,,les ,,confessions ,,de ,,saint ,,augustin ,v,,que ,d',,hippone ,,pr,c,d,,es ,,de ,,sa ,,vie ,,par ,s4 ,,possidius ,v,,que ,,de ,,calame1 ,,son ,,disciple ,,et ,,son ,,ami ,,traduction ,,nouvelle ,par ,l4 ,,moreau ,,paris ,,ernest ,,flammarion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,racine1 #bf ,tous droits rservs4 ,e4 ,,grevin--,,imprimerie ,,de ,,lagny ,,vie ,,de ,,saint ,,augustin ,v,,que ,d',,hippone ,,par ,,saint ,,possidius ,v,,que ,,de ,,calame1 ,,son ,,disciple ,,et ,,son ,,ami ,l'inspiration de ,dieu1 crateur et ordonnateur de toutes choses1 et la pense toujours prsente de consacrer1 moyennant la grce du ,sauveur1 au service de la toute-puissante et divine ,trinit1 d'abord dans la vie laque1 et aujourd'hui dans le ministre de l'piscopat1 ce qui m'a t donn de lumires et d'loquence1 afin de contribuer l'dification de la sainte et vritable glise de ,notre-,seigneur ,jsus-,christ1 l'glise catholique1 me font un devoir de rvler1 touchant la vie et les murs de celui que la prdestination divine appela dans le temps marqu au sacerdoce1 le saint prtre ,augustin1 ce que j'ai pu voir de mes yeux ou entendre de sa propre bouche4 ,plusieurs de nos frres en notre sainte mre l'glise catholique nous ont laiss de semblables exemples1 quand1 cdant au souffle de l',esprit saint1 ils ont1 soit de vive voix1 soit par la plume1 transmis la pieuse curiosit des fidles les actes de ceux qu'une commune grce du ,seigneur a faits si grands parmi les hommes et qui ont mrit de persvrer jusqu' la fin4 ,ainsi je viens mon tour1 moi1 le dernier des dispensateurs de la parole1 je viens avec une foi sincre1 cette foi jalouse de servir et de plaire au ,seigneur des ,seigneurs et aux mes fidles1 rappeler l'origine1 la vie et la fin de cet homme vnrable1 ce que j'ai recueilli de lui-mme1 les faits dont j'ai t le tmoin en cette longue suite d'annes passes dans son intimit2 et ce n'est qu'autant que ,dieu me prtera son aide1 que j'entreprends cette uvre4 ,je prie toutefois la suprme ,majest pour qu'elle me donne de l'accomplir sans offenser la vrit du ,pre des lumires et sans offrir la charit des fidles enfants de l'glise le moindre sujet d'alarmes4 ,je ne rappellerai pas ici tout ce que le bienheureux ,augustin1 dans ses ,confessions1 raconte de lui-mme1 ce qu'il avait t avant de recevoir la grce et ce qu'il devint aprs l'avoir reue4 ,il voulut rendre ce public tmoignage1 de peur que1 selon l'expression de l'aptre#a1 quelqu'un ne l'estimt au-dessus de ce qu'il se savait tre1 ou de ce que ses paroles faisaient connatre de lui2 suivant les voies de l'humilit sainte1 ne voulant tromper personne1 mais cherchant dans le bienfait de sa propre dlivrance et dans les grces qu'il avait dj reues la gloire de son ,seigneur1 non la sienne1 et demandant les prires de ses frres pour les faveurs qu'il dsirait encore4 ,car1 d'aprs le tmoignage de l'ange1 il est bon de tenir cach le secret du roi1 mais il est glorieux de rvler et de publier les uvres du ,seigneur#b4 #a ,,ii ,cor41 ,,xii1 #f4 #b ,tob41 ,,xii1 #g4 ,i ,premires annes4 ,conversion et baptme de saint ,augustin4 ,augustin tait de la province d',afrique1 de la cit de ,tagaste4 ,n d'une famille curiale et chrtienne#c1 ses parents n'pargnrent rien1 ni soins1 ni dpenses1 pour l'lever et l'instruire4 ,il fut profondment initi la connaissance des lettres humaines et de tous les arts que l'on appelle libraux4 ,car lui-mme enseigna d'abord la grammaire dans sa ville natale1 puis la rhtorique dans la capitale de l',afrique1 ,carthage2 plus tard1 il alla professer outre-mer1 ,rome1 et ,milan#d1 o l'empereur ,valentinien ,,ii tenait sa cour4 ,alors aussi1 dans cette ville1 les fonctions piscopales taient remplies par un grand serviteur de ,dieu1 homme minent entre les meilleurs1 le pontife ,ambroise4 ,assistant dans l'glise avec le peuple aux frquentes confrences de ce saint prdicateur de la parole de ,dieu1 il demeurait comme attach et suspendu ses lvres4 ,sduit ds sa premire jeunesse par l'erreur des ,manichens1 il donnait aux discours de l'vque une attention plus inquite qu'aucun autre auditeur1 coutant s'il ne se dirait rien qui favorist ou qui combattt cette hrsie4 ,et la clmence divine1 qui voulait sa dlivrance1 vint au-devant de ces perplexits4 ,elle conduisit le cur de son serviteur rsoudre incidemment certaines objections que les hrtiques levaient contre la loi4 ,ces enseignements inattendus1 suggrs par la divine misricorde1 bannirent peu peu cette erreur de l'esprit d',augustin2 et bientt1 raffermi dans la foi catholique1 il sentit natre en lui cette amoureuse ardeur d'avancer dans la religion1 en sorte qu' l'approche des saints jours de ,pques#e1 il reut l'eau du salut4 ,et la cleste misricorde voulut encore que ce ft par le ministre de ce grand et saint pontife ,ambroise qu'il ret la fois la doctrine salutaire de l'glise catholique et le sacrement rgnrateur4 #c ,l'an #ced1 ides de novembre1 ,constantin ,aug4 ,,vii et ,constantin ,csar ,,iii1 consuls4 #d ,l'an #chc et #chd4 #e #bd avril1 l'an #chg4 ,,ii ,il prend la rsolution de servir ,dieu4 ,bientt converti ,dieu du plus profond de son cur1 il abjura toute esprance dans le sicle4 ,ce qu'il a recherch jusqu'alors1 une femme1 des enfants1 des richesses1 des honneurs suivant le monde1 il renonce tout pour se vouer avec les siens au service de ,dieu1 jaloux d'appartenir ce petit troupeau auquel le ,seigneur adresse cette parole3 ,ne craignez pas1 petit troupeau2 car il a plu votre ,pre de vous donner son royaume4 ,vendez ce que vous possdez et donnez-le en aumnes2 faites-vous une bourse qui ne vieillisse point et un trsor dans le ciel qui ne s'puise point1 etc4#f4 ,jaloux de pratiquer cet autre conseil du ,seigneur3 ,si tu veux tre parfait1 vends tout ce que tu as1 donne-le aux pauvres1 et tu auras un trsor dans le ciel2 puis viens1 suis-moi#g2 jaloux enfin d'lever sur le fondement de la foi1 non pas un difice de bois1 de foin et de paille1 mais un difice d'or1 d'argent et de pierres prcieuses4 ,et il tait alors g de plus de trente ans1 n'ayant plus que sa mre1 toujours prs de lui et plus heureuse de cette rsolution de servir ,dieu embrasse par son fils qu'elle ne l'et t des enfants de sa chair4 ,son pre tait dj mort4 ,il dclara en mme temps ses disciples qu'ils eussent se pourvoir d'un autre matre1 parce que lui-mme se destinait au service de ,dieu4 #f ,luc1 ,,xii1 #cb4 #g ,matth41 ,,xix1 #ba4 ,,iii ,sa retraite4 ,aprs avoir reu la grce du baptme avec plusieurs de ses concitoyens et de ses amis dvous comme lui servir ,dieu1 il repasse en ,afrique#h et revient sa maison et sa terre4 ,il y demeura prs de trois ans2 dsormais tranger aux soins du sicle1 vivant avec ses compagnons1 pour ,dieu1 dans le jene1 la prire1 les bonnes uvres1 et mditant la loi du ,seigneur jour et nuit4 ,toutes les lumires que ,dieu rvlait son intelligence dans la mditation ou l'oraison1 il les communiquait aux prsents et aux absents1 par ses discours et par ses crits4 ,vers ce temps1 il y avait ,hippone un de ces officiers qu'on appelle agents des affaires1 bon chrtien et craignant ,dieu1 qui1 sur le bruit des vertus et de la science d',augustin1 dsirait passionnment le voir1 promettant qu'il pourrait mpriser toutes les passions et toutes les sductions du monde s'il avait le bonheur d'entendre de sa bouche la parole de ,dieu4 ,inform de ce dsir par un rcit fidle1 jaloux de dlivrer une me des prils de cette vie et de la mort ternelle1 ,augustin vint sur-le-champ ,hippone1 alla trouver cet homme et1 de toutes les forces que ,dieu lui donna1 l'exhorta dans de frquents entretiens s'acquitter de son vu envers ,dieu4 ,celui-ci promettait de jour en jour2 il allait le faire1 et cependant il ne fit rien alors pendant le sjour d',augustin4 ,toutefois il est impossible qu'un vase si prcieux1 vase pur1 vase d'honneur utile au ,seigneur et prt toute bonne uvre1 qui servait en tout lieu aux desseins de la divine ,providence1 n'ait t qu'un instrument vain et strile4 #h ,aot ou septembre1 l'an #chh4 ,,iv ,il est lev au sacerdoce4 ,a cette poque1 l'glise catholique d',hippone tait gouverne par le saint vque ,valrius4 ,le besoin de son glise rclamait de lui l'ordination d'un nouveau prtre1 et il en parlait avec instance au peuple de ,dieu4 ,saint ,augustin1 dans sa sincrit1 ignorant ce qui allait arriver1 assistait ce discours1 ml avec le peuple3 car1 nous disait-il1 il avait coutume tant laque de ne se tenir loign que des glises qui n'avaient pas d'vque4 ,or1 les catholiques1 qui connaissaient son dessein et sa science1 se saisirent de lui et1 comme il arrive en pareille circonstance1 ils l'amenrent de force l'vque pour l'ordonner1 tous le demandant d'un accord unanime1 avec une extrme ardeur et de grands cris4 ,lui1 cependant1 versait des larmes abondantes4 ,quelques-uns attribuaient ces larmes l'orgueil1 et ils croyaient le consoler en lui disant que le rang de simple prtre1 quoiqu'il ft digne d'un rang plus lev1 l'approchait nanmoins de l'piscopat4 ,mais c'tait une pense plus haute qui faisait gmir l'homme de ,dieu1 comme il nous l'a rapport lui-mme1 sur le nombre et la grandeur des prils auxquels le gouvernement d'une glise dvouait sa vie4 ,toutefois le dsir des fidles s'accomplit leur gr4 ,v ,il tablit un ,monastre4 ,ainsi devenu prtre#i1 il institua bientt un monastre dans l'enceinte de l'glise1 et voulut vivre avec les serviteurs de ,dieu1 suivant la tradition et la rgle tablies par les saints aptres4 ,la premire condition tait de ne rien possder en propre1 que tout ft en commun et qu'il ft distribu chacun selon ses besoins4 ,c'est ce que lui-mme avait fait le premier au retour de son voyage d'outre-mer4 ,or1 le saint vque ,valrius1 homme pieux et craignant ,dieu1 tressaillait de joie et rendait grce la misricorde divine d'avoir exauc les prires qu'il lui avait si souvent adresses pour qu'un tel homme lui ft accord1 qui pt difier l'glise du ,seigneur par la parole de ,dieu et la doctrine du salut3 ministre qu'il se sentait moins capable de remplir1 tant ,grec de naissance et peu vers dans les lettres latines4 ,il donna donc pouvoir au nouveau prtre de prcher souvent l'vangile dans l'glise en sa prsence1 contre l'usage des glises d',afrique3 aussi plusieurs autres vques l'en blmaient4 ,mais cet homme vnrable et prudent1 assur que cette coutume tait en vigueur dans les glises d',orient1 et ne cherchant que l'utilit de l'glise1 ddaigna les paroles malveillantes2 il lui suffit que le prtre exert un ministre dont1 vque1 il se sentait incapable de s'acquitter4 ,ainsi fut allume1 et ardente1 leve sur le chandelier1 cette lampe qui ne brillait que dans l'intrieur de la maison4 ,et bientt la renomme s'en rpandit partout1 et sur un si bon exemple1 plusieurs prtres1 du consentement de l'autorit piscopale1 annoncrent aux peuples devant l'vque la parole de ,dieu4 #i ,l'an #cia4 ,,vi ,confrence avec ,fortunatus1 manichen4 ,le flau de l'hrsie manichenne rgnait dans la ville d',hippone2 un grand nombre d'habitants1 citoyens ou trangers1 en taient infects1 sduits par un prtre manichen nomm ,fortunatus1 qui rsidait dans ,hippone4 ,les citoyens et les trangers1 tant catholiques que ,donatistes1 vinrent trouver le prtre ,augustin et le prirent de voir cet hrtique qu'ils tenaient pour savant1 et de confrer avec lui sur la doctrine de la foi4 ,lui1 toujours prt1 comme il est crit1 rendre tout venant raison de la foi et de l'esprance qui est en ,dieu1 puissant enseigner selon la doctrine et rduire les contradicteurs de la vrit#aj1 ne refusa pas2 mais il demanda si ,fortunatus le voulait aussi4 ,on alla aussitt le demander ,fortunatus1 ou plutt l'exhorter et le presser de ne pas refuser la confrence4 ,comme il avait dj connu saint ,augustin ,carthage1 lorsqu'il tait engag dans les mmes erreurs1 il tremblait d'entrer en lutte avec lui2 mais1 vaincu surtout par les instances des siens et craignant la honte d'un refus1 il promit de se rendre la confrence et de courir les chances du combat4 ,au jour et au lieu convenus#aa1 ils se runirent4 ,un auditoire nombreux y accourut1 gens de savoir ou multitude curieuse2 les notaires ouvrirent leurs tablettes1 et la confrence1 immdiatement commence1 fut termine le lendemain4 ,le matre manichen1 les actes de la confrence en font foi1 fut galement impuissant renverser la doctrine catholique et prouver que la secte manichenne avait la vrit pour base4 ,il finit par manquer de rponse1 et dit qu'il consulterait avec les plus savants de sa secte sur les difficults qu'il n'avait pu rsoudre2 et que s'ils ne russissaient pas le satisfaire1 il songerait aux intrts de son me4 ,ainsi1 au jugement de ceux qui avaient le plus d'estime de sa science et de sa capacit1 il fut convaincu d'impuissance soutenir son hrsie4 ,ne pouvant souffrir une confusion si publique1 il ne tarda pas quitter ,hippone1 o il ne revint jamais depuis4 ,ainsi1 par le zle de l'homme de ,dieu1 tous ceux qui assistrent cette confrence ou qui1 absents1 en connurent les actes1 dgagrent leur me de l'erreur manichenne et embrassrent la foi pure de l'glise catholique4 #aj ,i ,petr41 ,,iii1 #ae2 ,tit41 ,i1 #i4 #aa #e kal4 septemb41 dans les bains de ,sossius2 ,arcadius ,aug4 ,,ii et ,ruff41 consuls4 ,,vii ,zle de saint ,augustin contre les ennemis de la foi4 ,et lui1 soit en particulier1 soit en public1 dans sa maison ou dans l'glise1 enseignait et prchait la parole du salut1 avec toute confiance1 contre les hrsies rpandues en ,afrique1 et surtout contre les ,donatistes1 les ,manichens et les paens2 ses ouvrages1 ses sermons improviss jetaient les chrtiens dans des transports ineffables d'admiration et de joie4 ,loin de s'en taire1 ils publiaient partout leurs sentiments4 ,ainsi1 avec l'aide du ,seigneur1 l'glise catholique commena relever la tte en ,afrique1 sduite depuis trop longtemps et opprime par les hrsies qui s'y taient enracines1 et surtout par la secte des ,donatistes1 qui avaient rebaptis la plus grande partie des habitants de l',afrique4 ,et ces livres ou traits qui1 par une admirable grce de ,dieu1 se succdaient et se rpandaient avec rapidit1 taient reus l'envi par les hrtiques et par les catholiques2 ils rivalisaient d'ardeur pour les entendre4 ,et chacun1 suivant son dsir ou son pouvoir1 employait la plume des notaires pour recueillir mme les discours du saint4 ,ainsi se rpandit bientt par tout le corps de l',afrique la pure doctrine et l'odeur exquise de ,jsus-,christ2 et l'glise d'outre-mer en tressaillit d'allgresse2 car1 la souffrance d'un seul membre fait souffrir tous les autres membres2 et de mme si l'un des membres reoit de l'honneur1 tous les autres membres s'en rjouissent avec lui#ab4 #ab ,i ,cor41 ,,xii1 #bf4 ,,viii ,il est lev l'piscopat1 du vivant de ,valrius4 ,mais le bienheureux vieillard ,valrius1 triomphant plus que personne1 et1 dans sa joie1 rendant grce ,dieu de cette faveur toute particulire qu'il lui accordait1 ne tarda pas craindre 7 infirmit de l'me humaine67 qu'une autre glise1 prive de pasteur1 ne lui enlevt ,augustin pour l'lever l'piscopat4 ,ce qui ft arriv1 si ,valrius1 instruit temps1 n'et envoy le saint en un lieu cach qui le droba toutes les recherches4 ,cette exprience redoubla encore les inquitudes de ce vieillard vnrable1 qui1 se voyant faible de corps et d'ge1 crivit secrtement au primat1 vque de ,carthage1 allguant ses infirmits et le poids de la vieillesse1 et le conjurant de permettre l'ordination d',augustin l'vch d',hippone1 pour tre non seulement son successeur1 mais le compagnon de son sige et de son piscopat4 ,il reut une rponse favorable ses dsirs et ses vives instances4 ,quelque temps aprs1 sur sa demande1 ,mgalius1 vque de ,calame et primat de ,numidie1 venant visiter l'glise d',hippone1 ,valrius dclara aux vques qui se trouvrent prsents1 au clerg d',hippone et tout le peuple1 son intention jusqu'alors inconnue4 ,cette proposition est accueillie de tous les assistants avec des transports de joie2 tous tmoignent grands cris leur impatience d'en voir l'accomplissement4 ,mais l'humble prtre refuse de recevoir l'piscopat1 contre l'usage de l'glise1 du vivant de l'vque4 ,on lui assure que cette coutume est reue1 et des exemples emprunts aux glises d',afrique et d'entre-mer triomphent enfin de sa rsistance4 ,il consent malgr lui accepter la charge et l'ordination suprieure de l'piscopat#ac4 ,mais il a dit depuis et crit qu'on n'aurait pas d en agir ainsi pour lui1 l'ordination d'un successeur1 du vivant de l'vque1 tant dfendue par un concile gnral4 ,il ne connut cette rgle qu'aprs son ordination1 et dans la suite il ne voulut pas qu'on ft pour d'autres ce qu'il souffrait avec peine qu'on et fait pour lui4 ,aussi1 eut il soin que cette rgle ft tablie dans les conciles1 que lorsqu'un prtre serait ordonn ou sur le point de l'tre1 l'ordinant lui donnerait connaissance de tous les dcrets des pres4 #ac ,vers l'an #cie1 ,olibrius et ,paulinus1 consuls4 ,,ix ,il combat les ,donatistes4 vque1 ce fut avec plus de zle encore1 avec plus de ferveur et d'autorit1 qu'il annonait1 non dans un seul pays1 mais partout o on l'en priait1 la parole du salut1 la joie et l'accroissement de l'glise2 toujours prt rendre raison de la foi et de l'esprance qui est en ,dieu4 ,ses paroles ou les copies qu'on en recueillait taient portes aux vques donatistes par les ,donatistes d',hippone ou des cits voisines4 ,lorsque les vques1 leur tour1 s'exprimaient contre la doctrine du saint1 ou ils taient rfuts par leurs peuples1 ou leurs rponses taient portes saint ,augustin4 ,il en prenait connaissance1 et travaillant avec patience1 avec douceur1 et1 comme il est crit1 avec crainte et tremblement1 au salut de tous#ad1 il montrait toute l'impuissance de la volont et des efforts de ses adversaires pour dtruire ce que l'glise tablit et enseigne4 ,telle tait l'occupation de ses jours et de ses nuits4 ,car il crivait en particulier aux vques et aux laques les plus considrables de ce parti pour leur ouvrir les yeux sur leur garement1 pour les exhorter abjurer cette erreur1 ou du moins entrer en discussion avec lui4 ,eux1 au contraire1 se dfiant de leur propre cause1 ne voulurent jamais lui rpondre1 sinon par des paroles injurieuses1 des cris de fureur1 l'appelant en public et en particulier sducteur et corrupteur des mes1 loup ravissant1 qu'il fallait tuer pour le salut de leur propre troupeau1 et qu'infailliblement celui qui le tuerait pourrait obtenir de ,dieu la rmission de tous ses pchs3 c'est ainsi qu'ils foulaient aux pieds et la crainte de ,dieu et la honte humaine#ae4 ,pour lui1 il travailla mettre au jour leur dfiance en leur propre cause4 ,convoqus une confrence publique1 ils n'osrent s'y rendre4 #ad ,philipp41 ,,ii1 #ab4 #ae ,an #djc4 ,x ,fureur des ,circoncellions4 ,les ,donatistes avaient aussi dans presque toutes leurs glises une certaine espce d'hommes1 monstres de violence et de perversit1 qui1 sous prtexte de professer la continence1 se rpandaient partout4 ,on les appelait ,circoncellions4 ,ils taient nombreux et tablis dans presque toutes les provinces de l',afrique4 ,sduits par des docteurs d'iniquit1 dans l'emportement de leur orgueil et de leur tmrit1 contre toute justice1 ils dfendaient aux citoyens de poursuivre leurs droits ou leurs crances2 la dsobissance leurs ordres tait suivie des plus cruels traitements4 ,on les voyait1 munis de toutes sortes d'armes1 courir comme des forcens1 ravageant les terres1 pillant les villes2 leur fureur allait jusqu' l'effusion du sang4 ,et lorsque la prdication assidue de la parole de ,dieu cherchait traiter de la paix avec les ennemis de la paix1 ils interrompaient par des brutalits gratuites les paroles de conciliation4 ,cependant la vrit1 contraire leur secte1 se rpandait1 et ceux qu'elle ramenait s'arrachaient ou se drobaient1 suivant leur pouvoir1 la tyrannie de ces sectaires1 pour se runir autant que possible en groupes1 la paix et l'unit de l'glise4 ,ceux-ci1 voyant s'claircir les rangs de l'erreur et jaloux de l'accroissement de l'glise1 ne mirent plus de limites leur fureur2 ils se rallirent pour dchirer par d'horribles perscutions le sein de l'glise2 les prtres et les ministres catholiques taient jour et nuit en butte leurs agressions et leurs brigandages4 ,ils versrent le sang d'un grand nombre des serviteurs de ,dieu4 ,ils jetrent dans les yeux de quelques-uns de la chaux dtrempe avec du vinaigre2 ils en gorgrent d'autres4 ,ces ,donatistes ou ,rebaptisants devenaient pour leur parti mme un objet d'horreur4 ,,xi ,progrs de l'glise4 ,or1 la faveur de ces progrs de la vrit1 ceux qui servaient ,dieu dans le monastre sous saint ,augustin1 et avec lui1 commencrent tre ordonns pour l'glise d',hippone4 ,et plus tard1 la prdication de la doctrine catholique se rpandant de jour en jour avec plus d'clat1 avec la renomme de la sainte rgle des serviteurs de ,dieu1 de leur continence et de leur pauvret profonde1 on demanda avec instance au monastre institu et dvelopp par le saint des prtres et des vques4 ,on les obtint et c'est par eux que la paix et l'unit de l'glise commena1 et enfin s'tablit4 ,car j'en connais environ dix1 hommes saints et vnrables1 soit par l'austrit de leur vie1 soit pour l'tendue de leur science1 que le bienheureux ,augustin a donns plusieurs glises1 quelques-unes mme des plus considrables qui les lui demandaient4 ,ceux-ci1 levs dans la sainte profession des moines1 fondrent leur tour des monastres1 et1 jaloux de l'dification du ,verbe de ,dieu1 ils donnrent aux autres glises plusieurs de ces frres levs au sacerdoce4 ,ainsi la science salutaire de la foi1 de l'esprance et de la charit de l'glise se propageant en plusieurs et par plusieurs1 et par les ouvrages que le saint publiait et que l'on traduisait en grec1 c'est d'un seul homme que1 non seulement dans toute l'tendue de l',afrique1 mais encore au del des mers1 la pit et la science se rpandaient1 avec l'aide de ,dieu4 ,et le mchant1 selon la parole de l'criture1 voyait cela avec rage2 il grinait les dents1 il se consumait de fureur#af4 ,mais les serviteurs de ,dieu taient pacifiques envers les ennemis de la paix2 et tandis qu'ils en parlaient1 ceux-ci ne songeaient qu' les attaquer#ag4 #af ,ps4 ,,cxi1 #aj4 #ag ,ps4 ,,cxix1 #g4 ,,xii ,saint ,augustin miraculeusement prserv des piges de ses ennemis4 ,souvent ces mmes ,circoncellions se postrent en armes sur les chemins o devait passer le serviteur de ,dieu1 quand1 ce qui arrivait frquemment la prire des peuples catholiques1 il allait les visiter1 les instruire et les exhorter4 ,aussi1 souvent la victime chappa leur fureur2 une fois entre autres1 par la providence de ,dieu et par l'erreur d'un guide1 le saint prtre et ses compagnons arrivrent leur destination par un autre chemin4 ,ils apprirent ensuite que cette erreur les avait drobs aux mains homicides4 ,en toutes ces circonstances1 il rendit grce ,dieu1 son librateur1 et ses ennemis1 suivant leur coutume1 n'pargnrent1 dans leur rage1 ni ecclsiastiques1 ni sculiers1 comme les actes publics l'attestent4 ,ici1 il ne faut point passer sous silence ce que le zle de cet homme si grand dans l'glise accomplit1 pour la gloire de ,dieu et de sa maison1 contre ces ,donatistes rebaptisants4 ,un de ces vques1 sorti du monastre et du clerg de saint ,augustin1 visitait un lieu dpendant de l'glise de ,calame1 son diocse1 pour combattre l'hrsie et distribuer la doctrine de la paix qu'il avait apprise4 ,au milieu du chemin1 il tomba dans les embches des ,donatistes1 qui fondirent sur lui et sur compagnons1 lui enlevrent ses chevaux et ses bagages1 en le chargeant d'outrages et de coups#ah4 ,mais1 de peur que ces violences ne retardassent le progrs de la paix de l'glise1 le dfenseur de l'glise ne crut pas devoir se taire en prsence des lois2 et ,crispinus1 vque de la mme cit de ,calame1 ds longtemps clbre parmi ceux de sa secte1 et regard comme savant1 fut tenu de payer l'amende porte par les lois contre les hrtiques4 ,celui-ci refusa de se soumettre la loi2 il comparut devant le proconsul1 et soutint qu'il n'tait pas hrtique4 ,le dfenseur de l'glise se retirant devant cette allgation1 ce fut l'vque catholique d'insister et de le convaincre4 ,la tolrance en ce cas et donn lieu de croire que cet hrtique1 niant qu'il le ft1 tait un vque catholique2 d'o il et rsult un scandale pour les faibles4 ,l'illustre vque ,augustin pressait l'affaire de tout son pouvoir1 et les deux vques de ,calame en vinrent une confrence3 les dbats s'engagrent trois reprises sur le diffrend entre les deux communions2 une immense multitude chrtienne attendait1 ,carthage et dans toute l',afrique1 quelle serait l'issue de cette affaire4 ,crispinus fut dclar hrtique par sentence crite du proconsul#ai4 ,l'vque catholique intercda en sa faveur auprs du juge pour que la peine de l'amende ft remise son adversaire2 il lui obtint cette grce4 ,celui-ci1 par une singulire ingratitude1 voulut en appeler au prince2 et la rponse de l'empereur cet appel fut que les hrtiques donatistes n'taient l'objet d'aucune exception1 et qu'ils devaient tre tenus partout la rigueur des lois portes contre les autres hrtiques2 que non seulement ,crispinus1 mais le juge mme et les officiers de justice1 pour inexcution de la loi1 acquitteraient chacun aux droits du fisc la somme de dix livres d'or4 ,nanmoins les vques catholiques1 et particulirement ,augustin1 de sainte mmoire1 poursuivirent encore la remise de cette amende1 et1 avec l'aide de ,dieu1 ils l'obtinrent de l'indulgence du prince4 ,ce zle si saint et si charitable contribua beaucoup l'accroissement de l'glise4 #ah ,s4 ,possidius lui-mme4 #ai ,an #djc1 poque o1 sous le ,i,ie consulat de ,stilicon et sous le consulat d',anthmius1 la loi contre les ,donatistes fut porte ,ravenne1 ides de dcembre4 ,,xiii ,paix de l'glise4 ,et pour la part qu'il prit la paix de l'glise1 le ,seigneur donna en cette circonstance la palme ,augustin1 lui rservant en lui-mme la couronne de justice4 ,ainsi1 de jour en jour1 avec l'aide de ,jsus-,christ1 s'accroissait et s'tendait de plus en plus l'unit et la fraternit de l'glise4 ,et ce rsultat fut particulirement remarquable aprs la confrence gnrale tenue peu de temps aprs#bj ,carthage entre les vques catholiques et les vques donatistes1 par l'ordre du trs glorieux et trs religieux empereur ,honorius1 qui envoya de sa cour en ,afrique le tribun et notaire ,marcellin1 pour prsider et juger4 ,dans cette confrence1 les donatistes1 rfuts sur tous les points et convaincus d'erreur par les catholiques1 furent rprouvs par la sentence du juge1 et1 aprs leur appel1 justement condamns comme hrtiques par rescrit du trs pieux empereur4 ,aussi les vques qui1 avec leur clerg et leurs peuples1 s'taient runis et avaient embrass la communion des catholiques1 eurent-ils souffrir de nouvelles perscutions1 la mutilation et la mort mme1 de la part des schismatiques4 ,or1 je le rpte1 ce fut par le ministre de ce saint homme1 aid du concours et du zle de nos vques1 que ce bien put s'entreprendre et s'accomplir4 #bj ,l'an #daa1 aprs le consulat de ,varanus1 kalend4 juin4 #c4 non4 et #f id4 du mme mois4 ,,xiv ,emritus1 vque donatiste1 confondu4 ,mais1 aprs cette confrence1 plusieurs ne manqurent pas de dire que les vques donatistes n'avaient pas eu la permission d'exposer tous leurs moyens de dfense auprs de l'autorit qui devait les entendre1 parce que le juge1 appartenant la communion catholique1 favorisait son glise4 ,quoique ces plaintes ne fussent qu'une vaine et dernire excuse de leur dfaite1 puisque avant les dbats ils savaient que le juge tait catholique1 et qu'ils avaient promis de prendre part la confrence o il les convoquait par des actes publics1 quand ils pouvaient s'y refuser s'il leur tait suspect1 cependant il advint1 par une providence particulire du ,tout-,puissant1 qu',augustin1 de vnrable mmoire1 tant appel ,csare#ba par des lettres du sige apostolique1 avec plusieurs autres vques1 pour mettre ordre certaines affaires urgentes1 il vit l'vque donatiste de cette ville1 ,emritus1 qui la confrence de ,carthage s'tait signal dans la dfense de sa secte1 et disputa publiquement dans l'glise contre lui en prsence d'un grand nombre de tmoins de communions diffrentes1 les provoquant une confrence ecclsiastique1 afin que toutes ces raisons1 qu'il n'avait pas eu1 disait-il1 la permission d'exposer dans le dbat de ,carthage1 il voult bien les donner en ce moment1 o l'absence d'une autorit sculire lui laissait toute libert et toute scurit2 que1 dans sa propre cit1 en prsence de ses concitoyens1 il ne refust pas de dfendre avec confiance sa communion4 ,ces exhortations furent vaines1 et les instances de ses parents et de ses concitoyens1 qui lui promettaient de revenir lui au risque mme de leurs biens et de leur salut temporel1 s'il parvenait triompher des doctrines catholiques4 ,mais il ne voulut ni ne put rien dire que cette parole3 ,les actes de la confrence de ,carthage tmoignent si nous avons t vainqueurs ou vaincus4 ,ensuite1 invit par le notaire rpondre1 il se tut1 et ce silence1 qui manifesta sa dfiance en sa propre cause1 affermit et augmenta le progrs de l'glise de ,dieu4 ,or1 quiconque voudra pleinement connatre le zle ardent d',augustin1 de bienheureuse mmoire pour la prosprit de l'glise de ,dieu1 qu'il parcoure ces actes1 et il verra tout ce que le saint a mis d'loquence et d'adresse pour provoquer la discussion son savant et loquent adversaire2 de quelles instances il le pressa pour qu'il prt1 comme il l'entendrait1 la dfense de son parti3 il reconnatra bientt qu',emritus a t vaincu#bb4 #ba ,alger4 #bb ,honorius ,,xii et ,theod4 ,,viii1 consuls1 #ab kal4 octob41 l'an #dah1 dans l'glise principale d',alger4 ,,xv ,conversion de ,firmus4 ,je me souviens1 et plusieurs autres frres et serviteurs de ,dieu1 vivant comme nous avec le saint homme dans l'glise d',hippone1 se souviennent aussi qu'un jour1 table1 il nous dit3 ,avez-vous fait attention mon discours d'aujourd'hui8 ,avez-vous remarqu que le commencement et la fin ont procd contre mon habitude1 c'est--dire que1 loin de dvelopper le sujet que j'avais propos1 je l'ai brusquement interrompu8 ,nous lui rpondmes qu'en effet nous l'avions remarqu sur l'heure avec tonnement4 ,je crois1 reprit-il1 que dans le peuple de ,dieu il se trouvait quelque me gare qu'au moyen de mon oubli et de mon propre garement le ,seigneur aura voulu enseigner et gurir1 lui qui dispose son gr et de nous et de nos paroles4 ,en effet1 comme je scrutais les difficults de mon sujet1 j'ai pass rapidement un autre1 en sorte que1 sans avoir rsolu ou mme dvelopp la question pose d'abord1 j'ai fini mon discours en me laissant aller disputer contre l'erreur des ,manichens1 dont je n'avais aucun dessein de parler4 ,et le lendemain mme1 si je ne me trompe1 ou deux jours aprs1 un commerant1 nomm ,firmus1 vint trouver saint ,augustin dans le monastre o nous tions runis2 il se jette genoux ses pieds1 fondant en larmes1 et le conjurant de prier avec sa sainte famille le ,seigneur pour lui4 ,il lui avoue en mme temps qu'il a suivi la secte des ,manichens2 qu'il y a demeur de longues annes1 ayant inutilement donn beaucoup d'argent ces ,hrtiques ou ceux qu'ils appellent lus2 mais que1 par la misricorde de ,dieu1 un des derniers sermons d',augustin l'a converti et rendu catholique4 ,le vnrable ,augustin et nous tous prsents1 lui demandons ce qui l'avait particulirement satisfait dans ce sermon2 il nous le dit1 et repassant dans notre mmoire la suite de ces paroles1 nous glorifimes le saint nom de ,dieu1 et nous admirmes1 en les bnissant1 la profondeur de ses desseins pour le salut des mes1 qu'il opre quand il lui plat1 par o il lui plat et comme il lui plat1 au su et l'insu de ceux dont il se sert4 ,ds lors1 cet homme embrassa la rgle des serviteurs de ,dieu1 renona au commerce1 et fit de grands progrs dans la perfection entre tous les membres de l'glise4 ,on le demanda dans un autre pays pour tre lev au sacerdoce2 dignit qu'il fut oblig de recevoir malgr toute sa rsistance4 ,il conserva toujours inviolablement la saintet de la profession monastique4 ,peut-tre est-il encore vivant au pays d'outre-mer4 ,,xvi ,crimes des ,manichens4 ,a ,carthage aussi1 par les soins d'un procurateur du palais imprial1 nomm ,ursus1 et attach la foi catholique1 on arrta quelques-uns de ceux que les ,manichens appellent lus1 hommes et femmes4 ,ils furent conduits l'glise1 et en prsence des notaires interrogs par les vques4 ,du nombre de ceux-ci tait ,augustin1 de sainte mmoire1 qui1 connaissant mieux que les autres cette excrable secte1 et dvoilant d'aprs les livres reconnus par les ,manichens leurs blasphmes abominables1 les amena en faire l'aveu2 et il tira mme de ces femmes lues la dclaration des impurets qu'ils commettaient entre eux3 dclaration qui fut consigne dans les actes ecclsiastiques4 ,ainsi1 la vigilance des pasteurs donna un nouvel accroissement au troupeau du ,seigneur1 et fournit de nouvelles armes contre les voleurs et les loups ravissants4 ,il eut encore une confrence publique dans l'glise d',hippone1 en prsence des notaires et du peuple1 avec ,flix1 ,manichen et du nombre des lus1 et aprs deux ou trois sances1 ce ,manichen1 reconnaissant la vanit et l'erreur de sa secte1 se convertit la foi de l'glise4 ,on peut1 d'ailleurs1 relire les actes o ces faits sont attests4 ,,xvii ,le comte ,pascentius1 arien1 confondu4 ,confrence avec ,maximin1 vque arien4 ,il eut encore combattre un certain ,pascentius1 comte de la maison royale1 ,arien1 rigide exacteur du fisc1 et qui profitait de son autorit pour attaquer la foi catholique1 pour tourmenter et troubler1 par ses railleries et son pouvoir1 les prtres de ,dieu vivant dans la simplicit de la foi4 ,augustin1 qu'il provoquait1 eut1 ,carthage1 une confrence avec lui en prsence de tmoins honorables et d'un rang lev4 ,mais1 comme notre saint demandait avec instance1 avant et pendant les dbats1 la prsence des notaires pour prendre acte de la confrence1 son adversaire s'y refusa absolument1 disant que la crainte des lois l'empchait d'exposer ses paroles au danger d'une constatation par crit4 ,l'vque ,augustin1 voyant que les arbitres et les autres vques ses collgues consentaient un simple entretien de vive voix1 entra en matire1 non sans prdire1 ce qui arriva en effet1 qu'aprs la sance leve1 il serait libre chacun de prtendre avoir dit ou n'avoir pas dit certaine parole1 sans qu'on pt opposer le tmoignage des critures publiques4 ,il engagea donc la dispute1 exposa les principes de sa foi et entendit la profession de foi de son adversaire2 il prouva1 par la saine raison et par l'autorit des saintes critures1 la solidit des fondements de notre foi1 et dmontra que les opinions de ,pascentius taient destitues et de toute vrit et de toute autorit canonique4 ,aussi1 ds que l'on se fut spar1 ,pascentius1 outr de fureur1 et dbitant beaucoup de mensonges son avantage et au profit de ses vaines croyances1 se proclamait vainqueur de cet ,augustin dont les louanges retentissaient partout4 ,comme ces propos n'taient point secrets1 saint ,augustin fut oblig d'crire ,pascentius1 en taisant1 par crainte de son autorit1 les noms de ceux qui l'avaient prvenu4 ,dans ces lettres1 il rappelle exactement son adversaire ce qui s'est dit ou fait dans la confrence3 et s'il et voulu nier1 le saint avait1 pour prouver ce qu'il avanait1 autant de tmoins qu'il s'tait trouv cette assemble d'hommes illustres et honorables4 ,aux deux lettres d',augustin1 ,pascentius rpondit peine par une seule1 o il trouva plutt des injures contre le saint que des arguments raisonnables en faveur de sa secte2 ce qui sera prouv pour quiconque aura la volont ou le pouvoir de lire cette lettre4 ,il eut une autre confrence avec un vque arien1 ,maximin1 venu en ,afrique avec les ,goths4 ,cette confrence1 que le saint accorda aux dsirs et aux prires d'un grand nombre1 eut lieu ,hippone en prsence de tmoins honorables2 et ce qui se dit de part et d'autre fut crit4 ,les fidles qui liront ces actes avec attention y trouveront sans aucun doute de quels artifices cette hrsie couvre sa faiblesse pour sduire et tromper1 et quelle est la foi dont l'glise catholique fait profession sur la ,trinit divine4 ,or l'hrtique ,maximin1 de retour ,carthage1 se vantait d'tre sorti victorieux de la confrence1 ce qui et t assurment un triomphe d sa loquacit2 mais quoique cette victoire ft un mensonge1 nanmoins les gens trangers la connaissance de la loi divine ne pouvaient pas aisment en connatre et en juger4 ,aussi1 le vnrable ,augustin dut prendre la plume bientt aprs pour rdiger le sommaire de toutes les objections et rponses qui avaient t faites dans les dbats2 il montra tout le vide des rponses de son adversaire1 et ajouta de nouvelles preuves que le trop court espace de temps n'avait permis de donner ni d'crire pendant la confrence2 car cet homme1 par malice1 avait tellement prolong sa rponse1 qu'il tint lui seul tout ce qu'il restait de jour4 ,,xviii ,hrsie de ,plage4 ,ce fut encore les ,plagiens1 nouveaux hrtiques de notre temps1 disputeurs insidieux1 crivains subtils et dangereux1 infatigables rpandre leurs doctrines et en public et en particulier1 qu'il combattit pendant dix ans peu prs3 il ne cessait d'crire contre eux et de prendre la parole dans l'glise contre leur erreur4 ,et comme ces perfides ennemis cherchaient par leurs artifices persuader au saint-sige mme leur perfidie1 les conciles d',afrique eurent un soin particulier de montrer au saint pape de ,rome1 d'abord le vnrable ,innocent1 et aprs lui saint ,zozime#bc1 combien cette secte devait tre abhorre et condamne par la foi catholique4 ,aussi les pontifes de ce sige suprme1 diffrentes poques1 les censurrent et les retranchrent enfin du corps de l'glise2 par des lettres adresses aux glises d',afrique1 d',occident et d',orient1 ils ordonnrent tous les catholiques de les anathmatiser et de les fuir4 ,apprenant le jugement que l'glise catholique de ,dieu avait prononc contre eux1 le trs pieux empereur ,honorius voulut s'y conformer4 ,il les condamna aussi par ses lois1 et ordonna qu'on les traitt comme hrtiques4 ,plusieurs d'entre eux rentrrent dans le sein de notre sainte mre l'glise1 et d'autres reviennent encore aujourd'hui1 la vrit se manifestant de plus en plus et la rectitude de la foi l'emportant sur cette dtestable erreur4 #bc ,an #dah4 ,le grand vque tait le principal membre du corps du ,seigneur1 d'un zle et d'une vigilance toujours active pour le bien de l'glise universelle4 ,et ,dieu lui accorda de pouvoir jouir mme ds cette vie du fruit de ses travaux1 ayant d'abord tabli l'unit et la paix dans son diocse d',hippone1 et voyant ensuite dans les autres parties de l',afrique l'glise du ,seigneur se rpandre et se multiplier soit par lui-mme1 soit par les prtres qu'il avait procurs2 et les ,manichens1 les ,donatistes1 les ,plagiens1 les paens1 renoncer pour la plupart leurs erreurs1 se runir l'glise de ,dieu2 encourageant partout avec ardeur le progrs et le zle des bons2 souffrant en esprit de piti les mouvements de ses frres contre la discipline2 gmissant des injustices des mchants intrieurs ou extrieurs l'glise2 n'ayant enfin de joie ou de tristesse que pour les gains ou les pertes du ,seigneur4 ,il a dict et publi tant d'ouvrages1 soit controverses soutenues dans l'glise1 qu'il a recueillies et corriges1 soit crits contre les hrtiques ou commentaires des livres canoniques composs pour l'dification des saints enfants de l'glise1 qu'un homme d'tude pourrait peine tout lire et tout connatre4 ,mais1 pour que nous ne paraissions refuser aucune occasion de s'instruire aux fidles avides de la parole de vrit1 ,dieu m'a inspir la rsolution de joindre la fin de cet opuscule une liste de tous ses livres1 traits et lettres1 afin qu'aprs l'avoir lue1 ceux qui prfrent la vrit de ,dieu aux richesses temporelles puissent choisir les ouvrages qu'il conviendra chacun de lire et de connatre2 qu'on les demande1 pour les transcrire1 la bibliothque de l'glise d',hippone1 o l'on pourra peut-tre trouver les exemplaires les plus corrects2 qu'on se les procure enfin de quelque manire que ce soit1 qu'on les transcrive1 et qu'on les communique sans envie ceux qui demanderont les copier4 ,,xix quit et charit de saint ,augustin dans le jugement des procs4 ,quelqu'un parmi vous1 dit l',aptre1 ayant un diffrend avec un autre fidle1 ose-t-il bien plaider devant des hommes injustes et non devant les saints8 ,ne savez-vous pas que les saints jugeront ce monde8 ,et si vous tes les juges du monde1 tes-vous indignes de juger les moindres choses8 ,ne savez-vous pas que nous serons les juges des anges mmes8 ,combien plus le serons-nous des choses du sicle6 ,si donc vous avez entre vous des diffrends temporels1 prenez pour juges les moindres membres de l'glise4 ,je vous le dis pour vous faire honte3 est-il possible qu'il ne se trouve point parmi vous un seul homme sage qui puisse tre juge entre ses frres8 ,mais un frre plaide contre son frre1 et cela devant les infidles#bd6 ,or1 quand saint ,augustin tait pri par des chrtiens ou par des hommes appartenant une secte quelle qu'elle ft1 il coutait l'affaire avec attention et pit1 ayant en mme temps devant les yeux ce qu'un autre avait dit ce sujet3 qu'il aimait mieux tre juge entre des personnes inconnues qu'entre ses amis1 parce qu'entre les premiers1 celui en faveur de qui la justice l'obligeait de prononcer pouvait tre acquis son amiti1 au lieu que1 jugeant entre ses amis1 il tait en danger de perdre celui qu'il condamnait4 ,il sigeait souvent ainsi jusqu' l'heure de son repas2 et lorsqu'il jenait le jour entier1 il donnait tout ce temps couter ces sortes d'affaires et les vider4 ,et en coutant les plaideurs1 il examinait l'tat de leurs mes1 il remarquait le degr o chacun d'eux tait avanc dans la foi et dans les bonnes uvres1 et quand il trouvait le moment favorable1 il enseignait aux parties la vrit de la loi divine1 il la leur inculquait de tout son pouvoir1 les exhortant par ses paroles chercher la vie ternelle4 ,il ne leur demandait pour prix du temps qu'il leur donnait que cette obissance et cette charit chrtienne qui est due ,dieu et aux hommes4 ,mais il reprenait les pcheurs devant tous1 afin que les autres eussent de la crainte2 et il agissait ainsi1 comme la sentinelle du ,seigneur commise la garde de la maison d',isral1 annonant la parole1 pressant les hommes temps et contre-temps1 reprenant1 suppliant1 menaant1 toujours plein de patience et de lumires2 donnant tous ses soins former ceux qui taient capables et instruire les autres#be4 ,souvent1 la prire de plusieurs1 il crivait des lettres relatives leurs affaires temporelles2 et cette occupation tait de celles qu'il mettait au nombre des plus pnibles et des plus onreuses1 lui qui n'avait d'autre joie que de parler et de s'entretenir des choses de ,dieu dans l'intimit de la vie fraternelle4 #bd ,i ,cor41 ,,vi4 #be ,i ,tim41 ,v2 ,,ii ,tim41 ,,iv1 #b4 ,,xx ,il intercdait en faveur des coupables4 ,nous savons qu'il a souvent refus ses plus chers amis des lettres de recommandation auprs des puissances du sicle1 disant qu'il fallait suivre le sentiment d'un sage1 dont il est rapport qu'il refusa plusieurs services ses amis par gard pour sa propre rputation4 ,il ajoutait encore que la puissance qui oblige s'impose bientt4 ,mais quand il se voyait oblig d'intercder pour quelqu'un1 il le faisait avec tant de convenance et de modration1 que1 loin de se rendre importun et onreux1 on admirait sa rserve4 ,ayant1 dans une occasion importante1 intercd sa manire en faveur d'un suppliant1 auprs de ,macedonius1 vicaire de l',afrique1 celui-ci1 non content de se rendre son dsir1 lui crivit encore en ces termes3 ,je suis merveilleusement touch de la sagesse qui brille et dans les livres que tu as mis au jour et dans ce que tu veux bien prendre la peine de m'crire en faveur de ceux qui sont en peine4 ,car je vois d'une part tant d'esprit1 de science et de saintet1 qu'on ne peut rien dsirer au del1 et1 d'autre part1 tant de retenue1 que si je ne t'accordais ce que tu me demandes1 la faute en serait moi1 et non aux difficults1 mon vnrable seigneur et pre4 ,tu ne cherches pas1 solliciteur inquiet1 comme la plupart des gens de ce pays1 emporter de vive force tout ce que tu veux2 mais ce qui te parat pouvoir tre demand un juge1 distrait par tant de soins1 tu le demandes sous forme d'avis1 avec cette convenance qui est1 entre gens de bien1 le moyen le plus puissant pour aplanir les difficults4 ,j'ai donc sur-le-champ fait droit ta recommandation1 et j'avais commenc par donner bon espoir4 ,,xxi ,son assiduit aux saints conciles4 ,il assista autant qu'il put aux saints conciles tenus en diffrentes provinces1 cherchant dans ces assembles1 non son intrt1 mais celui de ,jsus-,christ1 soit afin de maintenir la foi de la sainte glise catholique1 soit qu'il s'agt d'absoudre ou d'exclure les prtres et les clercs1 justement ou injustement excommunis4 ,dans l'ordination des prtres et des clercs1 il pensait qu'il fallait se rendre au vu du plus grand nombre des fidles1 suivant la coutume de l'glise4 ,,xxii ,sa vie domestique4 ,dans ses vtements1 dans sa chaussure1 dans son coucher1 il gardait une mesure de simplicit et de convenance1 galement loigne d'une recherche excessive et d'un abaissement affect2 en quoi les hommes excdent d'ordinaire1 proccups de leur intrt propre plutt que de celui de ,jsus-,christ2 mais lui tenait le milieu1 n'inclinant ni droite ni gauche4 ,sa table tait modeste et frugale2 quelquefois1 avec les herbes et les lgumes1 on servait de la viande pour les htes et les infirmes1 mais toujours du vin1 car il savait et enseignait1 d'aprs l',aptre1 que tout ce que ,dieu a cr est bon et qu'on ne doit rien rejeter de ce qui se prend1 parce qu'il est sanctifi par la parole de ,dieu et par la prire#bf2 enfin1 comme lui-mme l'a tabli dans ses ,confessions1 quand il dit3 ,je ne crains pas l'impuret de l'aliment1 je crains l'impuret de la convoitise4 ,je sais qu'il a t permis ,no de se nourrir de toute chair2 qu',hlie a demand la chair l'apaisement de sa faim2 que l'abstinence admirable de ,jean n'a pas t souille de sa pture de sauterelles2 je sais aussi qu'sa s'est laiss surprendre par un dsir de lentilles2 que ,david s'est accus lui-mme d'avoir dsir un peu d'eau2 que notre ,roi a t tent1 non de chair1 mais de pain4 ,aussi le peuple dans le dsert mrita-t-il d'tre rprouv1 non pour avoir eu le dsir de la chair1 mais parce que ce dsir le porta murmurer contre le ,seigneur#bg4 ,quant l'usage du vin1 l'aptre crit ,timothe3 ,ne continue pas ne boire que de l'eau2 use d'un peu de vin cause de ton estomac et de tes frquentes infirmits#bh4 ,il se servait de cuillers d'argent2 le reste de la vaisselle tait de terre1 de bois ou de marbre1 non par ncessit et par indigence1 mais par amour volontaire de la mdiocrit4 ,il pratiqua toujours l'hospitalit4 ,a table mme1 il aimait encore mieux la lecture ou la discussion que le soulagement du boire et du manger4 ,pour en bannir la peste de la mdisance humaine1 il avait fait crire ces deux vers dans le rfectoire3 #bf ,i ,tim41 ,,iv1 #d4 #bg ,confess41 lib4 ,x1 ,,xxxi4 #bh ,i ,tim41 ,v1 #cc4 ,qui que tu sois1 si tu aimes dchirer par ta mdisance la vie des absents1 apprends que tu n'es pas digne de t'asseoir cette table4 ,et lui-mme avertissait ses convives de s'abstenir de tout propos inutile1 de toute fable calomnieuse ou mdisante4 ,il lui est plusieurs fois arriv de reprendre fort svrement quelques vques de ses plus grands amis qui1 par oubli1 pchaient contre son distique1 leur disant avec motion1 ou qu'il fallait effacer ces vers1 ou qu'il allait se lever de table et se retirer dans sa chambre4 ,c'est ce dont moi-mme et d'autres1 assis sa table avec moi1 avons t tmoins4 ,,xxiii ,comment il administrait les sacrements de l'glise4 ,il avait toujours prsent l'esprit le souvenir de ses frres en pauvret1 et il fournissait leurs besoins sur le fonds mme d'o il prenait sa subsistance1 lui et tous ceux de sa maison1 c'est--dire sur les revenus des biens de l'glise et sur les dons des fidles4 ,et si par hasard1 comme il arrive souvent1 la jalousie levait des soupons contre le clerg au sujet des possessions de l'glise1 alors il s'adressait au peuple et protestait qu'il aimait mieux vivre des aumnes du peuple de ,dieu que d'tre charg du soin ou de l'administration de ces biens2 qu'il tait prt en cder d'autres le fardeau1 et qu'ainsi tous les serviteurs et les ministres du ,seigneur vivraient suivant cette parole de l',ancien ,testament3 ,les ministres de l'autel ont part aux offrandes de l'autel#bi4 ,mais jamais les laques ne voulurent se charger de la gestion de ces biens4 #bi ,i ,cor41 ,,ix1 #ac4 ,,xxiv ,son dsintressement4 ,il remettait tour tour le soin de l'administration du temporel de l'glise aux ecclsiastiques les plus propres cet emploi4 ,il n'avait jamais ni clef ni sceau entre les mains4 ,c'tait le prtre administrateur qui notait tout ce qui se recevait ou se donnait4 ,l'anne rvolue1 on lisait au saint le relev des recettes et des dpenses1 de ce qui avait t donn l'glise ou de ce qui restait dpenser1 et dans la plupart des articles1 il prfrait s'en rapporter la bonne foi de l'administrateur que de vrifier lui-mme toutes les preuves4 ,il ne voulut jamais acqurir ni maison1 ni terre1 ni mtairie2 mais si quelque don ou legs semblable tait fait l'glise1 il ne refusait pas2 il ordonnait au contraire d'accepter4 ,car nous savons qu'il a refus plusieurs hritages2 non que les besoins des pauvres ne dussent y trouver leur satisfaction1 mais il aimait mieux en laisser la jouissance aux enfants1 parents ou allis dpossds par la volont du mourant4 ,l'un des principaux de la ville d',hippone1 qui vivait ,carthage1 voulut de lui-mme donner une terre l'glise d',hippone4 ,il en fit dresser l'acte1 o il s'en rservait l'usufruit1 et il l'envoya ,augustin1 de sainte mmoire4 ,le saint accepta cette donation avec joie1 et il le flicita de songer ainsi son salut ternel4 ,mais quelques annes aprs1 et en notre prsence1 le mme donateur crivit au saint pour le prier de rendre l'acte de cette donation son fils1 porteur de sa lettre3 il envoyait en ddommagement cent cus d'or pour tre distribus aux pauvres4 ,le saint gmit de voir ou que cet homme et feint de vouloir faire une bonne uvre1 ou qu'il se repentt de l'avoir faite4 ,il tmoigna toute la douleur dont ,dieu pntrait son me1 et il se rpandit contre un tel manque de foi en plaintes en en reproches4 ,cependant il rendit aussitt cet acte de donation1 que nul n'avait exig ni demand1 expression d'une volont entirement libre1 et il refusa l'argent4 ,mais en lui rpondant1 il le rprimanda svrement1 et l'avertit d'expier par une humble pnitence son hypocrisie ou son injustice1 et de satisfaire ,dieu pour ne pas sortir de cette vie charg d'un si grand pch4 ,il disait souvent qu'il y avait plus de sret et moins d'embarras pour l'glise recevoir seulement des legs testamentaires que des successions entires1 souvent pineuses et prjudiciables2 quant aux legs testamentaires1 qu'il fallait plutt en attendre l'acquittement que de l'exiger4 ,ce qu'il n'acceptait pas lui-mme1 il n'empchait pas ceux de son clerg1 qui en tmoignaient le dsir1 de le recevoir4 ,et dans le soin qu'il prenait du bien et des possessions de l'glise1 il tait dgag des attaches de la cupidit4 ,toujours lev aux choses spirituelles1 c'est avec peine que1 de la contemplation de l'ternit1 sa pense descendait aux objets passagers2 et quand il y avait mis l'ordre ncessaire1 dlivr de cet importun et cuisant souci1 son me reprenait son essor ou se recueillait en elle-mme1 s'appliquant mditer les choses divines ou dicter ce que ses mditations lui avaient rvl1 ou corriger ce qu'il avait dict et les copies qu'on en avait tires4 ,et telle tait l'occupation assidue de ses jours et de ses nuits4 ,semblable la pieuse ,marie1 figure de l'glise cleste1 de qui il est crit qu'elle tait assise aux pieds du ,seigneur couter sa parole2 cette sainte femme1 dont la sur1 se plaignant qu'elle n'en tait pas aide dans son service1 entendit cette rponse du ,seigneur3 ,marthe1 ,marthe1 ,marie a choisi la meilleure part1 elle ne lui sera point te#cj4 #cj ,luc1 ,x1 #ci4 ,il n'eut jamais le got des constructions nouvelles2 il craignait d'engager dans des soins vulgaires son esprit1 qu'il voulait conserver toujours libre de toute proccupation temporelle4 ,il n'empchait pas nanmoins ceux qui voulaient btir1 il ne blmait que l'excs4 ,quand l'argent manquait l'glise1 il annonait au peuple qu'il n'avait pas de quoi donner aux pauvres4 ,il fit rompre et fondre les vases sacrs pour en assister un grand nombre d'indigents et de captifs4 ,je n'eusse pas rappel ce fait s'il n'et le sentiment charnel de plusieurs4 ,ambroise1 de sainte mmoire1 a dit et crit#ca qu'en de pareilles ncessits il ne fallait pas balancer4 ,quand les fidles ngligeaient de subvenir au trsor#cb de l'glise et aux besoins de la sacristie#cc1 ,augustin les avertissait hautement1 l'exemple de saint ,ambroise1 qui1 en de telles circonstances1 avait pris la parole dans l'glise2 saint ,augustin tait prsent1 et lui-mme nous l'a racont4 #ca ,de ,officiis1 lib4 ,,ii1 cap4 ,,xxviii4 #cb ,gazophylacium4 #cc ,secretarium4 ,,xxv ,discipline intrieure4 ,ses prtres vivaient avec lui2 ils partageaient sa maison et sa table3 la dpense de la nourriture et des vtements leur tait commune4 ,de peur que l'habitude de jurer ne devnt une facile occasion de parjure1 il prchait souvent sur ce sujet1 et il avait dfendu ses disciples de jurer1 mme table4 ,celui qui tombait en faute perdait un des coups boire dont le nombre d'ailleurs tait fix pour tous4 ,quant aux fautes contre la discipline1 contre la rectitude et la biensance1 il les reprenait1 et les tolrait autant qu'il jugeait ncessaire ou propos4 ,en de telles circonstances1 il exhortait le pcheur ne pas laisser aller son cur des paroles d'iniquit pour chercher une excuse dans le pch#cd4 ,il rappelait encore souvent ces enseignements divins3 ,celui qui prsente son offrande l'autel1 s'il se souvient que son frre a quelque sujet de se plaindre de lui1 qu'il laisse son offrande devant l'autel1 qu'il aille se rconcilier avec son frre1 et qu'il vienne ensuite prsenter son offrande4 ,que si tu as quelque chose reprocher ton frre1 reprends-le en particulier2 s'il t'coute1 tu auras gagn ton frre4 ,sinon1 prends encore avec toi deux ou trois tmoins4 ,que s'il ne les coute pas non plus1 aie recours l'glise2 s'il n'coute pas l'glise1 qu'il soit tes yeux comme un paen et un publicain#ce4 ,et il ajoutait encore le prcepte de pardonner au frre repentant1 non seulement jusqu' sept fois1 mais jusqu' septante fois sept fois1 comme chacun demande chaque jour au ,seigneur qu'il lui soit remis4 #cd ,ps4 ,,cxi1 #d4 #ce ,matth41 ,v1 #bc2 ,,xviii1 #ae1 #bb4 ,,xxvi ,aucune femme chez lui4 ,jamais aucune femme ne hantait chez lui2 jamais aucune n'y a demeur1 non pas mme sa propre sur1 sainte veuve qui1 jusqu'au jour de sa mort1 passa de longues annes dans le service de ,dieu1 suprieure d'une maison des servantes du ,seigneur4 ,il ne reut pas non plus ses cousines germaines et ses nices1 qui s'taient aussi consacres ,dieu1 quoique les conciles aient fait exception en faveur de parentes si proches4 ,il disait que bien qu'il ne pt natre aucun mauvais soupon de sa cohabitation avec sa sur et ses nices1 nanmoins1 comme elles ne pouvaient se passer d'avoir d'autres femmes avec elles et de recevoir des visites de celles du dehors1 tout ce commerce de femmes pouvait tre un sujet de scandale et de chute pour les faibles1 une occasion de tentation ou de pch pour ceux qui demeuraient avec l'vque ou avec les autres ecclsiastiques1 ou au moins une matire de mdisance et de soupons pour la malignit4 ,c'est pourquoi il disait qu'il ne fallait jamais que des femmes demeurassent dans la mme maison que des hommes consacrs au service de ,dieu1 quelque chastes qu'ils fussent1 de peur1 encore une fois1 qu'il n'y et l pour les faibles un sujet de scandale et de chute4 ,s'il venait des femmes pour le voir ou le saluer1 il ne les admettait jamais qu'en prsence de plusieurs de ses prtres1 jamais il ne leur parlait seul seule qu'il n'y et l quelqu'un de son intimit4 ,,xxvii ,sa charit envers les pauvres et les malades4 ,il gardait dans ses visites la rgle prescrite par l'aptre#cf2 il n'allait voir que les orphelins et les veuves dans leur affliction4 ,lorsque les malades le demandaient pour qu'il vnt prier ,dieu pour eux et leur imposer les mains1 il accourait4 ,quant aux monastres de femmes1 il ne les visitait que dans une extrme ncessit4 #cf ,jac41 ,i1 #bg4 ,il disait qu'un serviteur de ,dieu devait observer dans sa vie et sa conduite certaines maximes qu'il tenait d',ambroise1 de sainte mmoire1 savoir3 de ne faire pour personne aucune demande de mariage1 de ne pas appuyer de sa recommandation ceux qui veulent entrer dans la carrire militaire1 et de n'accepter dans son pays aucune invitation aux festins4 ,et il rendait raison de chacune de ces maximes4 ,il fallait craindre qu'une union malheureuse n'attirt sur l'auteur de cette union la maldiction des poux4 ,toutefois1 quand les partis taient d'accord1 le prtre devait se rendre leur invitation1 pour confirmer et bnir leurs mutuelles promesses4 ,quant au refus de recommander ceux qui se destinaient aux emplois militaires1 c'tait de peur qu'ils ne compromissent par une mauvaise conduite la recommandation qui les avait produits4 ,il fallait craindre enfin que l'occasion frquente des festins hors de chez soi ne ft perdre la rgle de la temprance4 ,il nous rappelait encore souvent1 avec de grands loges1 une sage et pieuse rponse de cet vque de bienheureuse mmoire arriv au terme de ses jours4 ,dans sa dernire maladie1 entour de l'lite des fidles1 qui1 runis auprs de son lit1 et le voyant sur le point de passer du sicle ,dieu1 songeaient avec douleur que l'glise de ,dieu allait tre prive de ce grand dispensateur des ,sacrements et de la parole divine1 et le conjuraient en pleurant de demander lui-mme au ,seigneur la prolongation de sa vie1 le saint vque leur rpondit3 ,je n'ai point vcu de manire rougir de vivre encore au milieu de vous2 mais je ne crains pas non plus de mourir1 parce que nous avons un bon matre4 ,augustin1 dans sa vieillesse1 admirait l'urbanit et la mesure de ces paroles4 ,il remarquait avec loges qu'en disant3 ,je ne crains pas de mourir1 parce que nous avons un bon matre1 saint ,ambroise voulait carter jusqu'au soupon d'une prsomptueuse confiance dans la puret de sa vie1 dont on et pu accuser cette autre parole3 ,je n'ai pas vcu de manire rougir de vivre encore au milieu de vous4 ,et il parlait ainsi eu gard ce que l'homme peut connatre de l'homme4 ,mais1 sachant quel examen il faut subir devant la justice divine1 il se reposait sur la bont du ,seigneur1 qui il disait1 dans sa prire de chaque jour3 ,remettez-nous nos dettes#cg4 #cg ,matth41 ,,vi1 #ab4 ,le saint citait encore trs souvent les paroles d'un vque de ses amis qui touchait ses derniers moments1 et qu'il venait visiter4 ,l'vque1 aux approches de la mort1 lui faisait signe de la main que bientt il allait franchir le seuil du sicle4 ,augustin lui rpondit qu'tant si ncessaire l'glise1 il pouvait vivre encore4 ,mais le mourant1 pour loigner de lui l'apparence d'tre retenu par l'amour de la vie3 ,si l'on ne devait jamais mourir1 reprit-il1 la bonne heure2 mais puisqu'il faut mourir un jour1 pourquoi pas l'instant8 ,et le saint admirait qu'une telle parole ft sortie des lvres d'un homme n et lev dans une mtairie1 craignant ,dieu la vrit1 mais peu initi la culture de l'esprit1 et il opposait ces sentiments ceux d'un autre vque malade1 dont le martyr ,cyprien1 dans sa lettre sur la peste1 parle ainsi3 ,un de nos collgues dans le sacerdoce1 sentant ses forces puises et les angoisses de la mort prochaine1 pria ,dieu de lui accorder quelques jours encore4 ,a sa prire1 parut auprs du mourant un jeune homme clatant de majest1 d'une taille haute1 d'un aspect blouissant1 et qui ne pouvait tre visible qu' des yeux prs de se fermer4 ,et une voix frmissante d'indignation fit entendre ces mots3 ,vous craignez de souffrir6 vous refusez de partir6 que ferai-je de vous#ch8 #ch ,cypr41 ,de ,mortalitate4 ,,xxviii ,ses derniers crits4 ,peu de jours avant sa mort1 il fit la revue des livres qu'il avait dicts et publis1 soit dans les premiers temps de sa conversion1 tant encore laque1 soit depuis1 tant prtre ou vque2 et tout ce qu'il y remarqua de contraire la rgle de l'glise1 tout ce qui lui tait chapp d'inexact alors qu'il n'en connaissait pas encore et n'en avait pas suffisamment got la doctrine1 fut not et corrig par lui-mme4 ,les deux parties qui composent cet ouvrage sont intitules3 ,de la revue des livres4 ,il se plaignait que quelques-uns de ces ouvrages lui eussent t drobs par des amis avant la dernire preuve de l'examen1 quoique1 dans la suite1 il les et corrigs4 ,il en laissa plusieurs inachevs2 la mort le prvint4 ,jaloux d'tre utile tous1 ceux qui pourraient comme ceux qui ne pourraient pas faire de longues lectures1 il fit un recueil1 prcd d'une prface1 des passages de l',ancien et du ,nouveau ,testament qui contiennent les prescriptions ou les dfenses divines relativement la rgle des murs1 afin que le lecteur pt reconnatre d'un coup d'il son obissance ou sa dsobissance l'ordre de ,dieu1 et il appela cet ouvrage3 le ,miroir4 ,bientt aprs1 la ,providence divine voulut qu'une multitude innombrable de barbares farouches1 aguerrie et diversement arme1 ,vandales et ,alains1 mls de ,goths1 vnt fondre d',espagne sur les rivages de l',afrique1 et pntrant travers toutes les ,mauritanies jusque dans nos provinces1 laisst partout de sanglantes traces de sa frocit1 semant en tous lieux1 sur son passage1 la dvastation1 le pillage1 le meurtre1 les supplices1 les incendies et mille autres horreurs2 n'pargnant ni le sexe1 ni l'ge2 ni les prtres1 ni les autres ministres de ,dieu1 ni les ornements de l'glise1 ni les vases1 ni les difices sacrs n'taient l'abri de sa fureur4 ,l'homme de ,dieu vit le dbut et les progrs de ce flau avec des yeux et des penses bien diffrentes des autres hommes4 ,,ii y dcouvrit des maux plus terribles1 le pril et la mort des mes1 et suivant cette parole de l'criture3 ,celui qui acquiert la science se prpare de plus vives douleurs1 et une grande pntration dessche les os#ci2 ses larmes furent le pain de ses jours et de ses nuits1 et il passa les derniers jours de sa vieillesse dans une amertume et une tristesse incomparables4 ,car cet homme de ,dieu voyait les villes ruines1 les domaines rustiques saccags1 leurs habitants passs au fil de l'pe ou chasss et mis en fuite2 il voyait les glises dpourvues de prtres et de ministres2 les vierges saintes et les fidles vous la continence partout disperss1 et1 dans ce nombre1 les uns expirer dans les tourments ou par le glaive1 les autres perdre la vie de l'me avec la puret de leur corps et de leur foi1 pour gmir ensuite dans un dur et cruel esclavage2 il voyait les hymnes et les louanges de ,dieu bannies de ses temples1 les glises en maint endroit brles1 les solennits locales ananties1 les sacrifices et les sacrements interrompus2 peu les demandaient1 ou il ne se trouvait personne pour les administrer2 ceux qui s'taient rfugis dans les bois1 sur les montagnes1 dans les antres1 dans les cavernes ou dans les forts1 y avaient t1 les uns forcs et massacrs1 les autres destitus de leurs dernires ressources1 rduits mourir de faim2 il voyait encore des vques et d'autres ecclsiastiques1 aprs avoir vit1 par une grce particulire de ,dieu1 de tomber entre les mains de ces barbares ou s'tre drobs leur fureur1 dpouills1 nus et dans la dernire indigence1 mendier les secours qu'on ne pouvait leur accorder1 ni tous1 ni tous#dj4 ,des innombrables glises d',afrique1 il en restait trois peine1 celles de ,carthage1 d',hippone et de ,cirta1 que la ,providence avait prserves de la dvastation1 et ces cits sont encore debout1 soutenues par la puissance de ,dieu et des hommes2 quoique1 aprs la mort d',augustin1 ,hippone1 abandonne de ses habitants1 ait t livre aux flammes4 ,au milieu de tant de maux1 il ne se consolait qu'en rappelant cette parole d'un sage3 ,c'est tre petit que de regarder comme un grand mal ces croulements de bois et de pierre et ces morts d'hommes mortels4 #ci ,eccli41 ,i1 #h2 ,ps4 ,,xli1 #d4 #dj ,invasion des ,vandales en ,afrique1 l'an #dbg1 ,hirius et ,ardaburus1 consuls4 ,tous ces malheurs1 sa haute raison les dplorait chaque jour avec amertume4 ,et ce qui mit le comble sa douleur et renouvela ses gmissements1 ce fut l'investissement de la cit d',hippone1 jusqu'alors prserve1 et dont l'ennemi vint faire le sige4 ,le comte ,boniface s'y tait renferm1 autrefois l'alli des ,goths1 et il y soutint un sige de quatorze mois4 ,les communications avec la mer furent interrompues4 ,nous nous tions rfugis nous-mmes dans cette ville avec plusieurs de nos collgues dans l'piscopat1 et nous y demeurmes pendant toute la dure du sige4 ,nos malheurs faisaient le sujet ordinaire de nos entretiens2 nous considrions les jugements terribles que la justice divine exerait devant nos yeux1 et nous disions3 ,vous tes juste1 ,seigneur1 et vos jugements sont quitables#da4 ,nous mlions ensemble nos douleurs1 nos gmissements et nos larmes1 conjurant le ,pre des misricordes et le ,dieu de toute consolation de venir notre secours dans cette cruelle preuve4 #da ,ps4 ,,cxviii1 #acg4 ,,xxix ,dernire maladie de saint ,augustin4 ,il arriva qu'un jour1 tant runis table et conversant ensemble1 il nous dit3 coutez-moi2 ce que je demande ,dieu dans cette affliction1 c'est qu'il lui plaise de dlivrer cette ville des ennemis qui l'assigent1 ou1 s'il en a ordonn autrement1 qu'il donne ses serviteurs la force de soutenir le poids de sa volont1 ou du moins qu'il me retire du sicle pour m'appeler lui4 ,nous profitmes de cette parole et de cette instruction1 et tous nous nous joignmes lui1 ainsi que la ville entire1 adressant ,dieu les mmes instances4 ,et en effet1 le troisime mois du sige1 il fut pris de la fivre1 oblig de se mettre au lit1 et cette dernire maladie ajoutait encore ses vives souffrances4 ,dieu ne refusa pas son serviteur le fruit de sa prire1 comme il avait souvent exauc en d'autres temps les prires et les larmes que le saint avait verses1 soit pour lui-mme1 soit pour la ville4 ,prtre et vque1 on vint plus d'une fois lui demander ses prires pour des possds2 j'en ai t tmoin2 il offrait alors ,dieu ses prires avec ses larmes1 et les dmons abandonnaient leur proie4 ,il tait son lit de mort2 un homme vint avec son fils malade et le pria d'imposer les mains sur son enfant pour lui rendre la sant4 ,le saint rpondit que s'il avait ce pouvoir de gurir1 il et commenc par lui-mme4 ,mais cet homme lui dit qu'il avait eu une vision dans son sommeil1 et qu'il avait entendu cette parole3 ,va trouver l'vque ,augustin2 qu'il impose les mains1 et ton fils sera sauv4 ,augustin le fit alors sans diffrer2 et aussitt1 par la grce du ,seigneur1 le malade s'en retourna guri4 ,,xxx ,les vques doivent-ils1 l'approche des ennemis1 abandonner leurs glises8 ,cependant les ennemis approchaient2 et ici il est impossible de passer sous silence la rponse qu'il fit l'un de nos collgues1 le saint vque de ,thiave 7ou de ,thabenne71 ,honor1 qui le consulta par lettre pour savoir si1 l'arrive des barbares1 les vques et les clercs devaient abandonner ou non leurs glises1 lui faisant entendre en mme temps ce qu'il fallait craindre plus particulirement de ces destructeurs de ,rome4 ,sa rponse cette lettre1 j'ai voulu l'insrer ici2 c'est une instruction fort utile et mme ncessaire la conduite des et ministres de ,dieu4 ,voici donc ce qu'il crivait3 ,augustin son trs honor frre et collgue dans l'piscopat1 ,honor1 salut en ,notre-,seigneur4 ,ayant envoy votre charit une copie de la lettre que j'ai crite notre frre et collgue1 ,quodvultdeus1 je pensais devoir tre quitte de la tche que vous m'imposez en me demandant ce que vous devez faire dans les prils auxquels ces malheureux temps nous exposent4 ,car bien que cette lettre soit fort courte1 je ne crois pas cependant y avoir rien oubli de ce qu'il importait1 vous d'apprendre1 et moi de rpondre2 puisque j'ai dit qu'il ne fallait pas arrter ceux qui auraient la facult et le dsir de se retirer en lieu de sret1 et que les liens de notre ministre1 ces liens par lesquels la charit de ,jsus-,christ nous attache invinciblement nos glises et nous dvoue leur service ne devaient pas tre rompus4 ,voici les propres termes de cette lettre3 quelque peu qu'il demeure du peuple de ,dieu au lieu o nous sommes1 notre ministre lui est ncessaire1 il ne nous est pas permis de l'abandonner1 et il ne nous reste qu' dire au ,seigneur3 ,soyez-nous un protecteur et un abri#db4 #db ,ps4 ,,xxx1 #c4 ,mais cette rsolution ne vous satisfait pas1 dites-vous2 elle vous parat aller contre le prcepte ou l'exemple du ,seigneur4 ,nous nous rappelons en effet ces paroles3 ,lorsqu'on vous perscutera dans une ville1 fuyez dans une autre#dc4 #dc ,matth41 ,x1 #bc2 ,act41 #bj1 #bh4 ,or1 qui croira que le ,seigneur ait prtendu par l que le pasteur1 sans lequel le troupeau ne peut vivre1 abandonne les brebis que le ,sauveur a rachetes de son sang8 ,mais ne l'a-t-il pas fait lui-mme1 lorsque1 port par ses parents1 il s'enfuit tout petit en gypte8 ,avait-il donc alors form ces glises1 pour qu'il nous soit permis de dire qu'elles ont t par lui dlaisses8 ,et quand l'aptre ,paul1 descendu par une fentre dans une corbeille1 se droba aux mains de son ennemi1 l'glise du lieu fut-elle prive par sa fuite des secours ncessaires1 et n'y avait-il pas d'autres frres chargs de pourvoir ses besoins8 ,aussi l'aptre ne se dcida-t-il que sur leurs instances1 sollicit par eux de se conserver lui-mme l'glise1 car c'tait lui personnellement que le perscuteur cherchait4 ,que les serviteurs et les ministres de ,jsus-,christ1 ministres de sa parole et de son sacrement1 suivent donc ce qu'il a command ou permis4 ,qu'ils fuient de ville en ville1 quand c'est quelqu'un d'eux en particulier que les perscuteurs recherchent1 en sorte que les autres que l'on ne poursuit pas demeurent pour servir l'glise et pour distribuer aux fidles la nourriture sans laquelle ils ne pourraient vivre4 ,mais lorsqu'un pril commun enveloppe la fois les clercs et les laques1 ah6 que ceux qui ont besoin de secours ne soient pas abandonns de ceux qui il appartient de secourir4 ,que tous donc ensemble se retirent en lieu sr2 ou que ceux que la ncessit retient trouvent toujours auprs d'eux ceux que la ncessit du ministre ecclsiastique oblige1 prts partager la vie ou la souffrance de leurs frres1 selon le bon plaisir du ,pre de famille4 ,alors que les uns aient plus souffrir1 et les autres moins1 ou que tous souffrent galement1 il est ais de voir qui sont ceux qui souffrent pour les autres1 c'est--dire ceux qui1 pouvant se drober tant de maux par la fuite1 ont prfr demeurer pour ne pas dlaisser les besoins de leurs frres4 ,et voil la grande preuve de cette charit que l'aptre ,jean nous recommande par ces paroles3 ,comme le ,christ a donn sa vie pour nous1 nous devons aussi donner notre vie pour nos frres#dd2 car ceux qui fuient ceux qui1 enchans par la ncessit1 ne peuvent fuir1 s'ils tombent entre les mains des ennemis c'est pour eux-mmes et non pour leurs frres qu'ils souffrent4 ,mais souffrir pour n'avoir pas voulu abandonner le salut ternel de ses frres1 c'est assurment donner sa vie pour eux4 #dd ,i ,joan41 #c1 #af4 ,aussi1 cette parole qui m'a t rapporte d'un vque3 ,si le ,christ nous ordonne la fuite dans les perscutions mmes o l'on peut gagner le martyre1 combien plus devons-nous fuir de striles souffrances quand une invasion de barbares nous menace6 cette parole1 dis-je1 est vraie1 elle est admissible1 mais seulement pour qui n'est point li par le devoir ecclsiastique4 ,quant au pasteur qui ne refuse de se drober aux cruelles prouves que pour ne point trahir le ministre de ,jsus-,christ1 sans lequel il est impossible aux hommes de devenir chrtiens et de vivre chrtiens1 ce pasteur recueille un plus grand fruit de charit que celui qui1 fuyant1 non pour ses frres1 mais pour lui-mme1 est arrt1 confesse ,jsus-,christ et souffre le martyre4 ,que dites-vous donc dans votre premire lettre8 ,vous dites3 ,faut-il demeurer dans nos glises8 ,je ne sache point quel autre bien peut en arriver au peuple et nous1 que le spectacle d'hommes gorgs1 de femmes violes1 d'glises brles sous nos yeux2 et pour nous-mmes l'preuve des tortures par lesquelles l'avarice des barbares veut nous arracher ce que nous n'avons pas4 ,mais ,dieu n'a-t-il pas la puissance d'exaucer les prires de ses serviteurs et de dtourner les maux que l'on craint8 ,eh quoi6 pour des maux incertains1 la trahison certaine de nos devoirs2 cet abandon qui livre le peuple une perte certaine quant aux biens1 non de cette vie1 mais d'une autre incomparablement plus digne de nos soins et de notre sollicitude6 ,car si ces maux que l'on redoute taient certains1 tous s'enfuiraient1 et la disparition de tous ceux dont l'intrt nous oblige nous affranchirait de la ncessit de demeurer4 ,car qui ferait aux ministres un devoir de rester l o il n'y aurait plus envers qui exercer les fonctions du ministre8 ,ainsi1 quelques saints vques d',espagne se sont retirs quand la fuite1 le fer1 les horreurs d'un sige1 la captivit eurent dissip leur peuple4 ,mais d'autres1 et en bien plus grand nombre1 voyant demeurer ceux pour qui ils devaient demeurer1 sont en effet rests avec leur troupeau sous le mme nuage1 gros de prils4 ,et si quelques-uns l'ont abandonn1 c'est ce que nous disons qu'on ne doit pas faire4 ,et ceux-l n'ont pas suivi les prceptes de l'autorit divine1 mais ils se sont laiss surprendre par l'erreur ou vaincre par la crainte4 ,car pourquoi pensent-ils qu'ils faut obir indiffremment au prcepte de fuir de ville en ville1 et ne songent-ils pas avec horreur ce mercenaire qui voit venir le loup et s'enfuit parce qu'il n'a nul souci des brebis8 ,pourquoi ne cherchent-ils point concilier ces deux paroles du ,seigneur1 dont l'une ordonne ou permet la fuite1 et l'autre la reprend et la condamne8 ,car on ne les saurait trouver contraires l'une l'autre2 et comment les accorder1 sinon par les distinctions prcdentes8 ,a savoir que1 sous la perscution1 les ministres du ,christ ne sont libres de fuir que lorsque1 par sa fuite1 le troupeau du ,christ ne leur donne plus l'occasion d'exercer le ministre1 ou1 le troupeau demeurant1 si les fonctions saintes peuvent tre remplies par d'autres qui n'ont pas la mme raison de fuir4 ,ainsi1 descendu dans une corbeille1 l'aptre se retire et se drobe au perscuteur qui le cherche personnellement2 mais loin que le service de l'glise soit abandonn1 il le laisse aux mains de ses frres qui ne sont pas dans la mme ncessit4 ,ainsi s'enfuit saint ,athanase1 vque d',alexandrie1 quand l'empereur ,constance veut s'emparer de sa personne1 sans que les autres pasteurs songent dlaisser le peuple catholique qui reste dans ,alexandrie4 ,or1 quand le peuple demeure1 et que les ministres fuient1 lui drobant les secours du ministre1 n'est-ce pas l cette fuite damnable1 cette fuite de mercenaires qui n'ont pas souci des brebis8 ,car le loup viendra1 non pas un homme1 mais le diable1 qui1 d'ordinaire1 jette dans l'apostasie ceux des fidles qui le ministre quotidien du corps du ,seigneur a manqu4 ,et par ta science1 ou plutt par ton ignorance de l'criture1 ton frre plus faible prira1 ton frre pour qui le ,christ est mort4 ,quant ceux qui se laissent ici1 non pas abuser par l'erreur1 mais dominer par la crainte1 ne combattent-ils plutt vaillamment contre cette crainte1 avec la grce et l'assistance de ,dieu1 pour se soustraire des maux sans comparaison plus terribles et infiniment plus craindre8 ,c'est ce qui arrive quand le cur exhale la vive flamme de la charit divine1 et non l'impure flamme de la cupidit mondaine4 ,car voici les paroles de la charit3 ,qui est faible sans que je m'affaiblisse avec lui8 qui est scandalis sans que je brle#de8 ,mais la charit est de ,dieu4 ,prions donc1 afin qu'elle nous soit donne par celui qui nous la commande1 et qu'elle nous fasse plutt craindre pour les brebis de ,jsus-,christ le glaive de la malice spirituelle au fond de leur cur1 que le glaive des barbares dans leur corps1 ce corps qui1 tt ou tard1 d'une mort ou d'une autre1 doit prir4 ,craignons plutt l'adultre spirituel1 qui teint dans les curs la charit de la foi1 que les violences auxquelles les femmes peuvent tre exposes dans leurs personnes4 ,car rien ne viole la pudeur tant que l'me la conserve2 et elle ne saurait tre viole corporellement quand la volont de la victime1 loin de prter honteusement son corps1 refuse tout consentement l'action trangre4 ,craignons que les pierres vivantes ne s'croulent par notre dfection1 plutt que les pierres et le bois de nos temples matriels ne soient brls en notre prsence4 ,craignons que les membres du corps de ,jsus-,christ1 privs de leur nourriture spirituelle1 ne prissent plutt que les membres de notre corps ne soient torturs par la fureur des ennemis4 ,non qu'il ne faille viter ces maux quand on le peut1 mais il faut se rsoudre les souffrir quand on ne peut les viter sans impit2 moins qu'on ne soutienne qu'il n'est pas un ministre impie1 celui-l qui drobe le ministre ncessaire la pit1 au moment mme o il est le plus ncessaire4 ,oublions-nous ce qui arrive en ces extrmits de prils1 quand il ne reste plus aucun moyen de fuir8 ,quel concours l'glise de tout ge et de tout sexe6 les uns demandant le baptme2 les autres1 la rconciliation2 d'autres1 les rigueurs de la pnitence2 tous1 des consolations2 tous1 la grce et la dispensation des sacrements4 ,alors1 si les ministres manquent1 quel malheur s'attache ceux qui sortent du sicle sans tre rgnrs ou dlis6 ,quel deuil pour les fidles1 leurs parents1 qui ne les auront pas avec eux dans le repos de la vie ternelle6 ,entendez-vous les gmissements de tous et les imprcations de quelques-uns sur l'absence du ministre et des ministres8 ,voyez donc ce que fait la crainte des maux temporels1 et quelle moisson de maux ternels elle prpare6 ,que si les ministres sont leur poste1 selon les forces que le ,seigneur leur prte1 tout le peuple est assist2 les uns sont baptiss1 les autres rconcilis1 nul n'est priv de la communion du corps du ,seigneur2 tous sont consols1 soutenus1 exhorts prier ,dieu qui peut dtourner les flaux que l'on redoute2 tous sont prpars1 en sorte que s'il est impossible que ce calice passe en se dtournant d'eux1 ils acceptent la volont de ,celui qui ne peut rien vouloir de mal4 #de ,,ii ,corinth41 ,,ii1 #bi4 ,vous voyez sans doute1 prsent1 ce qui1 me disiez-vous1 chappait votre vue2 quel avantage pour le peuple chrtien1 si1 dans les maux prsents1 la prsence des ministres du ,christ ne lui manque pas2 et vous voyez aussi combien est grand le mal de leur absence1 quand ils cherchent leur intrt et non celui de ,jsus-,christ#df2 quand ils n'ont pas cette vertu dont il est dit3 ,elle ne cherche point ce qui est elle#dg2 quand enfin ils n'imitent point celui qui a dit3 ,je ne cherche pas ce qui m'est utile1 mais ce qui l'est au plus grand nombre1 afin qu'ils soient sauvs#dh4 ,et celui-l ne se serait pas drob aux poursuites d'un puissant ennemi s'il n'avait voulu se conserver ceux qui ne pouvaient se passer de lui4 ,aussi1 dit-il1 je me trouve en presse et partag entre deux dsirs3 l'un1 d'tre dissous pour tre avec ,jsus-,christ1 ce qui serait infiniment le meilleur2 l'autre1 de demeurer encore dans cette chair1 ce qui est ncessaire cause de vous#di4 #df ,philip41 #b1 #ba4 #dg ,i ,corinth41 #ac1 #e4 #dh ,i ,corinth41 #aj1 #cc4 #di ,phil41 #a1 #bc4 ,c'est pour cela1 dira-t-on peut-tre1 que les ministres de ,dieu1 dans l'imminence de telles calamits1 doivent fuir1 afin de se conserver pour l'glise mme1 au retour des temps meilleurs4 ,quelques-uns1 il est vrai1 en usent ainsi1 et avec raison1 lorsque d'autres ministres sont l qui tiennent leur place1 en sorte que le ministre n'est pas dlaiss de tous3 telle fut1 nous l'avons dit1 la conduite d',athanase4 ,car1 de quelle ncessit1 de quel avantage tait pour l'glise la vie temporelle de ce grand homme8 ,la foi le sait1 elle qu'il dfendit contre les ariens hrtiques de son loquence et de son amour4 ,mais quand le pril est commun1 et qu'il est plus craindre que la fuite des pasteurs soit attribue moins au dessein de servir qu' la crainte de mourir2 quand il y a plus de scandale dans l'exemple de leur fuite qu'il ne saurait y avoir d'utilit dans la conservation de leur vie1 alors il n'y a plus hsiter4 ,aussi1 quand le saint roi ,david cessa de s'exposer aux hasards des combats1 de peur que le flambeau d',isral ne vnt s'teindre#ej il ne prit pas de lui-mme cette rsolution1 il l'accorda aux prires de son peuple2 autrement son exemple et autoris bien des lchets s'il et donn lieu de croire qu'il avait cd1 non pas la considration de l'intrt public1 mais au trouble de la crainte4 #ej ,i ,reg41 #ba1 #ag4 ,ici se prsente une autre question1 que nous ne devons pas mpriser4 ,si1 l'approche de quelque dsastre1 on juge qu'il est de l'intrt commun que quelques-uns des ministres se retirent pour se rserver1 aprs l'orage1 aux besoins spirituels de ceux qu'il aura pargns1 que fera-t-on1 si les pasteurs semblent tous menacs de prir1 except les fugitifs8 ,que fera-t-on1 en effet1 si la perscution ne parat s'attacher qu'aux ministres de l'glise8 ,que dirons-nous8 ,faut-il que l'glise soit abandonne par leur fuite1 de peur qu'elle ne soit plus tristement abandonne par leur mort8 ,mais si les laques n'ont pas craindre pour leurs jours1 ne peuvent-ils cacher leurs vques et leurs clercs1 selon l'assistance que leur pourra prter ,celui qui a tout dans sa main1 et peut1 par un miracle de sa puissance1 sauver qui ne fuit pas8 ,nous cherchons1 toutefois1 ce que nous devons faire1 de peur qu'il ne semble qu'en nous attendant toujours des miracles1 nous voulions tenter ,dieu4 ,or1 dans une de ces temptes du monde1 o un danger commun enveloppe les laques et le clerg1 il n'en est pas comme de celui qui1 dans un vaisseau1 menace et marchands et matelots4 ,mais ,dieu nous garde d'estimer si peu notre navire que les matelots1 et surtout le ,pilote1 l'abandonnent dans le pril1 pour se sauver dans une barque ou la nage6 ce n'est pas de la mort temporelle1 qui doit tt ou tard venir1 que sont menacs ceux dont notre abandon causerait la perte1 mais de la mort ternelle1 qui peut venir si l'on n'y prend garde1 mais qui peut aussi ne pas venir si l'on y songe srieusement4 ,or1 pourquoi s'imaginer que1 dans ce commun pril dont cette invasion menace notre vie1 tous les clercs et non pas tous les laques doivent trouver la mort1 et qu'ils ne mourront pas avec tous ceux qui ont besoin de notre ministre8 ,pourquoi ne pas esprer que s'il doit survivre quelques laques1 quelques clercs survivront aussi pour leur rendre les assistances ncessaires8 ,oh6 que ne s'lve-t-il entre les ministres de ,dieu ce glorieux diffrend qui demeurera1 qui fuira1 afin que la mort de tous1 ou la fuite de tous1 ne laisse pas l'glise abandonne8 ,un tel combat serait de part et d'autre un combat de charit1 et de part et d'autre on serait agrable la ,charit4 ,que s'il ne se pouvait autrement terminer1 il faudrait1 selon moi1 dcider par le sort qui doit rester1 qui doit fuir4 ,ceux1 en effet1 qui rclameraient pour eux le droit de se retirer passeraient pour des lches1 qui n'osent affronter le danger1 ou pour des prsomptueux1 qui jugent la conservation de leur personne plus ncessaire l'glise4 ,enfin1 pour tre seraient-ce les meilleurs qui choisiraient de se sacrifier pour leurs frres2 et la fuite ne sauverait que ceux dont la vie est moins utile1 les moins zls pour servir1 les moins habiles gouverner4 ,ceux-ci1 du moins1 s'ils ont quelque sentiment de pit1 rsisteront leurs collgues1 dont ils sentent la vie plus prcieuse l'glise1 et dont le dvouement embrasse plutt la mort que la fuite4 ,qu'on suive donc cette parole de l'criture3 ,le sort apaise les disputes1 et dcide entre les rivaux#ea4 ,car1 dans ces incertitudes1 ,dieu juge mieux que les hommes1 soit qu'il daigne appeler les meilleurs cueillir la palme de la souffrance1 en pargnant les faibles2 soit qu'il fortifie les faibles contre la souffrance1 et retire de la vie ceux dont la vie est moins utile l'glise4 ,c'est peut-tre quelque chose d'assez trange que cet appel au sort2 mais quand on l'aura fait1 qui osera le blmer8 ,qui1 mme1 se retiendra de l'approuver1 sinon l'ignorant ou l'envieux8 ,que si l'on rejette ce parti comme inusit1 que l'glise1 du moins1 ne se trouve point1 par la fuite des ministres1 abandonne du ministre qui est ncessaire aux fidles1 qui leur est d1 surtout en de si grands prils4 ,que nul n'ait de soi une telle estime que1 pour quelque don particulier qu'il a reu1 il rclame1 comme le plus mritant1 le privilge de la vie1 c'est--dire de la fuite4 ,quiconque pense de la sorte se plat trop soi-mme4 ,et quiconque parle ainsi dplat tous4 #ea ,prov41 #ah1 #ah4 ,il y en a sans doute qui pensent qu'en ne fuyant pas dans ces jours menaants1 les vques et les clercs inspirent au peuple une trompeuse scurit1 et qu'il ne fuit point1 parce qu'il voit ses pasteurs demeurer4 ,mais il est facile de dtourner cette objection ou ce reproche4 ,on peut parler au peuple2 on peut lui dire3 ,ne vous mprenez pas sur notre conduite1 si nous ne nous retirons pas1 car ce n'est pas pour nous1 mais pour vous1 que nous demeurons ici2 c'est pour ne pas vous drober les secours que nous savons ncessaires votre salut1 qui est en ,jsus-,christ4 ,si donc vous voulez fuir1 vous nous dliez vous-mmes des liens qui nous retiennent4 ,je pense toutefois qu'il ne faut parler ainsi qu'autant qu'il semblera vraiment utile de se retirer en lieu plus sr4 ,que si1 ces paroles1 tous ou quelques-uns s'crient3 ,nous sommes sous la puissance de ,celui dont nul1 o qu'il se retire1 ne peut viter la colre2 dont la misricorde peut protger1 o qu'il soit1 celui qui ne veut se retirer nulle part1 soit que des ncessits invincibles l'enchanent1 soit qu'il veuille s'pargner la peine de chercher des asiles incertains1 o l'on ne trouve point la scurit1 mais o l'on change de prils2 assurment ceux qui pensent ainsi ne doivent pas tre dshrits des secours du christianisme4 ,si1 au contraire1 tous prfrent migrer1 rien n'attache plus les pasteurs au lieu d'o le troupeau qui les retenait se retire4 ,ainsi donc1 quiconque fuit1 sans toutefois que le service de l'glise manque par sa fuite1 celui-l fait ce que le ,seigneur commande ou permet4 ,celui qui fuit1 et par sa fuite drobe au troupeau du ,christ l'aliment de sa vie spirituelle1 celui-l est le mercenaire qui voit venir le loup1 et qui s'enfuit1 parce qu'il se soucie peu des brebis4 ,vous m'avez consult1 mon trs frre1 et voil la rponse que me dicte la vrit1 comme je l'entends1 et ma charit sincre2 mais ce n'est pas pour vous dtourner d'un autre parti1 si vous en trouvez un meilleur prendre4 ,mais en de tels prils1 que pouvons-nous faire de mieux que prier le ,seigneur notre ,dieu d'avoir piti de nous8 ,c'est ainsi que de sages et saints pasteurs ont obtenu la volont et la grce de ne pas abandonner les glises de ,dieu2 et malgr les traits mordants de leurs contradicteurs1 ils sont rests inbranlables dans leur rsolution4 ,,xxi ,sa mort et sa spulture#eb4 #eb #bh aot #dcj4 ,ce fut sans doute pour le service et la flicit de la sainte glise catholique qu'il fut accord au saint de vivre cette longue vie de soixante-seize ans1 dont prs de quarante passs dans le sacerdoce ou l'piscopat4 ,il disait souvent ses amis1 dans ses entretiens particuliers1 qu'aprs la grce du baptme1 les fidles ou les prtres mme d'une vie exemplaire ne devaient pas sortir de ce corps mortel sans une vraie et juste pnitence4 ,c'est ce qu'il fit lui-mme dans sa dernire maladie4 ,car le peu de psaumes de ,david qui sont sur la pnitence1 il les fit crire et placer contre la muraille1 et de son lit1 dans les derniers jours de ses souffrances1 il lisait ces versets avec d'abondantes et continuelles larmes4 ,et afin que nul ne l'interrompt dans cette suprme mditation1 dix jours environ avant sa dlivrance corporelle1 il nous pria1 tous prsents1 que personne n'entrt dans sa chambre1 sinon l'heure de la visite des mdecins1 ou lorsqu'on lui apportait des aliments4 ,il fut fait selon son dsir1 et il employait tout son temps la prire4 ,jusqu' cette dernire maladie1 il ne cessa de prcher au peuple la parole de ,dieu avec autant de zle1 de force1 de prsence et de libert d'esprit qu'il et jamais fait4 ,il conserva jusqu' la fin l'usage de tous ses membres1 sans que ni son oue ni sa vue se fussent affaiblies4 ,ce fut en notre prsence1 sous nos yeux1 et nos prires mles aux siennes1 qu'il s'endormit avec ses pres1 aprs une sainte vieillesse4 ,nous assistmes au sacrifice offert pour le repos de son me1 et sa spulture4 ,il ne fit point de testament2 vou la pauvret de ,jsus-,christ1 il n'avait pas de quoi en faire4 ,il recommanda1 selon sa coutume1 que l'on conservt soigneusement la bibliothque de l'glise et tous ses manuscrits pour ses successeurs4 ,tout ce qui appartenait l'glise1 trsor ou ornements1 il le confia la fidlit d'un prtre qu'il avait charg de l'administration des biens de la maison piscopale4 ,ceux qui lui taient unis par les liens du sang1 religieux ou laques1 il ne les traita1 ni pendant sa vie1 ni sa mort1 suivant les rgles de la coutume4 ,de son vivant1 il ne leur donnait1 comme aux autres1 que suivant leurs besoins1 moins jaloux de leur procurer des richesses que de diminuer leur indigence4 ,il laissa son glise un clerg nombreux1 des monastres d'hommes et de femmes soumis des suprieurs1 des bibliothques composes d'ouvrages des autres saints1 et de ses propres ouvrages1 o l'on peut reconnatre combien1 grce ,dieu1 il a t grand dans l'glise1 et o les fidles le trouvent toujours vivant4 ,un pote profane recommanda que1 sur le monument public destin contenir ses restes1 on crivt cette pitaphe3 ,passant1 veux-tu savoir comment un pote vit aprs sa mort8 eh bien6 ce que tu lis est ma parole1 et ta voix est ma voix4 ,ainsi1 dans les uvres o il revit1 l'glise catholique voit manifestement que ce pontife agrable et cher ,dieu a pratiqu les saintes vertus de la foi1 de l'esprance et de la charit1 autant qu'il est permis l'homme d'y atteindre1 la lumire de la vrit4 ,c'est ce que reconnaissent ceux qui profitent de la lecture de tant de livres qu'il a crits sur les choses divines4 ,mais je crois que ceux-l ont pu profiter davantage qui ont eu le bonheur de le voir1 de l'entendre parler dans l'glise1 et d'tre les tmoins de ses actions et de sa vie4 ,car il n'tait pas seulement ce docteur de l'vangile profond dans la science du royaume des cieux#ec1 tirant de son trsor des choses nouvelles et des choses anciennes1 ou ce trafiquant qui acquiert la perle prcieuse au prix de tout ce qu'il possde2 mais il tait encore de ceux qui il est dit3 ,parlez ainsi et faites de mme1 et de qui ,sauveur a dit3 ,celui qui aura fait et enseign sera appel grand dans le royaume des cieux#ed4 #ec ,matth41 ,,xiii1 #eb4 #ed ,jac41 ,,ii1 #db2 ,matth41 ,v1 #ai4 ,et moi je vous conjure1 lecteurs de cet crit1 je supplie votre charit de rendre avec moi grce au ,dieu tout-puissant de bnir le ,seigneur1 qui m'a donn la pense et les moyens de transmettre ces faits la connaissance des prsents et des absents1 des contemporains et de la postrit2 je vous conjure donc de prier avec moi et pour moi1 afin qu'aprs avoir t dans le temps l'ami de ce grand homme avec lequel ,dieu m'a fait la grce de vivre prs de quarante annes dans une douce et constante union1 je sois ici-bas son imitateur et son mule1 et qu' l'avenir je jouisse avec lui des promesses du tout-puissant4 ,ainsi soit-il#ee4 #ee ,saint ,possidius1 disciple de saint ,augustin1 vque de ,calame aprs la mort de ,megalius1 