,trois ,eglises ,la ,symbolique de ,notre ,dame ,saint ,merry ,saint ,germain l',auxerrois par ,j4 ,k4 ,huysmans ,editions ,ren ,kieffer ,relieur d',art4 #ah ,rue ,sguier1 ,v,ie ,paris #aibj ,justification du ,tirage #bj ,exemplaires contenant trois tats des eaux-fortes et une aquarelle originale de l'illustrateur #gjj fr4 ,numrots de #a #aj #cj ,exemplaires contenant trois tats des eaux-fortes #eej fr4 ,numrots de #ba #ej #bj ,exemplaires contenant deux tats des eaux-fortes dont celui avec remarque #djj fr4 ,numrots de #ea #gj #ahj ,exemplaires contenant un tat des eaux-fortes #cjj fr4 ,numrots de #ga #bej ,il a t tir en outre ,,dix ,exemplaires sur ,japon ancien la forme contenant3 #a ,une aquarelle originale1 #b ,tous les tats du graveur pour chaque planche1 #c ,une suite en couleurs tire sous la direction de ,charles ,jouas d'aprs ses originaux1 #aejj francs4 ,j4-,k4 ,huysmans ,trois ,eglises ,eaux-fortes originales de ,ch4 ,jouas ,editions ,ren ,kieffer ,relieur d',art1 #ah1 ,rue ,sguier ,paris #aibj ,illustration ,la ,symbolique de ,notre-,dame de ,paris ,c'est ,victor ,hugo1 ,montalembert1 ,viollet-le-,duc1 ,didron1 que nous devons le rveil de louanges dont se pare maintenant l'art gothique1 si mpris par le dix-septime et le dix-huitime sicles1 en ,france4 ,a leur suite1 les chartistes s'en sont mls et ont parfois exhum des layettes d'archives1 des actes de naissance portant le nom des matres de la pierre vivel qui btirent les cathdrales2 les recherches continuent dans les cimetires paperasses des provinces2 quel est1 l'heure actuelle1 le rsultat de ce mouvement que dtermina le ,romantisme8 ,celui-ci3 tous les architectes1 tous les archologues1 depuis ,viollet-le-,duc jusqu' ,quicherat1 n'ont vu dans la basilique ogivale qu'un corps de pierre dont ils ont expliqu contradictoirement les origines et dcrit plus ou moins ingnieusement les organes4 ,ils ont surtout not le travail apparent des ges1 les changements apports d'un sicle un autre2 ils ont t la fois physiologistes et historiens1 mais ils ont abouti ce que l'on pourrait nommer le matrialisme des monuments4 ,ils n'ont vu que la coque et l'corce2 ils se sont obnubils devant le corps et ils ont oubli l'me4 ,et pourtant l'me des cathdrales existe2 l'tude de la symbolique le prouve4 ,la symbolique1 qui est la science d'employer une figure ou une image comme signe d'une autre chose1 a t la grande ide du moyen ge1 et1 sans elle1 rien de ces poques lointaines ne s'explique4 ,sachant trs bien qu'ici-bas tout est figur1 que les tres et que les objets visibles sont1 suivant l'expression de ,saint ,denys l',aropagite1 les images lumineuses des invisibles1 l'art du moyen ge s'assigna le but d'exprimer des sentiments et des penses avec les formes matrielles1 varies1 de la vitre et de la pierre et il cra un alphabet son usage4 ,une statue1 une peinture1 purent tre un mot et des groupes1 des alinas et des phrases2 la difficult est de les lire1 mais le grimoire se dchiffre4 ,des livres tels que le ,miroir du ,monde de ,vincent de ,beauvais1 le ,speculum ,ecclesi d',honorius d',autun1 si bien mis en valeur par ,m4 ,male1 le ,spicilge de ,solesmes1 les apocryphes1 la ,lgende dore1 nous donnent la clef des nigmes4 ,l'on comprendra cette importance attribue la symbolique1 par le clerg1 par les moines1 par les imagiers1 par le peuple mme au treizime sicle1 si l'on tient compte de ce fait que la symbolique provient d'une source divine1 qu'elle est la langue parle par ,dieu mme4 ,elle a1 en effet1 jailli comme un arbre touffu du sol mme de la ,bible4 ,le tronc est la ,symbolique des ,ecritures1 les branches sont les allgories de l'architecture1 des couleurs1 des pierreries1 de la flore et de la faune1 les hiroglyphes des ,nombres4 ,si ces diverses branches peuvent donner lieu des interprtations plus ou moins sres1 il n'en est pas de mme de la partie essentielle de la ,symbolique des ,ecritures1 qui1 elle1 est claire et tenue pour exacte par tous les temps4 ,qui ne sait1 en effet1 nous dclare ,saint ,grgoire le ,grand1 que l',ancien ,testament est la prophtie du ,nouveau et le ,nouveau la manifestation de l',ancien1 que1 par consquent1 la religion ,mosaque contient en emblmes ce que la religion catholique nous divulgue en ralit8 ,l'histoire sainte est une somme d'images2 tout arrivait aux ,hbreux en figures affirme saint ,paul2 le ,christ l'a rappel maintes fois ses disciples et lui-mme s'est presque toujours servi1 lorsqu'il haranguait les foules1 de paraboles ou1 si l'on aime mieux1 de rcits allgoriques qui lui permettaient1 en montrant une chose1 d'en dvoiler une autre4 ,il n'est donc point surprenant que le moyen ge ait suivi la tradition que lui avaient1 aprs les enseignements du ,messie1 transmise les ,pres de l',eglise et appliqu la maison du ,seigneur leurs procds4 ,illustration ,cela dit1 nous devons ajouter qu'en sus de cette prcaution d'enclore1 dans une cathdrale1 les vrits du dogme1 sous les apparences des contours et les espces des signes1 le moyen ge a voulu traduire1 en des lignes sculptes ou peintes1 les ,lgendaires et les vangiles apocryphes1 tre en mme temps aussi qu'un cours d'hagiographie et de pieux fabliaux1 un sermonaire narrant au peuple le combat des vertus et des vices1 lui prchant la sobrit1 le travail1 la ncessit voque par la parabole des vierges sages et des vierges folles1 d'tre toujours prt paratre devant ,dieu1 le menant1 peu peu1 tout en l'exhortant le long de la route1 jusqu'au jour de la mort qu'il lui dcouvrait brutalement1 ds l'entre mme de la basilique1 dans les tableaux du ,jugement dernier et du psement des mes4 ,la cathdrale tait donc un ensemble1 une synthse2 elle embrassait tout2 elle tait une bible1 un catchisme1 une classe de morale1 un cours d'histoire et elle remplaait le texte par l'image pour les ignorants4 ,nous voici loin1 avec ces donnes1 de l'archologie1 de cette pauvre science de l'anatomie des difices6 ,voyons maintenant1 en usant de la doctrine des symboles1 ce qu'est ,notre-,dame de ,paris1 quel est le sens de ses divers organes1 quelles paroles elle profre1 quelles ides elle dcle4 ,ses conceptions et son langage ne diffrent pas de ceux de ses grandes surs de ,chartres1 d',amiens1 de ,strasbourg1 de ,bourges1 de ,reims4 ,tout au plus cache-t-elle une arrire-pense qui sent un tantinet le fagot et que j'expliquerai plus loin2--nous pouvons donc1 pour elle comme pour les autres1 l'tudier1 en lui appliquant les thories gnrales du symbolisme4 ,occupons-nous d'abord de l'intrieur4 ,durand1 vque de ,mende1 qui vcut au treizime sicle1 c'est--dire l'poque mme o fut construite ,notre-,dame1 nous enseigne que ses tours reprsentent les prdicateurs1 et cette assertion se confirme par la signification assigne aux cloches qui rappellent aux chrtiens1 avec leurs prdications ariennes1 les vertus qu'il leur faut pratiquer1 s'ils veulent parvenir aux sommets des tours1 images de la perfection que cherchent atteindre1 en s'levant1 les mes4 ,suivant une autre exgse formule1 dans le ,spicilge de ,solesmes1 par ,pierre de ,mora1 vque de ,capoue1 les tours reprsenteraient surtout la ,vierge ,marie et l',eglise1 veillant sur le salut de la ville qui s'tend sous elles4 ,le toit est l'emblme de la charit2 les tuiles destines abriter le temple des pluies1 sont les soldats qui protgent l',eglise contre les entreprises des paens2 les pierres des murailles1 soudes entre elles1 certifient1 d'aprs saint ,nil1 l'union des mes1 et suivant ,hugues de ,saint-,victor1 le mlange des laques et des clercs qui constituent la socit chrtienne1 qui sont1 dit-il1 les deux flancs d'un mme corps4 ,et ces pierres1 lies par le ciment qu',yves de ,chartres assimile la charit1 forment les quatre grands murs de la basilique1 les quatre ,evanglistes1 selon le ,tractatus super aedificium de ,prudence de ,troyes1 et selon la traduction d'autres crivains1 les quatre vertus principales3 la ,justice1 la ,force1 la ,prudence1 la ,temprance4 ,les fentres sont les emblmes de nos sens qui doivent tre ferms aux vanits de ce monde et ouverts aux dons du ciel2 elles sont garnies de vitres1 laissant passer les rayons du soleil1 du ,soleil de ,justice qui est ,dieu2 elles sont encore1 d'aprs la thorie d',hugues de ,saint-,victor1 les ,ecritures qui clairent mais repoussent le vent1 la neige1 la pluie1 similitudes des hrsies que le ,pre de la division et du mensonge forme4 ,notre-,dame a trois portails1 en l'honneur de la ,trinit sainte2 et celui du milieu1 dnomm portail royal1 est divis par un pilier sur lequel repose une statue du ,christ qui a dit de lui-mme dans l',evangile de saint ,jean3 ,ego sum ostium4 ,tranche de cette faon1 la porte signifie les deux voies que l'homme est libre de suivre4 ,et cette allgorie est complte par l'image du ,jugement dernier qui se droule sur le tympan du porche1 avisant le pcheur du sort qui l'attend1 suivant qu'il s'engagera dans l'une ou l'autre de ces deux routes4 ,illustration ,pour rsumer en quelques lignes ces donnes1 nous pouvons dire que l'me chrtienne1 partie du sol1 du bas des tours1 avec la foi dans les vrits primordiales de la religion1 stipules par les groupes des trois porches3 la ,trinit1 que le nombre mme de ces entres avre1 la croyance en la ,divinit du ,fils et la ,maternit divine de la ,vierge1 raconte par les statues et les figures1 s'lve peu peu1 en pratiquant les vertus dsignes par les grands murs1 jusqu'au toit1 symbole de la ,charit qui couvre une multitude de pchs1 qui est la vertu par excellence1 selon saint ,paul4 ,il ne lui reste plus ds lors1 pour atteindre le ,seigneur et se fondre en ,lui1 qu' gravir les tours dont les sommets reprsentent les cimes de la vie parfaite4 ,et cet abrg de la thologie mystique que la faade de ,notre-,dame nous enseigne1 nous le retrouvons1 condens en d'autres termes1 exprim par d'autres mots1 dans son intrieur1 par l'ensemble de la nef1 du transept et du chur1 ces trois degrs de l'ascse1 la vie purgative1 nonce par les tnbres de l'entre1 loin de l'autel2 la vie contemplative qui s'claire en avanant vers le chur2 la vie unitive qui ne se ralise que dans la partie attribue ,dieu1 l o convergent les feux allums par le soleil de ,justice1 dans les vitraux des roses4 ,la forme intrieure de ,notre-,dame est1 de mme que celle de la plupart des grandes basiliques1 cruciale4 ,et ainsi que nous l'apprend dans son ,de ,divinis officiis le bndictin ,rupert1 abb1 au douzime sicle1 du monastre de ,deutz1 si les dimensions de la croix sont en profondeur1 en longueur1 en largeur et en hauteur1 il en est de mme de l'glise qui reproduit son image--et la profondeur notifie la foi--la longueur1 la persvrance--la largeur1 la charit--la hauteur1 l'espoir de la rcompense future4 ,si nous passons maintenant aux dtails de l'ensemble1 nous trouvons que la vote est1 d'aprs l'exgse de l'anonyme du ,psalterium glossatum du onzime sicle1 l'image de la vie cleste1 que les piliers sont les aptres1 qu'au dire de ,durand de ,mende1 les colonnes que1 de son ct1 ,petrus ,cantor assimile1 cause de leur force1 au ,christ1 sont les ,evques et les ,docteurs qui soutiennent l'glise par leur doctrine2 que le pav stipule l'humilit et qu'il figure aussi1 parce qu'il est foul aux pieds1 les labeurs mis au service de la ,foi1 des fidles2 que le jub1 supprim presque partout et remplac par le coquetier1 plus ou moins lgant1 de la chaire prcher1 est l'emblme de la montagne du haut de laquelle parlait le ,fils4 ,le chur et le sanctuaire symbolisent le ciel1 tandis que la nef simule la terre et comme l'on ne peut s'lever de la terre jusqu'au ciel que par les souffrances rdemptrices de la croix1 l'on rigeait jadis1 au sommet de l'arcade grandiose qui runit la nef au chur1 un crucifix colossal4 ,l'ignorance des architectes et des curs a depuis longtemps fait disparatre cette croix gigantesque de ,notre-,dame4 ,le signe marquant la division des deux mondes ne subsiste plus maintenant dans cette glise que grce la grille qui entoure le chur et limite les deux zones1 celle de ,dieu et celle des hommes1 dit saint ,grgoire de ,nazianze1 dans un pome cit par l'abb ,thiers4 ,de son ct1 l'abside1 qui s'arrondit derrire le sanctuaire et affecte dans la plupart des cathdrales la forme d'un demi-cercle1 rappelle la couronne d'pines sur laquelle s'appuya1 lorsqu'elle fut sur le gibet1 la tte ensanglante du ,christ4 ,dans la majeure partie des temples1 la chapelle du fond est ddie la ,vierge1 afin d'attester1 par cette position mme qu'elle occupe1 que ,marie est le dernier refuge des pcheurs1 mais1 ici1 o tout l'difice lui est vou1 elle n'a pas de chapelle spciale la fin du chevet et l'espace qui ne lui est pas consacr est tenu par un oratoire o l'on garde les rserves du ,saint-,sacrement4 ,si l'abside1 situe derrire le matre-autel1 signifie le douloureux diadme qui ceignit le chef vivant du ,christ1 l'autel mme est sa tte1 comme les bras tendus du transept sont ses bras1 comme les portes ouvertes au bout des deux alles de ce transept sont les plaies de ses mains1 comme les portes du grand porche d'entre sont les blessures de ses pieds percs de clous4 ,enfin si l'on se place dans la nef de ,notre-,dame l'on peut remarquer que l'axe du chur incline lgrement sur la gauche4 ,illustration ,cette inflexion1 nous la retrouvons presque partout1 ,saint-,ouen et la cathdrale de ,rouen1 ,saint-,jean de ,poitiers1 ,notre-,dame de ,chartres et de ,reims1 ,saint-,gatien de ,tours1 ,saint-,germain-des-,prs1 ,paris1 ,saint-,nicolas-du-,port1 prs de ,nancy1 dans presque toutes les grandes basiliques du moyen ge4 ,la rptition constante de cet artifice est donc voulue et elle a sa raison d'tre4 ,or1 jusqu' prsent1 il tait admis que cette dviation de l'axe du chur tait une allusion l'attitude de ,jsus expirant sur le bois du supplice2 c'tait la traduction1 en langue architecturale1 du passage de l',evangile selon ,saint-,jean3 ,et inclinato capite1 tradidit spiritum4 ,mais l',ecole des ,chartes1 qui est devenue1 depuis la mort de ,lon ,gautier et de ,lecoy de ,la ,marche1 une sorte d'officine de ,juivophiles et de protestants1 dont le but semble tre de dprcier le moyen ge que ses professeurs de jadis exaltrent1 a tout chang4 ,a l'heure actuelle la symbolique est relgue