,,maurice ,,maeterlinck ,,le ,,grand ,,secret ,,paris ,,biblioth,,que-,,charpentier ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,grenelle1 #aa #aiba ,tous droits rservs4 ,copyright #aiba1 by ,eugne ,fasquelle4 ,,ouvrages ,,de ,,maurice ,,maeterlinck ,,dans ,,la ,,biblioth,,que-,,charpentier ,,eug,,ne ,,fasquelle1 diteur ,la ,sagesse et la ,destine 7#ge;e mille7 #a vol4 ,la ,vie des ,abeilles 7#ic;e mille7 #a vol4 ,le ,temple ,enseveli 7#cb;e mille7 #a vol4 ,le ,double ,jardin 7#bf;e mille7 #a vol4 ,l',intelligence des ,fleurs 7#db;e mille7 #a vol4 ,la ,mort 7#ef;e mille7 #a vol4 ,les ,dbris de la ,guerre 7#ag;e mille7 #a vol4 ,l',hte ,inconnu 7#bg;e mille7 #a vol4 ,les ,sentiers dans la ,montagne 7#ag;e mille7 #a vol4 ,,th,,atre ,thtre1 ,tome ,i4--,la ,princesse ,maleine1 ,l',intruse1 ,les ,aveugles #a vol4 ,tome ,,ii4--,pellas et ,mlisande 7#ahib71 ,alladine et ,palomides 7#ahid71 ,intrieur 7#ahid71 ,la ,mort de ,tintagiles 7#ahid7 #a vol4 ,tome ,,iii4--,aglavaine et ,slysette 7#ahif72 ,ariane et ,barbe-,bleue 7#aija71 ,sur ,batrice 7#aija7 #a vol4 ,joyzelle1 pice en #e actes 7#ac;e mille7 #a vol4 ,l',oiseau ,bleu1 ferie en #f actes et #ab tableaux 7#dh;e mille7 #a vol4 ,la ,tragdie de ,macbeth1 de ,w4 ,shakespeare4 ,traduction nouvelle avec une ,introduction et des ,notes 7#f;e mille7 #a vol4 ,marie-,magdeleine1 drame en #c actes 7#f;e mille7 #a vol4 ,monna ,vanna1 pice en #c actes 7#dd;e mille7 #a vol4 ,monna ,vanna1 drame lyrique en #d actes et #e tableaux1 livret 7musique de ,henry ,fvrier7 7#aa;e mille7 #a broch4 ,pellas et ,mlisande1 drame lyrique en #e actes 7#d;e mille7 #a broch4 ,intrieur1 pices en #a acte 7#d;e mille7 #a broch4 ,la ,mort de ,tintagiles1 drame lyrique en #e actes #a broch4 ,ariane et ,barbe-,bleue1 conte en #c actes #a broch4 ,le ,miracle de ,saint ,antoine1 farce en #b actes #a broch4 ,le ,bourgmestre de ,stilmonde1 suivi de ,le ,sel de la ,vie 7#f;e mille7 #a vol4 ,,chez ,,divers ,,diteurs ,le ,trsor des ,humbles 7,mercure de ,france7 #a vol4 ,serres ,chaudes 7posies74--7,lacomblez7 #a vol4 ,l',ornement des ,noces spirituelles1 de ,ruysbroeck l',admirable1 traduit du flamand et prcd d'une ,introduction4 7,lacomblez7 #a vol4 ,les ,disciples ,sas et les ,fragments de ,novalis1 traduits de l'allemand et prcds d'une ,introduction 7,lacomblez7 #a vol4 ,album de douze ,chansons4 7,stock7 puis4 ,b--#aibf--,lib4-,imp4 runies1 #g1 rue ,saint-,benot1 ,paris4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 #cj exemplaires numrots sur papier du ,japon1 #ajj exemplaires numrots sur papier de ,hollande4 ,,pr,,liminaires ,i ,qu'on ne s'attende pas trouver ici une histoire ou une monographie mthodique de l'occultisme4 ,il y faudrait consacrer des volumes que remplirait forcment une grande partie du fatras que je veux avant tout pargner au lecteur4 ,je n'ai d'autre dessein que de dire aussi simplement que possible ce que m'ont appris plusieurs annes passes dans ces rgions assez dcries et peu frquentes4 ,j'en rapporte les impressions d'un voyageur de bonne foi qui les a parcourues en curieux plutt qu'en croyant4 ,ce sera1 si l'on veut1 une sorte de rsum ou de mise au point provisoire4 ,je ne sais rien de plus que ce que pourrait apprendre le premier venu qui ferait la mme excursion4 ,je ne suis pas un initi1 je n'ai pas eu de matres vanescents et mystrieux venus tout exprs des confins de ce monde ou d'un autre pour me rvler les dernires vrits et me dfendre de les rpter4 ,je n'ai pas eu accs aux bibliothques caches1 ces sources secrtes de la suprme ,sagesse qui1 parat-il1 existent quelque part1 mais seront toujours pour nous comme si elles n'taient point1 attendu qu'en y pntrant on se condamne1 sous peine de mort1 un silence inviolable4 ,je n'ai pas davantage dchiffr d'incomprhensibles grimoires ni dcouvert une clef nouvelle aux livres sacrs des grandes religions4 ,j'ai seulement lu et tudi la majeure partie de ce qui a t crit sur ces questions2 et parmi une masse norme de documents absurdes1 purils1 ressasss et inutiles1 je ne me suis attach qu'aux uvres matresses qui ont vraiment nous apprendre quelque chose que nous ne trouvons pas ailleurs4 ,en dblayant ainsi les abords d'une tude trop souvent encombre de dbris rebutants1 je faciliterai peut-tre la tche de ceux qui voudront et sauront aller plus loin que moi4 ,,ii ,grce aux travaux d'une science assez rcente1 notamment grce aux recherches des indianistes et des gyptologues1 il nous est aujourd'hui beaucoup plus facile que nagure de retrouver les sources1 de remonter le cours et de dbrouiller le rseau souterrain du grand fleuve mystrieux qui depuis l'origine de l'histoire a coul sous toutes les religions1 sous toutes les croyances1 sous toutes les philosophies1 en un mot sous toutes les manifestations diurnes ou ciel ouvert de la pense humaine4 ,il n'est plus gure contestable que cette source se trouve dans l',inde antique4 ,de l1 l'enseignement sacr se rpandit probablement en gypte1 gagna la ,perse ancienne1 la ,chalde1 satura le peuple hbreu1 s'infiltra dans la ,grce et le nord de l',europe1 atteignit la ,chine et mme l',amrique o la civilisation ,astque n'tait qu'une rplique plus ou moins dforme de la civilisation gyptienne4 ,nous avons ainsi trois grands drivs de l'occultisme primitif1 ,aryo ou ,atlanto-,hindou3 #a l'occultisme antique1 c'est--dire gyptien1 persan1 chalden1 juif et celui des mystres grecs2 #b l'sotrisme judo-chrtien avec les ,essniens1 les gnostiques1 les no-platoniciens d',alexandrie et les kabbalistes du moyen ge1 et #c l'occultisme moderne plus ou moins imprgn des prcdents1 mais qui1 sous le vocable d'ailleurs assez inexact d'occultisme1 dsigne plus spcialement1 ct des thosophes1 les spirites et les mtapsychistes d'aujourd'hui4 ,,iii ,quant aux sources de la source primaire1 il est peu prs impossible de les retrouver4 ,nous n'avons ici que les affirmations de la tradition occultiste1 affirmations que des dcouvertes historiques semblent d'ailleurs et l confirmer4 ,ces traditions attribuent l'immense rservoir de sagesse qui s'tait form quelque part1 ds l'origine de l'homme1 et1 ce qu'elles disent1 mme avant sa venue sur cette terre1 des entits plus spirituelles1 des tres moins engags dans la matire1 des organismes psychiques1 dont les derniers venus1 les ,atlantes1 n'auraient t que les reprsentants dgnrs4 ,au point de vue historique1 au del de cinq ou six mille ans1 sept mille peut-tre1 les documents nous font absolument dfaut4 ,nous ne pouvons pas savoir comment est ne la religion des ,hindous et des gyptiens4 ,quand nous la trouvons1 elle est dj toute faite dans ses grandes lignes1 dans ses grands principes4 ,non seulement elle est toute faite2 mais plus on remonte1 plus elle est parfaite1 plus elle est pure1 plus elle se rapproche des plus hautes spculations de l'agnosticisme d'aujourd'hui4 ,elle suppose une civilisation antrieure1 dont1 tant donne la lenteur de toute volution humaine1 il est impossible d'valuer la dure4 ,cette dure doit vraisemblablement se calculer par milliers de milliers d'annes4 ,c'est ici que la tradition occultiste vient notre aide4 ,pourquoi cette tradition serait-elle1 priori1 inacceptable et mprisable1 alors que presque tout ce que nous savons de ces religions primitives est galement fond sur la tradition orale1 car les textes crits sont de beaucoup postrieurs2 et qu'en outre tout ce que nous dit cette tradition concorde curieusement avec ce que nous avons appris d'autre part8 ,,iv ,en tout cas1 si l'on a besoin de la tradition occultiste pour expliquer l'origine de cette sagesse qui nous parat bon droit surhumaine1 on peut fort bien s'en passer pour ce qui concerne l'essentiel de cette sagesse mme4 ,des textes authentiques et qu'on peut situer dans l'histoire1 le contiennent tout entier2 et sous ce rapport1 les thosophes modernes qui prtendent avoir eu leur disposition des documents secrets et avoir profit de rvlations extraordinaires que leur auraient faites des ,adeptes ou ,mahatmas1 d'une fraternit mystrieuse1 ne nous ont rien appris qui ne se trouve dans les crits accessibles tous les orientalistes4 ,ce qui spare les occultistes1--les thosophes de l'cole de ,blavatzky1 par exemple1 qui domine toutes les autres1--des indianistes et des gyptologues scientifiques1 ce n'est pas ce qui a rapport l'origine1 l'conomie1 au but de l'univers1 aux fins de la terre et de l'homme1 la nature de la divinit1 aux grands problmes de la morale2 ce sont presque uniquement des questions qui ont trait la prhistoire1 la nomenclature des manations de l'inconnaissable et la manire de matriser et d'utiliser les forces inconnues de la nature4 ,occupons-nous d'abord des points o ils s'accordent2 ce sont du reste les plus intressants2 car tout ce qui touche la prhistoire est forcment hypothtique1 les noms et les fonctions des dieux intermdiaires n'ont qu'un intrt de second ordre2 quant l'utilisation des forces inconnues1 elle regarde plutt les sciences mtapsychiques dont nous reparlerons plus loin4 ,v ,ce que nous lisons dans les ,vdas1 dit ,rudolph ,steiner1 l'un des plus rudits et aussi des plus dconcertants parmi les occultistes contemporains1 ce que nous lisons dans les ,vdas1 ces archives de la sagesse hindoue1 ne nous donne qu'une faible ide des sublimes enseignements des anciens instructeurs et non pas dans leur forme originelle4 ,seul le regard du clairvoyant1 port sur les arcanes du pass1 peut dcouvrir la sagesse indite qui se cache derrire ces crits4 ,historiquement1 il est fort probable que ,steiner a raison4 ,en effet1 comme je l'ai dj dit1 plus les textes sont anciens1 plus ce qu'ils rvlent est pur et grandiose2 et il est vraisemblable qu'ils ne sont eux-mmes1 selon l'expression de ,steiner1 qu'un cho affaibli d'enseignements plus sublimes4 ,mais ne possdant pas le regard du clairvoyant1 nous devons nous contenter de ce que nous avons sous les yeux4 ,les textes que nous possdons sont les livres sacrs de l',inde1 que viennent corroborer ceux de l'gypte et de la ,perse4 ,l'influence qu'ils exercrent sur la pense humaine1 sinon dans leur forme prsente1 du moins par la tradition orale qu'ils n'ont fait que fixer1 remonte aux origines de l'histoire1 se rpandit partout et ne cessa jamais de se faire sentir2 mais1 pour le monde occidental1 leur dcouverte et leur tude mthodique sont relativement rcentes4 ,il y a cinquante ans1 crivait en #ahge ,max ,muller1 il n'existait pas un lettr qui st traduire une ligne du ,vda1 une ligne du ,zend-,avesta ou une ligne du ,tripitka ,bouddhique1 sans parler des autres dialectes ou langages4 ,si les faits prenaient d'abord1 dans les annales de l'homme1 les proportions qu'ils acquerront plus tard1 la dcouverte de ces livres sacrs et probablement boulevers l',europe2 car c'est sans nul doute l'vnement spirituel le plus important qui s'y soit produit depuis le christianisme4 ,mais il est rare qu'un vnement spirituel ou moral se rpande rapidement dans les masses4 ,il a contre lui trop de forces qui ont intrt l'touffer4 ,celui-ci demeura confin dans un petit cercle de savants et de philologues et atteignit mme moins qu'il n'tait prsumable les mtaphysiciens et les moralistes4 ,il attend encore l'heure de son expansion4 ,,vi ,la premire question qui se pose est celle de la date de ces textes4 ,il est trs difficile d'y donner une rponse prcise2 car s'il est relativement ais de dterminer l'poque o les livres furent crits1 il est impossible d'valuer le temps durant lequel ils existrent uniquement dans la mmoire des hommes4 ,selon ,max ,muller1 il n'y a gure de manuscrit sanscrit qui remonte plus haut que l'an mil de notre re1 et tout semble indiquer que l'criture n'a t connue en ,inde qu'au commencement de la priode bouddhique 7,ve sicle avant ,j4-,c471 c'est--dire la fin de la vieille littrature vdique4 ,le ,rig-,vda qui compte #a4jbh hymnes1 d'une moyenne de dix vers1 soit #aec4hbf mots1 a donc t conserv par le seul effort de la mmoire4 ,aujourd'hui encore1 les ,brahmanes savent tous le ,rig-,vda par cur1 comme leurs anctres d'il y a trois mille ans4 ,c'est au del du ,xe sicle avant ,j4-,c4 que nous devons placer le dveloppement spontan de la pense vdique telle que nous la trouvons dans le ,rig-,vda4 ,dj trois cents ans avant ,j4-,c41 toujours selon ,max ,muller1 le sanscrit avait cess d'tre parl par le peuple1 ce qui est prouv par une inscription dont la langue est au sanscrit ce que l'italien est au latin4 ,cette priode des ,chandas1 selon d'autres orientalistes1 remonte probablement deux ou trois mille ans avant ,j4-,c41 de sorte que nous voil dj cinq mille ans1 date la plus modeste et la plus prudente4 ,une chose est certaine1 ajoute ,max ,muller1 c'est qu'il n'y a rien de plus ancien ni de plus primitif que les hymnes du ,rig-,vda1 non seulement dans l',inde1 mais dans tout le monde ,aryen4 ,en tant qu',aryen de langue et de pense1 le ,rig-,vda est notre livre sacr le plus ancien#a4 #a ,,max ,,muller1 ,origine et dveloppement de la religion4 ,trad4 ,j4 ,darmesteter1 p4 #adb4 ,depuis les travaux du grand orientaliste1 d'autres savants ont notablement recul la date des premiers manuscrits et surtout celle des premires traditions2 mais ils restent encore d'normes distances de la computation des ,brahmanes qui reportent l'origine de leurs livres des milliers de sicles avant notre re4 ,il y a actuellement plus de cinq mille ans1 dit ,swmi ,dayanound ,saraswati1 que les ,vdas ont cess d'tre un objet d'tudes2 et selon les calculs de l'orientaliste ,halled1 les astras1 d'aprs la chronologie des ,brahmanes1 doivent avoir sept millions d'annes4 ,sans prendre parti dans ces querelles1 le seul point qu'il importe d'tablir1 c'est que ces livres1 ou plutt la tradition qu'ils ont recueillie et fixe1 est videmment antrieure1 l'gypte1 la ,chine et la ,chalde peut-tre exceptes1 tout ce que nous connaissons dans l'histoire de l'homme4 ,,vii ,cette littrature comprend d'abord les quatre ,vdas3 le ,rig1 le ,sama1 l',yadjour et l',atharva-,vda1 complts par les commentaires ou ,brahmanas et les traits de philosophie appels ,aranyakas et ,upanischads1 auxquels il faut ajouter les astras1 ou ,sastras dont le plus connu est le ,manava-,dharma-astra1 ou ,lois de ,manou--qui1 selon ,william ,jones1 ,chzy et ,loiseleur-,deslongchamps1 remonte au ,x,i,i,ie sicle avant notre re1--et les premiers ,pouranas4 ,de ces textes1 le ,rig est incontestablement le plus ancien4 ,les autres s'chelonnent sur un espace de plusieurs centaines1 voire de plusieurs milliers d'annes2 mais tous1 except les derniers ,pouranas1 sont antrieurs l're chrtienne1 ce qu'il ne faut pas perdre de vue1 non dans un sentiment d'hostilit envers la grande religion occidentale1 mais pour mettre celle-ci sa place dans l'histoire et dans l'volution de la pense humaine4 ,le ,rig-,vda est encore plus polythiste que panthiste et les sommets de la doctrine n'y mergent que et l1 par exemple dans les stances que nous citons plus loin4 ,ses divinits ne reprsentent que des forces physiques amplifies que le ,sama-,vda et surtout les ,brahmanes ramenrent par la suite des conceptions mtaphysiques et l'unit4 ,le ,sama-,vda affirme l',inconnaissable et le ,yadjour-,vda le ,panthisme4 ,quant l',atharva1 le plus ancien1 selon les uns1 le plus rcent selon les autres1 il est avant tout rituel4 ,ces ides furent dveloppes par les commentaires des ,brahmanes qui se multiplirent surtout entre les ,x,i,ie et ,v,i,ie sicles avant ,j4-,c42 mais se rattachent probablement des traditions beaucoup plus anciennes que prtendent avoir retrouves nos modernes thosophes1 sans du reste tayer leurs assertions de preuves suffisantes4 ,il faut donc1 quand on parle de la religion de l',inde1 la considrer dans son ensemble1 depuis le ,vdisme primitif1 en passant par le ,brahmanisme et le ,krichnasme1 jusqu'au ,bouddhisme2 en s'arrtant1 si l'on veut1 deux ou trois sicles avant notre re1 pour viter tout soupon d'infiltration judo-chrtienne4 ,toute cette littrature laquelle on peut annexer1 entre bien d'autres1 les textes semi-profanes du ,ramayana et du ,maha-,bahrata1 au milieu duquel s'panouit le ,bhagavat-,gita ou ,chant du ,bienheureux1 cette magnifique fleur du mysticisme hindou1 est encore trs imparfaitement connue et nous n'en possdons que ce que les ,brahmanes ont bien voulu nous en livrer4 ,elle soulve une foule de questions extrmement complexes dont bien peu ont t jusqu'ici rsolues4 ,ajoutons que la traduction des textes sanscrits1 surtout des plus anciens1 est encore fort incertaine4 ,selon ,roth1 le vritable fondateur de l'exgse vdique1 le traducteur qui rendra le ,vda intelligible et lisible1 mutatis mutandis1 comme ,homre l'est devenu depuis les travaux de ,voss1 est encore venir et l'on ne peut gure prvoir sa venue avant le sicle prochain4 ,pour se faire une ide de l'incertitude de ces traductions1 il suffit de voir titre d'exemple1 la fin du troisime volume de la ,religion ,vdique d',abel ,bergaigne1 le grand orientaliste franais1 les discussions qui s'lvent entre les indianistes les plus clbres1 tels que ,grassmann1 ,ludwig1 ,roth et ,bergaigne lui-mme1 au sujet de l'interprtation de presque tous les mots essentiels de l'hymne ,i-#abc1 l',aurore4 ,elle tale1 comme le dit ,bergaigne1 les misres de l'interprtation actuelle du ,rig-,vda#b4 #b ,la ,religion vdique d'aprs les hymnes du ,rig-,vda1 par ,a4 ,,bergaigne1 t4 ,,iii1 p4 #bhc et suiv4 ,les no-thosophes se sont efforcs de rsoudre quelques-uns des problmes que soulvent l'antiquit hindoue2 mais leurs travaux1 trs intressants en ce qui concerne la doctrine1 sont extrmement faibles au point de vue de la critique2 et il est impossible de les suivre sur un terrain o l'on ne rencontre que des hypothses invrifiables4 ,la vrit c'est que1 quand il s'agit de l',inde1 il faut renoncer toute certitude chronologique4 ,pour prendre un minimum1 sans doute trs infrieur la ralit1 en laissant derrire nous une marge peut-tre immense de sicles nbuleux1 ne reportons pas plus de trois ou quatre mille ans l'panouissement des ,brahmanas2 nous constatons ainsi qu'existait cette poque1 au pied de l',himalaya1 une grandiose religion panthiste et agnostique1 qui plus tard devint sotrique2 et c'est tout ce qui1 pour l'instant1 nous importe4 ,,viii ,et l'gypte1 dira-t-on1 ses monuments et ses hiroglyphes ne sont-ils pas bien plus anciens8 coutons sur ce point le trs rudit gyptologue ,le ,page ,renouf#c1 une des grandes autorits en la matire4 ,il estime que les monuments gyptiens et leurs inscriptions ne peuvent servir de bases des dates certaines2 que les calculs fonds sur le lever hliaque des toiles n'est pas probant1 attendu que dans les textes il est plus vraisemblable qu'il s'agit de leur passage que de leur lever4 ,mais il est convaincu que1 d'aprs les calculs les plus modrs1 la monarchie gyptienne existait dj plus de #b4jjj ans avant que l',exode ft crit2 or1 l',exode remonte probablement l'an #acaj avant ,j4-,c42 et la date de la grande pyramide ne peut tre reporte moins de #c4jjj ou #d4jjj ans avant notre re4 ,ces calculs1 de mme que ceux qui font commencer l're chinoise #b4fig ans avant ,j4-,c41 nous ramnent assez curieusement l'poque assigne par les indianistes au dveloppement de la pense vdique1 dveloppement qui suppose une priode de gestation et de formation infiniment plus recule4 ,ils n'impliquent pas du reste que la civilisation gyptienne1 tout comme la civilisation hindoue1 ne soit beaucoup plus ancienne4 ,un autre grand gyptologue1 ,lonard ,horner1 de #ahea #ahed1 fit creuser dans la valle du ,nil1 en divers endroits1 quatre-vingt-quinze puits4 ,on constate que la hauteur que le ,nil ajoute chaque sicle son lit d'alluvions est de #e pouces1 hauteur qui doit tre moindre pour les couches infrieures1 cause de la pression2 or1 jusqu'aux profondeurs de #ge pieds1 on trouva des sculptures de granit1 des figures humaines et animales1 des mosaques1 des vases1 des fragments de briques et de poteries 7celles-ci aux grandes profondeurs74 ,comme il y a #ab pouces dans un pied1 cela nous reporte plus de #ag4jjj ou #ah4jjj ans4 ,a une profondeur de #cc pieds #f pouces on exhuma une tablette avec des inscriptions qui1 d'aprs un calcul facile1 avait par consquent prs de #h4jjj ans4 ,l'hypothse de puits ou citernes1 sur lesquels on serait tomb par hasard1 doit tre carte1 car le mme fait s'est vrifi partout4 ,ces constatations1 pour le dire en passant1 donnent une fois de plus raison aux traditions occultistes1 touchant l'antiquit de la civilisation humaine4 ,cette antiquit prodigieuse est en outre confirme par les observations sidrales des anciens4 ,il existe par exemple un catalogue d'toiles qu'on appelle le catalogue de ,souryo-,shiddhanto2 or1 les diffrences de position de huit de ces toiles fixes1 prises au hasard1 dmontrent que les observations de ,souryo remontent plus de #eh4jjj ans4 #c ,p4 ,,le ,,page ,,renouf1 ,lectures on the ,origin and ,growth of ,religion as illustrated by the ,religion of ,ancient ,egypt4 ,,ix ,est-ce l',inde ou l'gypte qui fut l'hritire directe de la sagesse lgendaire que nous lgurent des peuples plus anciens1 notamment les probables ,atlantes8 ,dans l'tat prsent de notre science1 et sans tenir compte des traditions occultistes1 il n'est pas encore possible de rpondre4 ,il y a moins d'un sicle on ignorait peu prs compltement l'gypte antique4 ,on ne la connaissait que par des ou-dire et des lgendes plus ou moins fantaisistes recueillies par des historiens tard venus et surtout par les divagations des philosophes et des thurgistes de l'poque ,alexandrine4 ,c'est seulement en #ahbj1 que ,jean-,franois ,champollion1 grce au triple texte de la clbre pierre hiroglyphique de ,rosette1 trouva la clef de l'criture mystrieuse qui couvre tous les monuments1 tous les tombeaux et presque tous les objets de la terre des ,pharaons4 ,mais la mise en uvre de la dcouverte fut longue et pnible2 et ce n'est gure que quarante ans plus tard que l'un des plus illustres successeurs de ,champollion1 de ,roug1 put dire qu'il n'y avait plus de texte gyptien qu'on ne ft mme de traduire4 ,on dchiffra des documents sans nombre1 et on acquit1 quant au sens matriel de la plupart des inscriptions1 une certitude presque dfinitive4 ,nanmoins1 il parat de plus en plus probable que sous le sens littral des inscriptions religieuses1 s'en cache un autre qu'on ne peut pntrer4 ,c'est l'hypothse laquelle1 en prsence du flottement de bien des mots1 aboutissent forcment les gyptologues les plus objectifs1 les plus scientifiques1 bien qu'ils ajoutent aussitt que rien ne la confirme formellement4 ,il est donc extrmement vraisemblable que sous la religion officielle enseigne aux profanes1 il y en avait une autre rserve aux prtres et aux initis2 et l'hypothse laquelle sont contraints les savants1 vient ici confirmer une fois de plus les assertions des occultistes1 notamment celles des no-platoniciens d',alexandrie1 au sujet des mystres gyptiens4 ,x ,quoi qu'il en soit1 des textes sur l'authenticit desquels il n'y a pas le moindre doute1 le ,livre des ,morts1 les ,livres des hymnes1 le ,recueil des sentences morales de ,ptahhoteph1 le plus ancien livre de la terre1 puisqu'il est contemporain des ,pyramides1 et beaucoup d'autres1 permettent de nous faire une ide trs prcise de la haute morale d'abord et surtout de la thosophie fondamentale de l'gypte1 avant que cette thosophie ne se corrompt pour donner satisfaction au vulgaire et ne se transformt en un monstrueux polythisme1 qui du reste fut toujours plus apparent que rel4 ,or1 plus les textes sont anciens1 plus leurs enseignements se rapprochent de la tradition hindoue4 ,qu'ils soient antrieurs ou postrieurs ceux-ci1 la question est en somme secondaire2 ce qui est plus intressant1 c'est le problme de l'origine commune1 origine unique et immmoriale1 dont la probabilit s'accrot chaque pas qu'on hasarde dans la prhistoire4 ,plus on remonte dans le temps1 plus nettement se rvle l'accord sur les points essentiels4 ,voici1 par exemple1 l'ide que se faisait de ,dieu la religion gyptienne ses dbuts4 ,nous en trouverons un peu plus loin l'original ou la rplique hindoue1 de mme que nous aurons l'occasion de confronter les deux thogonies1 les deux cosmogonies et les deux morales qui sont videmment les sources de toutes les thogonies1 de toutes les cosmogonies et de toutes les morales de l'humanit4 ,pour l'gyptien qui a gard la foi des origines1 il n'y a qu'un seul ,dieu1 un ,dieu unique4 ,pas d'autre que lui4--,il est le seul tre vivant en substance et en vrit4--,tu es seul et des millions d'tres procdent de toi4--,il a fait toutes choses et lui seul n'a pas t fait4--,partout et toujours1 il est l'unique substance et il est inapprochable4--,il est l'un de l'un4--,il est hier1 aujourd'hui et demain4--,il est ,dieu se faisant ,dieu1 existant par lui-mme1 l'tre double1 c'est--dire1 s'engendrant lui-mme1 gnrateur ds le commencement4 ,voici plus de cinq mille ans1 dit de ,roug1 que dans la valle du ,nil commena l'hymne l'unit de ,dieu et l'immortalit de l'me444 ,la croyance l'unit du ,dieu suprme et ses attributs comme crateur et lgislateur de l'homme qu'il dota d'une me immortelle1 voil les notions primitives1 serties comme des diamants indestructibles dans les superftations mythologiques accumules par les sicles qui ont pass sur cette antique civilisation#d4 #d ,,de ,,roug1 ,annales de la ,philosophie chrtienne1 t4 ,,xx1 p4 #cbg4 ,assurment1 il n'y a pas ici1 dans la dfinition de la divinit1 la pntration1 la subtilit et l'espace mtaphysique1 le bonheur d'expression1 la magnificence verbale1 le gnie1 en un mot1 que nous trouverons dans les dfinitions hindoues4 ,c'est que l'esprit gyptien est plus froid1 plus sec1 plus sobre1 plus anguleux1 plus raliste1 il a une imagination plus concrte1 que l'inaccessible infini n'enflamme pas comme celle des peuples de l',asie4 ,au surplus1 ne perdons pas de vue que nous ne connaissons pas encore le sens secret qui se cache peut-tre au fond de ces dfinitions4 ,en tout cas1 telles que nous les lisons1 l'ide est la mme et marque une mme origine1 que l'on peut1 conformment aux traditions sotriques et en attendant d'autres claircissements1 appeler la pense ,atlantenne4 ,c'est une supposition que vient confirmer du reste le fameux passage du ,time1 d'aprs lequel1 au dire du prtre gyptien qui parlait ,solon1 l'gypte aurait t1 il y a #ab4jjj ans1 une colonie ,atlantenne4 ,,xi ,pour le ,mazdisme ou ,zoroastrisme1 la troisime des grandes religions1 le problme de la filiation est plus simple1 bien que celui des dates soit galement compliqu4 ,zoroastre1 ou plutt l'un des ,zoroastres1 le dernier1 aurait vcu1 selon ,aristote1 au ,v,i,ie sicle avant notre re4 ,pline le fait remonter dix sicles avant ,mose1 ,hermippe de ,smyrne1 qui traduisit ses livres en grec1 #d4jjj ans avant la prise de ,troie et ,eudoxe #f4jjj ans avant la mort de ,platon4 ,la science moderne1 comme le constate douard ,schur d'aprs les savantes tudes d',eugne ,burnouf1 de ,spiegel1 de ,james ,darmesteter et de ,harlez1 dclare qu'il n'est pas possible de fixer la date o vcut le grand philosophe iranien1 auteur du ,zend-,avesta1 mais la recule en tout cas #b4ejj ans avant ,j4-,c4 ,max ,muller1 de son ct1 a fourni la preuve que ,zoroastre ou ,zarathustra et ses disciples avaient rsid dans l',inde4 ,plusieurs des dieux zoroastriens1 ajoute-t-il1 ne sont que des rflexions1 des dflexions des dieux primitifs et authentiques des ,vdas4 ,ici il n'y a donc pas le moindre doute au sujet de l'antriorit des livres hindous2 et en mme temps est corrobore une fois de plus la fabuleuse antiquit de ces livres ou de ces traditions4 ,ces observations prliminaires1 dont le dveloppement exigerait des volumes1 suffisent1--et c'est ce qui nous intresse pour l'instant1-- tablir que l'enseignement qu'on retrouve dans la suite des temps au fond de toutes les religions1 sous forme de mystres1 d'initiation1 de doctrine secrte1 remonte1 selon les calculs les plus timides1 des milliers d'annes4 ,elles suffisent en tout cas carter la thse assez purile de ceux qui soutiennent qu'il est relativement rcent et a subi l'influence des rvlations judo-chrtiennes4 ,on ne dfend plus srieusement cette thse2 mais on tourne la difficult en disant3 ,oui1 il y a des vrits de cette religion primitive et mme des textes ayant date plus ou moins certaine1 antrieurs ,mose et ,jsus-,christ2 mais qui pourrait faire le dpart des interpolations successives qui les ont transforms8 ,il existe dans l',inde1 parat-il1 plus de #a4bjj textes des ,vdas et plus de #cej textes des ,lois de ,manou1 sans compter ceux des livres sacrs que les ,brahmes ne nous ont pas livrs1 et il est incontestable que dans ces textes ou dans les enseignements qu'ils reproduisent1 se trouvent d'videntes interpolations4 ,il ne faut jamais perdre de vue que la religion orientale que nous appelons vulgairement et fort improprement le ,bouddhisme1 se divise en trois grandes priodes qui correspondent assez exactement aux trois priodes qu'on pourrait marquer dans le christianisme1 savoir le ,vdisme ou la religion primitive1 que les ,brahmanes commentrent1 compliqurent et corrompirent enfin leur profit et qui devint le ,brahmanisme contre lequel se rvolta et que rforma au ,ve sicle avant ,j4-,c4 ,siddharta ,gautama ,bouddha ou akya-,mouni4 ,les indianistes1 grce surtout aux repres historiques que leur donne l'institution des castes1 les changements de langue et de mtre1 ont appris dmler assez facilement1 dans les textes suspects1 ces trois courants2 et sous la luxuriance et l'enchevtrement des interpolations1 apparaissent toujours les grandes lignes et les vrits essentielles qui nous importent seules4 ,l',,inde ,i ,voyons d'abord l'ide qu'en mme temps que les gyptiens1 et beaucoup plus probablement avant eux1 se faisaient de la divinit ces anctres dont les traditions ont au moins #e4jjj ou #f4jjj ans et qui eux-mmes tenaient ces traditions de peuples aujourd'hui disparus1 dont la dernire trace dans la mmoire des hommes1 selon le ,time et le ,critias de ,platon1 remonte cent vingt sicles4 ,je fais grce au lecteur de l'inextricable nomenclature de la mythologie orientale1 de la pullulation des dieux anthropomorphes que les prtres de l',inde1 comme ceux de l'gypte1 de la ,perse et de tous les temps et de tous les pays1 furent forcs de crer pour rpondre aux exigences de l'idoltrie populaire4 ,je lui pargne galement l'ostentation d'une rudition facile et prodigue de noms imprononables1 pour en venir directement et m'en tenir uniquement la notion essentielle de la cause premire1 telle qu'on la trouve aux sources les plus recules1 et qui1 peu peu1 si elle ne fut pas cache au vulgaire ne fut plus comprise par lui1 et devint le grand secret de l'lite des prtres et des initis4 coutons tout de suite le ,rig-,vda1 le plus authentique cho des plus immmoriales traditions1 quand il aborde la question formidable3 ,il n'y avait ni l'tre ni le ,non-tre4 ,il n'y avait ni l'atmosphre1 ni le ciel au-dessus4 ,qu'est-ce qui se meut8 ,en quel sens8 ,sous la garde de qui8 ,y avait-il des eaux et le profond abme8 ,ni la mort n'tait alors1 ni l'immortalit4 ,le jour n'tait pas spar de la nuit4 ,seul1 l',un respirait1 sans souffle tranger1 de lui-mme2 et il n'y avait rien d'autre que lui4 ,alors s'veilla en lui pour la premire fois le dsir2 ce fut le premier germe de l'esprit4 ,le lien de l'tre1 ils le dcouvrirent dans le ,non-tre1 les sages s'efforant1 pleins d'intelligence1 en leur cur444 ,qui sait1 qui peut nous dire d'o naquit1 d'o vint la cration1 et si les dieux ne sont ns qu'aprs elle8 ,qui sait d'o elle est venue8 ,d'o cette cration est venue1 si elle est cre ou non cre1 celui dont l'il veille sur elle du plus haut ciel1 celui-l seul le sait1 et encore le sait-il8#e #e ,rig1 ,x1 #abi4 ,est-il possible de trouver dans les annales humaines1 paroles plus grandioses1 plus charges d'angoisse solennelle et qui rendent un son plus auguste1 plus sacr et plus redoutable8 ,est-il possible de trouver la base de tout1 aveu d'ignorance plus total et plus irrductible2 et du fond de notre agnosticisme que des milliers d'annes ont agrandi1 pourrions-nous en largir l'horizon8 ,d'emble il dpasse tout et va plus loin que nous n'oserons jamais aller de peur de dsesprer1 puisqu'il ne craint pas de se demander si l'tre suprme sait ce qu'il a fait1 sait s'il a cr ou non et doute s'il a pris conscience de lui-mme444 ,,ii coutons ensuite le ,sama-,vda confirmer et dvelopper ce magnifique aveu d'ignorance3 ,si tu dis3 ,je connais parfaitement l'tre suprme1 tu te trompes2 qui pourrait dnombrer ses attributs8 ,si tu dis3 ,je pense le connatre1 non que je croie le connatre parfaitement ni ne pas le connatre du tout1 mais je le connais partiellement2 car celui qui connat toutes les manifestations des dieux qui procdent de lui1 connat l'tre suprme1 si tu dis cela tu te trompes1 ce n'est pas le connatre que de ne pas l'ignorer entirement4 ,celui1 au contraire1 qui croit ne pas le connatre1 c'est celui qui le connat2 et celui qui croit le connatre1 c'est celui qui ne le connat pas4 ,il est regard comme incomprhensible par ceux qui le connaissent le plus et connu parfaitement par ceux qui l'ignorent entirement4 ,a cet agnosticisme fondamental1 l',yadjour-,vda vient ajouter son panthisme total3 ,le sage fixe ses regards sur cet tre mystrieux dans lequel existe perptuellement l'univers qui n'a pas d'autre base que ,lui4 ,en ,lui ce monde est enferm1 c'est de ,lui que ce monde est sorti4 ,il est enlac et tissu dans toutes les cratures sous les diverses formes de l'existence4 ,cet tre unique1 que rien ne peut atteindre1 est plus rapide que la pense2 et les dieux eux-mmes ne peuvent comprendre ce moteur suprme qui les a tous devancs4 ,il est loin et prs de toutes choses4 ,il remplit cet univers entier et le dpasse encore infiniment4 ,quand l'homme sait voir tous les tres dans ce ,suprme ,esprit1 et ce ,suprme ,esprit dans tous les tres1 il ne peut plus ddaigner quoi que ce soit4 ,ils sont tombs dans une nuit bien profonde ceux qui ne croient pas l'identit des tres2 ils sont tombs dans une nuit bien plus profonde encore ceux qui ne croient qu' leur identit4 ,il gagne d'tre immortel celui qui croit l'identit ternelle des tres4 ,tous les tres sont dans ce ,suprme ,esprit1 et ce ,suprme ,esprit est dans tous les tres4 ,les tres lui apparaissent tels qu'ils furent de toute ternit1 toujours semblables eux-mmes4 ,,iii ,nos anctres s'efforcrent de creuser cet immense aveu d'ignorance1 de peupler ce nant abyssal o l'homme ne pouvait respirer et cherchrent dfinir cet tre suprme qu'une tradition plus prhistorique qu'eux-mmes n'avait pas os concevoir4 ,il n'est pas de spectacle plus passionnant que cette lutte de nos pres d'il y a soixante ou cent sicles contre l',inconnaissable2 et1 pour en donner une ide1 je leur emprunte leur propre voix en ne reproduisant que les termes presque dsesprs dont ils se servirent dans leurs livres sacrs les plus anciens et les plus authentiques1 qu'il faut lire sans se laisser effrayer par l'incohrence des images qui est1 comme le remarque ,bergaigne1 le pain quotidien de la posie vdique4 ,dieu1 nous disent-ils1 est l'tre et le grand tout existant par lui-mme1 incognoscible et cause sans cause de toutes les causes4 ,il est l'ancien des anciens et l'inconnu de l'inconnu4 ,il est tout et dans tout1 l'me ternelle de tous les tres1 que nul ne peut comprendre4 ,il est la runion de toutes les formes matrielles1 intellectuelles et morales de l'universalit des tres4 ,il est l'unique1 le germe primordial1 non rvl de tout1 la profondeur inconnue1 la substance incre de l'inconnu4 ,non1 non1 est son ,nom1 et tout oscille perptuellement entre ,tout est1 rien n'est4 ,la mer seule connat la profondeur de la mer1 l'espace seul connat l'tendue de l'espace1 ,dieu seul peut connatre ,dieu4 ,il est le contenant inconnu de tout2 il est le non-tre parce qu'il est l'tre absolu1 quelque chose qui n'est rien tout en tant tout4 ,celui qui est et qui pourtant n'est pas1 cause ternelle qui n'a pas d'tre1 l',indcouvert et l',indcouvrable1 qu'aucune crature ne peut comprendre1 dit ,manou4 ,il n'est pas quelque chose1 il n'est pas un tre connu ou visible et l'on ne peut lui appliquer le nom d'aucun objet qui soit connu4 ,il est le cach des cachs1 il est ,cela1 le principe passif et latent4 ,le monde est son nom1 son image2 mais son existence premire qui contient tout en soi est seule rellement existante4 ,cet univers est lui1 il vient de lui1 il retourne en lui4 ,tous les mondes ne font qu'un avec lui1 car ils ne sont que par sa volont2 volont ternelle et inne en toutes choses4 ,cette volont se rvle dans ce que nous appelons la cration1 la conservation et la destruction de l'univers2 mais il n'y a pas de cration proprement parler1 car tout existant en lui depuis toujours1 la cration n'est qu'une manation de ce qui tait en lui4 ,cette manation rend simplement visible nos yeux ce qui ne l'tait pas4 ,de mme1 il n'y a pas de destruction1 celle-ci n'tant qu'une inhalation de ce qui avait t exhal2 et cette inhalation ne fait son tour que rendre invisible ce qui avait t vu2 car tout est indestructible1 puisque tout n'est que la substance de l'tre suprme qui lui-mme n'a ni commencement ni fin1 dans l'espace et le temps4 ,,iv ,avoir sond aussi profondment et sur une telle tendue1 ds ce que notre ignorance appelle les origines1 le mystre infini de la cause premire inconnaissable1 suppose videmment une civilisation1 une accumulation de penses1 de mditations1 une exprience1 une contemplation et une pntration de l'univers qui sont bien faites pour nous merveiller et nous humilier4 ,nous regagnons peine les sommets d'o descendirent ces ides o panthisme et monothisme se confondent et ne forment plus qu'un dans l'incommensurable inconnu4 ,et qui sait si nous les aurions regagns sans leur aide8 ,il y a moins d'un sicle1 nous ignorions encore ces dfinitions dans leur nettet1 dans leur grandeur originales2 mais elles s'taient infiltres partout1 elles flottaient en dbris sur les eaux souterraines de toutes les religions1 et d'abord sur celles de la religion officielle de l'gypte o le ,noun est aussi inconnaissable que le ,cela hindou1 et o1 selon la tradition occultiste1 comme rvlation suprme1 la fin de la dernire initiation1 on jetait en courant1 dans l'oreille de l'adepte1 ces mots terribles3 ,osiris est un dieu noir6 c'est--dire un dieu qu'on ne peut pas connatre1 qu'on ne connatra jamais6444 ,elles flottaient galement sous la ,bible1 sinon sous celle de la ,vulgate o elles deviennent mconnaissables1 du moins sous celle d'hbrasants comme ,fabre d',olivet qui lui ont1 ou croient lui avoir restitu son sens vritable4 ,elles flottaient aussi sous les mystres de la ,grce qui n'taient qu'une rplique dforme et plie des mystres gyptiens4 ,elles flottaient encore1 et plus prs de la surface1 sous les doctrines des ,essniens qui1 au dire de ,pline1 vcurent le long des rives de la ,mer ,morte pendant des milliers de sicles4 ,per sculorum millia ce qui est videmment exagr4 ,elles flottaient dans la ,kabbale1 tradition des anciens initis juifs1 qui prtendent avoir conserv la loi orale que ,dieu donna ,mose sur le ,sina et qui1 transmise de bouche en bouche1 fut crite par les savants rabbins du ,moyen ge4 ,elles flottaient sous les enseignements et les rves extraordinaires des ,gnostiques1 hritiers probables des introuvables ,essniens1 sous ceux des no-platoniciens et sous le christianisme primitif1 comme dans les tnbres o se perdaient les malheureux ,hermtistes mdivaux1 parmi des textes de plus en plus mutils et corrompus et des lueurs de plus en plus incertaines et dangereuses4 ,v ,voil donc une grande vrit1 la premire de toutes1 la vrit radicale1 laquelle nous sommes revenus3 le caractre inconnaissable de la cause sans cause de toutes les causes4 ,mais cette cause ou ce ,dieu1 nous l'aurions toujours ignor1 ensevelis en lui1 s'il ne s'tait manifest4 ,il fallait bien le faire sortir de son inactivit qui pour nous quivalait au nant1 attendu que l'univers parat avoir une existence et que nous-mmes croyons vivre en lui4 ,dgage de l'enchevtrement des lianes thogoniques et thologiques qui bientt l'envahirent de toutes parts1 la cause premire1 ou plutt la cause ternelle1--car n'ayant pas de commencement1 elle ne peut tre