,r,,flexions ,,sur ,,le ,,suicide4 ,,p> ,,mad4 ,,la ,,b>onne ,,de ,,/a,l-,,hol/e94 ,,dition ,,orig9ale4 ,a ,,b]l9 #ahac1 ,,se ,,v5d ,,dans ,,la ,,reals*ulbu*h&lung4 ,a ,,son ,,altesse ,,royale ,,le ,,pr9ce ,,royal ,,de ,,su,,de4 ,,monseigneur6 ,j'ai crit ces rflexions sur le ,suicide1 dans un mom5t o le malheur me faisait pr\v] le beso9 de me =tifi] p> le sec\rs de la mditation4 ,c'e/ prs de ,,v\s1 ,,monseigneur1 que mes pe9es se sont ad\cies2 mes enfans et moi n\s avons fait comme ces b]g]s d',arabie1 qui lorsqu'ils voi5t v5ir l'orage1 se retir5t l'abri du lauri]4 ,,v\s n'avez jamais considr la mort1 ,,monseigneur1 que comme dv\em5t la patrie2 et jamais ,,votre me n'a pu tre atte9te p> ce dc\ragem5t que ress5t5t quelquefois les tres qui se croi5t inutiles sur la t]re4 ,nanmo9s ,,votre esprit transc5dant n'e/ trang] aucun sujet philosophique1 et ,,v\s voyez de trop haut p\r que ri5 puisse ,,v\s *app]4 ,je n'avais jusqu' ce j\r ddi mes ouvrages qu' la mmoire de mon ,pre2 je ,,v\s ai dem&1 ,,monseigneur1 l'honneur de ,,v\s r5dre hommage1 p>ce que ,,votre vie publique signale t\s les yeux les v]tus relles1 qui seules mrit5t l'admiration des p5seurs4 ,un c\rage intrpide ,,v\s di/+ue p]sonnellem5t entre t\s les braves1 mais ce c\rage e/ dirig p> une bont non mo9s sublime2 le sang des gu]ri]s1 les pleurs du pauvre1 les inquitudes mme du faible sont l'objet de ,,votre humanit prvoyante4 ,v\s craignez la s\ffrance de ,,vos semblables1 et le rang m95t o ,,v\s tes plac ne p\rra jamais effac] de ,,votre cur la sympa?ie4 ,un ,franais disait de ,,v\s1 ,,monseigneur1 que ,,v\s runissiez la *eval]ie du rpublicanisme la *eval]ie de la ,royaut3 en effet1 dans quelque s5s que la gnrosit puisse s'ex]c]1 elle ,,v\s e/ t\j\rs native4 ,dans les rapports de la socit ,,v\s ne mettez po9t la gne1 p> une roideur factice1 l'esprit et l'me de ceux qui ,,v\s ent\r5t4 ,,v\s p\rriez1 p\r a9si dire1 gagn] t\t un peuple un un1 si *aque individu qui le compose1 avait le bonheur de s'entret5ir un qu>t d'heure avec ,,v\s1 mais ct de cette affabilit ple9e de grces1 ,,votre mle n]gie ,,v\s atta*e t\s les c>actres =ts4 ,cette ,nation ,sudoise1 jadis si clbre p> ses exploits1 et qui cons]ve encore les gr&es qualits que ses anctres ont manife/es1 *rit en ,,v\s le prsage de sa gloire4 ,,v\s respectez les droits de cette ,nation1 ,,monseigneur1 p> p5*ant et p> consci5ce1 et l'on ,,v\s a vu1 dans plusieurs circon/ances difficiles1 aussi fi] des b>rires con/itutionnelles1 que d'autres en s]ai5t impati5s4 ,les devoirs ne ,,v\s sembl5t jamais des bornes mais des appuis1 et c'e/ a9si que ,,votre dfr5ce habituelle p\r la sagesse exprim5te du ,,roi aj\te un n\veau lu/re au p\voir qu',,il ,,v\s confie4 ,p\rsuivez1 ,,monseigneur1 la c>rire dans laquelle un si bel av5ir ,,v\s e/ (f]t1 et ,,v\s montr]ez au monde ce qu'il avait dsappris1 c'e/ que les vritables lumires enseign5t la morale1 et que les hros vraim5t magnanimes1 lo9 de mpris] l'espce huma9e1 ne se croi5t suprieurs aux autres hommes1 que p> les sacrifices mmes qu'ils leur font4 ,je suis avec respect1 de ,,votre ,,altesse ,,royale1 ,,monseigneur1 la trs-humble et trs-obissante s]vante ,,neck]1 ,b>onne de ,,/a,l ,,hol/e94 ,rflexions sur le suicide4 ,c'e/ p\r les malheureux qu'il faut crire2 ceux qui sont en possession des prosprits de ce monde1 ne s'in/ruis5t que p> leur propre expri5ce1 et les ides gnrales en t\tes *oses ne leur p>aiss5t que du temps p]du4 ,il n'en e/ pas a9si de ceux qui s\ffr5t3 la rflexion e/ leur plus sr asile1 et sp>s p> l'in=tune des di/ractions de la socit1 ils s'exam95t eux-mmes et *]*5t1 comme un malade qui se ret\rne dans un lit de d\leur1 quelle e/ la position la mo9s pnible qu'ils puiss5t se procur]4 ,l'excs du malheur fait natre la p5se du ,suicide1 et cette "q ne saurait tre trop appr(ondie2 elle ti5t t\te l'organisation morale de l'homme4 ,je me flatte de prs5t] quelques ap]u n\veaux sur les motifs qui peuv5t conduire cette action1 et sur ceux qui doiv5t en dt\rn]4 ,je discut]ai ce sujet sans malveillance comme sans exaltation4 ,il ne faut pas har ceux qui sont assez malheureux p\r dte/] la vie2 il ne faut pas l\] ceux qui succomb5t s\s un gr& poids3 c> s'ils p\vai5t m>*] en le portant leur =ce morale s]ait plus gr&e#a4 #a ,j'ai l\ l'acte du ,suicide dans mon ouvrage sur l',influ5ce des passions1 et je me suis t\j\rs rep5tie depuis de cette p>ole inconsidre4 ,j'tais alors dans t\t l'orgueil et la vivacit de la premire jeunesse2 mais quoi s]virait-il de vivre1 si ce n'tait dans l'espoir de s'amlior]8 ,les p]sonnes qui d'ord9aire condamn5t le ,suicide1 se s5tant sur le t]ra9 du ,devoir et de la ,raison1 se s]v5t s\v5t1 p\r s\t5ir leur op9ion1 de c]ta9es =mes mprisantes1 qui peuv5t bless] leurs adv]saires2 elles ml5t aussi quelquefois d'inju/es attaques contre l'en?\siasme en gnral1 la c5sure mrite d'un acte c\pable4 ,il me semble au contraire1 que c'e/ p> les pr9cipes mmes du vritable en?\siasme1 c'e/--dire1 de l'am\r du beau moral1 qu'on peut aism5t montr]1 combi5 la rsignation la de/9e e/ d'un ordre plus lev que la rvolte contre elle4 ,je me propose de prs5t] la "q du ,suicide s\s trois rapports diffr5s3 j'exam9]ai d'abord ,quelle e/ l'action de la s\ffrance sur l'me huma9e2 secondem5t1 je montr]ai ,quelles sont les lois que la religion *rti5ne n\s impose relativem5t au ,suicide1 et troisimem5t je considr]ai ,en quoi consi/e la plus gr&e dignit morale de l'homme sur cette t]re4 ,premire section4 ,quelle e/ l'action de la s\ffrance sur l'me huma9e8 ,on ne saurait se le dissimul]1 il y a1 s\s le rapport des impressions causes p> la d\leur1 autant de diffr5ce entre les individus1 qu'il en peut exi/] relativem5t au gnie et au c>actre2 non seulem5t les circon/ances1 mais la manire de les s5tir diffre tellem5t1 que des p]sonnes trs-e/imables d'ailleurs peuv5t ne pas s'ent5dre cet g>d2 et cep5dant1 de t\tes les bornes de l'esprit1 la plus insupportable1 c'e/ celle qui n\s emp*e de compr5dre les autres4 ,il me semble que le bonheur consi/e dans la possession d'une de/9e en rapport avec nos facults4 ,nos dsirs sont une *ose mom5tane et s\v5t fune/e mme n\s1 mais nos facults sont p]man5tes et leurs beso9s ne cess5t jamais3 il se peut donc que la conqute du monde ft ncessaire ,alex&re1 comme la possession d'une cabane un b]g]4 ,il ne s'ensuivrait pas que la race huma9e dt se prt] s]vir d'alim5t aux facults gigantesques d',alex&re2 mais on peut dire que1 d'aprs sa nature1 lui1 ne savait tre heureux qu'a9si4 ,la puissance d'aim]1 l'activit de la p5se1 le prix qu'on atta*e l'op9ion1 font de tel ou tel g5re de vie une exi/5ce d\ce p\r les uns et t\t--fait pnible p\r les autres4 ,l'inflexible loi du devoir e/ la mme p\r t\s1 mais les =ces morales sont purem5t individuelles1 et la pr(onde connaissance du cur huma9 peut seule donn] nos jugem5s sur le bonheur et le malheur de ceux qui ne n\s ressembl5t pas1 une quit philosophique4 ,il me semble donc qu'il ne faut jamais disput] sur ce que *acun pr\ve2 le conseil ne peut port] que sur la conduite et la f]met d'me1 dont la v]tu et la religion font une gale loi dans t\tes les situations2 mais les causes du malheur et son int5sit v>i5t autant que les circon/ances et les individus4 ,ce s]ait v\loir compt] les flots de la m]1 qu'analys] les comb9aisons du sort et du c>actre4 ,il n'y a que la consci5ce qui soit en n\s comme un tre simple et inv>iable1 dont n\s p\vons t\s obt5ir1 ce dont n\s avons t\s beso9--le repos de l'me4--,la plup>t des hommes se ressembl5t1 non pas dans ce qu'ils font1 mais dans ce qu'ils peuv5t faire1 et nul tre capable de rfl*ir ne ni]a1 qu'en commettant des fautes contre la morale1 on s5t t\j\rs qu'on tait le matre de les vit]4 ,si donc on reconnat qu'il e/ ordonn l'homme sur cette t]re de support] la d\leur1 on ne saurait s'excus] ni p> la viol5ce de cette d\leur1 ni p> la vivacit du s5tim5t qu'elle cause4 ,*aque individu possde en lui-mme les moy5s d'accomplir son devoir2 et ce qu'il y a d'admirable dans la nature morale1 comme dans la nature physique1 c'e/ quel po9t le ncessaire e/ galem5t et univ]sellem5t rp>ti1 t&is que le sup]flu e/ div]sifi de mille manires4 ,la d\leur physique et la d\leur morale sont une et mme *ose dans leur action sur l'me2 c> la maladie e/ une pe9e aussi bi5 qu'une s\ffrance2 mais la d\leur physique fait d'ord9aire prir le corps1 t&is que les d\leurs morales s]v5t rgnr] l'me4 ,il ne suffit pas de croire avec les ,/oci5s1 que la d\leur n'e/ po9t un mal2 il faut tre conva9cu qu'elle e/ un bi51 p\r s'y rsign]4 ,le plus petit mal s]ait insupportable1 si l'on le considrait comme purem5t accid5tel2 l'irritabilit individuelle influant sur la manire de s5tir1 on n'aurait pas plus le droit de blm] un homme qui se tu]ait p\r une piqre d'p+le1 que p\r une attaque de g\tte2 p\r une contr>it1 que p\r un *agr94 ,le mo9dre s5tim5t de d\leur peut rvolt] l'me1 s'il ne t5d pas la p]fectionn]2 c> il y a plus d'inju/ice dans un lg] mal1 s'il e/ inutile1 que dans la plus gr&e pe9e1 si elle t5d v]s un noble b4 ,ce n'e/ pas ici le cas de remont] la gr&e "q mtaphysique1 qui a va9em5t occup t\s les philosophes3 l'orig9e du mal4 ,n\s ne p\vons concevoir la lib]t de l'homme sans la possibilit du mal4 ,n\s ne p\vons concevoir la v]tu sans la lib]t de l'homme1 ni la vie t]nelle sans la v]tu2 cette *ane1 dont le premi] anneau n\s e/ t\t la fois incomprh5sible et indisp5sable1 doit tre considre comme la condition de notre tre4 ,si la rflexion et le s5tim5t n\s conduis5t croire1 qu'il y a t\j\rs dans les voies de la ,provid5ce une ju/ice ca*e ou manife/e2 n\s ne p\vons considr] la s\ffrance ni comme accid5telle ni comme arbitraire4 ,l'homme aurait le mme droit de se pla9dre p\r un bonheur de mo9s que p\r une pe9e de plus1 s'il croyait que la ,div9it pt communiqu] la crature des qualits ou des puissances sans bornes1 et qu'a9si l'inf9i ft transmissible4 ,p\rquoi l'homme ne s'irrit]ait-il pas de n'avoir pas t\j\rs vcu comme de devoir cess] d'tre8 ,enf9 sur quelles bases repos5t ses pla9tes8 ,e/-ce contre le sy/me de l'univ]s qu'il se rvolte1 ou contre la "p qu'il a dans un ensemble s\mis d'inv>iables lois8 ,la d\leur e/ un des lm5s ncessaires de la facult d'tre heureux1 et n\s ne p\vons concevoir l'une sans l'autre4 ,la vivacit de nos dsirs ti5t aux difficults qu'ils r5contr5t2 l'branlem5t de nos j\issances1 la cra9te de les p]dre2 la vivacit de nos affections1 aux dang]s qui m5ac5t les objets de notre am\r4 ,enf9 nul mortel n'a pu dli] le nud gordi5 du plaisir et de la pe9e que p> le f] qui tran*e la vie4 --,oui1 diront quelques individus malheureux1 n\s n\s s\mettons la balance des bi5s et des maux1 que le c\rs ord9aire des vnem5s amne2 mais qu& n\s sommes traits en ennemis p> le sort1 il e/ ju/e d'*app] ses c\ps4--,d'abord le rgulateur1 qui dt]m9e le rsultat de cette balance1 e/ t\t enti] en n\s-mmes3 le mme g5re de vie1 qui rduit l'un au dsespoir1 combl]ait de joie l'homme plac dans une sphre d'esprances mo9s leve4 ,cette rflexion n'e/ po9t en opposition avec ce que j'ai dit sur les mnagem5s qu'on doit aux div]ses manires de s5tir3 sans d\te le bonheur de l'un peut tre en dsaccord avec le c>actre de l'autre2 mais la rsignation convi5t galem5t t\s4 ,s'il y a dans la nature physique deux =ces opposes qui font m\voir le monde3 l',impulsion et la ,gravitation2 on peut affirm] aussi1 que le beso9 d'agir et la ncessit de se s\mettre1 la ,volont et la ,rsignation sont les deux ples de l'tre moral1 et l'quilibre de la raison ne peut se tr\v] qu'entre-deux4 ,la plup>t des hommes ne compr5n5t gures que deux ,puissances dans la vie1 le ,sort et leur ,volont1 qui peut1 ce qu'ils croi5t1 influ] sur ce sort2 ils pass5t donc d'ord9aire de l'irritation l'orgueil4 ,qu& ils sont en tat d'irritation1 ils maudiss5t le de/91 comme les enfans batt5t la table contre laquelle ils se heurt5t2 et qu& ils sont satisfaits des vnem5s de la vie1 ils se les attribu5t t\t enti]s1 et se complaisant dans les moy5s qu'ils ont employs p\r les dirig]1 ils considr5t ces moy5s comme