,,maurice ,,maet]l9ck ,,le ,,d\ble ,,j>d9 ,,quatri,,me ,,mille ,,p>is ,,biblio?,,que-,,*>p5ti] ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle1 #aa #aijd ,t\s droits rs]vs4 ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur4 ,le ,trsor des ,humbles 7#ag;e mille74 7,m]cure de ,france7 #c fr4 #ej ,la ,sagesse et la ,de/9e 7#bj;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,la ,vie des ,abeilles 7#be;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,monna ,vanna1 pice en #c actes 7#bd;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #b fr4 ,joyzelle1 pice en #e actes 7#aj;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,le ,temps ,enseveli 7#ad;e mille74 7,fasquelle74 #c fr4 #ej ,?tre4 7,lacomblez1 diteur ,bruxelles1 ,belgique47 #c vol4 #c fr4 #ej ,l',ornem5t des ,noces spirituelles1 de ,ruysbrck l',admirable1 traduit du flam& et prcd d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,les ,disciples ,sas et les ,fragm5ts de ,novalis1 traduits de l'allem& et prcds d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,s]res ,*audes 7posies74 7,lacomblez1 dit47 #c fr4 ,album de d\ze *ansons4 7,/ock1 dit47 #aj fr4 ,p>is4--,l4 ,,m>e!ux1 imprimeur1 #a1 rue ,cassette4--#gagb4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 #be exemplaires numrots sur papi] de ,holl&e et #aj exemplaires numrots sur papi] du ,japon4 ,a ,,mon ,,ami ,,cyriel ,,buysse ,m4 ,m4 ,,le ,,d\ble ,,j>d9 ,,sur ,,la ,,mort ,d',,un ,,petit ,,*i5 ,j'ai p]du ces j\rs-ci un petit b\l$ogue4 ,il v5ait d'accomplir le sixime mois de sa brve exi/5ce4 ,il n'a pas eu d'hi/oire4 ,ses yeux intellig5ts se sont ouv]ts p\r reg>d] ,le monde et p\r aim] les hommes1 puis se sont ref]ms sur les secrets inju/es de la mort4 ,l'ami qui me l'avait (f]t lui avait donn1 peut-tre p> antiphrase1 le nom assez imprvu de ,pellz4 ,p\rquoi l'aurais-je dbaptis8 ,un pauvre *i5 aimant1 dv\ et loyal d%onore-t-il un nom d'homme ou de hros imag9aire8 ,pellz avait un gr& front bomb et puissant1 p>eil celui de ,socrate ou de ,v]la9e2 et s\s un petit nez noir et ramass comme une affirmation mcont5te1 de l>ges bab9es p5dantes et symtriques faisai5t de sa tte une sorte de m5ace massive1 ob/9e1 p5sive et triangulaire4 ,il tait beau comme un beau mon/re naturel qui s'e/ /rictem5t con=m aux lois de son espce4 ,et quel s\rire d'obligeance att5tive1 d'innoc5ce incorruptible1 de s\mission affectueuse1 de reconnaissance sans bornes et d'ab&on total illum9ait1 la mo9dre c>esse1 cet adorable masque de laideur6 ,d'o manait-il1 au ju/e1 ce s\rire8 ,des yeux +nus et att5dris8 des oreilles dresses v]s les p>oles de l'homme8 du front qui se dridait p\r compr5dre et aim]1 des quatre d5ts m9uscules1 blan*es et dbordantes1 qui sur les lvres noires rayonnai5t d'allgresse1 ou du tronon de queue qui1 brusquem5t c\d1 selon la c\tume de la race1 s'v]tuait l'autre extrmit p\r atte/] la joie intime et passionne qui remplissait un petit tre heureux de r5contr] une fois de plus la ma9 et le reg>d du dieu auquel il se livrait8 ,pellz tait n ,p>is1 et je l'avais emm5 la campagne4 ,de bonnes grosses pattes1 in=mes et pas encore figes1 portai5t mollem5t p> les s5ti]s inexplors de sa n\velle exi/5ce sa tte norme et grave1 camuse et comme al\rdie de p5ses4 ,c'e/ qu'elle comm5ait1 cette tte +rate et un peu tri/e1 p>eille celle d'un enfant surm51 le travail accablant qui crase t\t c]veau au db de la vie4 ,il lui fallait1 en mo9s de c9q ou six sema9es1 faire pntr] et organis] en elle une reprs5tation et une conception satisfaisantes de l'univ]s4 ,l'homme1 aid de t\te la sci5ce de ses ans et de ses frres1 met tr5te ou qu>ante ans esquiss] cette conception ou plutt entass] aut\r d'elle1 comme aut\r d'un palais de nuages1 la consci5ce d'une ignorance qui s'lve2 mais l'humble *i5 doit la dbr\ill] seule en quelques j\rs2 et cep5dant1 aux yeux d'un dieu qui saurait t\t1 n'aurait-elle pas peu prs le mme poids et la mme valeur que la ntre8444 ,il s'agissait donc d'tudi] la t]re que l'on peut gratt] et creus]1 et qui p>fois recle de surpr5antes *oses3 v]s de t]re et v]s blancs1 taupes1 mulots1 grillons2 il s'agissait de jet] v]s le ciel1 qui n'a pas d'intrt puisque ri5 n'y e/ come/ible1 un seul reg>d qui le supprime une fois p\r t\tes2 de reconnatre l'h]be1 l'h]be admirable et v]te1 l'h]be la/ique et fra*e1 *amp de c\rses et de jeux1 c\*e bi5veillante et sans bornes o se ca*e le bon *i5d5t utile la sant4 ,il s'agissait encore de faire ple-mle1 des milli]s de con/atations urg5tes et curieuses4 ,il fallait1 p> exemple1 sans autre guide que la d\leur1 appr5dre calcul] l'lvation des objets du haut desquels on peut s'lanc] dans le vide1 se conva9cre qu'il e/ va9 de p\rsuivre les oiseaux qui s'envol5t1 et qu'on ne peut grimp] aux arbres p\r y rattrap] les *ats qui v\s conspu5t2 di/+u] les nappes de soleil1 o le sommeil e/ dlicieux1 des flaques d'ombre o l'on grelotte2 rem>qu] avec /upfaction que la pluie ne tombe pas dans les maisons1 que l'eau e/ froide1 inhabitable et dang]euse1 t&is que le feu e/ bi5faisant di/ance1 mais t]rible de prs2 obs]v] que les h]bages1 la c\r des f]mes et p>fois les *em9s sont hants de gigantesques cratures p\rvues de cornes m5aantes1 mon/res peut-tre dbonnaires1 en t\t cas sil5cieux1 qu'on peut flair] assez indiscrtem5t sans qu'ils s'en =malis5t1 mais qui ne livr5t pas leur arrire-p5se2 pr\v]1 la suite d'expri5ces humiliantes et pnibles1 qu'il n'e/ pas p]mis d'obir indi/9ctem5t t\tes les lois de la nature dans la demeure des dieux2 reconnatre que la cuis9e e/ le lieu privilgi et le plus agrable de cette demeure div9e1 bi5 qu'on n'y puisse sj\rn] cause de la cuis9ire1 puissance considrable mais jal\se2 s'assur] que les portes sont des volonts importantes et capricieuses qui p>fois mn5t la flicit1 mais qui le plus s\v5t1 h]mtiquem5t closes1 muettes et rigides1 hauta9es et sans cur1 re/5t s\rdes t\tes les supplications2 admettre1 une fois p\r t\tes1 que les bi5s ess5tiels de l'exi/5ce1 les bonheurs inconte/ables1 gnralem5t emprisonns dans les m>mites et les cass]oles1 sont inaccessibles2 savoir les reg>d] avec une indiffr5ce laborieusem5t acquise1 s'ex]c] les ignor] en se disant qu'il s'agit l d'objets probablem5t sacrs1 puisqu'il suffit de les effleur] du b\t d'une langue respectueuse p\r d*an]1 magiquem5t1 la colre unanime de t\s les dieux de la maison444 99 99 99 ,et puis1 que p5s] de la table sur laquelle se pass5t tant de *oses qu'on ne peut dev9]8 des fauteuils ironiques o il e/ df5du de dormir1 des plats et des assiettes qui ne conti5n5t plus ri5 lorsqu'on v\s les confie8 de la lampe qui *asse les tnbres1 et de l'tre qui met en fuite les j\rs froids8444 ,que d'ordres1 que de dang]s1 que de df5ses1 que de problmes1 que d'nigmes qu'il faut class] dans la mmoire sur*>ge6444 ,et comm5t concili] t\t cela avec d'autres lois1 d'autres nigmes plus va/es et plus imprieuses1 qu'on porte en soi1 dans son in/9ct1 qui surgiss5t et se dvelopp5t d'heure en heure1 qui vi5n5t du fond des temps et de la race1 envahiss5t le sang1 les muscles et les n]fs1 et s'affirm5t s\da9 plus irrsi/ibles et plus puissantes que la d\leur1 l'ordre mme du matre et la cra9te de la mort8 ,a9si p\r ne cit] que cet exemple1 lorsque l'heure du sommeil a sonn p\r les hommes1 on s'e/ retir dans sa ni*e1 ent\r des tnbres1 du sil5ce et de la solitude =midable de la nuit4 ,t\t dort dans la maison du matre4 ,on se s5t trs petit et trs faible en prs5ce du my/re4 ,on sait que l'ombre e/ peuple d'ennemis qui se gliss5t et att5d5t4 ,on suspecte les arbres1 le v5t qui passe et les rayons de lune4 ,on v\drait se ca*] et se faire oubli] en ret5ant son s\ffle4 ,p\rtant il faut veill]2 il faut1 au mo9dre bruit1 sortir de sa retraite1 affront] l'invisible et tr\bl] brusquem5t le sil5ce imposant des toiles au risque d'attir] sur soi seul le malheur ou le crime qui *u*ote4 ,quel que soit l'ennemi1 ft-il l'homme1 c'e/--dire le frre mme du dieu qu'il s'agit de df5dre1 il faut l'attaqu] aveuglm5t1 lui saut] la gorge1 plant] des d5ts1 peut-tre sacrilges1 dans de la *air huma9e1 oubli] les pre/iges d'une ma9 et d'une voix p>eilles celles du matre1 ne jamais se taire1 ne jamais fuir1 ne jamais se laiss] t5t] ni corrompre1 et1 p]du dans la nuit sans sec\rs1 prolong] l'al>me hroque jusqu'au d]ni] s\pir4 ,voil le gr& devoir lgu p> les anctres1 le devoir ess5tiel et plus =t que la mort1 que la volont mme et la colre de l'homme ne peuv5t rebut]4 ,c'e/ t\te notre humble hi/oire lie celle du *i5 dans nos premires luttes contre t\t ce qui respirait2 c'e/ t\te cette humble et effrayante hi/oire1 qui r5at *aque nuit dans la mmoire primitive de notre ami des mauvais j\rs4 ,et qu&1 dans nos demeures plus sres1 il n\s arrive de le punir d'un zle intempe/if1 il n\s lance un reg>d de repro*e tonn1 comme p\r n\s signifi] que n\s sommes dans l'erreur1 et que1 si n\s p]dons de vue la clause capitale du pacte d'alliance qu'il a fait avec n\s au temps o n\s habitions les cav]nes1 les =ts et les m>cages1 il y re/e fidle malgr n\s et demeure plus prs de la vrit t]nelle de la vie qui e/ ple9e d'emb*es et de =ces ho/iles4 99 99 99 ,mais que de so9s et que d'tudes p\r arriv] remplir sagem5t ce devoir6 ,et qu'il s'e/ compliqu depuis le temps des grottes sil5cieuses et des gr&s lacs ds]ts6 ,c'tait si simple1 alors1 si clair et si facile6 ,l'antre solitaire s'ouvrait au flanc du mont1 et t\t ce qui s'avanait1 t\t ce qui remuait l'horizon des pla9es ou des bois1 tait l'ennemi indubitable6444 ,mais auj\rd'hui1 on ne sait plus444 ,il faut se mettre au c\rant d'une civilisation qu'on dsappr\ve1 avoir l'air de compr5dre mille *oses incomprh5sibles444 ,a9si1 il p>at vid5t que dsormais le monde enti] n'app>ti5t plus au matre1 que sa proprit cons5t d'inexplicables limites444 ,il e/ donc t\t d'abord ncessaire qu'on sa*e exactem5t o comm5ce et o f9it le doma9e sacr4 ,que doit-on tolr]1 que faut-il int]dire8--,voil la r\te o t\t le monde1 le pauvre mme1 a le droit de pass]4 ,p\rquoi8--,on n'en sait ri52 c'e/ un fait qu'on dplore mais qu'on doit accept]4 ,heureusem5t1 p> contre1 voici le beau s5ti]1 le s5ti] rs]v1 que nul ne peut f\l]4 ,ce s5ti] e/ fidle aux sa9es traditions2 il importe de ne pas le p]dre de vue2 c'e/ p> lui que les problmes difficiles font leur entre dans l'exi/5ce quotidi5ne4 ,v\lez-v\s un exemple8--,on dort tranquillem5t dans un rai de soleil qui rec\vre de p]les m\vantes et foltres le seuil de la cuis9e4 ,les pots de porcela9es s'amus5t se p\ss] du c\de et se b\scul] au bord des tablettes g>nies de d5telles de papi]4 ,les cass]oles de cuivre j\5t p>pill] des ta*es de lumire sur les murs blancs et lisses4 ,le f\rneau mat]nel *antonne d\cem5t en b]ant trois m>mites qui dans5t avec batitude1 et p> le petit tr\ qui claire son v5tre1 p\r n>gu] le bon *i5 qui ne peut appro*]1 lui tire con/amm5t une langue de feu4 ,l'horloge1 qui s'ennuie dans son armoire de *ne en att5dant qu'elle sonne l'heure augu/e du repas1 fait all] et v5ir son gros nombril dor1 et les m\*es s\rnoises agac5t les oreilles4 ,sur la table clatante repos5t un p\let1 un livre1 trois p]dreaux1 ct d'autres *oses qu'on appelle fruits ou lgumes3 petits pois1 h>icots1 p*es1 melons1 rais9s1 et qui ne val5t ri54 ,la cuis9ire vide un gr& poisson d'arg5t et jette les entrailles 7au lieu de les (frir67 dans la bote aux ordures4--,ah6 la bote aux ordures6 trsor 9puisable1 rceptacle d'auba9es1 joyau de la maison6 ,on en aura sa "p1 exquise et subreptice1 mais il ne convi5t pas qu'on ait l'air de savoir o elle se tr\ve4 ,il e/ /rictem5t int]dit d'y f\ill]4 ,l'homme df5d a9si ma9tes *oses agrables1 et la vie s]ait morne et les j\rs s]ai5t nus s'il fallait obir t\s les comm&em5ts de l'(fice1 de la cave et de la salle mang]4 ,p> bonheur il e/ di/rait et ne se s\vi5t pas longtemps des ordres qu'il prodigue4 ,on le trompe aism5t4 ,on arrive ses f9s et l'on fait ce qu'on veut1 p\rvu qu'avec pati5ce on sa*e att5dre l'heure4 ,on e/ s\mis l'homme et il e/ le seul dieu2 mais on n'en pas mo9s sa morale p]sonnelle1 prcise1 imp]turbable1 qui proclame hautem5t que les actes df5dus devi5n5t trs licites p> le fait mme qu'ils s'accompliss5t l'insu du matre4 ,c'e/ p\rquoi f]mons l'il att5tif qui a vu4 ,ayons l'air de dormir en rvant la lune4--,ti5s6 on frappe d\cem5t la f5tre bleue qui donne sur le j>d94--,qu'e/-ce donc8--,ri51 une bran*e d'aubp9e qui vi5t voir ce qu'on fait dans la cuis9e fra*e4--,les arbres sont curieux et s\v5t agits2 mais ils ne compt5t po9t1 on n'a ri5 leur dire1 ils sont irresponsables1 ils obiss5t au v5t qui n'a pas de pr9cipes4--,mais quoi8--,j'ent5ds des pas6444--,deb\t1 l'oreille en po9te et le nez en action6444--,non6 c'e/ le b\lang] qui s'appro*e de la grille1 t&is que le facteur ouvre une petite porte dans la haie de tilleuls4--,ils sont connus1 c'e/ bi5444 ,ils apport5t quelque *ose1 on peut les salu]2 et la queue1 circonspecte1 s'agite deux ou trois fois1 avec un s\rire protecteur4 ,autre al]te6 ,qu'e/-ce encore8--,une voiture s'arrte devant le p]ron4 ,ah6 ceci e/ plus grave6444 ,le problme e/ complexe4--,il importe avant t\t de copieusem5t injuri] les *evaux1 gr&es btes orgueilleuses1 t\j\rs endiman*es et t\j\rs en sueur1 qui ne rpond5t pas4 ,cep5dant on exam9e du co9 de l'il les p]sonnages qui desc5d5t4--,ils sont bi5 mis et sembl5t ple9s d'assurance4 ,ils vont probablem5t s'asseoir la table des dieux4 ,il convi5t d'aboy] sans aigreur1 avec une nuance de respect1 p\r montr] que l'on fait son devoir1 mais qu'on le fait avec intellig5ce4 ,nanmo9s on n\rrit quelque arrire-s\pon1 et dans le dos des htes1 la drobe1 on hume l'air avec p]svrance et d'un air ent5du1 af9 de dml] les int5tions ca*es4 99 99 99 ,mais des pas clop9ants sonn5t aut\r de la cuis9e4 ,cette fois c'e/ le pauvre qui trane sa besace2 l'ennemi ess5tiel1 l'ennemi spcifique1 l'ennemi hrditaire1 le desc5dant direct de celui qui rdait aut\r de la cav]ne encombre d'ossem5ts qu'on revoit t\t c\p dans la mmoire de la race4 ,ivre d'indignation1 l'aboi entrec\p1 les d5ts multiplies p> la ha9e et la rage1 on va saisir aux grgues l'irrconciliable adv]saire1 lorsque la cuis9ire1 arme de son balai1 sceptre ancillaire et p>jure1 vi5t protg] le tratre2 et l'on e/ oblig de r5tr] dans sa ni*e1 o1 l'il rempli de flammes impuissantes et torves1 on gronde des maldictions effroyables mais va9es1 en songeant "p soi que c'e/ la f9 de t\t1 qu'il n'y a plus de lois et que l'espce huma9e a p]du la notion du ju/e et de l'inju/e444 ,e/-ce t\t8--,pas encore1 c> la plus petite vie se compose d'innombrables devoirs1 et c'e/ un long travail que de s'organis] une exi/5ce heureuse sur la limite de deux mondes aussi diffr5ts que le monde des btes et le monde des hommes4 ,comm5t n\s en tir]ions-n\s s'il n\s fallait s]vir1 t\t en re/ant dans notre sphre1 une div9it non plus imag9aire et semblable n\s-mmes puisqu'elle e/ ne de nos p5ses1 mais un dieu bi5 visible1 t\j\rs prs5t1 t\j\rs actif et aussi trang]1 aussi suprieur notre tre que n\s le sommes au *i58 99 99 99 ,a prs5t1 p\r en rev5ir ,pellz1 il sait peu prs ce qu'il faut faire et comm5t se conduire dans l'ence9te du matre4 ,mais le monde ne f9it pas aux portes des maisons et de l'autre ct des murs et de la haie il y a un univ]s dont on n'a plus la g>de1 o l'on n'e/ plus *ez soi1 o les relations sont *anges4 ,de quelle faon se t5ir dans la rue1 dans les *amps1 sur le m>*1 dans les b\tiques8 ,a la suite d'obs]vations difficiles et dlicates1 il compr5d qu'il si$ de ne pas obir aux appels trang]s1 d'tre poli avec indiffr5ce env]s les inconnus qui v\s c>ess5t4 ,il faut ensuite accomplir consci5cieusem5t c]ta9s devoirs de my/rieuse c\rtoisie env]s ses frres les autres *i5s1 respect] les p\les et les can>ds1 n'avoir pas l'air de rem>qu] les gteaux du ptissi] qui se prlass5t insolemm5t porte de la langue1 tmoign] aux *ats qui1 sur le seuil des portes1 v\s provoqu5t p> d'affreuses grimaces un mpris sil5cieux mais qui se s\vi5dra1 et ne pas oubli] qu'il e/ licite et mme l\able de p\rsuivre et d'trangl] les s\ris1 les rats1 les lap9s sauvages et gnralem5t t\s les animaux 7on doit le reconnatre des m>ques secrtes7 qui n'ont pas encore fait leur paix avec l'homme4 99 99 99 ,t\t cela et tant d'autres *oses6444 tait-il tonnant que ,pellz p>t s\v5t p5sif en face de ces problmes sans nombre1 et que son humble et d\x reg>d ft p>fois si pr(ond et si grave1 si *>g de s\cis et si ple9 de que/ions illisibles8 ,hlas6 il n'a pas eu le temps d'a*ev] la l\rde et longue t*e que la nature impose l'in/9ct qui s'lve p\r se rappro*] d'une rgion plus claire444 ,un mal assez my/rieux et qui semble spcialem5t punir le seul animal qui p>vi5ne sortir du c]cle o il e/ n1 un mal indf9i qui emporte p> c5ta9es les petits *i5s intellig5ts1 e/ v5u mettre f9 aux de/9es et l'ducation heureuse de ,pellz4 ,je le vis1 durant deux ou trois j\rs1 et *ancelant dj tragiquem5t s\s le poids norme de la mort1 se rj\ir encore de la mo9dre c>esse444 ,et ma9t5ant tant d'ef=ts v]s un peu plus de lumire1 tant d'ardeur aim]1 de c\rage compr5dre1 tant de joie affectueuse1 tant de bons reg>ds dv\s qui se t\rnai5t v]s l'homme p\r dem&] son aide contre d'inju/es et d'inexplicables s\ffrances1 tant de frles lueurs qui v5ai5t de l'abme pr(ond d'un monde qui n'e/ plus le ntre1 tant de petites habitudes presque huma9es repos5t tri/em5t s\s un l>ge sureau et dans la froide t]re1 en un co9 du j>d94 99 99 99 ,l'homme aime le *i51 mais qu'il l'aim]ait davantage s'il considrait1 dans l'ensemble inflexible des lois de la nature1 l'exception unique qu'e/ cet am\r qui p>vi5t p]c]1 p\r se rappro*] de n\s1 les cloisons1 p>t\t ailleurs imp]mables1 qui sp>5t les espces6 ,n\s sommes seuls1 absolum5t seuls sur cette plante de has>d1 et p>mi t\tes les =mes de la vie qui n\s ent\r5t1 pas une1 hors le *i51 n'a fait alliance avec n\s4 ,quelques tres n\s craign5t1 la plup>t n\s ignor5t1 et aucun ne n\s aime4 ,n\s avons1 dans le monde des plantes1 des esclaves muettes et immobiles1 mais elles n\s s]v5t malgr elles4 ,elles subiss5t simplem5t nos lois et notre j\g4 ,ce sont des prisonnires impuissantes1 des victimes incapables de fuir mais sil5cieusem5t rebelles1 et sitt que n\s les p]dons de vue elles s'empress5t de n\s trahir et ret\rn5t leur lib]t sauvage et malfaisante d'autrefois4 ,s'ils avai5t des ailes1 la rose et le bl fuirai5t notre appro*e comme fui5t les oiseaux4 ,p>mi les animaux1 n\s comptons quelques s]viteurs qui ne se sont s\mis que p> indiffr5ce1 p> l*et ou p> /upidit3 le *eval inc]ta9 et poltron qui n'obx qu' la d\leur et ne s'atta*e ri51 l'ne passif et morne qui ne re/e prs de n\s que p>ce qu'il ne sait que faire ni o all]1 mais g>de cep5dant1 s\s la trique ou le bt1 son ide de d]rire les oreilles2 la va*e et le buf1 heureux p\rvu qu'ils mang5t et dociles p>ce que depuis des sicles ils n'ont plus une p5se eux2 le m\ton ahuri qui n'a d'autre matre que l'p\vante2 la p\le fidle la basse-c\r p>ce qu'on y tr\ve plus de mas et de from5t que dans la =t pro*a9e4 ,je ne p>le pas du *at p\r qui n\s ne sommes qu'une proie trop grosse et immangeable1 du *at froce dont l'oblique dda9 ne n\s tolre que comme des p>asites encombrants dans notre propre logis4 ,lui du mo9s n\s maudit dans son cur my/rieux1 mais t\s les autres viv5t prs de n\s comme ils vivrai5t prs d'un ro*] ou prs d'un arbre4 ,ils ne n\s aim5t pas1 ne n\s connaiss5t pas1 n\s rem>qu5t pe9e4 ,ils ignor5t notre vie1 notre mort1 notre d"p1 notre ret\r1 notre tri/esse1 notre joie1 notre s\rire4 ,ils n'ent5d5t mme pas le son de notre voix ds qu'elle ne m5ace plus1 et qu& ils n\s reg>d5t1 c'e/ avec l'eff>em5t mfiant du *eval1 dans l'il duquel passe encore l'affolem5t de l'lan ou de la gazelle qui n\s voit p\r la premire fois2 ou avec la morne /upeur des rum9ants qui ne n\s considr5t que comme un accid5t mom5tan et inutile de l'h]bage4 99 99 99 ,depuis des milli]s d'annes ils sont nos cts aussi trang]s nos p5ses1 notre affection1 nos murs que si la mo9s frat]nelle des toiles les avait laisss *oir d'hi] sur notre globe4 ,dans l'espace sans bornes qui sp>e l'homme de t\s les autres tres1 n\s n'avons russi leur faire faire1 =ce de pati5ce1 que deux ou trois pas illusoires4 ,et si dema91 laissant intacts leurs s5tim5ts notre g>d1 la nature leur donnait l'intellig5ce et les armes ncessaires p\r n\s va9cre1 j'av\e que je me mfi]ais de la v5geance emporte du *eval1 des reprsailles ob/9es de l'ne et de la rancune enrage du m\ton4 ,je fuirais le *at comme je fuirais le tigre2 et mme la bonne va*e1 sol5nelle et somnol5te1 ne m'inspir]ait qu'une confiance sur ses g>des4 ,quant la p\le1 l'il rond et rapide1 comme la dc\v]te d'une limace ou d'un v]1 je suis sr qu'elle me dvor]ait sans se d\t] de ri54 99 99 99 ,or1 dans cette indiffr5ce et cette incomprh5sion totale o demeure t\t ce qui n\s environne1 dans ce monde incommunicable o t\t a son b h]mtiquem5t r5f]m en lui-mme1 o t\te