premire ni seconde1--n'a jamais rien cr4 ,il n'y a pas eu de cration vu que1 de toute ternit tout existe en cette cause1 sous une forme invisible nos yeux1 mais plus relle que s'ils la voyaient1 puisque nos yeux ne sont faits que pour voir l'illusion4 ,au point de vue de cette illusion1 ce tout1 qui existe toujours1 apparat ou disparat selon un rythme ternel que scandent le sommeil et le rveil de la cause ternelle4 ,c'est ainsi1 disent les ,lois de ,manou1 que par un rveil et par un repos alternatifs1 l'tre immuable fait revivre et mourir ternellement tout cet assemblage de cratures mobiles et immobiles#f4 ,il s'exhale ou il expire et l'esprit descend dans la matire qui n'est qu'une forme visible de l'esprit1 et les mondes innombrables naissent1 se multiplient et voluent dans l'univers4 ,il s'inhale ou il aspire2 la matire rentre dans l'esprit qui n'est qu'une forme invisible de la matire1 les mondes disparaissent1 sans prir1 et rintgrent la cause ternelle1 pour en ressortir au rveil de ,brahma1 c'est--dire des milliards d'annes aprs1 pour y rentrer encore1 au retour du sommeil1 des milliards d'annes plus tard2 et il en fut et il en sera toujours ainsi1 de toute ternit1 dans toute ternit1 sans commencement1 sans arrt et sans fin4 #f ,lois de ,manou1 ,i1 #eg4 ,,vi ,c'est encore un immense aveu d'ignorance2 et ce nouvel aveu1 si haut qu'on remonte1 le plus ancien de tous1 est aussi le plus profond1 le plus complet et le plus grandiose4 ,cette explication de l'incomprhensible univers1 qui n'explique rien parce qu'on n'explique pas l'inexplicable1 est plus admissible que toutes celles que nous pourrions donner et peut-tre la seule que nous puissions accepter sans nous heurter chaque pas aux objections insurmontables et aux questions sans rponse de notre raison4 ,ce second aveu1 nous le trouvons l'origine des deux religions-mres4 ,en gypte1 mme dans l'gypte superficielle et exotrique que nous connaissons seule1 et sans tenir compte du sens secret qu'ont probablement les hiroglyphes1 il prend une forme analogue4 ,il n'y a pas non plus cration proprement dite1 mais extriorisation d'un principe spirituel ternel et latent4 ,tout tre et toute chose existent de toute ternit dans le ,noun1 et y retournent aprs la mort4 ,le ,noun est l'abme de la ,gense2 un esprit divin indfini y flotte1 portant en lui la somme des existences futures1 d'o son nom de ,toum1 qui signifie la fois ,nant et ,totalit4 ,quand ,toum voulut fonder dans son cur tout ce qui existe1 il se dressa parmi ce qui tait dans le ,noun1 hors du ,noun et des choses inertes1 et le soleil ,r exista1 la ,lumire fut4 ,mais il n'y avait pas trois dieux1 l'abme1 l'esprit dans l'abme1 la lumire hors de l'abme4 ,toum1 extrioris par la force de son dsir crateur1 est devenu ,r-soleil1 sans cesser d'tre ,toum1 sans cesser d'tre ,noun4 ,il dit de lui-mme3 ,je suis ,toum1 celui qui existait seul dans le ,noun4 ,je suis le ,dieu grand qui se cre lui-mme1 c'est--dire le ,noun1 pre des dieux4 ,il est la somme des existences des tres4 ,et pour exprimer cette ide que le dmiurge a tout cr de son propre fonds1 le clbre papyrus de ,leyde explique3 ,il n'existait pas d'autre dieu avant lui1 ni d'autre dieu avec lui1 quand il a dit ses formes1 il n'existait pas de mre pour lui qui lui ait fait son nom 7en gypte nommer quivalait crer71 point de pre pour lui qui l'ait mis en disant3 ,c'est moi qui t'ai cr#g4 #g ,cf4 ,a4 ,,moret1 ,les ,mystres gyptiens1 p4 #aaj et suiv41 et ,,pierret1 tudes gyptologiques1 p4 #dad4 ,pour crer1 le dieu gyptien pense d'abord1 puis parle le monde4 7,c'est dj le ,verbe1 le fameux ,logos des philosophes alexandrins que nous retrouverons plus tard47 ,son intelligence suprme prend le nom de ,phtah1 son cur1 c'est--dire l'esprit qui l'anime1 c'est ,horus1 et le ,verbe1 instrument de la cration1 c'est ,thot4 ,nous avons ainsi3 ,phtah-,horus-,thot1 dmiurge-esprit-verbe1 trinit dans l'unit ,toum4 ,par la suite1 comme dans les religions vdique1 perse et chaldenne1 le dieu suprme et inconnaissable est peu peu relgu dans l'oubli1 et l'on ne parle plus que de ses manations innombrables dont les noms varient de sicle sicle et parfois de ville ville4 ,c'est ainsi que dans le ,livre des ,morts1 ,osiris qui devient le dieu le plus connu de l'gypte dit qu'il est ,toum4 ,dans le ,mazdisme ou ,zoroastrisme1 qui n'est qu'une adaptation du ,vdisme au caractre ,iranien1 le dieu suprme n'est pas le crateur tout puissant qui pouvait faire le monde comme il le voulait2 il est soumis aux lois inflexibles de la cause premire inconnue qu'il est peut-tre lui-mme4 ,en ,chalde1 carrefour o se rencontrent les religions de l',inde1 de l'gypte et de la ,perse1 c'est encore la substance existant par elle-mme1 incre1 qui donne naissance tout1 ne crant pas parce que tout existe en elle1 mais se manifestant priodiquement en refltant son image dans le monde visible nos yeux4 ,dans la ,kabbale1 dernier cho et contre-preuve des enseignements sotriques de la ,chalde et de l'gypte1 nous retrouvons le mme aveu3 l'esprit incr1 ternel1 incognoscible1 incompris dans sa pure essence1 contient en soi le principe de tout ce qui existe et ne se manifeste et ne se rend visible l'homme que par ses manations4 ,enfin1 si nous ouvrons la ,bible1 non plus dans sa traduction restreinte1 superficielle et empirique1 mais dans une version qui aille au fond du sens intime1 essentiel et radical des mots hbreux1 telle que celle que tenta ,fabre d',olivet1 nous trouvons1 au premier verset de la ,gense3 ,premirement-en-principe1 c'est--dire avant tout1 ,il1 ,elohim1 ,lui-les-dieux1 l'tre tant1 cra1 c'est--dire ne fit pas quelque chose de rien1 mais tira d'un lment inconnu1 fit passer du principe l'essence1 l'ipsit-des-cieux et l'ipsit-de-la-terre4 ,et la terre existait1 puissance contingente d'tre1 dans une puissance d'tre2 et l'obscurit 7force compressive et durcissante7 tait sur la face de l'abme 7puissance universelle et contingente d'tre72 et le souffle de ,lui-les-dieux 7force expansive et dilatante7 tait gnrativement mouvant sur la face des eaux 7passivit universelle7#h4 #h ,,fabre ,d',,olivet1 ,la ,langue hbraque restitue1 t4 ,,ii1 p4 #be-bg4 ,n'est-il pas curieux de constater que cette traduction littrale nous ramne bien prs de l',inde1 de l'ide du principe inconnu2 et plus prs encore de la cration hindoue3 passage du principe l'essence1 expansion de l'tre des tres qui contient tout1 et de l'extriorisation1 son rveil1 de ce qu'il renfermait en puissance durant son sommeil8 ,or1 rappelons-nous qu'en #ahge1 ,max ,muller crivait ,qu'il y a cinquante ans1 il n'existait pas un seul lettr qui st traduire une ligne du ,vda4 ,il faut donc croire1 malgr l'affirmation du grand ,orientaliste1 ou que ,fabre d',olivet tait capable de le traduire1 ou qu'il en avait saisi l'esprit dans les traditions de la ,kabbale1 qu'il ne pouvait connatre que par la trs incomplte et trs infidle ,kabbala ,denudata de ,rosenroth1 ou enfin que le texte hbreu1 s'il dit rellement ce qu'il lui fait dire1 comme tout semble le prouver1 reproduit trangement les principes hindous1 car sa traduction1 fruit de longs travaux antrieurs1 parut en #ahae1 c'est--dire dix ou vingt ans avant qu'on et appris lire le sanscrit et les hiroglyphes gyptiens4 ,,vii ,est-il possible aujourd'hui1 avec tout ce que nous croyons savoir1 ou plutt avec tout ce que nous savons enfin que nous ne savons pas1 de donner de la divinit une ide plus vaste1 plus profondment ngative que celle qu'en donnrent ces religions des dbuts de l'humanit2 et qui rponde mieux l'immense ignorance sans espoir o nous nous dbattrons toujours au sujet de la cause premire2 et ne nous trouvons-nous pas ici d'normes hauteurs au-dessus des dieux plus ou moins anthropomorphes qui succdrent l'inconnaissable suprme de la religion qui fut la mre mconnue de toutes les autres8 ,n'est-ce pas son nigme sans nom que nous revenons enfin1 aprs avoir err si longtemps1 perdu tant de sicles et tant de forces1 commis tant d'erreurs et de crimes la chercher o elle n'tait pas1 loin des cimes primitives sur lesquelles elle nous attendait depuis des milliers et des milliers d'annes8 ,,viii ,mais il fallait orner et peupler cet aveu d'ignorance1 meubler ce nant sans bornes1 animer cette abstraction qui dpasse les limites de l'entendement1 et dont les hommes ne pouvaient se contenter4 ,c'est quoi s'verturent toutes les religions1 commencer par celle qui d'abord l'avait os faire4 ,j'carte une fois de plus les broussailles des thogonies1 simples leur origine1 mais bientt inextricables1 pour m'en tenir aux grandes lignes4 ,dans la religion primitive1 nous l'avons dj vu1 la cause inconnue1 un moment donn1 pris dans l'infini des temps1 recommenant ce qu'elle fit de toute ternit1 se rveille1 se ddouble1 s'objective1 se reflte dans la passivit universelle1 et devient1 jusqu'au prochain sommeil1 notre univers visible4 ,de cette cause inconnue1 existant par elle-mme1 qui se divise en deux parties pour rendre visible ce qui tait latent en elle1 naissent ,brahma ou ,nara1 le pre1 ,nari1 la mre universelle1 dont nat son tour ,viradj1 le fils1 l'univers4 ,cette triade primitive prenant ensuite une forme plus anthropomorphe1 devient ,brahma1 le crateur1 ,vichnou1 le conservateur1 et ,siva1 le destructeur et rgnrateur4 ,en gypte1 c'est ,noun1 ,toum1 ,r1 puis ,phtah1 ,horus1 ,thot1 qui deviennent ensuite ,osiris1 ,isis et ,horus4 ,a la suite de ces premires subdivisions de la cause inconnue1 se prcipite1 flots presss1 dans les panthons primitifs1 la foule des dieux qui ne sont que des manations intermittentes1 des dlgations transitoires1 des bourgeons phmres de la cause premire1 des personnifications de plus en plus humaines de ses manifestations1 de ses volonts1 de ses attributs ou de ses facults4 ,nous n'avons pas les tudier ici1 mais il est intressant de marquer au passage les vrits profondes que rencontrent presque toujours ces cosmogonies et ces thogonies immmoriales et qui sont peu peu confirmes par la science4 ,est-ce le seul hasard qui1 par exemple1 ait voulu que la terre mant du chaos1 se formt et se couvrt de vie1 exactement dans l'ordre qu'elles indiquent8 ,selon le livre de ,manou1 l'ther engendre l'air1 l'air en se transformant engendre la lumire2 l'air et la lumire qui engendrent la chaleur produisent l'eau2 et celle-ci est la matrice de tous les tres vivants4 ,lorsque ce monde fut sorti de l'obscurit1 dit le ,bhgavat ,purana1 contemporain du ,vda selon les ,hindous1 les principes lmentaires subtils produisirent la semence vgtale qui anima d'abord les plantes4 ,des plantes1 la vie passa dans des corps fantastiques qui naquirent de la boue des eaux2 puis1 par une srie de formes et d'animaux diffrents1 arriva jusqu' l'homme4--,ils passrent successivement par les vgtaux1 les vers1 les insectes1 les serpents1 les tortues1 les bestiaux et les animaux sauvages1 tel est le degr infrieur1 dit encore ,manou1 qui ajoute3 ,les tres acquirent les qualits de ceux qui les prcdent1 de telle sorte que plus un tre est loign dans la srie1 plus il a de qualits#i4 #i ,lois de ,manou1 ,i1 #bj4 ,n'est-ce pas toute l'volution darwinienne1 confirme par la gologie et prvue il y a au moins #f4jjj ans8 ,d'autre part1 n'est-ce pas la thorie de l',akasha1 que nous nommons plus grossirement l'ther1 source unique de tous les corps1 que revient notre physique#aj8 ,ces exemples1 que l'on pourrait multiplier l'infini1 ne sont-ils pas troublants8 ,d'o venaient nos anctres prhistoriques1 dans une nuit et une drliction qu'on s'imaginait pouvantables1 ces intuitions extraordinaires1 ces connaissances et ces certitudes que nous reconquerrons peine2 et s'ils ont vu juste sur ces points que nous pouvons par hasard contrler1 n'y a-t-il pas lieu de se demander s'ils n'ont pas vu plus juste et plus loin que nous sur bien d'autres questions o ils sont aussi affirmatifs et qui jusqu'ici ont chapp notre vrification8 ,il est certain que pour en arriver o ils taient1 ils devaient avoir derrire eux un trsor de traditions1 d'observations1 d'expriences1 de sagesse1 en un mot1 dont nous nous formons difficilement une ide2 mais laquelle1 en attendant mieux1 nous devrions faire confiance un peu plus que nous ne le faisons1 et dont nous pourrions tirer profit pour apaiser nos craintes1 apprendre connatre et rassurer notre avenir d'outre-tombe et guider notre vie4 #aj ,il est vrai que les rcentes thories d',einstein nient l'existence de l'ther et supposent que l'nergie rayonnante1 la lumire visible par exemple1 se propage d'une manire indpendante travers l'espace vide absolu4 ,mais outre que ces thories semblent encore discutables1 il convient de faire remarquer que l'ther scientifique auquel1 jusqu' ,einstein1 taient forcs de recourir nos savants modernes1 n'est pas exactement l',akasha hindou1 beaucoup plus subtil et plus immatriel1 une sorte d'lment spirituel ou d'nergie divine1 l'espace incr1 imprissable1 infini4 ,,ix ,nous venons de voir que les religions primitives et celles qui en drivent s'accordent sur le caractre ternellement inconnaissable de la cause premire2 et que leurs explications au sujet du passage du non-tre l'tre1 du passif l'actif1 du ddoublement gnrateur de la triade1 sont peu prs les mmes4 ,remarquons ici l'trange illogisme qui domine et rpand son ombre sur tout le problme religieux4 ,les religions-mres1 ou plutt la religion-mre1 enseigne que la cause des causes est inconnaissable1 qu'il est impossible de la dfinir1 de la comprendre1 de l'imaginer2 qu'elle est ,cela et rien de plus1 le non-tre1 tout en tant l'tre par excellence1 ternel1 infini1 occupant tout le temps1 tout l'espace qu'il est lui-mme1 n'ayant ni formes1 ni volonts1 ni attributs particuliers1 puisqu'il les a tous4 ,or1 de cet inconditionn1 de cet absolu de l'absolu1 dont on ne peut dire ce qu'il est1 encore moins ce qu'il veut1 de cette source mme de l'indfinissable et de l'incognoscible1 elle fait sortir des manations qui deviennent aussitt des dieux parfaitement connus1 parfaitement dfinis1 agissant trs nettement dans leurs sphres respectives1 manifestant une puissance et une volont personnelles1 promulguant des lois et tout un code de morale auxquels il est enjoint l'homme de se soumettre4 ,comment des tres aussi compltement connus peuvent-ils sortir d'un tre essentiellement inconnu8 ,comment le tout tant inconnaissable1 une partie de ce tout devient-elle subitement familire8 ,dans cet inconcevable sans limites1 seul admissible1 car c'est lui que nous ramne la science1 o est le point d'o sortent les dieux qui nous sont imposs8 ,o se trouvent le lien et le rapport8 ,o est le lieu et le moment o s'opre l'incomprhensible miracle de la transubstantiation de l'incognoscible8 ,o est la transition qui lgitime ce formidable passage d'insondables tnbres1 non seulement au possible ou au probable1 mais au connu dcrit jusqu'en ses moindres dtails8 ,ne semble-t-il pas que la religion-mre1 et sa suite toutes les autres qui ne sont que ses filles plus ou moins dguises1 ait arbitrairement bifurqu ou plutt ait fait un saut immense et volontairement aveugle dans l'abme de l'illogisme8 ,n'est-il pas possible qu'elle n'ait pas os tirer toutes les consquences de son redoutable aveu2 et ces consquences1 ne les aurait-elle pas dduites ailleurs1 et prcisment dans les enseignements secrets dont nous cherchons encore vainement les traces et dont la rvlation rendait jamais muets les grands initis8 ,x ,c'est un soupon qui revient plus d'une fois quand on approfondit ces religions1 et qui expliquerait ce cri effrayant de la tradition occultiste1 que nous avons dj not3 ,osiris est un dieu noir6 ,le grand1 le suprme secret serait-il un agnosticisme total8 ,sans parler des enseignements sotriques que nous ne connaissons pas1 n'est-ce pas un aveu presque public que ce mot de ,maya1 le plus mystrieux de l',inde1 qui veut dire que tout1 l'univers et les dieux mmes qui le crent1 le maintiennent et le dirigent1 n'est qu'illusion de l'ignorance1 et que l'incr et l'inconnaissable sont seuls rels8 ,mais quelle religion pouvait dclarer ses fidles3 ,nous ne savons rien2 nous constatons simplement que cet univers existe ou du moins semble exister nos yeux4 ,existe-t-il par lui-mme1 est-il dieu lui-mme ou n'est-il que l'effet d'une cause plus recule8 ,et derrire cette cause plus recule ne doit-on pas en supposer une autre encore plus recule1 et ainsi indfiniment1 jusqu' la folie1 car si ,dieu est1 qui a fait ,dieu8 ,qu'il soit cause ou effet1 il importe assez peu notre ignorance qui en tout cas demeure irrductible et dont les tnbres sont simplement dplaces4 ,de trs anciennes traditions nous disent qu'il est plutt la manifestation d'une cause plus inconcevable que lui4 ,nous acceptons cette tradition1 plus inexplicable peut-tre que l'nigme telle qu'elle s'offre nos yeux1 mais qui semble rendre compte de ce qui y parat transitoire ou prissable et y substitue un fond ternel1 immuable et purement spirituel4 ,ignorant tout de cette cause1 nous devons nous borner constater certaines habitudes1 certains quilibres1 certaines lois qui paraissent tre ses volonts4 ,nous en faisons provisoirement des dieux4 ,mais ces dieux ne sont que des personnifications peut-tre justes1 peut-tre illusoires1 peut-tre errones1 de ce que nous croyons avoir observ4 ,il est possible que d'autres observations plus exactes les dtrnent4 ,il est possible qu'on s'aperoive un jour que la cause inconnue1 un peu mieux connue en quelque partie1 voulait autre chose que ce que nous avions cru4 ,nous changerons alors les noms1 les volonts1 les lois de nos dieux4 ,mais en attendant1 ceux que nous vous offrons sont ns d'observations et d'expriences si sages et si anciennes qu'il n'en est pas jusqu' prsent qui les surpassent4 ,,xi ,s'il lui tait impossible de parler ainsi ses fidles qui ne l'auraient pas comprise1 elle pouvait rvler le secret aux derniers initis que de longues preuves avaient prpars et dont une slection inhumainement rigoureuse attestait l'intelligence4 ,elle avouait donc tout quelques-uns d'entre eux4 ,elle leur disait probablement3 ,en leur offrant nos dieux1 nous n'avons pas voulu tromper les hommes4 ,si nous leur avions confess que ,dieu est inconnu et inconcevable1 qu'on ne peut dire ce qu'il est1 ce qu'il veut2 qu'il n'a ni forme1 ni substance1 ni rsidence1 ni commencement1 ni fin1 qu'il est partout et nulle part1 qu'il n'est rien force d'tre tout1 ils en auraient conclu qu'il n'existe point1 qu'il n'y a ni lois ni devoirs et que l'univers est un immense abme o chacun doit se hter de faire ce qu'il lui plat4 ,or1 si nous ne savons rien1 nous savons cependant que cela n'est pas1 que cela ne peut pas tre4 ,nous savons en tout cas que la cause des causes n'est pas matrielle1 comme ils l'entendraient1 car toute matire semble prissable1 et elle ne pourra pas prir4 ,pour nous1 cette cause inconnue est rellement notre ,dieu1 parce que notre intelligence est capable de la voir sur une tendue que notre imagination infirme peut seule limiter4 ,nous savons1 avec une certitude que rien ne saurait branler1 que cette cause1 ou la cause de cette cause1 et ainsi indfiniment1 doit exister1 bien que nous sachions que nous ne pourrons jamais la connatre ni la comprendre4 ,mais fort peu d'hommes sont capables de se convaincre de l'existence d'une chose qu'ils ne pourront jamais voir1 toucher1 sentir1 entendre1 connatre ni comprendre2 c'est pourquoi1 au lieu du nant qu'ils croiraient que nous leur proposons si nous leur disions quel point nous ignorons tout1 nous leur offrons comme guides1 certaines apparences de volont que nous avons cru discerner dans les tnbres de la dure et de l'espace444 ,,xii ,cet aveu d'ignorance totale quant la cause premire1 quant l'essence du dieu des dieux1 nous le trouvons galement la racine de la religion gyptienne4 ,mais il est fort possible qu'ayant t perdu de vue1--car les hommes n'aiment pas s'attarder dans une ignorance sans espoir1--il ait t ncessaire de le refaire aux initis1 de le prciser1 d'y insister1 d'en dvelopper les consquences2 et qu'ainsi rvl dans toute son tendue1 il soit devenu le fondement de la doctrine secrte4 ,nous constatons en effet que dans les thogonies subsquentes1 on s'empressait d'oublier l'aveu enregistr aux premires pages des livres sacrs4 ,on n'en tenait plus compte1 on le refoulait dans la nuit des origines et de l'incomprhensible4 ,il n'en tait plus jamais question2 et l'on ne s'occupait plus que des dieux qui en taient issus1 en oubliant toujours d'ajouter qu'mans de l'indicible inconnu ils devaient ncessairement1 par essence et par dfinition1 participer de sa nature et tre aussi inconnus1 aussi inconnaissables que lui4 ,il se peut donc que l'enseignement secret rserv aux prtres suprmes les rament une plus juste notion de la vrit primordiale4 ,a cet aveu aux initis1 on n'avait probablement pas ajouter d'autres explications1 vu qu'il dtruit par la base toutes les explications possibles4 ,que pouvait-on1 par exemple1 leur dire au sujet de la premire1 de la plus redoutable de toutes les nigmes1 laquelle on se heurte immdiatement aprs celle de la cause des causes3 l'origine du mal8 ,les religions exotriques la rsolvaient en ddoublant1 en multipliant leurs dieux4 ,c'tait simple et facile4 ,il y avait des dieux de lumire qui reprsentaient et faisaient le bien2 et des dieux des tnbres qui reprsentaient et faisaient le mal2 ils luttaient entre eux dans tous les mondes2 et si les dieux du bien taient toujours les plus puissants1 ils n'taient cependant jamais compltement victorieux sur cette terre4 ,les types les plus nets de ce dualisme1 nous les rencontrons dans la mythologie de l',avesta1 o ils prennent les noms d',ormuzd et d',ahriman2 mais sous d'autres vocables1 sous d'autres formes et indfiniment multiplis1 nous les retrouvons dans toutes les religions et jusque dans le christianisme o ,ahriman devient le prince des dmons4 ,mais que pouvait-on dire aux initis8 ,les thosophes modernes qui prtendent dvoiler au moins une partie des enseignements secrets1 en subdivisant galement les manifestations du principe inconnu1 ne font que reproduire1 sous une autre forme1 les explications trop faciles de la religion exotrique et restent aussi loin qu'elle de la source de l'nigme2 et dans tout le domaine de l'occultisme1 nous n'avons mme pas l'ombre d'un commencement d'explication qui diffre autrement que par les termes de celles des religions officielles4 ,nous ne savons donc point ce qu'on leur rvlait2 et il est assez probable que1 de mme que pour le mystre de la cause premire1 on tait oblig de leur avouer qu'on ne savait rien4 ,vraisemblablement1 on ne pouvait leur dire que ce que nous diraient les philosophies optimistes d'aujourd'hui1 savoir que le mal n'existe pas en soi1 mais uniquement notre point de vue1 qu'il est purement relatif1 que le mal moral n'est qu'une ccit1 ou une fantaisie de notre entendement1 et le mal physique une organisation dfectueuse ou une erreur de notre sensibilit2 que la plus effroyable douleur n'est qu'une jouissance infidlement traduite par nos nerfs1 comme la jouissance la plus aigu est dj une douleur4 ,c'est peut-tre vrai2 mais le malheureux homme et surtout le malheureux animal qui n'a pour toute vie que celle-ci1 quand cette vie1 comme il arrive trop souvent1 n'est qu'un tissu d'intolrables souffrances1 a droit quelques claircissements supplmentaires4 ,on les donnait en renvoyant aux existences successives1 aux systmes d'expiation et de purification4 ,mais ces claircissements1 excellents quand on admet l'hypothse de dieux intelligents dont on connat les intentions1 sont moins dfendables lorsqu'il s'agit d'une cause inconnaissable laquelle on ne peut attribuer une intelligence et une volont sans nier qu'elle soit inconnue4 ,si l'on parvenait fournir aux adeptes une autre explication qui s'impost1 elle devait renfermer la clef souveraine de l'nigme et ouvrir tous les mystres4 ,mais l'ombre mme de cette clef chimrique n'est pas parvenue jusqu' nous4 ,,xiii ,tout branlants qu'en soient les fondements qui ne reposent que sur l'inconnaissable1 il n'en reste pas moins que cette religion primitive nous a lgu sur la constitution et l'volution de l'univers1 sur la dure des transformations des astres et de la terre1 sur le temps1 l'espace et l'ternit1 sur les rapports de la matire et de l'esprit1 sur les forces invisibles de la nature1 sur les destines probables de l'homme1 et sur la morale1 des enseignements incomparables4 ,l'sotrisme de toutes les religions1 depuis l'gypte peut-tre et en tout cas depuis la ,perse1 la ,chalde1 les mystres grecs1 pour finir aux hermtistes du ,moyen ge1 profita de ces enseignements et en tira la partie la plus haute et la plus solide de son prestige1 en les attribuant une rvlation secrte1 jusqu' ce que la dcouverte des livres sacrs de l',inde en et fait connatre la vritable source1 et remis les choses au point4 ,au fond1 l'sotrisme ne fut jamais qu'une cosmogonie plus savante1 une thogonie plus rationnelle1 plus grandiose et plus pure1 une morale plus leve1 que celle des religions vulgaires2 outre qu'il possdait1 pour soutenir ou dfendre ses doctrines1 le secret pniblement transmis et souvent affreusement obscurci1 de la manipulation de certaines forces oublies4 ,aujourd'hui1 il nous est possible de reconnatre1 sous toutes les dformations1 sous toutes les surcharges1 sous tous les masques1 parfois terriblement dfigurs1 le mme visage4 ,a ce point de vue1 il est certain que depuis la publication et la traduction des textes authentiques1 l'occultisme1 tel qu'on l'entendait encore il n'y a gure plus de cinquante ans1 a perdu les trois quarts de ses meilleures provinces4 ,il a notamment perdu presque tout intrt doctrinal1 hormis comme moyen de contrle1 puisqu'on peut tudier la source mme d'o il s'tait parcimonieusement infiltr1 tout ce qu'il enseignait secrtement au sujet de ,dieu ou des dieux1 au sujet de l'origine des mondes1 des forces immatrielles qui le mnent1 du ciel et de l'enfer tels que l'entendaient les ,juifs1 les ,grecs et les ,chrtiens1 au sujet de la constitution du corps et de l'me1 des destines de celle-ci1 de ses responsabilits et de son existence d'outre-tombe4 ,par contre1 si ces textes anciens et authentiques1 enfin traduits1 nous prouvent que presque tout ce que l'occultisme affirmait au point de vue doctrinal n'tait pas purement imaginaire mais reposait sur des traditions relles et immmoriales2 ils nous permettent aussi de supposer que tout ce qu'il affirmait sur d'autres points1 et notamment sur l'utilisation de certaines forces inconnues1 n'est pas non plus purement chimrique2 et il regagne de ce ct ce qu'il perd de l'autre4 ,en effet1 si nous possdons les principaux livres sacrs de l',inde1 il est peu prs certain qu'il en est d'autres que nous ne connaissons pas encore1 comme il est fort probable que nous n'avons pas pntr le sens cach d'un grand nombre d'hiroglyphes4 ,il se peut donc que les occultistes aient eu connaissance de ces crits ou de ces traditions orales1 par des infiltrations analogues celles que nous avons pu constater4 ,il semble que l'on trouve des traces d'infiltrations de ce genre dans leur biologie1 dans leur mdecine1 dans leur chimie1 dans leur physique1 dans leur astronomie et surtout dans tout ce qui touche l'existence d'entits plus ou moins immatrielles qui paraissent vivre autour de nous4 ,sous ce rapport1 l'occultisme garde encore un intrt et mrite une tude attentive et mthodique qui pourrait efficacement seconder et peut-tre rejoindre les travaux que les mtapsychistes indpendants et scientifiques ont entrepris de leur ct1 sur les mmes sujets4 ,,xiv ,quant la tradition primitive1 si elle a perdu le prestige d'tre occulte1 si d'autre part elle pche par la base en tirant tous ses enseignements et toutes ses affirmations d'un fonds qu'elle-mme a dclar jamais inaccessible1 incomprhensible et inconnaissable1 il n'en est pas moins vrai1 abstraction faite de cette base dfectueuse1 que ces affirmations et ces enseignements sont les plus inattendus1 les plus hauts1 les plus admirables1 les plus plausibles aussi et le plus frquemment confirms par les faits que l'homme ait connus jusqu'ici4 ,avons-nous le droit1 par exemple1 d'carter priori1 comme une imagination purile et qui ne repose sur rien1 la notion de la dchance de l'homme1 que nous ne pouvons vrifier1 quand tout ct d'elle1 presque contemporaine1 nous en rencontrons une autre1 aussi gnrale1 celle des dluges et des cataclysmes universels et prhistoriques1 que la gologie a matriellement constats8 ,a quelle vrit profonde rpond cette lgende d'une humanit suprieure1 plus heureuse1 plus intelligente que la ntre8 ,nous n'en savons rien jusqu' ce jour2 mais nous ne savions pas davantage quoi rpondait la tradition des grandes catastrophes1 avant que les annales de ces bouleversements1 inscrites dans les entrailles de la terre1 ne nous eussent rvl qu'ils avaient eu lieu4 ,on pourrait citer un grand nombre d'enseignements de ce genre1 intuitions gniales ou vrits immmoriales1 dont la science retrouve les traces ou qu'elle rejoint aujourd'hui4 ,j'ai dj not l'apparition successive des diverses formes de la vie1 numres exactement dans l'ordre que leur assigne la palontologie4 ,il faudrait y ajouter le rle prpondrant de l'ther1 ce fluide cosmique impondrable1 transition de l'esprit la matire1 source de tout ce qui existe1 que la religion primitive appelait ,akasha1 et qui1 d'chos en chos1 devient le ,tlesma de l',herms ,trismgiste1 le ,feu vivant de ,zoroastre1 le ,feu gnrateur d',hraclite1 l',ignis subtillissimus d',hippocrate1 la ,lumire astrale de la ,kabbale1 le ,pneuma de ,gallien1 la ,quinta essentia et l',azoth des alchimistes1 l',esprit de vie de ,saint ,thomas d',aquin1 la ,matire subtile de ,descartes1 le ,spiritus subtillissimus de ,newton1 l',od de ,reichenbach et de ,carl du ,prel1 l'ther infini1 mystrieux et toujours en mouvement1 d'o tout sort1 o tout rentre1 auquel nos savants1 dans leurs laboratoires1 sont enfin obligs d'avoir recours afin de rendre compte d'une foule de phnomnes qui sans lui seraient absolument inexplicables4 ,tout ce que nos physiciens et nos chimistes appellent chaleur1 lumire1 lectricit1 magntisme1 n'tait pour nos anctres que les manifestations lmentaires d'une substance unique4 ,ils avaient1 il y a des milliers d'annes1 reconnu la prsence et l'intervention souveraine de cet agent ubiquitaire dans tous les phnomnes de la vie2 de mme qu'ils avaient dcrit1 avant nos astronomes1 la naissance et la formation des astres2 de mme encore que la prtendue chimre de la transmutation des mtaux1 qu'ils avaient lgue aux alchimistes du ,moyen ge est galement confirme par l'volution chimique et thermique des toiles1 qui1 comme le fait observer ,charles ,nordmann1 nous offrent un exemple complet de cette transmutation1 puisque les mtaux les plus lourds n'y apparaissent qu'aprs les lments lgers et lorsqu'elles se sont suffisamment refroidies2 de mme enfin1 car il faut nous borner1 qu' l'encontre de la science de nagures1 ils avaient enseign qu'il fallait porter des millions de sicles la dure des mondes1 les ges de la terre et le temps qui s'coulera entre sa naissance et sa destruction1 puisqu'un jour de ,brahma1 qui correspond l'volution de notre globe1 compte quatre milliards trois cent vingt millions d'annes4 ,,xv ,sur une autre question plus grandiose et plus essentielle1 car elle renferme la loi radicale de notre univers1 ils ont galement une tradition inattendue1 dont l'humanit ne pourra jamais contrler qu'une infime partie4 ,ils nous disent que le ,cosmos1 manifestation visible de la cause inconnue et invisible1 n'a jamais t et ne sera jamais qu'une suite ininterrompue d'expansions et de contractions1 d'vaporations et de condensations1 de sommeils et de rveils1 d'inspirations et d'expirations1 d'attractions et de rpulsions1 d'volutions et d'involutions1 de matrialisations et de spiritualisations1 d'intriorisations et d'extriorisations1 comme dit le ,docteur ,jaworski qui a retrouv en biologie un principe analogue4 ,la cause inconnue se rveille2 et durant des milliards d'annes1 les mondes irradient1 se dispersent1 s'pandent1 se dilatent dans l'espace2 elle se rendort1 et les mmes mondes1 durant des milliards d'annes1 accourus de tous les points de l'horizon1 s'attirent1 se concentrent1 se contractent et se coagulent1 pour ne plus former1 sans prir1 car rien n'est prissable1 qu'une masse unique qui rentre dans la cause invisible4 ,nous sommes prcisment dans une de ces priodes de contraction ou d'inhalation1 laquelle prside cette immense et mystrieuse loi de la gravitation1 dont rien ne peut rendre compte1 si elle n'est pas lectrique1 magntique ou spirituelle1 et qui domine toutes les autres lois de la nature4 ,si tous les corps1 selon ,newton1 s'attirent mutuellement en raison directe de leur masse et en raison inverse du carr de leurs distances1 depuis l'ternit sans commencement1 toute la matire de l'univers ne devrait plus former qu'un bloc infini1 moins de supposer un quilibre parfait et inbranlable qui serait l'immobilit ternelle4 ,dans le mouvement perptuel des astres1 o le dplacement irrgulier d'un atme le troublerait1 il ne parat pas possible que cet quilibre puisse exister4 ,en fait1 il est peu prs certain qu'il n'existe pas1 et l',apex1 le lieu mystrieux de la sphre cleste1 dans le voisinage de ,vga1 vers lequel se prcipite notre systme solaire avec tout son cortge de plantes1 sera peut-tre1 pour ce qui nous regarde1 son point de rupture et l'une des premires phases de la grande contraction1 qui selon les derniers calculs des astronomes1 aura lieu dans #djj4jjj ans4 ,mais si cette formidable contraction doit presque invitablement se produire1 l'univers1 quelque jour1 ne sera plus qu'un monstrueux bloc de matire1 compact1 infini1 et probablement jamais mort1 hors duquel il ne serait plus possible de placer quelque chose4 ,ce bloc illimit1 form de toute la matire cosmique1 mme du fluide thrique et presque spirituel qui remplit les fabuleuses tendues interstellaires1 occuperait-il tout l'espace1 dfinitivement et jamais coagul dans la mort2 ou flotterait-il dans un vide plus subtil que celui de l'ther et dsormais soumis d'autres volonts8 ,il semble que la loi fondamentale de l'univers aboutisse une sorte d'anantissement1 d'impasse ou de non-sens2 et d'autre part1 si on nie cette attraction ou cette gravitation universelle1 on nie le seul phnomne que l'on constate avec certitude1 et on laisse tous les mondes absolument sans lois4 ,,xvi ,l'imagination1 l'intuition1 les observations ou les traditions de nos anctres ont dpass ce point mort4 ,ils ont1 sous leur phrasologie mythique ou mystique1 considr l'univers comme un phnomne lectrique1 ou plutt comme une immense source d'nergie subtile et inconnaissable1 qui obit aux mmes lois que celles de l'nergie magntique1 o tout est action et raction1 o il y a toujours deux forces affrontes et antagonistes2 et renversant les ples de l'aimant1 l'attraction ils font succder la rpulsion1 la force centripte une force centrifuge1 la gravitation une autre loi qui n'a pas encore de nom1 qui disperse nouveau la matire et les mondes1 pour recommencer une nouvelle journe de ,brahma4 ,c'est le solve et coagula des alchimistes4 ,ce n'est videmment qu'une hypothse dont on ne peut tayer quelques cts que sur certains phnomnes lectriques et magntiques1 et sur les proprits des corps radio-actifs1 mais dont l'ensemble est naturellement invrifiable4 ,seulement1 il est curieux de constater une fois de plus que cette hypothse1 la plus grandiose1 la plus hardie1 et aussi la plus ancienne1 la premire de toutes1 est peut-tre la seule laquelle la science puisse se rallier sans droger4 ,ici encore1 ne sommes-nous pas en droit de nous demander s'ils n'ont pas vu plus juste et plus loin que nous1 et si nous sommes capables d'imaginer une cosmogonie aussi vaste1 aussi vraisemblable que la leur8 ,,xvii ,si de ces hauteurs nous redescendons l'homme1 nous retrouvons des intuitions ou des certitudes aussi remarquables4 ,sans nous aventurer dans la complexit de subdivisions du reste postrieures1 qui nous entranerait trop loin1 bornons-nous dire que dans tous les enseignements primitifs1 qui concordent merveilleusement1 l'homme se compose de trois parties essentielles3 un corps physique prissable1 un principe spirituel1 ombre ou double astral1 galement prissable1 mais beaucoup plus durable que le corps1 et un principe immortel qui1 aprs des volutions plus ou moins longues1 retourne son origine qui est ,dieu4 ,or1 on peut constater que dans les phnomnes de l'hypnose1 du magntisme1 du mdiumnisme et du somnambulisme1 dans tout ce qui touche certaines facults extraordinaires du subconscient qui semblent indpendantes du corps physique1 de mme que dans certaines manifestations d'outre-tombe qui ne sont plus gure niables1 nos sciences mtapsychiques sont en quelque sorte forces d'admettre l'existence de ce double astral qui dborde de toutes parts l'entit physique1 peut la quitter1 s'en sparer1 agir indpendamment et loin d'elle2 et probablement lui survivre1 ce qui semble donner raison1 une fois de plus1 et sur un point extrmement important1 aux intuitions presque prhistoriques de nos anctres hindous et gyptiens4 ,,xviii ,on pourrait1 comme je l'ai trop souvent rpt1 multiplier ces exemples2 et chaque fois que notre science vient ainsi confirmer une de ces intuitions ou de ces traditions1 il serait sage de jeter un regard plus confiant sur celles qui attendent encore cette confirmation4 ,plus il y aura de points sur lesquels il est dmontr qu'elles ne se sont pas trompes1 plus il y aura de chances pour qu'elles ne se soient pas trompes davantage sur ceux qui sont encore invrifiables4 ,souvent ce sont les plus importants et qui nous touchent le plus directement1 le plus profondment4 ,ne tirons pas encore de conclusions trop gnrales ou trop htives2 mais que ces premires confirmations ou commencements de confirmations nous engagent accorder un crdit provisoire et attentif aux autres hypothses4 ,quand nous aurons dfinitivement rgl ces premiers points1 nous ne serons pas au bout de nos peines2 mais nous nous trouverons beaucoup plus loin que nous n'tions1 et c'est tout ce que nous sommes en droit d'exiger ou d'esprer de n'importe quel systme religieux ou philosophique et mme de n'importe quelle science2 sans compter que la moindre avance ici1 qui est le centre de tout1 a des consquences incomparablement plus grandes qu'une avance sur le diamtre ou la circonfrence2 car c'est de ce centre ou de ce moyeu que partent tous les rais de l'immense roue dont la science n'a gure tudi que la priphrie4 ,il faut admettre une fois pour toutes1 qu'on ne peut rien comprendre ni expliquer1 sinon1 on ne serait plus un homme mais un dieu2 ou plutt le seul ,dieu4 ,hors quelques constatations mathmatiques et matrielles1 dont au demeurant on ne pntre pas l'essence1 tout n'est qu'hypothse4 ,c'est donc uniquement sur des hypothses que nous avons rgler notre vie1 en ne comptant pas sur des certitudes qui probablement ne viendront jamais4 ,il importe donc de bien choisir nos hypothses vitales1 de ne prendre que les plus hautes1 les meilleures et les plus plausibles2 et nous voyons que ce sont presque toujours les plus anciennes4 ,dans la hirarchie des volutions1 nous ne connatrons jamais l'tre central ou suprme1 ni sa pense dernire2 mais cela n'empche pas que nous ne devions tcher savoir beaucoup plus que nous ne savons4 ,si nous ne pouvons tout connatre1 ce n'est pas une raison pour nous rsigner ne connatre rien2 et si d'autres sciences que la science proprement ou improprement dite1 peuvent nous aider1 nous faire aller plus vite et plus loin1 il est profitable de les interroger ou du moins de ne pas les rejeter d'avance et sans examen1 comme on l'a fait trop souvent et trop lgrement jusqu'ici4 ,,xix ,parmi ces affirmations et ces enseignements incontrlables1 ne retenons que ceux qui nous intressent le plus1 notamment ceux qui ont trait la conduite de notre vie1 aux sanctions1 aux responsabilits1 aux rcompenses et la morale qui en dcoule1 aux mystres de la mort1 l'existence d'outre-tombe et aux destines finales de l'homme4 ,jusqu' prsent1 presque tous les enseignements qui portent sur ces points taient1 