l'unique s\rce de leur flicit4 ,il y a erreur dans ces deux faons de voir4 ,la ,volont de l'homme agit d'ord9aire1 il e/ vrai1 concurremm5t avec la de/9e2 mais qu& cette de/9e devi5t de la ncessit1 c'e/--dire qu& elle pr5d le c>actre de l'irrp>able1 elle e/ la manife/ation des desse9s de la ,provid5ce sur n\s4 ,un homme d'esprit disait3 la ncessit rafra*it4 ,il faut s'lev] une gr&e hauteur p\r adopt] ce mot dans son enti]2 mais t\j\rs e/-il vrai qu'on doit avoir p\r le ,sort un g5re de respect4 ,c'e/ une puissance qui t\r--t\r subite et l5te1 imprvue ou prp>e1 se saisit de la vie une c]ta9e poque et en dt]m9e le c\rs2 mais lo9 que le ,sort soit aveugle1 comme on se plat le dire1 l'on croirait qu'il n\s connat1 c> presque t\j\rs il n\s atte9t dans nos faiblesses les plus intimes4 ,c'e/ le ,tribunal secret qui n\s juge1 et lorsqu'il p>at inju/e1 peut-tre savons-n\s seuls ce qu'il veut n\s dire et ce qu'il exige de n\s4 ,il n'y a po9t de d\te que n\s ne sortions s5siblem5t meilleurs de l'preuve de l'adv]sit1 qu& n\s n\s y s\mettons avec une f]met d\ce4 ,les plus gr&es qualits de l'me ne se dvelopp5t que p> la s\ffrance1 et ce p]fectionnem5t de n\s-mmes n\s r5d1 aprs un c]ta9 temps1 le bonheur2 c> le c]cle se ref]me et n\s ramne aux j\rs d'innoc5ce qui prcdr5t nos fautes4 ,c'e/ donc se s\/raire la v]tu1 que de se tu] p>ce qu'on e/ malheureux3 c'e/ se s\/raire aux j\issances que cette v]tu n\s aurait donnes1 qu& n\s aurions triomph de nos pe9es p> son sec\rs4 ,les ,platonici5s disai5t1 que l'me avait beso9 d'un c]ta9 temps de sj\r sur cette t]re1 p\r s'pur] des passions c\pables4 ,on croirait en effet que la vie a p\r b de r5onc] la vie4 ,la nature physique accomplit cette uvre p> la de/ruction1 et la nature morale p> le sacrifice4 ,l'exi/5ce huma9e bi5 conue n'e/ autre *ose que l'abdication de la ,p]sonnalit p\r r5tr] dans l',ordre univ]sel4 ,les enfans ne compr5n5t qu'eux1 les jeunes g5s qu'eux et les amis qui font p>tie d'eux-mmes2 mais ds que les avant-c\reurs du dcl9 arriv5t1 il faut ou se consol] p> les p5ses gnrales1 ou s'ab&onn] t\tes les t]reurs que prs5te la d]nire moiti de la vie2 c> c'e/ bi5 peu de *ose que les circon/ances heureuses ou malheureuses de *aque individu1 en comp>aison des lois inflexibles de la nature4 ,la vieillesse et la mort devrai5t mettre t\s les hommes au dsespoir bi5 plus que leurs *agr9s p>ticuli]s2 mais on se s\met facilem5t la condition univ]selle1 et l'on se rvolte contre son propre p>tage1 sans rfl*ir1 que la condition univ]selle se retr\ve dans *aque lot1 et que les diffr5ces sont plus app>5tes que relles4 ,en traitant de la dignit morale de l'homme1 je prononc]ai =tem5t la diffr5ce qui exi/e entre le ,suicide et le ,dv\em5t2 c'e/--dire1 entre le sacrifice de soi aux autres1 ou ce qui e/ la mme *ose1 la v]tu2 et le r5oncem5t l'exi/5ce1 p>ce qu'elle n\s e/ *>ge4 ,les motifs qui dt]m95t se donn] la mort1 *ang5t t\t fait la nature de cette action2 c> lorsqu'on abdique la vie p\r faire du bi5 ses semblables1 on immole1 p\r a9si dire1 son corps son me1 t&is que1 qu& on se tue p> l'impati5ce de la d\leur1 on sacrifie presque t\j\rs sa consci5ce ses passions4 ,on a nanmo9s eu tort de prt5dre1 que le ,suicide tait un acte de l*et3 cette ass]tion =ce n'a conva9cu p]sonne2 mais on doit di/+u] dans ce cas la brav\re de la f]met4 ,il faut1 p\r se tu]1 ne pas cra9dre la mort2 mais c'e/ manqu] de f]met d'me que de ne pas savoir s\ffrir4 ,une sorte de rage e/ ncessaire p\r va9cre en soi l'in/9ct cons]vateur de la vie1 qu& ce n'e/ pas un s5tim5t religieux qui n\s en dem&e le sacrifice4 ,la plup>t de ceux qui ont va9em5t essay de se donn] la mort1 n'ont pas r5\vel leurs t5tatives1 p>ce qu'il y a dans le ,suicide1 comme dans t\s les actes dsordonns de la volont1 une c]ta9e folie1 qui s'apaise qu& elle atte9t de trop prs son b4 ,le malheur n'e/ presque jamais une *ose absolue2 ses rapports avec nos s\v5irs ou nos esprances en compos5t s\v5t la plus gr&e p>tie1 et qu& une sec\sse trs-vive s'opre en n\s-mmes1 notre d\leur s'(fre s\v5t notre imag9ation s\s un aspect t\t diffr5t4 ,revoyez1 aprs dix ans1 une p]sonne qui a subi une gr&e privation de quelque nature qu'elle soit1 et v\s saurez qu'elle s\ffre et j\it p> une autre cause que cette privation mme1 dans laquelle consi/ait son malheur dix ans aup>avant4 ,il n'e/ pas dit p\r cela1 que le bonheur soit r5tr dans son me1 mais l'esprance et la cra9te ont pris en elle un autre c\rs2 et c'e/ de l'activit de ces deux s5tim5s que se compose la vie morale4 ,il y a une cause de ,suicide1 qui intresse presque t\s les curs de femme3 c'e/ l'am\r2 le *>me de cette passion e/ srem5t le pr9cipal motif des erreurs qu'on commet dans la manire de jug] l'homicide de soi-mme4 ,on veut que l'am\r subjugue les plus hautes puissances de l'me1 et qu'il n'y ait ri5 au-dessus de son empire4 ,t\s les g5res d'en?\siasme ayant subi l'atte9te de l'incrdulit moqueuse1 les romans ont ma9t5u le pre/ige du s5tim5t dans quelques contres du monde o la bonne-foi s'e/ retire2 mais de t\s les malheurs de l'am\r il n'en e/ qu'un1 ce me semble1 contre lequel la =ce de l'me puisse se bris]3 c'e/ la mort de l'objet qu'on aime et dont on e/ aim4 ,un frissonnem5t intrieur obscurcit la nature entire1 qu& le cur avec lequel se confondait notre exi/5ce1 repose glac dans le tombeau4 ,cette d\leur1 l'unique peut-tre qui dpasse ce que ,dieu n\s a donn de =ce contre la s\ffrance1 a p\rtant t considre p> div]s morali/es comme plus facile support] que celles dans lesquelles l'orgueil (f5s se mle de quelque manire4 ,en effet1 dans le malheur que cause l'infidlit de ce qu'on aime1 c'e/ bi5 le cur qui reoit la blessure1 mais l'am\r-propre y v]se ses poisons4 ,sans d\te aussi un s5tim5t plus noble que l'am\r-propre n\s d*ire qu& n\s sommes obligs de r5onc] l'e/ime que n\s avions conue p\r le premi] objet de nos affections1 qu& il ne re/e plus d'un en?\siasme aussi pr(ond que le s\v5ir des va9es app>5ces qui l'ont caus4 ,mais il faut cep5dant se le prononc] avec rigueur1 du mom5t que dans une liaison intime et s9cre1 telle qu'elle doit exi/] entre des tres vrais et purs1 l'un des deux e/ infidle1 l'un des deux peut tromp]2 c'e/ qu'il tait indigne du s5tim5t qu'il inspirait4 ,je ne veux po9t p> ce raisonnem5t imit] ces pdans qui rduis5t les pe9es de la vie des syllogismes4 ,on s\ffre de mille manires1 on s\ffre p> des s5tim5s div]s1 opposs1 contradictoires2 et nul n'a le droit de conte/] qui que ce soit sa d\leur4 ,mais dans t\t *agr9 de l'me1 o l'am\r-propre peut entr] p\r quelque *ose1 il e/ aussi ins5s que c\pable de v\loir se tu]2 c> t\t ce qui ti5t la vanit1 e/ ncessairem5t passag]1 et il ne faut pas accord] ce qui e/ passag] le droit de n\s lanc] dans l't]nit4 ,un malheur entirem5t dgag de t\t m\vem5t d'orgueil1 s]ait donc le seul qui motiv]ait le ,suicide2 mais p> cela mme qu'un tel malheur consi/e en enti] dans la s5sibilit1 la religion en ad\cit l'am]tume4 ,la ,provid5ce1 qui veut que t\tes les blessures de l'me huma9e puiss5t tre guries1 vi5t au sec\rs de celui qu'elle a frapp d'un c\p plus =t que ses =ces4 ,s\v5t alors les palmes de l',ange de paix ombrag5t notre tte abattue1 et qui sait si cet ,ange n'e/ pas l'objet mme que n\s regrettons8 qui sait si1 t\* de nos l>mes1 il n'a pas obt5u du ciel mme le p\voir de veill] sur n\s8 ,les pe9es de s5tim5t1 qu'aigrit l'am\r-propre1 sont ncessairem5t modifies p> le temps2 et les pe9es1 dont la t\*ante nature e/ sans mlange d'aucun m\vem5t d'orgueil1 inspir5t une disposition religieuse1 qui porte l'me la rsignation4 ,les plus frqu5tes causes du ,suicide dans les temps mod]nes1 ce sont la ru9e et le d%onneur4 ,les rev]s de la =tune1 telle que la socit e/ comb9e1 caus5t une pe9e trs-vive1 et qui se multiplie s\s mille =mes div]ses4 ,la plus cruelle de t\tes cep5dant1 c'e/ la p]te du rang qu'on occupait dans le monde4 ,l'imag9ation agit autant sur le pass que sur l'av5ir1 et l'on fait avec les bi5s qu'on possde une alliance1 dont la rupture e/ cruelle2 mais aprs un c]ta9 temps1 une situation n\velle prs5te une n\velle p]spective presque t\s les hommes4 ,le bonheur e/ tellem5t compos de s5sations relatives1 que ce ne sont pas les *oses en elles-mmes1 mais leur rapport avec la veille ou le l5dema91 qui agit sur l'imag9ation4 ,si la de/9e ou les m5aces d'un matre ont fait cra9dre un homme tel degr de d\leur1 et qu'il appr5ne que la moiti de ce qu'il r$\tait lui e/ p>gne1 son impression s]a t\te diffr5te de celle qu'il aurait ress5tie1 s'il n'avait pas pr\v une aussi gr&e t]reur4 ,le ,sort entre presque t\j\rs en composition avec les in=tuns2 on dirait qu'il se rep5t1 comme t\t autre ,s\v]a91 d'avoir fait trop de mal4 ,l'op9ion ex]ce sur la plup>t des individus une action poignante dont il e/ trs-difficile de dim9u] la =ce3 ce mot3--je suis d%onor--tr\ble entirem5t l'esprit de l'homme social1 et l'on ne peut s'emp*] de pla9dre celui qui succombe s\s le poids de ce malheur1 c> probablem5t il ne l'avait pas mrit1 puisqu'il le ress5t avec tant d'am]tume4 ,mais il faut encore rang] s\s deux classes pr9cipales les causes du d%onneur3 celles qui ti5n5t des fautes que notre consci5ce n\s repro*e1 ou celles qui naiss5t d'erreurs involontaires et nullem5t crim9elles4 ,le remords ti5t ncessairem5t l'ide qu'on se fait de la ,ju/ice div9e1 c> si n\s ne comp>ions pas nos actions ce type suprme de l'quit1 n\s n'aurions dans la vie que des regrets4 ,on ne peut considr] l'exi/5ce que s\s deux rapports2 ou comme une p>tie de jeu dont le ga9 ou la p]te consi/e dans les bi5s de ce monde1 ou comme un noviciat p\r l'immortalit4 ,si n\s n\s en t5ons la p>tie de jeu1 n\s ne saurions voir dans notre propre conduite que la consqu5ce de raisonnem5s bi5 ou mal faits3 si n\s avons la vie v5ir p\r b1 ce n'e/ qu' l'int5tion que notre consci5ce s'atta*e4 ,l'homme born aux intrts de cette t]re peut avoir des regrets1 mais il n'y a de remords que p\r l'homme religieux2 or il suffit de l'tre p\r s5tir que l'expiation e/ le premi] devoir et que la consci5ce n\s comm&e de support] les suites de nos fautes af9 de les rp>]1 s'il se peut1 en faisant du bi54 ,le d%onneur mrit e/ donc p\r l'homme religieux une ju/e punition laquelle il ne se croit pas le droit de se s\/raire3 c> quoique p>mi les actions huma9es il y en ait un gr& nombre de plus p]v]ses que le ,suicide1 il n'en e/ pas qui semble n\s drob] aussi =mellem5t la protection de ,dieu4 ,les passions entran5t des actes c\pables dont le bonheur e/ le b1 mais dans le ,suicide il y a un r5oncem5t t\t sec\rs v5ant d'en haut qu'on ne saurait concili] avec aucune disposition pieuse4 ,celui qui e/ vraim5t atte9t p> le remords s'cri]a comme l'enfant prodigue3--,je sais ce que je f]ai1 je ret\rn]ai v]s mon pre1 je me pro/]n]ai devant lui et je lui dirai3 mon pre1 j'ai p* contre le ciel et contre v\s1 je ne mrite plus d'tre appel votre fils4--,c'e/ avec cette rsignation t\*ante que s'exprime l'tre religieux2 c> plus il se croit crim9el1 mo9s il s'attribue le droit de quitt] la vie1 puisqu'il n'a po9t fait de cette vie ce qu'exigeait le ,dieu dont il la t5ait4 ,quant aux c\pables qui n'ont po9t foi l'exi/5ce future et dont la considration dans ce monde e/ p]due1 le ,suicide1 d'aprs leur manire de p5s]1 n'a d'autre inconvni5t p\r eux que de les priv] des *ances heureuses qui leur re/]ai5t encore1 et *acun peut e/im] ces *ances ce qu'il veut d'aprs le calcul des probabilits4 ,je crois qu'on peut affirm] que le d%onneur non mrit n'e/ jamais durable4 ,l'influ5ce de la vrit sur le public e/ telle qu'il suffit d'att5dre p\r tre mis sa place4 ,le temps e/ quelque *ose de sacr qui semble agir indp5damm5t mme des vnem5s qu'il r5f]me4 ,c'e/ un appui du faible et de l'in=tun1 c'e/ enf9 l'une des =mes my/rieuses p> lesquelles la ,div9it se manife/e n\s4 ,le public qui e/ quelques g>ds une *ose si diffr5te de *aque individu1 le public qui e/ un homme d'esprit quoiqu'il se compose de tant d'tres /upides1 le public qui a de la gnrosit quoique des platitudes sans nombre soi5t commises