jeunes g5s s5t5t c\rir le mme sang4 ,cette "q du sang et de la p]ptuit de la race a une norme importance *ez les lat9s4 ,leur syn?se s5tim5tale embrasse avant t\t les asc5dants et les desc5dants4 ,les ?ories subv]sives sur la famille tai5t entres en circulation longtemps avant la gu]re et avai5t fait en somme si peu de *em9 dans le monde1 que le cri des soldats m\rants1 aux heures suprmes o l'on ne m5t pas1 a t t\j\rs le mme3 ,maman6 ,maman6 99 99 99 99 99 ,auj\rd'hui1 aprs la =midable preuve1 o tant de passions primitives se sont d*anes1 o la viol5ce a cess de rpugn]1 o la frocit atavique s'e/ rvle puissante encore1 o les in/9cts brutaux ont sembl rep>atre la surface1 quoi p5s5t ces soldats que la mort a p>gns8 ,a se crer une famille6 ,il s]ait enfant9 et un peu puril de croire que t\s ces jeunes m>is sont consci5ts de l'acte qu'ils accompliss5t4 ,un ensemble de circon/ances complexes e/ la base de ces nombreuses unions1 mais on ne peut mconnatre qu'une =ce obscure1 my/rieuse et puissante1 p\sse les hommes les conclure3 celle de la p]ptuit de la race1 c'e/--dire de la cont9uation de la famille6 ,je dis les hommes1 c>1 app>emm5t1 ce sont eux qui *oisiss5t leur compagne et port5t la p>ole p\r la conclusion de l'alliance4 ,et d'autre "p les femmes1 p\r dcides qu'elles soi5t1 comme la ,nora d',ibs51 vivre leur vie et sec\] t\te dp5dance1 ont encore1 p\r peu qu'elles ai5t une ombre de bon s5s1 un intrt vital ce que l'in/itution familiale ne soit pas dtruite4 ,celle-ci e/ un peu p\r elles comme une assurance sur la vie4 ,donc1 malgr ce qui se passe la surface et fait lev] tant de g5s les bras au ciel avec de gr&s ge/es dsesprs1 une ralit s'impose3 s\s la surface1 des =ces travaill5t qui assur5t la p]ptuit des traditions4 ,d'ailleurs1 la famille se ratta*e si troitem5t l'ide de patrie1 qu'il s]ait difficile de ma9t5ir le pre/ige de l'une sans l'exi/5ce de l'autre4 ,et t\tes deux ont beso91 p\r subsi/]1 de l'ide religieuse de la sanction div9e1 qui leur confre le droit d'exig] des sacrifices444 ,ma9t5ir l'intgrit de l'une1 c'e/ assur] le respect de l'autre dans l'me huma9e4 ,les pays o t\t semble avoir sombr dans le nant1 sont ceux o la famille1 la patrie et la religion ont t dc\ronnes et brutalem5t dp\illes de leurs privilges et de leurs droits4 ,cette vrit s'impose t\s les esprits et t\tes les consci5ces qu'une vague de dm5ce n'a pas encore subm]gs4 ,p\r peu que l'on reg>de att5tivem5t s\s la surface des mots1 et que l'on ne se cont5te pas de leur simple assemblage1 on voit que l'in/itution de la famille reprs5te non seulem5t l'av5ir qu'il faut assur]1 mais encore une arme de df5se sociale dont il s]ait ins5s de se priv]4 ,p\rquoi tant de ligues1 de syndicats1 et ce ret\r aux corporations du moy5 ge8 ,simplem5t p>ce que l'homme mod]ne se s5t dsesprm5t seul4 ,c'e/ l1 je le crois1 la vraie explication de ce m\vem5t gnral v]s le gr\pem5t4 ,le s5tim5t des droits qu'on possde1 artificiellem5t veill et sur*auff1 y a eu bi5 mo9s de "p que la s5sation horrible de l'isolem5t4 ,*acun a reg>d avec ds>roi aut\r de soi4 ,alors les ma9s se sont jo9tes et1 bi5tt1 on n'a plus vu que des assemblages4 ,l'individu a disp>u dans le gr\pem5t4 ,je n'ai pas l'int5tion de discut] dans ces pages l'hi/oire de cette volution1 ni le bi5 et le mal qu'elle a pu faire ou qu'elle f]a2 ce s]ait sortir de mon cadre4 ,je con/ate simplem5t un fait4 ,en ce qui conc]ne sa pr(ession ou son mti]1 l'homme1 en effet1 a cess d'tre seul1 il n'e/ plus =c de combattre isolm5t4 ,si1 d'un ct1 il aline sa lib]t de p5se et d'action1 de l'autre il se s5t s\t5u p> ses cam>ades dans t\tes les que/ions de salaires1 d'horaires1 de droits444 ,mais en tant qu'tre huma91 il re/e1 au fond1 plus seul qu'aup>avant1 p>ce que les luttes de classe ont aviv les ha9es lat5tes1 et que l'on vit auj\rd'hui dans une atmosphre d'ho/ilit gnrale qui r5d l'exi/5ce insupportable4 ,si la famille lui manquait p\r se retremp] dans un milieu d'affection et de *aleur1 que re/]ait-il l'homme8 ,des cam>ades de combat et quelques vulgaires contacts passag]s6 ,son sort devi5drait de plus en plus tri/e1 et il f9irait p> regrett] l'poque o il p\vait se considr] bon droit comme une espce de victime sociale1 soit qu'il ft paysan1 ouvri]1 employ ou qu'il et *oisi une pr(ession librale4 99 99 99 99 99 ,la famille doit tre avant t\t1 selon la tradition des sicles1 le c5tre o le travailleur vi5t repr5dre hale9e un in/ant p\r affront] ensuite d'autres besognes et d'autres luttes2 en ce s5s1 elle reprs5te dj un gr& bnfice social4 ,mais un autre po9t de vue elle mrite encore d'tre prise en considration p> les morali/es et les sociologues1 c> elle peut (frir la solution p>tielle de c]ta9es que/ions r$\tables qui se pos5t auj\rd'hui t\s les esprits raisonnables et rfl*is4 ,il s]ait sup]flu d'insi/] ce propos sur les dsa/reux effets de la vie *re et sur les difficults des s]vices publics et privs4 ,autrefois1 p\rvu qu'on y mt le prix1 on tr\vait t\t s\s la ma91 on tait s]vi au doigt et l'il 7je ne p>le pas seulem5t des g5s de maison1 mais du s]vice des magas9s1 des tablissem5ts privs et publics1 des moy5s de communication1 etc474 ,auj\rd'hui1 t\t e/ s+ulirem5t *ang4 ,l'homme qui se tr\ve seul devant les difficults de la vie quotidi5ne passe p>fois p> des mom5ts critiques et se tr\ve s\v5t =t emb>rass s'il doit faire face aux obligations quotidi5nes de l'exi/5ce4 ,il ne suffit mme pas t\j\rs d'tre deux p\r rs\dre ces difficults1 d'autant plus que les g5s du dehors sont dev5us =cm5t mo9s obligeants vis--vis de ceux qui les appell5t l'aide4 ,il s]ait inju/e de leur en faire un grief3 la j\rne e/ dev5ue si laborieuse p\r *acun qu'on ne p>vi5t pas t\j\rs en di/raire une m9ute p\r port] sec\rs au pro*a96 ,a qui s'adress] dans les mom5ts de ds>roi et de dtresse8 ,a la famille6 ,c'e/ encore le plus sr sec\rs2 mais si v\s en avez dn\ les li5s1 comme v\s en avez soigneusem5t divis les intrts1 rpondra-t-elle comme autrefois votre appel8 ,mettra-t-elle le mme zle acc\rir au premi] cri de dtresse8 ,admettez que ses membres viv5t aux deux extrmits d'une ville1 avec la difficult actuelle des communications et si l'habitude des *anges d'ides et de s5tim5ts e/ p]due entre eux1 comm5t f]ont-ils p\r se jo9dre et se prt] un mutuel appui8 ,ces difficults1 ces beso9s d'aide ne se font pas s5tir peut-tre dans les familles des gr&s privilgis de la =tune1 sauf dans les cas de maladie et de malheur4 ,mais les gr&s privilgis ne reprs5t5t qu'une petite p>tie de la socit huma9e4 ,c'e/ la majorit de la classe b\rgeoise qui s\ffre des inconvni5ts de la vie mod]ne1 sans p>l] de la classe populaire qui1 malgr la croissante augm5tation des salaires1 connat des emb>ras analogues4 99 99 99 99 99 ,il e/ videmm5t difficile de rev5ir la vie patri>cale qui faisait vivre les jeunes mnages s\s le toit des *efs de famille4 ,cep5dant1 tant donne la pnurie actuelle des logem5ts1 cela aurait bi5 des avantages1 d'autant plus qu'un mnage de d\ze p]sonnes tant relativem5t beauc\p mo9s coteux qu'un mnage de deux1 trois ou mme quatre b\*es1 la crise conomique en s]ait peut-tre ad\cie4 ,mais c'e/ un autre po9t de vue1 d'un intrt suprieur1 que la "q dem&e tre tudie1 celui de l'entr'aide morale et sociale4 ,la crise du s]vice e/1 dans t\s les pays1 =t grave4 ,que dire de celle des g\v]nantes et des simples bonnes8 ,lorsque la mre de famille1 de condition mode/e ou simplem5t aise1 quitte son logis1 soit p\r son travail1 soit p\r ses obligations sociales1 soit p\r les emplettes indisp5sables1 dans quelles ma9s va-t-elle laiss] dsormais ses enfants8 ,s'ils sont petits1 le problme se pose trs nettem5t et de faon simpli/e3 il faut ou les ab&onn]1 ce qui e/ un dang]1 ou les remettre aux so9s d'une femme de mnage quelconque1 ce qui e/ un autre dang]2 mo9s que la mre ne s'en fasse l'esclave et r5once t\tes sorties1 celles du soir surt\t4 ,si les enfants sont gr&s1 d'autres inconvni5ts surgiss5t qu'il e/ inutile d'numr]4 ,qu& fils et filles1 en sortant de leurs c\rs1 r5tr5t la maison1 doiv5t-ils tr\v] la maison vide8 ,le pre e/ occup ses affaires1 la mre ses visites1 et c'e/ elle qui1 gnralem5t r5tre la d]nire4 ,la prs5ce d'une gr&'mre1 d'une tante1 d'une sur1 d'une p>5te1 prte les accueillir au foy]1 r*auff]ait de jeunes curs au mom5t de la vie o les contacts affectueux et intellig5ts sont le plus ncessaires4 ,avant la gu]re1 c'tait le rle des g\v]nantes2 mais auj\rd'hui leur prs5ce dans les familles reprs5te un luxe1 sans compt] que les yeux se sont trangem5t ouv]ts sur les inconvni5ts des influ5ces trangres et des anges-g>di5s inconnus admis dans le c]cle familial4 ,ces considrations qu'inspir5t le bon s5s1 et l'intrt p\r les pauvres petites mes solitaires qui tr\v5t1 en r5trant de l'cole1 le foy] ds]t1 f9iront-elles p> prvaloir sur le f>\*e beso9 d'indp5dance qui e/ dev5u p\r la jeunesse1 un culte et un pr9cipe de conduite auquel elle croit de sa dignit de ne jamais r5onc]8 ,les abus d'autorit1 auxquels les p>5ts se sont complus autrefois avec une imprud5te exagration et un absurde manque de rflexion1 ont suscit des rancurs qu'ils expi5t auj\rd'hui4 ,il e/ vid5t que1 dans la recon/itution sociale de la famille qui f9ira peut-tre p> s'impos]1 il faudra tr\v] le moy5 de sauveg>d] suffisamm5t l'indp5dance rciproque des tres de/9s habit] s\s le mme toit4 ,sans cette prcaution1 que de temptes ne v]rait-on pas clat] dans des v]res d'eau6 ,mais cep5dant1 p\r s\/raire l'homme l'horrible s5tim5t de solitude qui l'tre9t qu& il a quitt l'ateli] et la compagnie de ses cam>ades1 il n'y a encore que le ret\r aux vieilles traditions familiales4 ,l'inc]titude du l5dema91 en cas d'accid5t ou de maladie1 devi5drait mo9s angoissante p\r lui4 ,qu& on e/ plusieurs la maison1 on e/ mieux arm p\r faire face au mauvais sort4 ,si l'on cra9t p> trop le despotisme des asc5dants1 ce qui se compr5d1 comme je l'ai dit1 p>ce que les abus de l'autorit pat]nelle ont eu p>fois des effets dsa/reux1 p\rquoi les surs et les frres ne se gr\p]ai5t-ils pas contre l'isolem5t fune/e8 ,a ces considrations1 une autre s'aj\te1 celle du travail des femmes l'ateli] ou dans les bureaux4 ,le dilemme se prs5t]a bi5tt avec =ce4 ,il faudra que les femmes r5onc5t travaill] au dehors1 ou qu'elles cons5t5t l>gir le c]cle de la famille4 ,il n'y a pas une troisime faon de rs\dre le problme4 99 99 99 99 99 ,dans cette "q de la famille1 il faut videmm5t t5ir compte de la race et des traditions4 ,*ez les lat9s1 la famille s'tait t5due jusqu' dev5ir la g5s1 sans ri5 p]dre de sa signification premire2 cela avait donn une gr&e =ce la famille roma9e1 dont l'in/itution a s]vi plus ou mo9s de modle celle des autres peuples et des autres pays4 ,ce qu'on a appel la dbcle de la famille m>que peut-tre1 au contraire1 l'aurore de sa recon/itution4 ,les horribles consqu5ces de la gu]re1 le ds>roi actuel des mes1 le b\lev]sem5t des esprits et l'angoisse des pauvres curs solitaires sont en tra9 d'labor] en secret1 et s\s la surface des eaux tumultueuses1 un n\veau type de socit huma9e3 dans celui-ci1 la famille1 r5\vele sur des bases d'o les abus d'autorit s]ai5t rig\reusem5t bannis et o le respect absolu de la p]sonnalit huma9e s]ait reconnu1 devi5dra peut-tre1 plus que jadis encore1 la pi]re angulaire de l'difice social4 99 99 99 99 99 ,il faudra que les hommes se rs]v5t dsormais un rle important dans cette famille recon/itue2 au c\rs des d]nires annes1 ils avai5t trop abdiqu entre les ma9s des femmes t\t ce qui conc]ne la direction morale de la famille et l'ducation des enfants4 ,une collaboration troite entre les deux sexes me p>at indisp5sable p\r la solution intellig5te et pratique de ce problme1 dont dp5d5t en gr&e p>tie les de/9es du monde1 la dignit de la femme et le bonheur des individus appels vivre dans une socit r5\vele4 ,le sujet que je vi5s d'abord] ne p\rrait tre puis dans un volume4 ,je ne lui ai consacr que quelques pages1 non c]tes p\r dim9u] la place laquelle il a droit1 puisque je vois dans la famille1 outre son importance traditionnelle1 une gr&e arme de df5se sociale1 mais p>ce que le mom5t actuel n'e/ pas celui des longues diss]tations4 ,le temps presse1 les solutions s'impos5t et il faut se born] indiqu] les problmes de l'heure ceux qui dti5n5t entre leurs ma9s le p\voir de faire les lois et de dirig] l'op9ion publique4 ,c'e/ eux de considr] la gravit de cette "q1 d'en dt]m9] l'importance et d'en propos] la solution4 ,,*apitre ,,ii ,l',,ducation ,,des ,,peuples ,,civilis,s ,quelle aimable *ose p\rrait tre l'homme s'il tait vraim5t homme4 7,m,,n&re47 ,de t\s cts auj\rd'hui1 une mme proccupation a envahi les c]veaux et les consci5ces lucides3 celle de l'ducation6 ,dans l'apprh5sion des dsordres qui m5ac5t le monde1 une t]rible "q s'e/ pose l'esprit de t\s4 ,l'cole1 avec son apa?ie1 son manque d'air1 de soleil1 d'espace et de spiritualit1 ne s]ait-elle pas la pr9cipale responsable de l'effrayante folie collective qui b\lev]se en ce mom5t l'me des peuples8 ,la rponse n'a pas t rassurante1 et p\r peu qu'on prte l'oreille1 l'on ent5d de t\tes p>ts un cri d'angoisse qui trav]se l'espace4 ,la crise a clat dans t\s les pays1 et la ncessit de r=mes scolaires s'impose p>t\t1 ce qui e/ une preuve vid5te qu'aucun des sy/mes suivis jusqu'ici n'a t jug satisfaisant ni p\r l'heure passe1 ni p\r l'heure prs5te6 ,avant la gu]re1 *ez les nations o la plaie de l'analphabtisme s't5dait encore dans c]ta9es prov9ces1 on avait l'habitude de croire1 au po9t de vue ducatif1 l'inconte/able supriorit des m?odes anglo-saxonnes1 et on avait raison en p>tie4 ,mais auj\rd'hui la crise s'e/ gnralise1 le mal va jusqu' la rac9e1 et l'on compr5d clairem5t que les anci5s sy/mes1 dj insuffisants dans le pass1 ne rpond5t plus nulle "p aux beso9s de l'heure prs5te4 99 99 99 99 99 ,deux imm5ses armes c\vr5t l't5due du monde civilis3 les matres et les coli]s6 ,elles ont *acune leurs droits et leurs beso9s1 qui1 malheureusem5t1 ne s'accord5t pas t\j\rs4 ,jusqu'ici les ducateurs levai5t seuls la