pour nous ,europens1 sotriques et se cachaient dans les replis de la ,kabbale et de la ,gnose1 hritires traques1 hagardes et obscures de la sagesse hindoue1 gyptienne1 persane et chaldenne4 ,mais depuis la lecture des textes sanscrits1 ils ne le sont plus1 du moins dans leurs parties essentielles1 car bien que1 comme je l'ai dj dit1 nous soyons loin de connatre tous les livres sacrs de l',inde et peut-tre plus loin encore d'avoir saisi le sens secret des hiroglyphes1 il est nanmoins peu probable que de nouvelles rvlations ou des claircissements plus complets soient de nature bouleverser srieusement ce que nous savons4 ,,xx ,aucune rgle de conduite1 aucune morale ne pouvait tre tire de la cause premire inconnaissable1 du ,dieu unique et non manifest4 ,il est en effet impossible de connatre ce qu'il veut1 puisqu'il est impossible de le connatre lui-mme4 ,pour trouver une volont dans l'infini1 dans l'univers ou dans la divinit1 nous sommes obligs de nous jeter dans l'invrifiable et de franchir l'abme d'illogisme dont nous avons dj parl1 en faisant procder de cette cause qui pour se manifester s'est divise1 un ou plusieurs dieux1 manations de l'inconnaissable qui deviennent subitement aussi connues que si elles taient sorties des mains de l'homme4 ,il est certain que la base de la morale qui dcoulera de cette opration arbitraire1 sera toujours prcaire et ne s'offre que comme un postulat sur lequel il faut fermer les yeux4 ,mais il est remarquable qu'aprs cette opration prliminaire1 ou concurremment avec elle1 dans toutes les religions primitives1 nous en trouvions une autre qui en est comme la consquence ncessaire et en tout cas constante3 le sacrifice volontaire de l'une de ces manations de l'inconnaissable1 qui s'incarne1 renonce ses prrogatives1 afin de diviniser l'homme en humanisant ,dieu4 ,l'gypte1 l',inde1 la ,chalde1 la ,chine1 le ,mexique1 le ,prou1 tous ont le mythe de l'enfant-dieu1 n d'une vierge2 et le premier jsuite missionnaire en ,chine trouva que la naissance miraculeuse du ,christ avait t anticipe par ,fuh-,ke1 n #cdfh ans avant ,j4-,c4 ,on a trs justement fait remarquer que si un prtre de l'antique ,thbes ou d',hliopolis revenait sur cette terre1 il reconnatrait1 dans le tableau de la ,vierge l'enfant de ,raphal1 l'image d',horus dans les bras d',isis4 ,l',isis gyptienne1 comme notre vierge immacule1 tait galement reprsente debout sur un croissant et couronne d'toiles4 ,devaki nous est pareillement montre tenant dans ses bras le divin ,krichna ou ,krischna1 comme l'est ,istar1 ,babylone1 l'enfant ,tammuz sur ses genoux4 ,le mythe de l'incarnation1 qui est aussi un mythe solaire1 se rpte ainsi d'ge en ge1 sous des noms diffrents1 mais c'est dans l',inde o il est peu prs certain qu'il prit naissance1 que nous le retrouvons sous sa forme la plus pure1 la plus leve et la plus significative4 ,,xxi ,sans nous attarder aux discutables incarnations des ,herms1 des ,manous et des ,zoroastres1 qu'il est impossible de contrler historiquement1 parmi les nombreuses incarnations de ,vichnou1 la seconde personne de la trinit brahmanique1 ne rappelons que les deux plus clbres1 la huitime1 celle de ,krichna1 et la neuvime1 celle du ,bouddha4 ,pour dater approximativement la premire1 nous avons le ,bhagavat-,gita1 qui met en relief l'admirable figure de ,krichna4 ,les indianistes catholiques sentant le danger qu' leur point de vue trop troit1 l'incarnation de ,krichna fait courir celle du ,christ1 admettent que le ,bhagavat-,gita fut compos avant notre re1 mais soutiennent qu'il fut remani depuis4 ,comme il est difficile de prouver ces remaniements1 ils ajoutent qu'au surplus1 s'il est dmontr que le ,bhagavat-,gita et d'autres livres sacrs aussi gnants sont rellement antrieurs au ,christ1 ils sont l'uvre du dmon qui1 prvoyant l'incarnation de ,jsus1 avaient voulu1 par ces prfigurations1 en nerver l'effet4 ,quoiqu'il en soit1 des indianistes purement scientifiques1 tels que ,william ,jones1 ,colebrooke1 ,thomas ,strange1 ,wilson1 ,princeps1 etc41 s'accordent reconnatre qu'il remonte au moins douze ou quinze sicles avant notre re4 ,il est en effet comment et analys dans le ,madana-,ratna-,pradipa1 recueil des textes des plus anciens lgislateurs1 dans ,vrihaspati1 dans ,parasara1 dans ,narada et dans une foule d'autres ouvrages d'une incontestable authenticit4 ,selon d'autres orientalistes1 pour tout dire1 les pomes sur ,krichna ne remontent pas au del du ,maha-,bharata1 ce qui nous reporte en tout cas deux sicles avant ,j4-,c4 ,quant l'incarnation de ,siddharta ,gautama ,bouddha ou akya-,mouni1 il n'y a plus de doute possible1 akya-,mouni tant un personnage historique qui vcut au ,v sicle avant ,j4-,c4 ,,xxii ,tout ceci du reste est suffisamment connu et il serait inutile d'insister4 ,mais quel peut tre le sens secret d'un mythe aussi immmorial1 aussi unanime1 aussi dconcertant8 ,la cause inconnue de toutes les causes1 se subdivisant1 descendant des hauteurs de l'inconcevable1 se sacrifiant1 se limitant et devenant homme pour se faire connatre aux hommes8 ,toutes les interprtations qu'on en pourrait donner ne seraient-elles pas draisonnables si l'on ne veut pas voir sous cet incomprhensible mythe un nouvel aveu1 cette fois plus dtourn1 mieux dguis1 plus profondment cach de l'agnosticisme fondamental1 de l'ignorance sublime et invincible des grands instructeurs primitifs8 ,ils savaient que de l'inconnaissable ne peut natre que l'inconnu4 ,ils savaient que l'homme ne pourrait jamais connatre ,dieu1 et c'est pourquoi1 ne cherchant plus du ct o tout espoir tait forclos1 ils vont droit l'homme qui est la seule chose qu'ils connaissent4 ,ils se disent3 il nous est impossible de savoir ce qu'est ,dieu1 o il est1 ce qu'il veut2 mais nous savons qu'tant partout et qu'tant tout1 il est ncessairement dans l'homme et qu'il est l'homme2 ce n'est donc que dans l'homme et par l'homme que nous pouvons dcouvrir sa volont4 ,sous le symbole de l'incarnation1 ils cachent ainsi la grande vrit que toutes les lois divines sont humaines2 et cette vrit n'est que le revers d'une autre vrit aussi grande1 savoir que dans l'homme se trouve le seul dieu que nous puissions connatre4 ,dieu se manifeste dans la nature2 mais il ne nous a jamais parl que par la bouche des hommes4 ,ne cherchez pas ailleurs1 dans les espaces infinis et inaccessibles1 le ,dieu dont vous tes inquiets2 c'est en vous qu'il se cache1 c'est en vous que vous devez le dcouvrir4 ,il est en vous autant qu'en ceux o il parat s'tre incarn d'une faon plus clatante4 ,tout homme est ,krichna1 tout homme est le ,bouddha2 il n'y a entre le dieu qu'ils incarnent en eux et celui qui s'incarne en vous-mme1 aucune diffrence1 mais ils ont su l'y retrouver mieux que vous4 ,imitez-les1 vous serez leur gal2 et si vous ne pouvez les suivre1 coutez du moins ce qu'ils vous disent1 car ils ne peuvent vous dire que ce que vous dirait le dieu qui est en vous1 si vous aviez appris l'couter comme ils l'ont cout4 ,,xxiii ,voil le fond de toute la religion vdique et de toutes les religions sotriques qui en drivent4 ,mais sa source1 la vrit est peine enveloppe de symboles ou de mythes transparents4 ,elle n'a rien de secret1 souvent mme elle s'affirme hautement1 sans rticences et sans voiles4 ,quand tous les autres dieux ne sont plus que des noms qui s'vanouissent1 dit ,max ,muller1 il ne reste plus que l',atman1 le moi subjectif1 et ,brahma1 le moi objectif1 et la science suprme s'exprime dans ces mots3 ,tat twam1 ,hoc tu1 ,tu es cela1 toi1 ton moi vritable1 ce qu'on ne peut t'arracher quand disparat tout ce qui avait sembl tien pour un temps4 ,quand tout ce qui avait t cr s'vanouit comme un rve1 ton moi rel appartient au moi ternel2 l',atman1 la personne qui est en toi est le vrai ,brahma4 ,ce ,brahma dont la naissance et la mort t'avaient un instant spar1 mais qui te reoit de nouveau dans son sein1 aussitt que tu reviens lui#aa4 #aa ,,max ,,muller1 ,origine de la ,religion1 p4 #cba4 ,le ,rig-,vda ou le ,vda des hymnes1 le vrai ,vda ou le ,vda par excellence1 dit encore ,max ,muller1 finit dans les ,upanishads1 ou1 comme on les appela plus tard1 dans le ,vdanda4 ,or1 la note dominante des ,upanishads1 c'est le ,connais-toi toi-mme1 c'est--dire connais l'tre qui est le support de ton ,moi et apprends le trouver et le reconnatre dans l'tre ternel et suprme1 l',un sans second1 qui est le support du monde entier4 ,le culte sa dernire hauteur1 celui du ,vanaprastha1 c'est--dire du vieillard1 de l'homme qui a pay ses trois dettes1 qui a vu le fils de son fils1 et se retire dans la fort1 devient purement mental et1 la fin1 l'examen de soi-mme1 au sens le plus profond du mot1 c'est--dire la reconnaissance du moi individuel avec le moi ternel1 devient la seule occupation qui lui soit encore permise#ab4 #ab ,ibid41 p4 #cac4 ,cherche le ,moi cach dans ton cur1 dit le ,mahabharata1 dernier cho des grands enseignements1 ,brahma1 le vrai ,dieu1 c'est toi-mme4 ,tel est1 rptons-le1 le fond de la pense vdique2 et c'est de cette pense que dcoule tout le reste4 ,pour la retrouver1 nous n'avons nullement besoin de la thosophie moderne qui n'a fait que l'tayer de textes moins connus et d'une authenticit moins certaine4 ,jamais elle ne fut secrte1 mais par sa grandeur mme1 elle chappait aux yeux de ceux qui ne pouvaient la comprendre2 et peu peu1 mesure que se multipliaient les dieux et qu'ils se mirent la porte des hommes1 elle fut perdue de vue4 ,sa hauteur seule la rendit sotrique4 ,aux temps hroques du vdisme1 o presque tous1 aprs avoir accompli leurs devoirs envers leurs parents et leurs enfants se retiraient dans la fort pour y attendre tranquillement la mort1 rentrer en eux-mmes et y chercher le dieu cach avec lequel ils allaient bientt se confondre1 elle tait la pense de tout un peuple4 ,mais les peuples ne restent pas longtemps fidles aux sommets4 ,afin de ne pas perdre tout contact avec eux1 elle dut descendre1 masquer son visage1 se mler la foule sous mille dguisements4 ,nanmoins1 nous la retrouvons toujours sous les voiles de plus en plus pais dont elle se couvre4 ,l'homme est la clef de l'univers1 proclamait encore l'axiome fondamental des hermtistes du ,moyen ge1 d'une voix touffe sous le fatras de textes illisibles et de grimoires indchiffrables1 comme ,novalis1 sans peut-tre se douter qu'il retrouvait une vrit vieille de plusieurs milliers d'annes1 presque aussi vieille que le monde1 la rptait une dernire fois1 sous une forme peine altre1 en nous apprenant que notre premier devoir est la recherche de notre moi transcendental4 ,abandonns dans un univers infini o nous ne pouvons rien connatre que nous-mmes1 n'est-ce pas1 en effet1 la seule vrit qui surnage1 la seule qui ne soit pas illusoire1 la seule aussi que nous puissions1 aprs tant d'interprtations errones o nous ne l'avions pas reconnue1 aprs tant de msaventures1 encore esprer de rejoindre8 ,,xxiv ,dieu ou la cause premire est inconnaissable2 mais tant partout1 il est ncessairement en nous2 c'est donc en nous-mmes que nous pouvons dcouvrir ce qu'il nous importe d'en connatre4 ,voil les deux points d'appui de la vote qui soutient la religion primitive et toutes celles1 ou du moins la doctrine relle mais secrte de toutes celles qui en drivent1 c'est--dire de toutes celles que nous connaissons1 hors le ftichisme de peuplades tout fait barbares4 ,elle les avait trouvs ds l'origine1 ou plutt ds ce que nous appelons l'origine qui devait avoir derrire soi un pass de milliers1 peut-tre de millions d'annes4 ,nous n'en avons pas trouv d'autres1 nous n'en trouverons jamais d'autres1 moins d'une rvlation impossible1 sinon en principe du moins en fait2 car rien qui n'est pas humain ou divinement humain ne peut parvenir jusqu' nous4 ,nous sommes revenus au point d'o nos anctres taient partis2 et le jour o l'humanit en atteindra un autre1 sera le jour le plus extraordinaire qui1 depuis la naissance de ce monde1 ait clair notre plante4 ,les incarnations de ,dieu1 dans la pense religieuse primitive1 ne sont donc que des extriorisations priodiques et sporadiques1 des manifestations clatantes1 synthtiques et exceptionnelles du ,dieu qui est en tout homme4 ,cette incarnation est universelle et latente en chacun de nous2 mais si l'incarnation est regarde comme un privilge pour l'homme en qui elle s'opre1 elle est considre comme un sacrifice de la part de ,dieu4 ,vichnou s'est volontairement sacrifi en descendant dans ,krichna et dans le ,bouddha4 ,s'est-il galement sacrifi en descendant dans les autres hommes8 ,d'o vient cette ide de sacrifice8 ,elle est assez mystrieuse et remonte sans doute de trs antiques traditions2 en tout cas1 elle ne parat pas purement rationnelle comme les deux prcdentes4 ,on n'explique nulle part pourquoi il est ncessaire qu'une manation de ,dieu redescende dans l'homme qui est dj une manation divine4 ,il y a l un hiatus que ne comble pas le mythe de la dchance originelle qui reste galement inexpliqu4 ,a moins que l'ide en question ne repose tout simplement sur cette constatation que tout homme qui dpasse les autres1 qui voit plus haut et plus loin qu'eux et leur enseigne ce qu'ils ne peuvent pas encore comprendre1 est forcment mconnu1 perscut1 sacrifi et malheureux4 ,,xxv ,cette ide1 explicable ou non1 n'en est pas moins trs importante1 car c'est elle qui semble avoir aiguill la morale primitive sur l'une des voies principales qu'elle a suivies4 ,en effet1 la notion de l'inconnaissable1 si elle largissait la pense courageuse qui s'aventurait sur ses pics dnuds1 ne pouvait donner que des enseignements ngatifs4 ,elle cartait assurment les petits dieux anthropomorphes et presque toujours malfaisants2 mais ne laissait leur place qu'un vide immense et silencieux4 ,d'autre part1 le panthisme1 aussi vaste que l'agnosticisme1 apprenait1 il est vrai1 que ,dieu tant partout et tout tant ,dieu1 tout devait tre aim et respect2 mais il s'ensuivait que le mal1 ou du moins ce que l'homme est forc d'appeler le mal1 tant divin comme le bien1 devait tre aim et respect l'gal de celui-ci4 ,l'ide tait trop nue1 trop illimite1 survotait trop gigantesquement les deux ples de l'univers1 pour que l'homme ost s'y engager et y pt choisir un chemin4 ,enfin1 la recherche du dieu cach en chacun de nous1 qui est un des corollaires de ce panthisme1 si elle tait laisse sans direction1 ne pouvait aboutir qu' des consquences dangereuses4 ,il y a en nous toutes espces de dieux ou toutes espces d'instincts1 de penses1 de dsirs1 de passions que l'on peut prendre pour des dieux2 il y en a de bons et de mauvais2 et les mauvais sont souvent plus nombreux et en tout cas plus faciles trouver que les bons4 ,le vrai ,dieu1 le plus haut1 le plus immatriel1 ne se rvle qu' quelques-uns4 ,ce ,dieu ainsi rvl1 qui n'est en somme que les meilleures penses des meilleurs d'entre nous1 il fallait appeler sur lui l'attention des autres hommes2 le leur faire connatre et le leur imposer2 et c'est peut-tre ainsi que cet trange mythe qui n'est probablement au fond que la reconnaissance d'un phnomne humain et naturel1 s'est peu peu insinu1 puis implant et dvelopp4 ,il est en effet assez vraisemblable que1 comme tout ce qui a rapport l'volution des hommes1 il n'ait pas surgi tout d'un coup d'un cerveau unique1 mais se soit dgag confusment et prcis lentement1 au cours de ttonnements et de sicles sans nombre4 ,,xxvi ,sans nous arrter davantage cet nigme1 bornons-nous constater l'influence qu'elle eut sur la morale primitive1 en l'orientant ds le dbut vers d'autres cimes que celles que lui montrait l'intelligence4 ,a son dfaut1 la morale primitive qui croyait couter un ,dieu cach1 mais n'entendait en somme que la raison humaine1 n'et t qu'une morale crbrale et et pu dvier vers une contemplation strile ou vers un rationalisme froid1 rigide1 austre et implacable2 car la raison seule1 mme quand elle s'lve trs haut et qu'on la prend pour la voix de ,dieu1 ne suffit pas guider les hommes vers les sommets de l'abngation1 de la bont et de l'amour4 ,l'exemple d'un sacrifice initial courba sa rigueur et la lana dans une autre direction et vers un but qu'elle et peut-tre fini par entrevoir1 mais n'et atteint que beaucoup plus tard et aprs d'innombrables et cruelles erreurs4 ,est-ce sur ce mythe de l'incarnation que se greffe le dogme1--bien qu'il n'y ait pas proprement parler de dogmes dans les religions orientales1--de la rincarnation o se trouvent toutes les sanctions et toutes les rcompenses de la religion primitive8 ,le principe essentiel de l'homme1 le support de son moi tant divin et immortel1 aprs la disparition du corps qui l'avait momentanment spar de son origine spirituelle1 doit logiquement retourner cette origine4 ,mais d'autre part1 le dieu cach1 par l'intermdiaire des grandes incarnations1 ayant introduit dans la morale la notion du bien et du mal1 il ne paraissait pas admissible que l'me1 qui n'avait pas cout sa propre voix ou celle des divins instructeurs et s'tait plus ou moins souille dans la vie1 pt rentrer d'emble et sans purification pralable dans l'ocan immacul de l'esprit ternel4 ,de l'incarnation la rincarnation il n'y avait qu'un pas qui fut sans doute presque inconsciemment franchi2 et de la rincarnation aux rincarnations et aux purifications successives1 la transition tait encore plus facile2 et d'elles dcoule toute la morale hindoue1 avec son ,karma1 qui n'est en somme que le casier judiciaire d'une me1 casier qui la suit1 s'aggrave ou s'allge dans ses palingnsies1 jusqu'au ,nirvana1 lequel n'est pas1 comme on se le reprsente trop souvent1 l'annihilation ou la dispersion dans le sein de ,dieu1 ou1 d'autre part1 la runion avec ,dieu1 concidant avec la perfection de l'esprit humain dbarrass de la matire1 l'acquiescement parfait la loi1 le calme inaltrable dans la contemplation de ce qui est1 l'esprance dsintresse de ce qui doit tre et le repos dans l'absolu1 c'est--dire dans le monde des causes o toutes les illusions des sens disparaissent2 mais un tat plus mystrieux qui n'est pas le bonheur parfait ni le nant mais proprement parler et une fois de plus1 l'inconnaissable4 ,que le ,parfait existe au del de la mort1 dit un texte contemporain du ,bouddha qui rvle le sens devenu sotrique du ,nirvana1 que le ,parfait existe au del de la mort1 cela n'est pas exact4 ,que le ,parfait n'existe pas au del de la mort1 cela non plus n'est pas exact4 ,que le ,parfait la fois existe et n'existe pas au del de la mort1 cela non plus n'est pas exact#ac4 #ac ,sanyutta ,nikya1 vol4 ,,ii1 fol4 #aaj et #aii4 ,comme le dit trs bien ,oldenberg qui cite ce passage entre plusieurs autres o se trouve le mme aveu3 ,ce n'est pas nier le ,nirvana ou le ,parfait ou conclure qu'il n'existe pas du tout4 ,l'esprit est arriv ici au bord d'un mystre insondable4 ,inutile de chercher le dcouvrir4 ,si on renonait dfinitivement une ternit future1 on parlerait d'autre faon2 c'est le cur qui s'abrite derrire le voile du mystre4 ,a la raison qui hsite admettre une vie ternelle comme concevable1 il tche d'arracher l'esprance en une vie dpassant toute conception#ad4 #ad ,,oldenberg1 ,le ,bouddha1 p4 #bce4 ,et c'est encore renouveler l'antique aveu fondamental que pour tout ce qui touche l'essentiel1 on ne sait rien1 on ne peut rien savoir1 en mme temps que c'est une preuve nouvelle de la magnifique sincrit et de la haute et souveraine sagesse de la religion primitive4 ,tous les tres finiront-ils par atteindre le ,nirvana8 ,qu'adviendra-t-il alors1 et pourquoi1 puisque tout existe de toute ternit1 tous ne l'ont-ils pas encore atteint8 ,a ces questions et d'autres de ce genre1 les ,vdas n'opposent qu'un silence ddaigneux2 mais des textes bouddhiques1 entre autres celui-ci1 rpondent sagement ceux qui veulent en savoir trop3 ,le ,sublime n'a pas rvl cela2 parce que cela ne sert pas au salut1 que cela ne sert pas la vie pieuse1 au dtachement des choses terrestres1 l'anantissement du dsir1 la cessation1 au repos1 la connaissance1 l'illumination1 au ,nirvana2 pour cette raison1 le ,sublime n'en a rien rvl4 ,,xxvii ,quelle que soit la valeur de ces hypothses1 il est indubitable que la morale que nous voyons natre de cet agnosticisme et de ce panthisme illimits1 est la plus haute1 la plus pure1 la plus dsintresse1 la plus sensible1 la plus fouille1 la plus dlicate1 la plus limpide1 la plus parfaite1 que nous ayons connue jusqu' ce jour et que sans doute nous puissions esprer de connatre4 ,cette morale1 aussi bien que l'nigme de l'incarnation et du sacrifice dont nous venons de parler1 et que tant d'autres points que nous n'avons fait qu'effleurer1 exigerait une tude particulire qui n'est pas notre objet4 ,il suffira de rappeler qu'elle repose sur le principe des rincarnations successives et du ,karma4 ,le monde1 proprement parler1 n'a pas t cr2 il n'y a pas en sanscrit de mot qui corresponde l'ide de cration1 comme il n'y en a pas qui corresponde celle de nant4 ,l'univers est une matrialisation momentane et sans doute illusoire de la cause inconnue et spirituelle4 ,spare de l'esprit qui est son essence propre1 relle et ternelle1 la matire tend y revenir et d'volutions en volutions1 partie de plus bas que le minral1 en passant par la plante et l'animal1 pour aboutir l'homme et le dpasser1 elle se transforme et se spiritualise1 jusqu' ce qu'elle soit assez pure pour remonter son origine4 ,cette purification exige souvent une longue srie de rincarnations1 mais il est possible d'en rduire le nombre et mme d'y mettre un terme par une spiritualisation intensive1 hroque et totale qui ds la mort et parfois mme ds cette vie1 ramne l'me dans le sein de ,brahma4 ,cette explication de l'inexplicable1 malgr les objections qui se prsentent1 notamment au sujet de l'origine et de la ncessit de la matire ou du mal1 qui sont laisses dans l'ombre1 en vaut une autre et a l'avantage d'tre la premire en date1 outre qu'elle est la plus vaste1 qu'elle embrasse tout ce qu'on peut imaginer et part du grand principe spirituel auquel1 faute de tout autre acceptable1 nous sommes de plus en plus imprieusement forcs de revenir4 ,en tout cas1 elle l'a prouv1 elle a favoris plus que nulle autre l'closion et l'volution d'une morale que l'homme n'avait jamais atteinte et qu'il n'a pas dpasse jusqu'ici4 ,il faudrait disposer de plus de place que nous n'en avons et dsquilibrer cette tude1 pour en donner une ide suffisante4 ,l'admirable de cette morale1 quand on la prend prs de sa source o elle a encore sa puret1 c'est qu'elle est tout intrieure1 toute spirituelle4 ,elle ne trouve ses sanctions et ses rcompenses qu'en notre propre cur4 ,il n'y a pas de juge qui attende l'me la sortie du corps1 il n'y a pas de paradis1 il n'y a pas d'enfer2 car l'enfer ne vient que plus tard4 ,le juge1 l'enfer ou le paradis1 c'est l'me mme1 l'me seule4 ,elle ne rencontre rien ni personne4 ,elle n'a pas besoin de se juger1 elle se voit telle qu'elle est1 telle que l'ont faite ses actions et ses penses1 la fin de cette vie et des vies antrieures4 ,elle s'aperoit enfin1 tout entire1 dans l'infaillible miroir que lui tend la mort1 et reconnat que son bonheur ou son malheur c'est elle-mme4 ,elle ne peut jouir ou souffrir que d'elle-mme4 ,elle est seule dans l'infini1 il n'y a pas de dieu au-dessus d'elle pour lui sourire ou l'effrayer2 elle est le dieu qu'elle a du1 mcontent ou satisfait4 ,sa condamnation ou son absolution1 c'est ce qu'elle est devenue4 ,elle ne peut pas sortir d'elle-mme pour aller ailleurs o elle serait plus heureuse4 ,elle ne peut respirer que dans l'atmosphre qu'elle s'est cre1 elle est son atmosphre1 elle est son propre monde et son propre milieu2 et il faut qu'elle s'lve et se purifie pour que ce monde et ce milieu s'lvent1 se purifient et s'tendent avec elle1 autour d'elle4 99 99 99 99 99 ,l'me1 dit ,manou1 est son propre tmoin1 l'me est son propre asile2 ne mprisez jamais votre me1 ce tmoin par excellence des hommes6 ,les mchants se disent3 ,personne ne nous voit1 mais les ,dieux les regardent1 de mme que l'esprit qui sige en eux4 ,o homme6 tandis que tu te dis3 ,je suis seul avec moi-mme1 dans ton cur rside sans cesse cet ,esprit suprme1 observateur attentif et silencieux de tout le bien et de tout le mal4 ,cet ,esprit qui sige dans ton cur1 c'est un juge svre1 un punisseur inflexible1 c'est ,yama1 le juge des morts#ae4 #ae ,manou1 ,,viii1 #hd1 #he1 #ia1 #ib4 ,,xxviii ,entre la naissance et la mort qui n'est qu'une nouvelle naissance1 les ,lois de ,manou distinguent cinq priodes3 la conception1 l'enfance1 le noviciat ou l'tude des sciences divines et humaines1 l'tat de pre de famille et enfin celui d'anachorte se prparant la mort4 ,chacune de ces priodes a ses devoirs qu'il faut avoir accomplis1 avant de pouvoir aspirer la retraite dans la fort4 ,en attendant cette heure entre toutes dsire1 la rsignation1 dit ,manou1 l'action de rendre le bien pour le mal1 la temprance1 la probit1 la puret1 la chastet et la rpression des sens1 la connaissance des livres sacrs1 le culte de la vrit1 l'abstention de la colre1 telles sont les dix vertus en quoi consiste le devoir#af4 #af ,manou1 ,,vi1 #ib4 ,le but de notre vie sur cette terre1 c'est de mettre un terme aux rincarnations1 car la rincarnation est un chtiment que l'me est oblige de s'infliger tant qu'elle ne se sent pas assez pure pour rentrer en ,dieu4 ,atteindre la condition suprme1 dit ,manou1 ne plus renatre sur cette terre1 voil l'idal6 tre assur d'un bonheur ternel et que la terre ne voie plus notre me venir de nouveau s'envelopper de sa grossire substance4 ,cette purification1 cette dmatrialisation progressive1 ce renoncement tout gosme1 commence ds le dbut de la vie et se poursuit durant toutes les phases de l'existence2 mais il faut d'abord accomplir tous les devoirs de cette existence active3 ,car1 sachez-le tous1 disent les livres sacrs1 nul d'entre vous n'arrivera s'absorber dans le sein de ,brahma par la prire seulement1 et le mystrieux monosyllabe n'effacera vos dernires souillures que quand vous arriverez sur le seuil de la vie future1 charg de bonnes uvres1 et les plus mritoires parmi ces uvres seront celles qui auront pour mobiles l'amour du prochain et la charit4 ,une seule bonne action1 dit encore ,manou1 vaut mieux que mille bonnes penses1 et ceux qui remplissent leurs devoirs sont suprieurs ceux qui les connaissent4 ,que le sage observe constamment les devoirs moraux 7,yamas7 avec plus d'attention que les devoirs pieux 7,niyamas71 celui qui nglige les devoirs moraux dchoit mme lorsqu'il observe les devoirs pieux#ag4 #ag ,manou1 ,,iv1 #bjd4 ,,xxix ,il y a dans la vie ceux priodes bien distinctes3 la priode active ou sociale1 o l'homme fonde sa famille1 assure sa descendance1 travaille de ses mains1 accomplit les humbles devoirs de l'existence quotidienne envers les siens et ceux qui les entourent4 ,pour ces jours encore profanes1 abondent les plus angliques prceptes de rsignation1 de respect de la vie1 de patience et d'amour4 99 99 99 99 99 ,les maux dont nous affligeons notre prochain1 dit ,krichna1 nous poursuivent ainsi que notre ombre suit notre corps4 ,de mme que la terre supporte ceux qui la foulent aux pieds et lui dchirent le sein en la labourant1 de mme nous devons rendre le bien pour le mal4 ,qu'il sache bien que ce qui est au-dessus de tout1 c'est le respect de soi-mme et l'amour du prochain4 ,celui qui remplit tous ses devoirs pour plaire ,dieu seul et sans envisager la rcompense future1 est sr d'un immortel bonheur#ah4 #ah ,ibid41 ,,ii1 #ae4 ,si un acte pieux procde de l'espoir d'une rcompense en ce monde ou dans l'autre1 cet acte est dit intress4 ,mais celui qui n'a d'autre mobile que la connaissance et l'amour de ,dieu1 est dit dsintress#ai4 7,mditons un moment cette parole vieille de plusieurs milliers d'annes1 une de celles que nous pouvons redire sans y changer une syllabe1 car ,dieu ici1 comme dans toute la littrature vdique1 c'est le meilleur et l'ternel de nous-mmes et de l'univers47 #ai ,ibid41 ,,xii1 #hi4 ,l'homme dont tous les actes religieux sont intresss parvient au rang des saints et des anges 7,devas74 ,mais celui dont tous les actes pieux sont dsintresss se dpouille pour toujours des cinq lments pour acqurir l'immortalit dans la ,grande ,ame4 ,de toutes les choses qui purifient1 la puret dans l'acquisition des richesses est la meilleure4 ,celui qui conserve sa puret en devenant riche est rellement pur1 et non celui qui s'est purifi avec la terre et l'eau4 ,les hommes instruits se purifient par le pardon des offenses1 par des aumnes et par la prire4 ,l'intelligence est purifie par le savoir4 ,la main d'un artisan est toujours pure pendant qu'il travaille4 ,bien que la conduite de son poux soit blmable1 bien qu'il se livre d'autres amours et soit dpourvu de bonnes qualits1 une femme vertueuse doit constamment le rvrer comme un ,dieu4 ,celui qui a souill l'eau par quelque impuret ne doit vivre que d'aumnes pendant un mois entier4 ,afin de ne causer la mort d'aucun animal1 que le ,sannys 7c'est--dire le mendiant asctique71 la nuit comme le jour1 mme au risque de se faire du mal1 marche en regardant terre#bj4 #bj ,ibid41 ,,xii1 #ij2 ,v1 #ajf1 #ajg1 #abi1 #aed2 ,,xi1 #bee2 ,,vi1 #fh4 ,pour avoir coup1 une seule fois et sans mauvaise intention1 des arbres portant leur fruit1 des buissons1 des lianes1 des plantes grimpantes ou des plantes rampantes en fleur1 on doit rpter cent prires du ,rig-,vda4 ,si l'on arrache inutilement des plantes cultives ou des plantes nes spontanment dans une fort1 on doit suivre une vache pendant un jour entier et ne se nourrir que de lait4 ,par un aveu fait devant tout le monde1 par le repentir1 par la dvotion1 par la rcitation des prires sacres1 un pcheur peut tre dcharg de sa faute1 ainsi qu'en donnant des aumnes1 lorsqu'il se trouve dans l'impossibilit de faire d'autre pnitence4 ,autant son me prouve de regret pour une mauvaise action1 autant son corps est dcharg du poids de cette action perverse4 ,la russite de toutes les affaires du monde dpend des lois du ,destin1 rgles par les actions des mortels dans leurs existences prcdentes1 et de la conduite de l'homme2 les dcrets de la ,destine sont un mystre2 c'est donc aux moyens dpendant de l'homme qu'il faut avoir recours4 ,la justice est le seul ami qui accompagne les hommes aprs le trpas2 car toute affection est soumise la mme destruction que le corps#ba4 #ba ,ibid41 ,,xi1 #adb1 #add1 #bbg1 #bbi2 ,,vii1 #bje4 ,si celui qui vous frappe laisse tomber le bton dont il se sert1 ramassez-le et rendez-le lui sans murmurer4 ,vous n'abandonnerez pas les animaux dans leur vieillesse1 en souvenir des services qu'ils vous ont rendus#bb4 #bb ,sama ,vda4 ,celui qui mprise une femme mprise sa mre4 ,les larmes des femmes attirent le feu cleste sur ceux qui les font couler4 ,l'honnte homme doit tomber sous les coups des mchants1 comme l'arbre ,santal qui1 lorsqu'on l'abat1 parfume la hache qui le frappe#bc4 #bc ,pradasa4 ,porter les trois btons de l'ascte1 observer le silence1 porter les cheveux en tresse1 se raser la tte1 se vtir de vtements d'corce ou de peaux1 accomplir les vux et les ablutions1 clbrer la ,agnihotra1 habiter dans la fort1 s'macier le corps1 tout cela est vain si le cur n'est pas pur4 ,celui qui1 quelque soin qu'il prenne de lui-mme1 pratique le calme de l'me1 qui est calme1 soumis1 contenu1 chaste1 et a cess de trouver redire aux autres tres1 celui-l est vraiment un ,brahmane1 un ramane 7ascte71 un ,bhikshu 7frre mendiant74 ,o ,bhrata1 quoi sert la fort qui s'est domin1 et quoi sert-elle qui ne s'est pas domin8 ,partout o vit un homme qui s'est domin1 l est la fort1 l est l'hermitage4 ,le sage restt-il dans sa maison1 quelque soin qu'il prenne de lui-mme1 s'il est toujours pur et plein d'amour tout le long de sa vie1 est dlivr de tous les maux4 ,ce n'est pas l'hermitage qui fait la vertu2 la vertu ne vient que de la pratique4 ,donc1 que l'homme ne fasse pas aux autres ce qui serait douloureux lui-mme4 ,le monde est soutenu par toute action qui n'a que le sacrifice1 c'est--dire le don volontaire de soi pour objet2 c'est dans ce don volontaire1 sans attachement aux formes que l'homme doit accomplir l'action4 ,il faut accomplir l'action seule fin de servir les autres4 ,celui qui voit l'inaction dans l'action et l'action dans l'inaction1 est un sage parmi les hommes2 il est harmonis aux vrais principes1 quelque action qu'il fasse4 ,un tel homme1 ayant abandonn tout attachement au fruit de l'action1 toujours content1 ne dpendant de personne1 bien que faisant des actions1 est comme s'il n'en faisait pas4 ,toutes ses penses empreintes de sagesse et tous ses actes faits de sacrifices sont comme vapors#bd4 #bd ,vanaparva1 #acdde4--,paraboles de ,buddhgosha4--,cantiparva1 #eiea4--,vanaparva1 #aceej4--,lois de ,yajnavalkya1 ,,iii1 #fe4--;,bhagavat-,gita4 ,,xxx ,voil1 pris au hasard1 dans un immense trsor encore en partie inconnu1 quelques conseils1 vieux de milliers d'annes1 qui1 bien avant le christianisme1 guidaient les hommes de bonne volont jusqu' la lisire de la fort4 ,alors1 comme dit ,manou1 lorsque le chef de la famille voit sa peau se rider et ses cheveux blanchir et qu'il a sous les yeux le fils de son fils1 quand il n'a plus de devoirs remplir1 que personne n'a plus besoin de son aide1 qu'il soit le plus riche marchand de la cit ou le plus pauvre paysan du village1 il peut enfin se consacrer aux choses ternelles1 quitter sa femme1 ses enfants1 ses proches1 ses amis1 prendre une peau de gazelle ou un manteau d'corce1 pour se retirer dans la solitude1 s'enfoncer dans l'norme fort tropicale1 oublier son corps et les vaines penses qui en naissent et couter la voix du ,dieu cach au fond de son tre1 la voix du voyageur qu'on ne voit pas1 dit le ,brahmane des cent sentiers1 de l'entendeur non entendu1 du penseur non pens1 du connaisseur non connu1 de l',atman1 le meneur intrieur1 l'imprissable1 en dehors de qui il n'y a que douleur4 ,il peut mditer sur l'infinit de l'espace1 l'infinit de la raison et la non existence de rien1 saisir l'instant d'illumination qui apporte la dlivrance que personne ne peut enseigner1 qu'il faut trouver soi-mme1 qui est ineffable1 et purifier son me afin de lui pargner1 s'il est possible1 un nouveau retour sur cette terre4 ,arriv l1 ,qu'il ne dsire pas la mort1 qu'il ne dsire pas la vie2 ainsi qu'un moissonneur qui1 le soir venu1 attend paisiblement son salaire la porte de son matre1 qu'il attende que le moment soit venu4 ,qu'il rflchisse1 avec l'application d'esprit la plus exclusive1 sur l'essence subtile et indivisible de l',ame suprme1 et sur son existence dans les corps des tres les plus levs et les plus bas4 ,mditant avec dlices sur l'tre suprme1 n'ayant besoin de rien1 inaccessible tout dsir des sens1 sans autre socit que son me et la pense de ,dieu1 qu'il vive dans l'attente constante de la batitude ternelle4 ,car le principal de tous les devoirs1 c'est d'acqurir la connaissance de l'me suprme1 c'est la premire de toutes les sciences1 car elle seule confre l'homme l'immortalit4 ,ainsi l'homme qui reconnat dans sa propre me l'me suprme1 prsente dans toutes les cratures1 se montre le mme l'gard de tous et obtient le sort le plus heureux1 celui d'tre la fin absorb dans le sein de ,brahma#be4 #be ,manou1 ,,vi1 #de1 #fe1 #di2 ,,xii1 #he1 #abe4 ,aprs avoir ainsi abandonn toute pratique pieuse1 tout acte de dvotion austre1 appliquant son esprit la contemplation unique de la grande ,cause ,premire1 exempt de tout dsir mauvais1 son me est dj sur le seuil du ,swarga1 alors que son enveloppe mortelle palpite encore comme la dernire lueur d'une lampe qui s'teint#bf4 #bf ,ibid41 ,,vi1 #if4 ,,xxxi ,presque tout ceci1 ne l'oublions pas1 est bien antrieur au ,bouddhisme1 remonte aux origines du ,brahmanisme et touche directement aux ,vdas4 ,convenons que cette morale1 dont je n'ai pu donner ici que le plus sommaire aperu1 la premire qu'ait connue l'humanit1 est aussi la plus haute qu'elle ait pratique4 ,elle part d'un principe que mme aujourd'hui1 avec tout ce que nous croyons avoir appris1 nous ne pouvons contester1 savoir que l'homme et tout ce qui l'environne n'est qu'une sorte d'manation1 de matrialisation momentane de la cause inconnue et spirituelle laquelle il doit retourner2 et ne fait que dduire1 avec une beaut1 une lvation et une logique incomparables1 les consquences de ce principe4 ,il n'y a pas ici de rvlation extra-terrestre1 de ,sina1 de tonnerre dans le ciel1 de dieu spcialement descendu sur notre plante4 ,il n'avait pas besoin d'y descendre1 il tait dj dans le cur de tous les hommes1 parce que tous les hommes ne sont qu'une partie de lui-mme et ne peuvent tre autre chose4 ,ils interrogent ce dieu qui semble rsider dans leur me1 dans leur esprit1 en un mot dans le principe immatriel qui donne la vie leur corps4 ,il ne leur dit pas1 il est vrai1 ou peut-tre le leur dit-il sans qu'ils puissent le comprendre1 pourquoi il les a momentanment et apparemment spars de lui2 et c'est1--origine du mal et ncessit de l'preuve1--le postulat aussi inaccessible que le mystre de la cause premire1 avec cette diffrence1 que le mystre de la cause premire tait invitable1 au lieu que la ncessit de celui-ci est incomprhensible4 ,mais le postulat accord1 tout le reste s'claire et se droule comme un syllogisme4 ,la matire est ce qui nous spare de ,dieu1 l'esprit ce qui nous y unit2 il faut donc que l'esprit l'emporte sur la matire4 ,mais l'esprit n'est pas seulement l'intelligence1 il est aussi le cur1 le sentiment1 il est tout ce qui n'est pas matriel2 il faut donc que sous toutes ses formes il se purifie1 s'tende1 s'lve et triomphe de la matire4 ,il n'y eut jamais1 et il ne saurait1 je pense1 y avoir spiritualisation plus grandiose1 plus logique1 plus inattaquable1 plus raliste1 en ce sens qu'elle ne se fonde que sur des ralits1 et plus divinement humaine4 ,il est certain qu'aprs tant de sicles1 aprs tant d'acquisitions et d'expriences1 nous nous rencontrons au mme point4 ,partant comme eux de l'inconnaissable1 nous ne pouvons trouver autre chose1 et ne saurions mieux dire4 ,seul serait suprieur aux immenses efforts que leurs mots ont tents1 un silence rsign1 prfrable en thorie1 mais qui pratiquement ne peut conduire qu' une ignorance immobile et dsespre4 ,l',,gypte ,i ,nous avons dj vu1 en parlant de ,noun1 ,toum et ,phtah1 l'ide que se faisaient les gyptiens de la cause premire1 de la cration ou plutt de l'manation ou de la manifestation de l'univers4 ,elle est1 du moins telle que nous la connaissons par la traduction probablement incomplte des hiroglyphes1 sous une forme moins frappante1 moins profonde et moins mtaphysique1 analogue celle des ,vdas1 et rvle une source commune4 ,immdiatement aprs l'nigme de la cause premire1 ils rencontrrent1 eux aussi1 invitablement1 l'insoluble problme de l'origine du mal1 et1 sans trop oser l'approfondir1 y trouvrent une solution plus ple1 plus vasive1 mais au fond presque semblable celle des ,hindous4 ,dans l',osirisme1 l'esprit et la matire s'appellent la lumire et les tnbres2 et ,set1 l'antagoniste de ,r-lumire1 dans les mythes de ,r1 d',osiris et d',horus1 n'est pas un dieu du mal1 dit ,le ,page ,renouf1 il reprsente une ralit physique1 une loi constante de la nature#bg4 ,il est un dieu aussi rel que ses adversaires et son culte est aussi ancien que le leur4 ,il avait ses prtres comme eux1 et il est fils de la mme cause inconnue4 ,il est si peu sparable de la force qui lui est oppose que sur certains monuments les ttes d',horus et de ,set surmontent le mme corps et ne forment qu'un seul dieu4 #bg ,op4 cit41 p4 #aae4 ,aprs les mmes aveux d'ignorance1 ici encore1 comme dans l',inde1 le mythe de l'incarnation vient prciser et diriger une morale qui1 sortie de l'inconnaissable1 ne pouvait prendre forme et n'tre connue que dans l'homme et par l'homme4 ,osiris1 ,horus1 ,thot ou ,herms qui prit cinq fois la forme humaine au dire des occultistes1 ne sont que des incarnations plus mmorables du dieu qui rside en chacun de nous4 ,de ces incarnations dcoule avec moins d'clat1 moins d'abondance1 moins de force1--car le gnie gyptien n'a pas l'ampleur1 l'lvation1 la puissance d'abstraction du gnie hindou1--une morale plus humble1 plus terre terre1 mais de la mme nature que celle de ,manou1 de ,krichna et du ,bouddha1 ou plutt de ceux qui dans la nuit des ges prcdrent ,manou1 ,krichna