p> ceux qui en font p>tie1 le public f9it t\j\rs p> se ralli] la ju/ice ds que des circon/ances prdom9antes et mom5tanes ont disp>u4 ,possdez vos mes en paix p> la pati5ce1 dit l',evangile4 ,ce conseil de la pit e/ aussi celui de la raison4 ,qu& on rfl*it sur les livres sa9ts1 on y tr\ve l'admirable runion des meilleurs conseils p\r se pass] de succs dans ce monde1 et s\v5t aussi des meilleurs moy5s p\r en obt5ir4 ,les d\leurs physiques1 les infirmits incurables1 t\tes ces misres enf9 que l'exi/5ce corporelle trane aprs elle1 sembl]ai5t une des causes de ,suicide les plus plausibles1 et cep5dant ce n'e/ presque jamais1 sur-t\t p>mi les mod]nes1 ce g5re de malheur qui porte se tu]4 ,les d\leurs qui sont dans le c\rs ord9aire des *oses accabl5t mais ne rvolt5t pas4 ,il faut qu'il se mle de l'irritation dans ce qu'on pr\ve p\r qu'on se livre la colre contre le de/9 et qu'on veuille ou s'en affran*ir ou s'en v5g]1 comme d'un oppresseur4 ,il y a un s+uli] g5re d'erreur dans la manire dont la plup>t des hommes considr5t leur de/9e4 ,l'on ne saurait trop prs5t] cette erreur s\s ses div]ses faces1 tant elle a d'influ5ce sur les impressions de l'me3 on dirait qu'il suffit d'avoir un c]ta9 nombre de compagnons d'in=tune p\r se rsign] aux vnem5s quels qu'ils soi5t1 et qu'on ne tr\ve d'inju/ice que dans les malheurs qui n\s sont p]sonnels4 ,cep5dant ces v>its comme ces ressemblances ne sont-elles pas p\r la plup>t comp5ses1 et ne sont-elles pas t\tes1 je le rpte1 galem5t comprises dans les lois de la nature8 ,je ne m'arrt]ai po9t aux consolations communes qu'on peut tir] de l'espoir d'un *angem5t dans les circon/ances3 il e/ des g5res de pe9es qui ne sont pas susceptibles de cette sorte de s\lagem5t2 mais je crois qu'on peut h>dim5t prononc] qu'un travail =t et suivi a s\lag la plup>t de ceux qui s'y sont livrs4 ,il y a un av5ir dans t\te occupation et c'e/ d'un av5ir dont l'homme a sans cesse beso94 ,les facults n\s dvor5t comme le vaut\r de ,prom?e1 qu& elles n'ont po9t d'action au dehors de n\s1 et le travail ex]ce et dirige ces facults3 enf9 qu& on a de l'imag9ation1 et la plup>t de ceux qui s\ffr5t en ont beauc\p1 on peut tr\v] des plaisirs t\j\rs r5\vels dans l'tude des *efs-d'uvre de l'esprit huma91 soit qu'on en j\isse comme amateur1 ou comme arti/e4 ,une femme d'esprit a dit que l'ennui se mlait t\tes les pe9es1 et cette rflexion e/ ple9e de pr(ondeur4 ,l'ennui vritable1 celui des esprits actifs1 c'e/ l'abs5ce d'intrt p\r t\t ce qui n\s ent\re comb9e avec des facults qui r5d5t cet intrt ncessaire3 c'e/ la soif sans la possibilit de se dsaltr]4 ,tantale e/ une assez ju/e image de l'me dans cet tat4 ,l'occupation r5d de la saveur l'exi/5ce1 et les beaux-arts ont t\t la fois l'orig9alit des objets p>ticuli]s et la gr&eur des ides univ]selles4 ,ils n\s ma9ti5n5t en rapport avec la nature2 on peut l'aim] sans le sec\rs de ces mdiateurs aimables1 mais ils appr5n5t cep5dant la mieux gt]4 ,il ne faut pas ddaign]1 dans quelque tri/esse qu'on soit plong1 les dons primitifs du ,crateur3 la vie et la nature4 ,l'homme social met trop d'importance au tissu de circon/ances dont se compose son hi/oire p]sonnelle4 ,l'exi/5ce e/ en elle-mme une *ose m]veilleuse4 ,l'on voit s\v5t les malades n'invoqu] qu'elle4 ,les sauvages sont heureux seulem5t de vivre1 les prisonni]s se reprs5t5t l'air libre comme le bi5 suprme1 les aveugles s]ai5t prts donn] t\t ce qu'ils possd5t p\r revoir encore les objets extrieurs2 les climats du midi1 qui anim5t les c\leurs et dvelopp5t les p>fums1 produis5t une impression indf9issable2 les consolations philosophiques ont mo9s d'empire que les j\issances causes p> le spectacle de la t]re et du ciel4 ,ce qu'il faut donc le plus soign] p>mi nos moy5s de bonheur1 c'e/ la puissance de la contemplation4 ,on e/ si l'troit dans soi-mme1 tant de *oses n\s y agit5t et n\s y bless5t1 qu'on a sans cesse beso9 de se plong] dans cette m] des p5ses sans bornes2 l'on doit1 comme dans le ,/yx1 s'y r5dre invulnrable ou t\t au mo9s rsign4 ,nul n'os]a dire qu'on peut t\t support] dans ce monde1 nul n'os]a se confi] assez dans ses =ces p\r en rpondre2 il e/ bi5 peu d'tres d\s de quelques facults suprieures1 que le dsespoir n'ait atte9t plus d'une fois1 et la vie ne semble s\v5t qu'un long naufrage1 dont les dbris sont l'amiti1 la gloire et l'am\r4 ,les rives du temps1 qui s'e/ c\l p5dant que n\s avons vcu1 en sont c\v]tes2 mais si n\s en avons sauv l'h>monie intrieure de l'me1 n\s p\vons encore entr] en communication avec les uvres de la ,div9it4 ,la clm5ce du ,ciel1 le repos de la mort1 une c]ta9e beaut de l'univ]s1 qui n'e/ pas l p\r n>gu] l'homme1 mais p\r lui prdire de meilleurs j\rs3 quelques gr&es ides1 t\j\rs les mmes1 sont comme les accords de la cration1 et n\s r5d5t du calme qu& n\s n\s acc\tumons les compr5dre4 ,c'e/ ces mmes s\rces que le hros et le pote vi5n5t puis] leurs inspirations4 ,p\rquoi donc quelques g\ttes de la c\pe qui les lve au-dessus de l'humanit1 ne s]ai5t-elles pas salutaires p\r t\s8 ,on accuse le ,sort de malignit1 p>ce qu'il frappe t\j\rs sur la p>tie la plus s5sible de n\s-mmes3 ce n'e/ po9t la malignit du ,sort qu'il faut s'en pr5dre1 mais l'imptuosit de nos dsirs1 qui n\s prcipite contre les ob/acles que n\s r5controns1 comme on s'enf]re t\j\rs plus avant dans la vivacit du combat4 ,et d'ailleurs l'ducation que n\s devons recevoir de la d\leur1 porte ncessairem5t sur la portion de notre c>actre1 qui a le plus beso9 d'tre rprime4 ,n\s ne p\vons admettre la croyance en ,dieu1 sans suppos] qu'il dirige le ,sort dans son action sur l'homme2 n\s ne p\vons donc considr] ce ,sort comme une puissance aveugle3 re/e considr] si celui qui la g\v]ne a donn la lib]t l'homme p\r s'y s\mettre ou s'y s\/raire4 ,c'e/ ce que n\s allons exam9] dans la seconde p>tie de ces rflexions4 ,seconde section4 ,quelles sont les lois que la religion *rti5ne n\s impose relativem5t au ,suicide8 ,lorsque l',anci5 des d\leurs1 ,job fut atte9t p> t\s les g5res de maux1 lorsqu'il p]dit sa =tune et ses enfans et que d'affreuses s\ffrances physiques lui fir5t pr\v] mille morts3 sa femme lui conseilla de r5onc] la vie4--,bnis ,dieu1 lui dit-elle1 et meurs4--,quoi1 lui rpondit-il1 je n'accept]ais pas les maux de la mme ma9 dont j'ai reu les bi5s1 et dans quelque dsespoir qu'il ft plong1 il sut se rsign] son sort et sa pati5ce fut rcomp5se4 ,on croit que ,job a prcd ,mose1 il exi/ait du mo9s bi5 longtemps avant la v5ue de ,jsus-,*ri/1 et dans une poque o l'espoir de l'immortalit de l'me n'tait po9t encore g>anti au g5re huma94 ,qu'aurait-il donc p5s ma9t5ant8 ,on voit dans la ,bible des hommes qui1 tels que ,samson et les ,ma*abes1 se dv\5t la mort p\r accomplir un desse9 qu'ils croi5t noble et salutaire1 mais nulle "p on ne tr\ve des exemples du ,suicide dont le dgt ou les pe9es de la vie soi5t l'unique cause4 ,nulle "p ce ,suicide1 qui n'e/ qu'une ds]tion du ,sort1 n'a t considr comme possible4 ,on a beauc\p dit qu'il n'y avait aucun passage de l',evangile qui indiqut la dsapprobation =melle de cet acte4 ,j4-,c4 dans ses disc\rs remonte plutt aux pr9cipes des actions qu' l'application dtaille de la loi3 mais ne suffit-il pas que l'esprit gnral de l',evangile t5de consacr] la rsignation8 ,heureux ceux qui pleur5t1 dit ,j4-,c41 c> ils s]ont consols3 si quelqu'un veut v5ir avec moi1 qu'il r5once soi-mme1 qu'il pr5ne sa croix et qu'il me suive4 ,v\s s]ez bi5heureux lorsqu' cause de moi v\s s]ez injuris et p]scuts4 ,p>t\t ,j4-,c4 annonce que sa mission e/ d'appr5dre aux hommes que le malheur a p\r objet de purifi] l'me et que le bonheur cle/e e/ obt5u p> les rev]s supports religieusem5t ici-bas4 ,c'e/ le b spcial de la doctr9e de ,j4-,c4 que l'explication du s5s inconnu de la d\leur4 ,on tr\ve de trs-belles *oses en fait de morale sociale et dans les prophtes hbreux et dans les philosophes paens3 mais c'e/ p\r pr*] la *>it1 la pati5ce et la foi que ,j4-,c4 e/ desc5du sur la t]re2 et ces trois v]tus t5d5t t\tes galem5t s\lag] les malheureux4 ,la premire3 la *>it1 n\s appr5d nos devoirs env]s eux2 la seconde1 la pati5ce1 leur enseigne quelles consolations ils doiv5t rec\rir1 et la troisime1 la foi1 leur annonce leur rcomp5se4 ,la plup>t des prceptes de l',evangile manqu]ai5t de base1 s'il tait p]mis de se donn] la mort2 c> le malheur inspire l'me le beso9 d'en appel] au ,ciel1 et l'insuffisance des bi5s de ce monde e/ ce qui r5d surt\t une autre vie ncessaire4 ,il e/ r>e que les individus dans l'enivrem5t des j\rs prospres cons]v5t un sa9t respect p\r les *oses sacres4 ,l'attrait des bi5s de ce monde e/ si vif qu'il fait t\t plir1 mme l'clat d'une exi/5ce future4 ,un philosophe allem&1 en disputant avec ses amis1 disait une fois3 je donn]ais p\r obt5ir telle *ose1 deux millions d'annes de ma flicit t]nelle1 et il tait s+ulirem5t modr dans le sacrifice qu'il (frait3 c> les j\issances temporelles ont d'ord9aire bi5 plus d'activit que les esprances religieuses1 et la vie spirituelle ou le *ri/ianisme1 ce qui e/ une et mme *ose1 n'exi/]ait pas1 s'il n'y avait pas de la d\leur dans le fond du cur de l'homme4 ,le ,suicide rfl*i e/ inconciliable avec la foi *rti5ne1 puisque cette foi repose pr9cipalem5t sur les diffr5s devoirs de la rsignation4 ,quant au ,suicide caus p> un mom5t de dlire1 p> un accs de dsespoir1 il se peut que le div9 ,lgislateur des hommes n'ait pas eu l'occasion d'en p>l] au milieu des ,juifs qui n'(frai5t gures d'exemples de ce g5re d'g>em5t4 ,il combattait sans cesse dans les ,ph>isi5s les vices d'hypocrisie1 d'incrdulit et de froideur4 ,l'on dirait qu'il a considr les torts des passions comme des maladies de l'me et non comme son tat habituel1 et qu'il s'e/ t\j\rs plus appliqu l'esprit gnral de la morale qu'aux prceptes qui peuv5t dp5dre des circon/ances4 ,j4-,c4 recomm&e sans cesse l'homme de ne po9t s'occup] de la vie en elle-mme1 mais de ses rapports avec l'immortalit4 ,p\rquoi v\s mettez-v\s en s\ci de vos vtem5s8 dit-il3 voyez les lis des *amps1 ils ne travaill5t ni ne fil5t2 et cep5dant ,salomon dans t\te sa gloire n'a pas t vtu aussi magnifiquem5t qu'eux4 ,ce n'e/ po9t la p>esse ni l'ins\ciance que ,j4-,c4 conseille p> ce passage1 mais une sorte de calme qui s]ait utile mme dans les intrts de ce monde4 ,les gu]ri]s appell5t ce s5tim5t la confiance dans son bonheur1 les hommes religieux l'espoir dans le sec\rs de la ,provid5ce3 mais les uns et les autres tr\v5t dans cette disposition intrieure de l'me un g5re d'appui qui fait jug] plus clairem5t les circon/ances mmes de cette vie1 t\t en donnant des ailes p\r y *app]4 ,on croit s'affran*ir du j\g des vnem5s huma9s en se promettant de se tu]1 si l'on n'atte9t pas le b de ses dsirs4 ,dans un tel sy/me l'on se considre comme uniquem5t au s]vice de soi-mme et libre de se quitt] ds qu'on n'e/ plus cont5t des conditions du sort4 ,si l',evangile s'accordait avec cette manire de voir1 on y tr\v]ait des leons de prud5ce3 mais t\tes celles qui ti5n5t la v]tu n'aurai5t qu'une application bi5 re/re9te1 c> la v]tu ne consi/e jamais que dans la prfr5ce qu'on donne aux autres1 c'e/--dire1 son devoir sur ses intrts p]sonnels2 or lorsqu'on r5once la vie seulem5t p>ce qu'on n'e/ pas heureux1 c'e/ soi seul que l'on prfre t\t1 et l'on e/ p\r a9si dire g/e en se donnant la mort4 ,de t\s les argum5s religieux qu'on a faits contre le ,suicide1 celui sur lequel on e/ rev5u le plus s\v5t1 c'e/ qu'il e/ =mellem5t compris dans la df5se exprime p> ce comm&em5t de ,dieu3 tu ne tu]as pas4 ,sans d\te cet argum5t aussi peut tre admis1 mais comme il e/ impossible de considr] l'homme qui se tue du mme il qu'un assass91 le vritable po9t de vue de cette "q1 c'e/ que le bonheur n'tant pas le b de la vie huma9e1 l'homme doit t5dre au p]fectionnem5t et considr] ses devoirs comme n'ayant ri5 dml] avec ses s\ffrances4 ,m>c-,aurle dit qu'il n'y a pas plus de mal sortir de la vie que d'une *ambre lorsqu'il y fume3 c]tes s'il en tait a9si les ,suicides devrai5t tre bi5 plus frqu5s encore qu'ils ne le sont1 c> il e/ difficile1 