par elle dans les rancarts et l'on y enseigne le matrialisme archologique dans ce qu'il a de plus bas4 ,une brochure intitule ,la dviation de l'axe des glises est-elle symbolique8 et qui a pour auteur ,m4 de ,lasteyrie1 membre de l',institut et l'un des podestats de l',ecole1 est1 ce point de vue1 typique4 ,m4 de ,lasteyrie rpond par la ngative sa question1 dclare qu'il n'a dcouvert aucun texte du moyen ge relatif ce sujet et il ajoute aussitt3 ,si jamais le hasard en faisait sortir quelqu'un des arcanes de nos bibliothques1 je ne crois pas qu'on dt y prter grande attention1 car il serait assez isol pour qu'on pt hardiment en contester la valeur4 ,voil qui est simple4 ,cette faon de prendre les devants pour nier l'importance de tout document qui rduirait sa thse nant est pour le moins ingnue2 elle est1 dans tous les cas1 prudente4 ,mais en mme temps qu'il nous atteste que l'inclinaison du chevet des cathdrales n'est pas intentionnelle et n'a t inspire par aucun dessein mystique1 il tente de nous fournir les raisons de cette constante anomalie des axes et de nous expliquer les causes pour lesquelles les architectes des basiliques du moyen ge la commirent4 ,et c'est alors que ce vtran de la paperasse nous exhibe des arguments dont l'extraordinaire indigence dsaronne4 ,aprs avoir racont ce que nous savons dj--que les cathdrales ont t bties par tapes successives et non d'un seul jet--trs srieusement1 il nous dit3 ,il en rsulte que les architectes qui prsidaient la suite des travaux avaient raccorder les maonneries nouvelles avec les parties antrieurement construites et c'tait l un problme dont on comprendra toute la difficult1 si l'on songe que la clbration du culte dans une partie de l'glise obligeait lever1 entre cette partie et le chantier o se poursuivaient les travaux1 des cloisons ou des murs qui interceptaient compltement la vue4 ,or les gens du moyen ge1 ne connaissant aucun des instruments qui permettent aux modernes de se reprer avec prcision et de raccorder1 malgr tous les obstacles1 les lignes les plus compliques1 prouvaient le plus grand embarras pour prendre leurs repres et une erreur minime avait pour consquence une dviation trs marque dans les alignements4 ,et ce n'est pas plus malin que cela6 ,les permanentes irrgularits des cathdrales tiennent simplement ceci que les architectes du moyen ge ne savaient pas leur mtier et n'taient pas pourvus d'instruments modernes4 ,un tablier de bois tendu entre la partie construite et celle construire suffisait pour leur faire perdre la tte et tous se trompaient1 aucun dans ses calculs ne tombait juste4 ,evidemment les tire-lignes qui ont bti1 au dix-neuvime sicle1 ,saint-,franois-,xavier1 ,notre-,dame-des-,champs et ,saint-,pierre de ,montrouge taient fort suprieurs1 comme science1 aux pauvres architectes qui ont difi les cathdrales de ,chartres1 de ,reims1 de ,paris1 car eux1 n'ont pas commis d'inadvertances2 ils ont respect les rgles intangibles du cordeau1 ils n'ont pas fait pencher le chur de leurs glises6 ,telles sont les leons d'orthopdie monumentale qui se dbitent maintenant l'cole des ,chartes4 ,illustration ,mais laissons ces pdantesques balivernes et revenons ,notre-,dame de ,paris4 ,elle n'est1 pour la rcapituler1 qu'une des pages du grand livre de pierre crit au treizime sicle sur notre sol et elle ne fait qu'enseigner dans l',ile de ,france le mme cours de thologie mystique qu'enseignent en mme temps1 dans la ,beauce1 dans la ,picardie1 dans la ,champagne1 ses surs de ,chartres1 d',amiens1 de ,reims1 en nous bornant en citer trois2 elle se sert du mme idiome qu'elles et cette unanimit de doctrine et d'expression se comprend si l'on considre que les artistes n'ont jamais t1 cette poque1 que les interprtes de la pense de l',eglise4 ,ainsi que le fait justement remarquer ,m4 ,male1 dans son substantiel volume sur ,l',art religieux au treizime sicle1 ds #ghg1 les ,pres du second concile de ,nice dclaraient que la composition des images n'tait pas laisse l'initiative des artistes2 elle relevait des principes poss par l',eglise et la tradition religieuse et les ,pres ajoutent encore3 l'art seul appartient aux artistes1 l'ordonnance et la disposition nous appartiennent4 ,il y eut donc immuabilit de thorie et de langue et les matres maons et les imagiers n'eurent qu' se conformer aux rgles de la symbolique que leur indiquaient les moines ou les prtres4 ,mais ce dialecte hermtique1 clair pour ceux qui l'entendaient1 tait-il compris du peuple8 ,nous pouvons le croire1 d'aprs les quelques renseignements que nous possdons4 ,yves de ,chartres1 dans son ,de ,sacramentis ecclesiasticis sermones1 nous affirme1 en effet1 que le clerg apprenait la science des symboles au peuple et il rsulte galement des recherches de ,dom ,pitra1 qu'au moyen ge1 l'uvre du pseudo-,mliton1 vque de ,sardes1 qui contient une clef des allgories employes par l',eglise1 tait populaire et connue de tous4 ,cette symbolique officielle1 si l'on peut dire1 tait donc accessible tous les croyants1 mais il en est une autre qui figure1 ,notre-,dame de ,paris1 une symbolique occulte1 comprhensible seulement pour quelques initis2 celle-l drive de ce que l'on nomme les sciences maudites1 trs pratiques au moyen ge4 ,a-t-elle t insre1 l'insu du clerg qui n'y vit goutte1 sur certaines parties de la faade1 ou les formules en furent-elles dictes aux imagiers par un prtre adepte de l'astrologie et de l'alchimie8 ,on ne le saura jamais2 ce qui semble le plus probable1 c'est que les dresseurs de thmes gnthliaques et les souffleurs de cornues ont cru dcouvrir1 aprs coup1 dans des sujets purement religieux1 des intentions qui n'y taient pas4 ,toujours est-il que ,notre-,dame de ,paris est peut-tre une des seules cathdrales en ,france o de semblables secrets auraient t cachs sous le voile apparent des ,ecritures4 ,deux des portails de la faade1 le portail royal1 celui du milieu et celui de ,sainte-,anne et de ,saint-,marcel qui longe le quai1 sont ceux devant lesquels se sont runis1 au moyen ge et depuis1 les adeptes de l'astrologie et les philosophes de la chrysope4 ,au portail royal1 quatre figures sont censes reprsenter les symboles de la pierre philosophale2 elles sont contenues dans quatre mdaillons qui se font vis--vis1 deux par deux et qui sont encastrs1 non dans le portail mme1 mais dans les contreforts4 ,ils sont l1 taille d'homme1 trs en vidence1 spars de tout l'ensemble dcoratif de la porte4 ,ils reprsentent3 gauche1 le premier1 en partant du haut1 ,job1 sur son fumier rong par des vers que l'on voit et entour d'amis2 le second1 un personnage tt et manchot qui traverse1 appuy sur un bton ou sur une lance1 un torrent4 ,dans sa monographie de la cathdrale de ,paris1 ,m4 de ,guilhermy dclare qu'il est impossible d'identifier cette figure4 ,il est1 en effet1 difficile de savoir de quel nom ce bonhomme s'appelle4 ,il a l'attitude de saint ,christophe1 franchissant1 appuy sur son bton1 une rivire1 et l'arc et les flches que l'on aperoit ses pieds seraient bien ses attributs1 car il fut1 avant que d'tre dcapit1 tu coups de flches et devint mme1 cause de ce genre de supplice1 le patron des arbaltriers2 mais la place en haut du mdaillon1 pour y loger l',enfant ,jsus sur ses paules1 manque et d'ailleurs nul indice n'existe d'une statuette brise1 prs du dos et de la tte du ,saint4 ,ce n'est donc point le ,christophore1 et ce passant garde jusqu' nouvel ordre l'anonymat4 ,illustration ,de l'autre ct1 maintenant1 droite1 en partant toujours du haut1 nous trouvons ,abraham prt sacrifier son fils et dont un ange arrte le bras1 lequel bras a disparu1 ainsi qu',isaac tout entier et une bonne partie de l'ange2 enfin1 prs d'une tour1 un guerrier casqu et vtu d'une cotte d'armes1 protg par un bouclier1 qui lance contre le soleil un javelot4 ,celui-l serait ,nemrod qui1 d'aprs une ancienne tradition1 serait mont sur une tour pour livrer bataille au ciel et ses habitants4 ,si nous nous plaons au point de vue de la symbolique chrtienne1 ces bas-reliefs ne suscitent aucune difficult d'interprtation2 les sujets1 sauf celui du faux saint ,christophe1 sont clairs1 et les enseignements lucides2 mais1 il faut bien l'avouer1 ils sont trangement mis part2 ils ne dclent aucun sens dans l'ensemble sculpt du portail2 ils constituent1 en somme1 des phrases isoles1 sans rapports entre elles4 ,si nous acceptons le point de vue de la symbolique spagyrique1 nous pouvons reconnatre1 avec le vieil hermtiste ,gobineau de ,montluisant1 que ,job est une personnification de la pierre des philosophes qui passe par les preuves avant que d'atteindre son degr de perfection2 qu',abraham est l'alchimiste1 le souffleur2 ,isaac1 la matire jeter dans le creuset2 l'ange1 le feu ncessaire pour oprer la transmutation de la matire en or4 ,restent le pseudo-,christophe et le ,nemrod1 mais les grimoires de l'alchimie ne nous renseignent gure sur le sens prcis de ces figures4 ,d'autre part1 les astrologues qui dsignent1 de temps immmorial1 ce portail sous le nom de porche de l'astrologie1 ont toujours vu1 dans les tableaux qu'il reprsente1 une effigie de la ,vierge astronomique et dans le ,christ1 accompagn de ses aptres1 l'image du soleil qui monte l'horizon1 entour des signes du zodiaque4 ,que cette opinion soit fonde ou non1 il faut avouer qu'elle a eu raison de se produire1 car c'est elle que nous devons d'avoir conserv une partie du porche4 ,et1 en effet1 en aot #agic1 la commune avait dcrt la destruction de tous ces simulacres de la vieille superstition religieuse2 et ce fut le citoyen ,chaumette qui rclama en faveur de la science1 dclarant que ce dcor constituait un cours d'astronomie et avait servi ,dupuis pour tablir son systme plantaire--et le portail fut sauv4 ,ce portail royal tait et est donc encore revendiqu par les partisans de l'astrologie et les hermtistes4--,la porte voisine1 celle de ,sainte-,anne et de ,saint-,marcel1 l'tait et l'est encore par les alchimistes4 ,a les entendre1 le rcepte1 le secret de la sublime pierre des sages est inscrit sous la statue qui se dresse sur le trumeau1 tranchant en deux la baie4 ,cette statue1--qui n'est qu'une reproduction1 car l'original est plac dans la salle des ,thermes1 au ,muse de ,cluny--portraiture un vque1 debout1 mitr et cross1 bnissant d'une main ses visiteurs et foulant aux pieds un dragon sorti d'une sorte de chapelle funraire o une femme morte est assise dans un linceul envelopp de flammes4 ,la lecture de cette scne est trs simple4 ,il suffit d'ouvrir les ,bollandistes4 ,la lgende de saint ,marcel1 neuvime vque de ,paris1 raconte1 en effet1 que ce saint dlivra la ville d'un horrible dragon qui avait tabli son gte dans le cercueil d'une femme adultre1 dcde1 sans avoir eu le temps de se repentir et sans avoir reu les sacrements2 le saint frappa de sa crosse le monstre1 lui entoura le cou de son tole1 l'emmena quelques lieues de ,paris1 dans un dsert1 et l1 lui intima l'ordre1 auquel d'ailleurs il obit1 de ne jamais plus retourner dans la ville4 ,ajoutons ce dtail1 qu'aux processions des ,rogations1 le clerg de ,notre-,dame faisait autrefois porter1 en souvenir de ce miracle1 un grand dragon d'osier dans la gueule ouverte duquel le peuple jetait des gteaux et des fruits4 ,cette coutume1 qui remontait au moyen ge1 a pris fin en #agcj4 ,telle est la version de l',eglise2 autre est celle des alchimistes4 ,dans son cours de philosophie hermtique1 ,cambriel explique ainsi cette figure3 ,illustration ,sous les pieds de l'vque1 sur le socle mme de sa statue1 de chaque ct1 deux ronds de pierre sont sculpts4 ,les ronds de droite seraient les simulacres de la nature mtallique brute1 telle qu'on l'extrait de la mine1 les ronds de gauche1 ngligs comme les premiers par la symbolique chrtienne1 seraient la mme nature mtallique mais purifie2 et celle-l se rapporterait la figure humaine1 assise1 dans la chapelle spulcrale1 et qui a pris naissance dans le feu dont son linceul s'entoure4 ,de cette fournaise tombale qui serait l'uf philosophique1 insr dans l'athanor1 le dragon1 n son tour de la figure humaine1 serait1 en s'levant hors du fourneau1 en plein air1 sous les pieds du saint1 le dragon babylonien dont parle ,nicolas ,flamel1 autrement dit1 le mercure philosophal1 le lion vert1 le lait de la vierge1 la substance mme qui change par une projection le plomb en or4 ,dans cette interprtation1 saint ,marcel ne nous bnirait plus1 mais il ferait un geste de circonspection1 qui signifierait3 taisez-vous1 gardez le secret si vous l'avez compris4 ,si bizarre qu'elle paraisse1 cette glose se conoit pourtant1 car les prparateurs du grand uvre peuvent se placer sous le patronage de ce saint qui a1 en effet1 opr plusieurs transmutations4 ,une fois1 alors qu'il n'tait encore que sous-diacre et qu'il servait la messe de l'vque ,prudence1 il transmua en un vin qui manquait1 l'eau qu'il venait de puiser la ,seine2 une autre fois aussi1 il changea cette mme eau en une liqueur parfume comme le saint chrme4 ,le choix que les alchimistes firent de cet ,elu pour lui attribuer la possession du fameux secret pourrait donc jusqu' un certain point se justifier2 cependant1 il convient d'observer que le patron officiel des spagyriques au moyen ge1 ne fut pas saint ,marcel1 mais bien saint ,jean l',evangliste1 soit parce qu'une trs ancienne lgende nous le montre savant dans l'art de traiter les minerais de fer2 soit parce que deux vers1 pris en un sens perdument littral#a1 de la squence tisse en son honneur par ,adam de ,saint-,victor1 nous le reprsentent fabriquant avec du bois de l'or et avec des cailloux des gemmes4 #a ,qui de virgis fecit aurum1 ,gemmas de lapidibus4 ,que ces explications puissent sembler errones1 c'est bien possible1 mais qu'importe6 ,que plus fabuleuse encore nous apparaisse cette autre lgende relatant qu'un scrupule de la pierre des sages a t cach par l'vque ,guillaume de ,paris dans l'un des piliers du chur que l'on reconnatra si l'on suit la direction de l'il d'un corbeau qui le regarde1 sculpt sur l'un des porches1 il ne nous en chaut pas davantage2 ce qu'il sied simplement de retenir1 c'est que1 plus que ses congnres1 ,notre-,dame de ,paris est mystrieuse1 plus experte peut-tre mais moins pure1 car elle est