de/9e e/ circonscrite en soi1 o il n'y a entre les tres d'autres rapports que ceux de b\rreaux victimes1 de mangeurs mangs1 o ri5 ne peut sortir de sa sphre tan*e1 o la mort seule tablit de cruelles relations de cause effet entre les vies vois9es1 o la plus lgre sympa?ie n'a jamais fait un saut consci5t d'une espce une autre1 seul1 p>mi t\t ce qui respire sur cette t]re1 un animal e/ p>v5u rompre le c]cle fatidique1 s'vad] de soi p\r bondir jusqu' n\s1 fran*ir df9itivem5t l'norme zone de tnbres1 de glace et de sil5ce qui isole *aque catgorie d'exi/5ces dans le plan in9telligible de la nature4 ,cet animal1 notre bon *i5 famili]1 si simple et si peu tonnant que n\s p>aisse auj\rd'hui ce qu'il a fait1 en se rappro*ant aussi s5siblem5t d'un monde dans lequel il n'tait pas n et auquel il n'tait pas de/91 a cep5dant accompli l'un des actes les plus insolites et les plus invraisemblables que n\s puissions tr\v] dans l'hi/oire gnrale de la vie4 ,qu& cette reconnaissance de l'homme p> la bte1 qu& ce passage extraord9aire de l'ombre la lumire s'e/-il effectu8 ,e/-ce n\s qui avons *]* le cani*e1 le molosse ou le lvri] p>mi les l\ps ou les *acals1 ou si c'e/ lui qui e/ v5u spontanm5t n\s8 ,n\s n'en savons ri54 ,si lo9 que s't5d5t les annales huma9es1 il e/ nos cts comme prs5t1 mais que sont les annales huma9es au reg>d des temps sans tmoignages8 ,t\j\rs e/-il que le voil dans nos demeures aussi anci51 aussi bi5 sa place1 aussi p>faitem5t adapt nos murs que s'il avait p>u sur cette t]re et tel qu'il e/1 en mme temps que n\s4 ,n\s n'avons pas acqurir sa confiance ni son amiti1 il nat notre ami2 les yeux encore f]ms1 il croit dj en n\s3 ds avant sa naissance il s'e/ donn l'homme4 ,mais le mot ami ne pe9t pas exactem5t son culte affectueux4 ,il n\s aime et n\s vnre comme si n\s l'avions tir du nant4 ,il e/ avant t\t notre crature ple9e de gratitude et plus dv\e que la prunelle de nos yeux4 ,il e/ notre esclave intime et passionn1 que ri5 ne dc\rage1 que ri5 ne rebute1 en qui ri5 n'altre la foi ard5te ni l'am\r4 ,il a rsolu d'une manire admirable et t\*ante le problme effrayant que la sagesse huma9e aurait rs\dre si une race div9e v5ait occup] notre globe4 ,il a loyalem5t1 religieusem5t1 irrvocablem5t reconnu la supriorit de l'homme et s'e/ livr lui corps et me1 sans arrire-p5se1 sans esprit de ret\r1 ne rs]vant de son indp5dance1 de son in/9ct et de son c>actre que la petite "p indisp5sable p\r cont9u] la vie prescrite p> la nature son espce4 ,avec une c]titude1 une ds9volture et une simplicit qui n\s surpr5n5t un peu1 n\s jugeant meilleurs et plus puissants que t\t ce qui exi/e1 il trahit1 notre pr(it1 t\t le rgne animal auquel il app>ti5t1 et r5ie sans scrupule sa race1 ses pro*es1 sa mre et mme ses petits4 99 99 99 ,mais il ne n\s aime pas seulem5t dans sa consci5ce et son intellig5ce1 c'e/ l'in/9ct de sa race1 l'inconsci5t t\t enti] de son espce1 semble-t-il1 qui ne p5se qu' n\s et ne songe qu' n\s tre utile4 ,p\r n\s mieux s]vir1 p\r mieux s'adapt] nos beso9s div]s1 il a pris t\tes les =mes et a su v>i] l'inf9i les facults1 les aptitudes qu'il met notre disposition4 ,faut-il qu'il n\s aide p\rsuivre le gibi] dans les pla9es8 ses jambes s'allong5t dmesurm5t1 son museau s'effile1 ses p\mons s'l>giss5t1 il devi5t plus rapide que le c]f4 ,notre proie se ca*e-t-elle s\s bois8 le gnie docile de l'espce1 prv5ant nos dsirs1 n\s (fre le basset1 une sorte de s]p5t presque apode qui se glisse dans les f\rrs les plus pais4 ,dem&ons-n\s qu'il mne nos tr\peaux8 le mme gnie complaisant lui octroie la taille1 l'intellig5ce1 l'n]gie et la vigilance ncessaires4 ,le de/9ons-n\s g>d] et df5dre notre maison8 sa tte s'arrondit et devi5t mon/rueuse1 af9 que sa m*oire soit plus puissante1 plus r$\table et plus t5ace4 ,desc5dons-n\s avec lui v]s le ,sud8 son poil s'acc\rcit et s'allge p\r qu'il puisse fidlem5t n\s accompagn] s\s les rayons d'un soleil plus ard5t4 ,remontons-n\s v]s le ,nord8 ses pi$s s'l>giss5t p\r mieux f\l] la neige1 sa f\rrure s'paissit af9 que le froid ne l'oblige pas n\s ab&onn]4 ,n'e/-il de/9 qu' nos jeux1 amus] l'oisivet de nos reg>ds1 orn] et anim] le logis8 il se revt d'une grce et d'une lgance s\v]a9es1 il se fait plus petit qu'une p\pe p\r s'endormir sur nos g5\x au co9 du feu1 ou cons5t mme1 si notre caprice l'exige1 p>atre un peu ridicule p\r n\s plaire4 ,v\s ne tr\v]ez pas dans l'imm5se creuset de la nature1 un seul tre vivant qui ait montr une s\plesse analogue1 une p>eille abondance de =mes1 une aussi prodigieuse facilit d'adaptation nos dsirs4 ,c'e/ que1 dans le monde que n\s connaissons1 p>mi les gnies de la vie1 div]s et primitifs1 qui prsid5t l'volution des espces1 il n'en exi/e aucun1 hormis celui du *i51 qui se soit jamais s\ci de la prs5ce de l'homme4 ,on dira peut-tre que n\s avons su trans=m] presque aussi pr(ondm5t c]ta9s de nos animaux dome/iques1 nos p\les1 nos pigeons1 nos can>ds1 nos *ats1 nos lap9s1 p> exemple4 ,oui1 peut-tre1 bi5 que ces trans=mations ne soi5t pas comp>ables celles du *i5 et que le g5re de s]vices que n\s r5d5t ces animaux demeure p\r a9si dire inv>iable4 ,en t\t cas1 que cette impression soit purem5t imag9aire ou rponde une ralit1 il ne semble pas que l'on s5te dans ces trans=mations la mme bonne volont 9puisable et prv5ante1 le mme am\r sagace exclusif4 ,du re/e1 il e/ p>faitem5t probable que le *i51 ou plutt le gnie inaccessible de sa race1 ne s'inquite gure de n\s1 et que n\s ayons simplem5t su tir] p>ti d'aptitudes v>ies (f]tes p> les has>ds abondants de la vie4 ,il n'importe2 comme n\s ne savons ri5 du fond des *oses1 il faut bi5 que n\s n\s atta*ions aux app>5ces1 et il e/ d\x de con/at] qu'au mo9s en app>5ce1 il y a sur la plante1 o n\s sommes solitaires comme des rois mconnus1 un tre qui n\s aime4 99 99 99 ,quoi qu'il en soit de ces app>5ces1 il n'en e/ pas mo9s c]ta9 que dans l'ensemble des cratures intellig5tes qui ont des droits1 des devoirs1 une mission et une de/9ation1 le *i5 e/ un animal vraim5t privilgi4 ,il occupe dans ce monde une situation unique et enviable entre t\tes4 ,il e/ le seul tre vivant qui ait tr\v et reconnaisse un dieu indubitable1 tangible1 irrcusable et df9itif4 ,il sait quoi dv\] le meilleur de soi4 ,il sait qui se donn] au-dessus de lui-mme4 ,il n'a pas *]*] une puissance p>faite1 suprieure et inf9ie dans les tnbres1 les m5songes successifs1 les hypo?ses et les rves4 ,elle e/ l1 devant lui et il se meut dans sa lumire4 ,il connat les devoirs suprmes que n\s ignorons t\s4 ,il a une morale qui surpasse t\t ce qu'il dc\vre en lui-mme1 et qu'il peut pratiqu] sans scrupule et sans cra9te4 ,il possde la vrit dans sa plnitude4 ,il a un idal positif et c]ta94 ,et c'e/ a9si que l'autre j\r1 avant sa maladie1 je voyais mon petit ,pellz1 assis au pi$ de ma table de travail1 la queue soigneusem5t replie s\s les pattes1 la tte un peu p5*e p\r mieux m'int]rog]1 la fois att5tif et tranquille1 comme doit l'tre un sa9t en prs5ce de ,dieu4 ,il tait heureux du bonheur que n\s ne connatrons peut-tre jamais1 puisque ce bonheur naissait du s\rire et de l'approbation d'une vie incomp>ablem5t plus haute que la si5ne4 ,il tait l tudiant1 buvant t\s mes reg>ds et y rpondait gravem5t1 comme d'gal gal1 p\r m'appr5dre sans d\te que du mo9s p> les yeux1 l'organe presque immatriel qui trans=mait en intellig5ce affectueuse la lumire dont n\s j\issions1 il savait bi5 qu'il me disait t\t ce que l'am\r devait dire4 ,et le voyant a9si1 jeune ard5t et croyant1 m'apportant1 en quelque sorte1 du fond de la nature infatigable1 des n\velles t\tes fra*es de la vie1 confiant1 m]veill comme s'il et t le premi] de sa race qui vnt inaugur] la t]re et que l'on ft encore aux premi]s j\rs du monde1 j'enviais l'allgresse de sa c]titude1 et je me disais que le *i5 qui r5contre un bon matre e/ plus heureux que celui-ci dont la de/9e plonge encore de t\tes p>ts dans l'ombre4 ,,le ,,temple ,,du ,,has>d ,j'ai sacrifi1--c> c'e/ un cruel sacrifice que de r5onc] aux jeux incomp>ables des toiles et de la lune sur la div9e ,mdit]rane1--j'ai sacrifi quelques soires de mon sj\r au pays du soleil int]rog]1 dans le plus somptueux1 le plus actif et le plus exclusif de ses temples1 le dieu le plus obscur de notre t]re4 ,ce temple se dresse l-bas1 ,monte-,c>lo1 sur un ro*] que baigne l'bl\issante lumire de la m] et du ciel4 ,des j>d9s en*ants1 o s'pan\iss5t en janvi] t\tes les fleurs du pr9temps1 de l't et de l'automne1 des bosquets odorants1 qui n'emprunt5t aux saisons ennemies que leurs s\rires et leurs p>fums1 prcd5t son p>vis4 ,l'orang]1 l'arbre entre t\s adorable1 le citronni]1 le palmi]1 le mimosa lui font une ce9ture d'allgresse4 ,des escali]s royaux y conduis5t les peuples4 ,mais il faut bi5 le reconnatre1 l'difice n'e/ pas digne de l'admirable site qu'il dom9e1 des coll9es dlicieuses1 du golfe d'azur et d'm]aude1 des v]dures bi5heureuses qui l'ent\r5t4 ,il n'e/ pas digne non plus du ,dieu qu'il abrite ni de l'ide qu'il reprs5te4 ,il e/ platem5t emphatique et hideusem5t b\rs\fl4 ,il voque la basse insol5ce1 l'outrecuidance encore obsquieuse du valet enri*i4 ,a l'exam51 on con/ate qu'il e/ solide et va/e2 p\rtant1 il a l'air mesqu9 et provisoire des monum5ts prt5tieusem5t lam5tables de nos expositions univ]selles4 ,on a log le pre augu/e du ,de/9 dans une sorte de m]+ue orne de fruits confits et de t\relles de sucre4 ,peut-tre e/-ce desse9 que la demeure e/ ridicule444 ,on a cra9t d'av]tir ou d'effray] la f\le4 ,on t5ait probablem5t lui faire croire que le plus bi5veillant1 le plus frivole1 le plus in(f5sivem5t capricieux1 le mo9s srieux des dieux att5dait ses fidles sur un trne de gteaux dans cette pice monte4 ,il n'en e/ ri54 ,une div9it my/rieuse et grave1 une =ce s\v]a9e et sage1 h>monieuse et sre rgne l4 ,il et fallu l'asseoir en un palais de m>bre1 nu et svre1 simple et colossal1 haut et l>ge1 glacial et religieux1 gomtrique et inflexible1 affirmatif et crasant4 99 99 99 ,le d$ans rpond au dehors4 ,les salles sont spacieuses mais banalem5t magnifiques4 ,les hirodules de la *ance1 les cr\pi]s ennuys1 indiffr5ts et monotones ont l'air de commis endiman*s4 ,ce ne sont pas les prtres1 mais les petits employs du has>d4 ,les rites et les objets du culte sont vulgaires et famili]s3 quelques tables1 des *aises2 ici1 une sorte de cuvette ou de cyl9dre qui t\rne au c5tre de l'autel1 une m9uscule bille d'ivoire qui r\le en s5s inv]se de la cuvette2 l1 quelques jeux de c>tes1 et c'e/ t\t4 ,il n'en faut pas davantage p\r voqu] l'incomm5surable puissance qui ti5t les a/res en susp5s4 99 99 99 ,aut\r des tables se press5t les fidles4 ,*acun d'eux porte en soi des esprances1 une foi1 des tragdies1 des comdies div]ses et invisibles4 ,voici1 je p5se1 le lieu du monde o s'accumul5t et se dp5s5t en pure p]te le plus de =ce n]veuse et de passions huma9es4 ,voici le lieu nfa/e1 o la sub/ance sans p>eille et peut-tre div9e1 qui en t\t autre endroit opre des miracles fconds1 des prodiges de =ce1 de beaut et d'am\r1 voici le lieu fune/e o la fleur spirituelle1 le fluide le plus prcieux de la plante s'g>e irrmdiablem5t dans le nant6444 ,on ne saurait imag9] gaspillage plus crim9el4 ,cette =ce inutile1 qui ne sait o all] ni quoi s'employ]1 qui ne tr\ve ni porte ni f5tre1 ni objet ni levi]1 vi5t flott] sur la table comme une ombre mortelle1 retombe sur soi1 et cre une atmosphre p>ticulire1 une sorte de sil5ce qui e/ comme la fivre du sil5ce vritable4 ,dans ce sil5ce malsa91 la voix du petit rond-de-cuir de la ,fatalit nasille la =mule sacre3 ,faites vos jeux1 ,messieurs1 faites vos jeux6 ,c'e/--dire1 faites au dieu ca* le sacrifice ncessaire p\r qu'il se manife/e4 ,alors1 sortie et l de la f\le1 une ma9 illum9e de c]titude pose imprieusem5t sur des *iffres indubitables le fruit d'une anne de travail4 ,d'autres adorateurs1 plus russ1 plus circonspects1 mo9s confiants1 compos5t avec le sort1 p>pill5t leurs *ances1 supput5t des probabilits illusoires1 et1 aprs avoir tudi l'humeur et le c>actre p>ticuli] du gnie de la table1 lui t5d5t des piges complexes et savants4 ,d'autres1 enf91 livr5t l'av5ture1 aux caprices du nombre1 une portion considrable de leur bonheur ou de leur vie4 ,mais dj ret5tit la seconde =mule3 ,ri5 ne va plus6 c'e/--dire1 le dieu va p>l]4 ,a ce mom5t1 un il qui p]c]ait le voile dbonnaire des app>5ces1 v]rait di/9ctem5t p>s sur l'humble tapis v]t 7s9on actuellem5t1 t\t au mo9s en puissance1 c> un c\p e/ r>em5t isol1 et qui j\e auj\rd'hui son sup]flu j\]a dema9 t\t ce qu'il possde71 un *amp de bl qui mrit au soleil mille lieues de l2 t\t ct1 dans d'autres cases1 un pr1 un bois1 un *teau s\s la lune1 une b\tique au fond d'une petite ville1 le lit d'une pro/itue1 une tr\pe de scribes et de comptables p5*s sur les gr&s livres dans des bureaux obscurs1 des paysans qui pe95t s\s la pluie1 des c5ta9es d'ouvrires travaillant de l'aube la nuit en des *ambres meurtrires1 des m9eurs dans la m9e1 des matelots sur leur navire1 les joyaux de la dbau*e1 de l'am\r ou de la gloire1 une prison1 une us9e1 de la joie1 de la misre1 de l'inju/ice1 de la cruaut1 de l'av>ice1 des crimes1 des privations1 des sanglots444 ,t\t cela repose l1 bi5 tranquillem5t1 dans ces petits tas d'or qui s\ri5t1 dans ces b\ts de papi] si lg]s qui fix5t les dsa/res qu'une exi/5ce entire ne p\rra plus dplac]4 ,les mo9dres m\vem5ts triqus et timides de ces mdailles jaunes et de ces billets bleus vont se rp]cut] et s'amplifi] au lo91 dans le monde rel1 dans les rues1 dans les pla9es1 dans les arbres1 dans le sang1 dans les curs4 ,ils vont dmolir la maison o m\rur5t les p>5ts1 enlev] l'aeul son fauteuil c\tumi]1 donn] un autre matre au village tonn1 f]m] un ateli]1 priv] de pa9 les enfants d'un faub\rg1 dt\rn] le c\rs d'une rivire1 arrt] ou bris] une vie1 et dn\] l'inf9i1 dans le temps et l'espace1 la *ane in9t]rompue des effets et des causes4 ,mais nulle de ces vrits ret5tissantes ne fait ent5dre un murmure indiscret4 ,il y a ici plus d',eumnides endormies qu'aux m>*es emp\rpres du palais des ,atrides2 mais leur rveil et leurs cris de d\leur se dissimul5t au fond des curs4 ,ri5 ne trahit1 ri5 ne prsage qu'un c]ta9 nombre de malheurs plan5t sur l'assi/ance et *oisiss5t leurs victimes4 ,seuls1 les yeux s'agr&iss5t un peu1 cep5dant que les ma9s tortur5t s\rnoisem5t un crayon1 un *iffon de papi]4 ,pas un mot1 pas un ge/e insolite4 ,l'att5te moite e/ immobile4 ,c'e/ le lieu des drames sans voix1 des combats t\ffs1 des dsespoirs qui ne s\rcill5t po9t1 des tragdies masques de sil5ce1 des de/9es muettes qui s'effondr5t dans une atmosphre de m5songes qui absorbe t\s les bruits4 99 99 99 ,p5dant ce temps1 la petite b\le t\rne sur le cyl9dre1 et je songe t\t ce que dtruit la puissance =midable que lui confre un dte/able pacte4 ,a *aque fois qu'elle "p a9si la re*]*e de la my/rieuse rponse1 elle anantit t\t aut\r d'elle les re/es suprmes et ess5tiels de notre seule morale sociale d'auj\rd'hui3 je veux dire la valeur de l'arg5t4 ,anantir la valeur de l'arg5t p\r lui sub/itu] un idal plus haut s]ait uvre excell5te2 mais l'anantir p\r laiss] sa place le nant pur et simple e/1 j'imag9e1 l'un des att5tats les plus graves que l'on puisse commettre contre notre volution actuelle4 ,envisag d'un c]ta9 po9t de vue et purifi de ses vices accid5tels1 l'arg5t e/1 somme t\te1 un trs respectable symbole3 il reprs5te l'ef=t et le travail huma92 il e/1 en gnral1 le fruit de sacrifices mritoires et de nobles fatigues4 ,or1 ici1 ce symbole1 l'un des d]ni]s que n\s possdions1 e/ quotidi5nem5t et publiquem5t baf\4 ,subitem5t1 en face du caprice d'un petit objet insignifiant comme un j\et d'enfant1 dix annes de labeur1 de sagesse consci5cieuse1 de devoirs patiemm5t supports1 p]d5t t\te importance4 ,si l'on n'avait pris so9 d'isol] ce phnomne mon/rueux sur un ro*] unique1 il n'e/ pas d'organisme social qui et rsi/ son rayonnem5t dltre4 ,mme prs5t1 dans son isolem5t de pe/ifr1 cette influ5ce dva/atrice s't5d des di/ances qu'on n'avait pas prvues4 ,on la s5t telle1 cette influ5ce1 si ncessaire1 si malfique et si pr(onde1 qu'au sortir de ce palais maudit o l'or ruisselle incessamm5t reb\rs de la consci5ce huma9e1 on s'tonne que la vie normale cont9ue1 que des ouvri]s rsigns cons5t5t entret5ir les pel\ses qui prcd5t le monum5t fune/e1 que de malheureux g>des1 p\r un salaire drisoire1 veill5t sur son ence9te1 et qu'une pauvre petite vieille1 au bas des escali]s de m>bre1 p>mi les alles et v5ues des j\eurs enri*is ou ru9s1 s'ob/9e1 depuis des annes1 vivot] pniblem5t en (frant aux passants des oranges1 des am&es1 des noisettes et des boites d'allumettes de deux s\s444 99 99 99 ,t&is que n\s rfl*issons a9si1 la bille d'ivoire ral5tit sa c\rse circulaire1 et se met sautill] comme un insecte babill>d sur les tr5te-sept cases qui la sollicit5t4 ,c'e/ la s5t5ce irrvocable4 trange infirmit de nos yeux1 de nos oreilles et de ce c]veau dont n\s sommes si f]s6 tranges secrets des lois les plus lm5taires de notre globe6 ,de la seconde o la bille s'e/ mise en m\vem5t1 la seconde o elle tombe dans le creux fatidique1 sur ce *amp de bataille long de trois dcimtres1 s\s cette =me purile et gogu5>de1 le my/re de l'univ]s inflige la puissance1 la raison huma9es1 une symbolique1 une incessante et dc\rageante dfaite4 ,runissez aut\r de cette table t\s les savants1 t\s les dev9s1 t\s les voyants1 t\s les illum9s1 t\s les prophtes1 t\s les sa9ts1 t\s les ?aumaturges1 t\s les ma?matici5s1 t\s les gnies de t\s les temps et de t\s les pays1 priez-les qu'ils *]*5t dans leur raison1 dans leur me1 dans leur sci5ce1 dans leurs cieux1 le nombre si pro*a91 le nombre qui dj affleure le prs5t1 o la petite b\le t]m9]a sa c\rse2 dem&ez-leur1 p\r n\s prdire ce nombre1 qu'ils invoqu5t leurs dieux qui sav5t t\t1 leurs p5ses qui g\v]n5t les peuples et se flatt5t de pntr] les mondes3 t\s leurs ef=ts se bris]ont sur celle brve nigme qu'un enfant ti5drait dans sa ma9 et qui ne remplit plus la dure d'un cl9 d'il4 ,pas un n'a pu le faire1 pas un ne le f]a4 ,et t\te la =ce1 t\te la c]titude de la ,banque1 qui e/ l'impassible1 l'ob/9e1 l'9branlable et t\j\rs victorieuse allie de la sagesse ry?mique et totale du has>d1 repose uniquem5t sur la con/atation de l'impuissance de l'homme prvoir1 ne ft-ce que d'un ti]s de seconde1 ce qui va se pass] s\s ses yeux4 ,si1 depuis prs d'un demi-sicle que se dr\l5t sur ce ro*] fleuri ces r$\tables expri5ces1 il s'tait tr\v un seul tre qui1 durant une aprs-midi1 et d*ir l'enveloppe de my/re qui c\vre *aque c\p le petit av5ir de la bille1 la banque aurait saut1 l'entreprise et sombr4 ,mais cet tre anormal ne s'e/ pas prs5t2 et la banque sait bi5 qu'il ne vi5dra jamais s'asseoir l'une de ses tables4 ,malgr t\t son orgueil et t\tes ses esprances1 on voit donc quel po9t l'homme sait qu'il ne peut ri5 savoir4 99 99 99 ,a la vrit1 le has>d1 au s5s o l'ent5d5t les j\eurs1 e/ un dieu qui n'exi/e pas4 ,ils n'ador5t qu'un m5songe que *acun d'eux se reprs5te s\s une =me diffr5te4 ,*acun d'eux lui prte des lois1 des habitudes1 des prfr5ces d'ailleurs contradictoires dans leur ensemble et purem5t imag9aires4 ,selon les uns1 il favorise c]ta9s *iffres4 ,selon d'autres1 il obx c]ta9s ry?mes qu'il e/ facile de saisir4 ,selon d'autres encore1 il y a en lui une sorte de ju/ice qui f9it p> donn] une valeur gale *aque gr\pe de *ances4 ,selon d'autres enf91 il lui e/ impossible de favoris] indf9im5t1 au bnfice de la banque1 telle srie de *ances simples4 ,n\s n'en f9irions pas si n\s v\lions p>c\rir t\t le ,corpus ,juris *imrique de la r\lette4 ,il e/ vrai que1 dans la pratique1 la rptition indf9ie des mmes accid5ts limits1 =me =cm5t des gr\pes de concid5ces o l'il halluc9 du j\eur croit entrevoir des fantmes de lois4 ,mais il e/ vrai aussi qu' l'preuve1 au mom5t o l'on compte sur l'assi/ance du fantme le plus sr1 il s'van\it brusquem5t et v\s laisse face face avec l'inconnu qu'il masquait4 ,du re/e1 la plup>t des j\eurs apport5t devant la table v]te bi5 d'autres illusions1 consci5tes ou in/9ctives et inf9im5t mo9s ju/ifiables4 ,presque t\s se p]suad5t que le has>d leur rs]ve des faveurs ou des disgrces spciales et prmdites4 ,presque t\s imag95t entre la petite sphre d'ivoire et leur prs5ce1 leurs passions1 leurs dsirs1 leurs vices1 leurs v]tus1 leurs mrites1 leur puissance spirituelle ou morale1 leur beaut1 leur gnie1 l'nigme de leur tre1 leur av5ir1 leur bonheur et leur vie1 je ne sais quel rapport innomm mais plausible4 ,e/-il beso9 de dire qu'il n'y en aucun2 qu'il ne saurait y en avoir8 ,cette petite sphre dont ils implor5t la s5t5ce1 et sur laquelle ils espr5t ex]c] une influ5ce occulte1 cette petite b\le incorruptible a mieux faire qu' s'occup] de leurs tri/esses ou de leurs joies4 ,elle ne possde que tr5te ou qu>ante secondes de m\vem5t et de vie1 et1 durant ces tr5te ou qu>ante secondes1 il faut qu'elle obisse plus de rgles t]nelles1 qu'elle rsolve