qu& l'illusion de la jeunesse e/ passe1 de rfl*ir sur le c\rs des *oses et d'aim] con/amm5t l'exi/5ce4 ,on p\rrait p]si/] dans cette exi/5ce p> la cra9te d'en sortir2 mais si ce seul motif n\s ret5ait sur la t]re1 t\s ceux qui ont va9cu la t]reur p> des habitudes militaires1 t\tes les p]sonnes dont l'imag9ation e/ plus frappe du fantme de la vie que de celui de la mort1 s'p>gn]ai5t les d]ni]s j\rs qui rpt5t d'une voix si rauque les airs brillans des premi]s4 ,j4-,j4 ,r\sseau dans sa lettre p\r le ,suicide dit3 ,p\rquoi s]ait-il p]mis de se faire c\p] la jambe1 s'il ne l'tait pas de s't] la vie8 ,la volont de ,dieu ne n\s a-t-elle pas galem5t donn l'une et l'autre8 ,un passage de l',evangile semble rpondre textuellem5t ce sophisme3 ,si votre bras v\s e/ une occasion de *ute1 dit ,j4-,c41 c\pez-le4 ,si votre il v\s g>e1 arra*ez-le et le rejetez lo9 de v\s4 ,ce que l',evangile dit s'applique la t5tation et non au ,suicide2 mais nanmo9s on peut y puis] la rfutation de l'argum5t de ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,il e/ p]mis l'homme de *]*] se gurir de t\s les g5res de maux3 mais ce qui lui e/ int]dit c'e/ de dtruire son tre1 c'e/--dire la puissance qu'il a reue de *oisir entre le bi5 et le mal4 ,il exi/e p> cette puissance1 il doit r5atre p> elle et t\t e/ subordonn ce pr9cipe d'action auquel se rapporte en enti] l'ex]cice de la lib]t4 ,j4-,c4 en enc\rageant les hommes support] les pe9es de la vie rappelle sans cesse l'efficacit de la prire4 ,heurtez1 dit-il1 et l'on v\s ouvrira3 dem&ez et v\s obti5drez4 ,mais les esprances qu'il donne ne se rapport5t pas aux vnem5s de cette vie3 c'e/ la disposition de l'me sur laquelle la prire a le plus d'empire4 ,on appelle galem5t bonheur1 le cont5tem5t intrieur et les prosprits de la t]re1 et cep5dant ri5 ne diffre autant que ces deux s\rces de j\issances4 ,les philosophes du dix-huitime sicle ont appuy la morale sur les avantages positifs qu'elle peut procur] dans ce monde et l'ont considre comme l'intrt p]sonnel bi5 ent5du4 ,les *rti5s ont transpos le foy] de nos plus gr&es satisfactions au fond de l'me4 ,les philosophes promett5t les bi5s temporels ceux qui sont v]tueux1 ils ont raison quelques g>ds3 c> dans le c\rs ord9aire des *oses il e/ trs-probable que les bndictions de cette vie accompagn5t une conduite morale2 mais si l'att5te cet g>d tait trompe1 le dsespoir s]ait donc lgitime2 c> la v]tu n'tant considre que comme une spculation1 lorsqu'elle e/ manque1 l'on p\rrait abdiqu] l'exi/5ce4 ,le ,*ri/ianisme1 au contraire1 place le bonheur avant t\t dans les impressions qui n\s vi5n5t p> la consci5ce4 ,n'avons-n\s pas pr\v1 mme "p des s5tim5s religieux1 que notre disposition intrieure n'tait pas t\j\rs en rapport avec nos circon/ances1 et que s\v5t l'on se s5tait plus ou mo9s heureux qu'on n'aurait d l'tre d'aprs l'exam5 de sa situation8 ,si cela e/ a9si p> le simple effet de la mobilit de notre nature3 combi5 l'action sa9te et secrte de la pit sur l'me n'a-t-elle pas plus de p\voir6 ,on peut le dem&] ces tres v]tueux1 que les afflictions ont visits1 que de fois ne leur e/-il pas arriv d'pr\v] au fond du cur un calme inatt5du8 ,je ne sais quelle musique cle/e se faisait ent5dre dans le ds]t et semblait annonc] que la s\rce sortirait bi5tt du se9 mme du ro*]4 ,qu& on a vu m>*] l'*afaud la victime la plus respectable et la plus pure1 que les factieux puss5t immol]1 ,l\is ,,xvi1 on se dem&ait quel sec\rs la ma9 de ,dieu lui prtait dans cet abme de malheur8 ,t\t c\p on ent5dit la voix d'un ,ange1 qui s\s la =me d'un ,m9i/re de l',eglise lui disait2--,fils de ,sa9t-,l\is1 montez au ,ciel6--,sa gr&eur monda9e1 ses esprances cle/es1 t\t tait rassembl dans ces simples p>oles4 ,elles le relevai5t1 en lui rappelant son illu/re race1 de l'abaissem5t o les hommes v\lai5t le prcipit]3 elles voquai5t ses aeux1 qui sans d\te t5ai5t dj leurs c\ronnes prtes p\r accueillir la v5ue de l'augu/e ,sa9t dans le ciel4 ,peut-tre dans cet in/ant le reg>d de la foi les lui fit-il ap]cevoir4 ,il appro*ait des bornes du temps1 et nos calculs des heures ne le conc]nai5t dj plus4 ,qui sait ce qu'un seul mom5t d'att5drissem5t put faire gt] alors de dlices son me8 ,lorsqu'une ma9 sangu9aire lia les ma9s qui avai5t port le sceptre de la ,france1 le mme envoy de ,dieu dit son roi3--,sire1 c'e/ a9si que notre ,seigneur fut conduit la mort4--,quel sec\rs il prtait au m>tyr en lui rappelant son div9 modle6 ,en effet le plus gr& exemple du sacrifice de la vie n'e/-il pas la base de la croyance des *rti5s8 et cet exemple ne fait-il pas ressortir le contra/e qui exi/e entre le ,m>tyre et le ,suicide8 ,le m>tyr s]t la cause de la v]tu en livrant son sang p\r l'enseignem5t du monde3 celui qui se r5d c\pable du ,suicide p]v]tit t\tes les ides de c\rage et fait de la mort mme un sc&ale4 ,le ,m>tyre appr5d aux hommes quelle =ce il y a dans la consci5ce1 puisqu'elle l'emporte sur l'in/9ct physique le plus puissant3 le ,suicide pr\ve bi5 aussi le p\voir de la volont sur l'in/9ct1 mais c'e/ celui d'un matre g> qui ne sait plus t5ir les rnes de son *> et se prcipite dans l'abme au lieu de se dirig] v]s son b4 ,on dirait que l'me1 en commettant cet acte t]rible1 pr\ve je ne sais quel accs de fureur qui conc5tre en un in/ant l't]nit des pe9es4 ,la d]nire scne de la vie de ,j4-,c4 semble tre de/9e surt\t confondre ceux qui croi5t qu'on a le droit de se tu] p\r *app] au malheur4 ,l'effroi de la s\ffrance s'emp>a de celui qui s'tait volontairem5t dv\ la mort des hommes comme leur vie4 ,il pria longtemps son ,pre dans le j>d9 des olivi]s1 et les angoisses de la d\leur c\vrai5t son front4--,mon ,pre1 s'cria-t-il1 s'il e/ possible1 que cette c\pe s'loigne de moi6--,trois fois il rpta ce vu1 le visage baign de l>mes4 ,t\tes nos pe9es avai5t pass dans son div9 tre4 ,il craignait comme n\s les outrages des hommes2 comme n\s peut-tre il regrettait ceux qu'il *rissait1 sa mre et ses disciples2 comme n\s1 et mieux que n\s peut-tre1 il aimait cette t]re fconde et les cle/es plaisirs d'une active bi5faisance dont il rem]ciait son ,pre *aque j\r4 ,mais ne p\vant c>t] le calice qui ,lui tait de/91 il s'cria3--que ta volont soit faite1 mon ,pre1--et se remit entre les ma9s de ses ennemis4 ,que veut-on *]*] de plus dans l',evangile sur la rsignation la d\leur et sur le devoir de la support] avec pati5ce et c\rage8 ,la rsignation qu'on obti5t p> la foi religieuse e/ un g5re de ,suicide moral1 et c'e/ en cela qu'il e/ si contraire au ,suicide proprem5t dit1 c> le r5oncem5t soi-mme a p\r b de se consacr] ses semblables3 et le ,suicide caus p> le dgt de la vie n'e/ que le deuil sanglant du bonheur p]sonnel4 ,sa9t ,paul dit3--,celui qui passe sa vie dans les dlices e/ mort en vivant4--,a *aque ligne on voit dans les livres sa9ts ce gr& mal5t5du des hommes du temps et de ceux de l't]nit3 les premi]s plac5t la vie o les autres voi5t la mort4 ,il e/ donc simple que l'op9ion des hommes du temps consacre le ,suicide1 t&is que celle des hommes de l't]nit exalte le ,m>tyre3 c> celui qui fonde la morale sur le bonheur qu'elle doit donn] sur cette t]re hait la vie1 qu& elle ne ralise pas ce qu'il s'en promettait2 t&is que celui qui fait consi/] la vritable flicit dans l'motion intrieure qu'excit5t les s5tim5s et les p5ses en communication avec la ,div9it1 peut tre heureux malgr les hommes et1 p\r a9si dire1 l'insu mme du ,sort4 ,qu& les preuves de l'exi/5ce n\s ont appris la vanit de nos propres =ces et la t\te-puissance de ,dieu1 il s'opre quelquefois dans l'me une sorte de rgnration1 dont la d\ceur e/ inexprimable4 ,on s'acc\tume se jug] soi-mme1 comme si l'on tait un autre3 plac] sa consci5ce en ti]s entre ses intrts p]sonnels et ceux de ses adv]saires3 on se calme sur son propre sort1 c]ta9 qu'on ne peut le dirig]3 on se calme aussi sur son am\r-propre1 c]ta9 que ce n'e/ pas n\s-mmes1 mais le ,public qui n\s f]a notre "p3 on se calme enf9 sur ce qu'il e/ le plus difficile de support]1 les torts de ses amis1 soit en reconnaissant nos propres imp]fections1 soit en confiant la tombe de l'tre qui n\s a le plus aim1 nos p5ses les plus intimes3 soit enf9 en reportant v]s le ,ciel la s5sibilit qu'il n\s a donne4 ,quelle diffr5ce entre cette abngation religieuse de la lutte t]re/re et la fureur qui porte se dtruire p\r se dlivr] de ce qu'on s\ffre4 ,le r5oncem5t soi-mme e/ en t\t l'oppos du ,suicide4 ,d'ailleurs1 comm5t se croit-on assur d'*app] p> le ,suicide la d\leur qui n\s p\rsuit8 ,quelle c]titude les ,a?es peuv5t-ils avoir de l'anantissem5t1 et les ,philosophes du mode d'exi/5ce que la nature leur rs]ve8 ,lorsque ,socrate enseigna dans la ,grce l'immortalit de l'me1 plusieurs de ses disciples et des p5seurs de son temps se donnr5t la mort1 avides de gt] cette vie intellectuelle1 dont les confuses images du ,paganisme ne leur avait po9t (f]t l'ide4 ,l'motion1 que dut caus] une doctr9e si n\velle1 g>a les imag9ations ard5tes2 mais les ,*rti5s1 qui les promesses d'une vie future n'ont t faites qu'en y joignant la m5ace des punitions p\r les c\pables1 les ,*rti5s peuv5t-ils espr] que le ,suicide soit un moy5 de s'arra*] la pe9e qui les dvore8 ,si notre me survit la mort1 le s5tim5t qui la remplissait t\t entire1 de quelque nature qu'il soit1 n'en f]a-t-il plus p>tie8 ,qui de n\s sait quel rapport e/ tabli entre les s\v5irs de la t]re et les j\issances cle/es8 ,e/-ce n\s d'abord] p> notre propre rsolution sur cette plage inconnue1 dont une t]reur viol5te n\s rep\sse8 ,comm5t anantir1 p> un caprice de sa volont1 et j'appelle a9si t\t ce qui n'e/ pas fond sur un devoir1 l'uvre de ,dieu dans n\s-mmes8 ,comm5t dt]m9] sa mort1 qu& on n'a ri5 pu sur sa naissance8 ,comm5t rpondre de son sort t]nel1 lorsque les plus simples actions de cette c\rte vie ont s\v5t t p\r n\s l'occasion d'am]s regrets8 ,qui peut se croire plus sage et plus =t que la de/9e1 et lui dire3--c'en e/ trop8-- ,le ,suicide n\s s\/rait la ,nature aussi bi5 qu' son ,auteur4 ,la mort naturelle e/ ad\cie presque t\j\rs p> l'affaiblissem5t des =ces1 et l'exaltation de la v]tu n\s s\ti5t dans le sacrifice de la vie ses devoirs4 ,mais l'homme qui se tue semble arriv] avec d'ho/iles armes sur l'autre rive du tombeau et dli] lui seul les images de t]reur qui sort5t des tnbres4 ,ah6 qu'il faut de dsespoir p\r un tel acte6 ,que la piti1 la plus pr(onde piti soit accorde celui qui le commet1 mais que du mo9s l'orgueil huma9 ne s'y mle pas6 ,que le malheureux ne se croie pas plus homme en tant mo9s ,*rti51 et que l'tre qui p5se sa*e t\j\rs o plac] la vritable dignit morale de l'homme6 ,troisime section4 ,de la dignit morale de l'homme4 ,presque t\s les individus t5d5t ici-bas ou leur bi5-tre physique1 ou leur considration dans le monde1 et la plup>t t\s les deux runis4 ,mais la considration consi/e p\r les uns dans l'asc5dant que donn5t le p\voir et la =tune1 et p\r les autres dans le respect qu'inspir5t le tal5t et la v]tu4 ,ceux qui *]*5t le p\voir et la =tune dsir5t bi5 cep5dant qu'on leur croie des qualits morales et surt\t des facults suprieures2 mais c'e/ un b secondaire qui doit cd] au premi]2 c> une c]ta9e connaissance dprave de la race huma9e appr5d que les solides avantages de cette vie sont ceux qui n\s ass]viss5t les intrts des hommes plus encore que leur e/ime4 ,n\s laiss]ons de ct1 comme t\t--fait trang]s notre sujet1 ceux dont l'ambition a seulem5t p\r b le p\voir et la =tune3 mais n\s exam9]ons avec att5tion en quoi consi/e la dignit morale de l'homme2 et cet exam5 n\s conduira ncessairem5t jug] l'action d'immol] sa vie s\s deux po9ts de vue absolum5t contraires3 le sacrifice inspir p> la v]tu1 ou le dgt qui rsulte des passions trompes4 ,n\s avons oppos1 s\s le rapport de la religion1 le ,m>tyre au ,suicide3 n\s p\vons de mme1 s\s le rapport de la dignit morale1 prs5t] le contra/e du dv\em5t ses devoirs avec la rvolte contre son sort4 ,d'ord9aire le ,dv\em5t conduit plutt recevoir la mort qu' se la donn]2 cep5dant il y a *ez les ,anci5s des ,suicides de dv\em5t4 ,curtius se prcipitant au fond de l'abme p\r le combl]1 ,caton se poign>dant p\r appr5dre au monde qu'il exi/ait encore une me libre s\s l'empire de ,cs>1 de tels hommes ne se sont pas tus p\r *app] la d\leur3 mais l'un a v\lu sauv] sa patrie1 et l'autre (frir l'univ]s un exemple dont l'asc5dant subsi/e encore3 ,caton passa la nuit qui prcda sa mort lire le ,phdon de ,socrate1 et le ,phdon condamne =mellem5t le ,suicide1 mais ce gr& citoy5 savait qu'il s'immolait non lui-mme1 mais la cause de la lib]t2 et selon les circon/ances cette cause peut exig] d'att5dre la mort comme ,socrate ou de se la donn] comme ,caton4 ,ce qui c>actrise la vritable dignit morale de l'homme1 c'e/ le ,dv\em5t4 ,ce qu'on fait p\r soi-mme peut avoir une sorte de gr&eur qui comm&e la surprise2 mais l'admiration n'e/ due qu'au sacrifice de la p]sonnalit s\s quelque =me qu'elle se prs5te4 ,l'lvation de l'me t5d sans cesse n\s affran*ir de ce qui e/ purem5t individuel1 af9 de n\s unir aux gr&es vues du ,crateur de l'univ]s4 ,aim] et p5s] ne n\s s\lag5t et ne n\s exalt5t qu'en n\s arra*ant aux impressions g/es4 ,le ,dv\em5t et l'en?