,,remy ,,de ,,g\rmont ,le ,*em9 de ,vel\rs ,,n\velles ,,dissociations ,d',,id,,es ,ni la contradiction n'e/ m>que de fausset1 ni l'incontradiction n'e/ m>que de vrit4 ,pascal4 ,,le ,,*em9 ,,de ,,vel\rs 7,,pascal ,,et ,,les ,j,,suites7 ,,la ,,gloire ,,et ,l',,id,e ,d',,immortalit ,,le ,,succ,s ,,et ,l',,id,e ,,de ,,beaut ,,valeur ,,de ,l',,in/ruction ,,la ,,femme ,,et ,,le ,,langage--,l',,id,,alisme ,,analyses ,,et ,,fragm5ts ,onzime dition ,,p>is ,,m]cvre ,,de ,,france ,,xxvi1 ,,rve ,,de ,,cond1 ,,xxvi ,,mcmxi ,,du ,m,,me ,,auteur ,roman1 ,?tre1 ,pomes ,,sixt9e4 ,,le ,p,,l]9 ,,du ,,sil5ce4 ,le ,fantme4 ,le ,*teau s+uli]4 ,?tre muet4 ,le ,livre des ,litanies4 ,pages retr\ves4 ,,les ,,*evaux ,,de ,,diom,,de4 ,d',,un ,,pays ,,lo9ta94 ,,le ,,songe ,d',,une ,,femme4 ,,lili?1 suivi de ,,?,,odat4 ,,une ,,nuit ,,au ,,luxemb\rg4 ,,un ,c,,ur ,,virg9al4 ,c\v]ture de ,g4 d',espagnat4 ,,c\leurs1 suivi de ,,*oses ,,anci5nes4 ,,hi/oires ,,magiques4 ,,div]tissem5ts1 posies compltes1 #aiab4 ,critique1 ,littrature ,,le ,,lat9 ,,my/ique 7tude sur la posie lat9e du moy5-ge7 7,crs1 diteur74 ,,le ,,livre ,,des ,,masques 7,i] et ,i,ie71 gloses et docum5ts sur les criva9s d'hi] et d'auj\rd'hui1 avec #ec portraits p> ,f4 ,vallotton4 ,,la ,,culture ,,des ,,id,,es4 ,,le ,,*em9 ,,de ,,vel\rs4 ,n\velles dissociations d'ides4 ,,le ,,probl,,me ,,du ,,/yle4 ,que/ions d',art1 de ,littrature et de ,grammaire4 ,,physique ,,de ,l',,am\r4 ,essai sur l'in/9ct sexuel4 ,,pilogues4 ,rflexions sur la vie1 #ahie-aiih2 #ahii-aija 7#b;e srie72 #aijb-aijd 7#c;e srie72 #aije-aiab 7volume complm5taire72 #d vol4 ,,e/h,,tique ,,de ,,la ,,langue ,,fran,,aise1 dition revue1 corrige et augm5te4 ,,prom5ades ,,litt,,raires 7#are1 #b;e1 #c;e1 #d;e et #e;e sries72 #e vol4 ,,prom5ades ,,philosophiques 7#are1 #b;e et #c;e sries72 #c vol4 ,,dialogues ,,des ,,amateurs ,,sur ,,les ,,*oses ,,du ,,temps 7pilogues1 #d;e srie1 #aije-aijg74 ,,n\veaux ,,dialogues ,,des ,,amateurs ,,sur ,,les ,,*oses ,,du ,,temps 7pilogues1 #e;e srie1 #aijg-aiaj74 ,,dante1 ,b,,atrice ,,et ,,la ,,po,,sie ,,am\reuse4 ,,p5dant ,l',,orage4 ,,lettres ,a ,l',,amazone4 ,,p5dant ,,la ,,gu]re4 ,,lettres ,d',,un ,,satyre4 ,,lettres ,a ,,sixt9e4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s pays4 ,,premi,,re ,,p>tie ,,le ,,*em9 ,,de ,,vel\rs ,il faut bi5 avis] ne pas se noi]1 en v\lant sec\rir ceux qui se noi5t4 ,,baltas> ,,gracian1 ,l'homme de ,c\r1 ,,cclxxxv4 ,,le ,,*em9 ,,de ,,vel\rs ,i ,,les ,j,,suites ,,et ,,le ,,g,t ,,fran,,ais4--,les ,jsuites ne sont pas au gt franais4 ,l'homme de ,france1 et la femme surt\t1 veut que ses murs soi5t rgies p> une morale svre1 peut-tre p\r le plaisir d'avoir l'air de lui dsobir4 ,sa joie1 qui sait se cont5t] d'app>5ces1 e/ surt\t de fraud] et de brav]4 ,il a l'esprit de contradiction4 ,en presque t\t il se con=me aux prceptes jsuitiques--si ce sont des prceptes1 et p>ticuli]s aux ,jsuites--mais il se veut idalem5t plus haut que ses murs4 ,les ,jansni/es non plus ne sont pas au gt franais1 mais p\r des motifs opposs4 ,c'e/ que la svrit de leurs pr9cipes trop *rti5s a une t5dance pass] d'emble1 ds qu'on les accepte1 l'application4 ,notre amusem5t n'e/ pas d'agir1 mais d'en avoir la lib]t4 ,la lic5ce dont on se pla9t1 on crie si l'autorit nave la veut rprim]4 ,ceux qui df5d5t la religion avec le plus de =ce ne mett5t jamais les pi$s dans une glise4 ,la foi corrompt les meilleures causes4 ,il n'y a ri5 de plus odieux que la morale *rti5ne df5due p> un croyant4 ,il faut t\t savoir comme si on ne savait ri51 et d\t] de t\t comme si on croyait t\t4 ,au fond de ce c>actre1 on disc]ne un s5s inn de l'lgance1 de ce que d',aurevilly et ,baudelaire appelai5t le d&ysme4 ,il lui plairait plutt de p>atre vicieux sans vices que v]tueux sans v]tu4 ,t>tufe1 selon les saisons1 vi5t de ,g5ve ou du ,ges4 ,c'e/ le type qui n\s *oque le plus4 ,il faut que les passions politiques soi5t trs ard5tes p\r que n\s cons5tions l'lire p>mi n\s-mmes4 ,l'indignation contre les ,jsuites1 qu& les ,prov9ciales popul>isr5t leur ?ologie morale1 ne fut pas celle de la v]tu contre le vice4 ,jamais en ,france on ne se donna longtemps un tel ridicule4 ,ce fut celle d'un mancip contre un tuteur trop indulg5t4 ,les casui/es pr5ai5t beauc\p de mal p\r innoc5t] des mfaits qui n'tai5t dlicieux que p> la grce de l'esprit de contradiction4 ,les plaisirs p]mis sont les plus fades4 ,don ,juan1 en passe de recevoir des complim5ts sur ses bonnes murs1 se tr\va furieux1 tel un mmi] qu'insulte l'allusion ses fr$a9es4 ,de ce que l'accueil fait aux ,prov9ciales fut presque p>eil *ez les ,jansni/es et *ez les lib]t9s1 il n'en faudrait po9t conclure une id5tit de s5tim5ts intimes dans les deux gr\pes4 ,ce qui1 p\r un ca?olique indiffr5t1 n'tait que t>tuf]ie inutile et l\rde1 blessait ,jansni/es et ,prote/ants a9si qu'un outrage la morale t]nelle4 ,pascal1 et quoique jansni/e1 a mis les cas de consci5ce en comdie2 de ,g5ve on voyait cela tel qu'un drame de d\leur et de sc&ale4 ,voil les deux po9ts de vue4 ,la p]svrance des ,prote/ants1 qui gale celle de la taupe1 a f9i p> faire prvaloir l'int]prtation calv9i/e4 ,les d]ni]s des ,jansni/es franais1 rfugis dans les bureaux de la ,*ambre1 rpt5t encore la pla9te indigne de l'auteur des ,jsuites mis sur l',es*afaut4 ,t\s les g5s simples et des hommes sages ont pris au srieux les crimes de ,su>ez et de ,tambur9i1 cep5dant qu',escob> acqurait un r5om immortel4 ,mais que vaut cette rputation8 ,,ii ,,orig9e ,,de ,,ces ,r,,flexions4--,la plup>t des rflexions qu'on va lire sont antrieures aux polmiques d'auj\rd'hui4 ,elles sont nes au has>d des lectures et des heures4 ,il a p>u que l'occasion s'(frait assez bonne de les rdig]1 de leur donn] une =me4 ,ce qui n'occupait qu'un esprit ds9tress de t\t1 et intress t\t1 p\rra1 dans les conjonctures prs5tes1 amus] les incrdules et rvolt] les croyants4 ,il semble p>fois que l'hi/oire ait t rdige1 en /yle gr& p5s]1 dans l'le du docteur ,moreau4 ,,iii ,g,n,,alogie ,,du ,,jans,,nisme4--,comme t\tes les hrsies1 ces actes de foi p>adoxaux et dmesurs1 le ,jansnisme naquit inatt5du2 c'e/--dire qu'aux hrsies comme aux rvolutions de la politique ou de l'art il faut un prtexte4 ,entre deux p>tis extrmes1 il y a t\j\rs une op9ion moy5ne4 ,on y r5contre1 p>mi une f\le indcise et peureuse1 quelques esprits trop critiques et qu'une passion unique n'incl9e pas2 mais que la s5sibilit de cette f\le se tr\ve s\da9 blesse et la raison de cette lite s\da9 froisse1 voil des quilibres rompus4 ,on a vu1 lors d'une rc5te affaire1 ces tombes brusques de la fl*e1 qui font song] aux balances du ,dr ,crookes impressionnes p> l'inconsci5t4 ,le ,jansnisme fut une affaire tellem5t semblable la ntre que c'en e/ humiliant4 ,les ,jsuites1 galem5t innoc5ts de l'une et de l'autre1 ptir5t jadis et nagure4 ,cep5dant1 la premire hi/oire1 bi5 plus ds9tresse1 fut bi5 plus bte4 ,il s]ait impossible de s'y di/raire cette heure1 si elle n'avait fait deux victimes1 ,pascal et ,rac9e1 et si elle n'tait dev5ue a9si1 au c\rs des annes1 l'une des phases les plus dte/ables de la longue folie huma9e4 ,calv9i/e1 l'aeul des ,arnauld1 ,anto9e1 fut t\* de la grce lors de la ,sa9t-,b>?lemy4 ,il abjura prudemm5t et m\rut1 lguant ses enfants une foi quivoque o l'am\r de ,g5ve le disputait la cra9te de ,rome4 ,les ,arnauld avai5t p\r ami ,duv]g] de ,hauranne1 abb de ,sa9t-,cyran1 et ce ,duv]g] maniait sa guise l'esprit d'un c]ta9 ,holl&ais nomm ,corneille ,jansnius1 vque d',ypres4 ,ce pauvre homme1 s'imag9ant avoir dc\v]t la vritable doctr9e de sa9t ,augu/91 rdigea sa tr\vaille en un considrable 9-folio nomm ,augu/9us4 ,en ce temps-l on lisait les livres de ?ologie2 c'tait la n\rriture de ces esprits qui auj\rd'hui se repaiss5t avec ardeur de mtaphysique sociale4 ,rome condamna4 ,anto9e ,arnauld appr\va4 ,un brave homme1 ,nicolas ,cornet1 eut piti des fidles et v\lut leur p>gn] l'norme tome4 ,p> son gnie1 l',augu/9us fut rsum en c9q propositions1 lesquelles1 dp\illes du j>gon ?ologique1 se rduis5t cette inconte/able vrit3 l'homme n'e/ pas libre1 t\s ses actes sont dt]m9s4 ,mais il aurait p>u un peu h>di de supprim] a9si t\te religion1 t\te morale1 et telle n'tait l'int5tion1 ni de ,jansnius1 ni d',arnauld1 ni de leurs matres ,augu/9 et ,calv94 ,le dt]m9isme e/ tempr p> la grce4 ,il y a le bi5 et le mal4 ,livr lui-mme1 l'homme suit son p5*ant1 qui l'incl9e au mal2 sec\ru p> la grce1 il va au bi51 avec une gale sret4 ,cette grce1 dont dp5d la v]tu et le salut t]nel1 il n'e/ pas au p\voir de l'homme de lui rsi/]2 la grce e/ t\j\rs ncessitante4 ,cette notion de la grce n'e/ pas absurde1 si on la rduit des proportions huma9es1 ,dieu lim94 ,la grce alors c'e/ la =ce1 c'e/ le tal5t1 c'e/ le gnie1 c'e/ la beaut1 l'esprit ou la belle humeur4 ,la grce e/ un fait1 ,r5an employa plusieurs fois ce mot =t propos4 ,mais1 retirant la lib]t l'homme1 sa9t ,augu/9 et ses int]prtes l'avai5t laisse ,dieu4 ,on arrivait a9si la notion d'un tre1 inf9i et t\t puissant1 crant expressm5t des tres v\s la d\leur t]nelle4 ,nulle illusion n'tait laisse aux hommes ni sur eux-mmes ni sur le matre de leurs mes4 ,t\t ef=t v]s le bi5 tait inutile2 une longue vie de dv\em5t et de foi tait nulle devant le n\veau ,baal4 ,ceux qui devai5t tre dvors1 ,dieu les avait *oisis et m>qus de t\te t]nit4 ,ri5 ne blesse un homme civilis comme la ngation de son libre arbitre4 ,la sci5ce elle-mme *\]a dtruire cette notion que l'humanit juge ess5tielle4 ,qu& les hommes se croyai5t de/9s la vie t]nelle1 la "q tait bi5 plus importante4 ,les ,jsuites1 pr5ant le p>ti de la lib]t1 ne faisai5t que se rang] l'op9ion commune4 ,si ,pascal n'et pas fait dvi] la polmique v]s les cas de consci5ce et le casuisme1 il tait va9cu1 malgr qu'il et beauc\p plus d'esprit que le ,p4 ,n\et4 ,t\t le monde tait peu prs d'accord en ,france p\r admettre que la grce suffisante n'e/ refuse p]sonne1 que le ,*ri/ e/ mort p\r t\s les hommes et que le ciel e/ ouv]t t\tes les bonnes volonts4 ,cette religion modre e/ compatible avec la civilisation2 elle peut dev5ir aimable1 si le cl]g e/ f9 et d\x4 ,a la porte f]me du calv9isme1 les ,jsuites avai5t depuis longtemps oppos la porte ouv]te et1 de la naissance cette porte bi5heureuse1 t5du p\r les mes dlicates un beau tapis4 ,la voie d\l\reuse tait dev5ue le *em9 de vel\rs4 ,,iv ,,la ,,philosophie ,,des ,j,,suites4--,elle se rsume bi5 dans le titre de l'ouvrage du ,p4 de ,s>rasa1 l',art de se tranquillis] dans t\s les vnem5ts de la vie#a4 ,l'intrieur du tome n'e/ pas mo9s difiant3 ,p\r p>v5ir une joye con/ante et durable1 il faut faire *oix d'un *em9 que l'on puisse faire avec plaisir4 ,il faut bi5 se g>d] de donn] dans des dt\rs et dans des voyes p9euses1 qui rp&5t du dsagrm5t sur le voyage que l'on doit faire p\r arriv] au pays de la joye444 ,et il n\s s]t l'exemple du m>9 qui1 s'il n'a *app qu'avec pe9e la tempte1 se rj\it sans d\te d'tre arriv au port1 mais g>de en son bonheur prs5t l'am]tume d'un f*eux s\v5ir4 ,de l je conclus que1 p\r r5dre notre joye durable1 n\s devons *oisir des moy5s auxquels un c]ta9 cont5tem5t soit atta*#b4 ,voil bi5 la philosophie des ,jsuites3 le *em9 de vel\rs4 #a ,on suit l'dition franaise de ,/rasb\rg1 #ageb4 ,s>rasa tait un ,espagnol des ,fl&res1 n ,nieuport en #afah4 ,son livre p>ut en #affd1 ,anv]s1 *ez ,jean ,meursius1 s\s ce vrai titre qui a t mdiocrem5t traduit3 ,ars semp] gaud5di4 #b ,page #g4 ,s>rasa n'e/ po9t sot d'ailleurs4 ,il sait que tels qui feign5t de fuir les plaisirs ont avec eux des r5dez-v\s secrets4 ,ceux qui de j\r p>aiss5t les plus *a/es et les plus remplis de pudeur sont de nuit1 qu& p]sonne ne les voit1 les plus impudiques et c\r5t aprs t\tes les volupts auxquelles le j\r n'e/ pas favorable#c4 ,il n'e/ dupe de ri51 pas mme des scrupules de consci5ce1 leur attribuant une orig9e purem5t physique3 ,si la mauvaise con/itution du sang cause des scrupules1 il faut la r5dre plus fluide4 ,c'e/ p> l qu'on te la n\rriture aux scrupules4 ,n\s n'avons pas beso9 de donn] ici les remdes qui sont bons cela4 ,ce s]ait empit] sur les droits de mes sieurs les mdec9s4 ,il dconseille le jene1 les mortifications1 les longues veilles de prires4 ,l'e/omac vide1 dit-il pre/em5t1 cause dans les scrupuleux le mme effet que la b\rse vide cause dans les autres4 ,l'un et l'autre affaiblit l'me et drange l'imag9ation#d4 ,s>rasa sait qu'une bonne consci5ce accompagne ncessairem5t une bonne sant4 ,ce ,jsuite s'intress]ait auj\rd'hui la psy*ophysiologie4 ,il aurait suivi le c\rs de ,m4 ,ribot au collge de ,france4 #c ,page #bbh4 #d ,page #cfi4 ,c'e/ d'ailleurs un mdiocre4 ,il n'en e/ peut-tre que plus reprs5tatif4 ,on ne v]rait pas bi5 au contraire p> quel moy5 ratta*] ,baltas> ,gracian l'esprit jsuite1 s'il n'avait1 lui aussi1 t5du s\s nos pi$s un tapis fleuri et d\x4 ,voyez cet art de j\ir de la vie ramass en quelques lignes3 ,ne po9t vivre la ha/e4--,savoir p>tag] son temps1 c'e/ savoir j\ir de la vie4 ,il re/e beauc\p de vie plusieurs1 mais la flicit de la vie leur manque4 ,ils gaspill5t les plaisirs 7c> ils n'en j\iss5t pas71 et qu& ils ont t bi5 avant1 ils v\drai5t p\voir ret\rn] en arrire4 ,ce sont des po/illons de la vie1 qui aj\t5t la c\rse prcipite du temps l'imptuosit de leur esprit4 ,ils v\drai5t dvor] en un j\r ce qu'ils p\rrai5t pe9e digr] en t\te leur vie4 ,ils viv5t dans les plaisirs comme g5s qui les veul5t t\s gt] p> avance4 ,ils mang5t les annes v5ir1 et comme ils font t\t la ha/e1 ils ont bi5tt t\t fait4 ,le dsir mme de savoir doit tre modr p\r ne pas savoir imp>faitem5t les *oses4 ,il y a plus de j\rs que de prosprit4 ,ha/e-toi de faire et j\is loisir4 ,les affaires val5t mieux faites qu' faire et le cont5tem5t qui dure e/ meilleur que celui qui f9it#e4 #e ,l',homme de ,c\r1 traduction ,amelot de la ,h\ssaye1 maxime ,,clxxiv4--,il n'y a pas d'ouvrage de ,baltas> ,gracian a9si appel4 ,amelot a runi s\s ce titre les maximes de l',oraculo ,manual y ,arte de ,prud5cia quelques fragm5ts du ,h]oe et du ,discreto4 ,ce fragm5t app>ti5t bi5 la philosophie des ,jsuites4 ,baltas> ,gracian e/ un gr& criva91 quelque *ose peut-tre comme le ,ma*iavel de la vie pratique4 ,il abonde en maximes s]res1 nettes1 tran*antes3 ,ce n'e/ pas le doreur qui fait un ,dieu1 c'e/ l'adorateur4 ,il n'y a pas de plus gr&e seigneurie que celle de soi-mme4 ,il e/ dur1 hauta91 ironique4 ,voici quelque *ose de si =t qu'on ose pe9e le transcrire1 en un temps s5tim5tal3 ,connatre les g5s heureux1 p\r s'en s]vir1 et les malheureux p\r s'en c>t]4--,d'ord9aire le malheur e/ un effet de la folie3 et il n'y a po9t de contagion plus dang]euse que celle des malheureux4 ,il ne faut jamais ouvrir la porte au mo9dre mal1 c> il en vi5t t\j\rs d'autres aprs1 et mme de plus gr&s1 qui sont en embuscade4 ,la vraie sci5ce au jeu e/ de savoir c>t]4 ,la plus basse de la c\leur qui t\rne vaut mieux que la plus haute de la p>tie prcd5te4 ,voil1 semble-t-il1 un excell5t comm5taire du gloria victis1 cette imprud5te devise des *rti5s1 des l*es et des maladroits4 ,l'cole de ce jsuite e/ celle de la dignit et de la =ce4 ,il e/ donc prud5t de ne pas insi/]1--ne ft-ce que p\r suivre mieux son prcepte4 ,l'ordre des ,jsuites a compt beauc\p d'hommes rem>quables1 et peu de gr&s hommes4 ,cela se compr5d4 ,qu& ils ont p>u1 le gnie n'tait plus religieux4 ,les trois matres de l'intellig5ce au ,x,v,ie sicle volu5t au-dessus de la religion4 ,ni rasme1 ni ,rabelais1 ni ,montaigne ne prir5t p>ti dans les qu]elles de la ,r=me4 ,cela se passait s\s leurs pi$s1 comme dans les gal]ies d'une f\rmilire4 ,hommes de foi et ri5 de plus1 ,lu!r et ,calv9 avai5t les c]velles de leur tat1 c]velle de mo9e1 c]velle de cur4 ,la plup>t des ,jsuites ont des c]velles de cur2 il s]ait sot de s'en tonn]4 ,ce sont des prtres plus aviss que le vulgaire cl]c1 mais prtres avant t\t et borns p> leur croyance4 ,leur pan\issem5t e/ au ,x,v,i,ie sicle4 ,ils sont p>t\t et fleuriss5t p>t\t4 ,a ,pascal qui les calomnie s'oppose1 en ,espagne1 ,gracian qui les illu/re4 ,aucun ,jansni/e de bataille1 ,pascal except1 n'e/ suprieur aux polmi/es de la compagnie4 ,mais les gr&s esprits manqu5t ici et l3 ,desc>tes n'avait pas d'op9ion sur la grce4 ,le ,jsuite e/ un tre optimi/e de sa nature4 ,son b e/ le bonheur4 ,il y croit et le veut1 non pas seulem5t aprs la mort1 mais auj\rd'hui mme4 ,ce bonheur1 qu'il p\rsuit et qu'il atte9t1 e/ le bonheur passif3 n'avoir plus de volont4 ,de l l'obissance4 ,mais ceci n'e/ pas n\veau4 ,depuis qu'il y a des sectes1 le sectateur e/ un tre d'obissance4 ,la con/itution de t\s les mo9es et frres d',ori5t et d',occid5t e/ fonde sur l'obissance4 ,ni le sectateur ni le mo9e cep5dant ne sont des passifs4 ,le mo9e e/ s\v5t un rvolt2 l'orgueil le travaille2 il s\ffre de ses li5s plus que de ses privations4 ,il y eut des s*ismes de ,francisca9s1 du vivant mme de sa9t ,franois2 t\s les gr&s ordres religieux se sont c\ps en gr\pes rivaux2 seuls les ,jsuites sont re/s unis et uniques4 ,c'e/ qu'ils ont su trans=m] la vieille obissance monacale et tr\v la volupt suprme l o les autres n'avai5t s5ti que les nuds de la corde4 ,le po9t capital de la psy*ologie du ,jsuite e/ l4 ,l'homme se figure tre libre et tire de cette illusion de la joie et de la fi]t4 ,cep5dant t\s nos actes1 quelle qu'en soit l'app>5ce1 sont des actes d'obissance4 ,le motif le plus =t l'emporte t\j\rs4 ,des philosophes se sont imag9 que n\s p\vions crer des motifs4 ,si c'e/ ex nihilo1 ri5 de plus absurde2 si ces motifs sont des comb9aisons de motifs prexi/ants au mom5t de la dcision1 la rgle gnrale leur e/ applicable4 ,dans la comb9aison o entr5t des motifs de div]ses natures1 les motifs homognes se gr\p]ont ncessairem5t p\r =m] des pr9cipes dt]m9ants4 ,qu'il soit une somme1 qu'il soit une unit1 que les poids soi5t d'un bloc ou en p\dre1 le plateau qu'il crase cde4 ,il dt]m9e p>ce qu'il doit dt]m9]4 ,il se fait obir p>ce qu'il e/ le plus =t4 ,t\te la psy*ologie se rduit au pr9cipe d'id5tit et t\s les raisonnem5ts la =mule3 a a4 ,n\s n'avons donc pas beso9 de prononc] de vux p\r vivre dans l'obissance4 ,c'e/ notre tat naturel4 ,mais celui mme qui n'e/ pas dupe de l'illusion gnrale e/ dupe de l'illusion p]sonnelle4 ,il e/ r>e que l'acte soit dt]m9 in/antanm5t1 sans conflit2 qu'il y ait un seul motif1 ou1 p>mi d'autres1 un motif assez puissant p\r cras] aussitt t\s les autres1 assez clatant p\r les clips] dans la seconde4 ,les conflits sont la rgle2 tant qu'ils dur5t1 n\s j\issons de l'angoisse et du plaisir1 selon les tempram5ts1 d'avoir pr5dre une dcision4 ,l'angoisse e/ sans d\te un signe de dgnresc5ce2 le plaisir1 un signe de sant4 ,il n'y a pas de cas de consci5ce p\r un esprit normal1 ni d'ide de devoir1 ni de remords1 autant de t>es ou de flures4 ,plus la dcision se fait att5dre1 plus l'tat devi5t dsagrable et plus l'esprit e/ malsa93 mais aussi plus e/ vive l'illusion de la lib]t4 ,l'ide du libre arbitre e/ ess5tiellem5t une ide de malade4 ,une intellig5ce bi5 portante n'a pas le temps de tir] du conflit une telle conclusion2 c'e/ la besogne des valtud9aires4 ,cela1 n\s le sommes t\s plus ou mo9s2 et les mo9s malades viv5t encore malaises1 opprims p> une religion trangre leur race4 ,t\s les ef=ts des ,europens p\r adapt] leur organisme les dogmes *rti5s ont t inutiles4 ,mme s\s la =me roma9e1 la mo9s dang]euse1 ils re/5t un ob/acle la =ce1 c'e/--dire la beaut de la vie4 ,le *ri/ianisme e/ une ma*9e donn] des remords1 p>ce que c'e/ une ma*9e dim9u] la s\plesse et refrn] la spontanx des ractions vitales4 ,on peut p>l] objectivem5t du *ri/ianisme1 puisque c'e/ une des religions qui sont pratiques p> des races trangres leur naissance4 ,et c'e/ mme la seule qui1 rejete comme impraticable p> ses crateurs1 ait en mme temps tr\v du crdit dans le monde4 ,quel triomphe p\r les ,juifs d'avoir =g p\r la multitude des ,phili/9s un p>eil in/rum5t de dgnresc5ce6 ,il e/ vrai qu'ils ne le fir5t pas exprs2 mais les gr&es *oses ne sont jamais le fruit de la volont consci5te4 ,l'inv5tion1 =t curieuse1 et qui a russi1 doit donc re/] leur honneur4 ,p>t\t o les ,prote/ants ont eu le dess\s en ,europe dans leurs t5tatives de raction vanglique1 ils se sont rclams de ce qu'ils nomm5t la tolrance4 ,leur argum5t e/ que la religion s]ait un fait de consci5ce4 ,son doma9e s]ait l'intimit4 ,on croit comme on aime et l'homme n'e/ po9t c\pable des m\vem5ts de son cur4 ,cette dcl>ation peut tre vraie1 relativem5t notre tat s5tim5tal2 mais si l'on *]*ait une preuve de la fausset1 c'e/--dire de l'illogisme du *ri/ianisme1 elle la f\rnirait p> la mme occasion4 ,lo9 d'app>t5ir au doma9e de la consci5ce1 la vraie religion e/ un fait purem5t social1 purem5t extrieur4 ,les processions1 les *ants1 les jon*es de fleurs1 t\t ce qui e/ fte1 joie et prodigalit1 voil les =mes de la religion normale4 ,le re/e e/ plaisir morose et passe-temps de malade4 ,la prire mme doit tre publique et sa manife/ation la plus sa9e e/ le don et l'ex-voto4 ,qu& une religion e/ pr(esse p> la race qui la cra1 elle e/ sociale au mme degr que t\tes les autres c\tumes2 elle ne compte pas plus d'hrtiques que n'en compt5t les usages nuptiaux ou mortuaires4 ,mais si c'e/ un apport de conqurants ou de missionnaires1 tt ou t>d les hrdits s\mises se rvolt5t4 ,ce n'e/ pas la consci5ce1 c'e/ la *air qui regimbe1 sur les bords de la ,se9e1 contre un dogmatisme v5u de ,jrusalem4 ,a la mo9dre dfaillance du cl]g le rire gagne les fidles1 ou la colre2 on se dem&e les uns aux autres3 ,p\rquoi8 ,des esprances p>ticulires1 d\teuses ou timores1 donn5t naissance t\tes sortes de petites hrsies2 la religion intrieure e/ cre1 et inaugure la priode de dissolution religieuse4 ,en dev5ant intrieure et individuelle1 la religion suscite dans les esprits une inquitude p>ticulire1 le scrupule4 ,t\te maladie appelle des spciali/es4 ,qu& il porte sur la croyance1 le scrupule e/ soign p> le ?ologi52 qu& il s'attaque aux actes1 on a rec\rs au casui/e4 ,les ,jsuites surgir5t au bon mom5t p\r dev5ir les mdec9s et les *irurgi5s de la maladie religieuse4 ,mais ces mdec9s se recrutai5t p>mi les hommes les plus malades1 les plus hsitants et les plus scrupuleux1 les plus religieux4 ,avant de soign] les autres1 ils avai5t beso9 d'un remde n]gique4 ,ignace de ,loyola v9t et leur (frit l'obissance passive1 le p]9de ac cadav]4 ,ce philtre sauva des milli]s d'hommes valeureux auxquels il ne manquait p\r agir que l'impulsion d'une volont4 ,tmo9s de la lutte que se livrai5t en eux-mmes des motifs contradictoires1 ils se s5tai5t impuissants suscit] un va9queur4 ,en abdiquant ce so91 en acceptant comme pr9cipe un mobile extrieur leur consci5ce1 n'ayant plus qu' obir sans scrupule1 les scrupuleux fur5t des hommes d'action4 ,quel homme extraord9aire que ce ,loyola1 quel crateur d'n]gie1 et quel gnie psy*ologique6 ,nul avant lui n'a compris1 et nul peut-tre depuis1 que ce qui fait la faiblesse de l'homme1 c'e/ sa volont propre4 ,un homme sans volont1 s'il e/ bi5 portant et de moy5ne intellig5ce1 e/ apte presque t\tes les besognes1 presque t\s les emplois4 ,dans une race1 t\s les individus sont gaux comme in/rum5ts1 et les plus mauvais sont encore capables d'un bon s]vice4 ,la t>e e/ la consci5ce qui cre l'indcision1 la p>esse1 la gau*]ie1 et qui altre la volont4 ,or1 une volont malade r5d l'homme impropre l'action et en fait un tre dang]eux p\r soi et p\r autrui4 ,la consci5ce te1 t\s les hommes s]ai5t utilisables1 comme les *evaux1 comme les *i5s ou les r5nes4 ,mais l'tat d'homme e/ li l'exi/5ce de la consci5ce4 ,l'homme e/ un animal qui a le privilge de se reg>d] agir2 et plus il e/ anci5 dans la civilisation1 plus il e/ cultiv1 plus il se reg>de avec complaisance4 ,il semble aussi que l'intellig5ce1 qui e/ =t v>iable1 se ma9ti5ne dans un c]ta9 rapport avec la consci5ce psy*ologique1 qui e/ galem5t v>iable4 ,il ne s'agit donc pas d'abolir la consci5ce1 ce qui d'ailleurs e/ impossible1 mais d'lud] sa mauvaise influ5ce4 ,la consci5ce contam9e la volont1 pr9cipe ou avant-c\reur de l'acte2 on amput]a la volont propre p\r greff] sa place1 dans la srie1 une volont extrieure4 ,un homme n\veau e/ cr4 ,quel e/ son tat8 ,n\s p\vons l'apprci] sans avoir vcu s\s la dom9ation du vu d'obissance4 ,il n'e/ aucun homme1 si puissant qu'il soit1 ou si volontaire1 qui ne l'ait pr\v p>fois4 ,que l'on songe la s5sation des premires heures de *em9 de f] lors d'un voyage entrepris sans s\cis1 p> caprice4 ,la volont e/ abolie p> le fait mme de son inutilit provisoire1 aucun acte n'tant p]mis2 n'ayant aucun conflit surveill]1 la consci5ce sommeille3 le plaisir que n\s gtons alors e/ videmm5t celui que n\s donne l'abs5ce de responsabilit dans le m\vem5t4 ,ce plaisir e/ p\r beauc\p dans le gt des voyages2 il p\sse mme aux voyages factices1 dont les *evaux de bois sont le type4 ,agir et vivre dans le ds9tressem5t de celui qui n'agit pas1 c'e/ peut-tre le bonheur p>fait4 ,on s'tonne qu'il y ait en ,france c9quante ou soixante mille religieux4 ,si peu1 cela pr\ve la =ce de rsi/ance de la race et sa jeunesse4 ,au ,?ibet et en ,mongolie1 la moiti des hommes sont religieux2 il y a des mona/res de six et huit mille mo9es4 ,nul opium n'e/ comp>able au vu d'obissance2 nul esclavage d'am\r heureux ne donne une p>eille batitude4 ,mais le ,jsuite n'e/ ni un mo9e b\ddhi/e1 ni mme un ,*>treux2 le ,jsuite e/ un homme d'action4 ,sa volupt n'e/ pas celle du fumeur d'opium2 elle n'e/ pas non plus celle du passag]1 ni celle du voyageur s\riant au paysage2 c'e/ plutt celle du soldat de c>rire et de gt1 d'un soldat qui s]ait d\x1 f91 s\riant1 f]me son devoir1 d'obissance passive1 joyeuse et discrte4 ,p\r m>*] sans gliss] sur le *em9 de vel\rs1 il faut s'tre libr les paules du f>deau de la volont4 ,v ,,le ,p,,* ,,philosophique4--,il ne faut jamais s'att5dre tr\v] un gnie complet1 un dieu4 ,l'homme e/ un homme1 c'e/--dire un animal dont la seule supriorit sur les autres animaux e/ la div]sit des aptitudes4 ,cette supriorit fait suppos] qu'il y aura des contradictions4 ,le gnie augm5te une aptitude1 dess*e les autres4 ,pascal1 gnie de sci5ce1 de rigidit1 de raisonnem5t1 de clairvoyance logique1 devi5t1 s'il aborde la ?ologie1 con/ruction de subtilit1 le plus morose des fanatiques4 ,sa ?ologie s'en*ane comme la gomtrie4 ,le malheureux1 dans la droiture de sa logique1 traite selon les pr9cipes d',euclide une matire v>iable1 obscure1 modele sur la psy*ologie in/able des hommes4 ,a ses c\ps de b\toir1 le ,jsuite biaise4 ,comm5t f]ait-il8 ,il e/ en l'air1 mal appuy1 mal en df5se1 arm d'une pe de has>d1--contre un adv]saire emmur dans la cotte de mailles du syllogisme1 f]me sur ses tri]s1 mobile1 port et l s\da9 p> la f\gue de son *eval1 ,mauvaise-,foi1 et po9tant ,donc1 sa lance de d\ze c\des4 ,mettons que ,pascal s'amuse4 ,il j\e au *at et la s\ris4 ,a *aque p>tie de jeu1 il croque un ,jsuite1 p\r f9ir4 ,il le croque1 si n\s le p]mettons4 ,je crois bi5 qu'il en e/ des ,prov9ciales comme de la plup>t des anci5s livres clbres2 on les admire de confiance et on s'y amuse p> prtrition4 ,n\s s\t5ons donc1 dit le ,jsuite 7,i,ve ,lettre71 comme un pr9cipe indubitable qu'une action ne peut tre impute p*1 si ,dieu ne n\s donne1 avant que de la commettre1 la connaissance du mal1 qui y e/1 et une inspiration qui n\s excite l'vit]4 ,m'ent5dez-v\s ma9t5ant8 tonn d'un tel disc\rs444 ,c'e/ ,pascal qui repr5d1 mais c'e/ n\s qui sommes tonns1 c> la s5t5ce du ,jsuite e/ des plus nobles et des plus huma9es4 ,elle quivaut dire que1 p\r tre c\pable1 il faut avoir agi avec disc]nem5t1 avec la consci5ce de viol] une loi morale1 une loi div9e1 une loi civile4 ,mais ,pascal p5se en gomtre2 il sp>e l'acte de l'acteur1 juge que1 trac de trav]s p> un aveugle ou p> un voyant1 le c]cle n'en e/ pas mo9s d=m4 ,il faut refaire la figure1 mais d'abord c\p] la ma9 malhabile1 af9 de p>] de futures erreurs4 ,cette quatrime ,prov9ciale1 si elle n'tait lugubre1 s]ait bte comme une p>ade de ,tab>94 ,quelle humiliation p\r l'esprit huma9 de voir un ,pascal tomb si bas que d'tre oblig1 p\r triomph]1 d'imag9] un adv]saire /upide6 ,mais le ,jsuite obtus1 qui tremble s\s la gr&e lance1 ds qu'il p>le1 on e/ de son avis4 ,il ne croit pas1 cet homme simple1 que le ,dieu qu'il s]t veuille condamn] les c\pables sans les ent5dre1 ni qu'il y ait des c\pables l o il y a des ignorants et des pauvres d'esprit4 ,qu'elle e/ dmode1 cette ironie *rti5ne des ,prov9ciales6 ,p> exemple 7,lettre ,i,ve73 ,bni soyez-v\s1 mon pre1 qui ju/ifiez a9si les g5s6 ,les autres appr5n5t gurir les mes p> des au/rits pnibles2 mais v\s montrez que celles qu'on aurait crues le plus dsesprm5t malades se port5t bi54 ,o la bonne voie p\r tre heureux en ce monde et en l'autre6 ,j'avais t\j\rs p5s qu'on p*ait d'autant plus qu'on p5sait mo9s ,dieu2 mais1 ce que je vois1 qu& on a pu gagn] une fois sur soi de n'y plus p5s] du t\t1 t\tes *oses devi5n5t pures p\r l'av5ir4 ,otez l'ironie1 et ce morceau e/ p>fait4 ,mais t] l'ironie1 c'e/ pr5dre l'env]s de la p5se de ,pascal4 ,on obti5t du ,nietzs*e3 ,qu& on a pu gagn] une fois sur soi de ne plus p5s] du t\t ,dieu1 t\tes *oses devi5n5t pures p\r l'av5ir4 ,a9si p>lait ,z>a?\/ra4 ,le p* p> ignorance1 attnu ou effac1 c'e/ ce que l'on a raill longtemps s\s le nom de p* philosophique4 ,les ennemis des ,jsuites y tr\v5t encore un bon prtexte d'hypocrites indignations2 cep5dant que1 repr5ant les pr9cipes mpriss de ,su>ez et d',escob>1 ils donn5t l'ignorance inv9cible le nom plus n\veau et mo9s pur d'irresponsabilit4 ,transport dans le doma9e des codes1 le p* philosophique n'e/ autre *ose que le crime ou le dlit p]ptr avec inconsci5ce ou demi-consci5ce4 ,les ,jsuites ne croyai5t gure la responsabilit du p*eur2 pas plus que le philosophe d'auj\rd'hui ne croit la responsabilit du crim9el4 ,mais le ?ologi5 p\vait excus] le p*eur et l'abs\dre1 ce que le philosophe ne peut conseill] la loi env]s le crim9el4 ,les conclusions diffr5t2 les pr9cipes sont les mmes4 ,il s]ait bi5 tonnant que1 p5dant deux ou trois sicles1 des c5ta9es d'hommes d'tude euss5t remu t\te la psy*ologie du p*eur sans en tir] quelques ides neuves et ju/es4 ,les ,jsuites ont fait en ce doma9e beauc\p de petites dc\v]tes4 ,une des meilleures fut prcism5t celle de l'ignorance inv9cible4 tablir l'irresponsabilit morale de l'homme1 l'heure mme o l'on donnait une volont aux btes1 o les fables propageai5t la vieille lg5de de leur supriorit1 l'heure o l'on faisait encore des procs crim9els aux animaux nuisibles1 excommunis p> les vques1 proclam] qu'en beauc\p de cas il peut y avoir p* ou dlit sans c\pable1 ce fut un acte d'audace intellectuelle et de probit sci5tifique4 ,l'axiome ?ologique du ,p4 de ,rhodez que le p* ne saurait tre plus gr& que la consci5ce ne le dicte1 ce s]ait peut-tre un bon po9t de d"p p\r une discussion philosophique sur la ,loi4 ,on arriv]ait1 il semble1 cette conclusion1 que1 lo9 de proclam] t\s les hommes gaux devant elle1 il faudrait dire3 ,les hommes sont 9galem5t responsables devant la loi4 ,c'e/ d'ailleurs le pr9cipe des circon/ances attnuantes1 de l'excuse1 de la loi de sursis4 ,mais les ,jsuites allai5t bi5 plus lo91 jusqu' dire que la loi morale doit se ds9tress] des cas +urissables1 des consci5ces inv9ciblem5t obscures4 ,comme ils p>t5t de l'obs]vation1 de l'exam5 critique de la vie1 ils ne se tromp5t presque jamais4 ,ceux qui p>l5t de la loi1 de l'impratif1 de l'absolu1 les apriori/es en un mot1 se tromp5t presque t\j\rs et si leur dogme concide avec la ralit1 c'e/ p> has>d1 et p>ce que t\t arrive4 ,la multiplicit des cas de consci5ce discuts p> les casui/es montre clairem5t qu' leur ide il y a autant de morales que d'individus ou du mo9s que de gr\pes de c>actres ou de tempram5ts4 ,la morale vulgaire1 *rti5ne 7puisqu'il n'en e/ pas d'autre71 e/ un fre9 que l'on s]re indiffremm5t aux montes et aux desc5tes4 ,quelques-uns s'en tr\v5t assurs2 d'autres p>alyss4 ,les victimes du vice ne sont peut-tre pas plus nombreuses que les victimes de la v]tu4 ,mais cette ide de v]tu1 quelle bulle6 ,n'e/-il pas clair qu'un accs de colre s]ait p\r un flegmatique un acte de v]tu1 c'e/--dire de raction1 et p>eillem5t un acte de dbau*e1 p\r un frigide8 ,et t\t au contraire la temprance s]a l'ef=t et la v]tu des f\gueux1 mais des f\gueux seuls4 ,voil le d\ble po9t de vue1 avec ses nuances et comb9aisons comme une rose des v5ts1 p\r reg>d] les actes huma9s et en jug]4 ,la morale ab/raite e/ rtrograde2 elle rejette les hommes d'auj\rd'hui v]s l'imitation d'un c>actre anci54 ,p>ce qu'un *>p5ti] de ,jude1 t\t de rves et de p>oles1 fuyait les femmes ou ne les v\lait que s]vantes1 on a imag9 que l'am\r e/ un crime2 et p>ce qu'il vivait en p>asite1 que l'arg5t e/ mauvais2 et p>ce qu'il tait humble d'orig9e1 que l'orgueil de race et de famille e/ ridicule2 et a9si1 il y a les sept p*s capitaux que d'autres appell5t ma9t5ant les sept v]tus ?ologales1 et rciproquem5t4 ,mais il ne faut pas crer p> esprit de contradiction un absolu ant9omique l'absolu *rti54 ,il n'y a que des accid5ts4 ,il y a des cas de consci5ce2 il n'y a pas de morale2 il a des maladies1 et quelques remdes4 ,,vi ,,pascal ,,et ,,la ,,sci5ce4--,pascal n'tait pas de/9 la dvotion4 ,mais ds qu'il y fut entr1 sa logique le p\ssa aux extrmes4 ,sa sur1 dit ,tallemant1 religieuse ,port-,royal de ,p>is1 lui donna de la famili>it avec les ,jansni/es3 il le dev9t lui-mme4 ,comme ,pascal1 ,jacquel9e tait une prcoce4 ,ds d\ze ans elle faisait des v]s2 elle j\ait la comdie1 et trs fte4 ,le ,pr9ce dguis1 de ,scudry1 o elle brilla devant ,ri*elieu1 lui valut la grce de son pre4 ,le c>d9al la prit sur ses g5\x1 lui disant3 ,tu es trop aimable1 on ne peut ri5 te refus]4 ,pascal avait alors onze ans4 ,euclide allait lui tomb] s\s la ma94 ,il lut et il comprit4 ,c'e/ l le miracle2 mais il ne dc\vrit pas la gomtrie1 comme l'enseigne la lg5de4 ,le ,pailleur1 qui reut la confid5ce de la /upeur d'ti5ne ,pascal1 tait ma?matici5 et dbau*1 homme intgre d'ailleurs4 ,on voit le milieu4 ,il e/ honnte sans rigidit4 ,les ,arnauld tai5t plus s+uli]s4 ,rob]t1 ,m4 d',&illy1 tait mdiocre en t\t1 sauf en am\r4 ,sa femme a cont leurs nuits1 d'o ,tallemant suppose qu'elle n'a pu les cont] qu' un galant3 ,cet homme 7,m4 d',&illy7 tait un des plus gr&s abatteurs de bois qu'on pt tr\v]1 mais il faisait cela de la faon la plus incommode du monde4 ,il la p\ssait la nuit1 ,cataut6 ,cataut61 la rveillait en lui disant3 ,c'e/ p\r l'acquit de ma consci5ce4 ,puis1 avant que d'en v5ir plus avant1 il faisait une prire ,dieu1 p\r sanctifi] l'uvre de la *air1 et cela le pr5ait quelquefois six ou sept fois en une nuit#f4 ,la pauvre femme en m\rut4 ,m4 d',&illy1 emp* de c\rir p> ses pr9cipes religieux1 dev9t frleur2 il allait voir les femmes et les embrassait *>itablem5t un gros qu>t d'heure4 ,il tait brusque et mme brutal1 donnait des c\ps de po+ en p>lant4 ,voil un des fondateurs du ,jansnisme4 ,il se jeta la macration p> t]reur de l'enf]4 #f ,,tallemant1 #b;e dit4 de ,monm]qu1 ,,iv1 #fh4 ,anto9e1 dont le surnom qui en fait le ,gr& ,arnauld semble une drision1 avait une tte scola/ique4 ,c'tait un =t disputeur2 t\t lui tait bon3 la logique1 la grammaire1 la ?ologie1 la philosophie1 la sci5ce1 la galant]ie4 ,il attaqua en mme temps les ,jsuites et les ,prote/ants2 mais sa gr&e ha9e tait p\r les novateurs4 ,la sci5ce l'importunait4 ,aprs avoir vilip5d ,desc>tes1 ,huyg5s et ,malebran*e1 il s'attaqua ,pascal1 mais p> la d\ceur4 ,il t5dit des filets onctueux4 ,pascal englu1 il le travailla1 l'amollit1 lui enleva sa foi en l'intellig5ce et sa confiance dans la volont4 ,t\t aux ma9s d',arnauld et de ,dieu1 ,pascal en arriva se repro*] comme du temps p]du les r>es in/ants que1 dans une p\sse de son gnie1 il donnait encore la sci5ce6 ,le ,jansnisme ne s]ait qu'un accid5t dans l'hi/oire des ab]rations huma9es s'il n'avait dvor une si belle proie4 ,mais cela compte d'avoir rduit l'tat de diseur de *apelets le plus bel esprit sci5tifique du ,x,v,i,ie sicle4 ,cette victoire ne p]met pas qu'on oublie ,port-,royal4 ,comme il faut du ridicule au db de t\tes les hrsies2 comme1 p\r dcid] ,lu!r1 il faut qu'il ent5de un prtre roma9 trave/ir l'autel les p>oles de la conscration et dire3 ,panis es et panis manebis1 il faut1 p\r dt]m9] le jansnisme1 la vue de la trop belle gorge de ,mme de ,gumn4 ,tallemant en fait le conte3 ,voici l'orig9e de cette secte1 qu'on appelle les ,jansni/es1 et qui fait auj\rd'hui tant de bruit4 ,la m>quise de ,sabl dit un j\r la pr9cesse de ,gumn3 qu'all] au bal1 avoir la gorge dc\v]te et communi] s\v5t ne s'accord5t gure bi5 ensemble2 et la pr9cesse lui avant rpondu que son directeur1 le ,p4 ,n\et1 jsuite1 le tr\vait bon1 la m>quise la pria de lui faire mettre cela p> crit1 aprs lui avoir promis de ne le montr] p]sonne4 ,l'autre lui apporta cet crit2 mais la m>quise le montra ,arnauld1 qui fit sur cela le livre de la ,frqu5te ,communion4 ,voil l'homme qui mania ,pascal2 il avait de l'adresse et ce gnie du polmi/e de pr(it] de t\te occasion4 ,p\r lire les ,p5ses avec t\te la d\leur qu'elles exig5t1 il faut reg>d] ,pascal au fond d'une basse-fosse4 ,la foi le mure mieux que des pi]res et le dti5t mieux que des *anes2 la foi lui ca*e le j\r1 lui refuse l'air4 ,il devi5t moiti f\2 la t]re s'ouvre devant lui et il voit sortir de la f5te des flammes et des diables4 ,les amulettes vulgaires de l'glise ne lui suffis5t pas2 il lui en faut de p>ticulires p\r rassur] son tremblem5t4 ,arnauld1 avec la btise du fanatique1 juge que son uvre e/ bonne1 et s\rit4 ,pascal subit ce s\rire2 il l'aime2 c'e/ sa seule lumire4 ,s\s cet enc\ragem5t1 il t5te une apologie du *ri/ianisme4 ,on croit tr\v] dans les ,p5ses1 ct des raisons du *rti51 les traces d'une raison trs libre4 ,c'e/ une illusion4 ,t\t ce qui supporte cette int]prtation n'e/ qu'objection provisoire ou ironie4 ,pas une ligne1 si l'on veut respect] le ,pascal *rti51 ne doit se ret\rn] contre la citadelle qu'il df5d4 ,t\t ce qui e/ demeur de l'apologie int]rompue attaque le libre exam51 la lib]t1 la nature1 la sci5ce4 ,en lisant1 s\v5ez-v\s que celui qui a crit votre lecture croyait sans dfaillance ,dieu1 l'me1 l'enf]1 au ciel1 la prde/9ation1 l'inutilit des uvres1 la grce ncessitante4 ,s'il v\s dit3 ,vrit en de des ,pyrnes1 erreur au del1 il n'allgue que les vrits huma9es qu'il mprise et qui ne sont p\r lui que des erreurs2 c> il croit la ,vrit1 l'absolu1 la prde/9ation1 au ciel et l'enf]4 ,ce n'e/ pas un homme qui se con/ruit des preuves en remp>t contre les assauts du d\te4 ,il e/ assur1 il a la foi4 ,sa seule inquitude1 c'e/ de savoir s'il a la grce2 s'il avait la grce1 t\t lui s]ait gal1 p>ce que la grce1 ds qu'elle e/1 elle e/ t\j\rs ncessitante4 ,mais s'il tait p]mis de rep\ss] le regi/re de l'ironie1 de transpos]1 selon le mode naturel1 ces pr(ondes mlodies philosophiques6 ,s'il tait p]mis de considr] les objections comme des aveux de l'inconsci5t6 ,et enf91 si l'on osait rejet] de ces pages t\t le dogme et t\t l'am\r1 t\tes ces effusions qui mont5t v]s ri51 t\te cette ?ologie qui t\rne en procession aut\r du nant6 ,une telle uvre ne s]ait plus l'uvre du ,pascal *rti51 du prisonni] d',arnauld4 ,peut-tre s]ait-elle l'uvre du ,pascal vrai1 du fils svre de ,montaigne1 du frre intellectuel de ,desc>tes8 ,on a imag9 un recueil arbitraire qui s'appelle ,montaigne *rti54 ,cela n\s p>at b\ffon1 p>ce que ,montaigne n'tait pas *rti51 et aussi p>ce que le *ri/ianisme ne manque vraim5t pas d'apologi/es4 ,un ,pascal philosophe s]ait mo9s absurde1 p>ce que les ,p5ses sont l'uvre d'un conv]ti1 d'un d*u1 et que l'on peut suppos] s\s la c\*e *rti5ne un granit orig9el4 ,dcrpir les ,p5ses1 ce s]ait peut-tre t] le badigeon qui rec\vre des pi]res sculptes4 ,on v]rait ce que ,pascal aurait p5s si1 au lieu de se retir] ,port-,royal1 il avait t rejo9dre ,desc>tes en ,holl&e4 ,la conv]sion de ,pascal ne fut pas un calcul4 ,il montra t\j\rs une gr&e droiture1 mme dans les ,prov9ciales1 dont les m5songes sont imputables aux seuls ,jansni/es4 ,le ,p4 ,daniel l'a reconnu volonti]s#g et les manuscrits de ,tallemant sont v5us confirm] le fait#h3 ,ces ,messieurs de ,port-,royal lui donnai5t la matire et il la disposait sa fantaisie4 ,si cela avait t un calcul1 il n'aurait pas t mauvais1 au po9t de vue du monde4 ,la conv]sion de ,pascal t\rm5ta son gnie et augm5ta sa rputation4 ,les ,jansni/es1 srs qu'il leur app>t5ait et qu'il ne recomm5c]ait pas1 vantr5t sa prcocit jusqu'au ridicule4 ,l'hi/oire de l'inv5tion de la gomtrie faisait rire ceux qui sav5t ce que c'e/ que la gomtrie4 ,desc>tes lui conte/ait la dc\v]te de la pesanteur de l'air1 assurant que l'expri5ce du ,puy-de-,dme n'avait t faite que sur ses propres indications et sa prire4 ,port-,royal soigna la gloire de son protg et c'e/ peut-tre cause de ,pascal qu',arnauld imag9a de qu]ell] ,desc>tes4 ,c'tait l'enfant d'adoption d'une secte assez puissante p\r rsi/] au pape et s\t5ue p> t\t le prote/antisme trang]4 ,il y a l-dessus une bi5 jolie anecdote dans le ,p4 ,daniel#i4 ,comme on s'tonnait1 dans une socit1 de la fable de la gomtrie1 quelqu'un dit que c'tait encore trs peu de *ose que cette hyp]bole1 quelque outre qu'elle p>t1 p\r reconnotre les obligations qu'ils lui avoi5t p\r les ,lettres au ,prov9cial4 ,t\t le monde en demeura d'accord2 et on av\a qu'on ne p\voit pas paer en meilleure monnoie les s]vices que ,m4 ,p444 avoit r5dus ces ,messieurs4 ,je sais bi5 que le ,p4 ,daniel e/ suspect#aj2 mais il ne l'e/ pas plus que ces ,messieurs4 ,pascal d'ailleurs mprisait la gloire4 ,t\tes ces qu]elles passai5t au-dessus de sa tte4 ,p5dant ce temps-l1 pro/]n aux pi$s du crucifix1 il s'abtissait4 #g ,voyage dans le monde de ,desc>tes4 d4 de la ,haye1 #agci1 p4 #ahc4 #h ,loc4 cit4 #i ,loc4 cit4 #aj ,son livre e/ t\tefois bi5 curieux et l'un des meilleurs exposs du c>tsianisme total4 ,,vii ,,les ,,casui/es ,,et ,,la ,,morale ,,exp,,rim5tale4--,le prote/antisme e/ une raction *rti5ne contre la lib]t de vivre1 condition ess5tielle de la lib]t de p5s]4 ,pascal a donc sduit les prote/ants4 ,ils ont cru qu'il apportait plus de *ri/ianisme4 ,si cela e/ vrai1 et si les ,jsuites1 au contraire1 reprs5tai5t mo9s de *ri/ianisme1 ce sont les ,jsuites dont un esprit sa9 devrait se faire le *ampion4 ,mais cela n'e/ pas sr4 ,les ,jsuites sont t\t aussi *rti5s que les ,jansni/es1 mais mo9s durem5t et avec plus de lumires4 ,la p>tialit des prote/ants a une autre cause1 et =t ju/e3 c'e/ que les ,jsuites ont prs]v le monde lat9 du flau de la ,r=me4 ,ma9t5ant qu'ils ne sont plus bons ri5 et qu'ils se sont prote/antiss comme