,,de ,l',,allemagne ,illu/ration 7,autographe de ,m de ,/al1 communiqu p> ,m4 ,*>avay7 ,,aux]re-,,p>is4--,,imprim]ie ,a4 ,,lani] ,m ,,de ,,/a,l ,,de ,l',allemagne ,,tome ,,premi] ,illu/ration ,,p>is ,,erne/ ,,flamm>ion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf ,t\s ,droits rs]vs ,,notice ,,sur ,,madame ,,de ,,/a,l ,anne-,l\ise-,g]ma9e ,neck]1 ne ,p>is en #agff1 tait la fille du clbre m9i/re franais2 sa mre d\e d'un c>actre trs f]me l'leva svrem5t1 et1 jeune enfant1 l'admit dans son salon ent5dre les conv]sations srieuses et in/ructives de g5s tels que ,buffon1 ,m>montel1 ,grimm1 etc4 ,en #aghe elle avait p\s le b>on de ,/al-,hol/e91 diplomate sudois1 qui dev9t ambassadeur ,p>is1 mais cette union ne fut pas heureuse4 ,le db de ,m de ,/al dans la littrature date de #aghh p> des ,lettres sur ,j4-,j4 ,r\sseau1 o elle montre un gr& en?\siasme p\r le philosophe g5evois4 ,lorsqu'clata la ,rvolution1 elle accepta d'abord les r=mes avec admiration1 mais bi5tt son ardeur se refroidit1 et elle prs5ta mme un plan d'vasion des ,tuil]ies4 ,en #agib et l'anne suivante1 aprs la mort du roi1 elle prs5ta au g\v]nem5t rvolutionnaire une df5se en faveur de ,m>ie-,anto9ette4 ,aprs le #i !rmidor1 elle publia une bro*ure qui fut rem>que3 ,rflexions sur la paix adresses ,m4 ,pitt et aux ,franais4 ,s\s le ,directoire1 elle ex]a1 p> son salon et p> ses crits1 une gr&e influ5ce1 s\t9t les directeurs1 et fit r5tr] ,talleyr& aux affaires4 ,elle tait l'me du ,c]cle con/itutionnel dont ,b5jam9 ,con/ant tait l'orateur4 ,de bonne heure elle avait press5ti ,bonap>te et son ambition1 aussi le ,premi] ,consul l'exila1 en #ahjb1 qu>ante lieues de ,p>is2 mais elle prfra se retir] en ,allemagne1 ,weim>1 o elle connut ,g!1 ,wiel& et ,s*ill]4 ,la mort de son pre1 p\r qui elle pr(essait un vritable culte1 la rappela ,coppet en #ahjd4 ,p\r se di/raire de sa d\leur1 elle voyagea en ,italie et y composa ,cor9ne1 son clbre roman4 ,cette uvre indisposa vivem5t ,napolon1 qui en composa lui-mme1 dit-on1 une critique insre au ,moniteur4 ,ret\rne en ,allemagne en #ahjh1 ,m de ,/al mit la d]nire ma9 son livre de l',allemagne4 ,elle v9t incognito ,p>is p\r en surveill] l'impression2 mais ,f\*1 le *ef de la police1 eut v5t de l'affaire4 ,le livre fut livr au pilon et ne put tre rimprim qu'en #ahad4 ,quant ,m de ,/al1 elle reut l'ordre de quitt] ,p>is dans les trois j\rs4 ,le g\v]nem5t imprial r5dit la prison de ,coppet de plus en plus troite et eut so9 d'en loign] t\s les amis de ,m de ,/al4 ,celle-ci russit cep5dant s'*app] en #ahab4 ,ds lors elle habita successivem5t ,vi5ne1 ,mosc\1 ,sa9t-,pt]sb\rg1 la ,sude et enf9 ,londres1 suscitant p>t\t la coalition contre ,napolon1 et p\rsuivant la rev5dication d'une somme de deux millions due son pre1 somme qui lui fut re/itue p> le g\v]nem5t de ,l\is ,,xviii4 ,elle ne r5tra en ,france qu'en #ahae et m\rut ,p>is deux ans aprs1 au ret\r d'un d]ni] voyage en ,italie1 o elle avait t p\r rtablir sa sant4 ,on apprit alors qu'elle s'tait rem>ie1 mais secrtem5t1 avec ,m4 de ,rocca1 jeune (fici] qu'elle avait connu ,g5ve4 ,de son premi] m>iage elle avait eu trois enfants1 deux fils et une fille4 ,celle-ci p\sa ,m4 de ,broglie1 pair de ,france4 ,des deux fils1 l'un m\rut =t jeune2 l'autre1 le b>on de ,/al 7#agij-ahbg71 s'occupa d'agronomie1 d'tudes philan?ropiques et donna une dition des uvres de sa mre4 ,m de ,/al peut pass] comme un de nos plus gr&s criva9s2 on tr\ve *ez elle de la pr(ondeur et une rudition v>ie1 jo9tes beauc\p de f9esse et une gr&e connaissance du monde4 ,outre les uvres dj cites1 il convi5t d'aj\t]3 ,delph9e 7#ahjb72 ,considrations sur la ,rvolution franaise 7#ahah71 et plusieurs bro*ures qui ne fur5t pas trangres au ress5tim5t de ,napolon son g>d4 ,,pr,,face ,ce #a octobre #ahac4 ,en #ahaj1 je donnai le manuscrit de cet ouvrage sur l',allemagne au libraire qui avait imprim ,cor9ne4 ,comme j'y manife/ais les mmes op9ions1 et que j'y g>dais le mme sil5ce sur le g\v]nem5t actuel des ,franais que dans mes crits prcd5ts1 je me flattai qu'il me s]ait aussi p]mis de le publi]2 t\tefois1 peu de j\rs aprs l'envoi de mon manuscrit1 il p>ut un dcret sur la lib]t de la presse d'une nature trs s+ulire2 il y tait dit1 qu'aucun ouvrage ne p\rrait tre imprim sans avoir t exam9 p> des c5seurs4 ,soit2 on tait acc\tum en ,france1 s\s l'anci5 rgime1 se s\mettre la c5sure2 l'esprit public m>*ait alors dans le s5s de la lib]t et r5dait une telle gne peu r$\table2 mais un petit article1 la f9 du n\veau rglem5t1 disait que lorsque les c5seurs aurai5t exam9 un ouvrage et p]mis sa publication1 les libraires s]ai5t en effet autoriss l'imprim]1 mais que le m9i/re de la police aurait alors le droit de le supprim] t\t enti]1 s'il le jugeait conv5able4 ,ce qui veut dire1 que telles ou telles =mes s]ai5t adoptes1 jusqu' ce qu'on juget propos de ne plus les suivre3 une loi n'tait pas ncessaire p\r dcrt] l'abs5ce des lois1 il valait mieux s'en t5ir au simple fait du p\voir absolu4 ,mon libraire cep5dant prit sur lui la responsabilit de la publication de mon livre1 en le s\mettant la c5sure1 et notre accord fut a9si conclu4 ,je v9s qu>ante lieues de ,p>is p\r suivre l'impression de cet ouvrage1 et c'e/ l que p\r la d]nire fois j'ai respir l'air de ,france4 ,je m'tais int]dit dans ce livre1 comme on le v]ra1 t\te rflexion sur l'tat politique de l',allemagne2 je me supposais c9quante annes du temps prs5t1 mais le temps prs5t ne p]met pas qu'on l'oublie4 ,plusieurs c5seurs exam9r5t mon manuscrit2 ils supprimr5t les div]ses phrases que j'ai rtablies1 en les dsignant p> des notes2 enf91 ces phrases prs1 ils p]mir5t l'impression du livre tel que je le publie ma9t5ant1 c> je n'ai cru devoir y ri5 *ang]4 ,il me semble curieux de montr] quel e/ un ouvrage qui peut attir] ma9t5ant en ,france sur la tte de son auteur la p]scution la plus cruelle4 ,au mom5t o cet ouvrage allait p>atre1 et lorsqu'on avait dj tir les dix mille exemplaires de la premire dition1 le m9i/re de la police1 connu s\s le nom du gnral ,sav>y1 envoya ses g5d>mes *ez le libraire1 avec ordre de mettre en pices t\te l'dition1 et d'tablir des s5t9elles aux div]ses issues du magas91 dans la cra9te qu'un seul exemplaire de ce dang]eux crit ne pt s'*app]4 ,un commissaire de police fut *>g de surveill] cette expdition1 dans laquelle le gnral ,sav>y obt9t aism5t la victoire2 et ce pauvre commissaire e/1 dit-on1 mort des fatigues qu'il a pr\ves1 en s'assurant avec trop de dtail de la de/ruction d'un si gr& nombre de volumes1 ou plutt de leur trans=mation en un c>ton p>faitem5t blanc1 sur lequel aucune trace de la raison huma9e n'e/ re/e2 la valeur intr9sque de ce c>ton1 e/ime v+t l\is1 e/ le seul ddommagem5t que le libraire ait obt5u du gnral m9i/re4 ,au mom5t o l'on anantissait mon livre ,p>is1 je reu la campagne l'ordre de livr] la copie sur laquelle on l'avait imprim1 et de quitt] la ,france dans les v+t-quatre heures4 ,je ne connais gure que les conscrits1 qui v+t-quatre heures suffis5t p\r se mettre en voyage2 j'crivis donc au m9i/re de la police qu'il me fallait huit j\rs p\r faire v5ir de l'arg5t et ma voiture4 ,voici la lettre qu'il me rpondit3 ,,police ,g,n,,rale ,,cab9et ,,du ,,m9i/re ,p>is1 #c octobre #ahaj4 ,j'ai reu1 madame1 la lettre que v\s m'avez fait l'honneur de m'crire4 ,monsieur votre fils a d v\s appr5dre que je ne voyais pas d'inconvni5ts ce que v\s ret>dassiez votre d"p de sept huit j\rs3 je dsire qu'ils suffis5t aux arrangem5ts qui v\s re/5t pr5dre1 p>ce que je ne puis v\s en accord] davantage4 ,il ne faut po9t re*]*] la cause de l'ordre que je v\s ai signifi dans le sil5ce que v\s avez g>d l'g>d de l'emp]eur dans votre d]ni] ouvrage1 ce s]ait une erreur2 il ne p\vait pas y tr\v] de place qui ft digne de lui2 mais votre exil e/ une consqu5ce naturelle de la m>*e que v\s suivez con/amm5t depuis plusieurs annes4 ,il m'a p>u que l'air de ce pays-ci ne v\s conv5ait po9t1 et n\s n'en sommes pas encore rduits *]*] des modles dans les peuples que v\s admirez4 ,votre d]ni] ouvrage n'e/ po9t franais2 c'e/ moi qui en ai arrt l'impression4 ,je regrette la p]te qu'il va faire pr\v] au libraire1 mais il ne m'e/ pas possible de le laiss] p>atre4 ,v\s savez1 madame1 qu'il ne v\s avait t p]mis de sortir de ,coppet que p>ce que v\s aviez exprim le dsir de pass] en ,amrique4 ,si mon prdcesseur v\s a laiss habit] le dp>tem5t de ,loir-et-,*]1 v\s n'avez pas d reg>d] cette tolrance comme une rvocation des dispositions qui avai5t t arrtes votre g>d4 ,auj\rd'hui v\s m'obligez les faire excut] /rictem5t1 et il ne faut v\s en pr5dre qu' v\s-mme4 ,je m&e ,m4 ,corbigny#a de t5ir la ma9 l'excution de l'ordre que je lui ai donn1 lorsque le dlai que je v\s accorde s]a expir4 ,je suis aux regrets1 madame1 que v\s m'ayez contra9t de comm5c] ma correspondance avec v\s p> une mesure de rigueur2 il m'aurait t plus agrable de n'avoir qu' v\s (frir des tmoignages de la haute considration avec laquelle j'ai l'honneur d'tre1 ,,madame1 ,votre trs humble et trs obissant s]viteur1 ,sign3 ,,le ,,duc ,,de ,,rovigo4 ,madame de ,/al4 ,p4-,s4--,j'ai des raisons1 madame1 p\r v\s indiqu] les ports de ,lori5t1 ,la ,ro*elle1 ,bordeaux et ,ro*e=t1 comme tant les seuls ports dans lesquels v\s p\vez v\s emb>qu]3 je v\s invite me faire connatre celui que v\s aurez *oisi#b4 99 99 99 99 99 ,j'aj\t]ai quelques rflexions cette lettre dj1 ce me semble1 assez curieuse p> elle-mme4--,il m'a p>u1 dit le gnral ,sav>y1 que l'air de ce pays ne v\s conv5ait pas2 quelle gracieuse manire d'annonc] une femme alors1 hlas6 mre de trois enfants1 la fille d'un homme qui a s]vi la ,france avec tant de foi1 qu'on la bannit1 jamais1 du lieu de sa naissance1 sans qu'il lui soit p]mis de rclam] d'aucune manire contre une pe9e rpute la plus cruelle aprs la condamnation mort6 ,il exi/e un vaudeville franais dans lequel un huissi]1 se vantant de sa politesse env]s ceux qu'il conduit en prison1 dit3 ,aussi je suis aim de t\s ceux que j'arrte4 ,je ne sais si telle tait l'int5tion du gnral ,sav>y4 ,il aj\te que les ,franais n'en sont pas rduits pr5dre p\r modles les peuples que j'admire4 ,ces peuples1 ce sont les ,anglais d'abord1 et1 plusieurs g>ds1 les ,allem&s4 ,t\tefois je ne crois pas qu'on puisse m'accus] de ne pas aim] la ,france4 ,je n'ai que trop montr le regret d'un sj\r o je cons]ve tant d'objets d'affection1 o ceux qui me sont *]s me plais5t tant6 ,mais de cet atta*em5t peut-tre trop vif p\r une contre si brillante et p\r ses spirituels habitants1 il ne s'ensuivait po9t qu'il dt m'tre int]dit d'admir] l',anglet]re4 ,on l'a vue1 comme un *evali] arm p\r la df5se de l'ordre social1 prs]v] l',europe p5dant dix annes de l'an>*ie1 et p5dant dix autres du despotisme4 ,son heureuse con/itution fut1 au comm5cem5t de la rvolution1 le b des esprances et des ef=ts des ,franais2 mon me en e/ re/e o la leur tait alors4 ,a mon ret\r dans la t]re de mon pre1 le prfet de ,g5ve me df5dit de m'en loign] plus de quatre lieues4 ,je me p]mis un j\r d'all] jusqu' dix1 dans le simple b d'une prom5ade2 aussitt les g5d>mes c\rur5t aprs moi1 l'on df5dit au matre de po/e de me donn] des *evaux1 et l'on et dit que le salut de l'tat dp5dait d'une aussi faible exi/5ce que la mi5ne4 ,je me rsignai cep5dant encore cet emprisonnem5t dans t\te sa rigueur1 qu& un d]ni] c\p me le r5dit t\t fait insupportable4 ,quelques-uns de mes amis fur5t exils1 p>ce qu'ils avai5t eu la gnrosit de v5ir me voir2 c'en tait trop3 port] avec soi la contagion du malheur1 ne pas os] se rappro*] de ceux qu'on aime1 cra9dre de leur crire1 de prononc] leur nom1 tre l'objet t\r t\r1 ou des preuves d'affection qui font trembl] p\r ceux qui v\s les donn5t1 ou des bassesses raff9es que la t]reur inspire1 c'tait une situation laquelle il fallait se s\/raire si l'on v\lait encore vivre6 ,on me disait1 p\r ad\cir mon *agr91 que ces p]scutions cont9uelles tai5t une preuve de l'importance qu'on atta*ait moi2 j'aurais pu rpondre que je n'avais mrit ,ni cet excs d'honneur1 ni cette indignit4 ,mais je ne me laissai po9t all] aux consolations donnes mon am\r-propre1 c> je savais qu'il n'e/ p]sonne ma9t5ant en ,france1 depuis les plus gr&s jusqu'aux plus petits1 qui ne puisse tre tr\v digne d'tre r5du malheureux4 ,on me t\rm5ta dans t\s les intrts de ma vie1 dans t\s les po9ts s5sibles de mon c>actre1 et l'autorit condesc5dit se donn] la pe9e de me bi5 connatre p\r mieux me faire s\ffrir4 ,ne p\vant donc ds>m] cette autorit p> le simple sacrifice de mon tal5t1 et rsolue ne lui en pas (frir le s]vage1 je crus s5tir au fond de mon cur ce que m'aurait conseill mon pre1 et je p>tis4 ,il m'importe1 je le crois1 de faire connatre au public ce livre calomni1 ce livre1 s\rce de tant de pe9es3 et quoique le gnral ,sav>y m'ait dcl> dans sa lettre que mon ouvrage n'tait pas franais1 comme je me g>de bi5 de voir en lui le reprs5tant de la ,france1 c'e/ aux ,franais tels que je les ai connus que j'adress]ai avec confiance un crit o j'ai t*1 selon mes =ces1 de relev] la gloire des travaux de l'esprit huma94 ,l',allemagne1 p> sa situation gographique1 peut tre considre comme le cur de l',europe1 et la gr&e association cont95tale ne saurait retr\v] son indp5dance que p> celle de ce pays4 ,la diffr5ce des langues1 les limites naturelles1 les s\v5irs d'une mme hi/oire1 t\t contribue crer p>mi les hommes ces gr&s individus qu'on appelle des nations2 de c]ta9es proportions leur sont ncessaires p\r exi/]1 de c]ta9es qualits les di/+u5t2 et si l',allemagne tait runie la ,france1 il s'ensuivrait aussi que la ,france s]ait runie l',allemagne1 et que les ,franais de ,hamb\rg1 comme les ,franais de ,rome1 altr]ai5t p> degrs le c>actre des compatriotes de ,h5ri ,,iv3 les va9cus1 la longue1 modifi]ai5t les va9queurs1 et t\s f9irai5t p> y p]dre4 ,j'ai dit dans mon ouvrage que les ,allem&s n'tai5t pas une nation2 et c]tes ils donn5t au monde ma9t5ant d'hroques dm5tis cette cra9te4 ,mais ne voit-on pas cep5dant quelques pays g]maniques s'expos]1 en combattant contre leurs compatriotes1 au mpris de leurs allis mmes1 les ,franais8 ,ces auxiliaires1 dont on hsite prononc] le nom1 comme s'il tait temps encore de le ca*] la po/rit2 ces auxiliaires1 dis-je1 ne sont conduits ni p> l'op9ion ni mme p> l'intrt1 encore mo9s p> l'honneur2 mais une peur imprvoyante a prcipit leurs g\v]nem5ts v]s le plus =t1 sans rfl*ir qu'ils tai5t eux-mmes la cause de cette =ce devant laquelle ils se pro/]nai5t4 ,les ,espagnols1 qui l'on peut appliqu] ce beau v]s anglais de ,s\!y3 ,& ^? :o suff] bravely save mank9d1 et ceux qui s\ffr5t bravem5t sauv5t l'espce huma9e2 les ,espagnols se sont vus rduits ne possd] que ,cadix1 et ils n'aurai5t pas plus cons5ti alors au j\g des trang]s1 que depuis qu'ils ont atte9t la b>rire des ,pyrnes1 et qu'ils sont df5dus p> le c>actre antique et le gnie mod]ne de "l ,well+ton4 ,mais1 p\r accomplir ces gr&es *oses1 il fallait une p]svrance que l'vnem5t ne saurait dc\rag]4 ,les ,allem&s ont eu s\v5t le tort de se laiss] conva9cre p> les rev]s4 ,les individus doiv5t se rsign] la de/9e1 mais jamais les nations2 c> ce sont elles qui seules peuv5t comm&] cette de/9e3 une volont de plus1 et le malheur s]ait dompt4 ,la s\mission d'un peuple un autre e/ contre nature4 ,qui croirait ma9t5ant la possibilit d'entam] l',espagne1 la ,russie1 l',anglet]re1 la ,france8 ,p\rquoi n'en s]ait-il pas de mme de l',allemagne8 ,si les ,allem&s p\vai5t encore tre ass]vis1 leur in=tune d*ir]ait le cur2 mais on s]ait t\j\rs t5t de leur dire1 comme mademoiselle de ,manc9i ,l\is ,,xiv3 ,v\s tes roi1 sire1 et v\s pleurez6--,v\s tes une nation1 et v\s pleurez6 ,le tableau de la littrature et de la philosophie semble bi5 trang] au mom5t actuel2 cep5dant il s]a peut-tre d\x cette pauvre et noble ,allemagne de se rappel] ses ri*esses intellectuelles au milieu des ravages de la gu]re4 ,il y a trois ans que je dsignais la ,prusse et les pays du ,nord qui l'environn5t comme la patrie de la p5se2 en combi5 d'actions gnreuses cette p5se ne s'e/-elle pas trans=me6 ce que les philosophes mettai5t en sy/me s'accomplit1 et l'indp5dance de l'me fond]a celle des tats4 ,,obs]vations ,g,n,,rales ,on peut rapport] l'orig9e des pr9cipales nations de l',europe trois gr&es races diffr5tes3 la race lat9e1 la race g]manique1 et la race esclavonne4 ,les ,itali5s1 les ,franais1 les ,espagnols et les ,portugais ont reu des ,roma9s leur civilisation et leur langage2 les ,allem&s1 les ,suisses1 les ,anglais1 les ,sudois1 les ,danois et les ,holl&ais sont des peuples teutoniques2 enf91 p>mi les ,esclavons1 les ,polonais et les ,russes occup5t le premi] rang4 ,les nations dont la culture intellectuelle e/ d'orig9e lat9e1 sont plus anci5nem5t civilises que les autres2 elles ont p\r la plup>t hrit de l'habile sagacit des ,roma9s dans le maniem5t des affaires de ce monde4 ,des in/itutions sociales1 fondes sur la religion paenne1 ont prcd *ez elles l'tablissem5t du *ri/ianisme2 et qu& les peuples du ,nord sont v5us les conqurir1 ces peuples ont adopt1 beauc\p d'g>ds1 les murs du pays dont ils tai5t les va9queurs4 ,ces obs]vations doiv5t sans d\te tre modifies d'aprs les climats1 les g\v]nem5ts et les faits de *aque hi/oire4 ,la puissance ecclsia/ique a laiss des traces ineffaables en ,italie4 ,les longues gu]res avec les ,arabes ont =tifi les habitudes militaires et l'esprit entrepr5ant des ,espagnols2 mais en gnral cette p>tie de l',europe1 dont les langues driv5t du lat91 et qui a t initie de bonne heure dans la politique de ,rome1 porte le c>actre d'une vieille civilisation qui1 dans l'orig9e1 tait paenne4 ,on y tr\ve mo9s de p5*ant p\r les ides ab/raites que *ez les nations g]maniques2 on s'y ent5d mieux aux plaisirs et aux intrts t]re/res1 et ces peuples1 comme leurs in/ituteurs1 les ,roma9s1 sav5t seuls pratiqu] l'art de la dom9ation4 ,les nations g]maniques ont presque t\j\rs rsi/ au j\g des ,roma9s2 elles ont t civilises plus t>d1 et seulem5t p> le *ri/ianisme2 elles ont pass immdiatem5t d'une sorte de b>b>ie la socit *rti5ne3 les temps de la *eval]ie1 l'esprit du moy5 ge sont leurs s\v5irs les plus vifs2 et quoique les savants de ces pays ai5t tudi les auteurs grecs et lat9s1 plus mme que ne l'ont fait les nations lat9es1 le gnie naturel aux criva9s allem&s e/ d'une c\leur anci5ne plutt qu'antique2 leur imag9ation se plat dans les vieilles t\rs1 dans les crneaux1 au milieu des gu]ri]s1 des sorcires et des rev5ants2 et les my/res d'une nature rveuse et solitaire =m5t le pr9cipal *>me de leurs posies4 ,l'analogie qui exi/e entre les nations teutoniques ne saurait tre mconnue4 ,la dignit sociale que les ,anglais doiv5t leur con/itution leur assure1 il e/ vrai1 p>mi ces nations1 une supriorit dcide2 nanmo9s les mmes traits de c>actre se retr\v5t con/amm5t p>mi les div]s peuples d'orig9e g]manique4 ,l'indp5dance et la loyaut signalr5t de t\t temps ces peuples2 ils ont t t\j\rs bons et fidles1 et c'e/ cause de cela mme peut-tre que leurs crits port5t une empre9te de mlancolie2 c> il arrive s\v5t aux nations1 comme aux individus1 de s\ffrir p\r leurs v]tus4 ,la civilisation des ,esclavons ayant t plus mod]ne et plus prcipite que celle des autres peuples1 on voit plutt en eux jusqu' prs5t l'imitation que l'orig9alit3 ce qu'ils ont d'europen e/ franais2 ce qu'ils ont d'asiatique e/ trop peu dvelopp p\r que leurs criva9s puiss5t encore manife/] le vritable c>actre qui leur s]ait naturel4 ,il n'y a donc dans l',europe littraire que deux gr&es divisions trs m>ques2 la littrature imite des anci5s1 et celle qui doit sa naissance l'esprit du moy5 ge2 la littrature qui1 dans son orig9e1 a reu du paganisme sa c\leur et son *>me1 et la littrature dont l'impulsion et le dveloppem5t app>ti5n5t une religion ess5tiellem5t spirituali/e4 ,on p\rrait dire avec raison que les ,franais et les ,allem&s sont aux deux extrmits de la *ane morale1 puisque les uns considr5t les objets extrieurs comme le mobile de t\tes les ides1 et les autres1 les ides comme le mobile de t\tes les impressions4 ,ces deux nations cep5dant s'accord5t assez bi5 s\s les rapports sociaux2 mais il n'en e/ po9t de plus opposes dans leur sy/me littraire et philosophique4 ,l',allemagne intellectuelle n'e/ presque pas connue de la ,france3 bi5 peu d'hommes de lettres p>mi n\s s'en sont occups4 ,il e/ vrai qu'un beauc\p plus gr& nombre la juge4 ,cette agrable lgret1 qui fait prononc] sur ce qu'on ignore1 peut avoir de l'lgance qu& on p>le1 mais non qu& on crit4 ,les ,allem&s ont le tort de mettre s\v5t dans la conv]sation ce qui ne convi5t qu'aux livres2 les ,franais ont quelquefois aussi celui de mettre dans les livres ce qui ne convi5t qu' la conv]sation2 et n\s avons tellem5t puis t\t ce qui e/ sup]ficiel que1 mme p\r la grce1 et surt\t p\r la v>it1 il faudrait1 ce me semble1 essay] d'un peu plus de pr(ondeur4 ,j'ai donc cru qu'il p\vait y avoir quelques avantages faire connatre le pays de l',europe o l'tude et la mditation ont t portes si lo9 qu'on peut le considr] comme la patrie de la p5se4 ,les rflexions que le pays et les livres m'ont suggres s]ont p>tages en quatre sections4 ,la premire trait]a de l',allemagne et des murs des ,allem&s2 la seconde1 de la littrature et des arts2 la troisime1 de la philosophie et de la morale2 la quatrime1 de la religion et de l'en?\siasme4 ,ces div]s sujets se ml5t ncessairem5t les uns avec les autres4 ,le c>actre national influe sur la littrature2 la littrature et la philosophie sur la religion2 et l'ensemble peut seul faire connatre en enti] *aque p>tie2 mais il fallait cep5dant se s\mettre une division app>5te p\r rassembl] la f9 t\s les rayons dans le mme foy]4 ,je ne me dissimule po9t que je vais expos]1 en littrature comme en philosophie1 des op9ions trangres celles qui rgn5t en ,france2 mais soit qu'elles p>aiss5t ju/es ou non1 soit qu'on les adopte ou qu'on les combatte1 elles donn5t t\j\rs p5s]4 ,c> n\s n'en sommes pas1 j'imag9e1 v\loir lev] aut\r de la ,france littraire la gr&e muraille de la ,*9e1 p\r emp*] les ides du dehors d'y pntr]#c4 ,il e/ impossible que les criva9s allem&s1 ces hommes les plus in/ruits et les plus mditatifs de l',europe1 ne mrit5t pas qu'on accorde un mom5t d'att5tion leur littrature et leur philosophie4 ,on oppose l'une qu'elle n'e/ pas de bon gt1 et l'autre qu'elle e/ ple9e de folies4 ,il se p\rrait qu'une littrature ne ft pas con=me notre lgislation du bon gt1 et qu'elle contnt des ides n\velles dont n\s puissions n\s enri*ir en les modifiant notre manire4 ,c'e/ a9si que les ,grecs n\s ont valu ,rac9e1 et ,%akespe>e plusieurs des tragdies de ,voltaire4 ,la /rilit dont notre littrature e/ m5ace f]ait croire que l'esprit franais lui-mme a beso9 ma9t5ant d'tre r5\vel p> une sve plus vig\reuse2 et comme l'lgance de la socit n\s prs]v]a t\j\rs de c]ta9es fautes1 il n\s importe surt\t de retr\v] la s\rce des gr&es beauts4 ,aprs avoir rep\ss la littrature des ,allem&s au nom du bon gt1 on croit p\voir aussi se db>rass] de leur philosophie au nom de la raison4 ,le bon gt et la raison sont des p>oles qu'il e/ t\j\rs agrable de prononc]1 mme au has>d2 mais peut-on de bonne foi se p]suad] que des criva9s d'une rudition imm5se1 et qui connaiss5t t\s les livres franais aussi bi5 que n\s-mmes1 s'occup5t depuis v+t annes de pures absurdits8 ,les sicles sup]/itieux accus5t facilem5t les op9ions n\velles d'impit1 et les sicles incrdules les accus5t non mo9s facilem5t de folie4 ,dans le seizime sicle1 ,galile a t livr l'inquisition p\r avoir dit que la t]re t\rnait2 et dans le dix-huitime1 quelques-uns ont v\lu faire pass] ,j4-,j4 ,r\sseau p\r un dvot fanatique4 ,les op9ions qui diffr5t de l'esprit dom9ant1 quel qu'il soit1 sc&alis5t t\j\rs le vulgaire3 l'tude et l'exam5 peuv5t seuls donn] cette libralit de jugem5t1 sans laquelle il e/ impossible d'acqurir des lumires n\velles1 ou de cons]v] mme celles qu'on a2 c> on se s\met de c]ta9es ides reues1 non comme des vrits1 mais comme au p\voir2 et c'e/ a9si que la raison huma9e s'habitue la s]vitude1 dans le *amp mme de la littrature et de la philosophie4 ,,de ,l',,allemagne ,,premi,,re ,,p>tie ,,de ,l',,allemagne ,,et ,,des ,m,,urs ,,des ,,allem&s4 ,,*apitre ,,premi] ,de l'aspect de l',allemagne4 ,la multitude et l't5due des =ts indiqu5t une civilisation encore n\velle3 le vieux sol du ,midi ne cons]ve presque plus d'arbres1 et le soleil tombe plomb sur la t]re dp\ille p> les hommes4 ,l',allemagne (fre encore quelques traces d'une nature non habite4 ,depuis les ,alpes jusqu' la m]1 entre le ,rh9 et le ,danube1 v\s voyez un pays c\v]t de *nes et de sap9s1 trav]s p> des fleuves d'une imposante beaut1 et c\p p> des montagnes dont l'aspect e/ trs pittoresque2 mais de va/es bruyres1 des sables1 des r\tes s\v5t ngliges1 un climat svre1 rempliss5t d'abord l'me de tri/esse2 et ce n'e/ qu' la longue qu'on dc\vre ce qui peut atta*] ce sj\r4 ,le midi de l',allemagne e/ trs bi5 cultiv2 cep5dant il y a t\j\rs dans les plus belles contres de ce pays quelque *ose de srieux1 qui fait plutt p5s] au travail qu'aux plaisirs1 aux v]tus des habitants qu'aux *>mes de la nature4 ,les dbris des *teaux =ts1 qu'on ap]oit sur le haut des montagnes1 les maisons bties de t]re1 les f5tres troites1 les neiges qui1 p5dant l'hiv]1 c\vr5t des pla9es p]te de vue1 caus5t une impression pnible4 ,je ne sais quoi de sil5cieux1 dans la nature et dans les hommes1 ress]re d'abord le cur4 ,il semble que le temps m>*e l plus l5tem5t qu'ailleurs1 que la vgtation ne se presse pas plus dans le sol que les ides dans la tte des hommes1 et que les sillons rguli]s du lab\reur y sont tracs sur une t]re pesante4 ,nanmo9s1 qu& on a surmont ces s5sations irrfl*ies1 le pays et les habitants (fr5t l'obs]vation quelque *ose d'intressant et de potique3 v\s s5tez que des mes et des imag9ations d\ces ont embelli ces campagnes4 ,les gr&s *em9s sont plants d'arbres fruiti]s1 placs l p\r rafra*ir le voyageur4 ,les paysages dont le ,rh9 e/ ent\r sont sup]bes presque p>t\t2 on dirait que ce fleuve e/ le gnie tutlaire de l',allemagne2 ses flots sont purs1 rapides et maje/ueux comme la vie d'un anci5 hros3 le ,danube se divise en plusieurs bran*es2 les ondes de l',elbe et de la ,spre se tr\bl5t facilem5t p> l'orage2 le ,rh9 seul e/ presque inaltrable4 ,les contres qu'il trav]se p>aiss5t t\t la fois si srieuses et si v>ies1 si f]tiles et si solitaires1 qu'on s]ait t5t de croire que c'e/ lui-mme qui les a cultives1 et que les hommes d' prs5t n'y sont p\r ri54 ,ce fleuve raconte1 en passant1 les hauts faits des temps jadis1 et l'ombre d',arm9ius semble err] encore sur ces rivages esc>ps4 ,les monum5ts go?iques sont les seuls rem>quables en ,allemagne2 ces monum5ts rappell5t les sicles de la *eval]ie2 dans presque t\tes les villes1 les muses publics cons]v5t des re/es de ces temps-l4 ,on dirait que les habitants du ,nord1 va9queurs du monde1 en p>tant de la ,g]manie1 y ont laiss leurs s\v5irs s\s div]ses =mes1 et que le pays t\t enti] ressemble au sj\r d'un gr& peuple qui depuis longtemps l'a quitt4 ,il y a dans la plup>t des ars5aux des villes allem&es1 des figures de *evali]s en bois pe9t1 revtus de leur armure2 le casque1 le b\cli]1 les cuiss>ds1 les p]ons1 t\t e/ selon l'anci5 usage1 et l'on se promne au milieu de ces morts deb\t1 dont les bras levs sembl5t prts frapp] leurs adv]saires1 qui ti5n5t aussi de mme leurs lances en arrt4 ,cette image immobile d'actions jadis si vives cause une impression pnible4 ,c'e/ a9si qu'aprs les tremblem5ts de t]re on a retr\v des hommes engl\tis qui avai5t g>d p5dant longtemps encore le d]ni] ge/e de leur d]nire p5se4 ,l'ar*itecture mod]ne1 en ,allemagne1 n'(fre ri5 qui mrite d'tre cit2 mais les villes sont en gnral bi5 bties1 et les propritaires les embelliss5t avec une sorte de so9 ple9 de bonhomie4 ,les maisons1 dans plusieurs villes1 sont pe9tes en dehors de div]ses c\leurs3 on y voit des figures de sa9ts1 des ornem5ts de t\t g5re1 dont le gt n'e/ assurm5t pas p>fait1 mais qui v>i5t l'aspect des habitations et sembl5t indiqu] un dsir bi5veillant de plaire ses concitoy5s et aux trang]s4 ,l'clat et la spl5deur d'un palais s]v5t l'am\r-propre de celui qui le possde2 mais la dcoration soigne1 la p>ure et la bonne int5tion des petites demeures ont quelque *ose d'hospitali]4 ,les j>d9s sont presque aussi beaux dans quelques p>ties de l',allemagne qu'en ,anglet]re2 le luxe des j>d9s suppose t\j\rs qu'on aime la nature4 ,en ,anglet]re1 des maisons trs simples sont bties au milieu des p>cs les plus magnifiques2 le propritaire nglige sa demeure et p>e avec so9 la campagne4 ,cette magnific5ce et cette simplicit runies n'exi/5t srem5t pas au mme degr en ,allemagne2 cep5dant1 trav]s le manque de =tune et l'orgueil fodal1 on ap]oit en t\t un c]ta9 am\r du beau qui1 tt ou t>d1 doit donn] du gt et de la grce1 puisqu'il en e/ la vritable s\rce4 ,s\v5t1 au milieu des sup]bes j>d9s des pr9ces allem&s1 l'on place des h>pes oli5nes prs des grottes ent\res de fleurs1 af9 que le v5t transporte dans les airs des sons et des p>fums t\t ensemble4 ,l'imag9ation des habitants du ,nord t*e a9si de se compos] une nature d',italie2 et p5dant les j\rs brillants d'un t rapide1 l'on p>vi5t quelquefois s'y tromp]4 ,,*apitre ,,ii ,des murs et du c>actre des ,allem&s4 ,quelques traits pr9cipaux peuv5t seuls conv5ir galem5t t\te la nation allem&e2 c> les div]sits de ce pays sont telles1 qu'on ne sait comm5t runir s\s un mme po9t de vue des religions1 des g\v]nem5ts1 des climats1 des peuples mmes si diffr5ts4 ,l',allemagne du ,midi e/1 beauc\p d'g>ds1 t\t autre que celle du ,nord2 les villes de comm]ce ne ressembl5t po9t aux villes clbres p> leurs univ]sits2 les petits tats diffr5t s5siblem5t des deux gr&es mon>*ies1 la ,prusse et l',autri*e4 ,l',allemagne tait une fdration ari/ocratique2 cet empire n'avait po9t un c5tre commun de lumires et d'esprit public2 il ne =mait pas une nation compacte1 et le li5 manquait au faisceau4 ,cette division de l',allemagne1 fune/e sa =ce politique1 tait cep5dant trs favorable aux essais de t\t g5re que p\vait t5t] le gnie et l'imag9ation4 ,il y avait une sorte d'an>*ie d\ce et paisible1 en fait d'op9ions littraires et mtaphysiques1 qui p]mettait *aque homme le dveloppem5t enti] de sa manire de voir individuelle4 ,comme il n'exi/e po9t de capitale o se rassemble la bonne compagnie de t\te l',allemagne1 l'esprit de socit y ex]ce peu de p\voir2 l'empire du gt et l'arme du ridicule y sont sans influ5ce4 ,la plup>t des criva9s et des p5seurs travaill5t dans la solitude1 ou seulem5t ent\rs d'un petit c]cle qu'ils dom95t4 ,ils se laiss5t all]1 *acun sp>m5t1 t\t ce que leur inspire une imag9ation sans contra9te2 et si l'on peut ap]cevoir quelques traces de l'asc5dant de la mode en ,allemagne1 c'e/ p> le dsir que *acun pr\ve de se montr] t\t fait diffr5t des autres4 ,en ,france1 au contraire1 *acun aspire mrit] ce que ,montesquieu disait de ,voltaire3 ,il a plus que p]sonne l'esprit que t\t le monde a4 ,les criva9s allem&s imit]ai5t plus volonti]s encore les trang]s que leurs compatriotes4 ,en littrature1 comme en politique1 les ,allem&s ont trop de considration p\r les trang]s1 et pas assez de prjugs nationaux4 ,c'e/ une qualit dans les individus que l'abngation de soi-mme et l'e/ime des autres2 mais le patriotisme des nations doit tre g/e4 ,la fi]t des ,anglais s]t puissamm5t leur exi/5ce politique2 la bonne op9ion que les ,franais ont d'eux-mmes a t\j\rs beauc\p contribu leur asc5dant sur l',europe2 le noble orgueil des ,espagnols les a r5dus jadis s\v]a9s d'une portion du monde4 ,les ,allem&s sont ,saxons1 ,prussi5s1 ,bav>ois1 ,autri*i5s2 mais le c>actre g]manique1 sur lequel devrait se fond] la =ce de t\s1 e/ morcel comme la t]re mme qui a tant de diffr5ts matres4 ,j'exam9]ai sp>m5t l',allemagne du ,midi et celle du ,nord3 mais je me born]ai ma9t5ant aux rflexions qui convi5n5t la nation entire4 ,les ,allem&s ont en gnral de la s9crit et de la fidlit2 ils ne manqu5t presque jamais leur p>ole1 et la tromp]ie leur e/ trangre4 ,si ce dfaut s'introduisait jamais en ,allemagne1 ce ne p\rrait tre que p> l'envie d'imit] les trang]s1 de se montr] aussi habile qu'eux1 et surt\t de n'tre pas leur dupe2 mais le bon s5s et le bon cur ramn]ai5t bi5tt les ,allem&s s5tir qu'on n'e/ =t que p> sa propre nature1 et que l'habitude de l'honntet r5d t\t fait incapable1 mme qu& on le veut1 de se s]vir de la ruse4 ,il faut1 p\r tir] p>ti de l'immoralit1 tre arm t\t fait la lgre1 et ne pas port] en soi-mme une consci5ce et des scrupules qui v\s arrt5t moiti *em91 et v\s font pr\v] d'autant plus vivem5t le regret d'avoir quitt l'anci5ne r\te1 qu'il v\s e/ impossible d'avanc] h>dim5t dans la n\velle4 ,il e/ ais1 je le crois1 de dmontr] que1 sans la morale1 t\t e/ has>d et tnbres4 ,nanmo9s on a vu s\v5t *ez les nations lat9es une politique s+ulirem5t adroite dans l'art de s'affran*ir de t\s les devoirs2 mais on peut le dire la gloire de la nation allem&e1 elle a presque l'incapacit de cette s\plesse h>die qui fait pli] t\tes les vrits p\r t\s les intrts1 et sacrifie t\s les engagem5ts t\s les calculs4 ,ses dfauts1 comme ses qualits1 la s\mett5t l'honorable ncessit de la ju/ice4 ,la puissance du travail et de la rflexion e/ aussi l'un des traits di/9ctifs de la nation allem&e4 ,elle e/ naturellem5t littraire et philosophique2 t\tefois la sp>ation des classes1 qui e/ plus prononce en ,allemagne que p>t\t ailleurs1 p>ce que la socit n'en ad\cit pas les nuances1 nuit quelques g>ds l'esprit proprem5t dit4 ,les nobles y ont trop peu d'ides1 et les g5s de lettres trop peu d'habitude des affaires4 ,l'esprit e/ un mlange de la connaissance des *oses et des hommes2 et la socit o l'on agit sans b1 et p\rtant avec intrt1 e/ prcism5t ce qui dveloppe le mieux les facults les plus opposes4 ,c'e/ l'imag9ation1 plus que l'esprit1 qui c>actrise les ,allem&s4 ,j4-,p4 ,ri*t]1 l'un de leurs criva9s les plus di/+us1 a dit que l'empire de la m] tait aux ,anglais1 celui de la t]re aux ,franais1 et celui de l'air aux ,allem&s3 en effet1 on aurait beso91 en ,allemagne1 de donn] un c5tre et des bornes cette m95te facult de p5s]1 qui s'lve et se p]d dans le vague1 pntre et disp>at dans la pr(ondeur1 s'anantit =ce d'imp>tialit1 se confond =ce d'analyse1 enf9 manque de c]ta9s dfauts qui puiss5t s]vir de circonscription ses qualits4 ,on a beauc\p de pe9e s'acc\tum]1 en sortant de ,france1 la l5teur et l'in]tie du peuple allem&2 il ne se presse jamais1 il tr\ve des ob/acles t\t2 v\s ent5dez dire en ,allemagne c'e/ impossible1 c5t fois contre une en ,france4 ,qu& il e/ "q d'agir1 les ,allem&s ne sav5t pas lutt] avec les difficults2 et leur respect p\r la puissance vi5t plus encore de ce qu'elle ressemble la de/9e1 que d'aucun motif intress4 ,les g5s du peuple ont des =mes assez grossires1 surt\t qu& on veut heurt] leur manire d'tre habituelle2 ils aurai5t naturellem5t1 plus que les nobles1 cette sa9te antipa?ie p\r les murs1 les c\tumes et les langues trangres1 qui =tifie dans t\s les pays le li5 national4 ,l'arg5t qu'on leur (fre ne drange pas leur faon d'agir1 la peur ne les en dt\rne pas2 ils sont trs capables enf9 de cette fixit en t\tes *oses1 qui e/ une excell5te donne p\r la morale2 c> l'homme que la cra9te et plus encore l'esprance mett5t sans cesse en m\vem5t1 passe aism5t d'une op9ion l'autre1 qu& son intrt l'exige4 ,ds que l'on s'lve un peu au-dessus de la d]nire classe du peuple en ,allemagne1 on s'ap]oit aism5t de cette vie intime1 de cette posie de l'me qui c>actrise les ,allem&s4 ,les habitants des villes et des campagnes1 les soldats et les lab\reurs1 sav5t presque t\s la musique2 il m'e/ arriv d'entr] dans de pauvres maisons noircies p> la fume de tabac1 et d'ent5dre t\t c\p non seulem5t la matresse1 mais le matre du logis1 improvis] sur le clavec91 comme les ,itali5s improvis5t en v]s4 ,l'on a so91 presque p>t\t1 que1 les j\rs de m>*1 il y ait des j\eurs d'in/rum5ts v5t sur le balcon de l'htel-de-ville qui dom9e la place publique3 les paysans des environs p>ticip5t a9si la d\ce j\issance du premi] des arts4 ,les coli]s se promn5t dans les rues1 le diman*e1 en *antant les psaumes en *ur4 ,on raconte que ,lu!r fit s\v5t p>tie de ce *ur1 dans sa premire jeunesse4 ,j'tais ,eis5a*1 petite ville de ,saxe1 un j\r d'hiv] si froid1 que les rues mmes tai5t encombres de neige2 je vis une longue suite de jeunes g5s en manteau noir1 qui trav]sai5t la ville en clbrant les l\anges de ,dieu4 ,il n'y avait qu'eux dans la rue1 c> la rigueur des frimas en c>tait t\t le monde1 et ces voix1 presque aussi h>monieuses que celles du midi1 en se faisant ent5dre au milieu d'une nature si svre1 causai5t d'autant plus d'att5drissem5t4 ,les habitants de la ville n'osai5t1 p> ce froid t]rible1 ouvrir leurs f5tres2 mais on ap]cevait1 d]rire les vitraux1 des visages tri/es ou s]e9s1 jeunes ou vieux1 qui recevai5t avec joie les consolations religieuses que leur (frait cette d\ce mlodie4 ,les pauvres ,bohmes1 alors qu'ils voyag5t1 suivis de leurs femmes et de leurs enfants1 port5t sur leur dos une mauvaise h>pe1 d'un bois grossi]1 dont ils tir5t des sons h>monieux4 ,ils en j\5t qu& ils se repos5t au pi$ d'un arbre1 sur les gr&s *em9s1 ou lorsque auprs des maisons de po/e ils t*5t d'intress] les voyageurs p> le conc]t ambulant de leur famille errante4 ,les tr\peaux1 en ,autri*e1 sont g>ds p> des b]g]s qui j\5t des airs *>mants sur des in/rum5ts simples et sonores4 ,ces airs s'accord5t p>faitem5t avec l'impression d\ce et rveuse que produit la campagne4 ,la musique in/rum5tale e/ aussi gnralem5t cultive en ,allemagne que la musique vocale en ,italie2 la nature a plus fait cet g>d1 comme tant d'autres1 p\r l',italie que p\r l',allemagne2 il faut du travail p\r la musique in/rum5tale1 t&is que le ciel du ,midi suffit p\r r5dre les voix belles3 mais nanmo9s les hommes de la classe laborieuse ne p\rrai5t jamais donn] la musique le temps qu'il faut p\r l'appr5dre1 s'ils n'tai5t organiss p\r la savoir4 ,les peuples naturellem5t musici5s reoiv5t1 p> l'h>monie1 des s5sations et des ides que leur situation rtrcie et leurs occupations vulgaires ne leur p]mettrai5t pas de connatre autrem5t4 ,les paysannes et les s]vantes1 qui n'ont pas assez d'arg5t p\r se p>]1 orn5t leur tte et leurs bras de quelques fleurs1 p\r qu'au mo9s l'imag9ation ait sa "p dans leur vtem5t3 d'autres un peu plus ri*es mett5t les j\rs de fte un bonnet d't(fe d'or d'assez mauvais gt1 et qui contra/e avec la simplicit du re/e de leur co/ume2 mais ce bonnet1 que leur mres ont aussi port1 rappelle les anci5nes murs2 et la p>ure crmonieuse avec laquelle les femmes du peuple honor5t le diman*e a quelque *ose de grave qui intresse en leur faveur4 ,il faut aussi savoir gr aux ,allem&s de la bonne volont qu'ils tmoign5t p> les rvr5ces respectueuses et la politesse remplie de =malits que les trang]s ont si s\v5t t\rnes en ridicule4 ,ils aurai5t aism5t pu remplac]1 p> des manires froides et indiffr5tes1 la grce et l'lgance qu'on les accusait de ne p\voir atte9dre3 le dda9 impose t\j\rs sil5ce la moqu]ie2 c> c'e/ surt\t aux ef=ts inutiles qu'elle s'atta*e2 mais les c>actres bi5veillants aim5t mieux s'expos] la plaisant]ie que de s'en prs]v] p> l'air hauta9 et cont5u qu'il e/ si facile t\t le monde de se donn]4 ,on e/ frapp sans cesse1 en ,allemagne1 du contra/e qui exi/e entre les s5tim5ts et les habitudes1 entre les tal5ts et les gts3 la civilisation et la nature sembl5t ne s'tre pas encore bi5 amalgames ensemble4 ,quelquefois les hommes trs vrais sont affects dans leurs expressions et dans leur physionomie1 comme s'ils avai5t quelque *ose ca*]3 quelquefois au contraire la d\ceur de l'me n'emp*e pas la rudesse dans les manires3 s\v5t mme cette opposition va plus lo9 encore1 et la faiblesse du c>actre se fait voir trav]s un langage et des =mes dures4 ,l'en?\siasme p\r les arts et la posie se runit des habitudes assez vulgaires dans la vie sociale4 ,il n'e/ po9t de pays o les hommes de lettres1 o les jeunes g5s qui tudi5t dans les univ]sits1 connaiss5t mieux les langues anci5nes de l'antiquit2 mais il n'en e/ po9t t\tefois o les usages suranns subsi/5t plus gnralem5t encore4 ,les s\v5irs de la ,grce1 le gt des beaux-arts1 sembl5t y tre arrivs p> correspondance2 mais les in/itutions fodales1 les vieilles c\tumes des ,g]ma9s y sont t\j\rs en honneur1 quoique1 malheureusem5t p\r la puissance militaire du pays1 elles n'y ai5t plus la mme =ce4 ,il n'e/ po9t d'assemblage plus biz>re que l'aspect gu]ri] de l',allemagne entire1 les soldats que l'on r5contre *aque pas1 et le g5re de vie casani] qu'on y mne4 ,on y cra9t les fatigues et les intempries de l'air1 comme si la nation n'tait compose que de ngociants ou d'hommes de lettres2 et t\tes les in/itutions cep5dant t5d5t et doiv5t t5dre donn] la nation des habitudes militaires4 ,qu& les peuples du ,nord brav5t les inconvni5ts de leur climat1 ils s'endurciss5t s+ulirem5t contre t\s les g5res de maux3 le soldat russe en e/ la preuve4 ,mais qu& le climat n'e/ qu' demi rig\reux1 et qu'il e/ encore possible d'*app] aux injures du ciel p> des prcautions dome/iques1 ces prcautions mmes r5d5t les hommes plus s5sibles aux s\ffrances physiques de la gu]re4 ,les poles1 la bire et la fume de tabac =m5t aut\r des g5s du peuple1 en ,allemagne1 une sorte d'atmosphre l\rde et *aude dont ils n'aim5t pas sortir4 ,cette atmosphre nuit l'activit1 qui e/ au mo9s aussi ncessaire la gu]re que le c\rage2 les rsolutions sont l5tes1 le dc\ragem5t e/ facile1 p>ce qu'une exi/5ce d'ord9aire assez tri/e ne donne pas beauc\p de confiance dans la =tune4 ,l'habitude d'une manire d'tre paisible et rgle prp>e si mal aux *ances multiplies du has>d1 qu'on se s\met plus volonti]s la mort qui vi5t avec m?ode qu' la vie av5tureuse4 ,la dm>cation des classes1 beauc\p plus positive en ,allemagne qu'elle ne l'tait en ,france1 devait anantir l'esprit militaire p>mi les b\rgeois3 cette dm>cation n'a dans le fait ri5 d'(f5sant2 c>1 je le rpte1 la bonhomie se mle t\t en ,allemagne1 mme l'orgueil ari/ocratique2 et les diffr5ces de rang se rduis5t quelques privilges de c\r1 quelques assembles qui ne donn5t pas assez de plaisir p\r mrit] de gr&s regrets3 ri5 n'e/ am]1 dans quelque rapport que ce puisse tre1 lorsque la socit1 et p> elle le ridicule1 ont peu de puissance4 ,les hommes ne peuv5t se faire un vritable mal l'me que p> la fausset ou la moqu]ie3 dans un pays srieux et vrai1 il y a t\j\rs de la ju/ice et du bonheur4 ,mais la b>rire qui sp>ait1 en ,allemagne1 les nobles des citoy5s1 r5dait ncessairem5t la nation entire mo9s belliqueuse4 ,l'imag9ation1 qui e/ la qualit dom9ante de l',allemagne arti/e et littraire1 inspire la cra9te du pril1 si l'on ne combat pas ce m\vem5t naturel p> l'asc5dant de l'op9ion et l'exaltation de l'honneur4 ,en ,france dj mme autrefois1 le gt de la gu]re tait univ]sel2 et les g5s du peuple risquai5t volonti]s leur vie1 comme un moy5 de l'agit]1 et d'en s5tir mo9s le poids4 ,c'e/ une gr&e "q de savoir si les affections dome/iques1 l'habitude de la rflexion1 la d\ceur mme de l'me1 ne port5t pas r$\t] la mort2 mais si t\te la =ce d'un tat consi/e dans son esprit militaire1 il importe d'exam9] quelles sont les causes qui ont affaibli cet esprit dans la nation allem&e4 ,trois mobiles pr9cipaux conduis5t d'ord9aire les hommes au combat3 l'am\r de la patrie et de la lib]t1 l'am\r de la gloire1 et le fanatisme de la religion4 ,il n'y a po9t un gr& am\r p\r la patrie dans un empire divis depuis plusieurs sicles1 o les ,allem&s combattai5t contre les ,allem&s1 presque t\j\rs excits p> une impulsion trangre3 l'am\r de la gloire n'a pas beauc\p de vivacit l o il n'y a po9t de c5tre1 po9t de capital1 po9t de socit4 ,l'espce d'imp>tialit1 luxe de la ju/ice1 qui c>actrise les ,allem&s1 les r5d beauc\p plus susceptibles de s'enflamm] p\r les p5ses ab/raites que p\r les intrts de la vie2 le gnral qui p]d une bataille e/ plus sr d'obt5ir l'indulg5ce que celui qui la gagne ne l'e/ d'tre vivem5t applaudi2 entre les succs et les rev]s1 il n'y a pas assez de diffr5ce au milieu d'un tel peuple p\r anim] vivem5t l'ambition4 ,la religion vit1 en ,allemagne1 au fond des curs1 mais elle y a ma9t5ant un c>actre de rv]ie et d'indp5dance qui n'inspire pas l'n]gie ncessaire aux s5tim5ts exclusifs4 ,le mme isolem5t d'op9ions1 d'individus et d'tats1 si nuisible la =ce de l'empire g]manique1 se retr\ve aussi dans la religion3 un gr& nombre de sectes div]ses p>tag5t l',allemagne2 et la religion ca?olique elle-mme1 qui1 p> sa nature1 ex]ce une discipl9e uni=me et svre1 e/ int]prte cep5dant p> *acun sa manire4 ,le li5 politique et social des peuples1 un mme g\v]nem5t1 un mme culte1 les mmes lois1 les mmes intrts1 une littrature classique1 une op9ion dom9ante1 ri5 de t\t cela n'exi/e *ez les ,allem&s2 *aque tat en e/ plus indp5dant1 *aque sci5ce mieux cultive2 mais la nation entire e/ tellem5t subdivise1 qu'on ne sait quelle p>tie de l'empire ce nom mme de nation doit tre accord4 ,l'am\r de la lib]t n'e/ po9t dvelopp *ez les ,allem&s2 ils n'ont appris ni p> la j\issance1 ni p> la privation1 le prix qu'on peut y atta*]4 ,il y a plusieurs exemples de g\v]nem5ts fdratifs qui donn5t l'esprit public autant de =ce que l'unit dans le g\v]nem5t2 mais ce sont des associations d'tats gaux et de citoy5s libres4 ,la fdration allem&e tait compose de =ts et de faibles1 de citoy5s et de s]fs1 de rivaux et mme d'ennemis2 c'tai5t d'anci5s lm5ts comb9s p> les circon/ances1 et respects p> les hommes4 ,la nation e/ p]svrante et ju/e2 et son quit et sa loyaut emp*5t qu'aucune in/itution1 ft-elle vicieuse1 ne puisse y faire de mal4 ,l\is de ,bavire1 p>tant p\r l'arme1 confia l'adm9i/ration de ses tats son rival1 ,frdric le ,beau1 alors son prisonni]1 et il se tr\va bi5 de cette confiance qui1 dans ce temps1 n'tonna p]sonne4 ,avec de telles v]tus1 on ne craignait pas les inconvni5ts de la faiblesse1 ou de la complication des lois2 la probit des individus y supplait4 ,l'indp5dance mme dont on j\issait en ,allemagne1 s\s presque t\s les rapports1 r5dait les ,allem&s indiffr5ts la lib]t3 l'indp5dance e/ un bi51 la lib]t une g>antie2 et prcism5t p>ce que p]sonne n'tait froiss en ,allemagne1 ni dans ses droits1 ni dans ses j\issances1 on ne s5tait pas le beso9 d'un ordre de *oses qui ma9tnt ce bonheur4 ,les tribunaux de l'empire promettai5t une ju/ice sre1 quoique l5te1 contre t\t acte arbitraire2 et la modration des s\v]a9s et la sagesse de leurs peuples ne donnai5t presque jamais lieu des rclamations3 on ne croyait donc pas avoir beso9 de =tifications con/itutionnelles1 qu& on ne voyait po9t d'agresseurs4 ,on a raison de s'tonn] que le code fodal ait subsi/ presque sans altration p>mi des hommes si clairs2 mais comme dans l'excution de ces lois dfectueuses en elles-mmes il n'y avait po9t d'inju/ice1 l'galit dans l'application consolait de l'9galit dans le pr9cipe4 ,les vieilles *>tes1 les anci5s privilges de *aque ville1 t\te cette hi/oire de famille qui fait le *>me et la gloire des petits tats1 tait s+ulirem5t *re aux ,allem&s2 mais ils ngligeai5t la gr&e puissance nationale qu'il importait tant de fond]1 au milieu des colosses europens4 ,les ,allem&s1 quelques exceptions prs1 sont peu capables de russir dans t\t ce qui exige de l'adresse et de l'habilet3 t\t les inquite1 t\t les emb>rasse1 et ils ont autant beso9 de m?ode dans les actions que d'indp5dance dans les ides4 ,les ,franais1 au contraire1 considr5t les actions avec la lib]t de l'art1 et les ides avec l'ass]vissem5t de l'usage4 ,les ,allem&s1 qui ne peuv5t s\ffrir le j\g des rgles en littrature1 v\drai5t que t\t leur ft trac d'avance en fait de conduite4 ,ils ne sav5t pas trait] avec les hommes2 et mo9s on leur donne cet g>d l'occasion de se dcid] p> eux-mmes1 plus ils sont satisfaits4 ,les in/itutions politiques peuv5t seules =m] le c>actre d'une nation2 la nature du g\v]nem5t de l',allemagne tait presque en opposition avec les lumires philosophiques des ,allem&s4 ,de l vi5t qu'ils runiss5t la plus gr&e audace de p5se au c>actre le plus obissant4 ,la prm95ce de l'tat militaire et les di/9ctions de rang les ont acc\tums la s\mission la plus exacte dans les rapports de la vie sociale2 ce n'e/ pas s]vilit1 c'e/ rgul>it *ez eux que l'obissance2 ils sont scrupuleux dans l'accomplissem5t des ordres qu'ils reoiv5t1 comme si t\t ordre tait un devoir4 ,les hommes clairs de l',allemagne se disput5t avec vivacit le doma9e des spculations1 et ne s\ffr5t dans ce g5re aucune entrave2 mais ils ab&onn5t assez volonti]s aux puissants de la t]re t\t le rel de la vie4 ,ce rel1 si ddaign p> eux1 tr\ve p\rtant des acqureurs qui port5t ensuite le tr\ble et la gne dans l'empire mme de l'imag9ation#d4 ,l'esprit des ,allem&s et leur c>actre p>aiss5t n'avoir aucune communication ensemble3 l'un ne peut s\ffrir de bornes1 l'autre se s\met t\s les j\gs2 l'un e/ trs entrepr5ant1 l'autre trs timide2 enf91 les lumires de l'un donn5t r>em5t de la =ce l'autre1 et cela s'explique facilem5t4 ,l't5due des connaissances dans les temps mod]nes ne fait qu'affaiblir le c>actre1 qu& il n'e/ pas =tifi p> l'habitude des affaires et l'ex]cice de la volont4 ,t\t voir et t\t compr5dre e/ une gr&e raison d'inc]titude2 et l'n]gie de l'action ne se dveloppe que dans ces contres libres et puissantes1 o les s5tim5ts patriotiques sont dans l'me comme le sang dans les ve9es1 et ne se glac5t qu'avec la vie#e4 ,,*apitre ,,iii ,les femmes4 ,la nature et la socit donn5t aux femmes une gr&e habitude de s\ffrir1 et l'on ne saurait ni]1 ce me semble1 que de nos j\rs elles ne vaill5t1 en gnral1 mieux que les hommes4 ,dans une poque o le mal univ]sel e/ l'gsme1 les hommes1 auxquels t\s les intrts positifs se rapport5t1 doiv5t avoir mo9s de gnrosit1 mo9s de s5sibilit que les femmes2 elles ne ti5n5t la vie que p> les li5s du cur1 et lorsqu'elles s'g>5t1 c'e/ encore p> un s5tim5t qu'elles sont entranes3 leur p]sonnalit e/ t\j\rs deux1 t&is que celle de l'homme n'a que lui-mme p\r b4 ,on leur r5d hommage p> les affections qu'elles inspir5t1 mais celles qu'elles accord5t sont presque t\j\rs des sacrifices4 ,la plus belle des v]tus1 le dv\em5t1 e/ leur j\issance et leur de/9e2 nul bonheur ne peut exi/] p\r elles que p> le reflet de la gloire et des prosprits d'un autre3 enf91 vivre hors de soi-mme1 soit p> les ides1 soit p> les s5tim5ts1 soit surt\t p> les v]tus1 donne l'me un s5tim5t habituel d'lvation4 ,dans les pays o les hommes sont appels p> les in/itutions politiques ex]c] t\tes les v]tus militaires et civiles qu'inspire l'am\r de la patrie1 ils repr5n5t la supriorit qui leur app>ti5t2 ils r5tr5t avec clat dans leurs droits de matres du monde3 mais lorsqu'ils sont condamns de quelque manire l'oisivet1 ou la s]vitude1 ils tomb5t d'autant plus bas qu'ils devai5t s'lev] plus haut4 ,la de/9e des femmes re/e t\j\rs la mme1 c'e/ leur me seule qui la fait1 les circon/ances politiques n'y influ5t en ri54 ,lorsque les hommes ne sav5t pas1 ou ne peuv5t pas employ] dignem5t et noblem5t leur vie1 la nature se v5ge sur eux des dons mmes qu'ils en ont reu2 l'activit du corps ne s]t plus qu' la p>esse de l'esprit1 la =ce de l'me devi5t de la rudesse2 et le j\r se passe dans des ex]cices et des amusem5ts vulgaires1 les *evaux1 la *asse1 les fe/9s1 qui convi5drai5t comme dlassem5t1 mais qui abrutiss5t comme occupations4 ,p5dant ce temps1 les femmes cultiv5t leur esprit1 et le s5tim5t et la rv]ie cons]v5t dans leur me l'image de t\t ce qui e/ noble et beau4 ,les femmes allem&es ont un *>me qui leur e/ t\t fait p>ticuli]1 un son de voix t\*ant1 des *eveux blonds1 un te9t bl\issant2 elles sont mode/es1 mais mo9s timides que les ,anglaises2 on voit qu'elles ont r5contr mo9s s\v5t des hommes qui leur fuss5t suprieurs1 et qu'elles ont d'ailleurs mo9s cra9dre les jugem5ts svres du public4 ,elles *]*5t plaire p> la s5sibilit1 intress] p> l'imag9ation2 la langue de la posie et des beaux-arts leur e/ connue2 elles font de la coquett]ie avec de l'en?\siasme1 comme on en fait en ,france avec de l'esprit et de la plaisant]ie4 ,la loyaut p>faite qui di/+ue le c>actre des ,allem&s r5d l'am\r mo9s dang]eux p\r le bonheur des femmes1 et peut-tre s'appro*5t-elles de ce s5tim5t avec plus de confiance1 p>ce qu'il e/ revtu de c\leurs romanesques1 et que le dda9 et l'infidlit y sont mo9s r$\t] qu'ailleurs4 ,l'am\r e/ une religion en ,allemagne1 mais une religion potique1 qui tolre trop volonti]s t\t ce que la s5sibilit peut excus]4 ,on ne saurait le ni]1 la facilit du divorce1 dans les prov9ces prote/antes1 porte atte9te la sa9tet du m>iage4 ,on y *ange aussi paisiblem5t d'p\x que s'il s'agissait d'arrang] les incid5ts d'un drame2 le bon naturel des hommes et des femmes fait qu'on ne mle po9t d'am]tume ces faciles ruptures1 et1 comme il y a *ez les ,allem&s plus d'imag9ation que de vraie passion1 les vnem5ts les plus biz>res s'y pass5t avec une tranquillit s+ulire2 cep5dant1 c'e/ a9si que les murs et le c>actre p]d5t t\te consi/ance2 l'esprit p>adoxal branle les in/itutions les plus sacres1 et l'on n'y a sur aucun sujet des rgles assez fixes4 ,on peut se moqu] avec raison des ridicules de quelques femmes allem&es1 qui s'exalt5t sans cesse jusqu' l'affectation1 et dont les d\c]euses expressions effac5t t\t ce que l'esprit et le c>actre peuv5t avoir de piquant et de prononc2 elles ne sont pas fran*es1 sans p\rtant tre fausses2 seulem5t elles ne voi5t ni ne jug5t ri5 avec vrit1 et les vnem5ts rels pass5t devant leurs yeux comme de la fantasmagorie4 ,qu& il leur arrive d'tre lgres1 elles cons]v5t encore la te9te de s5tim5talit qui e/ en honneur dans leur pays4 ,une femme allem&e disait avec une expression mlancolique3 ,je ne sais quoi cela ti5t1 mais les abs5ts me pass5t de l'me4 ,une ,franaise aurait exprim cette ide plus gam5t1 mais le fond et t le mme4 ,ces ridicules1 qui font exception1 n'emp*5t pas que p>mi les femmes allem&es il n'y en ait beauc\p dont les s5tim5ts sont vrais et les manires simples4 ,leur ducation soigne et la puret d'me qui leur e/ naturelle1 r5d5t l'empire qu'elles ex]c5t d\x et s\t5u2 elles v\s inspir5t *aque j\r plus d'intrt p\r t\t ce qui e/ gr& et gnreux1 plus de confiance dans t\s les g5res d'espoir1 et sav5t rep\ss] l'aride ironie qui s\ffle un v5t de mort sur les j\issances du cur4 ,nanmo9s on tr\ve trs r>em5t *ez les ,allem&es la rapidit d'esprit qui anime l'entreti5 et met en m\vem5t t\tes les ides2 ce g5re de plaisir ne se r5contre gure que dans les socits de ,p>is les plus piquantes et les plus spirituelles4 ,il faut l'lite d'une capitale franaise p\r donn] ce r>e amusem5t3 p>t\t ailleurs on ne tr\ve d'ord9aire que de l'loqu5ce en public1 ou du *>me dans l'intimit4 ,la conv]sation1 comme tal5t1 n'exi/e qu'en ,france2 dans les autres pays1 elle ne s]t qu' la politesse1 la discussion ou l'amiti3 en ,france1 c'e/ un art auquel l'imag9ation et l'me sont sans d\te =t ncessaires1 mais qui a p\rtant aussi1 qu& on le veut1 des secrets p\r suppler l'abs5ce de l'une et de l'autre4 ,,*apitre ,,iv ,de l'influ5ce de l'esprit de *eval]ie sur l'am\r et l'honneur4 ,la *eval]ie e/ p\r les mod]nes ce que les temps hroques tai5t p\r les anci5s2 t\s les nobles s\v5irs des nations europennes s'y ratta*5t4 ,a t\tes les gr&es poques de l'hi/oire1 les hommes ont eu p\r pr9cipe univ]sel d'action un en?\siasme quelconque4 ,ceux qu'on appelait des hros1 dans les sicles les plus reculs1 avai5t p\r b de civilis] la t]re2 les traditions confuses qui n\s les reprs5t5t comme domptant les mon/res des =ts1 font sans d\te allusion aux premi]s prils dont la socit naissante tait m5ace1 et dont les s\ti5s de son organisation encore n\velle la prs]vai5t4 ,v9t ensuite l'en?\siasme de la patrie3 il inspira t\t ce qui s'e/ fait de gr& et de beau *ez les ,grecs et *ez les ,roma9s3 cet en?\siasme s'affaiblit qu& il n'y eut plus de patrie1 et peu de sicles aprs la *eval]ie lui succda4 ,la *eval]ie consi/ait dans la df5se du faible1 dans la loyaut des combats1 dans le mpris de la ruse1 dans cette *>it *rti5ne qui *]*ait ml] l'humanit mme la gu]re1 dans t\s les s5tim5ts enf9 qui sub/itur5t le culte de l'honneur l'esprit froce des armes4 ,c'e/ dans le ,nord que la *eval]ie prit naissance1 mais c'e/ dans le midi de la ,france qu'elle s'e/ embellie p> le *>me de la posie et de l'am\r4 ,les ,g]ma9s avai5t de t\t temps respect les femmes1 mais ce fur5t les ,franais qui *]*r5t leur plaire2 les ,allem&s avai5t aussi leurs *anteurs d'am\r 7,m9nes+]71 mais ri5 ne peut tre comp> nos tr\vres et nos tr\bad\rs2 et c'tait peut-tre cette s\rce que n\s devions puis] une littrature vraim5t nationale4 ,l'esprit de la my?ologie du ,nord avait beauc\p plus de rapport que le paganisme des anci5s ,gaulois avec le *ri/ianisme1 et nanmo9s il n'e/ po9t de pays o les *rti5s ai5t t de plus nobles *evali]s1 et les *evali]s de meilleurs *rti5s qu'en ,france4 ,les croisades runir5t les g5til%ommes de t\s les pays1 et fir5t de l'esprit de *eval]ie comme une sorte de patriotisme europen1 qui remplissait du mme s5tim5t t\tes les mes4 ,le rgime fodal1 cette in/itution politique tri/e et svre1 mais qui consolidait1 quelques g>ds1 l'esprit de la *eval]ie1 en le trans=mant en lois1 le rgime fodal1 dis-je1 s'e/ ma9t5u en ,allemagne jusqu' nos j\rs3 il a t dtruit en ,france p> le c>d9al de ,ri*elieu1 et1 depuis cette poque jusqu' la ,rvolution1 les ,franais ont t\t fait manqu d'une s\rce d'en?\siasme4 ,je sais qu'on dira que l'am\r de leurs rois en tait une2 mais en supposant qu'un tel s5tim5t pt suffire une nation1 il ti5t tellem5t la p]sonne mme du s\v]a91 que p5dant le rgne du rg5t et de ,l\is ,,xv1 il et t difficile1 je p5se1 qu'il ft faire ri5 de gr& aux ,franais4 ,l'esprit de *eval]ie1 qui brillait encore p> t9celles s\s ,l\is ,,xiv1 s'teignit aprs lui1 et fut remplac1 comme le dit un hi/ori5 piquant et spirituel#f1 p> l'esprit de fatuit1 qui lui e/ entirem5t oppos4 ,lo9 de protg] les femmes1 la fatuit *]*e les p]dre2 lo9 de ddaign] la ruse1 elle s'en s]t contre ces tres faibles qu'elle s'enorgueillit de tromp]1 et met la pr(anation dans l'am\r la place du culte4 ,le c\rage mme1 qui s]vait jadis de g>ant la loyaut1 ne fut plus qu'un moy5 brillant de s'en affran*ir2 c> il n'importait pas d'tre vrai1 mais il fallait seulem5t tu] en duel celui qui aurait prt5du qu'on ne l'tait pas2 et l'empire de la socit1 dans le gr& monde1 fit disp>atre la plup>t des v]tus de la *eval]ie4 ,la ,france se tr\vait alors sans aucun g5re d'en?\siasme2 et comme il en faut un aux nations p\r ne pas se corrompre et se diss\dre1 c'e/ sans d\te ce beso9 naturel qui t\rna1 ds le milieu du d]ni] sicle1 t\s les esprits v]s l'am\r de la lib]t4 ,la m>*e philosophique du g5re huma9 p>at donc devoir se divis] en quatre res diffr5tes3 les temps hroques1 qui fondr5t la civilisation2 le patriotisme1 qui fit la gloire de l'antiquit2 la *eval]ie1 qui fut la religion gu]rire de l',europe2 et l'am\r de la lib]t1 dont l'hi/oire a comm5c v]s l'poque de la r=mation4 ,l',allemagne1 si l'on en excepte quelques c\rs avides d'imit] la ,france1 ne fut po9t atte9te p> la fatuit1 l'immoralit et l'incrdulit1 qui1 depuis la rg5ce1 avai5t altr le c>actre naturel des ,franais4 ,la fodalit cons]vait encore *ez les ,allem&s des maximes de *eval]ie4 ,on s'y battait en duel1 il e/ vrai1 mo9s s\v5t qu'en ,france1 p>ce que la nation g]manique n'e/ pas aussi vive que la nation franaise1 et que t\tes les classes du peuple ne p>ticip5t pas1 comme en ,france1 au s5tim5t de la brav\re2 mais l'op9ion publique tait plus svre en gnral sur t\t ce qui t5ait la probit4 ,si un homme avait manqu de quelque manire aux lois de la morale1 dix duels p> j\r ne l'aurai5t relev dans l'e/ime de p]sonne4 ,on a vu beauc\p d'hommes de bonne compagnie1 en ,france1 qui1 accuss d'une action condamnable1 rpondai5t3 ,il se peut que cela soit mal1 mais p]sonne1 du mo9s1 n'os]a me le dire en face4 ,il n'y a po9t de propos qui suppose une plus gr&e dpravation2 c> o en s]ait la socit huma9e1 s'il suffisait de se tu] les uns les autres p\r avoir le droit de se faire d'ailleurs t\t le mal possible2 de manqu] sa p>ole1 de m5tir1 p\rvu qu'on n'ost pas v\s dire3 ,v\s en avez m5ti2 enf91 de sp>] la loyaut de la brav\re1 et de trans=m] le c\rage en un moy5 d'impunit sociale8 ,depuis que l'esprit *eval]esque s'tait te9t en ,france1 depuis qu'il n'y avait plus de ,godefroy1 de ,sa9t ,l\is1 de ,bay>d qui protgeass5t la faiblesse1 et se cruss5t lis p> une p>ole comme p> des *anes indissolubles1 j'os]ai dire1 contre l'op9ion reue1 que la ,france a peut-tre t1 de t\s les pays du monde1 celui o les femmes tai5t le mo9s heureuses p> le cur4 ,on appelait la ,france le p>adis des femmes1 p>ce qu'elles y j\issai5t d'une gr&e lib]t2 mais cette lib]t mme v5ait de la facilit avec laquelle on se dta*ait d'elles4 ,le ,turc qui r5f]me sa femme1 lui pr\ve au mo9s p> l qu'elle e/ ncessaire son bonheur3 l'homme bonnes =tunes1 tel que le d]ni] sicle n\s en a f\rni tant d'exemples1 *oisit les femmes p\r victimes de sa vanit2 et cette vanit ne consi/e pas seulem5t les sduire1 mais les ab&onn]4 ,il faut qu'il puisse indiqu] avec des p>oles lgres et inattaquables en elles-mmes1 que telle femme l'a aim et qu'il ne s'en s\cie plus4 ,mon am\r-propre me crie3 ,fais-la m\rir de *agr91 disait un ami du b>on de ,bez5val1 et cet ami lui p>ut trs regrettable1 qu& une mort prmature l'emp*a de suivre ce beau desse94 ,on se lasse de t\t1 mon ange1 crit ,m4 de ,la ,clos1 dans un roman qui fait frmir p> les raff9em5ts d'immoralit qu'il dcle4 ,enf91 dans ces temps o l'on prt5dait que l'am\r rgnait en ,france1 il me semble que la galant]ie mettait les femmes1 p\r a9si dire1 hors la loi4 ,qu& leur rgne d'un mom5t tait pass1 il n'y avait p\r elles ni gnrosit1 ni reconnaissance1 ni mme piti4 ,l'on contrefaisait les acc5ts de l'am\r p\r les faire tomb] dans le pige1 comme le crocodile qui imite la voix des enfants p\r attir] leurs mres4 ,l\is ,,xiv1 si vant p> sa galant]ie *eval]esque1 ne se montra-t-il pas le plus dur des hommes1 dans sa conduite env]s la femme dont il avait t le plus aim1 madame de ,la ,vallire8 ,les dtails qu'on en lit dans les mmoires de ,madame sont affreux4 ,il navra de d\leur l'me in=tune qui n'avait respir que p\r lui1 et v+t annes de l>mes au pi$ de la croix pur5t pe9e cicatris] les blessures que le cruel dda9 du mon>que avait faites4 ,ri5 n'e/ si b>b>e que la vanit2 et comme la socit1 le bon ton1 la mode1 le succs1 mett5t s+ulirem5t en jeu cette vanit1 il n'e/ aucun pays o le bonheur des femmes soit plus en dang] que celui o t\t dp5d de ce qu'on appelle l'op9ion1 et o *acun appr5d des autres ce qu'il e/ de bon gt de s5tir4 ,il faut l'av\]1 les femmes ont f9i p> pr5dre "p l'immoralit qui dtruisait leur vritable empire3 en valant mo9s1 elles ont mo9s s\ff]t4 ,cep5dant1 quelques exceptions prs1 la v]tu des femmes dp5d t\j\rs de la conduite des hommes4 ,la prt5due lgret des femmes vi5t de ce qu'elles ont peur d'tre ab&onnes3 elles se prcipit5t dans la honte p> cra9te de l'outrage4 ,l'am\r e/ une passion beauc\p plus srieuse en ,allemagne qu'en ,france4 ,la posie1 les beaux-arts1 la philosophie mme1 et la religion1 ont fait de ce s5tim5t un culte t]re/re qui rp& un noble *>me sur la vie4 ,il n'y a po9t eu dans ce pays1 comme en ,france1 des crits lic5cieux qui circulai5t dans t\tes les classes1 et dtruisai5t le s5tim5t *ez les g5s du monde1 et la moralit *ez les g5s du peuple4 ,les ,allem&s ont cep5dant1 il faut en conv5ir1 plus d'imag9ation que de s5sibilit2 et leur loyaut seule rpond de leur con/ance4 ,les ,franais1 en gnral1 respect5t les devoirs positifs2 les ,allem&s se croi5t plus engags p> les affections que p> les devoirs4 ,ce que n\s avons dit sur la facilit du divorce en e/ la preuve2 *ez eux l'am\r e/ plus sacr que le m>iage4 ,c'e/ p> une honorable dlicatesse1 sans d\te1 qu'ils sont surt\t fidles aux promesses que les lois ne g>antiss5t pas3 mais celles que les lois g>antiss5t sont plus importantes p\r l'ordre social4 ,l'esprit de *eval]ie rgne encore *ez les ,allem&s1 p\r a9si dire passivem5t2 ils sont incapables de tromp]1 et leur loyaut se retr\ve dans t\s les rapports intimes2 mais cette n]gie svre1 qui comm&ait aux hommes tant de sacrifices1 aux femmes tant de v]tus1 et faisait de la vie entire une uvre sa9te o dom9ait t\j\rs la mme p5se1 cette n]gie *eval]esque des temps jadis n'a laiss dans l',allemagne qu'une empre9te efface4 ,ri5 de gr& ne s'y f]a dsormais que p> l'impulsion librale qui a succd dans l',europe la *eval]ie4 ,,*apitre ,v ,de l',allemagne mridionale4 ,il tait assez gnralem5t reconnu qu'il n'y avait de littrature que dans le nord de l',allemagne1 et que les habitants du midi se livrai5t aux j\issances de la vie physique1 p5dant que les contres sept5trionales gtai5t plus exclusivem5t celles de l'me4 ,beauc\p d'hommes de gnie sont ns dans le midi1 mais ils se sont =ms dans le nord4 ,on tr\ve non lo9 de la ,baltique les plus beaux tablissem5ts1 les savants et les hommes de lettres les plus di/+us2 et depuis ,weim> jusqu' ,knigsb]g1 depuis ,knigsb]g jusqu' ,cop5hague1 les br\ill>ds et les frimas sembl5t l'lm5t naturel des hommes d'une imag9ation =te et pr(onde4 ,il n'e/ po9t de pays qui ait plus beso9 que l',allemagne de s'occup] de littrature2 c> la socit y (frant peu de *>mes1 et les individus n'ayant pas p\r la plup>t cette grce et cette vivacit que donne la nature dans les pays *auds1 il en rsulte que les ,allem&s ne sont aimables que qu& ils sont suprieurs1 et qu'il leur faut du gnie p\r avoir beauc\p d'esprit4 ,la ,franconie1 la ,s\abe et la ,bavire1 avant la runion illu/re de l'acadmie actuelle ,muni*1 tai5t des pays s+ulirem5t l\rds et monotones3 po9t d'arts1 la musique excepte1 peu de littrature2 un acc5t rude qui se prtait difficilem5t la prononciation des langues lat9es2 po9t de socit2 de gr&es runions qui ressemblai5t des crmonies plutt qu' des plaisirs2 une politesse obsquieuse env]s une ari/ocratie sans lgance2 de la bont1 de la loyaut dans t\tes les classes2 mais une c]ta9e raideur s\riante1 qui te t\t la fois l'aisance et la dignit4 ,on ne doit donc pas s'tonn] des jugem5ts qu'on a ports1 des plaisant]ies qu'on a faites sur l'ennui de l',allemagne4 ,il n'y a que les villes littraires qui puiss5t vraim5t intress]1 dans un pays o la socit n'e/ ri51 et la nature peu de *ose4 ,on aurait peut-tre cultiv les lettres dans le midi de l',allemagne avec autant de succs que dans le nord1 si les s\v]a9s avai5t mis ce g5re d'tude un vritable intrt2 cep5dant1 il faut en conv5ir1 les climats temprs sont plus propres la socit qu' la posie4 ,lorsque le climat n'e/ ni svre ni beau1 qu& on vit sans avoir ri5 cra9dre ni espr] du ciel1 on ne s'occupe gure que des intrts positifs de l'exi/5ce4 ,ce sont les dlices du ,midi1 ou les rigueurs du ,nord1 qui branl5t =tem5t l'imag9ation4 ,soit qu'on lutte contre la nature ou qu'on s'enivre de ses dons1 la puissance de la cration n'en e/ pas mo9s =te1 et rveille en n\s le s5tim5t des beaux-arts1 ou l'in/9ct des my/res de l'me4 ,l',allemagne mridionale1 tempre s\s t\s les rapports1 se ma9ti5t dans un tat de bi5-tre monotone1 s+ulirem5t nuisible l'activit des affaires comme celle de la p5se4 ,le plus vif dsir des habitants de cette contre paisible et fconde1 c'e/ de cont9u] exi/] comme ils exi/5t2 et que fait-on avec ce seul dsir8 ,il ne suffit pas mme p\r cons]v] ce dont on se cont5te4 ,,*apitre ,,vi ,de l',autri*e#g4 ,les littrateurs du nord de l',allemagne ont accus l',autri*e de nglig] les sci5ces et les lettres2 on a mme =t exagr l'espce de gne que la c5sure y tablissait4 ,s'il n'y a pas eu de gr&s hommes dans la c>rire littraire en ,autri*e1 ce n'e/ pas autant la contra9te qu'au manque d'mulation qu'il faut l'attribu]4 ,c'e/ un pays si calme1 un pays o l'aisance e/ si tranquillem5t assure t\tes les classes de citoy5s1 qu'on n'y p5se pas beauc\p aux j\issances intellectuelles4 ,on y fait plus p\r le devoir que p\r la gloire2 les rcomp5ses de l'op9ion y sont si t]nes1 et ses punitions si d\ces1 que1 sans le mobile de la consci5ce1 il n'y aurait pas de raison p\r agir vivem5t dans aucun s5s4 ,les exploits militaires devai5t tre l'intrt pr9cipal des habitants d'une mon>*ie qui s'e/ illu/re p> des gu]res cont9uelles2 et cep5dant la nation autri*i5ne s'tait tellem5t livre au repos et aux d\ceurs de la vie1 que les vnem5ts publics eux-mmes n'y faisai5t pas gr& bruit1 jusqu'au mom5t o ils p\vai5t rveill] le patriotisme2 et ce s5tim5t e/ calme dans un pays o il n'y a que du bonheur4 ,l'on tr\ve en ,autri*e beauc\p de *oses excell5tes1 mais peu d'hommes vraim5t suprieurs1 c> il n'y e/ pas =t utile de valoir mieux qu'un autre2 on n'e/ pas envi p\r cela1 mais oubli1 ce qui dc\rage encore plus4 ,l'ambition p]si/e dans le dsir d'obt5ir des places1 le gnie se lasse de lui-mme2 le gnie1 au milieu de la socit1 e/ une d\leur1 une fivre intrieure1 dont il faudrait se faire trait] comme d'un mal1 si les rcomp5ses de la gloire n'en ad\cissai5t pas les pe9es4 ,en ,autri*e et dans le re/e de l',allemagne1 on plaide t\j\rs p> crit1 et jamais haute voix4 ,les prdicateurs sont suivis1 p>ce qu'on obs]ve les pratiques de religion2 mais ils n'attir5t po9t p> leur loqu5ce2 les spectacles sont extrmem5t ngligs1 surt\t la tragdie4 ,l'adm9i/ration e/ conduite avec beauc\p de sagesse et de ju/ice2 mais il y a tant de m?ode en t\t1 qu' pe9e si l'on peut s'ap]cevoir de l'influ5ce des hommes4 ,les affaires se trait5t d'aprs un c]ta9 ordre de numros que ri5 au monde ne drange4 ,des rgles inv>iables en dcid5t1 et t\t se passe dans un sil5ce pr(ond2 ce sil5ce n'e/ pas l'effet de la t]reur1 c>1 que peut-on cra9dre dans un pays o les v]tus du mon>que et les pr9cipes de l'quit dirig5t t\t8 mais le pr(ond repos des esprits comme des mes te t\t intrt la p>ole4 ,le crime ou le gnie1 l'intolrance ou l'en?\siasme1 les passions ou l'hrosme ne tr\bl5t ni n'exalt5t l'exi/5ce4 ,le cab9et autri*i5 a pass dans le d]ni] sicle p\r trs a/ucieux2 ce qui ne s'accorde gure avec le c>actre allem& en gnral2 mais s\v5t on pr5d p\r une politique pr(onde ce qui n'e/ que l'alt]native de l'ambition et de la faiblesse4 ,l'hi/oire attribue presque t\j\rs aux individus comme aux g\v]nem5ts plus de comb9aison qu'ils n'en ont eu4 ,l',autri*e1 runissant dans son se9 des peuples trs div]s1 tels que les ,bohmes1 les ,hongrois1 etc41 n'a po9t cette unit si ncessaire une mon>*ie2 nanmo9s la gr&e modration des matres de l'tat a fait depuis longtemps un li5 p\r t\s de l'atta*em5t un seul4 ,l'emp]eur d',allemagne tait t\t la fois s\v]a9 de son propre pays1 et *ef con/itutionnel de l'empire4 ,s\s ce d]ni] rapport1 il avait mnag] des intrts div]s et des lois tablies1 et pr5ait1 comme magi/rat imprial1 une habitude de ju/ice et de prud5ce qu'il reportait ensuite dans le g\v]nem5t de ses tats hrditaires4 ,la nation bohme et hongroise1 les ,tyroli5s et les ,flam&s1 qui composai5t autrefois la mon>*ie1 ont t\s plus de vivacit naturelle que les vritables ,autri*i5s2 ceux-ci s'occup5t sans cesse de l'art de modr]1 au lieu de celui d'enc\rag]4 ,un g\v]nem5t quitable1 une t]re f]tile1 une nation ri*e et sage1 t\t devait leur faire croire qu'il ne fallait que se ma9t5ir p\r tre bi51 et qu'on n'avait beso9 en aucun g5re du sec\rs extraord9aire des tal5ts suprieurs4 ,on peut s'en pass] en effet dans les temps paisibles de l'hi/oire2 mais que faire sans eux dans les gr&es luttes8 ,l'esprit du ca?olicisme qui dom9ait ,vi5ne1 quoique t\j\rs avec sagesse1 avait p\rtant c>t1 s\s le rgne de ,m>ie-,?rse1 ce qu'on appelait les lumires du dix-huitime sicle4 ,joseph ,,ii v9t ensuite1 et prodigua t\tes ces lumires un tat qui n'tait prp> ni au bi5 ni au mal qu'elles peuv5t faire4 ,il russit mom5tanm5t dans ce qu'il v\lait1 p>ce qu'il ne r5contra po9t en ,autri*e de passion vive1 ni p\r ni contre ses dsirs2 mais aprs sa mort il ne re/a ri5 de ce qu'il avait tabli#h1 p>ce que ri5 ne dure que ce qui vi5t progressivem5t4 ,l'indu/rie1 le bi5 vivre et les j\issances dome/iques sont les intrts pr9cipaux de l',autri*e2 malgr la gloire qu'elle s'e/ acquise p> la p]svrance et la valeur de ses tr\pes1 l'esprit militaire n'a pas vraim5t pntr dans t\tes les classes de la nation4 ,ses armes sont p\r elle comme des =t]esses ambulantes1 mais il n'y a gure plus d'mulation dans cette c>rire que dans t\tes les autres2 les (fici]s les plus probes sont en mme temps les plus braves2 ils y ont d'autant plus de mrite1 qu'il en rsulte r>em5t p\r eux un avancem5t brillant et rapide4 ,on se fait presque un scrupule en ,autri*e de favoris] les hommes suprieurs1 et l'on aurait pu croire quelquefois que le g\v]nem5t v\lait p\ss] l'quit plus lo9 que la nature1 et trait] d'une gale manire le tal5t et la mdiocrit4 ,l'abs5ce d'mulation a sans d\te un avantage1 c'e/ qu'elle apaise la vanit2 mais s\v5t aussi la fi]t mme s'en ress5t1 et l'on f9it p> n'avoir plus qu'un orgueil commode1 auquel l'extrieur seul suffit en t\t4 ,c'tait aussi1 ce me semble1 un mauvais sy/me que d'int]dire l'entre des livres trang]s4 ,si l'on p\vait cons]v] dans un pays l'n]gie du treizime et du quatorzime sicle1 en le g>antissant des crits du dix-huitime1 ce s]ait peut-tre un gr& bi52 mais comme il faut ncessairem5t que les op9ions et les lumires de l',europe pntr5t au milieu d'une mon>*ie qui e/ au c5tre mme de cette ,europe1 c'e/ un inconvni5t de ne les y laiss] arriv] qu' demi2 c> ce sont les plus mauvais crits qui se font j\r4 ,les livres remplis de plaisant]ies immorales et de pr9cipes g/es amus5t le vulgaire1 et sont t\j\rs connus de lui3 et les lois prohibitives n'ont t\t leur effet que contre les ouvrages philosophiques1 qui lv5t l'me et t5d5t les ides4 ,la contra9te que ces lois impos5t e/ prcism5t ce qu'il faut p\r favoris] la p>esse de l'esprit1 mais non p\r cons]v] l'innoc5ce du cur4 ,dans un pays o t\t m\vem5t e/ difficile2 dans un pays o t\t inspire une tranquillit pr(onde1 le plus lg] ob/acle suffit p\r ne ri5 faire1 p\r ne ri5 crire1 et1 si l'on le veut mme1 p\r ne ri5 p5s]4 ,qu'y a-t-il de mieux que le bonheur8 dira-t-on4 ,il faut savoir nanmo9s ce qu'on ent5d p> ce mot4 ,le bonheur consi/e-t-il dans les facults qu'on dveloppe1 ou dans celles qu'on t\ffe8 ,sans d\te un g\v]nem5t e/ t\j\rs digne d'e/ime1 qu& il n'abuse po9t de son p\voir1 et ne sacrifie jamais la ju/ice son intrt2 mais la flicit du sommeil e/ trompeuse2 de gr&s rev]s peuv5t la tr\bl]2 et p\r t5ir plus aism5t et plus d\cem5t les rnes1 il ne faut pas eng\rdir les c\rsi]s4 ,une nation peut trs facilem5t se cont5t] des bi5s communs de la vie1 le repos et l'aisance2 et des p5seurs sup]ficiels prt5dront que t\t l'art social se borne donn] au peuple ces bi5s4 ,il en faut p\rtant de plus nobles p\r se croire une patrie4 ,le s5tim5t patriotique se compose des s\v5irs que les gr&s hommes ont laisss1 de l'admiration qu'inspir5t les *efs-d'uvre du gnie national1 enf9 de l'am\r que l'on ress5t p\r les in/itutions1 la religion et la gloire de son pays4 ,t\tes ces ri*esses de l'me sont les seules que ravirait un j\g trang]2 mais si l'on s'en t5ait uniquem5t aux j\issances matrielles1 le mme sol1 quel que fut son matre1 ne p\rrait-il pas t\j\rs les procur]8 ,l'on craignait tort1 dans le d]ni] sicle1 en ,autri*e1 que la culture des lettres n'affaiblt l'esprit militaire4 ,rodolphe de ,habsb\rg dta*a de son c\ la *ane d'or qu'il portait1 p\r en dcor] un pote alors clbre4 ,maximili5 fit crire un pome s\s sa dicte4 ,*>les-,qu9t savait et cultivait presque t\tes les langues4 ,il y avait jadis sur la plup>t des trnes de l',europe des s\v]a9s in/ruits dans t\s les g5res1 et qui tr\vai5t dans les connaissances littraires une n\velle s\rce de gr&eur d'me4 ,ce ne sont ni les lettres ni les sci5ces qui nuiront jamais l'n]gie du c>actre4 ,l'loqu5ce r5d plus brave1 la brav\re r5d plus loqu5t2 t\t ce qui fait battre le cur p\r une ide gnreuse1 d\ble la vritable =ce de l'homme1 sa volont3 mais l'gsme sy/matique1 dans lequel on compr5d quelquefois sa famille comme un app5dice de soi-mme1 mais la philosophie1 vulgaire au fond1 quelque lgante qu'elle soit dans les =mes1 qui porte ddaign] t\t ce qu'on appelle des illusions1 c'e/--dire le dv\em5t et l'en?