la fois catholique et occulte et elle greffe sur la symbolique chrtienne les rceptes de la ,kabbale4 ,en tous cas1 ces discussions ne prouvent-elles pas que1 sauf de nos jours1 cette basilique fut toujours envisage telle qu'un trait de symbolisme1 s'exprimant mots couverts1 parlant1 l'exemple du ,christ1 en paraboles8 ,les archologues1 les architectes l'ont dissque1 ainsi que l'on dissquerait un cadavre2 c'est trs bien1 l'anatomie de son corps est dsormais connue2 les romanciers1 comme ,victor ,hugo1 ont cr d'aprs elle un dcor plus ou moins vridique pour y loger des personnages imagins de toutes pices1 et cependant le pote a t le seul1 alors1 qui ait eu une vague intuition de la symbolique du moyen ge1 lorsqu'il a crit sa comparaison fantaisiste de la faade royale1 troue d'une grande fentre flanque de deux petites1 ainsi que le prtre est flanqu1 pendant la messe1 du diacre et du sous-diacre1 l'autel4 ,il reste dsormais dcrire1 autrement qu'en un rapide abrg1 ses atres spirituels1 sa vie intrieure1 son me1 en un mot4 ,la vraie monographie de notre cathdrale serait celle-l2 mais le positivisme architectural ne fait que s'accrotre1 et1 malheureusement1 le clerg s'loigne de plus en plus de questions qu'il aurait pourtant intrt ne pas ddaigner4 ,saint-,germain-l',auxerrois ,illustration ,elle fut ronde comme le temple du ,saint-,spulcre ,jrusalem et ceinte de fosss que remplirent de leurs cadavres les ,normands qui l'assigrent1 l'glise que fonda1 au sixime sicle1 ,paris1 saint ,landry1 sous le vocable de saint ,germain d',auxerre4 ,celle-l fut l'aeule4 ,cent ans aprs sa naissance1 elle tombait de vtust2 le roi ,robert la jeta bas et en reconstruisit une autre sa place2 celle-l fut la mre4 ,elle devint1 son tour1 caduque et1 au treizime sicle1 sur ses ruines1 naquit l'glise de ,saint-,germain-l',auxerrois4 ,celle-l1 c'est la fille2 elle vit encore4 ,son enfance fut trouble2 elle grandit rapidement d'abord1 puis1 sa croissance s'arrta pendant une centaine d'annes et ne reprit qu'aprs4 ,le portail et le chur taient achevs la fin du treizime sicle4 ,le quinzime rigea le porche1 la nef1 les collatraux du chur et le transept2 le seizime rdifia les chapelles1 changea les dispositions du chevet1 dressa le portail qui s'ouvre gauche de l'abside sur la rue de l',arbre-,sec1 droula devant l'autel un magnifique jub1 bti par ,pierre ,lescot et sculpt par ,jean ,goujon2 et l'glise1 parvenue sa pleine maturit1 s'atteste1 grce au voisinage de la ,cour1 la plus fastueuse et la plus frquente de ,paris4 ,vint le dix-septime sicle qui1 mprisant son allure gothique1 omit de la dnaturer2 mais1 moins ddaigneux1 le dix-huitime sicle1 qui la jugeait de forme dsute1 rsolut de la rajeunir4 ,en #aged1 le cur et les marguilliers commencrent par faire dmolir le jub1 mais cette destruction ne modifiait pas la mine reste1 pour eux1 barbare1 de la nef1 et ils recoururent un nomm ,bacarit1 architecte des curies du ,roi1 en le priant de la civiliser4 ,il apprta un plan1 et le soumit l',acadmie des ,beaux-,arts qui1 dans un lan d'enthousiasme1 s'cria que cet habile homme savait marier1 de la manire la plus heureuse1 le genre moderne avec le gothique de l'glise qu'il avait dcorer4 ,et l'effrayante ganache se mit l'uvre4 ,ne pouvant1 son grand regret1 faute d'argent1 tout saccager1 il dut se borner canneler les colonnes du chur1 remplacer la flore symbolique des chapiteaux par d'insignifiantes guirlandes de feuillages et de fleurs1 enfin altrer les contours des croises qu'il dbarrassa de leurs magnifiques vitraux pour les habiller d'une claire vitraille qui fit se pmer tous les chanoines d'aise4 ,et ,saint-,germain n'en continua pas moins d'tre gothique4 ,bacarit ne parvint pas transmuer la douce orante du moyen ge en une ,manon plus ou moins pieuse2 les traits reparaissaient sous le grimage2 ne pouvant obtenir mieux il songea esquinter l'extrieur et il abattit la flche et ses quatre clochetons et installa sur le tronon demeur du ft1 une balustrade de pierre qui donna au sommet de la tour l'engageant aspect d'un balcon2 puis1 aprs un tel labeur1 il se reposa et s'teignit sans doute1 charg d'ans et de gloire1 dans la paix du ,seigneur1 qu'il avait1 avec des travaux de ce genre1 si fidlement servi4 ,illustration ,dbarrass de son bourreau1 ,saint-,germain-l',auxerrois vivait placidement quand la ,rvolution surgit4 ,alors ce fut autre chose4 ,on ne l'affubla plus de travestis plus ou moins disparates1 mais on la dnuda4 ,ce fut le pillage2 ce aprs quoi le sanctuaire fut ferm2 l'on installa dans ses dpendances une mairie et l'on usa de sa nef comme d'un hangar pour y gonfler des ballons4 ,il semblait que la srie des dprdations ft close lorsque s'effondra le rgime des ,jacobins2 mais ,napolon1 qui se mlait de tout1 s'occupa de ce malchanceux difice et projeta tout simplement de le raser4 ,heureusement qu'il n'eut pas le temps d'excuter ce dessein et1 en #ahcg1 l'glise1 rouverte1 fut rconcilie par ,monseigneur de ,qulen1 archevque de ,paris1 et l'on s'effora ds lors1 sous prtexte de panser ses blessures1 de les ranimer4 ,on la para1 en effet1 de flasques peintures et de redoutables vitres2 mais si dforme1 si rpare qu'elle puisse tre1 elle est encore charmante2 son intrieur est un des plus intimes1 des plus vraiment religieux qui soient ,paris et son extrieur demeure un rgal d'art4 ,le portail du treizime sicle est encore debout1 avec sa baie mdiane date de ce temps et les deux autres du quinzime sicle2 quant aux sculptures reprsentant1 ainsi que sur presque toutes les faades des cathdrales1 le ,jugement dernier1 le psement des mes1 le sein d',abraham1 l'enfer des dmons1 avec l'pisode habituel des vierges sages et des vierges folles1 elles ont disparu ou ne subsistent plus qu' l'tat d'paves et de rudiments2 mais six grandes statues1 ranges dans les brasures de la porte du milieu1 ont t refaites et repeintes2 gauche1 en entrant1 saint ,vincent1 diacre et martyr1 un livre la main2 puis un roi barbu portant un sceptre1 et une reine que de ,guilhermy croit tre ,childebert et ,ultrogothe1 sa femme2 droite1 saint ,germain cross et mitr2 sainte ,genevive tenant un cierge qu'un petit diable plac au-dessus d'elle s'efforce de souffler2 enfin un ange souriant1 un flambeau au poing1 prt rallumer1 s'il s'teint1 le cierge de la sainte4 ,la voussure1 au-dessus des vantaux1 dtient encore trois cordons de personnages1 anges1 dmons1 ribaudes et vierges2 le portail a1 en somme1 gard quelques mots d'une phrase efface par le temps et qu'il est facile de reconstituer1 car elle est crite au complet sur la faade des autres glises1 mais le trumeau pilier rcemment rtabli au-dessous d'elle est inexact1 car il supporte1 au lieu du ,christ d'antan1 une vierge neuve4 ,si l'on ajoute que des fresques modernes d'un nomm ,mottez ont rempli les espaces demeurs vides1 mais que l'on ne discerne plus de cette inutile peinture que des cailles craqueles de badigeon1 l'on aura ainsi une ide prcise du portail1 tel qu'il existe l'heure actuelle4 ,il est prcd d'un porche cinq baies ogivales couronnes de balustres et de combles fleuronns1 construit1 en #adbe1 par ,jean ,gaussel4 ,de toutes les statues qui le peuplent1 deux seulement sont authentiques1 toutes les autres ont t fabriques de nos jours4 ,ces deux statues reprsentent1 l'une1 situe la fin du porche et faisant face la place du ,louvre1 prs de la rue des ,prtres-,saint-,germain-l',auxerrois1 un saint ,franois d',assise nas et manchot1 la figure mchure par l'ge2 l'autre1 sise du ct oppos et regardant la grande porte1 une ,marie l',egyptienne enveloppe de ses cheveux qui ont conserv des traces d'or2 elle tient les trois pains qui doivent l'alimenter dans le dsert et penche mlancoliquement une petite tte oisive dont les yeux sont clos4 ,au-dessus de ce porche1 se dresse1 entre deux lgantes tourelles carres1 la faade troue d'une rose flamboyante1 termine par un pignon triangulaire1 plant sur sa pointe1 d'un simulacre d'ange4 ,derrire1 le vaisseau s'tend1 flanqu de contreforts1 hriss de gargouilles1 habit par une amusante mnagerie qui exhibe depuis des sicles1 entre ciel et terre1 les tres les plus htroclites et les btes les plus cocasses4 ,il y a de tout dans cette kermesse de la pierre1 des mendiants et des fous1 un hippopotame qui rend par la gueule un sauvage2 des singes et des griffons1 des ours muselires1 des truies allaitant des ribambelles de gorets2 des rats sortant1 ainsi que d'un fromage de ,hollande1 de la boule du monde et guetts par un chat1 ce qui signifie sans doute que les brigands qui dvastent la terre seront dvors par le ,dmon4 ,l'intrieur vaut1 lui aussi1 que longuement on le visite2 tous les styles s'y coudoient4 ,il a t tellement dfait et refait qu'il parat un peu incohrent1 mais ce ct hagard est dlicieux quand on le compare la monotone rgularit des glises neuves6 ,la nef gothique de quatre traves est coupe d'un transept perc d'une porte chaque bout2 celle de gauche est condamne1 celle de droite accde la rue des ,prtres-,saint-,germain-l',auxerrois1 en face du bureau du ,journal des ,dbats4 ,l'on a install1 au milieu de son alle un bnitier excut par ,jouffroy sur les dessins de ,mademoiselle de ,lamartine1 des mioches paradant autour d'une croix2 c'est de l'art pour la rue ,saint-,sulpice1 mais il ne dpare pas la misre ornementale des murs chargs1 par un sieur ,guichard1 d'encombrantes fresques4 ,le long de la nef et du chur1 partir de l'entre1 de nombreuses chapelles s'enfoncent entre les contreforts des murs1 huit gauche et quatre droite4 ,a gauche1 d'abord1 la chapelle des fonts baptismaux1 dite de ,saint-,michel1 puis celles de ,saint-,jean-,baptiste1 de ,sainte-,magdeleine1 de ,notre-,dame de ,compassion--celle-ci touche au transept1 aprs lequel se trouvent la chapelle de ,saint-,louis1 o rside le ,saint-,sacrement et o l'on a plac sur l'autel une statue de la ,vierge qualifie de ,notre-,dame de ,bonne-,garde--celles de ,saint-,vincent-de-,paul1 de ,saint-,charles-,borrome1 o un hideux vitrail assigne cet lu la tte d'un moricaud2 enfin celle de ,saint-,denys1 ,saint-,rustique et ,saint-,eleuthre--et nous atteignons la petite porte de la rue de l',arbre-,sec donnant sur l'abside et au-dessus de laquelle s'ouvre1 derrire un vitrage losanges de couleur1 une tribune dite ,tribune de la ,reine1 parce que1 prtend-on1 la famille royale s'y serait quelquefois tenue pendant la messe4 ,illustration ,parmi ces minuscules chapelles1 une seule est intressante1 celle de la ,compassion1 qui fut1 pendant plus d'un sicle1 la chapelle du ,conseil d',etat1 car elle dtient un superbe retable flamand en bois1 de la fin du quinzime sicle1 provenant de la collection disperse de ,m4 de ,bruges-,dumnil2 divers pisodes de la vie de la ,vierge et de la ,passion y sont sculpts2 malheureusement1 on ne le voit gure1 la croise qui devrait l'clairer tant obscurcie par des carreaux modernes la fois sombres et violents1 qui ne laissent filtrer aucune lueur4 ,a droite1 maintenant1 en partant de l'autre ct de l'abside dont nous parlerons tout l'heure1 la sacristie occupe la place de plusieurs chapelles1 et les petits oratoires qui la suivent1 en descendant avec le chur1 sont ddis aux saints ,aptres1 saint ,pierre1 aux ,pres et aux ,docteurs de l',eglise dont deux1 saint ,lon et saint ,grgoire le ,grand1 sont1 en leur qualit de premiers rles1 en vedette sur l'affiche des vitres2 puis apparat1 succdant ces rduits si exigus que le confessionnal les emplit1 avec un autel1 tout entiers1 une trs lgante porte du quinzime sicle surmonte d'une exquise ,vierge en bois peint de la mme poque1 une ,vierge dolente et frileuse1 mais perche si haut que1 dans l'ombre des votes1 on la remarque peine2 et vient le transept de la rue des ,prtres2 cette alle franchie1 toute la place des quatre chapelles situes en vis--vis1 de l'autre ct de la nef1 est ici prise par une seule1 par la chapelle de la ,sainte-,vierge1 entoure d'une boiserie qui la cache aux yeux et munie d'une porte close1 afin d'empcher tous ceux qui voudraient venir la prier d'y pntrer4 ,une glise o la chapelle de la ,vierge n'est pas accessible aux fidles1 c'est un comble6 ,que penser des curs qui mettent ainsi dans leur glise la ,madone au rancart8 ,la raison invoque de ce monstrueux interdit est que ce lieu sert parfois de chapelle pour les catchismes4 ,eh6 qu'ils le fassent1 leur catchisme1 dans les greniers1 dans les caves1 chez eux1 o ils voudront1 mais qu'ils dmolissent ce rempart de menuiserie1 qu'ils laissent en tous les cas la porte ouverte1 lorsque leurs quatre peles et leurs trois tondus n'y sont pas6 ,d'autant qu'elle est dlicieuse cette chapelle6 ,intime et recueillie1 elle se pare d'un autel contenant des reliques de saint ,denys1 de saint ,clestin et de saint ,benot1 au-dessus duquel est incrust un antique retable de pierre1 figurant l'arbre de ,jess dont les fleurons et les branches serpentent autour d'une belle statue de ,vierge du quatorzime sicle qui appartint jadis au presbytre de ,radonvilliers1 en ,champagne1 le tout se dtachant sur des fresques peintes par ,amaury ,duval2 mais une bienfaisante obscurit permet de les distinguer mal4 ,pour tre complet1 citons1 dans la nef1 en face de la chaire1 une norme machine en bois mont1 pourvue de colonnes et coiffe d'un baldaquin1 excute par ,mercier sur les dessins de l'emphatique ,lebrun et qui servait de sige au roi quand il assistait officiellement la messe2 et une grille en fer forg du dix-huitime sicle qui fut trs rpare et prive de ses fleurs de lys2 et revenons l'abside qui est1 selon moi1 la partie la plus savoureuse de ,saint-,germain-l',auxerrois1 car l'on peut s'y croire en mme temps dans un oratoire de la fin du quinzime sicle et dans une glise de campagne de nos jours4 ,l'on dirait que l'odeur particulire de tout l'difice s'y concentre4 ,et en effet1 lorsqu'on entre dans ,saint-,germain1 on y hume une senteur spciale qui n'existe1 semblable ,paris1 que dans un autre sanctuaire1 celui de l',abbaye-au-,bois de la rue de ,svres1 certains jours1--une odeur de salptre releve par une trs fine pointe de cire consume et d'encens4 ,l1 dans l'abside1 cet arome d'glisette de village1 le dimanche aprs le salut1 persiste surtout par les temps de pluie