le re/e du cl]g ca?olique1 on peut leur r5dre cette ju/ice sans avoir l'air de les flatt]4 ,t\t en frondant ,rome1 ,port-,royal re/ait =t atta* au pape4 ,la sympa?ie des prote/ants fut indirecte2 elle s'atta*a aux ,jansni/es1 en ha9e des ,jsuites4 ,et cela cont9ue1 un mom5t o1 devant l'ironie suprieure de la sci5ce1 t\tes les croyances religieuses sont gales1 et t\s les dogmes4 ,un prote/ant libral ne peut pas s'imag9] quel po9t1 vu la lumire du laboratoire1 il e/ id5tique au ,jsuite ou au ,capuc94 ,l'analyse rvle une surpr5ante p>it de matires grises et la mme population crbrale3 dcalogue commun1 mtaphysique commune1 entits mles et femelles procrant les mmes sup]/itions morales4 ,une critique gnrale du *ri/ianisme di/+u]ait pe9e de passagres v>its entre les frres de la gr&e famille1 si on n'tait oblig de rem>qu] les antipa?ies qui les divis5t et qui les class5t4 ,ceci e/ un po9t de d"p p\r une tude plus pr(onde4 ,il faut r5=c] les microscopes1 et les ractifs4 ,alors on dc\vre que les sup]/itions morales des deux clans volu5t selon des pr9cipes contradictoires1 l'ab/rait et le concret4 ,la morale du *ri/ianisme pur1 prote/antisme ou jansnisme1 repose t\t entire sur l'ab/raction2 la morale du *ri/ianisme mitig1 la morale du ca?olicisme1 p>tie des mmes pr9cipes1 s'e/ modifie libralem5t selon les ress\rces de la m?ode exprim5tale4 ,sans d\te son orig9e1 qui e/ un comm&em5t div91 a re/re9t le *amp d'volution2 elle n'a pu se m\voir que selon une pi/e f]me4 ,p>tie de ,dieu1 elle revi5t ,dieu4 ,mais entre les deux bornes1 elle a divagu avec une c]ta9e lgance4 ,il y avait au ,x,ve sicle un a/ronome nomm ,regiomontanus1 qui savait t\t ce que l'on p\vait savoir de son temps2 et cela diffrait peu de ce que l'on sait auj\rd'hui4 ,mais il ignorait ou v\lait ignor] le po9t capital de l',a/ronomie4 ,il plantait la t]re au milieu du monde1 ce qui r5dait ses admirables calculs d'une effroyable complexit4 ,si1 la place de la t]re1 il et fix le soleil1 ses c\rbes se r$ressai5t1 ses nuds se dn\ai5t1 ses orbites se ds5*evtrai5t4 ,il ne put ou il n'osa4 ,les casui/es de la compagnie de ,jsus me font t\j\rs p5s] ,regiomontanus4 ,ils se sont bi5 d\ts que la morale e/ une sci5ce =t alatoire et t\te relative2 mais ils n'ont jamais os laiss] leurs d\tes affaiblir leurs pr9cipes4 ,ils pos5t d'abord le prcepte3 la t]re e/ le c5tre du monde4 ,puis ils raisonn5t comme s'il n'y avait pas de c5tre1 ou comme si le c5tre du monde et de la morale se dplaait sans cesse au gr des passions ou des milieux huma9s4 ,le ,jsuite espagnol abs\t le duel et le ,jsuite franais le condamne4 ,vrit en de1 erreur au del4 ,la maxime de ,pascal montre la corde de son ironie p\r en f\ett] les ,jsuites4 ,mais ,pascal n'a pas eu le d]ni] mot1 et son *tim5t e/ qu'on lui fasse gloire de l'aphorisme pyrrhoni5 dont il c+lait ses adv]saires4 ,deux sicles de ma9-mise prote/ante sur notre hi/oire1 notre littrature1 notre morale traditionnelle ne n\s emp*]ont pas de dire trs nettem5t notre p5se la face des imbciles et des fanatiques2 et si c'e/ ,escob> lui-mme qui df5d la lib]t de la vie1 n\s ne rirons plus d',escob>4 ,un publici/e qui batailla contre les ,jsuites#aa1 ,*>les ,sauve/re1 a trs bi5 vu que1 dans leur morale1 il n'y a presque plus ri5 d'vanglique4 ,cette morale1 qui nie la morale absolue1 n'e/ autre *ose qu'une suite de conseils critiques p\r t\tes les circon/ances de la vie4 ,plus de pr9cipes1 dirait-on1 mais une p]ptuelle accommodation aux vnem5ts4 ,ceci e/ exagr4 ,comme on l'a dj obs]v1 jamais aucun casui/e n'a oubli le texte des comm&em5ts de ,dieu2 ils les criv5t en tte de *acune de leurs pages4 ,les pr9cipes demeur5t1 mais les situations *ang5t4 ,p\r les appliqu] un cas p>ticuli]1 il faut les trait] comme ces vtem5ts de famille qu'on allongeait ou qu'on repliait selon la taille du n\veau v5u4 ,p\r tre bon quelque *ose1 il faut qu'un pr9cipe soit maniable4 ,tu ne vol]as po9t4 ,quoi1 jamais8--,jamais6 ,et v\s voil dans l'absurdit1 c> je vais v\s cit] c9quante anecdotes o v\s reconnatrez que le vol fut lgitime et mme ncessaire4 ,la morale qu'il faut viol] p\r vivre1 ce n'e/ plus qu'un in/rum5t de tyrannie entre les ma9s du plus =t4 ,il faut imag9] une accommodation qui la r5de pratique4 ,c'e/ ce que les ,jsuites essayr5t assez gau*em5t1 mais avec une bonne foi que pr\ve leur navet4 ,en rgle avec des pr9cipes *rti5s1 ils laborr5t des jugem5ts qui ne sont que la con/atation des c\tumes morales1 et plutt qu'un code1 un guide4 ,un clbre manuel1 encore rimprim1 porte ce titre ar*aque3 ,le ,guide du p*eur4 ,voil la morale ram5e des proportions honntes1 sa place p>mi les usages monda9s4 #aa ,t\s les ordres religieux et le cl]g sculi] ont f\rni des casui/es4 ,le plus clbre1 ,alphonse de ,liguori1 n'tait pas ,jsuite2 si peu qu'il fonda un ordre rival1 les ,rdemptori/es4 ,lorsqu'on dit cela la ,*ambre des dputs1 lors du gr& dbat de #ahgi1 il y eut des exclamations gau*e4 ,,viii ,,les ,p,,*,s ,,de ,,la ,,*air4--,il n'y a gure une page des ,prov9ciales qui n'incl9e un bon esprit avoir de l'amiti p\r les ,jsuites4 ,puisqu'il s'agit de la lib]t *>nelle1 pr5ons la lettre neuvime#ab3 #ab dit4 ,l\&re4 ,mais 7dit le ,jsuite7 ce qui n\s a donn le plus de pe9e a t de rgl] les conv]sations entre les hommes et les femmes3 c> nos pres sont plus rs]vs sur ce qui reg>de la *a/et4 ,ce n'e/ pas qu'ils ne trait5t des que/ions assez curieuses et assez indulg5tes1 et pr9cipalem5t p\r les p]sonnes m>ies ou fiances4 ,j'appris sur cela les que/ions les plus extraord9aires qu'on puisse s'imag9]4 ,il m'en donna de quoi remplir plusieurs lettres3 mais je ne veux pas seulem5t en m>qu] les citations1 p>ce que v\s faites voir mes lettres t\tes sortes de p]sonnes2 et je ne v\drais pas donn] l'occasion de cette lecture ceux qui n'y *]*]ai5t que leur div]tissem5t4 ,la seule *ose que je puisse v\s m>qu] de ce qu'il me montra dans leurs livres1 mme franois1 e/ ce que v\s p\vez voir dans la ,somme des p*s du pre ,bauny1 p4 #afe1 de c]ta9es privauts qu'il y explique1 p\rvu qu'on dirige bi5 son int5tion1 comme pass] p\r galant3 et v\s s]ez surpris d'y tr\v]1 p4 #adh1 un pr9cipe de morale t\*ant le p\voir qu'il dit que les filles ont de dispos] de leur virg9it sans leurs p>5ts4 ,voici ses t]mes3 ,qu& cela se fait du cons5tem5t de la fille1 quoique le pre ait sujet de s'en pla9dre1 ce n'e/ pas nanmo9s que la dite fille ou celui qui elle s'e/ pro/itue lui ai5t fait aucun tort1 ou viol p\r son g>d la ju/ice3 c> la fille e/ en possession de sa virg9it1 aussi bi5 que de son corps2 elle en peut faire ce que bon lui semble1 l'exclusion de la mort ou du retran*em5t de ses membres4 ,jugez p> l du re/e444 ,voil t\t ce que je puis dire de t\t ce que j'ent5dis1 et qui dura si longtemps que je fus oblig de pri] enf9 le pre de *ang] de matire444 ,voici donc les ,jsuites accuss de df5dre la lib]t4 ,ce n'e/ pas la ,fronde1 ou un fm9i/e h>di1 ou un philosophe impie qui proclame les droits de la femme dispos] de son corps1 c'e/ un obscur ,jsuite du ,x,v,i,ie sicle1 c'e/ le ,p4 ,bauny2 mais1 avec lui1 c'e/ t\te l'glise4 ,c> ce fut une des gloires du *ri/ianisme1 et l'une des plus sres1 de bris] la t]rible puissance pat]nelle qui faisait de *aque ,roma9 un tyran et un b\rreau4 ,la dom9ation des p>5ts cesse l'heure o fonctionne la consci5ce individuelle4 ,une fille a le droit de se m>i]1 ds qu'elle e/ nubile4 ,ce qui con/itue le sacrem5t de m>iage1 ce s]a le cons5tem5t mutuel des fiancs1 et cela seul4 ,le re/e n'e/ que crmonial4 ,comme ,pascal se rapetisse et qu'il devi5t mdiocre s\s cette gr&eur d'une loi de la nature rige en sacrem5t p> des sages qui tr\vr5t ce moy5 de faire respect] les ordres mconnus de la vie6 ,hommes d'action1 les ,jsuites e/im5t peu les v]tus inactives1 comme la *a/et2 optimi/es1 ils mett5t au-dessus de t\s les bi5s la cons]vation de l'exi/5ce4 ,dans son ,comm5taire sur le prophte ,daniel1 ,cornelius a ,lapide dit avec tact3 ,la *a/e ,suzanne a agi en femme hroque2 mais1 dans un tel pril d'infamie et de mort1 elle p\vait se born] t\t endur] des deux vieill>ds sans cons5tir ni coopr] ri5 intrieurem5t1 p>ce que l'exi/5ce et la rputation val5t mieux que la *a/et444 ,de jeunes et *a/es vi]ges se croi5t c\pables si elles ne lutt5t et ne rsi/5t de t\tes leurs =ces et p> leurs cris1 t&is qu'il suffit de dte/] et d'excr] l'acte auquel on e/ =c4 ,les filles et femmes ont t\j\rs t de cet avis4 ,elles sav5t que le monde1 qui les actes sont indiffr5ts1 n'e/ s5sible qu'au sc&ale4 ,une fille demi viole et dlivre temps de son agresseur e/ p]due de rputation2 celle qui a t\t subi portes closes demeure comme intacte4 ,cela revi5t dire qu'entre deux maux1 fidle au *em9 de vel\rs1 le ,jsuite conseille de *oisir le mo9dre4 ,ce n'e/ pas hroque4 ,sans d\te1 mais l'humanit n'e/ pas faite de hros1 et les hros1 d'ailleurs1 se crent leur propre morale4 ,il s'agit de vie pratique1 et de mettre en g>de les hommes contre les gr&s pr9cipes ab/raits qui ne sont que des piges o se g>d5t de *oir ceux qui les =mul5t4 ,il n'e/ de l\*e av5turi] qui ne se vante du potius mori quam fd>i4 ,j'aime mieux cette comdi5ne qui1 ce propos1 disait en s\riant--t\t le contraire4 ,mais qu& le d%onneur e/ secret et qu'il s'accompagne d'un plaisir1 il s]ait bi5 sot d'all] prfr] la mort ou l'infamie publique4 ,c'e/ ce qu'affirme le ,p4 ,tab]na3 ,une jeune fille ne p*e po9t si1 dans un pril de mort ou d'infamie1 elle re/e purem5t passive et n'emploie po9t t\s les moy5s dont elle peut dispos] p\r *ass] le sducteur1 comme de le tu] et d'appel] le vois9age4 ,la malheureuse s]a bi5 avance de lire dans t\s les j\rnaux le rcit de sa victoire ou d'avoir p>atre en ,c\r d'assises avec l'air qui convi5t une victime mode/e de l'rotisme6 ,il e/ difficile de tr\v] les casui/es en dfaut1 surt\t les d]ni]s v5us1 qui ont pr(it des obs]vations antrieures et d'une plus l>ge obs]vation des murs4 ,ils connaiss5t la nature huma9e1 sav5t la puissance des prjugs4 ,ni dupes1 ni hypocrites1 ils ne cons5t5t pas pr*] une morale inapplicable1 ils aim5t mieux tre utiles que d'acqurir p> le facile moy5 de l'criture une rputation de /ocisme et d'intgrit4 ,=t en avant sur leur temps1 mais surt\t sur le ntre1 ils df5d5t avec p]svrance le droit de *acun us] et abus] de soi-mme4 ,a9si ,san*ez1 qu& il accepte1 en son clbre trait ,de ,matrimonio1 la lgitimit de c]ta9s bais]s h>dis et prcis4 ,on sait qu'il y met une re/riction3 c'e/ qu'ils ne s]ont qu'un prlude et que l'acte naturel dsaltr]a les inc5dies de la *air4 ,les physiologi/es1 successeurs des casui/es1 sont en gnral du mme avis sur cette "q secrte2 ceux qui se rs]v5t le font p\r des motifs o du mo9s la morale n'a ri5 voir4 ,s\v5ons-n\s des v]s de ,baudelaire4 ,la morale c>te1 il re/e la matire d'une discussion peut-tre ga/ronomique4 ,h5ri ,,iv avait des gts sauvages4 ,le tort des casui/es1 ce n'e/ pas leur complaisance2 elle e/ =t sommaire1 quoi qu'on ait dit#ac2 c'e/ leur subtilit4 ,le p* devi5t topographique4 ,on se croit au jeu de l'oie 7de la petite oie73 voici la prison1 et le puits4 ,assis dans sa *aise de m>bre1 froid comme la pi]re qui le glace1 ,san*ez discute le plan de la bataille4 ,il connat les *em9s ouv]ts et les *em9s creux4 ,ici1 il y a une belle prairie1 et l un b\rbi]4 ,il e/ magnifique et s]e94 ,il sait t\t et mprise t\t4 ,qu& la f>ce rotique a puis ses jeux1 il ref]me les rideaux sur les deux petites m>ionnettes obscnes1 et sa face ple n'e/ mue ni de dgt1 ni de piti4 #ac ,san*ez fut c5sur1 p\r sa svrit1 p> l',inquisition1 organe modrateur et non de p]scution sy/matique1 comme on a russi le faire croire au public4 ,au ,x,v,i,i,ie sicle1 les ,jsuites1 propos d'un des leurs1 livr au bras sculi] p> l'autorit inquisitoriale1 fir5t publi] un petit trait contre l',inquisition1 dont la v]sion franaise a p\r titre3 ,le ,manuel des ,inquisiteurs ou ,abrg de l'ouvrage intitul3 ,directorium ,inquisitorum compos v]s #aceh p> ,nicolas ,eym]ic1 etc41 ,lisbonne1 #agfa4 ,alex&re ,dumas1 dans sa ,"q du divorce1 s'lve1 avec son hypocrisie de vieux viveur f\rbu1 contre cette tolrance dlicate des ?ologi5s qui veul5t bi5 que la femme1 t\rdie et non satisfaite de la rue brutale de l'homme1 a*ve sa guise ce qu'un contact g/e et trop rude n'a fait qu'bau*]4 ,que voil donc encore de la morale mal place6 ,p\rquoi ne pas laiss] les hommes et les femmes juges de leurs plaisirs et no*]s de leur b>que6 ,mais le casui/e ici n'e/ que l'*o de la pla9te des femmes4 ,les hommes croi5t connatre les femmes1 et cela arrive4 ,mais qui connat les hommes8 ,qui1 hormis le confesseur ou le mdec91 a ent5du le gmissem5t de la femme t\j\rs trompe8 ,sa l5teur s'm\voir la laisse d'un pas en arrire1 et l'homme ne t\rne jamais la tte4 ,tantale1 t\tes les nuits1 s5t la c>esse va9e d'un plaisir ironique4 ,il re/e la victime1--quoi8 a1 l'adultre1 ou le dsespoir4 ,c> on ne laisse pas sa froideur tranquille1 la t5tation revi5t avec la c]titude d'un accs de fivre2 t\t l'organisme va tre encore sec\1 tordu1 t5du3 et la fl*e t]nellem5t se brise et tombe4 ,cette av5ture e/ si commune qu'un mdec91 il y a une v+ta9e d'annes1 a repris la ?se du casui/e4 ,mais il place l'adjutoire avant l'acte1 et c'e/ l'homme qu'il en confie le so9#ad4 ,mais dire qu'il y a des hommes qui il faut rdig] de telles ordonnances6 ,il y en a1 et beauc\p4 ,et ce sont les meilleurs1 les plus sa9s3 la volupt e/ une cration huma9e1 un art dlicat o quelques-uns seulem5t sont aptes1 comme la musique ou la pe9ture4 ,la nature ne s'inquite pas du plaisir2 l'acte lui suffit4 ,mais les ?ologi5s croyai5t le contraire et que la p>ticipation effective de la femme tait indisp5sable la fcondation#ae4 ,de l leur condesc5dance4 ,cep5dant1 si la volupt n'e/ pas ncessaire la fcondation1 et mme =t inutile le plus s\v5t1 elle l'e/ l'intgrit du sy/me n]veux4 ,p>ti d'un pr9cipe faux1 le casui/e a tr\v une consqu5ce tolrable4 ,d'ailleurs1 les femmes dem&ai5t l'absolution et non la p]mission3 le casui/e s\v5t crit s\s la dicte de la femme4 #ad ,petit ,brviaire de l'am\r exprim5tal1 p> le ,dr ,jules ,guyot4 #ae ,c'e/ encore auj\rd'hui un prjug populaire4 ,il ne faut pas croire ce que dis5t les pamphltaires4 ,les que/ions de cet ordre1 et le catalogue en e/ long et fa/idieux1 n'ont pas t traites p> les casui/es avec une complaisance p>ticulire4 ,elles vi5n5t leur rang dans les manuels de ?ologie morale1 et plus d'un lecteur s\rnois aura tr\v que la place leur e/ mesure avec p>cimonie4 ,dans l'ouvrage de ,san*ez sur le m>iage1 la discussion des cas rotiques ti5t en quelques pages noyes en deux normes tomes4 ,et cep5dant1 comme le dit ,liguori1 c'e/ la matire la plus frqu5te et la plus abondante de la confession4 ,c'e/ s\v5t la seule1 comme c'e/ l'unique conv]sation des mles vulgaires et l'unique rve de presque t\tes les femmes4 ,le ?ologi5 aborde ce *apitre avec le sang-froid du physiologi/e qui entre dans la rgion du sixime s5s4 ,sans d\te1 ils aurai5t pu1 non le pass] s\s sil5ce1 mais l'abrg] encore ou le re/re9dre des gnralits4 ,cette m?ode et t svre1 c> elle aurait quivalu prohib] t\t ce qui e/ inutile la f9 directe du m>iage1 la procration4 ,si la confession a p>fois t p\r les femmes une cole de volupt1 qui s'en pla9dra1 n en dehors du prote/antisme ou du jansnisme8 ,p\rquoi les casui/es ont-ils tudi les cas de consci5ce de l'am\r8 ,mais p\rquoi y a-t-il en v5te1 cette heure1 tr5te ou qu>ante ouvrages de mdec9e vulg>isatrice o les rapports sexuels sont exam9s avec beauc\p mo9s de dc5ce que dans ,san*ez ou dans ,liguori8 ,c'e/ qu'autrefois les hommes songeai5t leur salut et qu'auj\rd'hui ils song5t leur sant4 ,et ils v\lai5t conqurir leur salut comme auj\rd'hui cons]v] leur sant1 sans se priv] d'aucun de leurs plaisirs4 ,les casui/es les rassurai5t2 les mdec9s les rcon=t5t4 ,c'e/ en ces matires surt\t que l'humanit ent5d re/] immuable2 c> elle s5t bi5 que1 gurie de ses vices1 elle se tr\v]ait du c\p gurie de la vie1 c'e/--dire du plaisir de vivre4 ,il faut donc rire des sots qui prt5d5t tr\v] en des 9-folios lat9s l'orig9e de la corruption de nos murs4 ,l'indignation contre la casui/ique de l'am\r signale un hypocrite ou un coqueb94 ,elle ne peut tre prise au srieux dans un pays qui possde1 avec l',italie1 la littrature la plus libre de l',europe et la plus dlicieusem5t rotique4 ,il y a tant d'autres que/ions sur lesquelles on p\rrait se mettre d'accord p\r dte/] les ,jsuites6 ,mais il semble qu'on ait *oisi p\r les accabl] celles de leurs ides ou de leurs m?odes qui obti5n5t ncessairem5t l'ass5tim5t d'un esprit dnu de t\t fanatisme4 ,c'e/ peut-tre que les motifs srieux d'exclusion que l'on p\rrait pr(r] contre la compagnie de ,jsus s]ai5t galem5t valables contre les autres sectes *rti5nes4 ,je compr5ds qu'on dise nettem5t comme ,nietzs*e3 ,le *ri/ianisme1 voil l'ennemi4 ,t\te autre =mule e/ un acte de foi religieuse4 ,,ix ,,la ,,casui/ique ,,du ,,vol4--,c'e/ un des c>actres de la ,casui/ique des ,jsuites1 dit ,paul ,b]t avec am]tume1 de t\j\rs pr5dre p>ti p\r le p*eur4 ,il faudrait gnralis]4 ,il n'e/ pas ju/e de faire honneur aux ,jsuites d'une initiative qui app>ti5t au *ri/ianisme lui-mme4 ,la ?ologie morale rgle les rapports de l'homme avec ,dieu2 elle e/ un comm5taire du ,dcalogue et des articles qu'au ,dcalogue aj\ta l'vangile4 ,il n'y a pas devant l'glise des crimes1 des dlits1 des infractions2 il n'y a que des p*s4 ,quel que soit le p*1 le rep5tir l'efface2 et le rle du prtre e/ de provoqu] le rep5tir dont l'absolution n'e/ que le sceau ou la signature4 ,t\s les sacrem5ts1 le *rti5 se les confre lui-mme p> sa volont d'y p>ticip]2 le prtre e/ mo9s un disp5sateur qu'un tmo94 ,s'il pr5ait1 en ces conjonctures si graves p\r un croyant1 p>ti contre le p*eur qui se veut abs\s1 il s]ait un juge d'in/ruction1 un procureur1 un s]g5t d'armes ou un b\rreau1 non pas un prtre4 ,il faut compr5dre les matires dont on traite1 tre ?ologi51 s'il s'agit de ?ologie4 ,paul ,b]t tait un cui/re4 ,le cui/re1 qui e/ un imbcile1 e/ aussi un ignorant4 ,savoir sans compr5dre1 c'e/ ignor]4 ,il tait si facile1 ce mom5t du disc\rs1 de se s\v5ir du mot de l'vangile sur la joie que cause au ciel la v5ue au bi5 d'un p*eur4 ,le *ri/ianisme e/ ess5tiellem5t la religion des faibles1 des humbles1 des malades4 ,or1 qu'e/-ce qu'un p*eur8 ,dem&ez-le la sci5ce1 celle d'auj\rd'hui mme3 un malade4 ,il n'y a pas des honntes et des malhonntes g5s2 il y a des g5s malades et des g5s sa9s1 avec t\tes nuances qui se peuv5t imag9] dans l'int]valle4 ,pr5dre p>ti p\r le p*eur1 c'e/ pr5dre p>ti p\r le malade2 c'e/ se faire mdec94 ,aux temps de la foi1 on appelait les prtres les mdec9s des mes4 ,t\t cela e/ logique4 ,mais ,paul ,b]t1 *o bgayant des ,jansni/es1 veut dire encore autre *ose3 que les casui/es1 p> l'analyse quasi-sci5tifique des actes1 en tai5t arrivs excus] presque t\s les actes mauvais4 ,avec un tel sy/me1 s'cri5t les procureurs1 on ne p\rrait plus guillot9] p]sonne6 ,on le peut t\j\rs et on le fait t\j\rs1 et le *ri/ianisme autoritaire1 t\j\rs matre des consci5ces1 suggr]a encore longtemps de bons argum5ts p\r df5dre les ides d'expiation et de *tim5t4 ,mais ces ides que les casui/es ont1 sans le v\loir1 s9crem5t contribu affaiblir1 ne sont dsormais reg>des que comme des conceptions de l'esprit sans aucune rac9e dans la ralit sociale4 ,le droit de punir n'e/ plus un droit3 c'e/ une sottise4 ,non pas que l'on conseille un surcrot d'indulg5ce p\r les malades dang]eux1 t\t au contraire2 mais il faudrait que la besogne ft faite sans app>at1 et que l'laboration du bullet9 de prison ne dem&t pas plus de crmonies que celle du bullet9 d'hpital4 ,pr5dre p>ti p\r le p*eur8 ,fur5t-ils donc les prcurseurs de la sci5ce1 ces sombres ractionnaires8 ,oui4 ,le casuisme a t un lm5t de dissolution morale4 ,au comm&em5t3 ,le bi5 d'autrui ne pr5dras--ni reti5dras sciemm5t1 ils ont rpliqu p> le fameux di/+uo qui sonna p5dant des sicles comme un ricanem5t4 ,t\te la lib]t de l'esprit mod]ne e/ cont5ue en g]me dans ce di/+uo qui fait tant rire les imbciles4 ,le di/+uo1 c'e/ le nom enfant9 de la dissociation4 ,il n'y a pas d'absolu1 il faut *aque pas1 le long du *em9 des ides1 pr(r] ce di/+uo fatidique4 ,avec ce vocable ridicule1 voil la naissance de l'analyse4 ,le ,p\r et le ,contre naiss5t t\t arms de cette d5t de ,dragon et se jett5t l'un sur l'autre p\r une lutte t]nelle1 cep5dant que de *aque g\tte de leur sang v]s naiss5t les nuances1 les argum5ts1 les contradictions et t\tes les vrits aux yeux f\s4 ,il y en a beauc\p1 de ces vrits1 mais il n'y a pas de ,vrit2 alors il faut di/+u]4 ,la psy*ologie e/ faite de di/9ctions1 et la politique1 et l'art mme de vivre4 ,un acte *ange de valeur selon qu'il e/ commis p> un homme1 une femme1 un enfant1 dans une *ambre close1 dans la rue1 sur le radeau de la ,mduse1 la gu]re1 dans une fte1 et a9si de mme p5dant plusieurs c5ta9es de mots4 ,mais *acun de ces mots peut tre modifi p> l'poque1 p> le pays o on le prononce1 p> le milieu et le mom5t2 et l'on obti5t une srie de relativits qui s'avance v]s l'inf9i4 ,on a classifi les actes s\s quelques clefs2 c'e/ une m?ode4 ,en ralit1 un acte huma9 e/ unique de son espce2 il ne peut tre jug que p> un jugem5t qui le qualifie spcialem5t4 ,les lois ne sont que de grossi]s moy5s de police2 elles assur5t la ju/ice en cultivant l'iniquit4 ,mais il ne faut pas tre trop srieux1 mme sur de telles que/ions4 ,l'humanit prte beauc\p rire et surt\t ses conducteurs1 qui sont de vritables p]sonnages de comdie4 ,sans d\te1 p\r guid] les hommes v]s leur obscure de/9e1 il ne faut pas tre trop intellig5t4 ,l'intellig5ce e/ un don qui ressemble un f>deau2 son poids p>alyse l'activit4 ,cep5dant il y a une c]ta9e btise1 dpassant la commune mesure1 dont il e/ p]mis de s'tonn] mme si l'on fait pr(ession de ne s'tonn] de ri54 ,guids p> c]ta9s jugem5ts de ,m4 ,magnaud1 des hommes politiques ont song excus] absolum5t le vol p> ncessit2 je crois mme qu'ils appell5t cela le dlit ncessaire4 ,c'e/ du j>gon1 mais leur ide se compr5d4 ,ces mmes hommes1 les mmes exactem5t1 la mme heure exactem5t1 condamn5t comme immorales les propositions indulg5tes des ,jsuites sur le vol4 ,voici ce que disait1 il y a plus de deux c5t c9quante ans1 l'poque o l'on comm5ait discut] le ,disc\rs de la ,m?ode1 un obscur jsuite1 le ,p4 ,pi]re ,alagon1 dans son ,abrg de la ,somme de sa9t ,?omas3 ,d4--,e/-il p]mis quelqu'un de vol]1 cause de la ncessit o il se tr\ve8 ,r4--,cela lui e/ p]mis1 en secret1 soit ouv]tem5t1 s'il n'a pas d'autre moy5 de subv5ir son beso94 ,ce n'e/ ni vol1 ni rap9e1 p>ce qu'alors1 selon le droit naturel1 t\tes *oses sont communes4 ,ce passage e/ =t rem>quable4 ,c'e/ une doctr9e1 et celle mme de l'anci5ne glise1 de celle qui n'obissait pas encore aux ordres des rationali/es et des prote/ants4 ,elle passa dans l'enseignem5t des sm9aires et on la tr\ve en des cat*ismes1 en celui du diocse de ,v]dun 7#ahfj7 que des dbats politiques ont r5du clbre1 v]s #ahgf1 et plus t>d au temps de ,jules ,f]ry1 s\s le titre de ,cat*isme de ,m>otte1 le rdacteur4 ,m>otte disait3 ,d4--,e/-on t\j\rs c\pable de vol qu& on pr5d le bi5 d'autrui8 ,r4--,non2 il peut arriv] que celui dont on pr5d le bi5 n'ait pas le droit de s'y oppos]2 ce qui a lieu1 p> exemple1 lorsque celui qui pr5d le bi5 d'autrui e/ dans une ncessit extrme1 et qu'il se borne pr5dre ce dont il a beso9 p\r en sortir4 ,a la rimpression du volume1 l'vque de ,v]dun eut la l*et de faire saut] ce p>agraphe2 p\r bnfici] son t\r des faveurs de l'tat1 son successeur va le rtablir4 ,se s\vi5t-on de ces femmes1 l'une condamne1 l'autre prv5tivem5t s\mise des sema9es de prison1 p\r un vol de pois cosss1 p\r un vol de pa98 ,elles euss5t reu des complim5ts peut-tre1 si la doctr9e des ,jsuites avait t =mule quelques mois plus tt en projet de loi4 ,les ?ologi5s1 et d'abord ceux de la ,compagnie de ,jsus1 ont devanc de deux ou trois sicles les plus audacieux df5seurs de la plbe4 ,c'e/ p\rquoi les anci5nes mon>*ies1 en leurs crises de despotisme1 les taxai5t d'an>*ie et les proscrivai5t4 ,peut-tre les mon>*ies avai5t-elles raison4 ,il faut vivre1 et la vie ne peut se ma9t5ir que p> l'inju/ice4 ,qu& les matres sont au p\voir1 les c\ps retomb5t sur les esclaves2 si l'tat e/ g\v]n p> la coalition des esclaves1 c'e/ contre les matres que l'inju/ice e/ d*ane4 ,la lutte e/ de droit3 et t\te lutte suppose des alt]natives de va9queurs et de va9cus4 ,t\te doctr9e1 soit d'autorit1 soit d'an>*ie1 se tr\ve quelque j\r la doctr9e du rgne4 ,l'heure e/ aux ,jsuites1 leur morale facile1 et on les *asse6 ,p]sonne ne veut plus m>*] que sur le *em9 de vel\rs1 et on t\rm5te ceux qui l'ont tabli6 ,ri5 n'e/ blessant comme une faute de logique4 ,ce qui e/ norme1 p>-dessus t\t1 c'e/ qu'on ait russi faire accept] comme un bi5fait au peuple des misrables la sub/itution de la duret aveugle du ,code l'indulg5te doctr9e de l'excuse4 ,le ,code ne dem&e pas3 avez-v\s faim8 avez-v\s des enfants n\rrir8 avez-v\s vol un pauvre ou un ri*e1 un artisan ou un av>e8 ,le ,code ne dem&e ri54 ,il condamne4 ,du fagot que la vieille a rcolt p\r faire b\illir sa d]nire s\pe1 il lui rompt les re9s avec srnit4 ,le ,code a raison4 ,il e/ fait prcism5t p\r protg] la civilisation contre la b>b>ie1 ceux qui possd5t contre ceux qui ne possd5t pas4 ,il e/ le pige l\ps o l'on tr\ve p>fois une bte innoc5te2 mais qu'importe1 si la veille il a pris un l\p et si le l5dema9 il pr5d encore un l\p4 ,sci5tifiquem5t1 il faudrait un ,code p\r *aque individu2 mais cela compliqu]ait un peu les socits4 ,paul ,b]t v\lait que l'on appelt les lois3 comm&em5ts de l'tat en p5dant aux comm&em5ts de l'glise4 ,les faux savants sont t\j\rs t>s de my/icisme4 ,celui-l croyait que le code1 uvre de la raison1 peut s'oppos] au cat*isme1 uvre de la foi4 ,ses successeurs se voi5t =cs d'emprunt] l'uvre de foi un article qu'ils rep\ssai5t il y a v+t ans au nom de la raison4 ,ces deux doma9es ne sont pas bi5 dt]m9s4 ,l'incroyant n'e/ pas t\j\rs celui qui fait pr(ession de ne pas croire4 ,qu& donc saura-t-on que l'irrligion e/ une religion8 ,x ,,pretium ,,/upri4--,le so9 des casui/es s't5d t\tes les circon/ances de la vie sociale4 ,ils trait5t des plus m9imes que/ions1 de celles que ddaign5t les morali/es ab/raits1 de celles qui suggr5t auj\rd'hui tant de *roniques et de petites pices de ?tre4 ,la pice ?se n'e/ qu'un cas de consci5ce dialogu2 ce g5re1 qui e/ une ngation impuissante de l'art1 a son orig9e directe dans ces ?ses de morale et de ?ologie dont on allait jadis c\t] en app>at la discussion sol5nelle4 ,j'en ai une petite collection1 franaises du ,x,v,i,ie sicle1 allem&es du ,x,v,i,i,ie o les matires les plus imprvues sont brasses p> des rudits nafs arms de grec et d'hbreu4 ,comme il e/ naturel1 beauc\p de ces petits 9-qu>tos disput5t des rapports sexuels1 de la pudeur1 de la =nication1 de la nudit4 ,les unes sont ca?oliques2 les autres1 lu?ri5nes2 mais d'un esprit au fond peu diffr5t4 ,le prote/antisme a eu ses casui/es1 que n\s ignorons2 ils ne sont pas mo9s s+uli]s que les ntres et presque aussi impud5ts4 ,voici une ,comm5tatio de nuditate capitis1 pectoris1 v5tris1 pud5dorum et p$um1 une ,disquisitio !ologica de tactibus impudicis4 ,ces livrets en mauvais lat9 d'cole se dbitai5t aux curieux plutt qu'aux savants3 ,bev]l& s'tait fait en ce g5re une rputation quivoque et l'on ne savait plus s'il rdigeait en ?ologi5 ou en lib]t9 ses extraord9aires ,lucubrationes4 ,il y a donc t\te une littrature qui gravite aut\r du casuisme2 elle e/ presque t\j\rs infrieure celle mme des casui/es1 p>ce qu'elle sub/itue au s5s pratique de la vie une va9e sci5ce littrale4 ,le casui/e1 surt\t s'il e/ de la ,compagnie1 ne s'occupe que du prs5t2 sa t*e e/ de concili] la loi et les murs1 d'ad\cir ce qu'il y a de trop pnible en c]ta9s devoirs de nature ou de pr(ession4 ,il a tr\v des excuses aux voleurs1 il n'en manqu]a pas p\r les pro/itues4 ,elles ex]c5t un mti] d%onnte2 sans d\te1 et qui le nie8 ,mais c'e/ leur mti]1 et le propre d'un mti]1 e/ qu'il doit n\rrir4 ,tambur9i 7le nom convi5t cette exgse b\ffonne7 reconnat donc la lgitimit du prix du /upre4 ,on accorde ici ce mot un s5s t5du1 /uprum ayant en lat9 de casui/e le s5s de =nication1 de gr ou de =ce1 avec une vi]ge4 ,il s'agit des complaisances d'une femme qui vit d'tre aimable4 ,elle a le droit d'en exig] le prix1 si tel e/ le contrat v]bal ou tacite pass entre les p>ties4 ,juge de paix1 ,tambur9i tax]ait les nuits et les mom5ts2 ,jsuite bn91 qu'il s]ait aim des tri/es voyageuses qui de ,cy?re revi5n5t les ma9s vides6 ,on devrait imprim] son portrait avec sa consultation aut\r1 colori dans le gt d'p9al4 ,des pits canonis]ai5t cet honnte homme4 ,c> ,tambur9i ne fait rire que p> excs d'honntet et de logique4 ,a t\te pe9e son salaire1 dit-il avec simplicit2 et il aj\te3 au p* de cette fille qui se pro/itue et au ti51 mle misrable qui pr(ites de sa pauvret1 p\rquoi veux-tu encore aj\t] la fil\t]ie8 ,paie1 puisque tu z promis de pay]2 et1 re/ant p*eur1 sois du mo9s p*eur honorable4 ,,xi ,,avortem5t ,,et ,,/,,rilit4--,on lit dans les ,propositions dictes au collge de ,cl]mont p> le ,p4 ,airault 7#afdd73 ,pr4--,si une femme peut se procur] un avortem5t8 ,r4--,si une honnte fille avait t corrompue malgr elle p> un jeune lib]t91 elle p\rrait1 avant que le fruit soit anim1 s'en dlivr]1 suivant le s5tim5t de plusieurs1 de peur de p]dre son honneur qui lui e/ beauc\p plus prcieux que la vie mme4 ,pr4--,s'il e/ p]mis une femme m>ie1 qui1 en acc\*ant1 e/ t\j\rs en gr& dang] de m\rir1 de pr5dre un remde p\r tre /rile1 af9 d'vit] ce pril8 ,r4--,je rponds que cela e/ p]mis p>ce que1 p\sse p> une ju/e cause1 elle cons]ve sa vie p> ce moy52 et1 en effet1 il e/ plus propos qu'elle en use a9si que de refus] son m>i le devoir conjugal et mettre son salut en dang]4 ,les dispositifs des jugem5ts sont mdiocres1 mais les jugem5ts sont sages et inattaquables4 ,la pratique allgue dans la seconde proposition a pass dans nos murs p> des moy5s plus honteux et p\r des motifs plus lg]s que ceux que le ,jsuite a supposs4 ,quant l'avortem5t prcoce1 on n'os]ait plus gure le considr] comme un crime1 hors le cas de meurtre ou de sc&ale4 ,mais que d'annes il n\s a fallu p\r regagn]1 aprs l'avnem5t au p\voir de la morale vulgaire1 l'tat de civilisation dont tmoigne un humble c\rs de philosophie que faisait1 l'an de ,rodogune1 pr9cesse des ,p>!s1 un t\t petit ,jsuite4 ,voil de quoi mdit] et diss]t]1 c> les deux ?ses dans les deux cas sont discutables4 ,on peut incl9] v]s l'une ou l'autre selon qu'on se tr\ve dispos respect] davantage la lib]t individuelle ou les droits anonymes et my/iques de la vie4 ,elle prote/e1 la vie1 contre la /rilit aussi bi5 que contre l'avortem5t4 ,on dit que les ,arabes connaiss5t un breuvage qui r5d les femmes /riles4 ,c'e/ un tel remde que songeait ,airault4 ,la recette s'en e/ p]due2 plus b>b>e que la b>b>ie1 la sci5ce f5d les v5tres qu'elle veut neutres4 ,mais la vie1 va9cue1 se v5ge1 c> voici les consqu5ces de l'ablation des ovaires3 ,le vag9 se rtrcit1 la vulve pr5d un aspect infantile1 les poils du pubis se r>fi5t444#af ,les romanci]s qui exploit5t l'heureuse /rilit des ov>iotomises n'ont po9t su ces dtails honteux1 cet infantilisme1 qui n'e/ qu'une vieillesse anticipe4 ,la vie e/ t]rible4 ,elle a un b qui n'e/ pas celui que n\s ins9u5t notre vanit et notre l*et3 elle pit9e et d*ire le *em9 de vel\rs4 #af ,d4 ,blondel1 ,ovaire1 dans la ,gr&e ,encyclopdie4--,l'glise a dcid rcemm5t d'appliqu] ces femmes la prescription qui int]dit le m>iage aux ca/rats4 ,,xii ,,le ,,probabilisme4--,rdig en t]mes d'cole1 /ricts et obscurs1 le probabilisme p>at d'abord une doctr9e s+ulire4 ,la voici en langage clair4 ,les probabili/es dcl>5t t\t d'abord que la vrit e/ =t difficile connatre3 ct de ce qui passe p\r vrai1 il y a ce qui appro*e de la vrit1 et des degrs v>iables4 ,il y a des op9ions trs probables1 il y en a de probables1 il y en a de mo9s probables2 elles sont trs sres1 sres1 plus ou mo9s sres4 ,sommes-n\s t5us de suivre t\j\rs la plus sre et la plus probable8 ,voil t\te la "q4 ,si l'on rpond p> l'affirmative1 c'e/ que l'on dti5t la vrit4 ,qu'e/-ce que la vrit8 ,en dehors1 dis5t les ?ologi5s1 des matires de la foi1 il n'y a que des op9ions4 ,la plus sre1 auj\rd'hui1 tait mprise hi] et le s]a dema94 ,le probabilisme favorise la lib]t1 le jeu de la vie4 ,en ralit1 n\s n'agissons jamais avec1 comme moteur1 la c]titude2 c'e/ la croyance1 la confiance qui n\s p]met l'acte4 ,s'il fallait1 avant le ge/e1 acqurir la notion prcise de ses consqu5ces1 t\te vie de relation n\s s]ait r5due impossible4 ,p\r s'en t5ir au po9t de vue ?ologique1 si l'op9ion la plus sre doit t\j\rs tre suivie1 cela re/re9t jusqu' l't\ffem5t la prison morale4 ,n\s n'avons plus le *oix qu'entre la non-activit et une seule activit bi5 dt]m9e4 ,c'e/ ce que v\lait ,port-,royal en prconisant ce qu'ils appelai5t le tutiorisme2 cela concordait logiquem5t avec leurs ides sur la prde/9ation et la grce4 ,aprs avoir t l'homme la lib]t ?orique1 ils devai5t v\loir lui enlev] la lib]t pratique4 ,un ,jansni/e1 p> des voies opposes1 en arrivait au mme tat d'esprit qui suscitait le ,jsuite2 p> impossibilit d'agir1 il se jetait au clotre1 comme le ,jsuite dans les rets de la compagnie p> impossibilit de v\loir3 l'un avait une maladie des c5tres n]veux1 l'autre une maladie de l'app>eil moteur4 ,la raison p> laquelle ,anto9e ,escob>1 tant moqu1 df5d le probabilisme e/ admirable3 ,c'e/1 dit-il1 que l'homme ne peut acqurir des *oses une c]titude ple9e et entire4 ,comm5t mme essay] de rfut] cela8 ,et comm5t a-t-on os jet] le ridicule sur une op9ion aussi sa9e =mule en un langage si simple et si sr8 ,ce qui n\s semble la vrit n'e/ qu'une manire de voir les *oses2 relativem5t aux *oses1 une manire d'tre vues4 ,et peut-tre la vie n'e/-elle qu'un pur phnomnalisme et nos s5sations une suite d'illusions cratrices de leurs causes app>5tes4 ,sans all] jusque-l 7quoique cela soit p]mis et logique71 on doit s'en t5ir au d\te4 ,affirm] la vrit mtaphysique1 morale ou pratique1 c'e/ faire acte d'impo/eur ou de prophte1 mais les t]mes sont quival5ts4 ,l'affirmation de la vrit morale1 en p>ticuli]1 ne peut tre qu'un ge/e ?ologique4 ,le kantisme e/ une hrsie *rti5ne1 et qui a bi5 g>d1 en les r5=ant1 les c>actres ess5tiels du *ri/ianisme4 ,sans un dieu moral1 c'e/--dire libre et consci5t1 il n'y a de morale huma9e que celle de l'empirisme4 ,la morale e/ l'expression de la volont de l'absolu1 ou ri51 ou un code d'usages4 ,dieu c>t1 la morale tombe1 comme un crmonial de c\r la *ute de la royaut4 ,le probabilisme mne jusque-l4 ,la ha9e des prote/ants *rti5s et kanti5s 7des nuances7 e/ donc t\te naturelle contre une telle m?ode#ag4 ,p\sse fond1 elle et ab\ti la lib]t1 c'e/--dire la suprmatie de la =ce4 ,c'e/ contraire absolum5t aux pr9cipes *rti5s qui comm&5t de dtruire les ari/ocraties en leur imposant la morale qui fait les bons esclaves1 les bons citoy5s4 ,aussi1 comme l'on compr5d bi5 l'motion de ,paul ,b]t#ah int]prte de la mdiocrit univ]sitaire et p>lem5taire1 clbr] ces mots sublimes1 consci5ce1 vrit1 ju/ice1 ces mots sa9ts6 ,la consci5ce morale1 p\r cet esprit simple1 e/ absolue4 ,elle ne comporte aucun degr4 ,t\s les hommes ont une notion gale et lucide du ,devoir4 ,il y a le bi5 et le mal2 et ces deux c\leurs ne compt5t aucun aveugle4 ,il s'exalte1 il s'enivre de ses p>oles comme d'une bave3 il en arrive proclam] le libre arbitre1 dcl>] que ceux qui mett5t en d\te la c]titude morale sont des malfaiteurs4 ,p\r lui1 il n'a jamais pr\v aucune hsitation3 le bi5 e/ gau*e et le mal e/ droite4 ,il n'y a pas de cas de consci5ce4 ,une voix intrieure1 une voie impeccable1 une voix imprative1 n\s dicte t\j\rs notre devoir4 ,d\t] de cela1 c'e/ d\t] de la dignit huma9e4 ,ah6 le bon type d'imbcile6 ,qu'on me donne un tome d',escob>1 qu'on me p]mette de relire la page o cet homme vridique av\e qu'il n'e/ pas donn l'homme d'acqurir des *oses une c]titude ple9e et entire4 #ag ,il y a une dition du ,syllabus imprime ,g5ve p> les so9s de quelque m9i/re1 qui e/ bi5 intressante4 ,les quatre premi]s articles sont appr\vs ple9em5t4 ,ce sont ceux qui condamn5t t\te la philosophie mod]ne2 et il s'crie l'article ,,lvi3 ,ana?me qui dira3 ,les ,lois de la morale n'ont pas beso9 de la sanction div9e1 et il n'e/ pas du t\t ncessaire que les lois huma9es soi5t con=mes au droit naturel1 ou qu'elles reoiv5t de ,dieu la =ce obligatoire4 ,il s'crie3 ,bon article6 ,je crois bi53 c'e/ le g>rot4 ,le ,syllabus e/ d'ailleurs un des plus beaux morceaux d'loqu5ce qui soi5t en aucune littrature4 ,comme la =mule ,ana?me1 etc41 n'e/ pas rpte *aque article1 on en peut lire des pages entires1 avec une vritable volupt intellectuelle3 ,,lix4 ,le droit rside dans le fait matriel2 t\s les devoirs des hommes sont un mot vide de s5s1 et t\s les faits huma9s con/itu5t un droit4 ,,lx4 ,l'autorit n'e/ pas autre *ose que le rsultat du nombre et des =ces naturelles4 ,cela e/ plus clair et plus beau en lat93 ,,lx4 ,auctoritas nihil aliud e/ nisi num]i et mat]ialium virium summa4 ,,lxi4 ,=tunata facti inju/itia nullum juris sanctitati detrim5tum (f]t4 ,l'article ,,ii si tran*ant1 du bon ,sp9oza3 ,neg&a e/ omnis ,dei actio 9 hom9es et mundum4 #ah ,en son livre1 dont je n'ai pas encore cit le titre3 la ,morale des ,jsuites4 ,p>is1 #ahhj4--;,ce livre ne se compose gure que d'une prface et de trois disc\rs prononcs la ,*ambre en ju9 et juillet #ahgi4 ,le re/e1 prs de #fjj pages sur #gjj1 e/ une traduction de passages *oisis 7avec un c]ta9 s5s polmique7 dans les uvres des casui/es4 ,,xiii ,l',,quivoque ,,et ,,la ,,re/riction ,,m5tale4--,ce sont des surnoms honntes ou purils du m5songe4 ,les casui/es ont bi5 connu que les hommes ne p\vai5t t5ir socit sans rec\rir au m5songe2 mais1 n'osant contrev5ir directem5t un prcepte du ,dcalogue1 ils imag9r5t des subt]fuges4 ,la m?ode des ,jsuites comporte quantit de ca*es1 de portes dissimules1 de trappes1 t\te une ma*9]ie vraim5t dplaisante4 ,un t]ra9 uni et solide convi5t mieux1 avec des murailles sans surprises1 aux jeux de la discussion4 ,mais ils tai5t pris entre leur foi ?ologique et leur scepticisme moral2 de l ces pans de tapiss]ie qui s'ouvr5t p\r p]mettre au conspirateur de dpi/] les alguazils aussi bi5 que les famili]s2 c> ils fur5t t\j\rs un peu traits comme les ennemis du g5re huma93 l',inquisition d',espagne inquitait ,escob> p\r la svrit de sa doctr9e cep5dant que ,pascal le baf\ait p\r son rel*em5t4 ,pascal le savait3 et cela pr\ve bi5 que son fameux mot1 vrit en de--erreur au del1 reprs5te1 non pas la con/atation d'un philosophe1 mais la pla9te d'un *rti54 ,pascal e/ d'avis qu'on ne doit jamais m5tir2 ,arnauld1 qui le f\rnissait de citations tronques1 tait tutiori/e1 s9on l'inv5teur du mot et de la doctr9e4 ,les casui/es de la ,compagnie1 plus dlis1 d'esprit s\riant1 ne p\vai5t cons5tir rpt] t]nellem5t aux hommes3 le m5songe e/ t\j\rs un p*4 ,df5dre t\j\rs le m5songe1 cela quivalait1 selon leur ju/ice +nieuse1 damn] t\te l'humanit1 puisque les socits huma9es ne sont possibles que p> le m5songe1 puisque1 p\r t\t dire1 le m5songe e/ le gr& li5 social#ai4 #ai ,voir sur le rle du m5songe le *apitre intitul les ,femmes et le langage1 dans la deuxime p>tie du prs5t ouvrage4 ,je crois qu'il ne faut pas recul] devant le mot4 ,p\rquoi quivoqu] comme sa9t ,augu/9 et di/+u] entre m5tir et ca*] la vrit8 ,il e/ vrai que cette di/9ction1 si elle e/ mauvaise v]balem5t1 e/ ju/e moralem5t4 ,il y a bi5 des sortes de m5songes4 ,il y a surt\t ceux qui sont innoc5ts et ceux qui poign>d5t4 ,mose n'en df5d qu'un1 le faux tmoignage4 ,le ,p4 de ,condr51 un oratori5 qui ne passait pas p\r un ami de la morale facile1 a tabli trs dignem5t ce qu'on p\rrait appel] le droit au m5songe4 ,il use1 comme sa9t ,augu/91 de deux t]mes1 mais *oisis avec f9esse3 ,t\te la difficult vi5t de ce qu'on confond le m5songe avec la fiction1 de ce qu'on compr5d s\s le nom de ce p* odieux t\tes les app>5ces qui se peuv5t donn] lgitimem5t sans viol] ni la ju/ice1 ni la *>it1 ni la simplicit1 ni aucune autre v]tu4 ,a cette objection que nos p>oles sont les signes naturels de nos p5ses2 et que1 p> consqu5t1 c'e/ un p* contre nature1 qu& elles ne sont pas con=mes1 il rpond que les p>oles sont signes libres et volontaires de nos int5tions plutt que de nos p5ses444 ,l'homme a droit et mme obligation de df5dre son honneur et ses bi5s1 et t\t ce qui app>ti5t au pro*a91 de ses p>oles aussi bi5 que de ses ma9s#bj4 ,cette di/9ction entre le m5songe et la fiction1 si +nieuse 7comme le rem>que le ,p4 ,daniel71 les ,jsuites ne sembl5t pas l'avoir gte4 ,ils admett5t que dguis] la vrit e/ t\j\rs un m5songe1 et leur art n'int]vi5t que p\r compos] des =mules qui p]mett5t la fois de ne pas m5tir et de ne pas dire la vrit4 ,en cela1 il faut l'av\]1 leur art e/ misrable4 ,sans d\te1 ,pascal1 sur ce po9t comme sur t\s les autres1 a exagr et mme dnatur la p5se des casui/es4 ,san*ez dit quelque "p3 ,ce n'e/ pas m5tir que d'us] de t]mes ambigus en les faisant ent5dre en un autre s5s qu'on ne les ent5d soi-mme4 ,et il aj\te3 ,il n'y a pas l m5songe proprem5t dit1 mais l'usage de ces t]mes n'en doit pas mo9s tre df5du1 mo9s qu'il n'y ait une cause lgitime qui n\s donne droit d'en us]4 ,je veux ma9t5ant1 dit le ,jsuite1 v\s p>l] des facilits que n\s avons apportes p\r faire vit] les p*s dans les conv]sations et dans les intrigues du monde4 ,une *ose des plus emb>rassantes qui s'y tr\ve e/ d'vit] le m5songe1 et surt\t qu& on v\drait bi5 faire accroire une *ose fausse4 ,c'e/ quoi s]t admirablem5t notre doctr9e des quivoques p> laquelle il e/ p]mis d'us] de t]mes ambigus1 en les faisant ent5dre en un autre s5s qu'on ne les ent5d soi-mme1 comme dit ,san*ez#ba4 ,on voit combi5 il e/ dang]eux d'all] *]*] dans les ,prov9ciales des argum5ts contre les casui/es4 ,le plan de cette lettre1 p>ticulirem5t calomnieuse1 fut f\rni ,pascal p> ,nicole4 ,la polmique anti-clricale vit depuis deux sicles et demi sur quelques citations quivoques p> quoi ,pascal raille l'quivoque4 ,c'e/ un des plus curieux exemples de tromp]ie qui soi5t au monde4 ,il semble p\rtant que les ,jansni/es aurai5t pu demeur] dans l'exactitude sans risques p\r leur cause1 c> c'e/ un po9t o les ,jsuites sont extrmem5t faibles1 et mme ridicules4 ,cep5dant que l'on exam9e telle =mule d',emmanuel ,sa3 ,t\te p]sonne qui n'e/ pas int]roge lgitimem5t peut rpondre qu'elle ne sait ri5 de ce qu'on lui dem&e1 en s\s-ent5dant de faon qu'elle soit oblige de le dire4 ,le moy5 e/ mdiocre comme