plus de problmes inf9is1 qu'elle accomplisse plus de devoirs ess5tiels qu'il n'en ti5dra jamais dans la consci5ce ou la comprh5sion de l'homme4 ,il faut entre autres *oses normes et difficiles1 qu'elle concilie1 dans sa c\rse si brve1 ces deux puissances incognoscibles et incomm5surables1 qui sont probablem5t l'me bi=me de l'univ]s3 la =ce c5trifuge et la =ce c5tripte4 ,il faut qu'elle ti5ne compte de t\tes les lois de la gravitation1 du frottem5t1 de la rsi/ance de l'air1 de t\s les phnomnes de la matire4 ,il faut qu'elle soit att5tive aux mo9dres incid5ts de la t]re et du ciel3 c> un j\eur qui se dplace1 branlant imp]ceptiblem5t le p>quet de la salle1 une toile qui se lve au firmam5t1 l'oblige de modifi] ou de recomm5c] t\tes ses oprations ma?matiques4 ,elle n'a pas le loisir de j\] le rle d'une desse bi5faisante ou cruelle aux huma9s2 il lui e/ int]dit de nglig] une seule des =malits innombrables que l'inf9i exige de t\t ce qui se meut en lui4 ,et lorsque enf9 elle arrive au b1 elle a fait le mme travail incalculable que la lune ou les autres plantes indiffr5tes et glaciales qui1 l-haut1 au dehors1 dans l'azur transp>5t1 mont5t maje/ueusem5t sur la ,mdit]rane de saphir et d'arg5t444 ,ce long travail1 n\s l'appelons has>d1 ne p\vant donn] d'autre nom ce que n\s ne compr5ons pas encore4 ,,en ,,automobile ,les premires sorties--l'initiation1--s\s la g>de du matre1 ne compt5t pas4 ,on ne communique pas directem5t avec la bte m]veilleuse4 ,il y a entre elle et n\s un int]mdiaire encombrant qui n\s ca*e son vritable c>actre1 un tru*em5t ple9 de rtic5ces s\rnoises2 un dompteur responsable1 ,mme le volant1 les levi]s1 les manettes entre les doigts1 le fre9 s\s le pi$1 on ne possde po9t le mon/re4 ,sur lui1 nos cts1 veille une volont trop longtemps s\v]a9e1 laquelle1 comme un *i5 fidle1 il demeure obsquieusem5t atta*4 ,il e/ encore demi-huma94 ,on pr\ve un peu ce que doit pr\v] l'appr5ti belluaire qui se risque dans la cage aux lions s\s la protection de son pre1 dont l'il et la crava*e font ramp] humblem5t les fauves ass]vis4 ,on a hte d'tre seul1 en prs5ce de l'espace1 avec l'animal inconnu cr d'hi]4 ,on brle de savoir ce qu'il e/ en soi1 ce qu'il dem&e1 ce qu'il refuse1 comm5t il obx son matre imprvu2 et quelle leon n\velle donn]ont t\t c\p les horizons n\veaux o v\s plonge jusqu' l'me une =ce qui sort p\r la premire fois du rs]voir 9puisable des =ces indiscipl9es1 af9 de v\s p]mettre d'absorb] en un j\r autant de paysages1 de ciels et de spectacles1 qu'on en absorbait autrefois au c\rs de t\te une vie4 ,hi]1 le matre m'a conduit de ,p>is ,r\54 ,ce mat91 aprs m'avoir m5 hors des portes de la vieille ville aux clo*]s assembls1 il m'a ab&onn4 ,me voil seul avec l'hippogriffe suspect2 seul en rase campagne1 sur la r\te ds]te1 qui de l'azur immacul de l'horizon de gau*e1 l'azur encore rose de l'horizon de droite1 divise un ocan de bl c\p de masses d'arbres qui bleuiss5t au lo91 comme les ombrages d'un p>c dmesur4 ,je suis lo9 des remises et des g>es1 lo9 des ateli]s sec\rables4 ,et c'e/ d'abord une inquitude obscure et qui n'e/ pas sans *>me4 ,me voici la m]ci de la =ce my/rieuse1 mais plus logique que moi-mme4 ,un caprice de sa vie ca*e1 un de ces caprices s\v5t insaisissables1 mais qui n'ont jamais tort1 et font honte notre raison vaniteuse1 et me voil dans la dtresse de la pla9e v]te et sans limites1 en*an la masse incomprise que mes bras ne peuv5t remu]4 ,p\rtant ce mon/re1 je me dis que j'en sais les secrets4 ,avant de me confi] sa puissance1 j'en ai dmont et scrut les organes4 ,il ronfle s\s mes pi$s et sa physiologie m'e/ prs5te4 ,je connais ses po9ts dlicats et ses r\ages impeccables1 ses maladies d'enfance et ses infirmits sans remde4 ,on m'a dvoil son me et son cur1 et la circulation pr(onde de sa vie4 ,son me1 c'e/ l't9celle lectrique qui1 sept huit c5t fois la m9ute1 vi5t enflamm] son s\ffle4 ,son t]rible cur compliqu1 c'e/ d'abord ce c>burateur au d\ble visage trange1 qui dose1 prp>e1 volatilise l'ess5ce1 fe subtile endormie depuis la naissance du monde1 qu'il rappelle au p\voir et qu'il unit l'air qui la rveille4 ,ce mlange r$\table e/ avidem5t pomp p> le gros viscre vois91 qui conti5t la *ambre d'explosion1 le pi/on1 les s\papes ressort1 t\tes les =ces vives du moteur4 ,aut\r de ces viscres qui ne =m5t qu'un faisceau de flammes1 con/amm5t appele p\r apais] l'ardeur intime qui les ronge et les trans=m]ait en une c\le de lave1 infatigable et t\j\rs refroidie p> le radiateur po/ l'avant de la voiture1 aspirant la fra*eur des vallons et des pla9es p\r calm] de ses longues c>esses glaces les fivres mortelles du travail1 circule sans rpit l'eau vigilante et pure4 ,puis il y a le trembleur1 qui rgle l't9celle1 et que rgle son t\r le m\vem5t mme du moteur4 ,l'me obx au corps proprem5t dit1 et le corps obx l'me dans une h>monie +nieuse4 ,mais grce une la/icit trs curieuse de cette h>monie prtablie1 une volont plus intellig5te ou plus indp5dante1 qui reprs5te ici la volont div9e1 la volont du *auffeur1 peut encore amlior] cet admirable quilibre de deux =ces trangres et1 au moy5 de la manette de l'avance l'allumage1 prcipit] l't9celle au mom5t le plus favorable1 selon l'aide ou la rsi/ance des has>ds de la r\te4 ,admirons en passant la t]m9ologie spontane et biz>re1 mais non pas sotte1 qui e/ comme la langue de la =ce n\velle4 ,l'avance l'allumage 7qui correspond1 dans un autre ordre de phnomnes1 l'avance l'admission des locomotives71 e/ un t]me trs ju/e1 et il s]ait =t difficile d'exprim] plus simplem5t et plus s5siblem5t ce qu'il avait dire4 ,l'allumage1 c'e/ l'inflammation des gaz explosifs p> l't9celle lectrique2 cette explosion peut tre avance ou ret>de p> rapport la c\rse du pi/on selon les beso9s du moteur4 ,qu& on met l'avance l'allumage1 l't9celle jaillit quelque millime de seconde avant l'in/ant o elle devrait logiquem5t se produire2 c'e/--dire avant que le pi/on arriv au sommet de sa c\rse ait compltem5t comprim les gaz et utilis t\te l'n]gie de l'explosion prcd5te4 ,il semble1 au premi] abord1 que cette explosion prmature doive contr>i] son m\vem5t asc5sionnel4 ,il n'en e/ ri52 l'expri5ce pr\ve qu'on bnficie du temps inf9itsimal que les gaz enflamms mett5t se dilat]1 et probablem5t d'autres causes d'n]gie assez obscures4 ,t\j\rs e/-il qu'on acclre trangem5t la vitesse de la ma*9e4 ,c'e/ p\r a9si dire le c\p de v9 v]s aux travailleurs1 une sorte de subt]fuge qui lui donne un surcrot de puissance anormale4 ,mais d'o vi5t donc le t]me1 et qui en e/ le pre8 ,d'o sort5t-ils1 ces mots qui naiss5t t\t c\p1 au mom5t ncessaire1 p\r fix] dans la vie les tres ignors hi]8 ,on ne le sait jamais4 ,ils s'vad5t des ateli]s1 des us9es1 des b\tiques2 ils sont les d]ni]s *os de cette voix commune et anonyme qui a donn un nom aux arbres et aux fruits1 au pa9 et au v91 la vie et la mort2 et qu& les savants les reg>d5t et les int]rog5t1 le plus s\v5t il e/ heureusem5t trop t>d p\r qu'ils y *ang5t ri54 99 99 99 ,le trembleur et la b\gie1 voil1 surmontant sept ou huit autres 7la compression1 la c>buration1 le graissage1 la circulation de l'eau1 l'amprage des piles1 ou le voltage des accumulateurs1 etc41 etc471 les deux gr&s s\cis du *auffeur4 ,la vis de rglage de l'un se dplace-t-elle d'une ligne1 les deux fils affronts de l'autre sont-ils effleurs d'une g\tte d'huile1 d'une trace d'oxyde1 et c'e/ la mort subite du *eval fabuleux4 ,mais aut\r d'eux1 que d'autres organes auxquels je n'ose mme pas song]6 ,l-bas1 ca* dans son c>t] de fonte1 comme un gnie furieux dans une prison trop troite1 l'app>eil my/rieux du *angem5t de vitesse1 qui t\t l'heure au pi$ d'une cte1 sur une pese du levi]1 d*an]a des explosions innombrables1 imprim]a au pi/on un va-et-vi5t frntique qui sec\]a t\tes les v]tbres de la bte et communiqu]a aux r\es all5ties une =ce quadruple1 devant laquelle t\te montagne vi5dra c\rb] l'*9e p\r port] humblem5t son va9queur v]s la cime4 ,ensuite1 ce sont les jo9ts nigmatiques de l'arbre la ,c>dan1 qui1 supprimant *anes et c\rroies1 transmett5t directem5t aux deux r\es d'arrire t\te la puissance sublime qui s'labore dans le cur =c54 ,enf91 plus bas encore1 s\s le fre91 dans sa bote presque inviolable1 le secret transc5dant du diffr5tiel1 qui p]met1 p> un miracle rc5t1 deux r\es de mme dim5sions1 fixes sur le mme axe m p> le mme moteur1 de faire un nombre de t\rs 9gal6 ,mais ce sont l les gr&s my/res dont je n'ai pas encore m'inquit]4 ,le mon/re s\s ma ma9 mue e/ ple9 de bonne volont1 et des deux cts de la r\te les *amps de bl c\l5t paisiblem5t comme des rivires v]tes4 ,il e/ temps d'essay] le p\voir des ge/es sotriques4 ,je t\*e aux *evilles en*antes4 ,le *eval ferique obx4 ,brusquem5t il s'arrte4 ,t\te sa vie s'te9t dans un gmissem5t bref4 ,il n'e/ plus qu'un norme et in]te app>eil de mtal4 ,il s'agit ma9t5ant de le ressuscit]4 ,je desc5ds et m'agite aut\r du cadavre4 ,les pla9es dont je bravais l'imm5sit s\mise pr5n5t dj leur revan*e4 ,on dirait qu'elles s'allong5t1 se creus5t aut\r de mon immobilit1 s't5d5t vue d'il plus dmesurm5t jusqu'aux conf9s du ciel1 qui recul5t leur t\r4 ,je suis p]du p>mi les bls infran*issables dont les multitudes d'pis remu5t1 se hauss5t1 s'incl95t1 se press5t p\r mieux voir ce que je vais t5t]1 t&is que les coquelicots clat5t de mille rires dans la f\le onduleuse4 ,n'importe1 ma sci5ce neuve e/ dj sre4 ,l'hippogriffe revit1 s'br\e d'abord sur place1 puis rep>t en *antant4 ,je reconqui]s les pla9es qui s'incl95t4 ,j'entr'ouvre l5tem5t la fameuse manette de l'avance l'allumage1 et rgle de mon mieux l'admission de l'ess5ce4 ,l'allure s'acclre2 le ronflem5t plus aigu des r\ages rvle une ivresse croissante4 ,t\t d'abord la r\te vi5t moi d'un m\vem5t cad5c p> la flicit1 comme une fiance qui agite des palmes4 ,mais bi5tt elle s'anime davantage1 elle bondit1 elle s'affole1 elle se prcipite sur moi1 elle r\le s\s le *> comme un torr5t furieux qui me f\ette de son cume1 m'inonde de ses flots1 m'aveugle de son s\ffle4 ,oh6 ce s\ffle admirable6 ,on dirait que des ailes1 des milli]s d'ailes qu'on ne voit pas1 les ailes transp>5tes de gr&s oiseaux surnaturels1 hanteurs de sommets invisibles battus p> des v5ts t]nels1 vi5n5t c+l] a9si de leur va/e fra*eur mes tempes et mes yeux6 ,a prs5t1 le *em9 tombe pic dans l'abme1 et l'app>eil magique l'y prcde4 ,les arbres qui le bord5t avec srnit depuis tant d'annes l5tes r$\t5t un cataclysme4 ,on croirait qu'ils acc\r5t1 rappro*5t leurs ttes v]tes1 se mass5t1 se conc]t5t devant le phnomne qui surgit1 p\r lui b>r] la voie4 ,puis s\da91 comme il ne s'arrte pas1 les voil pris d'effroi4 ,ils se sauv5t1 se disp]s5t1 regagn5t ttons leur place sculaire1 se p5*5t tumultueusem5t sur mon passage1 et1 rp]cutant dans leurs millions de feuilles la joie presque ins5se de la =ce qui *ante1 murmur5t mes oreilles les psaumes volubiles de l',espace qui admire et acclame son antique ennemie1 t\j\rs va9cue jusqu' ce j\r mais enf9 triomphante3 la ,vitesse4 99 99 99 ,l',espace et son frre invisible le ,temps sont en somme les deux gr&s adv]saires de l'homme4 ,n\s s]ions semblables aux dieux si n\s en triomphions4 ,le ,temps semble inv9cible1 n'ayant ni corps1 ni =me1 ni organe p> quoi n\s le puissions saisir4 ,il passe1 il laisse des traces presque t\j\rs d\l\reuses1 comme l'ombre malfaisante d'un tre 9vitable qu'on n'ap]oit jamais4 ,il e/ d'ailleurs probable qu'il n'exi/e pas en soi2 qu'il n'e/ que p> rapport n\s1 et que n\s n'arriv]ons po9t subjugu] ce fantme ncessaire de notre imag9ation organiquem5t fausse4 ,quant l',espace1 son magnifique frre qui se revt de la robe v]te des pla9es1 du voile jaune des ds]ts1 du manteau bleu des ocans1 et rec\vre le t\t de l'azur de l'!r et de l'or des toiles1 sans d\te il a dj subi bi5 des dfaites2 mais jamais1 jusqu'ici1 l'homme ne l'avait pris p\r a9si dire bras-le-corps1 p\r lutt] seul seul1 face face1 avec lui4 ,il envoyait contre sa =me gigantesque des mon/res qui1 va9queurs1 devai5t tre va9cus leur t\r4 ,sur m]1 de gr&s /eam]s l'ass]viss5t *aque j\r2 mais la m] e/ si va/e1 que la vitesse extrme que p\rrai5t support] nos fragiles p\mons n'y remport]ait encore qu'une sorte de triomphe immobile4 ,d'autre "p1 sur le *em9 de f]1 l'espace assujetti dfile s\s nos yeux2 mais il se dr\le lo9 de n\s1 n\s ne le t\*ons po9t2 il e/ comme le captif que promne le triomphe d'un mon>que trang]1 et n\s sommes n\s-mmes les prisonni]s *tifs de celui qui l'a dtrn4 ,mais ici1 dans ce petit *> de feu1 si docile1 si lg] et si miraculeusem5t infatigable1 entre les ailes replies de cet oiseau de flamme qui vole au ras de la t]re p\r n\s montr] les fleurs1 qui c>esse les bls1 respire les ruisseaux1 connat l'ombre des arbres1 entre dans les villages1 voit les portes ouv]tes et les tables s]vies1 compte les moissonneurs qui se p5*5t sur les prs1 fait le t\r de l'glise ent\re de tilleuls1 se repose l'aub]ge sur le c\p de midi1 puis rep>t en *antant p\r all] voir d'un bond ce qui a lieu p>mi les autres hommes1 trois j\rnes de m>*e du repas a*ev1 et surpr5d la mme heure dans un monde n\veau1--ici1 l',espace devi5t vraim5t huma91 il se proportionne notre il1 aux beso9s de notre me la fois prompte et l5te1 troite et colossale1 insatiable et mticuleuse2 il e/ assimilable enf9 et n\s (fre sans cesse1 en *acun de ses buts1 *acune des beauts qu'il n'(frait autrefois qu' l'arrive pnible4 ,ma9t5ant1 au contraire1 ce n'e/ plus l'arrive qui n\s r\vre les yeux1 ranime l'att5tion si prcieuse la vie et invite au bonheur d'admir]2 la r\te t\t entire n'e/ plus qu'une arrive sans nombre4 ,les joies du b se multipli5t puisque t\t pr5d la =me adorable du b2 les yeux oubli5t enf9 leur indiffr5te p>esse1 et la bonne mmoire des beauts de la t]re mat]nelle1 la plus simple des fes qui prsid5t au bonheur1 en songeant en sil5ce aux j\rnes mo9s heureuses qui att5d5t t\t homme1 range dans nos s\v5irs1 p>mi les bi5s acquis qu'on ne n\s repr5d pas1 les trsors imprvus que lui v]s5t flots les r\tes d*anes et les heures dlivres4 ,,loge ,,de ,l',p,e ,l'homme1 avide de ju/ice1 t5te de mille faons div]ses1 s\v5t empiriques1 quelquefois sages1 d'autres fois biz>res et sup]/itieuses1 d'voqu] l'ombre de la gr&e desse ncessaire son exi/5ce4 ,desse trange1 insaisissable et p\rtant si vivante6 ,div9it immatrielle qui ne peut se dress] et se t5ir deb\t que dans le secret de notre cur2 et de qui l'on peut dire que plus elle a de temples visibles1 mo9s elle possde de puissance relle4 ,un j\r luira peut-tre o elle n'aura plus d'autre palais que la consci5ce de *acun de n\s1 et ce j\r-l1 elle rgn]a vritablem5t dans le sil5ce qui e/ l'lm5t sacr de sa vie4 ,en att5dant n\s multiplions les organes p> o n\s esprons qu'elle p\rra se faire ent5dre4 ,n\s lui prtons des voix huma9es et sol5nelles2 et lorsqu'elle se tait dans les autres et jusque dans n\s-mmes1 n\s allons l'int]rog] p>-del notre propre consci5ce1 aux limites inc]ta9es de notre tre1 l o n\s dev5ons un dbris du has>d2 et o n\s croyons que la ju/ice se confond avec ,dieu et notre propre de/9e4 99 99 99 ,c'e/ ce beso9 insatiable qui1 sur les po9ts o la ju/ice huma9e demeurait muette et se dcl>ait impuissante1 fit autrefois appel au jugem5t de ,dieu4 ,auj\rd'hui1 que l'ide que n\s n\s faisions de la div9it a *ang de =me et de nature1 le mme in/9ct p]si/e1 si pr(ond1 si gnral1 qu'il n'e/ peut-tre que le voile demi transp>5t d'une vrit pro*a9e4 ,si ce n'e/ plus ,dieu que n\s n\s remettons d'appr\v] ou de condamn] ce que les hommes ne saurai5t jug]2 c'e/ la p>tie inconsci5te1 inconnaissable et p\r a9si dire future de n\s-mme que n\s confions cette mission4 ,le duel n'invoque plus le jugem5t de ,dieu1 mais celui de notre av5ir1 de notre *ance ou de notre de/91 compos de t\t ce qu'il y a d'indf9i en n\s4 ,il e/1 au nom de nos possibilits bonnes ou mauvaises1 somm de dcl>] si1 au po9t de vue de la vie inexplicable1 n\s avons tort ou raison4 ,voil ce qu'on dmle d'ineffaablem5t huma9 s\s t\tes les absurdits et purilits de nos r5contres actuelles4 ,si draisonnable qu'elle p>aisse1 cette espce d'int]rogation suprme1 cette "q pose dans la nuit que n'claire plus la ju/ice intelligible1 on ne p\rra gure y r5onc] tant qu'on n'aura pas tr\v une faon mo9s quivoque de pes] les droits et les torts1 les esprances et les 9galits ess5tielles de deux de/9es qui veul5t s'affront]4 99 99 99 ,du re/e1 p\r desc5dre de ces rgions hantes de fantmes plus ou mo9s dang]eux1 au po9t de vue pratique1 il e/ c]ta9 que le duel1 c'e/--dire la possibilit de se faire extra-lgalem5t et p\rtant rgulirem5t ju/ice soi-mme1 rpond un beso9 qu'on ne saurait ni]4 ,n\s ne vivons pas au se9 d'une socit qui n\s protge suffisamm5t p\r n\s enlev] en t\tes circon/ances ce droit le plus *] l'in/9ct de l'homme4 ,il e/ inutile1 je p5se1 d'numr] les cas o la protection e/ insuffisante4 ,n\s aurions plus tt fait de cit] ceux o elle suffit4 ,sans d\te1 p\r ceux qui sont lgitimem5t faibles et sans df5se1 il s]ait dsirable qu'il en ft autrem5t2 mais p\r ceux qui sont capables de se df5dre1 il e/ trs salutaire qu'il en soit a9si1 c> ri5 n'endort l'initiative et le c>actre comme une protection trop zle et trop con/ante4 ,s\v5ons-n\s que n\s sommes avant t\t des tres de proie et de lutte2 qu'il faut avoir g>d ne pas te9dre compltem5t en n\s les qualits de l'homme primitif1 c> ce n'e/ pas sans raison que la nature les y a mises4 ,s'il e/ sage d'en re/re9dre l'excs1 il e/ prud5t d'en g>d] le pr9cipe4 ,n\s ne savons pas les ret\rs (f5sifs que n\s mnag5t les lm5ts ou d'autres =ces de l'univ]s2 et probablem5t malheur n\s s'ils n\s tr\v5t un j\r entirem5t dnus de l'esprit de v5geance1 de mfiance1 de colre1 de brutalit1 de combativit et de bi5 d'autres dfauts1 trs blmables au po9t de vue huma91 mais qui bi5 plus que les v]tus ab/95tes le plus prconises n\s ont aids va9cre les gr&s ennemis de notre espce4 99 99 99 ,il convi5t donc de l\] en gnral ceux qui ne se laiss5t pas (f5s] impunm5t4 ,ils entreti5n5t p>mi n\s un idal de ju/ice extra-lgale dont n\s pr(itons t\s1 et qui s'effrit]ait rapidem5t sans leur aide4 ,dplorons plutt qu'ils ne soi5t pas plus nombreux4 ,s'il y avait un peu mo9s de bonnes mes capables de *ti]1 mais trop promptes p>donn]1 on tr\v]ait bi5 mo9s de m*ants trop prompts faire le mal2 c> les trois qu>ts du mal qui se commet naiss5t de la c]titude de l'impunit4 ,p\r le ma9ti5 de la cra9te et du respect diffus qui p]mett5t aux malheureux ds>ms de vivre et de respir] peu prs librem5t dans une socit o pullul5t les coqu9s et les l*es1 il e/ du /rict devoir de t\s ceux qui sont mme de rsi/] p> un ge/e de viol5ce l'inju/ice lgalem5t p]mise1 de ne jamais manqu] le faire4 ,ils relv5t a9si le niveau de la ju/ice imman5te4 ,en croyant ne df5dre qu'eux-mmes ils df5d5t en somme le plus prcieux des patrimo9es huma9s4 ,je ne prt5ds pas qu'il ne vaudrait pas mieux1 dans la plup>t des cas1 que les tribunaux int]v9ss5t2 mais en att5dant que nos lois soi5t plus simples1 plus pratiques1 mo9s coteuses et plus familires1 n\s n'avons1 contre un c]ta9 nombre d'iniquits trs relles1 quoique non prvues p> les ,codes1 d'autre rec\rs que le po+ ou l'pe4 99 99 99 ,le po+ e/ rapide1 immdiat2 mais outre qu'il n'e/ pas assez concluant1 que ds que l'(f5se a quelque gravit il s'affirme vraim5t trop anod9 et trop phmre1 il a t\j\rs des ge/es un peu vulgaires et des effets assez rpugnants4 ,il ne met en jeu qu'une facult brutale4 ,il e/ la plus aveugle et la plus 9gale des armes2 et1 comme il *appe t\tes les conv5tions qui quilibr]ai5t les *ances de deux adv]saires mal app>is1 il entrane de la "p du va9cu des reprsailles exagres qui f9iss5t p> l'arm] du bton1 du c\teau ou du revolv]4 ,il e/ admissible en c]ta9s pays1 en ,anglet]re p> exemple4 ,la boxe y fait p>tie de l'ducation lm5taire1 et sa pratique gnrale aplanit s+ulirem5t les 9galits naturelles2 de plus1 t\t un organisme de clubs1 de jurys pat]nels1 de tribunaux faciles corrobore ou prvi5t ses exploits4 ,mais en ,france il s]ait regrettable qu'on y revnt4 ,l'pe1 qui l'y remplace immmorialem5t1 e/ un in/rum5t de ju/ice incomp>ablem5t plus s5sible1 plus srieux1 plus gracieux et plus dlicat4 ,on lui repro*e de n'tre ni quitable ni probante4 ,mais elle pr\ve d'abord la qualit de notre attitude en face du dang]1 et c'e/ dj une preuve qui n'e/ pas sans valeur4 ,c> notre attitude en face du dang]1 c'e/ exactem5t notre attitude en face des repro*es ou des enc\ragem5ts des div]ses consci5ces qui se ca*5t en n\s3 de celles qui sont au-dess\s1 comme de celles qui sont au-dessus de notre consci5ce intelligible1 et qui se confond5t avec les lm5ts ess5tiels et p\r a9si dire univ]sels de notre tre4 ,ensuite1 il ne ti5t qu' n\s qu'elle devi5ne aussi quitable que peut l'tre un in/rum5t huma91 t\j\rs sujet aux has>ds1 aux erreurs et aux dfaillances4 ,il e/ c]ta9 que son tude e/ accessible t\t homme valide4 ,elle n'exige ni une =ce musculaire