\siasme2 voil le g5re de lumire r$\table p\r les v]tus nationales1 voil celles cep5dant que la c5sure ne saurait c>t] d'un pays ent\r p> l'atmosphre du dix-huitime sicle3 l'on ne peut *app] ce qu'il y a de p]v]s dans les crits qu'en laissant arriv] de t\tes p>ts ce qu'ils conti5n5t de gr& et de libre4 ,on df5dait ,vi5ne de reprs5t] ,don ,c>los1 p>ce qu'on ne v\lait pas y tolr] son am\r p\r ,elisabe?4 ,dans ,jeanne d',arc1 de ,s*ill]1 on faisait d',agns ,sorel la femme lgitime de ,*>les ,,vii4 ,il n'tait pas p]mis la biblio?que publique de donn] lire l',esprit des ,lois3 mais1 au milieu de cette gne1 les romans de ,crbillon circulai5t dans les ma9s de t\t le monde2 les ouvrages lic5cieux entrai5t1 les ouvrages srieux tai5t seuls arrts4 ,le mal que peuv5t faire les mauvais livres n'e/ corrig que p> les bons2 les inconvni5ts des lumires ne sont vits que p> un plus haut degr de lumires4 ,il y a deux r\tes pr5dre en t\tes *oses3 retran*] ce qui e/ dang]eux1 ou donn] des =ces n\velles p\r y rsi/]4 ,le second moy5 e/ le seul qui convi5ne l'poque o n\s vivons2 c> l'innoc5ce ne p\vant tre de nos j\rs la compagne de l'ignorance1 celle-ci ne fait que du mal4 ,tant de p>oles ont t dites1 tant de sophismes rpts1 qu'il faut beauc\p savoir p\r bi5 jug]1 et les temps sont passs o l'on s'en t5ait en fait d'ides au patrimo9e de ses pres4 ,on doit donc song]1 non rep\ss] les lumires1 mais les r5dre compltes1 p\r que leurs rayons briss ne prs5t5t po9t de fausses lueurs4 ,un g\v]nem5t ne saurait prt5dre drob] une gr&e nation la connaissance de l'esprit qui rgne dans son sicle2 cet esprit r5f]me des lm5ts de =ce et de gr&eur dont on peut us] avec succs qu& on ne cra9t pas d'abord] h>dim5t t\tes les que/ions3 on tr\ve alors dans les vrits t]nelles des ress\rces contre les erreurs passagres1 et dans la lib]t mme le ma9ti5 de l'ordre et l'accroissem5t de la puissance4 ,,*apitre ,,vii ,vi5ne4 ,vi5ne e/ situe dans une pla9e1 au milieu de plusieurs coll9es pittoresques4 ,le ,danube1 qui la trav]se et l'ent\re1 se p>tage en div]ses bran*es qui =m5t des les =t agrables2 mais le fleuve lui-mme p]d de sa dignit dans t\s ces dt\rs1 et il ne produit pas l'impression que promet son antique r5omme4 ,vi5ne e/ une vieille ville assez petite1 mais environne de faub\rgs trs spacieux2 on prt5d que la ville1 r5f]me dans les =tifications1 n'e/ pas plus gr&e qu'elle ne l'tait qu& ,ri*>d ,cur de ,lion fut mis en prison non lo9 de ses portes4 ,les rues y sont troites comme en ,italie2 les palais rappell5t un peu ceux de ,flor5ce2 enf9 ri5 n'y ressemble au re/e de l',allemagne1 si ce n'e/ quelques difices go?iques qui retrac5t le moy5 ge l'imag9ation4 ,le premi] de ces difices e/ la t\r de ,sa9t-ti5ne3 elle s'lve au-dessus de t\tes les glises de ,vi5ne1 et dom9e maje/ueusem5t la bonne et paisible ville dont elle a vu pass] les gnrations et la gloire4 ,il fallut deux sicles1 dit-on1 p\r a*ev] cette t\r1 comm5ce en #aajj2 t\te l'hi/oire d',autri*e s'y ratta*e de quelque manire4 ,aucun difice ne peut tre aussi patriotique qu'une glise2 c'e/ le seul dans lequel t\tes les classes de la nation se runiss5t1 le seul qui rappelle non seulem5t les vnem5ts publics1 mais les p5ses secrtes1 les affections intimes que les *efs et les citoy5s ont apportes dans son ence9te4 ,le temple de la div9it semble prs5t comme elle aux sicles c\ls4 ,le tombeau du pr9ce ,eugne e/ le seul qui1 depuis longtemps1 ait t plac dans cette glise2 il y att5d d'autres hros4 ,comme je m'en appro*ais1 je vis atta* l'une des colonnes qui l'ent\r5t un petit papi] sur lequel il tait crit qu'une jeune femme dem&ait qu'on prit p\r elle p5dant sa maladie4 ,le nom de cette jeune femme n'tait po9t indiqu2 c'tait un tre malheureux qui s'adressait des tres inconnus1 non p\r des sec\rs1 mais p\r des prires2 et t\t cela se passait ct d'un illu/re mort qui avait piti peut-tre aussi du pauvre vivant4 ,c'e/ un usage pieux des ca?oliques1 et que n\s devrions imit]1 de laiss] les glises t\j\rs ouv]tes2 il y a tant de mom5ts o l'on pr\ve le beso9 de cet asile6 et jamais on n'y entre sans ress5tir une motion qui fait du bi5 l'me1 et lui r5d1 comme p> une ablution sa9te1 sa =ce et sa puret4 ,il n'e/ po9t de gr&e ville qui n'ait un difice1 une prom5ade1 une m]veille quelconque de l'art ou de la nature1 laquelle les s\v5irs de l'enfance se ratta*5t4 ,il me semble que le ,prat] doit avoir p\r les habitants de ,vi5ne un *>me de ce g5re2 on ne tr\ve nulle "p1 si prs d'une capitale1 une prom5ade qui puisse faire j\ir a9si des beauts d'une nature t\t la fois agre/e et soigne4 ,une =t maje/ueuse se prolonge jusqu'aux bords du ,danube3 l'on voit de lo9 des tr\peaux de c]fs trav]s] la prairie2 ils revi5n5t *aque mat92 ils s'enfui5t *aque soir1 qu& l'afflu5ce des prom5eurs tr\ble leur solitude4 ,le spectacle qui n'a lieu ,p>is que trois j\rs de l'anne1 sur la r\te de ,long*amp1 se r5\velle con/amm5t ,vi5ne1 dans la belle saison4 ,c'e/ une c\tume itali5ne que cette prom5ade de t\s les j\rs la mme heure4 ,une telle rgul>it s]ait impossible dans un pays o les plaisirs sont aussi v>is qu' ,p>is2 mais les ,vi5nois1 quoi qu'il arrive1 p\rrai5t difficilem5t s'en d%abitu]4 ,il faut conv5ir que c'e/ un c\p d'il *>mant que t\te cette nation citad9e runie s\s l'ombrage d'arbres magnifiques1 et sur les gazons dont le ,danube entreti5t la v]dure4 ,la bonne compagnie en voiture1 le peuple pi$2 se rassembl5t l *aque soir4 ,dans ce sage pays1 l'on traite les plaisirs comme les devoirs1 et l'on a de mme l'avantage de ne s'en lass] jamais1 quelque uni=mes qu'ils soi5t4 ,on porte dans la dissipation autant d'exactitude que dans les affaires1 et l'on p]d son temps aussi m?odiquem5t qu'on l'emploie4 ,si v\s entrez dans une des r$\tes o il y a des bals p\r les b\rgeois1 les j\rs de ftes1 v\s v]rez des hommes et des femmes excut] gravem5t1 l'un vis--vis de l'autre1 les pas d'un m5uet dont ils se sont impos l'amusem5t2 la f\le sp>e s\v5t le c\ple dansant1 et cep5dant il cont9ue1 comme s'il dansait p\r l'acquit de sa consci5ce2 *acun des deux va t\t seul droite et gau*e1 en avant1 en arrire1 sans s'emb>rass] de l'autre1 qui figure aussi scrupuleusem5t1 de son ct3 de temps en temps seulem5t ils p\ss5t un petit cri de joie1 et r5tr5t t\t de suite aprs dans le srieux de leur plaisir4 ,c'e/ surt\t au ,prat] qu'on e/ frapp de l'aisance et de la prosprit du peuple de ,vi5ne4 ,cette ville a la rputation de consomm] en n\rriture plus que t\te autre ville d'une population gale1 et ce g5re de supriorit un peu vulgaire ne lui e/ pas conte/4 ,on voit des familles entires de b\rgeois et d'artisans1 qui p>t5t c9q heures du soir p\r all] au ,prat] faire un gt] *amptre aussi sub/antiel que le dn] d'un autre pays1 et l'arg5t qu'ils peuv5t dp5s] l pr\ve assez combi5 ils sont laborieux et d\cem5t g\v]ns4 ,le soir1 des milli]s d'hommes revi5n5t1 t5ant p> la ma9 leurs femmes et leurs enfants2 aucun dsordre1 aucune qu]elle ne tr\ble cette multitude dont on ent5d pe9e la voix1 tant sa joie e/ sil5cieuse6 ,ce sil5ce cep5dant ne vi5t d'aucune disposition tri/e de l'me1 c'e/ plutt un c]ta9 bi5-tre physique1 qui1 dans le midi de l',allemagne1 fait rv] aux s5sations1 comme dans le nord aux ides4 ,l'exi/5ce vgtative du midi de l',allemagne a quelques rapports avec l'exi/5ce contemplative du nord3 il y a du repos1 de la p>esse et de la rflexion dans l'une et l'autre4 ,si v\s supposiez une aussi nombreuse runion de ,p>isi5s dans un mme lieu1 l'air t9cell]ait de bon mots1 de plaisant]ies1 de disputes1 et jamais un ,franais n'aurait un plaisir o l'am\r-propre ne pt se faire place de quelque manire4 ,les gr&s seigneurs se promn5t avec des *evaux et des voitures trs magnifiques et de =t bon gt2 t\t leur amusem5t consi/e reconnatre dans une alle du ,prat] ceux qu'ils vi5n5t de quitt] dans un salon2 mais la div]sit des objets emp*e de suivre aucune p5se1 et la plup>t des hommes se complais5t dissip] a9si les rflexions qui les importun5t4 ,ces gr&s seigneurs de ,vi5ne1 les plus illu/res et les plus ri*es de l',europe1 n'abus5t d'aucun de leurs avantages2 ils laiss5t de misrables fiacres arrt] leurs brillants quipages4 ,l'emp]eur et ses frres se rang5t tranquillem5t aussi la file1 et veul5t tre considrs1 dans leurs amusem5ts1 comme de simples p>ticuli]s2 ils n'us5t de leurs droits que qu& ils rempliss5t leurs devoirs4 ,l'on ap]oit s\v5t au milieu de t\te cette f\le des co/umes ori5taux1 hongrois et polonais qui rveill5t l'imag9ation1 et de di/ance en di/ance une musique h>monieuse donne ce rassemblem5t l'air d'une fte paisible1 o *acun j\it de soi-mme sans s'inquit] de son vois94 ,jamais on ne r5contre un m5diant au milieu de cette runion1 on n'en voit po9t ,vi5ne2 les tablissem5ts de *>it sont adm9i/rs avec beauc\p d'ordre et de libralit2 la bi5faisance p>ticulire et publique e/ dirige avec un gr& esprit de ju/ice1 et le peuple lui-mme1 ayant en gnrai plus d'indu/rie et d'intellig5ce comm]ciale que dans le re/e de l',allemagne1 conduit bi5 sa propre de/9e4 ,il y a trs peu d'exemples en ,autri*e de crimes qui mrit5t la mort2 t\t enf9 dans ce pays porte l'empre9te d'un g\v]nem5t pat]nel1 sage et religieux4 ,les bases de l'difice social sont bonnes et respectables1 mais il y manque un fate et des colonnes1 p\r que la gloire et le gnie puiss5t y avoir un temple#i4 ,j'tais ,vi5ne1 en #ahjh1 lorsque l'emp]eur ,franois ,,ii p\sa sa c\s9e g]ma9e1 la fille de l'ar*iduc de ,milan et de l'ar*idu*esse ,batrix1 la d]nire pr9cesse de cette maison d',e/e que l',ario/e et le ,tasse ont tant clbre4 ,l'ar*iduc ,f]d9& et sa noble p\se se sont vus t\s les deux privs de leurs tats p> les vicissitudes de la gu]re1 et la jeune impratrice1 leve dans ces temps cruels#aj runissait sur sa tte le d\ble intrt de la gr&eur et de l'in=tune4 ,c'tait une union que l'incl9ation avait dt]m9e1 et dans laquelle aucune conv5ance politique n'tait entre1 bi5 que l'on ne pt en contract] une plus honorable4 ,on pr\vait la fois des s5tim5ts de sympa?ie et de respect p\r les affections de famille qui rappro*ai5t ce m>iage de n\s1 et p\r le rang illu/re qui l'en loignait4 ,un jeune pr9ce1 ar*evque de ,waiz51 donnait la bndiction nuptiale sa sur et son s\v]a92 la mre de l'impratrice1 dont les v]tus et les lumires ex]c5t le plus puissant empire sur ses enfants1 dev9t en un in/ant sujette de sa fille1 et m>*ait d]rire elle avec un mlange de dfr5ce et de dignit1 qui rappelait t\t la fois les droits de la c\ronne et ceux de la nature4 ,les frres de l'emp]eur et de l'impratrice1 t\s employs dans l'arme ou dans l'adm9i/ration1 t\s1 dans des degrs diffr5ts1 galem5t v\s au bi5 public1 l'accompagnai5t l'autel1 et l'glise tait remplie p> les gr&s de l'tat1 les femmes1 les filles et les mres des plus anci5s g5til%ommes de la noblesse teutonique4 ,on n'avait ri5 fait de n\veau p\r la fte2 il suffisait sa pompe de montr] ce que *acun possdait4 ,les p>ures mmes des femmes tai5t hrditaires1 et les diamants sub/itus dans *aque famille consacrai5t les s\v5irs du pass l'ornem5t de la jeunesse3 les temps anci5s tai5t prs5ts t\t1 et l'on j\issait d'une magnific5ce que les sicles avai5t prp>e1 mais qui ne cotait po9t de n\veaux sacrifices au peuple4 ,les amusem5ts qui succdr5t la conscration du m>iage avai5t presque autant de dignit que la crmonie elle-mme4 ,ce n'e/ po9t a9si que les p>ticuli]s doiv5t donn] des ftes1 mais il convi5t peut-tre de retr\v] dans t\t ce que font les rois l'empre9te svre de leur augu/e de/9e4 ,non lo9 de cette glise1 aut\r de laquelle les canons et les fanf>es annonai5t l'alliance r5\vele de la maison d',e/e avec la maison d',habsb\rg1 l'on voit l'asile qui r5f]me depuis deux sicles les tombeaux des emp]eurs d',autri*e et de leur famille4 ,c'e/ l1 dans le caveau des capuc9s1 que ,m>ie-,?rse1 p5dant tr5te annes1 ent5dait la messe en prs5ce mme du spulcre qu'elle avait fait prp>] p\r elle1 ct de son p\x4 ,cette illu/re ,m>ie-,?rse avait tant s\ff]t dans les premi]s j\rs de sa jeunesse1 que le pieux s5tim5t de l'in/abilit de la vie ne la quitta jamais1 au milieu mme de ses gr&eurs4 ,il y a beauc\p d'exemples d'une dvotion srieuse et con/ante p>mi les s\v]a9s de la t]re2 comme ils n'obiss5t qu' la mort1 son irrsi/ible p\voir les frappe davantage4 ,les difficults de la vie se plac5t entre n\s et la tombe2 t\t e/ aplani p\r les rois jusqu'au t]me1 et cela mme le r5d plus visible leurs yeux4 ,les ftes conduis5t naturellem5t rfl*ir sur les tombeaux2 de t\t temps la posie s'e/ plu rappro*] ces images1 et le sort aussi e/ un t]rible pote qui ne les a que trop s\v5t runies4 ,,*apitre ,,viii ,de la ,socit4 ,les ri*es et les nobles n'habit5t presque jamais les faub\rgs de ,vi5ne1 et l'on e/ rappro* les uns des autres comme dans une petite ville1 quoique l'on y ait d'ailleurs t\s les avantages d'une gr&e capitale4 ,ces faciles communications1 au milieu des j\issances de la =tune et du luxe1 r5d5t la vie habituelle trs commode1 et le cadre de la socit1 si l'on peut s'exprim] a9si1 c'e/--dire les habitudes1 les usages et les manires1 sont extrmem5t agrables4 ,on p>le dans l'trang] de l'tiquette svre et de l'orgueil ari/ocratique des gr&s seigneurs autri*i5s2 cette accusation n'e/ pas fonde2 il y a de la simplicit1 de la politesse1 et surt\t de la loyaut dans la bonne compagnie de ,vi5ne2 et le mme esprit de ju/ice et de rgul>it qui dirige les affaires importantes se retr\ve encore dans les plus petites circon/ances4 ,on y e/ fidle des invitations de dn] et de s\p]1 comme on le s]ait des engagem5ts ess5tiels2 et les faux airs qui font consi/] l'lgance dans le mpris des g>ds ne s'y sont po9t introduits4 ,cep5dant l'un des pr9cipaux dsavantages de la socit de ,vi5ne1 c'e/ que les nobles et les hommes de lettres ne se ml5t po9t ensemble4 ,l'orgueil des nobles n'en e/ pas la cause2 mais comme on ne compte pas beauc\p d'criva9s di/+us ,vi5ne1 et qu'on y lit assez peu1 *acun vit dans sa cot]ie1 p>ce qu'il n'y a que des cot]ies au milieu d'un pays o les ides gnrales et les intrts publics ont si peu d'occasion de se dvelopp]4 ,il rsulte de cette sp>ation des classes que les g5s de lettres manqu5t de grce1 et que les g5s du monde acquir5t r>em5t de l'in/ruction4 ,l'exactitude de la politesse1 qui e/ quelques g>ds une v]tu1 puisqu'elle exige s\v5t des sacrifices1 a introduit dans ,vi5ne les plus ennuyeux usages possibles4 ,t\te la bonne compagnie se transporte en masse d'un salon l'autre1 trois ou quatre fois p> sema9e4 ,on p]d un c]ta9 temps p\r la toilette ncessaire dans ces gr&es runions2 on en p]d dans la rue1 on en p]d sur les escali]s1 en att5dant que le t\r de sa voiture arrive1 on en p]d en re/ant trois heures table2 et il e/ impossible1 dans ces assembles nombreuses1 de ri5 ent5dre qui sorte du c]cle des phrases conv5ues4 ,c'e/ une habile inv5tion de la mdiocrit p\r annul] les facults de l'esprit que cette exhibition j\rnalire de t\s les individus les uns aux autres4 ,s'il tait reconnu qu'il faut considr] la p5se comme une maladie contre laquelle un rgime rguli] e/ ncessaire1 on ne saurait ri5 imag9] de mieux qu'un g5re de di/raction la fois t\rdissant et insipide3 une telle di/raction ne p]met de suivre aucune ide1 et trans=me le langage en un gaz\illem5t qui peut tre appris aux hommes comme des oiseaux4 ,j'ai vu reprs5t] ,vi5ne une pice dans laquelle ,arlequ9 arrivait revtu d'une gr&e robe et d'une magnifique p]ruque1 et t\t c\p il s'escamotait lui-mme1 laissait deb\t sa robe et sa p]ruque p\r figur] sa place1 et s'en allait vivre ailleurs2 on s]ait t5t de propos] ce t\r de passe-passe ceux qui frqu5t5t les gr&es assembles4 ,on n'y va po9t p\r r5contr] l'objet auquel on dsir]ait de plaire2 la svrit des murs et la tranquillit de l'me conc5tr5t1 en ,autri*e1 les affections au se9 de sa famille4 ,on n'y va po9t p> ambition1 c> t\t se passe avec tant de rgul>it dans ce pays1 que l'intrigue y a peu de prise1 et ce n'e/ pas d'ailleurs au milieu de la socit qu'elle p\rrait tr\v] s'ex]c]4 ,ces visites et ces c]cles sont imag9s p\r que t\s fass5t la mme *ose la mme heure2 on prfre a9si l'ennui qu'on p>tage avec ses semblables l'amusem5t qu'on s]ait =c de se crer *ez soi4 ,les gr&es assembles1 les gr&s dn]s ont aussi lieu dans d'autres villes2 mais comme on y r5contre d'ord9aire t\s les individus rem>quables du pays o l'on e/1 il y a plus de moy5s d'*app] ces =mules de conv]sation1 qui1 dans de semblables runions1 succd5t aux rvr5ces1 et les cont9u5t en p>oles4 ,la socit ne s]t po9t en ,autri*e1 comme en ,france1 dvelopp] l'esprit ni l'anim]2 elle ne laisse dans la tte que du bruit et du vide3 aussi les hommes les plus spirituels du pays ont-ils so91 p\r la plup>t1 de s'en loign]2 les femmes seules y p>aiss5t1 et l'on e/ tonn de l'esprit qu'elles ont1 malgr le g5re de vie qu'elles mn5t4 ,les trang]s apprci5t l'agrm5t de leur entreti52 mais ce qu'on r5contre le mo9s dans les salons de la capitale de l',allemagne1 ce sont des ,allem&s4 ,l'on peut se plaire dans la socit de ,vi5ne1 p> la sret1 l'lgance et la noblesse des manires que les femmes y font rgn]2 mais il y manque quelque *ose dire1 quelque *ose faire1 un b1 un intrt4 ,on v\drait que le j\r ft diffr5t de la veille1 sans que p\rtant cette v>it brist la *ane des affections et des habitudes4 ,la monotonie1 dans la retraite1 tranquillise l'me2 la monotonie1 dans le gr& monde1 fatigue l'esprit4 ,,*apitre ,,ix ,des trang]s qui veul5t imit] l'esprit franais4 ,la de/ruction de l'esprit fodal et de l'anci5ne vie de *teau qui en tait la consqu5ce1 a introduit beauc\p de loisir p>mi les nobles2 ce loisir leur a r5du trs ncessaire l'amusem5t de la socit2 et comme les ,franais sont passs matres dans l'art de caus]1 ils se sont r5dus s\v]a9s de l'op9ion europenne1 ou plutt de la mode1 qui contrefait si bi5 l'op9ion4 ,depuis le rgne de ,l\is ,,xiv1 t\te la bonne compagnie du cont95t1 l',espagne et l',italie exceptes1 a mis son am\r-propre dans l'imitation des ,franais4 ,en ,anglet]re1 il exi/e un objet con/ant de conv]sation1 les intrts politiques1 qui sont les intrts de *acun et de t\s2 dans le ,midi il n'y a po9t de socit3 le soleil1 l'am\r et les beaux-arts rempliss5t la vie4 ,a ,p>is1 on s'entreti5t assez gnralem5t de littrature2 et les spectacles1 qui se r5\vell5t sans cesse1 donn5t lieu des obs]vations +nieuses et spirituelles4 ,mais dans la plup>t des autres gr&es villes1 le seul sujet dont on ait l'occasion de p>l]1 ce sont des anecdotes et des obs]vations j\rnalires sur les p]sonnes dont la bonne compagnie se compose4 ,c'e/ un commrage ennobli p> les gr&s noms qu'on prononce1 mais qui a p\rtant le mme fond que celui des g5s du peuple2 c> l'lgance des =mes prs1 ils p>l5t galem5t t\t le j\r sur leurs vois9s et sur leurs vois9es4 ,l'objet vraim5t libral de la conv]sation1 ce sont les ides et les faits d'un intrt univ]sel4 ,la mdisance habituelle1 dont le loisir des salons et la /rilit de l'esprit font une espce de ncessit1 peut tre plus ou mo9s modifie p> la bont du c>actre2 mais il en re/e t\j\rs assez p\r qu' *aque pas1 *aque mot1 on ent5de aut\r de soi le b\rdonnem5t des petits propos qui p\rrai5t1 comme les m\*es1 inquit] mme le lion4 ,en ,france1 on se s]t de la t]rible arme du ridicule p\r se combattre mutuellem5t et conqurir le t]ra9 sur lequel on espre des succs d'am\r-propre2 ailleurs un c]ta9 bav>dage indol5t use l'esprit1 et dc\rage des ef=ts n]giques1 dans quelque g5re que ce puisse tre4 ,un entreti5 aimable1 alors mme qu'il porte sur des ri5s1 et que la grce seule des expressions en fait le *>me1 cause encore beauc\p de plaisir2 on peut l'affirm] sans imp]t95ce1 les ,franais sont presque seuls capables de ce g5re d'entreti54 ,c'e/ un ex]cice dang]eux1 mais piquant1 dans lequel il faut se j\] de t\s les sujets1 comme d'une balle lance qui doit rev5ir temps dans la ma9 du j\eur4 ,les trang]s1 qu& ils veul5t imit] les ,franais1 affect5t plus d'immoralit1 et sont plus frivoles qu'eux1 de peur que le srieux ne manque de grce1 et que les s5tim5ts ou les p5ses n'ai5t pas l'acc5t p>isi54 ,les ,autri*i5s1 en gnral1 ont t\t la fois trop de raideur et de s9crit p\r re*]*] les manires d'tre trangres4 ,cep5dant ils ne sont pas encore assez ,allem&s1 ils ne connaiss5t pas assez la littrature allem&e2 on croit trop ,vi5ne qu'il e/ de bon gt de ne p>l] que franais2 t&is que la gloire et mme l'agrm5t de *aque pays consi/5t t\j\rs dans le c>actre et l'esprit national4 ,les ,franais ont fait peur l',europe1 mais surt\t l',allemagne1 p> leur habilet dans l'art de saisir et de montr] le ridicule3 il y avait je ne sais quelle puissance magique dans le mot d'lgance et de grce1 qui irritait s+ulirem5t l'am\r-propre4 ,on dirait que les s5tim5ts1 les actions1 la vie enf91 devai5t1 avant t\t1 tre s\mis cette lgislation trs subtile de l'usage du monde1 qui e/ comme un trait entre l'am\r-propre des individus et celui de la socit mme1 un trait dans lequel les vanits respectives se sont fait une con/itution rpublica9e1 o l'o/racisme s'ex]ce contre t\t ce qui e/ =t et prononc4 ,ces =mes1 ces conv5ances lgres en app>5ce1 et despotiques dans le fond1 dispos5t de l'exi/5ce entire2 elles ont m9 p> degrs l'am\r1 l'en?\siasme1 la religion1 t\t1 hors l'gsme1 que l'ironie ne peut atte9dre1 p>ce qu'il ne s'expose qu'au blme et non la moqu]ie4 ,l'esprit allem& s'accorde beauc\p mo9s que t\t autre avec cette frivolit calcule2 il e/ presque nul la sup]ficie2 il a beso9 d'appr(ondir p\r compr5dre2 il ne saisit ri5 au vol1 et les ,allem&s aurai5t beau1 ce qui c]tes s]ait bi5 dommage1 se dsabus] des qualits et des s5tim5ts dont ils sont d\s1 que la p]te du fond ne les r5drait pas plus lg]s dans les =mes1 et qu'ils s]ai5t plutt des ,allem&s sans mrite que des ,franais aimables4 ,il ne faut pas en conclure p\r cela que la grce leur soit int]dite2 l'imag9ation et la s5sibilit leur en donn5t1 qu& ils se livr5t leurs dispositions naturelles4 ,leur gaiet1 et ils en ont1 surt\t en ,autri*e1 n'a pas le mo9dre rapport avec la gaiet franaise2 les f>ces tyroli5nes1 qui amus5t ,vi5ne les gr&s seigneurs comme le peuple1 ressembl5t beauc\p plus la b\ffonn]ie des ,itali5s qu' la moqu]ie des ,franais4 ,elles consi/5t dans des scnes comiques =tem5t c>actrises1 et qui reprs5t5t la nature huma9e avec vrit1 mais non la socit avec f9esse4 ,t\tefois cette gaiet1 telle qu'elle e/1 vaut encore mieux que l'imitation d'une grce trangre3 on peut trs bi5 se pass] de cette grce1 mais en ce g5re la p]fection seule e/ quelque *ose4 ,l'asc5dant des manires des ,franais a prp> peut-tre les trang]s les croire inv9cibles4 ,il n'y a qu'un moy5 de rsi/] cet asc5dant3 ce sont des habitudes et des murs nationales trs dcides#aa4 ,ds qu'on *]*e ressembl] aux ,franais1 ils l'emport5t en t\t sur t\s4 ,les ,anglais1 ne r$\tant po9t le ridicule que les ,franais sav5t si bi5 donn]1 se sont aviss quelquefois de ret\rn] la moqu]ie contre ses matres2 et lo9 que les manires anglaises p>uss5t disgracieuses1 mme en ,france1 les ,franais tant imits imitai5t leur t\r1 et l',anglet]re a t p5dant longtemps aussi la mode ,p>is que ,p>is p>t\t ailleurs4 ,les ,allem&s p\rrai5t se crer une socit d'un g5re trs in/ructif1 et t\t fait analogue leurs gts et leur c>actre4 ,vi5ne1 tant la capitale de l',allemagne1 celle o l'on tr\ve le plus facilem5t runi t\t ce qui fait l'agrm5t de la vie1 aurait pu r5dre s\s ce rapport de gr&s s]vices l'esprit allem&1 si les trang]s n'avai5t pas dom9 presque exclusivem5t la bonne compagnie4 ,la plup>t des ,autri*i5s1 qui ne savai5t pas se prt] la langue et aux c\tumes franaises1 ne vivai5t po9t du t\t dans le monde2 il en rsultait qu'ils ne s'ad\cissai5t po9t p> l'entreti5 des femmes1 et re/ai5t la fois timides et rudes1 ddaignant t\t ce qu'on appelle la grce1 et craignant cep5dant en secret d'en manqu]3 s\s prtexte des occupations militaires1 ils ne cultivai5t po9t leur esprit1 et ils ngligeai5t s\v5t ces occupations mmes1 p>ce qu'ils n'ent5dai5t jamais ri5 qui pt leur faire s5tir le prix et le *>me de la gloire4 ,ils croyai5t se montr] bons ,allem&s en s'loignant d'une socit o les trang]s seuls avai5t l'avantage1 et jamais ils ne songeai5t s'en =m] une capable de dvelopp] leur esprit et leur me4 ,les ,polonais et les ,russes1 qui faisai5t le *>me de la socit de ,vi5ne1 ne p>lai5t que franais1 et contribuai5t en c>t] la langue allem&e4 ,les ,polonaises ont des manires trs sduisantes2 elles ml5t l'imag9ation ori5tale la s\plesse et la vivacit de l'esprit franais4 ,nanmo9s1 mme *ez les nations esclavones1 les plus flexibles de t\tes1 l'imitation du g5re franais e/ trs s\v5t fatigante3 les v]s franais des ,polonais et des ,russes ressembl5t1 quelques exceptions prs1 aux v]s lat9s du moy5 ge4 ,une langue trangre e/ t\j\rs1 s\s beauc\p de rapports1 une langue morte4 ,les v]s franais sont la fois ce qu'il y a de plus facile et de plus difficile faire4 ,li] l'un l'autre des hmi/i*es si bi5 acc\tums se tr\v] ensemble1 ce n'e/ qu'un travail de mmoire2 mais il faut avoir respir l'air d'un pays1 p5s1 j\i1 s\ff]t dans sa langue1 p\r pe9dre en posie ce qu'on pr\ve4 ,les trang]s1 qui mett5t avant t\t leur am\r-propre p>l] correctem5t le franais1 n'os5t pas jug] nos criva9s autrem5t que les autorits littraires ne les jug5t1 de peur de pass] p\r ne pas les compr5dre4 ,ils vant5t le /yle plus que les ides1 p>ce que les ides app>ti5n5t t\tes les nations1 et que les ,franais seuls sont juges du /yle dans leur langue4 ,si v\s r5contrez un vrai ,franais1 v\s tr\vez du plaisir p>l] avec lui sur la littrature franaise2 v\s v\s s5tez *ez v\s1 et v\s v\s entret5ez de vos affaires ensemble2 mais un trang] francis ne se p]met pas une op9ion ni une phrase qui ne soit or?odoxe1 et le plus s\v5t c'e/ une vieille or?odoxie qu'il pr5d p\r l'op9ion du j\r4 ,l'on en e/ encore1 dans plusieurs pays du ,nord1 aux anecdotes de la c\r de ,l\is ,,xiv4 ,les trang]s1 imitateurs des ,franais1 racont5t les qu]elles de mademoiselle de ,fontanges et de madame de ,montespan1 avec un dtail qui s]ait fatigant qu& il s'agirait d'un vnem5t de la veille4 ,cette rudition de b\doir1 cet atta*em5t op9itre quelques ides reues1 p>ce qu'on ne saurait pas trop comm5t r5\vel] sa provision en ce g5re1 t\t cela e/ fa/idieux et mme nuisible2 c> la vritable =ce d'un pays1 c'e/ son c>actre naturel2 et l'imitation des trang]s1 s\s quelque rapport que ce soit1 e/ un dfaut de patriotisme4 ,les ,franais hommes d'esprit1 lorsqu'ils voyag5t1 n'aim5t po9t r5contr] p>mi les trang]s l'esprit franais1 et re*]*5t surt\t les hommes qui runiss5t l'orig9alit nationale l'orig9alit individuelle4 ,les m>*&es de modes1 en ,france1 envoi5t aux colonies1 dans l',allemagne et dans le ,nord1 ce qu'elles appell5t vulgairem5t le fonds de b\tique2 et cep5dant elles re*]*5t avec le plus gr& so9 les habits nationaux de ces mmes pays1 et les reg>d5t avec raison comme des modles trs lgants4 ,ce qui e/ vrai p\r la p>ure l'e/ galem5t p\r l'esprit4 ,n\s avons une c>gaison de madrigaux1 de calemb\rs1 de vaudevilles1 que n\s faisons pass] l'trang]1 qu& on n'en fait plus ri5 en ,france2 mais les ,franais eux-mmes n'e/im5t1 dans les littratures trangres1 que les beauts indignes4 ,il n'y a po9t de nature1 po9t de vie dans l'imitation3 et l'on p\rrait appliqu]1 en gnral1 t\s ces esprits1 t\s ces ouvrages imits du franais1 l'loge que ,rol&1 dans l',ario/e1 fait de sa jum5t qu'il trane aprs lui3 ,elle runit1 dit-il1 t\tes les qualits imag9ables1 mais elle a p\rtant un dfaut1 c'e/ qu'elle e/ morte4 ,,*apitre ,x ,de la sottise ddaigneuse et de la mdiocrit bi5veillante4 ,en t\t pays1 la supriorit d'esprit et d'me e/ =t r>e1 et c'e/ p> cela mme qu'elle cons]ve le nom de supriorit2 a9si donc1 p\r jug] du c>actre d'une nation1 c'e/ la masse commune qu'il faut exam9]4 ,les g5s de gnie sont t\j\rs compatriotes entre eux2 mais p\r s5tir vraim5t la diffr5ce des ,franais et des ,allem&s1 l'on doit s'atta*] connatre la multitude dont les deux nations se compos5t4 ,un ,franais sait encore p>l] lors mme qu'il n'a po9t d'ides2 un ,allem& en a t\j\rs dans sa tte un peu plus qu'il n'en saurait exprim]4 ,on peut s'amus] avec un ,franais1 mme qu& il manque d'esprit4 ,il v\s raconte t\t ce qu'il a fait1 t\t ce qu'il a vu1 le bi5 qu'il p5se de lui1 les loges qu'il a reu1 les gr&s seigneurs qu'il connat1 les succs qu'il espre4 ,un ,allem&1 s'il ne p5se pas1 ne peut ri5 dire1 et s'emb>rasse dans les =mes qu'il v\drait r5dre polies1 et qui mett5t mal l'aise les autres et lui4 ,la sottise1 en ,france1 e/ anime1 mais ddaigneuse4 ,elle se vante de ne pas compr5dre1 p\r peu qu'on exige d'elle quelque att5tion1 et croit nuire ce qu'elle n'ent5d pas1 en affirmant que c'e/ obscur4 ,l'op9ion du pays tant que le succs dcide de t\t1 les sots mmes1 en qualit de spectateurs1 croi5t influ] sur le mrite intr9sque des *oses1 en ne les applaudissant pas1 et se donn] a9si plus d'importance4 ,les hommes mdiocres1 en ,allemagne1 au contraire1 sont ple9s de bonne volont2 ils r\girai5t de ne p\voir s'lev] la hauteur des p5ses d'un criva9 clbre2 et lo9 de se considr] comme juges1 ils aspir5t dev5ir disciples4 ,il y a sur *aque sujet tant de phrases t\tes faites en ,france1 qu'un sot1 avec leur sec\rs1 p>le quelque temps assez bi51 et ressemble mme mom5tanm5t un homme d'esprit2 en ,allemagne1 un ignorant n'os]ait nonc] son avis sur ri5 avec confiance1 c> aucune op9ion n'tant admise comme inconte/able1 on ne peut en avanc] aucune sans tre en tat de la df5dre2 aussi les g5s mdiocres sont-ils p\r la plup>t sil5cieux1 et ne rp&5t-ils d'autre agrm5t dans la socit que celui d'une bi5veillance aimable4 ,en ,allemagne1 les hommes di/+us seuls sav5t caus]1 t&is qu'en ,france t\t le monde s'en tire4 ,les hommes suprieurs en ,france sont indulg5ts1 les hommes suprieurs en ,allemagne sont trs svres2 mais en revan*e les sots *ez les ,franais sont dnigrants et jal\x1 et les ,allem&s1 quelque borns qu'ils soi5t1 sav5t encore se montr] enc\rageants et admirateurs4 ,les ides qui circul5t en ,allemagne sur div]s sujets sont n\velles et s\v5t biz>res2 il arrive de l que ceux qui les rpt5t p>aiss5t avoir p5dant quelque temps une sorte de pr(ondeur usurpe4 ,en ,france1 c'e/ p> les manires qu'on fait illusion sur ce qu'on vaut4 ,ces manires sont agrables1 mais uni=mes1 et la discipl9e du bon ton a*ve de leur t] ce qu'elles p\rrai5t avoir de v>i4 ,un homme d'esprit me racontait qu'un soir1 dans un bal masqu1 il passa devant une glace1 et que1 ne sa*ant comm5t se di/+u] lui-mme1 au milieu de t\s ceux qui portai5t un dom9o p>eil au si51 il se fit un signe de tte p\r se reconnatre2 on en peut dire autant de la p>ure que l'esprit revt dans le monde2 on se confond presque avec les autres1 tant le c>actre vritable de *acun se montre peu6 ,la sottise se tr\ve bi5 de cette confusion1 et v\drait en pr(it] p\r conte/] le vrai mrite4 ,la btise et la sottise diffr5t ess5tiellem5t en ceci1 que les btes se s\mett5t volonti]s la nature1 et que les sots se flatt5t t\j\rs de dom9] la socit4 ,,*apitre ,,xi ,de l'esprit de conv]sation4 ,en ,ori5t1 qu& on n'a ri5 se dire1 on fume du tabac de rose ensemble1 et de temps en temps on se salue les bras croiss sur la poitr9e1 p\r se donn] un tmoignage d'amiti2 mais dans l',occid5t on a v\lu se p>l] t\t le j\r1 et le foy] de l'me s'e/ s\v5t dissip dans ces entreti5s o l'am\r-propre e/ sans cesse en m\vem5t p\r faire effet t\t de suite1 et selon le gt du mom5t et du c]cle o l'on se tr\ve4 ,il me semble reconnu que ,p>is e/ la ville du monde o l'esprit et le gt de la conv]sation sont le plus gnralem5t rp&us2 et ce qu'on appelle le mal du pays1 ce regret indf9issable de la patrie1 qui e/ indp5dant des amis mme qu'on y a laisss1 s'applique p>ticulirem5t ce plaisir de caus]1 que les ,franais ne retr\v5t nulle "p au mme degr que *ez eux4 ,volney raconte que des ,franais migrs v\lai5t1 p5dant la rvolution1 tablir une colonie et dfri*] des t]res en ,amrique2 mais de temps en temps ils quittai5t t\tes leurs occupations p\r all]1 disai5t-ils1 caus] la ville2 et cette ville1 la ,n\velle-,orlans1 tait six c5ts lieues de leur demeure4 ,dans t\tes les classes1 en ,france1 on s5t le beso9 de caus]3 la p>ole n'y e/ pas seulem5t1 comme ailleurs1 un moy5 de se communiqu] ses ides1 ses s5tim5ts et ses affaires1 mais c'e/ un in/rum5t dont on aime j\]1 et qui ranime les esprits1 comme la musique *ez quelques peuples1 et les liqueurs =tes *ez quelques autres4 ,le g5re de bi5-tre que fait pr\v] une conv]sation anime ne consi/e pas prcism5t dans le sujet de cette conv]sation2 les ides ni les connaissances qu'on peut y dvelopp] n'en sont pas le pr9cipal intrt2 c'e/ une c]ta9e manire d'agir les uns sur les autres1 de se faire plaisir rciproquem5t et avec rapidit1 de p>l] aussitt qu'on p5se1 de j\ir l'in/ant de soi-mme1 d'tre applaudi sans travail1 de manife/] son esprit dans t\tes les nuances p> l'acc5t1 le ge/e1 le reg>d1 enf9 de produire volont comme une sorte d'lectricit qui fait jaillir des t9celles1 s\lage les uns de l'excs mme de leur vivacit1 et rveille les autres d'une apa?ie pnible4 ,ri5 n'e/ plus trang] ce tal5t que le c>actre et le g5re d'esprit des ,allem&s2 ils veul5t un rsultat srieux en t\t4 ,bacon a dit que la conv]sation n'tait pas un *em9 qui conduisait la maison1 mais un s5ti] o l'on se prom5ait au has>d avec plaisir4 ,les ,allem&s donn5t *aque *ose le temps ncessaire1 mais le ncessaire en fait de conv]sation1 c'e/ l'amusem5t2 si l'on dpasse cette mesure l'on tombe dans la discussion1 dans l'entreti5 srieux1 qui e/ plutt une occupation utile qu'un art agrable4 ,il faut l'av\] aussi1 le gt et l'enivrem5t de l'esprit de socit r5d5t s+ulirem5t incapable d'application et d'tude1 et les qualits des ,allem&s ti5n5t peut-tre s\s quelques rapports l'abs5ce mme de cet esprit4 ,les anci5nes =mules de politesse qui sont encore en vigueur dans presque t\te l',allemagne1 s'oppos5t l'aisance et la famili>it de la conv]sation2 le titre le plus m9ce1 et p\rtant le plus long prononc]1 y e/ donn et rpt v+t fois dans le mme repas2 il faut (frir de t\s les mets1 de t\s les v9s avec un so91 avec une insi/ance qui fatigue mortellem5t les trang]s4 ,il y a de la bonhomie au fond de t\s ces usages2 mais ils ne subsi/]ai5t pas un in/ant dans un pays o l'on p\rrait has>d] la plaisant]ie sans (f5s] la susceptibilit2 et comm5t nanmo9s peut-il y avoir de la grce et du *>me en socit1 si l'on n'y p]met pas cette d\ce moqu]ie qui dlasse l'esprit1 et donne la bi5veillance elle-mme une faon piquante de s'exprim]8 ,le c\rs des ides1 depuis un sicle1 a t t\t fait dirig p> la conv]sation4 ,on p5sait p\r p>l]1 on p>lait p\r tre applaudi1 et t\t ce qui ne p\vait pas se dire semblait tre de trop dans l'me4 ,c'e/ une disposition trs agrable que le dsir de plaire2 mais elle diffre p\rtant beauc\p du beso9 d'tre aim3 le dsir de plaire r5d dp5dant de l'op9ion1 le beso9 d'tre aim en affran*it3 on p\rrait dsir] de plaire ceux mme qui l'on f]ait beauc\p de mal1 et c'e/ prcism5t ce qu'on appelle de la coquett]ie2 cette coquett]ie n'app>ti5t pas exclusivem5t aux femmes2 il y en a dans t\tes les manires qui s]v5t tmoign] plus d'affection qu'on n'en pr\ve rellem5t4 ,la loyaut des ,allem&s ne leur p]met ri5 de semblable2 ils pr5n5t la grce au pi$ de la lettre1 ils considr5t le *>me de l'expression comme un engagem5t p\r la conduite1 et de l vi5t leur susceptibilit2 c> ils n'ent5d5t pas un mot sans en tir] une consqu5ce1 et ne conoiv5t pas qu'on puisse trait] la p>ole en art libral1 qui n'a ni b ni rsultat si ce n'e/ le plaisir qu'on y tr\ve4 ,l'esprit de conv]sation a quelquefois l'inconvni5t d'altr] la s9crit du c>actre2 ce n'e/ pas une tromp]ie comb9e1 mais improvise1 si l'on peut s'exprim] a9si4 ,les ,franais ont mis dans ce g5re une gat qui les r5d aimables1 mais il n'en e/ pas mo9s c]ta9 que ce qu'il y a de plus sacr dans ce monde a t branl p> la grce1 du mo9s p> celle qui n'atta*e de l'importance ri51 et t\rne t\t en ridicule4 ,les bons mots des ,franais ont t cits d'un b\t de l',europe l'autre3 de t\t temps ils ont montr leur brillante valeur1 et s\lag leurs *agr9s d'une faon vive et piquante2 de t\t temps ils ont eu beso9 les uns des autres1 comme d'auditeurs alt]natifs qui s'enc\rageai5t mutuellem5t2 de t\t temps ils ont excell dans l'art de ce qu'il faut dire1 et mme de ce qu'il faut taire1 qu& un gr& intrt l'emporte sur leur vivacit naturelle2 de t\t temps ils ont eu le tal5t de vivre vite1 d'abrg] les longs disc\rs1 de faire place aux successeurs avides de p>l] leur t\r2 de t\t temps1 enf91 ils ont su ne pr5dre du s5tim5t et de la p5se que ce qu'il en faut p\r anim] l'entreti51 sans lass] le frivole intrt qu'on a d'ord9aire les uns p\r les autres4 ,les ,franais p>l5t t\j\rs lgrem5t de leurs malheurs1 dans la cra9te d'ennuy] leurs amis2 ils dev95t la fatigue qu'ils p\rrai5t caus]1 p> celle dont ils s]ai5t susceptibles3 ils se ht5t de montr] lgamm5t de l'ins\ciance p\r leur propre sort1 af9 d'en avoir l'honneur au lieu d'en recevoir l'exemple4 ,le dsir de p>atre aimable conseille de pr5dre une expression de gat1 quelle que soit la disposition intrieure de l'me2 la physionomie influe p> degrs sur ce qu'on pr\ve1 et ce qu'on fait p\r plaire aux autres m\sse bi5tt en soi-mme ce qu'on ress5t4 ,une femme d'esprit a dit que ,p>is tait le lieu du monde o l'on p\vait le mieux se pass] du bonheur#ab2 c'e/ s\s ce rapport qu'il convi5t si bi5 la pauvre espce huma9e2 mais ri5 ne saurait faire qu'une ville d',allemagne devnt ,p>is1 ni que les ,allem&s puss5t1 sans se gt] entirem5t1 recevoir comme n\s le bi5fait de la di/raction4 ,a =ce de s'*app] eux-mmes ils f9irai5t p> ne plus se retr\v]4 ,le tal5t et l'habitude de la socit s]v5t beauc\p faire connatre les hommes3 p\r russir en p>lant1 il faut obs]v] avec p]spicacit l'impression qu'on produit *aque in/ant sur eux1 celle qu'ils veul5t n\s ca*]1 celle qu'ils *]*5t n\s exagr]1 la satisfaction cont5ue des uns1 le s\rire =c des autres2 on voit pass] sur le front de ceux qui n\s c\t5t des blmes demi =ms1 qu'on peut vit] en se htant de les dissip] avant que l'am\r-propre y soit engag4 ,l'on y voit natre aussi l'approbation qu'il faut =tifi]1 sans cep5dant exig] d'elle plus qu'elle ne veut donn]4 ,il n'e/ po9t d'arne o la vanit se montre s\s des =mes plus v>ies que dans la conv]sation4 ,j'ai connu un homme que les l\anges agitai5t au po9t que1 qu& on lui en donnait1 il exagrait ce qu'il v5ait de dire1 et s'ef=ait tellem5t d'aj\t] son succs1 qu'il f9issait t\j\rs p> le p]dre4 ,je n'osais pas l'applaudir1 de peur de le port] l'affectation1 et qu'il ne se r5dt ridicule p> le bon cur de son am\r-propre4 ,un autre craignait tellem5t d'avoir l'air de dsir] de faire effet1 qu'il laissait tomb] ses p>oles ngligemm5t et ddaigneusem5t4 ,sa fe9te indol5ce trahissait seulem5t une prt5tion de plus1 celle de n'en po9t avoir4 ,qu& la vanit se montre1 elle e/ bi5veillante2 qu& elle se ca*e1 la cra9te d'tre dc\v]te la r5d amre1 et elle affecte l'indiffr5ce1 la satit1 enf9 t\t ce qui peut p]suad] aux autres qu'elle n'a pas beso9 d'eux4 ,ces diffr5tes comb9aisons sont amusantes p\r l'obs]vateur1 et l'on s'tonne t\j\rs que l'am\r-propre ne pr5ne pas la r\te si simple d'av\] naturellem5t le dsir de plaire1 et d'employ] autant qu'il e/ possible la grce et la vrit p\r y p>v5ir4 ,le tact qu'exige la socit1 le beso9 qu'elle donne de se mettre la porte des diffr5ts esprits1 t\t ce travail de la p5se1 dans ses rapports avec les hommes1 s]ait c]ta9em5t utile1 beauc\p d'g>ds1 aux ,allem&s1 en leur donnant plus de mesure1 de f9esse et d'habilet2 mais dans ce tal5t de caus]1 il y a une sorte d'adresse qui fait p]dre t\j\rs quelque *ose l'inflexibilit de la morale2 si l'on p\vait se pass] de t\t ce qui ti5t l'art de mnag] les hommes1 le c>actre en aurait srem5t plus de gr&eur et d'n]gie4 ,les ,franais sont les plus habiles diplomates de l',europe1 et ces hommes1 qu'on accuse d'indiscrtion et d'imp]t95ce1 sav5t mieux que p]sonne ca*] un secret1 et captiv] ceux dont ils ont beso94 ,ils ne dplais5t jamais que qu& ils le veul5t1 c'e/--dire1 qu& leur vanit croit tr\v] mieux son compte dans le dda9 que dans l'obligeance4 ,l'esprit de conv]sation a s+ulirem5t dvelopp *ez les ,franais l'esprit plus srieux des ngociations politiques4 ,il n'e/ po9t d'ambassadeur trang] qui pt lutt] contre eux en ce g5re1 mo9s que1 mettant absolum5t de ct t\te prt5tion la f9esse1 il n'allt droit en affaires1 comme celui qui se battrait sans savoir l'escrime4 ,les rapports des diffr5tes classes entre elles tai5t aussi trs propres dvelopp] en ,france la sagacit1 la mesure et la conv5ance de l'esprit de socit4 ,les rangs n'y tai5t po9t m>qus d'une manire positive1 et les prt5tions s'agitai5t sans cesse dans l'espace inc]ta9 que *acun p\vait t\r t\r ou conqurir ou p]dre4 ,les droits du ti]s-tat1 des p>lem5ts1 de la noblesse1 la puissance mme du roi1 ri5 n'tait dt]m9 d'une faon inv>iable2 t\t se passait1 p\r a9si dire1 en adresse de conv]sation3 on esquivait les difficults les plus graves p> les nuances dlicates des p>oles et des manires1 et l'on arrivait r>em5t se heurt] ou se cd]1 tant on vitait avec so9 l'un et l'autre6 ,les gr&es familles avai5t aussi entre elles des prt5tions jamais dcl>es et t\j\rs s\s-ent5dues1 et ce vague excitait beauc\p plus la vanit que des rangs m>qus n'aurai5t pu le faire4 ,il fallait tudi] t\t ce dont se composait l'exi/5ce d'un homme ou d'une femme1 p\r savoir le g5re d'g>ds qu'on leur devait2 l'arbitraire1 s\s t\tes les =mes1 a t\j\rs t dans les habitudes1 les murs et les lois de la ,france3 de l vi5t que les ,franais ont eu1 si l'on peut s'exprim] a9si1 une si gr&e pdant]ie de frivolit2 les bases pr9cipales n'tant po9t aff]mies1 on v\lait donn] de la consi/ance aux mo9dres dtails4 ,en ,anglet]re1 on p]met l'orig9alit aux individus1 tant la masse e/ bi5 rgle6 ,en ,france1 il semble que l'esprit d'imitation soit comme un li5 social1 et que t\t s]ait en dsordre si ce li5 ne supplait pas l'in/abilit des in/itutions4 ,en ,allemagne1 *acun e/ son rang1 sa place1 comme son po/e1 et l'on n'a pas beso9 de t\rnures habiles1 de p>5?ses1 de demi-mots1 p\r exprim] les avantages de naissance ou de titre que l'on se croit sur son vois94 ,la bonne compagnie1 en ,allemagne1 c'e/ la c\r2 en ,france1 c'tai5t t\s ceux qui p\vai5t se mettre sur un pi$ d'galit avec elle1 et t\s p\vai5t l'espr]1 et t\s aussi p\vai5t cra9dre de n'y jamais p>v5ir4 ,il en rsultait que *acun v\lait avoir les manires de cette socit-l4 ,en ,allemagne1 un diplme v\s y faisait entr]2 en ,france1 une faute de gt v\s en faisait sortir2 et l'on tait encore plus empress de ressembl] aux g5s du monde1 que de se di/+u] dans ce monde mme p> sa valeur p]sonnelle4 ,une puissance ari/ocratique1 le bon ton et l'lgance1 l'emportait sur l'n]gie1 la pr(ondeur1 la s5sibilit1 l'esprit mme4 ,elle disait l'n]gie3--,v\s mettez trop d'intrt aux p]sonnes et aux *oses2-- la pr(ondeur3--,v\s me pr5ez trop de temps2-- la s5sibilit3--,v\s tes trop exclusive2-- l'esprit enf93--,v\s tes une di/9ction trop individuelle4--,il fallait des avantages qui t9ss5t plus aux manires qu'aux ides1 et il importait de reconnatre dans un homme1 plutt la classe dont il tait que le mrite qu'il possdait4 ,cette espce d'galit dans l'9galit e/ trs favorable aux g5s mdiocres1 c> elle doit ncessairem5t dtruire t\te orig9alit dans la faon de voir et de s'exprim]4 ,le modle *oisi e/ noble1 agrable et de bon gt1 mais il e/ le mme p\r t\s4 ,c'e/ un po9t de runion que ce modle2 *acun1 en s'y con=mant1 se croit plus en socit avec ses semblables4 ,un ,franais s'ennui]ait d'tre seul de son avis comme d'tre seul dans sa *ambre4 ,on aurait tort d'accus] les ,franais de flatt] la puissance p> les calculs ord9aires qui inspir5t cette flatt]ie2 ils vont o t\t le monde va1 disgrce ou crdit1 n'importe3 si quelques-uns se font pass] p\r la f\le1 ils sont bi5 srs qu'elle y vi5dra rellem5t4 ,on a fait la rvolution de ,france1 en #aghi1 en envoyant un c\rri] qui1 d'un village l'autre1 criait3 armez-v\s1 c> le village vois9 s'e/ arm2 et t\t le monde se tr\va lev contre t\t le monde1 ou plutt contre p]sonne4 ,si l'on rp&ait le bruit que telle manire de voir e/ univ]sellem5t reue1 l'on obti5drait l'unanimit1 malgr le s5tim5t intime de *acun2 l'on se g>d]ait alors1 p\r a9si dire1 le secret de la comdie1 c> *acun av\]ait sp>m5t que t\s ont tort4 ,dans les scrut9s secrets1 on a vu des dputs donn] leur b\le blan*e ou noire contre leur op9ion1 seulem5t p>ce qu'ils croyai5t la majorit dans un s5s diffr5t du leur1 et qu'ils ne v\lai5t pas1 disai5t-ils1 p]dre leur voix4 ,c'e/ p> ce beso9 social de p5s] comme t\t le monde qu'on a pu s'expliqu]1 p5dant la rvolution1 le contra/e du c\rage la gu]re et de la pusillanimit dans la c>rire civile4 ,il n'y a qu'une manire de voir sur le c\rage militaire2 mais l'op9ion publique peut tre g>e relativem5t la conduite qu'on doit suivre dans les affaires politiques4 ,le blme de ceux qui v\s ent\r5t1 la solitude1 l'ab&on v\s m5ac5t1 si v\s ne suivez pas le p>ti dom9ant2 t&is qu'il n'y a dans les armes que l'alt]native de la mort et du succs1 situation *>mante p\r des ,franais1 qui ne craign5t po9t l'une et aim5t passionnm5t l'autre4 ,mettez la mode1 c'e/--dire les applaudissem5ts1 du ct du dang]1 et v\s v]rez les ,franais le brav] s\s t\tes ses =mes2 l'esprit de sociabilit exi/e en ,france depuis le premi] rang jusqu'au d]ni]3 il faut s'ent5dre appr\v] p> ce qui n\s environne2 on ne veut s'expos]1 aucun prix1 au blme ou au ridicule1 c> dans un pays o caus] a tant d'influ5ce1 le bruit des p>oles c\vre s\v5t la voix de la consci5ce4 ,on connat l'hi/oire de cet homme qui comm5a p> l\] avec transport une actrice qu'il v5ait d'ent5dre2 il ap]ut un s\rire sur les lvres des assi/ants1 il modifia son loge2 l'op9itre s\rire ne cessa po9t1 et la cra9te de la moqu]ie f9it p> lui faire dire3 ,ma foi6 la pauvre diablesse a fait ce qu'elle a pu4 ,les triomphes de la plaisant]ie se r5\vell5t sans cesse en ,france2 dans un temps il convi5t d'tre religieux1 dans un autre de ne l'tre pas2 dans un temps d'aim] sa femme1 dans un autre de ne pas p>atre avec elle4 ,il a exi/ mme des mom5ts o l'on et cra9t de pass] p\r niais si l'on avait montr de l'humanit1 et cette t]reur du ridicule qui1 dans les premires classes1 ne se manife/e d'ord9aire que p> la vanit1 s'e/ traduite en frocit dans les d]nires4 ,quel mal cet esprit d'imitation ne f]ait-il pas p>mi les ,allem&s6 ,leur supriorit consi/e dans l'indp5dance de l'esprit1 dans l'am\r de la retraite1 dans l'orig9alit individuelle4 ,les ,franais ne sont t\t-puissants qu'en masse1 et leurs hommes de gnie eux-mmes pr5n5t t\j\rs leur po9t d'appui dans les op9ions reues1 qu& ils veul5t s'lanc] au del4 ,enf91 l'impati5ce du c>actre franais1 si piquante en conv]sation1 t]ait aux ,allem&s le *>me pr9cipal de leur imag9ation naturelle1 cette rv]ie calme1 cette vue pr(onde1 qui s'aide du temps et de la p]svrance p\r t\t dc\vrir4 ,ces qualits sont presque incompatibles avec la vivacit d'esprit2 et cep5dant cette vivacit e/ surt\t ce qui r5d aimable en conv]sation4 ,lorsqu'une discussion s'appesantit1 lorsqu'un conte s'allonge1 il v\s pr5d je ne sais quelle impati5ce1 semblable celle qu'on pr\ve qu& un musici5 ral5tit trop la mesure d'un air4 ,on peut tre fatigant1 nanmo9s1 =ce de vivacit1 comme on l'e/ p> trop de l5teur4 ,j'ai connu un homme de beauc\p d'esprit1 mais tellem5t impati5t1 qu'il donnait t\s ceux qui causai5t avec lui l'inquitude que doiv5t pr\v] les g5s prolixes1 qu& ils s'ap]oiv5t qu'ils fatigu5t4 ,cet homme sautait sur sa *aise p5dant qu'on lui p>lait1 a*evait les phrases des autres1 dans la cra9te qu'elles ne se prolongeass5t2 il inquitait d'abord1 et f9issait p> lass] en t\rdissant3 c> quelque vite qu'on aille en fait de conv]sation1 qu& il n'y a plus moy5 de retran*] que sur le ncessaire1 les p5ses et les s5tim5ts oppress5t1 faute d'espace p\r les exprim]4 ,t\tes les manires d'abrg] le temps ne l'p>gn5t pas1 et l'on peut mettre des longueurs dans une seule phrase1 si l'on y laisse du vide2 le tal5t de rdig] sa p5se brillamm5t et rapidem5t e/ ce qui russit le plus en socit2 on n'a pas le temps d'y ri5 att5dre4 ,nulle rflexion1 nulle complaisance ne peut faire qu'on s'y amuse de ce qui n'amuse pas4 ,il faut ex]c] l l'esprit de conqute et le despotisme du succs3 c> le fond et le b tant peu de *ose1 on ne peut pas se consol] du rev]s p> la puret des motifs1 et la bonne int5tion n'e/ de ri5 en fait d'esprit4 ,le tal5t de cont]1 l'un des gr&s *>mes de la conv]sation1 e/ trs r>e en ,allemagne2 les auditeurs y sont trop complaisants1 ils ne s'ennui5t pas assez vite1 et les conteurs1 se fiant la pati5ce des auditeurs1 s'tabliss5t trop leur aise dans les rcits4 ,en ,france1 celui qui p>le e/ un usurpateur1 qui se s5t ent\r de rivaux jal\x1 et veut se ma9t5ir =ce de succs2 en ,allemagne1 c'e/ un possesseur lgitime qui peut us] paisiblem5t de ses droits reconnus4 ,les ,allem&s russiss5t mieux dans les contes potiques que dans les contes pigrammatiques3 qu& il faut p>l] l'imag9ation1 les dtails peuv5t plaire1 ils r5d5t le tableau plus vrai3 mais qu& il s'agit de rapport] un bon mot1 on ne saurait trop abrg] les prambules4 ,la plaisant]ie allge p\r un mom5t le poids de la vie3 v\s aimez voir un homme1 votre semblable1 se j\] a9si du f>deau qui v\s accable1 et bi5tt1 anim p> lui1 v\s le s\levez votre t\r2 mais qu& v\s s5tez de l'ef=t ou de la langueur dans ce qui devrait tre un amusem5t1 v\s en tes plus fatigu que du srieux mme1 dont les rsultats au mo9s v\s intress5t4 ,la bonne foi du c>actre allem& e/ aussi peut-tre un ob/acle l'art de cont]2 les ,allem&s ont plutt la gat du c>actre que celle de l'esprit2 ils sont gais comme ils sont honntes1 p\r la satisfaction de leur propre consci5ce1 et ri5t de ce qu'ils dis5t1 longtemps avant mme d'avoir song en faire rire les autres4 ,ri5 ne saurait gal]1 au contraire1 le *>me d'un rcit fait p> un ,franais spirituel et de bon gt4 ,il prvoit t\t1 il mnage t\t1 et cep5dant il ne sacrifie po9t ce qui p\rrait excit] l'intrt4 ,sa physionomie1 mo9s prononce que celle des ,itali5s1 indique la gat1 sans ri5 faire p]dre la dignit du ma9ti5 et des manires2 il s'arrte qu& il le faut1 et jamais il n'puise mme l'amusem5t2 il s'anime1 et nanmo9s il ti5t t\j\rs en ma9 les rnes de son esprit1 p\r le conduire srem5t et rapidem5t2 bi5tt aussi les auditeurs se ml5t de l'entreti51 il fait valoir alors son t\r ceux qui vi5n5t de l'applaudir2 il ne laisse po9t pass] une expression heureuse sans la relev]1 une plaisant]ie piquante sans la s5tir1 et p\r un mom5t du mo9s l'on se plat1 et l'on j\it les uns des autres1 comme si t\t tait concorde1 union et sympa?ie dans le monde4 ,les ,allem&s f]ai5t bi5 de pr(it]1 s\s des rapports ess5tiels1 de quelques-uns des avantages de l'esprit social en ,france3 ils devrai5t appr5dre des ,franais se montr] mo9s irritables dans les petites circon/ances1 af9 de rs]v] t\te leur =ce p\r les gr&es2 ils devrai5t appr5dre des ,franais ne pas confondre l'op9itret avec l'n]gie1 la rudesse avec la f]met2 ils devrai5t aussi1 lorsqu'ils sont capables du dv\em5t enti] de leur vie1 ne pas la rattrap] en dtail p> une sorte de p]sonnalit m9utieuse1 que ne se p]mettrait pas le vritable gsme2 enf91 ils devrai5t puis] dans l'art mme de la conv]sation l'habitude de rp&re dans leurs livres cette cl>t qui les mettrait la porte du plus gr& nombre1 ce tal5t d'abrg]1 inv5t p> les peuples qui s'amus5t1 bi5 plutt que p> ceux qui s'occup5t1 et ce respect p\r de c]ta9es conv5ances1 qui ne porte pas sacrifi] la nature1 mais mnag] l'imag9ation4 ,ils p]fectionn]ai5t leur manire d'crire p> quelques-unes des obs]vations que le tal5t de p>l] fait natre3 mais ils aurai5t tort de prt5dre ce tal5t tel que les ,franais le possd5t4 ,une gr&e ville qui s]virait de po9t de ralliem5t s]ait utile l',allemagne1 p\r rassembl] les moy5s d'tude1 augm5t] les ress\rces des arts1 excit] l'mulation2 mais si cette capitale dveloppait *ez les ,allem&s le gt des plaisirs de la socit dans t\te leur lgance1 ils y p]drai5t la bonne foi scrupuleuse1 le travail solitaire1 l'indp5dance audacieuse qui les di/+u5t dans la c>rire littraire et philosophique2 enf91 ils *ang]ai5t leurs habitudes de recueillem5t contre un m\vem5t extrieur dont ils n'acqu]rai5t jamais la grce et la dextrit4 ,,*apitre ,,xii ,de la langue allem&e dans ses rapports avec l'esprit de conv]sation4 ,en tudiant l'esprit et le c>actre d'une langue1 on appr5d l'hi/oire philosophique des op9ions1 des murs et des habitudes nationales2 et les modifications que subit le langage doiv5t jet] de gr&es lumires sur la m>*e de la p5se2 mais une telle analyse s]ait ncessairem5t trs mtaphysique1 et dem&]ait une f\le de connaissances qui n\s manqu5t presque t\j\rs dans les langues trangres1 et s\v5t mme dans la ntre4 ,il faut donc s'en t5ir l'impression gnrale que produit l'idiome d'une nation dans son tat actuel4 ,le ,franais1 ayant t p>l plus qu'aucun autre dialecte europen1 e/ la fois poli p> l'usage et acr p\r le b4 ,aucune langue n'e/ plus claire et plus rapide1 n'indique plus lgrem5t et n'explique plus nettem5t ce qu'on veut dire4 ,l'allem& se prte beauc\p mo9s la prcision et la rapidit de la conv]sation4 ,p> la nature mme de sa con/ruction grammaticale1 le s5s n'e/ ord9airem5t compris qu' la f9 de la phrase4 ,a9si1 le plaisir d'int]rompre1 qui r5d la discussion si anime en ,france1 et =ce dire si vite ce qu'il importe de faire ent5dre1 ce plaisir ne peut exi/] en ,allemagne2 c> les comm5cem5ts de phrase ne signifi5t ri5 sans la f92 il faut laiss] *acun t\t l'espace qu'il lui convi5t de pr5dre2 cela vaut mieux p\r le fond des *oses1 c'e/ aussi plus civil1 mais mo9s piquant4 ,la politesse allem&e e/ plus cordiale1 mais mo9s nuance que la politesse franaise2 il y a plus d'g>ds p\r le rang et plus de prcautions en t\t4 ,en ,france1 on flatte plus qu'on ne mnage1 et1 comme on a l'art de t\t indiqu]1 on appro*e beauc\p plus volonti]s des sujets les plus dlicats4 ,l'allem& e/ une langue trs brillante en posie1 trs abondante en mtaphysique1 mais trs positive en conv]sation4 ,la langue franaise1 au contraire1 n'e/ vraim5t ri*e que dans les t\rnures qui exprim5t les rapports les plus dlis de la socit4 ,elle e/ pauvre et circonscrite dans t\t ce qui ti5t l'imag9ation et la philosophie4 ,les ,allem&s craign5t plus de faire de la pe9e qu'ils n'ont envie de plaire4 ,de l vi5t qu'ils ont s\mis autant qu'ils ont pu la politesse des rgles2 et leur langue1 si h>die dans les livres1 e/ s+ulirem5t ass]vie en conv]sation1 p> t\tes les =mules dont elle e/ sur*>ge4 ,je me rappelle d'avoir assi/1 en ,saxe1 une leon de mtaphysique d'un philosophe clbre qui citait t\j\rs le b>on de ,leibnitz1 et jamais l'entranem5t du disc\rs ne p\vait l'engag] supprim] ce titre de b>on1 qui n'allait gure avec le nom d'un gr& homme mort depuis prs d'un sicle4 ,l'allem& convi5t mieux la posie qu' la prose1 et la prose crite qu' la prose p>le2 c'e/ un in/rum5t qui s]t trs bi5 qu& on veut t\t pe9dre ou t\t dire3 mais on ne peut pas gliss] avec l'allem&1 comme avec le franais1 sur les div]s sujets qui se prs5t5t4 ,si l'on v\lait faire all] les mots allem&s du tra9 de la conv]sation franaise1 on leur t]ait t\te grce et t\te dignit4 ,le mrite des ,allem&s1 c'e/ de bi5 remplir le temps3 le tal5t des ,franais1 c'e/ de le faire oubli]4 ,quoique le s5s des priodes allem&es ne s'explique s\v5t qu' la f91 la con/ruction ne p]met pas t\j\rs de t]m9] une phrase p> l'expression la plus piquante2 et c'e/ cep5dant un des gr&s moy5s de faire effet en conv]sation4 ,l'on ent5d r>em5t p>mi les ,allem&s ce qu'on appelle des bons mots3 ce sont les p5ses mmes1 et non l'clat qu'on leur donne1 qu'il faut admir]4 ,les ,allem&s tr\v5t une sorte de *>latanisme dans l'expression brillante1 et pr5n5t plutt l'expression ab/raite1 p>ce qu'elle e/ plus scrupuleuse et s'appro*e davantage de l'ess5ce mme du vrai2 mais la conv]sation ne doit donn] aucune pe9e1 ni p\r compr5dre ni p\r p>l]4 ,ds que l'entreti5 ne porte pas sur les intrts communs de la vie1 et qu'on entre dans la sphre des ides1 la conv]sation en ,allemagne devi5t trop mtaphysique2 il n'y a pas assez d'int]mdiaire entre ce qui e/ vulgaire et ce qui e/ sublime2 et c'e/ cep5dant dans cet int]mdiaire que s'ex]ce l'art de caus]4 ,la langue allem&e a une gat qui lui e/ propre2 la socit ne l'a po9t r5due timide1 et les bonnes murs l'ont laisse pure2 mais c'e/ une gat nationale la porte de t\tes les classes4 ,les sons biz>res des mots1 leur antique navet1 donn5t la plaisant]ie quelque *ose de pittoresque1 dont le peuple peut s'amus] aussi bi5 que les g5s du monde4 ,les ,allem&s sont mo9s gns que n\s dans le *oix des expressions1 p>ce que1 leur langue n'ayant pas t aussi frquemm5t employe dans la conv]sation du gr& monde1 elle ne se compose pas1 comme la ntre1 de mots qu'un has>d1 une application1 une allusion1 r5d5t ridicules1 de mots enf9 qui1 ayant subi t\tes les av5tures de la socit1 sont proscrits inju/em5t peut-tre1 mais ne saurai5t plus tre admis4 ,la colre s'e/ s\v5t exprime en allem&1 mais on n'en a pas fait l'arme du p]siflage2 et les p>oles dont on se s]t sont encore dans t\te leur vrit et dans t\te leur =ce2 c'e/ une facilit de plus3 mais aussi l'on peut exprim] avec le franais mille obs]vations f9es1 et se p]mettre mille t\rs d'adresse dont la langue allem&e e/ jusqu' prs5t incapable4 ,il faut se mesur] avec les ides en allem&1 avec les p]sonnes en franais2 il faut creus] l'aide de l'allem&1 il faut arriv] au b en p>lant franais2 l'un doit pe9dre la nature1 et l'autre la socit4 ,g! fait dire dans son roman de ,wilhelm ,mei/]1 une femme allem&e1 qu'elle s'ap]ut que son amant v\lait la quitt]1 p>ce qu'il lui crivait en franais4 ,il y a bi5 des phrases en effet dans notre langue1 p\r dire en mme temps et ne pas dire1 p\r faire espr] sans promettre1 p\r promettre mme sans se li]4 ,l'allem& e/ mo9s flexible1 et il fait bi5 de re/] tel1 c> ri5 n'inspire plus de dgt que cette langue tudesque1 qu& elle e/ employe aux m5songes1 de quelque nature qu'ils soi5t4 ,sa con/ruction tranante1 ses consonnes multiplies1 sa grammaire savante1 ne lui p]mett5t aucune grce dans la s\plesse2 et l'on dirait qu'elle se raidit d'elle-mme contre l'int5tion de celui qui la p>le1 ds qu'on veut la faire s]vir trahir la vrit4 ,,*apitre ,,xiii ,de l',allemagne du ,nord4 ,les premires impressions qu'on reoit en arrivant dans le nord de l',allemagne1 surt\t au milieu de l'hiv]1 sont extrmem5t tri/es2 et je ne suis pas tonn que ces impressions ai5t emp* la plup>t des ,franais que l'exil a conduits dans ce pays1 de l'obs]v] sans prv5tion4 ,cette frontire du ,rh9 e/ sol5nelle2 on cra9t1 en la passant1 de s'ent5dre prononc] ce mot t]rible3 ,v\s tes hors de ,france4 ,c'e/ en va9 que l'esprit juge avec imp>tialit le pays qui n\s a vus natre1 nos affections ne s'en dta*5t jamais2 et qu& on e/ contra9t le quitt]1 l'exi/5ce semble drac9e1 on se devi5t comme trang] soi-mme4 ,les plus simples usages1 comme les relations les plus intimes2 les intrts les plus graves1 comme les mo9dres plaisirs1 t\t tait de la patrie2 t\t n'en e/ plus4 ,on ne r5contre p]sonne qui puisse v\s p>l] d'autrefois1 p]sonne qui v\s atte/e l'id5tit des j\rs passs avec les j\rs actuels2 la de/9e recomm5ce1 sans que la confiance des premires annes se r5\velle2 l'on *ange de monde1 sans avoir *ang de cur4 ,a9si l'exil condamne se survivre2 les adieux1 les sp>ations1 t\t e/ comme l'in/ant de la mort1 et l'on y assi/e cep5dant avec les =ces entires de la vie4 ,j'tais1 il y a six ans1 sur les bords du ,rh91 att5dant la b>que qui devait me conduire l'autre rive2 le temps tait froid1 le ciel obscur1 et t\t me semblait un prsage fune/e4 ,qu& la d\leur agite violemm5t notre me1 on ne peut se p]suad] que la nature y soit indiffr5te2 il e/ p]mis l'homme d'attribu] quelque puissance ses pe9es2 ce n'e/ pas de l'orgueil1 c'e/ de la confiance dans la cle/e piti4 ,je m'inquitais p\r mes enfants1 quoiqu'ils ne fuss5t pas encore dans l'ge de s5tir ces motions de l'me qui rp&5t l'effroi sur t\s les objets extrieurs4 ,mes dome/iques franais s'impati5tai5t de la l5teur allem&e1 et s'tonnai5t de n'tre pas compris qu& ils p>lai5t la seule langue qu'ils cruss5t admise dans les pays civiliss4 ,il y avait dans notre bac une vieille femme allem&e1 assise sur une *>rette2 elle ne v\lait pas en desc5dre mme p\r trav]s] le fleuve4--,v\s tes bi5 tranquille6 lui dis-je4--,oui1 me rpondit-elle1 p\rquoi faire du bruit8--,ces simples mots me frappr5t2 en effet1 p\rquoi faire du bruit8 ,mais qu& des gnrations entires trav]s]ai5t la vie en sil5ce1 le malheur et la mort ne les obs]v]ai5t pas mo9s1 et saurai5t de mme les atte9dre4 ,en arrivant sur le rivage oppos1 j'ent5dis le cor des po/illons1 dont les sons aigus et faux semblai5t annonc] un tri/e d"p v]s un tri/e sj\r4 ,la t]re tait c\v]te de neige2 des petites f5tres1 dont les maisons sont p]ces1 sortai5t les ttes de quelques habitants1 que le bruit d'une voiture arra*ait leurs monotones occupations2 une espce de bascule1 qui fait m\voir la p\tre avec laquelle on f]me la b>rire1 disp5se celui qui dem&e le page aux voyageurs de sortir de sa maison p\r recevoir l'arg5t qu'on doit lui pay]4 ,t\t e/ calcul p\r tre immobile2 et l'homme qui p5se1 comme celui dont l'exi/5ce n'e/ que matrielle1 ddaign5t t\s les deux galem5t la di/raction du dehors4 ,les campagnes ds]tes1 les maisons noircies p> la fume1 les glises go?iques1 sembl5t prp>es p\r les contes de sorcires ou de rev5ants4 ,les villes de comm]ce1 en ,allemagne1 sont gr&es et bi5 bties2 mais elles ne donn5t aucune ide de ce qui fait la gloire et l'intrt de ce pays1 l'esprit littraire et philosophique4 ,les intrts m]cantiles suffis5t p\r dvelopp] l'intellig5ce des ,franais1 et l'on peut tr\v] encore quelque amusem5t de socit1 en ,france1 dans une ville purem5t comm]ante2 mais les ,allem&s1 m9emm5t capables des tudes ab/raites1 trait5t les affaires1 qu& ils s'en occup5t1 avec tant de m?ode et de pesanteur1 qu'ils n'en tir5t presque jamais aucune ide gnrale4 ,ils port5t dans le comm]ce la loyaut qui les di/+ue2 mais ils se donn5t tellem5t t\t enti]s ce qu'ils font1 qu'il ne *]*5t plus alors dans la socit qu'un loisir jovial1 et dis5t de temps en temps quelques grosses plaisant]ies1 seulem5t p\r se div]tir eux-mmes4 ,de telles plaisant]ies accabl5t les ,franais de tri/esse2 c> on se rsigne bi5 plutt l'ennui s\s des =mes graves et monotones1 qu' cet ennui bad9 qui vi5t pos] l\rdem5t et familirem5t la patte sur l'paule4 ,les ,allem&s ont beauc\p d'univ]salit dans l'esprit1 en littrature et en philosophie1 mais nullem5t dans les affaires4 ,ils les considr5t t\j\rs p>tiellem5t1 et s'en occup5t d'une faon presque mcanique4 ,c'e/ le contraire en ,france2 l'esprit des affaires y a beauc\p d't5due1 et l'on n'y p]met pas l'univ]salit en littrature ni en philosophie4 ,si un savant tait pote1 si un pote tait savant1 ils devi5drai5t suspects *ez n\s aux savants et aux potes2 mais il n'e/ pas r>e de r5contr] dans le plus simple ngociant des ap]u lum9eux sur les intrts politiques et militaires de son pays4 ,de l vi5t qu'en ,france il y a un plus gr& nombre de g5s d'esprit1 et un mo9s gr& nombre de p5seurs4 ,en ,france1 on tudie les hommes2 en ,allemagne1 les livres4 ,des facults ord9aires suffis5t p\r intress] en p>lant des hommes2 il faut presque du gnie p\r faire retr\v] l'me et le m\vem5t dans les livres4 ,l',allemagne ne peut atta*] que ceux qui s'occup5t des faits passs et des ides ab/raites4 ,le prs5t et le rel app>ti5n5t la ,france1 et1 jusqu' n\vel ordre1 elle ne p>at pas dispose y r5onc]4 ,je ne *]*e pas1 ce me semble1 dissimul] les inconvni5ts de l',allemagne4 ,ces petites villes du nord elles-mmes1 o l'on tr\ve des hommes d'une si haute conception1 n'(fr5t s\v5t aucun g5re d'amusem5t2 po9t de spectacle1 peu de socit2 le temps y tombe g\tte g\tte1 et n'int]rompt p> aucun bruit la rflexion solitaire4 ,les plus petites villes d',anglet]re ti5n5t un tat libre1 envoi5t des dputs p\r trait] les intrts de la nation4 ,les plus petites villes de ,france sont en relation avec la capitale1 o tant de m]veilles sont runies4 ,les plus petites villes d',italie j\iss5t du ciel et des beaux-arts1 dont les rayons se rp&5t sur t\te la contre4 ,dans le nord de l',allemagne1 il n'y a po9t de g\v]nem5t reprs5tatif1 po9t de gr&e capitale2 et la svrit du climat1 la mdiocrit de la =tune1 le srieux du c>actre1 r5drai5t l'exi/5ce trs pesante si la =ce de la p5se ne s'tait pas affran*ie de t\tes ces circon/ances insipides et bornes4 ,les ,allem&s ont su se crer une rpublique des lettres anime et indp5dante4 ,ils ont suppl l'intrt des vnem5ts p> l'intrt des ides4 ,ils se pass5t de c5tre1 p>ce que t\s t5d5t v]s un mme b1 et leur imag9ation multiplie le petit nombre de beauts que les arts et la nature peuv5t leur (frir4 ,les citoy5s de cette rpublique idale1 dgags p\r la plup>t de t\te espce de rapports avec les affaires publiques et p>ticulires1 travaill5t dans l'obscurit comme les m9eurs2 et1 placs comme eux au milieu des trsors ensevelis1 ils exploit5t en sil5ce les ri*esses intellectuelles du g5re huma94 ,,*apitre ,,xiv ,la ,saxe4 ,depuis la r=mation1 les pr9ces de la maison de ,saxe ont t\j\rs accord aux lettres la plus noble des protections1 l'indp5dance4 ,on peut dire h>dim5t que dans aucun pays de la t]re il n'exi/e autant d'in/ruction qu'en ,saxe et dans le nord de l',allemagne4 ,c'e/ l qu'e/ n le prote/antisme1 et l'esprit d'exam5 s'y e/ s\t5u depuis ce temps avec vigueur4 ,p5dant le d]ni] sicle1 les lecteurs de ,saxe ont t ca?oliques2 et1 quoiqu'ils soi5t re/s fidles au s]m5t qui les obligeait respect] le culte de leurs sujets1 cette diffr5ce de religion entre le peuple et ses matres a donn mo9s d'unit politique l'tat4 ,les lecteurs rois de ,pologne ont aim les arts plus que la littrature1 qu'ils ne gnai5t pas1 mais qui leur tait trangre4 ,la musique e/ cultive gnralem5t en ,saxe2 la gal]ie de ,dresde rassemble des *efs-d'uvre qui doiv5t anim] les arti/es4 ,la nature1 aux environs de la capitale1 e/ trs pittoresque1 mais la socit n'y (fre pas de vifs plaisirs2 l'lgance d'une c\r n'y pr5d po9t1 l'tiquette seule peut aism5t s'y tablir4 ,on peut jug] p> la quantit d'ouvrages qui se v5d5t ,leipzig1 combi5 les livres allem&s ont de lecteurs2 les ouvri]s de t\tes les classes1 les tailleurs de pi]re mmes1 se repos5t de leurs travaux un livre la ma94 ,on ne saurait s'imag9] en ,france quel po9t les lumires sont rp&ues en ,allemagne4 ,j'ai vu des aub]gi/es1 des commis de b>rire1 qui connaissai5t la littrature franaise4 ,on tr\ve jusque dans les villages des pr(esseurs de grec et de lat94 ,il n'y a pas de petite ville qui ne r5f]me une assez bonne biblio?que1 et presque p>t\t on peut cit] quelques hommes recomm&ables p> leurs tal5ts et p> leurs connaissances4 ,si l'on se mettait comp>]1 s\s ce rapport1 les prov9ces de ,france avec l',allemagne1 on croirait que les deux pays sont trois sicles de di/ance l'un de l'autre4 ,p>is1 runissant dans son se9 l'lite de l'empire1 te t\t intrt t\t le re/e4 ,pic>d et ,kotzebue ont compos deux pices trs jolies1 intitules t\tes deux la ,petite ,ville4 ,pic>d reprs5te les habitants de la prov9ce *]*ant sans cesse imit] ,p>is1 et ,kotzebue les b\rgeois d'une petite ville1 en*ants et fi]s du lieu qu'ils habit5t1 et qu'ils croi5t incomp>able4 ,la diffr5ce des ridicules donne t\j\rs l'ide de la diffr5ce des murs4 ,en ,allemagne1 *aque sj\r e/ un empire p\r celui qui y rside2 son imag9ation1 ses tudes1 ou seulem5t sa bonhomie l'agr&it ses yeux2 *acun sait y tir] de soi-mme le meilleur p>ti possible4 ,l'importance qu'on met t\t prte la plaisant]ie2 mais cette importance mme donne du prix aux petites ress\rces4 ,en ,france1 on ne s'intresse qu' ,p>is1 et l'on a raison1 c> c'e/ t\te la ,france2 et qui n'aurait vcu qu'en prov9ce n'aurait pas la mo9dre ide de ce qui c>actrise cet illu/re pays4 ,les hommes di/+us de l',allemagne1 n'tant po9t rassembls dans une mme ville1 ne se voi5t presque pas1 et ne communiqu5t entre eux que p> leurs crits2 *acun se fait sa r\te soi-mme1 et dc\vre sans cesse des contres n\velles dans la va/e rgion de l'antiquit1 de la mtaphysique et de la sci5ce4 ,ce qu'on appelle tudi] en ,allemagne e/ vraim5t une *ose admirable3 qu9ze heures p> j\r de solitude et de travail1 p5dant des annes entires1 p>aiss5t une manire d'exi/] t\te naturelle2 l'ennui mme de la socit fait aim] la vie retire4 ,la lib]t de la presse la plus illimite exi/ait en ,saxe2 mais elle n'avait aucun dang] p\r le g\v]nem5t1 p>ce que l'esprit des hommes de lettres ne se t\rnait pas v]s l'exam5 des in/itutions politiques3 la solitude porte se livr] aux spculations ab/raites1 ou la posie3 il faut vivre dans le foy] des passions huma9es p\r s5tir le beso9 de s'en s]vir et de les dirig]4 ,les criva9s allem&s ne s'occupai5t que de ?ories1 d'rudition1 de re*]*es littraires et philosophiques2 et les puissants de ce monde n'ont ri5 cra9dre de t\t cela4 ,d'ailleurs1 quoique le g\v]nem5t de la ,saxe ne ft pas libre de droit1 c'e/--dire reprs5tatif1 il l'tait de fait1 p> les habitudes du pays et la modration des pr9ces4 ,la bonne foi des habitants tait telle1 qu' ,leipzig un propritaire ayant mis sur un pommi]1 qu'il avait plant au bord de la prom5ade publique1 un criteau p\r dem&] qu'on ne lui en prt pas les fruits1 on ne lui en vola pas un seul p5dant dix ans4 ,j'ai vu ce pommi] avec un s5tim5t de respect2 il et t l'arbre des ,hesprides1 qu'on n'et pas plus t\* son or qu' ses fleurs4 ,la ,saxe tait d'une tranquillit pr(onde2 on y faisait quelquefois du bruit p\r quelques ides1 mais sans song] leur application4 ,on et dit que p5s] et agir ne devai5t avoir aucun rapport ensemble1 et que la vrit ressemblait1 *ez les ,allem&s1 la /atue de ,m]cure nomme ,h]ms1 qui n'a ni ma9s p\r saisir1 ni pi$s p\r avanc]4 ,il n'e/ ri5 p\rtant de si respectable que ces conqutes paisibles de la rflexion1 qui occupai5t sans cesse des hommes isols1 sans =tune1 sans p\voir1 et lis entre eux seulem5t p> le culte de la p5se4 ,en ,france1 on ne s'e/ presque jamais occup des vrits ab/raites que dans leur rapport avec la pratique4 ,p]fectionn] l'adm9i/ration1 enc\rag] la population p> une sage conomie politique1 tel tait l'objet des travaux des philosophes1 pr9cipalem5t dans le d]ni] sicle4 ,cette manire d'employ] son temps e/ aussi =t respectable2 mais1 dans l'*elle des p5ses1 la dignit de l'espce huma9e importe plus que son bonheur1 et surt\t que son accroissem5t3 multipli] les naissances sans ennoblir la de/9e1 c'e/ prp>] seulem5t une fte plus somptueuse la mort4 ,les villes littraires de ,saxe sont celles o l'on voit rgn] le plus de bi5veillance et de simplicit4 ,on a considr p>t\t ailleurs les lettres comme un apanage du luxe2 en ,allemagne elles sembl5t l'exclure4 ,les gts qu'elles inspir5t donn5t une sorte de c&eur et de timidit qui fait aim] la vie dome/ique3 ce n'e/ pas que la vanit d'auteur n'ait un c>actre trs prononc *ez les ,allem&s1 mais elle ne s'atta*e po9t aux succs de socit4 ,le plus petit criva9 en veut la po/rit2 et1 se dployant son aise dans l'espace des mditations sans bornes1 il e/ mo9s froiss p> les hommes1 et s'aigrit mo9s contre eux4 ,t\tefois1 les hommes de lettres et les hommes d'affaires sont trop sp>s en ,saxe p\r qu'il s'y manife/e un vritable esprit public4 ,il rsulte de cette sp>ation1 que les uns ont une trop gr&e ignorance des *oses p\r ex]c] aucun asc5dant sur le pays1 et que les autres se font gloire d'un c]ta9 ma*iavlisme docile1 qui s\rit aux s5tim5ts gnreux1 comme l'enfance1 et semble leur indiqu] qu'ils ne sont pas de ce monde4 ,,*apitre ,,xv ,weim>4 ,de t\tes les pr9cipauts de l',allemagne1 il n'en e/ po9t qui fasse mieux s5tir que ,weim> les avantages d'un petit pays1 qu& son *ef e/ un homme de beauc\p d'esprit1 et qu'au milieu de ses sujets il peut *]*] plaire sans cess] d'tre obi4 ,c'e/ une socit p>ticulire qu'un tel tat1 et l'on y ti5t t\s les uns aux autres p> des rapports intimes4 ,la du*esse ,l\ise de ,saxe-,weim> e/ le vritable modle d'une femme de/9e p> la nature au rang le plus illu/re3 sans prt5tion1 comme sans faiblesse1 elle inspire au mme degr la confiance et le respect2 et l'hrosme des temps *eval]esques e/ entr dans son me1 sans lui ri5 t] de la d\ceur de son sexe4 ,les tal5ts militaires du duc sont univ]sellem5t e/ims1 et sa conv]sation piquante et rfl*ie rappelle sans cesse qu'il a t =m p> le gr& ,frdric2 c'e/ son esprit et celui de sa mre qui ont attir les hommes de lettres les plus di/+us ,weim>4 ,l',allemagne1 p\r la premire fois1 eut une capitale littraire2 mais comme cette capitale tait en mme temps une trs petite ville1 elle n'avait d'asc5dant que p> ses lumires2 c> la mode1 qui amne t\j\rs l'uni=mit dans t\t1 ne p\vait p>tir d'un c]cle aussi troit4 ,h]d] v5ait de m\rir qu& je suis arrive ,weim>2 mais ,wiel&1 ,g! et ,s*ill] y tai5t encore4 ,je pe9drai *acun de ces hommes sp>m5t1 dans la section suivante2 je les pe9drai surt\t p> leurs ouvrages1 c> leurs livres ressembl5t p>faitem5t leur c>actre et leur entreti54 ,cet accord trs r>e e/ une preuve de s9crit3 qu& on a p\r premi] b1 en crivant1 de faire effet sur les autres1 on ne se montre jamais eux tel qu'on e/ rellem5t2 mais qu& on crit p\r satisfaire l'inspiration intrieure dont l'me e/ saisie1 on fait connatre p> ses crits1 mme sans le v\loir1 jusques aux mo9dres nuances de sa manire d'tre et de p5s]4 ,le sj\r des petites villes m'a t\j\rs p>u trs ennuyeux4 ,l'esprit des hommes s'y rtrcit1 le cur des femmes s'y glace2 on y vit tellem5t en prs5ce les uns des autres1 qu'on e/ oppress p> ses semblables2 ce n'e/ plus cette op9ion di/ance1 qui v\s anime et ret5tit de lo9 comme le bruit de la gloire2 c'e/ un exam5 m9utieux de t\tes les actions de votre vie1 une obs]vation de *aque dtail1 qui r5d incapable de compr5dre l'ensemble de votre c>actre2 et plus on a d'indp5dance et d'lvation1 mo9s on peut respir] trav]s t\s ces petits b>reaux4 ,cette pnible gne n'exi/ait po9t ,weim>1 ce n'tait po9t une petite ville1 mais un gr& *teau2 un c]cle *oisi s'entret5ait avec intrt de *aque production n\velle des arts4 ,des femmes1 disciples aimables de quelques hommes suprieurs1 s'occupai5t sans cesse des ouvrages littraires1 comme des vnem5ts publics les plus importants4 ,on appelait l'univ]s soi p> la lecture et l'tude2 on *appait p> l't5due de la p5se aux bornes des circon/ances2 en rfl*issant s\v5t ensemble sur les gr&es que/ions que fait natre la de/9e commune t\s1 on oubliait les anecdotes p>ticulires de *acun4 ,on ne r5contrait aucun de ces m]veilleux de prov9ce1 qui pr5n5t si facilem5t le dda9 p\r de la grce1 et l'affectation p\r de l'lgance4 ,dans la mme pr9cipaut1 ct de la premire runion littraire de l',allemagne1 se tr\vait ,ina1 l'un des foy]s de sci5ce les plus rem>quables4 ,un espace bi5 ress]r rassemblait a9si d'tonnantes lumires en t\t g5re4 ,l'imag9ation1 con/amm5t excite ,weim> p> l'entreti5 des potes1 pr\vait mo9s le beso9 des di/ractions extrieures2 ces di/ractions s\lag5t du f>deau de l'exi/5ce1 mais elles en dissip5t s\v5t les =ces4 ,on m5ait dans cette campagne1 appele ville1 une vie rgulire1 occupe et srieuse2 on p\vait s'en fatigu] quelquefois1 mais on n'y dgradait pas son esprit p> des intrts futiles et vulgaires2 et si l'on manquait de plaisirs1 on ne s5tait pas du mo9s d*oir ses facults4 ,le seul luxe du pr9ce1 c'e/ un j>d9 ravissant1 et on lui sait gr de cette j\issance populaire1 qu'il p>tage avec t\s les habitants de la ville4 ,le ?tre1 dont je p>l]ai dans la seconde p>tie de cet ouvrage1 e/ dirig p> le plus gr& pote de l',allemagne1 ,g!2 et ce spectacle intresse assez t\t le monde p\r prs]v] de ces assembles qui mett5t en vid5ce les ennuis ca*s4 ,on appelait ,weim> l',a?nes de l',allemagne1 et c'tait1 en effet1 le seul lieu dans lequel l'intrt des beaux-arts ft p\r a9si dire national1 et s]vt de li5 frat]nel entre les rangs div]s4 ,une c\r librale re*]*ait habituellem5t la socit des hommes de lettres2 et la littrature gagnait s+ulirem5t l'influ5ce du bon gt qui rgnait dans cette c\r4 ,l'on p\vait jug]1 p> ce petit c]cle1 du bon effet que produirait en ,allemagne un tel mlange1 s'il tait gnralem5t adopt4 ,,*apitre ,,xvi ,la ,prusse4 ,il faut tudi] le c>actre de ,frdric ,,ii1 qu& on veut connatre la ,prusse4 ,un homme a cr cet empire que la nature n'avait po9t favoris1 et qui n'e/ dev5u une puissance que p>ce qu'un gu]ri] en a t le matre4 ,il y a deux hommes trs di/9cts dans ,frdric ,,ii3 un ,allem& p> la nature1 et un ,franais p> l'ducation4 ,t\t ce que l',allem& a fait dans un royaume allem& y a laiss des traces durables2 t\t ce que le ,franais a t5t n'a po9t g]m d'une manire fconde4 ,frdric ,,ii tait =m p> la philosophie franaise du dix-huitime sicle3 cette philosophie fait du mal aux nations1 lorsqu'elle t>it en elles la s\rce de l'en?