sauveg>de de la lib]t2 mais il n'e/ pas mon/rueux4 ,il e/ vrai que les pamphltaires supprim5t dans la proposition le n'e/ pas int]rog lgitimem5t4 ,et a9si de mme en t\tes les propositions analogues4 ,si ,ca/ro ,palao comm5ce p> ces mots une diss]tation sur l'quivoque3 ,t\tes les fois qu'il se prs5te un ju/e sujet de dguis] la vrit4441 on biffe cette prmotion1 et la suite semble le prambule d'un code de b&its4 #bj ,cit p> le ,p4 ,,daniel4 ,rponse aux ,lettres ,prov9ciales de ,l4 de ,montalte1 ou ,entreti5s de ,cl&re et d',eudoxe4 ,a ,bruxelles1 #afig1 pages #cga-cgc4 #ba ,,daniel1 op4 cit41 pages #bgg-hj4 ,il re/e que les hommes sont imbciles et qu'il ne faut po9t leur p>l] nuances et subtilits4 ,l'affirmation grossire1 voil ce qui convi5t au peuple1--et p> peuple1 comme disait ,mme de ,lamb]t1 j'ent5ds t\t ce qui p5se bassem5t et communm5t4 ,t\s ceux qui1 rpugnant admettre la lgitimit pure et simple du m5songe1 se tr\v]ont dans le cas d'expliqu] que t\te vrit n'e/ pas bonne dire1 tomb]ont dans les maladresses o les ,jsuites ont trbu*4 ,a *aque in/ant1 dans la vie1 et non pas seulem5t p\r le m5songe1 on se tr\ve pris entre ,tu ne dois pas444 et ,il faut4444 ,que l'on appelle cela cas de consci5ce ou conflit moral1 peu importe2 mais une solution e/ ncessaire1 puisque l'action e/ ncessaire4 ,on se voit donc oblig1 qu& on a pos une morale trop svre1 de la ru9] peu peu p> des complaisances1 p\r p]mettre le jeu1 de plus en plus complexe1 de la vie4 ,les ,jsuites1 sans s'en d\t]1 travaillr5t contre la morale *rti5ne dans le mme s5s que les potes1 les conteurs1 les philosophes et les savants4 ,mais leur malheur1 et la cause du mpris qu'ils ont subi1 e/ qu'ils le fir5t sans fran*ise et p>fois sans dignit4 ,ils ont rong comme des rats le vaisseau qui les portait2 croyant le r5dre plus lg] et plus habile va9cre les c\rants1 ils l'ont cribl de tr\s p> o e/ mont le b\illonnem5t de la m]4 ,a =ce de f9esse1 de logique1 de bon v\loir1 ils ont t in9tellig5ts4 ,on peut les ddaign]1 puisqu'ils ne sont plus bons ri51 puisqu'ils sont r5trs dans le rang1 mais non les maudire4 ,qu& le vaisseau de la vieille morale *rti5ne sombr]a t\t fait1 qu'une voix s'lve p\r dire la litanie des ,sa1 des ,su>ez1 des ,escob>1 p\r nomm] ces dmolisseurs /upides et pati5ts qui ont travaill p5dant des sicles prp>] le naufrage de la nef de sa9t ,pi]re4 ,calv9 v\lait les tu] ou1 si cela ne se peut commodm5t faire1 aj\te-t-il navem5t1 les cras] s\s le m5songe et la calomnie3 ,jesuite v]o1 qui se maxime nobis opponunt1 aut nec&i1 aut1 si hoc commodo fi]i non pote/1 ejici5di1 aut c]te m5daciis et calumniis opprim5di sunt4 ,voil une ha9e que je ne compr5ds gure1 mo9s qu'on n'y mle ,calv9 lui-mme et t\s les fanatiques1 et peut-tre t\s les croyants2 mais cela s]ait l'humanit entire1 c> combi5 y a-t-il d'hommes libres8 ,le po9t de vue e/ donc dte/able4 ,ce n'e/ pas sur leurs croyances qu'il faut jug] les hommes1 ni sur leur manire d'int]prt] dogmatiquem5t la morale4 ,il y a d'autres contacts p\r la s5sibilit2 l'esprit a d'autres ant5nes4 ,,xiv ,,br,,ve ,,conclusion4--,c'e/ bi5 mo9s avec l'esprit sci5tifique qu'avec l'esprit prote/ant et rationali/e que les ,jsuites fur5t en dsaccord4 ,ils reprs5tr5t1 en somme1 la p>tie la plus sa9e et la plus acceptable du *ri/ianisme1 celle qui t*ait d'accommod] des pr9cipes de/ructeurs aux ncessits de la vie4 ,avec eux on put s'ent5dre sup]ficiellem5t1 sur presque t\t2 avec le *rti5 pur1 l'entre en conv]sation tait pe9e possible4 ,tant qu'il eut beso9 de cet int]mdiaire1 ils fur5t dans le sicle quelque *ose comme le mdiateur pla/ique de la vieille philosophie3 dans ce rle1 dev5u inutile1 les ,jsuites r5dir5t des s]vices que l'on ne doit pas oubli] la civilisation1 la lib]t des murs4 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,n\velles ,,dissociations ,d',,id,,es ,,la ,,gloire ,,et ,l',,id,e ,d',,immortalit ,i ,l'ide de gloire n'e/ pas des plus difficiles rs\dre4 ,on la peut id5tifi] avec l'ide gnrale d'immortalit1 dont elle n'e/ qu'une des =mes secondaires1 et des plus naves2 elle n'en diffre que p> la sub/itution de la vanit l'orgueil4 ,l1 n\s avons l'ide de dure =tifie p> l'orgueil d'un tre qui se croit une importance immortelle1 mais cons5t j\ir sans fracas d'une pr5nit absolue2 ici1 la vanit1 remplaant l'orgueil1 c>te l'ide d'absolu1 ou1 se dcl>ant incapable de l'atte9dre1 s'accro*e un dsir1 d't]nit sans d\te1 mais d't]nit objective1 s5sible autrui1 d't]nit un peu de p>ade et qui p]d en bruit rp&u p> le monde ce que l'immortalit absolue gagne en pr(ondeur et en orgueilleuse humilit4 ,les mots ab/raits df9iss5t mal une ide ab/raite2 il vaut mieux s'en rapport] l'op9ion commune4 ,la gloire1 on sait ce que c'e/2 la gloire littraire1 t\t criva9 se l'imag9e4 ,ri5 de plus clair que ces sortes d'illusions2 ri5 de plus clair que le dsir ou que l'am\r4 ,les df9itions1 o les dictionnaires seuls sont obligs1 conti5n5t de ralit ce que conti5t de vie obscure et gr\illante un filet relev mal propos de la m] o il att5dait sa proie2 des v>e*s s'y tord5t et de grles btes y meuv5t leurs pattes translucides1 et voici t\tes sortes d'hlices ou de valves qu'une s5sibilit mcanique ti5t =closes1 mais la ralit1 qui tait un gros poisson1 a1 d'un c\p de queue1 pass p>-dessus bord4 ,en gnral1 les phrases nettes et claires n'ont aucun s5s1 ce sont des ge/es affirmatifs qui suggr5t l'obissance1 et voil t\t4 ,l'esprit huma9 e/ si complexe et les *oses sont si en*evtres les unes dans les autres que1 p\r expliqu] un br9 de paille1 il faudrait dmont] t\t l'univ]s2 et il n'e/ dans aucune langue aucun mot de race sur lequel une intellig5ce lucide ne puisse btir un trait de psy*ologie1 une hi/oire du monde1 un roman1 un pome1 un drame1 selon les j\rs et la qualit de la temprature4 ,la df9ition1 c'e/ le sac de f>9e comprime et qui ti5t dans un d4 ,que p\vons-n\s faire de cela1 si n\s n'explorons pas les m]s ant>ctiques8 ,il e/ plus propos de pass] au microscope une p9ce de f>9e et d'y *]*] avec pati5ce p>mi le son le vivant amyle4 ,dans les rsidus laisss p> l'analyse de l'ide d'immortalit1 on tr\v]a l'ide de gloire l'tat brillant de paillette4 ,l'homme se croit encore la d]nire uvre de la =ce cratrice4 ,d>w91 corroborant la ,bible1 n'a fait qu'au sixime j\r sortir des limbes le c\ple huma94 ,et les savants les plus qualifis en sont l1 et cela p]met ces crits d\teux o l'on clbre les quivoques accordailles de la ,sci5ce et de la ,foi4 ,mais le d>w9isme va s'van\ir devant des notions plus prcises4 ,dema9 n\s ne s]ons plus t5us de croire que la gnitrice du monde1 ayant organis sans ides morales les espces infrieures1 inv5ta l'homme p\r dpos] dans son c]veau un pr9cipe dont elle s'tait =t bi5 passe elle-mme au c\rs de ses travaux prp>atoires4 ,si l'homme n'e/ plus la d]nire v5ue des cratures1 si l'homme e/ un animal =t anci5 dans l'hi/oire de la vie1 si la fleur de l'arbre vital e/1 non pas ,adam1 mais la ,colombe1 t\te la mtaphysique de la morale va cr\l]4 ,quoi1 aprs ce *ef-d'uvre1 l',homme1 ,il 7ou ,elle1 selon le mot nul que l'on suppose7 s'e/ abaiss faire l'oiseau6 ,quoi1 la grue aprs l'anctre d',abraham6 ,cela e/ a9si4 ,les travaux de ,m4 ,qu9ton#bb ne vont plus p]mettre d'en d\t]4 ,il devi5t c]ta9 que l'intellig5ce huma9e1 lo9 d'tre le b de la cration1 n'en e/ qu'un accid5t1 et que les ides morales ne sont que des vgtations p>asites nes d'un excs de nutrition4 ,les phnomnes intellig5ce1 consci5ce morale1 et t\s les titres de noblesse numrs dans le p>*em91 aurai5t pu1 sans d\te1 app>atre *ez n'importe quelle autre espce2 les oiseaux1 dont l'volution n'e/ pas f9ie1 n'en s]ont peut-tre pas exempts4 ,leur sy/me artriel e/ bi5 suprieur celui de l'homme1 plus simple et plus solide2 ils peuv5t mang] sans s'int]rompre de respir]2 ils vol5t1 ils p>l5t1 ils peuv5t rcit] les ,droits de l'homme ou le ,symbole de ,nice1 ex]cices suprmes de bi5 des hommes4 ,l'oiseau1 roi *ronologique de la cration1 e/ demeur jusqu'ici1 et malgr ses p]fectionnem5ts1 un animal2 la srie des oiseaux ne semble pas1 p\r l'intellig5ce1 suprieure la srie des mammifres1 o l'homme figure titre d'inexplicable exception4 ,on ne p\rrait donc considr] l'intellig5ce comme une f9alit que si *acune des espces animales tait rig\reusem5t dt]m9e et fixe4 ,c'e/ l'op9ion1 au mo9s provisoire1 de ,m4 ,qu9ton4 ,les espces1 depuis qu'elles sont espces1 depuis que les individus qui la compos5t se reproduis5t en des tres id5tiques eux-mmes1 les espces1 telles que df9ies1 p> ces syllabes1 espce1 peuv5t disp>atre2 elles ne peuv5t plus se modifi]4 ,l'homme a trs c]ta9em5t pass p> des tats div]s o il n'tait pas un homme2 mais du j\r o l'homme a produit un homme1 l'humanit tait immuable4 ,il e/ donc possible que l'intellig5ce huma9e1 au lieu d'tre un accid5t1 une drogation1 ait t dt]m9e1 ds l'orig9e1 comme la ma9 huma9e1 comme les pi$s huma9s1 comme les *eveux huma9s4 ,elle aurait donc1 dans l'univ]s1 un rle normal et logique1 et son excs mme1 le gnie1 ne s]ait plus qu'une exubrance de =ce4 ,mais il re/]ait expliqu] la /upidit de l'oiseau2 s]ait-ce le tmoignage de la dgnresc5ce intellectuelle des =ces cratrices8 ,l'op9ion la plus probable e/ que l'intellig5ce e/ une excroissance comme la galle du *ne2 quel e/ l'insecte qui n\s a fait cette piqre8 ,n\s ne le saurons jamais4 #bb ,communication l',acadmie des ,sci5ces1 #ac avril #ahif1 c]tifie et prcise p> des travaux ultrieurs que ,m4 ,qu9ton m'a expliqus4 ,sans app>eil sci5tifique1 voici1 d'aprs de prcieuses conv]sations1 quel s]ait l'ordre gnral d'app>ition des animaux1 p>tir des poissons1 en ne t5ant compte que de celles qui sont encore reprs5tes3 ,i4 ,poissons ,,iv4 ,mammifres ,v4 ,oiseaux ,,ii4 ,batraci5s ,,iii4 ,reptiles a4 ,monotrmes b4 ,m>supiaux c4 d5ts d4 ,rongeurs e4 ,insectivores f4 444 g4 444 444 x4 ,primates3 7,lmures1 ,s+es1 ,hommes47 y4 ,c>nivores3 7d]ni]s v5us3 ,r5>d ,bleu1 ,ours blanc47 z4 ,rum9ants3 7d]ni] v5u3 ,r5ne47 ,les rapports de cette li/e avec une "q quelconque de philosophie gnrale sont vid5ts p\r qui sait associ] les ides4 ,voltaire en et tressailli de joie4 ,d'autre "p1 je ti5s l'honneur d'avoir t le premi] annonc] au gr& public ces vues n\velles de la sci5ce1 qui auront logiquem5t une magnifique fcondit de consqu5ces4 ,antrieurem5t1 j'y ai fait une allusion mo9s prcise1 notamm5t dans la ,wi5] ,runds*au du #a;er mai #ahii4 ,que l'intellig5ce soit1 comme le croyait ,ta9e1 un produit normal du c]veau1 ou qu'elle soit une maladie1 cela importe peu1 d'autant plus qu'une t>e qui se transmet telle quelle de gnration en gnration f9it p> p]dre ses c>actres pa?ologiques2 elle fait p>tie intgrale et normale de l'organisme#bc4 ,cep5dant son orig9e accid5telle se tr\ve corrobore p> ceci3 excell5t in/rum5t p\r les comb9aisons apriori/es1 l'intellig5ce e/1 spcialem5t dirait-on1 inapte p]cevoir les ralits4 ,c'e/ cette infirmit que sont dues les mtaphysiques1 les religions et les morales4 ,comme le monde extrieur ne peut arriv] la consci5ce qu'en p\sant avec scrupule t\s les replis de la po*e et t\s ses dt\rs1 il arrive qu'en croyant avoir une image du monde n\s n'avons qu'une image de n\s-mmes4 ,c]ta9s r$ressem5ts sont possibles2 l'analyse des phnomnes de la vision n\s a fait admettre cela2 p> la comp>aison de nos s5sations et de nos ides avec ce que n\s p\vons compr5dre des s5sations et des ides d'autrui1 on arrive dt]m9] des moy5nes probables3 mais surt\t des moy5nes ngatives4 ,on dress]ait plus facilem5t une li/e des non-vrits qu'une li/e des vrits4 ,affirm] que telle religion e/ fausse ne dnote plus une gr&e h>diesse d'esprit ni mme beauc\p d'esprit2 la vracit d'aucune religion n'e/ plus un sujet de controv]se que p\r les diffr5ts cl]gs europens dont c'e/ le gagne-pa9 ou p\r ces rationali/es att>ds qui guett5t t\j\rs1 comme leur matre ,kant1 l'heure propice et lucrative des conv]sions opportunes4 ,mais la "q nave de ces esprits qui ont horreur du vide1 comme la nature du ,x,v,i,ie sicle3 ,p> quoi remplacez-v\s cela8 ,nul ne peut rpondre4 ,il suffit1 et c'e/ assez beau1 d'avoir transmu en non-vrit1 une vrit4 ,le mti] suprieur de la critique1 ce n'e/ pas mme1 comme le proclamait ,pi]re ,bayle1 de sem] des d\tes2 il faut all] plus lo91 il faut dtruire1 il faut inc5di]4 ,l'intellig5ce e/ un in/rum5t excell5t de ngation2 il e/ temps de l'utilis]1 et de cess] de v\loir lev] des palais avec des pio*es et des tor*es4 #bc ,on peut a9si concevoir l'intellig5ce comme une =me initiale de l'in/9ct4 ,l'intellig5ce huma9e s]ait de/9e se cri/allis] en in/9ct1 comme cela e/ adv5u p\r l'intellig5ce des autres espces animales4 ,la consci5ce disp>atrait1 laissant t\te lib]t l'acte inconsci5t ncessairem5t p>fait dans les limites de sa f94 ,l'homme consci5t e/ un coli] qui se rvl]a matre le j\r o il s]a dev5u une ma*9e dlicate1 mais sre1 comme le ca/or1 comme l'abeille4 ,l'hi/oire de l'ide d'immortalit e/ un bon exemple de notre impuissance congnitale p]cevoir les ralits autrem5t que r=mes et retravailles p> l'ent5dem5t4 ,l'ide d'immortalit e/ ne de la croyance au d\ble4 ,p5dant le sommeil1 et alors que le corps e/ in]te1 il y a une p>tie de l'homme qui se meut1 qui voyage1 qui combat1 qui mange1 j\it ou s\ffre1 ex]ce t\s les phnomnes de la vie2 cette p>tie de l'homme1 ce d\ble de l'homme1 ce corps a/ral1 survit la dcomposition du corps matriel dont il cons]ve les usages et les beso9s4 ,telle e/ sans d\te l'orig9e de la croyance ce que n\s appelons1 depuis l'hellnisme1 l'immortalit de l'me2 un /ade plus anci51 la religion gypti5ne e/ base sur la ?orie du d\ble3 c'e/ p\r les d\bles et non p\r les mes qu'on dispose des n\rritures relles1 et plus t>d symboliques1 dans les tombeaux4 ,mais la religion gypti5ne e/ dj sur*>ge de l'ide de ju/ice1 d'quilibre2 on pse les d\bles dans les balances du bi5 et du mal2 la mtaphysique de la morale a obscurci l'ide primitive d'immortalit1 qui n'e/ autre *ose que l'ide pure de dure indf9ie4 ,p\r les ?ologi5s1 p\r les philosophes1 s'il y en a encore pr(ess] ces honntes doctr9es1 p\r le commun des hommes1 l'ide d'immortalit ou de vie future e/ intimem5t lie l'ide de ju/ice4 ,le bonheur t]nel e/ une comp5sation accorde aux d\leurs huma9es2 il y a aussi1 mais alors p\r les seuls ?ologi5s1 de p]sonnels supplices1 p> quoi sont punis les manquem5ts aux ordres des prtres2 et ces t\rm5ts sont encore p\r les bons un surcrot de rcomp5se et une g>antie contre la promiscuit4 ,il y a l une slection ari/ocratique1 mais base sur l'ide de bon et de mauvais1 au lieu de l'tre sur l'ide de =ce et de faiblesse4 ,ces tranges r5v]sem5ts des valeurs mettai5t ,nietzs*e =t en colre2 il faut les accept] au mo9s comme des consqu5ces transitoires de la s5sibilit de l'homme civilis4 ,l'homme primitif1 dont les n]fs vibr5t peu et dont l'intellig5ce e/ passive1 ress5t la s\ffrance1 quoique amortie1 mais ne ress5t pas l'inju/ice1 qui e/ s\ffrance morale4 ,p\r retr\v] un p>eil tat1 il faut fran*ir les rgions moy5nes et int]rog] un ,g!1 un ,ta9e ou un ,nietzs*e1 les hommes *ez qui l'intellig5ce a enf9 va9cu1 p> son excs mme1 et rep\ss les supplications de la piti et les t5tations s5tim5tales de la ju/ice4 ,si l'ide d'immortalit tait ne dans une intellig5ce suprieure1 elle n'aurait diffr que p> plus de logique1 des conceptions brutales de l'humanit primitive4 ,m4 ,m>illi] a recueilli et coordonn t\t ce qui1 dans les croyances des non-civiliss1 t\*e la survivance de l'me#bd2 il rsulte de l'ensemble des faits que l'ide de ju/ice n'a aucunem5t coopr la conception de l'ide d'immortalit4 ,il y eut peu de dc\v]tes plus importantes p\r l'hi/oire des croyances huma9es4 ,l'ide d'immortalit fut d'abord1 comme ose le dire ,m4 ,m>illi]1 une ide purem5t sci5tifique2 elle e/ le grossissem5t et le prolongem5t d'un fait1 mal obs]v1 mais d'un fait4 ,la vie future e/ la suite de la vie prs5te1 et elle comporte les mmes usages1 les mmes plaisirs1 les mmes dboires4 ,ce monde a1 lui aussi1 un d\ble3 l'autre monde4 ,les m*ants et les bons1 les =ts et les faibles y cont9u5t leur tat4 ,p>fois la vie1 sans que ses lm5ts *ang5t de relation1 y e/ plus clm5te2 p>fois dans les mmes conditions1 pire4 ,si la vie future e/ considre comme meilleure ou comme pire1 elle e/ la mme p\r t\s4 ,meilleure1 c'e/ l'galit p>faite dans les j\issances mdiocres qui sont l'idal moy5 aussi bi5 du civilis que du sauvage4 ,les tribus de la ,n\velle-,gu9e1 anmies p> la faim1 rv5t de mang] du sag\ discrtion p5dant t\te l't]nit4 ,comme on p\rrait dc\vrir1 mme dans ce p>adis galitaire1 une assez vague ide de comp5sation1 donc de ju/ice1 il faut all] plus lo91 ,java1 o le p>adis1 sans d\te cause d'un excessif page1 n'tait accessible qu'aux ri*es2 *ez ces rsigns1 o seuls les rois1 les prtres et les nobles tai5t sauvs2 ,borno1 o l'au-del1 divis en sept c]cles1 correspondait aux sept divisions de la hir>*ie sociale4 ,en un autre co9 de la gr&e le1 t\te p]sonne qu'un homme tue en ce monde devi5t son esclave dans l'autre4 ,voil un p>adis nettem5t bas sur l'ide de =ce et une croyance qui se rit un peu de l'impratif catgorique4 ,non seulem5t le faible n'e/ pas comp5s1 mais sa faiblesse et sa s\ffrance peuv5t1 p> le caprice du =t1 tre portes l'inf9i2 le tueur s'e/ acquis un pr(il immortel4 ,des socits o il y a de la posie1 de l'art1 des rires1 de l'am\r1 viv5t encore avec une telle morale2 on peut en tre contri/1 on n'en e/ pas surpris1 c> il e/ vid5t que voici contre les trang]s un t]rible lm5t de rsi/ance4 ,cela a ses inconvni5ts3 de temps en temps1 ,borno1 une tr\pe de jeunes ,dayaks1 qui n'ont pas encore tu1 se prcipite dans une ville et tue2 ayant a9si gagn la vie t]nelle et un esclave1 ils se ti5n5t plus tranquilles4 ,*ez les ,%ans1 ext]m9 p> un lphant1 on e/ priv de p>adis2 mang p> un tigre1 on devi5t tigre2 les femmes mortes en c\*e devi5n5t des lamies et hant5t les tombes1 pi$s ret\rns1 talons en avant4 ,aux ,m>iannes1 il y a un p>adis et un enf]2 la mort viol5te conduit en enf]1 la mort naturelle conduit en p>adis3 ces peuples tai5t de t\te t]nit v\s l'esclavage4 ,en une autre rgion de l',ocanie1 le sort de l'me e/ j\ p> la famille du dfunt pair ou impair3 impair1 c'e/ l'anantissem5t2 pair1 le bonheur t]nel4 ,a ,tahiti1 les mes aveugles s'en vont au has>d1 sortant des corps1 v]s une pla9e o il y a deux pi]res3 l'une1 si on la t\*e d'abord1 donne la vie immortelle1 l'autre l't]nelle mort4 ,ceci e/ une absurdit presque sublime2 c'e/ gr&iose et t]rible a9si que la prde/9ation4 ,sa9t ,augu/9 la plaait dans la nuit d'avant la naissance2 les ,tahiti5s la situai5t dans les tnbres d'aprs la mort4 ,le prote/antisme1 auquel ces pauvres g5s se sont adonns depuis1 ne les a pas beauc\p *angs de croyances2 en gnral1 le plus gr& ef=t d'un novateur religieux ou philosophe e/ de mettre1 et rciproquem5t1 la f9 ce qui se tr\vait au comm5cem5t4 #bd ,la ,survivance de l'me et l'ide de ju/ice *ez les peuples non civiliss1 ,p>is1 ,l]\x1 #ahid4 ,en s'agrgeant l'ide d'immortalit1 l'ide de ju/ice en a donc s+ulirem5t tr\bl le c>actre orig9el2 elle a mme contam9 l'ide d'immortalit t]re/re1 l'ide de gloire4 ,,ii ,comm5t la gloire1 d'abord rs]ve aux rois et aux gu]ri]s *ants p> les potes1 a-t-elle f9i p> tre attribue aux potes plus encore qu'aux hros de leurs pomes1 c'e/ un fait de civilisation dont l'orig9e exacte n'aurait pas beauc\p d'intrt4 ,il s]ait plus curieux d'appr5dre p> suite de quelle modification dans les murs ou de quel agr&issem5t de l'gsme et de la vanit1 l'ide de pr5nit du nom et de l'uvre v9t s'adjo9dre l'ide complique de ju/ice4 ,un dramaturge a?ni51 si son uvre tait baf\e p> le peuple1 quelle poque de la civilisation grecque eut-il l'audace d'en appel] la po/rit8 ,connat-on de trs anci5s textes o se lis5t de p>eilles rcrim9ations8 ,la s5sibilit s'e/ tellem5t accrue qu'il n'e/ plus cette heure de pot]eau ddaign qui ne songe la ju/ice des gnrations futures2 l'exegi monum5tum d',horace et de ,malh]be s'e/ dmocratis1 mais comm5t croire que la vanit des auteurs ait eu un comm5cem5t8 ,il faut l'admettre cep5dant1 p\r se t5ir dans la logique des dveloppem5ts successifs du c>actre huma94 ,la gloire littraire ne fut d'abord que le s5tim5t de la dure future de la rputation prs5te2 s5tim5t lgitime et qui concorde assez bi5 avec les faits1 c> les d*ances absolues sont presque aussi r>es que les rhabilitations solides4 ,a ce mom5t1 c'e/ une probabilit sci5tifique4 ,es*yle croit que la relation qui exi/e de son vivant entre les ,suppliantes et l'op9ion publique se ma9ti5dra quival5te au c\rs des ges4 ,es*yle a raison2 mais non1 s'il fait le mme rve p\r les ,danades et les gypti5s4 ,cep5dant ,prat9as se voit dans l'av5ir l'un des rivaux d',es*yle1 et ,prat9as n'e/ plus qu'un mot1 pe9e un nom4 ,l'ide de gloire1 mme en sa =me la plus anci5ne et la plus lgitime1 conti5drait donc l'ide de ju/ice au mo9s p> prtrition1 puisque sa non-ralisation n\s suggre l'ide d'inju/ice4 ,mais il ne faut pas faire raisonn] d'aprs notre s5sibilit des hommes d'une civilisation aussi anci5ne4 ,prat9as se ft peut-tre s\mis au de/93 il et peut-tre qualifi de fait pur et simple ce que n\s n\s plaisons nomm] inju/ice4 ,l'ide de ju/ice tant s\mise aux v>iations de la s5sibilit1 e/ des plus in/ables4 ,la plup>t des faits que n\s rangeons auj\rd'hui dans la catgorie de l'inju/ice1 les ,grecs la laissai5t dans la catgorie du de/92 d'autres1 que n\s jetons dans la fosse s\s le nom de malheurs ou de fatalit1 ils s'+niai5t y tr\v] des remdes4 ,en pr9cipe1 qu& un peuple rtrcit la catgorie de/9e au pr(it de la catgorie inju/ice1 c'e/ qu'il comm5ce s'av\] sa propre dcad5ce3 l'extrme tat de s5sibilit l'inju/ice se traduit p> le billon du ,za9a1 qui ne respire qu' trav]s un voile p\r ne dtruire aucune vie#be4 tat de dgradation intellectuelle v]s lequel m>*e aussi l'humanit europenne1 o les vgt>i5s my/iques fur5t les prcurseurs des sociali/es s5tim5taux4 ,n'avons-n\s pas dj les frres infrieurs et n'ent5dons-n\s pas l\] les ma*9es qui p>gn5t aux animaux d'ex]c] leurs muscles8 ,pleur] sur l'esclave1 qui t\rne la r\e1 ou sur le pote qui *ante dans le ds]t1 signe de dpravation3 c> l'esclave qui t\rne la r\e1 c'e/ qu'il aime la vie plus qu'il ne s\ffre de son labeur1 et le pote qui r\c\le dans un tr\ comme le crapaud1 c'e/ que sa *anson e/ un agrable ex]cice physiologique4 #be ,,b>?1 ,religions de l',inde1 dans l',encyclopdie des ,sci5ces religieuses4 ,les lois physiques1 que des savants promulgur5t ou con/atr5t1 sont des aveux d'ignorance4 ,qu& on ne peut expliqu] un mcanisme1 on affirme que ses m\vem5ts s'opr5t en v]tu d'une loi4 ,les corps tomb5t en v]tu de la loi de la pesanteur2 cela quivaut1 dans le srieux1 la b\ffonne virtus dormitiva4 ,les catgories sont des aveux d'impuissance4 ,jet] un fait dans l'abme de/9 ou dans le tiroir inju/ice1 c'e/ r5onc] l'ex]cice des plus naturelles facults analytiques4 ,les ,lusiades fur5t sauves p>ce que ,camons savait trs bi5 nag]1 et le premi] trait de ,newton sur la lumire et les c\leurs fut p]du p>ce que son petit *i51 ,diamant1 r5v]sa un flambeau4 ,prs5ts a9si1 ces deux vnem5ts ne r5tr5t plus ni dans la catgorie ,provid5ce ni dans la catgorie ,fatalit2 ce sont des faits inqualifiables1 des faits comme il s'en e/ produit des milli]s1 sans que les hommes y ai5t tr\v prtexte l'en?\siasme ou la colre4 ,qu',es*yle ait survcu et que ,prat9as soit mort1 ce sont des av5tures comme il en arrive la gu]re2 il y en a de plus sc&aleuses1 mais ni les unes ni les autres ne se doiv5t jug] d'aprs la notion purile d'une ju/ice di/ributive4 ,si la ju/ice e/ blesse p>ce que ,florus surnage dans le naufrage o prir5t ,v>ius et ,calvus1 c'e/ la ju/ice qui a tort2 ce n'tait po9t l sa place4 ,cep5dant1 comme elle s'e/ agrge l'ide de p>adis1 l'ide de ju/ice e/ dev5ue la p>asite de l'ide de gloire4 ,a l'immortalit que ,tahiti j\ait pile ou face1 on sub/itua jadis1 croyant bi5 faire1 l'immortalit provid5tielle2 mais p\r ce qui e/ de la gloire1 du mo9s1 n\s savons que la ,provid5ce1 si elle ne tire pas au sort le nom des lus1 se dt]m9e p> des motifs peut-tre inav\ables4 ,p\r inju/e que soit l'homme1 p> nature et p> gt1 il e/ mo9s inju/e que le ,dieu qu'il a cr3 a9si des hommes *a/es procrent d'obscnes littratures1 comme le faisait rem>qu] ,ausone1 avec propos2 a9si l'uvre du vritable gnie e/ t\j\rs infrieure au c]veau qui l'enfanta4 ,la civilisation a mis dans la gloire un peu de m?ode1 provisoirem5t4 ,mme dans l'ordre spirituel1 les hommes ont presque t\j\rs t en dsaccord avec les dcisions de leurs dieux4 ,la plup>t des sa9ts d'autrefois fur5t crs p> le peuple malgr les prtres2 au c\rs des sicles1 le catalogue des sa9ts et le catalogue des gr&s hommes se sont diffr5cis1 au po9t de ne plus bi5tt port] un seul nom commun4 ,presque t\s les hommes vnrables de ce sicle1 presque t\s ceux dont l'argile cont5ait des ve9es ou des traces d'or sont des rpr\vs4 ,n\s vivons aux temps de ,prom?e4 ,qu& la ,provid5ce g\v]na seule la t]re1 p5dant l'int]rgne de l'humanit1 elle fit de telles hcatombes que l'intellig5ce manqua de prir4 ,en l'an #iej1 le fils d'un s]f d',aurillac1 le jeune ,g]b]t1 conc5tre en lui presque t\te la tradition europenne2 il e/ lui seul la civilisation4 ,quel mom5t dans l'hi/oire6 ,les hommes1 p> un in/9ct admirable1 en fir5t leur matre3 il fut le pape ,silve/re ,,ii4 ,mort1 on comm5a de btir1 sur cette colonne qui avait s\t5u le monde1 la lg5de qui devait ab\tir au ,fau/ de ,g!4 ,telle e/ la gloire1 que ,g]b]t e/ inconnu4 ,mais il n'e/ pas inconnu comme ,py?agore2 on a pu crire sa vie1 on a cons]v ses crits4 ,si ,g]b]t n'e/ pas un de nos gr&s hommes auj\rd'hui1 il le s]a peut-tre dema92 il a g>d intactes t\tes ses possibilits de rsurrection4 ,c'e/ que1 p\r laiss] de ct l'ide p>adoxale de ,provid5ce1 depuis ,g]b]t1 n\s n'avons presque pas *ang de civilisation4 ,lorsque les ,*rti5s arrivr5t au p\voir1 ils ne cons]vr5t1 outre ce que le has>d p>gna1 que les livres ncessaires l'enseignem5t scolaire4 ,il e/ re/ de l',antiquit ce qui s]ait re/ du ,x,v,i,ie sicle1 si les pr(esseurs de la vieille ,univ]sit1 jo9ts aux ,jsuites et aux ,m9imes1 avai5t eu un droit de vie et de mort sur le livre4 ,aj\tant ,la ,fonta9e au catalogue de ,boileau1 ils brlai5t le re/e4 ,les ,*rti5s brlr5t beauc\p1 malgr leurs prote/ations d'am\r3 et ce qu'ils ne brlr5t pas1 ils l'am5dr5t4 ,c'e/ eux que l'on doit l'image1 presque burlesque1 d'un ,virgile *a/e4 ,l'ina*vem5t au!ntique de l'nide fut un bon prtexte aux c\pures et aux grattages2 les libraires1 *>gs de la besogne1 y fur5t d'ailleurs in9tellig5ts et p>esseux4 ,mais la gr&e cause de la disp>ition de presque t\te la littrature paenne fut plus gnrale4 ,un j\r v9t o on la jugea sans intrt3 ds les premi]s sicles1 son c]cle avait comm5c de se rtrcir4 ,une sa9te ,ccile p\vait-elle se plaire ,gallus8 ,cette dlicieuse et hroque roma9e 7qu'on retr\va au sicle d]ni] c\*e en p\ssire dans sa robe sanglante7 ayant *ang de religion *angea de cur4 ,les femmes cessr5t de lire ,gallus1 et ,gallus a pri presque t\t4 ,dans le livre intressant qu'il rdigea sur ce sujet#bf1 ,m4 ,/apf] n'a pas t5u compte des *angem5ts de civilisation4 ,p\r expliqu] la p]te de tant de livres anci5s1 il n'a song qu'au has>d4 ,le has>d e/ un masque2 et c'e/ prcism5t le devoir de l'hi/ori5 de le s\lev] ou de le d*ir]4 ,du ,v,ie sicle nos j\rs1 il y eut encore une modification p>tielle dans la civilisation1 au ,x,ve sicle4 ,v]s ce temps1 l'anci5ne littrature comm5a de ne plus m\voir beauc\p le public3 les romans1 les miracles1 les contes p>ur5t t\t c\p vieillis2 on cessa de les copi]1 de les rcit]2 on les imprima peu1 un seul manuscrit a cons]v ,aucass9 et ,nicolette1 qui e/ quelque *ose comme le ,daphnis et ,*lo du ,moy5 ,age4 ,des accid5ts p\vant5t le pote et mme le critique1 plus froid1 dont la rigueur e/ logique1 du mom5t que l'on veut bi5 sp>] de l'ide s5tim5tale de ju/ice l'ide1 purem5t hi/orique1 de survivance littraire4 ,jusqu'ici1 et je repr5ds l'allusion au rle cons]vateur de la civilisation mod]ne1 l'imprim]ie a protg les criva9s contre la de/ruction1 mais le rle srieux de l'imprim]ie ne porte encore que sur quatre sicles4 ,cette inv5tion lo9ta9e app>atra un j\r telle que contempora9e la fois de ,rabelais et de ,victor ,hugo4 ,qu& il se s]a c\l entre n\s et un mom5t donn du futur un temps gal celui qui n\s sp>e de la naissance d',es*yle1 dans deux mille trois c5t soixante-qu9ze ans1 quelle influ5ce l'imprim]ie aura-t-elle eue sur la cons]vation des livres8 ,peut-tre aucune4 ,t\t ce qui n'aura pas valu la pe9e d'tre rimprim1 c'e/--dire t\t1 mo9s quelques paves heureuses1 aura disp>u1 et d'autant plus vite que la sub/ance matrielle des uvres e/ dev5ue plus prcaire4 ,la dc\v]te mme d'un papi] inaltrable ne s]ait pas une cause absolue de survie1 cause de la t5tation d'employ] mille autres usages ce papi] trop solide4 ,a9si la valeur du p>*em9 a s\v5t dt]m9 le sacrifice d'un manuscrit2 a9si les objets d'art en or vont ncessairem5t la fonte qu& la mode a *ang4 ,la matire qui cons]v]ait le mieux les livres devrait tre inaltrable1 mais fragile1 un peu cassante1 p\r n'tre bonne ri5 sortie de sa reliure3 une telle dc\v]te ne s]ait-elle pas un flau8 #bf ,des ,rputations littraires4 ,essai de morale et d'hi/oire4 ,premire srie4 ,p>is1 ,ha*ette1 #ahic4 ,p\r l'uvre des quatre d]ni]s sicles et p\r ce qui1 v]s #adej1 re/ait indemne de l'uvre antrieure1 et p\r ce qui s'e/ retr\v depuis en des p\ssires1 l'imprim]ie a t1 jusqu'ici1 un mmorable bi5fait4 ,n\s ne sommes pas obligs d'accept] les op9ions de jadis2 les livres sont l et1 r>es ou communs1 n\s les p\vons dc\vrir et lire4 ,de la gloire et de l'opprobre que ,boileau di/ribua ses contempora9s n\s sommes les juges surpris et clm5ts4 ,m>tial a d%onor des potes qui fur5t peut-tre un ,sa9t-,amant ou un ,scudry2 mais n\s avons s\s les yeux les pices du dossi] des ,satires1 et nul pr(esseur ami des bonnes murs et des t]nels pr9cipes ne peut plus n\s impos] ses mdiocres ha9es4 ,un homme d'esprit a rem>qu que ,boileau traite les criva9s qui lui dplais5t peu prs comme n\s les assass9s avrs ou les suborneurs de petites filles2 mais grce la dure imprvue des livres1 ces vieilles injures ne sont ri5 de plus p\r les juges que la vitupration d'un avocat4 ,j'ai ,sanlecque porte de la ma91 et mme ,cott9 et mme ,coras2 s'ils sont mdiocres1 je ne le dirai que d'aprs ma libre impression p]sonnelle4 ,on a rdig un essai de catalogue des livres p]dus#bg2 le nombre en monte c9q ou six c5ts1 et encore1 p\r atte9dre ce *iffre1 faut-il compt] c]ta9s ouvrages qui ne sont qu'g>s et quelques ditions d'uvres rimprimes plusieurs fois4 ,y avait-il p>mi ces livres p]dus des pages vraim5t dignes de l>mes8 ,cela e/ peu probable1 d'aprs les pitaphes de ces tombes4 ,ce n'tai5t sans d\te ni d'autres ,maximes ni d'autres ,phdres1 ni mme d'autres ,al>ic que3 ,h]mngilde1 tragdie1 p> ,gasp>d ,olivi] 7#afja72 les ,potiques ,trophes1 p> ,jean ,figon de ,montlim>d 7#aeef7 ou le ,c\rtisan am\reux 7#aehb71 ou le ,friant ,dess]t des femmes monda9es 7#afdc74 ,mais qui sait8 ,cep5dant le ,c\pe-,cul des ,mo9es1 ou la ,s]+ue spirituelle inspir5t de mdiocres regrets1 et p>eillem5t les ,e/ranges et esp\vantables ,am\rs d'un diable dguis en g5tilhomme et d'une damoiselle de ,bretagne4 ,une p]te plus vid5te1 c'e/ celle de plusieurs ,almana*s rdigs p> ,rabelais1 mais cela ne va pas encore trs lo94 ,que des doigts trop fivreux ai5t u prmaturm5t les premires ditions de l',a/re1 des ,av5tures du b>on de ,fne/e1 des ,odes de ,rons>d#bh1 cela pr\ve seulem5t le succs immdiat de ces uvres qui ne cessr5t durant plus d'un demi-sicle d'tre en les ma9s de t\s les curieux2 et on en dirait autant des ditions orig9ales des premi]s romans d',alex&re ,dumas1 qui ne peuv5t tre ranges1 en gr&e p>tie1 p>mi les livres p]dus#bi4 ,mais que l'on puisse relev] les inscriptions d'un cimetire1 cela pr\ve du mo9s que les morts qu'elles signal5t eur5t un nom et une gloire1 mme passagre4 ,les vrais livres p]dus sont ceux dont nul ne p\rrait1 auj\rd'hui1 mme s\ponn] le titre4 ,cette p\ssire anonyme ne remplirait pas sans d\te un bi5 gr& ossuaire2 mais avec les manuscrits p]dus on con/ruirait une ncropole4 #bg ,livres p]dus4 ,essai bibliographique sur les livres dev5us intr\vables1 p> ,philomne/e ,junior2 ,bruxelles1 #ahhb4 #bh ,l'dition de #aeej cont5ant les ,odes et le ,bocage s'e/ retr\ve en #ahhb1 la v5te ,p4 ,g4 ,p41 o1 malgr sa r>et1 elle ne fut v5due que c5t francs4 #bi ,ces ditions de cab9et de lecture1 tires trois c5ts exemplaires1 et mo9s1 se sont ncessairem5t ues en proportion de leur succs4 ,il n'e/ pas probable que de la littrature franaise du ,moy5 ,age beauc\p plus de la c5time p>tie ait survcu aux *angem5ts de la mode4 ,presque t\t le ?tre a disp>u4 ,le nombre des auteurs devait tre imm5se en un temps o l'criva9 tait son propre diteur1 le pote son propre rcitateur1 le dramaturge son propre acteur4 ,en un c]ta9 s5s1 l'imprim]ie fut un ob/acle aux lettres2 elle oprait une slection et jetait le mpris sur les crits qui n'avai5t pu p>v5ir pass] s\s la presse4 ,cette situation dure encore1 mais attnue p> le bas prix de la typographie mcanique4 ,l'inv5tion dont on n\s m5ace1 d'un app>eil imprim] *ez soi1 multipli]ait p> trois ou quatre le nombre des livres n\veaux2 et n\s retr\v]ions les conditions du ,moy5 ,age3 t\s ceux qui ont quelques lettres--et d'autres1 comme ma9t5ant--os]ai5t la petite lucubration qu'on glisse ses amis avant de l'(frir au public4 ,t\t progrs f9it p> se ni] lui-mme2 arriv son maximum d'expansion1 il t5d rtablir l'tat primitif auquel il s'tait sub/itu4 ,le *angem5t de civilisation1 de l'antiquit au ,moy5 ,age1 fut intellectuel et de s5tim5t plutt que matriel4 ,les mmes mti]s se prolong5t dans les mmes conditions primitives2 la libraire au temps de ,rutebeuf e/ celle qui v5dait1 t\tes fra*es et vives1 les odes d',horace4 ,aux deux poques1 qui sont p>eillem5t des poques de plnitude1 la littrature fut p>eillem5t abondante4 ,il n'en re/e peu prs ri54 ,t\te la posie lat9e1 d',ennius ,sido9e ,apoll9aire1 ti5t en deux volumes 9-folio#cj1 mais presque t\t le second tome e/ donn aux potes *rti5s4 ,les ,grecs n'ont pas t mo9s maltraits4 ,anto9e avait fait cadeau ,cloptre de la biblio?que de ,p]game1 qui se composait de deux c5t mille ouvrages grecs un seul exemplaire3 la littrature grecque1 dans l'dition ,didot1 ti5t en soixante et un volumes2 on y aj\t]a1 sans beauc\p grossir le nombre des feuillets1 tel trait d',ari/ote1 ,hrondas1 ,bac*ylide4 ,il en fut de la littrature comme d'une arme dcime2 on ent]ra les morts et les survivants sont des hros4 ,on peut jug] de la valeur absolue1 mais non de la valeur relative de ce qui re/e3 ici1 n\s retr\vons ,prat9as2 il n\s enseigne que la gloire e/ un fait4 #cj ,op]a et fragm5ta vet]orum poet>um lat9orum4 ,londres1 #agac4 ,,iii ,la gloire e/ un fait pur et simple1 et non un fait de ju/ice4 ,il n'y a aucun rapport exact entre le mrite d'un criva9 7on se limite l'exam5 de la gloire littraire7 et sa rputation p>mi les hommes4 ,p\r comp5s]1 dans le s5s du has>d et1 si l'on veut1 de l'inju/ice1 la survie du livre depuis quatre c5ts ans1 la critique a imag9 un sy/me hir>*ique1 qui divise les criva9s en ca/es1 depuis l'idiot jusqu'au gnie4 ,cela a l'air solide et srieux2 c'e/ arbitraire1 puisque les jugem5ts e/htiques ou moraux ne sont que des s5sations gnralises4 ,le jugem5t littraire rejo9t a9si1 jusqu' s'y confondre1 le jugem5t religieux4 ,l'immortalit t]re/re et l'autre1 celle qui volue idalem5t au del de la vie relle1 sont des conceptions de mme ordre1 nes d'une cause unique3 l'impossibilit p\r la p5se de se p5s] inexi/ante4 ,desc>tes n'a fait que pos] un axiome physiologique et d'une vrit huma9e si absolue qu'elle et t comprise p> les plus anci5s et les plus humbles peuples4 ,je p5se1 donc je suis1 c'e/ la traduction en p>oles d'un tat cellulaire4 ,t\t c]veau qui vit p5se cela1 mme inconsci5t4 ,la m9ute vcue e/ une t]nit2 elle n'a ni comm5cem5t1 ni f92 elle e/ ce qu'elle e/1 elle e/ absolue4 ,cep5dant le dsaccord e/ complet entre la vrit crbrale et la vrit matrielle2 l'organe meurt1 p> lequel l'homme se p5se immortel et l'absolu e/ va9cu p> la ralit4 ,le dsaccord e/ complet1 vid5t1 indniable2 cep5dant1 il e/ inexplicable4 ,devant une telle contradiction1 l'hypo?se pr5d quelque =ce d'une dualit1 et d'ailleurs le laboratoire affirme la diffr5ce ess5tielle du travail musculaire et du travail crbral4 ,le ploiem5t de l'avant-bras et mme d'une phalange dt]m9e un dgagem5t d'acide c>bonique2 l'activit crbrale1 t\s les muscles tant au repos1 n'inscrit aucune trace de combu/ion4 ,cela ne dit pas que les organes de la p5se soi5t immatriels2 on les t\*e1 on les pse et on les mesure2 mais ils sont d'une matrialit p>ticulire et dont on ne connat pas encore les ractions vitales4 ,inexplicable en ?orie1 le dsaccord entre la p5se et la *air s'explique donc en fait p> une diffr5ce au mo9s de con/ruction molculaire2 ce sont deux tats1 dont l'un n'a de l'autre qu'une connaissance sup]ficielle1 et la *air va se diss\dre que la p5se se p5se t\j\rs t]nelle4 ,il y a donc deux immortalits3 l'immortalit subjective1 que t\t homme se dc]ne volonti]s et mme ncessairem5t2 l'immortalit objective1 celle dont ,prat9as a t fru/r1 celle qui e/ un fait4 ,la premire1 religieuse ou littraire1 ne comporte plus1 aprs ce que n\s en avons dit1 et dfaut de prcises analyses1 que des rflexions philosophiques1 c'e/--dire vagues2 l'immortalit objective e/ un sujet de diss]tation mo9s ab/rait4 ,on y f]ait mme entr] t\te l'hi/oire1 avec un peu de bonne volont2 mais la littrature franaise =me une longue et une assez brillante cavalcade4 ,les mots1 ds qu'ils embrass5t1 s\s leurs ailes1 une c]ta9e t5due de ralit p]ceptible1 cd5t volonti]s leur =mule4 ,la gloire1 c'e/ la vie dans la mmoire des hommes4 ,mais de quels hommes1 mais quelle vie8 ,m4 ,/apf]#ca a essay le dnombrem5t des uvres qui1 du ,x,v,ie au ,x,v,i,i,ie sicle1 sont re/es ce que l'on appelle re/] en langage de critique pr(essionnel4 ,ce *apitre intitul avec esprit 7avec un esprit un peu jansni/e7 le petit nombre des lus s]ait bref1 s'il n'tait qu'un catalogue4 ,en somme1 et on peut admettre cela provisoirem5t1 de t\s les criva9s franais des trois d]ni]s sicles1 v+t-c9q ou tr5te aurai5t atte9t ce qu'on appelle la gloire2 mais de ces tr5te1 pe9e si la plup>t sont autre *ose qu'un nom4 ,quelle vie et de quels hommes8 ,m4 ,/apf] songe des uvres qu'un ,franais d'auj\rd'hui1 de culture moy5ne1 peut avoir1 tel j\r de pluie1 la fantaisie d'entr'ouvrir4 ,il e/ impossible d'accomplir une srieuse analyse si l'on admet dans son raisonnem5t des expressions comme culture moy5ne4 ,un homme de culture moy5ne peut =t bi5 se plaire ,sa9t-,simon et ne possd] *ez soi ni un ,pascal1 ni un ,bossuet1 ni un ,corneille1 ni un ,malh]be4 ,on peut lire et relire ,pascal et gt] peu ,rabelais4 ,mais ces amateurs de lecture difficile sont des pr(esseurs1 des ecclsia/iques1 des avocats1 des hommes qui1 s'ils n'criv5t eux-mmes1 ti5n5t aux lettres p> leur mti] et la ncessit de se ma9t5ir en contact avec la priode classique de la littrature franaise4 ,et o ont-ils appris que ,boileau e/ un meilleur pote que ,?ophile ou ,tri/an8 ,au collge1 c> c'e/ p> le collge que la gloire littraire se ma9ti5t dans le s\v5ir ennuy des gnrations di/raites4 ,il n'y a pas de culture moy5ne apprciable et figurable p> une c\rbe flexible2 mais il y a des programmes4 ,villi]s de l',isle-,adam avait inv5t la ,ma*9e gloire2 il y a au ,m9i/re de l',in/ruction publique une salle o1 sur la porte1 on devrait lire3 ,bureau de la ,gloire4 ,c'e/ l que se runit le ,conseil ,suprieur qui labore le programme des tudes4 ,ce programme e/ la gaveuse qui produit les cultures moy5nes2 les noms abs5ts de ce programme s]ont t]nellem5t inconnus des gnrations dont il s]a le guide pat]nel4 ,mais la consci5ce d'un ducateur ne peut impos] des enfants la connaissance d'criva9s dont la moralit n'e/ pas univ]sellem5t admise4 ,molire tait =t immoral en son temps et c'e/ ce qui fit son succs prs d'un public qui n'avait que le *oix1 ses j\rs de rep5tance1 entre les plus loqu5ts ou les plus habiles s]monaires4 ,c'e/ mesure qu'il a t mo9s compris que ,molire1 peu peu1 e/ dev5u un morali/e4 ,a mesure que les s5sibilits successives se sont diffr5cies davantage de la s5sibilit du ,x,v,i,ie sicle1 la grossiret a p]du de sa puanteur et on a f9i p> tr\v] de la dlicatesse des saillies qui1 mises au ton d'auj\rd'hui1 n\s donn]ai5t de la gne4 ,molire1 bi5 plus brutal encore dans le fond qu' la surface1 j\it de ce qu'on p\rrait appel] la moralit acquise4 ,c'e/ un phnomne 9vitable d'accommodation4 ,il fallait ou sacrifi] ,molire ou dmontr] la beaut de son gnie philosophique4 #ca ,ouvrage cit1 p4 #ajc4 ,son mot1 qui n'e/ qu'un mot1 ,p\r l'am\r de l'humanit1 a t creus et lab\r p> les comm5tateurs a9si qu'une b\le d'ivoire qui1 au t\r1 f9it p> se rs\dre en un rseau de c]cles en*evtrs2 ce n'e/ qu'un ho*et p\r les bbs4 ,comm5t va-t-on concili] les ,femmes savantes et le ,fm9isme8 ,il y aura l un travail de cirque =t curieux suivre4 ,dans ses ,rflexions sur les ,femmes1 si pntrantes et d'une si belle langue1 ,mme de ,lamb]t dit que cette comdie1 d'ailleurs odieuse1 fut cause que l'in/ruction *ez les filles p>ut comme une inconv5ance1 une impudeur1 une sorte d'obscnit3 d'o la folie de plaisirs purem5t s5suels o les femmes incl9r5t1 n'ayant plus d'autres ress\rces que la *re et l'am\r4 ,on s'en tir]a en considrant sp>m5t l'ide fm9isme et l'ide ,femmes savantes1 en piloguant sur le mot savant1 qui a pris rcemm5t une signification trs prcise4 ,le savant1 au ,x,v,i,ie sicle1 c'e/ le curieux non seulem5t des sci5ces1 mais des lettres1 c'e/ l'esprit inquiet des n\veauts et qui discute des t\rbillons sans nglig] ,vaugelas4 ,mme de ,svign tait une femme savante et aussi ,n9on4 ,sans d\te1 il fallait sauv] l'uvre de ,molire2 elle en valait la pe9e4 ,mais n'aurait-on pu le faire avec plus d'honntet et plus de lucidit8 ,t5t sur ,rabelais et sur ,montaigne1 le mme travail de mise au po9t a mo9s bi5 russi4 ,rabelais surt\t a dc\rag les navets les plus ttues et1 faute de p\voir moissonn] de v]tueuses g]bes en son abbaye de bon plaisir1 on rangea ,pantagruel p>mi les vagues prcurseurs des ides mod]nes1 ce qui n'a aucun s5s apprciable1 les ides mod]nes tant =t contradictoires4 ,la ,fonta9e s'e/ prt aux caprices des morali/es avec cette indiffr5ce au bi5 et au mal qui fut le propre de son tempram5t uniquem5t s5suel2 et quant ,rac9e1 dont l'uvre s]ait p\vantable1 si elle n'tait rdige en une