et vous aide vous transporter bien loin de ,paris et de cette place du ,louvre1 devenue l'un des plus bruyants lieux de rendez-vous des voitures vapeur et des tramways4 ,parfois1 lorsque l'heure sonne la tour voisine1 le carillon qui l'accompagne de son cliquetis de verre bris1 vous suggre l'ide que l'on prie dans une glise des ,flandres4 ,et ces avatars successifs d'alentours--de temple ,renaissance1 de chapelle de bourgade et d'glise flamande--font vraiment de cet obscur refuge un tremplin unique ,paris1 de rves4 ,pour rester dans la ralit1 l'on peut dater du seizime sicle cette abside2 elle est biscornue1 de forme divagante2 la vrit est que ses chapelles sont refoules1 d'une part1 par l'alignement de la rue qui les cerne2 de l'autre1 elles sont entames par le presbytre et la sacristie1 si bien qu'elles vont de guingois1 plus larges ou plus longues les unes que les autres4 ,celles des deux bouts sont de vagues rduits1 des carrs irrguliers dont les lignes verticales s'vasent2 les autres suscitent la pense1 l o sont perces les fentres1 d'un triptyque ouvert1 aux deux volets revenus en avant1 pas replis par consquent le long du mur1 avec une niche romane au-dessous de chacun d'eux4 ,il y a1 en effet1 sous les deux croises des coins1 deux petites cavernes plafonnes de votes en arc1 creuses dans le bas des murailles et que l'on a remplies tant bien que mal1 avec des pieuses statues de la rue ,bonaparte1 dont l'obscurit et la poussire effacent1 ,dieu merci1 les traits4 ,ces chapelles sont au nombre de cinq2 leur runion dessine un demi-cercle la ligne cabosse du haut2 elles sont places sous le vocable de sainte ,genevive1 des saints patrons du lieu3 saint ,vincent et saint ,germain1 du ,tombeau1 de la ,bonne-,mort et de saint ,landry4 ,les deux branches finales du demi-cercle s'appuient1 la premire sur la porte de sortie de la rue de l',arbre-,sec1 la seconde sur la porte de la sacristie1 orne de fresques dont une1 un saint ,martin cheval tranchant son manteau pour en donner la moiti un pauvre1 est due ce ,mottez qui dcora le grand portail de ses badigeons qu'abolirent1 pour l'allgresse des artistes1 de secourables soleils et de propices pluies4 ,illustration ,de la chapelle ,sainte-,genevive1 absolument sombre1 tendue de toiles gondoles1 teintes au cirage par ,gigoux1 rien dire2 de la chapelle des ,saints-,patrons o s'rige dans une niche le tombeau de la famille des marquis de ,rostaing1 agrment de deux seigneurs qui vous regardent genoux et l'air bat1 et1 prs de la rampe de communion1 de deux statuettes neuves de sainte ,anne et de saint ,antoine de ,padoue1 tout se pourrait galement omettre si ces fentres ne dtenaient peut-tre1 avec celles de la chapelle voisine de la ,bonne-,mort1 les seuls vitraux qui1 par leur sens de la symbolique1 par leur science des tons1 par leur tampe vraiment personnelle d'art1 mritent qu'on s'arrte devant eux et valent qu'on les loue4 ,dans ce ,saint-,germain-l',auxerrois qui n'a gard1 en fait de verrires anciennes1 que quelques panneaux du quinzime et du seizime sicle1 insrs dans les baies gothiques ou renaissance du transept et dans les roses1 des panneaux dont les chairs des personnages sont le fond blanc mme de la vitre et les vtements de grandes taches de gomme-gutte de rouge lourd1 de vert rude et de bleu dur--des carreaux fabriqus sous la monarchie de juillet bouchent toutes les ouvertures pratiques dans les bas-cts de la nef4 ,et toutes les monographies exaltent un affreux vitrail1 excut par ,lusson dans la chapelle des ,aptres sur les dessins de ,viollet-le-,duc2 toutes citent l'envi les uvres de ,marchal de ,metz1 amusantes par leur vert pistache et leur rose turc1 peu usits dans les arts du feu1 mais peintes comme de la peinture ordinaire1 avec des couleurs si peu adhrentes1 si mal cuites qu'ils s'raillent fleur de vitre et laissent pntrer1 ainsi que de vulgaires carreaux1 le jour4 ,ce sont des aquarelles diaphanes1 des peintures vitrifies1 c'est tout ce que l'on voudra1 sauf des vitraux4 ,plus relles1 seraient les imitations de la sainte ,chapelle uvres par ,didron dans la chapelle du ,tombeau2 celles-l on les adule aussi1 mais personne ne parle de ce ,thvenot qui a dcor les fentres des ,chapelles des ,saints-,patrons et de la ,bonne-,mort4 ,dans la premire1 le tableau du milieu qui a je l'ai dit1 la forme d'un triptyque ouvert1 les volets pousss sur leurs gonds en avant1 comprend une ,vierge couronne et le ,christ entre deux anges2 le volet de gauche1 un saint ,vincent1 celui de droite un saint ,germain4 ,ce sont de hautes figures trs hiratiques1 et pourtant d'un modernisme un tantinet campagnard1 car elles ont dans la tournure1 dans la mine1 d'abord presque dplaisantes1 quelque chose d'agreste et de trs simple4 ,les couleurs sont profondes1 d'une ardeur tempre1 quasi sombre4 ,le rouge est rouge cerise2 les violets et les verts1 trs nourris de bleu discret1 sont graves2 les ors sont saurs2 mais la plus belle teinte1 en dehors d'un chamois clair1 est celle du manteau de saint ,germain1 une teinte qui tient du brun violi de la robe du carme et de ce brun rougetre connu dans la cramique sous le nom de foie de mulet2 il est la fois somptueux et austre2 les grands verriers du moyen ge n'ont pas fait mieux4 ,ces mmes couleurs1 nous les retrouvons dans la chapelle de la ,bonne-,mort1 mais l1 en plus de la personnalit singulire de ses figures1 ,thvenot se dcle comme un homme trs au courant de cette vieille science de la symbolique chrtienne1 si parfaitement omise par les vitriers et les architectes de nos jours4 ,il s'agissait d'historier les lueurs qui doivent clairer une chapelle funraire et il disposait1 sur le panneau de face1 de quatre places et sur chacun des panneaux de ct1 d'une2 il a ordonnanc l'ensemble de la sorte3 au milieu1 il a peint dans les quatre compartiments sur un fond de gris perle stri1 dans une bordure de chardons emblmes de la pnitence1 saint ,joseph avec un lys1 la ,vierge couronne d'toiles1 le ,christ bnissant le monde1 saint ,michel arborant un tendard et une balance1 le pied sur le dmon4 ,dans le volet de gauche1 un tre barbu1 trange1 coiff d'une espce de turban droul1 nimb d'une aurole orange1 fastueusement vtu d'une robe grenat brode de ramages d'or1 chauss de violet1 tient d'une main un vase de parfums et s'appuie de l'autre sur une bche4 ,dans le volet de droite1 un saint ,pierre1 pieds nus1 la tte cercle d'un halo1 croise sur sa poitrine ses deux clefs4 ,et la phrase figure sur ce triptyque de vitraux est facile lire4 ,cet tre l'allure bizarrement hraldique1 qui porte1 tel que ,magdeleine dans les tableaux des primitifs flamands1 un pot d'aromates et est muni d'une bche1 c'est saint ,tobie1 tout fait inconnu de nos jours1 mais clbre au moyen ge1 car il tait alors le saint des spultures1 le patron des fossoyeurs qui l'avaient choisi cause des paroles que1 dans la ,bible1 l'ange ,raphal lui adresse3 444 ,lorsqu' minuit tu enterrais les morts444 c'est moi qui prsentais tes prires au ,seigneur444 ,il est prpos aux soins de la dernire heure2 il s'occupe du corps1 tandis que1 de l'autre ct du ,christ1 saint ,michel pse dans sa balance le poids des vertus et des fautes et prsente la pauvre me dsincarne au ,seigneur1 auprs duquel intercdent saint ,joseph et la ,vierge1 alors que1 plus loin1 saint ,pierre attend1 pour ouvrir les portes du ciel1 que le sort de la pcheresse soit rsolu4 ,tous les clestes acteurs du drame qui commence la descente de la dpouille mortelle dans la terre1 pour finir l'entre de l'me dans le paradis1 sont runis en ce lieu et font1 en quelque sorte1 le rcit du jugement1 aprs la mort4 ,illustration ,parmi ces personnages1 en sus du ,tobie si curieux1 il en est deux remarquables par leur aspect rigide et familier1 la ,vierge et le ,christ4 ,ils ont dans les mouvements1 dans les traits surtout1 quelque chose de juste et de net qui fait songer aux types de certaines de ces admirables illustrations des ,misrables d',hugo que dessina ,brion4 ,c'est un peu le mme art1 sobre et loquent dans sa simplesse mme4 ,qu'est ce ,thvenot1 si dlibrment oubli par la critique de notre poque8 ,o4 ,merson1 dans son livre sur les vitraux1 le reprsente comme ayant vcu ,clermont-,ferrand et ayant restaur les verrires de ,bourges4 ,ottin1 dans son ,histoire du ,vitrail1 lui consacre juste trois mots3 ,thvenot--,clermont--#ahcd4 ,j'ai trouv1 d'autre part1 une brochure signe de son nom suivi de ce titre3 chef d'escadron1 un essai historique sur le vitrail paru1 en #ahcg1 ,clermont4 ,il s'y rvle tel qu'un homme pris de son art et plein d'enthousiasme pour les verriers des grands sicles4 ,et c'est tout ce que j'ai pu recueillir sur son compte4 ,de ces deux chapelles ainsi pares de vitres intelligentes1 la plus quite1 la plus douce1 est1 selon moi1 celle de la ,bonne-,mort4 ,de vagues peintures et des inscriptions gothiques traces en lettres d'un or qui s'efface1 s'aperoivent confusment dans l'obscurit lorsqu'on allume un petit cierge2 l'autel est surmont d'un intressant bas-relief de pierre1 racontant la scne d'une mise en tombeau1 mais ce qui voque la senteur d'une chapelle de village dans ce petit coin1 c'est le dlabrement de la pierre ronge par l'humidit1 la tristesse du tapis qui se dcolore1 la poussire amoncele dans les deux niches de ct1 sur une ,pieta de ,bonnardel et une moderne statue de saint ,joseph2 c'est la misre mme des vieux prie-dieu de paille accumuls devant la rampe4 ,les types rustiques adopts par ,thvenot sont vraiment en accord avec les alentours4 ,ah6 s'il est un endroit propice pour s'cheniller la conscience1 c'est bien celui-l6 ,aucun bruit dans les tnbres qui vous entourent1 c'est peine si1 de temps autre1 une ombre de vieille femme vient s'abattre sur une chaise ou s'accouder contre un pilier4 ,il y a si peu de visiteurs6 ,moins intressante est la dernire chapelle de l'abside1 celle qui confine la porte de la sacristie et qui est ddie saint ,landry2 elle a t rcemment nettoye2 on y a plant les monuments funraires du chancelier ,etienne d',aligre et de son fils1 et sorti de la nuit o elles dormaient des fresques du sieur ,guichard1 dont le rveil ne suscite aucun rconfort3 celles brosses par le mme peinturlureur sur les murs du transept suffisaient4 ,et le tour de l'glise est accompli4 ,il reste pourtant une trs ancienne salle dans laquelle le ,chapitre dposait nagure ses archives4 ,on y monte par un escalier en colimaon1 situ prs de la chapelle de la ,vierge1 l'entre du grand portail et l'on dbouche1 aprs avoir tourn dans la spirale qui s'claire par des fentes de jour1 sur le seuil d'une grande pice carre1 demeure1 depuis des sicles1 intacte1 avec son pav aux losanges rouges1 vernisss1 formant1 en trompe-l'il1 un carrelage de ds1 son plafond aux caissons sculpts d'o pend un lustre becs de cuivre1 ses vieilles crdences1 ses armoires dont les pentures de fer s'ajourent en des lettres gothiques inscrivant les noms de saint ,vincent et de saint ,germain sur les panneaux de chne4 ,mais la partie vraiment sduisante de ce logis1 c'est le mur du fond qui fait face la croise gmine1 ouverte sur la place4 ,il est occup tout entier par un retable sculpt du seizime sicle1 un triptyque reprsentant les scnes de la vie de la ,vierge et de sainte ,anne4 ,on y retrouve la lgende des ,apocryphes1 la rencontre d',anne et de ,joachim1 la porte ,dore2 on y voit un amusant escalier du ,temple1 gravi par une figurine1 toute une srie de personnages autrefois teints et dont le bois1 maintenant dcolor1 ple2 des personnages aux gestes exacts la fois et largis1 semblables ceux que taillrent presque tous les imagiers1 si savoureusement ralistes1 de ce temps4 ,les volets qui forment ce retable furent autrefois des tableaux peints la dtrempe1 mais ils sont tellement caills que l'on ne discerne plus que de fantomatiques apparences de bouts de visages et de vagues fragments de corps4 ,ce local poudreux est infiniment doux4 ,l'on s'imagine trs bien l'un des treize chanoines qui composrent le ,chapitre desservant jadis la paroisse de ,saint-,germain1 assis devant la table place au milieu de la pice1 dpouillant les archives1 relevant les dates des obits1 extrayant des manuscrits les miracles des saints fondateurs de son glise4 ,et l'on se prend1 ce dgot d'un dbut de sicle1 envier ce bon prtre qui s'interrompt de son travail1 pour essuyer ses besicles de corne1 dans le grand silence de ces murs de pierres sourdes1 seulement rompu par les soupirs fatigus du bois4 ,comme tout cela nous met loin6 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,ce pauvre ,saint-,germain-l',auxerrois1 quand on songe qu'il fut un des sanctuaires les plus opulents et les plus renomms de ,paris6 ,paroisse des rois de ,france1 logs en face de lui1 au ,louvre1 il prta1 le #bd aot #aegb1 ses cloches pour sonner l'hallali de la partie de chasse de la ,saint-,barthlemy et1 le dimanche de l'an #aeid1 ,henri ,,iv y donna le pain bnit et suivit1 une palme au poing1 la procession qui se droulait dans les bas-cts de la nef et du chur4 ,c'est dans cette mme glise1 devant ce mme roi1 assis1 cette fois1 au banc d'uvre1 que le grotesque ,p4 ,valladier1 dont les sermons sur l'avent1 prchs ,saint-,germain-l',auxerrois1 furent publis sous le titre de la ,sainte philosophie de l'me1 osa prononcer l'indcent pangyrique des appas de ,marie de ,mdicis4 ,illustration ,il les divise en trois tages4 ,aprs avoir parl du premier1 c'est--dire du visage qu'il compare toutes les fleurs et toutes les gemmes1 il passe au second1 la gorge de la reine qu'il traite de deux fontaines cristallines de lait1 deux magasins de mannes1 deux sources d'ambroisie1 deux fontaines de nectar1 deux cannes de sucre1 deux cruches de miel1 deux plantes de baume1 deux montres de l'horloge intrieure1 deux bastions et remparts du cur1 puis il descend444 ,encore qu'il ft pris des gaudrioles1 l'on se demande vraiment ce que le ,vert-,galant dut penser de ce genre de prche444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,aprs ces deux dates de #aegb et #aeid1 glorieuses si l'on veut1 d'autres se succdent moins carillonnes par la bienveillance de l',histoire4 #afag1 anne pendant laquelle une populace furieuse dterre le cadavre du marchal d',ancre