en l'anne #cig1 ayant pendant quarante annes pris une glorieuse part tous les combats rendus pour la foi catholique par son matre et son ami1 assiste en #dcj la destruction de sa ville piscopale par les barbares1 et la mort de saint ,augustin dans ,hippone assige4 ,dfenseur intrpide de la divinit de ,jsus-,christ contre les ,vandales ariens1 il est exil par ,gensric4 ,o trouva-t-il un refuge8 ,quelle fut la fin de sa vie1 l'poque de sa mort1 le lieu de sa spulture8 ,dieu seul le sait#ef6 ,on ignore galement la destine des autres amis de saint ,augustin1 ,evodius1 vque d',uzale1 saint ,alypius1 vque de ,tagaste4 ,que sont-ils devenus8 ,o les a emports cette tempte de barbares qui a ruin l'glise d',afrique8 ,leurs noms1 depuis lors1 ont disparu de l'histoire4 #ef ,de vita ,s4 ,possidii dissertat41 op4 et stud4 ,j4 ,salinas4 ,neapol4 ,rom1 #agca4--;,in #h1 p4 #ajf4 ,,les ,,confessions ,,de ,,saint ,,augustin ,,livre ,,premier ,invocation4--,ses premires annes4--,pchs de son enfance2 ,haine de l'tude2 ,amour du jeu4 ,i ,grandeur de ,dieu4 ,vous tes grand1 ,seigneur1 et infiniment digne de louanges2 grande est votre puissance1 et il n'est point de mesure votre sagesse#eg4 ,et c'est vous que l'homme veut louer1 chtive partie de votre cration1 tre de boue1 promenant sa mortalit1 et par elle le tmoignage de son pch1 et la preuve loquente que vous rsistez1 ,dieu que vous tes1 aux superbes6 ,et pourtant il veut vous louer1 cet homme1 chtive partie de votre cration6 ,vous l'excitez se complaire dans vos louanges2 car vous nous avez faits pour vous1 et notre cur est inquiet jusqu' ce qu'il repose en vous4 #eg ,ps4 ,,xcv1 #d1 et ,,cxlvi1 #e4 ,donnez-moi1 ,seigneur1 de savoir et de comprendre si notre premier acte est de vous invoquer ou de vous louer1 et s'il faut1 d'abord1 vous connatre ou vous invoquer4 ,mais qui vous invoque en vous ignorant8 ,on peut invoquer autre que vous dans cette ignorance4 ,ou plutt ne vous invoque-t-on pas pour vous connatre8 ,mais est-ce possible1 sans croire8 ,et comment croire1 sans aptre8#eh ,et3 ,ceux-l loueront le ,seigneur1 qui le recherchent#ei4 ,car1 le cherchant1 ils le trouveront1 et le trouvant1 ils le loueront4 ,que je vous cherche1 ,seigneur1 en vous invoquant1 et que je vous invoque en croyant en vous6 car vous nous avez t annonc4 ,ma foi vous invoque1 ,seigneur1 cette foi que vous m'avez donne1 que vous m'avez inspire par l'humanit de votre ,fils1 par le ministre de votre aptre4 #eh ,rom41 ,x1 #ad4 #ei ,ps4 ,,xxi1 #bg4 ,,ii ,dieu est en l'homme2 l'homme est en ,dieu4 ,et comment invoquerai-je mon ,dieu1 mon ,dieu et ,seigneur8 car l'invoquer1 c'est l'appeler en moi4 ,et quelle place est en moi1 pour qu'en moi vienne mon ,dieu1 pour que ,dieu vienne en moi1 ,dieu qui a fait le ciel et la terre8 ,quoi6 ,seigneur mon ,dieu1 est-il en moi de quoi vous contenir8 ,mais le ciel et la terre que vous avez faits1 et dans qui vous m'avez fait1 vous contiennent-ils8 ,or1 de ce que sans vous rien ne serait1 ne suit-il pas que tout ce qui est1 vous contienne8 ,donc1 puisque je suis1 comment vous demand-je de venir en moi1 qui ne puis tre sans que vous soyez en moi8 ,et pourtant je ne suis point aux lieux profonds1 et vous y tes2 car si je descends en enfer je vous y trouve#fj4 #fj ,ps4 ,,cxxxviii1 #h4 ,je ne serais donc point1 mon ,dieu1 je ne serais point du tout si vous n'tiez en moi4 ,que dis-je8 je ne serais point si je n'tais en vous1 de qui1 par qui et en qui toutes choses sont#fa4 ,il est ainsi1 ,seigneur1 il est ainsi4 ,o donc vous appel-je1 puisque je suis en vous8 ,d'o viendrez-vous en moi8 ,car o me retirer hors du ciel et de la terre1 pour que de l vienne en moi mon ,dieu qui a dit3 ,c'est moi qui remplis le ciel et la terre8#fb #fa ,rom41 ,,xi1 #cf4 #fb ,jrm41 ,,xxiii1 #bd4 ,,iii ,dieu est tout entier partout4 tes-vous donc contenu par le ciel et la terre1 parce que vous les remplissez8 ou les remplissez-vous1 et reste-t-il encore de vous1 puisque vous n'en tes pas contenu8 ,et o rpandez-vous1 hors du ciel et de la terre1 le trop-plein de votre tre8 ,mais avez-vous besoin d'tre contenu1 vous qui contenez tout1 puisque vous n'emplissez qu'en contenant8 ,les vases qui sont pleins de vous ne vous font pas votre quilibre2 car s'ils se brisent1 vous ne vous rpandez pas2 et lorsque vous vous rpandez sur nous1 vous ne tombez pas1 mais vous nous levez2 et vous ne vous coulez pas1 mais vous nous recueillez4 ,remplissant tout1 est-ce de vous tout entier que vous remplissez toutes choses8 ,ou bien1 tout ne pouvant vous contenir1 contient-il partie de vous1 et toute chose en mme temps cette mme partie8 ou bien chaque tre1 chacune2 les plus grands1 davantage2 les moindres1 moins8 ,y a-t-il donc en vous plus et moins8 ,ou plutt n'tes-vous pas tout entier partout1 et1 nulle part1 contenu tout entier8 ,,iv ,grandeur ineffable de ,dieu4 ,qu'tes-vous donc1 mon ,dieu1 qu'tes-vous1 de grce1 sinon le ,seigneur ,dieu8 ,car quel autre ,seigneur que le ,seigneur8 quel autre ,dieu que notre ,dieu8#fc ,o trs haut1 trs bon1 trs puissant1 tout-puissant1 trs misricordieux et trs juste1 trs cach et trs prsent1 trs beau et trs fort1 stable et incomprhensible1 immuable et remuant tout1 jamais nouveau1 jamais ancien1 renouvelant tout et conduisant leur insu les superbes au dprissement1 toujours en action1 toujours en repos1 amassant sans besoin1 vous portez1 remplissez et protgez1 vous crez1 nourrissez et perfectionnez1 cherchant lorsque rien ne vous manque6 #fc ,ps4 ,,xvii1 #cb4 ,votre amour est sans passion2 votre jalousie1 sans inquitude2 votre repentance1 sans douleur2 votre colre1 sans trouble2 vos uvres changent1 vos conseils ne changent pas4 ,vous recouvrez ce que vous trouvez et n'avez jamais perdu4 ,jamais pauvre1 vous aimez le gain2 jamais avare1 et vous exigez des usures4 ,on vous donne de surrogation pour vous rendre dbiteur2 et qu'avons-nous qui ne soit vtre8 ,vous rendez sans rien devoir2 vous remettez ce qu'on vous doit1 sans rien perdre4 ,et qu'ai-je dit1 mon ,dieu1 ma vie1 mes dlices saintes8 ,et que dit-on de vous en parlant de vous8 ,mais malheur qui se tait de vous1 car sa parole est muette4 ,v ,dites mon me3 ,je suis ton salut4 ,qui me donnera de me reposer en vous8 ,qui vous fera descendre en mon cur8 ,quand trouverai-je l'oubli de mes maux dans l'ivresse de votre prsence1 dans le charme de vos embrassements1 mon seul bien8 ,que m'tes-vous8 ,par piti1 dliez ma langue6 ,que vous suis-je moi-mme1 pour que vous m'ordonniez de vous aimer1 et1 si je dsobis1 que votre colre s'allume contre moi et me menace de grandes misres8 ,n'est-ce donc rien que de ne vous aimer pas8 ,ah6 dites-moi1 au nom de vos misricordes1 ,seigneur mon ,dieu1 dites-moi ce que vous m'tes4 ,dites mon me3 ,je suis ton salut4 ,parlez haut1 que j'entende4 ,l'oreille de mon cur est devant vous1 ,seigneur2 ouvrez-la1 et dites mon me#fd3 ,je suis ton salut4 ,et je cours aprs cette voix1 et je m'attache vous6 ,ne me voilez pas votre face4 ,que je meure pour la voir6 ,que je meure pour vivre de sa vue6 #fd ,ps4 ,,xxxiv1 #c4 ,la maison de mon me est troite pour vous recevoir1 largissez-la4 ,elle tombe en ruines1 rparez-la4 et l1 elle blesse vos yeux1 je l'avoue et le sais2 mais qui la balayera1 quel autre que vous crierai-je8 ,purifiez-moi de mes secrtes souillures1 ,seigneur1 et n'imputez pas celles d'autrui votre serviteur#fe ,je crois1 c'est pourquoi je parle1 ,seigneur1 vous le savez4 ,ne vous ai-je pas1 contre moi-mme1 accus mes crimes1 mon ,dieu1 et ne m'avez-vous pas remis la malice de mon cur8 ,je n'entre point en jugement avec vous qui tes la vrit4 ,et je ne veux pas me tromper moi-mme1 de peur que mon iniquit ne mente elle-mme#ff4 ,non1 je ne conteste pas avec vous2 car si vous pesez les iniquits1 ,seigneur1 ,seigneur1 qui pourra tenir#fg8 #fe ,ps4 ,,xviii1 #ac1 #ad4 #ff ,ps4 ,,xxvi1 #ab4 #fg ,ps4 ,,cxxix1 #c4 ,,vi ,enfance de l'homme2 ternit de ,dieu4 ,mais pourtant laissez-moi parler votre misricorde1 moi1 terre et cendre4 ,laissez-moi pourtant parler1 puisque c'est votre misricorde et non l'homme moqueur que je parle4 ,et vous aussi1 peut-tre1 vous riez-vous de moi2 mais vous aurez bientt piti4 ,qu'est-ce donc que je veux dire1 ,seigneur mon ,dieu1 sinon que j'ignore d'o je suis venu ici1 en cette mourante vie1 ou peut-tre cette mort vivante8 ,et j'ai t reu dans les bras de votre misricorde1 comme je l'ai appris des pre et mre de ma chair1 de qui et en qui vous m'avez form dans le temps2 car moi je ne m'en souviens pas4 ,j'ai donc reu les consolations du lait humain4 ,ni ma mre1 ni mes nourrices ne s'emplissaient les mamelles3 mais vous1 ,seigneur1 vous me donniez par elles l'aliment de l'enfance1 selon votre institution et l'ordre profond de vos richesses4 ,vous me donniez aussi de ne pas vouloir plus que vous ne me donniez1 et mes nourrices de vouloir me donner ce qu'elles avaient reu de vous2 car c'tait par une affection prdispose qu'elles me voulaient donner ce que votre opulence leur prodiguait4 ,ce leur tait un bien que le bien qui me venait d'elles1 dont elles taient la source1 sans en tre le principe4 ,de vous1 ,dieu1 tout bien1 de vous1 mon ,dieu1 tout mon salut4 ,c'est ce que depuis m'a dit votre voix criant en moi par tous vos dons intrieurs et extrieurs4 ,car alors que savais-je8 ,sucer1 savourer avec dlices1 pleurer aux offenses de ma chair1 rien de plus4 ,et puis je commenai rire1 en dormant d'abord1 ensuite veill4 ,tout cela m'a t dit de moi1 et je l'ai cru1 car il en est ainsi des autres enfants2 autrement je n'ai nul souvenir d'alors4 ,et peu peu je remarquais o j'tais1 et je voulais montrer mes volonts qui pouvait les accomplir2 mais en vain2 elles taient au dedans1 on tait au dehors2 et nul sens ne donnait autrui entre dans mon me4 ,aussi je me dmenais de tous mes membres1 de toute ma voix1 de ce peu de signes1 semblables mes volonts1 que je pouvais1 tels que je les pouvais1 et toutefois en dsaccord avec elles4 ,et quand je n'tais pas obi1 faute d'intelligence ou de volont1 je m'emportais contre ces grandes personnes insoumises1 et1 libres1 refusant d'tre mes esclaves1 je me vengeais d'elles en pleurant4 ,tels j'ai observ les enfants que j'ai pu voir1 et ils m'ont mieux rvl moi-mme1 leur insu1 que mes premiers instituteurs1 malgr leur exprience4 ,et voici que ds longtemps mon enfance est morte1 et je suis vivant4 ,mais vous1 ,seigneur1 vous vivez toujours1 sans que rien meure en vous1 parce qu'avant la naissance des sicles et avant tout ce qui peut tre nomm au del1 vous tes1 vous tes ,dieu et ,seigneur de tout ce que vous avez cr2 en vous demeurent les causes de tout ce qui passe1 et les immuables origines de toutes choses muables1 et les raisons ternelles et vivantes de toutes choses irrationnelles et temporelles4 ,dites-moi1 dites votre suppliant1 dans votre misricorde1 dites votre misrable serviteur1 dites-moi1 mon ,dieu1 si mon enfance a succd quelque ge expir dj1 et si cet ge est celui que j'ai pass dans le sein de ma mre8 ,j'en ai quelques indications1 j'ai vu moi-mme des femmes enceintes4 ,mais avant ce temps1 mon ,dieu1 mes dlices1 ai-je t quelque part ou quelque chose8 ,qui pourrait me rpondre8 ,personne2 ni pre1 ni mre1 ni l'exprience des autres1 ni ma mmoire4 ,ne vous moquez-vous pas de moi de telles questions1 vous qui m'ordonnez de vous louer et de vous glorifier de ce que je connais8 ,je vous glorifie1 ,seigneur du ciel et de la terre1 et vous rends hommage des prmices de ma vie et de mon enfance dont je n'ai point souvenir4 ,mais vous avez permis l'homme de conjecturer ce qu'il fut par ce qu'il voit en autrui1 et de croire beaucoup de lui sur la foi de simples femmes2 enfin j'tais alors1 et je vivais dj1 et dj1 sur le seuil de l'enfance1 je cherchais des signes pour manifester mes sentiments4 ,et de qui un tel animal peut-il tre1 sinon de vous1 ,seigneur8 ,et qui serait donc l'artisan de lui-mme8 ,est-il autre source d'o tre et vivre dcoule en nous1 sinon celle dont vous nous tirez1 ,seigneur1 pour qui tre et vivre est tout un1 parce que l'tre par excellence et la souveraine vie1 c'est vous-mme2 car vous tes le ,trs-,haut1 et vous ne changez pas2 et le jour d'aujourd'hui ne passe point pour vous1 et pourtant il passe en vous1 parce qu'en vous toutes choses sont1 et rien ne trouverait passage si votre main ne contenait tout4 ,et comme vos annes ne manquent point1 vos annes1 c'est aujourd'hui4 ,et combien de nos jours1 des jours de nos pres ont pass par votre aujourd'hui et en ont reu leur tre et leur dure2 et d'autres passeront encore1 qui recevront de lui leur mesure et leur existence6 ,mais vous1 vous tes le mme2 ce n'est pas demain1 ce n'est pas hier1 c'est aujourd'hui que vous ferez1 c'est aujourd'hui que vous avez fait4 ,que m'importe si tel ne comprend pas8 ,qu'il se rjouisse1 celui-l mme1 en disant3 ,j'ignore4 ,oui1 qu'il se rjouisse1 qu'il prfre vous trouver en ne vous trouvant pas1 ne vous trouver pas en vous trouvant4 ,,vii ,l'enfant est pcheur4 ,ayez piti1 mon ,dieu4 ,malheur aux pchs des hommes6 ,et c'est l'homme qui parle ainsi1 et vous avez piti de lui1 parce que vous l'avez fait1 et non le pch qui est en lui4 ,qui va me rappeler les pchs de mon enfance8 ,car personne n'est pur de pchs devant vous1 pas mme l'enfant dont la vie sur la terre est d'un jour#fh4 ,qui va me les rappeler8 ,si petit enfant que ce soit1 en qui je vois de moi ce dont je n'ai pas souvenance8 #fh ,job1 ,,xxv1 #d4 ,quel tait donc mon pch d'alors8 tait-ce de pleurer avidement aprs la mamelle8 ,or1 si je convoitais aujourd'hui avec cette mme avidit la nourriture de mon ge1 ne serais-je pas ridicule et rprhensible8 ,je l'tais donc alors4 ,mais comme je ne pouvais comprendre la rprimande1 ni l'usage1 ni la raison ne permettaient de me reprendre4 ,vices rels1 toutefois1 que ces premires inclinations1 car en croissant nous les dracinons et rejetons loin de nous2 et je n'ai jamais vu homme de sens1 pour retrancher le mauvais1 jeter le bon4 tait-il donc bien1 vu l'ge si tendre1 de demander en pleurant ce qui ne se pouvait impunment donner2 de s'emporter avec violence contre des serviteurs1 personnes libres1 ges1 pre et mre1 gens sages1 ne se prtant pas au premier dsir2 de les frapper1 en tchant de leur faire tout le mal possible1 pour avoir refus une pernicieuse obissance8 ,ainsi1 la faiblesse du corps au premier ge est innocente1 l'me ne l'est pas4 ,un enfant que j'ai vu et observ tait jaloux4 ,il ne parlait pas encore1 et il regardait1 ple et farouche1 son frre de lait4 ,chose connue2 les mres et nourrices prtendent conjurer ce mal par je ne sais quels enchantements4 ,mais est-ce innocence dans ce petit tre1 abreuv cette source de lait abondamment panche1 de n'y pas souffrir prs de lui un frre indigent dont ce seul aliment soutient la vie8 ,et l'on endure ces dfauts avec caresse1 non pour tre indiffrents ou lgers1 mais comme devant passer au cours de l'ge4 ,vous les tolrez alors1 plus tard ils vous rvoltent4 ,seigneur mon ,dieu1 vous avez donn l'enfant et la vie1 et ce corps muni de ses sens1 form de ses membres1 orn de sa figure2 vous avez intress tous les ressorts vitaux sa conservation harmonieuse2 et vous m'ordonnez de vous louer dans votre ouvrage1 de vous confesser1 de glorifier votre nom1 ,trs-,haut1 parce que vous tes le ,dieu tout-puissant et bon1 n'eussiez-vous rien fait que ce que nul ne peut faire que vous seul1 principe de toute mesure1 forme parfaite qui formez tout1 ordre suprme qui ordonnez tout4 ,or1 cet ge1 ,seigneur1 que je ne me souviens pas d'avoir vcu1 que je ne connais que sur la foi d'autrui1 le tmoignage de mes conjectures1 l'exemple des autres enfants1 tmoignage fidle nanmoins1 cet ge1 j'ai honte de le rattacher cette vie moi1 que je vis dans le sicle4 ,il est gal en tnbres d'oubli celui que j'ai pass au sein de ma mre4 ,que si mme j'ai t conu en iniquit1 si le sein de ma mre m'a nourri dans le pch1 o donc1 je vous prie1 mon ,dieu1 o votre esclave1 ,seigneur1 o donc et quand fut-il innocent8 ,mais je laisse ce temps3 quel rapport de lui moi1 puisque je n'en retrouve aucun vestige8 ,,viii ,comment il apprend parler4 ,dans la traverse de ma vie jusqu' ce jour1 ne suis-je pas venu de la premire enfance la seconde1 ou plutt celle-ci n'est-elle pas survenue en moi1 succdant la premire8 ,et l'enfance ne s'est pas retire2 o serait-elle alle8 ,et pourtant elle n'tait plus2 car dj l'enfant la mamelle tait devenu l'enfant qui essaye la parole4 ,et je me souviens de cet ge2 et j'ai remarqu depuis comment alors j'appris parler1 non par le secours d'un matre qui m'ait prsent les mots dans certain ordre mthodique comme les lettres bientt aprs me furent montres1 mais de moi-mme et par la seule force de l'intelligence que vous m'avez donne1 mon ,dieu4 ,car ces cris1 ces accents varis1 cette agitation de tous les membres1 n'tant que des interprtes infidles ou inintelligibles1 qui trompaient mon cur impatient de faire obir ses volonts1 j'eus recours ma mmoire pour m'emparer des mots qui frappaient mon oreille2 et quand une parole dcidait un geste1 un mouvement vers un objet1 rien ne m'chappait1 et je connaissais que le son prcurseur tait le nom de la chose qu'on voulait dsigner4 ,ce vouloir m'tait rvl par le mouvement du corps1 langage naturel et universel que parlent la face1 le regard1 le geste1 le ton de la voix o se produit le mouvement de l'me pour obtenir1 possder1 rejeter ou fuir4 ,attentif au frquent retour de ces paroles exprimant des penses diffrentes dans une syntaxe invariable1 je notais peu peu leur signification1 et dressant ma langue les articuler1 je m'en servis enfin pour noncer mes volonts4 ,et je parvins ainsi pratiquer l'change des signes expressifs de nos sentiments1 et j'entrai plus avant dans l'orageuse socit de la vie humaine1 sous l'autorit de mes parents et la conduite des hommes plus gs4 ,,ix ,aversion pour l'tude2 horreur des chtiments4 ,o ,dieu1 mon ,dieu1 quelles misres1 quelles dceptions n'ai-je pas subies1 cet ge o l'on ne me proposait d'autre rgle de bien vivre qu'une docile attention aux conseils de faire fortune dans le sicle1 d'exceller dans cette science verbeuse1 servile instrument de l'ambition et de la cupidit des hommes6 ,puis je fus livr l'cole pour apprendre les lettres2 malheureux1 je n'en voyais pas l'utilit1 et pourtant ma paresse tait chtie4 ,on le trouvait bon2 nos devanciers dans la vie nous avaient prpar ces sentiers d'angoisses qu'il fallait traverser2 surcrot de labeur et de souffrance pour les enfants d',adam4 ,nous trouvmes alors1 ,seigneur1 des hommes qui vous priaient1 et d'eux nous apprmes sentir1 autant qu'il nous tait possible1 que vous tiez ,quelqu'un de grand1 qui pouviez1 sans apparatre nos sens1 nous exaucer et nous secourir4 ,tout enfant1 je vous priai1 comme mon refuge et mon asile1 et vous invoquer1 je rompais les liens de ma langue1 et je vous priais1 tout petit1 avec une grande ferveur1 afin de n'tre point battu l'cole4 ,et quand1 pour mon bien1 vous ne m'coutiez pas1 tous1 jusqu' mes parents1 si loigns de me vouloir la moindre peine1 se riaient de mes frules1 ma grande et grive peine d'alors4 ,seigneur1 o est le cur magnanime1 s'il en est un seul8 car je ne parle pas de l'insensibilit stupide1 o est le cur dont l'amour vous enlace d'une assez forte treinte pour ne plus jeter qu'un il indiffrent sur ces appareils sinistres1 chevalets1 ongles de fer1 cruels instruments de mort1 dont l'effroi lve vers vous des supplications universelles qui les conjurent8 ,o est ce cur8 ,et pourrait-il pousser l'hrosme du ddain1 jusqu' rire de l'pouvante d'autrui1 comme mes parents riaient des chtiments que m'infligeait un matre8 ,car je ne les redoutais pas moins1 et je ne vous priais pas moins de me les viter2 et je pchais toutefois1 faute d'crire1 de lire1 d'apprendre autant qu'on l'exigeait de moi4 ,je ne manquais pas1 ,seigneur1 de mmoire ou de vivacit d'esprit2 votre bont m'en avait assez libralement dot pour cet ge4 ,seulement j'aimais jouer1 et j'tais puni par qui faisait de mme2 mais les jeux des hommes s'appellent affaires1 et ils punissent ceux des enfants1 et personne n'a piti ni des enfants1 ni des hommes4 ,un juge quitable pourrait-il cependant approuver qu'un enfant ft chti pour se laisser dtourner par le jeu de paume d'une tude qui sera plus tard entre ses mains un jeu moins innocent8 ,et que faisait donc celui qui me battait8 ,une misrable dispute1 o il tait vaincu par un collgue1 le pntrait de plus amers dpits que je n'en prouvais perdre une partie de paume contre un camarade4 ,x ,amour du jeu4 ,et nanmoins je pchais1 ,seigneur mon ,dieu1 ordonnateur et crateur de toutes choses naturelles1 sauf les pchs dont vous n'tes que le rgulateur2 ,seigneur mon ,dieu1 je pchais en dsobissant des parents1 des matres2 car je pouvais bien user dans la suite de ces connaissances qu'on m'imposait1 n'importe quelle intention4 ,ce n'tait pas meilleur choix qui me rendait dsobissant1 c'tait l'amour du jeu2 j'aimais toutes les vanits du combat et de la victoire2 et les rcits fabuleux1 qui1 chatouillant mon oreille1 y provoquaient de plus vives dmangeaisons2 et ma curiosit souleve chaque jour1 et dbordant de mes yeux1 m'entranait aux spectacles et aux jeux qui divertissent les hommes4 ,que dsirent donc toutefois ces magistrats pour leurs enfants1 sinon la survivance des dignits qui les appellent prsider les jeux8 ,et ils veulent qu'on les chtie1 si ce plaisir les dtourne d'tudes1 qui1 de leur aveu1 doivent conduire leurs fils ce frivole honneur4 ,regardez tout cela1 ,seigneur1 avec misricorde2 dlivrez-nous1 nous qui vous invoquons2 dlivrez aussi ceux qui ne vous invoquent pas encore1 pour qu'ils vous invoquent et soient dlivrs4 ,,xi ,malade1 il demande le ,baptme4 ,j'avais ou parler1 ds le berceau1 de la vie ternelle qui nous est promise par l'humilit de votre ,fils1 ,notre-,seigneur1 abaiss jusqu' notre orgueil2 et j'tais marqu du signe de sa croix1 assaisonn du sel divin1 ds ma sortie du sein de ma mre1 qui a beaucoup espr en vous4 ,vous savez1 ,seigneur1 qu'tant encore enfant1 surpris un jour d'une violente oppression d'estomac1 j'allais mourir2 vous savez1 mon ,dieu1 vous qui tiez dj mon gardien1 de quel lan de cur1 de quelle foi je demandai le baptme de votre ,christ1 mon ,dieu et ,seigneur1 la pit de ma mre et de notre mre commune1 votre glise4 ,et dj1 dans son trouble1 celle dont le chaste cur concevait avec plus d'amour encore l'enfantement de mon salut ternel en votre foi1 la mre de ma chair1 appelait la hte mon initiation aux sacrements salutaires1 o j'allais tre lav1 en vous confessant1 ,seigneur ,jsus1 pour la rmission des pchs1 quand soudain je me sentis soulag4 ,ainsi fut diffre ma purification1 comme si je dusse ncessairement me souiller de nouveau en recouvrant la vie2 on craignait de moi une rechute dans la fange de mes pchs1 plus grave et plus dangereuse au sortir du bain cleste4 ,ainsi1 dj1 je croyais1 et ma mre croyait1 et toute la maison1 mon pre except1 qui pourtant ne put jamais abolir en moi les droits de la pit maternelle1 ni me dtourner de croire en ,jsus-,christ1 lui qui n'y croyait pas encore4 ,elle n'oubliait rien pour que vous me fussiez un pre1 mon ,dieu1 plutt que lui1 et ici vous l'aidiez l'emporter sur son mari1 qui1 toute suprieure qu'elle ft1 elle obissait1 parce qu'en cela elle obissait vos ordres4 ,pardon1 mon ,dieu1 je voudrais savoir1 si vous le voulez1 par quel conseil mon baptme a t diffr4 ,est-ce pour mon bien que les rnes furent ainsi lches mes instincts pervers8 ,ou me tromp-je8 ,mais d'o vient que sans cesse ce mot nous frappe l'oreille3 ,laissez-le1 laissez-le faire2 il n'est pas encore baptis4 ,et pourtant1 s'agit-il de la sant du corps1 on ne dit pas3 ,laissez-le se blesser davantage1 car il n'est pas encore guri4 ,oh6 que n'ai-je obtenu cette gurison prompte6 ,que n'ai-je1 avec le concours des miens1 plac la sant de mon me sous la tutelle de votre grce qui me l'et rendue8 ,mieux et valu4 ,mais quels flots1 quels orages de tentations se levaient sur ma jeunesse6 ,ma mre les voyait2 et elle aimait mieux livrer le limon informe leurs preuves que l'image divine leurs profanations4 ,,xii ,dieu tournait son profit l'imprvoyance mme qui dirigeait ses tudes4 ,ainsi1 cet ge mme1 que l'on redoutait moins pour moi que l'adolescence1 je n'aimais point l'tude2 je hassais d'y tre contraint1 et l'on m'y contraignait1 et il m'en advenait bien3--je n'eusse rien appris sans contrainte2 mais moi je faisais mal2 car faire contre-cur quelque chose de bon n'est pas bien faire4 ,et ceux mme qui me foraient l'tude ne faisaient pas bien2 mais bien m'en advenait par vous1 mon ,dieu4 ,eux ne voyaient pour moi dans ce qu'ils me pressaient d'apprendre qu'un moyen d'assouvir l'insatiable convoitise de cette opulence qui n'est que misre1 de cette gloire qui n'est qu'infamie4 ,mais vous1 qui savez le compte des cheveux de notre tte#fi1 vous tourniez leur erreur mon profit1 et ma paresse1 au chtiment que je mritais1 si petit enfant1 si grand pcheur4 ,ainsi1 du mal qu'ils faisaient1 vous tiriez mon bien1 et de mes pchs1 ma juste rtribution4 ,car vous avez ordonn1 et il est ainsi1 que tout esprit qui n'est pas dans l'ordre soit sa peine lui-mme4 #fi ,matth41 ,x1 #cj4 ,,xiii ,vanit des fictions potiques qu'il aimait4 ,mais d'o venait mon aversion pour la langue grecque1 exercice de mes premires annes8 ,c'est ce que je ne puis encore pntrer4 ,j'tais passionn pour la latine1 telle que l'enseignent1 non les premiers matres1 mais ceux que l'on appelle grammairiens2 car ces lments1 o l'on apprend lire1 crire1 compter1 ne me donnaient pas moins d'ennuis et de tourments que toutes mes tudes grecques4 ,et d'o venait ce dgot1 sinon du pch et de la vanit de la vie8 ,j'tais chair1 esprit absent de lui-mme et ne sachant plus y rentrer4 ,plus certaines et meilleures taient ces premires leons qui m'ont donn la facult de lire ce qui me tombe sous les yeux1 d'crire ce qu'il me plat1 que celles o j'apprenais les courses errantes de je ne sais quel ne1 oublieux de mes propres erreurs1 et gmissant sur la mort de ,didon1 qui se tue par amour1 quand je n'avais pas une larme pour dplorer1 mon ,dieu1 ma vie1 cette mort de mes jours dissips loin de vous4 ,eh6 quoi de plus misrable qu'un malheureux sans misricorde pour lui-mme1 pleurant ,didon1 morte pour aimer ne1 et ne se pleurant pas1 lui qui meurt faute de vous aimer8 ,dieu1 lumire de mon cur1 pain de la bouche intrieure de mon me1 vertu fcondante de mon intelligence1 poux de ma pense1 je ne vous aimais pas2 je vous tais infidle1 et mon infidlit entendait de toutes parts cette voix3 ,courage6 courage6 car l'amour de ce monde est un divorce adultre d'avec vous4 ,courage6 courage6 dit cette voix1 pour faire rougir1 si l'on n'est pas homme comme un autre4 ,et ce n'est pas ma misre que je pleurais1 je pleurais ,didon expire1 livrant au fil du glaive sa destine dernire#gj1 quand je me livrais moi-mme vos dernires cratures au lieu de vous1 terre retournant la terre4 ,cette lecture m'tait-elle interdite1 je souffrais de ne pas lire ce qui me faisait souffrir4 ,telles folies passent pour tudes plus nobles et plus fcondes que celle qui m'apprit lire et crire4 #gj neid41 ,,vi1 #def4 ,mais qu'aujourd'hui1 mon ,dieu1 votre vrit me dise et crie dans mon me3 ,il n'en est pas ainsi6 il n'en est pas ainsi6 ,ces premiers enseignements sont bien les meilleurs4 ,car me voici tout prt oublier les aventures d'ne et fables pareilles1 plutt que l'art d'crire et de lire4 ,des voiles1 sans doute1 pendent au seuil des coles de grammaire2 mais ils couvrent moins la profondeur d'un mystre que la vanit d'une erreur4 ,qu'ils se rcrient contre moi1 ces matres insenss1 je ne les crains plus1 cette heure o je vous confesse1 mon ,dieu1 tous les pensers de mon me et me plais marquer l'garement de mes voies1 afin d'aimer la rectitude des vtres4 ,qu'ils se rcrient contre moi1 vendeurs ou acheteurs de grammaire6 ,je leur demande s'il est vrai qu'ne soit autrefois venu ,carthage1 comme le pote l'atteste2 et les moins instruits l'ignorent1 les plus savants le nient4 ,mais si je demande par quelles lettres s'crit le nom d'ne1 tous ceux qui savent lire me rpondront vrai1 selon la convention et l'usage qui ont1 parmi les hommes1 dtermin ces signes4 ,et si je demande encore quel oubli serait le plus funeste la vie humaine1 l'oubli de l'art de lire et d'crire1 ou celui de ces fictions potiques1 qui ne prvoit la rponse de quiconque ne s'est pas oubli lui-mme8 ,je pchais donc enfant1 en prfrant ainsi la vanit l'utile2 ou plutt je hassais l'utile et j'aimais la vanit4 ,un et un sont deux1 deux et deux quatre1 tait pour moi une odieuse chanson2 et je ne savais pas de plus doux spectacle qu'un fantme de cheval de bois rempli d'hommes arms1 que l'incendie de ,troie et l'ombre de ,cruse4 ,,xiv ,son aversion pour la langue grecque4 ,pourquoi donc hassais-je ainsi la langue grecque1 pleine de ces fables8 ,car ,homre excelle ourdir telles fictions4 ,doux menteur1 il tait toutefois amer mon enfance4 ,je crois bien qu'il en est ainsi de ,virgile pour les jeunes ,grecs1 contraints de l'apprendre avec autant de difficult que j'apprenais leur pote4 ,la difficult d'apprendre cette langue trangre assaisonnait de fiel la douce saveur des fables grecques4 ,pas un mot qui me ft connu2 et puis1 des menaces terribles de chtiments pour me forcer d'apprendre4 ,j'ignorais de mme le latin au berceau2 et cependant1 par simple attention1 je l'avais appris1 dans les embrassements de mes nourrices1 les joyeuses agaceries1 les riantes caresses4 ,ainsi je l'appris sans tre press du poids de la crainte1 sollicit seulement par mon me en travail de ses conceptions1 et qui ne pouvait rien enfanter qu' l'aide des paroles retenues sans leons1 les entendre de la bouche des autres1 dont l'oreille recevait les premires confidences de mes impressions4 ,preuve qu'en cette tude une ncessit craintive est un prcepteur moins puissant qu'une libre curiosit4 ,mais l'une contient les flottants caprices de l'autre1 grce vos lois1 mon ,dieu1 vos lois qui depuis la frule de l'cole jusqu' l'preuve du martyre1 nous abreuvant d'amertumes salutaires1 savent nous rappeler vous1 loin du charme empoisonneur qui nous avait retirs de vous4 ,,xv ,prire4 ,exaucez1 ,seigneur1 ma prire2 que mon me ne dfaille pas sous votre discipline2 et que je ne dfaille pas vous confesser vos misricordes qui m'ont retir de toutes mes dplorables voies6 ,soyez-moi plus doux que les sductions qui m'garaient6 ,que je vous aime fortement1 et que j'embrasse votre main de toute mon me1 pour que vous me sauviez de toute tentation jusqu' la fin4 ,et n'tes-vous pas1 ,seigneur1 mon roi et mon ,dieu8 ,que tout ce que mon enfance apprit d'utile vous serve3 si je parle1 si j'cris1 si je lis1 si je compte1 que tout en moi vous serve2 car1 au temps o j'apprenais des choses vaines1 vous me donniez la discipline1 et vous m'avez enfin remis les pchs de ma complaisance dans les vanits4 ,ce n'est point que ces folies ne m'aient laiss le souvenir de plusieurs mots utiles2 souvenir que l'on pourrait devoir des lectures moins frivoles1 et qui ne smeraient aucun pige sous les pas des enfants4 ,,xvi ,contre les fables impudiques4 ,mais1 malheur toi1 torrent de la coutume6 ,qui te rsistera8 ,ne seras-tu jamais sec8 ,jusques quand rouleras-tu les fils d've dans cette profonde et terrible mer que traversent grand'peine les passagers de la croix6 ,ne m'as-tu pas montr ,jupiter tout la fois tonnant et adultre8 ,il ne pouvait tre l'un et l'autre2 mais on voulait autoriser l'imitation d'un vritable adultre par la fiction d'un tonnerre menteur4 ,est-il un seul de ces matres firement draps dont l'oreille soit assez jeun pour entendre ce cri de vrit qui part d'un homme sorti de la poussire de leurs coles3 ,invention d',homre6 ,il humanise les dieux6 ,il et mieux fait de diviniser les hommes#ga6 ,mais la vrit1 c'est que le pote1 dans ses fictions1 assimilait aux dieux les hommes criminels1 afin que le crime cesst de passer pour crime1 et qu'en le commettant1 on part imiter non plus les hommes de perdition1 mais les dieux du ciel4 #ga ,cic41 ,tuscul41 #a4 ,et nanmoins1 torrent d'enfer6 en toi se plongent les enfants des hommes2 ils rtribuent de telles leons2 ils les honorent de la publicit du forum2 elles sont professes la face des lois qui1 aux rcompenses prives1 ajoutent le salaire public2 et tu roules tes cailloux avec fracas1 en criant3 ,ici l'on apprend la langue2 ici l'on acquiert l'loquence ncessaire dvelopper et persuader sa pense4 ,n'aurions-nous donc jamais su pluie d'or1 sein de femme1 dception1 votes clestes1 et semblables mots du mme passage1 si ,trence n'et amen sur la scne un jeune dbauch1 se proposant ,jupiter pour modle d'impudicit1 charm de voir en peinture sur une muraille1 comment le dieu verse une pluie d'or dans le sein de ,dana et trompe cette femme4 ,voyez donc comme il s'anime la dbauche sur ce divin exemple4 ,eh6 quel ,dieu encore6 s'crie-t-il4 ,celui qui fait trembler de son tonnerre la vote profonde des cieux4 ,pygme que je suis1 j'aurais honte de l'imiter4 ,non1 non1 je l'ai imit1 et de grand cur#gb4 #gb ,eunuch41 ,act4 ,,iii1 sc4 #e4 ,ces impurets ne nous aident en rien retenir telles paroles1 mais ces paroles enhardissent l'impuret4 ,je n'accuse pas les paroles1 vases prcieux et choisis1 mais le vin de l'erreur que nous y versaient des matres ivres4 ,si nous ne buvions1 on nous frappait1 et il ne nous tait pas permis d'en appeler un juge sobre4 ,et cependant1 mon ,dieu1 devant qui mon me voque dsormais ses souvenirs sans alarme1 j'apprenais cela volontiers1 je m'y plaisais1 malheureux2 aussi tais-je appel un enfant de grande esprance4 ,,xvii ,vanit de ses tudes4 ,permettez-moi1 mon ,dieu1 de parler encore de mon intelligence1 votre don2 en quels dlires elle s'abrutissait6 ,grande affaire1 et qui me troublait l'me par l'appt de la louange1 par la crainte de la honte et des chtiments1 quand il s'agissait d'exprimer les plaintes amres de ,junon1 impuissante dtourner de l',italie le chef des ,troyens#gc1 plaintes que je savais imaginaires2 mais on nous forait de nous garer sur les traces de ces mensonges potiques1 et de dire en libre langage ce que le pote dit en vers4 ,et celui-l mritait le plus d'loges qui1 fidle la dignit du personnage mis en scne1 produisait un sentiment plus naf de colre et de douleur1 ajustant ses penses un vtement convenable d'expression4 ,eh6 quoi bon1 ma vraie vie1 mon ,dieu6 ,a quoi bon cet avantage sur la plupart de mes condisciples et rivaux1 de voir mes compositions plus applaudies8 ,vent et fume que tout cela4 ,n'tait-il pas d'autre sujet pour exercer mon intelligence et ma langue8 ,vos louanges1 ,seigneur1 vos louanges dictes par vos critures mmes1 eussent soutenu le pampre pliant de mon cur4 ,il n'et pas t emport dans le vague des bagatelles1 triste proie des oiseaux sinistres2 car il est plus d'une manire de sacrifier aux anges prvaricateurs4 #gc neid41 ,i1 #cf1 #ge4 ,,xviii ,hommes plus fidles aux lois de la grammaire qu'aux commandements de ,dieu4 ,eh6 quelle merveille que je me dissipasse ainsi dans les vanits1 et que1 loin de vous1 mon ,dieu1 je me rpandisse au dehors1 quand on me proposait pour modles des hommes qui1 rappelant d'eux-mmes quelque bonne action1 rougissaient d'tre repris d'un barbarisme ou d'un solcisme chapp2 et qui1 dployant1 au rcit de leurs dbauches1 toutes les richesses d'une locution nombreuse1 exacte et choisie1 se glorifiaient des applaudissements6 ,vous voyez cela1 ,seigneur1 et vous vous taisez1 patient1 misricordieux et vrai#gd6 ,vous tairez-vous donc toujours8 ,mais cette heure mme vous retirez de ce dvorant abme l'me qui vous cherche1 altre de vos dlices2 celui dont le cur vous dit3 ,j'ai cherch votre visage2 votre visage1 ,seigneur1 je le chercherai toujours#ge4 ,on en est loin dans les tnbres des passions4 ,ce n'est point le pied1 ce n'est point l'espace qui nous loigne de vous1 qui nous ramne vous4 ,et le plus jeune de vos fils a-t-il donc pris un cheval1 un char1 un vaisseau8 s'est-il envol sur des ailes visibles1 s'est-il drob d'un pas agile1 pour livrer en pays lointain aux prodigalits de sa vie ce qu'il avait reu de vous au dpart8 ,pre tendre1 qui lui aviez tout donn alors1 plus tendre encore la dtresse de son retour4 ,mais non1 c'est l'entranement de la passion qui nous jette dans les tnbres1 et loin de votre face4 #gd ,ps4 ,,cii1 #h4 #ge ,ps4 ,,xxvi1 #h4 ,voyez1 ,seigneur mon ,dieu1 dans votre inaltrable patience1 voyez avec quelle fidlit les enfants des hommes observent le pacte grammatical qu'ils ont reu des premiers professeurs du langage2 avec quelle ngligence ils se drobent au pacte ternel de leur salut qu'ils ont reu de vous4 ,et si un homme qui possde ou enseigne cette antique lgislation des sons1 oublie1 contrairement aux rgles1 l'aspiration de la premire syllabe1 en disant omme1 il blesse plus les autres que si1 au mpris de vos commandements1 il hassait son frre2 comme si l'ennemi le plus funeste tait plus funeste l'homme que la haine mme qui le soulve2 comme si le perscuteur ravageait autrui plus qu'il ne ravage son propre cur ouvert la haine4 ,et certes1 cette science des lettres n'est pas plus intrieure que la conscience crite de ne pas faire au prochain ce qu'on n'en voudrait pas souffrir4 ,oh6 que vous tes secret1 habitant les cieux dans le silence1 ,dieu1 seul grand1 dont l'infatigable loi sme les ccits vengeresses sur les passions illgitimes8 ,cet homme aspire la renomme de l'loquence2 il est debout devant un homme qui juge1 en prsence d'une foule d'hommes2 il s'acharne sur son ennemi avec la plus cruelle animosit1 merveilleusement attentif viter toute erreur de langage1 ne pas dire3 entre aux hommes2 et il ne voit pas la fureur de son me qui l'entrane supprimer un homme d'entre les hommes4 ,,xix ,fautes des enfants1 vices des hommes4 ,j'tais expos1 malheureux enfant1 sur le seuil de cette morale2 c'tait l'apprentissage des tristes combats que je devais combattre2 jaloux dj d'viter un barbarisme1 et non l'envie qu'une telle faute m'inspirait contre qui n'en faisait pas4 ,je reconnais et confesse devant vous1 mon ,dieu1 ces faiblesses qui me faisaient louer de ces hommes4 ,leur plaire tait alors pour moi le bien-vivre2 car je ne voyais pas ce gouffre de honte o je plongeais loin de votre regard4 tait-il donc rien de plus impur que moi8 ,jusque-l qu'abusant par mille mensonges un prcepteur1 des matres1 des parents1 pris eux-mmes de ces vanits1 je les offensais par mon amour du jeu1 ma passion des spectacles frivoles1 mon ardeur inquite imiter ces bagatelles4 ,je drobais aussi au cellier1 la table de mes parents1 soit pour obir l'imprieuse gourmandise1 soit pour avoir donner aux enfants qui me vendaient le plaisir que nous trouvions jouer ensemble4 ,et au jeu mme1 vaincu par le dsir d'une vaine supriorit1 j'usurpais souvent de dloyales victoires4 ,mais quelle tait mon impatience et la violence de mes reproches1 si je dcouvrais qu'on me trompt1 comme je trompais les autres6 ,pris sur le fait mon tour1 et accus1 loin de cder1 j'entrais en fureur4 ,est-ce donc l l'innocence du premier ge8 ,il n'en est pas1 ,seigneur1 il n'en est pas2 pardonnez-moi1 mon ,dieu4 ,aujourd'hui prcepteur1 matre1 noix1 balle1 oiseau2 demain magistrats1 rois1 trsors1 domaines1 esclaves2 c'est tout un1 grossissant au flot successif des annes1 comme aux frules succdent les supplices4 ,c'est donc dans la faiblesse corporelle de l'enfance que vous avez aim l'image de l'humilit1 notre roi1 lorsque vous avez dit3 ,le royaume des cieux est ceux qui leur ressemblent#gf4 #gf ,matth41 ,,xix1 #ad4 ,,xx ,il rend grces ,dieu des dons qu'il a reus de lui dans son enfance4 ,et cependant1 ,seigneur1 vous crateur et conservateur de l'univers tout-puissant et tout bon1 vous notre ,dieu1 grces soient rendues1 ne m'eussiez-vous donn que d'tre enfant6 ,car ds lors mme1 j'avais l'tre et la vie et le sentiment2 et je veillais prserver cet ensemble de tout moi-mme1 ce dessin de l'unit si cache par qui j'tais2 je gardais par le sens intrieur l'intgrit de tous mes sens1 et dans cette petitesse de penses1 j'aimais la vrit4 ,je ne voulais pas tre tromp2 ma mmoire tait forte2 mon locution polie2 l'amiti me charmait2 je fuyais la douleur1 la honte1 l'ignorance4 ,quelle admirable merveille qu'un tel animal6 ,tout cela1 don de mon ,dieu6 ,je ne me suis moi-mme rien donn4 ,tout cela est bon1 et moi-mme1 qui suis tout cela4 ,donc celui qui m'a fait est bon1 et lui-mme est mon bien2 et l'lan de mon cur lui rend hommage de tous ces biens rpandus sur mes premires annes4 ,or je pchais2 car ce n'tait point en lui1 mais dans ses cratures1 les autres et moi1 que je cherchais plaisirs1 grandeurs et vrits1 me prcipitant ainsi dans la douleur1 la confusion1 l'erreur4 ,grces vous1 mes dlices1 ma gloire1 ma confiance1 mon ,dieu1 grces vous de tous vos dons6 ,mais conservez-les-moi2 car ainsi vous me conserverez moi-mme2 et tout ce que vous m'avez donn aura croissance et perfection2 et je serai avec vous1 puisque c'est vous qui m'avez donn d'tre4 ,,livre ,,second ,dsordres de sa premire jeunesse4--,ses dbauches l'ge de seize ans4--,larcin dont il s'accuse svrement4 ,i ,dsordres de sa jeunesse4 ,je veux rappeler mes impurets passes et les charnelles corruptions de mon me1 non que je les aime1 mais afin de vous aimer1 mon ,dieu4 ,c'est par amour de votre amour que je reviens sur mes voies infmes dans l'amertume de mon souvenir1 pour savourer votre douceur1 ,dlices vritables1 ,batitude et ,scurit de dlices1 qui recueillez en vous toutes les puissances de mon tre disperses en mille vanits loin de vous1 mon centre unique6 ,car je brlais1 ds mon adolescence1 de me rassasier de basses volupts2 et je n'eus pas honte de prodiguer la sve de ma vie d'innombrables et tnbreuses amours2 et ma beaut s'est fltrie1 et je n'tais plus que pourriture vos yeux1 alors que je me plaisais moi-mme et dsirais plaire aux yeux des hommes4 ,,ii ,ses dbauches seize ans4 ,ma plus vive jouissance n'tait-elle pas d'aimer et d'tre aim8 ,mais je ne m'en tenais pas ces liens d'me me1 sur la chaste lisire de l'amiti spirituelle4 ,d'impures vapeurs s'exhalaient des fangeuses convoitises de ma chair1 de l'effervescence de la pubert2 elles couvraient et offusquaient mon cur3 la srnit de l'amour tait confondue avec les nuages de la dbauche4 ,l'une et l'autre fermentaient ensemble1 et mon imbcile jeunesse tait entrane dans les prcipices des passions et plongeait dans le gouffre du libertinage4 ,votre colre s'tait amasse contre moi1 et je l'ignorais4 ,au bruit des chanes de ma mortalit1 j'tais devenu sourd1 j'expiais la superbe de mon me4 ,et je m'loignais de vous1 et vous me laissiez2 et je m'lanais1 et je dbordais1 et je me rpandais1 et je me fondais en adultres1 et vous vous taisiez4 ,o ma tardive joie6 vous vous taisiez alors1 et moi j'allais loin de vous1 m'avanant de plus en plus dans ces rgions ensemences de striles douleurs1 avili dans l'orgueil1 agit dans la fatigue6 ,qui et alors modr ma peine8 ,qui m'et born l'usage lgitime de la fugitive beaut des cratures phmres et de leurs dlices1 pour que les flots de ma jeunesse ne dbordassent pas du moins la plage conjugale1 s'ils ne pouvaient s'apaiser dans le but de la procration des enfants1 selon la prescription de votre loi1 ,seigneur1 qui rglez la gnration de notre mortalit1 et pouvez tendre une main adoucie pour mousser des pines inconnues au paradis8 car votre toute-puissance est tout prs de nous1 lors mme que nous sommes loin de vous4 ,que n'ai-je du moins cout plus attentivement la voix de vos nues3 ,ils souffriront des tribulations dans leur chair4 ,et moi je vous les pargne4 ,il est bon l'homme de ne point toucher de femme4 ,celui qui est sans femme pense aux choses de ,dieu1 plaire ,dieu4 ,celui qui est li par le mariage pense aux choses du monde1 plaire sa femme#gg4 ,que n'ai-je ouvert l'oreille cette voix1 eunuque de volont en vue du royaume des cieux1 et dans l'attente bienheureuse de vos embrassements8 #gg ,i ,cor41 ,,vii1 #bh1 #a1 #ca1 #cc1 #cd4 ,mais je brlais1 malheureux1 et livr au torrent qui m'entranait loin de vous1 je m'affranchis de tous vos commandements1 sans chapper votre verge4 ,qui le pourrait8 ,vous tiez toujours prsent dans la misricorde de vos rigueurs1 abreuvant des plus amers dgots toutes mes joies illgitimes1 pour m'entraner chercher les joies exemptes de dgots4 ,et o les euss-je trouves hors de vous1 qui faites entrer la douleur dans le prcepte2 qui frappez pour gurir2 qui tuez pour nous empcher de mourir vous#gh8 #gh ,ps4 ,,xciii1 #bj2 ,deut41 ,,xxxii1 #ci4 ,o tais-je1 et dans quel lointain exil des dlices de votre maison1 cette seizime anne de l'ge de ma chair1 qui prit alors le sceptre sur moi2 esclave volontaire1 livr sans rserve la frnsie de cette passion que notre dgradation affranchit de tout frein1 mais que votre loi condamne4 ,on ne se mit point en peine d'offrir le mariage au-devant de ma chute2 on n'avait cur que de me faire apprendre bien dire1 persuader par ma parole4 ,,iii ,vices de son ducation4 ,et1 cette mme anne1 ramen de ,madaure1 ville voisine de notre sjour et mon premier plerinage littraire et oratoire1 j'avais interrompu mes tudes4 ,on prparait la dpense d'un plus lointain exil1 ,carthage2 mon pre1 humble citoyen du municipe de ,tagaste1 consultant moins sa fortune que son ambition4 ,eh6 pour qui ce rcit8 ,pas pour vous1 mon ,dieu2 mais en m'adressant vous1 je parle tous les hommes mes frres1 si petit que puisse tre le nombre de ceux qui ces pages tomberont entre les mains4 ,et pourquoi8 ,pour que tout lecteur considre avec moi de quel profond abme il nous faut crier vers vous4 ,et nanmoins se confesser de cur1 vivre de foi1 quoi de plus prs de votre oreille8 ,quelles louanges alors ne prodiguait-on pas mon pre pour fournir1 au del de ses ressources1 au studieux voyage de son fils8 ,combien de citoyens plus opulents que lui taient loin d'avoir tel souci de leurs enfants8 ,et ce mme pre ne s'inquitait pas si je croissais pour vous1 si j'tais chaste1 pourvu que je fusse disert1 ou plutt dsert sans votre culture1 ,dieu1 bon1 vrai1 seul matre du champ de mon cur4 ,or1 cet ge de seize ans1 des affaires domestiques ayant mis entre mes tudes un intervalle de vacances oisives1 je vcus chez mes pre et mre1 et c'est alors que les ronces des dsirs impurs s'levrent au-dessus de ma tte1 et nulle main n'tait l pour les arracher4 ,loin de l2 mon pre s'aperoit un jour au bain de ma pubescence1 qui1 dj1 me couvrait d'un manteau de frmissantes inquitudes1 et1 tressaillant comme l'aspect de ses petits-fils1 dans sa joie1 il en fait part ma mre4 ,joie de l'ivresse o ce monde vous oublie1 vous son ,crateur1 pour aimer vos cratures au lieu de vous1 enivr qu'il est du vin invisible d'une volont pervertie et livre aux vils penchants4 ,mais dj dans le cur de ma mre vous aviez commenc votre temple et jet les assises de votre sainte habitation4 ,mon pre n'tait encore1 lui1 que simple catchumne1 et tout rcemment4 ,elle frmit donc de pieuse pouvante1 et trembla2 quoique je ne fusse pas encore fidle1 elle craignit pour moi ces voies tortueuses o s'engagent ceux qui vous prsentent le dos et non la face4 ,hlas6 os-je encore dire que vous gardiez le silence1 mon ,dieu1 quand je m'loignais de vous8 tait-ce ainsi que vous vous taisiez pour moi8 ,et de qui taient donc ces suaves paroles1 que1 par la bouche de ma mre1 votre servante fidle1 vous me disiez l'oreille8 ,et rien n'en descendait dans mon cur pour l'incliner l'obissance4 ,elle me recommandait instamment1 et m'avertit un jour en secret1 avec quelle sollicitude6 je m'en souviens1 de me drober tout amour impudique et surtout adultre4 ,je prenais cela pour des avis de femme1 que j'eusse rougi d'couter4 ,et c'taient les vtres1 et je l'ignorais2 et je pensais que vous vous taisiez1 et que seule elle parlait1 elle par qui vous me parliez2 et c'est vous que je mprisais en elle1 moi son fils1 fils de votre servante1 et votre serviteur4 ,mais je ne savais pas1 et je me prcipitais avec tant d'aveuglement1 qu'entre ceux de mon ge j'tais honteux de mon infriorit de honte2 car je les entendais se vanter de leurs excs1 et se glorifier d'autant plus qu'ils taient plus infmes2 et j'avais cur de pcher1 soif de plaisir et soif de gloire4 ,qu'y a-t-il de blmable que le vice8 ,moi1 crainte du blme1 je devenais plus vicieux1 et1 dfaut de crime rel pour m'galer aux plus corrompus1 je feignais ce que je n'avais point fait2 j'avais peur de paratre d'autant plus mprisable que j'tais plus innocent1 d'autant plus vil que j'tais plus chaste4 ,voil avec quels compagnons je courais les places de ,babylone1 et me roulais dans sa fange comme dans des eaux de senteur et de parfums de cinnamome4 ,et pour m'attacher plus victorieusement au principe du pch1 l'ennemi invisible me foulait aux pieds1 et me sduisait1 si facile que j'tais sduire6 ,sortie du cur de la cit abominable1 mais culminant1 lente encore1 dans les voies du retour1 la mre de ma chair m'avertit bien de garder la pudeur1 et pourtant cette confidence de son mari n'veilla pas en elle la pense de resserrer dans les limites de l'amour conjugal1 sinon de couper au vif1 ces instincts passionns dont les germes1 dj si funestes1 offraient ses alarmes le prsage des plus grands dangers4 ,elle ngligea le remde1 dans la crainte que toute mon esprance ne ft entrave par la chane du mariage2 non pas cette esprance de la vie future qu'elle plaait en vous1 ma pieuse mre1 mais l'esprance d'un avenir littraire dont ils taient l'un et l'autre trop jaloux pour moi2 lui1 parce qu'il ne songeait gure vous et rvait des vanits pour moi2 elle1 parce que loin de croire que ces tudes me fussent nuisibles1 elle les regardait comme des chelons qui devaient m'lever jusqu' votre possession4 ,telles sont les conjectures que hasardent mes souvenirs sur les dispositions de mes parents4 ,et puis1 au lieu d'user d'une sage svrit1 on lchait la bride en mes divertissements la multitude de mes passions drgles1 et un pais brouillard interceptait sans cesse ma vue1 mon ,dieu1 la lumire de votre vrit3 ,et mon iniquit naissait comme de mon embonpoint#gi4 #gi ,ps4 ,,lxxii1 #g4 ,,iv ,larcin4 ,le larcin est condamn par votre loi divine1 ,seigneur1 et par cette loi crite au cur des hommes1 que leur iniquit mme n'efface pas4 ,quel voleur souffre volontiers d'tre vol8 ,quel riche pardonne l'indigent pouss par la dtresse8 ,eh bien6 moi1 j'ai voulu voler1 et j'ai vol sans ncessit1 sans besoin1 par dgot de la justice1 par plnitude d'iniquit2 car j'ai drob ce que j'avais meilleur1 et en abondance4 ,et ce n'est pas de l'objet convoit par mon larcin1 mais du larcin mme et du pch que je voulais jouir4 ,dans le voisinage de nos vignes tait un poirier charg de fruits qui n'avaient aucun attrait de saveur ou de beaut4 ,nous allmes1 une troupe de jeunes vauriens1 secouer et dpouiller cet arbre1 vers le milieu de la nuit1 ayant prolong nos jeux jusqu' cette heure1 selon notre dtestable habitude1 et nous en rapportmes de grandes charges1 non pour en faire rgal1 si toutefois nous y gotmes1 mais ne ft-ce que pour les jeter aux pourceaux3 simple plaisir de faire ce qui tait dfendu4 ,voici ce cur1 ,dieu6 ce cur que vous avez vu en piti au fond de l'abme4 ,le voici1 ce cur2 qu'il vous dise ce qu'il allait chercher l1 pour tre gratuitement mauvais1 sans autre sujet de malice que la malice mme4 ,hideuse qu'elle tait1 je l'ai aime2 j'ai aim prir2 j'ai aim ma difformit2 non l'objet qui me rendait difforme1 mais ma difformit mme1 je l'ai aime6 ,ame souille1 dtache de votre appui pour sa ruine1 n'ayant dans la honte d'autre apptit que la honte6 ,v ,on ne fait point le mal sans intrt4 ,la beaut des corps1 tels que l'or1 l'argent4441 a son attrait4 ,l'attouchement est flatt par une convenance de rapport1 et chaque sens correspond une certaine modification des objets4 ,l'honneur temporel1 la puissance de commander et de vaincre ont leur beaut1 d'o nat aussi la soif de la vengeance4 ,et1 pour atteindre ces jouissances1 nous ne devons pas sortir de vous1 ,seigneur1 ni dvier de votre loi4 ,cette vie mme que nous vivons ici-bas a pour nous charmer sa mesure de beaut et sa juste proportion avec toutes les beauts infrieures4 ,le nud si cher de l'amiti humaine trouve sa douceur dans l'unit de plusieurs mes4 ,cause de pch que tout cela1 quand le drglement de nos affections abandonne1 pour ces derniers biens1 les plus excellents1 les plus sublimes1 vous1 ,seigneur notre ,dieu1 et votre vrit et votre loi4 ,ces biens d'ici-bas ont leur charme1 mais qu'est-il auprs de mon ,dieu1 crateur de l'univers1 unique joie du juste1 dlices des curs droits8 ,recherche-t-on la cause d'un crime1 on n'y croit d'ordinaire1 que s'il apparat un dsir d'obtenir1 une crainte de perdre quelqu'un de ces biens dont nous parlons1 car ils ont leur grce et leur beaut2 mais qu'ils sont bas et rampants1 si l'on songe aux trsors de la gloire et de la batitude6 ,il a t homicide4 ,pourquoi8 ,il convoitait la femme ou l'hritage de son frre1 il a voulu le voler pour vivre1 ou se mettre en garde contre ses larcins2 il brlait de venger une offense4 ,aurait-il tu pour le plaisir mme du meurtre8 ,est-ce croyable8 ,car s'il est dit de cet homme1 monstre de dmence et de cruaut1 qu'il tait gratuitement mchant et cruel1 nous savons nanmoins pourquoi4 ,il craignait1 dit l'historien1 que le repos n'nervt sa main ou son cur#hj4 ,mais ici encore1 pourquoi8 ,il voulait que cette pratique du crime le rendt matre de ,rome1 ft tomber dans ses mains honneurs1 richesses1 autorit1 l'affrancht de la crainte des lois et de cette dtresse o le rduisaient la perte de sa fortune et la conscience de ses crimes4 ,ce ,catilina n'aimait donc pas ses forfaits mmes1 mais la fin qui le portait les commettre4 #hj ,sallust41 ,de ,bello ,catil41 ,,ix4 ,,vi ,il se trouve dans les pchs une imitation fausse des perfections divines4 ,qu'ai-je donc aim en toi1 malheureux larcin1 crime nocturne de mes seize ans8 ,tu n'tais pas beau1 tant un larcin2 es-tu mme quelque chose1 pour que je parle toi8 ,ces fruits vols par nous taient beaux1 parce qu'ils taient votre uvre1 beaut infinie1 ,crateur de toutes choses1 ,dieu bon1 ,dieu souverain bien et mon bien vritable4 ,ces fruits taient beaux2 mais ce n'tait pas eux que convoitait mon me misrable2 j'en avais de meilleurs en abondance2 je ne les ai donc cueillis que pour voler4 ,car aussitt je les jetai1 ne savourant que l'iniquit1 ma seule jouissance1 ma seule joie4 ,si j'en approchai quelqu'un de ma bouche1 je n'y gotai que la saveur de mon crime4 ,et maintenant1 ,seigneur mon ,dieu1 je cherche ce qui m'a plu dans ce larcin1 et je n'y vois aucune ombre de beaut4 ,je ne parle point de cette beaut qui rside dans l'quit1 dans la prudence2 ou bien1 dans l'esprit de l'homme1 sa mmoire1 ses sens1 sa vie vgtative2 ni de la splendide harmonie des corps clestes1 et de la terre et de la mer se peuplant de cratures par une continuelle succession de naissances et de morts2 ni mme de cette beaut menteuse1 voile des vices dcevants4 ,car l'orgueil contrefait l'lvation1 et vous seul1 mon ,dieu1 tes lev au-dessus de tous les tres4 ,l'ambition1 que cherche-t-elle1 sinon les honneurs et la gloire8 ,et vous seul devez tre honor1 seul glorifi dans tous les sicles4 ,la tyrannie veut se faire craindre2 et qui est craindre que vous seul1 ,dieu8 ,votre pouvoir se laisse-t-il jamais rien ravir1 rien soustraire1 ici1 l1 par personne8 ,et les profanes caresses veulent tre de l'amour2 mais quoi de plus caressant que votre amour8 ,quoi de plus heureusement aimable que la beaut resplendissante et souveraine de votre vrit8 ,la curiosit se donne pour la passion de la science2 et vous seul possdez la science universelle et suprme4 ,l'ignorance mme et la stupidit ne se couvrent-elles pas du nom de simplicit et d'innocence1 parce que rien ne saurait tre plus simple que vous1 rien de plus innocent que vous1 vos uvres tant ennemies du mal8 ,la paresse prtend n'tre que l'apptence du repos2 et quel repos assur1 que dans le ,seigneur8 ,le luxe se dit magnificence2 mais vous tes la source vive et inpuisable des incorruptibles dlices4 ,la profusion se farde des traits de la libralit2 mais vous tes l'opulent dispensateur de toutes largesses4 ,l'avarice veut beaucoup possder1 et vous possdez tout4 ,l'envie dispute la prminence2 quoi de plus minent que vous8 ,la colre cherche la vengeance2 qui se venge plus justement que vous8 ,la crainte frmit des soudaines rencontres1 menaantes pour ce qu'elle aime2 elle veille sa scurit3 mais pour vous est-il rien d'trange1 rien de soudain8 ,qui vous spare de ce que vous aimez8 ,hors de vous1 o est la constante scurit8 ,la tristesse se consume dans la perte des jouissances passionnes1 parce qu'elle voudrait qu'il lui ft aussi impossible qu' vous de rien perdre4 ,ainsi l'me devient adultre lorsque1 dtourne de vous1 elle cherche hors de vous ce qu'elle ne trouve1 pur et sans mlange1 qu'en revenant vous4 ,ceux-l vous imitent avec perversit1 qui s'loignent de vous1 qui s'lvent contre vous4 ,et toutefois1 en vous imitant ainsi1 ils montrent que vous tes le crateur de l'univers1 et que vous ne laissez aucune place o l'on puisse se retirer entirement de vous4 ,et moi1 qu'ai-je donc aim dans ce larcin8 ,en quoi ai-je imit mon ,dieu8 faux et criminel imitateur6 ,ai-je pris plaisir enfreindre la loi par la ruse1 cette puissance de la faiblesse8 ,esclave chapp1 mais tranant la chane de la licence1 ai-je trouv dans la facult de violer impunment la justice une tnbreuse image de la ,toute-,puissance8 ,esclave malheureux qui fuit son matre et n'atteint qu'une ombre6 ,o corruption6 monstre de vie6 abme de mort6 ,ce qui tait illicite a-t-il pu me plaire1 et par cela seul qu'il tait illicite8 ,,vii ,actions de grces4 ,que rendrai-je au ,seigneur qui dlivre mon me du trouble de ces souvenirs8 ,que je vous aime1 ,seigneur1 que je vous rende grces et confesse votre nom1 vous qui m'avez remis tant de criminelles et abominables uvres6 ,a votre grce1 votre misricorde je rapporte la gloire d'avoir fondu la glace de mes pchs4 ,a votre grce je rapporte tout ce que je n'ai pas fait de mal4 ,eh6 de quoi n'tais-je point capable1 ayant aim le crime sans intrt8 ,et je confesse que tout m'est pardonn1 et le mal que j'ai fait de gr1 et celui que m'a pargn votre misricorde4 ,quel mortel1 mditant sur son infirmit1 oserait attribuer ses propres forces sa chastet et son innocence1 et se croirait en droit de vous moins aimer1 comme s'il et eu moins besoin de ce misricordieux pardon que vous accordez au repentir des pcheurs8 ,que l'homme qui1 docile l'appel de votre voix1 a vit tous ces dsordres dont je publie le souvenir et l'aveu1 se garde de rire s'il me voit guri par le mme mdecin qui il doit de n'avoir pas t ou plutt d'avoir t moins malade2 qu'il vous en aime davantage1 reconnaissant que celui qui me dlivre est le mme qui l'a prserv des mortelles dfaillances du pch4 ,,viii ,ce qu'il avait aim dans ce larcin4 ,malheureux6 quel avantage trouvais-je donc alors dans ces actions1 dont aujourd'hui la pense me fait rougir1 et surtout dans ce vol o je n'aimai que lui1 rien que lui2 rien sans doute1 car lui-mme n'tait rien1 misre6 ,et pourtant seul je ne l'eusse pas fait4 ,ma mmoire me reprsente bien mon me alors2 non1 seul1 je ne l'eusse pas fait4 ,c'est donc1 en outre1 la socit de mes complices que j'ai aime4 ,j'ai donc aim autre chose que le vol8 ,mais quoi8 rien2 car cela mme encore n'est rien4 ,qu'y a-t-il donc l en ralit8 ,qui me l'enseignera1 que ,celui qui claire mon cur et en dissipe les tnbres8 ,quelle est enfin la cause de cet acte coupable8 ,mon esprit la recherche2 il la poursuit2 il veut la pntrer4 ,si j'aimai ces fruits1 si je les dsirai1 que ne les volai-je seul8 ,ne suffisait-il pas ma convoitise de commettre l'iniquit1 sans envenimer par le frottement de la complicit les dmangeaisons de mon dsir8 ,mais ce plaisir que ces fruits ne me donnaient pas1 je ne le trouvais dans le pch que par cette association de pcheurs4 ,,ix ,liaisons funestes4 ,quel tait donc cet instinct de mon me8 ,vil et honteux instinct6 ,ame misrable1 tu t'es livre lui6 ,quel tait enfin cet instinct maudit8 ,oh6 qui peut sonder l'abme des pchs#ha8 ,c'tait un rire malin qui nous chatouillait le cur l'ide de tromper un homme1 et de prparer sa scurit un fcheux rveil4 ,pourquoi donc n'avais-je de plaisir1 que prcisment parce que je n'tais pas seul8 ,seul1 est-il plus difficile de rire8 ,il est vrai2 et cependant1 un homme est seul1 et le rire s'empare de lui1 si un objet ridicule frappe ses sens ou son esprit4 ,mais moi je n'eusse rien fait seul2 non1 seul1 je n'eusse rien fait4 #ha ,ps4 ,,xviii1 #ac4 ,oui1 mon ,dieu1 voici devant vous la vivante souvenance de mon me6 ,seul1 je n'eusse pas commis ce larcin1 n'en aimant pas l'objet1 n'aimant que lui-mme4 ,seul1 je n'eusse trouv aucun plaisir le faire1 je ne l'eusse point fait4 ,o amiti ennemie1 sduction de l'esprit1 subtile ardeur de nuire inspire par l'entrain et le jeu1 sans cupidit1 sans passion vindicative1 sur un seul mot3 ,allons1 drobons6 et l'on rougit de rougir encore6 ,x lans vers ,dieu4 ,qui dmlera ces tortueux replis1 ce nud inextricable8 ,il recle la honte2 je n'y veux plus penser2 je ne le veux plus voir4 ,c'est vous que je veux1 justice1 innocence1 si belle aux chastes regards1 dont la possession nous laisse insatiables4 ,en vous est la paix profonde et la vie inaltrable4 ,celui qui entre en vous1 entre dans la joie de son ,seigneur#hb4 ,libre de toute crainte1 il demeurera souverainement bien dans le ,bien souverain4 ,j'ai driv loin de vous1 mon ,dieu2 mon adolescence s'est coule hors de votre stabilit1 et je suis devenu moi-mme une contre d'indigence4 #hb ,matth41 ,,xxv1 #ba4 ,,livre ,,troisi,,me ,amours impures4--,il tombe1 dix-neuf ans1 dans l'hrsie des ,manichens4--,prires et larmes de sa mre4--,paroles prophtiques d'un vque4 ,i ,amours impures4 ,je vins ,carthage1 o bientt j'entendis frmir autour de moi le brasier des honteuses amours4 ,je n'aimais pas encore1 et j'aimais aimer2 et par une indigence secrte1 je m'en voulais de n'tre pas encore assez indigent4 ,je cherchais un objet mon amour1 aimant aimer2 et je hassais ma scurit1 ma voie exempte de piges4 ,mon cur dfaillait1 vide de la nourriture intrieure1 de vous-mme1 mon ,dieu2 et ce n'tait pas de cette faim-l que je me sentais affam2 je n'avais pas l'apptit des aliments incorruptibles1 non que j'en fusse rassasi2 je n'tais dgot que par inanition4 ,et mon me tait mal portante1 et couverte de plaies1 et se jetant misrablement hors d'elle-mme1 elle mendiait ces vifs attouchements qui devaient envenimer son ulcre4 ,c'est la vie que l'on aime dans les cratures3 aimer1 tre aim m'tait encore plus doux1 quand la personne aimante se donnait toute moi4 ,je souillais donc la source de l'amiti des ordures de la concupiscence2 je couvrais sa srnit du nuage infernal de la dbauche4 ,hideux et infme1 dans la plnitude de ma vanit1 je prtendais encore l'urbanit lgante4 ,et je tombai dans l'amour o je dsirais tre pris4 ,o mon ,dieu1 ma misricorde1 de quelle amertume votre bont a assaisonn ce miel6 ,je fus aim6 j'en vins aux liens secrets de la jouissance1 et joyeux1 je m'enlaais dans un rseau d'angoisses1 pour tre bientt livr aux verges de fer brlantes de la jalousie1 des soupons1 des craintes1 des colres et des querelles4 ,,ii ,thtres4 ,je me laissais ravir au thtre1 plein d'images de mes misres1 et d'aliments ma flamme4 ,mais qu'est-ce donc8 et comment l'homme veut-il s'apitoyer au spectacle des aventures lamentables et tragiques qu'il ne voudrait pas lui-mme souffrir8 ,et cependant1 spectateur1 il veut en souffrir de la douleur1 et cette douleur mme est son plaisir4 ,qu'est-ce donc1 sinon une pitoyable maladie d'esprit8 ,car notre motion est d'autant plus vive1 que nous sommes moins guris de ces passions2 quoique ptir s'appelle misre et compatir1 misricorde4 ,mais quelle est cette compatissance pour des fictions scniques8 ,appelle-t-on l'auditeur au secours8 ,non1 il est convi seulement se douloir1 et il applaudit l'acteur1 en raison de la douleur qu'il reoit4 ,et si la reprsentation de ces infortunes1 antiques ou imaginaires1 le laisse sans impressions douloureuses1 il se retire le ddain et la critique la bouche4 ,est-il douloureusement mu1 il demeure attentif1 et pleure avec joie4 ,mais tout homme veut se rjouir2 d'o vient donc cet amour des larmes et de la douleur8 ,le plaisir1 que la misre exclut1 se trouve-t-il dans la commisration8 ,et ce sentiment fait-il aimer la douleur dont il ne saurait se passer8 ,l'amour est la source de ces sympathies4 ,o va cependant1 o s'coule ce flot8 ,au torrent de poix bouillante1 au gouffre ardent des noires volupts1 o il change et se confond lui-mme1 gar si loin1 et dchu de la limpidit cleste4 ,faut-il donc rpudier la compassion8 ,nullement4 ,la douleur est donc parfois aimable2 mais garde-toi de l'impuret1 mon me1 sous la tutelle de mon ,dieu1 ,dieu de nos pres1 qui doit tre lou et exalt dans tous les sicles2 garde-toi de l'impuret1 car je ne suis pas aujourd'hui ferm la commisration4 ,mais alors1 au thtre1 j'entrais dans la joie de ces amants qui se possdaient dans le crime1 et pourtant ce n'tait que feinte et jeux imaginaires4 ,alors qu'ils taient perdus l'un pour l'autre1 je me sentais comme une compatissante tristesse3 et pourtant je jouissais de ce double sentiment4 ,aujourd'hui1 j'ai plus en piti la joie dans le vice1 que les prtendues souffrances nes de la ruine d'une pernicieuse volupt1 et de la perte d'une flicit malheureuse4 ,assurment1 c'est l une compassion vraie2 mais la douleur n'y est plus un plaisir4 ,car si la charit approuve celui qui plaint douloureusement un afflig1 nanmoins1 une piti vraiment paternelle prfrerait qu'il n'y et point une douleur plaindre4 ,et1 en effet1 la bonne volont ne saurait pas plus vouloir le mal1 que le vrai misricordieux dsirer qu'il y ait des misrables pour exercer sa misricorde4 ,il est donc certaine douleur permise1 il n'en est point que l'on doive aimer4 ,n'est-ce pas ainsi1 ,seigneur mon ,dieu1 que vous aimez les mes d'un amour infiniment plus pur que nous1 et d'une compassion d'autant plus incorruptible1 que vous ne sentez l'atteinte d'aucune douleur4 ,mais l'homme en est-il capable8 ,malheureux que j'tais1 j'aimais me douloir1 et je cherchais des sujets de douleurs4 ,dans ces infortunes trangres et fausses1 ces infortunes de saltimbanques1 jamais le jeu d'un histrion ne me plaisait1 ne m'attachait par un charme plus fort que celui des larmes qui jaillissaient de mes yeux4 ,pauvre brebis gare de votre troupeau1 impatiente de votre houlette1 faut-il s'tonner que je fusse couvert d'une lpre honteuse8 ,et voil d'o venait mon amour pour ces douleurs1 non toutefois jusqu'au dsir d'en tre pntr plus avant4 ,car je n'eusse pas aim souffrir ce qui me plaisait voir2 mais ces rcits1 ces fictions m'effleuraient vivement la chair1 et1 comme l'ongle envenim1 elles soulevaient bientt une brlante tumeur1 distillant le pus et la sanie4 ,telle tait ma vie3 tait-ce une vie1 mon ,dieu8 ,,iii ,insolence de la jeunesse de ,carthage4 ,et votre misricorde fidle planait de loin1 les ailes tendues sur moi4 ,en quelles dissolutions ne me suis-je pas consum8 ,loin de vous1 j'ai suivi une curiosit sacrilge1 qui m'amena au plus profond de l'infidlit1 au culte trompeur des dmons1 qui j'offrais un sacrifice de malice4 ,et je tournais toujours sous votre fouet4 ,n'ai-je pas os1 mme pendant la clbration d'une solennit sainte1 dans votre sanctuaire1 convoiter l'impudicit et marchander des fruits de mort8 ,votre main s'est appesantie davantage sur moi1 mais non en raison de ma faute1 mon ,dieu1 mon immense misricorde1 mon refuge contre ces pouvantables pcheurs1 avec qui je m'garais2 prsomptueux1 la tte haute1 toujours plus loin de vous1 aimant mes voies et non les vtres1 aimant ma libert d'esclave fugitif4 ,ces tudes1 prtendues honntes1 avaient leur aboutissant au forum de la chicane2 et j'aspirais me distinguer l o les succs se mesurent aux mensonges4 ,tel est l'aveuglement des hommes1 et cet aveuglement mme1 ils s'en glorifient6 ,et dj je l'emportais l'cole du rhteur2 et ma joie tait superbe1 et j'tais gonfl de vent4 ,mais pourtant1 plus retenu que les autres1 ,seigneur1 vous le savez1 j'tais bien loign de dmolir avec les dmolisseurs4 7,ce nom de furies et de dmons reoit une acception d'urbanit74 ,et je vivais avec eux1 impudent dans ma pudeur1 puisque je n'tais pas comme eux2 et je trouvais parfois du plaisir dans leur familiarit1 malgr l'horreur que m'inspiraient leurs actes1 ces dmolitions effrontes dont ils assaillaient la modestie de l'tranger1 faisant de son trouble la pture de leurs malingres joies4 ,quoi de plus semblable aux actes des dmons8 ,et pouvaient-ils s'appeler mieux que dmolisseurs8 ,mais1 dmolisseurs dmolis6 premires dupes de leur malice mme1 qui les livrait aux secrtes rises des esprits de mensonge4 ,,iv ,il se passionne pour la sagesse la lecture de l',hortensius de ,cicron4 ,c'est en telle compagnie que1 dans un ge encore tendre1 j'tudiais l'loquence1 o je dsirais exceller frivole et damnable fin1 les joies de la vanit humaine4 ,et l'ordre suivi dans cette tude m'avait mis sous les yeux un livre d'un certain ,cicron1 dont on admire plus gnralement la langue que le cur4 ,ce livre contient une exhortation la philosophie1 c'est l',hortensius4 ,sa lecture changea mes sentiments2 elle changea les prires que je vous adressais vous-mme1 ,seigneur2 elle rendit tout autres mes vux et mes dsirs4 ,je ne vis soudain que bassesse dans l'esprance du sicle1 et je convoitai l'immortelle sagesse avec un incroyable lan de cur1 et dj je commenais me lever pour revenir vous4 ,car je ne songeais plus raffiner mon langage1 unique fruit que payaient pour un fils de dix-neuf ans les pargnes de ma mre1 veuve depuis plus de deux annes2 non1 je ne rapportais plus la vanit du langage la lecture de ce livre2 il m'avait persuad ce qu'il disait et non pas son bien dire4 ,oh6 comme je brlais1 mon ,dieu1 comme je brlais de revoler de la terre vous6 et je ne savais pas ce que vous faisiez en moi4 ,car la sagesse est en vous1 et ce n'est que l'amour de la sagesse1 nomm par les ,grecs philosophie1 que cette lecture allumait en moi4 ,il est des hommes qui se servent de la philosophie pour tromper1 et1 de ce nom si grand1 si sduisant1 si vnrable1 ils colorent et fardent leurs erreurs4 ,et tous les prtendus sages de son temps ou des sicles antrieurs1 l'auteur de l',hortensius les note et les montre du doigt1 rendant sans le vouloir tmoignage l'avertissement salutaire que votre ,esprit a publi par votre saint et fidle serviteur3 ,prenez garde que personne ne vous surprenne par la philosophie1 par de vaines subtilits1 selon les traditions des hommes1 selon les principes d'une fausse science naturelle1 et non selon le ,christ2 car en lui habite corporellement toute la plnitude de la divinit#hc4 #hc ,coloss41 ,,ii1 #h1 #i4 ,et en ce temps1 vous le savez1 lumire de mon cur1 j'ignorais encore ces paroles de l',aptre1 et ce qui me plaisait uniquement en cette exhortation1 c'est que1 ne proposant mon choix aucune secte1 mais la sagesse elle-mme quelle qu'elle ft1 elle n'offrait mon amour1 mes dsirs1 ma poursuite1 d'autre objet que cette chaste possession4 ,et je brlais1 et je dbordais d'enthousiasme2 une chose seule ralentissait un peu mes transports3 le nom du ,christ n'tait pas l4 ,ce nom1 suivant le dessein de votre misricorde1 ,seigneur1 ce nom de mon ,sauveur votre ,fils1 avait t amoureusement bu par mon tendre cur avec le lait mme de ma mre1 il y tait demeur au fond2 et1 sans ce nom1 nul livre1 si rempli qu'il ft de doctrine1 d'loquence et de vrit1 ne pouvait me ravir tout entier4 ,v ,son mpris pour l'criture4 ,je pris donc la rsolution d'appliquer mon esprit la sainte criture1 et de connatre ce qu'elle tait4 ,je le sais aujourd'hui3 une chose qui ne se dvoile ni la pntration des superbes1 ni la simplicit des enfants2 entre basse1 votes immenses1 partout un voile de mystres6 ,et je n'tais pas capable d'y entrer1 ni de plier ma tte son allure4 ,car alors je n'en pensais pas comme j'en parle aujourd'hui3 elle me semblait indigne d'tre mise en parallle avec la majest cicronienne4 ,mon orgueil rpudiait sa simplicit1 et mon regard ne pntrait pas ses profondeurs4 ,et c'tait pourtant cette criture qui veut crotre avec les petits3 mais je ddaignais d'tre petit2 et enfl de vaine gloire1 je me croyais grand4 ,,vi ,il tombe dans l'erreur des ,manichens4 ,aussi1 je rencontrai des hommes1 au superbe dlire1 charnels et parleurs2 leur bouche reclait un pige diabolique1 une glu compose du mlange des syllabes de votre nom1 et des noms de ,notre-,seigneur ,jsus-,christ et du ,paraclet consolateur1 l',esprit-,saint4 ,ces noms rsidaient toujours sur leurs lvres1 mais ce n'tait qu'un son vainement articul2 leur cur tait vide du vrai4 ,et ils disaient3 ,vrit1 vrit2 ils me la nommaient sans cesse1 et jamais elle n'tait en eux4 ,ils dbitaient l'erreur1 non seulement sur vous1 qui tes vraiment la vrit1 mais aussi sur ce monde lmentaire1 votre ouvrage1 o je devais m'lancer bien au del des vrits mmes connues des philosophes1 grce votre amour1 mon ,pre1 bont souveraine1 beaut de toutes les beauts6 ,vrit1 vrit1 combien alors mme1 et du plus profond de mon me1 je soupirais pour vous1 quand1 si souvent1 et de mille manires1 ces hommes faisaient autour de moi bruire votre nom1 qui n'tait qu'un son sur leurs lvres et dans leurs nombreux et longs ouvrages6 ,et les mets qu'ils me servaient1 moi affam de vous1 c'taient1 au lieu de vous1 la lune1 le soleil1 chefs-d'uvre de vos mains1 mais votre uvre1 et non pas vous1 ni mme votre uvre suprme2 car vos cratures spirituelles sont encore plus excellentes que ces corps clatants de lumire et roulant dans les cieux4 ,et ce n'tait pas de ces cratures excellentes1 c'tait de vous seule1 vrit sans changement et sans ombre1 que j'avais faim et soif2 et l'on ne prsentait ma table que de splendides fantmes4 ,et mieux et valu attacher mon amour ce soleil1 vrai du moins pour les yeux1 qu' ces mensonges qui1 par les yeux1 trompent l'esprit4 ,et toutefois je les prenais pour vous1 et je m'en nourrissais1 mais sans avidit1 car mon palais ne me rendait pas la saveur de votre ralit2 et vous n'tiez rien de toutes ces vaines fictions1 o je trouvais moins aliment qu'puisement4 ,la nourriture imaginaire de nos songes est semblable la nourriture de nos veilles1 et elle laisse notre sommeil jeun4 ,mais ces vanits ne vous ressemblaient en rien1 comme depuis votre parole me l'a fait connatre2 ce n'taient que rves insenss1 corps fantastiques1 bien loigns de la certitude de ces corps rels1 soit clestes1 soit terrestres1 que nous voyons de l'il charnel1 de l'il des brutes et des oiseaux2 corps plus vrais nanmoins dans leur ralit que dans notre imagination2 mais combien notre imagination est plus vraie que cette induction chimrique qui se plat en souponner d'immenses1 d'infinis1 pur nant1 dont alors je me repaissais vide6 ,mais vous1 mon amour1 en qui je me meurs pour tre fort1 vous n'tes ni ces corps que nous voyons dans les cieux1 ni ceux que nous ne pouvons voir de si bas2 car ils ne sont que vos cratures1 et mme ne rsident pas au fate de votre cration4 ,combien donc tes-vous loin de ces folles conceptions1 de ces chimres de corps qui n'ont aucun tre1 qui ont moins de certitude que les images mmes des corps rels1 entits plus certaines que ces images1 et qui ne sont pas vous6 ,vous n'tes pas mme l'me qui est leur vie1 cette vie des corps meilleure et plus certaine que les corps2 mais vous tes la vie des mes1 la vie des vies1 indpendante et immuable vie1 vie de mon me6 ,o tiez-vous alors1 quelle distance de moi8 ,et je voyageais loin de vous1 sevr mme du gland dont je paissais les pourceaux4 ,combien les fables des grammairiens et des potes sont prfrables ces mensonges6 ,ces vers1 cette posie1 cette ,mde qui s'envole1 sont encore plus utiles que les cinq lments1 bizarrement travestis pour correspondre aux cinq cavernes de tnbres1 nant qui tue l'me crdule4 ,la posie1 l'art des vers sont encore des aliments de vrit4 ,et je dclamais le vol de ,mde1 sans l'affirmer2 je l'entendais dclamer1 sans y croire2 mais ces autres folies1 je les ai crues4 ,malheur6 ,malheur6 ,par quels degrs ai-je roul au fond de l'abme8 ,o mon ,dieu1 je vous confesse mon erreur1 vous qui avez eu piti de moi quand je ne vous la confessais pas encore2 je vous cherchais1 dans une laborieuse et haletante pnurie de vrit2 je vous cherchais1 non par l'intelligence raisonnable qui m'lve au-dessus des animaux1 mais par le sens charnel1 et vous tiez intrieur l'intimit1 suprieur aux sommits de mon me4 ,je rencontrai l'nigme de ,salomon1 cette femme hardie1 pauvre en sagesse1 assise devant sa porte1 o elle crie3 ,mangez et buvez sans crainte2 le pain cach est plus agrable et les eaux drobes sont plus douces#hd4 ,cette femme me sduisit1 parce qu'elle me trouva tout au dehors1 habitant l'il de ma chair1 et ruminant en moi tout ce qu'il m'avait donn dvorer4 #hd ,prov41 ,,ix1 #ag4 ,,vii ,folie des ,manichens4 ,car je ne souponnais pas cette autre nature qui seule est en vrit1 et je me dmenais en subtilits pour complaire ces ridicules imposteurs1 quand ils me demandaient d'o vient le mal2 si ,dieu est born aux limites d'une forme corporelle2 s'il a des cheveux et des ongles1 et s'il faut tenir pour justes ceux qui avaient plusieurs femmes1 tuaient des hommes et sacrifiaient des animaux4 ,ces questions troublaient mon ignorance2 je me retirais de la vrit1 et me figurais aller vers elle1 parce que je ne savais pas que le mal n'est que la privation du bien1 privation dont le dernier terme est le nant4 ,et pouvais-je le voir1 moi dont la vue s'arrtait au corps1 et l'esprit au fantme8 ,et je ne savais pas que ,dieu est un esprit qui n'a point de membres mesurables en longueur et largeur1 dont l'tre n'est point masse1 car la masse est moindre en sa partie qu'en son tout4 ,et ft-elle infinie1 elle est moindre dans un espace dfini que dans un infini2 et elle n'est pas toute en tous lieux1 comme l'esprit1 comme ,dieu4 ,et j'ignorais ce qui est en nous1 par quoi nous sommes semblables ,dieu1 et en quel sens l'criture a raison de dire que nous sommes faits son image#he4 #he ,gen41 ,i1 #bg4 ,et je ne connaissais pas cette vraie justice intrieure1 qui ne juge pas sur la coutume1 mais sur la loi de rectitude du ,dieu tout-puissant1 qui ordonne les murs des pays et des jours1 selon les pays et les jours1 toujours et partout la mme1 pas autre en d'autres lieux1 pas autre en d'autres temps2 devant qui sont justes ,abraham1 ,isaac1 ,jacob1 ,mose1 ,david et tous ces hommes lous de la bouche de ,dieu1 jugs injustes par les ignorants qui jugent au jour de l'homme1 et soumettent la conduite universelle du genre humain au point de vue de leur sicle et de leur foyer4 ,novice aux armes1 tu ignores quel membre s'ajuste ce casque1 ce cuissart2 tu prends l'un pour chaussure1 l'autre pour te couvrir la tte1 et tu prtends en murmurant que l'armure n'est pas ta taille6 ,un jour1 aprs l'heure du midi1 toute vente est prohibe3 ce marchand va-t-il se rvolter contre cette dfense1 parce qu'elle n'existait pas ce matin8 ,trouveras-tu trange1 dans une maison1 que tel serviteur touche des objets interdits celui qui verse boire8 que l'on fasse l'curie ce qui n'est pas permis table8 ,et faut-il s'tonner que1 sous le mme toit1 dans la mme troupe d'esclaves1 mme permission ne soit donne ni partout1 ni tous8 ,telle est l'erreur de ceux qui ne peuvent souffrir qu'il ait t permis aux justes des anciens jours ce qui n'est pas permis aux justes d'aujourd'hui2 et que ,dieu ait fait tel commandement ceux-ci1 tel ceux-l1 pour des raisons temporelles1 tous nanmoins demeurant esclaves de l'ternelle justice2 et cependant1 dans un mme homme1 dans un mme jour1 sous un mme toit1 ce qui sied un membre rpugne l'autre2 ce qui est loisible maintenant cessera de l'tre dans une heure2 ce qui est permis ou ordonn l est ici justement dfendu et puni4 ,est-ce dire que la justice est diffrente et muable8 ,non2 mais les temps qu'elle gouverne changent dans leur fuite1 car ils sont temps4 ,et les hommes1 trop courts de jours et de vue pour embrasser dans leur ensemble les principes rgulateurs des sicles passs et des diffrentes socits humaines en les rattachant aux lments contemporains1 mais apercevant sans peine ce qui1 dans un seul corps1 un seul jour1 une seule maison1 convient tel membre1 tel moment1 tel lieu1 telle personne1 se soumettent l'ordre particulier1 et se rvoltent contre l'ordre gnral4 ,j'ignorais alors ces vrits1 et je n'y songeais pas2 elles frappaient mes yeux de toutes parts1 et je ne voyais pas4 ,et quand je dictais des vers1 je savais bien qu'il ne m'tait pas permis de placer indiffremment un pied quelconque1 qu'il fallait garder l'ordre dans la varit des mesures1 et que1 dans un mme vers1 le mme pied ne pouvait se rpter partout1 quoique l'art lui-mme1 qui prsidait mes chants1 soit constant1 universel1 indivisible dans sa lgislation4 ,et je ne considrais pas que la justice1 souveraine des bonnes et saintes mes1 contient1 d'une manire infiniment plus excellente et plus sublime1 toutes les rgles qu'elle a donnes1 partout invariable et appropriant nanmoins la varit des temps1 non pas l'universalit1 mais la convenance particulire de ses prceptes4 ,aveugle que j'tais1 je blmais ces saints patriarches qui ont us du prsent suivant l'inspiration de ,dieu1 et annonc l'avenir qu'il dvoilait leurs yeux6 ,,viii ,ce que ,dieu commande devient permis4 ,o1 quand est-il injuste d'aimer ,dieu de tout son cur1 de toute son me1 de tout son esprit1 et son prochain comme soi-mme8 ,au rebours1 les crimes contre nature1 tels que ceux de ,sodome1 appellent partout et toujours l'horreur et le chtiment4 ,que si tous les peuples imitaient ,sodome1 ils seraient tenus de la mme culpabilit devant la loi divine1 qui n'a pas fait les hommes pour user ainsi d'eux-mmes4 ,car c'est violer l'alliance qui doit tre entre nous et ,dieu que de profaner par de vils apptits de dbauche l'ordre naturel dont il est l'auteur4 ,pour les dlits contraires aux coutumes locales1 ils se doivent viter selon la diversit des murs3 le pacte social tabli dans une ville1 chez un peuple1 par l'usage ou la loi1 ne saurait tre enfreint suivant le caprice d'un citoyen ou d'un tranger4 ,il y a difformit dans toute partie en dsaccord avec son tout4 ,mais quand ,dieu ordonne contre la coutume1 contre la loi1 o que ce soit1 c'est chose faire1 n'et-elle jamais t faite2 renouveler1 si elle est oublie4 ,n'est-elle pas tablie2 il faut l'tablir4 ,s'il est permis un roi1 dans la ville o il rgne1 ce que nul avant lui1 et ce que lui-mme n'avait point encore voulu1 lui obir1 ce n'est pas violer l'ordre de la ville1 c'est le violer plutt que de ne pas lui obir2 car le pacte fondamental de la socit humaine est l'obissance aux rois4 ,combien donc est-il plus raisonnable de voler l'excution des volonts du grand ,roi de l'univers8 ,dans la hirarchie des pouvoirs humains1 la prsance de l'autorit suprieure sur la moindre est reconnue par le sujet2 ,dieu la prsance absolue4 ,mme rprobation de tout crime o se trouve le dsir de nuire par propos outrageants1 par acte de violence1 soit inimiti vindicative1 soit convoitise d'un bien tranger qui prcipite le brigand sur le voyageur1 soit prcautions de la peur fatales qui l'inspire1 soit envie du misrable qui jalouse un heureux1 de l'heureux qui craint ou souffre de trouver un gal2 soit simple got du mal d'autrui1 qui sduit les spectateurs des combats de l'arne1 et les rieurs et les railleurs4 ,voil les grands chefs d'iniquit qui ont leurs racines dans la triple concupiscence de dominer1 de voir1 de sentir1 tantt spare1 tantt runie4 ,et la vie est mauvaise1 qui s'lve contre l'harmonie des dix cordes1 contre le psaltrion de votre dcalogue1 ,dieu1 toute puissance et toute suavit4 ,mais quels crimes peuvent vous atteindre1 vous que rien ne corrompt8 ,quels forfaits vous intressent1 vous qui rien ne peut nuire8 ,et nanmoins vous vous portez vengeur de tout ce que les hommes attentent contre eux-mmes1 parce qu'en vous offensant ils traitent leurs mes avec impit1 car l'iniquit est infidle contre elle-mme2 parce qu'ils dpravent ou ruinent leur nature que vous avez faite et ordonne1 soit par l'abus des choses permises1 soit par l'impur dsir et l'usage prvaricateur des choses dfendues2 parce qu'ils entreprennent contre vous dans les rvoltes de leur cur et les blasphmes de leur parole1 et regimbent contre l'aiguillon2 parce que1 brisant toutes les barrires de la socit humaine1 ils s'applaudissent avec audace des factions et des cabales qu'lvent leur intrt ou leur ressentiment4 ,et ces dsordres arrivent lorsqu'on vous abandonne1 source de la vie1 seul et vritable crateur et modrateur du monde1 lorsqu'un orgueil priv poursuit d'un amour troit un objet d'erreur4 ,aussi n'est-ce que par l'humble pit qu'on a retour vers vous2 vous nous dlivrez alors de l'habitude du mal4 ,propice l'aveu du pcheur1 vous exaucez les gmissements de l'esclavage2 vous brisez les fers que nous nous sommes forgs nous-mmes1 pourvu que nous ne dressions plus contre vous cette corne infernale d'une fausse libert1 jaloux d'avoir davantage1 au risque de tout perdre1 prfrant notre bien particulier vous1 seul bien de tous les tres4 ,,ix ,dieu juge autrement que les hommes4 ,mais en outre de cette multitude de souillures et d'iniquits1 il est des pchs commis dans les voies de retour1 qui1 justement blms suivant la lettre de la loi de perfection1 trouvent faveur comme esprance du fruit venir1 comme l'herbe prsage de la moisson4 ,et il est des actes qui1 coupables en apparence1 sont nanmoins innocents parce qu'ils ne portent atteinte ni vous1 ,seigneur mon ,dieu1 ni la socit civile3 ainsi1 certaines satisfactions donnes l'entretien de la vie1 selon les habitudes d'une poque1 sans qu'on ait sujet d'accuser une convoitise drgle2 ainsi l'exercice rigoureux d'une autorit lgitime1 imputable au dsir de rprimer plutt qu'au besoin de nuire4 ,combien d'actions rprhensibles aux yeux des hommes1 autorises par votre tmoignage6 combien loues par eux1 que votre justice condamne6 si diffrentes sont souvent l'apparence de l'action1 l'intention du cur1 et la donne secrte des circonstances6 ,mais quand soudain vous commandez une chose extraordinaire1 jusqu'alors dfendue pas vous1 tinssiez-vous caches pour un temps les raisons de votre commandement1 ft-il contraire aux conventions sociales de quelques hommes1 qui doute qu'il ne faille obir1 puisqu'il n'est de socit lgitime que celle qui vous obit8 ,mais heureux celui dont l'obissance a pressenti votre volont4 ,toutes les actions de vos serviteurs sont l'expression des ncessits du prsent ou la figure de l'avenir4 ,x ,extravagance des ,manichens4 ,dans mon ignorance1 je me raillais de ces hommes divins1 vos serviteurs et vos prophtes4 ,et que faisais-je en riant des saints que vous apprter rire de moi8 ,j'en tais venu peu peu la niaiserie de croire que la figue que l'on cueille et l'arbre maternel pleurent avec des larmes de lait2 et que si un saint selon ,mans et mang cette figue1 innocent toutefois du crime de l'avoir cueillie1 c'taient des anges mls son haleine1 c'taient mme des parcelles de ,dieu1 que1 dans les soupirs de l'oraison1 la digestion de ce fruit rapportait ses lvres2 parcelles du ,dieu souverain et vritable jamais comprimes dans cette substance vgtale1 si elles n'eussent t dgages par la dent et l'estomac de l'lu4 ,malheureux1 je croyais qu'il valait mieux avoir piti des productions de la terre que des hommes pour qui elle produit4 ,car si tout autre qu'un ,manichen m'et demand un morceau pour apaiser sa faim1 le don d'une bouche de pain ne m'et pas sembl trop rigoureusement expi par la peine capitale4 ,,xi ,prires et larmes de sa mre4 ,et vous avez tendu votre main d'en-haut1 et de ces profondes tnbres vous avez retir mon me4 ,car1 devant vous1 votre fidle servante1 ma mre1 me pleurait avec plus de larmes que d'autres mres n'en rpandent sur un cercueil4 ,elle voyait ma mort cette foi1 cet esprit qu'elle tenait de vous1 et vous l'avez exauce1 ,seigneur4 ,vous l'avez exauce1 et n'avez pas ddaign ces larmes dont le torrent arrosait la terre sous ses yeux partout o elle versait sa prire1 et vous l'avez exauce4 ,car d'o pouvait venir ce songe qui lui donna tant de consolation qu'elle me voyait dj partageant sa demeure et sa table1 dont nagure elle m'avait loign1 dans l'aversion et l'horreur que lui inspiraient mes hrtiques blasphmes8 ,elle se voyait debout sur une rgle de bois1 quand vient elle un jeune homme rayonnant de lumire1 serein1 et qui souriait sa douleur morne et profonde4 ,il lui demande la cause de sa tristesse et de ses larmes journalires de ce ton qui ne s'informe pas1 mais qui veut instruire2 et sur sa rponse qu'elle pleurait ma perte1 il lui commande de ne plus se mettre en peine1 et de faire attention qu'o elle tait1 l j'tais aussi1 moi4 ,elle regarda1 et me vit ct d'elle1 sur la mme rgle1 debout4 ,oh6 assurment vous aviez l'oreille son cur1 ,bont toute-puissante1 qui prenez soin de chacun de nous comme s'il tait seul1 de tous comme de chacun4 ,et1 nouveau tmoignage de votre grce1 lorsqu'au rcit de sa vision1 je cherchais l'entraner vers l'esprance d'tre un jour elle-mme ce que j'tais1 elle me rpondit sur l'heure sans hsiter3--,non1 il ne m'a pas t dit3 o il est tu seras1 mais3 il sera o tu es4--,je vous confesse1 ,seigneur1 mon souvenir1 autant que ma mmoire me le reprsente1 souvenir plus d'une fois rappel2 je fus frapp de cette parole lance par ma mre1 qui1 vigilante la garde de votre oracle1 sans se laisser troubler par le mensonge d'une spcieuse interprtation1 vit aussitt ce qu'il fallait voir1 ce que certainement je n'avais pas vu avant sa rponse4 ,oui1 je fus plus frapp de cette parole que de la vision mme1 prsage de ses joies futures1 si tardives1 et consolation de sa tristesse prsente4 ,car neuf annes s'coulrent encore1 o1 me dbattant dans les fanges de l'abme et les tnbres du mensonge1 aprs de frquents efforts pour me relever1 et de cruelles rechutes1 je gravitais toujours plus au fond4 ,et cependant cette veuve1 chaste1 pieuse et sobre1 telle que vous les aimez1 plus vive l'esprance1 mais non moins assidue pleurer et gmir1 ne cessait aux heures de ses prires d'lever pour moi en votre prsence la voix de ses soupirs4 ,et ses prires pntraient jusques vous1 et vous me laissiez toujours rouler et plonger dans la nuit4 ,,xii ,paroles prophtiques d'un vque4 ,mais vous avez rendu un autre oracle1 dont je me souviens4 ,il est des choses que j'ai oublies1 il en est que je passe sous silence1 pour courir celles qui me pressent de vous rendre tmoignage4 ,cet oracle1 vous l'avez rendu par la bouche d'un vque1 votre serviteur1 nourri dans votre glise1 exerc au maniement de vos critures4 ,elle le priait un jour de vouloir bien entrer en confrence avec moi1 pour rfuter mes erreurs1 me faire dsapprendre le mal et m'enseigner le bien 7elle sollicitait ainsi toute personne qu'elle trouvait capable72 mais il s'en excusa avec une prudence que j'ai reconnue depuis1 et lui rpondit3 que j'tais encore indocile1 tant tout plein des nouveauts de cette hrsie1 et des succs de disputes o j'avais1 lui disait-elle1 embarrass quelques ignorants4--,laissez-le1 ajouta-t-il4 ,seulement1 priez le ,seigneur pour lui4 ,lui-mme reconnatra par ses lectures toute l'erreur et toute l'impit de sa crance4--,ensuite il raconta que lui aussi1 tout enfant1 avait t livr aux ,manichens par sa mre qu'ils avaient sduite2 qu'il avait non seulement lu1 mais transcrit de sa main presque tous leurs ouvrages1 et que sans dispute1 sans lutte d'arguments1 il avait vu tout coup combien cette secte tait fuir2 il l'avait fuie4 ,comme ma mre1 loin de se rendre ses paroles1 le pressait d'instances et de larmes nouvelles1 pour qu'il