langue froide et ab/raite comme l'algbre1 la dvotion jansni/e de ses d]ni]s j\rs a p]mis de tr\v] des intonations pieuses mme ses plus dlirantes *ansons de luxure et de cruaut#cb4 ,p\rquoi ce so9 n'a-t-il pas t port jusque sur un ,sa9t-,am& ou sur un ,?ophile8 ,on tr\ve l l'influ5ce de ,boileau1 qu'il e/ encore dang]eux de contr$ire qu& on re*]*e une c]ta9e qualit de rputation4 ,heureux de tr\v] leur t*e limite et dt]m9e p> une autorit clbre1 les ducateurs arrtr5t1 ds que sa longueur fut dc5te1 le catalogue des gloires4 ,leur entreprise tait de critique morale bi5 plus que de critique littraire2 un seul livre1 les ,fables1 p> exemple1 leur et suffi1 album o dpos] les aphorismes s\rnois du vieux cat*isme4 ,l'idal de l'ducateur e/ le ,coran1 les mmes pages cont5ant un exemple d'criture1 un modle de /yle1 un code religieux et un manuel de morale4 #cb ,ceci tait crit qu& a p>u l'ouvrage de ,m4 ,l\is ,proal1 le ,crime et le suicide passionnels 7,f4 ,alcan1 #aijj71 o1 propos des drames sexuels de c\r d'assises1 ,rac9e e/1 comme rfr5ce et po9t de comp>aison1 cit t\tes les dix pages4 ,on ne veut pas dire quel mom5t de passion et de folie luxurieuse fut le gr& sicle4 ,on peut donc conclure qu'en ralit il n'y a pas de gloire littraire4 ,les gr&s criva9s sont proposs notre admiration non comme criva9s1 mais comme morali/es4 ,la gloire littraire e/ une illusion4 ,cep5dant1 t\t en rs]vant p\r des usages scolaires quelques-uns des meilleurs gnies franais1 les hi/ori5s de la littrature ont d motiv] leurs *oix1 fe9dre des proccupations d'art4 ,un ,nis>d rdigea une hi/oire de la littrature franaise o il n'e/ peu prs "q que de morale2 on tr\va une telle proccupation noble1 mais trop exclusive4 ,les manuels ord9aires entreml5t adroitem5t les deux ordres2 il faut qu'un enfant ne sa*e pas bi5 si ,la ,fonta9e leur e/ prescrit comme un gr& pote ou comme un bonhomme qui enseigna la prvoyance1 comme l'auteur de ,philmon et ,baucis ou comme le prcurseur de ,frankl94 ,munis des quatre rgles de la littrature1 les pr(esseurs ont exam9 les tal5ts1 et ils les ont classs2 ils ont dc]n des prix et des m5tions honorables4 ,il y a le premi] ordre et il y a des ordres *elonns jusqu'au quatrime et au c9quime2 la littrature franaise e/ dev5ue hir>*ique comme une maison de rapport4 ,villon1 me dit un j\r l'un de ces arp5teurs1 n'e/ pas de premi] ordre4 ,il faut nuanc] l'admiration selon les sept notes de la gamme univ]sitaire3 de srieux flti/es excell5t ce jeu4 ,il ne s'agit pas de conte/] le palm>s de la gloire ni d'en propos] une rdaction n\velle4 ,tel qu'il e/1 il rpond son usage2 il peut avoir l'utilit des classifications arbitraires de la botanique4 ,il ne s'agit pas de l'am5d]2 il s'agit de le d*ir]4 ,que ,rac9e soit un meilleur pote que ,tri/an l',h]mite et qu',iphignie l'emporte sur ,m>ianne1 voil deux propositions 9galem5t vraies2 c> on p\rrait t\t aussi bi5 n\s donn] comp>] ceci1 qui e/ de ,rac9e3 ,que c'e/ une *ose *>mante ,de voir cet tang gracieux ,o1 comme en un lit prcieux1 ,l'onde e/ t\j\rs calme et dormante6 ,quelles ri*esses admirables ,n'ont po9t ces nageurs m>quets1 ,ces poissons aux dos arg5ts1 ,sur leurs cailles agrables#cc6 cela1 qui e/ de ,tri/an3 ,auprs de cette grotte sombre ,o l'on respire un air si d\x1 ,l'onde lutte avec les caill\x1 ,et la lumire avecque l'ombre4 ,ces flots1 lasss de l'ex]cice ,qu'ils ont fait dessus ce gravi]1 ,se repos5t dans ce vivi]1 ,o m\rut autrefois ,n>cisse444 ,l'ombre de cette fleur v]meille ,et celle de ces joncs p5dans ,p>aiss5t e/re l-d$ans ,les songes de l'eau qui sommeille444#cd #cc ,l'tang4 ,cette pice fait p>tie de la suite des c9q odes o ,rac9e clbra ,port-,royal-des-,*amps3 l'tang1 les ,prairies1 les ,bois1 les ,tr\peaux1 les ,j>d9s4 #cd ,le ,prom5oir des deux ,amans4 ,je sais bi5 que je comp>e le meilleur de ,tri/an avec le pire de ,rac9e2 mais ,tri/an t\t de mme avait son j>d91 si ,rac9e avait son doma9e1 et p>fois il y fait bon4 ,d*irons donc le palm>s af9 d'ignor] que ,tri/an ,l',h]mite e/ un pote la v]sification ridicule#ce1 et que le plaisir que n\s p\vons tir] de sa r5contre ne soit pas gt p> avance1 et que n\s osions1 comme lui1 dire sa muse3 ,fay moy boire aux creux de tes ma9s1 ,si l'eau n'en diss\t po9t la neige4 #ce ,,vap]eau1 ,dictionnaire des ,littratures4 ,c'e/ l'inconvni5t des m?odes comp>atives4 ,les critiques1 ayant lu comme idal le gr& pote d'un sicle1 n'e/im5t plus les autres que comme des prcurseurs ou des disciples#cf4 ,on juge les criva9s d'aprs ce qu'ils ne sont pas1 et s\v5t faute d'avoir su compr5dre leur gnie p>ticuli] et s\v5t faute de les avoir int]rogs eux-mmes4 ,prat9as en vrit e/ mieux trait3 il j\it du sil5ce4 #cf ,une excell5te ?se de doctorat sur ,tri/an ,l',h]mite1 p> ,m4 ,n4-,m4 ,b]nad91 porte prcism5t ce titre3 ,un ,prcurseur de ,rac9e4 ,mais il e/ mort1 et il s'agit de vivre4 ,vivre1 de quelle vie et en la mmoire de quels hommes8 ,la vie e/ un fait physique4 ,un livre n'e/ pas mort qui exi/e l'tat de tome dans une biblio?que2 et peut-tre que c'e/ une gloire plus enviable d'tre inconnu la manire de ,?ophile que d'tre clbre la manire de ,jean-,bapti/e ,r\sseau8 ,la gloire1 qu& elle n'e/ que classique1 e/ peut-tre l'une des =mes les plus dures de l'humiliation4 ,avoir rv de passionn] les hommes et les femmes et n'tre plus que le p5sum tri/e qui reti5t en prison un coli] di/rait6 ,e/-il cep5dant d'univ]selles rputations qui ne soi5t po9t classiques8 ,trs peu1 et alors elles ont une autre t>e4 ,c'e/ p\r ce qu'ils conti5n5t de malpropre qu'on lit les romans saugr5us de ,rtif#cg1 les contes syphilitiques de ,voltaire1 et cette ennuyeuse ,manon ,lescaut1 si gau*em5t adapte de l'anglais4 ,les livres de jadis n'ont plus de public1 si p> public il faut ent5dre les hommes ds9tresss qui lis5t uniquem5t p\r leur plaisir1 et gt5t ce qu'un livre conti5t d'art et de p5se1 mais ils ont des lecteurs encore1 et ils en ont t\s4 #cg ,de ,rtif1 il faut cep5dant ret5ir le tome ,i]1 celui-l seul1 de ,monsieur ,nicolas4 ,il n'y a de livre mort que le livre p]du2 t\s les autres viv5t1 et presque de la mme vie1 et plus ils sont anci5s1 plus cette vie devi5t int5se1 dev5ant plus prcieuse4 ,la gloire littraire e/ nom9ale2 la vie littraire e/ p]sonnelle4 ,il n'e/ pas un pote du prodigieux ,x,v,i,ie sicle qui ne ressuscite *aque j\r entre les ma9s pieuses d'un curieux4 ,bossuet n'e/ pas plus feuillet que ce ,recueil de ,pi]re du ,m>teau#ch2 et1 t\t pr5dre1 la ,pla9te du *eval ,pgase aux *evaux de la petite curie1 p> ,monsieur de ,b5s]ade1 e/ d'une lecture plus agrable et mo9s dang]euse que le ,disc\rs sur l'hi/oire univ]selle3 le moralisme pompeux e/-il tant suprieur au burlesque bad98 ,t\te plante de la montagne (fre un gal intrt au botani/e +nu4 ,p\r lui l'euphorbe n'e/ pas clbre ni la b\rra*e ridicule 7elle a d'ailleurs les plus beaux yeux du monde7 et il emplit sa gibecire jusqu' ce qu'elle refuse un d]ni] br9 d'h]be4 ,la gloire littraire e/ une inv5tion l'usage des enfants qui prp>5t leurs exam5s2 il importe peu l'explorateur de l'esprit de jadis que ce v]s plaisant soit d'un inconnu ou cette =te p5se d'un mpris4 ,un homme et son uvre1 cela e/ d'intrt si diffr5t6 ,l'homme e/ une physiologie qui n'a de valeur que dans le milieu o elle a volu2 l'uvre1 quelle qu'elle soit1 peut cons]v]1 au c\rs des sicles1 un p\voir ab/rait4 ,il ne faut pas s'exagr] ce p\voir ni s'en faire une tyrannie4 ,une p5se n'e/ gure autre *ose qu'une fleur dess*e2 mais l'homme a pri et la fleur re/e c\*e dans son h]bi]2 elle e/ le tmo9 d'une vie disp>ue1 le signe d'une s5sibilit abolie4 #ch ,recueil de quelques pices n\velles et galantes1 tant en prose qu'en v]s4 ,a ,cologne1 #affg4 ,lorsqu'on reg>de dans la gal]ie d',apollon ces onyx et ces cor9dons faonns en conques et en c\pes et ces ors o le bur9 a crit des fleurs et ces maux viol5ts1 va-t-on1 avant d'os] se rj\ir1 dem&] quel e/ le nom de l'artisan de tels joyaux8 ,la "q cep5dant s]ait va9e4 ,l'uvre vit et le nom e/ mort4 ,qu'importe le nom6 ,moi1 qui ne dsire pas la gloire1 crivait ,flaub]t4 ,il p>lait de la po/rit1 de ces temps futurs1 et p> consqu5t inexi/ants1 auxquels tant de mdiocres n]gies sacrifi5t l'heure prs5te1 cette ralit unique4 ,aucun des livres de ,flaub]t ne p\vant s]vir de prtexte un enseignem5t moral1 ,flaub]t fut sage4 ,il ne dsirait et il n'aura pas la gloire1 mo9s que ,madame ,bov>y ne cons]ve p5dant le pro*a9 sicle sa rputation quivoque et ne s'inscrive1 dans la tradition des adolesc5ts1 p>mi les clbres mauvais livres4 ,cela e/ peu probable1 puisque ,mademoiselle de ,maup9 e/ dj d'une lecture pnible4 ,mais ce qu'on ne peut dire au futur ni de lui ni d'aucun criva9 de la d]nire moiti du sicle1 on peut le dire au pass4 ,gauti] et ,flaub]t ont connu la gloire1 celle qu'ils se dc]nr5t eux-mmes dans l'inv9cible consci5ce de leur gnie4 ,la gloire1 c'e/ une s5sation de vie et de =ce2 un sylva9 la gt]ait dans un tronc d'arbre4 ,qu'il e/ plaisant d'c\t] le pr(esseur loqu5t dont la p>ole dcl>e3 ,ce livre ne re/]a pas4 ,mais aucun livre ne re/e1 et cep5dant t\s les livres re/5t4 ,connat-on ,palemon1 fable bocagre et pa/orale1 p> le sieur ,fr5icle#ci8 ,eh bi51 ce livre e/ re/ puisque je vi5s de le lire1 et que j'en ressuscite un v]s1 qui n'e/ pas laid3 ,o que j'eus de plaisir la voir t\te nue6 #ci ,a ,p>is1 *ez ,jacques ,duga/1 aux ,gants c\ronnez1 #afcb4 ,il e/ temps que l'homme appr5ne enf9 se rsign] au nant1 et mme j\ir de cette ide dont la d\ceur e/ incomp>able4 ,les criva9s p\rrai5t donn] l'exemple au peuple en ab&onnant rsolum5t leurs vaniteux espoirs4 ,ils laiss]ont un nom qui orn]a p5dant quelques sicles les catalogues et des uvres qui dur]ont ce que vivra la matire qui les supporte4 ,c'e/ un beau privilge au prix duquel ils devrai5t cons5tir taire leurs dolances4 ,et qu& mme cette illusoire t]nit leur s]ait refuse1 aussi bi5 que t\te gloire prs5te1 p\rquoi cela dim9u]ait-il leur activit8 ,c'e/ au passant et non l'humanit future que le c]isi] sauvage (fre ses fruits2 et si p]sonne ne passe1 comme il s'e/ c\v]t de neige au pr9temps il s'emp\rpre qu& vi5t l't4 ,la vie e/ un fait p]sonnel1 immdiat et qui s'c\le dans la m9ute mme o elle e/ s5tie4 ,adjo9dre cette m9ute les sicles v5ir1 c'e/ raisonn] mal1 c> le prs5t seul exi/e1 et il faut re/] dans la logique p\r tre encore un homme4 ,soyons un peu mo9s primitifs et ne n\s figurons pas que le pro*a9 sicle s]a le d\ble du prs5t et que nos uvres y g>d]ont la position qu'elles occup5t auj\rd'hui1 ou une position pire4 ,la manire dont n\s compr5ons ,brnice afflig]ait ,rac9e1 et ,molire s\ffl]ait volonti]s les *&elles les soirs qu'on s'ennuie tant au ,misan?rope4 ,les livres n'ont qu'un temps2 arbre1 arbu/es ou pauvres h]bes1 ils meur5t ayant p>fois sem leurs p>eils1 et la vraie gloire ce s]ait de provoqu] une uvre s\s l'ombre de laquelle on s]ait t\ff2 ce s]ait la vraie gloire p>ce que cela r5tr]ait dans les plus nobles conditions de la vie4 ,les tmo9s du pass ne sont jamais que des p>adoxes2 ils ont comm5c languir quelques annes1 ou mo9s1 aprs leur naissance1 et leur vieillesse se trane tri/e et ride p>mi les hommes qui ne les compr5n5t plus1 ni ne les aim5t4 ,s\hait] l'immortalit1 c'e/ dsir] de vivre t]nellem5t dans l'tat des ,/ruldbruggs de ,swift4 ,tel e/ le dtail qu'on me fit au sujet des ,immortels de ce pays444--et le s5tim5t de l'homme cont9ue de se rvolt] contre l'ide de de/ruction1 et l'criva9 tremble l'ide de pr5nelle obscurit4 ,il faut notre s5sibilit une t\te petite lumire dans le lo9ta91 p>mi les arbres qui bord5t notre vue4 ,cela rassure les muscles1 cela calme le p\ls4 #aijj ,,le ,,succ,s ,,et ,l',,id,e ,,de ,,beaut ,i ,en un de ses ,p>adoxes1 o il a p>fois un peu de l'ironie de ,he9e ou de l'esprit de ,s*op5hau]1 ,m4 ,max ,nordau a dess9 le plan ma*iavlique d'une cole du succs4 ,on y enseign]ait l' reb\rs de la morale usuelle1 et non pas la v]tu1 mais l'art de p>v5ir4 ,cette cole exi/e3 c'e/ la vie4 ,des yeux et des oreilles prcoces en recueill5t l'enseignem5t ds l'adolesc5ce2 de jeunes hommes se v\5t au succs comme d'autres l'apo/olat ou la gloire4 ,sont-ils draisonnables8 ,non4 ,et mprisables8 ,p\rquoi donc8 crire1 *ant]1 sculpt]1 ce sont des actes2 p5s]1 mme dans le sil5ce de la nuit et au fond d'un ca*ot1 c'e/ un acte4 ,or1 quel e/ l'acte qui n'a pas p\r b son propre a*vem5t8 ,le raisonneur qui s'e/ conva9cu lui-mme v\dra p]suad] les autres1 ncessairem5t2 et le pote qui s'admire1 contra9dre autrui l'en?\siasme4 ,ceux qui se cont5t5t d'une approbation intime ou re/re9te sont peut-tre des sages2 ils ne s]ont po9t compts p>mi les =ts4 ,mme timide1 mme ddaigneux1 le rveur veut la gloire de rv]2 et il rv]ait avec dlices devant les f\les dlirantes de contempl] ses yeux p]dus dans un ocan de songes et de niais]ies4 ,ce s]ait le succs4 ,le succs a quelque *ose de prcis qui calme et qui n\rrit4 ,c'e/ un repas4 ,c'e/ un fait4 ,c'e/ le poteau d'arrive4 ,le succs e/ un fait en lui-mme et en dehors de l'uvre ou de l'acte qu'il accompagne4 ,l'assass9 qui a russi son crime de po9t en po9t pr\ve d'autres joies que celle de l'avidit dsaltre4 ,il se tr\ve en somme que le succs lui a donn raison1 et t\tes re*]*es dpi/es1 on compr5d =t bi5 l'tat qu'a os dcrire ,b>bey d',aurevilly4 ,cep5dant le crime1 mo9s d'tre politique1 ne reoit que r>em5t dans nos civilisations un applaudissem5t public1 comme *ez les ,dayaks de ,borno ou les sujets du ,vieux de la ,montagne4 ,c'e/ p\rquoi1 malgr une ironie clbre1 n\s ne considr]ons pas l'assass9at comme un des beaux-arts4 ,t\t au mo9s faudrait-il le rang] dans cette catgorie d'art dont le succs e/ le seul et unique b et qui ti5t beauc\p1 mo9s son nom de d"p qu' son nom d'arrive2 or1 cela n'e/ po9t le sujet de cet essai1 qui e/ =t srieux et dont t\s les mots s]ont pess avec so94 ,il s'agira uniquem5t des uvres d'art et en p>ticuli] de celles qui app>ti5n5t la littrature4 ,le succs donc e/ un fait1 mais1 p\r la catgorie d'actes qui n\s occupe1 un fait v5tuel et qui ne *ange pas l'ess5ce mme de l'acte4 ,en cela je comp>]ais volonti]s le succs la consci5ce1 flambeau qui s'allume en n\s1 claire nos actions et nos p5ses1 mais n'a pas plus d'influ5ce sur leur nature que son ombre1 p> une nuit de lune1 sur la m>*e du tra9 qui passe4 ,la consci5ce ne dt]m9e aucun acte4 ,le succs ne cre pas une uvre1 mais il la met en lumire1 et tellem5t qu'il en re/e presque t\j\rs quelque *ose dans la mmoire des hommes4 ,on ne devi5t pas ,rac9e p\r avoir t applaudi s\s les *&elles1 et on re/e ,rac9e1 mme si ,phdre e/ j\e six j\rs de suite devant des loges noires#dj4 ,mais on devi5t ,pradon1 et c'e/ beauc\p4 tre ,pradon dans les sicles1 c'e/ vivre d'une gloire obscure et f*euse1 tri/e et va9e2 sans d\te1 mais pe9e mo9s prcaire que la vie que n\s nommons vritable4 ,pradon e/ ridicule la fois et illu/re4 ,on ne peut cont] la vie de ,rac9e sans y ml] son nom4 ,on re*]*e ses uvres p\r compr5dre cette r5omme d'un j\r qui s'e/ prolonge durant tant de l5dema9s4 ,il n'y a pas en d\t]1 ,pradon n'avait presque aucun tal5t1 encore qu'assez adroit en son mti] de con/ructeur dramatique4 ,c'tait1 comme dis5t les j\rnali/es1 un homme de ?tre2 on e/ mme all jusqu' prt5dre#da que1 p\r avoir une ,phdre p>faite1 il l'aurait fallu crite p> ,rac9e sur le plan de ,pradon4 ,c'e/ absurde2 mais t\t succs a une cause4 ,la cabale n'explique ri54 ,la du*esse de ,b\illon n'et pas risqu la bataille sur une c>te nulle1 ,pradon tait connu4 ,sa tragdie de ,pyrame et ,?isb avait t applaudie4 ,dix ans aprs ,phdre1 et1 sans nulle cabale1 son ,regulus alla aux nues4 ,il tait donc de/9 une rputation modre1 celle que son ,solyman1 p> exemple1 valut l'abb ,abeille1 v]s les mmes annes4 #dj ,a l',htel de ,b\rgogne1 p5dant qu' ,gungaud on j\ait gr& fracas celle de ,pradon4 #da ,bayle4 ,et ,rac9e1 reconnaissant le mti] de son adv]saire3 ,t\te la diffr5ce qu'il y a entre moi et ,pradon1 c'e/ que je sais crire4 ,cela fut-il heureux p\r ce mdiocre pote d'avoir r5contr sur son *em9 la du*esse de ,b\illon8 ,devanant nos procds1 cette t]rible femme avait l\ les loges de deux ?tres1 emplissant les unes1 laissant les autres vides2 de notre temps1 elle et a*et les j\rnaux p> surcrot1 mais nul ne sait combi5 elle paya le caquet des n\velli/es et des pamphltaires4 ,c'e/ un des plus beaux c\ps du g5re puisqu'il a russi m]veille2 mais qu'y gagna ,pradon8 ,aprs beauc\p d'injures1 un ocan d'injures po/humes4 ,il n'e/ pas de j\r o quelque pr(esseur ne le traite comme un ,dami5s ou comme un ,ravaillac4 ,cela se comp5se-t-il p> l'immortalit8 ,une immortalit honteuse e/-elle prfrable la nuit8 ,d'abord1 il faut c>t] la honte1 et t5ir p\r indiffr5tes les injures4 ,t\t succs attise le feu de la ha9e et r5d plus paisse la fume qui retombe4 ,cela n'a aucune importance4 ,la ha9e e/ une op9ion1 et les injures1 et les mots qui jett5t l'infamie2 le succs e/ un fait4 ,la du*esse de ,b\illon ne p\vait *ang] la valeur ess5tielle de *acune des deux ,phdre1 non plus qu'en or pur transmu] du plomb vil2 mais elle p\vait voil] l'or et dor] le plomb2 elle p\vait =c] la po/rit rpt] le nom de son favori4 ,ce fut son uvre4 ,elle e/ belle et re/a mmorable4 ,sur le mom5t1 p]sonne ne savait laquelle il fallait admir] de ces deux pe9tures aux cadres p>eils4 ,les amis de ,pradon valai5t ceux de ,rac9e4 ,l'un avait ,boileau2 l'autre1 ,sanlecque1 son rival p>fois heureux4 ,mais l'autorit de ,boileau s'effaait devant celle de ,mme des ,h\lires1 reprs5tant la socit polie et l'esprit des ruelles4 ,il arriva mme que la qu]elle des ,sonnets mit l'esprit du ct de ,pradon1 c> celui du duc de ,nev]s e/1 encore auj\rd'hui1 de la m*ancet la plus plaisante4 ,molire1 qui dte/ait ,rac9e et avait jadis prt son ?tre une p>odie d',&romaque1 et sans d\te favoris ,pradon4 ,sa mort a p>gn ce sc&ale aux amis des bonnes lettres4 ,ce fut donc aut\r d'une illusion raisonnable que se fit la cri/allisation du succs1 et les beaux esprits n'eur5t pas r\gir de leur p>ti4 ,c'e/ un m5songe pieux des hi/ori5s de la littrature franaise de prt5dre que le vrai public v5gea ,rac9e du ds]t organis p> ,mme de ,b\illon4 ,les loges de l'htel de ,b\rgogne avai5t t l\es p\r six j\rs et la ,phdre de ,rac9e ne fut j\e que sept fois2 le public avait compris3 il obissait au succs1 comme les *i5s au sifflet4 ,c'e/ que le succs1 mme organis p> des moy5s frauduleux1 ex]ce un puissant attrait sur les f\les1 et mme lettres4 ,assurm5t1 le public des ?tres tait1 en #afgg1 bi5 suprieur comme intellig5ce1 in/ruction et gt1 au public moy5 d'auj\rd'hui2 et cep5dant on le voit s'pr5dre de pices dcidm5t mdiocres et ddaign] les plus belles4 ,c'e/ que le succs1 et surt\t p\r les uvres de ?tre1 peut natre spontanm5t d'un has>d1 de l'agrable visage d'une actrice1 d'un beau ge/e1 d'un applaudissem5t bi5 plac1 du caprice ou de l'motion d'un petit gr\pe de spectateurs4 ,le tr\peau suit1 puisque t\s les hommes assembls sont tr\peau1 et l'hi/oire compte un nom et une date de plus4 ,les ,amrica9s--ceux du ,nord1 c> au ,sud ils ont plus de f9esse--n'hsit5t jamais devant le succs4 ,quel e/ le pome dramatique dont le succs a dpass les en?\siasmes mmes du ,cid et d',h]nani8 ,c'e/ ,cyrano de ,b]g]ac4 ,donc cette *ose e/ admirable4 ,et ils la font appr5dre p> cur a9si que l',aiglon1 dans les coles o eux-mmes illettrs1 ils se cultiv5t de savantes p\ses4 ,p\r r$ire encore ma vraie p5se1 je ne tr\ve pas cela draisonnable4 ,ne confondons po9t l'hi/oire1 qui e/ un roman complet1 ou du mo9s suivi1 avec le temps prs5t1 qui n\s app>at fragm5taire1 tel un numro de j\rnal d*ir en mille b\ts de papi]4 ,comm5t les class]1 selon quel ordre8 ,n\s n'en savons ri54 ,nos jugem5ts d'auj\rd'hui1 ceux qui p>aiss5t les plus sages1 les plus sa9s1 s]ont ridicules dans v+t ans1 p>ce que notre pati5ce lasse n'a pu recon/itu] la feuille entire1 ou p>ce que le feu ou le v5t ont dvor une p>tie des petits c>rs4 ,en ce br\ill>d de nos ides1 le succs s'allume comme une lune lectrique4 ,quelque *ose d'indniable brille1 que les pr(esseurs de philosophie appell5t un critre4 ,mais disons-le seulem5t un fait1 de mme qu'une fleur e/ un fait1 ou une av]se ou un inc5die4 ,et que peut-on oppos] ce fait1 p\r le contr$ire8 ,presque ri51 le produit d'un jugem5t1 l'ide que c]ta9s hommes ont de la beaut littraire4 ,encore cette opposition n'e/-elle po9t radicale1 puisque la beaut n'e/ aucunem5t1 en pr9cipe1 exclue des *ances du succs4 ,il ne faudrait po9t p>i] p\r la beaut1 il s]ait imprud5t de la pr5dre galit2 mais il y a des exemples dans l'hi/oire que l'uvre la plus belle ait t aussi celle que les hommes ont le plus fte4 ,alors le succs e/ adorable1 a9si que le soleil qui vi5t propos mrir les moissons1 a9si que l'orage qui remplit les ruisseaux et les fonta9es4 ,qu'e/-ce qu'un beau livre dont il ne re/e plus un seul exemplaire connu8 ,qu'tait-ce que la ,vnus sans bras avant que ,m4 de ,m>cellus l'et fait s\rdre des abmes8 ,le succs e/ p>eil la lumire du j\r et1 encore un c\p1 s'il ne cre pas l'uvre1 il l'a*ve1 en d*irant le voile de tnbre qui l'enveloppait4 ,il y a une autre considration qui augm5te encore la valeur du succs2 c'e/ que si le b de l'uvre d'art e/ de plaire1 plus gr& s]a le gr& nombre de ces conqutes et mieux ce b aura t rempli4 ,l'art a c]ta9em5t une fonction1 puisqu'il e/2 il satisfait un beso9 de notre nature4 ,dire que ce beso9 e/ prcism5t le gt arti/ique1 c'e/ dire que le caf ou le tabac sont aims p>ce qu'ils satisfont le gt que l'homme a p\r le caf ou le tabac4 ,c'e/ ne ri5 dire du t\t1 pas mme une sottise2 c'e/ pr(r] des mots sans signification aucune4 ,les *oses ne correspond5t pas dans la vie avec cette simplicit1 selon cette relation bnvole de pot c\v]cle3 laissons cela la philosophie *rti5ne des f9alits4 ,le b de l'art tant de plaire1 le succs e/ t\t au mo9s un comm5cem5t de preuve en faveur de l'uvre4 ,plaire1 l'ide e/ trs complexe3 n\s v]rons plus t>d ce qu'elle conti5t2 mais le mot peut s]vir provisoirem5t4 ,donc cette uvre plat4 ,une t\r s'e/ leve s\da9 aux acc5ts passionns de la f\le4 ,voil le fait4 ,il faut la dmolir4 ,cela n'e/ po9t facile1 puisque1 p> une magie s+ulire1 presque t\s les bli]s dont on la bat se trans=m5t en contre=ts qui aj\t5t leurs poids la solidit du monum5t4 ,il faut pr\v] cette =t]esse qu'elle n'exi/e pas2 cette f\le que son admiration n'a pas remu t\tes ces pi]res1 qu'elle e/ m5teuse1 halluc9e ou imbcile4 ,cela ne se peut pas4 ,ils tr\v5t cela beau4 ,que leur rpondre1 s9on3 oui1 cela e/ beau4 ,le prtre pr5d une ho/ie sur le corporal et l'lve la dignit de ,dieu4 ,il l'ent\re de rayons et la montre au peuple4 ,p5dant cette o/5tion1 le peuple g5\x baisse la tte1 prie et croit4 ,l'uvre que le succs exalte n'e/ pas *oisie mo9s au has>d que l'ho/ie p> les doigts du prtre2 mais sa div9it n'en e/ pas mo9s c]ta9e1 du mom5t qu'elle a t *oisie4 ,il faut respect] les arrts du de/9 et ne pas contr>i] la pit populaire4 ,,ii ,cep5dant1 il y a1 dit-on1 une e/htique4 ,il y en a mme plusieurs4 ,mais n\s n'en suppos]ons qu'une et que1 t\j\rs en pr9cipe1 elle ait de bonnes raisons oppos] au succs1 quel qu'il soit4 ,s'il y a une e/htique1 cela n\s oblige reconnatre qu'il y a un beau absolu1 et que les uvres sont juges belles en proportion de leur ressemblance avec cet idal vague et complaisant4 ,c'e/ cette e/htique1 son exi/5ce admise l'espace d'un mom5t1 qu'il s'agit d'ouvrir et de pass] au scalpel4 ,la s5sibilit qui cde au succs ou qui le provoque e/ =t intressante2 mais il s]a peut-tre p]mis de ne pas mpris] t\t fait et t\t d'abord la s5sibilit qui s'oppose au succs et qui nie l'uvre heureuse en tant qu'uvre belle4 ,ces deux s5sibilits1 galem5t spontanes1 ne sont pas galem5t pures4 ,la seconde e/ =t mle4 ,l'e/htique p> quoi elle se rsume1 aussi fragile que la morale1 e/ un mlange de croyances1 de traditions1 de raisonnem5ts1 d'habitudes1 de conceptions2 il y entre du respect1 de la peur et un apptit obscur de n\veaut4 ,sur des p5s]s n\veaux1 faisons des v]s antiques4 ,le vieux neuf1 voil ce que prconis5t t\tes les e/htiques1 c> il faut flatt] une ca/e selon ses n]fs et selon son rudition4 ,le jugem5t de l'arti/e en matire d'art e/ un amalgame de s5sations et de sup]/itions4 ,la f\le +nue n'a que des s5sations4 ,son jugem5t n'e/ pas e/htique4 ,ce n'e/ mme pas un jugem5t4 ,c'e/ l'aveu naf d'un plaisir4 ,il s'en suit ncessairem5t que seule la ca/e e/htique a qualit p\r jug] de la beaut des uvres et leur dfr] cette qualit4 ,la f\le cre le succs2 la ca/e cre la beaut4 ,c'e/ quival5t1 si l'on veut1 puisqu'il n'y a de hir>*ie ni dans les s5sations ni dans les actes et que t\t n'e/ que m\vem5t2 c'e/ quival5t1 mais diffr5t4 ,voil donc un po9t acquis4 ,en matire d'art1 l'op9ion de la s5sibilit s'oppose l'op9ion de l'intellig5ce4 ,la s5sibilit ne se s\cie que du plaisir2 qu' ce plaisir se joigne un lm5t intellectuel1 et voil l'e/htique4 ,la f\le peut dire3 cela me plat1 donc cela e/ beau2 elle ne peut pas dire3 cela me plat et cep5dant cela n'e/ pas beau1 ou3 cela me dplat1 et cep5dant cela e/ beau4 ,la f\le1 en tant que f\le1 ne m5t jamais2 le jugem5t e/htique e/ une des =mes les plus complexes du m5songe#db4 #db ,voir1 plus lo91 dans les ,femmes et le langage1 le m5songe considr comme la c>actri/ique de l'homme en opposition l'animalit4 ,la supriorit d'une race1 d'un gr\pe d'tres vivants1 e/ en raison directe de sa puissance de m5songe1 c'e/--dire de raction contre la ralit4 ,le m5songe n'e/ que la =me psy*ologique de la raction du ,v]tbr contre le milieu4 ,nietzs*e devanant la sci5ce1 dit3 ,le m5songe comme condition de vie4 ,il e/ bi5 vid5t qu'il n'y a pas de beau absolu1 non plus que de vrit1 de ju/ice1 d'am\r4 ,la beaut des potes1 la vrit des philosophes1 la ju/ice des sociologues1 l'am\r des ?ologi5s1 autant d'ab/ractions qui ne tomb5t s\s nos s5s et maladroitem5t1 que dlimites p> le ciseau du sculpteur4 ,comme ides conues dans le futur ou dans le pass1 elles exprim5t une c]ta9e concordance entre nos s5sations prs5tes et l'tat gnral de notre intellig5ce4 ,cela e/ surt\t s5sible p\r la vrit1 qui e/ bi5 une s5sation que notre intellig5ce ne contr$it pas2 mais telle autre intellig5ce la contr$it1 ou se tr\ve contr$ite p> des s5sations d'une int5sit ou d'un monde diffr5t4 ,l'ide de beaut a une orig9e motionnelle1 elle se ramne l'ide de procration4 ,il faut que la femelle qui s]a la mre soit con=me au type de la race1 c'e/--dire il faut qu'elle soit belle#dc4 ,la femme e/ mo9s exigeante1 peut-tre p>ce que l'homme ne transmet que trs peu de lui-mme ses desc5dants4 ,le premi] talon de la beaut a donc t la femme et1 en gnral1 le corps huma94 tre beau1 p\r un animal1 p\r un objet1 c'e/ avoir quelque *ose d'huma91 dans la =me1 dans le c>actre2 on peut dcrire un paysage avec des t]mes qui presque t\s convi5drai5t la beaut d'une femme1 et le m>bre a sa blan*eur1 et les saphirs sont ses yeux1 et le corail1 ses lvres4 ,il y a l t\t un vocabulaire de cli*s4 ,bi5 ent5du qu'il faudrait en corrig] quelques-uns et faire rem>qu] que c'e/ l'bne qui e/ noire comme des *eveux noirs et le cygne qui a un c\ de femme4 ,la beaut e/ si bi5 sexuelle que les seules uvres d'art inconte/es sont celles qui montr5t t\t bonnem5t le corps huma9 dans sa nudit4 ,p> sa p]svrance demeur] purem5t sexuelle1 la /atuaire grecque s'e/ mise p\r l't]nit au-dessus de t\tes les discussions4 ,c'e/ beau1 puisque c'e/ un beau corps huma91 tel que celui avec qui t\t homme ou t\te femme v\drait se jo9dre p\r se p]ptu] selon sa race4 #dc ,il y a un press5tim5t de cela dans cette rem>que 9dite1 rcemm5t publie1 de ,montesquieu2 ce qui fait la beaut1 c'e/ la con=mit3 ,e/htique4--,le pre ,buffi] a df9i la beaut3 l'assemblage de ce qu'il y a de plus commun4 ,qu& sa df9ition e/ explique1 elle e/ excell5te444 ,le pre ,buffi] dit que les beaux yeux sont ceux dont il y en a un plus gr& nombre de la mme faon2 de mme la b\*e1 le nez1 etc4 ,ce n'e/ pas qu'il n'y ait un beauc\p plus gr& nombre de vila9s nez que de beaux nez2 mais c'e/ que les vila9s sont de bi5 diffr5tes espces2 mais *aque espce de vila9s e/ en beauc\p mo9dre nombre que l'espce des beaux4 ,c'e/ comme si1 dans une f\le de c5t hommes1 il y a dix hommes habills *acun d'une c\leur p>ticulire3 c'e/ le v]t qui dom9e4 ,mais un autre fait plus obscur1 quoique non mo9s c]ta91 p]met de ram5] p> un autre *em9 l'ide de beaut l'ide mme de sexualit4 ,c'e/ ceci1 que t\tes les motions huma9es1 quels que soi5t leur ordre1 leur nature et leur int5sit1 ret5tiss5t plus ou mo9s sur le rseau n]veux gnital4 ,la pa?ologie sexuelle a mis cela en lumire4 ,les p>fums aussi bi5 que l'odeur ou la vue du sang1 le bruit et la *aleur1 le travail intellectuel et le travail musculaire1 le repos et la fatigue1 l'ivresse et l'ab/95ce1 les s5sations les plus contradictoires favoris5t l'essor sexuel4 ,d'autres1 telles que la peur1 le froid1 la contr>it1 rico*5t aussi v]s un c5tre vois9 et intriqu dans le rseau gnital4 ,voyez le premi] *apitre d',en ,mnage1 o ,m4 ,huysmans dcrit l'effet produit sur un tre d\x et n]veux p> la dc\v]te d'un amant *ez sa femme4 ,p>mi les motions qui ret5tiss5t le plus srem5t sur t\t organisme un peu s5sible1 il faut plac] au premi] rang les motions e/htiques4 ,et a9si elles ret\rn5t leur orig9e4 ,ce qui porte l'am\r semble beau2 ce qui semble beau porte l'am\r4 ,il y a l un entrelacs indniable4 ,on aime une femme p>ce qu'elle e/ belle2 et on la juge belle p>ce qu'on l'aime4 ,il en e/ de mme de t\tes les *oses qui p]mett5t des associations d'ides sexuelles et de t\tes les motions qui ret5tiss5t sur le sy/me gnital4 ,mais il n'e/ pas du t\t ncessaire p\r qu'une uvre d'art veille des ides d'am\r1 qu'elle n\s prs5te un tableau s5suel3 il suffit qu'elle soit belle1 qu'elle soit captivante4 ,elle passionne3 o *]*]ons-n\s le sige de cette passion8 ,le c]veau n'e/ qu'un c5tre de transmission2 ce n'e/ pas un ab\tissem5t4 ,c'e/ une erreur heureuse et mritoire d'avoir fait du c]veau de l'homme le c5tre absolu de l'homme2 mais c'e/ une erreur4 ,le seul b naturel de l'homme e/ la reproduction4 ,s'il y avait un autre b son activit1 il ne s]ait plus un animal2 et n\s tombons dans le *ri/ianisme4 ,revoici l'me1 le dmrite et t\t le j>gon des m>*&s d'orvitan spirituali/e4 ,la consci5ce de l'motion s'labore au mom5t o l'motion y passe1 mais elle ne fait que pass] en laissant son image1 et elle desc5d dans les re9s4 ,cette manire de p>l] e/ peut-tre figure1 et1 d'ailleurs1 il ne s'agit pas d'excitations int5ses et =tem5t localises4 ,on veut seulem5t dire que l'motion e/htique met l'homme en un tat favorable la rception de l'motion rotique4 ,cet tat e/ donn aux uns p> la musique1 d'autres p> la pe9ture1 le drame4 ,j'ai connu un homme1 il e/ vrai d'un c]ta9 ge1 qui p\vait tromp] un dsir sexuel en feuilletant des albums d'e/ampes4 ,l'exemple inv]se s]ait sans d\te mo9s p>adoxal3 l'motion e/htique e/ celle dont l'homme se laisse le plus facilem5t di/raire p> l'am\r1 tellem5t le passage e/ ais1 presque fatal4 ,cette union intime de l'art et de l'am\r e/ d'ailleurs la seule explication de l'art4 ,sans cela1 sans ce ret5tissem5t gnital1 il ne s]ait pas n1 et sans cela il ne s]ait pas p]ptu4 ,il n'y a ri5 d'inutile dans les pr(ondes habitudes huma9es3 t\t ce qui a dur e/ donc ncessaire4 ,l'art e/ complice de l'am\r4 ,l'am\r t1 il n'y a plus d'art2 et l'art t1 l'am\r n'e/ plus gure qu'un beso9 physiologique4 ,mais il s'agit mo9s de l'art ici que de sa puissance motionnelle1 et il faut alors rang] s\s le nom d'art t\t ce qui e/ spectacle ou jeu1 t\t le div]tissem5t qui se pr5d en public ou propos duquel on se communique ses impressions4 ,un feu d'artifice peut m\voir t\t comme une tragdie2 la seule hir>*ie e/ celle de l'int5sit4 ,or1 il n'e/ pas d\teux que le succs d'une uvre d'art n'augm5te =tem5t sa puissance motionnelle sur le commun des hommes4 ,de l1 p\r la f\le1 cette croyance trs naturelle que t\te uvre e/ belle1 qui a du succs1 et que les *utes sont t\j\rs mrites et les dda9s4 ,en somme1 ce que la ca/e appelle beaut1 le peuple l'appelle succs2 mais il a appris des ari/ocrates ce mot vraim5t dnu de s5s p\r lui1 et il s'en s]t p\r rehauss] la qualit de ses plaisirs4 ,cela n'e/ pas t\t fait illgitime1 succs et beaut ayant une orig9e commune dans les motions1 la seule diffr5ce mme des sy/mes n]veux o elles ont volu4 ,et d'ailleurs trs peu d'hommes sont capables d'une orig9ale motion e/htique2 la plup>t de ceux qui l'pr\v5t ne font qu'obir t\t comme le peuple1 la sugge/ion d'un matre1 au comm&em5t de leurs s\v5irs1 aux influ5ces de leur milieu1 la mode4 ,il y a une beaut de passage aussi prcaire que les succs d'eng\em5t4 ,une uvre d'art vante p> la ca/e d'auj\rd'hui s]a mprise p> la ca/e de dema92 et il en re/]a mo9s peut-tre que de l'uvre dlaisse p> la ca/e et acclame p> le peuple4 ,c> le succs e/ un fait dont l'importance crot avec la p\ssire qu'il s\lve1 avec le nombre des fidles qui sont v5us et qui l'accompagn5t en cortge4 ,les motions de la ca/e et les motions du peuple sont de/9es un mme ab\tissem5t4 ,la nature1 qui ne fait pas de sauts1 ne fait pas de *oix4 ,il s'agit de faire des enfants4 ,l'odorat du gr&-paon 7ou un s5s analogue7 e/ si dvelopp qu'une l>ve femelle de ce papillon r>e attire1 le j\r de son closion1 une nue de mles l o la veille on n'en voyait aucun4 ,cette acuit s]ait absurde si elle ne s]vait au gr&-paon qu' se *oisir une n\rriture plus dlicate p>mi le tr\peau des fleurs1 ou1 d'une faon quelconque1 augm5t] son plaisir et son avancem5t spirituel1 la culture de son intellig5ce4 ,elle s]t au gr&-paon mieux faire l'am\r2 c'e/ son s5s e/htique4 ,cep5dant1 il e/ des natures huma9es1 mo9s diffuses ou plus rfractaires1 *ez lesquelles les motions ne ret5tiss5t pas v]s le c5tre de gr&e s5sibilit1 soit que ce c5tre soit atrophi1 ou que le c\rant motionnel ait r5contr sur son p>c\rs un ob/acle1 une digue1 un t]ra9 imp]mable4 ,usons1 sans prjug] de la ju/esse de l'analogie1 des comp>aisons les plus communes et les plus frappantes4 ,un c\rant lectrique e/ lanc dans un fil en vue de crer un m\vem5t2 le fil tombe appuy sur un morceau de bois2 et au lieu de m\vem5t il se produit de la *aleur3 le tra9 brle1 que l'on v\lait faire r\l]4 ,l'motion en r\te v]s le s5s gnital qu'elle a mission d'veill] r5contre un c5tre de rsi/ance2 elle s'y brise1 elle s'y tord sur elle-mme1 mais s'y in/alle2 et t\tes celles du mme ordre qui pass]ont p> le mme c5tre auront le mme sort4 ,il s'agissait de faire t\rn] une r\e1 voici un feu d'artifice2 il s'agissait de cons]v] l'espce1 voici que nat l'ide de beaut4 ,l'motion e/htique1 et alors s\s sa =me la plus pure1 la plus ds9tresse1 n'e/ donc qu'une dviation de l'motion gnitale4 ,l',aphrodite qui n\s entranait son culte ne n\s tr\ble plus2 la femme s'e/ van\ie1 il re/e de nobles =mes1 des lignes agrables1 mais un *eval aussi e/ beau1 et un lion et un buf4 ,heureux arrt de circulation qui n\s a p]mis de rfl*ir1 de comp>]1 de jug]6 ,le c\rant n\s jetait v]s la sur de la desse2 il n\s en loigne1 c> elle e/ mo9s belle6 ,on p\rrait suppos] que c'e/ dans la rgion intellig5ce que le c\rant motionnel s'e/ diffus1 =mant a9si ce mlange d'motion et d'intellig5ce qui n\s donne le s5s e/htique4 ,l'intellig5ce e/ un accid5t2 le gnie e/ une cata/rophe4 ,il faut bi5 se g>d] mme des rves d'un tat social o rgn]ai5t uni=mes la sant1 l'quilibre1 l'quit1 la modration1 l'ordre1 o les cata/rophes s]ai5t impossibles et les accid5ts trs r>es4 ,l'intellig5ce huma9e e/ c]ta9em5t la consqu5ce de ce que n\s appelons navem5t le mal2 s'il ne se =mait pas des c\pures ou des nuds dans les fils1 si l'motion atteignait t\j\rs son b1 les hommes s]ai5t plus =ts et plus beaux et leurs maisons p>faites comme des t]mitires2 seulem5t le monde n'exi/]ait pas4 ,,iii ,avant de ret\rn] v]s notre po9t de d"p1 voici un rsum3 ,deux sortes d'motions conc\r5t la =mation du s5s e/htique3 les motions de nature gnsique et t\tes les autres motions1 quelles soi5t-elles1 selon une proportion qui v>ie l'inf9i avec *aque homme4 ,les premires sont celles que n\s ress5tons la reprs5tation p>faite du type de notre race4 ,apollon e/ beau1 p>ce qu'il e/ le mle huma9 dans t\te sa puret4 ,p\r la plup>t des hommes1 t\te ide adv5tice c>te rig\reusem5t1 la vue de ce m>bre e/ agrable1 p>ce qu'elle voque le dsir1 soit directem5t1 soit selon le sexe1 p> contre vocation4 ,on se s\vi5t du mot de ,/5dhal3 la beaut1 c'e/ une promesse de bonheur4 ,la philosophie s5suali/e qui p]mettait cette df9ition n'tait po9t sotte4 ,il s]a ncessaire d'y rev5ir avec la sci5ce p\r po9t d'appui4 ,c'e/ donc1 en somme1 p\r qualifi] la promesse de bonheur qu'on a inv5t le mot beaut4 ,et ce mot a t successivem5t appliqu t\t ce qui promet aux hommes la ralisation d'un de leurs autres dsirs t\j\rs plus nombreux et t\j\rs plus complexes2 et ensuite1 le beso9 motionnel s'tant extrmem5t dvelopp1 t\tes les causes d'motions1 mme t]ribles1 mme sanglantes4 ,mais ces motions de t\te nature1 qui font la vie mme de l'homme1 elles ont un b--comme l'odorat du gr&-paon--elles pntr5t en n\s p\r n\s rappel] que notre unique devoir de cratures vivantes e/ la cons]vation de l'espce2 quel que soit le s5s qu'elles ai5t frapp d'abord1 elles rebondiss5t de l v]s le c5tre de la s5sibilit gnrale4 ,je songe ces amants romantiques qu'on vit1 envelopps p> l'orage1 se possd] avec fureur1 ou l'motion d\ce de ,tibulle1 quam juvat immites444 ,les horribles1 /upides et sauvages tragdies dont se dlectai5t les ,grecs et les ,franais de l'anci5 rgime1 c'tai5t des philtres1 et ri5 de plus4 ,si de gr&s potes 7comme les femmes1 les gr&s potes n'ont ni gt ni dgt7 n'avai5t pris la pe9e de rep5s] les hi/oires d',ore/e1 de ,?ye/e1 de ,polynice1 n\s les jug]ions telles que le dlire d'une socit en enfance ou en abjection4 ,il n'e/ pas une tragdie de ,rac9e qui n'ait t j\e c5t fois en c\r d'assises p> des comp>ses hideux4 ,on tr\v]a si l'on veut dans les traits spciaux de ,ball1 de ,b9et et dans les ouvrages de vulg>isation1 des exemples de la trans=mation en acte sexuel d'une s5sation quelconque4 ,ici1 il n'y a pas de catgories2 c'e/ l'illimit4 ,on a vu des hommes auxquels l'odeur des pommes p\rries donne des motions =tes et ncessairem5t sexuelles4 ,s*ill] en avait t\j\rs une provision dans le tiroir de sa table de travail2 mais comme il possdait un passage rfractaire o se brisai5t1 en gr&e p>tie1 les c\rants motionnels1 il faisait des v]s1 au lieu de faire l'am\r1 ayant respir des pommes p\rries4 ,voici donc t\te une classe d'hommes *ez lesquels les motions arrtes moiti *em9 se trans=m5t en intellig5ce1 en gt e/htique1 en religiosit1 en moralit1 en cruaut1 selon les milieux et les circon/ances et d'aprs un mode dynamique des plus obscurs4 ,on peut mme dire que cette trans=mation des motions se fait1 peu ou beauc\p1 *ez t\s les hommes2 il arrive aussi que les motions ret5tiss5t presque galem5t dans t\tes les directions1 qu'une p>tie notable aille v]s les c5tres gnitaux et qu'il en re/e assez en *em9 p\r produire un gr& philosophe1 un gr& arti/e ou un gr& crim9el4 ,l'am\r semble p>ticulirem5t li la cruaut1 soit p> son abs5ce1 soit p> son excs4 ,la mimique de la cruaut e/ exactem5t celle de l'am\r sexuel2 ,du*5ne de ,b\logne a pr\v cela p> ses expri5ces4 ,en des types tels que ,torquemada ou ,robespi]re1 les motions n'ab\tiss5t pas au s5s gnital2 elles se heurt5t un ob/acle qui les incl9e v]s un autre c5tre2 au lieu de se trans=m] en beso9 de reproduction1 elles se trans=m5t en beso9 de de/ruction4 ,mais il y a le type nroni5 et le type sadique o la sexualit et la cruaut s'exalt5t ensemble et s'en*evtr5t4 ,ce sont des hommes capables de plus =tes sec\sses motionnelles que les autres hommes4 ,quoique divis et rp>ti v]s deux buts1 le c\rant re/e assez =t p\r produire des actes trs int5ses4 ,le mme phnomne app>at1 quoique d'un ordre plus rassurant1 qu& la puissance intellectuelle s'ex]ce en mme temps que la puissance gnitale4 ,t\t homme capable d'motion e/ capable d'am\r et en mme temps soit de cruaut1 soit d'intellectualit1 soit de religiosit2 mais il arrive que le c\rant motionnel e/ t\t enti] absorb p> l'une des activits huma9es1 et l'on a une v>it de types extrmes1 l'autre v>it tant f\rnie p> les hommes d'une gr&e rceptivit motionnelle et p> consqu5t d'une gr&e div]sit d'aptitudes4 ,mais re/ons dans la moy5ne de l'humanit et dans la "q e/htique4 ,selon l'importance de la drivation du c\rant motionnel1 on aura1 p> exemple1 un spectateur qui reti5dra de la tragdie t\t ce qu'elle a de beaut pure ou =te1 qui sortira en l'tat d'motion intellectuelle1 mo9s s5sible au meurtre qu' la c\rbe du ge/e qui frappe1 aux imprcations1 aux p\vantes1 qu' la =me musicale qui les limite1 les enf]me1 les fait vivre2 on aura aussi un spectateur qui1 malgr quelques lueurs d'motion intellectuelle1 sort du ?tre peu prs comme d'une sance de boxe ou d'une corrida4 ,voil les extrmes4 ,l'un devant une /atue p>faite j\it de la grce des c\rbes1 songe3 quelle belle uvre6 l'autre s'crie3 quelle belle femme6 ,entre ces deux types1 il y a t\t un jeu de nuances4 ,p\r le type moy51 l'ide de beaut n'exi/e gure2 il jug]a de l'uvre d'aprs l'int5sit ou la qualit de son motion4 a lui donne du plaisir1 ou le laisse froid1 et voil t\t4 ,le type moy5 e/ celui qui dt]m9e les succs en art2 il faut plaire au type moy51 il faut l'm\voir4 ,les reprs5tants de la ca/e e/htique jug5t aussi une uvre d'art p> l'motion qu'ils ont pr\ve1 mais cette motion e/ d'un ordre t\t p>ticuli]3 c'e/ l'motion e/htique4 ,seules1 p\r eux1 app>ti5n5t l'art1 la catgorie de la beaut1 les uvres1 qui peuv5t donn] l'motion1 le frisson e/htique4 ,a9si se sont tr\ves exclues de l'art les uvres1 utilitaires1 moralisatrices1 sociales1 ayant un b quelconque en dehors de ce b prcis et exclusif1 l'motion e/htique2 et aussi les uvres trop sexuelles1 dont l'appel l'ex]cice gnital e/ trop direct1 quoiqu'elles rpond5t1 mais alors avec une cl>t excessive1 l'ide premire que les hommes ont eue de la beaut arti/ique4 ,a9si s'e/ =me cette catgorie e/htique qui1 t]nellem5t in/able1 allant du ralisme l'idalisme 7un c]ta9 idalisme71 du s5tim5talisme la brutalit1 de la religiosit au s5sualisme1 n'en e/ pas mo9s un j>d9 clos4 ,l'art e/ donc ce qui donne une motion pure1 c'e/--dire sans vibrations hors d'un gr\pe limit de cellules1 ce qui n'invite ni la v]tu1 ni au patriotisme1 ni la dbau*e1 ni la paix1 ni la gu]re1 ni au rire1 ni aux l>mes1 ni ri5 qui ne soit l'art lui-mme4 ,l'art e/ impassible1 et1 comme a dit de l'am\r un vieux pote itali51 non piange n ride4 ,ceci n'a ri5 ni de rationnel1 ni de ju/e1 ni de con=me aucune vrit4 ,il s'agit des usages d'une ca/e intellectuelle4 ,ne d'une imp]fection du sy/me n]veux1 l'ide de beaut s'e/ agrg en *em9 t\tes sortes de rgles1 de prjugs1 de croyances1 d'habitudes1 et il s'e/ =m un canon dont la =me1 sans tre absolue1 n'oscille un mom5t donn qu'entre c]ta9es limites4 ,la re/riction e/ ncessaire4 ,t\s les hommes raff9s d'une poque s'ent5d5t sur l'ide de beaut4 ,auj\rd'hui1 p> exemple1 il y a des pi]res de t\*e3 ,v]la9e1 ,mall>m1 ,rod91 ,monet1 ,nietzs*e4 ,av\] qu'on n'e/ pas mu p> les ,ma9s1 p> ,hrodiade1 p> l've1 p> les ,ca?drales1 p> ,z>a?