et le ,bouddha4 ,cette morale se trouve dans le ,livre des ,morts et dans les inscriptions funraires4 ,quelques-uns des papyrus qui reproduisent le ,livre des ,morts ont plus de quatre mille ans2 mais des textes de ce mme livre1 qui recouvraient presque toutes les tombes et presque tous les sarcophages1 sont probablement plus anciens4 ,ce sont1 avec les inscriptions cuniformes1 les plus antiques critures1 ayant date certaine1 que possde l'humanit4 ,le plus vnrable des codes de morale1 uvre de ,phtahotep1 encore imparfaitement dchiffr1 contemporain des ,pyramides1 se couvre de l'autorit d'anctres infiniment plus reculs4 ,pas une des vertus chrtiennes1 dit ,f4-,j4 ,chapas1 l'un des grands gyptologues de la premire heure1 n'est oublie dans la morale gyptienne4 ,la pit1 la charit1 la bont1 l'empire sur soi-mme1 dans la parole et l'action1 la chastet1 la protection des faibles1 la bienveillance envers les humbles1 la dfrence envers les suprieurs1 le respect de la proprit d'autrui1 jusqu'en ses plus petits dtails1 tout y est exprim en langage excellent4 ,,ii ,je n'ai pas fait de mal un enfant1 dit une inscription funraire4 ,je n'ai pas opprim une veuve1 je n'ai pas maltrait un berger4 ,durant ma vie1 il n'y avait pas un mendiant2 et quand vinrent les annes de famine1 je labourai toute la terre de la province1 nourrissant tous ses habitants et je fis en sorte que la veuve tait comme si elle n'avait pas perdu son poux#bh4 #bh ,inscriptions d',ameni1 ,denkm1 ,,ii1 pl4 #aba4 ,celui-ci tait le pre des faibles1 le soutien de ceux qui n'avaient pas de mre2 craint des mchants il protgeait le pauvre4 ,il tait le vengeur de celui que le puissant avait dpouill4 ,il tait l'poux de la veuve et le refuge de l'orphelin#bi4 ,celui-l tait le protecteur des humbles1 une palme d'abondance pour l'indigent1 l'aliment des pauvres1 la richesse du faible1 et sa sagesse tait au service de l'ignorant#cj4--;,j'tais le pain de celui qui avait faim1 l'eau de celui qui avait soif1 le vtement de celui qui tait nu1 le refuge de celui qui tait dans le besoin4 ,ce que j'ai fait pour eux1 ,dieu l'avait fait pour moi#ca1 disent d'autres inscriptions1 reprenant toujours le mme thme de bont1 de justice et de charit4 ,bien que grand1 j'ai toujours agi comme si j'avais t petit4 ,je n'ai jamais barr la route quelqu'un qui valait mieux que moi4 ,j'ai toujours rpt ce qu'on m'avait dit1 exactement comme on me l'avait dit4 ,je n'ai jamais approuv ce qui est bas et mal1 mais j'ai pris plaisir dire la vrit4 ,la sincrit et la bont qui taient dans le cur de mon pre et de ma mre1 mon amour les leur a rendues4 ,j'ai t la joie de mes frres1 l'ami de mes compagnons1 j'ai reu les voyageurs sur la route2 mes portes taient ouvertes ceux qui venaient du dehors et je leur ai donn de quoi se rafrachir4 ,ce que me dictait mon cur1 je n'hsitais pas l'accomplir#cb4 #bi ,tablette d',antuff4 ,louvre1 ,c4 #bf4 #cj ,british ,museum1 #eha4 #ca ,,dumichen1 ,kalenderinschriften1 ,,xlvi4 #cb ,,bergmann1 ,hieroglyphische ,inschriften1 pl4 ,,vi1 ,i4 #h2 pl4 ,,viii1 ,,ix4 ,,iii ,dans le ,livre des ,morts1 quand1 aprs la longue et terrible traverse du ,douaou1 qui n'est pas l'enfer gyptien1 comme on l'a dit1 mais une rgion intermdiaire entre la mort et la vie ternelle1 l'me est arrive dans le pays de ,menti qu'on appela plus tard l',amenti1 elle se trouve en face de ,mat ou ,mat1 la plus mystrieuse divinit de l'gypte4 ,mat est la ligne droite1 elle reprsente la ,loi1 la ,justice-,vrit1 la ,justice absolue4 ,chacun des grands dieux se dit matre de ,mat1 mais elle ne reconnat aucun matre4 ,les dieux vivent par elle1 elle rgne seule sur la terre1 dans les cieux et le monde d'outre-tombe2 elle est la fois la mre du dieu qui l'a cre1 sa fille et le dieu lui-mme4 ,en prsence d',osiris assis sur son trne de juge1 est mis dans un des plateaux de la balance le cur du mort qui symbolise toute sa nature morale1 dans l'autre plateau se trouve une image de ,mat4 ,quarante-deux divinits1 qui reprsentent les quarante-deux pchs qu'elles sont charges de punir1 sont ranges derrire la balance dont ,horus surveille l'aiguille1 tandis que ,thutin1 le dieu des lettres1 inscrit le rsultat de la pese4 ,tout ceci n'est videmment qu'une reprsentation allgorique1 une sorte de mise en images1 une projection sur l'cran de ce monde1 de ce qui se passe dans l'autre1 au fond d'une me ou d'une conscience qui se juge aprs la mort4 ,alors1 si l'preuve est favorable1 se passe une chose extraordinaire qui rvle la signification secrte1 inattendue et profonde de toute cette mythologie3 l'homme devient dieu4 ,il devient ,osiris mme4 ,il se dcouvre pareil celui qui le juge4 ,il joint son nom celui d',osiris1 il est ,osiris-un-tel4 ,il se retrouve enfin le dieu inconnu qu'il tait son insu4 ,il reconnat l'ternel cach au fond de lui-mme1 qu'il avait cherch durant toute son existence et qui1 finalement dlivr par ses bonnes uvres1 par ses efforts spirituels1 se rvle identique au dieu qu'il avait cout et ador et dont il avait voulu se rapprocher en le prenant pour modle4 ,c'est1 sous une autre image1 l'absorption de l'me purifie dans le sein de ,brahma1 le retour la divinit de ce qu'il y avait de divin dans l'homme1 comme aussi1 sous l'allgorie dramatique1 l'me qui se juge elle-mme et se reconnat digne de rentrer en ,dieu4 ,,iv ,rudolph ,steiner qui1 lorsqu'il ne s'gare pas dans les visions peut-tre plausibles mais invrifiables de la prhistoire1 des clichs astraux et de la vie sur d'autres plantes1 est un esprit trs juste et trs perspicace1 a remarquablement mis en lumire le sens de ce jugement et de cette identification de l'me avec ,dieu4 ,l'tre ,osiris1 dit-il1 n'est que le degr le plus parfait de l'tre humain4 ,il s'entend de soi que l',osiris qui rgne en juge sur l'ordre ternel de l'univers1 n'est lui-mme qu'un homme parfait4 ,entre l'tat humain et l'tat divin1 il n'y a qu'une diffrence de degr4 ,l'homme est en voie de dveloppement2 la fin de sa carrire il devient ,dieu4 ,dans cette conception1 ,dieu est un ternel devenir et non pas un ,dieu fini en soi4 ,tel tant l'ordre universel1 il est vident que celui-l seul peut entrer dans la vie d',osiris1 qui est dj devenu un ,osiris lui-mme avant de frapper la porte du temple ternel4 ,la vie la plus haute de l'homme consiste donc se changer en ,osiris4 ,l'homme devient parfait lorsqu'il vit comme ,osiris1 lorsqu'il traverse ce qu',osiris a travers4 ,le mythe d',osiris acquiert par l un sens plus profond4 ,il devient le modle de celui qui veut veiller l'ternel en lui-mme#cc4 #cc ,,rudolph ,,steiner1 ,le ,mystre chrtien et les ,mystres antiques4 ,trad4 de ,j4 ,,sauerwein1 p4 #agj4 ,v ,cette ,osirification1 cette dification de l'me du juste a toujours tonn les gyptologues qui n'en saisissaient pas le sens cach et ne voyaient pas qu'elle rejoignait le ,nirvana vdique dont elle n'est qu'une rplique dramatise4 ,mais les textes authentiques sont l1 et mme du point de vue exotrique1 il n'est pas possible de leur donner une autre signification4 ,le fond de la religion gyptienne1 sous toutes ses vgtations parasites qui devinrent peu peu monstrueuses1 est bien le mme que celui de la religion vdique2 d'un mme point de dpart dans l'inconnaissable1 c'est le culte et la recherche du dieu dans l'homme et le retour de l'homme en dieu4 ,le juste1 c'est--dire celui qui durant sa vie s'est efforc de retrouver l'ternel en lui-mme et d'couter sa voix1 dlivr de son corps1 ne devient pas seulement ,osiris2 mais de mme qu',osiris est d'autres dieux1 il devient aussi d'autres dieux4 ,il parle comme s'il tait ,r1 ,tmu1 ,seb1 ,chnemu1 ,horus1 et ainsi de suite4 ,ni les hommes1 ni les dieux1 ni les esprits des dcds1 ni les hommes passs1 prsents et futurs1 quels qu'ils soient1 ne peuvent plus lui faire de mal4 ,il est celui qui s'avance en sret4 ,son nom est ,celui que les hommes ne connaissent pas4 ,son nom est hier qui voit des jours sans nombre1 passant en triomphe sur les routes du ciel4 ,il est le ,seigneur de l'ternit4 ,il est le matre de la couronne royale et chacun de ses membres est un dieu4 ,,vi ,mais qu'arrive-t-il si la sentence n'est pas favorable1 si l'me n'est pas juge digne de rentrer dans l'ternel1 de redevenir le dieu qu'elle tait8 ,on n'en sait rien4 ,tout ce qu'on a dit au sujet de chtiments1 d'expiations1 de transmigrations purificatrices1 ne repose sur aucun texte authentique4 ,on ne trouve trace1 dit ,le ,page ,renouf1 d'une conception de ce genre dans aucun des textes gyptiens dcouverts jusqu'ici4 ,les transformations aprs la mort1 nous est-il dit expressment1 dpendent uniquement de la volont du dfunt ou de son gnie#cd1 c'est--dire de son me4 ,n'est-ce pas dire expressment aussi qu'elles ne dpendent que du jugement de l'me sur elle-mme et qu'elle seule reconnat et dcide1 comme l'me hindoue charge de son ,karma1 si elle est digne ou non de rentrer dans la divinit2 en d'autres termes qu'il n'y a de ciel et d'enfer qu'en nous-mmes8 #cd ,,le ,,page ,,renouf1 op4 cit41 p4 #ahc4 ,mais que devient-elle si elle ne se juge pas digne d'tre dieu8 ,attend-elle ou se rincarne-t-elle8 ,nul texte gyptien ne permet de trancher la question2 il n'y a pas trace non plus d'un tat intermdiaire entre la mort et l'ternelle batitude4 ,les rites funraires ne donnent1 sur ce point1 aucune indication4 ,ils semblent prvoir1 pour le mort1 une vie d'outre-tombe exactement pareille1 sur un autre plan1 celle qu'il menait sur la terre4 ,mais ces rites ne paraissent pas s'appliquer l'me proprement dite1 au principe divin4 ,la religion gyptienne1 comme les autres religions primitives1 distingue en l'homme trois parties3 le corps physique1 une entit spirituelle prissable1 une sorte de reflet du corps1 qui lui survivait1 une ombre ou plutt un double1 qui pouvait son gr se confondre avec la momie ou s'en dtacher1 et enfin un principe purement spirituel1 l'me vritable et immortelle qui1 aprs le jugement1 devenait dieu4 ,le double dsempar1 et non pas l'me qui redevenait ,osiris1 errait misrablement entre le monde visible et l'invisible1 comme semblent le faire les dsincarns de nos spirites1 si les rites funraires ne venaient son aide pour le ramener et le retenir prs du corps qu'il avait abandonn4 ,tout le rituel ne visait qu' prolonger autant que possible l'existence de ce double1 en pourvoyant ses besoins1 analogues ceux de sa vie terrestre1 en le fixant prs de sa momie incorruptible1 en l'enchanant dans une demeure qui lui ft agrable4 ,l'existence de ce double tait suppose trs longue4 ,une tablette du ,louvre nous montre1 par exemple1 que ,psamtik1 fils d',ut'ahor1 qui vivait au temps de la #bf;e dynastie1 tait prtre de trois souverains de la grande ,pyramide1 morts depuis plus de #b4jjj ans4 ,cette ide du double1 comme le fait remarquer ,herbert ,spencer1 est d'ailleurs universelle4 ,partout1 nous dit-il1 nous voyons exprime ou implique la croyance que chaque personne est double et que1 quand elle meurt1 son autre moi1 qu'il demeure proche ou qu'il s'en soit all au loin1 peut revenir et est capable de nuire ses ennemis ou d'aider ses amis4 ,ce double gyptien n'est d'ailleurs que le ,prisprit1 le ,corps ,astral des occultistes1 cette entit dsincarne1 ce subconscient plus ou moins indpendant de notre corps1 cet hte inconnu1 auquel sont ramens1 malgr eux1 nos modernes mtapsychistes1 quand ils constatent certaines manifestations hypnotiques ou mdiumniques1 certains phnomnes de tlpathie1 d'action distance1 de matrialisation et d'apparitions posthumes qui autrement seraient peu prs inexplicables4 ,une fois de plus1 les anciennes religions avaient ici prcd notre science1 vu peut-tre plus juste et plus loin qu'elle4 ,je dis peut-tre1 car si l'existence du double1 de l'astral ou de l'entit subconsciente peu prs indpendante de notre cerveau1 n'est plus gure contestable en ce qui concerne les vivants1 elle peut encore tre discute quand il s'agit des morts4 ,il est certain qu' l'appui de cette existence1 des faits extrmement troublants s'accumulent2 seule leur interprtation n'est pas encore dcisive4 ,mais l'antique hypothse gyptienne devient de plus en plus plausible et rfutait d'avance1 il y a des milliers d'annes1 l'objection capitale que l'on fait aux spirites quand on leur dit que leurs esprits dsincarns ne sont que de pauvres ombres incohrentes et effares1 avant tout soucieuses d'tablir leur identit et de se raccrocher leur vie d'autrefois1 de misrables mnes qui la mort n'a rien rvl1 et qui n'ont rien nous apprendre sur leur existence d'outre-tombe1 ple reflet de leur existence antrieure4 ,il est en effet trs explicable que cet esprit dsincarn ne sache pas autre chose que ce qu'il savait durant sa vie4 ,le double gyptien dont il n'est que la rplique n'tait pas l'me vritable1 l'me immortelle qui1 si le jugement de l',amenti lui tait favorable1 rentrait en dieu ou plutt redevenait dieu4 ,les rites spulcraux n'entendaient pas s'occuper de cette me dont le sort tait fix par la sentence de ,mat2 ils voulaient seulement rendre moins prcaire1 moins misrable1 l'existence posthume de ce principe attard et plus lent se dissoudre1 de cette sorte de dchet spirituel1 de ce fantme nerveux1 magntique ou fluidique qui avait t un homme et ne formait plus qu'un faisceau de souvenirs tenaces et sans asile4 ,ils cherchaient lui adoucir1 en maintenant autour de lui les objets de ces souvenirs1 le passage de la mort l'ternel oubli4 ,les gyptiens avaient sans doute constat plus nettement que nous l'vidence de ce double dont nous commenons peine souponner l'existence2 car leur civilisation1 hritire du reste de longues civilisations antrieures1 tait beaucoup plus ancienne que la ntre et se portait davantage vers les cts spirituels et invisibles de la vie4 ,mais ils ne prjugeaient rien1 de mme que l'hypothse spirite1 si elle tait bien prsente1 ne prjugerait rien au sujet de la destine de l'me proprement dite4 ,le double n'tait soumis aucun jugement4 ,que l'homme et t bon ou mauvais1 juste ou injuste1 il avait droit aux mmes rites funraires1 la mme existence d'outre-tombe4 ,son chtiment ou sa rcompense1 c'tait lui-mme1 c'tait de continuer d'tre ce qu'il avait t1 c'tait de poursuivre1 sur un autre plan1 la vie haute ou basse1 troite ou large1 intelligente ou stupide1 gnreuse ou goste1 qu'il avait mene sur la terre4 ,remarquons que dans nos manifestations spirites il n'est pas question non plus de rcompense ou de chtiment4 ,nos dsincarns1 mme lorsqu'ils furent croyants1 ne font presque jamais allusion un jugement posthume1 un enfer1 un ciel1 un purgatoire et1 quand exceptionnellement ils en parlent1 on peut presque coup sr souponner quelque interpolation tlpathique4 ,ils sont1 ou si l'on veut1 paraissent tre ce qu'ils taient durant leur existence3 plus ou moins consistants1 plus ou moins cultivs1 plus ou moins intelligents1 plus ou moins volontaires1 selon que leur pense tait consistante1 cultive1 volontaire4 ,ils ne retrouvent que ce qu'ils ont sem dans les champs spirituels de ce monde4 ,mais ils n'ont pas1--et c'est la seule diffrence1--subi1 comme le double gyptien1 l'incantation magique qui1 tort ou raison1 pour leur bonheur ou leur malheur1 violant les lois de la nature1 rattachait celui-ci ses restes physiques et l'empchait de flotter comme une pave entre un monde matriel o il ne pouvait plus vivre et un univers spirituel o il semble qu'il lui ft interdit de pntrer4 ,,vii ,grce ces soins1 grce ce culte et cette prvoyance1 le double tait-il heureux8 ,on n'oserait l'affirmer4 ,il existe un texte terrible1 l'inscription funraire de la femme de ,pasherenpath1 qui est le plus dchirant cri de regret et de dtresse que les morts aient pouss vers la vie4 ,il est vrai que cette inscription est de l'poque des ,ptolmes1 c'est--dire des derniers temps de l'gypte1 dforme par la ,grce1 deux ou trois sicles avant notre re4 ,elle nous montre la dcadence et presque la ruine de la foi gyptienne2 et chose plus grave et plus inquitante1 en parlant de l',amenti1 semble confondre la destine du double avec celle de l'me immortelle4 ,voici cette inscription qui tmoigne quelles incertitudes aboutissent les religions les plus solides et les plus affirmatives2 et comment1 la fin de leur cours1 elles nous replongent dans les tnbres du grand secret1 dans le chaos de l'inconnaissable1 d'o elles taient sorties4 ,oh6 mon frre1 mon poux1 ne cesse pas de boire1 de manger1 de vider la coupe de la joie et de vivre dans les ftes4 ,suis chaque jour tes dsirs et ne laisse pas le souci pntrer dans ton cur tant que tu vivras sur cette terre6 ,car l',amenti est le pays du sourd sommeil et de l'obscurit1 sjour de deuil pour ceux qui l'habitent4 ,ils dorment dans leurs formes1 ils ne se rveillent plus pour voir leurs frres1 ils ne reconnaissent leur pre ni leur mre2 leur cur est indiffrent leur femme et leurs enfants4 ,chacun sur la terre jouit de l'eau de la vie2 mais la soif est mes cts4 ,l'eau vient celui qui demeure sur la terre1 mais j'ai soif de l'eau qui est prs de moi4 ,je ne sais o je suis depuis que je suis en ce lieu et j'implore l'eau qui coule1 j'implore la brise sur la rive du fleuve1 afin que par elle puisse tre rafrachie la douleur de mon cur4 ,car quant au ,dieu qui est ici1 ,mort ,absolue est son nom4 ,il appelle tous les hommes et tous viennent lui en tremblant de peur4 ,avec lui il n'y a pas de respect pour les hommes ou les dieux2 prs de lui les grands sont comme les petits4 ,on craint de le prier1 car il n'coute pas4 ,nul ne vient l'invoquer1 car il n'est pas bon pour ceux qui l'adorent et ne tient pas compte des offrandes qu'on lui fait#ce4 #ce ,,sharpe1 ,egyptian ,inscriptions1 ,i1 pl4 #d4 ,,viii ,et la rincarnation8 ,on croit gnralement que l'gypte est par excellence le pays de la palingnsie et de la mtempsychose4 ,il n'en est rien4 ,pas un texte gyptien n'y fait allusion4 ,il est vrai que l'me devenant ,osiris pouvait prendre toutes les formes2 mais ce n'est pas l la rincarnation proprement dite1 la rincarnation expiatoire et purificatrice des ,hindous4 ,tout ce qu'on nous a dit ce sujet repose principalement sur un texte d',hrodote qui note que les gyptiens furent les premiers affirmer que l'me de l'homme est immortelle4 ,sans cesse1 d'un vivant qui meurt1 elle passe dans un autre qui nat1 et1 quand elle a parcouru tout le monde terrestre1 aquatique et arien1 elle revient alors s'introduire en un corps humain4 ,ce voyage circulaire dure #c4jjj ans4 ,c'est l une thorie que1 plus ou moins prs de nous1 plusieurs ,grecs se sont appropris2 je sais leurs noms et ne les cris point#cf4 #cf ,hrodote1 ,,ii1 #abc4 ,de mme1 tout ce qui concerne les fameux mystres de l'initiation gyptienne est de source relativement rcente et date de l'poque o les traditions et les thories hindoues1 chaldennes1 juives et no-platoniciennes se mlaient et fermentaient violemment dans ,alexandrie4 ,l'gypte des ,pharaons ne nous dit pas ce que devenait l'me qui n'tait pas batifie4 ,il est possible qu'elle ft oblige de revenir sur terre pour se purifier et que le secret de cette rincarnation demeurt rserv aux initis1 comme il est galement possible que des textes mieux interprts ou que d'autres que nous ne connaissons pas encore1 justifient et expliquent la tradition sotrique4 ,il ne serait du reste pas surprenant1 comme le fait remarquer ,sdir1 occultiste des plus rudits1 qu'une partie des secrets qui ne se trouvent pas dans les inscriptions que nous croyons entirement comprendre1 nous fussent venus par la ,chalde1 attendu que c'est parmi les ,mages1 sur les confins du ,tigre et de l',euphrate1 que ,cambyse1 aprs la conqute de l'gypte1 transporta tous les prtres de ce dernier pays1 sans exception et sans retour4 ,quoiqu'il en soit1 je le rpte1 les textes purement gyptiens ne permettent pas1 pour l'instant1 de trancher la question4 ,,la ,,perse ,la ,perse nous retiendra moins longtemps1 car sa religion est sans doute un reflet du ,vdisme ou1 plus probablement1 rvle une commune origine4 ,eugne ,burnouf et ,spiegel ont en effet prouv que certaines parties de l',avesta sont aussi anciennes que le ,rig4 ,le ,mazdisme ou ,zoroastrisme parat donc tre une adaptation l'esprit ,iranien du ,vdisme ou de traditions aryennes--7atlantennes diraient les thosophes7--antrieures au ,vdisme4 ,durant la captivit de ,babylone1 infiltr dans le ,chaldisme1 il exera une influence profonde sur la religion du peuple juif4 ,nous lui devons1 entre autres choses1 tels qu'ils ont pass dans la tradition judo-chrtienne1 la notion de l'immortalit de l'me1 le jugement de celle-ci1 le jugement dernier1 la rsurrection des morts1 le purgatoire1 la croyance l'efficacit des bonnes uvres au point de vue du salut1 la rversibilit des peines et des rcompenses et toute notre angologie4 ,le ,zoroastrisme a tent de rsoudre plus nettement que les autres religions anciennes l'nigme du mal1 en faisant de celui-ci un dieu distinct1 perptuellement en lutte avec le ,dieu du bien4 ,mais ce dualisme est plus apparent que rel4 ,ahura-,mazda ou ,ormazd1 ou ,ormuzd1 l'tre absolu et universel1 le ,verbe1 l',esprit omnipotent et omniscient1 la ,ralit1 prcde et domine ,agra-,mainyus ou ,ahriman1 la ,non-,ralit1 c'est--dire ce qui est mauvais et trompeur1 qui dans ses tnbres ignore tout1 parat aussi infrieur ,ormazd que le dmon l'est au ,dieu des chrtiens et ne se montre en somme qu'une sorte de singe de la divinit1 imitant maladroitement les crations de cette dernire et ne pouvant produire que des vices1 des maux et quelques tres malfaisants qui seront anantis dans l'immense victoire du bien2 car la fin du monde1 dans le systme de ,zoroastre1 n'est que la rgnration de la cration4 ,on ne nous dit du reste pas pourquoi ,ormazd1 le dieu suprme1 est oblig de tolrer ,ahriman qui1 il est vrai1 ne personnifie pas le mal en soi2 mais le mal ncessaire au bien1 les tnbres indispensables la manifestation de la lumire1 la raction qui suit l'action1 le principe ou le ple ngatif oppos au positif pour assurer la vie et l'quilibre de l'univers4 ,ormazd lui-mme semble d'ailleurs obir la ncessit1 ou une loi naturelle plus puissante que lui et surtout au ,temps1 dont les dcrets sont le ,destin1 car en dehors du ,temps1 dit l',ulma1 tout a t cr et le ,temps est le crateur4 ,le ,temps ne laisse voir en soi ni cime ni racines1 et toujours il a t et toujours il sera4 ,un homme intelligent ne demandera pas3 ,d'o vient le ,temps8 ni s'il y a eu un temps o cette puissance n'existait pas#cg4 #cg ,j4 ,,darmesteter1 ,ormazd et ,ahriman1 p4 #cbj4 ,il serait intressant d'tudier cette religion1 au point de vue de ce qui lui doit le christianisme qui lui fit autant et mme plus d'emprunts qu'au ,brahmanisme et au ,bouddhisme4 ,il faudrait galement s'arrter1 ne ft-ce qu'un instant1 sa morale1 une des plus hautes1 des plus pures1 des plus noblement humaines que l'on connaisse4 ,mais cette tude dborderait notre cadre4 ,nous devons1 par exemple1 la ,perse antique1 l'admirable notion de la conscience1 sorte de puissance divine1 existant de toute ternit1 indpendante du corps matriel1 ne prenant aucune part aux fautes qu'elle voit s'accomplir1 restant pure au milieu des pires garements1 accompagnant1 aprs la mort1 l'me de l'homme qui1 s'il fut juste1 lorsqu'elle franchit le pont ,tchinvat ou pont de la ,rtribution1 voit s'avancer sa rencontre une jeune fille d'une miraculeuse beaut4 ,qui es-tu1 lui demande l'me tonne1 toi qui me sembles plus belle et plus magnifique qu'aucune fille de la terre8 ,et sa conscience rpond3 ,je suis tes propres uvres4 ,je suis l'incarnation de tes bonnes penses1 paroles et actions1 je suis l'incarnation de ta foi pleine de pit#ch8 #ch ,yesth1 ,,xxii4 ,au contraire1 si c'est un pcheur qui franchit le pont de la ,rtribution1 sa conscience vient lui sous une forme horrible1 bien qu'en soi elle ne change pas et se prsente seulement aux hommes telle qu'ils ont mrit de la voir4 ,cette allgorie1 qu'on croirait tire d'un recueil de paraboles chrtiennes1 date peut-tre de #e4jjj ou #f4jjj ans et n'est qu'une dramatisation du ,karma hindou4 ,ici encore1 comme dans le ,karma et l',osirification1 c'est l'me qui se juge elle-mme4 ,nous devons aussi au ,mazdisme la mystrieuse et subtile notion des ,fravashis ou ,frouers que la ,kabbale emprunta la ,perse et dont le mysticisme juif et le christianisme firent les anges et surtout les anges gardiens4 ,elle implique la prexistence des mes4 ,les ,frouers sont la forme spirituelle de l'tre1 indpendante de la vie matrielle et antrieure celle-ci4 ,ormazd offre le choix aux ,frouers des hommes de rester dans le monde spirituel ou de descendre sur terre pour s'incarner dans des corps humains4 ,ce sont des sortes de prototypes dont ,platon tira probablement sa thorie des ,ides1 en supposant que toute chose avait une double existence1 d'abord en ide puis en ralit4 ,ajoutons qu'un phnomne analogue celui que nous avons dj constat1 dans l',inde1 se rpta ici3 ce qui tait public et patent dans le ,mazdisme devint peu peu secret et fut rserv aux seuls initis dans ce que les ,grecs et les ,juifs1 notamment dans leur ,kabbale1 lui empruntrent4 ,,la ,,chald,e ,la ,chalde1 c'est--dire la ,babylonie et l',assyrie1 est comme la ,perse1 la patrie des ,mages1 et on la regarde gnralement comme la terre classique de l'occultisme2 mais ici encore1 ainsi que nous l'avons vu pour l'gypte1 la lgende ne concorde gure avec la ralit historique4 ,il semble priori1 que la ,chalde doive nous intresser spcialement1 non qu'il soit probable qu'elle ait nous apprendre autre chose que l',inde1 l'gypte et la ,perse dont elle est tributaire1 mais parce que c'est en elle que se trouve vraisemblablement la source principale de la ,kabbale qui est elle-mme la grande fontaine o s'alimenta l'occultisme du ,moyen ge1 tel qu'il s'est prolong jusqu' nous4 ,on avait espr que la dcouverte de la clef des critures cuniformes1--dcouverte qui ne remonte gure plus d'un demi-sicle1--et le dchiffrement des inscriptions de ,ninive et de ,babylone1 nous apporteraient des rvlations prcieuses sur les mystres de la religion chaldenne4 ,mais ces inscriptions qui remontent #b4jjj1 #c4gej et mme pour l'une d'elles1 conserve au ,british ,museum1 #d4jjj ans avant ,j4-,c41 et dont la lecture est du reste beaucoup plus incertaine et plus controverse que celle des hiroglyphes et du sanscrit1 ne nous ont donn que des biographies royales1 des nomenclatures de conqutes1 des formules incantatoires1 des litanies et des psaumes qui servirent de modles aux psaumes hbreux4 ,nous y voyons que le fond de la religion trs primitive des ,soumirs ou ,sumers et des ,accads ou ,akkadiens qui peuplaient la basse ,chalde avant la conqute smite1 tait la magie et la sorcellerie auxquelles succda un polythisme naturaliste que les ,smites conqurants1 moins civiliss que leurs vaincus1 adoptrent en partie1 jusqu' ce que1 environ #b4jjj ans avant notre re1 l'lment smite ayant pris le dessus1 rduisit graduellement les dieux primitifs n'tre plus que des phases ou des attributs de ,baal1 le dieu suprme1 le ,dieu-,soleil4 ,ces inscriptions ne nous ont donc rien appris sur le secret1--si secret il y a1--de la religion chaldenne et n'ont pas ajout grand chose aux renseignements que nous possdions dj grce aux fragments de ,brose1 dont elles ont du reste permis de contrler plus d'une fois l'exactitude4 ,brose1 comme on sait1 tait un astronome chalden1 prtre de ,blus1 ,babylone1 qui vers l'an #bhj avant ,j4-,c41 c'est--dire peu aprs la mort d',alexandre1 crivit en grec une histoire de sa patrie4 ,comme il lisait les caractres cuniformes1 il sut mettre profit les archives du temple de ,babylone4 ,malheureusement l'uvre de ,brose est presque entirement perdue et il ne nous en reste que quelques dbris recueillis par ,josphe1 ,eusbe1 ,tatien1 ,pline1 ,vitruve et ,snque4 ,cette perte est d'autant plus regrettable que ,brose1 qui parat avoir t un historien srieux et consciencieux1 affirmait avoir eu accs des documents attribus des tres qui prcdrent l'apparition de l'homme sur cette terre2 et que son histoire1 au dire d',eusbe1 comprenait #bae myriades d'annes4 ,nous avons galement perdu sa cosmogonie et avec elle toute la science astronomique et astrologique de la ,chalde1 qui tait le grand secret des ,mages de ,babylone dont le zodiaque remonte #f4gjj ans4 ,nous n'avons plus que le trait connu sous le nom d',observations de ,bel1 traduit en grec par ,brose1 mais dont le texte qui nous est parvenu est de beaucoup postrieur4 ,les quelques pages qui nous restent de la cosmologie chaldenne offrent une sorte d'anticipation des thories darwiniennes au sujet de l'origine du monde et de l'homme4 ,le premier dieu et le premier homme taient un dieu et un homme-poisson1--ce qui est du reste confirm par l'embryologie1--ns de l'immense ocan cosmique2 et la nature1 en s'essayant crer1 produisit d'abord des monstres htroclites et inviables4 ,quant l'astrologie1 selon la remarque de ,a4-,h4 ,sayce1 le savant professeur d'assyriologie de l',universit d',oxford1 elle semble surtout base sur l'axiome3 ,post hoc ergo propter hoc1 c'est--dire que deux vnements se succdant1 le second tait considr comme la cause du premier2 de l le soin avec lequel les astrologues observaient les phnomnes clestes1 afin de prdire empiriquement l'avenir4 ,somme toute1 nous ne connaissons que trs imparfaitement la religion officielle de l',assyrie et de la ,babylonie dont les dieux paraissent assez barbares4 ,cette religion ne s'claire et ne devient intressante qu' partir de la conqute de ,cyrus qui apporta les enseignements zoroastriens et hindous1 ou confirma et complta ceux qui vraisemblablement avaient dj pntr dans le secret des temples2 car la ,chalde avait toujours t le grand carrefour o se rencontraient forcment toutes les thologies de l',inde1 de l'gypte et de la ,perse4 ,c'est ainsi que ces enseignements s'infiltrrent dans la ,bible1 dans la ,kabbale et de l dans le christianisme4 ,mais en tant que religion-source1 il faut constater que les documents authentiques rcemment dcouverts ne nous apprennent presque rien et que tout ce qu'on a dit au sujet de l'sotrisme et des mystres de la ,chalde ne repose que sur des lgendes ou des crits notoirement apocryphes4 ,,la ,,gr,,ce ,,ant-,,socratique ,i ,il nous reste1 pour complter cette revue sommaire des religions primitives et cette recherche des origines du grand secret1 dire un mot de la thogonie ant-socratique4 ,avant l'poque classique1 les philosophes grecs1 dont nous ne possdons d'ailleurs que des fragments mutils1 ,pythagore1 ,ptron1 ,hippasos1 ,xnophane1 ,anaximandre1 ,anaximne1 ,hraclite1 ,alcmne1 ,parmnide d'le1 ,leucippe1 ,dmocrite1 ,empdocle1 ,anaxagore1 se trouvaient dj dans la situation inquitante et bizarre o se retrouvrent1 quinze vingt sicles plus tard1 les ,kabbalistes juifs et les occultistes du ,moyen ge4 ,ils semblent comme eux pressentir l'existence ou la tradition obscure d'une religion plus ancienne et plus haute qui avait rpondu ou essay de rpondre toutes les questions angoissantes sur la divinit1 l'origine du monde et son but1 l'ternel devenir se juxtaposant l'tre immobile1 le passage du chaos au cosmos1 la sortie du grand tout et la rentre en lui1 l'esprit et la matire1 le bien et le mal1 la naissance de l'univers et sa fin1 l'attraction et la rpulsion1 le sort1 la place et la destine de l'homme4 ,elle avait surtout1 cette tradition perdue que nous avons retrouve presque intacte dans l',inde1 fait une fois pour toutes le dpart entre le connaissable et l'inconnaissable1 et attribuant celui-ci la portion du lion1 ose installer au centre de sa doctrine un immense aveu d'ignorance4 ,mais les ,grecs ne semblent pas se douter de l'existence de cet aveu1 simple1 net et profond1 qui leur et pargn bien des recherches vaines2 ou bien1 leur esprit plus subtil1 plus remuant1 plus entreprenant1 ne voulait pas l'admettre2 et toute leur cosmogonie1 leur thogonie et leur mtaphysique n'est qu'un effort incessant pour le diminuer en le subdivisant1 en l'miettant l'infini1 comme s'ils eussent espr qu' force de rendre petite chacune des parties de l'inconnaissable1 ils arriveraient en connatre le tout4 ,c'est du reste un spectacle extrmement curieux que cette lutte de la raison grecque1 lucide1 exigeante1 tatillonne et voulant se rendre compte de tout1 contre les tnbres grandioses et souvent dsordonnes des religions asiatiques4 ,on a dit qu'il manquait aux ,grecs le sentiment de l'absolu divin2 ce sera vrai1 mais plus tard4 ,au dbut1 leur pense1 encore sous l'influence de traditions mystrieuses1 est tout imprgne du sentiment de cet absolu qui les a souvent1 par les seuls sentiers de la raison1 conduits beaucoup plus haut1 et peut-tre plus prs de la vrit1 que leurs successeurs plus habiles qui l'avaient perdu4 ,,ii ,mais sans entrer dans le dtail de leurs ttonnements vers une lumire pressentie ou profondment ensevelie dans la mmoire atavique ou dans des mythes qu'on ne comprenait plus1 sans prciser l'apport de chacun de ces philosophes1 ce qui ncessiterait des dveloppements intressants mais disproportionns1 notons simplement les concordances essentielles avec les thories vdiques et brahmaniques4 ,xnophane le premier1 contre les potes1 affirma l'existence d'un dieu unique1 immuable1 ternel4 ,dieu1 dit-il1 n'est point n1 car il n'aurait pu natre que de son semblable ou de son contraire1 deux hypothses dont la premire est inutile et la seconde absurde4 ,on ne peut dire ni qu'il est infini ni qu'il est fini2 car infini1 n'ayant ni milieu1 ni commencement ni fin1 il ne serait rien du tout2 et fini1 il exigerait une limite et cesserait d'tre un4 ,il n'est ni en repos ni en mouvement pour des raisons analogues4 ,bref1 on ne peut lui donner que des caractres ngatifs#ci4 ,ce qui est bien1 sous une autre forme1 avouer qu'il est aussi inconnaissable que la cause premire des hindous4 #ci ,,albert ,,rivaud1 ,le ,problme du devenir1 p4 #ajb4 ,cet aveu de l'inconnaissable est du reste plus nettement formul par ,xnophane1 en un autre endroit4 ,la vrit1 il n'y a point d'homme1 il n'y en aura point la connatre1 sur les dieux et sur les choses que j'enseigne4 ,arrivt-il quelqu'un de rencontrer la vrit absolue1 la rencontre demeurerait par lui-mme ignore4 ,en toutes choses1 il n'y a que la vraisemblance#dj4 #dj ,fr4 #cd4 ,ne pourrions-nous pas rpter aujourd'hui ce qu'il y a plus de vingt-cinq sicles affirmait le fondateur de l'cole d'le8 ,y eut-il1 ici comme ailleurs1 infiltration de la tradition primitive8 ,c'est probable2 en tout cas1 sur d'autres points1 la filiation est nettement tablie4 ,les ,orphiques qui se trouvent l'origine lgendaire et prhistorique de la posie et de la philosophie hellnique1 sont en ralit1 selon ,hrodote1 des gyptiens#da4 ,nous avons vu d'autre part que la religion gyptienne et la religion vdique ont vraisemblablement une source commune2 et qu'il est pour l'instant impossible de dire avec certitude laquelle est la plus ancienne4 ,or1 les ,pythagoriciens ont emprunt aux ,orphiques l'errance des mes et la srie des purifications4 ,d'autres leur ont pris le mythe de ,dionysos1 avec toutes ses consquences2 car ,dionysos1 dieu-enfant1 tu par les ,titans et dont ,athne sauve le cur en le cachant dans une corbeille et que ,jupiter fait renatre1 c'est ,osiris1 c'est ,krichna1 c'est le ,bouddha1 c'est toutes les incarnations divines1 c'est le dieu qui descend ou plutt clate dans l'homme1 c'est la mort provisoire et illusoire et la renaissance relle et immortelle1 c'est l'union temporaire avec la divinit qui n'est que le prlude de l'union dfinitive1 c'est le cycle sans fin de l'ternel devenir4 #da ,hrodote1 ,,ii1 #ha4 ,,iii ,hraclite1 dont on a fait le philosophe des mystres1 claire ce cycle4 ,dans la priphrie du cercle1 le commencement et la fin ne font qu'un#db4 ,la divinit est chez lui1 dit ,auguste ,dies1 origine et terme des existences individuelles4 ,l'unit se divise en pluralit et la pluralit se rsoud en unit2 mais unit et pluralit sont contemporaines et l'manation du sein de la divinit est accompagne d'un retour incessant la divinit#dc4 ,tout sort de ,dieu1 tout rentre en ,dieu1 tout devient un1 un devient tout4 ,dieu ou le monde est un1 la pense divine est rpandue en toutes les parties de l'univers4 ,en un mot1 son systme1 comme celui des ,vdas et des gyptiens1 est un panthisme unitaire4 #db ,hraclite1 fr4 #ajb4 #dc ,,auguste ,,dies1 ,le ,cycle mystique1 p4 #fb4 ,dans ,empdocle1 qui succde ,xnophane et ,parmnide1 nous retrouvons exactement1 au sujet de la cosmologie1 la thorie hindoue de l'expansion et de la contraction de l'univers1 du dieu qui l'inspire et qui l'expire1 de l'intriorisation et de l'extriorisation alternatives4 ,a l'origine1 les lments sont confondus dans la parfaite immobilit du ,sphros4 ,mais quand la force de rpulsion qui demeurait inactive la circonfrence externe1 a repris son mouvement vers le centre1 la sparation commence4 ,elle irait jusqu' l'absolue division et l'parpillement de l'tre1 si une force antagoniste ne ramenait les lments disperss1 jusqu' ce que graduellement se recompose l'unit primitive#dd4 #dd ,ibid41 p4 #hd1 #he4 ,le gnie grec qui1 comme nous en voyons ici un exemple curieux1 veut autant que possible expliquer l'inexplicable1 que le gnie hindou se contente de grandiosement ressentir1 appelle haine la force de rpulsion et amiti la force d'attraction4 ,ces forces existent de toute ternit4 ,elles taient1 elles seront1 et jamais1 ce que je crois1 n'en sera dpouille l'interminable dure4 ,tantt la pluralit se rsoud en unit dans l'amour1 et tantt l'unit se redivise en pluralit dans la haine et le combat4 ,mais d'o vient cette dualit dans l'unit1 d'o naissent ces principes opposs d'attraction et de rpulsion1 de haine et d'amour8 ,empdocle et son cole ne le disent point4 ,ils constatent simplement que dans la division1 la rpulsion ou la haine1 il y a dchance1 et ascension ou rascension dans l'attraction1 le retour l'unit et l'amour1 de mme que les ,hindous mettaient l'ide de dchance dans la matire et l'ide de remonte et de retour la divinit1 dans l'esprit4 ,l'aveu d'ignorance est pareil1 et pareils sont aussi les moyens de sortir de la haine et de se dgager de la matire4 ,c'est d'abord la purification durant la vie1 et une purification toute spirituelle4 ,bienheureux1 dit le philosophe d',agrigente1 est celui qui s'acquiert une richesse de penses divines2 malheureux est celui qui n'a des dieux qu'une opinion tnbreuse4 ,c'est encore et surtout la purification par les rincarnations successives4 ,empdocle va plus loin que la religion vdique qui se borne1 du moins jusqu' ,manou1 la rincarnation de l'homme dans l'homme1 il admet comme les ,pythagoriciens1 la mtempsycose1 c'est--dire le passage de l'me1 non seulement dans les animaux1 mais mme dans les plantes1 et la ramne ainsi1 d'ascensions en ascensions jusqu' la divinit d'o elle tait sortie et o elle rentre et se rsorbe1 comme dans le ,nirvana hindou4 ,,iv ,il est peut-tre intressant1 ce propos1 de faire remarquer que1 comme dans la doctrine vdique et gyptienne1 il n'est pas question de rcompenses et de chtiments extrieurs4 ,dans la mtempsycose ant-socratique1 comme dans la rincarnation hindoue1 comme devant le tribunal d',osiris1 c'est l'me qui se juge et qui1 automatiquement1 pour ainsi dire1 se classe dans le bonheur ou le malheur auquel elle a droit4 ,il n'y a pas de dieu irrit et vengeur1 il n'y a pas de lieux spciaux et maudits rservs aux rprouvs et l'expiation4 ,on n'expie pas dans la mort1 parce qu'il n'y a pas de mort4 ,on n'expie que dans la vie et par la vie1 en celle-ci ou dans l'autre4 ,ou plutt il n'y a pas expiation1 il y a simplement dessillation4 ,l'me est heureuse ou malheureuse parce qu'elle se sent ou ne se sent pas sa place2 parce qu'elle peut ou ne peut pas atteindre la hauteur qu'elle avait espre4 ,elle n'prouve sa divinit qu' proportion qu'elle a compris ou comprend ,dieu4 ,dpouille de tout ce qui tait matriel et l'aveuglait1 elle se voit tout d'un coup sur l'autre rive1 telle qu'elle tait son insu sur celle-ci4 ,de tous ses biens1 de son bonheur ou de sa gloire1 il ne lui reste que ses acquisitions intellectuelles et morales4 ,elle n'est plus autre chose que les penses qu'elle eut et les vertus qu'elle pratiqua4 ,elle constate ce qu'elle est et entrevoit ce qu'elle aurait pu tre2 et si elle n'est pas satisfaite1 elle se dit3 c'est