me vt et discutt contre moi3--,allez1 lui dit-il avec une certaine impatience2 laissez-moi1 et faites toujours ainsi4 ,il est impossible que l'enfant de telles larmes prisse4--,ma mre1 dans nos entretiens1 rappelait souvent qu'elle avait reu cette rponse comme une voix sortie du ciel4 ,,livre ,,quatri,,me ,neuf annes d'erreur4--,sa passion pour l'astrologie4--,mort d'un ami2 violence de sa douleur4--,ses livres de la beaut et de la convenance4--,force et vivacit de son intelligence4 ,i ,neuf annes d'erreur4 ,pendant ces neuf annes de mon ge1 de dix-neuf vingt-huit1 je demeurai dans cet esclavage1 sduit et sducteur1 au gr de mes instincts drgls2 je trompais en public par les sciences dites librales2 en secret1 par le mensonge d'une fausse religion3 ici1 jouet de l'orgueil1 l de la superstition1 partout de la vanit4 pris du vide de la gloire populaire1 j'en tais venu jalouser les applaudissements du thtre1 les luttes de posie1 la poursuite des couronnes de foin1 les bagatelles des spectacles1 toutes les intemprances du libertinage4 ,et demandant d'autre part d'tre purifi de ces souillures1 j'apportais des aliments ces saints1 ces lus de ,mans1 pour que l'alambic de leur estomac en exprimt mon intention des anges et des dieux librateurs4 ,telle tait l'extravagance des opinions et des pratiques que je professais avec mes amis1 par moi et comme moi sduits4 ,qu'ils me raillent ces superbes1 qui n'ont pas encore le bonheur d'tre humilis et crass par vous1 mon ,dieu1 moi je confesse mes ignominies pour votre gloire1 permettez-moi1 je vous en conjure1 de promener aujourd'hui mes souvenirs par tous les dtours de mes erreurs passes1 et de vous immoler une victime de joie4 ,car1 sans vous1 que suis-je moi-mme1 qu'un guide malheureux pench sur les prcipices8 ,et que suis-je1 dans la sant de l'me1 qu'un nourrisson allait de votre lait1 et qui se repat de vous1 incorruptible nourriture8 ,et qu'est-ce que l'homme1 quelque homme que ce soit1 puisqu'il est homme8 ,qu'ils nous raillent donc1 les forts et les puissants2 mais confessons toujours vous nos infirmits et notre indigence4 ,,ii ,il enseigne la rhtorique4 ,son commerce illgitime avec une femme4 ,il rejette les offres d'un devin4 ,j'enseignais alors la rhtorique1 l'escrime de la faconde1 matre vnal bless par l'intrt2 je prfrais pourtant1 vous le savez1 ,seigneur1 avoir ce qu'on appelle de bons disciples1 et en toute simplicit1 je leur apprenais l'artifice1 non pour s'lever jamais contre la vie de l'innocent1 mais pour sauver parfois une tte coupable4 ,et vous1 mon ,dieu1 vous m'avez vu de loin chanceler sur la voie glissante2 vous avez distingu1 dans une paisse fume1 les tincelles de cette probit qui me dvouait l'instruction de ces amateurs de vanit1 de ces chercheurs de mensonge dont j'tais le compagnon4 ,en ces mmes annes1 j'avais une femme qui ne m'tait pas unie par la saintet du mariage1 mais que l'imprudence d'un vague dsir m'avait fait trouver4 ,seule femme toutefois que je connusse1 je lui gardais la foi2 mais je ne laissais pas de mesurer par ma propre exprience tout l'intervalle qui spare les convenances d'une lgitime union1 dont la fin est de transmettre la vie1 et cette liaison de voluptueuses amours1 dont les fruits naissent contre nos vux1 quoique leur naissance force notre tendresse4 ,je me souviens encore qu'ayant voulu disputer au concours le prix d'un chant scnique1 un devin me fit demander ce que je lui donnerais pour remporter la victoire2 mais1 plein d'horreur de ces abominables sacrilges1 je rpondis que1 s'agt-il d'une couronne d'or imprissable1 je ne souffrirais pas que ma victoire cott la vie une mouche4 ,je savais qu'il immolerait un odieux sacrifice d'animaux pour me gagner par cette offrande les suffrages des dmons2 mais ce ne fut pas au regard de votre chaste amour que je rpudiai ce crime1 ,dieu de mon cur6 je ne savais pas vous aimer1 ne pouvant concevoir que des splendeurs corporelles4 ,et l'me qui soupire aprs de telles chimres ne vous est-elle pas infidle8 courtisane du mensonge1 pture des vents6 ,et je ne voulais pas que pour moi l'on sacrifit aux dmons1 qui ma superstitieuse crance me sacrifiait chaque jour4 ,mais n'est-ce pas repatre les vents#hf que d'alimenter ces esprits qui font de nos erreurs leurs malignes dlices8 #hf ,ose1 ,,xii1 #a4 ,,iii ,sa passion pour l'astrologie4 ,je ne cessais donc de consulter ces imposteurs1 que l'on nomme astrologues1 parce qu'ils semblaient n'offrir aucun sacrifice1 ni adresser aucune prire aux esprits pour la divination de l'avenir4 ,mais la vritable pit chrtienne repousse et condamne aussi leur science4 ,c'est vous1 ,seigneur1 qu'il faut confesser et dire3 ,ayez piti de moi1 gurissez mon me1 parce que j'ai pch contre vous#hg4 ,et loin d'abuser de votre indulgence jusques au libertinage du pch1 il faut avoir souvenir de cette parole du ,seigneur3 ,voil que tu es guri2 garde-toi de pcher dsormais1 de peur qu'il ne t'arrive pis#hh4 ,c'est cette ordonnance salutaire qu'ils s'efforcent d'effacer ceux qui disent3 ,le ciel vous forme une fatale ncessit de pcher4 ,c'est ,vnus1 c'est ,mars1 c'est ,saturne qu'il faut s'en prendre4 ,on veut ainsi que l'homme soit pur2 l'homme6 chair et sang1 orgueilleuse pourriture6 on veut accuser celui qui a cr les cieux et ordonne leurs mouvements4 ,et quel est-il1 sinon vous-mme1 ,dieu de douceur1 source de justice1 qui rendez chacun selon ses uvres et ne mprisez pas un cur contrit et humili#hi8 #hg ,ps4 ,,xl1 #e4 #hh ,joan41 ,v1 #ad4 #hi ,matth41 ,,xvi1 #bg2 ,ps4 ,l1 #ai4 ,je connaissais alors un homme d'un grand esprit1 trs habile et trs clbre dans la mdecine2 j'avais reu de sa main la couronne potique2 mais c'tait le proconsul1 et non le mdecin1 qui avait couronn ma tte malade4 ,vous vous rservez la cure de ces maladies1 vous1 qui rsistez aux superbes et faites grce aux humbles#ij4 ,et cependant1 n'est-ce pas vous qui n'avez cess de m'assister par ce vieillard1 qui n'avez cess par sa main de soigner mon me8 ,j'tais entr dans son intimit1 et ses entretiens1 sans fard d'expression1 mais srieux et agrables par la vivacit des penses1 trouvaient en moi un auditeur attentif et assidu4 ,aussitt qu'il apprit1 dans nos entretiens1 ma passion pour les livres d'astrologie1 il me conseilla avec une bienveillance paternelle de les jeter l1 pour ne pas accorder ces futilits le soin que rclament les choses ncessaires4 ,il ajouta qu'il s'tait livr srieusement cette tude dans ses premires annes1 et avait pens d'en faire profession pour vivre2 que s'tant lev l'intelligence d',hippocrate1 il ne serait pas demeur au-dessous de cette nouvelle tude1 et ne l'avait finalement abandonne pour la mdecine que parce qu'en reconnaissant toutes les erreurs1 sa probit lui avait dfendu de tromper les hommes pour gagner sa vie4--,mais vous1 me dit-il1 qui pour vivre honorablement avez la rhtorique1 vous qu'une libre curiosit et non le besoin de l'existence attache ces mensonges1 vous pouvez m'en croire1 puisque je n'ai approfondi ces malheureuses connaissances que pour en faire mon gagne-pain4 #ij ,i4 ,petr41 ,v1 #e4 ,je lui demandai d'o venait que plusieurs prdictions se trouvassent vritables1 et il me rpondit1 comme il put1 qu'il fallait l'attribuer la puissance du sort1 universellement rpandue dans la nature4--,vous consultez un pote au hasard1 disait-il1 vous feuilletez ses chants dans une intention bien loigne de celle qui les inspire1 et vous trouvez souvent une conformit merveilleuse votre pense2 il ne faut donc pas s'tonner qu'une me humaine1 mue d'un instinct suprieur1 sans savoir ce qui se passe en elle1 par hasard et non par science1 rende parfois un son qui s'accorde l'tat et la conduite d'une autre me4 ,voil ce que j'appris de lui1 ou de vous par lui2 et ainsi vous avez esquiss dans ma mmoire les premiers traits du dessin qui devait un jour guider ma recherche4 ,car alors1 ni lui1 ni mon cher ,nbridius1 sage et excellent jeune homme1 plein de mpris railleurs pour cet art divinatoire1 ne purent me persuader de le rejeter2 je cdais l'autorit de ceux qui en ont crit1 et je n'avais point encore trouv de raison certaine1 telle que j'en cherchais1 qui me prouvt l'vidence que le hasard et non le calcul des mouvements clestes1 dcidait de la vrit de ces prdictions4 ,,iv ,mort d'un ami4 ,en ces premires annes de mon enseignement dans ma ville natale1 je m'tais fait un ami que la parit d'tudes et d'ge m'avait rendu bien cher2 il fleurissait comme moi sa fleur d'adolescence4 ,enfants1 nous avions grandi ensemble2 nous avions t l'cole1 nous avions jou ensemble4 ,mais il ne m'tait pas alors aussi cher que depuis1 quoique notre amiti n'ait jamais t vraie2 car l'amiti n'est pas vraie si vous ne la liez vous-mme entre ceux qui s'attachent vous par la charit1 dont le ,saint-,esprit1 votre don1 comble nos curs#ia4 ,et pourtant1 elle m'tait bien douce1 cette liaison entretenue au foyer des mmes sentiments4 ,je l'avais dtourn de la vraie foi1 dont son enfance n'avait pas t profondment imbue1 pour l'amener ces fables de superstition et de mort qui cotaient tant de larmes ma mre4 ,il s'garait d'esprit avec moi1 cet homme dont mon me ne pouvait plus se passer4 ,mais vous voil6444 toujours pench sur la trace de vos fugitifs4 ,dieu des vengeances et source des misricordes1 qui nous ramenez vous par des voies admirables444 vous voil6 et vous retirez cet homme de la vie1 peine avions-nous fourni une anne d'amiti1 amiti qui m'tait douce au del de tout ce que mes jours d'alors ont connu de douceur6 #ia ,rom41 ,v1 #e4 ,quel homme pourrait numrer1 seul1 les trsors de clmence dont1 lui seul1 il a fait l'preuve8 ,que ftes-vous alors1 ,dieu1 et combien impntrable est l'abme de vos jugements8 ,dvor de fivre1 il gisait sans connaissance dans une sueur mortelle4 ,on dsespra de lui1 et il fut baptis son insu1 sans que je m'en misse en peine1 persuad qu'un peu d'eau rpandue sur son corps insensible ne saurait effacer de son me les sentiments que je lui avais inspirs4 ,il en fut autrement3 il se trouva mieux1 et en voie de salut4 ,et aussitt que je pus lui parler 7ce qui me fut possible ds qu'il put parler lui-mme1 car je ne le quittais pas1 tant nos deux existences taient confondues71 je voulus rire1 pensant qu'il rirait avec moi de ce baptme qu'il avait reu en absence d'esprit et de sentiment3 il savait alors l'avoir reu4 ,et il eut horreur de moi comme d'un ennemi1 et soudain1 avec une admirable libert1 il me commanda1 si je voulais demeurer son ami1 de cesser ce langage4 ,surpris et troubl1 je contins tous les mouvements de mon me1 attendant que sa convalescence me permt de l'entreprendre mon gr4 ,mais il fut soustrait ma folie1 pour tre rserv dans votre sein ma consolation4 ,peu de jours aprs1 en mon absence1 la fivre le reprend et il meurt4 ,la douleur de sa perte voila mon cur de tnbres4 ,tout ce que je voyais n'tait plus que mort4 ,et la patrie m'tait un supplice1 et la maison paternelle une dsolation singulire4 ,tous les tmoignages de mon commerce avec lui1 sans lui1 taient pour moi un cruel martyre4 ,mes yeux le demandaient partout1 et il m'tait refus4 ,et tout m'tait odieux1 parce que tout tait vide de lui1 et que rien ne pouvait plus me dire3 ,il vient1 le voici6 comme pendant sa vie1 quand il tait absent4 ,j'tais devenu un problme moi-mme1 et j'interrogeais mon me1 pourquoi elle tait triste et me troublait ainsi1 et elle n'imaginait rien me rpondre4 ,et si je lui disais3 ,espre en ,dieu1 elle me dsobissait avec justice1 parce qu'il tait meilleur et plus vrai1 cet homme1 deuil de mon cur1 que le fantme en qui je voulais esprer4 ,le seul pleurer m'tait doux1 seul charme qui mon me avait donn la survivance de mon ami4 ,v ,pourquoi les larmes sont-elles douces aux affligs8 ,et maintenant1 ,seigneur1 tout cela est pass2 et le temps a soulag ma blessure4 ,puis-je approcher de votre bouche l'oreille de mon cur8 ,o vous1 qui tes la vrit1 me direz-vous pourquoi les larmes sont douces aux malheureux8--,mais peut-tre1 quoique prsent partout1 avez-vous rejet loin de vous notre misre6 ,et vous demeurez en vous-mme1 tandis que nous roulons dans l'instabilit4 ,et pourtant1 si votre oreille ne s'inclinait nos pleurs1 que resterait-il de notre esprance8 ,d'o vient donc que l'on cueille l'arbre amer de la vie ces fruits si doux de gmissements1 de soupirs et de plaintes8 ,qui leur donne cette saveur8 ,est-ce l'esprance que vous nous entendez8 ,cela est vrai de la prire mue du dsir d'arriver jusqu' vous4 ,mais quoi de semblable dans une telle affliction1 dans cette funbre douleur o j'tais enseveli8 ,je n'esprais pas le voir revivre1 mes pleurs ne demandaient pas ce retour2 je gmissais pour gmir1 je pleurais pour pleurer2 car j'tais malheureux1 j'avais perdu la joie de mon me4 ,serait-ce donc qu'affadi de regrets1 dans l'horreur o le plonge une perte chre1 le cur se rveille au got amer des larmes8 ,,vi ,violence de sa douleur4 ,eh6 pourquoi toutes ces paroles8 ,ce n'est pas le temps de vous interroger1 mais de se confesser vous4 ,j'tais malheureux1 et malheureux le cur enchan de l'amour des choses mortelles6 ,leur perte le dchire1 et il sent alors la ralit de misre qui l'opprimait avant mme qu'il les et perdues4 ,voil comme j'tais alors1 et je pleurais amrement1 et je me reposais dans l'amertume4 ,ainsi j'tais malheureux1 et cette malheureuse vie m'tait encore plus chre que mon ami4 ,je l'eusse voulu changer1 mais non la perdre plutt que de l'avoir perdu1 lui4 ,et je ne sais si j'eusse voulu la donner1 mme pour lui1 comme on le dit1 pure fiction peut-tre1 d',oreste et de ,pylade1 jaloux de mourir l'un pour l'autre ou ensemble1 parce que survivre tait pour eux pire que la mort4 ,mais je ne sais quel sentiment bien diffrent s'levait en moi2 profond dgot de vivre et crainte de mourir4 ,je crois que1 plus je l'aimais1 plus la mort qui me l'avait enlev m'apparaissait comme une ennemie cruelle1 odieuse1 pouvantable1 prte dvorer tous les hommes1 comme elle venait de l'engloutir4 ,ainsi j'tais alors2 oui1 je m'en souviens4 ,o mon ,dieu6 voici mon cur2 le voici6 voyez-y tous mes souvenirs1 vous6 mon esprance1 qui m'avez purifi des souillures de telles affections1 levant mes yeux jusqu' vous1 et retirant mes pieds de ces filets4 ,je m'tonnais de voir vivre les autres mortels1 parce qu'il tait mort celui que j'avais aim comme s'il n'et jamais d mourir2 et je m'tonnais encore davantage1 lui mort1 de vivre1 moi qui tais un autre lui-mme4 ,oh6 qu'il parle bien de son ami le pote qui l'appelle3 ,moiti de mon me#ib4 ,oui1 j'ai senti que son me et la mienne n'avaient t qu'une me en deux corps2 c'est pourquoi la vie m'tait en horreur1 je ne voulais plus vivre1 rduit la moiti de moi-mme4 ,et peut-tre ne craignais-je ainsi de mourir que de peur d'ensevelir tout entier celui que j'avais tant aim4 #ib ,hor41 ,carm41 lib4 ,i1 ,od4 #c4 ,,vii ,il quitte ,tagaste4 ,o dmence6 qui ne sait pas aimer les hommes selon l'homme6 ,homme insens que j'tais alors1 si impatient des afflictions humaines6 ,oppress1 troubl1 je soupirais1 je pleurais1 incapable de repos et de conseil2 je portais mon me dchire et sanglante1 et qui ne voulait plus se laisser porter par moi1 et je ne savais o la poser4 ,le charme des bois1 les jeux et les chants1 les parfums1 les banquets splendides1 les volupts du lit et de la table1 la lecture1 la posie1 rien ne pouvait la distraire4 ,tout ce qui n'tait pas lui m'tait insupportable et odieux1 hormis les gmissements et les larmes1 qui seuls donnaient quelque repos ma douleur4 ,et ds qu'une distraction en loignait mon me1 je pliais sous le fardeau de ma misre1 que vous seul1 ,seigneur1 pouviez soulever et gurir4 ,je le savais1 mais je manquais de volont et de force1 d'autant plus que vous n'tiez ma pense rien de solide ni de certain4 ,ce n'tait pas vous1 mais un vain fantme1 mais mon erreur1 qui tait mon ,dieu4 ,vainement je voulais y appuyer mon me2 elle manquait dans ce vide et retombait sur moi4 ,et je me restais moi-mme mon unique lieu1 lieu de malheur1 o je ne pouvais rester1 et dont je ne pouvais sortir4 ,o mon cur se ft-il enfui de mon cur8 o me serais-je prcipit hors de moi-mme8 o me serais-je drob ma poursuite8 ,et cependant j'abandonnai mon pays2 carmes yeux le cherchaient moins o ils n'taient pas accoutums le voir1 et de ,tagaste je vins ,carthage4 ,,viii ,sa douleur diminue avec le temps4 ,le temps n'est pas oisif2 il passe1 et nos sentiments portent la trace de son cours2 il fait dans notre me de merveilleuses uvres4 ,et il venait1 il passait jour jour1 et son flot m'apportait d'autres images1 d'autres souvenirs1 et me rendait peu peu le got de mes premires joies2 ma douleur se repliait devant elles1 et c'taient1 sinon de nouvelles douleurs1 du moins des germes d'afflictions futures que je semais en moi4 ,car la douleur et-elle si facilement pntr dans l'intimit de mon tre1 si je n'avais rpandu mon me sur le sable1 en aimant un mortel comme s'il ne devait pas mourir8 ,or1 je trouvais distraction et soulagement dans les consolations de mes amis qui aimaient avec moi ce que j'aimais au lieu de vous4 ,longue fiction1 long mensonge1 volupts adultres de l'esprit stimules par le commerce de la parole4 ,mais si l'un de mes amis venait mourir1 ce mensonge ne laissait pas de vivre4 ,ces liaisons s'emparaient de mon me par des charmes encore plus puissants2 changes de doux propos1 d'enjouement1 de bienveillants tmoignages2 agrables lectures1 badinages honntes1 affectueuses civilits2 rares dissentiments1 sans aigreur1 comme on en a avec soi-mme2 lger assaisonnement de contradiction pour relever l'unanimit trop constante2 instruction rciproque2 impatients regrets des amis absents1 joyeux accueil leur bienvenue3 enfin1 tous ces tmoignages que les curs aimants expriment des lvres1 de la langue1 des yeux1 par mille mouvements pleins de caresses1 et qui sont comme autant de foyers o les esprits se fondent et se rduisent l'unit4 ,,ix ,l'amiti n'est vraie qu'en ,dieu4 ,voil ce que l'on aime dans les amis1 ce qu'on aime de tel amour1 que la conscience humaine se trouve coupable de ne pas rendre affection pour affection1 ne voulant de la personne aime que le tmoignage d'une affection partage4 ,de l ce deuil la morts d'un ami1 et les tnbres de la douleur1 et les douces jouissances changes en amertume dans le cur plein de larmes1 et la perte de la vie en ceux qui meurent devenant la mort des vivants4 ,heureux qui vous aime1 et son ami en vous1 et son ennemi pour vous6 ,celui-l seul ne perd aucun tre cher qui tous sont chers en celui qui ne se perd jamais4 ,et quel est-il1 sinon notre ,dieu1 ,dieu qui a fait le ciel et la terre1 et qui les remplit1 parce qu'en les remplissant1 il les a faits8 ,et personne ne vous perd que celui qui vous quitte4 ,et celui qui vous quitte1 o va-t-il1 o se rfugie-t-il1 sinon de vous en vous1 de votre amour dans votre colre8 ,o pourra-t-il ne pas trouver votre loi dans sa peine8 car votre loi est la vrit1 et la vrit1 c'est vous4 ,x ,l'me ne peut trouver son repos dans les cratures4 ,dieu des vertus1 convertissez-nous1 montrez-nous votre face1 et nous serons sauvs#ic4 ,hors de vous1 o peut se tourner l'me de l'homme1 sans poser sur une douleur1 quelle que soit la beaut des cratures o1 loin d'elle et de vous1 elle cherche son repos8 ,mais elles ne seraient rien1 si elles n'taient pas de vous1 ces beauts qui se lvent et se couchent4 ,en se levant1 elles commencent d'tre1 elles croissent pour atteindre leur perfection2 arrives l1 elles vieillissent et meurent2 car tout vieillit et tout meurt4 ,ainsi1 aussitt nes1 elles tendent tre1 et plus elles s'empressent de crotre afin d'tre1 plus elles se htent de n'tre plus4 ,telle est la condition de leur existence4 ,voil la part que vous leur avez faite2 elles sont d'un ensemble de choses qui ne coexistent jamais toutes la fois1 mais qui par leur fuite et leur succession produisent ce tout dont elles sont parties4 ,et n'est-ce pas ainsi que notre discours s'accomplit par les signes et les sons8 ,jamais il n'existera en totalit1 si chaque parole ne passe1 aprs avoir prononc son rle1 pour qu'une autre lui succde4 #ic ,ps4 ,,lxxix1 #d4 ,que mon me vous loue de telles uvres1 ,dieu leur crateur1 mais qu'elle n'y demeure point attache par l'appt de cet amour qui captive les sens2 car elles vont toujours o elles allaient1 pour ne plus tre1 et dchirent de dsirs pernicieux l'me avide de se reposer dans ce qu'elle aime4 ,mais l'me peut-elle trouver son repos dans leur instabilit8 ,elles fuient1 et l'instant mme de leur prsence se drobe au sens charnel4 ,lent est le sens de la chair1 parce qu'il est le sens de la chair1 et la manire d'tre de la chair4 ,il suffit sa fin1 mais il est impuissant pour saisir ce qui court d'un point dsign un autre4 ,car votre ,verbe crateur dit l'tre cr3 ,tu iras d'ici l4 ,,xi ,les cratures changent2 ,dieu seul est immuable4 ,ne sois pas vaine1 mon me6 prends garde de perdre l'oue du cur dans le tumulte de tes vanits4 coute donc aussi3 ,le ,verbe lui-mme te crie de revenir2 l est le lieu du repos inaltrable1 o l'amour n'est pas renonc s'il ne renonce lui-mme4 ,vois2 ces objets passent1 d'autres leur succdent1 et de ces lments particuliers se forme l'universalit de l'ordre infrieur4 ,et moi1 est-ce que je passe8 dit le ,verbe de ,dieu2 fixe ici ta demeure2 place ici tout ce que tu possdes1 mon me6 car tu dois tre lasse de mensonges4 ,remets la vrit tout ce que tu as reu de la vrit1 et tu ne perdras rien2 tes plaies seront fermes1 tes langueurs guries1 tout ton tre phmre rtabli1 renouvel1 li toi-mme2 il ne te portera plus au lieu o il descend1 mais il subsistera avec toi1 appuy la stabilit permanente de ,dieu4 ,pourquoi t'garer suivre ta chair8 ,elle-mme1 que ne revient-elle te suivre8 ,que connais-tu par elle8 ,quelques parties d'un tout que tu ignores1 et tu te complais en si peu6 ,mais si le sens charnel tait capable de comprendre ce tout1 et s'il n'et reu pour son chtiment de justes bornes1 tes dsirs hteraient le passage de tout ce qui existe dans le prsent1 afin de jouir de l'ensemble4 ,c'est par ce sens charnel que tu entends la parole1 et tu ne demandes pas l'immobilit des syllabes1 mais leur rapide coulement1 et l'arrive des dernires pour entendre le tout4 ,et toutes choses forment un certain ensemble1 non par coexistence1 mais par succession1 et le tout a plus de charmes que la partie1 quand il se laisse voir aux sens4 ,mais combien est plus excellent celui qui a fait cet ensemble de toutes choses6 ,et celui-l1 c'est notre ,dieu4 ,et il ne passe pas1 parce que rien ne lui succde4 ,si les corps te plaisent1 prends-en sujet de le louer2 rflchis ton amour vers leur auteur1 de peur qu'en t'arrtant ce qui te plat1 tu ne lui dplaises4 ,,xii ,les mes trouvent en ,dieu le repos et l'immortalit4 ,si les mes te plaisent1 aime-les en ,dieu4 ,muables en elles-mmes1 elles sont fixes et immuables en lui2 sans lui elles s'vanouiraient dans le nant4 ,qu'elles soient donc aimes en lui4 ,entrane avec toi vers lui toutes celles que tu peux1 et dis-leur3 ,aimons-le1 aimons-le4 ,il a tout fait1 et il n'est pas loin de ses cratures4 ,il ne s'est pas retir aprs les avoir faites1 mais c'est en lui1 comme de lui1 qu'elles ont leur tre4 ,voici o il est3 o rside le got de la vrit1 dans l'intimit du cur2 mais le cur s'est dtourn de lui1 ,revenez votre cur1 hommes de pchs1 et rattachez-vous celui qui vous a faits#id4 ,demeurez avec lui1 et vous serez debout4 ,reposez-vous en lui1 et vous serez tranquilles4 ,o allez-vous8 au milieu des prcipices8 ,o allez-vous8 ,le bien que vous aimez vient de lui4 ,bien vritable et doux tant que vous l'aimerez pour ,dieu1 il deviendra justement amer1 si vous avez l'injustice de l'aimer sans son auteur4 ,pourquoi vous engager ainsi dans ces sentiers rudes et laborieux8 ,le repos n'est pas o vous le cherchez4 ,cherchez votre recherche2 il n'est pas o vous cherchez4 ,vous cherchez la vie bienheureuse dans la rgion de la mort2 elle n'est pas l4 ,comment la vie bienheureuse serait-elle o la vie mme n'est pas8 #id ,isai41 ,,xlvi1 #h4 ,et notre vritable vie est descendue ici-bas1 et elle s'est charge de notre mort1 et elle a tu notre mort par l'abondance de sa vie4 ,et sa voix a retenti comme un tonnerre1 afin que nous revinssions lui dans le secret d'o il s'est lanc vers nous1 quand1 descendu de ce sein virginal1 o il a pous la crature humaine1 la chair mortelle pour la soustraire la mort1 il est sorti comme l'poux de sa couche1 et comme un gant qui dvore sa carrire#ie4 ,il ne s'est point arrt1 mais il a couru1 criant par ses paroles1 ses actions1 sa mort1 sa vie1 sa descente aux enfers1 son ascension1 que nous retournions lui4 ,et il a disparu de nos yeux1 afin que1 rentrant dans notre cur1 nous l'y trouvions4 ,il s'est retir1 le voil1 il est ici4 ,il n'a pas voulu tre longtemps avec nous1 et il ne nous a pas quitts4 ,il est retourn d'o il n'tait jamais sorti2 car le monde a t fait par lui2 et il tait dans ce monde1 et dans ce monde il est venu sauver les pcheurs#if4 #ie ,ps4 ,,xviii1 #f4 #if ,joan41 ,i1 #aj2 ,i ,tim41 ,i1 #ae4 ,c'est de lui que mon me implore sa gurison1 parce qu'elle a pch contre lui4 ,fils des hommes1 jusques quand porterez-vous un cur appesanti#ig8 ,la vie est descendue vers vous1 et vous ne voulez pas monter vers elle et vivre8 ,mais o monterez-vous1 puisque vous tes en haut1 le front dans les cieux8 ,descendez pour monter1 pour monter jusqu' ,dieu4 ,vous tes tombs en montant contre lui4 ,dis-leur cela1 mon me6 afin qu'ils pleurent dans cette valle de larmes1 dis1 et emporte-les avec toi vers ,dieu2 car tu parles par son esprit1 si ta parole est brlante de charit4 #ig ,ps4 ,,xl1 #e2 ,ps4 ,,iv1 #c4 ,,xiii ,d'o procde l'amour4 ,livre qu'il avait crit sur la beaut et la convenance4 ,c'est ce que j'ignorais alors2 j'aimais les beauts infrieures2 et je descendais l'abme1 et je disais mes amis3 ,qu'aimons-nous qui ne soit beau8 ,qu'est-ce donc que le beau8 et qu'est-ce que la beaut8 ,quel est cet attrait qui nous attache aux objets de notre affection8 ,s'ils taient sans charme et sans beaut1 ils ne feraient aucune impression sur nous4 ,et je considrais que1 dans les corps eux-mmes1 il faut distinguer ce qui en est comme le tout1 et partant la beaut1 et ce qui plat par un simple rapport de convenance1 comme la proportion d'un membre au corps1 d'une chaussure au pied1 etc4 ,cette source de penses jaillit dans mon esprit du plus profond de mon cur1 et j'crivis sur le beau et le convenable deux ou trois livres1 je crois2 vous le savez1 mon ,dieu1 car cela m'est chapp4 ,je n'ai plus ces livres1 ils se sont gars1 je ne sais comment4 ,,xiv ,il avait ddi ce livre l'orateur ,hirius4 ,estime pour les absents4 ,d'o vient-elle8 ,eh6 qui put me porter alors1 ,seigneur mon ,dieu1 les ddier ,hirius1 orateur de ,rome8 je ne le connaissais pas mme de vue2 je l'aimais sur sa brillante rputation de savoir1 et l'on m'avait rapport de lui certaines paroles qui m'avaient plu4 ,mais1 en ralit1 l'estime des autres et l'enthousiasme que leur inspirait un ,syrien1 initi d'abord aux lettres grecques1 pour devenir plus tard un modle d'loquence latine et d'rudition philosophique1 voil ce qui dcidait mon admiration4 ,eh quoi6 on entend louer un homme1 et on l'aime aussitt1 quoique absent6 ,est-ce que l'amour passe de la bouche du pangyriste dans le cur de l'auditeur8 ,non2 mais l'amour de l'un allume l'amour de l'autre4 ,on aime l'objet de la louange lorsqu'on est assur qu'elle part du cur1 et que l'affection la donne4 ,c'est ainsi que j'aimais alors les hommes1 d'aprs les jugements des hommes1 et non d'aprs le vtre1 qui ne trompe jamais1 mon ,dieu6 ,et toutefois mes loges n'avaient rien de commun avec ceux que l'on accorde un habile conducteur1 un chasseur de l'amphithtre honor des suffrages populaires2 mon estime tait d'un autre ordre1 elle tait grave1 elle louait comme j'eusse dsir d'tre lou moi-mme4 ,or1 je n'tais nullement jaloux d'tre aim et lou comme les histrions1 quoique je fusse le premier les louer et les aimer2 je prfrais l'obscurit telle renomme1 la haine telles faveurs4 ,mais comment peut se maintenir dans une mme me l'quilibre de ces affections diffrentes et contraires8 ,comment puis-je aimer en cet homme ce que je hais en moi1 ce que je repousse si loin de moi1 homme comme lui8 ,tu ne voudrais pas tre1 cela te ft-il possible1 ce bon cheval que tu aimes2 mais en peux-tu dire autant de l'histrion1 ton semblable8 ,j'aime donc dans un homme ce que je harais d'tre moi-mme1 tout homme que je suis8 ,immense abme que l'homme1 dont les cheveux mmes vous sont compts1 ,seigneur1 et vous n'en laissez pas un seul s'garer2 et pourtant il est encore plus ais de les nombrer que les affections et les mouvements de son cur6 ,quant ce rhteur1 le sentiment que j'avais pour lui tait de nature me faire envier d'tre ce qu'il tait2 et mes vaniteuses prsomptions m'garaient2 et je flottais tout vent1 et je ne laissais pas d'tre secrtement gouvern par vous4 ,et d'o ai-je appris1 et comment puis-je vous confesser avec certitude que j'empruntais plutt mon amour pour cet homme l'amour de ses partisans qu'aux raisons mmes de leurs loges8 ,si1 en effet1 au lieu de le louer1 on l'et blm1 et que ces mmes sujets de louanges eussent t des sujets de censure et de mpris1 j'eusse t loin de m'enflammer son gard4 ,et cependant l'homme et les choses restaient les mmes2 l'opinion seule tait diffrente4 ,voil o tombe l'me infirme qui ne se tient pas encore la base solide de la vrit4 ,au souffle capricieux de l'opinion1 elle va1 elle plie1 elle tourne et revient2 et la lumire se voile pour elle2 elle ne distingue plus la vrit1 la vrit qui est devant elle6 ,et c'tait un triomphe pour moi que mon discours et mes tudes vinssent la connaissance de cet homme4 ,s'il m'approuvait1 je redoublais d'ardeur1 sinon j'tais bless dans mon cur plein de vanit et vide de cette constance qui n'est qu'en vous4 ,et cependant je me plaisais toujours mditer sur le beau et le convenable1 sujet du livre que je lui avais adress1 et mon admiration louait1 sans cho1 ce monument de ma pense4 ,,xv ,son esprit obscurci par les images sensibles ne pouvait concevoir les substances spirituelles4 ,mais je ne saisissais pas1 dans les merveilles de votre art1 le pivot de cette grande vrit1 ,tout-,puissant1 seul auteur de tant de merveilles2 et mon esprit se promenait parmi les formes corporelles1 distinguait le beau et le convenable1 dfinissait l'un1 ce qui est par soi-mme2 l'autre1 ce qui a un rapport de proportion avec un objet2 principes que j'tablissais sur des exemples sensibles4 ,et je portais mes penses sur la nature de l'esprit1 et la fausse ide que j'avais des tres spirituels ne me permettait pas de voir la vrit2 et son clat mme pntrait mes yeux1 et je dtournais mon me blouie de la ralit incorporelle pour l'attacher aux linaments1 aux couleurs1 aux grandeurs palpables4 ,et comme je ne pouvais rien voir de tel dans mon esprit1 je croyais impossible de le saisir lui-mme4 ,mais apercevant dans la vertu une paix aimable1 dans le vice une discorde odieuse1 l1 je remarquais l'unit2 ici1 la division4 ,et dans cette unit1 je plaais l'me raisonnable1 l'essence de la vrit et du souverain bien2 dans cette division1 je ne sais quelle substance de vie irraisonnable1 je ne sais quelle essence de souverain mal1 dont je faisais non seulement une ralit1 mais une vritable vie1 un tre indpendant de vous1 mon ,dieu1 de vous1 de qui toutes choses procdent4 ,misrable rveur1 j'appelais l'une ,monas1 spiritualit sans sexe2 l'autre ,dyas1 principe des colres homicides1 des emportements de la dbauche1 et je ne savais ce que je disais4 ,j'ignorais et n'avais pas encore appris que nulle substance n'est le mal1 et que notre raison elle-mme n'est pas le bien souverain et immuable4 ,il y a violence criminelle1 quand l'esprit livre son activit un mouvement pervers1 quand il soulve les flots turbulents de sa fureur2 libertinage1 quand l'me ne gouverne plus l'inclination qui l'entrane aux volupts charnelles4 ,et de mme cette rouille du prjug et de l'erreur qui fltrit la vie vient d'un drglement de la raison4 ,tel tait alors l'tat de la mienne2 car j'ignorais qu'elle dt tre claire d'une autre lumire pour participer de la vrit1 n'tant pas elle-mme l'essence de la vrit4 ,c'est vous qui allumez ma lampe1 ,seigneur mon ,dieu2 c'est vous qui clairez mes tnbres1 et tous nous avons reu de votre plnitude parce que vous tes la vraie lumire qui claire tout homme venant au monde1 lumire sans vicissitudes et sans ombre#ih4 #ih ,ps4 ,,xvii1 #bi2 ,joan41 ,i1 #af1 #i2 ,jac41 ,i1 #ag4 ,mais je faisais effort vers vous1 et vous me repoussiez loin de vous1 afin que je gotasse la mort2 car vous rsistez aux superbes4 ,et quoi de plus superbe que cette dmence inoue qui prtend tre naturellement ce que vous tes8 ,sujet au changement1 et le sentant bien mon dsir d'tre sage pour devenir meilleur1 j'aimais mieux vous supposer muable que de n'tre pas moi-mme ce que vous tes4 ,vous me repoussiez donc1 et vous rsistiez l'extravagance de mes penses1 et j'imaginais loisir des formes corporelles2 chair1 j'accusais la chair2 esprit gar et ne revenant pas encore vous1 j'allais1 je me promenais dans un monde imaginaire d'tres qui ne sont ni en vous1 ni en moi1 ni dans les corps2 et ce n'taient point les crations de votre ,vrit1 mais les fictions de ma vanit que je trouvais dans les corps4 ,et je disais vos simples enfants1 aux fidles1 mes concitoyens1 dont alors j'tais spar par un exil que j'ignorais1 je leur disais avec ma sotte loquacit3 ,comment mon me1 uvre de ,dieu1 est-elle dans l'erreur8 ,et je ne pouvais souffrir que l'on me rpondt3 ,comment ,dieu est-il dans l'erreur8 ,et je soutenais que votre immuable nature tait entrane dans l'erreur plutt que de reconnatre que la mienne1 muable1 et volontairement gare1 subissait l'erreur comme la peine de son crime4 ,j'avais vingt-six vingt-sept ans lorsque j'crivis ces livres2 et je roulais dans ma fantaisie ces inanits d'images1 bourdonnantes l'oreille de mon cur4 ,et je voulais pourtant1 douce vrit1 la rendre attentive l'oue intrieure de vos mlodies1 quand je mditais sur la beaut et la convenance1 jaloux de me tenir devant vous1 de vous entendre pour frmir d'allgresse comme la voix de l'poux2 et je ne le pouvais1 car la voix de l'erreur m'entranait hors de moi1 et le poids de mon orgueil me prcipitait dans l'abme4 ,vous ne donniez pas alors la joie mon entendement1 et mes os ne tressaillaient pas1 n'tant point encore humilis#ii4 #ii ,ps4 ,l1 #aj4 ,,xvi ,gnie de saint ,augustin4 ,et de quoi me servait alors cette conception si prompte1 si vive1 qu' l'ge de vingt ans environ1 ayant eu entre les mains ce livre d',aristote1 qu'on appelle les dix catgories1 je le compris seul la simple lecture8 ,et cependant1 ce nom de catgories1 les joues du rhteur de ,carthage1 mon matre1 se gonflaient d'emphase1 et plusieurs autres rputs habiles avaient galement veill en moi comme une attente inquite de quelque chose d'extraordinaire et de divin4 ,j'en confrai depuis avec d'autres qui disaient n'avoir compris cet ouvrage qu' grand'peine1 l'aide d'excellents matres1 non seulement par enseignement de vive voix1 mais par des figures traces sur le sable1 et ils ne m'en purent rien apprendre que ma lecture solitaire ne m'et fait connatre4 ,et ces catgories me semblaient parler assez clairement des substances1 l'homme par exemple2 et de ce qui est en elles1 comme la figure de l'homme2 quel il est1 quelle est sa taille1 sa hauteur1 de qui il est frre ou parent1 o il est tabli1 quand il est n2 s'il est debout1 assis1 chauss ou arm2 actif ou passif2 tout ce qui est enfin compris1 soit dans ces neuf genres1 dont j'ai touch quelques exemples1 soit dans le genre lui-mme de la substance o les exemples sont innombrables4 ,quel bien me faisait ou plutt quel mal ne me faisait pas cette connaissance6 ,je voulais que tout ce qui est ft compris dans ces dix prdicaments2 et vous-mme1 comment vous concevais-je1 mon ,dieu1 simplicit1 immutabilit parfaite8 ,ma pense matrielle se figurait votre grandeur et votre beaut runies en vous comme l'accident dans le sujet2 comme si vous n'tiez pas vous-mme votre grandeur et votre beaut1 tandis que le corps ne tient pas de son essence corporelle sa grandeur et sa beaut2 car1 ft-il moins grand et moins beau1 en serait-il moins corps8 ,chimre que tout ce que je pensais de vous1 et non vrit2 inventions de ma misre1 et non ralits de votre batitude6 ,et votre ordre s'accomplissait en moi3 la terre me produisait des chardons et des ronces2 je ne pouvais arriver qu'au prix de mes sueurs gagner mon pain#ajj4 #ajj ,gen41 ,,iii1 #ah1 #ai4 ,et que me servait encore d'avoir lu et compris seul tout ce que j'avais pu lire de livres sur les arts qu'on appelle libraux1 infme esclave de mes passions6 ,je me complaisais dans ces lectures1 sans reconnatre d'o venait tout ce qu'il y avait de vrai et de certain4 ,je tournais le dos la lumire1 la face aux objets clairs1 et mes yeux qui les voyaient lumineux ne recevaient pas eux-mmes le rayon4 ,tout ce que j'ai compris1 sans peine et sans matre1 de l'art de parler et de raisonner1 de la gomtrie1 de la musique et des nombres1 vous le savez1 ,seigneur mon ,dieu4 ,cette prompte et pntrante vivacit de l'intelligence est un don de votre libralit2 mais loin de vous en faire un sacrifice1 je ne m'en suis servi que pour ma perte4 ,j'ai revendiqu la meilleure part de mon hritage1 et la retirant de vos mains1 je suis all dans une terre trangre#aja la prodiguer loin de vous aux caprices des passions1 ces folles courtisanes4 ,pour si mauvais usage1 que me servait un tel bien8 ,car je ne m'apercevais des difficults que ces sciences offraient aux esprits les plus vifs et les plus studieux1 qu'en cherchant leur en donner les solutions2 et le plus intelligent1 c'tait le moins lent me suivre dans mes explications4 #aja ,luc1 ,,xv1 #ab1 #ac4 ,et que m'en revenait-il encore1 puisque je vous considrais1 ,seigneur mon ,dieu1 vrit suprme1 comme un corps lumineux et immense1 et moi comme un fragment de ce corps8 ,o excs de perversit6 voil donc o j'en tais6 ,et je ne rougis pas1 mon ,dieu1 de confesser vos misricordes sur moi1 et de vous invoquer1 moi qui ne rougissais pas alors de professer publiquement mes blasphmes et d'aboyer contre vous4 ,et que me servait ce gnie qui dvorait la science8 que me servait d'avoir1 sans nulle assistance de matres1 dnou les plus inextricables ouvrages1 quand une honteuse et sacrilge ignorance m'entranait si loin des doctrines de la pit8 ,et pour vos petits1 tait-ce donc un prjudice si grand que la lenteur de leur esprit1 si1 demeurant toujours prs de vous1 ils attendaient en sret au nid de votre glise la venue de leurs plumes1 ces ailes de la charit que fait crotre l'aliment d'une foi sainte8 ,o ,seigneur1 mon ,dieu6 esprons en l'abri de vos ailes2 protgez-nous1 portez-nous#ajb4 ,vous nous porterez tout petits1 et vous nous porterez jusqu'aux cheveux blancs#ajc1 car notre force n'est force qu'avec vous2 elle n'est que faiblesse quand nous ne sommes qu'avec nous-mmes4 ,tout notre bien vit en vous1 et notre rupture avec vous a fait notre corruption4 ,retournons vous1 ,seigneur1 pour n'tre plus mortellement dtourns4 ,c'est en vous que vit notre bien1 bien parfait1 qui est vous-mme4 ,craindrons-nous de ne plus retrouver au retour la demeure dont nous nous sommes prcipits8 ,s'est-elle croule en notre absence1 cette demeure qui est votre ternit8 #ajb ,ps4 ,,lxii1 #h4 #ajc ,isai41 ,,xlvi1 #d4 ,,livre ,,cinqui,,me ,il se dgote des doctrines manichennes1 l'ge de vingt-neuf ans4--,il va ,rome1 puis ,milan1 pour enseigner la rhtorique4--,ayant entendu saint ,ambroise1 il rompt avec les ,manichens et demeure catchumne dans l'glise4 ,i ,que mon me vous loue1 ,seigneur1 pour vous aimer4 ,recevez le sacrifice de mes confessions1 cette offrande de ma langue1 forme1 excite par vous confesser votre nom4 ,gurissez toutes les puissances de mon me2 qu'elles s'crient3 ,seigneur1 qui est semblable vous#ajd8 ,celui qui se confesse vous ne vous apprend rien de ce qui se passe en lui1 car votre regard ne reste pas la porte d'un cur ferm1 et votre main n'est pas repousse par la duret des hommes2 votre misricorde ou votre justice la rompt quand il vous plat1 et personne ne se peut drober votre chaleur#aje4 #ajd ,ps4 ,,xxxiv1 #aj4 #aje ,ps4 ,,xviii1 #g4 ,que mon me vous loue pour vous aimer2 qu'elle confesse vos misricordes pour vous louer6 ,votre cration est un hymne continuel en votre honneur2 les esprits1 par leur propre bouche2 les tres anims et les tres corporels1 par la bouche de ceux qui les contemplent1 publient vos louanges2 et notre me se rveille de ses langueurs1 elle se soulve vers vous en s'appuyant sur vos uvres1 pour arriver jusqu' vous1 artisan de tant de merveilles2 l est sa vraie nourriture2 l1 sa vritable force4 ,,ii ,o fuit l'impie1 en fuyant ,dieu8 ,o vont1 o fuient loin de vous ces hommes sans repos et sans quit8 ,vous le voyez2 votre regard perce leurs tnbres2 laideur obscure qui fait ressortir la beaut de l'ensemble4 ,quel mal ont-ils pu vous faire8 ,quelle atteinte porter votre empire qui demeure dans sa justice et son inviolabilit du plus haut des cieux au plus profond des abmes8 ,o ont-ils fui1 en fuyant votre face8 ,o pouvaient-ils vous chapper8 ,ils ont fui1 afin de ne pas voir celui qui les voit1 pour heurter contre vous dans leur aveuglement4 ,car vous n'abandonnez rien de ce que vous avez fait4 ,les injustes vous ont rencontr pour leur juste supplice2 ils se sont drobs votre douceur1 pour trouver votre rectitude et tomber dans votre pret4 ,ils ignorent que vous tes partout1 vous pour qui l'espace n'est pas1 et que seul vous tes prsent mme ceux qui vous fuient4 ,qu'ils se retournent donc et qu'ils vous cherchent2 car pour tre abandonn de ses cratures1 le ,crateur ne les abandonne pas4 ,qu'ils se retournent et qu'ils vous cherchent6 ,mais vous tes dans leur cur1 dans le cur de ceux qui vous confessent1 qui se jettent dans vos bras1 qui pleurent dans votre sein au retour de leurs pnibles voies4 ,pre tendre1 vous essuyez leurs larmes1 et ils pleurent encore1 et ils trouvent leur joie dans ces pleurs2 car ce n'est pas un homme de chair et de sang1 mais vous-mme1 ,seigneur1 qui les consolez1 vous1 leur ,crateur1 qui les crez une seconde fois6 ,et o tais-je1 quand je vous cherchais8 ,et vous tiez devant moi1 mais absent de moi-mme1 et ne me trouvant pas1 que j'tais loin de vous trouver6 ,,iii ,faustus4 ,aveuglement des philosophes4 ,je vais parler1 en prsence de mon ,dieu1 de la vingt-neuvime anne de mon ge4 ,il y avait alors ,carthage un vque manichen1 nomm ,faustus1 grand lacet du diable1 qui avait fait tomber plusieurs l'appt de son loquence4 ,tout en l'admirant1 je savais nanmoins la distinguer des vrits que j'tais avide d'apprendre2 et je regardais moins au vase du discours qu'au mets de science que ce clbre ,faustus servait mon esprit4 ,car sa rputation me l'avait annonc comme riche en savoir et profond dans les sciences librales4 ,et comme j'avais lu un grand nombre de philosophes et retenu leurs doctrines1 j'en comparais quelques-unes avec ces longues rveries des ,manichens1 et je trouvais plus de probabilit aux sentiments de ceux qui ont pu pntrer dans l'conomie du monde1 quoiqu'ils n'en aient jamais trouv le ,matre4 ,car vous tes grand1 ,seigneur1 vous approchez votre regard des abaissements et vous l'loignez des hauteurs#ajf2 vous ne vous dcouvrez qu'aux curs contrits1 et vous tes impntrable aux superbes1 leur curieuse industrie st-elle d'ailleurs le compte des toiles et des grains de sable1 la mesure de l'tendue cleste1 et-elle explor la route des astres4 ,c'est par leur esprit1 c'est par le gnie que vous leur avez donn qu'ils cherchent ces secrets2 ils en dcouvrent beaucoup2 ils annoncent plusieurs annes d'avance les clipses de soleil et de lune1 et le jour1 et l'heure1 et le degr1 et leur calcul ne les trompe pas1 et il arrive selon leurs prdictions2 et ils ont crit les lois de leurs dcouvertes qu'on lit encore aujourd'hui1 et qui servent prdire quelle anne1 quel mois de l'anne1 quel jour du mois1 quelle heure du jour1 en quel point de son disque la lune ou le soleil doit subir une clipse1 et il arrive comme il est prdit4 #ajf ,ps4 ,,cxxxvii1 #f4 ,et les hommes admirent1 les ignorants sont dans la stupeur1 et les savants se glorifient et s'lvent4 ,et dans leur superbe impie1 ils se retirent de votre lumire2 infaillibles prophtes des clipses du soleil1 ils ne se doutent pas de l'clipse centrale qu'ils souffrent eux-mmes cette heure4 ,ils ne recherchent pas avec une pieuse reconnaissance de qui ils tiennent ce gnie de recherche4 ,et s'ils vous dcouvrent comme leur auteur1 ils ne se donnent pas vous1 pour que vous conserviez votre ouvrage2 et ils ne vous immolent pas l'homme qu'ils ont fait en eux2 ils ne vous offrent en sacrifice ni ces oiseaux de leurs tmraires penses1 ni ces monstres de leur curiosit qui leur font une voie secrte aux profondeurs de l'abme1 ni ces boucs de leurs impudicits1 afin que votre feu1 ,seigneur1 dvore toute cette mort palpitante1 et les engendre l'immortalit4 ,mais ils ne savent pas la voie1 votre ,verbe1 par qui vous avez fait tous les objets qu'ils nombrent1 et eux-mmes qui les nombrent1 et le sens qui leur dcouvre ce qu'ils nombrent1 et l'esprit qui leur donne la capacit de nombrer2 votre sagesse seule exclut le nombre#ajg4 ,et votre ,fils unique s'est fait notre sagesse1 notre justice et notre sanctification2 il a t nombr parmi nous1 il a pay le tribut ,csar4 ,oh6 ils ne savent pas la voie qui fait descendre de soi-mme1 pour monter par lui jusqu' lui6 ,et ils se croient levs et rayonnants comme les astres1 et les voil froisss contre terre2 et les tnbres ont envahi la folie de leur cur#ajh6 ,ils parlent bien des cratures1 et ils ne cherchent pas avec pit la ,vrit cratrice2 c'est pourquoi ils ne la trouvent pas2 ou s'ils la trouvent1 en la reconnaissent pour ,dieu1 ils ne l'honorent pas comme ,dieu1 ils ne lui rendent pas leur hommages2 mais ils se dissipent dans la vanit de leurs penses1 et ils se disent sages en s'appropriant ce qui est vous1 et1 en retour1 leur aveugle perversit vous attribue ce qui leur appartient2 ils vous chargent de leurs mensonges1 vous qui tes la vrit2 ils transforment la gloire du ,dieu incorruptible en la ressemblance et l'image de l'homme corruptible1 des oiseaux1 des btes et des serpents2 ils changent votre vrit en mensonge2 ils adorent et servent la crature de prfrence au ,crateur4 #ajg ,ps4 ,,cxlvi1 #e4 #ajh ,rom41 ,i1 #ba-be4 ,ces hommes1 nanmoins1 m'avaient rvl beaucoup de vrits naturelles1 et j'en saisissais la raison par l'ordre et le calcul des temps1 par les visibles tmoignages des astres2 et je comparais ces observations aux discours de ,mans qui a crit sur ce sujet de longues extravagances o je ne trouvais la raison ni des solstices1 ni des quinoxes1 ni des clipses1 ni d'aucun phnomne dont la philosophie du sicle avait su m'informer4 ,et j'tais tenu de croire des rveries en dsaccord parfait avec les rgles mathmatiques et l'observation de mes yeux4 ,,iv ,malheur la science qui ignore ,dieu6 ,seigneur1 ,dieu de vrit1 vous plat-il1 celui qui sait tout cela8 ,malheureux qui le sait et vous ignore6 ,heureux qui l'ignore et vous connat6 ,et celui qui a cette double science n'est heureux que par vous seul1 si1 vous connaissant1 il vous glorifie comme ,dieu1 s'il vous rend hommage1 s'il ne se dissipe pas dans la vanit de ses penses4 ,mieux vaut celui qui sait possder un arbre et vous rendre grce de ses fruits1 sans savoir la hauteur de sa tige et l'tendue de ses branches1 que celui qui sait la mesure des rameaux et le compte des feuilles1 sans en jouir1 sans en connatre1 sans en aimer le ,crateur3 ainsi1 le fidle a ce monde pour trsor2 et1 dtach de tout1 il possde tout en vous1 ,souverain de l'univers2 et quoiqu'il ignore la marche de l'toile polaire1 n'est-ce pas folie de mettre en doute la supriorit de cet humble croyant sur cet arpenteur du ciel1 ce calculateur des toiles1 ce peseur des lments1 qui vous nglige1 vous l',ordonnateur de toutes choses selon la mesure1 le nombre et le poids#aji8 #aji ,sap41 ,,xi1 #ba4 ,v ,folie de ,mans ,eh6 qui demandait un ,mans d'crire sur des sujets entirement trangers la science de la pit8 ,vous avez dit l'homme3 ,voici la science1 c'est la pit#aaj2 science qu'il et pu ignorer en possdant la science humaine2 et celle-l mme lui manquait1 et il avait l'impudence d'enseigner ce qu'il ignorait2 pouvait-il donc tre initi la science des saints8 ,c'est vanit que de professer les connaissances que l'on possde dans l'ordre naturel1 c'est pit que de confesser votre nom4 ,aussi a-t-il t permis cet homme de multiplier ses divagations scientifiques1 afin que son ignorance1 vidente aux yeux des vrais savants1 ft apprcier la valeur de ses opinions sur les choses caches4 ,il ne voulait pas qu'on ft mdiocre tat de lui1 cherchant mme faire croire que le ,consolateur1 l',esprit-,saint1 qui prodigue vos fidles sa cleste opulence1 rsidait personnellement en lui1 dans toute la plnitude de son autorit4 ,aussi1 toutes fois qu'on le surprend en flagrante erreur au sujet du ciel1 des toiles1 des mouvements du soleil et de la lune1 quoique la doctrine de la religion n'y soit nullement intresse1 son outrecuidance n'en parat pas moins sacrilge2 car il ne dbite pas seulement l'ignorance1 mais encore le mensonge1 avec un tel dlire d'orgueil1 qu'il voudrait autoriser ces discours par la prtendue divinit de sa personne4 #aaj ,job1 ,,xxviii1 #bh4 ,qu'un de mes frres en ,jsus-,christ soit1 l'gard de ces connaissances1 dans l'ignorance ou l'erreur1 je prends ses opinions en patience4 ,rien n'y fait obstacle son avancement2 son ignorance de la situation et de l'tat d'une crature corporelle ne lui donne aucun sentiment indigne de vous1 ,seigneur1 crateur de toutes choses4 ,mais elle lui devient funeste1 s'il l'identifie avec les doctrines essentielles de la pit1 et s'il s'obstine affirmer ce qu'il ignore4 ,cette faible enfance1 au berceau de la foi1 trouve dans la charit une mre qui la soutient1 jusqu' ce que le nouvel homme s'lve cette perfection virile qui cesse de flotter tout vent de doctrine#aaa4 ,et ce docteur1 ce guide1 ce matre1 ce souverain1 assez hardi pour persuader ses disciples que ce n'tait pas un homme1 mais votre ,esprit-,saint qu'ils suivaient en lui1 qui ne le tiendrait pour un insens1 dont la folie1 convaincue d'imposture1 ne mrite que haine et mpris8 #aaa ,ephes41 ,,iv1 #ac1 #ad4 ,cependant je n'tais pas encore assur que l'on ne pt expliquer selon sa doctrine les vicissitudes de la dure des jours et des nuits1 l'alternative elle-mme de la nuit et du jour1 les dfaillances des astres1 et les autres phnomnes que mes lectures m'avaient prsents1 en sorte que1 dans les points douteux et de complte incertitude1 ma foi en sa saintet inclinait ma crance son autorit4 ,,vi loquence de ,faustus et son ignorance4 ,et pendant ces neuf annes environ o mon esprit s'garait les suivre1 j'appelais de toute l'impatience de mon dsir la venue de ce ,faustus2 car ceux de la secte que j'avais rencontrs jusqu'alors1 et qui tous manquaient de rponses mes objections1 me l'annonaient comme devant1 ds l'abord et au premier entretien1 me donner facile solution de ces difficults et de plus graves encore qui pourraient inquiter ma pense4 ,il vint1 et je vis un homme doux1 de parole agrable1 et gazouillant les mmes contes avec beaucoup plus de charme qu'aucun d'eux4 ,mais que faisait ma soif toute la bonne grce d'un chanson qui ne m'offrait que de prcieux vases8 ,mon oreille tait dj rassasie de ces discours2 ils ne me semblaient pas plus solides pour tre loquents1 ni plus vrais pour tre plus polis4 ,et je ne jugeais pas de la sagesse de son me la convenance de sa physionomie et aux grces de son locution4 ,ceux qui me l'avaient vant taient de mauvais juges1 qui ne l'estimaient docte et sage que parce qu'ils cdaient au charme de sa parole4 ,j'ai connu une autre espce d'hommes qui la vrit mme est suspecte1 et qui refusent de s'y rendre quand elle est propose en beaux termes4 ,mais dj1 mon ,dieu1 vous m'aviez enseign par des voies admirables et secrtes2 et je crois que je tiens de vous cet enseignement1 parce qu'il est vrai1 et que nul autre que vous n'enseigne la vrit1 o et d'o qu'elle vienne4 ,j'avais donc appris de vous que ce n'est point raison qu'une chose semble vraie pour tre dite avec loquence1 ni fausse parce que les sons s'lancent des lvres sans harmonie2 ni1 au rebours1 qu'une chose soit vraie par l mme qu'elle est nonce sans politesse1 ni fausse parce qu'elle est vtue de brillantes paroles2 mais qu'il il en est de la sagesse et de la folie comme d'aliments bons ou mauvais1 et des expressions comme de vases d'or et d'argile o ces aliments peuvent tre indiffremment servis4 ,le vif dsir que j'avais eu de voir cet homme trouvait quelque satisfaction dans le mouvement et la vivacit de ses discours1 dans la proprit de son langage1 qui se pliait comme un vtement sa pense4 ,j'admirais cette loquence avec plusieurs1 et je la publiais plus haut que nul autre2 mais je souffrais avec peine que son nombreux auditoire ne me permt pas de lui proposer mes doutes1 de lui communiquer les perplexits de ma pense en confrence familire1 dans un libre entretien4 ,je pris toutefois l'occasion en temps et lieu convenables1 en compagnie de mes intimes amis1 et j'obtins de lui une confrence4 ,je lui proposai plusieurs questions qui m'embarrassaient2 et je m'assurai bientt qu'tranger toutes les sciences1 il n'avait mme de la grammaire qu'une connaissance assez vulgaire4 ,il avait lu quelques discours de ,cicron1 certains passages de ,snque1 quelques tirades de posie1 et ce qu'il avait trouv dans les crivains de sa secte de plus lgant et de plus pur4 ,l'exercice journalier de la parole lui avait donn cette facilit d'locution1 qu'une certaine mesure dans l'esprit1 accompagne de1 grce naturelle1 rendait plus agrable et plus propre sduire4 ,n'est-ce pas la vrit1 ,seigneur mon ,dieu1 arbitre de ma conscience8 ,vous voyez nu mon cur et ma mmoire1 vous qui dj me conduisiez par les plus secrtes voies de votre providence1 et prsentiez ma face la laideur de mes garements1 pour que leur vue m'en donnt la haine4 ,,vii ,il se dgote des doctrines manichennes4 ,aussitt que son incapacit dans les sciences o j'avais cru qu'il excellait me parut vidente1 je dsesprais de lui pour claircir et rsoudre mes doutes sur des questions dont l'ignorance l'et laiss dans la vrit de la pit1 s'il n'et pas t manichen4 ,les livres de cette secte sont remplis de contes interminables sur le ciel1 les astres1 le soleil1 la lune2 et1 les ayant compars aux calculs astronomiques que j'avais lus ailleurs1 pour juger si les raisons manichennes valaient mieux ou autant que les autres1 je n'attendais plus de ,faustus aucune explication satisfaisante4 ,je soumis toutefois mes difficults son examen2 mais il se refusa avec autant de prudence que de modestie soulever ce fardeau4 ,il connaissait son insuffisance et ne rougit pas de l'avouer4 ,il n'tait point de ces parleurs que j'avais souvent essuys1 qui1 en voulant m'instruire1 ne me disaient rien2 le cur ne manquait point cet homme1 et s'il n'tait dans la rectitude devant vous1 il ne laissait pas d'tre en garde sur lui-mme4 ,n'ignorant point entirement son ignorance1 il ne voulut pas s'engager par une discussion tmraire1 dans un dfil sans issue1 sans possibilit de retour4 ,cette franchise me le rendit encore plus aimable4 ,la modeste confession de l'esprit est plus belle que la science mme que je poursuivais2 et1 en toute question difficile ou subtile1 tel je le trouvai4 ,ainsi1 mon zle pour les doctrines manichennes se ralentit4 ,dsesprant de plus en plus de leurs autres docteurs1 l'insuffisance du plus renomm d'entre eux1 je bornai mes rapports avec lui des entretiens sur l'art oratoire dont il tait pris1 et que j'enseignais aux jeunes gens de ,carthage2 des lectures dont il tait curieux par ou-dire1 ou que je jugeais conformes la tournure de son esprit4 ,tout effort d'ailleurs pour avancer dans cette secte cessa de ma part sitt que je connus cet homme4 ,je n'en vins pas toutefois rompre avec eux1 mais je me rsignai provisoirement1 faute de mieux1 rester l o je m'tais jet en aveugle1 attendant qu'une lumire nouvelle dtermint un meilleur choix4 ,ainsi1 ce ,faustus1 qui avait t pour plusieurs un lacet mortel1 relchait dj1 son insu et sans le vouloir1 les nuds o j'tais pris4 ,vos mains1 mon ,dieu1 actives dans le secret de votre providence1 n'abandonnaient pas mon me1 et les larmes de ma mre1 ce sang de son cur qui coulait nuit et jour1 montaient vers vous en sacrifice pour moi4 ,telle a t votre conduite mon gard1 admirable et cache4 ,car c'est le ,seigneur1 qui dirige les pas de l'homme1 et lui fait vouloir son chemin#aab4 ,et qui peut procurer le salut1 que la main toute-puissante qui refait ce qu'elle a fait8 #aab ,ps4 ,,xxxvi1 #bc4 ,,viii ,il va ,rome malgr sa mre4 ,c'est donc par un ordre inconnu de votre providence qu'il me fut persuad d'aller ,rome1 pour y enseigner de prfrence ce que j'enseignais ,carthage4 ,et d'o me vint cette persuasion8 ,je ne manquerai pas de vous le confesser1 parce qu'ici les abmes de vos secrets1 et la prsence permanente de votre misricorde sur nous1 se dcouvrent ma pense et sollicitent mes louanges4 ,je ne me laissai pas conduire ,rome par l'espoir que m'y promettaient mes amis de considration et d'avantages plus grands1 quoique de telles raisons fussent alors toutes-puissantes sur mon esprit2 mais la plus forte1 la seule mme qui me dcida1 c'est que j'avais ou dire que la jeunesse y tait plus studieuse1 plus patiente de l'ordre et de la rpression2 qu'un matre n'y voyait jamais sa classe insolemment envahie par des disciples trangers ses leons1 et que les siens mme n'y taient admis que sur sa permission4 ,or1 rien n'est comparable la honteuse et brutale licence des coliers de ,carthage4 ,ils forcent l'entre des cours avec fureur et leur dmence effronte bouleverse l'ordre que chaque matre y tablit dans l'intrt de ses disciples4 ,ils commettent1 avec une impudente stupidit1 mille insolences que la loi devrait punir1 si elles ne comptaient sur le patronage de la coutume4 ,malheureux1 qui font1 comme licite1 ce qui sera toujours illicite devant votre loi ternelle2 qui croient l'impunit1 dj punis par leur ccit morale1 et souffrant incomparablement plus qu'ils ne font souffrir4 ,ces brutales habitudes dont1 colier1 j'avais su me prserver1 matre1 j'tais contraint de les endurer4 ,voil ce qui m'attirait o un tmoignage unanime m'assurait qu'il ne se passait rien de semblable4 ,mais vous1 mon esprance et mon hritage dans la terre des vivants#aac1 vous m'inspiriez ce dsir de migration pour le salut de mon me1 vous prtiez des pines ,carthage pour m'en arracher1 des charmes ,rome pour m'y attirer1 et cela par l'entremise de ces hommes1 amateurs de cette vie morte1 les uns m'talant leurs insolences1 les autres leurs vaines promesses1 et1 afin de redresser mes pas1 vous vous serviez en secret de leur malice et de la mienne4 ,ces perturbateurs de mon repos taient possds d'une aveugle frnsie2 ces fauteurs de mes esprances n'avaient de got que pour la terre1 et moi1 qui dtestais ,carthage une ralit de misre1 je poursuivais ,rome un mensonge de flicit4 #aac ,ps4 ,,xlvi1 #f4 ,mais pourquoi sortir d'ici et aller l8 ,vous le saviez1 mon ,dieu1 sans m'en instruire1 sans en instruire ma mre1 qui mon dpart arracha des cris de douleur1 et qui me suivit jusqu' la mer4 ,elle s'attachait convulsivement moi1 pour me retenir ou pour me suivre2 et je la trompai1 sous le prtexte de ne pas accompagner un ami prt faire voile au premier vent favorable4 ,et je mentis ma mre1 et quelle mre6 et je pris la fuite4 ,vous m'avez pardonn dans votre misricorde2 vil et souill1 vous m'avez prserv des eaux de la mer1 pour m'amener l'eau de votre grce1 qui1 en me purifiant1 devait scher ces torrents de larmes dont ma mre marquait chaque jour la place des prires qu'elle versait pour moi4 ,et comme elle refusait de s'en retourner sans moi1 je lui persuadai1 non sans peine1 de passer la nuit dans une chapelle ddie saint ,cyprien1 peu distante du vaisseau4 ,cette mme nuit1 je partis la drobe1 et elle demeura prier et pleurer4 ,et que vous demandait-elle1 mon ,dieu1 avec tant de larmes8 de ne pas permettre mon voyage4 ,mais vous1 dans la hauteur de vos conseils1 exauant le plus vif de ses dsirs1 vous n'avez tenu compte de sa prire d'un jour1 pour faire de moi selon sa prire de chaque jour4 ,le vent souffla1 il emplit nos voiles1 et droba le rivage nos regards4 ,elle vint le matin au bord de la mer1 folle de douleur1 remplissant de ses plaintes et de ses gmissements votre oreille inexorable ce dsespoir2 et vous m'entraniez par la main de mes passions1 o je devais en finir avec elles2 et votre justice meurtrissait du fouet de la douleur sa charnelle tendresse4 ,elle aimait ma prsence auprs d'elle comme une mre1 et plus que beaucoup de mres2 et elle ne savait pas tout ce que vous lui apprtiez de joies par cette absence4 ,elle ne le savait pas4 ,et de l ces pleurs1 ces sanglots1 ces angoisses qui accusaient un reste de l'hrdit coupable d've2 elle cherchait en pleurant ce qu'elle avait enfant dans les pleurs4 ,mais aprs s'tre rpandue en plaintes sur ma fraude et ma cruaut1 elle se remit vous prier pour moi1 rentra dans son intrieur1 tandis que je voguais vers ,rome4 ,,ix ,il tombe malade4 ,prires de sa mre4 ,et une maladie1 terrible chtiment du corps1 m'y attendait2 et dj je m'acheminais vers l'enfer1 charg de tout ce que j'avais commis de crimes contre vous1 contre moi1 contre les autres1 fardeau sinistre qui aggravait encore ce lien d'iniquit originelle qui nous fait tous mourir en ,adam4 ,vous ne m'en aviez encore remis aucun en ,jsus-,christ1 et sa croix n'avait pas encore rompu ce contrat d'inimiti que mes pchs avaient form entre vous et moi4 ,et l'et-il rompu avec ce fantme de croix que je rvais8 ,aussi fausse que me semblait la mort de sa chair1 aussi vritable tait celle de mon me2 et aussi vraie qu'tait la mort de sa chair1 aussi fausse tait la vie de mon me qui se refusait cette crance4 ,et la fivre redoublait1 et je m'en allais1 et je prissais4 ,o pouvais-je aller1 en m'en allant ainsi1 sinon aux supplices du feu dignes de mes uvres1 selon l'ordre de votre vrit8 ,et elle ne le savait pas1 et elle priait pour moi1 loin de moi4 ,mais vous1 partout prsent1 o elle tait1 vous l'coutiez1 et o j'tais1 vous aviez piti de moi1 et vous me rendiez la sant du corps quand ce cur sacrilge tait encore malade4 ,car dans ce pril extrme1 je ne songeais pas au baptme2 enfant1 j'tais meilleur1 alors que je le demandai la pit de ma mre1 ainsi que mon souvenir vous l'a confess4 ,mais j'avais grandi pour ma honte1 et je riais1 dans ma folie1 des conseils du mdecin cleste qui ne m'a pas permis de mourir ainsi d'une double mort4 ,cette blessure au cur de ma mre et t incurable4 ,non1 je ne puis dire tout ce qu'elle avait d'me pour moi1 et combien plus de souffrances lui cotait le fils de son esprit que l'enfant de sa chair4 ,oh6 non1 je ne sais pas comment elle et guri1 si ma mort1 et une telle mort1 et travers les entrailles de son amour4 ,et o seraient alles tant de prires1 vives1 frquentes1 continuelles1 qui ne cherchaient que vous8 ,eussiez-vous mpris1 ,dieu des misricordes1 le cur contrit et humili d'une veuve chaste1 sobre1 exacte l'aumne1 rendant tout hommage et tout devoir vos saints1 ne laissant passer aucun jour sans participer l'offrande de votre autel2 soir et matin1 assidue votre glise1 non pour engager de vaines causeries avec les vieilles1 mais pour vous entendre dans vos paroles1 pour tre entendue de vous dans ses prires8 ,et ces larmes1 qui ne vous demandaient ni or ni argent1 aucun bien passager ou prissable1 mais le salut de l'me de son fils1 auriez-vous pu les mpriser8 ,auriez-vous donc rebut celle que votre grce faisait votre suppliante8 ,oh6 non1 ,seigneur1 vous lui tiez prsent1 vous l'entendiez1 vous agissiez dans l'ordre de votre prdestination immuable4 ,loin1 loin de moi ce doute impie1 que vous pussiez la tromper par ces visions1 par ces rponses1 dont j'ai rappel les unes1 omis les autres1 qu'elle gardait toutes dans la foi de son cur1 et que sa prire vous reprsentait sans cesse comme des billets souscrits de votre sang4 ,misricorde infinie6 vous remettez leurs dettes vos dbiteurs1 et vous voulez bien pourtant les reconnatre pour cranciers de vos promesses6 ,x ,il s'loigne du manichisme1 dont il retient encore plus d'une erreur4 ,vous m'avez donc rtabli de cette maladie1 et vous avez sauv le fils de votre servante dans ce corps d'un jour1 pour avoir lui rendre une sant plus prcieuse et plus sre4 ,et je conservais1 ,rome1 des liaisons avec ces ,saints tromps et trompeurs1 et non seulement avec les ,auditeurs dont faisait partie l'hte de ma maladie et de ma convalescence1 mais aussi avec les lus4 ,je croyais encore que ce n'est pas nous qui pchons1 mais je ne sais quelle nature trangre qui pche en nous2 et il plaisait mon orgueil d'tre en dehors du pch1 et en faisant le mal1 de ne pas m'en reconnatre coupable devant vous pour obtenir de votre misricorde la gurison de mon me2 et j'aimais l'excuser en accusant je ne sais quel autre qui tait en moi1 sans tre moi4 ,et pourtant le tout tait moi1 et mon impit seule m'avait divis contre moi-mme1 et le pch tait en moi1 d'autant plus incurable que je ne me croyais pas pcheur2 et mon excrable iniquit prfrait1 ,dieu tout-puissant1 votre dfaite en moi1 pour ma ruine1 votre victoire sur moi1 pour mon salut4 ,vous n'aviez donc pas encore plac la sentinelle l'entre de ma bouche1 et la porte de circonspection autour de mes lvres1 afin que mon cur ne se laisst pas glisser aux paroles de malice pour excuser ses crimes1 l'exemple des artisans d'iniquit#aad4 ,c'est pourquoi je vivais encore avec leurs lus1 et toutefois sans espoir de rien acqurir dsormais dans cette doctrine1 et attendant mieux1 je m'y tenais toujours1 mais avec plus de tideur et d'indiffrence4 ,il me vint mme l'esprit que les philosophes1 dits ,acadmiciens1 avaient t plus sages que les autres en soutenant qu'il faut douter de tout1 et que l'homme n'est capable d'aucune vrit4 ,je pensais1 selon l'opinion commune1 que telle tait leur doctrine1 dont alors je ne pntrais pas le vrai sens4 #aad ,ps4 ,,cxl1 #c1 #d4 ,je ne me fis donc pas scrupule d'branler la trop grande confiance de mon hte dans les fables qui remplissent les livres manichens4 ,je ne laissais pas toutefois d'entretenir avec ces hrtiques des relations plus familires qu'avec d'autres1 et quoique moins ardent la dfense de leurs opinions1 mon intimit avec eux 7car ,rome en recle un grand nombre7 ralentissait l'ardeur de mes recherches1 alors surtout que je dsesprais1 ,dieu du ciel et de la terre1 crateur du visible et de l'invisible1 de trouver dans votre glise la vrit dont ils m'avaient dtourn4 ,il me semblait si honteux de vous supposer notre figure charnelle1 et nos membres avec les limites de leurs contours6 ,et comme1 en voulant me reprsenter mon ,dieu1 ma pense s'attachait toujours une masse corporelle 7rien mes yeux ne pouvait tre sans tre ainsi71 la principale1 ou plutt la seule et invincible cause de mes erreurs tait l4 ,et de l cette croyance insense que le ,mal avait une substance corporelle1 masse terreuse1 difformit pesante1 qu'ils appelaient terre1 et une autre subtile et dlie1 comme le corps de l'air1 esprit de malice infiltr1 suivant eux1 dans ce monde lmentaire4 ,et un reste de pit quelconque me dfendant de croire qu'un ,dieu bon et cr aucune nature mauvaise1 j'tablissais deux natures contraires et antagonistes1 infinies toutes deux1 mais celle du bien plus infinie que celle du mal4 ,et de ce principe de corruption dcoulaient tous mes blasphmes4 ,mon esprit faisait-il effort pour recourir la foi catholique1 j'tais repouss1 car la foi catholique n'tait pas ce que je la supposais1 et je me trouvais plus religieux1 ,dieu6 qui vos misricordes sur moi rendent tmoignage1 de vous croire infini de toutes parts1 sauf le point o le principe mauvais en lutte contre vous me forait vous reconnatre une limite1 que de vous tenir pour born aux formes du corps humain4 ,et mieux valait1 selon moi1 croire que vous n'avez point cr le mal 7le mal dont mon ignorance faisait non seulement une substance1 mais une substance corporelle1 ne pouvant se figurer l'esprit autrement que comme un corps subtil rpandu dans l'espace71 que de vous prendre pour l'auteur de ce qui me paraissait la nature du mal4 ,notre ,sauveur lui-mme1 votre ,fils unique1 je le regardais comme une extension mane de votre tendue lumineuse pour notre salut1 en sorte que je ne croyais de lui que le nant que j'imaginais4 ,aussi1 lui attribuant cette substance1 je m'assurais qu'elle ne pouvait natre de la vierge ,marie qu'en se mlant la chair2 et je ne pouvais admettre ce mlange sans souillure d'un tre de ma fantaisie4 ,je craignais donc1 en le croyant n dans la chair1 d'tre conduit le croire souill par la chair4 ,que vos fils spirituels se rient de moi avec douceur et amour1 s'ils viennent lire ces confessions mais enfin1 tel j'tais alors4 ,,xi ,ridicules rponses des ,manichens4 ,je ne pensais pas d'ailleurs qu'il ft possible de dfendre ce qu'ils attaquaient dans vos critures2 mais nanmoins je dsirais parfois en confrer en dtail avec quelque docteur profondment vers dans l'intelligence des saints ,livres4 ,dj mme1 ,carthage1 j'avais t touch des discours d'un certain ,helpidius1 qui1 dans des confrences publiques contre les ,manichens1 les pressait par certains passages de l'criture1 dont ils paraissaient fort embarrasss2 car ils craignaient d'avancer en public leur rponse1 qu'ils nous communiquaient en secret2 savoir1 que les livres du ,nouveau ,testament avaient t falsifis par je ne sais quels ,juifs1 qui voulaient enter la loi juive sur la foi chrtienne2 mais ils ne reprsentaient eux-mmes aucun exemplaire authentique4 ,pour moi1 envahi1 touff par ces pensers matriels1 qui affaissaient sous leur poids mon esprit haletant1 je ne pouvais plus respirer l'air pur et vif de votre vrit4 ,,xii ,dloyaut de la jeunesse romaine4 #bb4 ,dj je remplissais avec zle l'intention de mon voyage ,rome2 j'enseignais la rhtorique quelques jeunes gens runis chez moi1 dont j'tais connu1 et qui me faisaient connatre4 ,o voici que j'apprends qu'il se pratique ,rome certaines choses inoues en ,afrique4 ,on n'y voit1 il est vrai1 aucune de ces violences ordinaires l'impudente jeunesse de ,carthage2 mais il s'y fait1 me dit-on1 entre jeunes gens1 de soudains complots pour frauder leur matre de sa rcompense1 et ils passent chez un autre1 transfuges avares de la bonne foi et de l'quit6 ,et je me sentais plein de haine pour ces mes viles2 mais cette haine n'tait pas lgitime1 car c'tait peut-tre le prjudice que j'en devais souffrir1 plutt que l'iniquit mme de leur action1 qui la soulevait4 ,et nanmoins elles sont bien hideuses ces mes infidles1 prostitues l'amour des frivoles jouets du temps1 et de ce trsor de boue dont la prise souille la main2 dans les embrassements de ce monde phmre1 elles mprisent votre clmence ternelle1 qui nous rappelle1 qui pardonne l'me adultre aussitt qu'elle revient vous4 ,et je hais encore aujourd'hui ces hommes de honte et de difformit1 quoique je les aime en vue de leur correction1 afin qu'ils prfrent l'argent la science qu'on leur enseigne1 et qu'ils vous prfrent la science1 ,dieu1 vrit1 flicit inaltrable1 chaste paix de l'me6 ,mais alors mon intrt me donnait plus de haine contre leur perversit1 que le vtre ne m'inspirait de dsir pour leur amendement4 ,,xiii ,il se rend ,milan pour y enseigner la rhtorique4 ,saint ,ambroise4 ,on demanda de ,milan au prfet de ,rome un matre de rhtorique pour cette ville1 qui s'engageait faire les frais du voyage2 et je sollicitai cet emploi par ces mmes amis infatus des erreurs manichennes1 dont1 leur insu comme au mien1 mon dpart allait me dlivrer4 ,un sujet propos fit goter mon loquence au prfet ,symmaque1 qui m'envoya4 ,a ,milan1 j'allai trouver l'vque ,ambroise1 connu de toute la terre comme l'une des plus grandes mes de ce temps et votre pieux serviteur4 ,son zle loquent distribuait alors votre peuple la pure substance de votre froment1 la joie de vos huiles1 la sobre intemprance de votre vin#aae4 ,aveugle1 votre main me menait lui1 pour qu'il me ment vous les yeux ouverts4 ,cet homme de ,dieu m'accueillit comme un pre1 et se rjouit de ma venue avec la charit d'un vque4 #aae ,ps4 ,,ciii1 #ae1 #af4 ,et je me pris l'aimer1 et ce n'tait pas d'abord le docteur de la vrit 7j'avais perdu tout espoir de la trouver dans votre glise71 mais l'homme bienveillant pour moi que j'aimais en lui4 ,j'tais assidu ses instructions publiques1 non avec l'intention requise1 mais pour m'assurer si le fleuve de son loquence rpondait sa rputation1 si la renomme en exagrait ou resserrait le cours1 et je demeurais suspendu aux formes de sa parole1 insouciant et ddaigneux du fond2 et j'tais flatt de la douceur de ces discours1 plus savants1 avec moins de charme et de sduction1 que ceux de ,faustus1 je parle selon l'art des rhteurs2 pour le sens1 nulle comparaison4 ,l'un s'garait dans les mensonges de ,mans1 l'autre enseignait la plus saine doctrine du salut4 ,mais le salut est loin des pcheurs1 tel que j'tais alors1 et cependant j'en approchais peu peu1 sans le savoir4 ,,xiv ,il rompt avec les ,manichens et demeure catchumne dans l'glise4 ,indiffrent la vrit1 je n'tais attentif qu' l'art de ses discours4 ,et1 en moi1 ce vain souci avait survcu l'espoir que la voie qui mne vous ft ouverte l'homme4 ,toutefois1 les paroles que j'aimais amenaient mon esprit les choses elles-mmes dont j'tais insouciant4 ,elles taient insparables1 et mon cur ne pouvait s'ouvrir l'loquence1 sans que la vrit y entrt de compagnie1 par degrs nanmoins4 ,je vis d'abord que tout ce qu'il avanait pouvait se dfendre1 et la foi catholique s'affirmer sans tmrit contre les attaques des ,manichens1 que j'avais crus jusqu'alors irrsistibles4 ,je fus surtout branl l'entendre rsoudre suivant l'esprit plusieurs passages obscurs de l',ancien ,testament1 dont l'interprtation littrale me donnait la mort4 clair par l'exposition du sens spirituel1 je rprouvais dj ce dcouragement qui m'avait fait croire impossible toute rsistance aux ennemis1 aux moqueurs de la loi et des prophtes4 ,toutefois1 je ne me croyais pas tenu d'entrer dans la voie catholique1 parce qu'elle pouvait avoir aussi de doctes et loquents dfenseurs1 ni de condamner le parti que j'avais embrass1 parce que la dfense lui prsentait des armes gales4 ,ainsi la foi catholique1 cessant de me paratre vaincue1 ne se levait pas encore victorieuse devant moi4 ,j'employai tous les ressorts de mon esprit la dcouverte de quelque raison dcisive pour convaincre de fausset les opinions manichennes4 ,si mon esprit et pu se reprsenter une substance spirituelle1 il et bris tous ces jouets d'erreur et les et balays de mon imagination2 mais je ne pouvais4 ,nanmoins1 quant ce monde extrieur1 domaine de nos sens1 je trouvais beaucoup plus de probabilit dans les sentiments de la plupart des philosophes3 et de srieuses rflexions1 des comparaisons ritres1 appuyaient ce jugement4 ,ainsi doutant de tout1 suivant les maximes prsumes de l',acadmie1 et flottant toute incertitude1 je rsolus de quitter les ,manichens1 ne croyant pas devoir1 dans cette crise d'irrsolution1 rester attach une secte qui dj cdait dans mon estime telle cole philosophique4 ,mais ces philosophes1 vides du nom rdempteur de ,jsus1 je refusais de remettre la cure des langueurs de mon me4 ,je me dcidai donc demeurer catchumne dans l'glise catholique1 l'glise de mon pre et de ma mre1 en attendant un phare de certitude pour diriger ma course4 ,,livre ,,sixi,,me ,sainte ,monique retrouve son fils ,milan4 ,assiduit d',augustin aux prdications de saint ,ambroise4 ,son ami ,alypius4 ,projet de vie en commun avec ses amis4 ,sa crainte de la mort et du jugement4 ,i ,sainte ,monique suit son fils ,milan4 ,o mon esprance ds ma jeunesse1 o donc vous cachiez-vous moi8 o vous tiez-vous retir8 ,n'est-ce pas vous qui m'aviez fait si diffrent des brutes de la terre et des oiseaux du ciel8 ,vous m'aviez donn la lumire qui leur manque1 et je marchais dans la voie tnbreuse et glissante2 je vous cherchais hors de moi et je ne trouvais pas le ,dieu de mon cur4 ,j'avais roul dans la mer profonde1 et j'tais dans la dfiance et le dsespoir de trouver jamais la vrit4 ,et dj j'avais auprs de moi ma mre4 ,elle tait accourue1 forte de sa pit1 me suivant par mer et par terre1 sre de vous dans tous les dangers4 ,au milieu des hasards de la mer1 elle encourageait les matelots mmes qui encouragent d'ordinaire les novices affronteurs de l'abme1 et leur promettait l'heureux terme de la traverse1 parce que1 dans une vision1 vous lui en aviez fait la promesse4 ,elle me trouva dans le plus grand des prils1 le dsespoir de rencontrer la vrit4 ,et cependant1 quand je lui annonai que je n'tais plus manichen1 sans tre encore chrtien catholique1 elle ne tressaillit pas de joie1 comme une nouvelle imprvue3 son me ne portait plus le deuil d'un fils perdu sans espoir2 mais ses pleurs coulaient toujours pour vous demander sa rsurrection2 sa pense tait le cercueil o elle me prsentait celui qui peut dire3 ,jeune homme1 je te l'ordonne1 lve-toi#aaf6 afin que le fils de la veuve1 reprenant la vie et la parole1 ft rendu par vous sa mre4 #aaf ,luc ,,vii1 #ad1 #ae4 ,son cur ne fut donc point troubl par la joie en apprenant qu'une si grande quantit de larmes n'avait pas en vain coul4 ,sans tre encore acquis la vrit1 j'tais du moins soustrait l'erreur4 ,mais certaine que vous n'en resteriez pas la moiti du don que vous aviez promis tout entier1 elle me dit avec un grand calme1 et d'un cur plein de confiance1 qu'elle tait persuade en ,jsus-,christ1 qu'avant de sortir de cette vie1 elle me verrait catholique fidle4 ,ainsi elle me parla3 mais en votre prsence1 source des misricordes1 elle redoublait de prires et de larmes afin qu'il vous plt d'acclrer votre secours et d'illuminer mes tnbres2 plus fervente que jamais l'glise1 et suspendue aux lvres d',ambroise1 la source d'eau vive qui court jusqu' la vie ternelle#aag2 elle l'aimait comme un ange de ,dieu1 elle savait que c'tait lui qui1 me rduisant aux perplexits du doute1 avait dcid cette crise1 dangereux mais infaillible passage de la maladie la sant4 #aag ,jean ,,iv1 #ad4 ,,ii ,elle se rend la dfense de ,saint ,ambroise4 ,ma mre ayant apport aux tombeaux des martyrs1 selon l'usage d',afrique1 du pain1 du vin et des gteaux de riz1 le portier de l'glise lui opposa la dfense de l'vque2 elle reut cet ordre avec une pieuse soumission1 et je l'admirai si prompte condamner sa coutume plutt qu' discuter la dfense4 ,l'intemprance ne livrait aucun assaut son esprit1 et l'amour du vin ne l'excitait pas la haine de la vrit1 comme tant de personnes1 hommes et femmes1 pour qui les chansons de sobrit sont le verre d'eau qui donne des nauses l'ivrogne4 ,lorsqu'elle apportait sa corbeille remplie des offrandes funbres1 elle en gotait et distribuait le reste1 ne se rservant que quelques gouttes de vin1 autant que l'honneur des saintes mmoires en pouvait demander son extrme sobrit4 ,si le mme jour clbrait plus d'un pieux anniversaire1 elle portait sur tous les monuments un seul petit flacon de vin1 tremp et tide1 qu'elle partageait avec les siens en petites libations2 car elle satisfaisait sa pit et non son plaisir4 ,sitt qu'elle eut appris que le saint vque1 le grand prdicateur de votre parole1 avait dfendu cette pratique mme aux plus sobres observateurs1 pour refuser aux ivrognes toute occasion de se gorger d'intemprance dans ces nouveaux banquets funbres1 trop semblables la superstition paenne1 elle y renona de grand cur1 et au lieu d'une corbeille garnie de terrestres offrandes1 elle sut apporter aux tombeaux des martyrs une me pleine des vux les plus purs1 se rservant de donner aux pauvres selon son pouvoir1 il lui suffit ds lors de participer1 la communion du corps du ,seigneur1 dont les membres1 imitateurs de sa croix1 ont reu la couronne du martyre4 ,il me semble toutefois1 ,seigneur mon ,dieu1 et tel est le sentiment de mon cur en votre prsence1 qu'il n'et pas t facile d'obtenir de ma mre le retranchement de cette pratique1 si la dfense en et t porte par un autre moins aim d'elle qu',ambroise1 qu'elle chrissait comme l'instrument de mon salut1 et lui l'aimait pour sa vie exemplaire1 son assiduit l'glise1 sa ferveur spirituelle dans l'exercice des bonnes uvres3 il ne pouvait se taire de ses louanges en me voyant1 et me flicitait d'avoir une telle mre4 ,il ne savait pas quel fils elle avait en moi1 qui doutais de toute vrit1 et ne croyais plus qu'on pt trouver le chemin de la vie4 ,,iii ,occupations de saint ,ambroise4 ,mes gmissements et mes prires ne vous appelaient pas encore mon secours2 mon esprit inquiet cherchait et discutait sans repos4 ,et j'estimais ,ambroise lui-mme un homme heureux suivant le sicle1 le voir honor des plus hautes puissances de la terre3 son clibat seul me semblait pnible4 ,mais tout ce qu'il nourrissait d'esprance1 tout ce qu'il avait de luttes soutenir contre les sductions de sa propre grandeur1 tout ce qu'il trouvait de consolations dans l'adversit1 de charmes dans la voix secrte qui lui parlait au fond du cur1 tout ce qu'il gotait de savoureuses joies en ruminant le pain de vie1 je n'en avais nul pressentiment1 nulle exprience1 et lui ne se doutait pas de mes angoisses et de ce gouffre de prils o j'allais tomber4 ,il m'tait impossible de l'entretenir de ce que je voulais1 comme je le voulais2 une arme de gens ncessiteux me drobait cette audience et cet entretien3 il tait le serviteur de leurs infirmits4 ,s'ils lui laissaient quelques instants1 il rconfortait son corps par les aliments ncessaires et son esprit par la lecture4 ,quand il lisait1 ses yeux couraient les pages dont son esprit perait le sens2 sa voix et sa langue se reposaient4 ,souvent en franchissant le seuil de sa porte1 dont l'accs n'tait jamais dfendu1 o l'on entrait sans tre annonc1 je le trouvais lisant tout bas et jamais autrement4 ,je m'asseyais1 et aprs tre demeur dans un long silence 7qui et os troubler une attention si profonde87 je me retirais1 prsumant qu'il lui serait importun d'tre interrompu dans ces rapides instants permis au dlassement de son esprit fatigu du tumulte de tant d'affaires4 ,peut-tre vitait-il une lecture haute voix1 de peur d'tre surpris par un auditeur attentif en quelque passage obscur ou difficile1 qui le contraignt dpenser en claircissement ou en disputes le temps destin aux ouvrages dont il s'tait propos l'examen2 et puis la ncessit de mnager sa voix qui se brisait aisment1 pouvait tre encore une juste raison de lecture muette4 ,enfin1 quelle que ft l'intention de cette habitude1 elle ne pouvait tre que bonne en un tel homme4 ,il m'tait donc impossible d'interroger mon dsir votre saint oracle qui rsidait dans son cur1 sauf quelques demandes o il ne fallait qu'un mot de rponse4 ,cependant mes vives sollicitudes piaient un jour de loisir o elles pussent s'pancher en lui2 elles ne le trouvaient jamais4 ,aussi je ne laissais jamais passer le jour du ,seigneur sans l'entendre expliquer au peuple avec certitude la parole de vrit1 et je m'assurais de plus en plus que l'on pouvait dmler tous ces nuds de subtiles calomnies que ces imposteurs ourdissaient contre les divines critures4 ,mais quand j'eus appris qu'en croyant l'homme fait votre image1 vos fils spirituels1 qui votre grce a donn une seconde naissance au sein de l'unit catholique1 ne vous croyaient point pour cela limit aux formes du corps humain1 quoique je ne pusse alors concevoir le plus lger1 le plus vague soupon d'une substance spirituelle1 nanmoins j'eus honte1 dans ma joie1 d'avoir1 tant d'annes durant1 aboy1 non pas contre la foi catholique1 mais contre les seules chimres de mes penses charnelles1 d'autant plus tmraire et impie1 que je censurais en matre ce que je devais tudier en disciple4 ,o trs haut et trs prochain1 trs cach et trs prsent1 tre sans parties plus ou moins grandes1 tout entier partout1 et tout entier nulle part1 vous n'avez point de forme corporelle1 et pourtant vous avez fait l'homme votre image1 l'homme qui1 de la tte aux pieds1 est dans le lieu4 ,,iv ,assiduit d',augustin aux sermons de saint ,ambroise4 ,ne sachant donc de quelle manire votre image pouvait rsider dans l'homme1 ne devais-je pas frapper la porte et demander comment il fallait croire1 loin de m'crier dans l'insolence de mon erreur3 ,voil ce que vous croyez6 ,j'tais d'autant plus vivement rong du dsir intrieur de tenir la certitude1 que1 jouet et dupe de vaines promesses1 j'avais plus longtemps1 ma honte1 dbit comme certains tant de peut-tre avec toute la purilit de l'erreur et de la passion4 ,j'en ai vu clairement depuis la fausset2 j'tais dj certain de leur incertitude1 lors mme que j'levais contre votre glise mes aveugles accusations2 et sans tre sr qu'elle enseignt la vrit1 je savais bien qu'elle n'enseignait pas ce que ma tmrit lui reprochait4 ,ainsi je me sentais confondre et changer1 et je me rjouissais1 mon ,dieu1 que votre glise unique1 corps de votre ,fils unique1 o1 tout enfant1 on mit sur mes lvres le nom du ,christ1 ne se nourrt pas de bagatelles puriles1 et que nul article de sa pure doctrine ne vous ft cette violence1 ,crateur de toutes choses1 de vous resserrer1 sous forme humaine1 dans un espace limit1 si large et si vaste qu'il pt tre4 ,je me rjouissais encore que l'ancienne loi et les prophtes ne me fussent plus proposs lire du mme il qui m'y faisait remarquer tant d'absurdits1 quand je reprochais vos saints les sentiments que je leur prtais4 ,et j'aimais entendre ,ambroise recommander souvent au peuple1 dans ses sermons1 cette rgle suprme3 ,la lettre tue et l'esprit vivifie#aah4 ,et1 lorsqu'en soulevant le voile mystique1 il dcouvrait l'esprit l o la lettre semblait enseigner une erreur1 il ne disait rien qui me dplt1 quoique je ne susse pas encore s'il disait la vrit4 ,je retenais mon cur sur le penchant de l'adhsion1 de peur du prcipice1 et cette suspension mme m'touffait4 ,je voulais tre aussi sr de ce qui chappait ma vue que de sept et trois sont dix4 ,je n'tais pas1 il est vrai1 assez insens pour croire que je pusse ici me tromper2 mais je voulais avoir la mme comprhension de toute vrit1 soit corporelle et loigne de mes sens1 soit spirituelle1 quoique ma pense ne st rien se reprsenter sans corps4 ,or1 je devais croire pour gurir1 pour que les yeux de mon esprit1 dgags de leur voile1 pussent s'arrter en quelque sorte sur votre vrit ternelle1 sans rvolution et sans clipse4 #aah ,i ,cor41 ,,iii1 #f4 ,mais trop souvent celui qui a pass par le mauvais mdecin n'ose plus se fier mme au bon4 ,ainsi mon me souffrante1 que la foi seule pouvait gurir1 de peur d'tre trompe par la foi1 se refusait sa gurison4 ,elle rsistait ce puissant remde prpar par vos mains1 et que vous prodiguez l'univers avec souveraine efficace4 ,v ,ncessit de croire ce que l'on ne comprend pas encore4 ,toutefois1 je prfrais ds lors la doctrine catholique1 jugeant qu'elle commande avec plus de modestie et entire sincrit1 de croire ce qui n'est point dmontr 7soit qu'on ait affaire qui ne peut porter la dmonstration1 soit qu'il n'y ait point de dmonstration possible71 tandis que leurs tmraires promesses de science1 appt drisoire la crdulit1 ne sont qu'un ramas de fables et d'absurdits qu'ils ne peuvent soutenir1 et dont ensuite ils imposent la crance4 ,et votre main misricordieuse et douce1 ,seigneur6 prenant et faonnant mon cur peu peu1 je remarquais quelle infinit de faits je croyais dont je n'avais t ni tmoin1 ni contemporain1 tant d'vnements dans l'histoire des nations1 tant de rcits de lieux1 de villes1 que je n'avais jamais vus1 tout ce que nous apprennent des amis1 des mdecins1 et mille autres1 qu'il faut admettre sous peine de rompre toutes les relations de la vie4 ,une foi inbranlable ne m'assurait-elle pas des auteurs de ma naissance8 et que pouvais-je en savoir si je ne croyais au tmoignage8 ,ainsi vous m'avez persuad que1 loin de blmer ceux qui ajoutent foi vos critures1 dont vous avez si puissamment tabli l'autorit chez presque tous les peuples du monde1 les incrdules seuls sont rprhensibles1 et ne doivent point tre couts quand ils nous disent3 ,d'o savez-vous si ces livres ont t communiqus au genre humain par l'esprit du vrai ,dieu1 qui est la vrit mme8 ,et c'est prcisment l ce qu'il me fallait croire1 puisque1 dans ces luttes sophistiques de questions captieuses1 dans ces conflits de philosophes dont j'avais lu les livres1 rien n'avait pu draciner en moi la croyance que vous tes1 tout en ignorant ce que vous tes1 ni me faire douter que la conduite des choses humaines appartnt votre providence4 ,ma foi1 cet gard1 tait1 il est vrai1 tantt plus forte1 tantt plus faible2 mais toujours ai-je cru que vous tes1 et que vous prenez souci de nous1 quoique je ne susse que penser de votre substance1 ou quelle est la voie qui conduit1 qui ramne vous4 ,ainsi donc1 impuissante trouver la vrit par raison pure1 notre faiblesse a besoin de l'appui des saints ,livres1 et je commenai ds lors croire que vous n'auriez point investi cette criture d'une autorit si haute et si universelle1 s'il ne vous avait plu d'tre cru1 d'tre cherch par elle4 ,quant aux absurdits o je me choquais d'ordinaire1 quelques explications plausibles donnes devant moi m'en faisaient dj rapporter l'inconnu trange la profondeur des mystres4 ,et son autorit m'apparaissait d'autant plus vnrable et plus digne de foi1 que1 s'offrant la main de tout lecteur1 elle n'en conservait pas moins dans la profondeur du sens la majest de ses secrets2 accessible par la nudit de l'expression1 par l'abaissement du langage1 et toutefois exerant les curs les plus mditatifs2 recevant tous les hommes en son vaste sein1 n'en faisant passer qu'un petit nombre jusqu' vous1 travers quelque maille rompue de son voile1 nombre qui serait encore bien plus petit1 si1 au fate d'autorit o elle est leve1 elle ne rassemblait le genre humain dans le giron de son humilit sainte4 ,ainsi je mditais1 et vous veniez moi4 ,je soupirais1 et vous prtiez l'oreille4 ,je flottais1 et vous me gouverniez4 ,j'allais par la voie large du sicle1 et vous ne m'abandonniez pas4 ,,vi ,misre de l'ambition4 ,j'aspirais aux honneurs1 aux richesses1 au mariage et j'tais votre rise4 ,et je trouvais dans ces dsirs mille pines douloureuses2 et vous m'tiez d'autant plus propice que vous me rendiez plus amer ce qui n'tait pas vous4 ,voyez mon cur1 ,seigneur1 qui m'avez inspir ces souvenirs et cette confession6 ,que dsormais s'attache vous mon me1 que vous avez dgage des gluants appts de la mort6 ,quelle tait sa misre6 et vous ne cessiez de piquer sa plaie vive1 afin qu'au mpris de tout elle se convertt vous1 qui tes au-dessus de tout1 sans qui rien ne serait2 qu'elle se convertt et gurt4 ,quelle tait la grandeur de mon mal1 et quelle fut1 pour me le faire sentir1 l'habilet de votre traitement1 alors que je me disposais prononcer un pangyrique de l'empereur1 o je devais dbiter force mensonges qui eussent t accueillis par des applaudissements complices6 ,et mon cur tait haletant de soucis1 j'tais possd de la fivre des pensers dvorants1 quand1 passant par une rue de ,milan1 j'aperus un pauvre1 avin1 je crois1 et en joyeuse humeur4 ,je soupirai1 et1 m'adressant quelques amis qui se trouvaient avec moi1 je dplorai nos laborieuses folies4 ,tous nos efforts1 si pnibles1 et tels que ceux dont j'tais alors consum1 tranant sous l'aiguillon des passions cette charge de misre1 de plus en plus lourde mesure qu'on la trane1 avaient-ils d'autre but que cette scurit joyeuse o ce mendiant nous avait prcds1 o peut-tre nous n'arriverions jamais8 ,quelques pices d'argent