\/ra1 c'e/ av\] qu'on e/ dp\rvu du s5s e/htique4 ,mais des uvres d'un t\t autre ton fur5t admires jadis p> le mme gr\pe huma94 ,de ,rons>d ,victor ,hugo1 le pr9cipe de la beaut fut *]* dans l'imitation4 ,on imita les ,anci5s1 les ,itali5s1 les ,espagnols1 les ,anglais4 ,au d]ni] sicle1 ce fut la qute de l'orig9alit2 et cela donna mme1 il y a quelques annes1 un excs de fausses notes1 mais une musique mo9s plate1 en somme1 que celle dont on avait si longtemps fatigu les muses4 ,non pas qu'on ait mo9s imit1 mais on le fit avec l'illusion de crer du n\veau1 et l'illusion e/ presque t\j\rs fconde4 ,la ,france e/ d'ailleurs le pays o l'ide de beaut a subi le plus de v>iations1 tant peuple d'hommes vifs et curieux1 t\j\rs aux aguets de ce qui se passe et prts faire connaissance avec t\t ce qui e/ trang] et n\veau1 quitte en rire si ce n\veau ne convi5t pas leur tempram5t4 ,notre s5s e/htique a donc des caprices4 ,mais1 v>iable hi/oriquem5t1 il e/ assez solide un mom5t donn4 ,il y a une ca/e e/htique auj\rd'hui2 il y en eut t\j\rs une1 et l'hi/oire de la littrature franaise n'e/ gure autre *ose que le catalogue raisonn des uvres qui fur5t successivem5t lues p> cette ca/e4 ,les succs s'labor5t dans la rue2 la gloire sort des cnacles4 ,comme il n'y a pas d'exemples du contraire1 il faut bi5 admettre cela comme un fait2 et aussi que les cnacles se dgt5t des gloires qui leur *app5t et se mett5t c\rir les rues4 ,un fait e/ t\j\rs lgitime1 tant t\j\rs logique1 mais on peut lui oppos] les rpugnances de sa propre s5sibilit ou d'un gr\pe de s5sibilits4 ,c'e/ ce que fait la f\le s\s la conduite de quelques esprits moy5s1 in/ruits1 bons avocats1 puisqu'ils hass5t la maison qu'ils combatt5t et qui ne les connat pas4 ,aux rputations s\v5t =t obscures du gr\pe e/htique on voit donc sans cesse opposes les clbrits du succs4 ,il e/ facile de dup] le peuple en lui montrant ici la pauvre lampe solitaire1 et l l'clat des globes crus et le rutilem5t des tulipes2 mais le peuple n'a gure beso9 d'enc\ragem5ts2 il m>*e naturellem5t v]s ce qui l'bl\it4 ,cela aussi e/ un fait1 et cela aussi e/ lgitime4 ,le public1 m5 p> des b]g]s s\rnois1 a tort de mpris] la lueur confuse des toiles2 mais la ca/e e/htique a tort de rire des plaisirs du peuple4 ,elle a tort aussi d'accap>] c]ta9s mots et de refus] le nom d'uvre d'art des compositions qui ont exactem5t comme celles qu'elle admire1 p\r b de suscit] des motions4 ,c'e/ une "q de qualit1 non d'ess5ce4 ,elle s\ffre mo9s de voir applaudie une pauvret que ddaigne une uvre vritable4 ,son jugem5t1 si adroit dpi/] le faux art1 faiblit s\da91 et elle se f*e qu'un sectateur du gt populaire ne s'incl9e pas devant ses admirations4 ,c'e/ t\j\rs une erreur d'en appel] la ju/ice2 mais c'e/ de la dm5ce d'en appel] la ju/ice d'un gr\pe social4 ,il faut laiss] cela et s'enf]m] dans une op9ion comme dans une t\r4 ,on p\rrait gorg] c5t fanatiques de ,quo vadis plutt que de les conva9cre1 et avec mo9s de fatigue4 ,la ju/ice littraire e/ une absurdit4 ,elle suppose la p>it des motions en des hommes d'une catgorie physiologique diffr5te4 ,une uvre e/ belle p\r ceux qui elle donne des motions4 ,la s5sibilit e/ incorruptible1 aussi bi5 celle du populaire que celle des cnacles2 elle e/ incorruptible comme le gt et comme l'odorat4 ,jadis on avait imag9 un gt en soi1 un gt absolu qu'on adorait dans un temple4 ,ri5 de plus ridicule2 et ri5 de plus tyrannique4 ,laissons les hommes *]*] librem5t leurs plaisirs4 ,les uns veul5t qu'on leur torde les entrailles2 d'autres1 qu'on leur db\*e la rate2 d'autres1 qu'on leur p]ce le cur4 ,il faut des in/rum5ts div]s p\r *acune de ces oprations2 l'art e/ une *irurgie dont la tr\sse e/ ri*e et une ph>macope aux fioles de t\tes =mes et de t\tes odeurs4 ,on p>le trs srieusem5t--c'e/--dire sans rire--d'initi] le peuple l'art4 ,en t]mes mo9s vagues1 correspondant une c]ta9e ralit sci5tifique1 il s'agirait de faonn] a9si la physiologie du commun des hommes que l'motion au lieu d'ab\tir au c5tre gnital se diffust v]s le c5tre e/htique4 ,l'entreprise n'e/ pas des mo9dres4 ,pauvre peuple6 ,comme on se j\e de lui et qu'ils sont /upides1 en leur bont1 ses matres intellectuels6 ,ils croi5t vraim5t que le gt de la pe9ture1 de la musique1 de la posie1 cela s'appr5d comme l'or?ographe ou la gographie6 ,et qu& cela s]ait1 et qu& on aurait donn quelques admirations quelques ouvri]s8 ,quelle importance cela a-t-il que le peuple n'admire pas ce que n\s admirons8 ,il aurait t\t aussi bi5 le droit d'exig] de n\s le p>tage de ses en?\siasmes4 ,il n'y a pas d'absolu e/htique4 ,ce qui e/ beau1 c'e/ ce qui n\s meut2 mais n\s ne p\vons tre mus que dans la mesure de notre rceptivit motionnelle et selon l'tat de notre sy/me n]veux4 ,l'ins5sibilit ce que n\s nommons la beaut1 ide trs complexe ds qu'on s'loigne de la pla/ique huma9e1 ne s]ait en somme que le tmoignage d'un organisme sa91 d'un c]veau normal1 o les c\rants n]veux vont droit leur b1 sans dviations4 ,mais cet tat semble r>e4 ,t\s les hommes sont aptes recevoir c]ta9es motions e/htiques1 et t\s en sont avides2 mais presque aucun ne se s\cie de la qualit de cette motion4 tre mu1 voil l'important4 ,nul monum5t depuis les ca?drales1 et peut-tre depuis les pyramides1 n'a remu comme la t\r ,eiffel la s5sibilit e/htique de l'humanit4 ,devant tant de f]raille en hauteur1 la btise elle-mme e/ dev5ue lyrique1 la sottise a mdit1 l't\rd]ie a rv2 il tombait de l comme un orage d'motions4 ,on *]*a le dt\rn]2 il tait trop t>d1 le succs tait v5u4 ,plus une uvre reoit d'admirations1 plus elle se fait belle p\r la f\le4 ,elle se fait belle et presque vivante2 des ondes motionnelles s'en dta*5t et vi5n5t1 a9si que des vagues1 df]l] sur le peuple enivr et haletant2 l'organisme t\t enti] e/ en fte2 /upide et beau1 le gnie de l'espce s\rit dans l'ombre4 ,tel e/ le rle social de l'art4 ,il e/ imm5se4 ,il y a un oiseau d',au/ralie qui se btit p\r nid une l>ge cabane o il sme t\t ce qu'il tr\ve de caill\x brillants2 le mle1 p>mi cette mosaque1 danse un grave m5uet devant sa compagne tr\ble2 et c'e/ l'art surpris son obscure naissance1 au mom5t o il e/ li troitem5t l'expansion de l'in/9ct gnital4 ,un caill\ r\ge donne une motion un oiseau1 et cette motion surexcite son dsir4 ,tel e/ le rle social de l'art4 ,il faut que le peuple admire--et p> peuple1 ici j'ent5ds l'ensemble des hommes1--il faut qu'il pr\ve des motions e/htiques1 il faut que ses n]fs trembl5t s\s de longues vibrations1 il faut que ses am\rs soi5t ri*es et compliques3 mais qu'importe d'o vi5t le nuage1 p\rvu qu'il pleuve6 ,je n'ai v\lu que montr] la lgitimit de t\te motion e/htique1 quelle que soit sa s\rce1 et de t\t succs1 quelle que soit sa qualit2 mais on me croira volonti]s si j'av\e que je g>de mes prfr5ces p\r telle =me de l'art1 p\r telle expression de beaut4 ,je m'c>te en ceci du s5tim5t commun1 que je ne crois pas utile de gnralis] des op9ions1 d'enseign] des admirations4 ,=c] d'admir] e/ aussi m*ant que de =c] d'entr]4 ,c'e/ *aque homme de se donn] l'motion qui lui e/ ncessaire et la morale qui lui convi5t4 ,l'ne d',apule v\drait bi5 br\t] des roses p>ce qu'il repr5drait aussitt la =me huma9e4 ,c'e/ une trs bonne ide de br\t] des roses1 c'e/ une m?ode de dlivrance4 #aija4 ,,valeur ,,de ,l',,in/ruction ,sans tre aussi rp&ue qu'elle p\rrait l'tre et qu'elle le s]a1 l'in/ruction e/ =t en faveur4 ,on vit de mo9s en mo9s et on appr5d de plus en plus4 ,la s5sibilit capitule devant l'intellig5ce4 ,j'ai vu rire de qui reg>dait avec att5tion et avec plaisir une feuille morte2 on n'aurait pas ri d'ent5dre murmur] ce propos quelque nom5clature2 mais d'autres hommes1 sans ignor] les manuels1 e/im5t que la vritable sci5ce doit tre s5tie d'abord comme un plaisir4 ,ce n'e/ pas la mode2 la mode e/ de s'in/ruire dans les seuls livres et aux lvres de ceux qui rcit5t des livres4 ,corneille ,agrippa1 qui possdait t\t le savoir de son temps1 et davantage1 s'e/ amus rdig] un ,p>adoxe sur l'inc]titude1 vanit et abus des sci5ces#dd2 on p\rrait le repr5dre1 mais sur un autre ton1 c> il n'e/ pas ncessaire qu'une sci5ce soit inc]ta9e1 va9e et abusive1 p\r tre inutile celui qui la cultive2 et p> contre la c]titude d'une sci5ce1 son intrt et sa lgitimit ne lui confr5t pas un droit absolu la rg5ce des esprits4 ,on convi5drait mme volonti]s de l'absurdit d'un dbat sur la c]titude ou l'inc]titude des sci5ces2 il y en a d'alatoires1 mais que les g5s lg]s ou intresss seuls qualifi5t a9si2 le mot sci5ce conti5t p> df9ition l'ide de vrit objective1 et il faut s'en t5ir l sans autres conte/ations et concd] mme cette vrit objective1 quelque rpugnance que l'on pr\ve devant le m>iage indissoluble de deux mots alors ironiques4 #dd uvre1 cont9ue le traducteur1 qui peut pr(it]1 et qui apporte m]veilleux cont5tem5t ceux qui frqu5t5t les c\rs des gr&s seigneurs1 et qui veul5t appr5dre disc\rir d'une inf9it de *oses contre la commune op9ion4--,s4 ,l4 #afjc4 ,aussi bi5 il ne s'agit pas de la sci5ce1 mais de l'in/ruction dont la sci5ce e/ la matire ou le prtexte4 ,quelle e/ la valeur de l'in/ruction8 ,quelle sorte de supriorit cela peut-il confr] une intellig5ce moy5ne6 ,l'in/ruction1 si elle e/ p>fois un le/1 n'e/-elle pas le plus s\v5t un f>deau8 n'e/-elle pas aussi1 et plus s\v5t encore1 un sac de sel qui fond sur les paules de l'ne aux premi]s orages de la vie8 ,et a9si de suite4 ,l'in/ruction e/ de deux sortes1 selon qu'elle e/ utile ou de p>ure4 ,l'a/rologie mme peut dev5ir une sci5ce pratique1 si l'a/rologue y tr\ve le pa9 quotidi52 mais quoi cela peut-il bi5 tre bon1 s9on peut-tre lui fauss] l'esprit1 qu'un magi/rat connaisse la gomtrie8 ,t\t ce qui conc]ne son mti]1 le dess9 et l'ar*ologie mme et t\tes les notions de cet ordre s]ont pr(itables un m5uisi] intellig5t2 mais quoi lui s]virait1 s9on peut-tre entrav] son activit1 une ?orie e/htique8 ,qu& elle ne tr\ve pas s'appliqu] et se monnay]1 l'in/ruction e/ un l+ot qui dort s\s une vitr9e2 cela e/ inutile1 pas trs curieux et sans beaut4 ,il e/ beauc\p "q en c]ta9s milieux politiques de l'in/ruction intgrale4 ,cela signifie sans d\te que t\t doit tre enseign t\s1 et aussi1 qu'une notion univ]selle et vague s]ait un gr& bi5fait1 un gr& rcon=t p\r n'importe quelle intellig5ce2 mais l'on confond dans ce raisonnem5t la matire et la =me4 ,l'intellig5ce1 qui a une =me gnrale et commune1 en a une p>ticulire en *aque homme4 ,comme il y a plusieurs mmoires1 il y a plusieurs intellig5ces2 et *acune de ces intellig5ces1 modifie p> les physiologies propres1 dt]m9e les individus intellectuels4 ,lo9 que t\t puisse tre avec fruit enseign t\s1 il semble bi5 qu'une intellig5ce donne ne peut recevoir1 sans dang] p\r sa contexture mme1 que les g5res de notions qui y pntr5t sans ef=t4 ,si l'on s'tait habitu donn] aux mots les seules significations relatives qu'ils comport5t1 in/ruction intgrale v\drait dire t\te la sorte d'in/ruction qui e/ compatible avec la morphologie inconnue d'un c]veau2 dans la plup>t des cas1 la quantit de cette in/ruction se rduirait ri51 c> la plup>t des intellig5ces sont incultivables4 ,du mo9s p> les procds actuels qu'un seul t]me rsume3 l'ab/raction4 ,on a f9i p> admettre dans les milieux enseignants que la vie ne peut tre connue que s\s la =me du disc\rs4 ,qu'il s'agisse de posie ou de gographie1 la m?ode e/ la mme3 une diss]tation qui rsume le sujet et qui a la prt5tion de le reprs5t]4 ,f9alem5t l'in/ruction e/ dev5ue un catalogue m?odique de mots1 et la classification remplace la connaissance4 ,un homme1 le plus intellig5t et le plus actif1 ne peut acqurir qu'un =t petit nombre de notions directes et prcises2 ce sont cep5dant les seules qui soi5t vraim5t pr(ondes4 ,l'enseignem5t ne donne que l'in/ruction2 la vie donne la connaissance4 ,l'in/ruction a du mo9s cet avantage d'tre de la connaissance gnralise1 sublime1 et p\vant cont5ir1 s\s un petit volume1 une gr&e quantit de notions2 mais1 dans la plup>t des esprits1 cette n\rriture trop cond5se re/e neutre et ne f]m5te pas4 ,ce que l'on appelle la culture gnrale n'e/ le plus s\v5t qu'un ensemble d'acquisitions mnmoniques1 purem5t ab/raites et dont l'intellig5ce e/ incapable de faire la projection sur le plan de la ralit4 ,sans une imag9ation trs vivante et active dans t\s les s5s1 les notions confies la mmoire se dess*5t dans un sol in]te2 l'eau qui les amollit et le soleil qui les mrit sont ncessaires la g]m9ation des gra9es4 ,il vaut mieux ignor] que de savoir mal1 ou peu1 ce qui e/ la mme *ose4 ,mais sait-on ce que c'e/ que l'ignorance8 ,il faut avoir appris tant de *oses p\r la gt] et la compr5dre6 ,ceux qui en p\rrai5t j\ir p> tat ont trop d'illusion sur eux-mmes p\r s'y rcrer fran*em5t2 et ceux qui le v\drai5t sont trop lo9 de l'innoc5ce premire4 ,il y a eu des mom5ts dans la civilisation o des hommes savai5t t\t2 ce n'tait pas beauc\p4 tait-ce beauc\p mo9s que t\te la sci5ce d'auj\rd'hui8 ,cette relativit peut n\s faire rfl*ir sur la valeur de l'in/ruction2 elle n\s s]vira aussi la qualifi]4 ,l'in/ruction n'e/ jamais que relative2 elle doit donc tre pratique4 ,m4 ,b>rs1 dans son d]ni] roman#de1 fait pr(r] p> un dput du type ,burdeau cette maxime politique3 ,la v]tu e/1 comme le patriotisme1 un lm5t dang]eux excit] dans les masses4 ,a ces deux ab/ractions1 il faudrait peut-tre jo9dre t\tes les autres af9 de prononc] un o/racisme gnral contre t\tes les ides qui n'ont pas t d'abord df9ies4 ,et cela ne v\drait pas dire qu'il faut proscrire les v]tus ou les s5tim5ts patriotiques2 mais seulem5t ceci3 que ri5 n'e/ plus mauvais p\r la sant d'une intellig5ce moy5ne que le jeu des mots ab/raits1 que cette fausse sci5ce v]bale qui se tr\ve sans application ds qu'on va p>ticip] la vie relle4 ,il ne s'agit pas d'tre v]tueux2 comm5t ralis] un mot qui e/ la syn?se de plusieurs idaux contradictoires8 ,il s'agit d'accommod] sa nature aux conditions vitales du milieu et aux traditions morales4 ,il ne s'agit pas d'tre patriote2 il s'agit de df5dre contre les animaux trang]s la puret de la fonta9e o l'on boit4 ,il ne s'agit pas de savoir quel e/ le pr9cipe ab/rait o p\rrait bi5 pr5dre sa s\rce le l>ge fleuve des ides gnrales2 il s'agit de faire de sa vie un acte de confiance1 la fois et un acte de prud5ce4 ,il s'agit surt\t de g>d] assez de navet p\r respir] avec joie l'air social tel qu'il e/ et assez de s\plesse p\r obir sans l*et aux lois lm5taires de la vie4 #de ,l',appel au soldat4 ,la vie e/ une suite de s5sations relies p> des tats de consci5ce4 ,qu& on n'a pas un organisme tel que la notion ab/raite r$esc5de v]s les s5s ds qu'elle a t comprise2 si le mot ,beaut ne v\s donne pas une s5sation visuelle2 si v\s ne s5tez pas mani] les ides un plaisir physique1 peu prs comme c>ess] une paule ou une t(fe1 laissez les ides4 ,qu& le meuni] n'a pas de bl m\dre1 il f]me ses vannes et dort1 ou va se prom5]2 mais il ne songe pas m\dre vide et us] ses meules p\r recueillir du v5t4 ,l'in/ruction n'e/ s\v5t autre *ose que ce v5t s\ffl p> la rotation des tamis et p]ceptible en p>oles4 ,l'enseignem5t1 du haut en bas1 des univ]sits (ficielles aux populaires1 de l'cole de village l'cole ,normale1 n'e/ gure autre *ose qu'une fabrique de phrases4 ,de t\tes1 la plus srieuse e/ l'cole primaire1 o on appr5d lire et crire1 acquisitions non d'une sci5ce1 mais d'un s5s n\veau4 ,si l'on retran*ait du programme des autres t\t l'inutile1 t\t l'inapplicable la vie et telle pr(ession ou mti]1 il en re/]ait la matire pe9e de dix-huit mois d'colage4 ,la plus gr&e p>tie du peuple *appe encore aux tortures d'c\t] les messieurs qui rcit5t des livres4 ,les enfants pauvres1 librs de la prison scolaire1 appr5n5t un mti]1 ce qui e/ un agr&issem5t de soi1 et comm5c5t de vivre l'ge o leurs frres ri*es s'ex]c5t au maniem5t de mots qui ne correspond5t ri5 de rel1 outils qui sculpt5t l't]nel vide#df4 ,on va remdi] cela1 et voici une soire d'univ]sit populaire3 ,le ,dveloppem5t de l'ide de ju/ice dans l',antiquit4 ,en supposant1 ce qui e/ improbable1 que le pr(esseur n'ait mis ce sujet que des apprciations acceptables p> une intellig5ce sa9e1 de quelle utilit put bi5 tre une telle diss]tation p\r un auditoire populaire1 et qu'en retir]a-t-il d'applicable son humble vie8 ,mo9s assurm5t que des vieux s]mons qui ne craignai5t pas de baf\] ses vices1 d'p\vant] sa l*et devant les plaisirs bas4 ,mais le cl]g de la religion laque e/ grave et ddaigne les faits4 ,des mes p>l5t des mes2 l'idal desc5d sur le peuple4 ,les premi]s *rti5s du mo9s se runissai5t la fois p\r pri] et p\r mang] frat]nellem5t2 aprs le repas1 d'aucuns se levai5t p\r prophtis]4 ,les prophtes mod]nes ne viv5t que d'ab/raction1 et cette n\rriture conomique et ridicule1 ils la p>tag5t volonti]s avec leurs frres4 #df ,on disait dans une conv]sation3 ,le paysan e/ srieux2 c'e/ un savant1 un physici54 ,t\t l'ef=t politique mod]ne t5d faire de ce physici5 un mtaphysici54 ,le travail e/ en bon tra9 p\r l'ouvri]1 qui comm5ce mpris] le travail et e/im] les phrases4 ,sa surprise e/ imm5se que le mot n'ait aucune action sur la ralit4 ,l'homme qui a l5tem5t acquis une sci5ce1 outre les avantages sociaux qu'il en peut retir]1 a confr p> cela mme aux organes de son att5tion une =ce et une agilit p>ticulires4 ,il ne possde pas seulem5t la sci5ce qu'il convoitait1 mais t\t un ensemble d'eng9s de *asse en bon tat et t\t prt de n\velles captures4 ,lorsqu'on a appris avec so9 et pati5ce une langue trangre1 on peut ensuite s'appropri] p> un travail beauc\p mo9dre les langues de la mme famille4 ,mais si l'on a eu rec\rs quelque m?ode expditive1 l'acquisition n'a plus que sa valeur propre et elle peut mme se dtrior] assez rapidem5t4 ,l'eau qui a b\illi trs vite refroidit de mme3 c'e/ ce que ne savait pas l'indu/riel qui avait tabli des b\illoirs publics2 le temps de trav]s] la rue et c'tait comme si on rev5ait de la fra*e fonta9e4 ,c'e/ p\r ce mme motif que l'enseignem5t rapide des confr5ces e/ si p>ticulirem5t inutile4 ,on y appr5d croire et non pas raisonn]1 ce qui s]ait encore une manire d'agir et de vivre4 ,le bagage qui con/itue l'in/ruction e/ presque uniquem5t fait de croyances4 ,on enseigne les lettres et les sci5ces comme un cat*isme4 ,la vie e/ l'cole du d\te prud5t2 l'cole e/ une glise prt5tieuse4 ,t\t pr(esseur e/ muni d'un ars5al d'aphorismes2 l'adolesc5t qui ne se laisse pas frapp] au cur e/ mpris4 ,le r5v]sem5t des valeurs logiques e/ port ce po9t que tels actes intellectuels1 la rsi/ance la foi sci5tifique1 la rs]ve c>tsi5ne1 sont considrs comme des m>ques d'in9tellig5ce4 ,m4 ,jules de ,gaulti] a imag9 un n\veau mani*isme dont l'emploi prud5t s]a =t utile p\r dblay] c]ta9es que/ions#dg4 ,a l'in/9ct vital il oppose l'in/9ct de connaissance2 mais l'un n'e/ pas le bon pr9cipe plutt que l'autre1 le mauvais pr9cipe4 ,ils ont t\s les deux leur rle dans le travail de la civilisation2 c> si l'un dveloppe *ez l'homme le beso9 de connatre aux dp5s des =ces qui cons]v5t la =ce vitale1 il p]met en mme temps l'intellig5ce de mieux j\ir et de soi-mme et de la vie s5sitive4 ,le gnie spontan et inconsci5t des races en croissance ne refuse d'obir ni l'un ni l'autre de ces gr&s in/9cts2 la vie use non son n]gie1 qui e/ immuable1 mais les modes n]gtiques qu'elle a revtus2 on se lasse de s5tir avant de s'tre lass de connatre4 ,c'e/ ce qu'a exprim navem5t ,leibnitz et ce que rpt5t avec lui t\s les esprits dont l'intellig5ce e/ le vaut\r3 ,il n'e/ pas ncessaire de vivre1 mais il e/ ncessaire de p5s]4 ,qu& cet aphorisme desc5d dans le peuple1 c'e/ que l'in/9ct vital en dcad5ce comm5ce r5onc] la lutte2 c'e/ l're glorieuse de la floraison1 mais la plante va m\rir aprs que le vol des insectes l'aura fconde et que le v5t aura port ses gra9es v]s un sol vi]ge4 #dg ,dans un livre de ,kant ,nietzs*e4 ,une masse ignorante =me *ez un peuple une magnifique rs]ve de vie4 ,notre civilisation a mconnu cela3 c'e/ un *amp imm5se de petites fleurettes qui puise p\r un clat inutile la sve de la t]re4 ,de telles ides1 mme attnues en images1 peuv5t sembl] b>b>es ceux qui croi5t aux bi5faits de l'in/ruction2 mais il comm5ce tre plus facile de tr\v] des adjectifs que des raisons p\r rgnr] ce ?me anci5 et qui va s'puis]4 ,a ent5dre tant de j\rnali/es et de dputs p>l] de l'in/ruction comme d'un s\v]a9 lixir1 on s5t bi5 qu'ils y ont gt1 et la vraie1 la bonne1 celle que syn?tis5t les manuels et les encyclopdies1 mais non aux dte/ables j>res o dort l'esprit mauvais de l'analyse4 ,le vrai savoir1 le gay savoir e/ s+ulirem5t vnneux2 il e/ vnneux autant que bi5faisant2 il conti5t autant de d\tes que de paillettes d'or l'eau-de-vie de ,dantzig4 ,on ne sait jamais o l'ivresse de cette liqueur viol5te peut m5] une intellig5ce qui n'e/ pas trs =te ou trs sceptique4 ,mise en reg>d de la sci5ce1 l'in/ruction e/ si peu de *ose qu'elle mrite pe9e un nom4 ,qu'e/-ce que val5t d'lm5taires notions de *imie lorsque l'on songe au *imi/e qui manie1 compose et dcompose les corps1 qui compte les molcules et pse les atomes8 ,et qu'importe que c5t mille ba*eli]s sa*5t quels sont les lm5ts de l'air8 ,mais dj ils ne le sav5t plus4 ,si on leur avait appris respir]1 ils aurai5t peut-tre vit deux ou trois maladies dont ils transmett5t joyeusem5t leurs enfants les prdispositions ou les g]mes4 ,il e/ ncessaire 7malgr une ironie clbre7 qu'il y ait une *imie et des indu/ries *imiques1 mais non que l'on enseigne au premi] v5u les obscurs pr9cipes d'une sci5ce va9e4 ,ceci n'e/ qu'un exemple1 mais qui s't5drait presque t\s les lm5ts de la culture gnrale4 ,un c]veau moy5 d'auj\rd'hui ressemble ces j>d9s d'essai o v]diss5t des spcim5s de t\tes les flores2 encore ce j>d9 a-t-il son utilit p>ticulire2 les c]veaux ri*es d'un peu de t\t ne sont bons ri53 le t]ra9 a t trans=m non pas mme en un p>t]re1 mais en un h]bi]1 et les plantes s*es y sont si mdiocres et si dfectueuses qu'on ne peut les faire s]vir aucun usage dc5t4 ,il faudrait au mo9s que la plus gr&e p>tie des plates-b&es et t rs]ve une culture pr(onde et passionne2 dans ce cas1 les co9s morts du j>d9 repr5n5t quelque intrt3 ils s]v5t de fumi] et de t]reau p\r r*auff] le cur du j>d9 vivant4 ,on ne prt5d donc pas dire que la culture gnrale soit inutile2 elle e/ indisp5sable titre d'auxiliaire et de rs]ve1 mais ce titre seul1 et si cette culture gnrale et sup]ficielle concide avec une ou plusieurs sections de culture int5sive4 ,seule1 elle n'a aucune valeur4 ,si de la moy5ne on desc5d v]s les j>d9ets populaires1 on ne voit plus1 la place de la mauvaise h]be1 mais luxuriante1 que de *tives g]m9ations dj geles p> la vie4 ,on a s>cl t\te la flore naturelle1 et ce qu'on a sem la place dans un t]ra9 mal prp> et mal nettoy n'a pu p\ss]1 faute d'eau et de soleil4 ,t\t l'intrt de ces petits potag]s ridicules e/ dans un arbre s\v5t gr& et beau1 quelque m>ronni] ou quelque tilleul3 c'e/ le mti] o l'homme s'e/ p]fectionn avec c\rage4 ,un de ces arbres vaut lui seul t\tes les cultures gnrales qui l'ont relgu dans un co9 pi]reux2 il les dom9e p> son utilit et p> sa beaut4 ,la raison de l'homme1 dans la vie1 e/ d'tre une fonction2 il faut que ses j\rnes soi5t cratrices d'un rsultat4 ,c'e/ p\rquoi l'on regrett]a t]nellem5t que les mti]s se soi5t abolis dans l'miettem5t p> la division du travail p\sse l'extrme4 ,la civilisation indu/rielle a retir un trs gr& nombre d'hommes le plaisir qu'ils tr\vai5t au travail4 ,un salaire lev peut faire que l'on soit cont5t d'avoir travaill1 mais cela ne donne pas le cont5tem5t actuel1 la joie d'us] l'heure prs5te la ralisation d'un objet4 ,l'indu/rie a opr contre l'artisan en faveur de l'oisif1 et aussi en faveur du capital contre le travail4 ,telle dc\v]te mcanique a t plus nuisible l'humanit qu'une gu]re sculaire4 ,on a tellem5t dim9u la valeur hdmonique de l'activit musculaire que les seuls mom5ts o les manuvres s5t5t leur vie sont ceux o l'homme normal s'affaisse1 le repos2 et ncessairem5t1 ces heures de s5sation ngative1 on a t5t de les gonfl] jusqu' en faire le plaisir t\t enti] de vivre3 l'alcool a t ce moy54 ,p\r t>ir cette s\rce d'excitation1 des esprits de bonne volont1 mais d'intellig5ce malsa9e1 c'e/--dire sans contact avec la ralit1 ont song oppos] au plaisir de boire le plaisir d'appr5dre4 ,si l'uvre tait possible1 on aurait remplac l'ivresse physiologique p> l'ivresse crbrale3 et cela ne s]ait pas un trs bon rsultat4 ,qu' une j\rne de travail musculaire succde une soire de travail intellectuel1 et la fatigue totale e/ d\ble sans pr(it rel p\r l'homme s\mis ce rgime4 ,songez au malheureux qui1 aprs avoir p\ss p5dant dix heures un morceau de bois s\s les d5ts cruelles d'une scie circulaire1 s'en vi5t1 ayant s\p vaguem5t1 c\t] un monsieur qui l'entreti5t de la sa9tet de la ju/ice6 ,mais la ju/ice dem&]ait que le prdicant alt]nt1 avec l'artisan1 le p\ssage des billes de bois et la con=table tude des pr9cipes fructueux du *>latanisme social4 ,pauvres g5s qui1 ayant t\j\rs in/9ctivem5t beso9 de prtres1 se croi5t va9queurs1 ayant ni un dogme1 d'applaudir la morale de ce dogme1 mais d=me p> l'hypocrisie et p> la ha9e6 ,c'e/ avec l'in/ruction1 inv5tion trs vieille1 que le cl]g a dom9 le peuple et le monde2 et c'e/ avec l'in/ruction encore que les s]monnaires laques prt5d5t bi5 rogn] les d]nires griffes de l'in/9ct vital4 ,c> t\s ces enseigneurs enseign5t p]dum5t ne pas vivre4 ,ils transport5t dans la p>tie sa9e du peuple1 et cela avec une c]ta9e bonne foi1 leurs habitudes maladives de ne recevoir les s5sations que p> reflet1 de reg>d] dans une glace la vie qu'ils n'os5t affront]4 ,le vrai b de cette in/ruction e/ l'imposition d'une morale1 mais s+ulire et dont presque t\s les prceptes sont ngatifs4 ,p> l'affaissem5t de la volont de vivre1 au pr(it d'une crbralit in/able1 ils faonn5t ces gnrations n]ves1 obissantes et sages qui sont le rve des tyrans mdiocres4 ,au mom5t o une race aurait beso91 ri5 que p\r dur]1 de t\tes les =ces dont son in/9ct e/ peut-tre encore dpositaire1 ils lui v]s5t1 mais av>ie et empoisonne1 cette mme liqueur avec laquelle les aptres roma9s domptr5t la surn]gie des b>b>es4 ,n\s aurions le sort de ces va9cus si un prote/antisme1 rationali/e ou religieux1 se sub/ituait s\v]a9em5t notre ca?olicisme traditionnel et paen4 ,mais comm5t n'tre pas t5t de donn] des prceptes de conduite en mme temps que des prceptes de grammaire8 ,il suffirait que ces prceptes ne fuss5t pas dpressifs et que les adolesc5ts y tr\vass5t au contraire une excitation l'activit1 t\tes les activits4 ,l'in/ruction1 en soi1 n'e/ ri52 on ne peut la jug] qu'en exam9ant ses ent\rs la lueur de cette tor*e4 ,un flambeau a l'utilit1 non de sa lumire1 mais des objets sur lesquels porte sa lumire4 ,on v]ra aussi un f\r *auff avec m?ode de b\rres ou de fal\rdes2 mais cette *aleur n'e/ qu'un embrasem5t /rile si on ne lui donne travaill] et mrir1 qu& elle s'amortit1 la pte du pa9 t]nel4 ,l'in/ruction e/ un moy5 et non un b4 ,il e/ d\l\reusem5t absurde d'appr5dre p\r appr5dre1 de brl] p\r brl]4 ,le *ant mme des oiseaux n'e/ pas va92 aux priodes de calme sexuel1 il e/ la rptition des gr&s conc]ts d'am\r4 ,considre comme l'in/rum5t prcis d'une uvre future1 l'in/ruction peut avoir une importance trs gr&e et mme absolue2 elle peut tre la condition ncessaire de c]ta9s ge/es intellectuels4 ,elle s]a le bton de voyage de l'intellig5ce2 mais (f]te un c]veau mdiocre1 dirige v]s le seul accroissem5t de la mmoire1 elle e/ inefficace rgnr] des cellules malades4 ,elle leur s]a plutt un crasem5t2 elle les r5dra /upides2 elle dt\rn]a des facilits de la vie les activits qui n'tai5t faites que p\r la pratique quotidi5ne4 ,l'in/ruction pondre les gnies oscillants1 elle leur f\rnit des sujets de comp>aison et des motifs de rflexions2 aux gnies dj quilibrs1 elle f\rnit un peu de ce tr\ble d'o nat l'ironie4 ,elle e/ tantt un appo9t la c]titude1 tantt la cause d'un dclan*em5t v]s le d\te4 ,mais elle n'ex]ce d'influ5ce que sur des intellig5ces en m\vem5t ou en puissance de m\vem5t2 elle ne dt]m9e pas1 elle incl9e4 ,surt\t elle ne cre pas l'intellig5ce4 ,n\s avons con/amm5t s\s les yeux des exemples d'hommes in/ruits de t\t ce que l'on enseigne et qui sont re/s des mdiocres et qui1 crivant depuis v+t ans1 n'ont mme pu appr5dre crire4 ,et en voici d'autres qui ne sav5t qu'un mti] et qui n'ont lu que dans la vie3 leur lucidit humilie p>fois mme le gnie4 #aijj4 ,,les ,,femmes ,,et ,,le ,,langage ,la "p des femmes e/ si gr&e dans l'uvre de la civilisation qu'il s]ait pe9e exagr de dire que l'difice e/ bti sur les paules de ces frles c>iatides4 ,les femmes sav5t des *oses qui n'ont jamais t crites1 ni enseignes1 et sans lesquelles presque t\t le matriel de notre vie quotidi5ne s]ait inutilisable4 ,des ,cosaques1 en #ahad1 ayant dc\v]t une provision de bas1 les enfilr5t immdiatem5t p>-dessus leurs bottes2 exemple gnral de nos ge/es les plus communs1 si les femmes n'avai5t pas t1 dans les sicles des sicles1 les pati5tes ducatrices de l'enfance4 ,ce rle e/ si naturel qu'il en p>at humble2 n\s ne sommes frapps que p> l'extraord9aire4 ,le puissant outillage d'un tissage n\s subjugue2 qui a jamais reg>d avec motion le simple jeu de deux aiguilles tricot]8 ,cep5dant1 comp> ces petits morceaux de bois1 le plus =midable mti] mcanique n'e/ plus ri52 il reprs5te une civilisation p>ticulire3 les aiguilles de bois ou de f] reprs5t5t la civilisation absolue4 ,il faut en t\t di/+u] l'ess5tiel et ce qui e/ de surcrot4 ,dans la civilisation1 la "p des femmes reprs5te l'ess5tiel4 ,cela e/ plus facile s5tir qu' pr\v]1 c> il s'agit prcism5t des actes qui pass5t inap]u le long de la vie1 de t\tes sortes de *oses dont on ne p>le pas1 p>ce qu'on ne les voit pas ou p>ce qu'on n'en compr5d pas l'importance4 ,a9si la physiologie a t longtemps ignore1 t&is que la curiosit se portait aux mon/res2 le phnomne cont9u disp>at p\r nos s5s4 ,ce fut un citad9 ou un prisonni] ou un aveugle s\da9 guri1 qui s'avisa le premi] de la beaut de la nature4 ,il y a une physiologie extrieure qui disp>at dans l'habitude2 analyse1 elle rvle les actes volontaires les plus importants de la vie4 ,volontaires1 c'e/--dire cont+5ts relativem5t aux m\vem5ts primordiaux de la vie d'une espce2 volontaires1 en ce qu'ils ont de p>ticuli] p\r signal] une race2 volontaires1 si l'on reg>de la volont comme la consci5ce d'un ef=t inconsci5t4 99 99 99 ,s5s1 ou facult1 la p>ole ne peut logiquem5t tre sp>e de l'oue1 mais l'ducation de l'oue e/ beauc\p mo9s s5sible que celle de l'app>eil vocal2 on peut donc les considr] sp>m5t1 ou du mo9s sans obs]v] un ordre prcis en des acquisitions qui sont en*evtres comme t\s les jeux de la vie4 ,remu]1 ent5dre1 voir1 p>l]1 t\t cela se ti5t2 l'imitation se jette la fois sur t\tes les fonctions1 quoiqu'on puisse tablir un ordre de naissance apprciable p\r *acune d'elles4 ,cet ordre importe peu en une tude o il s'agit non de l'intellig5ce qui reoit1 mais de l'intellig5ce qui donne1 de l'extrieur et non de la vie psy*ologique int]ne4 ,la p>ole e/ fm99e4 ,les potes et les orateurs sont des fm99s4 ,p>l]1 c'e/ faire uvre de femme4 ,la femme1 p>ce qu'elle p>le comme *ante un oiseau1 e/ seule capable d'enseign] le langage4 ,qu& l'enfant t5te d'imit] les sons qu'il a ent5dus1 la femme e/ l qui le reg>de1 lui s\rit et l'enc\rage2 il s'tablit un contrat muet de travail entre ces deux tres1 et que de pati5ce *ez celui qui sait p\r guid] celui qui essaie6 ,les premi]s mots que prononce un enfant ne correspond5t en son esprit aucun objet1 aucune s5sation2 l'enfant1 ce mom5t de sa vie1 e/ un p]roquet1 et ri5 de plus4 ,il imite2 il p>le p>ce qu'il ent5d p>l]4 ,si on se taisait aut\r de lui1 la p>ole re/]ait fige dans son c]veau4 ,de l l'importance du babillage de la femme1 importance bi5 suprieure celle des plus beaux pomes et des philosophies les plus pr(ondes4 ,la fonction qui fait de l'homme un homme e/ l'uvre p>ticulire de la femme2 un enfant lev p> une femme trs femme et trs bav>de e/ plutt =m la p>ole et p> consqu5t la consci5ce psy*ologique2 aux so9s d'un homme taciturne1 le mme enfant se dvelopp]ait trs l5tem5t1 et si l5tem5t peut-tre qu'il n'atte9drait jamais la limite de son intellig5ce pratique4 ,s'il tait possible d'assign] au langage une orig9e1 on dirait qu'il fut la cration de la femme4 ,mais le secret de t\tes les orig9es n\s *app]a t]nellem5t4 ,les oiseaux *ant5t1 le *i5 aboie1 l'homme p>le4 ,on ne se figure pas mieux un homme muet qu'un *i5 muet1 qu'un p9son muet4 ,et si ces espces jadis ont vcu sans voix1 on ne compr5d pas bi5 p\rquoi elles aurai5t acquis un organe dont se pass5t =t bi5 d'autres animaux et mme les oiseaux des t]res au/rales4 ,si le langage s'appr5ait ou se gagnait1 si1 p\r en retr\v] les premi]s rudim5ts1 les clbres rac9es1 il suffisait d'atte9dre la mre commune du lat9 et du sanscrit1 du grec et du saxon1 on ne voit pas bi5 p\rquoi le *i5 ne conv]se pas avec son matre autrem5t que p> la queue1 les yeux1 les jappem5ts4 ,mais le *i5 ne p>l]a jamais1 p>ce que le gnie d'une espce animale e/ dt]m9 aussi rig\reusem5t que la =me des espces cri/alliques4 ,que la plus anci5ne langue ft compose de c9q ou six c5ts monosyllabes correspondant autant d'ides gnrales1 c'e/ une op9ion ma9t5ant sans valeur1 mais qui eut de la =ce2 elle supporta plusieurs con/ructions dont l'extravagance ne fut pas d'abord vid5te4 ,cep5dant on n'avait jamais obs]v en aucune langue relle quelque *ose comme un rs]voir mme inconsci5t de rac9es4 ,les mots naiss5t les uns des autres p> drivation1 v5ant au monde tantt plus longs1 tantt plus c\rts que le mot premi]4 ,cette drivation e/ t\j\rs dom9e p> un s5s concret1 rel et vivant2 aucun homme1 s'il n'a fait des tudes spciales qui lui ai5t gt l'esprit1 n'a le s5s des rac9es4 ,les ba1 be1 bi1 bo1 bu1 des alphabets1 voil autant de rac9es1 d'aprs la ?orie2 mais1 *acun de ces sons1 une srie de significations p>5tes n'e/ pas dvolue2 ils peuv5t1 et dans la mme langue1 les assur] t\tes1 au has>d1 ou selon une logique dont les lois sont indt]m9ables#dh4 #dh ,un seul exemple p\r montr] ce que l'ide de rac9e a d'illusoire4 ,la trmie1 dans un m\l91 e/ un organe trembleur4 ,or1 le mot trembl] c'e/ le lat9 tremul>e4 ,il e/ t5tant de rappro*] trmie de trem]e4 ,mais non2 trmie veut dire3 trois muids 7trimodia1 tremuie1 tremie74 ,ce qu'il y a de primitif dans le disc\rs1 ce n'e/ pas le mot1 mais la phrase4 ,la phrase p>le de l'homme e/ in/9ctive1 comme la phrase *ante de l'oiseau1 comme la phrase jappe du *i54 ,le mot e/ un produit analytique4 ,p\r donn] la priorit au mot sur la phrase1 on tait p>ti de cette ide que le mot e/ cr aprs que la *ose a t p]ue1 l'homme agissant comme un nom5clateur1 comme un pr(esseur de botanique qui donne des noms des br9s de m\sse4 ,la ralit e/ diffr5te4 ,l'enfant balbutie des mots avant de connatre les objets dont ces mots sont le signe4 ,il e/ possible que l'homme ait p>l--jacass--trs longtemps avant que s'tablt dans son esprit une relation fixe entre les *oses et les sons famili]s sortis de sa b\*e4 ,des milli]s de langues ont pu tre a9si successivem5t jacasses sur des milli]s de t]ritoires1 langues imprcises1 avant t\t musicales1 suite de phrases o c]ta9s sons seulem5t correspondai5t des ralits4 ,mais ces sons1 malgr leur importance1 malgr leur valeur d'utilit et de reprs5tation1 on peut les suppos] d'abord presque aussi fugitifs que le re/e du disc\rs4 ,une langue non crite ne survit jamais la gnration qui l'a cre2 *ez les sauvages1 *aque gnration refait sa langue1 si bi5 que le gr&-pre e/ un trang] p>mi ses petits-enfants4 ,si l'on admet ce jacassem5t primitif1 on admettra volonti]s que la femme a d y pr5dre une gr&e "p1 en mme temps qu'elle excitait p> ses rires et p> son att5tion la v]ve des mles4 ,la femme e/ peu capable d'innovation v]bale2 nulle jamais1 p>mi celles qui fur5t t\t de mme de bons criva9s1 ne se cra une langue dans le s5s o l'on dit cela de ,rons>d1 de ,montaigne1 de ,*ateaubri&1 ou de ,victor ,hugo2 mais elle r$it bi51 et s\v5t mieux qu'un homme1 ce qui fut dit avant elle4 ,ne p\r cons]v]1 elle s'acquitte de son rle en p]fection4 ,elle rallume t]nellem5t et sans se lass]1 la tor*e qui va m\rir1 une tor*e n\velle et t\te p>eille4 ,c'e/ entre les ma9s des femmes que brill5t les lampada vita1 danseuses du ballet de la vie ou ve/ales mlancoliques au fond des caves4 ,ce que la femme fut hi/oriquem5t1 elle le s]a t\j\rs1 et elle le fut t\j\rs1 ds avant l'hi/oire4 ,des mots se fix5t dans le jacassem5t primitif2 c'e/ l'uvre de la femme4 ,ne l'att5tion p> la monotonie de son labeur de mnagre#di1 elle se rvolte contre le r5\vellem5t inutile des t]mes4 ,sa vie s'e/ complique en ce t]ritoire o la *asse e/ abondante1 o la nature e/ fconde2 les beso9s des hommes croiss5t avec leur ri*esse1 et en mme temps les travaux de la femme4 ,travaillant davantage1 elle a mo9s de temps p\r c\t] les disc\rs et les *ansons2 des n\veauts trop rappro*es la dr\t5t2 elle corrige le langage des hommes qui1 leur t\r1 se dconc]t5t4 ,a9si naiss5t les mots usuels2 a9si se multiplie dans le *ant p>l de l'homme le nombre des sons fixes correspondant des ralits4 #di ,l'ide de faire entr] a9si l'att5tion dans le monde p> la femme e/ de ,m4 ,ribot4 ,psy*ologie de l'att5tion4 ,il arriva aussi1 et cela sans d\te1 ds les temps les plus anci5s1 que la femme1 dont la mmoire e/ excell5te1 et ret5u des p>ties de disc\rs plus musicales1 mieux ry?mes1 quelque c\plet semblable ces mlopes que les ngres rpt5t insatiablem5t4 ,l'homme crait2 la femme appr5ait p> cur4 ,si un pays civilis p>v5ait un j\r cet tat d'esprit o t\te n\veaut e/ aussitt accueillie et intronise la place des ides et des r\ages traditionnels1 si le pass cdait con/amm5t devant l'av5ir1 aprs quelque temps de curieuse frnsie1 on v]rait les hommes tomb] dans cette hbtude du t\ri/e qui ne reg>de jamais deux fois les mmes figures2 p\r se ressaisir1 ils devrai5t se retir] dans une vie t\t animale1 et la civilisation prirait4 ,une p>eille f9 semble avoir atte9t d'anci5s peuples1 si presss de r5\vel] leurs plaisirs que leur passage n'a laiss que des traces hypo?tiques4 ,c'e/ l'excs d'activit1 bi5 plus que la torpeur1 qui a conduit au dprissem5t beauc\p de civilisations asiatiques4 ,p>t\t o la femme n'a pu int]v5ir et oppos] l'influ5ce de sa passivit l'arrogance des jeunes mles1 la race s'e/ puise en essais fugitifs4 ,on peut donc tre sr que l o s'e/ organise une civilisation durable1 la femme en fut la pi]re angulaire4 ,se levant1 comme rcitatrice1 devant le crateur1 la femme fonde un rp]toire1 une biblio?que1 des ar*ives4 ,le premi] cahi] de *ansons1 ce fut la mmoire d'une femme2 et a9si du premi] recueil de contes1 de la premire liasse de docum5ts4 ,cep5dant l'inv5tion de l'criture v9t1 comme successivem5t t\s les progrs1 dim9u] l'importance ar*ivi/e de la femme4 ,t\t ce qui p>ut digne de mmoire tant fix p> des signes sur des matires durables1 la femme se donna le s\ci et le plaisir de faire vivre ce que les hommes condamnai5t l'oubli4 ,elle s'e/ acquitte de sa t*e avec une fidlit que la matire a presque t\j\rs trahie2 et c'e/ a9si que des contes qui ne fur5t jamais crits1 et qui remont5t assurm5t aux temps les plus lo9ta9s1 sont v5us jusqu' n\s4 ,les femmes qui s'en tai5t amuses1 petites1 en amusr5t leurs enfants4 ,malgr les ef=ts de la pdagogie rationnelle qui v\drait bi5 sub/itu] au ,petit ,p\cet l'hi/oire de la ,rvolution ou celle de la fondation de l',empire allem&1 c'e/ avec le conte bleu ou r\ge1 d'am\r ou de sang1 que les mres cont9u5t d'endormir les enfants sages4 ,or il s'e/ tr\v que cette littrature orale1 dont les ?mes dpass5t en nombre ceux de la littrature crite1 tait de la plus gr&e beaut et p> consqu5t d'une importance suprme4 ,on doit la sauvet presque intgrale de ce trsor au gnie cons]vateur de la femme4 ,elle g>da aussi les *ansons1 les musiques 7et les danses qui s'y joign5t7 dont l'homme se dta*e l'ge mme o il quitte la jeunesse4 ,p\r lui1 ce sont des futilits et il n'y songe plus2 p\r la femme1 ce sont les moy5s de plaire et elle y songe t\j\rs1 et1 sans esprance1 elle s'y rejette p\r revivre les flicits passes4 ,les vieilles femmes ma9ti5n5t a9si la jeunesse de leur cur4 ,il ne semble pas que les femmes ai5t eu une gr&e "p dans l'inv5tion des contes et des *ansons2 elles ont cons]v1 ce qui e/ une manire de crer2 mais on tr\ve cep5dant la m>que de leur esprit en c]ta9es v>iantes4 ,leur t5dance fut d'ad\cir le dn\em5t d'un conte1 de calm] l'eff]vesc5ce d'une *anson trop folle4 ,cette int]v5tion sauva la vie beauc\p de ces petites *oses1 en les mettant la porte des enfants1 dont la mmoire e/ un c(fret trs sr4 ,avec la littrature1 les femmes sauvai5t t\t un ensemble de notions qu'il e/ difficile de dt]m9]4 ,il ne s'agit pas du long *apelet des sup]/itions1 mais de ce que les sup]/itions1 les croyances1 les traditions conti5n5t de sci5ce pratique4 ,p\r valu] l'importance de ce *apitre de la connaissance huma9e1 il faut se recueillir en une sorte d'exam5 de consci5ce2 alors ayant longtemps rfl*i1 on saura tri] les *oses qui s'appr5n5t dans les livres et celles qui ne fur5t jamais crites et que p\rtant t\t le monde sait4 ,ce qu'il y a de vraim5t indisp5sable p\r la conduite dans la vie n\s a t appris p> les femmes3 les m5ues rgles de la politesse1 ces ge/es qui n\s ouvr5t la cordialit ou la dfr5ce d'autrui1 ces mots qui font bi5v5ir1 ces attitudes qu'il faut v>i] selon le c>actre et les situations2 t\te la /ratgie sociale4 ,c'e/ en c\tant les femmes qu'on appr5d p>l] aux hommes1 s'ins9u] dans leur volont1 c> seules celles qui sav5t plaire peuv5t enseign] plaire4 ,avant mme de p>l]1 un enfant connat la valeur d'un s\rire2 c'e/ son premi] langage1 et ri5 ne pr\ve qu'il soit absolum5t in/9ctif4 ,l'animal n'a d'attitudes que celles qui sont le signe d'un beso92 il y en a de belles1 il y en a de jolies1 il n'y en a pas de volontaires4 ,le s\rire du plus petit enfant voile s\v5t une int5tion4 ,la femme lui a appris le my/re des *anges et que1 p\r un ge/e aimable1 