voix1 les lves se taisai5t et supportai5t4 ,ces d]ni]s tai5t les plus inju/em5t sacrifis1 c> ils n'avai5t pas dem& natre1 ni quitt] leurs jeux p\r s'in/ruire1 t&is que les matres embrassai5t p> un libre *oix la c>rire de l'enseignem5t4 ,les enfants avai5t1 il e/ vrai1 des df5seurs naturels en la p]sonne de leurs p>5ts2 mais ceux-ci ne prote/ai5t pas contre les m?odes en vigueur1 dans la cra9te de ret>d]1 p> de trop ju/es rclamations1 la future c>rire de leurs enfants4 ,plus encore que p> peur1 c'tait p> lgret que tant de pres et de mres re/ai5t sil5cieux2 ils ne p5sai5t pas l'av5ir moral1 ni la =mation de la consci5ce ou au dveloppem5t intrieur de la plante homme4 ,ceux mmes qui1 sur d'autres po9ts1 df5dai5t avec a*>nem5t les intrts de leurs enfants1 ne se proccupai5t que mdiocrem5t 7symptme s+uli] d'amoralit et d'aveuglem5t7 de leur croissance intrieure1 c'e/--dire de leur ducation4 ,p>mi les matres clairs qui se r5dai5t compte depuis longtemps du mal1 sans p\voir y port] remde1 il y en avait de vaillants et d'n]giques4 ,malheureusem5t1 le =malisme et le pdantisme avai5t model si =tem5t une bonne p>tie du monde scolaire 7sauf peut-tre l'anglo-saxon71 que les plus h>dis novateurs hsitai5t abattre les portes de la prison o ils se s5tai5t enf]ms2 ils p5sai5t que la prison s'amlior]ait1 qu'on ouvrirait les portes et les f5tres2 mais elle tait ca*ot1 et ca*ot elle re/ait4 99 99 99 99 99 ,c'e/ le pr9cipe erron de l'galit--elle n'exi/e que dans le fait de la naissance et de la mort--qui1 durant les tr5te d]nires annes1 a emp* la ple9e floraison de la p5se huma9e et c\p les ailes la lib]t4 ,ce mirage trompeur1 puisque la nature le contr$it dans t\tes ses manife/ations1 a obscurci les c]veaux en leur faisant admettre que1 p\r faire br*e dans la vie et y con/ruire un nid1 p\r entr] dans la gr&e lice des combattants et y m>qu] sa place1 il fallait savoir les mmes *oses1 les appr5dre de la mme manire1 c\rb] la tte s\s le mme j\g1 comme les ,roma9s du clbre tableau de ,gleyre4 99 99 99 99 99 ,il suffit d'un peu de bon s5s p\r se r5dre compte des difficults qui aurai5t surgi si l'on avait brusquem5t dtruit les anci5s m\les scolaires1 et p\r compr5dre quel saut dans le vide et dans l'ignorance1 l'humanit aurait t expose6 ,les hsitations des r=mateurs tai5t donc p>faitem5t lgitimes4 ,rompre les rangs sans prcaution aurait fait c\rir des risques imm5ses la cause mme p\r laquelle ils avai5t combattu si longtemps en sil5ce4 ,le monde de l'avant-gu]re tait encore prisonni] des ides1 des ?ories et des m?odes que le temps avait sanctionnes4 ,les novateurs et les esprits avancs1 t\t en dplorant cet esclavage1 compr5ai5t que1 p\r obt5ir quelques r=mes utiles1 il ne fallait pas ds]t] la maison1 ni en dmolir prcipitamm5t les bases4 ,ils s'ef=ai5t donc de respect] les anci5s m\les1 et c'e/ p\r cela que ces combattants avai5t presque t\s le visage tri/e4 ,a ces nobles et pati5ts lutteurs et aux coli]s qui ont p]du l'am\r de l'cole1 il faut r$onn] le c\rage et l'esprance3 inspir] aux premi]s la fi]t de leur mission gr&iose1 et faire compr5dre aux seconds v]s quelles hauteurs peut les conduire le dveloppem5t de leur p]sonnalit morale4 99 99 99 99 99 ,en ce monde de trans=mations cont9uelles1 dans lequel n\s voyons *aque j\r une =me dynamique n\velle remplac] celle qui l'a prcde1 les g\v]nem5ts devrai5t avoir le c\rage de r5onc]1 t\s les premi]s1 quelques-unes des vieilles =mules qui al\rdiss5t les programmes scolaires4 ,il y en a videmm5t d'excell5tes qu'on doit respect]1 mais c'e/ de l'ensemble du sy/me qu'il faut sec\] le j\g1 p\r faire pass] un s\ffle d'air pur et libre dans les rangs s]rs de l'cole et df5dre la haute culture contre les entraves de l'ignorance et du matrialisme qui1 de t\s cts1 lui dress5t des emb*es et essay5t d'arrt] son essor4 ,*aque m?ode a son heure favorable3 l'exclusivisme de l'cole d'tat a pu tre indisp5sable c]ta9s mom5ts de l'hi/oire1 et il s]ait absurde de ne pas reconnatre les s]vices qu'elle a r5dus4 ,mme si l'on adoptait le sy/me d'une plus l>ge lib]t de l'enseignem5t1 la surveillance et peut-tre mme l'+r5ce de l'tat demeur]ai5t1 en quelques cas1 indisp5sables4 99 99 99 99 99 ,en ,anglet]re et en ,amrique1 la d\ble fonction de l'tat et de l'initiative prive se comb95t avec des rsultats favorables la =mation du c>actre et au respect de la discipl9e dans la lib]t4 ,les rsultats n'ont pas t aussi brillants en ce qui conc]ne la haute culture2 mais ce fait ne dp5d en ri5 du sy/me en lui-mme1 mais plutt des t5dances de l'esprit national *ez les uns et du manque d'une tradition de culture *ez les autres4 ,ce s]ait une expri5ce utile et intressante que d'introduire la m?ode de la d\ble fonction dans des pays comme la ,france et l',italie1 o les coles d'tat ont t seules *>ges jusqu'ici de rs\dre l'angoissant problme de l'ducation4 ,ces deux pays lat9s ont1 p\r des raisons peu prs analogues1 quoique des priodes diffr5tes1 df5du jal\sem5t les prrogatives de l'tat au po9t de vue scolaire et1 p\r les ma9t5ir1 ils ont agit le mme p\vantail3 la cra9te de l'influ5ce clricale1 accuse de v\loir compromettre les conqutes de la lib]t4 ,mais de gr&es volutions se sont d]nirem5t accomplies et des prils bi5 plus graves se dress5t1 auxquels il faut faire face en s'levant des visions plus hautes et plus l>ges4 ,p\r sauv] l'me de la jeunesse et1 trav]s celle-ci1 la civilisation du monde1 la p5se huma9e doit faire un suprme ef=t2 et ma9t5ant que le canon a a*ev son uvre1 celle des ducateurs doit comm5c]4 99 99 99 99 99 ,il convi5t avant t\t de faire une di/9ction ess5tielle entre l'ducation et l'in/ruction4 ,dans le langage c\rant1 on confond volonti]s les deux t]mes et c'e/ p\rquoi n\s avons vu si s\v5t des matres qui n'tai5t en ri5 des ducateurs6 tre un ducateur s\s-ent5d une culture morale qu'aucun exam5 d'tat ne peut confr]4 ,on rpondra que la pdagogie e/ enseigne dans t\tes les coles3 mais1 en gnral1 ce qu'on ent5d p> ce mot ne reprs5te aucune pntration d'me entre l'lve et le pr(esseur4 ,sauf en des cas assez r>es1 o l'intellig5ce vive et claire d'un matre le librait des =mules et l'levait au-dessus des sy/mes1 l'enseignem5t d'tat tait aride1 froid1 s\v5t pdantesque1 et ne t5ait pas compte des consci5ces embryonnaires auxquelles il s'adressait4 ,les leons tai5t dbites avec indiffr5ce et c\tes avec une ins\ciance analogue4 ,l'ensemble des doctr9es pdagogiques1--dont quelques-unes peuv5t tre excell5tes en elles-mmes--a t1 du re/e1 presque t\j\rs mal prs5t et plus mal digr encore1 t&is qu'il devrait tre1 au contraire1 le pr9cipal et le plus ess5tiel des enseignem5ts4 ,il mrit]ait mme une place "p dans la hir>*ie des tudes1 p>ce que model] des c>actres e/ beauc\p plus pr(itable la flicit huma9e que de =m] des savants4 ,que ces p>oles ne donn5t lieu aucun mal5t5du6 ,la ncessit de la haute culture e/ d'une telle importance que si la lib]t de l'enseignem5t1 accompagne d'un indisp5sable contrle1 p>at dsirable auj\rd'hui tant d'esprits sagaces1 c'e/ ju/em5t p>ce que1 dlivrant l'cole des va9es =mules1 elle provoqu]a de fcondes mulations1 contrebalanant a9si l'inconvni5t qu'il peut y avoir confi] l'cole des pr(esseurs inamovibles1 qui n'ont ri5 cra9dre ni espr]2 cette lib]t p]mettrait1 dans t\s les pays1 la con/itution de =tes quipes d'ducateurs moralem5t solides et capables d'ex]c] un pre/ige sur les esprits qu'ils sont appels model]4 ,qu& on considre l'imm5se responsabilit qu'ont enc\rue les matres en ne compr5ant pas suffisamm5t leur mission1 on tremble la fois p\r leur consci5ce et p\r les victimes de leurs fausses ?ories4 99 99 99 99 99 ,l'an>*ie gnrale de la p5se qui m5ace de n\s ram5] la b>b>ie et le b\lev]sem5t m5tal qui en drive1 dp5d5t en gr&e p>tie de l'enseignem5t erron et incomplet1 au po9t de vue ducatif1 qu'ont reu les enfants4 ,les p>5ts ont aussi1 en ce s5s1 de graves fautes se repro*]3 les mres surt\t1 dans l'esprit desquelles la notion de la ncessit du plaisir p\r leurs enfants a pris des proportions s+ulires2 mais l'cole e/ encore la plus c\pable1 c> elle embrasse t\t le dveloppem5t des tres huma9s4 ,a ct d'in/ituteurs admirables1 clairs et pati5ts1 combi5 d'autres1 avec leur mcont5tem5t p]ptuel1 leurs doctr9es subv]sives1 leurs attitudes viol5tes et amres1 ont sem dans les jeunes curs les g]mes d'une brutalit infconde et dom9atrice1 devant lesquelles auj\rd'hui le monde recule p\vant4 99 99 99 99 99 ,la r=me s'affirme donc indisp5sable et urg5te4 ,p\r tudi] fond cette "q1 p\r essay] du mo9s d'apport] quelque remde au mal1 ou d'en arrt] l'essor et d'en emp*] le r5\vellem5t1 il faut obt5ir le conc\rs unanime de t\s les bons esprits assoiffs de frat]nit et de spiritualit1 capables d'lucid]1 p> leurs consci5cieux et sages conseils1 le problme ardu qui se pose auj\rd'hui1 m5aant1 t\s les esprits de bonne foi1 t\tes les consci5ces droites et t\tes les mes de bonne volont4 ,la ,socit des ,nations ,la "q de l'ducation devrait proccup] l'op9ion publique et les *efs d'tat beauc\p plus encore que celle de l'enseignem5t4 ,la ,socit des ,nations aurait l une t*e admirable accomplir1 suprieure t\tes celles qui rempliss5t dj son programme4 ,elle devrait nomm] une commission mondiale *>ge d'tudi] cette "q d'une si vitale importance que l'on peut dire que l'av5ir de l'humanit en dp5d6 ,un drapeau devrait flott] p> son ordre sur la place publique de t\tes les communes du monde portant cette brve inscription3 ,l'ducation e/ obligatoire p\r les citoy5s des nations civilises4 ,l'in/ruction e/ *ose =t div]se2 elle re/e un problme national p>ce que1 en la rp&ant1 il faut t5ir compte de la diffr5ce des races1 des beso9s p>ticuli]s des peuples et de leurs traditions4 ,mais en ce qui conc]ne l'ducation1 comme la mme m5ace e/ susp5due1 bi5 que d'une faon plus ou mo9s imm95te1 au-dessus de t\tes les nations1 celles-ci p\rrai5t et devrai5t *]*] ensemble les solutions et les appliqu] solidairem5t4 ,le b de l'ducation devrait tre de =m] des hommes4 ,les ,sa9tes critures dis5t que1 qu& une femme a mis un enfant au monde1 elle oublie ses s\ffrances dans l'orgueil d'avoir enfant un homme444 ,devant la folie de/ructrice de c]ta9es m5talits actuelles1 combi5 de mres doiv5t1 dans le secret de leur cur endolori1 dplor] d'avoir conu des mon/res3 mon/res de viol5ce brutale1 mon/res de honteuse apa?ie6 99 99 99 99 99 ,assa9ir les c]veaux dj empoisonns et emp*] le r5\vellem5t de prilleuses intoxications1 telle e/ la syn?se de la r=me ducative qui s'impose auj\rd'hui4 ,le problme ne p\rra tre rsolu que p> un norme ef=t int]national qui lve un temple idal aux =ces civilisatrices et condamne sol5nellem5t les pr9cipes contraires la lib]t et une sa9e discipl9e morale4 ,la df5se de la civilisation doit dev5ir le premi] devoir des citoy5s du monde enti]2 celui des tats1 des corps con/itus1 des acadmies1 des univ]sits1 des coles et de t\t enseignem5t familial444 ,p\r rtablir l'quilibre de l'esprit huma91 la coopration de t\tes les nations civilises e/ indisp5sable1 et il faut que le s5tim5t de la dsapprobation gnrale arrive pes] sur les consci5ces tr\bles comme un insupportable f>deau1 qui dp\ill]a p\r elles la vie de t\te saveur4 ,cette dsapprobation sol5nelle du tribunal suprme de l'op9ion publique me p>at tre l'unique ef=t que l'humanit puisse t5t]1 p\r ram5] les tr\peaux g>s une vue plus ju/e et plus vraie des *oses huma9es4 ,quant la ncessit absolue d'impos] l'cole1 ct de l'in/ruction et bi5 au-dessus d'elle1 une ducation sa9e et =te1 la difficult consi/]a dans la =mation des ducateurs eux-mmes4 99 99 99 99 99 ,p\r =m] un corps enseignant digne d'lev] les gnrations futures1 une premire *ose e/ ncessaire,b1 qui e/ de relev]1 non seulem5t conomiquem5t1 mais encore socialem5t et moralem5t la classe des in/ituteurs4 ,celle-ci doit acqurir une importance majeure aux yeux de l'op9ion publique1 c> elle e/ appele sauv] le monde4 ,il faut que ceux mmes qui n'ont pas beso9 d'y *]*] un gagne-pa9 considr5t comme un honneur d'y app>t5ir4 ,j'ai cit ce propos1 dans ,*]*eurs de ,s\rces1 d'illu/res exemples4 ,la ,ligue des ,nations1 ou son dfaut une ,commission p]man5te p\r l'ducation1 p\rrait consacr] df9itivem5t l'importance de la classe des ducateurs1 et leur assur] une position morale si considrable qu'ils s]ai5t =cs de s'en montr] dignes4 ,p\r faire triomph] des r=mes1 il e/ ncessaire de tr\v]1 avant t\tes *oses1 les p]sonnalits capables de les impos]4 ,c'e/ a9si que l'on doit d'abord *]*] des ducatrices4 ,mais o les tr\v]8 ,c'e/ videmm5t p>mi les mes anxieuses qui1 ayant con/at depuis longtemps le mal1 en s\ffr5t et travaill5t en sil5ce l'lim9]4 ,on r5contre p>t\t de ces mes1 auj\rd'hui3 mres angoisses se dem&ant quelle e/ leur "p de responsabilit dans la t\rm5te qui m5ace d'engl\tir la ,socit huma9e1 ou in/ituteurs clairs qui voi5t se ralis] les cra9tes qui1 depuis tant d'annes1 tr\blai5t leur sommeil4 ,les esprits de ceux qui ont1 ou ont eu *>ge d'me1 trav]s5t1 en ces j\rs de crises1 des tats de consci5ce d\l\reux1 t&is qu'ils s5t5t leurs entrailles frmir444 ,ces m5eurs d'hommes qui rp&5t dans le monde l'an>*ie et le malheur sont leurs fils et leurs lves6444 ,ces doctr9es de viol5ces o les ont-ils puises8 ,qui a t5t de les mettre en g>de contre les entranem5ts de la ha9e et de la brutalit8 ,quels sont les hommes c\rageux qui ont os cri] assez =t p\r s\lev] l'op9ion publique et l'm\voir8 ,du re/e1 comme n\s sommes t\s solidaires les uns des autres1 ceux qui n'ont ni vu1 ni compris1 ni dev9 ce qui se prp>ait1 ou qui1 le disc]nant1 n'ont pas mis ob/acle la m>e montante1 doiv5t se frapp] la poitr9e et ne pas se consol] trop vite1 en croyant la victoire pro*a9e6 ,elle n'e/ pas assure1 hlas6 ,cette op9ion publique1 qui comm5ce compr5dre la ncessit d'une r=me1 doit re/] en veil1 p>l] voix haute1 se prononc] nettem5t en faveur des r=mateurs1 les enc\rag]1 r5v]s] les ob/acles qui se dress5t encore contre eux1 proclam] leurs victoires qu& ils les auront obt5ues1 et se dcl>] favorable la ?orie qu'avant d'enseign] tant