\siasme2 mais qu& il exi/e telle *ose qu'un mon>que absolu1 il e/ s\hait] que des pr9cipes libraux tempr5t en lui l'action du despotisme4 ,frdric introduisit la lib]t de p5s] dans le nord de l',allemagne2 la r=mation y avait am5 l'exam51 mais non pas la tolrance2 et1 p> un contra/e s+uli]1 on ne p]mettait d'exam9] qu'en prescrivant imprieusem5t d'avance le rsultat de cet exam54 ,frdric mit en honneur la lib]t de p>l] et d'crire1 soit p> ces plaisant]ies piquantes et spirituelles qui ont tant de p\voir sur les hommes qu& elles vi5n5t d'un roi1 soit p> son exemple1 plus puissant encore2 c> il ne punit jamais ceux qui disai5t ou imprimai5t du mal de lui1 et il montra dans presque t\tes ses actions la philosophie dont il pr(essait les pr9cipes4 ,il tablit dans l'adm9i/ration un ordre et une conomie qui ont fait la =ce intrieure de la ,prusse1 malgr t\s ses dsavantages naturels4 ,il n'e/ po9t de roi qui se soit montr aussi simple que lui dans sa vie prive1 et mme dans sa c\r3 il se croyait *>g de mnag]1 autant qu'il tait possible1 l'arg5t de ses sujets4 ,il avait en t\tes *oses un s5tim5t de ju/ice que les malheurs de sa jeunesse et la duret de son pre avai5t grav dans son cur4 ,ce s5tim5t e/ peut-tre le plus r>e de t\s dans les conqurants1 c> ils aim5t mieux tre gnreux que ju/es2 p>ce que la ju/ice suppose un rapport quelconque d'galit avec les autres4 ,frdric avait r5du les tribunaux si indp5dants1 que1 p5dant sa vie1 et s\s le rgne de ses successeurs1 on les a vus s\v5t dcid] en faveur des sujets contre le roi1 dans des procs qui t5ai5t des intrts politiques4 ,il e/ vrai qu'il s]ait presque impossible1 en ,allemagne1 d'introduire l'inju/ice dans les tribunaux4 ,les ,allem&s sont assez disposs se faire des sy/mes p\r ab&onn] la politique l'arbitraire2 mais qu& il s'agit de jurisprud5ce ou d'adm9i/ration1 on ne peut faire entr] dans leur tte d'autres pr9cipes que ceux de la ju/ice4 ,leur esprit de m?ode1 mme sans p>l] de la droiture de leur cur1 rclame l'quit comme mettant de l'ordre dans t\t4 ,nanmo9s1 il faut l\] ,frdric de sa probit dans le g\v]nem5t intrieur de son pays3 c'e/ un de ses premi]s titres l'admiration de la po/rit4 ,frdric n'tait po9t s5sible1 mais il avait de la bont2 or1 les qualits univ]selles sont celles qui convi5n5t le mieux aux s\v]a9s4 ,nanmo9s1 cette bont de ,frdric tait inquitante comme celle du lion1 et l'on s5tait la griffe du p\voir1 mme au milieu de la grce et de la coquett]ie de l'esprit le plus aimable4 ,les hommes d'un c>actre indp5dant ont eu de la pe9e se s\mettre la lib]t que ce matre croyait donn]1 la famili>it qu'il croyait p]mettre2 et1 t\t en l'admirant1 ils s5tai5t qu'ils respirai5t mieux lo9 de lui4 ,le gr& malheur de ,frdric fut de n'avoir po9t assez de respect p\r la religion ni p\r les murs4 ,ses gts tai5t cyniques4 ,bi5 que l'am\r de la gloire ait donn de l'lvation ses p5ses1 sa manire lic5cieuse de s'exprim] sur les objets les plus sacrs tait cause que ses v]tus mme n'inspirai5t pas de confiance3 on en j\issait1 on les appr\vait1 mais on les croyait un calcul4 ,t\t semblait devoir tre de la politique dans ,frdric2 a9si donc1 ce qu'il faisait de bi5 r5dait l'tat du pays meilleur1 mais ne p]fectionnait pas la moralit de la nation4 ,il affi*ait l'incrdulit1 et se moquait de la v]tu des femmes3 et ri5 ne s'accordait mo9s avec le c>actre allem& que cette manire de p5s]4 ,frdric1 en affran*issant ses sujets de ce qu'il appelait les prjugs1 teignait en eux le patriotisme3 c>1 p\r s'atta*] aux pays naturellem5t sombres et /riles1 il faut qu'il y rgne des op9ions et des pr9cipes d'une gr&e svrit4 ,dans ces contres sablonneuses1 o la t]re ne produit que des sap9s et des bruyres1 la =ce de l'homme consi/e dans son me2 et si v\s lui tez ce qui fait la vie de cette me1 les s5tim5ts religieux1 il n'aura plus que du dgt p\r sa tri/e patrie4 ,le p5*ant de ,frdric p\r la gu]re peut tre excus p> de gr&s motifs politiques4 ,son royaume1 tel qu'il le reut de son pre1 ne p\vait subsi/]1 et c'e/ presque p\r le cons]v] qu'il l'agr&it4 ,il avait deux millions et demi de sujets en arrivant au trne1 il en laissa six sa mort4 ,le beso9 qu'il avait de l'arme l'emp*a d'enc\rag] dans la nation un esprit public dont l'n]gie et l'unit fuss5t imposantes4 ,le g\v]nem5t de ,frdric tait fond sur la =ce militaire et la ju/ice civile3 il les conciliait l'une et l'autre p> sa sagesse2 mais il tait difficile de ml] ensemble deux esprits d'une nature si oppose4 ,frdric v\lait que ses soldats fuss5t des ma*9es militaires1 aveuglm5t s\mises1 et que ses sujets fuss5t des citoy5s clairs capables de patriotisme4 ,il n'tablit po9t dans les villes de ,prusse des autorits secondaires1 des municipalits telles qu'il en exi/ait dans le re/e de l',allemagne1 de peur que l'action immdiate du s]vice militaire ne pt tre arrte p> elles3 et cep5dant il s\haitait qu'il y et assez d'esprit de lib]t dans son empire p\r que l'obissance y p>t volontaire4 ,il v\lait que l'tat militaire ft le premi] de t\s1 puisque c'tait celui qui lui tait le plus ncessaire2 mais il aurait dsir que l'tat civil se ma9tnt indp5dant ct de la =ce4 ,frdric1 enf91 v\lait r5contr] p>t\t des appuis1 mais nulle "p des ob/acles4 ,l'amalgame m]veilleux de t\tes les classes de la socit ne s'obti5t gure que p> l'empire de la loi1 la mme p\r t\s4 ,un homme peut faire m>*] ensemble des lm5ts opposs1 mais sa mort ils se sp>5t#ac4 ,l'asc5dant de ,frdric1 entret5u p> la sagesse de ses successeurs1 s'e/ manife/ quelque temps encore2 cep5dant on s5tait t\j\rs en ,prusse les deux nations qui en composai5t mal une seule2 l'arme1 et l'tat civil4 ,les prjugs nobiliaires subsi/ai5t ct des pr9cipes libraux les plus prononcs4 ,enf91 l'image de la ,prusse (frait un d\ble aspect1 comme celle de ,janus2 l'un militaire1 et l'autre philosophe4 ,un des plus gr&s torts de ,frdric fut de se prt] au p>tage de la ,pologne4 ,la ,silsie avait t acquise p> les armes1 la ,pologne fut une conqute ma*iavlique1 et l'on ne p\vait jamais espr] que des sujets a9si drobs fuss5t fidles l'escamoteur qui se disait leur s\v]a9#ad4 ,d'ailleurs1 les ,allem&s et les ,esclavons ne saurai5t s'unir entre eux p> des li5s indissolubles2 et qu& une nation admet dans son se9 p\r sujets des trang]s ennemis1 elle se fait presque autant de mal que qu& elle les reoit p\r matres2 c> il n'y a plus dans le corps politique cet ensemble qui p]sonnifie l'tat et con/itue le patriotisme4 ,ces obs]vations sur la ,prusse port5t t\tes sur les moy5s qu'elle avait de se ma9t5ir et de se df5dre3 c> ri51 dans le g\v]nem5t intrieur1 n'y nuisait l'indp5dance et la scurit2 c'tait l'un des pays de l',europe o l'on honorait le plus les lumires2 o la lib]t de fait1 si ce n'e/ de droit1 tait le plus scrupuleusem5t respecte4 ,je n'ai pas r5contr dans t\te la ,prusse un seul individu qui se plaignt d'actes arbitraires dans le g\v]nem5t1 et cep5dant il n'y aurait pas eu le mo9dre dang] s'en pla9dre2 mais qu& dans un tat social le bonheur lui-mme n'e/1 p\r a9si dire1 qu'un accid5t heureux1 et qu'il n'e/ pas fond sur des in/itutions durables1 qui g>antiss5t l'espce huma9e sa =ce et sa dignit1 le patriotisme a peu de p]svrance1 et l'on ab&onne facilem5t au has>d les avantages qu'on croit ne devoir qu' lui4 ,frdric ,,ii1 l'un des plus beaux dons de ce has>d1 qui semblait veill] sur la ,prusse1 avait su se faire aim] s9crem5t dans son pays1 et depuis qu'il n'e/ plus1 on le *rit autant que p5dant sa vie4 ,t\tefois le sort de la ,prusse n'a que trop appris ce que c'e/ que l'influ5ce mme d'un gr& homme1 alors que durant son rgne il ne travaille po9t gnreusem5t se r5dre utile3 la nation t\t entire s'en reposait sur son roi de son pr9cipe d'exi/5ce1 et semblait devoir f9ir avec lui4 ,frdric ,,ii aurait v\lu que la littrature franaise ft la seule de ses tats4 ,il ne faisait aucun cas de la littrature allem&e4 ,sans d\te elle n'tait pas de son temps beauc\p prs aussi rem>quable qu' prs5t2 mais il faut qu'un pr9ce allem& enc\rage t\t ce qui e/ allem&4 ,frdric avait le projet de r5dre ,b]l9 un peu semblable ,p>is1 et se flattait de tr\v] dans les rfugis franais quelques criva9s assez di/+us p\r avoir une littrature franaise4 ,une telle esprance devait ncessairem5t tre trompe2 les cultures factices ne prospr5t jamais2 quelques individus peuv5t lutt] contre les difficults que prs5t5t les *oses2 mais les gr&es masses suiv5t t\j\rs la p5te naturelle4 ,frdric a fait un mal vritable son pays en pr(essant du mpris p\r le gnie des ,allem&s4 ,il en e/ rsult que le corps g]manique a s\v5t conu d'inju/es s\pons contre la ,prusse4 ,plusieurs criva9s allem&s1 ju/em5t clbres1 se fir5t connatre v]s la f9 du rgne de ,frdric2 mais l'op9ion dfavorable que ce gr& mon>que avait conue dans sa jeunesse contre la littrature de son pays1 ne s'effaa po9t1 et il composa peu d'annes avant sa mort un petit crit1 dans lequel il propose1 entre autres *angem5ts1 d'aj\t] une voyelle la f9 de *aque v]be p\r ad\cir la langue tudesque4 ,cet ,allem& masqu en itali5 produirait le plus comique effet du monde2 mais nul mon>que1 mme en ,ori5t1 n'aurait assez de puissance p\r influ] a9si1 non sur le s5s1 mais sur le son de *aque mot qui se prononc]ait dans son empire4 ,klop/ock a noblem5t repro* ,frdric de nglig] les muses allem&es1 qui1 son insu1 s'essayai5t proclam] sa gloire4 ,frdric n'a pas du t\t dev9 ce que sont les ,allem&s en littrature et en philosophie2 il ne les croyait pas inv5teurs4 ,il v\lait discipl9] les hommes de lettres comme ses armes4 ,il faut1 crivait-il en mauvais allem&1 dans ses in/ructions l'acadmie1 se con=m] la m?ode de ,bo]haave dans la mdec9e1 celle de ,locke dans la mtaphysique1 et celle de ,?omasius p\r l'hi/oire naturelle4 ,ses conseils n'ont pas t suivis4 ,il ne se d\tait gure que de t\s les hommes les ,allem&s tai5t ceux qu'on p\vait le mo9s assujettir la r\t9e littraire et philosophique3 ri5 n'annonait en eux l'audace qu'ils ont montre depuis dans le *amp de l'ab/raction4 ,frdric considrait ses sujets comme des trang]s1 et les hommes d'esprit franais comme ses compatriotes4 ,ri5 n'tait plus naturel1 il faut en conv5ir1 que de se laiss] sduire p> t\t ce qu'il y avait de brillant et de solide dans les criva9s franais cette poque2 nanmo9s ,frdric aurait contribu plus efficacem5t encore la gloire de son pays1 s'il avait compris et dvelopp les facults p>ticulires la nation qu'il g\v]nait4 ,mais comm5t rsi/] l'influ5ce de son temps1 et quel e/ l'homme dont le gnie mme n'e/ pas beauc\p d'g>ds l'ouvrage de son sicle8 ,,*apitre ,,xvii ,b]l94 ,b]l9 e/ une gr&e ville1 dont les rues sont trs l>ges1 p>faitem5t bi5 alignes1 les maisons belles1 et l'ensemble rguli]3 mais comme il n'y a pas longtemps qu'elle e/ rebtie1 on n'y voit ri5 qui retrace les temps antrieurs4 ,aucun monum5t go?ique ne subsi/e au milieu des habitations mod]nes2 et ce pays n\vellem5t =m n'e/ gn p> l'anci5 en aucun g5re4 ,que peut-il y avoir de mieux1 dira-t-on1 soit p\r les difices1 soit p\r les in/itutions1 que de n'tre pas emb>rass p> des ru9es8 ,je s5s que j'aim]ais en ,amrique les n\velles villes et les n\velles lois3 la nature et la lib]t y p>l5t assez l'me p\r qu'on n'y ait pas beso9 de s\v5irs2 mais sur notre vieille t]re il faut du pass4 ,b]l91 cette ville t\te mod]ne1 quelque belle qu'elle soit1 ne fait pas une impression assez srieuse2 on n'y ap]oit po9t l'empre9te de l'hi/oire du pays1 ni du c>actre des habitants1 et ces magnifiques demeures1 n\vellem5t con/ruites1 ne sembl5t de/9es qu'aux rassemblem5ts commodes des plaisirs et de l'indu/rie4 ,les plus beaux palais de ,b]l9 sont btis en briques2 on tr\v]ait pe9e une pi]re de taille dans les arcs de triomphe4 ,la capitale de la ,prusse ressemble la ,prusse elle-mme2 les difices et les in/itutions y ont ge d'homme1 et ri5 de plus1 p>ce qu'un homme seul en e/ l'auteur4 ,la c\r1 prside p> une re9e belle et v]tueuse1 tait imposante et simple t\t la fois2 la famille royale1 qui se rp&ait volonti]s dans la socit1 savait se ml] noblem5t la nation1 et s'id5tifiait dans t\s les curs avec la patrie4 ,le roi avait su fix] ,b]l9 ,j4 de ,mll]1 ,ancillon1 ,fi*te1 ,humboldt1 ,hufel&1 une f\le d'hommes di/+us dans des g5res diffr5ts2 enf9 t\s les lm5ts d'une socit *>mante et d'une nation =te tai5t l3 mais ces lm5ts n'tai5t po9t encore comb9s ni runis4 ,l'esprit russissait cep5dant d'une faon plus gnrale ,b]l9 qu' ,vi5ne2 le hros du pays1 ,frdric1 ayant t un homme prodigieusem5t spirituel1 le reflet de son nom faisait encore aim] t\t ce qui p\vait lui ressembl]4 ,m>ie-,?rse n'a po9t donn une impulsion semblable aux ,vi5nois1 et ce qui dans ,joseph ressemblait de l'esprit1 les en a dgts4 ,aucun spectacle en ,allemagne n'galait celui de ,b]l94 ,cette ville1 tant au c5tre du nord de l',allemagne1 peut tre considre comme le foy] de ses lumires4 ,on y cultive les sci5ces et les lettres1 et dans les dn]s d'hommes1 *ez les m9i/res et ailleurs1 on ne s'a/re9t po9t la sp>ation de rang si nuisible l',allemagne1 et l'on sait rassembl] les g5s de tal5t de t\tes les classes4 ,cet heureux mlange ne s't5d pas encore nanmo9s jusqu' la socit des femmes3 il en e/ quelques-unes dont les qualits et les agrm5ts attir5t aut\r d'elles t\t ce qui se di/+ue2 mais en gnral1 ,b]l9 comme dans le re/e de l',allemagne1 la socit des femmes n'e/ pas bi5 amalgame avec celle des hommes4 ,le gr& *>me de la vie sociale1 en ,france1 consi/e dans l'art de concili] p>faitem5t ensemble les avantages que l'esprit des femmes et celui des hommes runis peuv5t apport] dans la conv]sation4 ,a ,b]l91 les hommes ne caus5t gure qu'entre eux2 l'tat militaire leur donne une c]ta9e rudesse qui leur inspire le beso9 de ne pas se gn] p\r les femmes4 ,qu& il y a1 comme en ,anglet]re1 de gr&s intrts politiques discut]1 les socits d'hommes sont t\j\rs animes p> un noble intrt commun3 mais dans les pays o il n'y a pas de g\v]nem5t reprs5tatif1 la prs5ce des femmes e/ ncessaire p\r ma9t5ir t\s les s5tim5ts de dlicatesse et de puret1 sans lesquels l'am\r du beau doit se p]dre4 ,l'influ5ce des femmes e/ plus salutaire aux gu]ri]s qu'aux citoy5s2 le rgne de la loi se passe mieux d'elles que celui de l'honneur2 c> ce sont elles seules qui cons]v5t l'esprit *eval]esque dans une mon>*ie purem5t militaire4 ,l'anci5ne ,france a d t\t son clat cette puissance de l'op9ion publique1 dont l'asc5dant des femmes tait la cause4 ,il n'y avait qu'un trs petit nombre d'hommes dans les socits ,b]l91 ce qui gte presque t\j\rs ceux qui s'y tr\v5t1 en leur tant l'inquitude et le beso9 de plaire4 ,les (fici]s qui obt5ai5t un cong p\r v5ir pass] quelques mois la ville1 n'y *]*ai5t que la danse et le jeu4 ,le mlange des deux langues nuisait la conv]sation1 et les gr&es assembles n'(frai5t pas plus d'intrt ,b]l9 qu' ,vi5ne3 on doit tr\v] mme dans t\t ce qui ti5t aux manires1 plus d'usage du monde ,vi5ne qu' ,b]l94 ,nanmo9s la lib]t de la presse1 la runion des hommes d'esprit1 la connaissance de la littrature et de la langue allem&e1 qui s'tait gnralem5t rp&ue dans les d]ni]s temps1 faisai5t de ,b]l9 la vraie capitale de l',allemagne n\velle1 de l',allemagne claire4 ,les rfugis franais affaiblissai5t un peu l'impulsion t\te allem&e dont ,b]l9 e/ susceptible2 ils cons]vai5t encore un respect sup]/itieux p\r le sicle de ,l\is ,,xiv2 leurs ides sur la littrature se fltrissai5t et se ptrifiai5t1 di/ance du pays d'o elles tai5t tires2 mais en gnral ,b]l9 aurait pris un gr& asc5dant sur l'esprit public en ,allemagne1 si l'on n'avait pas cons]v1 je le rpte1 du ress5tim5t contre le dda9 que ,frdric avait montr p\r la nation g]manique4 ,les criva9s philosophes ont eu s\v5t d'inju/es prjugs contre la ,prusse2 ils ne voyai5t en elle qu'une va/e cas]ne1 et c'tait s\s ce rapport qu'elle valait le mo9s3 ce qui doit intress] ce pays1 ce sont les lumires1 l'esprit de ju/ice et les s5tim5ts d'indp5dance qu'on r5contre dans une f\le d'individus de t\tes les classes2 mais le li5 de ces belles qualits n'tait pas encore =m4 ,l'tat1 n\vellem5t con/itu1 ne reposait ni sur le temps ni sur le peuple4 ,les punitions humiliantes1 gnralem5t admises p>mi les tr\pes allem&es1 froissai5t l'honneur dans l'me des soldats4 ,les habitudes militaires ont plutt nui que s]vi l'esprit gu]ri] des ,prussi5s2 ces habitudes tai5t fondes sur de vieilles m?odes qui sp>ai5t l'arme de la nation1 t&is que1 de nos j\rs1 il n'y a de vritable =ce que dans le c>actre national4 ,ce c>actre en ,prusse e/ plus noble et plus exalt que les d]ni]s vnem5ts ne p\rrai5t le faire suppos]2 et l'ard5t hrosme du malheureux pr9ce ,l\is doit jet] encore quelque gloire sur ses compagnons d'armes#ae4 ,,*apitre ,,xviii ,des univ]sits allem&es4 ,t\t le nord de l',allemagne e/ rempli d'univ]sits les plus savantes de l',europe4 ,dans aucun pays1 pas mme en ,anglet]re1 il n'y a autant de moy5s de s'in/ruire et de p]fectionn] ses facults4 ,a quoi ti5t donc que la nation manque d'n]gie1 et qu'elle p>aisse en gnral l\rde et borne1 quoiqu'elle r5f]me un petit nombre d'hommes peut-tre les plus spirituels de l',europe8 ,c'e/ la nature des g\v]nem5ts1 et non l'ducation1 qu'il faut attribu] ce s+uli] contra/e4 ,l'ducation intellectuelle e/ p>faite en ,allemagne1 mais t\t s'y passe en ?orie3 l'ducation pratique dp5d uniquem5t des affaires2 c'e/ p> l'action seule que le c>actre acqui]t la f]met ncessaire p\r se guid] dans la conduite de la vie4 ,le c>actre e/ un in/9ct2 il ti5t de plus prs la nature que l'esprit1 et nanmo9s les circon/ances donn5t seules aux hommes l'occasion de le dvelopp]4 ,les g\v]nem5ts sont les vrais in/ituteurs des peuples2 et l'ducation publique elle-mme1 quelque bonne qu'elle soit1 peut =m] des hommes de lettres1 mais non des citoy5s1 des gu]ri]s1 ou des hommes d'tat4 ,en ,allemagne1 le gnie philosophique va plus lo9 que p>t\t ailleurs2 ri5 ne l'arrte1 et l'abs5ce mme de c>rire politique1 si fune/e la masse1 donne encore plus de lib]t aux p5seurs4 ,mais une di/ance imm5se sp>e les esprits du premi] et du second ordre1 p>ce qu'il n'y a po9t d'intrt1 ni d'objet d'activit1 p\r les hommes qui ne s'lv5t pas la hauteur des conceptions les plus va/es4 ,celui qui ne s'occupe pas de l'univ]s1 en ,allemagne1 n'a vraim5t ri5 faire4 ,les univ]sits allem&es ont une anci5ne rputation qui date de plusieurs sicles avant la r=mation4 ,depuis cette poque1 les univ]sits prote/antes sont inconte/ablem5t suprieures aux univ]sits ca?oliques1 et t\te la gloire littraire de l',allemagne ti5t ces in/itutions#af4 ,les univ]sits anglaises ont s+ulirem5t contribu rp&re p>mi les ,anglais cette connaissance des langues et de la littrature anci5ne1 qui donne aux orateurs et aux hommes d'tat en ,anglet]re une in/ruction si librale et si brillante4 ,il e/ de bon gt de savoir autre *ose que les affaires1 qu& on le sait bi53 et1 d'ailleurs1 l'loqu5ce des nations libres se ratta*e l'hi/oire des ,grecs et des ,roma9s1 comme celle d'anci5s compatriotes4 ,mais les univ]sits allem&es1 quoique fondes sur des pr9cipes analogues ceux d',anglet]re1 en diffr5t beauc\p d'g>ds3 la f\le des tudiants qui se runissai5t ,gtt+ue1 ,halle1 ,ina1 etc41 =mai5t presque un corps libre dans l'tat3 les coli]s ri*es et pauvres ne se di/+uai5t entre eux que p> leur mrite p]sonnel1 et les trang]s1 qui v5ai5t de t\s les co9s du monde1 se s\mettai5t avec plaisir cette galit que la supriorit naturelle p\vait seule altr]4 ,il y avait de l'indp5dance1 et mme de l'esprit militaire1 p>mi les tudiants2 et si1 en sortant de l'univ]sit1 ils avai5t pu se v\] aux intrts publics1 leur ducation et t trs favorable l'n]gie du c>actre3 mais ils r5trai5t dans les habitudes monotones et casanires qui dom95t en ,allemagne1 et p]dai5t p> degrs l'lan et la rsolution que la vie de l'univ]sit leur avait inspirs2 il ne leur en re/ait qu'une in/ruction trs t5due4 ,dans *aque univ]sit allem&e plusieurs pr(esseurs tai5t en concurr5ce p\r *aque bran*e d'enseignem5t2 a9si1 les matres avai5t eux-mmes de l'mulation1 intresss qu'ils tai5t l'emport] les uns sur les autres1 en attirant un plus gr& nombre d'coli]s4 ,ceux qui se de/9ai5t telle ou telle c>rire en p>ticuli]1 la mdec9e1 le droit1 etc41 se tr\vai5t naturellem5t appels s'in/ruire sur d'autres sujets2 et de l vi5t l'univ]salit de connaissances que l'on rem>que dans presque t\s les hommes in/ruits de l',allemagne4 ,les univ]sits possdai5t des bi5s en propre1 comme le cl]g2 elles avai5t une juridiction elles2 et c'e/ une belle ide de nos pres que d'avoir r5du les tablissem5ts d'ducation t\t fait libres4 ,l'ge mr peut se s\mettre aux circon/ances2 mais l'entre de la vie1 au mo9s1 le jeune homme doit puis] ses ides dans une s\rce non altre4 ,l'tude des langues1 qui fait la base de l'in/ruction en ,allemagne1 e/ beauc\p plus favorable aux progrs des facults dans l'enfance1 que celles des ma?matiques ou des sci5ces physiques4 ,pascal1 ce gr& gomtre1 dont la p5se pr(onde planait sur la sci5ce dont il s'occupait spcialem5t1 comme sur t\tes les autres1 a reconnu lui-mme les dfauts insp>ables des esprits =ms d'abord p> les ma?matiques3 cette tude1 dans le premi] ge1 n'ex]ce que le mcanisme de l'intellig5ce2 les enfants que l'on occupe de si bonne heure calcul]1 p]d5t t\te cette sve de l'imag9ation1 alors si belle et si fconde1 et n'acquir5t po9t la place une ju/esse d'esprit transc5dante3 c> l'ari?mtique et l'algbre se born5t n\s appr5dre de mille manires des propositions t\j\rs id5tiques4 ,les problmes de la vie sont plus compliqus2 aucun n'e/ positif1 aucun n'e/ absolu3 il faut dev9]1 il faut *oisir1 l'aide d'ap]u et de suppositions qui n'ont aucun rapport avec la m>*e infaillible du calcul4 ,les vrits dmontres ne conduis5t po9t aux vrits probables1 les seules qui s]v5t de guides dans les affaires1 comme dans les arts1 comme dans la socit4 ,il y a sans d\te un po9t o les ma?matiques elles-mmes exig5t cette puissance lum9euse de l'inv5tion1 sans laquelle on ne peut pntr] dans les secrets de la nature3 au sommet de la p5se1 l'imag9ation d',homre et celle de ,newton sembl5t se runir2 mais combi5 d'enfants sans gnie p\r les ma?matiques1 ne consacr5t-ils pas t\t leur temps cette sci5ce6 ,on n'ex]ce *ez eux qu'une seule facult1 t&is qu'il faut dvelopp] t\t l'tre moral1 dans une poque o l'on peut si facilem5t drang] l'me comme le corps1 en ne =tifiant qu'une p>tie4 ,ri5 n'e/ mo9s applicable la vie qu'un raisonnem5t ma?matique4 ,une proposition1 en fait de *iffres1 e/ dcidm5t fausse ou vraie2 s\s t\s les autres rapports le vrai se mle avec le faux d'une telle manire1 que s\v5t l'in/9ct peut seul n\s dcid] entre des motifs div]s1 quelquefois aussi puissants d'un ct que de l'autre4 ,l'tude des ma?matiques1 habituant la c]titude1 irrite contre t\tes les op9ions opposes la ntre2 t&is que ce qu'il y a de plus important p\r la conduite de ce monde1 c'e/ d'appr5dre les autres1 c'e/--dire de concevoir t\t ce qui les porte p5s] et s5tir autrem5t que n\s4 ,les ma?matiques induis5t ne t5ir compte que de ce qui e/ pr\v2 t&is que les vrits primitives1 celles que le s5tim5t et le gnie saisiss5t1 ne sont pas susceptibles de dmon/ration4 ,enf9 les ma?matiques1 s\mettant t\t au calcul1 inspir5t trop de respect p\r la =ce2 et cette n]gie sublime qui ne compte p\r ri5 les ob/acles et se plat dans les sacrifices1 s'accorde difficilem5t avec le g5re de raison que dvelopp5t les comb9aisons algbriques4 ,il me semble donc que1 p\r l'avantage de la morale1 aussi bi5 que p\r celui de l'esprit1 il vaut mieux plac] l'tude des ma?matiques dans son temps1 et comme une portion de l'in/ruction totale1 mais non en faire la base de l'ducation1 et p> consqu5t le pr9cipe dt]m9ant du c>actre et de l'me4 ,p>mi les sy/mes d'ducation1 il en e/ aussi qui conseill5t de comm5c] l'enseignem5t p> les sci5ces naturelles2 elles ne sont dans l'enfance qu'un simple div]tissem5t2 ce sont des ho*ets savants qui acc\tum5t s'amus] avec m?ode et tudi] sup]ficiellem5t4 ,on s'e/ imag9 qu'il fallait1 autant qu'on le p\vait1 p>gn] de la pe9e aux enfants1 *ang] en dlassem5t t\tes leurs tudes1 leur donn] de bonne heure des collections d'hi/oire naturelle p\r j\ets1 des expri5ces de physique p\r spectacle4 ,il me semble que cela aussi e/ un sy/me erron4 ,s'il tait possible qu'un enfant apprt bi5 quelque *ose en s'amusant1 je regrett]ais encore p\r lui le dveloppem5t d'une facult1 l'att5tion1 facult qui e/ beauc\p plus ess5tielle qu'une connaissance de plus4 ,je sais qu'on me dira que les ma?matiques r5d5t p>ticulirem5t appliqu2 mais elles n'habitu5t pas rassembl]1 apprci]1 conc5tr]3 l'att5tion qu'elles exig5t e/1 p\r a9si dire1 en ligne droite3 l'esprit huma9 agit en ma?matiques comme un ressort qui suit une direction t\j\rs la mme4 ,l'ducation faite en s'amusant disp]se la p5se2 la pe9e en t\t g5re e/ un des gr&s secrets de la nature3 l'esprit de l'enfant doit s'acc\tum] aux ef=ts de l'tude1 comme notre me la s\ffrance4 ,le p]fectionnem5t du premi] ge ti5t au travail1 comme le p]fectionnem5t du second la d\leur3 il e/ s\hait] sans d\te que les p>5ts et la de/9e n'abus5t pas trop de ce d\ble secret2 mais il n'y a d'important1 t\tes les poques de la vie1 que ce qui agit sur le c5tre mme de l'exi/5ce1 et l'on considre trop s\v5t l'tre moral en dtail4 ,v\s enseign]ez avec des tableaux1 avec des c>tes1 une quantit de *oses votre enfant2 mais v\s ne lui appr5drez pas appr5dre2 et l'habitude de s'amus]1 que v\s dirigez sur les sci5ces1 suivra bi5tt un autre c\rs1 qu& l'enfant ne s]a plus dans votre dp5dance4 ,ce n'e/ donc pas sans raison que l'tude des langues anci5nes et mod]nes a t la base de t\s les tablissem5ts d'ducation qui ont =m les hommes les plus capables en ,europe3 le s5s d'une phrase dans une langue trangre e/ la fois un problme grammatical et intellectuel2 ce problme e/ t\t fait proportionn l'intellig5ce de l'enfant3 d'abord il n'ent5d que les mots1 puis il s'lve jusqu' la conception de la phrase2 et bi5tt aprs le *>me de l'expression1 sa =ce1 son h>monie1 t\t ce qui se tr\ve enf9 dans le langage de l'homme1 se fait s5tir p> degrs l'enfant qui traduit4 ,il s'essaie t\t seul avec les difficults que lui prs5t5t deux langues la fois2 il s'introduit dans les ides successivem5t1 comp>e et comb9e div]s g5res d'analogies et de vraisemblances2 et l'activit spontane de l'esprit1 la seule qui dveloppe vraim5t la facult de p5s]1 e/ vivem5t excite p> cette tude4 ,le nombre des facults qu'elle fait m\voir la fois lui donne l'avantage sur t\t autre travail1 et l'on e/ trop heureux d'employ] la mmoire flexible de l'enfant ret5ir un g5re de connaissances1 sans lequel il s]ait born t\te sa vie au c]cle de sa propre nation1 c]cle troit comme t\t ce qui e/ exclusif4 ,l'tude de la grammaire exige la mme suite et la mme =ce d'att5tion que les ma?matiques1 mais elle ti5t de beauc\p plus prs la p5se4 ,la grammaire lie les ides l'une l'autre1 comme le calcul en*ane les *iffres2 la logique grammaticale e/ aussi prcise que celle de l'algbre1 et cep5dant elle s'applique t\t ce qu'il y a de vivant dans notre esprit3 les mots sont en mme temps des *iffres et des images2 ils sont esclaves et libres1 s\mis la discipl9e de la syntaxe1 et t\t-puissants p> leur signification naturelle2 a9si l'on tr\ve dans la mtaphysique de la grammaire l'exactitude du raisonnem5t et l'indp5dance de la p5se runies ensemble2 t\t a pass p> les mots et t\t s'y retr\ve qu& on sait les exam9]3 les langues sont 9puisables p\r l'enfant comme p\r l'homme1 et *acun en peut tir] t\t ce dont il a beso94 ,l'imp>tialit naturelle l'esprit des ,allem&s les porte s'occup] des littratures trangres1 et l'on ne tr\ve gure d'hommes un peu au-dessus de la classe commune1 en ,allemagne1 qui la lecture de plusieurs langues ne soit familire4 ,en sortant des coles on sait dj d'ord9aire trs bi5 le lat9 et mme le grec4 ,l'ducation des univ]sits allem&es1 dit un criva9 franais1 comm5ce o f9it celle de plusieurs nations de l',europe4 ,non seulem5t les pr(esseurs sont des hommes d'une in/ruction tonnante1 mais ce qui les di/+ue surt\t1 c'e/ un enseignem5t trs scrupuleux4 ,en ,allemagne1 on met de la consci5ce dans t\t1 et ri5 en effet ne peut s'en pass]4 ,si l'on exam9e le c\rs de la de/9e huma9e1 on v]ra que la lgret peut conduire t\t ce qu'il y a de mauvais dans ce monde4 ,il n'y a que l'enfance dans qui la lgret soit un *>me2 il semble que le ,crateur ti5ne encore l'enfant p> la ma91 et l'aide m>*] d\cem5t sur les nuages de la vie4 ,mais qu& le temps livre l'homme lui-mme1 ce n'e/ que dans le srieux de son me qu'il tr\ve des p5ses1 des s5tim5ts et des v]tus4 ,,*apitre ,,xix ,des in/itutions p>ticulires d'ducation et de bi5faisance4 ,il p>atra d'abord inconsqu5t de l\] l'anci5ne m?ode1 qui faisait de l'tude des langues la base de l'ducation1 et de considr] l'cole de ,pe/alozzi comme l'une des meilleures in/itutions de notre sicle2 je crois cep5dant que ces deux manires de voir peuv5t se concili]4 ,de t\tes les tudes1 celle qui donne *ez ,pe/alozzi les rsultats les plus brillants1 ce sont les ma?matiques4 ,mais il me p>at que sa m?ode p\rrait s'appliqu] plusieurs autres p>ties de l'in/ruction1 et qu'elle y f]ait faire des progrs srs et rapides4 ,r\sseau a s5ti que les enfants1 avant l'ge de d\ze treize ans1 n'avai5t po9t l'intellig5ce ncessaire p\r les tudes qu'on exigeait d'eux1 ou plutt p\r la m?ode d'enseignem5t laquelle on les s\mettait4 ,ils rptai5t sans compr5dre1 ils travaillai5t sans s'in/ruire2 et ne recueillai5t s\v5t de l'ducation que l'habitude de faire leur t*e sans la concevoir1 et d'esquiv] le p\voir du matre p> la ruse de l'coli]4 ,t\t ce que ,r\sseau a dit contre cette ducation r\t9ire e/ p>faitem5t vrai2 mais1 comme il arrive s\v5t1 ce qu'il propose comme remde e/ encore plus mauvais que le mal4 ,un enfant qui1 d'aprs le sy/me de ,r\sseau1 n'aurait ri5 appris jusqu' l'ge de d\ze ans1 aurait p]du six annes prcieuses de sa vie2 ses organes intellectuels n'acqu]rai5t jamais la flexibilit que l'ex]cice1 ds la premire enfance1 p\vait seul leur donn]4 ,les habitudes d'oisivet s]ai5t tellem5t enrac9es en lui1 qu'on le r5drait bi5 plus malheureux en lui p>lant de travail1 p\r la premire fois1 l'ge de d\ze ans1 qu'en l'acc\tumant depuis qu'il exi/e le reg>d] comme une condition ncessaire de la vie4 ,d'ailleurs1 l'espce de so9 que ,r\sseau exige de l'in/ituteur1 p\r suppler l'in/ruction1 et p\r la faire arriv] p> la ncessit1 oblig]ait *aque homme consacr] sa vie entire l'ducation d'un autre1 et les gr&s-pres seuls se tr\v]ai5t libres de comm5c] une c>rire p]sonnelle4 ,de tels projets sont *imriques1 t&is que la m?ode de ,pe/alozzi e/ relle1 applicable1 et peut avoir une gr&e influ5ce sur la m>*e future de l'esprit huma94 ,r\sseau dit avec raison que les enfants ne compr5n5t pas ce qu'ils appr5n5t1 et il en conclut qu'ils ne doiv5t ri5 appr5dre4 ,pe/alozzi a pr(ondm5t tudi ce qui fait que les enfants ne compr5n5t pas1 et sa m?ode simplifie et gradue les ides de telle manire qu'elles sont mises la porte de l'enfance1 et que l'esprit de cet ge arrive sans se fatigu] aux rsultats les plus pr(onds4 ,en passant avec exactitude p> t\s les degrs du raisonnem5t1 ,pe/alozzi met l'enfant en tat de dc\vrir lui-mme ce qu'on veut lui enseign]4 ,il n'y a po9t d' peu prs dans la m?ode de ,pe/alozzi3 on ent5d bi51 ou l'on n'ent5d pas3 c> t\tes les propositions se t\*5t de si prs1 que le second raisonnem5t e/ t\j\rs la consqu5ce immdiate du premi]4 ,r\sseau a dit que l'on fatiguait la tte des enfants p> les tudes que l'on exigeait d'eux2 ,pe/alozzi les conduit t\j\rs p> une r\te si facile et si positive1 qu'il ne leur en cote pas plus de s'initi] dans les sci5ces les plus ab/raites1 que dans les occupations les plus simples2 *aque pas dans ces sci5ces e/ aussi ais1 p> rapport l'antcd5t1 que la consqu5ce la plus naturelle tire des circon/ances les plus ord9aires4 ,ce qui lasse les enfants1 c'e/ de leur faire saut] les int]mdiaires1 de les faire avanc] sans qu'ils sa*5t ce qu'ils croi5t avoir appris4 ,il y a dans leur tte alors une sorte de confusion qui leur r5d t\t exam5 r$\table1 et leur inspire un inv9cible dgt p\r le travail4 ,il n'exi/e pas de trace de ces inconvni5ts *ez ,pe/alozzi3 les enfants s'amus5t de leurs tudes1 non pas qu'on leur en fasse un jeu1 ce qui1 comme je l'ai dj dit1 met l'ennui dans le plaisir et la frivolit dans l'tude2 mais p>ce qu'ils gt5t ds l'enfance le plaisir des hommes faits1 savoir1 compr5dre1 et t]m9] ce dont ils sont *>gs4 ,la m?ode de ,pe/alozzi1 comme t\t ce qui e/ vraim5t bon1 n'e/ pas une dc\v]te entirem5t n\velle1 mais une application claire et p]svrante de vrits dj connues4 ,la pati5ce1 l'obs]vation1 et l'tude philosophique des procds de l'esprit huma91 lui ont fait connatre ce qu'il y a d'lm5taire dans les p5ses1 et de successif dans leur dveloppem5t2 et il a p\ss plus lo9 qu'un autre la ?orie et la pratique de la gradation dans l'enseignem5t4 ,on a appliqu avec succs sa m?ode la grammaire1 la gographie1 la musique2 mais il s]ait =t dsir] que les pr(esseurs di/+us qui ont adopt ses pr9cipes1 les fiss5t s]vir t\s les g5res de connaissances4 ,celle de l'hi/oire en p>ticuli] n'e/ pas encore bi5 conue4 ,on n'a po9t obs]v la gradation des impressions dans la littrature1 comme celle des problmes dans les sci5ces4 ,enf91 il re/e beauc\p de *oses faire p\r port] au plus haut po9t l'ducation1 c'e/--dire1 l'art de se plac] en arrire de ce qu'on sait p\r le faire compr5dre aux autres4 ,pe/alozzi se s]t de la gomtrie p\r appr5dre aux enfants le calcul ari?mtique2 c'tait aussi la m?ode des anci5s4 ,la gomtrie p>le plus l'imag9ation que les ma?matiques ab/raites4 ,c'e/ bi5 fait de runir autant qu'il e/ possible la prcision de l'enseignem5t la vivacit des impressions1 si l'on veut se r5dre matre de l'esprit huma9 t\t enti]2 c> ce n'e/ pas la pr(ondeur mme de la sci5ce1 mais l'obscurit dans la manire de la prs5t]1 qui seule peut emp*] les enfants de la saisir3 ils compr5n5t t\t de degr en degr3 l'ess5tiel e/ de mesur] les progrs sur la m>*e de la raison dans l'enfance4 ,cette m>*e l5te1 mais sre1 conduit aussi lo9 qu'il e/ possible1 ds qu'on s'a/re9t ne la jamais ht]4 ,c'e/ *ez ,pe/alozzi un spectacle atta*ant et s+uli]1 que ces visages d'enfants dont les traits arrondis1 vagues et dlicats1 pr5n5t naturellem5t une expression rfl*ie3 ils sont att5tifs p> eux-mmes1 et considr5t leurs tudes comme un homme d'un ge mr s'occup]ait de ses propres affaires4 ,une *ose rem>quable1 c'e/ que ni la punition ni la rcomp5se ne sont ncessaires p\r les excit] dans leurs travaux4 ,c'e/ peut-tre la premire fois qu'une cole de c5t c9quante enfants va sans le ressort de l'mulation et de la cra9te4 ,combi5 de mauvais s5tim5ts sont p>gns l'homme1 qu& on loigne de son cur la jal\sie et l'humiliation1 qu& il ne voit po9t dans ses cam>ades des rivaux1 ni dans ses matres des juges6 ,r\sseau v\lait s\mettre l'enfant la loi de la de/9e2 ,pe/alozzi cre lui-mme cette de/9e1 p5dant le c\rs de l'ducation de l'enfant1 et dirige ses dcrets p\r son bonheur et son p]fectionnem5t4 ,l'enfant se s5t libre1 p>ce qu'il se plat dans l'ordre gnral qui l'ent\re1 et dont l'galit p>faite n'e/ po9t drange mme p> les tal5ts plus ou mo9s di/+us de quelques-uns4 ,il ne s'agit pas l de succs1 mais de progrs v]s un b auquel t\s t5d5t avec une mme bonne foi4 ,les coli]s devi5n5t matres qu& ils en sav5t plus que leurs cam>ades2 les matres r$evi5n5t coli]s qu& ils tr\v5t quelques imp]fections dans leur m?ode1 et recomm5c5t leur propre ducation p\r mieux jug] des difficults de l'enseignem5t4 ,on cra9t assez gnralem5t que la m?ode de ,pe/alozzi n't\ffe l'imag9ation1 et ne s'oppose l'orig9alit de l'esprit2 il e/ difficile qu'il y ait une ducation p\r le gnie1 et ce n'e/ gure que la nature et le g\v]nem5t qui l'inspir5t ou l'excit5t4 ,mais ce ne peut tre un ob/acle au gnie1 que des connaissances primitives p>faitem5t claires et sres2 elles donn5t l'esprit un g5re de f]met qui lui r5d ensuite faciles t\tes les tudes les plus hautes4 ,il faut considr] l'cole de ,pe/alozzi comme borne jusqu' prs5t l'enfance4 ,l'ducation qu'il donne n'e/ df9itive que p\r les g5s du peuple2 mais c'e/ p> cela mme qu'elle peut ex]c] une influ5ce trs salutaire sur l'esprit national4 ,l'ducation1 p\r les hommes ri*es1 doit tre p>tage en deux poques3 dans la premire1 les enfants sont guids p> leurs matres2 dans la seconde1 ils s'in/ruis5t volontairem5t1 et cette ducation de *oix1 c'e/ dans les gr&es univ]sits qu'il faut la recevoir4 ,l'in/ruction qu'on acqui]t *ez ,pe/alozzi donne *aque homme1 de quelque classe qu'il soit1 une base sur laquelle il peut btir son gr la *aumire du pauvre ou les palais des rois4 ,on aurait tort si l'on croyait en ,france qu'il n'y a ri5 de bon pr5dre dans l'cole de ,pe/alozzi1 que sa m?ode rapide p\r appr5dre calcul]4 ,pe/alozzi lui-mme n'e/ pas ma?matici52 il sait mal les langues2 il n'a que le gnie et l'in/9ct du dveloppem5t intrieur de l'intellig5ce des enfants2 il voit quel *em9 leur p5se suit p\r arriv] au b4 ,cette loyaut de c>actre1 qui rp& un si noble calme sur les affections du cur1 ,pe/alozzi l'a juge ncessaire aussi dans les oprations de l'esprit4 ,il p5se qu'il y a un plaisir de moralit dans des tudes compltes4 ,en effet1 n\s voyons sans cesse que les connaissances sup]ficielles inspir5t une sorte d'arrogance ddaigneuse1 qui fait rep\ss] comme inutile1 ou dang]eux1 ou ridicule1 t\t ce qu'on ne sait pas4 ,n\s voyons aussi que ces connaissances sup]ficielles oblig5t ca*] habilem5t ce qu'on ignore4 ,la c&eur s\ffre de t\s ces dfauts d'in/ruction1 dont on ne peut s'emp*] d'tre honteux4 ,savoir p>faitem5t ce qu'on sait1 donne un repos l'esprit1 qui ressemble la satisfaction de la consci5ce4 ,la bonne foi de ,pe/alozzi1 cette bonne foi porte dans la sphre de l'intellig5ce1 et qui traite avec les ides aussi scrupuleusem5t qu'avec les hommes1 e/ le pr9cipal mrite de son cole2 c'e/ p> l qu'il rassemble aut\r de lui des hommes consacrs au bi5-tre des enfants d'une faon t\t fait ds9tresse4 ,qu&1 dans un tablissem5t public1 aucun des calculs p]sonnels des *efs n'e/ satisfait1 il faut *]*] le mobile de cet tablissem5t dans leur am\r de la v]tu3 les j\issances qu'elle donne peuv5t seules se pass] de trsors et de p\voir4 ,on n'imit]ait po9t l'in/itut de ,pe/alozzi en transportant ailleurs sa m?ode d'enseignem5t2 il faut tablir avec elle la p]svrance dans les matres1 la simplicit dans les coli]s1 la rgul>it dans le g5re de vie1 enf9 surt\t1 les s5tim5ts religieux qui anim5t cette cole4 ,les pratiques du culte n'y sont pas suivies avec plus d'exactitude qu'ailleurs2 mais t\t s'y passe au nom de la ,div9it1 au nom de ce s5tim5t lev1 noble et pur1 qui e/ la religion habituelle du cur4 ,la vrit1 la bont1 la confiance1 l'affection1 ent\r5t les enfants2 c'e/ dans cette atmosphre qu'ils viv5t1 et1 p\r quelque temps du mo9s1 ils re/5t trang]s t\tes les passions ha9euses1 t\s les prjugs orgueilleux du monde4 ,un loqu5t philosophe1 ,fi*te1 a dit qu'il att5dait la rgnration de la nation allem&e de l'in/itut de ,pe/alozzi3 il faut conv5ir au mo9s qu'une rvolution fonde sur de p>eils moy5s ne s]ait ni viol5te ni rapide2 c> l'ducation1 quelque bonne qu'elle puisse tre1 n'e/ ri5 en comp>aison de l'influ5ce des vnem5ts publics3 l'in/ruction p]ce g\tte g\tte le ro*]1 mais le torr5t l'enlve en un j\r4 ,il faut r5dre surt\t hommage ,pe/alozzi1 p\r le so9 qu'il a pris de mettre son in/itut la porte des p]sonnes sans =tune1 en rduisant le prix de sa p5sion autant qu'il tait possible4 ,il s'e/ con/amm5t occup de la classe des pauvres1 et veut lui assur] le bi5fait des lumires pures et de l'in/ruction solide4 ,les ouvrages de ,pe/alozzi sont1 s\s ce rapport1 une lecture trs curieuse3 il a fait des romans dans lesquels les situations de la vie des g5s du peuple sont pe9tes avec un intrt1 une vrit et une moralit p>faites4 ,les s5tim5ts qu'il exprime dans ces crits sont1 p\r a9si dire1 aussi lm5taires que les pr9cipes de sa m?ode4 ,on e/ tonn de pleur] p\r un mot1 p\r un dtail si simple1 si vulgaire mme1 que la pr(ondeur seule des motions le relve4 ,les g5s du peuple sont un tat int]mdiaire entre les sauvages et les hommes civiliss2 qu& ils sont v]tueux1 ils ont un g5re d'innoc5ce et de bont qui ne peut se r5contr] dans le monde4 ,la socit pse sur eux1 ils lutt5t avec la nature1 et leur confiance en ,dieu e/ plus anime1 plus con/ante que celle des ri*es4 ,sans cesse m5acs p> le malheur1 rec\rant sans cesse la prire1 inquiets *aque j\r1 sauvs *aque soir1 les pauvres se s5t5t s\s la ma9 immdiate de celui qui protge ce que les hommes ont dlaiss1 et leur probit1 qu& ils en ont1 e/ s+ulirem5t scrupuleuse4 ,je me rappelle1 dans un roman de ,pe/alozzi1 la re/itution de quelques pommes de t]re p> un enfant qui les avait voles3 sa gr&'mre m\rante lui ordonne de les report] au propritaire du j>d9 o il les a prises1 et cette scne att5drit jusqu'au fond du cur4 ,ce pauvre crime1 si l'on peut s'exprim] a9si1 causant de tels remords2 la sol5nit de la mort1 trav]s les misres de la vie1 la vieillesse et l'enfance rappro*es p> la voix de ,dieu1 qui p>le galem5t l'une et l'autre1 t\t cela fait mal1 et bi5 mal3 c> dans nos fictions potiques1 les pompes de la de/9e s\lag5t un peu de la piti que caus5t les rev]s2 mais l'on croit voir dans ces romans populaires une faible lampe clair] une petite cabane1 et la bont de l'me ressort au milieu de t\tes les d\leurs qui la mett5t l'preuve4 ,l'art du dess9 p\vant tre considr s\s des rapports d'utilit1 l'on peut dire que1 p>mi les arts d'agrm5t1 le seul introduit dans l'cole de ,pe/alozzi1 c'e/ la musique1 et il faut le l\] encore de ce *oix4 ,il y a t\t un ordre de s5tim5ts1 je dirais mme t\t un ordre de v]tus1 qui app>ti5n5t la connaissance1 ou du mo9s au gt de la musique2 et c'e/ une gr&e b>b>ie que de priv] de telles impressions une portion nombreuse de la race huma9e4 ,les anci5s prt5dai5t que les nations avai5t t civilises p> la musique1 et cette allgorie a un s5s trs pr(ond2 c> il faut t\j\rs suppos] que le li5 de la socit s'e/ =m p> la sympa?ie ou p> l'intrt1 et c]tes la premire orig9e e/ plus noble que l'autre4 ,pe/alozzi n'e/ pas le seul1 dans la ,suisse allem&e1 qui s'occupe avec zle de cultiv] l'me du peuple3 c'e/ s\s ce rapport que l'tablissem5t de ,m4 de ,fellemb]g m'a frappe4 ,beauc\p de g5s y sont v5us *]*] de n\velles lumires sur l'agriculture1 et l'on dit qu' cet g>d ils ont t satisfaits2 mais ce qui mrite pr9cipalem5t l'e/ime des amis de l'humanit1 c'e/ le so9 que pr5d ,m4 de ,fellemb]g de l'ducation des g5s du peuple2 il fait in/ruire1 selon la m?ode de ,pe/alozzi1 les matres d'cole des villages1 af9 qu'ils enseign5t leur t\r les enfants2 les ouvri]s qui lab\r5t ses t]res appr5n5t la musique des psaumes1 et bi5tt on ent5dra dans la campagne les l\anges div9es *antes avec des voix simples1 mais h>monieuses1 qui clbr]ont la fois la nature et son auteur4 ,enf9 ,m4 de ,fellemb]g *]*e1 p> t\s les moy5s possibles1 =m] entre la classe infrieure et la ntre un li5 libral1 un li5 qui ne soit pas uniquem5t fond sur les intrts pcuniaires des ri*es et des pauvres4 ,l'exemple de l',anglet]re et de l',amrique n\s appr5d qu'il suffit des in/itutions libres p\r dvelopp] l'intellig5ce et la sagesse du peuple2 mais c'e/ un pas de plus que de lui donn] p> del le ncessaire1 en fait d'in/ruction4 ,le ncessaire en t\t g5re a quelque *ose de rvoltant qu& ce sont les possesseurs du sup]flu qui le mesur5t4 ,ce n'e/ pas assez de s'occup] des g5s du peuple s\s un po9t de vue d'utilit1 il faut aussi qu'ils p>ticip5t aux j\issances de l'imag9ation et du cur4 ,c'e/ dans le mme esprit que des philan?ropes trs clairs se sont occups de la m5dicit ,hamb\rg4 ,ils n'ont mis dans leurs tablissem5ts de *>it1 ni despotisme1 ni spculation conomique2 ils ont v\lu que les hommes malheureux s\haitass5t eux-mmes le travail qu'on leur dem&e1 autant que les bi5faits qu'on leur accorde4 ,comme ils ne faisai5t po9t des pauvres un moy51 mais un b1 ils ne leur ont pas ordonn l'occupation1 mais ils la leur ont fait dsir]4 ,sans cesse on voit1 dans les diffr5ts comptes r5dus de ces tablissem5ts de *>it1 qu'il importait bi5 plus leurs fondateurs de r5dre les hommes meilleurs1 que de les r5dre plus utiles2 et c'e/ ce haut po9t de vue philosophique qui c>actrise l'esprit de sagesse et de lib]t de cette anci5ne ville hansatique4 ,il y a beauc\p de bi5faisance dans le monde1 et celui qui n'e/ pas capable de s]vir ses semblables p> le sacrifice de son temps et de ses p5*ants1 leur fait volonti]s du bi5 avec de l'arg5t3 c'e/ t\j\rs quelque *ose1 et nulle v]tu n'e/ ddaign]4 ,mais la masse considrable des aumnes p>ticulires n'e/ po9t sagem5t dirige dans la plup>t des pays1 et l'un des s]vices les plus m95ts que le b>on de ,voght et ses excell5ts compatriotes ai5t r5dus l'humanit1 c'e/ de montr] que sans n\veaux sacrifices1 sans que l'tat int]vnt1 la bi5faisance p>ticulire suffisait au s\lagem5t du malheur4 ,ce qui s'opre p> les individus convi5t s+ulirem5t l',allemagne1 o *aque *ose1 prise sp>m5t1 vaut mieux que l'ensemble4 ,les entreprises *>itables doiv5t prospr] dans la ville de ,hamb\rg2 il y a tant de moralit p>mi ses habitants1 que p5dant longtemps on y a pay les impts dans une espce de tronc1 sans que jamais p]sonne surveillt ce qu'on y portait3 ces impts devai5t tre proportionns la =tune de *acun1 et1 calcul fait1 ils ont t\j\rs t scrupuleusem5t acquitts4 ,ne croit-on pas racont] un trait de l'ge d'or1 si t\tefois dans l'ge d'or il y avait des ri*esses prives et des impts publics8 ,on ne saurait assez admir] combi51 s\s le rapport de l'enseignem5t comme s\s celui de l'adm9i/ration1 la bonne foi r5d t\t facile4 ,on devrait bi5 lui accord] t\s les honneurs qu'obti5t l'habilet2 c> en rsultat elle s'ent5d mieux mme aux affaires de ce monde4 ,,*apitre ,,xx ,la fte d',int]lak54 ,il faut attribu] au c>actre g]manique une gr&e p>tie des v]tus de la ,suisse allem&e4 ,nanmo9s il y a plus d'esprit public en ,suisse qu'en ,allemagne1 plus de patriotisme1 plus d'n]gie1 plus d'accord dans les op9ions et les s5tim5ts2 mais aussi la petitesse des tats et la pauvret du pays n'y excit5t en aucune manire le gnie2 on y tr\ve bi5 mo9s de savants et de p5seurs que dans le nord de l',allemagne1 o le rel*em5t mme des li5s politiques donne l'essor t\tes les nobles rv]ies1 t\s les sy/mes h>dis qui ne sont po9t s\mis la nature des *oses4 ,les ,suisses ne sont pas une nation potique1 et l'on s'tonne1 avec raison1 que l'admirable aspect de leur contre n'ait pas enflamm davantage leur imag9ation4 ,t\tefois un peuple religieux et libre e/ t\j\rs susceptible d'un g5re d'en?\siasme1 et les occupations matrielles de la vie ne saurai5t l't\ff] entirem5t4 ,si l'on en avait pu d\t]1 on s'en s]ait conva9cu p> la fte des b]g]s1 qui a t clbre l'anne d]nire1 au milieu des lacs1 en mmoire du fondateur de ,b]ne4 ,cette ville de ,b]ne mrite plus que jamais le respect et l'intrt des voyageurs3 il semble que depuis ses d]ni]s malheurs elle ait repris t\tes ses v]tus avec une ardeur n\velle1 et qu'en p]dant ses trsors elle ait r$\bl de l>gesse env]s les in=tuns4 ,ses tablissem5ts de *>it sont peut-tre les mieux soigns de l',europe3 l'hpital e/ l'difice le plus beau1 le seul magnifique de la ville4 ,sur la porte e/ crite cette inscription3 ,,*ri/o ,,9 ,,paup]ibus1 au ,*ri/ dans les pauvres4 ,il n'en e/ po9t de plus admirable4 ,la religion *rti5ne ne n\s a-t-elle pas dit que c'tait p\r ceux qui s\ffr5t que le ,*ri/ tait desc5du sur la t]re8 et qui de n\s1 dans quelque poque de sa vie1 n'e/ pas un de ces pauvres en bonheur1 en esprances1 un de ces in=tuns1 enf91 qu'on doit s\lag] au nom de ,dieu8 ,t\t1 dans la ville et le canton de ,b]ne1 porte l'empre9te d'un ordre srieux et calme1 d'un g\v]nem5t digne et pat]nel4 ,un air de probit se fait s5tir dans *aque objet que l'on ap]oit2 on se croit en famille au milieu de deux c5t mille hommes1 que l'on appelle nobles1 b\rgeois ou paysans1 mais qui sont t\s galem5t dv\s la patrie4 ,p\r all] la fte1 il fallait s'emb>qu] sur l'un de ces lacs dans lesquels les beauts de la nature se rfl*iss5t1 et qui sembl5t placs au pi$ des ,alpes p\r en multipli] les ravissants aspects4 ,un temps orageux n\s drobait la vue di/9cte des montagnes2 mais1 confondues avec les nuages1 elles n'en tai5t que plus r$\tables4 ,la tempte grossissait1 et bi5 qu'un s5tim5t de t]reur s'emp>t de mon me1 j'aimais cette f\dre du ciel qui confond l'orgueil de l'homme4 ,n\s n\s reposmes un mom5t dans une espce de grotte1 avant de n\s has>d] trav]s] la p>tie du lac de ,?un1 qui e/ ent\re de ro*]s inabordables4 ,c'e/ dans un lieu p>eil que ,guillaume ,tell sut brav] les abmes1 et s'atta*] des cueils p\r *app] ses tyrans4 ,n\s ap]mes alors dans le lo9ta9 cette montagne qui porte le nom de ,vi]ge 7,jungfrau71 p>ce qu'aucun voyageur n'a jamais pu gravir jusqu' son sommet3 elle e/ mo9s haute que le ,mont-,blanc1 et cep5dant elle inspire plus de respect1 p>ce qu'on la sait inaccessible4 ,n\s arrivmes ,unt]se51 et le bruit de l',a> qui tombe en cascades aut\r de cette petite ville1 disposait l'me des impressions rveuses4 ,les trang]s1 en gr& nombre1 tai5t logs dans des maisons de paysans =t propres1 mais ru/iques4 ,il tait assez piquant de voir se prom5] dans les rues d',unt]se5 de jeunes ,p>isi5s t\t c\p transports dans les valles de la ,suisse2 ils n'ent5dai5t plus que le bruit des torr5ts2 ils ne voyai5t plus que des montagnes1 et *]*ai5t si dans ces lieux solitaires ils p\rrai5t s'ennuy] assez p\r ret\rn] avec plus de plaisir encore dans le monde4 ,on a beauc\p p>l d'un air j\ p> les cors des ,alpes1 et dont les ,suisses recevai5t une impression si vive qu'ils quittai5t leurs rgim5ts1 qu& ils l'ent5dai5t1 p\r ret\rn] dans leur patrie4 ,on conoit l'effet que peut produire cet air qu& l'*o des montagnes le rpte2 mais il e/ fait p\r ret5tir dans l'loignem5t2 de prs1 il ne cause pas une s5sation trs agrable4 ,s'il tait *ant p> des voix itali5nes1 l'imag9ation en s]ait t\t fait enivre2 mais peut-tre que ce plaisir f]ait natre des ides trangres la simplicit du pays4 ,on y s\hait]ait les arts1 la posie1 l'am\r1 t&is qu'il faut p\voir s'y cont5t] du repos et de la vie *amptre4 ,le soir qui prcda la fte1 on alluma des feux sur les montagnes2 c'e/ a9si que jadis les librateurs de la ,suisse se donnr5t le signal de leur sa9te conspiration4 ,ces feux1 placs sur les sommets1 ressemblai5t la lune1 lorsqu'elle se lve d]rire les montagnes1 et qu'elle se montre la fois ard5te et paisible4 ,on et dit que des a/res n\veaux v5ai5t assi/] au plus t\*ant spectacle que notre monde puisse encore (frir4 ,l'un de ces signaux enflamms semblait plac dans le ciel1 d'o il clairait les ru9es du *teau d',unspunn51 autrefois possd p> ,b]?old1 le fondateur de ,b]ne1 en mmoire de qui se donnait la fte4 ,des tnbres pr(ondes environnai5t ce po9t lum9eux1 et les montagnes1 qui p5dant la nuit ressembl5t de gr&s fantmes1 app>aissai5t comme l'ombre gigantesque des morts qu'on v\lait clbr]4 ,le j\r de la fte1 le temps tait d\x1 mais nbuleux2 il fallait que la nature rpondt l'att5drissem5t de t\s les curs4 ,l'ence9te *oisie p\r les jeux e/ ent\re de coll9es p>semes d'arbres1 et des montagnes p]te de vue sont d]rire ces coll9es4 ,t\s les spectateurs1 au nombre de prs de six mille1 s'assir5t sur les hauteurs en p5te1 et les c\leurs v>ies des habillem5ts ressemblai5t dans l'loignem5t des fleurs rp&ues sur la prairie4 ,jamais un aspect plus riant ne put annonc] une fte2 mais qu& les reg>ds s'levai5t1 des ro*]s susp5dus semblai5t1 comme la de/9e1 m5ac] les huma9s au milieu de leurs plaisirs4 ,cep5dant s'il e/ une joie de l'me assez pure p\r ne pas provoqu] le sort1 c'tait celle-l4 ,lorsque la f\le des spectateurs fut runie1 on ent5dit v5ir de lo9 la procession de la fte1 procession sol5nelle en effet1 puisqu'elle tait consacre au culte du pass4 ,une musique agrable l'accompagnait2 les magi/rats p>aissai5t la tte des paysans2 les jeunes paysannes tai5t vtues selon le co/ume anci5 et pittoresque de *aque canton2 les halleb>des et les bannires de *aque valle tai5t portes en avant de la m>*e p> des hommes *eveux blancs1 habills prcism5t comme on l'tait il y a c9q sicles1 lors de la conjuration du ,rutli4 ,une motion pr(onde s'emp>ait de l'me1 en voyant ces drapeaux si pacifiques qui avai5t p\r g>di5s des vieill>ds4 ,le vieux temps tait reprs5t p> ces hommes gs p\r n\s1 mais si jeunes en prs5ce des sicles6 ,je ne sais quel air de confiance dans t\s ces tres faibles t\*ait pr(ondm5t1 p>ce que cette confiance ne leur tait inspire que p> la loyaut de leur me4 ,les yeux se remplissai5t de l>mes au milieu de la fte1 comme dans ces j\rs heureux et mlancoliques o l'on clbre la convalesc5ce de ce qu'on aime4 ,enf9 les jeux comm5cr5t1 et les hommes de la valle et les hommes de la montagne montrr5t1 en s\levant d'normes poids1 en luttant les uns contre les autres1 une agilit et une =ce de corps trs rem>quables4 ,cette =ce r5dait autrefois les nations plus militaires2 auj\rd'hui que la tactique et l'artill]ie dispos5t du sort des armes1 on ne voit dans ces ex]cices que des jeux agricoles4 ,la t]re e/ mieux cultive p> des hommes si robu/es2 mais la gu]re ne se fait qu' l'aide de la discipl9e et du nombre1 et les m\vem5ts mme de l'me ont mo9s d'empire sur la de/9e huma9e1 depuis que les individus ont disp>u dans les masses1 et que le g5re huma9 semble dirig1 comme la nature inanime1 p> des lois mcaniques4 ,aprs que les jeux fur5t t]m9s1 et que le bon bailli du lieu eut di/ribu les prix aux va9queurs1 on dna s\s des t5tes1 et l'on *anta des v]s l'honneur de la tranquille flicit des ,suisses4 ,on faisait pass] la ronde p5dant le repas des c\pes en bois1 sur lesquelles tai5t sculpts ,guillaume ,tell et les trois fondateurs de la lib]t helvtique4 ,on buvait avec transport au repos1 l'ordre1 l'indp5dance2 et le patriotisme du bonheur s'exprimait avec une cordialit qui pntrait t\tes les mes4 ,les prairies sont aussi fleuries que jadis1 les montagnes aussi v]doyantes3 qu& t\te la nature s\rit1 le cur seul de l'homme p\rrait-il n'tre qu'un ds]t#ag8 ,non1 sans d\te1 il ne l'tait pas2 il s'pan\issait avec confiance au milieu de cette belle contre1 en prs5ce de ces hommes respectables1 anims t\s p> les s5tim5ts les plus purs4 ,un pays pauvre1 d'une t5due trs borne1 sans luxe1 sans clat1 sans puissance1 e/ *ri p> ses habitants comme un ami qui ca*e ses v]tus dans l'ombre1 et les consacre t\tes au bonheur de ceux qui l'aim5t4 ,depuis c9q sicles que dure la prosprit de la ,suisse1 on compte plutt de sages gnrations que de gr&s hommes4 ,il n'y a po9t de place p\r l'exception qu& l'ensemble e/ si heureux4 ,on dirait que les anctres de cette nation rgn5t encore au milieu d'elle3 t\j\rs elle les respecte1 les imite et les recomm5ce4 ,la simplicit des murs et l'atta*em5t aux anci5nes c\tumes1 la sagesse et l'uni=mit dans la manire de vivre1 rappro*5t de n\s le pass1 et n\s r5d5t l'av5ir prs5t4 ,une hi/oire1 t\j\rs la mme1 ne semble qu'un seul mom5t dont la dure e/ de plusieurs sicles4 ,la vie c\le dans ces valles comme les rivires qui les trav]s5t2 ce sont des ondes n\velles1 mais qui suiv5t le mme c\rs3 puiss5t-ils n'tre po9t int]rompus6 puisse la mme fte tre s\v5t clbre au pi$ de ces mmes montagnes6 ,l'trang] les admire comme une m]veille1 l',helvti5 les *rit comme un asile o les magi/rats et les pres soign5t ensemble les citoy5s et les enfants4 ,,seconde ,,p>tie ,,de ,,la ,,litt,,rature ,,et ,,des ,,arts4 ,,*apitre ,,premi] ,p\rquoi les ,franais ne r5d5t-ils pas ju/ice la littrature allem&e8 ,je p\rrais rpondre d'une manire =t simple cette "q1 en disant que trs peu de p]sonnes en ,france sav5t l'allem&1 et que les beauts de cette langue1 surt\t en posie1 ne peuv5t tre traduites en franais4 ,les langues teutoniques se traduis5t facilem5t entre elles2 il en e/ de mme des langues lat9es3 mais celles-ci ne saurai5t r5dre la posie des peuples g]maniques4 ,une musique compose p\r un in/rum5t n'e/ po9t excute avec succs sur un in/rum5t d'un autre g5re4 ,d'ailleurs1 la littrature allem&e n'exi/e gure dans t\te son orig9alit qu' dat] de qu>ante c9quante ans2 et les ,franais1 depuis v+t annes1 sont tellem5t proccups p> les vnem5ts politiques1 que t\tes leurs tudes en littrature ont t susp5dues4 ,ce s]ait t\tefois trait] bi5 sup]ficiellem5t la "q1 que de s'en t5ir dire que les ,franais sont inju/es env]s la littrature allem&e1 p>ce qu'ils ne la connaiss5t pas2 ils ont1 il e/ vrai1 des prjugs contre elle1 mais ces prjugs ti5n5t au s5tim5t confus des diffr5ces prononces qui exi/5t entre la manire de voir et de s5tir des deux nations4 ,en ,allemagne1 il n'y a de gt fixe sur ri51 t\t e/ indp5dant1 t\t e/ individuel4 ,l'on juge d'un ouvrage p> l'impression qu'on en reoit1 et jamais p> les rgles1 puisqu'il n'y en a po9t de gnralem5t admises3 *aque auteur e/ libre de se crer une sphre n\velle4 ,en ,france1 la plup>t des lecteurs ne veul5t jamais tre mus1 ni mme s'amus] aux dp5s de leur consci5ce littraire3 le scrupule s'e/ rfugi l4 ,un auteur allem& =me son public2 en ,france1 le public comm&e aux auteurs4 ,comme on tr\ve en ,france un beauc\p plus gr& nombre de g5s d'esprit qu'en ,allemagne1 le public y e/ beauc\p plus imposant1 t&is que les criva9s allem&s1 m9emm5t levs au-dessus de leurs juges1 les g\v]n5t au lieu d'en recevoir la loi4 ,de l vi5t que ces criva9s ne se p]fectionn5t gure p> la critique2 l'impati5ce des lecteurs1 ou celle des spectateurs1 ne les oblige po9t retran*] les longueurs de leurs ouvrages1 et r>em5t ils s'arrt5t temps1 p>ce qu'un auteur1 ne se lassant presque jamais de ses propres conceptions1 ne peut tre av]ti que p> les autres du mom5t o elles cess5t d'intress]4 ,les ,franais p5s5t et viv5t dans les autres1 au mo9s s\s le rapport de l'am\r-propre2 et l'on s5t1 dans la plup>t de leurs ouvrages1 que le pr9cipal b n'e/ pas l'objet qu'ils trait5t1 mais l'effet qu'ils produis5t4 ,les criva9s franais sont t\j\rs en socit1 alors mme qu'ils compos5t2 c> ils ne p]d5t pas de vue les jugem5ts1 les moqu]ies et le gt la mode1 c'e/--dire l'autorit littraire s\s laquelle on vit1 telle ou telle poque4 ,la premire condition p\r crire1 c'e/ une manire de s5tir vive et =te4 ,les p]sonnes qui tudi5t dans les autres ce qu'elles doiv5t pr\v]1 et ce qu'il leur e/ p]mis de dire1 littrairem5t p>lant1 n'exi/5t pas4 ,sans d\te1 nos criva9s de gnie 7et quelle nation en possde plus que la ,france67 ne se sont ass]vis qu'aux li5s qui ne nuisai5t pas leur orig9alit2 mais il faut comp>] les deux pays en masse1 et dans le temps actuel1 p\r connatre quoi ti5t leur difficult de s'ent5dre4 ,en ,france1 on ne lit gure un ouvrage que p\r en p>l]2 en ,allemagne1 o l'on vit presque seul1 on veut que l'ouvrage mme ti5ne compagnie2 et quelle socit de l'me peut-on faire avec un livre qui ne s]ait lui-mme que l'*o de la socit6 dans le sil5ce de la retraite1 ri5 ne semble plus tri/e que l'esprit du monde4 ,l'homme solitaire a beso9 qu'une motion intime lui ti5ne lieu du m\vem5t extrieur qui lui manque4 ,la cl>t passe en ,france p\r l'un des premi]s mrites d'un criva92 c> il s'agit1 avant t\t1 de ne pas se donn] de la pe9e et d'attrap]1 en lisant le mat91 ce qui fait brill] le soir en causant4 ,mais les ,allem&s sav5t que la cl>t ne peut jamais tre qu'un mrite relatif3 un livre e/ clair selon le sujet et selon le lecteur4 ,montesquieu ne peut tre compris aussi facilem5t que ,voltaire1 et nanmo9s il e/ aussi lucide que l'objet de ses mditations le p]met4 ,sans d\te1 il faut port] la lumire dans la pr(ondeur2 mais ceux qui s'en ti5n5t aux grces de l'esprit1 et aux jeux des p>oles1 sont bi5 plus srs d'tre compris3 ils n'appro*5t d'aucun my/re1 comm5t donc s]ai5t-ils obscurs8 ,les ,allem&s1 p> un dfaut oppos1 se plais5t dans les tnbres2 s\v5t ils remett5t dans la nuit ce qui tait au j\r1 plutt que de suivre la r\te battue2 ils ont un tel dgt p\r les ides communes1 que1 lorsqu'ils se tr\v5t dans la ncessit de les retrac]1 ils les environn5t d'une mtaphysique ab/raite qui peut les faire croire n\velles jusqu' ce qu'on les ait reconnues4 ,les criva9s allem&s ne se gn5t po9t avec leurs lecteurs2 leurs ouvrages tant reu et comm5ts comme des oracles1 ils peuv5t les ent\r] d'autant de nuages qu'il leur plat2 la pati5ce ne manqu]a po9t p\r c>t] ces nuages2 mais il faut qu' la f9 on ap]oive une div9it3 c> ce que les ,allem&s tolr5t le mo9s1 c'e/ l'att5te trompe2 leurs ef=ts mmes et leur p]svrance leur r5d5t les gr&s rsultats ncessaires4 ,ds qu'il n'y a pas dans un livre des p5ses =tes et n\velles1 il e/ bi5 vite ddaign2 et si le tal5t fait t\t p>donn]1 l'on n'apprcie gure les div]s g5res d'adresse p> lesquelles on peut essay] d'y suppler4 ,la prose des ,allem&s e/ s\v5t trop nglige4 ,l'on atta*e beauc\p plus d'importance au /yle en ,france qu'en ,allemagne2 c'e/ une suite naturelle de l'intrt qu'on met la p>ole1 et du prix qu'elle doit avoir dans un pays o la socit dom9e4 ,t\s les hommes d'un peu d'esprit sont juges de la ju/esse et de la conv5ance de telle ou telle phrase1 t&is qu'il faut beauc\p d'att5tion et d'tude p\r saisir l'ensemble et l'en*anem5t d'un ouvrage4 ,d'ailleurs les expressions prt5t bi5 plus la plaisant]ie que les p5ses1 et dans t\t ce qui ti5t aux mots1 l'on rit avant d'avoir rfl*i4 ,cep5dant1 la beaut du /yle n'e/ po9t1 il faut en conv5ir1 un avantage purem5t extrieur2 c> les s5tim5ts vrais inspir5t presque t\j\rs les expressions les plus nobles et les plus ju/es2 et1 s'il e/ p]mis d'tre indulg5t p\r le /yle d'un crit philosophique1 on ne doit pas l'tre p\r celui d'une composition littraire2 dans la sphre des beaux-arts1 la =me app>ti5t autant l'me que le sujet mme4 ,l'art dramatique (fre un exemple frappant des facults di/9ctes des deux peuples4 ,t\t ce qui se rapporte l'action1 l'intrigue1 l'intrt des vnem5ts1 e/ mille fois mieux comb91 mille fois mieux conu *ez les ,franais2 t\t ce qui ti5t au dveloppem5t des impressions du cur1 aux orages secrets des passions =tes1 e/ beauc\p plus appr(ondi *ez les ,allem&s4 ,il faut1 p\r que les hommes suprieurs de l'un et de l'autre pays atteign5t au plus haut po9t de p]fection1 que le ,franais soit religieux1 et que l',allem& soit un peu monda94 ,la pit s'oppose la dissipation d'me1 qui e/ le dfaut et la grce de la nation franaise2 la connaissance des hommes et de la socit donn]ait aux ,allem&s1 en littrature1 le gt et la dextrit qui leur manqu5t4 ,les criva9s des deux pays sont inju/es les uns env]s les autres3 les ,franais cep5dant se r5d5t plus c\pables cet g>d que les ,allem&s2 ils jug5t sans connatre1 ou n'exam95t qu'avec un p>ti pris3 les ,allem&s sont plus imp>tiaux4 ,l't5due des connaissances fait pass] s\s les yeux tant de manires de voir div]ses1 qu'elle donne l'esprit la tolrance qui nat de l'univ]salit4 ,les ,franais gagn]ai5t plus nanmo9s concevoir le gnie allem& que les ,allem&s se s\mettre au bon gt franais4 ,t\tes les fois que de nos j\rs1 on a pu faire entr] dans la rgul>it franaise un peu de sve trangre1 les ,franais y ont applaudi avec transport4 ,j4-,j4 ,r\sseau1 ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re1 ,*ateaubri&1 etc41 dans quelques-uns de leurs ouvrages1 sont t\s1 mme leur insu1 de l'cole g]manique1 c'e/--dire1 qu'ils ne puis5t leur tal5t que dans le fond de leur me4 ,mais si l'on v\lait discipl9] les criva9s allem&s d'aprs les lois prohibitives de la littrature franaise1 ils ne saurai5t comm5t navigu] au milieu des cueils qu'on leur aurait indiqus2 ils regrett]ai5t la ple9e m]1 et leur esprit s]ait plus tr\bl qu'clair4 ,il ne s'ensuit pas qu'ils doiv5t t\t has>d]1 et qu'ils ne f]ai5t pas bi5 de s'impos] quelquefois des bornes2 mais il leur importe de les plac] d'aprs leur manire de voir4 ,il faut1 p\r leur faire adopt] de c]ta9es re/rictions ncessaires1 remont] au pr9cipe de ces re/rictions1 sans jamais employ] l'autorit du ridicule contre laquelle ils sont t\t fait rvolts4 ,les hommes de gnie de t\s les pays sont faits p\r se compr5dre et p\r s'e/im]2 mais le vulgaire des criva9s et des lecteurs allem&s et franais rappelle cette fable de ,la ,fonta9e1 o la cigogne ne peut mang] dans le plat1 ni le r5>d dans la b\teille4 ,le contra/e le plus p>fait se fait voir entre les esprits dvelopps dans la solitude et ceux qui sont =ms p> la socit4 ,les impressions du dehors et le recueillem5t de l'me1 la connaissance des hommes et l'tude des ides ab/raites1 l'action et la ?orie donn5t des rsultats t\t fait opposs4 ,la littrature1 les arts1 la philosophie1 la religion des deux peuples1 atte/5t cette diffr5ce2 et l't]nelle b>rire du ,rh9 sp>e deux rgions intellectuelles qui1 non mo9s que les deux contres1 sont trangres l'une l'autre4 ,,*apitre ,,ii ,du jugem5t qu'on porte en ,anglet]re sur la littrature allem&e4 ,la littrature allem&e e/ beauc\p plus connue en ,anglet]re qu'en ,france4 ,on y tudie davantage les langues trangres1 et les ,allem&s ont plus de rapports naturels avec les ,anglais qu'avec les ,franais2 cep5dant il y a des prjugs1 mme en ,anglet]re1 contre la philosophie et la littrature des ,allem&s4 ,il peut tre intressant d'en exam9] la cause4 ,le gt de la socit1 le plaisir et l'intrt de la conv]sation ne sont po9t ce qui =me les esprits en ,anglet]re3 les affaires1 le p>lem5t1 l'adm9i/ration1 rempliss5t t\tes les ttes1 et les intrts politiques sont le pr9cipal objet des mditations4 ,les ,anglais veul5t t\t des rsultats immdiatem5t applicables1 et de l naiss5t leurs prv5tions contre une philosophie qui a p\r objet le beau plutt que l'utile4 ,les ,anglais ne sp>5t po9t1 il e/ vrai1 la dignit de l'utilit1 et t\j\rs ils sont prts1 qu& il le faut1 sacrifi] ce qui e/ utile ce qui e/ honorable2 mais ils ne se prt5t pas volonti]s1 comme il e/ dit dans ,hamlet1 ces conv]sations avec l'air1 dont les ,allem&s sont trs pris4 ,la philosophie des ,anglais e/ dirige v]s les rsultats avantageux au bi5-tre de l'humanit4 ,les ,allem&s s'occup5t de la vrit p\r elle-mme1 sans p5s] au p>ti que les hommes peuv5t en tir]4 ,la nature de leurs g\v]nem5ts ne leur ayant po9t (f]t des occasions gr&es et belles de mrit] la gloire et de s]vir la patrie1 ils s'atta*5t en t\t g5re la contemplation1 et *]*5t dans le ciel l'espace que leur troite de/9e leur refuse sur la t]re4 ,ils se plais5t dans l'idal1 p>ce qu'il n'y a ri5 dans l'tat actuel des *oses qui p>le leur imag9ation4 ,les ,anglais s'honor5t avec raison de t\t ce qu'ils possd5t1 de t\t ce qu'ils sont1 de t\t ce qu'ils peuv5t tre2 ils plac5t leur admiration et leur am\r sur leurs lois1 leurs murs et leur culte4 ,ces nobles s5tim5ts donn5t l'me plus de =ce et d'n]gie2 mais la p5se va peut-tre encore plus lo91 qu& elle n'a po9t de bornes1 ni mme de b dt]m91 et que1 sans cesse en rapport avec l'imm5se et l'inf9i1 aucun intrt ne la ramne aux *oses de ce monde4 ,t\tes les fois qu'une ide se consolide1 c'e/--dire qu'elle se *ange en in/itution1 ri5 de mieux que d'en exam9] att5tivem5t les rsultats et les consqu5ces1 de la circonscrire et de la fix]3 mais qu& il s'agit d'une ?orie1 il faut la considr] en elle-mme2 il n'e/ plus "q de pratique1 il n'e/ plus "q d'utilit2 et la re*]*e de la vrit dans la philosophie1 comme l'imag9ation dans la posie1 doit tre indp5dante de t\te entrave4 ,les ,allem&s sont comme les claireurs de l'arme de l'esprit huma92 ils essai5t des r\tes n\velles1 ils t5t5t des moy5s inconnus2 comm5t ne s]ait-on pas curieux de savoir ce qu'ils dis5t1 au ret\r de leurs excursions dans l'inf9i8 ,les ,anglais1 qui ont tant d'orig9alit dans le c>actre1 r$\t5t nanmo9s assez gnralem5t les n\veaux sy/mes4 ,la sagesse d'esprit leur a fait tant de bi5 dans les affaires de la vie1 qu'ils aim5t la retr\v] dans les tudes intellectuelles2 et c'e/ l cep5dant que l'audace e/ insp>able du gnie4 ,le gnie1 p\rvu qu'il respecte la religion et la morale1 doit all] aussi lo9 qu'il veut3 c'e/ l'empire de la p5se qu'il agr&it4 ,la littrature1 en ,allemagne1 e/ tellem5t empre9te de la philosophie dom9ante1 que l'loignem5t qu'on aurait p\r l'une p\rrait influ] sur le jugem5t qu'on port]ait sur l'autre3 cep5dant les ,anglais1 depuis quelque temps1 traduis5t avec plaisir les potes allem&s et ne mconnaiss5t po9t l'analogie qui doit rsult] d'une mme orig9e4 ,il y a plus de s5sibilit dans la posie anglaise1 et plus d'imag9ation dans la posie allem&e4 ,les affections dome/iques ex]ant un gr& empire sur le cur des ,anglais1 leur posie se s5t de la dlicatesse et de la fixit de ces affections3 les ,allem&s1 plus indp5dants en t\t1 p>ce qu'ils ne port5t l'empre9te d'aucune in/itution politique1 peign5t les s5tim5ts comme les ides1 trav]s des nuages3 on dirait que l'univ]s vacille devant leurs yeux1 et l'inc]titude mme de leurs reg>ds multiplie les objets dont leur tal5t peut se s]vir4 ,le pr9cipe de la t]reur1 qui e/ un des gr&s moy5s de la posie allem&e1 a mo9s d'asc5dant sur l'imag9ation des ,anglais de nos j\rs2 ils dcriv5t la nature avec *>me1 mais elle n'agit plus sur eux comme une puissance r$\table qui r5f]me dans son se9 les fantmes1 les prsages1 et ti5t *ez les mod]nes la mme place que la de/9e p>mi les anci5s4 ,l'imag9ation1 en ,anglet]re1 e/ presque t\j\rs inspire p> la s5sibilit2 l'imag9ation des ,allem&s e/ quelquefois rude et biz>re3 la religion de l',anglet]re e/ plus svre1 celle de l',allemagne e/ plus vague2 et la posie des nations doit ncessairem5t port] l'empre9te de leurs s5tim5ts religieux4 ,la conv5ance ne rgne po9t dans les arts en ,anglet]re comme en ,france2 cep5dant l'op9ion publique y a plus d'empire qu'en ,allemagne2 l'unit nationale en e/ la cause4 ,les ,anglais veul5t mettre d'accord en t\tes *oses les actions et les pr9cipes2 c'e/ un peuple sage et bi5 ordonn1 qui a compris dans la sagesse la gloire1 et dans l'ordre la lib]t3 les ,allem&s1 n'ayant fait que rv] l'une et l'autre1 ont exam9 les ides indp5damm5t de leur application1 et se sont a9si ncessairem5t levs plus haut en ?orie4 ,les littrateurs allem&s actuels se montr5t 7ce qui doit p>atre s+uli]7 beauc\p plus opposs que les ,anglais l'introduction des rflexions philosophiques dans la posie4 ,les premi]s gnies de la littrature anglaise1 il e/ vrai1 ,%akespe>e1 ,milton1 ,dryd5 dans ses odes1 etc41 sont des potes qui ne se livr5t po9t l'esprit de raisonnem5t2 mais ,pope et plusieurs autres doiv5t tre considrs comme didactiques et morali/es4 ,les ,allem&s se sont refaits jeunes1 les ,anglais sont dev5us mrs#ah4 ,les ,allem&s pr(ess5t une doctr9e qui t5d ranim] l'en?