on peut acqurir des n\rritures et les autres *oses ncessaires la vie4 ,la petite fille1 mieux dispose gt] cet enseignem5t1 connat la valeur du pli de ses lvres et du ge/e qui agite sa ma9 rose1 et cela bi5 avant que la connaissance des signes vocaux ait p]mis son c]veau t5dre le raisonnem5t lm5taire4 ,c'e/ donc *ez elle imitation pure2 mais l'acte e/ favoris p> le s\v5ir du b dj atte9t aux premi]s essais1 et il y a l un exemple trs curieux et trs obscur d'un effet dt]m9ant sa cause dans l'inconsci5ce physiologique4 ,les femmes n'ayant gure dans la vie que des relations passionnelles1 ces jeux trs primitifs re/5t le fond de leur tactique sociale2 les hommes1 mesure qu'ils viv5t1 s5t5t le beso9 de compliqu] cette sci5ce lm5taire1 mais elle leur demeure t\j\rs une ress\rce suprme3 att5drir son va9queur1 lui plaire1 tel e/ le d]ni] argum5t du va9cu4 ,t\te la mimique e/ l'uvre des femmes4 ,mme sil5cieuse1 une femme p>le encore1 et s\v5t avec une s9crit que n'ont pas ses p>oles2 mme immobile1 elle p>le encore et s\v5t avec plus d'loqu5ce que p> des mots ou des ge/es4 ,la con=mation de son corps fait que sa respiration e/ un langage2 le ry?me de sa poitr9e dit l'tat de son me et les degrs de son motion4 ,aucun disc\rs ne tr\ve un homme plus s5sible4 ,mais leurs yeux dispos5t d'un clavi] plus t5du1 quoique mo9s m\vant4 ,avec les yeux1 avec l'arc de la b\*e muette div]sem5t infl*i1 la femme peut all] jusqu'au b\t de sa p5se4 ,l'il plit ou s'avive1 lve ou abaisse son reg>d1 et c'e/ le dsir ou le dda91 le dpit ou la promesse1 autant de pages qu'un homme compr5d ds qu'il a intrt les lire4 ,a ces lueurs et ces m\vem5ts1 le jeu des paupires aj\te sa valeur2 ce jeu e/ affirmatif1 ngatif1 int]rogateur4 ,il pr(re un oui bref et net et un oui de langueur et d'ab&on2 il que/ionne sur le ton de la colre ou celui de la pla9te2 il refuse p> un arrt brusque moiti de la prunelle qui voile les yeux sans les f]m]4 ,mais que d'autres nuances et que le s\rire aussi e/ ri*e en p>oles6 ,t\te la femme p>le2 elle e/ le langage mme4 ,ses enfants s]ont d'abord des mimes4 ,comme leur mre1 ils sauront p>l] d'abord avec t\t ce qui ne p>le pas1 acquisition prcieuse4 ,d>w9 a tr\v *ez les animaux l'esquisse de l'expression des motions4 ,il y a dans la mimique huma9e une importante "p d'in/9ct2 la femme a cultiv ces m\vem5ts primitifs1 elle les a *>gs de nuances1 elle les a multiplis2 aux signes des motions vraies sont v5us se jo9dre les signes des motions fausses1 et alors seulem5t il y a eu langage4 ,l'expression animale des motions n'e/ pas un langage1 c> elle ne saurait fe9dre2 le langage vrai comm5ce avec le m5songe4 ,il y a un s5s du rel dans le mot fameux3 le langage a t donn l'homme p\r dguis] sa p5se4 ,le m5songe qui e/ la seule preuve extrieure de la consci5ce psy*ologique e/ aussi la seule preuve que des ge/es sont un langage et non une mimique inconsci5te2 le m5songe e/ la base mme du langage et sa condition absolue4 ,l'analyse des faits l+ui/iques dmontre cela assez bi51 puisque t\t mot conti5t une mtaphore et que t\te mtaphore e/ un dplacem5t de la ralit1 qu& elle n'e/ pas un m5songe v\lu et prmdit4 ,mais pr5dre le langage tel qu'il n\s app>at1 et en supposant que *aque mot corresponde un objet1 on peut dire que s'il exi/ait un homme qui n'et jamais m5ti1 cet homme n'aurait jamais p>l4 ,ce n'e/ pas p>l]1 en effet1 que dire j'ai peur ou j'ai froid1 qu& on a peur ou qu'on a froid2 c'e/ exprim] une motion ou une s5sation au moy5 de signes v]baux1 et analogues au tremblem5t de l'animal transi ou affam4 ,mais si1 au contraire1 niant son motion ou sa s5sation1 l'homme qui a froid dit j'ai *aud et l'homme qui a faim je n'ai pas faim1 il p>le4 ,qu'il use des p>oles1 des ge/es1 ou des signes de l'criture1 cela1 au m5songe1 c'e/--dire la consci5ce1 on reconnat l'homme4 ,m5songe1 que l'on ne s'y trompe pas1 pr5d ici le s5s de3 expression d'une s5sation imag9aire2 il s'agit de psy*ologie et non de morale1 doma9es sp>s4 ,si la femme e/ le langage1 elle doit tre le m5songe1 et aussi la consci5ce4 ,t\t cela se ti5t et ne fait qu'un4 ,le premi] de ces po9ts n'a pas t tudi1 mais l'op9ion populaire lui e/ favorable4 ,outre qu'elles p>l5t plus volonti]s que les hommes1 elles us5t d'une syntaxe meilleure1 d'un vocabulaire mo9s has>d1 elles prononc5t bi53 on s5t que le langage e/ leur lm5t4 ,le second po9t1 le m5songe1 e/ inconte/2 mais on en fait un crime aux femmes alors qu'il e/ la consqu5ce d'un autre don et d'ailleurs une affirmation de leur spiritualit4 ,les femmes m5t5t plus que les hommes2 c'e/ donc qu'elles ont un plus gr& s5tim5t de l'indp5dance1 une consci5ce plus vive3 et voil le troisime po9t atte9t1 sans qu'il soit beso91 semble-t-il1 d'une dmon/ration m9utieuse4 ,on a p>l du m5songe hy/rique3 il e/ probable qu'il y a l un abus1 non dans les t]mes1 mais dans l'int5tion qui les a unis4 ,si l'on veut dire m5songe inconsci5t1 c'e/ une absurdit4 ,le m5songe e/ au contraire le signe mme de la consci5ce1 et il ne peut y avoir m5songe que l o il y a consci5ce ple9e et active4 ,il ne faut pas confondre une s5sation dlirante exprime telle qu'elle a t s5tie avec le trave/issem5t volontaire donn l'exposition d'une s5sation vraie2 confondre avec le d]ni]1 le premi] t]me de la srie4 ,l'animal ne m5t jamais2 comm5t le p\rrait-il8 ,il e/ =c d'exprim]1 telle qu'il l'pr\ve1 sa s5sation4 ,s'il a envie de mordre1 le *i5 retr\sse ses bab9es1 montre ses d5ts4 ,le voit-on se cont5ir1 faire l'hypocrite1 m5tir2 c'e/ qu'au contact de l'homme1 il a peut-tre acquis un rudim5t de consci5ce2 c'e/ que l'ducation qu'il a reue se tr\ve ce mom5t en conflit avec son in/9ct4 ,d'ailleurs la ruse1 et surt\t applique la df5se ou la qute de la vie1 e/ t\t autre *ose que le m5songe2 c'e/ une =me aigu de la prud5ce4 ,le vrai m5songe e/ sans b1 sans utilit que d'affirm] un dta*em5t suprieur2 il app>at tel qu'une ngation des li5s qui atta*5t l'homme la ralit2 p> quoi il se rappro*e de la posie et de l'art dont il e/ un des lm5ts4 ,l'art e/ n1 comme le m5songe1 d'une vive consci5ce des s5sations et des motions2 il affirme un tat de s5sibilit extrme1 en mme temps qu'une t5dance rep\ss] ce rel dont les s5s d'un homme fur5t blesss4 ,l'art1 quelle que soit sa =me1 implique une connaissance appr(ondie des signes1 et la volont de les transpos]1 sans t5ir compte de leurs concordances usuelles4 ,l'arti/e e/ celui qui m5t suprieurem5t1 au-dessus des autres hommes4 ,s'il m5t avec la p>ole1 c'e/ le pote2 avec le son in>ticul1 c'e/ le musici52 avec les =mes dont il fixe les attitudes1 c'e/ le sculpteur1 et son art n'e/ que le dveloppem5t extrme du langage des ge/es 7dont le danseur figure un tat trs fugitif72 avec les lignes et les c\leurs1 c'e/ le pe9tre1 et que fait-il s9on de r5dre aux hiroglyphes des critures primitives leur vritable aspect et t\te leur ampleur naturelle8 ,l'art e/ un langage1 et il n'e/ que cela4 ,mais si la femme e/ le langage1 d'o vi5t qu'elle se soit si mdiocrem5t manife/e dans les jeux suprmes du langage8 ,des critiques1 p\r la flatt]1 ont allgu on ne sait quelle hrdit latrale1 p> quoi on dmontre que1 filles de mres de mo9s en mo9s cultives1 mesure que l'on remonte le c\rs des sicles1 il n'e/ pas surpr5ant que leurs aptitudes soi5t mo9dres que celles des mles4 ,cela n'e/ pas srieux1 c> s'il e/ vrai que le gnie et le tal5t sont s\v5t en rapport direct avec les cultures antrieures1 il y a aussi de s\da9es aptitudes que le milieu dveloppe4 ,p\rquoi une fille ne tr\v]ait-elle pas cette aptitude dans sa *air1 comme son frre8 ,d'ailleurs voil des milli]s d'annes qu'on appr5d la musique aux femmes1 et c'e/ peut-tre l qu'elles ont encore le mo9s cr4 ,la cause e/ plus pr(onde4 ,la femme e/ le langage1 mais le langage utile2 son rle n'e/ pas de crer1 mais de cons]v]4 ,elle s'en acquitte m]veille4 ,elle ne cre ni les pomes1 ni les /atues2 mais elle cre les crateurs des pomes et des /atues2 elle leur enseigne le langage1 qui e/ la condition de leur sci5ce1 le m5songe qui e/ la condition de leur art1 la consci5ce qui leur donne le gnie4 ,qu& l'enfant1 v]s six ou sept ans1 sort des ma9s de la femme1 l'homme e/ fait4 ,il p>le1 et c'e/ t\t l'homme4 ,la gr&e uvre intellectuelle de la femme e/ l'enseignem5t du langage4 ,les grammairi5s et leurs succdans1 in/ituteurs et pr(esseurs1 s'imag95t tre les matres du langage et que1 sans leur int]v5tion1 la langue des hommes prirait dans la confusion et l'incohr5ce2 on les entreti5t depuis des sicles dans cette illusion1 et p\rtant il n'en e/ pas de plus ridicule4 ,les femmes sont les ouvri]s lm5taires et les potes1 les ouvri]s suprieurs du langage1 les uns et les autres inconsci5ts de leur rle2 l'int]v5tion du grammairi5 e/ presque t\j\rs mauvaise2 mo9s qu'elle ne se borne con/at] des faits1 mo9s qu'elle n'ose ram5] v]s les ma9s des femmes et des potes une influ5ce que la sci5ce ne saurait ex]c] qu'avec inju/ice4 ,voici des enfants qui p>l5t1 ils s'en vont l'cole recevoir une leon de grammaire4 ,ils p>l5t et us5t de t\tes les =mes du v]be et de t\tes les nuances de la syntaxe avec aisance et ju/esse4 ,ils p>l5t1 mais voil l'cole1 et le matre triomphe de leur appr5dre ce que c'e/ que l'imp>fait du subjonctif4 ,a une fonction1 l'coltre a sub/itu une notion2 il a remplac le ge/e p> la consci5ce du ge/e1 le mot p> sa df9ition2 il enseigne la grammaire2 il n'enseigne pas le langage4 ,le langage e/ une fonction2 la grammaire e/ l'analyse de cette fonction4 ,il e/ aussi inutile de savoir la grammaire p\r p>l] sa langue naturelle que de savoir la physiologie p\r respir] avec ses p\mons ou m>*] avec ses jambes4 ,comp> au rle de la mre ignorante qui cueille comme une fleur le premi] mot pan\i sur les lvres de l'enfant1 le rle du matre e/ presque nul4 ,ce mot qui vi5t de fleurir1 c'e/ la mre elle-mme qui l'a sem1 c> si le langage e/ une fonction1 il faut lui donn] les matriaux sur lesquels elle puisse s'ex]c]4 ,le bav>dage futile d'une femme1 si peu diffr5t de celui de la petite fille qui p>le sa p\pe1 voil la premire leon de l'enfant et celle qui en importance dpasse t\tes les autres2 autant de mots1 autant de gra9es qui vont g]m]1 p\ss]1 fructifi] dans le jeune c]veau4 ,sans cette sem5ce jete sans cesse la vole1 la fonction l+ui/ique de l'enfant re/]ait in]te et il ne sortirait de ses lvres que des sons vagues et peut-tre in>ticuls4 ,on s'e/ dem& p>fois quelle langue p>l]ai5t des enfants levs ensemble hors de porte de la voix huma9e4 ,ils n'en p>l]ai5t peut-tre aucune4 ,c'e/ une "q que nul ne peut rs\dre4 ,en t\s cas1 ils ne p>l]ai5t qu'une langue rudim5taire1 c'e/--dire trop ri*e1 v>iable et entirem5t inconnue1 c> il n'y a pas plus de rac9es innes que d'ides innes4 ,l'enfant ne cre pas sa langue1 encore mo9s il ne secrte pas sa langue2 il l'appr5d4 ,il p>le selon qu'on p>le aut\r de son b]ceau2 il e/ phonographe et d'abord aussi mcaniquem5t que l'in/rum5t mme4 ,avant de p\voir situ] les signes vocaux au-dessus des objets1 il les possde en gr& nombre1 mais en confusion1 en vrac4 ,ensuite il appr5dra utilis] cette ri*esse2 comme il connat d'une "p les mots et d'autre "p les objets1 l'opration qui va les runir dans sa mmoire lui s]a des plus faciles et des plus naturelles4 ,la femme dirige cette rp>tition avec joie1 et elle s'admire en admirant les progrs de l'enfant2 elle croit que la d\ble acquisition du mot et de l'objet se fait intgralem5t son ordre1 et cela lui donne de l'orgueil4 ,a9si1 l'ignorance du mcanisme psy*ologique de l'enfant assure le succs de l'ducatrice4 ,ce langage que l'enfant ti5t t\t enti] de la femme1 c'e/ en son honneur que1 plus t>d1 il l'ex]c]a volonti]s comme pote1 conteur1 philosophe1 ?ologi5 ou morali/e1 comme crateur de valeurs1 selon l'expression trs =te de ,nietzs*e4 ,la plus gr&e p>tie de la littrature e/ l'uvre indirecte de la femme1 faite p\r elle1 p\r lui plaire ou la piqu]1 p\r l'exalt] ou la dnigr]1 t\*] son cur1 idalis] ou maudire sa beaut et son am\r4 ,il a fallu que les deux sexes fuss5t aussi pr(ondm5t dissemblables1 aussi trang]s1 aussi opposs1 p\r que l'un se soit fait l'adorateur de l'autre4 ,avec la p>it des gts1 des beso9s1 des dsirs1 les diffr5ces corporelles n'euss5t pas suffi ni le comm&em5t de l'espce4 ,l'humanit p\vait se p]ptu] sans l'am\r#ej2 l'am\r et t impossible sans les div]g5ces radicales qui font que l'homme et la femme sont deux mondes l'un l'autre impntrables4 ,on ne peut ador] que l'inconnu2 il n'y a plus de religion l o il n'y a plus de my/re4 ,dans t\tes les socits1 tant qu'elle e/ jeune et belle1 la femme1 et mme esclave1 e/ la matresse de la civilisation2 les potes1 que sa grce a inspirs1 augm5t5t cette suprmatie en faisant d'elle l'objet de leurs *ants1 et la posie1 qui ne v\lait d'abord que dire les joies de la possession ou les affres du dsir1 a*ve son volution1 en crant l'am\r4 ,c> l'am\r1 avec t\t ce que conti5t ce mot1 de s5tim5t1 de passion1 de rve1 de bonheur1 de l>mes1 e/ bi5 une cration v]bale et l'uvre mme de l'imag9ation des arti/es du langage4 #ej ,a cela et suffi l'acc\plem5t4 ,la vie commune survivant la fcondation e/ extrmem5t r>e1 hormis *ez les primates et les oiseaux4 ,*ez les insectes c>nivores1 la p>iade e/ s\v5t mortelle p\r le mle que1 plus =te1 la femelle dvore4 ,c'e/ dans les pomes1 les contes1 les rcits traditionnels1 que l'homme vulgaire1 encl9 la seule j\issance1 a appris aim]1 augm5t] jusqu' l'inf9i des joies mdiocres et des *agr9s futiles4 ,rptons ici le mot de ,nietzs*e3 le pote a t le crateur des valeurs s5tim5tales4 ,mais presque aussitt cres1 elles lui ont *app4 ,s'emp>ant de ces valeurs n\velles1 la femme les a trans=mes en in/rum5ts de rgne2 elle a cueilli avec simplicit les fruits du langage1 son uvre4 ,comm5t l'am\r volua s\s cette dom9ation et t\s les bi5faits qui en ont t la consqu5ce1 ce s]ait un long *apitre de l'hi/oire de la civilisation4 #aija4 ,,note4--,les dductions philosophiques n'ont de valeur que si elles s'accord5t exactem5t avec la sci5ce2 mais alors elles ont une valeur4 ,j'ai donc saisi l'occasion de complt] la note de la page #ei sur le m5songe considr comme raction vitale4 ,voici la position sci5tifique de la "q3 ,m4 ,r4 ,qu9ton a t am51 au c\rs de ses travaux1 reconnatre que l'ensemble de t\s les tres vivants se divise en deux gr&es sries physiologiques1 qui correspond5t exactem5t aux deux sries anatomiques3 ,inv]tbrs et ,v]tbrs4--,la premire et infrieure 7,inv]tbrs7 t\j\rs en quilibre au milieu1 subissant t\tes les conditions extrieures si dfavorables qu'elles soi5t2 la seconde et la plus leve 7,v]tbrs7 n'acceptant pas ces conditions1 ragissant contre elles1 t\j\rs en dsquilibre avec le milieu1 ma9t5ant intrieurem5t la conc5tration sal9e des orig9es en face des m]s qui se conc5tr5t davantage ou des eaux d\ces qui se dessal5t1 ma9t5ant encore la temprature des orig9es en face du milieu t]re/re qui se refroidit1 m5tant au milieu1 en df9itive1 p\r ma9t5ir ses conditions de vie optimes4 ,le m5songe dont n\s p>lons n'e/ que la =me psy*ologique de cette raction du ,v]tbr contre l'ho/ilit du milieu4 ,les t]mes obscurs de cette note 7conc5tration sal9e1 temprature des orig9es7 sont expliqus dans le livre publi p> ,m4 ,qu9ton1 l',eau de m] milieu organique4 ,,troisi,,me ,,p>tie ,l',,id,,alisme ,,pr,,face ,,p\r ,,la ,i,i,ie ,,et ,,la ,i,ve ,,p>ties ,on rimprime ici1 p>ce que l'dition vi5t de s'puis]1 le petit volume intitul avec une navet1 qui n'tait pas aussi ambitieuse qu'on p\rrait le croire1 l',idalisme4 ,depuis dix ans les ides de l'auteur se sont modifies sur plus d'un po9t4 ,vivre1 c'e/ *ang]4 ,il espre que1 p\r lui1 avoir vcu signifie1 cette heure1 avoir gr&i en sagesse et en scepticisme1--et il ne r$\te pas les curieux qui v\drai5t oppos] sa p5se d'hi] sa p5se d'auj\rd'hui4 ,plusieurs morceaux de la ,i,ve p>tie sont galem5t anci5s2 cet av]tissem5t leur e/ applicable4 ,dcembre #aija4 ,,notice ,ces articles fur5t imprims1 le d]ni] pr9temps1 en div]ses revues qui v\lur5t bi5 me laiss] dire3 les ,entreti5s1 la ,revue ,blan*e1 les ,essais d',art libre1 l',ermitage1 le ,livre d',art4 ,les voici ensemble1 lis p> un seul fil1 mme les trois d]ni]s dont le ton s]a un peu discordant4 ,a cette heure1 la ?orie idali/e n'e/ plus gure conte/e que p> quelques can>ds encl9s se plaire dans les vieux m>cages4 ,les naturali/es les plus entts et les plus obtus ont cd eux-mmes l'n]gique pression intellectuelle qui1 depuis quatre ans1 depuis la mort de ,villi]s de l',isle-,adam1 pesa sur le monde o la p5se s'labore en uvres d'art4 ,la gr&e gu]re e/ donc f9ie1 mais selon le conseil de ,ma*iavel1--le matre bi5-aim de ,tribulat ,bonhomet--il faut a*ev] les blesss1 af9 qu'ils ne surgiss5t pas guris et aptes de n\velles batailles4 ,si mdiocre que soit un va9cu1 sa colre e/ t\j\rs cra9dre3 c'e/ p\rquoi l'ext]m9ation e/ ncessaire4 ,j'espre que tant de frocit ne s]a pas juge contradictoire avec les pr9cipes de la lib]t de l'art1 que je prconise avant t\t4 ,r4 ,g4 #be m>s #ahic4 ,l',,id,,alisme ,ce mot trane dans les j\rnaux3 des g5s aussi va9s que ,m4 ,filon se p]mett5t de l'crire1 croyant le compr5dre2 les no-*rti5s en font usage avec l'aplomb de l'appr5ti sorci] de ,g!2 ,m4 de ,vogu *evau*e ce man*e balai1--et de ce balai ,m4 ,desj>d9s balaie la sacri/ie2 c'e/ le mot t\t faire4 ,p\r ces simpli/es1 un peu borns1 l'idalisme e/ le contraire du naturalisme1--et voil2 cela signifie la romance1 les toiles1 le progrs1 les pauvres btes1 les ph>es1 l'am\r1 les montagnes1 le peuple1 les pauvres g5s1 t\t le s5tim5talisme humanitaire1 sexuel et social4 ,autrem5t1 ces sots s'imag95t qu'idalisme e/ synonyme de spiritualisme et qu'un tel vocable relve de la judicature de ,m4 ,simon et de ,m4 ,dr\lde2 qu'il clame une doctr9e morale et consolatoire2 que les familles y puis5t quelque vigueur procrer2 les conscrits1 de l'en?\siasme2 les misrables1 de la rsignation4 ,mais non1--et il importe de c>tonn] cette page le dictionnaire des lieux communs3 l'idalisme e/ une doctr9e immorale et dsesprante2 anti-sociale et anti-huma9e1--et p\r cela l'idalisme e/ une doctr9e trs recomm&able1 en un temps o il s'agit non de cons]v]1 mais de dtruire4 ,en voici le sommaire4 ,s*op5hau] rsume a9si les pr9cipes de l'idalisme pos p> ,kant3 ,le plus gr& s]vice que ,kant ait r5du1 c'e/ sa di/9ction entre le phnomne et la *ose en soi1 entre ce qui p>at et ce qui e/2 il a montr qu'entre la *ose et n\s il y a t\j\rs l'intellig5ce1 et que p> consqu5t elle ne peut jamais tre connue de n\s telle qu'elle e/4 ,?orici5 de l'idalisme1 ,kant n'en e/ pas le tr\veur2 ,platon fut rig\reusem5t idali/e2 sa9t ,d5ys l',aropagite pr(ra3 ,n\s ne connaissons pas ,dieu tel qu'il e/ et ,dieu ne n\s connat pas tels que n\s sommes2 enf9 les rali/es du ,moy5 ,age pr(essai5t1 eux aussi1 la d\l\reuse relativit de t\te connaissance1 que t\te notion n'e/ que d'app>5ce1 que la vraie ralit e/ insaisissable p\r les s5s comme p\r l'ent5dem5t#ea4 #ea ,le vritable premi] ?orici5 du phnomnisme s]ait encore plutt ,b]keley1 mais excs de logique1 ,b]keley va un peu lo9 et ,kant1 lui-mme l'a rfut eu rfutant ,desc>tes 7,critique de la ,raison pure74 ,les consqu5ces logiques de ces aphorismes sont nettes3 on ne connat que sa propre intellig5ce1 que soi1 seule ralit1 le monde spcial et unique que le moi dti5t1 vhicule1 d=me1 extnue1 recre selon sa p]sonnelle activit2 ri5 ne se meut en dehors du sujet connaissant2 t\t ce que je p5se e/ rel3 la seule ralit1 c'e/ la p5se4 ,la relativit de l'extrieur tant bi5 tablie1 nul beso91 ?oriquem5t1 p\r le moi1 de se ml] de problmatiques cont+5ces2 il se suffit lui-mme1 et il le faut1 puisqu'il e/ isol de ses semblables autant que deux plantes du sy/me solaire4 ,conva9cu que t\t e/ transitoire1 hormis sa p5se1 qui e/ t]nelle 7en ce s5s qu'elle capte la lumire72 conva9cu qu'il e/ seul et impntrablem5t seul1 comme une molcule d\e seulem5t d'un p\voir de cohsion2 conva9cu enf9 que t\t e/ p>faitem5t illusoire1 puisque1 dans sa c\rse la connaissance1 ce coll9-maill>d1 il n'emprisonne jamais que son pr5nel et fa/idieux moi2 bi5 assur qu'il ne peut sortir de l'tat g/e que p\r retomb] dans l'tat p]-g/e1--l'idali/e se ds9tresse de t\tes les relativits telles que la morale1 la patrie1 la sociabilit1 les traditions1 la famille1 la procration1 ces notions relgues dans le doma9e pratique4 ,un individu e/ un monde2 c5t individus font c5t mondes1 et les uns aussi lgitimes que les autres3 l'idali/e ne saurait donc admettre qu'un seul type de g\v]nem5t1 l'an>*ie2 mais s'il p\sse un peu plus avant l'analyse de sa ?orie il admettra encore1 avec la mme logique 7et avec plus de complaisance7 la dom9ation de t\s p> quelques-uns1 ce qui1 d'aprs l'id5tit des contraires1 e/ spculativem5t homologue et pratiquem5t quival5t4 ,l'idalisme pessimi/e de ,s*op5hau] ab\tissait au despotisme2 l'idalisme optimi/e de ,hgel se rs\t dans l'an>*ie3 il suffit d'voqu] la m?ode des diffr5ciations p\r donn] raison ,s*op5hau]4 ,t\s les hommes1 p> cela seul que leur c]veau fonctionne1 se reprs5t5t un monde2 mais peu d'hommes se reprs5t5t un monde orig9al4 ,considr comme une entit1 l'ensemble des c]veaux huma9s e/ p>eil un f\r porcela9e d'o sort5t successivem5t des millions de pices id5tiques et banales2 une sur un million app>at biz>rem5t craquele1 r\ssie1 fume1 raye d'tranges dess9s imprvus et f\s1 gondole1 creuse1 s\ffle1 d=me1 rate#eb1 cette pice de porcela9e1 c'e/ la reprs5tation du monde conue p> les esprits suprieurs1 p> les gnies4 ,c'e/1 en somme1 p\r cette pice unique que le f\r *auffe et il importe peu que t\tes les autres soi5t ananties1 si celle-l demeure4 #eb ,pices rates4--,villi]s de l',isle-,adam1 le l5dema9 de sa mort1 fut qualifi de rat p> ,m4 ,f\qui] et quelques autres report]s4 ,ml la vie active 7qu'il ddaigne1 peut-tre p> inaptitude71 l'idali/e jug]ait des hommes comme de ces pices de porcela9e2 il les mettrait leurs vraies places3 les suprieurs en haut1 les infrieurs en bas1--le peuple tant fait p\r obir aux lois et non p\r dict] des lois#ec4 #ec ,s*op5hau]4 7,la ?orie an>*i/e emporte peu prs les mmes consqu5ces3 en l'abs5ce de t\tes lois1 l'asc5dant des hommes suprieurs s]ait la seule loi et leur ju/e despotisme inconte/47 ,en conclusion1 ou bi5 l'idalisme engage au ds9tressem5t absolu de la vie sociale2 ou bi51 s'il condesc5d la pratique1 il conclut des =mes de g\v]nem5t que t\s les esprits sa9s et n\rris de doctr9es prud5tes n'hsit]ont pas qualifi] d'immorales1 de subv]sives1 d'incompatibles avec nos murs dmocratiques1--et ces =mes sont3 l'an>*ie1 p\r que l'influ5ce intellectuelle soit ex]ce p> ceux qui sont ns p\r cette fonction2 le despotisme1 p\r qu'il p\rvoie les imbciles de bonnes muselires1 c>1 sans intellig5ce1 l'homme mord4 ,la vie sociale tant c>te1 il re/e un doma9e o il semble que l'idalisme p\rrait rgn] sans nuire au dveloppem5t de la mufl]ie dmagogique1 l'art4 ,mais1 p>l] de l'art1 cette heure1 s]ait une ironie p> trop cruelle3 jadis1 il fut libre2 ensuite1 il fut protg2 auj\rd'hui1 il e/ tolr2 dema91 il s]a int]dit4 ,pratiquons-le encore1 mais en secret1 en des catacombes1 comme les premi]s *rti5s1 comme les d]ni]s paens4 ,,le ,,symbolisme ,on croit le mom5t bon p\r le dire avec s9crit et navet3 cette heure il y a deux classes d'criva9s1 ceux qui ont du tal5t1--les ,symboli/es2 ceux qui n'en ont pas1--les ,autres4 ,oui1 selon les prcd5tes =mules1 et selon une lib]t diffremm5t comprise1 d'aucuns fir5t des uvres2 mais ces ,aucuns-l ne sont-ils pas enf9 prims8 ,et les coraux qu'ils scrtr5t1 les lots qu'ils rigr5t1 un flot n\veau ne vi5t-il pas1 tel qu'un orageux raz de m>e1 les sec\]1 les dsagrg] et ne p]mettre qu'aux inde/ructibles de ma9t5ir au-dessus de l'asphyxie leur tte fleurie8 ,ils meur5t1 ils s'miett5t1 ils se ptrifi5t1 l'orage pass1 s\s une c\*e de sil5ce1 ils s'enfonc5t l5tem5t1 ils desc5d5t v]s la gologie qu'ils vont dev5ir4 ,ces dbris d'inconsci5ts et microscopiques travaux1 pe9e s'ils inspir5t encore quelque respect 7si ,on n\s le p]met7 ou quelque curiosit des passag]s en prom5ade aut\r du monde1 et les *efs de ces dfuntes colonies 7un peu animales1 peut-tre87 ne sont pas du t\t des ,*efs2 ils n'ont plus ni manuvres1 ni cli5ts4 ,patrons dmods1 ,pratici5s vieillis et sans influ5ce1 entrepr5eurs de btisses entre les ma9s desquels et s\s les yeux 7les mauvais ils7 desquels les moellons fond5t comme les morceaux de sucre dans les romans de ,m4 ,daudet4 ,les coraux r\ges1 n\s les vmes assez3 qu'ils soi5t bleus6 ,l'un des lm5ts de l',art e/ le ,n\veau1--lm5t si ess5tiel qu'il in/itue presque lui seul l',art t\t enti]1 et si ess5tiel que1 sans lui1 comme un v]tbr sans v]tbres1 l',art s'cr\le et se liqufie dans une glat9e de mduse que le jusant dlaissa sur le sable4 ,or1 de t\tes les ?ories d',art qui fur5t1 en ces pnultimes j\rs1 vagies1 une seule app>at n\velle1 et n\velle d'une n\veaut invue et in\e1 le ,symbolisme1 qui1 lav des outrageantes signifiances que lui donnr5t d'infirmes c\rt-voyants1 se traduit littralem5t p> le mot ,lib]t et1 p\r les viol5ts1 p> le mot ,an>*ie4 ,la ,lib]t en ,art1 n\veaut si /upfiante qu'elle e/ encore et demeur]a longtemps incomprise4 ,t\tes les rvolutions adv5ues jusqu'ici en ce doma9e s'tai5t cont5tes de *ang] ses *anes au captif et1 gnralem5t1 c'tait en de plus l\rdes que les muait la d\l\reuse +niosit des novateurs4 ,mais1 les *anes1 c'e/--dire des rgles1 des grammaires1 des =mules1 cela convi5t au peuple de l',art1 compos d'une majorit d'enfants et de vieill>ds1 satisfaits--lit ou b]ceau--qu'un guide sr les promne en petite voiture4 ,le haquet de ,!spis br\etta ces rsigns deux sicles durant2 puis ce fut le cabriolet romantique1 puis la tapissire p>nassi5ne1 puis le tomb]eau naturali/e1 puis le cab psy*ologique1 puis le vlocipde no-*rti51--et ils tai5t t\j\rs soigneusem5t ligots4 ,si l'on veut savoir en quoi le ,symbolisme e/ une ?orie de lib]t1 comm5t ce mot1 qui semble /rict et prcis1 implique1 au contraire1 une absolue lic5ce d'ides et de =mes1 j'invoqu]ai de prcd5tes df9itions de l',idalisme1 dont le ,symbolisme n'e/ aprs t\t qu'un succdan4 ,l',idalisme signifie libre et p]sonnel dveloppem5t de l'individu intellectuel dans la srie intellectuelle2 le ,symbolisme p\rra 7et mme devra7 tre considr p> n\s comme le libre et p]sonnel dveloppem5t de l'individu e/htique dans la srie e/htique1 et les symboles qu'il imag9]a ou qu'il expliqu]a s]ont imag9s ou expliqus selon la conception spciale du monde morphologiquem5t possible *aque c]veau symbolisateur4 ,d'o un dlicieux *aos1 un *>mant labyr9! p>mi lequel on voit les pr(esseurs dsori5ts se m5di] l'un l'autre le b\t1 qu'ils n'auront jamais1 du fil d',ariane4 ,ils v\drai5t compr5dre1 ils *]*5t1 qu& p>l5t les h>pes1 agripp] au passage quelques clairs et nets lieux communs2 ils croi5t qu'on va leur r$ire les vieilles gnralits qu'ils bib]onnr5t l'cole1 t\t ce qui1 df9issant la ,femme1 df9it la m>*euse et la g>deuse d'oies4 ,si le ,symbolisme devait1 comme d'aucuns l'ont annonc1 rev5ir des concepts aussi simples1 des imag9ations aussi naves1 il ne s]ait ni ce qu'il e/1 ni ce qu'il s]a3--il cont9u]ait t\t simplem5t le classicisme1 et alors quoi bon8 ,sans d\te1 il app>at1 en un c]ta9 s5s1 comme un ret\r la simplicit et la cl>t1--mais ces effets1 il les dem&e au complexe et l'obscur1 au ,moi o t\tes les ides s'en*evtr5t1 o t\tes les lumires conc\r5t ne donn] que de la nuit4 ,on e/ t\j\rs compliqu p\r soi-mme1 on e/ t\j\rs obscur p\r soi-mme1 et les simplifications et les cl>ifications de la consci5ce sont uvre de gnie2 l',art p]sonnel--et c'e/ le seul ,art--e/ t\j\rs peu prs incomprh5sible4 ,compris1 il cesse d'tre de l'art pur p\r dev5ir un motif de n\velles expressions d'art4 ,mais1 si p]sonnel que soit l',art symboli/e1 il doit1 p> un co91 t\*] au non-p]sonnel1--ne ft-ce que p\r ju/ifi] son nom2 et il faut t\j\rs tre logique4 ,il doit s'enqurir de la signification p]man5te des faits passag]s1 et t*] de la fix]1--sans froiss] les exig5ces de sa vision propre1--tel qu'un arbre solide m]geant du f\illis des m\vantes br\ssailles2 il doit *]*] l't]nel dans la div]sit mom5tane des =mes1 la ,vrit qui demeure dans le ,faux qui passe1 la ,logique pr5nelle dans l',illogisme in/antan1--et nanmo9s1 plant] un arbre qui soit si spcial1 si unique de ramure1 d'corce1 de fleurs et de rac9es1 qu'on le reconnaisse entre t\s les arbres comme un arbre dont l'ess5ce n'a ni surs ni frres4 ,je sais bi5 que#ed p> la df9ition mme de l',idalisme1 le ,p]man5t lui-mme ne peut tre conu que comme p]sonnel1 c'e/--dire comme transitoire1 et que ce qu'il y a d',absolu vraim5t e/ incogniscible et hors d'tre =mul en symboles2 ce n'e/ donc qu'au relatif absolu que vise le ,symbolisme1 dire ce qu'il peut y avoir d't]nel dans le p]sonnel4 #ed ,quant au sujet absolu1 la sub/ance1 elle ne peut pas tre dans les phnomnes extrieurs1 autrem5t1 elle s]ait conditionnelle et non pas absolue4 ,p\r que cette sub/ance devi5ne une p5se1 il faut qu'elle soit en relation avec le moi2 elle dp5dra alors du sujet p5sant4 ,p\r que la sub/ance soit absolue1 il faut qu'elle soit la sub/ance des phnomnes intrieurs du moi1 c'e/--dire le sujet p5sant qui ne dp5d que de lui-mme4 ,,kant1 ,critique de la ,raison pure4 ,cette manire de compr5dre l',art exclut l'arti/e mdiocre qui ne dti5t1 cela va sans dire1 ri5 d't]nel dans son p]sonnel et qui ne saurait exprim] une ide un peu huma9e 7ou div9e7 que p> dm>quage2 mais cette sorte d'tre a rgn assez longtemps grce aux tuteurs qu'on lui tolrait3 que son rgne f9isse 7si c'e/ possible87 et soyons intolrants4 ,pratiquem5t il importe que le ,symbolisme1 art libre1 acquire dans l'e/ime gnrale une valeur qu'on lui a1 jusqu' ce j\r1 dnie2 il importe qu' ct des =mes connues on tolre des =mes inconnues et que de la s]re *aude de la ,littrature on n'expulse pas les plantes1 nes de gra9es de has>d1 ignores des catalogueurs et des j>d9i]s4 ,p\r cela nulle concession ne doit tre faite2 c'e/ aux intellects rudim5taires se dvelopp] et non aux l>ges intellig5ces se rtrcir p\r p]mettre l'il di/rait de p>c\rir plus facilem5t une mo9dre surface4 ,et les tuteurs1 les rgles1 les lois1 il faut les c\p] et les ha*] et qu' la place de ces *nes p\rris1 piqus de tr\s de v]m9e1 le li]re qui s'accro*ait aux troncs s'accr\pisse en une ridicule dsolation4 ,l',,art ,,libre ,,et ,l',,e/h,,tique ,,individuelle ,les modles ont1 de t\t temps1 devanc les prceptes4 ,cette p5se de ,m4 de ,lah>pe simule un lieu commun1 mais seulem5t peut-tre p> sa =me dmode et l'troitesse des t]mes o elle se base4 ,en un langage plus philosophique1 plus gnral et plus solide1 on obti5drait un aphorisme tel que3 ,l',art e/ antrieur l',e/htique1 ce qui app>at non plus un lieu commun1 mais une vrit t]nelle4 ,les ,vrits t]nelles1--il n'y a de vraie plaisante dialectique qu' se battre sur leur dos4 ,elles sont pati5tes1 s\ffr5t les c\ps maladroits1 les insultes1 les c>esses1 et1 l'ironie de leurs yeux immuables tant t\rne v]s le ciel1 les protagoni/es n'ont pas r\gir ou trembl] s\s un reg>d qui p\rrait tre mdusi54 ,les ,vrits t]nelles1--elles sont de t\te morphologie4 ,il y en a de blondes avec des *airs laiteuses qui n\s leurr5t de la nubilit d'une pr5able vi]ge2 il y en a qui ont les quatre pi$s d'une bte et dont le front angulaire conti5t1 en sa gomtrie1 t\te l'inquitude huma9e2 il y en a dont les ailes1 plus l>ges que les ailes des condors1 abrit5t s\s leurs plumes un peuple de p5ses444 ,celle dont je p>le e/ un des plus mode/es ons2 elle frqu5te la ,t]re et fait plus volonti]s son nid syllogi/ique en tel cab9et d'tude que dans la b>be de ,jupit]4 ,donc3 l',art e/ antrieur l',e/htique4 ,lemme3 l',e/htique doit tre une explication et non une ?orie de l',art4 ,plusieurs ayant conte/1 non l'aphorisme1 qui e/ indiscutable1 mais son lemme1 qui l'e/ mo9s1 quelques argum5ts n\veaux s]ont peut-tre bi5 accueillis p> quelques lecteurs de bonne volont4 ,l'ess5ce de l',art e/ la lib]t4 ,l',art ne peut admettre aucun code ni mme se s\mettre l'obligatoire expression du ,beau#ee4 ,non seulem5t il se refuse au j\g d'une =mule passagre1 mais il dnie la dom9ation de l'absolu huma91--lequel n'e/ d'ailleurs que la moy5ne des gts1 des jugem5ts1 des plaisances de la moy5ne humanit4 ,il peut viol5t] cet absolu1 il peut balafr] la ,beaut1--et rpondre3 ,votre ,absolu n'e/ pas le ,mi51 et3 ,il me plat de balafr] la ,beaut4 #ee ,la beaut1 uvre de l'art1 e/ plus leve que celle de la nature1 et3 ,la beaut dans la nature n'app>at que comme un reflet de la beaut de l'esprit4 ,hgel1 ,e/htique4 ,introduction4 ,l',art e/ libre de t\te la lib]t de la consci5ce2 il e/ son propre juge et son propre e/hte2 il e/ p]sonnel et individuel1 comme l'me1 comme l'esprit3 et1 l'me libre de t\te obligation qui n'e/ pas morale1 l'esprit libr de t\te obligation qui n'e/ pas intellectuelle1 l',art e/ libr de t\te obligation qui n'e/ pas e/htique4 ,c'e/ en va9 qu'il *]*]ait le ,vrai que l'intellig5ce seule peut connatre1 ou le ,moral que la consci5ce seule di/+ue2 il e/ inapte ces oprations1 il ne compr5d et ne s'assimile que ce qui e/ adquat son s5s unique3 le ,s5s e/htique4 ,c'e/ mme p\r cela qu'il e/ libre4 ,il se dveloppe du dehors au d$ans1 sans proccupations d'avoir p>tag] son espace avec d'autoritaires entits2 il se dveloppe et s'enr\le sur lui-mme1 se complique loisir1 multiplie ses fibres1 ses feuilles1 ses fleurs intrieures2 il se dveloppe et crot dans l'obscurit du ,moi1 et s'il vi5t1 au j\r de l'explosion vitale1 projet] imprieusem5t ses vgtations1 elles tonn5t comme des consqu5ces anormales1 illogiques1 incomprh5sibles4 ,l'individu e/ anormal3 on ne le classe que p> les limitations imposes ses manife/ations extrieures2 intrieurem5t1 il e/ anormal1 il e/ un tre dissemblable des tres qui lui ressembl5t le plus4 ,l',art 7que je considre ici comme une des ,facults de l'me individuelle7 e/ donc1 de mme que l'individu lui-mme1 anormal1 illogique et incomprh5sible4 ,or si la diffr5ciation e/ vid5te 7ou t\t au mo9s microscopiquem5t possible tablir7 entre t\s les individus huma9s d\s de l'me1--cette diffr5ciation devi5t bi5 plus vid5te 7et inconte/ablem5t notoire7 entre le petit nombre des individus huma9s d\s d'une me suprieure4 ,selon l'*elle de la vie1 les membres de tel gr\pe d'tres sont dissemblables de plus en plus1 mesure qu'ils se sont davantage p]fectionns3 les atmes plasmiques et quasi-mcaniquem5t oscillants qui compos5t les primitives colonies animales#ef ne diffr5t pas entre eux2 leur =me e/ s\v5t cri/allique1 rhombes cilis1 polydres poilus4 ,en montant1 on di/+ue1 un po9t donn1 le frre du frre1--et enf91 dans l'humanit1 les individus id5tiques sont extrmem5t r>es et de ngligeables exceptions4 ,d\s d'une me suprieure1 les individus sort5t du gr\pe =mel2 ils viv5t l'tat de mondes uniques2 ils n'obiss5t plus qu'aux lois trs gnrales de la gravitation vitale dont ,dieu e/ le c5tre et le moteur4 ,a ce degr animique1 la prdom9ance de l',am\r fait les gr&s sa9ts1 la prdom9ance de l',esprit1 les gr&s philosophes1 la prdom9ance de l',art1 les gr&s arti/es1--et diffr5tes v>its de gnies selon que ces prdom9ances sont absolues ou mlanges4 #ef ,cf4 ,p]ri]1 ,colonies animales4 ,donc1 si les tres suprieurs diffr5t radicalem5t1 ess5tiellem5t1 les uns des autres1 la production e/htique des uns diffr]a non mo9s radicalem5t1 non mo9s ess5tiellem5t de la production e/htique des autres4 ,en consqu5ce1 nulle commune mesure entre deux uvres d'art1 nul jugem5t de comp>aison possible1 nulle ?orie critique qui puisse les capt] dans ses filets1 nulle e/htique1 qui1 applicable la premire de ces uvres soit encore applicable la seconde1--nulle rgle fabrique d'avance1 s\s laquelle puisse se c\rb] ni la premire ni la seconde de ces uvres d'art1 ni aucune uvre d'art#eg4 #eg ,le pr9cipe du jugem5t du gt que n\s nommons e/htique ne peut tre que subjectif4 ,kant1 ,critique du jugem5t1 cit p> ,l4 ,f4 ,s*n1 ,sy/me de ,kant2 ,p>is1 #ahca4 ,mais1 l',art tant anormal1 illogique et incomprh5sible1 on peut tolr] que des g5s trs intellig5ts et capables de l'ef=t d'objectivit1 en clair5t un peu--oh6 trs peu1--les obscurits et dvoil5t au public di/rait les secrets de la magique ,lant]ne4 ,c'e/ l'e/htique d'aprs c\p1 la critique explicative1 le comm5taire1--et il en faut refondre les pr9cipes *aque arti/e n\veau exhib devant la f\le /upide qui n'admet pas que l'on puisse diffr] de la mdiocrit moy5ne enseigne p> l'tat4 ,c'e/ aussi1 l',art tant libre dans la limite des organes dont il dispose1 la lib]t de l'e/htique1 l'individuelle1 la p]sonnelle e/htique1 le droit de jug] d'aprs des rgles individuelles et p]sonnelles1 au mpris des talons1 des patrons et des p>angons4 444 ,les ,vrits t]nelles3 l'ironie de leurs yeux immuables se t\rne v]s le ciel444 ,,celui ,,qui ,,ne ,,compr5d ,,pas 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,elle dira1 lisant ces v]s t\t remplis d'elle3 ,quelle e/ donc cette femme8--,et ne compr5dra pas4 ,du ,sonnet d',,arv]s4 ,de t\s les plaisirs que peut procur] la ,littrature1 le plus dlicat e/ c]ta9em5t3 ,ne pas tre compris6 ,cela v\s remet votre place1 dans le bel isolem5t d'o l'inutile activit v\s avait fait sortir3 rintgr] la ,t\r et j\] du violon p\r les araignes qui--elles--sont s5sibles la musique4 ,celui qui ne compr5d pas n'e/ s5sible ni la musique ni la logique2 il e/ s\rd1 mais non muet1 c> il va clamant p>t\t3 ,je ne compr5ds pas6 ,comme d'autres de leur tal5t ou de leurs ides1 il e/ fi] de son in9tellig5ce et des loques v]bales dont il vt sa nudit spirituelle1--et il s'exhibe1 il fait le beau et ds qu'on flatte sa vanit1 qui e/ ,ne pas compr5dre1 un v5tail de plumes de paon lui sort du d]rire et sur *aque plume1 en guise d'il1 il y a un rond o e/ crit3 ,moi1 je ne compr5ds pas6 ,cette facult fait qu'on l'e/ime4 ,il e/ re*]* de ceux qui1 ne compr5ant pas1 ont un peu honte2 son aplomb leur donne du c\rage et ils se dis5t les uns aux autres1 ds que la r\e rvlatrice esquisse son orbe3 ,voyez1 celui-ci1 non plus1 ne compr5d pas1--et p\rtant il n'en r\git pas1 au contraire6 ,au contraire3 il connat sa valeur et n'hsite jamais se mettre en avant4 ,d'ailleurs1 sa queue de paon aux prcieux ronds e/ un drapeau commode et de lo9 visible4 ,il ne l'a ramass sur aucun *amp de bataille1 il ne l'a ni *ip ni conquis3 il l'a sorti de son d]rire1 et qu& il le dploie1 ce n'e/ pas p\r conduire des ombres l'assaut de va9es entits4 ,celui qui ne compr5d pas e/1 en effet1 un homme pratique4 ,d\ d'une si belle v]tu1 il l'exploite rationnellem5t et s'en fait des r5tes4 ,t\s les j\rnaux lui sont ouv]ts2 sa queue magique =ce t\tes les portes3 il gagne ce qu'il veut1 ri5 qu' crire--avec de f9s s\s-ent5dus3 ,je ne compr5ds pas4 ,c'e/ un accap>eur3 la gr&e ,presse ne lui suffit pas2 il dlgue la petite ses lieut5ants2 mais ceux-ci1 beauc\p plus borns que le ,matre1 dpass5t s\v5t la mesure1 tal5t une /upidit qui jette le dcri sur des fonctions p\rtant bi5 honorables et bi5 lucratives4 ,moi1 je ne me pla9s pas2 je r5contre j\rnellem5t ,ceux qui ne compr5n5t pas1 et ils font ma joie4 ,je les aime3 ils m'incit5t me retir] dans ma vraie vocation3 le ,sil5ce4 99 99 99 ,il e/ suppos]1 c> je ne suis ni inspir ni visionnaire1 que cette figuration de ,celui qui ne compr5d pas m'a t suggre p> telle bvue dont je fus victime3 ,oh6 bi5 peu1--et bi5 volonti]s1 si cela doit di/raire quelques amateurs2 je m'(fre en spectacle3 amusez-v\s6 ,mais v\s amus]ez-v\s jamais autant que moi devant la p>ade de ,celui qui ne compr5d pas8 ,or1 en de prcd5ts articles1 j'exposai quelques ides1 ou--si l'on veut--quelques fantmes d'ides 7mais lum9eux1 comme il si$ des fantmes1 et d'une vid5ce phosphoresc5te7 t\*ant l',art que je dsire libre1 la rnovation du mot ,symbolisme qui p\rrait1 je le r$is1 s]vir de dnom9ation commune 7 l'usage du public lisant7 une diza9e d'criva9s gs de mo9s de tr5te-c9q ans et clairem5t /imuls v]s un b commun1 t\*ant enf9 7ou d'abord mais c'e/ mon et mon 7 l',idalisme dont je t5tai1 non sans prsomption1 d'tablir la signifiance vraie4 ,cette trs mode/e clameur en trois notes1 cette primitive mlodie1 si simple qu'un coli] se la s]ait assimile in/antanm5t1 tomba dans l'oreille de ,celui qui ne compr5d pas1 celui qui e/ s\rd mais non muet4 ,il p]ut un vague son p>eil aux bruissem5ts des peupli]s et1 glorieux1 cria3 ,je ne compr5ds pas6 ,os]ais-je dire que ces syllabes complaisamm5t et vaniteusem5t rptes me sembl5t surrogatoires--et que l'attitude1 la dm>*e1 le front et l'il de ,celui qui ne compr5d pas suffis5t indiqu] son ess5tielle non-intellig5ce8 ,il n'a mme pas beso9 de sortir et de ho*n] sa queue hiroglyphique2--d'crire1 encore mo9s4 ,mais il y faut mettre de l'indulg5ce et surt\t il faut savoir que ,celui qui ne compr5d pas a p\r cli5ts d'inepticules snobs1 incapables1 t\t seuls1 de se hauss] un degr si m95t d'imbcillit crbrale2 c'e/ p\r eux qu'il crit1 et1 comme je l'ai dj n1 son criture e/ fructueuse4 ,celui qui ne compr5d pas e/-il m*ant ou envieux8 ,comme t\s les sots1 il e/ m*ant et envieux1 mais accessoirem5t1 et d'une m*ancet si petite1 d'une envie si mesqu9e1 que c'e/ piqre de puce4 ,cela ne fait pas s\ffrir1 cela n'incite ni la colre1 ni la v5geance1 c'e/ agaant et voil t\t4 ,agaant1 et 9vitable1 l'omnibus de la littrature tant1 comme les autres1 infe/ de p>asites4 ,celui qui ne compr5d pas e/ donc in(f5sif4 ,mme ses morsurettes p>fois sont des *at\illes2 on rit1 cela dconge/ionne le c]veau1 c'e/ salutaire1--et si ensuite on crase la be/iole1 avec quelle piti6 ,celui qui ne compr5d pas e/ donc surt\t passif1 et ngatif2 il e/ celui qui ne444 pas2 la borne qui ne remue pas1 le pav qui ne se rvolte pas1 etc444 ,passive1 sa facult d'incomprh5sion e/ illimite et t\j\rs gale elle-mme2 ngative1 elle se faonne1 elle se modle comme cire1 sur le sujet qu'il faut ne pas compr5dre1 et spcialem5t elle excelle en les que/ions ab/raites comme peu prs les g>des de la *anson3 ,ils n\s p>l5t de la gloire1 ,n\s qui n'y compr5ons ri52 ,mais s'ils n\s p>lai5t de boire1 ,t\s les g>des1 ils le sav5t bi54 ,ne pas compr5dre l'ide pure1 et ne pas compr5dre l'ide ds9tresse1 inv5dable et immonayable1 c'e/ le triomphe de l'homme la queue magique4 ,p\r lui1 et p\r les intellects rudim5taires1 l'ide ne se p]oit que concrte et figure4 ,donnez-lui des explications2 dites-lui que la littrature e/ un mode d'activit2 que le gnie e/ une ralisation2 que la posie e/ une floraison d'me2 que le symbolisme e/ l'expression e/htique de l'idalisme2 que la musique e/ la langue de l'inconsci5t1 etc42 dites-lui t\t cela et comm5tez vos dires1--il