inhum dans un caveau de l'glise sous la tribune de l'orgue et le coupe en petits morceaux4 ,le cur fut rti sur des charbons et mang publiquement par un homme2 les entrailles furent jetes dans la ,seine et les restes brls sur le pont-neuf devant la statue d',henri ,,iv4 ,le lendemain1 l'on vendit les cendres un quart d'cu1 l'once2 et les oreilles1 que l'on avait mises part furent payes fort cher par un amateur4 #affe1 anne o eut lieu l'ostension des reliques de sainte ,reine sur le matre-autel de ,saint-,germain-l',auxerrois4 ,anne d',autriche avait command un orfvre de ,paris un reliquaire d'argent pour y dposer l'os du mtacarpe de cette sainte1 dont elle dsirait faire prsent l'hpital d',alise4 ,quand le travail fut termin1 la reine voulut que son glise paroissiale profitt1 la premire1 des grces dvolues ces glorieux dtriments et elle en ordonna l'exhibition pendant la dure de trois neuvaines4 ,une infinit de personnes de toutes conditions1 disent les textes1 se rendit ,saint-,germain1 pour prier devant ce reliquaire4 ,or1 la spcialit de sainte ,reine1--qui fut celle aussi de saint ,job--tait la gurison des maladies secrtes4 ,comment et pourquoi8 ,un vieil auteur1 au nom prdestin de ,mat1 tente de nous l'expliquer dans un livre intitul ,la fille hroque4 ,deux contraires1 raconte-t-il1 ne sauraient souffrir dans un mesme sujet et ils sont tellement opposez qu'ils se perscutent continuellement et ne cessent jamais leur combat1 qu'aprs que l'un d'eux a obtenu la victoire sur son ennemy4 ,c'est pourquoy je cesse mon tonnement quand je considre l'opposition qu'il y a entre la chastet et ce vilain vice4 ,sainte ,reine1 qui avait eu trs grand soin de conserver sa puret pendant sa vie1 n'a pas voulu aprs sa mort1 que les impurs s'approchassent de sa fontaine sans estre nestoyez de leurs ordures4 ,de l vient que1 quand ils boivent de cette eau1 avec confiance1 ils s'en retournent avec joye de ce qu'ils sont dlivrs de ces maux estranges qui1 sans ce divin remde1 dureraient aussi longtemps que leur vie4 ,l',histoire ne nous narre pas si les malades qui vinrent implorer la sainte ,saint-,germain-l',auxerrois1 gurirent4 ,la fontaine1 il est vrai1 dont parle ,mat et qui servait et qui sert encore1 dans le village d',alise1 d'excipient aux cures1 n'y coulait point1 mais dfaut de l'eau miraculeuse1 les ,parisiens avaient la ressource d'invoquer1 en sus de la bonne ,dicole de la ,bourgogne1 le grand thaumaturge1 ,bourguignon1 lui aussi1 gurisseur de tous les maux1 le patron du sanctuaire o ils priaient1 saint ,germain d',auxerre4 #ahca4 ,l'glise fut1 le #ad fvrier1 envahie par le peuple1 sous le prtexte que l'on y clbrait une messe anniversaire pour le repos de l'me du duc de ,berry4 ,ce fut une trs ridicule aventure4 ,le service funbre s'tait termin vers midi et demi4 ,aprs l'absoute1 le cur s'tait retir1 lorsque quelques royalistes chauffs s'avisrent d'attacher sur le catafalque une lithographie du duc de ,bordeaux1 une croix de ,saint-,louis et une couronne d'immortelles jaunes et noires4 ,le bruit se rpandit aussitt au dehors que les ,henriquinquistes prparaient un coup d'tat1 promenaient dans l'glise un buste du prince et y dployaient des drapeaux blancs2 et sans en demander plus1 la plbe se rua dans le sanctuaire et y saccagea tous les objets du culte4 ,cette quipe finit devant les tribunaux o tous les accuss furent acquitts4 ,une brochure parue1 en #ahca1 chez ,dentu1 nous relate ces hauts faits et nous fournit ce spcimen de proclamation royaliste dont le comique me parat sr4 ,elle est adresse ,,mm4 les ,charbonniers de ,paris4 ,messieurs1 l'attachement que vous avez toujours montr pour la branche ane des ,bourbons1 la douleur que vous avez tmoigne la mort du duc de ,berry1 ce prince bienfaisant qui vous a t ravi par un horrible crime qui vous prive du digne pre de notre ,henri ,v1 et l'horreur que les ,auvergnats ont ressentie de cet affreux assassinat1 nous donnent lieu de croire que vous vous ferez un devoir d'assister au service anniversaire qui sera clbr ,saint-,germain-l',auxerrois4 ,d'aprs les vrais sentiments qui vous ont toujours dirigs1 nous avons l'espoir de vous y trouver runis en corps4 ,ni en corps1 ni en personne1 les ingrats auverpins1 si respectueusement traits pourtant1 ne vinrent4 ,illustration ,si nous sautons maintenant de l'anne #ahca l'an #ahga1 nous voyons encore l'glise pleine2 seulement1 cette fois1 ce ne sont plus des partisans de la royaut mais bien les membres d'un club de libres-penseurs qui s'entassent dans son vaisseau1 sous la prsidence d'un sieur ,pierre et d'une certaine ,lodoska1 accoutre d'une veste de hussard1 culotte d'un pantalon de turco1 coiffe d'une toque cocarde rouge1 et chausse de bottines glands d'or4 ,et tandis que1 du haut de la chaire1 un pochard prore1 un autre troue d'un coup de baonnette la bouche de la statue de la ,vierge et y plante une pipe2 puis il arrache l',enfant-,jsus et de toute l'glise qui trpigne de joie1 des lazzis1 exactement nots1 s'changent3 --,passe le gosse par ici1 pour qu'on l'embrasse6 --,ouvrez-y la gueule pour voir s'il a fait ses dents6 ,et l'on promne l',enfant que l'on finit par jeter1 bris1 dans un coin4 ,mais1 pour dire vrai1 les fdrs se bornrent ces amnits sacrilges et ces farces impies et1 moins froces que d'autres ivrognes qui1 aprs avoir maltrait les prtres1 pillrent les glises1 ceux-ci se contentrent de voler quelques vtements d'enfants de chur et d'emporter deux pianos qui1 l'on ne sait trop pourquoi1 stationnaient l4 ,les temps sont changs2 si ,saint-,germain a vu les pieuses affluences et les cohues irrites ou gouailleuses1 s'il a mme aussi connu1 pendant la ,convention1 les hilares assembles de lgres muscadines et de pesantes commres1 runies1 devant sa porte1 pour applaudir aux audacieuses et aux pitres chansons d',ange ,pitou1 il ne connat plus de foule d'aucune sorte maintenant4 ,ses abords sont rapidement longs par des gens en rut d'affaires et quant son intrieur il est un des plus dlaisss qui soient ,paris2 sa nef ne peut mme1 le dimanche1 la grand'messe1 malgr tous les enfants des coles qu'on y parque1 se remplir4 ,la paroisse des rois est devenue la paroisse de la ,mode2 l'glise est enserre par les magasins de la ,belle-,jardinire1 du ,pont-,neuf et de la ,samaritaine4 ,ce dernier la touche presque1 car la livre bleue de ses devantures s'tend dans la rue de l',arbre-,sec et un ignoble btiment de fer qu'il vient d'riger1 se dresse1 surmont1 en guise de clocher1 d'un chapeau chinois1 devant l'abside1 l o le brave bourgeois qui alloua des fonds pour la faire rebtir1 messire ,jehan ,tronson1 drapier de ,paris1 fit apposer sa signature1 dans une frise1 sous le toit1 en adoptant la forme d'un rbus figur par des tronons de carpes4 ,mme au temps o les rois habitaient le ,palais du ,louvre1 le commerce des draps aidait embellir l'glise2 il venait en aide aux bourses des souverains1 souvent sches2 cette affection des drapiers pour leur sanctuaire explique la prsence1 sous le narthex1 de la statue de sainte ,marie l',egyptienne1 leur sainte de prdilection et leur patronne1 sans doute parce que saint ,zozime qui la rencontra dans le dsert1 vtue seulement de ses longs cheveux1 donna son manteau pour la couvrir4 ,maintenant1 il n'y a plus de monarques1 mais je crois bien que les grands industriels des draperies s'occupent moins que leur anctre ,tronson des besoins du culte2 cette observation n'est pas un reproche1 car il est certainement trs heureux qu'il en soit ainsi4 ,s'ils dsiraient1 en effet1 faire rparer ou orner leurs chapelles1 ils seraient bien forcs de s'adresser1 comme l',etat dont ils prendraient la place1 de dangereux architectes et de nuisibles peintres1 et que resterait-il du charme dolent et dsuet de cette trs douce glise8 ,saint-,merry ,illustration ,saint ,mdric ou saint ,merry n'est pas un saint sur le compte duquel les renseignements abondent4 ,ce que l'on connat de sa vie peut se rsumer en quelques lignes4 ,entr l'ge de treize ans1 au monastre bndictin de ,saint-,martin situ prs de la ville d',autun o il naquit1 il devint abb de ce clotre1 prit la fuite pour se retirer dans un dsert et y mener l'existence des ermites1 et fut ramen de force par l'vque d',autun1 au milieu de ses moines4 ,il s'vada de nouveau avec saint ,frodulphe1 l'un de ses disciples et parvint prs de ,paris4 ,l1 il dcouvrit1 dans un petit bois1 une chapelle ddie saint ,pierre1 btit une cellule dans son voisinage1 et aprs y avoir demeur pendant deux ans et neuf mois1 il y mourut1 le #bi aot de l'anne #gjj et fut inhum dans ladite chapelle4 ,et un point1 c'est tout4 ,vers la fin du neuvime sicle1 un capitaine qui avait combattu1 sous les ordres du comte ,eudes1 les ,normands dont l'arme assigeait ,paris1 ,odo falconarius1 ,odon le fauconnier1 fit construire sur la place de la chapelle1 tombe en ruines1 une glise romane2 elle fut rige en collgiale1 baptise sous le double vocable de ,saint-,pierre et de ,saint-,merry1 puis ce dernier1 peu peu1 cause des miracles qu'il opra1 vina l'autre et resta seul titulaire de cette glise que l'on dtruisit au seizime sicle4 ,celle qu'on lui substitua et qui existe encore fut commence en #aebe et acheve en #afab4 ,en faisant les fondements de la neuve glise1 raconte le bon ,gilles ,corrozet dans ses antiquits chroniques et singularits de ,paris1 on trouva sous le grand autel1 dans un tombeau de pierre1 le corps de son fondateur1 ayant des bottines de cuir dor aux jambes1 lequel1 sitt qu'il fut touch de l'air1 tourna en poudre4 ,son pitaphe tait auprs1 la date duquel pour la vieillesse1 ne put tre reconnue4 ,cet pitaphe fut engrav en une autre pierre qui est au milieu du chur et contient ainsi3 ,hic jacet vir boni memori1 ,odo falconarius1 fundator hujus ecclesi4 ,et ,corrozet ajoute3 ,anciennement n'tait qu'une petite chapelle en laquelle1 dit ,vincent historial1 au cinquime livre1 chap4 iiijxxij1 saint ,merry trpassa4 ,son corps y fut enterr et y reposa deux ans et depuis1 en l'an #acjd1 il fut lev de terre et mis en une capse d'argent en la mme chapelle4 ,d'autre part1 le ,calendrier historique et chronologique de l'glise de ,paris1 pour l'anne #agdg1 nous fait savoir que le compagnon du saint1 saint ,frodulphe que le vulgaire appelle saint ,frou1 dcda1 lui aussi1 ,paris et que son corps fut enseveli prs de celui de son matre1 dans l'intrieur de ,saint-,merry4 ,en difiant le nouveau sanctuaire1 on eut soin de btir1 au lieu mme du caveau o gisait la dpouille mortelle des deux saints1 une crypte qui subsiste encore2 mais elle n'a jamais dtenu leurs restes qui furent exposs au-dessus du matre-autel1 dans le chur et enferms dans un reliquaire dont les chanoines de ,notre-,dame vrifirent le contenu1 en #afbe4 ,ils y remarqurent1 en sus des ossements1 un flacon auquel tait jointe une cdule sur laquelle taient crits ces mots3 ,c'est une fiole de baume creu et la donna ,messire ,etienne ,maupas1 l'an #acci1 le vingt-cinquime jour de may4 ,la chsse fut encore ouverte en #agic1 mais1 cette fois1 par les sans-culottes qui s'empressrent de jeter la voirie et les pieux dtriments et la fiole4 ,il n'existe donc plus de reliques de saint ,merry4 ,en fait d'objets lui ayant appartenu1 l'on peut voir1 dit l'abb ,salmon1 dans ses ,plerinages de ,paris1 le fragment d'une de ses chasubles orne de dessins bizarres4 ,il est possd par le trsor de l'glise de ,longpont4 ,sauf la tour ogivale dans le bas mais dont les derniers tages arborent les pilastres et les cintres du dix-septime sicle1 l'glise actuelle est du gothique de la dernire priode2 le portail principal s'tend sur la rue ,saint-,martin4 ,il est difficile saisir1 en son ensemble1 cause du peu de recul que permet l'troitesse de la rue2 perc de trois portes ogivales surmontes de crossettes et de fleurons1 il n'a gard de son ornementation primitive que des bribes mais d'aucunes1 celles surtout de la porte de droite1 mritent qu'on les loue4 ,il y a l1 en haut1 tapis dans une torsade de feuillages1 un chien et un livre qui se livrent une ternelle partie de cache-cache et1 plus bas1 un joueur de cornemuse coiff d'une sorte de lampion de dmnageur1 et qui regarde1 accroupi1 depuis bien des sicles1 dambuler les petits-fils de ces ,parisiens runis pour le fter1 aussitt qu'il naquit et qu'on le dposa dans le berceau prpar de sa porte4 ,aujourd'hui tous passent et nul ne s'arrte devant lui4 ,il vit1 dpays1 survivant de naves sympathies qu'ont oublies les ges4 ,l'on discerne galement sur les chambranles des autres porches1 des dragons qui descendent1 en rampant1 vers le sol1 des bouts de marmousets destins servir de consoles1 des arcades trilobes1 des lierres et des vignes qui serpentent dans le creux des archivoltes4 ,tout cela est demeur plus ou moins intact1 mais le reste est du toc et toutes les statues sont des faux4 ,les douze grandes et les six petites qui remplissent les niches des trois portes1 vides par la ,rvolution1 ont t fabriques1 en #ahdb1 par ,desprez et ,brun2 les dix-huit figurines1 places sous les dais historis de la voussure1 en recul1 dans le haut de la baie mdiane1 sont des moulages pris ,notre-,dame de ,paris1 de statuettes du treizime sicle2 mieux et valu1 coup sr1 reproduire des images du seizime qui eussent t au moins en accord avec le style de l'glise1 mais il ne faut pas se plaindre1 car l'on aurait pu imaginer pis1 en commandant des sculptures neuves aux limousins mdaills de notre temps4 ,en tout cas1 vieilles ou neuves1 ces statues ont t si bien patines par la crasse des poussires et par la boue des pluies1 qu' distance1 avec un peu de bonne volont1 la confusion s'opre et que cette faade1 noire et comme ronge1 semble avenante pour tous ceux qu'exasprent ces basiliques modernes dont les murs ont la couleur des toiles crues1 aggraves parfois1 par des couches multiplies de blanc4 ,illustration ,l'glise ,saint-,merry longe d'un ct1 au nord1 la rue du ,clotre1 au-dessus de laquelle elle ouvre une fentre meneaux flamboyants1 que surplombe une meute de chiens de garde1 veillant sur une mnagerie de chimres dont les bustes rigides qui avancent sur la chausse versaient jadis de leurs gueules contournes des torrents de pluie4 ,et ces douches que recevaient les passants