\siasme font entr] un air plus pur dans notre se94 ,l'am\r-propre1 l'irritation1 l'impati5ce sont des ennemis contre lesquels la consci5ce n\s oblige lutt]1 et le tissu de la vie d'un tre moral se compose presque en enti] de l'action et de la raction cont9uelle de la =ce intrieure contre les circon/ances du dehors1 et des circon/ances extrieures contre cette =ce4 ,elle e/ la vraie mesure de la gr&eur de l'homme1 mais elle n'a droit notre admiration que dans l'tre gnreux qui se l'oppose lui-mme et sait s'immol] qu& elle le comm&e4 ,le gnie et le tal5t peuv5t produire de gr&s effets sur cette t]re1 mais ds que leur action a p\r b l'ambition p]sonnelle de celui qui les possde1 ils ne con/itu5t plus la nature div9e dans l'homme4 ,ils ne s]v5t qu' l'habilet1 qu' la prud5ce1 qu' t\tes ces qualits monda9es dont le type e/ dans les animaux1 quoique le p]fectionnem5t en app>ti5ne l'homme4 ,la patte du r5>d ou la plume de celui qui v5d son op9ion son intrt1 e/ une et mme *ose s\s le rapport de la dignit morale4 ,l'homme de gnie qui se s]t lui-mme aux dp5s du bonheur de la race huma9e1 de quelques facults m95tes qu'il soit d\1 n'agit jamais que dans le s5s de l'gsme2 et s\s ce rapport le pr9cipe de la conduite de tels hommes e/ le mme que celui des animaux4 ,ce qui di/+ue la consci5ce de l'in/9ct1 c'e/ le s5tim5t et la connaissance du devoir1 et le devoir consi/e t\j\rs dans le sacrifice de soi aux autres4 ,t\t le problme de la vie morale e/ r5f]m l-d$ans1 t\te la dignit de l'tre huma9 e/ en proportion de sa =ce1 non seulem5t contre la mort1 mais contre les intrts de l'exi/5ce4 ,l'autre =ce1 c'e/--dire celle qui r5v]se les ob/acles opposs nos dsirs1 a le succs p\r rcomp5se aussi bi5 que p\r b1 mais il n'e/ pas plus admirable de faire usage de son esprit p\r ass]vir les autres ses passions1 que d'employ] son pi$ p\r m>*] ou sa ma9 p\r pr5dre2 et dans l'e/imation des qualits morales1 c'e/ le motif des actions qui seul en dt]m9e la valeur4 ,hgsippe de ,cyrne1 disciple d',ari/ippe1 pr*ait le ,suicide en mme temps que la volupt4 ,il prt5dait que les hommes ne devai5t avoir que le plaisir p\r objet dans ce monde2 mais comme il e/ trs-difficile de s'en assur] les j\issances1 il conseillait la mort ceux qui ne p\vai5t les obt5ir4 ,cette doctr9e e/ une de celles1 d'aprs laquelle on peut le mieux motiv] le ,suicide1 et elle met en vid5ce le g5re d'gsme qui se mle1 a9si que je l'ai dit1 l'acte mme p> lequel on veut s'anantir4 ,un pr(esseur ,sudois1 nomm ,robeck1 a crit un long ouvrage sur le ,suicide1 et s'e/ tu aprs l'avoir compos2 il dit dans ce livre qu'il faut enc\rag] le mpris de la vie jusqu' l'homicide de soi-mme4 ,les sclrats ne sav5t-ils pas aussi mpris] la vie8 ,t\t consi/e dans le s5tim5t auquel on en fait le sacrifice4 ,le ,suicide relatif soi1 que n\s avons soigneusem5t di/+u du sacrifice de son exi/5ce la v]tu1 ne pr\ve qu'une *ose en fait de c\rage1 c'e/ que la volont de l'me l'emporte sur l'in/9ct physique3 des milli]s de gr5adi]s donn5t sans cesse la preuve de cette vrit4 ,les animaux1 dit-on1 ne se tu5t jamais4 ,les actes de rflexion ne sont pas dans leur nature2 ils p>aiss5t tre en*ans au prs5t1 ignor] l'av5ir et n'avoir recueilli du pass que des habitudes4 ,mais ds que leurs passions sont irrites1 ils brav5t la d\leur1 et cette d]nire d\leur que n\s appelons la mort1 dont ils n'ont sans d\te aucune ide4 ,le c\rage d'un gr& nombre d'hommes ti5t s\v5t aussi cette imprvoyance4 ,robeck a tort d'exalt] autant le mpris de la vie4 ,il y a deux manires de la sacrifi]1 ou p>ce qu'on donne au devoir la prfr5ce sur elle1 ou p>ce qu'on donne aux passions cette prfr5ce en ne v\lant plus vivre ds qu'on a p]du l'espoir d'tre heureux4 ,ce d]ni] s5tim5t ne saurait mrit] l'e/ime4 ,mais se =tifi] p> sa propre p5se1 au milieu des rev]s de la vie2 se faire un appui de soi contre soi1 en opposant le calme de sa consci5ce l'irritation de son c>actre3 voil le vrai c\rage auprs duquel celui qui vi5t du sang e/ bi5 peu de *ose1 et celui qu'inspire l'am\r-propre1 encore mo9s4 ,quelques p]sonnes prt5d5t qu'il e/ des circon/ances1 o se s5tant *>ge aux autres1 on peut se faire un devoir de les dlivr] de soi4 ,un des gr&s moy5s d'introduire des erreurs dans la morale1 c'e/ de suppos] des situations auxquelles il n'y a ri5 rpondre1 si ce n'e/ qu'elles n'exi/5t pas4 ,quel e/ l'in=tun qui ne r5contr]a jamais un tre auquel il puisse port] quelque consolation8 ,quel e/ l'homme malheureux qui p> sa pati5ce et sa rsignation ne donn]a pas un exemple qui meuve les mes et fasse natre des s5tim5s que jamais les meilleures leons ne suffirai5t p\r inspir]8 ,la moiti de la vie e/ du dcl92 quelle a donc t l'int5tion du ,crateur en imposant cette tri/e p]spective l'homme1 l'homme dont l'imag9ation a beso9 d'espoir et qui ne compte jamais ce qu'il a que comme un moy5 d'obt5ir plus encore8 ,il e/ clair que le ,crateur a v\lu que l'tre mortel p>vnt se dpr5dre de lui-mme et qu'il comm5t ce gr& acte de ds9tressem5t longtemps avant que la dgradation de ses =ces le lui r5dt plus facile4 ,ds que v\s avez atte9t l'ge mur1 v\s ent5dez dj de t\tes p>ts p>l] de votre mort4 ,m>iez-v\s vos enfans8 c'e/ en faisant valoir v\s-mme la =tune qu'ils auront qu& v\s ne s]ez plus4 ,les devoirs de la pat]nit consi/5t dans un dv\em5t cont9uel1 et ds que les enfans ont atte9t l'ge de raison1 presque t\tes les j\issances qu'ils donn5t sont fondes sur les sacrifices qu'on leur fait4 ,si donc le bonheur tait l'unique b de la vie il faudrait se tu] ds qu'on a cess d'tre jeune1 ds que l'on desc5d la montagne dont le sommet semblait environn de tant d'illusions brillantes4 ,un homme d'esprit qui l'on faisait complim5t du c\rage avec lequel il avait support de gr&s rev]s1 rpondait3--je me suis bi5 consol de n'avoir plus v+t-c9q ans4--,en effet il e/ bi5 peu de d\leurs plus amres que la p]te de la jeunesse4 ,l'homme s'y acc\tume p> degrs1 dira-t-on1--sans d\te le temps e/ un alli de la raison1 il affaiblit les rsi/ances qu'elle r5contre en n\s-mmes1 mais quelle e/ l'me imptueuse que n'irrite pas l'att5te de la vieillesse8 ,les passions se calm5t-elles t\j\rs en proportion des facults8 ,ne voit-on pas s\v5t le spectacle du supplice de ,mez5ce r5\vel p> l'union d'une me encore vivante et d'un corps dtruit1 ennemis insp>ables8 ,que signifie ce tri/e avant-c\reur dont la nature fait prcd] la mort8 si ce n'e/ l'ordre d'exi/] sans bonheur et d'abdiqu] *aque j\r1 fleur aprs fleur1 la c\ronne de la vie4 ,les ,sauvages n'ayant po9t l'ide de la de/9e religieuse ou philosophique de l'homme croi5t r5dre s]vice leurs pres en les tuant1 qu& ils sont vieux3 cet acte e/ fond sur le mme pr9cipe que le ,suicide4 ,il e/ c]ta9 que le bonheur1 dans l'acception que lui donn5t les passions1 que les j\issances de l'am\r-propre du mo9s n'exi/5t gure plus p\r les vieill>ds1 mais il en e/ qui p> le dveloppem5t de la dignit morale1 sembl5t n\s annonc] l'appro*e d'une autre vie comme dans les longs j\rs du nord le crpuscule du soir se confond avec l'aurore du mat9 suivant4 ,j'ai vu ces nobles reg>ds t\t pntrs d'av5ir1 ils semblai5t dcl>] prophte le vieill>d qui ne s'occupait plus du re/e de ses annes1 mais se rgnrait lui-mme p> l'lvation de son me1 comme s'il et dj fran*i le tombeau4 ,c'e/ a9si qu'il faut s'arm] contre la d\leur4 ,c'e/ a9si que dans la =ce de l'ge mme1 s\v5t la de/9e n\s donne le signal de ce dta*em5t de l'exi/5ce que le temps n\s comm&]a tt ou t>d4 --,v\s avez des p5ses bi5 humbles1 diront quelques hommes conva9cus que la fi]t consi/e dans ce qu'on exige du sort et des autres1 t&is qu'elle consi/e au contraire dans ce qu'on se comm&e soi-mme4 ,ces mmes hommes mett5t en contra/e le *ri/ianisme avec la doctr9e philosophique des anci5s et prt5d5t que cette doctr9e tait bi5 plus favorable l'n]gie du c>actre que celle dont la rsignation e/ la base4 ,mais c]tes il ne faut pas confondre la rsignation la volont de ,dieu avec la condesc5dance p\r le p\voir des hommes4 ,ces hros citoy5s de l'antiquit qui aurai5t support la mort plutt que l'esclavage1 tai5t capables d'une s\mission religieuse env]s la puissance du ,ciel1 t&is que des criva9s mod]nes qui prt5d5t que le *ri/ianisme affaiblit l'me p\rrai5t bi51 malgr leur =ce app>5te1 se pli] s\s la tyrannie avec plus de s\plesse qu'un vieill>d dbile mais *rti54 ,socrate1 ce sa9t des sages1 refusa de se sauv] de sa prison lorsqu'il tait condamn mort4 ,il crut devoir donn] l'exemple de l'obissance aux magi/rats de sa patrie1 quoiqu'ils fuss5t inju/es env]s lui4 ,ce s5tim5t n'app>ti5t-il pas la vritable f]met du c>actre8 ,quelle gr&eur aussi dans cet entreti5 philosophique sur l'immortalit de l'me1 cont9u avec tant de calme jusqu' l'in/ant o le poison lui fut apport6 ,depuis deux mille ans les p5seurs1 les hros1 les potes1 les arti/es ont consacr la mort de ,socrate p> leur culte2 mais ces milli]s de ,suicides causs p> le dgt et l'ennui dont les annales de t\s les co9s du monde sont remplies1 quelles traces ont-ils laisses dans le s\v5ir de la po/rit8 ,si les anci5s s'enorgueilliss5t de ,socrate1 les *rti5s1 sans compt] mme les m>tyrs1 peuv5t prs5t] un gr& nombre d'exemples de cette =ce gnreuse de l'me auprs de laquelle l'irritation ou l'abattem5t qui port5t se tu] ne sont dignes que de piti4 ,?omas ,morus1 *anceli] d',h5ri ,,viii1 p5dant une anne entire enf]m dans la t\r de ,londres1 refusa t\s les j\rs les (fres qu'un ,roi t\t-puissant lui faisait faire p\r r5tr] son s]vice en t\ffant le scrupule de consci5ce qui l'en t5ait loign4 ,?omas ,morus sut m\rir en aimant la vie1 ce qui r$\ble encore la gr&eur du sacrifice4 ,ecriva9 clbre1 il aimait ces occupations intellectuelles qui rempliss5t t\tes les heures d'un intrt t\j\rs croissant4 ,une fille *rie1 une fille qui p\vait compr5dre le gnie de son pre1 rp&ait sur l'intrieur de sa maison un *>me habituel4 ,il tait dans un donjon1 d]rire ces grilles qui ne laiss5t pntr] qu'une lueur brise p> des b>reaux funbres3 et non lo9 de cet horrible sj\r une campagne dlicieuse1 sur les bords v]doyans de la ,tamise1 lui (frait la runion de t\s les plaisirs que les affections de famille et les tudes philosophiques peuv5t donn]4 ,cep5dant il fut 9branlable1 l'*afaud ne put l'intimid]3 sa sant cruellem5t altre n'affaiblit po9t sa rsolution1 il tr\va des =ces dans ce foy] de l'me qui e/ 9puisable p>ce qu'il doit tre t]nel4 ,il m\rut1 p>ce qu'il le v\lait1 immolant sa consci5ce le bonheur avec la vie2 sacrifiant t\tes les j\issances ce s5tim5t du devoir1 la plus gr&e m]veille de la nature morale1 celle qui fconde le cur comme dans l'ordre physique le soleil claire le monde4 ,l',anglet]re1 o cet homme si v]tueux tait n1 o tant d'autres citoy5s ont sacrifi si simplem5t leur vie la v]tu3 l',anglet]re1 dis-je1 e/ p\rtant le pays dans lequel il se commet le plus de ,suicides3 et l'on s'tonne avec raison qu'une nation o la religion ex]ce un si noble empire (fre l'exemple d'un tel g>em5t4 ,mais ceux