rpondra 7n'ayant p]u que de vagues sons1 p>eils aux pla9tes des mlzes7 en ouvrant vos p>oles une b\*e s\riante et satisfaite4 ,voil p\rquoi celui qui ne compr5d pas eng5dre aut\r de lui--et jusqu'aux conf9s du monde connu--tant de jovialit2 c'e/ le jeu des propos int]rompus1 du coq--l'ne1--innoc5tes di/ractions1 plaisirs quasi *amptres1 plaisirs les plus dlicats4 ,n'tre pas compris1 cela v\s remet votre place3 rintgr] la ,t\r et j\] du violon p\r les araignes6 --,et quant moi1 me retir] dans ma vraie vocation3 le ,sil5ce4 ,l',,ivresse ,,v]bale ,les mots m'ont donn peut-tre de plus nombreuses joies que les ides1 et de plus dcisives2--joies pro/]nantes p>fois1 comme d'un ,bor qui1 paissant ses m\tons1 tr\v]ait une m]aude po9tant son s\rire v]t dans les rocailles du sol2--joies aussi d'motion enfant9e1 de fillette qui fait j\j\ avec les diamants de sa mre1 d'un fol qui se grise au son des f]l9s clos en son ho*et3--c> le mot n'e/ qu'un mot2 je le sais1 et que l'ide n'e/ qu'une image4 ,ce ri51 le mot1 e/ p\rtant le sub/ratum de t\te p5se2 il en e/ la ncessit2 il en e/ aussi la =me1 et la c\leur1 et l'odeur2 il en e/ le vhicule3 et bai ou rubican1 isabelle ou aubre1 pie ou r\an1 ardoise ou jayet1 dor ou v9eux1 c]ise ou mille-fleurs1 zbre ou za91 le front toil ou li/1 pe9t de tigrures ou de balzanes1 de m>brures ou de neigeures1--le mot e/ le dada qu'enf\r*e la p5se4 ,mais ce n'e/ pas p\r cela que j'aime les mots3 je les aime en eux-mmes1 p\r leur e/htique p]sonnelle1 dont la r>et e/ un des lm5ts2 la sonorit en e/ un autre4 ,le mot a encore une =me dt]m9e p> les consonnes2 un p>fum1 mais difficilem5t p]u1 vu l'infirmit de nos s5s imag9atifs4 ,si complexe que soit l'impression que donne un mot1 elle e/ subie nanmo9s en bloc1 et il en e/ des va9s vocables comme des va9es femmes1 ils plais5t ou dplais5t3 le p\rquoi ne se tr\ve qu'au ret\r l'tat d'indiffr5ce4 ,des mots exquis peuv5t signifi] des *oses laides et sales1 ce qui pr\ve bi5 que leur *>me e/ indp5dant du s5s que le has>d et l'articulation leur ont dp>tis4 ,amaurose3 cela ne semble-t-il pas1 t\t d'abord1 un mot d'am\r8 ,et quel pote1 en mme temps que les lauroses et les lorioses1 ne v\drait cueillir p\r ses v]s les c\p]oses et les mad>oses8 ,savoir la signification des mots e/ s\v5t attri/ant3 la pompe des s$ors s'te9t s\s l'eau o on les trane1 et les erm9ettes fra*es comme des j\es de petite fille s'br*5t en les entailles1 et se r\ill5t de la sueur du *>p5ti]4 ,aussi les mots que j'adore et que je collectionne comme des joyaux sont ceux dont le s5s m'e/ f]m1 ou presque1 les mots imprcis1 les syllabes de rve1 les m>jola9es et les millora9es1 fleurs jamais vues1 fuyantes fes qui ne hant5t que les *ansons de n\rrice4 ,o pr9cesse d'antan glorifie de m5u-vair1 e/-ce d'maux ou de f\rrures1 et v\lut-on allgu] votre robe ou votre blason8 ,si la jaune *lido9e a fleuri1 en e/-elle mo9s la pi]re des philtres et des surprises8 ,quelles ralits me donn]ont les saveurs que je rve ce fruit de l',inde et des songes1 le myrobolan1--ou les c\leurs royales dont je p>e l'omphax1 en ses lo9ta9es gloires8 ,quelle musique e/ comp>able la sonorit pure des mots obscurs1 cyclamor8 ,et quelle odeur tes manations vi]ges1 sanguisorbe8 ,,le ,,p>aclet ,,des ,,po,,tes ,il y a encore des hrsies et1 sur le tr\ble ocan des indiffr5ces spirituelles1 quelques nacelles o des sectaires1 plutt d\x1 fbriles t\t au plus1 se laiss5t b]c] p> le flot en rvant de rnovations religieuses4 ,l'une de ces sectes att5d le ,p>aclet1 c'e/--dire le ,messie des d]ni]s j\rs1 l'homme div9 en qui s'inc>n]a l',esprit ,sa9t1 comme en ,jsus de ,naz>e? s'inc>na le ,fils3 ces temps adv5us1 une joie s'p&ra au-dessus du monde et desc5dra dans t\s les curs2 ce s]a le rgne tant espr de la ,ju/ice et de la ,bont1 de l',am\r et de l',intellig5ce1--de l',esprit1 en un mot1 lequel e/ t\t cela et bi5 plus encore puisqu'il e/ la ,spiritualit la plus p>faite4 ,une telle hrsie n'e/ pas neuve3 elle comm5a de se manife/] peu de temps aprs l',asc5sion du ,*ri/ et fut propage p> des hommes simples1 tonns de ce qu'aprs la purification du monde p> le ,fils le monde1 cep5dant1 ne ft gure dev5u plus habitable4 ,les sicles s'en allr5t1 et il y avait t\j\rs des ,p>aclti/es occups reg>d] si un signe n'allait pas p>atre au ciel1 annonant la naissance du ,roi ju/e2 ils en vir5t p>fois1 des signes1 mais faux1 ce qui ne les dc\rageait pas4 ,ils ne cessr5t de cri]1 ces crdules *>mants1 et ils cri5t encore3 ,il va v5ir6 il vi5t6 le rgne va s'inaugur]6 ,les temps sont pro*es6 ,les vnem5ts qui n'arriv5t jamais ont t\j\rs t prdits avec les mmes =mules4 ,les clameurs des ,p>aclti/es1 je les ai ent5dues1--mais il ne s'agissait ni de religion1 ni de rnovation spirituelle3 il s'agissait de littrature4 ,il y a1 p>mi les criva9s1 un gr\pe de nafs entts1 lesquels1 f]mant ob/9m5t leurs yeux au prs5t1 reg>d5t1 eux aussi1 dans l'av5ir1 guettant la surv5ance du ,gnie4 ,le ,gnie1 p\r eux1 e/ l'homme qui vi5dra srem5t1 pro*a9em5t1 af9 d'exprim] trs haut les ides--bi5 que contradictoires--du gr\pe1 et de revtir d'une =me imposante les imprcises imag9ations de ces orphel9s4 ,ce ,gnie1 en effet1 s]a comme leur pre1 leur tuteur1 leur guide1 leur acc\*eur1 leur ,socrate1 et il les s\ti5dra de sa =ce et de son am\r dans les labeurs de l'enfantem5t1 qu'ils r$\t5t--mais qu'ils ne connatront jamais4 ,quant au ,p>aclet1 quant au ,gnie1 il vi5dra peut-tre--et ceux qui l'auront appel le plus s\v5t s]ont les premi]s le ni] et raill] sa provid5tielle mission4 ,il vi5dra1 ce ,gnie1 c> il e/ dj v5u1 et beauc\p de ceux qui l'att5d5t encore l'ont connu et l'ont mconnu2 sa mort quelques-uns se conv]tir5t2 d'autres s'endurcir5t dans leur crime d'espr] en va94 ,o ,p>aclti/es1 reg>dez donc aut\r de v\s1 p>mi v\s3 il e/ peut-tre l2 il e/ t\j\rs l4 ,il y en a t\j\rs un1 il y en a s\v5t plusieurs1 l',esprit e/ multi=me4 ,pr5ez g>de de l'avoir laiss pass] inconnu1 pauvre et bless2 pr5ez g>de de l'avoir flagell2 pr5ez g>de de le crucifi]2 pr5ez g>de de n'tre que des ,g5tils et des ,phili/9s4 ,,quatri,,me ,,p>tie ,,analyses ,,et ,,fragm5ts ,,le ,,d]ni] ,,des ,,sa9ts ,,psy*ologie ,d',,un ,,homme ,,de ,,dieu ,au sor1 quant il s'aloit c\*i]1 ,en sa cote1 sanz despoilli]1 ,et sanz plus de dras1 se gisoit4 ,une pi]re a son *ief metoit ,ou 4j4 fut1 en leu d'oreli]4 ,il n'avoit pas son c\*i] ,iiij4 s]janz qu'el de*auass5t1 ,et qui son lit li atornass5t ,de l9ciaux ne de cov]tor4 ,avec li portoit son ator4 7,anci5ne ,*ronique1 ,x,i,i,ie sicle47 ,qu& un homme de gnie se trompe1 disait ,b>bey d',aurevilly1 il se trompe plus compltem5t qu'un autre1 il se trompe absolum5t1 il va jusqu'au b\t de l'erreur1 et ses absurdits sont des absurdits de gnie4 ,il y eut un sa9t qui tait la symbolisation de la niais]ie1 l'idalisation de t\t ce qu'il y a d'abject dans les sup]/itieux lobes des c]velles dliquesc5tes et dvotes4 ,en le canonisant1 l'glise semblait avoir consacr la ha9e de l',esprit et t5t1 p> l'apo?ose de la bassesse1 de ju/ifi] sa propre humilit intellectuelle4 ,la glorification de ce cur pat]ne et bn9 affirmait un tel mpris de la gr&eur1 une telle t5dresse p\r l'infime1 p\r le laid et p\r le sale qu'elle en dev5ait1 du c\p1 l'uvre df9itive et suprme de la dgnresc5ce religieuse1--et1 aprs cela1 de tri/es fidles s'tai5t dit que la religion n'e/ plus qu'un s\v5ir hi/orique1 qu'elle gt dans les vieux lg5daires1 dans les ,heures images1 dans la ,patrologie1 dans quelques ar*itectures1 dans quelques pi]res tailles1 dans quelques ttes de jadis1 pe9tes sur fond d'or4 ,hros lu p> l',intellig5ce1 insulte p]man5te la ,sagesse1 il s'appelait ,lep\1 et ses prnoms1 ,jsus-,m>ie-,joseph1 inaugurai5t en sa p]sonne la ,tr9it n\velle qui a remplac celle du ,cr$o2 ,papa1 ,maman et le ,petit1--ab/raction la plus haute laquelle puisse dsormais s'lev] le matrialisme animal des ca?oliques4 ,il fut cur1 et1 ds qu'il le fut1 imag9a de se s\mettre des pnit5ces dont la mdiocrit fait piti1 lorsqu'on se remm l'hrosme de la mre ,passide de ,si5ne1 de ,h5ri ,suso ou de ,dom9ique l',encuirass4 ,se n\rrir de lait et de pommes de t]re froides1 ne jamais se lav]1 ne jamais *ang] de l+e1 telle fut sa rgle3 il donnait des puces comme un *i54 ,cep5dant1 la /upidit populaire se fit admirative4 ,la plbe1 p\r qui la joie suprme e/ la mangeaille1 s'tonna d'une ab/95ce volontaire et1 po9t rpugne p> la sordidit1 elle v9t1 reg>da1 flaira1 fut *>me4 ,peu peu1 sa cli5tle s'l>git1 accap>a t\te la dvotion lgante des environs4 ,des g5s arrivai5t1 incrdules1 t\t c\p ap]cevai5t aut\r de sa tte le halo d'une aurole4 ,les femmes se jetai5t sur lui1 le consultant sur leurs affaires1 leurs migra9es1 l'av5ir de leur d]ni]-n4 ,jamais c\rt1 il rpondait1 prophtisait comme les almana*s1 au petit bonheur1 mettant des prdictions de cette =ce3 ,v\s russirez1 mais il y aura bi5 des ob/acles va9cre1 bi5 des t\rm5ts subir2 ou bi53 ,ne craignez ri51 t\t f9ira selon vos dsirs4 ,un paysan v9t de soixante lieues1 *eval1 lui dem&] s'il n'y avait pas une somme d'arg5t de ca*e dans la maison de son pre1 qui v5ait de m\rir4 ,une dame lui crivait3 ,mon m>i e/ t\te extrmit4 ,sauvez-le1 et il y a dix mille francs p\r votre glise4 ,il ne dc\rageait p]sonne et1 faisant pr(ession de t\t savoir1 dvoilait sans hsitation la d]nire p5se de g5s morts qu'il n'avait jamais connus1 disait une veuve inquite3 ,non1 madame1 ,monsieur votre m>i n'e/ pas en enf]4 ,il en arriva ne p\voir p>l]1 sans pleur]1 de ,dieu qu'il appelait3 ,mon bon ,pre6 ,sa niais]ie dprciait jusqu' l',eu*>i/ie3 ,qu& on a communi1 l'me se r\le dans le baume de l'am\r comme l'abeille dans les fleurs2 et encore3 ,communi]1 c'e/ pr5dre un ba9 d'am\r4 ,de vieilles femmes s'extasiant sur la ri*esse des *apes d'or qu'on lui avait (f]tes1 il rpondit3 ,oh6 c'e/ bi5 plus beau au ciel6 ,il n'eut1 en t\te sa vie1 qu'un mot d'une noble humilit1 rpliquant un sot qui l'appelait sa9t3 ,moi1 je ne suis qu'une *>ogne4 ,c'tait la curiosit locale1 la ri*esse et la fi]t du pays3 on le vnrait l'gal d'une s\rce gurisseuse1 c> il faisait des miracles1 p>gnait aux g5s des frais de mdec94 ,il suffisait1 p\r tre libr de plusieurs maux1 tels que la p>alysie et l'pilepsie1 de t\*] sa s\tane ou son surplis4 ,une dame lui vola son *apeau1 le remplaant p> un neuf1 mais sans se proccup] s'il conv5ait au g5re de cne qui =mait sa tte4 ,un m>*& d'objets pieux droba un de ses m\*oirs1 le dbita p> petits c>rs1 tels que des reliques1 mais g>da la m>que af9 de p\voir au!ntiqu] indf9im5t d'autres m\*oirs sales1 d'autres m9uscules fragm5ts de l+e puce4 ,son portrait se voyait p>t\t1 aux devantures des pic]ies comme des cab>ets3 sur l'un1 il avait l'air d'un vieill>d colreux et dyspepsique2 sur d'autres1 une b\*e norme et lippue talait le s\rire d'une brute cont5te2 ou bi51 c'tait la face inquitante d'un f\ radieux2 ou bi5 encore1 une tte de cadavre longs *eveux pleureurs1 avec des yeux caves ori5ts v]s le zni?4 ,on v5dait foison sa biographie3 p> ,m4 ,x41 avocat la c\r impriale de ,n42 p> ,m4 ,z41 auteur de plusieurs ouvrages d'ducation2 p> ,m4 ,b41 lic5ci s-lettres2 p> ,m4 ,d41 membre de l',univ]sit3 et t\s ces opuscules tai5t semi-anonymes1 les auteurs dsirant concili] les exig5ces de leur foi avec la scurit de leur position sociale4 ,la notice de ,m4 ,d4 se dbita quatre c5t mille exemplaires2 lorsqu'on en acqurait dix d'un c\p1 on avait droit une prime d'honneur1 une belle image d5tele1 la tte de cadavre longs *eveux pleureurs4 ,l'ouvrage tait prcd d'une ptre ddicatoire ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/1 f9issant a9si3 ,de votre suprme ,maje/1--p> l'entremise de votre si digne mre--le d]ni] des s]viteurs4 ,mme de ,c9999991 auteur de div]ses posies1 fit imprim] un pome o elle clbrait son esprit dgag des volupts monda9es1 comp>ait le vieil halluc9 un mtore g> sur la t]re1--desc5du p\r plant] sa t5te dans ces lieux4 ,comme conclusion l'auteur se plaignait que la sa9te posie1 cette fleur du premi] d51 prit s\s l'tau de la faim4 ,p\r que t\tes les tri/esses fuss5t accumules en cette dgradante hi/oire1 le g\v]nem5t imprial le dcora p\r honor] la sa9tet de sa vie1 ce qui fut l'occasion un ecclsia/ique de rdig] une n\velle biographie intitule3 ,vie du cur d',ars1 surnomm le ,sa9t1 membre de la lgion d'honneur4 ,le pauvre homme1 p\r /upide qu'il ft1 ne mritait pas cette insulte2 il la reut avec l'tonnem5t un peu *agr9 de ces bonnes surs d'hpitaux auxquelles les hommes d'tat mod]nes attribu5t des mes puriles et vnales1 des mes de s\s-(fici]s vaniteux4 ,de va/es pl]9ages s'organisai5t4 ,l'adm9i/ration fit trac] une r\te n\velle et spciale3 en une seule anne les omnibus du *em9 de f] transportr5t ,ars plus de quatre-v+t mille voyageurs1 sans compt] les g5s du pays qui v5ai5t pi$ ou dans leur voiture4 ,des familles se mettai5t en m>*e1 mues p> un ressort intrieur1 sans trop savoir p\rquoi1 ab&onnant p\r des sema9es leur maison1 leurs travaux1 leurs cultures1 retr\vant1 au ret\r1 t\tes conomies manges1 la gne et quelquefois la ru9e1 si vite tombe sur les malaiss1 n'ayant acquis ri5 qu'une absolution htive et presque d\teuse1--mais ils avai5t vu le ,sa9t1 ils avai5t bais les m>*es de l'autel o il disait la messe1 les pavs o il tranait la b\e de ses s\li]s et c'tait un gr& rcon=t p\r ces mes simples et crdules4 ,la foi de ces g5s aurolait leur sottise4 ,ils v5ai5t v]s la ,dlivrance1 comme un tr\peau d'esclaves1 c]ta9s de tr\v] l la libration de leurs *airs ronges p> le mal1 de leurs mes avilies p> l',ennemi1 de leurs curs saignants des illusions que l'expri5ce en avait arra*es4 ,les pl]9s pauvres campai5t dans le cimetire1 c\*ai5t sur les tombes2 et1 dans les promiscuits nocturnes1 ivres d'enc5s1 de sueur et de bruit1 ces pnit5ts nafs commettai5t la moiti des p*s dont ils se confessai5t le l5dema94 ,les ri*es s'+niai5t a*et] leur grce p> des excs de bassesses4 ,on vit un (fici]1 admis dans la *ambre de l'homme de ,dieu1 s'ag5\ill] devant lui1 bais] la putrfaction de ses pi$s1 se vautr] dans l'ordure amasse v]s les co9s1 se frott] la figure avec le drap du lit1 gratt] sur le pav la sa9te crasse1 la respir] avec dlices1 l'enf]m] en un sa*et4 ,a l'glise1 la cohue tait viol5te1 on se disputait1 s\v5t avec des cris et des c\ps1 les places aut\r du confessionnal3 alors des m>*&s de billets s'tablir5t1 recrutr5t un p]sonnel de sans-le-s\ qui se t5ait l en p]man5ce1 ne cdant son t\r aux robes de soie et aux r$+otes que moy5nant le petit c>ton a*et d'avance au cab>et4 ,c]ta9es nuits1 c> les confessions comm5ai5t une heure du mat91 ces p>ts de joies atteignir5t un l\is1 et les familles opul5tes1 t\t en criant au vol1 v]sai5t entre les ma9s des camelots les sommes requises p> ces g>di5s des portes du ,p>adis4 ,et ri5 n'tait plus affligeant que le spectacle de ces l*es *rti5s v5ant m5di] la protection d'un pauvre volontaire1 croyant expi]1 t\t d'un c\p1 au contact de ce misrable1 leurs inju/es j\issances1 et1 incapables de travaill] eux-mmes p\r le ciel1 exigeant du favori de la grce l'immdiat p>tage de ses mrites et de ses bndictions4 ,cep5dant1 le sanctuaire d',ars et t d'une incomplte abjection si l'on n'y et vnr non pas seulem5t un sa9t pitoyable1 mais encore d'inau!ntiques reliques4 ,cette m>tyre qu'un faussaire inv5ta p> esprit de lucre1 af9 de v5dre de quelconques ossem5ts puiss dans ces catacombes de ,rome1 o1 s\s la dom9ation *rti5ne1 se fir5t leur t\r ensevelir les d]ni]s paens1 sa9te ,philomne rgnait1 presque l'gale du cur1 dans la petite glise v\e t\s les purils sacrilges4 ,elle reposait en une *sse go?ique1 une petite ca?drale en cuivre3 on la voyait s\s le vitrage1 p>eille aux p\pes de cire des exhibitions physiologiques1 c\*e sur un c\ss9 de vel\rs r\ge1 vtue de l'innoc5ce d'une robe d'arg5t1--et plus d'un pl]9 s'tonnait de la bonne cons]vation de ce corps1 adorant le ,t\t-,puissant qui prs]ve a9si de la corruption la *air de ses m>tyrs4 ,des brod]ies symbolisai5t les v]tus de ,philomne et la *lamyde d'or qui vtait ses paules tait le signe de sa gloire t]nelle2 une agrafe en diamant faux ma9t5ait la ce9ture au-dessus des re9s purs1 disant l'infrangible *a/et de la vi]ge4 ,le cur d',ars manife/ait p\r ,philomne une t5dresse un peu gteuse4 ,il l'appelait sa *re petite sa9te1 ou bi5 la sa9te entte1 celle qui1 la c\r du ,p>adis1 l-haut1 dans les c\lisses du conc]t cle/e1 p]scutait ,dieu le ,pre jusqu' l'obt5tion des faveurs les plus folles et les plus immrites4 ,priez1 disait-il1 priez et si v\s n'tes pas exaucs1 m5acez-la de dire p>t\t que v\s l'avez prie en va92 elle e/ trs s5sible de tels repro*es1 la sa9te entte1 et elle ti5t cons]v] sa rputation4 ,c'tait aussi la sa9te irascible1 c> elle avait frapp de ccit un ecclsia/ique qui la contr>iait2 et aussi la sa9te morte-vivante1 c> elle *angeait de position dans sa *sse1 s'asseyait1 se mettait sur le ct1 s\riait1 s'v5tait avec ses palmes de m>tyre3 il fut con/at que d'une anne l'autre ses *eveux avai5t p\ss notablem5t4 ,une confrrie se =ma p\r exploit] le crdit de la sa9te entte4 ,p\r des sommes v>iant de c9q c5ts deux mille francs1 on acqurait les titres de fondateur1 fondateur pr9cipal1 fondateur insigne2 en dess\s de ce t>if1 on avait droit aux appellations m9imes de donateur ou de zlateur2 au-dessus1 le brevet de bi5faiteur tait dc]n2 on v\s (frait p>-dessus le m>* l'inscription de votre nom sur une plaque de m>bre et au ,livre des lus2 enf9 le portrait l'huile de t\t bi5faiteur tait susp5du dans la salle de runion du ,conseil4 ,une image portait au v]so cet all*ant prospectus4 ,paysage3 gau*e1 un arbre feuilles de m>ronni]2 droite1 un olivi]2 au fond1 une coll9e lpreuse2 sur le devant1 de l'h]be o tai5t sems un croc1 une araigne de f]1 un f\et1 un sabre japonais1 un ciboire en =me de sucri] empire4 ,la sa9te tait deb\t1 c\ronne de fleurs1 trs dcollete1 habille d'une *emise bleue1 fronce au col et la ce9ture1 t]m9e p> une frange d'or1 borde et galonne de croix pattes4 ,d'une ma91 elle t5ait une fl*e1 de l'autre une poigne de lys2 sur un manteau de c\r ploy1 ses *eveux tombai5t dn\s1--et elle assumait1 s\s ce co/ume de ferie1 un air pan\i et naf4 ,les deux gr&es spcialits de la ?aumaturge tai5t3 p\r l'me1 la possession dmoniaque2 p\r le corps1 les maladies secrtes4 ,t\t miracle lui tait possible1 mais dans ces deux ordres de misres1 la gurison tait c]ta9e1 mo9s de mauvaises dispositions de la "p de l'implorant4 ,on l'invoquait encore avec une presque absolue scurit contre la /rilit1 condition t\tefois de la promesse =melle que le produit du cot bnit portt1 mle ou fille1 le nom de ,philomne4 ,o jeune vi]ge dev5ue un adjuvant d'alcve6 ,philomne tait la consolation du cur d',ars et ,grapp9 son t\rm5t4 ,dlgu p> l'enf] p\r t5t] et afflig] le sa9t1 ce dmon1 p5dant v+t ans1 obsda ses c\rtes nuits4 ,il pr5ait la =me d'un c\ss9 trs d\x1 tel que de ouate1 et qu& la tte s'y enfonait1 il en sortait un pla9tif gmissem5t3 c'tait comme un crasem5t de v5tre de femme4 ,des s\ffl]ies se faisai5t ent5dre p>eilles aux r5clem5ts d'un taureau exaspr2 un galop de *eval sec\ait les plan*]s2 un tr\peau de m\tons pit9ait dans le gr5i]2 des voix criai5t en des langues inconnues2 de petites btes incessamm5t c\rai5t le long de sa figure2 sa discipl9e se tordait sur la table comme un s]p5t4 ,n\rrissez-v\s mieux1 lui disai5t des confrres1 dormez c9q ou six heures3 c'e/ le moy5 d'en f9ir avec t\tes ces diabl]ies4 ,mais lui rpondait p> la p>ole de ,bossuet1 en son s]mon sur les dmons3 ,le jene =tifie et engraisse l'me4 ,p>fois ,grapp9 v5ait en *ef de b&e et qu9ze diables se mettai5t imit] dans sa *ambre le bruit de la maillo*e d'un c]cleur de tonneaux sur le ft vide et ret5tissant4 ,ensuite ils r5iflai5t avec fureur1 projetai5t sur le lit p> leurs naseaux du sable et du gravi]1 sortai5t en contrefaisant les grognem5ts du porc1 les hurlem5ts du l\p1 les jappem5ts du *i54 ,+nieux1 ,grapp9 v>iait son supplice des insupportables bruits3 il f5dait du bois1 rabotait des plan*es1 battait du tamb\r1 puis criait3 ,vi5s donc1 cur1 j'ai une place p\r toi6 ,une nuit1 il y eut entre les deux ennemis une t]rible lutte1 et au mat9 on tr\va le sa9t victorieux1 mais van\i1 cruellem5t brl et mordu1 moiti enfonc s\s sa paillasse ret\rne4 ,ces p]scutions le crucifiai5t et le tuai5t4 ,le mom5t arriva1 v]s la soixanta9e1 o il dut re/re9dre l'activit de sa vie1 et enf9 t\t travail lui dev9t impossible4 ,qu& il g>da la *ambre1 ce fut bref4 ,il m\rut sans agonie1 en disant une dame qui v\lait *ass] avec un v5tail les m\*es qui lui c\vrai5t la figure3 ,non1 laissez-moi avec les m\*es4 ,quelques j\rs aup>avant1 il avait pr(r3 ,qu& t\t s]ait f9i la mort1 une vie d'am\r1 ce s]ait encore un bonheur au-dessus des =ces huma9es4 ,et ce mot +nu suffit p\r consum]1 comme une flamme inv9cible1 t\te la ,niais]ie1 t\te la ,bassesse1 t\te l',abjection1 t\te la ,honte1 t\te la ,turpitude1 t\te la btise2--et l'on se pr5d trembl] devant ce vieux somnambule qui1 au fond de sa relle /upidit1 aima l',inf9i1 qui adora le ,my/re1 qui s'id5tifia avec la ,cause1--et l'on se dem&e avec t]reur si les plus humbles intellig5ces ne sont pas les privilgies de l',esprit1--et si le d]ni] des ,sa9ts n'e/ pas le premi] des ,hommes6 #ahid4 ,,la ,,jeune ,,fille ,d',,auj\rd',,hui 1 puella1 virgo1 pulcella1 pucelle1 demoiselle1 fille1 jeune fille1 et t\s les noms de cet tat en t\tes les langues vieilles ou neuves3 une ide commune et exclusive p]met de les traduire l'un p> l'autre2 mais la traduction1 vraie p\r le fond de l'ide1 s]ait fausse p\r l'aspect que pr5d cette ide selon les civilisations et leurs mom5ts4 ,prs5tem5t1 une femme de condition moy5ne passe l'tat de jeune fille le ti]s de sa vie sexuelle et quelques-unes des annes le mieux faites p\r l'am\r1 s\v5t presque t\tes4 ,une fille qui se m>ie v+t-huit ans a pass quatorze ans ne pas vivre1 c>1 hors de l'am\r1 il n'y a po9t de vie p\r la femme4 ,ce dlai entre la f9 de l'ducation et le m>iage tait =t c\rt s\s l'anci5 rgime2 p>fois nul4 ,la fillette dev5ait femme sans avoir t jeune fille4 ,une pnible transition lui tait p>gne2 c>1 cela e/ c]ta91 p\r la plup>t des jeunes filles1 leur tat e/ un supplice ds qu'il se prolonge4 ,il y eut cep5dant des jeunes filles jadis1 et mme au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,t\tes ne se m>iai5t pas au l5dema9 de leur nubilit1 arra*es du c\v5t p\r cette n\velle communion o se confirme la premire4 ,on en voit pass] quelques-unes dans les comdies1 les romans1 les mmoires2 mais leur c>actre se di/+ue mal de celui des jeunes femmes4 ,elles n'ont jamais de prud]ie1 et p>fois trs peu de ret5ue4 ,ds qu'elles sont admises dans le monde1 elles en viv5t la vie2 on n'a s\ci de leur ca*] ni les intrigues1 ni les fugues1 ni les plaisirs2 elles sont des convives qui att5d5t qu'on les s]ve1 sans impati5ce1 tant sres d'tre s]vies4 ,celles que l'on oubli]ait se s]virai5t elles-mmes1 et presque p]sonne n'en s]ait surpris4 ,a la veille de la ,rvolution1 en ces annes de p>adis dont la d\ceur fit p>atre plus cruels les premi]s j\rs sombres1 la virg9it n'e/ pas d'un gr& prix2 il y a un dsir univ]sel de cd] la nature4 ,auj\rd'hui1 un ,casanova ne va9crait que des femmes ou des filles2 la jeune fille lui *app]ait4 ,il en mit mal un gr& nombre1 et cela seul1 prcise concid5ce avec les murs du temps1 affirm]ait la vracit de ses admirables et dlicieux mmoires4 ,un tmo9 de l'tage infrieur1 ,re/if de la ,bretonne1 confirme cette facilit de la jeune fille du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,elle se donne p> s5tim5t et acqui]t trs vite le gt prcieux de la s5sualit1 c> t\t ce qui l'ent\re1 murs1 art1 littrature1 la p\sse une vie paenne1 mais releve d'un peu de rv]ie4 ,la jeune fille de ,laclos e/ d'un monde qui t\*e la c\r2 elle diffre pe9e de celle de ,casanova et de celle de ,re/if4 ,a ce mom5t-l1 il e/ bi5 vid5t que l'ducation ne dispose d'aucun moy5 srieux p\r t5ir la jeune fille4 ,de l les m>iages prcoces4 ,les p>5ts sont heureux d'tre dlivrs de leur responsabilit et les m>is1 sans illusions sur l'av5ir1 p\s5t une fillette p\r s'assur] du mo9s un ou deux enfants lgitimes4 ,cette pratique1 en sauveg>dant la p>tie ess5tielle des droits de l'homme1 respectait autant qu'il se peut la lib]t de la femme4 ,on ne la laissait pas libre1 ou bi5 r>em5t1 de *oisir son m>i2 mais elle *oisissait son amant1 et un ge o c'e/ un pur plaisir d'am\r bi5 plus encore qu'une ncessit sexuelle4 ,a v+t-deux ou v+t-trois ans1 la femme du ,x,v,i,i,ie sicle avait puis ses devoirs naturels4 ,elle avait des enfants1 s\v5t quatre ou c9q2 que lui dem&] de plus8 ,son m>i1 fatigu d'elle1 la laissait1 lasse de lui1 avec l'espoir de qu9ze ou v+t ans de vie am\reuse4 ,a l'ge o une jeune fille d'auj\rd'hui s'puise des tudes /riles1 et pires1 abtissantes1 la femme de jadis tait en ple9e floraison de mat]nit4 ,en prov9ce et en des milieux svres1 cette floraison se cont9uait =t longtemps1 ne laissant place des plaisirs extrieurs ni p\r la femme1 ni peut-tre p\r le m>i4 ,on obt5ait a9si ces familles patri>cales dont l'ide n\s effraie1 et trs ju/em5t1 c> l'tat social n'en p]met plus l'pan\issem5t4 ,des prov9ces1 jusqu'aux premires annes de ce sicle1 g>dr5t la tradition des unions prcoces4 ,j'ai connu dans mon enfance ,mme de ,l444 m>ie quatorze ans et ,mme de ,m444 m>ie qu9ze4 ,l'une avait eu beauc\p d'enfants2 l'autre deux seulem5t4 ,ni l'une ni l'autre ne se s\v5ai5t d'avoir t jeunes filles et elles considrai5t avec une piti t5dre leurs petites filles qui1 v+t ans passs1 r\gissai5t aux hi/oires galantes qu'elles contai5t sans scrupule4 ,il n'y avait pas eu p\r elles d'int]rgne entre la vie des sa9ts et les romans la mode2 elles avai5t pass1 d'un saut1 de la p\pe au m>i1 de la purilit la mat]nit4 ,elles avai5t eu la pudeur des jeunes femmes2 la pudeur des jeunes filles tait p\r elles t\t fait nigmatique4 ,en rsum1 il y eut des jeunes filles au ,x,v,i,i,ie sicle1 et avant1 et t\j\rs4 ,il n'y eut pas la jeune fille4 ,la jeune fille e/ une cration du sicle d]ni]4 ,elle e/ ne t\t naturellem5t des m>iages t>difs1 comme les m>iages t>difs sont ns de la suppression des situations hrditaires4 ,la naissance de cette n\velle unit sociale se m>qu]ait1 si on v\lait bi5 la re*]*]1 quelques annes prs4 ,les ,lettres milie sur la my?ologie1 de ,dem\/i]1 sont de #agih2 les ,contes ma fille1 de ,b\illy1 sont de #ahji4 ,le premi] de ces livres e/ de/9 aux jeunes filles1 celles du ,x,v,i,i,ie sicle1 celles qui sont s5sibles1 qui p>l5t de l'am\r et peut-tre sans ignorance2 il ne convi5t pas la jeune fille4 ,dem\/i]s prp>e la volupt2 ,b\illy prp>e au devoir2 il s'adresse un tre n\veau3 la jeune fille4 ,v]s cette date1 les livres abond5t dans le gt de ceux de ,b\illy1 qui e/ un mlange affreux de raison et de s5tim5talisme4 ,des femmes1 dont la ,g5lis e/ le type1 travaill5t p\r la crature n\velle1 p\r la vi]ge qui doit pass] c9q ou six ans dans le monde un ge o naturellem5t elle ne p5se qu' l'am\r4 ,il faut tromp] cette t5dance1 la dvi] v]s l'tude1 v]s la s5tim5talit pieuse1 v]s le rve ?r4 ,t\t s]a bon qui dt\rn]a la jeune fille de l'am\r1 qui lui enseign]a la rsignation1 la mode/ie1 l'obissance1 le s5tim5t du devoir et une quantit innombrable de v]tus dont la plup>t ne sont que des p>alogismes ou un assemblage de syllabes sans aucun s5s apprciable4 ,comm5t cette littrature a fructifi1 on le sait4 ,le livre p\r la jeune fille e/ l'objet d'un comm]ce important1 enc\rag annuellem5t p> l',acadmie et plusieurs autres socits de bi5faisance4 ,c'e/ p\r la jeune fille que l'on a traduit le tri/e roman des ,comm+ et des ,wood2 p\r elle que l'on a trans=m en manuel de morale les anci5nes an?ologies2 p\r elle que les j\rnaux et les revues qui veul5t tre oublis sur la table du salon trave/iss5t la vie en une rpugnante b]qu9ade2 p\r elle que l'on a p\rsuivi ,madame ,bov>y1 et p\r elle que l'on fait le sil5ce sur des criva9s franais qui n'ont pas montr une conv5able rs]ve sur l'article des murs2 p\r elle que l'on a t leurs po*es aux robes des femmes 7ceci e/ reg>d comme une gr&e conqute p> les dames pieuses qui ont lu en ca*ette les ,mmoires du comte ,grammont72 p\r elles que les ?tres subv5tionns *tr5t ,%akespe>e2 p\r elle que l'on a fait du sicle de ,l\is ,,xiv une poque de v]tu et de dignit morale2 p\r elle que se sont affadis l'art et la littrature et que l'homme a t bless dans la premire des lib]ts1 la lib]t des murs4 ,si la jeune fille ne n\s a pas fait plus de mal1 t\t le mal qu'elle a fait dans les pays prote/ants1 c'e/ que la ,france comme l',italie1 tant de tradition paenne1 une scission s'e/ produite dans notre littrature4 ,avec ,gauti]1 ,flaub]t1 dans le roman1 avec ,baudelaire dans la posie1 une littrature n\velle s'e/ cre--qui ne ti5t plus compte de la jeune fille1 ni de la famille dont elle e/ dev5ue l'me et le c5tre4 ,la littrature p\vait volu] avec une aise suffisante si on ne lui avait dem& que de mnag] les pudeurs de la femme2 mais on la pria de respect] la pudeur des vi]ges4 ,voil l'orig9e de la rvolte1 et le prtexte de la prface de ,mademoiselle de ,maup91 qui e/ un des plus beaux morceaux de la libre littrature franaise4 ,p>fois1 depuis tr5te ans1 la littrature littraire a ctoy la littrature lic5cieuse4 ,c'e/ que l'criva9 se croit le droit de t\t dire qui n'a plus qu'un public d'hommes4 ,ceux que la jeune fille a exclus de la table du salon 7o je ne vis jamais1 moi1 que des fleurs1 des c>tes ou des bibelots7 n'ont plus song aux ma9s des jeunes femmes4 ,d'aucunes se brlr5t cet enf]2 d'autres y tr\vr5t un rafra*issem5t4 ,il y a des jeunes femmes =t honntes dans le public de la littrature s5suelle2 il y a mme des jeunes filles4 ,les unes et les autres ont prfr de la bonne littrature qui *oque un peu leur cur de la mauvaise qui1 satisfaisant leur s5sibilit1 s\ill]ait leur intellig5ce4 ,l'esprit aussi a sa pudeur4 ,ces femmes c\rageuses sont r>es4 ,la plup>t1 engages *oisir entre une uvre moralisante1 donc mdiocre1 et une uvre belle1 mais trop libre1 n'ont pas v\lu *oisir4 ,le sj\r de la jeune fille dans la famille en a *ass t\s les livres4 ,on ne lit plus en ,france4 ,non qu'il se publie mo9s de livres ou qu'il y ait un public mo9s dispos lire2 mais il y a un dsaccord pr(ond entre les livres et ceux qui p\rrai5t se plaire aux longues lectures4 ,on s'e/ acc\tum1 assez facilem5t1 d'autres activits1 et mme l'ennui4 ,la prov9ce s'ennuie1 p>ce que ,m4 ,ohnet e/ /upide et ,m4 ,paul ,adam immoral4 ,la prov9ce v\drait un g5re moy5 et honorable o le gnie de ,balzac s'alli]ait la c&eur de ,fnelon4 ,n\rries de cette ide que le tal5t e/ une faveur de la div9e provid5ce1 les familles *rti5nes att5d5t la v5ue de l'homme qui n'abus]a pas1 p\r de va9es pr\esses littraires1 des dons que ,dieu lui aura dp>tis1 dans sa bont4 ,t\tes les familles sont *rti5nes1 mme celles qui le ni5t haute voix4 ,voyez ,m4 ,jaurs1 dont on ne peut arriv] savoir si la fille e/ leve au ,sacr-,cur ou au lyce ,molire4 ,que de prud5ce en ces asiles de la ,virg9it6 ,ni l'un n'a os dire3 je l'ai6 ,ni l'autre3 je ne l'ai pas4 ,les asiles att5d5t leur proie et la p5sion1 qui se paie p> trime/re1 et d'avance4 ,mais qu'importe6 ,p\r une =te ducation *rti5ne1 pascali5ne1 vanglique1 j'aurais plus de confiance peut-tre au lyce ,molire qu'au ,sacr-,cur4 ,il y a bi5 du paganisme et de la volupt my/ique *ez les religieuses v\es l'am\r de ,jsus4 ,ce sont leurs ma9s pieuses et pures qui ont ptri le cur des gr&es am\reuses4 ,la premire communion e/ un m>iage blanc1 une prp>ation lo9ta9e au sacrifice nuptial4 ,dans t\tes les familles1 quel que soit le degr de la foi1 la morale e/ la mme1 p>ce que la jeune fille e/ l1 t\j\rs la mme1 morale vivante et g>di5ne aux gr&s yeux clairs4 ,ds qu'elle entre1 un pacte muet s'tablit entre la vi]ge et le milieu o elle respire4 ,a dfaut d'air pur1 on lui fait respir] une d\ce atmosphre d'hypocrisie4 ,il e/ conv5u qu'elle ne sait ri54 ,ce qu'on appelait le plaisir1 qu& elle n'tait pas l1 devi5t le mal4 ,la jeune fille ignore le mal4 ,elle e/ un ange4 ,mais un ange t]re/re et fragile qui peut se cass] les ailes4 ,on en a vu des exemples4 ,a cette ide1 il y a des frissons1 et les voiles s'paississ5t1 c> un ange qui s'e/ cass les ailes n'a plus aucune valeur4 ,t\t ce que l'on dnomme *ez la jeune fille3 v]tu1 c&eur1 innoc5ce1 ignorance1 mode/ie1 pudeur1 obissance1 timidit1 pit1 t\s ces mots1 dont presque aucun ne convi5drait une jeune femme1 ne sont que des euphmismes4 ,ils p]mett5t de ne pas prononc] celui qui affirme trop brutalem5t l'ide nette d'intgrit corporelle4 ,la jeune fille1 qui cre la famille1 e/ une cration de l'homme1 du mle4 ,tant que les hommes dsir]ont tre les pres de leurs enfants1 ils appr\v]ont t\s les moy5s que l'expri5ce a suggrs p\r prs]v] la virg9it des filles4 ,c'e/ p\rquoi le politici5 anti-clrical fait lev] son lodie *ez les bonnes surs4 ,a9si il donne son produit une m>que suprieure et qui en augm5te le prix4 ,le lyce que patronne ,sgan>elle ou le ,cocu imag9aire n'a pas encore fait ses preuves2 sa m>que e/ inconnue ou suspecte4 ,les hommes demeur5t fidles aux consqu5ces d'une croyance atavique1 longtemps aprs qu'ils ont bris le pr9cipe mme de la vieille croyance4 ,il e/ vrai que le procd de culture1 comme le sol1 influe sur la qualit du produit4 ,le jus de la vigne e/ du v91 d'o qu'il vi5ne2 mais que de nuances6 ,en ,france n\s sommes habitus un type de jeune fille qui s]a longtemps encore le type dom9ant4 ,ses c>actri/iques1 un livre rc5t n\s les donne1 =mules p> la jeune fille elle-mme#eh4 #eh ,olivi] de ,trville1 les ,jeunes filles pe9tes p> elles-mmes1 #aija4 ,curieux d'appr5dre de leur b\*e si les jeunes filles d'auj\rd'hui tai5t dev5ues trs diffr5tes de celles d'hi]1 ,m4 de ,trville 7que ses occupations disposai5t bi5 cette t*e7 en a int]rog1 dit-il1 plusieurs milli]s4 ,ses que/ions1 au nombre de soixante1 port5t sur des sujet =t v>is1 les p>fums aussi bi5 que la religion1 le bal aussi bi5 que la littrature4 ,les rponses1 au nombre de deux mille1 peut-tre1 ont un air p>fait d'au!nticit4 ,aucun gnie n'aurait pu imit] avec cette p]fection la dlicieuse et fra*e sottise de ces *>mantes petites mes4 ,c'e/ la c&eur dans t\te sa r\]ie1 le m5songe dans t\te son innoc5ce1 l'ignorance dans t\t son orgueil1 le psittacisme avec t\t son gonflem5t de plumes4 ,aucun livre docum5taire ne m'avait tant rj\i depuis bi5 des annes4 ,et quelle m9e p\r la psy*ologie des femmes6 ,c'e/ l-dessus qu'il faudra s'appuy] dsormais p\r tablir la di/9ction entre la p]sonnalit et le c>actre4 ,il y a des mots p\r nomm] les diffr5ts c>actres2 il n'y en a pas p\r di/+u] entre elles les p]sonnalits4 ,cela s]ait inutile1 puisqu'une p]sonnalit ne ressemble aucune autre1 e/ unique4 ,le nom d'une p]sonnalit1 c'e/ le nom mme de la p]sonne4 ,r>e *ez les hommes1 la p]sonnalit n'exi/e presque pas *ez les femmes1 et jamais *ez la jeune fille4 ,on di/+ue des c>actres1 des tempram5ts3 voici des g5res1 des espces et des v>its3 d'individus1 po9t4 ,c'e/ trs curieux4 ,non1 comme le dit l'enquteur1 elles n'ont po9t d'ides subv]sives4 ,ah6 qu'elles sont sages1 qu'elles sont obissantes1 qu'elles sont jeunes filles6 ,je les aime a9si1 je l'av\e1 n'ayant jamais dem& aux femmes que d'tre de belles fleurs4 ,il y a des fleurs qui ont des yeux si d\x6 ,la p]sonnalit n'e/ aucunem5t ncessaire la p]fection de la vie sociale2 au contraire1 elle s]ait plutt anti-sociale1 c> deux p]sonnalits ne peuv5t vivre en contact p]man5t sans se dcl>] la gu]re4 ,la p]sonnalit qui n'implique pas l'gsme le cre trs s\v5t4 ,il e/ donc t\t naturel que la femme1 l'tre social p> excell5ce1 soit1 et trs peu g/e et trs mal d\e de p]sonnalit4 ,mais le c>actre s'affirme en elle avec d'autant plus de =ce1 comme l'tat d'exemple1 de syn?se4 ,l'homme demi *a/e e/ commun4 ,la femme va vite l'extrme4 ,les demi-v]tus fm99es ne sont peut-tre que des hypocrisies audacieuses4 ,la premire "q pose a prcism5t p]mis plusieurs jeunes filles d'affirm] leur c>actre4 ,elles l'ont fait avec une simplicit passionne4 ,c'e/ que la "q tait bi5 +nieuse3 ,type idal de la jeune fille4 ,comm5t la v\driez-v\s1 la jeune fille mod]ne8 ,*acune a fait son propre portrait4 ,n\s avons l une tr5ta9e d'images de miroirs des plus amusantes1--p>ce qu'elles sont presque t\tes semblables4 ,ou bi5 si on v\lait les class]1 il faudrait le faire selon des types2 on aurait3 la jeune fille d\ce et affectueuse2 la jeune fille n]gique2 la srieuse et la rieuse2 la mnagre et la coquette2 celle qui met avant t\t la pit ou l'in/ruction1 etc4 ,il vaut mieux essay] d'une autre m?ode4 ,p> exemple1 quelles sont les qualits les plus e/imes des jeunes filles et dans quel ordre8 ,la /ati/ique des mots s]a ici con=me avec les plus vieilles associations d'ides4 ,la classe des mots les plus frqu5ts 7#ca7 sont3 bont1 dv\em5t1 *>it1 affection1 s5sibilit4 ,voil p\r le s5tim5t4 ,la jeune fille se reconnat donc ou se s\haite un cur tel que t\t homme le v\drait r5contr] en elle4 ,vi5t ensuite 7#cj71 et c'e/ logique1 la classe3 bi5 leve1 respectueuse1 mode/e1 d\ce1 simple4 ,l'accord cont9ue avec la troisime classe 7#ai73 aimable1 gracieuse1 un peu coquette4 ,ici1 il faudrait peut-tre dcompos]3 aimable 7#h71 gracieuse 7#g71 un peu coquette 7#d74 ,la religion n'e/ pas oublie4 ,aucune n'y e/ ho/ile1 mais ce qu'il leur faut ma9t5ant c'e/ une religion claire1 une pit solide4 ,si l'on avait donn un *iffre p>ticuli] *acun des mots1 au lieu de les gr\p] p> classes1 la religion l'emport]ait sur t\s les autres 7#ad74 ,l'in/ruction a presque autant de p>tisans 7#ac72 mais sept d'entre elles aj\t5t3 sans pdantisme 7#g74 ,voil une cra9te salutaire4 ,le clan des femmes =tes e/ important 7#ac73 n]gie1 volont1 c\rage1 =ce1 dignit1 fi]t1 tel e/ son langage4 ,srieuse1 aspirations leves 7#ac72 fran*ise et gaiet 7#aa72 femme d'intrieur1 bonne mnagre 7#h72 intellig5ce1 jugem5t1 curiosit d'esprit 7#g74 ,on voit qu'elles ont plus de s\ci de leur cur que de leur c]veau et aussi que la *>it les exalte davantage que la cuis9e4 ,elles sont t\t en am\r1 ces jeunes cratures2 elles sont comme on v\drait qu'elles fuss5t1 dcidm5t4 ,la musique a beauc\p baiss dans l'e/ime de la jeune fille 7#b72 quelques-unes prfr5t la pe9ture 7#d7 ou mme la posie 7#f74 ,deux d'entre elles dis5t3 un peu de sport2 et deux autres3 pas de sport4 ,et t\t cela e/ si peu rvolutionnaire que cela p\rrait se pass] s\s la re9e ,amlie ou du temps que la re9e ,b]! filait4 ,il re/]ait savoir de quel milieu vi5n5t ces rponses4 ,elles sont si t]nes1 si conv5ables1 si jeune fille que je n'ai pu m'en faire une ide prcise4 ,il e/ franais1 traditionnel et prov9cial4 ,il e/ celui1 trs probablem5t1 que l'on atte9drait avec les adresses d'un bon j\rnal de modes rp&u en prov9ce4 ,les deux mille et six jeunes filles de ,m4 de ,trville1 ce don ,juan de l',enqute1 ont t\tes reu une excell5te ducation et une in/ruction srieuse4 ,elles sont lettres1 hlas6 ,elles l'ont pr\v en rpondant avec abondance plusieurs que/ions t\*ant le /yle1 la posie n\velle1 les littratures du nord4 ,je ne v\drais avoir l'air de m'gay] de l'innoc5ce littraire de tant d'tres *>mants1 et dont la de/9e heureuse e/ de vivre lo9 de t\te littrature4 ,mais elles affect5t sur ces sujets un pdantisme vraim5t bi5 ridicule4 ,qu'on enseigne donc de s+ulires *oses la jeunesse6 ,sans d\te1 cela e/ sans importance1 puisqu'il s'agit seulem5t de pass] le temps1 d'occup] l'activit biz>re de l'ge +rat4 ,puisque cela e/ sans importance1 ne p\rrait-on v>i] un peu cet enseignem5t surann8 ,e/-il ncessaire de cultiv] avec tant de so9 dans les jeunes esprits la ha9e du n\veau8 ,cette ha9e du pr(esseur contre ce qui e/ v5u au monde depuis qu'il a conquis ses diplmes e/ trs naturelle4 ,peu d'hommes ma9ti5n5t leur in/ruction au c\rant de la sci5ce4 ,un pr(esseur g de c9quante ans enseigne ce qu'on lui enseigna il y a tr5te ans2 mais cette sci5ce1 qui lui fut donne p> un vieill>d1 tait dj anci5ne qu& il la reut4 ,l'ori5tation des esprits *ange pe9e deux fois p> sicle4 ,la philosophie univ]sitaire1 p> exemple1 ayant sec\ la tradition de l'clectisme1 explique depuis cela le cat*isme de ,knigsb]g et rcuse t\te ide n\velle4 ,on n'appr5d un peu de sci5ce fra*e que dans les livres1 dans les revues1 dans les laboratoires4 ,il y a aussi des laboratoires de littrature et de philosophie4 ,les jeunes g5s dans les collges ne reoiv5t que de vieilles notions1 que les leons des littratures mortes2 quant aux jeunes filles1 on ne leur fait pas mme voir les momies s\s leurs b&elettes2 il ne leur e/ p]mis que d'en contempl] l'image ou d'en appr5dre p> cur la description4 ,leurs ides littraires ne sont pas nulles1 elles sont vagues2 ce sont des reflets4 ,et ces reflets1 avec quel so9 elles en ont fait un calque1 un dcalque et une mise au net6 ,on dev9e des cahi]s de littrature propres et sages avec un titre en go?ique m\*ete4 ,il y a l d$ans t\t ce qu'il faut p\r n'avoir pas l'air eff> qu& le receveur de l'enregi/rem5t raconte qu'il a vu ,m\net-,sully dans le ,cid1 sa d]nire fugue ,p>is4 ,cet homme grave1 qui e/ un lettr1 s'il se tait au :i/1 dit volonti]s1 l'c>t3 ,rodrigue1 z-tu du cur8 ,c'e/ t\t ce qu'il re/]ait de ,corneille1 avec deux ou trois autres c5tons1 s'il n'y avait pas le cahi] de littrature de la jeune fille4 ,ayant ent5du cela1 elle repasse l'analyse du ,cid1 dicte p> son pr(esseur p\r le brevet1 et elle fait une rponse qui attire l'att5tion et peut-tre dcide de son m>iage4 ,la vie de prov9ce e/ assez unie p\r que de telles futilits fass5t anecdote4 ,elle e/ donc lettre1 elle aussi1 la jeune fille de ,m4 de ,trville1 et elle dte/e ce que l'enquteur appelle1 d'un mot bi5 vieilli1 l'criture arti/e4 ,il y a l une suite de rponses dont il faut tir] quelques phrases4 ,cela s]vira mo9s p\r la psy*ologie de la jeune fille que p\r celle du pr(esseur de la jeune fille4 ,la "q e/ celle-ci3 ,l'criture arti/e4--,s\s prtexte de rajeunir les vieux m\les de notre musicale langue1 c]ta9s criva9s1 rompant avec le pass et p5sant sans d\te qu'il en e/ du /yle comme de la mode capricieuse1 se sont mis b\lev]s] la syntaxe et t\rm5t] un tel po9t la priode qu'en les lisant on m>*e le plus s\v5t dans l'obscur1 l'incomprh5sible4 ,on appelle cela l'criture arti/e4 ,votre avis1 s'il v\s plat8 ,cette "q e/ dj une rponse et1 adresse des colires pe9e libres1 une rponse comm9atoire4 ,cep5dant la femme1 c'e/ la =me de sa lib]t intellectuelle1 a l'esprit de contradiction4 ,voici les gaz\illem5ts3 --,laissons au /yle son gracieux naturel4 --,si les auteurs mod]nes veul5t rajeunir les vieux