de *oses sup]flues des g5s qui ne p\rront en faire usage1 l'important e/ de =m] des hommes capables de guid] les peuples v]s les fcondes initiatives1 les r=mes ju/es et la discipl9e dans la lib]t4 99 99 99 99 99 ,la gr&e "q du sicle s]a celle de l'ducation4 ,elle prim]a mme celle du travail1 qui a p\rtant une importance considrable1 et les bons esprits de tempram5t apo/olique s'ef=c]ont d'tablir dans t\s les pays1 s\s des =mes div]ses p\r ce qui conc]ne l'in/ruction1 mais id5tiques sur les po9ts ess5tiels1 des pr9cipes ducatifs t5dant la =mation morale des individus et des c>actres4 ,ces po9ts ess5tiels sont la responsabilit enc\rue p> l'cole et p> la famille dans l'an>*ie de la p5se actuelle2 la ncessit de la lib]t p\r /imul] l'mulation dans l'enseignem5t2 l'ducation r5due obligatoire1 et1 enf91 l'int]v5tion morale et puissante de t\s ceux qui compr5n5t la ncessit du dveloppem5t de la vie spirituelle et individuelle en *aque tre huma94 ,il faut espr]1 disait ,m4 ,guizot2 le monde app>ti5t aux optimi/es2 les pessimi/es n'ont jamais t que des spectateurs4 ,or1 le dfaut des ,lat9s e/ d'tre des critiques sans piti vis--vis d'eux-mmes1 des autocritiques1 des hyp]critiques et d'app>t5ir trop volonti]s la catgorie des spectateurs4 ,les t5dances infcondes doiv5t dsormais tre firem5t combattues p> l'op9ion publique1 si l'on veut gagn] la suprme bataille morale que t\s les peuples s'apprt5t livr]4 ,il app>ti5t la ,socit des ,nations,c d'tablir les bases de cette ducation et de l'impos] t\s les pays4 ,il faudra l'avoir reue et accepte p\r tre admis p>ticip] la discussion des graves que/ions qui intress5t l'humanit et qui conc]n5t la dignit morale des peuples et des individus4 ,ceux qui refus]ont de la recevoir s]ont considrs comme tant en dehors de la gr&e famille des nations civilises4 ,p\r la culture de cet imm5se vignoble1 il faudra beauc\p d'ouvri]s3 n\s devons t\s essay] d'en suscit] aut\r de n\s et t5t] d'enflamm] les curs p\r la victoire f9ale1 qui ne p\rra tre obt5ue que p> la solution du problme ducatif4 ,si la ,socit des ,nations russit dans cette t*e1 ce s]a p\r elle une gr&e gloire1 et t\s ceux qui ont combattu sa con/itution devront1 sur ce po9t du mo9s1 s'incl9] devant l'uvre de suprme autorit morale qu'elle aura accomplie4 ,,*apitre ,,iii ,,teigneuses ,,de ,,ph>es ,a quoi bon vivre si les raisons de vivre manqu5t8 7,,juv,,nal47 ,p>mi les problmes de l'heure1 en ce mom5t de ds>roi gnral1 o l'aube de la socit n\velle n'a pas encore comm5c r\gir le ciel1 celui de l'influ5ce de la femme prs5te une extrme gravit1 non seulem5t en lui-mme1 mais p>ce qu'il se ratta*e troitem5t ceux de la famille et de l'ducation4 ,a t\tes poques on a dit beauc\p de mal des femmes4 ,ceux qui les connaissai5t trop1 et ceux qui les connaissai5t trop peu ont t galem5t svres dans leurs jugem5ts sur elles4 ,les ,anci5s1 c]tes1 ne se sont pas montrs indulg5ts p\r le sexe fm993 ,qu'y a-t-il de plus lg] que la plume8 dem&5t-ils dans leurs satires2 ,la p\ssire6--,et de plus lg] que la p\ssire8--,le v5t6--,et de plus lg] que le v5t8--,la femme6--,et de plus lg] que la femme8--,ri564 ,n\s n\s rappelons t\s en quels t]mes les ?ologi5s et les docteurs du moy5 ge ont1 leur exemple1 /igmatis ce sexe contre lequel ils mettai5t violemm5t l'humanit en g>de4 ,au c\rs des sicles1 l'ide *rti5ne f9it p> dom9] les prjugs ?ologiques1 et la situation morale des filles d've s'amliora4 ,les femmes de la ,r5aissance montr5t de plusieurs degrs dans l'e/ime intellectuelle des hommes et gagnr5t mme celle des savants et des philosophes4 ,au ,,xvii sicle1 en ,france surt\t1 la femme comm5a ex]c] une influ5ce directe sur les vnem5ts et les individus4 ,le ,,xviii m>que l'apoge de son rgne monda9 et intellectuel4 ,p\r s'en conva9cre1 il suffit de contempl] les portraits de l'poque1 ces visages spirituels1 f9s1 aiguiss1 ces reg>ds av]tis qui sembl5t pr5dre un peu ironiquem5t la mesure des hommes1 indiqu5t *ez les femmes l'habitude de la dom9ation p> l'esprit1 la frivolit1 la coquett]ie1 et1 p>fois1 la p]v]sit4 ,au ,,xix sicle1 un autre type de femme devait surgir1 9gal dans son ensemble1 c> il n'y a aucun rapport entre la femme romantique de #ahcj1 fire de cur1 noble d'attitude1 exalte1 s5sible1 et la femme sociale des d]nires annes du sicle4 ,ce fut l'poque1 peut-tre1 o elle a t le plus respecte p> l'op9ion publique moy5ne et o elle s'e/ le mieux rappro*e1 en c]ta9s cas et s\s c]ta9s aspects1 du type de la b\rgeoise sage1 de la mre srieuse1 de la citoy5ne bi5faisante et claire1 qui mrite p>fois d'tre comp>e la femme =te des critures1 si respecte de t\s qu'elle attire l'honneur sur son m>i4 99 99 99 99 99 ,quant la femme du ,,xx sicle1 elle e/ tellem5t multiple dans ses manife/ations1 qu'il e/ extrmem5t difficile de la df9ir4 ,p\r essay] de donn] un trait peu prs gnral de son c>actre1 il faut procd] p> une ngation3 ,la femme n'a jamais t my/ique comme trait ess5tiel1 elle l'e/ mo9s que jamais actuellem5t4 ,un pote franais1 ,alfr$ de ,vigny1 peut-tre le plus noble et le plus fi] de t\s1 l'a /igmatise dans un v]s cruel3 ,t\j\rs ce compagnon dont le cur n'e/ pas sr1 ,la femme1 enfant malade444 ,ce premi] v]s suffit jet] un d\te t]rible sur les s\rces de la vie morale dont la femme dispose1 ju/em5t p>ce que le s5s du my/icisme lui manque totalem5t4 99 99 99 99 99 ,dans un article s5sationnel3 ,ox=d1 ,woman & ,god1 une ,revue amrica9e prt5dait rcemm5t que l'admission des femmes dans la vieille univ]sit en avait *ass ,dieu6--,si les anci5s btim5ts ont cons]v extrieurem5t1 dit-elle1 leur aspect traditionnel de recueillem5t et de gravit1 le s\ffle qui les animait n'e/ plus le mme1 et ni ,newmann ni ,pusey ne reconnatrai5t les vieilles c\rs et les longues gal]ies sil5cieuses o ils avai5t prom5 leurs d\tes1 leurs mlancolies et les ardeurs inquites de leur foi4 ,les pi]res sont re/es les mmes1 mais l'esprit qui les imprgnait s'e/ trans=m4 ,c'e/ qu',ox=d tait autrefois une cit de jeunes hommes o dom9ait la spculation pure1 t&is qu'elle e/ auj\rd'hui envahie p> l'esprit positivi/e que la femme apporte p>t\t o elle passe1 et qui1 t\s g>ds1 assure l'quilibre1 le bi5-tre et l'enj\em5t de la vie quotidi5ne4 ,il e/ donc naturel que la prs5ce des femmes ait modifi les habitudes morales et m5tales d',ox=d4 ,jadis1 non seulem5t t\s les lves1 mais presque t\s les pr(esseurs tai5t clibataires2 c'e/ a9si que le c>actre mona/ique de l',univ]sit s'tait cons]v trav]s les ges4 ,l'invasion des jupons devait fatalem5t modifi] l'esprit mme d',ox=d4 ,non qu'un lm5t impur ait pntr dans la =t]esse de la ,m5s umana1 la suite de celles qui en suiv5t diligemm5t les c\rs1 mais c'e/ que1 d'in/9ct1 l'esprit des femmes se t\rne v]s les *oses visibles et qu'il e/ mo9s recueilli que celui des hommes1 dont il n'a pas le t\r spculatif4 ,il faut l\] d'autre "p les n\velles v5ues d'avoir contribu impos] la temprance dans un milieu o les libations tai5t traditionnelles4 ,dans les habitudes j\rnalires des tudiants1 des modifications se sont videmm5t introduites3 le salon a peu peu conquis le clotre1 et la caus]ie a remplac la mditation grave4 99 99 99 99 99 ,ce qui se passe ,ox=d ne reprs5te1 du re/e1 qu'un cas spcial1 un gr\pem5t p>ticuli] de p]sonnalits4 ,ce phnomne s]ait sans gr&e importance en soi1 s'il n'(frait pas un lm5t de la rponse qu'att5d5t ceux qui s'intress5t l'volution de l'me fm99e et dont l'inquitude peut se =mul] en ces mots3 ,la femme s]ait-elle in/9ctivem5t rebelle l'action de l'esprit1 et son gt vid5t p\r les ralits reprs5t]ait-il un insurmontable ob/acle son asc5sion v]s l'absolu8 ,a cette inquite "q1 la rponse n'e/ pas aise4 ,il e/ vid5t que mme les femmes suprieures possd5t r>em5t une intellig5ce spculative et que les trs rem>quables ma?matici5nes et a/ronomes dont le sexe fm99 peut s'enorgueillir ont t des tres d'exception4 ,en gnral1 les filles d'une mre trop curieuse aim5t trop les *oses en elles-mmes1 p\r tre mditatives et ab/raites6 ,on peut s\t5ir que les hommes ti5n5t plus encore que leurs compagnes aux ralits de l'exi/5ce et les p\rsuiv5t s\v5t avec une brutalit1 une vhm5ce que celles-ci ignor5t4 ,mais ceci n'e/ vrai que dans le doma9e des actions physiques2 dans celui de la vie en gnral1 les hommes ti5n5t mo9s que les femmes aux dtails des *oses3 leur esprit ne s'emb>rasse gure des cas p>ticuli]s4 ,a9si en va-t-il du luxe3 la femme en *rit t\tes les manife/ations4 ,s'il lui manque1 elle s'arrte de /riles regrets1 bi5 plus que ses cam>ades de misre6 ,on peut affirm] qu'elle e/ possde p> la ralit des faits1 mais il faut se rappel] aussi que ses devoirs j\rnali]s l'y oblig5t4 ,de temps en temps1 le niveau de la p5se fm99e s'lve4 ,quelques femmes sav5t hauss] le ton de leurs entreti5s qu& des hommes cultivs sont prs5ts2 mais que ces hommes s'loign5t1 c'e/ avec un rel s\lagem5t que la plup>t retomb5t du gnral au p>ticuli] et r5tr5t dans l'ornire des faits et des *oses4 ,dans la /ricte intimit1 elles abord5t p>fois entre elles la psy*ologie am\reuse et s5tim5tale1 mais leur po9t de vue e/ t\j\rs positif1 et l'empirisme s]t de base leurs raisonnem5ts6 ,les ides ne leur suffis5t pas1 elles pr\v5t le beso9 de les inc>n] dans des p]sonnes4 99 99 99 99 99 ,p\r creus] en leurs intimes replis les t5dances in/9ctives de l'esprit fm99 et les causes complexes d'o celles-ci procd5t1 il faudrait s'att>d] en de longues analyses4 ,je me vois =ce1 au contraire1 p\r ju/ifi] le titre de mon *apitre3 teigneuses de ,ph>es1 de rec\rir une brve syn?se qui de la femme antimy/ique1 incapable de mditation et de recueillem5t va jusqu' l'agressive dcro*euse d'toiles1 sceptique1 s>donique1 qui ricane au mot idal1 et dont la voix ne s'lve jamais1 au croisem5t des r\tes p\r cri]3 sursum corda6 99 99 99 99 99 ,en cette heure si dconc]tante de l'hi/oire du monde o t\tes les p5ses mesqu9es et basses s'tal5t avec impudeur1 les femmes sembl5t mettre leur orgueil dpass] les hommes4 ,elles se figur5t gr&ir en n'esprant ri51 en ne croyant ri51 en niant la possibilit de t\t ef=t v]s une vie plus int5se1 plus belle1 plus spirituelle444 ,a les ent5dre a9si raisonn]1 les voir jet] des c5dres p>t\t o un jet de flamme surgit encore1 ceux qui avai5t cru qu'une fois libres p> le travail et la connaissance1 les femmes aid]ai5t au salut du monde autrem5t que p> des so9s donns aux blesss1 aux malades1 aux enfants1 s5t5t leur gorge se s]r] d\l\reusem5t4 ,qu& un appel e/ fait leur piti et leurs entrailles en faveur des faibles1 des s\ffrants1 des petits1 un lan gnreux les emporte encore1 et elles acc\r5t sans hsit]2 mais en mme temps elles t\ff5t p> des reg>ds1 des ge/es et des p>oles cruelles1 t\tes les initiatives de l'esprit4 ,juvnal a dit quelque "p3 ,a quoi bon vivre si les raisons de vivre manqu5t8 ,sauv] les corps et te9dre les flammes de l'me voque l' quoi bon du pote lat94 ,,*apitre ,,iv ,,celles ,,qui ,,port5t ,,encore ,,le ,,flambeau ,t\t ce qui a t cr se meut1 ,l'toile comme l'me6 7,,abraham ,,b5 ,,ezra47 ,c'e/ t\j\rs un flambeau allum en ma9 que je m'tais reprs5t la femme dans son dev5ir2 c'e/ a9si qu'en imag9ation je la voyais remplir la mission laquelle je la croyais appele4 ,mais jamais aucune vision intrieure ne me l'avait montre1 le v]be haut1 j\ant des c\des1 le visage premptoire et l'air important1 r5onant1 p> son attitude mme1 ses meilleures armes de combat4 ,c]tes1 elle e/ app>emm5t l'une des triomphatrices de la gu]re2 elle a auj\rd'hui ses entres p>t\t et ses droits sont admis sur plusieurs po9ts4 ,p\rquoi donc s'att5drir sur elle et la pla9dre8 ,il me semble p\rtant naturel de faire l'un et l'autre1 c>1 bi5 que ses reg>ds soi5t dev5us trangem5t glacs1 on dev9e que les s\rces de la s\ffrance ne sont pas t>ies dans son cur1 et que1 le long de la r\te sur laquelle ses pi$s se sont si lgrem5t engags1 elle va r5contr] des difficults n\velles qu'elle n'e/ pas prp>e affront]1 et qui1 en c]ta9s cas1 risqu5t de r5dre son enfance aride1 sa jeunesse solitaire et sa vieillesse dsole4 ,malgr ses allures de victorieuse1 elle se r5d compte1 j'en suis sre1 qu'elle m>*e sur le bord d'un prcipice1 o le pi$ p\rrait lui manqu] t\t c\p1 sans qu'elle puisse s'accro*] ri54 ,elle se tr\ve entre la p>oi lisse de la haute montagne dont elle a v\lu desc5dre1 et les tangs fangeux des pla9es humides o elle risque de s'emb\rb]1 t&is qu' ses cts1 des =ts pr(ondes1 aux dt\rs ignors1 s't5d5t p]te de vue4 99 99 99 99 99 ,les nobles pionnires de l'galit des droits des femmes ont eu le tort d'habitu] leur sexe considr] l'homme comme un adv]saire combattre ou exploit]4 ,il l'a t1 en effet1 dans quelques cas et sur quelques po9ts2 mais au demeurant1 on e/ =c de reconnatre que1 de t\t temps1 il s'e/ montr en somme1 p\r sa compagne de r\te1 un protecteur efficace1 mme qu& il abusait de la faiblesse et de la complaisance de celle-ci6 ,ce s5tim5t de protection accorde et reue n\ait entre les deux sexes une sorte de *ane spciale1 qui mettait de la d\ceur dans leurs relations mutuelles4 ,si1 p> suite de l'affirmation un peu tapageuse des droits fm99s et de l'agacem5t que les hommes en ress5t5t1 cette *ane devait se rompre1 je crois que la situation de la femme dans le monde se modifi]ait assez dsagrablem5t p\r elle1 et qu'entre les deux p>ties qui jadis =mai5t un seul t\t1 l'heure du combat ne t>d]ait pas sonn]4 ,l'homme1 considrant dsormais la femme comme une gale1 cont9u]ait-il d'p>gn] sa compagne1 dev5ue sa concurr5te1 ces accs de viol5ce1 dont il a c\tume d'us] p\r rs\dre les problmes trop difficiles8 ,mme dans l'ordre moral1 la p>tie engage s]ait 9gale1 et il e/ probable que1 malgr son adresse1 son a/uce et les faons imprieuses dont elle a pris l'habitude1 la femme s]ait va9cue et que l'avantage re/]ait au plus =t1 celui qui e/ traditionnellem5t le mieux arm4 ,et si le contraire arrivait1 v]s quelles av5tures le monde ne m>*]ait-il pas8 99 99 99 99 99 ,les femmes dis5t volonti]s1 inspires p> la fausse direction m5tale qu'on leur a fait pr5dre3 ,les hommes ne n\s aim5t que p\r nos dfauts6 ,il y a du vrai dans cette b\tade4 ,il n'en e/ pas mo9s positif que t\t homme digne de ce nom1 et quelles que soi5t les pripties plus ou mo9s s+ulires de la vie qu'il mne1 porte dans le trfond de son cur une image de femme3 mre1 p\se1 amie1 sur1 laquelle il ne veut pas qu'on t\*e et qui ne ressemble en ri5 la p]sonnalit turbul5te1 importante et encombrante que la gu]re n\s a laisse en hritage4 ,il e/ impossible de prvoir ds auj\rd'hui ce que l'av5ir peut rs]v] de p>ticulirem5t heureux la femme2 mais en t\t cas1 ne v\s semble-t-il pas1 lecteurs et lectrices1 qu'elle f]ait bi5 de rfl*ir avant d'effac] imprudemm5t1 de sa propre ma91 l'image un peu *imrique1 peut-tre1 que l'homme se faisait d'elle dans l'intimit de son cur8 ,cette illusion o l'imag9ation mascul9e se complaisait avait p\r effet d'embellir et de potis] les rapports des deux sexes4 ,des femmes s\riront en me lisant4 ,sur c]ta9s po9ts1 beauc\p d'entre elles sont trs sres d'elles-mmes et sembl5t dire sans mode/ie1 ni excessive pudeur3 ,notre rgne dur]a autant que la vie huma9e6 ,cela e/ vid5t1 mais que de *oses dans la nature1 une fois dp\illes des rayons qui les clairai5t et qui r5dai5t brillantes leurs c\leurs1 p]d5t leur beaut1 leur attrait6 ,une subite obscurit les voile1 la vulg>it les imprgne4 ,a9si en s]ait-il des rapports entre les deux sexes3 la banalit en altr]a la saveur et l'on entr]a uniquem5t dans un ordre d'ides primitives qui matrialis5t t\t ce qu'elles effleur5t4 ,les femmes intellig5tes devrai5t du mo9s compr5dre qu'elles ont t\t intrt prs]v] les illusions que leur attitude un peu rs]ve provoquait *ez leurs compagnons de misre4 ,l'me ayant t\j\rs t attire p> le my/re1 les femmes agirai5t peut-tre sagem5t en remettant une p>tie de leurs voiles4 ,surt\t1 elles devrai5t r5onc] aux s\rires ironiques1 aux propos s>doniques1 aux ins9uations s>ca/iques4 te9dre le feu que les mes cratrices1 d\es d'inspirations s\da9es1 s'ef=c5t d'allum] un peu p>t\t sur les cimes du va/e monde1 e/ une uvre d'une p>faite 9lgance morale4 99 99 99 99 99 ,mais1 dira-t-on1 si la nature d've n'e/ pas spculative1 il s]ait inju/e de l'en r5dre responsable4 ,c'e/ vrai1 mais il ne s'agit pas ici de diss]tations transc5dantales1 mais plutt d'un grave problme qu'il faut envisag] p>ce qu'il a une importance considrable l'heure actuelle1 tant au po9t de vue de la famille et de l'ducation qu' celui de la vie s5tim5tale et sociale4 ,les femmes se tr\v5t en effet un curieux t\rnant de r\te o leur de/9e se j\e4 ,il e/ donc *>itable de leur cri]3 ,casse c\61 avant qu'elles ne sign5t de faon df9itive l'acte du gr& r5oncem5t4 ,ce que s]a leur rle politique et social1 l'expri5ce n\s le dira4 ,mais au-dessus de ce rle1 encore problmatique1 elles ont une mission t]nelle p\r l'accomplissem5t de laquelle il s]ait dsirable de voir leur pre/ige augm5t] au lieu de dcrotre4 99 99 99 99 99 ,les ves mod]nes ont pris la purile habitude de p>l] du l5dema91 comme si ce l5dema9 devait tre un j\r de fte4 ,si1 au lieu de reg>d] t\j\rs en avant1 elles t\rnai5t p>fois la tte en arrire1 elles se r5drai5t compte1 en tudiant les vicissitudes de l'hi/oire1 que la viol5ce n'a1 au fond1 jamais russi p]sonne1 puisque la vie e/ faite de concessions1 de complications1 de complexits444 ,jadis l'p\se1 on le sait1 tait entirem5t et sans proccupations sup]flues1 sacrifie la famille et la race1 son unique de/9e tant de procrer des fils lgitimes4 ,en ce temps-l1 on ne lui reconnaissait absolum5t aucune p]sonnalit1 et si on ne lui manquait pas de respect1 c'e/ qu'elle symbolisait la sa9tet de la famille et l'intgrit de la race4 ,p\r cette raison1 une surveillance troite tait ex]ce aut\r d'elle p> des magi/rats spciaux *>gs de scrut] ses toilettes et ses attitudes4 ,qu& son m>i tait abs5t1 elle ne p\vait1 bi5 ent5du1 recevoir aucun homme1 et ,ari/ophane raconte que le seul fait de se montr] la f5tre de sa maison con/ituait de sa "p une infidlit aux dieux du foy]1 et reprs5tait1 p\r son m>i1 une cause de rpudiation4 ,la loi1 ou plutt le code de ,man\1 tait premptoire et semblait (frir la syn?se du mpris dans lequel la m5talit de la femme a t t5ue p5dant une longue priode hi/orique4 ,p5dant son enfance1 elle dp5dait de son pre1 plus t>d de son m>i1 et1 dev5ue veuve1 de ses fils2 et si elle n'avait pas de fils1 elle devait alors obir aux p>5ts mles du dfunt1 p>ce qu' une femme ne doit jamais se g\v]n] elle mme6444 ,il e/ naturel qu'aprs cette vocation du pass1 les pauvres esclaves de jadis soi5t fires du t]ra9 qu'elles ont conquis6 ,mais qui doiv5t-elles leur libration8 ,au *ri/ianisme1 uniquem5t au *ri/ianisme1 dont auj\rd'hui beauc\p d'entre elles rpudi5t les doctr9es idali/es qu'elles accus5t d'entrav] leur dveloppem5t complet et d'assombrir leurs plaisirs6 ,quelle folie d'+ratitude br\ille donc le c]veau de ces femmes p\r qu'elles puiss5t a9si r5i] et amo9drir les gr&es figures fm99es qui fur5t la gloire de leur sexe1 et dont quelques-unes se ratta*5t uniquem5t au *ri/ianisme p> la sol5nit de leur rep5tir6 99 99 99 99 99 ,presque immdiatem5t aprs la rsurrection du ,fils du *>p5ti]1 on voit les femmes all] ,dieu4 ,ce sont les desc5dantes des ,gracques et des ,scipions qui suiv5t sa9t ,jrme dans le ds]t1 ab&onnant leurs privilges4 ,ils tai5t imm5ses cep5dant4 ,et qu'on l'honore ici en dame ,roma9e ,c'e/--dire un peu plus qu'on n'honore la ,re9e disait ,jules ,cs>1 son db>quem5t en gypte1 p>lant de ,cornlie1 veuve de ,pompe4 ,puis ce fur5t les gr&es abbesses du moy5 ge qui dirigeai5t leur communaut comme un empire1 et mme1 au beso91 levai5t des hommes d'armes4 ,et les ,sa9tes1 qui se rp&ir5t sur le monde comme une pliade lum9euse6 ,a ct de ,ca!r9e de ,si5ne1 la plus gr&e1 la plus rayonnante et la plus gniale p]sonnalit fm99e que la t]re ait produite1 combi5 d'autres femmes *>mantes ont illum9 le monde p> leur aurole de sa9tet6 ,si celles-ci gravir5t avec le *ri/ianisme les plus hauts degrs de l'*elle de ,jacob1 d'autres se fir5t paennes de murs1 croyant a9si se gr&ir1 et suivant en cela une t5dance que l'on retr\ve t\tes les poques et s\s t\tes les latitudes4 ,n\s ne suivrons pas la femme dans les diffr5ts avat>s de son volution1 mais une con/atation morale inconte/able ressort de tant de manife/ations div]ses3 l'arrogance1 le manque de d\ceur1 l'abs5ce de t5dresse n'ont jamais rehauss le pre/ige de la femme1 elles en ont au contraire t\j\rs obscurci l'clat4 99 99 99 99 99 ,dans l'organisation actuelle de la socit1 il n'e/ plus possible1 malgr les maladresses et c]ta9es inaptitudes de la nature fm99e1 de trait] la femme en quantit ngligeable2 n\s avons t\s trop beso9 d'elle dans la famille et l'cole4 ,en lui indiquant les portes du temple de l'idal1 il faut en mme temps la ram5] au culte du bon s5s1 c'e/--dire l'habitude m5tale de la logique4 ,or1 celle-ci lui a t presque t\j\rs si aridem5t enseigne qu'il y a peu de temps encore les femmes d'esprit haussai5t les paules qu& on leur en p>lait4 ,en quoi elles avai5t tort1 c> la logique e/ la s\rce de cet quilibre s\riant1 de cette indulg5ce s]e9e qui font l'agrm5t de la vie1 la sret des rapports et les foy]s *auds et consolants444 99 99 99 99 99 ,on se tromp]ait en v\lant class] le bon s5s p>mi les qualits secondaires4 ,un homme mdiocre peut en possd] une p>celle2 une sotte1 jamais6 ,p\r saisir quelles en sont l'importance et la porte1 il faut de la "p de la femme un ef=t d'intellig5ce4 ,t\te son ducation e/ refaire en ce s5s1 et la prp>ation son futur rle social d'ducatrice et de mre dem&]a un travail laborieux et l5t2 mais celui-ci lui sembl]a facile si elle compr5d qu'au-dessus de ses devoirs de mre1 d'ducatrice et de citoy5ne1 elle a reu une mission d'un ordre gnral et suprieur3 c'e/ celle de port] dans ses ma9s la lampe qui1 semblable l'toile du mat91 indique et claire les *em9s qui conduis5t aux sommets1 d]rire lesquels le soleil se c\*e et se lve j\r aprs j\r6 ,,quatri,,me ,,p>tie ,sur la montagne quelques feux s'allum5t4 ,si l'on reg>de aut\r de soi1 on ne voit de flammes nulle "p6 ,le ciel e/ c\leur de grisaille et t\s les flambeaux sembl5t te9ts4 ,une atmosphre l\rde1 malsa9e1 t\t imprgne de p\rriture1 emp*e les ci]ges de brl]4 ,la viol5ce des in/9cts ne s'e/ pas attnue cep5dant1 c> on se tue un peu p>t\t et il e/ r>e qu'on ent5de des prote/ations indignes s'lev] des curs1 des consci5ces1 des entrailles444 ,il ne faut pas s'en faire1 disai5t les poilus dans les tran*es1 p\r g>d] leur beau c\rage et *ass] les impressions dprimantes4 ,en ce mom5t1 aprs deux ans de paix1 le mot c\rt le monde plus qu'avant2 mais on a dnatur le s5s qu'il avait primitivem5t4 ,ne pas s'en faire veut dire auj\rd'hui se vautr] dans le plus plat gsme et s'int]dire rig\reusem5t t\t lan gnreux ou simplem5t altrui/e4 ,avant la gu]re1 un sa9t ,franois d',assise1 un sa9t ,v9c5t de ,paul ne se r5contrai5t pas s\v5t dans la socit contempora9e2 mais si1 dans une heure de petite ou de gr&e dtresse1 on levait la voix ou l'on t5dait la ma91 d'autres voix et d'autres ma9s rpondai5t l'appel4 ,il n'en e/ plus a9si auj\rd'hui4 ,*acun s'e/ fait aveugle et s\rd1 et a enf]m soigneusem5t son cur dans une =t]esse inexpugnable4 ,une sorte de faux orgueil se mle cette attitude3 on a presque honte1 en #aibc1 de t\t acte qui ne rapporte pas un pr(it matriel immdiat2 et cela e/ vrai dans les ordres d'ides les plus div]s4 ,ces (fres de s]vices1 qui abondai5t aimablem5t autrefois1 entre g5s de mme culture et de mme ducation1 sont dev5ues r>es et ont presque cess4 ,on se rs]ve1 on se s\/rait1 on se ca*e dans sa coquille ou dans sa c>apace4 ,l'obligeance spontane pass]a bi5tt l'tat de lg5de1 c> p\r obt5ir auj\rd'hui le plus lg] s]vice1 il faut insi/] avec ob/9ation4 ,on se heurte s\s ce rapport une si =midable c&eur d'gsme1 qu'on en re/e saisi et dsori5t4 ,semblable ces plantes p>asitaires1 qui t5dant p>t\t leurs rac9es au-dessus et au-dess\s du sol1 f9iss5t p> envahir des t5dues imm5ses de t]ra91 le p]sonnalisme d'aprs gu]re a pris de telles proportions dans les mes1 qu'au reb\rs du mot de ,tr5ce1 t\t ce qui e/ huma9 semble leur tre dev5u trang]6 99 99 99 99 99 ,je ne p>le po9t ici de cet gsme effront et cynique qui a pris p\r devise ces deux mots suprmem5t antipa?iques3 ,donnant1 donnant6 et qui1 l'heure actuelle1 enlaidit et abaisse t\tes les relations des hommes entre eux1 p\sse ceux-ci la viol5ce1 la duret1 une avidit mesqu9e et abjecte--qu'ils ne se donn5t mme plus la pe9e de dissimul]4--,non1 je fais allusion quelque *ose de plus grave1 p>ce qu'il pntre mme les curs qu'on croyait gnreux1 les consci5ces qu'on e/imait droites4 ,dans cette priode d'abaissem5t de la p5se huma9e1 le ds9tressem5t e/ presque considr comme une preuve de faiblesse m5tale4 ,on peut obs]v] ce propos un s+uli] phnomne *ez les natures orig9airem5t honntes3 autrefois1 les plus avides d'arg5t essayai5t de c\vrir leur rapacit naturelle du manteau du ds9tressem5t2 auj\rd'hui1 on rejette ce manteau comme une loque honteuse1 il e/ mme dev5u di/+u de sembl] pre au ga94 ,il y a t\j\rs eu des av>es1 et1 depuis ,h>pagon1 leur race ne s'e/ pas te9te1 mais ils ne se vantai5t pas de leur p>cimonie1 t&is qu'ils mett5t ma9t5ant de l'o/5tation savoir df5dre leur mo9dre petit s\4 ,il y aurait1 en ce g5re1 des exemples assez div]tissants cit]4 ,jadis on se t>guait volonti]s d'un beau ge/e3 on gonflait les s]vices r5dus1 les sommes donnes444 ,j'ai fait ceci1 j'ai donn cela1 et puis cela encore6 ,auj\rd'hui1 c'e/ t\t le contraire6 ,les g5s dcl>5t avec une satisfaction visible3 ,oh6 moi1 je n'ai l* que cela6 ,et des *iffres drisoires sort5t des lvres4 ,s'agit-il de s]vices1 et non d'arg5t3 ,me drang]1 dit-on1 et p\rquoi8 ,*acun a ses propres affaires6 ,ah6 je leur ai p>l de faon leur enlev] t\te envie de rev5ir6 ,si les femmes montr5t s\v5t sans v]gogne des jambes trs conte/ables1 elles ont la mme impudeur p\r les laideurs de leur c>actre4 ,ces manife/ations d'avidit se produis5t1 il faut l'av\]1 peu prs galem5t *ez les deux sexes4 ,mais elles font un effet plus discordant encore *ez celui qui avait eu jusqu'ici la prt5tion de faire du s5tim5t un monopole fm994 99 99 99 99 99 ,t\t cela s]ait assez drle1 si ce n'tait pas inf9im5t tri/e6 ,en cette heure suprme de la vie sociale des peuples1 alors que tant de s\ffrances se sont accumules dans les curs1 on ne peut voir les tres huma9s mesur] si p>cimonieusem5t leur sympa?ie et leurs s]vices1 sans se s5tir le cur s]r d'une tre9te si d\l\reuse qu'elle semble presque en arrt] les battem5ts4 ,les v]s o ,edmond ,ro/& raconte l'hi/oire des deux ,rois ,mages blonds qui avai5t p]du l'toile1 et ne la retr\vai5t plus1 r5d5t aux mes l'esprance et la foi4 ,p\r retr\v] l'a/re disp>u1 ces savants de ,*alde3 ,tracr5t sur le sol des c]cles au bton1 ,ils fir5t des calculs1 grattr5t leur m5ton1 ,mais l'toile avait fui1 comme fuit une ide6 ,et ces hommes1 dont l'me eut soif d'tre guide1 ,pleurr5t1 en dressant leurs t5tes de coton4 ,mais le pauvre roi noir1 mpris des deux autres1 ,se dit3 ,p5sons aux soifs qui ne sont pas les ntres1 ,il faut donn] qu& mme boire aux animaux4 ,et t&is qu'il t5ait un seau d'eau p> son anse1 ,dans l'humble rond de ciel o buvai5t les *ameaux1 ,il vit l'toile d'or qui dansait en sil5ce4 ,les v]s du pote libr5t les curs de la pesanteur qui les oppressait2 ils peuv5t de n\veau respir] l>gem5t1 puisque l'toile brille t\j\rs au ciel1 visible aux yeux des humbles1 des pitoyables et des simples1 dans le cur desquels la flamme ard5te brle encore6 99 99 99 99 99 ,mais1 dem&]a-t-on1 quels sont les symptmes sur lesquels se base cette affirmation premptoire8 ,ceux-ci sont assez difficiles numr] c> ils ne se produis5t pas la surface1 mais bi5 s\s la pr(ondeur des eaux1 et les =ces qui s'en dgag5t sont encore my/rieuses et secrtes4 ,envisageons un in/ant l'me huma9e dans son ensemble1 et voyons si1 p> quelque ct1 elle n'a pas fait un pas en avant1 aprs en avoir fait plusieurs en arrire6 ,comm5ons p> exam9] la consci5ce1 qui e/ moralem5t la p>tie la