mendies lui avaient suffi pour acqurir ce que je poursuivais dans ces pres dfils1 par mille sentiers d'angoisse1 la joie d'une flicit temporelle4 ,il n'avait pas1 sans doute1 une joie vritable2 mais l'objet de mon ambitieuse ardeur tait bien plus faux encore4 ,il tait du moins sr de sa joie1 et j'tais soucieux4 ,il tait libre2 moi1 rong d'inquitudes4 ,que si l'on m'et demand mon choix entre la joie ou la crainte1 il n'et pas t douteux2 et si de nouveau l'on et offert mon choix d'tre tel que cet homme1 ou tel que j'tais alors1 j'eusse prfr d'tre moi avec mon fardeau de sollicitudes et de craintes1 mais par aveuglement1 et non par rectitude4 ,devais-je donc me prfrer lui1 pour tre plus savant1 si ma science ne me donnait pas plus de joie1 et si je n'en usais que pour plaire aux hommes1 non pas afin de les instruire1 mais uniquement de leur plaire8 ,c'est pourquoi vous brisiez mes os avec la verge de votre discipline4 ,loin donc de mon me ceux qui lui disent3 ,il y a joie et joie4 ,ce mendiant trouvait la sienne dans l'ivresse1 et tu cherchais la tienne dans la gloire4 ,et quelle gloire1 ,seigneur1 celle qui n'est pas en vous8 ,mensonge de joie1 mensonge de gloire3 seulement1 cette gloire tait plus capiteuse mon esprit4 ,la nuit allait cuver son ivresse1 et moi j'avais dormi1 je m'tais lev2 j'allais dormir et me lever avec la mienne2 combien de jours encore8 ,oui1 il y a joie et joie4 ,celle des saintes esprances est infiniment distante de la vaine allgresse de ce malheureux4 ,mais alors mme grande tait la distance de lui moi4 ,plus heureux que moi1 il ne se sentait point d'aise quand les soucis me dchiraient les entrailles2 et il avait achet son vin en souhaitant mille prosprits aux curs charitables1 tandis que1 par le mensonge1 je ne cherchais que la vaine gloire4 ,je tins alors mes amis plus d'un discours semblable1 et mes rflexions sur mon tat taient frquentes1 et je le trouvais alarmant2 et j'en souffrais1 et cette affliction redoublait le malaise4 ,et si quelque prosprit semblait me sourire1 je rpugnais avancer la main2 car voulais-je la saisir1 elle tait envole4 ,,vii ,son ami ,alypius4 ,tel tait le sujet ordinaire de nos plaintes entre amis1 et principalement de mes entretiens intimes avec ,alypius et ,nebridius4 ,alypius1 n dans la mme cit1 d'une des premires familles municipales1 tait plus jeune que moi4 ,il avait suivi mes leons mon dbut dans notre ville natale et puis ,carthage2 et il m'aimait beaucoup1 parce que je lui paraissais savant et bon4 ,et moi je l'aimais cause du grand caractre de vertu qu'il dveloppait dj dans un ge encore tendre4 ,cependant le gouffre de l'immoralit et des spectacles frivoles1 bant ,carthage1 l'avait englouti dans le dlire des jeux du cirque4 ,il y tait misrablement plong lorsque je professais en public l'art oratoire2 mais il n'assistait pas encore mes cours1 cause de certaine msintelligence leve entre son pre et moi4 ,j'appris avec douleur cette pernicieuse passion2 j'allais perdre1 peut-tre avais-je dj perdu ma plus haute esprance4 ,et je n'avais pour l'avertir ou le rprimer ni le droit d'une bienveillance amicale1 ni l'autorit d'un matre4 ,je croyais qu'il partageait mon gard les sentiments de son pre2 mais il n'en tait rien4 ,car1 loin de s'en inquiter1 il me saluait et venait mme quelques instants mon auditoire4 ,et nanmoins1 il m'tait sorti de l'esprit de l'entretenir1 pour le conjurer de ne pas sacrifier une aussi belle intelligence l'aveugle entranement de ces misrables jeux4 ,mais vous1 ,seigneur1 qui ne lchez jamais les rnes dont vous gouvernez vos cratures1 vous n'aviez pas oubli qu'il devait tre1 entre vos enfants1 l'un des premiers ministres de vos mystres4 ,et pour que l'honneur de son redressement vous revnt tout entier1 vous m'en ftes l'instrument1 mais l'instrument involontaire4 ,un jour que je tenais ma sance ordinaire1 il vint1 me salua1 prit place entre mes disciples1 et se mit m'couter avec attention4 ,et par hasard1 la leon que j'avais entre les mains me parut demander1 pour son explication1 une comparaison emprunte aux jeux du cirque1 qui dt jeter sur mes paroles plus d'agrment et de lumires1 avec un assaisonnement de raillerie piquante contre les esclaves d'une telle manie4 ,vous savez1 mon ,dieu1 que je ne songeais nullement alors en gurir ,alypius4 ,mais il saisit le trait pour lui1 ne le croyant adress qu' lui seul3 un autre m'en et voulu1 lui s'en voulut lui-mme2 excellent jeune homme1 et qui m'en aima encore de plus vive amiti4 ,n'aviez-vous pas dj dit depuis longtemps3 ,reprends le sage et il t'aimera#aai8 ,et nanmoins ce ne fut pas moi qui le repris2 mais vous1 qui1 soit de gr1 soit notre insu1 nous servons tous d'instruments selon l'ordre de votre sagesse et de votre justice4 ,ce fut vous qui ftes de mon cur et de ma langue des charbons ardents pour brler et gurir le mal dont se mourait cette me de prcieuse esprance4 #aai ,prov41 ,,ix1 #h4 ,que celui-l taise vos louanges qui ne considre pas vos misricordes2 elles parlent en votre honneur du fond de mes moelles4 ,j'avais dit1 et aussitt ,alypius s'lana hors de l'abme o un aveugle plaisir l'avait prcipit2 sa magnanime rsolution secoua son me et en fit tomber toutes les ordures du cirque1 o il ne revint plus4 ,bientt aprs1 triomphant de la rsistance de son pre1 il emporta la permission de me prendre pour matre4 ,redevenu mon disciple1 il s'engagea avec moi dans les superstitions des ,manichens1 aimant en eux cet extrieur de continence qu'il croyait naturel et vrai4 ,mais cette continence tait loin de leur cur2 ce n'tait qu'un pige tendu aux mes gnreuses#abj qui1 ne connaissant pas encore les ralits de la vertu1 se laissent prendre la superficie o glissent son ombre et sa trompeuse image4 #abj ,prov41 ,,vi1 #bf ,,viii ,alypius entran aux sanglants spectacles du ,cirque4 ,nourri par ses parents dans l'enchantement des voies du sicle1 loin de les dlaisser1 il m'avait prcd ,rome pour y apprendre le droit1 et l il fut pris pour les combats de gladiateurs d'une trange passion1 et par le plus trange entranement4 ,il avait pour ces spectacles autant d'aversion que d'horreur1 quand un jour1 quelques condisciples de ses amis1 au sortir de table1 le rencontrent1 et malgr l'obstination de ses refus et de sa rsistance1 l'entranent l'amphithtre avec une violence amicale1 au moment de ces cruels et funestes jeux4 ,en vain il s'criait3 ,vous pouvez entraner mon corps et le placer prs de vous1 mais pourrez-vous ouvrir ces spectacles mon me et mes yeux8 ,j'y serai absent1 et je triompherai et d'eux et de vous4 ,il eut beau dire1 ils l'emmenrent avec eux1 curieux peut-tre d'prouver s'il pourrait tenir sa promesse4 ,ils arrivent1 prennent place o ils peuvent2 tout respirait l'ardeur et la volupt du sang4 ,mais lui1 fermant la porte de ses yeux1 dfend son me de descendre dans cette arne barbare4 ,heureux s'il et encore condamn ses oreilles6 car1 un incident du combat1 un grand cri s'tant lev de toutes parts1 il est violemment mu1 cde la curiosit1 et se croyant peut-tre assez en garde pour braver1 et vaincre mme aprs avoir vu1 il ouvre les yeux4 ,alors son me est plus grivement blesse que le malheureux mme qu'il a cherch d'un ardent regard1 il tombe plus misrable que celui dont la chute a soulev cette clameur6 ,entr par son oreille1 ce cri a ouvert ses yeux pour livrer passage au coup qui frappe et renverse un cur plus tmraire que fort1 d'autant plus faible qu'il plaait sa confiance en lui-mme au lieu de vous4 ,a peine a-t-il vu ce sang1 il y boit du regard la cruaut4 ,ds lors il ne dtourne plus l'il2 il l'arrte avec complaisance2 il se dsaltre la coupe des furies1 et sans le savoir1 il fait ses dlices de ces luttes froces2 il savoure l'ivresse du carnage4 ,ce n'tait plus ce mme homme qui venait d'arriver1 c'tait l'un des habitus de cette foule barbare2 c'tait le vritable compagnon de ses condisciples4 ,que dirai-je encore8 il devint spectateur1 applaudisseur1 furieux enthousiaste2 il remporta de ce lieu une effrayante impatience d'y revenir4 ,ardent1 autant et plus que ceux qui l'avaient entran1 il entranait les autres4 ,et c'est pourtant de si bas que votre main puissante et misricordieuse l'a retir1 et vous lui avez appris ne point s'assurer en lui1 mais en vous1 bien longtemps aprs nanmoins4 ,,ix ,alypius souponn d'un larcin4 ,ce souvenir restait dans sa mmoire comme un prservatif l'avenir4 ,semblable avertissement lui avait t dj donn1 lorsqu'il tait mon disciple ,carthage4 ,c'tait vers le milieu du jour2 il se promenait au ,forum1 pensant une dclamation qu'il devait prononcer dans les exercices de l'cole1 quand surviennent les gardes du palais qui l'arrtent4 ,vous l'aviez permis1 mon ,dieu1 sans doute afin qu'il apprt1 devant tre un jour si grand1 combien il importe que l'homme1 juge de l'homme1 ne prononce pas sur le sort de son semblable avec une crdulit tmraire4 ,il se promenait donc seul1 devant le tribunal1 avec ses tablettes et son stylet1 lorsqu'un jeune colier1 franc voleur1 secrtement muni d'une hache1 sans tre aperu de lui1 s'approche des barreaux de plomb en saillie sur les devantures de la voie des ,orfvres1 et se met les couper4 ,au bruit de la hache1 on s'crie l'intrieur et on envoie des gens pour saisir le coupable4 ,entendant leurs voix1 celui-ci prend la fuite et jette son instrument1 de peur d'tre surpris arm4 ,alypius qui ne l'avait pas vu entrer1 le voit sortir et fuir rapidement4 ,il s'approche pour s'informer2 tonn de trouver une hache1 il s'arrte la considrer4 ,on l'aperoit1 seul1 tenant l'outil dont le bruit avait donn l'alarme4 ,on l'arrte1 on l'entrane1 on appelle tous les habitants du voisinage1 on le montre en triomphe comme un voleur pris en flagrant dlit qu'on va livrer au juge4 ,mais la leon devait se borner l4 ,vous vntes aussitt1 ,seigneur1 au secours de son innocence1 dont vous tiez le seul tmoin4 ,comme on le menait la prison ou au supplice1 il se trouva la rencontre un architecte1 spcialement charg de la conservation des btiments publics4 ,les gens qui le tiennent sont charms qu' leur passage vienne prcisment s'offrir celui qui d'ordinaire les souponnait des larcins commis au ,forum2 il en allait enfin connatre les auteurs4 ,or1 cet homme avait plus d'une fois vu ,alypius chez un snateur qu'il allait souvent saluer4 ,il le reconnat1 et lui prenant la main le tire part1 lui demande la cause de ce dsordre1 et apprend ce qui s'est pass4 ,la foule s'meut et murmure avec menace2 l'architecte commande qu'on le suive4 ,on passe devant la maison du jeune homme coupable4 ,a la porte se trouvait un petit esclave1 trop jeune pour tre retenu dans sa rvlation par la crainte de compromettre son matre1 qu'il avait accompagn au ,forum4 ,alypius le voit et le dsigne l'architecte1 qui1 montrant la hache l'enfant1 lui demande qui elle est3 ,a nous1 rpond l'instant celui-ci4 ,on l'interroge de nouveau2 tout se dcouvre4 ,ainsi1 le crime retomba sur cette maison1 la confusion de la multitude1 qui dj triomphait d',alypius4 ,dispensateur futur de votre parole1 et juge de tant d'affaires en votre glise1 il sortit de ce danger avec plus d'instruction et d'exprience4 ,x ,intgrit d',alypius4 ,ardeur de ,nebridius la recherche de la vrit4 ,je l'avais rencontr ,rome1 o il s'unit moi d'amiti si troite qu'il me suivit ,milan pour ne point se sparer de moi1 et aussi pour utiliser sa science du droit1 suivant le dsir de ses parents plutt que le sien4 prouv dj par trois emplois1 o son dsintressement n'avait pas moins tonn les autres qu'il n'tait surpris lui-mme de la prfrence qu'on pouvait accorder l'or sur la probit1 une dernire tentative contre sa fermet avait mis en uvre tous les ressorts de la sduction et de la terreur4 ,il remplissait ,rome les fonctions d'assesseur auprs du comte des revenus d',italie1 quand un snateur1 puissant par ses bienfaits et son crdit1 accoutum ne pas trouver d'obstacles1 voulut se permettre je ne sais quoi de contraire la loi4 ,alypius s'y oppose4 ,on lui promet une rcompense1 qu'il ddaigne2 on essaie de menaces1 qu'il foule aux pieds2 tous admirent cette constance qui ne pliait pas devant un homme1 bien connu pour avoir mille moyens d'tre utile ou de nuire2 cette fermet d'me galement indiffrente au dsir de son amiti et la crainte de sa haine4 ,le magistrat lui-mme1 dont ,alypius tait le conseiller1 quoique oppos cette injuste prtention1 n'osait cependant refuser hautement2 mais s'excusant sur l'homme juste1 il allguait sa rsistance2 et en effet1 s'il flchissait1 ,alypius tait dcid rsigner ses fonctions4 ,son amour pour les lettres seul faillit le sduire2 il et pu1 avec le gain du prtoire1 se procurer des manuscrits2 mais il consulta la justice et changea sa rsolution1 embrassant l'quit qui dfend1 de prfrence l'occasion qui permet4 ,cela n'est rien sans doute1 mais qui est fidle dans les petites choses l'est dans les grandes1 et rien ne saurait anantir cet oracle sorti de la bouche de votre vrit3 ,si vous n'avez pas t fidle dispensateur d'un faux trsor1 qui vous confiera le vritable8 ,si vous n'avez pas t fidle dpositaire du bien d'autrui1 qui vous rendra celui qui est vous#aba8 ,tel tait l'homme si troitement li avec moi1 et comme moi chancelant1 irrsolu sur le genre de vie suivre4 #aba ,luc1 ,,xvi1 #aj-ab4 ,et ,nebridius aussi1 qui avait abandonn son pays1 voisin de ,carthage1 et ,carthage mme1 son sjour ordinaire1 et le vaste domaine de son pre1 et sa maison1 et sa mre qui ne songeait pas le suivre1--il avait tout quitt pour venir ,milan vivre avec moi dans la poursuite passionne de la vrit et de la sagesse4 ,il soupirait comme moi1 il flottait comme moi1 ardent la recherche de la vie bienheureuse1 profond et pntrant examinateur des plus difficiles problmes4 ,voil donc trois bouches affames1 exhalant entre elles leur mutuelle indigence1 et attendant de vous leur nourriture au temps marqu4 ,et dans l'amertume dont votre misricorde abreuvait notre vie sculire1 considrant le but de nos souffrances1 nous ne trouvions plus que tnbres4 ,nous nous dtournions en gmissant1 et nous disions3 ,jusques quand8 ,et tout en le rptant1 nous poursuivions toujours1 parce qu'il ne nous apparaissait rien de certain que nous pussions saisir en lchant le reste4 ,,xi ,vives perplexits d',augustin4 ,et je ne pouvais1 sans un profond tonnement1 repasser dans ma mmoire tout ce long temps coul depuis la dix-neuvime anne de mon ge1 o je m'tais si vivement pris de la sagesse1 rsolu d'abandonner sa rencontre les vaines esprances et les trompeuses chimres de mes passions4 ,et dj j'accomplissais mes trente ans1 embourb dans la mme fange1 avide de jouir des objets prsents1 prissables1 et qui divisaient mon me4 ,je trouverai demain1 disais-je2 demain la vrit paratra1 et je la saisirai4 ,et puis1 ,faustus va venir1 il m'expliquera tout4 ,o grands matres de l',acadmie6 ,on ne peut rien tenir de certain pour rgler la vie4 ,mais non1 cherchons mieux2 ne dsesprons pas4 ,voici dj que les absurdits de l'criture ne sont plus des absurdits2 une interprtation diffrente satisfait la raison4 ,arrtons-nous sur les degrs o1 enfant1 mes parents m'avaient dpos1 jusqu' ce que se prsente la vrit pure4 ,mais o1 mais quand la chercher8 ,ambroise n'a pas une heure me donner1 je n'en ai pas une pour lire4 ,et puis1 o trouver des livres8 quand et comment s'en procurer8 qui en emprunter8 ,rglons le temps3 mnageons-nous des heures pour le salut de notre me4 ,une grande esprance se lve4 ,la foi catholique n'enseigne pas ce dont l'accusait la vanit de mon erreur4 ,ceux qui la connaissent condamnent comme un blasphme la croyance que ,dieu soit born aux limites d'un corps humain2 et j'hsite frapper pour qu'on achve de m'ouvrir8 ,la matine est donne mes disciples3 que fais-je le reste du jour8 pourquoi cette ngligence8 ,mais trouverai-je un moment pour rendre visite des amis puissants1 dont le crdit m'est ncessaire8 pour prparer ces leons que je vends8 pour donner quelque relche mon esprit fatigu de tant de soins8 ,prissent toutes ces vanits1 prisse tout ce nant2 employons-nous la seule recherche de la vrit4 ,cette vie est misrable et l'heure de la mort incertaine2 si elle nous surprend1 en quel tat sortirons-nous d'ici8 ,o apprendrons-nous ce que nous y aurons nglig d'apprendre8 ou plutt ne nous faudra-t-il pas expier cette ngligence8 ,et si la mort allait trancher tout souci avec ce nud de chair8 ,si tout finissait ainsi8 ,encore s'en faut-il enqurir4 ,mais non2 blasphme qu'un tel doute6 ,ce n'est pas un rien1 ce n'est pas un nant qui lve la foi chrtienne cette hauteur d'autorit par tout l'univers4 ,le doigt de ,dieu n'aurait pas opr pour nous tant de merveilles1 si la mort du corps absorbait la vie de l'me4 ,que tardons-nous1 que ne laissons-nous l l'espoir du sicle1 pour nous appliquer tout entier chercher ,dieu et la vie bienheureuse8 ,mais attends encore2 n'est-il plus de charme dans ce monde8 a-t-il perdu ses puissantes sductions8 n'en dtache pas ton cur la lgre4 ,il serait honteux de revenir lui aprs l'avoir quitt4 ,vois1 quoi tient-il que tu n'arrives une charge honorable8 ,que pourrais-tu souhaiter aprs8 ,n'ai-je pas en effet des amis puissants8 ,quel que soit mon empressement limiter mes esprances1 je puis toujours aspirer une prsidence de tribunal2 et je prendrai une femme dont la fortune sera suffisante mon tat1 et l se borneront mes dsirs4 ,combien d'hommes illustres et dignes de servir d'exemple ont vcu maris1 et fidles la sagesse6 ,ainsi disais-je2 et les vents contraires de mes perplexits jetaient mon cur et l2 et le temps passait2 et je tardais me convertir vous1 ,seigneur mon ,dieu2 je diffrais de jour en jour de vivre en vous1 et je ne diffrais pas un seul jour de mourir en moi-mme4 ,aimant la vie bienheureuse1 je la redoutais dans son sjour1 et en la fuyant je la cherchais4 ,je croyais que je serais trop malheureux d'tre jamais priv des embrassements d'une femme2 et le remde de votre misricorde contre cette infirmit ne venait pas ma pense1 faute d'en avoir fait l'preuve2 car j'attribuais la continence aux propres forces de l'homme1 quand je sentais ma faiblesse4 ,j'ignorais1 insens1 qu'il est crit3 ,nul n'est chaste1 si vous ne lui en donnez la force#abb4 ,et vous me l'eussiez donne1 si le gmissement intrieur de mon me et frapp votre oreille2 si ma foi vive et jet dans votre sein tous mes soucis4 #abb ,sap41 ,,viii1 #ba4 ,,xii ,ses entretiens avec ,alypius sur le mariage et le clibat4 ,alypius me dtournait du mariage1 et me reprsentait sans cesse que ces liens ne nous permettraient plus de vivre assurs de nos loisirs1 dans l'amour de la sagesse1 comme nous le dsirions depuis longtemps4 ,il tait d'une chastet d'autant plus admirable1 qu'il avait eu commerce avec les femmes dans sa premire jeunesse2 mais il s'en tait dtach1 avec remords et mpris1 pour vivre dans une parfaite continence4 ,et moi je lui opposais l'exemple d'hommes maris qui taient demeurs dans la pratique de la sagesse1 le service de ,dieu1 la fidlit aux devoirs de l'amiti4 ,mais que j'tais loin d'une telle force d'me6 ,esclave de cette fivre charnelle dont j'tais dvor1 je tranais ma chane dans une mortelle ivresse1 et je tremblais qu'on ne vnt la rompre1 et ma plaie vive1 frmissante sous l'anneau secou1 repoussait la parole d'un bon conseiller1 la main d'un librateur4 ,que dis-je8 le serpent1 par ma bouche1 parlait ,alypius2 ma langue formait les nuds et semait dans sa voie les doux piges o son pied innocent et libre allait s'embarrasser4 ,ce lui tait un prodige de me voir1 moi qu'il estimait tant1 pris l'appt de la volupt1 jusqu' lui avouer mme1 dans nos conversations1 qu'il me serait impossible de garder le clibat2 et pour me dfendre contre son tonnement1 je lui disais que ce plaisir qu'il avait ravi au passage1 et dont un vague souvenir lui rendait le mpris si facile1 n'avait rien de comparable aux dlices de cette liaison dans laquelle je vivais4 ,que si la sanction du mariage venait lgitimer de telles jouissances1 quel sujet aurait-il donc d'tre surpris de mon impuissance mpriser cet ordre de vie8 ,il finissait par la dsirer lui-mme1 cdant moins aux sollicitations du plaisir qu' celles de la curiosit4 ,il voulait savoir1 disait-il1 quel tait enfin ce bonheur sans lequel ma vie1 qui lui plaisait1 ne me paraissait plus une vie1 mais un supplice4 ,libre de mes fers1 son esprit s'tonnait de mon esclavage1 et de l'tonnement il se laissait aller au dsir d'en faire l'essai1 pour tomber peut-tre de cette exprience dans la servitude mme qui l'tonnait1 ds l qu'il voulait se fiancer la mort1 et que l'homme qui aime le pril y tombe4 ,car nous n'tions1 l'un et l'autre1 que faiblement touchs des devoirs qui donnent seuls quelque dignit au mariage1 la continence et l'ducation des enfants4 ,pour moi1 je n'en aimais gure que l'enivrante habitude d'assouvir cette insatiable concupiscence dont j'tais la proie2 et lui allait trouver la captivit dans son tonnement de ma servitude4 ,voil o nous en tions1 jusqu' ce que votre grandeur1 ne dlaissant pas notre boue1 prt en piti notre misre1 et nous vnt en aide par de merveilleuses et secrtes voies4 ,,xiii ,sa mre n'obtient de ,dieu aucune rvlation sur le mariage de son fils4 ,et l'on pressait activement l'affaire de mon mariage4 ,j'avais fait une demande2 j'tais accueilli2 ma mre s'y employait avec zle1 d'autant que le mariage devait me conduire l'eau salutaire du baptme2 elle sentait avec joie que je m'en approchais chaque jour davantage2 et ma profession de foi allait accomplir ses vux et vos promesses4 ,mais lorsque1 ma prire et selon l'instinct de son dsir1 elle vous suppliait1 de l'accent le plus passionn du cur1 de lui rvler en songe quelque chose de cette future alliance1 vous n'avez jamais voulu l'entendre4 ,elle voyait de vaines et fantastiques images rassembles par la vive proccupation de l'esprit2 elle me les racontait avec mpris2 ce n'tait plus cette confiance qui lui attestait l'impression de votre doigt4 ,certain got ineffable lui donnait1 disait-elle1 le discernement de vos rvlations et des songes de son me4 ,on pressait nanmoins mon mariage2 la jeune fille tait demande1 mais il s'en fallait de deux annes qu'elle ft nubile2 et1 comme elle me plaisait1 on prit le parti d'attendre4 ,,xiv ,projet de vie en commun avec ses amis4 ,nous tions plusieurs amis ensemble1 qui1 dgots des turbulentes inquitudes de la vie humaine1 objet habituel de nos rflexions et de nos entretiens1 avions presque rsolu de nous retirer de la foule pour vivre en paix4 ,notre plan tait de mettre en commun ce que nous pourrions avoir1 de faire une seule famille1 un seul hritage1 notre sincre amiti faisant disparatre le tien et le mien2 le bien de chacun serait tous1 le bien de tous chacun2 nous pouvions tre dix dans cette communaut1 et plusieurs d'entre nous taient fort riches1 ,romanianus en particulier1 citoyen de notre municipe1 qu'une tourmente d'affaires avait jet la cour de l'empereur1 et mon intime ami ds l'enfance4 ,il tait le plus ardent presser ce dessein1 et il nous le persuadait avec d'autant plus d'autorit1 qu'il avait la supriorit de la fortune4 ,nous avions dcid que deux d'entre nous seraient chargs1 comme magistrats annuels1 de l'administration des affaires1 les autres vivant en repos4 ,mais quand on vint demander si les femmes y consentiraient1 plusieurs tant dj maris1 et nous aspirant l'tre1 l'argile si bien faonne de cette illusion nouvelle clata entre nos mains1 et nous en rejetmes les dbris4 ,et nous voil retombs dans nos soupirs1 dans nos gmissements1 dans les voies du sicle larges et battues1 et notre cur roulait le flot de ses penses devant l'ternelle stabilit de votre conseil4 ,du haut de ce conseil1 riant de nos rsolutions1 vous prpariez les vtres1 attendant le temps propre pour nous donner la nourriture et pour ouvrir la main qu'il allait combler nos mes de bndiction#abc4 #abc ,ps4 ,,clxiv1 #ae1 #af4 ,,xv ,la femme qu'il entretenait tant retourne en ,afrique1 il en prend une autre4 ,cependant mes pchs se multipliaient2 et quand on vint arracher de mes cts1 comme un obstacle mon mariage1 la femme qui vivait avec moi1 il fallut dchirer le cur o elle avait racine1 et la blessure saigna longtemps4 ,mais elle1 son retour en ,afrique1 vous fit vu de renoncer au commerce de l'homme4 ,elle me laissait le fils naturel qu'elle m'avait donn4 ,et moi1 malheureux1 incapable d'imiter mme une femme1 impatient de cette attente de deux annes pour obtenir la main qui m'tait promise1 n'tant point amoureux du mariage1 mais esclave de la volupt1 je trouvai une autre femme1 comme pour soutenir et irriter la maladie de mon me1 en lui continuant cette honteuse escorte de plaisirs jusqu' l'avnement de l'pouse4 ,ainsi la blessure dont la premire sparation m'avait navr1 ne gurissait pas3 mais1 aprs de cuisantes douleurs1 elle tournait en sanie1 et le mal1 plus languissant1 n'en tait que plus dsespr4 ,,xvi ,sa crainte de la mort et du jugement4 ,louange vous6 gloire vous6 source des misricordes6 ,je devenais de jour en jour plus dplorable1 et vous plus prochain4 ,vous avanciez dj la main qui allait me retirer et me laver de cette boue1 et je ne m'en doutais pas4 ,et rien ne me rappelait du fond de l'abme des volupts charnelles1 que la crainte de la mort et de votre jugement futur1 si profonde en mon cur que tant de doctrines contraires n'avaient jamais pu l'en bannir4 ,et je discutais avec ,alypius et ,nebridius les raisons finales des biens et des maux1 leur avouant que1 dans mon esprit1 picure et obtenu la palme1 si j'avais pu cesser de croire la survivance de l'me aprs la mort1 et la rmunration des uvres1 qu'picure n'admit jamais4 ,si nous tions immortels1 leur disais-je1 vivant dans une perptuelle volupt des sens1 sans aucune crainte de la perdre1 ne serions-nous pas heureux8 ,et que nous faudrait-il encore8 ,et je ne voyais pas que cette pense mme tmoignait de ma misre et de la profondeur de mon naufrage2 aveugle1 je n'apercevais pas la lumire de cette beaut chaste et pure qu'il faut embrasser sans passion1 invisible au regard de la chair1 visible seulement l'il intrieur4 ,et1 malheureux1 je ne concevais pas de quelle source coulait en moi ce plaisir que la prsence de mes amis me faisait trouver au rcit de ces honteuses misres4 ,car1 au sein mme des joies charnelles1 je n'eusse pu vivre heureux1 mme selon l'homme sensuel d'alors1 sans ces amis que j'aimais et dont je me sentais aim sans intrt4 ,o voies tortueuses6 malheur l'me tmraire qui1 en se retirant de vous1 espre trouver mieux que vous6 ,elle se tourne1 elle se retourne en vain sur le dos1 sur les flancs1 sur le ventre2 tout lui est dur4 ,et vous seul tes son repos4 ,et vous voici6 et vous nous dlivrez de nos lamentables erreurs6 et vous nous mettez dans votre voie1 et vous nous consolez et dites3 ,courez1 je vous soutiendrai2 je vous conduirai au but1 et l je vous soutiendrai encore4 ,,livre ,,septi,,me ,peines de son esprit dans la recherche du mal4 ,par quels degrs il s'lve la connaissance de ,dieu4 ,erreur de ses sentiments sur la personne de ,notre-,seigneur ,jsus-,christ4 ,i ,il ne pouvait concevoir ,dieu que comme une substance infiniment tendue4 ,et dj tait morte mon adolescence honteuse et criminelle2 et j'entrais dans la jeunesse1 et plus j'avanais en ge1 plus je m'garais en de ridicules chimres1 ne pouvant concevoir d'autre substance que celle qui se voit par les yeux4 ,je ne vous prtais plus1 il est vrai1 mon ,dieu1 les formes humaines1 depuis que j'avais commenc d'ouvrir l'esprit la sagesse2 je m'tais toujours prserv de cette erreur2 et je la voyais1 avec joie1 condamne par la foi de votre glise catholique1 notre mre spirituelle4 ,mais de quelle autre manire vous concevoir8 je l'ignorais et je m'vertuais vous comprendre1 homme que j'tais1 et quel homme6 vous le souverain1 le seul et vrai ,dieu4 ,et je croyais de toutes les forces de mon tre que vous tes incorruptible1 inviolable1 incommunicable2 car1 malgr mon ignorance du comment et du pourquoi1 je voyais cependant avec certitude que ce qui est sujet la corruption est au-dessous de l'incorruptible2 et je prfrais sans hsiter l'inviolable ce qui souffre violence1 et l'immuable au muable4 ,mon cur protestait violemment contre ces vanits de ma fantaisie1 et je cherchais dissiper d'un seul coup l'essaim bourdonnant d'impurets qui offusquaient le regard de ma pense2 peine loign1 il revenait soudain fondre plus press sur mes yeux aveugls2 et tout en renonant cette vaine imagination de forme humaine1 je ne pouvais nanmoins me dbarrasser de l'ide d'une substance corporelle pntrant le monde dans toute son tendue1 et rpandue1 hors du monde1 dans l'infini2 et1 toutefois1 je lui maintenais1 en tant qu'incorruptible1 inviolable et immuable1 la prminence sur ce qui est sujet corruption1 dchance et changement4 ,tout tre qui je refusais l'tendue ne me semblait plus qu'un rien1 mais rien absolu1 et non ce vide que ferait dans l'tendue la disparition de tout corps4 ,car l'tendue serait toujours1 malgr cette vacuit de tout corps lmentaire ou cleste1 vide tendu1 spacieux nant4 ,et dans cette plthore de cur1 m'obscurcissant moi-mme mes propres yeux1 je pensais que tout ce qui ne m'apparaissait point l'tat d'extension ou de diffusion1 de concentration ou de renflement1 n'tait que pur nant4 ,car les formes sur lesquelles se promnent mes yeux taient les seules images que parcourt ma pense1 et je ne m'apercevais pas que cette action intrieure qui me figurait ces images ne leur tait en rien semblable1 et qu'elle ne pouvait les imaginer sans tre elle-mme quelque chose de grand4 ,et vous1 vie de ma vie1 c'est ainsi que je vous croyais grand2 rpandu1 suivant moi1 dans tout le corps de l'univers1 et le dbordant partout l'infini1 le ciel et la terre et toute crature vous possdaient1 termins en vous2 vous1 nulle part4 ,mais comme le corps de l'air tendu sur la terre ne rsiste point la lumire du soleil qui le traverse1 qui le pntre sans le dchirer ou le diviser et le remplit tout entier1 j'imaginais que vous passiez ainsi par le corps du ciel et de l'air1 et mme par celui de la terre1 galement pntrable en ses parties les plus grandes et les moindres l'immanation de votre prsence1 qui se mlait comme une respiration subtile au mouvement intrieur et extrieur de toutes vos cratures4 ,telles taient mes conjectures2 ma pense ne pouvait aller au del1 et c'tait encore une erreur4 ,car il fallait admettre qu'une plus grande partie de la terre en contenait une plus grande de vous1 et une plus petite1 une moindre1 votre prsence se distribuant de manire qu'il en tenait plus dans le corps de l'lphant que dans celui du passereau2 beaucoup plus grand1 il prenait beaucoup plus de place2 et ainsi les divisions de votre essence se proportionnaient aux ingalits des corps4 ,et toutefois il n'en est pas ainsi2 mais vous n'aviez point encore clair mes tnbres4 ,,ii ,objection de ,nebridius contre les ,manichens4 ,il me suffisait1 ,seigneur1 pour confondre ces imposteurs dupes et ces bavards muets1 car leur bouche est toujours muette pour votre ,verbe1 il me suffisait de cette objection que ,nebridius1 ,carthage mme1 leur prsentait d'ordinaire1 et qui avait fortement remu tous ceux qui1 comme moi1 l'avaient entendue4 ,qu'aurait pu faire contre vous1 leur demandait-il1 cette nation de tnbres qu'ils vous opposent comme une arme ennemie1 si vous n'eussiez pas voulu combattre contre elle8 ,si l'on rpond qu'elle pouvait nuire1 vous n'tes plus ni inviolable ni incorruptible4 ,si l'on convient de son impuissance1 on ne peut plus apporter aucune raison cette lutte2 lutte si opinitre1 qu'une partie de vous-mme1 un de vos membres1 une production de votre propre substance engage parmi ces puissances ennemies et les natures indpendantes de votre cration1 s'y trouve infecte d'une telle corruption1 que1 prcipite de la batitude dans la misre1 elle a besoin d'un librateur et d'un purificateur3 or1 les en croire1 cette partie de vous-mme est l'me de l'homme1 que votre ,verbe vient1 libre1 dlivrer de ses chanes2 pur1 de ses souillures2 intact1 de sa corruption1 et toutefois corruptible lui-mme1 puisqu'il n'est qu'une seule et mme substance avec elle et avec vous4 ,que s'ils reconnaissent que tout ce que vous tes1 c'est--dire la substance dont vous tes1 est incorruptible1 toutes leurs hypothses sont fausses et odieuses4 ,s'ils vous tiennent pour corruptible1 cela seul est un blasphme abominable profrer4 ,c'tait assez pour se presser la poitrine avec dgot et vomir ces pernicieux docteurs1 qui1 renferms dans un cercle dont ils ne pouvaient sortir sans un horrible sacrilge de cur et de langue1 taient condamns penser et parler ainsi de vous4 ,,iii ,peine qu'il prouve concevoir l'origine du mal4 ,mais tout en vous reconnaissant incapable de souillure1 d'altration et de changement1 si ferme que je fusse dans la croyance que vous tes notre ,seigneur1 vrai ,dieu1 crateur de nos mes et de nos corps1 et non seulement des mes et des corps1 mais de tout tre et de toute chose1 je ne saisissais pas encore toutefois le nud de l'origine du mal4 ,et nanmoins1 quelle qu'elle ft1 je sentais que je devais conduire mes rflexions avec assez de prudence pour ne pas en tre enlac jusqu' trouver le ,dieu immuable sujet au changement1 et ne point me laisser surprendre par l'objet de ma poursuite4 ,et j'y songeais avec scurit1 certain qu'il n'y avait qu'erreur dans les discours de ces hommes que je fuyais de toute mon me1 parce qu'il tait vident pour moi qu'ils recherchaient la cause du mal en esprit de malice1 aimant mieux croire votre substance susceptible de le souffrir1 que la leur capable de le faire4 ,et je m'appliquais saisir cette vrit souvent affirme devant moi1 que le libre arbitre de la volont est la cause du mal de nos actions1 et l'quit de vos jugements1 du mal de nos souffrances4 ,mais ici ma faible vue s'obscurcissait4 ,en vain je travaillais retirer les yeux de mon me de cet abme de tnbres1 j'y plongeais de nouveau2 et je ritrais mes efforts1 et je plongeais toujours4 ,une chose me soulevait un peu vers votre lumire1 c'est que je n'tais pas plus certain de vivre que d'avoir une volont4 ,ainsi1 quand je voulais ou ne voulais pas1 j'avais toute certitude que ce n'tait pas autre que moi qui voulait ou ne voulait pas2 et je souponnais dj que l rsidait la cause de mon pch4 ,quant aux actes o je me portais malgr moi1 je me sentais plutt souffrir qu'agir1 et je prsumais que c'tait moins une faute qu'un chtiment1 dont je me reconnaissais justement frapp1 en songeant votre justice4 ,mais je me demandais ensuite3 ,qui m'a fait8 ,n'est-ce pas mon ,dieu qui est bon1 qui est la bont mme8 ,d'o m'est venu de vouloir le mal1 de ne pas vouloir le bien1 mon crime1 mon supplice8 ,qui a donc sem et plant en moi ce grain d'amertume1 moi dont tout l'tre est venu de mon ,dieu souverainement doux4 ,si le diable en est l'auteur1 d'o lui-mme est-il le diable8 ,que si1 par la malice de sa volont1 d'ange il est devenu dmon1 d'o lui est venue cette volont mauvaise qui l'a fait diable1 lui que son crateur1 souverainement bon1 avait fait ange de bont8 ,et ces penses taient un poids mortel qui me coulait fond1 mais toutefois je ne descendais pas jusqu'au gouffre d'horreur o l'on ne vous confesse plus1 o l'on vous soumet au mal pour ne pas reconnatre le crime de l'homme4 ,,iv ,dieu1 tant le souverain bien1 est ncessairement incorruptible4 ,je faisais donc tous mes efforts pour dcouvrir le reste1 comme j'avais dj dcouvert que l'incorruptible est meilleur que le corruptible1 vous reconnaissant ainsi1 qui que vous fussiez1 pour incorruptible4 ,car jamais esprit n'a pu et ne pourra concevoir rien de meilleur que vous1 suprme et souverain ,bien4 ,or1 comme il est d'vidente certitude que l'incorruptible est prfrable au corruptible1 prfrence qui alors mme ne me semblait pas douteuse1 j'aurais pu saisir par la pense quelque chose de meilleur que mon ,dieu1 si lui n'et t l'incorruptible4 ,ainsi persuad de la prminence de l'incorruptible sur le corruptible1 c'est dans cette excellence que je devais vous chercher2 c'est par l que je devais concevoir d'o procde le mal1 c'est--dire la corruption mme1 qui ne peut nullement atteindre votre substance1 car la corruption n'a aucune prise sur notre ,dieu1 ni par sa volont1 ni par la ncessit1 ni par survenance fortuite1 parce qu'il est ,dieu1 qu'il ne veut que le bien1 et qu'il est lui-mme le bien essentiel1 et que se corrompre n'est plus de l'essence du bien4 ,et rien ne vous contraint d'agir malgr vous1 parce que votre volont n'est pas plus grande que votre puissance2 et1 pour qu'elle le ft1 il faudrait que vous fussiez plus grand que vous-mme1 car la volont1 car la puissance de ,dieu1 c'est ,dieu mme4 ,et qui peut vous surprendre1 vous qui connaissez tout1 rien ne pouvant exister que par votre connaissance8 ,et faut-il tant s'arrter chercher pourquoi cette substance1 qui est ,dieu1 est incorruptible1 puisque si elle ne l'tait pas1 elle ne serait pas ,dieu8 ,v ,ses doutes sur l'origine du mal4 ,et je cherchais la source du mal1 et je la cherchais mal1 et je n'apercevais pas le mal de ma recherche mme1 et je faisais comparatre aux regards de mon esprit la cration universelle1 et tout ce qui est visible dans son tendue1 la terre1 la mer1 l'air1 les astres1 les plantes et les animaux mortels2 et tout ce qui est invisible1 comme le firmament1 les anges et les substances spirituelles2 et ces substances mmes1 mon imagination les distribuait en divers lieux1 comme si elles eussent t des tres corporels4 ,et je faisais de votre cration une grande masse que je classais par espces de corps1 ou rels1 ou que mon erreur substituait aux esprits4 ,et cette masse1 je me la reprsentais immense1 non pas selon son immensit relle qu'il m'tait impossible d'atteindre1 mais selon les seules limites que lui assignait mon imagination4 ,et je me la reprsentais1 ,seigneur1 de toutes parts environne et pntre de votre essence2 et je me figurais une mer sans fond et sans rivage1 solitaire dans l'infini1 qui contiendrait une ponge d'une immensit finie1 et toute pleine de l'immense mer4 ,ainsi je croyais vos cratures finies1 pleines de votre infini1 et je me disais3 ,voici ,dieu1 voil ses cratures1 ,dieu bon1 infiniment meilleur qu'elles1 mais dont la bont n'a pu les faire que bonnes1 et c'est ainsi qu'il les environne et les remplit4 ,o est donc le mal1 d'o vient-il1 et par o s'est-il gliss8 quelle est sa racine8 quel est son germe8 ,mais peut-tre n'est-il pas8 ,pourquoi donc redoutons-nous1 pourquoi fuyons-nous ce qui n'est pas8 ,et si notre crainte est vaine1 cette crainte mme est un mal2 c'est un mal que ce nant qui sollicite et tourmente notre cur1 mal d'autant plus pnible1 qu'avec moins de sujet de craindre il nous livre la crainte4 ,ainsi donc1 ou nous avons la crainte du mal1 ou nous avons le mal de la crainte4 ,et d'o vient cela8 ,car ,dieu tout bon n'a rien fait que de bon4 ,bien souverain1 ses cratures1 il est vrai1 ne sont que des participations diminues de sa bont2 mais toutefois1 ,crateur et cratures1 tout est bon4 ,d'o procde enfin le mal8 ,est-ce de la matire qu'il a mise en uvre8 ,elle reclait peut-tre1 lorsqu'il lui donna la forme et l'ordre1 un lment mauvais1 qu'il y laissa sans le convertir en bien4 ,et pourquoi8 tait-il impuissant convertir1 changer l'essence de cette matire1 pour qu'il n'y restt aucun vestige de mal1 lui qui est tout-puissant8 ,pourquoi a-t-il voulu tirer quelque chose d'une pareille matire1 et pourquoi1 avec cette toute-puissance1 ne l'a-t-il pas plutt rduite au nant8 ,pouvait-elle donc exister contre sa volont8 ,que si elle tait ternelle1 pourquoi l'a-t-il laisse ainsi pendant des espaces infinis de temps couls1 et s'est-il dcid si tard en faire quelque chose8 ,et s'il lui est venu soudaine volont de faire1 que n'a-t-il fait plutt qu'elle cesst d'tre1 et que lui seul ft1 comme le ,bien vritable1 souverain1 infini8 ,ou enfin1 s'il n'tait pas bien que la main de celui qui est tout bon demeurt strile d'uvre bonne1 ne devait-il pas dissiper et rendre au nant cette matire mauvaise pour en instituer une bonne1 dont il et cr toutes choses8 car il ne serait pas tout-puissant s'il ne pouvait rien faire de bon qu' l'aide de cette matire que lui-mme n'aurait pas faite4 ,et voil tout ce que roulait de pensers mon pauvre cur1 gros de tous les mordants soucis dont le pntraient la crainte de la mort et la tristesse de n'avoir point trouv la vrit4 ,et nanmoins je portais enracine dans mon me la foi de l'glise catholique en votre ,christ1 notre ,sauveur et ,matre2 et bien qu'elle ft encore beaucoup d'gards informe et flottante contre la rgle de la doctrine1 elle tenait pourtant dans mon esprit1 et y prenait chaque jour d'avantage4 ,,vi ,vaines prdictions des astrologues4 ,j'avais dj rejet loin les trompeuses prdictions des astrologues et l'impit de leurs dlires4 ,oh6 que vos misricordes1 mon ,dieu1 en publient aussi vos louanges du fond des entrailles de mon me6 ,c'est vous qui m'avez dtromp1 et vous seul2 car qui nous ressuscite de la mort de toute erreur1 que la vie qui ne saurait mourir2 que la sagesse qui prodigue la lumire l'indigence des mes1 qui gouverne le monde et connat jusqu' la feuille qu'emporte le vent8 ,vous avez pris en piti mon obstination combattre le sage vieillard ,vindicianus1 et ,nebridius1 ce jeune homme d'un esprit incomparable1 lorsqu'ils soutenaient1 l'un avec force1 l'autre avec moins d'assurance1 mais frquemment1 qu'il n'est point de science de l'avenir2 que si le sort dispose souvent selon les conjectures des hommes1 ce n'est pas la science des devins1 mais la multitude de leurs prophties qu'il faut l'attribuer2 on peut prdire vrai force de prdire4 ,vous m'avez donc amen un ami1 assez peu savant en astrologie1 mais zl consulteur d'astrologues1 quoiqu'il et appris de son pre un fait qui1 son insu1 ruinait la vanit de cette science4 ,cet homme1 nomm ,firminus1 instruit dans les lettres et l'loquence1 me consultant un jour comme l'un de ses plus chers amis sur quelques grandes esprances qu'il btissait dans le sicle1 pour savoir ce que j'en augurais d'aprs son horoscope1 je ne refusai pas de lui donner mes conjectures et tout ce que ma pense trouvait ttons1 mais1 inclinant dj vers l'opinion de ,nebridius1 j'ajoutai que je commenais tenir tout cela pour vain et ridicule4 ,alors il me conta que son pre1 fort curieux de cette science1 avait un ami vou la mme tude1 et que1 mettant en commun leur laborieuse passion pour ces purilits1 ils observaient chez eux le moment de la naissance des animaux domestiques1 et prcisaient en mme temps la situation du ciel pour fonder sur ces remarques l'exprience de leur art4 ,il disait donc avoir appris de son pre que1 lorsque sa mre tait enceinte de lui1 ,firminus1 le sein d'une servante de cet ami grossit en mme temps1 ce qui ne put longtemps chapper au regard d'un matre si exact observateur de la naissance de ses chiens4 ,il arriva donc qu'ayant calcul les jours1 heure et minute de la dlivrance1 l'un de sa femme1 l'autre de sa servante1 elles accouchrent ensemble1 en sorte qu'ils figurrent ncessairement le mme ascendant1 l'un son fils1 l'autre son esclave2 car1 au moment o les deux femmes avaient ressenti les premires douleurs1 ils s'informrent mutuellement de ce qui se passait chez eux1 et tinrent des serviteurs prts partir au moment prcis de la naissance4 ,matres absolus comme ils l'taient1 ils furent ponctuellement obis4 ,et la rencontre des envoys1 disait-il1 s'tait opre une distance de l'une et de l'autre maison si prcisment gale1 qu'il fut de part et d'autre impossible de signaler la moindre diffrence dans l'aspect des astres et dans le calcul des moments4 ,et cependant1 ,firminus1 n dans un rang lev parmi les siens1 se promenait par les plus riantes voies du sicle1 combl de richesses et d'honneurs1 tandis que l'esclave vivait toujours courb sous le mme fardeau de servitude1 au tmoignage mme de celui qui le connaissait bien4 ,ayant entendu ce rcit1 que le caractre du narrateur me rendait digne de foi1 toutes les rsistances de mes doutes tombrent4 ,et aussitt je cherchais gurir ,firminus de cette curiosit1 lui montrant que j'aurais d1 pour lui dire vrai1 remarquer1 l'aspect des astres de sa nativit1 le rang que ses parents tenaient dans leur ville1 son hritage considrable1 sa naissance ingnue1 son ducation honnte1 son instruction librale4 ,qui si cet esclave1 n sous de communes influences1 m'et consult1 il et fallu1 pour lui annoncer aussi la vrit1 que j'eusse reconnu1 dans ces mmes signes1 la misre et la servilit de sa condition2 circonstances bien diffrentes et bien loignes des premires4 ,or1 comment l'observation des mmes signes m'et-elle fourni des rponses qui devaient tre diffrentes pour tre vraies1 une rponse semblable tant une erreur8 ,d'o je conclus avec certitude que ce qui se dit de vrai aprs l'examen des constellations se dit1 non par science1 mais par hasard1 et que le faux doit tre imput1 non l'imperfection de l'art1 mais au mensonge de tout calcul fond sur le sort4 ,ce rcit ayant ouvert la voie mes penses1 je ruminais en moi-mme comment1 en attaquant les insenss que je dsirais ardemment rfuter et couvrir de ridicule1 je leur enlverais jusqu'au moyen d'allguer pour dfense que ,firminus m'avait abus par un conte1 ou que lui-mme s'tait laiss tromper par son pre2 et je dirigeai mes rflexions sur ceux qui naissent jumeaux1 dont la naissance se suit de si prs1 que le moment d'intervalle1 quelle que soit l'influence qu'ils lui prtent dans l'ordre des vnements1 se joue des calculs de l'observation humaine et des figures que l'astrologue doit consulter pour la vrit de ses prdictions4 ,mais cette vrit mme est un rve4 ,l'examen des mmes signes lui et fait tirer le mme horoscope d'sa et de ,jacob1 dont la vie fut si diffrente4 ,sa prdiction et donc t fausse2 car1 pour dire la vrit1 il aurait d1 de l'inspection des mmes toiles1 augurer des fortunes diffrentes4 ,ce n'est donc pas la science1 mais le hasard qui lui et prsent la vrit4 ,c'est vous1 ,seigneur1 juste modrateur de l'univers1 c'est vous qui1 par une action secrte1 l'insu de tous1 consulteurs et consults1 faites sortir de l'abme de vos justices une rponse conforme aux mrites cachs des mes4 ,et que l'homme ne s'lve pas jusqu' dire3 ,qu'est-ce donc8 pourquoi8 ,qu'il se taise6 qu'il se taise6 car il est homme4 ,,vii ,tourments de son esprit dans la recherche de l'origine du mal4 ,et dj1 mon librateur1 vous m'aviez affranchi de ces liens2 et j'tais encore engag dans la recherche du mal1 et je ne trouvais pas d'issue4 ,mais vous ne permettiez pas aux tourmentes de ma pense de m'enlever la ferme croyance que vous tes et que votre substance est immuable1 que vous tes la providence et la justice des hommes1 et que vous leur avez ouvert en ,jsus-,christ1 votre ,fils1 ,notre-,seigneur1 et dans les saintes critures fondes sur l'autorit de l'glise catholique1 la voie de salut vers cette vie qui doit commencer la mort4 ,ces vrits sauves1 et inbranlablement fortifies dans mon esprit1 je cherchais1 avec angoisse1 d'o vient le mal4 ,oh6 quelles taient alors les tranches de mon me en travail6 quels taient ses gmissements1 mon ,dieu6 ,et vous tiez l1 coutant1 mon insu4 ,et lorsque1 dans le silence1 je poursuivais ma recherche avec effort1 c'taient d'clatants appels votre misricorde que ces muettes contritions de ma pense4 ,vous saviez ce que je souffrais1 et nul ne le savait4 ,qu'tait-ce1 en effet1 ce que ma parole en faisait passer dans l'oreille de mes plus chers amis8 ,la parole1 le temps et-il suffi pour leur faire entendre le bruit des flots de mon me8 ,mais ils entraient tous dans votre oreille1 vous ne perdiez rien des rugissantes lamentations de ce cur4 ,et mon dsir tait devant vous1 et la lumire de mes yeux n'tait plus avec moi4 ,car elle tait en moi1 et j'tais hors de moi-mme4 ,il n'est pas de lieu pour elle2 et je ne portais mon esprit que sur les objets qui occupent un lieu1 et je n'y trouvais pas o reposer2 et je n'y pouvais demeurer1 et dire3 ,cela suffit1 je suis bien2 et il ne m'tait plus permis de revenir o j'eusse t mieux4 ,suprieur ces objets1 infrieur vous1 je vous suis soumis1 ma vritable joie1 et vous m'avez soumis tout ce que vous avez fait au-dessous de moi4 ,et tel est le temprament de rectitude1 la moyenne rgion o est le salut3 fidle image de mon ,dieu1 je devais en vous servant dominer sur mon corps4 ,mais mon orgueil s'est dress contre vous1 je me suis lanc contre mon ,seigneur sous le bouclier d'un cur endurci#abd1 et tout ce que je foulais aux pieds s'est lev au-dessus de ma tte1 pour m'opprimer1 sans trve1 sans relche4 ,tous ces corps1 je les rencontrais en foule1 en masse serre1 sur le passage de mes yeux2 je voulais rentrer dans ma pense1 et leurs images m'interceptaient le retour1 et je croyais entendre3 ,o vas-tu1 indigne et infme8 #abd ,job1 ,,xv1 #bf4 ,et telles taient les excroissances de ma plaie1 parce que vous m'aviez humili comme un bless superbe2 le gonflement de mon me me sparait de vous1 et l'enflure de ma face me fermait les yeux4 ,,viii ,dieu entretenait son inquitude jusqu' ce qu'il connt la vrit4 ,et vous1 ,seigneur1 vous demeurez ternellement1 mais votre colre contre nous n'est pas ternelle1 puisque vous avez eu piti de ma boue et de ma cendre1 et que votre regard a daign rformer toutes mes difformits4 ,votre main piquait d'un secret aiguillon mon cur agit1 pour entretenir son impatience1 jusqu' ce que l'vidence intrieure lui et dvoil votre certitude1 et mon enflure diminuait votre contact puissant et cach1 et l'il de mon me1 trouble et tnbreux1 gurissait de jour en jour par le cuisant collyre des douleurs salutaires4 ,,ix ,il avait trouv la divinit du ,verbe dans les livres des platoniciens1 mais non pas l'humilit de son ,incarnation4 ,et voulant d'abord me faire connatre comment vous rsistez aux superbes et donnez votre grce aux humbles1 et quelles prodigalits de misricorde a rpandues sur la terre l'humilit de votre ,verbe fait chair et habitant parmi nous1 vous m'avez remis1 par les mains d'un homme1 monstre de vaine gloire1 plusieurs livres platoniciens1 traduits de grec en latin1 o j'ai lu1 non en propres termes1 mais dans une frappante identit de sens1 appuy de nombreuses raisons1 qu'au commencement tait le ,verbe2 que le ,verbe tait en ,dieu1 et que le ,verbe tait ,dieu2 qu'il tait au commencement en ,dieu1 que tout a t fait par lui et rien sans lui3 que ce qui a t fait a vie en lui2 que la vie est la lumire des hommes1 que cette lumire luit dans les tnbres1 et que les tnbres ne l'ont point comprise4 ,et que l'me de l'homme1 tout en rendant tmoignage de la lumire1 n'est pas elle-mme la lumire1 mais que le ,verbe de ,dieu1 ,dieu lui-mme1 est la vraie lumire qui claire tout homme venant en ce monde2 et qu'il tait dans le monde1 et que le monde a t fait par lui1 et que le monde ne l'a point connu4 ,mais qu'il soit venu chez lui1 que les siens ne l'aient pas reu1 et qu' ceux qui l'ont reu il ait donn le pouvoir d'tre faits enfants de ,dieu1 ceux-l qui croient en son nom2 c'est ce que je n'ai pas lu dans ces livres4 ,j'y ai lu encore3 ,que le ,verbe-,dieu est n non de la chair1 ni du sang1 ni de la volont de l'homme1 ni de la volont de la chair2 qu'il est n de ,dieu4 ,mais que le ,verbe se soit fait chair1 et qu'il ait habit parmi nous#abe1 c'est ce que je n'y ai pas lu4 #abe ,joan41 ,i1 #a-ad4 ,j'ai dcouvert encore plus d'un passage tmoignant par diverses expressions1 que le ,fils consubstantiel au ,pre1 n'a pas cru faire un larcin d'tre gal ,dieu1 parce que naturellement il n'est pas autre que lui4 ,mais qu'il se soit ananti1 abaiss la forme d'un esclave1 la ressemblance de l'homme1 qu'il ait t trouv homme dans ses infirmits1 qu'il se soit humili1 qu'il se soit fait obissant jusqu' la mort1 la mort de la croix6--pour quoi ,dieu l'a ressuscit des morts et lui a donn un nom au-dessus de tout autre nom1 afin qu' ce nom de ,jsus tout genou flchisse au ciel1 sur la terre dans les enfers1 et que toute langue confesse que ,jsus ,notre-,seigneur est dans la gloire de ,dieu son ,pre#abf2 c'est ce que ces livres ne disent pas4 #abf ,philipp41 ,,ii1 #f-aa4 ,qu'il est avant les temps1 au del des temps1 dans une immuable prennit1 comme votre ,fils1 coternel vous2 que1 pour tre heureuses1 les mes reoivent de sa plnitude1 et que1 pour tre sages1 elles sont renouveles par la communion de la sagesse rsidant en lui#abg2 cela est bien ici4 ,mais qu'il soit mort dans le temps pour les impies2 que vous n'ayez point pargn votre ,fils unique1 et que pour nous tous vous l'ayez livr#abh1 c'est ce qui n'est pas ici4 ,vous avez cach ces choses aux sages1 et les avez rvles aux petits1 afin de faire venir lui les souffrants et les surchargs1 pour qu'il les soulage4 ,car il est doux et humble de cur1 il conduit les hommes de douceur et de mansutude dans la justice1 il leur enseigne ses voies1 et la vue de notre humilit et de nos souffrances1 il nous remet tous nos pchs3 #abg ,joan41 ,i1 #af4 #abh ,rom41 ,v1 #f2 ,,viii1 #cb4 ,mais levs sur le cothurne d'une doctrine soi-disant plus sublime1 les hommes d'orgueil ne l'entendent point nous dire3 ,apprenez de moi que je suis doux et humble de cur1 et vous trouverez le repos de vos mes#abi2 s'ils connaissent ,dieu1 ils ne l'honorent pas1 ils ne le glorifient pas comme ,dieu2 ils se dissipent dans la vanit de leurs penses1 et leur cur insens se remplit de tnbres2 se proclamant sages1 ils deviennent fous4 ,ainsi cette lecture mme me montrait la profanation de votre incorruptible gloire transporte des idoles1 aux statues formes la ressemblance de l'homme corruptible1 l'image des oiseaux1 des btes et des serpents#acj2 fatal mets d'gypte qui fait perdre sa son droit d'anesse1 et frappe de dchance votre peuple premier-n1 dont le cur tourn vers la terre de ,pharaon1 adorant une brute au lieu de vous1 incline votre image1 son me1 devant l'image d'un veau qui rumine son foin6 #abi ,matth41 ,,xi1 #be1 #bh1 #bi4 #acj ,rom41 ,i1 #ba1 #bc4 ,voil ce que je trouvai dans ces crits1 mais je ne gotai pas de cette profane nourriture2 car il vous a plu1 ,seigneur1 de lever l'opprobre de ,jacob1 et de soumettre l'an au plus jeune2 et vous avez appel les nations votre hritage4 ,et je venais vous1 sorti des rangs trangers1 et mes dsirs se tournaient vers l'or que votre peuple emporta de la maison de servitude par votre commandement1 parce qu'il tait vous1 o qu'il ft4 ,n'avez-vous pas dit aux ,athniens par votre ,aptre3 ,c'est en lui que nous avons la vie1 le mouvement et l'tre#aca1 comme plusieurs d'entre eux l'avaient dj dit8 ,et je ne m'arrtai pas devant ces idoles gyptiennes servies dans l'or de vos vases par ces insenss qui transforment la vrit divine en mensonge1 et rendent la crature le culte et l'hommage dus au ,crateur4 #aca ,act41 ,,xvii1 #bh4 ,x ,il dcouvre que ,dieu est la lumire immuable4 ,ainsi averti de revenir moi1 j'entrai dans le plus secret de mon me1 aid de votre secours4 ,j'entrai1 et j'aperus de l'il intrieur1 si faible qu'il ft1 au-dessus de cet il intrieur1 au-dessus de mon intelligence1 la lumire immuable2 non cette lumire vidente au regard charnel1 non pas une autre de mme nature1 dardant d'un plus vaste foyer de plus vifs rayons et remplissant l'espace de sa grandeur4 ,cette lumire tait d'un ordre tout diffrent4 ,et elle n'tait point au-dessus de mon esprit1 ainsi que l'huile est au-dessus de l'eau1 et le ciel au-dessus de la terre2 elle m'tait suprieure1 comme auteur de mon tre2 je lui tais infrieur comme son ouvrage4 ,qui connat la vrit voit cette lumire1 et qui voit cette lumire connat l'ternit4 ,l'amour est l'il qui la voit4 ,o ternelle vrit6 vraie charit6 chre ternit6 vous tes mon ,dieu2 aprs vous je soupire1 jour et nuit2 et ds que je pus vous dcouvrir1 vous m'avez soulev1 pour me faire voir qu'il me restait infiniment voir1 et que je n'avais pas encore les yeux pour voir4 ,et vous blouissiez ma faible vue de votre vive et pntrante clart1 et je frissonnais d'amour et d'horreur4 ,et je me trouvais bien loin de vous1 aux rgions souterraines o j'entendais peine votre voix descendue d'en haut3 ,je suis la nourriture des forts2 crois1 et tu me mangeras4 ,et je ne passerai pas en toi1 comme les aliments de ta chair2 c'est toi qui passeras en moi4 ,et j'appris alors que vous prouviez l'homme cause de son iniquit1 et qu'ainsi vous aviez fait scher mon me comme l'araigne#acb4 ,et je disais3 ,n'est-ce donc rien que la vrit1 parce qu'elle ne s'tend1 mes yeux1 ni dans l'espace fini1 ni dans l'infini8 ,et vous m'avez cri de loin3 ,erreur1 je suis celui qui est6 ,et j'ai entendu1 comme on entend dans le cur4 ,et je n'avais plus aucun sujet de douter4 ,et j'eusse dout plutt de ma vie que de l'existence de la vrit1 o atteint le regard de l'intelligence travers les cratures visibles#acc4 #acb ,ps4 ,,xxxviii1 #ab4 #acc ,rom41 ,i1 #bj4 ,,xi ,les cratures sont et ne sont pas4 ,et arrtant ma vue sur tous les objets au-dessous de vous1 je les reconnus1 ni pour tre absolument1 ni pour n'tre absolument pas4 ,ils sont1 puisqu'ils sont par vous2 ils ne sont pas1 puisqu'ils ne sont pas ce que vous tes4 ,il n'est en vrit que ce qui demeure immuablement4 ,donc1 il m'est bon de m'attacher ,dieu#acd2 car1 si je ne demeure en lui1 je ne saurais demeurer en moi-mme4 ,et c'est lui qui1 dans son immuable permanence1 renouvelle toutes choses4 ,et vous tes mon ,seigneur1 parce que vous n'avez pas besoin de mes biens#ace4 #acd ,ps4 ,,lxxii1 #bj4 #ace ,sap41 ,,vii2 ,ps4 ,,xv1 #b4 ,,xii ,toute substance est bonne d'origine4 ,et il me parut vident que ce n'est qu'en tant que bonnes que les choses se corrompent4 ,que si elles taient de souveraine ou de nulle bont1 elles ne pourraient se corrompre4 ,souverainement bonnes1 elles seraient incorruptibles2 nullement bonnes1 que laisseraient-elles corrompre8 ,car la corruption nuit1 et ne saurait nuire sans diminuer le bien4 ,donc1 ou la corruption n'est point nuisible1 ce qui ne se peut2 ou1 ce qui est indubitable1 tout ce qui se corrompt est priv d'un bien4 tre priv de tout bien1 c'est le nant4 tre1 et ne plus pouvoir se corrompre1 serait un tat meilleur2 la permanence dans l'incorruptibilit4 ,or1 quoi de plus extravagant que de prtendre que la perte de tout bien amliore8 ,donc1 la privation de tout bien anantit4 ,donc1 ce qui est1 tant qu'il est1 est bon4 ,donc1 tout ce qui est est bon4 ,et ce mal1 dont je cherchais partout l'origine1 n'est pas une substance2 s'il tait substance1 il serait bon4 ,car1 ou il serait incorruptible1 et sa bont serait grande1 ou il serait corruptible1 ce qui ne se peut sans bont4 ,ainsi je vis clairement que vous n'aviez rien fait que de bon1 et qu'il n'est aucune substance que vous n'ayez faite4 ,et quoique vous n'ayez pas dou toutes choses d'une gale bont1 elles sont pourtant1 parce qu'elles sont1 d'une bont particulire2 et toutes ensemble sont trs bonnes1 parce que vous avez fait1 mon ,dieu1 tout trs bon#acf4 #acf ,gen41 ,i1 #ca4 ,,xiii ,rien que de bon dans les uvres de ,dieu4 ,et pour vous le mal n'est pas2 il n'est pas pour l'universalit de votre uvre1 car il n'est pas en dehors1 il n'est rien pour y pouvoir pntrer par violence et altrer l'ordre que vous avez impos4 ,dans le dtail seulement1 le mal1 c'est quelque disconvenance1 convenance plus loin et devenant bien1 de substances bonnes en soi4 ,et toutes ces choses sans convenance entre elles conviennent l'ordre infrieur que nous appelons la terre1 qui a son atmosphre convenable de nuages et de vents4 ,et loin de moi de dsirer que ces choses ne soient pas1 bien qu' les voir sparment je les puisse dsirer meilleures6 ,mais fussent-elles seules1 je devrais encore vous en louer1 car1 du fond de la terre1 les dragons et les abmes tmoignent que vous tes digne de louanges2 et le feu1 la grle1 la neige1 la glace et le souffle de la tempte qui obissent votre parole2 les montagnes et les collines1 les arbres fruitiers et les cdres1 les btes et les troupeaux1 les oiseaux et les reptiles1 les rois de la terre et les peuples1 les princes et les juges de la terre1 les jeunes gens et les vierges1 les vieillards et les enfants1 glorifient votre nom#acg4 #acg ,ps4 ,,cxlviii1 #ab4 ,et la pense que vous tes galement lou au ciel1 que dans les hauteurs infinies1 mon ,dieu6 vos anges et vos puissances chantent vos louanges2 que le soleil1 la lune1 les toiles et la lumire1 les cieux des cieux1 et les eaux qui planent sur les cieux1 publient votre nom#ach1 je ne souhaitais plus rien de meilleur4 ,car1 embrassant l'ensemble1 je trouvais bien les tres suprieurs plus excellents que les infrieurs1 mais l'ensemble1 aprs mr examen1 plus excellent que les suprieurs isols4 #ach ,ibid4 ,,xiv ,il s'veille enfin la vraie connaissance de ,dieu4 ,il n'est pas en sant d'esprit celui qui trouve reprendre dans votre cration2 et mon jugement n'tait pas sain quand je m'levais contre plusieurs de vos ouvrages4 ,et comme mon me n'tait pas assez hardie pour trouver reprendre mon ,dieu1 elle refusait de reconnatre pour votre uvre tout ce qui lui dplaisait4 ,et elle tait tombe dans la vaine opinion des deux substances1 et elle ne pouvait s'y reposer1 et elle parlait un langage d'emprunt4 ,et au sortir de cette erreur1 elle s'tait fait un ,dieu rpandu dans un espace infini1 et ce ,dieu1 elle le prenait pour vous1 et elle l'avait plac dans son cur1 et elle s'tait faite de nouveau le temple de son idole1 abominable vos yeux4 ,mais lorsque vous etes1 mon insu1 attir sur vous ma tte appesantie1 et clos mes yeux pour qu'ils ne vissent plus la vanit#aci1 je me reposai un peu de moi-mme1 et ma dmence s'assoupit4 ,et je me rveillai en vous1 et je vous vis infini1 mais d'un autre infini1 et cette vue ne devait rien l'il charnel4 #aci ,ps4 ,,cxviii1 #cg4 ,,xv ,toutes choses participent de la vrit et de la bont de ,dieu4 ,et je jetai les yeux sur le reste1 et je vis que tout vous est redevable d'tre1 et que tout est fini en vous1 autrement qu'en un lieu1 mais parce que vous tenez tout dans votre main toute-vrit2 et tout est vrai en tant qu'tre1 et la fausset n'est que la crance l'tre de ce qui n'est pas4 ,et je reconnus que tout a sa convenance particulire1 non seulement de lieu1 mais de temps2 et que vous1 seul tre ternel1 ne vous tes pas mis l'ouvrage aprs des sries incalculables de temps1 parce que les espaces des temps1 passs ou venir1 ne sauraient ni passer1 ni venir1 sans l'action de votre permanence4 ,,xvi ,ce que c'est que le pch4 ,et je sentis par exprience qu'il ne faut pas s'tonner que le pain1 agrable l'organe sain1 afflige le palais bless1 et qu'aux yeux malades soit odieuse la lumire si aimable l'il pur4 ,et votre justice dplat aux hommes d'iniquit3 comment donc pourraient leur plaire et la vipre et le vermisseau1 crs par vous toutefois dans une bont convenable l'ordre infrieur1 avec lequel les impies ont d'autant plus d'affinit qu'ils vous sont moins semblables1 comme les bons tendent d'autant plus l'ordre suprieur qu'ils sont plus semblables vous8 ,et je cherchai ce que c'tait que l'iniquit1 et je trouvai qu'il n'y avait point l substance1 mais hideuse prvarication de la volont dtourne de vous1 mon ,dieu1 substance souveraine2 mais prostitution de toutes les puissances intrieures et enflure au dehors4 ,,xvii ,par quels degrs il s'lve la connaissance de ,dieu4 ,et je m'tonnais de vous aimer1 et non plus un fantme au lieu de vous4 ,et je ne m'en tenais pas jouir de mon ,dieu1 mais j'tais ravi vers vous par votre beaut1 et bientt un poids malheureux me dtachait de vous1 et je retombais sur ce sol en gmissant2 et ce poids1 c'taient les habitudes de la chair4 ,mais votre souvenir tait toujours avec moi1 et je ne doutais nullement que vous ne fussiez celui qui je dusse m'attacher1 quoique je fusse encore loin de pouvoir m'attacher vous2 parce que la chair corruptible appesantit l'me1 et que cette maison de boue fait retomber l'esprit dans les penses multiples#adj4 #adj ,sap41 ,,ix1 #ae4 ,j'tais encore certain que depuis la cration de l'univers1 vos vertus invisibles1 votre puissance ternelle et votre dignit se rvlent l'homme par l'intelligence de vos uvres#ada4 ,je cherchai donc d'o me venait cette admiration claire de la beaut des corps clestes ou terrestres1 et quelle rgle m'offrait son appui lorsque1 jugeant1 selon la vrit1 des objets muables1 je disais3 ,cela doit tre1 cela ne doit pas tre ainsi1 et je dcouvris1 au-dessus de mon intelligence muable1 l'ternit immuable de la vrit4 #ada ,rom41 ,i1 #bj4 ,et je montai par degrs du corps l'me qui sent par le corps1 et de l cette facult intrieure qui le sens corporel annonce la prsence des objets du dehors1 limite o s'arrte l'instinct des animaux2 j'atteignis enfin cette puissance raisonnable1 juge de tous les rapports des sens4 ,et voil que1 se reconnaissant en moi sujette au changement1 cette puissance s'lve la pure intelligence1 emmne sa pense loin des troublantes distractions de l'habitude et de la fantaisie1 pour dcouvrir quelle est la lumire qui l'inonde quand elle dclare hautement l'immuable prfrable au muable4 ,et cet immuable1 d'o le connat-elle8 ,que si elle n'en avait nulle connaissance1 elle ne le prfrerait point au muable2 elle n'atteindrait pas jusqu' ce rayon de gloire qui aveugle1 en passant1 notre tremblant coup d'il4 ,alors1 vos perfections invisibles se dvoilrent moi par l'intelligence de vos uvres1 mais je n'y pus fixer mon regard mouss4 ,rendu ma faiblesse ordinaire1 je n'avais plus avec moi qu'un amoureux souvenir1 et le regret de ne pouvoir goter au mets dont le parfum m'avait sduit4 ,,xviii ,il ignorait encore l',incarnation de ,jsus-,christ4 ,et je cherchais la voie o l'on trouve la force pour jouir de vous1 et je ne la trouvais pas que je n'eusse embrass le ,mdiateur de ,dieu et des hommes1 ,jsus-,christ homme#adb1 ,dieu souverain1 bni dans tous les sicles1 qui nous appelle par ces paroles3 ,je suis la voie1 la vrit1 la vie#adc2 nourriture trop forte pour notre faiblesse1 mais qui s'unit notre chair4 ,le ,verbe s'est fait chair1 afin que votre sagesse1 par qui vous avez tout cr1 devnt le lait de notre enfance4 #adb ,i ,tim41 ,,ii1 #e4 #adc ,joan41 ,,xiv1 #f4 ,et je n'tais pas humble1 pour connatre mon humble matre ,jsus-,christ1 et les profonds enseignements de son infirmit4 ,car votre ,verbe1 l'ternelle vrit1 planant infiniment au-dessus des dernires cimes de votre cration1 lve soi les infriorits soumises4 ,c'est dans les basses rgions qu'il s'est bti avec notre boue une humble masure1 pour faire tomber du haut d'eux-mmes ceux qu'il voulait rduire afin de les amener lui1 gurissant l'orgueil au profit de l'amour4 ,il a voulu que leur foi en eux cesst de les garer1 qu'ils s'humiliassent dans leur infirmit1 en voyant leurs pieds1 infirme sous les haillons de notre tunique charnelle1 la ,divinit mme1 et que las1 se couchant sur elle1 elle les enlevt avec elle en se relevant4 ,,xix ,il prenait ,jsus-,christ pour un homme d'minente sagesse4 ,mais je pensais autrement1 et mes sentiments sur ,notre-,seigneur ,jsus-,christ taient ceux que l'on peut avoir d'un homme minent en sagesse1 d'un homme incomparable2 sa miraculeuse naissance d'une vierge1 son dvouement tout divin pour nous1 avaient1 suivant moi1 investi son enseignement de cette autorit souveraine qui inspirait1 son exemple1 le mpris des biens temporels en vue du gain de l'immortalit4 ,mais tout ce qu'il y avait de mystre saint dans le ,verbe fait chair1 c'est ce que je ne pouvais pas mme souponner4 ,seulement1 la tradition crite1 m'apprenant qu'il a mang1 bu1 dormi1 march1 qu'il a connu la joie et la tristesse1 qu'il a convers avec nous1 me faisait comprendre que cette chair n'avait pu s'unir votre ,verbe que par l'intermdiaire de l'me et de l'esprit de l'homme4 ,qui l'ignore1 entre ceux qui connaissent l'immutabilit de votre ,verbe8 et j'en avais mme alors assez de connaissance pour tre indubitablement certain que mouvoir les membres du corps au gr de la volont1 et ne les mouvoir plus2 tre affect de quelque passion1 puis devenir indiffrent2 exprimer par des signes de sages penses1 puis demeurer dans le silence1 ne soient les traits distinctifs de la mobilit d'me et d'esprit4 ,que si ces tmoignages taient faussement rendus de lui1 tout le reste serait suspect de mensonge1 et l'criture ne prsenterait la foi du genre humain aucune esprance de salut4 ,or1 ce qui est crit tant vrai1 je reconnaissais tout l'homme en ,jsus-,christ1 et non pas le corps seul de l'homme ou le corps et l'me sans l'esprit2 je reconnaissais l'homme mme4 ,mais ce n'tait pas la vrit en personne1 c'tait1 selon moi1 une sublime exaltation de la nature humaine1 admise en lui une participation privilgie de la sagesse1 qui lui assurait la prminence sur les autres hommes4 ,alypius pensait que1 dans leur croyance d'un ,dieu vtu de chair1 les catholiques ne trouvaient en ,jsus-,christ que le ,dieu et la chair1 et il ne croyait point qu'ils affirmassent en lui l'esprit et l'me de l'homme4 ,et comme il tait fermement persuad que tout ce que la tradition conserve de lui dans la mmoire humaine n'avait pu s'accomplir en l'absence du principe vital et raisonnable1 il ne venait qu' pas lents la foi catholique4 ,mais bientt dcouvrant dans cette erreur l'hrsie des ,apollinaristes1 il embrassa avec joie la foi de l'glise4 ,pour moi1 je n'appris1 je l'avoue1 que quelque temps aprs quelle dissidence sur le mystre du ,verbe incarn s'lve entre la vrit catholique et le mensonge de ,photin4 ,les contradictions de l'hrsie mettent en saillie les sentiments de votre glise1 et produisent au jour la sainte doctrine4 ,il fallait qu'il y et des hrsies1 pour que les curs l'preuve fussent signals entre les faibles#add4 #add ,i ,cor41 ,,xi1 #ai4 ,,xx ,les livres des platoniciens l'avaient rendu plus savant1 mais plus vain4 ,ces livres des ,platoniciens1 que je lisais alors1 m'ayant convi la recherche de la vrit incorporelle1 j'aperus1 par l'intelligence de vos ouvrages1 vos perfections invisibles4 ,et l1 contraint de m'arrter1 je sentis que les tnbres de mon me offusquaient ma contemplation2 j'tais certain que vous tes1 et que vous tes infini1 sans cependant vous rpandre par les espaces finis ou infinis2 mais toujours vous-mme1 dans l'intgrit de votre substance et la constance de vos mouvements2 j'tais certain que tout tre procde de vous1 par cette seule raison fondamentale qu'il est2 certain de tout cela1 j'tais nanmoins trop faible pour vous possder4 ,et je parlais comme ayant la science1 et si je n'eusse cherch la voie dans le ,christ ,sauveur1 cette science n'allait qu' ma perte4 ,je voulais dj passer pour sage1 tout plein encore de mon supplice1 et je ne pleurais pas1 et je m'enflais de ma sagesse4 ,car o tait cette charit qui btit sur les fondations de l'humilit1 sur ,jsus-,christ lui-mme8 ,et ces livres pouvaient-ils me l'enseigner8 ,et1 sans doute1 vous me les avez fait tomber entre les mains avant que j'eusse mdit vos critures1 pour qu'il me souvnt en quels sentiments ils m'avaient laiss1 et que1 dans la suite1 pntr de la douceur de vos saints livres1 pans de mes blessures par votre main1 je susse quel discernement il faut faire de la prsomption et de l'aveu1 de qui voit o il faut aller1 sans voir par o1 et de qui sait le chemin conduisant non seulement la vue1 mais la possession de la patrie bienheureuse4 ,peut-tre1 form d'abord par vos saintes lettres1 dont l'habitude familire m'et fait goter votre douce saveur1 pour tomber ensuite dans la lecture de ces livres1 j'eusse t dtach du solide fondement de la pit1 ou bien mme demeurant le cur imbib de sentiments salutaires1 j'aurais pu croire que la lecture de ces philosophies suffit pour en produire de semblables4 ,,xxi ,il trouve dans l'criture l'humilit et la vraie voie du salut4 ,je dvorai donc avidement ces vnrables dictes de votre ,esprit1 et surtout l'aptre ,paul2 et en un moment s'vanouirent ces difficults1 o il m'avait paru quelquefois en contradiction avec lui-mme1 et son texte en dsaccord avec les tmoignages de la loi et des prophtes4 ,et je saisis l'unit de physionomie de ces chastes loquences1 et je connus cette joie o l'on tremble4 ,et j'appris aussitt que tout ce que j'avais lu de vrai dans ces autres livres s'enseignait ici avec l'ide toujours prsente de votre grce1 afin que celui qui voit ne se glorifie pas1 comme s'il n'et pas reu1 non seulement ce qu'il voit1 mais aussi de voir4 ,qu'a-t-il1 en effet1 qu'il n'ait reu#ade8 afin que votre parole lui donne non seulement les yeux pour voir1 mais aussi la force pour embrasser votre immutabilit2 afin que le voyageur1 encore trop loign pour vous dcouvrir1 prenne la route qui mne vous1 vous voie et vous embrasse4 #ade ,i ,cor41 ,,iv1 #g4 ,que si l'homme se plat dans la loi de ,dieu1 selon l'homme intrieur1 que fera-t-il de cette autre loi1 incarne dans ses membres1 qui combat contre la loi de son esprit1 et le trane captif sous cette loi de pch qui lui est incorpore#adf8 ,car vous tes juste1 ,seigneur2 ce sont nos pchs1 nos iniquits1 nos offenses1 qui ont appesanti sur nous votre main#adg4 ,et votre justice nous a livrs l'antique pcheur1 au prince de la mort1 qui a persuad notre volont l'imitation de sa volont dchue de votre vrit4 #adf ,rom41 ,,vii1 #bb4 #adg ,dan41 ,,iii1 #bg1 #cb4 ,que fera cet homme de misre8 ,qui le dlivrera du corps de cette mort1 sinon votre grce par ,jsus-,christ ,notre-,seigneur#adh1 que vous avez engendr coternel vous-mme1 et cr au commencement de vos voies#adi1 en qui le prince du monde n'a rien trouv digne de mort#aej2 victime innocente1 dont le sang a effac l'arrt de notre condamnation#aea8 #adh ,rom41 ,,vii1 #bc1 #be4 #adi ,prov41 ,,viii1 #bb4 #aej ,joan41 ,,xiv1 #cj4 #aea ,coloss41 ,,ii1 #ad4 ,voil o ces livres sont muets4 ,ces pages profanes nous offrent-elles cet air de pit1 ces larmes de pnitence1 ce sacrifice que vous aimez des tribulations spirituelles d'un cur contrit et humili1 et le salut de votre peuple1 et votre cit promise1 et le gage de l',esprit-,saint1 et le calice de notre ranon8 ,on n'y entend point ces cantiques3 ,mon me ne sera-t-elle pas soumise ,dieu8 ,dieu dont elle attend son salut4 ,car il est mon ,dieu1 mon ,sauveur1 mon ,tuteur1 et je ne serai plus branl#aeb4 ,personne n'y entend cet appel3 ,venez moi1 vous tous qui tes affligs#aec4 ,ils ddaignent1 ces superbes1 d'apprendre de lui qu'il est doux et humble de cur4 ,c'est l ce que vous avez cach aux sages1 aux savants1 et rvl aux humbles4 #aeb ,ps4 ,,lxi1 #b1 #c4 #aec ,matth41 ,,xi1 #bh1 #bi1 #bc4 ,oui1 autre chose est d'apercevoir du haut d'un roc sauvage la patrie de la paix1 sans trouver le chemin qui y mne1 et de s'puiser en vains efforts1 par des sentiers perdus1 pour chapper aux embches de ces fugitifs1 dserteurs de ,dieu1 guerroyant contre l'homme sous la conduite de leur prince1 tout ensemble lion et dragon2 autre chose d'entrer en possession de la vritable route1 o la vigilance du souverain empereur prvient le brigandage des transfuges de la milice cleste3 car cette voie1 ils l'vitent comme un supplice4 ,et ma substance s'assimilait merveilleusement ces vrits4 ,a la lecture du moindre de vos aptres1 je considrais vos uvres1 et j'admirais4 ,,livre ,,huiti,,me ,arriv la trente-deuxime anne1 il va trouver le vieillard ,simplicianus4 ,il apprend la conversion de ,victorinus1 rhteur clbre4 ,potitianus lui fait le rcit de la vie de saint ,antoine4 ,agitation de son me pendant ce rcit4 ,lutte entre la chair et l'esprit4 ,derniers combats4--,il se rend cette voix du ciel3 ,prends1 lis6 ,prends1 lis6 ,i ,augustin va trouver le vieillard ,simplicianus4 ,mon ,dieu1 que mes souvenirs soient des actions de grces1 et que je publie vos misricordes sur moi6 ,que toutes mes puissances intrieures se pntrent de votre amour2 qu'elles s'crient3 ,seigneur1 qui est semblable vous8 ,vous avez bris mes liens2 mon cur vous sacrifie un sacrifice de louange#aed4 ,je raconterai comment vous les avez briss1 et tous ceux qui vous adorent diront ce rcit3 ,bni soit le ,seigneur au ciel et sur la terre6 ,grand et admirable est son nom#aee4 #aed ,ps4 ,,xxxiv1 #aj2 ,ps4 ,,cxv1 #ag4 #aee ,dan41 ,,iii1 #bf4 ,vos paroles s'taient graves au fond de mon me1 et votre prsence l'assigeait de toutes parts4 ,j'tais certain de votre ternelle vie1 quoiqu'elle ne m'appart qu'en nigme et comme en un miroir#aef4 ,il ne me restait plus aucun doute que votre incorruptible substance ne ft le principe de toute substance1 et ce n'tait pas plus de certitude de vous1 mais plus de stabilit en vous que je dsirais4 ,car dans ma vie temporelle tout chancelait1 et mon cur tait purifier du vieux levain2 et la voie1 le ,sauveur lui-mme1 me plaisait1 mais je redoutais les pines de son troit sentier4 #aef ,i ,cor41 ,,xiii1 #ab4 ,et vous ftes descendre dans mon esprit la rsolution d'aller vers ,simplicianus1 qui me semblait un de vos fidles serviteurs2 en lui rsidaient les lumires de votre grce4 ,j'avais appris que ds sa jeunesse il avait vcu dans la pit la plus fervente4 ,il tait vieux alors1 et ces long jours1 passs dans l'tude laborieuse de vos voies1 me garantissaient sa savante exprience2 et je ne fus pas tromp4 ,je voulais1 en le consultant sur les perplexits de mon me1 savoir de lui le traitement propre la gurir1 la remettre dans votre chemin2 car je voyais bien votre glise remplie1 mais chacun marchait diffremment4 ,je souffrais de vivre dans le sicle1 et je m'tais charge moi-mme2 l'ardeur de mes passions dj ralentie ne trouvait plus dans l'espoir des honneurs et de la fortune un aliment la patience d'un joug si lourd4 ,ces esprances perdaient leurs dlices1 au prix de votre douceur et de la beaut de votre maison que j'aimais#aeg4 ,mais le lien le plus fort qui me retint1 c'tait la femme4 ,et l',aptre ne me dfendait pas le mariage1 quoiqu'il nous convie un tat plus parfait1 lui qui veut que tous les hommes soient comme il tait lui-mme4 #aeg ,ps4 ,,xxv1 #h4 ,trop faible encore1 je me cherchais une place plus douce2 aussi je me tranais dans tout le reste1 plein de langueur1 rong de soucis1 et pressentant certains ennuis1 dont je dclinais le fardeau1 dans cette vie conjugale qui enchanait tous mes vux4 ,j'avais appris de la bouche de la vrit mme1 qu'il est des eunuques volontaires pour le royaume des cieux3 mais1 entende qui peut entendre#aeh1 ajoute l',homme-,dieu4 #aeh ,matth41 ,,xix1 #ab4 ,vanit que l'homme qui n'a pas la science de ,dieu1 qui la vue du bien n'a pas dvoil celui qui est#aei4 ,j'tais dj sorti de ce nant4 ,je m'levais plus haut2 guid par le tmoignage universel de votre cration1 je vous avais trouv1 mon ,crateur1 et en vous votre ,verbe1 ,dieu un avec vous et le ,saint-,esprit1 par qui vous avez tout cr4 #aei ,sap41 ,,xiii1 #a4 ,il est encore une autre sorte d'impies qui connaissent ,dieu1 mais sans le glorifier comme ,dieu1 sans lui rendre hommage4 ,voil le prcipice o j'tais tomb1 et votre droite m'en retira et me mit en voie de convalescence4 ,car1 vous avez dit l'homme3 ,la pit est la vraie science4 ,ne dsire point passer pour sage1 parce que ceux qui se proclamaient sages sont devenus fous#afj4 ,et j'avais dj trouv la perle prcieuse qu'il fallait acheter au prix de tous mes biens#afa1 et j'hsitais encore4 #afj ,job41 ,,xxviii1 #bh2 ,prov41 ,,iii1 #g2 ,rom41 ,i1 #ba1 #bb #afa ,matth41 ,,xiii1 #df4 ,,ii ,simplicianus lui raconte la conversion de ,victorinus le rhteur4 ,j'allai donc vers ,simplicianus1 pre selon la grce de l'vque ,ambroise1 qui l'aimait vritablement comme un pre4 ,je le fis entrer dans le ddale de mes erreurs4 ,et lorsque je lui racontai que j'avais lu quelques ouvrages platoniciens1 traduits en latin par ,victorinus1 rhteur ,rome1 qui1 m'avait-on dit1 tait mort chrtien1 il me flicita de n'tre point tomb sur ces autres philosophes pleins de mensonges et de dceptions1 professeurs de science charnelle#afb1 tandis que la doctrine de ,platon nous suggre sans cesse ,dieu et son ,verbe4 ,puis1 pour m'exhorter l'humilit du ,christ1 cache aux sages et rvle aux petits1 il runit tous ses souvenirs sur ce mme ,victorinus1 qu'il avait intimement connu pendant son sjour ,rome4 ,ce qu'il ma dit de lui1 je ne le tairai pas4 ,adorable chef-d'uvre de puissance et de grce6 ,ce vieillard1 si docte en toute science librale1 qui avait lu1 discut1 clairci tant de livres crits par les philosophes2 matre de tant de snateurs illustres1 qui la gloire de son enseignement avait mrit l'honneur le plus rare aux yeux de la cit du monde1--une statue sur le ,forum2 jusqu'au dclin de son ge1 adorateur des idoles1 initi aux mystres sacrilges si chers alors presque toute cette noblesse1 ce peuple de ,rome honteusement pris de tant de monstres diviniss1 et d',isis1 et de l'aboyeur ,anubis1 qui1 un jour1 avaient lev les armes contre ,neptune1 ,vnus et ,minerve2 vaincus qui ,rome victorieuse sacrifiait1 abominables dieux que ce ,victorinus avait pendant tant d'annes dfendus de sa bouche prostitue la terre2 merveille ineffable6 ce vieillard n'a point eu honte de se faire l'esclave de votre ,christ1 de renatre de votre fontaine2 il a pli sa tte au joug de l'humilit1 et l'orgueil de son front l'opprobre de la croix6 #afb ,coloss41 ,,ii1 #h4 ,seigneur1 ,seigneur1 vous qui avez abaiss les cieux et en tes descendu1 qui avez touch les montagnes et les avez embrases#afc1 par quels charmes vous tes-vous insinu dans cette me8 ,il lisait1 me dit ,simplicianus1 la sainte criture2 il faisait une tude assidue et profonde de tous les livres chrtiens1 et disait ,simplicianus1 loin du monde1 en secret et dans l'intimit3 ,sais-tu que me voil chrtien8--,je ne le croirai pas1 rpondait son ami1 je ne te compterai pas au nombre des chrtiens1 que je ne t'aie vu dans l'glise du ,christ4 ,et lui reprenait avec ironie3 ,sont-ce donc les murailles qui font le chrtien8 ,il rptait souvent qu'il tait dcidment chrtien2 mme rponse de ,simplicianus1 mme ironie des murailles4 ,il apprhendait de blesser ses amis1 superbes dmonoltres1 et il s'attendait que de ces sommets de ,babylone1 de ces cdres du ,liban que ,dieu n'avait pas encore briss1 il roulerait sur lui d'accablantes inimitis4 #afc ,ps4 ,,cxliii1 #e4 ,mais en plongeant plus profondment dans ces lectures1 il y puisa de la fermet1 il craignit d'tre dsavou du ,christ devant ses saints anges1 s'il craignait de le confesser devant les hommes#afd2 et reconnaissant qu'il serait coupable d'un grand crime s'il rougissait des sacrs mystres de l'humilit de votre ,verbe1 lui qui n'avait pas rougi des sacrilges mystres de ces dmons superbes dont il s'tait rendu le superbe imitateur1 il dpouilla toute honte de vanit1 et revtit la pudeur de la vrit1 et tout coup1 il surprit ,simplicianus par ces mots3 ,allons l'glise2 je veux tre chrtien4 ,et lui1 ne se sentant pas de joie1 l'y conduisit l'instant4 ,aussitt qu'il eut reu les premires instructions sur les mystres1 il donna son nom pour tre rgnr dans le baptme1 l'tonnement de ,rome1 la joie de l'glise4 ,les superbes1 cette vue1 frmissaient1 ils grinaient des dents1 ils schaient de rage2 mais votre serviteur1 ,dieu6 avait son esprance au ,seigneur1 et il ne voyait plus les vanits et les folies du mensonge4 #afd ,matth41 ,x1 #cc4 ,puis1 quand l'heure fut venue de faire la profession de foi1 qui consiste en certaines paroles retenues de mmoire1 et que rcitent ordinairement d'un lieu plus lev1 en prsence des fidles de ,rome1 ceux qui demandent l'accs de votre grce1 les prtres1 ajouta ,simplicianus1 offrirent ,victorinus de rciter en particulier1 comme c'tait l'usage de le proposer aux personnes qu'une solennit publique pouvait intimider2 mais lui aima mieux professer son salut en prsence de la multitude sainte4 ,car ce n'tait pas le salut qu'il enseignait dans ses leons d'loquence1 et pourtant il avait profess publiquement4 ,et combien peu devait-il craindre de prononcer votre parole devant l'humble troupeau1 lui qui ne craignait pas tant d'insenss auditeurs de la sienne8 ,il monta2 son nom1 rpandu tout bas par ceux qui le connaissaient1 leva dans l'assemble un murmure de joie4 ,et de qui1 dans cette enceinte1 n'tait-il pas connu8 ,et la voix contenue de l'allgresse gnrale frmissait3 ,victorinus6 ,victorinus6 ,un transport soudain1 sa vue1 avait rompu le silence1 le dsir de l'entendre le rtablit aussitt4 ,il pronona le symbole de vrit avec une admirable foi1 et tous eussent voulu l'enlever dans leur cur2 et tous l'y portaient dans les bras de leur joie et de leur amour4 ,,iii ,d'o vient que l'on ressent tant de joie de la conversion des pcheurs4 ,dieu de bont1 que se passe-t-il dans l'homme pour qu'il ressente plus de joie du salut d'une me dsespre et de sa dlivrance d'un plus grand pril1 que s'il et toujours bien espr d'elle1 ou que le pril et t moins grand8 ,mais vous aussi1 ,pre des misricordes1 vous vous rjouissez plus d'un seul pnitent que de quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pnitence4 ,et nous1 c'est avec une consolante motion que nous apprenons que le bon pasteur rapporte sur ses paules1 la joie des anges1 la brebis gare1 et que la drachme est rendue votre trsor par la femme qui l'a retrouve1 et dont les voisines partagent le contentement4 ,et les solennelles rjouissances de votre maison font rouler des larmes dans les yeux qui ont lu que votre ,fils tait mort1 et qu'il est ressuscit1 qu'il tait perdu1 et qu'il est retrouv#afe4 ,vous vous rjouissez en vos anges et en nous1 sanctifis par votre charit sainte4 ,car vous1 toujours le mme1 vous avez toujours la mme connaissance de ce qui n'est ni toujours ni le mme4 #afe ,luc1 ,,xv4 ,que se passe-t-il donc dans l'me qui lui fait trouver plus de joie la recouvrance qu'en la possession continuelle de ce qu'elle aime8 ,tout l'atteste1 tout est plein de tmoignages qui nous crient3 ,il est ainsi4 ,un empereur victorieux triomphe1 et il n'et vaincu s'il n'et combattu4 ,et plus a t grand le pril au combat1 plus vive est l'allgresse dans le triomphe4 ,un vaisseau est battu de la tempte1 le naufrage est imminent2 les matelots plissent aux portes de la mort3 le ciel et la mer s'apaisent2 l'excs de la joie nat de l'excs de la crainte4 ,une personne aime est malade1 son pouls est de mauvais augure2 tous ceux qui dsirent sa gurison sont malades de cur3 elle est sauve1 mais elle n'a pas encore recouvr ses forces pour marcher1 et dj c'est un bonheur tel qu'il n'en fut jamais lorsqu'elle jouissait de toute la vigueur de la sant4 ,et les plaisirs mmes de cette vie1 ce n'est point seulement par les contrarits qui surprennent notre volont1 mais encore au prix de certaines peines tudies et volontaires1 que nous les achetons4 ,la volupt du boire et du manger n'existe qu'en tant que prcde de l'angoisse de la faim et de la soif2 et les ivrognes cherchent dans des aliments sals une irritation dont la boisson1 qui l'apaise1 fait un plaisir4 ,et la coutume veut que l'on diffre de livrer une fiance1 de peur que l'poux ne ddaigne la main que ses soupirs n'auraient pas longtemps attendue4 ,ainsi1 et dans l'abomination des volupts humaines1 et dans les plaisirs licites et permis1 et dans la sincrit d'une amiti pure1 et dans ce retour de l'enfant qui tait mort et qui est ressuscit1 qui tait perdu et qui est retrouv1 toujours une grande joie est prcde d'un aiguillon douloureux4 ,quoi donc6 ,seigneur mon ,dieu1 vous tes vous-mme votre ternelle joie2 quelques tres autour de vous se rjouissent ternellement de vous1 et cette partie du monde souffre une continuelle alternative de dfaillance et d'accroissement1 de guerre et de paix6 ,est-ce la condition de son tre8 est-ce ainsi que vous l'avez fait1 quand1 depuis les hauteurs des cieux jusqu'aux profondeurs de la terre1 depuis le commencement jusqu' la fin des sicles1 depuis l'ange jusqu'au vermisseau1 depuis le premier des mouvements jusqu'au dernier1 vous avez plac toute sorte de biens chacun en son lieu et rgl vos uvres parfaites chacune en son temps8 ,grand ,dieu6 que vous tes sublime dans les hauteurs et profond dans les abmes6 ,vous n'tes jamais loin1 et pourtant quelle peine pour retourner vous6 ,,iv ,pourquoi les conversions clbres doivent inspirer une joie plus vive4 ,agissez1 ,seigneur1 faites2 rveillez-nous1 rappelez-nous2 embrasez et ravissez2 soyez flamme et douceur2 aimons1 courons4 ,combien reviennent vous d'un enfer d'aveuglement plus profond que ,victorinus1 et s'approchent et reoivent le rayon de votre lumire6 ,et ils ne le reoivent qu'avec le pouvoir de devenir enfants de ,dieu4 ,mais1 moins connus du monde1 la joie de leur retour est moins vive1 mme en ceux qui les connaissent4 ,la joie gnrale est individuellement plus fconde2 le feu gagne au contact1 et la flamme s'lance4 ,et puis1 les hommes connus de plusieurs autorisent et devancent de plus nombreuses conversions4 ,c'est pourquoi leurs prdcesseurs mmes se livrent cette joie de proslytisme qui en prvoit de nouvelles4 ,car1 loin de ma pense que1 sous votre tente1 le riche ait la prsance sur le pauvre et le puissant sur le faible1 puisque vous avez fait choix des plus faibles pour confondre les forts1 et des objets du monde les plus vils et les plus mprisables1 et de ce qui est comme n'tant pas1 pour anantir ce qui est#aff4 ,et cependant le moindre de vos aptres1 dont la voix a fait entendre cet oracle de votre sagesse1 vainqueur de l'orgueil du proconsul ,paul1 qu'il fit passer sous le joug de douceur de votre ,christ et enrla sous les drapeaux du plus grand des rois1 cet aptre de ,saul1 voulut s'appeler ,paul#afg en souvenir de cet clatant triomphe4 ,car l'ennemi est plus glorieusement vaincu dans celui qu'il possde avec plus d'empire et par qui il en possde plusieurs4 ,il tient les grands par l'orgueil de leur renomme1 et le vulgaire par l'autorit de leurs exemples4 #aff ,cor41 ,i1 #bg1 #bh4 #afg ,act41 ,,xii1 #g1 #ab4 ,or1 plus on aimait se figurer le cur de ,victorinus comme une citadelle inexpugnable o ,satan s'tait renferm1 et sa langue comme un dard fort et acr1 dont il avait tu tant d'mes1 plus l'enthousiasme de vos enfants dut clater en voyant le fort enchan par notre ,roi3 ses vases conquis1 purifis1 consacrs votre culte1 et devenus les instruments du ,seigneur pour toute bonne uvre#afh4 #afh ,matth41 ,,xii1 #bi2 ,,ii ,tim41 ,,ii1 #ba4 ,v ,tyrannie de l'habitude4 ,l'homme de ,dieu m'avait fait ce rcit de ,victorinus1 et je brlais dj de l'imiter4 ,telle avait t l'intention de ,simplicianus4 ,et quand il ajouta qu'au temps de l'empereur ,julien1 o un dit dfendit aux chrtiens d'enseigner les lettres et l'art oratoire1 ,victorinus s'tait empress d'obir cette loi1 dsertant l'cole de faconde plutt que votre ,verbe1 qui donne l'loquence la langue de l'enfant#afi1 il ne me parut pas moins heureux que fort d'avoir trouv tant de loisir pour vous4 #afi ,sap41 ,x1 #ba4 ,c'est aprs un tel loisir que je soupirais1 non plus dans les liens trangers1 mais dans les fers de ma volont4 ,le dmon tenait dans sa main mon vouloir1 et il m'en avait fait une chane1 et il m'en avait li4 ,car la volont pervertie fait la passion2 l'asservissement la passion fait la coutume2 le dfaut de rsistance la coutume fait la ncessit4 ,et ces nuds d'iniquit taient comme les anneaux de cette chane dont m'enlaait le plus dur esclavage4 ,cette volont nouvelle qui se levait en moi de vous servir sans intrt1 de jouir de vous1 mon ,dieu1 seule joie vritable1 cette volont tait trop faible pour vaincre la force invtre de l'autre4 ,ainsi deux volonts en moi1 une vieille1 une nouvelle1 l'une charnelle1 l'autre spirituelle1 taient aux prises1 et cette lutte dchirait mon me4 ,ainsi ma propre exprience me donnait l'intelligence de ces paroles3 ,la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair#agj4 ,de part et d'autre1 c'tait toujours moi2 mais il avait plus de moi dans ce que j'aimais que dans ce que je hassais en moi4 ,l1 en effet1 il n'y avait dj presque plus de moi1 car je le souffrais plutt contre mon gr que je ne le faisais volontairement4 ,et cependant la coutume s'tait par moi aguerrie contre moi1 puisque ma volont m'avait amen o je ne voulais pas4 ,et de quel droit euss-je protest contre le juste chtiment insparable de mon pch8 #agj ,galat41 ,v1 #ag4 ,et je n'avais