\siasme dans les arts comme dans la philosophie1 et il faut les l\] s'ils la ma9ti5n5t2 c> le sicle pse aussi sur eux1 et il n'en e/ po9t o l'on soit plus encl9 ddaign] ce qui n'e/ que beau2 il n'en e/ po9t o l'on rpte plus s\v5t cette "q1 la plus vulgaire de t\tes3 quoi bon8 ,,*apitre ,,iii ,des pr9cipales poques de la littrature allem&e4 ,la littrature allem&e n'a po9t eu ce qu'on a c\tume d'appel] un sicle d'or1 c'e/--dire une poque o les progrs des lettres sont enc\rags p> la protection des *efs de l'tat4 ,lon ,x1 en ,italie1 ,l\is ,,xiv1 en ,france1 et dans les temps anci5s1 ,pricls et ,augu/e1 ont donn leur nom leur sicle4 ,on peut aussi considr] le rgne de la re9e ,anne comme l'poque la plus brillante de la littrature anglaise3 mais cette nation1 qui exi/e p> elle-mme1 n'a jamais d ses gr&s hommes ses rois4 ,l',allemagne tait divise2 elle ne tr\vait dans l',autri*e aucun am\r p\r les lettres1 et dans ,frdric ,,ii1 qui tait lui seul t\te la ,prusse1 aucun intrt p\r les criva9s allem&s2 les lettres en ,allemagne n'ont donc jamais t runies dans un c5tre1 et n'ont po9t tr\v d'appui dans l'tat4 ,peut-tre la littrature a-t-elle d cet isolem5t comme cette indp5dance1 plus d'orig9alit et d'n]gie4 ,on a vu1 dit ,s*ill]1 la posie1 ddaigne p> le plus gr& des fils de la patrie1 p> ,frdric1 s'loign] du trne puissant qui ne la protgeait pas2 mais elle osa se dire allem&e2 mais elle se s5tit fire de crer elle-mme sa gloire4 ,les *ants des b>des g]ma9s ret5tir5t sur le sommet des montagnes1 se prcipitr5t comme un torr5t dans les valles2 le pote indp5dant ne reconnut p\r loi que les impressions de son me1 et p\r s\v]a9 que son gnie4 ,il a d rsult] cep5dant de ce que les hommes de lettres allem&s n'ont po9t t enc\rags p> le g\v]nem5t1 que p5dant longtemps ils ont fait des essais individuels dans les s5s les plus opposs1 et qu'ils sont arrivs t>d l'poque vraim5t rem>quable de leur littrature4 ,la langue allem&e1 depuis mille ans1 a t cultive d'abord p> les mo9es1 puis p> les *evali]s1 puis p> les artisans1 tels que ,hans-,sa*s1 ,sba/i5 ,br&1 et d'autres1 l'appro*e de la r=mation2 et d]nirem5t enf9 p> les savants1 qui en ont fait un langage propre t\tes les subtilits de la p5se4 ,en exam9ant les ouvrages dont se compose la littrature allem&e1 on y retr\ve1 suivant le gnie de l'auteur1 les traces de ces diffr5tes cultures1 comme on voit dans les montagnes les c\*es des m9raux div]s que les rvolutions de la t]re y ont apports4 ,le /yle *ange presque entirem5t de nature suivant l'criva91 et les trang]s ont beso9 de faire une n\velle tude1 *aque livre n\veau qu'ils veul5t compr5dre4 ,les ,allem&s ont eu1 comme la plup>t des nations de l',europe1 du temps de la *eval]ie1 des tr\bad\rs et des gu]ri]s qui *antai5t l'am\r et les combats4 ,on vi5t de retr\v] un pome pique intitul les ,niebelung51 et compos dans le treizime sicle4 ,on y voit l'hrosme et la fidlit qui di/+uai5t les hommes d'alors1 lorsque t\t tait vrai1 =t1 et dcid comme les c\leurs primitives de la nature4 ,l'allem&1 dans ce pome1 e/ plus clair et plus simple qu' prs5t2 les ides gnrales ne s'y tai5t po9t encore introduites1 et l'on ne faisait que racont] des traits de c>actre4 ,la nation g]manique p\vait tre considre alors comme la plus belliqueuse de t\tes les nations europennes1 et ses anci5nes traditions ne p>l5t que des *teaux-=ts1 et des belles matresses p\r lesquelles on donnait sa vie4 ,lorsque ,maximili5 essaya plus t>d de ranim] la *eval]ie1 l'esprit huma9 n'avait plus cette t5dance1 et dj comm5ai5t les qu]elles religieuses1 qui t\rn5t la p5se v]s la mtaphysique1 et plac5t la =ce de l'me dans les op9ions plutt que dans les exploits4 ,lu!r p]fectionna s+ulirem5t sa langue1 en la faisant s]vir aux discussions ?ologiques3 sa traduction des ,psaumes et de la ,bible e/ encore un beau modle4 ,la vrit et la concision potique qu'il donne son /yle sont t\t fait con=mes au gnie de l',allem&1 et le son mme des mots a je ne sais quelle fran*ise n]gique sur laquelle on se repose avec confiance4 ,les gu]res politiques et religieuses1 o les ,allem&s avai5t le malheur de se combattre les uns les autres1 dt\rnr5t les esprits de la littrature3 et qu& on s'en s'occupa de n\veau1 ce fut s\s les auspices du sicle de ,l\is ,,xiv1 l'poque o le dsir d'imit] les ,franais s'emp>a de la plup>t des c\rs et des criva9s de l',europe4 ,les ouvrages de ,hag$orn1 de ,gell]t1 de ,weiss1 etc41 n'tai5t que du franais appesanti2 ri5 d'orig9al1 ri5 qui ft con=me au gnie naturel de la nation4 ,ces auteurs v\lai5t atte9dre la grce franaise1 sans que leur g5re de vie ni leurs habitudes leur en donnass5t l'inspiration2 ils s'ass]vissai5t la rgle1 sans avoir ni l'lgance1 ni le gt1 qui peuv5t donn] de l'agrm5t ce despotisme mme4 ,une autre cole succda bi5tt l'cole franaise1 et ce fut dans la ,suisse allem&e qu'elle s'leva2 cette cole tait d'abord fonde sur l'imitation des criva9s anglais4 ,bodm]1 appuy p> l'exemple du gr& ,hall]1 ta*a de dmontr] que la littrature anglaise s'accordait mieux avec le gnie des ,allem&s que la littrature franaise4 ,gotts*$1 un savant sans gt et sans gnie1 combattit cette op9ion4 ,il jaillit une gr&e lumire de la dispute de ces deux coles4 ,quelques hommes alors comm5cr5t se fray] une r\te p> eux-mmes4 ,klop/ock t9t le premi] rang dans l'cole anglaise1 comme ,wiel& dans l'cole franaise2 mais ,klop/ock ouvrit une c>rire n\velle ses successeurs t&is que ,wiel& fut la fois le premi] et le d]ni] dans l'cole franaise du dix-huitime sicle3 le premi]1 p>ce que nul n'a pu dans ce g5re s'gal] lui2 le d]ni]1 p>ce qu'aprs lui les criva9s allem&s suivir5t une r\te t\t fait diffr5te4 ,comme il y a dans t\tes les nations teutoniques des t9celles de ce feu sacr que le temps a rec\v]t de c5dre1 ,klop/ock1 en imitant d'abord les ,anglais1 p>v9t rveill] l'imag9ation et le c>actre p>ticuli]s aux ,allem&s2 et presqu'au mme mom5t1 ,w9kelmann dans les arts1 ,less+ dans la critique1 et ,g! dans la posie1 fondr5t une vritable cole allem&e1 si t\tefois on peut appel] de ce nom ce qui admet autant de diffr5ces qu'il y a d'individus et de tal5ts div]s4 ,j'exam9]ai sp>m5t la posie1 l'art dramatique1 les romans et l'hi/oire2 mais *aque homme de gnie =mant1 p\r a9si dire1 une cole "p en ,allemagne1 il m'a sembl ncessaire de comm5c] p> faire connatre les traits pr9cipaux qui di/+u5t *aque criva9 en p>ticuli]1 et de c>actris] p]sonnellem5t les hommes de lettres les plus clbres1 avant d'analys] leurs ouvrages4 ,,*apitre ,,iv ,wiel&4 ,de t\s les ,allem&s qui ont crit dans le g5re franais1 ,wiel& e/ le seul dont les ouvrages ai5t du gnie2 et quoiqu'il ait presque t\j\rs imit les littratures trangres1 on ne peut mconnatre les gr&s s]vices qu'il a r5dus sa propre littrature1 en p]fectionnant sa langue1 en lui donnant une v]sification plus facile et plus h>monieuse4 ,il y avait en ,allemagne une f\le d'criva9s qui t*ai5t de suivre les traces de la littrature franaise du sicle de ,l\is ,,xiv2 ,wiel& e/ le premi] qui ait introduit avec succs celle du dix-huitime sicle4 ,dans ses crits en prose1 il a quelques rapports avec ,voltaire1 et dans ses posies1 avec l',ario/e4 ,mais ces rapports1 qui sont volontaires1 n'emp*5t pas que sa nature au fond ne soit t\t fait allem&e4 ,wiel& e/ inf9im5t plus in/ruit que ,voltaire2 il a tudi les anci5s d'une faon plus rudite qu'aucun pote ne l'a fait en ,france4 ,les dfauts1 comme les qualits de ,wiel&1 ne lui p]mett5t pas de donn] ses crits la grce et la lgret franaises4 ,dans ses romans philosophiques1 ,aga?on1 ,prgr9us ,prote1 il arrive t\t de suite l'analyse1 la discussion1 la mtaphysique2 il se fait un devoir d'y ml] ce qu'on appelle communm5t des fleurs2 mais l'on s5t que son p5*ant naturel s]ait d'appr(ondir t\s les sujets qu'il essaie de p>c\rir4 ,le srieux et la gat sont l'un et l'autre trop prononcs1 dans les romans de ,wiel&1 p\r tre runis2 c>1 en t\te *ose1 les contra/es sont piquants1 mais les extrmes opposs fatigu5t4 ,il faut1 p\r imit] ,voltaire1 une ins\ciance moqueuse et philosophique qui r5de indiffr5t t\t1 except la manire piquante d'exprim] cette ins\ciance4 ,jamais un ,allem& ne peut arriv] cette brillante lib]t de plaisant]ie2 la vrit l'atta*e trop1 il veut savoir et expliqu] ce que les *oses sont1 et lors mme qu'il adopte des op9ions condamnables1 un rep5tir secret ral5tit sa m>*e malgr lui4 ,la philosophie picuri5ne ne convi5t pas l'esprit des ,allem&s2 ils donn5t cette philosophie un c>actre dogmatique1 t&is qu'elle n'e/ sduisante que lorsqu'elle se prs5te s\s des =mes lgres3 ds qu'on lui prte des pr9cipes1 elle dplat t\s galem5t4 ,les ouvrages de ,wiel& en v]s ont beauc\p plus de grce et d'orig9alit que ses crits en prose3 l',obron et les autres pomes dont je p>l]ai "p1 sont ple9s de *>me et d'imag9ation4 ,on a cep5dant repro* ,wiel& d'avoir trait l'am\r avec trop peu de svrit1 et il doit tre a9si jug *ez ces ,g]ma9s qui respect5t encore un peu les femmes1 la manire de leurs anctres2 mais quels qu'ai5t t les c>ts d'imag9ation que ,wiel& se soit p]mis1 on ne peut s'emp*] de reconnatre en lui une s5sibilit vritable2 il a s\v5t eu bonne ou mauvaise int5tion de plaisant] sur l'am\r1 mais une nature srieuse l'emp*e de s'y livr] h>dim5t2 il ressemble ce prophte qui bnit au lieu de maudire2 il f9it p> s'att5drir1 en comm5ant p> l'ironie4 ,l'entreti5 de ,wiel& a beauc\p de *>me1 prcism5t p>ce que ses qualits naturelles sont en opposition avec sa philosophie4 ,ce dsaccord peut lui nuire comme criva91 mais r5d sa socit trs piquante3 il e/ anim1 en?\sia/e1 et comme t\s les hommes de gnie1 jeune encore dans sa vieillesse2 et cep5dant il veut tre sceptique1 et s'impati5te qu& on se s]t de sa belle imag9ation mme p\r le port] la croyance4 ,naturellem5t bi5veillant1 il e/ nanmo9s susceptible d'humeur2 quelquefois p>ce qu'il n'e/ pas cont5t de lui1 quelquefois p>ce qu'il n'e/ pas cont5t des autres3 il n'e/ pas cont5t de lui1 p>ce qu'il v\drait arriv] un degr de p]fection dans la manire d'exprim] ses p5ses1 laquelle les *oses et les mots ne se prt5t pas2 il ne veut pas s'en t5ir ces peu prs qui convi5n5t mieux l'art de caus] que la p]fection mme3 il e/ quelquefois mcont5t des autres1 p>ce que sa doctr9e un peu rel*e et ses s5tim5ts exalts ne sont pas faciles concili] ensemble4 ,il y a en lui un pote allem& et un philosophe franais1 qui se f*5t alt]nativem5t l'un p\r l'autre2 mais ses colres cep5dant sont trs d\ces support]2 et sa conv]sation1 remplie d'ides et de connaissances1 s]virait de fonds l'entreti5 de beauc\p d'hommes d'esprit en div]s g5res4 ,les n\veaux criva9s1 qui ont exclu de la littrature allem&e t\te influ5ce trangre1 ont t s\v5t inju/es env]s ,wiel&3 c'e/ lui dont les ouvrages1 mme dans la traduction1 ont excit l'intrt de t\te l',europe2 c'e/ lui qui a fait s]vir la sci5ce de l'antiquit au *>me de la littrature2 c'e/ lui qui a donn1 dans les v]s1 sa langue fconde1 mais rude1 une flexibilit musicale et gracieuse2 il e/ vrai cep5dant qu'il n'tait pas avantageux son pays que ses crits euss5t des imitateurs3 l'orig9alit nationale vaut mieux1 et l'on devait1 t\t en reconnaissant ,wiel& p\r un gr& matre1 s\hait] qu'il n'et pas de disciples4 ,,*apitre ,v ,klop/ock4 ,il y a eu en ,allemagne beauc\p plus d'hommes rem>quables dans l'cole anglaise que dans l'cole franaise4 ,p>mi les criva9s =ms p> la littrature anglaise1 il faut compt] d'abord cet admirable ,hall]1 dont le gnie potique le s]vit si efficacem5t1 comme savant1 en lui inspirant plus d'en?\siasme p\r la nature1 et des vues plus gnrales sur ses phnomnes2 ,gessn]1 que l'on gte en ,france1 plus mme qu'en ,allemagne2 ,gleim1 ,raml]1 etc41 et avant eux t\s ,klop/ock4 ,son gnie s'tait enflamm p> la lecture de ,milton et de ,"y2 mais c'e/ avec lui que l'cole vraim5t allem&e a comm5c4 ,il exprime d'une manire =t heureuse1 dans une de ses odes1 l'mulation des deux muses4 ,j'ai vu4444 ,oh6 dites-moi1 tait-ce le prs5t1 ou contemplais-je l'av5ir8 ,j'ai vu la muse de la ,g]manie entr] en lice avec la muse anglaise1 s'lanc] ple9e d'ardeur la victoire4 ,deux t]mes levs l'extrmit de la c>rire se di/+uai5t pe9e1 l'un ombrag de *ne1 l'autre ent\r de palmi]s#ai4 ,acc\tume de tels combats1 la muse d',albion desc5dit firem5t dans l'arne2 elle reconnut ce *amp qu'elle p>c\rut dj1 dans sa lutte sublime avec le fils de ,mon1 avec le *antre du ,capitole4 ,elle vit sa rivale1 jeune1 tremblante2 mais son tremblem5t tait noble3 l'ardeur de la victoire colorait son visage1 et sa *evelure d'or flottait sur ses paules4 ,dj1 ret5ant pe9e sa respiration presse dans son se9 mu1 elle croyait ent5dre la trompette1 elle dvorait l'arne1 elle se p5*ait v]s le t]me4 ,fire d'une telle rivale1 plus fire d'elle-mme1 la noble anglaise mesure d'un reg>d la fille de ,?uiskon4 ,oui1 je m'en s\vi5s1 dit-elle1 dans les =ts de *nes1 prs des b>des antiques1 ensemble n\s naqumes4 ,mais on m'avait dit que tu n'tais plus4 ,p>donne1 muse6 si tu revis p\r l'immortalit1 p>donne-moi de ne l'appr5dre qu' cette heure444 ,cep5dant je le saurai mieux au b4 ,il e/ l444 le vois-tu dans ce lo9ta98 p> del le *ne vois-tu les palmes1 peux-tu disc]n] la c\ronne8 ,tu te tais444 ,oh6 ce fi] sil5ce1 ce c\rage cont5u1 ce reg>d de feu fix sur la t]re444 je le connais4 ,cep5dant444 p5se encore avant le dang]eux signal1 p5se444 n'e/-ce pas moi qui dj luttai contre la muse des ,!rmopyles1 contre celle des ,sept ,coll9es8 ,elle dit3 le mom5t dcisif e/ v5u1 le hraut s'appro*e3 ,o fille d',albion6 s'cria la muse de la ,g]manie1 je t'aime1 en t'admirant je t'aime444 mais l'immortalit1 les palmes me sont encore plus *res que toi4 ,saisis cette c\ronne1 si ton gnie le veut2 mais qu'il me soit p]mis de la p>tag] avec toi4 ,comme mon cur bat6444 ,dieux immortels444 si mme j'arrivais plus tt au b sublime444 oh6 alors tu me suivras de prs444 ton s\ffle agit]a mes *eveux flottants4 ,t\t c\p la trompette ret5tit1 elles vol5t avec la rapidit de l'aigle1 un nuage de p\ssire s'lve sur la va/e c>rire2 je les vis prs du *ne1 mais le nuage s'paissit1 et bi5tt je les p]dis de vue4 ,c'e/ a9si que f9it l'ode1 et il y a de la grce ne pas dsign] le va9queur4 ,je r5voie au *apitre sur la posie allem&e l'exam5 des ouvrages de ,klop/ock1 s\s le po9t de vue littraire1 et je me borne les indiqu] ma9t5ant comme des actions de sa vie4 ,t\s ses ouvrages ont eu p\r b1 ou de rveill] le patriotisme dans son pays1 ou de clbr] la religion3 si la posie avait ses sa9ts1 ,klop/ock devrait tre compt comme l'un des premi]s4 ,la plup>t de ses odes peuv5t tre considres comme des psaumes *rti5s3 c'e/ le ,david du ,n\veau ,te/am5t1 que ,klop/ock2 mais ce qui honore surt\t son c>actre1 sans p>l] de son gnie1 c'e/ l'hymne religieuse1 s\s la =me d'un pome pique1 laquelle il a consacr v+t annes1 la ,messiade4 ,les *rti5s possdai5t deux pomes1 l',enf]1 du ,dante1 et le ,p>adis ,p]du1 de ,milton3 l'un tait ple9 d'images et de fantmes1 comme la religion extrieure des ,itali5s4 ,milton1 qui avait vcu au milieu des gu]res civiles1 excellait surt\t dans la pe9ture des c>actres1 et son ,satan e/ un factieux gigantesque1 arm contre la mon>*ie du ciel4 ,klop/ock a conu le s5tim5t *rti5 dans t\te sa puret2 c'e/ au div9 ,sauveur des hommes que son me a t consacre4 ,les ,pres de l'glise ont inspir le ,dante2 la ,bible1 ,milton3 les plus gr&es beauts du pome de ,klop/ock sont puises dans le ,n\veau ,te/am5t2 il sait faire ressortir de la simplicit div9e de l'vangile1 un *>me de posie qui n'en altre po9t la puret4 ,lorsqu'on comm5ce ce pome1 on croit entr] dans une gr&e glise1 au milieu de laquelle un orgue se fait ent5dre1 et l'att5drissem5t et le recueillem5t qu'inspir5t les temples du ,seigneur1 s'emp>5t de l'me en lisant la ,messiade4 ,klop/ock se proposa1 ds sa jeunesse1 ce pome p\r b de son exi/5ce3 il me semble que les hommes s'acquitt]ai5t t\s dignem5t env]s la vie1 si1 dans un g5re quelconque1 un noble objet1 une gr&e ide1 signalai5t leur passage sur la t]re2 et c'e/ dj une preuve honorable de c>actre que de dirig] v]s une mme entreprise les rayons p>s de ses facults1 et les rsultats de ses travaux4 ,de quelque manire qu'on juge les beauts et les dfauts de la ,messiade1 on devrait en lire s\v5t quelques v]s3 la lecture entire de l'ouvrage peut fatigu]2 mais *aque fois qu'on y revi5t1 l'on respire comme un p>fum de l'me1 qui fait s5tir de l'attrait p\r t\tes les *oses cle/es4 ,aprs de longs travaux1 aprs un gr& nombre d'annes1 ,klop/ock enf9 t]m9a son pome4 ,horace1 ,ovide1 etc41 ont exprim de div]ses manires le noble orgueil qui leur rpondait de la dure immortelle de leurs ouvrages3 ,exegi monum5tum ere p]5nius3 et1 nom5que erit indelebile no/rum#bj4 ,un s5tim5t d'une t\te autre nature pntra l'me de ,klop/ock qu& la ,messiade fut a*eve4 ,il l'exprime a9si dans l'ode au ,rdempteur1 qui e/ la f9 de son pome4 ,je l'esprais de toi1 ,mdiateur cle/e6 j'ai *ant le cantique de la n\velle alliance4 ,la r$\table c>rire e/ p>c\rue1 et tu m'z p>donn mes pas *ancelants4 ,reconnaissance1 s5tim5t t]nel1 brlant1 exalt1 fais ret5tir les accords de ma h>pe2 hte-toi2 mon cur e/ inond de joie1 et je v]se des pleurs de ravissem5t4 ,je ne dem&e aucune rcomp5se2 n'ai-je pas dj gt les plaisirs des anges1 puisque j'ai *ant mon ,dieu8 ,l'motion pntra mon me jusque dans ses pr(ondeurs1 et ce qu'il y a de plus intime en mon tre fut branl4 ,le ciel et la t]re disp>ur5t mes reg>ds2 mais bi5tt l'orage se calma3 le s\ffle de ma vie ressemblait l'air pur et s]e9 d'un j\r de pr9temps4 ,ah6 que je suis rcomp5s6 n'ai-je pas vu c\l] les l>mes des *rti5s8 et dans un autre monde1 peut-tre m'accueill]ont-ils encore avec ces cle/es l>mes6 ,j'ai s5ti aussi les joies huma9es2 mon cur1 je v\drais en va9 te le ca*]1 mon cur fut anim p> l'ambition de la gloire3 dans ma jeunesse1 il battit p\r elle2 ma9t5ant1 il bat encore1 mais d'un m\vem5t plus cont5u4 ,ton aptre n'a-t-il pas dit aux fidles3 ,que t\t ce qui e/ v]tueux et digne de l\ange soit l'objet de vos p5ses6444 ,c'e/ cette flamme cle/e que j'ai *oisie p\r guide2 elle app>at au-devant de mes pas1 et montre mon il ambitieux une r\te plus sa9te4 ,c'e/ p> elle que le pre/ige des plaisirs t]re/res ne m'a po9t tromp2 qu& j'tais prs de m'g>]1 le s\v5ir des heures sa9tes o mon me fut initie1 les d\ces voix des anges1 leurs h>pes1 leurs conc]ts me rappelr5t moi-mme4 ,je suis au b\t1 oui1 j'y suis arriv1 et je tremble de bonheur2 a9si 7p\r p>l] huma9em5t des *oses cle/es71 a9si n\s s]ons mus1 qu& n\s n\s tr\v]ons un j\r auprs de celui qui m\rut et ressuscita p\r n\s4 ,c'e/ mon ,seigneur et mon ,dieu dont la ma9 puissante m'a conduit ce b1 trav]s les tombeaux2 il m'a donn la =ce et le c\rage contre la mort qui s'appro*ait2 et des dang]s inconnus1 mais t]ribles1 fur5t c>ts du pote que protgeait le b\cli] cle/e4 ,j'ai t]m9 le *ant de la n\velle alliance2 la r$\table c>rire e/ p>c\rue4 ,o ,mdiateur cle/e1 je l'esprais de toi6 ,ce mlange d'en?\siasme potique et de confiance religieuse inspire l'admiration et l'att5drissem5t t\t ensemble4 ,les tal5ts s'adressai5t jadis des div9its de la ,fable4 ,klop/ock les a consacrs1 ces tal5ts1 ,dieu mme2 et1 p> l'heureuse union de la religion *rti5ne et de la posie1 il montre aux ,allem&s comm5t ils peuv5t avoir des beaux-arts qui leur app>ti5n5t1 et ne relv5t pas seulem5t des anci5s en vassaux imitateurs4 ,ceux qui ont connu ,klop/ock le respect5t autant qu'ils l'admir5t4 ,la religion1 la lib]t1 l'am\r1 ont occup t\tes ses p5ses2 il pr(essa la religion p> l'accomplissem5t de t\s ses devoirs2 il abdiqua la cause mme de la lib]t1 qu& le sang innoc5t l'eut s\ille1 et la fidlit consacra les atta*em5ts de son cur4 ,jamais il ne s'appuya de son imag9ation p\r ju/ifi] aucun c>t2 elle exaltait son me1 sans l'g>]4 ,on dit que sa conv]sation tait ple9e d'esprit et mme de gt2 qu'il aimait l'entreti5 des femmes1 et surt\t celui des ,franaises1 et qu'il tait bon juge de ce g5re d'agrm5ts que la pdant]ie rpr\ve4 ,je le crois facilem5t2 c> il y a t\j\rs quelque *ose d'univ]sel dans le gnie1 et peut-tre mme ti5t-il p> des rapports secrets la grce1 du mo9s celle que donne la nature4 ,combi5 un tel homme tait lo9 de l'envie1 de l'gsme1 des fureurs de vanit1 dont plusieurs criva9s se sont excuss au nom de leurs tal5ts6 ,s'ils en avai5t eu davantage1 aucun de ces dfauts ne les aurait agits4 ,on e/ orgueilleux1 irritable1 tonn de soi-mme1 qu& un peu d'esprit vi5t se ml] la mdiocrit du c>actre2 mais le vrai gnie inspire de la reconnaissance et de la mode/ie3 c> on s5t qui l'a donn1 et l'on s5t aussi quelles bornes celui qui l'a donn y a mises4 ,on tr\ve dans la seconde p>tie de la ,messiade1 un trs beau morceau sur la mort de ,m>ie1 sur de ,m>! et de ,laz>e1 et dsigne dans l',evangile comme l'image de la v]tu contemplative4 ,laz>e1 qui a reu de ,jsus-,*ri/ une seconde fois la vie1 dit adieu sa sur avec un mlange de d\leur et de confiance pr(ondm5t s5sible4 ,klop/ock a fait des d]ni]s mom5ts de ,m>ie un tableau de la mort du ju/e4 ,lorsqu' son t\r il tait aussi sur son lit de mort1 il rptait d'une voix expirante ses v]s sur ,m>ie2 il se les rappelait1 trav]s les ombres du c]cueil1 et les prononait t\t bas1 p\r s'exhort] lui-mme bi5 m\rir3 a9si1 les s5tim5ts exprims p> le jeune homme tai5t assez purs p\r consol] le vieill>d4 ,ah6 qu'il e/ beau1 le tal5t1 qu& on ne l'a jamais pr(an1 qu& il n'a s]vi qu' rvl] aux hommes1 s\s la =me attrayante des beaux-arts1 les s5tim5ts gnreux et les esprances religieuses obscurcies au fond de leur cur6 ,ce mme *ant de la mort de ,m>ie fut lu la crmonie funbre de l'ent]rem5t de ,klop/ock4 ,le pote tait vieux qu& il cessa de vivre2 mais l'homme v]tueux saisissait dj les palmes immortelles qui rajeuniss5t l'exi/5ce1 et fleuriss5t sur les tombeaux4 ,t\s les habitants de ,hamb\rg r5dir5t au patri>*e de la littrature les honneurs qu'on n'accorde gure ailleurs qu'au rang ou au p\voir1 et les mnes de ,klop/ock reur5t la rcomp5se que mritait sa belle vie4 ,,*apitre ,,vi ,less+ et ,w9ckelmann4 ,la littrature allem&e e/ peut-tre la seule qui ait comm5c p> la critique2 p>t\t ailleurs la critique e/ v5ue aprs les *efs-d'uvre3 mais en ,allemagne elle les a produits4 ,l'poque o les lettres y ont eu le plus d'clat e/ cause de cette diffr5ce4 ,div]ses nations s'tant illu/res depuis plusieurs sicles dans l'art d'crire1 les ,allem&s arrivr5t aprs t\tes les autres1 et crur5t n'avoir ri5 de mieux faire que de suivre la r\te dj trace2 il fallait donc que la critique c>tt d'abord l'imitation1 p\r faire place l'orig9alit4 ,less+ crivit en prose avec une nettet et une prcision t\t fait n\velles3 la pr(ondeur des p5ses emb>rasse s\v5t le /yle des criva9s de la n\velle cole2 ,less+1 non mo9s pr(ond1 avait quelque *ose d'pre dans le c>actre1 qui lui faisait tr\v] les p>oles les plus prcises et les plus mordantes4 ,less+ tait t\j\rs anim dans ses crits p> un m\vem5t ho/ile contre les op9ions qu'il attaquait1 et l'humeur donne du relief aux ides4 ,il s'occupa t\r t\r du ?tre1 de la philosophie1 des antiquits1 de la ?ologie1 p\rsuivant p>t\t la vrit1 comme un *asseur qui tr\ve encore plus de plaisir dans la c\rse que dans le b4 ,son /yle a quelque rapport avec la concision vive et brillante des ,franais2 il t5dait r5dre l'allem& classique3 les criva9s de la n\velle cole embrass5t plus de p5ses la fois1 mais ,less+ doit tre plus gnralem5t admir2 c'e/ un esprit neuf et h>di1 et qui re/e nanmo9s la porte du commun des hommes2 sa manire de voir e/ allem&e1 sa manire de s'exprim] europenne4 ,dialectici5 spirituel et s]r dans ses argum5ts1 l'en?\siasme p\r le beau remplissait cep5dant le fond de son me2 il avait une ardeur sans flamme1 une vhm5ce philosophique t\j\rs active1 et qui produisait1 p> des c\ps r$\bls1 des effets durables4 ,less+ analysa le ?tre franais1 alors gnralem5t la mode dans son pays1 et prt5dit que le ?tre anglais avait plus de rapport avec le gnie de ses compatriotes4 ,dans ses jugem5ts sur ,mrope1 ,zare1 ,smiramis et ,rodogune1 ce n'e/ po9t telle ou telle invraisemblance p>ticulire qu'il relve2 il s'attaque la s9crit des s5tim5ts et des c>actres1 et pr5d p>tie les p]sonnages de ces fictions comme des tres rels3 sa critique e/ un trait sur le cur huma91 autant qu'une potique ?trale4 ,p\r apprci] avec ju/ice les obs]vations de ,less+ sur le sy/me dramatique en gnral1 il faut exam9]1 comme n\s le f]ons dans les *apitres suivants1 les pr9cipales diffr5ces de la manire de voir des ,franais et des ,allem&s cet g>d4 ,mais ce qui importe l'hi/oire de la littrature1 c'e/ qu'un ,allem& ait eu le c\rage de critiqu] un gr& criva9 franais1 et de plaisant] avec esprit le pr9ce des moqueurs1 ,voltaire lui-mme4 ,c'tait beauc\p p\r une nation s\s le poids de l'ana?me qui lui refusait le gt et la grce1 de s'ent5dre dire qu'il exi/ait dans *aque pays un gt national1 une grce naturelle1 et que la gloire littraire p\vait s'acqurir p> des *em9s div]s4 ,les crits de ,less+ donnr5t une impulsion n\velle2 on lut ,%akespe>e1 on osa se dire ,allem& en ,allemagne1 et les droits de l'orig9alit s'tablir5t la place du j\g de la correction4 ,less+ a compos des pices de ?tre et des ouvrages philosophiques qui mrit5t d'tre exam9s "p2 il faut t\j\rs considr] les auteurs allem&s s\s plusieurs po9ts de vue4 ,comme ils sont encore plus di/+us p> la facult de p5s] que p> le tal5t1 ils ne se v\5t po9t exclusivem5t tel ou tel g5re2 la rflexion les attire successivem5t dans des c>rires diffr5tes4 ,p>mi les crits de ,less+1 l'un des plus rem>quables1 c'e/ le ,laocoon2 il c>actrise les sujets qui convi5n5t la posie et la pe9ture1 avec autant de philosophie dans les pr9cipes que de sagacit dans les exemples4 ,t\tefois1 l'homme qui fit une vritable rvolution en ,allemagne dans la manire de considr] les arts1 et p> les arts la littrature1 c'e/ ,w9ckelmann2 je p>l]ai de lui ailleurs s\s le rapport de son influ5ce sur les arts2 mais la beaut de son /yle e/ telle1 qu'il doit tre mis au premi] rang des criva9s allem&s4 ,cet homme1 qui n'avait connu d'abord l'antiquit que p> les livres1 v\lut all] considr] ses nobles re/es2 il se s5tit attir v]s le ,midi avec ardeur2 on retr\ve encore s\v5t dans les imag9ations allem&es quelques traces de cet am\r du soleil1 de cette fatigue du ,nord qui entrana les peuples sept5trionaux dans les contres mridionales4 ,un beau ciel fait natre des s5tim5ts semblables l'am\r de la patrie4 ,qu& ,w9ckelmann1 aprs un long sj\r en ,italie1 rev9t en ,allemagne1 l'aspect de la neige1 des toits po9tus qu'elle c\vre1 et des maisons enfumes1 le remplissait de tri/esse4 ,il lui semblait qu'il ne p\vait plus gt] les arts1 qu& il ne respirait plus l'air qui les a fait natre4 ,quelle loqu5ce contemplative dans ce qu'il crit sur l',apollon du ,belvdre1 sur le ,laocoon6 ,son /yle e/ calme et maje/ueux comme l'objet qu'il considre4 ,il donne l'art d'crire l'imposante dignit des monum5ts1 et sa description produit la mme s5sation que la /atue4 ,nul1 avant lui1 n'avait runi des obs]vations exactes et pr(ondes une admiration si ple9e de vie2 c'e/ a9si seulem5t qu'on peut compr5dre les beaux-arts4 ,il faut que l'att5tion qu'ils excit5t vi5ne de l'am\r1 et qu'on dc\vre dans les *efs-d'uvre du tal5t1 comme dans les traits d'un tre *ri1 mille *>mes rvls p> les s5tim5ts qu'ils inspir5t4 ,des potes1 avant ,w9ckelmann1 avai5t tudi les tragdies des ,grecs1 p\r les adapt] nos ?tres4 ,on connaissait des rudits qu'on p\vait consult] comme des livres2 mais p]sonne ne s'tait fait1 p\r a9si dire1 paen p\r pntr] l'antiquit4 ,w9ckelmann a les dfauts et les avantages d'un ,grec amateur des arts1 et l'on s5t1 dans ses crits1 le culte de la beaut1 tel qu'il exi/ait *ez un peuple o1 si s\v5t1 elle obt9t les honneurs de l'apo?ose4 ,l'imag9ation et l'rudition prtai5t galem5t ,w9ckelmann leurs lumires diffr5tes2 on tait p]suad jusqu' lui qu'elles s'excluai5t mutuellem5t4 ,il a fait voir que1 p\r dev9] les anci5s1 l'une tait aussi ncessaire que l'autre4 ,on ne peut donn] de la vie aux objets de l'art que p> la connaissance intime du pays et de l'poque dans laquelle ils ont exi/4 ,les traits vagues ne captiv5t po9t l'intrt4 ,p\r anim] les rcits et les fictions dont les sicles passs sont le ?tre1 il faut que l'rudition mme seconde l'imag9ation1 et la r5de1 s'il e/ possible1 tmo9 de ce qu'elle doit pe9dre1 et contempora9e de ce qu'elle raconte4 ,zadig dev9ait1 p> quelques traces confuses1 p> quelques mots demi d*irs1 des circon/ances qu'il dduisait t\tes des plus lg]s indices4 ,c'e/ a9si qu'il faut pr5dre l'rudition p\r guide trav]s l'antiquit2 les ve/iges qu'on ap]oit sont int]rompus1 effacs1 difficiles saisir3 mais1 en s'aidant la fois de l'imag9ation et de l'tude1 on recompose le temps1 et l'on refait la vie4 ,qu& les tribunaux sont appels dcid] sur l'exi/5ce d'un fait1 c'e/ quelquefois une lgre circon/ance qui les claire4 ,l'imag9ation e/1 cet g>d1 comme un juge2 un mot1 un usage1 une allusion saisie dans les ouvrages des anci5s1 lui s]t de lueur p\r arriv] la connaissance de la vrit t\te entire4 ,w9ckelmann sut appliqu] l'exam5 des monum5ts des arts l'esprit de jugem5t qui s]t la connaissance des hommes2 il tudie la physionomie d'une /atue comme celle d'un tre vivant4 ,il saisit avec une gr&e ju/esse les mo9dres obs]vations1 dont il sait tir] des conclusions frappantes4 ,telle physionomie1 tel attribut1 tel vtem5t1 peut t\t c\p jet] un j\r inatt5du sur de longues re*]*es4 ,les *eveux de ,crs sont relevs avec un dsordre qui ne convi5t pas ,m9]ve2 la p]te de ,pros]p9e a p\r jamais tr\bl l'me de sa mre4 ,m9os1 fils et disciple de ,jupit]1 a1 dans les mdailles1 les mmes traits que son pre2 cep5dant1 la maje/ calme de l'un1 et l'expression svre de l'autre1 di/+u5t le s\v]a9 des dieux du juge des hommes4 ,le torse e/ un fragm5t de la /atue d',h]cule div9is1 de celui qui reoit d',hb la c\pe de l'immortalit1 t&is que l',h]cule ,f>nse ne possde encore que les attributs d'un mortel2 *aque cont\r du torse1 aussi n]gique1 mais plus arrondi1 c>actrise encore la =ce du hros1 mais du hros qui1 plac dans le ciel1 e/ dsormais abs\s des rudes travaux de la t]re4 ,t\t e/ symbolique dans les arts1 et la nature se montre s\s mille app>5ces div]ses dans ces /atues1 dans ces tableaux1 dans ces posies1 o l'immobilit doit indiqu] le m\vem5t1 o l'extrieur doit rvl] le fond de l'me1 o l'exi/5ce d'un in/ant doit tre t]nise4 ,w9ckelmann a banni des beaux-arts1 en ,europe1 le mlange du gt antique et du gt mod]ne4 ,en ,allemagne1 son influ5ce s'e/ encore plus montre dans la littrature que dans les arts4 ,n\s s]ons conduits exam9] p> la suite si l'imitation scrupuleuse des anci5s e/ compatible avec l'orig9alit naturelle1 ou plutt si n\s devons sacrifi] cette orig9alit naturelle1 p\r n\s a/re9dre *oisir des sujets dans lesquels la posie1 comme la pe9ture1 n'ayant p\r modle ri5 de vivant1 ne peuv5t reprs5t] que des /atues2 mais cette discussion e/ trangre au mrite de ,w9ckelmann2 il a fait connatre en quoi consi/ait le gt antique dans les beaux-arts2 c'tait aux mod]nes s5tir ce qui leur conv5ait d'adopt] ou de rejet] cet g>d4 ,lorsqu'un homme de tal5t p>vi5t manife/] les secrets d'une nature antique ou trangre1 il r5d s]vice p> l'impulsion qu'il trace3 l'motion reue doit se trans=m] en n\s-mmes3 et plus cette motion e/ vraie1 mo9s elle inspire une s]vile imitation4 ,w9ckelmann a dvelopp les vrais pr9cipes admis ma9t5ant dans les arts sur l'idal1 sur cette nature p]fectionne dont le type e/ dans notre imag9ation1 et non au dehors de n\s4 ,l'application de ces pr9cipes la littrature e/ s+ulirem5t fconde4 ,la potique de t\s les arts e/ rassemble s\s un mme po9t de vue dans les crits de ,w9ckelmann1 et t\s y ont gagn4 ,on a mieux compris la posie p> la sculpture1 la sculpture p> la posie1 et l'on a t conduit p> les arts des ,grecs leur philosophie4 ,la mtaphysique idali/e1 *ez les ,allem&s comme *ez les ,grecs1 a p\r orig9e le culte de la beaut p> excell5ce1 que notre me seule peut concevoir et reconnatre2 c'e/ un s\v5ir du ciel1 notre anci5ne patrie1 que cette beaut m]veilleuse2 les *efs-d'uvre de ,phidias1 les tragdies de ,sophocle et la doctr9e de ,platon1 s'accord5t p\r n\s en donn] la mme ide s\s des =mes diffr5tes4 ,,*apitre ,,vii ,g!4 ,ce qui manquait ,klop/ock1 c'tait une imag9ation cratrice3 il mettait de gr&es p5ses et de nobles s5tim5ts en beaux v]s1 mais il n'tait pas ce qu'on peut appel] arti/e4 ,ses inv5tions sont faibles1 et les c\leurs dont il les revt n'ont presque jamais cette plnitude de =ce qu'on aime r5contr] dans la posie1 et dans t\s les arts qui devai5t donn] la fiction l'n]gie et l'orig9alit de la nature4 ,klop/ock s'g>e dans l'idal3 ,g! ne p]d jamais t]re1 t\t en atteignant aux conceptions les plus sublimes4 ,il y a dans son esprit une vigueur que la s5sibilit n'a po9t affaiblie4 ,g! p\rrait reprs5t] la littrature allem&e t\t entire2 non qu'il n'y ait d'autres criva9s suprieurs lui1 s\s quelques rapports1 mais seul il runit t\t ce qui di/+ue l'esprit allem&1 et nul n'e/ aussi rem>quable p> un g5re d'imag9ation dont les ,itali5s1 les ,anglais ni les ,franais ne peuv5t rclam] aucune "p4 ,g! ayant crit dans t\s les g5res1 l'exam5 de ses ouvrages remplira la plus gr&e p>tie des *apitres suivants2 mais la connaissance p]sonnelle de l'homme qui a le plus influ sur la littrature de son pays s]t1 ce me semble1 mieux compr5dre cette littrature4 ,g! e/ un homme d'un esprit prodigieux en conv]sation2 et l'on a beau dire1 l'esprit doit savoir caus]4 ,on peut prs5t] quelques exemples d'hommes de gnie taciturnes3 la timidit1 le malheur1 le dda9 ou l'ennui1 en sont s\v5t la cause2 mais en gnral l't5due des ides et la *aleur de l'me doiv5t inspir] le beso9 de se communiqu] aux autres2 et ces hommes qui ne veul5t pas tre jugs p> ce qu'ils dis5t1 p\rrai5t bi5 ne pas mrit] plus d'intrt p\r ce qu'ils p5s5t4 ,qu& on sait faire p>l] ,g!1 il e/ admirable2 son loqu5ce e/ n\rrie de p5ses2 sa plaisant]ie e/ en mme temps ple9e de grce et de philosophie2 son imag9ation e/ frappe p> les objets extrieurs1 comme l'tait celle des arti/es *ez les anci5s2 et nanmo9s sa raison n'a que trop la maturit de notre temps4 ,ri5 ne tr\ble la =ce de sa tte2 et les inconvni5ts mme de son c>actre1 l'humeur1 l'emb>ras1 la contra9te1 pass5t comme des nuages au bas de la montagne sur le sommet de laquelle son gnie e/ plac4 ,ce qu'on n\s raconte de l'entreti5 de ,did]ot p\rrait donn] quelque ide de celui de ,g!2 mais1 si l'on en juge p> les crits de ,did]ot1 la di/ance doit tre inf9ie entre ces deux hommes4 ,did]ot e/ s\s le j\g de son esprit2 ,g! dom9e mme son tal5t3 ,did]ot e/ affect1 =ce de v\loir faire effet2 on ap]oit le dda9 du succs dans ,g!1 un degr qui plat s+ulirem5t1 alors mme qu'on s'impati5te de sa nglig5ce4 ,did]ot a beso9 de suppler1 =ce de philan?ropie1 aux s5tim5ts religieux qui lui manqu5t2 ,g! s]ait plus volonti]s am] que d\c]eux2 mais ce qu'il e/ avant t\t1 c'e/ naturel2 et sans cette qualit1 en effet1 qu'y a-t-il dans un homme qui puisse en intress] un autre8 ,g! n'a plus cette ardeur entranante qui lui inspira ,w]!r2 mais la *aleur de ses p5ses suffit encore p\r t\t anim]4 ,on dirait qu'il n'e/ pas atte9t p> la vie1 et qu'il la dcrit seulem5t en pe9tre3 il atta*e plus de prix ma9t5ant aux tableaux qu'il n\s prs5te qu'aux motions qu'il pr\ve2 le temps l'a r5du spectateur4 ,qu& il avait encore une "p active dans les scnes des passions1 qu& il s\ffrait lui-mme p> le cur1 ses crits produisai5t une impression plus vive4 ,comme on se fait t\j\rs la potique de son tal5t1 ,g! s\ti5t prs5t qu'il faut que l'auteur soit calme1 alors mme qu'il compose un ouvrage passionn1 et que l'arti/e doit cons]v] son sang-froid p\r agir plus =tem5t sur l'imag9ation de ses lecteurs3 peut-tre n'aurait-il pas eu cette op9ion dans sa premire jeunesse2 peut-tre alors tait-il possd p> son gnie1 au lieu d'en tre le matre2 peut-tre s5tait-il alors que le sublime et le div9 tant mom5tans dans le cur de l'homme1 le pote e/ infrieur l'inspiration qui l'anime1 et ne peut la jug] sans la p]dre4 ,au premi] mom5t on s'tonne de tr\v] de la froideur et mme quelque *ose de raide l'auteur de ,w]!r2 mais qu& on obti5t de lui qu'il se mette l'aise1 le m\vem5t de son imag9ation fait disp>atre en enti] la gne qu'on a d'abord s5tie3 c'e/ un homme dont l'esprit e/ univ]sel1 et imp>tial p>ce qu'il e/ univ]sel2 c> il n'y a po9t d'indiffr5ce dans son imp>tialit3 c'e/ une d\ble exi/5ce1 une d\ble =ce1 une d\ble lumire qui claire la fois dans t\te *ose les deux cts de la "q4 ,qu& il s'agit de p5s]1 ri5 ne l'arrte1 ni son sicle1 ni ses habitudes1 ni ses relations2 il fait tomb] plomb son reg>d d'aigle sur les objets qu'il obs]ve2 s'il avait eu une c>rire politique1 si son me s'tait dveloppe p> les actions1 son c>actre s]ait plus dcid1 plus f]me1 plus patriote2 mais son esprit ne plan]ait pas si librem5t sur t\tes les manires de voir2 les passions ou les intrts lui trac]ai5t une r\te positive4 ,g! se plat1 dans ses crits comme dans ses disc\rs1 bris] les fils qu'il a tisss lui-mme1 dj\] les motions qu'il excite1 r5v]s] les /atues qu'il a fait admir]4 ,lorsque dans ses fictions il inspire de l'intrt p\r un c>actre1 bi5tt il montre les inconsqu5ces qui doiv5t en dta*]4 ,il dispose du monde potique1 comme un conqurant du monde rel1 et se croit assez =t p\r introduire1 comme la nature1 le gnie de/ructeur dans ses propres ouvrages4 ,s'il n'tait pas un homme e/imable1 on aurait peur d'un g5re de supriorit qui s'lve au-dessus de t\t1 dgrade et relve1 att5drit et p]sifle1 affirme et d\te alt]nativem5t1 et t\j\rs avec le mme succs4 ,j'ai dit que ,g! possdait lui seul les traits pr9cipaux du gnie allem&2 on les tr\ve t\s en lui un degr m95t3 une gr&e pr(ondeur d'ides1 la grce qui nat de l'imag9ation1 grce plus orig9ale que celle que donne l'esprit de socit2 enf9 une s5sibilit quelquefois fanta/ique1 mais p> cela mme plus faite p\r intress] des lecteurs qui *]*5t dans les livres de quoi v>i] leur de/9e monotone1 et veul5t que la posie leur ti5ne lieu d'vnem5ts vritables4 ,si ,g! tait ,franais1 on le f]ait p>l] du mat9 au soir3 t\s les auteurs contempora9s de ,did]ot allai5t puis] des ides dans son entreti51 et lui donnai5t une j\issance habituelle p> l'admiration qu'il inspirait4 ,en ,allemagne on ne sait pas dp5s] son tal5t dans la conv]sation2 et si peu de g5s1 mme p>mi les plus di/+us1 ont l'habitude d'int]rog] et de rpondre1 que la socit n'y compte p\r presque ri52 mais l'influ5ce de ,g! n'en e/ pas mo9s extraord9aire4 ,il y a une f\le d'hommes en ,allemagne qui croirai5t tr\v] du gnie dans l'adresse d'une lettre1 si c'tait lui qui l'et mise4 ,l'admiration p\r ,g! e/ une espce de confrrie dont les mots de ralliem5t s]v5t faire connatre les adeptes les uns aux autres4 ,qu& les trang]s veul5t aussi l'admir]1 ils sont rejets avec dda91 si quelques re/rictions laiss5t suppos] qu'ils se sont p]mis d'exam9] des ouvrages qui gagn5t cep5dant beauc\p l'exam54 ,un homme ne peut excit] un tel fanatisme sans avoir de gr&es facults p\r le bi5 et p\r le mal2 c> il n'y a que la puissance1 dans quelque g5re que ce soit1 que les hommes craign5t assez p\r l'aim] de cette manire4 ,,*apitre ,,viii ,s*ill]4 ,s*ill] tait un homme d'un gnie r>e et d'une bonne foi p>faite2 ces deux qualits devrai5t tre insp>ables1 au mo9s dans un homme de lettres4 ,la p5se ne peut tre mise l'gal de l'action que qu& elle rveille en n\s l'image de la vrit2 le m5songe e/ plus dgtant encore dans les crits que dans la conduite4 ,les actions1 mme trompeuses1 re/5t encore des actions1 et l'on sait quoi se pr5dre p\r les jug] ou p\r les har2 mais les ouvrages ne sont qu'un amas fa/idieux de va9es p>oles1 qu& ils ne p>t5t pas d'une conviction s9cre4 ,il n'y a pas une plus belle c>rire que celle des lettres1 qu& on la suit comme ,s*ill]4 ,il e/ vrai qu'il y a tant de srieux et de loyaut dans t\t1 en ,allemagne1 que c'e/ l seulem5t qu'on peut connatre d'une manire complte le c>actre et les devoirs de *aque vocation4 ,nanmo9s ,s*ill] tait admirable entre t\s1 p> ses v]tus autant que p> ses tal5ts4 ,la consci5ce tait sa muse3 celle-l n'a pas beso9 d'tre invoque1 c> on l'ent5d t\j\rs qu& on l'c\te une fois4 ,il aimait la posie1 l'art dramatique1 l'hi/oire1 la littrature p\r elle-mme4 ,il aurait t rsolu ne po9t publi] ses ouvrages1 qu'il y aurait donn le mme so92 et jamais aucune considration tire1 ni du succs1 ni de la mode1 ni des prjugs1 ni de t\t ce qui vi5t des autres enf91 n'aurait pu lui faire altr] ses crits2 c> ses crits tai5t lui2 ils exprimai5t son me1 et il ne concevait pas la possibilit de *ang] une expression1 si le s5tim5t intrieur qui l'inspirait n'tait pas *ang4 ,sans d\te1 ,s*ill] ne p\vait pas tre exempt d'am\r-propre4 ,s'il en faut p\r aim] la gloire1 il en faut mme p\r tre capable d'une activit quelconque2 mais ri5 ne diffre autant dans ses consqu5ces que la vanit et l'am\r de la gloire2 l'une t*e d'escamot] le succs2 l'autre veut le conqurir2 l'une e/ inquite d'elle-mme et ruse avec l'op9ion2 l'autre ne compte que sur la nature et s'y fie p\r t\t s\mettre4 ,enf91 au-dessus mme de l'am\r de la gloire1 il y a encore un s5tim5t plus pur1 l'am\r de la vrit1 qui fait des hommes de lettres comme les prtres gu]ri]s d'une noble cause2 ce sont eux qui dsormais doiv5t g>d] le feu sacr1 c> de faibles femmes ne suffirai5t plus comme jadis p\r le df5dre4 ,c'e/ une belle *ose que l'innoc5ce dans le gnie et la c&eur dans la =ce4 ,ce qui nuit l'ide qu'on se fait de la bont1 c'e/ qu'on la croit de la faiblesse2 mais qu& elle e/ unie au plus haut degr de lumires et d'n]gie1 elle n\s fait compr5dre comm5t la ,bible a pu n\s dire que ,dieu fit l'homme son image4 ,s*ill] s'tait fait tort1 son entre dans le monde1 p> des g>em5ts d'imag9ation2 mais avec la =ce de l'ge il reprit cette puret sublime qui nat des hautes p5ses4 ,jamais il n'entrait en ngociation avec les mauvais s5tim5ts4 ,il vivait1 il p>lait1 il agissait comme si les m*ants n'exi/ai5t pas2 et qu& il les peignait dans ses ouvrages1 c'tait avec plus d'exagration et mo9s de pr(ondeur que s'il les avait vraim5t connus4 ,les m*ants s'(frai5t son imag9ation comme un ob/acle1 comme un flau physique2 et peut-tre en effet qu' beauc\p d'g>ds ils n'ont pas une nature intellectuelle2 l'habitude du vice a *ang leur me en un in/9ct p]v]ti4 ,s*ill] tait le meilleur ami1 le meilleur pre1 le meilleur p\x2 aucune qualit ne manquait ce c>actre d\x et paisible que le tal5t seul enflammait2 l'am\r de la lib]t1 le respect p\r les femmes1 l'en?\siasme des beaux-arts1 l'adoration p\r la ,div9it1 animai5t son gnie2 et dans l'analyse de ses ouvrages1 il s]a facile de montr] quelle v]tu ses *efs-d'uvre se rapport5t4 ,on dit beauc\p que l'esprit peut suppler t\t2 je le crois1 dans les crits o le savoir-faire dom9e2 mais qu& on veut pe9dre la nature huma9e dans ses orages et dans ses abmes1 l'imag9ation mme ne suffit pas2 il faut avoir une me que la tempte ait agite1 mais o le ciel soit desc5du p\r ram5] le calme4 ,la premire fois que j'ai vu ,s*ill]1 c'tait dans le salon du duc et de la du*esse de ,weim>1 en prs5ce d'une socit aussi claire qu'imposante2 il lisait trs bi5 le franais1 mais il ne l'avait jamais p>l2 je s\t9s avec *aleur la supriorit de notre sy/me dramatique sur t\s les autres2 il ne se refusa po9t me combattre1 et sans s'inquit] des difficults et des l5teurs qu'il pr\vait en s'exprimant en franais1 sans r$\t] non plus l'op9ion des auditeurs1 qui tait contraire la si5ne1 sa conviction intime le fit p>l]4 ,je me s]vis d'abord1 p\r le rfut]1 des armes franaises1 la vivacit et la plaisant]ie2 mais bi5tt je dmlai1 dans ce que disait ,s*ill]1 tant d'ides trav]s l'ob/acle des mots2 je fus si frappe de cette simplicit de c>actre1 qui portait un homme de gnie s'engag] a9si dans une lutte o les p>oles manquai5t ses p5ses3 je le tr\vai si mode/e et si ins\ciant dans ce qui ne conc]nait que ses propres succs1 si fi] et si anim dans la df5se de ce qu'il croyait la vrit1 que je lui v\ai1 ds cet in/ant1 une amiti ple9e d'admiration4 ,atte9t1 jeune encore1 p> une maladie sans espoir2 ses enfants1 sa femme1 qui mritait p> mille qualits t\*antes l'atta*em5t qu'il avait p\r elle1 ont ad\ci ses d]ni]s mom5ts4 ,madame de ,wollzog51 une amie digne de le compr5dre1 lui dem&a1 quelques heures avant sa mort1 comm5t il se tr\vait3 ,t\j\rs plus tranquille1 lui rpondit-il4 ,en effet1 n'avait-il pas raison de se confi] la ,div9it1 dont il avait second le rgne sur la t]re8 n'appro*ait-il pas du sj\r des ju/es8 n'e/-il pas dans ce mom5t auprs de ses p>eils1 et n'a-t-il pas dj retr\v les amis qui n\s att5d5t8 ,,*apitre ,,ix ,du /yle et de la v]sification dans la langue allem&e4 ,en appr5ant la prosodie d'une langue1 on entre plus intimem5t dans l'esprit de la nation qui la p>le1 que p> quelque g5re d'tude que ce puisse tre4 ,de l vi5t qu'il e/ amusant de prononc] des mots trang]s4 ,on s'c\te comme si c'tait un autre qui p>lt3 mais il n'y a ri5 de si dlicat1 de si difficile saisir que l'acc5t3 on appr5d mille fois plus aism5t les airs de musique les plus compliqus1 que la prononciation d'une seule syllabe4 ,une longue suite d'annes1 ou les premires impressions de l'enfance1 peuv5t seules r5dre capable d'imit] cette prononciation1 qui app>ti5t ce qu'il y a de plus subtil et de plus indf9issable dans l'imag9ation et dans le c>actre national4 ,les dialectes g]maniques ont p\r orig9e une langue mre1 dans laquelle ils puis5t t\s4 ,cette s\rce commune r5\velle et multiplie les expressions d'une faon t\j\rs con=me au gnie des peuples4 ,les nations d'orig9e lat9e ne s'enri*iss5t1 p\r a9si dire1 que p> l'extrieur2 elles doiv5t avoir rec\rs aux langues mortes1 aux ri*esses ptrifies p\r t5dre leur empire4 ,il e/ donc naturel que les innovations1 en fait de mots1 leur plais5t mo9s qu'aux nations qui font sortir les rejetons d'une tige t\j\rs vivante4 ,mais les criva9s franais ont beso9 d'anim] et de color] leur /yle p> t\tes les h>diesses qu'un s5tim5t naturel peut leur inspir]1 t&is que les ,allem&s1 au contraire1 gagn5t se re/re9dre4 ,la rs]ve ne saurait dtruire en eux l'orig9alit2 ils ne c\r5t le risque de la p]dre que p> l'excs mme de l'abondance4 ,l'air que l'on respire a beauc\p d'influ5ce sur les sons que l'on articule2 la div]sit du sol et du climat produit dans la mme langue des manires de prononc] trs diffr5tes4 ,qu& on se rappro*e de la m]1 les mots s'ad\ciss5t2 le climat y e/ plus tempr2 peut-tre aussi que le spectacle habituel de cette image de l'inf9i porte la rv]ie1 et donne la prononciation plus de mollesse et d'indol5ce3 mais qu& on s'lve v]s les montagnes1 l'acc5t devi5t plus =t1 et l'on dirait que les habitants de ces lieux levs veul5t se faire ent5dre au re/e du monde1 du haut de leurs tribunes naturelles4 ,on retr\ve dans les dialectes g]maniques les traces des div]ses influ5ces que je vi5s d'indiqu]4 ,l'allem& e/ en lui-mme une langue aussi primitive1 et d'une con/ruction presque aussi savante que le grec4 ,ceux qui ont fait des re*]*es sur les gr&es familles des peuples1 ont cru tr\v] les raisons hi/oriques de cette ressemblance3 t\j\rs e/-il vrai qu'on rem>que dans l'allem& un rapport grammatical avec le grec2 il en a la difficult sans en avoir le *>me2 c> la multitude des consonnes dont les mots sont composs les r5d5t plus bruyants que sonores4 ,on dirait que ces mots sont p> eux-mmes plus =ts que ce qu'ils exprim5t1 et cela donne s\v5t une monotonie d'n]gie au /yle4 ,il faut se g>d] cep5dant de v\loir trop ad\cir la prononciation allem&e3 il en rsulte alors un c]ta9 gracieux manir t\t fait dsagrable3 on ent5d des sons rudes au fond1 malgr la g5tillesse qu'on essaie d'y mettre1 et ce g5re d'affectation dplat s+ulirem5t4 ,j4-,j4 ,r\sseau a dit que les langues du ,midi tai5t filles de la joie1 et les langues du ,nord1 du beso94 ,l'itali5 et l'espagnol sont moduls comme un *ant h>monieux2 le franais e/ m9emm5t propre la conv]sation2 les dbats p>lem5taires et l'n]gie naturelle la nation1 ont donn l'anglais quelque *ose d'expressif qui supple la prosodie de la langue4 ,l'allem& e/ plus philosophique de beauc\p que l'itali51 plus potique p> sa h>diesse que le franais1 plus favorable au ry?me des v]s que l'anglais3 mais il lui re/e encore une sorte de raideur1 qui vi5t peut-tre de ce qu'on ne s'en e/ gure s]vi ni dans la socit ni en public4 ,la simplicit grammaticale e/ un des gr&s avantages des langues mod]nes2 cette simplicit1 fonde sur des pr9cipes de logique communs t\tes les nations1 fait qu'on s'ent5d plus facilem5t2 une tude trs lgre suffit p\r appr5dre l'itali5 et l'anglais2 mais c'e/ une sci5ce que l'allem&4 ,la priode allem&e ent\re la p5se comme des s]res qui s'ouvr5t et se ref]m5t p\r la saisir4 ,une con/ruction de phrases peu prs telle qu'elle exi/e *ez les anci5s1 s'y e/ introduite plus aism5t que dans aucun autre dialecte europen2 mais les inv]sions ne convi5n5t gure aux langues mod]nes4 ,les t]m9aisons clatantes des mots grecs et lat9s1 faisai5t s5tir quels tai5t p>mi les mots ceux qui devai5t se jo9dre ensemble1 lors mme qu'ils tai5t sp>s3 les signes des dcl9aisons *ez les ,allem&s sont tellem5t s\rds1 qu'on a beauc\p de pe9e retr\v] les p>oles qui dp5d5t les unes des autres s\s ces uni=mes c\leurs4 ,lorsque les trang]s se plaign5t du travail qu'exige l'tude de l'allem&1 on leur rpond qu'il e/ trs facile d'crire dans cette langue avec la simplicit de la grammaire franaise2 t&is qu'il e/ impossible1 en franais1 d'adopt] la priode allem&e1 et qu'a9si donc il faut la considr] comme un moy5 de plus2 mais ce moy5 sduit les criva9s et ils en us5t trop4 ,l'allem& e/ peut-tre la seule langue dans laquelle les v]s soi5t plus faciles compr5dre que la prose2 la phrase potique1 tant ncessairem5t c\pe p> la mesure mme du v]s1 ne saurait se prolong] au del4 ,sans d\te1 il y a plus de nuances1 plus de li5s entre les p5ses1 dans ces priodes qui =m5t un t\t1 et rassembl5t s\s un mme po9t de vue les div]s rapports qui ti5n5t au mme sujet2 mais1 si l'on se laissait all] l'en*anem5t naturel des diffr5tes p5ses entre elles1 on f9irait p> v\loir les mettre t\tes dans une mme phrase4 ,l'esprit huma9 a beso9 de morcel] p\r compr5dre2 et l'on risque de pr5dre des lueurs p\r des vrits1 qu& les =mes mmes du langage sont obscures4 ,l'art de traduire e/ p\ss plus lo9 en allem& que dans aucun autre dialecte europen4 ,voss a transport dans sa langue les potes grecs et lat9s avec une tonnante exactitude1 et ,w4 ,s*legel les potes anglais1 itali5s et espagnols1 avec une vrit de coloris dont il n'y avait po9t d'exemple avant lui4 ,lorsque l'allem& se prte la traduction de l'anglais1 il ne p]d pas son c>actre naturel1 puisque ces langues sont t\tes deux d'orig9e g]manique2 mais quelque mrite qu'il y ait dans la traduction d',homre p> ,voss1 elle fait de l',iliade et de l',odysse1 des pomes dont le /yle e/ grec1 bi5 que les mots soi5t allem&s4 ,la connaissance de l'antiquit y gagne2 l'orig9alit propre l'idiome de *aque nation y p]d ncessairem5t4 ,il semble que ce soit une contradiction d'accus] la langue allem&e t\t la fois de trop de flexibilit et de trop de rudesse2 mais ce qui se concilie dans les c>actres peut aussi se concili] dans les langues2 et s\v5t dans la mme p]sonne1 les inconvni5ts de la rudesse n'emp*5t pas ceux de la flexibilit4 ,ces dfauts se font s5tir beauc\p plus r>em5t dans les v]s que dans la prose1 et dans les compositions orig9ales que dans les traductions2 je crois donc qu'on peut dire avec vrit1 qu'il n'y a po9t auj\rd'hui de posie plus frappante et plus v>ie que celle des ,allem&s4 ,la v]sification e/ un art s+uli]1 dont l'exam5 e/ 9puisable2 les mots qui1 dans les rapports ord9aires de la vie1 s]v5t seulem5t de signe la p5se1 arriv5t notre me p> le ry?me des sons h>monieux1 et n\s caus5t une d\ble j\issance1 qui nat de la s5sation et de la rflexion runies2 mais si t\tes les langues sont galem5t propres dire ce que l'on p5se1 t\tes ne le sont pas galem5t faire p>tag] ce que l'on pr\ve1 et les effets de la posie ti5n5t encore plus la mlodie des p>oles qu'aux ides qu'elles exprim5t4 ,l'allem& e/ la seule langue mod]ne qui ait des syllabes longues et brves1 comme le grec et le lat92 t\s les autres dialectes europens sont plus ou mo9s acc5tus1 mais les v]s ne saurai5t s'y mesur] la manire des anci5s d'aprs la longueur des syllabes3 l'acc5t donne de l'unit aux phrases comme aux mots1 il a du rapport avec la signification de ce qu'on dit2 l'on insi/e sur ce qui doit dt]m9] le s5s1 et la prononciation1 en faisant ressortir telle ou telle p>ole1 rapporte t\t l'ide pr9cipale4 ,il n'en e/ pas a9si de la dure musicale des sons dans le langage2 elle e/ bi5 plus favorable la posie que l'acc5t1 p>ce qu'elle n'a po9t d'objet positif et qu'elle donne seulem5t un plaisir noble et vague1 comme t\tes les j\issances sans b4 ,*ez les anci5s1 les syllabes tai5t sc&es d'aprs la nature des voyelles et les rapports des sons entre eux1 l'h>monie seule en dcidait3 en allem& t\s les mots accessoires sont brefs1 et c'e/ la dignit grammaticale1 c'e/--dire l'importance de la syllabe radicale qui dt]m9e sa quantit2 il y a mo9s de *>me dans cette espce de prosodie que dans celle des anci5s1 p>ce qu'elle ti5t plus aux comb9aisons ab/raites qu'aux s5sations involontaires2 nanmo9s c'e/ t\j\rs un gr& avantage p\r une langue d'avoir dans sa prosodie de quoi suppler la rime4 ,c'e/ une dc\v]te mod]ne que la rime1 elle ti5t t\t l'ensemble de nos beaux-arts2 et ce s]ait s'int]dire de gr&s effets que d'y r5onc]2 elle e/ l'image de l'esprance et du s\v5ir4 ,un son n\s fait dsir] celui qui doit lui rpondre1 et qu& le second ret5tit1 il n\s rappelle celui qui vi5t de n\s *app]4 ,nanmo9s cette agrable rgul>it doit ncessairem5t nuire au naturel dans l'art dramatique1 et la h>diesse dans le pome pique4 ,on ne saurait gure se pass] de la rime dans les idiomes dont la prosodie e/ peu m>que2 et cep5dant la gne de la con/ruction peut tre telle1 dans c]ta9es langues1 qu'un pote audacieux et p5seur aurait beso9 de faire gt] l'h>monie des v]s sans l'ass]vissem5t de la rime4 ,klop/ock a banni les alex&r9s de la posie allem&e2 il les a remplacs p> les hexamtres et les v]s ambiques non rims en usage aussi *ez les ,anglais1 et qui donn5t l'imag9ation beauc\p de lib]t4 ,les v]s alex&r9s conv5ai5t trs mal la langue allem&e2 on peut s'en conva9cre p> les posies du gr& ,hall] lui-mme1 quelque mrite qu'elles ai5t2 une langue dont la prononciation e/ si =te t\rdit p> le ret\r et l'uni=mit des hmi/i*es4 ,d'ailleurs cette =me de v]s appelle les s5t5ces et les anti?ses1 et l'esprit allem& e/ trop scrupuleux et trop vrai p\r se prt] ces anti?ses1 qui ne prs5t5t jamais les ides ni les images dans leur p>faite s9crit1 ni dans leurs plus exactes nuances4 ,l'h>monie des hexamtres1 et surt\t des v]s ambiques non rims1 n'e/ que l'h>monie naturelle inspire p> le s5tim5t3 c'e/ une dclamation ne1 t&is que le v]s alex&r9 impose un c]ta9 g5re d'expressions et de t\rnures dont il e/ bi5 difficile de sortir4 ,la composition de ce g5re de v]s e/ un art t\t fait indp5dant mme du gnie potique2 on peut possd] cet art sans avoir ce gnie1 et l'on p\rrait au contraire tre un gr& pote et ne pas se s5tir capable de s'a/re9dre cette =me4 ,nos meilleurs potes lyriques1 en ,france1 ce sont peut-tre nos gr&s prosateurs1 ,bossuet1 ,pascal1 ,fnelon1 ,buffon1 ,jean-,jacques1 etc4 ,le despotisme des alex&r9s =ce s\v5t ne po9t mettre en v]s ce qui s]ait p\rtant de la vritable posie2 t&is que *ez les nations trangres1 la v]sification tant beauc\p plus facile et plus naturelle1 t\tes les p5ses potiques inspir5t des v]s1 et l'on ne laisse en gnral la prose que le raisonnem5t4 ,on p\rrait dfi] ,rac9e lui-mme de traduire en v]s franais ,p9d>e1 ,ptr>que ou ,klop/ock1 sans dnatur] entirem5t leur c>actre4 ,ces potes ont un g5re d'audace qui ne se tr\ve gure que dans les langues o l'on peut runir t\t le *>me de la v]sification l'orig9alit que la prose p]met seule en franais4 ,un des gr&s avantages des dialectes g]maniques en posie1 c'e/ la v>it et la beaut de leurs pi?tes4 ,l'allem&1 s\s ce rapport aussi1 peut se comp>] au grec2 l'on s5t dans un seul mot plusieurs images1 comme dans la note fondam5tale d'un accord1 on ent5d les autres sons dont il e/ compos1 ou comme de c]ta9es c\leurs r5\vell5t en n\s la s5sation de celles qui en dp5d5t4 ,l'on ne dit en franais que ce qu'on veut dire1 et l'on ne voit po9t err] aut\r des p>oles ces nuages mille =mes1 qui ent\r5t la posie des langues du ,nord1 et rveill5t une f\le de s\v5irs4 ,a la lib]t de =m] une seule pi?te de deux ou trois1 se jo9t celle d'anim] le langage1 en faisant des noms avec les v]bes3 le vivre1 le v\loir1 le s5tir1 sont des expressions mo9s ab/raites que la vie1 la volont1 le s5tim5t2 et t\t ce qui t5d *ang] la p5se en action donne t\j\rs plus de m\vem5t au /yle4 ,la facilit de r5v]s] son gr la con/ruction de la phrase e/ aussi trs favorable la posie1 et p]met d'excit]1 p> les moy5s v>is de la v]sification1 des impressions analogues celles de la pe9ture et de la musique4 ,enf9 l'esprit gnral des dialectes teutoniques1 c'e/ l'indp5dance2 les criva9s *]*5t avant t\t transmettre ce qu'ils s5t5t2 ils dirai5t volonti]s la posie1 comme ,hlose son amant3 ,s'il y a un mot plus vrai1 plus t5dre1 plus pr(ond encore p\r exprim] ce que j'pr\ve1 c'e/ celui-l que je veux *oisir4 ,le s\v5ir des conv5ances de socit p\rsuit en ,france le tal5t jusque dans ses motions les plus intimes2 et la cra9te du ridicule e/ l'pe de ,damocls1 qu'aucune fte de l'imag9ation ne peut faire oubli]4 ,on p>le s\v5t dans les arts du mrite de la difficult va9cue2 nanmo9s on l'a dit avec raison3 ou cette difficult ne se s5t pas1 et alors elle e/ nulle1 ou elle se s5t1 et alors elle n'e/ pas va9cue4 ,les entraves font ressortir l'habilet de l'esprit2 mais il y a s\v5t dans le vrai gnie une sorte de maladresse1 semblable1 quelques g>ds1 la dup]ie des belles mes2 et l'on aurait tort de v\loir l'ass]vir des gnes arbitraires1 c> il s'en tir]ait beauc\p mo9s bi5 que des tal5ts du second ordre4 ,,*apitre ,x ,de la posie4 ,ce qui e/ vraim5t div9 dans le cur de l'homme ne peut tre df9i2 s'il y a des mots p\r quelques traits1 il n'y en a po9t p\r exprim] l'ensemble1 et surt\t le my/re de la vritable beaut dans t\s les g5res4 ,il e/ difficile de dire ce qui n'e/ pas de la posie2 mais si l'on veut compr5dre ce qu'elle e/1 il faut appel] son sec\rs les impressions qu'excit5t une belle contre1 une musique h>monieuse1 le reg>d d'un objet *ri1 et p>-dessus t\t un s5tim5t religieux qui n\s fait pr\v] en n\s-mmes la prs5ce de la ,div9it4 ,la posie e/ le langage naturel t\s les cultes4 ,la ,bible e/ ple9e de posie4 ,homre e/ ple9 de religion2 ce n'e/ pas qu'il y ait des fictions dans la ,bible1 ni des dogmes dans ,homre2 mais l'en?\siasme rassemble dans un mme foy] des s5tim5ts div]s2 l'en?\siasme e/ l'enc5s de la t]re v]s le ciel1 il les runit l'un l'autre4 ,le don de rvl] p> la p>ole ce qu'on ress5t au fond du cur e/ trs r>e2 il y a p\rtant de la posie dans t\s les tres capables d'affections vives et pr(ondes2 l'expression manque ceux qui ne sont pas ex]cs la tr\v]4 ,le pote ne fait1 p\r a9si dire1 que dgag] le s5tim5t prisonni] au fond de l'me2 le gnie potique e/ une disposition intrieure1 de la mme nature que celle qui r5d capable d'un gnreux sacrifice3 c'e/ rv] l'hrosme que de compos] une belle ode4 ,si le tal5t n'tait pas mobile1 il inspir]ait aussi s\v5t les belles actions que les t\*antes p>oles2 c> elles p>t5t t\tes galem5t de la consci5ce du beau1 qui se fait s5tir en n\s-mmes4 ,un homme d'un esprit suprieur disait que la prose tait factice1 et la posie naturelle3 en effet1 les nations peu civilises comm5c5t t\j\rs p> la posie1 et1 ds qu'une passion =te agite l'me1 les hommes les plus vulgaires se s]v5t1 leur insu1 d'images et de mtaphores2 ils appell5t leur sec\rs la nature extrieure p\r exprim] ce qui se passe en eux d'inexprimable4 ,les g5s du peuple sont beauc\p plus prs d'tre potes que les hommes de bonne compagnie2 c> la conv5ance et le p]siflage ne sont propres qu' s]vir de bornes1 ils ne peuv5t ri5 inspir]4 ,il y a lutte int]m9able dans ce monde entre la posie et la prose1 et la plaisant]ie doit t\j\rs se mettre du ct de la prose2 c> c'e/ rabattre que de plaisant]4 ,l'esprit de socit e/ cep5dant trs favorable la posie de la grce et de la gat1 dont l',ario/e1 ,la ,fonta9e1 ,voltaire1 sont les plus brillants modles4 ,la posie dramatique e/ admirable dans nos premi]s criva9s2 la posie descriptive et surt\t la posie didactique1 ont t portes *ez les ,franais un trs haut degr de p]fection2 mais il ne p>at pas qu'ils soi5t appels jusqu' prs5t se di/+u] dans la posie lyrique ou pique1 telle que les anci5s et les trang]s la conoiv5t4 ,la posie lyrique s'exprime au nom de l'auteur mme2 ce n'e/ plus dans un p]sonnage qu'il se transporte1 c'e/ en lui-mme qu'il tr\ve les div]s m\vem5ts dont il e/ anim3 ,j4-,b4 ,r\sseau dans ses ,odes religieuses1 ,rac9e dans ,a?alie1 se sont montrs potes lyriques2 ils tai5t n\rris des psaumes et pntrs d'une foi vive2 nanmo9s les difficults de la langue et de la v]sification franaise s'oppos5t presque t\j\rs l'ab&on de l'en?\siasme4 ,on peut cit] des /rophes admirables dans quelques-unes de nos odes2 mais y en a-t-il une entire1 dans laquelle le dieu n'ait po9t ab&onn le pote8 ,de beaux v]s ne sont pas de la posie2 l'inspiration1 dans les arts1 e/ une s\rce 9puisable1 qui vivifie depuis la premire p>ole jusqu' la d]nire3 am\r1 patrie1 croyance1 t\t doit tre div9is dans l'ode1 c'e/ l'apo?ose du s5tim5t3 il faut1 p\r concevoir la vraie gr&eur de la posie lyrique1 err] p> la rv]ie dans les rgions ?res1 oubli] le bruit de la t]re en c\tant l'h>monie cle/e1 et considr] l'univ]s enti] comme un symbole des motions de l'me4 ,l'nigme de la de/9e huma9e n'e/ de ri5 p\r la plup>t des hommes2 le pote l'a t\j\rs prs5t l'imag9ation4 ,l'ide de la mort1 qui dc\rage les esprits vulgaires1 r5d le gnie plus audacieux1 et le mlange des beauts de la nature et des t]reurs de la de/ruction excite je ne sais quel dlire de bonheur et d'effroi1 sans lequel l'on ne peut ni compr5dre ni dcrire le spectacle de ce monde4 ,la posie lyrique ne raconte ri51 ne s'a/re9t en ri5 la succession des temps1 ni aux limites des lieux2 elle plane sur les pays et sur les sicles2 elle donne de la dure ce mom5t sublime1 p5dant lequel l'homme s'lve au-dessus des pe9es et des plaisirs de la vie4 ,il se s5t au milieu des m]veilles du monde comme un tre la fois crateur et cr1 qui doit m\rir et qui ne peut cess] d'tre1 et dont le cur tremblant1 et =t en mme temps1 s'enorgueillit en lui-mme et se pro/]ne devant ,dieu4 ,les ,allem&s1 runissant t\t la fois1 ce qui e/ trs r>e1 l'imag9ation et le recueillem5t contemplatif1 sont plus capables que la plup>t des autres nations de la posie lyrique4 ,les mod]nes ne peuv5t se pass] d'une c]ta9e pr(ondeur d'ides dont une religion spirituali/e leur a donn l'habitude2 et si cep5dant cette pr(ondeur n'tait po9t revtue d'images1 ce ne s]ait pas de la posie3 il faut donc que la nature gr&isse aux yeux de l'homme1 p\r qu'il puisse s'en s]vir comme de l'emblme de ses p5ses4 ,les bosquets1 les fleurs et les ruisseaux1 suffisai5t aux potes du paganisme2 la solitude des =ts1 l',ocan sans bornes1 le ciel toil1 peuv5t pe9e exprim] l't]nel et l'inf9i dont l'me des *rti5s e/ remplie4 ,les ,allem&s n'ont pas plus que n\s de pome pique2 cette admirable composition ne p>at pas accorde aux mod]nes1 et peut-tre n'y a-t-il que l',iliade qui rponde entirem5t l'ide qu'on se fait de ce g5re d'ouvrage3 il faut1 p\r le pome pique1 un conc\rs s+uli] de circon/ances qui ne s'e/ r5contr que *ez les ,grecs1 l'imag9ation des temps hroques et la p]fection du langage des temps civiliss4 ,dans le moy5 ge1 l'imag9ation tait =te1 mais le langage imp>fait2 de nos j\rs1 le langage e/ pur1 mais l'imag9ation e/ en dfaut4 ,les ,allem&s ont beauc\p d'audace dans les ides et dans le /yle1 et peu d'inv5tion dans le fond du sujet2 leurs essais piques se rappro*5t presque t\j\rs du g5re lyrique4 ,ceux des ,franais r5tr5t plutt dans le g5re dramatique1 et l'on y tr\ve plus d'intrt que de gr&eur4 ,qu& il s'agit de plaire au ?tre1 l'art de se circonscrire dans un cadre donn1 de dev9] le gt des spectateurs et de s'y pli] avec adresse1 fait une p>tie du succs1 t&is que ri5 ne doit t5ir aux circon/ances extrieures et passagres1 dans la composition d'un pome pique4 ,il exige des beauts absolues1 des beauts qui frapp5t le lecteur solitaire1 lorsque ses s5tim5ts sont plus naturels1 et son imag9ation plus h>die4 ,celui qui v\drait trop has>d] dans un pome pique p\rrait bi5 enc\rir le blme svre du bon gt franais2 mais celui qui ne has>d]ait ri5 n'en s]ait pas mo9s ddaign4 ,boileau1 t\t en p]fectionnant le gt et la langue1 a donn l'esprit franais1 l'on ne saurait le ni]1 une disposition trs dfavorable la posie4 ,il n'a p>l que de ce qu'il fallait vit]1 il n'a insi/ que sur des prceptes de raison et de sagesse1 qui ont introduit dans la littrature une sorte de pdant]ie trs nuisible au sublime lan des arts4 ,n\s avons en franais des *efs-d'uvre de v]sification2 mais comm5t peut-on appel] la v]sification de la posie6 ,traduire en v]s ce qui tait fait p\r re/] en prose1 exprim] en dix syllabes1 comme ,pope1 les jeux de c>tes et leurs mo9dres dtails1 ou comme les d]ni]s pomes qui ont p>u *ez n\s1 le trictrac1 les *ecs1 la *imie3 c'e/ un t\r de passe-passe en fait de p>oles2 c'e/ compos] avec les mots1 comme avec les notes1 des sonates s\s le nom de pome4 ,il faut cep5dant une gr&e connaissance de la langue potique p\r dcrire a9si noblem5t les objets qui prt5t le mo9s l'imag9ation1 et l'on a raison d'admir] quelques morceaux dta*s de ces gal]ies de tableaux2 mais les transitions qui les li5t entre eux sont ncessairem5t prosaques1 comme ce qui se passe dans la tte de l'criva94 ,il s'e/ dit3--,je f]ai des v]s sur ce sujet1 puis sur celui-ci1 puis sur celui-l2--et1 sans s'en ap]cevoir1 il n\s met dans la confid5ce de sa manire de travaill]4 ,le vritable pote conoit1 p\r a9si dire1 t\t son pome la fois au fond de son me2 sans les difficults du langage1 il improvis]ait1 comme la sibylle et les prophtes1 les hymnes sa9ts du gnie4 ,il e/ branl p> ses conceptions comme p> un vnem5t de sa vie2 un monde n\veau s'(fre lui2 l'image sublime de *aque situation1 de *aque c>actre1 de *aque beaut de la nature1 frappe ses reg>ds1 et son cur bat p\r un bonheur cle/e qui trav]se comme un clair l'obscurit du sort4 ,la posie e/ une possession mom5tane de t\t ce que notre me s\haite2 le tal5t fait disp>atre les bornes de l'exi/5ce1 et *ange en images brillantes le vague espoir des mortels4 ,il s]ait plus ais de dcrire les symptmes du tal5t que de lui donn] des prceptes2 le gnie se s5t comme l'am\r1 p> la pr(ondeur mme de l'motion dont il pntre celui qui en e/ d\3 mais si l'on osait donn] des conseils ce gnie1 dont la nature veut tre le seul guide1 ce ne s]ai5t pas des conseils purem5t littraires qu'on devrait lui adress]3 il faudrait p>l] aux potes comme des citoy5s1 comme des hros2 il faudrait leur dire3--,soyez v]tueux1 soyez croyants1 soyez libres1 respectez ce que v\s aimez1 *]*ez l'immortalit dans l'am\r1 et la ,div9it dans la nature2 enf91 sanctifiez votre me comme un temple1 et l'ange des nobles p5ses ne ddaign]a pas d'y app>atre4 ,,*apitre ,,xi ,de la posie classique et de la posie romantique4 ,le nom de romantique a t introduit n\vellem5t en ,allemagne1 p\r dsign] la posie dont les *ants des tr\bad\rs ont t l'orig9e1 celle qui e/ ne de la *eval]ie et du *ri/ianisme4 ,si l'on n'admet pas que le paganisme et le *ri/ianisme1 le ,nord et le ,midi1 l'antiquit et le moy5 ge1 la *eval]ie et les in/itutions grecques et roma9es1 se sont p>tag l'empire de la littrature1 l'on ne p>vi5dra jamais jug] s\s un po9t de vue philosophique le gt antique et le gt mod]ne4 ,on pr5d quelquefois le mot classique comme synonyme de p]fection4 ,je m'en s]s ici dans une autre acception1 en considrant la posie classique comme celle des anci5s1 et la posie romantique comme celle qui ti5t de quelque manire aux traditions *eval]esques4 ,cette division se rapporte galem5t aux deux res du monde2 celle qui a prcd l'tablissem5t du *ri/ianisme1 et celle qui l'a suivi4 ,on a comp> aussi dans div]s ouvrages allem&s la posie antique la sculpture1 et la posie romantique la pe9ture2 enf91 l'on a c>actris de t\tes les manires la m>*e de l'esprit huma91 passant des religions matriali/es aux religions spirituali/es1 de la nature la ,div9it4 ,la nation franaise1 la plus cultive des nations lat9es1 p5*e v]s la posie classique1 imite des ,grecs et des ,roma9s4 ,la nation anglaise1 la plus illu/re des nations g]maniques1 aime la posie romantique et *eval]esque1 et se glorifie des *efs-d'uvre qu'elle possde en ce g5re4 ,je n'exam9]ai po9t ici lequel de ces deux g5res de posie mrite la prfr5ce3 il suffit de montr] que la div]sit des gts1 cet g>d1 drive non seulem5t de causes accid5telles1 mais aussi des s\rces primitives de l'imag9ation et de la p5se4 ,il y a dans les pomes piques et dans les tragdies des anci5s1 un g5re de simplicit qui ti5t ce que les hommes tai5t id5tifis cette poque avec la nature1 et croyai5t dp5dre du de/91 comme elle dp5d de la ncessit4 ,l'homme1 rfl*issant peu1 portait t\j\rs l'action de son me au dehors2 la consci5ce elle-mme tait figure p> des objets extrieurs1 et les flambeaux des ,furies sec\ai5t les remords sur la tte des c\pables4 ,l'vnem5t tait t\t dans l'antiquit2 le c>actre ti5t plus de place dans les temps mod]nes2 et cette rflexion inquite1 qui n\s dvore s\v5t comme le vaut\r de ,prom?e1 n'et sembl que de la folie1 au milieu des rapports clairs et prononcs qui exi/ai5t dans l'tat civil et social des anci5s4 ,on ne faisait en ,grce1 dans le comm5cem5t de l'art1 que des /atues isoles2 les gr\pes ont t composs plus t>d4 ,on p\rrait dire de mme1 avec vrit1 que dans t\s les arts il n'y avait po9t de gr\pes3 les objets reprs5ts se succdai5t comme dans les bas-reliefs1 sans comb9aison1 sans complication d'aucun g5re4 ,l'homme p]sonnifiait la nature2 des nymphes habitai5t les eaux1 des hamadryades les =ts3 mais la nature1 son t\r1 s'emp>ait de l'homme1 et l'on et dit qu'il ressemblait au torr5t1 la f\dre1 au volcan1 tant il agissait p> une impulsion involontaire1 et sans que la rflexion pt en ri5 altr] les motifs ni les suites de ses actions4 ,les anci5s avai5t1 p\r a9si dire1 une me corporelle1 dont t\s les m\vem5ts tai5t =ts1 directs et consqu5ts2 il n'en e/ pas de mme du cur huma9 dvelopp p> le *ri/ianisme3 les mod]nes ont puis dans le rep5tir *rti5 l'habitude de se repli] cont9uellem5t sur eux-mmes4 ,mais1 p\r manife/] cette exi/5ce t\t intrieure1 il faut qu'une gr&e v>it dans les faits prs5te s\s t\tes les =mes les nuances inf9ies de ce qui se passe dans l'me4 ,si de nos j\rs les beaux-arts tai5t a/re9ts la simplicit des anci5s1 n\s n'atte9drions pas la =ce primitive qui les di/+ue1 et n\s p]drions les motions intimes et multiplies dont notre me e/ susceptible4 ,la simplicit de l'art1 *ez les mod]nes1 t\rn]ait facilem5t la froideur et l'ab/raction1 t&is que celle des anci5s tait ple9e de vie4 ,l'honneur et l'am\r1 la brav\re et la piti sont les s5tim5ts qui signal5t le *ri/ianisme *eval]esque2 et ces dispositions de l'me ne peuv5t se faire voir que p> les dang]s1 les exploits1 les am\rs1 les malheurs1 l'intrt romantique enf91 qui v>ie sans cesse les tableaux4 ,les s\rces des effets de l'art sont donc diffr5tes1 beauc\p d'g>ds1 dans la posie classique et dans la posie romantique2 dans l'une1 c'e/ le sort qui rgne1 dans l'autre1 c'e/ la ,provid5ce2 le sort ne compte p\r ri5 les s5tim5ts des hommes1 la ,provid5ce ne juge les actions que d'aprs les s5tim5ts4 ,comm5t la posie ne crerait-elle pas un monde d'une t\te autre nature1 qu& il faut pe9dre l'uvre d'un de/9 aveugle et s\rd1 t\j\rs en lutte avec les mortels1 ou cet ordre intellig5t auquel prside un tre suprme1 que notre cur int]roge1 et qui rpond notre cur6 ,la posie paenne doit tre simple et saillante comme les objets extrieurs2 la posie *rti5ne a beso9 des mille c\leurs de l'arc-en-ciel p\r ne pas se p]dre dans les nuages4 ,la posie des anci5s e/ plus pure comme art1 celle des mod]nes fait v]s] plus de l>mes2 mais la "q p\r n\s n'e/ pas entre la posie classique et la posie romantique2 mais entre l'imitation de l'une et l'inspiration de l'autre4 ,la littrature des anci5s e/ *ez les mod]nes une littrature transplante3 la littrature romantique ou *eval]esque e/ *ez n\s indigne1 et c'e/ notre religion et nos in/itutions qui l'ont fait clore4 ,les criva9s imitateurs des anci5s se sont s\mis aux rgles du gt les plus svres2 c> ne p\vant consult] ni leur propre nature1 ni leurs propres s\v5irs1 il a fallu qu'ils se con=mass5t aux lois d'aprs lesquelles les *efs-d'uvre des anci5s peuv5t tre adapts notre gt1 bi5 que t\tes les circon/ances politiques et religieuses qui ont donn le j\r ces *efs-d'uvre soi5t *anges4 ,mais ces posies d'aprs l'antique1 quelque p>faites qu'elles soi5t1 sont r>em5t populaires1 p>ce qu'elles ne ti5n5t1 dans le temps actuel1 ri5 de national4 ,la posie franaise1 tant la plus classique de t\tes les posies mod]nes1 e/ la seule qui ne soit pas rp&ue p>mi le peuple4 ,les /ances du ,tasse sont *antes p> les gondoli]s de ,v5ise2 les ,espagnols et les ,portugais de t\tes les classes sav5t p> cur les v]s de ,cald]on et de ,camons4 ,%akespe>e e/ autant admir p> le peuple en ,anglet]re