anormale ni une agilit exceptionnelle4 ,il suffit que le mo9s d\ d'entre n\s lui consacre deux ou trois heures *aque sema9e4 ,il acqu]ra une s\plesse et une prcision suffisantes p\r dc\vrir assez rapidem5t ce que les a/ronomes appell]ai5t son quation p]sonnelle1 p\r atte9dre sa moy5ne individuelle1 qui e/ en mme temps une moy5ne gnrale1 que seuls quelques bretteurs1 quelques pr(essionnels1 quelques oisifs p>vi5n5t dpass]1 au prix de longs1 pnibles et trs +rats ef=ts4 99 99 99 ,cette moy5ne atte9te1 n\s p\vons confi] notre vie la po9te de la frle mais r$\table lame4 ,elle e/ la magici5ne qui tablit aussitt des rapports n\veaux entre deux =ces que nul n'aurait song comp>]4 ,elle p]met au na9 qui a raison de t5ir tte au colosse qui a tort4 ,elle conduit gracieusem5t sur des sommets plus clairs l'norme viol5ce aux cornes de taureau2 et voici que la bte primitive e/ oblige de s'arrt] devant une puissance qui n'a plus ri5 de commun avec les v]tus basses1 in=mes et tyranniques de la t]re1 je veux dire3 le poids1 la masse1 la quantit1 la cohsion /upide de la matire4 ,entre elle et le po+ il y a l'paisseur d'un univ]s1 un ocan de sicles et presque la di/ance de l'animal l'homme4 ,elle e/ f] et esprit1 aci] et intellig5ce4 ,elle ass]vit le muscle la p5se1 et contra9t la p5se respect] le muscle qui la s]t4 ,elle e/ idale et positive1 *imrique et ple9e de bon s5s4 ,elle e/ bl\issante et nette comme l'clair1 ins9uante1 insaisissable et multi=me comme un rayon de lune ou de soleil4 ,elle e/ fidle et capricieuse1 noblem5t ruse1 loyalem5t p]fide4 ,elle fleurit d'un s\rire la rancune et la ha9e4 ,elle transfigure la brutalit4 ,grce elle1 comme p> un ferique pont susp5du sur l'abme de tnbres1 la raison1 le c\rage1 l'assurance du bon droit1 la pati5ce1 le mpris du dang]1 le sacrifice l'am\r1 l'ide1--t\t un monde moral1 entre en matre dans le *aos orig9el1 le dompte et l'organise4 ,elle e/1 p> excell5ce1 l'arme de l'homme2 celle qui1 t\tes les autres pr\ves et elle-mme inconnue1 devrait tre inv5te1 p>ce qu'elle s]t le mieux ses facults les plus div]ses1 le plus purem5t huma9es1 et qu'elle e/ l'in/rum5t le plus direct1 le plus maniable et le plus loyal de son intellig5ce1 de sa =ce et de sa ju/ice df5sives4 99 99 99 ,mais le plus admirable1 c'e/ que ses dcisions ne sont pas mcaniques ni ma?matiquem5t prtablies4 ,p> l1 elle ressemble ces jeux o se ml5t m]veilleusem5t1 p\r int]rog] notre =tune1 le has>d et la sci5ce2 jeux presque my/iques et t\j\rs passionnants1 o l'homme se plat tt] sa *ance aux conf9s de son tre4 ,que l'on mette en prs5ce deux adv]saires de moy5s manife/em5t 9gaux2 il n'e/ pas 9vitable1 il n'e/ mme pas c]ta9 que le plus vig\reux et le plus habile l'emporte4 ,une fois que n\s avons conquis notre matrise p]sonnelle1 notre pe c'e/ n\s-mme avec nos qualits et nos dfauts4 ,elle e/ notre f]met1 notre dv\em5t1 notre volont1 notre audace1 notre conviction1 notre ju/ice1 notre hsitation1 notre impati5ce1 notre cra9te4 ,n\s l'avons cultive avec so94 ,n\s n\s sommes mis la hauteur des possibilits qu'elle avait n\s (frir4 ,n\s lui avons donn t\t ce dont n\s p\vions dispos]2 elle n\s r5d intgralem5t t\t ce que n\s lui avions confi4 ,n\s n'avons aucun repro*e n\s faire2 n\s sommes en rgle avec l'in/9ct et le devoir de la cons]vation4 ,mais elle reprs5te encore autre *ose1 et prcism5t cette "p de n\s-mme que n\s sommes mis en demeure de has>d] aux heures graves de l'exi/5ce4 ,elle p]sonnifie une portion inconnue de notre tre1 et la p]sonnifie dans la conjoncture la plus favorable et la plus sol5nelle que l'homme puisse imag9] p\r int]pell] son de/92 c'e/--dire dans une circon/ance o l'entit my/rieuse qui vit en lui e/ directem5t seconde p> t\tes les facults s\mises la consci5ce4 ,elle met a9si en prs5ce non seulem5t deux =ces1 deux intellig5ces et deux lib]ts1 mais encore deux has>ds1 deux *ances1 deux my/res1 deux de/9es qui p>-dessus le re/e1 comme les dieux d',homre1 prsid5t au combat1 c\r5t1 t9cell5t1 s'allong5t et se r5contr5t sur sa lame4 ,qu& elle semble frapp] devant n\s dans le vide1 elle frappe rellem5t aux portes de notre sort2 et t&is que la mort voltige aut\r d'elle1 celui qui la manie s5t qu'elle se drobe son esclavage antrieur1 qu'elle obx s\da9 d'autres lois que celles qui la guidai5t dans la salle d'armes4 ,elle accomplit une mission secrte3 avant de prononc] sa s5t5ce1 elle n\s juge2 ou plutt1 p> le seul fait que n\s l'agitons p]dum5t devant la gr&e et =midable nigme1 elle =ce notre de/9 n\s jug] n\s-mme4 ,,la ,,col,,re ,,des ,,abeilles ,on m'a dem& bi5 s\v5t1 depuis la ,vie des ,abeilles1 d'claircir l'un des my/res les plus r$\ts de la ru*e3 savoir la psy*ologie de ses irrsi/ibles1 de ses inexplicables1 s\da9es et p>fois mortelles colres4 ,il flotte en effet1 aut\r de la demeure des blondes fes du miel1 une f\le de cruelles et d'inju/es lg5des4 ,arrivs prs de l'enclos fleuri de rsda et de mlilot o b\rdonn5t les filles de lumire1 les plus braves des htes qui visit5t le j>d9 ral5tiss5t le pas et se tais5t malgr eux4 ,les mres affoles en c>t5t leurs enfants comme elles les c>t]ai5t de quelque feu lat5t ou d'un nid de vipres2 et l'leveur novice1 gant de cuir1 voil de gaze1 ent\r de torr5ts de fume1 n'affronte l'nigmatique citadelle qu'avec le petit frisson inav\ qui prcde les gr&es batailles4 ,qu'y a-t-il de raisonnable au fond de ces cra9tes traditionnelles8 ,l'abeille e/-elle vraim5t dang]euse8 ,se laisse-t-elle apprivois]8 ,y a-t-il pril s'appro*] des ru*es8 ,faut-il fuir ou brav] leur colre8 ,l'apiculteur a-t-il quelque secret ou quelque talisman qui le prs]ve des piqres8 ,voil les que/ions que v\s pos5t anxieusem5t t\s ceux qui vi5n5t d'in/all] un timide ru*] et qui comm5c5t leur appr5tissage4 99 99 99 ,l'abeille1 en gnral1 n'e/ ni malveillante1 ni agressive2 mais p>at assez capricieuse4 ,elle a contre c]ta9es g5s des antipa?ies inv9cibles2 elle a aussi des j\rs d'n]vem5t1--p> exemple l'appro*e d'un orage1--o elle se montre extrmem5t irritable4 ,elle a l'odorat trs subtil et trs susceptible1 elle ne tolre aucun p>fum et abom9e p>-dessus t\t l'odeur de la sueur huma9e et de l'alcool4 ,elle ne s'apprivoise pas1 au s5s propre du mot1 mais t&is que les ru*es qu'on ne visite jamais devi5n5t h>gneuses et mfiantes1 celles qu'on ent\re de so9s quotidi5s s'acc\tum5t aism5t la prs5ce discrte et prud5te de l'homme4 ,enf91 il exi/e1 p\r mani] presque impunm5t les abeilles1 un c]ta9 nombre de petits expdi5ts1 v>iables selon les circon/ances1 que la pratique seule peut enseign]4 ,mais il e/ temps de rvl] le gr& secret de leurs colres4 99 99 99 ,l'abeille1 au fond si pacifique1 si longanime1 qui ne pique jamais 7 mo9s qu'on ne l'crase7 qu& elle but9e p>mi les fleurs1 une fois r5tre *ez elle1 dans son royaume aux monum5ts de cire1 g>de ce c>actre bn9 et tolrant1 ou devi5t viol5te et mortellem5t dang]euse1 selon que sa ville mat]nelle e/ opul5te ou pauvre4 ,ici encore1 comme il arrive s\v5t qu& on tudie les murs de ce petit peuple ard5t et my/rieux1 les prvisions de la logique huma9e sont entirem5t dr\tes4 ,il s]ait naturel que les abeilles df5diss5t avec a*>nem5t une cit dbordante de trsors si pniblem5t amasss1 une cit comme on en r5contre dans les bons ru*]s1 o le nect>1 ne tr\vant plus place dans les alvoles sans nombre qui reprs5t5t des milli]s de b>riques empiles des caves aux gr5i]s1 ruisselle en /alactites d'or le long des murailles bruissantes et envoie au lo9 dans la campagne1 comme une rponse heureuse aux p>fums phmres des calices qui s'ouvr5t1 le p>fum plus durable du miel o vit le s\v5ir des calices que le temps a f]ms4 ,or il n'en e/ ri54 ,plus leur demeure e/ ri*e1 mo9s elles montr5t d'ardeur combattre aut\r d'elle4 ,ouvrez ou r5v]sez une ru*e opul5te3 si v\s avez eu so9 d'c>t] l'aide d'une b\ffe de tabac les s5t9elles de l'entre1 il s]a extrmem5t r>e que les autres abeilles song5t v\s disput] le liquide but9 conquis sur les s\rires et sur t\tes les grces des beaux mois azurs4 ,faites-en l'expri5ce1 je v\s promets l'impunit si v\s ne t\*ez qu'aux ru*es les plus l\rdes4 ,v\s les ret\rn]ez et v\s les vid]ez comme de vibrantes mais in(f5sives amphores4 ,qu'e/-ce dire8 ,les pres amazones ont-elles p]du c\rage8--l'abondance les a-t-elle amollies1 et1 l'exemple des habitants trop =tuns des villes luxueuses1 se sont-elles d*>ges des devoirs prilleux sur les malheureux m]c5aires qui veill5t prs des portes8 ,non2 on ne rem>que po9t que le plus gr& bonheur n]ve leur v]tu4 ,au contraire2 plus la rpublique e/ prospre1 plus les lois y sont dures et svrem5t appliques1 et l'ouvrire d'une ru*e o le sup]flu s'accumule travaille avec bi5 plus d'ardeur que celle d'une ru*e indig5te4 ,il y a d'autres raisons que n\s ne pntrons pas entirem5t1 mais qui sont vraisemblables p\r peu qu'on ti5ne compte de l'int]prtation eff>e que la pauvre abeille doit donn] nos ge/es mon/rueux4 ,en voyant t\t c\p son imm5se demeure s\leve1 culbute1 entr'ouv]te1 elle s'imag9e probablem5t qu'il s'agit d'une cata/rophe 9vitable et naturelle contre laquelle il s]ait ins5s de lutt]4 ,elle ne rsi/e plus1 mais elle ne fuit pas4 ,ayant admis la ru9e1 il semble que dj elle voie dans son in/9ct la demeure future1 qu'elle espre rebtir avec les matriaux arra*s la ville v5tre4 ,elle laisse le prs5t sans df5se p\r sauv] l'av5ir4 ,ou bi51 e/-ce que1 peut-tre1 comme le *i5 de la fable1 le *i5 qui porte au c\ le dn] de son matre1 con/atant que t\t e/ p]du sans ret\r1 elle aime mieux prir en pr5ant sa "p du pillage et pass] de la vie la mort dans une orgie unique et prodigieuse8 ,n\s ne savons au ju/e4 ,comm5t sond]ions-n\s les mobiles de l'abeille1 alors que ceux des plus simples actions de nos frres n\s sont inaccessibles8 99 99 99 ,t\j\rs e/-il qu' *aque gr&e preuve de la cit1 *aque tr\ble qui leur p>at avoir un c>actre 9luctable1 ds que l'affolem5t s'e/ propag de pro*e en pro*e p>mi le peuple noir et frmissant1 les abeilles se prcipit5t sur les rayons1 arra*5t violemm5t les c\v]cles sacrs des provisions d'hiv]1 bascul5t la tte la premire dans les cuves odorantes1 y plong5t t\t entires1 y aspir5t longuem5t le *a/e v9 des fleurs1 s'en gorg5t1 s'en enivr5t jusqu' ce que leurs v5tres c]cls d'anneaux de bronze s'allong5t et se di/5d5t comme des outres trangles4 ,or l'abeille gonfle de miel ne peut plus c\rb] l'abdom5 selon l'angle requis p\r tir] l'aiguillon4 ,elles devi5n5t ds lors mcaniquem5t1 p\r a9si dire1 in(f5sives4 ,on s'imag9e en gnral que l'apiculteur use de l'enfumoir p\r t\rdir1 asphyxi] demi les belliqueuses trsorires de l'azur1 et s'introduire a9si1 la faveur d'un sommeil sans df5se1 dans le palais des innombrables amazones endormies4 ,c'e/ une erreur2 la fume s]t d'abord ref\l] les g>di5nes du seuil1 t\j\rs sur le qui-vive et extrmem5t belliqueuses3 puis deux ou trois b\ffes vont sem] la panique p>mi les ouvrires2 la panique provoque la my/rieuse orgie1 et l'orgie l'impuissance4 ,a9si s'explique que l'on peut1 les bras nus et le visage dc\v]t1 ouvrir les plus populeuses ru*es1 en exam9] les rayons1 sec\] les abeilles1 les rp&re ses pi$s1 les amoncel]1 les transvas] comme des gra9s de bl et rcolt] tranquillem5t le miel1 au milieu de l'ass\rdissante nue des ouvrires dpossdes1 sans avoir subir une seule piqre4 99 99 99 ,mais malheur qui t\*e aux ru*es pauvres6 loignez-v\s des habitacles de misre6 ,ici1 la fume n'a plus aucun pre/ige1 et pe9e aurez-v\s envoy les premires b\ffes que v+t mille dmons aigus et frntiques jailliront de l'ence9te1 accabl]ont vos ma9s1 t\rdiront vos yeux1 noirciront votre face4 ,nul tre vivant1 except l'ours1 dit-on1 et le sph9x ,atropos1 ne rsi/e la rage des lgions acres4 ,surt\t ne luttez pas1 la fureur gagn]ait les colonies vois9es2 et l'odeur du v59 rp&u affol]ait t\tes les rpubliques d'al5t\r4 ,il n'e/ d'autre salut que dans une prompte fuite trav]s les buissons4 ,l'abeille e/ mo9s rancunire1 mo9s implacable que la gupe et p\rsuit r>em5t l'ennemi4 ,si la fuite e/ impossible1 l'immobilit absolue p\rrait seule la calm] ou lui donn] le *ange4 ,elle r$\te et attaque t\t m\vem5t trop brusque1 mais p>donne aussitt ce qui ne b\ge plus4 ,les ru*es pauvres viv5t1 ou plutt meur5t au j\r le j\r1 et c'e/ p>ce qu'elles n'ont pas de miel en leurs celli]s que la fume n'a po9t d'action sur les abeilles4 ,ne p\vant se gorg] comme leurs surs des tribus plus heureuses1 les possibilits d'une cit future n'g>5t pas leur ardeur4 ,elles ne p5s5t qu' prir sur le seuil pr(an et1 maigres1 efflanques1 agiles1 effrnes1 le df5d5t avec un hrosme1 un a*>nem5t in\s4 ,aussi l'apiculteur prud5t ne dplace-t-il jamais les ru*es indig5tes sans avoir fait un sacrifice pralable aux ,eumnides affames4 ,il leur (fre un gteau de miel4 ,elles acc\r5t1 puis1 la fume aidant1 elles s'enfl5t et s'enivr5t1--et les voil rduites l'impuissance comme les ri*es b\rgeoises des cellules plantureuses4 99 99 99 ,il y aurait encore beauc\p dire sur la colre des abeilles et sur leurs antipa?ies s+ulires4 ,ces antipa?ies sont s\v5t si tranges qu'on les attribua longtemps1 qu'on les attribue encore1 p>mi les paysans1 des causes morales1 des intuitions my/iques et pr(ondes4 ,on e/ conva9cu1 p> exemple1 que les virg9ales v5dangeuses ne peuv5t support] l'appro*e de l'impudique1 surt\t de l'adultre4 ,il s]ait surpr5ant que le plus raisonnable des tres qui viv5t avec n\s sur ce globe incomprh5sible atta*ass5t tant d'importance un p* s\v5t =t innoc5t4 ,au fond1 elles n'en ont cure2 mais elles1 dont la vie e/ b]ce t\t entire au s\ffle nuptial et somptueux des fleurs1 ont horreur des p>fums que n\s drobons celles-ci4 ,faut-il croire que la *a/et rp& mo9s de p>fums que l'am\r8 ,e/-ce l l'orig9e de la rancune des jal\ses abeilles et de l'au/re lg5de qui v5ge des v]tus aussi jal\ses qu'elles8 ,quoi qu'il en soit1 elle e/ class]1 cette lg5de1 au nombre de tant d'autres qui croi5t faire gr& honneur aux phnomnes de la nature en leur prtant des s5tim5ts huma9s4 ,il convi5drait au contraire de ml] le mo9s possible notre psy*ologie huma9e t\t ce que n\s ne compr5ons pas facilem5t2 il convi5drait de ne *]*] nos explications qu'en dehors1 en dea ou au del de l'homme2 c> c'e/ probablem5t l que se tr\v5t les rvlations dcisives que n\s att5dons encore4 ,,le ,,suffrage ,,univ]sel ,il semble que peu peu1 t\t s'accorde pr\v] que les d]nires vrits se tr\v5t aux po9ts extrmes des p5ses que l'homme avait refus d'explor] jusqu'ici4 ,on peut l'affirm] p\r les sci5ces morales comme p\r les positives2 et aucune raison n'emp*e d'y jo9dre la politique qui n'e/ qu'un prolongem5t de la morale4 ,l'humanit1 durant des sicles1 a vcu en quelque sorte mi-*em9 d'elle-mme4 ,mille prjugs1 et avant t\t les normes prjugs religieux1 lui ca*ai5t les sommets de sa raison et de ses s5tim5ts4 ,ma9t5ant que se sont notablem5t affaisses la plup>t des montagnes artificielles qui s'levai5t entre ses yeux et l'horizon rel de son esprit1 elle pr5d la fois consci5ce d'elle-mme1 de sa situation p>mi les mondes et du b o elle veut ab\tir4 ,elle comm5ce compr5dre que t\t ce qui ne va pas aussi lo9 que les conclusions logiques de son intellig5ce n'e/ qu'un jeu inutile sur la r\te4 ,elle se dit qu'il faudra faire dema9 le *em9 qu'on n'a po9t p>c\ru auj\rd'hui et qu'en att5dant1 p]dre a9si son temps entre *aque tape1 il n'y a ri5 gagn] qu'un peu de paix trompeuse4 ,il e/ crit dans notre nature que n\s sommes des tres extrmes2 c'e/ notre =ce et la cause de notre progrs4 ,n\s n\s portons ncessairem5t et in/9ctivem5t aux d]nires limites de notre tre4 ,n\s ne n\s s5tons vivre1 et n\s ne p\vons organis] une vie qui n\s satisfasse qu'aux conf9s de nos possibilits4 ,grce cet in/9ct qui s'claire1 il y a une t5dance de plus en plus unanime ne plus s'arrt] aux solutions int]mdiaires1 vit] dornavant les expri5ces mi-cte1 ou du mo9s pass] sur elles le plus rapidem5t possible4 99 99 99 ,ce n'e/ pas dire que cette t5dance aux extrmes suffise n\s guid] v]s les c]titudes df9itives4 ,il y a t\j\rs deux extrmes entre lesquels il faut *oisir2 et il e/ s\v5t difficile de dt]m9] lequel e/ au po9t de d"p et lequel au po9t d'arrive4 ,en morale1 p> exemple1 n\s avons n\s dcid] entre l'gsme ou l'altruisme absolu1 et en politique1 entre le g\v]nem5t le mieux organis qu'il soit possible d'imag9]1 dirigeant et protgeant les mo9dres actes de notre vie1 ou l'abs5ce de t\t g\v]nem5t4 ,les deux que/ions sont encore insolubles4 ,cep5dant il e/ p]mis de croire que l'altruisme absolu e/ plus extrme et plus prs de notre b que l'gsme absolu1 de mme que l'an>*ie e/ plus extrme et plus prs de la p]fection de notre espce que le g\v]nem5t le plus m9utieusem5t1 le plus irrpro*ablem5t organis2 tel que celui qu'on p\rrait p> exemple imag9] aux d]nires limites du socialisme intgral4 ,il e/ p]mis de le croire p>ce que l'altruisme absolu et l'an>*ie sont les =mes extrmes qui requir5t l'homme le plus p>fait4 ,or1 c'e/ du ct de l'homme p>fait que n\s avons t5dre nos reg>ds2 c> c'e/ de ce ct qu'il faut espr] que l'humanit se dirige4 ,l'expri5ce ne dm5t pas encore qu'on risque mo9s de se tromp] en portant les yeux devant soi qu'en les portant d]rire soi1 en reg>dant trop haut qu'en reg>dant trop bas4 ,t\t ce que n\s avons obt5u jusqu'ici a t annonc et p\r a9si dire appel p> ceux qu'on accusait de reg>d] trop haut4 ,il e/ donc sage1 dans le d\te1 de s'atta*] l'extrme qui suppose l'humanit la plus p>faite1 la plus noble et la plus gnreuse4 ,c'e/ a9si qu'on a pu rpondre qui dem&ait s'il tait bon d'accord] aux hommes1 malgr leurs imp]fections actuelles1 une lib]t aussi complte que possible3 ,oui1 il e/ du devoir de t\s ceux dont les p5ses prcd5t la masse inconsci5te1 de dtruire t\t ce qui entrave la lib]t des hommes1 comme si t\s les hommes mritai5t d'tre libres1 quoiqu'on sa*e qu'ils ne mrit]ont de l'tre que bi5 longtemps aprs leur dlivrance4 ,l'usage h>monieux de la lib]t ne s'acqui]t que p> un long abus des bi5faits de celle-ci4 ,c'e/ en allant d'abord l'idal le plus loign et le plus haut qu'on a le plus de *ance de dc\vrir ensuite l'idal le meilleur4--,ce qui e/ vrai de la lib]t l'e/ galem5t des autres droits de l'homme4 99 99 99 ,p\r appliqu] ce pr9cipe au suffrage univ]sel1 rappelons-n\s l'volution politique des peuples mod]nes4 ,elle suit une c\rbe uni=me et inflexible4 ,un un ces peuples *app5t la tyrannie4 ,un g\v]nem5t plus ou mo9s ari/ocratique ou pl\tocratique1 lu d'un suffrage re/re9t1 remplace l'autocrate4 ,ce g\v]nem5t cde son t\r1 ou e/ presque p>t\t sur le po9t de cd] au g\v]nem5t de t\s p> le suffrage univ]sel4 ,a quoi ab\tira celui-ci8 ,n\s ramn]a-t-il la tyrannie8 ,se trans=m]a-t-il en suffrage gradu8 ,devi5dra-t-il une sorte de m&>9at1 le g\v]nem5t d'une lite ou une an>*ie organise8 ,n\s ne le savons pas encore1 aucun peuple n'ayant jusqu'ici dpass la phase du suffrage de t\s4 99 99 99 ,presque p>t\t1 p\r obir la loi auj\rd'hui si active qui n\s porte aux extrmes1 on brle les tapes af9 d'atte9dre plus vite ce qui p>at tre le d]ni] idal politique des peuples3 le suffrage univ]sel4 ,cet idal masquant encore compltem5t l'idal meilleur qui se ca*e probablem5t d]rire lui1 et ne p>aissant pas ce qu'il e/ peut-tre3 une solution provisoire1 arrt]a1 jusqu' ce qu'on ait puis t\tes les illusions qu'il r5f]me1 les reg>ds et les vux de l'humanit4 ,c'e/ le b ncessaire1 bon ou mauvais1 v]s lequel s'avanc5t les nations4 ,il e/ indisp5sable la ju/ice in/9ctive de la masse que l'volution s'accomplisse4 ,t\t ce qui l'entrave n'e/ qu'ob/acle phmre4 ,t\t ce qui prt5d amlior] cet idal avant qu'il ait t atte9t le recule v]s l'erreur du pass4 ,comme t\t idal univ]sel et imprieux1 comme t\t idal qui se =me dans les pr(ondeurs de la vie anonyme1 il a d'abord le droit de se ralis]4 ,si aprs sa ralisation on rem>que qu'il ne ti5t pas ce qu'il avait promis1 il s]a ju/e qu'on songe le p]fectionn] ou le remplac]4 ,en att5dant1 il e/ inscrit dans l'in/9ct de la masse1 aussi inde/ructiblem5t que dans le bronze1 que t\s les peuples ont le droit naturel de pass] p> cette phase de l'volution politique du polypi] huma91 et d'int]rog]1 *acun son t\r1 *acun dans sa langue1 avec ses v]tus et ses dfauts p>ticuli]s1 les possibilits de bonheur qu'elle apporte4 ,c'e/ p\rquoi1 ple9 du devoir de vivre1 cet idal e/ trs ju/em5t jal\x1 intolrant et excessif4 ,comme t\t organisme encore jeune1 il lim9e violemm5t ce qui peut altr] la puret de son sang4 ,il e/ possible que les lm5ts emprunts la mon>*ie et l'ari/ocratie qu'on essaye d'introduire dans ses ve9es adolesc5tes soi5t excell5ts en eux-mmes2 mais ils lui sont nuisibles puisqu'ils lui inocul5t le mal dont il a d'abord se gurir4 ,avant que le g\v]nem5t de t\s soit r5du plus sage1 plus limpide et plus h>monieux p> le mlange d'autres rgimes1 il e/ ncessaire qu'il se soit purifi p> sa propre f]m5tation4 ,c'e/ aprs qu'il se s]a db>rass de t\tes les traces1 de t\s les s\v5irs du pass1 aprs qu'il aura rgn dans la c]titude