plus alors cette excuse accoutume1 qui me permettait de rejeter mes lenteurs vous servir en mprisant le sicle1 sur les incertitudes de mon esprit1 car dj pour moi la vrit tait manifeste2 mais1 toujours engag la terre1 je refusais d'entrer votre solde1 et je craignais autant la dlivrance des obstacles qu'il en faut craindre l'esclavage4 ,ainsi1 le fardeau du sicle pesait sur moi comme le doux accablement du sommeil2 et les mditations que j'levais vers vous ressemblaient aux efforts d'un homme qui veut s'veiller1 et vaincu par la profondeur de son assoupissement1 y replonge4 ,et il n'est personne qui veuille dormir toujours1 et la raison1 d'un commun accord1 prfre la veille2 mais souvent on hsite secouer le joug qui engourdit les membres1 et l'ennui cde au charme plus doux que l'on y trouve1 quoique l'heure du lever soit venue4 ,ainsi je ne doutais pas qu'il ne valt mieux me livrer votre amour que de m'abandonner ma passion4 ,le premier parti me plaisait1 il tait vainqueur2 je gotais l'autre1 et j'tais vaincu4 ,et je ne savais que rpondre votre parole3 ,lve-toi1 toi qui dors6 lve-toi d'entre les morts1 et le ,christ t'illuminera#aga6 ,et vous m'entouriez d'vidents tmoignages2 et convaincu de la vrit1 je n'avais vous opposer que ces paroles de lenteur et de somnolence3 ,tout l'heure6 encore un instant6 laissez-moi un peu6 ,mais ce tout l'heure devenait jamais2 ce laissez-moi un peu durait toujours4 #aga ,ephes41 ,v1 #ad4 ,vainement je me plaisais en votre loi1 selon l'homme intrieur1 puisqu'une autre loi luttait dans ma chair contre la loi de mon esprit1 et m'entranait captif de la loi du pch1 incarne dans mes membres4 ,car la loi du pch1 c'est la violence de la coutume qui entrane l'esprit et le retient contre son gr1 mais non contre la justice1 puisqu'il s'est volontairement asservi4 ,malheureux homme6 qui me dlivrera du corps de cette mort1 sinon votre grce par ,jsus-,christ ,notre-,seigneur8 ,,vi ,rcit de ,potitianus4 ,comment vous m'avez dlivr de cette chane troite de sensualit et de l'esclavage du sicle1 je vais le raconter la gloire de votre nom1 ,seigneur1 mon rdempteur et mon secours4 ,je vivais dans une anxit toujours croissante1 et sans cesse soupirant aprs vous4 ,je frquentais votre glise autant que me le permettait ce fardeau d'affaires qui me faisait gmir4 ,avec moi tait ,alypius1 sorti pour la troisime fois de sa charge d'assesseur1 attendant en libert des acheteurs de conseils1 comme j'avais des chalands d'loquence1 si toutefois l'loquence est une marchandise que l'enseignement puisse livrer4 ,nous avions obtenu de l'amiti de ,nebridius de suppler comme grammairien notre cher ,verecundus1 citoyen de ,milan1 qui en avait tmoign le vif dsir1 nous demandant1 au nom de l'amiti1 quelqu'un de nous pour lui prter fidle assistance1 dont il avait grand besoin4 ,ce ne fut donc pas l'intrt qui dcida ,nebridius2 les lettres1 s'il et voulu1 lui offraient un plus bel avenir2 mais sa bienveillance lui fit un devoir de se rendre notre prire1 doux et excellent ami6 ,sa conduite fut un modle de prudence2 il vita soigneusement d'tre connu des personnes minentes dans le sicle1 pargnant ainsi toute inquitude son esprit1 qu'il voulait conserver libre et assur de plusieurs heures de loisir pour rechercher la sagesse1 par mditation1 lecture ou entretien4 ,un jour qu'il tait absent1 je ne sais pourquoi1 nous emes la visite1 ,alypius et moi1 d'un de nos concitoyens d',afrique1 ,potitianus1 l'un des premiers officiers militaires du palais4 ,j'ai oubli ce qu'il voulait de nous4 ,nous nous assmes pour nous entretenir4 ,il aperut par hasard1 sur une table de jeu qui tait devant nous1 un volume4 ,il le prit1 l'ouvrit1 c'tait l'aptre ,paul4 ,il ne s'y attendait certainement pas1 croyant trouver quelque ouvrage ncessaire cette profession qui dvorait ma vie4 ,il sourit et me flicita du regard1 tonn d'avoir surpris auprs de moi ce livre1 et ce livre seul2 car il tait chrtien zl1 souvent prostern dans l'glise devant vous1 notre ,dieu1 en de frquentes et longues oraisons4 ,je lui avouai que cette lecture tait ma principale tude4 ,alors il fut amen par la conversation nous parler d',antoine1 solitaire d'gypte dont le nom si glorieux parmi vos serviteurs nous tait jusqu'alors inconnu4 ,il s'en aperut et s'arrta sur ce sujet2 il rvla ce grand homme notre ignorance1 dont il ne pouvait assez s'tonner4 ,nous tions dans la stupeur de l'admiration au rcit de ces irrfragables merveilles de si rcente mmoire1 presque contemporaines1 opres dans la vraie foi1 dans l'glise catholique4 ,et nous tions tous surpris1 nous d'apprendre1 lui de nous apprendre ces faits extraordinaires4 ,et ses paroles roulrent de l sur ces saints troupeaux de monastres1 et les parfums de vertu divine qui s'en exhalent1 sur ces fcondes aridits du dsert1 dont nous ne savions rien4 ,et ,milan mme1 hors des murs1 tait un clotre rempli de bons frres1 lev sous l'aile d',ambroise1 et nous l'ignorions4 ,il continuait de parler1 et nous coutions en silence2 et il en vint nous conter qu'un jour1 ,trves1 l'empereur passant l'aprs-midi aux spectacles du cirque1 trois de ses compagnons et lui allrent se promener dans les jardins attenant aux murs de la ville2 et comme ils marchaient deux deux1 l'un avec lui1 les deux autres ensemble1 ils se sparrent4 ,ceux-ci1 chemin faisant1 entrrent dans une cabane o vivaient quelques-uns de ces pauvres volontaires1 vos serviteurs1 qui le royaume des cieux appartient#agb1 et ils trouvrent un manuscrit de la vie d',antoine4 #agb ,matth41 ,v1 #c4 ,l'un d'eux se met lire2 il admire1 son cur brle1 et tout en lisant1 il songe embrasser une telle vie1 quitter la milice du sicle pour vous servir3 ils taient l'un et l'autre agents des affaires de l'empereur4 ,rempli soudain d'un divin amour et d'une sainte honte1 il s'irrite contre lui-mme1 et jetant les yeux sur son ami3 ,dis-moi1 je te prie1 o donc tendent tous nos travaux8 ,que cherchons-nous8 ,pour qui portons-nous les armes8 ,quel peut tre notre plus grand espoir au palais que d'tre amis de l'empereur8 ,et dans cette fortune1 quelle fragilit6 que de prils6 ,et combien de prils pour arriver au plus grand pril6 ,et puis1 quand cela sera-t-il8 ,mais1 ami de ,dieu1 si je veux l'tre1 je le suis1 et sur l'heure4 ,il parlait ainsi dans la crise de l'enfantement de sa nouvelle vie2 et puis1 ses yeux reprenant leur course dans ces saintes pages1 il lisait1 son cur changeait votre vue1 et son esprit se dpouillait du monde1 comme on vit bientt aprs4 ,et il lisait1 et les flots de son me roulaient frmissants2 il vit et prit le meilleur parti1 et il dj tout vous1 il dit son ami3 ,c'en est fait1 je romps avec tout notre espoir2 je veux servir ,dieu1 et cette heure1 en ce lieu1 je me mets l'uvre4 ,si tu n'es pas pour me suivre1 ne me dtourne pas4 ,l'autre rpond qu'il veut aussi conqurir sa part d'une telle gloire et d'un tel butin4 ,et tous deux1 dj vos serviteurs1 btissaient la tour qui s'lve de tout ce que l'on perd pour vous suivre4 ,potitianus et son compagnon1 aprs s'tre promens dans une autre partie du jardin1 arrivrent1 en les cherchant1 cette retraite1 et les avertirent qu'il tait temps de rentrer1 parce que le jour baissait4 ,mais eux1 dclarant leur dessein1 comment cette volont leur tait venue et s'tait affermie en eux1 prirent leurs amis de ne pas contrarier leur rsolution1 s'ils refusaient de la partager4 ,ceux-ci1 ne se sentant pas changs1 pleurrent nanmoins sur eux-mmes1 disait ,potitianus4 ,ils flicitrent pieusement leurs camarades1 se recommandant leurs prires4 ,ils retournrent au palais1 le cur tranant toujours terre1 et les autres1 le cur attach au ciel1 restrent dans la cabane4 ,tous deux avaient des fiances qui1 cette nouvelle1 vous consacrrent leur virginit4 ,,vii ,agitation de son me pendant le rcit de ,potitianus4 ,tel fut le rcit de ,potitianus4 ,mais vous1 ,seigneur1 pendant qu'il parlait1 vous me retourniez vers moi-mme2 vous effaciez ce dos que je me prsentais pour ne pas me voir1 et vous me placiez devant ma face pour que je visse enfin toute ma laideur et ma difformit1 et mes taches1 et mes souillures1 et mes ulcres4 ,et je voyais1 et j'avais horreur1 et impossible de fuir de moi6 ,et si je m'efforais de dtourner mes yeux de moi1 cet homme venait avec son rcit2 et vous m'opposiez de nouveau moi1 et vous me creviez les yeux de moi-mme1 pour que mon iniquit me ft vidente et odieuse4 ,je la connaissais bien1 mais par dissimulation1 par connivence1 je l'oubliais4 ,alors aussi1 plus je me sentais d'ardent amour pour ces confiances salutaires livres sans rserve votre cure1 plus j'avais1 au retour sur moi1 de haine et d'imprcations contre moi-mme4 ,tant d'annes1 tant d'existence taries6 ,douze ans et plus1 depuis cette dix-neuvime anne de mon ge1 o la lecture de l',hortensius de ,cicron avait veill en moi l'amour de la sagesse2 et je diffrais encore de sacrifier ce vain bonheur terrestre la poursuite de cette flicit dont la recherche seule1 mme sans possession1 serait encore prfrable la dcouverte du plus riche trsor1 la royaut des nations1 l'empressement de ces nombreuses esclaves1 les volupts corporelles6 ,mais1 malheureux que j'tais1 malheureux au seuil mme de l'adolescence1 je vous avais demand la chastet1 et je vous avais dit3 ,donnez-moi la chastet et la continence1 mais pas encore4 ,je craignais d'tre trop tt exauc1 trop tt guri de ce mal de concupiscence que j'aimais mieux assouvir qu'teindre4 ,et je m'tais gar dans les voies d'une superstition sacrilge2 et je n'y trouvais point de certitude1 et je la prfrais pourtant aux doctrines dont je n'tais pas le pieux disciple1 mais l'ardent ennemi4 ,et1 dans ma pense1 je n'avais remis de jour en jour rejeter les esprances du sicle1 m'attachant vous seul1 que faute d'apercevoir quelque lumire certaine pour diriger ma course4 ,mais le jour tait arriv o je me trouvais tout nu devant moi1 et ma conscience me criait3 ,o es-tu1 langue1 qui disais que l'incertitude du vrai t'empchait seule de jeter l ton bagage de vanit8 ,eh bien6 tout est certain maintenant2 la vrit te presse2 de plus libres paules sont venues des ailes qui emportent des mes1 qui il n'a fallu ni le pesant labeur de tant de recherches1 ni dix annes de mditation4 ,ainsi je me rongeais intrieurement1 j'tais pntr de confusion et de honte quand ,potitianus parlait4 ,son discours et le motif de sa visite cessant1 il se retira4 ,et alors1 que ne me dis-je pas moi-mme8 ,de quels coups le fouet de mes penses meurtrit mon me1 l'excitant me suivre dans mes efforts pour vous joindre6 ,et elle tait rtive4 ,elle refusait et ne s'excusait pas4 ,toutes les raisons taient puises et rfutes4 ,il ne lui restait qu'une peur muette3 elle apprhendait de se sentir tirer la bride l'abreuvoir de la coutume1 o elle buvait une consomption mortelle4 ,,viii ,lutte intrieure4 ,alors1 pendant cette violente rixe au logis intrieur1 o je poursuivais mon me dans le plus secret rduit de mon cur1 le visage troubl comme l'esprit1 j'interpelle ,alypius1 je m'crie3 ,eh quoi6 que faisons-nous l8 ,n'as-tu pas entendu8 ,les ignorants se lvent2 ils forcent le ciel2 et nous1 avec notre science1 sans cur1 nous voil vautrs dans la chair et dans le sang6 ,est-ce honte de les suivre8 ,et n'avons-nous pas plutt honte de ne pas mme les suivre8 ,telles furent1 je crois1 mes paroles4 ,et mon agitation m'emporta brusquement loin de lui4 ,il se taisait1 surpris1 et me regardait4 ,car mon accent tait trange2 et mon front1 mes joues1 mes yeux1 le teint de mon visage1 le ton de ma voix1 exprimaient mon me bien plus que les paroles qui m'chappaient4 ,notre demeure avait un petit jardin dont nous avions la jouissance1 comme du reste de la maison2 car le propritaire1 notre hte1 n'y habitait pas4 ,c'est l que m'avait jet la tempte de mon cur2 l1 personne ne pouvait interrompre ce sanglant dbat que j'avais engag contre moi-mme1 dont vous saviez l'issue1 et moi1 non4 ,mais cette fureur m'enfantait la raison1 cette mort la vie2 sachant ce que j'tais de mal1 j'ignorais ce qu'en un moment j'allais tre de bien4 ,je me retirai au jardin2 ,alypius me suivait pas pas4 ,car j'tais seul1 mme en sa prsence4 ,et pouvait-il me quitter dans une telle crise8 ,nous nous assmes le plus loin possible de la maison4 ,et mon esprit frmissait1 et les vagues de mon indignation se soulevaient contre moi1 de ce que je ne passais pas encore votre volont1 votre alliance1 mon ,dieu1 o toutes les puissances de mon me me poussaient en me criant3 ,courage6 ,et pour cela il ne fallait ni navire1 ni char2 il ne fallait pas mme faire ce pas qui nous sparait de la maison2 et non seulement aller1 mais arriver vous1 n'tait autre chose que vouloir1 mais d'une volont forte et pleine1 et non d'une volont languissante et boiteuse1 se dressant demi et se dbattant contre l'autre moiti d'elle-mme qui retombe4 ,et dans cette angoisse de mes indcisions1 je faisais plusieurs de ces mouvements de corps que souvent des hommes veulent et ne peuvent faire1 ou parce que les membres manquent1 ou parce qu'ils sont chargs de liens1 briss par la maladie1 retenus par quelque entrave4 ,si je m'arrache les cheveux1 si je me frappe le front1 si j'embrasse mes genoux de mes doigts entrelacs1 je le fais parce que je le veux4 ,et je pouvais le vouloir sans le faire1 si la mobilit de mes membres ne m'et obi4 ,combien donc ai-je fait de choses o vouloir et pouvoir n'tait pas tout un6 ,et alors je ne faisais pas ce que je dsirais d'un dsir incomparablement plus puissant1 et il ne s'agissait que de vouloir pour pouvoir1 c'est--dire de vouloir pour vouloir4 ,car ici la puissance n'tait autre que la volont2 vouloir1 c'tait faire2 et pourtant rien ne se faisait2 et mon corps obissait plutt la volont la plus imperceptible de l'me1 qui d'un signe lui commandait un mouvement que l'me ne s'obissait elle-mme pour accomplir dans la volont seule sa grande volont4 ,,ix ,l'esprit commande au corps2 il est obi4 ,l'esprit se commande1 et il se rsiste4 ,d'o vient ce prodige8 ,quelle en est la cause8 ,faites luire votre misricorde6 ,que j'interroge ces mystres de vengeance1 et qu'ils me rpondent6 que je pntre cette nuit de tribulation qui couvre les fils d',adam6 ,d'o vient1 pourquoi ce prodige8 ,l'esprit commande au corps1 il est obi2 l'esprit se commande1 et il se rsiste4 ,l'esprit commande la main de se mouvoir1 et l'agile docilit de l'organe nous laisse peine distinguer le matre de l'esclave2 et l'esprit est esprit1 la main est corps4 ,l'esprit commande de vouloir l'esprit1 lui-mme1 et il n'obit pas4 ,d'o vient ce prodige8 la cause8 ,celui-l1 dis-je1 se commande de vouloir1 qui ne commanderait s'il ne voulait2 et ce qu'il commande ne se fait pas6 ,mais il ne veut qu' demi2 donc1 il ne commande qu' demi4 ,car1 tant il veut1 tant il commande2 et tant il est dsobi1 tant il ne veut pas4 ,si la volont dit3 ,sois la volont6 ,autrement3 ,que je sois6 elle n'est pas entire dans son commandement1 et partant elle n'est pas obie2 car si elle tait entire1 elle ne se commanderait pas d'tre1 elle serait dj2 ce n'est donc pas un prodige que cette volont partage1 qui est et n'est pas2 c'est la faiblesse de l'esprit malade1 qui1 soulev par la main de la vrit1 ne se relve qu' demi1 et retombe de tout le poids de l'habitude4 ,et il n'existe ainsi deux volonts que parce qu'il en est toujours une incomplte1 et que ce qui manque l'une s'ajoute l'autre4 ,x ,deux volonts2 un seul esprit4 ,prissent de votre prsence1 mon ,dieu1 comme parleurs de vanits1 comme sducteurs d'mes1 ceux qui1 apercevant deux volonts dlibrantes1 affirment deux esprits de deux natures1 l'une bonne1 l'autre mauvaise2 mauvais eux-mmes1 par ce sentiment mauvais1 ils peuvent tre bons1 s'ils donnent un tel assentiment aux doctrines et aux hommes de vrit1 que votre ,aptre puisse leur dire3 ,vous avez t tnbres autrefois1 et vous tes maintenant lumire dans le ,seigneur#agc4 ,ceux-ci voulant tre lumire en eux-mmes1 et non dans le ,seigneur1 par cette pense tmraire que l'me est une mme nature que ,dieu1 sont devenus d'paisses tnbres1 parce que leur sacrilge arrogance les a retirs de vous1 ,lumire de tout homme venant au monde#agd4 ,songez donc ce que vous dites et rougissez2 approchez de lui1 recevez sa lumire et votre visage ne rougira plus#age4 #agc ,ephes41 ,v1 #h4 #agd ,joan41 ,i1 #i4 #age ,rom41 ,,vii1 #aa4 ,quand je dlibrais pour entrer au service du ,seigneur mon ,dieu1 ce que j'avais rsolu depuis longtemps1 qui voulait8 moi4 ,qui ne voulait pas8 moi4 ,l'un et l'autre tait moi1 demi voulant1 demi ne voulant pas4 ,et je me querellais moi-mme1 et je me divisais contre moi4 ,et ce schisme1 lev malgr moi1 n'attestait pas la prsence d'un esprit tranger1 mais le chtiment de mon me4 ,et je n'en tais pas l'artisan1 mais le pch qui habitait en moi4 ,j'expiais la coupable libert d',adam mon pre4 ,car s'il est autant de natures contraires que de volonts ennemies1 ce n'est plus deux natures1 c'est plusieurs qu'il faut affirmer4 ,qu'un homme dlibre d'aller leur assemble ou au thtre1 ces hrtiques s'crient3 ,voil les deux natures2 l'une bonne qui le conduit ici1 l'autre mauvaise qui l'en loigne4 ,autrement d'o peut venir cette contrarit de deux volonts en lutte8 ,et moi je les dis mauvaises toutes deux1 et celle qui conduit eux1 et celle qui attire au thtre4 ,ils pensent1 eux1 que la premire ne peut tre que bonne4 ,mais si quelqu'un de nous1 flottant la merci de deux volonts engages1 dlibre d'aller au thtre ou notre glise1 ne balanceront-ils pas rpondre8 ,car ou ils avoueront1 ce qu'ils refusent1 que c'est la volont bonne qui fait entrer dans notre glise1 qu'elle y a introduit ceux que la communion des mystres y retient2 ou ils seront tenus d'admettre le conflit de deux mauvaises natures1 de deux mauvais esprits en un seul homme1 et ils dmentiront leur assertion ordinaire d'un bon et d'un mauvais2 ou1 rendus la vrit1 ils cesseront de nier que1 lorsqu'on dlibre1 ce soit une mme me livre aux flux et reflux de ses volonts4 ,qu'ils n'osent donc plus dire1 en voyant dans un seul homme deux volonts aux prises1 que ce sont deux esprits contraires1 mans de deux substances contraires1 et deux principes contraires2 deux antagonistes1 l'un bon1 l'autre mauvais2 car vous1 ,dieu de vrit1 vous les improuvez1 vous les rfutez1 vous les confondez4 ,et de mme1 dans deux volonts mauvaises1 quand un homme dlibre s'il tera la vie son semblable par le fer ou le poison1 s'il usurpera tel hritage ou tel autre1 ne pouvant les usurper tous deux2 s'il coutera la luxure qui achte la volupt1 ou l'avarice qui garde l'argent2 s'il ira au cirque ou au thtre1 ouverts le mme jour1 ou bien1 nouvelle indcision1 s'il entrera dans cette maison taire un larcin auquel l'occasion le convie1 ou bien1 autre incertitude1 y commettre un adultre dont il trouve la facilit2 et si toutes ces circonstances concourent dans le mme instant1 si toutes ces volonts se pressent dans le mme dsir1 ne pouvant s'accomplir la fois1 l'esprit n'est-il pas dchir par cette querelle intestine de quatre volonts1 plus encore1 que sollicitent tant d'objets de convoitise8 ,et pourtant ils ne calculent pas une telle quantit de substances diffrentes4 ,et de mme des volonts bonnes2 car je leur demande s'il est bon de se plaire la lecture de l',aptre1 au chant d'un saint cantique1 s'il est bon d'expliquer l'vangile4 ,a chaque demande1 mme rponse3 oui4 ,mais si tous ces pieux exercices nous plaisent galement au mme instant1 le cur de l'homme n'est-il pas distendu par cette diversit de volont qui dlibrent sur l'objet saisir de prfrence8 ,et ces volonts sont bonnes1 et elles se combattent jusqu' ce que soit dtermin le point o se porte une et entire cette volont qui se divisait en plusieurs4 ,ainsi1 lorsque l'ternit nous lve ses sublimes dlices1 et que le plaisir d'un bien temporel nous rattache ici-bas1 c'est une mme me qui veut l'un ou l'autre1 mais d'une demi-volont2 et de l ces pines qui la dchirent quand la vrit dtermine une prfrence qui ne peut vaincre l'habitude4 ,,xi ,derniers combats4 ,ainsi je souffrais et je me torturais1 m'accusant moi-mme avec une amertume inconnue1 me retournant et me roulant dans mes liens1 jusqu' ce j'eusse rompu tout entire cette chane qui ne me retenait plus que par un faible anneau1 mais qui me retenait pourtant4 ,et vous me pressiez1 ,seigneur1 au plus secret de mon me1 et votre svre misricorde me flagellait coups redoubls et de crainte et de honte1 pour prvenir une langueur nouvelle qui1 retardant la rupture de ce faible et dernier chanon1 lui rendrait une nouvelle force d'treinte4 ,car je me disais au dedans de moi3 ,allons6 allons6 point de retard6 ,et mon cur suivait dj ma parole2 et j'allais agir1 et je n'agissais pas4 ,et je ne retombais pas dans l'abme de ma vie passe1 mais j'tais debout sur le bord1 et je respirais4 ,et puis je faisais effort1 et pour arriver1 atteindre1 tenir1 de quoi s'en fallait-il8 ,et je n'arrivais pas1 et je n'atteignais pas1 et je ne tenais rien2 hsitant mourir la mort1 vivre la vie1 je me laissais dominer plutt par le mal1 ce compagnon d'enfance1 que par ce mieux tranger4 ,et plus l'insaisissable instant o mon tre allait changer devenait proche1 plus il me frappait d'pouvante2 ni ramen1 ni dtourn pourtant1 mon pas tait suspendu4 ,et ces bagatelles de bagatelles2 ces vanits de vanits1 mes anciennes matresses1 me tiraient par ma robe de chair1 et me disaient tout bas3 ,est-ce que tu nous renvoies8 ,quoi6 ds ce moment1 nous ne serons plus avec toi1 pour jamais8 et ds ce moment ceci1 cela1 ne te sera plus permis1 et pour jamais8 ,et tout ce qu'elles me suggraient dans ce que j'appelle ceci1 cela1 ce qu'elles me suggraient1 mon ,dieu6 que votre misricorde l'efface de l'me de votre serviteur6 ,quelles souillures6 quelles infamies6 ,et elles ne m'abordaient plus de front1 querelleuses et hardies2 mais par de timides chuchotements murmurs mon paule1 par de furtives attaques1 elles sollicitaient un regard de mon ddain4 ,elles me retardaient toutefois dans mon hsitation les repousser1 me dbarrasser d'elles pour me rendre o j'tais appel2 car la violence de l'habitude me disait3 ,pourras-tu vivre sans elles8 ,et dj elle-mme ne me parlait plus que d'une voix languissante2 car1 du ct o je tournais mon front1 et o je redoutais de passer1 se dvoilait la chaste majest de la continence1 m'invitant1 non plus avec le sourire de la courtisane1 mais par d'honntes caresses1 m'approcher d'elle sans crainte2 et elle tendait1 pour me recevoir et m'embrasser1 ses pieuses mains1 toutes pleines de bons exemples2 enfants1 jeunes filles1 jeunesse nombreuse1 tous les ges1 veuves vnrables1 femmes vieillies dans la virginit1 et dans ces saintes mes la continence n'tait pas strile2 elle enfantait ces gnrations de joies clestes qu'elle doit1 ,seigneur1 votre conjugal amour6 ,et elle semblait me dire1 d'une douce et encourageante ironie3 ,quoi6 ne pourras-tu ce qui est possible ces enfants1 ces femmes8 ,est-ce donc en eux-mmes1 et non dans le ,seigneur leur ,dieu1 que cela leur est possible8 ,c'est le ,seigneur leur ,dieu qui me donne eux4 ,tu t'appuies sur toi-mme1 et tu chancelles8 ,et cela t'tonne8 ,jette-toi hardiment sur lui1 n'aie pas peur1 il ne se drobera pas pour te laisser tomber4 ,jette-toi hardiment1 il te recevra1 il te gurira6 ,et je rougissais1 parce que j'entendais encore le murmure des vanits3 et je restais hsitant1 suspendu4 ,et elle me parlait encore1 et je croyais entendre3 ,sois sourd la voix de ces membres de terre1 afin de les mortifier4 ,les dlices qu'ils te racontent sont-elles comparables aux suavits de la loi du ,seigneur ton ,dieu8 ,cette lutte intestine n'tait qu'un duel de moi avec moi4 ,et ,alypius1 attach mes cts1 attendait en silence l'issue de cette trange rvolution4 ,,xii ,prends1 lis6 ,prends1 lis6 ,quand1 du fond le plus intrieur1 ma pense eut retir et amass toute ma misre devant les yeux de mon cur1 il s'y leva un affreux orage1 charg d'une pluie de larmes2 et pour laisser fondre l'orage avec tous ses mugissements1 je me levai1 je m'loignai d',alypius4 ,la solitude allait me donner la libert de mes pleurs1 et je me retirai assez loin pour n'tre pas importun1 mme d'une si chre prsence4 ,tel tait mon tat1 et il s'en aperut1 car je ne sais quelle parole m'tait chappe o vibrait un son de voix gros de larmes4 ,et je m'tais lev4 ,il demeura la place o nous nous tions assis1 dans une profonde stupeur4 ,et moi j'allai m'tendre1 je ne sais comment1 sous un figuier1 et je lchai les rnes mes larmes1 et les sources de mes yeux ruisselrent1 comme le sang d'un sacrifice agrable4 ,et je vous parlai1 non pas en ces termes1 mais en ce sens3 ,eh6 jusques quand1 ,seigneur8 jusques quand1 ,seigneur1 serez-vous irrit8 ,ne gardez pas souvenir de mes iniquits passes#agf4 ,car je sentais qu'elles me retenaient encore4 ,et je m'criais en sanglots3 ,jusques quand8 jusques quand8 ,demain8444 ,demain8444 ,pourquoi pas l'instant2 pourquoi pas sur l'heure en finir avec ma honte8 #agf ,ps4 ,,vi1 #d2 ,ps4 ,,lxxviii1 #f1 #h4 ,je disais et je pleurais dans toute l'amertume d'un cur bris4 ,et tout coup j'entends sortir d'une maison voisine comme une voix d'enfant ou de jeune fille qui chantait et rptait souvent3 ,,prends1 ,,lis6 ,,prends1 ,,lis6 ,et aussitt1 changeant de visage1 je cherchai srieusement me rappeler si c'tait un refrain en usage dans quelque jeu d'enfant2 et rien de tel ne me revint la mmoire4 ,je rprimai l'essor de mes larmes1 et ne vis plus l qu'un ordre divin d'ouvrir le livre de l',aptre1 et de lire le premier chapitre venu4 ,je savais qu',antoine1 survenant1 un jour1 la lecture de l'vangile1 avait saisi1 comme adresses lui-mme1 ces paroles3 ,va1 vends ce que tu as1 donne-le aux pauvres1 et tu auras un trsor dans le ciel2 viens1 suis-moi#agg1 et qu'un tel oracle l'avait aussitt converti vous4 #agg ,matth41 ,,xix1 #ba4 ,je revins vite la place o ,alypius tait assis2 car1 en me levant1 j'y avais laiss le livre de l',aptre4 ,je le pris1 l'ouvris1 et lus en silence le premier chapitre o se jetrent mes yeux3 ,ne vivez pas dans les festins1 dans les dbauches1 ni dans les volupts impudiques1 ni en conteste1 ni en jalousie2 mais revtez-vous de ,notre-,seigneur ,jsus-,christ1 et ne faites pas de votre sensualit une providence charnelle#agh4 ,je ne voulus pas1 je n'eus pas besoin d'en lire davantage4 ,ces lignes peine acheves1 il se rpandit dans mon cur comme une lumire de scurit qui dissipa les tnbres de mon incertitude4 #agh ,rom41 ,,xiii1 #ac1 #ad4 ,alors1 ayant laiss dans le livre la trace de mon doigt ou je ne sais quelle autre marque1 je le fermai1 et1 d'un visage tranquille1 je dclarai tout ,alypius4 ,et lui me rvle son tour ce qui1 mon insu1 se passait en lui4 ,il demande voir ce que j'avais lu2 je le lui montre1 et lisant plus loin que moi1 il recueille les paroles suivantes que je n'avais pas remarques3 ,assistez le faible dans la foi#agi4 ,il prend cela pour lui1 et me l'avoue4 ,fortifi par cet avertissement dans une rsolution bonne et sainte1 et en harmonie avec cette puret de murs dont j'tais loin depuis longtemps1 il se joint moi sans hsitation et sans trouble4 #agi ,rom41 ,,xiv1 #a4 ,a l'instant1 nous allons trouver ma mre1 nous lui contons ce qui arrive1 elle se rjouit2 comment cela est arriv1 elle tressaille de joie1 elle triomphe4 ,et elle vous bnissait1 vous qui tes puissant exaucer au del de nos demandes1 au del de nos penses#ahj1 car vous lui aviez bien plus accord en moi que ne vous avaient demand ses plaintes et ses larmes touchantes4 ,j'tais tellement converti vous que je ne cherchais plus de femme1 que j'abdiquais toute esprance dans le sicle1 lev dsormais sur cette rgle de foi1 o votre rvlation m'avait jadis montr debout ma mre4 ,et son deuil tait chang en une joie bien plus abondante qu'elle n'avait espr1 bien plus douce et plus chaste que celle qu'elle attendait des enfants de ma chair4 #ahj ,ephes41 ,,iii1 #bj4 ,,livre ,,neuvi,,me ,il renonce sa profession4--,sa retraite dans la villa de ,verecundus4--,son baptme4--,mort de sa mre4 ,i ,actions de grces4 ,o ,seigneur1 je suis votre serviteur2 je suis votre serviteur1 et le fils de votre servante4 ,vous avez bris mes liens1 je vous sacrifierai un sacrifice de louanges#aha6 ,que mon cur1 que ma langue vous louent1 et que tous mes os s'crient3 ,seigneur1 qui est semblable vous8 ,qu'ils parlent1 et rpondez-moi2 et dites mon me3 ,je suis ton salut#ahb4 ,qui tais-je8 et quel tais-je8 ,combien de mal en mes actions2 et sinon dans mes actions1 dans mes paroles2 et sinon dans mes paroles1 dans ma volont8 ,mais vous1 ,seigneur de bont et de misricorde1 vous avez mesur d'un regard la profondeur de ma mort1 et vous avez retir du fond de mon cur un abme de corruption4 ,et il ne s'agissait pourtant que de ne pas vouloir ma volont1 et de vouloir la vtre6 #aha ,ps41 ,,cxv1 #af1 #ag4 #ahb ,ps41 ,,xxxiv1 #aj1 #c4 ,mais o tait donc durant le cours de tant d'annes1 et de quels secrets et profonds replis a t soudain voqu mon libre arbitre1 pour incliner ma tte sous votre aimable joug1 et mes paules sous votre lger fardeau#ahc1 ,christ1 ,jsus1 mon soutien et mon rdempteur8 ,quelles soudaines dlices ne trouvai-je pas dans le renoncement aux dlices des vanits6 ,en tre quitt avait t ma crainte1 et les quitter1 tait ma joie4 ,car vous les chassiez de chez moi1 vritable1 souveraine douceur6 vous les chassiez1 et leur place vous entriez plus aimable que toute volupt1 mais non au sang et la chair2 plus clatant que toute lumire1 mais plus intrieur que tout secret2 plus lev que toute grandeur1 mais non pour ceux qui s'lvent en eux-mmes4 ,dj mon esprit tait libre du cuisant souci de parvenir aux honneurs et aux richesses1 de rouler dans l'impuret1 et d'irriter la lpre de mes intemprances2 et je gazouillais dj sous vos yeux1 ma lumire1 mon opulence1 mon salut1 ,seigneur1 mon ,dieu6 #ahc ,matth41 ,,xi1 #cj4 ,,ii ,il renonce sa profession4 ,et je rsolus en votre prsence de drober doucement1 et sans clat1 le ministre de ma parole au trafic du vain langage2 ne voulant plus dsormais que des enfants1 indiffrents votre foi1 votre paix1 ne respirant que frnsie de mensonge et guerres de forum1 vinssent prendre ma bouche les armes qu'elle vendait leur fureur4 ,et il ne restait heureusement que fort peu de jours jusqu'aux vacances d'automne1 et je rsolus d'attendre en patience le moment du cong annuel pour ne plus revenir mettre en vente votre esclave rachet4 ,tel tait mon dessein en votre prsence1 et en prsence de mes seuls amis4 ,et il tait convenu entre nous de n'en rien bruiter1 quoiqu'au sortir de la valle de larmes1 chantant le cantique des degrs1 nous fussions par vous arms de flches perantes et de charbons dvorants#ahd contre la langue perfide qui nous combat1 titre de conseillre1 et nous aime comme l'aliment qu'elle engloutit4 #ahd ,ps41 ,,cxix1 #d4 ,vous aviez bless mon cur des flches de votre amour2 et je portais dans mes entrailles vos paroles qui les traversaient2 et les exemples de vos serviteurs que de tnbres vous avez faits lumire1 et1 de mort1 vie1 s'levaient comme un ardent bcher pour brler et consumer en moi ce fardeau de langueur qui m'entranait vers l'abme2 et j'tais pntr d'une ardeur si vive1 que tout vent de contradiction1 souffl par la langue ruse1 irritait ma flamme loin de l'teindre4 ,mais la gloire de votre nom1 que vous avez sanctifi par toute la terre1 assurant des approbateurs mon vu et ma rsolution1 il y aurait eu quelque apparence de vanit ne pas attendre la prochaine venue des vacances et me retirer tout coup d'une profession expose aux regards publics1 au risque de faire dire que je n'avais devanc le retour1 si voisin1 des loisirs d'automne que pour me donner une sorte d'importance4 ,et quoi bon livrer mes intentions aux tmraires conjectures1 aux vains propos1 et appeler le blasphme sur une inspiration sainte8 ,et cet t mme l'extrme fatigue de l'enseignement public avait engag ma poitrine2 je tirais pniblement ma respiration1 et des douleurs internes tmoignaient de la lsion du poumon2 une voix claire et soutenue m'tait refuse4 ,la crainte me troubla d'abord d'tre forc par ncessit de me drober ce pnible exercice1 ou de l'interrompre jusqu' gurison ou convalescence2 mais quand la pleine volont de m'employer vous seul1 pour vous contempler1 mon ,dieu#ahe6 se leva et prit racine en moi1 vous le savez1 ,seigneur1 je fus heureux mme de cette sincre excuse1 pour modrer le dplaisir des parents qui1 ne songeant qu' leur fils1 ne m'eussent jamais permis d'tre libre4 #ahe ,ps41 ,,xlv1 #aa4 ,plein de cette joie1 j'attendais avec patience que ce reste de temps s'coult1 une vingtaine de jours peut-tre2 et il me fallait de la constance pour les attendre1 parce que la passion s'tait retire1 qui soulevait la moiti de ma charge2 et j'en serais demeur accabl1 si la patience n'et pris la place de la passion4 ,un de vos serviteurs1 mes frres1 m'accusera-t-il de pch pour avoir pu m'asseoir encore une heure dans la chaire du mensonge8 ,je ne veux pas me justifier4 ,mais1 vous1 ,seigneur1 trs misricordieux1 ne m'avez-vous point pardonn ce pch1 et ne me l'avez-vous point remis dans l'eau sainte1 avec tant d'autres hideuses et mortelles souillures8 ,,iii ,sainte mort de ses amis ,nebridius et ,verecundus4 ,notre bonheur devenait une sollicitude poignante pour ,verecundus1 qui1 retenu dans le sicle par le lien le plus troit1 se voyait sur le point d'tre sevr de notre commerce4 poux1 infidle encore1 d'une chrtienne1 sa femme tait la plus forte entrave qui le retardt l'entre des voies nouvelles2 et il ne voulait tre chrtien que de la manire dont il ne pouvait l'tre4 ,mais avec quelle bienveillance il nous offrit sa campagne pour toute la dure de notre sjour6 ,vous lui en rendrez la rcompense1 ,seigneur1 la rsurrection des justes2 car une partie de la dette lui est dj paye4 ,ce fut en notre absence2 nous tions ,rome1 quand1 atteint d'une maladie grave1 il se fit chrtien1 et sortit de cette vie avec la foi4 ,et vous etes piti1 non de lui seul1 mais de nous encore4 ,c'et t pour notre cur une trop cruelle torture1 de nous souvenir d'un tel ami sans le compter entre les brebis de votre troupeau4 ,grces vous1 mon ,dieu1 nous sommes vous4 ,j'en prends tmoin et vos assistances et vos consolations1 fidle prometteur1 vous rendrez ,verecundus1 en retour de l'hospitalit de ,cassiacum1 o nous nous reposmes des tourmentes du sicle1 la fracheur et l'ternel printemps de votre paradis1 car vous lui avez remis ses pchs sur la terre1 sur votre montagne1 la montagne opime1 la montagne fconde#ahf4 ,telles taient alors ses anxits4 #ahf ,ps41 ,,xlvii1 #ag4 ,pour ,nebridius1 il partageait notre joie1 quoique n'tant pas encore chrtien1 pris au pige d'une pernicieuse erreur qui lui faisait regarder comme un fantme l'incarnation de la vrit1 votre ,fils2 il s'en retirait nanmoins3 tranger aux sacrements de votre glise1 il demeurait ardent investigateur de la vrit4 ,peu de temps aprs ma conversion et ma renaissance dans le baptme1 devenu lui-mme fidle catholique1 modle de continence et de chastet1 il embrassa votre service1 en ,afrique1 parmi les siens2 il avait rendu toute sa famille chrtienne1 quand vous le dlivrtes de la prison charnelle1 et maintenant il vit au sein d',abraham6 ,quoi qu'on puisse entendre par ce sein1 c'est l qu'il vit1 mon ,nebridius1 mon doux ami1 de votre affranchi1 devenu votre fils adoptif2 c'est l qu'il vit4 ,et quel autre lieu digne d'une telle me8 ,,ii vit au sjour dont il me faisait tant de questions moi1 moi homme de boue et de misre6 ,il n'approche plus son oreille de ma bouche1 mais sa bouche spirituelle de votre source1 et il se dsaltre loisir dans votre sagesse1 ternellement heureux4 ,et pourtant je ne crois pas qu'il s'enivre l jusques m'oublier1 quand vous1 ,seigneur1 vous qu'il boit1 conservez mon souvenir4 ,voil o nous en tions2 consolant ,verecundus attrist de notre conversion1 sans nous en moins aimer1 et l'exhortant la perfection de son tat1 aux devoirs de la vie conjugale4 ,nous attendions que ,nebridius nous suivt1 tant si prs de nous1 et il allait le faire1 lorsqu'enfin ils s'coulrent1 ces jours qui nous semblaient si nombreux et si longs dans notre impatience de ces libres loisirs1 o nous pourrions chanter de tout notre amour3 ,mon cur vous appelle2 je cherche votre visage2 ,seigneur1 je le chercherai toujours#ahg2 #ahg ,ps41 ,,xxvi1 #h4 ,,iv ,son enthousiasme la lecture des psaumes4 ,enfin le jour arriva o j'allais tre de fait libre de ma profession1 comme dj je l'tais en esprit4 ,et je fus libre4 ,et le ,seigneur affranchit ma langue comme il avait affranchi mon cur4 ,et je vous bnissais avec joie en allant cette villa avec tout ce qui m'tait cher4 ,comment j'y employai des tudes dj consacres votre service1 mais qui1 dans cette halte soudaine1 soufflaient encore la superbe de l'cole1 c'est ce que tmoignent les livres de mes confrences dans l'intimit1 et mes entretiens solitaires en votre prsence1 et les lettres que j'crivais ,nebridius absent4 ,mais le temps suffirait-il rappeler toutes les grces dont vous nous avez alors combls8 ,et puis il me tarde de passer des objets plus importants4 ,ma mmoire me rappelle vous1 ,seigneur1 et il m'est doux de vous confesser par quels aiguillons intrieurs vous m'avez dompt1 comment vous m'avez aplani en abaissant les montagnes et les collines de mes penses1 comment vous avez redress mes voies obliques et adouci mes asprits1 et comment vous avez soumis ,alypius1 le frre de mon cur1 au nom de votre ,fils unique1 ,notre-,seigneur et ,sauveur ,jsus-,christ1 dont son ddain repoussait le nom de nos crits4 ,il aimait mieux y respirer l'odeur des cdres de la philosophie1 dj briss en moi par le ,seigneur1 que l'humble vgtation de l'glise1 ces herbes salutaires1 mortelles aux serpents4 ,novice l'amour pur1 quels lans1 mon ,dieu1 m'emportaient vers vous en lisant les psaumes de ,david1 cantiques fidles1 hymnes de pit qui bannissent l'esprit d'orgueil6 et je partageais les loisirs de ma retraite avec ,alypius1 catchumne comme moi1 et avec ma mre1 qui ne pouvait me quitter1 femme ayant la foi d'un homme1 et1 avec le calme de l'ge1 la charit d'une mre1 la pit d'une chrtienne4 ,de quels lans m'emportaient vers vous ces psaumes1 et de quelle flamme ils me consumaient pour vous6 ,et je brlais de les chanter toute la terre1 s'il tait possible1 pour anantir l'orgueil du genre humain6 ,et ne se chantent-ils pas par toute la terre8 et qui peut se drober votre chaleur8 ,quelle violente et douloureuse indignation m'exaltait contre les ,manichens1 et quelle commisration m'inspiraient leur ignorance de ces mystres1 de ces divins remdes1 et le dlire de leur fureur contre l'antidote qui leur et rendu la raison6 ,j'eusse voulu qu'ils se fussent trouvs l1 prs de moi et m'coutant mon insu1 observant et ma face et ma voix1 quand je lisais le psaume quatrime1 et ce que ce psaume faisait de moi3 ,je vous ai invoqu1 et vous m'avez entendu1 ,dieu de ma justice2 j'tais dans la tribulation1 et vous m'avez dilat4 ,ayez piti de moi1 ,seigneur1 exaucez ma prire#ahh4 ,que n'taient-ils l1 m'coutant1 mais mon insu1 pour qu'ils n'eussent pas lieu de croire que ce ft eux que s'adressaient tous les traits dont j'entrecoupais ces paroles6 ,et1 en effet1 j'eusse autrement parl1 me sentant cout et vu2 et quand j'eusse parl de mme1 ils n'eussent pas accueilli ma parole comme elle partait en moi et pour moi1 sous vos yeux1 de la tendre familiarit du cur4 #ahh ,ps4 ,,iv1 #a1 #b4 ,je frissonnais d'pouvante1 et j'tais enflamm d'esprance1 et je tressaillais vers votre misricorde1 ,pre6 ,et mon me sortait par mes yeux et ma voix1 quand1 s'adressant nous1 votre ,esprit d'amour nous dit3 ,fils des hommes1 jusques quand ces curs appesantis8 ,pourquoi aimez-vous la vanit1 et cherchez-vous le mensonge#ahi8 ,n'avais-je pas aim la vanit8 n'avais-je pas cherch le mensonge8 ,et cependant1 ,seigneur1 vous aviez exalt dj votre ,saint1 le ressuscitant des morts1 et le plaant votre droite1 d'o il devait faire descendre le consolateur promis1 l',esprit de vrit2 et dj il l'avait envoy1 mais je ne le savais pas4 #ahi ,ps4 ,,iv1 #c4 ,il l'avait envoy1 parce qu'il tait dj glorifi1 ressuscit des morts et mont au ciel4 ,car1 avant la gloire de ,jsus1 l',esprit n'tait pas encore donn4 ,et le ,prophte s'crie3 ,jusques quand ces curs appesantis8 ,pourquoi aimez-vous la vanit1 et cherchez-vous le mensonge8 ,apprenez donc que le ,seigneur a exalt son ,saint4 ,il s'crie3 ,jusques quand8--,il s'crie3 ,apprenez6--,et moi1 dans ma longue ignorance1 j'ai aim la vanit1 j'ai cherch le mensonge6 ,c'est pourquoi j'coutais en frmissant1 je me souvenais d'avoir t un de ceux que ces paroles accusent4 ,j'avais pris pour la vrit ces fantmes de vanit et de mensonge4 ,et quels accents forts et profonds retentirent dans la douleur de mes souvenirs6 ,oh6 que n'ont-ils t entendus de ceux qui aiment encore la vanit et cherchent le mensonge6 ,peut-tre en eussent-ils t troubls1 peut-tre eussent-ils vomi leur erreur2 et vous eussiez exauc les cris de leur cur levs jusqu' vous2 car c'est de la vraie mort de la chair qu'est mort celui qui intercde pour nous4 ,et puis je lisais3 ,entrez en fureur1 mais sans pcher#aij4 ,et combien tais-je touch de ces paroles1 mon ,dieu1 moi qui avais appris m'emporter contre mon pass pour drober au pch mon avenir6 ,et de quel juste emportement1 puisque ce n'tait point une autre nature1 race de tnbres1 qui pchait en moi1 comme le prtendent ceux qui thsaurisent contre eux la colre1 pour ce jour de colre o la justice sera rvle#aia6 #aij ,ps4 ,,iv1 #e4 #aia ,rom41 ,,ii1 #e4 ,et mes biens n'taient plus au dehors1 et ce n'tait plus dans ce soleil que je les cherchais de l'il charnel4 ,ceux qui cherchent leur joie hors d'eux-mmes se dissipent comme la fume1 et se rpandent comme l'eau sur les objets visibles et temporels1 et leur famlique pense n'en lche que les images4 ,oh6 s'ils se fatiguaient de leur indigence en disant3 ,qui nous montrera le ,bien#aib6 ,oh6 s'ils entendaient notre rponse3 ,la lumire de votre visage1 ,seigneur1 s'est imprime dans l'homme#aic6 ,car nous ne sommes pas cette lumire qui claire tout homme1 mais nous sommes clairs par vous1 pour devenir1 de tnbres que nous tions1 lumire en vous#aid4 #aib ,ps4 ,,iv1 #f4 #aic ,ps4 ,,iv1 #g4 #aid ,ephes41 ,v1 #h4 ,oh6 s'ils voyaient cette lumire intrieure1 ternelle1 que je frmissais1 moi1 qui dj la gotais1 de ne pouvoir leur montrer1 m'eussent-ils apport leur cur dans des yeux dtourns de vous1 en me disant3 ,qui nous montrera le ,bien8 ,car c'est l1 c'est dans la chambre secrte o je m'tais emport contre moi-mme2 o1 pntr de componction1 je vous avais offert l'holocauste de ma caducit1 et inaugur mon renouvellement au sein de votre esprance2 c'est l que j'avais commenc de savourer votre douceur1 et que mon cur avait reu votre joie4 ,et je m'criais la vrit de cette lecture1 sanctionne par le sens intrieur4 ,et je ne voulais plus me diviser dans la multiplicit des biens terrestres1 bourreau et victime du temps1 lorsque la simple ternit me mettait en possession d'un autre froment1 d'un autre vin1 d'une autre huile4 ,et le verset suivant arrachait mon cur un long cri3 ,oh6 dans sa paix6 oh6 dans lui-mme6 bienheureuse parole6 ,je prendrai mon repos et mon sommeil#aie6 ,et qui nous fera rsistance1 quand l'autre parole s'accomplira3 ,la mort est engloutie dans la victoire#aif4 ,et vous tes cet tre fort qui ne change pas2 et en vous le repos oublieux de toutes les peines2 parce que nul autre n'est avec vous2 parce qu'il ne faut pas se mettre en qute de tout ce qui n'est pas vous4 ,mais vous m'avez affermi1 ,seigneur1 dans la simplicit de l'esprance4 #aie ,ps4 ,,iv1 #i4 #aif ,i ,cor41 ,,xv1 #ed4 ,je lisais1 et brlais1 et ne savais quoi faire ces morts sourds1 parmi lesquels j'avais dard ma langue empoisonne1 aboyeur aveugle et acharn contre ces lettres saintes1 lettres distillant le miel cleste1 radieuses de votre lumire2 et je me consumais d'indignation contre les ennemis de cette criture1 quand je me rappelais les scandaleuses vacances de ma vie passe4 ,mais je n'ai pas oubli et ne tairai point l'aiguillon de votre fouet1 et l'admirable clrit de votre misricorde3 vous me torturiez alors par une cruelle souffrance de dents2 et le mal tait arriv un tel excs1 que1 ne pouvant plus parler1 il me vint l'esprit d'inviter mes amis prsents vous prier pour moi1 ,dieu1 matre de toute sant4 ,j'crivis mon dsir sur des tablettes1 et je les leur donnai lire4 ,a peine la prire eut-il flchi nos genoux1 que cette douleur disparut4 ,mais quelle douleur6 et comment s'vanouit-elle8 ,je fus pouvant1 je l'avoue1 ,seigneur mon ,dieu2 non1 de ma vie je n'avais rien prouv de semblable4 ,et cette foi ne me laissa pas en scurit sur mes fautes passes1 que le baptme ne m'avait pas encore remises4 ,v ,il fait connatre publiquement sa rsolution4 ,les vacances tant coules1 je fis savoir aux citoyens de ,milan qu'ils eussent chercher pour leurs enfants un autre vendeur de paroles1 parce que j'avais rsolu de me consacrer votre service1 une poitrine souffrante et une respiration gne m'interdisant d'ailleurs l'exercice de ma profession4 ,j'instruisis par lettres votre serviteur1 le saint vque ,ambroise1 de mes erreurs passes et de mon prsent dsir1 lui demandant quel livre de vos critures je devais lire de prfrence pour me mieux prparer l'immense grce que j'allais recevoir4 ,il m'ordonna le prophte ,isae1 sans doute comme le plus clair rvlateur de l'vangile et de la vocation des paens4 ,mais1 ds les premires lignes1 ne pouvant pntrer le sens et pensant que le reste me serait galement inintelligible1 j'en remis la lecture au temps o je serais plus aguerri la parole du ,seigneur4 ,,vi ,il reoit le baptme avec ,alypius son ami1 et ,adeodatus son fils4 ,gnie de cet enfant4 ,sa mort4 ,le temps tant venu de m'enrler sous vos enseignes1 nous revnmes de la campagne ,milan4 ,alypius voulut renatre en vous avec moi2 il avait dj revtu l'humilit ncessaire la communion de vos sacrements2 intrpide dompteur de son corps1 jusqu' fouler pieds nus ce sol couvert de glaces1--prodige d'austrit6 ,nous nous associmes l'enfant ,adeodatus1 ce fils charnel de mon pch1 nature que vous aviez comble4 ,a peine g de quinze ans1 il surpassait en gnie des hommes avancs dans la vie et dans la science4 ,ce sont vos dons que je publie1 ,seigneur mon ,dieu1 ,crateur de toutes choses1 et puissant ,rformateur de nos difformits4 ,car il n'y avait en cet enfant de moi que le pch2 et s'il tait lev dans votre crainte1 c'est vous qui me l'aviez inspir1 nul autre4 ,oui1 ce sont vos dons que je publie4 ,il est un livre crit par moi1 intitul le ,matre2 mon interlocuteur1 c'est cet enfant2 et les rponses faites sous son nom sont1 vous le savez1 mon ,dieu1 ses penses de seize ans4 ,il s'est rvl moi par des signes plus admirables encore4 ,ce gnie-l m'effrayait4 ,et quel autre que vous pourrait accomplir de tels chefs-d'uvre8 ,vous avez bientt1 de cette terre1 fait disparatre sa vie2 et je me souviens de lui avec scurit1 son enfance1 sa premire jeunesse1 rien de cet tre ne me laissant craindre pour lui4 ,nous nous l'associmes comme un frre dans votre grce1 lever sous vos yeux2 et nous remes le baptme1 et le remords inquiet de notre vie passe prit cong de nous4 ,et je ne me rassasiais pas en ces premiers jours de contempler avec dlices les profondeurs de votre conseil pour le salut du genre humain4 ,a ces hymnes1 ces cantiques clestes1 quel torrent de pleurs faisaient jaillir de mon me violemment remue les suaves accents de votre glise6 ,ils coulaient dans mon oreille1 et versaient votre vrit dans mon cur2 ils soulevaient en moi les plus vifs lans d'amour2 et mes larmes roulaient1 larmes salutaires6 ,,vii ,dcouverte des corps de saint ,gervais et de saint ,protais4 ,l'glise de ,milan venait d'adopter cette pratique consolante et sainte1 ce concert mlodieux des voix et des curs fraternels4 ,il y avait peu prs un an1 ,justine1 mre du jeune empereur ,valentinien1 sduite par l'hrsie des ,ariens1 perscutait votre ,ambroise4 ,le peuple fidle passait les nuits dans l'glise1 prt mourir avec son vque1 votre serviteur2 et ma mre1 votre servante1 voulant des premires sa part d'angoisses et de veilles1 n'y vivait que d'oraisons4 ,nous-mmes1 encore froids la chaleur de votre ,esprit1 nous tions frapps de ce trouble1 de cette consternation de toute une ville4 ,alors1 pour prserver le peuple des ennuis de sa tristesse1 il fut dcid que l'on chanterait des hymnes et des psaumes1 selon l'usage de l'glise d',orient1 depuis ce jour continu parmi nous1 et imit dans presque toutes les parties de votre grand bercail4 ,c'est alors que dans une vision vous rvltes votre vque le lieu qui reclait les corps des martyrs ,gervais et ,protais4 ,vous les aviez conservs tant d'annes l'abri de la corruption1 dans le trsor de votre secret1 sachant le moment de les produire1 pour mettre un frein la fureur d'une simple femme1 mais d'une femme impratrice4 ,retrouvs et exhums1 on les transfre solennellement la basilique ambroisienne1 et les possds sont dlivrs des esprits immondes1 de l'aveu mme de ces dmons4 ,et un citoyen trs connu1 aveugle depuis plusieurs annes1 demande et apprend la cause de l'enthousiasme du peuple1 il se lve1 il prie son guide de le conduire ces pieux restes4 ,arriv l1 il est admis toucher avec un mouchoir le cercueil o reposaient ces morts saintes et prcieuses votre regard4 ,il touche1 porte le linge ses yeux2 ses yeux s'ouvrent4 ,le bruit en court sur l'heure2 tout s'anime du vif clat de vos louanges2 et le cur de la femme ennemie1 sans tre rendu la sant de la foi1 n'en fut pas moins rprim dans ses fureurs de perscution4 ,grces vous1 mon ,dieu6 d'o avez-vous rappel mes souvenirs1 pour que je rvlasse1 votre gloire1 ce grand vnement que mon oubli passait sous silence8 ,et cependant1 lorsque tout exhalait ainsi la vive odeur de vos parfums#aig1 nous ne courions pas aprs vous6 ,et c'est ce qui faisait couler de mes yeux1 cette heure1 une telle abondance de larmes en coutant vos cantiques4 ,j'avais soupir si longtemps aprs vous1 et enfin je respirais tout l'air qui peut entrer dans cette chaumine d'argile4 #aig ,cantic41 ,i1 #c4 ,,viii ,mort de sainte ,monique4--,son ducation4 ,o vous qui rassemblez sous le mme toit les curs unanimes#aih1 vous nous avez alors associ un homme jeune encore1 de votre municipe1 ,evodius1 officier de l'empereur1 converti et baptis avant nous1 qui avait quitt la milice du sicle pour ceindre la vtre4 ,runis1 dcids vivre dans une communaut de rsolutions saintes1 nous cherchions le lieu propice au dessein de vous servir1 et retournant ensemble en ,afrique1 nous tions l'embouchure du ,tibre quand je perdis ma mre4 #aih ,ps4 ,,xlvii1 #g4 ,j'abrge1 j'ai hte d'arriver4 ,recevez mes confessions1 mon ,dieu1 et les actions de grces que je vous rends1 mme en silence1 de tant de faveurs sans nombre4 ,mais je ne tairai point tout ce que mon me engendre de penses sur votre servante1 dont la chair m'a engendr au temps et le cur l'ternit4 ,ce n'est pas son opulence1 mais vos libralits rpandues sur elle1 que je veux publier4 ,car elle n'tait pas elle-mme l'auteur de sa vie1 l'auteur de son ducation4 ,c'est vous qui l'avez cre2 son pre et sa mre ne savaient pas quelle uvre se produisait par eux4 ,et qui l'leva dans votre crainte8 ,la verge du ,christ1 la conduite de votre ,fils unique dans une maison fidle1 membre sain de votre glise4 ,et elle ne se louait pas tant du zle de sa mre l'instruire1 que de la surveillance d'une vieille servante qui avait port son pre tout petit1 ainsi que les jeunes filles ont coutume de porter dos les petits enfants4 ,ce souvenir1 sa vieillesse1 la puret de ses murs1 lui assuraient1 dans une maison chrtienne1 la vnration de ses matres1 qui lui avaient commis la conduite de leurs filles2 son zle rpondait tant de confiance2 elle tait1 au besoin1 d'une sainte rigueur pour les corriger1 et toujours d'une admirable prudence pour les instruire4 ,hors les heures de leur modeste repas la table de leurs parents1 fussent-elles dvores de soif1 elle ne leur permettait pas mme de boire de l'eau1 prvenant une habitude funeste1 et disant avec un grand sens3 ,vous buvez de l'eau aujourd'hui1 parce que le vin n'est pas en votre pouvoir2 mais1 quand vous serez dans la maison de vos maris1 matresses des celliers1 vous ddaignerez l'eau1 sans renoncer l'habitude de boire4 ,par ce sage temprament de prceptes et d'autorit1 elle rprimait les avides dsirs de la premire jeunesse1 et elle rglait la soif mme de ces jeunes filles cette mesure de biensance qui exclut jusqu'au dsir de ce qu'elle ne permet pas4 ,et nanmoins1 c'est l'aveu que votre servante faisait son fils1 le got du vin s'tait gliss chez elle4 ,quand ses parents l'envoyaient1 suivant l'usage1 comme une sobre enfant1 puiser le vin la cuve1 aprs avoir baiss le vase pour le remplir1 et avant de le verser dans un flacon1 elle en gotait un peu de l'extrmit des lvres1 tentation bientt vaincue par la rpugnance4 ,car cela ne venait pas d'un honteux penchant3 c'tait ce vif entrain du premier ge1 ce bouillonnement d'espiglerie que le poids de l'autorit apaise dans les jeunes curs4 ,or1 ajoutant chaque jour goutte goutte1 parce que le mpris des petites choses amne insensiblement la chute#aii1 elle tait tombe dans l'habitude de boire avec plaisir1 petite coupe presque pleine4 ,o tait alors cette vieille gouvernante si sage8 o taient ses austres dfenses8 ,eh6 quel remde possible contre une maladie cache1 si votre grce salutaire1 ,seigneur1 ne veillait sur nous8 ,en l'absence de son pre1 de sa mre1 de tout ce qui prenait soin d'elle1 vous1 toujours prsent1 qui avez cr1 qui appelez vous1 et par la voie mme des hommes de perversit1 oprez le bien pour le salut des mes2 que ftes-vous alors1 mon ,dieu8 par quel traitement l'avez-vous gurie8 ,n'avez-vous pas tir d'une autre me un sarcasme froid et aigu1 invisible acier dont votre main1 cleste oprateur1 trancha au vif cette gangrne8 ,une servante qui l'accompagnait d'ordinaire la cuve1 se disputant un jour1 comme souvent il arrive1 avec sa jeune matresse1 seule seule1 lui lana ce reproche avec l'pithte effronte et sanglante d'ivrognesse4 ,elle1 perce de ce trait1 voit sa laideur1 la rprouve et s'en dpouille4 ,tant il est vrai que si les amis corrompent par la flatterie1 les ennemis corrigent souvent par le reproche2 et votre justice ne leur rend pas suivant leur action1 mais suivant leur volont2 car1 dans sa colre1 cette servante ne voulait que piquer sa matresse et non la gurir4 ,aussi le fit-elle en secret1 soit que le temps et le lieu de la querelle en et ainsi dcid1 soit qu'elle craignt elle-mme un chtiment pour une rvlation si tardive4 #aii ,eccl41 ,,xix1 #a4 ,mais vous1 ,seigneur1 providence du ciel et de la terre1 qui faites driver votre usage le lit profond du torrent et rglez le cours turbulent des sicles1 c'est par la dmence d'une me que vous avez guri l'autre1 afin que cet exemple instruise quiconque attribuerait un ascendant personnel l'influence dcisive d'une parole salutaire4 ,,ix ,vertus de sainte ,monique4 ,forme la modestie et la sagesse1 plutt soumise par vous ses parents que par eux vous1 peine nubile1 elle fut remise un homme qu'elle servit comme son matre2 jalouse de l'acqurir votre pargne1 elle n'employait pour vous prouver lui d'autre langage que sa vertu4 ,et vous la rendiez belle de cette beaut qui lui gagna l'admiration et le respectueux amour de son mari4 ,elle souffrit ses infidlits avec tant de patience que jamais nuage ne s'leva entre eux ce sujet4 ,elle attendait que votre misricorde lui donnt avec la foi la chastet4 ,naturellement affectueux1 elle le savait prompt et irascible1 et n'opposait ses emportements que calme et silence4 ,aussitt qu'elle le voyait remis et apais1 elle lui rendait propos raison de sa conduite1 s'il tait arriv qu'il et cd trop lgrement sa vivacit4 ,quand plusieurs des femmes de la ville1 maries des hommes plus doux1 portaient sur leur visage quelque trace des svices domestiques1 accusant1 dans l'intimit de l'entretien1 les murs de leurs maris1 ma mre accusait leur langue et leur donnait avec enjouement ce srieux avis1 qu' dater de l'heure o lecture leur avait t faite de leur contrat de noces1 elles avaient d le regarder comme l'acte authentique de leur esclavage1 et ce souvenir de leur condition devait comprimer en elles toute rvolte contre leurs matres4 ,et comme ces femmes1 connaissant l'humeur violente de ,patricius1 ne pouvaient tmoigner assez d'tonnement qu'on n'et jamais ou dire qu'il et frapp sa femme ou que leur bonne intelligence et souffert un seul jour d'interruption1 elles lui en demandaient l'explication secrte1 et elle leur enseignait le plan de conduite dont je viens de parler4 ,celles qui en faisaient l'essai avaient lieu de s'en fliciter2 celles qui n'en tenaient compte demeuraient dans le servage et l'oppression4 ,sa belle-mre1 au commencement1 s'tait laiss prvenir contre elle sur de perfides insinuations d'esclaves2 mais dsarme par une patience infatigable de douceur et de respects1 elle dnona d'elle-mme son fils ces langues envenimes qui troublaient la paix du foyer1 et sollicita leur chtiment4 ,lui1 se rendant son dsir et l'intrt de l'union et de l'ordre domestique1 chtia les coupables au gr de sa mre2 et elle promit pareille rcompense qui1 pour lui plaire1 lui dirait du mal de sa belle-fille4 ,cette leon ayant dcourag la mdisance1 elles vcurent depuis dans le charme de la plus affectueuse bienveillance4 ,votre fidle servante1 dont le sein1 grce vous1 m'a donn la vie1 mon ,dieu1 ma misricorde1 avait encore reu de vous un don bien prcieux4 ,entre les dissentiments et les animosits1 elle n'intervenait que pour pacifier4 ,confidente de ces propos pleins de fiel et d'aigreur1 nauses d'invectives dont l'intemprance de la haine se soulage sur l'ennemie absente en prsence d'une amie1 elle ne rapportait de l'une l'autre que les paroles qui pouvaient servir les rconcilier4 ,cette vertu me paratrait bien insignifiante1 si une triste exprience ne m'et appris combien est infini le nombre de ceux qui1 frapps de je ne sais quelle contagieuse pidmie de pchs1 ne se contentent pas de rapporter l'ennemi irrit les propos de l'ennemi irrit1 mais en ajoutent encore qu'il n'a pas tenus2 quand1 au contraire1 l'esprit d'humanit ne doit compter pour rien de s'abstenir de ces malins rapports qui excitent et enveniment la haine1 s'il ne se met en devoir de l'teindre par de bonnes paroles1 ainsi qu'elle en usait1 docile colire du matre intrieur4 ,enfin elle parvint vous gagner son mari sur la fin de sa vie temporelle1 et le croyant ne lui donna plus les mmes sujets de chagrin que l'infidle4 ,elle tait aussi la servante de vos serviteurs4 ,tous ceux d'entre eux de qui elle tait connue vous louaient1 vous glorifiaient1 vous chrissent en elle1 parce qu'ils sentaient votre prsence dans son cur1 atteste par les fruits de sa sainte vie4 ,elle n'avait eu qu'un mari2 elle avait acquitt envers ses parents sa dette de reconnaissance1 et gouvern sa famille avec pit2 ses bonnes uvres lui rendaient tmoignage4 ,ses fils1 qu'elle avait nourris1 elle les enfantait autant de fois qu'elle les voyait s'loigner de vous4 ,enfin1 quand nous tous1 vos serviteurs1 mon ,dieu1 puisque votre libralit nous permet ce nom1 vivions ensemble avant son sommeil suprme dans l'union de votre amour et la grce de votre baptme1 elle nous soignait comme si nous eussions t tous ses enfants1 elle nous servait comme si chacun de nous et t son pre4 ,x ,entretien de sainte ,monique avec son fils sur le bonheur de la vie ternelle4 ,a l'approche du jour o elle devait sortir de cette vie1 jour que nous ignorions et connu de vous1 il arriva1 je crois1 par votre disposition secrte1 que nous nous trouvions seuls1 elle et moi1 appuys contre une fentre1 d'o la vue s'tendait sur le jardin de la maison o nous tions descendus1 au port d',ostie4 ,c'est l que1 loin de la foule1 aprs les fatigues d'une longue route1 nous attendions le moment de la traverse4 ,nous tions seuls1 conversant avec une ineffable douceur1 et dans l'oubli du pass1 dvorant l'horizon de l'avenir1 nous cherchions entre nous1 en prsence de la ,vrit que vous tes1 quelle sera pour les saints cette vie ternelle que l'il n'a pas vue1 que l'oreille n'a pas entendue1 et o n'atteint pas le cur de l'homme#bjj4 ,et nous aspirions des lvres de l'me aux sublimes courants de votre fontaine1 fontaine de vie qui rside en vous#bja1 afin que1 pntre selon sa mesure de la rose cleste1 notre pense pt planer dans les hauteurs4 #bjj ,i ,cor41 ,,ii1 #i4 #bja ,ps4 ,,xxxv1 #aj4 ,et nos discours arrivant cette conclusion1 que la plus vive joie des sens dans le plus vif clat des splendeurs corporelles1 loin de soutenir le parallle avec la flicit d'une telle vie1 ne mritait pas mme un nom1 ports par un nouvel lan d'amour vers ,celui qui est1 nous nous promenmes par les chelons des corps jusqu'aux espaces clestes d'o les toiles1 la lune et le soleil nous envoient leur lumire2 et montant encore plus haut dans nos penses1 dans nos paroles1 dans l'admiration de vos uvres1 nous traversmes nos mes pour atteindre1 bien au-del1 cette rgion d'inpuisable abondance1 o vous rassasiez ternellement ,isral de la nourriture de vrit1 et o la vie est la sagesse cratrice de ce qui est1 de ce qui a t1 de ce qui sera2 sagesse incre1 qui est ce qu'elle a t1 ce qu'elle sera toujours2 ou plutt en qui ne se trouvent ni avoir t1 ni devoir tre1 mais l'tre seul1 parce qu'elle est ternelle2 car avoir t et devoir tre exclut l'ternit4 ,et en parlant ainsi1 dans nos amoureux lans vers cette vie1 nous y touchmes un instant d'un bond de cur1 et nous soupirmes en y laissant captives les prmices de l'esprit1 et nous redescendmes dans le bruit de la voix1 dans la parole qui commence et finit4 ,et qu'y a-t-il l de semblable votre ,verbe ,notre-,seigneur1 dont l'immuable permanence en soi renouvelle toutes choses8 ,nous disions donc3 ,qu'une me soit en qui les rvoltes de la chair1 le spectacle de la terre1 des eaux1 de l'air et des cieux fassent silence1 qui se fasse silence elle-mme2 qu'oublieuse de soi1 elle franchisse le seuil intrieur1 songes1 visions fantastiques1 toute langue1 tout signe1 tout ce qui passe1 venant se taire2 car tout cela dit qui sait entendre3 ,je ne suis pas mon ouvrage2 celui qui m'a fait est celui qui demeure dans l'ternit2 que cette dernire voix s'vanouisse dans le silence1 aprs avoir lev notre me vers l'auteur de toutes choses1 et qu'il parle lui seul1 non par ses cratures1 mais par lui-mme1 et que son ,verbe nous parle1 non plus par la langue charnelle1 ni par la voix de l'ange1 ni par le bruit de la nue1 ni par l'nigme de la parabole2 mais qu'il nous parle lui seul que nous aimons en tout1 qu'en l'absence de tout il nous parle2 que notre pense1 dont l'aile rapide atteint en ce moment mme l'ternelle sagesse1 immuable au-dessus de tout1 se soutienne dans cet essor1 et que1 toute vue d'un ordre infrieur cessant1 elle seule ravisse1 captive1 absorbe le contemplateur dans ses secrtes joies2 qu'enfin la vie ternelle soit semblable cette fugitive extase qui nous fait soupirer encore2 n'est-ce pas la promesse de cette parole3 ,entre dans la joie de ton ,seigneur#bjb8 ,et quand cela8 ,sera-ce alors que nous ressusciterons tous1 sans nanmoins tre tous changs#bjc8 #bjb ,matth41 ,,xxv1 #ba4 #bjc ,i ,cor41 ,,xv1 #ea4 ,telles taient les penses1 sinon les paroles1 de notre entretien4 ,et vous savez1 ,seigneur1 que ce jour mme o nous parlions ainsi1 o le monde avec tous ses charmes nous paraissait si bas1 elle me dit3 ,mon fils1 en ce qui me regarde1 rien ne m'attache plus cette vie4 ,qu'y ferais-je8 pourquoi y suis-je encore8 ,j'ai consomm dans le sicle toute mon esprance4 ,il tait une seule chose pour laquelle je dsirais sjourner quelque peu dans cette vie1 c'tait de te voir chrtien catholique avant de mourir4 ,mon ,dieu me l'a donn avec surabondance1 puisque je te vois mpriser toute flicit terrestre pour le servir4 ,que fais-je encore ici8 ,,xi ,dernires paroles de sainte ,monique4 ,ce que je rpondis ces paroles1 je ne m'en souviens pas bien2 mais cinq ou six jours de l1 la fivre la mit au lit4 ,un jour dans sa maladie1 elle perdit connaissance et fut un moment enleve tout ce qui l'entourait4 ,nous accourmes2 elle reprit bientt ses sens1 et nous regardant mon frre et moi1 debout auprs d'elle1 elle nous dit comme nous interrogeant3 ,o tais-je8 ,et l'aspect de notre douleur muette3 ,vous laisserez ici votre mre6 ,je gardais le silence et je retenais mes pleurs4 ,mon frre dit quelques mots exprimant le vu qu'elle achevt sa vie dans sa patrie plutt que sur une terre trangre4 ,elle l'entendit1 et1 le visage mu1 le rprimant des yeux pour de telles penses1 puis me regardant3 ,vois comme il parle1 me dit-elle2 et s'adressant tous deux3 ,laissez ce corps partout1 et que tel souci ne vous trouble pas4 ,ce que je vous demande seulement1 c'est de vous souvenir de moi l'autel du ,seigneur1 partout o vous serez4 ,nous ayant tmoign sa cense comme elle pouvait l'exprimer1 elle se tut1 et le progrs de la maladie redoublait ses souffrances4 ,alors1 mditant sur vos dons1 ,dieu invisible1 ces dons que vous semez dans le cur de vos fidles pour en rcolter d'admirables moissons1 je me rjouissais et vous rendais grces au souvenir de cette vive proccupation qui l'avait toujours inquite de sa spulture1 dont elle avait fix et prpar la place auprs du corps de son mari2 parce qu'ayant vcu dans une troite union1 elle voulait encore1 insuffisance de l'esprit humain pour les choses divines6 ajouter ce bonheur1 et qu'il ft dit par les hommes qu'aprs un voyage d'outremer1 une mme terre couvrt leur poussire conjugale4 ,quand donc ce vide de son cur avait-il commenc d'tre combl par la plnitude de votre grce8 ,je l'ignorais1 et cette rvlation qu'elle venait de faire ainsi me pntrait d'admiration et de joie4 ,mais dj1 dans mon entretien la fentre1 ces paroles3 ,que fais-je ici8 tmoignaient assez qu'elle ne tenait plus mourir dans sa patrie4 ,j'appris encore depuis qu' ,ostie mme1 un jour1 en mon absence1 elle avait parl avec une confiance toute maternelle plusieurs de mes amis du mpris de cette vie et du bonheur de la mort4 ,admirant la vertu que vous aviez donne une femme1 ils lui demandaient si elle ne redouterait pas de laisser son corps si loin de son pays3 ,rien n'est loin de ,dieu1 rpondit-elle2 et il n'est pas craindre qu' la fin des sicles1 il ne reconnaisse pas la place o il doit me ressusciter4 ,ce fut ainsi que1 le neuvime jour de sa maladie1 dans la cinquante-sixime anne de sa vie et la trente-troisime de mon ge1 cette me pieuse et sainte vit tomber les chanes corporelles4 ,,xii ,douleur de saint ,augustin4 ,je lui fermais les yeux1 et dans le fond de mon cur affluait une douleur immense1 prte dborder en ruisseaux de larmes2 et mes yeux1 sur l'imprieux commandement de l'me1 ravalaient leur courant jusqu' demeurer secs1 et cette lutte me dchirait4 ,aussitt qu'elle eut rendu le dernier soupir1 l'enfant ,adeodatus clata en sanglots3 nous le rprimmes2 il se tut4 ,c'est ainsi que ce que j'avais en moi d'enfance1 et cette voix jeune du cur qui allait se briser en gmissements1 tait rprime et se taisait4 ,car nous ne pensions pas qu'il ft juste de mener ce deuil avec les lamentations qui accompagnent d'ordinaire les morts malheureuses1 ou sans espoir de rveil4 ,mais sa mort n'tait ni malheureuse1 ni entire4 ,nous en avions pour garants sa vertu1 sa foi sincre et les raisons les plus certaines4 ,qu'est-ce donc qui me faisait si cruellement souffrir au fond de moi1 sinon la rupture soudaine de cette habitude1 tant douce et chre1 de vivre ensemble2 blessure vive mon me8 ,je me flicitais toutefois du tmoignage qu'elle m'avait rendu jusque dans sa dernire maladie1 quand1 souriante mes soins1 elle m'appelait bon fils1 et redisait avec l'affection la plus tendre1 qu'elle n'avait jamais entendu de ma bouche un trait dur ou injurieux lanc contre elle4 ,et pourtant1 ,dieu notre crateur1 cette respectueuse dfrence tait-elle en rien comparable au service d'esclave qu'elle me rendait8 ,aussi c'tait le dlaissement de cette grande consolation qui navrait mon me1 et ma vie se dchirait qui n'tait qu'une avec la sienne4 ,quand on eut arrt les pleurs de cet enfant1 ,evodius prit le psautier et se mit chanter ce psaume auquel nous rpondions tous3 ,je chanterai1 ,seigneur1 votre gloire1 vos misricordes et vos jugements#bjd4 ,apprenant ce qui se passait1 un grand nombre de nos frres et de femmes pieuses accoururent1 et pendant que les funbres devoirs s'accomplissaient suivant l'usage1 je me retirai o la biensance voulait1 avec ceux qui ne jugeaient pas convenable de me laisser seul4 #bjd ,ps4 ,c1 #a4 ,je dis alors quelques paroles conformes la circonstance2 je cherchais avec le baume de vrit allger ma torture1 connue de vous1 et qu'ils ignoraient1 attentifs mes discours et me croyant insensible la douleur4 ,mais moi1 votre oreille1 o nul d'eux ne pouvait entendre1 je gourmandais la mollesse de mes sentiments1 et je fermais le passage au cours de mon affliction1 et elle me cdait un peu1 et elle revenait emporte par sa propre violence1 sans toutefois en arriver l'ruption des larmes1 l'altration du visage2 seul1 je savais tout ce que je refoulais dans mon cur4 ,et comme je m'en voulais de laisser tant de prise sur moi aux accidents humains1 cette fatalit de votre justice et de notre misre1 ma douleur elle-mme tait une douleur2 j'tais livr une double agonie4 ,le corps port l'glise1 j'y vais1 j'en reviens1 sans une larme1 pas mme ces prires que nous versmes au moment o l'on vous offrit pour elle le sacrifice de notre rdemption1 alors que le cadavre est dj pench sur le bord de la fosse o on va le descendre2 ces prires mmes1 pas une larme2 mais1 tout le jour1 ma tristesse fut secrte et profonde1 et1 l'esprit troubl1 je vous demandais1 comme je pouvais1 de gurir ma peine1 et vous ne m'coutiez pas1 afin sans doute que cette seule preuve achevt de graver dans ma mmoire toute la force des liens de la coutume pour retenir l'me mme qui ne se nourrit plus de la parole de mensonge4 ,j'imaginai d'aller au bain1 ayant appris qu'ainsi les ,grecs l'avaient nomm comme bannissant les inquitudes de l'esprit4 ,j'y vais1 et je le confesse votre misricorde1 ,pre des orphelins1 j'en sors tel que j'y suis entr4 ,il n'avait point fait transpirer l'amertume de mon cur4 ,et puis je m'endormis1 et mon rveil1 je sentis ma douleur bien diminue2 et seul au lit1 je me rappelai ces vers de votre ,ambroise1 que je sentais si vritables4 ,o ,dieu crateur1 modrateur des cieux1 qui jetez sur le jour le splendide manteau de la lumire1 rpandez sur la nuit les grces du sommeil1 afin que le repos rende au labeur ordinaire les membres puiss1 soulage les fatigues de l'esprit1 et brise le joug inquiet de l'affliction4 ,et peu peu je rentrais dans mes premires penses sur votre servante1 et me rappelant son pieux amour pour vous1 et pour moi cette tendresse prvenante et sainte qui tout coup me manquait1 je gotai la douceur de pleurer en votre prsence sur elle et pour elle1 sur moi et pour moi4 ,et je donnai cong mes pleurs1 jusqu'alors retenus1 de couler loisir2 et soulev sur ce lit de larmes1 mon cur trouva du repos1 entendu de vous seul1 et non pas d'un homme1 juge superbe de ma douleur4 ,et maintenant1 ,seigneur1 je vous le confesse en ces lignes4 ,lise et interprte son gr qui voudra4 ,et celui-l1 s'il m'accuse comme d'un pch1 d'avoir donn peine une heure de larmes ma mre1 morte pour un temps mes yeux1 ma mre qui m'avait pleur tant d'annes pour me faire vivre aux vtres1 qu'il se garde de rire1 mais que plutt1 s'il est de grande charit1 lui-mme vous offre ses pleurs pour mes pchs1 vous1 ,pre de tous les frres de votre ,christ4 ,,xiii ,il prie pour sa mre4 ,aujourd'hui1 le cur guri de cette blessure que l'affection charnelle rendait peut-tre trop vive1 je rpands devant vous1 mon ,dieu1 pour cette femme1 votre servante1 de bien autres pleurs2 pleurs de l'esprit frapp des prils de toute me qui meurt en ,adam4 ,il est vrai que1 vivifi en ,jsus-,christ1 elle a vcu dans les liens de la chair de manire glorifier votre nom par sa foi et ses murs2 mais toutefois je n'oserais dire que1 depuis que vous l'etes rgnre par le baptme1 il ne soit sorti de sa bouche aucune parole contraire vos prceptes4 ,et n'a-t-il pas t dit par la ,vrit1 votre ,fils3 ,celui qui appelle son frre insens est passible du feu#bje8 ,et malheur la vie mme exemplaire1 si vous la scrutez dans l'absence de la misricorde4 ,mais comme vous ne recherchez pas nos fautes la rigueur1 nous avons le confiant espoir de trouver quelque place dans votre indulgence4 ,et d'autre part1 quel homme1 en comptant ses mrites vritables1 fait autre choses que de compter vos dons8 ,oh6 si les hommes se connaissaient1 comme celui qui se glorifie se glorifierait dans le ,seigneur#bjf6 #bje ,matth41 ,v1 #bb4 #bjf ,,ii ,cor41 ,x1 #ag4 ,ainsi donc1 ma gloire6 ma vie6 ,dieu de mon cur6 mettant part ses bonnes uvres1 dont je vous rends grces avec joie1 je vous prie cette heure pour les pchs de ma mre2 exaucez-moi1 au nom du mdecin suspendu au bois infme1 qui aujourd'hui1 assis votre droite1 sans cesse intercde pour nous#bjg4 ,je sais qu'elle a fait misricorde1 et de toute son me remis la dette aux dbiteurs#bjh4 ,remettez-lui donc la sienne2 et s'il en est qu'elle ait contracte1 tant d'annes durant qu'elle a vcu aprs avoir reu l'eau salutaire1 remettez-lui1 ,seigneur1 remettez-lui1 je vous en conjure2 n'entrez pas avec elle en jugement#bji4 ,que votre misricorde s'lve au-dessus de votre justice#baj6 ,vos paroles sont vritables1 et vous avez promis aux misricordieux misricorde4 ,et vous leur avez donn de l'tre1 vous qui avez piti de qui il vous plat de faire grce#baa4 #bjg ,rom41 ,,viii1 #cd4 #bjh ,matth41 ,,vi1 #ab4 #bji ,ps4 ,,cxlii1 #b4 #baj ,jac41 ,,ii1 #ac4 #baa ,rom41 ,,ix1 #af4 ,et n'auriez-vous pas dj fait ce que je vous demande8 je le crois2 mais encore1 agrez1 ,seigneur1 cette offrande de mon dsir4 ,car aux approches du jour de sa dissolution1 elle ne songea pas faire somptueusement ensevelir1 embaumer son corps2 elle ne souhaita point un monument particulier2 elle se soucia peu de reposer au pays de ses pres2 non1 ce n'est pas l ce qu'elle nous recommanda2 elle exprima ce seul vu1 que l'on ft mmoire d'elle votre autel4 ,elle n'avait laiss passer aucun jour de sa vie sans assister ses mystres4 ,elle savait bien que l se dispensait la sainte victime par qui a t efface la cdule qui nous tait contraire#bab1 et vaincu1 l'ennemi qui1 dans l'exacte vrification de nos fautes1 cherche partout une erreur1 et ne trouve rien redire en l'auteur de notre victoire4 ,qui lui rendra son sang innocent8 ,qui lui rendra le prix dont il a pay notre dlivrance8 ,c'est au sacrement de cette rdemption que votre servante a attach son me par le lien de la foi4 #bab ,coloss4 ,,ii1 #ad4 ,que personne ne l'arrache votre protection2 que1 ni par force1 ni par ruse1 le lion-dragon ne se dresse entre elle et vous4 ,elle ne dira pas qu'elle ne doit rien1 de peur d'tre convaincue par la malice de l'accusateur1 et de lui tre adjuge2 mais elle rpondra que sa dette lui est remise par celui qui personne ne peut rendre ce qu'il a acquitt pour nous sans devoir4 ,qu'elle repose donc en paix avec l'homme qui fut son unique mari1 qu'elle servit avec une patience dont elle vous destinait les fruits1 voulant le gagner vous4 ,inspirez aussi1 ,seigneur mon ,dieu1 inspirez vos serviteurs1 mes frres1 vos enfants1 mes matres1 que je veux servir de mon cur1 de ma voix et de ma plume1 tous tant qu'ils soient qui liront ces pages1 inspirez-leur de se souvenir1 votre autel1 de ,monique1 votre servante1 et de ,patricius1 dans le temps son poux1 dont la chair1 grce vous1 m'a introduit dans cette vie2 comment8 je l'ignore3 qu'ils se souviennent1 avec une affection pieuse1 de ceux qui ont t mes parents cette lumire dfaillante1 mes frres en vous1 notre ,pre1 et en notre mre universelle1 mes futurs concitoyens dans l'ternelle ,jrusalem1 aprs laquelle le plerinage de votre peuple soupire depuis le dpart jusqu'au retour2 et que1 sollicites par ces confessions1 les prires de plusieurs lui obtiennent plus abondamment que mes seules prires cette grce qu'elle me demandait son heure suprme4 ,,livre ,,dixi,,me ,confession du cur4--,ce qu'il sait avec certitude1 c'est qu'il aime ,dieu4 ,il le cherche et le trouve dans sa mmoire2 ,puissance incomprhensible dont il dcrit les merveilles4 ,il s'interroge sur la triple tentation de la volupt1 de la curiosit et de l'orgueil4 ,il remet ,notre-,seigneur ,jsus-,christ1 seul mdiateur entre ,dieu et les hommes1 la gurison des maux de son me4 ,i lvation4 ,que je vous connaisse1 intime connaisseur de l'homme6 que je vous connaisse comme vous me connaissez6 ,force de mon me1 pntrez-la1 transformez-la1 pour qu'elle soit vtre1 et par vous possde sans tache et sans ride6 ,c'est l tout mon espoir1 toute ma parole6 ,ma joie est dans cet espoir lorsqu'elle n'est pas insense4 ,quant au reste des choses de cette vie1 moins elles valent de larmes1 plus on leur en donne2 plus elles sont dplorables1 moins on les pleure6 ,mais1 vous l'avez dit1 vous aimez la vrit1 ,seigneur2 et celui qui l'accomplit arrive la lumire#bac2 qu'elle soit donc dans mon cur qui se confesse vous1 qu'elle soit dans cet crit qui me confesse tous6 #bac ,joan41 ,,iii1 #ba4 ,,ii ,confession du cur4 ,et quand mme je vous fermerais mon cur1 que pourrais-je vous drober8 ,vos yeux1 ,seigneur1 ne voient-ils pas nu l'abme de la conscience humaine8 ,c'est vous que je cacherais moi-mme1 sans me cacher vous4 ,et maintenant que mes gmissements tmoignent que je me suis en dgot1 voil qu'aimable et glorieux vous attirez mon cur et mes dsirs1 afin que je rougisse de moi1 que je me rejette et vous lise2 afin que je ne trouve grce devant moi-mme1 comme devant vous1 que grce vous4 ,quel que je sois1 vous me connaissez donc toujours1 ,seigneur2 et j'ai dit cependant quel fruit je recueillais de ma confession4 ,je vous la fais1 non de la bouche et de la voix1 mais en paroles de l'me1 en cris de la pense qu'entend votre oreille4 ,en effet1 suis-je mauvais1 c'est me confesser vous que de me dplaire moi-mme2 suis-je meilleur1 c'est me confesser vous que de ne pas m'attribuer les bons lans de mon me4 ,et il est ainsi1 mon ,dieu6 celui que vous bnissez comme juste1 vous l'avez d'abord justifi comme pcheur#bad4 #bad ,ps4 ,v1 #ae2 ,rom41 ,,iv1 #e4 ,ma confession en votre prsence1 ,seigneur1 est donc explicite et tacite3 silence des lvres1 cris d'amour6 ,que dis-je de bon aux hommes que vous n'ayez d'abord entendu au fond de moi-mme1 et que pouvez-vous entendre de tel en moi-mme que vous ne m'ayez dit d'abord8 ,,iii ,pourquoi il confesse ce que la grce a fait de lui4 ,pour entendre mes confessions comme s'ils devaient1 eux1 gurir toutes mes langueurs1 qu'y a-t-il donc des hommes moi8 ,race curieuse de la vie d'autrui1 et paresseuse redresser la sienne6 ,pourquoi s'informent-ils de ce que je suis1 quand ils refusent d'apprendre de vous ce qu'ils sont8 ,et d'o savent-ils1 lorsque c'est moi qui leur parle de moi1 que je dis vrai1 puisque pas un homme ne sait ce qui se passe dans l'homme1 si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui8 ,mais qu'ils vous coutent parler d'eux-mmes1 ils ne pourront dire3 ,le ,seigneur a menti4 ,qu'est-ce en effet que vous couter1 sinon se connatre8 ,et qui nierait ce qu'il sait ainsi1 ne mentirait-il pas lui-mme8 ,mais comme entre ceux qu'elle unit des liens de sa fraternit1 la charit croit tout1 je me confesse vous1 ,seigneur1 de sorte que les autres m'entendent4 ,je ne puis leur dmontrer la vrit de ma confession2 et toutefois ceux dont la charit ouvre les oreilles croient ma parole4 ,cependant1 mdecin intrieur1 montrez-moi bien l'utilit de ce que je vais faire4 ,car la confession de mes iniquits passes1 que vous avez remises et couvertes pour batifier en vous cette me transforme par la foi et par votre sacrement1 peut ranimer les curs contre l'engourdissement et le3 ,je ne puis6 du dsespoir2 les veiller l'amour de votre misricorde1 aux douceurs de votre grce1 cette force des faibles qui elle a rvl leur faiblesse6 ,et pour les justes1 c'est une consolation d'entendre les pchs de ceux qui en sont affranchis1 non pour ces pchs eux-mmes1 mais parce qu'ils ont t et ne sont plus4 ,mais de quel fruit1 ,seigneur mon ,dieu1 qui chaque jour se confesse ma conscience1 plus assure en l'espoir de votre misricorde qu'en son innocence2 de quel fruit est-il donc1 je vous le demande1 que par ces lignes je confesse aux hommes devant vous1 non ce que j'ai t1 mais ce que je suis aujourd'hui8 ,quant au pass1 j'en ai reconnu et signal l'avantage4 ,et maintenant beaucoup de ceux qui me connaissent ou ne me connaissent pas1 qui m'ont entendu ou bien ont entendu parler de moi1 dsirent savoir ce qu'il en est au temps mme de ces confessions2 ils n'ont pas l'oreille mon cur1 o je suis tel que je suis2 ils veulent donc m'entendre avouer ce que je puis tre au fond de moi-mme1 o l'il1 ni l'oreille1 ni l'intelligence ne peuvent pntrer4 ,ils sont prts me croire sans plus de preuve2 la charit1 qui les sanctifie1 leur dit que je ne mens pas en leur parlant de moi1 et c'est elle en eux qui me donne crance4 ,,iv ,quel fruit il espre de cette confession4 ,mais dans quel intrt le dsirent-ils8 ,veulent-ils se rjouir avec moi en apprenant combien l'impulsion de votre grce m'a rapproch de vous1 et1 sachant combien je suis retard par le poids de moi-mme1 prier pour moi8 ,a ceux-l je me rvlerai4 ,car il n'est pas d'un faible intrt1 ,seigneur mon ,dieu1 que grces vous soient rendues par plusieurs mon sujet1 et que vous soyez par plusieurs sollicit pour moi4 ,que le cur de mes frres aime en moi ce que vous leur enseignez d'aimable2 qu'il plaigne en moi ce que vous leur enseignez plaindre4 ,mais ces sentiments1 je ne les demande qu'au cur de mes frres1 et non pas l'tranger1 non pas au fils de l'tranger1 dont la bouche parle le mensonge1 dont la main est une main d'iniquit#bae4 ,je ne les demande qu'au cur fraternel1 qui1 s'il m'approuve1 se rjouit de moi1 s'il m'improuve1 s'attriste pour moi1 et1 dans la louange et le blme1 m'aime toujours4 #bae ,ps4 ,,clxiii1 #h4 ,c'est mes frres que je veux me dvoiler3 qu'ils respirent la vue de mes biens1 qu'ils soupirent la vue de mes maux4 ,mes biens sont votre ouvrage et vos dons1 mes maux sont mes crimes et votre justice4 ,qu'ils respirent l1 qu'ils soupirent ici6 ,que les hymnes1 que les larmes s'lvent en votre prsence de ces mes fraternelles1 vos vivants encensoirs6 ,et vous1 ,seigneur1 touch des parfums de votre temple saint1 ayez piti de moi1 selon la grandeur de votre misricorde1 pour la gloire de votre nom#baf2 poursuivez votre uvre2 consommez mes imperfections4 ,voil le fruit de ma confession prsente1 c'est l'aveu mme1 non plus en prsence de vous seul1 dans le secret de la joie qui apprhende et de la tristesse qui espre1 mais publi la face des enfants des hommes1 associs ma foi et mon allgresse1 htes comme moi de la mortalit1 citoyens de ma cit1 voyageurs comme moi1 prdcesseurs1 successeurs et compagnons de mon plerinage4 #baf ,ps4 ,l1 #a4 ,ceux-l sont vos serviteurs1 mes frres1 que vous avez faits vos fils2 mes matres1 que vous m'avez command de servir1 si je veux vivre de vous avec vous4 ,et votre ,verbe ne s'est pas content d'enseigner comme prcepteur1 il a pris les devants comme guide4 ,et je l'imite d'action et de parole1 je l'imite sous vos ailes1 travers de grands prils4 ,mais sous ce voile protecteur1 mon me vous est soumise1 et mon infirmit vous est connue4 ,je ne suis qu'un petit enfant1 mais j'ai un ,pre qui vit toujours2 j'ai un tuteur puissant4 ,et celui-l mme m'a donn la vie1 qui me prend sous sa tutelle2 et celui-l1 c'est vous1 mon tout bien6 tout-puissant6 qui tes avec moi ds avant que je sois avec vous6 ,je rvlerai donc ceux que vous m'ordonnez de servir ce que je suis aujourd'hui1 ce peu que je suis encore4 ,mais je ne me juge pas#bag4 ,qu'on m'coute dans l'esprit o je parle4 #bag ,i ,cor41 ,,iv1 #c4 ,v ,l'homme ne se connat pas entirement lui-mme4 ,c'est vous1 ,seigneur1 qui tes mon juge1 parce que1 bien que nul homme ne sache rien de l'homme que l'esprit de l'homme qui est en lui#bah1 cependant il est quelque chose de l'homme que ne sait pas mme l'esprit de l'homme qui est en lui4 ,mais vous savez tout de lui1 ,seigneur1 qui l'avez fait4 ,et moi1 qui m'abaisse sous votre regard1 qui ne vois en moi que terre et que cendre1 je sais pourtant de vous une chose que j'ignore de moi4 ,et1 certes1 ne vous voyant pas encore face face1 mais en nigme et au miroir#bai1 dans cet exil1 errant loin de vous1 plus prsent moi-mme qu' vous1 je sais1 nanmoins1 que vous tes inviolable1 et j'ignore quelles tentations je suis ou ne suis pas capable de rsister4 #bah ,i ,cor41 ,,ii1 #aa4 #bai ,i ,cor41 ,,xiii1 #ab4 ,et j'ai l'esprance que1 fidle comme vous l'tes1 ne permettant pas que nous soyons tents au del de nos forces1 vous nous donnez la puissance de soutenir la tentation et d'en sortir vainqueurs#bbj4 ,je confesserai donc1 de moi1 ce que je sais1 et aussi ce que j'ignore4 ,car ce que je connais de moi1 je le connais votre lumire1 et ce que j'ignore de moi1 je l'ignore jusqu' ce que votre face change mes tnbres en midi#bba4 #bbj ,i ,cor41 ,x1 #ac4 #bba ,isai41 ,,lviii1 #aj4 ,,vi ,ce qu'il sait avec certitude1 c'est qu'il aime ,dieu4 ,ce que je sais1 de toute la certitude de la conscience1 ,seigneur1 c'est que je vous aime4 ,vous avez perc mon cur de votre parole1 et l'instant je vous aimai4 ,le ciel et la terre et tout ce qu'ils contiennent ne me disent-ils pas aussi de toutes parts qu'il faut que je vous aime8 ,et ils ne cessent de le dire aux hommes1 afin qu'ils demeurent sans excuse#bbb4 ,mais le langage de votre misricorde est plus intrieur en celui dont vous daignez avoir piti1 et qui il vous plat de faire grce#bbc2 autrement le ciel et la terre racontent vos louanges des sourds4 #bbb ,rom41 ,i1 #bj4 #bbc ,ibid41 ,,ix1 #ae4 ,qu'aim-je donc en vous aimant8 ,ce n'est point la beaut selon l'tendue1 ni la gloire selon le temps1 ni l'clat de cette lumire amie nos yeux1 ni les douces mlodies du chant1 ni la suave odorance des fleurs et des parfums1 ni la manne1 ni le miel1 ni les dlices de la volupt4 ,ce n'est pas l ce que j'aime en aimant mon ,dieu2 et pourtant j'aime une lumire1 une mlodie1 une odeur1 un aliment1 une volupt1 en aimant mon ,dieu2 cette lumire1 cette mlodie1 cette odeur1 cet aliment1 cette volupt1 suivant l'homme intrieur2 lumire1 harmonie1 senteur1 saveur1 amour de l'me1 qui dfient les limites de l'tendue1 et les mesures du temps1 et le souffle des vents1 et la dent de la faim1 et le dgot de la jouissance4 ,voil ce que j'aime en aimant mon ,dieu4 ,et qu'est-ce enfin8 ,j'ai interrog la terre1 et elle m'a dit3 ,ce n'est pas moi4 ,et tout ce qu'elle porte m'a fait mme aveu4 ,j'ai interrog la mer et les abmes1 et les tres anims qui glissent sous les eaux1 et ils ont rpondu3 ,nous ne sommes pas ton ,dieu2 cherche au-dessus de nous4 ,j'ai interrog les vents1 et l'air avec ses habitants m'a dit de toutes parts3 ,anaximnes se trompe2 je ne suis pas ,dieu4 ,j'interroge le ciel1 le soleil1 la lune1 les toiles1 et ils me rpondent3 ,nous ne sommes pas non plus le ,dieu que tu cherches4 ,et je dis enfin tous les objets qui se pressent aux portes de mes sens3 ,parlez-moi de mon ,dieu1 puisque vous ne l'tes pas2 dites-moi de lui quelque chose4 ,et ils me crient d'une voix clatante3 ,c'est lui qui nous a faits#bbd4 #bbd ,ps4 ,,xcix4 ,la voix seule de mon dsir interrogeait les cratures1 et leur seule beaut tait leur rponse4 ,et je me retournai vers moi-mme1 et je me suis dit3 ,et toi1 qu'es-tu8 ,et j'ai rpondu3 ,homme4 ,et deux tres sont sous mon obissance2 l'un extrieur1 le corps1 l'autre en moi et cach1 l'me4 ,auquel devais-je plutt demander mon ,dieu1 vainement cherch1 travers le voile de mon corps1 depuis la terre jusqu'au ciel1 aussi loin que je puisse lancer en missaires les rayons de mes yeux8 ,il valait mieux consulter l'tre intrieur1 car tous les envoys des corps s'adressaient au tribunal de ce juge secret des rponses du ciel et de la terre et des cratures qui s'criaient ,nous ne sommes pas ,dieu1 mais son ouvrage4 ,l'homme intrieur se sert de l'autre comme instrument de sa connaissance externe2 moi1 cet homme intrieur1 moi esprit1 j'ai cette connaissance par le sens corporel4 ,j'ai demand mon ,dieu l'univers1 et il m'a rpondu3 ,je ne suis pas ,dieu1 je suis son uvre4 ,mais l'univers n'offre-t-il pas mme apparence quiconque jouit de l'intgrit de ses sens8 ,pourquoi donc ne tient-il pas tous mme langage8 ,animaux grands et petits le voient1 sans pouvoir l'interroger1 en l'absence d'une raison matresse qui prside aux rapports des sens4 ,les hommes ont ce pouvoir afin que les grandeurs invisibles de ,dieu soient aperues par l'intelligence de ses ouvrages#bbe4 ,mais ils cdent l'amour des cratures2 et1 devenus leurs esclaves1 ils ne peuvent plus tre leurs juges4 #bbe ,rom41 ,i1 #bj4 ,et elles ne rpondent qu' ceux qui les interrogent comme juges2 et ce n'est point que leur langage1 ou plutt leur nature1 varie1 si l'un ne fait que voir1 si l'autre1 en voyant1 interroge2 mais dans leur apparente constance1 muettes pour celui-ci1 elles parlent celui-l1 ou plutt elles parlent tous1 mais elles ne sont entendues que des hommes qui confrontent ces dispositions sensibles avec le tmoignage intrieur de la vrit4 ,car la vrit me dit3 ,ton ,dieu n'est ni le ciel1 ni la terre1 ni tout autre corps4 ,et leur nature mme dit aux yeux3 ,toute grandeur corporelle est moindre en sa partie qu'en son tout4 ,et tu es suprieure tout cela2 c'est toi que je parle1 mon me1 puisque tu donnes ton corps cette vie vgtative1 que nul corps ne donne un autre4 ,mais ton ,dieu est la vie mme de la vie4 ,,vii ,dieu ne peut tre connu par les sens4 ,qu'aimai-je donc1 en aimant mon ,dieu8 ,quel est celui qui domine de si haut le fate de mon me8 ,mon me elle-mme me servira d'chelon pour monter lui4 ,je franchirai cette force de vitalit qui me lie mon corps et en remplit les organes de sa sve4 ,elle ne peut me faire trouver ,dieu2 autrement elle le ferait trouver au cheval1 au mulet qui n'ont pas la raison#bbf1 et dont les corps vivent du mme principe4 #bbf ,ps4 ,,xxxi1 #i4 ,il est une autre puissance qui non-seulement donne la vie1 mais la sensibilit cette chair que ,dieu m'a faite1 dfend l'il d'entendre1 l'oreille de voir1 ordonne l'un de se tenir prt pour que je voie1 l'autre pour que j'entende1 et maintient tous les sens chacun son poste et dans sa fonction1 pour qu'ils prtent la diversit de leur ministre l'active unit du moi1 de l'homme-esprit4 ,mais je franchirai encore cette puissance qui m'est commune avec le cheval et le mulet1 galement dous de la sensibilit corporelle4 ,,viii ,de la mmoire4 ,je franchirai donc ces puissances de mon tre1 pour monter par degrs jusqu' ,celui qui m'a fait4 ,et j'entre dans les domaines1 dans les vastes palais de ma mmoire1 o sont renferms les trsors de ces innombrables images entres par la porte des sens4 ,l est aussi renferm tout ce que nous pensons1 augmentant1 diminuant1 modifiant de mille manires ce pcule de nos sens1 et enfin tout dpt ou rserve que le gouffre de l'oubli n'a pas encore enseveli4 ,quand je suis l1 je me fais reprsenter ce que je veux4 ,certains objets paraissent sur-le-champ1 d'autres se font chercher davantage2 il faut les tirer comme d'un recoin obscur2 d'autres s'lancent en essaim1 et tandis que l'on demande l'un d'eux1 accourant tous la fois1 ils semblent dire3 ,n'est-ce pas nous8 ,et la main de mon esprit les loigne de la face de mon souvenir1 jusqu' ce que l'objet dsir sorte de ses tnbres et de sa retraite4 ,d'autres enfin se suggrant sans peine au rang o je les appelle1 les premiers cdent la place aux suivants1 pour rentrer leur poste et reparatre ma volont4 ,ce qui arrive exactement lorsque je fais un rcit de mmoire4 ,l se conservent1 distinctes et sans mlange1 les espces introduites chacune par une entre particulire3 la lumire1 les couleurs1 les figures corporelles1 par les yeux2 tous les sons1 par l'oreille2 toutes les odeurs1 par le passage des narines2 toutes les saveurs1 par la voie du palais2 et par le sens universel1 tout objet dur ou mou1 chaud ou froid1 doux ou rude1 grave ou lger1 qui affecte le corps1 soit au dehors1 soit au dedans4 ,la mmoire les reoit toutes son vaste foyer1 o1 au besoin1 je les compte et les passe en revue2 ineffables replis1 ddale profond1 o tout entre par le seuil qui l'attend et se range avec ordre6 ,et ce n'est pas toutefois la ralit1 mais l'image de la ralit sentie1 qui entre pour revenir au rappel de la pense4 ,qui pourrait dire comment se forment ces images8 et l'on sait toutefois par quel sens elles sont recueillies et mises en rserve4 ,car1 alors que je demeure dans les tnbres et le silence1 ma mmoire me reprsente volont les couleurs1 distingue le blanc du noir1 et les sons ne font pas incursion sur les rminiscences de mes yeux1 et1 quoique prsents1 ils semblent se retirer et se tenir part3 je les demande1 si je veux1 et ils viennent aussitt4 ,parfois encore1 la langue immobile et le gosier silencieux1 je chante comme il me plat1 sans que l'image des couleurs qui cohabite me trouble ni m'interrompe quand je revois le trsor que l'oreille m'a vers4 ,ainsi1 je visite au caprice du souvenir1 ces magasins approvisionns par les sens2 et je distingue1 sans rien odorer1 la senteur des lis de celle des violettes2 et je prfre le miel au vin chaud1 le poli l'asprit1 par rminiscence du palais et de la main4 ,et tout cela se passe en moi1 dans l'immense galerie de ma mmoire4 ,j'y fais comparatre le ciel1 la terre1 la mer1 avec toutes les impressions que j'en ai reues1 hors celles que j'ai oublies4 ,l1 je me rencontre moi-mme1 je me reprends au temps1 au lieu1 aux circonstances d'une action et au sentiment dont j'tais affect dans cette action4 ,l rsident les souvenirs de toutes les rvlations de l'exprience personnelle ou du tmoignage4 ,de cette trame du pass j'ourdis le tissu des expriences et des tmoignages journaliers1 des vnements et des esprances futures1 et je forme de tout cela comme un prsent que je mdite2 et dans ces vastes plis de mon intelligence1 peupls de tant d'images1 je me dis moi-mme3 ,je ferai ceci ou cela1 et il s'ensuivra ceci ou cela4 ,oh6 si telle ou telle chose pouvait arriver6 ,plaise ,dieu6 ,dieu ne plaise6 ,et je me parle ainsi1 et les images des objets qui m'intressent sortent du trsor de ma mmoire2 car en leur absence il me serait impossible d'en parler4 ,que cette puissance de la mmoire est grande6 ,grande1 mon ,dieu6 sanctuaire impntrable1 infini6 ,eh6 qui pourrait aller au fond8 ,et c'est une puissance de mon esprit1 une proprit de ma nature1 et moi-mme je ne comprends pas tout ce que je suis4 ,l'esprit est donc trop troit pour se contenir lui-mme8 ,et o donc dborde ce qu'il ne peut contenir de lui8 ,serait-ce hors de lui8 ou plutt1 n'est-ce pas en lui8 ,et d'o vient ce dfaut de contenance8 ,ici je me sens confondu d'admiration et d'pouvante4 ,et les hommes vont admirer les cimes des monts1 les vagues de la mer1 le vaste cours des fleuves1 le circuit de l',ocan1 et le mouvement des astres2 et ils se laissent l1 et ils n'admirent pas1 chose admirable6 qu'au moment o je parle de tout cela1 je n'en vois rien par les yeux2 incapable d'en parler pourtant1 si tout cela1 montagnes1 vagues1 fleuves1 astres que j'ai vus1 ,ocan auquel je crois1 n'offrait intrieurement ma mmoire les mmes immensits o s'lanceraient mes regards4 ,et toutefois1 lorsque ma vue s'est porte sur ces spectacles1 elle ne les a pas engloutis2 et les ralits ne sont pas en moi1 mais seulement les images1 et je sais par quel sens chaque impression est entre4 ,,ix ,mmoire des sciences4 ,l1 ne s'arrte pas l'immense capacit de ma mmoire4 ,elle porte en ses flancs tout ce que j'ai retenu de la science1 et que l'oubli ne m'a pas encore drob4 ,et ces perceptions-l1 je les garde l'cart plus intrieurement1 non pas en lieu1 ni en images1 mais en ralit4 ,car ce que je sais de la grammaire et de la dialectique1 du nombre et de l'espce des questions1 n'est pas entr dans ma mmoire comme l'image1 qui laisse la ralit la porte2 vanouie aussitt qu'apparue1 comme la voix imprimant l'oue1 par une certaine trace1 l'illusion qu'elle vibre encore lorsqu'elle a cess de rsonner2 comme l'odeur qui1 dans son passage1 dissipe au vent1 pntre l'odorat d'une image qui la reproduit au dsir de la rminiscence2 comme l'aliment qui n'a plus de saveur qu'au palais de la mmoire2 ou comme l'objet que la main a touch1 et que1 dans l'loignement1 le souvenir retrace l'imagination3 car les ralits de cet ordre ne sont pas prsentes la mmoire1 mais leurs seules images1 qui1 saisies avec une tonnante rapidit1 sont ranges comme dans des cellules merveilleuses1 d'o elles sont tires merveilleusement par le souvenir4 ,x ,les sciences n'entrent pas dans la mmoire par les sens4 ,quand j'entends dire qu'un objet comporte trois sortes de questions1 savoir3 s'il est1 ce qu'il est1 quel il est1 je m'empare bien de l'image des sons dont ces paroles se forment1 je sais qu'ils ont travers l'air avec bruit1 et qu'ils ne sont plus4 ,mais les ralits mmes1 exprimes par ces sons1 je ne les ai perues par aucun sens corporel2 je ne les ai nulle part que dans mon esprit1 et c'est elles-mmes1 non leur image1 qui habitent dans ma mmoire4 ,par o sont-elles entres en moi8 qu'elles le dclarent1 si elles peuvent4 ,je visite toutes les portes de ma chair1 et je n'en trouve pas une qui leur ait donn passage4 ,les yeux disent3 ,si elles sont colores1 nous les avons annonces2 si elles sont sonores1 disent les oreilles1 nous les avons introduites2 si elles sont odorantes1 disent les narines1 c'est par nous qu'elles ont pass4 ,le got dit encore3 ,s'il n'est pas question de saveur1 ne me demande rien4 ,et le tact3 ,s'il ne s'agit pas de corps1 je n'ai point touch1 et1 partant1 je n'ai rien dit4 ,par o se sont-elles glisses dans ma mmoire8 je l'ignore3 car1 en les apercevant1 ce n'est pas sur le tmoignage d'une intelligence trangre que je les ai crues1 mais j'ai reconnu leur vrit dans mon esprit1 je les lui ai remises comme un dpt1 pour me les rendre mon dsir4 ,elles taient donc en moi avant que je ne les connusse1 sans tre dans ma mmoire2 mais o donc8 et comment1 quand on m'en a parl1 les ai-je reconnues1 en disant3 il est ainsi1 c'est vrai2 si elles n'taient dj dans ma mmoire1 mais ensevelies au loin1 et de telles profondeurs1 que peut-tre1 sans indication1 ma pense ne les et jamais exhumes8 ,,xi ,acqurir la science1 c'est rassembler les notions disperses dans l'esprit4 ,ainsi1 obtenir les notions qui ne se communiquent point nos sens par image1 mais dont nous percevons en nous la ralit mme par intuition directe1 n'est1 aprs tout1 que rassembler dans l'esprit ce que la mmoire contient et l1 en recommandant la pense de runir ces fragments pars et ngligs pour les placer sous la main de l'attention4 ,et combien ma mmoire porte-t-elle en son sein de notions de cet ordre1 dj toutes trouves et comme ranges sous ma main1 ce qui s'appelle apprendre et connatre8 ,que je cesse de les visiter de temps en temps1 elles s'coulent et gagnent le fond des plus lointains replis1 o il faut que la pense les retrouve comme si elle les dcouvrait de nouveau1 et les rassemble au mme lieu 7car elles ne changent pas de demeure71 afin de les connatre1 c'est--dire de les rallier dans leur dispersion2 d'o vient l'expression de ,,cogitare1 frquentatif de ,,cogere1 rassembler1 comme ,,agito l'est d',,ago1 et ,,factito de ,,facio4 ,mais l'intelligence s'est appropri ce verbe1 et l'emploie la dsignation exclusive de ces ralliements intrieurs dont elle forme sa pense4 ,,xii ,mmoire des mathmatiques4 ,la mmoire renferme aussi les proprits et les lois innombrables du nombre et de la mesure2 et nulle d'elles ne lui a t transmise par impression sensible1 car elles ne sont ni colores1 ni sonores1 ni odorantes1 ni savoureuses1 ni tangibles4 ,j'ai bien entendu le son des mots qui les dsignent quand on en parle2 mais autre est le son1 autre la ralit2 l'un est grec ou latin2 l'autre n'est ni grecque ni latine1 elle ne connat aucune langue4 ,j'ai vu tirer des lignes aussi dlies qu'un fil d'araigne2 mais il est un autre ordre de lignes1 qui se prsentent sans image1 sans que l'il charnel les annonce4 ,elles sont videntes l'esprit qui les reconnat1 en l'absence de toute proccupation corporelle4 ,les sons m'ont encore signal les nombres nombrs2 mais il n'en est pas ainsi des nombres nombrants1 qui sont sans images1 et partant d'une ralit absolue4 ,rie de moi qui ne me comprend pas2 rieur1 tu me feras piti4 ,,xiii ,mmoire des oprations de l'esprit4 ,et il me souvient de toutes ces notions2 et il me souvient comment je les ai obtenues4 ,et il me souvient de tous les faux raisonnements levs contre elles4 ,et le souvenir de ces erreurs est vrai2 et le discernement que j'ai fait du faux et du vrai sur ces points controverss est prsent mon souvenir4 ,et je vois encore qu'il faut faire diffrence entre ce discernement actuel1 et le souvenir de ce mme discernement1 souvent ritr dans les oprations de ma pense4 ,il me souvient donc d'avoir exerc souvent cet acte d'intelligence2 et ce discernement actuel1 cette intellection d'aujourd'hui1 je les serre dans ma mmoire pour me les rappeler l'avenir tels qu' cette heure je les conois4 ,j'ai donc souvenir de m'tre souvenu1 et c'est encore par la force de ma mmoire que je me souviendrai de mon prsent ressouvenir4 ,et la mmoire conserve aussi les passions de mon esprit1 non pas comme elles y sont lorsqu'il en est affect2 elle les conserve dans les conditions de sa puissance4 ,car je me remmore mes joies1 mes tristesses1 mes craintes d'autrefois1 mes dsirs passs1 libre en ce moment de tristesse et de joie1 de dsir et de crainte4 ,et parfois1 au contraire1 je me rappelle mes tristesses avec joie1 et mes joies avec tristesse4 ,,xiv ,mmoire des affections de l'me4 ,qu'il en arrive ainsi l'gard des affections sensibles1 rien d'tonnant2 l'esprit est un tre1 et le corps un autre4 ,que je me souvienne avec joie d'une douleur que mon corps ne souffre plus1 j'en suis donc peu surpris4 ,mais que tel phnomne se produise d'un sentiment moral1 c'est alors que je m'tonne1 la mmoire n'tant autre que l'esprit4 ,et1 en effet1 si je recommande une chose au souvenir d'un homme1 je lui dis3 ,mets-toi bien dans l'esprit1 etc4 ,s'il m'arrive d'oublier1 ne dirai-je pas3 ,je n'avais pas l'esprit4441 il m'est pass de l'esprit1 etc4441 donnant la mmoire mme le nom d'esprit8 ,cela tant1 d'o vient donc qu'au moment o je me rappelle avec joie ma tristesse passe1 la joie est dans mon esprit et la tristesse dans ma mmoire2 que l'esprit se rjouit de cette joie1 sans que la mmoire s'attriste de cette tristesse8 ,est-ce que la mmoire est indpendante de l'esprit8 ,qui l'oserait dire8 ,en serait-elle comme l'estomac1 et la joie et la tristesse comme des aliments doux et amers qui passent et sjournent dans ses cavits1 mais dpourvus de saveur8 ,il serait ridicule de presser davantage cette similitude1 qui n'est pas toutefois sans vrit4 ,or1 quand je dis que l'me est trouble par quatre passions1 le dsir1 la joie1 la crainte et la tristesse1 c'est la mmoire que j'emprunte tous mes raisonnements sur ce sujet1 et toutes mes divisions et dfinitions selon le genre et la diffrence2 et ce souvenir des passions ne m'affecte d'aucun trouble passionn4 ,et il m'et t impossible de les rappeler1 si pourtant elles n'eussent t prsentes au trsor o je puise4 ,mais la mmoire ne serait-elle pas la rumination de l'esprit8 ,pourquoi donc alors la rminiscence de la joie ou de la tristesse serait-elle sans amertume ou sans douceur au palais de la pense8 ,est-ce donc ce point de diffrence qui exclut toute similitude8 ,qui se rsignerait1 en effet1 profrer ces mots de tristesse et de crainte1 s'il fallait autant de fois qu'on en parle s'attrister ou craindre8 ,et cependant il nous serait impossible d'en parler1 si nous ne trouvions dans notre mmoire non seulement l'image que le son de ces mots y grave par les sens1 mais encore les notions des ralits introduites sans frapper aucune porte charnelle1 et sur la foi de sentiments antrieurs confis par l'esprit la mmoire1 qui souvent elle-mme les retient sans mandat4 ,,xv ,comment les ralits absentes se reprsentent la mmoire4 ,est-ce par image ou non8 qui pourrait le dire8 ,je nomme une pierre1 je nomme le soleil1 en l'absence des objets1 mais en prsence de leur image4 ,je nomme la douleur du corps sans en prouver aucune1 et pourtant si son image ne la reprsente dans ma mmoire1 je ne sais de quoi je parle2 je ne la distingue plus du plaisir4 ,je nomme la sant du corps1 lorsque mon corps est sain1 pntr de la ralit mme2 et toutefois1 si son image n'tait fixe dans ma mmoire1 le son de ce mot n'veillerait aucun sens mon souvenir4 ,et ce nom de sant ne serait1 pour les malades1 qu'un emprunt un vocabulaire inconnu1 si la puissance de leur mmoire ne retenait l'image de la ralit absente4 ,je nomme les nombres nombrants1 et les voil dans ma mmoire1 eux-mmes et non leur image4 ,je nomme l'image du soleil1 et elle est dans ma mmoire2 et ce n'est pas l'image de l'image que je me reprsente1 mais l'image elle-mme toujours docile mon rappel4 ,je nomme la mmoire et je reconnais ce que je nomme4 ,et o puis-je le reconnatre1 sinon dans la mmoire8 ,serait-ce donc par son image1 et non par son essence1 qu'elle serait prsente elle-mme8 ,,xvi ,la mmoire se souvient de l'oubli4 ,mais quoi6 ,lorsque je nomme l'oubli1 je reconnais ce que je nomme2 et comment le reconnatrais-je1 si je ne m'en souvenais8 ,et je ne parle pas du son de ce mot1 je parle de l'objet dont il est le signe1 qu'il me serait impossible de reconnatre si la signification du son m'tait chappe4 ,ainsi1 quand il me souvient de la mmoire1 c'est par elle-mme qu'elle se reprsente elle-mme2 quand il me souvient de l'oubli1 oubliance et mmoire viennent aussitt moi2 mmoire1 qui me fait souvenir2 oubliance1 dont je me souviens4 ,mais qu'est-ce que l'oubli1 sinon une absence de mmoire8 ,comment donc est-il prsent1 pour que je me souvienne de lui1 lui dont la prsence m'interdit le souvenir8 ,or1 s'il est vrai que1 pour se rappeler1 la mmoire doive retenir1 et que faute de se rappeler l'oubli1 il soit impossible de reconnatre la signification de ce mot1 il suit que la mmoire retient l'oubli4 ,la cause de l'oubli fait donc comparatre en nous la cause de nos oubliances8 ,n'en faut-il pas infrer que ce n'est point par elle-mme1 mais par image1 qu'elle revient la mmoire8 ,que1 si elle tait prsente elle-mme1 elle ne nous ferait pas souvenir1 mais oublier4 ,qui pourra pntrer1 qui pourra comprendre ces phnomnes8 ,j'y succombe1 ,seigneur1 et c'est sous moi que je succombe4 ,et me voil pour moi-mme un sol ingrat1 qui rit de ma peine et boit mes sueurs4 ,et je ne sonde pas maintenant la profondeur des votes clestes1 je ne mesure pas les distances des astres1 je ne recherche pas la loi de l'quilibre terrestre2 non1 c'est dans ma mmoire qui n'est que moi1 c'est dans mon esprit qui n'est que moi que je me perds4 ,que tout ce que je ne suis pas soit loin de moi1 rien d'tonnant2 mais quoi de plus prs de moi que moi-mme8 ,et voil que je ne puis comprendre la puissance de ma mmoire1 moi qui1 sans elle1 ne pourrais pas mme me nommer6 ,je me souviens donc de l'oubli j'en suis certain2 et comment l'expliquer8 ,dirai-je que dans ma mmoire ne rside pas ce dont je me souviens8 ,dirai-je que l'oubli n'y rside que pour m'empcher d'oublier8 gale absurdit4 ,dirai-je encore que ma mmoire ne conserve que l'image de l'oubli1 et non l'oubli mme8 ,le puis-je1 s'il est ncessaire que l'impression de l'image dans la mmoire soit devance par la prsence de l'objet mme dont se dtache l'image8 ,c'est ainsi que je me souviens de ,carthage1 et des lieux que j'ai parcourus1 et des visages que j'ai vus1 et de tous les rapports que m'ont transmis les sens3 ainsi de la douleur1 ainsi de la sant4 ,ces ralits taient l quand ma mmoire s'empara de leur image1 et me la rflchit en leur prsence1 pour les reproduire1 absentes1 mon souvenir4 ,que si l'oubli demeure dans ma mmoire1 non par lui-mme1 mais en image1 il a donc fallu sa prsence pour que son image lui ft drobe8 ,et s'il tait prsent1 comment a-t-il pu graver son image l o sa prsence efface toute empreinte8 ,et pourtant1 si incomprhensible et inexplicable que soit ce mystre1 je suis certain de me souvenir de l'oubli1 ce meurtrier du souvenir4 ,,xvii ,dieu est au del de la mmoire4 ,c'est quelque chose de grand que la puissance de la mmoire4 ,une sorte d'horreur me glace1 mon ,dieu1 quand je pntre dans cette multiplicit profonde1 infinie6 ,et cela1 c'est mon esprit2 et cela c'est moi-mme4 ,que suis-je donc1 mon ,dieu8 quelle nature suis-je8 ,vie tonnante dans la varit de ses phnomnes et l'immensit de ses puissances6 ,et voil que je cours par les champs de ma mmoire2 et je visite ces antres1 ces cavernes innombrables1 peuples l'infini d'innombrables espces1 qui habitent par image1 comme les corps2 par elles-mmes1 comme les sciences2 par je ne sais quelles notions1 quels signes1 comme les affections morales qui1 n'opprimant plus l'esprit1 restent nanmoins captives de la mmoire1 quoique rien ne soit dans la mmoire qui ne soit dans l'esprit4 ,je vais1 je cours1 je vole et l1 et pntre partout1 aussi avant que possible1 et de limites1 nulle part6 ,tant est vaste l'empire de ma mmoire6 ,tant est profonde la vie de l'homme qui ne vit encore que selon la mort6 ,que faire1 ma vraie vie1 mon ,dieu8 ,je franchirai aussi cette puissance de mon tre1 qui s'appelle mmoire1 je la franchirai pour m'lancer vers vous1 douce lumire4 ,que me rpondez-vous8 ,et voil que1 montant par mon esprit jusqu' vous1 qui demeurez au-dessus de moi1 je laisse au-dessous cette puissance qui s'appelle mmoire1 jaloux de vous atteindre o l'on peut vous atteindre2 de m'attacher vous1 o l'on peut s'attacher vous4 ,car les brutes et les oiseaux ont la mmoire pour retrouver leurs tanires1 leurs nids1 leurs habitudes4 ,sans la mmoire ils n'auraient aucune facult d'accoutumance4 ,je passe donc par del ma mmoire pour arriver celui qui m'a spar des animaux1 et m'a fait plus sage que les oiseaux du ciel4 ,je passe par del ma mmoire4 ,mais o vous trouverai-je1 bont vraie1 scurit de dlices8 o vous trouverai-je8 ,,xviii ,il faut conserver la mmoire d'un objet perdu pour le retrouver4 ,si je vous trouve hors de ma mmoire1 votre souvenir m'est donc chapp4 ,et si je vous oublie1 comment vous trouver8 ,la femme qui a perdu sa drachme et l'a cherche avec sa lampe1 s'en souvient pour la trouver2 autrement pourrait-elle1 en la trouvant1 la reconnatre8 ,je me rappelle d'avoir cherch et retrouv beaucoup d'objets perdus4 ,mais commet le sais-je8 ,quand j'tais en qute de ma perte1 on me disait3 ,n'est-ce pas cela8 ,et je rpondais non1 tant que l'objet ne m'tait pas reprsent2 et vainement1 chapp ma mmoire1 m'et-il t remis sous les yeux1 je ne l'eusse pas retrouv1 faute de le reconnatre4 ,et il en est toujours ainsi toutes les fois que l'on recouvre ce qu'on avait perdu4 ,c'est que1 s'il s'agit d'un objet visible1 pour tre soustrait au regard1 il ne l'est pas la mmoire1 qui le retient par son image1 et sur cette image intrieure le reconnat en le retrouvant2 car nous ne pouvons retrouver sans reconnatre1 ni reconnatre sans nous souvenir3 la mmoire garde l'objet perdu pour les yeux4 ,,xix ,comment la mmoire retrouve un objet oubli4 ,mais quoi6 si la mmoire elle-mme laisse chapper l'objet1 quand1 par exemple1 nous l'avons oubli et le cherchons pour nous en souvenir1 o le cherchons-nous1 sinon dans la mmoire8 ,nous en prsente-t-elle un autre1 nous le repoussons1 et ce n'est qu'en prsence de l'objet mme de notre recherche que nous disons3 ,le voici4 ,et1 pour cela1 il faut le reconnatre2 pour le reconnatre1 il faut se souvenir1 et pourtant nous l'avons oubli4 ,il n'est donc pas entirement perdu2 c'est donc l'aide de ce qui nous reste1 que nous cherchons ce qui nous chappe4 ,la mmoire se sent dpourvue de son lest ordinaire1 et1 comme disloque par l'absence d'un membre1 elle rclame ce qui lui manque4 ,ainsi1 qu' nos yeux ou notre pense s'offre un homme connu de nous1 dont le nom nous fuit1 tout nom qui ne se lie point l'ide de la personne est rejet1 jusqu' ce que se reprsente enfin celui qui s'adapte naturellement cette image de connaissance4 ,mais d'o revient-il1 sinon de la mmoire8 ,car1 le reconnaissons-nous sur l'avis d'un tiers1 c'est encore elle qui le reproduit4 ,ce nom1 en effet1 n'est pas un tranger qui sollicite notre confiance1 mais un hte de retour1 et qui s'offre notre recherche4 ,autrement1 quel avis pourrait veiller un souvenir entirement effac dans notre esprit8 ,ce n'est donc pas tout fait oublier une chose que de se souvenir de l'avoir oublie2 et nous ne pourrions chercher un objet perdu1 si aucun souvenir ne nous en tait rest4 ,,xx ,chercher ,dieu1 c'est chercher la vie heureuse4 ,est-ce ainsi que je vous cherche1 ,seigneur8 ,vous chercher1 c'est chercher la vie bienheureuse4 ,oh6 que je vous cherche1 pour que mon me vive4 ,elle est la vie de mon corps1 et vous tes sa vie4 ,est-ce donc ainsi que je cherche la vie bienheureuse8 ,car je ne l'ai pas trouve tant que je n'ai pas dit3 ,c'est assez2 l voici6 ,est-ce ainsi que je la cherche8 ,est-ce par souvenir1 comme si je l'eusse oublie1 avec conscience de mon oubli8 ,est-ce par dsir de l'inconnu8 soit que je n'en aie jamais rien su1 soit que j'aie tout oubli jusqu' la mmoire de mon oubli8 ,mais n'est-ce pas cette vie heureuse aprs laquelle tous les hommes soupirent et que nul ne ddaigne8 ,o l'ont-ils connue pour la dsirer ainsi8 o l'ont-ils vue1 pour l'aimer8 ,il faut donc qu'elle soit avec nous2 comment8 je l'ignore2 il faut qu'elle soit en nous1 mais diffrentes mesures4 ,l'heureux en esprance la possde1 moins que l'heureux en ralit1 plus que celui qui est dshrit et de la ralit et de l'esprance4 ,mais celui-l mme la possde certain degr1 puisqu'il la dsire1 et d'un dsir incontestable4 ,quelle est donc cette notion dans l'homme8 je ne sais4 ,rside-t-elle dans sa mmoire8 c'est le problme qui m'intresse2 car alors1 il faut que nous ayons t autrefois heureux4 ,est-ce individuellement1 est-ce dans ce premier homme1 premier pcheur1 en qui nous sommes tous morts1 premier pre de nos misres8 ,c'est ce que je n'examine pas maintenant1 je ne veux que savoir si la vie heureuse est dans la mmoire4 ,elle ne peut nous tre entirement inconnue1 puisque nous l'aimons2 puisqu' ce nom1 il n'est personne qui ne confesse le dsir de la ralit4 ,est-ce donc le son qui nous en plat8 ,qu'importe au ,grec ce mot latin dont il ignore le sens2 mais le synonyme grec ne le laisse pas indiffrent4 ,car elle ne connat ni la ,grce1 ni ,rome1 celle qu'envient et ,grecs et ,latins1 et tout homme en toute langue2 elle est donc connue de tous les hommes4 ,trouvez un mot compris de tous pour leur demander s'ils veulent tre heureux3 oui1 rpondront-ils sans hsiter4 ,ce qui serait impossible1 si ce nom n'exprimait une ralit conserve dans leur mmoire4 ,,xxi ,comment l'ide de la batitude peut tre dans la mmoire4 ,mais en est-il de ce souvenir comme de celui de ,carthage que l'on a vue8 ,non4 ,la vie heureuse n'est pas un corps2 les yeux ne l'ont pas aperue4 ,s'en souvient-on comme des nombres8 ,non3 leur notion ne laisse pas d'autre dsir4 ,mais la notion de la vie heureuse nous inspire l'amour et le dsir de sa possession4 ,s'en souvient-on comme de l'loquence8 ,non4 ,quoique ce mot suggre plusieurs qui ne sont pas loquents le souvenir et le dsir de la chose mme1 preuve qu'elle existe dans leur esprit1 c'est nanmoins par les sens qu'ils ont remarqu l'loquence d'autrui1 avec un plaisir qui leur en a donn le got2 got1 driv du plaisir2 plaisir1 d'une notion intrieure3 mais nul de nos sens ne nous rvle en autrui la vie heureuse4 ,en est-il donc comme du souvenir de la joie8 ,peut-tre4 ,car si je me souviens de la joie dans la tristesse1 je puis me souvenir de la vie heureuse dans ma misre4 ,et cette joie ne me fut jamais sensible1 ni la vue1 ni l'oue1 ni l'odorat1 ni au got1 ni au toucher2 pur sentiment de l'esprit1 dont l'impression1 conserve dans ma mmoire1 rveille en moi ddain ou regrets1 suivant la diversit des objets qui l'ont fait natre4 ,il fut un temps o je me rjouissais de la honte1 et mon cur ne se souvient de ces joies qu'avec horreur1 j'ai parfois got le plaisir du bien1 et ce souvenir est un regret1 et1 au refus de l'occasion1 je me rappelle avec tristesse cette joie qui n'est plus4 ,mais o1 mais quand ai-je vcu ma vie heureuse pour m'en souvenir1 pour l'aimer1 pour la dsirer8 ,et il ne s'agit pas ici de mon dsir ou du vu de quelques hommes2 car en est-il un qui ne veuille tre heureux8 ,une notion moins sre permettrait-elle une volont si certaine8 ,demandez deux hommes s'ils veulent porter les armes3 peut-tre l'un dira oui1 l'autre non2 demandez-leur s'ils veulent tre heureux1 tous deux rpondront sans hsiter que tel est leur dsir1 et le mme dsir appelle l'un aux armes et en dtourne l'autre4 ,ne serait-ce pas que1 trouvant leur plaisir1 l'un ici1 l'autre l1 tous deux s'accordent nanmoins dans leur volont d'tre heureux1 comme ils s'accorderaient dans la rponse la question s'ils veulent avoir sujet de joie2 et cette joie mme1 c'est ce qu'ils appellent bonheur1 l'unique but qu'ils poursuivent par des voies diffrentes4 ,or1 comme la joie est chose que tout homme1 un jour1 a ressentie1 il faut que ce nom de bonheur en reprsente la connaissance la mmoire4 ,,xxii ,dieu1 unique joie du cur4 ,loin1 mon ,dieu1 loin du cur de votre serviteur humili devant vous de trouver son bonheur en toutes joies6 ,car il en est une refuse aux impies1 connue de vos serviteurs qui vous aiment2 cette joie1 c'est vous4 ,et voil la vie heureuse1 se rjouir en vous1 de vous et pour vous2 la voil1 il n'en est point d'autre4 ,la placer ailleurs1 c'est poursuivre une autre joie que la vritable1 et cependant1 la volont qui s'en loigne s'attache encore son image4 ,,xxiii ,amour naturel des hommes pour la vrit3 ils ne la hassent que lorsqu'elle contrarie leurs passions4 ,tous les hommes ne veulent donc pas tre heureux1 car il en est qui1 refusant de se rjouir en vous1 seule vie bienheureuse1 refusent leur flicit4 ,et pourtant qui ne la veut8 ,mais la chair convoite contre l'esprit1 l'esprit contre la chair2 on ne peut plus ce que l'on veut#bbg1 on retombe dans ce que l'on peut1 et l'on s'en contente2 car ce que l'on ne peut pas1 on ne le veut pas d'une volont assez forte pour le pouvoir4 #bbg ,galat41 ,v1 #ag4 ,je leur demande tous s'ils ne prfrent pas la joie de la vrit celle du mensonge4 ,et ils n'hsitent pas plus ici que pour la rponse la question du bonheur4 ,car la vie heureuse1 c'est la joie de la vrit2 c'est la joie en vous1 qui tes la vrit1 ,dieu6 ma lumire1 mon salut1 mon ,dieu4 ,nous voulons tous cette vie bienheureuse2 nous voulons tous cette vie1 seule bienheureuse2 nous voulons tous la joie de la vrit4 ,j'en ai vu plusieurs qui voulaient tromper1 nul qui voult l'tre4 ,o donc les hommes ont-ils pris cette connaissance du bonheur1 si ce n'est o ils ont pris celle de la vrit8 car ils aiment la vrit1 puisqu'ils ne veulent pas tre tromps4 ,et ils ne peuvent aimer la vie heureuse1 qui n'est que la joie de la vrit1 sans aimer la vrit4 ,et ils ne sauraient l'aimer si la mmoire n'en avait aucune ide4 ,pourquoi donc n'y cherchent-ils pas leur joie1 pour y trouver leur flicit8 ,c'est qu'ils sont fortement proccups de ces vanits qui leur crent plus de misres que ce faible souvenir ne leur laisse de bonheur4 ,il est encore une faible lumire dans l'me de l'homme4 ,qu'il marche1 qu'il marche1 tant qu'elle luit1 de peur d'tre surpris par les tnbres#bbh4 #bbh ,joan41 ,,xii1 #ca4 ,mais d'o vient que la vrit engendre la haine8 ,d'o vient que l'on voit un ennemi dans l'homme qui l'annonce en votre nom1 si l'on aime la vie heureuse1 qui n'est que la joie de la vrit8 ,c'est qu'elle est tant aime1 que ceux mme qui ont un autre amour veulent que l'objet de cet amour soit la vrit2 et refusant d'tre tromps1 ils ne veulent pas tre convaincus d'erreur4 ,et de l'amour de ce qu'ils prennent pour la vrit vient leur haine de la vrit mme4 ,ils aiment sa lumire et hassent son regard4 ,voulant tromper sans l'tre1 ils l'aiment quand elle se manifeste1 et la hassent quand elle les dcouvre2 mais par une juste rmunration1 les dvoilant malgr eux1 elle leur reste voile4 ,c'est ainsi1 oui c'est ainsi que l'esprit humain1 dans cet tat de ccit1 de langueur1 de honte et d'infirmit1 prtend se cacher et que tout lui soit dcouvert2 et il arrive1 au contraire1 qu'il n'chappe pas la vrit qui lui chappe4 ,et nanmoins dans cet tat de misre1 il prfre ses joies celles du mensonge4 ,il sera donc heureux lorsque1 sans crainte d'aucun trouble1 il jouira de la seule ,vrit1 mre de toutes les autres4 ,,xxiv ,dieu se trouve dans la mmoire4 ,ai-je assez err dans les espaces de ma mmoire en vous cherchant1 mon ,dieu1 et je ne vous ai pas trouv hors d'elle6 ,non1 je n'ai rien trouv de vous que je ne me sois rappel1 depuis le jour o vous m'avez t enseign4 ,depuis ce jour1 je ne vous ai pas oubli4 ,o j'ai trouv la vrit1 l j'ai trouv mon ,dieu1 la vrit mme1 alors connue1 ds lors prsente ma mmoire4 ,et1 depuis que je vous sais1 vous n'en tes pas sorti1 et je vous y trouve toutes les fois que votre souvenir me convie vos dlices4 ,voil mes volupts saintes1 don de votre misricorde1 qui a jet un regard sur ma pauvret4 ,,xxv ,dans quelle partie de la mmoire trouvons-nous ,dieu8 ,mais o demeurez-vous dans ma mmoire1 vous1 ,seigneur8 o y demeurez-vous8 ,quelle chambre vous y tes-vous faite8 ,quel sanctuaire vous tes-vous bti8 ,vous lui avez fait cet honneur d'habiter en elle1 je le sais2 mais c'est votre logement que j'y cherche4 ,lorsque mon cur s'est rappel mon ,dieu1 j'ai travers toutes ces rgions de souvenir qui me sont communes avec les btes2 ne vous trouvant pas entre les images des objets sensibles1 je vous ai demand l o je mets en dpt les affections de mon esprit2 et j'ai pntr au sige mme de mon esprit1 hte de ma mmoire2 car l'esprit se souvient aussi de soi-mme2 et vous n'y tiez pas1 parce que vous n'tes ni une image sensible1 ni une affection du principe vivant en nous1 comme la joie1 la tristesse1 le dsir1 la crainte1 le souvenir1 l'oubli1 ni l'esprit lui-mme1 mais le ,seigneur1 ,dieu de l'esprit4 ,instabilit que tout cela1 et pourtant vous1 ternel et immuable1 vous avez daign demeurer dans ma mmoire depuis que je vous ai connu4 ,et je demande encore o vous habitez en elle1 comme si elle tait lieu8 ,mais certes vous habitez en elle1 puisque je me souviens de vous depuis l'heure o je vous ai connu1 et c'est en elle que je vous retrouve1 lorsque votre souvenir se reprsente mon cur4 ,,xxvi ,dieu est la vrit que les hommes consultent4 ,mais o donc vous ai-je trouv pour vous apprendre8 ,vous n'tiez pas dans ma mmoire avant de m'tre connu4 ,o donc vous ai-je trouv1 sinon en vous1 au-dessus de moi8 ,entre vous et nous le lieu n'existe pas1 et nous nous approchons1 nous nous loignons de vous sans distance4 ,vrit1 oracle universel1 vous sigez partout pour rpondre ceux qui vous consultent2 vos rponses fournissent en tous lieux tant de consulteurs divers6 ,vous parlez clairement1 mais tous n'entendent pas de mme4 ,tous conforment leurs demandes leurs volonts1 mais vous n'y conformez pas toujours vos rponses4 ,celui-l seul est votre zl serviteur1 qui a moins en vue d'entendre de vous ce qu'il veut1 que de vouloir ce qu'il a entendu de vous4 ,,xxvii ,ravissement de cur devant ,dieu4 ,je vous ai aime tard1 beaut si ancienne1 beaut si nouvelle1 je vous ai aime tard4 ,mais quoi6 vous tiez au dedans1 moi au dehors de moi-mme2 et c'est au dehors que je vous cherchais2 et je poursuivais de ma laideur la beaut de vos cratures4 ,vous tiez avec moi1 et je n'tais pas avec vous2 retenu loin de vous par tout ce qui sans vous ne serait que nant4 ,vous m'appelez1 et voil que votre cri force la surdit de mon oreille2 votre splendeur rayonne1 elle chasse mon aveuglement2 votre parfum1 je le respire1 et voil que je soupire pour vous2 je vous ai got1 et me voil dvor de faim et de soif2 vous m'avez touch1 et je brle du dsir de votre paix4 ,,xxviii ,misre de cette vie4 ,quand je vous serai uni de tout moi-mme1 plus de douleur alors1 plus de travail2 ma vie sera toute vivante tant toute pleine de vous4 ,l'me que vous remplissez devient lgre2 trop vide encore de vous1 je pse sur moi4 ,mes joies dplorables combattent mes tristesses salutaires1 et de quel ct demeure la victoire8 je l'ignore4 ,hlas6 ,seigneur1 ayez piti de moi4 ,mes tristesses coupables sont aux prises avec mes saintes joies2 et de quel ct demeure la victoire8 je l'ignore encore4 ,hlas6 ,seigneur1 ayez piti de moi6 ,piti6 ,seigneur2 vous voyez1 je ne vous drobe point mes plaies4 ,o mdecin6 je suis malade2 misricorde6 vous voyez ma misre6 ,ah6 ,n'est-ce pas une tentation continuelle que la vie de l'homme sur la terre8#bbi #bbi ,job41 ,,vii1 #a4 ,qui veut les afflictions et les preuves8 ,vous ordonnez de les souffrir1 et non de les aimer4 ,on n'aime point ce que l'on souffre1 quoiqu'on en aime la souffrance4 ,on se rjouit de souffrir1 mais on choisirait de n'avoir pas tel sujet de joie4 ,dans le malheur1 je dsire la prosprit2 heureux1 je crains le malheur4 ,entre ces deux cueils1 est-il pour la vie humaine un abri contre la tentation8 ,malheur1 oui1 malheur aux prosprits du sicle livres la crainte de l'adversit et aux sductions de la joie6 ,malheur1 trois fois malheur aux adversits du sicle1 temptes o la patience fait naufrage6 ,n'est-ce pas une tentation continuelle que la vie de l'homme sur la terre8 ,,xxix ,la grce de ,dieu est notre seul appui4 ,et toute mon esprance n'est que dans la grandeur de votre misricorde4 ,donnez-moi ce que vous m'ordonnez1 et ordonnez-moi ce qu'il vous plat4 ,vous me commandez la continence4 ,et je sais1 dit votre serviteur1 que nul ne peut l'avoir1 si ,dieu ne la lui donne2 et savoir mme d'o vient ce don en est un de la sagesse#bcj4 ,la continence nous recompose et ramne l'unit les fractions multiples de nous-mmes4 ,car ce n'est pas assez vous aimer que d'aimer avec vous quelque chose que l'on n'aime pas pour vous4 ,o amour toujours brlant sans jamais s'teindre6 amour1 mon ,dieu1 embrasez-moi6 ,vous m'ordonnez la continence2 donnez-moi ce que vous m'ordonnez1 et ordonnez-moi ce qu'il vous plat4 #bcj ,sap41 ,,viii1 #ba4 ,,xxx ,triple tentation de la volupt1 de la curiosit et de l'orgueil4 ,vous m'ordonnez formellement de proscrire la concupiscence de la chair1 la concupiscence des yeux1 et l'ambition du sicle#bca4 ,vous dfendez l'amour illgitime2 et1 quant au mariage1 si vous l'avez permis1 vous avez conseill mieux4 ,et vous m'avez donn de faire selon votre dsir1 avant mme d'tre appel au ministre de vos sacrements4 #bca ,joan41 ,,ii1 #af4 ,mais elles vivent encore dans ma mmoire1 dont j'ai tant parl1 ces images qu'une triste accoutumance y a fixes4 ,faibles et ples1 tant que je veille1 elles attendent mon sommeil pour m'insinuer un plaisir1 pour me drober une ombre de consentement et d'action4 ,vaines illusions1 assez puissantes toutefois sur mon me et sur ma chair pour obtenir de moi1 quand je dors1 ce que les ralits demandent en vain mon rveil4 ,suis-je donc alors autre que moi-mme1 ,seigneur mon ,dieu8 ,et cependant quelle diffrence entre moi et moi1 dans cet instant de passage au sommeil1 de retour la veille6 ,o est cette raison vigilante contre de telles sductions8 ,suprieure aux atteintes des ralits mmes1 se ferme-t-elle avec les yeux8 s'assoupit-elle avec les sens8 ,d'o vient donc que souvent nous rsistons endormis1 fidles au souvenir de nos bonnes rsolutions8 ,nul attrait flatteur ne triomphe alors de notre chaste persvrance4 ,et toutefois1 quand il en arrive autrement1 nous sommes si absents de nous-mmes que nous retrouvons1 au rveil1 le repos de notre conscience3 la douleur de ce qui s'est pass en nous n'est point un remords pour la volont qui dormait4 ,mais votre main1 ,dieu tout-puissant1 n'a-t-elle pas le pouvoir de gurir toutes les langueurs de mon me1 et de verser une grce abondante sur les mouvements impurs de mon sommeil8 ,une nouvelle effusion de misricordes1 ,seigneur1 pour que mon me1 dgage des appts de la concupiscence1 me suive1 et que je vous l'amne2 qu'elle ne se rvolte plus contre soi2 que1 loin de se livrer1 endormie1 aux imaginations impures et brutales1 jusqu' sduire la chair1 elle refuse la moindre adhsion6 loignez de moi toute surprise1 la plus faible mme1 celle qui fuirait devant un souffle de chastet exhal dans mon sommeil3 il vous en cotera peu de m'accorder cette grce en cette vie1 l'ge o je suis1 vous1 qui tes assez puissant pour nous exaucer au del de nos prires1 au del de nos penses4 ,et j'ai dit mon bon ,matre ce que je suis encore dans ces ressentiments de ma misre2 et pntr d'une joie craintive1 je me rjouis1 ,seigneur1 de ce que vous m'avez donn1 et je m'afflige de rester inachev2 et j'espre que vous accomplirez en moi votre uvre de clmence1 jusqu' la paix dfinitive que mes puissances intrieures et extrieures feront avec vous1 au jour o la mort sera engloutie dans la victoire4 ,,xxxi ,de la volupt dans les aliments4 ,le jour me suggre un autre ennemi2 et plt ,dieu qu'il pt lui suffire6 ,nous rparons1 par le boire et le manger1 les ruines journalires du corps1 jusqu'au moment o1 dtruisant l'aliment et l'estomac1 vous teindrez mon indigence par une admirable plnitude1 et revtirez cette chair corruptible d'une ternelle incorruptibilit#bcb4 ,aujourd'hui toutefois1 cette ncessit m'est douce1 et je combats cette douceur pour ne pas m'y laisser prendre3 guerre de tous les instants que je me fais par le jene1 et les rigueurs qui rduisent le corps en servitude4 ,et pourtant je ne puis viter le plaisir qui chasse les douleurs du besoin2 car la faim et la soif sont aussi des douleurs1 brlantes et meurtrires comme la fivre1 si les aliments ne les soulagent2 et votre bont consolante mettant la disposition de notre misre les tributs du ciel1 de la terre et des eaux1 nos angoisses deviennent des dlices4 #bcb ,i ,cor41 ,,xv1 #ec2 ,,ix1 #bg4 ,vous n'avez enseign ne prendre les aliments que comme des remdes4 ,mais quand je passe de l'inquitude du besoin au repos qui en suit la satisfaction1 le pige de la concupiscence m'attend au passage2 car ce passage lui-mme est un plaisir1 et il n'est pas d'autre voie1 et c'est la ncessit qui m'y pousse4 ,l'entretien de la vie est la seule raison du boire et du manger1 et nanmoins un dangereux plaisir marche de compagnie2 esclave qui trop souvent cherche devancer son matre1 revendiquant pour lui-mme ce que je prtends n'accorder qu' l'intrt lgitime4 ,et puis1 les limites de l'un ne sont pas celles de l'autre2 ce qui suffit la ncessit ne suffit pas au plaisir2 et parfois1 il devient difficile de reconnatre si nous accordons un secours la requte du besoin1 ou un excs aux perfides sollicitations de la convoitise4 ,notre pauvre me sourit cette incertitude1 charme d'y trouver une excuse pour couvrir du prtexte de la sant une complaisance coupable4 ,a ces tentations1 je rsiste chaque jour avec effort1 et j'appelle mon secours votre bras salutaire2 et je vous remets toutes mes perplexits1 car j'ai sujet de rcuser sur ce point la stabilit de mon conseil4 ,j'entends la voix de mon ,dieu3 ,ne laissez pas appesantir vos curs par l'intemprance et l'ivrognerie#bcc4 ,ce dernier vice est loin de moi2 votre misricorde ne lui permettra jamais de m'approcher4 ,mais la sensualit s'insinue quelquefois chez votre serviteur4 ,que votre misricorde la tienne loigne de lui4 ,nul ne peut tre continent1 si vous ne lui en donnez la grce4 ,vous accordez beaucoup nos prires2 le bien mme que nous avons reu avant de vous prier1 c'est vous qui nous l'avez donn1 c'est de vous que nous tenons encore de nous savoir redevables4 ,je n'ai jamais t sujet l'intemprance1 mais j'ai connu des intemprants que vous avez rendus sobres4 ,vous faites les uns ce qu'ils ont toujours t1 les autres ce qu'ils n'ont pas t toujours1 pour qu'ils sachent1 les uns et les autres1 qui ils doivent rendre grce4 #bcc ,luc1 ,,xxi1 #cd4 ,vous me dites encore3 ,ne marche pas la suite de tes convoitises1 et dtourne-toi de ta volont#bcd4 ,votre grce m'a fait entendre cette autre parole que j'aime3 ,que nous mangions1 ou ne mangions pas1 rien de plus pour nous1 rien de moins#bce1 c'est--dire que je ne trouverai l ni mon opulence1 ni ma dtresse4 ,et cette parole encore3 ,j'ai appris me contenter de l'tat o je suis2 je sais vivre dans l'abondance1 et je sais souffrir le besoin4 ,je peux tout en celui qui me fortifie#bcf4 ,voil comme parle un soldat du ciel2 est-ce notre langage1 poussire que nous sommes8 ,mais souvenez-vous1 ,seigneur1 que nous sommes poussire2 que c'est de poussire que vous avez fait cet homme1 perdu et retrouv4 ,et ce n'est pas en lui qu'il a trouv sa force1 celui-l1 poussire comme nous1 qui darde au souffle de votre inspiration ces paroles brlantes dans mon cur3 ,je peux tout en celui qui me fortifie4 ,oh6 fortifiez-moi1 pour que je puisse6 ,donnez-moi ce que vous m'ordonnez2 et ordonnez-moi ce qu'il vous plat4 ,et il confesse1 lui1 qu'il a tout reu1 et que toute sa gloire est dans le ,seigneur#bcg4 ,il veut recevoir aussi1 cet autre1 que j'entends vous adresser cette prire3 ,dlivrez-moi des dsirs de la sensualit#bch4 ,n'est-il pas vident1 ,dieu saint1 que vous donnez tout1 jusqu' l'obissance vos commandements8 #bcd ,i ,cor41 ,i1 #cj1 #ca4 #bce ,eccl41 ,,xviii1 #cf4 #bcf ,i ,cor41 ,,viii1 #h4 #bcg ,philip41 ,,iv1 #aa1 #ac4 #bch ,eccli41 ,,xxiii1 #f4 ,vous m'avez enseign1 mon ,pre1 que tout est pur pour les curs purs1 mais que c'est un mal de se mettre table au scandale de son frre2 que toutes vos cratures sont bonnes2 qu'il ne faut rien refuser de ce que l'on peut recevoir en action de grces2 que ce n'est point notre aliment qui nous rend recommandables ,dieu2 que l'on se garde de juger sur le manger et le boire2 que celui qui mange ne mprise pas celui qui s'abstient2 que celui qui s'abstient ne mprise pas celui qui mange#bci4 ,grces vous de tous ces enseignements que j'ai retenus2 louanges vous1 mon ,dieu1 qui avez frapp mon oreille pour introduire la lumire dans mon cur4 ,dlivrez-moi de toute tentation4 #bci ,rom41 ,,xiv1 #bj2 ,i ,tim41 ,,iv1 #d2 ,i ,cor41 ,,viii1 #h2 ,coloss41 ,,ii1 #af2 ,rom41 ,,xiv1 #c4 ,non que je craigne l'impuret de l'aliment1 je crains l'impuret de la convoitise4 ,je sais qu'il a t permis ,no de se nourrir de toute chair2 qu',hlie a demand la chair l'apaisement de sa faim2 que l'abstinence admirable de ,jean n'a pas t souille de sa pture de sauterelles2 je sais aussi qu'sa s'est laiss surprendre par un dsir de lentilles2 que ,david s'est accus lui-mme d'avoir dsir un peu d'eau2 que notre ,roi a t tent1 non de chair1 mais de pain4 ,aussi le peuple1 dans le dsert1 mrita-t-il d'tre rprouv1 non pour avoir eu dsir de la chair1 mais parce que ce dsir le fit murmurer contre le ,seigneur#bdj4 #bdj ,gen41 ,,ix1 #b1 #c2 ,,iii ,reg41 ,,xvii1 #f2 ,matth41 ,,iii1 #d2 ,gen41 ,,xxv1 #cd2 ,,ii ,reg41 ,,xxiii1 #ae1 #ag2 ,matth41 ,,iv1 #c2 ,num41 ,,xi1 #aj4 ,entour de ces tentations1 je lutte chaque jour contre la concupiscence du boire et du manger4 ,car ce n'est pas chose que je puisse me retrancher pour jamais1 comme le dsir de la femme4 ,il me faut donc tenir ma bouche un frein qui se relche et se retire propos4 ,et1 ,seigneur1 quel est celui qui ne s'emporte quelquefois au del des barrires de la ncessit8 ,s'il en est un1 qu'il vous glorifie de sa perfection6 ,moi1 je ne suis pas cet homme2 je suis un pcheur1 et je glorifie pourtant votre nom1 assur que celui qui a vaincu le sicle intercde auprs de vous pour mes pchs1 qu'il m'a compt entre les membres infirmes de son corps1 dont vos yeux ne ddaignent pas les imperfections1 et qui sont tous inscrits au livre de vie#bda4 #bda ,rom41 ,,viii1 #cd2 ,joan41 ,,xvi1 #cc2 ,ps4 ,,cxxxviii1 #af4 ,,xxxii ,plaisir de l'odorat4 ,les odeurs me laissent assez indiffrent leur charme4 ,absentes1 je ne les recherche pas1 je ne rpudie pas leur prsence2 je suis dispos m'en passer4 ,du moins me semble-t-il ainsi1 et je me trompe peut-tre4 ,car1 ne faut-il pas gmir sur cette nuit profonde qui1 nous voilant les ressorts de notre tre1 interdit l'esprit1 lorsqu'il se consulte lui-mme sur sa puissance1 toute crance facile ses rponses1 parce qu'il ignore d'ordinaire ce qu'il recle en lui1 si l'exprience ne le lui dcouvre8 ,et nul homme ne doit tre en scurit dans cette vie1 qui n'est1 tout entire1 qu'une tentation4 ,de mauvais devenu meilleur1 rien ne garantit que de meilleur il ne devienne pire4 ,il n'est qu'un espoir1 qu'une confiance1 qu'une promesse sre3 votre misricorde4 ,,xxxiii ,plaisir de l'oue4 ,du chant de l'glise4 ,les volupts de l'oreille m'avaient captiv par des liens plus forts2 mais vous les avez briss2 vous m'avez dlivr de cet esclavage4 ,cependant1 je l'avoue1 aux accents que vivifient vos paroles chantes par une voix douce et savante1 je ne puis me dfendre d'une certaine complaisance1 impuissante1 toutefois1 me retenir quand il me plat de me retirer4 ,suaves mlodies1 n'est-ce pas justice qu'admises avec les saintes penses qui sont leur me1 je leur fasse dans la mienne une place d'honneur8 ,mais j'ai peine garder une juste mesure4 ,car il me semble que je leur accorde parfois plus qu'il ne convient1 sentant que1 par cette harmonie1 les paroles sacres pntrent mon esprit d'une plus vive flamme d'amour2 et je vois que les affections de l'me et leurs nuances varies retrouvent chacune sa note dans les modulations de la voix1 et je ne sais quelle secrte sympathie qui les rveille4 ,mais le charme sensible1 qui il ne faut pas laisser le loisir d'nerver l'me1 me trompe souvent1 quand la sensation se lasse de marcher aprs la raison1 et prtend autoriser de la faveur d'tre admise sa suite ses efforts pour la prcder et la conduire4 ,c'est l que je pche sans m'en apercevoir1 mais bientt je m'en aperois4 ,d'autres fois1 un excs de prcautions contre de telles surprises me jette dans un excs de rigidit1 et je voudrais loigner de mon oreille et de l'glise mme ces touchantes harmonies1 compagnes ordinaires des psaumes de ,david4 ,il me parat alors plus sr de s'en tenir ce que j'ai souvent ou dire d',athanase1 vque d',alexandrie1 qu'il les faisait rciter avec une lgre inflexion de voix1 plus semblable une lecture qu' un chant4 ,et cependant quand je me rappelle ces larmes que les chants de votre glise me firent rpandre aux premiers jours o je recouvrai la foi1 et qu'aujourd'hui mme je me sens encore mu1 non de ces accents1 mais des paroles modules avec leur expression juste par une voix pure1 je reconnais de nouveau toute l'utilit de cette institution4 ,ainsi je flotte entre le danger de l'agrable et l'exprience de l'utile1 et j'incline plutt1 sans porter toutefois une dcision irrvocable1 au maintien du chant dans l'glise1 afin que le charme de l'oreille lve aux mouvements de la pit l'esprit trop faible encore4 ,mais pourtant1 lorsqu'il m'arrive d'tre moins touch du verset que du chant1 c'est un pch1 je l'avoue1 qui mrite pnitence3 je voudrais alors ne pas entendre chanter4 ,voil o j'en suis4 ,pleurez avec moi1 pleurez pour moi1 vous qui interrogez en vous-mmes la source vive des bonnes uvres2 car1 pour vous1 qui ne la cherchez pas1 ces plaintes ne vous touchent gure4 ,mais1 ,seigneur mon ,dieu1 tmoin de cette laborieuse tude de moi-mme1 ma langueur est sous vos yeux2 voyez1 entendez-moi2 donnez-moi un regard de piti1 gurissez-moi4 ,,xxxiv ,volupt des yeux4 ,reste la volupt des yeux de ma chair1 dont je vais publier les confessions l'oreille de votre temple1 des mes fraternelles et pieuses4 ,ainsi j'aurai parl de toutes les tentations charnelles qui me frappent encore tandis que je gmis1 et soupire aprs cette investiture de gloire qui nous attend au ciel4 ,la beaut1 la varit des formes1 l'agrment et la vivacit des couleurs charment les yeux4 ,que mon me ne demeure pas attache ces objets2 que ,dieu la retienne1 ,dieu leur auteur1 dont toutes les uvres sont bonnes2 mais lui seul est mon bien1 et non pas elles4 ,et elles me sollicitent1 tant que je veille pendant la dure du jour2 elles ne me laissent pas mme ces moments de repos que les chants me font trouver dans leur frquent silence4 ,car la reine des couleurs elle-mme1 cette lumire qui inonde tout ce que nous voyons1 se glisse partout o je suis pendant le jour1 me pntre par mille insinuations charmeresses1 alors mme que je porte ailleurs l'activit de ma pense4 ,elle s'insinue si profondment1 qu' sa disparition soudaine nous la recherchons avec inquitude2 et son absence prolonge nous attriste l'me4 ,o lumire que voyait ,tobie l'aveugle1 lorsqu'il enseignait son fils le chemin de la vie1 et1 sans s'garer1 y marchait devant lui d'un pied sr1 du pied de la charit6 ,lumire que voyait ,isaac1 malgr la nuit pesante dont la vieillesse avait voil ses yeux6 lumire par laquelle il sut connatre1 en les bnissant1 ses fils qu'il bnissait sans les connatre4 ,lumire que voyait ,jacob1 dont le grand ge1 aussi1 avait teint la vue1 quand son cur1 rayonnant de clarts1 mesura d'un regard toutes les gnrations du peuple futur1 dsignes dans ses fils2 quand ses mains mystrieusement croises sur les enfants de ,joseph1 se refusrent l'ordre extrieur que leur pre voulait rtablir2 car elles taient imposes selon le discernement intrieur#bdb4 #bdb ,tob41 ,,iv1 #b2 ,gen41 ,,xxvii1 #a2 ,,xlvii1 #aj4 ,voil la lumire mme2 elle est une2 elle ne fait qu'un de tous ceux qui la voient et qui l'aiment4 ,mais cette lumire corporelle1 dont je parlais1 assaisonne la vie pour les aveugles amants du sicle1 d'enivrantes et perfides douceurs4 ,et ceux toutefois qui savent vous en rendre hommage1 ,dieu crateur de toutes choses1 elle sert de degr pour monter votre gloire1 et non pour descendre au fond de leur sommeil4 ,c'est ainsi que je veux tre4 ,je lutte contre les sductions des yeux1 de peur que mes pieds ne s'y embarrassent l'entre de vos voies2 et j'lve vers vous mes yeux invisibles1 afin que les nuds qui arrtent mes pas soient rompus#bdc4 ,vous les dgagez souvent1 car souvent ils s'engagent4 ,vous ne cessez de me dlivrer1 et je ne cesse de me prendre aux piges sems partout2 vigilant dfenseur d',isral1 vous ne dormez1 vous ne sommeillez jamais#bdd4 #bdc ,ps4 ,,xxiv1 #ae4 #bdd ,ps4 ,,cxx1 #d4 ,que de sductions sans nombre dans les uvres de l'art et de l'industrie1 vtements1 vases1 tableaux1 statues2 abus d'une ncessit1 abus mme d'une intention pieuse2 nouveaux enivrements que les hommes ajoutent aux convoitises des yeux2 rpandus au dehors la suite de leurs uvres1 oubliant en eux-mmes ,celui qui les a faits1 ils gtent en se dfigurant le chef-d'uvre divin4 ,ici mme1 mon ,dieu6 ma gloire6 ici je trouve glorifier votre nom2 mon sanctificateur6 je vous offre un sacrifice de louanges6 car ces beauts que vous faites passer de l'me la main de l'artiste procdent de cette beaut suprieure nos mes1 et vers laquelle mon me soupire nuit et jour4 ,mais ces amateurs1 ces fabricants de beauts extrieures1 empruntent l'invisible la lumire qui les leur fait agrer1 et non la rgle qui en dirige l'usage4 ,elle est prsente1 et ils ne la voient pas4 ,c'est en vain qu'elle leur dit de ne pas aller plus loin1 et de vous conserver toute leur force1 au lieu de la dissiper dans ces dlices nervantes4 ,et moi qui en parle ainsi1 qui en parle avec discernement1 j'engage encore mes pas aux filets de ces beauts2 mais vous me dlivrez1 ,seigneur1 vous me dlivrez1 parce que votre misricorde est toujours prsente mes yeux#bde4 ,ma faiblesse se laisse prendre1 votre misricorde me dlivre1 parfois sans souffrance1 quand je tombe par mgarde2 parfois avec douleur1 quand le lien s'est resserr4 #bde ,ps4 ,,xxv1 #c4 ,,xxxv ,curiosit4 ,ajoutez une autre tentation qui nous environne de prils multiplis4 ,outre la concupiscence de la chair1 mle toutes les impressions sensibles1 toutes les volupts dont le fol amour consume ceux qui se retirent de vous1 il se glisse encore dans l'me1 par les sens1 un nouveau dsir1 ne demandant plus du plaisir la chair1 mais des expriences2 vaine curiosit qui se couvre du nom de connaissance et de savoir4 ,or1 comme elle consiste dans l'apptit de connatre1 et que la vue est le premier organe de nos connaissances1 l',esprit-,saint l'a nomme concupiscence des yeux4 ,voir appartient aux yeux1 mais nous attribuons cette expression aux autres sens1 quand nous les appliquons connatre4 ,car nous ne disons pas d'un objet3 coute comme il rayonne1 sens comme il brille1 gote comme il resplendit1 touche comme il clate4 ,un seul mot pour tout cela1 vois2 et non seulement vois quelle lumire1 ce qui est exclusivement du ressort des yeux1 mais encore vois quel son1 vois quelle odeur1 vois quelle saveur1 vois quelle duret4 ,aussi l'exprience gnrale des sens1 avons-nous dit1 est-elle nomme concupiscence des yeux4 ,quoique1 en effet1 la vision soit leur fonction particulire1 les autres sens l'usurpent nanmoins1 quand1 l'exemple des yeux1 ils explorent quelque vrit4 ,or1 on discerne sans peine si l'intrt du plaisir ou celui de la curiosit fait agir les sens4 ,le plaisir recherche la beaut1 l'harmonie1 les odeurs1 les saveurs1 les doux attouchements2 la curiosit veut essayer mme de leurs contraires1 non pour affronter une impression pnible1 mais par fantaisie d'prouver et de savoir4 ,quel plaisir1 en effet1 peut nous offrir l'aspect d'un cadavre dchir qui fait horreur8 ,en est-il un gisant1 tous accourent pour rapporter de cette vue la consternation1 la pleur4 ,ils craignent maintenant de le revoir dans leur sommeil4 ,eh6 qui les a contraints1 veills1 de le voir8 ,la croyance peut-tre d'y trouver quelque beaut8--,ainsi des autres sens2 mais il serait trop long de poursuivre4 ,c'est cette maladie qui invente les raffinements des spectacles2 c'est elle qui prtend pntrer les secrets les plus cachs de la nature1 inutiles connatre1 et o les hommes ne ressentent rien que la volupt de connatre2 c'est elle qui sollicite les efforts prvaricateurs de la magie2 c'est elle enfin qui1 dans la religion mme1 va jusqu' tenter ,dieu1 et lui demande des prodiges par curiosit1 et non par charit4 ,dans cette immense fort1 remplie d'embches et de prils1 combien de coupes n'ai-je pas dj faites6 que n'ai-je pas retranch dans mon cur1 grce votre assistance1 ,dieu de mon salut6 ,et cependant1 la vie de chaque jour tant assaillie de ces essaims d'objets qui bourdonnent autour d'elle1 quand oserai-je dire que nul d'entre eux ne fixe mon regard1 et que je dfie tous les piges d'une vaine curiosit8 ,a cette heure1 il est vrai1 je suis indiffrent au plaisir du thtre2 je me soucie peu de connatre le cours des astres2 jamais mon me n'a interrog les ombres2 et j'abhorre tout pacte sacrilge4 ,mais1 ,seigneur mon ,dieu1 qui je dois le service du plus humble esclave1 par quelles insinuations perfides l'ennemi ne me suggre-t-il pas de vous demander quelque miracle8 ,et je vous conjure1 par notre ,roi1 par notre patrie sainte1 la chaste et pure ,jrusalem1 qu'un coupable consentement1 jusqu' prsent loign de mon me1 s'en loigne de plus en plus chaque jour4 ,mais quand je vous sollicite pour la sant d'un frre1 le but de mes instances est bien diffrent2 vous faites comme il vous plat1 et vous me donnez la grce1 vous ne me la refuserez jamais1 d'embrasser votre volont4 ,et cependant1 combien de bagatelles et de frivolits mprisables sduisent encore chaque jour notre curiosit8 ,qui pourrait compter nos tentations et nos chutes8 ,combien de fois souffrons-nous1 par certaine condescendance pour les faibles1 de vains rcits que1 peu peu1 nous coutons avec plaisir6 ,je ne vais plus au cirque voir un chien courir aprs un livre2 mais que le hasard1 dans le champ o je passe1 m'en donne le spectacle1 me voil peut-tre dtourn d'une mditation profonde2 cette chasse inattendue m'attire2 elle ne m'oblige pas de tourner bride1 mais de laisser courre mon cur4 ,et si1 en me donnant la preuve de ma faiblesse1 vous ne m'inspirez aussitt de ramener mon esprit de cette vue une pense qui m'lve jusqu' vous1 ou bien de passer outre avec mpris1 je reste amus de cette purile distraction4 ,que dis-je8 ,sans sortir de ma maison1 un lzard qui prend des mouches1 une araigne qui les enveloppe de ses fils1 n'est-ce pas assez pour captiver mes yeux8 ,la petitesse de ces animaux diminue-t-elle donc l'action de ma curiosit8 ,je passe de l vous louer1 ,crateur1 ordonnateur admirable de toutes choses2 mais cette fin n'tait pas le principe de mon attention3 autre chose est de se relever promptement ou de ne tomber jamais4 ,et toute ma vie est pleine de faux pas2 et la grandeur de votre clmence est mon unique espoir4 ,car1 ds l que notre me1 prostitue ces vains objets1 se remplit de conceptions frivoles1 il arrive que nos prires sont souvent interrompues et troubles2 et lorsqu'en votre prsence1 la voix de notre cur veut monter jusqu' vous1 une irruption de penses misrables1 accourues je ne sais d'o1 vient traverser un acte si important4 ,est-ce donc l pure bagatelle dont il faille tenir peu de compte8 ,et notre esprance peut-elle tre ailleurs que dans la misricorde bien connue qui a commenc l'uvre de notre conversion8 ,,xxxvi ,orgueil4 ,et vous savez quel point vous m'avez chang1 me gurissant d'abord de la passion de la vengeance1 pour devenir secourable mes autres iniquits1 dissiper toutes mes langueurs1 racheter ma vie de la corruption1 pour me donner la couronne de grce et de misricorde1 et prodiguer vos biens la merci de mes dsirs#bdf4 ,vous m'avez inspir votre crainte1 qui teint l'orgueil1 et vous avez apprivois ma tte votre joug4 ,et je le porte aujourd'hui1 et ce fardeau m'est doux2 vous me l'aviez promis1 vous tenez votre promesse2 et il tait en effet lger1 mon insu1 quand je craignais de m'y soumettre4 #bdf ,ps4 ,,ciii1 #c1 #e4 ,mais dites-moi1 ,seigneur1 seul dominateur exempt d'orgueil1 parce que vous tes le seul matre vritable1 et qui n'en connat point d'autre1 dites-moi1 suis-je dlivr1 ou pourrai-je l'tre jamais dans cette vie1 de cette dernire tentation de vouloir tre craint et aim des hommes1 sans autre raison que le dsir d'une joie qui n'est pas vraie8 ,cette vie n'est que misre1 et c'est une honte que cette vanit3 elle te notre amour pour vous sa rectitude2 notre crainte sa puret4 ,aussi1 vous rpandez sur les humbles la grce que vous refusez aux superbes2 vous tonnez sur les ambitions du sicle1 et les fondements des montagnes tremblent4 ,or1 comme l'intrt de la socit humaine y fait un devoir de l'amour et de la crainte1 l'ennemi de notre vritable flicit nous presse1 et par tous les piges qu'il sme sous nos pas1 il nous crie3 ,courage1 courage6 ,il veut que notre avidit recueillir nous laisse surprendre2 il veut que nos joies se dplacent et quittent votre vrit pour se fixer au mensonge des hommes2 il veut que nous prenions plaisir nous faire aimer et craindre1 non pour vous1 mais au lieu de vous4 ,et nous rendant semblables lui-mme1 il veut nous gagner1 non pas l'union de la charit1 mais au partage de son supplice1 lui qui a mis son trne sur l'aquilon#bdg1 afin que vos coupables et difformes imitateurs tombent dans ses fers tnbreux et glacs4 #bdg ,isai41 ,,xiv1 #ae4 ,mais nous1 ,seigneur1 nous sommes votre petit troupeau#bdh2 nous voil2 prenez votre houlette4 tendez vos ailes sur nous2 que leur ombre soit notre asile4 ,soyez notre gloire2 que l'on ne nous aime que pour vous2 que votre ,verbe seul se fasse craindre en nous4 ,celui qui veut tre lou des hommes1 malgr votre blme1 ne trouvera pas d'homme pour le dfendre votre tribunal1 ni pour le soustraire votre arrt4 ,et il ne s'agit point d'un pcheur flatt dans les mauvais instincts de son me1 ni d'un impie dont on bnit l'iniquit1 mais d'un homme lou pour quelque grce reue de vous2 s'il jouit plutt de la louange que de cette faveur divine qui en est l'objet1 votre blme accompagne ces louanges2 et celui qui les donne vaut mieux que celui qui les reoit2 l'un aime dans l'homme le don de ,dieu1 l'autre prfre au don de ,dieu celui de l'homme4 #bdh ,luc1 ,,xii1 #cb4 ,,xxxvii ,disposition de son me touchant le blme et la louange4 ,voil les tentations dont nous sommes assaillis1 ,seigneur1 chaque jour1 sans relche4 ,chaque jour la langue humaine est la fournaise de notre preuve4 ,c'est encore ici que vous nous commandez la continence4 ,donnez-moi ce que vous m'ordonnez2 ordonnez-moi ce qu'il vous plat4 ,vous savez ici les gmissements que mon cur exhale1 et les torrents de larmes que roulent mes yeux4 ,inhabile discerner jusqu' quel point je suis allg de ce fardeau de corruption1 je tremble pour mes maux secrets1 connus de votre regard1 et que le mien ignore4 ,les autres tentations me laissent toujours quelque moyen de m'examiner1 celle-ci presque jamais2 car pour les volupts charnelles1 pour les convoitises de la vaine science1 je vois l'empire que j'ai gagn sur mon esprit1 par la privation volontaire ou l'absence de ces impressions4 ,et je m'interroge alors1 en mesurant le degr de vide que j'prouve4 ,quant la richesse1 que l'on ne poursuit que pour satisfaire l'une de ces trois concupiscences ou toutes ensemble1 l'esprit se trouve-t-il dans l'impossibilit de deviner s'il la mprise en la possdant1 qu'il la congdie pour s'prouver4 ,est-ce dire que1 pour nous assurer de notre force supporter le jene de la louange1 il faille vivre mal1 et en venir un tel cynisme1 que personne ne puisse nous connatre sans horreur8 ,qui pourrait penser ou dire pareille extravagance8 ,que si la louange est la compagne ordinaire et oblige d'une vie exemplaire et des bonnes uvres1 il ne faut pas plus renoncer la vertu qu' son cortge4 ,mais ce n'est que la privation seule qui me donne la mesure de mon impatience ou de ma rsignation4 ,que vais-je donc ici vous confesser1 ,seigneur8 ,eh bien6 je vous dirai que je me plais la louange1 mais encore plus la vrit qu' la louange4 ,car s'il m'tait donn de choisir la louange des hommes pour salaire d'erreur ou de dmence1 ou leur blme pour prix de mon inbranlable attachement la vrit1 mon choix ne serait pas douteux4 ,je voudrais bien1 toutefois1 que le suffrage des lvres d'autrui n'ajoutt rien la joie que je ressens de ce peu de bien qui est en moi4 ,mais1 je l'avoue1 le bon tmoignage l'augmente et le blme la diminue4 ,et quand cette affliction d'esprit me trouble1 il me vient une excuse2 ce qu'elle vaut1 vous le savez1 mon ,dieu2 pour moi1 elle me laisse dans le doute4 ,or1 vous ne nous avez pas seulement ordonn la continence qui enseigne ce dont notre amour doit s'abstenir1 mais encore la justice qui lui montre o il se doit diriger2 et vous nous commandez d'unir votre amour celui du prochain4 ,il me semble donc que c'est l'avancement de l'un de mes frres que j'aime ou que j'espre1 quand je me plais aux louanges intelligentes qu'il donne1 et que c'est encore pour lui que je m'afflige quand je l'entends prononcer un blme ignorant ou injuste4 ,quelquefois mme je m'attriste des tmoignages flatteurs que l'on me rend1 soit que l'on approuve en moi ce qui me dplat de moi-mme1 soit que l'on estime au del de leur valeur des avantages secondaires4 ,eh6 que sais-je8 ,ce sentiment ne vient-il pas de ma rpugnance aux loges en dsaccord avec l'opinion que j'ai de moi8 ,non qu'alors je sois touch de l'intrt du prochain2 mais c'est que le bien que j'aime en moi m'est encore plus agrable quand je ne suis pas seul l'aimer4 ,et1 en effet1 est-ce donc me louer que de contredire mes sentiments sur moi1 en louant ce qui me dplat1 en exaltant des qualits indiffrentes8 ,suis-je donc ici un mystre pour moi-mme8 ,mais ne vois-je pas en vous1 ,vrit1 que l'intrt seul du prochain doit me rendre sensible la louange8 ,est-ce ainsi que je suis8 je l'ignore4 ,et en cela1 je vous connais mieux que moi-mme4 ,oh6 rvlez-moi moi1 mon ,dieu2 que je signale aux prires de mes frres les secrtes blessures de mon me4 ,encore un retour sur moi3 je veux me sonder plus fond4 ,si la seule utilit du prochain me fait agrer la louange1 d'o vient que le blme jet un autre m'intresse moins que celui qui me touche8 ,pourquoi suis-je plus vivement bless du trait qui m'atteint1 que de celui dont une mme injustice frappe un frre en ma prsence8 ,est-ce encore l un secret qui m'chappe8 ,et que n'ai-je dj pris mon parti de me tromper moi-mme1 et de trahir devant vous la vrit et de cur et de bouche6 loignez de moi1 ,seigneur1 cette folie1 de peur que mes paroles ne soient pour moi l'huile qui parfume la tte du pcheur#bdi2 je suis pauvre et dnu#bej1 et tout ce que j'ai de mieux1 c'est cette dplaisance de moi-mme atteste par le gmissement intrieur1 et qui ne se lassera de poursuivre votre misricorde1 que vous n'ayez soulag mes dfaillances1 en consommant ma rgnration dans la paix ignore de l'il superbe4 #bdi ,ps4 ,,cxl1 #e4 #bej ,ps4 ,,cviii1 #bb4 ,,xxxviii ,vaine gloire1 poison subtil4 ,les paroles de notre bouche1 nos actions qui se produisent la connaissance des hommes1 amnent la plus dangereuse tentation1 cet amour de la louange1 qui recrute1 au profit de certaine qualit personnelle1 des suffrages mendis1 et trouve encore me sduire par les reproches mmes que je me fais4 ,souvent l'homme tire une vanit nouvelle du mpris mme de la vaine gloire2 et la vaine gloire rentre en lui par ce mpris dont il se glorifie4 ,,xxxix ,complaisance en soi-mme4 ,il est encore en nous un autre ennemi1 une tentation de mme nature2 cette complaisance en soi qui se repat de son inanit1 se souciant peu de plaire ou dplaire au prochain4 ,or1 celui qui se plat lui-mme vous dplat souverainement1 soit qu'il prenne en lui pour bien ce qui n'est pas bien1 ou qu'il revendique comme son bien propre celui qu'il tient de vous2 soit que1 reconnaissant votre don1 il l'attribue ses mrites1 ou qu'enfin il confesse votre grce1 mais avec cette joie de l'gosme qui envie aux autres les mmes faveurs4 ,parmi tant de prils et d'preuves1 vous le voyez1 mon cur tremble2 et votre sollicitude est plus grande gurir mes blessures1 que ma vigilance n'tre pas bless4 ,,xl ,coup d'il sur tout ce qu'il a dit4 ,dans ce long plerinage de ma pense1 o ne m'avez-vous pas accompagn1 ,vrit6 avez-vous cess de m'enseigner ce qu'il fallait rechercher ou fuir1 quand je vous consultais1 en vous communiquant les dcouvertes de l'il intrieur8 ,j'ai voyag hors de moi-mme par le sens qui m'ouvre le monde2 j'ai observ la vie de mon corps et l'action de mes sens4 ,et je suis entr dans les profondeurs de ma mmoire1 dans ces nombreuses et immenses retraites1 peuples d'une infinit d'images2 et je les ai considres avec pouvante2 et j'ai vu que je ne pouvais rien distinguer sans vous1 et j'ai reconnu que vous tiez fort diffrent de tout cela4 ,fort diffrent aussi de moi-mme1 de moi1 qui1 dans cette exploration intrieure1 cherchais faire le discernement exact et la juste apprciation de mes dcouvertes3 soit que les ralits me fussent transmises par les sens1 soit que1 mles ma nature1 je les interrogeasse en moi-mme2 soit que je m'attachasse au nombre et au signalement de leurs introducteurs1 et que1 repassant tous ces trsors enferms dans ma mmoire1 ma pense exhumt les uns et mt les autres en rserve4 ,oui1 vous tes fort diffrent de moi1 qui fais cela1 et de la puissance intrieure par qui je le fais2 et vous n'tes pas cette puissance1 parce que vous tes la lumire immuable que je consulte sur l'tre1 la qualit1 la valeur de toutes choses4 ,ainsi1 j'coutais1 et j'coute souvent vos leons et vos commandements4 ,votre voix fait mes dlices1 et dans ce peu de loisirs que me laisse la ncessit de mes travaux1 cette joie sainte est mon asile4 ,et dans tous ces objets que je parcours la clart de votre lumire1 je ne trouve de lieu sr pour mon me qu'en vous2 il n'est que vous o mon tre pars puisse se rassembler pour y demeurer jamais tout entier4 ,et parfois vous me pntrez d'un sentiment trange1 douceur inconnue1 qui1 devenant en moi parfaite et durable1 serait je ne sais quoi qui ne serait plus cette vie4 ,mais je retombe sous le poids de ma chane1 et le torrent m'entrane1 et je suis li2 et je pleure1 et mes larmes ne relchent pas mes liens4 ,le fardeau de l'habitude m'emporte au fond4 ,o je puis tre1 je ne veux2 o je veux1 je ne puis2 double misre4 ,,xli ,ce qui le rejetait loin de ,dieu4 ,et j'ai reconnu dans cette triple convoitise la source de mes coupables infirmits1 et j'ai demand mon salut votre bras4 ,car j'ai vu votre gloire avec un cur bless1 et tout bloui1 j'ai dit3 ,qui peut voir jusque-l8 ,et j'tais rejet loin de la splendeur de vos regards4 ,vous tes la ,vrit qui prside sur toutes choses4 ,et mon insatiable avarice ne voulait pas vous perdre2 elle voulait possder le mensonge avec vous4 ,ainsi1 le menteur ne veut pas que la vrit lui soit inconnue4 ,je vous avais donc perdu1 parce que vous ne souffrez pas qu'on vous possde sans rpudier l'hritage du mensonge4 ,,xlii garement des superbes qui ont eu recours aux anges dchus comme mdiateurs entre ,dieu et les hommes4 ,qui trouver capable de me rconcilier avec vous8 ,devais-je solliciter les anges8 et par quelles prires8 par quels sacrifices8 ,plusieurs1 ai-je ou dire1 travaillant pour revenir vous1 et ne le pouvant d'eux-mmes1 ont tent cette voie1 et tombs bientt dans un dsir curieux de visions tranges1 ils ont mrit d'tre livrs l'illusion4 ,superbes1 ils vous cherchaient avec tout le faste de la science1 le cur haut et non contrit2 la conformit d'esprit leur a donn pour complices de leur orgueil les puissances de l'air1 dont les prestiges les ont gars lorsqu'ils cherchaient le ,mdiateur1 mdecin de leur me1 sans le trouver2 car ils n'avaient devant eux que le diable transfigur en ange de lumire#bea2 #bea ,,ii ,cor41 ,,xi1 #aa4 ,chair superbe1 ce qui l'a sduite1 c'est que le sducteur n'tait pas revtu de chair6 ,hommes mortels et pcheurs6 ,mais vous1 ,seigneur1 dont ils cherchaient la paix avec orgueil1 vous tes indpendant de la mort et du pch4 ,or1 il fallait1 au mdiateur entre l'homme et ,dieu1 une ressemblance avec ,dieu et une ressemblance avec l'homme4 ,entirement semblable l'homme1 il tait loin de ,dieu2 entirement semblable ,dieu1 il tait loin de l'homme2 il n'tait plus mdiateur4 ,ainsi ce faux mdiateur1 qui votre justice secrte permet de sduire l'orgueil1 a quelque chose de commun avec l'homme1 c'est le pch2 et il prtend quelque chose de commun avec ,dieu3 libre du vtement charnel de la mortalit1 il se donne pour immortel4 ,mais1 comme la mort est la solde du pch1 il entre1 par la communaut du pch1 dans la communaut de la mort4 ,,xliii ,jsus-christ seul mdiateur4 ,mais le ,mdiateur de vrit1 que le secret de votre misricorde a fait connatre aux humbles1 et que vous avez envoy pour leur enseigner1 par son exemple1 l'humilit mme1 ce ,mdiateur de ,dieu et des hommes1 ,j,,sus-,,christ homme1 est apparu entre les pcheurs mortels et le ,,juste immortel1 mortel avec les hommes1 ,juste avec ,dieu2 et comme la vie et la paix sont la solde de la justice1 par la justice qui l'unit ,dieu1 il est venu ruiner dans les impies justifis la mort dont il voulut tre comme eux tributaire4 ,c'est lui qui a t montr de loin aux saints des anciens jours1 pour qu'ils fussent sauvs par la foi au sang qu'il devait rpandre1 comme nous le sommes par la foi en son sang rpandu4 ,car ce n'est qu'en sa qualit d'homme qu'il est mdiateur2 en tant que ,verbe1 il n'est plus ,,moyen1 il est ,,gal ,dieu1 ,dieu en ,dieu1 et avec le ,saint-,esprit un seul ,dieu4 ,oh6 de quel amour nous avez-vous donc aims1 ,pre infiniment bon6 ,vous n'pargnez pas votre ,fils unique1 vous le livrez pour nous1 pcheurs que nous sommes1 de quel amour nous avez-vous donc aims6 ,pour nous1 ,celui qui n'a point regard comme une usurpation d'tre gal vous1 s'est rendu obissant jusqu' la mort de la croix1 lui seul libre entre les morts1 ayant la puissance de quitter son me et la puissance de la reprendre2 pour nous1 en votre nom1 vainqueur et victime1 et vainqueur parce qu'il est victime2 pour nous1 en votre nom1 sacrificateur et sacrifice1 et sacrificateur parce qu'il est sacrifice2 lui qui1 d'esclaves1 nous fait vos enfants1 parce qu'il est votre ,fils et pour nous esclave4 ,oh6 c'est avec justice que sur lui repose cette ferme esprance que vous gurirez toutes mes langueurs1 par lui qui est assis votre droite1 et sans cesse y intercde pour nous#beb2 autrement je tomberais dans le dsespoir2 car nombreuses et grandes sont mes infirmits1 nombreuses et grandes6 mais plus grande encore est la vertu de vos remdes4 #beb ,rom41 ,,viii1 #cb2 ,philipp41 ,,ii1 #f2 ,ps4 ,,lxxxvii1 #f1 #h2 ,joan41 ,x1 #ah2 ,rom41 ,,viii1 #cd4 ,nous eussions pu croire votre ,verbe trop loign de l'alliance de l'homme1 et dsesprer de nous s'il ne s'tait fait chair1 s'il n'et demeur parmi nous4 ,pli sous la crainte de mes pchs et le fardeau de ma misre1 j'avais dlibr dans mon cur et presque rsolu de fuir au dsert2 mais vous m'en avez empch1 me rassurant par cette parole3 ,le ,,christ est mort pour tous1 afin que ceux qui vivent ne vivent plus eux-mmes1 mais celui qui est mort pour eux#bec4 #bec ,i ,cor41 ,v1 #ae4 ,eh bien6 ,seigneur1 je jette tous mes soucis en votre sein1 pour vivre1 pour goter les merveilles de votre loi4 ,vous savez mon ignorance et ma faiblesse2 enseignez-moi1 gurissez-moi4 ,ce ,fils unique en qui sont cachs tous les trsors de la sagesse et de la science1 m'a rachet de son sang#bed2 loin de moi les calomnies des superbes4 ,je mdite ma ranon1 et je la mange1 et je la bois1 et je la distribue2 pauvre encore1 je dsire en tre rassasi avec ceux qui la mangent et en sont rassasis2 qui louent le ,seigneur parce qu'ils le cherchent#bee4 #bed ,coloss41 ,,ii1 #c4 #bee ,ps4 ,,xxi1 #bg4 ,,livre ,,onzi,,me ,il demande ,dieu l'intelligence des critures4 ,il cherche expliquer les premires paroles de la ,gense3 ,,dans ,,le ,,principe ,,dieu ,,fit ,,le ,,ciel ,,et ,,la ,,terre4 ,il rpond cette question3 ,que faisait ,dieu avant la cration du monde8--,point de temps avant la cration4--,qu'est-ce que le temps8 ,quelle est la mesure du temps8 ,i ,la confession de nos misres dilate notre amour4 ,eh quoi6 ce que je vous dis1 l'ignorez-vous donc1 ,dieu1 possesseur de l'ternit8 ,l'ignorez-vous1 ou avez-vous besoin du temps1 pour voir ce qui se passe dans le temps8 ,pourquoi donc vous prsenter le cours et la suite de tant de choses8 ,non pour vous les apprendre1 sans doute1 mais pour susciter vers vous dans mon cur et dans les curs qui me liront de nouvelles flammes1 afin qu'un seul cri s'lve3 ,le ,seigneur est grand et infiniment digne de louanges4 ,je l'ai dit1 et je le dis encore2 c'est l'amour de votre amour qui m'a suggr cette pense4 ,nous prions1 et cependant la vrit nous dit3 ,votre ,pre sait ce qu'il vous faut1 avant mme que vous lui demandiez rien#bef4 ,ainsi la confession de nos misres dilate notre amour pour vous2 elle appelle sur nous la misricorde qui doit consommer notre dlivrance et nous sortir de nous-mmes1 sjour de malheur1 pour nous faire entrer en vous1 souveraine batitude4 ,car vous nous avez appels la pauvret volontaire1 la douceur1 au besoin de la justice1 l'amour des larmes1 et de la compassion1 et de la puret intrieure1 et de la paix4 ,et je vous ai tout racont1 suivant mes forces et ma volont1 car vous avez voulu le premier que j'levasse jusqu' vous1 ,seigneur mon ,dieu1 les louanges de votre bont et de vos misricordes ternelles4 #bef ,matth41 ,,vi1 #h4 ,,ii ,il demande ,dieu l'intelligence des critures4 ,et ma plume serait-elle un organe capable de publier par quelles inspirations1 quelles saintes terreurs1 par quelles consolations1 quelles secrtes conduites vous m'avez amen au ministre de votre parole et la dispensation de vos sacrements8 ,et puis1 euss-je la force d'tre un narrateur fidle1 chaque goutte de temps me cote si cher6 ,et depuis longtemps je brle de mditer votre loi1 et de vous confesser cet gard mes lumires et mon ignorance1 les premiers reflets de vos rayons1 et la lutte des tnbres qui rgnent encore dans mon me1 jusqu' ce que ma faiblesse soit absorbe par votre force4 ,et je ne veux pas rpandre sur d'autres soins les heures de loisir que me laissent les besoins de la nature1 le dlassement ncessaire de l'esprit1 le service que nous devons aux hommes1 et celui que nous leur rendons sans leur devoir4 ,seigneur mon ,dieu1 prtez l'oreille ma prire2 que votre clmence exauce mon dsir4 ,ce n'est pas pour moi seul que ce cur palpite2 il se passionne encore pour l'intrt de ses frres4 ,et vous voyez dans ce cur qu'il est ainsi4 ,oh6 que je vous offre en sacrifice ce servage de penses et de paroles dont je suis redevable2 et donnez-moi de quoi vous offrir3 je suis indigent et pauvre1 et vous tes riche#beg pour tous ceux qui vous invoquent1 vous dont la ,providence veille sur nous dans une pleine scurit6 ,retranchez en moi toute tmrit1 tout mensonge1 par la circoncision du cur et des lvres4 ,que vos critures soient mes chastes dlices4 ,que je n'y trouve ni m'garer1 ni garer les autres4 ,voyez1 ,seigneur2 ayez piti1 ,seigneur mon ,dieu1 lumire des aveugles1 vertu des faibles2 encore leur lumire et leur vertu1 quand ils ont recouvr la vue et la force2 voyez mon me1 entendez ses cris du fond de l'abme4 ,car1 l mme1 si vous n'y tes pas aux coutes1 o adresser nos pas et nos cris8 #beg ,ps4 ,,cxxxv1 #a4 ,a vous est le jour1 vous est la nuit#beh4 ,d'un coup d'il1 vous rglez le vol des moments4 ,faites-moi largesse de temps pour mditer les secrets de votre loi2 ne la fermez pas ceux qui frappent4 ,car ce n'est pas en vain que vous avez dict tant de pages mystrieuses3 forts sacres1 n'ont-elles pas aussi leurs cerfs qui se retirent1 s'abritent1 courent1 se reposent1 paissent et ruminent sous leur ombre8 ,seigneur1 amenez-moi votre perfection1 rvlez-moi ces mystres4 ,oh6 votre parole est ma joie2 votre voix m'est plus douce que le charme des volupts4 ,donnez-moi ce que j'aime2 votre voix est mon amour1 et vous m'avez donn de l'aimer4 ,ne soyez pas infidle vos dons2 ne ddaignez pas votre pauvre plante que la soif dvore4 ,que je proclame votre gloire toutes mes dcouvertes dans vos saints livres6 ,que j'coute la voix1 de vos louanges6 ,que je m'enivre de vous1 en considrant les merveilles de votre loi1 depuis ce jour premier-n des jours o vous avez fait le ciel et la terre1 jusqu' notre avnement au royaume de votre cit sainte6 #beh ,ps4 ,,lxxiii1 #af4 ,seigneur1 ayez piti de moi1 exaucez mes vux4 ,rien de la terre1 je crois1 n'est leur objet2 ni l'or1 ni l'argent1 ni les pierres prcieuses1 ni le luxe1 ni les honneurs1 ni la puissance1 ni les plaisirs de la chair1 ni les besoins qui nous suivent dans le trajet de la vie2 toutes choses1 d'ailleurs donnes par surcrot qui cherche votre royaume et votre justice4 ,voyez1 ,seigneur mon ,dieu1 o s'lance mon dsir4 ,les impies m'ont racont leur ivresse2 mais qu'est-ce auprs de votre loi1 ,seigneur#bei8 ,et voil o mes vux aspirent4 ,voyez1 ,pre6 regardez et voyez2 que sous l'il propice de votre misricorde1 je frappe la porte de vos paroles saintes1 et que la grce m'ouvre leur sanctuaire4 ,je vous en conjure par ,notre-,seigneur ,jsus-,christ1 votre ,fils1 l'homme de votre droite1 fils de l'homme1 que vous vous tes fait mdiateur entre vous et nous1 par qui vous nous avez cherchs1 quand nous n'tions plus en qute de vous1 afin que cette sollicitude rveillt la ntre4 ,je vous en conjure1 au nom de votre ,verbe1 par qui vous avez fait toutes vos cratures1 dont je suis2 par qui vous avez appel l'adoption le peuple des croyants1 dont je suis encore2 au nom de ,celui qui est assis votre droite et y intercde pour nous1 en qui sont cachs tous les trsors de la sagesse et de la science2 c'est lui que je cherche dans vos livres saints4 ,mose a crit de lui4 ,c'est lui-mme1 c'est la ,vrit1 qui l'a dit4 #bei ,ps4 ,,cxviii1 #he4 ,,iii ,il implore la vrit1 qui a parl par ,mose4 ,oh6 que j'entende1 que je comprenne comment1 dans le ,,principe1 vous avez cr le ciel et la terre6 ,mose l'a crit2 il l'a crit et s'en est all2 il a pass1 s'en retournant vous2 et il n'est plus l pour que je le voie4 ,que n'est-il encore ici-bas6 je m'attacherais lui1 et je le supplierais1 et je le conjurerais en votre nom de me dvoiler ces mystres1 et j'ouvrirais une oreille avide aux accents de ses lvres4 ,s'il me rpondait dans la langue d',heber1 ce ne serait qu'un vain bruit qui frapperait mon organe1 sans faire impression mon esprit2 s'il me parlait dans la mienne1 je l'entendrais2 mais d'o saurais-je qu'il me dirait la vrit8 et1 quand je le saurais1 le saurais-je de lui8 ,non1 ce serait au dedans de moi1 dans la plus secrte rsidence de ma pense1 que la vrit mme1 qui n'est ni hbraque1 ni grecque1 ni latine1 ni barbare1 parlant sans organe1 sans voix1 sans murmure de syllabes1 me dirait3 ,il dit vrai2 et aussitt1 dans une pleine certitude1 je dirais ce saint serviteur3 ,tu dis vrai4 ,mais je ne puis l'interroger2 c'est donc vous1 ,vrit6 dont il tait plein2 c'est vous1 mon ,dieu1 que j'implore2 oubliez mes offenses1 et ce que vous avez donn d'crire votre grand prophte1 oh6 donnez-moi de l'entendre4 ,,iv ,le ciel et la terre nous crient qu'ils ont t crs4 ,et voil donc le ciel et la terre6 ,ils sont4 ,ils crient qu'ils ont t faits2 car ils varient et changent4 ,or ce qui est1 sans avoir t cr1 n'a rien en soi qui prcdemment n'ait point t1 caractre propre du changement et de la vicissitude4 ,et ils ne se sont pas faits2 leur voix nous crie3 ,c'est parce que nous avons t faits que nous sommes2 nous n'tions donc pas avant d'tre1 pour nous faire nous-mmes4 ,l'vidence est leur voix4 ,vous les avez donc crs1 ,seigneur2 vous tes beau1 et ils sont beaux2 vous tes bon1 et ils sont bons2 vous tes1 et ils sont4 ,mais ils n'ont ni la beaut1 ni la bont1 ni l'tre de la mme manire que vous1 ,crateur2 car1 auprs de vous1 ils n'ont ni beaut1 ni bont1 ni tre4 ,nous savons cela grce vous2 et notre science1 compare la vtre1 n'est qu'ignorance4 ,v ,l'univers cr de rien4 ,comment donc avez-vous fait le ciel et la terre1 et quelle machine avez-vous applique cette construction sublime8 ,l'artiste modle un corps sur un autre1 suivant la fantaisie de l'me qui a la puissance de raliser l'idal que l'il intrieur lui dcouvre en elle4 ,et d'o lui viendrait ce pouvoir1 si elle-mme n'tait votre ouvrage8 ,l'artisan faonne une matire prexistante1 ayant en soi de quoi devenir ce qu'il la fait1 comme la terre1 la pierre1 le bois ou l'or1 etc4 ,et d'o ces objets tiennent-ils leur tre1 si vous n'en tes le crateur8 ,c'est vous qui avez cr le corps de l'ouvrier1 et l'esprit qui commande ses organes2 vous tes l'auteur de cette matire qu'il travaille1 de cette intelligence qui conoit l'art1 et voit en elle ce qu'elle veut produire au dehors2 de ces sens1 interprtes fidles qui font passer dans l'ouvrage les conceptions de l'me et rapportent l'me ce qui s'est accompli1 afin qu'elle consulte la vrit1 juge intrieur1 sur la valeur de l'ouvrage4 ,toutes ces cratures vous glorifient1 et vous proclament le ,crateur du monde4 ,mais vous1 comment les avez-vous faites8 comment avez-vous fait le ciel et la terre1 ,dieu6 ,ce n'est ni sur la terre1 ni dans le ciel1 que vous avez fait le ciel et la terre2 ni dans les airs1 ni dans les eaux qui en dpendent4 ,ce n'est pas dans l'univers que vous avez cr l'univers2 o pouvait-il tre1 pour tre cr1 avant d'tre cr pour tre8 ,et vous n'aviez rien aux mains qui vous ft matire du ciel et de la terre4 ,eh6 d'o vous serait venue cette matire1 que vous n'eussiez pas cre pour en former votre ouvrage8 ,que dire1 enfin1 sinon que cela est1 parce que vous tes8 ,et vous avez parl1 et cela fut1 et votre seule parole a tout fait#bfj4 #bfj ,ps4 ,,xxxii1 #i1 #f4 ,,vi ,comment ,dieu a parl4 ,mais quelle a t cette parole8 ,s'est-elle forme comme cette voix descendue de la nue3 ,celui-ci est mon ,fils bien-aim#bfa8 ,cette voix retentit et passe2 elle commence et finit2 ses syllabes rsonnent et s'vanouissent1 la seconde aprs la premire1 la troisime aprs la seconde1 ainsi de suite1 jusqu' la dernire1 et le silence aprs elle4 ,il est donc vident et clair que cette voix fut l'expression d'une crature1 organe temporel de votre ternelle volont4 ,et l'oreille extrieure transmet ces paroles1 formes dans le temps1 l'me intelligente dont l'oreille intrieure s'approche de votre ,verbe ternel4 ,et l'me a compar ces accents fugitifs l'ternit silencieuse de votre ,verbe1 et elle s'est dit3 ,quelle diffrence6 les uns sont infiniment au-dessous de moi2 ils ne sont mme pas1 car ils fuient1 car ils passent2 mais au-dessus de moi1 le ,verbe de mon ,dieu demeure ternellement4 #bfa ,matth41 ,,iii1 #ag2 ,,xvii1 #e4 ,que si vous avez command par des paroles passagres comme leur son l'existence du ciel et de la terre1 si c'est ainsi que vous les avez faits1 il y avait donc dj1 avant le ciel et la terre1 quelque crature corporelle dont l'acte mesur par le temps ft vibrer cette voix dans la mesure du temps4 ,or1 nulle substance corporelle n'tait avant le ciel et la terre2 ou1 s'il en existait une1 il faut reconnatre que vous aviez form sans parole successive l'tre qui devait articuler votre commandement3 ,que le ciel et la terre soient2 car cet organe de vos desseins1 quel qu'il ft1 ne pouvait tre1 si vous ne l'eussiez fait4 ,or1 pour produire le corps dont ces paroles devaient sortir1 de quelle parole vous tes-vous servi8 ,,vii ,le ,verbe divin1 ,fils de ,dieu1 coternel au ,pre4 ,vous nous appelez donc plus haut2 vous nous appelez l'intelligence du ,verbe-,dieu1 ,dieu en vous1 ,verbe qui se prononce et prononce tout de toute ternit2 parole sans fin1 sans succession1 sans coulement2 qui dit ternellement1 et tout la fois1 toutes choses4 ,autrement le temps et la vicissitude seraient en vous1 et1 ds lors1 plus de vritable ternit1 plus de vritable immortalit4 ,il est ainsi1 je le sais1 mon ,dieu1 et grce vous6 ,je le sais1 et vous bnis1 ,seigneur1 et1 avec moi1 quiconque n'a pas un cur ingrat pour le bienfait clatant de votre lumire4 ,nous savons1 ,seigneur1 nous savons que1 n'tre plus ce qu'on tait1 tre ce qu'on n'tait pas1 c'est l natre et mourir4 ,aussi1 rien en votre ,verbe ne passe1 rien ne succde1 parce qu'il est immortel1 parce qu'il est ternel en vrit4 ,et c'est par ce ,verbe1 coternel avec vous1 que vous dites1 de toute ternit1 et tout la fois1 tout ce que vous dites1 et qu'il est ainsi que vous dites4 ,et votre parole est votre seule action2 et nanmoins ce n'est ni tout la fois1 ni de toute ternit1 que s'est accomplie l'uvre de votre parole4 ,,viii ,le ,verbe ternel est notre unique matre4 ,eh6 comment cela1 ,seigneur mon ,dieu8 ,j'entrevois bien quelque chose1 mais comment l'exprimer8 je l'ignore4 ,n'est-ce point que tout tre qui commence et finit ne commence et ne finit d'tre qu'au temps o la raison1 en qui rien ne finit1 rien ne commence1 la raison ternelle connat qu'il doit commencer ou finir8 ,et cette raison1 c'est votre ,verbe1 le principe de tout1 la voix intrieure qui nous parle1 comme lui-mme l'a dit dans l'vangile par la voix de la chair2 comme il l'a fait entendre humainement l'oreille des hommes1 afin que l'on crt en lui1 qu'on le chercht intrieurement1 et qu'on le trouvt dans l'ternelle vrit1 o ce bon1 cet unique matre des mes enseigne tous ses disciples4 ,c'est l1 ,seigneur1 que j'entends votre voix me dire que la vraie parole est celle qui nous enseigne1 et que la parole qui n'enseigne pas n'est plus une parole4 ,or1 qui nous enseigne1 sinon l'immuable vrit8 car la crature changeante ne nous instruit qu'en tant qu'elle nous amne cette ,vrit stable1 notre lumire1 notre appui1 notre joie1 la voix de l'poux qui nous runit notre principe4 ,et il est ce principe1 et sans son immuable permanence nous ne saurions o revenir de nos garements4 ,or1 quand nous revenons de l'erreur1 c'est la connaissance qui nous ramne2 et il nous enseigne cette connaissance1 parce qu'il est le principe et la voix qui nous parle4 ,,ix ,le ,verbe parle notre cur4 ,c'est dans ce principe1 ,dieu1 que vous avez fait le ciel et la terre2 c'est dans votre ,verbe1 votre ,fils1 votre vertu1 votre sagesse1 votre vrit1 par une parole1 par une opration admirable4 ,qui pourra comprendre cette merveille8 qui pourra la raconter8 ,quelle est cette lumire qui par intervalle m'claire1 et frappe mon cur sans le blesser2 le glace d'pouvante1 et l'embrase d'amour3 pouvante1 en tant que je suis si loin2 amour1 en tant que je suis plus prs d'elle8 ,c'est la ,sagesse1 la ,sagesse elle-mme1 dont le rayon dchire par intervalle les nuages de mon me1 qui1 souvent infidle cette lumire1 retombe dans ses tnbres1 sous le fardeau de son supplice3 car ma dtresse a puis mes forces2 je suis incapable mme de porter mon bonheur1 tant que votre piti1 ,seigneur1 secourable mes iniquits1 n'aura pas guri toutes mes langueurs4 ,mais vous rachterez ma vie de la corruption2 vous me couronnerez de compassion et de misricorde2 vous rassasierez de vos biens tout mon dsir1 et ma jeunesse sera renouvele comme celle de l'aigle#bfb2 car l'esprance est notre salut2 et nous attendons vos promesses en patience4 ,entende en soi qui pourra votre parole intrieure2 moi je m'crie1 sur la foi de votre oracle3 ,que vos uvres sont glorieuses1 ,seigneur#bfc6 ,vous avez tout fait dans votre ,sagesse4 ,elle est le principe2 et c'est dans ce principe que vous avez cr le ciel et la terre4 #bfb ,ps4 ,,cii1 #c1 #e4 #bfc ,ps4 ,,ciii1 #bd4 ,x ,la volont de ,dieu n'a pas de commencement4 ,ne sont-ils pas tous remplis de leur vtust1 ceux qui nous disent3 ,que faisait ,dieu avant de crer le ciel et la terre8 ,s'il demeurait dans l'inaction1 pourquoi en est-il sorti8 pourquoi y est-il rentr8 ,s'il s'est accompli en ,dieu un acte nouveau1 une volont nouvelle1 pour donner l'tre une crature qui n'tait pas sortie du nant1 est-il une ternit vraie l o nat une volont qui n'tait pas8 car la volont de ,dieu n'est pas la crature1 elle est antrieure la crature4 ,nulle cration sans prexistence de la volont cratrice4 ,la volont de ,dieu appartient donc sa substance4 ,que s'il est survenu dans la substance divine quelque chose de nouveau1 on ne peut plus en vrit la dire ternelle4 ,et si ,dieu a voulu de toute ternit l'existence de la crature1 pourquoi1 elle aussi1 n'est-elle pas ternelle8 ,,xi ,le temps ne saurait tre la mesure de l'ternit4 ,ceux qui parlent ainsi ne vous comprennent pas encore1 ,sagesse de ,dieu1 lumire des esprits2 ils ne comprennent pas comment vous crez1 en vous1 et par vous-mme1 et ils aspirent la science de votre ternit2 mais leur cur flotte sur les vagues du pass et de l'avenir1 la merci de la vanit4 ,qui l'arrtera1 ce cur1 qui le fixera pour qu'il s'ouvre1 stable un jour1 l'intuition des splendeurs de l'immobile ternit1 qu'il la compare la mobilit des temps1 et trouve toute comparaison impossible2 qu'il ne voie dans la dure qu'une succession de mouvements qui ne peuvent se dvelopper la fois2 observant1 au contraire1 que rien de l'ternit ne passe1 et qu'elle demeure toute prsente1 tandis qu'il n'est point de temps qui soit tout entier prsent2 car l'avenir suit le pass qu'il chasse devant lui2 et tout pass1 tout avenir tient son tre et son cours de l'ternit toujours prsente4 ,qui fixera le cur de l'homme1 afin qu'il demeure et considre comment ce qui demeure1 comment l'ternit1 jamais passe1 jamais future1 dispose et du pass et de l'avenir8 ,est-ce ma main1 est-ce ma parole1 la main de mon esprit1 qui aurait cette puissance8 ,,xii ,ce que ,dieu faisait avant la cration du monde4 ,et je rponds cette demande3 ,que faisait ,dieu avant de crer le ciel et la terre8 ,je rponds1 non comme celui qui luda1 dit on1 les assauts d'une telle question par cette plaisanterie3 ,dieu prparait des supplices aux sondeurs de mystres4 ,rire n'est pas rpondre4 ,et je ne rponds pas ainsi4 ,et j'aimerais mieux confesser mon ignorance1 que d'appeler la raillerie sur une demande profonde1 et l'loge sur une rponse ridicule4 ,mais je dis1 mon ,dieu1 que vous tes le pre de toute crature1 et s'il faut entendre toute crature par ces noms du ciel et de la terre1 je le dclare hautement3 avant de crer le ciel et la terre1 ,dieu ne faisait rien4 ,car ce qu'il et pu faire alors1 ne saurait tre que crature4 ,oh6 que n'ai-je la connaissance de tout ce qu'il m'importe de connatre1 comme je sais que la crature n'tait pas avant la cration6 ,,xiii ,point de temps avant la cration4 ,un esprit lger s'lance dj peut-tre dans un pass de sicles imaginaires1 et s'tonne que le ,tout-,puissant1 crateur et conservateur du monde1 l'architecte du ciel et de la terre1 ait laiss couler un ocan d'ges infinis sans entreprendre ce grand ouvrage4 ,qu'il sorte de son sommeil1 et considre l'inanit de son tonnement6 ,car d'o serait venu ce cours de sicles sans nombre dont vous n'eussiez pas t l'auteur1 vous1 l'auteur et le fondateur des sicles8 ,quel temps et pu tre1 sans votre institution8 ,et comment se ft-il coul1 ce temps qui n'et pu tre8 ,puisque vous tes l'artisan de tous les temps1 si l'on suppose quelque temps avant que vous eussiez cr le ciel et la terre1 pourquoi donc prtendre que vous demeuriez dans l'inaction8 ,car ce temps mme tait votre ouvrage1 et nul temps n'a pu courir avant que vous eussiez fait le temps4 ,que si avant le ciel et la terre il n'tait point de temps1 pourquoi demander ce que vous faisiez ,,alors8 ,car1 o le ,,temps n'tait pas1 ,,alors ne pouvait tre2 et ce n'est point par le temps que vous prcdez les temps1 autrement vous ne seriez pas avant tous les temps4 ,mais vous prcdez les temps passs par l'minence de votre ternit toujours prsente2 vous dominez les temps venir1 parce qu'ils sont venir1 et qu'aussitt venus1 ils seront passs4 ,et vous1 vous tes toujours le mme1 et vos annes ne s'vanouissent point#bfd4 #bfd ,ps4 ,,ci1 #bh4 ,vos annes ne vont ni ne viennent1 et les ntres vont et viennent afin d'arriver toutes4 ,vos annes demeurent toutes la fois1 parce qu'elles demeurent4 ,elles ne se chassent pas pour se succder1 parce qu'elles ne passent pas4 ,et les ntres ne seront toutes que lorsque toutes auront cess d'tre4 ,vos annes ne sont qu'un jour2 et ce jour est sans semaine1 il est aujourd'hui2 et votre aujourd'hui ne cde pas au lendemain1 il ne succde pas la veille4 ,votre aujourd'hui1 c'est l'ternit4 ,ainsi vous avez engendr coternel vous-mme ,celui qui vous avez dit3 ,je t'ai engendr aujourd'hui#bfe4 ,vous avez fait tous les temps1 et vous tes avant tous les temps1 et il ne fut pas de temps o le temps n'tait pas4 #bfe ,ps4 ,,ii1 #g2 ,hebr41 ,v1 #e4 ,,xiv ,qu'est-ce que le temps8 ,il n'y a donc pas eu de temps o vous n'ayez rien fait1 puisque vous aviez dj fait le temps4 ,et nul temps ne vous est coternel1 car vous demeurez2 et si le temps demeurait1 il cesserait d'tre temps4 ,qu'est-ce donc que le temps8 ,qui pourra le dire clairement et en peu de mots8 ,qui pourra le saisir mme par la pense1 pour traduire cette conception en paroles8 ,quoi de plus connu1 quoi de plus familirement prsent nos entretiens1 que le temps8 ,et quand nous en parlons1 nous concevons ce que nous disons2 et nous concevons ce qu'on nous dit quand on nous en parle4 ,qu'est-ce donc que le temps8 ,si personne ne m'interroge1 je le sais2 si je veux rpondre cette demande1 je l'ignore4 ,et pourtant j'affirme hardiment1 que si rien ne passait1 il n'y aurait point de temps pass2 que si rien n'advenait1 il n'y aurait point de temps venir1 et que si rien n'tait1 il n'y aurait point de temps prsent4 ,or1 ces deux temps1 le pass et l'avenir1 comment sont-ils1 puisque le pass n'est plus1 et que l'avenir n'est pas encore8 ,pour le prsent1 s'il tait toujours prsent sans voler au pass1 il ne serait plus temps1 il serait l'ternit4 ,si donc le prsent1 pour tre temps1 doit s'en aller en pass1 comment pouvons-nous dire qu'une chose soit1 qui ne peut tre qu' la condition de n'tre plus8 ,et peut-on dire1 en vrit1 que le temps soit1 sinon parce qu'il tend n'tre pas8 ,,xv ,quelle est la mesure du temps8 ,et cependant nous disons qu'un temps est long et qu'un temps est court1 et nous ne le disons que du pass et de l'avenir2 ainsi1 par exemple1 cent ans passs1 cent ans venir1 voil ce que nous appelons longtemps2 et1 peu de temps1 dix jours couls1 dix jours attendre4 ,mais comment peut tre long ou court ce qui n'est pas8 car le pass n'est plus1 et l'avenir n'est pas encore4 ,cessons donc de dire3 ,ce temps est long2 disons du pass3 il a t long2 et3 il sera long1 de l'avenir4 ,seigneur1 mon ,dieu1 ma lumire1 votre ,vrit ne se moquera-t-elle pas de l'homme1 de ce nant qui parle ainsi8 ,car ce long pass1 est-ce quand il tait dj pass qu'il a t long1 ou quand il tait encore prsent8 ,en effet1 il n'a pu tre long que tant qu'il fut quelque chose qui pt tre long4 ,mais pass1 il n'tait dj plus2 et comment pouvait-il tre long1 lui qui n'avait plus d'tre8 ,ne disons plus donc3 ,le pass a t long2 car nous ne retrouverons pas ce qui a t long1 puisque1 du moment o il passe1 il n'est plus4 ,disons3 ,ce temps prsent a t long1 car il tait long en tant que prsent4 ,il ne s'tait pas encore coul au non-tre1 il tait donc quelque chose qui pouvait tre long4 ,mais aussitt qu'il a pass1 aussitt il a cess d'tre long1 en cessant d'tre4 ,voyons donc1 me de l'homme1 si le temps prsent peut tre long2 car tu as reu la facult de concevoir et de mesurer ses pauses4 ,que vas-tu me rpondre8 ,est-ce un long temps que cent annes prsentes8 ,vois d'abord si cent annes peuvent tre prsentes6 ,est-ce la premire qui s'accomplit8 elle seule est prsente2 les quatre-vingt-dix-neuf autres sont venir2 et partant1 ne sont pas encore4 ,est-ce la seconde8 il en est une dj passe1 une prsente2 le reste est futur4 ,ainsi de toute anne que nous fixerons comme prsente dans la rvolution d'un sicle2 tout ce qui la devance est pass2 tout ce qui la suit est futur4 ,cent annes ne sauraient donc tre prsentes4 ,mais vois si du moins l'anne actuelle est elle-mme prsente4 ,est-ce son premier mois qui court8 les autres sont venir4 ,est-ce le second1 le premier est dj pass2 le reste n'est pas encore2 ainsi1 l'anne actuelle n'est pas tout entire prsente3 et partant1 ce n'est pas une anne prsente2 car l'anne1 c'est douze mois1 dont chacun1 son tour est prsent2 le reste1 pass ou futur4 ,et le mois courant1 mme1 n'est pas prsent1 mais un seul de ses jours4 ,est-il le premier8 le reste est dans l'avenir4 ,est-il le dernier8 le reste est dans le pass4 ,est-il intermdiaire8 il est entre ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore4 ,voil donc ce temps prsent que nous avons trouv1 le seul qu'on pt appeler long2 le voil rduit peine l'espace d'un jour4 ,et ce jour mme1 encore1 discutons-le2 non1 ce seul jour n'est pas tout entier prsent3 car il s'accomplit en vingt-quatre heures1 douze de jour1 douze de nuit1 dont la premire prcde1 et la dernire suit toutes les autres1 l'intermdiaire suit et prcde4 ,et cette mme heure se compose elle-mme de parcelles fugitives4 ,tout ce qui s'en dtache1 s'envole dans le pass2 ce qui en reste est avenir4 ,que si l'on conoit un point dans le temps1 sans division possible de moment1 c'est ce point-l seul qu'on peut nommer prsent4 ,et ce point vole rapide de l'avenir au pass1 dure sans tendue2 car1 s'il est tendu1 il se divise en pass et avenir4 ,ainsi1 le prsent est sans tendue4 ,o donc est le temps que nous puissions appeler long8 ,est-ce l'avenir6 ,non2 car il ne peut tre long sans tre4 ,nous disons donc3 ,il sera long4 ,mais quand le sera-t-il8 ,non sans doute tant qu'il sera avenir1 n'tant pas encore1 pour tre long4 ,que s'il ne doit tre long qu'au moment o1 de futur1 il commencera d'tre ce qu'il n'est pas encore1 c'est--dire prsent1 ayant un tre1 et de quoi tre long1 n'oublions pas que le prsent nous a cri haute voix3 ,non1 je ne saurais tre long4 ,,xvi ,comment se mesure le temps8 ,et pourtant1 ,seigneur1 nous apercevons bien les intervalles des temps1 nous les comparons entre eux1 et nous disons les uns plus longs1 les autres plus courts2 nous mesurons encore la diffrence2 nous la mesurons double1 triple1 etc41 ou nous affirmons l'galit4 ,mais notre aperception qui mesure les temps ne mesure que leur passage3 car le pass1 qui n'est plus1 l'avenir1 qui n'est pas encore1 peuvent-ils se mesurer1 moins que l'on ne prtende que le nant soit mesurable8 ,ce n'est donc que dans sa fuite que le temps s'aperoit et se mesure4 ,est-il pass8 il n'est point mesurable1 car il n'est plus4 ,,xvii ,o est le pass1 o est l'avenir8 ,je cherche1 ,pre1 je n'affirme rien2 mon ,dieu1 soyez l'arbitre et le guide de mes efforts4 ,qui oserait me dire qu'il n'existe pas trois temps1 comme notre enfance l'a appris1 comme nous l'enseignons l'enfance3 le pass1 le prsent et l'avenir1 mais que le prsent seul existe1 les deux autres n'tant point8 ,ou bien faut-il dire qu'ils sont1 et que le temps sort d'une retraite inconnue1 quand1 de futur1 il devient prsent1 et qu'il rentre dans une autre galement inconnue1 quand1 de prsent1 il devient pass8 ,car si l'avenir n'est pas encore1 o donc l'ont vu ceux qui l'ont prdit8 ,ce qui n'est pas peut-il se voir8 ,et les narrateurs du pass seraient-ils vrais1 si ce pass n'tait visible leur esprit6 ,et pourraient-ils se voir l'un et l'autre1 s'ils n'taient que pur nant4 ,il faut donc que le pass et l'avenir aient un tre4 ,,xviii ,comment le pass et l'avenir sont prsents4 ,permettez-moi1 ,seigneur1 de chercher encore4 ,o mon esprance1 loignez le trouble de mes efforts4 ,s'il est vrai que l'avenir et le pass soient1 o sont-ils8 ,si cette connaissance est encore au-dessus de moi1 je sais pourtant que1 o qu'ils soient1 ils n'y sont ni pass ni futur1 mais prsent3 le futur1 comme tel1 n'y est pas encore2 le pass1 comme tel1 n'y est dj plus4 ,o donc qu'ils soient1 quels qu'ils soient1 ils ne sont qu'en tant que prsent4 ,ainsi dans un rcit vritable d'vnements passs1 la mmoire ne reproduit pas les ralits qui ne sont plus1 mais les mots ns des images qu'elles ont laisses en passant par nos sens1 comme les traces de leurs pas4 ,mon enfance vanouie est dans le pass1 vanoui comme elle4 ,mais quand j'y pense1 quand j'en parle1 je revois son image dans le temps prsent1 parce qu'elle est encore dans ma mmoire4 ,est-ce ainsi que se prdit l'avenir8 ,est-ce en prsence d'images1 messagres de ce qui n'es pas encore8 ,mon ,dieu1 je confesse ici mon ignorance4 ,mais1 ce dont je suis certain1 c'est que d'ordinaire nous prmditons nos actes futurs2 que cette prmditation est prsente1 tandis que l'acte prmdit1 en tant que futur1 n'est pas encore4 ,notre prmditation commenant se raliser l'acte sera1 non plus venir1 mais prsent4 ,quel que soit donc ce secret pressentiment de l'avenir1 on ne saurait voir que ce qui est4 ,or1 ce qui est dj1 n'est point venir1 mais prsent4 ,ainsi1 voir l'avenir1 ce n'est pas voir ces ralits futures qui ne sont pas encore1 mais peut-tre les causes et les symptmes qui existent dj1 prmices de l'avenir dj prsentes aux regards de la pense qui le conoit2 cette conception est dj dans l'esprit1 et elle est prsente la vision prophtique4 ,une preuve loquente entre tant de tmoignages3 je vois l'aurore et je prdis le lever du soleil4 ,ce que je vois est prsent1 ce que je prdis est futur2 non pas le soleil qui est dj1 mais son lever qui n'est pas encore2 et si mon esprit ne se l'imaginait1 comme au moment o j'en parle1 cette prdiction serait impossible4 ,or1 cette aurore1 que je vois dans le ciel1 n'est pas le lever du soleil1 quoiqu'elle le devance1 non plus que cette image que je vois dans mon esprit1 mais leur prsence concidente me fait augurer le phnomne futur4 ,ainsi1 l'avenir n'est pas encore2 donc il n'est pas1 donc il ne peut se voir2 mais il se peut prdire d'aprs des circonstances dj prsentes et visibles4 ,,xix ,de la prescience de l'avenir4 ,mais dites1 ,monarque souverain de votre cration1 comment enseignez-vous aux mes les vnements futurs8 ,ne les avez-vous pas rvls vos prophtes8 ,dites1 comment enseignez-vous l'avenir1 vous pour qui rien n'est avenir2 ou1 plutt1 comment enseignez-vous ce qui de l'avenir est dj prsent8 ,car le nant pourrait-il s'enseigner8 ,c'est un secret1 je le sens1 suprieur mon intelligence2 faible par elle-mme1 ma vue n'y saurait atteindre2 mais vous serez sa force1 si vous voulez1 douce lumire des yeux de mon me6 ,,xx ,quel nom donner aux diffrences du temps8 ,or1 ce qui devient vident et clair1 c'est que le futur et le pass ne sont point2 et1 rigoureusement1 on ne saurait admettre ces trois temps3 pass1 prsent et futur4 ,mais peut-tre dira-t-on1 avec vrit3 ,il y a trois temps1 le prsent du pass1 le prsent du prsent et le prsent de l'avenir4 ,car ce triple mode de prsence existe dans l'esprit2 je ne le vois pas ailleurs4 ,le prsent du pass1 c'est la mmoire2 le prsent du prsent1 c'est l'attention actuelle2 le prsent de l'avenir1 c'est son attente4 ,si l'on m'accorde de l'entendre ainsi1 je vois et je confesse trois temps2 et que l'on dise encore1 par un abus de l'usage3 ,il y a trois temps1 le pass1 le prsent et l'avenir2 qu'on le dise1 peu m'importe2 je ne m'y oppose pas1 j'y consens1 pourvu qu'on entende ce qu'on dit1 et que l'on ne pense point que l'avenir soit dj1 que le pass soit encore4 ,nous avons bien peu de locutions justes1 beaucoup d'inexactes2 mais on ne laisse pas d'en comprendre l'intention4 ,,xxi ,comment mesurer le temps8 ,nous mesurons le temps son passage1 ai-je dit plus haut2 en sorte que nous pouvons affirmer qu'un temps est double d'un autre1 ou gal un autre1 ou tel autre rapport que cette mesure exprime4 ,ainsi donc c'est son passage que nous mesurons le temps4 ,d'o le sais-tu8 dira-t-on peut-tre4 ,je sais1 rpondrai-je1 que nous le mesurons1 que nous ne saurions mesurer ce qui n'est pas1 et que le pass ou l'avenir n'est qu'un nant4 ,or1 comment mesurons-nous le temps prsent1 puisqu'il est sans tendue8 ,il ne se mesure qu' son passage2 pass1 il ne se mesure plus2 car il n'est plus rien de mesurable4 ,mais d'o vient1 par o passe1 o va le temps1 quand on le mesure8 ,d'o1 sinon de l'avenir8 ,par o1 sinon par le prsent8 ,o1 sinon dans le pass8 ,sorti de ce qui n'est pas encore1 il passe par l'intendu pour arriver ce qui n'est plus4 ,comment donc mesurer le temps1 si ce n'est par certains espaces8 ,ces distinctions des temps simples1 doubles1 triples ou gaux1 qu'est-ce autre chose que des espaces de temps8 ,quel espace est donc pour nous la mesure du temps qui passe8 ,est-ce l'avenir d'o il vient8 ,mais mesure-t-on ce qui n'est pas encore8 ,est-ce le prsent par o il passe8 ,mais l'intendu se mesure-t-il8 ,est-ce le pass o il entre8 ,mais comment mesurer ce qui n'est plus8 ,,xxii ,il demande ,dieu la connaissance de ce mystre4 ,mon esprit brle de connatre cette nigme profonde4 ,je vous en conjure1 ,seigneur mon ,dieu1 mon bon pre1 je vous en conjure au nom du ,christ1 ne fermez pas mon dsir l'accs d'une question si ordinaire et si mystrieuse4 ,laissez-moi pntrer dans ses replis2 que la lumire de votre misricorde les claire1 ,seigneur6 ,a qui m'adresser8 quel autre confesser plus utilement mon ignorance qu' vous1 ,dieu1 qui ne dsapprouvez pas le zle ardent o m'emporte l'tude de vos critures8 ,donnez-moi ce que j'aime4 ,car j'aime1 et vous m'avez donn d'aimer4 ,donnez-moi mon amour1 ,pre qui savez ne donner que de vrais biens vos fils#bff4 ,donnez-moi de connatre cette vrit que je poursuis4 ,c'est une porte ferme tous mes labeurs1 si vous ne l'ouvrez vous-mme4 #bff ,matth41 ,,vii1 #b4 ,par le ,christ1 au nom du ,saint des saints1 je vous en conjure1 que nul ne me trouble ici4 ,je crois1 et ma foi inspire ma parole#bfg4 ,j'espre et je ne vis qu' l'esprance de contempler les dlices du ,seigneur4 ,et vous avez fait mes jours prissables1 et ils passent#bfh4 ,et comment8 ,je l'ignore4 ,et nous avons sans cesse la bouche ces mots3 poque et temps4 ,combien de temps a-t-il mis ce discours1 cette uvre8 ,qu'il y a longtemps que je n'ai vu cela6 ,et1 cette syllabe longue est le double de temps de cette brve4 ,nous parlons et on nous parle tous les jours ainsi2 nous comprenons et sommes compris4 ,rien de plus clair et de plus usit2 rien en mme temps de plus cach2 rien1 jusqu'ici1 de plus impntrable4 #bfg ,ps4 ,,cxx1 #a4 #bfh ,ps4 ,,xxxviii1 #f4 ,,xxiii ,nature du temps4 ,j'ai entendu dire un savant que le temps1 c'est le mouvement du soleil1 de la lune et des astres2 je ne suis pas de cet avis2 car1 pourquoi le mouvement de tout autre corps ne serait-il pas le temps8 ,quoi6 le cours des astres demeurant suspendu1 si la roue d'un potier continuait tourner1 n'y aurait-il plus de temps pour mesurer ses tours8 ,ne nous serait-il plus possible d'exprimer l'galit de leurs intervalles ou la diffrence de leurs mouvements1 si les vitesses sont diffrentes8 ,et en nonant ces rapports1 ne serait-ce pas dans le temps que nous parlerions8 ,n'y aurait-il dans nos paroles ni longues1 ni brves8 ,et comment les reconnatre1 sinon l'ingale dure de leur son8 ,o ,dieu6 accordez l'homme de trouver en un point la lumire qui lui dcouvre toute grandeur et toute petitesse6 ,il est1 je le sais1 des astres et des flambeaux clestes qui mesurent les saisons1 les temps1 les annes et les jours#bfi4 ,c'est une vrit1 et je ne prtendrais jamais que le mouvement de cette roue du potier ft notre jour1 sans lui refuser toutefois d'tre un temps1 n'en dplaise ce philosophe4 ,ce que je veux savoir1 moi1 c'est la puissance et la nature du temps1 qui nous sert de mesure aux mouvements des corps1 et nous permet de dire1 par exemple3 ,tel mouvement dure une fois plus que tel autre2 car1 enfin1 le jour n'est pas seulement la prsence rapide du soleil sur l'horizon1 mais encore le cercle qu'il dcrit de l'orient l'orient1 et qui rgle le nombre des jours couls1 les nuits mmes comprises1 dont le compte n'est jamais spar4 ,ainsi1 le jour n'tant accompli que par le mouvement du soleil et sa rvolution d'orient en orient1 est-ce le mouvement1 est-ce la dure du mouvement1 est-ce l'un et l'autre ensemble qui forment le jour8 ,est-ce le mouvement8 ,alors1 une heure serait le jour1 si cet espace de temps suffisait au soleil pour achever sa carrire4 ,est-ce le jour entier8 ,alors il n'y aurait point de jour si1 d'un lever l'autre1 il ne s'coulait pas plus d'une heure1 et s'il fallait vingt-quatre rvolutions solaires pour former le jour4 ,est-ce la fois le mouvement et le temps8 ,alors le soleil accomplirait son tour en une heure1 et1 suppos qu'il s'arrtt1 le mme intervalle que sa course mesure d'un matin l'autre se serait coul1 qu'il n'y aurait pas eu de vritable jour4 #bfi ,gen41 ,i1 #ad4 ,ainsi1 je ne me demande plus1 qu'est-ce qu'on nomme le jour1 mais qu'est-ce que le temps3 ce temps1 mesure du mouvement solaire1 que nous dirions moindre de moiti1 si douze heures avaient suffi au parcours de l'espace accoutum8 ,en comparant cette diffrence de temps1 ne dirions-nous pas que l'un est double de l'autre1 lors mme que la course du soleil d'orient en orient serait tantt plus longue1 tantt plus courte de moiti8 ,qu'on ne vienne donc plus me dire3 ,le temps1 c'est le mouvement des corps clestes4 ,quand le soleil s'arrta la prire d'un homme1 pour lui laisser le loisir d'achever sa victoire1 le temps s'arrta-t-il avec le soleil1 et n'est-ce point dans l'espace de temps ncessaire que le combat se continua et finit8 ,je vois donc enfin que le temps est une sorte d'tendue4 ,mais n'est-ce pas une illusion8 suis-je bien certain de le voir8 ,o vrit1 lumire6 clairez-moi4 ,,xxiv ,le temps est-il la mesure du mouvement8 ,si l'on me dit3 ,le temps1 c'est le mouvement des corps1 m'ordonnez-vous de le croire8 ,non1 vous ne l'ordonnez pas4 ,nul corps ne saurait se mouvoir que dans le temps4 ,vous le dites1 et je l'entends2 mais que ce mouvement soit le temps1 c'est ce que je n'entends pas2 ce n'est pas vous qui le dites4 ,lorsque1 en effet1 un corps se meut1 c'est par le temps que je mesure la dure de ce mouvement1 depuis son origine jusqu' sa fin4 ,si je ne l'ai pas vu commencer1 et si sa dure ne me permet pas de le voir finir1 il n'est point en ma puissance de le mesurer1 si ce n'est peut-tre du moment o j'ai commenc celui o j'ai cess de le voir4 ,si je l'ai vu longtemps1 j'affirme la longueur du temps sans la dterminer2 car cette dtermination suppose un rapport de diffrence ou d'galit4 ,si1 suppos un mouvement circulaire1 nous pouvions remarquer le point de l'espace o prend sa course et o la termine le corps mobile1 ou l'une de ses parties1 nous pourrions dire en combien de temps s'est accompli1 de tel point tel autre1 le mouvement de ce corps ou de l'une de ses parties4 ,ainsi le mouvement d'un corps tant distinct de la mesure de sa dure1 peut-on chercher encore qui appartient le nom de temps8 ,souvent ce corps se meut d'un mouvement ingal1 souvent il demeure en repos1 et le temps n'est pas moins la mesure de son repos que de son mouvement4 ,et nous disons3 ,son immobilit a dur autant1 deux ou trois fois plus1 deux ou trois fois moins que son mouvement2 et1 nous le disons1 d'aprs une mesure exacte ou approximative4 ,donc le mouvement des corps n'est pas le temps4 ,,xxv ,allumez ma lampe1 ,seigneur1 clairez mes tnbres4 ,et je vous le confesse1 ,seigneur1 j'ignore encore ce que c'est que le temps2 et pourtant1 ,seigneur1 je vous le confesse aussi1 je n'ignore point que c'est dans le temps que je parle1 et qu'il y a dj longtemps que je parle du temps1 et que ce long temps est une certaine teneur de dure4 ,eh6 comment donc puis-je le savoir1 ignorant ce que c'est que le temps8 ,ne serait-ce point que je ne sais peut-tre comment exprimer ce que je sais8 ,malheureux que je suis1 j'ignore mme ce que j'ignore6 ,mais vous tes tmoin1 ,seigneur1 que le mensonge est loin de moi4 ,mon cur est comme ma parole4 ,allumez ma lampe1 ,seigneur mon ,dieu1 clairez mes tnbres#bgj4 #bgj ,ps4 ,,xvii1 #be4 ,,xxvi ,le temps n'est pas la mesure du temps4 ,mon me ne vous fait-elle pas un aveu sincre quand elle dclare en votre prsence qu'elle mesure le temps8 ,est-il donc vrai1 mon ,dieu1 que je le mesure1 sans connatre ce que je mesure8 ,je mesure le mouvement des corps par le temps1 et le temps lui-mme1 ne saurais-je le mesurer8 ,et me serait-il possible de mesurer la dure et l'tendue d'un mouvement1 sans mesurer le temps o il s'accomplit8 ,mais sur quelle mesure puis-je apprcier le temps mme8 ,un temps plus long est-il la mesure d'un plus court1 comme la coude est la mesure d'une solive8 comme une syllabe longue nous parat tre la mesure d'une brve1 quand nous disons que l'une est double de l'autre2 comme la longueur d'un pome s'value sur la longueur des vers1 la longueur des vers sur celle des pieds1 la longueur des pieds sur celle des syllabes1 et les syllabes longues sur les brves8 valuation qui ne repose pas sur l'tendue des pages1 car elle serait alors mesure d'espace2 et non plus mesure de temps4 ,mais lorsque les paroles passent1 en les prononant nous disons3 ,ce pome est long1 il se compose de tant de vers2 ces vers sont longs1 ils se tiennent sur tant de pieds2 ces pieds sont longs1 ils renferment tant de syllabes2 cette syllabe est longue1 car elle est double d'une brve4 ,toutefois1 ce n'est pas encore l une mesure certaine du temps2 car un vers plus court prononc lentement1 peut avoir plus de dure qu'un long dbit plus vite2 ainsi d'un pome1 d'un pied1 d'une syllabe4 ,d'o j'infre que le temps n'est qu'une tendue4 ,mais quelle est la substance de cette tendue8 ,je l'ignore4 ,et ne serait-ce pas mon esprit mme8 ,car1 mon ,dieu6 qu'est-ce que je mesure1 quand je dis indfiniment3 ,tel temps est plus long que tel autre2 ou dfiniment ce temps est double de celui-l8 ,c'est bien le temps que je mesure1 j'en suis certain2 mais ce n'est point l'avenir1 qui n'est pas encore2 ce n'est point le prsent1 qui est intendu2 ce n'est point le pass1 qui n'est plus4 ,qu'est-ce donc que je mesure8 ,je l'ai dit2 ce n'est point le temps pass1 c'est le passage du temps4 ,,xxvii ,comment nous mesurons le temps4 ,courage1 mon esprit2 redouble d'attention et d'efforts6 ,dieu est notre aide2 nous sommes son ouvrage et non pas le ntre2 attention o l'aube de la vrit commence poindre4 ,une voix corporelle se fait entendre2 le son continue1 et puis il cesse4 ,et voil le silence2 et la voix est passe2 et il n'y a plus rien3 avant le son elle tait venir1 et ne pouvait se mesurer1 n'tant pas encore2 elle ne le peut plus1 n'tant plus4 ,elle le pouvait donc1 quand elle vibrait1 puisqu'elle tait2 sans stabilit toutefois2 car elle venait et passait4 ,et n'est-ce point cette instabilit mme qui la rendait mesurable8 ,son passage ne lui donnait-il pas une tendue dans certain espace de temps1 qui formait sa mesure1 le prsent tant sans espace8 ,s'il en est ainsi1 coute2 voici une nouvelle voix3 elle commence1 se soutient et continue sans interruption3 mesurons-la1 pendant qu'elle se fait entendre2 le son expir1 elle sera passe1 elle ne sera plus4 ,mesurons-la donc2 valuons son tendue4 ,mais elle dure encore2 et sa mesure ne peut se prendre que de son commencement sa fin3 car c'est l'intervalle mme de ces deux termes1 quels qu'ils soient1 que nous mesurons4 ,ainsi1 la voix qui dure encore n'est pas mesurable4 ,peut-on apprcier son tendue8 sa diffrence ou son galit avec une autre8 ,et quand elle aura cess de vibrer1 elle aura cess d'tre4 ,comment donc la mesurer8 ,toutefois1 le temps se mesure2 mais ce n'est ni celui qui doit tre ni celui qui n'est dj plus1 ni celui qui est sans tendue1 ni celui qui est sans limites2 ce n'est donc ni le temps venir1 ni le pass1 ni le temps prsent1 ni celui qui passe que nous mesurons2 et toutefois nous mesurons le temps4 ,ce vers3 ,,deus ,,creator ,,omnium est de huit syllabes1 alternativement brves et longues2 quatre brves1 la premire1 la troisime1 la cinquime et la septime1 simples par rapport aux seconde1 quatrime1 sixime et huitime1 qui durent le double de temps4 ,je le sens bien en les prononant3 et il en est ainsi1 au rapport de l'vidence sensible4 ,autant que j'en puis croire ce tmoignage1 je mesure une longue par une brve1 et je la sens double de celle-ci4 ,mais elles ne rsonnent que l'une aprs l'autre1 et si la brve prcde la longue1 comment retenir la brve pour l'appliquer comme mesure la longue1 puisque la longue ne commence que lorsque la brve a fini8 ,et cette longue mme1 je ne la mesure pas tant qu'elle est prsente1 puisque je ne saurais la mesurer avant sa fin3 cette fin1 c'est sa fuite4 ,qu'est-ce donc que je mesure8 o est la brve qui mesure8 o est la longue mesurer8 ,leur son rendu1 envoles1 passes toutes deux1 et elles ne sont plus6 et pourtant je les mesure1 et je rponds hardiment1 sur la foi de mes sens1 que l'une est simple1 l'autre double en dure2 ce que je ne puis assurer1 qu'elles ne soient passes et finies4 ,ce n'est donc pas elles que je mesure1 puisqu'elles ne sont plus1 mais quelque chose qui demeure dans ma mmoire1 profondment imprim4 ,c'est en toi1 mon esprit1 que je mesure le temps4 ,ne laisse pas bourdonner ton oreille3 ,comment8 comment8 et ne laisse pas bourdonner autour de toi l'essaim de tes impressions2 oui1 c'est en toi que je mesure l'impression qu'y laissent les ralits qui passent1 impression survivante leur passage4 ,elle seule demeure prsente2 je la mesure1 et non les objets qui l'ont fait natre par leur passage4 ,c'est elle que je mesure quand je mesure le temps3 donc1 le temps n'est autre chose que cette impression1 ou il chappe ma mesure4 ,mais quoi6 ne mesurons-nous pas le silence8 ,ne disons-nous pas3 ,ce silence a autant de dure que cette parole8 ,et notre pense ne se reprsente-t-elle pas alors la dure du son1 comme s'il rgnait encore8 et cet espace ne lui sert-il pas de mesure pour calculer l'tendue silencieuse8 ,ainsi1 la voix et les lvres muettes1 nous rcitons intrieurement des pomes1 des vers1 des discours1 quels qu'en soient le mouvement et les proportions2 et nous apprcions le rapport des mots1 des syllabes1 comme si notre bouche en articulait le son4 ,je veux soutenir le ton de ma voix1 la dure prmdite de mes paroles est un espace dj franchi en silence1 et confi la garde de ma mmoire4 ,je commence1 ma voix rsonne jusqu' ce qu'elle arrive au but dtermin4 ,que dis-je6 elle a rsonn1 et rsonnera4 ,ce qui s'est coul d'elle1 son vanoui2 le reste1 son futur4 ,et la dure s'accomplit par l'action prsente de l'esprit1 poussant l'avenir au pass1 qui grossit du dchet de l'avenir1 jusqu'au moment o1 l'avenir tant puis1 tout n'est plus que pass4 ,,xxviii ,l'esprit est la mesure du temps4 ,mais qu'est-ce donc que la diminution ou l'puisement de l'avenir qui n'est pas encore8 ,qu'est-ce que l'accroissement du pass qui n'est plus1 si ce n'est que dans l'esprit1 o cet effet s'opre1 il se rencontre trois termes3 l'attente1 l'attention et le souvenir8 ,l'objet de l'attente passe par l'attention1 pour tourner en souvenir4 ,l'avenir n'est pas encore2 qui le nie8 et pourtant son attente est dj dans notre esprit4 ,le pass n'est plus1 qui en doute8 et pourtant son souvenir est encore dans notre esprit4 ,le prsent est sans tendue1 il n'est qu'un point fugitif2 qui l'ignore8 et pourtant l'attention est durable2 elle par qui doit passer ce qui court l'absence3 ainsi1 ce n'est pas le temps venir1 le temps absent2 ce n'est pas le temps pass1 le temps vanoui qui est long3 un long avenir1 c'est une longue attente de l'avenir2 un long pass1 c'est un long souvenir du pass4 ,je veux rciter un cantique2 je l'ai retenu4 ,avant de commencer1 c'est une attente intrieure qui s'tend l'ensemble4 ,ai-je commenc1 tout ce qui accrot successivement au pcule du pass entre au domaine de ma mmoire3 alors1 toute la vie de ma pense n'est que mmoire par rapport ce que j'ai dit1 qu'attente par rapport ce qui me reste dire4 ,et pourtant mon attention reste prsente1 elle qui prcipite ce qui n'est pas encore n'tre dj plus4 ,et mesure que je continue ce rcit1 l'attente s'abrge1 le souvenir s'tend jusqu'au moment o1 l'attente tant toute consomme1 mon attention sera tout entire passe dans ma mmoire4 ,et il en est ainsi1 non-seulement du cantique lui-mme1 mais de chacune de ses parties1 de chacune de ses syllabes3 ainsi d'une hymne plus longue1 dont ce cantique n'est peut-tre qu'un verset2 ainsi de la vie entire de l'homme1 dont les actions de l'homme sont autant de parties2 ainsi de cette mer des gnrations humaines1 dont chaque vie est un flot4 ,,xxix ,de l'union avec ,dieu4 ,mais votre misricorde vaut mieux que toutes les vies#bga2 et toute ma vie moi n'est qu'une dissipation2 et votre main m'a rassembl en mon ,seigneur1 fils de l'homme1 mdiateur en votre unit et nous1 multitude1 multiplicit et division1 afin qu'en lui j'apprhende celui qui m'a apprhend par lui1 et que1 ralliant mon tre dissip au caprice de mes anciens jours1 je demeure la suite de votre unit1 sans souvenance de ce qui n'est plus1 sans aspiration inquite vers ce qui doit venir et passer1 mais recueilli dans l'immutabilit toujours prsente1 et ravi par un attrait sans distraction la poursuite de cette palme que votre voix me promet dans la gloire#bgb o j'entendrai l'hymne de vos louanges1 o je contemplerai votre joie sans avenir et sans pass4 #bga ,ps4 ,,xlii1 #d4 #bgb ,philipp41 ,,iii1 #ac1 #ad4 ,maintenant mes annes s'coulent dans les gmissements#bgc1 et vous1 ma consolation1 ,seigneur1 mon ,pre1 vous tes ternel4 ,et moi je suis devenu la proie des temps1 dont l'ordre m'est inconnu2 et ils m'ont partag2 et les tourmentes de la vicissitude dchirent mes penses1 ces entrailles de mon me1 tant que le jour n'est pas venu o1 purifi de mes souillures et fondu au feu de votre amour1 je m'coulerai tout en vous4 #bgc ,ps4 ,,xxx1 #aa4 ,,xxx ,point de temps sans uvre4 ,et alors en vous1 dans votre vrit1 type de mon tre1 je serai ferme et stable2 et je n'aurai plus essuyer les questions des hommes frapps par la dchance de cette hydropisie de curiosit qui demande3 ,que faisait ,dieu avant de crer le ciel et la terre8 ou3 ,comment lui est venu la pense de faire quelque chose1 puisqu'il n'avait jamais rien fait jusque-l8 ,inspirez-leur1 mon ,dieu1 des pensers meilleurs que leurs paroles6 ,qu'ils reconnaissent que ,,jamais ne saurait tre o le ,,temps n'est pas6 ,ainsi dire qu'on n'a jamais rien fait1 n'est-ce pas dire que rien ne se fait que dans le temps8 ,hommes1 concevez donc qu'il ne peut y avoir de temps sans uvre1 et voyez l'inanit de votre langage6 ,qu'ils fixent leur attention1 ,seigneur1 sur ce qui demeure prsent devant eux2 qu'ils comprennent que vous tes avant tous les temps1 ,crateur ternel de tous les temps2 que vous n'admettez au partage de votre ternit aucun temps1 aucune crature1 en ft-il une qui et devanc les temps6 ,,xxxi ,dieu connat autrement que les hommes4 ,o ,seigneur1 mon ,dieu1 combien est profond l'abme de votre secret6 ,combien les tristes suites de mon iniquit m'en ont jet loin6 ,gurissez mes yeux2 qu'ils s'ouvrent la joie de votre lumire4 ,certes1 s'il tait un esprit assez grand1 assez tendu en science et en prescience1 pour avoir du pass et de l'avenir une connaissance aussi prsente que l'est ma pense celle de ce cantique1 notre admiration pour lui ne tiendrait-elle pas de l'pouvante8 ,rien1 en effet1 rien qui lui ft inconnu dans la vicissitude des sicles1 passs ou venir3 tous seraient sous son regard1 comme ce cantique1 que je chante1 est tout entier devant moi2 car je sais ce qu'il s'en est coul de versets depuis le commencement1 et ce qu'il en reste courir jusqu' la fin4 ,mais loin de moi la pense d'assimiler une telle connaissance la vtre1 ,crateur du monde1 ,crateur des mes et des corps6 ,loin de moi cette pense6 ,votre science du pass et de l'avenir est bien autrement admirable et cache4 ,le cantique que je chante ou que j'entends chanter m'affecte de sentiments divers2 ma pense se partage en attente des paroles futures et en souvenir des paroles expires2 mais rien de tel ne survient dans votre immuable ternit2 c'est que vous tes vraiment ternel1 ,crateur des esprits6 ,vous avez connu1 ds le principe1 le ciel et la terre sans succession de connaissance1 et vous avez cr1 ds le principe1 le ciel et la terre sans division d'action4 ,que l'esprit ouvert1 que l'esprit ferm l'intelligence de ces penses confessent votre nom6 ,oh6 que vous tes grand6 et les humbles sont votre famille4 ,briss1 vous les relevez#bgd2 et ils n'ont plus de chute craindre1 car vous tes leur lvation4 #bgd ,ps4 ,,cxlv1 #g4 ,,livre ,,douzi,,me ,le ,,ciel1 cration des natures spirituelles4 ,la ,,terre1 cration de la matire primitive4 ,profondeur de l'criture4 ,des divers sens qu'elle peut recevoir4 ,tous les sens prvus par le ,saint-,esprit4 ,i ,la recherche de la vrit est pnible4 ,sollicit1 sous les haillons de cette vie1 par les paroles de votre sainte criture1 mon cur1 ,dieu6 est en proie aux plus vives perplexits4 ,et de l ce luxe indigent de langage qu'tale d'ordinaire l'intelligence humaine2 car la recherche de la vrit cote plus de paroles que sa dcouverte2 la demande d'une grce1 plus de temps que le succs2 et la porte est plus dure frapper que l'aumne recevoir4 ,mais nous avons votre promesse2 qui pourrait la dtruire8 ,si ,dieu est pour nous1 qui sera contre nous8 ,demandez1 et vous recevrez2 cherchez1 et vous trouverez2 frappez1 et il vous sera ouvert3 car qui demande1 reoit2 qui cherche1 trouve1 et on ouvre qui frappe#bge4 ,telles sont vos promesses2 et qui craindra d'tre tromp1 quand la ,vrit mme s'engage8 #bge ,matth41 ,,vii1 #g1 #h4 ,,ii ,deux sortes de cieux4 ,l'humilit de ma langue confesse votre majest sublime que vous avez fait le ciel et la terre2 ce ciel que je vois1 cette terre que je foule1 et dont vous avez faonn la terre que je porte avec moi4 ,mais1 ,seigneur1 o est ce ciel du ciel dont le ,psalmiste parle ainsi3 ,le ciel du ciel est au ,seigneur1 et il a donn la terre aux enfants des hommes#bgf8 ,o est ce ciel invisible1 auprs duquel le visible n'est que terre8 ,car cet ensemble matriel n'est pas revtu dans toutes ses parties d'une gale beaut1 et surtout aux rgions infrieures dont ce monde est la dernire4 ,mais l'gard de ce ciel des cieux1 les cieux de notre terre ne sont que terre4 ,et l'on peut affirmer sans crainte que ces deux grands corps ne sont que terre par rapport ce ciel inconnu qui est au ,seigneur1 et non aux enfants des hommes4 #bgf ,ps4 ,,cxiii1 #af4 ,,iii ,des tnbres rpandues sur la surface de l'abme4 ,or la terre tait invisible et informe1 espce d'abme profond sur qui ne planait aucune lumire1 chaos inapparent4 ,c'est pourquoi vous avez dict ces paroles3 ,les tnbres taient la surface de l'abme#bgg4 ,qu'est-ce que les tnbres1 sinon l'absence de la lumire8 ,et si la lumire et t dj1 o donc et-elle t1 sinon au-dessus des choses1 les dominant de ses clarts8 ,or la lumire n'tant pas encore1 la prsence des tnbres c'est son absence4 ,les tnbres taient1--c'est--dire1 la lumire n'tait pas1 comme il y a silence o il n'y a point de son4 ,qu'est-ce en effet que le rgne du silence1 sinon la vacuit du son8 ,n'est-ce pas vous1 ,seigneur1 qui enseignez ainsi cette me qui vous parle8 n'est-ce pas vous qui lui enseignez qu'avant de recevoir de vous la forme et l'ordre1 cette matire n'tait qu'une confusion1 sans couleur1 sans figure1 sans corps1 sans esprit2 non pas un pur nant toutefois1 mais je ne sais quelle informit dpourvue d'apparence8 #bgg ,gen41 ,i1 #b4 ,,iv ,matire primitive4 ,et cela1 comment le dsigner pour tre compris des intelligences plus lentes1 autrement que par une dnomination vulgaire8 ,o trouver1 dans toutes les parties du monde1 quelque chose de plus analogue cette informit vague1 que la terre et l'abme8 car1 placs l'un et l'autre au dernier chelon de l'existence1 sont-ils comparables aux cratures suprieures1 revtues de gloire et de lumire8 ,pourquoi donc n'admettrais-je pas que1 par complaisance pour la faiblesse de l'homme1 l'criture ait nomm terre invisible et sans forme cette informit matrielle1 que vous aviez cre d'abord dans cette aride nudit1 pour en faire un monde par de formes et de beaut8 ,v ,sa nature4 ,et lorsque notre pense y cherche ce que les sens en peuvent atteindre1 en se disant3 ,ce n'est ni une forme intelligible1 comme la vie1 comme la justice1 puisqu'elle est matire des corps2 ni une forme sensible1 puisque ni la vue1 ni le sens n'ont de prise sur ce qui est invisible et sans forme2 quand l'esprit de l'homme1 dis-je1 se parle ainsi1 il faut qu'il se condamne l'ignorance pour la connatre1 et se rsigne l'ignorer en la connaissant4 ,,vi ,comment il faut la concevoir4 ,s'il faut1 ,seigneur1 que ma voix et ma plume publient votre gloire tout ce que vous m'avez appris sur cette matire primitive1 j'avoue qu'autrefois1 entendant son nom dans la bouche de gens qui m'en parlaient1 sans pouvoir m'en donner une intelligence qu'ils n'avaient pas eux-mmes1 ma pense se la reprsentait sous une infinit de formes diverses2 ou plutt ce n'tait pas elle que ma pense se reprsentait1 c'tait un ple-mle de formes horribles1 hideuses1 mais ple-mle de formes que je nommais informe1 non pour tre dpourvu de formes1 mais pour en affecter d'inoues1 d'tranges1 et telles qu'une ralit semblable offerte mes yeux et rempli ma faible nature de trouble et d'horreur4 ,cet tre de mon imagination n'tait donc pas informe par absence de formes1 mais par rapport des formes plus belles4 ,et cependant la raison me dmontrait que1 pour concevoir un tre absolument informe1 il fallait le dpouiller des derniers restes de forme1 et je ne pouvais2 j'avais plus tt fait de tenir pour nant l'objet auquel la forme tait refuse1 que de concevoir un milieu entre la forme et rien1 entre le nant et la ralit forme1 une informit1 un presque nant4 ,et ma raison cessa de consulter mon esprit tout rempli d'images formelles1 qu'il varie et combine son gr4 ,j'attachai sur les corps eux-mmes un regard plus attentif1 et je mditai plus profondment sur cette mutabilit qui les fait cesser d'tre ce qu'ils taient1 et devenir ce qu'ils n'taient pas2 alors je souponnai que ce passage d'une forme l'autre se faisait par je ne sais quoi d'informe qui n'tait pas absolument rien4 ,mais le soupon ne me suffisait pas2 je dsirais une connaissance certaine4 ,et maintenant1 si ma voix et ma plume vous confessaient toutes les lumires dont vous avez clair pour moi ces obscurits1 quel lecteur pourrait prter une attention assez durable8 ,et toutefois mon cur ne laissera pas de vous glorifier et de vous chanter un cantique d'actions de grces2 car les paroles me manquent pour exprimer ce que vous m'avez rvl4 ,il est donc vrai que la mutabilit des choses est la possibilit de toutes les formes qu'elles subissent4 ,elle-mme1 qu'est-elle donc8 un esprit8 un corps8 esprit1 corps1 d'une certaine nature8 ,si l'on pouvait dire un certain nant qui est et n'est pas1 je la dfinirais ainsi4 ,et pourtant il fallait bien qu'elle et une sorte d'tre pour revtir ces formes visibles et harmonieuses4 ,,vii ,le ciel plus excellent que la terre4 ,et cette matire1 quelle qu'elle ft1 d'o pouvait-elle tirer son tre1 sinon de vous1 par qui toutes choses sont tout ce qu'elles sont8 mais d'autant plus loignes de vous qu'elles vous sont moins semblables2 car cet loignement n'est point une distance4 ,ainsi donc1 ,seigneur1 toujours stable au-dessus de la mobilit des temps et de la diversit des lieux1 le mme1 toujours le mme2 saint1 saint1 saint2 ,seigneur1 ,dieu tout-puissant2 c'est dans le principe procdant de vous1 dans votre ,sagesse ne de votre substance1 que vous avez cr1 cr quelque chose de rien4 ,vous avez fait le ciel et la terre1 sans les tirer de vous4 ,car ils seraient gaux votre ,fils unique1 et par consquent vous2 et ce qui ne procde pas de vous ne saurait1 sans draison1 tre gal vous4 ,existait-il donc hors de vous1 ,dieu1 ,trinit une1 unit trinitaire1 existait-il rien dont vous les eussiez pu former8 ,c'est donc de rien que vous avez fait le ciel et la terre1 tant et si peu4 ,artisan tout-puissant et bon de toute espce de biens1 vous avez fait le ciel si haut1 la terre si bas6 ,vous tiez2 et rien avec vous dont vous pussiez les former tous deux2 l'un si prs de vous1 l'autre si prs du nant2 l'un qui n'a que vous au-dessus de lui1 l'autre qui n'a rien au-dessous d'elle4 ,,viii ,matire primitive faite de rien4 ,mais ce ciel du ciel est vous1 ,seigneur2 et cette terre1 que vous avez donne aux enfants des hommes pour la voir et la toucher1 n'tait pas alors telle que nos yeux la voient1 et que notre main la touche2 elle tait invisible et informe1 abme que nulle lumire ne dominait4 ,les tnbres taient rpandues sur l'abme1 c'est--dire nuit plus profonde qu'au plus profond de l'abme aujourd'hui4 ,car cet abme des eaux1 visible maintenant1 reoit dans ses gouffres mmes un certain degr de lumire sensible aux poissons et aux tres anims qui rampent dans son sein4 ,mais tout cet abme primitif tait presque un nant dans cette entire absence de la forme4 ,toutefois1 il tait dj quelque chose qui pt la recevoir4 ,ainsi donc vous formez le monde d'une matire informe1 convertie par vous de rien en un presque rien1 dont vous faites sortir ces chefs-d'uvre qu'admirent les enfants des hommes4 ,chose admirable1 en effet1 que ce ciel corporel1 ce firmament tendu entre les eaux et les eaux1 uvre du second jour qui suivit la naissance de la lumire2 cration d'un mot3 ,qu'il soit6 et il fut#bgh2 firmament nomm par vous ciel1 mais ciel de cette terre1 de cette mer que vous ftes le troisime jour1 en douant d'une forme visible cette matire informe que vous aviez cre avant tous les jours4 ,un ciel tait dj1 qui les avait prcds2 mais c'tait le ciel de nos cieux3 car1 dans le principe1 vous crtes le ciel et la terre4 ,pour cette terre ds lors cre1 ce n'tait qu'une matire informe1 puisqu'elle tait invisible1 sans ordre1 abme tnbreux4 ,c'est de cette terre obscure1 inordonne1 de cette informit1 de ce presque rien1 que vous deviez produire tous les tres par qui subsiste ce monde instable et changeant4 ,et c'est en ce monde que commence paratre la mutabilit qui nous donne le sentiment et la mesure des temps2 car ils naissent de la succession des choses1 de la vicissitude et de l'altration des formes dont l'origine est cette matire primitive1 cette terre invisible4 #bgh ,gen41 ,,vi1 #g4 ,,ix ,le ciel du ciel4 ,aussi le ,matre de votre grand serviteur1 en racontant que vous avez cr dans le principe le ciel et la terre1 l',esprit-,saint ne dit mot des temps1 est muet sur les jours4 ,car ce ciel du ciel1 que vous avez fait dans le principe1 est une cration d'intelligence1 qui sans vous tre coternelle1 ,trinit1 participe nanmoins votre ternit4 ,l'ineffable bonheur de contempler votre prsence arrte sa mobilit1 et depuis son origine1 invinciblement attache vous1 elle s'est leve au-dessus des vicissitudes du temps4 ,et cette terre invisible1 informe1 n'a pas t non plus compte dans l'uvre des jours2 car1 o l'ordre1 o la forme ne sont pas1 rien n'arrive1 rien ne passe1 et ds lors point de jours1 point de succession de temps4 ,x ,invocation4 ,o vrit1 lumire de mon cur6 ne laissez pas la parole mes tnbres4 ,entran au courant de l'instabilit1 la nuit m'a pntr2 mais c'est du fond de ma chute que je me suis senti renatre votre amour4 gar1 j'ai retrouv votre souvenir2 j'ai entendu votre voix me rappeler2 et la rvolte tumultueuse de mes pchs me permettait peine de l'entendre4 ,et me voici1 maintenant1 tout en nage1 hors d'haleine1 revenu votre fontaine sainte4 ,oh6 ne souffrez pas qu'on m'en repousse4 ,que je m'y dsaltre1 que j'y puise la vie6 ,car je ne suis pas ma vie moi-mme4 ,quand je vivais mal1 j'ai bien pu tre ma mort2 mais ce n'est qu'en vous que je puis revivre4 ,parlez-moi2 instruisez-moi6 ,je crois au tmoignage de vos livres saints2 mais quels profonds mystres sous leurs paroles6 ,,xi ,ce que ,dieu lui a enseign4 ,seigneur1 vous m'avez dj dit l'oreille du cur1 d'une voix forte1 que vous tes seul ternel1 seul en possession de l'immortalit#bgi2 parce que rien ne change en vous1 ni forme1 ni mouvement2 que votre volont n'est point sujette l'inconstance des temps1 car une volont variable ne saurait tre une volont immortelle4 ,je vois clairement cette vrit en votre prsence2 qu'elle m'apparaisse chaque jour plus claire1 je vous en conjure6 et qu' l'ombre de vos ailes1 je demeure humblement dans cette connaissance que vous m'avez rvle6 ,seigneur1 vous m'avez encore dit l'oreille1 d'une voix forte1 que vous tes l'auteur de toutes les natures1 de toutes les substances qui ne sont pas ce que vous tes1 et sont nanmoins2 qu'il n'est rien qui ne soit votre ouvrage1 hors le nant et ce mouvement de la volont qui1 s'loignant de vous1 abandonne l'tre par excellence pour l'tre infrieur3 car ce mouvement est une dfaillance et un pch2 qu'enfin nul pch1 soit au fate1 soit au dernier degr de votre cration1 ne saurait vous nuire ou troubler votre ordre souverain4 ,je vois clairement cette vrit en votre prsence2 qu'elle m'apparaisse chaque jour plus claire1 je vous en conjure6 et qu' l'ombre de vos ailes1 je demeure humblement dans cette connaissance que vous m'avez rvle6 #bgi ,i ,tim41 ,,vi1 #af4 ,seigneur1 vous m'avez dit encore l'oreille du cur1 d'une voix forte1 que cette crature mme ne vous est pas coternelle1 qui n'a d'autre volont que la vtre2 qui1 s'enivrant des intarissables dlices d'une possession chaste et permanente1 ne trahit nulle part et jamais sa mutabilit de nature1 et1 lie de tout son amour votre prsente ternit1 n'a point d'avenir attendre1 point de pass dont la fuite ne lui laisse qu'un souvenir1 suprieure la vicissitude1 trangre aux atteintes du temps4 ,o crature bienheureuse6 si elle existe2 heureuse de cet invincible attachement votre batitude2 heureuse d'tre jamais la demeure de votre ternit1 et le miroir de votre lumire6 ,et qui mrite mieux le nom de ciel du ciel que ce temple spirituel1 plong dans l'ivresse de votre joie sans que nulle fantaisie incline ailleurs sa dfaillance2 pure intelligence1 unie par le lien d'une paix divine aux esprits de saintet1 habitants de votre cit sainte1 cit cleste1 et par del tous les cieux8 ,c'est de l que vient l'me la grce de comprendre jusqu'o son malheureux plerinage l'a loigne de vous1 et si elle a dj soif de vous2 si ses larmes sont devenues son pain1 quand chaque jour on lui demande3 ,o est ton ,dieu#bhj8 ,si elle ne vous adresse d'autre vu1 d'autre prire1 qu'afin d'habiter votre maison tous les jours de sa vie4 ,et quelle est sa vie que vous-mme8 et quels sont vos jours que votre ternit2 puisque vos annes ne manquent jamais1 et que vous tes le mme8 #bhj ,ps4 ,,xli1 #c1 #d1 #aa4 ,que l'me comprenne donc combien votre ternit plane au-dessus de tous les temps1 puisque les intelligences1 votre temple1 qui n'ont pas voyag aux rgions trangres1 demeurent par leur fidlit votre amour affranchies des caprices du temps4 ,je vois clairement cette vrit en votre prsence2 qu'elle m'apparaisse chaque jour plus claire1 je vous en conjure6 et1 qu' l'ombre de vos ailes1 je demeure humblement dans cette connaissance que vous m'avez rvle6 ,mais je ne sais quoi d'informe se trouve dans les changements qui altrent les choses de l'ordre infrieur4 ,et quel autre que l'insens1 gar dans le vide1 et flottant sur les vagues chimres de son cur1 pourrait me dire que1 si toute forme tait arrive par rduction successive l'anantissement1 la seule existence de cette informit1 substance inapparente de toute transformation1 suffirait produire les vicissitudes du temps8 ,chose impossible3 car1 point de temps sans varit de mouvements1 et point de varit sans formes4 ,,xii ,deux ordres de cratures4 ,j'ai considr ces vrits1 mon ,dieu1 autant que vous m'en avez fait la grce1 autant que vous m'avez excit frapper1 autant qu'il vous a plu de m'ouvrir2 et je trouve deux cratures1 que vous avez faites hors du temps1 quoiqu'elles ne vous soient1 ni l'une ni l'autre1 coternelles3 l'une si parfaite1 que1 dans la joie non interrompue de votre contemplation1 inaccessible l'impression de l'inconstance1 elle demeure sans changer1 malgr sa mutabilit naturelle1 et jouit de votre immuable ternit2 et l'autre si informe1 que1 dpourvue de l'tre suffisant pour accuser le mouvement ou le repos1 elle n'offre aucune prise la domination du temps4 ,mais vous ne l'avez pas laisse dans cette informit1 puisque dans le principe1 avant les jours1 vous avez form ce ciel et cette terre1 dont je parle4 ,or1 la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme4 ,par ces paroles s'insinue peu peu1 dans les esprits qui ne peuvent concevoir la privation de la forme autrement que comme l'absence de l'tre1 la notion de cette informit1 germe d'un autre ciel1 d'une terre visible et ordonne1 source des eaux transparentes1 et de toutes les merveilles que la tradition comprend dans l'uvre des jours1 parce que les volutions de formes et de mouvements1 prescrites leur nature1 la soumettent aux vicissitudes des temps4 ,,xiii ,cratures spirituelles2 matire informe4 ,lorsque la voix de votre criture parle ainsi3 ,dans le principe1 ,dieu cra le ciel et la terre3 or1 la terre tait invisible1 informe2 et les tnbres couvraient la face de l'abme2 sans assigner aucun jour cette cration1 je pense que par ce ciel1 ciel de nos cieux1 on doit entendre le ciel spirituel o l'intelligence n'est qu'une intuition qui voit tout d'un coup1 non pas en partie1 ni en nigme1 ou comme en un miroir1 mais de pleine vidence1 face face#bha1 d'un regard invariable et fixe2 claire vue1 sans succession1 sans instabilit de temps2 et le temps ne saurait non plus atteindre cette terre invisible et informe4 ,ceci1 puis cela1 telle est la pture de la vicissitude2 mais le changement peut-il tre o la forme n'est pas8 ,c'est donc1 suivant moi1 de ces deux cratures1 produites1 l'une dans la perfection1 l'autre dans l'indigence de la forme2 ciel d'une part1 mais ciel du ciel2 terre de l'autre1 mais terre invisible et informe1 que l'criture dit sans mention de jour3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre4 ,car elle dit aussitt quelle terre4 ,et comme elle rapporte au second jour la cration du firmament1 qui fut appel ciel1 elle insinue la distinction de cet autre ciel n avant les jours4 #bha ,i ,cor41 ,,xiii1 #ab4 ,,xiv ,profondeur des critures4 tonnante profondeur de vos critures6 leur surface semble nous sourire1 comme des petits enfants2 mais quelle profondeur1 mon ,dieu6 insondable profondeur6 ,a la considrer1 je me sens un vertige d'effroi1 effroi de respect1 tremblement d'amour6 ,oh6 de quelle haine je hais ses ennemis6 ,que ne les passez-vous au fil de votre glaive doublement acr1 afin de les retrancher du nombre de vos ennemis8 ,que j'aimerais les voir ainsi frapps de mort eux-mmes pour vivre vous6 ,il en est d'autres1 non plus dtracteurs1 mais admirateurs respectueux de la ,gense1 qui me disent3 ,le ,saint-,esprit1 qui a dict ces paroles ,mose1 son serviteur1 n'a pas voulu qu'elles fussent prises dans le sens o tu les interprtes1 mais dans celui-ci1 dans le ntre4 ,seigneur1 notre ,dieu1 je vous prends pour arbitre6 voil ma rponse4 ,,xv ,vrits constantes1 malgr la diversit des interprtations4 ,taxerez-vous de fausset ce que la vrit m'a dit d'une voix forte l'oreille du cur2 tout ce qu'elle m'a rvl de l'ternit du ,crateur1 de l'immutabilit de sa substance et de sa sa volont8 ,volont sans succession1 une1 pleine et constante2 sans contradiction et sans caprice1 car le caprice1 c'est le changement1 et ce qui change n'est pas ternel4 ,or1 notre ,dieu est l'ternit mme4 ,dmentirez-vous encore la mme voix1 qui m'a dit3 ,l'attente des choses venir devient une vision directe quand elles sont prsentes4 ,sont-elles passes8 cette vision n'est plus que mmoire4 ,mais toute connaissance qui varie est muable2 et ce qui est muable n'est pas ternel4 ,or1 notre ,dieu est l'ternit mme4 ,je rassemble1 je runis ces vrits1 et vois que ce n'est point une survenance de volont en ,dieu qui a cr le monde1 et que sa science ne souffre rien d'phmre4 ,contradicteurs1 qu'avez-vous rpondre8 ,ai-je avanc une erreur8--,non4--,quoi donc8 ,est-ce une erreur de prtendre que toute nature forme1 que toute matire capable de forme1 ne tiennent leur tre que de celui qui est la souveraine bont1 parce qu'il est le souverain tre8 ,non1 dites-vous4 ,quoi donc8 que niez-vous8 serait-ce l'existence d'une crature suprieure1 dont le chaste amour embrasse si troitement le vrai ,dieu1 le ,dieu de l'ternit1 que1 sans lui tre coternelle1 elle ne se dtache jamais de lui pour tomber dans le torrent des jours1 et se repose dans la contemplation de son unique vrit8 ,aim de cette heureuse crature1 de tout l'amour que vous exigez1 ,dieu1 vous vous montrez elle1 et vous lui suffisez1 et elle ne se dtourne jamais de vous1 pas mme pour se tourner vers soi4 ,voil cette maison de ,dieu1 qui n'est faite d'aucun lment emprunt la terre ou aux cieux corporels2 demeure spirituelle2 admise la jouissance de votre ternit1 parce qu'elle demeure dans une puret ternelle4 ,vous l'avez fonde jamais2 tel est votre ordre1 et il ne passe point4 ,et cependant elle ne vous est point coternelle2 elle a commenc1 car elle a t cre4 ,nous ne trouvons pas1 il est vrai1 de temps avant elle1 selon cette parole3 ,la sagesse a t cre la premire#bhb2 non pas cette ,sagesse dont vous tes le pre1 mon ,dieu1 gale et coternelle vous-mme1 par qui toutes choses ont t cres2 principes en qui vous avez fait le ciel et la terre2 mais cette ,sagesse1 crature1 substance intelligente1 lumire par la contemplation de votre lumire2 car1 toute crature qu'elle est1 elle porte aussi le nom de ,sagesse2 mais la lumire illuminante diffre de la lumire illumine2 la ,sagesse cratrice1 de la ,sagesse cre2 comme la ,justice justifiante1 de la ,justice opre par la justification4 ,ne sommes-nous pas appels aussi votre ,justice8 ,l'un de vos serviteurs n'a-t-il pas dit3 ,afin que nous soyons la ,justice de ,dieu en lui#bhc8 ,il est donc une ,sagesse cre la premire2 et cette ,sagesse n'est autre chose que ces essences intelligentes1 membres de votre ,ville ,sainte1 notre mre1 qui est en haut1 libre1 ternelle dans les cieux2 et quels cieux1 sinon ces cieux sublimes1 vos hymnes vivantes1 ce ciel des cieux qui est vous8 #bhb ,eccl41 ,i1 #d4 #bhc ,,ii ,cor41 ,v1 #ba4 ,sans doute1 nous ne trouvons pas de temps qui prcde cette ,sagesse4 ,cre la premire1 elle devance la cration du temps2 mais avant elle prexiste l'ternit du ,crateur dont elle tire sa naissance1 non pas selon le temps1 qui n'tait pas encore1 mais suivant sa condition d'tre cr4 ,elle procde donc de vous1 mon ,dieu6 toutefois bien diffrente de vous1 loin d'tre vous-mme4 ,il est vrai que1 ni avant elle1 ni en elle1 nous ne trouvons aucun temps2 que1 demeurant toujours devant votre face1 sans dfaillance1 sans infidlit1 cette constance l'lve au-dessus du changement2 mais sa nature1 qui le comporte1 ne serait plus qu'une froide nuit1 si son amour ne trouvait dans l'intimit de votre union un ternel midi de lumire et de chaleur4 ,rayonnante demeure1 palais resplendissant1 oh6 que ta beaut m'est chre1 rsidence de la gloire de mon ,dieu#bhd1 sublime ouvrier qui rside dans son ouvrage6 combien je soupire vers toi du fond de ce lointain exil1 et je conjure ton ,crateur de me possder aussi1 de me possder en toi6 car ce crateur est le mien4 ,je me suis gar comme une brebis perdue2 mais je compte sur les paules du bon ,pasteur1 ton divin architecte1 pour tre report dans ton enceinte4 #bhd ,ps4 ,,xxv1 #h4 ,que rpondez-vous maintenant1 contradicteurs qui je parlais1 vous qui pourtant reconnaissez ,mose pour un fidle serviteur de ,dieu1 et ses livres pour les oracles du ,saint-,esprit8 ,dites1 n'est-ce pas l cette maison de ,dieu qui1 sans lui tre coternelle1 a nanmoins son ternit propre dans les cieux8 ,vainement vous cherchez en elle la vicissitude et le temps1 vous ne les trouverez jamais2 n'est-elle pas exalte au-dessus de toute tendue fugitive1 la crature qui puise sa flicit dans une permanente union avec ,dieu8 ,oui1 sans doute4 ,eh bien6 que trouvez-vous donc reprendre dans toutes ces vrits que le cri de mon cur a fait remonter vers mon ,dieu1 quand je prtais l'oreille intrieure la voix de ses louanges8 ,dites1 o est donc l'erreur8 ,est-ce dans cette opinion que la matire tait informe2 que1 l o la forme n'est pas1 l'ordre ne saurait tre2 que l'absence de l'ordre faisait l'absence du temps1 et qu'il n'y avait pourtant l qu'un presque nant1 qui1 dou toutefois d'une sorte d'tre1 ne le pouvait tenir que du principe de tout tre et de toute existence8 ,c'est ce que nous accordons encore1 dites-vous4 ,,xvi ,contre les contradicteurs de la vrit4 ,je veux m'entretenir un instant en votre prsence1 mon ,dieu6 avec ceux qui reconnaissent pour vritables toutes les rvlations dont la parole de votre ,vrit a clair mon me4 ,pour ceux qui les nient1 qu'ils s'assourdissent eux-mmes tant qu'ils voudront de leurs aboiements2 je les inviterai de toutes mes forces rentrer dans le calme1 pour prparer en eux la voie votre ,verbe4 ,s'ils s'y refusent1 s'ils me repoussent1 je vous en supplie1 mon ,dieu1 ne me laissez pas dans votre silence2 oh6 parlez mon cur en vrit2 car il n'appartient qu' vous de parler ainsi1 et ces insenss1 qu'ils restent dehors1 soulevant de leur souffle la terre poudreuse qui aveugle leurs yeux2 et j'entrerai dans le plus secret de mon me2 et mes chants vous diront mon amour1 et mes gmissements1 les ineffables souffrances de mon plerinage2 et mon cur1 toujours lev en haut dans la chre souvenance de ,jrusalem1 n'aura de soupirs que pour ,jrusalem1 ma patrie1 ,jrusalem1 ma mre1 ,jrusalem et vous1 son roi1 son soleil1 son pre1 son protecteur1 son poux1 ses chastes et puissantes dlices1 son immuable joie2 joie au-dessus de toute parole2 sa flicit parfaite1 son bien unique et vritable1 vous1 le seul bien1 le bien en vrit et par excellence2 non1 mes soupirs ne se tairont pas que vous ne m'ayez reu dans la paix de cette mre chrie1 dpositaire des prmices de mon esprit1 foyer d'o s'lancent vers moi toutes ces lumires1 et que votre main n'ait rassembl les dissipations1 rform les difformits de mon me1 pour la soutenir dans une imprissable beaut1 ma misricorde6 mon ,dieu6 ,quant ceux qui ne contestent point ces vrits1 dont la vnration1 d'accord avec la ntre1 lve au plus haut point d'autorit les saintes critures traces par ,mose1 votre saint serviteur1 mais qui trouvent reprendre dans mes paroles1 voici ce que je leur rponds3 ,seigneur notre ,dieu1 soyez l'arbitre entre mes humbles rvlations et leurs censures4 ,,xvii ,ce que l'on doit entendre par le ciel et la terre4 ,tout cela est vrai1 disent-ils2 mais ce n'est pas ces deux cratures que ,mose avait en vue lorsqu'il crivait sous la dicte du ,saint-,esprit3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre4 ,non1 il n'a pas dsign par le ciel une essence spirituelle ou intelligente1 ravie dans l'ternelle contemplation de ,dieu1 ni par la terre une matire informe4--,qu'entend-il donc8--,ce que nous disons1 rpondent-ils2 il n'entend pas1 il n'exprime pas autre chose que nous4--,quoi donc enfin8--,sous les noms de ciel et de terre1 il a d'abord compris sommairement et en peu de mots tout ce monde visible1 pour distinguer ensuite en dtail1 selon le nombre des jours1 ce qu'il a plu au ,saint-,esprit de nommer en gnral le ciel et la terre4 ,car1 s'adressant au peuple juif1 ce troupeau d'hommes grossiers et charnels1 il ne voulait lui signaler que la partie visible des uvres de ,dieu4 ,mais par cette terre invisible et informe1 par cet abme de tnbres qui servit de matire l'uvre successive des six jours1 la cration et l'ordonnance de ce monde visible1 ils m'accordent que l'on peut entendre cette matire informe dont j'ai parl4 ,un autre dira peut-tre que cette confusion de matire informe a t d'abord dsigne sous le nom de ciel et terre1 parce qu'elle est comme la matire de ce monde visible et de l'ensemble des natures qui s'y manifestent1 souvent appeles ainsi4 ,ne peut-on pas dire aussi que c'est avec assez de raison que toutes les substances invisibles et visibles sont dnommes ciel et terre1 et que ces deux termes comprennent la cration entire accomplie dans le principe1 c'est--dire dans la sagesse divine2 mais que tous les tres tant sortis du nant1 et non de la substance de ,dieu1 puisqu'ils ne participent pas sa nature et qu'ils ont en eux-mmes le principe de la mutabilit1 soit qu'ils demeurent comme l'ternelle maison du ,seigneur1 soit qu'ils changent comme l'me et le corps de l'homme1 la matire de toutes choses visibles et invisibles encore dnue de la forme1 capable toutefois de la recevoir pour devenir le ciel et la terre1 a t justement nomme terre invisible et informe1 abme de tnbres1 sauf cette distinction ncessaire entre la terre invisible et sans ordre ou la matire corporelle avant l'investiture de la forme1 et les tnbres rpandues sur l'abme ou la matire spirituelle avant la compression de sa fluide mobilit et le ,,fiat ,,lux de votre ,sagesse8 ,un autre peut dire encore1 s'il lui plat1 que ces paroles de l'criture3 ,dans le principe ,dieu fit le ciel et la terre1 ne sauraient s'entendre des cratures invisibles et visibles arrives la perfection de leur tre1 mais qu'elles dsignent une informe bauche de forme et de cration1 germe obscur o s'agitaient confusment1 sans distinction de formes et de qualits1 les substances qui1 dans l'ordre o elles sont aujourd'hui disposes1 s'appellent le ciel ou le monde des esprits1 la terre ou le monde des corps4 ,,xviii ,on peut donner plusieurs sens l'criture4 ,j'coute1 je pse ces opinions2 mais loin de moi toute dispute4 ,la dispute n'est bonne qu' ruiner la foi des auditeurs#bhe1 tandis que la loi difie ceux qui en savent le bon usage2 son but est l'amour qui nat d'un cur pur1 d'une bonne conscience et d'une foi sincre1 et le divin matre n'ignore pas quels sont les deux commandements o il a rduit la loi et les prophtes#bhf4 ,que m'importe donc1 mon ,dieu1 lumire de mes yeux intrieurs1 que m'importe1 tant que mon amour confesse votre gloire1 que ces paroles soient susceptibles d'interprtations diffrentes8 ,que m'importe1 dis-je1 qu'un autre tienne pour le sens vrai de ,mose un sens tranger au mien8 ,nous cherchons tous1 dans la lecture de ces livres1 pntrer et comprendre la pense de l'homme de ,dieu1 et le reconnaissant pour vridique1 oserions-nous lui attribuer ce que nous savons ou croyons faux8 ,ainsi donc1 tandis que chacun s'applique trouver l'intention de l'auteur inspir1 o est le mal1 si votre clart1 lumire des intelligences sincres1 je dcouvre un sens que vous me dmontrez vritable1 quoique ce sens ne soit pas le sien1 et1 malgr cette diffrence1 laisse le sien dans toute sa vrit8 #bhe ,,ii ,tim41 ,,ii1 #ad4 #bhf ,matth41 ,,xxii1 #dj4 ,,xix ,vrits incontestables4 ,c'est une vrit1 ,seigneur1 que vous avez cr le ciel et la terre1 c'est une vrit que votre ,sagesse est le principe en qui vous avez cr toutes choses2 c'est une vrit que ce monde visible prsente deux grandes divisions1 le ciel et la terre1 et que ces deux mots rsument toutes les cratures4 ,c'est une vrit que tout tre muable nous suggre l'ide d'une certaine informit1 ou susceptibilit de forme1 d'altration et de changement4 ,c'est une vrit que le temps est sans pouvoir sur l'tre muable par sa nature1 mais immuable par son intime union avec la forme immuable4 ,c'est une vrit que l'informit1 ce presque nant1 est galement exempte des rvolutions du temps4 ,c'est une vrit que la matire d'une entit peut porter par anticipation le nom de cette entit mme2 qu'ainsi on a pu nommer le ciel et la terre ce je ne sais quoi d'informe dont le ciel et la terre ont t forms4 ,c'est une vrit que1 de toutes les ralits formelles1 rien n'est plus voisin de l'informit que la terre et l'abme4 ,c'est une vrit que tout tre cr et form1 que toute possibilit de cration et de forme1 est votre ouvrage1 ,principe de toutes choses6 ,c'est une vrit que tout tre informe qui est form tait d'abord dans l'informit pour passer la forme4 ,,xx ,interprtations diverses des premires paroles de la gense4 ,de toutes ces vrits1 dont ne doutent point ceux qui vous avez fait la grce d'ouvrir les yeux de l'me et de croire fermement que ,mose n'a parl que suivant l',esprit de vrit1 l'un en choisit une et dit3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre1 c'est--dire ,dieu fit1 dans son ,verbe1 coternel lui-mme1 des cratures intelligentes et spirituelles1 sensibles ou corporelles4 ,un autre3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre1 c'est--dire ,dieu fit1 dans son ,verbe1 coternel lui-mme1 ce monde corporel avec cet ensemble de ralits videntes nos yeux et notre esprit4 ,cet autre3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre1 c'est--dire dans son ,verbe1 coternel lui-mme1 ,dieu fit la matire informe de toute cration spirituelle et corporelle4 ,celui-ci3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre1 c'est--dire dans son ,verbe1 coternel lui-mme1 ,dieu cra le germe informe du monde corporel1 la matire o taient confondus le ciel et la terre1 qui depuis ont reu l'ordonnance et la forme dont nos yeux sont tmoins4 ,celui-l dit enfin3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre1 c'est--dire1 aux prliminaires de son uvre1 ,dieu cra cette matire1 grosse du ciel et de la terre1 qui depuis sont sortis de son sein avec les formes qu'ils manifestent et les tres qu'ils renferment4 ,,xxi ,explications diffrentes de ces mots3 ,la terre tait invisible4 ,de mme1 quant l'intelligence des paroles suivantes1 chacun trouve une vrit dont il s'empare4 ,l'un s'exprime ainsi3 ,la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme2 c'est--dire3 cette cration corporelle1 ouvrage de ,dieu1 tait la matire de toutes les ralits corporelles1 mais sans forme1 sans ordre et sans lumire4 ,un autre dit3 ,la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme2 c'est--dire3 cet ensemble qu'on appelle le ciel et la terre n'tait encore qu'une matire informe et tnbreuse d'o devaient sortir ce ciel corporel1 cette terre corporelle1 avec toutes les ralits corporelles connues de nos sens4 ,celui-ci3 ,la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme2 c'est--dire3 cet ensemble1 qui a reu le nom de ciel et de terre1 n'tait encore qu'une matire informe et tnbreuse qui devait produire le ciel intelligible1 autrement dit le ciel du ciel1 et la terre2 c'est--dire toute la nature apparente1 y compris les corps clestes2 en un mot1 le monde invisible et le monde visible4 ,un autre3 ,la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme4 ,ce n'est pas ce chaos que l'criture appelle le ciel et la terre2 mais1 aprs avoir signal la cration des esprits et des corps1 elle dsigne1 sous le nom de terre invisible et sans ordre1 d'abme tnbreux1 cette matire prexistante dont ,dieu les avait forms4 ,un autre vient et dit3 ,la terre tait invisible1 informe1 et les tnbres couvraient l'abme2 c'est--dire3 il y avait dj une matire informe1 d'o l'action cratrice1 pralablement atteste par l'criture1 a tir le ciel et la terre1 en d'autres termes1 cette masse de l'univers1 partage en deux grandes divisions3 l'une suprieure et l'autre infrieure1 avec tous les tres qu'elles prsentent notre connaissance4 ,,xxii ,plusieurs crations de ,dieu passes sous silence4 ,vainement voudrait-on rfuter ces deux dernires opinions1 en disant3 ,si vous ne voulez pas admettre que cette informit matrielle soit dsigne par le nom de ciel et de terre1 il existait donc quelque chose1 indpendant de l'action cratrice1 dont ,dieu s'est servi pour faire le ciel et la terre8 ,car l'criture ne dit point que ,dieu ait cr cette matire1 moins qu'elle ne soit exprime par la dnomination de ciel et de terre1 ou de terre seulement1 lorsqu'il dit3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre3 or1 la terre tait invisible et informe2 et1 quand mme le ,saint-,esprit et voulu dsigner1 par ces derniers mots1 la matire informe1 nous ne pourrions toujours entendre que cette cration divine1 atteste par ce verset3 ,dieu fit le ciel et la terre4 ,mais1 rpondront les tenants de ces deux opinions1 nous ne nions pas que cette matire soit l'uvre de ,dieu1 principe de tout bien3 car si nous disons que ,ce qui a dj reu l'tre et la forme est bien1 un plus haut degr que ce qui n'en a que la capacit1 nous n'en admettons pas moins que ce dernier tat ne soit un bien4 ,quant au silence de l'criture sur la cration de cette informit matrielle1 on pourrait galement l'objecter l'gard des chrubins et des sraphins1 et de tant d'autres esprits clestes1 distingus par l',aptre en ,trnes1 ,dominations1 ,principauts1 ,puissances1 dont l'criture se tait1 quoiqu'ils soient videmment l'uvre de ,dieu4 ,si l'on veut que tout soit compris dans ces mots3 ,il fit le ciel et la terre1 que dirons-nous donc des eaux sur lesquelles l',esprit de ,dieu tait port8 ,si1 par le nom de terre1 il faut implicitement les entendre1 comment ce nom peut-il exprimer une matire informe1 s'il dsigne aussi ces eaux que nos yeux voient si transparentes et si belles8 ,et1 si on le prend ainsi1 pourquoi l'criture dit-elle que de cette matire informe a t form le firmament1 nomm ciel1 sans faire mention des eaux8 ,sont-elles donc encore invisibles et informes1 ces eaux dont nous admirons le limpide cristal8 ,ont-elles t revtues de leur parure lorsque ,dieu dit3 ,que les eaux1 infrieures au firmament1 se rassemblent#bhg8 ,et cette runion est-elle leur cration8 ,mais que dira-t-on des eaux suprieures au firmament8 ,informes1 eussent-elles reu une place si honorable8 ,et nulle part l'criture ne dit quelle parole les a formes4 #bhg ,gen41 ,i1 #i4 ,ainsi1 la ,gense garde le silence sur la cration de certains tres2 et1 ni la rectitude de la foi1 ni la certitude de la raison1 ne permettent de douter que ,dieu les ait crs4 ,quel autre qu'un insens oserait conclure qu'ils lui sont coternels1 de ce que la ,gense affirme leur existence sans parler de leur cration8 ,eh6 pourquoi donc refuserions-nous de concevoir1 la lumire de la ,vrit1 que cette terre invisible et sans ordre1 abme de tnbres1 soit l'uvre de ,dieu1 tire du nant2 non coternelle lui1 quoique le rcit divin omette le moment de sa cration8 ,,xxiii ,deux espces de doutes dans l'interprtation de l'criture4 ,j'coute1 je pse ces sentiments divers1 selon la porte de ma faiblesse1 que je confesse mon ,dieu1 dont elle est connue1 et je vois qu'il peut natre deux sortes de dbats sur les tmoignages que nous ont laisss les plus fidles oracles de la tradition4 ,ils peuvent porter1 d'une part1 sur la vrit des choses2 de l'autre1 sur l'intention qui en dicte le rcit2 car il est diffrent de chercher la vrit en discutant le problme de la cration1 ou de prciser le sens que ,mose1 ce grand serviteur de notre foi1 attache sa parole4 ,a l'gard de la premire difficult1 loin de moi ceux qui prennent leurs mensonges pour la vrit6 ,a l'gard de la seconde1 loin de moi ceux qui prtendent que ,mose affirme l'erreur6 ,mais1 ,seigneur1 paix et joie en vous1 avec ceux qui se nourrissent de la vrit dans l'tendue de l'amour6 ,approchons-nous ensemble de votre sainte parole1 et cherchons votre pense dans l'intention de votre serviteur1 dont la plume est votre interprte4 ,,xxiv ,difficults de dterminer le vrai sens de ,mose entre plusieurs galement vrais4 ,mais1 entre tant de solutions diffrentes et toutes vritables1 qui de nous osera dire avec confiance3 ,voici la pense de ,mose2 voici le sens o il veut que l'on prenne son rcit8 ,qui l'osera dire avec cette hardiesse qui affirme la vrit d'une interprtation1 qu'elle ait t ou non dans la pense de ,mose8 ,et moi1 mon ,dieu1 moi1 votre serviteur1 qui vous ai vou ce sacrifice de mes confessions1 et demande votre misricorde la grce d'accomplir ce vu1 je dclare avec assurance que vous tes par votre ,verbe immuable1 l'auteur de toutes les cratures invisibles et visibles4 ,mais puis-je soutenir avec la mme puissance de conviction que ,mose n'avait pas en vue d'autres sens lorsqu'il crivait3 ,dans le principe1 ,dieu fit le ciel et la terre8 ,je vois dans votre vrit la certitude de ma parole1 et je ne puis lire dans l'esprit de ,mose si telle tait sa pense en s'exprimant ainsi4 ,car peut-tre a-t-il entendu par ,principe le ,commencement de l'uvre1 et1 par les mots de ciel et de terre1 les cratures spirituelles ou corporelles1 non dans la perfection de leur tre1 mais l'tat d'bauche informe4 ,je vois bien que1 de ces deux sens1 ni l'un ni l'autre ne blesse la vrit4 ,mais lequel des deux nonce le prophte1 c'est ce que je ne vois pas de mme2 sans toutefois douter un seul instant que1 quelle qu'ait t la pense de cet homme divin1 que je l'aie ou non prsente1 c'est la ,vrit qu'il a vue1 son expression propre qu'il lui a donne4 ,,xxv ,contre ceux qui cherchent faire prvaloir leur sentiment4 ,que l'on ne vienne donc plus m'importuner1 en disant3 ,mose n'a pas eu ta pense1 mais la mienne4 ,encore1 si l'on me disait3 ,d'o sais-tu que le sens de ,mose est celui que tu tires de ses paroles8 je n'aurais pas le droit de m'offenser1 et je rpondrais par les raisons prcdentes1 ou j'en dvelopperais de nouvelles1 si j'avais affaire un esprit moins accommodant4 ,mais que l'on me dise3 ,tu te trompes1 le vrai sens est le mien1 tout en m'accordant que la vrit est dans les deux1 alors1 mon ,dieu1 vie des pauvres1 vous dont le sein exclut la contradiction1 rpandez en mon me une rose de douceur1 afin que je supporte avec patience ceux qui me parlent ainsi1 non qu'ils soient les hommes de ,dieu1 non qu'ils aient lu dans l'esprit de votre serviteur1 mais parce qu'ils sont hommes de superbe1 moins pntrs de l'intelligence des penses de ,mose1 que de l'amour de leurs propres penses2 et qu'en aiment-ils8 non pas la vrit1 mais eux-mmes3 car autrement ils auraient1 pour les penses d'un autre1 reconnues vritables1 l'amour que j'ai pour leurs penses1 quand elles sont vraies2 et je les aime1 non pas comme leurs penses1 mais comme vraies1 et1 ce titre1 n'tant plus eux1 mais la vrit4 ,or1 s'ils n'aiment dans leur opinion que la vrit1 ds lors cette opinion est mienne aussi1 car les amants de la vrit vivent d'un commun patrimoine4 ,ainsi1 quand ils soutiennent que leur sentiment1 et non le mien1 est celui de ,mose1 c'est une prtention qui m'offense1 et que je repousse4 ,leur sentiment ft-il vrai1 la tmrit de leur affirmation n'est plus de la science1 mais de l'audace2 elle ne sort pas de la lumire de la vrit1 mais des vapeurs de l'orgueil4 ,et c'est pourquoi1 ,seigneur1 vos jugements sont redoutables2 car votre vrit n'est ni moi1 ni lui1 ni tel autre2 elle est nous tous1 que votre voix appelle hautement sa communion1 avec la terrible menace d'en tre privs jamais1 si nous voulons en faire notre bien priv4 ,celui qui prtend s'attribuer en propre l'hritage dont vous avez mis la jouissance en commun1 et revendique comme son bien le pcule universel1 celui-l est bientt rduit de ce fonds social son propre fonds1 c'est--dire de la vrit au mensonge3 car celui qui professe le mensonge parle de son propre fonds#bhh4 #bhh ,joan41 ,,viii1 #dd4 ,o mon ,dieu6 le plus quitable des juges1 et la ,vrit mme1 coutez ma rponse ce dur contradicteur4 ,c'est en votre prsence que je parle2 c'est en prsence de mes frres qui font un lgitime usage de la loi1 en la rapportant l'amour1 sa fin vritable4 coutez1 ,seigneur1 et jugez ma rponse4 ,voici donc ce que je lui demande avec une charit fraternelle1 et dans un esprit de paix3 ,quand nous voyons l'un et l'autre que ce que tu dis est vrai1 l'un et l'autre que ce que je dis est vrai1 de grce1 o le voyons-nous8 ,assurment ce n'est pas en toi que je le vois1 ce n'est pas en moi que tu le vois2 nous le voyons tous deux dans l'immuable ,vrit qui plane sur nos esprits4 ,et si nous sommes d'accord sur cette lumire du ,seigneur qui nous claire1 pourquoi disputons-nous sur la pense d'un homme1 qui ne saurait se voir comme cette ,vrit immuable8 ,qu'en effet ,mose nous apparaisse et nous dise3 ,telle est ma pense2 nous ne la verrions pas1 nous croirions sa parole4 ,ainsi1 suivant le conseil de l',aptre1 gardons-nous de prendre orgueilleusement parti pour une opinion contre une autre4 ,aimons le ,seigneur notre ,dieu de tout notre cur1 de toute notre me1 de tout notre esprit1 et le prochain comme nous-mmes4 ,c'est ces deux commandements de l'amour que ,mose a rapport les penses de ses saintes critures4 ,en pouvons-nous douter1 et ne serait-ce pas dmentir ,dieu mme que d'attribuer son serviteur une intention diffrente de celle qu'affirme de lui le divin tmoignage8 ,vois donc2 entre tant de fouilles fcondes que l'on peut faire dans ce terrain de vrit1 ne serait-ce pas une folie que de revendiquer la dcouverte du vrai sens de ,mose1 au risque d'offenser par de pernicieuses disputes cette charit1 unique fin des paroles dont nous poursuivons l'explication8 ,,xxvi ,il est digne de l'criture de renfermer plusieurs sens sous les mmes paroles4 ,eh quoi6 mon ,dieu6 gloire de mon humilit et repos de mes labeurs1 qui daignez couter l'aveu de mes fautes et me les pardonner1 quand vous m'ordonnez d'aimer mon prochain comme moi-mme1 puis-je penser que ,mose1 votre serviteur fidle ait reu de moindres faveurs que je n'en eusse dsir moi-mme et sollicit de votre grce1 si1 me faisant natre en son temps pour m'lever la hauteur de son ministre1 et prenant votre service mon cur et ma langue1 vous m'eussiez choisi pour dispensateur de ces saintes critures1 qui devaient tre dans la suite si salutaires tous les peuples1 et du fate de leur autorit dominer universellement les paroles du mensonge et les doctrines de l'orgueil8 ,oui1 si j'eusse t ,mose 7pourquoi non8 ne sommes-nous pas sortis tous du mme limon1 et qu'est-ce que l'homme8 est-il quelque chose si vous ne vous souvenez de lui#bhi871 oui1 si j'eusse t ,mose1 et que vous m'eussiez enjoint d'crire le livre de la ,gense1 je vous aurais demand un style dou de telles proprits de puissance et de mesure1 que les intelligences encore incapables de concevoir la cration ne pussent rcuser mes paroles comme au-dessus de leur porte1 et que les intelligences plus leves y trouvassent en peu de mots toute vrit qui s'offrt leur pense2 et qu'enfin1 si votre lumire dvoilait certains esprits quelques vrits nouvelles1 aucune d'elles ne ft hors du sens de votre prophte4 #bhi ,ps4 ,,viii1 #e4 ,,xxvii ,abondance de l'criture4 ,une source est plus abondante en son humble bassin1 pour fournir au cours des ruisseaux qu'elle alimente1 qu'aucun de ces ruisseaux qui en drivent et parcourent de longues distances2 de mme le rcit de votre prophte1 o vos serviteurs devaient tant puiser1 fait jaillir en un filet de paroles des courants de vrit1 que des saignes fcondes dirigent et l par de lointaines sinuosits de langage4 ,quelques-uns1 la lecture des premires lignes1 se reprsentent ,dieu comme un homme1 ou comme un tre corporel1 dou d'une puissance infinie1 qui1 par une trange soudainet de vouloir1 aurait produit hors de lui1 dans une tendue distante de lui-mme1 ces deux corps immenses et contenant toutes choses1 l'un suprieur1 l'autre infrieur4 ,et s'ils entendent ces mots3 ,dieu dit3 ,que cela soit1 et cela fut1 ils se figurent une parole qui commence et finit1 qui rsonne et passe dans le temps1 et dont le son expire peine1 que l'tre appel commence surgir2 enfin1 je ne sais quelles imaginations venues du commerce de la chair4 ,ceux-l sont de petits enfants4 ,l'criture incline son langage jusqu' leur bassesse1 qu'elle recueille en son sein maternel4 ,et dj l'difice du salut s'lve en eux par la foi qui les assure que ,dieu seul a cr tous les tres dont l'admirable varit frappe leurs sens4 ,mais si l'un de ces nourrissons1 dans l'orgueil de sa faiblesse1 mprisant l'humilit des divines paroles1 s'lance hors du berceau1 le malheureux6 il va tomber1 ,seigneur1 jetez un regard de compassion sur ce petit du passereau3 il est encore sans plumes2 les passants vont le fouler aux pieds2 envoyez un de vos anges pour le reporter dans son nid1 afin qu'il vive1 en y demeurant tant qu'il ne sera pas en tat de voler4 ,,xxviii ,des divers sens qu'elle peut recevoir4 ,pour les autres1 ces paroles ne sont plus un nid1 mais un verger fertile o ils voltigent tout joyeux1 la vue des fruits cachs sous le feuillage2 et ils les cherchent1 et ils les cueillent en gazouillant4 ,car ils dcouvrent la lecture ou l'audition de ces paroles1 que votre ternelle permanence1 ,dieu1 demeure au-dessus de tous les temps passs et futurs1 et qu'il n'est pourtant aucune crature temporelle qui ne soit votre ouvrage4 ,et ils voient que votre volont1 n'tant pas autre que vous-mme1 ne saurait subir aucun changement1 et que ce n'est point par survenance de rsolution soudaine et sans prcdent que vous avez cr le monde4 ,ils savent que vous avez produit tout tre1 non pas en tirant de vous une ressemblance parfaite de vous-mme1 mais du nant la plus informe dissemblance1 capable cependant de recevoir une forme par l'impression du caractre de votre substance4 ,ils savent que puisant en vous seul1 chacune suivant la contenance et la proprit de son tre1 toutes les cratures sont trs bonnes1 soit que1 fixes auprs de vous1 elles demeurent dans votre stabilit1 soit que1 successivement loignes de vous par la distance des temps et des lieux1 elles oprent ou attestent cette splendide harmonie qui rvle votre gloire4 ,voil ce qu'ils voient1 et ils se rjouissent1 autant qu'il leur est possible ici-bas1 dans la lumire de votre vrit4 ,l'un en considrant le dbut de la ,gense1 dans le principe ,dieu cra1 porte sa pense sur l'ternelle ,sagesse1 ce principe qui nous parle4 ,un autre entend par ces mmes paroles le commencement de la cration2 elles sont1 pour lui1 quivalentes celles-ci3 ,dieu cra d'abord4 ,et parmi ceux qui s'accordent reconnatre1 dans ce principe1 la ,sagesse par laquelle vous avez fait le ciel et la terre1 l'un prtend que1 sous les noms de ciel et de terre1 il faut entendre la matire primitive de l'un et de l'autre4 ,celui-ci n'accorde ces noms qu'aux natures distinctes et formes4 ,celui-l veut que le nom de ciel dsigne la nature spirituelle1 accomplie dans sa forme1 et que le nom de terre dsigne la matire corporelle dans son informit4 ,mme diversit d'opinions entre ceux qui1 sous les noms de ciel et de terre1 conoivent la matire informe dont le ciel et la terre devaient tre forms2 l'un y voit la source commune des cratures corporelles et intelligentes2 l'autre1 de cette seule cration matrielle1 dont le vaste sein renferme toutes les natures videntes nos sens4 ,ceux enfin qui entendent par ces paroles des cratures disposes dans la perfection de l'ordre et de la forme1 comprennent1 l'un1 les cratures invisibles et visibles2 l'autre1 les seules visibles1 c'est--dire ce ciel lumineux qui blouit nos regards1 et cette terre1 rgion de tnbres1 avec tous les tres qu'ils contiennent4 ,,xxix ,de combien de manires une chose peut tre avant une autre4 ,mais celui qui prend le principe dans le sens de commencement1 n'a d'autre ressource pour ne pas sortir de la vrit1 que d'entendre par le ciel et la terre1 la matire du ciel et de la terre1 c'est--dire de toutes les cratures intelligentes et corporelles4 ,car s'il entendait la cration dj forme1 on aurait le droit de lui demander3 ,si ,dieu a cr au commencement1 qu'a-t-il fait ensuite8 ,et ne pouvant rien trouver depuis la cration de l'univers1 il ne saurait dcliner cette objection3 ,comment ,dieu a-t-il cr d'abord1 s'il n'a plus cr depuis8 ,que s'il prtend que la matire a t d'abord cre dans l'informit pour recevoir ensuite la forme1 l'absurdit cesse2 pourvu qu'il sache bien distinguer la priorit de nature1 comme l'ternit divine qui prcde toutes choses2 la priorit de temps et de choix1 comme celle de la fleur sur le fruit1 et du fruit sur la fleur2 la priorit d'origine1 comme celle du son sur le chant4 ,les deux priorits intermdiaires se conoivent aisment2 il n'en est pas ainsi de la premire et de la dernire4 ,car est-il une vue plus rare1 une connaissance plus difficile1 ,seigneur1 que celle de votre ternit immuable1 cratrice de tout ce qui change1 prcdant ainsi tout ce qui est8 ,et puis1 o est l'esprit assez pntrant pour discerner1 sans grand effort1 quelle est la priorit du son sur le chant8 ,priorit relle2 car le chant est un son form1 et un objet peut tre sans forme1 et ce qui n'est pas ne peut en recevoir4 ,telle est la priorit de la matire sur l'objet qui en est tir2 priorit1 non d'action1 puisqu'elle est plutt passive2 non de temps1 car nous ne commenons point par des sons dpourvus de la forme mlodieuse1 pour les dgrossir ensuite et les faonner selon le rythme et la mesure1 comme on travaille le chne ou l'argent dont on veut tirer un coffre ou un vase4 ,ces dernires matires prcdent1 en effet1 dans le temps1 les formes qu'on leur donne2 mais il n'en est pas ainsi du chant4 ,l'entendre1 c'est entendre le son3 il ne rsonne pas d'abord sans avoir de forme1 pour recevoir ensuite celle du chant4 ,tout ce qui rsonne passe1 et il n'en reste rien que l'art puisse reprendre et ordonner4 ,ainsi le chant roule dans le son1 et le son est sa matire1 car c'est le son mme qui se transforme en chant2 et1 comme je le disais1 la matire ou le son prcde la forme ou le chant1 non comme puissance productrice1 car le son n'est pas le compositeur du chant1 mais il dpend de l'me harmonieuse qui le produit l'aide de ses organes4 ,il n'a ni la priorit du temps1 car le chant et le son marchent de compagnie2 ni la priorit de choix1 car le son n'est pas prfrable au chant1 puisque le chant est un son revtu de charme3 il n'a que la priorit d'origine1 car ce n'est pas le chant qui reoit la forme pour devenir son1 mais le son pour devenir chant4 ,comprenne qui pourra1 par cet exemple1 que ce n'est qu'en tant qu'origine du ciel et de la terre que la matire primitive a t cre d'abord et appele le ciel et la terre2 et qu'il n'y a point l prcession de temps1 parce qu'il faut la forme pour dvelopper le temps3 or1 elle tait informe1 mais nanmoins dj lie au temps4 ,et toutefois1 quoique place au dernier degr de l'tre 7l'informit tant infiniment au-dessous de toute forme71 il est impossible d'en parler sans lui donner une priorit de temps fictive4 ,enfin1 elle-mme est prcde par l'ternit du ,crateur1 qui de nant la fait tre4 ,,xxx ,l'criture veut tre interprte en esprit de charit4 ,que la vrit mme tablisse l'union entre tant d'opinions de vrit diffrente6 ,que la misricorde du ,seigneur nous permette de faire un lgitime usage de la loi1 en la rapportant au prcepte de l'amour#bij6 ,ainsi donc1 si l'on me demande quel est1 suivant moi1 le sens de ,mose1 ces pages ne seraient point d'humbles confessions1 si je n'avouais avec sincrit ce que j'ignore4 ,et je sais pourtant que toutes ces opinions sont vraies1 sauf ces pensers charnels1 dont j'ai parl4 ,et ceux qui tombent dans ces pensers sont nanmoins du nombre de ces petits d'heureuse esprance qui ne s'effarouchent pas des paroles sacres2 ces paroles si sublimes dans leur humilit1 si prodigues dans leur parcimonie4 #bij ,i ,tim41 ,i1 #e4 ,pour nous1 qui1 j'ose le dire1 n'interprtons le texte saint que suivant la vrit1 si c'est pour elle-mme et non pour la vanit de nos sentiments que notre cur soupire1 aimons-nous mutuellement2 aimons-nous en vous1 ,dieu1 source de vrit1 et honorons votre serviteur1 oracle de votre ,esprit1 dispensateur de vos critures2 et que notre vnration nous prserve de douter qu'en les crivant sous votre dicte1 il n'ait aperu les lumires les plus vives et les fruits les meilleurs4 ,,xxxi ,mose a pu entendre tous les sens vritables qui peuvent se donner ses paroles4 ,tu me dis3 ,le sens de ,mose est le mien2 et il me dit3 ,non1 le sens de ,mose est le mien2 et moi je dis1 avec plus de pit3 ,pourquoi l'un et l'autre ne serait-il pas le sien1 si l'un et l'autre est vritable8 ,et j'en dis autant d'un troisime1 d'un quatrime1 d'un autre sens quelconque qu'une inspiration vraie aura rvl2 pourquoi refuserais-je de croire qu'ils ont t vus par ce grand serviteur du seul ,dieu1 dont la parole toute divine se prte la varit de tant d'interprtations vraies8 ,pour moi1 je le dclare hardiment1 et du fond du cur1 si j'crivais quelque chose qui dt tre investi d'une autorit suprme1 j'aimerais mieux contenir tous les sens raisonnables qu'on pourrait donner mes paroles1 que de les limiter un sens prcis1 exclusif de toute autre pense1 n'et-elle mme rien de faux qui pt blesser la mienne4 ,loin de moi1 mon ,dieu1 cette tmrit de croire qu'un si grand prophte n'et pas mrit de votre grce une telle faveur6 ,oui1 il a eu en vue et en esprit1 lorsqu'il traait ces paroles1 tout ce que nous avons pu dcouvrir de vrai1 toute vrit qui nous a fui ou nous fuit encore1 et qui toutefois s'y peut dcouvrir4 ,,xxxii ,tous les sens vritables prvus par le ,saint-,esprit4 ,enfin1 ,seigneur1 qui n'tes pas chair et sang1 mais ,dieu1 si l'homme n'a pas tout vu1 votre ,esprit-,saint1 mon guide vers la terre des vivants#bia1 pouvait-il ignorer tous les sens de ces paroles dont vous deviez briser les sceaux dans l'avenir1 quand mme votre interprte ne les et entendues qu'en l'un des sens vritables qu'elles admettent8 ,et1 s'il est ainsi1 la pense de ,mose est sans doute la plus excellente4 ,mais1 mon ,dieu1 ou faites-nous la connatre1 ou rvlez-nous cette autre qu'il vous plaira1 et1 soit que vous nous dcouvriez le mme sens que vous avez dvoil votre serviteur1 soit qu' l'occasion de ces paroles1 vous en dcouvriez un autre1 que votre vrit soit notre aliment et nous prserve d'tre le jouet de l'erreur4 #bia ,ps4 ,,cxlii1 #aj4 ,est-ce assez de pages1 ,seigneur mon ,dieu1 en est-ce assez sur ce peu de vos paroles8 ,et quelles forces et quel temps suffiraient un tel examen de tous vos livres8 ,permettez-moi donc de resserrer les tmoignages que j'en recueille la gloire de votre nom2 que1 dans cette multiplicit de sens qui se sont offerts et peuvent s'offrir encore ma pense1 votre inspiration fixe mon choix sur un sens vrai1 certain1 difiant2 afin