que p> la classe suprieure4 ,des pomes de ,g! et de ,brg] sont mis en musique1 et v\s les ent5dez rpt] des bords du ,rh9 jusqu' la ,baltique4 ,nos potes franais sont admirs p> t\t ce qu'il y a d'esprits cultivs *ez n\s et dans le re/e de l',europe2 mais ils sont t\t fait inconnus aux g5s du peuple et aux b\rgeois mme des villes1 p>ce que les arts en ,france ne sont pas1 comme ailleurs1 natifs du pays mme o leurs beauts se dvelopp5t4 ,quelques critiques franais ont prt5du que la littrature des peuples g]maniques tait encore dans l'enfance de l'art2 cette op9ion e/ t\t fait fausse2 les hommes les plus in/ruits dans la connaissance des langues et des ouvrages des anci5s n'ignor5t c]ta9em5t pas les inconvni5ts et les avantages du g5re qu'ils adopt5t1 ou de celui qu'ils rejett5t2 mais leur c>actre1 leurs habitudes et leurs raisonnem5ts les ont conduits prfr] la littrature fonde sur les s\v5irs de la *eval]ie1 sur le m]veilleux du moy5-ge1 celle dont la my?ologie des ,grecs e/ la base4 ,la littrature romantique e/ la seule qui soit susceptible encore d'tre p]fectionne1 p>ce qu'ayant ses rac9es dans notre propre sol1 elle e/ la seule qui puisse crotre et se vivifi] de n\veau2 elle exprime notre religion2 elle rappelle notre hi/oire2 son orig9e e/ anci5ne1 mais non antique4 ,la posie classique doit pass] p> les s\v5irs du paganisme p\r arriv] jusqu' n\s3 la posie des ,g]ma9s e/ l're *rti5ne des beaux-arts3 elle se s]t de nos impressions p]sonnelles p\r n\s m\voir3 le gnie qui l'inspire s'adresse immdiatem5t notre cur1 et semble voqu] notre vie elle-mme comme un fantme1 le plus puissant et le plus t]rible de t\s4 ,,*apitre ,,xii ,des pomes allem&s4 ,on doit conclure1 ce me semble1 des div]ses rflexions que conti5t le *apitre prcd5t1 qu'il n'y a gure de posie classique en ,allemagne1 soit que l'on considre cette posie comme imite des anci5s1 ou qu'on ent5de seulem5t p> ce mot le plus haut degr possible de p]fection4 ,la fcondit de l'imag9ation des ,allem&s les appelle produire plutt qu' corrig]2 aussi peut-on difficilem5t cit]1 dans leur littrature1 des crits gnralem5t reconnus p\r modles4 ,la langue n'e/ pas fixe2 le gt *ange *aque n\velle production des hommes de tal5t2 t\t e/ progressif1 t\t m>*e1 et le po9t /ationnaire de p]fection n'e/ po9t encore atte9t2 mais e/-ce un mal8 ,*ez t\tes les nations o l'on s'e/ flatt d'y tre p>v5u1 l'on a vu presque immdiatem5t aprs comm5c] la dcad5ce1 et les imitateurs succd] aux criva9s classiques1 comme p\r dgt] d'eux4 ,il y a en ,allemagne un aussi gr& nombre de potes qu'en ,italie3 la multitude des essais1 dans quelque g5re que ce soit1 indique quel e/ le p5*ant naturel d'une nation4 ,qu& l'am\r de l'art y e/ univ]sel1 les esprits pr5n5t d'eux-mmes la direction de la posie1 comme ailleurs celle de la politique1 ou des intrts m]cantiles4 ,il y avait *ez les ,grecs une f\le de potes1 et ri5 n'e/ plus favorable au gnie que d'tre environn d'un gr& nombre d'hommes qui suiv5t la mme c>rire4 ,les arti/es sont des juges indulg5ts p\r les fautes1 p>ce qu'ils connaiss5t les difficults2 mais ce sont aussi des approbateurs exigeants2 il faut de gr&es beauts1 et des beauts n\velles1 p\r gal] leurs yeux les *efs-d'uvre dont ils s'occup5t sans cesse4 ,les ,allem&s improvis5t1 p\r a9si dire1 en crivant2 et cette gr&e facilit e/ le vritable signe du tal5t dans les beaux-arts2 c> ils doiv5t1 comme les fleurs du midi1 natre sans culture2 le travail les p]fectionne1 mais l'imag9ation e/ abondante lorsqu'une gnreuse nature en a fait don aux hommes4 ,il e/ impossible de cit] t\s les potes allem&s qui mrit]ai5t un loge "p2 je me born]ai considr] seulem5t1 d'une manire gnrale1 les trois coles que j'ai dj di/+ues1 en indiquant la m>*e hi/orique de la littrature allem&e4 ,wiel& a imit ,voltaire dans ses romans2 s\v5t ,luci51 qui1 s\s le rapport philosophique e/ le ,voltaire de l'antiquit2 quelquefois l',ario/e1 et1 malheureusem5t aussi1 ,crbillon4 ,il a mis en v]s plusieurs contes de *eval]ie1 ,g&al91 ,grion le ,c\rtois1 ,obron1 etc41 dans lesquels il y a plus de s5sibilit que dans l',ario/e1 mais t\j\rs mo9s de grce et de gat4 ,l',allem& ne se meut pas1 sur t\s les sujets1 avec la lgret de l'itali52 et les plaisant]ies qui convi5n5t cette langue1 un peu sur*>ge de consonnes1 ce sont plutt celles qui ti5n5t l'art de c>actris] =tem5t qu' celui d'indiqu] demi4 ,idris et le ,n\vel ,amadis sont des contes de fes dans lesquels la v]tu des femmes e/ *aque page l'objet de ces t]nelles plaisant]ies qui ont cess d'tre immorales =ce d'tre ennuyeuses4 ,les contes de *eval]ie de ,wiel& me sembl5t beauc\p meilleurs que ses pomes imits du grec1 ,mus>ion1 ,endymion1 ,ganymde1 le ,jugem5t de ,pris1 etc4 ,les hi/oires *eval]esques sont nationales en ,allemagne4 ,le gnie naturel du langage et des potes se prte pe9dre les exploits et les am\rs de ces *evali]s et de ces belles1 dont les s5tim5ts tai5t t\t la fois si =ts et si nafs1 si bi5veillants et si dcids2 mais en v\lant mettre des grces mod]nes dans les sujets grecs1 ,wiel& les a r5dus ncessairem5t manirs4 ,ceux qui prt5d5t modifi] le gt antique p> le gt mod]ne1 ou le gt mod]ne p> le gt antique1 sont presque t\j\rs affects4 ,p\r tre l'abri de ce dang]1 il faut pr5dre *aque *ose ple9em5t dans sa nature4 ,l',obron passe en ,allemagne presque p\r un pome pique4 ,il e/ fond sur une hi/oire de *eval]ie franaise1 ,huon de ,b\rdeaux1 dont ,m4 de ,tressan a donn l'extrait2 le gnie ,obron et la fe ,titania1 tels que ,%akespe>e les a pe9ts1 dans sa pice intitule ,rve d'une nuit d't1 s]v5t de my?ologie ce pome4 ,le sujet en e/ donn p> nos anci5s romanci]s2 mais on ne saurait trop l\] la posie dont ,wiel& l'a enri*i4 ,la plaisant]ie tire du m]veilleux y e/ manie avec beauc\p de grce et d'orig9alit4 ,huon e/ envoy en ,pale/9e1 p> suite de div]ses av5tures1 p\r dem&] en m>iage la fille du sultan1 et qu& le son du cor s+uli] qu'il possde met en danse t\s les p]sonnages les plus graves qui s'oppos5t au m>iage1 on ne se lasse po9t de cet effet comique1 habilem5t rpt2 et mieux le pote a su pe9dre le srieux pdantesque des imans et des vizirs de la c\r du sultan1 plus leur danse involontaire amuse les lecteurs4 ,qu& ,obron emporte sur un *> ail les deux amants dans les airs1 l'effroi de ce prodige e/ dissip p> la scurit que l'am\r leur inspire4 ,en va9 la t]re1 dit le pote1 disp>at leurs yeux2 en va9 la nuit c\vre l'atmosphre de ses ailes obscures2 une lumire cle/e rayonne dans leurs reg>ds ple9s de t5dresse3 leurs mes se rfl*iss5t l'une dans l'autre2 la nuit n'e/ pas la nuit p\r eux2 l'lyse les ent\re2 le soleil claire le fond de leur cur2 et l'am\r1 *aque in/ant1 leur fait voir des objets t\j\rs dlicieux et t\j\rs n\veaux4 ,la s5sibilit ne s'allie gure en gnral avec le m]veilleux2 il y a quelque *ose de si srieux dans les affections de l'me1 qu'on n'aime pas les voir compromises au milieu des jeux de l'imag9ation2 mais ,wiel& a l'art de runir ces fictions fanta/iques avec des s5tim5ts vrais1 d'une manire qui n'app>ti5t qu' lui4 ,le baptme de la fille du sultan1 qui se fait *rti5ne p\r p\s] ,huon1 e/ encore un morceau de la plus gr&e beaut2 *ang] de religion p> am\r e/ un peu pr(ane2 mais le *ri/ianisme e/ tellem5t la religion du cur1 qu'il suffit d'aim] avec dv\em5t et puret p\r tre dj conv]ti4 ,obron a fait promettre aux deux jeunes p\x de ne pas se donn] l'un l'autre avant leur arrive ,rome3 ils sont ensemble dans le mme vaisseau1 et sp>s du monde2 l'am\r les fait manqu] leur vu4 ,alors la tempte se d*ane1 les v5ts siffl5t1 les vagues grond5t1 et les voiles sont d*ires2 la f\dre brise les mts2 les passag]s se lam5t5t1 les matelots cri5t au sec\rs4 ,enf9 le vaisseau s'entr'ouvre1 les flots m5ac5t de t\t engl\tir1 et la prs5ce de la mort peut pe9e arra*] les deux p\x au s5tim5t du bonheur de cette vie4 ,ils sont prcipits dans la m]3 un p\voir invisible les sauve1 et les fait abord] dans une le inhabite1 o ils tr\v5t un solitaire que ses malheurs et sa religion ont conduit dans cette retraite4 ,am&a1 l'p\se de ,huon1 aprs de longues trav]ses1 met au monde un fils1 et ri5 n'e/ ravissant comme le tableau de la mat]nit dans le ds]t3 ce n\vel tre qui vi5t anim] la solitude1 ces reg>ds inc]ta9s de l'enfance1 que la t5dresse passionne de la mre *]*e fix] sur elle1 t\t e/ ple9 de s5tim5t et de vrit4 ,les preuves auxquelles ,obron et ,titania veul5t s\mettre les deux p\x cont9u5t2 mais la f9 leur con/ance e/ rcomp5se4 ,quoiqu'il y ait des longueurs dans ce pome1 il e/ impossible de ne pas le considr] comme un ouvrage *>mant1 et s'il tait bi5 traduit en v]s franais1 il s]ait jug tel4 ,avant et aprs ,wiel&1 il y a eu des potes qui ont essay d'crire dans le g5re franais et itali53 mais ce qu'ils ont fait ne vaut gure la pe9e d'tre cit3 et si la littrature allem&e n'avait pas pris un c>actre elle1 srem5t elle ne f]ait pas poque dans l'hi/oire des beaux-arts4 ,c'e/ la ,messiade de ,klop/ock qu'il faut fix] l'poque de la posie en ,allemagne4 ,le hros de ce pome1 selon notre langage mortel1 inspire au mme degr l'admiration et la piti1 sans que jamais l'un de ces s5tim5ts soit affaibli p> l'autre4 ,un pote gnreux a dit1 en p>lant de ,l\is ,,xvi3 ,jamais tant de respect n'admit tant de piti#ba4 ,ce v]s si t\*ant et si dlicat p\rrait exprim] l'att5drissem5t que le ,messie fait pr\v] dans ,klop/ock4 ,sans d\te le sujet e/ bi5 au-dessus de t\tes les inv5tions du gnie2 il en faut beauc\p cep5dant p\r montr] avec tant de s5sibilit l'humanit dans l'tre div91 et avec tant de =ce la div9it dans l'tre mortel4 ,il faut aussi bi5 du tal5t p\r excit] l'intrt et l'anxit1 dans le rcit d'un vnem5t dcid d'avance p> une volont t\te-puissante4 ,klop/ock a su runir avec beauc\p d'art t\t ce que la fatalit des anci5s et la provid5ce des *rti5s peuv5t inspir] la fois de t]reur et d'esprance4 ,j'ai p>l ailleurs du c>actre d',abbadona1 de ce dmon rep5tant qui *]*e faire du bi5 aux hommes3 un remords dvorant s'atta*e sa nature immortelle2 ses regrets ont le ciel mme p\r objet1 le ciel qu'il a connu1 les cle/es sphres qui fur5t sa demeure3 quelle situation1 que ce ret\r v]s la v]tu1 qu& la de/9e e/ irrvocable6 ,il manquait aux t\rm5ts de l'enf] d'tre habit p> une me r$ev5ue s5sible4 ,notre religion ne n\s e/ pas familire en posie1 et ,klop/ock e/ l'un des potes mod]nes qui ont su le mieux p]sonnifi] la spiritualit du *ri/ianisme1 p> des situations et des tableaux analogues sa nature4 ,il n'y a qu'un pisode d'am\r dans t\t l'ouvrage1 et c'e/ un am\r entre deux ressuscits1 ,cidli et ,semida2 ,jsus-,*ri/ leur a r5du la vie t\s les deux1 et ils s'aim5t d'une affection pure et cle/e comme leur n\velle exi/5ce2 ils ne se croi5t plus sujets la mort2 ils espr5t qu'ils pass]ont ensemble de la t]re au ciel1 sans que l'horrible d\leur d'une sp>ation app>5te soit pr\ve p> l'un d'eux4 ,t\*ante conception qu'un tel am\r1 dans un pome religieux6 elle seule p\vait tre en h>monie avec l'ensemble de l'ouvrage4 ,il faut l'av\] cep5dant1 il rsulte un peu de monotonie d'un sujet cont9uellem5t exalt2 l'me se fatigue p> trop de contemplation1 et l'auteur aurait quelquefois beso9 d'avoir affaire des lecteurs dj ressuscits1 comme ,cidli et ,semida4 ,on aurait pu1 ce me semble1 vit] ce dfaut1 sans introduire dans la ,messiade ri5 de pr(ane3 il et mieux valu peut-tre pr5dre p\r sujet la vie entire de ,jsus-,*ri/1 que de comm5c] au mom5t o ses ennemis dem&5t sa mort4 ,l'on aurait pu se s]vir avec plus d'art des c\leurs de l',ori5t p\r pe9dre la ,syrie1 et c>actris]1 d'une manire =te1 l'tat du g5re huma9 s\s l'empire de ,rome4 ,il y a trop de disc\rs1 et des disc\rs trop longs1 dans la ,messiade2 l'loqu5ce elle-mme frappe mo9s l'imag9ation qu'une situation1 un c>actre1 un tableau qui n\s laisse quelque *ose dev9]4 ,le ,v]be1 ou la p>ole div9e1 exi/ait avant la cration de l'univ]s2 mais p\r les potes1 il faut que la cration prcde la p>ole4 ,on a repro* aussi ,klop/ock de n'avoir pas fait de ses anges des portraits assez v>is2 il e/ vrai que dans la p]fection les diffr5ces sont difficiles saisir1 et que ce sont d'ord9aire les dfauts qui c>actris5t les hommes3 nanmo9s on aurait pu donn] plus de v>it ce gr& tableau2 enf91 surt\t1 il n'aurait pas fallu1 ce me semble1 aj\t] encore dix *ants celui qui t]m9e l'action pr9cipale1 la mort du ,sauveur4 ,ces dix *ants r5f]m5t sans d\te de gr&es beauts lyriques2 mais qu& un ouvrage1 quel qu'il soit1 excite l'intrt dramatique1 il doit f9ir au mom5t o cet intrt cesse4 ,des rflexions1 des s5tim5ts1 qu'on lirait ailleurs avec le plus gr& plaisir1 lass5t presque t\j\rs1 lorsqu'un m\vem5t plus vif les a prcds4 ,on e/ p\r les livres peu prs comme p\r les hommes2 on exige d'eux t\j\rs ce qu'ils n\s ont acc\tums en ent5dre4 ,il rgne dans t\t l'ouvrage de ,klop/ock une me leve et s5sible2 t\tefois les impressions qu'il excite sont trop uni=mes1 et les images funbres y sont trop multiplies4 ,la vie ne va que p>ce que n\s oublions la mort2 et c'e/ p\r cela1 sans d\te1 que cette ide1 qu& elle rep>at1 cause un frmissem5t si t]rible4 ,dans la ,messiade1 comme dans ,"y1 on n\s ramne trop s\v5t au milieu des tombeaux2 c'en s]ait fait des arts1 si l'on se plongeait t\j\rs dans ce g5re de mditation2 c> il faut un s5tim5t trs n]gique de l'exi/5ce p\r s5tir le monde anim de la posie4 ,les paens dans leurs pomes1 comme sur les bas-reliefs des spulcres1 reprs5tai5t t\j\rs des tableaux v>is1 et faisai5t a9si de la mort une action de la vie2 mais les p5ses vagues et pr(ondes dont les d]ni]s in/ants des *rti5s sont environns1 prt5t plus l'att5drissem5t qu'aux vives c\leurs de l'imag9ation4 ,klop/ock a compos des odes religieuses1 des odes patriotiques1 et d'autres posies ple9es de grce sur div]s sujets4 ,dans ses odes religieuses1 il sait revtir d'images visibles les ides sans bornes2 mais quelquefois ce g5re de posie se p]d dans l'incomm5surable qu'elle v\drait embrass]4 ,il e/ difficile de cit] tel ou tel v]s dans ses odes religieuses1 qui puisse se rpt] comme une maxime dta*e4 ,la beaut de ces posies consi/e dans l'impression gnrale qu'elles produis5t4 ,dem&]ait-on l'homme qui contemple la m]1 cette imm5sit t\j\rs en m\vem5t et t\j\rs 9puisable1 cette imm5sit qui semble donn] l'ide de t\s les temps prs5ts la fois1 de t\tes les successions dev5ues simultanes2 lui dem&]ait-on de compt]1 vague aprs vague1 le plaisir qu'il pr\ve en rvant sur le rivage8 ,il en e/ de mme des mditations religieuses embellies p> la posie2 elles sont dignes d'admiration1 si elles inspir5t un lan t\j\rs n\veau v]s une de/9e t\j\rs plus haute1 si l'on se s5t meilleur aprs s'en tre pntr3 c'e/ l le jugem5t littraire qu'il faut port] sur de tels crits4 ,p>mi les odes de ,klop/ock1 celles qui ont la rvolution de ,france p\r objet ne val5t pas la pe9e d'tre cites3 le mom5t prs5t inspire presque t\j\rs mal les potes2 il faut qu'ils se plac5t la di/ance des sicles p\r bi5 jug]1 et mme p\r bi5 pe9dre3 mais ce qui fait un gr& honneur ,klop/ock1 ce sont ses ef=ts p\r ranim] le patriotisme *ez les ,allem&s4 ,p>mi les posies composes dans ce respectable b1 je vais essay] de faire connatre le *ant des b>des1 aprs la mort d',h]mann1 que les ,roma9s appell5t ,arm9ius3 il fut assass9 p> les pr9ces de la ,g]manie1 jal\x de ses succs et de son p\voir4 ,h]mann1 *ant p> les b>des ,w]dom>1 ,k]d+ et ,d>mond4 ,w4 ,sur le ro*] de la m\sse antique1 asseyons-n\s1 b>des6 et *antons l'hymne funbre4 ,que nul ne porte ses pas plus lo91 que nul ne reg>de s\s ces bran*es1 o repose le plus noble fils de la patrie4 ,il e/ l1 t5du dans son sang1 lui1 le secret effroi des ,roma9s1 alors mme qu'au milieu des danses gu]rires et des *ants de triomphe1 ils emm5ai5t sa ,?usnelda captive3 non1 ne reg>dez pas6 ,qui p\rrait le voir sans pleur]8 et la lyre ne doit pas faire ent5dre des sons pla9tifs1 mais des *ants de gloire p\r l'immortel4 ,k4 ,j'ai encore la blonde *evelure de l'enfance1 je n'ai ce9t le glaive qu'en ce j\r2 mes ma9s sont1 p\r la premire fois1 armes de la lance et de la lyre1 comm5t p\rrais-je *ant] ,h]mann8 ,n'att5dez pas trop du jeune homme1 pres2 je veux essuy] avec mes *eveux dors mes j\es inondes de pleurs1 avant d'os] *ant] le plus gr& des fils de ,mana#bb4 ,d4 ,et moi aussi1 je v]se des pleurs de rage2 non1 je ne les reti5drai pas3 c\lez1 l>mes brlantes1 l>mes de la fureur1 v\s n'tes pas muettes1 v\s appelez la v5geance sur des gu]ri]s p]fides2 mes compagnons6 ent5dez ma maldiction t]rible3 que nul des tratres la patrie1 assass9s du hros1 ne meure dans les combats6 ,w4 ,voyez-v\s le torr5t qui s'lance de la montagne1 et se prcipite sur ces ro*]s2 il r\le avec ses flots des p9s drac9s2 il les amne1 il les amne p\r le b*] d',h]mann4 ,bi5tt le hros s]a p\ssire1 bi5tt il repos]a dans la tombe d'argile2 mais que sur cette p\ssire sa9te soit plac le glaive p> lequel il a jur la p]te du conqurant4 ,arrte-toi1 esprit du mort1 avant de rejo9dre ton pre ,siegm>6 t>de encore1 et reg>de comme il e/ ple9 de toi1 le cur de ton peuple4 ,k4 ,taisons1 taisons ,?usnelda que son ,h]mann e/ ici t\t sanglant4 ,ne dites pas cette noble femme1 cette mre dsespre1 que le pre de son ,?umeliko a cess de vivre4 ,qui p\rrait le dire celle qui a dj m>* *>ge de f]s devant le *> r$\table de l'orgueilleux va9queur1 qui p\rrait le dire cette in=tune1 aurait un cur de ,roma94 ,d4 ,malheureuse fille1 quel pre t'a donn le j\r8 ,sege/e#bc1 un tratre1 qui dans l'ombre aiguisait le f] homicide6 ,oh6 ne le maudissez pas4 ,hla#bd dj l'a m>qu de son sceau4 ,w4 ,que le crime de ,sege/e ne s\ille po9t nos *ants1 et que plutt l't]nel oubli t5de ses ailes pesantes sur ses c5dres2 les cordes de la lyre qui ret5tiss5t au nom d',h]mann s]ai5t pr(anes1 si leurs frmissem5ts accusai5t le c\pable4 ,h]mann6 ,h]mann6 toi1 le favori des curs nobles1 le *ef des plus braves1 le sauveur de la patrie1 c'e/ toi dont nos b>des1 en *ur1 rpt5t les l\anges aux *os sombres des my/rieuses =ts4 ,o bataille de ,w9feld#be1 sur sanglante de la victoire de ,cannes1 je t'ai vue1 les *eveux p>s1 l'il en feu1 les ma9s sanglantes1 app>atre au milieu des h>pes de ,walhalla2 en va9 le fils de ,drusus1 p\r effac] tes traces1 v\lait ca*] les ossem5ts blan*is des va9cus dans la valle de la mort4 ,n\s ne l'avons pas s\ff]t1 n\s avons r5v]s leurs tombeaux1 af9 que leurs re/es p>s s]viss5t de tmoignage ce gr& j\r2 la fte du pr9temps1 d'ge en ge1 ils ent5dront les cris de joie des va9queurs4 ,il v\lait1 notre hros1 donn] encore des compagnons de mort ,v>us2 dj1 sans la l5teur jal\se des pr9ces1 ,cc9a rejoignait son *ef4 ,une p5se plus noble encore r\lait dans l'me ard5te d',h]mann3 m9uit1 prs de l'autel du dieu ,?or#bf1 au milieu des sacrifices1 il se dit en secret3--,je le f]ai4 ,ce desse9 le p\rsuit jusque dans vos jeux1 qu& la jeunesse gu]rire =me des danses1 fran*it les pes nues1 anime les plaisirs p> les dang]s4 ,le pilote1 va9queur de l'orage1 raconte que1 dans une le loigne#bg1 la montagne brlante annonce longtemps d'avance1 p> de noirs t\rbillons de fume1 la flamme et les ro*]s t]ribles qui vont jaillir de son se92 a9si1 les premi]s combats d',h]mann n\s prsageai5t qu'un j\r il trav]s]ait les ,alpes1 p\r desc5dre dans la pla9e de ,rome4 ,c'e/ l que le hros devait ou prir ou mont] au ,capitole1 et prs du trne de ,jupit]1 qui ti5t dans sa ma9 la balance des de/9es1 int]rog] ,tibre et les ombres de ses anctres sur la ju/ice de leurs gu]res4 ,mais1 p\r accomplir son h>di projet1 il fallait port] entre t\s les pr9ces l'pe du *ef des batailles2 alors ses rivaux ont conspir sa mort1 et ma9t5ant il n'e/ plus1 celui dont le cur avait conu la p5se gr&e et patriotique4 ,d4 ,z-tu recueilli mes l>mes brlantes8 z-tu ent5du mes acc5ts de fureur1 ,hla6 desse qui punit8 ,k4 ,voyez dans ,walhalla1 s\s les ombrages sacrs1 au milieu des hros1 la palme de la victoire la ma91 ,siegm> s'avance p\r recevoir son ,h]mann2 le vieill>d rajeuni salue le jeune hros2 mais un nuage de tri/esse obscurcit son accueil1 c> ,h]mann n'ira plus1 il n'ira plus au ,capitole int]rog] ,tibre devant le tribunal des dieux4 99 99 99 99 99 ,il y a plusieurs autres pomes de ,klop/ock1 dans lesquels1 de mme que dans celui-ci1 il rappelle aux ,allem&s les hauts faits de leurs anctres les ,g]ma9s2 mais ces s\v5irs n'ont presque aucun rapport avec la nation actuelle4 ,on s5t1 dans ces posies1 un en?\siasme vague1 un dsir qui ne peut atte9dre son b2 et la mo9dre *anson nationale d'un peuple libre cause une motion plus vraie4 ,il ne re/e gure de traces de l'hi/oire anci5ne des ,g]ma9s2 l'hi/oire mod]ne e/ trop divise et trop confuse p\r qu'elle puisse produire des s5tim5ts populaires3 c'e/ dans leur cur seul que les ,allem&s peuv5t tr\v] la s\rce des *ants vraim5t patriotiques4 ,klop/ock a s\v5t beauc\p de grce sur des sujets mo9s srieux3 sa grce ti5t l'imag9ation et la s5sibilit2 c> dans ses posies il n'y a pas beauc\p de ce que n\s appelons de l'esprit2 le g5re lyrique ne le comporte pas4 ,dans l'ode sur le rossignol1 le pote allem& a su rajeunir un sujet bi5 u1 en prtant l'oiseau des s5tim5ts si d\x et si vifs p\r la nature et p\r l'homme1 qu'il semble un mdiateur ail qui porte de l'une l'autre des tributs de l\ange et d'am\r4 ,une ode sur le v9 du ,rh9 e/ trs orig9ale3 les rives du ,rh9 sont p\r les ,allem&s une image vraim5t nationale2 ils n'ont ri5 de plus beau dans t\te leur contre2 les pampres croiss5t dans les mmes lieux o tant d'actions gu]rires se sont passes1 et le v9 de c5t annes1 contempora9 de j\rs plus glorieux1 semble recl] encore la gnreuse *aleur des temps passs4 ,non seulem5t ,klop/ock a tir du *ri/ianisme les plus gr&es beauts de ses ouvrages religieux2 mais comme il v\lait que la littrature de son pays ft t\t fait indp5dante de celle des anci5s1 il a t* de donn] la posie allem&e une my?ologie t\te n\velle1 emprunte des ,sc&9aves4 ,quelquefois il l'emploie d'une manire trop savante2 mais quelquefois aussi il en a tir un p>ti trs heureux1 et son imag9ation a s5ti les rapports qui exi/5t entre les dieux du ,nord et l'aspect de la nature laquelle ils prsid5t4 ,il y a une ode de lui1 *>mante1 intitule l'art de ,tialf1 c'e/--dire l'art d'all] en pat9s sur la glace1 qu'on dit inv5t p> le gant ,tialf4 ,il pe9t une jeune et belle femme1 revtue d'une f\rrure d'h]m9e1 et place sur un traneau en =me de *>2 les jeunes g5s qui l'ent\r5t font avanc] ce *> comme l'clair1 en le p\ssant lgrem5t4 ,on *oisit p\r s5ti] le torr5t glac qui1 p5dant l'hiv]1 (fre la r\te la plus sre4 ,les *eveux des jeunes hommes sont p>sems des flocons brillants des frimas2 les jeunes filles1 la suite du traneau1 atta*5t leurs petits pi$s des ailes d'aci]1 qui les transport5t au lo9 dans un cl9 d'il3 le *ant des b>des accompagne cette danse sept5trionale2 la m>*e joyeuse passe s\s des ormeaux dont les fleurs sont de neige2 on ent5d craqu] le cri/al s\s les pas2 un in/ant de t]reur tr\ble la fte2 mais bi5tt les cris d'allgresse1 la viol5ce de l'ex]cice1 qui doit cons]v] au sang la *aleur que lui ravirait le froid de l'air1 enf9 la lutte contre le climat1 ranim5t t\s les esprits1 et l'on arrive au t]me de la c\rse1 dans une gr&e salle illum9e1 o le feu1 le bal et les fe/9s1 font succd] des plaisirs faciles aux plaisirs conquis sur les rigueurs mmes de la nature4 ,l'ode b]t sur les amis qui ne sont plus1 mrite aussi d'tre cite4 ,klop/ock e/ mo9s heureux qu& il crit sur l'am\r2 il a1 comme ,dorat1 adress des v]s sa matresse future1 et ce sujet manir n'a pas bi5 inspir sa muse3 il faut n'avoir pas s\ff]t p\r se j\] avec le s5tim5t2 et qu& une p]sonne srieuse essaie un semblable jeu1 t\j\rs une contra9te secrte l'emp*e de s'y montr] naturelle4 ,on doit compt] dans l'cole de ,klop/ock1 non comme disciples1 mais comme confrres en posie1 le gr& ,hall]1 qu'on ne peut nomm] sans respect2 ,gessn]1 et plusieurs autres qui s'appro*ai5t du gnie anglais p> la vrit des s5tim5ts1 mais qui ne portai5t pas encore l'empre9te vraim5t c>actri/ique de la littrature allem&e4 ,klop/ock lui-mme n'avait pas compltem5t russi donn] l',allemagne un pome pique sublime et populaire t\t la fois1 tel qu'un ouvrage de ce g5re doit tre4 ,la traduction de l',iliade et de l',odysse p> ,voss fit connatre ,homre1 autant qu'une copie calque peut r5dre l'orig9al2 *aque pi?te y e/ cons]ve1 *aque mot y e/ mis la mme place1 et l'impression de l'ensemble e/ trs gr&e1 quoiqu'on ne puisse tr\v] dans l'allem& t\t le *>me que doit avoir le grec1 la plus belle langue du ,midi4 ,les littrateurs allem&s1 qui saisiss5t avec avidit *aque n\veau g5re1 s'essayr5t compos] des pomes avec la c\leur homrique1 et l',odysse1 r5f]mant beauc\p de dtails de la vie prive1 p>ut plus facile imit] que l',iliade4 ,le premi] essai dans ce g5re fut une idylle en trois *ants1 de ,voss lui-mme1 intitule ,l\ise2 elle e/ crite en hexamtres1 que t\t le monde s'accorde tr\v] admirables2 mais la pompe mme du v]s hexamtre p>at s\v5t peu d'accord avec l'extrme navet du sujet4 ,sans les motions pures et religieuses qui anim5t t\t le pome1 on ne s'intress]ait gure au trs paisible m>iage de la fille du vnrable pa/eur de ,grnau4 ,homre1 fidle runir les pi?tes avec les noms1 dit t\j\rs1 en p>lant de ,m9]ve1 la fille de ,jupit] aux yeux bleus2 de mme aussi ,voss rpte sans cesse le vnrable pa/eur de ,grnau 7d] ehrwrdige pf>r] von ,grnau74 ,mais la simplicit d',homre ne produit un si gr& effet que p>ce qu'elle e/ noblem5t en contra/e avec la gr&eur imposante de son hros et du sort qui le p\rsuit2 t&is que1 qu& il s'agit d'un pa/eur de campagne et de la trs bonne mnagre sa femme1 qui m>i5t leur fille celui qu'elle aime1 la simplicit a mo9s de mrite4 ,l'on admire beauc\p en ,allemagne les descriptions qui se tr\v5t dans la ,l\ise de ,voss1 sur la manire de faire le caf1 d'allum] la pipe2 ces dtails sont prs5ts avec beauc\p de tal5t et de vrit2 c'e/ un tableau flam& trs bi5 fait3 mais il me semble qu'on peut difficilem5t introduire dans nos pomes1 comme dans ceux des anci5s1 les usages communs de la vie3 ces usages *ez n\s ne sont pas potiques1 et notre civilisation a quelque *ose de b\rgeois4 ,les anci5s vivai5t t\j\rs l'air1 t\j\rs en rapport avec la nature1 et leur manire d'exi/] tait *amptre1 mais jamais vulgaire4 ,les ,allem&s mett5t trop peu d'importance au sujet d'un pome1 et croi5t que t\t consi/e dans la manire dont il e/ trait4 ,d'abord la =me donne p> la posie ne se transporte presque jamais dans une langue trangre2 et la rputation europenne n'e/ cep5dant pas ddaign]2 d'ailleurs le s\v5ir des dtails les plus intressants s'efface qu& il n'e/ po9t ratta* une fiction dont l'imag9ation puisse se saisir4 ,la puret t\*ante1 qui e/ le pr9cipal *>me du pome de ,voss1 se fait s5tir surt\t1 ce me semble1 dans la bndiction nuptiale du pa/eur1 en m>iant sa fille3 ,ma fille1 lui dit-il avec une voix mue1 que la bndiction de ,dieu soit avec toi4 ,aimable et v]tueux enfant1 que la bndiction de ,dieu t'accompagne sur la t]re et dans le ciel4 ,j'ai t jeune et je suis dev5u vieux1 et dans cette vie inc]ta9e le ,t\t-,puissant m'a envoy beauc\p de joie et de d\leur4 ,qu'il soit bni p\r t\tes deux6 ,je vais bi5tt repos] sans regret ma tte blan*ie dans le tombeau de mes pres1 c> ma fille e/ heureuse2 elle l'e/1 p>ce qu'elle sait qu'un ,dieu pat]nel soigne notre me p> la d\leur comme p> le plaisir4 ,quel spectacle plus t\*ant que celui de cette jeune et belle fiance6 ,dans la simplicit de son cur1 elle s'appuie sur la ma9 de l'ami qui doit la conduire dans le s5ti] de la vie2 c'e/ avec lui que1 dans une intimit sa9te1 elle p>tag]a le bonheur et l'in=tune2 c'e/ celle qui1 si ,dieu le veut1 doit essuy] la d]nire sueur sur le front de son p\x mortel4 ,mon me tait aussi remplie de press5tim5ts1 lorsque1 le j\r de mes noces1 j'am5ai dans ces lieux ma timide compagne3 cont5t1 mais srieux1 je lui montrai de lo9 la borne de nos *amps1 la t\r de l'glise1 et l'habitation du pa/eur o n\s avons pr\v tant de bi5s et de maux4 ,mon unique enfant1 c> il ne me re/e que toi1 d'autres qui j'avais donn la vie dorm5t l-bas s\s le gazon du cimetire2 mon unique enfant1 tu vas t'en all] en suivant la r\te p> laquelle je suis v5u4 ,la *ambre de ma fille s]a ds]te2 sa place notre table ne s]a plus occupe2 c'e/ en va9 que je prt]ai l'oreille ses pas1 sa voix4 ,oui1 qu& ton p\x t'emmn]a lo9 de moi1 des sanglots m'*app]ont1 et mes yeux m\ills de pleurs te suivront longtemps encore2 c> je suis homme et pre1 et j'aime avec t5dresse cette fille qui m'aime aussi s9crem5t4 ,mais bi5tt1 rprimant mes l>mes1 j'lv]ai v]s le ciel mes ma9s suppliantes1 et je me pro/]n]ai devant la volont de ,dieu1 qui comm&e la femme de quitt] sa mre et son pre p\r suivre son p\x4 ,va donc en paix1 mon enfant1 ab&onne ta famille et la maison pat]nelle2 suis le jeune homme qui ma9t5ant te ti5dra lieu de ceux qui tu dois le j\r2 sois dans sa maison comme une vigne fconde1 ent\re-la de nobles rejetons4 ,un m>iage religieux e/ la plus belle des flicits t]re/res2 mais si le ,seigneur ne fonde pas lui-mme l'difice de l'homme1 qu'import5t ses va9s travaux8 ,voil de la vraie simplicit1 celle de l'me1 celle qui convi5t au peuple comme aux rois1 aux pauvres comme aux ri*es1 enf9 t\tes les cratures de ,dieu4 ,on se lasse promptem5t de la posie descriptive1 qu& elle s'applique des objets qui n'ont ri5 de gr& en eux-mmes2 mais les s5tim5ts desc5d5t du ciel1 et dans quelque humble sj\r que pntr5t leurs rayons1 ils ne p]d5t ri5 de leur beaut4 ,l'extrme admiration qu'inspire ,g! en ,allemagne1 a fait donn] son pome d',h]mann et ,doro?e le nom de pome pique2 et l'un des hommes les plus spirituels en t\t pays1 ,m4 de ,humboldt1 le frre du clbre voyageur1 a compos sur ce pome un ouvrage qui conti5t les rem>ques les plus philosophiques et les plus piquantes4 ,h]mann et ,doro?e e/ traduit en franais et en anglais2 t\tefois on ne peut avoir l'ide1 p> la traduction1 du *>me qui rgne dans cet ouvrage3 une motion d\ce1 mais cont9uelle se fait s5tir depuis le premi] v]s jusqu'au d]ni]1 et il y a1 dans les mo9dres dtails1 une dignit naturelle qui ne dp>]ait pas les hros d',homre4 ,nanmo9s1 il faut en conv5ir1 les p]sonnages et les vnem5ts sont de trop peu d'importance2 le sujet suffit l'intrt qu& on le lit dans l'orig9al2 dans la traduction cet intrt se dissipe4 ,en fait de pome pique1 il me semble qu'il e/ p]mis d'exig] une c]ta9e ari/ocratie littraire2 la dignit des p]sonnages et des s\v5irs hi/oriques qui s'y ratta*5t peuv5t seuls lev] l'imag9ation la hauteur de ce g5re d'ouvrage4 ,un pome anci5 du treizime sicle1 les ,niebelung51 dont j'ai dj p>l1 p>at avoir eu dans son temps t\s les c>actres d'un vritable pome pique4 ,les gr&es actions du hros de l',allemagne du ,nord1 ,sigefroi1 assass9 p> un roi b\rguignon1 la v5geance que les si5s en tirr5t dans le camp d',attila1 et qui mit f9 au premi] royaume de ,b\rgogne1 sont le sujet de ce pome4 ,un pome pique n'e/ presque jamais l'ouvrage d'un homme1 et les sicles mmes1 p\r a9si dire1 y travaill5t3 le patriotisme1 la religion1 enf9 la totalit de l'exi/5ce d'un peuple1 ne peut tre mise en action que p> quelques-uns de ces vnem5ts imm5ses que le pote ne cre pas1 mais qui lui app>aiss5t agr&is p> la nuit des temps3 les p]sonnages du pome pique doiv5t reprs5t] le c>actre primitif de la nation4 ,il faut tr\v] en eux le m\le inde/ructible dont e/ sortie t\te l'hi/oire4 ,ce qu'il y avait de beau en ,allemagne1 c'tait l'anci5ne *eval]ie1 sa =ce1 sa loyaut1 sa bonhomie1 et la rudesse du ,nord1 qui s'alliait avec une s5sibilit sublime4 ,ce qu'il y avait aussi de beau1 c'tait le *ri/ianisme ent sur la my?ologie sc&9ave2 cet honneur sauvage que la foi r5dait pur et sacr2 ce respect p\r les femmes1 qui dev5ait plus t\*ant encore p> la protection accorde t\s les faibles2 cet en?\siasme de la mort1 ce p>adis gu]ri] o la religion la plus huma9e a pris place4 ,tels sont les lm5ts d'un pome pique en ,allemagne4 ,il faut que le gnie s'en emp>e1 et qu'il sa*e1 comme ,mde1 ranim] p> un n\veau sang d'anci5s s\v5irs4 ,,*apitre ,,xiii ,de la posie allem&e4 ,les posies allem&es dta*es sont1 ce me semble1 plus rem>quables encore que les pomes1 et c'e/ surt\t dans ce g5re que le ca*et de l'orig9alit e/ empre9t3 il e/ vrai aussi que les auteurs les plus cits cet g>d1 ,g!1 ,s*ill]1 ,brg]1 etc41 sont de l'cole mod]ne1 qui seule porte un c>actre vraim5t national4 ,g! a plus d'imag9ation1 ,s*ill] plus de s5sibilit1 et ,brg] e/ de t\s celui qui possde le tal5t le plus populaire4 ,en exam9ant successivem5t quelques posies de ces trois hommes1 on se f]a mieux l'ide de ce qui les di/+ue4 ,s*ill] a de l'analogie avec le gt franais2 t\tefois on ne tr\ve dans ses posies dta*es ri5 qui ressemble aux posies fugitives de ,voltaire2 cette lgance de conv]sation et presque de manires1 transporte dans la posie1 n'app>t5ait qu' la ,france2 et ,voltaire1 en fait de grce1 tait le premi] des criva9s franais4 ,il s]ait intressant de comp>] les /ances de ,s*ill] sur la p]te de la jeunesse1 intitules l',idal1 avec celles de ,voltaire3 ,si v\s v\lez que j'aime encore1 ,r5dez-moi l'ge des am\rs1 etc4 ,on voit1 dans le pote franais1 l'expression d'un regret aimable1 dont les plaisirs de l'am\r et les joies de la vie sont l'objet3 le pote allem& pleure la p]te de l'en?\siasme et de l'innoc5te puret des p5ses du premi] ge2 et c'e/ p> la posie et la p5se qu'il se flatte d'embellir encore le dcl9 de ses ans4 ,il n'y a pas dans les /ances de ,s*ill] cette cl>t facile et brillante que p]met un g5re d'esprit la porte de t\t le monde2 mais on y peut puis] des consolations qui agiss5t sur l'me intrieurem5t4 ,s*ill] ne prs5te jamais les rflexions les plus pr(ondes que revtues de nobles images3 il p>le l'homme comme la nature elle-mme2 c> la nature e/ t\t la fois p5seur et pote4 ,p\r pe9dre l'ide du temps1 elle fait c\l] devant nos yeux les flots d'un fleuve 9puisable2 et p\r que sa jeunesse t]nelle n\s fasse song] notre exi/5ce passagre1 elle se revt de fleurs qui doiv5t prir1 elle fait tomb] en automne les feuilles des arbres que le pr9temps a vues dans t\t leur clat3 la posie doit tre le miroir t]re/re de la ,div9it1 et rfl*ir1 p> les c\leurs1 les sons et les ry?mes1 t\tes les beauts de l'univ]s4 ,la pice de v]s intitule la ,clo*e consi/e en deux p>ties p>faitem5t di/9ctes3 les /rophes en refra9 exprim5t le travail qui se fait dans la =ge1 et entre *acune de ces /rophes il y a des v]s ravissants sur les circon/ances sol5nelles1 ou sur les vnem5ts extraord9aires annoncs p> les clo*es1 tels que la naissance1 le m>iage1 la mort1 l'inc5die1 la rvolte1 etc4 ,on p\rrait traduire en franais les p5ses =tes1 les images belles et t\*antes qu'inspir5t ,s*ill] les gr&es poques de la de/9e huma9e2 mais il e/ impossible d'imit] noblem5t les /rophes en petits v]s1 et composes de mots dont le son biz>re et prcipit semble faire ent5dre les c\ps r$\bls et les pas rapides des ouvri]s qui dirig5t la lave brlante de l'aira94 ,peut-on avoir l'ide d'un pome de ce g5re p> une traduction en prose8 c'e/ lire la musique au lieu de l'ent5dre2 encore e/-il plus ais de se figur]1 p> l'imag9ation1 l'effet des in/rum5ts que l'on connat1 que les accords et les contra/es d'un ry?me et d'une langue qu'on ignore4 ,tantt la brivet1 rgulire du mtre fait s5tir l'activit des =g]ons1 l'n]gie borne1 mais cont9ue1 qui s'ex]ce dans les occupations matrielles2 et tantt1 ct de ce bruit dur et =t1 l'on ent5d les *ants ari5s de l'en?\siasme et de la mlancolie4 ,l'orig9alit de ce pome e/ p]due qu& on le sp>e de l'impression que produis5t une mesure de v]s habilem5t *oisie1 et des rimes qui se rpond5t comme des *os intellig5ts que la p5se modifie2 et cep5dant ces effets pittoresques des sons s]ai5t trs has>ds en franais4 ,l'ignoble n\s m5ace sans cesse3 n\s n'avons pas1 comme presque t\s les autres peuples1 deux langues1 celle de la prose et celle des v]s2 et il en e/ des mots comme des p]sonnes1 l o les rangs sont confondus1 la famili>it e/ dang]euse4 ,une autre pice de ,s*ill]1 ,cass&re1 p\rrait plus facilem5t se traduire en franais1 quoique le langage potique y soit d'une gr&e h>diesse4 ,cass&re1 au mom5t o la fte des noces de ,polyxne avec ,a*ille va comm5c]1 e/ saisie p> le press5tim5t des malheurs qui rsult]ont de cette fte3 elle se promne tri/e et sombre dans les bois d',apollon1 et se pla9t de connatre l'av5ir qui tr\ble t\tes les j\issances4 ,on voit dans cette ode le mal que fait pr\v] un tre mortel la presci5ce d'un dieu4 ,la d\leur de la prophtesse n'e/-elle pas ress5tie p> t\s ceux dont l'esprit e/ suprieur et le c>actre passionn8 ,s*ill] a su montr]1 s\s une =me t\te potique1 une gr&e ide morale3 c'e/ que le vritable gnie1 celui du s5tim5t1 e/ victime de lui-mme1 qu& il ne le s]ait pas des autres4 ,il n'y a po9t d'hym5 p\r ,cass&re1 non qu'elle soit ins5sible1 non qu'elle soit ddaigne2 mais son me pntrante dpasse en peu d'in/ants et la vie et la mort1 et ne se repos]a que dans le ciel4 ,je ne f9irais po9t si je v\lais p>l] de t\tes les posies de ,s*ill] qui r5f]m5t des p5ses et des beauts n\velles4 ,il a fait sur le d"p des ,grecs aprs la prise de ,troie1 un hymne qu'on p\rrait croire d'un pote d'alors1 tant la c\leur du temps y e/ fidlem5t obs]ve4 ,j'exam9]ai1 s\s le rapport de l'art dramatique1 le tal5t admirable des ,allem&s p\r se transport] dans les sicles1 dans les pays1 dans les c>actres les plus diffr5ts du leur3 sup]be facult1 sans laquelle les p]sonnages qu'on met en scne ressembl5t des m>ionnettes qu'un mme fil remue1 et qu'une mme voix1 celle de l'auteur1 fait p>l]4 ,s*ill] mrite surt\t d'tre admir comme pote dramatique3 ,g! e/ t\t seul au premi] rang1 dans l'art de compos] des lgies1 des romances1 des /ances1 etc42 ses posies dta*es ont un mrite trs diffr5t de celles de ,voltaire4 ,le pote franais a su mettre en v]s l'esprit de la socit la plus brillante2 le pote allem& rveille dans l'me1 p> quelques traits rapides1 des impressions solitaires et pr(ondes4 ,g!1 dans ce g5re d'ouvrages1 e/ naturel au suprme degr2 non seulem5t il e/ naturel qu& il p>le d'aprs ses propres impressions1 mais aussi qu& il se transporte dans des pays1 des murs et des situations t\tes n\velles1 sa posie pr5d facilem5t la c\leur des contres trangres2 il saisit avec un tal5t unique ce qui plat dans les *ansons nationales de *aque peuple2 il devi5t1 qu& il le veut1 un ,grec1 un ,indi51 un ,morlaque4 ,n\s avons s\v5t p>l de ce qui c>actrise les potes du ,nord1 la mlancolie et la mditation3 ,g!1 comme t\s les hommes de gnie1 runit en lui d'tonnants contra/es2 on retr\ve dans ses posies beauc\p de traces du c>actre des habitants du ,midi2 il e/ plus en tra9 de l'exi/5ce que les sept5trionaux2 il s5t la nature avec plus de vigueur et de srnit2 son esprit n'en a pas mo9s de pr(ondeur1 mais son tal5t a plus de vie2 on y tr\ve un c]ta9 g5re de navet qui rveille la fois le s\v5ir de la simplicit antique et de celle du moy5 ge3 ce n'e/ pas la navet de l'innoc5ce1 c'e/ celle de la =ce4 ,on ap]oit dans les posies de ,g! qu'il ddaigne une f\le d'ob/acles1 de conv5ances1 de critiques et d'obs]vations qui p\rrai5t lui tre opposes4 ,il suit son imag9ation o elle le mne1 et un c]ta9 orgueil en masse l'affran*it des scrupules de l'am\r-propre4 ,g! e/ en posie un arti/e puissamm5t matre de la nature1 et plus admirable encore qu& il n'a*ve pas ses tableaux2 c> ses esquisses r5f]m5t t\tes le g]me d'une belle fiction3 mais ses fictions t]m9es ne suppos5t pas t\j\rs une heureuse esquisse4 ,dans ses lgies1 composes ,rome1 il ne faut pas *]*] des descriptions de l',italie2 ,g! ne fait presque jamais ce qu'on att5d de lui1 et qu& il y a de la pompe dans une ide1 elle lui dplat2 il veut produire de l'effet p> une r\te dt\rne1 et comme l'insu de l'auteur et du lecteur4 ,ses lgies peign5t l'effet de l',italie sur t\te son exi/5ce1 cette ivresse du bonheur1 dont un beau ciel le pntre4 ,il raconte ses plaisirs1 mme les plus vulgaires1 la manire de ,prop]ce2 et de temps en temps quelques beaux s\v5irs de la ville matresse du monde donn5t l'imag9ation un lan d'autant plus vif qu'elle n'y tait pas prp>e4 ,une fois il raconte comm5t il r5contra1 dans la campagne de ,rome1 une jeune femme qui allaitait son enfant1 assise sur un dbris de colonne antique3 il v\lut la que/ionn] sur les ru9es dont sa cabane tait environne2 elle ignorait ce dont il lui p>lait2 t\t entire aux affections dont son me tait remplie1 elle aimait1 et le mom5t prs5t exi/ait seul p\r elle4 ,on lit dans un auteur grec qu'une jeune fille1 habile dans l'art de tress] des fleurs1 lutta contre son amant ,pausias qui savait les pe9dre4 ,g! a compos sur ce sujet une idylle *>mante4 ,l'auteur de cette idylle e/ aussi celui de ,w]!r4 ,depuis le s5tim5t qui donne de la grce1 jusqu'au dsespoir qui exalte le gnie1 ,g! a p>c\ru t\tes les nuances de l'am\r4 ,aprs s'tre fait grec dans ,pausias1 ,g! n\s conduit en ,asie1 p> une romance ple9e de *>mes1 la ,bayadre4 ,un dieu de l',inde 7,mahadoeh7 se revt de la =me mortelle1 p\r jug] des pe9es et des plaisirs des hommes1 aprs les avoir pr\vs4 ,il voyage trav]s l',asie1 obs]ve les gr&s et le peuple2 et comme un soir1 au sortir d'une ville1 il se promne sur les bords du ,gange1 une bayadre l'arrte1 et l'engage se repos] dans sa demeure4 ,il y a tant de posie1 une c\leur si ori5tale1 dans la pe9ture des danses de cette bayadre1 des p>fums et des fleurs dont elle s'ent\re1 qu'on ne peut jug] d'aprs nos murs un tableau qui leur e/ t\t fait trang]4 ,le dieu de l',inde inspire un am\r vritable cette femme g>e1 et1 t\* du ret\r v]s le bi5 qu'une affection s9cre doit t\j\rs inspir]1 il veut pur] l'me de la bayadre p> l'preuve du malheur4 ,a son rveil elle tr\ve son amant mort ses cts3 les prtres de ,brahma emport5t le corps sans vie que le b*] doit consum]4 ,la bayadre veut s'y prcipit] avec celui qu'elle aime2 mais les prtres la rep\ss5t1 p>ce que1 n'tant pas son p\se1 elle n'a pas le droit de m\rir avec lui4 ,la bayadre1 aprs avoir ress5ti t\tes les d\leurs de l'am\r et de la honte1 se prcipite dans le b*] malgr les brames4 ,le dieu la reoit dans ses bras2 il s'lance hors des flammes1 et porte au ciel l'objet de sa t5dresse qu'il a r5du digne de son *oix4 ,zelt]1 un musici5 orig9al1 a mis sur cette romance un air t\r t\r voluptueux et sol5nel1 qui s'accorde s+ulirem5t bi5 avec les p>oles4 ,qu& on l'ent5d1 on se croit au milieu de l',inde et de ses m]veilles2 et qu'on ne dise pas qu'une romance e/ un pome trop c\rt p\r produire un tel effet4 ,les premires notes d'un air1 les premi]s v]s d'un pome transport5t l'imag9ation dans la contre et dans le sicle qu'on veut pe9dre2 mais si quelques mots ont cette puissance1 quelques mots aussi peuv5t dtruire l'en*antem5t4 ,les sorci]s jadis faisai5t ou emp*ai5t les prodiges1 l'aide de quelques p>oles magiques4 ,il en e/ de mme du pote2 il peut voqu] le pass ou faire rep>atre le prs5t1 selon qu'il se s]t d'expressions con=mes ou non au temps ou au pays qu'il *ante1 selon qu'il obs]ve ou nglige les c\leurs locales1 et ces petites circon/ances +nieusem5t inv5tes1 qui ex]c5t l'esprit1 dans la fiction comme dans la ralit1 dc\vrir la vrit sans qu'on v\s la dise4 ,une autre romance de ,g! produit un effet dlicieux p> les moy5s les plus simples3 c'e/ le ,p*eur4 ,un pauvre homme s'assi$ sur le bord d'un fleuve1 un soir d't2 et1 t\t en jetant sa ligne1 il contemple l'eau claire et limpide qui vi5t baign] d\cem5t ses pi$s nus4 ,la nymphe de ce fleuve l'invite s'y plong]2 elle lui pe9t les dlices de l'onde p5dant la *aleur1 le plaisir que le soleil tr\ve se rafra*ir la nuit dans la m]1 le calme de la lune1 qu& ses rayons se repos5t et s'endorm5t au se9 des flots2 enf91 le p*eur attir1 sduit1 entran1 s'avance v]s la nymphe1 et disp>at p\r t\j\rs4 ,le fond de cette romance e/ peu de *ose2 mais ce qui e/ ravissant1 c'e/ l'art de faire s5tir le p\voir my/rieux que peuv5t ex]c] les phnomnes de la nature4 ,on dit qu'il y a des p]sonnes qui dc\vr5t les s\rces ca*es s\s la t]re1 p> l'agitation n]veuse qu'elles leur caus5t3 on croit s\v5t reconnatre dans la posie allem&e ces miracles de la sympa?ie entre l'homme et les lm5ts4 ,le pote allem& compr5d la nature1 non pas seulem5t en pote1 mais en frre2 et l'on dirait que des rapports de famille lui p>l5t p\r l'air1 l'eau1 les fleurs1 les arbres1 enf9 p\r t\tes les beauts primitives de la cration4 ,il n'e/ p]sonne qui n'ait s5ti l'attrait indf9issable que les vagues font pr\v]1 soit p> le *>me de la fra*eur1 soit p> l'asc5dant qu'un m\vem5t uni=me et p]ptuel p\rrait pr5dre ins5siblem5t sur une exi/5ce passagre et prissable4 ,la romance de ,g! exprime admirablem5t le plaisir t\j\rs croissant qu'on tr\ve considr] les ondes pures d'un fleuve3 le balancem5t du ry?me et de l'h>monie imite celui des flots1 et produit sur l'imag9ation un effet analogue4 ,l'me de la nature se fait connatre n\s de t\tes p>ts et s\s mille =mes div]ses4 ,la campagne f]tile1 comme les ds]ts ab&onns1 la m]1 comme les toiles1 sont s\mises aux mmes lois2 et l'homme r5f]me en lui-mme des s5sations1 des puissances occultes qui correspond5t avec le j\r1 avec la nuit1 avec l'orage3 c'e/ cette alliance secrte de notre tre avec les m]veilles de l'univ]s qui donne la posie sa vritable gr&eur4 ,le pote sait rtablir l'unit du monde physique avec le monde moral3 son imag9ation =me un li5 entre l'un et l'autre4 ,plusieurs pices de ,g! sont remplies de gat2 mais on y tr\ve r>em5t le g5re de plaisant]ie auquel n\s sommes acc\tums3 il e/ plutt frapp p> les images que p> les ridicules2 il saisit avec un in/9ct s+uli] l'orig9alit des animaux1 t\j\rs n\velle et t\j\rs la mme4 ,la ,mnag]ie de ,lily1 le ,*ant de noce dans le vieux *teau1 peign5t ces animaux1 non comme des hommes1 la manire de ,la ,fonta9e1 mais comme des cratures biz>res dans lesquelles la nature s'e/ gaye4 ,g! sait aussi tr\v] dans le m]veilleux une s\rce de plaisant]ies d'autant plus aimables qu'aucun b srieux ne s'y fait ap]cevoir4 ,une *anson1 intitule l'lve du ,sorci]1 mrite d'tre cite s\s ce rapport4 ,le disciple d'un sorci] a ent5du son matre murmur] quelques p>oles magiques1 l'aide desquelles il se fait s]vir p> un man*e balai3 il les reti5t1 et comm&e au balai d'all] lui *]*] de l'eau la rivire p\r lav] sa maison4 ,le balai "p et revi5t1 apporte un seau1 puis un autre1 puis un autre encore1 et t\j\rs a9si sans discont9u]4 ,l'lve v\drait l'arrt]1 mais il a oubli les mots dont il faut se s]vir p\r cela3 le man*e balai1 fidle son (fice1 va t\j\rs la rivire1 et t\j\rs y puise de l'eau1 dont il arrose et bi5tt subm]g]a la maison4 ,l'lve1 dans sa fureur1 pr5d une ha*e1 et c\pe en deux le man*e balai3 alors les deux morceaux du bton devi5n5t deux dome/iques au lieu d'un1 et vont *]*] de l'eau1 et la rp&5t l'envi dans les app>tem5ts avec plus de zle que jamais4 ,l'lve a beau dire des injures ces /upides btons1 ils agiss5t sans rel*e2 et la maison et t p]due si le matre ne ft pas arriv temps p\r sec\rir l'lve1 en se moquant de sa ridicule prsomption4 ,l'imitation maladroite des gr&s secrets de l'art e/ trs bi5 pe9te dans cette petite scne4 ,il n\s re/e p>l] de la s\rce 9puisable des effets potiques en ,allemagne1 la t]reur3 les rev5ants et les sorci]s plais5t au peuple comme aux hommes clairs3 c'e/ un re/e de la my?ologie du ,nord2 c'e/ une disposition qu'inspir5t assez naturellem5t les longues nuits des climats sept5trionaux3 et d'ailleurs1 quoique le *ri/ianisme combatte t\tes les cra9tes non fondes1 les sup]/itions populaires ont t\j\rs une analogie quelconque avec la religion dom9ante4 ,presque t\tes les op9ions vraies ont leur suite une erreur2 elle se place dans l'imag9ation1 comme l'ombre ct de la ralit3 c'e/ un luxe de croyance qui s'atta*e d'ord9aire la religion comme l'hi/oire2 je ne sais p\rquoi l'on ddaign]ait d'en faire usage4 ,%akespe>e a tir des effets prodigieux des spectres et de la magie1 et la posie ne saurait tre populaire qu& elle mprise ce qui ex]ce un empire irrfl*i sur l'imag9ation4 ,le gnie et le gt peuv5t prsid] l'emploi de ces contes3 il faut qu'il y ait d'autant plus de tal5t dans la manire de les trait]1 que le fond en e/ vulgaire2 mais peut-tre que c'e/ dans cette runion seule que consi/e la gr&e puissance d'un pome4 ,il e/ probable que les vnem5ts raconts dans l',iliade et dans l',odysse tai5t *ants p> les n\rrices1 avant qu',homre en ft le *ef-d'uvre de l'art4 ,brg] e/ de t\s les ,allem&s celui qui a le mieux saisi cette ve9e de sup]/ition qui conduit si lo9 dans le fond du cur4 ,aussi ses romances sont-elles connues de t\t le monde en ,allemagne4 ,la plus fameuse de t\tes1 ,lnore1 n'e/ pas1 je crois1 traduite en franais1 ou du mo9s il s]ait bi5 difficile qu'on pt en exprim] t\s les dtails1 ni p> notre prose1 ni p> nos v]s4 ,une jeune fille s'effraie de n'avoir po9t de n\velles de son amant1 p>ti p\r l'arme2 la paix se fait2 t\s les soldats ret\rn5t dans leurs foy]s4 ,les mres retr\v5t leurs fils1 les surs leurs frres1 les p\x leurs p\ses2 les trompettes gu]rires accompagn5t les *ants de la paix1 et la joie rgne dans t\s les curs4 ,lnore p>c\rt en va9 les rangs des gu]ri]s2 elle n'y voit po9t son amant2 nul ne peut lui dire ce qu'il e/ dev5u4 ,elle se dsespre3 sa mre v\drait la calm]2 mais le jeune cur de ,lnore se rvolte contre la d\leur2 et1 dans son g>em5t1 elle r5ie la ,provid5ce4 ,au mom5t o le blasphme e/ prononc1 l'on s5t dans l'hi/oire quelque *ose de fune/e1 et ds cet in/ant l'me e/ con/amm5t branle4 ,a m9uit1 un *evali] s'arrte la porte de ,lnore3 elle ent5d le h5nissem5t du *eval et le cliquetis des p]ons3 le *evali] frappe2 elle desc5d et reconnat son amant4 ,il lui dem&e de le suivre l'in/ant1 c> il n'y a pas un mom5t p]dre1 dit-il1 avant de ret\rn] l'arme4 ,elle s'lance2 il la place d]rire lui sur son *eval1 et "p avec la promptitude de l'clair4 ,il trav]se au galop1 p5dant la nuit1 des pays arides et ds]ts2 la jeune fille e/ pntre de t]reur1 et lui dem&e sans cesse raison de la rapidit de sa c\rse2 le *evali] presse encore plus les pas de son *eval p> ses cris sombres et s\rds1 et prononce voix basse ces mots3 les morts vont vite1 les morts vont vite4 ,lnore lui rpond3 ,ah6 laisse en paix les morts6 ,mais t\tes les fois qu'elle lui adresse des que/ions inquites1 il lui rpte les mmes p>oles fune/es4 ,en appro*ant de l'glise o il la m5ait1 disait-il1 p\r s'unir avec elle1 l'hiv] et les frimas sembl5t *ang] la nature elle-mme en un affreux prsage3 des prtres port5t en pompe un c]cueil1 et leur robe noire trane l5tem5t sur la neige1 l9ceul de la t]re2 l'effroi de la jeune fille augm5te1 et t\j\rs son amant la rassure avec un mlange d'ironie et d'ins\ciance qui fait frmir4 ,t\t ce qu'il dit e/ prononc avec une prcipitation monotone1 comme si dj1 dans son langage1 l'on ne s5tait plus l'acc5t de la vie2 il lui promet de la conduire dans la demeure troite et sil5cieuse o leurs noces doiv5t s'accomplir4 ,on voit de lo9 le cimetire1 ct de la porte de l'glise3 le *evali] frappe cette porte1 elle s'ouvre2 il s'y prcipite avec son *eval1 qu'il fait pass] au milieu des pi]res funraires2 alors le *evali] p]d p> degrs l'app>5ce d'un tre vivant2 il se *ange en squelette1 et la t]re s'entr'ouvre p\r engl\tir sa matresse et lui4 ,je ne me suis assurm5t pas flatte de faire connatre1 p> ce rcit abrg1 le mrite tonnant de cette romance3 t\tes les images1 t\s les bruits1 en rapport avec la situation de l'me1 sont m]veilleusem5t exprims p> la posie3 les syllabes1 les rimes1 t\t l'art des p>oles et de leurs sons e/ employ p\r excit] la t]reur4 ,la rapidit des pas du *eval semble plus sol5nelle et plus lugubre que la l5teur mme d'une m>*e funbre4 ,l'n]gie avec laquelle le *evali] hte sa c\rse1 cette ptulance de la mort cause un tr\ble inexprimable2 et l'on se croit emport p> le fantme1 comme la malheureuse qu'il entrane avec lui dans l'abme4 ,il y a quatre traductions de la romance de ,lnore en anglais2 mais la premire de t\tes1 sans comp>aison1 c'e/ celle de ,m4 ,sp5c]1 le pote anglais qui connat le mieux le vritable esprit des langues trangres4 ,l'analogie de l'anglais avec l'allem& p]met d'y faire s5tir en enti] l'orig9alit du /yle et de la v]sification de ,brg]2 et non seulem5t on peut retr\v] dans la traduction les mmes ides que dans l'orig9al1 mais aussi les mmes s5sations2 et ri5 n'e/ plus ncessaire p\r connatre un ouvrage des beaux-arts4 ,il s]ait difficile d'obt5ir le mme rsultat en franais1 o ri5 de biz>re n'e/ naturel4 ,brg] a fait une autre romance mo9s clbre1 mais aussi trs orig9ale1 intitule3 le froce ,*asseur4 ,suivi de ses valets et de sa meute nombreuse1 il "p p\r la *asse un diman*e1 au mom5t o les clo*es du village annonc5t le s]vice div94 ,un *evali] dont l'armure e/ blan*e1 se prs5te lui1 et le conjure de ne pas pr(an] le j\r du ,seigneur2 un autre *evali]1 revtu d'armes noires1 lui fait honte de se s\mettre des prjugs qui ne convi5n5t qu'aux vieill>ds et aux enfants3 le *asseur cde aux mauvaises inspirations2 il "p1 et arrive prs du *amp d'une pauvre veuve2 elle se jette ses pi$s p\r le suppli] de ne pas dva/] la moisson1 en trav]sant les bls avec sa suite2 le *evali] aux armes blan*es supplie le *asseur d'c\t] la piti2 le *evali] noir se moque de ce puril s5tim5t2 le *asseur pr5d la frocit p\r de l'n]gie1 et ses *evaux f\l5t aux pi$s l'espoir du pauvre et de l'orphel94 ,enf91 le c]f p\rsuivi se rfugie dans la cabane d'un vieil ermite2 le *asseur veut y mettre le feu p\r en faire sortir sa proie2 l'ermite embrasse ses g5\x1 il veut att5drir le furieux qui m5ace son humble demeure2 une d]nire fois le bon gnie1 s\s la =me du *evali] blanc1 p>le encore2 le mauvais gnie1 s\s celle du *evali] noir1 triomphe2 le *asseur tue l'ermite1 et t\t c\p il e/ *ang en fantme1 et sa propre meute veut le dvor]4 ,une sup]/ition populaire a donn lieu cette romance3 l'on prt5d qu' m9uit1 dans de c]ta9es saisons de l'anne1 on voit au-dessus de la =t o cet vnem5t doit s'tre pass1 un *asseur dans les nuages1 p\rsuivi jusqu'au j\r p> ses *i5s furieux4 ,ce qu'il y a vraim5t de beau dans cette posie de ,brg]1 c'e/ la pe9ture de l'ard5te volont du *asseur3 elle tait d'abord innoc5te1 comme t\tes les facults de l'me2 mais elle se dprave t\j\rs de plus en plus1 *aque fois qu'il rsi/e sa consci5ce1 et cde ses passions4 ,il n'avait d'abord que l'enivrem5t de la =ce3 il arrive enf9 celui du crime1 et la t]re ne peut plus le port]4 ,les bons et les mauvais p5*ants de l'homme sont trs bi5 c>actriss p> les deux *evali]s blanc et noir2 les mots1 t\j\rs les mmes1 que le *evali] blanc prononce p\r arrt] le *asseur1 sont aussi trs +nieusem5t comb9s4 ,les anci5s et les potes du moy5 ge ont p>faitem5t connu l'effroi que cause1 dans de c]ta9es circon/ances1 le ret\r des mmes p>oles2 il semble qu'on rveille a9si le s5tim5t de l'inflexible ncessit4 ,les ombres1 les oracles1 t\tes les puissances surnaturelles1 doiv5t tre monotones2 ce qui e/ immuable e/ uni=me2 et c'e/ un gr& art dans c]ta9es fictions1 que d'imit]1 p> les p>oles1 la fixit sol5nelle que l'imag9ation se reprs5te dans l'empire des tnbres et de la mort4 ,on rem>que aussi1 dans ,brg]1 une c]ta9e famili>it d'expression qui ne nuit po9t la dignit de la posie1 et qui en augm5te s+ulirem5t l'effet4 ,qu& on p>vi5t rappro*] de n\s la t]reur ou l'admiration1 sans affaiblir ni l'une ni l'autre1 ces s5tim5ts devi5n5t ncessairem5t beauc\p plus =ts3 c'e/ ml]1 dans l'art de pe9dre1 ce que n\s voyons t\s les j\rs ce que n\s ne voyons jamais1 et ce qui n\s e/ connu n\s fait croire ce qui n\s tonne4 ,g! s'e/ essay aussi dans ces sujets1 qui effrai5t la fois les enfants et les hommes2 mais il y a mis des vues pr(ondes1 et qui donn5t p\r longtemps p5s]4 ,je vais t*] de r5dre compte de celle de ses posies de rev5ants1 la ,fiance de ,cor9!1 qui a le plus de rputation en ,allemagne4 ,je ne v\drais assurm5t df5dre en aucune manire ni le b de cette fiction ni la fiction en elle-mme2 mais il me semble difficile de n'tre pas frapp de l'imag9ation qu'elle suppose4 ,deux amis1 l'un d',a?nes et l'autre de ,cor9!1 ont rsolu d'unir ensemble leur fils et leur fille4 ,le jeune homme "p p\r all] voir ,cor9! celle qui lui e/ promise1 et qu'il ne connat pas encore3 c'tait au mom5t o le *ri/ianisme comm5ait s'tablir4 ,la famille de l',a?ni5 a g>d son anci5ne religion2 celle du ,cor9?i5 adopte la croyance n\velle2 et la mre1 p5dant une longue maladie1 a consacr sa fille aux autels4 ,la sur cadette e/ de/9e remplac] sa sur ane qu'on a faite religieuse4 ,le jeune homme arrive t>d dans la maison2 t\te la famille e/ endormie2 les valets apport5t s\p] dans son app>tem5t1 et l'y laiss5t seul2 peu de temps aprs1 un hte s+uli] entre *ez lui2 il voit s'avanc] jusqu'au milieu de la *ambre une jeune fille revtue d'un voile et d'un habit blanc1 le front ce9t d'un ruban noir et or1 et qu& elle ap]oit le jeune homme1 elle recule intimide1 et s'crie1 en levant au ciel ses blan*es ma9s3--,hlas6 suis-je donc dev5ue dj si trangre la maison1 dans l'troite cellule o je suis r5f]me1 que j'ignore l'arrive d'un n\vel hte8 ,elle veut s'enfuir1 le jeune homme la reti5t2 il appr5d que c'e/ elle qui lui tait de/9e p\r p\se4 ,leurs pres avai5t jur de les unir2 t\t autre s]m5t lui p>at nul4--,re/e1 mon enfant1 lui dit-il2 re/e1 et ne sois pas si ple d'effroi2 p>tage avec moi les dons de ,crs et de ,bac*us2 tu amnes l'am\r1 et bi5tt n\s pr\v]ons combi5 nos dieux sont favorables aux plaisirs4 ,le jeune homme conjure la jeune fille de se donn] lui4 ,je n'app>ti5s plus la joie1 lui rpond-elle1 le d]ni] pas e/ accompli2 la tr\pe brillante de nos dieux a disp>u1 et dans cette maison sil5cieuse1 on n'adore plus qu'un tre invisible dans le ciel1 et qu'un ,dieu m\rant sur la croix4 ,on ne sacrifie plus des taureaux1 ni des brebis2 mais on m'a *oisie p\r victime huma9e4 ,ma jeunesse et la nature fur5t immoles aux autels3 loigne-toi1 jeune homme2 loigne-toi2 blan*e comme la neige1 et glace comme elle1 e/ la matresse in=tune que ton cur s'e/ *oisie4 ,a l'heure de m9uit1 qu'on appelle l'heure des spectres1 la jeune fille semble plus l'aise2 elle boit avidem5t d'un v9 c\leur de sang1 semblable celui que pr5ai5t les ombres dans l',odysse1 p\r se retrac] leurs s\v5irs2 mais elle refusa ob/9m5t le mo9dre morceau de pa93 elle donne une *ane d'or celui dont elle devait tre l'p\se1 et lui dem&e une b\cle de ses *eveux2 le jeune homme1 que ravit la beaut de la jeune fille1 la s]re dans ses bras avec transport1 mais il ne s5t po9t de cur battre dans son se91 ses membres sont glacs4--,n'importe1 s'crie-t-il1 je saurai te ranim]1 qu& le tombeau mme t'aurait envoye v]s moi4 ,et alors comm5ce la scne la plus extraord9aire que l'imag9ation en dlire ait pu se figur]2 un mlange d'am\r et d'effroi1 une union r$\table de la mort et de la vie4 ,il y a comme une volupt funbre dans ce tableau1 o l'am\r fait alliance avec la tombe1 o la beaut mme ne semble qu'une app>ition effrayante4 ,enf91 la mre arrive1 et1 conva9cue qu'une de ses esclaves s'e/ introduite *ez l'trang]1 elle veut se livr] son ju/e c\rr\x2 mais t\t c\p la jeune fille gr&it jusqu' la vote comme une ombre1 et repro*e sa mre d'avoir caus sa mort1 en lui faisant pr5dre le voile4--,oh6 ma mre1 ma mre1 s'crie-t-elle d'une voix sombre1 p\rquoi tr\blez-v\s cette belle nuit de l'hym58 n'tait-ce pas assez que1 si jeune1 v\s m'eussiez fait c\vrir d'un l9ceul1 et port] dans le tombeau8 ,une maldiction fune/e m'a p\sse hors de ma froide demeure2 les *ants murmurs p> vos prtres n'ont pas s\lag mon cur2 le sel et l'eau n'ont po9t apais ma jeunesse3 ah6 la t]re elle-mme ne refroidit po9t l'am\r4 ,ce jeune homme me fut promis qu& le temple s]e9 de ,vnus n'tait po9t encore r5v]s4 ,ma mre1 deviez-v\s manqu] votre p>ole1 p\r obir des vux ins5ss8 ,aucun ,dieu n'a reu vos s]m5ts1 qu& v\s avez jur de refus] l'hym5 votre fille4 ,et toi1 beau jeune homme1 ma9t5ant tu ne peux plus vivre2 tu languiras dans ces mmes lieux o tu z reu ma *ane1 o j'ai pris une b\cle de ta *evelure3 dema9 tes *eveux blan*iront1 et tu ne retr\v]as ta jeunesse que dans l'empire des ombres4 c\te au mo9s1 ma mre1 la prire d]nire que je t'adresse3 ordonne qu'un b*] soit prp>2 fais ouvrir le c]cueil troit qui me r5f]me2 conduis les amants au repos trav]s les flammes2 et qu& l't9celle brill]a1 et qu& les c5dres s]ont brlantes1 n\s n\s ht]ons d'all] ensemble rejo9dre nos anci5s dieux4 ,sans d\te un gt pur et svre doit blm] beauc\p de *oses dans cette pice2 mais qu& on la lit dans l'orig9al1 il e/ impossible de ne pas admir] l'art avec lequel *aque mot produit une t]reur croissante3 *aque mot indique1 sans l'expliqu]1 l'horrible m]veilleux de cette situation4 ,une hi/oire1 dont ri5 ne peut donn] l'ide1 e/ pe9te avec des dtails frappants et naturels1 comme s'il s'agissait de quelque *ose qui ft arriv2 et la curiosit e/ con/amm5t excite1 sans qu'on v\lt sacrifi] une seule circon/ance p\r qu'elle ft plus tt satisfaite4 ,nanmo9s cette pice e/ la seule1 p>mi les posies dta*es des auteurs clbres de l',allemagne1 contre laquelle le gt franais et quelque *ose r$ire3 dans t\tes les autres1 les deux nations p>aiss5t d'accord4 ,le pote ,jacobi a presque dans ses v]s le piquant et la lgret de ,gresset4 ,mattisson a donn la posie descriptive1 dont les traits tai5t s\v5t trop vagues1 le c>actre d'un tableau aussi frappant p> le coloris que p> la ressemblance4 ,le *>me pntrant des posies de ,salis fait aim] leur auteur1 comme si l'on tait de ses amis4 ,ti$ge e/ un pote moral et pur1 dont les crits port5t l'me au s5tim5t le plus religieux4 ,enf91 une f\le de potes devrai5t encore tre cits1 s'il tait possible d'indiqu] t\s les noms dignes de l\ange1 dans un pays o la posie e/ si naturelle t\s les esprits cultivs4 ,a4-,w4 ,s*legel1 dont les op9ions littraires ont fait tant de bruit en ,allemagne1 ne se p]met pas dans ses posies la mo9dre expression1 la mo9dre nuance que la ?orie du gt le plus svre pt attaqu]4 ,ses lgies sur la mort d'une jeune p]sonne1 ses /ances sur l'union de l'glise avec les beaux-arts1 son lgie sur ,rome1 sont crites avec la dlicatesse et la noblesse la plus s\t5ue4 ,on n'en p\rra jug] que bi5 imp>faitem5t p> les deux exemples que je vais cit]2 ils s]viront du mo9s faire connatre le c>actre de ce pote4 ,l'ide du sonnet1 l',atta*em5t la t]re1 m'a p>u ple9e de *>me4 ,s\v5t l'me1 =tifie p> la contemplation des *oses div9es1 v\drait dploy] ses ailes v]s le ciel4 ,dans le c]cle troit qu'elle p>c\rt1 son activit lui semble va9e1 et sa sci5ce du dlire2 un dsir inv9cible la presse de s'lanc] v]s des rgions leves1 v]s des sphres plus libres2 elle croit qu'au t]me de sa c>rire un rideau va se lev] p\r lui dc\vrir des scnes de lumire2 mais qu& la mort t\*e son corps prissable1 elle jette un reg>d en arrire1 v]s les plaisirs t]re/res et v]s ses compagnes mortelles4 ,a9si1 lorsque jadis ,pros]p9e fut enleve dans les bras de ,pluton1 lo9 des prairies de la ,sicile1 enfant9e dans ses pla9tes1 elle pleurait p\r les fleurs qui s'*appai5t de son se94 ,la pice de v]s suivante doit p]dre encore plus la traduction que le sonnet2 elle e/ intitule ,mlodies de la vie3 le cygne y e/ mis en opposition avec l'aigle1 l'un comme l'emblme de l'exi/5ce contemplative1 l'autre comme l'image de l'exi/5ce active3 le ry?me du v]s *ange qu& le cygne p>le et qu& l'aigle lui rpond1 et les *ants de t\s les deux sont p\rtant r5f]ms dans la mme /ance o la rime les runit3 les vritables beauts de l'h>monie se tr\v5t aussi dans cette pice1 non l'h>monie imitative1 mais la musique intrieure de l'me4 ,l'motion la tr\ve sans rfl*ir1 et le tal5t qui rfl*it en fait de la posie4 ,le cygne3 ,ma vie tranquille se passe sur les ondes1 elle n'y trace que de lg]s sillons qui se p]d5t au lo91 et les flots pe9e agits rpt5t1 comme un miroir pur1 mon image sans l'altr]4 ,l'aigle3 ,les ro*]s esc>ps sont ma demeure2 je plane dans les airs au milieu de l'orage2 la *asse1 dans les combats1 dans les dang]s1 je me fie mon vol audacieux4 ,le cygne3 ,l'azur du ciel s]e9 me rj\it1 le p>fum des plantes m'attire d\cem5t v]s le rivage1 qu& au c\*] du soleil je balance mes ailes blan*es sur les vagues p\rpres4 ,l'aigle3 ,je triomphe de la tempte1 qu& elle drac9e les *nes des =ts1 et je dem&e au tonn]re si c'e/ avec plaisir qu'il anantit4 ,le cygne3 ,invit p> le reg>d d',apollon1 j'ose aussi me baign] dans les flots de l'h>monie2 et1 reposant ses pi$s1 j'c\te les *ants qui ret5tiss5t dans la valle de ,temp4 ,l'aigle3 ,je rside sur le trne mme de ,jupit]2 il me fait signe1 et je vais lui *]*] la f\dre2 et p5dant mon sommeil1 mes ailes appesanties c\vr5t le sceptre du s\v]a9 de l'univ]s4 ,le cygne3 ,mes reg>ds prophtiques contempl5t s\v5t les toiles et la vote azure qui se rfl*it dans les flots1 et le regret le plus intime m'appelle v]s ma patrie1 dans le pays des cieux4 ,l'aigle3 ,ds mes jeunes annes1 c'e/ avec dlices que dans mon vol j'ai fix le soleil immortel2 je ne puis m'abaiss] la p\ssire t]re/re1 je me s5s l'alli des dieux4 ,le cygne3 ,une d\ce vie cde volonti]s la mort2 qu& elle vi5dra me dgag] de mes li5s1 et r5dre ma voie sa mlodie1 mes *ants1 jusqu' mon d]ni] s\ffle1 clbr]ont l'in/ant sol5nel4 ,l'aigle3 ,l'me1 comme un phnix brillant1 s'lve du b*]1 libre et dvoile2 elle salue sa de/9e div9e2 le flambeau de la mort la rajeunit#bh4 ,c'e/ une *ose digne d'tre obs]ve1 que le gt des nations1 en gnral1 diffre bi5 plus dans l'art dramatique que dans t\te autre bran*e de la littrature4 ,n\s analys]ons les motifs de ces diffr5ces dans les *apitres suivants2 mais avant d'entr] dans l'exam5 du ?tre allem&1 quelques obs]vations gnrales sur le gt me sembl5t ncessaires4 ,je ne le considr]ai pas ab/raitem5t comme une facult intellectuelle2 plusieurs criva9s1 et ,montesquieu en p>ticuli]1 ont puis ce sujet4 ,j'indiqu]ai seulem5t p\rquoi le gt en littrature e/ compris d'une manire diffr5te p> les ,franais et p> les nations g]maniques4 ,,*apitre ,,xiv ,du gt4 ,ceux qui se croi5t du gt en sont plus orgueilleux que ceux qui se croi5t du gnie4 ,le gt e/ en littrature comme le bon ton en socit2 on le considre comme une preuve de la =tune1 de la naissance1 ou du mo9s des habitudes qui ti5n5t t\tes les deux2 t&is que le gnie peut natre dans la tte d'un artisan qui n'aurait jamais eu de rapport avec la bonne compagnie4 ,dans t\t pays o il y aura de la vanit1 le gt s]a mis au premi] rang1 p>ce qu'il sp>e les classes1 et qu'il e/ un signe de ralliem5t entre t\s les individus de la premire4 ,dans t\s les pays o s'ex]c]a la puissance du ridicule1 le gt s]a compt comme l'un des premi]s avantages1 c> il s]t surt\t connatre ce qu'il faut vit]4 ,le tact des conv5ances e/ une p>tie du gt1 et c'e/ une arme excell5te p\r p>] les c\ps1 entre les div]s am\rs-propres2 enf91 il peut arriv] qu'une nation entire se place en ari/ocratie de bon gt1 p> rapport aux autres1 et qu'elle soit ou qu'elle se croie la seule bonne compagnie de l',europe2 et c'e/ ce qui peut s'appliqu] la ,france1 o l'esprit de socit rgnait si m9emm5t1 qu'elle avait quelque excuse p\r cette prt5tion4 ,mais le gt1 dans son application aux beaux-arts1 diffre s+ulirem5t du gt dans son application aux conv5ances sociales3 lorsqu'il s'agit de =c] les hommes n\s accord] une considration phmre comme notre vie1 ce qu'on ne fait pas e/ au mo9s aussi ncessaire que ce qu'on fait2 c> le gr& monde e/ si facilem5t ho/ile1 qu'il faut des agrm5ts bi5 extraord9aires p\r qu'il comp5se l'avantage de ne donn] prise sur soi p]sonne3 mais le gt en posie ti5t la nature1 et doit tre crateur comme elle2 les pr9cipes de ce gt sont donc t\t autres que ceux qui dp5d5t des relations de la socit4 ,c'e/ la confusion de ces deux g5res qui e/ la cause des jugem5ts si opposs en littrature2 les ,franais jug5t les beaux-arts comme des conv5ances1 et les ,allem&s les conv5ances comme des beaux-arts3 dans les rapports avec la socit il faut se df5dre1 dans les rapports avec la posie il faut se livr]4 ,si v\s considrez t\t en homme du monde1 v\s ne s5tirez po9t la nature2 si v\s considrez t\t en arti/e1 v\s manqu]ez du tact que la socit seule peut donn]4 ,s'il ne faut transport] dans les arts que l'imitation de la bonne compagnie1 les ,franais seuls en sont vraim5t capables2 mais plus de latitude dans la composition e/ ncessaire p\r remu] =tem5t l'imag9ation et l'me4 ,je sais qu'on peut m'object] avec raison que nos trois gr&s tragiques1 sans manqu] aux rgles tablies1 se sont levs la plus sublime hauteur4 ,quelques hommes de gnie1 ayant moissonn] dans un *amp t\t n\veau1 ont su se r5dre illu/res1 malgr les difficults qu'ils avai5t va9cre2 mais la cessation des progrs de l'art1 depuis eux1 n'e/-elle pas une preuve qu'il y a trop de b>rires dans la r\te qu'ils ont suivie8 ,le bon gt en littrature e/1 quelques g>ds1 comme l'ordre s\s le despotisme2 il importe d'exam9] quel prix on l'a*te#bi4 ,en politique1 disait ,m4 ,neck]1 il faut t\te la lib]t qui e/ conciliable avec l'ordre4 ,je ret\rn]ais la maxime1 en disant3 il faut1 en littrature1 t\t le gt qui e/ conciliable avec le gnie3 c> si l'important dans l'tat social1 c'e/ le repos1 l'important dans la littrature1 au contraire1 c'e/ l'intrt1 le m\vem5t1 l'motion1 dont le gt lui t\t seul e/ s\v5t l'ennemi4 ,on p\rrait propos] un trait de paix entre les faons de jug]1 arti/es et monda9es1 des ,allem&s et des ,franais4 ,les ,franais devrai5t s'ab/5ir de condamn]1 mme une faute de conv5ance1 si elle avait p\r excuse une p5se =te ou un s5tim5t vrai4 ,les ,allem&s devrai5t s'int]dire t\t ce qui (f5se le gt naturel1 t\t ce qui retrace des images que les s5sations rep\ss5t3 aucune ?orie philosophique1 quelque +nieuse qu'elle soit1 ne peut all] contre les rpugnances des s5sations1 comme aucune potique des conv5ances ne saurait emp*] les motions involontaires4 ,les criva9s allem&s les plus spirituels aurai5t beau s\t5ir que1 p\r compr5dre la conduite des filles du roi ,le> env]s leur pre1 il faut montr] la b>b>ie des temps dans lesquels elles vivai5t1 et tolr] que le duc de ,corn\ailles1 excit p> ,rgane1 crase avec son talon1 sur le ?tre1 l'il de ,gloce/]2 notre imag9ation se rvolt]a t\j\rs contre ce spectacle1 et dem&]a qu'on arrive de gr&es beauts p> d'autres moy5s4 ,mais les ,franais aussi dirig]ai5t t\tes leurs critiques littraires contre la prdiction des sorcires de ,macbe?1 l'app>ition de l'ombre de ,banquo1 etc41 qu'on n'en s]ait pas mo9s branl jusqu'au fond de l'me1 p> les t]ribles effets qu'ils v\drai5t proscrire4 ,on ne saurait enseign] le bon gt dans les arts1 comme le bon ton en socit2 c> le bon ton s]t ca*] ce qui n\s manque1 t&is qu'il faut avant t\t1 dans les arts1 un esprit crateur3 le bon gt ne peut t5ir lieu du tal5t en littrature1 c> la meilleure preuve de gt1 lorsqu'on n'a pas de tal5t1 s]ait de ne po9t crire4 ,si l'on osait le dire1 peut-tre tr\v]ait-on qu'en ,france il y a ma9t5ant trop de fre9s p\r des c\rsi]s si peu f\gueux1 et qu'en ,allemagne beauc\p d'indp5dance littraire ne produit pas encore des rsultats assez brillants4 ,,*apitre ,,xv ,de l'art dramatique4 ,le ?tre ex]ce beauc\p d'empire sur les hommes2 une tragdie qui lve l'me1 une comdie qui pe9t les murs et les c>actres1 agiss5t sur l'esprit d'un peuple presque comme un vnem5t rel2 mais p\r obt5ir un gr& succs sur la scne1 il faut avoir tudi le public auquel on s'adresse1 et les motifs de t\te espce sur lesquels son op9ion se fonde4 ,la connaissance des hommes e/ aussi ncessaire que l'imag9ation mme un auteur dramatique2 il doit atte9dre aux s5tim5ts d'un intrt gnral1 sans p]dre de vue les rapports p>ticuli]s qui influ5t sur les spectateurs2 c'e/ la littrature en action1 qu'une pice de ?tre1 et le gnie qu'elle exige n'e/ si r>e1 que p>ce qu'il se compose de l'tonnante runion du tact des circon/ances et de l'inspiration potique4 ,ri5 ne s]ait donc plus absurde que de v\loir cet g>d impos] t\tes les nations le mme sy/me2 qu& il s'agit d'adapt] l'art univ]sel au gt de *aque pays1 l'art immortel aux murs du temps1 des modifications trs importantes sont 9vitables2 et de l vi5n5t tant d'op9ions div]ses sur ce qui con/itue le tal5t dramatique2 dans t\tes les autres bran*es de la littrature1 on e/ plus facilem5t d'accord4 ,on ne peut ni]1 ce me semble1 que les ,franais ne soi5t la nation du monde la plus habile dans la comb9aison des effets du ?tre3 ils l'emport5t aussi sur t\tes les autres p> la dignit des situations et du /yle tragique4 ,mais1 t\t en reconnaissant cette d\ble supriorit1 on peut pr\v] des motions plus pr(ondes p> des ouvrages mo9s bi5 ordonns2 la conception des pices trangres e/ quelquefois plus frappante et plus h>die1 et s\v5t elle r5f]me je ne sais quelle puissance qui p>le plus intimem5t notre cur1 et t\*e de plus prs aux s5tim5ts qui n\s ont p]sonnellem5t agits4 ,comme les ,franais s'ennui5t facilem5t1 ils vit5t les longueurs en t\tes *oses4 ,les ,allem&s1 en allant au ?tre1 ne sacrifi5t d'ord9aire qu'une tri/e p>tie de jeu1 dont les *ances monotones rempliss5t pe9e les heures2 ils ne dem&5t donc pas mieux que de s'tablir tranquillem5t au spectacle1 et de donn] l'auteur t\t le temps qu'il veut p\r prp>] les vnem5ts et dvelopp] les p]sonnages3 l'impati5ce franaise ne tolre pas cette l5teur4 ,les pices allem&es ressembl5t d'ord9aire aux tableaux des anci5s pe9tres3 les physionomies sont belles1 expressives1 recueillies2 mais t\tes les figures sont sur le mme plan1 quelquefois confuses1 ou quelquefois places l'une ct de l'autre1 comme dans les bas-reliefs1 sans tre runies en gr\pes aux yeux des spectateurs4 ,les ,franais p5s5t1 avec raison1 que le ?tre1 comme la pe9ture1 doit tre s\mis aux lois de la p]spective4 ,si les ,allem&s tai5t habiles dans l'art dramatique1 ils le s]ai5t aussi dans t\t le re/e2 mais en aucun g5re ils ne sont capables mme d'une adresse innoc5te3 leur esprit e/ pntrant en ligne droite1 les *oses belles d'une manire absolue sont de leur doma9e2 mais les beauts relatives1 celles qui ti5n5t la connaissance des rapports et la rapidit des moy5s1 ne sont pas d'ord9aire du ressort de leurs facults4 ,il e/ s+uli] qu'entre ces deux peuples les ,franais soi5t celui qui exige la gravit la plus s\t5ue dans le ton de la tragdie2 mais c'e/ prcism5t p>ce que les ,franais sont plus accessibles la plaisant]ie qu'ils ne veul5t pas y donn] lieu1 t&is que ri5 ne drange l'imp]turbable srieux des ,allem&s3 c'e/ t\j\rs dans son