et l'intgrit de sa =ce1 qu'il convi5dra de l'invit] *oisir dans ce pass2 ce qui importe son av5ir4 ,il l'y pr5dra selon ses apptits naturels1 qui1 de mme que les apptits naturels de t\t tre vivant1 sav5t de sci5ce sre ce qui e/ indisp5sable au my/re de la vie4 99 99 99 ,les peuples ont donc raison de rejet] provisoirem5t ce qui e/ peut-tre meilleur que le suffrage univ]sel4 ,il e/ possible que la f\le admette p> la suite que les plus intellig5ts disc]n5t et g\v]n5t mieux que les autres le bi5 de t\s4 ,elle leur accord]a alors une prpondrance lgitime4 ,p\r l'in/ant1 elle n'y songe pas encore4 ,elle n'a pas eu le temps de se reconnatre4 ,elle n'a pas eu le temps d'puis] des expri5ces qui p>aiss5t absurdes1 mais qui sont ncessaires p>ce qu'elles db>rass5t le lieu o se ca*5t sans d\te les d]nires vrits4 ,il en e/ des peuples comme des individus3 ce qui compte1 c'e/ ce qu'ils appr5n5t p> eux-mmes1 leurs dp5s1 et leurs erreurs =m5t les bi5s de l'av5ir4 ,il ne s]t de ri5 de dire un homme durant son enfance ou sa jeunesse3 ,ne m5tez pas1 ne trompez po9t1 ne faites pas s\ffrir4 ,ces prceptes de sagesse1 qui sont en mme temps des prceptes de bonheur1 ne pntr5t en lui1 ne n\rriss5t ses p5ses1 ne devi5n5t des ralits bi5faisantes qu'aprs que la vie les lui a rvls comme des vrits n\velles et magnifiques que p]sonne n'avait s\ponnes4 ,de mme1 il e/ inutile de rpt] un peuple qui *]*e son de/93 ,ne croyez pas que le nombre ait raison2 qu'un m5songe affirm p> c5t b\*es cesse d'tre un m5songe1 qu'une erreur proclame p> une tr\pe d'aveugles devi5ne une vrit que la nature sanctionn]a4 ,ne croyez pas davantage qu'en v\s mettant dix mille qui ignor5t contre un seul qui sait1 v\s saurez quelque *ose1 ou que v\s =c]ez la plus humble des lois t]nelles v\s suivre1 dlaiss] celui qui l'avait reconnue4 ,non1 la loi re/]a sa place prs du sage qui la dc\vrit1 et tant pis p\r v\s t\s si v\s v\s loignez sans l'avoir accepte6 ,v\s la retr\v]ez un j\r sur votre r\te1 et ce que v\s aurez fait en p5sant l'esquiv] t\rn]a contre v\s4 99 99 99 ,ce qu'on dit a9si la f\le e/ trs vrai2 mais il e/ non mo9s vrai que t\t cela ne devi5t efficace qu'aprs avoir t pr\v et vcu4 ,dans ces problmes o conv]g5t t\tes les nigmes de la vie1 la f\le qui se trompe a presque t\j\rs raison contre le sage qui a raison4 ,elle refuse de le croire sur p>ole4 ,elle s5t obscurm5t que d]rire les plus vid5tes vrits ab/raites il y a d'innombrables vrits vivantes que nul c]veau ne peut prvoir1 c> il leur faut le temps1 la ralit et les passions des hommes p\r dvelopp] leur uvre4 ,c'e/ p\rquoi1 quelque av]tissem5t qu'on lui donne1 quelque prdiction que l'on fasse1 elle exige qu'avant t\t on t5te l'expri5ce4 ,p\vons-n\s dire que l o elle l'obt9t elle ait eu tort de l'exig]8 ,il faudrait une tude spciale p\r exam9] ce que le suffrage univ]sel a aj\t l'intellig5ce gnrale1 la consci5ce1 la dignit1 la solid>it civiques des peuples qui l'ont pratiqu2 mais qu& il n'aurait fait autre *ose que crer1 comme en ,amrique et en ,france1 le s5tim5t d'galit relle qu'on y respire comme une atmosphre plus huma9e et plus pure1 et qui semble n\velle et presque prodigieuse ceux qui vi5n5t d'ailleurs1 ce s]ait dj un bi5fait qui f]ait p>donn] ses plus graves erreurs4 ,en t\t cas1 c'e/ la meilleure prp>ation ce qui doit v5ir4 ,,le ,,drame ,,mod]ne ,qu& je p>le du drame mod]ne1 il va de soi que je n'ent5ds m'occup] que de ce qui a lieu dans les rgions vraim5t n\velles et encore mdiocrem5t peuples de la littrature dramatique4 ,plus bas1 dans les ?tres ord9aires1 le drame ord9aire et traditionnel subit1 d'une manire trs l5te1 l'influ5ce du ?tre d'avant-g>de1 mais il e/ inutile d'att5dre les tran>ds qu& on a l'occasion d'int]rog] les claireurs4 ,ce qui1 ds le premi] reg>d1 c>actrise le drame d'auj\rd'hui1 c'e/ d'abord l'affaiblissem5t et p\r a9si dire la p>alysie progressive de l'action extrieure1 ensuite une t5dance trs nette desc5dre plus avant dans la consci5ce huma9e et accord] une "p plus gr&e aux problmes moraux2 et enf9 la re*]*e1 encore bi5 ttonnante1 d'une sorte de posie n\velle1 plus ab/raite que l'anci5ne4 ,on ne saurait le ni]1 il y a sur les scnes actuelles1 beauc\p mo9s d'av5tures viol5tes et extraord9aires4 ,le sang y e/ plus r>em5t rp&u1 les passions y sont mo9s excessives1 l'hrosme mo9s pre1 le c\rage mo9s f>\*e et mo9s matriel4 ,on y meurt encore1 il e/ vrai1 c> on m\rra t\j\rs dans la ralit2 mais la mort n'e/ plus1--ou du mo9s1 on peut espr] que bi5tt elle ne s]a plus1--l'ultima ratio1 le cadre indisp5sable1 le b 9vitable de t\t pome dramatique4 ,il e/ peu frqu5t1 en effet1 dans notre vie1 cruelle peut-tre1 mais d'une manire ca*e et sil5cieuse1 il y e/ peu frqu5t que les plus viol5tes de nos crises se t]m95t p> la mort2 et le ?tre1 encore que plus l5t que t\s les autres arts suivre les volutions de la consci5ce huma9e doit cep5dant f9ir p> en t5ir compte lui aussi1 dans une c]ta9e mesure4 ,il e/ c]ta9 que les anecdotes antiques et fatales qui con/ituai5t t\t le fond du ?tre classique1 que les faits div]s itali5s1 espagnols1 sc&9aves ou lg5daires qui =m5t la trame de t\tes les uvres de l'poque ,%akespe>i5ne et aussi1--p\r ne pas entirem5t pass] s\s sil5ce un art inf9im5t mo9s spontan1--de t\tes celles du romantisme franais et allem&2 il e/ c]ta91 dis-je1 que ces anecdotes n'(fr5t plus p\r n\s l'intrt immdiat qu'elles (frai5t en un temps o elles tai5t quotidi5nem5t et trs naturellem5t possibles1 o1 t\t au mo9s1 les circon/ances1 les s5tim5ts1 les murs qu'elles voquai5t1 n'tai5t po9t encore te9ts dans l'esprit de ceux qui les voyai5t reproduits devant eux4 ,mais ces av5tures ne correspond5t plus p\r n\s une ralit vivante et actuelle4 ,si un jeune homme aime auj\rd'hui au milieu d'ob/acles qui reprs5t5t plus ou mo9s1 dans un autre ordre d'ides et d'vnem5ts1 ceux qui entravr5t l'am\r de ,romo1 n\s savons p>faitem5t que ri5 de ce qui fait la posie et la gr&eur des am\rs de ,vrone n'embellira son av5ture4 ,il n'y aura plus l l'atmosphre enivrante d'une vie seigneuriale et passionne4 ,il n'y aura plus de combats dans des rues pittoresques1 plus d'int]mdes somptueux ou sanglants1 plus de poison my/rieux1 plus de spulcre fa/ueusem5t complaisant4 ,o s]a-t-elle1 la gr&e nuit d't1 qui n'e/ si va/e1 si sav\reuse et si comprh5sible que p>ce qu'elle e/ dj t\t inonde de l'ombre d'une mort 9vitable et hroque8 ,otez t\s ces beaux ornem5ts l'hi/oire de ,romo et de ,juliette1 et v\s n'aurez plus que le trs simple et trs ord9aire lan d'un malheureux adolesc5t de noble cur v]s une jeune fille que des p>5ts ob/9s lui refus5t4 ,t\te la posie1 t\te la spl5deur1 t\te la vie passionne de cet lan e/ faite de l'clat1 de la noblesse1 du tragique propres au milieu o il s'pan\it2 et il n'e/ pas un bais]1 un murmure d'am\r1 pas un cri de colre1 de d\leur ou de dsespoir1 qui n'emprunte sa gr&eur1 sa grce1 son hrosme1 sa t5dresse2 en un mot t\tes les images p> quoi il e/ r5du visible1 aux objets1 aux tres qui l'ent\r5t4 ,ce qui fait la beaut1 la d\ceur d'un bais]1 c'e/ bi5 mo9s le bais] mme1 que le lieu1 l'heure et les circon/ances o il se donne4 ,du re/e1 on p\rrait faire les mmes obs]vations si l'on supposait un homme de nos j\rs jal\x comme ,o!llo1 ambitieux comme ,macbe?1 malheureux comme ,le>1 indcis1 inquiet et accabl d'un devoir effrayant et irralisable comme ,hamlet4 ,ces circon/ances ne sont plus4 ,l'av5ture du ,romo mod]ne1 ne considr] que les vnem5ts extrieurs qu'elle f]ait natre1 ne f\rnirait pas la matire de deux actes4 ,on me dira qu'un pote actuel1 v\lant mettre sur la scne quelque pome d'am\r analogue1 e/ p>faitem5t libre de *oisir dans le pass1 un milieu plus dcoratif et plus f]tile en incid5ts hroques et tragiques que celui o n\s vivons4 ,il e/ vrai2 mais quel e/ le rsultat de cet expdi5t8 ,c'e/ que des s5tim5ts1 des passions qui ont beso9 p\r se dvelopp]1 p\r all] jusqu'au b\t d'eux-mmes1 de l'atmosphre d'auj\rd'hui 7c> les passions et les s5tim5ts d'un pote mod]ne sont1 malgr lui1 entirem5t1 exclusivem5t mod]nes71 se tr\v5t brusquem5t transplantes dans un t]ra9 o t\t les emp*e de vivre4 ,ils n'ont plus la foi1 et on leur impose l'espoir et la cra9te de *tim5ts t]nels4 ,ils croi5t p\voir compt] dans leur dtresse sur une f\le de =ces n\velles1 enf9 huma9es1 quitables et sres2 et les voil dans un sicle o t\t se dcide p> la prire ou l'pe4 ,ils ont pr(it1 leur insu peut-tre1 de t\tes nos acquisitions morales1 et on les replonge brusquem5t dans l'abme de j\rs o le mo9dre ge/e e/ dt]m9 p> des prjugs qui doiv5t les faire s\rire ou trembl]4 ,que v\lez-v\s qu'il en advi5ne2 et comm5t espr] qu'ils y puiss5t subsi/]8 ,mais ne n\s arrtons pas davantage aux pomes ncessairem5t artificiels qui naiss5t de cet impossible m>iage du pass et du prs5t4 ,pr5ons le drame qui rpond vritablem5t notre ralit1 comme la tragdie grecque rpondait la ralit grecque1 et le drame de la ,r5aissance aux ralits de la ,r5aissance4 ,il se dr\le dans une maison mod]ne1 entre des hommes et des femmes d'auj\rd'hui4 ,les noms des protagoni/es immatriels1 qui sont les s5tim5ts et les ides1 demeur5t peu prs les mmes qu'autrefois4 ,on reconnat l'am\r1 la ha9e1 l'ambition1 l'envie1 l'avidit1 la jal\sie1 l'in/9ct de ju/ice1 l'ide du devoir1 la piti1 la bont1 le dv\em5t1 l'apa?ie1 l'gsme1 l'orgueil1 la vanit1 etc4 ,mais si les noms sont peu prs les mmes1 quel po9t l'aspect1 les qualits1 l't5due1 l'influ5ce1 les habitudes intimes de ces acteurs idaux1 ne se sont-ils pas modifis6 ,ils n'ont plus une seule de leurs armes1 un seul des m]veilleux ornem5ts de jadis4 ,il n'y a presque plus de cris1 trs r>em5t du sang1 peu de l>mes visibles4 ,le bonheur et le malheur des tres se dcid5t dans une troite *ambre1 aut\r d'une table1 au co9 du feu4 ,on aime1 on s\ffre1 on fait s\ffrir1 on meurt sur place1 dans son co92 et c'e/ gr& has>d si une porte ou une f5tre s'entr'ouvre un mom5t s\s la p\sse d'un dsespoir ou d'une flicit extraord9aire4 ,il n'y a plus de beaut accid5telle et adv5tice2 il n'y a plus qu'une posie extrieure qui n'e/ pas encore dev5ue potique4 ,et quelle posie1 p\r peu qu'on aille au fond des *oses1 n'emprunte presque t\t son *>me et t\te son ivresse des lm5ts extrieurs8 ,enf9 il n'y a plus de ,dieu qui l>git ou dom9e l'action2 il n'y a plus de de/9 inexorable qui =me1 aux ge/es les plus insignifiants de l'homme1 un fond my/rieux1 tragique et sol5nel1 une atmosphre fconde et sombre1 qui p>v5ait ennoblir jusqu' ses crimes les mo9s excusables1 jusqu' ses plus misrables faiblesses4 ,il subsi/e1 il e/ vrai1 un inconnu t]rible2 mais il e/ si div]s1 si ondoyant1 si inc]ta91 si arbitraire1 si conte/able1 p\r peu qu'on essaye de le prcis]1 qu'il e/ =t dang]eux de l'voqu]1 =t difficile aussi de s'en s]vir de bonne foi p\r agr&ir jusqu'au my/re les ge/es1 les p>oles1 les actions des hommes que n\s c\doyons *aque j\r4 ,c'e/ a9si qu'on a essay t\r t\r de remplac] p> la problmatique et r$\table nigme de l'hrdit1 p> la gr&iose mais improbable nigme de la ju/ice imman5te1 p> plus d'une autre encore1 la va/e nigme de la ,provid5ce ou de la ,fatalit de jadis4 ,mais ne rem>que-t-on po9t que ces nigmes nes d'hi]1 p>aiss5t dj plus vieilles1 plus arbitraires1 plus invraisemblables que celles dont elles ont pris la place dans un accs d'orgueil8 ,ds lors o *]*] la gr&eur1 la beaut1 qui ne se tr\v5t plus dans l'action visible1 ni dans les p>oles qui n'ont plus gure d'images attrayantes1 att5du que les p>oles ne sont que des sortes de miroirs qui reflt5t la beaut de ce qui les ent\re1 et la beaut du monde n\veau o n\s vivons ne semble pas encore avoir envoy ses rayons jusqu' ces miroirs un peu l5ts4 ,o *]*] enf9 cette posie et cet horizon qu'il e/ p\r a9si dire impossible de retr\v] dans un my/re qui exi/e t\j\rs1 mais qui s'vapore ds qu'on essaye de lui donn] un nom8 ,on dirait que le drame mod]ne s'e/ confusm5t r5du compte de t\t cela4 ,ne p\vant plus s'agit] au dehors1 n'ayant plus d'ornem5ts extrieurs1 n'osant plus faire srieusem5t appel une div9it1 une fatalit dt]m9es1 il s'e/ repli sur lui-mme1 il a t5t de dc\vrir dans les rgions de la psy*ologie et dans celles de la vie morale1 l'quival5t de ce qu'il avait p]du dans la vie extrieure d'autrefois4 ,il a desc5du plus avant dans la consci5ce huma9e2 mais ici il s'e/ heurt des difficults inatt5dues et s+ulires4 ,desc5dre plus avant dans la consci5ce huma9e1 cela e/ p]mis et mme ordonn au p5seur1 au morali/e1 au romanci]1 l'hi/ori51 et1 la rigueur au pote lyrique2 mais le pote dramatique ne peut aucun prix tre un philosophe inactif ou un contemplateur4 ,quoi qu'on fasse1 quelque m]veille qu'on puisse un j\r imag9]1 la loi s\v]a9e1 l'exig5ce ess5tielle du ?tre s]a t\j\rs l'action4 ,qu& le rideau se lve1 le haut dsir intellectuel que n\s apportons se trans=me s\da92 et le p5seur1 le morali/e1 le my/ique ou le psy*ologue1 qui e/ en n\s1 cde la place au spectateur in/9ctif1 l'homme lectris ngativem5t p> la f\le1 et qui veut voir quelque *ose se pass] sur la scne4 ,si trange que soit cette trans=mation ou cette sub/itution1 elle e/ inconte/able2 elle ti5t videmm5t l'influ5ce de l'essaim huma91 une indniable facult de notre me1 qui e/ d\e d'un organe spcial1 primitif et presque imp]fectible1 p\r p5s] j\ir et s'm\voir en masse4 ,il n'e/ alors si admirables1 si pr(ondes p>oles qui bi5tt ne n\s importun5t1 si elles ne *ang5t ri5 la situation1 si elles n'ab\tiss5t un acte1 si elles n'amn5t un conflit dcisif1 si elles ne ht5t une solution df9itive4 ,mais d'o nat l'action dans la consci5ce de l'homme8 ,a un premi] degr1 elle natra de la lutte de div]ses passions opposes4 ,mais ds qu'elle s'lve un peu1 et1 y reg>d] de prs1 ds le premi] degr mme1 on peut dire qu'elle ne nat gure que d'une lutte entre une passion et une loi morale1 entre un devoir et un dsir4 ,aussi le drame mod]ne s'e/-il plong avec dlices dans t\s les problmes de la morale contempora9e1 et e/-il p]mis d'affirm] qu'il s'en n\rrit presque exclusivem5t4 ,cela comm5a p> les drames d',alex&re ,dumas fils1 qui mettai5t en scne les conflits moraux les plus lm5taires et vivai5t t\t enti]s sur des int]rogations telles1 que le morali/e idal qu'il faut t\j\rs suppos] dans le spectateur1 ne songe mme pas se les faire1 au c\rs de son exi/5ce spirituelle1 tant la rponse e/ vid5te4 ,faut-il p>donn] l'p\se ou l'p\x infidle8 ,e/-il l\able de se v5g] de l'infidlit p> l'infidlit8 ,un enfant naturel a-t-il des droits8 ,le m>iage d'incl9ation 7comme on l'appelle dans ces rgions7 e/-il prfrable au m>iage d'arg5t8 ,les p>5ts peuv5t-ils lgitimem5t s'oppos] un m>iage d'am\r8 ,le divorce e/-il f*eux qu& un enfant e/ n du m>iage8 ,l'adultre de la femme e/-il plus grave que celui du m>i8 etc41 etc444 ,au re/e p\r le dire en passant1 t\t le ?tre franais d'auj\rd'hui1 et une bonne p>tie du ?tre trang] qui n'en e/ que le reflet1 s'alim5te exclusivem5t de que/ions de ce g5re1 et des rponses gravem5t sup]flues qu'on y fait4 ,mais d'autre "p1 la po9te extrme de la consci5ce huma9e1 cela se t]m9e dans les drames de ,bjornson1 d',hauptmann et surt\t dans les drames d',ibs54 ,ici n\s arrivons au b\t des ress\rces de la dramaturgie n\velle4 ,en effet1 plus on desc5d dans la consci5ce de l'homme1 mo9s on y tr\ve de conflits4 ,on ne peut desc5dre trs avant dans une consci5ce qu' la condition que cette consci5ce soit trs claire2 c> il e/ indiffr5t de faire dix pas ou mille au fond d'une me plonge dans les tnbres1 on n'y tr\v]a ri5 d'imprvu1 ri5 de n\veau1 les tnbres tant p>t\t semblables elles-mmes4 ,or1 une consci5ce trs claire a des passions et des dsirs inf9im5t mo9s exigeants1 inf9im5t plus pacifiques1 plus pati5ts1 plus salutaires1 plus ab/raits et plus gnreux qu'une consci5ce ord9aire4 ,de l1 bi5 mo9s de luttes1 et1 en t\t cas1 des luttes bi5 mo9s ard5tes entre ces passions agr&ies et assagies p> le fait mme qu'elles sont plus hautes et plus va/es2 c> si ri5 n'e/ plus sauvage1 plus bruyant ni plus dva/ateur qu'un petit ruisseau encaiss2 ri5 n'e/ plus tranquille1 plus sil5cieux1 plus bi5faisant qu'un beau fleuve qui s'l>git4 ,et d'un autre ct1 cette consci5ce claire s'incl9]a devant inf9im5t mo9s de lois1 admettra inf9im5t mo9s de devoirs nuisibles ou d\teux4 ,il n'e/ p\r a9si dire pas de m5songe1 d'erreur1 de prjug1 de conv5tion1 de demi-vrit1 qui ne puisse pr5dre1 et rellem5t ne pr5ne1 lorsque l'occasion s'en prs5te1 la =me d'un devoir dans une consci5ce inc]ta9e4 ,c'e/ a9si que l'honneur au s5s *eval]esque et conjugal du mot 7j'ent5ds p> ce d]ni] t]me l'honneur du m>i qu'on fait dp5dre d'une faute de la femme71 la v5geance1 une sorte de pudeur maladive1 l'orgueil1 la vanit1 la pit env]s c]ta9s dieux1 mille autres illusions ont t et sont encore l'int>issable s\rce d'une multitude de devoirs absolum5t sacrs1 absolum5t indiscutables1 p\r un gr& nombre de consci5ces infrieures4 ,et ces soi-disant devoirs sont les pivots de presque t\s les drames de l'poque romantique1 et de la plup>t de ceux d'auj\rd'hui4 ,mais dans une consci5ce qu'une sa9e et vivante lumire a suffisamm5t pntre1 il devi5t trs difficile d'acclimat] un de ces sombres devoirs impitoyables qui p\ss5t fatalem5t l'homme qui le porte1 v]s le malheur ou la mort4 ,il ne s'y tr\ve plus d'honneur1 plus de v5geance1 plus de conv5tions qui rclam5t du sang4 ,on n'y r5contre plus de prjugs qui exig5t des l>mes1 ou d'inju/ice qui veuille le malheur4 ,il n'y rgne plus de dieux qui ordonn5t des supplices1 ni d'am\r qui dem&e des cadavres4 ,et qu& le soleil e/ entr dans la consci5ce du sage1 comme il faut espr] qu'il entr]a un j\r dans la consci5ce de t\s les hommes1 on n'y di/+ue plus qu'un seul devoir1 qui e/ de faire le mo9s de mal possible et d'aim] les autres comme on s'aime soi-mme2 et de ce devoir-l ne naiss5t gure de drames4 ,aussi1 voyez ce qui a lieu dans les drames d',ibs54 ,on y desc5d p>fois trs avant dans la consci5ce huma9e2 mais le drame ne demeure possible que p>ce qu'on y desc5d avec une lumire s+ulire1 une sorte de lumire r\ge1 sombre1 capricieuse et p\r a9si dire maudite1 qui n'claire que d'tranges fantmes4 ,et de fait1 presque t\s les devoirs qui con/itu5t le pr9cipe actif des tragdies d',ibs51 sont des devoirs non plus situs en de1 mais au del de la consci5ce sa9em5t claire2 et les devoirs que l'on croit dc\vrir p> del cette consci5ce1 t\*5t s\v5t de bi5 prs un orgueil inju/e1 une sorte de folie *agr9e et maladive4 ,il e/ bi5 ent5du1 p\r dire ici t\te ma p5se1 que cette rem>que n'enlve ri5 mon admiration p\r le gr& pote sc&9ave2 c> s'il e/ vrai qu',ibs5 aj\ta bi5 peu d'lm5ts salutaires la morale contempora9e1 il e/ peut-tre le seul qui au ?tre ait entrevu et mis en uvre une posie encore dsagrable mais n\velle1 et qui soit p>v5u l'envelopp] d'une sorte de beaut et de gr&eur f>\*e et assombrie 7assurm5t trop f>\*e et assombrie p\r qu'elle puisse tre gnrale et df9itive71 qui ne doit ri5 la posie des drames violemm5t enlum9s de l'antiquit ou de la ,r5aissance4 ,mais en att5dant qu'il y ait dans la consci5ce huma9e plus de passions utiles et mo9s de devoirs nfa/es1 qu'il y ait p> consqu5t sur la scne de ce monde plus de bonheur et mo9s de tragdies1 un gr& devoir de *>it et de ju/ice1 qui (fusque t\s les autres1 subsi/e p\r le mom5t au fond de t\s les curs de bonne volont4 ,et peut-tre e/-ce de la lutte de ce devoir contre notre ignorance et notre gsme que doit natre le vritable drame de ce sicle4 ,une fois cette tape fran*ie dans la vie relle comme sur la scne1 il s]a peut-tre p]mis de p>l] d'un ?tre n\veau1 d'un ?tre de paix et de beaut sans l>mes4 ,,les ,,s\rces ,,du ,,pr9temps ,j'ai vu de quelle faon le pr9temps amasse du soleil1 des feuilles et des fleurs1 et se prp>e longtemps d'avance envahir le ,nord4 ,ici1 aux bords t\j\rs tides de la ,mdit]rane--cette m] immobile et qui semble s\s v]re1--o durant les mois noirs du re/e de l',europe1 il s'e/ mis l'abri des neiges et du v5t1 en un palais de paix1 de lumire et d'am\r1 il e/ curieux de surpr5dre dans la campagne immortellem5t v]te ses prp>atifs de voyage4 ,on voit clairem5t qu'il a peur1 qu'il hsite affront] une fois de plus les gr&s piges de glace que fvri] et m>s lui t5d5t *aque anne de l'autre ct des montagnes4 ,il att5d1 il muse1 il pr\ve ses =ces avant que de repr5dre la r\te pre et cruelle que l'hiv] hypocrite a l'air de lui cd]4 ,il s'arrte1 il rep>t1 il p>c\rt mille fois1 comme un enfant f]ait du j>d9 des vacances1 les valles odorantes1 les coll9es dlicates que la gele n'a jamais effleures de son aile4 ,il n'a ri5 y faire1 ri5 ressuscit]1 puisque ri5 n'a pri et que ri5 n'a s\ff]t1 puisque t\tes les fleurs de t\tes les saisons y baign5t dans l'air bleu d'un t]nel t4 ,mais il *]*e des prtextes1 il s'att>de1 il flno*e1 il revi5t sur ses pas comme un j>d9i] dsuvr4 ,il c>te les bran*es1 c>esse de son s\ffle l'olivi] qui frmit d'un s\rire arg5t1 lu/re l'h]be lu/re1 rveille les corolles qui ne s'endormai5t pas1 