recommencer1 et elle rentre volontairement dans la vie pour viser plus haut et en ressortir plus grande et plus heureuse4 ,v ,au fond1 dans la thologie et dans les mythes ant-socratiques1 comme dans les thologies et les mythes des religions qui les prcdrent1 il n'y a pas d'enfer1 il n'y a pas de paradis4 ,aux souterrains de l',hads1 comme aux prs des ,champs-lyses1 ne se trouvent que les ombres1 les mnes astrales1 les doubles gyptiens1 les restes inconsistants de nos dsincarns4 ,les instruments de leur supplice ou les accessoires de leur ple flicit1 ne sont que des pices d'identit1 l'aide desquels1 comme les vagues interlocuteurs de nos spirites1 ils cherchent se faire reconnatre4 ,ici1 aussi bien que dans l',inde1 l'enfer n'est pas un lieu1 mais un tat de l'me aprs la mort4 ,les mnes ne sont pas chties dans la pnombre1 elles continuent seulement d'y vivre les reflets de leur vie d'autrefois4 ,tantale y a soif1 ,sisyphe y roule son rocher1 les ,danades s'y puisent remplir leur tonneau sans fond1 ,achille y brandit sa lance1 ,ulysse y porte sa rame1 ,hercule y tend son arc2 leurs vaines effigies rptent l'infini les gestes mmorables ou habituels de leur existence terrestre2 mais l'esprit imprissable1 l'me immortelle n'est pas l1 elle se purifie1 elle agit autre part1 en d'autres corps1 sur la longue route invisible qui la ramne en ,dieu4 ,a ce moment1 comme toutes les hautes origines1 il n'y a pas encore de crainte de la mort et de l'au-del4 ,cette crainte ne se montre et ne se dveloppe dans les grandes religions que lorsque celles-ci commencent se corrompre au profit des prtres et des rois4 ,l'intuition et l'intelligence de l'humanit ne regagnrent jamais l'altitude qu'elles atteignirent quand elles conurent de la divinit l'ide dont nous retrouvons les traces les plus pures dans les traditions vdiques4 ,on peut dire qu'en ces jours l'homme dcouvrit au plus haut de lui-mme et y fixa1 une fois pour toutes1 la notion du divin1 qu'il oublia depuis1 qu'il altra souvent2 mais sous les oublis et les altrations phmres1 elle transparat toujours4 ,et c'est ainsi1 qu'au fond de tous ces mythes1 de tous ces enseignements parfois si disparates1 nous sentons le mme optimisme1 ou du moins la mme confiance ignorante1 car le secret le plus ancien de l'homme est bien une immense1 une aveugle confiance en la divinit dont il tait sorti sans cesser d'en faire partie et dans laquelle il rentrera un jour4 ,il y aurait encore bien d'autres points de contact signaler1 par exemple dans la thorie des atomistes qui renferme d'tranges intuitions4 ,leucippe et ,dmocrite1 notamment1 enseignent que le mouvement gyratoire des sphres existe de toute ternit et ,anaxagore dveloppe la thorie des tourbillons lmentaires que retrouve la science contemporaine4 ,mais ce que nous venons de noter paratra sans doute suffisant4 ,du reste1 on aborde la plupart des grands mystres de l'homme dans cette philosophie trop gnralement regarde comme un tissu d'absurdit et de spculations puriles4 ,a l'tudier de plus prs1 on y constate au contraire les plus merveilleux efforts de la raison humaine qui1 secrtement soutenue par la vrit que contenaient des mythes obnubils1 serre de plus prs qu'un grand nombre d'hypothses modernes1 le vraisemblable et le plausible4 ,,vi ,on peut supposer que les parties les plus hautes de cette thosophie et de cette philosophie1 c'est--dire celles qui touchaient la cause suprme et l'inconnaissable1 peu peu ngliges et oublies dans la thosophie et la philosophie classiques1 devinrent1 comme en gypte et dans l',inde1 le secret des hirophantes et formrent1 avec des traditions orales et plus directes1 le fond de ces fameux mystres grecs1 notamment de ceux d',eleusis1 dont on n'a jamais perc les tnbres4 ,le dernier mot du grand secret devait y tre aussi l'aveu d'une ignorance invincible et sacre4 ,en tout cas1 ce qu'il y avait dj de ngatif et d'inconnaissable dans les mythes et dans cette philosophie qu'on lui rappelait1 suffisait anantir chez l'initi les dieux qu'adorait le profane1 en mme temps qu'il apprenait pourquoi un enseignement1 si dangereux pour ceux qui n'taient pas mme d'en comprendre l'ampleur1 devait rester occulte4 ,il n'y avait probablement pas autre chose dans cette rvlation suprme1 parce qu'il n'y a probablement pas d'autre secret que l'homme puisse possder ou concevoir2 qu'il ne peut avoir exist1 qu'il n'existera jamais de formule qui donne la clef de l'univers4 ,mais outre cet aveu qui devait paratre crasant ou librateur1 selon la qualit de l'esprit qui le recevait1 on initiait probablement le nophyte une science occulte plus positive1 analogue celle que possdaient les prtres gyptiens et hindous4 ,on devait surtout lui enseigner le moyen d'arriver l'union divine ou l'immersion dans la divinit par l'extase4 ,il est permis de supposer que cette extase tait obtenue l'aide de procds hypnotiques1 mais d'un hypnotisme beaucoup plus savant et plus dvelopp que le ntre1 et dans lequel l'hypnotisme proprement dit1 le magntisme1 le mdiumnisme1 et toutes les mystrieuses forces1 odiques et autres1 du subconscient1 mieux connues qu'elles ne le sont aujourd'hui1 se mlaient et taient mises en uvre4 ,celui que plusieurs considrent comme le plus grand thosophe contemporain1 ,rudolph ,steiner1 prtend1 ainsi que nous le verrons plus loin1 avoir retrouv le moyen1 ou l'un des moyens1 de provoquer cette extase et de se mettre en communication avec les mondes suprieurs et avec ,dieu4 ,,vii ,de ce qui prcde1 on peut1 semble-t-il1 conclure que les grands initis1 ou pour parler plus exactement1 les adeptes des religions sotriques1 des collges de prtres ou des fraternits occultes1 sur l'origine et le but de l'univers1 sur le caractre inconnaissable de la cause premire1 ou du dieu des dieux1 sur les devoirs et les destines de l'homme1 ne savaient pas autre chose que ce qu'avaient ouvertement enseign1 ceux qui taient capables de le comprendre1 les grandes religions primitives4 ,ils ne savaient pas autre chose pour la raison que jusqu'ici il n'a pas t possible de savoir et par consquent d'enseigner autre chose4 ,s'ils avaient su autre chose1 nous le saurions aussi2 car il n'est gure admissible que l'essentiel d'un tel secret n'et pas transpir depuis tant de milliers d'annes qu'il tait connu de tant de milliers d'hommes4 ,s'il tait possible d'imaginer qu'il existe et que nous le puissions connatre1 le connaissant1 nous ne serions plus des hommes4 ,il y a la connaissance des limites que le cerveau n'a pas encore franchies1 qu'il ne pourra jamais franchir sans cesser d'tre un cerveau humain4 ,tout au plus1 l'aveu de l'agnosticisme irrductible et du panthisme intgral1 qui sont les deux ples entre lesquels a toujours oscill1 oscille encore et probablement oscillera toujours la pense humaine la plus haute1 pouvait-il tre plus franc1 plus net1 plus dnu de formes1 plus total et mettre en garde ceux qui le recevaient contre les apparences fallacieuses et les mensonges ncessaires des thogonies et des mythologies officielles4 ,,viii ,non plus qu' une certaine hauteur il n'y avait de cosmogonie1 de thogonie ou de thologie sotrique1 n'y avait-il de morale secrte4 ,sous ce rapport1 nous venons de le voir la hte1 les religions primitives avaient tout explor1 sans laisser un coin d'ombre o pussent se rfugier les amants du mystre et les chercheurs d'inconnu4 ,leur morale est d'emble1 ou parat tre d'emble1--car nous ignorons les milliers d'annes d'laboration1--la plus leve1 la plus parfaite que l'homme puisse esprer de pratiquer4 ,elle a tout prouv1 elle a tent et gravi toutes les montagnes4 ,o elle a pass1 et elle a pass partout1 surtout sur les plus pres cimes1 il ne reste rien glaner4 ,nous sommes encore des centaines de sicles au-dessous de ce qu'elle atteignit sur les sommets de l'abngation1 de la bont1 de la piti1 du sacrifice1 du don total de soi2 et principalement dans la recherche de ce que ,novalis appelait notre moi transcendental1 c'est--dire la partie divine et ternelle de notre tre4 ,quant aux sanctions1 elles allrent galement l'extrme de ce que l'intelligence peut concevoir2 car parties de l'inconnaissable1 elles ne pouvaient1 peine de se dmentir1 attribuer cet inconnaissable une volont quelconque4 ,elles devaient donc mettre en nous-mmes la rcompense et le chtiment d'une morale qui ne pouvait natre qu'en nous4 ,ici non plus il n'y avait pas la moindre place pour un enseignement diffrent et occulte4 ,reste l'nigme de l'origine du mal1 de l'antagonisme apparent de l'esprit et de la matire1 de la ncessit du sacrifice1 de la douleur et de l'expiation4 ,ici encore1 moins de se contredire1 la tradition occulte ne pouvait rien fonder sur l'inconnaissable4 ,elle avait simplement admettre1 titre provisoire1 l'explication la plus haute des religions sotriques qui regardent la matire et les tnbres1 la division et la sparation1 non comme le mal en soi1 mais comme des tats transitoires de la substance une et ternelle1 une phase du va-et-vient du devenir sans fin1 dont il fallait s'efforcer de sortir pour atteindre le plus tt possible l'tat ou la phase spirituelle4 ,elle n'avait et sans doute ne pouvait avoir cet gard un enseignement plus satisfaisant4 ,en tout cas aucun cho n'en est parvenu jusqu' nous et il est probable qu'elle se contentait1 une fois de plus1 d'accentuer l'aveu de son ignorance invincible4 ,,ix ,voil donc les points1--et ce sont les plus importants1--sur lesquels l'enseignement sotrique1 s'il y eut l'origine un tel enseignement1 devait ncessairement se confondre avec l'enseignement public des religions primitives saisies prs de leurs sources4 ,il est vraisemblable1 je l'ai dj dit1 que cet enseignement ne prit un caractre secret que beaucoup plus tard1 quand les religions officielles se furent extraordinairement compliques et profondment corrompues4 ,l'sotrisme ne fut alors que le retour la puret originelle1 de mme qu'en ,grce1 les doctrines ou les hypothses ant-socratiques1 d'origine1 quoiqu'on en ait dit1 videmment asiatique1 devinrent celles des mystres4 ,il est donc peu prs certain que sur ces questions1 les occultistes de tous les temps et de tous les pays n'en savaient pas plus que nous4 ,mais il est d'autres domaines o ils paraissent avoir possd des traditions que les religions officielles ne nous ont pas transmises et dont les successeurs des grands adeptes de l',inde1 de l'gypte1 de la ,perse1 de la ,chalde et de la ,grce1 les ,kabbalistes1 les no-platoniciens1 les gnostiques et les hermtistes du ,moyen ge ont plus ou moins vainement tent de retrouver le secret4 ,x ,ce domaine est celui des forces inconnues de la nature4 ,il n'est plus gure possible de contester que les prtres de l',inde1 de l'gypte1 les ,mages de la ,perse et de la ,chalde avaient en chimie1 en physique1 en astronomie1 en mdecine1 des connaissances que sur certains points nous avons sans doute dpasses1 mais que sur d'autres nous sommes peut-tre fort loin d'avoir rcupres4 ,sans rappeler ici ces rochers de quinze cents tonnes transports d'normes distances par des procds inconnus1 ou ces pierres branlantes1 blocs de cinq cent mille kilos qui n'appartiennent jamais au sol sur lequel ils se trouvent et qui remontent aux temps prhistoriques des ,atlantes1 il est indubitable que la grande pyramide1 celle de ,khops1 par exemple1 est une sorte d'immense hiroglyphe qui1 par ses dimensions1 ses proportions1 ses dispositions intrieures1 son orientation astronomique1 propose toute une srie d'nigmes dont on n'a jusqu'ici dchiffr que les plus videntes4 ,une tradition occulte avait toujours affirm que cette pyramide reclait des secrets essentiels1 mais c'est tout rcemment qu'on a commenc de les dmler4 ,l'abb ,moreux1 le savant directeur de l'observatoire de ,bourges1 rsumant parfaitement la question dans ses nigmes de la ,science#de1 nous montre que le mridien de la pyramide1 ou la ligne nord-sud1 passant par son sommet1 est le mridien idal1 c'est--dire celui qui traverse le plus de continents et le moins de mers1 et que si l'on calcule exactement l'tendue des terres que l'homme peut habiter1 il les divise en deux parties rigoureusement gales4 ,d'autre part1 en multipliant la hauteur de la pyramide par un million1 on trouve la distance de la terre au soleil1 soit #adh4bjh4jjj kilomtres1 ce qui est1 un million de kilomtres prs1 la distance qu' la suite de longs travaux1 d'expditions lointaines et dangereuses1 et grce aux progrs de la photographie cleste1 la science moderne a dfinitivement adopte4 #de ,abb ,,th4 ,,moreux1 ,les nigmes de la science1 p4 #e et suiv4 ,de son ct1 le clbre astronome ,clarcke a dduit des mesures rcentes le rayon polaire de la terre qu'il value #f4cef4eba mtres4 ,or1 c'est exactement la coude pyramidale1 soit #j1fcef1eba multipli par #aj millions4 ,ensuite1 en divisant le ct de la pyramide par la coude employe dans sa construction1 on trouve la longueur de l'anne sidrale1 c'est--dire le temps que le soleil met revenir au mme point du ciel4 ,puis1 si nous multiplions le pouce pyramidal par #ajj millions1 nous obtiendrons la longueur parcourue par la terre sur son orbite en un jour de vingt-quatre heures1 avec une approximation plus grande que ne pourraient le permettre nos mesures actuelles1 le yard ou le mtre franais4 ,enfin1 le passage d'entre de la pyramide regardait l'toile polaire de l'poque2 il aurait donc t orient en tenant compte de la prcession des quinoxes1 phnomne d'aprs lequel le ple cleste revient concider avec les mmes toiles au bout de #be4gif ans4 ,nous voyons donc1 comme le dit l'abb ,moreux1 que toutes ces conqutes de la science moderne se trouvent dans la grande pyramide1 l'tat de grandeurs naturelles1 mesures et toujours mesurables1 ayant seulement besoin pour se montrer au grand jour1 de la signification mtrique qu'elles portent en elles4 ,il est impossible d'attribuer de simples concidences ces enseignements singuliers4 ,ils nous prouvent que les prtres gyptiens avaient en gographie1 en mathmatiques1 en gomtrie1 en astronomie1 des connaissances que nous venons peine de reconqurir2 et rien ne nous dit que cette nigmatique pyramide ne renferme pas une foule d'autres secrets que nous n'avons pas encore dcouverts4 ,mais le plus trange1 le plus dconcertant1 c'est qu'aucun des innombrables hiroglyphes qu'on a dchiffrs1 rien de ce que nous trouvons dans toute la littrature de l'gypte antique1 ne fait allusion cette science extraordinaire4 ,il est mme vident que les prtres ont voulu la cacher2 la coude pyramidale ou sacre1 clef de tous les calculs et de toutes les mesures scientifiques1 n'tait pas employe d'une faon courante2 et tout ce savoir miraculeux1 venu on ne sait d'o1 tait volontairement et systmatiquement enseveli dans un tombeau et propos comme une nigme ou un dfi aux sicles futurs4 ,la rvlation d'un tel mystre1 due au hasard1 ne nous permet-elle pas de souponner que bien d'autres mystres1 de toute nature1 soit dans cette pyramide1 soit en d'autres monuments ou dans les critures sacres1 attendent d'un autre hasard une rvlation analogue8 ,en l'attendant1 il est en tout cas trs probable que les prtres gyptiens avaient enseign aux mages de la ,chalde le secret de ce qu',eliphas ,lvi appelle une pyrotechnie transcendentale et que les uns et les autres connaissaient l'lectricit et avaient des moyens de la produire et de la diriger que nous ignorons encore4 ,en effet1 ,pline nous rapporte que ,numa1 qui fut initi aux mystres des mages1 possdait l'art de former et de diriger la foudre et qu'il se servit avec succs de sa batterie foudroyante contre un monstre nomm ,volta qui dsolait la campagne romaine#df4 ,devanant l'invention du tlphone1 les prtres gyptiens pouvaient encore1 nous dit-on1 instantanment communiquer d'un temple l'autre1 quelle que ft la distance4 ,du reste la ,bible#dg nous a laiss le tmoignage de leur science et de leur puissance1 lorsqu'elle nous les montre1 parmi les dix plaies qui n'taient que des uvres de magie1 luttant coups de miracles contre ,mose qui tait lui-mme un de leurs initis4 #df ,pline1 l4 ,,ii1 ch4 #ec4 #dg ,exode1 ,,vii1 ,,viii4 ,,xi ,mais c'est surtout en ce qui touche au subconscient1 aux mystres de l',hte inconnu1 ce que nous appelons aujourd'hui la psychologie anormale1 l'astral1 l'hypnotisme1 au mdiumnisme1 aux proprits de l'ther1 aux fluides ignors1 la mdecine odique1 l'hyperchimie1 la survivance1 la connaissance de l'avenir1 qu'ils devaient possder des secrets la recherche desquels les hermtistes du ,moyen ge1 au milieu de leurs pentacles1 de leurs cryptogrammes1 de leurs grimoires falsifis et mconnaissables1 se sont extnus4 ,c'est apparemment dans ces rgions de l'occultisme qu'il nous reste quelque chose glaner2 et c'est vers elles que revient1 par d'autres chemins1 notre mtapsychique4 ,c'est galement dans ces parages tnbreux que les derniers initis de l',inde1 hritiers des traditions sotriques1 l'emportent encore de beaucoup sur tout ce que nous savons et produisent ces phnomnes singuliers que la jonglerie et la supercherie ne suffisent pas toujours expliquer et qui provoquent l'tonnement des voyageurs les plus sceptiques et les plus souponneux4 ,ont-ils en rserve1 comme ils le prtendent1 d'autres secrets1 notamment ceux qui leur permettraient de manipuler certaines forces terribles et irrsistibles1 telle que la force intramolculaire ou la puissance formidable et inpuisable de la gravitation1 du son ou de l'ther8 ,c'est possible mais moins certain4 ,il est assez incomprhensible qu'en cas d'urgence1 quand il tait question de vie ou de mort1 ils n'y aient jamais eu recours4 ,l',inde1 comme l'gypte1 la ,perse et la ,chalde1 a subi d'effroyables invasions qui non seulement menaaient sa civilisation1 anantissaient ses richesses1 brlaient ses livres sacrs1 massacraient ses habitants1 mais s'attaquaient ses dieux1 violaient ses temples1 exterminaient ses prtres4 ,cependant on ne constate pas qu'elle ait jamais tourn contre ses agresseurs une arme surnaturelle4 ,on peut rpondre que vu l'immensit des territoires1 ces invasions ne furent jamais totales1 que les derniers initis pouvaient fuir devant elles et se rfugier en d'inaccessibles montagnes2 qu'au surplus1 leur royaume n'tant pas de ce monde1 ils ne se sentaient pas le droit d'user de leurs pouvoirs supra-terrestres1 car un axiome fondamental de la haute science interdit de l'abaisser la poursuite d'un dessein matriellement avantageux2 c'est encore possible4 ,il n'en reste pas moins que la domination anglaise et surtout la conqute du ,thibet1 en #aijd1 par le colonel ,younghusband1 ont port un coup trs sensible au prestige de leurs connaissances occultes4 ,,xii ,jusqu'en #aijd1 en effet1 le ,thibet tait considr par les occultistes comme le dernier asile de leur science4 ,il possdait1 leur dire1 d'immenses bibliothques souterraines1 aux livres innombrables1 dont certains remontaient aux temps prhistoriques des ,atlantes1 o taient consignes1 en des langues connues seulement de quelques adeptes1 les rvlations suprmes et immmoriales4 ,au sein de ses lamasseries o pullulaient des milliers de moines1 il nourrissait un collge de grands initis1 la tte duquel se trouvait1 initi des initis1 et incarnation de ,dieu sur la terre1 le ,dalai-,lama4 ,aucun ,europen n'avait jamais1 affirmait-on1 viol son territoire sacr2 ce qui du reste n'tait pas tout fait exact1 car en #affa1 en #agae et en #agai1 deux ou trois jsuites et quelques capucins y avaient pntr4 ,en #agdj1 un voyageur hollandais sjourna dans ,lhassa1 puis1 en #ahac1 un ,anglais4 ,ensuite1 en #ahdf1 les missionnaires ,huc et ,gobet1 dguiss en lamas1 parvinrent s'y glisser4 ,mais depuis1 malgr de multiples et prilleuses tentatives1 dont la dernire et la plus notoire fut celle de ,sven-,hedin1 aucun explorateur n'avait russi atteindre la ville sainte4 ,on peut donc dire que de toutes les terres de notre globe1 c'tait la plus mystrieuse et la plus prestigieuse4 ,a l'annonce de l'expdition sacrilge1 on s'attendit1 dans le monde des occultistes1 d'tranges vnements4 ,je me rappelle la confiance1 la sereine certitude avec laquelle l'un des plus savants1 des plus srieux de ceux-ci1 au dbut de l'anne #aijd1 me disait3 ,ils ne savent pas quoi ils s'attaquent4 ,ils vont provoquer dans leur refuge les plus redoutables puissances4 ,il est peu prs certain que les derniers adeptes transhimalayens possdent le secret de la terrible force thrique ou sidrale1 le ,mash-maket des ,atlantes1 l'irrsistible ,vril dont parle ,bulwer-,lytton1 cette force vibratoire qui1 d'aprs les instructions qui se trouvent dans l',astra-,vidya1 peut rduire en cendre cent mille hommes et lphants1 aussi facilement qu'elle rduirait en poudre un rat mort4 ,il va se passer des choses extraordinaires4 ,ils n'atteindront jamais l'inviolable ,potala6 ,il ne se passa rien du tout1 du moins rien de ce qu'on attendait4 ,aprs de longs pourparlois diplomatiques1 o se rvlrent1 sous un jour dconcertant1 l'impritie1 l'incomprhension1 la snilit1 la mauvaise foi chinoise1 et l'astuce enfantine du collge des ,lamas1 les troupes du colonel ,younghusband1 composes surtout de ,sikhs et de ,gurkhas1 encadrs d',europens1 se mirent en marche4 ,dans ces rgions dchiquetes et sur ces hauts plateaux glacs1 dsols et inhabitables de l',himalaya1 les plus pres du monde1 elles eurent surmonter des difficults inoues et dans des dfils qu'une poigne d'hommes bien commands et rendus inexpugnables1 se heurtrent plus d'une fois la rsistance inhabile et courageuse des soldats du ,dalai-,lama1 fanatiss par les mantras et les charmes de leurs prtres1 mais arms de fusils mche et de mauvais canons indignes4 ,les ,anglais approchrent enfin de ,lhassa1 et les abbs des grands monastres1 affols1 durant cinq jours1 maudirent solennellement l'envahisseur1 mirent en mouvement des milliers de moulins prires1 eurent recours aux suprmes incantations2 inutilement4 ,le #d aot1 le colonel ,younghusband fit son entre dans la capitale du ,thibet1 occupa le ,saint des ,saints1 la rsidence de ,dieu3 la ,potala1 immense et fantastique difice qui s'lance au-dessus des masures de la ville et ressemble1 avec ses terrasses1 ses toits plats1 ses bastions1 une forteresse1 une superposition de villas italiennes1 une caserne aux fentres innombrables et certains gratte-ciel amricains4 ,le ,dalai-,lama1 la treizime incarnation de la divinit1 le pape du ,bouddhisme1 le pre spirituel de six cent millions d'mes1 avait honteusement pris la fuite et ne fut jamais retrouv4 ,on explora les couvents et les sanctuaires o grouillaient plus de trente mille moines rsigns et indiffrents et on n'y dcouvrit que les restes de la plus haute religion que connurent les hommes1 achevant de se dcomposer dans de puriles superstitions1 dans le mcanisme des moulins prires1 et dans la plus dplorable sorcellerie4 ,ainsi s'effondra le suprme asile du mystre et furent livrs aux profanes les derniers secrets de la terre4 ,,les ,,gnostiques ,,et ,,les ,n,o-,,platoniciens ,i ,laissant de ct ,platon et son cole dont les thories sont trop connues pour qu'il soit utile de les rappeler ici1 nous quittons maintenant les eaux relativement claires des religions primitives pour entrer dans les remous confus qui en drivent4 ,a mesure que se perdaient les notions grandioses et simples que leur altitude mme drobait aux regards1 celles qui leur succdaient et qui n'en taient que des reflets dforms ou briss1 s'obscurcissaient et se multipliaient4 ,il suffira de les passer assez rapidement en revue2 car aprs ce que nous savons1 ou plutt aprs ce que nous savons ne pouvoir savoir1 elles n'ont plus grand chose nous apprendre et ne font qu'embrouiller et compliquer sans fruit l'aveu de l'inconnaissable et les consquences qui en dcoulent4 ,avant la lecture des hiroglyphes et la dcouverte des livres sacrs de l',inde et de la ,perse1 jusqu'aux travaux de nos mtapsychistes scientifiques1 les seules sources de l'occultisme taient la ,kabbale et les crits des gnostiques et des no-platoniciens d',alexandrie4 ,il est assez difficile de situer chronologiquement la ,kabbale4 ,le ,sefer ,yezirah1 tel que nous le connaissons1 qui en est le portique1 semble avoir t crit vers l'an #hbi de notre re1 et le ,zohar qui en est le temple1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais une partie des doctrines qu'elle enseigne remonte beaucoup plus haut1 c'est--dire jusqu' la captivit de ,babylone et mme jusqu'au sjour des ,hbreux en gypte4 ,il faudrait donc1 ce point de vue1 la placer avant les gnostiques et les no-platoniciens2 mais d'autre part1 elle a fait ceux-ci tant d'emprunts1 ils ont exerc sur elle une telle influence1 qu'il est presque impossible d'en parler avant qu'on ait fait connatre ceux qui elle doit le meilleur et le pire de ses thories4 ,,ii ,il est vrai que de leur ct1 ces traditions juives mlrent leurs flots abondants ceux des autres religions orientales qui du ,ier au ,v,ie sicle envahirent la thosophie et la philosophie grecque et romaine et firent qu'on remit en question et qu'on se reprit tudier de plus prs les croyances et les thories sur lesquelles on avait vcu4 ,il y eut alors1 dans le monde intellectuel1 et surtout ,alexandrie o confluaient toutes les races et toutes les doctrines1 une trange fivre de curiosit1 d'inquitude et d'activit4 ,pour la premire fois1--elle le croyait du moins1--la philosophie hellnique se trouvait directement en contact avec les religions et les philosophies orientales1 audacieuses1 grandioses1 abyssales1 que jusqu'alors elle ne connaissait que par ou-dire ou par bribes parcimonieuses4 ,les ,gnostiques apportaient entre autres les doctrines de ,zoroastre2 les nigmatiques ,essniens1 thosophes et thurgistes1 venus des bords de la ,mer ,morte1 qui disparurent assez mystrieusement1 bien qu'au temps de ,philon ils fussent au nombre de #dj4jjj1 ou finirent par se confondre avec les ,gnostiques1 reprsentaient sans doute plus directement l'lment hindou2 les ,kabbalistes d'avant la ,kabbale crite ravivaient les enseignements de la ,perse1 de la ,chalde et de l'gypte1 les ,chrtiens s'veillaient entre la ,bible et les lgendes de l',inde1 les ,no-platoniciens qu'on pourrait plus justement appeler les ,no-orphiques ou ,no-pythagoriciens1 revenaient aux vieux philosophes du ,v,ie sicle avant notre re et s'efforaient d'y retrouver des vrits trop longtemps mconnues que les rvlations orientales remettaient brusquement en lumire4 ,nous n'avons pas tudier ici cette effervescence qui est une des crises les plus intenses et1 certains gards1 les plus fcondes que l'on constate dans l'histoire de la pense humaine4 ,pour ce qui nous intresse en ce moment1 il suffit de noter qu'au point de vue de l'ide de ,dieu1 de la cause premire1 de l'esprit pr-cosmique1 ou de la ralit absolue qui prcde tout tre manifest ou conditionn1 comme au point de vue de l'origine1 du but1 de l'conomie de l'univers et de la nature du bien et du mal1 elle ne nous apprend rien que nous n'ayons trouv dans les religions et les philosophies antrieures4 ,les manifestations de l',inconnaissable1 la division de l',unit primordiale1 la descente de l'esprit dans la matire sont attribues au ,logos et changent de nom sans changer de tnbres4 ,pour tenter d'expliquer les contradictions insolubles entre un dieu immobile et un univers sans cesse en mouvement1 entre un dieu inconnaissable qu'on finit par connatre dans tous ses dtails1 entre un dieu bon qui cre1 veut ou permet le mal1 on imagine d'abord une triple hypostase1 puis une foule de divinits intermdiaires1 dmiurges ou ddoublements de ,dieu1 ons1 facults ou attributs divins personnifis1 anges et dmons4 ,dans le remous de ces spcialisations1 de ces distinctions1 de ces subdivisions ingnieuses1 subtiles et inextricables1 le simple et immense aveu de l',inconnaissable est bientt submerg d'un tel flot de paroles qu'on ne l'aperoit plus4 ,on ne tarde pas l'oublier compltement1 on n'y fait plus allusion1 et l',inconnu suprme engendre tant de divinits secondaires et si bien connues1 qu'il n'ose plus rappeler aux hommes qu'ils ne le connatront jamais4 ,naturellement1 plus il y a de mots et d'claircissements1 plus les vrits primitives sur lesquelles on travaille s'effacent et s'obscurcissent2 si bien qu'aprs avoir atteint ou regagn dans ,philon1 et surtout dans ,plotin1 les plus hauts1 sommets de la pense et tre descendu d'une part aux lucubrations du casse-tte chinois qu'est le fameux ,pistis-,sophia attribu ,valentin et de l'autre aux prtendues rvlations de ,jamblique sur les mystres gyptiens1 rvlations qui ne rvlent rien du tout1 tout ce mouvement gnostique et no-platonicien finit1 avec les successeurs de ,valentin et les continuateurs de ,porphyre et de ,proclus1 par sombrer dans la plus purile logomachie et la plus vulgaire sorcellerie4 ,il est donc inutile d'insister2 non que l'tude de cette effervescence soit sans intrt2 au contraire1 il est peu de moments dans l'histoire o l'intelligence ait eu affronter des problmes aussi nouveaux1 aussi complexes1 aussi ardus2 o elle ait fait preuve de plus de puissance1 de vitalit et d'enthousiasme4 ,mais ce que j'en ai dit suffit mon dessein qui est simplement de montrer que les occultistes de la ,grce et surtout ceux du ,moyen ge qui nous intressent particulirement parce qu'ils sont plus prs de nous et que leur souvenir est demeur plus vivace1 n'ont rien nous apprendre d'essentiel que nous ne connaissions dj par l',inde1 l'gypte et la ,perse4 ,,la ,,kabbale ,i ,nous arrivons enfin la ,kabbale qui est en quelque sorte le nud vital de l'occultisme tel qu'on l'entend communment4 ,ce mot de ,kabbale1 qui couvre des doctrines en gnral trs peu ou trs mal connues1 demeure pour les uns charg de prestiges et de mystres qui les inquitent et les font presque frissonner comme s'ils y voyaient un reflet de flammes infernales2 tandis que pour d'autres1 il n'voque qu'un illisible fatras de superstitions absurdes1 de sornettes1 de bizarres formules prtentions diaboliques1 d'nigmes enfantines1 d'lucubrations primes qui ne valent plus un examen srieux4 ,bien qu'il rpugne d'employer son propos une expression que l'usage a rendue aussi fruste1 la vrit c'est que la ,kabbale ne mrite ni cet excs d'honneur ni cette indignit4 ,d'abord1 il y a deux ,kabbales1 la ,kabbale proprement dite ou ,kabbale thorique1 la seule dont nous ayons nous occuper1 et la ,kabbale pratique qui n'est qu'une sorte de dermatose snile qui peu peu envahit les parties les moins nobles de la premire et dgnra en imbciles pratiques de magie noire et de basse sorcellerie auxquelles il est impossible de s'intresser4 ,l'tude philosophique1 critique et scientifique de la ,kabbale1 comme celle du ,vdisme1 des hiroglyphes1 du ,mazdisme1 date d'hier4 ,avant les travaux d',ad4 ,franck1 on ne connaissait la ,kabbale que par l'uvre de ,knorr von ,rosenroth1 la ,kabbala denudata1 publie en #afgg1 qui ne considrait dans le ,zohar que le ,livre des ,mystres et ,la ,grande ,assemble1 c'est--dire ses parties les plus obscures et ngligeant les textes ne donnait que des extraits1 mal entendus1 de commentateurs4 ,ad4 ,franck1 dans sa ,kabbale ou la philosophie religieuse des ,hbreux1 parue en #ahdb1 reproduit pour la premire fois les textes complets et authentiques1 les traduit et les commente4 ,jol et ,jellinek poursuivent ses recherches1 discutent ses conclusions1 rectifient ses erreurs2 et le dernier en date des interprtes de ces livres mystrieux1 ,s4 ,karppe1 dans son tude sur les origines et la nature du ,zohar1 reprenant la question de plus haut et remontant aux sources du mysticisme juif1 nous donne en #aija une tude qui permet de s'aventurer sans crainte sur ces terres suspectes et dangereuses4 ,la ,kabbale1 de l'hbreu ,kaballah qui1 comme vous l'apprendront tous les dictionnaires1 signifie tradition1 a la prtention d'tre un enseignement occulte1 en marge ou plutt au-dessus de l'enseignement de la ,bible1 ou des doctrines orthodoxes de la ,thora c'est--dire du ,pentateuque1 transmis oralement depuis ,mose1 qui les aurait reus directement de ,dieu1 jusqu' une poque qui va du ,i,xe au ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicle de notre re1 o ces secrets murmurs de bouche oreille1 comme on disait entre initis1 furent enfin fixs par crit4 ,il est impossible de savoir si cette prtention est plus ou moins fonde1 car au del d'un ou deux sicles avant ,j4-,c41 les traces historiques qui rattacheraient la tradition que nous connaissons une tradition antrieure font absolument dfaut4 ,nous devons donc nous borner prendre les deux livres de la ,kabbale1 le ,sefer ,yerizah et le ,zohar1 tels qu'ils se prsentent1 et examiner ce qu'ils contenaient au moment o ils furent crits4 ,le ,sefer ,yerizah ou ,livre de la ,cration1 qu'on attribua d'abord assez purilement au patriarche ,abraham1 puis1 sans certitude1 ,rabbi ,akiba1 est somme toute l'uvre d'un auteur inconnu qui le rdigea entre le ,v,i,i,ie et le ,i,xe sicle de notre re4 ,pour donner une ide de cette uvre1 il suffira de transcrire ici quelques paragraphes du chapitre premier3 ,par #cb voix merveilleuses de sagesse1 ,yah1 ,yehovah ,zebaoth1 ,dieu vivant1 ,dieu fort lev et sublime1 demeurant ternellement1 dont le nom est saint 7il est sublime et saint7 a trac et cr son monde en trois livres3 le livre proprement dit1 le nombre et la parole4 ,dix ,sephiroth sans rien et #bb lettres dont #c lettres fondamentales1 #g lettres doubles et #ab lettres simples4 ,dix ,sephiroth sans rien1 selon le nombre de #aj doigts1 #e en face de #e4 ,et l'alliance de l',un est adapte juste au milieu par la circoncision de la langue et la circoncision de la chair4 ,dix ,sephiroth sans rien2 #aj et non #i1 #aj et non #aa4 ,comprends avec sagesse et mdite avec intelligence1 examine et creuse-les4 ,rapporte la chose sa clart et mets son auteur sa place4 ,dix ,sephiroth sans rien1 leur mesure est le #aj sans fin3 profondeur de commencement et profondeur de fin2 profondeur de bien et profondeur de mal2 profondeur de haut et profondeur de bas2 profondeur d',orient et profondeur d',occident2 profondeur de ,nord et profondeur de ,sud2 un matre unique1 ,dieu1 roi fidle1 rgne sur tous du haut de sa demeure sainte et ternelle4 ,dix ,sephiroth sans rien2 leur aspect est comme l'clair1 mais leur fin n'a pas de fin4 ,son mot sur eux est qu'ils courent et viennent1 et selon sa parole ils se prcipitent comme la tempte et se prosternent devant son trne4 ,dix ,sephiroth sans rien2 leur fin fixe leur commencement et leur commencement leur fin1 comme une flamme attache au charbon4 ,le matre est unique et il n'a pas de second4 ,or devant l',un que comptes-tu8 ,et cela continue ainsi1 longuement1 s'enfonant dans une sorte d'incomprhensible superstition de lettres et de nombres1 considrs comme des puissances abstraites4 ,il est certain que l'on fait dire de tels textes tout ce qu'on veut et qu'on en tire ce qu'on dsire4 ,on y rencontre pour la premire fois la notion des ,sephiroth que le ,zohar dveloppera amplement2 et on y dmle un systme de cration o le ,verbe1 c'est--dire la parole de ,dieu1 en exprimant les lettres alef1 mem1 schin1 comme l'explique ,s4 ,karppe1 l'un des plus savants commentateurs du livre nigmatique1 donne naissance aux trois lments1 et1 en produisant par ces lettres six combinaisons1 il donne naissance aux six directions1 c'est--dire donne aux lments la facult de se rpandre dans tous les sens4 ,puis1 imprimant dans ces lments les #bb lettres de l'alphabet1 y compris les #c lettres1 alef1 mem1 schin 7non plus en tant qu'lments substantiels1 mais formels71 et en exprimant toute la varit de mots qui rsultent de ces lettres1 il produit toute la multiplicit des choses#dh4 #dh ,s4 ,,karppe1 tudes sur les origines et la nature du ,zohar1 p4 #aei et #afc4 ,tout cela1 on le voit1 ne rvle rien de bien important2 et je ne me serais pas arrt ces charades solennelles1 si le ,sefer ,yerizah ne jouissait chez les occultistes d'une rputation qui semble assez usurpe quand on y regarde de prs1 et s'il ne servait de point de dpart et d'appui au ,zohar qui s'y rfre constamment4 ,les occultistes ont essay de nous donner des clefs du ,sefer2 mais j'avoue humblement que ces clefs ne m'ont rien ouvert4 ,somme toute1 il est assez vraisemblable1 comme le dit ,karppe1 que ce livre abscons est tout simplement le travail d'un pdagogue proccup de quintessencier en un manuel trs court1 toutes les connaissances scientifiques lmentaires relatives la lecture et la grammaire1 la cosmologie et la physique1 la division du temps et de l'espace1 l'anatomie et la doctrine juive2 et qu'au lieu d'tre l'uvre d'un mystique c'est plutt une sorte d'aide-mmoire ou d',enchiridion mnmotechnique4 ,,ii ,le ,zohar1--qui signifie l'clat1--comme le ,sefer ,yerizah1 est le fruit d'une longue fermentation mystique qui remonte une poque o le ,talmud n'tait pas encore cltur1 c'est--dire antrieure au ,v,ie sicle de notre re1 et surtout la priode appele ,gaonique4 ,aprs une assez longue clipse1 ce mysticisme recommence environ #hbj ans aprs ,j4-,c41 et se continue dans les crits des grands thologiens juifs1 ,ibn ,gabirol1 ,juda ,hallvi1 ,abn-,ezra1 et principalement dans ceux de ,mamonide4 ,ensuite1 prparant directement la ,kabbale1 viennent l'cole d',isaac l',aveugle qui est avant tout mtaphysique1 abstraction des abstractions no-platoniciennes1 comme on l'a dfinie1 o brille notamment ,nachmanide1 puis l'cole d'lazar de ,worms qui s'applique spcialement au mystre des lettres et des nombres1 et l'cole d',abulafia qui dveloppe la contemplation pure4 ,nous arrivons ainsi au ,zohar proprement dit4 ,comme la ,bible1 comme les ,vdas1 l',avesta et le ,livre des ,morts gyptien1 ce n'est pas un travail homogne1 mais le produit d'une lente incubation1 uvre de collaborateurs anonymes et nombreux1 incohrente1 dcousue1 souvent contradictoire1 o l'on trouve de tout1 le meilleur comme le pire1 les spculations les plus hautes et les divagations les plus extravagantes et les plus puriles1 le recueil1 le rservoir ou plutt le bazar o s'accumule ple-mle tout ce qui n'a pu trouver place dans la religion officielle1 parce que trop hardi1 trop lev1 trop bizarre ou trop tranger l'esprit juif4 ,il n'est pas facile de fixer la date d'une uvre de ce genre4 ,franck1 pour faire valoir son antiquit1 invoque sa forme chaldenne2 mais beaucoup de rabbins du ,moyen ge crivaient l'aramen chaldaque4 ,ensuite on a soutenu qu'il tait l'uvre du ,tanate ,simon ben ,jocha 7vers #aej aprs ,j4-,c471 mais rien n'est venu confirmer cette attribution4 ,on ne trouve aucune trace certaine de son existence avant la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,le plus probable1 et l'rudit ,s4 ,karppe arrive cette conclusion aprs avoir longuement et minutieusement discut toutes les hypothses1 est que ,mose de ,lon1 qui vcut au commencement du ,x,i,ve sicle1 fut coup sr ml la composition du ,zohar2 et s'il n'en fut pas l'auteur principal1 ramassa dans un mme tout un certain nombre de fragments mystiques1 commentaires de l'criture1 issus1 comme tant d'autres uvres de la littrature juive1 de la collaboration d'crivains multiples4 ,en tous cas1 il est certain que le ,zohar tel que nous le connaissons est relativement moderne4 ,,iii ,au ,jhovah de la ,bible1 dieu unique1 personnel1 anthropomorphe et crateur direct de l'univers1 le ,zohar substitue ou plutt superpose ou prsuppose le ,en-sof1 c'est--dire l'infini1 le ,ayin1 c'est--dire le nant1 l',ancien des anciens1 le ,mystrieux des mystrieux1 le ,long ,visage4 ,l',en-,sof1 c'est ,dieu en soi1 aussi inconnaissable1 aussi inconcevable que la ,cause sans cause ou l',esprit suprme des ,vdas1 dont il n'est qu'une rplique modifie par le gnie juif4 ,il est mme plus prs du nant que l'esprit suprme des ,hindous1 sa premire manifestation1 la premire ,sfirah1 la ,couronne est encore le nant2 il est l',ayin de l',ayin1 le nant du nant4 ,on ne l'appelle mme pas ,cela comme dans l',inde4 ,lorsque tout tait encore envelopp en lui1 dit le ,zohar1 ,dieu tait le mystrieux parmi les mystrieux4 ,alors1 il tait sans nom4 ,le seul terme qui lui convnt et t l'interrogatif3 ,qui#di8 #di ,zohar1 ,,ii1 #aje4 ,on ne peut en donner que des descriptions ngatives et contradictoires4 ,il est spar puisqu'il est suprieur tout1 et il n'est pas spar4 ,il a une forme et il n'a pas de forme4 ,il a une forme en tant qu'il tablit l'univers