plus noble de l'organisme huma91 puisqu'en elle rside ce pr9cipe du libre arbitre qui confre l'homme ses lettres de noblesse4 ,,*apitre ,,premi] ,,les ,,consci5ces ,,qui ,,cri5t ,consci5ce does make c[>ds ( u all4 7,,%akespe>e47 ,n\s assi/ons auj\rd'hui l'9vitable m\vem5t de raction qui devait suivre les excs et les viol5ces1 les arrogantes prt5tions et les ridicules doctr9es de ceux qui1--p\r apprt] le problmatique banquet1 o t\s p\rront ass\vir leurs convoitises1 satisfaire leurs apptits1 s'enivr] de liqueurs brlantes et se gorg] de n\rritures azotes1--n'avai5t pas hsit dtruire le travail des sicles1 pas plus qu'ils n'ont recul devant le crime de jet] le monde dans l'horrible ds]t de l'an>*ie4 ,il e/ curieux de con/at] comm5t1 en cette heure de rvolte c]ta9s droits1 rcemm5t et s\v5t inju/em5t acquis1 sont reconnus p> ceux mme qui sont prts ragir avec =ce contre la m5aante dcomposition matrielle et morale du monde4 ,c'e/ l un fait assez symptmatique p\r qu'on le relve et que l'att5tion s'y arrte3 l'ide de punir p\r punir a cess de dom9] les c]veaux1 l'in/9ct ju/ici] ne s'affirme plus aussi implacable4 ,on a mme dpass la mesure en s5s contraire1 comme le pr\v5t c]ta9es amni/ies et c]ta9es s5t5ces tranges des tribunaux militaires eux-mmes1 qui ont p]du de ce fait leur rputation d'inflexibilit et de rigide ju/ice4 ,en ce qui conc]ne les p\voirs publics1 ces indulg5ces peuv5t tre taxes de dplorables faiblesses4 ,elles sont l'effet de causes complexes1 dont plusieurs dp5d5t des intrts politiques et ne se ratta*5t qu'indirectem5t mon sujet4 ,mais le phnomne rellem5t intressant e/ celui qui a p\r ?tre les consci5ces individuelles4 ,auj\rd'hui on voit celles-ci recul] presque t\tes devant un programme qui enlv]ait la classe ouvrire1 mme s\s =me de ju/es reprsailles1 les avantages matriels1 qu'elle s'e/ assurs p> la viol5ce de ses procds4 ,la dlicatesse des consci5ces au po9t de vue de l'quit conomique e/ dev5ue s+ulire4 ,un de mes amis1 trs libral d'ides quoique cons]vateur d'in/9ct1 me disait l'anne d]nire1 propos du devoir qui incombait la b\rgeoisie de df5dre ses droits1 cette phrase tonnante3 ,oui1 c]tes1 mais il faut qu'elle tr\ve un prtexte p\r cette leve de b\cli]s2 celui de sa df5se p]sonnelle ne suffirait pas la ju/ifi]4 ,sans discut] la "q de savoir si le scrupule tait exagr1 je cite la phrase simplem5t p>ce qu'elle reprs5te bi5 l'tat d'esprit inc]ta9 et timide qui c>actrisait la m5talit gnrale en #aibj-ba4 ,elle rvle1 en t\t cas1 un travail p>ticuli] de la consci5ce huma9e en ce qui conc]ne le droit au bi5-tre1 cette p\le au pot1 que le bon roi ,h5ri ,,iv s\haitait son peuple6 ,on peut y voir simplem5t la trace d'un faux humanit>isme tol/oen qui1 au lieu de ram5] les brebis au b]cail1 les ab&onne aux av5tures et aux msav5tures du has>d1 dieu frivole et cruel qui f\rvoie ceux qui suiv5t sa direction4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai qu'une s+ulire trans=mation s'e/ accomplie dans les consci5ces4 ,or1 comme la consci5ce e/ la s\rce o s'labor5t les s5tim5ts1 t\s les signes de vie qu'elle donne pr\v5t l'vid5ce que le cur des hommes bat t\j\rs et que leurs oreilles ne se satisfont pas uniquem5t du cliquetis de l'arg5t qui passe de ma9 en ma94 99 99 99 99 99 ,dans un autre ordre d'ides encore1 n\s assi/ons aux mmes manife/ations d'indulg5ce4 ,on e/ surpris de con/at] quel po9t1 en c]ta9s pays surt\t1 le droit la j\issance p\r t\s e/ reconnu p> les consci5ces des anci5s prt5dus privilgis4 ,la phrase du ,*ri/ aux ,ph>isi5s1 propos de la p*]esse1 qui1 d'aprs la loi1 mritait d'tre lapide3 ,que celui qui e/ sans p* lui jette la premire pi]re1 semble ret5tir t>divem5t dans l'me huma9e4 ,c'e/ malheureusem5t s\s une =me qui peut dev5ir dang]euse3 on ne se borne po9t ne pas lanc] la premire pi]re1 on a p\r c]ta9es =mes de dgnresc5ce de bnvoles enc\ragem5ts4 ,les ignorants essay5t de ratta*] la doctr9e communi/e celle du ,*ri/4 ,et lorsqu'ils ent5d5t nonc] cette erreur pr(onde1 c]ta9s esprits lg]s op95t du bonnet1 comme s'ils ne p]cevai5t pas l'imm5se di/ance qui sp>e les deux doctr9es2 elles se tr\v5t mme1 on peut l'affirm]1 aux deux ples opposs6 ,la seconde pr*e le r5oncem5t t\tes les catgories d'tres huma9s1 t&is que la premire affirme le droit de t\s aux ri*esses et aux j\issances1 et a p\r mot d'ordre3 ,la convoitise satisfaite6 ,mais ce n'e/ po9t le mom5t d'abord] cette grave "q4 ,bornons-n\s signal] que l'on voit auj\rd'hui des familles entires se s\mettre de leur ple9 gr de pnibles inconvni5ts1 p\r ne pas gn] les plaisirs de leurs subalt]nes1 et leur laiss] de longues heures de lib]t4 ,on e/ bi5 =c de subir ce qu'on ne peut emp*]1 rpondra-t-on2 et1 ne v\s y trompez pas1 c'e/ la peur et non l'quit qui provoque ces indulg5ces6 ,voil encore un jugem5t prcipit1 faux et inju/e4 ,c>1 en beauc\p de cas1 c'e/ s9crem5t que les classes suprieures sont arrives reconnatre le droit du peuple une c]ta9e somme de plaisir4 ,elles le font avec sympa?ie1 et non plus avec le mprisant3 ,panem et ,circ5ces des anci5s ,roma9s4 ,il vaudrait peut-tre mieux que les privilgis appr5n5t se priv] p>fois p\r leur propre compte1 de c]ta9s plaisirs1 au lieu d'en appr\v] l'abus p\r eux et p\r les autres4 ,le fait que les consci5ces1 muettes jusqu'ici1 se sont enf9 veilles sur ce po9t spcial de l'quit sociale1 indique cep5dant une vitalit d'me dont il faudrait hautem5t se rj\ir1 si ce respect exagr des avidits et des j\issances matrielles ne pr\vait pas l'importance extrme qu'a prise1 dans la m5talit des hommes t\t ce qui se rapporte l'arg5t et aux apptits qu'il p]met de satisfaire4 ,c'e/ l'ombre du tableau1 et elle s't5dra1 d5se et obscure1 sur les mes1 tant que les yeux des hommes ne se s]ont pas ouv]ts la gr&e et glorieuse ralit de la vie spirituelle que la plup>t d'entre eux s'ob/95t ne pas voir1 ne pas *]*]1 ne pas reconnatre444 ,mais comme cette =me un peu p>ticulire d'quit qui a surgi dans c]ta9es consci5ces reprs5te1 somme t\te1 un pas accompli sur la r\te qui monte1 il e/ ju/e de la signal] l'att5tion4 ,plus t>d1 lorsque les hommes auront appris reg>d] s\s la surface des eaux1 ils p\rront mieux enregi/r] les vrits pr(ondes que l'esprit des s\rces leur p]mettra d'ap]cevoir4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,physionomies ,r,v,,latrices ,de quels pr(onds sillons sont m>qus ces visages ,o l'ombre du pass lutte avec l'av5ir444 79999997 ,je me suis abs5te assez longtemps de ma rsid5ce habituelle1 et j'ai1 d'autre "p1 revu ailleurs des visages qui1 depuis quelques annes1 m'tai5t dev5us trang]s3 peut-tre e/-ce p\r cela qu'il me semble p]cevoir une trange trans=mation dans la physionomie huma9e4 ,je n'ai retr\v1 sauf dans le cas de quelques p]sonnalits suprieures1 aucun visage id5tique ce qu'il tait jadis4 ,ceci pr\ve galem5t que1 malgr l'odeur de mort rp&ue un peu p>t\t1 de =tes vibrations sec\5t encore le cur et le c]veau des hommes4 ,si la /agnation intrieure tait complte1 les physionomies ne se s]ai5t po9t a9si modifies et acc5tues4 ,ce phnomne ne s'obs]ve pas seulem5t *ez ceux qui1 comme les combattants1 ont trav]s d'in\bliables mom5ts de dtresse et des heures tragiques1 ni *ez les femmes dont les entrailles ont t d*ires p> la mort d'un fils4 ,cette trans=mation des visages e/ beauc\p plus gnrale3 on dirait qu'une vague puissante ou la ma9 d'un rude sculpteur a pass sur les figures huma9es1 tantt d=mant leurs traits1 et les h>monisant p>fois dans une trange expression d'int5sit4 ,les physionomies inc]ta9es1 insipides et veules ont peu prs disp>u4 ,on en voit cep5dant encore de mornes et de be/iales qu'aucun idal n'anime1 qu'aucune passion n'meut ni ne tr\ble1 qu'aucune volont de despotisme n'acc5tue3 l'animalit seule rgle leurs m\vem5ts4 ,ces d]nires app>ti5n5t presque t\j\rs la catgorie des tres dont un gsme outranci] tay de sottise1 a suc les moelles4 ,ce sont des mes dj trpasses dans des corps en voie de dev5ir cadavres1 c> lorsque les s\rces vritables de la vie sont t>ies1 celle-ci s'alim5te si pauvrem5t qu'elle n'e/ plus au fond qu'une c\rse la mort6 99 99 99 99 99 ,mais ces visages de moribonds1 en m>*e v]s le tombeau ne peuv5t intress] p]sonne3 il e/ inutile de s'arrt] les contempl]4 ,p> contre1 les physionomies presque trop expressives qu'on r5contre auj\rd'hui (fr5t un curieux *amp d'tudes et indiqu5t que la vie intrieure p]si/e *ez quelques-uns1 malgr les app>5ces d'une indiffr5ce gnrale et absolue4 ,mais de quelle nature e/ cette vie intrieure8 ,n\s essai]ons d'en p]c] le my/re1 mais je v\drais aup>avant not] ici une obs]vation que j'ai faite et que j'invite les autres faire comme moi3 les modifications de la physionomie sont beauc\p plus visibles *ez les femmes1 peut-tre p>ce que leurs traits dlicats se m>qu5t plus facilem5t s\s la sec\sse de l'motion et l'tre9te des s5tim5ts4 ,il y a videmm5t auj\rd'hui1 *ez presque t\tes1 quelque *ose de plus acc5tu1 de plus m>qu en pr(ondeur dans les traits du visage que ce qu'on y voyait autrefois6 ,les yeux sont dev5us froids1 trangem5t froids6 ,quelques-uns sembl5t taills dans des pi]res dures3 onyx1 aga!1 jaspe et lapis444 ,ce sont des yeux qui manqu5t de rayonnem5t et de *aleur4 ,*ez la paysanne1 l'ouvrire1 la dactylographe1 la femme du monde1 la mme expression implacable se r5contre4 ,je ne rtracte pas le mot implacable1 c> dans les prunelles fm99es aucune misricorde ne luit plus l'heure actuelle4 ,une n]gie d'un g5re n\veau les anime1 fille de passions rcemm5t veilles qui cep5dant se ratta*5t aux passions primitives de l'humanit1 et ne sembl5t pas avant-c\rrires d'une conception n\velle et plus noble de l'exi/5ce4 ,dans les problmes de l'heure j'ai trait des conditions spciales o se tr\ve la femme en tant que femme1 et mes conclusions son sujet n'tai5t pas optimi/es ni colores d'esprance pro*a9e4 ,mais en exam9ant avec plus d'att5tion les physionomies huma9es je me suis r5du compte qu'il y avait encore1 *ez les femmes comme *ez les hommes d'auj\rd'hui1 de l't(fe p\r taill]1 assembl] et c\dre4 ,il faut que les ouvri]s intellig5ts et habiles se mett5t l'uvre1 montr5t la voie1 prp>5t l'ouvrage et jett5t dans les mes des p5ses d'av5ir4 99 99 99 99 99 ,c]ta9es passions sont assez neuves *ez la femme1 t&is que l'homme les a presque t\tes connues1 vcues et t>ies2 ces passions sont semblables des s\rces vives1 d'o des n]gies inatt5dues p\rrai5t surgir4 ,l'in/9ct de despotisme1 p> exemple lat5t jusqu'ici *ez les desc5dantes d've1 a pris dsormais dans l'me fm99e un essor effrayant4 ,celles qui se s5t5t des mes la ,smiramis sont r>es1 mais t\s les petits despotismes les attir5t et les t5t5t4 ,le gt de la dom9ation1 le beso9 de se donn] de l'importance qui n'avai5t pas fran*i jusqu'ici les bornes de la vanit et de l'am\r1 se sont t5dus t\tes les bran*es de l'activit sociale o les femmes prt5d5t prs5t ex]c] leur empire4 ,cette modification de leur psy* dvelopp]a peut-tre dans ces m5talits un peu mivres1 un peu veules1 un peu inc]ta9es1 des =ces qu'on ne s\ponnait pas4 ,je cra9s p\rtant qu'il ne s'agisse pas au db1 de n\veauts sympa?iques1 c> l'acc5tuation des physionomies que je vi5s de signal] ne semble pas avoir une base pure et noble4 ,mais tant donn l'tat d'insipidit o semblai5t tombes la plup>t des mes1 t\t symptme qui rvle des n]gies en =mation doit tre accueilli avec satisfaction4 ,ce sont l des =ces en ge/ation4 ,dans quel s5s se dvelopp]ont-elles8 ,comm5t les sauv]1 en ce mom5t psy*ologique d'une si extrme importance1 de la r5contre et de l'influ5ce des mauvais b]g]s8 ,tel e/ le grave problme qui se pose devant les consci5ces vivantes1 devant les esprits qui veill5t4 ,ah6 les mauvais b]g]s6 ,on peut p>l] aussi auj\rd'hui des mauvaises b]gres4 ,a quelque sexe qu'ils app>ti5n5t les uns ou les autres1 on ne r$\te pas assez le rle nfa/e qu'ils j\5t1 on ne met pas suffisamm5t en g>de contre eux les esprits inexprim5ts4 ,or1 c'e/ l'une des pires sottises qu'on puisse commettre1 c> ces conducteurs de brebis sont mille fois plus dang]eux que les l\ps dvorants1 ces frres infrieurs1 comme les appelle sa9t ,franois d',assise6 ,il n'e/ pas agrable1 c]tes1 d'tre croqu p> les d5ts des l\ps1 mais il e/ c5t fois pire encore de tomb] s\s la c\pe d'un mauvais b]g]1 c> cette emprise peut avoir sur la de/9e des autres hommes de p]nicieuses rp]cussions4 ,qu& ces dviateurs de la consci5ce huma9e se dvoil5t1 on devrait les m>qu] moralem5t au f] r\ge et faire p\r eux ce qu'on fait en ,italie p\r les jettatori que c\ronne une s9i/re aurole de malheur1 refus] mme de prononc] leur nom6 ,mais notre esprit sup]ficiel--cette t5dance qu',osc> ,wilde qualifiait de crime1--n\s r5d incapables de j\] le rle sacr de g>di5s des mes4 99 99 99 99 99 ,le dplorable empire que les mauvais b]g]s ont acquis et cons]v5t dans la socit actuelle e/ d en gr&e p>tie au fait que les hommes ne sav5t pas se s]vir contre eux des armes de df5se dont la nature les a gnreusem5t p\rvus4 ,l'une d'elles e/ assurm5t le reg>d1 de/9 aiguis] la p]spicacit de l'esprit et indiqu] au voyageur les emb*es et les prils de la r\te4 ,l'ins\ciance1 avec laquelle n\s n\s en s]vons1 la plup>t du temps1 sans prt] une att5tion suffisante aux emb>ras qui ob/ru5t le *em9 ou aux dt\rs qui l'int]romp5t1 e/ une preuve de sottise4 ,les ducateurs devrai5t dsormais s'occup] mieux dvelopp] *ez les enfants cette facult du disc]nem5t qui manque tant d'hommes faits4 ,ils devrai5t1 avant t\tes *oses1 appr5dre leurs lves qu'il faut donn] une extrme importance l'expression du reg>d de ceux qu'ils r5contr5t1 et us] du leur avec clairvoyance et att5tion4 ,l'il huma9 e/ la clef de vote des p]sonnalits et elle les accompagn]a sans d\te dans l'au-del1 c>1 comme l'a dit le pote des ,deux ,r5contres3 ,les prunelles ont leur c\*ant1 ,mais il n'e/ pas vrai qu'elles meur5t6 ,,*apitre ,,iii ,,les ,,yeux ,,qui ,,voi5t ,oh6 qu'ils ai5t p]du le reg>d1 ,non1 non1 cela n'e/ pas possible2 ,ils se sont t\rns quelque "p ,v]s ce qu'on nomme l'invisible4 ,,sully ,,prud',,homme4 ,p> le mot voir1 