rappelle les oiseaux qui n'avai5t jamais fui1 enc\rage les abeilles qui travaill5t sans cesse2 puis1 voyant comme ,dieu que t\t e/ bi5 au p>adis sans ta*e1 il s'asseoit un in/ant au rebord d'une t]rasse que l'orang] c\ronne de fleurs rgulires et de fruits de lumire et1 avant de p>tir1 jette un d]ni] reg>d sur son uvre de joie qu'il confie au soleil4 99 99 99 ,je l'ai suivi1 ces j\rs passs1 aux rives du ,borigo1 du torr5t de ,c>e1 au val de ,gorbio1 dans ces petites villes ru/iques3 ,v9timille1 ,t5de1 ,sospel2 dans ces curieux villages p]*s sur les ro*]s3 ,sa9te-,agns1 ,ca/el>1 ,ca/illon1 dans cette adorable campagne1 dj t\t itali5ne1 qui ent\re ,m5ton4 ,on fran*it quelques rues qu'anime la vie cosmopolite et assez hassable de la ,rivi]a2 on laisse d]rire soi le kiosque musique municipale et p]ptuelle aut\r de quoi s'agglomre le ,t\t-,m5ton monda9 et tub]culeux1 et voici que l'on tr\ve deux pas de la f\le qui le r$\te comme un flau sacr1 le sil5ce admirable des arbres1 t\tes les bonnes ralits virgili5nes des *em9s creux1 des fonta9es claires1 des rs]voirs ombreux qui dorm5t au flanc des monts o ils sembl5t att5dre le reflet d'une desse4 ,on gravit un s5ti] entre deux murs de pi]re qu'clair5t les violettes et que surmont5t les tranges capu*ons bruns de l'aris>um aux feuilles si pr(ondm5t v]tes qu'on les croirait cres p\r symbolis] la fra*eur des cit]nes2 et le cirque d'un vallon s'ouvre comme une fleur humide et magnifique4 ,a trav]s la gaze bleutre des olivi]s gants qui voil5t l'horizon d'un rideau transp>5t de p]les sc9tillantes1 c'e/ l'bl\issem5t h>monieux et discret de t\t ce que les hommes imag95t dans leurs rves1 peign5t dans des dcors qui se croi5t irrels et irralisables1 lorsqu'ils veul5t fix] l'idale allgresse d'une heure surhuma9e1 de quelque le en*ante1 d'un p>adis p]du ou du sj\r des dieux4 99 99 99 ,il y a1 t\t le long des vallons de la cte1 des c5ta9es de ces cirques qui sont comme les ?tres o se j\5t1 p>mi le clair de lune ou la paix des mat9s et des aprs-midi1 les feries muettes du bonheur de la t]re4 ,ils se ressembl5t t\s2 et p\rtant *acun d'eux rvle une flicit diffr5te4 ,*acun d'eux1 comme les visages d'une tr\pe de surs galem5t heureuses et galem5t belles1 a un s\rire reconnaissable4 ,un gr\pe de cyprs qui purifie les lignes1 un mimosa p>eil un geys] de s\fre1 un bosquet d'orang] aux l\rdes ttes noires symtriquem5t sur*>ges de fruits d'or1 qui proclam5t s\da9 l'abondance royale du sol qui les n\rrit2 une p5te de citronni]s o la nuit semble avoir amass dans un pan de montagne1 af9 qu'elles y att5d5t un n\veau crpuscule1 les toiles que l'aurore a cueillies1 un portique de feuillage qui s'ouvre sur la m] comme un reg>d pr(ond qui dcle t\t c\p une p5se inf9ie1 un ruisseau qui se ca*e comme une l>me de joie1 une treille qui prvoit la p\rpre des rais9s1 un gr& vase de pi]re buvant l'eau qui s'g\tte au b\t d'un roseau v]t1--ri5 et t\t modifie l'expression du repos1 de la tranquillit1 du sil5ce azur1 de la batitude qui j\it d'elle-mme4 99 99 99 ,mais je *]*e l'hiv] et la trace de ses pas4 ,o donc se ca*e-t-il8 ,il devrait tre ici2 et comm5t cette fte de roses et d'anmones1 d'air tide et de rose1 d'abeilles et d'oiseaux1 ose-t-elle se dr\l] avec tant d'assurance durant les mois les plus impitoyables de son rgne8 ,et le pr9temps1 que va-t-il faire1 que va-t-il dire1 puisque t\t semble fait1 puisque t\t p>at dit8 ,il e/ donc inutile et nul ne l'att5d plus8 ,non2 en s'appliquant bi51 on retr\ve dans la vie inlassablem5t jeune le travail de sa ma91 le p>fum de son s\ffle plus jeune que la vie4 ,a9si1 il y a l des arbres trang]s1 des htes taciturnes1 des sortes de p>5ts pauvres aux robes en haillons4 ,ils vi5n5t de trs lo91 de la rgion des brumes1 des frimas et du v5t4 ,ils sont dpayss1 h>gneux et mfiants4 ,ils n'ont pas encore compris la langue claire1 adopt les c\tumes dlicieuses du ,midi4 ,ils n'ont pas v\lu croire aux promesses du ciel1 et ils ont suspect les c>esses du soleil qui ds l'aube les c\vre d'un manteau de rayons plus soyeux et plus *auds que celui dont juillet accablait leurs paules dans les ts prcaires de leur t]re natale4 ,n'importe2 l'heure dite1 qu& la neige tombait trois c5ts lieues d'ici1 leurs troncs ont frissonn1 et malgr l'affirmation audacieuse de l'h]be et de c5t mille fleurs1 malgr l'aplomb des roses qui mont5t jusqu' eux p\r atte/] la vie1 ils se sont dp\ills p\r le sommeil d'hiv]4 ,sombres et malveillants et nus comme des morts1 ils att5d5t le pr9temps qui clate aut\r d'eux2 et1 p> une raction trange et excessive1 ils l'att5d5t plus longtemps que s\s le ciel svre et pre de ,p>is1 c> ,p>is dj les b\rgeons comm5c5t po9dre4 ,on les reconnat et l p>mi la f\le en fte dont la danse immobile en*ante les coll9es4 ,ils ne sont pas nombreux et ils se dissimul5t3 ce sont des *nes tors1 des htres1 des platanes1 et c'e/ la vigne mme que l'on croirait mieux leve1 mieux r5seigne et plus docile1 qui demeure incrdule4 ,ils sont l1 noirs et maigres1 et tels que des malades un diman*e de ,pques1 au p>vis d'une glise que l'clat du soleil a r5due transp>5te4 ,ils sont l depuis des annes1 et quelques-uns peut-tre depuis deux ou trois sicles2 mais ils ont dans les moelles la t]reur de l'hiv]4 ,ils ne p]dront jamais l'habitude de la mort4 ,ils ont trop d'expri5ce1 ne peuv5t plus oubli] et ne peuv5t plus appr5dre4 ,leur raison endurcie n'admet plus la lumire lorsqu'elle n'arrive pas l'heure acc\tume4 ,ce sont d'pres vieill>ds trop sages p\r j\ir d'une joie imprvue4 ,ils ont tort2 la sagesse ne doit pas int]dire les belles imprud5ces4 ,voici1 aut\r des vieux1 des anctres ho/iles1 t\t un monde de plantes qui ignor5t l'av5ir mais se donn5t lui4 ,elles ne viv5t qu'une saison2 elles n'ont po9t de pass et nulle tradition1 et elles ne sav5t ri51 s9on que l'heure e/ belle et qu'il en faut j\ir4 ,p5dant que leurs ans1 leurs matres et leurs dieux1 b\d5t et p]d5t leur temps1 elles fleuriss5t1 elles s'aim5t1 elles se multipli5t4 ,ce sont les humbles fleurs des *res solitudes3 la pqu]ette qui c\vre le gazon de sa navet proprette et rgulire1 la b\rra*e plus bleue que le ciel le plus bleu1 l'anmone c>late ou te9te d'anil9e1 la primevre virg9ale1 la mauve arboresc5te1 la campanule qui agite des clo*es que p]sonne n'ent5d1 le rom>9 qui a l'air d'une petite bonne de prov9ce1 et le ?ym capiteux qui passe sa tte grise entre les pi]res disjo9tes4 ,mais avant t\t c'e/ l'heure incomp>able1 l'heure diaphane et fluide de la violette des bois4 ,son humilit prov]biale devi5t usurpatrice et presque intolrante4 ,elle ne se blottit plus timidem5t entre les feuilles1 elle b\scule l'h]be1 la dom9e1 la voile1 lui impose ses c\leurs1 lui insuffle son s\ffle4 ,son s\rire innombrable rec\vre les t]rasses d'olivi]s et de vignes1 les p5tes des rav9s1 la c\rbe des vallons1 d'un rseau d'allgresse innoc5te et suave2 son p>fum frais et clair comme l'me des s\rces qui c\l5t s\s les monts1 r5d l'air plus translucide1 le sil5ce plus limpide2 et c'e/ bi51 comme le dit je ne sais quelle lg5de1 l'hale9e de la t]re inonde de rose1 alors que vi]ge encore elle s'veille au soleil et se donne t\t entire dans le premi] bais] de la premire aurore4 99 99 99 ,puis1 aux petits j>d9s qui ent\r5t les ba/ides1 les claires maisonnettes aux toits itali5s1 les bons lgumes sans prjugs1 sans prt5tion1 n'ont jamais eu de d\tes1 n'ont jamais eu de cra9tes4 ,p5dant que le vieux paysan1 dev5u p>eil aux arbres qu'il cultive1 remue la t]re aut\r des olivi]s1 l'p9>d se prlasse1 s'empresse de v]dir et ne pr5d aucune prcaution2 la fve des m>ais ouvre ses yeux de jais dans son feuillage ple et voit tomb] la nuit avec placidit2 les petits pois volages s'lanc5t et s'allong5t1 c\v]ts de papillons immobiles et t5aces1 comme si ju9 v5ait de fran*ir la b>rire de la f]me2 la c>otte r\git en se montrant au j\r2 les fraisi]s +nus aspir5t les aromes que midi leur prodigue en p5*ant v]s la t]re ses urnes de saphir2 la laitue s'v]tue se faire un cur d'or o elle veut r5f]m] la fra*eur des mat9s et des soirs qui l'arros5t4 ,seuls1 les arbres fruiti]s ont longtemps rfl*i2 l'exemple des lgumes p>mi lesquels ils viv5t les p\ssait se jo9dre la joie gnrale1 mais la raide attitude de leurs ans du ,nord1 des gr&s-p>5ts sortis des gr&es =ts sombres1 leur pr*ait la prud5ce4 ,nanmo9s ils s'veill5t2 eux aussi n'y ti5n5t plus et se dcid5t enf9 entr] dans la ronde de p>fums et d'am\r4 ,les p*]s ne sont plus qu'un phnomne rose3 on dirait une *air purile et prcieuse que l'hale9e de l'aube vaporise dans l'azur4 ,les poiri]s1 les pruni]s1 l'am&i]1 le pommi]1 rivalisant d'ivresse1 font des ef=ts bl\issants2 et les c\dri]s blonds1 tels que des lu/res de ,v5ise1 et t\t respl5dissants d'une bue de *atons1 se plant5t et l p\r clair] la fte4 ,quant aux fleurs luxueuses1 qui sembl5t n'avoir d'autre b qu'elles-mmes1 elles ont ds longtemps r5onc sond] le my/re de cet t sans bornes4 ,elles ne m>qu5t plus les saisons1 elles ne compt5t plus les j\rs1 et ne sa*ant que faire dans l'ard5t ds>roi des heures qui n'ont plus d'ombre1 de peur de se tromp] et de p]dre une seconde qui p\rrait tre belle1 elles se sont rsolues fleurir sans rel*e de janvi] dcembre4 ,la nature les appr\ve et1 p\r rcomp5s] leur confiance au bonheur1 leur beaut gnreuse et leurs excs d'am\r1 elle leur donne une =ce1 un clat1 des p>fums qu'elle n'accorde jamais celles qui se rs]v5t et qui craign5t la vie4 ,voil ce que promulguait1 entre autres vrits1 la petite maison que j'ai vue auj\rd'hui au v]sant d'une coll9e t\t inonde de roses1 d'illets1 de rsdas1 d'hliotropes et de gir(les3 si bi5 que l'on et dit la s\rce dbordante et engorge de fleurs d'o le pr9temps allait se dv]s] sur n\s2 t&is qu'au seuil de pi]re de la porte f]me1 des c\rges1 des cdrats1 des oranges1 des limons1 des figues de ,b>b>ie1 dormai5t tranquillem5t dans l'ombre bleuissante comme l'aci] des faux et p>mi le sil5ce augu/e1 ds]t et rguli]1 d'un j\r immacul4 ,,la ,,mort ,,et ,,la ,,c\ronne ,les mois de ju9 et de juillet de l'anne #aijb (frir5t aux mditations des hommes un de ces spectacles tragiques1 qu' la vrit n\s r5controns *aque j\r dans la petite vie qui n\s ent\re1 mais qui1 comme tant de gr&es *oses1 y pass5t inap]u4 ,ils ne pr5n5t leur signification et ne fix5t enf9 nos reg>ds que lorsqu'ils s'accompliss5t sur une de ces normes scnes o s'entass5t t\tes les p5ses d'un peuple1 et o celui-ci aime voir sa propre exi/5ce agr&ie et sol5nise p> des acteurs royaux4 ,il faut aj\t] quelque *ose la vie ord9aire avant de p\voir la compr5dre1 disait-on dans un drame mod]ne4 ,le sort y aj\tait ici la puissance et la pompe de l'un des plus beaux trnes de la t]re4 ,grce l'clat de cette puissance et de cette pompe1 on vit exactem5t ce que l'homme e/ en soi1 et ce qu'il en demeure lorsque les imposantes lois de la nature le mett5t cruellem5t nu devant leur tribunal4 ,on apprit aussi1--les =ces de l'am\r1 de la piti1 de la religion et de la sci5ce tant subitem5t portes l'extrme1--on apprit aussi mieux connatre la valeur des sec\rs que t\t ce que n\s avons acquis depuis que n\s occupons cette plante1 peut f\rnir notre dtresse4 ,on assi/a la lutte t\j\rs confuse1 mais aussi ard5te que si elle dt tre suprme1 entre les puissances div]ses1 physiques ou morales1 visibles ou invisibles1 qui mn5t auj\rd'hui l'humanit4 99 99 99 d\>d ,,vii1 roi d',anglet]re1 victime illu/re d'un caprice du de/91 oscillait pitoyablem5t entre la c\ronne et la mort4 ,d'une ma9 ce de/9 prs5tait son front l'un des plus magnifiques diadmes que les rvolutions ai5t p>gns2 et de l'autre1 il =ait ce mme front tremp des sueurs de l'agonie1 se c\rb] sur une tombe gr&e ouv]te4 ,il prolongea s9i/rem5t ce jeu durant plus de trois mois4 ,lorsqu'on reg>de l'vnem5t d'un po9t un peu plus lev que les hauteurs des mode/es coll9es o volu5t les innombrables anecdotes de la vie1 il ne s'agit pas seulem5t ici de la tragdie d'un opul5t mon>que que la nature pr5d aux entrailles1 dans le mom5t o des milli]s d'hommes aspir5t mettre en sa p]sonne1 l'abri du de/91 au-dessus de l'humanit1 un peu de leurs espoirs et de leurs plus beaux rves4 ,il ne s'agit pas davantage d'appr(ondir le s>casme de cette m9ute o ils prt5dai5t affirm] et fond] quelque *ose de surnaturel qui s'effondrait dans ce que la nature a de plus naturel2 quelque *ose qui ft contradictoire aux impitoyables lois galitaires de l'indiffr5te plante que n\s occupons t\s p> une sorte de di/raite tolrance1 quelque *ose qui les rassurt et les consolt1 comme une exception admirable leur misre1 leur fragilit4 ,non1 il e/ ici "q de la tragdie ess5tielle de l'homme1 du drame univ]sel et p]ptuel qui se j\e entre sa frle volont et l'norme =ce inconnue qui l'environne1 entre la petite flamme de son esprit ou de son me1 ce phnomne inexplicable de la nature1 et l'imm5se matire1 cet autre phnomne p>eillem5t inexplicable de la mme nature4 ,ce drame aux mille dn\em5ts indcis n'a cess de se dr\l] un seul j\r depuis qu'une portion de la vie aveugle et colossale a eu l'ide assez trange de pr5dre en n\s une sorte de consci5ce d'elle-mme4 ,cette fois1 un has>d plus respl5dissant que les autres v9t le remettre en lumire sur un sommet plus lev qu'clairr5t un in/ant t\s les dsirs1 t\s les vux1 t\tes les cra9tes1 t\tes les inc]titudes1 t\tes les prires1 t\s les d\tes1 t\tes les illusions1 t\tes les volonts1 t\s les reg>ds enf9 des habitants de notre globe acc\rus en p5se au pi$ de la montagne sol5nelle4 99 99 99 ,l5tem5t1 il se dr\la donc l-haut2 et n\s pmes compt] nos ress\rces4 ,n\s emes l'occasion de pes] dans de lum9euses balances nos illusions et nos ralits4 ,t\te la confiance et t\te la misre de notre espce se tr\vai5t symboliquem5t ramasses en une heure et dans un seul tre4 ,allait-il tre pr\v une fois de plus que les dsirs1 les vux les plus ard5ts1 la volont et l'am\r le plus imprieux d'une prodigieuse assemble d'hommes sont impuissants faire dvi] d'une ligne la plus insignifiante des lois physiques8 ,allait-il tre tabli1 une fois de plus1 que lorsque n\s n\s tr\vons en face de la nature1 ce n'e/ pas dans le monde moral ou s5tim5tal1 mais dans un autre1 que n\s devons *]*] nos armes df5sives8 ,il e/ donc salutaire de reg>d] avec f]met1 et d'un il qui ne se prte plus aux pre/iges1 ce qui se passa sur cette cime4 99 99 99 ,les uns y ont vu la magnifique manife/ation d'un ,dieu jal\x et t\t-puissant qui n\s ti5t dans sa ma9 et se rit de notre pauvre gloire2 le ge/e ddaigneux d'une ,provid5ce trop oublie et irrite que l'homme ne reconnaisse pas avec plus de docilit son exi/5ce ca*e et ne pntre pas plus aism5t son nigmatique volont4 ,se sont-ils tromps8 ,et quels sont ceux qui ne se tromp5t po9t dans les tnbres o n\s sommes8 ,mais p\rquoi ce ,dieu1 plus p>fait que les hommes1 dem&e-t-il de n\s ce qu'un homme p>fait ne dem&]ait po9t8 ,p\rquoi fait-il d'une foi trop volontaire1 presque aveuglm5t accepte1 la premire1 p\r a9si dire la seule et la plus ncessaire des v]tus8 ,s'il s'irrite qu'on ne le compr5ne pas1 qu'on lui dsobisse1 ne s]ait-il pas ju/e qu'il se manife/t de manire que la raison huma9e1 que lui-mme cra avec ses admirables exig5ces1 ne dt pas r5onc] les plus prcieux1 les plus indisp5sables de ses privilges p\r appro*] son trne8 ,or1 ce ge/e-ci1 comme tant d'autres1 tait-il assez clair1 assez significatif p\r la =c] de s'ag5\ill]8 ,p\rtant1 s'il aime qu'on l'adore1 comme le proclam5t ceux qui p>l5t en son nom1 il lui s]ait facile de n\s contra9dre t\s n'ador] que lui4 ,n\s n'att5dons qu'un signe irrcusable4 ,au nom de ce reflet direct de sa lumire qu'il a mis au plus haut de notre tre1 o brle1 avec une ardeur1 avec une puret de j\r en j\r plus belles1 la seule passion des c]titudes et de la vrit1 ne semble-t-il pas que n\s y ayons droit8 99 99 99 ,d'autres considrr5t ce roi pantelant sur les m>*es du plus spl5dide trne qui soit encore deb\t1 cette puissance presque inf9ie1 brise1 rompue1 en proie aux affreux ennemis qui assaill5t la *air en dtresse1 la *air anantie s\s la plus bl\issante c\ronne que la ma9 invisible et moqueuse du has>d ait jamais susp5due sur un amas confus de s\ffrance et d'angoisse444 ,ils y vir5t une n\velle et =midable preuve de la misre1 de l'inutilit huma9e4 ,ils allr5t rptant en eux-mmes ce que disait dj si bi5 la sagesse antique3 savoir que n\s sommes1 que n\s s]ons probablem5t t\j\rs1 malgr t\s nos ef=ts1 p> rapport la matire mo9s qu'un gra9 de mil1 et la dure1 mo9s qu'un t\r de vrille4 ,ils y dc\vrir5t peut-tre1 incrdules ,dieu mais crdules son ombre1 un my/rieux arrt de cette my/rieuse ,ju/ice qui vi5t p>fois mettre un peu d'ordre dans l'hi/oire in=me des hommes et v5g] sur les rois l'iniquit des peuples444 ,ils y vir5t bi5 d'autres *oses encore4 ,ils ne se trompai5t pas2 t\t cela s'y tr\vait1 puisque cela se tr\ve en n\s1 et que la signification que n\s accordons aux incomprh5sibles actes de la =ce inconnue1 devi5t bi5tt la seule ralit huma9e et peuple de fantmes plus ou mo9s frat]nels l'indiffr5ce et le nant qui n\s ent\r5t4 99 99 99 ,p\r n\s1 sans rep\ss] ces fantmes sduisants ou t]ribles qui reprs5t5t peut-tre des int]v5tions que notre in/9ct press5t1 bi5 que nos s5s ne les p]oiv5t pas1 fixons avant t\t nos reg>ds sur les p>ties vraim5t huma9es et c]ta9es de ce gr& drame rvolu4 ,au c5tre de l'obscure nue o s'amplifiai5t1 jusqu' dpass] les conf9s de ce monde t]re/re1 les ge/es de la puissance qui rappro*ait et c>tait1 t\r t\r1 une mort sol5nelle et une pre/igieuse c\ronne1 n\s di/+uons un homme qui va atte9dre enf9 le b unique1 la m9ute ess5tielle de sa vie4 ,s\da91 un ennemi invisible l'attaque et le t]rasse4 ,aussitt d'autres hommes acc\r5t4 ,ce sont les missaires de la ,sci5ce4 ,ils ne se dem&5t pas si c'e/ ,dieu1 le ,de/91 le ,has>d1 la ,ju/ice qui vi5t b>r] la r\te la victime qu'ils relv5t4 ,croyants ou incrdules dans d'autres sphres ou dans d'autres mom5ts1 ils n'int]rog5t po9t la nue tnbreuse4 ,ils sont ici les envoys qualifis de la raison de notre espce2 de la raison nue1 ab&onne elle-mme et telle qu'elle erre seule dans un univ]s mon/rueux4 ,volontairem5t1 ils loign5t d'elle imag9ation1 s5tim5ts1 t\t ce qui ne lui app>ti5t pas en propre4 ,ils n'us5t que de la p>tie purem5t1 presque animalem5t huma9e de sa flamme2 comme s'ils avai5t la c]titude que *aque tre ne peut va9cre une =ce de la nature que p> la =ce p\r a9si dire spcifique que la nature a mise en lui4 ,a9si manie1 elle e/ peut-tre troite et frle1 cette flamme1 mais prcise1 exclusive1 inv9cible comme celle de la lampe *alumeau de l'mailleur ou du *imi/e4 ,elle e/ n\rrie de faits1 d'obs]vations m9imes mais sres et innombrables4 ,elle n'claire que des po9ts insignifiants et successifs dans l'imm5se inconnu2 mais elle ne s'g>e pas1 elle va o la dirige l'il aigu qui la guide1 et le po9t qu'elle atte9t e/ s\/rait aux influ5ces qu'on appelait surnaturelles4 ,humblem5t1 elle int]rompt ou dvie l'ordre prtabli p> la nature4 ,il y a deux ou trois ans pe9e1 elle se ft disp]se et affole devant la mme nigme4 ,son rayon lum9eux ne s'tait pas encore fix avec une rigidit et une ob/9ation suffisantes sur ce po9t obscur2 et n\s aurions dit une fois de plus que la ,fatalit e/ inv9cible4 ,a ce c\p1 elle t9t en susp5s1 durant plusieurs sema9es1 l',hi/oire et le ,de/91 et f9it p> les jet] hors de l'ornire d'aira9 qu'ils comptai5t suivre jusqu'au b\t4 ,dornavant1 si ,dieu1 le ,has>d1 la ,ju/ice ou quelque nom qu'on donne l'ide ca*e de l'univ]s1 veul5t arriv] leur b1 pass] outre et triomph] comme autrefois1 ils p\rront suivre d'autres r\tes2 mais celle-ci leur demeure int]dite4 ,a l'av5ir1 ils devront vit] la f5te imp]ceptible mais infran*issable o veill]a t\j\rs le petit jet de flamme qui les a dt\rns4 ,il se peut que cette royale tragdie n\s ait df9itivem5t pr\v que les vux1 l'am\r1 la piti1 les prires1 t\te une portion des plus belles =ces morales de l'homme1 sont impuissants en face d'une volont de la nature4 ,immdiatem5t1 comme p\r comp5s] la p]te et ma9t5ir au niveau ncessaire les droits de l'esprit sur la matire1 une autre =ce morale1 ou plutt la mme flamme qui pr5d une autre =me1 s'lve1 respl5dit et triomphe4 ,l'homme p]d une illusion p\r acqurir une c]titude4 ,lo9 d'avoir desc5du1 il monte d'un degr p>mi les =ces inconsci5tes4 ,il y a l1 malgr t\te la misre qui l'ent\re1 un noble et gr& spectacle2 et de quoi r5dre att5tifs ceux qui p]drai5t confiance aux de/9es de notre espce4 ,,vue ,,de ,,rome ,rome e/ probablem5t le lieu du monde o s'e/ accumul durant v+t sicles et o subsi/e encore le plus de beaut4 ,elle n'a ri5 cr1 si ce n'e/ un c]ta9 esprit de gr&eur et l'ordonnance des belles *oses2 mais les plus magnifiques mom5ts de la t]re s'y sont prolongs et fixs avec une telle n]gie qu'elle e/ le po9t du globe o ils ont laiss les plus nombreuses1 les plus imprissables traces4 ,qu& on f\le son sol1 on f\le l'empre9te mutile de la desse qui ne se montre plus aux