taient1 je veux le croire1 excellentes1 sinon pour la sant des vtements et le salut du corps1 au moins pour le bien-tre de l'me4 ,ces aspersions taient1 en effet1 un tonique contre la langueur du pch1 un cordial interne1 un rchauffant4 ,nos pres connaissaient le langage symbolique des gargouilles4 ,ils les considraient comme les images ptrifies de ces princes de l'air dont parle saint ,paul1 comme des dmons rejets hors du sanctuaire et relgus le plus loin possible de son fate1 et tout en grelottant et en dansant sous la furie des averses dont ces monstres leur inondaient le crne1 ils faisaient sans doute un retour sur eux-mmes1 prenaient de saines rsolutions1 se promettaient d'chapper l'emprise de ces ,esprits de ,malice1 en s'purant par la pnitence et la prire444 ,de l'autre ct1 au sud1 l'glise a encore conserv quelques spcimens de son bestiaire infernal1 mais c'est peine si on les entrevoit1 car le bras de son transept qui s'lve au-dessus de la rue de la ,verrerie1 est cern par le presbytre et masqu par d'autres maisons4 ,la grande fentre place en face de celle qui se hausse sur la rue du clotre ,saint-,merry est invisible2 l'on peut1 tout au plus1 apercevoir au-dessus des toits une pointe de fronton et deux tourelles1 aux balustres rsills1 servant de cages quelques chimres4 ,l'intrieur est cruciforme2 la nef et le chur sont entours d'un bas-ct1 bord de chapelles qui communiquent entre elles par des portes en ogive1 troues dans des murs de refend4 ,des vitraux sur lesquels quatre des meilleurs verriers du seizime sicle1 ,hron1 de ,parvy1 ,chamu et ,nogare peignirent les vies de saint ,pierre1 de saint ,joseph1 de saint ,jean-,baptiste et de saint ,franois d',assise1 certains fragments subsistent1 dans la nef2 et des morceaux dpareills ont t insrs1 un peu au hasard1 dans les croises aux carreaux blancs et verts1 losangs de plomb1 qui ajourent actuellement les chapelles des bas-cts4 ,ce fut ici1 comme ,saint-,germain-l',auxerrois1 comme presque dans toutes les anciennes glises1 les chanoines du dix-huitime sicle qui saccagrent les vitraux1 sous le prtexte qu'ils clairaient mal4 ,sauf le chur qui a t remani1 par eux1 au dix-huitime sicle et une grande chapelle de l'invention d'un nomm ,richard qui1 en #aged1 dfona trois chapelles gothiques pour y caser la sienne1 l'intrieur de ,saint-,merry est de style ogival1 avec piliers en arc pointu1 dnus de chapiteaux1 fentres dentelures flamboyantes1 rseaux de nervures et clefs de votes armories4 ,celle qui s'panouit1 au-dessus du transept1 ressemble une cordelire de saint ,franois2 elle court1 se droulant avec bouffettes1 plat sur la pierre1 puis se laisse pendre1 dans le vide1 en un nud ouvrag qui fut sans doute autrefois peint en azur rehauss d'or4 ,la premire impression1 lorsqu'on pntre dans la nef1 est imposante4 ,le vaisseau jaillit d'un bond1 avec ses murs1 allgs par des vitres1 dans les airs2 on respire la senteur d'une bonne1 d'une vieille glise1 si placide1 si recueillie1 alors que l'on vient de quitter le vacarme commerant de la rue ,saint-,martin2 mais cette impression se fche1 si on lve les yeux et si l'on regarde1 en haut1 le fond de la nef et le matre-autel1 car l'abside s'illumine de trois lames de verre dont l'aspect criard1 dans cette atmosphre apaise1 dtonne2 celle du milieu contient au-dessous d'un ,pre ,eternel pour romance1 un ,christ dont la robe en chair d'orange sanguine est un tourment2 mais c'est surtout dans la lame de droite1 que la sclratesse de couleur du verrier moderne qui les teignit1 s'avre2 il y a l un ,jsus1 habill de rouge groseille et de bleu de ,prusse1 debout devant une femme agenouille dans du jaune de jonquille et du bleu de paon1 qui est pour l'il ce que seraient pour l'oreille des coups de pistons souffls par des pitres perdus1 sur des trteaux de foire4 ,et au-dessous de ce tintamarre de tons1 une gloire norme de bois dor1 crache1 ainsi qu'un soleil d'artifice1 ses rayons dans tous les sens et simule1 si l'on veut1 l'aurole d'un gigantesque ,christ de marbre blanc1 camp1 depuis l'an #ahff1 au-dessus de l'autel4 ,quant au chur mme1 il a t1 je l'ai dj dit1 compltement remani au dix-huitime sicle2 les ogives ont t transformes en cintres1 les parois des piliers revtues de plaques de marbre1 les unes grises1 les autres du brun violac des jujubes1 toutes1 vermiceles de blanc2 mais cet acte de vandalisme une fois commis1 il faut bien confesser que1 moins malchanceux que ,saint-,germain-l',auxerrois et que ,saint-,nicolas-des-,champs1 son voisin1 ,saint-,merry n'a pas eu ses colonnes avaries par des cannelures et que le dcor qui le dforme est d'un aloi plus franc et porte1 sans trop de rticences au moins1 l'tampe curieuse de cette poque dont l'esthtique n'accoucha pourtant que d'un idal de bourdalou et de guridon4 ,elle cra1 en effet1 des pices d'ameublement charmantes1 mais aucun sicle n'eut moins que celui-l le sens mystique2 et cependant1 si l'on songe la vulgarit de l'architecture et de l'ornementation contemporaines1 l'on finit par s'estimer heureux de retrouver le sourire tourment de cet art de colifichets1 dans une glise4 ,mme d'un art rduit1 comme ici1 l'tat de bribes6 ,il est vrai qu' ,paris1 si nous pouvons le voir plus complet1 il n'en est pas moins mdiocre2 ce n'est toujours que du dix-huitime sicle de second ordre4 ,saint-,thomas-d',aquin1 par exemple1 est une salle de thtre1 garnie de trs relles baignoires qui tournent autour de la scne1 l o se dresse le grand autel2 son dcor hsite1 ne se livre pas1 tente presque de donner le change en tablissant un vague compromis entre une salle pour ballets et un sanctuaire4 ,c'est une uvre hybride1 un oratoire de danseuses4 ,si l'on veut contempler un ensemble surprenant d'glise du temps demeure intacte et conue pour l'unique plaisir de confectionner du joli et du futile1 c'est ,mayence qu'il faut aller4 ,il existe1 en effet1 dans cette ville1 deux chapelles1 l'une surtout1 place sous le vocable de ,notre-,dame1 et situe ,augustinarstrasse qui sont les authentiques bijoux du ,rococo1 les petits ,dunkerques de la ,vierge4 ,tout y est3 murs blancs1 comme poudrs d'une fleur de riz et treillis d'or1 grand autel avec baldaquin et couronne1 culbutis de menus anges relevant des tentures de marbre autour de colonnes chapiteaux2 grand orgue avec tribune1 ventre renfl1 tel que celui d'une commode1 orn d'amours joufflus et de cartouches pars d'instruments de musique1 en relief1 fltes et tambourins1 violons et basses2 plafond peint dans le got de ,tiepolo1 chaire surmonte d'une gloire d'or dans une envole de sraphins bouffis4 ,ce ne sont partout que roses pompons1 que chicores1 que volutes1 que pots feux1 que rocailles2 c'est le babil dor du bois1 la minauderie des marbres1 le tortillage des chandeliers1 et les pimpantes affteries des appliques2 cela sent la bergamote et l'ambre2 c'est pompeux et exquis1 thtral et lger2 c'est anti-mystique1 autant que possible1 mais combien ce boudoir faonn pour une ,estelle cleste est suprieur ces casernes divines et ces pieuses halles1 que les ,ginain1 que les ,baltard1 que les ,ballu1 que les ,abadie1 que tous les rhteurs de la jactance monumentale moderne nous fabriquent6 ,illustration ,le dcor de ,saint-,merry ne peut se comparer celui de la ,notre-,dame de ,mayence2 il est incomplet et grossier1 il est mastoque2 mais cependant son chur avec ses ttes d'angelots dors1 ses astragales et ses marbres1 ses bronzes tarabiscots et ses coquilles de ,saint-,jacques vides1 intresse2 l'on peut en dire autant de cette chapelle du ,saint-,sacrement1 creuse par le sieur ,richard1 droite1 prs de l'entre du grand portail4 ,elle est vaste et froide1 claire en l'air par des toits en chapeaux de pierrot1 par des toits blancs et pointus de verre2 mais elle a des tableaux et des statues qui suggrent la mme rflexion que le dcor de la ,notre-,dame de ,mayence4 ,leur art est discutable1 mais c'est tout de mme de l'art4 ,au fond de cette chapelle1 laquelle on accde par trois arcades1 se dresse un autel1 avec fronton grec et colonnes corinthiennes filetes d'or au-dessus du tabernacle1 une grande toile reprsente les plerins d',emmas4 ,quand on pense ce qu'un homme comme ,rembrandt1 a tir d'un tel sujet1 l'on demeure confondu devant ce tableau de ,coypel4 ,imaginez1 peint en une sorte de trompe-l'il1 un ,christ accoutr d'une robe bleutre1 assis devant une table1 et esquissant un geste d'escamoteur1 tandis qu' droite1 un individu penche sa tte sur cette table et qu' gauche1 un autre1 barbe blanche1 le regarde1 en rapprochant ses mains4 ,au premier plan1 gravissant les marches d'un escalier1--car la scne se passe dans le vestibule d'un palais--un domestique1 en caleon rouge1 monte les plats du souper4 ,enfin1 au-dessus de ce ,christ1 au chef cern d'une lueur de veilleuse qui fignole1 un tourbillon d'anges plane dans les nues rousses d'un plafond4 ,cette toile nous montre tout ce que l'on voudra1 sauf la scne des ,evangiles4 ,sans le titre connu de l'uvre1 il serait impossible de savoir ce que signifie le geste du ,christ4 ,et cependant ce panneau de ,coypel vous retient4 ,il rduit au rle d'une anecdote mal conte1 un passage magnifique des ,ecritures1 mais1 en revanche1 il dcle sous l'apparence facile1 presque frivole de sa couleur1 une solidit de peinture que les artistes religieux de notre poque ignorent4 ,de mme pour les anges sculpts par les frres ,slodz1 en haut relief1 au-dessus de deux portes1 l'un tenant1 gauche1 les tables de l'ancienne ,loi et1 l'autre1 droite1 le calice4 ,pas plus que ces petites ttes1 collerettes de plumes1 des amours sans corps qui les entourent1 ces anges ne sont de purs ,esprits4 ,ils figurent tout bonnement de jeunes adolescents demi-nus et dont les lgantes draperies s'envolent2 ce sont des paens accorts et distingus et ils triomphent dans cette chapelle o1 pour leur servir sans doute de repoussoir1 l'on a install quelques statues modernes dont deux1 un saint ,pierre l',ermite et un saint ,antoine sculpts1 en #ahdb1 par ,evrard1 sont cependant viables4 ,voil l'apport du dix-huitime sicle1 dans l'glise btie au seizime en l'honneur de saint ,merry4 ,possdons-nous au moins tous les ornements dont cet ge dota l'glise8 ,non1 car ,germain ,brice nous donne une description de l'intrieur du sanctuaire1 tel qu'il tait de son temps1 et il nous dit3 ,on expose1 les jours de ftes principales1 des tapisseries assez belles qui reprsentent la vie de ,notre-,seigneur excutes sur les cartons de ,henri ,lerembart1 peintre du roi1 dont les ouvrages avaient quelque beaut4 ,ces tapisseries ont disparu4 ,il y avait aussi1 ajoute-t-il1 une mosaque en tableau qui reprsente la ,vierge et l',enfant1 accompagns de quelques anges2 ce morceau avait t rapport d',italie par ,jean de ,ganay1 premier prsident du ,parlement4 ,et il poursuit3 ,a ct du chur1 prs de la porte de la sacristie1 on a construit un tombeau pour ,simon ,arnaud1 marquis de ,pomponne1 mort ministre d',etat2 la chapelle o ce monument se trouve est fort serre2 et la quantit de figures et d'ornements qui y sont employs1 ne produit pas tout l'effet que l'on pourrait dsirer2 cet ouvrage est de ,barthlemy ,rastrelli1 un ,italien4 ,et il cite encore1 comme inhums dans cette glise1 ,simon ,marion1 avocat gnral au ,parlement et ,jean ,chapelain1 pote et bel esprit de son temps l',acadmie franaise4 ,les cendres de ces personnages ont t depuis longtemps disperses et le monument du marquis de ,pomponne est dtruit2 reste la mosaque qui a t transporte au ,muse de ,cluny4 ,le bon ,germain ,brice professait les ides de son sicle sur le style gothique qu'il jugeait inutile et barbare4 ,aussi n'admire-t-il gure ,saint-,merry qu'il excute la cantonade1 dclarant pour tout loge qu'il est assez rgulirement distribu1 mais triste et obscur et trs malpropre4 ,venons-en maintenant l'glise mme1 telle qu'elle existe de nos jours4 ,la description de la plupart de ses chapelles serait nulle2 les fresques qui couvrent les murs disparaissent dans l'obscurit1 se voient peine2 mais il ne faut pas regretter la prudence de cet clairage1 car il dissimule des uvres qui ne nous apporteraient1 au point de vue de la pit et de l'art1 aucune aise4 ,les fresques de ,chassriau qui parent l'oratoire de sainte ,marie l',egyptienne1 sont molles et poussives2 elles ont t excutes ainsi qu'un devoir command1 sans plaisir4 ,quant aux autres panneaux plus visibles1 tels que la ,vierge bleue de ,van ,loo et la grande bche de ,marie ,belle1 le sacrifice de rparation pour la profanation des saintes ,espces voles dans l',eglise1 elles gagneraient s'effacer dans une bienheureuse pnombre1 car cette ,vierge est tide et pourlche et l'ouvrage de ,belle1 tremp dans la sauce d'une blanquette de veau1 est1 avec ses figures efforces de prtres genoux1 tendant la main vers une hostie et un ciboire renvers sur le sol1 d'un dramatique pompeux et facile2 c'est du mlo de sacristie1 de la sacerdotaille d'art4 ,illustration ,en tout1 trois objets1 deux tableaux et un antique bnitier valent qu'on s'en occupe2 ils sont les seules pices qui arrtent1 dans ce muse4 ,le premier de ces tableaux est un portrait de ,madame ,acarie1 plac au-dessus de l'autel qui lui est ddi sous le nom de la bienheureuse ,marie de l',incarnation4 ,ce portrait dat du dix-huitime sicle et dont l'auteur est inconnu resplendit au milieu des fades peintures de ,cornu qui l'entourent4 ,cette image d'une femme un peu souffle1 au teint rose1 vtue de bure et contemplant une minuscule sainte ,thrse1 apparue dans l'ovale rayonnant d'une aurole1 nous rappelle que la fondatrice des ,carmlites en ,france fut baptise dans cette glise1 le #b fvrier #aeff4 ,elle frquenta ,saint-,merry pendant toute son enfance1 mais aprs son mariage1 elle n'y vint plus rgulirement1 car elle habita rue des ,juifs1 et son biographe ,boucher nous apprend qu'elle ne connaissait gure d'autre chemin que celui qui conduisait de sa maison l'glise ,saint-,gervais1 sa paroisse4 ,mais trs suprieur au point de vue de l'art1 cette effigie que surtout la misre de ses alentours exalte1 est un vieux panneau de bois peint1 accroch contre-jour1 dans une chapelle voisine4 ,ce panneau1 qui servait autrefois de devant d'autel1 est un spcimen trs curieux de la peinture