j'ent5ds p>l] de la vision intrieure1 la seule qui soit intressante dans l'ordre moral et intellectuel4 ,on peut p]cevoir m]veilleusem5t les objets extrieurs et tre priv compltem5t de cette vision spciale1 qu'un malheureux aveugle peut possd] p>fois au suprme degr4 ,c'e/ donc cette vision qu'il importe de *]*] avant t\t dans les prunelles dont n\s r5controns le reg>d4 ,il y a t\tes espces d'yeux dans le monde3 de beaux et de d\x1 de svres et de durs2 il y en a de dom9ateurs1 d'bl\issants1 de provocants444 ,d'autres n\s pr5n5t simplem5t4 ,ce sont les plus r$\tables1 ceux qui1 d'un c\p d'il1 *ang5t p>fois des de/9es4 ,n\s n'accordons pas assez d'importance aux yeux1 n\s ne les obs]vons pas suffisamm5t1 n\s n\s p]dons inutilem5t dans d'autres dtails du visage et de la p]sonne4 ,eux seuls mrit]ai5t cep5dant l'att5tion des psy*ologues et des curieux4 ,ils n'ont qu'une rivale3 la b\*e6 ,mais celle-ci n'e/ gure rvlatrice qu'au po9t de vue des passions et des t5dances in/9ctives3 bont1 m*ancet1 faiblesse1 ou ob/9ation4 ,elle ne reprs5te pas un tempram5t dans son ensemble1 et1 au po9t de vue intellectuel1 elle re/e muette4 ,sans la nglig]1 ce qui s]ait une erreur1 ce sont les yeux que n\s devons t\j\rs considr] p\r obt5ir une vision peu prs exacte des mes individuelles4 ,leurs v>its sont inf9ies et ils sont s\v5t dconc]tants p> leur s9crit mme4 ,quelques-uns sont fuyants1 et on les dev9e faux2 d'autres ont appris l'art de se s\/raire aux inve/igations1 sans se dt\rn] ouv]tem5t2 mais1 en gnral1 les prunelles de la plup>t des hommes s'ouvr5t c&idem5t1 et s'(fr5t sans dfiance aux obs]vations des reg>ds curieux qui crois5t les leurs4 ,les tres qui ont clos le plus h]mtiquem5t leur cur1 ne se sont pas aviss de pr5dre la mme prcaution p\r ces f5tres trav]s lesquelles le reg>d d'autrui peut pntr] jusqu' l'intimit de l'me1 et en f\ill] les replis4 ,puisque la c&eur de l'homme le p]met ou ne peut l'emp*]1 *]*ons donc1 non pas dans ses p>oles1 p>fois m5songres1 ni dans ses actes1 s\v5t transitoires1 mais dans ses yeux qui n'ont encore appris dissimul] qu'une petite p>tie de ses secrets1 le my/re de son me pr(onde4 99 99 99 99 99 ,ent5dons-n\s6 ,je n'ai pas l'int5tion de p\ss] aux curiosits psy*ologiques1 ni d'engag] mes lecteurs cultiv] l'art de c\p] un *eveu en quatre4 ,n\s avons trop s\ff]t p\r n\s complaire srieusem5t ces jeux qui aff95t le gt sans clair] l'intellig5ce4 ,je propose1 au contraire1 de r5onc] aux puriles re*]*es dans le j>d9 secret des membres de notre ent\rage1 et de n\s atta*] une unique re*]*e4 ,ces yeux que n\s int]rogeons avidem5t1 dem&ons-leur une seule *ose3 reflt5t-ils une vision intrieure1 une capacit d'inspiration subite1 l'am\r de l'ide au lieu de l'am\r des *oses8 ,hlas6 que de fois n'y dc\vre-t-on que l'am\r des *oses1 cette irrmdiable t>e1 cette con/ante ennemie de t\te vraie lib]t morale6 ,les femmes y sont plus atta*es encore que les hommes4 ,c'e/ p\rquoi elles arriv5t r>em5t au my/icisme et au gr& vol des ides4 ,laissez-les donc tranquilles1 diront ceux qui prfr5t ne pas rfl*ir1 elles font ce qu'elles peuv5t et il ne faut pas dem&] au pommi] de port] des p*es6 ,j'use volonti]s de cette mtaphore1 c> il e/ inju/e1 je le reconnais1 de ne pas t5ir compte des possibilits p\r tablir ses jugem5ts2 mais admettre1 p\r soi et p\r les autres1 une semblable limitation1 c'e/ r5onc] la gr&eur de l'ef=t1 c'e/ dsobir d'avance ces inspirations subites de l'esprit qui1 mieux qu'un c\p de clo*e ret5tissant1 v\s font sortir des rangs et gravir les cimes444 ,et cela e/ vrai p\r les hommes comme p\r les femmes4 ,si dans l'ordre intellectuel celles-ci n'ont pas le c]veau organis p\r la spculation pure1 on ne leur dem&]a pas de tr\v] la solution de problmes ma?matiques2 mais dans l'ordre moral1 leur organisation m5tale ne les relgue pas fatalem5t1 comme de pauvres ,c5drillons1 la porte des palais et des temples4 ,lorsqu'elles ne peuv5t en fran*ir le seuil1 c'e/ la plup>t du temps qu'elles ne le veul5t pas6 ,la rpugnance l'ef=t1 l'horreur du recueillem5t1 et le pre/ige des *oses extrieures1 t\t puissant sur leur me1 f]m5t leurs yeux plus encore que ceux des hommes1 aux visions intrieures4 ,il me semble du re/e absurde d'tablir1 en p>lant des problmes de l'me1 des diffr5ces ess5tielles entre les deux sexes1 puisqu'ils sont1 ds leur naissance1 des condamns mort auxquels l'immortalit e/ promise4 ,l'important1 l'heure actuelle1 e/ de savoir disc]n] dans les yeux des hommes et des femmes1 le reflet de leurs visions intimes1 puisque ces visions peuv5t seules labor] en eux les mes de soldats1 de df5seurs et d'aptres qui s]ont ncessaires p\r rtablir l'quilibre du monde et apais] la conflagration t]rible qui en ce mom5t d*ire son c]veau et ses entrailles4 ,,*apitre ,,iv ,,les ,,c]veaux ,,qui ,,veill5t ,l'me n'e/ pas un vase remplir1 mais un ph>e allum]4 ,,plut>que4 ,il ne suffit pas de possd] le don de la vision intrieure1 il faut que cette vision se rfl*isse dans le c]veau qui la reoit1 la creuse1 la travaille et s'en s]t ensuite comme d'un levi] p\r provoqu] l'asc5sion des mes4 ,il en fut sans d\te a9si p\r les prophtes4 ,ils ont eu d'abord la vision des *oses1 que leur gnie spcial1 aprs l'avoir considre et mdite1 a ensuite prs5te au monde4 ,ces p]sonnalits puissantes vivai5t dans l'att5te1 les yeux bi5 ouv]ts1 t&is que leur esprit veillait4 ,s'il n\s arrive p>fois1 mme auj\rd'hui1 de r5contr] des yeux qui sembl5t reflt] une vision intrieure1 le contact avec les c]veaux qui veill5t e/ bi5 plus r>e4 ,p\r arriv] cet tat de veille1 l'intellig5ce ne suffit pas1 c> l'intellig5ce se laisse facilem5t di/raire et re*]*e volonti]s les frivolits qui l'amus5t et la repos5t4 ,il faut qu'elle se rfugie au contraire dans l'intimit du subconsci5t dont p>le ,leibnitz1 qui vit en n\s sa vie ca*e et pr(onde4 ,il e/ la s\rce de t\te inspiration1 qu'elle vi5ne du gnie ou du cur6 ,mme si elle procde directem5t des =ces div9es1 c'e/ trav]s notre subconsci5t qu'elle se rvle n\s4 ,savoir et p\voir veill]1 signifie donc p\r l'homme3 tre en contact intime et con/ant avec cette "p secrte de lui-mme qui *appe1 semble-t-il1 l'action des n]fs et du sang1 et r5d p>fois l'me capable de ces intuitions my/rieuses qui se *angeai5t en lueurs irradiantes dans les c]veaux des prophtes1 des prcurseurs1 et dans ceux des potes qui fur5t1 eux aussi1 des voyants4 99 99 99 99 99 ,mais ces gr&s initis n'app>aiss5t que de lo9 en lo9 dans l'hi/oire du monde et re/5t des isols4 ,or1 p\r r$ress]1 mond] et cultiv] t\s les ceps de vigne1 il faut auj\rd'hui beauc\p d'ouvri]s1 il faut surt\t que ces ouvri]s soi5t aptes recueillir les enseignem5ts qu'une voix inspire prononc]a ou qu'un s\ffle my/rieux rp&ra subtilem5t dans les esprits1 p\r les trans=m] en g>di5s vigilants de la consci5ce huma9e4 ,il n'e/ pas beso91 p\r accomplir cette t*e1 d'tre un gnie ou un prde/91 il suffit d'tre un homme de bonne volont1 aimant d'am\r la vrit1 et assez clairvoyant p\r savoir disc]n] les faux dieux et r5v]s]1 sans va9e piti1 leurs autels4 ,mais1 dem&]a-t-on1 de tels hommes exi/5t-ils l'heure prs5te8 ,c]tes1 ils sont r>es1 bi5 r>es1 et ils demeur5t muets et timides1 c> la pr(ondeur et la dlicatesse de leur p5se les r5d5t suspects4 ,on ne peut cep5dant ni] leur exi/5ce4 ,ils surgiss5t ici ou l et leur prs5ce claire d'une bordure lum9euse les pais nuages noirs qui f]m5t l'horizon4 ,d'o vi5n5t ces hommes1 dont la consci5ce en travail comm5ce se faire ent5dre8 ,leurs orig9es sont multiples1 mais la plup>t d'entre eux app>ti5n5t p\rtant deux catgories3 d'abord celle des clairvoyants1 l'intellig5ce desquels n'*appe aucun des p\vantables et dang]eux symptmes de la crise que l'humanit trav]se4 ,aprs avoir sond jusqu'en ses pr(ondeurs la dcomposition de l'me huma9e1 ils ont tr\v dans l'excs mme de leur dsolante vision d'av5ir une raison d'espr]4 ,si la de/ruction du monde physique1 dis5t-ils1 a t annonce1 la de/ruction de l'me n'a pas t prdite4 ,or1 c'e/ v]s cette de/ruction que n\s semblons m>*]4 ,ce s]ait un r5iem5t de promesses et telle ne peut tre la volont div9e4 ,donc1 invisiblem5t encore1 le remde se prp>e1 le salut appro*e1 et il faut que les p5ses et les yeux de ceux qui espr5t se t5d5t p\r le voir v5ir4 ,les c]veaux qui veill5t se recrut5t encore dans une seconde catgorie d'hommes3 ceux dans le cur desquels l'am\r de l'humanit e/ en tra9 de r5atre et qui1 mus d'une imm5se piti1 t5d5t l'oreille au mo9dre son de clo*e et *]*5t p]dum5t aut\r d'eux le mo9dre reflet d'une lueur d'aube4 ,j'ai dit3 ceux au cur desquels l'am\r de l'humanit r5at1 c> cet am\r a subi1 lui aussi1 une t]rible crise depuis la conclusion de la paix4 ,qu& le sang a cess de c\l] sur les *amps de bataille et que les jeunes corps des soldats n'ont plus t exposs aux balles et aux bombes ennemies1 aux gaz asphyxiants1 aux raids des avions1 aux attaques des s\s-m>9s1 la gr&e compassion1 qui remplissait les curs et les faisait vibr] d'une vie d\l\reuse et palpitante1 s'e/ te9te t\t c\p comme une b\gie sur laquelle on vi5t de s\ffl] brutalem5t4 99 99 99 99 99 ,c'e/ que le rgne des p>oles p]nicieuses et inutiles1 avait succd celui des actes hroques et que les compromis s'tai5t sub/itus aux nobles endurances4 ,la piti ard5te qui att5drissait les reg>ds trop scrutateurs et emp*ait les obs]vations aigus1 avait1 en disp>aissant1 r5du la lib]t aux yeux et aux c]veaux4 ,les hommes recomm5cr5t alors se jug] entre eux1 et beauc\p p5sr5t que leurs concitoy5s tai5t au fond de pauvres hres1 que leurs vois9s1 ou plutt leurs compagnons de misre1 ne prs5tai5t pas des p]sonnalits beauc\p plus intressantes4 ,ce fut a9si1 que l'am\r p\r l'humana g5s comm5a de plir dans les curs4 ,cet tat d'endurcissem5t n'a pas t suffisamm5t obs]v2 d'aucuns mme l'ont laiss pass] inap]u et ne s'ap]oiv5t pas qu'il dure encore4 ,individuellem5t cep5dant1 quelques hommes ont surmont la crise3 ,de l'excs mme de leur dgt1 quelque *ose a remu dans leur cur3 avoir tant pla9t l'homme1 p>ce que sa *air tait meurtrie et que son sang c\lait1 et re/] ins5sible aux d\leurs que lui prp>e l'av5ir obscur1 glacial1 t]ne et dcolor1 qui semble logiquem5t l'att5dre1 quelle anomalie1 quelle cruaut6 ,c'e/ au plus =t de cette anormale indiffr5ce que s\da91 en quelques-uns1 l'am\r p\r les hommes a refleuri4 ,ces tres1 ces gnrations qu'att5d5t de si dconc]tantes p]spectives1 ce sont leurs frres1 leurs fils1 et une ide a comm5c g]m] dans les c]veaux de ceux qui ont l'habitude de veill]3 ,n\s ne p\vons pas laiss] prir l'humanit4 ,le sec\rs doit v5ir444 ,hlas6 on n'e/ plus au temps des croisades1 alors qu'on p\vait enflamm] les curs en prononant le nom magique de ,jrusalem6 ,la ville sa9te a t dlivre1 et son nom n'ex]ce plus sur les mes l'anci5 effet pre/igieux4 ,une anxieuse "q se pose3 ,si jamais le tombeau qu'elle r5f]me retombait aux ma9s de ses anci5s dt5teurs1 les s\v]a9s de la t]re acc\rrai5t-ils de t\s les po9ts du globe dans la valle de ,cdron p\r dlivr] le ,sa9t-,spulcre8 ,il a fallu1 aprs la d]nire croisade1 environ sept sicles et une n\velle invasion de ,b>b>es p\r que l',europe *rti5ne1 en rep\ssant les hordes qui m5aai5t sa civilisation1 se soit enf9 dcide *ass] les ,infidles qui montai5t la g>de au tombeau de l'enfant qui naquit ,be?lem et m\rut sur le ,golgo?a6 99 99 99 99 99 ,les c]veaux qui s'veill5t1 les consci5ces qui cri5t1 les physionomies qui rvl5t des =ces n\velles et les yeux qui reflt5t des visions intrieures =m5t une petite avant-g>de1 dont la mission e/ d'enflamm] d'un r5\veau de confiance les curs oppresss et dprims4 ,l'orig9e de ce m\vem5t e/ d\ble1 comme n\s l'avons indiqu dj4 ,les uns y sont am5s p> une foi t5ace dans la pat]nit du ,p>fait qui ne peut ab&onn] ses cratures2 les autres1 p> un rveil de frat]nit devant les abom9ables p]spectives d'av5ir que prp>e la vague de folie qui a pass sur le monde4 ,mais ces *ampions doiv5t crotre en nombre et en =ce p\r triomph] du *aos univ]sel et dom9] l't\rdissante cacophonie qui a remplac la puissante voix du canon4 ,le *ant mme des oiseaux ne rsonne plus joyeux et triomphant comme jadis3 d'aucuns vont jusqu' prt5dre que le rossignol1 effray1 ds]tant les bois et les j>d9s1 ne fait plus ent5dre1 sauf dans les v]s des potes1 ses trilles dlicieux4 ,se taire1 espr]1 att5dre1 veill]1 c\t] les voix pr(ondes de la nature1 reg>d] les toiles d]rire lesquelles se ca*5t les vrits t]nelles1 voil ce que les hommes de bonne volont peuv5t faire p\r provoqu] et p\r ht] la r5tre au port4 ,%akespe>e a dit3 ,x is ! m9d t makes ! body ri*4 ,si cette p>ole s'applique victorieusem5t la matire1 combi5 plus doit-elle tre exacte en ce qui conc]ne les *oses de l'esprit1 c>1 comme l'a dit ,plut>que1 l'me n'e/ pas un vase remplir1 mais un feu allum]4 ,or1 le monde1 en ce mom5t1 a beso9 de gr&s feux brlant sur les montagnes1 qui soi5t comme un appel lanc au lo94 ,les c]veaux qui veill5t doiv5t tre les premi]s signal] ces feux4 ,en bas1 leurs reg>ds doiv5t f\ill] p>t\t c>1 selon la belle expression de ,ro/&3 ,il y a de la b\e qui veut r$ev5ir de la t]re4 ,,c9qui,,me ,,p>tie ,la r5tre au port4 ,des b>ques la drive1 sans timon et sans pilote1 sur une m] dmonte1 voil l'image du monde actuel aprs trois ans de paix6 ,les emb>cations qui sillonn5t les eaux sembl5t devoir *avir] t\tes1 les unes aprs les autres1 c> l'quipage e/ incapable de tr\v] la direction d'un port o jet] l'ancre4 ,le naufrage p>at imm95t aux passag]s con/]ns et aux spectateurs qui1 du rivage1 obs]v5t les manuvres des voiles et le m\vem5t des rameurs4 ,dans c]ta9s pays du globe1 les m]s et les fleuves sembl5t plus normaux d'aspect1 mais il y a p>t\t1 sur les eaux et dans les airs1 des s\bresauts inquitants1 et les app>5tes oasis sont trompeuses1 semblables ces prairies riantes et v]tes qui ca*5t des m>ais pr(onds o le pi$ s'emb\rbe1 s'enfonce et qui f9iss5t p> engl\tir inexorablem5t hommes et btes4 99 99 99 99 99 ,cep5dant1 dans l'ordre des faits naturels1 on voit mme auj\rd'hui les temptes f9ir p> s'apais] normalem5t1 le ciel