m\les1 c'e/ que t\t t5d v]s le progrs444 reculons4 --,n'imitons pas ces soi-disant criva9s1 phraseurs loqu5ts1 griffonneurs de papi]1 qui se croi5t autoriss b\lev]s]1 corrompre notre belle langue franaise4 --,je n'admets pas ce r5\veau dans l'art littraire2 les criva9s qui m>*5t sur les traces de leurs anctres et puis5t dans notre dictionnaire s]ont encore les plus s5tis et les mieux gts4 --,hlas6 qu'e/ dev5u le /yle des gr&s matres8 --,ari/ote1 ,qu9tili51 ,cicron ne sont ri5 p\r ces libres gnies2 les vieilles rgles tant prconises sont des ho*ets passs de mode3 en un mot1 t\t e/ sacrifi l'effet4 --,que vois-je dans les uvres de la n\velle cole8 ,de m5ues fantaisies qui s'grn5t ou s'effeuill5t suivant le caprice de l'imag9ation et des s5s4 --,a la porte6 la porte6 ,gt] a9si notre belle langue franaise1 amie jure du naturel6 --,oh6 ces pauvres auteurs mod]nes1 qui v\s font p>c\rir le labyr9! inextricable de leurs n\velles locutions6 --,le /yle de nos criva9s mod]nes e/ un cliquetis brillant4 --,cl>t et simplicit1 telles sont les qualits qui con/itu5t le gnie de notre belle langue4 --,il me semble que le /yle simple1 facile1 naturel444 --,le naturel et la simplicit444 --,en s\v5ir des heures ou plutt des m9utes de fran*e gaiet que m'ont fait pass] ce pauvre ,/phane ,mall>m et ses disciples444 --,le beau n'e/ jamais vieux1 p\rquoi v\loir le rajeunir8 --,et du /yle6444 je p5se qu'il e/ frre de celui des ,vadius1 ,trissot91 & ,co4 --,ce que je p5se de l'criture arti/e8 que le mot e/ aussi horrible que la *ose4 --,ce que je p5se de la langue mod]ne8 ,oh6 pas beauc\p de bi54 --,le naturel1 la simplicit444 --,s>cey avait raison d'tre l'ennemi444 --444 ,m>*&ise bonne t\t au plus p\r l'exportation4 --,puisse donc cette priode de dcad5ce444 --,le /yle gr& et simple444 --,un j>gon de conv5tion4 --,si ,corneille et ,rac9e n'avai5t jamais exi/444 --,que n\s sommes lo9 de ,corneille6 --,v\s v\lez rectifi] nos vieux m\les8 ,inutile6 --,la prcision1 le naturel et la cl>t4 --,le plus gr& mrite d'un criva9 e/ de p\voir tre compris de t\t le monde4 --,la simplicit444 ,voyez ,bossuet et ,*ateaubri&4 --,ce /yle biz>re1 auj\rd'hui en vogue444 --,il n'y a pas dire1 notre belle langue s'en va4 --,ri5 de plus agrable qu'une lecture facile et intressante4 --,ce *>me discret de simplicit et de navet444 --,siffl] la n\velle cole des potes rats4 ,j'ai rsum v+t pages extrmem5t compactes4 ,la ha9e du n\veau y *ante sans rpit et sans esprit4 ,un seul joli mot3 ,le beau n'e/ jamais vieux1 p\rquoi v\loir le rajeunir8 ,seulem5t1 cela conduit au nirvna1--et au surm\lage4 ,une de ces jeunes filles a *app au flau4 ,sa rponse e/ d'une +nuit presque div9e3 ,j'ai v\lu analys] ce qu'on nomme l'criture arti/e4 ,j'ai lu plusieurs pages des ,gonc\rt1 qui sont1 m'a-t-on dit1 les matres de cette cole4 ,je ne vois ni priode t\rm5te1 ni phrase travaille1 ni abs5ce de naturel1 le /yle e/ joli1 f91 brillant1 n\veau sans d\te2 les t]mes sont clairs1 la phrase nette4 ,on me l'avait dpe9t obscur1 je l'ai tr\v lum9eux4 ,aucun mot n'e/ re/ dans l'ombre3 t\s p>l5t4 ,voil peut-tre ce qu'on a dit de mieux sur le /yle des auteurs de ,r5e ,maup]94 ,il e/ d'une jeune fille inconnue qui p\rrait ouvrir p\r ses matres d'hi] une classe de jugem5t et de bonne foi4 ,mais si elles dte/5t la littrature n\velle1 quelles sont leurs am\rs8 ,les jeunes filles d'auj\rd'hui aim5t en littrature ce qu'on leur a dit d'aim]2 et1 obissantes1 elles ador5t1 comme elles dte/5t1 de confiance et les yeux clos4 ,j'ai recueilli et class leurs aveux4 ,ce catalogue de noms1 suivi du nombre exact des adoratrices1 n'e/ pas sans intrt4 ,rac9e #ai ,corneille #ag ,bossuet #aa ,svign #aj ,molire #i ,lam>t9e #h ,*ateaubri& #g ,boileau #f ,la ,fonta9e #e ,hugo #d ,fnelon #c ,ma9t5on #c ,malh]be #c ,rons>d #b ,/al #b ,jules ,v]ne #b ,musset #b ,ro/& #b ,nomms une fois seulem5t3 ,walt] ,scott1 ,eugnie de ,gur91 ,madame de ,sgur1 ,p]rault1 ,&]s51 ,mi*elet1 ,montaigne1 ,znade ,fleuriot1 ,tol/o1 ,buffon1 ,daudet1 ,s>cey1 ,b4 de ,sa9t-,pi]re1 les ,gonc\rt1 ,jo9ville1 ,coppe1 ,pascal1 ,*>les d',orlans1--et un pote n\veau mort rcemm5t4 ,ce tableau n\s r5seigne sur les limites de l'in/ruction donne aux jeunes filles4 ,elle porte uniquem5t sur le ,x,v,i,ie sicle franais4 ,quelques pr(esseurs doiv5t y jo9dre deux ou trois noms romantiques4 ,sur le re/e1 le sil5ce semble complet4 ,l'ignorance1 du mo9s1 e/ totale1 ou peu prs3 sur l'antiquit 7quoique une espigle ait cit d'affile c9q ou six potes et orateurs grecs72 sur la littrature du ,moy5 ,age et du ,x,v,ie sicle2 sur celle du ,x,v,i,i,ie sicle2 sur celle du ,x,i,xe1 pr9cipalem5t p>tir de #ahej4 ,du gr& sicle lui-mme1 la plup>t de ces jeunes curs n'ont g>d le s\v5ir que des potes qui p>l5t de l'am\r4 ,corneille1 p\r elles1 c'e/ ,*imne2 et ,rac9e1 c'e/ ,iphignie et ,brnice4 ,celle qui a eu le c\rage d'entr'ouvrir ,gonc\rt n'en a lu que des pages4 ,celle qui a dc\v]t un pote mort rcemm5t n'en a lu que c9q ou six posies4 ,la mieux p>tage n'a donc pas reu une vritable culture littraire1 ni mme une m?ode de culture littraire4 ,il semble que t\s les ef=ts de leurs matres ai5t t5du leur impos] une rig\reuse discipl9e de prs]vation4 ,on les a imp]mabilises avant de les lanc] sur les flots du sicle4 ,ni la pluie du ciel1 ni l'cume des vagues ne t\*]ont leur peau4 ,elles s'en iront v]s la mort1 d\ces1 s\riantes ou en l>mes1 sans avoir pr\v1 de l'cole la tombe1 une seule impression e/htique4 ,il n'y a de vraie beaut que la beaut n\velle2 c'e/ dans l'uvre d'auj\rd'hui et dans celle de la veille qu'il faut *]*] l'motion pure1 celle qui n'e/ dt]m9e p> aucun prjug d'ducation4 ,qui os]ait s'av\] soi-mme1 sans prcautions1 qu'il s'e/ ennuy ,%akespe>e1 ,rac9e1 ,*ateaubri&8 ,n'e/-ce po9t un signe d'intellig5ce et de haute spiritualit que de se plaire en ces uvres o n'ose entr] la multitude8 ,la pronnelle qui veut me faire accroire qu'elle pr5d plus de plaisir ,corneille qu' ,v]la9e ne fait que m'av\] son ignorance ou son obissance excessive4 ,elle ne sait pas1 ou bi5 elle rpte pieusem5t une leon trop bi5 comprise4 ,qu& aurons-n\s des matres qui1 ayant enseign une m?ode et des pr9cipes1 aj\t]ai5t3 ,lisez v\s-mme et jugez4 ,l'art n'a de valeur que comme s\rce d'motions intellectuelles4 ,ne confondez pas cela avec l'motion s5tim5tale4 ,ce qui t\*e d'abord la s5sibilit n'e/ pas t\j\rs de l'art2 ce qui ne t\*e que la s5sibilit n'e/ jamais de l'art4 ,ce qui ne t\*e que l'intellig5ce n'e/ pas de l'art non plus4 ,t5ez-v\s-en l'expression d'motion intellectuelle4 ,ce qu'elle a d'incorrect v\s aid]a la ret5ir et a9si v\s p\rrez mesur] la qualit de vos tressaillem5ts4 ,la jeune fille d'auj\rd'hui1 juge d'aprs l'enqute de ,m4 de ,trville1 n'a aucune culture littraire1 ni aucune curiosit d'esprit2 elle ne s\ffre donc pas de l'infriorit o la laiss5t ses annes de p5sion4 ,p]suade d'avoir atte9t le plus haut degr d'in/ruction qui soit p]mis aux femmes1 elle n'e/ pas sans vanit intellectuelle4 ,la femme aime jug]2 son esprit e/ vif2 elle e/ prompte aux dcisions4 ,des tudes incompltes1 mais prolonges1 trs appuyes en de c]ta9es directions1 ne peuv5t avoir qu'une influ5ce trs mauvaise sur les jeunes filles elles-mmes et sur leur ent\rage4 ,sans d\te il faut que la femme soit cons]vatrice1 mais non rtrograde4 ,la jeune fille1 c'e/ la maison2 or1 le moy5 de faire entr] une ide n\velle dans une maison o l'on croit que t\te p5se franaise depuis un demi-sicle n'a t que dm5ce ou acrobatie8 ,au mo9dre contact1 la s5sitive va se repli]2 la lumire mme1 si elle e/ trop vive1 ress]re ses fibres4 ,la jeune fille p\rvue d'une bonne et solide ducation e/ aussi peureuse et aussi prompte r5tr] ses ant5nes4 ,on n'a obt5u la scurit matrielle qu'en dressant les organes du contact se drob] la mo9dre al]te4 ,de t\s les contacts sup]ficiels1 de t\s les frlem5ts1 le plus difficile obt5ir d'une jeune fille1 c'e/ le contact intellectuel4 ,elle donne beauc\p au bal et ri5 la caus]ie4 ,la ma91 les *eveux1 ceci ou cela1 il y a t\te une hir>*ie de jeux sans p]v]sit2 mais le jeu intellectuel e/ impossible4 ,il semble bi5 que cela soit p> l'intellig5ce qu'on les dompte bi5 plus que p> le s5tim5t4 ,la religion amollit les jeunes filles1 t\t en leur f\rnissant c]ta9es armes dlicates et assez solides2 le cur a trop de "p en des croyances qui font appel l'am\r4 ,longtemps1 on s'tait cont5t de cette prison d\ce2 elle n'e/ t\t fait bonne qu'ent\re d'un foss pr(ond4 ,la culture de l'intellig5ce consi/e faire creus] ce foss p> l'intellig5ce elle-mme4 ,ce s]a un foss ou ce s]a une muraille2 ce qui importe c'e/ le travail bi5 plus encore que la =me de la df5se4 ,on remu]a de la t]re ou des pi]res2 on b\rdonn]a aut\r d'une littrature ou d'une hi/oire4 ,le *anti] se croit occup d'un travail utile4 ,telles1 les abeilles qui1 depuis des milli]s d'annes1 ne sav5t pas encore qu'on leur vole leur miel1--et qui ne le sauront jamais4 ,il s'agit de creus] une d\ve ou d'lev] un mur qui ait exig des ouvrires un tel labeur qu'elles ne puiss5t d\t] de l'importance de leur uvre4 ,ce s]a l'uvre1 celle qui seule exi/e1 celle qui annihile t\tes les autres1 celle qui s't5d comme une conqute sur la nature4 ,a9si l'on creuse dans les p5sionnats la littrature du ,x,v,i,ie sicle franais4 ,le *oix e/ bon4 ,a cette priode1 la langue e/ assez obscure p\r que l'on puisse donn]1 sans tre suspect1 le s5s le plus conv5able t\te expression quivoque2 elle e/ assez claire p\r n'tre pas rebutante2 et la p5se e/ assez morale et assez religieuse p\r que l'on puisse s\t5ir sans dm5ce que son seul b e/ d'exalt] la religion et la morale4 ,a9si on incorpore l'intellig5ce les notions qui lui sont le plus trangres4 ,la morale devi5t la floraison naturelle d'un gr& esprit et la religion la =me suprieure de la raison4 ,c9q ou six ans de ces inhalations m?odiques suffis5t dompt] les natures les plus sauvages4 ,elles se pli5t au j\g de l'uni=mit p>ce qu'il leur e/ (f]t comme le signe de l'lection et de la noblesse4 ,de jeunes mes1 qui cons5tirai5t n'tre pas t\t fait semblables des mes vois9es dont elles connaiss5t les faiblesses1 r\giss5t qu'on les suppose incapables d'gal]1 au mo9s d'int5tion1 les belles mes de jadis4 ,la vie des sa9ts leur a donn des modles d'am\r2 la vie des potes leur donn]a des modles d'intellig5ce4 ,corneille n'enseigne-t-il pas le sacrifice8 ,ne voit-on pas en ,bossuet unies la raison la pit8 ,c'e/ a9si que la littrature devi5t un mur ou une cave4 ,la t\r d'o sur ,anne reg>de au lo9 les actions des hommes e/ r5tre s\s t]re et devant les f5tres ouv]tes notre prison une prodigieuse muraille s'e/ paissie1 qui n\s ca*e le ciel et la vie4 ,ces rflexions ne veul5t pas dire que l'on ait tort d'utilis] comme un caveon la littrature dans l'ducation des jeunes filles4 ,on ne blme pas la m?ode1 mais son hypocrisie2 et encore t\t bas1 c> il e/ clair qu'elle n'e/ efficace qu'en demeurant secrte4 ,la vrit e/ qu'il e/ impossible d'in/ruire une jeune fille sans la dflor]4 ,ce mot e/ mis desse94 ,les natures dlicates se corromp5t p> la tte1 comme les roses qui comm5c5t se fan] p> la po9te des feuilles4 ,une intellig5ce cuirasse assure la df5se de l'organisme t\t enti]4 ,ouv]te et libre1 elle semble invit] l'ennemi4 ,la curiosit s5suelle e/ trs r>e *ez les vi]ges1 et les mois de leurs curs sup]ficiels et fugitifs4 ,qu& elles succomb5t1 c'e/ p> ignorance ou p> sottise4 ,c'e/ p\rquoi on leur donne des pr9cipes4 ,ils ne s]ont jamais trop svres et1 en vrit1 t\s les moy5s sont bons qui cultiv5t leur dfiance et =tifi5t leur esprit4 ,tant que la civilisation europenne n'aura pas t pr(ondm5t modifie1 la jeune fille devra re/] ce qu'elle e/ et ma9t5ir son tat dans un rapport sans quivoque avec l'ide qu'veille le nom mme qu'elle porte4 ,c'e/ l l'ob/acle aux progrs du fm9isme4 ,mme sur les bancs de la ,sorbonne1 et mle six mille jeunes g5s sans murs1 il faut que l'tudiante ait des murs4 ,il faut qu'elle re/e une jeune fille4 ,elle doit cra9dre un contact1 un reg>d trop prolong1 une p>ole d\teuse4 ,elle e/ libre1 comme une p]drix dans le *aume2 elle e/ une proie4 ,l'homme aussi e/ une proie2 mais sa capture ne lui enlve qu'un peu de =ce absolue4 ,sa =ce relative n'e/ pas atte9te1 puisque t\s ses frres tomb5t aux mmes rets4 ,mais la jeune fille1 si elle e/ prise1 se p]d t\te4 ,elle n'a plus de valeur2 ou sa valeur1 de sociale1 devi5t anti-sociale4 ,ce jeune homme1 mme le plus srieux et le mo9s s5suel1 n'aura-t-il pas eu quelque liaison1 n'aura-t-il pas fait quelques visites aux am\rs faciles8 ,mais le contraire mme lui s]ait une t>e et le r5drait ridicule1 ce qui1 en ,france1 e/ pire que d'tre odieux4 ,cette jeune fille1 son cam>ade d'tudes3 oh6 la sagesse mme6 ,en quatre ans1 elle n'a eu qu'un amant et c9q ou six passades4 ,voil la limite du fm9isme1 et pose p> la socit elle-mme4 ,bref une jeune fille e/ une jeune fille--ou une fille4 ,si la civilisation p\rrait s'arrang] d'un dilemme mo9s /rict1 il e/ t\t fait inutile de le re*]*]4 ,sans d\te1 une classe de c\rtisanes in/ruites1 savantes mme1 et habiles en t\s les arts et dans la posie1 on peut rv] cela4 ,une civilisation dgage du *ri/ianisme v]rait sans peur l'am\r lgant dev5ir p\r quelques jeunes filles une pr(ession *>mante4 ,le spectacle d'ailleurs ne s]ait pas n\veau2 des socits qui valai5t bi5 les ntres ne mprisr5t pas plus les c\rtisanes que n\s ne mprisons auj\rd'hui les actrices et les danseuses4 ,mais ceci mme ne supprim]ait pas la jeune fille4 ,au contraire1 la di/9ction n'en s]ait que plus m>que entre la fille vivant sa guise dans le monde et la fille conf9e dans sa famille4 ,bi5 ent5du que je ne fais aucune allusion ce lib]t9age univ]sel que des sociologues dm5ts appell5t l'am\r libre4 ,t\t en re/ant trs fidle aux vieux pr9cipes qui c>actris5t et g>antiss5t son tat1 la jeune fille d'auj\rd'hui se rj\it qu'on lui ait enf9 accord une plus gr&e lib]t d'allures4 ,elle ne rve ni de fm9isme ni d'mancipation totale4 ,la femme n'a aucun gt p\r l'mancipation4 ,elle se veut esclave1 au contraire1 esclave nom9ale1 p\r acqurir a9si le droit de tyrannis] l'homme qui lui e/ *u p> le sort4 ,il ne semble pas que l'on ait bi5 compris ce dess\s du c>actre fm994 ,la jeune fille rve ce qui s]a le bonheur de la femme4 ,elle veut tre la matresse d'une maison4 ,prte subir les *>ges du comm&em5t1 elle en exige les *>mes2 il faut qu'on lui obisse4 ,la femme franaise mn]ait la politique mme1 si la politique ne se faisait en dehors de la maison4 ,elle n'y a la ma9 qu' demi4 ,t\te dcision prise la maison e/ l'uvre de la femme3 c'e/ p\rquoi les lyces de g>ons se dpeupl5t2 les lyces de filles s]ai5t vides s'ils n'tai5t des ext]nats4 ,les jeunes filles ne dem&5t donc pas tre libres2 ,une lib]t relative1 dit l'une2 la f5tre entr'ouv]te1 dit l'autre4 ,aucune n'e/ fm9i/e4 ,comme t\t le monde en ,france1 elles croi5t que les jeunes ,anglaises et surt\t les ,amrica9es sont leves dans une lib]t extrme2 elles ignor5t que1 dans les pays anglo-saxons1 il y a un tyran plus dur que t\tes les lois1 t\s les rglem5ts1 un tyran de t\tes les m9utes1 l'op9ion4 ,et ce tyran1 qui pr5d plus de =mes que n'en connaissait ,prote1 fait de la lib]t anglo-saxonne une *ose my/rieuse et fugitive qu'aucun homme de civilisation lat9e n'a jamais pu ni voir ni compr5dre4 ,en ralit1 les jeunes filles sont leves en ,france d'une faon =t librale1 la confiance que l'on a dans les pr9cipes de plus en plus solides1 dont elles sont p\rvues1 a remplac p>t\t les b>rires matrielles4 ,les seules lib]ts qu'elles n'ai5t pas sont celles-l mmes que leurs pr9cipes leur df5d5t de pr5dre4 ,quelques-unes sembl5t regrett] qu'on surveille leurs lectures4 ,mais cela1 c'e/ le caveon2 c'e/ la clef du sy/me4 ,on p\rrait1 en suivant l'norme tome de ,m4 de ,trville1 faire encore bi5 des rem>ques curieuses sur la psy*ologie de la jeune fille mod]ne4 ,mais ce qu'on en a dit doit suffire donn] une impression gnrale et exacte de ses aspirations4 ,elle aspire l'am\r1 t\t simplem5t4 ,on lui dem&e3 ,la =tune fait-elle le bonheur8 ,et c'e/ comme un jaillissem5t3 ,non6 non6 non6 ,elles ont eu peur1 t\t d'un c\p1 qu'on ne leur arra*e les ailes4 ,le *apitre e/ bi5 intressant4 ,il suffirait seul montr] combi5 la jeune fille de ,france e/ re/e nave et sa9e4 ,a lire leur littrature et surt\t leurs op9ions littraires1 on pr\ve un vritable agacem5t4 ,ce sont des cru*es1--de dlicieuses cru*es1 des amphores6 ,mais ds qu'il e/ "q de t\t ce qui e/ l'ess5ce de la fm9it1 l'amphore r$evi5t une belle jeune fille la gorge mue et aux yeux inquiets4 ,on dirait que l'intellig5ce n'a t donne la femme que comme le don du miel a t donn l'abeille3 don fune/e leur lib]t4 ,mais l'am\r leur app>ti5t1 et ri5 ne peut l'arra*] de leur cur1--de ce cur qui a tant aim les hommes4 #aija4 ,,fragm5ts ,i ,,sur ,,la ,,hi,,r>*ie ,,intellectuelle ,il ne s'agit pas d'affirm] une srie de grades ou de fonctions c>actriss p> des diffr5ces s5sibles4 ,dans le monde de l'intellig5ce on se meut librem5t1 sans mot d'ordre que celui *u*ot p> l'inf9i1 et on ne reconnat de supriorits qu'lues p> un jugem5t p]sonnel4 ,l'expression hir>*ie intellectuelle signifie seulem5t ceci3 les hommes sont diviss en deux ca/es1 les n]gtiques et les n]gumnes1 ceux qui agiss5t et ceux qui sont agis 7ou devrai5t tre agis71 ceux qui dti5n5t l',esprit1 c'e/--dire la ,=ce1 et ceux qui subiss5t 7ou devrai5t subir7 l'action de l',esprit1 ou de la =ce1-- 1 4 ,hir>*ie donc deux degrs1 ou plutt deux c]cles dont l'un1 inscrit dans l'autre1 a l'troitesse1 mais la solidit1 d'une le de pi]re surgie au milieu d'une solitude ocane4 ,c'e/ sur ce rcif que se gr\p5t--et p>fois se rfugi5t--les tres d\s de la p5se4 ,ils sont peu1--si la p5se n'a droit ce nom que lorsqu'elle e/ accompagne de la consci5ce4 ,l'homme1 en effet1 le premi] v5u1 e/ inconsci5t2 sa vie e/ purem5t automatique2 les ge/es p> lesquels il a l'air d'affirm] sa diffr5ciation lui sont dicts p>le r\lem5t de son organisme1 et ce mme jeu l'oblige pr(r] c]ta9es p>oles1 celles-l seules et non d'autres4 ,il n'y a pas d'imp>it bi5 s5sible entre les socits huma9es et les socits animales2 la comp>aison s'e/ t\j\rs impose de l'homme avec la f\rmi1 l'abeille1 le ca/or1 le pc>i ou le *i5 des prairies4 ,aprs avoir rfl*i assidm5t1 et lu diffr5ts traits d'hi/oire naturelle et de psy*ophysiologie1 je suis arriv cette conclusion3 l'homme e/ une sorte de ca/or4 ,ces deux animaux btiss5t des maisons et des ponts1 viv5t en socit1 font la gu]re1 font l'am\r1 sont la fois con/ructeurs et de/ructeurs2 t\tes ces uvres ils procd5t navem5t1 avec un c\rage inf9i4 ,p\r le ca/or1 comme p\r l'homme1 la *ose en soi e/ un pont3 sci] un arbre1 le faire tomb] en trav]s d'une rivire1--et sur cette p\tre pass] firem5t4 ,v]s quel b8 ,le ca/or n'a pas d'autre b que de pass] la rivire2 p\rtant1 qu& il e/ de l'autre ct1 il v\drait bi5 rev5ir1 p\r repass]1 mais il e/ trop t>d3 la f\le des ca/ors le presse et le p\sse2 on ne passe qu'une fois sur le pont des ca/ors4 ,m4 ,ribot1 avec quelques autres philosophes1 en concluant un automatisme relatif1 dnie la consci5ce un rle important4 ,consci5t ou inconsci5t1 l'homme agirait de mme2 il n'y aurait ri5 de *ang dans ses rapports avec ses semblables2 la civilisation en s]ait au mme po9t4 ,si le monde v>ie si peu1 si ,hrodote comme le dit ,s*op5hau]1 a pu racont] t\te l'hi/oire future en crivant l'hi/oire d'un petit mom5t et d'un petit co9 de t]re1--c'e/ que les inutiles volutions huma9es ont t l'uvre d'tres inconsci5ts1 a*>ns suivre leur nature1 t\j\rs recomm5c] la mme *ose1 t\j\rs sci] des arbres p\r pass] de l'autre ct de la rivire4 ,p\rtant l'esprit p>le1 l'esprit s\ffle--jusqu' rebr\ss] le poil des ca/ors6 ,oui1 mais l'action de l'esprit sur le ca/or n'e/ pas p]ue p> l'intellig5ce du ca/or1 et sitt que son poil retombe1 sitt que l'esprit se tait1 l'animal repr5d sa /rile besogne3 il lui re/e seulem5t la s5sation d'avoir eu le poil rebr\ss et1 contre le ,s\ffle1 une animosit qui1 trs s\v5t1 devi5t de la ha9e4 ,que ceux donc qui de my/rieux mots ont t dits dans l'oreille g>d5t ces mots p\r eux1 ou s'ils les r$is5t1 que ces mots ne sort5t de leurs lvres qu'envelopps de l'impntrable bue du symbole2 qu'ils re/5t sur leur le de pi]re1 d'o1 grce leur vue pntrante1 ils suivront1 p\r se di/raire1 les inconsci5ts ge/es des lam5tables pontifes2 et que leur g/e prire soit celle qui e/ crite dans l',upani%ad du gr& ,aranyaka3 ,fais-moi all] du non-tre l'tre1 fais-moi all] de l'obscurit la lumire1 fais-moi all] de la mort ce qui ne meurt pas4 444 en att5dant les j\rs o la p>ole p\rra s'affirm] selon sa signification ess5tielle et o l'n]gie spirituelle se rs\dra en lumire4 ,mais1 que n\s importe l'av5ir1 et si l'intellig5ce e/ vraim5t sans action1 si ceux qui devai5t tre imprgns jusqu' l'me ne le sont que jusqu'au d]me1 si l'animal sec\e la tte et se repr5d ptrir son morti]1 si l'n]gumne enfonce au del des oreilles son museau dans la b\e1 s'il refuse les c>esses intellectuelles1 si1 aprs des milli]s d'annes et de remontrances1 il en e/ encore1 pitoyable fti*i/e1 vnr] une srie de dieux infrieurs1 p5sons au phnomne de l'impntrabilit3 cela n\s vit]a l'tonnem5t4 #ahid4 ,,ii ,l',,hopital ,on se s\vi5t du mot d\x pr(r1 il y aura un an tantt1 p> un ri*e et vieux j\rnali/e 7on ne sait plus lequel71 propos de ,v]la9e3 ,quel dommage qu'il ne soit pas mort l'hpital6 ,l'hpital e/1 en effet1 dans l'esprit de la solide b\rgeoisie1 le c\ronnem5t naturel et d'une vie ds9tresse de pote et d'une vie laborieuse de pauvre homme4 ,ceux qu'on n'a pu jet] dans les bagnes ou faire crev] de faim sur la paillasse1 on les envoie l f9ir leurs tri/es j\rs4 ,la civire1 les rles et les cra*ats de la salle commune1 les expri5ces de f] et de poison1 l'amphi?tre1 le lit de *aux3 voil ce que rs]v5t ceux qui re/5t deb\t ceux qui tomb5t4 ,l'hpital1 tel qu'organis p> les socits mod]nes1 e/ une prison p\r malades et un laboratoire p\r mdec9s4 ,p>mi les g>di5s et les oprateurs1 il en e/ de pitoyables2 il en e/ de froces2 mais les uns comme les autres doiv5t song] qu'ils sont d'abord les rg5ts et les pr(esseurs d'une cole3 le malade e/ le livre qu'on ouvre la curiosit des petits c>ab9s4 ,a ,p>is1 l'hpital e/ la t]reur du pauvre4 ,entre malheureux on se conte des lg5des4 ,presque t\tes les filles publiques jetes l'hpital en sort5t le v5tre b>r d'une l>ge c\ture3 on les f5d p\r essay] sur de la *air1 pro/itue mme au bi/\ri1 de lucratives oprations4 ,mais que les belles dames y song5t1 qui sont gnes p> leurs ovaires3 cela d=me et cela m>que2 on n'e/ plus propre qu'aux adultres de c\p ou de canap1 en toilette de ville4 ,qu'elles se fass5t taill]2 elles sont matresses de leurs corps4 ,il ne faut dem&] aux mdec9s que le respect de la *air pauvre et sans df5se4 ,je songe l'hpital p>ce qu'une vieille dame vi5t de m\rir1 ayant donn beauc\p d'arg5t p\r de telles fondations qui p\rrai5t tre pieuses1 c'e/--dire huma9es4 ,elle a fond ou alim5t des hpitaux p>eils aux autres1 des coles de cl9ique et non de vrais asiles o la misre et la maladie tr\v]ai5t un abri sacr1 entr]ai5t comme dans un hvre de grce4 ,l'hpital devrait tre le prolongem5t du logis1 une *ambre seulem5t plus calme1 plus claire1 plus sa9e1 et le malade trait non comme un prisonni]1 mais comme un voyageur4 ,oui1 une gr&e htell]ie de la s\ffrance et le malade un hte et l'objet de t\tes les att5tions1 un tre huma9 matre de sa demeure passagre et non pas le numro s9i/re s\s lequel les g5s p5dules et bronze d'art s\ri5t que meur5t les vieilles g5s dont ils ont dvor la vie4 ,mais je n'att5ds ri5 de tel1 ni d'auj\rd'hui ni de dema94 ,peut-tre un j\r l'individu se respect]a-t-il assez p\r tre en droit d'exig] qu'on le respecte lui-mme1 jusqu'en ses caprices1 jusqu'en des fantaisies d'enfant malade4 ,si1 au lieu d'tre des tats1 les socits tai5t ce que dit le mot1 des associations1 on p\rrait espr] beauc\p et t5t] beauc\p2 l'tat e/ la faux qui fau*e1 sitt sortie de t]re1 l'h]be des bonnes volonts4 ,dema91 c'e/ peut-tre le socialisme1 la torpeur1 la f9 de t\te n]gie1 de t\te initiative1 de t\te lib]t444 ,mais se v\loir libre1 c'e/ se faire libre4 ,la p5se e/ plus =te que t\t4 ,il faut t\j\rs dire2 il faut mme cri]3 peut-tre qu'au lo9 un c]veau1 comme une clo*e1 va sonn] l'unisson4 #ahif4 ,,iii ,,en ,r,,ponse ,a ,,cette ,,"q3 ,quel s]a l'idal de dema98 ,puis-je v\s av\]1 ,monsieur1 que je ne m'inquite pas plus de l'idal de dema9 que du temps de dema98 ,beau1 mauvais1 v>iable1 avec t\tes les nuances et t\tes les modifications que ces mots subiss5t selon les intrts1 les dsirs1 les illusions de *acun4 ,cela reg>de le b>omtre4 ,quel que soit l'tat social1 l'individu s'accommode cet tat1 puisqu'il y vit et s'y reproduit4 ,je tr\ve seulem5t que l'homme a une t5dance f*euse tyrannis] la nature3 gris p> la passivit des *oses1 il e/ probable qu'il v\dra de plus en plus sub/itu] ses propres lois aux lois naturelles et t5t] de faire rgn] l'ide de ju/ice qui n'e/ que l'ide de logique mal comprise4 ,v\s savez qu'il y a une notion commune beauc\p de religions1 celle d'un ,p>adis t]re/re situ au comm5cem5t du monde4 ,or1 au sicle d]ni]1 des p5seurs h>dis imag9r5t de transport] ce p>adis l'autre b\t1 la f94 ,une h>diesse plus gr&e s]ait de le situ] au milieu1 en un milieu oscillant1 au milieu mme o n\s sommes auj\rd'hui3 on l'essaya2 c'tait l'optimisme1 mais la *ose p>ut un peu =te1 mme aux plus nafs4 ,p>adis-pass1 p>adis-futur1 je classe les deux notions cte cte dans le *apitre des sup]/itions hdoni/es3 c'e/ de la matire littrature4 ,p\rtant je v\drais v\s dire quelque *ose qui p>aisse important1 et voici3 la vie s]ait1 je crois1 r5due beauc\p meilleure p\r t\s et p\r *acun1 si l'on admettait cette ide que la socit e/ faite p\r l'individu et non l'individu p\r la socit4 ,c'e/ l'individu qui s\ffre et non la collectivit2 c'e/ lui1 et non la totalit1 qui e/ la pice importante4 ,sacrifi] les individus au bi5 public me semble aussi absurde que si1 lors d'un inc5die1 on sacrifiait les locataires d'une maison p\r sauv] la maison4 ,mais cet idal app>at trs oppos celui qui peut-tre s'labore et qui s]ait1 dit-on1 l'unification1 selon la moy5ne1 de t\tes les intellig5ces et de t\tes les =ces4 ,idal 7si l'on ose dire7 bi5 difficile ralis]4 ,on compte sans le gnie ou bi5 l'on espre que le gnie cons5tira tre mdiocre3 c'e/ peut-tre all] un peu lo94 ,voil4 ,j'ai trs mal rpondu vos que/ions1 mais c'e/ que je vois trs mal dans l'av5ir4 ,si p\rtant je v\s envoie cette note1 c'e/ p> sympa?ie p\r votre uvre et p>ce que v\s df5dez1 comme j'ai quelquefois essay de le faire1 l'individualisme et la lib]t contre la tyrannie et les vila9es entreprises de l'tat et des ,lois4 #ahih4 ,,iv ,,en ,r,,ponse ,a ,,une ,,"q ,sur le rle de l'art4 ,il y a dans le livre de ,tol/o une df9ition--ou une explication--de l'art qui n'e/ pas mauvaise2 on peut dire en la pr5ant p\r po9t de d"p3 ,l'art e/ l'expression de la ,beaut4--,l',art e/ de la beaut exprime p> une uvre huma9e4--,une uvre d'art e/ une uvre o l'homme a traduit1 au moy5 de =mes s5sibles ou intellectuelles1 l'ide ou la s5sation du beau4 ,on peut dire encore plusieurs *oses1 t\tes p>faitem5t inutiles1 quoique ju/es et vraies2 mais on ne peut pas dire3 ,l'art con/itue un moy5 de communion entre les hommes s'unissant p> les mmes s5tim5ts1 c>1 cette df9ition s'appliqu]ait indiffremm5t la religion1 la morale1 au patriotisme1 la sci5ce1 t\tes les activits qui ont une valeur sociale4 ,l'art a un b p>ticuli] et t\t fait g/e3 il e/ son b lui-mme4 ,il ne se *>ge volonti]s d'aucune mission1 ni religieuse1 ni sociale1 ni morale4 ,il e/ le jeu suprme de l'humanit2 il e/ le signe de l'homme2 il e/ la m>que du ds9tressem5t intellectuel4 ,il affirme le div92 il t5d sortir des cont+5ces2 il se veut libre1 il se veut inutile1 il se veut absurde1 c'e/--dire en dsaccord avec les =ces mmes de la nature qui ti5n5t l'homme dans une troite s]vitude4 ,si l'on donne l'art un b de moralit1 il cesse d'tre1 puisqu'il cesse d'tre inutile4 ,il e/ impossible qu'une uvre soit v\lue en mme temps d'art et de moralit2 l'ant9omie e/ absolue4 ,cep5dant la t5dance des hommes e/ de faire s]vir leurs beso9s mme l'inutile4 ,c'e/ a9si que l'on attribue telles uvres d'art pur une signification seconde1 suraj\te arbitrairem5t et tellem5t factice qu'on peut l't]1 la remettre1 la *ang]--comme ces robes des idoles espagnoles--sans que l'uvre ait ri5 p]du de son c>actre ds9tress3 elle y gagne p>fois un n\veau s\rire d'ironie et de piti4 ,il arrive aussi que tel gr& criva91 comme ,tol/o1 croyant faire la fois de l'art et de la morale1 a fait de l'art pur1 malgr son dsir et malgr sa volont4 ,cela e/ r>e et les hommes de gnie eux-mmes sont punis1 le plus s\v5t1 et rduits la mdiocrit1 qu& ils ont v\lu se s]vir de l'art1 au lieu de le s]vir4 ,je ne dem&e pas que1 dans le ds>roi futur1 on respecte ce refuge suprme4 ,si t\s les sanctuaires doiv5t tre dtruits1 celui-l ne s]a pas p>gn et il e/ trs probable que les pro*a9es civilisations1 entirem5t utilitaires1 matriali/es1 sci5tifiques et morales1 se s\ci]ont peu de j\] faire des tableaux1 des pomes ou des dmes4 ,si elles admett5t encore une sorte d'art1 cela s]a de l'art social1--p\r que l'art soit ni s\s son propre nom4 ,a9si ,tol/o1 dont les p>oles m'p\vant5t1 aura raison dans l'av5ir1-- mo9s que l'av5ir *appe aux con/ructeurs de socits1 mo9s qu'il ne ressemble1 t\t bonnem5t1 et au prs5t et au pass4 #ahii4 ,v ,,le ,,m>bre ,,et ,,la ,,*air ,au matre ,rod94 ,un ateli] de sculpture affirme la supriorit de l'art sur la vie1 combi5 la *air e/ tri/e prs de la joie lum9euse des m>bres1 mode/e prs de la gloire des bronzes4 ,a premire vue1 l'impression du nu fm99 p>mi le nu m>moren e/ plutt pnible2 on e/ contr>i p> le ton de la peau1 ce mlange de rose et de jaune1 p> la mobilit de la face et des muscles de t\t le corps1 bris s\v5t en une attitude sans grce1 p> les *eveux1 p> d'autres ombres1 p> l'abs5ce de calme et de lignes fixes et1 aussi1 p> ce que l'on s5t de fugitif1 de p]sonnel1 en l'acadmie correcte de cet tre qui s'rige btem5t1 nu et ennuy1 sur une table4 ,c'e/ bi5 vraim5t l que l'on compr5d quel po9t exi/e peu1 en soi1 la beaut individuelle et extrieure1 quel po9t une crature quelconque1 pi]re ou arbre1 bte ou homme1 e/ incapable de se ralis] p> ses seuls moy5s naturels1 ses seuls moy5s de vie3 en somme1 elle n'arrive la ralit qu'aprs avoir t manipule1 recre1 voque p> l',art ou p> le ,dsir 7qu'on peut a9si appel] l',am\r74 ,ces petits modles que l'on voit p>t\t1 multicolores dans les rues1 unicolores dans les ateli]s1 ces petites ,itali5nes sont =t insignifiantes1 d'un *>me mdiocre1 gure jolies et s\v5t l\rdes en leur srieux de madones3 mais qu'elles soi5t dsires p> l',arti/e ou dsires p> l',amant1 et les voil gales peut-tre aux plus hautes div9its4 ,la matire1 telle que cre ou telle que ne1 e/ ess5tiellem5t amorphe s\s une app>5ce =melle1 s\s l'illusion d'un cont\r prcis1 et c'e/ l'intellig5ce de lui donn] sa =me vraie1 c'e/--dire sa de/9ation et sa place dans la hir>*ie des uvres d'art ou d'am\r4 ,de t\tes les cratures amorphes1 la femme 7 quelques exceptions prs o l'me mle s'e/ loge en enveloppe femelle7 e/ idalem5t la plus mallable et la plus inconsi/ante1 celle qui subit le mieux les empre9tes1 mais aussi celle qui les g>de le mo9s pr(ondm5t3 elle ne s'pan\it en sa relle et df9itive nature que s\s la ma9mise incessante et imprieuse de la ,=ce4 ,la /atuaire1 o il faut du gnie et des muscles1 de l'intrpidit et de l'endurance1 e/ videmm5t l'art qui la dom9e le mieux et la ralise le plus srem5t3 en pi]re1 en m>bre1 en bronze1 elle e/ vraim5t t]nelle1 elle e/ vraim5t l'inde/ructible ,ide4 #ahic4 ,,vi ,,sur ,,le ,,*ri/ianisme 444 ,c'e/ p\rquoi il n'y eut jamais de peuples *rti5s4 ,l',europe1 depuis qu'elle a t nom9alem5t *ri/ianise1 ne vit que des quelques g\ttes d'lixir paen qu'elle a sauves de la jal\sie de ses conv]tisseurs4 ,on p>le d'obscurantisme2 il e/ dans la morale *rti5ne et non dans un crmonial et des usages hrits de la religion grco-roma9e4 ,ce cycle no-*rti51 dont on ne peut prvoir la f]meture1 e/ navrant4 ,on voit l'humanit s'abrutir t\j\rs de plus en plus1 mesure qu'elle s'loigne du romanisme p\r essay] de ralis] les *imres d'un rve asiatique4 ,l'heure e/ *rti5ne1 et elle e/ sonne t\te vole p> des hommes qui se croi5t anti-*rti5s4 ,ne soyons pas dupes des mots4 ,la ?ologie s'e/ scul>ise2 elle e/ p>lem5taire et lectorale4 ,elle t5d l'action politique4 ,jsus a rfl*i--ceci p\rrait t5t] quelque sociali/e--et il s'e/ dit qu'aprs t\t1 ce monde vaut bi5 l'autre et qu'il s'y p\rrait taill] un royaume4 ,je ne crois pas qu'il russisse1 p>ce que l'on conoit difficilem5t une socit anti-sociale4 ,mais plus l'entreprise e/ va9e1 plus la bataille s]a longue et pnible4 ,il e/ possible que1 s'tant mis1 une fois p\r t\tes1 l'ide du p>adis vanglique dans la tte1 l'humanit ne veuille plus jamais en dmordre4 ,du mo9s cela dur]a jusqu' ce qu'un autre gr& c\rant1 peut-tre t\t contraire1 emporte les hommes v]s une autre *imre1 une autre toile aussi inaccessible que t\tes les toiles4 ,en ce mom5t1 n\s en sommes au po9t que t\t ce qui n'e/ pas *rti5 semble obscne4 ,on ne peut plus dire que gnralem5t les l\ps mang5t les agneaux et que c'e/ leur devoir de l\ps1 sans faire pass] dans la f\le un frisson d'horreur4 ,il faut mettre ordre cela et rang] le monde s\s la h\lette de ,b]qu94 ,on confond l'quit1 qui e/ l'ordre1 avec la ju/ice1 ide *rti5ne4 ,ju/itia p\r ,cicron et p\r les juri/es1 c'e/ la loi1 l'attribution *acun de ce qui lui e/ d2 p\r ,t]tulli51 le mot signifie d\ceur1 bont4 ,n\s en sommes ,t]tulli54 ,c'e/ une manire de s5tir4 ,elle a sa valeur4 ,seulem5t ceux qui rpt5t le beati mites1 et qui pratiqu5t l'vangile de la piti sont de/9s dev5ir les esclaves de ceux qui os5t dire3 ma ju/ice1 c'e/ ma =ce1 et qui le pr\v5t4 ,ils le sont dj4 ,je compr5ds bi5 que ceux qui sont les faibles veuill5t dev5ir les =ts2 mais l'inv]se me rvolte comme une l*et4 ,je n'aime pas ces patrici5s roma9s qui se rangr5t la religion des esclaves2 ils fur5t les apo/ats de leur ca/e et de leur race4 ,en ,france1 ds que les ari/ocrates militaires eur5t reu quelque culture1 ds qu'ils comprir5t le s5s des prires *rti5nes1 ils refusr5t de les prononc] et laissr5t au peuple une religion d'humilit4 ,les orateurs *rti5s du ,x,v,i,ie sicle vi5n5t du peuple2 leur occupation e/ de conv]tir les gr&s2 *acun e/ le sa9t ,remi de quelque ,clovis4 ,le gr& ,cond rsi/a longtemps2 un j\r1 comme ,b\rdal\e montait en *aire1 ,sa9t-,sulpice1 il cria3 ,sil5ce1 voici l'ennemi6 ,on n'a jamais cit ce mot qu'en l'honneur de ,b\rdal\e4 ,soit2 mais il tablit trs bi5 aussi la position d'un ,cond devant un ,jsuite4 ,auj\rd'hui l'ari/ocratie intellectuelle se peut jug] d'aprs la mme pi]re de t\*e4 ,elle e/ incompatible1 je ne dis pas seulem5t avec la foi1 avec la s5tim5talit *rti5ne4 ,il faut vivre plus haut que cela et ne po9t s'occup] du bonheur des autres1 alors que l'on ddaigne le si5 propre4 ,le *ri/ianisme a promulgu une morale unique1 obligatoire p\r t\s4 ,ceux qui sembl5t le plus viol5ts contre le *ri/ianisme ont le plus gr& so9 de respect] cette morale2 plutt que de l'allg]1 ils la r5drai5t volonti]s plus l\rde4 ,il faut tre heureux1 et c'e/ l'obissance qui conduit p> la ma9 les hommes v]s le bonheur4 ,a9si l'humanit sacrifie t\t ce qui n'e/ pas ess5tiel l'idal moy5 qu'elle veut atte9dre4 ,le premi] sacrifice e/ celui de la lib]t4 ,p5s] selon les ordres d'un directoire religieux ou politique1 qu'importe au peuple1 qui ne p5se pas8 ,se s\mettre3 qu'importe une masse qui vit dj dans l'esclavage8 ,le *oix des plaisirs3 elle e/ habitue les subir4 ,la joie de se gr&ir p> un acte difficile3 qui compr5d cela8 ,enf9 le bonheur moy5 c>te t\t ce qui peut faire mo9s laide la vie huma9e2 et il englobe t\t ce qui la rabaisse4 ,l'idal t]re/re de l'humanit s5t la por*]ie1 comme son idal cle/e s5tait l'table4 ,ni le p>adis *rti5 ne peut conv5ir la p>tie suprieure de l'humanit1 ni le p>adis sociali/e4 ,les hommes dignes de ce nom ne connaiss5t qu'une manire d'ex]c] la vie3 p> la lutte p\r la lib]t4 ,cep5dant le monde e/ *rti5 et il se *ri/ianise t\s les j\rs4 ,ceux qui se retran*5t de la communion en av\ant leur incroyance devront se rsign] une vie inh>monieuse et pnible4 ,les non-con=mi/es s]ont de plus en plus baf\s et has4 ,leur position va dev5ir plus difficile que ne le fut1 s\s le rgne de la foi1 la position des incrdules4 ,il faut dj rus] p\r dire sa p5se1 qu& elle blesse la morale *rti5ne4 ,cep5dant1 condition de ne prt5dre qu' l'approbation du trs petit nombre des esprits libres1 il e/ encore temps de p>l]4 ,si le c]cle des auditeurs e/ troit1 la voix e/ mieux ent5due4 ,je relis des pages o ,m4 ,victor ,bro*>d a eu le c\rage de montr]#ei que l'ide de ,dieu1 telle que la philosophie or?odoxe croit la tr\v] *ez les ,grecs1 e/ une ide purem5t *rti5ne4 ,jamais1 dans la philosophie grecque--la *ose e/ hors de d\te1--et pas plus *ez les ,/oci5s que *ez ,platon1 l'inf9i n'a t considr autrem5t que comme une imp]fection1 un non-tre4 ,notre ,dieu mod]ne n'e/ pas le produit d'une volution normale de la p5se huma9e2 il reprs5te la sub/itution brutale d'une croyance religieuse une conception philosophique4 ,a l'ide religieuse d'un ,dieu-volont se jo9t ncessairem5t l'ide d'obligation morale4 ,le bi5 c'e/ la volont de ,dieu1 soit qu'il l'ait =mule directem5t 7rvlation71 soit qu'il l'ait inscrite jamais dans la consci5ce de *aque homme 7,kant74 ,nombre de morali/es1 dit ,m4 ,bro*>d1 accept5t sans hsit] de df9ir la morale1 la sci5ce du devoir1 et notre esprit mod]ne ne conoit pas mme une morale qui ne trac]ait pas *acun sa ligne de conduite1 ne lui =mul]ait pas c]ta9s prceptes auxquels il e/ t5u d'obir4 ,cep5dant1 si l'on veut bi5 y pr5dre g>de1 cette ide e/ totalem5t abs5te de la morale anci5ne4 ,elle e/ si trangre l'esprit grec que pas plus en grec qu'en lat91 il n'y a de mot p\r l'exprim]4 ,jamais les anci5s n'ont conu l'idal moral s\s la =me d'une loi ou d'un comm&em5t4 ,la morale p\r les anci5s c'e/ la c\tume1 l'usage4 ,leurs morali/es donn5t des conseils1 jamais des ordres4 ,sans d\te ils v\lai5t1 eux aussi1 aid] les hommes tr\v] le bonheur2 mais cette attitude tait t\te frat]nelle4 ,ils ne mlai5t pas l'ide de devoir la re*]*e du s\v]a9 bi54 ,et comme ils ne concevai5t pas de devoir1 ils ignorai5t la consci5ce morale4 ,la v]tu tait donc p\r les anci5s t\te diffr5te de ce qu'elle e/ p\r n\s4 ,au po9t de vue mod]ne1 dit ,m4 ,bro*>d1 la v]tu e/ l'habitude d'obir une loi nettem5t df9ie et d'orig9e supras5sible4 ,au po9t de vue anci51 elle e/ la possession d'une qualit naturelle4 ,les ides de libre-arbitre1 de responsabilit morale sont galem5t ignores de la philosophie grecque2 quant l'immortalit de l'me1 ce fut une des rv]ies de ,platon1 mais elle ne ti5t pas troitem5t sa philosophie4 #ei ,la ,morale anci5ne et la morale mod]ne1 dans la ,revue ,philosophique du #a;er janvi] #aija4 ,en desc5dant au dtail de la morale1 on tr\v]ait presque t\tes nos c\tumes en opposition avec les c\tumes des anci5s1 tellem5t le *ri/ianisme n\s a faonns sans piti p\r notre lib]t et p\r la puret de notre race4 ,je ne dis pas qu'il faille rejet] df9itivem5t et t\te la morale *rti5ne1 et t\te la philosophie *rti5ne2 cela p\rrait produire un prcipice f*eux et qu'il s]ait difficile de combl]4 ,on p\rrait cep5dant c>t]1 titre provisoire1 ces div]ses notions1 vritables intruses dans l'intellig5ce occid5tale4 ,suivons l'exemple du cat*isme qui dbute p>3 tes-v\s *rti58 ,a9si on int]rog]ait t\tes les prescriptions morales1 t\s les dogmes mtaphysiques1 et on les c>t]ait d\cem5t1 aprs s'tre bi5 assur de leur orig9e4 ,c'e/ de l'empirisme2 sans d\te1 mais p\r qui ne croit pas la vrit1 l'empirisme e/ la seule m?ode4 ,que1 p5dant ce travail des philosophes1 les hommes cont9u5t faire semblant de pratiqu] l'une des =mes du *ri/ianisme1 cela n'a aucune importance1 p\rvu que les murs soi5t libres1 p\rvu que l'intellig5ce demeure intacte4 ,on v]rait ensuite ce que l'on p\rrait repr5dre p>mi l'c>t4 ,non pas l'ide de ,dieu1 sans d\te1 ni l'impratif catgorique2 peut-tre entre les plus basses c>tes1 un peu de cette s5tim5talit p]v]se sans laquelle n\s ne compr5drions plus ri5 notre art et notre littrature4 ,le *ri/ianisme n'a pas apport au monde que des m5songes et des poisons4 ,nietzs*e l'a trop mpris4 ,une religion qui a conquis l'humanit1 c'e/ qu'elle s'adaptait au mo9s c]ta9s de ses beso9s4 ,auj\rd'hui mme1 on ne voit lui oppos] que des pr9cipes qui rvolt5t presque t\s les hommes4 ,aussi l'enqute que je propose s]ait-elle un jeu purem5t philosophique2 elle f\rnirait quelques fl*es la critique1 mais peut-tre pas une seule arme vraie4 ,n'ayant plus de position intellectuelle1 le *ri/ianisme e/ inaccessible aux argum5ts intellectuels4 ,la raison n'y peut ri52 peut-tre m\rra-t-il un j\r empoisonn p> la cigu de son triomphe8444 #aija4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,premi,,re ,,p>tie ,le ,*em9 de ,vel\rs ,,le ,,*em9 ,,de ,,vel\rs ,i4--,les ,jsuites et le gt franais #g ,,ii4--,orig9e de ces rflexions #aj ,,iii4--,gnalogie du ,jansnisme #aj ,,iv4--,la ,philosophie des ,jsuites #ad ,v4--,le ,p* philosophique #bg ,,vi4--,pascal et la ,sci5ce #cd ,,vii4--,les ,casui/es et la morale exprim5tale #da ,,viii4--,les p*s de la *air #df ,,ix4--,la casui/ique du vol #ef ,x4--,pretium /upri #fd ,,xi4--,avortem5t et /rilit #fg ,,xii4--,le probabilisme #fi ,,xiii4--,l'quivoque et la ,re/riction m5tale #gd ,,xiv4--,brve conclusion #ha ,,deuxi,,me ,,p>tie ,n\velles dissociations d'ides ,,la ,,gloire ,,et ,l',,id,e ,d',,immortalit #he ,,le ,,succ,s ,,et ,l',,id,e ,,de ,,beaut #abi ,,valeur ,,de ,l',,in/ruction #afc ,,la ,,femme ,,et ,,le ,,langage #ahb ,,troisi,,me ,,p>tie ,l',idalisme ,,pr,,face ,,p\r ,,les ,i,i,ie ,,et ,i,ve ,,p>ties #bji ,,notice #baj ,l',,id,,alisme #bac ,,le ,,symbolisme #bai ,l',,art ,,libre ,,et ,l',,e/h,,tique ,,individuelle #bbf ,,celui ,,qui ,,ne ,,compr5d ,,pas #bcb ,l',,ivresse ,,v]bale #bci ,,le ,,p>aclet ,,des ,,po,,tes #bdb ,,quatri,,me ,,p>tie ,analyses et fragm5ts ,,le ,,d]ni] ,,des ,,sa9ts1 ,,psy*ologie ,d',,un ,,homme ,,de ,,dieu #bdg ,,la ,,jeune ,,fille ,d',,auj\rd',,hui #bfa ,,fragm5ts ,i4--,sur la ,hir>*ie intellectuelle #bie ,,ii4--,l',hpital #bii ,,iii4--,en rponse cette "q3 ,quel s]a l'idal de dema98 #cjb ,,iv4--,en rponse une "q4 ,sur le rle de l'art #cjd ,v4--,le m>bre et la *air #cjg ,,vi4--,sur le ,*ri/ianisme #cji ,impr4 d',ouvri]s ,s\rds-,muets1 ,p>is4