qui se reprs5t5t les ,anglais comme des hommes d'un c>actre froid1 se laiss5t t\t--fait tromp] p> la rs]ve de leurs manires4 ,le c>actre anglais e/ en gnral trs-actif et mme trs-imptueux2 leur admirable ,con/itution qui dveloppe au plus haut degr les facults morales peut seule suffire leur beso9 d'agir et de p5s]3 la monotonie de l'exi/5ce ne leur convi5t po9t1 quoiqu'ils s'y a/reign5t s\v5t4 ,ils div]sifi5t alors p> les ex]cices du corps le g5re de vie qui n\s p>at uni=me4 ,aucune nation n'aime se has>d] autant que les ,anglais1 et d'un b\t du monde l'autre1 de la *ute du ,rh9 aux cat>actes du ,nil1 si quelque *ose de s+uli] et de dang]eux a t t5t2 c'e/ p> un ,anglais4 ,des p>is extraord9aires1 quelquefois mme des excs blmables sont une preuve de la vhm5ce de leur c>actre4 ,leur respect p\r t\tes les lois1 c'e/--dire p\r la loi morale1 la loi politique et la loi des conv5ances rprime au-dehors leur ardeur naturelle3 mais elle n'en exi/e pas mo9s1 et qu& les circon/ances ne leur donn5t pas d'alim5t2 qu& l'ennui s'emp>e de ces imag9ations si vives2 il y produit des ravages incalculables4 ,on prt5d aussi que le climat d',anglet]re porte s+ulirem5t la mlancolie3 je n'en puis jug]1 c> le ciel de la lib]t m'a t\j\rs p>u le plus pur de t\s2 mais je ne crois pas que ce soit cette cause physique qu'on doive surt\t attribu] les frqu5s exemples de ,suicide4 ,le ciel du nord e/ bi5 mo9s agrable que celui de l',anglet]re1 et cep5dant on y e/ mo9s sujet au dgt de la vie1 p>ce que l'esprit y a mo9s beso9 de m\vem5t et de div]sit4 ,une autre cause r5d aussi les ,suicides plus frqu5s en ,anglet]re1 c'e/ l'extrme importance que l'on y atta*e l'op9ion publique3 ds que la rputation d'un homme e/ altre1 la vie lui devi5t insupportable4 ,cette gr&e t]reur du blme e/ c]ta9em5t un fre9 trs-salutaire p\r la plup>t des hommes2 mais il y a quelque *ose de plus sublime encore1 c'e/ d'avoir un asile en soi-mme et d'y tr\v]1 comme dans un sanctuaire1 la voix de ,dieu qui n\s invite au rep5tir de nos fautes1 ou n\s rcomp5se de nos bonnes int5tions mconnues4 ,le ,suicide e/ trs-r>e *ez les peuples du midi4 ,l'air qu'ils respir5t leur fait aim] la vie1 l'empire de l'op9ion publique e/ mo9s absolu dans un pays o l'on a mo9s beso9 de socit1 les j\issances d'une si belle nature suffis5t aux gr&s comme au peuple1 il y a dans le pr9temps de l',italie de quoi di/ribu] du bonheur t\s les tres4 ,l',allemagne (fre plusieurs exemples de ,suicide1 mais les causes en sont div]ses et s\v5t biz>res1 comme cela doit arriv] *ez un peuple o rgne un en?\siasme mtaphysique qui n'a po9t encore d'objet fixe ni de b utile4 ,les dfauts des ,allem&s sont bi5 plus le rsultat de leurs circon/ances que de leur c>actre1 et ils s'en corrig]ont1 sans d\te1 s'il exi/e *ez eux un ordre politique fait p\r donn] une c>rire des hommes dignes d'tre citoy5s4 ,un vnem5t rcemm5t arriv ,b]l9 peut donn] l'ide de la s+ulire exaltation dont les ,allem&s sont susceptibles#b4 ,les motifs p>ticuli]s qui ont pu g>] deux individus quelconques sont de peu d'importance2 mais l'en?\siasme avec lequel on a p>l d'un fait p\r lequel on devait t\t au plus rclam] l'indulg5ce1 mrite la plus srieuse att5tion4 ,si deux p]sonnes pr(ondm5t malheureuses s'tai5t donn la mort en implorant la commisration des tres s5sibles et en se recomm&ant aux prires des mes pieuses1 p]sonne n'aurait pu se df5dre de donn] des l>mes la d\leur qui r5d ins5s1 quel que soit le g5re de folie qu'elle suggre4 ,mais peut-on prs5t] comme le sublime de la raison1 de la religion et de l'am\r un assass9at mutuel8 peut-on donn] le nom de v]tu la conduite d'une femme qui se dlie volontairem5t des devoirs de fille1 d'p\se et de mre8 celle d'un homme qui lui prte son c\rage p\r sortir a9si de la vie8 #b ,mr4 de ,k444 et ,me4 de ,v4441 deux p]sonnes dont le c>actre tait trs-e/im1 sont p>tis de ,b]l91 lieu de leur demeure1 v]s la f9 de l'anne #ahaa1 p\r se r5dre dans une aub]ge de ,potsdam o ils ont pass quelques heures pr5dre de la n\rriture et *ant] ensemble les ,cantiques de la ,sa9te ,cne4 ,alors d'un cons5tem5t mutuel l'homme a brl la c]velle la femme1 et s'e/ tu lui-mme l'in/ant d'aprs4 ,me4 de ,v444 avait un pre1 un p\x et une fille4 ,mr4 de ,k444 tait un pote et un (fici] de mrite4 ,quoi6 cette femme se confie assez dans l'action qu'elle commet p\r crire en m\rant3 qu'elle veill]a du haut des cieux sur sa fille4 ,et t&is que le ju/e tremble s\v5t au lit de la mort2 elle se croit assure de la de/9e des bi5heureux4 ,deux tres qu'on dit e/imables1 admett5t la religion en ti]s de l'acte le plus sangu9aire6 deux *rti5s comp>5t le meurtre la communion en laissant ouv]t ct d'eux le cantique *ant p> les fidles lorsqu'ils se runiss5t p\r jur] d'obir au div9 modle de la pati5ce et de la rsignation2 quel dlire dans la femme et quel abus de ses facults dans l'homme6 ,c> p\vait-il ne pas se reg>d] comme un assass91 bi5 qu'il et obt5u le cons5tem5t de l'in=tune qu'il immolait8 ,la volont t\j\rs mom5tane d'un tre huma9 donnait-elle son semblable le droit d'enfre9dre les pr9cipes t]nels de la ju/ice et de l'humanit8 ,l'ami s'e/ tu1 dira-t-on1 presque en mme temps que son amie3 mais peut-on se croire a9si la froce proprit d'une autre exi/5ce1 lors mme qu'on immole aussi la si5ne8 ,et cet homme qui v\lait m\rir1 n'avait-il pas de patrie1 ne p\vait-il pas combattre p\r elle8 ,n'exi/ait-il aucune entreprise noble et prilleuse dans laquelle il pt (frir un gr& exemple8 ,quel e/ celui qu'il a donn8 ,il ne s'att5dait pas1 je p5se1 que le g5re huma9 se runt un j\r p\r abdiqu] le don de la vie la cl>t du soleil3 et cep5dant quelle autre consqu5ce faudrait-il tir] du ,suicide de ces deux p]sonnes auxquelles on ne connaissait d'autre malheur que celui d'exi/]8 ,quoi donc8 il re/ait ces amis fidles un an peut-tre1 du mo9s un j\r p\r se voir et p\r s'ent5dre1 et volontairem5t ils ont ananti ce bonheur8 ,l'un d'eux a pu dfigur] les traits dans lesquels il avait lu de gnreuses p5ses1 l'autre a s\hait de ne plus ent5dre la voix qui les avait excites dans son me8 ,et t\t ce qu'on expliqu]ait presque p> de la ha9e s'appell]ait de l'am\r8 ,il s'y mlait1 assure-t-on1 la plus p>faite innoc5ce4 ,e/-ce assez p\r ju/ifi] une si b>b>e folie8 ,et quel avantage de tels g>em5s ne donn5t-ils pas ceux qui considr5t l'en?\siasme comme un mal8 ,le vritable en?\siasme doit faire p>tie de la raison p>ce qu'il e/ la *aleur qui la dveloppe4 ,peut-il exi/] une opposition entre deux qualits naturelles l'me et qui sont t\tes deux les rayons d'un mme foy]8 ,qu& on dit que la raison e/ inconciliable avec l'en?\siasme1 c'e/ p>ce qu'on met le calcul la place de la raison1 et la folie la place de la raison1 t\tes les fois que l'une et l'autre ont pris naissance dans la nature et qu'aucun mlange d'affectation n'en fait p>tie4 ,on s'tonne qu'on puisse tr\v] de l'affectation et de la vanit dans un ,suicide3 ces s5tim5s si petits1 mme dans cette vie1 que sont-ils en prs5ce de la mort8 ,il semble que ri5 n'e/ trop pr(ond ni trop =t p\r dt]m9]a l'acte le plus t]rible4 ,mais l'homme a tant de pe9e se figur] la f9 de son exi/5ce1 qu'il associe mme au tombeau les plus misrables intrts de ce monde4 ,en effet1 on ne peut s'emp*] de voir de l'affectation s5tim5tale d'une "p et de la vanit philosophique de l'autre dans la manire dont le d\ble ,suicide de ,b]l9 a t comb94 ,la mre envoie sa fille au spectacle la veille du j\r o elle veut se tu]1 comme si la mort d'une mre devait tre considre comme une fte p\r son enfant et qu'il fallt dj faire entr] dans ce jeune cur les plus fausses ides de l'imag9ation g>e4 ,cette mre se revt de p>ures n\velles a9si qu'une victime sa9te4 ,dans sa lettre sa famille elle s'occupe des plus m9utieux dtails du mnage af9 de montr] de l'ins\ciance p\r l'acte qu'elle va commettre1 de l'ins\ciance1 gr& ,dieu1 en disposant de soi sans votre ordre6 en passant de la vie la mort sans que le devoir ou la nature aide fran*ir cet abme4 ,l'homme qui1 prt tu] son amie1 clbre un fe/9 avec elle et s'exalte p> des *ants et des liqueurs comme s'il craignait le ret\r des m\vem5s vrais et raisonnables6 ,cet homme1 dis-je1 n'a-t-il pas l'air d'un auteur sans gnie qui veut produire avec une cata/rophe vritable les effets auxquels il ne peut atte9dre en posie8 ,la vraie supriorit dans t\s les g5res n'e/ po9t de la biz>r]ie3 c'e/ une int5sit plus n]gique et plus pr(onde dans les impressions qu'pr\ve la masse des hommes4 ,le gnie e/ plusieurs g>ds1 populaire3 c'e/--dire1 qu'il a des po9ts de contact avec la manire de s5tir du plus gr& nombre4 ,il n'en e/ pas a9si de l'esprit exalt ou de l'imag9ation travaille3 ceux qui se t\rm5t5t p\r attir] l'att5tion du public1 p\r l'emport] sur leur semblables1 croi5t avoir fait des dc\v]tes dans des contres inconnues du cur huma94 ,ils vont jusqu' s'imag9] que ce qui rvolte les s5tim5s de la plup>t des hommes e/ d'un ordre plus relev que ce qui les t\*e et les captive4 ,gigantesque vanit que celle qui n\s met1 p\r a9si dire1 en dehors de notre espce4 ,l'loqu5ce et l'inspiration du tal5t ranim5t ce qui exi/ait s\v5t dans le cur des individus les plus obscurs1 et ce qu't\ffai5t en eux l'apa?ie ou les intrts vulgaires4 ,les belles mes p> leurs crits ou p> leurs actions disp]s5t quelquefois les c5dres qui c\vrai5t le ,feu sacr4 ,mais crer1 p\r a9si dire1 un n\veau monde dans lequel la v]tu fasse ab&onn] ses devoirs2 la religion1 se rvolt] contre l'autorit div9e2 l'am\r1 immol] ce qu'on aime3 c'e/ le tri/e rsultat de quelques s5tim5s sans h>monie1 de quelques facults sans =ce et d'un beso9 de clbrit auquel les dons de la nature ne se prtai5t pas4 ,il ne vaudrait pas la pe9e de s'arrt] sur un acte de dm5ce qui peut tre excus p> des circon/ances p]sonnelles dont n\s ignorons jusqu' un c]ta9 po9t les dtails1 si cet vnem5t n'avait pas eu des apologi/es en ,allemagne4 ,le gt des criva9s allem&s p\r l'esprit de sy/me se retr\ve dans presque t\s les rapports de la vie2 ils ne peuv5t se rs\dre v\] t\tes les =ces de leur me aux simples vrits dj reconnues2 on dirait qu'ils veul5t innov] en fait de s5tim5t et de conduite comme dans une uvre littraire4 ,cep5dant la nature physique n'inv5te ri5 de mieux que le soleil1 la m]1 les =ts et les fleuves2 p\rquoi les affections du cur ne s]ai5t-elles pas aussi t\j\rs les mmes dans leur pr9cipe1 quoique v>ies dans leurs effets8 ,n'y a-t-il pas bi5 plus de vraie *aleur dans ce qui e/ compris p> t\s1 que dans ces natures huma9es inv5tes1 p\r a9si dire1 comme une fiction faite plaisir8 ,les ,allem&s sont d\s des qualits les plus excell5tes et des lumires les plus t5dues2 mais c'e/ p> les livres que la plup>t d'entre eux ont t =ms1 et il en rsulte une habitude d'analyse et de sophisme1 une c]ta9e re*]*e de l'+nieux qui nuit la mle dcision de la conduite4 ,l'n]gie qui ne sait o s'employ] inspire les rsolutions les plus extravagantes2 mais qu& on peut consacr] ses =ces l'indp5dance de sa patrie1 qu& on peut r5atre comme nation et faire revivre a9si le cur de l',europe p>alys p> la s]vitude1 alors il ne doit plus tre "q de s5tim5talit maladive1 de ,suicides littraires1 de comm5taires ab/raits sur ce qui rvolte l'me1 il faut imit] ces peuples =ts et sa9s de l'antiquit dont le c>actre con/ant1 direct1 9branlable ne comm5ait ri5 sans l'a*ev]2 ils reg>dai5t comme aussi l*e dans un citoy5 de recul] devant une rsolution patriotique1 qu'il le s]ait p\r un soldat de fuir un j\r de bataille4 ,le don de l'exi/5ce e/ un miracle de *aque in/ant1 la p5se et le s5tim5t qui la compos5t1 ont quelque *ose de si sublime que l'on ne peut sans tonnem5t contempl] son tre l'aide des facults de cet tre4 ,qu'e/-ce donc que prodigu] dans un mom5t d'impati5ce et d'ennui le s\ffle avec lequel n\s avons s5ti l'am\r1 reconnu le gnie et ador la div9it8--,%akespe> dit en p>lant du ,suicide3 faisons ce qui e/ c\rageux et noble suivant le sublime usage des ,roma9s1 et que la ,mort soit orgueilleuse de n\s pr5dre#c4 ,en effet si l'on tait incapable de la rsignation *rti5ne qui s\met l'preuve de la vie1 au mo9s devrait-on ret\rn] l'antique beaut du c>actre des anci5s1 et faire sa div9it de la gloire1 lorsqu'on ne se s5tirait pas digne d'immol] cette gloire mme de plus hautes v]tus4 #c -- -- --,& !n1 :at's brave1 :at's noble1 ,let's d x aft] ! high ,roman fa%ion1 ,& make ,dea? pr\d to take u4 ,n\s croyons avoir montr que le ,suicide dont le b e/ de se dfaire de la vie ne porte en lui-mme aucun c>actre de dv\em5t et ne saurait p> consqu5t mrit] l'en?