hommes4 ,la nature l'avait admirablem5t situe l'endroit le plus propre recueillir1 comme dans la plus noble c\pe qui se soit ouv]te s\s le ciel1 les joyaux des peuples qui passai5t aut\r d'elle sur les cimes de l'hi/oire4 ,le lieu o tombai5t ces m]veilles tait dj l'gal de ces m]veilles mmes4 ,l'azur y e/ limpide et somptueux4 ,les obscures et pr(ondes v]dures du nord s'y m>i5t encore aux feuillages lg]s et plus clairs du midi4 ,les arbres les plus purs1 le cyprs qui s'lance tel qu'une prire ard5te et sombre1 le l>ge p9 p>asol1 qui semble la p5se la plus grave et la plus h>monieuse de la =t1 le massif *ne-v]t qui pr5d si aism5t la grce des portiques1 y ont acquis1 p> une tradition sculaire1 une fi]t1 une consci5ce et une sol5nit qu'ils ne retr\v5t nulle autre "p4 ,qui les a vus et compris1 ne les oubli]a plus et les reconnatrait sans pe9e entre les arbres analogues d'une t]re mo9s sacre4 ,ils fur5t les ornem5ts et les tmo9s d'incomp>ables *oses4 ,ils demeur5t insp>ables des aqu$ucs p>s1 des mausoles dc\ronns1 des ar*es brises1 des colonnes hroquem5t rompues qui dcor5t une campagne maje/ueuse et dsole4 ,ils ont pris le /yle des m>bres t]nels qu'ils environn5t de sil5ce et de respect4 ,comme ceux-ci ils sav5t n\s dire1 l'aide de deux ou trois lignes nettes et p\rtant my/rieuses1 t\t ce que peut n\s confess] la tri/esse d'une pla9e qui porte sans fl*ir les dbris de sa gloire4 ,ils sont et se s5t5t roma9s4 ,un c]cle de montagnes aux noms sonores et augu/em5t famili]s1 aux ttes s\v5t *>ges de neiges aussi clatantes que les s\v5irs qu'elles voqu5t1 fait la ville qui ne peut po9t m\rir1 un horizon prcis et gr&iose qui la sp>e du monde sans l'isol] des cieux4 ,et dans l'ence9te presque ds]te1 au c5tre des places inanimes o les dalles1 les m>*es1 les portiques multipli5t l'espace et l'abs5ce1 t\s les c>ref\rs o veille dans le vide quelque /atue blesse1 p>mi les vasques1 les *apiteaux1 les tritons et les nymphes1 une eau docile et lum9euse1 obissant encore des ordres reu il y a deux mille ans1 fait la solitude immacule1 un ornem5t mobile et t\j\rs rafra*i1 de pana*es d'azur1 de guirl&es de rose1 de trophes de cri/al1 de c\ronnes de p]les4 ,on dirait que le ,temps1 entre ces monum5ts qui croyai5t le brav]1 n'a v\lu respect] que les heures fragiles de ce qui s'vapore et de ce qui s'c\le444 99 99 99 ,la beaut1 bi5 que ce ft t\j\rs une beaut emprunte1 a rsid si longtemps entre ces murs qui vont du ,janicule l',esquil91 elle s'y e/ amoncele avec une telle p]si/ance1 que le lieu mme1 l'air qu'on y respire1 le ciel qui le rec\vre1 les c\rbes qui le df9iss5t1 y ont acquis une prodigieuse puissance d'appropriation et d'ennoblissem5t4 ,rome1 comme un b*]1 purifie t\t ce que1 depuis sa ru9e1 les erreurs1 les caprices1 l'extravagance et l'ignorance des hommes n'ont cess d'y entass]4 ,il a t jusqu'ici impossible de la dfigur]4 ,on croirait mme qu'il a t impossible d'y excut] ou d'y ma9t5ir une uvre qui refust d'y dp\ill] sa laideur ou sa vulg>it orig9elle4 ,t\t ce qui n'e/ pas con=me au /yle des sept coll9es1 s'efface et s'lim9e peu peu s\s l'action du gnie att5tif qui a pos aux horizons1 dans le roc et le m>bre des hauteurs1 les pr9cipes e/htiques de la cit4 ,le moy5 ge1 p> exemple1 et l'art des primitifs y dur5t tre plus actifs qu'en t\te autre ville1 puisqu'ils se tr\vai5t ici au cur mme de l'univ]s *rti52 p\rtant ils n'y ont laiss que des traces peu s5sibles1 p\r a9si dire honteuses et s\t]ra9es3 ce qu'il fallait et ri5 de plus1 p\r que l'hi/oire du monde1 dont c'tait le foy]1 n'y ft pas incomplte4 ,p> contre1 les arti/es dont l'esprit tait naturellem5t en h>monie avec celui qui prside aux de/9es de la ville t]nelle3 ,jules ,roma91 les ,c>ra*es1 quelques autres1 mais surt\t ,raphal et ,mi*el-,ange1 y manife/5t une ampleur1 une c]titude1 une espce de satisfaction in/9ctive et d'allgresse filiale qu'ils ne retr\v5t en aucun autre lieu4 ,on s5t qu'ils n'avai5t pas crer1 mais seulem5t *oisir et fix] les =mes qui affluant de t\tes p>ts1 irrvles mais imprieuses1 ne dem&ai5t qu' natre4 ,ils ne p\vai5t se tromp]2 ils ne peignai5t pas1 au s5s propre du mot2 ils dc\vrai5t simplem5t les images voiles qui hantai5t les salles et les arcades des palais4 ,les rapports entre leur art et le milieu qui lui donne naissance sont si ncessaires1 qu'exiles dans les muses ou les glises d'autres villes1 leurs uvres ne sembl5t traduire qu'une conception arbitraire1 exagrm5t =te et dcorative de la vie4 ,c'e/ a9si que les photographies ou les copies du plafond de la *apelle ,sixt9e dconc]t5t et demeur5t presque inexplicables4 ,mais1 entr au ,vatican1 aprs s'tre imprgn de la volont qui mane des mille dbris des temples et des places publiques1 le voyageur accepte comme un ef=t sublime et naturel1 l'ef=t dmesur de ,mi*el-,ange4 ,la prodigieuse vote o1 dans une h>monieuse et grave orgie de muscles et d'en?\siasmes1 s'enlace et s'accumule un peuple de gants1 devi5t une ar*e du ciel mme o se sont rfltes t\tes les scnes d'n]gie1 t\tes les v]tus ard5tes dont les s\v5irs s'agit5t encore s\s les ru9es de ce sol passionn4 ,de mme1 en face de ,l'inc5die du ,borgo1 il ne se dit pas ce qu'il se dirait s'il voyait l'admirable fresque au ,l\vre ou au ,national-,gall]y2 il ne se dit pas ce que se dit p> exemple ,ta9e3 savoir que ces gr&s corps nus et sup]bes ne sont pas leur affaire1 que les flammes qui sort5t de l'difice ne les inquit5t nullem5t1 qu'ils ne song5t qu' pos] comme de bons modles et mettre en valeur la c\rbe d'une han*e ou la musculature d'une cuisse4 ,non1 si le visiteur s'e/ laiss docilem5t pntr] p> les injonctions de t\t ce qui l'ent\re1 il s'imag9e volonti]s que dans ces *ambres du ,vatican1 aussi bi5 que s\s la vote de la ,sixt9e1 et quelque diffr5tes que soi5t les deux impressions1 il assi/e l'pan\issem5t t>dif1 mais logique et normal d'un art qui aurait pu tre celui de ,rome4 ,il lui semble que l'on tr\ve ici la =mule que le gnie trop positif des ,quirites n'avait pas eu l'occasion ou la *ance de dgag]4 ,c> ,rome1 malgr t\s ses ef=ts1 n'avait pas russi donn] d'elle-mme l'image ess5tielle qu'elle avait promise l'univ]s4 ,au fond1 elle n'tait belle que des dp\illes de la ,grce2 et le meilleur de ses mrites1 'avait t de recueillir et de compr5dre avidem5t la beaut de l'art grec4 ,qu& elle avait t5t d'y aj\t]1 elle l'avait d=m sans en appropri] l'expression sa vie p]sonnelle4 ,ses pe9tures et ses sculptures ne rpondai5t que p> des sortes d' peu prs et d'ou dire aux ralits de son exi/5ce2 et son ar*itecture devait ses proportions colossales la "p la plus sre d'une orig9alit inc]ta9e4 ,on se laisse all] ce songe que l'h>monieux pe9tre d',urb9 et le vieux ,buon>roti1 trav]s t\tes les cata/rophes1 trav]s t\tes les morts app>5tes et les longs sil5ces de ,rome1 ont ressaisi une tradition lat5te et in9t]rompue qui n'avait cess d'volu] s\t]ra9em5t p\r ab\tir leur uvre1 et dire enf9 au monde ce que l',empire n'avait pas su lui dire4 ,ils sont plus proprem5t ,roma9s1 ils reprs5t5t mieux semble-t-il1 le dsir inconsci5t et secret de cette t]re lat9e que ne le fit la ,rome des ,cs>s4 ,cette ,rome avait manqu son effigie4 ,elle tait demeure artificiellem5t hellnique2 et la ,grce ne p\vait f\rnir un peuple inf9im5t plus va/e et trs diffr5t1 les =mes ncessaires sa consci5ce ornem5tale4 ,elle ne p\vait tre qu'un po9t de d"p sr et magnifique2 mais ses /atues et ses pe9tures1 dlicates1 prcises1 mesures1 presque m5ues1 n'tai5t pas leur place dans ce ,=um sur*>g de monum5ts crasants1 p>mi ces !rmes mon/rueux1 ces cirques viol5ts et s\s les normes et fa/ueuses arcades de ces basiliques sup]poses4 ,on se dem&e alors si les fresques de ,mi*el-,ange n'aurai5t pas rpondu1 aprs mille ans d'att5te1 l'appel de ces arcades vides2 et si l'on ne peut croire qu'elles soi5t la consqu5ce presque organique de ces colonnes et de ces m>bres impriaux8 ,et de mme1 on se dit que le plafond1 les p5d5tifs1 les lunettes de la ,f>ns9e et l',inc5die du ,borgo1 illu/r]ai5t bi5 mieux que les sculptures de ,phidias et de ,praxitle1 bi5 mieux aussi que les meilleures pe9tures de ,pompe ou d',h]culanum1 les ,mtamorphoses d',ovide1 les ,dcades de ,tite-,live1 les pomes d',horace et l'nide de ,virgile4 99 99 99 ,mais t\t cela n'e/ peut-tre qu'illusion et le pre/ige de cette puissance d'appropriation dont n\s p>lions plus haut4 ,cette puissance e/ telle que t\t ce qui p>at1 au premi] abord1 le plus contradictoire l'ide qui rgne dans ces murs1 non seulem5t ne la contr$it po9t1 mais contribue la fix] et la rvl]4 ,il n'e/ pas jusqu'au dclamatoire1 innombrable et emphatique ,b]n91--aussi inconciliable qu'il e/ possible de l'tre avec la taciturnit et la gravit primitive de ,rome1--il n'e/ pas jusqu' ce ,b]n91 si odieux p>t\t ailleurs1 qui ici ne soit absorb ou ju/ifi p> le gnie de la cit et n'aide claircir et comm5t]1 aprs c\p1 c]ta9s cts un peu oratoires et r$ondants de la gr&eur roma9e4 ,au surplus1 une ville qui possde les ,vnus du ,capitole et du ,vatican1 l',ariane endormie1 le ,mlagre et le torse d',h]cule1 les m]veilles sans nombre de muses aussi nombreux que ses palais1 7p5sez1 p> exemple1 ce que r5f]me un seul de ces muses1 l'un des d]ni]s v5us1 celui des ,!rmes72 une ville dont *aque rue1 presque *aque maison recle un fragm5t de m>bre ou de bronze qui suffirait faire d'une cit n\velle le b d'un long pl]9age2 une ville qui n\s montre le ,pan?on d',agrippa1 c]ta9es colonnes du ,=um1 tant de trsors enf9 que la mmoire dc\rage se refuse suivre plus longtemps l'admiration qui ne se lasse po9t2 une ville qui n\s (fre p>mi ses feries ordonnes et vivantes telle pel\se ent\re de cyprs de la villa ,borghse1 telles fonta9es1 tels j>d9s t]nels2 une ville1 en un mot1 o s'e/ rfugi t\t le meilleur pass du seul peuple qui cultiva la beaut comme d'autres cultiv5t le bl1 l'olivi] ou la vigne3 une p>eille ville oppose la vulg>it une rsi/ance1 passive si l'on veut1 mais inv9cible2 et peut presque t\t tolr] sans d*oir4 ,l'immortelle prs5ce d'une assemble de dieux si p>faits qu'aucune mutilation n'a pu altr] l'eury?mie de leur corps et de leur attitude1 la protge contre ses propres erreurs et emp*e que les d]ni]s v5us p>mi les hommes n'ai5t plus d'empire sur elle que les b>b>es et le temps n'en eur5t sur ces dieux mmes#a4 #a ,nanmo9s1 la tolrance de ,rome a des limites4 ,s'il n'y a pas sur t]re d'endroit o s'acclimat5t et s'adapt5t plus promptem5t les uvres les plus div]ses1 il n'en e/ pas en revan*e1 qui rejette plus violemm5t et plus irrvocablem5t t\t ce qu'il e/ absolum5t impossible de purifi]4 ,a ce po9t de vue le jugem5t du gnie de la cit "p de c]titudes uniques et df9itives4 ,une /atue1 un monum5t qu'il ne condamne pas avec colre1 contre lequel ses pi]res1 ses places1 ses c>ref\rs ne se s\lv5t pas avec indignation1 e/ assur du p>don de la po/rit4 ,jusqu'ici ce gnie quoique plus d'une fois maltrait1 a cep5dant f9i p> avoir raison de t\s les att5tats4 ,mais auj\rd'hui1 on se dem&e avec quelque inquitude comm5t il s'accommod]a du hideux palais de ju/ice qu'on lve ct du *teau ,sa9t-,ange2 ce qu'il imag9]a p\r faire oubli] ou r5dre in(f5sives c]ta9es /atues du ,p9cio et div]s monum5ts patriotiques qui l'assaill5t sur plus d'un po9t de son t]ritoire4 99 99 99 ,et p> eux1 n\s voici ram5s ces petites villes de l',hellade qui dc\vrir5t un j\r et fixr5t jamais les lois de la beaut huma9e4 ,la beaut de la t]re1 "p quelques endroits ravags p> nos mesqu9es indu/ries1 e/ demeure s5siblem5t la mme depuis les sicles de ,pricls et d',augu/e4 ,la m] e/ t\j\rs inviolable et inf9ie4 ,la =t1 la pla9e1 les moissons1 les villages1 la plup>t des rivires et des ruisseaux1 les montagnes1 les soirs et les mat9s1 les nuages et les a/res1 v>iables selon les climats et les latitudes1 n\s apport5t encore les spectacles de =ce ou de grce1 les h>monies pr(ondes et simples1 les feries compliques et div]ses qu'ils (frai5t aux citoy5s d',a?nes et au peuple de ,rome4 ,en ce qui conc]ne la ,nature1 n\s n'avons donc regrett] qu'assez peu de *ose2 et n\s avons mme t5du considrablem5t de ce ct1 la s5sibilit et la surface de nos admirations4 ,en revan*e1 p\r t\t ce qui a trait la beaut p>ticulire l'homme1 la beaut qui e/ son uvre immdiate1 n\s avons1 soit p> excs de ri*esse et d'application1 soit p> p>pillem5t de nos ef=ts et disp]sion de nos facults1 soit enf9 p> manque d'un po9t d'appui inconte/1 p]du presque t\t ce que les anci5s avai5t su conqurir et fix]4 ,ds qu'il s'agit de notre e/htique purem5t huma9e1 de notre propre corps et de t\t ce qui s'y rapporte1 de nos ge/es1 de notre attitude1 des objets de notre vie1 de nos maisons1 de nos villes1 de nos monum5ts1 de nos j>d9s1 on croirait1 voir notre ds>roi1 nos ttonnem5ts et notre inexpri5ce1 que c'e/ d'hi] que n\s occupons cette plante1 et que n\s sommes encore t\t au db de la priode d'adaptation4 ,n\s n'avons plus1 p\r l'uvre de nos ma9s1 aucune mesure commune1 aucune rgle accepte1 aucune c]titude4 ,cette beaut sre et inconte/able1 que connur5t les anci5s1 nos pe9tres1 nos sculpteurs1 nos ar*itectes1 notre littrature1 nos vtem5ts1 nos meubles1 nos villes1 nos paysages mme1 la re*]*5t dans mille directions div]ses et opposes4 ,si l'un de n\s cre1 runit ou r5contre quelques lignes1 une h>monie de =me ou de c\leur qui rvle irrcusablem5t que le po9t dcisif et my/rieux fut t\*3 c'e/ un phnomne isol et prcaire1 presque un c\p de has>d1 que son auteur ni p]sonne autre n'e/ capable de rxr]4 ,p\rtant1 durant quelques annes heureuses1 l'homme sut quoi s'en t5ir sur la beaut ess5tiellem5t et spcifiquem5t huma9e2 et ses c]titudes tai5t telles qu'elles emport5t encore auj\rd'hui notre conviction4 ,le seul talon fixe que les gypti5s1 les ,assyri5s1 les ,p]ses1 et t\tes les civilisations antrieures1 avai5t va9em5t *]* p>mi les animaux1 les fleurs1 les colosses de la nature et les rves de l'imag9ation3 montagnes et ro*]s1 cav]nes et =ts1 mon/res et *imres1 le ,grec l'avait tr\v d'in/9ct dans la beaut de son propre corps2 et c'e/ de la beaut de ce corps nu et p>fait que drive l'ar*itecture de ses palais et de ses temples1 le /yle de ses demeures1 la =me1 les proportions et l'ornem5t de t\s les objets usuels de sa vie4 ,ce peuple *ez qui la nudit et sa consqu5ce naturelle3 l'irrpro*able h>monie des muscles et des membres1 tait p\r a9si dire un devoir religieux et civique1 n\s a appris que la beaut du corps huma9 e/ aussi div]se1 dans sa p]fection1 aussi pr(onde1 aussi abondante1 aussi spirituelle1 aussi my/rieuse que la beaut des a/res ou de la m]4 ,t\t autre idal1 t\t autre talon g>a et g>]a ncessairem5t les ef=ts et les t5tatives de l'homme4 ,t\tes autres beauts sont possibles1 relles1 pr(ondes1 div]ses1 compltes1 mais ne p>t5t pas de notre po9t c5tral3 ce sont des r\es sans moyeu4 ,dans t\s les arts1 les peuples de race intellig5te se sont loigns ou rappro*s de la beaut indubitable1 selon qu'ils se rappro*ai5t ou s'loignai5t de l'habitude d'tre nus4 ,la beaut propre de ,rome1 c'e/--dire la petite portion de beaut orig9ale qu'elle aj\ta aux dp\illes de la ,grce1 e/ due aux d]ni]s re/es de cette habitude4 ,a ,rome1 comme n\s le fait rem>qu] ,ta9e1 on s'assemblait aussi p\r nag]1 se frott]1 transpir]1 mme lutt] et c\rir1 en t\t cas p\r reg>d] des lutteurs et des c\reurs4 ,c> ,rome cet g>d n'e/ qu'une ,a?nes agr&ie3 le mme g5re de vie1 les mmes habitudes1 les mmes in/9cts1 les mmes plaisirs s'y p]ptu5t2 la seule diffr5ce e/ dans la proportion et dans le mom5t4 ,la cit s'e/ enfle jusqu' r5f]m] des matres p> c5ta9es de mille et des esclaves p> millions2 mais1 de ,xnophon ,m>c-,aurle1 l'ducation gymna/ique et oratoire n'a po9t *ang3 ils ont t\j\rs des gts d'a?ltes et de p>leurs1 c'e/ dans ce s5s qu'il faut travaill] p\r leur plaire2 c'e/ des corps nus1 des dilettantes de /yle1 des amateurs de dcoration et de conv]sation1 qu'on s'adresse4 ,n\s n'avons plus l'ide de cette vie corporelle et paenne1 oisive et spculative3 le climat e/ demeur le mme1 mais l'homme s'e/ trans=m en s'habillant et en dev5ant *rti54 ,il faudrait plutt dire que ,rome l'poque dont p>le ,ta9e1 tait une ,a?nes int]mitt5te et incomplte4 ,ce qui1 l-bas1 tait habituel et en quelque sorte organique1 ici1 n'tait qu'exceptionnel et artificiel4 ,le corps huma9 e/ encore cultiv et admir2 mais il e/ presque t\j\rs revtu de la toge1 et le port de la toge br\ille les lignes nettes et pures qui p>tai5t d'une f\le de /atues nues et vivantes p\r s'impos] aux colonnes et aux frontons des temples4 ,les monum5ts s'agr&iss5t outre mesure1 se d=m5t et p]d5t peu peu leur h>monie huma9e4 ,l'talon d'or e/ voil p\r longtemps1 et ne s]a plus dc\v]t que p> quelques arti/es de la ,r5aissance1 qui e/ le mom5t o la beaut c]ta9e jette ses d]ni]s feux4 ,,fleurs ,,des ,,*amps ,aux portes de la ville elles accueill5t nos pas sur un tapis de joie multicolore et empresse qu'elles agit5t follem5t aux cl>ts du soleil4 ,il e/ vid5t qu'elles n\s att5dai5t4 ,ds les premi]s rayons de m>s1 le ,p]ce-neige ou ,clo*e-d'hiv]1 fille hroque des frimas1 a sonn le rveil4 ,alors sort5t de t]re1 ef=ts encore in=mes d'une mmoire endormie1 de vagues fantmes1 de ples fleurs1 pe9e fleurs3 le ,saxifrage--trois-doigts ou ,p]ce-pi]re1 la ,b\rse--pa/eur1 presque invisible2 la ,scille deux feuilles1 l',hellbore ftide ou ,rose de s]p5t1 le ,tussilage-pas-d'ne1 la ,laurole empoisonne et sombre1 le ,ptasite1 qu'on nomme encore lugubrem5t h]be teigneux1 h]be la pe/e1 t\s et t\tes de sant *tive et suspecte1 t5tatives bleutres1 rostres1 indcises1 premire fivre de vie o la nature expulse ses malignes humeurs1 captives anmies que rel*e l'hiv]1 convalesc5tes des prisons s\t]ra9es1 essais timides et inhabiles de la lumire encore ensevelie4 ,mais bi5tt celle-ci s'av5ture dans l'espace2 les p5ses nuptiales de la t]re s'clair5t et se purifi5t2 les bau*es disp>aiss5t1 les demi-rves de la nuit s'van\iss5t comme un br\ill>d emport p> l'aurore2 et t\t aut\r des villes o l'homme les ignore1 les bonnes fleurs ru/iques comm5c5t dans l'espace leur fte sans tmo9s4 ,qu'importe6 elles sont l1 qui font dj le miel qu& leurs surs orgueilleuses et /riles1 qui seules ont t\s nos so9s1 trembl5t encore au fond des s]res4 ,elles s]ont l1 de mme1 dans les prs inonds1 les s5ti]s dfoncs et p\r orn] les r\tes avec simplicit1 qu& les premires neiges c\vriront la campagne4 ,p]sonne ne les sme1 et p]sonne ne les cueille4 ,elles surviv5t leur gloire1 et l'homme les f\le aux pi$s4 ,cep5dant1 il n'y a pas longtemps1 elles reprs5tai5t seules la joie de la nature4 ,il y a quelque c5t ans1 avant que leurs p>5tes clatantes et frileuses fuss5t v5ues des ,iles1 des ,indes1 du ,japon1 ou avant que leurs propres filles1 +rates et mconnaissables1 euss5t usurp leur place1 elles seules gayai5t les reg>ds affligs1 elles seules clairai5t la porte des *aumires1 le p>vis du *teau et suivai5t dans les bois les pas des am\reux4 ,mais ces temps ne sont plus2 elles sont dtrnes4 ,elles n'ont cons]v de leur bonheur pass que les noms qu'elles reur5t qu& elles tai5t aimes4 ,et ces noms montr5t bi5 ce qu'elles fur5t p\r l'homme3 t\te sa reconnaissance1 sa t5dresse att5tive1 t\t ce qu'il leur devait1 t\t ce qu'elles lui donnai5t1 s'y tr\ve r5f]m1 comme en des p]les creuses un arome sculaire4 ,elles ont donc des noms de re9e1 de b]gre1 de vi]ge1 de pr9cesse1 de sylphide et de fe qui pass5t comme une c>esse1 un clair1 un bais]1 un murmure d'am\r sur les lvres4 ,il n'e/1 je crois1 dans notre langue1 ri5 qui soit mieux1 plus dlicatem5t ni plus affectueusem5t nomm que ces fleurs populaires4 ,ici le mot habille presque t\j\rs l'ide avec un so91 une prcision lgre1 un bonheur admirable4 ,il e/ comme une t(fe orne et transp>5te qui m\le exactem5t la =me qu'elle embrasse et qui a la nuance1 le p>fum et le son qui convi5n5t4 ,appelez devant v\s la ,pqu]ette1 la ,violette1 le ,bluet et le ,coquelicot3 le nom c'e/ la fleur mme4 ,quelle m]veille1 p> exemple1 que cette sorte de cri et de crte de lumire et de joie ,coquelicot6 p\r dsign] la fleur c>late que les savants accabl5t de ce titre b>b>e3 ,papav] rhoeas6 ,voyez la ,primevre ou ,prim]ole1 la ,p]v5*e1 l',anmone1 la ,jac9! des bois1 la ,vronique bleue1 le ,ne m'oubliez pas1 le ,lis]on des *amps1 l',iris1 la ,campanule3 leur nom les pe9t p> des quival5ts et des analogies que les plus gr&s potes ne tr\v5t que r>em5t4 ,il e/ t\te leur me +nue et visible4 ,il se ca*e1 il se p5*e1 il s'lve dans l'oreille1 comme celles qui le port5t se dissimul5t1 s'incl95t ou se dress5t dans les bls et dans l'h]be4 ,voil les quelques noms que n\s connaissons t\s2 n\s ignorons les autres1 bi5 que leur musique dcrive avec la mme d\ceur1 le mme gnie heureux1 des fleurs que n\s voyons au bord de *aque r\te et dans t\s les s5ti]s4 ,a9si1 en ce mom5t1 c'e/--dire v]s la f9 du mois o le bl mr tombe s\s la faucille1 les talus des *em9s sont d'un violet ple3 c'e/ la d\ce et t5dre ,scabieuse qui f9it de