franaise1 italianise1 du seizime sicle4 ,il exhibe1 assise1 une houlette la main1 sainte ,genevive1 figure par une petite princesse1 aux cheveux blonds et onds qui fait plus songer1 vrai dire1 une ,diane de ,poitiers qu' une sainte entoure d'un troupeau de moutons parqus dans un champ cercl de pierres plantes droites en terre1 comme des dolmens bretons1 et un chien noir1 debout1 les pattes sur ses genoux1 qute une caresse1 tandis qu'elle lit ses prires1 dans un livre4 ,au second plan1 sur un fond de paysage dont les feuillages persills et les donjons d'une ville s'enlvent sur un ciel couleur de bistre1 deux hommes courent aprs une femme1 la sainte sans doute2 mais sa biographie ne nous fournit pas l'explication bien claire de cette scne4 ,toujours est-il que cette uvre un peu frle est avenante et qu'elle mriterait d'tre expose de telle sorte qu'on pt1 sans tre oblig d'allumer un cierge1 la voir4 ,l'on pourrait faire la mme rflexion propos du bnitier1 qui s'examine malaisment dans l'ombre4 ,ce bnitier1 en pierre blanche1 du temps de ,louis ,,xii1 porte les armes de ,france et de ,bretagne1 allies aux insignes de la ,passion2 les sculptures sont encore vivaces1 dans leur relief cendr par la poudre des ges4 ,reste enfin la crypte dans laquelle on descend par un escalier de quinze marches2 une bouffe de cave vous saute au visage quand on y entre4 ,on vacille dans l'obscurit et c'est peine si le cierge qui vous guide vous laisse entrevoir une vote basse nervures retombant sur une colonne centrale2 les clefs sont sculptes de rosaces et les chapiteaux sont fleuris de vigne4 ,malheureusement tout est retap et les murs1 entre les colonnes de pierre qui s'y engagent1 sont en fonte peinte1 imitant des plis de rideaux2 pourquoi ce blindage de coffre-fort8 ,cette cave1 dans laquelle on processionne1 le jour de la fte de ,saint-,merry1 contient des autels de rebut1 une vieille chsse requinque de cuivre1 une statue de la ,vierge de la fin du dix-huitime sicle pose1 dans un coin1 par terre4 ,le seul objet valable est une antique pierre tombale1 plaque1 l'entre1 dans la nuit1 contre une cloison4 ,on a l'impression1 dans ce cellier1 d'tre en un lieu de dbarras o l'on entasse les objets dtriors ou qui ont cess de plaire4 ,telle est prsentement l'glise ,saint-,merry4 ,plus heureuse que la plupart de ses surs de ,paris1 elle n'est pas isole dans un milieu moderne et elle demeure en accord avec les trs anciennes rues qui l'avoisinent et qui n'ont pas encore subi la stupide emphase des constructions en fer et en pltre de notre temps4 ,il y a1 l1 autour d'elle1 des ruelles dlicieuses et infmes1 entre autres une certaine rue ,taillepain que l'on retrouve1 avec le mme nom et avec la mme forme1 sur le plan de ,turgot4 ,elle ressemble une pipe1 couche sur le sol et sur le flanc2 le tuyau part de la rue du ,clotre-,saint-,merry1 en face de la grande fentre du transept1 et le fourneau s'vase1 en carrefour1 dans la rue ,brisemiche4 ,cette rue ,taillepain est un couloir bord par des dos de maisons2 presque toutes sont prives de portes et n'ont que des fentres1 dmesurment carres ou qui montent1 alors1 trop allonges1 de guingois1 encadrant1 dans leurs lisers de pierres sales1 des paysages dessins avec de la poussire1 sur d'invisibles vitres2 celles qui ont des entres se contentent1 en fait d'huis1 de simples fentes1 surmontes1 hauteur d'homme1 de barreaux de fer2 l'on dirait de meurtrires de dfense et de poternes d'attaque2 tout le quartier est misrable1 mais il efflue un relent de vieille truandaille qui rjouit4 ,les sentes sont faonnes par des devants d'htel1 noirs et gluants1 qui arborent sur des criteaux cette inscription3 ,on loge la nuit2 les boutiques sont obscures et partout des rflecteurs dpassent l'alignement des faades et s'efforcent de projeter un peu de jour dans les tnbres des pices4 ,la majeure partie est occupe par des marchands de vin de dernier ordre1 des bistros pour souteneurs1 surtout par des magasins de rapetasseurs de chaussures1 par des choppes de vieilles bottes2 c'est le march des ripatons uss6 ,la chausse pue le marcage et des bords des trottoirs s'chappe une odeur qui tient et de l'eau de choux-fleurs et de la vase de mare2 quelques-unes de ces ruelles dont ni le nom1 ni l'aspect1 n'ont1 depuis des sicles1 chang1 paraissent pourtant s'tre la longue dsinfectes2 telle cette rue de ,venise dont le bas jadis s'ouvrait en des boutiques qui taient la fois des taudis et des remises2 l'on y apercevait1 dans la pnombre1 un lit avec un thomas dessous et une dame centenaire1 assise sur une chaise de paille1 qui dterminait1 par l'effort d'un engageant sourire1 de profondes crevasses dans le pltre mollet de sa face4 ,maintenant ces bouges appartiennent des ngociants des halles qui les ont mus en des resserres de lgumes et de fruits2 en pleine rue1 l'on y dballe des caisses et l'on y remplit des mannes4 ,les tonnantes fenestrires qui habitrent ces clapiers sont dsormais parses dans toutes les rues avoisinantes1 ainsi que les juifs qui s'y livrent1 eux aussi1 au commerce des dchets4 ,ils pullulaient autrefois dans cette paroisse1 dans cette rue des ,juifs o demeura au seizime sicle ,mme ,acarie et ils avaient mme1 rue de la ,tcherie1 une synagogue4 ,illustration ,ce fut dans l'une des rues de leur refuge1 la rue des ,billettes1 qu'eut lieu1 en #abij1 le fameux miracle d'une hostie qui1 aprs avoir t prise dans l'glise de ,saint-,merry1 fut larde de coups de couteau et bouillante par l',isralite ,jonathas2 cette hostie qui voltigea1 sanglante1 dans la chambre1 fut recueillie par une femme chrtienne qui l'apporta au ,cur de l'glise ,saint-,jean-en-,grve1 o elle fut l'objet de plerinages auxquels la ,rvolution mit fin4 ,a l'heure prsente1 on clbre encore un triduum et un office de rparation de ce sacrilge dans l'glise ,saint-,jean-,saint-,franois1 qui a remplac ,saint-,jean-en-,grve1 dmoli en #ahjj1 et dont une chapelle1 retape de fond en comble1 exista jusqu'aux incendies de #ahga sous le nom de salle ,saint-,jean1 dans les btiments de l',htel de ,ville4 ,pour en revenir ,saint-,merry1 son clerg1 plus heureux maintenant que celui du moyen ge1 n'a plus maille partir avec les filles follieuses et les ruffians4 ,les rues de cette paroisse taient de celles que nos pres appelaient des rues chaudes et mal fames et d'interminables procs furent soutenus par le chapitre de ,saint-,merry contre les tenanciers de ses bouges4 ,dans son ,histoire de ,paris1 ,flibien note un arrt du #bd janvier #achh aux termes duquel le prvt ,jean de ,folleville enjoignit aux femmes publiques de vider la rue de ,bailleho1 voisine de l'glise4 ,celles-ci s'y refusrent et le magistrat dut dpcher des archers pour les faire sortir de force1 et des maons pour murer les portes de leurs maisons4 ,mais les propritaires intentrent un procs devant le ,parlement et assignrent le chevecier1 le cur de la paroisse et les chanoines1 arguant que le clerg n'avait pas besoin1 comme il le prtendait1 de passer par cette rue1 lorsqu'il avait porter le ,saint-,sacrement aux malades1 le chemin le plus court pour se rendre de l'glise dans le quartier tant la grande rue ,saint-,merry et non la sente de ,bailleho4 ,en #adbd1 le ,parlement finit par donner raison au cur1 mais les filles n'en persistrent pas moins rsider dans la rue4 ,fatigu de ces luttes1 le cur se vengea d'un tenancier de bouticle au pch1 en le faisant condamner par l'officialit effectuer une amende honorable1 un dimanche1 devant la porte de l'glise1 comme coupable d'avoir mang de la viande1 un vendredi2 et le chapitre obtint1 de son ct1 que l'on dbaptiserait la rue de son nom de ,bailleho auquel le peuple prtait un sens obscne1 et qu'on la runirait sa voisine la rue ,brisemiche4 ,l'on ne badinait point1 du reste1 dans cette paroisse1 sur la question du maigre4 ,sauval raconte1 en effet1 une pnitence de ce genre qui fut inflige1 le #ah juillet #aece1 deux personnes accuses du mme dlit1 et qui durent s'humilier devant le porche de ladite glise4 ,d'autre part1 une note de ,m4 ,bournon1 annexe l',histoire du diocse de ,paris de l'abb ,lebeuf1 cite un arrt du ,parlement de #acff1 relatif un conflit de juridiction entre le ,prvt de la ville et les chanoines1 propos d'une certaine entremetteuse mise en l'eschelle1 trois fois et par trois journes1 avec le chappel de feurre sur la tte1 comme il est accoutum de faire4 ,filles et prtres se battirent donc1 dans ce quartier1 coup de textes1 pendant le moyen ge4 ,et les gens d',eglise se battirent1 je crois bien1 encore plus1 entre eux4 ,cela s'explique4 ,durant cinq sicles1 il y eut deux curs ,saint-,merry1 appels curs cheveciers4 ,vers l'an #ajjj1 il y en eut mme sept1 les chanoines de ,notre-,dame ayant obtenu de l'vque de ,paris1 le don de cette paroisse4 ,le chapitre de ,notre-,dame dlgua alors sept chanoines ou bnficiers qui furent chargs1 chacun son tour1 pendant une semaine1 du service du culte4 ,en #abai1 la suite de la lchet de l'hebdomadier qui1 en un temps de cholra1 laissa mourir1 par peur de la contagion1 l'un des paroissiens sans sacrement1 on dcida qu'un seul et mme cur serait charg des fonctions pastorales2 puis on lui donna1 pour l'aider1 un autre cur4 ,ils travaillaient chacun une semaine2 plus tard1 enfin1 on leur adjoignit des vicaires4 ,mais les chanoines implants par le ,chapitre de ,notre-,dame ,saint-,merry n'en continurent pas moins de rsider dans l'glise2 et forcment leur prsence gta tout4 ,ils occupaient le chur et y chantaient l'office2 c'tait un invitable conflit de chaque jour entre eux et le clerg auquel il tait interdit de pntrer dans ce chur4 ,ce fut1 pendant des annes1 des combats coups d'pingles2 puis1 au moment o l'on btissait l'glise actuelle1 la fabrique acheta1 pour agrandir l'abside qui ne pouvait s'tendre1 faute de place1 une ruelle allant de la rue ,saint-,bon la rue ,taillepain4 ,aussitt les chanoines partirent en guerre1 dclarant que cette ruelle tait eux4 ,ils engagrent de tenaces et de lents procs contre les curs et la fabrique4 ,on n'en vit la fin qu'en #aghi4 ,l',assemble ,nationale mit tout ce monde de chicaniers d'accord1 en convertissant l'glise en une fabrique de salptre1 puis en un temple du ,commerce4 ,mais si1 remontant en arrire1 travers les temps1 nous regagnons encore l'poque du moyen ge1 nous devons constater1 pour tre justes1 qu'il y eut mieux que des litiges en suspens entre chanoines et filles et chanoines et prtres4 ,au treizime sicle1 un saint frquenta ,saint-,merry1 saint ,edouard1 devenu plus tard archevque de ,cantorbry et alors lve en thologie ,paris2 il chantait1 chaque nuit1 avec le ,chapitre1 l'office des ,matines et soignait les pauvres tudiants malades1 vendant jusqu' sa chemise pour leur procurer des remdes4 ,au sicle suivant1 une autre clicole1 ,guillemette de la ,rochelle1 sjourna galement prs de ce sanctuaire4 ,le roi ,charles ,v1 qui connaissait la saintet de sa vie et admirait ses rvlations extatiques1 voulut qu'elle vnt se fixer dans la capitale et il lui fit faire un bel oratoire de bois ,saint-,merry4 ,elle y vcut dans le ravissement1 souleve en l'air1 souvent de plus de deux pieds2 et l'on pense qu'elle fut1 aprs son trpas1 inhume dans l'glise4 ,le mme roi ,charles ,v instaura aussi1 en l'an #acgc1 une confrrie de laques de la paroisse1 dont le but fut d'honorer plus spcialement la ,mre du ,sauveur4 ,cette dvotion se continua et1 deux sicles plus tard1 nous voyons que le moindre manquement qui se pouvait relever contre le culte de la ,madone1 tait aussitt rpar4 ,lebeuf nous cite1 en effet1 cet pisode qu'il a lu dans les registres du ,parlement de l'anne #aecj3 ,comme il s'tait commis des excs sur une image de la sainte ,vierge peinte sur une maison proche de l'glise1 le ,parlement ordonna1 le #be mai1 que le clerg se rendrait processionnellement cette image qui serait repeinte1 pour y chanter les louanges de la ,mre de ,dieu4 ,illustration ,enfin s'il y eut1 pour femmes1 des bouticles au pch1 il y eut aussi dans ce quartier1 de pieux couvents de nonnes1 des couvents aux rgles trs particulires1 tel que celui des ,bonnes femmes de ,saint-,avoye4 ,cette maison avait t fonde en #abhc1 par ,jean ,squence1 chevecier de ,saint-,merry et la ,veuve ,constance de ,saint-,jacques1 pour y recueillir quarante veuves1 pauvres et ges d'au moins cinquante ans4 ,elle tait situe en la rue ,saint-,avoye1 qui s'est fondue depuis dans le courant de la rue du ,temple4 ,ce monastre tait une sorte d'assemble de bguines1 aux ordonnances plus minutieuses et plus serres2 il ralisait un compromis entre un bguinage et un couvent4 ,voici l'existence que l'on menait dans ce petit clotre3 ,lever cinq heures du matin1 en t1 et en hiver1 six4 ,on commenait par rciter les heures ,notre-,dame1 sept psaulmes et litanies et aultres heures de la ,passion et du ,saint-,esprit2 et les aultres qui ne savent lyre1 n'y leurs heures1 seront tenues dire trois chappeletz et autres menus suffrages qu'elles pourront scavoir4 ,puis l'on entendait la messe et aprs1 dit le rglement1 vous vous assemblerez pour assister la besongne1 tel uvre et vacation honneste dont vous pourrez aider et exerciter4 ,pendant ce travail opr en commun1 on faisait1 durant l'espace d'une demi-heure1 lecture de quelque bonne histoire de l',escripture sainte4 ,a dix heures on dnait1 l'on se rcrait pendant trente minutes1 la cloche tintait et l'on reprenait le travail jusqu' l'heure du souper1 c'est--dire jusqu' cinq heures4 ,et neuf heures on sonnait le couvre-feu4 ,la direction de cet institut tait confie aux cheveciers de ,saint-,merry qui nommaient une matresse rvocable leur gr et une secrtaire plus spcialement charge de l'entretien de la chapelle4 ,la fondation de ,saint-,avoye prospra1 puis dchut4 ,en #afba1 les bonnes femmes renoncrent leurs prrogatives2 elles firent don de leur monastre aux ,ursulines de la rue ,saint-,jacques et elles s'y incorporrent1 sous la rgle de cet ordre1 acceptant toutefois de rester sous la juridiction du cur de ,saint-,merry et lui prsentant1 l'glise1 en offrande1 le jour de la fte de ce saint1 chaque anne un cierge d'une livre auquel tait attach un cu d'or4 ,les derniers vestiges de ce couvent ont disparu en #ahch1 lors du percement de la rue ,rambuteau4 ,appartenaient encore au territoire de ,saint-,merry1 tel que le limite ,lebeuf1 la chapelle et l'hpital de ,saint-,julien des ,mntriers dont la faade s'ouvrait sur la rue ,saint-,martin et dont le vaisseau s'tendait le long de la rue du ,maure4 ,ils furent fonds au quatorzime sicle1 pour abriter et soigner les pauvres mntriers en dtresse dans la ville1 par deux musiciens1 lesquels1 nous raconte du ,breul dans son ,thtre des ,antiquits de ,paris1 s'entr'aimaient et taient toujours ensemble4 ,si un tait de ,lombardie et avait nom ,jacques ,grave de ,pistoye1 autrement dit ,lappe2 l'autre tait de ,lorraine et avait nom ,huet1 le guette du ,palais du ,roy4 ,ces deux btiments furent ddis saint ,julien1 protecteur des voyageurs1 et saint ,gens1 mime chrtien1 martyris sous le rgne de ,diocltien et patron des mntriers4 ,termine et livre au culte1 en #acce1 la chapelle ne fut jamais que la trs humble vassale de ,saint-,merry1 car les chapelains1 institus pour la desservir1 ne pouvaient administrer aucun sacrement sans la permission du cur de la paroisse4 ,cette situation dura jusqu'au moment o1 sur les instances d',anne d',autriche1 l'archevque de ,paris dcida de remplacer ces chapelains par des ,pres de la doctrine chrtienne2 les mntriers1 qui tenaient leurs prtres1 s'insurgrent et entamrent contre les nouveaux venus une srie de procs qu'ils finirent par gagner2 mais bientt ils eurent se dbattre dans une plus menaante aventure4 ,un ordre de ,louis ,,xvi ayant prescrit1 en #agha1 la fermeture du cimetire des ,saints-,innocents qui tait le lieu de spulture des fidles de ,saint-,merry1 le cur et le chapitre de cette glise voulurent enterrer leurs morts sous le pav de la nef de ,saint-,julien et1 force d'intrigues1 ils dterminrent le roi convertir1 pour leur usage1 ce sanctuaire en un charnier4 ,exaspre1 la corporation des ,mntriers souleva tout le quartier et en prsence des meutes qui surgissaient de toutes parts1 le malencontreux dit fut rapport4 ,une fois de plus1 les braves musiciens1 si dvous leur chapelle1 l'avaient sauve2 mais ce fut une victoire sans lendemain1 car la ,rvolution les dispersa et s'empara de leurs biens4 ,telle est en peu de mots la biographie de ,saint-,julien dont le portail tait orn de trois grandes figures de pierre3 le ,christ1 debout1 entre saint ,julien et saint ,gens2 ce dernier tenait1 d'une main1 un violon et un archet de l'autre2 douze petites statues1 niches dans les voussures du porche1 compltaient le dcor2 elles effigiaient des joueurs de timbale1 de flte1 de musette1 de trompette marine1 de serpent1 de sistre1 de harpe1 d'pinette et de luth4 ,le tout fut vendu et dmoli en #agij2 l'emplacement de l'glise et de l'hospice est actuellement occup par les maisons dsignes sous les numros #afd1 #aff1 #afh de la rue ,saint-,martin4 ,quant ,saint-,merry mme1 son histoire se confond pendant les poques qui suivirent le moyen ge avec celle des autres quartiers de ,paris2 elle ne prsente pas du moins de faits bien personnels et qui mritent d'tre nots4 ,aprs avoir cit1 pour mmoire1 le vacarme nocturne de la taverne de l',epe ,royale qui1 avant d'avoir sous la ,rgence servi de coupe-gorge au ,comte de ,horn1 en mal d'argent1 hbergea au dix-septime sicle les potes crotts et fut l'un des cabarets littraires la mode de ce temps1 il nous faut atteindre les mois de juin #ahcb et de fvrier #ahdh pour discerner le nouvel et trs spcial aspect que prennent ses rues4 ,en raison mme de la sinueuse troitesse de leurs lacis1 elles taient faciles dfendre et les meutiers y dressrent ces persvrantes barricades dont l'assaut a t magnifi par ,v4 ,hugo1 dans des pages superbes des ,misrables4 ,il en fut de mme en #ahga2 l'glise1 le presbytre1 leurs caves surtout avaient t dvalises par les soins du sieur ,froissard1 dit ,court-en-,cuisses1 commissaire de la commune2 le culte tait interrompu2 le #bd mai1 alors que l'insurrection tait peu prs vaincue1 les fdrs et les ,vengeurs de ,flourens se prcipitrent dans l'glise1 ivres de fureur et fous de vin4 ,ils rsolurent d'incendier la nef2 pour sauver l'glise1 les habitants y apportrent les gardes nationaux blesss que l'on soignait dans les maisons voisines4 ,ils n'en continurent pas moins d'enduire les murs de ptrole et ils allaient y mettre le feu1 quand un bataillon du vingtime chasseurs arriva au pas de course et tua la plupart de ces brutes4 ,saint-,merry avait1 au demeurant1 peu souffert4 ,il fut vite rpar et remis en l'tat o nous le voyons actuellement4 ,il est1 vrai dire1 pendant la semaine1 bien dsert1 car c'est peine si quelques surs1 si quelques bonnes femmes viennent grener leurs patentres devant le ,saint-,sacrement4 ,on pourrait croire que la pit y est nulle4 ,il n'en est rien pourtant4 ,cette paroisse a gard une vie religieuse1 sourde1 dont on peut surprendre l'closion1 le dimanche1 et1 l'une des seules de ,paris maintenant1 elle conserve une institution laque qui est un des prcieux reliefs du rit gallican1 l'uvre des ,clercs de ,saint-,merry4 ,dans une trs intressante brochure sur cette confrrie1 ,m4 l'abb ,baloche fixe1 dfaut de documents antrieurs1 aux dernires annes du dix-septime sicle1 la fondation de ces clercs4 ,a vrai dire1 ils remontent aux premiers temps de l're chrtienne1 ils sont de l'glise primitive mme o1 sous la direction des presbytres et des diacres1 les fidles prenaient une part active la vie du culte1 en contribuant au service intrieur de la synaxe1 en portant le viatique aux malades1 en se communiant1 eux-mmes1 chez eux1 en lisant avec le clerg les ,evques4 ,plus tard1 au douzime sicle1 nous les trouvons prchant avec l'assentiment de ,rome dans des glises1 et jusqu'au seizime coutant1 si le prtre manquait1 les confessions des personnes en danger de mort4 ,et cette tche tait obligatoire4 ,en cas de ncessit1 il faut avouer ses fautes son prochain s'il n'y a pas de prtre1 dit saint ,bonaventure dans son huitime sermon sur les ,rogations et1 de son ct1 saint ,thomas d',aquin dclare que la confession opre dans ces conditions est d'une certaine manire sacramentelle1 bien qu'il soit impossible de parfaire le sacrement cause de l'absence du ministre qui possde1 seul1 les pouvoirs rmissifs du dliement4 ,illustration ,bref1 l'on peut affirmer que les laques s'acquittrent alors de toutes les fonctions qui n'exigeaient pas imprieusement le caractre sacerdotal1 pour tre validement remplies4 ,ces prrogatives1 ils en profitrent tant que l'esprit de domination des ,pontifes romains se contint et daigna ne pas considrer les simples chrtiens1 ainsi qu'il le fait maintenant1 comme ces pluchures du monde dont parle saint ,paul2 mais peu peu1 sous l'impulsion du haut clerg1 le peuple fut vinc du service divin2 il n'y eut plus que dans les pays qui suivaient un rituel diffrent de celui de ,rome1 que les paroissiens purent ne pas tre dpouills de leurs droits sculaires2 ailleurs1 ils furent rduits au rle de spectateurs muets1 de simples assistants4 ,cet tat invanglique1 eut1 en ,france1 pour cause l'ternelle servilit des vques4 ,sauf celui de ,lyon1 tous1 sans y tre forcs1 pour tre agrables la personne de ,pie ,,ix1 rpudirent l'antique liturgie des ,gaules et adoptrent avec le rit1 le brviaire romain1 si peu vari1 si sec et si froid1 si dnatur mme dans le texte revu de ses squences4 ,sur leurs ordres1 l'on arracha des antiphonaires la flore mystique de trs vieux plants2 l'on extirpa1 pour les jeter dans le fumier de l'oubli1 ces merveilleuses gerbes1 o s'panouissaient1 les jours de grandes ftes1 les ingnieuses hymnes d',hilaire de ,poitiers1 de ,prudence et de ,fortunat1 les proses magnifiques d',adam de ,saint-,victor1 les admirables rpons clbrant la ,nativit de la ,vierge1 de ,fulbert de ,chartres4 ,ce fut l'ovation du jardin bourgeois1 le triomphe1 sur toute la ligne1 du granium liturgique6 ,ainsi que je l'crivais nagure1 dans l',oblat1 les franais dtruisirent alors l'uvre des artistes indignes1 brlrent en quelque sorte leurs primitifs4 ,il n'est pas douteux que les brviaires gallicans1 le parisien surtout1 n'eussent besoin de rformes4 ,dom ,guranger avait signal trs justement leurs dfauts1 leur manque de pit mme4 ,et de fait1 mani et remani par les ,harlay1 les ,noailles1 les ,vintimille1 le brviaire de ,paris sentait le ,jansnisme plein nez2 il pouvait beaucoup moins servir aux catholiques qu'aux appelants4 ,mais ce n'tait pas une raison pour accepter celui de ,rome qui n'est qu'un passe-partout1 qui ne tient compte1 ni des traditions1 ni des coutumes1 ni des diffrentes dvotions des diocses2 il fallait reconstituer le ,parisien1 tel qu'il tait au moyen ge1 avant que les cuistres du dix-septime et du dix-huitime sicles1 n'y eussent touch4 ,il n'en fut rien2 et naturellement le crmonial eut le mme sort que le brviaire dont il tait le complment4 ,ce fut avec la suppression du brviaire gallican la mort de son rit imag et le renvoi de ces liturges laques que l'on dsignait alors sous le nom de chapiers ou d'indus4 ,ils disparurent et l'orgueil sacerdotal auquel1 si bon qu'il puisse tre1 nul prtre n'chappe1 y trouva son compte4 ,comment expliquer alors que ,saint-,merry ait pu garder ce vestige d'un rituel prim qui survcut d'ailleurs1 pendant quelque temps encore1 mais plus effac1 dans d'autres glises du mme archidiacon1 telles que ,saint-,nicolas-des-,champs et ,sainte-,elisabeth1 pour en citer deux8 ,je ne sais4 ,il y eut1 sans doute1 jadis ,saint-,merry comme ,saint-,thomas d',aquin o les chapiers n'existent plus1 mais o l'on chante encore1 pendant la ,semaine ,sainte1 l'antique prose de l'ancien ,parisien1 le ,languentibus in purgatorio un cur1 pris des doctrines gallicanes1 et qui sauva1 de sa propre autorit1 quelques dbris des coutumes usites dans son glise4 ,et par dsir de ne rien innover1 par crainte de mcontenter les paroissiens1 par ignorance peut-tre1 leurs successeurs ont laiss les choses en l'tat et nous en profitons4 ,mais en quoi consiste1 au juste1 le rle rserv1 dans leur sanctuaire1 aux clercs de ,saint-,merry8 ,ils font office d'acolytes1 de thurifraires1 de crmoniaires2 ils remplissent les fonctions de diacres d'honneur aux grand'messes2 ils arborent donc la chape et quand ils n'officient pas1 ils revtent dans le chur la soutane vermillon1 la grande aube blanche et la ceinture cerise4 ,leur but1 dclarent les statuts de l'uvre1 est de contribuer la gloire de ,dieu et aux pompes du culte divin3 premirement par l'exactitude assister aux offices1 deuximement par la bonne tenue1 le recueillement et la pit au chur4 ,et l'article ,,iii prescrit3 ,les clercs s'engagent excuter de leur mieux toutes les crmonies qu'ils seront invits faire par le ,matre des ,crmonies4 ,ils s'acquittent de leur tche1 avec conscience et l'on peut1 en toute vrit le dire1 leur prsence ,saint-,merry est un vrai stimulant de zle1 un rconfort4 ,voulant me rendre compte1 par moi-mme1 de la faon dont ils pratiquaient l'office1 je me suis rendu1 le jour de la fte du ,saint-,sacrement1 la grand'messe4 ,j'y allai1 je l'avoue1 prvenu2 je pensais que des hommes moustaches1 habills en enfants de chur et affubls d'ornements d'glise1 seraient trs ridicules4 ,je me trompais2 ces gens1 qui n'avaient pas du tout les faces en fuite des bigots1 portaient leur costume avec aisance et1 trs au courant de leur mtier1 ils voluaient avec une ferveur la fois mle et touchante4 ,quand l'aspersion eut lieu1 le prtre1 le goupillon en main1 traversa toute la nef2 les deux chapiers qui soutenaient sa dalmatique pour lui permettre de lever le bras1 taient deux clercs de l'uvre2 l'un1 g d'une soixantaine d'annes1 avait une physionomie intelligente et bonhomme1 avec des traits un peu paissis et une moustache grise2 l'autre1 plus jeune1 et trs grand1 figurait assez bien un retre de la ,renaissance1 avec ses cheveux dbordant en boucles sur le front1 son nez busqu et sa moustache rousse4 ,vtus de grandes chapes d'or1 ils manuvraient sans aucune gne1 comme aussi sans aucune pose1 dans l'alle enserre par des rangs de chaises1 trs attentifs viter tout faux pas au clbrant2 puis1 lorsque la messe commena1 ils se tinrent derrire le diacre et le sous-diacre prtres1 remplissant leur devoir de liturges1 avec une prcision et un respect que dans d'autres glises1 certains membres du clerg ignorent4 ,elle tait vraiment louable1 cette grand'messe4 ,on y chanta1 en plain-chant1 l',introt1 le ,kyrie ,eleison1 le ,gloria1 le ,lauda ,sion1 le ,credo1 le ,sanctus et l',agnus ,dei2 malheureusement1 ici1 de mme que dans beaucoup de sanctuaires de ,paris1 l'on escamota le ,graduel1 l',offertoire et la ,communion1 plus difficiles chanter2 mais enfin il n'y eut pas de ptarades musicales modernes2 grces en soient rendues au matre de chapelle et au cur6 ,et ce que l'on pouvait se croire1 loin de ,paris1 dans cette vieille glise de la rue ,saint-,martin1 peuple de ,petits ngociants dont la pit tait simple et relle6 ,si les temps taient1 pour l',eglise de ,france1 moins durs1 l'on souhaiterait que des uvres pareilles celle des clercs de ,saint-,merry fussent fondes dans chaque paroisse1 afin de rehausser la solennit du culte et d'intresser le peuple aux offices1 en l'admettant y prendre part2 mais1 mme des poques plus propices1 les clercs de ,saint-,merry ont eu bien du mal conserver leur existence1 car1 en #aijj1 l',archidiacre de ,notre-,dame1 sous la juridiction duquel est plac ,saint-,merry1 avait rsolu de les supprimer4 ,celui-l pensait sans doute1 comme tous ses confrres1 que les laques ne peuvent tre autre chose qu'un btail parqu dans l'table d'une nef4 ,ils furent sauvs par la mort de ce personnage qui trpassa avant d'avoir pu mettre son projet excution2 et le #bf novembre #aije1 les clercs ont clbr1 glorieusement1 par une crmonie magnifique1 dans leur glise1 leur centenaire--non le centenaire de leur cration dont on ne connat pas la date--mais celui de leur rorganisation qui fut effectue par le cur ,fabrgue1 en #ahje4 ,table des ,chapitres ,pages ,la ,symbolique de ,notre-,dame #g ,saint-,germain-l',auxerrois #di ,saint-,merry #ajc ,achev d'imprimer le #bh fvrier #aibj sur la presse de ,ren ,kieffer par ,a4 ,paudras4 ,le ,papier ,fabriqu spcialement la forme par la ,maison ,blanchet-,klber4 ,gothique de ,simon ,vostre4