r$ev5ir s]e91 et lorsqu'aprs une viol5te b\rrasque1 on assi/e la r5tre au port des gr&es et des petites emb>cations1 une s5sation exquise de bi5-tre envahit les hommes4 ,le calme subit du ciel1 de l'air et des eaux produit galem5t un effet magique sur les curs angoisss2 il tranquillise leurs battem5ts trop rapides et apaise leur excessive motion4 ,s'il en e/ a9si p\r les temptes qui agit5t les flots et l'atmosphre1 le mme phnomne devrait logiquem5t se produire dans l'ordre des faits intellectuels et moraux4 ,les horribles tu]ies1 que les reg>ds huma9s ont t =cs de contempl]1 ont provoqu ce dtraquem5t des c]veaux qui r5d auj\rd'hui les hommes app>emm5t incapables de bon s5s1 de clairvoyance et de t\t p\voir de rsi/ance et de raction4 ,la phrase dsa/reuse de ,tol/o3 ,il ne faut pas lutt] contre le mal1 a fait cole hors de ,russie et semble avoir envahi les mes occid5tales4 ,n\s assi/ons avec p\vante des phnomnes r$\tables dont ri5 n'indique encore clairem5t la disp>ition pro*a9e4 99 99 99 99 99 ,et p\rtant4446 ,croire la p]ptuit de l'obscurcissem5t du c]veau huma91 n'e/ pas seulem5t absurde et illogique2 c'e/ encore la plus gr&e (f5se qui puisse tre faite au ,crateur des m]veilles de la nature4 ,il devrait n\s suffire de contempl] une nuit toile1 ou bi5 de reg>d] l',aurore qui prcde1 mat91 aprs mat91 la naissance de l'a/re du j\r1 p\r compr5dre que la lumire qui claire et r*auffe notre plante1 ne ds]t]a jamais l'univ]s1 c> elle e/ la condition mme de son exi/5ce2 sa s\rce s'alim5te l',esprit qui rgle et dirige le de/9 des hommes4 ,ceux-ci ont1 p> consqu5t1 le droit de croire au pro*a9 ret\r de la lumire qui clairait et rglait leur conduite morale4 99 99 99 99 99 ,mais avant d'ouvrir trop l>gem5t son cur l'esprance1 et dans l'att5te du s\ffle puissant qui balai]a les nuages du ciel spirituel de l'humanit et tablira les bases d'une socit n\velle1 il e/ indisp5sable1 comme n\s l'avons dit1 que l'homme ouvre ses yeux et aiguise son esprit p\r mieux tudi] les m5talits actuelles et p\r re*]*] s'il n'y a pas1 entre elles et le bonheur dans l'ordre1 d'infran*issables b>rires ou quelque clatante div]g5ce de conception4 ,,*apitre ,,premi] ,,le ,,mot ,d',,ordre3 ,,s]vir6 ,s]vir444 s]vir444 s]vir6 7,p>oles de ,kundri dans ,p>sifal de ,,ri*>d ,,wagn]47 ,la vrit e/ qu'il y a en ce mom5t un t]rible mal5t5du entre l'homme et sa de/9e4 ,quel que soit son rang social ou sa condition intellectuelle1 il refuse avec arrogance d'accomplir celle-ci1 et les plus rebelles sont s\v5t les plus petits4 ,ils mett5t dsobir l'ordre div9 une pret extraord9aire et se s5tirai5t horriblem5t humilis d'accept] le mot d'ordre que les desc5dants d',adam port5t t\s sur leur front1 trac p> la ma9 suprme qui dirige les de/9es huma9es4 ,ce mot e/ celui de ,p>sifal3 ,s]vir6 99 99 99 99 99 ,il e/ inutile de prote/]1 de s'indign]1 de se rvolt]444 ,l'ordre e/ premptoire2 il faut c\rb] la tte1 y con=m] sa vie1 si l'on ne veut pas tomb] dans le dsespoir morne1 l\rd1 glacial et sombre que l'homme a connu la suite de la gr&e rvolte morale de l'aprs-gu]re1 et qui a rempli sa b\*e d'un gt de c5dre4 ,imitons ,dante1 qui1 aprs avoir ent5du les p>oles des sages1 int]rogeait avec anxit les yeux de l'aigle p\r savoir si ,virgile1 non baptis1 p\rrait voir un j\r les portes du p>adis s'ouvrir devant lui et relisons les livres sacrs de t\tes les religions et ceux o se dr\le l'hi/oire des philosophies et des de/9es huma9es2 n\s n\s r5drons compte que1 sur ce po9t1 il e/ oiseux de discut] et de s'insurg]4 ,n\s sommes des s]viteurs1 pas des esclaves1 ent5dons-n\s6 ,la reconnaissance p> ,dieu du libre arbitre de l'homme l'a sauv de l'esclavage1 mais non du s]vice4 ,ce s]vice librem5t accept a ouv]t p\r lui les portes de la joie t]re/re1 lui a confr en mme temps une gr&e dignit et a fait de lui une sorte de roi1 puisque1 s]vant son matre avec l'am\r d'un fils1 il s'lve de ce fait un niveau qui lui fait immdiatem5t gravir plusieurs *elons dans la hir>*ie morale des tres4 99 99 99 99 99 ,en cette heure de l'hi/oire du monde o *acun1 avec une arrogance que d\ble une paisse sottise1 se refuse au travail et l'obissance1 il sembl]a sans d\te la plup>t absurde1 maladroit et inopportun d'avoir l'audace d'affirm] qu'en dehors du s]vice1 mme le plus humble1 il n'y a pas p\r l'homme de bonheur possible1 et que sa dignit et son am\r-propre tr\v5t t\s deux leur avantage ce s]vice librem5t et joyeusem5t cons5ti4 99 99 99 99 99 ,les ,anci5s avai5t c\tume de dire que ,jupit] aveuglait ceux qu'il v\lait p]dre4 ,ne dirait-on pas auj\rd'hui qu'une ma9 malfaisante se plat pos] un b&eau sur les yeux des hommes p\r les emp*] de disc]n] les vrits les plus vid5tes et leur ca*] les prils les plus m5aants8 ,mais ,zeus e/ mort1 et il e/ impossible d'attribu] au ,pre du ,fils de l',homme les actes que p\vait se p]mettre le matre des dieux1 reprs5tant de t\tes les passions huma9es4 ,la responsabilit de son misrable tat d'me repose donc entirem5t sur les paules de l'homme d'auj\rd'hui et sur celles des mauvais b]g]s qui l'ont n\rri de p>adoxes et de sophismes envelopps de gr&s mots creux1 dont le nant a t p]c depuis longtemps1 mais qui cont9u5t cep5dant g>] c]ta9es mes4 ,or1 nul n'e/ plus difficile gurir que le malade et le dm5t qui veul5t l'tre2 l'intellig5ce et la volont huma9es n'y suffis5t pas4 ,non que les raisonnem5ts ne puiss5t avoir leur rle dans le =midable combat engag p> les hommes rvolts contre l'ordre tabli et le gr& lgislateur de t\tes *oses4 ,il e/ mme des cas o la rpression viol5te e/ peut-tre indisp5sable p\r va9cre c]ta9es =mes de la rbellion4 ,mais puisque la t5dance qui n\s c\rbe auj\rd'hui v]s le limon de la t]re1 comme les bufs v]s l'abreuvoir1 e/ plutt un tat d'esprit qu'un phnomne physique1 c'e/ plutt v]s l'int]v5tion des =ces spirituelles que les esprances des hommes de bonne volont doiv5t se t\rn]4 ,il faut qu'ils se p5*5t v]s leur subconsci5t p\r c\t] sa voix pr(onde2 il faut qu'en t\tes *oses ils invoqu5t l'appui de l',esprit4 ,,*apitre ,,ii ,,quel ,,s]a ,,le ,,pilote8 ,qu& ,ene s'ap]ut de la disp>ition de son pilote1 il prit sa place4 ,,virgile 7,enide74 ,quel s]a le pilote8 ,telle e/ l'anxieuse int]rogation qui se pose devant les mes et les esprits des hommes4 ,p\r ram5] rapidem5t les curs rebelles l'obissance1 il faudrait qu'une b\*e div9e1 celle du gr& convive des ,noces de ,cana1 comme l'appelle le pote ,l\is ,b\ilhet1 rpte l'homme1 d'une voix plus rsonnante que l'aira91 l'ordre suprme du ,crateur3 ,tu es n p\r travaill] et s]vir1 et que la rponse de l'homme sorte frmissante de son cur et de ses entrailles3 ,je s]virai4 ,ce s]ait l un d\ble miracle2 mais si n\s p\vons1 d'aprs les promesses div9es faites aux viol5ts sur le royaume des cieux1 n\s att5dre au miracle1 et si l'imm5se clameur des mes angoisses p>vi5t l'impos] ,dieu1 c'e/ t\j\rs ,lui qui *oisit son heure1 et notre attitude ne peut tre que celle de l'att5te confiante et pati5te4 ,une voie cep5dant e/ t\j\rs ouv]te aux curs religieux1 mme si leur p5se e/ libre1 c'e/ celle qui s'adresse directem5t l',esprit1 cet ,esprit dont ,joseph ,mazz9i1 le n\vel z*iel1 comme l'appelait le gr& pote ,c>ducci1 annonait le rgne dans la =me religieuse qu'il prvoyait p\r l'av5ir2 et qui se dvoil]a l'homme trav]s ce my/rieux subconsci5t qui rgle les rapports de l'tre huma9 avec les =ces suprmes4 ,l'exi/5ce de ce m]veilleux int]mdiaire entre la consci5ce huma9e et la div9it1 n'a t comprise jusqu'ici que p> un nombre re/re9t de c]veaux4 ,il e/ vid5t que l'action de l',esprit e/ s\v5t l5te1 et il e/ r>e qu'elle se manife/e d'une faon clatante2 elle m>que cep5dant les mes d'une ineffaable empre9te1 et le j\r vi5dra1 sans d\te1 o celles qui auront t a9si dsignes1 se dress]ont une une1 prtes1 ds le po9t du j\r1 comme les moissonneurs1 fau*] le bl mr1 et1 comme des soldats l'appel du tocs91 mettre leur fusil sur l'paule et desc5dre dans la pla9e ou gravir la montagne p\r df5dre l'idal contre l'humiliante limitation de la p5se huma9e au monde matriel et visible4 ,que les positivi/es ne s'al>m5t pas de ce programme4 ,le monde des faits ne peut1 lui aussi1 qu'y gagn]4 ,lorsque les ouvri]s s]ont prts et que le drapeau de la n\velle ,croisade s]a dploy1 t\t ce qui app>ti5t l'ordre des phnomnes naturels et sociaux tr\v]a sa place1 comme les morceaux p>s et confus de ces jeux de pati5ce qui1 avant la gu]re1 ont eu leur j\r de vogue dans le monde des dsuvrs4 ,mais le rtablissem5t des =mes qui rglai5t l'exi/5ce de l'avant-gu]re1 et la reprise normale de t\s les s]vices sociaux et de la vie conomique des nations1 ne p\rront plus satisfaire entirem5t l'homme1 dont la p]spicacit aiguise a appris disc]n]1 s\s les cicatrices f]mes1 la p]man5ce du virus qui cont9ue rong] les tissus ess5tiels la vie4 ,il avait fait de bi5 autres rves6444 ,une imm5se esprance a trav]s la t]re1 disait ,alfr$ de ,musset1 en p>lant de l'app>ition du ,*ri/ dans le monde4 ,ces mots clbres du pote des ,nuits peuv5t tre rappels propos du frmissem5t qui a s\lev les mes1 lors de la gr&e leve de b\cli]s du droit contre la =ce1 et qui les avait remplies d'une inv9cible c]titude1 non seulem5t de victoire1 mais de rnovation4 ,ces *ampions de l'esprance1 qui ne viv5t pas ma*9alem5t au j\r le j\r en se cont5tant de la c5dre des *oses1 devrai5t se rappel] que ,v>ron1 un paen1 a dit3 ,les dieux protg5t ceux qui les invoqu5t1 et se s\v5ir aussi de l'abondance des promesses de l'vangile sur l'efficacit de la prire des viol5ts4 ,ils invoqu]ai5t alors les =ces suprmes avec cette p]si/ance et cette imptuosit qui irrit5t les hommes1 mais que1 p>at-il1 la pati5ce de ,dieu accepte et supporte3 ,un pilote6 un pilote6 devrai5t-ils s'cri]4 ,p> piti1 ,seigneur1 donnez-n\s un pilote qui n\s conduise6 99 99 99 99 99 ,n\s sommes tellem5t habitus t\t matrialis] et t\t voir s\s =me d'images1 qu'en ent5dant p>l] de pilote1 n\s reg>dons in/9ctivem5t aut\r de n\s p\r essay] d'ap]cevoir1 dans le monde visible1 la silh\ette de l'tre figure d'homme capable de pr5dre en ma9s les de/9es huma9es et de les conduire au port4 ,quelques noms n\s vi5n5t l'esprit1 mais nos lvres ne les prononc5t pas1 et n\s n\s cont5tons de p\ss] un s\pir ou de faire un ge/e dc\rag4 ,c'e/ qu'en effet1 mme p>mi les meilleurs et les plus gr&s1 aucun homme n'e/ t\t fait la hauteur de ce rle4 ,c'e/ en va9 que n\s int]rogeons l'horizon3 ,ri5 ne surgit4 ,les *em9s p\droi5t1 les *amps v]doi5t1 le soleil flamboie1 mais le cavali] sauveur ne p>at pas encore et la nuit ne se dissipe po9t6 ,p\r ap]cevoir une lueur1 il faudrait mont] plus haut1 reg>d] au del1 l>gir nos moy5s d'action4 ,autrefois1 l'hi/oire n\s l'appr5d1 le travail d'une seule consci5ce suffisait p>fois4 ,faut-il1 peut-tre1 auj\rd'hui que les plus dlicates fonctions de l'me s'accompliss5t collectivem5t8 ,allum] des ph>es dans le cur des hommes de bonne volont p\r faire de ceux-ci des conducteurs d'hommes et de b>ques1 cela e/ du ressort de l',esprit1 suprme ,pilote de l'humanit6 ,supplions-le de n'ab&onn] plus jamais1 sur la m] dmonte1 nos emb>cations fragiles1 qui ne port5t pas seulem5t cette fois la =tune d',ene et des hros troy5s1 mais les de/9es du monde enti]4 ,les ,anci5s dressai5t jadis1 la pr\e de leurs navires1 une figure de femme1 de/9e les protg] contre les v5ts contraires ou les flots en dlire1 et leur assur] le triomphe des armes4 ,la fulgurante image de la ,victoire de ,samo?race se dresse devant nos yeux4 ,le mme usage s'e/ cont9u dans le monde *rti52 les petits voili]s et les b>ques de p*eur ont longtemps arbor leur pr\e une figure en bois reprs5tant soit un ange aux ailes dployes1 soit une sa9te protectrice1 et l'on tr\ve encore1 dans les anci5s *teaux et abbayes de ,france1 quelques-unes de ces naves et t\*antes /atuettes4 ,les symboles ne sont plus gure la mode auj\rd'hui1 mais on peut p5s] cep5dant que si les hommes atta*ai5t m5talem5t leur b>que p]sonnelle un symbole moral1 l'uvre du pilote en s]ait facilite4 ,on vi5t ft] p>t\t en ,europe1 le c5t5aire de ,dante ,alighi]i4 ,quel *oix de symboles m]veilleux r5f]me la ,div9e ,comdie6 ,l'image de la dame de blan*eur dcrite au *apitre ,,xii du ,purgatoire1 dont le visage luit comme l'toile du mat91 s]ait une efficace protectrice p\r les emb>cations qui1 ayant miraculeusem5t *app la tempte1 r5tr5t au port avant d'affront] d'autres prilleux voyages4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,triomphatrice ,,de ,,dema9 ,a noi v5ia la creatura bella ,bianco ve/ita e nelle faccia quale ,p> tremolante mattut9a /ella4 ,,dante1 ,purgatorio1 ,canto #ab1 ,/a4 #hh4 ,si les hommes compr5ai5t et acceptai5t1 t\s les degrs de l'*elle sociale le mot d'ordre contre lequel a eu lieu la gr&e rvolte qui s'e/ acc5tue ds le db du ,,xx sicle1 une autre trans=mation s'accomplirait logiquem5t dans les curs1 et une triomphatrice inatt5due y remplac]ait cette arrogance individuali/e qui1 de j\r en j\r1 les exalte sottem5t et dess*e en eux la s\rce des motions nobles4 ,un orgueil absurde--qui ne s'en r5d compte8--a envahi auj\rd'hui t\s les c]veaux4 ,il suffit d'un peu de bon s5s et de clairvoyance p\r le con/at]4 ,*acun a de soi-mme une op9ion si exagre que celle-ci va s\v5t jusqu'au ridicule4 ,on dirait que les prt5tions croiss5t en proportion directe de la mdiocrit des p]sonnes et des conditions4 ,c'e/ l un phnomne si s+uli] que cette outrecuidance s]ait d'un haut comique1 si elle ne remuait pas dans notre me de mlancoliques p5ses sur notre situation relle au po9t de vue t]re/re4 ,que sommes-n\s1 en effet1 s9on de pauvres condamns mort1 isols dans le va/e univ]s8 ,il n'y a vraim5t pas l de quoi s'enorgueillir1 mme si l'on app>ti5t la catgorie re/re9te des favoriss de la nature et du sort6 ,p\r peu qu'on rfl*isse de bonne foi aux conditions de la vie huma9e on e/ am5 se conva9cre qu'il n'y a de dignit relle et de scurit morale p\r l'homme que dans une conception mode/e de sa propre individualit4 ,si les ducateurs avai5t su lev] et dirig] la p5se de ce d]ni]1 il le compr5drait