et il n'a pas de forme en tant qu'il n'y est pas enferm#ej4 #ej ,zohar1 ,,iii1 #bhh-;a4 ,avant le dveloppement de l'univers1 il n'tait pas ou n'tait qu'un point d'interrogation dans le nant4 ,nous retrouvons donc ici1 au dpart1 l'aveu d'une ignorance absolue1 invincible1 irrductible4 ,l',en-,sof n'est qu'un agrandissement illimit de l',inconnaissable2 le ,dieu de la ,bible est absorb et disparat dans une immense abstraction2 de l la ncessit du secret4 ,mais cette ngation inconcevable1 impntrable1 immobile1 ternelle1 il fallait1 comme la ,cause suprme des religions de l',inde1 la faire sortir de son nant et de son immobilit1 la faire passer de l'infini au fini1 de l'invisible au visible1 et c'est ici que commencent les difficults4 ,dieu tant l'infini1 c'est--dire remplissant tout1 comment1 ct de l',en-,sof1 l'infini1 y a-t-il place pour le ,sof1 le fini8 ,le ,zohar est visiblement embarrass et ses explications l'garent loin de l'humble et grandiose simplicit de la thosophie hindoue4 ,il rpugne avouer son ignorance1 il veut rendre compte de tout et1 ttonnant dans l',inconnaissable1 s'embrouille en des interprtations souvent inconciliables et1 quand le sol manque sous ses pas1 a recours des allgories et des mtaphores pour masquer l'impuissance de la pense ou donner une issue apparente l'impasse o il s'est engag4 ,il se demande un moment s'il admettra la cration ex nihilo1 en tendant ce premier acte le caractre incomprhensible de la divinit2 puis il parat se raviser et se rallie la doctrine de l'manation qu'il a trouve dans l',inde1 dans le ,zoroastrisme et chez les no-platoniciens4 ,il la modifie pour l'adapter au gnie juif et la complique l'extrme1 sans parvenir l'claircir4 ,cette thorie de l'manation1 dans le ,zohar1 est en effet trangement obscure1 incertaine1 htroclite et tombe chaque instant dans l'anthropomorphisme4 ,pour faire place l'univers1 ,dieu qui remplissait tout se concentre1 et dans l'espace laiss libre irradie sa pense et extriorise une partie de lui-mme4 ,cette premire manation ou irradiation c'est la premire ,sfirah1 ,la ,couronne4 ,elle reprsente l'infini ayant fait un pas vers le fini1 le ,nant ayant fait un pas vers l'tre1 la substance premire4 ,de cette premire ,sfirah1 presque encore le nant1 mais un nant plus accessible notre esprit1 manent en voluant deux nouvelles ,sfiroth1 la ,sagesse1 principe mle1 et l',intelligence1 principe femelle2 c'est--dire qu' partir de la ,couronne1 apparaissent les contraires1 la premire diffrenciation des choses4 ,de l'union de la ,sagesse et de l',intelligence nat la ,science2 nous avons ainsi l',ide pure1 la ,pense extriorise et la ,voix ou la ,parole qui relie la premire la deuxime4 ,a cette premire trinit de ,sfiroth en succde une autre3 la ,grce ou ,grandeur1 la ,justice ou ,svrit ou ,force et leur mdiatrice la ,beaut4 ,enfin les ,sfiroth confondues dans la ,beaut voluent encore et produisent un troisime groupe1 ,victoire1 ,gloire1 ,fondement1 et enfin la ,sfirah ,empire ou ,royaut qui ralise toutes les ,sfiroth dans l'univers visible4 ,l'ensemble des ,sfiroth forme d'autre part le mystrieux ,adam ,kadmon1 l'homme suprieur1 l'homme primordial1 dont les occultistes nous parleront abondamment et qui lui-mme reprsente l'univers4 ,cette explication de l'inexplicable1 comme toutes les explications de ce genre1 n'explique en somme rien du tout et cache l'incomprhensible sous un flot d'ingnieuses mtaphores4 ,obissant1 comme l'avaient fait les religions antrieures1 la ncessit de jeter un pont entre l'infini et le fini1 entre l'inconcevable et la pense1 au lieu de se contenter comme l',inde1 du rveil ou du ddoublement de la ,cause suprme1 ou du ,logos gyptien1 ,perse et no-platonicien1 elle multiplie les passerelles en multipliant les intermdiaires2 mais pour tre nombreuses1 ces passerelles n'en aboutissent pas moins au mme aveu d'ignorance4 ,en tout cas cette explication1 en dissimulant ce nouvel aveu sous un monceau d'images1 a l'avantage de relguer dans une sorte d',in pace inaccessible1 le premier aveu1 le plus embarrassant1 l'aveu principal qui place hors de notre porte la cause premire et l'existence de ,dieu4 ,a partir de la cration des ,sfiroth et de l'univers1 l',en-,sof est gnralement oubli2 comme le ,cela de l',inde1 comme le ,noun de l'gypte1 on le passe volontiers sous silence1 on s'interroge rarement son sujet4 ,mme pour une doctrine secrte et mystrieuse comme la ,kabbale1 il est trop secret1 trop mystrieux1 trop incomprhensible1 et toute l'attention se porte uniquement sur des manations que l'imagination lui prte et que l'on croit connatre parce qu'on leur a donn des noms1 des vertus1 des fonctions1 des attributs1 en un mot parce qu'on les a cres soi-mme4 ,,iv ,quand l',en-,sof a-t-il commenc ses manations8 ,a cette question que l',inde rsolvait par la thorie des sommeils et des rveils de ,brahma1 sans commencement ni fin1 la ,kabbale ne rpond pas trs clairement4 ,avant1 dit-elle1 que ,dieu et cr ce monde1 il avait cr beaucoup de mondes et il les avait fait disparatre jusqu' ce qu'il lui vnt la pense de crer celui-ci#ea4 ,que sont devenus ces mondes disparus8 ,c'est le privilge1 rpond-elle1 de la force du roi suprme que ces mondes qui ne purent prendre forme ne prissent pas1 que rien ne prit1 mme le souffle de sa bouche2 tout a sa place et sa destination et ,dieu sait ce qu'il en fait4 ,mme la parole de l'homme et le son de sa voix ne tombent pas dans le nant1 toute chose a sa place et sa demeure#eb4 #ea ,,iii1 #fa-;b4 #eb ,,ii1 #ajj-;b4 ,et notre monde que devient-il8 ,o va-t-il8 ,quelle est sa destine8 ,le ,zohar tant une uvre htroclite1 une compilation trs tardive1 sa doctrine1 cet gard1 est beaucoup moins nette que celle du brahmanisme2 mais dgage des lments illogiques et trangers qui souvent traversent et dtournent son cours1 elle arrive galement au panthisme1 et par le panthisme l'optimisme invitable4 ,l',en-,sof1 l'infini1 est tout1 par consquent tout est lui4 ,pour se manifester1 le pur abstrait se dveloppe par des intermdiaires et1 se dgradant volontairement par bont1 aboutit la pense et la matire qui n'est que la dernire dgradation de la pense2 et quand viendra l're messianique1 toute chose rentrera dans sa racine1 comme elle en tait sortie#ec4 #ec ,,iii1 #bif4 ,l'homme qui dans le ,zohar est le centre du monde et le microcosme1 peut dj1 ds sa mort1 jouir de ce retour dans le parfait1 et son me purifie recevoir le baiser de paix qui l'unit nouveau et jamais sa racine1 son principe#ed4 #ed ,i1 #fh-;a4 ,et le mal8 ,le mal dans le ,zohar1 comme dans le ,brahmanisme1 est la matire4 ,l'homme par sa victoire sur le mal triomphe de la matire ou plutt subordonne en lui la matire une vocation plus haute2 il ennoblit la matire et la fait remonter du point extrme o elle tait relgue vers le lieu de ses origines4 ,en lui1 qui est le grand conscient1 la matire prend conscience de la distance qui la spare du bien suprme1 et elle tend vers ce bien4 ,par l'homme les tnbres aspirent vers la lumire1 le multiple vers l'un1 la nature entire vers ,dieu4 ,par l'homme ,dieu se refait lui-mme aprs avoir travers toute la magnifique diversit des tres4 ,puisque l'homme est une expression rsume de tout1 quand il a vaincu le mal en lui1 il l'a vaincu dans le tout1 il entrane dans son ascension tous les lments infrieurs1 et par sa monte s'opre la monte du cosmos tout entier#ee4 #ee ,s4 ,,karppe1 op4 cit41 p4 #dgh4 ,mais pourquoi le mal tait-il ncessaire8 ,pourquoi1 se demande le ,zohar1 si l'me est d'essence cleste descend-elle sur la terre8 ,la rponse cette grande question qu'aucune religion n'a donne1 le ,zohar1 selon son habitude quand il se trouve embarrass1 l'esquive par une allgorie3 ,un roi envoya son fils la campagne afin qu'il y devnt robuste et acqut les connaissances ncessaires4 ,aprs quelque temps on lui annona que son fils avait grandi1 qu'il s'tait fortifi et que son ducation tait acheve4 ,alors il envoya1 par amour pour lui1 la reine elle-mme le prendre et le ramener au palais4 ,ainsi la nature enfante au roi de l'univers un fils1 l'me cleste et il l'envoie aux champs1 c'est--dire dans l'univers terrestre afin qu'il se fortifie et s'ennoblisse#ef4 #ef ,i1 #bde4 ,les disciples de ,r4 ,simon ben ,zemach ,durn1 l'un des grands docteurs du ,zohar1 lui demandent3 ,ne vaudrait-il pas mieux que l'homme ne ft pas n1 plutt que de natre avec la facult de pcher et d'irriter ,dieu8 ,et le matre rpond3 ,certes non1 car l'univers1 sous la forme qu'il a1 est ce qu'il y a de meilleur4 ,or1 la loi est indispensable au maintien de cet univers1 autrement l'univers serait un dsert2 et l'homme son tour est indispensable la loi444 ,les disciples comprirent et dirent3 ,certes ,dieu n'a pas cr le monde sans cause2 la loi est en effet le vtement de ,dieu1 ce par quoi il est accessible4 ,sans la vertu humaine ,dieu n'aurait qu'un vtement misrable4 ,celui qui fait le mal souille en son me le vtement de ,dieu1 et celui qui-accomplit le bien se revt de la magnificence divine#eg4 ,nous aurions mauvaise grce de nous montrer plus exigeants que ces disciples accommodants et respectueux4 #eg ,i1 #bc-;a-b4 ,une autre question capitale1 l'ternit des peines1 est galement esquive4 ,logiquement1 une religion panthiste ne saurait admettre que ,dieu chtie et torture ternellement une partie de lui-mme4 ,le ,zohar dit bien quelque part3 ,combien y a-t-il d'mes et d'esprits qui sont rouls ternellement et ne revoient plus jamais les parvis clestes6 ,mais d'un autre ct1 il enseigne expressment la doctrine de la transmigration1 c'est--dire de la purification graduelle des mes par les existences successives2 et il appuie cette doctrine videmment emprunte aux grandes religions antrieures1 sur des textes de la ,bible1 entre autres sur l',ecclsiaste 7,,iv1 #b71 o il est dit3 ,et je loue les morts qui sont dj morts plus que les vivants qui vivent encore4 ,que signifie1 se demande le ,zohar1 les morts qui sont dj morts8 ,ce sont ceux qui sont dj morts une fois auparavant1 c'est--dire qui n'en sont plus leur premire prgrination4 ,or1 il est vident que la doctrine de la transmigration purificatrice exclut ncessairement les peines ternelles4 ,v ,le ,zohar est donc1 je l'ai dj dit1 une vaste compilation anonyme qui1 sous prtexte de rvler des initis le sens secret de la ,bible et spcialement du ,pentateuque1 habille de vtements juifs les grands aveux d'ignorance des grandes religions antrieures1 en surchargeant ces vtements de tous les ornements nouveaux et compliqus que lui fournissent les ,essniens1 les no-platoniciens1 les gnostiques et mme les premiers sicles du christianisme4 ,il est1 qu'il l'avoue ou non1 sur les points capitaux1 nettement agnostique1 comme le ,brahmanisme4 ,il est panthiste comme lui4 ,pour lui aussi la cration est plutt une manation et le mal est galement la matire et la sparation ou la multiplicit1 et le bien le retour l'esprit et l'unit4 ,il admet enfin la transmigration des mes et leur purification et par consquent le ,karma1 de mme que l'absorption finale en la divinit1 c'est--dire le ,nirvana4 ,il est curieux de le constater1 nous avons ici1 pour la premire fois1--car les autres ne sont pas arrives jusqu' nous1--une doctrine sotrique et se proclamant telle1 et cette doctrine n'a pas autre chose nous apprendre que ce que nous apprenaient sans rticences et sans mystres1 du moins leur dbut1 les religions primitives4 ,comme celles-ci1 avec ses grands aveux et ses expdients1 diffrents de forme1 mais au fond identiques1 pour passer du nant l'tre1 de l'infini au fini1 de l'inconnaissable au connu1 elle appartient la mme tradition rationaliste qui tente d'expliquer l'inexplicable par de plausibles hypothses et des inductions auxquelles nous pourrions donner d'autres tournures et d'autres noms1 mais qu'en somme nous serions incapables1 mme aujourd'hui1 d'amliorer sensiblement4 ,tout au plus serions-nous tents de renoncer toute explication et d'tendre l'aveu d'ignorance l'ensemble des origines1 des manifestations et des fins de la vie1 ce qui serait peut-tre le plus sage4 ,elle nous montre ainsi que toute doctrine secrte ne fut probablement jamais et sans doute ne saurait tre autre chose2 et que les rvlations les plus hautes qu'on nous ait apportes furent toujours tires de l'homme par l'homme mme4 ,on imagine facilement l'importance que prit durant le ,moyen ge cette doctrine occulte4 ,connue seulement de quelques initis1 enveloppe de formules et d'images incomprhensibles1 chuchote de bouche oreille au milieu de dangers terribles1 elle avait un rayonnement souterrain1 une sorte d'attrait sombre et irrsistible4 ,elle regardait le monde de beaucoup plus haut que la ,bible qu'elle considrait comme un tissu d'allgories derrire lesquelles se cachait une vrit qu'elle connaissait seule2 elle apportait aux hommes1 travers les broussailles de ses vgtations bizarres et parasites1 les derniers chos des grands enseignements de la raison humaine son aurore4 ,,les ,,herm,,tistes ,i ,tout l'occultisme ou l'hermtisme du ,moyen ge sort donc de la ,kabbale et des crits alexandrins en y ajoutant peut-tre certaines traditions de pratiques magiques trs rpandues dans l'ancienne gypte et la ,chalde4 ,la partie thosophique et philosophique de cet occultisme n'a donc rien nous apprendre4 ,elle n'est qu'un reflet dform1 une redite extrmement corrompue et souvent mconnaissable de ce que nous avons dj vu et entendu4 ,l'appareil mystrieux dont elle s'entoure1 et qui d'abord intrigue et fait illusion1 n'est qu'une prcaution indispensable pour cacher aux yeux de l'glise les affirmations dfendues1 hrtiques et dangereuses qu'elle renfermait4 ,l'iconographie occultiste1 les signes1 les toiles1 les triangles1 les pentagrammes1 les pentacles taient au fond des aide-mmoire1 des mots de passe1 ou des sortes de rbus qui permettaient aux affids de se reconnatre et de se communiquer des vrits que menaaient sans cesse le bcher et1 aprs les explications qu'on nous a donnes1 ne reclent et ne pouvaient rien recler qui ne nous semble aujourd'hui parfaitement admissible et inoffensif4 ,l'alchimie mme1 qui demeure la rgion la plus intressante de l'occultisme mdival1 n'est en somme qu'un trompe-l'il1 une sorte d'cran derrire lequel les vritables initis cherchaient le secret de la vie4 ,le ,grand uvre1 dit liphas ,lvi1 n'tait pas proprement parler le secret de la transmutation des mtaux1 rsultat accessoire1 mais l'arcane universel de la vie1 la recherche du point central de transformation o la lumire se fait matire et se condense en une terre qui contient en elle le principe du mouvement et de la vie444 ,c'est la fixation de la lumire astrale par une magie souveraine de la volont4 ,ce qui nous mne aux phnomnes odiques1 dont nous parlerons plus loin1 qui nous mettent sur la voie de cette fixation4 ,bien plus1 aux yeux des grands initis1 la recherche de l'or n'tait qu'un symbole qui voilait la recherche du divin et des facults divines dans l'homme2 et seuls les alchimistes infrieurs qui prenaient au pied de la lettre les indications cabalistiques des grimoires1 s'puisaient rsoudre des problmes et se ruinaient poursuivre des expriences qui du reste firent faire la chimie des progrs et des dcouvertes que1 sur certains points1 elle n'a pas encore dpasss4 ,,ii ,d'autre part1 on s'imagine trop volontiers que l'occultisme du ,moyen ge est avant tout diabolique4 ,la vrit est que les initis ne croyaient pas au dmon et ne pouvaient y croire1 puisqu'ils n'admettaient pas la rvlation chrtienne telle que l'glise la leur prsentait4 ,pas de dmons en dehors de l'humanit est un des axiomes fondamentaux du haut occultisme4 ,c'est1 disait ,van ,helmont1 le fruit d'une paresse sans bornes que d'attribuer au diable ce que nous ne connaissons pas4 ,il ne faut pas en laisser l'honneur au diable1 protestait de son ct ,paracelse4 ,les dmons et les diables1 les anges dchus ou les damns entours de flammes ternelles ne grouillent que dans les bas-fonds de la magie noire ou de la sorcellerie4 ,la fantasmagorie des sabbats nous masque trop souvent le vritable occultisme qui tait avant tout1 au sein d'un pril de mort incessant et parmi des tnbres hostiles1 la recherche ttonnante et passionne d'une vrit1 ou du moins d'une apparence de vrit1 car il n'y a pas autre chose en ce monde1 qui avait rayonn1 qui rayonnait peut-tre encore quelque part1 mais qui semblait perdue et dont on ne retrouvait que des dbris prcieux mais informes1 mls l'paisse poussire de mensonges irritants et dcevants2 et le meilleur des forces s'puisait un triage ingrat4 ,,iii cartant les esprits infernaux1 ils croyaient cependant l'existence et l'intervention d'autres tres invisibles4 ,ils taient convaincus que le monde qui chappe nos sens est beaucoup plus peupl que celui que nous percevons1 et que nous vivons au milieu d'une foule de prsences diaphanes mais attentives et actives qui1 le plus souvent1 agissent sur nous notre insu1 mais sur lesquels1 par une ducation spciale de notre volont1 nous pouvons agir notre tour4 ,ces invisibles ne sortaient pas de l'enfer1 puisque pour les initis du ,moyen ge1 presque aussi srement que pour les fidles des grandes religions1 aux temps o l'initiation n'tait pas encore ncessaire1 l'enfer n'tait pas un lieu de torture et de maldiction1 mais un tat d'me aprs la mort4 ,c'taient ou des esprits errant hors de la chair1 valant peu prs ce qu'ils avaient valu durant leur vie terrestre1 ou les esprits d'tres qui n'avaient pas encore t incarns1 appels lmentaux1 esprits neutres1 indiffrents1 moralement amorphes et abouliques et faisant le bien ou le mal selon la volont de celui qui avait appris les dominer4 ,il est incontestable que certaines expriences de nos spirites1 notamment celles de la ,correspondance croise1 certaines apparitions posthumes presque scientifiquement constates1 certains phnomnes de matrialisation1 d'idoplastie et de lvitation remettent srieusement en question la plausibilit de ces thories4 ,quant aux scnes d'vocation qui flottent souvent entre la haute magie et la gotie ou magie noire1 et qui1 aux yeux du vulgaire1 occupent1 avec l'alchimie et l'astrologie1 les trois points culminants de l'occultisme1 leur appareil solennel1 leurs formules cabalistiques et leur rituel impressionnant mis part1 elles correspondent exactement aux vocations plus familires qui se font chaque jour autour de nos tables tournantes1 de l'humble ,ouid-,ja ou des miroirs magiques4 ,elles correspondent aussi aux manifestations que produisait par exemple la clbre ,eusapia ,paladino et que ralise en ce moment1 sous les contrles les plus svres1 le mdium de ,mme ,bisson1 avec cette diffrence qu'au lieu du fantme humain qu'attendent aujourd'hui les assistants1 les croyants du ,moyen ge voulaient voir le diable en personne1 et le diable qui hantait leur pense leur apparaissait tel qu'ils se l'imaginaient4 ,y a-t-il en ces manifestations auto-suggestion1 suggestion collective1 exsudation1 transfert et cristallisation de matire spiritualise emprunte aux spectateurs1 ou s'y mle-t-il un lment extra-terrestre et inconnu8 ,s'il est impossible de le dmler quand il s'agit de faits qui se passent sous nos yeux1 plus forte raison serait-il tmraire de trancher la question quand elle s'adresse des phnomnes vieux de plusieurs sicles1 qui ne nous sont connus que par des relations plus ou moins tendancielles4 ,,iv ,enfin l'alchimie et l'astrologie1 les deux autres sommets auxquels je viens de faire allusion1 sont1 dans l'occultisme du ,moyen ge1 des sciences de seconde main qui ne nous apportent1 au point de vue du grand secret1 aucun lment nouveau et dont les origines grecques1 juives et arabes ne se rattachent l'gypte et la ,chalde que par des crits apocryphes et relativement rcents4 ,cette tude1 en ce qui concerne l'alchimie1 a t magistralement faite par ,pierre ,berthelot dans son livre sur les ,origines de l',alchimie4 ,il a puis le sujet1 tout au moins en sa partie chimique2 mais on pourrait peut-tre complter son uvre au point de vue hyperchimique1 ou mtachimique ou psychochimique qui ne semble pas moins important4 ,il serait galement souhaitable qu'un grand astronome philosophe nous donnt sur l'astrologie le pendant de cet admirable travail2 mais jusqu'ici les sources sont si pauvres qu'il ne parat gure possible de l'entreprendre4 ,il en faudrait faire autant pour la mdecine hermtique qui du reste est lie l'alchimie et l'astrologie4 ,mais l'alchimie et l'astrologie qui ne sont en somme que de la chimie et de l'astronomie transcendentales1 prtendant dpasser la matire et les astres pour atteindre les principes spirituels et ternels qui constituent l'une et dirigent les autres1 ne nous rserveraient peut-tre des surprises et des rvlations que si l'on pouvait remonter directement leurs sources hindoues1 gyptiennes et chaldennes1 ce qu'on n'a pu faire jusqu'ici1 car nous n'avons1 qui s'en rapproche1 que le fameux ,papyrus de ,leyde1 et cet unique document n'est que le carnet d'un orfvre gyptien renfermant des formules pour composer des alliages1 dorer les mtaux1 teindre les toffes en pourpre et imiter et falsifier l'or et l'argent4 ,v ,parmi les occultistes mdivaux1 presque tous alchimistes1 bornons-nous rappeler les noms de ,raymond ,lulle 7,x,i,i,ie sicle71 ,doctor ,illuminatus1 auteur de l',ars ,magna1 peu prs illisible aujourd'hui1 ,nicolas ,flamel 7,x,ve sicle71 qui selon ,berthelot n'est qu'un pur charlatan1 ,reuchlin1 ,weigel1 le matre de ,bohme1 ,bernard le ,trvisan1 ,basile ,valentin qui tudia surtout l'antimoine1 les deux ,isaac1 pre et fils1 ,jean ,trithme1 qu'liphas ,lvi appelle le plus grand magicien dogmatique du ,moyen ge1 bien que sa clbre cryptographie1 ,polygraphia ou ,steganographia1 soient des jeux de lettres assez purils1 et son lve1 ,cornlius ,agrippa auteur de ,de ,occulta ,philosophia1 qui rdite simplement des thories de l'cole d',alexandrie1 et n'est1 au dire d'liphas ,lvi1 qu'un audacieux profanateur1 heureusement trs superficiel dans ses crits4 ,nous avons encore1 au ,x,v,ie sicle1 ,guillaume ,postel qui sut le grec1 l'hbreu et l'arabe1 voyagea beaucoup et rapporta en ,europe d'importants manuscrits orientaux1 entre autres les uvres d',aboul-,fda1 l'historien arabe du ,x,i,i,ie sicle4 ,le cher et bon ,guillaume ,postel1 crit liphas ,lvi dans une lettre au baron ,spdaliri1 notre pre en la ,sainte ,science1 puisque nous lui devons la connaissance du ,sefer ,jesirah et du ,zohar1 et t le plus grand initi de son sicle si le mysticisme asctique et le clibat forc n'avaient fait monter son cerveau les fumes enivrantes de l'enthousiasme qui ont fait parfois dlirer sa haute raison1 remarque1 soit dit en passant1 qui1 pourrait s'appliquer des hermtistes d'autres temps et d'autres pays4 ,aprs ,henri ,khunrath1 ,oswald ,crollius1 etc41 nous passons au ,x,v,i,ie sicle1 ses dbuts1 la grande poque de l'alchimie qui se rapprocha davantage de la science proprement dite4 ,van ,helmont dcouvre le suc gastrique1 ,glauber le sulfate de soude1 les huiles lourdes du goudron et entrevoit le chlore1 tandis que ,kunckel trouve le phosphore4 ,si je faisais ici une histoire gnrale de l'occultisme1 au lieu de rechercher simplement ce qu'ont nous apprendre d'indit les derniers adeptes1 conscients ou inconscients d'une sagesse occulte dont nous avons suivi les traces travers les ges1 j'aurais d m'arrter un instant ces mystrieux ,templiers qui adoptrent en partie les traditions juives et les rcits du ,talmud2 et auxquels succdrent les ,rose-,croix4 ,je devrais aussi mettre part et tudier un peu plus longuement deux figures bizarres et nigmatiques qui dominent et rsument tout l'occultisme du ,moyen ge1 savoir ,paracelse et ,jakob ,bohme4 ,mais les tudier de prs on constate qu'eux non plus1 quelles que soient leurs prtentions1 ne tirrent pas d'une source inconnue les rvlations qu'ils apportrent et qui bouleversrent leurs contemporains4 ,philippus-,aurolus-,thophrastus-,bombas t von ,hohenheim1 dit ,paracelsus 7traduction approximative de ,hohenheim71 n en ,suisse en #adic et mort ,salzbourg en #aeda1 porte le poids d'une injuste lgende qui le reprsente comme un ivrogne1 un dbauch1 un charlatan et un fou4 ,il eut sans doute bien des dfauts et ne parat pas toujours parfaitement quilibr1 mais n'en demeure pas moins un des tres les plus extraordinaires que mentionne l'histoire4 ,il tait no-platonicien et par consquent n'ignorait pas les crits alexandrins accessibles aux hermtistes de son temps2 mais il est probable qu'en outre1 au cours de ses voyages en ,turquie et en gypte1 il eut plus directement connaissance de certaines traditions asiatiques au sujet du corps thrique ou astral1 thories sur lesquelles il fonda toute sa mdecine4 ,il enseigne en effet1 comme l'enseignaient d'anciens traits hindous qu'ont depuis remis en lumire les thosophes1 que nos maladies viennent non pas de notre corps physique mais de notre corps thrique qui correspond peu prs ce que nous appelons aujourd'hui le subconscient1 et qu'en consquence il faut agir avant tout sur ce subconscient4 ,il est certain que bien des faits1 dans bien des cas1 tendent confirmer cette hypothse1 et c'est peut-tre de ce ct que s'orientera la thrapeutique de demain4 ,selon lui1 les plantes mmes ont un corps thrique1 et les mdicaments n'agissent pas en vertu de leurs proprits chimiques mais en vertu de leurs proprits astrales1 ce qui est encore un point que la dcouverte assez rcente de l',od1 que nous retrouverons plus loin1 semble corroborer4 ,ses ides touchant l'existence d'un fluide vital universel1 l',akahsa des ,hindous1 qu'il appelait l',alkahest1 et de la ,lumire astrale des ,kabbalistes1 sont aussi de celles que nos thories modernes sur le rle prpondrant de l'ther rappellent notre attention4 ,il est vident1 d'autre part1 qu'il a souvent dpass la mesure2 en systmatisant outrance et purilement des concordances purement apparentes ou verbales entre certaines parties du corps humain et celles des plantes mdicinales2 de mme que ses affirmations au sujet des ,arches1 sortes de gnies particuliers prposs au fonctions des divers organes et ses fantaisies charlatanesques de l',homunculus1 ne sont plus dfendables4 ,mais ces erreurs taient inhrentes la science de son temps et ne sont peut-tre pas beaucoup plus ridicules que les ntres4 ,tout compte fait1 il reste de lui le souvenir d'un prcurseur bien tonnant et d'un visionnaire prodigieux4 ,quant ,jakob ,bohme1 le fameux cordonnier de ,goerlitz1 son cas serait miraculeux et absolument inexplicable s'il avait rellement t l'illettr qu'on a dit4 ,mais cette lgende doit tre dcidment carte4 ,bohme avait tudi les thosophes allemands1 notamment ,paracelse1 et connaissait parfaitement les no-platoniciens dont il rdite en somme les doctrines1 en les dformant un peu1 en les enveloppant d'une phrasologie plus obscure mais parfois inattendue et trs impressionnante1 et en y mlant des lments de ,kabbale1 de mathmatiques mystiques et d'alchimie4 ,je renvoie ceux qu'intresserait cet esprit trange et assurment gnial1 mais trs ingal--car il y a dans son uvre un fatras illisible-- l'tude que lui a consacre mile ,boutroux sous ce titre3 ,le ,philosophe ,allemand ,jacob ,bmhe4 ,ils ne sauraient trouver meilleur guide4 ,,les ,,occultistes ,,modernes ,i ,avant les dcouvertes des indianistes et des gyptologues1 les occultistes modernes que l'on peut1--mettant part ,swedenborg1 un grand visionnaire isol1--faire remonter ,martinez ,pasqualis1 n en #agae et mort en #aggi1 ont forcment travaill sur les mmes textes et les mmes traditions1 s'attachant tour tour1 selon leurs gots1 la ,kabbale1 ou aux thories alexandrines4 ,pasqualis n'a rien crit1 mais a laiss la lgende d'un prestigieux magicien4 ,son disciple1 ,claude de ,saint-,martin1 le ,philosophe ,inconnu1 est une sorte de thosophe intuitif qui finit par redcouvrir ,jakob ,bohme4 ,ses livres1 bien penss et remarquablement crits1 peuvent encore se lire avec plaisir et mme avec fruit4 ,sans nous arrter au comte de ,saint-,germain1 qui prtendait avoir gard le souvenir de toutes ses existences antrieures1 ,cagliostro1 puissant illusionniste et redoutable charlatan1 au marquis d',argens1 dom ,pernetty1 d',esprmnil1 ,lavater1 ,eckartshausen1 ,delille de ,salle1 l'abb ,terrasson1 ,bergasse1 ,clootz1 ,court de ,gebelin1 ni tous les mystiques qui vers la fin du ,x,v,i,i,ie sicle pullulrent dans l'aristocratie et les loges maonniques et faisaient partie des associations secrtes qui prparrent la ,rvolution1 mais n'ont rien de srieux nous apprendre1 retenons le nom de ,fabre d',olivet1 crivain de premier ordre1 qui nous donne de la ,gense de ,mose une interprtation nouvelle1 hardie et grandiose sur la valeur de laquelle1 n'tant pas hbrasant1 je n'ai pas qualit pour me prononcer1 mais que la ,kabbale rcemment tudie semble confirmer et qui se prsente entoure d'un appareil scientifique et philologique impressionnant4 ,,ii ,et voici liphas ,lvi avec ses livres aux titres inquitants3 ,histoire de la ,magie1 ,la ,clef des ,grands ,mystres1 ,dogme et rituel de la ,haute ,magie1 ,le ,grand ,arcane ou l',occultisme dvoil1 etc41 le dernier matre de l'occultisme proprement dit1 de l'occultisme qui prcde immdiatement celui de nos mtapsychistes qui ont dfinitivement renonc la ,kabbale1 la ,gnose1 aux ,alexandrins et ne se rclament plus que de l'exprience scientifique4 liphas ,lvi1 de son vrai nom ,alphonse-,louis-,constant1 n en #ahaj et mort en #ahge1 rsume en quelque sorte tout l'occultisme du ,moyen ge avec ses ttonnements1 ses demi-vrits1 ses connaissances tronques1 ses intuitions1 ses irritantes obscurits1 ses agaantes rticences1 ses erreurs et ses prjugs4 crivant avant d'avoir su ou voulu profiter des principales dcouvertes des indianistes et des gyptologues et des travaux de la critique contemporaine1 dnu lui-mme de tout esprit critique1 il ne travaillait que sur les documents mdivaux dont nous avons parl2 et le ,sfer ,yerizah1 le ,zohar 7dont il ne connaissait du reste que les fragments fantaisistes de la ,kabbala ,denudata71 le ,talmud et l',apocalypse mis part1 s'attachait de prfrence aux plus indiscutablement apocryphes4 ,a ct de ceux que je viens de citer1 ses trois livres de chevet taient le ,livre d',hnoch1 les crits d',herms ,trismgiste et le ,tarot4 ,le ,livre d',hnoch1 attribu par la lgende au patriarche ,hnoch1 fils de ,jared et pre de ,mathusalem1 doit se placer aux environs de l're chrtienne1 attendu que le dernier vnement connu par son auteur est la guerre d',antiochus ,sidetes contre ,jean ,hyrcan4 ,c'est un livre apocalyptique1 probablement crit par un ,essnien1 comme le prouve son angologie1 et qui exera une profonde influence sur le mysticisme juif d'avant le ,zohar4 ,les crits d',herms ,trismgiste1 que ,louis ,mnard a traduits et auxquels il a consacr une tude dfinitive#eh1 attribus ,thoth1 l',herms gyptien1 nous rvlent dans leur conception de ,dieu de trs curieuses analogies avec les livres sacrs de l',inde1 notamment le ,baghavat-,gita1 nous montrent une fois de plus l'universelle infiltration de la grande religion primitive4 ,mais chronologiquement1 il n'y a pas le moindre doute3 le ,poimandrs1 l',asclpios et les fragments du ,livre ,sacr1 sont ns ,alexandrie4 ,la thologie hermtique est pleine de penses et d'expressions no-platoniciennes et d'autres empruntes ,philon2 et des passages entiers du ,poimandrs peuvent tre juxtaposs l',apocalypse de ,saint-,jean et lui font cho1 ce qui prouve que les deux ouvrages ont t crits des dates peu loignes l'une de l'autre4 ,il n'est donc pas surprenant que1 non plus que ,jamblique1 ils n'aient rien nous apprendre sur la religion de l'antique gypte1 puisqu' l'poque o les ,grecs l'tudirent1 la symbolique de cette religion1 comme le remarque ,louis ,mnard1 tait dj une lettre morte pour ses prtres eux-mmes4 #eh ,,louis ,m,,nard1 ,herms ,trismgiste4 ,quant au ,tarot1 il serait1 au dire des occultistes1 le premier livre crit de main humaine et antrieur ceux de l',inde1 d'o il aurait pass en gypte4 ,malheureusement1 on n'en trouve pas trace dans l'archologie de ces deux pays4 ,il est vrai qu'une chronique italienne nous apprend que le premier jeu de cartes1 qui n'est que le ,tarot vulgaris1 fut import ,viterbe1 en #acgi1 par les ,sarrasins1 ce qui rvle une origine orientale4 ,en tout cas1 sous sa forme actuelle1 il ne remonte qu' ,jacquemin ,gringonneur1 enlumineur du temps de ,charles ,,vi4 ,il est vident qu'ainsi document1 liphas ,lvi n'a rien de bien srieux nous rvler4 ,il est en outre embarrass par l'ingrate et impossible tche qu'il s'est impose en voulant concilier l'occultisme avec le dogme catholique4 ,mais son rudition1 dans sa sphre1 est remarquable1 et il a parfois d'tonnantes intuitions qui semblent avoir entrevu1 notamment en ce qui touche aux mdiums1 aux fluides odiques1 aux manifestations de l'astral1 plus d'une dcouverte de nos mtapsychistes4 ,en outre1 lorsqu'il aborde un sujet qui n'est pas purement chimrique1 et qui tient des ralits profondes1 en morale par exemple1 et mme en politique1 et quand1 comme le font frquemment les occultistes1 il ne s'enveloppe pas d'nervants sous-entendus qui paraissent craindre d'en dire trop et ne trahissent au fond que la peur de n'avoir rien dire1 il lui arrive d'crire d'excellentes pages qui1 aprs la vogue exagre dont elles jouirent1 ne mritent pas l'injuste oubli auxquelles on semble les condamner4 ,,iii ,dans l'cole d'liphas ,lvi1 et suivant peu prs les mmes errements1 on peut ranger deux hommes de valeur3 ,stanislas de ,guaita et le docteur ,encausse1 plus connu sous le nom de ,papus4 ,leur cas est assez spcial4 ,ce sont deux grands rudits qui connaissent fond la littrature kabbalistique1 grco-gyptienne et tout l'hermtisme du ,moyen ge4 ,ils sont galement au courant des travaux des orientalistes1 des gyptologues1 des thosophes et des recherches de nos occultistes purement scientifiques4 ,ils savent aussi que les textes qu'ils invoquent sont des apocryphes extrmement suspects2 et quoiqu'ils le sachent et parfois le proclament1 ils partent de ces textes1 s'y attachent1 s'y confinent et fondent sur eux leurs thories1 comme s'il s'agissait de documents authentiques et indiscutables4 ,ainsi de ,guaita difie la partie la plus importante de son uvre sur la ,table d'meraude1 un apocryphe de l'apocryphe ,trismgiste1 aprs avoir dclar3 ,nous ne chicanerons point sur l'authenticit1 l'attribution et la date de l'un des documents les plus magistralement initiatiques que nous ait transmis l'antiquit grco-gyptienne4 ,les uns s'obstinent n'y voir que l'uvre amphigourique d'un rveur alexandrin1 d'autres taxent mme ce document d'apocryphe du ,ve sicle4 ,quelques-uns le veulent de quatre mille ans plus ancien4 ,que nous importe444 ,il est certain que cette page rsume les traditions de l'antique gypte#ei4 #ei ,,stanislas ,,de ,,guaita1 ,la ,clef de la ,magie noire1 p4 #aai4 ,ce n'est pas certain du tout1 attendu que les monuments authentiques de l'gypte des ,pharaons ne nous fournissent absolument rien qui confirme ce rsum abscons1 et le ,que nous importe1 n'est-il pas bien cavalier quand il s'agit d'un texte dont on fait la clef de vote de sa doctrine8 ,de son ct1 ,papus consacre un volume entier au commentaire du ,tarot1 dans lequel il voit le plus ancien monument de la sagesse sotrique1 alors qu'il sait mieux que personne qu'on n'en retrouve pas de traces authentiques avant le ,x,i,ve sicle4 ,en signalant cette faille bizarre la base de leur uvre1--et naturellement elle a de nombreuses ramifications1--je n'entends nullement suspecter l'honntet1 l'vidente bonne foi de cette uvre extrmement intressante1 pleine d'aperus originaux1 d'intuitions1 d'hypothses1 d'interprtations1 de rapprochements ingnieux1 de recherches et de trouvailles curieuses4 ,ils savent tous deux beaucoup de choses oublies ou ngliges1 qu'il est bon de rappeler parfois2 et si ,papus1 trop press1 bcle souvent ses volumes1 de ,guaita soigne toujours1 presque l'excs1 sa phrase hautaine1 attentive1 miroitante et un peu compasse4 ,,iv ,la situation des no-thosophes1 offre quelque analogie avec celle des trois occultistes dont je viens de parler4 ,on sait que la ,socit ,thosophique fut fonde en #ahge1 par ,mme ,blavatzky4 ,je n'ai pas juger ici1 au point de vue moral1 cette femme nigmatique4 ,il est certain que le rapport du ,dr ,hodgson1 spcialement envoy aux ,indes1 en #ahhd1 par la ,society for ,psychical ,research1 afin de faire une enqute sur son cas1 jette sur elle une ombre assez fcheuse4 ,nanmoins1 aprs avoir revu les pices du procs1 je conviens qu'il est aprs tout fort possible que le trs honnte ,hodgson ait t lui mme victime de supercheries plus diaboliques que celles qu'il croyait dmasquer4 ,je sais encore qu'on impute ,mme ,blavatzky et d'autres thosophes1 de nombreux plagiats2 on prtend notamment que ,le ,bouddhisme sotrique de ,a4-,p4 ,sinnet et ,la ,doctrine secrte seraient d'un nomm ,palma1 dont les manuscrits auraient t achets par les fondateurs de la ,socit ,thosophique1 ou des dmarquages peine dguiss d'ouvrages parus vingt ans auparavant1 sous la signature d'occultistes occidentaux1 notamment de ,louis ,lucas4 ,je ne m'attarderai pas ces questions qui me semblent beaucoup moins importantes que celle des documents prhistoriques et secrets et des commentaires sotriques sur lesquels repose toute la rvlation thosophique4 ,quels qu'en soient l'auteur ou les auteurs1 je prends l'uvre telle qu'elle se prsente4 ,l',isis dvoile1 ,la ,doctrine secrte et les autres crits1 trs nombreux1 de ,mme ,blavatzky1 forment un monument norme et mal quilibr1 ou plutt une sorte de chantier colossal1 o la suprme sagesse1 la plus exceptionnelle et la plus vaste rudition1 et les dbris les plus douteux de la science1 de la lgende et de l'histoire1 les hypothses les plus impressionnantes et le plus dnues de fondement1 les faits les plus exacts et les plus invraisemblables1 les ides les plus justes et les plus chimriques1 les rves les plus hauts et les rveries les plus incohrentes1 sont dverss ple-mle par tombereaux inpuisables4 ,il y a donc dans cette accumulation de matriaux un dchet considrable1 des affirmations fantastiques que l'on rejette priori2 mais il faut reconnatre1 si l'on veut tre impartial1 qu'on y trouve aussi des spculations qui comptent parmi les plus grandioses qu'on ait faites4 ,le fond en est videmment vdique ou plutt brahmanique et vdandique et se trouve dans des textes qui n'ont rien d'occulte4 ,mais ces textes des indianistes officiels1 les thosophes en superposent d'autres qu'ils prtendent beaucoup plus anciens et plus purs et qui leur sont fournis et expliqus par des adeptes hindous1 hritiers directs de la ,sagesse immmoriale et secrte4 ,il est certain que leurs crits sans rien rvler de nouveau sur les points essentiels des grands aveux d'ignorance qui se trouvent l'horizon des religions anciennes1 y ajoutent une foule d'claircissements1 de commentaires1 de thories et de dtails qui seraient extrmement intressants s'ils nous taient offerts aprs avoir t soumis une critique historique et philologique aussi rigoureuse que celle que firent subir leurs documents les indianistes qui ne se prtendent pas initis4 ,malheureusement il n'en va pas ainsi4 ,prenons par exemple le ,livre de ,dzyan1 c'est--dire les ,slocas ou stances mystrieuses qui se trouvent la base de toute la doctrine secrte de ,mme ,blavatzky4 ,il nous est prsent comme un manuscrit archaque1 assemblage de feuilles de palmiers rendu1 par quelque procd inconnu1 inaltrable l'eau1 l'air et au feu1 et crit dans une langue perdue1 le ,sinzar1 antrieure au sanscrit et que comprennent seuls quelques rares adeptes hindous1 et c'est tout4 ,pas un mot pour nous dire d'o provient ce manuscrit1 comment il a t miraculeusement conserv1 ce qu'est le ,sinzar1 laquelle des cent langues1 auquel des cinq ou six cents dialectes hindous il se rattache1 comment il s'crit1 comment on peut encore le comprendre et le traduire1 quelle est approximativement l'poque laquelle il remonte1 etc4 ,on n'en a cure1 et c'est toujours ainsi4 ,il faut croire sur parole et sans examen4 ,ces mthodes sont videmment regrettables1 car si les textes en question avaient t passs au crible d'une critique suffisante1 ils compteraient parmi les plus curieux de la littrature asiatique4 ,telles qu'on nous les donne1 la cosmogonie et