\siasme4 ,l'esprit1 le c\rage mme ne sont dignes de l\ange que qu& ils s]v5t ce dv\em5t qui peut produire plus de m]veilles que le gnie4 ,on a vu les plus habiles succomb]1 mais la runion des volonts religieuses et patriotiques ne saurait faillir4 ,il n'y a ri5 de vraim5t gr& sans le mlange d'une v]tu quelconque4 ,t\te autre rgle de jugem5t conduit ncessairem5t l'erreur4 ,les vnem5s de ce monde1 quelque importans qu'ils n\s p>aiss5t1 sont quelquefois mus p> les plus petits ressorts1 et le has>d en rclame sa =te "p4 ,mais il n'y a ni petitesse ni has>d dans un s5tim5t gnreux3 soit qu'il n\s ait fait donn] notre vie1 ou qu'il n'ait exig que le sacrifice d'un j\r3 soit qu'il ait valu la c\ronne ou qu'il se p]de dans l'oubli1 soit qu'il ait inspir des *efs-d'uvre ou conseill d'obscurs bi5faits1 n'importe4 ,c'tait un s5tim5t gnreux3 et c'e/ ce seul titre que les hommes doiv5t admir] les p>oles ou les actions d'un homme4 ,il y a des exemples de ,suicide *ez la nation ,franaise1 mais ce n'e/ d'ord9aire1 ni la mlancolie du c>actre ni l'exaltation des ides1 qu'on peut les attribu]4 ,des malheurs positifs ont dt]m9 quelques ,franais cet acte1 et ils l'ont commis avec l'intrpidit mais aussi avec l'ins\ciance qui s\v5t les c>actrise2 nanmo9s cette f\le d'migrs que la rvolution a fait natre1 a support les plus cruelles privations1 avec une sorte de srnit dont aucune autre nation n'et t capable4 ,leur esprit e/ plus encl9 l'action qu' la rflexion1 et cette manire d'tre les di/rait des pe9es de l'exi/5ce4 ,ce qui cote le plus aux ,franais1 c'e/ d'tre loign de leur patrie3 en effet quelle patrie ne possdai5t-ils pas avant que les factions l'euss5t d*ire1 avant que le despotisme l'et avilie8 ,quelle patrie ne v]rions-n\s pas r5atre si c'tait la nation qui dispost d'elle8 ,l'imag9ation se reprs5te cette belle ,france qui n\s accueill]ait s\s son ciel d'azur1 ces amis qui s'att5drirai5t en n\s revoyant1 ces s\v5irs de l'enfance1 ces traces de nos p>5s que n\s retr\v]ions2 *aque pas2 et ce ret\r n\s app>at comme une sorte de rsurrection t]re/re1 comme une autre vie accorde ds ici-bas2 mais si la bont cle/e ne n\s a pas rs]v un tel bonheur1 dans quelques lieux que n\s soyons n\s pri]ions p\r ce pays qui s]a si glorieux1 si jamais il appr5d connatre la lib]t1 c'e/--dire1 la g>antie politique de la ju/ice4 ,notice sur ,lady ,,jane ,,grey4 ,lady ,jane ,grey tait petite-nice de ,h5ry ,,viii p> sa gr&'-mre ,m>ie1 sur de ce ,roi et veuve de ,l\is ,,xii2 elle avait p\s ,"l ,guil=d1 fils du ,duc de ,nor?umb]l&4 ,ce d]ni] obt9t d',ed\>d ,,vi1 fils de ,h5ry ,,viii1 de l'appel] au trne p> son te/am5t en #aeec au dtrim5t de ,m>ie et d',elisabe?2 la premire avait p\r mre ,ca!r9e d',arragon1 et l'intolrance de son ca?olicisme la faisait r$\t] des prote/ans anglais2 la naissance de la fille d',anne de ,boleyn p\vait tre attaque4 ,le ,duc de ,nor?umb]l& fit valoir ces motifs auprs d',ed\>d ,,vi4 ,lady ,jane ,grey ne tr\vant pas elle-mme que ses droits la c\ronne fuss5t assez valides1 refusa d'abord d'accd] au te/am5t d',ed\>d2 enf9 les prires de son p\x1 qu'elle aimait t5drem5t et sur qui ,nor?umb]l& ex]ait un gr& empire1 arra*r5t ,lady ,jane ,grey le fatal cons5tem5t qu'on lui dem&ait4 ,elle rgna neuf j\rs ou plutt son beau-pre le ,duc de ,nor?umb]l& se s]vit de son nom p\r g\v]n] p5dant ce temps4 ,m>ie1 la fille ane de ,h5ry ,,viii1 l'emporta malgr la rsi/ance des p>tisans de la r=mation2 son c>actre cruel et v9dicatif se signala p> la mort du ,duc de ,nor?umb]l&1 de son fils ,guil=d et de l'innoc5te ,jane ,grey4 ,elle n'avait que dix-huit ans qu& elle prit1 et dj son nom tait clbre p> sa pr(onde connaissance des langues anci5nes et mod]nes2 on a des lettres d'elle en ,lat9 et en ,grec qui suppos5t des facults bi5 r>es son ge4 ,c'tait une p]sonne d'une pit p>faite1 et dont t\te l'exi/5ce tait empre9te de d\ceur et de dignit4 ,sa mre et son pre insi/r5t beauc\p t\s les deux p\r obt5ir d'elle1 malgr sa rpugnance1 qu'elle montt sur le trne d',anglet]re4 ,la mre elle-mme porta le manteau de sa fille le j\r de son c\ronnem5t2 et le pre1 le ,duc de ,suffolk fit une t5tative p\r rveill] le p>ti de ,jane ,grey lors qu'elle tait dj dans les f]s et condamne mort depuis plusieurs mois3 c'e/ de ce prtexte que l'on se s]vit p\r faire excut] sa s5t5ce et le ,duc de ,suffolk prit peu de temps aprs sa fille4 ,la lettre que l'on va lire p\rrait avoir t crite dans le mois de ,fvri] #aeed2 ce qu'il y a de c]ta9 c'e/ qu' cette poque qui e/ celle de la mort de ,lady ,jane ,grey1 elle entret9t de sa prison une correspondance suivie avec ses amis et ses p>5s1 et que jusqu' son d]ni] mom5t son esprit philosophique et sa f]met religieuse ne se dm5tir5t po9t4 ,lady ,jane ,grey au ,docteur ,aylm]s4 ,c'e/ v\s que je dois1 mon digne ami1 l'in/ruction religieuse1 cette vie de la foi qui peut seule se prolong] jamais2 mes d]nires p5ses s'adress5t v\s dans l'preuve sol5nelle laquelle je suis condamne4 ,trois mois se sont c\ls1 depuis la s5t5ce de mort que la ,re9e a fait prononc] contre mon p\x et contre moi1 en punition de ce malheureux rgne de neuf j\rs1 de cette c\ronne d'p9es1 qui n'a repos sur ma tte que p\r la dv\] la mort4 ,je croyais1 je v\s l'av\e1 que l'int5tion de ,m>ie tait de m'p\vant] p> cette s5t5ce1 mais je n'imag9ais pas qu'elle v\lt rp&re mon sang qui e/ aussi le si54 ,il me semblait que ma jeunesse suffisait p\r m'excus]1 qu& il ne s]ait pas pr\v que j'ai rsi/ longtemps aux fune/es honneurs dont j'tais m5ace1 et que ma dfr5ce p\r les dsirs du ,duc de ,nor?umb]l& mon beau-pre a pu seule m'entran] la faute que j'ai commise2 mais ce n'e/ pas p\r accus] mes ennemis que je v\s cris2 ils sont l'in/rum5t de la volont de ,dieu comme t\t autre vnem5t de ce monde1 et je ne dois rfl*ir que sur mes propres motions4 ,enf]me dans cette t\r je vis de ce que je s5s1 et ma conduite morale et religieuse ne consi/e que dans les combats qui se pass5t en moi-mme4 ,hi] notre ami ,a%am v9t me voir et sa prs5ce me causa d'abord un vif plaisir2 elle rveilla dans mon esprit le s\v5ir des heures si d\ces et si fcondes que j'ai gtes avec lui dans l'tude des anci5s4 ,je v\lais ne lui p>l] que de ces illu/res morts dont les crits m'ont ouv]t une c>rire de rflexions sans bornes4 ,a%am1 v\s le savez1 e/ srieux et calme1 il s'appuie sur la vieillesse p\r support] les maux de l'exi/5ce2 en effet la vieillesse d'un p5seur n'e/ pas dbile1 l'expri5ce et la foi le =tifi5t1 et qu& l'espace qui re/e e/ si c\rt1 un d]ni] ef=t suffit p\r le p>c\rir2 ce t]me e/ encore plus rappro* p\r moi que p\r un vieill>d1 mais les d\leurs rassembles sur mes d]ni]s j\rs s]ont amres4 ,a%am m'annona que la ,re9e me p]mettait de respir] l'air dans le j>d9 de ma prison1 et je ne puis exprim] la joie que j'en ress5tis1 elle fut telle que notre pauvre ami n'eut pas d'abord le c\rage de la tr\bl]4 ,n\s desc5dmes ensemble et il me laissa j\ir p5dant quelque temps de cette nature dont j'tais prive depuis plusieurs mois2 c'tait un de ces j\rs de la f9 de l'hiv] qui annonc5t le pr9temps3 je ne sais si la belle saison elle-mme aurait autant frapp mon imag9ation que ce press5tim5t de son ret\r2 les arbres t\rnai5t leurs bran*es encore dp\illes v]s le soleil2 le gazon tait dj v]t1 quelques fleurs prmatures semblai5t prlud] p> leurs p>fums la mlodie de la nature qu& elle rep>at dans t\te sa magnific5ce4 ,l'air tait d'une d\ceur inexprimable3 il me semblait que j'ent5dais la voix de ,dieu dans le s\ffle invisible et t\t-puissant qui me r$onnait *aque in/ant la vie2 la vie6 quel mot j'ai prononc6 je croyais jusqu' ce j\r qu'elle tait mon droit et je recueille ma9t5ant ses d]ni]s bi5faits comme les adieux d'un ami4 ,a%am et moi n\s n\s avanmes sur le bord de la ,tamise1 et n\s n\s assmes dans le bois encore sans ombrage que la v]dure doit bi5tt revtir3 les flots semblai5t t9cel] p> le reflet des rayons du ciel1 mais quoique ce spectacle ft brillant comme une fte1 il y a t\j\rs quelque *ose de mlancolique dans le c\rs des ondes et je dfie de les contempl] longtemps sans se livr] ces rv]ies dont le *>me consi/e surt\t dans une sorte de dta*em5t de n\s-mmes4 ,a%am s'ap]ut de la direction de mes p5ses et t\t c\p il prit ma ma9 et la baignant de ses l>mes3--,oh v\s6 7me dit-il7 qui tes t\j\rs ma s\v]a9e1 faut-il que je sois *>g de v\s appr5dre le sort qui v\s m5ace8 ,votre pre a rassembl vos p>tisans p\r s'oppos] ,m>ie et cette ,re9e ju/em5t dte/e s'en pr5d v\s de t\t l'am\r que votre nom fait natre4--,ses sanglots l'int]rompir5t4--,cont9uez1 lui dis-je1 oh6 mon ami1 s\v5ez-v\s de ces gnies mditatifs qui ont contempl d'un il f]me la mort mme de ceux qui leur tai5t *]s1 ils savai5t d'o n\s v5ons et o n\s allons1 c'en e/ assez4-- --,h bi51 me dit-il1 votre s5t5ce doit tre excute1 mais je v\s apporte le sec\rs qui dlivra tant d'hommes illu/res de la proscription des ,tyrans4--,ce vieill>d1 ami de ma jeunesse1 m'(frait en tremblant le poison dont il aurait v\lu me sauv] au pril de ses j\rs4 ,je me rappelai combi5 de fois n\s avions admir ensemble de c]ta9es morts volontaires p>mi les anci5s1 et je tombai dans des rflexions pr(ondes comme si les lumires du ,*ri/ianisme s'tai5t t\t c\p te9tes en moi1 et que je fusse livre cette indcision1 dont l'homme mme dans les plus simples occurr5ces a tant de pe9e se tir]4 ,a%am se mit g5\x devant moi1 sa tte blan*ie tait incl9e en ma prs5ce et c\vrant ses yeux d'une de ses ma9s il me t5dait de l'autre la ress\rce fune/e qu'il m'avait prp>e4 ,je rep\ssai d\cem5t cette ma91 et me recueillant p> la prire j'y tr\vai la =ce de rpondre a9si4 --,a%am1 lui dis-je1 v\s savez avec quelles dlices je lisais avec v\s les philosophes et les potes de la ,grce et de ,rome2 les beauts mles de leur langage1 l'n]gie simple de leur me re/]ont jamais incomp>ables4 ,la socit telle qu'elle e/ organise de nos j\rs a rempli la plup>t des esprits de frivolits et de vanits1 et l'on n'a pas honte de vivre sans rfl*ir1 sans *]*] connatre les m]veilles du monde qui sont faites p\r in/ruire l'homme p> des symboles clatans et durables4 ,les anci5s l'emport5t de beauc\p sur n\s1 p>ce qu'ils se sont faits eux-mmes1 mais ce que la rvlation a mis dans l'me du *rti5 e/ plus gr& que l'homme4 ,depuis l'idal des arts jusqu'aux rgles de la conduite1 t\t doit se rapport] la foi religieuse1 et la vie n'a p\r b que d'enseign] l'immortalit4 ,si je me drobais au malheur clatant qui m'e/ de/91 je ne =tifi]ais po9t p> mon exemple l'esprance de ceux que mon sort doit m\voir2 les anci5s levai5t leur me p> la contemplation de leurs propres =ces1 les *rti5s ont un tmo9 et c'e/ devant ,lui qu'il faut vivre et m\rir2 les anci5s v\lai5t glorifi] la nature huma9e1 les *rti5s ne se reg>d5t que comme la manife/ation de ,dieu sur la t]re2 les anci5s mettai5t au premi] rang des v]tus la mort qui s\/rait au p\voir des oppresseurs1 les *rti5s e/im5t davantage le dv\em5t qui n\s s\met aux volonts de la ,provid5ce4 ,l'activit et la pati5ce ont leur temps t\r t\r2 il faut faire usage de sa volont tant que l'on peut a9si s]vir les autres1 et se p]fectionn] soi-mme2 mais lorsque la de/9e e/1 p\r a9si dire1 face face avec n\s1 notre c\rage consi/e l'att5dre1 et reg>d] le sort e/ plus fi] que s'en dt\rn]4 ,l'me se conc5tre a9si dans ses propres my/res1 t\te action extrieure s]ait plus t]re/re que la rsignation4 --,je ne *]*]ai po9t1 me dit ,a%am1 discut] avec v\s des op9ions dont l'9branlable f]met peut v\s tre ncessaire1 je ne m'inquite que de la s\ffrance laquelle le sort v\s condamne2 p\rrez-v\s la support]1 et cette att5te d'un c\p mortel1 d'une heure fixe1 n'e/-elle pas au-dessus de vos =ces8 ,si v\s t]m9iez v\s-mme votre sort1 ne s]ait-il pas mo9s cruel8--,il faut1 lui rpondis-je1 laiss] l'esprit div9 se ressaisir de ce qu'il a donn4 ,l'immortalit comm5ce avant le tombeau1 qu& p> notre propre volont n\s rompons avec la vie2 dans cette situation les impressions intrieures de l'me sont plus d\ces qu'on ne l'imag9e4 ,la s\rce de l'en?