ensemble qu'ils jug5t une pice de ?tre1 et ils att5d5t1 p\r la blm] comme p\r l'applaudir1 qu'elle soit f9ie4 ,les impressions des ,franais sont plus promptes2 et c'e/ en va9 qu'on les prvi5drait qu'une pice comique e/ de/9e faire ressortir une situation tragique2 ils se moqu]ai5t de l'une sans att5dre l'autre2 *aque dtail doit tre p\r eux aussi intressant que le t\t3 ils ne font pas crdit d'un mom5t au plaisir qu'ils att5d5t des beaux-arts4 ,la diffr5ce du ?tre franais et du ?tre allem& peut s'expliqu] p> celle du c>actre des deux nations2 mais il se jo9t ces diffr5ces naturelles des oppositions sy/matiques dont il importe de connatre la cause4 ,ce que j'ai dj dit sur la posie classique et romantique s'applique aussi aux pices de ?tre4 ,les tragdies puises dans la my?ologie sont d'une t\te autre nature que les tragdies hi/oriques2 les sujets tirs de la fable tai5t si connus1 l'intrt qu'ils inspirai5t tait si univ]sel1 qu'il suffisait de les indiqu] p\r frapp] d'avance l'imag9ation4 ,ce qu'il y a d'm9emm5t potique dans les tragdies grecques1 l'int]v5tion des dieux et l'action de la fatalit1 r5d leur m>*e beauc\p plus facile2 le dtail des motifs1 le dveloppem5t des c>actres1 la div]sit des faits1 devi5n5t mo9s ncessaires1 qu& l'vnem5t e/ expliqu p> une puissance surnaturelle2 le miracle abrge t\t4 ,aussi l'action de la tragdie1 *ez les ,grecs1 e/-elle d'une tonnante simplicit2 la plup>t des vnem5ts sont prvus et mme annoncs ds le comm5cem5t3 c'e/ une crmonie religieuse qu'une tragdie grecque4 ,le spectacle se donnait en l'honneur des dieux1 et des hymnes int]rompus p> des dialogues et des rcits1 peignai5t tantt les dieux clm5ts1 tantt les dieux t]ribles1 mais t\j\rs le de/9 planant sur la vie de l'homme4 ,lorsque ces mmes sujets ont t transports au ?tre franais1 nos gr&s potes leur ont donn plus de v>it2 ils ont multipli les incid5ts1 mnag les surprises1 et ress]r le nud4 ,il fallait en effet suppler de quelque manire l'intrt national et religieux que les ,grecs pr5ai5t ces pices1 et que n\s n'pr\vions pas2 t\tefois1 non cont5ts d'anim] les pices grecques1 n\s avons prt aux p]sonnages nos murs et nos s5tim5ts1 la politique et la galant]ie mod]nes2 et c'e/ p\r cela qu'un si gr& nombre d'trang]s ne conoiv5t pas l'admiration que nos *efs-d'uvre n\s inspir5t4 ,en effet1 qu& on les ent5d dans une autre langue1 qu& ils sont dp\ills de la beaut magique du /yle1 on e/ surpris du peu d'motion qu'ils produis5t1 et des inconv5ances qu'on y tr\ve2 c> ce qui ne s'accorde ni avec le sicle1 ni avec les murs nationales des p]sonnages que l'on reprs5te1 n'e/-il pas aussi une inconv5ance8 et n'y a-t-il de ridicule que ce qui ne n\s ressemble pas8 ,les pices dont les sujets sont grecs ne p]d5t ri5 la svrit de nos rgles dramatiques2 mais si n\s v\lions gt]1 comme les ,anglais1 le plaisir d'avoir un ?tre hi/orique1 d'tre intresss p> nos s\v5irs1 mus p> notre religion1 comm5t s]ait-il possible de se con=m] rig\reusem5t1 d'une "p1 aux trois units1 et de l'autre1 au g5re de pompe dont on se fait une loi dans nos tragdies8 ,c'e/ une "q si rebattue que celle des trois units1 qu'on n'ose presque pas en rep>l]2 mais de ces trois units il n'y en a qu'une d'importante1 celle de l'action1 et l'on ne peut jamais considr] les autres que comme lui tant subordonnes4 ,or1 si la vrit de l'action p]d la ncessit purile de ne pas *ang] de lieu1 et de se born] v+t-quatre heures1 impos] cette ncessit1 c'e/ s\mettre le gnie dramatique une gne dans le g5re de celle des acro/i*es1 gne qui sacrifie le fond de l'art sa =me4 ,voltaire e/ celui de nos gr&s potes tragiques qui a le plus s\v5t trait des sujets mod]nes4 ,il s'e/ s]vi1 p\r m\voir1 du *ri/ianisme et de la *eval]ie2 et si l'on e/ de bonne foi1 l'on convi5dra1 ce me semble1 qu',alzire1 ,zare et ,tancrde font v]s] plus de l>mes que t\s les *efs-d'uvre grecs et roma9s de notre ?tre4 ,dubelloy1 avec un tal5t bi5 subalt]ne1 e/ p\rtant p>v5u rveill] des s\v5irs franais sur la scne franaise2 et quoiqu'il ne st po9t crire1 on pr\ve1 p> ses pices1 un intrt semblable celui que les ,grecs devai5t ress5tir qu& ils voyai5t reprs5t] devant eux les faits de leur hi/oire4 ,quel p>ti le gnie ne peut-il pas tir] de cette disposition8 ,et cep5dant il n'e/ presque po9t d'vnem5ts qui dat5t de notre re1 dont l'action puisse se pass] ou dans un mme j\r1 ou dans un mme lieu2 la div]sit des faits qu'entrane un ordre social plus compliqu1 les dlicatesses de s5tim5t qu'inspire une religion plus t5dre1 enf91 la vrit de murs1 qu'on doit obs]v] dans les tableaux plus rappro*s de n\s1 exig5t une gr&e latitude dans les compositions dramatiques4 ,on peut cit] un exemple plus rc5t de ce qu'il en cote p\r se con=m]1 dans les sujets tirs de l'hi/oire mod]ne1 notre or?odoxie dramatique4 ,les ,templi]s de ,m4 ,rayn\>d sont c]ta9em5t l'une des pices les plus dignes de l\ange qui ai5t p>u depuis longtemps2 cep5dant qu'y a-t-il de plus trange que la ncessit o l'auteur s'e/ tr\v de reprs5t] l'ordre des ,templi]s accus1 jug1 condamn et brl1 le t\t dans v+t-quatre heures8 ,les tribunaux rvolutionnaires allai5t vite2 mais quelle que ft leur atroce bonne volont1 ils ne s]ai5t jamais p>v5us m>*] aussi rapidem5t qu'une tragdie franaise4 ,je p\rrais montr] les inconvni5ts de l'unit de temps avec non mo9s d'vid5ce1 dans presque t\tes nos tragdies tires de l'hi/oire mod]ne2 mais j'ai *oisi la plus rem>quable de prfr5ce1 p\r faire ressortir ces inconvni5ts4 ,l'un des mots les plus sublimes qu'on puisse ent5dre au ?tre se tr\ve dans cette noble tragdie4 ,a la d]nire scne1 l'on raconte que les ,templi]s *ant5t des psaumes sur leur b*]2 un messag] e/ envoy p\r leur apport] leur grce1 que le roi se dt]m9e leur accord]2 ,mais il n'tait plus temps1 les *ants avai5t cess4 ,c'e/ a9si que le pote n\s appr5d que ces gnreux m>tyrs ont enf9 pri dans les flammes4 ,dans quelle tragdie paenne p\rrait-on tr\v] l'expression d'un tel s5tim5t8 et p\rquoi les ,franais s]ai5t-ils privs au ?tre de t\t ce qui e/ vraim5t en h>monie avec eux1 leurs anctres et leur croyance8 ,les ,franais considr5t l'unit de temps et de lieu comme une condition indisp5sable de l'illusion ?trale2 les trang]s font consi/] cette illusion dans la pe9ture des c>actres1 dans la vrit du langage1 et dans l'exacte obs]vation des murs du sicle et du pays qu'on veut pe9dre4 ,il faut s'ent5dre sur le mot d'illusion dans les arts3 puisque n\s cons5tons croire que des acteurs sp>s de n\s p> quelques plan*es1 sont des hros grecs morts il y a trois mille ans1 il e/ bi5 c]ta9 que ce qu'on appelle l'illusion1 ce n'e/ pas s'imag9] que ce qu'on voit exi/e vritablem5t2 une tragdie ne peut n\s p>atre vraie que p> l'motion qu'elle n\s cause4 ,or1 si1 p> la nature des circon/ances reprs5tes1 le *angem5t de lieu et la prolongation suppose du temps aj\t5t cette motion1 l'illusion en devi5t plus vive4 ,on se pla9t de ce que les plus belles tragdies de ,voltaire1 ,zare et ,tancrde1 sont fondes sur des mal5t5dus2 mais comm5t ne pas avoir rec\rs aux moy5s de l'intrigue1 qu& les dveloppem5ts sont c5ss avoir lieu dans un espace aussi c\rt8 l'art dramatique e/ alors un t\r de =ce2 et p\r faire pass] les plus gr&s vnem5ts trav]s tant de gnes1 il faut une dextrit semblable celle des *>latans1 qui escamot5t aux reg>ds des spectateurs les objets qu'ils leur prs5t5t4 ,les sujets hi/oriques se prt5t encore mo9s que les sujets d'inv5tion aux conditions imposes nos criva9s3 l'tiquette tragique1 qui e/ de rigueur sur notre ?tre1 s'oppose s\v5t aux beauts n\velles dont les pices tires de l'hi/oire mod]ne s]ai5t susceptibles4 ,il y a dans les murs *eval]esques une simplicit de langage1 une navet de s5tim5t ple9e de *>me2 mais ni ce *>me1 ni le pa?tique qui rsulte du contra/e des circon/ances communes et des impressions =tes1 ne peut tre admis dans nos tragdies3 elles exig5t des situations royales en t\t1 et nanmo9s l'intrt pittoresque du moy5 ge ti5t t\te cette div]sit de scnes et de c>actres dont les romans des tr\bad\rs ont fait sortir des effets si t\*ants4 ,la pompe des alex&r9s e/ un plus gr& ob/acle encore que la r\t9e mme du bon gt t\t *angem5t dans la =me et le fond des tragdies franaises3 on ne peut dire en v]s alex&r9s qu'on entre ou qu'on sort1 qu'on dort ou qu'on veille1 sans qu'il faille *]*] p\r cela une t\rnure potique2 et une f\le de s5tim5ts et d'effets sont bannis du ?tre1 non p> les rgles de la tragdie1 mais p> l'exig5ce mme de la v]sification4 ,rac9e e/ le seul criva9 franais qui1 dans la scne de ,johas avec ,a?alie1 se soit une fois j\ de ces difficults3 il a su donn] une simplicit aussi noble que naturelle au langage d'un enfant2 mais cet admirable ef=t d'un gnie sans p>eil n'emp*e pas que les difficults trop multiplies dans l'art ne soi5t s\v5t un ob/acle aux inv5tions les plus heureuses4 ,m4 ,b5jam9 ,con/ant1 dans la prface si ju/em5t admire qui prcde sa tragdie de ,wal/e91 a fait obs]v] que les ,allem&s peignai5t les c>actres dans leurs pices1 et les ,franais seulem5t les passions4 ,p\r pe9dre les c>actres1 il faut ncessairem5t s'c>t] du ton maje/ueux exclusivem5t admis dans la tragdie franaise2 c> il e/ impossible de faire connatre les dfauts et les qualits d'un homme1 si ce n'e/ en le prs5tant s\s div]s rapports2 le vulgaire1 dans la nature1 se mle s\v5t au sublime1 et quelquefois en relve l'effet3 enf91 on ne peut se figur] l'action d'un c>actre que p5dant un espace de temps un peu long1 et dans v+t-quatre heures il ne saurait tre vraim5t "q que d'une cata/rophe4 ,l'on s\ti5dra peut-tre que les cata/rophes convi5n5t mieux au ?tre que les tableaux nuancs2 le m\vem5t excit p> les passions vives plat la plup>t des spectateurs plus que l'att5tion qu'exige l'obs]vation du cur huma94 ,c'e/ le gt national qui seul peut dcid] de ces diffr5ts sy/mes dramatiques2 mais il e/ ju/e de reconnatre que1 si les trang]s conoiv5t l'art ?tral autrem5t que n\s1 ce n'e/ ni p> ignorance1 ni p> b>b>ie1 mais d'aprs des rflexions pr(ondes et qui sont dignes d'tre exam9es4 ,%akespe>e1 qu'on veut appel] un b>b>e1 a peut-tre un esprit trop philosophique1 une pntration trop subtile p\r le po9t de vue de la scne2 il juge les c>actres avec l'imp>tialit d'un tre suprieur1 et les reprs5te quelquefois avec une ironie presque ma*iavlique2 ses compositions ont tant de pr(ondeur1 que la rapidit de l'action ?trale fait p]dre une gr&e p>tie des ides qu'elles r5f]m5t3 s\s ce rapport1 il vaut mieux lire ses pices que de les voir4 ,a =ce d'esprit1 ,%akespe>e refroidit s\v5t l'action1 et les ,franais s'ent5d5t beauc\p mieux pe9dre les p]sonnages a9si que les dcorations1 avec ces gr&s traits qui font effet di/ance4 ,quoi6 dira-t-on1 peut-on repro*] ,%akespe>e trop de f9esse dans les ap]u1 lui qui se p]mit des situations si t]ribles8 ,%akespe>e runit s\v5t des qualits et mme des dfauts contraires2 il e/ quelquefois en de1 quelquefois en del de la sphre de l'art2 mais il possde encore plus la connaissance du cur huma9 que celle du ?tre4 ,dans les drames1 dans les opras-comiques et dans les comdies1 les ,franais montr5t une sagacit et une grce que seuls ils possd5t ce degr2 et d'un b\t de l',europe l'autre1 on ne j\e gure que des pices franaises traduites3 mais il n'en e/ pas de mme des tragdies4 ,comme les rgles svres auxquelles on les s\met font qu'elles sont t\tes plus ou mo9s r5f]mes dans un mme c]cle1 elles ne saurai5t se pass] de la p]fection du /yle p\r tre admires4 ,si l'on v\lait risqu] en ,france1 dans une tragdie1 une innovation quelconque1 aussitt on s'cri]ait que c'e/ un mlodrame2 mais n'importe-t-il pas de savoir p\rquoi les mlodrames font plaisir tant de g5s8 ,en ,anglet]re1 t\tes les classes sont galem5t attires p> les pices de ,%akespe>e4 ,nos plus belles tragdies en ,france n'intress5t pas le peuple2 s\s prtexte d'un gt trop pur et d'un s5tim5t trop dlicat p\r support] de c]ta9es motions1 on divise l'art en deux2 les mauvaises pices conti5n5t des situations t\*antes mal exprimes1 et les belles pices peign5t admirablem5t des situations s\v5t froides1 =ce d'tre dignes3 n\s possdons peu de tragdies qui puiss5t branl] la fois l'imag9ation des hommes de t\s les rangs4 ,ces obs]vations n'ont assurm5t pas p\r objet le mo9dre blme contre nos gr&s matres4 ,quelques scnes produis5t des impressions plus vives dans les pices trangres2 mais ri5 ne peut tre comp> l'ensemble imposant et bi5 comb9 de nos *efs-d'uvre dramatiques3 la "q seulem5t e/ de savoir si1 en se bornant1 comme on le fait ma9t5ant1 l'imitation de ces *efs-d'uvre1 il y en aura jamais de n\veaux4 ,ri5 dans la vie ne doit tre /ationnaire1 et l'art e/ ptrifi qu& il ne *ange plus4 ,v+t ans de rvolution ont donn l'imag9ation d'autres beso9s que ceux qu'elle pr\vait1 qu& les romans de ,crbillon peignai5t l'am\r et la socit du temps4 ,les sujets grecs sont puiss2 un seul homme1 ,lem]ci]1 a su mrit] encore une n\velle gloire dans un sujet antique1 ,agamemnon2 mais la t5dance naturelle du sicle1 c'e/ la tragdie hi/orique4 ,t\t e/ tragdie dans les vnem5ts qui intress5t les nations2 et cet imm5se drame1 que le g5re huma9 reprs5te depuis six mille ans1 f\rnirait des sujets sans nombre p\r le ?tre1 si l'on donnait plus de lib]t l'art dramatique4 ,les rgles ne sont que l'it9raire du gnie2 elles n\s appr5n5t seulem5t que ,corneille1 ,rac9e et ,voltaire ont pass p> l2 mais si l'on arrive au b1 p\rquoi *ican] sur la r\te8 et le b n'e/-il pas d'm\voir l'me en l'ennoblissant8 ,la curiosit e/ un des gr&s mobiles du ?tre3 nanmo9s l'intrt qu'excite la pr(ondeur des affections e/ le seul 9puisable4 ,on s'atta*e la posie1 qui rvle l'homme l'homme2 on aime voir comm5t la crature semblable n\s se dbat avec la s\ffrance1 y succombe en triomphe1 s'abat et se relve s\s la puissance du sort4 ,dans quelques-unes de nos tragdies1 il y a des situations t\t aussi viol5tes que dans les tragdies anglaises ou allem&es2 mais ces situations ne sont pas prs5tes dans t\te leur =ce1 et quelquefois c'e/ p> l'affectation qu'on en ad\cit l'effet1 ou plutt qu'on l'efface4 ,l'on sort r>em5t d'une c]ta9e nature conv5ue1 qui revt de ses c\leurs les murs anci5nes comme les murs mod]nes1 le crime comme la v]tu1 l'assass9at comme la galant]ie4 ,cette nature e/ belle et soigneusem5t p>e1 mais on s'en fatigue la longue2 et le beso9 de se plong] dans des my/res plus pr(onds doit s'emp>] inv9ciblem5t du gnie4 ,il s]ait donc dsir] qu'on pt sortir de l'ence9te que les hmi/i*es et les rimes ont trace aut\r de l'art2 il faut p]mettre plus de h>diesse1 il faut exig] plus de connaissance de l'hi/oire2 c> si l'on s'en ti5t exclusivem5t ces copies t\j\rs plus ples des mmes *efs-d'uvre1 on f9ira p> ne plus voir au ?tre que des m>ionnettes hroques1 sacrifiant l'am\r au devoir1 prfrant la mort l'esclavage1 inspires p> l'anti?se1 dans leurs actions comme dans leurs p>oles1 mais sans aucun rapport avec cette tonnante crature qu'on appelle l'homme1 avec la de/9e r$\table qui t\r t\r l'entrane et le p\rsuit4 ,les dfauts du ?tre allem& sont faciles rem>qu]3 t\t ce qui ti5t au manque d'usage du monde1 dans les arts comme dans la socit1 frappe d'abord les esprits les plus sup]ficiels2 mais1 p\r s5tir les beauts qui vi5n5t de l'me1 il e/ ncessaire d'apport] dans l'apprciation des ouvrages qui n\s sont prs5ts un g5re de bonhomie t\t fait d'accord avec une haute supriorit4 ,la moqu]ie n'e/ s\v5t qu'un s5tim5t vulgaire traduit en imp]t95ce4 ,la facult d'admir] la vritable gr&eur1 trav]s les fautes de gt en littrature1 comme trav]s les inconsqu5ces dans la vie1 cette facult e/ la seule qui honore celui qui juge4 ,en faisant connatre un ?tre fond sur des pr9cipes trs diffr5ts des ntres1 je ne prt5ds assurm5t1 ni que ces pr9cipes soi5t les meilleurs1 ni surt\t qu'on doive les adopt] en ,france3 mais des comb9aisons trangres peuv5t excit] des ides n\velles2 et qu& on voit de quelle /rilit notre littrature e/ m5ace1 il me p>at difficile de ne pas dsir] que nos criva9s recul5t un peu les bornes de la c>rire2 ne f]ai5t-ils pas bi5 de dev5ir leur t\r conqurants dans l'empire de l'imag9ation8 ,il n'en doit gure cot] des ,franais p\r suivre un semblable conseil4 ,,*apitre ,,xvi ,des drames de ,less+4 ,le ?tre allem& n'exi/ait pas avant ,less+2 on n'y j\ait que des traductions ou des imitations des pices trangres4 ,le ?tre a plus beso9 encore que les autres bran*es de la littrature d'une capitale o les ress\rces de la ri*esse et des arts soi5t runies2 et t\t e/ disp]s en ,allemagne4 ,dans une ville il y a des acteurs2 dans l'autre1 des auteurs2 dans une troisime1 des spectateurs2 et nulle "p un foy] o t\s les moy5s soi5t rassembls4 ,less+ employa l'activit naturelle de son c>actre donn] un ?tre national ses compatriotes1 et il crivit un j\rnal intitul la ,dramaturgie1 dans lequel il exam9a la plup>t des pices traduites du franais1 qu'on reprs5tait en ,allemagne3 la p>faite ju/esse d'esprit qu'il montre dans ses critiques suppose encore plus de philosophie que de connaissance de l'art4 ,less+1 en gnral1 p5sait comme ,did]ot sur l'art dramatique4 ,il croyait que la svre rgul>it des tragdies franaises s'opposait ce qu'on pt trait] un gr& nombre de sujets simples et t\*ants1 et qu'il fallait faire des drames p\r y suppler4 ,mais ,did]ot1 dans ses pices1 mettait l'affectation du naturel la place de l'affectation de conv5tion1 t&is que le tal5t de ,less+ e/ vraim5t simple et s9cre4 ,il a donn le premi] aux ,allem&s l'honorable impulsion de travaill] p\r le ?tre d'aprs leur propre gnie4 ,l'orig9alit de son c>actre se manife/e dans ses pices3 cep5dant elles sont s\mises aux mmes pr9cipes que les ntres2 leur =me n'a ri5 de p>ticuli]1 et quoiqu'il ne s'emb>rasst gure de l'unit de temps ni de lieu1 il ne s'e/ po9t lev1 comme ,g! et ,s*ill]1 la conception d'un sy/me n\veau4 ,m9na de ,b>nhelm1 ,emilia ,galotti1 et ,na?an le ,sage1 sont les trois drames de ,less+ qui mrit5t d'tre cits4 ,un (fici] d'un noble c>actre1 aprs avoir reu plusieurs blessures l'arme1 se voit t\t c\p m5ac dans son honneur p> un procs inju/e2 il ne veut pas laiss] voir la femme qu'il aime1 et dont il e/ aim1 l'am\r qu'il a p\r elle1 dt]m9 qu'il e/ ne pas lui faire p>tag] son malheur en l'p\sant4 ,voil t\t le sujet de ,m9na de ,b>nhelm4 ,avec des moy5s aussi simples1 ,less+ a su produire un gr& intrt2 le dialogue e/ ple9 d'esprit et de *>me1 le /yle trs pur1 et *aque p]sonnage se fait si bi5 connatre1 que les mo9dres nuances de ses impressions intress5t1 comme la confid5ce d'un ami4 ,le c>actre d'un vieux s]g5t1 dv\ de t\te son me au jeune (fici] qu'on p]scute1 (fre un mlange heureux de gat et de s5sibilit3 ce g5re de rle russit t\j\rs au ?tre2 la gat plat davantage qu& on e/ assur qu'elle ne ti5t pas l'ins\ciance1 et la s5sibilit p>at plus naturelle qu& elle ne se montre que p> int]valles4 ,dans cette mme pice il y a un rle d'av5turi] franais t\t fait manqu2 il faut avoir la ma9 lgre p\r tr\v] ce qui peut prt] la moqu]ie dans les ,franais2 et la plup>t des trang]s ne les ont pe9ts qu'avec des traits l\rds et dont la ressemblance n'e/ ni dlicate ni frappante4 ,emilia ,galotti n'e/ que le sujet de ,virg9ie transport dans une circon/ance mod]ne et p>ticulire2 ce sont des s5tim5ts trop =ts p\r le cadre1 c'e/ une action trop n]gique p\r qu'on puisse l'attribu] un nom inconnu4 ,less+ avait sans d\te un s5tim5t d'humeur assez rpublica9 contre les c\rtisans1 c> il se complat dans la pe9ture de celui qui veut aid] son matre d%onor] une jeune fille innoc5te2 ce c\rtisan1 ,m>t9elli1 e/ presque trop vil p\r la vraisemblance1 et les traits de sa bassesse n'ont pas assez d'orig9alit3 l'on s5t que ,less+ l'a reprs5t a9si dans un b ho/ile1 et ri5 ne nuit la beaut d'une fiction comme une int5tion quelconque qui n'a pas cette beaut mme p\r objet4 ,le p]sonnage du pr9ce e/ trait p> l'auteur avec plus de f9esse2 les passions tumultueuses et la lgret de c>actre1 dont la runion e/ si fune/e dans un homme puissant1 se font s5tir dans t\te sa conduite2 un vieux m9i/re lui apporte des papi]s p>mi lesquels se tr\ve une s5t5ce de mort3 dans son impati5ce d'all] voir celle qu'il aime1 le pr9ce e/ prt la sign] sans y reg>d]2 le m9i/re pr5d un prtexte p\r ne la pas donn]1 frmissant de voir ex]c] avec cette irrflexion une telle puissance4 ,le rle de la comtesse ,ors9a1 jeune matresse du pr9ce1 qu'il ab&onne p\r milie1 e/ fait avec le plus gr& tal5t2 c'e/ un mlange de frivolit et de viol5ce qui peut trs bi5 se r5contr] dans une itali5ne atta*e une c\r4 ,on voit dans cette femme ce que la socit a produit1 et ce que cette socit mme n'a pu dtruire2 la nature du midi1 comb9e avec ce qu'il y a de plus factice dans le murs du gr& monde1 et le s+uli] assemblage de la fi]t dans le vice1 et de la vanit dans la s5sibilit4 ,une telle pe9ture ne p\rrait entr] ni dans nos v]s1 ni dans nos =mes conv5ues1 mais elle n'en e/ pas mo9s tragique4 ,la scne dans laquelle la comtesse ,ors9a excite le pre d'milie tu] le pr9ce1 p\r drob] sa fille la honte qui la m5ace1 e/ de la plus gr&e beaut2 le vice y arme la v]tu1 la passion y suggre t\t ce que la plus au/re svrit p\rrait dire p\r enflamm] l'honneur jal\x d'un vieill>d2 c'e/ le cur huma9 prs5t dans une situation n\velle1 et c'e/ en cela que consi/e le vrai gnie dramatique4 ,le vieill>d pr5d le poign>d1 et1 ne p\vant assass9] le pr9ce1 il s'en s]t p\r immol] sa propre fille4 ,ors9a1 sans le savoir1 e/ l'auteur de cette action t]rible2 elle a grav ses passagres fureurs dans une me pr(onde1 et les pla9tes ins5ses de son am\r c\pable ont fait v]s] le sang innoc5t4 ,on rem>que dans les rles pr9cipaux des pices de ,less+ un c]ta9 air de famille1 qui f]ait croire que c'e/ lui-mme qu'il a pe9t dans ses p]sonnages2 le major ,tellheim1 dans ,m9na1 ,odo>d1 le pre d'milie1 et le ,templi]1 dans ,na?an1 ont t\s les trois une s5sibilit fire1 dont la te9te e/ misan?ropique4 ,le plus beau des ouvrages de ,less+ c'e/ ,na?an le ,sage2 on ne peut voir dans aucune pice la tolrance religieuse mise en action avec plus de naturel et de dignit4 ,un ,turc1 un ,templi] et un ,juif sont les pr9cipaux p]sonnages de ce drame2 la premire ide en e/ puise dans le conte des trois ,anneaux de ,boccace2 mais l'ordonnance de l'ouvrage app>ti5t en enti] ,less+4 ,le ,turc1 c'e/ le sultan ,salad91 que l'hi/oire reprs5te comme un homme ple9 de gr&eur2 le jeune ,templi] a dans le c>actre t\te la svrit de l'tat religieux qu'il pr(esse1 et le ,juif e/ un vieill>d qui a acquis une gr&e =tune dans le comm]ce1 mais dont les lumires et la bi5faisance r5d5t les habitudes gnreuses4 ,il compr5d t\tes les croyances s9cres1 et voit la ,div9it dans le cur de t\t homme v]tueux4 ,ce c>actre e/ d'une admirable simplicit4 ,l'on s'tonne de l'att5drissem5t qu'il cause1 quoiqu'il ne soit agit ni p> des passions vives ni p> des circon/ances =tes4 ,une fois cep5dant1 on veut enlev] ,na?an une jeune fille laquelle il a s]vi de pre1 et qu'il a comble de so9s depuis sa naissance3 la d\leur de s'en sp>] lui s]ait amre2 et p\r se df5dre de l'inju/ice qui veut la lui ravir1 il raconte comm5t elle e/ tombe entre ses ma9s4 ,les *rti5s immolr5t t\s les ,juifs ,gaza1 et dans la mme nuit1 ,na?an vit prir sa femme et ses sept enfants2 il passa trois j\rs pro/]n dans la p\ssire1 jurant une ha9e implacable aux *rti5s2 peu peu la raison lui rev9t1 et il s'cria3 ,il y a p\rtant un ,dieu2 que sa volont soit faite6 ,dans ce mom5t1 un prtre v9t le pri] de se *>g] d'un enfant *rti51 orphel9 ds le b]ceau1 et le vieill>d hbreu l'adopta4 ,l'att5drissem5t de ,na?an1 en faisant ce rcit meut d'autant plus qu'il *]*e se cont5ir1 et que la pudeur de la vieillesse lui fait dsir] de ca*] ce qu'il pr\ve4 ,sa sublime pati5ce ne se dm5t po9t1 quoiqu'on le blesse dans sa croyance et dans sa fi]t1 en l'accusant comme d'un crime d'avoir lev ,reca dans la religion juive2 et sa ju/ification n'a p\r b que d'obt5ir le droit de faire encore du bi5 l'enfant qu'il a recueilli4 ,la pice de ,na?an e/ plus atta*ante encore p> la pe9ture des c>actres que p> les situations4 ,le ,templi] a dans l'me quelque *ose de f>\*e qui vi5t de la cra9te d'tre s5sible4 ,la prodigalit ori5tale de ,salad9 fait contra/e avec l'conomie gnreuse de ,na?an4 ,le trsori] du sultan1 un d]vi*e vieux et svre1 l'av]tit que ses rev5us sont puiss p> ses l>gesses4--,je m'en afflige1 dit ,salad91 p>ce que je s]ai =c de retran*] de mes dons2 quant moi1 j'aurai t\j\rs ce qui fait t\te ma =tune1 un *eval1 une pe et un seul ,dieu4--,na?an e/ un ami des hommes2 mais la dfaveur dans laquelle le nom de juif l'a fait vivre au milieu de la socit mle une sorte de dda9 p\r la nature huma9e l'expression de sa bont4 ,*aque scne aj\te quelques traits piquants et spirituels au dveloppem5t de ces div]s p]sonnages2 mais leurs relations ensemble ne sont pas assez vives p\r excit] une =te motion4 ,a la f9 de la pice1 on dc\vre que le ,templi] et la fille adopte p> le ,juif sont frre et sur1 et que le sultan e/ leur oncle4 ,l'int5tion de l'auteur a visiblem5t t de donn] dans sa famille dramatique l'exemple d'une frat]nit religieuse plus t5due4 ,le b philosophique v]s lequel t5d t\te la pice en dim9ue l'intrt au ?tre2 il e/ presque impossible qu'il n'y ait pas une c]ta9e froideur dans un drame qui a p\r objet de dvelopp] une ide gnrale1 quelque belle qu'elle soit2 cela ti5t de l'apologue1 et l'on dirait que les p]sonnages ne sont pas l p\r leur compte1 mais p\r s]vir l'avancem5t des lumires4 ,sans d\te1 il n'y a pas de fiction1 il n'y a pas mme d'vnem5t rel dont on ne puisse tir] une p5se2 mais il faut que ce soit l'vnem5t qui amne la rflexion1 et non pas la rflexion qui fasse inv5t] l'vnem5t2 l'imag9ation dans les beaux-arts doit t\j\rs agir la premire4 ,il a p>u depuis ,less+ un nombre inf9i de drames en ,allemagne2 ma9t5ant on comm5ce s'en lass]4 ,le g5re mixte du drame ne s'introduit gure qu' cause de la contra9te qui exi/e dans les tragdies3 c'e/ une espce de contreb&e de l'art2 mais lorsque l'entire lib]t e/ admise1 on ne s5t plus la ncessit d'avoir rec\rs aux drames p\r faire usage des circon/ances simples et naturelles4 ,le drame ne cons]v]ait donc qu'un avantage1 celui de pe9dre1 comme les romans1 les situations de notre propre vie1 les murs du temps o n\s vivons2 nanmo9s1 qu& on n'ent5d prononc] au ?tre que des noms inconnus1 on p]d l'un des plus gr&s plaisirs que la tragdie puisse donn]1 les s\v5irs hi/oriques qu'elle retrace4 ,on croit tr\v] plus d'intrt dans le drame1 p>ce qu'il n\s reprs5te ce que n\s voyons t\s les j\rs3 mais une imitation trop rappro*e du vrai n'e/ pas ce que l'on re*]*e dans les arts4 ,le drame e/ la tragdie ce que les figures de cire sont aux /atues2 il y a trop de vrit et pas assez d'idal2 c'e/ trop1 si c'e/ de l'art1 et jamais assez p\r que ce soit de la nature4 ,less+ ne peut tre considr comme un auteur dramatique du premi] rang2 il s'tait occup de trop d'objets div]s p\r avoir un gr& tal5t en quelque g5re que ce ft4 ,l'esprit e/ univ]sel2 mais l'aptitude naturelle l'un des beaux-arts e/ ncessairem5t exclusive4 ,less+ tait1 avant t\t1 un dialectici5 de la plus gr&e =ce1 et c'e/ un ob/acle l'loqu5ce dramatique1 c> le s5tim5t ddaigne les transitions1 les gradations et les motifs2 c'e/ une inspiration cont9uelle et spontane1 qui ne peut se r5dre compte d'elle-mme4 ,less+ tait bi5 lo9 sans d\te de la s*]esse philosophique2 mais il avait dans le c>actre plus de vivacit que de s5sibilit2 le gnie dramatique e/ plus biz>re1 plus sombre1 plus inatt5du que ne p\vait l'tre un homme qui avait consacr la plus gr&e p>tie de sa vie au raisonnem5t4 ,,*apitre ,,xvii ,les ,brig&s et ,don ,c>los1 de ,s*ill]4 ,s*ill]1 dans sa premire jeunesse1 avait une v]ve de tal5t1 une sorte d'ivresse de p5se qui le dirigeait mal4 ,la ,conjuration de ,fiesque1 l',intrigue et l',am\r1 enf9 les ,brig&s1 qu'on a j\s sur le ?tre franais1 sont des ouvrages que les pr9cipes de l'art comme ceux de la morale1 peuv5t rpr\v]2 mais depuis l'ge de v+t-c9q ans1 les crits de ,s*ill] fur5t t\s purs et svres4 ,l'ducation de la vie dprave les hommes lg]s1 et p]fectionne ceux qui rfl*iss5t4 ,les ,brig&s ont t traduits en franais1 mais s+ulirem5t altrs2 d'abord en n'a pas tir p>ti de l'poque qui donne un intrt hi/orique cette pice4 ,la scne se passe dans le qu9zime sicle1 au mom5t o l'on publia dans l',empire l'dit de paix p]ptuelle1 qui df5dait t\s les dfis p>ticuli]s4 ,cet dit fut trs avantageux1 sans d\te1 au repos de l',allemagne2 mais les jeunes g5til%ommes1 acc\tums vivre au milieu des prils et s'appuy] sur leur =ce individuelle1 crur5t tomb] dans une sorte d'in]tie honteuse1 qu& il fallut se s\mettre l'empire des lois4 ,ri5 n'tait plus absurde que cette manire de voir2 t\tefois1 comme les hommes ne sont d'ord9aire g\v]ns que p> l'habitude1 il e/ naturel que le mieux mme puisse les rvolt]1 p> cela seul que c'e/ un *angem5t4 ,le *ef des brig&s de ,s*ill] e/ mo9s odieux qu'il ne le s]ait dans le temps actuel1 c> il n'y avait pas une bi5 gr&e diffr5ce entre l'an>*ie fodale s\s laquelle il vivait1 et l'exi/5ce de b&it qu'il adopte2 mais c'e/ prcism5t le g5re d'excuse que l'auteur lui donne1 qui r5d sa pice plus dang]euse4 ,elle a produit1 il faut en conv5ir1 un mauvais effet en ,allemagne4 ,des jeunes g5s1 en?\sia/es du c>actre et de la vie du *ef des brig&s1 ont essay de l'imit]4 ,ils honorai5t leur gt p\r une vie lic5cieuse du nom d'am\r de la lib]t1 et se croyai5t indigns contre les abus de l'ordre social1 qu& ils n'tai5t que fatigus de leur situation p>ticulire4 ,leurs essais de rvolte ne fur5t que ridicules2 nanmo9s les tragdies et les romans ont beauc\p plus d'importance en ,allemagne que dans aucun autre pays4 ,on y fait t\t srieusem5t1 et lire tel ouvrage1 ou voir telle pice1 influe sur le sort de la vie4 ,ce qu'on admire comme art1 on veut l'introduire dans l'exi/5ce relle4 ,w]!r a caus plus de suicides que la plus belle femme du monde2 et la posie1 la philosophie1 l'idal enf91 ont s\v5t plus d'empire sur les ,allem&s que la nature et les passions mme4 ,le sujet des ,brig&s e/ comme celui d'un gr& nombre de fictions1 qui t\tes ont p\r orig9e la p>abole de l',enfant prodigue4 ,un fils hypocrite se conduit bi5 en app>5ce2 un fils c\pable a de bons s5tim5ts1 malgr ses fautes4 ,cette opposition e/ trs belle s\s le po9t de vue religieux1 p>ce qu'elle n\s atte/e que ,dieu lit dans les curs2 mais elle a de gr&s inconvni5ts1 lorsqu'on veut inspir] trop d'intrt p\r le fils qui a quitt la maison pat]nelle4 ,t\s les jeunes g5s dont la tte e/ mauvaise s'attribu5t en consqu5ce un bon cur1 et ri5 n'e/ plus absurde cep5dant que de se suppos] des qualits p>ce qu'on se s5t des dfauts2 cette g>antie ngative e/ trs peu c]ta9e1 c> de ce que l'on manque de raison1 il ne s'ensuit pas du t\t qu'on ait de la s5sibilit3 la folie n'e/ s\v5t qu'un gsme imptueux4 ,le rle du fils hypocrite1 tel que ,s*ill] l'a reprs5t1 e/ beauc\p trop hassable4 ,c'e/ un des dfauts des criva9s trs jeunes1 de dess9] avec des traits trop brusques2 on pr5d les nuances dans les tableaux p\r de la timidit de c>actre1 t&is qu'elles sont la preuve de la maturit du tal5t4 ,si les p]sonnages en seconde ligne ne sont pas pe9ts avec assez de vrit dans la pice de ,s*ill]1 les passions du *ef des brig&s y sont exprimes d'une manire admirable4 ,l'n]gie de ce c>actre se manife/e t\r t\r p> l'incrdulit1 la religion1 l'am\r et la b>b>ie3 ne tr\vant po9t se plac] dans l'ordre1 il se fait j\r trav]s le crime2 l'exi/5ce e/ p\r lui comme une sorte de dlire qui s'exalte tantt p> la fureur1 et tantt p> le remords4 ,les scnes d'am\r entre la jeune fille et le *ef des brig&s qui devait tre son p\x1 sont admirables d'en?\siasme et de s5sibilit2 il e/ peu de situations plus t\*antes que celle de cette femme p>faitem5t v]tueuse1 s'intressant t\j\rs au fond du cur celui qu'elle aimait avant qu'il se ft r5du crim9el4 ,le respect qu'une femme e/ acc\tume de ress5tir p\r l'homme qu'elle aime se *ange en une sorte de t]reur et de piti1 et l'on dirait que l'in=tune se flatte encore d'tre1 dans le ciel1 l'ange protecteur de son c\pable ami1 alors qu'elle ne peut plus dev5ir son heureuse compagne sur la t]re4 ,on ne peut jug] de la pice de ,s*ill] dans la traduction franaise4 ,on n'y a cons]v1 p\r a9si dire1 que la pantomime de l'action2 l'orig9alit des c>actres a disp>u1 et c'e/ elle qui seule peut r5dre une fiction vivante2 les plus belles tragdies devi5drai5t des mlodrames si l'on en tait la pe9ture anime des s5tim5ts et des passions4 ,la =ce des vnem5ts ne suffit pas p\r li] le spectateur avec les p]sonnages2 qu'ils s'aim5t ou qu'ils se tu5t1 peu n\s importe1 si l'auteur n'a pas excit notre sympa?ie p\r eux4 ,don ,c>los e/ aussi un ouvrage de la jeunesse de ,s*ill]1 et cep5dant on le considre comme une composition du premi] rang4 ,ce sujet de don ,c>los e/ un des plus dramatiques que l'hi/oire puisse (frir4 ,une jeune pr9cesse1 fille de ,h5ri ,,ii1 quitte la ,france et la c\r brillante et *eval]esque du roi son pre1 p\r s'unir un vieux tyran tellem5t sombre et svre1 que le c>actre mme des ,espagnols fut altr p> son rgne et que1 p5dant longtemps1 la nation porta l'empre9te de son matre4 ,don ,c>los1 fianc d'abord lisabe?1 l'aime encore quoiqu'elle soit dev5ue sa belle-mre4 ,la r=mation et la rvolte des ,pays-,bas1 ces gr&s vnem5ts politiques1 se ml5t la cata/rophe tragique de la condamnation du fils p> le pre3 l'intrt individuel et l'intrt public se tr\v5t runis au plus haut degr dans cette tragdie4 ,plusieurs criva9s ont trait ce sujet en ,france2 mais on n'a pu1 dans l'anci5 rgime1 le mettre sur le ?tre2 on croyait que c'tait manqu] d'g>ds l',espagne que de reprs5t] ce fait de son hi/oire4 ,on dem&ait ,m4 d',ar&a1 cet ambassadeur d',espagne connu p> tant de traits qui pr\v5t la =ce de son c>actre et les bornes de son esprit1 la p]mission de faire j\] une tragdie de ,don ,c>los1 que l'auteur v5ait d'a*ev]1 et dont il esprait une gr&e gloire4 ,que ne pr5d-il un autre sujet8 rpondit ,m4 d',ar&a4--,monsieur l'ambassadeur1 lui disait-on1 faites att5tion que la pice e/ t]m9e1 que l'auteur y a consacr trois ans de sa vie4--,mais1 mon ,dieu1 repr5ait l'ambassadeur1 n'y a-t-il donc que cet vnem5t dans l'hi/oire8 ,qu'il en *oisisse un autre4--,jamais on ne put le faire sortir de cet +nieux raisonnem5t1 qu'appuyait une volont =te4 ,les sujets hi/oriques ex]c5t le tal5t d'une t\te autre manire que les sujets d'inv5tion2 nanmo9s1 il faut peut-tre encore plus d'imag9ation p\r reprs5t] l'hi/oire dans une tragdie1 que p\r crer volont les situations et les p]sonnages4 ,altr] ess5tiellem5t les faits1 en les transportant sur la scne1 c'e/ t\j\rs produire une impression dsagrable2 on s'att5d la vrit1 et l'on e/ pniblem5t surpris qu& l'auteur y sub/itue la fiction quelconque qu'il lui a plu de *oisir2 cep5dant l'hi/oire a beso9 d'tre arti/em5t comb9e p\r faire effet au ?tre1 et il faut runir t\t la fois1 dans la tragdie1 le tal5t de pe9dre le vrai et celui de le r5dre potique4 ,des difficults d'un autre g5re se prs5t5t qu& l'art dramatique p>c\rt le va/e *amp de l'inv5tion2 on dirait qu'il e/ plus libre1 cep5dant ri5 n'e/ plus r>e que de c>actris] assez des p]sonnages inconnus1 p\r qu'ils ai5t autant de consi/ance que des noms dj clbres4 ,le>1 ,o!llo1 ,orosmane1 ,tancrde1 ont reu de ,%akespe>e et de ,voltaire l'immortalit1 sans avoir j\i de la vie2 t\tefois les sujets d'inv5tion sont d'ord9aire l'cueil du pote p> l'indp5dance mme qu'ils lui laiss5t4 ,les sujets hi/oriques sembl5t impos] de la gne2 mais qu& on saisit bi5 le po9t d'appui qu'(fr5t de c]ta9es bornes1 la c>rire qu'elles trac5t et l'lan qu'elles p]mett5t1 ces bornes mmes sont favorables au tal5t4 ,la posie fidle fait ressortir la vrit comme le rayon du soleil les c\leurs1 et donne aux vnem5ts qu'elle retrace l'clat que les tnbres du temps leur avai5t ravi4 ,l'on prfre en ,allemagne les tragdies hi/oriques1 lorsque l'art s'y manife/e1 comme le ,prophte du pass#cj4 ,l'auteur qui veut compos] un tel ouvrage doit se transport] t\t enti] dans le sicle et dans les murs des p]sonnages qu'il reprs5te1 et l'on aurait raison de critiqu] plus svrem5t un ana*ronisme dans les s5tim5ts et dans les p5ses que dans les dates4 ,c'e/ d'aprs ces pr9cipes que quelques p]sonnes ont blm ,s*ill] d'avoir inv5t le c>actre du m>quis de ,posa1 noble ,espagnol1 p>tisan de la lib]t1 de la tolrance1 passionn p\r t\tes les ides n\velles qui comm5ai5t alors f]m5t] en ,europe4 ,je crois qu'on peut repro*] ,s*ill] d'avoir fait nonc] ses propres op9ions p> le m>quis de ,posa2 mais ce n'e/ pas1 comme on l'a prt5du1 l'esprit philosophique du dix-huitime sicle qu'il lui a donn4 ,le m>quis de ,posa1 tel que l'a pe9t ,s*ill]1 e/ un en?\sia/e allem&2 et ce c>actre e/ si trang] notre temps1 qu'on peut aussi bi5 le croire du seizime sicle que du ntre4 ,une plus gr&e erreur1 peut-tre1 c'e/ de suppos] que ,philippe ,,ii pt c\t] longtemps avec plaisir un tel homme1 et qu'il lui ait donn mme p\r un in/ant sa confiance4 ,posa dit avec raison1 en p>lant de ,philippe ,,ii3--,je faisais d'inutiles ef=ts p\r exalt] son me1 et1 dans cette t]re refroidie1 les fleurs de ma p5se ne p\vai5t prospr]4 ,mais ,philippe ,,ii ne se ft jamais entret5u avec un jeune homme tel que le m>quis de ,posa4 ,le vieux fils de ,*>les-,qu9t ne devait voir1 dans la jeunesse et l'en?\siasme1 que le tort de la nature et le crime de la r=mation2 s'il avait pu se confi] un j\r un tre gnreux1 il et dm5ti son c>actre et mrit le p>don des sicles4 ,il y a des inconsqu5ces dans le c>actre de t\s les hommes1 mme dans celui des tyrans2 mais elles ti5n5t p> des li5s invisibles leur nature4 ,dans la pice de ,s*ill]1 une de ces inconsqu5ces e/ s+ulirem5t bi5 saisie4 ,le duc de ,m$9a-,sidonia1 gnral avanc en ge1 qui a comm& l'inv9cible ,armada dissipe p> la flotte anglaise et les orages1 revi5t1 et t\t le monde croit que le c\rr\x de ,philippe ,,ii va l'anantir4 ,les c\rtisans s'c>t5t de lui1 nul n'ose l'appro*]2 il se jette aux g5\x de ,philippe1 et lui dit3 ,sire1 v\s voyez en moi t\t ce qui re/e de la flotte et de l'intrpide arme que v\s m'aviez confies4--,dieu e/ au-dessus de moi1 rpond ,philippe2 je v\s ai envoy contre des hommes1 mais non pas contre des temptes2 soyez considr comme mon digne s]viteur4 ,voil de la magnanimit2 et cep5dant quoi ti5t-elle8 un c]ta9 respect p\r la vieillesse1 dans un mon>que tonn que la nature se soit p]mis de le faire vieux2 l'orgueil1 qui ne p]met pas ,philippe de s'attribu] lui-mme ses rev]s1 en s'accusant d'un mauvais *oix2 l'indulg5ce qu'il se s5t p\r un homme abaiss p> le sort1 lui qui v\drait qu'un j\g quelconque c\rbt t\s les g5res de fi]t1 except la si5ne2 enf91 au c>actre mme d'un despote1 que les ob/acles naturels rvolt5t mo9s que la plus faible rsi/ance volontaire4 ,cette scne jette une lueur pr(onde sur le c>actre de ,philippe ,,ii4 ,sans d\te le p]sonnage du m>quis de ,posa peut tre considr comme l'uvre d'un jeune pote qui a beso9 de donn] son me son p]sonnage favori2 mais c'e/ une belle *ose en soi-mme que ce c>actre pur et exalt1 au milieu d'une c\r o le sil5ce et la t]reur ne sont tr\bls que p> le bruit s\t]ra9 de l'intrigue4 ,don ,c>los ne peut tre un gr& homme2 son pre doit l'avoir opprim ds l'enfance3 le m>quis de ,posa e/ un int]mdiaire qui semble indisp5sable entre ,philippe et son fils4 ,don ,c>los a t\t l'en?\siasme des affections du cur2 ,posa1 celui des v]tus publiques3 l'un devrait tre le roi1 l'autre l'ami2 et ce dplacem5t mme dans les c>actres e/ une ide +nieuse3 c> s]ait-il possible que le fils d'un despote sombre et cruel ft un hros citoy58 o aurait-il appris e/im] les hommes8 ,e/-ce p> son pre1 qui les mprise1 ou p> les c\rtisans de son pre1 qui mrit5t ce mpris8 ,don ,c>los doit tre faible p\r tre bon1 et la place mme que son am\r ti5t dans sa vie exclut de son me t\tes les p5ses politiques4 ,je le rpte donc1 l'inv5tion du p]sonnage du m>quis de ,posa me p>at ncessaire p\r reprs5t] dans la pice les gr&s intrts des nations1 et cette =ce *eval]esque qui se trans=mait t\t c\p p> les lumires du temps en am\r de la lib]t4 ,de quelque manire qu'on et pu modifi] ces s5tim5ts1 ils ne conv5ai5t pas au pr9ce royal2 ils aurai5t pris en lui le c>actre de la gnrosit1 et il ne faut pas que la lib]t soit jamais reprs5te comme un don du p\voir4 ,la gravit crmonieuse de la c\r de ,philippe ,,ii e/ c>actrise d'une manire bi5 frappante dans la scne d'lisabe? avec ses dames d'honneur4 ,elle dem&e l'une d'elles ce qu'elle aime le mieux1 du sj\r d',aranjuez ou de ,madrid2 la dame d'honneur rpond que les re9es d',espagne ont c\tume1 depuis des temps immmoriaux1 de re/] trois mois ,madrid1 et trois mois ,aranjuez4 ,elle ne se p]met pas le mo9dre signe de prfr5ce p\r un sj\r ou p\r un autre2 elle se croit faite p\r ne ri5 pr\v]1 en aucun g5re1 qui ne lui soit comm&4 lisabe? dem&e sa fille2 on lui rpond que l'heure fixe p\r qu'elle la voie n'e/ pas encore arrive4 ,enf91 le roi p>at1 et il exile p\r dix ans cette mme dame d'honneur si rsigne1 p>ce qu'elle a laiss la re9e une demi-heure seule4 ,philippe ,,ii se rconcilie un mom5t avec don ,c>los1 et repr5d sur lui1 p> une p>ole de bont1 t\t l'asc5dant pat]nel4--,voyez1 lui dit ,c>los1 les cieux s'abaiss5t p\r assi/] la rconciliation d'un pre avec son fils4 ,c'e/ un beau mom5t que celui o le m>quis de ,posa1 n'esprant plus *app] la v5geance de ,philippe ,,ii1 prie lisabe? de recomm&] don ,c>los l'accomplissem5t des projets qu'ils ont =m ensemble p\r la gloire et le bonheur de la nation espagnole4 ,rappelez-lui1 dit-il1 qu& il s]a dans l'ge mr1 rappelez-lui qu'il doit port] respect aux rves de sa jeunesse4 ,en effet1 qu& on avance dans la vie1 la prud5ce pr5d tort le pas sur t\tes les autres v]tus2 on dirait que t\t e/ folie dans la *aleur de l'me2 et cep5dant1 si l'homme p\vait la cons]v] encore qu& l'expri5ce l'claire1 s'il hritait du temps sans se c\rb] s\s son poids1 il n'insult]ait jamais aux v]tus exaltes1 dont le premi] conseil e/ t\j\rs le sacrifice de soi-mme4 ,le m>quis de ,posa1 p> une suite de circon/ances trop embr\illes1 a cru s]vir don ,c>los auprs de ,philippe1 en p>aissant le sacrifi] la fureur de son pre4 ,il n'a pu russir dans ses projets2 le pr9ce e/ conduit en prison1 le m>quis de ,posa va l'y tr\v]1 lui explique les motifs de sa conduite1 et1 p5dant qu'il se ju/ifie1 un assass9 envoy p> ,philippe ,,ii le fait tomb]1 atte9t d'une balle meurtrire1 aux pi$s de son ami4 ,la d\leur de don ,c>los e/ admirable2 il r$em&e le compagnon de sa jeunesse son pre qui l'a tu1 comme si l'assass9 cons]vait encore le p\voir de r5dre la vie sa victime4 ,les reg>ds fixs sur ce corps immobile qu'animai5t nagure tant de p5ss1 don ,c>los1 condamn lui-mme prir1 appr5d t\t ce qu'e/ la mort dans les traits glacs de son ami4 ,il y a dans cette tragdie deux mo9es1 dont les c>actres et le g5re de vie sont en contra/e3 l'un1 c'e/ ,dom+o1 le confesseur du roi2 et l'autre1 un prtre retir dans un c\v5t solitaire1 la porte de ,madrid4 ,dom+o n'e/ qu'un mo9e intrigant1 p]fide et c\rtisan1 confid5t du duc d',albe1 dont le c>actre disp>at ncessairem5t ct de celui de ,philippe2 c> ,philippe pr5d lui seul t\t ce qu'il y a de beau dans le t]rible4 ,le mo9e solitaire reoit1 sans les connatre1 don ,c>los et ,posa1 qui se sont donn r5dez-v\s dans son c\v5t1 au milieu de leurs plus gr&es agitations4 ,le calme1 la rsignation du prieur qui les accueille1 produis5t un effet t\*ant4 ,a ces murs1 dit le pieux solitaire1 f9it le monde4 ,mais ri5 dans t\te la pice n'gale l'orig9alit de l'avant-d]nire scne du c9quime acte1 entre le roi et le gr& inquisiteur4 ,philippe1 p\rsuivi p> sa jal\se ha9e contre son propre fils1 et p> la t]reur du crime qu'il va commettre1 ,philippe envie ses pages qui dorm5t paisiblem5t au pi$ de son lit1 t&is que l'enf] de son propre cur le prive de t\t repos4 ,il envoie *]*] le gr& inquisiteur1 p\r le consult] sur la condamnation de don ,c>los4 ,ce mo9e c>d9al a quatre-v+t-dix ans2 il e/ plus g que ne le s]ait ,*>les-,qu9t1 dont il a t le prcepteur2 il e/ aveugle1 et vit dans une solitude absolue2 les seuls espions de l'inquisition vi5n5t lui apport] des n\velles de ce qui se passe dans le monde2 il s'in=me seulem5t s'il y a des crimes1 des fautes ou des p5ses punir4 ,a ses yeux1 ,philippe ,,ii1 g de soixante ans1 e/ encore jeune4 ,le plus sombre1 le plus prud5t des despotes1 lui p>at un s\v]a9 inconsidr1 dont la tolrance introduira la r=mation en ,europe2 c'e/ un homme de bonne foi1 mais tellem5t dess* p> le temps1 qu'il app>at comme un spectre vivant que la mort a oubli de frapp]1 p>ce qu'elle le croyait depuis longtemps dans le tombeau4 ,il dem&e compte ,philippe ,,ii de la mort du m>quis de ,posa3 il la lui repro*e1 p>ce que c'tait l'inquisition le faire prir2 et1 s'il regrette la victime1 c'e/ p>ce qu'on l'a priv du droit de l'immol]4 ,philippe ,,ii l'int]roge sur la condamnation de son fils3--,f]ez-v\s pass] en moi1 lui dit-il1 une croyance qui dp\ille de son horreur le meurtre d'un fils8--,le gr& inquisiteur lui rpond3--,p\r apais] l't]nelle ju/ice1 le fils de ,dieu m\rut sur la croix4--,quel mot6 quelle application sangu9aire du dogme le plus t\*ant6 ,ce vieill>d aveugle fait app>atre avec lui t\t un sicle4 ,la t]reur pr(onde que l'inquisition et le fanatisme mme de ce temps devai5t faire pes] sur l',espagne1 t\t e/ pe9t p> cette scne laconique et rapide2 nulle loqu5ce ne p\rrait exprim] a9si une telle f\le de p5ses mises habilem5t en action4 ,je sais que l'on p\rrait relev] beauc\p d'inconv5ances dans la pice de ,don ,c>los2 mais je ne me suis pas *>ge de ce travail1 p\r lequel il y a beauc\p de concurr5ts4 ,les littrateurs les plus ord9aires peuv5t tr\v] des fautes de gt dans ,%akespe>e1 ,s*ill]1 ,g!1 etc42 mais1 qu& il ne s'agit dans les ouvrages de l'art que de retran*]1 cela n'e/ pas difficile2 c'e/ l'me et le tal5t qu'aucune critique ne peut donn]3 c'e/ l ce qu'il faut respect] p>t\t o l'on le tr\ve1 de quelque nuage que ces rayons cle/es soi5t environns4 ,lo9 de se rj\ir des erreurs du gnie1 l'on s5t qu'elles dim9u5t le patrimo9e de la race huma9e1 et les titres de gloire dont elle s'enorgueillit4 ,l'ange tutlaire que ,/]ne a pe9t avec tant de grce1 ne p\rrait-il pas v]s] une l>me sur les dfauts d'un bel ouvrage1 comme sur les torts d'une noble vie1 af9 d'en effac] le s\v5ir8 ,je ne m'arrt]ai pas davantage sur les pices de la jeunesse de ,s*ill]2 d'abord1 p>ce qu'elles sont traduites en franais1 et secondem5t1 p>ce qu'il n'y manife/e pas encore ce gnie hi/orique qui l'a fait si ju/em5t admir] dans les tragdies de son ge mr4 ,don ,c>los mme1 quoique fond sur un fait hi/orique1 e/ presque un ouvrage d'imag9ation4 ,l'intrigue en e/ trop complique2 un p]sonnage de pure inv5tion1 le m>quis de ,posa1 y j\e un trop gr& rle2 on dirait que cette tragdie passe entre l'hi/oire et la posie1 sans satisfaire entirem5t ni l'une ni l'autre3 il n'en e/ c]ta9em5t pas a9si de celles dont je vais essay] de donn] une ide4 ,,*apitre ,,xviii ,wal/e9 et ,m>ie ,/u>t4 ,wal/e9 e/ la tragdie la plus nationale qui ait t reprs5te sur le ?tre allem&2 la beaut des v]s et la gr&eur du sujet transportr5t d'en?\siasme t\s les spectateurs ,weim>1 o elle a d'abord t donne1 et l',allemagne se flatta de possd] un n\veau ,%akespe>e4 ,less+1 en blmant le gt franais1 et en se ralliant ,did]ot dans la manire de concevoir l'art dramatique1 avait banni la posie du ?tre1 et l'on n'y voyait plus que des romans dialogus1 o l'on cont9uait la vie telle qu'elle e/ d'ord9aire1 en multipliant seulem5t sur les plan*es les vnem5ts qui arriv5t plus r>em5t dans la ralit4 ,s*ill] imag9a de mettre sur la scne une circon/ance rem>quable de la gu]re de tr5te ans1 de cette gu]re civile et religieuse qui a fix p\r plus d'un sicle1 en ,allemagne1 l'quilibre des deux p>tis prote/ant et ca?olique4 ,la nation allem&e e/ tellem5t divise1 qu'on ne sait jamais si les exploits d'une moiti de cette nation sont un malheur ou une gloire p\r l'autre2 nanmo9s1 le ,wal/e9 de ,s*ill] a fait pr\v] t\s un gal en?\siasme4 ,le mme sujet e/ p>tag en trois pices diffr5tes2 le ,camp de ,wal/e91 qui e/ la premire des trois1 reprs5te les effets de la gu]re sur la masse du peuple et de l'arme2 la seconde1 les ,piccolom9i1 montre les causes politiques qui prp>r5t les diss5sions entre les *efs2 et la troisime1 la mort de ,wal/e91 e/ le rsultat de l'en?\siasme et de l'envie que la rputation de ,wal/e9 avait excits4 ,j'ai vu j\] le prologue1 intitul le ,camp de ,wal/e92 on se croyait au milieu d'une arme1 et d'une arme de p>tisans bi5 plus vive et bi5 mo9s discipl9e que les tr\pes rgles4 ,les paysans1 les recrues1 les viv&ires1 les soldats1 t\t conc\rait l'effet de ce spectacle2 l'impression qu'il produit e/ si gu]rire1 que lorsqu'on le donna sur le ?tre de ,b]l91 devant des (fici]s qui p>tai5t p\r l'arme1 des cris d'en?\siasme se fir5t ent5dre de t\tes p>ts4 ,il faut une imag9ation bi5 puissante dans un homme de lettres p\r se figur] a9si la vie des camps1 l'indp5dance1 la joie turbul5te excite p> le dang] mme4 ,l'homme1 dgag de t\s ses li5s1 sans regrets et sans prvoyance1 fait des annes un j\r1 et des j\rs un in/ant2 il j\e t\t ce qu'il possde1 obx au has>d s\s la =me de son gnral3 la mort1 t\j\rs prs5te1 le dlivre gam5t des s\cis de la vie4 ,ri5 n'e/ plus orig9al1 dans le camp de ,wal/e91 que l'arrive d'un capuc9 au milieu de la b&e tumultueuse des soldats qui croi5t df5dre la cause du ca?olicisme4 ,le capuc9 leur pr*e la modration et la ju/ice dans un langage ple9 de quolibets et de calemb\rs1 et qui ne diffre de celui des camps que p> la re*]*e et l'usage de quelques p>oles lat9es3 l'loqu5ce biz>re et soldatesque du prtre1 la religion rude et grossire de ceux qui l'c\t5t1 t\t cela prs5te un spectacle de confusion trs rem>quable4 ,l'tat social en f]m5tation montre l'homme s\s un s+uli] aspect2 ce qu'il a de sauvage rep>at1 et les re/es de la civilisation err5t comme un vaisseau bris sur les vagues agites4 ,le camp de ,wal/e9 e/ une +nieuse introduction aux deux autres pices2 il pntre d'admiration p\r ce gnral dont les soldats p>l5t sans cesse1 dans leurs jeux comme dans leurs prils3 et qu& la tragdie comm5ce1 on cons]ve l'impression du prologue qui l'a prcde1 comme si l'on avait t tmo9 de l'hi/oire que la posie doit embellir4 ,la seconde des pices1 intitule les ,piccolom9i1 conti5t les discordes qui s'lv5t entre l'emp]eur et son gnral1 entre le gnral et ses compagnons d'armes1 lorsque le *ef de l'arme veut sub/itu] son ambition p]sonnelle l'autorit qu'il reprs5te1 a9si qu' la cause qu'il s\ti5t4 ,wal/e9 combattait au nom de l',autri*e1 contre les nations qui v\lai5t introduire la r=mation en ,allemagne2 mais1 sduit p> l'esprance de se crer lui-mme un p\voir indp5dant1 il *]*e s'appropri] t\s les moy5s qu'il devait faire s]vir au bi5 public4 ,les gnraux qui s'oppos5t ses dsirs ne les contr>i5t po9t p> v]tu1 mais p> jal\sie2 et dans ces cruelles luttes1 t\t se tr\ve1 si ce n'e/ des hommes dv\s leur op9ion1 et se battant p\r leur consci5ce4 ,a qui s'intress]8 dira-t-on3 au tableau de la vrit4 ,peut-tre l'art exige-t-il que ce tableau soit modifi d'aprs l'effet ?tral2 mais c'e/ t\j\rs une belle *ose que l'hi/oire sur la scne4 ,nanmo9s ,s*ill] a su crer des p]sonnages faits p\r excit] un intrt romanesque4 ,il a pe9t ,max ,piccolom9i et ,?cla comme des cratures cle/es1 qui trav]s5t t\s les orages des passions politiques en cons]vant dans leur me l'am\r et la vrit4 ,?cla e/ la fille de ,wal/e92 ,max1 le fils du p]fide ami qui le trahit4 ,les deux amants1 malgr leurs pres1 malgr le sort1 malgr t\t1 except leurs curs1 s'aim5t1 se *]*5t et se retr\v5t dans la vie et dans la mort4 ,ces deux tres app>aiss5t au milieu des fureurs de l'ambition1 comme des prde/9s2 ce sont de t\*antes victimes que le ciel s'e/ *oisies1 et ri5 n'e/ beau comme le contra/e du dv\em5t le plus pur avec les passions des hommes1 a*>ns sur cette t]re comme sur leur unique p>tage4 ,il n'y a po9t de dn\em5t la pice des ,piccolom9i2 elle f9it comme une conv]sation int]rompue4 ,les ,franais aurai5t de la pe9e support] ces deux prologues1 l'un burlesque1 et l'autre srieux1 qui prp>5t la vritable tragdie1 la mort de ,wal/e94 ,un criva9 d'un gr& tal5t a ress]r la trilogie de ,s*ill] en une tragdie selon la =me et la rgul>it franaises4 ,les loges et les critiques dont cet ouvrage a t l'objet n\s donn]ont une occasion naturelle d'a*ev] de faire connatre les diffr5ces qui c>actris5t le sy/me dramatique des ,franais et des ,allem&s4 ,on a repro* l'criva9 franais de n'avoir pas mis assez de posie dans ses v]s4 ,les sujets my?ologiques p]mett5t t\t l'clat des images et de la v]ve lyrique2 mais comm5t p\rrait-on admettre1 dans un sujet tir de l'hi/oire mod]ne1 la posie du rcit de ,?ramne8 ,t\te cette pompe antique convi5t la famille de ,m9os ou d',agamemnon2 elle ne s]ait qu'une affectation ridicule dans les pices d'un autre g5re4 ,il y a des mom5ts1 dans les tragdies hi/oriques1 o l'exaltation de l'me amne naturellem5t une posie plus leve3 telle e/1 p> exemple1 la vision de ,wal/e9#ca1 sa h>angue aprs la rvolte1 son monologue avant sa mort1 etc4 ,t\tefois la contexture et le dveloppem5t de la pice1 en allem& comme en franais1 exige un /yle simple1 dans lequel on ne s5te que la puret du langage1 et r>em5t sa magnific5ce4 ,n\s v\lons en ,france qu'on fasse effet1 non seulem5t *aque scne1 mais *aque v]s1 et cela e/ inconciliable avec la vrit4 ,ri5 n'e/ si ais que de compos] ce qu'on appelle des v]s brillants2 il y a des m\les t\t faits p\r cela2 ce qui e/ difficile1 c'e/ de subordonn] *aque dtail l'ensemble1 et de retr\v] *aque p>tie dans le t\t1 comme le reflet du t\t dans *aque p>tie4 ,la vivacit franaise a donn la m>*e des pices de ?tre un m\vem5t rapide trs agrable2 mais elle nuit la beaut de l'art qu& elle exige des succs in/antans aux dp5s de l'impression gnrale4 ,a ct de cette impati5ce qui ne tolre aucun ret>d1 il y a une pati5ce s+ulire p\r t\t ce que la conv5ance exige2 et qu& un ennui quelconque e/ dans l'tiquette des arts1 ces mmes ,franais1 qu'irritait la mo9dre l5teur1 support5t t\t ce qu'on veut p> respect p\r l'usage4 ,p> exemple1 les expositions en rcit sont indisp5sables dans les tragdies franaises2 et c]ta9em5t elles ont beauc\p mo9s d'intrt que les expositions en action4 ,on dit que des spectateurs itali5s crir5t une fois1 p5dant le rcit d'une bataille1 qu'on levt la toile du fond1 p\r qu'ils viss5t la bataille elle-mme4 ,on a trs s\v5t ce dsir dans nos tragdies1 on v\drait assi/] ce qu'on n\s raconte4 ,l'auteur du ,wal/e9 franais a t oblig de fondre dans sa pice l'exposition qui se fait d'une manire si orig9ale p> le prologue du camp4 ,la dignit des premires scnes s'accorde p>faitem5t avec le ton imposant d'une tragdie franaise3 mais il y a un g5re de m\vem5t dans l'irrgul>it allem&e1 auquel on ne peut jamais suppler4 ,on a repro* aussi l'auteur franais le d\ble intrt qu'inspir5t l'am\r d',alfr$ 7,piccolom9i7 p\r ,?cla1 et la conspiration de ,wal/e94 ,en ,france1 on veut qu'une pice soit t\te d'am\r ou t\te de politique1 on n'aime pas le mlange des sujets2 et depuis quelque temps surt\t1 qu& il s'agit des affaires d'tat1 on ne peut concevoir comm5t il re/]ait dans l'me place p\r une autre p5se4 ,nanmo9s le gr& tableau de la conspiration de ,wal/e9 n'e/ complet que p> les malheurs mmes qui en rsult5t p\r sa famille2 il importe de n\s rappel] combi5 les vnem5ts publics peuv5t d*ir] les affections prives2 et cette manire de prs5t] la politique comme un monde "p dont les s5tim5ts sont bannis e/ immorale1 dure et sans effet dramatique4 ,une circon/ance de dtail a t blme dans la pice franaise4 ,p]sonne n'a ni que les adieux d',alfr$ 7,max ,piccolom9i71 en quittant ,wal/e9 et ,?cla1 ne fuss5t de la plus gr&e beaut2 mais on s'e/ sc&alis de ce qu'on faisait ent5dre1 cette occasion1 de la musique dans une tragdie3 il e/ assurm5t trs facile de la supprim]2 mais p\rquoi donc se refus] l'effet qu'elle produit8 ,lorsqu'on ent5d cette musique militaire qui appelle au combat1 le spectateur p>tage l'motion qu'elle doit caus] aux amants1 m5acs de ne plus se revoir3 la musique fait ressortir la situation2 un art n\veau r$\ble l'impression qu'un autre art a prp>2 les sons et les p>oles branl5t t\r t\r notre imag9ation et notre cur4 ,deux scnes aussi t\t fait n\velles sur notre ?tre ont excit l'tonnem5t des lecteurs franais3 lorsque ,alfr$ 7,max7 s'e/ fait tu]1 ,?cla dem&e l'(fici] saxon qui en apporte la n\velle1 t\s les dtails de cette horrible mort2 et qu& elle a rassasi son me de d\leur1 elle annonce la rsolution qu'elle a prise d'all] vivre et m\rir prs du tombeau de son amant4 ,*aque expression1 *aque mot1 dans ces deux scnes1 e/ d'une s5sibilit pr(onde2 mais on a prt5du que l'intrt dramatique ne p\vait plus exi/] qu& il n'y a plus d'inc]titude4 ,en ,france1 on se hte1 en t\t g5re1 d'en f9ir avec l'irrp>able4 ,les ,allem&s1 au contraire1 sont plus curieux de ce que les p]sonnages pr\v5t1 que de ce qui leur arrive2 ils ne craign5t po9t de s'arrt] sur une situation dt]m9e comme vnem5t1 mais qui subsi/e encore comme s\ffrance4 ,il faut plus de posie1 plus de s5sibilit1 plus de ju/esse dans les expressions1 p\r m\voir dans le repos de l'action1 que lorsqu'elle excite une anxit t\j\rs croissante3 on rem>que pe9e les p>oles1 qu& les faits n\s ti5n5t en susp5s2 mais lorsque t\t se tait1 except la d\leur1 qu& il n'y a plus de *angem5t au dehors1 et que l'intrt s'atta*e seulem5t ce qui se passe dans l'me1 une nuance d'affectation1 un mot hors de place frapp]ait1 comme un son faux1 dans un air simple et mlancolique4 ,ri5 n'*appe alors p> le bruit1 et t\t s'adresse directem5t au cur4 ,enf9 la critique la plus univ]sellem5t rpte contre le ,wal/e9 franais1 c'e/ que le c>actre de ,wal/e9 lui-mme e/ sup]/itieux1 inc]ta91 irrsolu1 et ne s'accorde pas avec le modle hroque admis p\r ce g5re de rle4 ,les ,franais se priv5t d'une s\rce inf9ie d'effets et d'motions1 en rduisant les c>actres tragiques1 comme les notes de musique ou les c\leurs du prisme1 quelques traits saillants1 t\j\rs les mmes2 *aque p]sonnage doit se con=m] l'un des pr9cipaux types reconnus4 ,on dirait que *ez n\s la logique e/ le fondem5t des arts1 et cette nature ondoyante dont p>le ,montaigne1 e/ bannie de nos tragdies2 on n'y admet que des s5tim5ts t\t bons ou t\t mauvais1 et cep5dant il n'y a ri5 qui ne soit mlang dans l'me huma9e4 ,on raisonne en ,france sur un p]sonnage tragique comme sur un m9i/re d'tat1 et l'on se pla9t de ce qu'il fait ou de ce qu'il ne fait pas1 comme si l'on t5ait une gazette la ma9 p\r le jug]4 ,les inconsqu5ces des passions sont p]mises sur le ?tre franais1 mais non pas les inconsqu5ces des c>actres4 ,la passion tant connue plus ou mo9s de t\s les curs1 on s'att5d ses g>em5ts1 et l'on peut1 en quelque sorte1 fix] d'avance ses contradictions mmes2 mais le c>actre a t\j\rs quelque *ose d'inatt5du1 qu'on ne peut r5f]m] dans aucune rgle4 ,tantt il se dirige v]s son b1 tantt il s'en loigne4 ,qu& on a dit d'un p]sonnage en ,france3--,il ne sait pas ce qu'il veut3--on ne s'y intresse plus2 t&is que c'e/ prcism5t l'homme qui ne sait pas ce qu'il veut1 dans lequel la nature se montre avec une =ce et une indp5dance vraim5t tragiques4 ,les p]sonnages de ,%akespe>e font pr\v] plusieurs fois dans la mme pice des impressions t\t fait diffr5tes aux spectateurs4 ,ri*>d ,,ii1 dans les trois premi]s actes de la tragdie de ce nom1 inspire de l'av]sion et du mpris2 mais qu& le malheur l'atte9t1 qu& on le =ce cd] son trne son ennemi1 au milieu du p>lem5t1 sa situation et son c\rage arra*5t des l>mes4 ,on aime cette noblesse royale qui rep>at dans l'adv]sit1 et la c\ronne semble plan] encore sur la tte de celui qu'on en dp\ille4 ,il suffit ,%akespe>e de quelques p>oles p\r dispos] de l'me des auditeurs1 et les faire pass] de la ha9e la piti4 ,les div]sits sans nombre du cur huma9 r5\vell5t sans cesse la s\rce o le tal5t peut puis]4 ,dans la ralit1 p\rra-t-on dire1 les hommes sont inconsqu5ts et biz>res1 et s\v5t les plus belles qualits se ml5t de misrables dfauts2 mais de tels c>actres ne convi5n5t pas au ?tre2 l'art dramatique exigeant la rapidit de l'action1 l'on ne peut1 dans ce cadre1 pe9dre les hommes que p> des traits =ts et des circon/ances frappantes4 ,mais s'ensuit-il cep5dant qu'il faille se born] ces p]sonnages tran*s dans le mal et dans le bi51 qui sont comme les lm5ts inv>iables de la plup>t de nos tragdies8 ,quelle influ5ce le ?tre p\rrait-il ex]c] sur la moralit des spectateurs1 si l'on ne leur faisait voir qu'une nature de conv5tion8 ,il e/ vrai que sur ce t]ra9 factice la v]tu triomphe t\j\rs1 et le vice e/ t\j\rs puni2 mais comm5t cela s'appliqu]ait-il jamais ce qui se passe dans la vie1 puisque les hommes qu'on montre sur la scne ne sont pas les hommes tels qu'ils sont8 ,il s]ait curieux de voir reprs5t] la pice de ,wal/e9 sur notre ?tre2 et si l'auteur franais ne s'tait pas si rig\reusem5t ass]vi la rgul>it franaise1 ce s]ait plus curieux encore3 mais1 p\r bi5 jug] des innovations1 il faudrait port] dans les arts une jeunesse d'me qui *]*t des plaisirs n\veaux4 ,s'en t5ir aux *efs-d'uvre anci5s e/ un excell5t rgime p\r le gt1 mais non p\r le tal5t3 il faut des impressions inatt5dues p\r l'excit]2 les ouvrages que n\s savons p> cur ds l'enfance se *ang5t en habitudes1 et n'branl5t plus =tem5t notre imag9ation4 ,m>ie ,/u>t e/1 ce me semble1 de t\tes les tragdies allem&es la plus pa?tique et la mieux conue4 ,le sort de cette re9e1 qui comm5a sa vie p> tant de prosprits1 qui p]dit son bonheur p> tant de fautes1 et que dix-neuf ans de prison conduisir5t l'*afaud1 cause autant de t]reur et de piti qu'dipe1 ,ore/e ou ,niob2 mais la beaut mme de cette hi/oire si favorable au gnie1 cras]ait la mdiocrit4 ,la scne s'ouvre dans le *teau de ,fo!r+ay1 o ,m>ie ,/u>t e/ r5f]me4 ,dix-neuf ans de prison se sont dj passs1 et le tribunal in/itu p> lisabe? e/ au mom5t de prononc] sur le sort de l'in=tune re9e d'cosse4 ,la n\rrice de ,m>ie se pla9t au comm&ant de la =t]esse des traitem5ts qu'il fait endur] sa prisonnire4 ,le comm&ant1 vivem5t atta* la re9e lisabe?1 p>le de ,m>ie avec une svrit cruelle3 on voit que c'e/ un honnte homme1 mais qui juge ,m>ie comme ses ennemis l'ont juge2 il annonce sa mort pro*a9e1 et cette mort lui p>at ju/e1 p>ce qu'il croit qu'elle a conspir contre lisabe?4 ,j'ai dj eu l'occasion de p>l]1 propos de ,wal/e91 du gr& avantage des expositions en m\vem5t4 ,on a essay les prologues1 les *urs1 les confid5ts1 t\s les moy5s possibles1 p\r expliqu] sans ennuy]2 et il me semble que le mieux c'e/ d'entr] d'abord dans l'action1 et de faire connatre le pr9cipal p]sonnage p> l'effet qu'il produit sur ceux qui l'environn5t4 ,c'e/ appr5dre au spectateur de quel po9t de vue il doit reg>d] ce qui va se pass] devant lui2 c'e/ le lui appr5dre sans le lui dire3 c> un seul mot qui p>at prononc p\r le public1 dans une pice de ?tre1 en dtruit l'illusion4 ,qu& ,m>ie ,/u>t arrive1 on e/ dj curieux et mu2 on la connat1 non p> un portrait1 mais p> son influ5ce sur ses amis et sur ses ennemis4 ,ce n'e/ plus un rcit qu'on c\te1 c'e/ un vnem5t dont on e/ dev5u contempora94 ,le c>actre de ,m>ie ,/u>t e/ admirablem5t bi5 s\t5u1 et ne cesse po9t d'intress] p5dant t\te la pice4 ,faible1 passionne1 orgueilleuse de sa figure1 et rep5tante de sa vie1 on l'aime et on la blme4 ,ses remords et ses fautes font piti4 ,de t\tes p>ts on ap]oit l'empire de son admirable beaut1 si r5omme dans son temps4 ,un homme qui veut la sauv] ose lui av\] qu'il ne se dv\e p\r elle que p> en?