l'anthropognse du ,livre de ,dzyan paraissent tre des spculations de brahmanes et pourraient faire partie des ,upanischads4 ,elles sont ingnieusement commentes par des adeptes parfaitement au courant de nos sciences occidentales4 ,si elles sont authentiquement prhistoriques1 leurs affirmations au sujet de l'volution des mondes et de l'homme1 partiellement confirmes par nos dernires dcouvertes ou thories scientifiques1 sont rellement troublantes4 ,si elles ne le sont pas1 ces affirmations deviennent de simples hypothses1 toujours grandioses1 parfois plausibles1 mais le plus souvent incroyablement et inutilement compliques1 et en tout cas1 arbitraires et chimriques4 ,v ,ce qui n'empche point ,la ,doctrine ,secrte d'tre une sorte de vaste encyclopdie des sciences sotriques1 surtout dans ses annexes1 ses commentaires1 ses parerga1 o l'on trouve une foule de rapprochements ingnieux et curieux entre les enseignements et les manifestations de l'occultisme1 travers les pays et les sicles4 ,il en jaillit parfois une lumire inattendue dont les rayons s'tendent au loin1 sur des rgions de la pense qui ne sont plus gure frquentes4 ,en tout cas1 l'uvre prouverait une fois de plus1 si c'tait ncessaire1 et avec un clat insolite1 l'origine commune de l'ide que se fit un jour l'humanit1 bien avant l'histoire que nous connaissons1 des grands mystres qui l'envelopprent4 ,on y trouve aussi de larges et excellents tableaux o la science occulte est confronte la science moderne et semble souvent1 il faut en convenir1 prcder ou dominer celle-ci4 ,on y dcouvre encore bien d'autres choses1 jetes en vrac1 mais qui ne mritent pas le ddain avec lequel1 depuis quelque temps1 on affecte de les traiter4 ,au surplus1 je n'ai pas faire ici l'histoire ou le procs de la thosophie4 ,il fallait simplement la signaler la rencontre1 puisqu'elle est l'avant-dernire forme de l'occultisme4 ,il suffira d'ajouter que les vices de sa mthode initiale s'accusent et s'aggravent chez les continuateurs de ,mme ,blavatzky4 ,chez ,mme ,annie ,besant1--femme d'ailleurs remarquable1--et chez ,leadbeater1 tout est en l'air1 tout s'difie dans les nues1 et les affirmations gratuites et invrifiables pleuvent de plus en plus dru sur chaque page4 ,ils semblent du reste lancer la thosophie dans des voies o les fidles de la premire heure hsitent les suivre4 ,ces vices s'aggravent surtout et clatent dans toute leur candeur chez certains auteurs de second plan1 moins habiles que leurs matres les dissimuler2 par exemple chez ,scott-,elliot1 l'historien de ,l',atlantide et de ,la ,lmurie perdue4 ,scott-,elliot commence son histoire de l',atlantide de la manire la plus raisonnable et la plus scientifique4 ,il invoque les textes historiques qui ne permettent gure de douter qu'une le immense1 dont l'une des extrmits s'avanait non loin des colonnes d',hercule1 s'effondra dans l',ocan1 et disparut jamais1 en engloutissant la merveilleuse civilisation qu'elle portait4 ,il corrobore ces textes de preuves trs judicieuses tires de l'orographie sous-marine1 de la persistance de la mer des ,sargasses1 de la gologie1 de la chorographie1 etc4 ,puis1 tout coup1 presque sans nous prvenir1 ayant recours des documents occultes1 des mappemondes de terre cuite1 miraculeusement retrouves1 des rvlations qui viennent on ne sait d'o1 des clichs astraux qu'il prtend rcuprer dans l'espace et le temps1 et qu'il traite sur le mme pied que les arguments historiques et gologiques1 il nous dcrit par le menu1 comme s'il vivait au milieu d'eux1 les villes1 les temples1 les palais des ,atlantes et toute leur civilisation politique1 morale1 religieuse et scientifique1 en annexant son uvre une srie de cartes dtailles de continents fabuleux1 hyperborens1 lmuriens1 etc41 disparus depuis #hjj4jjj1 #bjj4jjj et #fj4jjj ans1 et dlimits avec autant de minutie et d'assurance que s'il s'agissait de la gographie contemporaine de la ,bretagne ou de la ,normandie4 ,,vi ,le chef d'une branche indpendante ou dissidente de la ,thosophie1 un rudit1 un philosophe et un visionnaire extrmement curieux1 dont j'ai dj parl1 ,rudolph ,steiner1 use peu prs des mmes procds1 mais tente du moins de les expliquer et de les justifier4 ,a la diffrence des thosophes orthodoxes1 il ne se contente point de rvler1 de commenter et d'interprter les livres secrets et sacrs de la tradition orientale1 mais entend trouver en lui-mme toutes les vrits qu'ils renferment4 ,c'est dans l'me1 proclame-t-il1 que se rvle le sens de l'univers4 ,le secret de tout est en nous1 puisque tout est en nous1 et il est en chacun de nous autant qu'il tait dans le ,christ4 ,le ,logos en volution incessante en des millions de personnalits humaines a t dtourn et concentr par la conception chrtienne sur l'unique personnalit de ,jsus4 ,la force divine parse dans le monde entier fut ramasse en un seul4 ,aux yeux de cette conception1 ,jsus est le seul homme devenu ,dieu4 ,il a pris sur lui la divinisation de toute l'humanit4 ,on cherche en lui ce que prcdemment on avait cherch dans sa propre me#fj4 #fj ,,rudolph ,,steiner1 ,le ,mystre chrtien et les ,mystres antiques4 ,trad4 par ,,douard ,,shur1 p4 #bbh4 ,il faut reprendre cette recherche que le symbole du ,christ a trop longtemps interrompu4 ,cette ide trs dfendable quand on y voit la recherche de notre ,moi transcendental1 dont le subconscient de nos mtapsychistes n'est que la partie la plus accessible1 devient beaucoup plus contestable dans les dveloppements que lui donne notre auteur4 ,il prtend nous rvler le moyen de rveiller presque mcaniquement et infailliblement le ,dieu qui dort en nous4 ,selon lui1 la diffrence entre l'initiation orientale et l'initiation occidentale consiste en ce que la premire se faisait l'tat de sommeil et la seconde l'tat de veille4 ,on vite par consquent la sparation toujours dangereuse du corps thrique d'avec le corps physique4 ,pour obtenir l'tat extatique qui permet de se mettre en communication avec les mondes suprieurs ou avec tous les mondes disperss dans l'espace et le temps et mme avec la divinit1 il s'agit1 par des exercices spirituels1 de cultiver et dvelopper mthodiquement certains organes de l'astral qui nous font voir et entendre1 dans les tres et les choses1 des entits qui ne pntrent jamais sur le plan physique4 ,les principes de ces exercices1 du moins dans leurs parties spirituelles1 sont videmment empruntes aux pratiques immmoriales du ,yoga hindou1 et notamment au ,stra de ,patnjali4 ,steiner enseigne ainsi que l'organe astral qui se trouverait dans le voisinage du larynx servirait voir les penses des autres hommes et permettrait de jeter un regard profond dans les vraies lois des phnomnes naturels4 ,c'est encore ainsi qu'un organe qui avoisinerait le cur1 serait l'instrument qui servirait connatre les tats d'me des autres hommes4 ,quiconque l'aurait dvelopp pourrait vrifier l'existence de certaines forces profondes chez les animaux ou chez les plantes4 ,c'est ainsi1 enfin1 que le sens qui rsiderait au creux de l'estomac percevrait les facults et les talents des hommes et dcouvrirait en outre le rle que les animaux1 les vgtaux1 les pierres1 les mtaux1 les phnomnes atmosphriques jouent dans l'conomie de la nature4 ,il expose longuement et minutieusement tout ceci1 comme tout ce qui concerne l'volution1 l'entranement1 l'organisation du corps thrique1 et la vision du ,soi suprieur1 dans un livre intitul3 ,l',initiation ou la connaissance des mondes suprieurs#fa4 #fa ,,rudolph ,,steiner1 ,l',initiation4 ,trad4 par ,,jules ,,sauerwein1 p4 #ahh et suiv4 ,quand on lit ce trait de l'extase1 du reste remarquable plus d'un point de vue1 on est tent de se demander si l'auteur a russi viter le danger contre lequel il prmunit ses disciples et s'il ne se trouve pas lui-mme dans un univers cr de toutes pices par sa propre imagination2 j'ignore du reste si l'exprience confirme ses allgations4 ,on peut essayer4 ,les procds sont assez simples et1 au rebours de ceux du ,yoga1 parfaitement inoffensifs4 ,mais il faut que l'entranement spirituel se fasse sous la direction d'un matre qu'il n'est pas toujours facile de se procurer4 ,en tout cas1 il est permis de concevoir une sorte d'tat second suprieur celui des hypnotiss1 des somnambules ou des mdiums1 qui procurerait des visions ou des intuitions trs diffrentes de celles que nous fournissent nos sens ou notre intelligence dans leur tat normal4 ,quant savoir si ces visions ou ces intuitions rpondent des ralits d'un autre plan ou d'autres mondes1 c'est une question que pourraient seuls trancher ceux qui les ont prouves4 ,la plupart des grands mystiques ont eu spontanment des visions et des intuitions de ce genre1 mais elles ne seraient vraiment intressantes que s'il tait prouv qu'elles proviennent de mystiques rellement et totalement illettrs4 ,tels taient1 soutient-on1 ,jakob ,bohme1 le thosophe-cordonnier de ,goerlitz et ,ruysbroeck l',admirable1 le vieux moine brabanon qui vcut aux ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,si vraiment il n'y avait pas dans leurs rvlations rminiscence inconsciente de lectures1 on y rencontre de telles analogies avec les enseignements1 devenus plus tard sotriques1 des grandes religions primitives1 qu'il faudrait croire que tout au haut ou tout au fond de l'humanit1 cet enseignement existe1 identique1 immuable et latent1 et correspond quelque vrit objective et universelle4 ,on trouve notamment dans l',ornement des ,noces spirituelles1 dans le ,livre de la suprme ,vrit1 dans le ,livre du ,royaume des ,amants de ,ruysbroeck1 des pages entires qui1 abstraction faite de la phrasologie chrtienne1 pourraient avoir t crites par un anachrorte du temps des ,brahmanes1 ou par un no-platonicien d',alexandrie4 ,d'autre part1 l'ide fondamentale de l'uvre de ,bohme est l'ide no-platonicienne d'une divinit inconsciente ou d'un nant divin1 qui prend graduellement conscience en s'objectivant et en ralisant ses virtualits latentes4 ,mais ,bohme1 nous l'avons vu1 n'tait nullement illettr4 ,quant ,ruysbroeck1 bien que son uvre soit crite dans le patois flamand que parlent encore les paysans du ,brabant et des ,flandres1 n'oublions pas qu'avant de devenir l'ermite de la fort de ,soignes1 il avait t vicaire ,bruxelles et avait vcu dans l'atmosphre mystique qu'avaient cre1 aux ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 ,albert ,le ,grand et surtout ses contemporains ,johann ,eckhart dont le panthisme mystique est analogue celui des ,alexandrins et ,jean ,tauler qui1 au dire de ,surius1 le traducteur et le biographe de ,ruysbroeck1 visita celui-ci dans sa solitude de ,groenendael4 ,or1 ,jean ,tauler prconisait galement l'union avec la divinit et la cration de ,dieu dans l'me4 ,on voit donc qu'il est assez hasardeux d'affirmer que ses visions furent absolument spontanes4 ,,vii ,pour ,steiner1 la question ne se pose mme pas4 ,avant d'avoir retrouv ou cru retrouver en lui-mme les vrits sotriques qu'il rvle1 il connaissait fond toutes les littratures mystiques1 de sorte qu'il est peu prs certain que ses visions ne lui furent apportes que par le reflux de sa mmoire consciente ou subconsciente4 ,au demeurant1 il ne diffre gure des thosophes orthodoxes1 que sur un point qui peut paratre plus ou moins essentiel3 au lieu de faire1 non pas du ,bouddha1 mais des ,bouddhas1 c'est--dire des rvlateurs ou des intermdiaires successifs1 les centres de l'volution spirituelle1 il attribue au ,christ le rle capital dans cette volution1 synthtisant en lui tout le divin pars dans tous les hommes et en faisant ainsi le symbole par excellence de l'humanit la recherche du ,dieu qui dort en elle4 ,c'est une opinion soutenable1 quand on l'envisage1 comme il semble le faire1 au point de vue allgorique1 mais qu'il serait plus difficile de dfendre au point de vue historique4 ,steiner a mis en pratique ses mthodes intuitives1 qui sont une sorte de psychomtrie transcendentale1 pour reconstituer l'histoire des ,atlantes et nous rvler ce qui se passe dans le soleil1 la lune et d'autres mondes4 ,il nous dcrit les transformations successives des entits qui deviendront des hommes1 et il le fait avec tant d'assurance qu'on se demande1 aprs l'avoir suivi avec intrt travers des prliminaires qui dnotent un esprit trs pondr1 trs logique et trs vaste1 s'il devient subitement fou ou si l'on a affaire un mystificateur ou un vritable voyant4 ,dans le doute1 on se dit que le subconscient1 qui nous a dj caus tant de surprises1 nous en rserve peut-tre d'autres qui seront aussi fantastiques que celles du thosophe autrichien1 et1 instruit par l'exprience1 on s'abstient de le condamner sans appel4 ,tout compte fait1 nous constatons une fois de plus1 au sortir de ses uvres1 comme au sortir de la plupart des autres1 que ce qu'il appelle le grand drame de la connaissance que les anciens reprsentaient et vivaient dans leurs temples1 et dont la vie1 la mort et la rsurrection du ,christ1 comme celles d',osiris et de ,krischna1 n'est qu'une interprtation symbolique1 devrait plutt s'appeler le grand drame de l'ignorance essentielle et invincible4 ,,les ,m,,tapsychistes ,i ,nous arrivons ainsi aux occultistes d'aujourd'hui1 qui ne sont plus des hirophantes1 des adeptes1 des initis ou des voyants1 mais de simples chercheurs appliquant l'tude des phnomnes anormaux les mthodes de la science exprimentale4 ,ces phnomnes1 pour peu que l'attention soit mise en veil1 on les constate de toutes parts dans la vie4 ,sont-ils exclusivement dus aux forces inconnues du subconscient ou des entits invisibles qui ne sont pas1 ne sont pas encore ou ne sont plus des hommes8 ,le grand intrt1 on pourrait dire tout l'intrt de la question est l1 mais la rponse est encore en suspens1 bien que s'accentue la tendance la chercher dans un autre monde que le ntre2 et la conversion au spiritisme de purs savants tels que sir ,oliver ,lodge1 et plus rcemment celle du professeur ,w4-,j4 ,crawford1 sont cet gard assez significatives4 ,je ne reviendrai pas ici sur les communications spirites1 les phantasmes des vivants et des morts1 les phnomnes prmonitoires1 les manifestations psychomtriques et mdiumniques dont j'ai esquiss l'tude dans ,la ,mort et dans ,l',hte ,inconnu4 ,ce que j'en ai dit dans ces livres peut donner une ide sommaire1 provisoire1--car tout est provisoire dans ces rgions1--mais suffisante1 de l'tat prsent de la science mtapsychique sur ces points4 ,mais il en est d'autres qui n'entraient pas alors dans le cadre de mon travail1 qu'il faut que j'aborde aujourd'hui1 d'abord parce qu'ayant pass en revue1 rapidement1 mais aussi compltement que possible1 dans une monographie forcment courte1 tout l'occultisme pass1 il est quitable de traiter de la mme faon l'occultisme prsent1 mais aussi et surtout parce que ces points que j'avais rservs jettent une lumire assez inattendue sur plusieurs autres et autorisent sinon des conclusions1 du moins certaines inductions qui termineront cette tude4 ,,ii ,il ne s'agit plus1 pour nos modernes occultistes comme pour leurs devanciers plus prsomptueux1 d'interroger directement l'inconnaissable1 de remonter aux origines de la ,cause sans ,cause1 d'expliquer l'inexplicable transition de l'infini au fini1 de l'inconnaissable au connu1 de l'esprit la matire1 du bien au mal1 de l'absolu au relatif1 de l'ternel l'phmre1 de l'invisible au visible1 de l'immobilit au mouvement1 du virtuel au rel1 et de trouver dans tout cet incomprhensible une thogonie1 une cosmogonie1 une religion et une morale qui ne soient pas aussi dsesprantes que les tnbres d'o on s'est efforc de les tirer4 ,assagis par d'innombrables dsillusions1 ils se rsignent un rle plus modeste4 ,au milieu d'une science que la nature mme de ses investigations a rendu presque ncessairement matrialiste1 ils conquirent patiemment un lot o ils donnent asile des phnomnes que les lois ou plutt les habitudes de la matire1 telles que croyons les connatre1 ne suffisent pas expliquer4 ,ils arrivent ainsi1 peu peu1 sinon nous prouver1 du moins nous acheminer vers la preuve1 qu'il y a dans l'homme1 que l'on peut considrer comme une sorte de rsum de l'univers1 une force spirituelle autre que celle qui mane de ses organes ou de son cerveau matriel et conscient et qui ne dpend pas uniquement de l'existence de son corps4 ,reconnaissons que cet lot de nos occultistes1 qui prennent maintenant le nom de mtapsychistes1 est encore assez dsordonn4 ,on y remarque tout le dsarroi d'une installation rcente et provisoire4 ,chacun y apporte chaque jour ses petites ou ses grandes trouvailles1 les dballe et les entasse ple-mle sur la grve4 ,le trs incertain y voisine avec l'incontestable1 l'excellent avec le pire et le commencement avec la fin4 ,il serait temps de tirer de cette profusion et de cette confusion de matriaux1 quelques lois gnrales qui y missent un peu d'ordre2 mais il est douteux qu'on le puisse d'ores et dj tenter1 car l'inventaire n'est pas termin et l'on pressent qu'une dcouverte inattendue peut tout remettre en question et renverser de fond en comble les thories le plus prudemment difies4 ,en attendant1 on pourrait essayer de commencer par le commencement4 ,puisque les phnomnes qui s'accumulent tendent tablir que la force spirituelle qui mane de l'homme ne dpend pas entirement de son cerveau et de la vie de son corps1 il serait logique de dmontrer d'abord que la pense peut exister sans cerveau et en fait existait avant qu'un cerveau ne ft n4 ,si l'on y russissait1 l'existence posthume et tous les phnomnes attribus au subconscient deviendraient presque naturels et1 en tout cas1 beaucoup plus explicables4 ,,iii ,la grande objection que les matrialistes ont toujours faite aux spiritualistes et qu'ils font encore1 mais moins hardiment aujourd'hui1 se rsume en ceci3 ,pas de pense sans cerveau4 ,l'me ou l'esprit est une scrtion de la substance crbrale2 le cerveau mort1 la pense s'arrte et il ne reste rien4 ,a cette objection formidable1 ces constatations en apparence irrfutables1 parce que l'exprience quotidienne de la mort vient sans cesse les confirmer1 on n'avait jusqu'ici opposer aucun argument rellement srieux4 ,on tait au fond beaucoup plus dsarm qu'on n'osait en convenir4 ,mais depuis un certain nombre d'annes1 les travaux de nos mtapsychistes1 dont on n'a pas encore tir toutes les consquences1 fournissent enfin1 sinon des arguments premptoires qu'on ne trouvera peut-tre jamais1 du moins des commencements d'arguments qui permettent de faire tte aux matrialistes1 non plus dans les nuages religieux ou mtaphysiques1 mais sur leur propre terrain o rgne seule la desse1 d'ailleurs fort respectable1 de la mthode exprimentale4 ,on rejoint ainsi1 par-dessus les sicles1 les affirmations et les constatations que des anctres prhistoriques nous avaient lgues comme un trsor secret ou trop longtemps enseveli dans l'oubli4 ,on fuierait avec plaisir ces discussions assez oiseuses entre spiritualistes et matrialistes1 si ces derniers n'obligeaient d'y revenir1 en soutenant aveuglment que la matire est tout1 le principe de tout1 que tout commence et finit en elle et par elle et qu'il n'y a pas autre chose4 ,il serait plus raisonnable de reconnatre1 une fois pour toutes1 que la matire et l'esprit ne sont au fond que deux tats diffrents d'une mme substance ou plutt d'une mme nergie ternelle4 ,c'est ce qu'a toujours affirm1 plus nettement qu'aucune autre1 la religion primitive de l',inde1 en ajoutant que l'esprit tait l'tat primordial de cette substance ou de cette nergie et que la matire n'est que le rsultat d'une manifestation1 d'une condensation ou d'une dgradation de l'esprit4 ,toute sa cosmogonie1 toute sa thosophie et toute sa morale dcoule de ce principe fondamental1 dont les consquences1 alors qu'en apparence il ne s'agit que d'une querelle de mots1 sont1 en pratique1 normes4 ,il s'agit donc tout d'abord de savoir si l'esprit est antrieur la matire ou si l'inverse est vrai1 si la matire est la condition de l'esprit ou si c'est au contraire l'esprit qui est la condition de la matire4 ,dans l'tat prsent de la science1 et sans tenir compte des enseignements des grandes religions1 est-il possible de rpondre cette question8 ,nos matrialistes affirment que la vie est la condition indispensable pour que la pense naisse et se forme dans le cerveau4 ,ils ont raison2 mais qu'est-ce que la vie1 leurs yeux1 sinon une manifestation de la matire qui dj n'est plus la matire telle qu'ils l'entendent et que nous avons bien le droit d'appeler esprit1 me et mme dieu si nous le dsirons8 ,s'ils soutiennent que la matire ne peut produire la vie sans qu'un germe venu du dehors ne l'y fasse natre1 ils passent ipso facto dans notre camp1 puisqu'ils reconnaissent qu'il faut autre chose que la matire pour produire la vie4 ,si d'autre part1 ils prtendent que la vie mane de la matire1 ils confessent qu'elle s'y trouvait pralablement renferme1 et reviennent se ranger parmi nous4 ,ils ont du reste rcemment1--voyez entre autres les expriences du ,dr ,gustave ,le ,bon1--t forcs de reconnatre que la matire inerte n'existe point1 et qu'un caillou1 un bloc de lave1 strilis par les feux les plus infernaux1 est dou d'une activit intra-molculaire absolument fantastique1 et dpense en tourbillons intrieurs une nergie qui serait capable d'branler des trains entiers et de leur faire faire le tour de notre globe4 ,or1 qu'est-ce que cette activit et cette nergie1 sinon une forme irrcusable de la vie universelle8 ,et nous voil encore une fois d'accord4 ,mais o nous ne le sommes plus1 c'est quand ils prtendent sans aucune raison1 ou plutt contre toute raison1 que la matire existait avant cette nergie4 ,nous pouvons admettre qu'elle existait en mme temps1 depuis l'origine du monde2 mais la simple logique et l'observation des faits nous obligent de reconnatre que lorsque la matire s'est mise en mouvement1 s'est mise voluer1 non plus intrieurement1 comme dans un caillou1 mais extrieurement1 comme dans un cristal1 une plante ou un animal1 c'est la mme nergie1 la mme force motrice qui tait en elle qui a dtermin ce mouvement ou cette volution4 ,cette mme logique et cette mme observation des faits nous forcent encore de reconnatre que lorsqu'il s'est agi de transformer et d'organiser la matire1 ce n'est pas celle-ci1 mais la vie qu'elle reclait1 qui a commenc4 ,or dans ce cas1 comme dans les querelles qui se terminent devant les tribunaux1 il est extrmement important de savoir qui a commenc4 ,si c'est la matire1--mais soit dit en passant1 comment commencerait-elle quelque chose1 comment prendrait-elle une initiative1 sans cesser d'tre la matire1 telle que la dfinissent les matrialistes1 c'est--dire une chose par elle-mme ncessairement inerte et immobile8--,mais enfin1 si pour admettre l'impossible1 c'est la matire qui a commenc1 il est assez probable que notre esprit prira ou plutt s'teindra avec elle et retournera en elle cette lmentaire activit intra-molculaire qui marquait son commencement et marquera sa fin4 ,si c'est au contraire l'esprit qui a commenc1 il est non moins probable1 qu'ayant su transformer la matire et l'organiser1 il est plus puissant et d'une autre nature que cette matire1 et qu'ayant su s'en servir1 en tirer parti pour voluer1 s'accrotre et s'lever1--et c'est bien l'volution spirituelle que nous constatons1 sur notre terre qui part du minral1 pour aboutir l'homme1--il est1 dis-je1 non moins probable qu'ayant su se servir de la matire et en tre le matre1 il ne lui permettra pas1 quand elle semblera se dissoudre1 de l'entraner dans sa dissolution1 de l'teindre quand elle s'teint ou de le faire rtrograder vers cette obscure activit intra-molculaire d'o il l'avait tire444 ,,iv ,en tout cas1 pour ce qui nous intresse particulirement1 c'est--dire l'antriorit de la pense ou du cerveau1 ou la possibilit de la pense sans cerveau1 la question est tranche par les faits4 ,avant l'apparition de l'homme et des animaux les plus intelligents1 la nature tait dj beaucoup plus intelligente que nous et avait dj ralis dans le monde des plantes1 des poissons1 des sauriens1 des oiseaux reptiliens1 et surtout dans le monde des insectes1 la plupart des inventions merveilleuses devant lesquelles nous nous extasions encore aujourd'hui4 ,o tait ce moment1 le cerveau de la nature8 ,probablement dans la matire et surtout hors de la matire1 partout et nulle part1 comme il est encore aujourd'hui4 ,vous aurez beau nous objecter que tout cela s'est fait peu peu1 avec une lenteur infinie1 travers des ttonnements incessants2 c'est entendu1 mais le temps ne fait rien l'affaire4 ,il est donc vident1 moins que vous n'admettiez que l'effet prcde la cause1 qu'il y avait quelque part1 on ne sait o1 une intelligence qui dj fonctionnait sans organes visibles ou localisables1 nous dmontrant ainsi que les organes que nous croyons indispensables pour qu'une pense se produise1 ne sont que le produit d'une pense prexistante1 les effets d'une cause antrieure et spirituelle4 ,v ,il est au demeurant fort possible que depuis la formation de notre cerveau1 la nature pense mieux qu'elle ne le faisait4 ,il est fort possible1 comme le prtendent certains biologistes1 que les acquisitions de notre intelligence profitent la nature et se reversent dans le fonds commun de l'intelligence universelle4 ,je n'y vois1 pour ma part1 aucun inconvnient4 ,cela ne prouve nullement que la nature ait besoin du cerveau de l'homme pour avoir des ides4 ,elle les avait toutes bien avant lui4 ,quand l'homme invente par exemple l'imprimerie ou la machine crire pour faciliter la diffusion de sa pense1 cela ne prouve nullement qu'il ait besoin de l'imprimerie ou de la machine crire pour penser4 ,il semble en effet que la nature1 tout au moins sur notre petite terre1 se soit assagie1 et ne commette plus les normes bvues qu'elle faisait l'origine1 quand elle crait des milliers de monstres htroclites et inviables4 ,il n'en est pas moins vrai qu'elle ne nous a pas attendus pour se mettre penser et imaginer beaucoup plus de choses que nous n'en imaginerons jamais4 ,nous n'avons pas cess et nous ne cesserons pas de sitt1 de puiser pleines mains l'immense fonds d'intelligence accumul par elle avant notre venue4 ,ernest ,kapp1 dans sa ,philosophie de la ,technique1 a lumineusement dmontr que toutes nos inventions1 toutes nos machines1 ne sont que des projections organiques1 c'est--dire des imitations inconscientes de modles fournis par la nature4 ,nos pompes sont la pompe de notre cur1 nos bielles sont la reproduction de nos articulations1 notre appareil photographique est la chambre noire de notre il1 nos appareils tlgraphiques reprsentent notre systme nerveux2 dans les rayons ,x1 nous reconnaissons la proprit organique de la lucidit somnambulique qui voit travers les objets1 qui lit par exemple le contenu d'une lettre cachete et enferme dans une triple bote de mtal4 ,dans la tlgraphie sans fil1 nous suivons les indications que nous avait donnes la tlpathie1 c'est--dire la communication directe d'une pense1 par ondes spirituelles analogues aux ondes hertziennes1 et dans les phnomnes de la lvitation et des dplacements d'objets sans contact1 se trouve une autre indication dont nous n'avons pas encore su tirer parti4 ,elle nous met sur la voie du procd qui nous permettra peut-tre un jour de vaincre les terribles lois de la gravitation qui nous enchanent cette terre1 car il semble bien que ces lois1 au lieu d'tre1 comme on le croyait1 jamais incomprhensibles et impntrables1 sont surtout magntiques1 c'est--dire maniables et utilisables4 ,,vi ,et je ne parle ici que du monde restreint de l'homme4 ,que serait-ce si nous faisions le recensement des inventions de la nature dans le royaume des insectes1 o elle semble avoir prodigu1 bien avant notre arrive sur la terre1 un gnie plus vari et plus abondant que celui qu'elle a dpens pour nous4 ,outre l'ide d'organisations politiques et sociales que nous imiterons peut-tre un jour1 nous y trouverions des miracles mcaniques qui nous sont inaccessibles et le secret des forces dont nous n'avons encore aucune notion4 ,d'o vient1 notamment1 pour ne citer que le plus humble et le plus dsagrable des exemples1 d'o vient l'nergie fabuleuse qui permet la puce de faire un bond qui correspond pour l'homme un saut en hauteur ou en longueur de quatre ou cinq cents mtres8 ,et le scorpion languedocien1 o puise-t-il l'aliment mystrieux qui1 malgr une activit incessante1 lui permet de vivre pendant neuf mois sans aucune nourriture8 ,o le puisent aussi les petits de la ,lycose et de l'araigne ,clotho1 qui ont une facult analogue8 ,en vertu de quelle alchimie voyons-nous1 dans l'isolement absolu1 sans que rien du dehors s'y puisse introduire1 dcupler sur place le volume de l'uf d'un autre insecte1 le ,minotaure8 ,le grand entomologiste1 ,j4-,h4 ,fabre1 sans se douter qu'il rditait une thorie fondamentale de ,paracelse1--car malgr elle1 la science se rapproche chaque jour de la ,magie1--souponne trs curieusement qu'ils empruntent une partie de leur activit aux nergies ambiantes1 chaleur1 lectricit1 lumire ou autres modes varis d'un mme agent1 qui est exactement l'agent universel1 l'astral1 le fluide cosmique1 thrique ou vital1 l',akahsa des occultistes ou l',od de nos savants modernes4 ,,vii ,pour le dire en passant1 la nature sans cerveau1 clairement1 une fois de plus1 indique ici nos cerveaux la voie qu'ils auront suivre s'ils veulent nous dbarrasser des lourds et rpugnants assujettissements de la nourriture1 qui nous accordent peine quelques heures de loisir1 entre les trois ou quatre repas que nous devons faire chaque jour4 ,l'heure est peut-tre moins loigne qu'on ne croit1 o nous cesserons d'tre des estomacs avides et des ventres insatiables1 o nous dcouvrirons notre tour le magnifique secret de ces insectes et parviendrons tirer1 leur exemple1 notre vie du fluide universel et invisible qui nous enveloppe et nous pntre aussi bien qu'eux4 ,il y a l1 pour notre science1 des champs inexplors et illimits4 ,il y aura l1 surtout au point de vue de notre vie spirituelle1 une transformation qui facilitera singulirement l'intelligence de notre existence future2 car lorsque nous n'aurons plus faire les trois ou quatre repas qui maintenant encombrent ou illuminent1 selon les tempraments1 toutes nos heures1 depuis le lever jusqu'au coucher du soleil1 nous commencerons peut-tre comprendre que la pense ou l'me n'est pas ncessairement malheureuse1 dsuvre1 dsempare et la proie d'un ternel ennui1 quand elle n'a plus dans la journe les points de repre ou les buts que sont le djeuner1 le th1 le dner et le souper4 ,ce sera une excellente initiation au rgime d'outre-tombe et de l'ternit4 ,pour revenir une dernire fois cette question de la pense sans cerveau1 qui est la clef de vote de tout l'difice1 supposons qu' la suite d'un cataclysme qui sans doute s'est dj produit et peut chaque instant se reproduire sur notre globe1 tous les cerveaux1 toutes les plus lmentaires1 les plus glatineuses vellits d'organisation nerveuse ou crbrale1 depuis celle de l'amibe jusqu' l'homme1 soient brusquement anantis4 ,croyez-vous que la terre resterait nue1 dserte1 inerte1 jamais morte1 si les conditions d'existence redevenaient exactement semblables ce qu'elles taient avant la catastrophe8 ,il n'est gure permis de le prsumer4 ,il est au contraire peu prs certain que la vie1 retrouvant les mmes circonstances favorables1 recommencerait peu prs de la mme faon4 ,l'intelligence renatrait graduellement1 des ides reparatraient1 se formeraient de nouveaux organes1 nous donnant ainsi l'irrfragable preuve que la pense n'tait pas morte1 qu'elle ne peut pas mourir1 qu'elle se rfugie et subsiste quelque part1 intangible et imprissable1 au-dessus de la ruine totale de ses instruments ou de ses vhicules1 et qu'elle est1 en un mot1 indpendante de la matire4 ,,viii tudions maintenant en nous-mmes cette prexistence de l'esprit4 ,avions-nous dj un cerveau quand au moment de notre conception nous tions encore cet infusoire que seuls les microscopes peuvent rendre visible nos yeux8 ,pourtant1 nous tions dj en puissance tout ce que nous sommes aujourd'hui4 ,nous n'tions pas seulement nous-mmes1 avec notre caractre1 nos ides innes1 nos vertus et nos vices1 tout ce que notre cerveau qui n'existait pas encore allait dvelopper beaucoup plus tard2 nous renfermions dj tout ce que nos anctres avaient t2 nous portions en nous tout ce qu'ils avaient acquis dans une suite de sicles dont nul ne sait le nombre2 leurs expriences1 leur sagesse1 leurs habitudes1 leurs tares et leurs qualits1 les consquences de leurs fautes et de leurs mrites2 tout cela s'entassait1 s'agitait1 fructifiait dans un point invisible4 ,nous y portions aussi1 ce qui parat bien plus extraordinaire1 mais est aussi incontestable1 toute notre descendance1 toute la suite ininterrompue de nos enfants et des enfants de nos enfants en qui nous revivrons dans l'infini des temps1 et dont nous contenions dj toutes les aptitudes1 tout le destin1 tout l'avenir4 ,quand la matire accumule tant de choses en une sorte de bout de fil si tnu qu'il chappe presque au microscope1 n'est-elle pas subtile au point de ressembler trangement un principe spirituel8 ,ngligeons aujourd'hui l'action de nos descendants sur nous-mmes1 sur notre caractre1 sur nos dterminations1 action qui est assez probable puisqu'ils existent incontestablement en nous1 mais qu'il serait trop long de rechercher1 et insistons un moment sur ce fait que nos anctres qui nous paraissent morts continuent trs rellement de vivre en nous4 ,je ne m'attarderai pas sur ce point1 car j'ai hte d'aborder des arguments plus rcents2 je me contenterai donc de le signaler votre attention1 car les phnomnes de l'hrdit sont maintenant admis et classs4 ,il est indubitable que chacun d'entre nous n'est qu'une sorte de total de ses ascendants et reproduit plus ou moins exactement la personnalit de l'un ou de plusieurs d'entre eux qui manifestement continuent de penser et d'agir en lui4 ,il pense par notre cerveau1 direz-vous4 ,c'est peut-tre vrai4 ,il use de l'organe qu'il a sa disposition1 mais il est vident qu'il existe toujours1 qu'il vit et pense bien qu'il n'ait plus de cerveau personnel1 et c'est tout ce qu'il importait pour l'instant d'tablir4 ,,ix ,nous venons de voir1 trop rapidement et trop sommairement1 que la pense peut exister1 et en fait existe partout sans cerveau1 qu'elle semble antrieure la matire et qu'elle a en ralit une existence indpendante de celle-ci4 ,je ne noterai qu'en passant une objection des matrialistes qui nous disent3 ,si la pense est indpendante de la matire1 comment se fait-il qu'elle cesse de fonctionner ou ne fonctionne plus qu'incompltement quand le cerveau est ls8 ,cette objection1 qui du reste n'atteint pas la source de la pense mais seulement l'tat de son conducteur ou de son condensateur1 perd une partie de sa valeur si on lui oppose un nombre suffisant de constatations qui prouvent exactement le contraire4 ,je pourrais1 si nous en avions le loisir1 vous fournir une liste de cas mdicalement tablis o la pense a continu de fonctionner normalement1 alors que la presque totalit du cerveau est rduite en bouillie ou n'est plus qu'un abcs purulent4 ,je renvoie ceux que la question intresse aux ouvrages spciaux2 ils trouveront notamment dans le livre magistral du ,dr ,geley3 ,de l',inconscient au ,conscient1 des exemples qui les convaincront#fb4 #fb ,dr ,g4 ,,geley1 ,de l',inconscient au ,conscient1 p4 #h et suiv4 ,au fond1 cette objection des matrialistes est surtout un sophisme qui a t fort bien rfut par le ,dr ,carl du ,prel4 ,dire que toute blessure faite au cerveau atteint l'esprit1 que toute pense cesse quand le cerveau est dtruit et qu'en consquence l'esprit est un produit du cerveau1 c'est raisonner exactement comme ceci3 toute lsion de l'appareil tlgraphique nuit la dpche1 et le fil tant coup1 la dpche n'existe plus2 donc l'appareil produit la dpche1 et il est interdit la science de supposer qu'il y a encore1 derrire l'appareil1 un employ du tlgraphe4 ,x ,arrivons aux constatations que la science de ces dernires annes1 rejoignant par-dessus des millnaires les affirmations des anciennes religions et des occultistes1 vient de recueillir4 ,elles jettent un jour nouveau sur le problme et corroborent enfin1 par l'exprience1 les doctrines sotriques au sujet du corps astral1 ou thrique1 ou de l'hte inconnu1 si vous le prfrez1 de ses facults extraordinaires et incomprhensibles1 de sa survivance probable et de son indpendance par rapport notre corps physique4 ,nous savions tous qu'une partie trs importante de notre existence1 de notre personnalit1 tait ensevelie dans les tnbres de l'inconscience ou de la subconscience4 ,nous logions dans ces tnbres toute notre vie organique1 celle de notre estomac1 de notre cur1 de nos poumons1 de nos reins et de notre cerveau mme1 qui fonctionnent dans une obscurit o ne pntre que par hasard1--en cas de maladie1 par exemple1--un rayon de conscience4 ,nous y logions ensuite nos instincts1 les plus bas comme les plus hauts1 tout ce qu'il y avait d'inn1 de mystrieux et d'irrsistible dans nos connaissances et nos aspirations1 nos gots1 nos aptitudes1 et notre caractre1 et bien d'autres choses que nous n'avons pas le temps de passer en revue4 ,mais depuis un certain nombre d'annes1 des tudes scientifiques sur l'hypnotisme et la mdiumnit ont prodigieusement agrandi et clair cet extraordinaire et ferique domaine de l'inconscient4 ,on est arriv1 pas pas1 constater d'une manire objective1 matrielle et indubitable1 que notre petite existence consciente et crbrale n'est rien si on la compare l'immense existence ultra-crbrale et secrte que nous menons en mme temps2 cette existence inconnue englobe le pass et l'avenir et1 mme dans le prsent1 peut s'tendre d'normes distances de notre corps physique4 ,on s'est notamment aperu que la mmoire troite1 infidle et fragile que nous croyions unique1 tait double dans l'ombre d'une autre mmoire sans limites1 infatigable1 inpuisable1 incorruptible1 inbranlable1 infaillible1 enregistrant quelque part1--peut-tre dans le cerveau1 mais en tout cas pas dans le cerveau tel que nous le connaissons et qui rgit notre conscience1 car elle parat tre indpendante de l'tat de ce cerveau1--enregistrant1 dis-je1 de faon indlbile1 les moindres vnements1 les plus minimes motions1 les plus fugitives penses de notre vie4 ,c'est ainsi1 pour ne citer qu'un exemple entre mille1 qu'une servante totalement illettre pouvait1 en tat d'hypnose1 rciter sans une incorrection des pages entires de sanscrit1 pour avoir1 autrefois1 entendu lire par son premier matre1 qui tait un orientaliste1 des passages des ,vdas4 ,c'est ainsi qu'il a t prouv que n'importe quel chapitre d'un des milliers de livres que nous avons lus reste inaltrablement photographi dans notre souvenir et peut1 un moment donn1 reparatre sous nos yeux1 sans qu'il y manque un point ou une virgule4 ,c'est encore ainsi que le colonel de ,rochas1 dans ses expriences sur la rgression de la mmoire et de la personnalit1 faisait remonter ses sujets le cours de toute leur vie1 jusqu' leur petite enfance1 dont les moindres dtails ressuscitaient avec une nettet1 un relief extraordinaire1 dtails qui1 lorsqu'ils taient contrls1 taient reconnus parfaitement exacts4 ,il faisait bien mieux1 il parvenait rveiller la mmoire de leurs vies antrieures4 ,mais ici1 le contrle tant plus difficile1 la question n'est pas au point1 et je ne veux vous mener que sur la terre ferme des faits acquis et incontests4 ,,xi ,donc1 voil dj une norme partie de notre moi qui nous chappe1 dont nous ignorons l'existence1 que nous n'utilisons pas1 qui vit1 enregistre1 agit en dehors de notre cerveau conscient1 une mmoire idale1 qui1 pratiquement1 ne nous sert de rien1 ct de laquelle celle qui nous obit n'est qu'un troit sommet1 une sorte d'aiguille1 sans cesse ronge par le temps1 mergeant de l'ocan de l'oubli1 et sous laquelle se prolonge et s'tale une colossale montagne de souvenirs inaltrables1 dont notre cerveau ne peut tirer parti4 ,or1 sur quoi fondons-nous notre personnalit1 la nature de notre moi1 cette identit que nous craignons surtout de perdre par la mort8 ,uniquement sur notre mmoire consciente1 car nous n'en connaissons pas d'autre1 et cette mmoire1 nous venons de le voir1 compare l'autre1 est prcaire et insignifiante4 ,n'est-ce pas le moment de nous demander o se trouve rellement notre moi1 o rside notre vritable personnalit8 ,est-ce dans la petite mmoire incertaine et prcaire ou dans la grande1 l'infaillible et l'inbranlable8 ,quel moi choisirons-nous aprs notre mort8 ,celui qui n'est fait que de souvenirs vacillants1 ou l'autre qui nous reprsente tout entier1 sans solution de continuit1 qui n'a pas laiss perdre un fait1 un spectacle1 une sensation de notre existence et garde1 vivant en lui le moi de tous ceux qui sont morts avant nous8 ,s'il est redouter que la premire mmoire1 celle dont se sert notre cerveau1 s'altre ou s'teigne au moment de la mort1 comme au moindre malaise elle s'altre ou s'teint dans la vie1 n'est-il pas1 au contraire1 plus que probable que l'autre1 la grande1 qu'aucune secousse1 aucune maladie ne parvient troubler1 rsistera galement au choc norme de la mort et n'y a-t-il pas beaucoup de chances pour que nous la retrouvions intacte de l'autre ct du tombeau8 ,sinon pourquoi ce formidable travail d'enregistrement1 cette incroyable accumulation de clichs sans emploi1 puisque dans l'existence normale nous n'en secouons jamais la poussire et que les quelques repres de notre mmoire crbrale suffisent maintenir les lignes essentielles de notre identit8 ,il est admis que la nature n'a rien fait d'inutile2 on doit donc prsumer que ces clichs serviront plus tard1 qu'ils seront ncessaires ailleurs1 et cet ailleurs o peut-il tre que dans une autre vie8 ,on fera l'invitable objection que c'est le cerveau seul qui enregistre les clichs de cette mmoire1 comme les clichs1 de l'autre et que le cerveau tant mort1 etc4 ,c'est possible1 mais ne serait-il pas assez bizarre qu'il ft seul faire avec un soin1 qui l'absorberait tout entier1 toutes ces oprations qui ne l'intressent pas1 dont1 l'instant d'aprs1 il n'a plus cure1 et dont il ne semble pas se rendre compte8 ,en tout cas1 ce n'est pas le cerveau tel que nous l'entendons communment1 et c'est dj une trs importante constatation4 ,,xii ,mais cette mmoire cache1 ou cryptomnsie1 comme l'appellent les spcialistes1 n'est qu'une des faces de la cryptopsychie ou psychologie cache de l'inconscient4 ,je n'ai pas le loisir de rappeler ici tout ce que le savant1 l'artiste1 le mathmaticien doit la collaboration du subconscient4 ,nous avons tous plus ou moins profit de cette collaboration mystrieuse4 ,ce subconscient1 ce personnage trange que j'ai appel d'ailleurs3 ,l',hte ,inconnu1 qui vit et agit pour son propre compte en dehors de notre cerveau1 ne reprsente pas seulement tout notre pass qu'il cristallise intgralement dans sa mmoire2 il est aussi notre avenir qu'il pressent1 qu'il dcouvre1 que souvent il rvle1 car les prdictions vridiques chez certains sensitifs ou somnambules1 particulirement dous1 quand il s'agit de faits personnels1 sont si nombreuses que l'existence de la facult n'est plus gure niable4 ,il dborde donc prodigieusement dans le temps1 notre petit ,moi conscient1 qui ne vit que sur l'troit plateau du prsent4 ,il le dborde tout aussi prodigieusement dans l'espace4 ,par-dessus les ocans et les montagnes1 parcourant en une seconde des centaines de lieues1 il nous avertit de la mort ou du malheur qui frappe ou qui menace l'un des ntres l'autre bout du monde4 ,sur ce point1 il n'y a plus le moindre doute1 et des milliers de faits contrls nous dispensent de renouveler les rserves que nous venons de faire au sujet des prdictions de l'avenir4 ,cet hte inconnu et probablement gigantesque1 dont nous n'avons pas aujourd'hui prendre les mesures1 mais constater l'existence1 est du reste bien moins un personnage nouveau qu'un personnage oubli depuis la recrudescence de nos sciences positives4 ,nos diverses religions le connaissaient bien mieux que nous et qu'elles l'aient appel me--esprit--corps thrique--corps astral--tincelle divine1 peu importe1 c'est toujours la mme entit transcendentale qui englobe notre cerveau1 et notre ,moi conscient1 existait probablement avant celui-ci et lui survit aussi probablement qu'il lui prexistait1 et sans la prsence duquel on ne peut expliquer les trois quarts des phnomnes essentiels de notre vie4 ,,xiii ,laissant de ct pour l'instant d'autres proprits de ce singulier personnage1 qu'on croyait jamais relgu dans l'invisible1 telles que les matrialisations1 l'idoplastie1 les lvitations1 la lucidit1 la bilocation1 la psychomtrie1 etc41 il me reste exposer de quelle faon imprvue et curieuse1 une science assez rcente est parvenue constater1 tudier et analyser certaines de ces manifestations physiques1 et examiner ce que ces constatations ajoutent aux probabilits de survie ou d'immortalit du mme personnage1 qui pourrait bien tre aprs tout la partie essentielle et imprissable de notre ,moi4 ,je viens de rappeler quel point les tudes sur l'hypnotisme et la mdiumnit ont tendu le champ du subconscient4 ,jusqu'ici1 selon les coles1 on attribuait les phnomnes qu'on y constatait1 soit la suggestion1 soit un fluide dont on ignorait la nature et dont on se bornait enregistrer les effets surprenants4 ,les choses en taient l1 et les querelles entre suggestionistes et mesmriens menaaient de s'terniser lorsque1 il y a une cinquantaine d'annes1 en #ahff et #ahfg1 pour tre prcis1 un savant autrichien1 le baron von ,reichenbach1 publia ses premiers ouvrages sur les effluves odiques4 ,le docteur ,carl du ,prel1 un savant allemand1 complta l'uvre de ,reichenbach et1 dou d'un esprit scientifique de premier ordre et d'une intuition parfois gniale1 sut en tirer toutes les consquences4 ,on ne leur a pas rendu pleine justice jusqu'ici1 et leurs travaux n'ont pas encore obtenu le retentissement qu'ils mritent4 ,il ne faut pas s'en tonner1 les progrs de la science officielle1 la seule qui pntre jusqu'au public1 sont toujours beaucoup plus lents que ceux de la science indpendante4 ,il a fallu plus de cent ans pour que l'lectricit de ,volta devint notre lectricit moderne et la reine du monde industriel4 ,il a fallu galement plus d'un sicle depuis les expriences de ,mesmer1 pour que l'hypnotisme ft enfin reconnu par les acadmies de mdecine1 tudi dans les universits et class dans la thrapeutique4 ,il en faudra peut-tre autant pour que les expriences de ,reichenbach1 mises au point par du ,prel et compltes par de ,rochas1 portent tous leurs fruits4 ,en attendant1 leurs tudes jettent un jour admirable sur toute une srie de phnomnes obscurs et confus1 dont1 pour la premire fois1 elles ont objectivement dmontr l'existence et repr la source4 ,reichenbach a rellement redcouvert le fluide vital universel qui n'est autre que l',akahsa des religions prhistoriques1 le ,tlesma d',herms1 le feu vivant du ,zoroastre1 le feu gnrateur d',hraclite1 la lumire astrale de la ,kabbale1 l',alcahest de ,paracelse1 l'esprit de vie des occultistes1 la force vitale de ,saint ,thomas4 ,il l'a appel ,od d'un mot sanscrit qui veut dire ,qui pntre partout1 et il y voit trs justement la limite extrme de notre analyse de l'homme1 le point o la ligne de dmarcation entre l'esprit et le corps disparat1 si bien qu'il semble que l'essence intime de l'homme soit odique4 ,je ne peux naturellement pas exposer ici les innombrables expriences de ,reichenbach1 du ,prel et de ,rochas4 ,il suffira de dire qu'en principe1 l',od est le fluide magntique ou vital qui chaque seconde notre existence mane de tout notre tre1 en flots ininterrompus4 ,a l'tat normal1 ces manations ou ces effluves dont on souponnait l'existence1 grce aux phnomnes de l'hypnotisme1 nous demeurent totalement inconnus et invisibles4 ,reichenbach1 le premier1 dcouvrit que les sensitifs1 c'est--dire les sujets en tat d'hypnose1 voyaient trs nettement ces effluves dans l'obscurit4 ,a la suite d'un trs grand nombre d'expriences dont toutes possibilits de suggestion consciente ou inconsciente taient soigneusement exclues1 il a tabli que l'amplitude et la puissance de ces effluves variaient d'aprs les motions1 l'tat d'me ou de sant de ceux qui les produisaient1 qu'ils taient toujours bleutres du ct droit du corps1 et d'un rouge jaune du ct gauche4 ,il a encore constat que de semblables effluves manent non seulement de l'homme1 des animaux1 des plantes1 mais mme des minraux4 ,il est parvenu photographier l',od manant des cristaux de roche1 l',od humain1 l',od rsultant d'oprations chimiques1 celui de masses de mtal amorphes1 celui que produit le bruit ou le frottement2 en un mot1 il a dmontr que le magntisme ou l',od existe dans la nature entire1 ce qu'avaient d'ailleurs enseign les occultistes de tous les temps et de tous les pays#fc4 #fc ,de rcentes expriences de ,m4 ,walter-,j4 ,kilner1 rapportes dans son livre3 ,the ,human ,atmosphere1 sont venues matriellement dmontrer l'existence de ces manations1 de ces effluves1 de cette ,aura humaine ou du moins d'une ,aura analogue qui est un vritable double astral ou thrique4 ,il suffit de regarder le sujet travers un cran form d'une cuve de verre trs plate renfermant une solution alcoolique de dicyanine1 substance chimique drive du goudron de houille1 qui sensibilise la rtine aux rayons ultra-violets1 pour que l',aura apparaisse non plus seulement aux sensitifs1 comme dans les expriences de ,reichenbach1 mais aux yeux de #ie p4 #ajj des individus dous d'une vue normale4 ,il est du reste possible que cette ,aura ne soit pas un double thrique1 mais un simple rayonnement nerveux4 ,voir ce sujet l'excellent rsum de ,m4 ,,ren ,,sudre1 dans le n #c du ,bulletin de l',institut mtapsychique international 7janvier-fvrier #aiba74 ,,xiv ,voil donc l'existence de cette manation universelle exprimentalement dmontre4 ,il s'agirait1 maintenant1 d'en faire connatre les proprits et les effets4 ,je me borne quelques traits essentiels4 ,grce ces effluves1 on a pu constater que ce fluide tait le mme que celui qui produit les manifestations des tables tournantes2 en effet1 aux yeux des sensitifs1 ces manifestations s'accompagnent de phnomnes lumineux dont le synchronisme ne laisse aucun doute sur la corrlation de l'mission du fluide avec les mouvements de la table4 ,elle ne se met en branle que lorsque les radiations qui sortent des mains des assistants deviennent suffisamment puissantes4 ,ces radiations se condensent en colonnes lumineuses au centre de la table1 et plus elles sont intenses1 plus la table s'anime4 ,quand elles s'teignent1 la table retombe inerte4 ,il en est de mme pour les dplacements d'objets sans contact1 les apports1 la lvitation1 manifestations aujourd'hui suffisamment tablies et contrles pour qu'on n'ait plus besoin d'en refaire la dmonstration4 ,il est donc certain que ce fluide1 qui peut mettre en mouvement un pendule dans un vase de verre clos au chalumeau1 comme il est capable de soulever une table de plus de cent kilos1 possde une force parfois norme1 indpendante de nos muscles1 que l'on peut attribuer nos nerfs1 notre me1 tout ce que l'on veut1 mais qui n'en est pas moins d'une nature nettement et purement spirituelle4 ,il est en outre peu prs certain1 bien que les constatations exprimentales soient ici moins avances et plus difficiles1 cause de la raret des sujets1 que c'est ce mme fluide odique qui intervient dans les phnomnes de matrialisation1 notamment dans ceux que produisait la clbre ,eusapia ,paladino et dans ceux1 beaucoup plus probants et beaucoup plus rigoureusement contrls du mdium1 de madame ,bisson4 ,il tire probablement1 soit du mdium1 soit des assistants1 la substance plastique l'aide de laquelle il forme et organise les corps tangibles1 qui naissent et disparaissent au cours de ces manifestations1 nous donnant ainsi un aperu trs curieux sur la manire dont la pense1 l'esprit ou le fluide crateur agit sur la matire1 la condense1 la modle et se comporte1 lorsqu'il s'agit de former notre corps4 ,,xv ,il a encore t exprimentalement dmontr que ce fluide odique peut tre capt4 ,il est possible d'en charger n'importe quel objet4 ,l'objet magntis1 dans lequel le magntiseur a fait passer une partie de sa force vitale1 toute possibilit de suggestion tant carte1 conservera toujours sur le sensitif la mme action1 c'est--dire celle qu'avait voulue le magntiseur4 ,il le fera rire ou pleurer1 grelotter ou suer1 danser ou s'endormir1 selon la volont qu'avait le magntiseur en mettant son fluide4 ,en outre1 ce fluide parat indestructible3 un pilon de marbre magntis1 et mis successivement dans l'acide muriatique1 nitreux et sulfurique1 soumis l'action corrosive de l'ammoniaque1 ne perd rien de sa force4 ,une barre de fer chauffe blanc1 de la rsine fondue et recoule en d'autres formes1 l'eau bouillie1 le papier brl et rduit en cendres1 garde toute sa puissance4 ,il y a plus1 pour prouver que l'apprciation de cette force ne dpend pas d'une impression humaine1 on a constat que l'eau magntise1 puis bouillie1 dvie de vingt degrs1 comme avant l'bullition1 l'aiguille d'un rhomtre1 qui est1 comme chacun le sait1 l'appareil qui mesure les courants lectriques4 ,il serait intressant de savoir si cette force vitale emprisonne dans un objet survit au magntiseur4 ,je ne sais si des expriences ont t faites sur ce point4 ,en tous cas1 on a observ que plus de six mois aprs avoir t charges d',od1 les substances les plus htroclites3 fer1 tain1 colophane1 cire1 soufre1 marbre1 gardaient intactes leurs vertus magntiques4 ,,xvi ,non seulement le fluide odique ainsi capt renferme et reproduit la volont du magntiseur1 il renferme encore et reprsente une partie de la personnalit du magntis1 et notamment toute sa sensibilit4 ,le colonel de ,rochas a fait sur ce point1 qu'il appelle3 ,l'extriorisation de la sensibilit1 une foule d'expriences dconcertantes et cependant inattaquables et dcisives1 qui nous ramnent directement aux pratiques de l'envotement des magiciens de l'antiquit et des sorcires du ,moyen ge1 ce qui nous montre une fois de plus que sous les plus tranges croyances ou superstitions1 ds qu'elles sont suffisamment gnrales il y a presque toujours une vrit cache ou oublie4 ,je crois inutile de rappeler ici les expriences qui sont connues de tous ceux qui ont entr'ouvert un livre de mtapsychique4 ,je dois me borner2 ce que j'ai dit suffit tablir qu'il y a en nous un principe vital qui n'est pas indissolublement li notre corps1 qui peut le quitter1 qui peut s'extrioriser1 du moins en partie et momentanment durant notre vie1 qui peut tre rendu visible1 qui possde une force indpendante de nos muscles1 qui peut condenser de la matire1 la modeler1 l'organiser1 la faire vivre1 non seulement en apparence1 comme les fantmes de notre imagination1 mais comme des corps tangibles et rels1 dont la substance s'vanouit et rentre en nous de faon inexplicable4 ,nous avons galement vu que ce principe vital peut tre capt dans un objet1 et maintient indestructiblement dans cet objet1 malgr toutes les manipulations physiques ou chimiques1 la volont du magntiseur et la sensibilit du magntis4 ,n'est-ce pas le moment de se demander si1 tant ce point sparable et indpendant de notre corps1 si tant ce point indestructible1 par exemple dans les cendres d'un papier brl qui n'en renfermait qu'une minime partie1 ce fluide vital ne survit pas la destruction de notre corps8 ,en rponse cette question1 nous avons1 outre la logique1 les trs troublantes constatations des socits savantes qui se sont voues la recherche des cas de survivance rigoureusement constates1 notamment1 les cinq ou six cents apparitions de morts contrles par la ,society for ,psychical ,research4 ,il faut convenir que ces apparitions1 qui sont probablement des manifestations odiques d'outre-tombe1 paraissent beaucoup plus vraisemblables1 depuis que nous connaissons certaines proprits de l'trange fluide que nous venons d'tudier4 ,,xvii ,depuis la mort des chefs de l'cole odique1 ,reichenbach1 du ,prel et de ,rochas1 cette tude des fluides a t quelque peu nglige1 tort selon nous1 car elle est loin d'tre puise2 mais il y a des modes en mtapsychie comme en toutes choses4 ,la ,society for ,psychical ,research1 notamment1 durant ces dernires annes1 s'est occupe presque exclusivement de la question des ,correspondances croises1 et son enqute1 si elle n'a pas donn des rsultats absolument premptoires1 permet du moins de souponner de plus en plus srieusement la prsence1 autour de nous1 d'entits spirituelles1 invisibles et intelligentes1 dsincarnes ou autres1 qui s'amusent1 c'est le mot1 nous prouver qu'elles se jouent de l'espace et du temps et poursuivent un dessein qu'on ne dmle pas encore4 ,je sais bien que l'on peut1 la rigueur1 attribuer ces communications insolites aux facults inconnues du subconscient2 mais l'hypothse devient de jour en jour plus prcaire1 et le moment n'est peut-tre pas trs loign o nous serons enfin forcs d'admettre l'existence de ces dsincarns1 de ces doubles1 de ces esprits errants1 de ces lmentaires1 de ces ,dhyan-,choans1 de ces ,dvas1 de ces esprits cosmiques1 dont les occultistes d'autrefois n'avaient jamais dout4 ,dans cet ordre d'ides1 pour ne pas parler du ,raymond de ,sir ,oliver ,lodge1 des trs intressantes expriences spirites de ,p4-,e4 ,cornillier ni d'une foule d'autres1 ce qui nous entranerait trop loin1 les rcents travaux du ,dr ,w4 ,crawford1 qui ont fait sensation dans le monde mtapsychique1 sont venus apporter la thorie des ,invisibles1 un srieux appui4 ,il est vrai1 comme nous le verrons1 que cet appui lui vient moins des faits mmes que de l'interprtation qu'on leur donne4 ,,xviii ,w4-,j4 ,crawford1 docteur s sciences1 professeur au collge de ,belfast1 a fait sur la tlkinsie1 ou mouvements sans contact1 des expriences conduites avec une telle rigueur scientifique qu'elles excluent entirement toute ide de fraude et confirment compltement celles de ,crookes avec ,home1 de l',institut psychologique avec ,eusapia1 et d',ochorovicz avec ,mlle ,tomscyk4 ,il s'agit1 dans ces expriences1 de ce phnomne extrmement bizarre qui est une sorte d'extriorisation physique1 de ddoublement d'abord amorphe et ensuite plus ou moins plastique du mdium4 ,du corps de celui-ci sort une substance indfinissable1 tantt visible1 comme chez va1 le mdium de ,mme ,bisson1 tantt invisible1 comme chez le mdium de ,crawford1 mais qui1 mme invisible1 peut tre touche et dlimite et agit comme si elle avait une ralit objective4 ,cette substance1 moite1 froide1 parfois visqueuse1 qu'on appelle l',ectoplasme1 peut tre pese et son poids correspond exactement celui dont s'allge le corps du mdium2 elle peut atteindre jusqu' #ej pour cent du poids total de celui-ci4 ,a la fin de la sance1 elle se rsorbe1 sans laisser de trace1 dans le corps du sujet qui reprend instantanment son poids normal4 ,dans ces expriences1 cette substance invisible se comporte comme si elle sortait du corps du mdium sous la forme d'une tige plus ou moins rigide qui va soulever une table place une certaine distance du sige sur lequel le mdium est assis4 ,si la table est trop lourde pour tre souleve directement1 bout de bras1 pour ainsi dire1 la tige ou le levier psychique se courbe1 prend un point d'appui sur le sol et se redresse pour soulever le meuble4 ,quand ce levier invisible ne prend son point d'appui que sur le mdium1 le poids de ce dernier s'augmente de celui de l'objet soulev2 mais quand il prend son point d'appui sur le sol1 le poids du mdium est diminu du poids report sur ce point d'appui4 ,ces phnomnes de lvitation taient parfaitement connus avant les recherches de ,crawford1 mais par la dcouverte du levier invisible1 parfois perceptible au toucher et pouvant mme tre photographi1 il en a le premier rvl le mcanisme tout ensemble matriel et psychique4 ,en outre1 au cours de ses innombrables expriences1 il a constat que tout se passait comme si des entits invisibles y assistaient1 y collaboraient et souvent les dirigeaient4 ,il communiquait avec elles par la typtologie et1 ayant remarqu que ces oprateurs mystrieux ne paraissaient pas bien comprendre l'intrt scientifique des phnomnes1 il les interrogea et conclut de leurs rponses qu'ils n'taient que des sortes de manuvres1 manipulant des forces qu'ils ne connaissaient pas et accomplissant une besogne commande par des tres d'un ordre plus lev qui ne pouvaient ou ne daignaient oprer eux-mmes4 ,on peut videmment soutenir que ces collaborateurs invisibles manent du subconscient du mdium ou des assistants et la question est encore insoluble4 ,mais la conviction o fut amen peu peu et pour ainsi dire par la force des choses1 un savant d'abord aussi sceptique que l'tait ,crawford1 ne mrite pas moins d'tre srieusement envisage4 ,en tout cas1 ses expriences1 comme celles du fluide odique1 dmontrent une fois de plus que notre tre est beaucoup plus immatriel1 plus psychique1 plus mystrieux1 plus puissant et sans doute plus durable que nous ne le croyons2 ce que nous avaient enseign les religions primitives et les occultistes qui s'en inspirrent4 ,,xix ,en ne perdant pas de vue les autres manifestations spirites1 les apparitions posthumes1 les phnomnes de psychomtrie et de matrialisation1 les prvisions de l'avenir1 le mystre des animaux parlants1 les miracles de ,lourdes et d'autres lieux1 que nous ne mentionnons ici que pour mmoire1 voil1 en regard des immenses et orgueilleuses affirmations d'autrefois1 les demi-certitudes et les petits faits lentement reconquis par nos occultistes d'aujourd'hui4 ,a premire vue1 c'est peu de chose et mme si la grande question centrale de notre mtapsychique1 la question de la survivance tait enfin rsolue1 cette solution tant attendue ne nous mnerait pas encore bien loin1 beaucoup moins loin1 sans doute1 que n'taient alls les prtres de l',inde et de l'gypte4 ,mais pour modestes qu'elles sont1 les dcouvertes de nos occultistes ont du moins l'avantage de reposer sur des faits que nous pouvons contrler et doivent nous tre plus prcieuses que les plus grandioses hypothses qui jusqu'ici ont chapp toute vrification4 ,,xx ,maintenant1 il est fort possible que pour pntrer plus avant dans les rgions o ils s'aventurent1 les mthodes purement exprimentales1 qui sont les plus sres dans les autres sciences1 soient insuffisantes4 ,il entre en jeu d'autres lments que ceux que la science a coutume de rencontrer4 ,il s'agit de forces peut-tre plus spirituelles que celles de notre esprit et pour les saisir et les dominer1 il se peut qu'il soit ncessaire de s'occuper d'abord de notre propre spiritualisation4 ,il est bon d'avoir des laboratoires parfaitement organiss1 mais c'est probablement en nous-mmes que se trouve le vritable laboratoire d'o sortiront les dernires dcouvertes4 ,il semble que mieux que nous les prtres et les mages des grandes religions l'avaient compris4 ,quand ils voulaient s'engager dans les domaines ultra-spirituels de la nature1 ils s'y prparaient longuement4 ,ils sentaient qu'il ne leur suffisait pas d'tre des savants1 mais qu'avant tout ils devaient devenir des saints4 ,ils commenaient par faire l'ducation de leur volont1 par sacrifier tout leur tre1 par mourir tout dsir4 ,ils enveloppaient leurs forces intellectuelles d'une force morale qui les menait beaucoup plus directement sur le plan o se passaient les phnomnes tranges qu'ils interrogeaient4 ,il est assez vraisemblable qu'il y a dans l'invisible ou l'infini des choses que l'intelligence n'atteint pas1 sur lesquelles elle n'a aucune prise1 mais qu'une autre puissance peut rejoindre2 et cette puissance est peut-tre ce qu'on appelle l'me ou ce subconscient suprieur que les antiques religions avaient appris cultiver par des exercices et surtout par un renoncement et une concentration spirituelle dont nous avons perdu la pratique et mme la notion4 ,,conclusions ,i ,nous avons dj1 au cours de cette tude1 rencontr la plupart des conclusions qu'on en peut tirer2 il suffira de rappeler1 en les rsumant1 les principales4 ,a l'origine des religions1 notamment l'origine de celle qui parat tre la plus ancienne et la source des autres1 il n'y a pas de doctrine secrte1 il n'y a pas de rvlation1 il n'y a que la tradition prhistorique d'une mtaphysique que nous appellerions aujourd'hui purement rationaliste4 ,l'aveu d'ignorance totale au sujet de la nature1 des attributs1 du caractre1 des volonts1 de l'existence mme de la ,cause premire ou du ,dieu des dieux1 est formel et public4 ,c'est une immense ngation1 on ne sait rien1 on ne peut pas savoir1 on ne saura jamais1 car ,dieu lui-mme ne sait peut-tre pas4 ,cette ,cause premire inconnue est ncessairement infinie1 car l'infini seul est inconnaissable et le ,dieu des dieux ne serait plus le ,dieu des dieux et ne se concevrait point s'il n'tait pas tout4 ,de son infinit nat donc invitablement le panthisme1 attendu que cette cause tant tout1 tout est elle et qu'il n'est pas possible d'imaginer quelque chose qui la limite et ne soit pas elle1 en elle ou par elle4 ,de ce panthisme drive son tour la croyance l'immortalit et l'optimisme final1 vu que la cause tant infinie dans l'espace et le temps1 rien de ce qui est elle ou en elle ne peut tre ananti sans qu'elle anantisse une partie d'elle-mme1 ce qui est impossible puisqu'elle serait encore le nant qui tenterait de la limiter2 de mme que rien non plus ne peut tre ternellement malheureux sans qu'elle condamne une partie d'elle-mme un malheur ternel4 ,agnosticisme total1 avec ses consquences3 infinit divine1 panthisme1 immortalit de tout et optimisme final1 voil donc le point de dpart des grands instructeurs primitifs1 pures intelligences et logiciens implacables1 tels que l'taient1 s'il faut en croire les traditions occultistes1 les mystrieux ,atlantes2 et ne serait-ce pas le mme point de dpart que devraient choisir aujourd'hui ceux qui voudraient fonder une religion nouvelle qui ne rpugnt pas la raison humaine de plus en plus exigeante8 ,,ii ,mais si tout est ,dieu et doit tre ncessairement immortel1 il n'en est pas moins certain que les hommes1 les choses1 les mondes disparaissent4 ,a partir de ce moment1 nous quittons les consquences logiques du grand aveu d'ignorance pour entrer dans le ddale de thories qui ne sont plus inattaquables1 et qui du reste1 l'origine1 ne nous sont pas proposes comme des rvlations1 mais comme de simples hypothses mtaphysiques1 des spculations trs anciennes1 nes de la ncessit d'accorder les faits avec les dductions trop abstraites et trop rigides de la raison humaine4 ,en ralit1 selon ces hypothses1 l'homme1 les mondes1 l'univers ne prissent jamais2 ils disparaissent et reparaissent tour tour1 dans l'ternit1 en vertu de ,maya1 l'illusion de l'ignorance4 ,quand ils ne sont plus pour nous1 quand ils n'existent plus pour personne1 ils existent toujours virtuellement1 o personne ne les voit2 et ceux qui ont cess de les voir ne cessent pas d'exister comme s'ils les voyaient4 ,de mme1 quand ,dieu se limite pour se manifester et prendre conscience d'une partie de soi1 il ne cesse pas d'tre infini et inconnaissable lui-mme4 ,il semble se mettre un moment au point de vue ou porte de ceux qu'il a rveills dans son sein4 ,cette dernire hypothse ne pouvait tre l'origine1 comme elle l'est encore maintenant et comme elle le sera toujours1 qu'un pis-aller1 mais devint plus tard une sorte de dogme qui1 avidement accueilli par l'imagination1 se substitua bientt compltement la grande ngation primitive4 ,a partir de ce moment1 dsesprant de connatre l'inconnaissable1 on le ddouble1 on le subdivise1 on le multiplie1 on relgue dans l'inaccessible infini l'inconcevable cause premire et on ne s'occupe plus que des causes secondes par lesquelles elle se manifeste et agit4 ,on ne se demande pas1 ou plutt on n'ose pas se demander comment la cause tant essentiellement inconnaissable1 ses manifestations peuvent tre considres comme connues sans qu'elle cesse d'tre inconnaissable1 et on entre dans l'immense cercle vicieux o il faut bien se rsigner vivre sous peine de se condamner une ngation1 une immobilit1 une ignorance et un silence ternels4 ,ne pouvant connatre ,dieu en soi1 on se contente de le chercher et de l'interroger dans ses cratures et surtout dans l'homme4 ,on croit l'y trouver1 et les religions naissent avec leurs dieux1 leurs cultes1 leurs sacrifices1 leurs croyances1 leurs morales1 leurs enfers et leurs cieux4 ,la filiation qui les rattache toutes la ,cause inconnue est de plus en plus oublie et ne reparat qu' certains moments1 par exemple1 longtemps aprs1 dans le ,bouddhisme1 dans les mtaphysiques1 dans les mystres et dans les traditions occultes4 ,mais malgr cet oubli1 grce l'ide de cette cause premire1 ncessairement une1 invisible1 intangible1 inconcevable1 et qu'on est par consquent oblig de considrer comme purement spirituelle2 dans la religion primitive1 deux grands principes1 infiltrs par la suite dans celles qui en drivrent1 sont demeurs vivaces1 qui rptent sourdement1 sous toutes les apparences1 que l'essence est une et que l'esprit est la source de tout1 l'unique certitude1 la seule ralit ternelle4 ,,iii ,de ces deux principes qui au fond n'en sont qu'un1 dcoule toute la morale primitive qui devint la grande morale de l'humanit4 ,l'unit tant l'idal et le souverain bien1 le mal est la sparation1 la division1 la multiplicit2 et la matire n'est en somme qu'un rsultat de la sparation ou de la multiplicit4 ,il faut donc pour rentrer dans l'unit1 se dpouiller1 sortir de la matire qui n'est qu'une forme infrieure1 une dgradation de l'esprit4 ,c'est ainsi qu'on trouva ou qu'on crut trouver la volont de l'inconnaissable et la clef de toute morale1 sans du reste oser se demander pourquoi cette rupture de l'unit et cette dgradation de l'esprit avaient t ncessaires2 comme si l'on avait suppos que la ,cause premire qui aurait pu retenir toutes choses l'tat d'unit souverainement heureuse dans son sein unique1 immobile et souverainement heureux1 et t condamne par une loi suprieure et irrsistible au mouvement et aux recommencements ternels4 ,ces ides1 trop purement mtaphysiques pour alimenter une religion1 furent bientt1 dans l',inde mme1 recouvertes d'une prodigieuse vgtation de mythes et devinrent peu peu le secret des brahmanes qui les cultivrent1 les dvelopprent1 les approfondirent et les compliqurent jusqu' la dmence4 ,de l elles se rpandirent sur la terre ou regagnrent les lieux d'o elles taient parties1 car s'il nous est permis de reprer plus ou moins chronologiquement un foyer central1 il nous est impossible de dterminer d'o elles surgirent dans la prhistoire1 moins de nous en rapporter aux lgendes thosophiques des sept races1 que nous pourrons peut-tre admettre quand on nous offrira des documents moins critiquables que ceux qu'on nous a fournis jusqu'ici4 ,,iv ,en tout cas1 nous suivons assez facilement1 dans le monde historique1 la marche de ces ides1 qu'elles soient simultanes ou postrieures1 dans l',inde1 dans l'gypte et la ,perse1 ou qu'elles pntrent en ,chalde et dans la ,grce ant-socratique par des mythes1 par des contacts ou des migrations que nous ignorons1 ou1 spcialement pour l',hellade1 par les pomes orphiques1 recueillis l'poque alexandrine1 mais remontant des temps lgendaires et nous offrant des vers qui1 comme le constate mile ,burnouf dans sa ,science des religions1 sont traduits mot mot des hymnes du ,vda#fd4 #fd ,,mile ,,burnouf1 ,la science des religions1 p4 #aje4 ,par suite du sjour en gypte1 de la captivit de ,babylone et de la conqute de ,cyrus1 elles atteignirent la ,bible1 s'y dnaturrent pour s'accorder au monothisme juif1 mais se conservrent secrtement1 peu prs pures1 par transmission orale1 dans la ,kabbale1 o l',en-,sof1 comme nous l'avons vu1 est la rplique exacte de l',inconnaissable hindou et conduit un agnotiscisme1 un panthisme1 un optimisme et une morale presque similaires4 ,ces ides1 touffes sous la ,bible dans le monde juif1 et dans le monde grco-romain sous le poids des religions et des philosophies officielles1 survcurent dans des sectes secrtes et notamment parmi les ,essniens1 ainsi que dans les mystres1 et reparurent la lumire du jour aux environs de l're chrtienne1 dans les coles gnostiques et no-platoniciennes et plus tard dans la ,kabbale enfin fixe par crit1 d'o elles passrent1 plus ou moins dfigures1 dans l'occultisme du ,moyen ge dont elles forment l'unique fond4 ,v ,nous voyons ainsi que l'occultisme1 ou plutt la doctrine secrte1 variable dans ses formes1 souvent trs obscurcie1 surtout durant le ,moyen ge1 mais presque partout identique dans son fond1 fut toujours une protestation de la raison humaine1 fidle ses traditions ant-historiques1 contre les affirmations arbitraires et les prtendues rvlations des religions publiques et officielles4 ,elle opposait leurs dogmes sans fondements1 leurs manifestations divines anthropomorphes1 illogiques1 trop petites et inacceptables1 l'aveu d'une ignorance totale et invincible sur tous les points essentiels4 ,de cet aveu1 qui au premier abord parat tout dtruire mais qui conduit presque forcment une conception spiritualiste de l'univers1 elle sut tirer une mtaphysique1 une mystique et une morale beaucoup plus pures1 plus leves1 plus dsintresses et surtout plus rationnelles que celles qui naquirent des religions qui l'touffrent4 ,on pourrait mme dmontrer que tout ce que ces religions ont encore de commun sur des hauteurs o toutes se rejoignent1 tout ce qui n'a pu tre rabaiss au niveau des exigences matrielles d'une trop longue vie1 tout ce qu'on trouve en elles de grandiose1 d'infini1 d'imprissable et d'universel1 elles le doivent cette mtaphysique immmoriale o plongrent leurs premires racines4 ,il semble mme qu' mesure que le temps les en loigne1 l'esprit les y ramne2 c'est ainsi que dans les deux dernires1 sans parler de tout ce qu'elles lui empruntrent plus directement1 le ,dieu-le-,pre du ,christianisme et l',allah de l',islamisme1 sont bien plus prs de l',en-,sof de la ,kabbale que du ,jhovah de la ,bible2 et que le ,verbe de ,saint ,jean1 dont il n'est pas question dans l',ancien ,testament1 ni dans les ,synoptiques1 n'est que le ,logos des gnostiques et des no-platoniciens qui le tenaient eux-mmes de l',inde et de l'gypte4 ,,vi ,est-ce donc l le grand secret de l'humanit qu'on cachait avec tant de soin sous des formules mystrieuses et sacres1 sous des rites parfois effrayants1 sous des rticences et des silences redoutables3 une ngation sans bornes1 un vide immense1 une ignorance sans espoir8 ,oui1 ce n'est que cela2 et il est heureux que ce ne soit pas autre chose1 car un ,dieu et un univers assez petits pour que le petit cerveau de l'homme pt en faire le tour1 en comprendre la nature et l'conomie1 en connatre l'origine1 le but et les limites1 deviendraient si troits et si misrables que personne ne se rsignerait y demeurer ternellement prisonnier4 ,il faut l'humanit l'infini et son corollaire l'ignorance invincible pour ne pas se sentir dupe ou victime d'une inexcusable exprience ou d'une erreur sans issue4 ,on pouvait ne pas l'appeler la vie1 mais puisqu'on l'a tire du nant1 il lui faut l'illimit de l'espace et du temps dont on lui a donn l'ide2 elle est en droit de participer de tout ce qu'est celui qui la fit natre avant qu'elle lui pardonne d'tre ne4 ,et elle n'y peut participer qu' condition de ne pas comprendre4 ,toute certitude1 du moins tant que notre cerveau ne sera pas dlivr des liens qui l'entravent1 deviendrait une borne contre laquelle irait se briser tout dsir d'exister4 ,rjouissons-nous donc de n'en pas avoir d'autre que celle d'une ignorance aussi infinie que le monde ou le ,dieu qui en est l'objet4 ,,vii ,aprs tant d'efforts1 aprs tant d'preuves1 nous nous retrouvons exactement au point d'o taient partis nos grands instructeurs4 ,ils nous ont lgu une sagesse que nous commenons peine dbarrasser des dbris que les sicles y avaient dposs2 et sous ces dbris nous retrouvons intact le plus haut aveu d'ignorance que l'homme ait os profrer4 ,c'est peu si l'on aime l'illusion1 c'est beaucoup si l'on prfre la vrit4 ,nous savons enfin qu'il n'y eut jamais de rvlation ultra-humaine1 de message direct et irrcusable de la divinit1 de secret ineffable et que tout ce que l'homme croit connatre au sujet de ,dieu1 de son origine et de ses fins1 c'est de sa propre raison qu'il l'a tir4 ,on se doutait bien1 avant d'avoir interrog nos anctres prhistoriques1 que toute rvlation1 au sens o l'entendent les religions1 tait et sera toujours impossible2 car on ne peut rvler quelqu'un que ce qu'il est capable de comprendre1 et ,dieu seul peut comprendre ,dieu4 ,mais on s'imaginait volontiers1 qu'ayant pour ainsi dire assist la naissance du monde1 ils devaient en savoir plus que nous puisqu'ils taient encore plus prs de ,dieu4 ,ils n'taient pas plus prs de ,dieu1 ils taient simplement plus prs de la raison humaine que n'avaient pas encore offusque des imaginations millnaires4 ,ils se sont contents de nous donner les seuls repres que cette raison puisse dcouvrir dans l'inconnaissable3 panthisme1 spiritualisme1 immortalit1 optimisme final1 abandonnant le reste aux hypothses de leurs successeurs et laissant sagement sans rponse1 comme nous les laisserions encore aujourd'hui1 toutes les questions insolubles que les religions qui suivirent tranchrent aveuglment1 de faon souvent ingnieuse1 mais toujours arbitraire et parfois purile4 ,,viii ,faut-il refaire le compte de ces questions8 ,passage du virtuel au rel1 de l'essence au devenir1 du nant l'tre1 descente de l'esprit dans la matire1 c'est--dire origine du mal1 et remonte de la matire vers l'esprit1 ncessit de sortir d'un tat ternellement bienheureux pour y revenir aprs une purification et des preuves dont l'indispensabilit est incomprhensible2 recommencements ternels pour atteindre un but qui fuira toujours1 puisqu'il n'a pas t atteint1 bien que dans le pass on ait eu pour l'atteindre autant de temps qu'on en aura dans l'avenir4 ,on pourrait allonger sans mesure ce bilan de l'inconnaissable4 ,il suffira d'ajouter pour le clore que la question qui1 tort ou raison nous inquite le plus1 celle qui concerne le sort de notre conscience et de notre personnalit dans l'absorption divine1 demeure elle aussi sans rponse2 car le ,nirvana ne dcide1 ne prcise rien1 et le ,bouddha1 dernier interprte des grands enseignements sotriques1 avoue lui-mme qu'il ne sait pas si cette absorption a lieu dans un nant ou dans un bonheur ternel3 ,le sublime ne l'a pas rvl4 ,le ,sublime ne l'a pas rvl1 car rien n'a t rvl et rien n'est rsolu parce qu'il est probable que rien ne sera jamais rsoluble et qu'il est vraisemblable que des tres dont l'intelligence serait un million de fois plus puissante que la ntre ne trouveraient pas encore de solution4 ,pour comprendre la cration1 nous dire d'o elle vient1 o elle va1 il faudrait en tre l'auteur2 et encore1 se demande le ,rig-,vda1 la source mme de la sagesse primordiale1 ,et encore1 le sait-il8 ,le grand secret1 le seul secret1 c'est que tout est secret4 ,apprenons du moins l'cole de nos mystrieux anctres faire1 comme ils l'avaient fait1 la part de l'inconnaissable et n'y chercher que ce qui s'y trouve1 c'est--dire la certitude que tout est ,dieu1 que tout est en lui et y doit aboutir dans le bonheur1 et que la seule divinit que nous puissions esprer de connatre1 c'est au plus profond de nous-mmes qu'il la faut dcouvrir4 ,le grand secret n'a pas chang d'aspect1 il reste1 la mme place1 ce qu'il tait pour eux4 ,ils surent1 ds l'origine1 tirer de l'inconnaissable la morale la plus pure que nous ayons eue2 puisque nous nous retrouvons au mme point dans cet inconnaissable1 il serait hasardeux1 pour ne pas dire impossible1 d'en dduire d'autres enseignements4 ,et leurs enseignements1 qui par le haut sont demeurs les mmes et ne diffrent qu'aux parties basses dans toutes les religions dont les dogmes divers ne sont au fond que des traductions ou des interprtations mythologiques de ces vrits trop abstraites1 auraient fait de l'homme ce qu'il n'est pas encore1 s'il avait eu le courage de les suivre4 ,ne les oublions point1 c'est le dernier et le meilleur conseil que nous donne le testament mystique que nous venons de feuilleter4 ,,table ,pages4 ,prliminaires #a ,l',inde #bi ,l'gypte #aaa ,la ,perse #acc ,la ,chalde #ada ,la ,grce ant-socratique #adi ,les ,gnostiques et les ,no-,platoniciens #aha ,la ,kabbale #ahi ,les ,hermtistes #bac ,les ,occultistes modernes #bbi ,les ,mtapsychistes #bee ,conclusions #cjc ,b--#aibf--,lib4-,imp4 runies1 #g1 rue ,saint-,benot1 ,paris4