\siasme devi5t t\t--fait indp5dante des objets qui n\s ent\r5t1 et ,dieu fait seul alors t\te notre de/9e dans le sanctuaire le plus intime de n\s-mmes4--,mais1 reprit ,a%am1 p\rquoi donn] vos ennemis1 cette ,re9e cruelle1 ce peuple sans v]tus1 l'indigne spectacle444--il ne put a*ev]4 --,si je me s\/rayais1 lui dis-je1 mme p> la mort1 la fureur de cette ,re9e1 j'irrit]ais son orgueil1 et je ne s]virais pas d'in/rum5t son rep5tir4 ,qui sait quelle poque l'exemple que je vais donn] p\rra faire du bi5 mes semblables8 ,comm5t jug] moi-mme la place que mon s\v5ir doit occup] dans la *ane des vnem5s de l'hi/oire8 en me tuant qu'appr5drai-je aux hommes1 si ce n'e/ la ju/e horreur qu'inspire un supplice viol5t et le s5tim5t d'orgueil qui porte s'en dlivr]8 ,mais en supportant ce t]rible sort p> la f]met que la religion me prte1 j'inspire aux vaisseaux battus comme moi p> l'orage plus de confiance dans l'ancre de la foi qui m'a s\t5ue4-- --,le peuple1 dit ,a%am1 croit c\pables t\s ceux qu'il voit prir de la mort des crim9els4--,le m5songe1 lui rpondis-je1 peut tromp] quelques individus p5dant quelques annes1 mais les nations et les sicles font t\j\rs triomph] la vrit2 il y a de l't]nit dans t\t ce qui ti5t la v]tu1 et ce que n\s avons fait p\r elle arriv]a jusqu' la m]1 quelque faible ruisseau que n\s ayons t p5dant notre vie4 ,non1 je ne r\girai po9t de subir la punition des c\pables1 c> c'e/ mon innoc5ce mme qui m'y appelle1 et ce s]ait tr\bl] le s5tim5t de cette innoc5ce que d'accomplir un acte de viol5ce2 on ne peut l'obt5ir de soi-mme qu'en altrant la srnit que l'me doit ress5tir l'appro*e du ciel4--,ah6 qu'y a-t-il de plus viol5t1 s'cria notre ami1 que cette mort sanglante444--,le sang des m>tyrs1 lui rpondis-je1 n'e/-il pas un baume p\r les blessures des in=tuns8 --,cette mort1 reprit-il1 impose p> les hommes1 p> la ha*e meurtrire qu'un b>b>e os]a lev] sur votre tte royale6--,mon ami1 lui dis-je1 qu& mes d]ni]s mom5s s]ai5t ent\rs de respect1 ils ne m'inspir]ai5t pas mo9s d'effroi2 la mort porte-t-elle un diadme sur son front livide8 ,n'e/-elle pas t\j\rs arme de la mme faux8 ,si c'tait dans le nant qu'elle n\s entrant1 vaudrait-il la pe9e de disput] avec cette ombre8 ,si c'e/ l'appel d'un ,dieu s\s ce voile de tnbres1 sans d\te alors le j\r e/ d]rire cette nuit1 et le ciel ne n\s e/ ca* que p> de va9s fantmes4-- --,quoi1 dit encore d'une voix branle cet ami que j'avais vu si calme dans d'autres temps1 savez-v\s que ce supplice peut tre d\l\reux1 qu'il peut se prolong]1 qu'une ma9 mal assure4448--,arrtez1 lui dis-je1 je le sais1 mais cela ne s]a pas4--,d'o v\s vi5t cette confiance8--,de ma propre faiblesse1 repris-je1 j'ai t\j\rs cra9t la d\leur physique et mes ef=ts p\r me donn] le c\rage qui la brave ont t va9s4 ,je crois donc qu'elle me s]a t\j\rs p>gne4 ,c> il y a beauc\p de protections secrtes ex]ces en faveur du *rti51 lors mme qu'il semble le plus malheureux1 et ce que n\s s5tons au-dessus de nos =ces ne n\s arrive presque jamais4 ,l'on ne connat d'ord9aire que l'extrieur du c>actre de l'homme1 ce qui se passe en lui-mme peut (frir encore des ap]u n\veaux p5dant des milli]s de sicles4 ,l'irrligion a r5du l'esprit sup]ficiel1 on s'en e/ pris de t\t au-dehors1 la circon/ance1 la =tune2 le vrai trsor de la p5se comme de l'imag9ation1 ce sont les rapports du cur huma9 avec son ,crateur2 l sont les press5tim5s1 l les oracles1 l les prodiges1 et t\t ce que les anci5s ont cru voir dans la nature n'tait qu'un reflet de ce qu'ils pr\vai5t au-d$ans d'eux-mmes leur insu4-- ,n\s g>dmes ensuite quelque temps le sil5ce ,a%am et moi2 une inquitude me p\rsuivait et je n'osais l'exprim]1 tant j'en tais tr\ble4--,avez-v\s vu mon p\x8 lui dis-je4--,oui1 me rpondit ,a%am4--,l'avez-v\s consult sur l'(fre que v\s v\liez me faire8--,oui1 reprit-il encore4--,a*evez de grce1 lui dis-je4 ,si ,guil=d et ma consci5ce n'tai5t pas d'accord1 lequel de ces deux p\voirs me sembl]ait lgitime8--,"l ,guil=d1 me dit ,a%am1 n'a pas exprim d'op9ion sur le p>ti que v\s deviez pr5dre1 mais quant lui sa rsolution de prir sur l'*afaud e/ 9branlable4--,oh mon ami1 m'criai-je1 combi5 je v\s rem]cie de m'avoir laiss le mrite du *oix2 si j'avais su plus tt la rsolution de ,guil=d1 je n'aurais pas mme dlibr1 et l'am\r aurait suffi p\r m'inspir] ce que la religion me comm&e4 ,p\rrais-je ne pas p>tag] le sort d'un tel p\x8 ,p\rrais-je m'p>gn] une seule de ses s\ffrances8 et *acun de ses pas v]s la mort ne me trace-t-il pas ma r\te8--,a%am comprit alors que j'tais 9branlable2 il s'loigna de moi1 tri/e et p5sif1 et me promit de me revoir4 ,le docteur ,feck5ham1 *apela9 de la re9e1 v9t peu d'heures aprs me dcl>] que le j\r de mon supplice tait fix v5dr$i pro*a91 dont c9q j\rs encore me sp>ai5t4 ,je v\s l'av\]ai1 il me sembla que je n'tais prp>e ri51 tant la dsignation d'un j\r me fit pr\v] de t]reur4 ,j'essayai de la ca*]1 mais sans d\te ,feck5ham s'en ap]ut1 c> il se hta de pr(it] de mon tr\ble p\r m'(frir la vie si je v\lais *ang] de religion4 ,v\s voyez1 mon digne ami1 que ,dieu v9t mon sec\rs dans cet in/ant1 c> la ncessit de rep\ss] une (fre si indigne de moi1 me r5dit les =ces que j'avais p]dues4 ,le docteur ,feck5ham v\lut entr] dans des controv]ses que je rep\ssai en lui obs]vant que mes lumires tant ncessairem5t obscurcies p> la situation dans laquelle je me tr\vais2 je n'irais pas1 moi m\rante1 remettre en discussion les vrits dont j'avais t conva9cue lorsque mon esprit tait dans t\te sa =ce4 ,il essaya de m'effray] en me disant qu'il ne me rev]rait plus1 ni dans ce monde1 ni dans le ciel1 dont m'excluait ma croyance religieuse4--,v\s me caus]iez plus d'effroi que mes b\rreaux1 lui rpondis-je1 si je p\vais v\s croire2 mais la religion laquelle on immole sa vie1 e/ t\j\rs la vraie p\r notre cur4 ,les lumires de la raison sont bi5 vacillante dans des que/ions si hautes1 et je m'en ti5s au dogme du sacrifice1 c'e/ celui-l dont je ne puis d\t]4-- ,cet entreti5 avec le docteur ,feck5ham releva mon me abattue1 la ,provid5ce v5ait de m'accord] ce qu',a%am dsirait p\r moi1 une mort volontaire2 je ne me tuais pas1 mais je refusais de vivre1 et l'*afaud cons5ti p> ma volont1 ne me semblait plus que l'autel *oisi p> la victime4 ,r5onc] la vie qu'on ne p\rrait a*et] qu'au prix de sa consci5ce1 c'e/ le seul g5re de ,suicide qui soit p]mis l'homme v]tueux4 ,depuis que je croyais avoir fait mon devoir j'osais compt] sur mon c\rage1 mais bi5tt l'atta*em5t l'exi/5ce que je me suis quelquefois repro* dans les j\rs de ma flicit1 se rveilla dans mon faible cur4 ,a%am rev9t le l5dema9 et n\s allmes encore une fois sur les bords de cette ,tamise1 l'orgueil de notre belle contre2 j'essayai de repr5dre mes sujets habituels d'entreti51 je rcitai quelques passages des beaux *ants de l',iliade et de ,virgile1 que n\s avions tudis ensemble1 mais la posie s]t surt\t se pntr] d'un noble en?\siasme p\r l'exi/5ce1 le mlange sducteur des p5ses et des images1 de la nature et de l'me1 de l'h>monie du langage et des motions qu'il retrace1 n\s enivre de la puissance de s5tir et d'admir]2 et ce n'tait plus p\r moi que ces plaisirs tai5t faits6 je ram5ai l'entreti5 sur les crits plus svres des philosophes4 ,a%am considre ,platon comme une me prde/9e au *ri/ianisme1 mais lui-mme et la plup>t des anci5s sont trop fi]s des =ces intellectuelles de l'esprit huma92 ils j\iss5t tellem5t de la facult de p5s]1 que leurs dsirs ne se port5t po9t v]s une autre vie1 ils croi5t p\voir l'voqu] en eux-mmes p> l'n]gie de la contemplation3 jadis aussi je gtais les plus pures dlices en mditant sur le ciel1 le gnie et la nature4 ,a ce s\v5ir un regret ins5s de la vie s'emp>a de moi2 je me la reprs5tai s\s des c\leurs auprs desquelles le monde v5ir ne me p>aissait plus qu'une ab/raction sans *>mes4 ,quoi1 me disais-je1 l't]nelle dure des s5tim5s vaudra-t-elle cette succession de cra9te et d'espoir qui r5\velle si vivem5t les affections les plus t5dres8 ,la connaissance des secrets de l'univ]s gal]a-t-elle jamais l'attrait inexprimable du voile qui les c\vre8 ,la c]titude aura-t-elle le pre/ige dcevant du d\te8 ,l'clat de la vrit donn]a-t-il jamais autant de j\issances que sa re*]*e et sa dc\v]te8 ,la jeunesse1 l'espoir1 le s\v5ir1 l'habitude1 que s]ont-ils si le c\rs du temps e/ arrt8 ,enf91 l',etre suprme dans t\te sa spl5deur p\rra-t-,il faire sa crature un plus beau prs5t que l'am\r8 ,ces cra9tes tai5t impies1 je le confesse humblem5t devant v\s1 mon digne ami4 ,a%am qui dans notre entreti5 de la veille semblait mo9s religieux que moi1 reprit bi5tt t\t son avantage sur ma d\leur rebelle4--,v\s ne devez pas1 me dit-il1 v\s s]vir des bi5faits mmes p\r mettre en d\te la puissance du ,bi5faiteur3 cette vie que v\s regrettez1 qui l'a faite8 et si ses incompltes j\issances v\s sembl5t d'un tel prix1 p\rquoi les croyez-v\s irrp>ables8 ,c]tes1 notre imag9ation mme peut concevoir mieux que cette t]re1 mais qu& elle n'y p>vi5drait pas1 e/-ce n\s de considr] la ,div9it comme un pote qui ne saurait crer une seconde uvre plus belle que la premire8--,cette simple rflexion me fit r5tr] en moi-mme1 et je r\gis de l'g>em5t o m'avait plonge l'angoisse de la mort4 ,oh mon ami1 qu'il en cote p\r creus] cette p5se6 ,des abmes t\j\rs plus pr(onds s'entr\vr5t s\s ses abmes4 ,dans quatre j\rs je n'exi/]ai plus1 cet oiseau qui vole dans les airs me survivra1 j'ai mo9s d'av5ir que lui2 les objets inanims qui m'ent\r5t cons]v]ont leur =me1 et ri5 de moi ne subsi/]a sur la t]re1 que le s\v5ir de mes amis4 ,inconcevable my/re de l'esprit qui prvoit sa f9 ici-bas et ne peut la prv5ir4 ,la ma9 reti5t les rnes des c\rsi]s qui n\s conduis5t1 la p5se ne peut conqurir un in/ant sur la mort4 ,p>donnez ma faiblesse1 mon pre en religion1 v\s qui m'avez t5drem5t *rie2 n\s s]ons runis dans le ciel1 mais ent5drai-je encore cette voix si t\*ante qui m'annonait un ,dieu de bont8 mes yeux contempl]ont-ils vos traits vnrables8 ,oh ,guil=d1 mon p\x1 v\s dont la noble figure e/ sans cesse prs5te mon cur1 v\s retr\v]ai-je1 tel que v\s tes1 p>mi les anges dont v\s tiez l'image sur la t]re8 ,mais que dis-je8 ,mon me sans =ce ne sait s\hait] p>-del le tombeau que le ret\r de la vie actuelle6 7,jeudi7 ,mon p\x m'a fait dem&] de me voir auj\rd'hui p\r la d]nire fois4 ,j'ai refus cet in/ant dans lequel la joie et le dsespoir se confondrai5t de trop prs4 ,j'ai cra9t de n'tre plus rsigne2 v\s l'avez vu1 mon cur a trop d'atta*em5t au bonheur1 il n'y fallait pas retomb]4 ,mon pre1 m'appr\vez-v\s8 ce sacrifice n'a-t-il pas t\t expi8 je ne cra9s plus ma9t5ant que l'exi/5ce me soit encore *re4 7,le mat9 mme de l'excution7 ,oh mon pre1 je l'ai vu6 il m>*ait au supplice d'un pas aussi f]me que s'il et comm& ceux qui l'y conduisai5t4 ,guil=d a lev les yeux v]s ma prison1 puis il les a ports plus haut1 je l'ai compris3 il a cont9u sa r\te4 ,au dt\r du *em9 qui mne la place o la mort e/ prp>e p\r n\s deux1 il s'e/ arrt p\r me revoir encore2 ses d]ni]s reg>ds ont bni celle qui fut sa compagne sur le trne et sur l'*afaud4 7,une heure aprs7 ,on a port les re/es de ,guil=d s\s les f5tres de la t\r1 un l9ceul c\vrait son corps mutil1 trav]s ce l9ceul une image horrible s'e/ (f]te444 ,si le mme c\p ne m'tait pas rs]v1 quelle e/ la t]re qui p\rrait port] le poids de ma d\leur6 mon pre1 quoi j'ai pu regrett] si vivem5t le j\r6 ,oh sa9te mort1 don du ciel comme la vie1 c'e/ v\s qui ma9t5ant tes mon ange tutlaire1 c'e/ v\s qui me r5dez du calme4 ,mon s\v]a9 ,matre a dispos de moi1 mais puisqu'il me runit mon p\x1 il ne m'a ri5 dem& qui surpasst mes =ces1 et je remets sans cra9te mon me entre ses ma9s4