\siasme p\r ses *>mes4 lisabe? en e/ jal\se2 enf91 l'amant d'lisabe?1 ,leice/]1 e/ dev5u am\reux de ,m>ie1 et lui a promis en secret son appui4 ,l'attrait et l'envie que fait natre la grce en*ant]esse de l'in=tune r5d5t sa mort mille fois plus t\*ante4 ,elle aime ,leice/]4 ,cette femme malheureuse pr\ve encore le s5tim5t qui a dj plus d'une fois rp&u tant d'am]tume sur son sort4 ,sa beaut1 presque surnaturelle1 semble la cause et l'excuse de cette ivresse habituelle du cur1 fatalit de sa vie4 ,le c>actre d'lisabe? excite l'att5tion d'une manire bi5 diffr5te2 c'e/ une pe9ture t\te n\velle que celle d'une femme tyran4 ,les petitesses des femmes en gnral1 leur vanit1 leur dsir de plaire1 t\t ce qui leur vi5t de l'esclavage1 enf91 s]t au despotisme dans lisabe?2 et la dissimulation qui nat de la faiblesse e/ l'un des in/rum5ts de son p\voir absolu4 ,sans d\te t\s les tyrans sont dissimuls4 ,il faut tromp] les hommes p\r les ass]vir2 on leur doit1 au mo9s dans ce cas1 la politesse du m5songe4 ,mais ce qui c>actrise lisabe?1 c'e/ le dsir de plaire uni la volont la plus despotique1 et t\t ce qu'il y a de plus f9 dans l'am\r-propre d'une femme1 manife/ p> les actes les plus viol5ts de l'autorit s\v]a9e4 ,les c\rtisans aussi ont avec une re9e un g5re de bassesse qui ti5t de la galant]ie4 ,ils veul5t se p]suad] qu'ils l'aim5t1 p\r lui obir plus noblem5t1 et ca*] la cra9te s]vile d'un sujet s\s le s]vage d'un *evali]4 lisabe? tait une femme d'un gr& gnie1 l'clat de son rgne en fait foi3 t\tefois1 dans une tragdie o la mort de ,m>ie e/ reprs5te1 on ne peut voir lisabe? que comme la rivale qui fait assass9] sa prisonnire2 et le crime qu'elle commet e/ trop atroce p\r ne pas effac] t\t le bi5 qu'on p\rrait dire de son gnie politique4 ,ce s]ait peut-tre une p]fection de plus dans ,s*ill]1 que d'avoir eu l'art de r5dre lisabe? mo9s odieuse1 sans dim9u] l'intrt p\r ,m>ie ,/u>t3 c> il y a plus de vrai tal5t dans les contra/es nuancs que dans les oppositions extrmes1 et la figure pr9cipale elle-mme gagne ce qu'aucun des p]sonnages du tableau dramatique ne lui soit sacrifi4 ,leice/] conjure lisabe? de voir ,m>ie2 il lui propose de s'arrt]1 au milieu d'une *asse1 dans le j>d9 du *teau de ,fo!r+ay1 et de p]mettre ,m>ie de s'y prom5]4 lisabe? y cons5t1 et le troisime acte comm5ce p> la joie t\*ante de ,m>ie1 en respirant l'air libre aprs dix-neuf ans de prison3 t\s les dang]s qu'elle c\rt ont disp>u ses yeux2 en va9 sa n\rrice *]*e les lui rappel] p\r modr] ses transports1 ,m>ie a t\t oubli en retr\vant le soleil et la nature4 ,elle ress5t le bonheur de l'enfance l'aspect1 n\veau p\r elle1 des fleurs1 des arbres1 des oiseaux2 et l'ineffable impression de ces m]veilles extrieures1 qu& on en a t longtemps sp>1 se pe9t dans l'motion enivrante de l'in=tune prisonnire4 ,le s\v5ir de la ,france vi5t la *>m]4 ,elle *>ge les nuages que le v5t du nord semble p\ss] v]s cette heureuse patrie de son *oix1 elle les *>ge de port] ses amis ses regrets et ses dsirs3 ,allez1 leur dit-elle1 v\s1 mes seuls messag]s1 l'air libre v\s app>ti5t2 v\s n'tes pas les sujets d'lisabe?4--,elle ap]oit dans le lo9ta9 un p*eur qui conduit une frle b>que1 et dj elle se flatte qu'il p\rra la sauv]3 t\t lui semble esprance qu& elle a revu le ciel4 ,elle ne sait po9t encore qu'on l'a laisse sortir af9 qu'lisabe? pt la r5contr]2 elle ent5d la musique de la *asse1 et les plaisirs de sa jeunesse se retrac5t son imag9ation en l'c\tant4 ,elle v\drait mont] un *eval f\gueux1 p>c\rir1 avec la rapidit de l'clair1 les valles1 et les montagnes2 le s5tim5t du bonheur se rveille en elle1 sans nulle raison1 sans nul motif1 mais p>ce qu'il faut que le cur respire1 et qu'il se ranime quelquefois t\t c\p1 l'appro*e des plus gr&s malheurs1 comme il y a presque t\j\rs un mom5t de mieux avant l'agonie4 ,on vi5t av]tir ,m>ie qu'lisabe? va v5ir4 ,elle avait s\hait cette entrevue2 mais qu& l'in/ant appro*e1 t\t son tre en frmit4 ,leice/] e/ avec lisabe?3 a9si1 t\tes les passions de ,m>ie sont la fois excites3 elle se conti5t quelque temps2 mais l'arrogante lisabe? la provoque p> ses dda9s2 et ces deux re9es ennemies f9iss5t p> s'ab&onn] l'une l'autre la ha9e mutuelle qu'elles ress5t5t4 lisabe? repro*e ,m>ie ses fautes2 ,m>ie lui rappelle les s\pons de ,h5ri ,,viii contre sa mre1 et ce que l'on a dit de sa naissance illgitime4 ,cette scne e/ s+ulirem5t belle1 p> cela mme que la fureur fait dpass] aux deux re9es les bornes de leur dignit naturelle4 ,elles ne sont plus que deux femmes1 deux rivales de figure1 bi5 plus que de puissance2 il n'y a plus de s\v]a9e1 il n'y a plus de prisonnire2 et bi5 que l'une puisse envoy] l'autre l'*afaud1 la plus belle des deux1 celle qui se s5t la plus faite p\r plaire1 j\it encore du plaisir d'humili] la t\te puissante lisabe? aux yeux de ,leice/]1 aux yeux de l'amant qui leur e/ si *] t\tes deux4 ,ce qui aj\te s+ulirem5t aussi l'effet de cette situation1 c'e/ la cra9te que l'on pr\ve p\r ,m>ie1 *aque mot de ress5tim5t qui lui *appe2 et lorsqu'elle s'ab&onne t\te sa fureur1 ses p>oles injurieuses1 dont les suites s]ont irrp>ables1 font frmir1 comme si l'on tait dj tmo9 de sa mort4 ,les missaires du p>ti ca?olique veul5t assass9] lisabe?1 son ret\r ,londres4 ,talbot1 le plus v]tueux des amis de la re9e1 ds>me l'assass9 qui v\lait la poign>d]1 et le peuple dem&e gr&s cris la mort de ,m>ie4 ,c'e/ une scne admirable que celle o le *anceli] ,burleigh presse lisabe? de sign] la s5t5ce de ,m>ie1 t&is que ,talbot1 qui vi5t de sauv] la vie de sa s\v]a9e1 se jette ses pi$s p\r la conjur] de faire grce son ennemie4 ,on v\s rpte1 lui dit-il1 que le peuple dem&e sa mort2 on croit v\s plaire p> cette fe9te viol5ce2 on croit v\s dt]m9] ce que v\s s\haitez2 mais prononcez que v\s v\lez la sauv]1 et dans l'in/ant v\s v]rez la prt5due ncessit de sa mort s'van\ir3 ce qu'on tr\vait ju/e pass]a p\r inju/e1 et les mmes hommes qui l'accus5t pr5dront hautem5t sa df5se4 ,v\s la craignez vivante3 ah6 craignez-la surt\t qu& elle ne s]a plus4 ,c'e/ alors qu'elle s]a vraim5t r$\table2 elle r5atra de son tombeau1 comme la desse de la discorde1 comme l'esprit de la v5geance1 p\r dt\rn] de v\s le cur de vos sujets4 ,ils ne v]ront plus en elle l'ennemie de leur croyance1 mais la petite-fille de leurs rois4 ,le peuple appelle avec fureur cette rsolution sanglante2 mais il ne la jug]a qu'aprs l'vnem5t4 ,trav]sez alors les rues de ,londres1 et v\s y v]rez rgn] le sil5ce de la t]reur2 v\s y v]rez un autre peuple1 une autre ,anglet]re3 ce ne s]ont plus ces transports de joie1 qui clbrai5t la sa9te quit dont votre trne tait environn2 mais la cra9te1 cette sombre compagne de la tyrannie1 ne v\s quitt]a plus2 les rues s]ont ds]tes votre passage2 v\s aurez fait ce qu'il y a de plus =t1 de plus r$\table4 ,quel homme s]a sr de sa propre vie1 qu& la tte royale de ,m>ie n'aura po9t t respecte6 ,la rponse d'lisabe? ce disc\rs e/ d'une adresse bi5 rem>quable2 un homme1 dans une p>eille situation1 aurait c]ta9em5t employ le m5songe p\r palli] l'inju/ice2 mais lisabe? fait plus1 elle veut intress] p\r elle-mme1 en se livrant la v5geance2 elle v\drait presque obt5ir la piti1 en commettant l'action la plus cruelle4 ,elle a de la coquett]ie sangu9aire1 si l'on peut s'exprim] a9si1 et le c>actre de femme se montre trav]s celui de tyran4 ,ah6 ,talbot1 s'crie lisabe?1 v\s m'avez sauve auj\rd'hui1 v\s avez dt\rn de moi le poign>d2 p\rquoi ne le laissiez-v\s pas arriv] jusqu' mon cur8 le combat tait f9i2 et1 dlivre de t\s mes d\tes1 pure de t\tes mes fautes1 je desc5dais dans mon paisible tombeau3 croyez-moi1 je suis fatigue du trne et de la vie2 si l'une des deux re9es doit tomb] p\r que l'autre vive 7et cela e/ a9si1 j'en suis conva9cue71 p\rquoi ne s]ait-ce pas moi qui rsign]ais l'exi/5ce8 ,mon peuple peut *oisir1 je lui r5ds son p\voir2 ,dieu m'e/ tmo9 que ce n'e/ pas p\r moi1 mais p\r le bi5 seul de la nation que j'ai vcu4 ,espre-t-on de cette sduisante ,/u>t1 de cette re9e plus jeune1 des j\rs plus heureux8 alors je desc5ds du trne1 je ret\rne dans la solitude de ,wood/ock1 o j'ai pass mon humble jeunesse1 o1 lo9 des vanits de ce monde1 je tr\vais ma gr&eur en moi-mme4 ,non1 je ne suis pas faite p\r tre s\v]a9e2 un matre doit tre dur1 et mon cur e/ faible4 ,j'ai bi5 g\v]n cette le1 tant qu'il ne s'agissait que de faire des heureux3 mais voici la t*e cruelle impose p> le devoir royal1 et je me s5s incapable de l'accomplir4 ,a ce mot1 ,burleigh int]rompt lisabe?1 et lui repro*e t\t ce dont elle veut tre blme1 sa faiblesse1 son indulg5ce1 sa piti3 il semble c\rageux1 p>ce qu'il dem&e sa s\v]a9e avec =ce ce qu'elle dsire en secret plus que lui-mme4 ,la flatt]ie brusque russit en gnral mieux que la flatt]ie obsquieuse1 et c'e/ bi5 fait aux c\rtisans1 qu& ils le peuv5t1 de se donn] l'air d'tre entrans dans le mom5t o ils rfl*iss5t le plus ce qu'ils dis5t4 lisabe? signe la s5t5ce1 et1 seule avec le secrtaire de ses comm&em5ts1 la timidit de femme1 qui se mle la p]svrance du despotisme1 lui fait dsir] que cet homme subalt]ne pr5ne sur lui la responsabilit de l'action qu'elle a commise3 il veut l'ordre positif d'envoy] cette s5t5ce2 elle le refuse1 et lui rpte qu'il doit faire son devoir2 elle laisse ce malheureux dans une affreuse inc]titude1 dont le *anceli] ,burleigh le tire en lui arra*ant le papi] qu'lisabe? a laiss entre ses ma9s4 ,leice/] e/ trs compromis p> les amis de la re9e d'cosse2 ils vi5n5t lui dem&] de les aid] la sauv]4 ,il dc\vre qu'il e/ accus auprs d'lisabe?1 et pr5d t\t c\p l'affreux p>ti d'ab&onn] ,m>ie1 et de rvl] la re9e d',anglet]re1 avec h>diesse et ruse1 une p>tie des secrets qu'il doit la confiance de sa malheureuse amie4 ,malgr t\s ces l*es sacrifices1 il ne rassure lisabe? qu' demi1 et elle exige qu'il conduise lui-mme ,m>ie l'*afaud1 p\r pr\v] qu'il ne l'aime pas4 ,la jal\sie de femme se manife/ant p> le supplice qu'lisabe? ordonne comme mon>que1 doit inspir] ,leice/] une pr(onde ha9e p\r elle3 la re9e le fait trembl]1 qu& p> les lois de la nature il devrait tre son matre2 et ce contra/e s+uli] produit une situation trs orig9ale3 mais ri5 n'gale le c9quime acte4 ,c'e/ ,weim> que j'assi/ai la reprs5tation de ,m>ie ,/u>t1 et je ne puis p5s] encore1 sans un pr(ond att5drissem5t1 l'effet des d]nires scnes4 ,on voit d'abord p>atre les femmes de ,m>ie vtues de noir1 et dans une morne d\leur2 sa vieille n\rrice1 la plus afflige de t\tes1 porte ses diamants royaux2 elle lui a ordonn de les rassembl]1 p\r qu'elle pt les di/ribu] ses femmes4 ,le comm&ant de la prison1 suivi de plusieurs de ses valets1 vtus de noir aussi comme lui1 rempliss5t le ?tre de deuil4 ,melvil1 autrefois g5tilhomme de la c\r de ,m>ie1 arrive de ,rome en cet in/ant4 ,anna1 la n\rrice de la re9e1 le reoit avec joie2 elle lui pe9t le c\rage de ,m>ie1 qui1 t\t c\p rsigne son sort1 n'e/ plus occupe que de son salut1 et s'afflige seulem5t de ne pas p\voir obt5ir un prtre de sa religion1 p\r recevoir de lui l'absolution de ses fautes et la communion sa9te4 ,la n\rrice raconte comm5t p5dant la nuit la re9e et elle avai5t ent5du des c\ps r$\bls1 et que t\tes deux esprai5t que c'tai5t leurs amis qui v5ai5t p\r les dlivr]2 mais qu'enf9 ils avai5t su que ce bruit tait celui que faisai5t les ouvri]s1 en levant l'*afaud dans la salle au-dess\s d'elles4 ,melvil dem&e comm5t ,m>ie a support cette t]rible n\velle3 ,anna lui dit que l'preuve la plus dure p\r elle a t d'appr5dre la trahison du comte ,leice/]1 mais qu'aprs cette d\leur elle a repris le calme et la dignit d'une re9e4 ,les femmes de ,m>ie entr5t et sort5t1 p\r excut] les ordres de leur matresse2 l'une d'elles apporte une c\pe de v9 que ,m>ie a dem& p\r m>*] d'un pas plus f]me l'*afaud4 ,une autre arrive *ancelante sur la scne1 p>ce qu' trav]s la porte de la salle o l'excution doit avoir lieu1 elle a vu les murs t5dus de noir1 l'*afaud1 le bloc et la ha*e4 ,l'effroi t\j\rs croissant du spectateur e/ dj presque son comble1 qu& ,m>ie p>at dans t\te la magnific5ce d'une p>ure royale1 seule vtue de blanc au milieu de sa suite en deuil1 un crucifix la ma91 la c\ronne sur sa tte1 et dj rayonnante du p>don cle/e que ses malheurs ont obt5u p\r elle4 ,m>ie console ses femmes1 dont les sanglots l'meuv5t vivem5t3 ,p\rquoi1 leur dit-elle1 v\s affligez-v\s de ce que mon ca*ot s'e/ ouv]t8 ,la mort1 ce svre ami1 vi5t moi1 et c\vre de ses ailes noires les fautes de ma vie3 le d]ni] arrt du sort relve la crature accable2 je s5s de n\veau le diadme sur mon front4 ,un ju/e orgueil e/ r5tr dans mon me purifie4 ,m>ie ap]oit ,melvil1 et se rj\it de le voir dans ce mom5t sol5nel3 elle l'int]roge sur ses p>5ts de ,france1 sur ses anci5s s]viteurs1 et le *>ge de ses d]ni]s adieux p\r t\t ce qui lui fut *]4 ,je bnis1 lui dit-elle1 le roi trs *rti5 mon beau-frre1 et t\te la royale famille de ,france2 je bnis mon oncle le c>d9al1 et ,h5ri de ,guise1 mon noble c\s92 je bnis aussi le sa9t ,pre1 p\r qu'il me bnisse son t\r1 et le roi ca?olique qui s'e/ (f]t gnreusem5t p\r mon sauveur et v5geur4 ,ils retr\v]ont t\s leur nom dans mon te/am5t2 et de quelque faible valeur que soi5t les prs5ts de mon am\r1 ils v\dront bi5 ne pas les ddaign]4 ,m>ie se ret\rne alors v]s ses s]viteurs1 et leur dit3 ,je v\s ai recomm&s mon royal frre de ,france2 il aura so9 de v\s1 il v\s donn]a une n\velle patrie4 ,si ma d]nire prire v\s e/ sacre1 ne re/ez pas en ,anglet]re4 ,que le cur orgueilleux de l',anglais ne se repaisse pas du spectacle de votre malheur2 que ceux qui m'ont s]vie ne soi5t pas dans la p\ssire4 ,jurez-moi1 p> l'image du ,*ri/1 que ds que je ne s]ai plus1 v\s quitt]ez p\r jamais cette le fune/e4 7,melvil le jure au nom de t\s74 ,la re9e di/ribue ses diamants ses femmes1 et ri5 n'e/ plus t\*ant que les dtails dans lesquels elle entre sur le c>actre de *acune d'elles1 et les conseils qu'elle leur donne p\r leur sort futur4 ,elle se montre surt\t gnreuse env]s celle dont le m>i a t un tratre1 en accusant =mellem5t ,m>ie elle-mme auprs d'lisabe?3 elle veut consol] cette femme de ce malheur1 et lui pr\v] qu'elle n'en cons]ve aucun ress5tim5t4 ,toi1 dit-elle sa n\rrice1 toi1 ma fidle ,anna1 l'or et les diamants ne t'attir5t po9t2 mon s\v5ir e/ le don le plus prcieux que je puisse te laiss]4 ,pr5ds ce m\*oir que j'ai brod p\r toi dans les heures de ma tri/esse1 et que mes l>mes ont inond2 tu t'en s]viras p\r me b&] les yeux1 qu& il en s]a temps2 j'att5ds ce d]ni] s]vice de toi4 ,v5ez t\tes1 dit-elle en t5dant la ma9 ses femmes1 v5ez t\tes1 et recevez mon d]ni] adieu3 recevez-le1 ,m>gu]ite1 ,alise1 ,rosamonde2 et toi1 ,g]trude1 je s5s sur ma ma9 tes lvres brlantes4 ,j'ai t bi5 hae1 mais aussi bi5 aime6 ,qu'un p\x d'une me noble r5de heureuse ma ,g]trude1 c> un cur si s5sible a beso9 d'am\r6 ,b]!1 tu z *oisi la meilleure "p1 tu veux tre la *a/e p\se du ciel1 hte-toi d'accomplir ton vu4 ,les bi5s de la t]re sont trompeurs1 la de/9e de ta re9e te l'appr5d4 ,c'en e/ assez1 adieu p\r t\j\rs1 adieu4 ,m>ie re/e seule avec ,melvil1 et c'e/ alors que comm5ce une scne dont l'effet e/ bi5 gr&1 quoiqu'on puisse la blm] plusieurs g>ds4 ,la seule d\leur qui re/e ,m>ie1 aprs avoir p\rvu t\s les so9s t]re/res1 c'e/ de ne p\voir obt5ir un prtre de sa religion1 p\r l'assi/] dans ses d]ni]s mom5ts4 ,melvil1 aprs avoir reu la confid5ce de ses pieux regrets1 lui appr5d qu'il a t ,rome1 qu'il y a pris les ordres ecclsia/iques1 p\r acqurir le droit de l'abs\dre et de la consol]3 il dc\vre sa tte p\r lui montr] la tonsure sacre1 et tire de son se9 une ho/ie que le pape lui-mme a bnie p\r elle4 ,un bonheur cle/e1 s'crie la re9e1 m'e/ donc encore prp> sur le seuil mme de la mort6 ,le messag] de ,dieu desc5d v]s moi1 comme un immortel sur des nuages d'azur3 a9si jadis l'aptre fut dlivr de ses li5s4 ,et t&is que t\s les appuis t]re/res m'ont trompe1 ni les v]r\s1 ni les pes n'ont arrt le sec\rs div94 ,v\s1 jadis mon s]viteur1 soyez ma9t5ant le s]viteur de ,dieu et son sa9t int]prte2 et comme vos g5\x se sont c\rbs devant moi1 je me pro/]ne ma9t5ant vos pi$s1 dans la p\ssire4 ,la belle1 la royale ,m>ie se jette aux g5\x de ,melvil1 et son sujet1 revtu de t\te la dignit de l'glise1 l'y laisse et l'int]roge4 7,il ne faut pas oubli] que ,melvil lui-mme croyait ,m>ie c\pable du d]ni] complot qui avait eu lieu contre la vie d'lisabe?2 je dois dire aussi que la scne suivante e/ faite seulem5t p\r tre lue1 et que1 sur la plup>t des ?tres de l',allemagne1 on supprime l'acte de la communion1 qu& la tragdie de ,m>ie ,/u>t e/ reprs5te74 ,,melvil4 ,au nom du ,pre1 du ,fils et du ,sa9t-,esprit1 ,m>ie1 re9e1 z-tu sond ton cur1 et jures-tu de confess] la vrit devant le ,dieu de vrit8 ,,m>ie4 ,mon cur va s'ouvrir sans my/re devant toi comme devant lui4 ,,melvil4 ,dis-moi1 de quel p* ta consci5ce t'accuse-t-elle1 depuis que tu z appro* p\r la d]nire fois de la table sa9te8 ,,m>ie4 ,mon me a t remplie d'une ha9e envieuse1 et des p5ses de v5geance s'agitai5t dans mon se94 ,p*]esse1 j'implorais le p>don de ,dieu1 et je ne p\vais p>donn] mon ennemie4 ,,melvil4 ,te rep5s-tu de cette faute1 et ta rsolution s9cre e/-elle de p>donn] t\s1 avant de quitt] ce monde8 ,,m>ie4 ,aussi vrai que j'espre la misricorde de ,dieu4 ,,melvil4 ,n'e/-il po9t d'autre tort que tu doives te repro*]8 ,,m>ie4 ,ah6 ce n'e/ pas la ha9e seule qui m'a r5due c\pable1 j'ai encore plus (f5s le ,dieu de bont p> un am\r crim9el2 ce cur trop va9 s'e/ laiss sduire p> un homme sans foi1 qui m'a trompe et ab&onne4 ,,melvil4 ,te rep5s-tu de cette erreur1 et ton cur a-t-il quitt cette fragile idole p\r se t\rn] v]s son ,dieu8 ,,m>ie4 ,ce fut le plus cruel de mes combats1 mais enf9 j'ai d*ir ce d]ni] li5 t]re/re4 ,,melvil4 ,de quelle autre faute te s5s-tu c\pable8 ,,m>ie4 ,ah6 d'une faute sanglante1 depuis longtemps confesse4 ,mon me frmit en appro*ant du jugem5t sol5nel qui m'att5d1 et les portes du ciel sembl5t se c\vrir de deuil mes yeux4 ,j'ai fait prir le roi mon p\x1 qu& j'ai cons5ti donn] mon cur et ma ma9 au sducteur son meurtri]4 ,je me suis impos t\tes les expiations ordonnes p> l'glise2 mais le v] rongeur du remords ne me laisse po9t de repos4 ,,melvil4 ,ne te re/e-t-il ri5 de plus au fond de l'me1 que tu doives confess]8 ,,m>ie4 ,non1 tu sais ma9t5ant t\t ce qui pse sur mon cur4 ,,melvil4 ,songe la prs5ce du scrutateur des p5ses1 l'ana?me dont l'glise m5ace une confession trompeuse3 c'e/ un p* qui donne la mort t]nelle1 et que le ,sa9t-,esprit a frapp de sa maldiction4 ,,m>ie4 ,puiss-je obt5ir dans mon d]ni] combat la clm5ce div9e1 aussi vrai qu'en cet in/ant sol5nel je ne t'ai ri5 dguis6 ,,melvil4 ,comm5t6 tu ca*es ton ,dieu le crime p\r la punition duquel les hommes te condamn5t3 tu ne me p>les po9t de la "p que tu z eue dans la haute trahison des assass9s d'lisabe?2 tu subis la mort t]re/re p\r cette action2 veux-tu donc qu'elle entrane aussi la p]dition de ton me8 ,,m>ie4 ,je suis prs de pass] du temps l't]nit3 avant que l'aiguille de l'heure ait accompli son t\r1 je me prs5t]ai devant le trne de mon juge2 et1 je le rpte ici1 ma confession e/ entire4 ,,melvil4 ,exam9e-toi bi54 ,notre cur e/ s\v5t p\r n\s-mmes un confid5t trompeur3 tu z peut-tre vit avec adresse le mot qui te r5dait c\pable1 quoique tu p>tageasses la volont du crime2 mais appr5ds qu'aucun art huma9 ne peut faire illusion l'il de feu qui reg>de dans le fond de l'me4 ,,m>ie4 ,j'ai pri t\s les pr9ces de se runir p\r m'affran*ir de mes li5s1 mais jamais je n'ai m5ac ni p> mes projets1 ni p> mes actions1 la vie de mon ennemie4 ,,melvil4 ,quoi6 ton secrtaire t'a faussem5t accuse8 ,,m>ie4 ,que ,dieu le juge6 ,ce que je dis e/ vrai4 ,,melvil4 ,a9si donc tu montes sur l'*afaud conva9cue de ton innoc5ce8 ,,m>ie4 ,dieu m'accorde d'expi] p> cette mort non mrite le crime dont ma jeunesse fut c\pable6 ,,melvil1 la bnissant4 ,que cela soit a9si1 et que ta mort s]ve t'abs\dre6 ,tombe sur l'autel comme une victime rsigne4 ,le sang peut purifi] ce que le sang avait s\ill3 tu n'es plus c\pable ma9t5ant que des fautes d'une femme1 et les faiblesses de l'humanit ne suiv5t po9t l'me bi5heureuse dans le ciel4 ,je t'annonce donc1 en v]tu de la puissance qui m'a t donne de li] et de dli] sur la t]re1 l'absolution de tes p*s3 a9si que tu z cru1 qu'il t'arrive6 7,il lui prs5te l'ho/ie74 ,pr5ds ce corps1 il a t sacrifi p\r toi4 7,il pr5d la c\pe qui e/ sur la table1 il la consacre avec une prire recueillie1 et l'(fre la re9e1 qui semble hsit] encore et ne pas os] l'accept]74 ,pr5ds la c\pe remplie de ce sang qui a t rp&u p\r toi2 pr5ds-la1 le pape t'accorde cette grce au mom5t de ta mort4 ,c'e/ le droit suprme des rois dont tu j\is 7,m>ie reoit la c\pe72 et comme tu es ma9t5ant unie my/rieusem5t avec ton ,dieu sur cette t]re1 a9si revtue d'un clat anglique1 tu le s]as dans le sj\r de batitude1 o il n'y aura plus ni faute1 ni d\leur4 7,il remet la c\pe1 ent5d du bruit au dehors1 rec\vre sa tte1 et va v]s la porte2 ,m>ie re/e g5\x1 plonge dans la mditation74 ,,melvil4 ,il v\s re/e encore une rude preuve support]1 ,madame3 v\s s5tez-v\s assez de =ce p\r triomph] de t\s les m\vem5ts d'am]tume et de ha9e8 ,,m>ie se relve4 ,je ne cra9s po9t de re*ute2 j'ai sacrifi ,dieu ma ha9e et mon am\r4 ,,melvil4 ,prp>ez-v\s donc recevoir "l ,leice/] et le *anceli] ,burleigh3 ils sont l4 7,leice/] re/e dans l'loignem5t1 sans lev] les yeux2 ,burleigh s'avance entre la re9e et lui74 ,,burleigh4 ,je vi5s1 lady ,/u>t1 p\r recevoir vos d]ni]s ordres4 ,,m>ie4 ,je v\s en rem]cie1 mylord4 ,,burleigh4 ,c'e/ la volont de la re9e1 qu'aucune dem&e quitable ne v\s soit refuse4 ,,m>ie4 ,mon te/am5t indique mes d]ni]s s\haits2 je l'ai dpos dans les ma9s du *evali] ,paulet2 j'espre qu'il s]a fidlem5t excut4 ,,paulet4 ,il le s]a4 ,,m>ie4 ,comme mon corps ne peut pas repos] en t]re sa9te1 je dem&e qu'il soit accord ce fidle s]viteur de port] mon cur en ,france1 auprs des mi5s4 ,hlas6 il a t\j\rs t l4 ,,burleigh4 ,ce s]a fait4 ,ne v\lez-v\s plus ri58 ,,m>ie4 ,portez mon salut de sur la re9e d',anglet]re2 dites-lui que je lui p>donne ma mort du fond de mon me4 ,je me rep5s d'avoir t trop vive hi]1 dans mon entreti5 avec elle4 ,que ,dieu la cons]ve et lui accorde un rgne heureux6 7,dans ce mom5t le %rif arrive2 ,anna et les femmes de ,m>ie entr5t avec lui74 ,anna1 calme-toi1 le mom5t e/ v5u1 voil le %rif qui doit me conduire la mort4 ,t\t e/ dcid4 ,adieu1 adieu4 7,a ,burleigh74 ,je s\haite que ma fidle n\rrice m'accompagne sur l'*afaud1 milord3 accordez-moi ce bi5fait4 ,,burleigh4 ,je n'ai po9t de p\voirs cet g>d4 ,,m>ie4 ,quoi6 l'on me refus]ait cette prire si simple6 ,qui donc me r5drait les d]ni]s s]vices8 ,ce ne peut tre la volont de ma sur1 qu'on blesse en ma p]sonne le respect d une femme4 ,,burleigh4 ,aucune femme ne doit mont] avec v\s sur l'*afaud2 ses cris1 sa d\leur444 ,,m>ie4 ,elle ne f]a pas ent5dre ses pla9tes1 je suis g>ant de la =ce d'me de mon ,anna4 ,soyez bon1 milord2 ne me sp>ez pas en m\rant de ma fidle n\rrice4 ,elle m'a reue dans ses bras sur le seuil de la vie2 que sa d\ce ma9 me conduise la mort6 ,,paulet4 ,il faut y cons5tir4 ,,burleigh4 ,soit4 ,,m>ie4 ,il ne me re/e plus ri5 v\s dem&]4 7,elle pr5d le crucifix et le baise74 ,mon ,rdempteur1 mon ,sauveur1 que tes bras me reoiv5t6 7,elle se ret\rne p\r p>tir1 et1 dans cet in/ant1 elle r5contre le comte de ,leice/]2 elle tremble1 ses g5\x fl*iss5t2 et1 prs de tomb]1 le comte de ,leice/] la s\ti5t2 puis il dt\rne la tte1 et ne peut s\t5ir sa vue74 ,v\s me t5ez p>ole1 comte de ,leice/]2 v\s m'aviez promis votre appui p\r sortir de ce ca*ot1 et v\s me l'(frez ma9t5ant4 7,le comte de ,leice/] semble ananti2 elle cont9ue avec un acc5t ple9 de d\ceur74 ,oui1 ,leice/]2 et ce n'e/ pas seulem5t la lib]t que je v\lais v\s devoir1 mais une lib]t qui me devnt plus *re en la t5ant de v\s4 ,ma9t5ant que je suis sur la r\te de la t]re au ciel1 et que je vais dev5ir un esprit bi5heureux1 affran*i des affections t]re/res1 j'ose v\s av\]1 sans r\gir1 la faiblesse dont j'ai triomph4 ,adieu1 et si v\s le p\vez1 vivez heureux4 ,v\s avez v\lu plaire deux re9es1 et v\s avez trahi le cur aimant p\r obt5ir le cur orgueilleux4 ,pro/]nez-v\s aux pi$s d'lisabe?1 et puisse votre rcomp5se ne pas dev5ir votre punition6 ,adieu1 je n'ai plus de li5 avec la t]re4 ,leice/] re/e seul aprs le d"p de ,m>ie2 le s5tim5t de dsespoir et de honte qui l'accable peut pe9e s'exprim]2 il ent5d1 il c\te ce qui se passe dans la salle de l'excution1 et qu& elle e/ accomplie il tombe sans connaissance4 ,on appr5d ensuite qu'il e/ p>ti p\r la ,france1 et la d\leur qu'lisabe? pr\ve1 en p]dant celui qu'elle aime1 comm5ce la punition de son crime4 ,je f]ai quelques obs]vations sur cette imp>faite analyse d'une pice1 dans laquelle le *>me des v]s aj\te beauc\p t\s les autres g5res de mrite4 ,je ne sais si l'on se p]mettrait en ,france de faire un acte t\t enti] sur une situation dcide2 mais ce repos de la d\leur1 qui nat de la privation mme de l'esprance1 produit les motions les plus vraies et les plus pr(ondes4 ,ce repos sol5nel p]met au spectateur1 comme la victime1 de desc5dre en lui-mme1 et d'y s5tir t\t ce que rvle le malheur4 ,la scne de la confession1 et surt\t de la communion1 s]ait1 avec raison1 t\t fait condamne2 mais ce n'e/ c]tes pas comme manquant d'effet qu'on p\rrait la blm]3 le pa?tique qui se fonde sur la religion nationale t\*e de si prs le cur que ri5 ne saurait m\voir davantage4 ,le pays le plus ca?olique1 l',espagne1 et son pote le plus religieux1 ,caldron1 qui tait lui-mme entr dans l'tat ecclsia/ique1 ont admis sur le ?tre les sujets et les crmonies du *ri/ianisme4 ,il me semble que1 sans manqu] au respect qu'on doit la religion *rti5ne1 on p\rrait se p]mettre de la faire entr] dans la posie et les beaux-arts1 dans t\t ce qui lve l'me et embellit la vie4 ,l'en exclure1 c'e/ imit] ces enfants qui croi5t ne p\voir ri5 faire que de grave et de tri/e dans la maison de leur pre4 ,il y a de la religion dans t\t ce qui n\s cause une motion ds9tresse2 la posie1 l'am\r1 la nature et la ,div9it se runiss5t dans notre cur1 quelques ef=ts qu'on fasse p\r les sp>]2 et si l'on int]dit au gnie de faire rsonn] t\tes ces cordes la fois1 l'h>monie complte de l'me ne se f]a jamais s5tir4 ,cette re9e ,m>ie1 que la ,france a vue si brillante1 et l',anglet]re si malheureuse1 a t l'objet de mille posies div]ses1 qui clbr5t ses *>mes et son in=tune4 ,l'hi/oire l'a pe9te comme assez lgre2 ,s*ill] a donn plus de srieux son c>actre1 et le mom5t dans lequel il la reprs5te motive bi5 ce *angem5t4 ,v+t annes de prison1 et mme v+t annes de vie1 de quelque manire qu'elles se soi5t passes1 sont presque t\j\rs une svre leon4 ,les adieux de ,m>ie au comte de ,leice/] me p>aiss5t l'une des plus belles situations qui soi5t au ?tre4 ,il y a quelque d\ceur p\r ,m>ie dans cet in/ant4 ,elle a piti de ,leice/]1 t\t c\pable qu'il e/2 elle s5t quel s\v5ir elle lui laisse1 et cette v5geance du cur e/ p]mise4 ,enf91 au mom5t de m\rir1 et de m\rir p>ce qu'il n'a pas v\lu la sauv]1 elle lui dit encore qu'elle l'aime2 et si quelque *ose peut consol] de la sp>ation t]rible laquelle la mort n\s condamne1 c'e/ la sol5nit qu'elle donne nos d]nires p>oles3 aucun b1 aucun espoir ne s'y mle1 et la vrit la plus pure sort de notre se9 avec la vie4 ,,*apitre ,,xix ,jeanne d',arc et la ,fiance de ,mess9e4 ,s*ill]1 dans une pice de v]s ple9e de *>me1 repro*e aux ,franais de n'avoir pas montr de reconnaissance p\r ,jeanne d',arc4 ,l'une des plus belles poques de l'hi/oire1 celle o la ,france et son roi ,*>les ,,vii fur5t dlivrs du j\g des trang]s1 n'a po9t encore t clbre p> un criva9 digne d'effac] le s\v5ir du pome de ,voltaire2 et c'e/ un trang] qui a t* de rtablir la gloire d'une hrone franaise1 d'une hrone dont le sort malheureux intress]ait p\r elle1 qu& ses exploits n'excit]ai5t pas un ju/e en?\siasme4 ,%akespe>e devait jug] ,jeanne d',arc avec p>tialit1 puisqu'il tait ,anglais1 et nanmo9s il la reprs5te1 dans sa pice hi/orique de ,h5ri ,,vi1 comme une femme inspire d'abord p> le ciel1 et corrompue ensuite p> le dmon de l'ambition4 ,a9si1 les ,franais seuls ont laiss d%onor] sa mmoire3 c'e/ un gr& tort de notre nation que de ne pas rsi/] la moqu]ie1 qu& elle lui e/ prs5te s\s des =mes piquantes4 ,cep5dant il y a tant de place dans ce monde1 et p\r le srieux et p\r la gat1 qu'on p\rrait se faire une loi de ne pas se j\] de ce qui e/ digne de respect1 sans se priv]1 p\r cela1 de la lib]t de la plaisant]ie4 ,le sujet de ,jeanne d',arc tant t\t la fois hi/orique et m]veilleux1 ,s*ill] a entreml sa pice de morceaux lyriques1 et ce mlange produit un trs bel effet1 mme la reprs5tation4 ,n\s n'avons gure en franais que le monologue de ,polyeucte1 ou les *urs d',a?alie et d',e/h] qui puiss5t n\s en donn] l'ide4 ,la posie dramatique e/ insp>able de la situation qu'elle doit pe9dre2 c'e/ le rcit en action1 c'e/ le dbat de l'homme avec le sort4 ,la posie lyrique convi5t presque t\j\rs aux sujets religieux2 elle lve l'me v]s le ciel1 elle exprime je ne sais quelle rsignation sublime qui n\s saisit s\v5t au milieu des passions les plus agites1 et n\s dlivre de nos inquitudes p]sonnelles p\r n\s faire gt] un in/ant la paix div9e4 ,sans d\te1 il faut pr5dre g>de que la m>*e progrssive de l'intrt ne puisse en s\ffrir2 mais le b de l'art dramatique n'e/ pas uniquem5t de n\s appr5dre si le hros e/ tu1 ou s'il se m>ie3 le pr9cipal objet des vnem5ts reprs5ts1 c'e/ de s]vir dvelopp] les s5tim5ts et les c>actres4 ,le pote a donc raison de susp5dre quelquefois l'action ?trale1 p\r faire ent5dre la musique cle/e de l'me4 ,on peut se recueillir dans l'art comme dans la vie1 et plan] un mom5t au-dessus de t\t ce qui se passe en n\s-mmes et aut\r de n\s4 ,l'poque hi/orique dans laquelle ,jeanne d',arc a vcu e/ p>ticulirem5t propre faire ressortir le c>actre franais dans t\te sa beaut1 lorsqu'une foi inaltrable1 un respect sans bornes p\r les femmes1 une gnrosit presque imprud5te la gu]re1 signalai5t cette nation en ,europe4 ,il faut se reprs5t] une jeune fille de seize ans1 d'une taille maje/ueuse1 mais avec des traits encore enfant9s1 un extrieur dlicat1 et n'ayant d'autre =ce que celle qui lui vi5t d'en haut3 inspire p> la religion1 pote dans ses actions1 pote aussi dans ses p>oles1 qu& l'esprit div9 l'anime2 montrant dans ses disc\rs tantt un gnie admirable1 tantt l'ignorance absolue de t\t ce que le ciel ne lui a pas rvl4 ,c'e/ a9si que ,s*ill] a conu le rle de ,jeanne d',arc4 ,il la fait voir d'abord ,vauc\leurs dans l'habitation ru/ique de son pre1 ent5dant p>l] des rev]s de la ,france1 et s'enflammant ce rcit4 ,son vieux pre blme sa tri/esse1 sa rv]ie1 son en?\siasme4 ,il ne pntre pas le secret de l'extraord9aire1 et croit qu'il y a du mal dans t\t ce qu'il n'a pas l'habitude de voir4 ,un paysan apporte un casque qu'une ,bohmi5ne lui a remis d'une faon t\te my/rieuse4 ,jeanne d',arc s'en saisit1 elle le place sur sa tte1 et sa famille elle-mme e/ tonne de l'expression de ses reg>ds4 ,elle prophtise le triomphe de la ,france et la dfaite de ses ennemis4 ,un paysan1 esprit =t1 lui dit qu'il n'y a plus de miracle dans ce monde4 ,il y en aura encore un1 s'crie-t-elle2 une blan*e colombe va p>atre2 et1 avec la h>diesse d'un aigle1 elle combattra les vaut\rs qui d*ir5t la patrie4 ,il s]a r5v]s cet orgueilleux duc de ,b\rgogne tratre la ,france2 ce ,talbot aux c5t bras1 le flau du ciel2 ce ,salisbury blasphmateur3 t\tes ces hordes insulaires s]ont disp]ses comme un tr\peau de brebis4 ,le ,seigneur1 le ,dieu des combats1 s]a t\j\rs avec la colombe4 ,il daign]a *oisir une crature tremblante1 et triomph]a p> une faible fille1 c> il e/ le ,t\t-,puissant4 ,les surs de ,jeanne d',arc s'loign5t1 et son pre lui comm&e de s'occup] de ses travaux *amptres1 et de re/] trangre t\s ces gr&s vnem5ts1 dont les pauvres b]g]s ne doiv5t pas se ml]4 ,il sort1 ,jeanne d',arc re/e seule2 et1 prte quitt] p\r jamais le sj\r de son enfance1 un s5tim5t de regret la saisit4 ,adieu1 dit-elle1 v\s1 contres qui me ftes si *res2 v\s1 montagnes2 v\s tranquilles et fidles valles1 adieu6 ,jeanne d',arc ne vi5dra plus p>c\rir vos riantes prairies4 ,v\s1 fleurs que j'ai plantes1 prosprez lo9 de moi4 ,je v\s quitte1 grotte sombre1 fonta9es rafra*issantes4 *o1 toi1 la voix pure de la valle1 qui rpondais mes *ants1 jamais ces lieux ne me rev]ront4 ,v\s1 l'asile de t\tes mes innoc5tes joies1 je v\s laisse p\r t\j\rs3 que mes agneaux se disp]s5t dans les bruyres1 un autre tr\peau me rclame2 l'esprit sa9t m'appelle la sanglante c>rire du pril4 ,ce n'e/ po9t un dsir vaniteux ni t]re/re qui m'attire1 c'e/ la voix de celui qui s'e/ montr ,mose dans le buisson ard5t du mont ,horeb1 et lui a comm& de rsi/] ,ph>aon4 ,c'e/ lui qui1 t\j\rs favorable aux b]g]s1 appela le jeune ,david p\r combattre le gant4 ,il m'a dit aussi3--,p>s et r5ds tmoignage mon nom sur la t]re4 ,tes membres doiv5t tre r5f]ms dans le rude aira94 ,le f] doit c\vrir ton se9 dlicat4 ,aucun homme ne doit faire pr\v] ton cur les flammes de l'am\r4 ,la c\ronne de l'hymne n'orn]a jamais ta *evelure4 ,aucun enfant *ri ne repos]a sur ton se92 mais1 p>mi t\tes les femmes de la t]re1 tu recevras seule en p>tage les lauri]s des combats4 ,qu& les plus c\rageux se lass5t1 qu& l'heure fatale de la ,france semble appro*]1 c'e/ toi qui port]as mon oriflamme3 et tu abattras les orgueilleux conqurants1 comme les pis tomb5t au j\r de la moisson4 ,tes exploits *ang]ont la r\e de la =tune1 tu vas apport] le salut aux hros de la ,france1 et1 dans ,reims dlivre1 plac] la c\ronne sur la tte de ton roi4 ,c'e/ a9si que le ciel s'e/ fait ent5dre moi4 ,il m'a envoy ce casque comme un signe de sa volont4 ,la trempe miraculeuse de ce f] me communique sa =ce1 et l'ardeur des anges gu]ri]s m'enflamme2 je vais me prcipit] dans le t\rbillon des combats2 il m'entrane avec l'imptuosit de l'orage4 ,j'ent5ds la voix des hros qui m'appelle2 le *eval belliqueux frappe la t]re1 et la trompette rsonne4 ,cette premire scne e/ un prologue1 mais elle e/ insp>able de la pice2 il fallait mettre en action l'in/ant o ,jeanne d',arc pr5d sa rsolution sol5nelle3 se cont5t] d'en faire un rcit1 ce s]ait t] le m\vem5t et l'impulsion qui transport5t le spectateur dans la disposition qu'exig5t les m]veilles auxquelles il doit croire4 ,la pice de ,jeanne d',arc m>*e t\j\rs d'aprs l'hi/oire1 jusqu'au c\ronnem5t ,reims4 ,le c>actre d',agns ,sorel e/ pe9t avec lvation et dlicatesse2 il fait ressortir la puret de ,jeanne d',arc3 c> t\tes les qualits de ce monde disp>aiss5t ct des v]tus vraim5t religieuses4 ,il y a un troisime c>actre de femme qu'on f]ait bi5 de supprim] en enti]1 c'e/ celui d',isabeau de ,bavire2 il e/ grossi]1 et le contra/e e/ beauc\p trop =t p\r produire de l'effet4 ,il faut oppos] ,jeanne d',arc ,agns ,sorel1 l'am\r div9 l'am\r t]re/re2 mais la ha9e et la p]v]sit1 dans une femme1 sont au-dess\s de l'art2 il se dgrade en les peignant4 ,%akespe>e a donn l'ide de la scne dans laquelle ,jeanne d',arc ramne le duc de ,b\rgogne la fidlit qu'il doit son roi2 mais ,s*ill] l'a excute d'une faon admirable4 ,la vi]ge d',orlans veut rveill] dans l'me du duc cet atta*em5t la ,france1 qui tait si puissant alors dans t\s les gnreux habitants de cette belle contre4 ,que prt5ds-tu8 lui dit-elle3 quel e/ donc l'ennemi que *]*e ton reg>d meurtri]8 ,ce pr9ce que tu veux attaqu] e/ comme toi de la race royale2 tu fus son compagnon d'armes4 ,son pays e/ le ti53 moi-mme1 ne suis-je pas une fille de ta patrie8 ,n\s t\s que tu veux anantir1 ne sommes-n\s pas tes amis8 ,nos bras sont prts s'ouvrir p\r te recevoir1 nos g5\x se pli] humblem5t devant toi4 ,notre pe e/ sans po9te contre ton cur2 ton aspect n\s intimide1 et s\s un casque ennemi1 n\s respectons encore dans tes traits la ressemblance avec nos rois4 ,le duc de ,b\rgogne rep\sse les prires de ,jeanne d',arc1 dont il cra9t la sduction surnaturelle4 ,ce n'e/ po9t1 lui dit-elle1 ce n'e/ po9t la ncessit qui me c\rbe tes pi$s1 je n'y vi5s po9t comme une suppliante4 ,reg>de aut\r de toi4 ,le camp des ,anglais e/ en c5dres1 et vos morts c\vr5t le *amp de bataille2 tu ent5ds de t\tes p>ts les trompettes gu]rires des ,franais3 ,dieu a dcid1 la victoire e/ n\s4 ,n\s v\lons p>tag] avec notre ami les lauri]s que n\s avons conquis4 ,oh6 vi5s avec n\s1 noble transfuge2 vi5s1 c'e/ avec n\s que tu tr\v]as la ju/ice et la victoire3 moi1 l'envoye de ,dieu1 je t5ds v]s toi ma ma9 de sur4 ,je veux1 en te sauvant1 t'attir] de notre ct4 ,le ciel e/ p\r la ,france4 ,des anges que tu ne vois pas combatt5t p\r notre roi2 ils sont t\s p>s de lis4 ,l't5d>d de notre noble cause e/ blanc aussi comme le lis1 et la ,vi]ge pure e/ son *a/e symbole4 ,,le ,,duc ,,de ,,b\rgogne4 ,les mots trompeurs du m5songe sont ple9s d'artifices2 mais le langage de cette femme e/ simple comme celui d'un enfant1 et si le mauvais gnie l'inspire1 il sait lui s\ffl] les p>oles de l'innoc5ce3 non1 je ne veux plus l'ent5dre4 ,aux armes6 je me df5drai mieux en la combattant qu'en l'c\tant4 ,,jeanne4 ,tu m'accuses de magie6 tu crois voir en moi les artifices de l'enf]6 ,fond] la paix1 rconcili] les ha9es1 e/-ce donc l l'uvre de l'enf]8 ,la concorde vi5drait-elle du sj\r des damns8 ,qu'y a-t-il d'innoc5t1 de sacr1 d'huma9em5t bon1 si ce n'e/ de se dv\] p\r sa patrie8 ,depuis qu& la nature e/-elle si =t en combat avec elle-mme1 que le ciel ab&onne la bonne cause et que le dmon la df5de8 ,si ce que je te dis e/ vrai1 dans quelle s\rce l'ai-je puis8 qui fut la compagne de ma vie pa/orale8 qui donc in/ruisit la simple fille d'un b]g] dans les *oses royales8 ,jamais je ne m'tais prs5te devant les s\v]a9s1 l'art de la p>ole m'e/ trang]2 mais prs5t que j'ai beso9 de t'm\voir1 une pntration pr(onde m'claire2 je m'lve aux p5ses les plus hautes2 la de/9e des empires et des rois app>at lum9euse mes reg>ds1 et1 pe9e sortie de l'enfance1 je puis dirig] la f\dre du ciel contre ton cur4 ,a ces mots le duc de ,b\rgogne e/ mu1 tr\bl4 ,jeanne d',arc s'en ap]oit1 et s'crie3 ,il a pleur1 il e/ va9cu2 il e/ n\s4 ,les ,franais incl95t devant lui leurs pes et leurs drapeaux4 ,*>les ,,vii p>at1 et le duc de ,b\rgogne se prcipite ses pi$s4 ,je regrette p\r n\s que ce ne soit pas un ,franais qui ait conu cette scne2 mais que de gnie1 et surt\t que de naturel ne faut-il pas p\r s'id5tifi] a9si avec t\t ce qu'il y a de beau et de vrai dans t\s les pays et dans t\s les sicles6 ,talbot1 que ,s*ill] reprs5te comme un gu]ri] a?e1 intrpide contre le ciel mme1 mprisant la mort1 bi5 qu'il la tr\ve horrible2 ,talbot1 bless p> ,jeanne d',arc1 meurt sur le ?tre en blasphmant4 ,peut-tre et-il mieux valu suivre la tradition1 qui dit que ,jeanne d',arc n'avait jamais v]s le sang huma91 et triomphait sans tu]4 ,un critique1 d'un gt pur et svre1 a repro* aussi ,s*ill] d'avoir montr ,jeanne d',arc s5sible l'am\r1 au lieu de la faire m\rir m>tyre1 sans qu'aucun s5tim5t l'et jamais di/raite de sa mission div9e3 c'e/ a9si qu'il aurait fallu la pe9dre dans un pome2 mais je ne sais si une me t\t fait sa9te ne produirait pas dans une pice de ?tre le mme effet que des tres m]veilleux ou allgoriques1 dont on prvoit d'avance t\tes les actions1 et qui1 n'tant po9t agits p> les passions huma9es1 ne n\s prs5t5t po9t le combat ni l'intrt dramatique4 ,p>mi les nobles *evali]s de la c\r de ,france1 le preux ,dunois s'empresse le premi] dem&] ,jeanne d',arc de l'p\s]1 et1 fidle ses vux1 elle le refuse4 ,un jeune ,montgomm]y1 au milieu d'une bataille1 la supplie de l'p>gn]1 et lui pe9t la d\leur que sa mort va caus] son pre2 ,jeanne d',arc rejette sa prire1 et montre dans cette occasion plus d'inflexibilit que son devoir ne l'exige2 mais au mom5t de frapp] un jeune ,anglais1 ,lionel1 elle se s5t t\t c\p att5drie p> sa figure1 et l'am\r entre dans son cur4 ,alors t\te sa puissance e/ dtruite4 ,un *evali] noir comme le de/9 lui app>at dans le combat1 et lui conseille de ne pas all] ,reims4 ,elle y va nanmo9s2 la pompe sol5nelle du c\ronnem5t passe sur le ?tre2 ,jeanne d',arc m>*e au premi] rang1 mais ses pas sont *ancelants2 elle porte en tremblant l't5d>d sacr1 et l'on s5t que l'esprit div9 ne la protge plus4 ,avant d'entr] dans l'glise1 elle s'arrte et re/e seule sur la scne4 ,on ent5d de lo9 les in/rum5ts de fte qui accompagn5t la crmonie du sacre1 et ,jeanne d',arc prononce des pla9tes h>monieuses1 p5dant que le son des fltes et des hautbois plane d\cem5t dans les airs4 ,les armes sont dposes1 la tempte de la gu]re se tait1 les *ants et les danses succd5t aux combats sangu9aires4 ,des refra9s joyeux se font ent5dre dans les rues2 l'autel et l'glise sont p>s dans t\t l'clat d'une fte2 des c\ronnes de fleurs sont susp5dues aux colonnes3 cette va/e ville ne conti5t qu' pe9e le nombre des htes trang]s qui se prcipit5t p\r tre les tmo9s de l'allgresse populaire2 un mme s5tim5t remplit t\s les curs2 et ceux que sp>ait jadis une ha9e meurtrire se runiss5t ma9t5ant dans la flicit univ]selle3 celui qui peut se nomm] ,franais en e/ fi]2 l'antique clat de la c\ronne e/ r5\vel1 et la ,france obx avec gloire au petit-fils de ses rois4 ,c'e/ p> moi que ce j\r magnifique e/ arriv1 et cep5dant je ne p>tage po9t le bonheur public4 ,mon cur e/ *ang1 mon c\pable cur s'loigne de cette sol5nit sa9te1 et c'e/ v]s le camp des ,anglais1 c'e/ v]s nos ennemis que se t\rn5t t\tes mes p5ses4 ,je dois me drob] au c]cle joyeux qui m'ent\re1 p\r ca*] t\s la faute qui pse sur mon cur4 ,qui8 moi6 libratrice de mon pays1 anime p> le rayon du ciel1 dois-je s5tir une flamme t]re/re8 ,moi1 gu]rire du ,trs-,haut1 brl] p\r l'ennemi de la ,france6 puis-je encore reg>d] la *a/e lumire du soleil6 ,hlas6 comme cette musique m'enivre6 ,les sons les plus d\x me rappell5t sa voix1 et leur en*antem5t semble m'(frir ses traits4 ,que l'orage de la gu]re clate de n\veau2 que le bruit des lances ret5tisse aut\r de moi2 dans l'ardeur du combat je retr\v]ai mon c\rage2 mais ces accords h>monieux s'ins9u5t dans mon se91 et *ang5t en mlancolie t\tes les puissances de mon cur4 ,ah6 p\rquoi donc ai-je vu ce noble visage8 ,ds cet in/ant j'ai t c\pable4 ,malheureuse6 ,dieu veut un in/rum5t aveugle2 c'e/ avec des yeux aveugles que tu devais obir4 ,tu l'z reg>d1 c'en e/ fait1 la paix de ,dieu s'e/ retire de toi2 et les piges de l'enf] t'ont saisie4 ,ah6 simple h\lette des b]g]s1 p\rquoi v\s ai-je *ange contre une pe8 ,p\rquoi1 re9e du ciel1 m'es-tu jamais app>ue8 ,p\rquoi donc ai-je ent5du ta voix dans la =t des *nes8 ,repr5ds ta c\ronne1 je ne puis la mrit]4 ,oui1 je vois le ciel ouv]t1 je vois les bi5heureux1 et mes esprances sont diriges v]s la t]re6 ,o ,vi]ge sa9te1 tu m'imposas cette vocation cruelle2 p\vais-je endurcir ce cur que le ciel avait cr p\r aim]8 ,si tu veux manife/] ta puissance1 pr5ds p\r organes ceux qui1 dgags du p*1 habit5t dans ta demeure t]nelle2 envoie tes esprits immortels et purs1 trang]s aux passions comme aux l>mes4 ,mais ne *oisis pas la faible fille1 ne *oisis po9t le cur sans =ce d'une b]gre4 ,que me faisai5t les de/9s des combats et les qu]elles des rois6 ,tu z tr\bl ma vie1 tu m'z entrane dans les palais des pr9ces1 et l j'ai tr\v la sduction et l'erreur4 ,ah6 ce n'tait pas moi qui avais v\lu ce sort4 ,ce monologue e/ un *ef-d'uvre de posie2 un mme s5tim5t ramne naturellem5t aux mmes expressions2 et c'e/ en cela que les v]s s'accord5t si bi5 avec les affections de l'me3 c> ils trans=m5t en une h>monie dlicieuse ce qui p\rrait p>atre monotone dans le simple langage de la prose4 ,le tr\ble de ,jeanne d',arc va t\j\rs croissant4 ,les honneurs qu'on lui r5d1 la reconnaissance qu'on lui tmoigne1 ri5 ne peut la rassur]1 qu& elle se s5t ab&onne p> la ma9 t\te-puissante qui l'avait leve4 ,enf91 ses fune/es press5tim5ts s'accompliss5t1 et de quelle manire6 ,il faut1 p\r concevoir l'effet t]rible de l'accusation de sorcell]ie1 se transport] dans les sicles o le s\pon de ce crime my/rieux planait sur t\tes les *oses extraord9aires4 ,la croyance au mauvais pr9cipe1 telle qu'elle exi/ait alors1 supposait la possibilit d'un culte affreux env]s l'enf]2 les objets effrayants de la nature en tai5t le symbole1 et des signes biz>res le langage4 ,on attribuait cette alliance avec le dmon t\tes les prosprits de la t]re dont la cause n'tait pas bi5 connue4 ,le mot de magie dsignait l'empire du mal sans bornes1 comme la ,provid5ce le rgne du bonheur inf9i4 ,cette imprcation1 elle e/ sorcire1 il e/ sorci]1 dev5ue ridicule de nos j\rs1 faisait frissonn] il y a quelques sicles2 t\s les li5s les plus sacrs se brisai5t qu& ces p>oles tai5t prononces3 nul c\rage ne les bravait1 et le dsordre qu'elles mettai5t dans les esprits tait tel1 qu'on et dit que les dmons de l'enf] app>aissai5t rellem5t1 qu& on croyait les voir app>atre4 ,le malheureux fanatique1 pre de ,jeanne d',arc1 e/ saisi p> la sup]/ition du temps2 et1 lo9 d'tre fi] de la gloire de sa fille1 il se prs5te lui-mme au milieu des *evali]s et des seigneurs de la c\r1 p\r accus] ,jeanne d',arc de sorcell]ie4 ,a l'in/ant1 t\s les curs se glac5t d'effroi2 les *evali]s1 compagnons d'armes de ,jeanne d',arc1 la press5t de se ju/ifi]1 et elle se tait4 ,le roi l'int]roge1 et elle se tait4 ,l'ar*evque la supplie de jur] sur le crucifix qu'elle e/ innoc5te1 et elle se tait4 ,elle ne veut pas se df5dre du crime dont elle e/ faussem5t accuse1 qu& elle se s5t c\pable d'un autre crime que son cur ne peut se p>donn]4 ,le tonn]re se fait ent5dre1 l'p\vante s'emp>e du peuple1 ,jeanne d',arc e/ bannie de l'empire qu'elle vi5t de sauv]4 ,nul n'ose s'appro*] d'elle4 ,la f\le se disp]se2 l'in=tune sort de la ville2 elle erre dans la campagne2 et lorsque1 abme de fatigue1 elle accepte une boisson rafra*issante1 un enfant qui la reconnat arra*e de ses ma9s ce faible s\lagem5t4 ,on dirait que le s\ffle inf]nal dont on la croit environne peut s\ill] t\t ce qu'elle t\*e1 et prcipit] dans l'abme t]nel quiconque os]ait la sec\rir4 ,enf91 p\rsuivie d'asile en asile1 la libratrice de la ,france tombe au p\voir de ses ennemis4 ,jusque-l cette tragdie romantique1 c'e/ a9si que ,s*ill] l'a nomme1 e/ remplie de beauts du premi] ordre3 on peut bi5 y tr\v] quelques longueurs 7jamais les auteurs allem&s ne sont exempts de ce dfaut72 mais on voit pass] devant soi des vnem5ts si rem>quables1 que l'imag9ation s'exalte leur hauteur1 et que1 ne jugeant plus cette pice comme ouvrage de l'art1 on considre le m]veilleux tableau qu'elle r5f]me comme un n\veau reflet de la sa9te inspiration de l'hrone4 ,le seul dfaut grave qu'on puisse repro*] ce drame lyrique1 c'e/ le dn\em5t3 au lieu de pr5dre celui qui tait donn p> l'hi/oire1 ,s*ill] suppose que ,jeanne d',arc1 en*ane p> les ,anglais1 brise miraculeusem5t ses f]s1 va rejo9dre le camp des ,franais1 dcide la victoire en leur faveur1 et reoit une blessure mortelle4 ,le m]veilleux d'inv5tion1 ct du m]veilleux transmis p> l'hi/oire1 te ce sujet quelque *ose de sa gravit4 ,d'ailleurs1 qu'y avait-il de plus beau que la conduite et les rponses mmes de ,jeanne d',arc1 lorsqu'elle fut condamne ,r\5 p> les gr&s seigneurs anglais et les vques norm&s8 ,l'hi/oire raconte que cette jeune fille runit le c\rage le plus 9branlable la d\leur la plus t\*ante2 elle pleurait comme une femme1 mais elle se conduisait comme un hros4 ,on l'accusa de s'tre livre des pratiques sup]/itieuses1 et elle rep\ssa cette inculpation avec les argum5ts dont une p]sonne claire p\rrait se s]vir de nos j\rs2 mais elle p]si/a t\j\rs dcl>] qu'elle avait eu des rvlations intimes1 qui l'avai5t dcide dans le *oix de sa c>rire4 ,abattue p> l'horreur du supplice qui la m5aait1 elle r5dit con/amm5t tmoignage devant les ,anglais l'n]gie des ,franais1 aux v]tus du roi de ,france1 qui cep5dant l'avait ab&onne4 ,sa mort ne fut ni celle d'un gu]ri] ni celle d'un m>tyr2 mais1 trav]s la d\ceur et la timidit de son sexe1 elle montra dans les d]ni]s mom5ts une =ce d'inspiration presque aussi tonnante que celle dont on l'accusait comme d'une sorcell]ie4 ,quoi qu'il en soit1 le simple rcit de sa f9 meut bi5 plus que le dn\em5t de ,s*ill]4 ,lorsque la posie veut aj\t] l'clat d'un p]sonnage hi/orique1 il faut du mo9s qu'elle lui cons]ve avec so9 la physionomie qui le c>actrise3 c> la gr&eur n'e/ vraim5t frappante que qu& on sait lui donn] l'air naturel4 ,or1 dans le sujet de ,jeanne d',arc1 c'e/ le fait vritable qui non seulem5t a plus de naturel1 mais plus de gr&eur que la fiction4 99 99 99 99 99 ,la ,fiance de ,mess9e a t compose d'aprs un sy/me dramatique t\t fait diffr5t de celui que ,s*ill] avait suivi jusqu'alors1 et auquel il e/ heureusem5t rev5u4 ,c'e/ p\r faire admettre les *urs sur la scne qu'il a *oisi un sujet dans lequel il n'y a de n\veau que les noms2 c> c'e/1 au fond1 la mme *ose que les ,frres ennemis4 ,seulem5t ,s*ill] a introduit de plus une sur dont les deux frres devi5n5t am\reux1 sans savoir qu'elle e/ leur sur1 et l'un tue l'autre p> jal\sie4 ,cette situation t]rible en elle-mme e/ entremle de *urs qui font p>tie de la pice4 ,ce sont les s]viteurs des deux frres qui int]romp5t et glac5t l'intrt p> leurs discussions mutuelles4 ,la posie lyrique qu'ils rcit5t t\s la fois e/ sup]be2 mais ils n'en sont pas mo9s1 quoi qu'ils dis5t1 des *urs de *ambellans4 ,le peuple enti] peut seul avoir cette dignit indp5dante1 qui lui p]met d'tre un spectateur imp>tial4 ,le *ur doit reprs5t] la po/rit4 ,si des affections p]sonnelles l'animai5t1 il s]ait ncessairem5t ridicule2 c> on ne concevrait pas comm5t plusieurs p]sonnes dirai5t la mme *ose en mme temps1 si leurs voix n'tai5t pas c5ses tre l'int]prte impossible des vrits t]nelles4 ,s*ill]1 dans la prface qui prcde la ,fiance de ,mess9e1 se pla9t avec raison de ce que nos usages mod]nes n'ont plus ces =mes populaires qui les r5dai5t si potiques *ez les anci5s4 ,les palais1 dit-il1 sont f]ms2 les tribunaux ne se ti5n5t plus en ple9 air1 devant les portes de la ville2 les crits ont pris la place de la p>ole vivante2 le peuple lui-mme1 cette masse si =te et si visible1 n'e/ presque plus qu'une ide ab/raite1 et les div9its des mortels n'exi/5t plus que dans leur cur4 ,il faut que le pote ouvre les palais1 replace les juges s\s la vote du ciel1 relve les /atues des dieux1 ranime enf9 les images qui p>t\t ont fait place aux ides4 ,ce dsir d'un autre temps1 d'un autre pays1 e/ un s5tim5t potique4 ,l'homme religieux a beso9 du ciel1 et le pote d'une autre t]re3 mais on ignore quel culte et quel sicle la ,fiance de ,mess9e n\s reprs5te2 elle sort des usages mod]nes1 sans n\s plac] dans les temps antiques4 ,le pote y a ml t\tes les religions ensemble2 et cette confusion dtruit la haute unit de la tragdie1 celle de la de/9e qui conduit t\t4 ,les vnem5ts sont atroces1 et cep5dant l'horreur qu'ils inspir5t e/ tranquille4 ,le dialogue e/ aussi long1 aussi dvelopp que si l'affaire de t\s tait de p>l] en beaux v]s2 et qu'on aimt1 qu'on ft jal\x1 qu'on hat son frre1 qu'on le tut1 sans quitt] la sphre des rflexions gnrales et des s5tim5ts philosophiques4 ,il y a nanmo9s dans la ,fiance de ,mess9e des traces admirables du beau gnie de ,s*ill]4 ,qu& l'un des frres a t tu p> son frre jal\x1 on apporte le mort dans le palais de la mre2 elle ne sait po9t encore qu'elle a p]du son fils1 et c'e/ a9si que le *ur qui prcde le c]cueil le lui annonce3 ,de t\t ct le malheur p>c\rt les villes4 ,il erre en sil5ce aut\r des habitations des hommes3 auj\rd'hui c'e/ celle-ci qu'il frappe1 dema9 c'e/ celle-l2 aucune n'e/ p>gne4 ,le messag] d\l\reux et fune/e tt ou t>d pass]a le seuil de la porte o demeure un vivant4 ,qu& les feuilles tomb5t dans la saison prescrite1 qu& les vieill>ds affaiblis desc5d5t dans le tombeau1 la nature obx en paix ses antiques lois1 son t]nel usage1 l'homme n'en e/ po9t effray2 mais sur cette t]re1 c'e/ le malheur imprvu qu'il faut cra9dre4 ,le meurtre1 d'une ma9 viol5te1 brise les li5s les plus sacrs1 et la mort vi5t enlev] dans la b>que du ,/yx le jeune homme florissant4 ,qu& les nuages amoncels c\vr5t le ciel de deuil1 qu& le tonn]re ret5tit dans les abmes1 t\s les curs s5t5t la =ce r$\table de la de/9e2 mais la f\dre enflamme peut p>tir des hauteurs sans nuages1 et le malheur s'appro*e comme un ennemi rus1 au milieu des j\rs de fte4 ,n'atta*e donc po9t ton cur ces bi5s dont la vie passagre e/ orne4 ,si tu j\is1 appr5ds p]dre1 et si la =tune e/ avec toi1 songe la d\leur4 ,qu& le frre appr5d que celle dont il tait am\reux1 et p\r laquelle il a tu son frre1 e/ sa sur1 son dsespoir n'a po9t de bornes1 et il se rs\t m\rir4 ,sa mre veut lui p>donn]1 sa sur lui dem&e de vivre2 mais il se mle ses remords un s5tim5t d'envie qui le r5d encore jal\x de celui qui n'e/ plus4 ,ma mre1 dit-il1 qu& le mme tombeau r5f]m]a le meurtri] et la victime1 qu& une mme vote c\vrira nos c5dres runies1 ta maldiction s]a ds>me4 ,tes pleurs c\l]ont galem5t p\r tes deux fils3 la mort e/ un puissant mdiateur6 elle te9t les flammes de la colre1 elle rconcilie les ennemis1 et la piti se p5*e comme une sur att5drie sur l'urne qu'elle embrasse4 ,sa mre le presse encore de ne pas l'ab&onn]4--,non1 lui dit-il1 je ne puis vivre avec un cur bris4 ,il faut que je retr\ve la joie1 et que je m'unisse avec les esprits libres de l'air4 ,l'envie a empoisonn ma jeunesse2 cep5dant tu p>tageais ju/em5t ton am\r entre n\s deux4 ,p5ses-tu que je pusse support] ma9t5ant l'avantage que tes regrets donn5t mon frre sur moi8 ,la mort n\s sanctifie2 dans son palais inde/ructible1 ce qui tait mortel et s\ill se *ange en un cri/al pur et brillant2 les erreurs de la misrable humanit disp>aiss5t4 ,mon frre s]ait au-dessus de moi dans ton cur1 comme les toiles sont au-dessus de la t]re1 et l'anci5ne rivalit qui n\s a sp>s p5dant la vie r5atrait p\r me dvor] sans rel*e4 ,il s]ait p> del ce monde1 il s]ait dans ton s\v5ir l'enfant *ri1 l'enfant immortel4 ,la jal\sie qu'inspire un mort e/ un s5tim5t ple9 de dlicatesse et de vrit4 ,qui p\rrait en effet triomph] des regrets8 ,les vivants gal]ont-ils jamais la beaut de l'image cle/e que l'ami qui n'e/ plus a laisse dans notre cur8 ,ne n\s a-t-il pas dit3--,ne m'oubliez pas4--,n'e/-il pas l sans df5se8 ,o vit-il sur cette t]re1 si ce n'e/ dans le sanctuaire de notre me8 ,et qui1 p>mi les heureux de ce monde1 s'unirait jamais n\s aussi intimem5t que son s\v5ir8 ,,*apitre ,,xx ,guillaume ,tell4 ,le ,guillaume ,tell de ,s*ill] e/ revtu de ces c\leurs vives et brillantes qui transport5t l'imag9ation dans les contres pittoresques o la respectable conjuration du ,rtli s'e/ passe4 ,ds les premi]s v]s1 on croit ent5dre rsonn] les cors des ,alpes4 ,ces nuages qui p>tag5t les montagnes1 et ca*5t la t]re d'en bas la t]re la plus vois9e du ciel2 ces *asseurs de *amois p\rsuivant leur proie lgre trav]s les abmes2 cette vie t\t la fois pa/orale et gu]rire1 qui combat avec la nature1 et re/e en paix avec les hommes3 t\t inspire un intrt anim p\r la ,suisse2 et l'unit d'action1 dans cette tragdie1 ti5t l'art d'avoir fait de la nation mme un p]sonnage dramatique4 ,la h>diesse de ,tell e/ brillamm5t signale au premi] acte de la pice4 ,un malheureux proscrit1 que l'un des tyrans subalt]nes de la ,suisse a dv\ la mort1 veut se sauv] de l'autre ct du rivage1 o il peut tr\v] un asile4 ,l'orage e/ si viol5t qu'aucun bateli] n'ose se risqu] trav]s] le lac p\r le conduire4 ,tell voit sa dtresse1 se has>de avec lui sur les flots1 et le fait heureusem5t abord] l'autre rive4 ,tell e/ trang] la conjuration que l'insol5ce de ,gessl] fait natre4 ,/auffa*]1 ,wal!r ,fr/ et ,arnold de ,mel*tal prp>5t la rvolte4 ,tell en e/ le hros1 mais non pas l'auteur2 il ne p5se po9t la politique1 il ne songe la tyrannie que qu& elle tr\ble sa vie paisible2 il la rep\sse de son bras1 qu& il pr\ve son atte9te2 il la juge1 il la condamne son propre tribunal2 mais il ne conspire pas4 ,arnold de ,mel*tal1 l'un des conjurs1 s'e/ retir *ez ,wal!r2 il a t oblig de quitt] son pre1 p\r *app] aux satellites de ,gessl]2 il s'inquite de l'avoir laiss seul2 il dem&e avec anxit de ses n\velles1 qu& t\t c\p il appr5d que1 p\r punir le vieill>d de ce que son fils s'e/ s\/rait au dcret lanc contre lui1 les b>b>es1 avec un f] brlant1 l'ont priv de la vue4 ,quel dsespoir1 quelle rage peut gal] ce qu'il pr\ve6 ,il faut qu'il se v5ge4 ,s'il dlivre sa patrie1 c'e/ p\r tu] les tyrans qui ont aveugl son pre2 et qu& les trois conjurs se li5t p> le s]m5t sol5nel de m\rir ou d'affran*ir leurs citoy5s du j\g affreux de ,gessl]1 ,arnold s'crie3 ,oh6 mon vieux pre aveugle1 tu ne peux plus voir le j\r de la lib]t2 mais nos cris de ralliem5t p>vi5dront jusqu' toi4 ,qu& des ,alpes aux ,alpes des signaux de feu n\s appell]ont aux armes1 tu ent5dras tomb] les citadelles de la tyrannie4 ,les ,suisses1 en se pressant aut\r de ta cabane1 f]ont ret5tir ton oreille leurs transports de joie1 et les rayons de cette fte pntr]ont encore jusque dans la nuit qui t'environne4 ,le troisime acte e/ rempli p> l'action pr9cipale de l'hi/oire et de la pice4 ,gessl] a fait lev] un *apeau sur une pique1 au milieu de la place publique1 avec ordre que t\s les paysans le salu5t4 ,tell passe devant ce *apeau sans se con=m] la volont du g\v]neur autri*i52 mais1 c'e/ seulem5t p> inadv]tance qu'il ne s'y s\met pas1 c> il n'tait pas dans le c>actre de ,tell1 au mo9s dans celui que ,s*ill] lui a donn1 de manife/] aucune op9ion politique3 sauvage et indp5dant comme les *evreuils des montagnes1 il vivait libre1 mais il ne s'occupait po9t du droit qu'il avait de l'tre4 ,au mom5t o ,tell e/ accus de n'avoir pas salu le *apeau1 ,gessl] arrive1 portant un faucon sur sa ma93 dj cette circon/ance fait tableau et transporte dans le moy5 ge4 ,le p\voir t]rible de ,gessl] e/ s+ulirem5t en contra/e avec les murs si simples de la ,suisse1 et l'on s'tonne de cette tyrannie en ple9 air1 dont les valles et les montagnes sont les solitaires tmo9s4 ,on raconte ,gessl] la dsobissance de ,tell1 et ,tell s'excuse en affirmant que ce n'e/ po9t avec int5tion1 mais p> ignorance1 qu'il n'a po9t fait le salut comm&4 ,gessl]1 t\j\rs irrit1 lui dit1 aprs quelques mom5ts de sil5ce3--,tell1 on assure que tu es matre dans l'art de tir] de l'arbalte1 et que jamais ta fl*e n'a manqu d'atte9dre au b4--,le fils de ,tell1 g de d\ze ans1 s'crie1 t\t orgueilleux de l'habilet de son pre3--,cela e/ vrai1 seigneur2 il p]ce une pomme sur l'arbre c5t pas4--,e/-ce l ton enfant8 dit ,gessl]3--,oui1 seigneur1 rpond ,tell--,en z-tu d'autres8--,,tell3 ,deux g>ons1 seigneur8--,,gessl]3 ,lequel des deux t'e/ le plus *]8--,,tell3 ,t\s les deux sont mes enfants4--,,gessl]3 ,h bi51 ,tell1 puisque tu p]ces une pomme sur l'arbre c5t pas1 ex]ce ton tal5t devant moi2 pr5ds ton arbalte1 aussi bi5 tu l'z dj dans ta ma91 et prp>e-toi tir] une pomme sur la tte de ton fils2 mais1 je te le conseille1 vise bi52 c> si tu n'atte9s pas ou la pomme ou ton fils1 tu priras4--,,tell3 ,seigneur1 quelle action mon/rueuse me comm&ez-v\s6 ,qui6 moi1 lanc] une fl*e contre mon enfant6 ,non1 non1 v\s ne le v\lez pas1 ,dieu v\s en prs]ve6 ce n'e/ pas srieusem5t1 seigneur1 que v\s exigez cela d'un pre4--,,gessl]3 ,tu tir]as la pomme sur la tte de ton fils2 je le dem&e et je le veux4--,,tell3 ,moi vis] la tte *rie de mon enfant6 ah6 plutt m\rir4--,,gessl]3 ,tu dois tir]1 ou prir l'in/ant mme avec ton fils4--,,tell3 ,je s]ais le meurtri] de mon fils6 ,seigneur1 v\s n'avez pas d'enfants1 v\s ne savez po9t ce qu'il y a dans le cur d'un pre4--,,gessl]3 ,ah ,tell6 te voil t\t c\p bi5 prud5t2 on m'avait dit que tu tais un rveur1 que tu aimais l'extraord9aire2 h bi56 je t'en donne l'occasion1 essaie ce c\p h>di1 vraim5t digne de toi4 ,t\s ceux qui ent\r5t ,gessl] ont piti de ,tell1 et t*5t d'att5drir le b>b>e qui le condamne au plus affreux supplice2 le vieill>d1 gr&'pre de l'enfant1 se jette aux pi$s de ,gessl]2 l'enfant sur la tte duquel la pomme doit tre tire le relve et lui dit3--,ne v\s mettez po9t g5\x devant cet homme2 qu'on me dise seulem5t o je dois me plac]3 je ne cra9s ri5 p\r moi2 mon pre atte9t l'oiseau dans son vol1 il ne manqu]a pas son c\p qu& il s'agit du cur de son enfant4--,/auffa*] s'avance et dit3--,seigneur1 l'innoc5ce de cet enfant ne v\s t\*e-t-elle pas8--,,gessl]3 ,qu'on l'atta*e ce tilleul4--,l',,enfant3 ,p\rquoi me li]8 laissez-moi libre1 je me ti5drai tranquille comme un agneau2 mais si l'on veut m'en*an]1 je me dbattrai avec viol5ce4--,rodolphe1 l'cuy] de ,gessl]1 dit l'enfant3--,cons5s au mo9s ce qu'on te b&e les yeux4--,non1 rpond l'enfant1 non2 crois-tu que je r$\te le trait qui va p>tir de la ma9 de mon pre8 ,je ne s\rcill]ai pas en l'att5dant4 ,allons1 mon pre1 montre comme tu sais tir] de l'arc2 ils ne le croi5t pas1 ils se flatt5t de n\s p]dre2 h bi51 trompe leur m*ant espoir2 que la fl*e soit lance1 et qu'elle atteigne au b4--,allons4 ,l',enfant se place s\s le tilleul1 et l'on pose la pomme sur sa tte2 alors les ,suisses se press5t de n\veau aut\r de ,gessl] p\r en obt5ir la grce de ,tell4--,p5sais-tu1 dit ,gessl] en s'adressant ,tell1 p5sais-tu que tu p\rrais te s]vir impunm5t des armes meurtrires8 ,elles sont dang]euses aussi p\r celui qui les porte2 ce droit insol5t d'tre arm1 que les paysans s'arrog5t1 (f5se le matre de ses contres2 celui qui comm&e doit seul tre arm4 ,v\s v\s rj\issez tant de votre arc et de vos fl*es1 c'e/ moi de v\s donn] un b p\r les ex]c]4--,faites place1 s'crie ,tell1 faites place4--,t\s les spectateurs frmiss5t4 ,il veut t5dre son arc1 la =ce lui manque2 un v]tige l'emp*e de voir2 il conjure ,gessl] de lui accord] la mort4 ,gessl] e/ inflexible4 ,tell hsite encore longtemps1 dans1 une affreuse anxit3 tantt il reg>de ,gessl]1 tantt le ciel1 puis t\t c\p il tire de son c>quois une seconde fl*e et la met dans sa ce9ture4 ,il se p5*e en avant1 comme s'il v\lait suivre le trait qu'il lance2 la fl*e "p1 le peuple s'crie3--,vive l'enfant6--,le fils s'lance dans les bras de son pre1 et lui dit3--,mon pre1 voici la pomme que ta fl*e a p]ce2 je savais bi5 que tu ne me bless]ais pas4--,le pre ananti tombe t]re1 t5ant son enfant dans ses bras4 ,les compagnons de ,tell le relv5t1 et le flicit5t4 ,gessl] s'appro*e1 et lui dem&e dans quel desse9 il avait prp> une seconde fl*e4 ,tell refuse de le dire4 ,gessl] insi/e4 ,tell dem&e une sauveg>de p\r sa vie1 s'il rpond avec vrit2 ,gessl] l'accorde4 ,tell alors1 le reg>dant avec des yeux v5geurs1 lui dit3--,je v\lais lanc] contre v\s cette fl*e1 si la premire avait frapp mon fils2 et1 croyez-moi1 celle-l ne v\s aurait pas manqu4--,gessl]1 furieux ces mots1 ordonne que ,tell soit conduit en prison4 ,cette scne a1 comme on peut le voir1 t\te la simplicit d'une hi/oire raconte dans une anci5ne *ronique4 ,tell n'e/ po9t reprs5t comme un hros de tragdie1 il n'avait po9t v\lu brav] ,gessl]3 il ressemble en t\t ce que sont d'ord9aire les paysans de l',helvtie1 calmes dans leurs habitudes1 amis du repos1 mais t]ribles qu& on agite dans leur me les s5tim5ts que la vie *amptre y ti5t ass\pis4 ,on voit encore prs d',altorf1 dans le canton d',uri1 une /atue de pi]re grossirem5t travaille1 qui reprs5te ,tell et son fils1 aprs que la pomme a t tire4 ,le pre ti5t d'une ma9 son fils1 et de l'autre il presse son arc sur son cur1 p\r le rem]ci] de l'avoir si bi5 s]vi4 ,tell e/ conduit en*an sur la mme b>que dans laquelle ,gessl] trav]se le lac de ,luc]ne2 l'orage clate p5dant le passage2 l'homme b>b>e a peur et dem&e du sec\rs sa victime3 on dta*e les li5s de ,tell1 il conduit lui-mme la b>que au milieu de la tempte1 et s'appro*ant des ro*]s il s'lance sur le rivage esc>p4 ,le rcit de cet vnem5t comm5ce le quatrime acte4 ,a pe9e arriv dans sa demeure1 ,tell e/ av]ti qu'il ne peut espr] d'y vivre en paix avec sa femme et ses enfants1 et c'e/ alors qu'il pr5d la rsolution de tu] ,gessl]4 ,il n'a po9t p\r b d'affran*ir son pays du j\g trang]1 il ne sait pas si l',autri*e doit ou non g\v]n] la ,suisse2 il sait qu'un homme a t inju/e env]s un homme2 il sait qu'un pre a t =c de lanc] une fl*e prs du cur de son enfant1 et il p5se que l'auteur d'un tel =fait doit prir4 ,son monologue e/ sup]be3 il frmit du meurtre1 et cep5dant il n'a pas le mo9dre d\te sur la lgitimit de sa rsolution4 ,il comp>e l'innoc5t usage qu'il a fait jusqu' ce j\r de sa fl*e1 la *asse et dans les jeux1 avec la svre action qu'il va commettre3 il s'assi$ sur un banc de pi]re1 p\r att5dre au dt\r d'un *em9 ,gessl] qui doit pass]4--,ici1 dit-il1 s'arrte le pl]91 qui cont9ue son voyage aprs un c\rt repos2 le mo9e pieux qui va p\r accomplir sa mission sa9te1 le m>*& qui vi5t des pays lo9ta9s1 et trav]se cette r\te p\r all] l'autre extrmit du monde3 t\s p\rsuiv5t leur *em9 p\r a*ev] leurs affaires1 et mon affaire moi1 c'e/ le meurtre6 ,jadis le pre ne r5trait jamais dans sa maison sans rj\ir ses enfants1 en leur rapportant quelques fleurs des ,alpes1 un oiseau r>e1 un coquillage prcieux1 tel qu'on en tr\ve sur les montagnes2 et ma9t5ant ce pre e/ assis sur le ro*]1 et des p5ses de mort l'occup5t2 il veut la vie de son ennemi2 mais il la veut p\r v\s1 mes enfants1 p\r v\s protg]1 p\r v\s df5dre2 c'e/ p\r sauv] vos j\rs et votre d\ce innoc5ce qu'il t5d son arc v5geur4 ,peu de temps aprs on ap]oit de lo9 ,gessl] desc5dre de la montagne4 ,une malheureuse femme dont il fait languir le m>i dans les prisons1 se jette ses pi$s et le conjure de lui accord] sa dlivrance2 il la mprise et la rep\sse3 elle insi/e encore2 elle saisit la bride de son *eval1 et lui dem&e de l'cras] s\s ses pas1 ou de lui r5dre celui qu'elle aime4 ,gessl] indign contre ses pla9tes1 se repro*e de laiss] encore trop de lib]t au peuple suisse4--,je veux1 dit-il1 bris] leur rsi/ance op9itre2 je veux c\rb] leur audacieux esprit d'indp5dance2 je veux publi] une loi n\velle dans ce pays2 je veux444--,comme il prononce ce mot1 la fl*e mortelle l'atte9t2 il tombe en s'criant3--,c'e/ le trait de ,tell4--,tu dois le reconnatre1 s'crie ,tell du haut du ro*]4--,les acclamations du peuple se font bi5tt ent5dre1 et les librateurs de la ,suisse rempliss5t le s]m5t qu'ils avai5t fait de s'affran*ir du j\g de l',autri*e4 ,il semble que la pice devrait f9ir naturellem5t l1 comme celle de ,m>ie ,/u>t sa mort2 mais dans l'une et l'autre ,s*ill] a aj\t une espce d'app5dice ou d'explication1 qu'on ne peut plus c\t] qu& la cata/rophe pr9cipale e/ t]m9e4 lisabe? rep>at aprs l'excution de ,m>ie2 on e/ tmo9 de son tr\ble et de sa d\leur en appr5ant le d"p de ,leice/] p\r la ,france4 ,cette ju/ice potique doit se suppos]1 et non se reprs5t]2 le spectateur ne s\ti5t pas la vue d'lisabe?1 aprs avoir t tmo9 des d]ni]s mom5ts de ,m>ie4 ,dans ,guillaume ,tell1 au c9quime acte1 ,jean le ,p>ricide1 qui assass9a son oncle l'emp]eur ,alb]t1 p>ce qu'il lui refusait son hritage1 vi5t1 dguis en mo9e1 dem&] un asile ,tell2 il se p]suade que leurs actions sont p>eilles1 et ,tell le rep\sse avec horreur1 en lui montrant combi5 leurs motifs sont diffr5ts4 ,c'e/ une ide ju/e et +nieuse1 que de mettre en opposition ces deux hommes2 t\tefois ce contra/e qui plat la lecture1 ne russit po9t au ?tre4 ,l'esprit e/ de trs peu de *ose dans les effets dramatiques2 il en faut p\r les prp>]1 mais s'il en fallait p\r les s5tir1 le public mme le plus spirituel s'y refus]ait4 ,on supprime au ?tre l'acte accessoire de ,jean le ,p>ricide1 et la toile tombe au mom5t o la fl*e p]ce le cur de ,gessl]4 ,peu de temps aprs la premire reprs5tation de ,guillaume ,tell1 le trait mortel atteignit aussi le digne auteur de ce bel ouvrage4 ,gessl] prit au mom5t o les desse9s les plus cruels l'occupai5t2 ,s*ill] n'avait dans son me que de gnreuses p5ses4 ,ces deux volonts si contraires1 la mort1 ennemie de t\s les projets de l'homme1 les a de mme brises4 ,,*apitre ,,xxi ,gtz de ,b]li*+5 et le comte d',egmont4 ,la c>rire dramatique de ,g! peut tre considre s\s deux rapports diffr5ts4 ,dans les pices qu'il a faites p\r tre reprs5tes1 il y a beauc\p de grce et d'esprit1 mais ri5 de plus4 ,dans ceux de ses ouvrages dramatiques1 au contraire1 qu'il e/ trs difficile de j\]1 on tr\ve un tal5t extraord9aire4 ,il p>at que le gnie de ,g! ne peut se r5f]m] dans les limites du ?tre2 qu& il veut s'y s\mettre1 il p]d une portion de son orig9alit1 et ne la retr\ve t\t entire que qu& il peut ml] son gr t\s les g5res4 ,un art1 quel qu'il soit1 ne saurait tre sans bornes2 la pe9ture1 la sculpture1 l'ar*itecture1 sont s\mises des lois qui leur sont p>ticulires1 et de mme l'art dramatique ne produit de l'effet qu' de c]ta9es conditions3 ces conditions re/reign5t quelquefois le s5tim5t et la p5se2 mais l'asc5dant du spectacle e/ tel sur les hommes rassembls1 qu'on a tort de ne pas se s]vir de cette puissance1 s\s prtexte qu'elle exige des sacrifices que ne f]ait pas l'imag9ation livre elle-mme4 ,comme il n'y a pas en ,allemagne une capitale o l'on tr\ve runi t\t ce qu'il faut p\r avoir un bon ?tre1 les ouvrages dramatiques sont beauc\p plus s\v5t lus que j\s3 et de l vi5t que les auteurs compos5t leurs ouvrages d'aprs le po9t de vue de la lecture1 et non pas d'aprs celui de la scne4 ,g! fait presque t\j\rs de n\veaux essais en littrature4 ,qu& le gt allem& lui p>at p5*] v]s un excs quelconque1 il t5te aussitt de lui donn] une direction oppose4 ,on dirait qu'il adm9i/re l'esprit de ses contempora9s comme son empire1 et que ses ouvrages sont des dcrets1 qui t\r t\r autoris5t ou banniss5t les abus qui s'introduis5t dans l'art4 ,g! tait fatigu de l'imitation des pices franaises en ,allemagne1 et il avait raison2 c> un ,franais mme le s]ait aussi4 ,en consqu5ce il composa un drame hi/orique la manire de ,%akespe>e1 ,gtz de ,b]li*+54 ,cette pice n'tait pas de/9e au ?tre2 mais on p\vait cep5dant la reprs5t]1 comme t\tes celles de ,%akespe>e du mme g5re4 ,g! a *oisi la mme poque de l'hi/oire que ,s*ill] dans ses ,brig&s2 mais1 au lieu de montr] un homme qui s'affran*it de t\s les li5s de la morale et de la socit1 il a pe9t un vieux *evali]1 s\s le rgne de ,maximili51 df5dant encore la vie *eval]esque1 et l'exi/5ce fodale des seigneurs1 qui donnai5t tant d'asc5dant leur valeur p]sonnelle4 ,gtz de ,b]li*+5 fut surnomm la ,ma9-de-,f]1 p>ce que1 ayant p]du sa ma9 droite la gu]re1 il s'en fit faire une ressort1 avec laquelle il saisissait trs bi5 la lance2 c'tait un *evali] clbre dans son temps p> son c\rage et sa loyaut4 ,ce modle e/ heureusem5t *oisi p\r reprs5t] quelle tait l'indp5dance des nobles1 avant que l'autorit du g\v]nem5t pest sur t\s4 ,dans le moy5 ge1 *aque *teau tait une =t]esse1 *aque seigneur un s\v]a94 ,l'tablissem5t des tr\pes de ligne et l'inv5tion de l'artill]ie *angr5t t\t fait l'ordre social2 il s'introduisit une espce de =ce ab/raite qu'on nomme tat ou ,nation2 mais les individus p]dir5t graduellem5t t\te leur importance4 ,un c>actre tel que celui de ,gtz dut s\ffrir de ce *angem5t lorsqu'il s'opra4 ,l'esprit militaire a t\j\rs t plus rude en ,allemagne que p>t\t ailleurs1 et c'e/ l qu'on peut se figur] vritablem5t ces hommes de f] dont on voit encore les images dans les ars5aux de l',empire4 ,nanmo9s la simplicit des murs *eval]esques e/ pe9te dans la pice de ,g! avec beauc\p de *>mes4 ,ce vieux ,gtz1 vivant dans les combats1 dormant avec son armure1 sans cesse *eval1 ne se reposant que qu& il e/ assig1 employant t\t p\r la gu]re1 ne voyant qu'elle2 ce vieux ,gtz1 dis-je1 donne la plus haute ide de l'intrt et de l'activit que la vie avait alors4 ,ses qualits comme ses dfauts sont =tem5t prononcs2 ri5 n'e/ plus gnreux que son atta*em5t p\r ,weisl+51 autrefois son ami1 depuis son adv]saire1 et s\v5t mme tratre env]s lui4 ,la s5sibilit que montre un intrpide gu]ri]1 remue l'me d'une faon t\te n\velle2 n\s avons du temps p\r aim]1 dans notre vie oisive2 mais ces clairs d'motion qui font lire au fond du cur1 trav]s une exi/5ce orageuse1 caus5t un att5drissem5t pr(ond4 ,on a si peur de r5contr] l'affectation dans le plus beau don du ciel1 dans la s5sibilit1 que l'on prfre quelquefois la rudesse elle-mme comme g>ant de la fran*ise4 ,la femme de ,gtz s'(fre l'imag9ation telle qu'un anci5 portrait de l'cole flam&e1 o le vtem5t1 le reg>d1 la tranquillit mme de l'attitude1 annonc5t une femme s\mise son p\x1 ne connaissant que lui1 n'admirant que lui1 et se croyant de/9e le s]vir1 comme il l'e/ la df5dre4 ,on voit en contra/e avec cette femme p> excell5ce1 une crature t\t fait p]v]se1 ,adlade1 qui sduit ,weisl+51 et le fait manqu] ce qu'il avait promis son ami2 elle l'p\se1 et bi5tt lui devi5t infidle4 ,elle se fait aim] avec passion de son page1 et tr\ble ce malheureux jeune homme au po9t de l'entran] donn] son matre une c\pe empoisonne4 ,ces traits sont =ts1 mais peut-tre e/-il vrai que1 qu& les murs sont trs pures en gnral1 celle qui s'en c>te e/ bi5tt entirem5t corrompue2 le dsir de plaire n'e/ de nos j\rs qu'un li5 d'affection et de bi5veillance2 mais dans la vie svre et dome/ique d'autrefois1 c'tait un g>em5t qui p\vait entran] t\s les autres4 ,cette crim9elle ,adlade donne lieu l'une des plus belles scnes de la pice1 la sance du tribunal secret4 ,des juges my/rieux1 inconnus l'un l'autre1 t\j\rs masqus1 et se rassemblant p5dant la nuit1 punissai5t dans le sil5ce1 et gravai5t seulem5t sur le poign>d qu'ils enfonai5t dans le se9 du c\pable ce mot t]rible3 ,,tribunal ,,secret4 ,ils prv5ai5t le condamn1 en faisant cri] trois fois s\s les f5tres de sa maison3 ,malheur1 malheur1 malheur6 ,alors l'in=tun savait que p>t\t1 dans l'trang]1 dans son concitoy51 dans son p>5t mme1 il p\vait tr\v] son meurtri]4 ,la solitude1 la f\le1 les villes1 les campagnes1 t\t tait rempli p> la prs5ce invisible de cette consci5ce arme qui p\rsuivait les crim9els4 ,on conoit comm5t cette t]rible in/itution p\vait tre ncessaire1 dans un temps o *aque homme tait =t contre t\s1 au lieu que t\s doiv5t tre =ts contre *acun4 ,il fallait que la ju/ice surprt le crim9el avant qu'il pt s'en df5dre3 mais cette punition1 qui planait dans les airs comme une ombre v5g]esse1 cette s5t5ce mortelle1 que p\vait recel] le se9 mme d'un ami1 frappait d'une inv9cible t]reur4 ,c'e/ encore un beau mom5t que celui o ,gtz1 v\lant se df5dre dans son *teau1 ordonne qu'on arra*e le plomb de ses f5tres p\r en faire des balles4 ,il y a dans cet homme un mpris de l'av5ir1 et une int5sit de =ce dans le prs5t1 t\t fait admirables4 ,enf9 ,gtz voit prir t\s ses compagnons d'armes2 il re/e bless1 captif1 et n'ayant auprs de lui que son p\se et sa sur4 ,il n'e/ plus ent\r que de femmes1 lui qui v\lait vivre au milieu d'hommes1 et d'hommes indomptables1 p\r ex]c] avec eux la puissance de son c>actre et de son bras4 ,il songe au nom qu'il doit laiss] aprs lui2 il rfl*it1 puisqu'il va m\rir4 ,il dem&e voir encore une fois le soleil1 p5se ,dieu dont il ne s'e/ po9t occup1 mais dont il n'a jamais d\t1 et meurt c\rageux et sombre1 regrettant la gu]re plus que la vie4 ,on aime beauc\p cette pice en ,allemagne2 les murs et les co/umes nationaux de l'anci5 temps y sont fidlem5t reprs5ts1 et t\t ce qui ti5t la *eval]ie anci5ne remue le cur des ,allem&s4 ,g!1 le plus ins\ciant de t\s les hommes1 p>ce qu'il e/ sr de g\v]n] son public1 ne s'e/ pas donn la pe9e de mettre sa pice en v]s2 c'e/ le dess9 d'un gr& tableau1 mais un dess9 pe9e a*ev4 ,on s5t dans l'criva9 une telle impati5ce de t\t ce qui p\rrait ressembl] l'affectation1 qu'il ddaigne mme l'art ncessaire p\r donn] une =me durable ce qu'il compose4 ,il y a des traits de gnie et l dans son drame1 comme des c\ps de p9ceau de ,mi*el-,ange2 mais c'e/ un ouvrage qui laisse ou plutt qui fait dsir] beauc\p de *oses4 ,le rgne de ,maximili51 p5dant lequel l'vnem5t pr9cipal se passe1 n'y e/ pas assez c>actris4 ,enf91 on os]ait repro*] ,g! de n'avoir pas mis assez d'imag9ation dans la =me et dans le langage de cette pice4 ,c'e/ volontairem5t et p> sy/me qu'il s'y e/ refus2 il a v\lu que ce drame ft la *ose mme1 et il faut que le *>me de l'idal prside t\t dans les ouvrages dramatiques4 ,les p]sonnages des tragdies sont t\j\rs en dang] d'tre vulgaires ou factices1 et le gnie doit les prs]v] galem5t de l'un et de l'autre inconvni5t4 ,%akespe>e ne cesse pas d'tre pote dans ses pices hi/oriques1 ni ,rac9e d'obs]v] exactem5t les murs des ,hbreux1 dans sa tragdie lyrique d',a?alie4 ,le tal5t dramatique ne saurait se pass] ni de la nature1 ni de l'art2 l'art ne ti5t en ri5 l'artifice1 c'e/ une inspiration p>faitem5t vraie et spontane1 qui rp& sur les circon/ances p>ticulires l'h>monie univ]selle1 et sur les mom5ts passag]s la dignit des s\v5irs durables4 99 99 99 99 99 ,le ,comte d',egmont me p>at la plus belle des tragdies de ,g!3 il l'a crite1 sans d\te1 lorsqu'il composait ,w]!r3 la mme *aleur d'me se retr\ve dans ces deux ouvrages4 ,la pice comm5ce au mom5t o ,philippe ,,ii1 fatigu de la d\ceur du g\v]nem5t de ,m>gu]ite de ,p>me1 dans les ,pays-,bas1 envoie le duc d',albe p\r la remplac]4 ,le roi e/ inquiet de la popul>it qu'ont acquise le pr9ce d',orange et le comte d',egmont2 il les s\ponne de favoris] en secret les p>tisans de la r=mation4 ,t\t e/ runi p\r donn] l'ide la plus sduisante du comte d',egmont2 on le voit ador de ses soldats1 la tte desquels il a remport tant de victoires4 ,la pr9cesse espagnole se fie sa fidlit1 bi5 qu'elle sa*e p> lui-mme combi5 il blme la svrit dont on use env]s les prote/ants2 les citoy5s de la ville de ,bruxelles le considr5t comme le df5seur de leurs lib]ts auprs du trne2 enf9 le pr9ce d',orange1 dont la politique pr(onde et la prud5ce sil5cieuse sont si connues dans l'hi/oire1 relve encore la gnreuse imprud5ce du comte d',egmont1 en le suppliant va9em5t de p>tir avec lui avant l'arrive du duc d',albe4 ,le pr9ce d',orange e/ un c>actre noble et sage2 un dv\em5t hroque1 mais inconsidr1 peut seul rsi/] ses conseils4 ,le comte d',egmont ne veut pas ab&onn] les habitants de ,bruxelles2 il se confie son sort1 p>ce que ses victoires lui ont appris compt] sur les faveurs de la =tune1 et que t\j\rs il cons]ve dans les affaires publiques les qualits qui ont r5du sa vie militaire si brillante4 ,ces belles et dang]euses qualits intress5t sa de/9e2 on ress5t p\r lui des cra9tes que son me intrpide ne saurait jamais pr\v]2 t\t l'ensemble de son c>actre e/ pe9t avec beauc\p d'art1 p> l'impression mme qu'il produit sur les div]ses p]sonnes dont il e/ ent\r4 ,il e/ ais de trac] un portrait spirituel du hros d'une pice2 il faut plus de tal5t p\r le faire agir et p>l] con=mm5t ce portrait2 il en faut plus encore p\r le faire connatre p> l'admiration qu'il inspire aux soldats1 au peuple1 aux gr&s seigneurs1 t\s ceux enf9 qui se tr\v5t en relation avec lui4 ,le comte d',egmont aime une jeune fille1 ,cl>a1 ne dans la classe des b\rgeois de ,bruxelles2 il va la voir dans son obscure retraite4 ,cet am\r ti5t plus de place dans le cur de la jeune fille que dans le si52 l'imag9ation de ,cl>a e/ t\t entire subjugue p> l'clat du comte d',egmont1 p> le pre/ige bl\issant de son hroque valeur et de sa brillante r5omme4 ,egmont a dans son am\r de la bont et de la d\ceur2 il se repose auprs de cette jeune p]sonne des inquitudes et des affaires4--,on te p>le1 lui dit-il1 de cet ,egmont1 sil5cieux1 svre1 imposant2 c'e/ lui qui doit lutt] avec les vnem5ts et les hommes2 mais celui qui e/ simple1 aimant1 confiant1 heureux2 cet ,egmont l1 ,cl>a1 c'e/ le ti54 ,l'am\r d',egmont p\r ,cl>a ne suffirait pas l'intrt de la pice2 mais qu& le malheur vi5t s'y ml]1 ce s5tim5t1 qui ne p>aissait que dans le lo9ta91 acqui]t une admirable =ce4 ,on appr5d l'arrive des ,espagnols1 ayant le duc d',albe leur tte2 la t]reur que rp& ce peuple svre1 au milieu de la nation joyeuse de ,bruxelles1 e/ suprieurem5t dcrite4 ,a l'appro*e d'un gr& orage1 les hommes r5tr5t dans leurs maisons1 les animaux trembl5t1 les oiseaux vol5t prs de la t]re1 et sembl5t y *]*] un asile2 la nature entire se prp>e au flau qui la m5ace3 a9si l'effroi s'emp>e des malheureux habitants de la ,fl&re4 ,le duc d',albe ne veut po9t faire arrt] le comte d',egmont au milieu de ,bruxelles2 il cra9t le s\lvem5t du peuple1 et v\drait attir] sa victime dans son propre palais1 qui dom9e la ville et t\*e la citadelle4 ,il se s]t de son jeune fils1 ,f]d9&1 p\r dcid] celui qu'il veut p]dre v5ir *ez lui4 ,f]d9& e/ ple9 d'admiration p\r le hros de la ,fl&re2 il ne s\ponne po9t les t]ribles desse9s de son pre1 et montre au comte d',egmont un en?\siasme qui p]suade ce franc *evali] que le pre d'un tel fils n'e/ pas son ennemi4 ,egmont cons5t se r5dre *ez le duc d',albe2 le p]fide et fidle reprs5tant de ,philippe ,,ii l'att5d avec une impati5ce qui fait frmir2 il se met la f5tre1 et l'ap]oit de lo91 mont sur un sup]be *eval qu'il a conquis dans l'une des batailles dont il e/ sorti va9queur4 ,le duc d',albe e/ rempli d'une cruelle joie1 *aque pas que fait ,egmont v]s son palais2 il se tr\ble qu& le *eval s'arrte2 son misrable cur bat p\r le crime2 et qu& ,egmont entre dans la c\r1 il s'crie3--,un pi$ dans la tombe1 deux2 la grille se ref]me1 il e/ moi4 ,le comte d',egmont p>at2 le duc d',albe s'entreti5t assez longtemps avec lui sur le g\v]nem5t des ,pays-,bas1 et la ncessit d'employ] la rigueur p\r cont5ir les op9ions n\velles4 ,il n'a plus d'intrt tromp] ,egmont1 et cep5dant il se plat dans sa ruse1 et veut la sav\r] encore quelques in/ants2 la f9 il rvolte l'me gnreuse du comte d',egmont1 et l'irrite p> la dispute1 p\r arra*] de lui quelques p>oles viol5tes4 ,il veut se donn] l'air d'tre provoqu1 et de faire p> un premi] m\vem5t1 ce qu'il a comb9 d'avance4 ,d'o vi5n5t tant de prcautions env]s l'homme qui e/ en sa puissance1 et qu'il f]a prir dans quelques heures8 ,c'e/ qu'il y a t\j\rs dans l'assass9 politique un dsir confus de se ju/ifi]1 mme auprs de sa victime2 il veut dire quelque *ose p\r son excuse1 alors mme que ce qu'il dit ne peut p]suad] ni lui-mme ni p]sonne4 ,peut-tre aucun homme n'e/-il capable d'abord] le crime sans subt]fuge2 aussi la vritable moralit des ouvrages dramatiques ne consi/e-t-elle pas dans la ju/ice potique dont l'auteur dispose son gr1 et que l'hi/oire a si s\v5t dm5tie1 mais dans l'art de pe9dre le vice et la v]tu de manire inspir] la ha9e p\r l'un et l'am\r p\r l'autre4 ,a pe9e le bruit de l'arre/ation du comte d',egmont e/-il rp&u dans ,bruxelles1 qu'on sait qu'il va prir4 ,p]sonne ne s'att5d plus la ju/ice1 ses p>tisans p\vants n'os5t plus dire un mot p\r sa df5se2 bi5tt le s\pon sp>e ceux qu'un mme intrt runit4 ,une app>5te s\mission nat de l'effroi que *acun inspire1 en le ress5tant son t\r1 et la t]reur que t\s font pr\v] t\s1 cette l*et populaire qui succde si vive l'exaltation1 e/ admirablem5t pe9te en cette circon/ance4 ,la seule ,cl>a1 cette jeune fille timide1 qui ne sortait jamais de sa maison1 vi5t sur la place publique de ,bruxelles1 rassemble p> ses cris les citoy5s disp]ss1 et leur rappelle leur en?\siasme p\r ,egmont1 leur s]m5t de m\rir p\r lui2 t\s ceux qui l'ent5d5t frmiss5t4 ,jeune fille1 lui dit un citoy5 de ,bruxelles1 ne p>le pas d',egmont2 son nom donne la mort4--,moi1 s'crie ,cl>a1 je ne prononc]ais pas son nom6 ne l'avez-v\s pas t\s invoqu mille fois8 n'e/-il pas crit en t\t lieu8 n'ai-je pas vu les toiles du ciel mme en =m] les lettres brillantes8 ,moi1 ne pas le nomm]6 ,que faites-v\s1 hommes honntes8 votre esprit e/-il tr\bl1 votre raison p]due8 ,ne me reg>dez donc pas avec cet air inquiet et cra9tif1 ne baissez donc pas les yeux avec effroi3 ce que je dem&e1 c'e/ ce que v\s dsirez2 ma voix n'e/-elle pas la voix de votre cur8 qui de v\s1 cette nuit mme1 ne se pro/]n]a pas devant ,dieu p\r lui dem&] la vie d',egmont8 ,int]rogez-v\s l'un et l'autre2 qui de v\s1 dans sa maison1 ne dira pas3 la lib]t d',egmont ou la mort8 ,,un ,,citoy5 ,,de ,,bruxelles4 ,dieu n\s prs]ve de v\s c\t] plus longtemps6 il en rsult]ait quelque malheur4 ,,cl>a4 ,re/ez1 re/ez6 ne v\s loignez po9t1 p>ce que je p>le de celui au-devant duquel v\s v\s pressiez avec tant d'ardeur1 qu& la rumeur publique annonait son arrive1 qu& *acun s'criait3 ,egmont vi5t1 il vi5t4 ,alors les habitants des rues p> lesquelles il devait pass] s'e/imai5t heureux3 ds qu'on ent5dait les pas de son *eval1 *acun ab&onnait son travail p\r c\rir sa r5contre1 et le rayon qui p>tait de son reg>d colorait d'esprance et de joie vos visages abattus4 ,quelques-uns d'entre v\s portai5t leurs enfants sur le seuil de la porte1 et les levant dans leurs bras s'criai5t3--,voyez1 c'e/ le gr& ,egmont1 c'e/ lui1 lui qui v\s vaudra des temps plus heureux que ceux qu'ont supports vos pauvres pres4--,vos enfants v\s dem&]ont ce que sont dev5us ces temps que v\s leur avez promis8 ,eh quoi6 n\s p]dons nos mom5ts en p>oles1 v\s tes oisifs1 v\s le trahissez6--,brack5b\rg1 l'ami de ,cl>a1 la conjure de s'en all]4--,que dira votre mre8 s'crie-t-il4 ,,cl>a4 ,p5ses-tu que je sois un enfant ou une ins5se8 ,non1 il faut qu'ils m'ent5d5t2 c\tez-moi1 citoy5s3 ,je vois que v\s tes tr\bls1 et que v\s ne p\vez v\s-mmes v\s reconnatre trav]s les dang]s qui v\s m5ac5t2 laissez-moi port] vos reg>ds sur le pass1 hlas6 le pass d'hi]4 ,songez l'av5ir2 p\vez-v\s vivre1 v\s laiss]a-t-on vivre8 s'il prit4 ,c'e/ avec lui que s'te9t le d]ni] s\ffle de votre lib]t4 ,que n'tait-il pas p\r v\s6 ,p\r qui s'e/-il donc expos des prils sans nombre8 ,ses blessures1 ils les a reues p\r v\s2 cette gr&e me t\t entire occupe de v\s1 e/ ma9t5ant r5f]me dans un ca*ot1 et les piges du meurtre l'environn5t2 il p5se v\s1 il espre peut-tre en v\s4 ,il a beso9 p\r la premire fois de vos sec\rs1 lui qui jusqu' ce j\r n'a fait que v\s combl] de ses dons4 ,,un ,,citoy5 ,,de ,,bruxelles1 ,brack5b\rg4 loignez-la2 elle n\s afflige4 ,,cl>a4 ,eh quoi6 je n'ai po9t de =ce1 po9t de bras habiles aux armes comme les vtres2 mais j'ai ce qui v\s manque1 le c\rage et le mpris du pril3 ne puis-je donc pas v\s pntr] de mon me8 ,je veux all] au milieu de v\s3 un t5d>d sans df5se a ralli s\v5t une noble arme2 mon esprit s]a comme une flamme en avant de vos pas2 l'en?