que1 s'il m'arrive de rencontrer celui de votre antique ministre1 but o mes efforts doivent tendre1 cette fidle confession vous en rende grces2 sinon1 permettez-moi du moins d'exprimer ce que votre vrit voudra me faire publier sur sa parole1 comme elle lui a inspir lui-mme la parole qui lui a plu4 ,,livre ,,treizi,,me ,toute crature tient l'tre de la pure bont de ,dieu4 ,il dcouvre dans les premires paroles de la ,gense et la ,trinit de ,dieu et la proprit de la personne du ,saint-,esprit4 ,image de la ,trinit dans l',homme4 ,dieu procde dans l'institution de l'glise comme dans la cration du monde4 ,sens mystique de la cration4 ,i ,invocation4 ,gratuite munificence de ,dieu4 ,je vous invoque1 mon ,crateur1 mon ,dieu et ma misricorde1 qui avez gard mon souvenir quand j'avais perdu le vtre4 ,je vous appelle dans mon me1 et vous la prparez vous recevoir en lui inspirant ce vif dsir de votre possession4 ,oh6 rpondez aujourd'hui cet appel que vous avez devanc1 quand vos cris ritrs1 venant de si loin mon oreille1 me pressaient de me retourner et d'appeler moi celui qui m'appelait lui4 ,seigneur1 vous avez effac tous mes pchs1 afin de n'avoir point solder les uvres de mon infidlit1 et vous avez prvenu mes uvres mritantes1 afin de me rendre selon le bien opr en moi par vos mains1 dont je suis l'ouvrage4 ,car vous tiez avant que je fusse1 et je n'tais rien qui vous pussiez donner d'tre2 et me voil1 toutefois4 ,je suis par votre bont qui a devanc tout ce que vous m'avez donn d'tre1 tout ce dont vous m'avez fait4 ,vous n'aviez pas besoin de moi1 et je ne suis pas tel que ce peu de bien que je suis vous seconde1 mon ,seigneur et mon ,dieu2 que mes services vous soulagent1 comme si vous vous lassiez en agissant2 que votre puissance souffrt de l'absence de mon hommage2 que vous rclamiez mon culte1 comme la terre rclame ma culture1 sous peine de strilit2 mais vous voulez mes soins1 vous voulez mon culte1 afin que je trouve en vous le bien de mon tre2 car vous m'avez donn l'tre qui me rend capable de ce bien4 ,,ii ,toute crature tient l'tre de la pure bont de ,dieu4 ,c'est de la plnitude de votre bont que vos cratures ont reu l'tre2 vous avez voulu qu'un bien ft qui ne pt procder que de vous1 inutile1 ingal vous-mme4 tiez-vous donc redevable au ciel1 la terre1 que vous avez crs dans le principe8 ,je le demande ces cratures spirituelles et corporelles que vous avez formes dans votre sagesse1 leur tiez-vous redevable de cet tre1 mme imparfait1 mme informe1 dans l'ordre spirituel ou corporel1 tre tendant au dsordre et l'loignement de votre ressemblance8 ,l'tre spirituel1 ft-il informe1 est suprieur au corps form2 et cet tre corporel1 ft-il informe1 est suprieur au nant2 et tous deux demeureraient comme une esquisse informe de votre ,verbe1 si ce mme ,verbe ne les et rappels votre unit1 en leur donnant la forme1 et cette excellence qu'elles tiennent de votre souveraine bont4 ,leur tiez-vous redevable de cette informit mme1 o elles ne pouvaient tre que par vous8 tiez-vous redevable la matire corporelle de l'tre1 mme invisible et sans ordre8 car elle n'et pas mme t cela1 si vous ne l'eussiez faite2 et n'tant pas1 comment pouvait-elle mriter de vous son tre8 ,et cette bauche de crature spirituelle1 lui tiez-vous redevable de cet tre mme tnbreux et flottant1 semblable l'abme1 dissemblable vous1 o elle serait encore si votre ,verbe ne l'et ramene son principe1 et en l'illuminant ne l'et faite lumire1 non pas gale1 mais conforme votre galit formelle4 ,pour un corps1 tre et tre beau1 n'est pas tout un2 autrement tous seraient beaux2 ainsi1 pour l'esprit cr1 ce n'est pas tout un que de vivre1 et de vivre sage2 autrement il serait immuable dans sa sagesse4 ,mais il lui est bon de s'attacher toujours vous1 de peur que1 abandonn de la lumire dont il se retire1 il ne retombe dans cette vie de tnbres1 semblable l'abme4 ,et nous aussi1 cratures spirituelles par notre me1 autrefois loin de vous1 notre lumire1 n'avons-nous pas t tnbres en cette vie#bib1 et ne luttons-nous pas encore contre les dernires obscurits de cette nuit jusqu'au jour o nous serons justice dans votre ,fils1 levs la hauteur des montagnes saintes1 aprs avoir t une profondeur d'abme sonde par vos jugements#bic8 #bib ,ephes41 ,v1 #g4 #bic ,ps4 ,,xxxv1 #f4 ,,iii ,tout procde de la grce de ,dieu4 ,quant ces paroles que vous dites au dbut de la cration#bid3 ,que la lumire soit1 et la lumire fut1 je les applique sans inconvnient la crature spirituelle1 parce qu'elle tait dj vie1 pour recevoir votre lumire4 ,mais si elle n'avait pas mrit de vous cette vie capable de votre lumire1 avait-elle mrit davantage le don que vous lui en avez fait8 ,car son informit n'et pu vous plaire1 si elle ne ft devenue lumire1 non par nature1 mais par l'intuition de votre lumire illuminante1 par son union avec elle1 afin que ces prludes de vie et cette batitude de vie1 elle ne les dt qu' votre grce1 qui la tourne1 par un heureux changement1 vers ce qui est galement incapable de pis et de mieux1 vers vous1 seul tre simple1 pour qui vivre c'est vivre heureux1 parce que vous tes vous-mme votre batitude4 #bid ,gen41 ,i1 #af4 ,,iv ,dieu n'avait pas besoin des cratures4 ,que manquerait-il donc votre flicit essentielle1 quand toutes ces cratures demeureraient encore dans le nant ou l'informit8 ,aviez-vous besoin d'elles8 et n'est-ce point par la plnitude de votre bont que vous les avez faites8 ,et votre joie tait-elle intresse au complment de leur tre8 ,loin que vous soyez imparfait1 pour attendre votre perfection de la leur1 parfait comme vous l'tes1 leur imperfection vous dplat1 et vous les perfectionnez pour qu'elles vous plaisent4 ,car votre ,esprit saint tait port au-dessus des eaux1 et non par les eaux1 comme s'il se ft repos sur elles1 lui qui fait reposer en soi ceux en qui l'on dit qu'il repose4 ,mais c'est votre volont incorruptible1 immuable1 se suffisant elle-mme1 qui tait porte au-dessus de cette vie1 votre cration1 en qui la vie et la batitude ne sont pas mme chose1 puisqu'elle ne laisse pas de vivre dans la fluctuation de ses tnbres1 et qu'il lui faut se tourner vers son auteur1 puiser de plus en plus la vie la source de la vie1 voir la lumire dans sa lumire1 et en recevoir perfection1 gloire1 batitude4 ,v ,de la trinit4 ,et maintenant m'apparat comme en nigme votre ,trinit1 mon ,dieu4 ,c'est dans le ,principe votre sagesse1 ,pre6 ne de vous1 gale et coternelle vous1 c'est dans votre ,fils que vous avez fait le ciel et la terre4 ,et que n'ai-je pas dit sur le ciel du ciel1 sur la terre invisible et sans forme1 sur cet abme de tnbres1 qui serait livr toutes les tourmentes de l'informit spirituelle1 si son tre ne se ft fix devant celui qui l'avait fait vivre1 et dont la lumire allait rpandre sur cette vie la forme et la beaut1 pour qu'elle devnt ce ciel du ciel1 cr depuis1 et rsidant entre les eaux8 ,et dj1 par ce nom de ,dieu1 j'atteignais le ,pre1 qui a tout fait2 par celui de ,principe1 le ,fils en qui il a tout fait2 et1 dans ma ferme croyance que mon ,dieu est une ,trinit1 je consultais les paroles saintes1 qui me rpondent3 ,et l',esprit tait port au-dessus des eaux#bie4 ,et voil mon ,dieu-,trinit1 ,pre1 ,fils et ,saint-,esprit1 seul ,dieu1 ,crateur de toutes les cratures4 #bie ,gen41 ,i1 #b4 ,,vi ,comment l'esprit de ,dieu tait port au-dessus des eaux4 ,mais1 lumire de vrit1 je place prs de vous ce cur qui ne m'enseignerait que vanits2 dissipez ses tnbres1 et dites-moi1 je vous en conjure par votre charit1 notre mre2 dites-moi1 je vous en supplie1 pourquoi n'est-ce qu'aprs avoir nomm le ciel et la terre1 invisible et sans forme1 et les tnbres rpandues sur l'abme1 que votre criture nomme l',esprit-,saint8 tait-il donc ncessaire1 pour nous en suggrer la connaissance1 de le reprsenter comme port au-dessus1 en dsignant d'abord au-dessus de quoi8 ,ce n'tait ni au-dessus du ,pre1 ni au-dessus du ,fils1 ni sans doute au-dessus de rien4 ,il fallait donc indiquer d'abord au-dessus de quoi il tait port1 lui dont il tait impossible de parler1 sans le dire port4 ,mais pourquoi8 ,,vii ,effets du saint-esprit4 ,et maintenant1 suive qui pourra de l'esprit le vol de l'aptre dans cette parole sublime3 ,la charit se rpand dans nos curs par le ,saint-,esprit qui nous est donn#bif1 soit qu'il nous enseigne les voies spirituelles et les voies surminentes de l'amour1 soit qu'il flchisse le genou devant vous1 pour nous obtenir la grce d'tre initis la science surminente de la charit du ,christ#big4 ,et voil pourquoi1 surminent ds le principe1 il paraissait au-dessus des eaux4 #bif ,rom41 ,v1 #e4 #big ,ephes41 ,,iii1 #ad1 #ai4 ,mais qui parler8 mais comment parler de ce poids de concupiscence qui gravite vers l'abme1 et de l'attraction sublime de la charit par la vertu de votre ,esprit1 qui planait sur les eaux8 ,quel sera mon auditeur8 quelle sera ma parole8 ,on plonge1 on surnage2 et il n'y a l ni fond1 ni rive4 ,quelle similitude plus dissemblable8 ,ce sont nos affections1 ce sont nos amours1 c'est l'impuret de notre esprit que prcipite le poids de la terre2 et c'est la saintet de votre ,esprit qui nous soulve vers le ciel1 par l'amour de la paix ternelle1 afin que nos curs s'lvent en haut jusqu' vous1 o rside l',esprit qui plane sur les eaux1 et que notre me1 aprs la traverse de ces eaux mobiles de la vie1 aborde la surminence du repos4 ,,viii ,l'union avec ,dieu1 unique flicit des tres intelligents4 ,l'esprit de l'ange1 l'me de l'homme se sont dissips dans leur chute comme l'eau qui s'coule1 et ils ont signal l'abme tnbreux o serait ensevelie toute crature spirituelle1 si vous n'eussiez dit au commencement3 ,que la lumire soit6 ralliant vous l'obissance des esprits habitants de la cit cleste1 pour assurer leur paix au sein de votre ,esprit qui demeure immuable au-dessus de tout ce qui change4 ,autrement1 ce ciel du ciel ne serait1 par lui-mme1 qu'abme et tnbres2 et maintenant il est lumire dans le ,seigneur#bih4 ,et1 en vrit1 cette inquitude malheureuse des intelligences dchues de votre lumire1 leur splendide vtement1 et rduites aux haillons de leurs tnbres1 parle assez haut2 tmoin loquent de l'excellence o vous avez lev cette crature raisonnable1 qui ne saurait se suffire2 car il ne lui faut rien moins que vous-mme pour qu'elle ait sa batitude et son repos4 ,vous tes1 mon ,dieu1 la lumire de nos tnbres1 notre robe de gloire2 et notre nuit rayonne comme le jour son midi#bii4 #bih ,ephes41 ,v1 #h4 #bii ,ps4 ,,cxxxviii1 #ab4 ,oh6 donnez-vous moi1 mon ,dieu6 rendez-vous moi6 ,je vous aime2 et si mon amour est encore trop faible1 rendez-le plus fort4 ,je ne saurais mesurer ce qu'il manque mon amour2 et combien il est au-dessous du degr qu'il doit atteindre1 pour que ma vie se prcipite dans vos embrassements1 et ne s'en dtache point qu'elle n'ait disparu tout entire dans les plus secrtes clarts de votre visage4 ,tout ce que je sais1 c'est que partout ailleurs qu'en vous1 hors de moi1 comme en moi1 je ne trouve que malaise1 et toute richesse qui n'est pas mon ,dieu n'est pour moi qu'indigence4 ,,ix ,pourquoi il est dit1 seulement du ,saint-,esprit1 qu'il tait port sur les eaux4 ,mais le ,pre1 mais le ,fils1 n'taient-ils pas ports au-dessus des eaux8 ,si l'on se fait une ide de corps et d'espace1 ces paroles ne conviennent plus mme au ,saint-,esprit4 ,si l'on y voit l'immuable surminence de la divinit qui demeure au-dessus de tout ce qui change1 le ,pre1 et le ,fils1 et le ,saint-,esprit taient ensemble ports sur les eaux4 ,pourquoi donc l'criture ne parle-t-elle que de votre ,esprit8 pourquoi parle-t-elle de lui seul1 comme s'il y avait un lieu l o le lieu n'est pas8 ,est-ce parce qu'il est encore dit de lui seul qu'il est votre don8 ,le don o nous jouissons du repos1 o nous jouissons de vous-mme3 repos des mes1 lieu des esprits8 ,c'est l o nous lve l'amour2 et votre divin ,esprit retire notre humilit des portes de la mort2 et notre paix est dans notre bonne volont#cjj4 ,le corps tend son lieu par son poids2 et ce poids ne tend pas seulement en bas1 mais au lieu qui lui est propre4 ,la pierre tombe2 le feu s'lance2 l'un et l'autre gravite suivant son poids1 et suivant son centre4 ,l'huile verse dans l'eau monte au-dessus de l'eau2 l'eau verse dans l'huile descend au-dessous de l'huile2 l'un et l'autre suit son poids1 et cherche son centre4 ,hors de l'ordre1 trouble2 dans l'ordre1 repos4 ,mon poids1 c'est mon amour2 o que je tende1 c'est lui qui m'emporte4 ,c'est votre don1 c'est votre ,esprit qui allume1 qui volatilise notre cur4 ,il nous embrase et nous enlve4 ,nous montons l'chelle de l'me1 en chantant le cantique des degrs4 ,c'est le feu de l'amour1 c'est votre feu divin qui nous consume et nous ravit au centre de la paix1 au sein de ,jrusalem2 et je trouve ma joie dans cette heureuse promesse3 ,nous irons la maison du ,seigneur#cja4 ,et c'est la bonne volont qui nous y fait une place2 et nous n'avons plus rien vouloir1 que cette demeure ternelle#cjb8 #cjj ,ps4 ,,ix1 #ae2 ,luc1 ,,ii1 #ad4 #cja ,ps4 ,,cxxi1 #a4 #cjb ,ps4 ,,xxvi1 #d4 ,x ,bonheur des pures intelligences4 ,o batitude de la crature qui n'a jamais connu d'autre tat que cette flicit1 o elle ne se ft jamais leve d'elle-mme1 si1 l'instant immdiat de sa cration1 votre ,esprit d',amour1 port sur toutes choses muables1 ne l'et exalte l'appel de votre voix3 ,que la lumire soit6 et elle fut4 ,en nous1 il y a distinction de temps3 temps o nous sommes tnbres2 temps o nous devenons lumire4 ,mais1 en parlant de ces pures intelligences1 l'criture ne fait qu'indiquer ce qu'elles eussent t sans l'illumination divine2 et elle les suppose l'tat de fluctuation tnbreuse1 pour nous signaler la cause de leur gloire surnaturelle3 c'est--dire leur union lumineuse avec la lumire sans ombre et sans dfaillance4 ,entende qui peut2 qui ne peut1 vous invoque6--,car1 enfin1 que me veut-on8 ,suis-je la lumire qui claire tout homme venant au monde8 ,,xi ,image de la ,trinit dans l'homme4 ,o est l'homme qui comprend la toute-puissante ,trinit8 o est l'homme qui n'en parle8 et peut-on dire qu'il en parle8 ,bien rare est l'intelligence qui en parle avec la science de sa parole4 ,et l'on conteste1 et l'on dispute2 et c'est un mystre qui demeure voil aux mes o la paix n'est pas4 ,je voudrais que les hommes observassent en eux-mmes un triple phnomne2 similitude infiniment diffrente de la ,trinit sainte1 mais que j'offre leur mditation1 pour leur faire sentir et reconnatre l'infini de la distance4 ,ce triple phnomne1 le voici3 tre1 connatre1 vouloir3 car je suis1 je connais1 je veux3 je suis celui qui connat et qui veut4 ,je connat que je suis et que je veux1 et je veux tre et connatre4 ,comprenne qui pourra combien notre me est insparable de ces trois phnomnes1 qui tous trois ne font qu'une mme vie1 qu'une mme raison1 qu'une mme essence1 insparablement distinctes4 ,homme1 te voil en prsence de toi-mme2 regarde en toi2 vois1 et rponds-moi6 ,et si tu trouves quelque lueur dans ces mystres de ton tre1 ne crois pas en avoir pntr plus avant dans les mystres de l'tre immuable au-dessus de tout1 immuable dans son tre1 immuable dans sa connaissance1 immuable dans sa volont3 car est-ce cause de cette triplicit que ,dieu est ,trinit1 ou cette triplicit rside-t-elle en chaque personne divine1 chacune tant unit trinaire2 ou bien1 dans le cercle incomprhensible1 infini1 d'une simplicit multiple1 est-il unit fconde1 principe1 connaissance et fin de soi-mme1 qui se suffit immuablement8 ,quel esprit aurait la force de dgager cette terrible inconnue8 ,quelle parole1 quel sentiment seraient exempts de tmrit6 ,,xii ,dieu procde en l'institution de l'glise comme dans la cration du monde4 ,poursuis ta confession1 ma foi2 dis au ,seigneur1 ton ,dieu3 ,saint1 saint1 saint6 mon ,seigneur6 mon ,dieu6 ,c'est en votre nom que nous sommes baptiss1 ,pre1 ,fils et ,saint-,esprit6 c'est en votre nom que nous baptisons1 ,pre1 ,fils et ,saint-,esprit6 ,car ,dieu a fait en nous1 par son ,christ1 un nouveau ciel1 une nouvelle terre3 c'est--dire les membres spirituels et les membres charnels de son glise2 et notre terre1 avant que la doctrine sainte ne l'et doue de sa forme1 tait invisible aussi2 elle tait informe et couverte des tnbres de l'ignorance1 parce que vous avez chti l'iniquit de l'homme1--dans le profond abme de vos jugements#cjc6 #cjc ,ps4 ,,xxxviii1 #ab2 ,ps4 ,,xxxv1 #g4 ,mais votre ,esprit saint est port sur les eaux1 et votre misricorde n'abandonne pas notre misre3 et vous dites3 ,que la lumire soit6--,faites pnitence2 le royaume des cieux est proche6--,faites pnitence2 que la lumire soit6 ,et1 dans le trouble de notre me2 nous nous sommes souvenus de vous1 ,seigneur1 aux bords du ,jourdain1 auprs de la montagne leve votre hauteur1 et qui s'est abaisse pour nous4 ,et nos tnbres nous ont fait horreur2 et nous nous sommes tourns vers vous2 et la lumire a t faite4 ,et nous voil1 tnbres autrefois1 maintenant lumire dans le ,seigneur4 ,,xiii ,notre renouvellement n'est jamais parfait en cette vie4 ,et nous ne sommes encore lumire que par la foi1 et non par la claire vue4 ,car notre salut est en esprance2 or1 l'esprance qui se voit n'est plus esprance#cjd4 ,c'est encore un abme qui appelle un abme1 mais dsormais par la voix de vos cataractes4 ,il est encore abme1 celui qui dit3 ,je n'ai pu vous parler comme des tres spirituels1 mais comme des tres charnels4 ,et lui-mme reconnat qu'il n'a pas encore touch le but1 et oubliant tout ce qui est derrire1 il tend ce qui est devant lui2 il gmit sous le fardeau du malheur1 et son me est altre du ,dieu vivant1 comme le cerf soupire aprs l'eau des fontaines2 et il s'crie3 ,oh6 quand arriverai-je#cje8 ,et il aspire tre revtu de sa cleste demeure1 et il appelle les tnbres de l'abme infrieur et leur dit3 ,ne vous conformez pas au sicle1 mais rformez-vous dans le renouvellement de l'esprit4 ,ne soyez pas comme les enfants sans intelligence2 mais1 comme les plus petits d'entre eux1 soyez sans malice1 pour arriver la perfection de l'esprit#cjf4 #cjd ,rom41 ,,viii1 #bd4 #cje ,ps4 ,,xli1 #h2 ,i ,cor41 ,,iii1 #a2 ,philip41 ,,iii1 #ac2 ,ps4 ,,xli1 #b1 #c4 #cjf ,,ii ,cor41 ,v1 #b2 ,rom41 ,,xii1 #b2 ,i ,cor41 ,,xiv1 #bj4 ,o ,galates insenss6 s'crie-t-il1 qui vous a donc fascins8 ,mais ce n'est plus sa voix1 c'est la vtre qui retentit2 la vtre1 ,dieu1 qui du haut des cieux avez fait descendre votre ,esprit par celui qui1 mont dans les cieux1 a ouvert les cataractes de ses grces1 afin qu'un fleuve de joie inondt votre cit sainte4 ,c'est aprs elle que soupire ce fidle ami de l'poux1 qui possde dj les prmices de l'esprit2 mais il gmit encore dans l'attente de l'adoption cleste1 qui doit affranchir son corps2 il soupire aprs la patrie4 ,il est membre de l'pouse du ,christ1 il est jaloux pour elle1 il est l'ami de l'poux1 et il est jaloux1 non pour soi1 mais pour lui2 et ce n'est point par sa voix1 mais par celle de vos torrents1 qu'il appelle lui cet autre abme1 objet de sa sainte jalousie4 ,il craint que le serpent1 dont la ruse sduisit ve1 ne nous dtourne de cette chastet spirituelle que nous devons notre poux1 votre ,fils unique#cjg4 ,oh6 quelle sera la splendeur de sa lumire1 lorsque nous le verrons tel qu'il est1 et qu'elles seront taries1 toutes ces larmes qui sont le pain de mes jours et de mes nuits2 car on ne cesse de me dire3 ,o est ton ,dieu#cjh8 #cjg ,galat41 ,,iii1 #a2 ,act41 ,,ii1 #b2 ,ps4 ,,xlv1 #e2 ,rom41 ,,viii1 #bc2 ,joan41 ,,iii1 #ai2 ,,ii ,cor41 ,,ii1 #c4 #cjh ,joan41 ,,iii1 #b2 ,ps4 ,,lxi1 #d4 ,,xiv ,l'me est soutenue par la foi et l'esprance4 ,et moi-mme je m'crie souvent3 ,o tes-vous1 mon ,dieu1 o tes-vous8 ,et je respire quelques instants en vous1 quand mon me rpand hors d'elle-mme l'effusion de son allgresse et de vos louanges4 ,mais elle demeure triste1 parce qu'elle retombe et devient abme1 ou plutt elle sent qu'elle est abme encore4 ,et ce flambeau dont vous clairez mes pas dans la nuit1 la foi me dit3 ,pourquoi es-tu triste1 mon me1 et pourquoi me troubles-tu8 ,espre dans le ,seigneur4 ,son ,verbe est la lampe qui luit sur ton chemin4 ,espre et persvre1 jusqu' ce que la nuit1 mre des impies1 soit passe1 et avec elle la colre du ,seigneur2 colre dont nous fmes enfants nous-mmes1 alors que nous tions tnbres4 ,et nous tranons la fin de notre nuit en ce corps que le pch a fait mourir1 dans l'attente de l'aube qui dissipera toutes les ombres4 ,espre dans le ,seigneur4 ,au lever de ce jour6 je serai debout pour le contempler1 et j'en publierai jamais la splendeur4 ,au matin de l'ternit je serai debout1 et je verrai le ,dieu de mon salut3 celui qui vivifiera nos corps mortels par l',esprit1 cet hte intrieur1 port dans sa misricorde sur le flot de nos tnbres2 celui de qui nous avons reu dans l'exil de cette vie le gage d'tre l'avenir lumire2 qui nous sauve ds ici-bas par l'esprance1 et de tnbres que nous tions1 nous transforme en fils de jour et de lumire4 ,seul en ce sombre crpuscule de la connaissance humaine1 vous pouvez distinguer les curs et les prouver1 pour appeler la lumire jour1 et les tnbres nuit4 ,eh6 quel autre que vous peut faire ce discernement des mes8 ,qu'avons-nous1 que nous n'ayons reu de vous8 ,ne sommes-nous pas une mme argile dont vous formez ici des vases d'honneur1 l des vases d'ignominie#cji8 #cji ,i ,cor41 ,,iv1 #g2 ,rom41 ,,ix1 #ba4 ,,xv ,l'criture sainte compare au firmament et les anges aux eaux suprieures4 ,mais quel autre que vous1 ,seigneur1 a tendu au-dessus de nous ce firmament divin de vos critures8 ,le ciel sera roul comme un livre1 et il est maintenant tendu comme une peau#caj4 ,seigneur1 l'autorit de votre divine criture n'en est que plus sublime1 quand les mortels1 par qui vous l'avez publie1 ont pass par la mort4 ,et vous savez1 ,seigneur1 que vous avez revtu de peaux les premiers hommes1 devenus mortels par le pch4 ,et vous avez tendu comme une peau le firmament de vos saints livres1 ces paroles d'une concordance admirable1 que vous avez poses au-dessus de nous par le ministre d'hommes mortels4 ,et leur mort mme a tendu avec plus de force le firmament d'autorit de vos paroles qu'ils ont annonces3 il est tendu sur ce monde infrieur1 plus fort et plus haut que pendant leur vie4 ,car vous n'aviez pas encore tendu ce ciel comme une peau2 vous n'aviez pas encore rempli la terre du bruit de leur mort4 #caj ,isai41 ,,xxiv2 ,ps4 ,,ciii1 #b4 ,oh6 faites-nous voir1 ,seigneur1 ces cieux1 ouvrage de vos mains4 ,dissipez ce nuage dont vous les voilez nos yeux4 ,l rsident ces oracles qui inspirent la sagesse aux petits enfants ,exaltez votre gloire1 mon ,dieu1 par la bouche de ces enfants la mamelle1 qui bgaient peine#caa4 ,non1 je ne sache pas d'autres livres plus puissants pour anantir l'orgueil1 pour dtruire l'ennemi qui se retranche contre votre misricorde dans la justification de ses crimes4 ,non1 ,seigneur1 je ne connais point de paroles plus chastes1 plus persuasives d'humilit1 plus capables de m'apprivoiser votre joug1 et d'engager mon cur un service d'amour4 ,pre infiniment bon1 initiez-moi leur intelligence2 accordez cette grce ma soumission1 puisque vous ne les avez si solidement affermies qu'en faveur des mes soumises4 #caa ,ps4 ,,xviii1 #h4 ,il est d'autres eaux au-dessus de ce firmament2 eaux immortelles1 et pures de la corruption de la terre4 ,que ces eaux louent votre nom6 ,que par del les cieux vos louanges s'lvent de ces churs angliques1 qui n'ont pas besoin de considrer et de lire notre ,firmament pour connatre votre ,verbe6 ,car ils voient votre face1 et lisent sans succession de syllabes les dcrets de votre ternelle volont4 ,c'est la fois lecture1 lection et dilection3 ils lisent toujours1 et ce qu'ils lisent ne passe point2 ils lisent par lection et par dilection l'immuable stabilit de votre conseil3 livre toujours ouvert1 et qui ne sera jamais roul1 parce que vous tes vous-mme ce livre1 et que vous l'tes ternellement2 parce que vous avez cr vos anges suprieurs ce firmament1 que vous avez affermi au-dessus de l'infirmit des peuples de la terre1 afin que cette infirmit1 levant ses regards jusqu' lui1 y lise la misricorde1 qui daigne annoncer dans le temps que vous tes le crateur des temps3 car votre misricorde1 ,seigneur1 est dans le ciel1 et votre vrit s'lve jusqu'aux nues#cab4 ,les nues passent1 mais le ciel demeure2 les prdicateurs de votre parole passent de cette vie dans une autre1 mais votre criture s'tend sur tous les peuples jusqu' la fin des sicles4 #cab ,ps4 ,,xxxv1 #f4 ,le ciel mme et la terre passeront1 mais vos paroles ne passeront point#cac4--;,cette peau sera plie1 et l'herbe qu'elle couvrait se fltrira dans sa beaut#cad1 mais votre ,verbe demeure ternellement4 ,nous ne le voyons maintenant que dans l'nigme des nues et le miroir du ciel2 il ne nous apparat pas tel qu'il est2 car nous-mmes1 malgr l'amour de votre ,fils pour nous1 nous ne voyons pas encore ce que nous serons aprs cette vie4 ,il nous a regards travers le voile de sa chair2 il nous a combls de ses caresses1 et embrass de son amour2 et nous courons aprs l'odeur de ses parfums4 ,mais1 au jour de son apparition1 nous serons semblables lui1 parce que nous le verrons tel qu'il est4 ,seigneur1 faites-nous la grce de le voir tel qu'il est1 tel qu'il ne nous est pas encore permis de le voir4 #cac ,matth41 ,,xxiv1 #ce4 #cad ,isai41 ,,xl1 #f4 ,,xvi ,nul ne connat ,dieu comme ,dieu se connat lui-mme4 ,comme vous tes seul l'tre absolu1 l'tre immuable1 vous tes seul ,connaissance immuable1 et ,volont immuable4 ,votre essence connat et veut immuablement2 votre volont est1 et connat immuablement4 ,et vous ne trouvez pas juste que la lumire immuable soit connue1 comme elle se connat elle-mme1 de la lumire illumine et muable4 ,aussi1 mon me est-elle en votre prsence comme une terre sans eau1 car elle ne peut pas plus faire jaillir d'elle-mme la source qui la dsaltre que la lumire qui l'illumine4 ,comme nous ne verrons la lumire que dans votre lumire1 c'est en vous seul que nous pouvons puiser la vie4 ,,xvii ,comment on peut entendre la cration de la mer et de la terre4 ,quelle main a rassembl en un mme corps ces eaux d'amertume8 ,elles tendent toutes une mme fin3 le bonheur du temps et de la terre1 malgr la diversit et l'agitation de leurs courants4 ,quel autre que vous1 ,seigneur1 a dit aux eaux de se runir en un mme lieu8 ,quel autre que vous a fait surgir la terre aride et altre de votre grce8 ,seigneur1 cette mer est vous2 elle est votre ouvrage2 et cette terre aride a t forme par vos mains#cae4 ,ce n'est point l'amertume des volonts1 mais la runion des eaux1 qui a reu le nom de mer4 ,car vous rprimez aussi les mauvaises passions des mes2 vous fixez les limites qu'il leur est dfendu de franchir1 enceinte puissante o leurs flots se brisent sur eux-mmes2 et vous formez ainsi la mer du monde1 et vous la gouvernez selon l'ordre de votre empire absolu sur toutes choses4 #cae ,ps4 ,,xciv1 #e4 ,mais ces mes altres de vous1 prsentes vos regards1 et spares1 pour une autre fin1 de l'orageuse socit de la mer1 elles sont la ,terre1 que vous arrosez d'une eau mystrieuse et douce1 pour qu'elle porte son fruit4 ,et cette terre fructifie1 et docile au commandement du ,seigneur1 son ,dieu1 notre me germe des uvres de misricorde1 selon son espce1 l'amour et le soulagement du prochain dans les ncessits temporelles2 et ces fruits conservent la semence qui doit reproduire leur principe2 car c'est du sentiment de notre misre que procde notre compassion pour l'indigence1 et nous porte la soulager comme nous voudrions l'tre nous-mmes dans une semblable dtresse4 ,et il ne s'agit pas seulement d'une germination lgre1 d'une assistance facile1 mais de cette vgtation forte1 de ce patronage hroque de la charit1 qui tend ses rameaux fructueux pour soustraire aux bras du fort la faible victime1 en l'abritant sous l'ombrage vigoureux de la justice4 ,,xviii ,les ,justes peuvent tre compars aux astres4 ,oui1 ,seigneur1 oui2 je vous en supplie1 vous dont l'influence rpand dans les mes une sve de joie et de force1 ,seigneur1 que la vrit sorte de la terre1 que la justice abaisse ses regards du haut du ciel#caf1 et que des astres nouveaux tincellent dans le firmament6 ,partageons notre pain avec celui qui a faim2 recevons sous notre toit le pauvre qui n'a point de gte2 couvrons celui qui est nu1 et ne mprisons pas les concitoyens de notre boue4 #caf ,ps4 ,,lxxxiv1 #ab4 ,ds que notre terre aura produit ces fruits1 voyez1 dites3 ,cela est bon2 que notre lumire jette son clat en son temps#cag2 que cette premire vgtation de bonnes uvres nous fasse crotre la hauteur des contemplations dlicieuses du ,verbe de vie1 et que nous apparaissions alors dans le monde comme des constellations attaches au firmament de votre criture4 #cag ,isai41 ,,lviii1 #g1 #h4 ,c'est l que1 conversant avec nous1 vous nous enseignez le discernement des choses de l'esprit et des choses des sens1 comme celui du jour et de la nuit1 ou des mes spirituelles et des mes asservies aux sens1 afin que vous ne soyez plus seul faire1 dans le secret de votre connaissance1 comme avant la cration du firmament1 la division de la lumire et des tnbres2 mais que les enfants de votre esprit1 placs leur firmament1 dans un ordre qui rvle l'infusion prsente de votre grce1 brillent au-dessus de la terre1 signalent la division du jour et de la nuit1 et annoncent la rvolution des temps2 car l'antique institution est passe1 et la nouvelle se lve1 et notre salut est plus prs de nous que lorsque nous avons commenc de croire2 la nuit a prcd1 et le jour arrive2 et vous couronnerez l'anne de votre bndiction1 quand vous enverrez des ouvriers dans votre moisson ensemence par d'autres mains#cah2 quand vous enverrez de nouveaux ouvriers de nouvelles semailles1 dont la moisson ne se fera qu' la fin4 #cah ,rom41 ,,xiii1 #aa2 ,ps4 ,,lxiv1 #b4 ,ainsi1 vous accomplissez les vux du juste1 et vous bnissez ses annes2 mais vous1 vous tes toujours le mme1 et vous recueillez1 au grenier de vos annes sans fin1 nos annes passagres2 car votre conseil ternel verse sur la terre aux saisons marques les biens clestes3 l'un reoit1 par l',esprit1 la parole de sagesse1 astre de lumire1 qui plat aux amis de la vrit1 comme l'aurore du jour2 l'autre1 vous donnez1 par le mme ,esprit1 la parole de science1 astre infrieur2 celui-ci1 la foi2 celui-l1 la puissance de gurir2 l'un1 le don des miracles2 l'autre1 le discernement des esprits2 l'autre1 le don des langues4 ,et toutes ces grces sont comme autant de constellations1 ouvrage d'un seul et mme ,esprit1 qui distribue ses dons chacun comme il lui plat1 et fait rpandre ces toiles des irradiations salutaires4 ,la parole de science renferme les mystres sacrs1 signes clestes qui1 selon les temps1 ont eu leurs phases1 comme la terre2 mais cette parole1 et les autres dons spirituels1 que j'assimile aux toiles1 ne sont1 en comparaison des splendeurs du jour de sainte allgresse1 que les premires heures de la nuit4 ,toutefois ils sont ncessaires ceux en qui la chair n'est pas encore absorbe par l'esprit1 et que votre grand serviteur ne peut entretenir dans la langue de sagesse qu'il parlait avec les parfaits4 ,mais que l'enfant dans le ,christ1 cet enfant que nourrit la mamelle1 en attendant qu'il soit capable d'un aliment plus solide et que ses yeux puissent soutenir le rayon du soleil1 que l'homme animal ne se croie pas abandonn dans une nuit tnbreuse1 mais qu'il se contente de la clart de la lune et des toiles4 ,c'est ainsi1 sagesse infinie6 que vous conversez avec nous dans le firmament de vos critures1 pour nous lever la contemplation admirable qui sait distinguer toutes choses1 quoique nous soyons encore enferms dans le cercle des figures1 des temps1 des annes et des jours4 ,,xix ,voie de la perfection4 ,mais d'abord lavez-vous1 purifiez-vous2 faites disparatre toute souillure et de vos mes et de mes regards#cai1 afin que la terre intrieure s'lve4 ,apprenez faire le bien2 rendez justice l'orphelin1 et maintenez le droit de la veuve1 afin que cette terre se couvre de fertiles pturages et d'arbres chargs de fruits4 ,venez1 je veux vous instruire2 attachs au firmament du ciel1 vous serez les flambeaux du monde4 #cai ,isai41 ,i1 #af4 ,le riche demande au bon ,matre ce qu'il doit faire pour obtenir la vie ternelle4 coute ce bon ,matre que tu crois un homme et rien de plus1 mais qui est bon parce qu'il est ,dieu4 ,il te dit3 ,si tu veux arriver la vie1 observe les commandements2 spare du sol de ton cur les eaux amres de la malice et de la corruption2 garde-toi du meurtre1 de l'adultre1 du vol2 ne porte point faux tmoignage1 afin que la terre paraisse et produise le respect des pre et mre et l'amour du prochain4--,j'ai fait tout cela1 rpond le riche4 ,d'o viennent donc tant d'pines1 si la terre est fertile8 ,va1 dracine ces sauvages buissons de l'avarice2 vends ce que tu as1 donne-le aux pauvres1 et ton aumne te couvrira de fruits2 et tu auras un trsor dans le ciel2 et puis1 suis le ,seigneur1 si tu veux tre parfait et devenir le compagnon de ceux qui il parle le langage de la sagesse1 lui qui sait et te fera savoir ce que c'est que le jour1 ce que c'est que la nuit1 afin qu'il y ait aussi pour toi place au firmament de son ciel2 chose impossible1 si ton cur n'y est dj2 et l ne sera jamais ton cur1 si l n'est point ton trsor1 comme te l'a dit le bon ,matre4 ,mais la tristesse se rpandit sur la terre strile1 et les pines touffrent la parole4 ,pour vous1 race d'lection1 faibles du monde1 qui avez tout quitt pour suivre le ,seigneur1 allez et confondez les puissances du sicle4 ,que vos pieds radieux marchent sur sa trace6 tincelez au firmament1 afin que les cieux racontent sa gloire1 en discernant la lumire des parfaits qui sont encore loin des anges1 et les tnbres des petits dj sauvs de vos mpris6 ,brillez sur toute la terre6 ,que ce jour1 blouissant des clarts de ce soleil1 annonce au jour le ,verbe de sagesse1 et que cette nuit soit le clair de lune qui annonce la nuit le ,verbe de science4 ,la lune et les toiles luisent sur la nuit1 sans tre obscurcies par ses tnbres2 elles lui donnent toute la lumire qu'elle peut recevoir4 ,et comme si ,dieu et dit3 ,que les astres soient dans le firmament du ciel3 voici soudain un grand bruit venu d'en-haut1 comme un tourbillon violent1 et des langues de feu rayonnent et se divisent en s'arrtant sur la tte de chacun d'eux#cbj3 et il se fit comme un firmament d'astres possesseurs du ,verbe de vie4 ,courez partout1 flammes de saintet1 feux admirables6 car vous tes la lumire du monde1 et le boisseau ne vous couvre pas4 ,celui qui vous vous tes attachs a t exalt dans la gloire1 et il vous a exalts4 ,courez donc1 et rvlez-vous toutes les nations4 #cbj ,genes4 et ,act41 ,,ii1 #b1 #c4 ,,xx ,sens mystique de ces paroles3 ,que les eaux produisent les reptiles et les oiseaux4 ,que la mer conoive aussi1 qu'elle enfante vos uvres1 et que les eaux produisent les reptiles des mes vivantes6 ,car en sparant le pur de l'impur1 vous tes devenus la bouche de ,dieu1 et c'est par vous qu'il dit3 ,produisent les eaux1 non pas des mes vivantes1 productions de la terre2 mais des reptiles d'mes vivantes1 et les oiseaux qui volent au-dessus de la terre6 ,ces reptiles1 mon ,dieu1 sont vos sacrements qui1 par les uvres des saints1 se sont glisss travers les flots des tentations du sicle1 pour rgnrer les peuples dans le baptme en votre nom4 ,et ainsi se sont produites de grandes merveilles1 semblables aux baleines monstrueuses1 et les voix de vos messagers ont plan sur la terre et sous le ciel de votre criture1 autorit protectrice1 qui s'tend partout o leur vol se dirige4 ,et ce ne sont pas de sourds et vains accents que leurs paroles2 toute la terre en a t l'cho2 elles ont atteint les extrmits du monde2 car votre bndiction1 ,seigneur1 les a multiplies4 ,mais n'est-ce pas erreur8 et ne confondrais-je pas les connaissances claires qui rsident au firmament1 et les uvres corporelles qui s'oprent sous ce firmament au sein orageux de la mer8 ,non2 car ces mmes connaissances1 qui demeurent dans la fixit de leur certitude1 et sans s'accrotre par gnration1 comme les lumires de la sagesse et de la science1 exercent cependant dans l'ordre rel une action diffrente et multiple1 dont votre bndiction fconde encore et multiplie les effets4 ,o ,dieu1 vous nous consolez de l'infirmit de nos sens mortels1 en permettant qu'une vrit1 notion simple dans l'esprit1 emprunte aux signes corporels plus d'une figure1 plus d'une expression4 ,voil les productions des eaux1 mais grce votre parole2 productions nes de la misre des peuples devenus trangers votre vrit ternelle2 productions que les eaux ont fait jaillir de leur sein1 comme un remde dont votre ,verbe adoucissait leur languissante amertume4 ,et toutes vos uvres sont belles1 car elles sortent de votre main2 mais que vous tes incomparablement plus beau1 divin auteur du monde6 ,oh6 si ,adam ne se ft point dtach de vous1 ses flancs n'eussent pas t la source de cet ocan amer1 de ce genre humain1 curiosit sans fond1 ternel orage de superbe1 flot de mobilit6 ,et alors les dispensateurs de votre vrit n'auraient pas eu besoin d'employer au sein des ondes tant de signes sensibles et corporels1 tant de paroles symboliques1 tant d'oprations mystrieuses4 ,ce sont l1 suivant moi1 ces reptiles1 ces oiseaux qui s'insinuent parmi les hommes pour les initier et les soumettre aux symboles sacramentels4 ,mais ils ne pourraient aller au del si votre ,esprit n'levait la voix de leur me un degr suprieur1 et si leur cur1 aprs les paroles du premier chelon1 n'aspirait au fate de l'chelle sainte4 ,,xxi ,interprtation mystique des animaux terrestres4 ,et ce n'est plus une mer profonde1 c'est une terre spare par votre ,verbe des ondes d'amertume1 qui produit1 non pas des oiseaux et des reptiles d'mes vivantes1 mais l'me vive2 car elle n'a plus besoin1 comme au temps o elle tait cache sous les eaux1 du baptme ncessaire aux paens1 cette voie qui seule donne entre au royaume des cieux1 depuis que vous avez interdit toute autre en l'ouvrant4 ,et cette me ne demande plus des prodiges pour faire natre sa foi4 ,elle n'a plus besoin1 pour croire1 de signes et de miracles visibles3 terre de foi1 et dj spare des flots amers de l'infidlit1 que lui importe le don des langues1 tmoignage pour les infidles et non pour les fidles#cba8 #cba ,i ,cor41 ,,xiv1 #bb4 ,et ces oiseaux1 que votre parole a tirs des eaux1 sont dsormais inutiles cette terre que vous avez affermie au-dessus des eaux4 ,faites descendre en elle ce ,verbe que vos ,aptres ont annonc4 ,car nous ne pouvons que raconter leurs uvres1 mais c'est vous qui oprez en eux l'uvre qu'ils produisent3 l'me vivante4 ,et la terre produit aussi2 cette terre mystique1 cause de l'opration de vos serviteurs sur elle2 comme la mer tait la cause de l'opration de ces reptiles d'mes vivantes et de ces oiseaux dont le vol rase le firmament du ciel4 ,oiseaux1 reptiles1 dont cette terre n'a plus besoin1 quoiqu'au festin dress par vous vos fidles1 elle mange le poisson mystrieux1 tir des profondeurs de l'abme pour nourrir la terre2 et les oiseaux1 ces enfants de la mer1 ne laissent pas de multiplier sur la terre4 ,car1 si l'infidlit des hommes a t la cause des premires prdications de la bonne nouvelle1 les missionnaires de la parole n'en continuent pas moins d'exhorter les fidles1 et de multiplier sur eux chaque jour leurs bndictions4 ,mais c'est du fond de la terre purifie que sort l'me vive3 car il n'est profitable qu'aux seuls fidles de renoncer l'amour du sicle1 pour faire revivre en vous leur me morte dans la vie de ces dlices1 dlices mortelles1 ,dieu1 vivifiantes dlices d'un cur pur6 ,que vos ministres travaillent donc sur cette terre1 non plus comme sur les eaux infidles1 par des symboles1 des miracles1 des paroles mystrieuses1 afin d'entretenir la crainte de l'inconnu dans le sein de l'ignorance1 mre de l'tonnement2 crainte salutaire1 seule entre qui conduise la foi les enfants d',adam1 oublieux du ,seigneur1 et se cachant de sa face pour devenir un abme6 ,non1 plus ainsi6 ,mais qu'ils travaillent comme sur une terre nouvelle1 spare des gouffres de l'abme1 qu'ils forment les fidles sur le modle de leur vie1 qu'ils les invitent l'imitation de leurs exemples4 ,et les fidles n'entendent plus seulement pour entendre1 mais pour pratiquer4 ,cherchez le ,seigneur1 et votre me vivra2 votre terre produira une me vivante4 ,ne vous conformez pas au sicle#cbb1 tenez-vous-en loigns2 et votre me vivra par la fuite des objets dont le dsir la fait mourir4 ,rprimez en vous la violence sauvage de l'orgueil1 les molles indolences de la volupt et les insinuations d'une science menteuse1 et voil les animaux froces apprivoiss1 les chevaux dompts1 les serpents sans venin3 vivante allgorie des divers mouvements de l'me4 ,le faste de la vanit1 les sductions de la chair1 le venin de la curiosit sont1 en effet1 les mouvements d'une me morte1 mais dont la mort n'est pas assez complte pour que tout mouvement en elle soit ananti3 elle meurt1 il est vrai1 en s'loignant de la source de vie1 mais elle a pris la forme du sicle1 dont le torrent l'emporte4 #cbb ,ps4 ,,lxviii1 #cc2 ,rom41 ,,xii1 #b4 ,votre parole1 ,dieu1 source de la vie ternelle1 demeure et ne s'coule point4 ,aussi nous dfend-elle1 elle-mme1 de nous loigner d'elle1 en nous disant3 ,ne vous conformez pas au sicle1 afin que votre terre1 abreuve la source de vie1 produise une me vivante1 seconde par le ,verbe que vos vanglistes ont publi1 une me pure1 imitatrice des imitateurs du ,christ4 ,et tel est le sens de ces mots3 ,selon son espce2 car l'homme ne se plat imiter que ceux qu'il aime4 ,soyez comme moi1 dit l',aptre1 car je suis comme vous#cbc4 #cbc ,galat41 ,,iv1 #ab4 ,ainsi1 cette me vive n'est peuple que d'animaux apprivoiss1 dont les actions tmoignent la douceur4 ,c'est le prcepte que vous avez donn3 ,agissez en vos uvres avec douceur1 et vous serez aim de tous les hommes#cbd4 ,et ces troupeaux infrieurs ne se trouveront pas mieux pour tre dans l'abondance1 ni plus mal pour tre dans la disette2 et ces serpents innocents seront sans venin pour nuire1 mais pleins de prudence pour viter les morsures1 et ils ne donneront la contemplation de la nature temporelle qu'autant qu'il est ncessaire pour s'lever de la vue de l'ordre temporel la vue intelligente de l'ordre ternel4 ,ces animaux deviennent les serviteurs de la raison1 quand ils ont reu le frein qui les prserve de la mort2 et ils vivent alors1 et leur tre est bon4 #cbd ,eccl41 ,,iii1 #ai4 ,,xxii ,vie de l'me renouvele4 ,oui1 ,seigneur1 mon ,dieu et mon ,crateur1 quand nos affections seront dgages de l'amour du sicle1 et de cette vie de pch1 qui nous faisait mourir2 quand notre me commencera de vivre de la vraie vie1 docile la parole que vous avez fait entendre par la bouche de l',aptre3 ,ne vous conformez pas au sicle2 alors doit s'accomplir le prcepte qui suit aussitt3 ,mais rformez-vous en renouvellement de l'esprit#cbe4 ,et il ne s'agit plus de se produire suivant son espce1 d'imiter ses prdcesseurs1 et de rgler sa vie sur l'autorit d'un homme plus parfait4 ,non3 car vous n'avez pas dit3 ,que l'homme soit fait selon son espce1 mais3 ,faisons l'homme notre image et ressemblance1 afin que nous ayons la facult de reconnatre quelle est votre volont4 ,c'est pourquoi le grand dispensateur de vos mystres1 pre de tant de fils selon l'vangile1 ne voulant pas toujours avoir des enfants la mamelle1 nourrissons porter dans ses bras1 s'crie3 ,rformez-vous en renouvellement d'esprit1 pour reconnatre la volont de ,dieu1 pour savoir ce qui est bon1 ce qui lui plat1 ce qui est parfait4 ,aussi1 ne dites-vous pas3 ,que l'homme soit fait1 mais3 ,faisons l'homme2 et non3 selon son espce1 mais3 notre image et ressemblance4 ,renouvel spirituellement1 et voyant votre vrit des yeux de l'intelligence1 il n'a plus besoin d'un matre1 d'un modle de son espce4 ,c'est de vous1 et c'est en vous qu'il connat votre vrit1 ce qui est bon1 ce qui vous plat4 ,et vous lui donnez la puissance de contempler la ,trinit de votre ,unit1 et l',unit de votre ,trinit4 ,aussi1 vous dites d'abord au pluriel3 ,faisons l'homme2 puis vous ajoutez3 ,et ,dieu fit l'homme4 ,vous dites3 ,a notre image2 et vous ajoutez3 ,a l'image de ,dieu4 ,ainsi1 l'homme est renouvel dans la connaissance de ,dieu1 selon l'image de ,celui qui l'a cr1--et transform en esprit1 il juge de tout1 et n'est jug de personne4 #cbe ,rom41 ,,xii1 #b4 ,,xxiii ,de qui l'homme spirituel peut juger4 ,or1 l'homme spirituel juge de tout1 et c'est ce que l'criture appelle avoir puissance sur les poissons de la mer1 les oiseaux du ciel1 les animaux domestiques et sauvages1 sur toute la terre1 sur tout ce qui rampe sa surface4 ,et1 cette puissance1 il l'exerce par cette intelligence qui le rend capable de pntrer ce qui est de l',esprit de ,dieu6 ,dchu de la gloire1 par dfaut d'intelligence1 n'est-il pas descendu au rang des brutes1 ne leur est-il pas devenu semblable#cbf8 #cbf ,i ,cor41 ,,ii1 #ad2 ,ps4 ,,xlviii1 #ac4 ,et nous1 mon ,dieu1 nous1 enfants de la grce dans votre glise1 nous1 votre ouvrage1 crs dans les bonnes uvres1 nous sommes juges spirituels1 soit que nous ayons l'autorit selon l'esprit1 soit que nous obissions spirituellement4 ,vous avez fait l'homme mle et femelle2 et il en est ainsi dans la cration de votre grce1 o cependant il n'y a plus ni mle ni femelle1 suivant le sexe corporel2 ni ,juif ni ,grec1 ni libre ni esclave4 ,et ces hommes de l'esprit1 soit qu'ils commandent1 soit qu'ils obissent1 sont juges spirituels4 ,mais leur jugement ne s'exerce pas sur les penses spirituelles qui brillent au firmament4 ,il ne leur appartient pas de prononcer sur une autorit si sublime2 de s'lever en juges de votre livre saint1 lors mme que des ombres y voilent la lumire4 ,car nous lui devons la soumission de notre intelligence1 et une ferme assurance dans la rectitude et la vrit de toute lettre close nos yeux4 ,l'homme1 mme spirituel1 et renouvel dans la connaissance de ,dieu1 selon l'image du ,crateur1 doit tre l'observateur1 et non pas le juge de la loi4 ,son jugement ne va pas non plus discerner les hommes de l'esprit des hommes de la chair1 s'il ne les connat par leurs uvres1 comme l'arbre se connat par son fruit#cbg4 ,votre regard seul les voit1 mon ,dieu2 vous les connaissez dj1 ,seigneur1 et vous les aviez dj distingus2 vous les aviez appels dans le secret de votre conseil1 avant mme de crer le firmament4 #cbg ,matth41 ,,vii1 #bj4 ,quoique spirituel1 il ne juge pas non plus des gnrations turbulentes du sicle4 ,pourquoi jugerait-il ceux de dehors#cbh1 puisqu'il ignore quels sont dans ce nombre les lus appels goter un jour la douceur de votre grce1 et les mes prdestines demeurer dans l'ternelle amertume de l'impit8 #cbh ,i ,cor41 ,v1 #ab4 ,ainsi donc1 en formant l'homme votre image1 vous ne lui avez donn puissance ni sur les astres du ciel1 ni sur le ciel secret1 ni sur ce jour1 ni sur cette nuit1 que vous avez nomms avant la cration1 ni sur cette runion des eaux qui s'appelle la mer2 il n'a reu puissance que sur les poissons de la mer1 sur les oiseaux du ciel1 sur tous les animaux1 sur toute la terre1 sur tout ce qui rampe sa surface4 ,il juge1 il approuve ou condamne ce qu'il trouve bien ou mal1 et dans la solennit du sacrement initiateur qui consacre votre service ceux que votre misricorde a pchs au fond des eaux et dans ce banquet sacr o le mystique poisson1 tir du fond de l'abme1 est servi pour nourrir la terre2 et dans les discours1 dans les paroles1 oiseaux fidles1 qui volent sous le firmament de l'autorit des saintes critures2 interprtations1 expositions1 discussions1 controverses1 bndictions1 prires1 que les lvres prononcent en formules sonores1 afin que le peuple puisse rpondre3 ainsi soit-il6 ,l'abme du sicle1 et la ccit de cette chair qui n'a pas d'yeux pour voir les penses1 telle est la cause de l'emploi des sons et du bruit dont on frappe les oreilles4 ,et voil comment ces oiseaux qui se multiplient sur la terre sont nanmoins originaires des eaux4 ,l'homme spirituel juge encore1 approuve ou condamne ce qu'il trouve bien ou mal1 dans les uvres1 dans les murs des fidles2 il juge des aumnes comme des fruits de la terre2 il juge de l'me vivante qui sait1 par la charit1 les jenes et les pieuses penses1 apprivoiser ses passions2 il juge de tout ce qui se produit par des effets sensibles2 il est juge enfin l o il a le pouvoir de corriger et de reprendre4 ,,xxiv ,pourquoi ,dieu a bni l'homme1 les poissons et les oiseaux8 ,qu'ai-je lu8 ,quel est ce mystre8 ,voil1 ,seigneur1 que vous bnissez les hommes1 afin qu'ils croissent1 qu'ils multiplient1 qu'ils remplissent la terre4 ,n'y a-t-il point l un secret dont vous voulez nous insinuer quelque connaissance8 ,pourquoi n'avez-vous pas galement bni la lumire que vous avez nomme jour1 et le firmament du ciel1 et les flambeaux clestes1 et les toiles1 et la terre et la mer8 ,je dirais1 ,dieu6 qui avez cr l'homme votre image1 je dirais que vous avez voulu accorder l'homme la faveur singulire de votre bndiction1 si vous n'eussiez bni de mme les poissons pour qu'ils croissent1 multiplient et peuplent les eaux de la mer2 si vous n'eussiez bni les oiseaux pour qu'ils multiplient sur la terre4 ,je dirais encore que votre bndiction repose sur tous les tres qui perptuent leur espce par la gnration1 si je voyais que votre divine main se ft tendue sur les plantes1 les arbres et les animaux de la terre4 ,mais il n'a t dit ni aux vgtaux1 ni aux btes1 ni aux serpents3 ,croissez et multipliez1 quoiqu'ils s'accroissent par gnration et se conservent dans leur espce1 comme les poissons1 les oiseaux et les hommes4 ,dirai-je donc1 vrit6 ma lumire1 qu'il n'y a l que vaines paroles tombes sans dessein8 ,non1 non1 loin de moi1 pre de toute pit6 loin de l'esclave de votre ,verbe une semblable pense6 ,et si je ne puis pntrer le sens de votre parole1 qu'il l'entende mieux que moi1 qu'il y puise selon la contenance intellectuelle qu'il a reue de vous1 celui de mes frres qui est meilleur1 qui est plus intelligent que moi4 ,mais agrez1 ,seigneur1 cet humble aveu1 qu'il monte en votre prsence4 ,oui1 je crois que ce n'est pas en vain que vous avez parl1 et je ne tairai pas les penses que votre parole me suggre4 ,je les sens vraies1 et je ne vois rien qui m'empche d'interprter ainsi les expressions figures de vos livres saints2 car1 multiplicit de signes1 simplicit de sens1 multiplicit de sens1 simplicit de signes4 ,l'amour de ,dieu et du prochain n'est-il pas une notion simple8 ,quelle multiplicit de formules mystiques1 de langues et de locutions sans nombre pour le traduire par une expression sensible6 ,et c'est ainsi que les vivantes productions des eaux croissent et multiplient4 ,attention1 lecteur1 qui que tu sois6 l'criture n'nonce qu'un mot1 elle ne fait entendre qu'une parole3 ,dans le principe1 ,dieu cra le ciel et la terre4 ,eh bien6 qu'est-ce qui en multiplie l'interprtation8 ,est-ce l'erreur8 non1 mais la varit des espces intellectuelles4 ,et c'est ainsi que la postrit humaine crot et multiplie4 ,car1 considrer la nature mme des choses dans le sens propre et non dans le sens allgorique1 cette parole1 croissez et multipliez1 convient tout ce qui se reproduit par semence4 ,si nous nous attachons au sens figur1 interprtation conforme1 suivant moi1 l'esprit de l'criture1 qui certes n'attribue pas en vain cette bndiction aux seules gnrations des hommes1 aux seules productions des eaux1 nous voyons bien1 il est vrai1 multitude dans le ciel et la terre1 ou le monde des esprits et le monde des corps2 dans la lumire et les tnbres1 ou les mes des justes et des impies2 dans le firmament tendu entre les eaux1 ou les saints dispensateurs de la loi divine2 dans la mer1 ou l'ocan d'amertume des socits humaines2 dans la terre spare des ondes1 ou les mes purifies au feu de l'amour2 dans les plantes sminales et les arbres fruitiers1 ou les uvres de misricorde pratiques en cette vie2 dans les flambeaux suspendus la vote cleste1 ou les dons spirituels qui brillent pour difier2 dans l'me vivante1 ou les affections soumises la rgle3 dans cet ensemble de la cration1 nous dcouvrons multitude1 fcondit1 accroissement4 ,mais quant ce mode de multiplication et de dveloppement1 qui fait qu'une seule vrit s'exprime par plusieurs nonciations1 et qu'une seule nonciation s'entend en plusieurs sens vrais1 c'est ce que nous ne trouvons que dans les signes sensibles de la pense1 et les conceptions de l'intelligence4 ,les signes sensibles1 ce sont les gnrations de la mer1 multiplies dans l'abme de notre indigence2 les gnrations humaines1 c'est la fcondit de notre raison4 ,et voil pourquoi1 ,seigneur1 je crois que vous n'avez dit qu'aux seules gnrations des hommes et des eaux3 ,croissez et multipliez4 ,et je crois que par cette bndiction vous nous avez confr la puissance de donner plusieurs expressions une conception simple1 et la facult d'attacher plusieurs sens une nonciation simple1 mais obscure4 ,ainsi se remplissent les eaux de la mer1 dont les diffrents souffles de l'esprit remuent les courants2 ainsi la postrit humaine peuple la terre1 spare des eaux par l'amour de la vrit1 et soumise l'empire de la raison4 ,,xxv ,les fruits de la terre figurent les uvres de pit4 ,seigneur mon ,dieu1 je veux encore dire les penses que la suite de vos paroles m'inspire1 et je les dirai sans crainte4 ,je dirai la vrit2 c'est au souffle de votre volont que je parle4 ,et je ne puis croire que jamais la vrit sorte de mes lvres que par votre inspiration1 car vous tes la vrit mme2 tout homme est menteur1 et celui dont la parole est mensonge parle de son propre fonds4 ,moi1 je veux dire la vrit1 je ne parlerai donc que par vous4 ,vous nous avez donn pour nourriture toutes les plantes sminales rpandues sur la terre1 et tous les fruits qui reclent en eux-mmes leur semence reproductive2 et ce n'est pas nous seuls que vous les avez donns1 mais encore aux oiseaux du ciel1 aux animaux terrestres et aux serpents4 ,ils n'ont point t donns aux poissons et aux gants de l'abme4 ,je disais donc que ces fruits de la terre sont la figure allgorique des uvres de misricorde qui sortent du sol fertile de l'me pour soulager les misres de la vie4 ,le pieux ,onsiphore tait une de ces charitables terres1 et vous ftes misricorde toute sa maison1 parce qu'il assista souvent votre serviteur ,paul1 et ne rougit jamais de ses chanes#cbi4 ,tels taient les frres qui se couvrirent des mmes fruits1 en lui apportant de ,macdoine de quoi fournir sa dtresse4 ,et avec quelle douleur il dplore la strilit des arbres qui ne lui donnrent point le fruit qu'ils lui devaient6 ,au temps de ma premire dfense1 personne ne me vint en aide1 mais tous m'abandonnrent4 ,dieu leur pardonne#ccj6 ,des secours ne sont-ils pas bien dus aux matres spirituels qui initient notre raison l'intelligence des saints mystres8 ,ces secours sont les fruits que la terre doit l'homme2 ils leur sont dus comme me vivante qui anime la sve reproductive de leurs vertus2 ils leur sont dus comme oiseaux clestes1 dont la voix s'est rpandue aux extrmits de la terre pour l'ensemencer de bndictions4 #cbi ,,ii ,tim41 ,i1 #af4 #ccj ,,ii ,cor41 ,,xi1 #i2 ,,ii ,tim41 ,,iv1 #af4 ,,xxvi ,le fruit des uvres de misricorde est dans la bonne volont4 ,or1 ces fruits ne sont un aliment que pour ceux qui y trouvent une joie sainte1 et cette joie n'est pas aux esclaves asservis au culte de leur ventre4 ,et mme en ceux qui donnent1 ce n'est pas l'aumne qui est le fruit1 c'est l'intention de l'aumne4 ,aussi1 je comprends la joie de ce grand aptre1 qui vivait pour son ,dieu et non pour son ventre1 je la comprends bien2 mon me sympathise cette joie4 ,il venait de recevoir1 par ,epaphrodite1 les dons des ,philippiens3 mais est-ce de ces dons qu'il se rjouit8 ,non1 je vois la cause de sa joie1 et cette cause est le fruit qu'il savoure4 ,car il dit1 en vrit3 ,j'ai ressent une joie ineffable dans le ,seigneur de ce que votre amour pour moi a commenc de refleurir2 non que cet amour se ft fltri en vous1 mais il tait voil par la tristesse#cca4 ,une longue tristesse les avait donc desschs2 et1 comme de striles rameaux1 ils ne portaient plus de fruits charitables2 et il se rjouit de les voir refleurir2 il se rjouit non pour lui-mme des secours dont ils ont assist son indigence1 car il ajoute3 ,ce n'est pas qu'il me manque rien2 ds longtemps j'ai appris me contenter de l'tat o je me trouve2 je sais vivre pauvrement1 je sais vivre dans l'abondance4 ,je suis fait tout2 je suis l'preuve de tout1 de la faim et des aliments1 de l'opulence et de la disette4 ,je peux tout en celui qui me fortifie#ccb4 #cca ,philip41 ,,iv1 #aj4 #ccb ,ibid41 ,,iv1 #aa1 #ac4 ,quelle est donc la cause de ta joie1 grand ,paul8 ,dis1 quelle est cette joie8 ,quel est ce fruit dont tu gotes la saveur1 homme renouvel par la connaissance de ,dieu1 l'image de ton ,crateur#ccc8 ,ame vivante1 peuple de vertus6 ,langue aux ailes de feu1 qui proclame dans le monde les divins mystres6 ,c'est bien aux mes comme la tienne que l'on doit cette nourriture d'amour4 ,dis1 de quel fruit te nourris-tu8 de joie8 coutons-le3 ,oui1 dit-il1 oui1 vous avez bien fait d'entrer en communion avec mes souffrances4 ,voil sa joie1 voil sa nourriture4 ,ils ont bien fait1 non parce qu'il a eu quelque relche ses angoisses1 lui qui vous disait3 ,dans la tribulation vous avez dilat mon cur#ccd1 lui qui sait souffrir l'abondance et la disette en vous1 son unique force4 ,vous savez1 ajoute-t-il1 vous savez1 ,philippiens1 que1 depuis mon dpart de ,macdoine pour les premires prdications de l'vangile1 nulle autre glise n'a eu communication avec moi en ce qui est de donner et de recevoir2 je n'ai rien reu que de vous seuls1 qui m'avez envoy par deux fois1 ,thessalonique1 de quoi subvenir mes besoins4 #ccc ,coloss41 ,,iii1 #aj4 #ccd ,ps4 ,,iv1 #b4 ,et maintenant il se rjouit de leur retour aux bonnes uvres2 il se rjouit des nouveaux fruits et de la nouvelle fertilit du champ spirituel4 ,serait-ce donc dans son intrt8 car il dit3 ,vous avez envoy ma dtresse4 ,la source de sa joie serait-elle l8 ,non1 non6 ,et comment le savons-nous8 ,lui-mme nous l'apprend3 ,ce n'est pas le don1 c'est le fruit que je cherche#cce4 #cce ,philipp41 ,,iv1 #af1 #ag4 ,j'ai appris de vous1 mon ,dieu1 distinguer entre le don et le fruit4 ,le don1 c'est l'objet que donne celui qui assiste une indigence1 c'est l'argent1 la nourriture1 le breuvage1 le vtement1 l'abri1 tout secours enfin2 le fruit1 c'est la volont droite et sincre de celui qui donne4 ,car le divin ,matre ne se borne pas dire3 ,celui qui reoit un prophte2 il ajoute3 en qualit de prophte2 celui qui reoit un juste1 mais en qualit de juste1 recevront la rcompense1 l'un du prophte1 l'autre du juste4 ,il ne dit pas seulement3 ,celui qui donnera un verre d'eau au dernier des miens2 il ajoute en qualit de mon disciple2 en vrit je vous le dis1 celui-l ne perdra point sa rcompense#ccf4 #ccf ,matth41 ,x1 #da1 #db4 ,recueillir un prophte1 recueillir un juste1 donner au disciple un verre d'eau1 voil le don2 agir ainsi en vue de leur qualit de prophte1 de juste et de disciple1 voil le fruit4 ,c'est le fruit que la veuve offrait lie1 qu'elle savait l'homme de ,dieu1 et qu'elle nourrissait ce titre2 et ce n'est que le don qu'il recevait du corbeau dans le dsert4 ,ce don n'tait pas la nourriture de l'homme intrieur1 mais de l'homme extrieur1 qui1 seul en lie1 pouvait dfaillir faute de cet aliment4 ,,xxvii ,signification des poissons et des baleines4 ,je veux dire toute la vrit en votre prsence1 ,seigneur4 ,quand des hommes d'ignorance et d'infidlit1 qui ne peuvent tre gagns votre service que par l'initiation des sacrements et la grandeur des miracles1 ces poissons1 ces gants de l'abme1 accueillent vos serviteurs pour nourrir leur faim1 pour les soulager dans les besoins de la vie prsente1 sans connatre quels doivent tre la raison et le but suprme de l'aumne et de l'hospitalit1 ces infidles ne donnent et vos enfants ne reoivent aucune nourriture2 car les uns n'agissent pas dans une volont droite et sainte1 et les autres1 ne voyant qu'un don et point de fruit1 ne ressentent aucune joie4 ,or1 l'me ne se nourrit que des objets de sa joie4 ,et voil pourquoi ces poissons et ces baleines ne sauraient vivre des productions qui ne naissent que d'une terre spare des eaux de l'abme et purifie de leur amertume4 ,,xxviii ,pourquoi ,dieu dit que ses uvres taient trs bonnes4 ,et la vue de toutes vos uvres1 ,dieu1 vous les avez dites trs bonnes4 ,nous les voyons aussi1 et nous les trouvons trs bonnes4 ,a chacun de vos ouvrages1 en particulier1 aussitt que vous etes dit3 ,qu'il soit6 et aussitt il fut1 vous l'avez vu1 et vous l'avez trouv bon4 ,j'ai compt sept fois crit que vous aviez trouv bonne l'uvre qui sortait de vos mains2 et1 la huitime fois1 l'aspect de tous vos ouvrages1 vous les avez trouvs1 non-seulement bons1 mais trs bons dans leur ensemble4 ,chaque partie1 prise isolment1 n'est que bonne2 mais l'ensemble est trs bon4 ,et la beaut de tout objet sensible rend tmoignage votre parole4 ,un corps1 dans l'harmonieuse beaut de tous ses membres1 est beaucoup plus beau que chacun de ces membres1 dont la beaut particulire concourt la beaut de l'ensemble4 ,,xxix ,comment ,dieu a vu huit fois que ses uvres taient bonnes4 ,et j'ai recherch avec attention s'il est vrai que vous eussiez vu sept ou huit fois que vos uvres taient bonnes 7car elles vous plaisaient72 et je n'ai pu dcouvrir1 dans votre vue divine1 aucun temps qui me ft comprendre comment vous avez vu vos uvres tant de reprises4 ,et je me suis cri3 ,seigneur1 votre criture n'est-elle pas vritable1 dicte par vous qui l'tes1 qui tes la vrit mme8 ,pourquoi donc me dites-vous que le temps n'est pas dans votre vue8 ,et voil votre criture qui me raconte l'approbation que vous avez donne1 jour par jour1 l'uvre de vos mains4 ,et j'ai compt combien de fois1 et j'en ai trouv le nombre4 ,et comme vous tes mon ,dieu1 vous me rpondez d'une voix forte1 d'une voix qui brise ma surdit intrieure1 vous me criez3 ,o homme1 mon criture est ma parole4 ,mais elle parle dans le temps2 et le temps n'atteint pas jusqu' mon ,verbe1 qui demeure avec moi dans mon ternit4 ,ce que tu vois dans mon esprit1 c'est moi qui le vois2 et ce que tu dis par mon esprit1 c'est moi qui le dis2 mais tu vois dans le temps1 et ce n'est pas dans le temps que je vois2 tu parles dans le temps1 et ce n'est pas dans le temps que je parle4 ,,xxx ,rveries manichennes4 ,j'entends1 mon ,dieu3 votre vrit a laiss tomber sur mon me une goutte de douceur infinie1 et j'ai compris qu'il est des hommes qui vos uvres dplaisent4 ,ils disent que la ncessit en a tir plusieurs de vos mains1 comme la mcanique des cieux et la disposition des astres1 dont l'tre mane1 non de votre puissance cratrice1 mais d'une matire prexistante1 procdant d'ailleurs1 et que vous avez rassemble1 resserre1 relie1 pour en btir ces remparts du monde1 trophe de votre victoire sur vos ennemis1 forteresse leve contre toute rvolte venir4 ,ils prtendent encore qu'il en est d'autres qui ne vous doivent ni leur tre1 ni leur composition1 comme les corps de chair1 les insectes1 et tout ce qui tient la terre par racines2 ils y voient l'ouvrage d'une puissance ennemie1 esprit que vous n'avez point cr1 nature malfaisante en lutte contre vous1 qui produit et qui forme tous ces tres dans les plus basses rgions de ce monde4 ,insenss6 ils ne parlent ainsi que faute de voir vos uvres par votre ,esprit1 et de vous reconnatre dans vos uvres4 ,,xxxi ,le fidle voit par l'esprit de ,dieu1 et ,dieu voit en lui que ses uvres sont bonnes4 ,mais nous1 qui les voyons par votre esprit1 les voyons-nous8 ,et n'est-ce pas plutt vous-mme qui les voyez en nous8 ,si donc nous les voyons bonnes1 c'est vous qui les voyez bonnes4 ,dans tout ce qui nous plat cause de vous1 c'est vous qui nous plaisez et tout ce qui nous plat par votre esprit vous plat en nous4 ,quel homme1 en effet1 connat ce qui est de l'homme1 sinon l'esprit de l'homme qui est en lui8 ,et l'esprit de ,dieu connat seul ce qui est de ,dieu4 ,aussi1 dit l',aptre1 nous n'avons pas reu l'esprit du monde1 mais l'esprit qui vient de ,dieu1 afin de connatre les dons de ,dieu#ccg4 ,et cette parole m'autorise1 et je dis3 ,non1 personne ne sait ce qui est de ,dieu1 que l'esprit de ,dieu4 #ccg ,i ,cor41 ,,ii1 #aa1 #ab4 ,comment savons-nous donc nous-mmes ce que ,dieu nous a donn8 ,mais j'entends la rponse3 si nous ne le savons que par son esprit1 qui le sait1 sinon le seul esprit de ,dieu8 ,il est dit1 en vrit1 ceux qui parlent par l'esprit de ,dieu3 ,ce n'est pas vous qui parlez#cch2 et l'on peut dire1 en vrit1 ceux qui connaissent par l'esprit de ,dieu3 ,ce n'est pas vous qui connaissez2 et l'on peut encore dire1 en vrit1 ceux qui voient par l'esprit de ,dieu3 ,ce n'est pas vous qui voyez4 ,ainsi1 quand nous voyons par l'esprit de ,dieu qu'une chose est bonne1 ce n'est pas nous1 c'est ,dieu qui la voit bonne4 #cch ,matth41 ,x1 #bj4 ,et l'un tient pour mauvais ce qui est bon1 suivant la doctrine de ces insenss2 et l'autre en reconnat la bont1 mais il est de ceux qui ne savent point vous aimer dans vos cratures1 dont ils prfrent la jouissance la vtre4 ,celui-ci juge bonne l'uvre bonne2 et c'est ,dieu mme qui voit en lui2 et il aime ,dieu dans son uvre1 amour qui ne saurait natre sans le don de l'esprit3 car l'amour se rpand dans nos curs par l',esprit saint qui nous est donn#cci3 esprit par qui nous voyons que tout tre1 quel qu'il soit1 est bon1 parce qu'il procde de celui qui n'est pas seulement un tre1 mais l'tre lui-mme4 #cci ,rom41 ,v1 #e4 ,,xxxii ,vue de la cration4 ,seigneur1 grces vous soient rendues6 ,nous voyons le ciel et la terre1 c'est--dire les rgions suprieures et infrieures du monde des esprits et celui des corps3 et pour l'embellissement des parties qui forment l'ensemble ou de l'univers visible1 ou de l'universalit des tres1 nous voyons la lumire cre et spare des tnbres4 ,nous voyons le firmament du ciel1 soit ce premier corps du monde1 lev entre la sublimit des eaux spirituelles et l'infriorit des eaux corporelles1 soit ces espaces de l'air1 ce ciel o les oiseaux volent entre les eaux que les vapeurs condensent au-dessus d'eux-mmes et qui retombent en roses sereines1 et les eaux plus lourdes1 qui coulent sur la terre4 ,nous voyons1 par les plaines de la mer1 la beaut de ces masses d'eaux attroupes2 et nous voyons la terre1 d'abord dans sa nudit1 puis recevant avec la forme1 l'ordre1 la beaut et la force vgtative4 ,nous voyons les astres briller sur nos ttes1 le soleil suffire seul au jour1 la lune et les toiles consoler la nuit2 notes radieuses de l'harmonie des temps4 ,nous voyons ces humides immensits se peupler de poissons1 de monstres normes1 d'oiseaux divers3 car l'vaporation de l'eau donne au corps de l'air cette consistance qui soutient leur vol4 ,nous voyons la face de la terre orne de ces races varies d'animaux1 et l'homme cr votre image1 investi d'autorit sur eux par cette divine ressemblance1 par le privilge de l'intelligence et de la raison4 ,et comme il est1 dans son me1 un conseil dominant et une obissance soumise1 ainsi1 dans notre nature corporelle1 la femme est cre pour l'homme1 quoique galement admise au don de la raison1 et son sexe l'assujettit l'homme1 comme la puissance active et passionne1 soumise l'esprit1 conoit de l'esprit le rglement de ses actions3 voil ce que nous voyons2 chacune de ces uvres est bonne1 et leur ensemble est trs bon4 ,,xxxiii ,dieu a cr le monde d'une matire cre par lui au mme temps4 ,que vos uvres vous louent1 afin que nous vous aimions2 et que nous vous aimions1 afin que vos uvres vous louent2 ces uvres qui ont1 dans le temps1 leur commencement et leur fin1 leur lever et leur coucher1 leur progrs et leur dclin1 leur beaut et leur dfaillance6 ,elles ont donc leur rgulire vicissitude de matin et de soir1 dans une vidence plus ou moins manifeste4 ,car elles sont toutes votre cration1 tires du nant1 et non pas de vous-mme2 non pas d'une autre substance1 trangre1 antrieure vous1 mais d'une manire cre par vous1 dans le mme temps1 et que vous avez fait passer1 sans succession1 de l'informit la forme4 ,ainsi1 quelle que soit la diffrence entre la matire du ciel et de la terre1 entre la beaut du ciel et de la terre1 c'est du nant que vous avez cr la matire1 c'est de cette matire informe que vous avez form la beaut du monde1 et nanmoins la cration de la forme a suivi celle de la matire immdiatement et sans intervalle4 ,,xxxiv ,sens mystique de la cration4 ,et j'ai mdit sur le sens que vous avez voulu figurer par l'ordre de vos uvres1 et par l'ordre du rcit inspir de leur cration2 et j'ai vu qu'elles sont bonnes en particulier1 trs bonnes dans leur ensemble2 et dans votre ,verbe1 votre ,fils unique1 je vois le ciel et la terre1 le chef et le corps de l'glise1 prdestins avant le temps1 avant la naissance du matin et du soir4 ,et ds que vous avez commenc d'excuter dans les temps les conceptions de votre ternit1 afin de dvoiler vos secrets1 de rendre l'ordre au chaos d'iniquits qui pesait sur nous et nous entranait loin de vous dans l'abme des tnbres1 o votre ,esprit saint planait1 pour nous secourir au temps marqu1 vous avez justifi les impies2 vous les avez spars des pcheurs2 vous avez tabli votre criture1 comme un firmament1 entre l'autorit o vous levez les eaux suprieures et la soumission cette autorit que vous imposez aux infrieures2 et vous avez runi comme un troupeau la coupable unanimit des volonts infidles1 pour faire briller les saintes affections des fidles qui devaient produire en votre nom des fruits de misricorde1 distribuant aux pauvres les biens de la terre pour gagner le ciel4 ,et vous avez allum dans ce firmament des astres intelligents1 dpositaire du ,verbe de la vie ternelle1 vos saints serviteurs1 combls des dons spirituels1 investis d'une autorit sublime2 et puis1 ces sacrements1 ces miracles visibles1 ces paroles consacres1 signes clestes du firmament de votre criture1 qui appellent vos bndictions sur les fidles eux-mmes2 toutes ces uvres1 instruments de la conversion des races infidles1 c'est l'aide de la matire que vous les avez opres2 et vous avez form l'me vivante de vos fidles par la vertu de ces facults aimantes1 soumises au svre rglement de la continence4 ,et cette me raisonnable1 dsormais soumise vous seul1 assez libre pour se passer du secours et de l'autorit de tout exemple humain1 vous l'avez renouvele votre image et ressemblance2 et vous avez soumis la femme l'homme1 l'activit raisonnable cette puissante raison de l'esprit2 et comme vos ministres sont toujours ncessaires aux fidles en cette vie pour les amener la perfection1 vous avez voulu que les fidles leur payassent1 dans le temps1 un tribut charitable1 dont l'ternit soldera l'intrt4 ,et nous voyons toutes ces uvres1 et nous les voyons trs bonnes1 ou plutt1 vous les voyez en nous1 puisque votre grce a rpandu sur nous l'esprit qui nous donne la force de les voir et de vous aimer en elles4 ,,xxxv ,seigneur1 donnez-nous votre paix6 ,source de tous nos biens1 ,seigneur mon ,dieu1 donnez-nous votre paix6 la paix de votre repos1 la paix de votre sabbat1 la paix sans dclin6 ,car cet ordre admirable1 et cette belle harmonie de tant de cratures excellentes1 passeront le jour o leur destination sera remplie4 ,ils auront leur soir1 comme ils ont eu leur matin4 ,,xxxvi ,le septime jour n'a pas eu de soir4 ,or1 le septime jour est sans soir et sans coucher1 parce que vous l'avez sanctifi1 pour qu'il demeure ternellement4 ,et le repos que vous prenez aprs l'uvre admirable de votre repos nous fait entendre1 par l'oracle de votre sainte criture1 que nous aussi1 aprs l'accomplissement de notre uvre1 dont votre grce fait la bont1 nous devons nous reposer dans le sabbat de la vie ternelle6 ,,xxxvii ,comment ,dieu se repose en nous4 ,alors votre repos en nous sera comme aujourd'hui votre opration en nous4 ,et notre repos sera le vtre1 comme aujourd'hui nos uvres sont les vtres2 car vous1 ,seigneur1 vous tes la fois le mouvement et le repos ternel4 ,votre vue1 votre action1 votre repos ne connaissent pas le temps2 et cependant vous faites notre vue dans le temps1 vous faites le temps1 et le repos qui nous sort du temps4 ,,xxxviii ,diffrence entre la connaissance de ,dieu et celle des hommes4 ,nous voyons donc toutes vos cratures1 parce qu'elles sont2 et au rebours1 elles sont1 parce que vous les voyez4 ,et nous voyons1 au dehors1 qu'elles sont2 intrieurement1 qu'elles sont bonnes4 ,mais vous1 vous les voyez faites1 l o vous les avez vues faire4 ,aujourd'hui1 nous sommes ports faire le bien que notre cur a conu par votre esprit2 hier1 loin de vous1 le mal nous entranait4 ,mais vous1 ,dieu1 l'unique et souveraine bont1 jamais vous n'avez cess de faire le bien4 ,l'uvre que votre grce accomplit en nous n'est pas ternelle2 elle nous donne l'espoir de l'ternel repos dans la gloire de votre sanctification4 ,mais vous1 le seul bien qui n'a besoin de nul autre1 vous ne sortez jamais de votre repos2 votre repos1 c'est vous-mme4 ,et l'homme peut-il donner l'homme l'intelligence de ces mystres de gloire1 l'ange l'ange1 ou l'ange l'homme8 ,non2 c'est vous qu'il faut demander1 c'est en vous qu'il faut chercher1 c'est vous-mme qu'il faut frapper2 ainsi1 ainsi l'on reoit1 ainsi l'on trouve1 ainsi l'on entre4 ,ainsi soit-il4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,vie de saint ,augustin1 par ,s4 ,possidius1 vque de ,calame1 son disciple et son ami ,,sommaire ,,des ,,livres ,,et ,,des ,,chapitres ,,livre ,,premier ,i4 ,grandeur de ,dieu #dc ,,ii4 ,dieu est en l'homme2 l'homme est en ,dieu #dd ,,iii4 ,dieu est tout entier partout #de ,,iv4 ,grandeur ineffable de ,dieu #de ,v4 ,dites mon me3 ,je suis ton salut #df ,,vi4 ,enfance de l'homme2 ternit de ,dieu #dg ,,vii4 ,l'enfant est pcheur #ej ,,viii4 ,comment il apprend parler #ea ,,ix4 ,aversion pour l'tude2 horreur des chtiments #eb ,x4 ,amour du jeu #ed ,,xi4 ,malade1 il demande le ,baptme #ed ,,xii4 ,dieu tournait son profit l'imprvoyance mme qui dirigeait ses tudes #ef ,,xiii4 ,vanit des fictions potiques qu'il aimait #ef ,,xiv4 ,son aversion pour la langue grecque #eh ,,xv4 ,prire #ei ,,xvi4 ,contre les fables impudiques #fj ,,xvii4 ,vanit de ses tudes #fa ,,xviii4 ,hommes plus fidles aux lois de la grammaire qu'aux commandements de ,dieu #fb ,,xix4 ,fautes des enfants1 vices des hommes #fd ,,xx4 ,il rend grce ,dieu des dons qu'il a reus de lui dans son enfance #fe ,,livre ,,ii ,i4 ,dsordres de sa jeunesse #ff ,,ii4 ,ses dbauches seize ans #ff ,,iii4 ,vices de son ducation #fh ,,iv4 ,larcin #ga ,v4 ,on ne fait point le mal sans intrt #gb ,,vi4 ,il se trouve dans les pchs une imitation fausse des perfections divines #gc ,,vii4 ,actions de grces #ge ,,viii4 ,ce qu'il avait aim dans ce larcin #ge ,,ix4 ,liaisons funestes #gf ,x4 lans vers ,dieu #gg ,,livre ,,iii ,i4 ,amours impures #gh ,,ii4 ,thtres #gi ,,iii4 ,insolence de la jeunesse de ,carthage #ha ,,iv4 ,il se passionne pour la sagesse la lecture de l',hortensius de ,cicron #hb ,v4 ,son mpris pour l'criture #hc ,,vi4 ,il tombe dans l'erreur des ,manichens #hd ,,vii4 ,folie des ,manichens #hj ,,viii4 ,ce que ,dieu commande devient permis #hh ,,ix4 ,dieu juge autrement que les hommes #ij ,x4 ,extravagance des ,manichens #ia ,,xi4 ,prires et larmes de sa mre #ib ,,xii4 ,paroles prophtiques d'un vque #ic ,,livre ,,iv ,i4 ,neuf annes d'erreur #ie ,,ii4 ,il enseigne la rhtorique4 ,son commerce illgitime avec une femme4 ,il rejette les offres d'un devin #if ,,iii4 ,sa passion pour l'astrologie #ig ,,iv4 ,mort d'un ami #ii ,v4 ,pourquoi les larmes sont-elles douces aux affligs8 #aja ,,vi4 ,violence de sa douleur #ajb ,,vii4 ,il quitte ,tagaste #ajc ,,viii4 ,sa douleur diminue avec le temps #ajd ,,ix4 ,l'amiti n'est vraie qu'en ,dieu #aje ,x4 ,l'me ne peut trouver son repos dans les cratures #aje ,,xi4 ,les cratures changent2 ,dieu seul est immuable #ajf ,,xii4 ,les mes trouvent en ,dieu le repos et l'immortalit #ajg ,,xiii4 ,d'o procde l'amour4 ,livre qu'il avait crit sur la beaut et la convenance #aji ,,xiv4 ,il avait ddi ce livre l'orateur ,hirius4 ,estime pour les absents4 ,d'o vient-elle8 #aaj ,,xv4 ,son esprit obscurci par les images sensibles ne pouvait concevoir les substances spirituelles #aab ,,xvi4 ,gnie de saint ,augustin #aad ,,livre ,v ,i4 ,que mon me vous loue1 ,seigneur1 pour vous aimer #aag ,,ii4 ,o fuit l'impie1 en fuyant ,dieu8 #aah ,,iii4 ,faustus4 ,aveuglement des philosophes #aai ,,iv4 ,malheur la science qui ignore ,dieu6 #aba ,v4 ,folie de ,mans #abb ,,vi4 loquence de ,faustus et son ignorance #abc ,,vii4 ,il se dgote des doctrines manichennes #abe ,,viii4 ,il va ,rome malgr sa mre #abf ,,ix4 ,il tombe malade4 ,prires de sa mre #abi ,x4 ,il s'loigne du manichisme1 dont il retient encore plus d'une erreur #acj ,,xi4 ,faibles rponses des ,manichens #acc ,,xii4 ,dloyaut de la jeunesse romaine #acc ,,xiii4 ,il se rend ,milan pour y enseigner la rhtorique4 ,saint ,ambroise #acd ,,xiv4 ,il rompt avec les ,manichens et demeure catchumne dans l'glise #ace ,,livre ,,vi ,i4 ,sainte ,monique suit son fils ,milan #acg ,,ii4 ,elle se rend la dfense de saint ,ambroise #ach ,,iii4 ,occupation de saint ,ambroise #adj ,,iv4 ,assiduit d',augustin aux sermons de saint ,ambroise #ada ,v4 ,ncessit de croire ce que l'on ne comprend pas encore #adc ,,vi4 ,misre de l'ambition #ade ,,vii4 ,son ami ,alypius #adf ,,viii4 ,alypius entran aux ,sanglants spectacles du cirque #adh ,,ix4 ,alypius souponn d'un larcin #aej ,x4 ,intgrit d',alypius4 ,ardeur de ,nebridius la recherche de la vrit #aea ,,xi4 ,vives perplexits d',augustin #aec ,,xii4 ,ses entretiens avec ,alypius sur le mariage et le clibat #aee ,,xiii4 ,sa mre n'obtient de ,dieu aucune rvlation sur le mariage de son fils #aef ,,xiv4 ,projet de vie en commun avec ses amis #aeg ,,xv4 ,la femme qu'il entretenait tant retourne en ,afrique1 il en prend une autre #aeh ,,xvi4 ,sa crainte de la mort et du jugement #aeh ,,livre ,,vii ,i4 ,il ne pouvait concevoir ,dieu que comme une substance infiniment tendue #afj ,,ii4 ,objection de ,nebridius contre les ,manichens #afb ,,iii4 ,peine qu'il prouve concevoir l'origine du mal #afc ,,iv4 ,dieu1 tant le souverain bien1 est ncessairement incorruptible #afd ,v4 ,ses doutes sur l'origine du mal #afe ,,vi4 ,vaines prdictions des astrologues #afg ,,vii4 ,tourments de son esprit dans la recherche de l'origine du mal #agj ,,viii4 ,dieu entretenait son inquitude jusqu' ce qu'il connt la vrit #aga ,,ix4 ,il avait trouv la divinit du ,verbe dans les livres des platoniciens1 mais non pas l'humilit de son ,incarnation #agb ,x4 ,il dcouvre que ,dieu est la lumire immuable #agd ,,xi4 ,les cratures sont et ne sont pas #age ,,xii4 ,toute substance est bonne d'origine #agf ,,xiii4 ,rien que de bon sans les uvres de ,dieu #agg ,,xiv4 ,il s'veille enfin la vraie connaissance de ,dieu #agh ,,xv4 ,toutes choses participent de la vrit et de la bont de ,dieu #agh ,,xvi4 ,ce que c'est que le pch #agi ,,xvii4 ,par quels degrs il s'lve la connaissance de ,dieu #agi ,,xviii4 ,il ignorait encore l',incarnation de ,jsus-,christ #aha ,,xix4 ,il prenait ,jsus-,christ pour un homme d'minente sagesse #ahb ,,xx4 ,les livres dus platoniciens l'avaient rendu plus savant1 mais plus vain #ahc ,,xxi4 ,il trouve dans l'criture l'humilit et la vraie voie du salut #ahd ,,livre ,,viii ,i4 ,augustin va trouver le vieillard ,simplicianus #ahg ,,ii4 ,simplicianus lui raconte la conversion de ,victorinus le rhteur #ahi ,,iii4 ,d'o vient que l'on ressent tant de joie de la conversion des pcheurs #aib ,,iv4 ,pourquoi les conversions clbres doivent inspirer une joie plus vive #aid ,v4 ,tyrannie de l'habitude #aie ,,vi4 ,rcit de ,potitianus #aig ,,vii4 ,agitation de son me pendant le rcit de ,potitianus #bjh ,,viii4 ,lutte intrieure #bja ,,ix4 ,l'esprit commande au corps2 il est obi4 ,l'esprit se commande1 et il se rsiste #bjc ,x4 ,deux volonts1 un seul esprit #bjd ,,xi4 ,derniers combats #bjf ,,xii4 ,prends1 lis6 ,prends1 lis6 #bjh ,,livre ,,ix ,i4 ,actions de grces #baa ,,ii4 ,il renonce sa profession #bab ,,iii4 ,sainte mort de ses amis ,nebridius et ,verecundus #bad ,,iv4 ,son enthousiasme la lecture des psaumes #baf ,v4 ,il fait connatre publiquement sa rsolution #bbj ,,vi4 ,il reoit le baptme avec ,alypius son ami1 et ,adeodatus son fils4 ,gnie de cet enfant4 ,sa mort #bbj ,,vii4 ,dcouverte des corps de saint ,gervais et de saint ,protais #bbb ,,viii4 ,mort de sainte ,monique4 ,son ducation #bbc ,,ix4 ,vertus de sainte ,monique #bbe ,x4 ,entretien de sainte ,monique avec son fils sur le bonheur de la vie ternelle #bbh ,,xi4 ,dernires paroles de sainte ,monique #bcj ,,xii4 ,douleur de saint ,augustin #bca ,,xiii4 ,il prie pour sa mre #bcd ,,livre ,x ,i4 lvation #bcg ,,ii4 ,confession du cur #bch ,,iii4 ,pourquoi il confesse ce que la grce a fait de lui #bch ,,iv4 ,quel fruit il espre de cette confession #bdj ,v4 ,l'homme ne se connat pas entirement lui-mme #bda ,,vi4 ,ce qu'il sait avec certitude1 c'est qu'il aime ,dieu #bdb ,,vii4 ,dieu ne peut tre connu par les sens #bdd ,,viii4 ,de la mmoire #bde ,,ix4 ,mmoire des sciences #bdh ,x4 ,les sciences n'entrent pas dans la mmoire par les sens #bdh ,,xi4 ,acqurir la science1 c'est rassembler les notions disperses dans l'esprit #bdi ,,xii4 ,mmoire des mathmatiques #bej ,,xiii4 ,mmoire des oprations de l'esprit #bea ,,xiv4 ,mmoire des affections de l'me #bea ,,xv4 ,comment les ralits absentes se reprsentent la mmoire #bec ,,xvi4 ,la mmoire se souvient de l'oubli #bec ,,xvii4 ,dieu est au del de la mmoire #bee ,,xviii4 ,il faut conserver la mmoire d'un objet perdu pour le retrouver #bef ,,xix4 ,comment la mmoire retrouve un objet oubli #beg ,,xx4 ,chercher ,dieu1 c'est chercher la vie heureuse #beh ,,xxi4 ,comment l'ide de la batitude peut tre dans la mmoire #bei ,,xxii4 ,dieu1 unique joie du cur #bjj ,,xxiii4 ,amour naturel des hommes pour la vrit2 ils ne la hassent que lorsqu'elle contrarie leurs passions #bjj ,,xxiv4 ,dieu se trouve dans la mmoire #bjb ,,xxv4 ,dans quelle partie de la mmoire trouvons-nous ,dieu8 #bfb ,,xxvi4 ,dieu est la vrit que les hommes consultent #bfc ,,xxvii4 ,ravissement du cur devant ,dieu #bfd ,,xxviii4 ,misre de cette vie #bfd ,,xxix4 ,la grce de ,dieu est notre seul appui #bfe ,,xxx4 ,triple tentation de la volupt1 de la curiosit et de l'orgueil #bff ,,xxxi4 ,de la volupt dans les aliments #bfg ,,xxxii4 ,plaisir de l'odorat #bga ,,xxxiii4 ,plaisir de l'oue4 ,du chant de l'glise #bga ,,xxxiv4 ,volupt des yeux #bgc ,,xxxv4 ,curiosit #bge ,,xxxvi4 ,orgueil #bgh ,,xxxvii4 ,disposition de son me touchant le blme et la louange #bgi ,,xxxviii4 ,vaine gloire1 poison subtil #bhb ,,xxxix4 ,complaisance en soi-mme #bhb ,,xl4 ,coup d'il sur tout ce qu'il a dit #bhc ,,xli4 ,ce qui le rejetait loin de ,dieu #bhd ,,xlii4 garement des superbes qui ont eu recours aux anges dchus comme mdiateurs entre ,dieu et les hommes #bhd ,,xliii4 ,jsus-,christ seul mdiateur #bhe ,,livre ,,xi ,i4 ,la confession de nos misres dilate notre amour #bhh ,,ii4 ,il demande ,dieu l'intelligence des critures #bhi ,,iii4 ,il implore la ,vrit qui a parl par ,mose #bia ,,iv4 ,le ciel et la terre nous crient qu'ils ont t crs #bib ,v4 ,l'univers cr de rien #bib ,,vi4 ,comment ,dieu a parl #bic ,,vii4 ,le ,verbe divin1 ,fils de ,dieu1 coternel au ,pre #bid ,,viii4 ,le ,verbe ternel est notre unique matre #bie ,,ix4 ,le ,verbe parle notre cur #bif ,x4 ,la volont de ,dieu n'a pas de commencement #big ,,xi4 ,le temps ne saurait tre la mesure de l'ternit #big ,,xii4 ,ce que ,dieu faisait avant la cration du monde #bih ,,xiii4 ,point de temps avant la cration #bih ,,xiv4 ,qu'est-ce que le temps8 #cjj ,,xv4 ,quelle est la mesure du temps8 #cjj ,,xvi4 ,comment se mesure le temps8 #cjb ,,xvii4 ,o est le pass1 o est l'avenir8 #cjc ,,xviii4 ,comment le pass et l'avenir sont prsents #cjc ,,xix4 ,de la prescience de l'avenir #cje ,,xx4 ,quel nom donner aux diffrences du temps8 #cje ,,xxi4 ,comment mesurer le temps8 #cjf ,,xxii4 ,il demande ,dieu la connaissance de ce mystre #cjf ,,xxiii4 ,nature du temps #cjg ,,xxiv4 ,le temps est-il la mesure du mouvement8 #cji ,,xxv4 ,allumez ma lampe1 ,seigneur1 clairez mes tnbres #caj ,,xxvi4 ,le temps n'est pas la mesure du temps #caj ,,xxvii4 ,comment nous mesurons le temps #cab ,,xxviii4 ,l'esprit est la mesure du temps #cad ,,xxix4 ,de l'union avec ,dieu #cae ,,xxx4 ,point de temps sans uvre #caf ,,xxxi4 ,dieu connat autrement que les hommes #caf ,,livre ,,xii ,i4 ,la recherche de la vrit est pnible #cah ,,ii4 ,deux sortes de cieux #cai ,,iii4 ,des tnbres rpandues sur la surface de l'abme #cai ,,iv4 ,matire primitive #cbj ,v4 ,sa nature #cbj ,,vi4 ,comment il faut la concevoir #cba ,,vii4 ,le ciel plus excellent que la terre #cbb ,,viii4 ,matire primitive faite de rien #cbc ,,ix4 ,le ciel du ciel #cbd ,x4 ,invocation #cbd ,,xi4 ,ce que ,dieu lui a enseign #hbe ,,xii4 ,deux ordres de cratures #cbg ,,xiii4 ,cratures spirituelles2 matire informe #cbh ,,xiv4 ,profondeur des critures #cbh ,,xv4 ,vrits constantes1 nonobstant la diversit des interprtations #cbi ,,xvi4 ,contre les contradicteurs de la vrit #ccb ,,xvii4 ,ce que l'on doit entendre par le ciel et la terre #ccc ,,xviii4 ,on peut donner plusieurs sens l'criture #ccd ,,xix4 ,vrits incontestables #ccc ,,xx4 ,interprtations diverses des dernires paroles de la ,gense #ccf ,,xxi4 ,explications diffrentes de ces mots3 ,la terre tait invisible #ccg ,,xxii4 ,plusieurs crations de ,dieu passes sous silence #cch ,,xxiii4 ,deux espces de doutes dans l'interprtation de l'criture #cci ,,xxiv4 ,difficult de dterminer le vrai sens de ,mose entre plusieurs galement vrais #cdj ,,xxv4 ,contre ceux qui cherchent faire prvaloir leur sentiment #cda ,,xxvi4 ,il est digne de l'criture de renfermer plusieurs sens sous les mmes paroles #cdc ,,xxvii4 ,abondance de l'criture #cdd ,,xxviii4 ,des divers sens qu'elle peut recevoir #cde ,,xxix4 ,de combien de manires une chose peut tre avant une autre #cdf ,,xxx4 ,l'criture veut tre interprte en esprit de charit #cdh ,,xxxi4 ,mose a pu entendre tous les sens vritables qui peuvent se donner ses paroles #cdi ,,xxxii4 ,tous les sens vritables prvus par le ,saint-,esprit #cdi ,,livre ,,xiii ,i4 ,invocation4 ,gratuite munificence de ,dieu #cea ,,ii4 ,toute crature tient l'tre de la pure bont de ,dieu #ceb ,,iii4 ,tout procde de la grce de ,dieu #cec ,,iv4 ,dieu n'avait pas besoin des cratures #ced ,v4 ,de la ,trinit #ced ,,vi4 ,comment l'esprit de ,dieu tait port au-dessus des eaux #cee ,,vii4 ,effet du ,saint-,esprit #cee ,,viii4 ,l'union avec ,dieu1 unique flicit des tres intelligents #cef ,,ix4 ,pourquoi il est dit1 seulement du ,saint-,esprit1 qu'il tait port sur les eaux #ceg ,x4 ,bonheur des pures intelligences #ceh ,,xi4 ,image de la ,trinit dans l'homme #cei ,,xii4 ,dieu procde en l'institution de l'glise comme dans la cration du monde #cfj ,,xiii4 ,notre renouvellement n'est jamais parfait dans cette vie #cfa ,,xiv4 ,l'me est soutenue par la foi et l'esprance #cfb ,,xv4 ,l'criture sainte1 compare au firmament1 et les anges aux eaux suprieures #cfc ,,xvi4 ,nul ne connat ,dieu comme ,dieu se connat lui-mme #cfe ,,xvii4 ,comment on peut entendre la cration de la mer et de la terre #cff ,,xviii4 ,les ,justes peuvent tre compars aux astres #cfg ,,xix4 ,voie de la perfection #cfi ,,xx4 ,sens mystique de ces paroles3 ,que les eaux produisent les reptiles et les oiseaux #cgj ,,xxi4 ,interprtation mystique des animaux terrestres #cgb ,,xxii4 ,vie de l'me renouvele #cgd ,,xxiii4 ,de qui l'homme spirituel peut juger #cgf ,,xxiv4 ,pourquoi ,dieu a bni l'homme1 les poissons et les oiseaux #cgh ,,xxv4 ,les fruits de la terre figurent les uvres de pit #chj ,,xxvi4 ,le fruit des uvres de misricorde est dans la bonne volont #cha ,,xxvii4 ,signification des poissons et des baleines #chc ,,xxviii4 ,pourquoi ,dieu dit que ses uvres taient trs bonnes #chd ,,xxix4 ,comment ,dieu a vu huit fois que ses uvres taient bonnes #che ,,xxx4 ,rveries manichennes #che ,,xxxi4 ,le fidle voit par l'esprit de ,dieu1 et ,dieu voit en lui que ses uvres sont bonnes #chf ,,xxxii4 ,vue de la cration #chg ,,xxxiii4 ,dieu a cr le monde d'une matire cre par lui au mme temps #chh ,,xxxiv4 ,sens mystique de la cration #chi ,,xxxv4 ,seigneur1 donnez-nous votre paix6 #cij ,,xxxvi4 ,le septime jour n'a pas eu de soir #cia ,,xxxvii4 ,comment ,dieu se repose en nous #cia ,e4 ,,grevin--,,imprimerie ,,de ,,lagny ,,les ,,meilleurs ,,auteurs ,,classiques ,franais et trangers ,,volumes ,,parus ,,aristophane1 ,thtre4 #b vol4 ,,beaumarchais1 ,thtre4 ,,bernardin ,,de ,,saint-,,pierre1 ,paul et ,virginie4 ,,boccace1 ,le ,dcamron4 #b vol4 ,,boileau1 uvres potiques et en prose4 ,,bossuet1 ,oraisons funbres4 --,discours sur l',histoire universelle4 ,,brant,,me1 ,dames ,galantes4 ,,camoens1 ,les ,lusiades4 ,,casanova 7,jacques71 ,mmoires4 #f vol4 ,,cervantes 7,michel71 ,don ,quichotte4 #b vol4 ,c,,sar1 ,commentaires sur la guerre des ,gaules4 ,,chanson ,,de ,,roland 7,la74 ,,chateaubriand1 ,atala2 ,ren2 ,le dernier ,abencrage4 --,le ,gnie du ,christianisme4 #b vol4 --,les ,martyrs4 #b vol4 ,,ch,,nier 7,andr71 uvres potiques4 ,,comte 7,auguste71 ,philosophie positive1 #d vol4 ,,corneille1 ,thtre4 #b vol4 ,,dante1 ,la ,divine ,comdie4 ,,descartes1 ,discours sur la ,mthode2 ,mditations mtaphysiques4 ,,diderot1 ,la ,religieuse2 ,le ,neveu de ,rameau4 ,,eschyle1 ,thtre4 ,f,,nelon1 ,tlmaque4 --,de l'ducation des ,filles4 ,,foe 7,daniel de71 ,robinson ,cruso4 ,g,,the1 ,werther2 ,faust2 ,hermann et ,dorothe4 ,,grimm1 ,contes choisis4 ,,hom,,re1 ,iliade4 --,odysse4 ,,kant 7,emmanuel71 ,critique de la ,raison pure4 #b vol4 ,,kleist-,,kotzebue-,,lessing1 ,trois ,comdies4 ,,la ,,bruy,,re1 ,caractres4 ,,la ,,fayette 7,mme de71 ,mmoires2 ,princesse de ,clves4 ,,la ,,fontaine1 ,fables4 --,contes4 ,,lamarck 7,j4-,b471 uvres choisies4 ,,la ,,rochefoucauld1 ,maximes4 ,,leibnitz1 ,nouveaux essais sur l',entendement humain4 ,,le ,,sage 7,a4-,r471 ,histoire de ,gil ,blas de ,santillane4 #b vol4 ,,lessing1 ,thtre4 ,,le ,,tasse1 ,jrusalem dlivre4 ,,maistre 7,x4 de71 uvres4 ,,malebranche1 ,recherche de la ,vrit4 #b vol4 ,,marivaux1 ,thtre choisi4 ,,moli,,re1 ,thtre4 #d vol4 ,,mommsen 7,th471 ,histoire ,romaine4 #g vol4 ,,montaigne1 ,essais4 #d vol4 ,,montesquieu1 ,lettres persanes4 --,de l'esprit des ,lois4 #b vol4 ,,musset 7,a4 de71 ,premires ,posies4 #ahbi-ahce4 --,posies nouvelles4 #ahcf-aheb4 --,comdies et ,proverbes4 #b vol4 --,la ,confession d'un ,enfant du ,sicle4 --,nouvelles4 --,contes4 --,mlanges de ,littrature et de ,critique4 --uvres posthumes4 ,,ovide1 les ,mtamorphoses4 ,,pascal1 ,penses4 --,les ,provinciales4 ,,pellico 7,silvio71 ,mes ,prisons4 ,,perrault 7,ch47 et ,mme d',,aulnoy1 ,contes4 ,,pline ,,le ,,jeune1 ,lettres2 ,pangyrique de ,trajan4 ,,rabelais1 uvres4 #b vol4 ,,racine1 ,thtre4 #b vol4 ,r,,gnier 7,mathurin71 uvres compltes4 ,,rousseau 7,j4-,j471 ,confessions1 #b vol4 --,julie ou la ,nouvelle ,hlose4 #b vol4 --,du ,contrat social4 --mile1 ou de l'ducation4 #b vol4 ,,saint ,,augustin1 ,les ,confessions4 ,,schiller1 ,les ,brigands2 ,marie ,stuart2 ,guillaume ,tell4 ,,scott 7,walter71 ,ivanho4 #b vol4 --,la ,jolie ,fille de ,perth4 #b vol4 ,s,,vign 7,mme de71 ,lettres choisies4 ,,shakespeare 7,william71 uvres dramatiques4 #h vol4 ,,sophocle1 ,thtre4 ,,spinoza1 thique4 ,,sta,l 7,mme de71 ,de l',allemagne1 #b vol4 --,corinne1 ou l',italie4 #b vol4 ,,stendhal1 ,la ,chartreuse de ,parme4 ,,su,,tone1 ,les ,douze ,csars4 ,,vigny 7,a4 de71 ,pomes antiques et modernes4 --,stello4 --,thtre4 #b vol4 --,cinq-,mars4 #b vol4 --,servitude et ,grandeur militaire4 ,,villon 7,franois71 uvres4 ,,virgile1 ,l'nide4 ,,voltaire1 ,dictionnaire philosophique4 --,histoire de ,charles ,,xii4 --,sicle de ,louis ,,xiv4 #b vol4 --,romans4 #b vol4 ,,wiseman 7,cardinal71 ,fabiola4 ,chaque volume broch1 #ie cent41 reli toile pleine1 #a fr4 #ge4 #bdee4--,paris4--,imp4 ,hemmerl et ,cie4--#ab-ac4