ds l'enfance et essay]ait de se db>rass] au plus vite de la l\rde c>apace de prt5tions1 d'exig5ces1 de vanits1 de griefs et de rancunes qu'il trane aprs lui4 ,ce bagage1 qui l'enfle dmesurm5t1 le r5d semblable une norme cible o t\s les c\ps port5t3 piqres d'p+le1 fl*es env5imes1 c\ps de canif1 l'atteign5t de t\s les cts1 t&is qu'ils gliss5t sur l'homme rellem5t fi] et assez adroit p\r se r5dre le plus petit possible1 af9 d'(frir une mo9dre prise aux attaques4 ,si la consci5ce du peu qu'il e/ en ralit ne suffit pas enseign] l'homme la mode/ie de l'attitude1 le simple tact devrait lui appr5dre quelle maladresse il commet1 au po9t de vue de son intrt p]sonnel1 en affi*ant des prt5tions inju/ifies et que l'op9ion ne ratifie pas4 ,j'ai connu un homme1 dont je veux1 comme exemple1 rappel] ici le s\v5ir3 il avait occup de gr&es positions1 mais sa vie avait t trs m\vem5te1 et l'on dev9ait que ses yeux avai5t vu trop de *oses6 ,s'il p>v9t esquiv] la plup>t des inconvni5ts qui aurai5t pu rsult] p\r lui de son pass1 ce fut p> la mode/ie con/ante et habile de son attitude4 ,il s'agissait videmm5t1 dans son cas1 d'un triomphe du tact1 de l'intuition1 du s5s de la mesure qui n'e/ possible qu'aux tres trs raff9s2 p\r que la mode/ie se gnralise1 elle doit dev5ir un s5tim5t du cur1 n dans la consci5ce1 de faon tre la porte de t\s4 99 99 99 99 99 ,a l'heure actuelle p>l] d'humilit1 c'e/ comme p>l] de s]vice4 ,la plup>t des tres rep\ss5t cette v]tu comme un hte indsirable qu'il faut c>t] soigneusem5t de sa vie2 on croit y voir un lm5t de laideur1 de pauvret1 de mesqu9]ie1 de platitude1 et *acun1 avec un ge/e mprisant1 g\ailleur1 ou t\t au plus1 ddaigneusem5t compatissant1 lui f]me les portes de sa maison4 ,cette image dcolore et t]ne que n\s n\s faisons de l'humilit ne ressemble en ri5 celle que n\s prs5te le pote4 ,telle que son gnie l'a conue1 c'e/ une crature d'une beaut p>faite1 vtue de blanc et sur le visage de laquelle semble trembl] l'toile du mat94 ,quel contra/e avec la ,c5drillon p\ssireuse que n\s avons relgue d]rire le mur de nos maisons1 en refusant de lui en laiss] fran*ir le seuil6 ,aprs avoir a9si dpe9t l'humilit dans l'clat d'un rayonnem5t incomp>able1 ,dante lui donne la p>ole1 et celle-ci ouvrant les bras et dployant les ailes1 la pr5d t\t c\p avec une autorit extraord9aire3 ,v5ez1 dit-elle1 je suis prs des degrs qui mont5t1 mais dsormais on les gravit facilem5t1 ce qui signifie qu'aprs avoir ouv]t notre cur l'humilit1 les ob/acles de la r\te disp>aiss5t et que l'asc5sion devi5t aise4 99 99 99 99 99 ,sans l'humilit comme sur et compagne de r\te1 *aque caill\ se *ange en pi]re1 *aque pi]re en ro*]2 les pi$s sont pris aux piges du *em9 et s'emb>rass5t de mille entraves4 ,sans elle comme po9t d'appui1 on n'avance pas1 on recule1 et les plus nobles fi]ts se *ang5t en prsomptueux orgueil1 c> elle seule aff]mit les curs et assure la dignit relle des tres4 ,c]tes1 il y a entre les hommes1--il s]ait inju/e de le ni]--d'imm5ses diffr5ces de valeur intr9sque4 ,les uns1 p> la hauteur de leur p5se1 atteign5t presque aux toiles2 d'autres r\l5t dans la fange et s'y complais5t4 ,mais ceux mme qui ont gravi le ,mont ,sacr1 se rappelant de l'ordre imp>ti p> ,celui qui naquit dans une table3 ,soyez p>faits comme votre pre qui e/ aux cieux e/ p>fait1 doiv5t compr5dre qu'aucun orgueil p]sonnel ne peut subsi/] dans l'me huma9e1 tellem5t elle e/ loigne de l'incomm5surable modle qui lui a t propos4 99 99 99 99 99 ,je n'ai pas l'int5tion de dp\ill] l'homme de ses lgitimes satisfactions d'am\r-propre2 t\t ouvri] qui a le s5tim5t d'avoir bi5 accompli sa t*e j\rnalire1--qu'il s'appelle ,ari/ote ou qu'il rponde au nom d'un simple b]g] des ,alpes1--a le droit d'tre fi] d'avoir fidlem5t s]vi son matre4 ,cette fi]t-l n'loign]a pas de lui la belle crature qui le reconnatra p\r frre et c\ronn]a son front d'une aurole de blan*eur4 ,la bonne volont dans le travail e/ la sur de l'humilit1 de cette en*ant]esse qui1 p> sa radieuse grce1 dti5t la clef des curs1 c>1 sans n\s en d\t]1 ce que n\s *rissons dans les tres1 c'e/ la p>celle d'humilit qu'ils possd5t6 ,,*apitre ,,iv ,,ames ,,cr,,atrices ,elles n'ont jamais cess d'exi/] t\t fait1 ni p5dant1 ni aprs la gu]re1 et dans le sombre tableau qui s't5d s\s nos yeux on voit ici et l surgir quelques ta*es claires1 d'o sort5t p>fois de petites flammes lgres4 ,ces mes ne sont pas t\tes des cratrices1 mais elles sont les *evilles ouvrires de ce qui e/ re/ deb\t aprs la t\rm5te ou de ce qui e/ en tra9 de se re=m] l5tem5t4 ,grce leur conc\rs1 les uvres sociales laques ou religieuses ont1 en p>tie1 repris leur fonctionnem5t rguli]4 ,le recrutem5t des travailleurs e/1 il e/ vrai1 dev5u mo9s abondant1 c> on sait que l'altruisme e/ un vtem5t dmod1 dont on a presque honte de se vtir4 ,il faut t5ir compte aussi du fait que le jugem5t des hommes s'tant s+ulirem5t aiguis1 ils n'atta*5t plus une aussi gr&e importance leurs ef=ts sociaux et philan?ropiques1 et n'pr\v5t plus1 p> consqu5t1 les accomplir cette satisfaction dont c]ta9s curs s'enivrai5t avec un pieux orgueil4 ,c'e/ l une dim9ution d'attrait p\r les esprits faibles1 mais faut-il regrett] de p]dre ceux-ci comme frres d'armes8 99 99 99 99 99 ,et ici une "q trs grave se pose3 ,quelle s]a la situation des faibles dans le monde de l'av5ir8 ,mais le mom5t d'envisag] ce problme n'e/ pas v5u encore4 ,ce qu'il e/ urg5t de dc\vrir l'heure actuelle1 ce sont les reprs5tants d'une autre catgorie d'tres2 de ceux qui *]*5t1 inv5t5t1 ralis5t444 ,ils n'ont pas t\j\rs une me visible1 mais dispos5t c]ta9em5t d'un c]veau puissant et1 t\t en tant p\r la plup>t d'un positivisme absolu ils voi5t au del des ralits1 ce qui les rappro*e des adorateurs de l',esprit4 ,l'ef=t qui s'accomplit en ce s5s e/ imm5se dans la gnration actuelle2 et on la voit ass]vir ses f9s le f] et le feu4 ,de t\s ces flambeaux qu'elle allume1 des =ces accumules sortiront qui trans=m]ont et g\v]n]ont le monde4 ,il e/ trop tt p\r qu'on puisse prvoir les rsultats de cette fivre de re*]*es1 dont c]ta9es expositions1 c]ta9s congrs sci5tifiques runis dans les gr&s c5tres d',europe et d',amrique1 ne f\rniss5t encore qu'une ple syn?se4 ,depuis des sicles1 t\s les coli]s du monde ont appris l'hi/oire d',ic>e et de ,prom?e1 et ont palpit d'admiration p\r ces audacieux qui t5tr5t de ravir le feu du ciel et s'exposr5t joyeusem5t1 p\r remport] un tel prix1 tre prcipits dans les abmes inf]naux4 ,auj\rd'hui1 ces audacieux sont dev5us lgion1 et ce qui e/ digne de rem>que1 c'e/ qu'ils n'espr5t ri5 ravir6 ,ils se lanc5t p]dus dans l'espace1 sans presque savoir p\rquoi1 p\sss p> l'irrsi/ible beso9 de dp5s] leur n]gie1 de faire ce qui n'avait pas t fait encore1 et de se rappro*] du soleil6 ,l'a/re suprme1 semblable un =midable aimant1 attire v]s lui ces hommes444 ,ils s]ont anantis p> son brlant vois9age1 qu'importe6 ,ils auront dpass les autres conqurants des airs sur la r\te du ciel et ap]u1 comme ,mose1 dans une fulgurante vision1 la face de ,dieu6 ,cette ivresse comp5se1 leurs yeux1 bi5 des p]tes1 mme celle de leur vie1 de leur corps rduit en fragm5ts in=mes et sanglants4 ,p>mi les symptmes d'esprance que j'ai signals1 il s]ait inju/e et illogique de ne pas t5ir compte de ce gr& m\vem5t de re*]*e et d'inv5tion qui enfivre la jeunesse mod]ne4 ,ces te*nici5s n'criv5t pas de v]s1 mais ils font1 leur faon1 de la posie vivante et h>die4 ,ils ne respect5t gure1 sans d\te1 les traditions mtaphysiques1 c> plusieurs ont adopt le sy/me de ,desc>tes1 et fait table rase de ce qu'ils avai5t jusqu'alors appris2 ils veul5t se r5dre compte p> eux-mmes et librem5t1 des po9ts de vue qu'ils doiv5t accept] ou df5dre1 s'aiguillant s\v5t a9si v]s des vues n\velles et inatt5dues4 ,ces jeunes g5s ne sont pas prts encore tre des pilotes1 mais ils reprs5t5t des lm5ts de vie1 desquels p\rront surgir les mes cratrices1 capables d'inspirations subites et d\es de cette s5sualit d'esprit qui1 p> le fluide my/rieux et puissant qu'elle dgage1 attire irrsi/iblem5t les autres mes4 99 99 99 99 99 ,un pont susp5du1 et que l'humanit att5d1 doit tre lanc assez haut p\r p]mettre aux habitants des deux rivages entre lesquels se p>tage notre civilisation1 d'*ang] des p5ses et de suivre ensemble du reg>d la m>*e des toiles4 ,ce pont s]a l'uvre des mes cratrices4 ,qu'elles se ht5t donc de le con/ruire1 c> entre ceux dont la m5talit a t n\rrie d',homre et de ,virgile et les te*nici5s mod]nes1 disciples passionns de l'quation1 il ne peut y avoir de b>rires irrductibles1 puisque c]ta9s lm5ts de leur vie ca*e et pr(onde sont et re/]ont t]nellem5t les mmes4 ,les *]*eurs et les inv5teurs1 p> le fait mme de leur vocation1 sont presque t\j\rs des sil5cieux qui n'ont pas l'habitude de j\]1 en de frivoles entreti5s1 avec les mots inutiles1 ni de brutalis] la p>ole huma9e ou de la tran] dans des m>cages b\eux2 ils lui ont a9si cons]v une sorte de virg9it qui la r5d plus efficace et plus conva9cante lorsqu'ils l'emploi5t4 ,le monde aurait beso91 en ce mom5t1 d'ent5dre quelques p>oles f]mes et ailes1 et c'e/ peut-tre de la b\*e de l'un de ces jeunes g5s qu'elles sortiront4 99 99 99 99 99 ,aprs avoir d*an tant de temptes matrielles et morales1 l'in/rum5t magique1 inspir p> les mes cratrices1 rvl]a au monde qu'il y a dans la vie des valeurs et des joies jusqu'ici ins\ponnes4 ,quelques tres privilgis ont les ma9s ple9es de grces4 ,p\rquoi leurs lvres--celles1 p> exemple1 qui se refusant viol] la p>ole1 l'ont t\j\rs respecte--ne p\rrai5t-elles rp&re ces grces8 99 99 99 99 99 ,ne n\s bornons pas effleur] les surfaces4 ,c'e/ dans les *oses qui ne peuv5t m\rir qu'il faut avoir confiance1 mme si la nuit semble s'obscurcir et si les glas sonn5t aut\r de n\s4 ,dans le drame d',ibs53 ,emp]eur et ,galilen1 une p\vante trav]se t\t c\p l'me de l',apo/at4 ,o e/-il ma9t5ant8 se dem&e-t-il avec une indicible t]reur4 ,la mort sur le ,golgo?a1 prs de ,jrusalem1 n'aurait-elle t qu'un pisode1 une *ose faite en passant1 dans une heure de loisir8 ,qui n\s assure qu',il ne cont9ue pas son uvre1 et s\ffre1 et meurt1 et e/ va9queur de n\veau1 et t\j\rs1 de monde en monde8444 ,c'e/ l une t]rible vision de cont9uit qui hante les nuits1 et t5aille obscurm5t l'me de celui qui a t va9cu dans sa t5tative de rtablir le culte des dieux qu'il croyait li la gr&eur de ,rome2 mais ce cau*em> se trans=me en une vision consolante p\r ceux dans le cur desquels l'image de l'enfant de ,be?lem1 bi5 qu'oublie et s\v5t r5ie et trahie1 a rgn1 ne ft-ce qu'un in/ant6 ,rome1 #aibj2 ,abbaye de ,villelo9 et ,p>is1 #aiba4 ,,table ,,des ,,mati]es ,pages4 ,,pr,,face ,,vii ,,premi,,re ,,p>tie ,p5dant que la nuit dure encore4 ,,*apitre ,,premi]4--,esprances prmatures #a -- ,,ii4--,l',att5te #h -- ,,iii4--,le ,sil5ce #ab -- ,,iv4--,l',in/rum5t magique #ba ,,deuxi,,me ,,p>tie ,m>*&s et m>*&es de fume4 ,,*apitre ,,premi]4--,*assons les v5deurs du ,temple #ca -- ,,ii4--,les ,escamoteurs #ce -- ,,iii4--,les ,faux ,int]prtes #dc -- ,,iv4--,les ,faux ,juges #ef -- ,v4--,les ,bluffeurs #fb -- ,,vi4--,lanceuses de bulles de savon #fe ,,troisi,,me ,,p>tie ,les ,problmes de l'heure4 ,,*apitre ,,premi]4--,une condamne mort qui dfie la mort #fh -- ,,ii4--,l'ducation des peuples civiliss #he -- ,,iii4--teigneuses de ph>es #ajd -- ,,iv4--,celles qui port5t encore le flambeau #aac ,,quatri,,me ,,p>tie ,sur la montagne quelques feux s'allum5t4 ,,*apitre ,,premi]4--,les ,consci5ces qui cri5t #acb -- ,,ii4--,les ,physionomies rvlatrices #aci -- ,,iii4--,les ,yeux qui voi5t #adg -- ,,iv4--,les ,c]veaux qui veill5t #aec ,,c9qui,,me ,,p>tie ,la ,r5tre au port4 ,,*apitre ,,premi]4--,le ,mot d'ordre3 ,s]vir #afg -- ,,ii4--,quel s]a le pilote8 #agb -- ,,iii4--,la ,triomphatrice de dema9 #agi -- ,,iv4--,ames cratrices #ahf #ecdc4--,t\rs1 ,imprim]ie ,e4 ,,arrault et ,c4 99 99 99 99 99 ,,librairie ,,fis*ba*]1 #cc1 rue de ,se9e1 ,p>is4 ,en v5te3 ,,ouvrages ,,de ,,dora ,,meleg>i ,ames dormantes 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise71 #h dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,faiseurs de pe9es et faiseurs de joies41 #ab dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,*]*eurs de s\rces1 #e dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,amis et ennemis1 #d dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,la jeune ,italie et la jeune ,europe4 ,lettres 9dites de ,joseph ,mazz9i ,l\is-,amde ,meleg>i1 9-#ab #e fr4 ,mes ,filles1 ,roman1 9-#ab 7puis74 ,,ouvrages ,,de ,,*>les ,,wagn] ,jeunesse1 #cc dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,vaillance1 #bd dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,ju/ice4 ,huit disc\rs1 #h dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,sois un homme6 ,simples caus]ies sur la conduite de la vie1 #d dition1 9-#ab #c fr4 #ej ,l',ame des *oses1 #c dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,le long du *em91 #e dition1 9 #ab #f fr4 #ge ,la ,vie simple1 #ae dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,auprs du ,foy]1 #h dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,v]s le cur de l',amrique1 #c dition1 9-#ab 7puis7 #f fr4 #ge ,p\r les ,petits et les ,gr&s1 #d dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,a trav]s les *oses et les hommes1 #c dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,p> le s\rire1 9-#ab #f fr4 #ge ,ce qu'il faudra t\j\rs1 9-#ab #f fr4 #ge ,,ouvrages ,,de ,,jeanne ,,de ,,viet+h(f ,la lib]t intrieure1 #c dition1 9-#ab #f fr4 #ge ,impressions d'me1 #c dition1 9-#af #e fr4 ,l',intellig5ce du ,bi51 #e dition1 9-#af #f fr4 ,au seuil d'un monde n\veau1 9-#af #f fr4 #ge #ecdc4--,t\rs1 imprim]ie ,e4 ,,arrault et ,c4 ,,notes3 ,a ,le ,livre de l',esprance1 p> ,,dora ,,meleg>i1 ,payot-,p>is1 #aiaf4 ,b ,voir ,,dora ,,meleg>i1 ,*]*eurs de s\rces1 ,p>is1 ,fis*ba*]4 ,c ,une proposition en ce s5s a t prs5te en #aibj-ba1 s\s ma signature1 au ,bureau int]national du travail et la ,socit des ,nations qui en ont pris acte p\r une discussion future4