\siasme1 l'am\r1 runiront enf9 ce peuple *ancelant et disp]s4 ,brack5b\rg av]tit ,cl>a que l'on ap]oit non lo9 d'eux des soldats espagnols qui p\rrai5t l'ent5dre4--,mon amie1 lui dit-il1 voyez dans quel lieu n\s sommes4 ,,cl>a4 ,dans quel lieu6 s\s le ciel1 dont la vote magnifique semblait s'incl9] avec complaisance sur la tte d',egmont qu& il p>aissait4 ,conduisez-moi dans sa prison1 v\s connaissez la r\te du vieux *teau2 guidez mes pas1 je v\s suivrai4--,brack5b\rg entrane ,cl>a *ez elle1 et sort de n\veau p\r s'in=m] du comte d',egmont3 il revi5t2 et ,cl>a1 dont la d]nire rsolution e/ prise1 exige qu'il lui raconte ce qu'il a pu savoir4 ,e/-il condamn8 s'crie-t-elle4 ,,brack5b\rg4 ,il l'e/1 je n'en puis d\t]4 ,,cl>a4 ,vit-il encore8 ,,brack5b\rg4 ,oui4 ,,cl>a4 ,et comm5t peux-tu me l'assur]8 la tyrannie tue dans la nuit l'homme gnreux et ca*e son sang aux yeux de t\s4 ,ce peuple accabl repose1 et rve qu'il le sauv]a2 et1 p5dant ce temps1 son me indigne a dj quitt ce monde4 ,il n'e/ plus1 ne me trompe pas2 il n'e/ plus4 ,,brack5b\rg4 ,non1 je v\s le rpte1 hlas6 il vit1 p>ce que les ,espagnols de/95t au peuple qu'ils veul5t opprim] un effrayant spectacle1 un spectacle qui doit bris] t\s les curs o respire encore la lib]t4 ,,cl>a4 ,tu peux p>l] ma9t5ant3 moi aussi j'ent5drai tranquillem5t ma s5t5ce de mort2 je m'appro*e dj de la rgion des bi5heureux2 dj la consolation me vi5t de cette contre de paix3 p>le4 ,,brack5b\rg4 ,les bruits qui circul5t et la g>de d\ble m'ont fait s\ponn] qu'on prp>ait cette nuit sur la place publique quelque *ose de r$\table4 ,je suis arriv p> des dt\rs dans une maison dont la f5tre donnait sur cette place2 le v5t agitait les flambeaux qu'un c]cle nombreux de soldats espagnols portai5t dans leurs ma9s2 et1 comme je m'ef=ais de reg>d] trav]s cette lueur inc]ta9e1 j'ap]ois en frmissant un *afaud lev2 plusieurs tai5t occups c\vrir les plan*es d'un drap noir1 et dj les m>*es de l'escali] tai5t revtues de ce deuil funbre3 on et dit qu'on clbrait la conscration d'un sacrifice horrible4 ,un crucifix blanc1 qui brillait p5dant la nuit comme de l'arg5t1 tait plac sur l'un des cts de l'*afaud4 ,la t]rible c]titude tait l devant mes yeux2 mais les flambeaux p> degrs s'teignir5t2 bi5tt t\s les objets disp>ur5t1 et l'uvre crim9elle de la nuit r5tra dans le se9 des tnbres4 ,le fils du duc d',albe dc\vre qu'on s'e/ s]vi de lui p\r p]dre ,egmont2 il veut le sauv] t\t prix2 ,egmont ne lui dem&e qu'un s]vice1 c'e/ de protg] ,cl>a1 qu& il ne s]a plus2 mais on appr5d qu'elle s'e/ donn la mort p\r ne pas survivre celui qu'elle aime4 ,egmont prit1 et l'am] ress5tim5t de ,f]d9& contre son pre e/ la punition du duc d',albe1 qui1 dit-on1 n'aima ri5 sur la t]re que ce fils4 ,il me semble qu'avec quelques *angem5ts il s]ait possible d'adapt] ce plan la =me franaise4 ,j'ai pass s\s sil5ce quelques scnes qu'on ne p\rrait po9t introduire sur notre ?tre4 ,d'abord1 celle qui comm5ce la tragdie3 des soldats d',egmont et des b\rgeois de ,bruxelles s'entreti5n5t entre eux de ses exploits2 ils racont5t1 dans un dialogue naturel et piquant1 les pr9cipales actions de sa vie1 et font s5tir dans leur langage et leurs rcits la haute confiance qu'il leur inspire4 ,c'e/ a9si que ,%akespe>e prp>e l'entre de ,jules-,cs>1 et le camp de ,wal/e9 e/ compos dans le mme b4 ,mais n\s ne support]ions pas en ,france le mlange du ton populaire avec la dignit tragique1 et c'e/ ce qui donne s\v5t de la monotonie nos tragdies du second ordre4 ,les mots pompeux et les situations t\j\rs hroques sont ncessairem5t en petit nombre3 d'ailleurs l'att5drissem5t pntre r>em5t jusqu'au fond de l'me1 qu& on ne captive pas l'imag9ation p> des dtails simples mais vrais1 qui donn5t de la vie aux mo9dres circon/ances4 ,cl>a e/ reprs5te au milieu d'un intrieur s+ulirem5t b\rgeois1 sa mre e/ trs vulgaire2 celui qui doit l'p\s] a p\r elle un s5tim5t passionn1 mais on n'aime pas se reprs5t] ,egmont comme le rival d'un homme du peuple2 t\t ce qui ent\re ,cl>a s]t1 il e/ vrai1 relev] la puret de son me2 nanmo9s on n'admettrait pas en ,france dans l'art dramatique l'un des pr9cipes de l'art pittoresque1 l'ombre qui fait ressortir la lumire4 ,comme on voit l'une et l'autre simultanm5t dans un tableau1 on reoit t\t la fois l'effet de t\tes deux2 il n'en e/ pas a9si dans une pice de ?tre1 o l'action e/ successive2 la scne qui blesse n'e/ pas tolre1 en considration du reflet avantageux qu'elle doit jet] sur la scne suivante2 et l'on exige que l'opposition consi/e dans des beauts diffr5tes1 mais qui soi5t t\j\rs des beauts4 ,la f9 de la tragdie de ,g! n'e/ po9t en h>monie avec l'ensemble2 le comte d',egmont s'endort quelques in/ants avant de m>*] l'*afaud2 ,cl>a1 qui n'e/ plus1 lui app>at p5dant son sommeil environne d'un clat cle/e1 et lui annonce que la cause de la lib]t qu'il a s]vie doit triomph] un j\r3 ce dnom5t m]veilleux ne peut conv5ir une pice hi/orique4 ,les ,allem&s1 en gnral1 sont emb>rasss lorsqu'il s'agit de f9ir2 et c'e/ surt\t eux que p\rrait s'appliqu] ce prov]be des ,*9ois3 ,qu& on a dix pas faire1 neuf e/ la moiti du *em94 ,l'esprit ncessaire p\r t]m9] quoi que ce soit1 exige une sorte d'habilet et de mesure qui ne s'accorde gure avec l'imag9ation vague et indf9ie que les ,allem&s manife/5t dans t\s leurs ouvrages4 ,d'ailleurs il faut de l'art1 et beauc\p d'art1 p\r tr\v] un dnom5t1 c> il y en a r>em5t dans la vie2 les faits s'en*an5t les uns aux autres1 et leurs consqu5ces se p]d5t dans la suite des temps4 ,la connaissance du ?tre seule appr5d circonscrire l'vnem5t pr9cipal1 et faire conc\rir t\s les accessoires au mme b4 ,mais1 comb9] les effets semble presque aux ,allem&s de l'hypocrisie1 et le calcul leur p>at inconciliable avec l'inspiration4 ,g! e/ cep5dant de t\s leurs criva9s celui qui aurait le plus de moy5s p\r accord] ensemble l'habilet de l'esprit avec son audace2 mais il ne daigne pas se donn] la pe9e de mnag] les situations dramatiques de manire les r5dre ?trales4 ,qu& elles sont belles en elles-mmes1 il ne s'emb>rasse pas du re/e4 ,le public allem& qu'il a p\r spectateur ,weim>1 ne dem&e pas mieux que de l'att5dre et de le dev9]2 aussi pati5t1 aussi intellig5t que le *ur des ,grecs1 au lieu d'exig] seulem5t qu'on l'amuse1 comme le font d'ord9aire les s\v]a9s1 peuples ou rois1 il se mle lui-mme de son plaisir1 en analysant1 en expliquant ce qui ne le frappe pas d'abord2 un tel public e/ lui-mme arti/e dans ses jugem5ts4 ,,*apitre ,,xxii ,iphignie en ,tauride1 ,torquato ,tasso1 etc4 ,on donnait en ,allemagne des drames b\rgeois1 des mlodrames1 des pices gr& spectacle1 remplies de *evaux et de *eval]ie4 ,g! v\lut ram5] la littrature la svrit de l'antique1 et il composa son ,iphignie en ,tauride1 qui e/ le *ef-d'uvre de la posie classique *ez les ,allem&s4 ,cette tragdie rappelle le g5re d'impression qu'on reoit en contemplant les /atues grecques2 l'action en e/ si imposante et si tranquille1 qu'alors mme que la situation des p]sonnages *ange1 il y a t\j\rs en eux une sorte de dignit qui fixe dans le s\v5ir *aque mom5t comme durable4 ,le sujet d',iphignie en ,tauride e/ si connu1 qu'il tait difficile de le trait] d'une manire n\velle2 ,g! y e/ p>v5u nanmo9s1 en donnant un c>actre vraim5t admirable son hrone4 ,l',antigone de ,sophocle e/ une sa9te1 telle qu'une religion plus pure que celle des anci5s p\rrait n\s la reprs5t]4 ,l',iphignie de ,g! n'a pas mo9s de respect p\r la vrit qu',antigone2 mais elle runit le calme d'un philosophe la f]veur d'une prtresse3 le *a/e culte de ,diane et l'asile d'un temple suffis5t l'exi/5ce rveuse que lui laisse le regret d'tre loigne de la ,grce4 ,elle veut ad\cir les murs du pays b>b>e qu'elle habite3 et1 bi5 que son nom soit ignor1 elle rp& des bi5faits aut\r d'elle1 en fille du roi des rois4 ,t\tefois elle ne cesse po9t de regrett] les belles contres o se passa son enfance1 et son me e/ remplie d'une rsignation =te et d\ce1 qui ti5t1 p\r a9si dire1 le milieu entre le /ocisme et le *ri/ianisme4 ,iphignie ressemble un peu la div9it qu'elle s]t1 et l'imag9ation se la reprs5te environne d'un nuage qui lui drobe sa patrie4 ,en effet1 l'exil1 et l'exil lo9 de la ,grce1 p\vait-il p]mettre aucune autre j\issance que celles qu'on tr\ve en soi-mme6 ,ovide aussi1 condamn vivre non lo9 de la ,tauride1 p>lait en va9 son h>monieux langage aux habitants de ces rives dsoles3 il *]*ait en va9 les arts1 un beau ciel1 et cette sympa?ie de p5ses qui fait gt] avec les indiffr5ts mme quelques-uns des plaisirs de l'amiti4 ,son gnie retombait sur lui-mme1 et sa lyre susp5due ne r5dait plus que des accords pla9tifs1 lugubre accompagnem5t des v5ts du nord4 ,aucun ouvrage mod]ne ne pe9t mieux1 ce me semble1 que l',iphignie de ,g!1 la de/9e qui pse sur la race de ,tantale1 la dignit de ces malheurs causs p> une fatalit inv9cible4 ,une cra9te religieuse se fait s5tir dans t\te cette hi/oire1 et les p]sonnages eux-mmes sembl5t p>l] prophtiquem5t1 et n'agir que s\s la ma9 puissante des dieux4 ,g! a fait de ,?oas le bi5faiteur d',iphignie4 ,un homme froce1 tel que div]s auteurs l'ont reprs5t1 n'aurait pu s'accord] avec la c\leur gnrale de la pice2 il en aurait drang l'h>monie4 ,dans plusieurs tragdies on met un tyran1 comme une espce de ma*9e qui e/ la cause de t\t2 mais un p5seur tel que ,g! n'aurait jamais mis en scne un p]sonnage1 sans dvelopp] son c>actre4 ,or une me crim9elle e/ t\j\rs si complique1 qu'elle ne p\vait entr] dans un sujet trait d'une manire aussi simple4 ,?oas aime ,iphignie2 il ne peut se rs\dre s'en sp>]1 en la laissant ret\rn] en ,grce avec son frre ,ore/e4 ,iphignie p\rrait p>tir l'insu de ,?oas3 elle dbat avec son frre1 et avec elle-mme1 si elle doit se p]mettre un tel m5songe1 et c'e/ l t\t le nud de la d]nire moiti de la pice4 ,enf91 ,iphignie av\e t\t ,?oas1 combat sa rsi/ance1 et obti5t de lui le mot adieu1 sur lequel la toile tombe4 ,c]ta9em5t ce sujet a9si conu e/ pur et noble1 et il s]ait bi5 s\hait] qu'on pt m\voir les spectateurs1 seulem5t p> un scrupule de dlicatesse2 mais ce n'e/ peut-tre pas assez p\r le ?tre1 et l'on s'intresse plus cette pice qu& on la lit que qu& on la voit reprs5t]4 ,c'e/ l'admiration1 et non le pa?tique1 qui e/ le ressort d'une telle tragdie2 on croit ent5dre1 en l'c\tant1 un *ant d'un pome pique2 et le calme qui rgne dans t\t l'ensemble gagne presque ,ore/e lui-mme4 ,la reconnaissance d',iphignie et d',ore/e n'e/ pas la plus anime1 mais peut-tre la plus potique qu'il y ait4 ,les s\v5irs de la famille d',agamemnon y sont rappels avec un art admirable1 et l'on croit voir pass] devant ses yeux les tableaux dont l'hi/oire et la fable ont enri*i l'antiquit4 ,c'e/ un intrt aussi que celui du plus beau langage1 et des s5tim5ts les plus levs4 ,une posie si haute plonge l'me dans une noble contemplation1 qui lui r5d mo9s ncessaire le m\vem5t et la div]sit dramatiques4 ,p>mi le gr& nombre des morceaux cit] dans cette pice1 il en e/ un dont il n'y a de modle nulle "p3 ,iphignie1 dans sa d\leur1 se rappelle un anci5 *ant connu dans sa famille1 et que sa n\rrice lui a appris ds le b]ceau2 c'e/ le *ant que les ,p>ques font ent5dre ,tantale dans l'enf]4 ,elles lui retrac5t sa gloire passe1 lorsqu'il tait le convive des dieux1 la table d'or4 ,elles peign5t le mom5t t]rible o il fut prcipit de son trne1 la punition que les dieux lui infligr5t1 la tranquillit de ces dieux qui plan5t sur l'univ]s1 et que les pla9tes des enf]s ne saurai5t branl]2 ces ,p>ques m5aantes annonc5t aux petits-fils de ,tantale que les dieux se dt\rn]ont d'eux1 p>ce que leurs traits rappell5t ceux de leur pre4 ,le vieux ,tantale ent5d ce *ant fune/e dans l't]nelle nuit1 p5se ses enfants1 et baisse sa tte c\pable4 ,les images les plus frappantes1 le ry?me qui s'accorde le mieux avec les s5tim5ts1 donn5t cette posie la c\leur d'un *ant national4 ,c'e/ le plus gr& ef=t du tal5t1 que de se famili>is] a9si avec l'antiquit et de saisir t\t la fois ce qui devait tre populaire *ez les ,grecs1 et ce qui produit1 la di/ance des sicles1 une impression si sol5nelle4 ,l'admiration qu'il e/ impossible de ne pas ress5tir p\r l',iphignie de ,g!1 n'e/ po9t en contradiction avec ce que j'ai dit sur l'intrt plus vif1 et l'att5drissem5t plus intime que les sujets mod]nes peuv5t faire pr\v]4 ,les murs et les religions1 dont les sicles ont effac la trace1 prs5t5t l'homme comme un tre idal qui t\*e pe9e la t]re sur laquelle il m>*e2 mais dans les poques et dans les faits hi/oriques1 dont l'influ5ce subsi/e encore1 n\s s5tons la *aleur de notre exi/5ce1 et n\s v\lons des affections semblables celles qui n\s agit5t4 ,il me semble donc que ,g! n'aurait pas d mettre dans sa pice de ,torquato ,tasso la mme simplicit d'action et le mme calme dans les disc\rs1 qui conv5ai5t son ,iphignie4 ,ce calme et cette simplicit p\rrai5t ne p>atre que de la froideur et du manque de naturel1 dans un sujet aussi mod]ne1 s\s t\s les rapports1 que le c>actre p]sonnel du ,tasse et les intrigues de la c\r de ,f]r>e4 ,g! a v\lu pe9dre1 dans cette pice1 l'opposition qui exi/e entre la posie et les conv5ances sociales2 entre le c>actre d'un pote et celui d'un homme du monde4 ,il a montr le mal que fait la protection d'un pr9ce l'imag9ation dlicate d'un criva91 lors mme que ce pr9ce croit aim] les lettres1 ou du mo9s met son orgueil pass] p\r les aim]4 ,cette opposition entre la nature exalte et cultive p> la posie1 et la nature refroidie et dirige p> la politique1 e/ une ide mre de mille ides4 ,un homme de lettres plac dans une c\r1 doit se croire d'abord heureux d'y tre2 mais il e/ impossible qu' la longue il n'pr\ve pas quelques-unes des pe9es qui r5dir5t la vie du ,tasse si malheureuse4 ,le tal5t qui ne s]ait pas indompt cess]ait d'tre du tal5t2 et cep5dant il e/ bi5 r>e que les pr9ces reconnaiss5t les droits de l'imag9ation1 et sa*5t t\t la fois la considr] et la mnag]4 ,on ne p\vait *oisir un sujet plus heureux que le ,tasse ,f]r>e1 p\r mettre en vid5ce les diffr5ts c>actres d'un pote1 d'un homme de c\r1 d'une pr9cesse et d'un pr9ce1 agissant dans un petit c]cle avec t\te l'pret d'am\r-propre qui remu]ait le monde4 ,l'on connat la s5sibilit maladive du ,tasse1 et la rudesse polie de son protecteur ,alphonse1 qui1 t\t en pr(essant la plus haute admiration p\r ses crits1 le fit enf]m] dans la maison des f\s1 comme si le gnie qui "p de l'me devait tre trait a9si qu'un tal5t mcanique1 dont on tire p>ti en e/imant l'uvre et en ddaignant l'ouvri]4 ,g! a pe9t ,lonore d',e/e1 la sur du duc de ,f]r>e1 que le pote aimait en secret1 comme app>t5ant p> ses vux l'en?\siasme1 et p> sa faiblesse la prud5ce2 il a introduit dans sa pice un c\rtisan sage1 selon le monde1 qui traite le ,tasse avec la supriorit que l'esprit d'affaires se croit sur l'esprit potique1 et qui l'irrite p> son calme1 et p> l'habilet qu'il emploie le bless] sans avoir prcism5t tort env]s lui4 ,cet homme de sang-froid cons]ve son avantage1 en provoquant son ennemi p> des manires s*es et crmonieuses1 qui (f5s5t sans qu'on puisse s'en pla9dre4 ,c'e/ le gr& mal que fait une c]ta9e sci5ce du monde2 et1 dans ce s5s1 l'loqu5ce et l'art de p>l] diffr5t extrmem5t2 c> p\r tre loqu5t1 il faut dgag] le vrai de t\tes ses entraves1 et pntr] jusqu'au fond de l'me o rside la conviction2 mais l'habilet de la p>ole consi/e1 au contraire1 dans le tal5t d'esquiv]1 de p>] adroitem5t avec quelques phrases ce qu'on ne veut pas ent5dre1 et de se s]vir de ces mmes armes p\r t\t indiqu]1 sans qu'on puisse jamais v\s pr\v] que v\s ayez ri5 dit4 ,ce g5re d'escrime fait beauc\p s\ffrir une me vive et vraie4 ,l'homme qui s'en s]t semble votre suprieur1 p>ce qu'il sait v\s agit]1 t&is qu'il re/e lui-mme tranquille2 mais il ne faut pas p\rtant se laiss] impos] p> ces =ces ngatives4 ,le calme e/ beau qu& il vi5t de l'n]gie qui fait support] ses propres pe9es2 mais qu& il nat de l'indiffr5ce p\r celles des autres1 ce calme n'e/ ri5 qu'une p]sonnalit ddaigneuse4 ,il suffit d'une anne de sj\r dans une c\r ou dans une capitale1 p\r appr5dre trs facilem5t mettre de l'adresse et mme de la grce dans l'gsme3 mais p\r tre vraim5t digne d'une haute e/ime1 il faudrait runir en soi1 comme dans un bel ouvrage1 des qualits opposes3 la connaissance des affaires et l'am\r du beau1 la sagesse qu'exig5t les rapports avec les hommes1 et l'essor qu'inspire le s5tim5t des arts4 ,il e/ vrai qu'un tel individu en conti5drait deux2 aussi ,g! dit-il dans sa pice1 que les deux p]sonnages qu'il met en contra/e1 le politique et le pote1 sont les deux moitis d'un homme4 ,mais la sympa?ie ne peut exi/] entre ces deux moitis1 puisqu'il n'y a po9t de prud5ce dans le c>actre du ,tasse1 ni de s5sibilit dans son concurr5t4 ,la susceptibilit s\ffrante des hommes de lettres s'e/ manife/e dans ,r\sseau1 dans le ,tasse1 et plus s\v5t encore dans les criva9s allem&s4 ,les criva9s franais en ont t plus r>em5t atte9ts4 ,c'e/ qu& on vit beauc\p avec soi-mme et dans la solitude qu'on a de la pe9e support] l'air extrieur4 ,la socit e/ rude beauc\p d'g>ds p\r qui n'y e/ pas fait ds son enfance1 et l'ironie du monde e/ plus fune/e aux g5s tal5t qu' t\s les autres3 l'esprit t\t seul s'en tire mieux4 ,g! aurait pu *oisir la vie de ,r\sseau p\r exemple de cette lutte entre la socit telle qu'elle e/1 et la socit telle qu'une tte potique la voit ou la dsire2 mais la situation de ,r\sseau prtait beauc\p mo9s l'imag9ation que celle du ,tasse4 ,jean-,jacques a tran un gr& gnie dans des rapports trs subalt]nes4 ,le ,tasse1 brave comme ses *evali]s1 am\reux1 aim1 p]scut1 c\ronn1 et1 jeune encore1 m\rant de d\leur1 la veille de son triomphe1 e/ un sup]be exemple de t\tes les spl5deurs et de t\s les rev]s d'un beau tal5t4 ,il me semble que dans la pice du ,tasse les c\leurs du ,midi ne sont pas assez prononces2 peut-tre s]ait-il trs difficile de r5dre en allem& la s5sation que produit la langue itali5ne4 ,nanmo9s c'e/ dans les c>actres surt\t qu'on retr\ve les traits de la nature g]manique plutt qu'itali5ne4 ,lonore d',e/e e/ une pr9cesse allem&e4 ,l'analyse de son propre c>actre et de ses s5tim5ts1 laquelle elle se livre sans cesse1 n'e/ po9t du t\t dans l'esprit du ,midi4 ,l l'imag9ation ne se replie po9t sur elle-mme1 elle avance sans reg>d] en arrire4 ,elle n'exam9e po9t la s\rce d'un vnem5t2 elle le combat ou s'y livre1 sans en re*]*] la cause4 ,la ,tasse e/ aussi un pote allem&4 ,cette impossibilit de se tir] d'affaire dans t\tes les circon/ances habituelles de la vie commune1 que ,g! attribue au ,tasse1 e/ un trait de la vie mditative et r5f]me des criva9s du ,nord4 ,les potes du ,midi n'ont pas d'ord9aire une telle incapacit2 ils ont vcu plus s\v5t hors de la maison1 sur les places publiques2 les *oses1 et surt\t les hommes1 leur sont plus famili]s4 ,le langage du ,tasse1 dans la pice de ,g!1 e/ s\v5t trop mtaphysique4 ,la folie de l'auteur de la ,jrusalem ne v5ait pas de l'abus des rflexions philosophiques1 ni de l'exam5 appr(ondi de ce qui se passe au fond du cur2 elle t5ait plutt l'impression trop vive des objets extrieurs1 l'enivrem5t de l'orgueil et de l'am\r2 il ne se s]vait gure de la p>ole que comme d'un *ant h>monieux4 ,le secret de son me n'tait po9t dans ses disc\rs ni dans ses crits3 il ne s'tait po9t obs]v lui-mme1 comm5t aurait-il pu se rvl] aux autres8 ,d'ailleurs il considrait la posie comme un art clatant1 et non comme une confid5ce intime des s5tim5ts du cur4 ,il me semble manife/e1 et p> sa nature itali5ne1 et p> sa vie1 et p> ses lettres1 et p> les posies mme qu'il a composes dans sa captivit1 que l'imptuosit de ses passions1 plutt que la pr(ondeur de ses p5ses1 causait sa mlancolie2 il n'y avait pas dans son c>actre1 comme dans celui des potes allem&s1 ce mlange habituel de rflexion et d'activit1 d'analyse et d'en?\siasme1 qui tr\ble s+ulirem5t l'exi/5ce4 ,l'lgance et la dignit du /yle potique sont incomp>ables dans la pice du ,tasse1 et ,g! s'y e/ montr le ,rac9e de l',allemagne4 ,mais si l'on a repro* ,rac9e le peu d'intrt de ,brnice1 on p\rrait1 avec bi5 plus de raison1 blm] la froideur dramatique du ,tasse de ,g!3 le desse9 de l'auteur tait d'appr(ondir les c>actres1 en esquissant seulem5t les situations2 mais cela e/-il possible8 ,ces longs disc\rs ple9s d'esprit et d'imag9ation1 que ti5n5t t\r t\r les diffr5ts p]sonnages1 dans quelle nature sont-ils pris8 qui p>le a9si de soi-mme et de t\t8 qui puise ce po9t ce qu'on peut dire1 sans qu'il soit "q de ri5 faire8 ,qu& il arrive un peu de m\vem5t dans cette pice1 on se s5t s\lag de l'att5tion cont9uelle qu'exig5t les ides4 ,la scne du duel entre le pote et le c\rtisan intresse vivem5t2 la colre de l'un et l'habilet de l'autre dvelopp5t la situation d'une manire piquante4 ,c'e/ trop exig] des lecteurs ou des spectateurs1 que de leur dem&] de r5onc] l'intrt des circon/ances1 p\r s'atta*] uniquem5t aux images et aux p5ses4 ,alors il ne faut pas prononc] des noms propres1 ni suppos] des scnes1 des actes1 un comm5cem5t1 une f91 t\t ce qui r5d l'action ncessaire4 ,la contemplation plat dans le repos2 mais lorsqu'on m>*e1 la l5teur e/ t\j\rs fatigante4 ,p> une s+ulire vicissitude dans les gts1 les ,allem&s ont d'abord attaqu nos criva9s dramatiques1 comme trans=mant en franais t\s leurs hros4 ,ils ont rclam avec raison la vrit hi/orique1 p\r anim] les c\leurs et vivifi] la posie2 puis1 t\t c\p1 ils se sont lasss de leurs propres succs en ce g5re1 et ils ont fait des pices ab/raites1 si l'on peut s'exprim] a9si1 dans lesquelles les rapports des hommes entre eux sont indiqus d'une manire gnrale1 sans que le temps1 le lieu1 ni les individus y soi5t p\r ri54 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que dans la ,fille naturelle1 une autre pice de ,g!1 l'auteur appelle ses p]sonnages le duc1 le roi1 le pre1 la fille1 etc41 sans aucune autre dsignation2 considrant l'poque p5dant laquelle l'vnem5t se passe1 le pays et les noms propres1 presque comme des intrts de mnage dont la posie ne doit pas s'occup]4 ,une telle tragdie e/ vritablem5t faite p\r tre j\e dans le palais d',od91 o les morts ont c\tume de cont9u] les occupations qu'ils avai5t p5dant leur vie2 l le *asseur1 ombre lui-mme1 p\rsuit l'ombre d'un c]f avec ardeur1 et les fantmes des gu]ri]s se batt5t sur le t]ra9 des nuages4 ,il p>at que1 p5dant quelque temps1 ,g! s'e/ t\t fait dgt de l'intrt dans les pices de ?tre4 ,l'on en tr\vait dans de mauvais ouvrages2 il a p5s qu'il fallait le bannir des bons4 ,nanmo9s1 un homme suprieur a tort de ddaign] ce qui plat univ]sellem5t2 il ne faut pas qu'il abjure sa ressemblance avec la nature de t\s1 s'il veut faire valoir ce qui le di/+ue4 ,le po9t qu',ar*imde *]*ait p\r s\lev] le monde e/ celui p> lequel un gnie extraord9aire se rappro*e du commun des hommes4 ,ce po9t de contact lui s]t s'lev] au-dessus des autres2 il doit p>tir de ce que n\s pr\vons t\s1 p\r arriv] faire s5tir ce que lui seul ap]oit4 ,d'ailleurs1 s'il e/ vrai que le despotisme des conv5ances mle s\v5t quelque *ose de factice aux plus belles tragdies franaises1 il n'y a pas non plus de vrit dans les ?ories biz>res de l'esprit sy/matique4 ,si l'exagration e/ manire1 un c]ta9 g5re de calme e/ aussi une affectation4 ,c'e/ une supriorit qu'on s'arroge sur les motions de l'me1 et qui peut conv5ir dans la philosophie1 mais po9t du t\t dans l'art dramatique4 ,on peut sans cra9te adress] ces critiques ,g!2 c> presque t\s ses ouvrages sont composs dans des sy/mes diffr5ts3 tantt il s'ab&onne la passion1 comme dans ,w]!r et le ,comte d',egmont2 une autre fois il branle t\tes les cordes de l'imag9ation p> ses posies fugitives2 une autre fois il pe9t l'hi/oire avec une vrit scrupuleuse1 comme dans ,gtz de ,b]li*+52 une autre fois il e/ naf comme les anci5s1 dans ,h]mann et ,doro?e4 ,enf91 il se plonge avec ,fau/ dans le t\rbillon de la vie2 puis t\t c\p1 dans le ,tasse1 la ,fille naturelle1 et mme dans ,iphignie1 il conoit l'art dramatique comme un monum5t lev prs des tombeaux4 ,ses ouvrages ont alors les belles =mes1 la spl5deur et l'clat du m>bre2 mais ils en ont aussi la froide immobilit4 ,on ne saurait critiqu] ,g! comme un auteur bon dans tel g5re et mauvais dans tel autre4 ,il ressemble plutt la nature1 qui produit t\t et de t\t2 et l'on peut aim] mieux son climat du midi que son climat du nord1 sans mconnatre en lui les tal5ts qui s'accord5t avec ces div]ses rgions de l'me4 ,,*apitre ,,xxiii ,fau/4 ,p>mi les pices des m>ionnettes1 il y en a une intitule le ,docteur ,fau/1 ou la ,sci5ce malheureuse1 qui a fait de t\t temps une gr&e =tune en ,allemagne4 ,less+ s'en e/ occup avant ,g!4 ,cette hi/oire m]veilleuse e/ une tradition gnralem5t rp&ue4 ,plusieurs auteurs anglais ont crit sur la vie de ce mme docteur ,fau/1 et quelques-uns mme lui attribu5t l'inv5tion de l'imprim]ie4 ,son savoir trs pr(ond ne le prs]va pas de l'ennui de la vie2 il essaya1 p\r y *app]1 de faire un pacte avec le diable1 et le diable f9it p> l'emport]4 ,voil le premi] mot qui a f\rni ,g! l'tonnant ouvrage dont je vais essay] de donn] l'ide4 ,c]tes1 il ne faut pas y *]*] ni le gt1 ni la mesure1 ni l'art qui *oisit et qui t]m9e2 mais si l'imag9ation p\vait se figur] un *aos intellectuel1 tel que l'on a s\v5t dcrit le *aos matriel1 le ,fau/ de ,g! devrait avoir t compos cette poque4 ,on ne saurait all] au del1 en fait de h>diesse de p5se1 et le s\v5ir qui re/e de cet crit ti5t t\j\rs un peu du v]tige4 ,le diable e/ le hros de cette pice2 l'auteur ne l'a po9t conu comme un fantme hideux1 tel qu'on a c\tume de le reprs5t] aux enfants2 il en a fait1 si l'on peut s'exprim] a9si1 le m*ant p> excell5ce1 auprs duquel t\s les m*ants1 et celui de ,gresset en p>ticuli]1 ne sont que des novices1 pe9e dignes d'tre les s]viteurs de ,mphi/ophls 7c'e/ le nom du dmon qui se fait l'ami de ,fau/74 ,g! a v\lu montr] dans ce p]sonnage1 rel et fanta/ique t\t la fois1 la plus amre plaisant]ie que le dda9 puisse inspir]1 et nanmo9s une audace de gat qui amuse4 ,il y a dans les disc\rs de ,mphi/ophls une ironie inf]nale1 qui porte sur la cration t\t entire1 et juge l'univ]s comme un mauvais livre dont le diable se fait le c5seur4 ,mphi/ophls se moque de l'esprit lui-mme1 comme du plus gr& des ridicules1 qu& il fait pr5dre un intrt srieux quoi que ce soit au monde1 et surt\t qu& il n\s donne de la confiance en nos propres =ces4 ,c'e/ une *ose s+ulire1 que la m*ancet suprme et la sagesse div9e s'accord5t en ceci2 qu'elles reconnaiss5t galem5t l'une et l'autre le vide et la faiblesse de t\t ce qui exi/e sur la t]re3 mais l'une ne proclame cette vrit que p\r dgt] du bi51 et l'autre que p\r lev] au-dessus du mal4 ,s'il n'y avait dans la pice de ,fau/ que de la plaisant]ie piquante et philosophique1 on p\rrait tr\v] dans plusieurs crits de ,voltaire un g5re d'esprit analogue2 mais on s5t dans cette pice une imag9ation d'une t\t autre nature4 ,ce n'e/ pas seulem5t le monde moral tel qu'il e/ qu'on y voit ananti1 mais c'e/ l'enf] qui e/ mis sa place4 ,il y a une puissance de sorcell]ie1 une posie du mauvais pr9cipe1 un enivrem5t du mal1 un g>em5t de la p5se1 qui font frissonn]1 rire et pleur] t\t la fois4 ,il semble que1 p\r un mom5t1 le g\v]nem5t de la t]re soit entre les ma9s du dmon4 ,v\s tremblez1 p>ce qu'il e/ impitoyable2 v\s riez1 p>ce qu'il humilie t\s les am\rs-propres satisfaits2 v\s pleurez1 p>ce que la nature huma9e1 a9si vue des pr(ondeurs de l'enf]1 inspire une piti d\l\reuse4 ,milton a fait ,satan plus gr& que l'homme2 ,mi*el-,ange et le ,dante lui ont donn les traits hideux de l'animal1 comb9s avec la figure huma9e4 ,le ,mphi/ophls de ,g! e/ un diable civilis4 ,il manie avec art cette moqu]ie lgre en app>5ce1 qui peut si bi5 s'accord] avec une gr&e pr(ondeur de p]v]sit2 il traite de niais]ie ou d'affectation t\t ce qui e/ s5sible2 sa figure e/ m*ante1 basse et fausse2 il a de la gau*]ie sans timidit1 du dda9 sans fi]t1 quelque *ose de d\c]eux auprs des femmes1 p>ce que1 dans cette seule circon/ance1 il a beso9 de tromp] p\r sduire3 et1 ce qu'il ent5d p> sduire1 c'e/ s]vir les passions d'un autre2 c> il ne peut mme faire semblant d'aim]3 c'e/ la seule dissimulation qui lui soit impossible4 ,le c>actre de ,mphi/ophls suppose une 9puisable connaissance de la socit1 de la nature et du m]veilleux4 ,c'e/ le cau*em> de l'esprit que cette pice de ,fau/1 mais un cau*em> qui d\ble sa =ce4 ,on y tr\ve la rvlation diabolique de l'incrdulit1 de celle qui s'applique t\t ce qu'il peut y avoir de bon dans ce monde2 et peut-tre cette rvlation s]ait-elle dang]euse1 si les circon/ances am5es p> les p]fides int5tions de ,mphi/ophls n'inspirai5t pas de l'horreur p\r son arrogant langage1 et ne faisai5t pas connatre la sclratesse qu'il r5f]me4 ,fau/ rassemble dans son c>actre t\tes les faiblesses de l'humanit3 dsir de savoir et fatigue du travail2 beso9 du succs1 satit du plaisir4 ,c'e/ un p>fait modle de l'tre *angeant et mobile1 dont les s5tim5ts sont plus phmres encore que la c\rte vie dont il se pla9t4 ,fau/ a plus d'ambition que de =ce2 et cette agitation intrieure le rvolte contre la nature1 et le fait rec\rir t\s les sortilges p\r *app] aux conditions dures1 mais ncessaires1 imposes l'homme mortel4 ,on le voit1 dans la premire scne1 au milieu de ses livres et d'un nombre inf9i d'in/rum5ts de physique et de fioles de *imie4 ,son pre s'occupait aussi des sci5ces1 et lui en a transmis le gt et l'habitude4 ,une seule lampe claire cette retraite sombre et ,fau/ tudie sans rel*e la nature1 et surt\t la magie dont il possde dj quelques secrets4 ,il veut faire app>atre un des gnies crateurs du second ordre2 le gnie vi5t1 et lui conseille de ne po9t s'lev] au-dessus de la sphre de l'esprit huma94--,c'e/ n\s1 lui dit-il1 c'e/ n\s de n\s plong] dans le tumulte de l'activit1 dans ces vagues t]nelles de la vie1 que la naissance et la mort lv5t et prcipit5t1 rep\ss5t et ramn5t3 n\s sommes faits p\r travaill] l'uvre que ,dieu n\s comm&e1 et dont le temps accomplit la trame4 ,mais toi1 qui ne peux concevoir que toi-mme1 toi1 qui trembles en appr(ondissant ta de/9e1 et que mon s\ffle fait tressaillir1 laisse-moi1 ne me rappelle plus4--,qu& le gnie disp>at1 un dsespoir pr(ond s'emp>e de ,fau/ et il veut s'empoisonn]4 ,moi1 dit-il1 l'image de la ,div9it1 je me croyais si prs de gt] l't]nelle vrit dans t\t l'clat de sa lumire cle/e6 je n'tais dj plus le fils de la t]re2 je me s5tais l'gal des *rub9s1 qui1 crateurs leur t\r1 peuv5t gt] les j\issances de ,dieu mme4 ,ah6 combi5 je dois expi] mes press5tim5ts prsomptueux6 une p>ole f\droyante les a dtruits p\r jamais4 ,esprit div91 j'ai eu la =ce de t'attir]1 mais je n'ai pas eu celle de te ret5ir4 ,p5dant l'in/ant heureux o je t'ai vu1 je me s5tais la fois si gr& et si petit6 mais tu m'z rep\ss violemm5t dans le sort inc]ta9 de l'humanit4 ,qui m'in/ruira ma9t5ant8 que dois-je vit]8 dois-je cd] l'impulsion qui me presse8 nos actions1 comme nos s\ffrances1 arrt5t la m>*e de la p5se4 ,des p5*ants grossi]s s'oppos5t ce que l'esprit conoit de plus magnifique4 ,qu& n\s atteignons un c]ta9 bonheur ici-bas1 n\s traitons d'illusion et de m5songe t\t ce qui vaut mieux que ce bonheur2 et les s5tim5ts sublimes que le ,crateur n\s avait donns se p]d5t dans les intrts de la t]re4 ,d'abord l'imag9ation1 avec ses ailes h>dies1 aspire l't]nit2 puis un petit espace suffit bi5tt aux dbris de t\tes nos esprances trompes4 ,l'inquitude s'emp>e de notre cur3 elle y produit des d\leurs secrtes2 elle y dtruit le repos et le plaisir4 ,elle se prs5te n\s s\s mille =mes2 tantt la =tune1 tantt une femme1 des enfants1 le poign>d1 le poison1 le feu1 la m]1 n\s agit5t4 ,l'homme tremble devant t\t ce qui n'arriv]a pas1 et pleure sans cesse ce qu'il n'a po9t p]du4 ,non1 je ne me suis po9t comp> la ,div9it2 non1 je s5s ma misre3 c'e/ l'insecte que je ressemble4 ,il s'agite dans la p\ssire1 il se n\rrit d'elle1 et le voyageur1 en passant1 l'crase et le dtruit4 ,n'e/-ce pas la p\ssire en effet1 que ces livres dont je suis environn8 ,ne suis-je pas enf]m dans le ca*ot de la sci5ce8 ces murs1 ces vitraux qui m'ent\r5t1 laiss5t-ils pntr] seulem5t jusqu' moi la lumire du j\r sans l'altr]8 ,que dois-je faire de ces innombrables volumes1 de ces niais]ies sans f9 qui rempliss5t ma tte8 ,y tr\v]ai-je ce qui me manque8 ,si je p>c\rs ces pages1 qu'y lirai-je8 ,que p>t\t les hommes se sont t\rm5ts sur leur sort2 que de temps en temps un heureux a p>u1 et qu'il a fait le dsespoir du re/e de la t]re4 7,une tte de mort e/ sur la table74 ,et toi1 qui sembles m'adress] un ricanem5t si t]rible1 l'esprit qui habitait jadis ton c]veau n'a-t-il pas err comme le mi51 n'a-t-il pas *]* la lumire1 et succomb s\s le poids des tnbres3 ces ma*9es de t\t g5re que mon pre avait rassembles p\r s]vir ses va9s travaux1 ces r\es1 ces cyl9dres1 ces levi]s1 me rvl]ont-ils le secret de la nature8 ,non1 elle e/ my/rieuse1 bi5 qu'elle semble se montr] au j\r2 et ce qu'elle veut ca*]1 t\s les ef=ts de la sci5ce ne l'arra*]ont jamais de son se94 ,c'e/ donc v]s toi que mes reg>ds sont attirs1 liqueur empoisonne6 ,toi qui donnes la mort1 je te salue comme une ple lueur dans la =t sombre4 ,en toi j'honore la sci5ce et l'esprit de l'homme4 ,tu es la plus d\ce ess5ce des sucs qui procur5t le sommeil2 tu conti5s t\tes les =ces qui tu5t4 ,vi5s mon sec\rs4 ,je s5s dj l'agitation de mon esprit qui se calme2 je vais m'lanc] dans la haute m]4 ,les flots limpides brill5t comme un miroir mes pi$s4 ,un n\veau j\r m'appelle v]s l'autre bord4 ,un *> de feu plane dj sur ma tte2 j'y vais mont]2 je saurai p>c\rir les sphres ?res1 et gt] les dlices des cieux4 ,mais dans mon abaissem5t1 comm5t les mrit]8 ,oui1 je le puis1 si je l'ose1 si j'enfonce avec c\rage ces portes de la mort1 devant lesquelles *acun passe en frmissant4 ,il e/ temps de montr] la dignit de l'homme4 ,il ne faut plus qu'il tremble au bord de cet abme1 o son imag9ation se condamne elle-mme ses propres t\rm5ts1 et dont les flammes de l'enf] sembl5t df5dre l'appro*e4 ,c'e/ dans cette c\pe d'un pur cri/al1 que je vais v]s] le poison mortel4 ,hlas6 jadis elle s]vait p\r un autre usage3 on la passait de ma9 en ma9 dans les fe/9s joyeux de nos pres1 et le convive1 en la pr5ant1 clbrait en v]s sa beaut4 ,c\pe dore6 tu me rappelles les nuits bruyantes de ma jeunesse4 ,je ne t'(frirai plus mon vois91 je ne vant]ai plus l'arti/e qui sut t'embellir4 ,une liqueur sombre te remplit1 je l'ai prp>e1 je la *oisis4 ,ah6 qu'elle soit p\r moi la libation sol5nelle que je consacre au mat9 d'une n\velle vie6 ,au mom5t o ,fau/ va pr5dre le poison1 il ent5d les clo*es qui annonc5t dans la ville le j\r de ,pques1 et les *urs1 qui1 dans l'glise vois9e1 clbr5t cette sa9te fte4 ,,le ,,*,,ur4 ,le ,*ri/ e/ ressuscit4 ,que les mortels dgnrs1 faibles et tremblants1 s'en rj\iss5t6 ,,fau/4 ,comme le bruit imposant de l'aira9 m'branle jusqu'au fond de l'me6 ,quelles voix pures font tomb] la c\pe empoisonne de ma ma96 ,annoncez-v\s1 clo*es ret5tissantes1 la premire heure du j\r de ,pques8 ,v\s1 *ur6 clbrez-v\s dj les *ants consolateurs1 ces *ants que1 dans la nuit du tombeau1 les anges fir5t ent5dre1 qu& ils desc5dir5t du ciel p\r comm5c] la n\velle alliance8 ,le *ur rpte une seconde fois3 ,le ,*ri/1 etc4 ,,fau/4 ,*ants cle/es1 puissants et d\x1 p\rquoi me *]*ez-v\s dans la p\ssire8 faites-v\s ent5dre aux huma9s que v\s p\vez consol]4 ,j'c\te le message que v\s m'apportez1 mais la foi me manque p\r y croire4 ,le miracle e/ l'enfant *ri de la foi4 ,je ne puis m'lanc] dans la sphre d'o votre augu/e n\velle e/ desc5due2 et cep5dant1 acc\tum ds l'enfance ces *ants1 ils me rappell5t la vie4 ,autrefois un rayon de l'am\r div9 desc5dait sur moi1 p5dant la sol5nit tranquille du diman*e4 ,le b\rdonnem5t s\rd de la clo*e remplissait mon me du press5tim5t de l'av5ir1 et ma prire tait une j\issance ard5te4 ,cette mme clo*e annonait aussi les jeux de la jeunesse1 et la fte du pr9temps4 ,le s\v5ir ranime en moi les s5tim5ts enfant9s qui n\s dt\rn5t de la mort4 ,oh6 faites-v\s ent5dre encore1 *ants cle/es6 la t]re m'a reconquis4 ,ce mom5t d'exaltation ne dure pas2 ,fau/ e/ un c>actre incon/ant1 les passions du monde le repr5n5t4 ,il *]*e les satisfaire1 il s\haite de s'y livr]2 et le diable1 s\s le nom de ,mphi/ophls1 vi5t et lui promet de le mettre en possession de t\tes les j\issances de la t]re2 mais en mme temps il sait le dgt] de t\tes1 c> la vraie m*ancet dess*e tellem5t l'me1 qu'elle f9it p> inspir] une indiffr5ce pr(onde p\r les plaisirs aussi bi5 que p\r les v]tus4 ,mphi/ophls conduit ,fau/ *ez une sorcire1 qui ti5t ses ordres des animaux moiti s+es et moiti *ats 7,me]-katz574 ,on peut considr] cette scne1 quelques g>ds1 comme la p>odie des ,sorcires de ,macbe?4 ,les ,sorcires de ,macbe? *ant5t des p>oles my/rieuses1 dont les sons extraord9aires font dj l'effet d'un sortilge2 les ,sorcires de ,g! prononc5t aussi des mots biz>res1 dont les consonnances sont arti/em5t multiplies2 ces mots excit5t l'imag9ation la gat1 p> la s+ul>it mme de leur /ructure2 et le dialogue de cette scne1 qui ne s]ait que burlesque en prose1 pr5d un c>actre plus relev p> le *>me de la posie4 ,on croit dc\vrir1 en c\tant le langage comique de ces *ats-s+es1 quelles s]ai5t les ides des animaux s'ils p\vai5t les exprim]1 quelle image grossire et ridicule ils se f]ai5t de la nature et de l'homme4 ,il n'y a gure d'exemples dans les pices franaises de ces plaisant]ies fondes sur le m]veilleux1 les prodiges1 les sorcires1 les mtamorphoses1 etc43 c'e/ j\] avec la nature1 comme dans la comdie de murs on j\e avec les hommes4 ,mais il faut1 p\r se plaire ce comique1 n'y po9t appliqu] le raisonnem5t1 et reg>d] les plaisirs de l'imag9ation comme un jeu libre et sans b4 ,nanmo9s ce jeu n'en e/ pas p\r cela plus facile1 c> les b>rires sont s\v5t des appuis2 et qu& on se livre en littrature des inv5tions sans bornes1 il n'y a que l'excs et l'emportem5t mme du tal5t qui puiss5t leur donn] quelque mrite2 l'union du biz>re et du mdiocre ne s]ait pas tolrable4 ,mphi/ophls conduit ,fau/ dans les socits des jeunes g5s de t\tes les classes1 et subjugue de diffr5tes manires les div]s esprits qu'il r5contre4 ,il ne les subjugue jamais p> l'admiration1 mais p> l'tonnem5t4 ,il captive t\j\rs p> quelque *ose d'inatt5du et de ddaigneux dans ses p>oles et dans ses actions2 c> la plup>t des hommes vulgaires font d'autant plus de cas d'un esprit suprieur qu'il ne se s\cie pas d'eux4 ,un in/9ct secret leur dit que celui qui les mprise voit ju/e4 ,un coli] de ,leipzig1 sortant de la maison mat]nelle1 et niais comme on peut l'tre cet ge dans les bons pays de l',allemagne1 vi5t consult] ,fau/ sur ses tudes2 ,fau/ prie ,mphi/ophls de se *>g] de lui rpondre4 ,il revt la robe de docteur1 et p5dant qu'il att5d l'coli]1 il exprime seul son dda9 p\r ,fau/4 ,cet homme1 dit-il1 ne s]a jamais qu' demi p]v]s1 et c'e/ en va9 qu'il se flatte de p>v5ir l'tre entirem5t4 ,en effet1 une maladresse cause p> des regrets inv9cibles entrave les honntes g5s1 qu& ils se dt\rn5t de leur r\te naturelle1 et les hommes radicalem5t mauvais se moqu5t de ces c&idats du vice1 qui ont bonne int5tion de faire le mal1 mais qui sont sans tal5t p\r l'accomplir4 ,enf9 l'coli] se prs5te1 et ri5 n'e/ plus naf que l'empressem5t gau*e et confiant de ce jeune ,allem&1 qui arrive p\r la premire fois dans une gr&e ville1 dispos t\t1 et ne connaissant ri51 ayant peur et envie de *aque *ose qu'il voit2 dsirant de s'in/ruire1 s\haitant =t de s'amus]1 et s'appro*ant avec un s\rire gracieux de ,mphi/ophls1 qui le reoit d'un air froid et moqueur2 le contra/e entre la bonhomie t\t en dehors de l'un1 et l'insol5ce cont5ue de l'autre1 e/ admirablem5t spirituel4 ,il n'y a pas une connaissance que l'coli] ne v\lt acqurir1 et ce qu'il lui convi5t d'appr5dre1 dit-il1 c'e/ la sci5ce et la nature4 ,mphi/ophls le flicite de la prcision de son plan d'tude4 ,il s'amuse dcrire les quatre facults3 la jurisprud5ce1 la mdec9e1 la philosophie1 et la ?ologie1 de manire embr\ill] la tte de l'coli] p\r t\j\rs4 ,mphi/ophls lui fait mille argum5ts div]s1 que l'coli] appr\ve t\s les uns aprs les autres1 mais dont la conclusion l'tonne1 p>ce qu'il s'att5d au srieux et que le ,diable plaisante t\j\rs4 ,l'coli] de bonne volont se prp>e l'admiration1 et le rsultat de t\t ce qu'il ent5d n'e/ qu'un dda9 univ]sel4 ,mphi/ophls convi5t lui-mme que le d\te vi5t de l'enf]1 et que les dmons1 ce sont ceux qui ni5t2 mais il exprime le d\te avec un ton dcid1 qui1 mlant l'arrogance du c>actre l'inc]titude de la raison1 ne laisse de consi/ance qu'aux mauvais p5*ants4 ,aucune croyance1 aucune op9ion ne re/e fixe dans la tte1 aprs avoir ent5du ,mphi/ophls1 et l'on s'exam9e soi-mme1 p\r savoir s'il y a quelque *ose de vrai dans ce monde1 ou si l'on ne p5se que p\r se moqu] de t\s ceux qui croi5t p5s]4 ,ne doit-il pas t\j\rs y avoir une ide dans un mot8 dit l'coli]4--,oui1 si cela se peut1 rpond ,mphi/ophls2 mais il ne faut p\rtant pas trop se t\rm5t] l-dessus2 c> l o les ides manqu5t1 les mots vi5n5t propos p\r y suppler4 ,l'coli] quelquefois ne compr5d pas ,mphi/ophls1 mais n'en a que plus de respect p\r son gnie4 ,avant de le quitt]1 il le prie d'crire quelques lignes sur son ,album2 c'e/ le livre dans lequel1 selon les bi5veillants usages de l',allemagne1 *acun se fait donn] une m>que de s\v5ir p> ses amis4 ,mphi/ophls crit ce que ,satan a dit ve p\r l'engag] mang] le fruit de l'arbre de vie3 ,v\s s]ez comme ,dieu1 connaissant le bi5 et le mal4 ,je peux bi51 se dit-il lui-mme1 emprunt] cette anci5ne s5t5ce mon c\s9 le s]p5t2 il y a longtemps qu'on s'en s]t dans ma famille4 ,l'coli] repr5d son livre1 et s'en va p>faitem5t satisfait4 ,fau/ s'ennuie1 et ,mphi/ophls lui conseille de dev5ir am\reux4 ,il le devi5t en effet d'une jeune fille du peuple1 t\t fait innoc5te et nave1 qui vit dans la pauvret avec sa vieille mre4 ,mphi/ophls1 p\r introduire ,fau/ auprs d'elle1 imag9e de faire connaissance avec une de ses vois9es1 ,m>!1 *ez laquelle la jeune ,m>gu]ite va quelquefois4 ,cette femme a son m>i dans les pays trang]s1 et se dsole de n'en po9t recevoir de n\velles2 elle s]ait bi5 tri/e de sa mort1 mais au mo9s v\drait-elle en avoir la c]titude2 et ,mphi/ophls ad\cit s+ulirem5t sa d\leur1 en lui promettant un extrait mortuaire de son p\x1 bi5 en rgle1 qu'elle p\rra1 suivant la c\tume1 faire publi] dans la gazette4 ,la pauvre ,m>gu]ite e/ livre la puissance du mal2 l'esprit inf]nal s'a*>ne sur elle1 et la r5d c\pable1 sans lui t] cette droiture de cur qui ne peut tr\v] de repos que dans la v]tu4 ,un m*ant habile se g>de bi5 de p]v]tir entirem5t les honntes g5s qu'il veut g\v]n]3 c> son asc5dant sur eux se compose des fautes et des remords qui les tr\bl5t t\r t\r4 ,fau/1 aid p> ,mphi/ophls1 sduit cette jeune fille1 s+ulirem5t simple d'esprit et d'me4 ,elle e/ pieuse1 bi5 qu'elle soit c\pable1 et1 seule avec ,fau/1 elle lui dem&e s'il a de la religion4--,mon enfant1 lui dit-il1 tu le sais1 je t'aime4 ,je donn]ais p\r toi mon sang et ma vie2 je ne v\drais tr\bl] la foi de p]sonne4 ,n'e/-ce pas l t\t ce que tu peux dsir]8 ,,m>gu]ite4 ,non1 il faut croire4 ,,fau/4 ,le faut-il8 ,,m>gu]ite4 ,ah6 si je p\vais quelque *ose sur toi6 tu ne respectes pas assez les sa9ts sacrem5ts4 ,,fau/4 ,je les respecte4 ,,m>gu]ite4 ,mais sans en appro*]2 depuis longtemps1 tu ne t'es po9t confess1 tu n'z po9t t la messe2 crois-tu en ,dieu8 ,,fau/4 ,ma *re amie1 qui ose dire3 ,je crois en ,dieu8--,si tu fais cette "q aux prtres et aux sages1 ils rpondront comme s'ils v\lai5t se moqu] de celui qui les int]roge4 ,,m>gu]ite4 ,a9si donc1 tu ne crois ri54 ,,fau/4 ,n'int]prte pas mal ce que je dis1 *>mante crature3 qui peut nomm] la div9it et dire3 ,je la conois8 qui peut tre s5sible et ne pas y croire8 ,le s\ti5 de cet univ]s n'embrasse-t-il pas toi1 moi1 la nature entire8 ,le ciel ne s'abaisse-t-il pas en pavillon sur nos ttes8 la t]re n'e/-elle pas 9branlable s\s nos pi$s1 et les toiles t]nelles1 du haut de leur sphre1 ne n\s reg>d5t-elles pas avec am\r8 ,tes yeux ne se rfl*iss5t-ils pas dans mes yeux att5dris8 ,un my/re t]nel1 invisible et visible1 n'attire-t-il pas mon cur v]s le ti58 ,remplis ton me de ce my/re1 et qu& tu pr\ves la flicit suprme du s5tim5t1 appelle-l1 cette flicit1 cur1 am\r1 ,dieu1 n'importe4 ,le s5tim5t e/ t\t1 les noms ne sont qu'un va9 bruit1 une va9e fume1 qui obscurcit la cl>t des cieux4 ,ce morceau1 d'une loqu5ce inspire1 ne convi5drait pas la disposition de ,fau/1 si dans ce mom5t il n'tait pas meilleur1 p>ce qu'il aime1 et si l'int5tion de l'auteur n'avait pas t1 sans d\te1 de montr] combi5 une croyance f]me et positive e/ ncessaire1 puisque ceux mme que la nature a faits s5sibles et bons1 n'en sont pas mo9s capables des plus fune/es g>em5ts1 qu& ce sec\rs leur manque4 ,fau/ se lasse de l'am\r de ,m>gu]ite comme de t\tes les j\issances de la vie2 ri5 n'e/ plus beau1 en allem&1 que les v]s dans lesquels il exprime t\t la fois l'en?\siasme de la sci5ce et la satit du bonheur4 ,,fau/1 seul4 ,esprit sublime6 tu m'z accord t\t ce que je t'ai dem&4 ,ce n'e/ pas en va9 que tu z t\rn v]s moi ton visage ent\r de flammes2 tu m'z donn la magique nature p\r empire1 tu m'z donn la =ce de la s5tir et d'en j\ir4 ,ce n'e/ pas une froide admiration que tu m'z p]mise1 mais une intime connaissance1 et tu m'z fait pntr] dans le se9 de l'univ]s1 comme dans celui d'un ami2 tu z conduit devant moi la tr\pe v>ie des vivants1 et tu m'z appris connatre mes frres dans les habitants des bois1 des airs et des eaux4 ,qu& l'orage gronde dans la =t1 qu& il drac9e et r5v]se les p9s gigantesques dont la *ute fait ret5tir la montagne1 tu me guides dans un sr asile1 et tu me rvles les secrtes m]veilles de mon propre cur4 ,lorsque la lune tranquille monte l5tem5t v]s les cieux1 les ombres arg5tes des temps antiques plan5t mes yeux sur les ro*]s1 dans les bois1 et sembl5t m'ad\cir le svre plaisir de la mditation4 ,mais je le s5s1 hlas6 l'homme ne peut atte9dre ri5 de p>fait2 ct de ces dlices qui me rappro*5t des dieux1 il faut que je supporte ce compagnon froid1 indiffr5t1 hauta91 qui m'humilie mes propres yeux1 et d'un mot rduit au nant t\s les dons que tu m'z faits4 ,il allume dans mon se9 un feu dsordonn qui m'attire v]s la beaut2 je passe avec ivresse du dsir au bonheur2 mais au se9 du bonheur mme1 bi5tt un vague ennui me fait regrett] le dsir4 ,l'hi/oire de ,m>gu]ite s]re d\l\reusem5t le cur4 ,son tat vulgaire1 son esprit born1 t\t ce qui la s\met au malheur1 sans qu'elle puisse y rsi/]1 inspire encore plus de piti p\r elle4 ,g!1 dans ses romans et dans ses pices1 n'a presque jamais donn des qualits suprieures aux femmes1 mais il pe9t m]veille le c>actre de faiblesse qui leur r5d la protection si ncessaire4 ,m>gu]ite veut recevoir *ez elle ,fau/ l'insu de sa mre1 et donne cette pauvre femme1 d'aprs le conseil de ,mphi/ophls1 une potion ass\pissante qu'elle ne peut support]1 et qui la fait m\rir4 ,la c\pable ,m>gu]ite devi5t grosse1 sa honte e/ publique1 t\t le qu>ti] qu'elle habite la montre au doigt4 ,le d%onneur semble avoir plus de prise sur les p]sonnes d'un rang lev1 et peut-tre cep5dant e/-il encore plus r$\table dans la classe du peuple4 ,t\t e/ si tran*1 si positif1 si irrp>able p>mi les hommes qui n'ont p\r ri5 des p>oles nuances6 ,g! saisit admirablem5t ces murs1 t\t la fois si prs et lo9 de n\s2 il possde au suprme degr l'art d'tre p>faitem5t naturel dans mille natures diffr5tes4 ,val5t91 soldat1 frre de ,m>gu]ite1 arrive de la gu]re p\r la revoir2 et qu& il appr5d sa honte1 la s\ffrance qu'il pr\ve1 et dont il r\git1 se trahit p> un langage pre et t\*ant la fois4 ,l'homme dur en app>5ce1 et s5sible au fond de l'me1 cause une motion inatt5due et poignante4 ,g! a pe9t avec une admirable vrit le c\rage qu'un soldat peut employ] contre la d\leur morale1 contre cet ennemi n\veau qu'il s5t en lui-mme1 et que ses armes ne saurai5t combattre4 ,enf91 le beso9 de la v5geance le saisit1 et porte v]s l'action t\s les s5tim5ts qui le dvorai5t intrieurem5t4 ,il r5contre ,mphi/ophls et ,fau/1 au mom5t o ils vont donn] un conc]t s\s les f5tres de sa sur4 ,val5t9 provoque ,fau/1 se bat avec lui1 et reoit une blessure mortelle4 ,ses adv]saires disp>aiss5t1 p\r vit] la fureur du peuple4 ,m>gu]ite arrive1 dem&e qui e/ l t\t sanglant sur la t]re4 ,le peuple lui rpond3 ,le fils de ta mre4 ,et son frre1 en m\rant1 lui adresse des repro*es plus t]ribles et plus d*irants que jamais la langue police n'en p\rrait exprim]4 ,la dignit de la tragdie ne saurait p]mettre d'enfonc] si avant les traits de la nature dans le cur4 ,mphi/ophls oblige ,fau/ quitt] la ville1 et le dsespoir que lui fait pr\v] le sort de ,m>gu]ite intresse lui de n\veau4 ,hlas6 s'crie ,fau/1 elle et t si facilem5t heureuse6 une simple cabane dans une valle des ,alpes1 quelques occupations dome/iques1 aurai5t suffi p\r satisfaire ses dsirs borns1 et remplir sa d\ce vie3 mais moi1 l'ennemi de ,dieu1 je n'ai pas eu de repos que je n'eusse bris son cur1 et fait tomb] en ru9es sa pauvre de/9e4 ,a9si donc la paix doit lui tre ravie p\r t\j\rs4 ,il faut qu'elle soit la victime de l'enf]4 ,h bi56 dmon1 abrge mon angoisse1 fais arriv] ce qui doit arriv]4 ,que le sort de cette in=tune s'accomplisse1 et prcipite-moi du mo9s avec elle dans l'abme4 ,l'am]tume et le sang-froid de la rponse de ,mphi/ophls sont vraim5t diaboliques4 ,comme tu t'enflammes1 lui dit-il1 comme tu b\illonnes6 je ne sais comm5t te consol]1 et sur mon honneur je me donn]ais au diable1 si je ne l'tais pas moi-mme3 mais p5ses-tu donc1 ins5s1 que p>ce que ta pauvre tte ne voit plus d'issue1 il n'y en ait plus vritablem5t8 ,vive celui qui sait t\t support] avec c\rage6 ,je t'ai dj r5du passablem5t semblable moi1 et songe1 je t'en prie1 qu'il n'y a ri5 de plus fa/idieux dans ce monde qu'un diable qui se dsespre4 ,m>gu]ite va seule l'glise1 l'unique refuge qui lui re/e2 une f\le imm5se remplit le temple1 et le s]vice des morts e/ clbr dans ce lieu sol5nel4 ,m>gu]ite e/ c\v]te d'un voile3 elle prie avec ardeur2 et lorsqu'elle comm5ce se flatt] de la misricorde div9e1 le mauvais esprit lui p>le d'une voix basse et lui dit3 ,te s\vi5s-tu1 ,m>gu]ite1 de ce temps o tu v5ais ici te pro/]n] devant l'autel8 tu tais alors ple9e d'innoc5ce1 tu balbutiais timidem5t les psaumes1 et ,dieu rgnait dans ton cur4 ,m>gu]ite1 qu'z-tu fait8 que de crimes tu z commis6 ,vi5s-tu pri] p\r l'me de ta mre1 dont la mort pse sur ta tte8 ,sur le seuil de ta porte1 vois-tu quel e/ ce sang8 c'e/ celui de ton frre1 et ne s5s-tu pas s'agit] dans ton se9 une crature in=tune qui te prsage dj de n\velles d\leurs8 ,,m>gu]ite4 ,malheur6 malheur6 comm5t *app] aux p5ses qui naiss5t dans mon me et se s\lv5t contre moi8 ,,le ,,*,,ur1 *ante dans l'glise4 ,dies ir1 dies illa1 ,solvet sculum 9 favilla4#cb ,,le ,,mauvais ,,esprit4 ,le c\rr\x cle/e te m5ace1 ,m>gu]ite2 les trompettes de la rsurrection ret5tiss5t3 les tombeaux s'branl5t1 et ton cur va se rveill] p\r s5tir les flammes t]nelles4 ,,m>gu]ite4 ,ah6 si je p\vais m'loign] d'ici6 les sons de cet orgue m'emp*5t de respir]1 et les *ants des prtres font pntr] dans mon me une motion qui la d*ire4 ,,le ,,*,,ur4 ,judex ergo cum s$ebit1 ,quidquid latet app>ebit1 ,nil inultum remanebit4#cc ,,m>gu]ite4 ,on dirait que ces murs se rappro*5t p\r m't\ff]2 la vote du temple m'oppresse3 de l'air6 de l'air6 ,,le ,,mauvais ,,esprit4 ,ca*e-toi2 le crime et la honte te p\rsuiv5t4 ,tu dem&es de l'air et de la lumire1 misrable6 qu'en espres-tu8 ,,le ,,*,,ur4 ,quid sum mis] tunc dicturus8 ,quem patronum rogaturus8 ,cum vix ju/us sit securus#cd8 ,,le ,,mauvais ,,esprit4 ,les ,sa9ts dt\rn5t leur visage de ta prs5ce2 ils r\girai5t de t5dre leurs ma9s pures v]s toi4 ,,le ,,*,,ur4 ,quid sum mis] tunc dicturus8 ,m>gu]ite crie au sec\rs et s'van\it4 ,quelle scne6 ,cette in=tune qui1 dans l'asile de la consolation1 tr\ve le dsespoir2 cette f\le rassemble1 priant ,dieu avec confiance1 t&is qu'une malheureuse femme1 dans le temple mme du ,seigneur1 r5contre l'esprit de l'enf]6 ,les p>oles svres de l'hymne sa9te sont int]prtes p> l'inflexible m*ancet du mauvais gnie4 ,quel dsordre dans le cur6 que de maux entasss sur une faible pauvre tte6 et quel tal5t1 que celui qui sait a9si reprs5t] l'imag9ation ces mom5ts o la vie s'allume en n\s comme un feu sombre1 et jette sur nos j\rs passag]s la t]rible lueur de l't]nit des pe9es6 ,mphi/ophls imag9e de transport] ,fau/ dans le sabbat des sorcires p\r le di/raire de ses pe9es2 et il y a l une scne dont il e/ impossible de donn] l'ide1 quoiqu'il s'y tr\ve un gr& nombre de p5ses ret5ir3 ce sont vraim5t les ,saturnales de l'esprit1 que cette fte du sabbat4 ,la m>*e de la pice e/ susp5due p> cet int]mde1 et plus on tr\ve la situation =te1 plus il e/ impossible de se s\mettre mme aux inv5tions du gnie1 lorsqu'elles int]romp5t a9si l'intrt4 ,au milieu du t\rbillon de t\t ce qu'on peut imag9] et dire1 qu& les images et les ides se prcipit5t1 se confond5t1 et sembl5t retomb] dans les abmes dont la raison les a fait sortir1 il vi5t une scne qui se ratta*e la situation d'une manire t]rible4 ,les conjurations de la magie font app>atre div]s tableaux1 et t\t c\p ,fau/ s'appro*e de ,mphi/ophls1 et lui dit3 ,ne vois-tu pas l-bas une jeune fille belle et ple1 qui se ti5t seule dans l'loignem5t8 ,elle s'avance l5tem5t1 ses pi$s sembl5t atta*s l'un l'autre2 ne tr\ves-tu pas qu'elle ressemble ,m>gu]ite8 ,m,,phi/oph,l,s4 ,c'e/ un effet de la magie1 ri5 qu'une illusion4 ,il n'e/ pas bon d'y arrt] tes reg>ds4 ,ces yeux fixes glac5t le sang des hommes4 ,c'e/ a9si que la tte de ,mduse *angeait jadis en pi]re ceux qui la considrai5t4 ,,fau/4 ,il e/ vrai que cette image a les yeux ouv]ts comme un mort qui les ma9s d'un ami ne les aurait pas f]ms4 ,voil le se9 sur lequel j'ai repos ma tte2 voil les *>mes que mon cur a possds4 ,m,,phi/oph,l,s4 ,ins5s6 t\t cela n'e/ que de la sorcell]ie2 *acun dans ce fantme croit voir sa bi5-aime4 ,,fau/4 ,quel dlire6 quelle s\ffrance6 ,je ne peux m'loign] de ce reg>d2 mais aut\r de ce beau c\1 que signifie ce colli] r\ge1 l>ge comme le tran*ant d'un c\teau8 ,m,,phi/oph,l,s4 ,c'e/ vrai3 mais qu'y veux-tu faire8 ,ne t'abme pas dans tes rv]ies2 vi5s sur cette montagne1 on t'y prp>e une fte4 ,vi5s4 ,fau/ appr5d que ,m>gu]ite a tu l'enfant qu'elle a mis au j\r1 esprant a9si se drob] la honte4 ,son crime a t dc\v]t2 on l'a mise en prison1 et le l5dema9 elle doit prir sur l'*afaud4 ,fau/ maudit ,mphi/ophls avec fureur2 ,mphi/ophls accuse ,fau/ avec sang-froid1 et lui pr\ve que c'e/ lui qui a dsir le mal1 et qu'il ne l'a aid que p>ce qu'il l'avait appel4 ,une s5t5ce de mort e/ porte contre ,fau/1 p>ce qu'il a tu le frre de ,m>gu]ite4 ,nanmo9s1 il s'introduit en secret dans la ville1 obti5t de ,mphi/ophls les moy5s de dlivr] ,m>gu]ite1 et pntre la nuit dans son ca*ot1 dont il a drob les clefs4 ,il l'ent5d de lo9 murmur] une *anson qui pr\ve l'g>em5t de son esprit2 les p>oles de cette *anson sont trs vulgaires1 et ,m>gu]ite tait naturellem5t pure et dlicate4 ,on pe9t d'ord9aire les folles comme si la folie s'arrangeait avec les conv5ances1 et donnait seulem5t le droit de ne pas f9ir les phrases comm5ces1 et de bris] propos le fil des ides2 mais cela n'e/ pas a9si3 le vritable dsordre de l'esprit se montre presque t\j\rs s\s des =mes trangres la cause mme de la folie1 et la gat des malheureux e/ bi5 plus d*irante que leur d\leur4 ,fau/ entre dans la prison3 ,m>gu]ite croit qu'on vi5t la *]*] p\r la conduire la mort4 ,,m>gu]ite1 se s\levant de son lit de paille1 s'crie3 ,ils vi5n5t6 ils vi5n5t6 oh1 que la mort e/ amre6 ,,fau/1 bas4 ,d\cem5t1 d\cem5t2 je vais te dlivr]4 7,il s'appro*e d'elle p\r bris] ses f]s74 ,,m>gu]ite4 ,si tu es un homme1 mon dsespoir te t\*]a4 ,,fau/4 ,plus bas1 plus bas2 tu veill]as la g>de p> tes cris4 ,,m>gu]ite se jette g5\x4 ,qui t'a donn1 b>b>e1 cette puissance sur moi8 ,il n'e/ que m9uit3 p\rquoi vi5s-tu dj me *]*]8 ,aie piti de mes l>mes1 laisse-moi vivre encore3 dema9 mat91 n'e/-ce pas assez tt8 7,m>gu]ite se relve74 ,je suis p\rtant si jeune1 si jeune6 et dois-je dj m\rir8 ,j'tais belle aussi3 c'e/ ce qui a fait ma p]te4 ,mon ami tait alors prs de moi3 il e/ ma9t5ant bi5 lo94 ,les fleurs de ma guirl&e sont disp]ses4 ,ne me pr5ds pas la ma9 avec tant de viol5ce4 ,mnage-moi4 ,ne me laisse pas pleur] en va94 ,jamais1 jusqu' ce j\r1 je ne t'ai vu4 ,,fau/4 ,comm5t support] sa d\leur6 ,,m>gu]ite4 ,je suis t\t fait en ton p\voir4 ,seulem5t laisse-moi allait] mon enfant2 je l'ai press sur mon cur t\te la nuit4 ,ils me l'ont t p\r m'afflig]4 ,n'ont-ils pas prt5du que je l'avais tu8 ,jamais je ne r$evi5drai ce que j'tais6 ,n'ont-ils pas *ant des *ansons contre moi1 ces m*ants1 que v\lai5t-ils donc dire8 ,,fau/ se jette ses pi$s4 ,ton amant e/ tes pi$s2 il vi5t ouvrir les portes de cette horrible prison4 ,,m>gu]ite4 ,oui1 mettons-n\s g5\x2 appelons les sa9ts notre sec\rs4 ,les cris de l'enf] se font ent5dre1 et les mauvais gnies n\s att5d5t sur le seuil de mon ca*ot4 ,,fau/4 ,m>gu]ite6 ,m>gu]ite6 ,,m>gu]ite1 att5tive4 ,c'tait la voix de mon ami4 7,elle se prcipite v]s ,fau/1 et ses f]s tomb5t74 ,o e/-il8 ,je l'ai ent5du m'appel]4 ,je suis libre4 ,p]sonne ne p\rra plus me ret5ir en prison4 ,je m'appui]ai sur son bras1 je me repos]ai sur son se94 ,il appelle ,m>gu]ite3 il e/ l1 devant la porte4 ,au milieu des hurlem5ts de l'impitoyable mort1 j'ent5ds la d\ce et t\*ante h>monie de sa voix6 ,,fau/4 ,oui1 c'e/ moi1 ,m>gu]ite6 ,,m>gu]ite4 ,c'e/ toi6 dis-le encore une fois4 7,elle le s]re contre son cur74 ,c'e/ lui6 c'e/ lui6 ,qu'e/ dev5ue l'angoisse des f]s et de l'*afaud8 ,c'e/ toi6 je suis sauve6 ,j'ap]ois devant moi la r\te o je te vis p\r la premire fois1 le j>d9 si riant o ,m>! et moi n\s t'att5dions4 ,,fau/4 ,vi5s1 vi5s4 ,,m>gu]ite4 ,il m'e/ si d\x de re/] qu& tu demeures6 ,ah6 ne t'loigne pas6 ,,fau/4 ,hte-toi2 n\s pay]ions bi5 *] le mo9dre ret>d4 ,,m>gu]ite4 ,quoi6 tu ne rponds po9t mes embrassem5ts8 ,mon ami1 il y a si peu de temps que n\s n\s sommes quitts6 ,z-tu donc dj dsappris me s]r] contre ton cur8 ,jadis tes p>oles1 tes reg>ds appelai5t sur moi t\t le ciel6 ,embrasse-moi1 de grce2 embrasse-moi6 ,ton cur e/ donc froid et muet8 ,qu'z-tu fait de ton am\r8 qui me l'a ravi8 ,,fau/4 ,vi5s1 suis-moi1 *re amie3 pr5ds c\rage3 je t'aime avec transport2 mais suis-moi1 c'e/ ma seule prire4 ,,m>gu]ite4 ,es-tu bi5 ,fau/8 ,es-tu bi5 toi8 ,,fau/4 ,oui1 sans d\te2 oui1 vi5s4 ,,m>gu]ite4 ,tu me dlivres de mes *anes1 tu me repr5ds de n\veau dans tes bras4 ,d'o vi5t que tu n'z pas horreur de ,m>gu]ite8 ,sais-tu bi51 mon ami1 sais-tu bi5 qui tu dlivres8 ,,fau/4 ,vi5s1 vi5s2 dj la nuit e/ mo9s pr(onde4 ,,m>gu]ite4 ,ma mre6 c'e/ moi qui l'ai tue6 ,mon enfant6 c'e/ moi qui l'ai noy6 ,n'app>t5ait-il pas toi comme moi8 ,e/-il donc vrai1 ,fau/1 que je te voie8 ,n'e/-ce pas un rve8 ,donne-moi ta ma91 ta ma9 *rie4 ,o ciel6 elle e/ humide4 ,essuie-la4 ,je crois qu'il y a du sang6 ,ca*e-moi ton pe2 o e/ mon frre8 ,je t'en prie1 ca*e-la-moi4 ,,fau/4 ,laisse donc dans l'oubli l'irrp>able pass2 tu me fais m\rir4 ,,m>gu]ite4 ,non1 il faut que tu re/es4 ,je veux te dcrire les tombeaux que tu f]as prp>] ds dema94 ,il faut donn] la meilleure place ma mre2 mon frre doit tre prs d'elle4 ,moi1 tu me mettras un peu plus lo92 mais cep5dant pas trop lo91 et mon enfant droite1 sur mon se93 mais p]sonne ne doit repos] mes cts4 ,j'aurais v\lu que tu fusses prs de moi2 mais c'tait un bonheur d\x et pur1 il ne m'app>ti5t plus4 ,je me s5s entrane v]s toi1 et il me semble que tu me rep\sses avec viol5ce2 cep5dant tes reg>ds sont ple9s de t5dresse et de bont4 ,,fau/4 ,ah6 si tu me reconnais1 vi5s4 ,,m>gu]ite4 ,o donc irais-je8 ,,fau/4 ,tu s]as libre4 ,,m>gu]ite4 ,la tombe e/ l dehors4 ,la mort pie mes pas4 ,vi5s2 mais conduis-moi dans la demeure t]nelle3 je ne puis all] que l4 ,tu veux p>tir8 mon ami6 si je p\vais444 ,,fau/4 ,tu le peux1 si tu le veux2 les portes sont ouv]tes4 ,,m>gu]ite4 ,je n'ose pas sortir2 il n'e/ plus p\r moi d'esprance4 ,que me s]t-il de fuir8 ,mes p]scuteurs m'att5d5t4 ,m5di] e/ si misrable1 et surt\t avec une mauvaise consci5ce6 ,il e/ tri/e aussi d'err] dans l'trang]2 et d'ailleurs p>t\t ils me saisiront4 ,,fau/4 ,je re/]ai prs de toi4 ,,m>gu]ite4 ,vite1 vite1 sauve ton pauvre enfant4 ,p>s1 suis le *em9 qui borde le ruisseau2 trav]se le s5ti] qui conduit la =t1 gau*e1 prs de l'cluse1 dans l'tang2 saisis-le t\t de suite3 il t5dra ses ma9s v]s le ciel2 des convulsions les agit5t4 ,sauve-le6 sauve-le6 ,,fau/4 ,repr5ds tes s5s2 encore un pas1 et tu n'z plus ri5 cra9dre4 ,,m>gu]ite4 ,si seulem5t n\s avions dj pass la montagne444 l'air e/ si froid prs de la fonta9e4 ,l1 ma mre e/ assise sur un ro*]1 et sa vieille tte e/ branlante4 ,elle ne m'appelle pas2 elle ne me fait pas signe de v5ir3 seulem5t ses yeux sont appesantis2 elle ne s'veill]a plus4 ,autrefois1 n\s n\s rj\issions qu& elle dormait444 ,ah6 quel s\v5ir6 ,,fau/4 ,puisque tu n'c\tes pas mes prires1 je veux t'entran] malgr toi4 ,,m>gu]ite4 ,laisse-moi4 ,non1 je ne s\ffrirai po9t la viol5ce2 ne me saisis pas a9si avec ta =ce meurtrire4 ,ah6 je n'ai que trop fait ce que tu z v\lu4 ,,fau/4 ,le j\r p>at1 *re amie6 *re amie6 ,,m>gu]ite4 ,oui1 bi5tt il f]a j\r2 mon d]ni] j\r pntre dans ce ca*ot2 il vi5t p\r clbr] mes noces t]nelles3 ne dis p]sonne que tu z vu ,m>gu]ite cette nuit4 ,malheur ma c\ronne6 elle e/ fltrie3 n\s n\s rev]rons1 mais non pas dans les ftes4 ,la f\le va se press]1 le bruit s]a confus2 la place1 les rues suffiront pe9e la multitude4 ,la clo*e sonne1 le signal e/ donn4 ,ils vont li] mes ma9s1 b&] mes yeux2 je mont]ai sur l'*afaud sanglant1 et le tran*ant du f] tomb]a sur ma tte444 ,ah6 le monde e/ dj sil5cieux comme le tombeau4 ,,fau/4 ,ciel6 p\rquoi donc suis-je n8 ,m,,phi/oph,l,s p>at la porte4 ,htez-v\s1 ou v\s tes p]dus3 vos dlais1 vos inc]titudes sont fune/es2 mes *eveux frissonn5t2 le froid du mat9 se fait s5tir4 ,,m>gu]ite4 ,qui sort a9si de la t]re8 ,c'e/ lui1 c'e/ lui2 r5voyez-le4 ,que f]ait-il dans le sa9t lieu8 ,c'e/ moi qu'il veut enlev]4 ,,fau/4 ,il faut que tu vives4 ,,m>gu]ite4 ,tribunal de ,dieu1 je m'ab&onne toi6 ,m,,phi/oph,l,s1 ,fau/4 ,vi5s1 vi5s1 o je te livre la mort avec elle4 ,,m>gu]ite4 ,pre cle/e1 je suis toi2 et v\s1 anges1 sauvez-moi1 tr\pes sacres1 ent\rez-moi1 df5dez-moi4 ,fau/1 c'e/ ton sort qui m'afflige444 ,m,,phi/oph,l,s4 ,elle e/ juge4 ,,des ,,voix ,,du ,,ciel ,s',,cri5t3 ,elle e/ sauve4 ,m,,phi/oph,l,s1 ,fau/4 ,suis-moi4 7,mphi/ophls disp>at avec ,fau/2 on ent5d encore dans le fond du ca*ot la voix de ,m>gu]ite qui rappelle va9em5t son ami74 ,fau/6 ,fau/6 ,la pice e/ int]rompue aprs ces mots4 ,l'int5tion de l'auteur e/ sans d\te que ,m>gu]ite prisse1 et que ,dieu lui p>donne2 que la vie de ,fau/ soit sauve1 mais que son me soit p]due4 ,il faut suppler p> l'imag9ation au *>me qu'une trs belle posie doit aj\t] aux scnes que j'ai essay de traduire2 il y a t\j\rs dans l'art de la v]sification un g5re de mrite reconnu de t\t le monde1 et qui e/ indp5dant du sujet auquel il e/ appliqu4 ,dans la pice de ,fau/1 le ry?me *ange suivant la situation1 et la v>it brillante qui en rsulte e/ admirable4 ,la langue allem&e prs5te un plus gr& nombre de comb9aisons que la ntre1 et ,g! semble les avoir t\tes employes p\r exprim]1 avec les sons comme avec les images1 la s+ulire exaltation d'ironie et d'en?\siasme1 de tri/esse et de gat1 qui l'a port compos] cet ouvrage4 ,il s]ait vritablem5t trop naf de suppos] qu'un tel homme ne sa*e pas t\tes les fautes de gt qu'on peut repro*] sa pice2 mais il e/ curieux de connatre les motifs qui l'ont dt]m9 les y laiss]1 ou plutt les y mettre4 ,g! ne s'e/ a/re9t1 dans cet ouvrage1 aucun g5re2 ce n'e/ ni une tragdie1 ni un roman4 ,l'auteur a v\lu abjur] dans cette composition t\te manire sobre de p5s] et d'crire3 on y tr\v]ait quelque rapport avec ,ari/ophane1 si les traits du pa?tique de ,%akespe>e n'y mlai5t des beauts d'un t\t autre g5re4 ,fau/ tonne1 meut1 att5drit2 mais il ne laisse pas une d\ce impression dans l'me4 ,quoique la prsomption et le vice y soi5t cruellem5t punis1 on ne s5t pas dans cette punition une ma9 bi5faisante2 on dirait que le mauvais pr9cipe dirige lui-mme la v5geance contre le crime qu'il fait commettre2 et le remords1 tel qu'il e/ pe9t dans cette pice1 semble v5ir de l'enf] aussi bi5 que la faute4 ,la croyance aux mauvais esprits se retr\ve dans un gr& nombre de posies allem&es2 la nature du nord s'accorde assez bi5 avec cette t]reur2 il e/ donc beauc\p mo9s ridicule en ,allemagne1 que cela ne le s]ait en ,france1 de se s]vir du diable dans les fictions4 ,a ne considr] t\tes ces ides que s\s le rapport littraire1 il e/ c]ta9 que notre imag9ation se figure quelque *ose qui rpond l'ide d'un mauvais gnie1 soit dans le cur huma91 soit dans la nature3 l'homme fait quelquefois le mal d'une manire1 p\r a9si dire1 ds9tresse1 sans b et mme contre son b1 et seulem5t p\r satisfaire une c]ta9e pret intrieure1 qui donne le beso9 de nuire4 ,il y avait ct des div9its du paganisme d'autres div9its de la race des ,titans1 qui reprs5tai5t les =ces rvoltes de la nature2 et dans le *ri/ianisme1 on dirait que les mauvais p5*ants de l'me sont p]sonnifis s\s la =me des dmons4 ,il e/ impossible de lire ,fau/ sans qu'il excite la p5se de mille manires diffr5tes3 on se qu]elle avec l'auteur1 on l'accuse1 on le ju/ifie1 mais il fait rfl*ir sur t\t1 et1 p\r emprunt] le langage d'un savant naf du moy5 ge1 sur quelque *ose de plus que t\t#ce4 ,les critiques dont un tel ouvrage doit tre l'objet sont faciles prvoir1 ou plutt c'e/ le g5re mme de cet ouvrage qui peut enc\rir la c5sure1 plus encore que la manire dont il e/ trait2 c> une telle composition doit tre juge comme un rve2 et si le bon gt veillait t\j\rs la porte d'ivoire des songes1 p\r les oblig] pr5dre la =me conv5ue1 r>em5t ils frapp]ai5t l'imag9ation4 ,la pice de ,fau/ cep5dant n'e/ c]tes pas un bon modle4 ,soit qu'elle puisse tre considre comme l'uvre du dlire de l'esprit1 ou de la satit de la raison1 il e/ dsir] que de telles productions ne se r5\vell5t pas2 mais qu& un gnie tel que celui de ,g! s'affran*it de t\tes les entraves1 la f\le de ses p5ses e/ si gr&e1 que de t\tes p>ts elles dpass5t et r5v]s5t les bornes de l'art4 ,,f9 ,,du ,,tome ,,premi]4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,du ,,tome ,,premi] ,,notice ,,sur ,,madame ,,de ,,/a,l #a ,,pr,,face #c ,,obs]vations ,g,n,,rales #aa ,,premi,,re ,,p>tie ,,de ,l',,allemagne ,,et ,,des ,m,,urs ,,des ,,allem&s3 ,,*apitre ,i4 ,de l'aspect de l',allemagne #ag ,,*ap4 ,,ii4 ,des murs et du c>actre des ,allem&s #bj ,,*ap4 ,,iii4 ,les femmes #cb ,,*ap4 ,,iv4 ,de l'influ5ce de l'esprit de *eval]ie sur l'am\r et l'honneur #ce ,,*ap4 ,v4 ,de l',allemagne mridionale #dj ,,*ap4 ,,vi4 ,de l',autri*e #db ,,*ap4 ,,vii4 ,vi5ne #dh ,,*ap4 ,,viii4 ,de la socit #ee ,,*ap4 ,,ix4 ,des trang]s qui veul5t imit] l'esprit franais #eg ,,*ap4 ,x4 ,de la sottise ddaigneuse et de la mdiocrit bi5veillante #fc ,,*ap4 ,,xi4 ,de l'esprit de conv]sation #fe ,,*ap4 ,,xii4 ,de la langue allem&e1 dans ses rapports avec l'esprit de conv]sation #gg ,,*ap4 ,,xiii4 ,de l',allemagne du ,nord #ha ,,*ap4 ,,xiv4 ,la ,saxe #he ,,*ap4 ,,xv4 ,weim> #hi ,,*ap4 ,,xvi4 ,la ,prusse #ia ,,*ap4 ,,xvii4 ,b]l9 #ih ,,*ap4 ,,xviii4 ,des univ]sits allem&es #ajb ,,*ap4 ,,xix4 ,des in/itutions p>ticulires d'ducation et de bi5faisance #aji ,,*ap4 ,,xx4 ,la fte d',int]lak5 #aah ,,seconde ,,p>tie ,,de ,,la ,,litt,,rature ,,et ,,des ,,arts3 ,,*apitre ,i4 ,p\rquoi les ,franais ne r5d5t-ils pas ju/ice la littrature allem&e #abe ,,*ap4 ,,ii4 ,du jugem5t qu'on porte en ,anglet]re sur la littrature allem&e #acj ,,*ap4 ,,iii4 ,des pr9cipales poques de la littrature allem&e #acd ,,*ap4 ,,iv4 ,wiel& #ach ,,*ap4 ,v4 ,klop/ock #ada ,,*ap4 ,,vi4 ,less+ et ,w9ckelmann #adg ,,*ap4 ,,vii4 ,g! #aec ,,*ap4 ,,viii4 ,s*ill] #aeg ,,*ap4 ,,ix4 ,du /yle et de la v]sification dans la langue allem&e #afa ,,*ap4 ,x4 ,de la posie #afh ,,*ap4 ,,xi4 ,de la posie classique et de la posie romantique #agd ,,*ap4 ,,xii4 ,des pomes allem&s #agh ,,*ap4 ,,xiii4 ,de la posie allem&e #aif ,,*ap4 ,,xiv4 ,du gt #bae ,,*ap4 ,,xv4 ,de l'art dramatique #bah ,,*ap4 ,,xvi4 ,des drames de ,less+ #bbi ,,*ap4 ,,xvii4 ,les ,brig&s et ,don ,c>los1 de ,s*ill] #bcf ,,*ap4 ,,xviii4 ,wal/e9 et ,m>ie ,/u>t #bdg ,,*ap4 ,,xix4 ,jeanne d',arc et la ,fiance de ,mess9e #bgd ,,*ap4 ,,xx4 ,guillaume ,tell #bij ,,*ap4 ,,xxi4 ,gtz de ,b]li*+5 et le comte d',egmont #big ,,*ap4 ,,xxii4 ,iphignie en ,tauride1 ,torquato ,tasso1 etc4 #cab ,,*ap4 ,,xxiii4 ,fau/ #cbb #ddic-e-aa4--,p>is4--,imp4 ,hemm]l et ,c4 ,,notes3 #a ,prfet de ,loir-et-,*]4 #b ,le b de ce po/-scriptum tait de m'int]dire les ports de la ,man*e4 #c ,ces guillemets indiqu5t les phrases dont les c5seurs de ,p>is avai5t exig la suppression4 ,dans le second volume1 ils ne tr\vr5t ri5 de rprh5sible1 mais les *apitres du troisime sur l',en?\siasme1 et surt\t la d]nire phrase de l'ouvrage1 n'obt9r5t pas leur approbation4 ,j'tais prte me s\mettre leurs critiques d'une faon ngative1 c'e/--dire1 en retran*ant sans jamais ri5 aj\t]2 mais les g5d>mes envoys p> le m9i/re de la police fir5t l'(fice de c5seurs d'une faon plus brutale1 en mettant le livre enti] en pices4 #d ,phrase supprime p> les c5seurs4 #e ,je n'ai pas beso9 de dire que c'tait l',anglet]re que je v\lais dsign] p> ces p>oles2 mais qu& les noms propres ne sont pas articuls1 la plup>t des c5seurs1 hommes clairs1 se font un plaisir de ne pas compr5dre4 ,il n'en e/ pas de mme de la police2 elle a une sorte d'in/9ct vraim5t rem>quable contre les ides librales1 s\s quelque =me qu'elles se prs5t5t1 et dans ce g5re elle dpi/e1 comme un habile *i5 de *asse1 t\t ce qui p\rrait rveill] dans l'esprit des ,franais leur anci5 am\r p\r les lumires et la lib]t4 #f ,m4 de ,lacretelle #g ,ce *apitre sur l',autri*e a t crit dans l'anne #ahjh4 #h ,supprim p> la c5sure4 #i ,supprim p> la c5sure4 #aj ,supprim p> la c5sure4 #aa ,supprim p> la c5sure4 #ab ,supprim p> la c5sure s\s prtexte qu'il y avait tant de bonheur ,p>is ma9t5ant1 qu'on n'avait pas beso9 de s'en pass]4 #ac ,supprim p> la c5sure4 #ad ,supprim p> la c5sure4 #ae ,supprim p> la c5sure4 ,je luttai p5dant plusieurs j\rs1 p\r obt5ir la lib]t de r5dre cet hommage au pr9ce ,l\is1 et je reprs5tai que c'tait relev] la gloire des ,franais que de l\] la brav\re de ceux qu'ils avai5t va9cus2 mais il p>ut plus simple aux c5seurs de ne ri5 p]mettre en ce g5re4 #af ,on peut en voir une esquisse dans l'ouvrage que ,m4 de ,vill]s vi5t de publi] sur ce sujet4 ,on tr\ve t\j\rs ,m4 de ,vill]s la tte de t\tes les op9ions nobles et gnreuses2 et il semble appel1 p> la grce de son esprit et la pr(ondeur de ses tudes1 reprs5t] la ,france en ,allemagne1 et l',allemagne en ,france4 #ag ,ces p>oles tai5t le refra9 d'un *ant ple9 de grce et de tal5t1 compos p\r cette fte4 ,l'auteur de ce *ant1 c'e/ madame ,h>ms1 trs connue en ,allemagne p> ses crits1 s\s le nom de madame de ,b]leps*4 #ah ,les potes anglais de notre temps1 sans s'tre conc]ts avec les ,allem&s1 ont adopt le mme sy/me4 ,la posie didactique fait place aux fictions du moy5 ge1 aux c\leurs p\rpres de l',ori5t2 le raisonnem5t et mme l'loqu5ce ne saurai5t suffire un art ess5tiellem5t crateur4 #ai ,le *ne e/ l'emblme de la posie patriotique1 et le palmi] celui de la posie religieuse1 qui vi5t de l',ori5t4 #bj ,j'ai rig un monum5t plus durable que l'aira9444 le s\v5ir de mon nom s]a ineffaable4 #ba ,m4 de ,sabran4 #bb ,mana1 l'un des hros tutlaires de la nation g]manique4 #bc ,sege/e1 auteur de la conspiration qui fit prir ,h]mann4 #bd ,hla1 la div9it de l',enf]4 #be ,nom donn p> les ,g]ma9s la bataille qu'ils gagnr5t contre ,v>us4 #bf ,le dieu de la gu]re4 #bg ,l',isl&e4 #bh ,*ez les anci5s1 l'aigle qui s'envolait du b*] tait l'emblme de l'immortalit de l'me1 et s\v5t mme de l'apo?ose4 #bi ,supprim p> la c5sure4 #cj ,expression de ,frdric ,s*legel sur la pntration d'un gr& hi/ori54 #ca ,il e/1 p\r les mortels1 des j\rs my/rieux1 ,o1 des li5s du corps notre me dgage1 ,au se9 de l'av5ir e/ t\t c\p plonge1 ,et saisit1 je ne sais p> quel heureux ef=t1 ,le droit inatt5du d'int]rog] le sort4 ,la nuit qui prcda la sanglante j\rne1 ,qui du hros du ,nord tran*a la de/9e1 ,je veillais au milieu des gu]ri]s endormis2 ,un tr\ble involontaire agitait mes esprits4 ,je p>c\rus le camp4 ,on voyait dans la pla9e ,brill] des feux lo9ta9s la lumire inc]ta9e4 ,les appels de la g>de et les pas des *evaux1 ,tr\blai5t seuls1 d'un bruit s\rd1 l'univ]sel repos4 ,le v5t qui gmissait trav]s les valles1 ,agitait l5tem5t nos t5tes branles4 ,les a/res1 regret1 p]ant l'obscurit1 ,v]sai5t sur nos drapeaux une ple cl>t4 ,que de mortels1 me dis-je1 ma voix obiss5t6 ,qu'avec empressem5t s\s mon ordre ils fl*iss5t6 ,ils ont1 sur mes succs1 plac t\t leur espoir4 ,mais1 si le sort jal\x m'arra*ait le p\voir1 ,que bi5tt je v]rais s'van\ir leur zle6 ,en e/-il un du mo9s qui me re/t fidle6 ,ah6 s'il en e/ un seul1 je t'invoque1 de/96 ,daigne me l'indiqu] p> un signe c]ta94 7,,wal/e91 p> ,m4 ,b5jam9 ,con/ant de ,rebecque4 ,acte ,,ii1 ,scne #a1 page #dc74 #cb ,il vi5dra le j\r de la colre1 et le sicle s]a rduit en c5dres4 #cc ,qu& le ,juge suprme p>atra1 il dc\vrira t\t ce qui e/ ca*1 et ri5 ne p\rra demeur] impuni4 #cd ,malheureux6 que dirai-je alors8 ,a quel protecteur m'adress]ai-je1 lorsqu' pe9e le ju/e peut se croire sauv8 #ce ,de omnibus rebus et quibusdam aliis4