s'pan\ir1--discrte1 ari/ocratiquem5t pauvre et mode/em5t belle1 comme l'annonce son titre de pi]re prcieuse voile de brume4 ,aut\r d'elle un trsor s'p>pille3 c'e/ la ,r5oncule ou ,b\ton d'or1 qui a deux noms comme elle a deux vies2 c> elle e/ la fois l'innoc5te vi]ge qui c\vre le gazon de g\ttes de soleil et la r$\table et vnneuse magici5ne qui di/ribue la mort aux animaux di/raits4 ,c'e/ encore la ,mille-,feuilles et le ,mille-,p]tuis1 petites fleurs jadis utiles1 qui s'en vont p> les r\tes comme de sil5cieuses p5sionnaires en uni=me t]ne2 le vulgaire et innombrable ,sneon des oiseaux1 son gr& frre le ,lait]on des *amps1 puis la dang]euse ,morelle noire1 la ,d\ce-,amre qui se ca*e1 la rampante ,r5\e--feuilles-de-pati5ce1--t\tes les espces sans clat1 au s\rire rsign1 qui port5t la pratique et gristre livre de l'automne dj press5ti4 99 99 99 ,mais p>mi celles de m>s1 d'avril1 de mai1 de ju91 de juillet1 rappelez-v\s les noms de fte1 les syllabes pr9tanires1 les vocables d'azur et d'aube1 de clair de lune et de soleil6 ,voil le ,p]ce-,neige ou la ,clo*e d'hiv]1 qui annonce le dgel2 la ,/ellaire ou ,coll]ette de la ,vi]ge1 qui salue les premires communiantes le long des haies dont les feuilles sont encore indcises et prcaires comme une diaphane bue v]te4 ,voil l',ancolie tri/e et la ,sauge des prs1 l',inule1 la ,jasione1 l',anglique1 la ,nielle ou ,alne2 la ,jotte ou ,rav5elle1 habille comme la s]vante d'un cur de campagne2 l',osmonde1 qui e/ une f\gre royale2 la ,luzule1 la ,p>mlie des murs1 le ,miroir de ,vnus2 l',euphorbe ou ,esule des bois1 my/rieuse et ple9e d'un feu sombre2 la ,physalide1 dont le fruit mrit dans une lant]ne r\ge2 la ,jusquiame1 la ,belladone1 la ,digitale1 re9es empoisonneuses1 ,cloptres gazes des lieux incultes et des bois frais4 ,et puis encore la ,camomille1 la bonne ,sur aux mille s\rires en cornette1 apportant dans un bol de faence la tisane salutaire2 la ,pimpr5elle et la ,coronille1 la ,m5! froide et le ,s]polet rose1 le ,sa9fo9 et l',euphraise1 la ,gr&e ,m>gu]ite1 la ,g5tiane mauve et la ,v]ve9e bleue1 l',ensr9e1 l',an?mis1 le ,silave des prs1 le ,cirse lancol1 la ,pot5tille1 la ,saladelle1 la ,g5i/elle444 ,on rcite un pome de grce et de lumire en les numrant4 ,on leur a rs]v les sons les plus aimables1 les plus purs1 les plus clairs et t\te l'allgresse musicale de la langue4 ,on dirait les ,dramatis ,p]son1 les coryphes et les figurantes d'une imm5se ferie1 plus belle1 plus imprvue et plus surnaturelle que celles qui se dr\l5t dans l'le de ,prospro1 la c\r de ,?se ou dans la =t des ,ard5nes4 ,et les jolies actrices de la comdie muette et inf9ie3 desses1 anges1 dmones1 pr9cesses et sorcires1 vi]ges et c\rtisanes1 re9es et pa/\relles1 port5t aux plis de leurs noms le magique reflet d'innombrables aurores1 d'innombrables pr9temps contempls p> des hommes oublis1 comme elles y port5t aussi le s\v5ir de milli]s d'motions pr(ondes ou lgres qu'pr\vr5t devant elles des gnrations disp>ues sans laiss] d'autre trace4 99 99 99 ,elles sont intressantes et incomprh5sibles4 ,on les appelle vaguem5t les ,mauvaises ,h]bes4 ,elles ne s]v5t ri54 et l1 quelques-unes1 dans de trs vieux villages1 g>d5t encore le pre/ige de v]tus conte/es4 et l1 l'une d'elles1 t\t au fond des bocaux de l'apo?icaire ou de l'h]bori/e1 att5d encore le passage du malade fidle aux infusions traditionnelles4 ,mais la mdec9e incrdule les dlaisse4 ,on ne les cueille plus selon les rites d'autrefois2 et la sci5ce des ,simples s'efface dans la mmoire des bonnes femmes4 ,on leur fait une gu]re sans m]ci4 ,le paysan les cra9t1 la *>rue les p\rsuit2 le j>d9i] les hait et s'e/ arm contre elles d'armes ret5tissantes3 la b*e et le rteau1 la h\e et le racloir1 le s>cloir1 la b9ette4 ,le long des gr&s *em9s1 leur suprme refuge1 le passant les crase et le *>iot les broie4 ,malgr t\t1 les voil3 p]man5tes1 assures1 pullulantes1 tranquilles1 et pas une ne manque l'appel du soleil4 ,elles suiv5t les saisons sans dvi] d'une heure4 ,elles ignor5t l'homme qui s'puise les va9cre1 et ds qu'il se repose elles p\ss5t dans ses pas4 ,elles subsi/5t1 audacieuses1 immortelles1 intraitables4 ,elles ont peupl nos corbeilles de filles magnifiques et dnatures2 mais elles1 les mres pauvres1 sont demeures p>eilles ce qu'elles tai5t il y a c5t mille ans4 ,elles n'ont pas aj\t un pli leurs ptales1 d=m un pi/il1 altr une nuance1 innov un p>fum4 ,elles g>d5t le secret d'une mission t5ace4 ,elles sont les primitives et les indlbiles4 ,le sol leur app>ti5t depuis son orig9e4 ,elles reprs5t5t1 en somme1 une p5se inv>iable1 un dsir ob/91 un s\rire ess5tiel de la ,t]re4 ,c'e/ p\rquoi il e/ bon de les int]rog]4 ,elles ont videmm5t quelque *ose n\s dire4 ,et puis n'oublions pas que les premires1 autant que les aubes et les automnes1 autant que les pr9temps et les c\*ants1 autant que le *ant des oiseaux1 autant que la *evelure1 le reg>d et les ge/es div9s de la femme1 elles apprir5t nos pres qu'il y a sur ce globe des *oses inutiles et belles444 ,,*rysan?,,mes ,*aque anne1 leur heure1 qui suit celle des morts1 heure suprme et magnifique de l'automne1 je vais pieusem5t les visit] aux lieux o me les (fre le has>d4 ,du re/e1 peu importe o n\s les montre la bonne volont du voyage ou du sj\r4 ,ce sont les fleurs les plus univ]selles1 les plus div]ses1 c]tes1 mais dont les div]sits et les surprises sont1 p\r a9si dire1 conc]tes1 comme celles de la mode1 en je ne sais quels p>adis4 ,au mme mom5t1 comme p\r les soies1 les d5telles1 les joyaux et les *evelures1 le mot d'ordre e/ donn1 dans le temps et l'espace1 p> une b\*e faite de ciel et de lumire2 et1 aussi dociles que les plus belles femmes1 simultanm5t1 en t\s pays1 s\s t\tes les latitudes1 elles obiss5t l'injonction sacre4 ,il suffit donc d'entr] l'av5ture dans un de ces muses de v]re o s'tal5t1 s\s le voile h>monieux des j\rnes de novembre1 leurs ri*esses un peu funraires4 ,on saisit t\t de suite quelle e/1 dans ce monde spcial1 trange et privilgi1 mme p>mi le monde si trange et si privilgi des fleurs1 l'ide dom9ante1 la beaut impose1 l'ef=t consci5cieux de l'anne4 ,et l'on se dem&e si cette ide n\velle e/ une ide pr(onde et vraim5t ncessaire du soleil1 de la t]re1 de la vie1 de l'automne ou de l'homme4 99 99 99 ,hi]1 je fus donc admir] l'annuelle1 la d\ce et fa/ueuse crmonie vgtale2 la d]nire que les neiges de dcembre et janvi]1 telles qu'une l>ge b&e d'apaisem5t1 de sommeil1 de sil5ce et d'oubli1 sp>5t des dlicieuses ftes qui recomm5c5t ds le r5\veau1 dj puissant quoiqu' pe9e visible1 de fvri] qui *]*e la lumire4 ,elles sont l1 s\s les va/es dmes transp>5ts1 les nobles fleurs du mois des brumes1 elles sont l1 au r5dez-v\s royal1 t\tes les fes graves de l'automne1 dont il semble que1 d'un mot magique1 on ait immobilis les attitudes et les danses4 ,ds le premi] reg>d1 l'il qui les reconnat et sut appr5dre les aim]1 con/ate avec satisfaction qu'elles ont activem5t et consci5cieusem5t cont9u d'volu] v]s leur idal inc]ta94 ,remontez un in/ant leurs mode/es orig9es1 revoyez le pauvre b\ton-d'or de nagure1 l'humble rosette m>ron ou lie de v9 qui tri/em5t s\rit encore1 au bord des r\tes ple9es de feuilles mortes1 dans les p>cimonieux j>d9ets de nos villages2 comp>ez-leur ces normes amoncellem5ts et ces toisons de neige1 ces disques et ces globes de cuivre r\ge1 ces sphres de vieil arg5t1 ces trophes d'albtre et d'am?y/e1 ce prodigieux dlire de ptales1 qui p>at v\loir puis] jusqu'aux d]nires nigmes le monde des =mes autumnales et des nuances que l'hiv] confie au se9 des =ts qui s'endorm5t1 laissez pass] devant vos yeux les g5res imprvus et les espces insolites2 admirez et jugez4 ,voici1 p> exemple1 la m]veilleuse famille des toiles3 toiles plates1 toiles jaillissantes1 toiles diaphanes1 toiles compactes et *>nues1 voies lactes et con/ellations de la t]re qui rpond5t celles de l'azur4 ,voici les orgueilleuses aigrettes qui att5d5t les diamants de la rose2 voici1 p\r faire honte nos rves1 le pre/igieux pome des *evelures irrelles3 *evelures folles et miraculeuses1 rayons de lune emmls1 buissons d'or et t\rbillons de flammes1 b\cles de belles filles rieuses1 de nymphes p\rsuivies1 de bac*antes passionnes1 de sirnes pmes1 de vi]ges froides1 d'enfants j\eurs1 que des anges1 des mres1 des faunes1 des amants ont c>esses de leurs ma9s calmes ou frmissantes4 ,et puis1 voici ple-mle les mon/res inclassables3 hrissons1 araignes1 fritures1 esc>oles1 ananas1 pompons1 rosaces1 cailles1 vapeurs1 s\ffles1 jets de glace et de neige qui retomb5t1 beurre et lait qui ruisselle1 grle d't9celles qui palpit5t1 ailes1 clats1 duvets1 pulpes1 *airs1 c>oncules1 poils1 b*]s et fuses1 piqres de lumire1 pluie de s\fre et de feu444 99 99 99 ,a prs5t que les =mes ont capitul1 il s'agit de conqurir la rgion des c\leurs int]dites1 des nuances rs]ves1 que l'automne1 semble-t-il1 se refuse concd] la fleur qui le reprs5te4 ,en effet1 il lui accorde prodigalem5t t\tes les opul5ces du crpuscule et de la nuit1 t\tes les ri*esses des v5danges2 il met sa disposition t\t l'uvre mordor de la pluie dans les bois1 t\t l'arg5t9 travail du br\ill>d sur les pla9es1 de la gele et de la neige dans les j>d9s4 ,il lui p]met surt\t de puis] mme le trsor sans fond des feuilles mortes et de la =t qui s'te9t4 ,il l'autorise se p>] des sequ9s d'or1 des mdailles de bronze1 des b\cles d'arg5t1 des paillettes de cuivre1 des plumes feriques1 de l'ambre broy1 des topazes brles1 des p]les oublies1 des am?y/es enfumes1 des gr5ats calc9s1 de t\te la joaill]ie amortie mais encore clatante que le v5t du ,nord amoncelle au creux des rav9s et des s5tes2 mais il exige qu'elle demeure fidle ses vieux matres et porte la livre des mois t]nes et las qui lui donn5t naissance4 ,il n'admet pas qu'elle les trahisse p\r revtir les co/umes pr9ci]s et *atoyants du pr9temps et de l'aurore2 et s'il tolre p>fois le rose1 ce n'e/ qu' condition qu'il soit emprunt aux lvres froides1 au front ple de la vi]ge afflige et voile qui prie sur une tombe4 ,il prohibe trs /rictem5t les te9tes de l't1 de la jeunesse trop ard5te1 de la vie trop rc5te et trop s]e9e1 de la sant trop expansive et de la joie trop pan\ie4 ,a aucun prix il ne cons5t aux v]millons hil>es1 aux c9abres imptueux1 aux p\rpres imprieux et bl\issants4 ,quant aux bleus1 de l'azur de l'aube l'indigo des ocans et des gr&s lacs1 de la p]v5*e la b\rra*e et au pi$-d'al\ette1 ils sont bannis s\s pe9e de mort4 99 99 99 ,p\rtant1 grce quelque inadv]tance de la nature1 voici que la c\leur la plus extraord9aire et le plus svrem5t df5due dans le monde des fleurs1 la c\leur que la corolle de l'euphorbe vnneuse e/ peu prs seule port] dans la cit des ombelles1 des ptales et des calices1 le v]t1 exclusivem5t rs]v aux feuilles esclaves et n\rricires1 vi5t de pntr] dans l'ence9te jal\sem5t g>de4 ,il e/ vrai qu'il ne s'y e/ gliss qu' la faveur d'une quivoque1 en tratre1 en espion1 en transfuge livide4 ,il p>jure le jaune et le trempe avec cra9te dans l'azur vacillant d'un rayon de lune4 ,il e/ encore nocturne et fallacieux comme une irisation s\s-m>9e2 il ne se rvle que p> reflets1 p\r a9si dire int]mitt5ts1 l'extrmit des ptales2 il e/ fugace et anxieux1 fragile et dcevant1 mais indniable4 ,il a fait son entre1 il exi/e1 il s'affirme2 il va se fix]1 s'acc5tu] de j\r en j\r2 et p> la br*e qu'il vi5t de pratiqu] aux citadelles de la lumire1 t\tes les joies et t\tes les magnific5ces du prisme excommuni vont se prcipit] dans le doma9e vi]ge1 et y prp>] p\r nos yeux des ftes inacc\tumes4 ,c'e/ au pays des fleurs une gr&e n\velle et une mmorable conqute4 99 99 99 ,ne croyons po9t qu'il soit puril de s'intress] a9si aux =mes capricieuses1 aux nuances 9dites d'une fleur qui ne produit pas de fruits2 et ne traitons pas ceux qui *]*5t la r5dre plus belle ou plus trange comme ,la ,bruyre traitait jadis l'amateur de tulipes ou de prunes4 ,v\s rappelez-v\s la jolie page8 ,le fleuri/e a un j>d9 dans un faub\rg2 il y c\rt au lev] du soleil1 et il en revi5t son c\*]4 ,v\s le voyez plant et qui a pris rac9e au milieu de ses tulipes et devant la ,solitaire2 il ouvre de gr& yeux1 il frotte ses ma9s1 il se baisse1 il la voit de plus prs1 il ne l'a jamais vue si belle1 il a le cur pan\i de joie2 il la quitte p\r l',ori5tale2 de l1 il va la ,veuve2 il passe au ,drap d'or2 de celle-ci l',aga!1 d'o il revi5t enf9 la ,solitaire1 o il se fixe1 o il se lasse1 o il s'assi$1 o il oublie de dn]2 aussi e/-elle nuance1 borde1 huile1 pices emportes2 elle a un beau vase ou un beau calice2 il la contemple1 il l'admire2 ,dieu et la nature sont en t\t cela ce qu'il n'admire po9t2 il ne va pas plus lo9 que l'oignon de sa tulipe1 qu'il ne livr]ait pas p\r mille cus1 et qu'il donn]a p\r ri5 qu& les tulipes s]ont ngliges et que les illets auront prvalu4 ,cet homme raisonnable1 qui a une me1 qui a un culte et une religion1 revi5t *ez soi fatigu1 affam1 mais =t cont5t de sa j\rne3 il a vu des tulipes4 ,p>lez cet autre de la ri*esse des moissons1 d'une ample rcolte1 d'une bonne v5dange3 il e/ curieux de fruits2 v\s n'articulez pas1 v\s ne v\s faites pas ent5dre4 ,p>lez-lui de figues et de melons1 dites que les poiri]s romp5t de fruit cette anne1 que les p*]s ont donn avec abondance3 c'e/ p\r lui un idiome inconnu2 il s'atta*e aux seuls pruni]s2 il ne v\s rpond pas4 ,ne l'entret5ez pas mme de vos pruni]s1 il n'a de l'am\r que p\r une c]ta9e espce2 t\te autre que v\s lui nommez le fait s\rire et se moqu]4 ,il v\s mne l'arbre1 cueille arti/em5t cette prune exquise2 il l'ouvre1 v\s en donne une moiti et pr5d l'autre3 ,quelle *air6 dit-il2 gtez-v\s cela8 cela e/-il div98 voil ce que v\s ne tr\v]ez pas ailleurs2 et l-dessus ses n>9es s'enfl5t2 il ca*e avec pe9e sa joie et sa vanit p> quelques dehors de mode/ie4 ,o l'homme div9 en effet6 homme qu'on ne peut jamais assez l\] et admir]6 homme dont il s]a p>l dans plusieurs sicles6 que je voie sa taille et son visage p5dant qu'il vit2 que j'obs]ve les traits et la cont5ance d'un homme qui seul entre les mortels possde une telle prune6 ,eh bi56 ,la ,bruyre a tort4 ,ce tort1 on le lui p>donne volonti]s en faveur de l'agrable f5tre1 que seul1 entre t\s les auteurs de son temps1 il ouvre a9si sur les j>d9s inatt5dus du ,x,v,i,ie sicle4 ,il n'en re/e pas mo9s1 que c'e/ son fleuri/e un peu born1 son horticulteur un peu maniaque que n\s devons nos p>t]res adorables1 nos lgumes plus v>is1 plus abondants1 plus sav\reux1 et nos fruits de plus en plus dlicieux4 ,reg>dez1 p> exemple1 aut\r des *rysan?mes1 les m]veilles qui mriss5t auj\rd'hui dans les mo9dres j>d9s1 p>mi les longs rameaux sagem5t ass]vis des espali]s pati5ts et gnreux4 ,il y a mo9s d'un sicle1 elles tai5t inconnues et n\s les devons aux ef=ts m9imes et innombrables d'une lgion de petits *]*eurs plus ou mo9s triqus1 plus ou mo9s ridicules4 ,c'e/ de cette faon que l'humanit acqui]t presque t\tes ses ri*esses4 ,il n'e/ ri5 qui soit puril dans la nature1 et si l'on se passionne p\r une feuille1 un br9 d'h]be1 une aile de papillon1 un nid1 un coquillage1 on enr\le sa passion aut\r d'une petite *ose qui r5f]me t\j\rs une gr&e vrit4 ,arriv] modifi] l'aspect d'une fleur1 en soi c'e/ insignifiant1 si l'on veut2 mais p\r peu qu'on y rfl*isse1 cela devi5t norme4 ,n'e/-ce pas enfre9dre ou dvi] des lois pr(ondes1 ess5tielles peut-tre1 en t\t cas sculaires8 ,n'e/-ce pas dpass] des bornes trop facilem5t acceptes1 n'e/-ce pas ml] directem5t notre phmre volont celles des =ces t]nelles8 ,n'e/-ce pas donn] l'ide d'une puissance s+ulire1 presque surnaturelle8 ,et1 quoiqu'il soit prud5t de se g>d] de rves trop ambitieux1 cela ne p]met-il po9t d'espr] qu'on appr5dra peut-tre lud] o transgress] d'autres lois non mo9s sculaires1 plus pro*es de notre propre vie et bi5 autrem5t importantes8 ,c> enf91 t\t se ti5t1 t\t se donne la ma91 t\t obx d'id5tiques pr9cipes invisibles1 t\t a les mmes exig5ces1 t\t p>ticipe la mme me1 la mme sub/ance dans l'effrayante et admirable nigme2 et la plus mode/e victoire remporte au sujet d'une fleur peut n\s ouvrir un j\r des secrets inf9is444 99 99 99 ,c'e/ p\rquoi j'aime le *rysan?me1 et c'e/ p\rquoi je suis son volution avec une curiosit frat]nelle4 ,il e/1 p>mi les plantes dome/iques1 la plante la plus s\mise1 la plus docile1 la plus mallable et la plus att5tive que n\s ayons1 de longtemps1 r5contre4 ,il porte des fleurs t\t imprgnes de de la p5se et de la volont de l'homme1--dj p\r a9si dire huma9es3 et si le monde des vgtaux doit n\s rvl] quelque j\r l'un des mots que n\s att5dons1 c'e/ peut-tre p> cette fleur des tombes que n\s appr5drons le premi] secret de l'exi/5ce1 t\t comme1 dans un autre rgne1 c'e/ probablem5t p> le *i51 g>di5 presque p5sif de nos demeures1 que n\s dc\vrirons le my/re de la vie animale444 ,,fleurs ,d,,mod,,es ,ce mat91 en visitant mes fleurs ent\res de la b>rire blan*e qui les df5d contre les bonnes va*es qui paiss5t dans l'h]bage1 je revois en p5se t\t ce qui s'pan\it dans les bois1 dans les pla9es1 les j>d9s1 les orang]ies et les s]res2 et je songe ce que n\s devons au monde m]veilleux que visit5t les abeilles4 ,savons-n\s ce que s]ait une humanit qui ne connatrait pas la fleur8 ,si celle-ci n'exi/ait pas1 si elle avait t\j\rs t ca*e nos reg>ds1 comme le sont probablem5t mille spectacles non mo9s feriques qui n\s environn5t mais que nos yeux n'atteign5t po9t1 notre c>actre1 notre morale1 notre aptitude la beaut1 au bonheur1 s]ai5t-ils bi5 les mmes8 ,n\s aurions1 il e/ vrai1 dans la nature1 d'autres magnifiques tmoignages de luxe1 de surabondance et de grce2 d'autres jeux bl\issants des =ces inf9ies3 le soleil1 les toiles1 les clairs de lune1 l'azur et l'ocan1 les aurores et les crpuscules1 la montagne et la pla9e1 la =t et les fleuves1 la lumire et les arbres2 et enf91 plus prs de n\s1 les oiseaux1 les pi]res prcieuses et la femme4 ,ce sont l les ornem5ts de notre plante4 ,mais1 except les trois d]ni]s qui app>ti5n5t p\r a9si dire au mme s\rire de la nature1 que l'ducation de notre il s]ait grave1 au/re1 presque tri/e1 sans l'ad\cissem5t qu'y apport5t les fleurs6 ,supposez un in/ant que notre globe les ignore3 une gr&e rgion1 la plus en*ante de notre psy*ologie heureuse1 s]ait dtruite1 ou plutt ne s]ait pas dc\v]te4 ,t\te une s5sibilit dlicieuse dormirait jamais au fond de notre cur1 plus dur et plus ds]t1 et dans notre imag9ation prive d'images adorables4 ,l'univ]s inf9i des c\leurs et des nuances ne n\s et t incompltem5t rvl que p> quelques d*irures du ciel4 ,les h>monies miraculeuses de la lumire qui se dlasse1 qui inv5te sans cesse de n\velles allgresses et semble j\ir d'elle-mme1 n\s s]ai5t inconnues1 c> les fleurs ont d'abord dcompos le prisme et =m la p>tie la plus subtile de nos reg>ds4 ,et le j>d9 magique des p>fums1 qui n\s l'et entr'ouv]t8 ,quelques h]bes1 quelques rs9es1 quelques fruits1 le s\ffle de l'aube1 l'odeur de la nuit et de la m]1 n\s aurai5t annonc que p> del les yeux et les oreilles exi/ait un p>adis f]m o l'air que l'on respire se *ange en volupts qu'on n'aurait pu nomm]4 ,considrez aussi t\t ce qui manqu]ait la voix de la flicit huma9e6 ,une des cimes bnies de notre me s]ait presque muette si les fleurs1 depuis des sicles1 n'avai5t alim5t de leur beaut la langue que n\s p>lons et les p5ses qui t5t5t de fix] les heures les plus prcieuses de la vie4 ,t\t le vocabulaire1 t\tes les impressions de l'am\r sont imprgns de leur hale9e1 n\rris de leur s\rire4 ,qu& n\s aimons1 les s\v5irs de t\tes les fleurs que n\s avons vues et respires1 acc\r5t peupl] de leurs dlices reconnues la consci5ce d'un s5tim5t dont le bonheur1 sans elles1 n'aurait pas plus de =me que l'horizon de la m] ou du ciel4 ,elles ont accumul en n\s1 depuis notre enfance1 et ds avant celle-ci1 dans l'me de nos pres1 un imm5se trsor1 le plus pro*e de nos joies1 o n\s allons puis]1 *aque fois que n\s v\lons n\s r5dre plus s5sibles les m9utes clm5tes de la vie4 ,elles ont cr et rp&u dans notre monde s5tim5tal l'atmosphre odorante o se complat l'am\r4 99 99 99 ,c'e/ p\rquoi j'aime surt\t les plus simples1 les plus vulgaires1 les plus anci5nes et les plus dmodes2 celles qui ont d]rire elles un long pass huma91 une longue suite de bonnes actions consolantes1 celles qui n\s accompagn5t depuis des c5ta9es d'annes et qui font p>tie de n\s-mmes1 puisqu'elles mir5t quelque *ose de leur grce et de leur joie de vivre dans l'me de nos aeux4 ,mais o se ca*5t-elles8 ,elles devi5n5t plus r>es que celles qu'on appelle auj\rd'hui les fleurs r>es4 ,leur exi/5ce e/ secrte et prcaire4 ,il semble que l'on soit sur le po9t de les p]dre1 et peut-tre en e/-il qui vi5n5t de disp>atre1 enf9 dc\rages1 dont les gra9es sont mortes s\s les ru9es1 qui ne connatront plus la rose des j>d9s et qu'on ne retr\v]a que dans de trs vieux livres1 p>mi les gazons clairs des m9iatures bleues ou le long des p>t]res jaunis des primitifs4 ,elles sont *asses des plates-b&es et des corbeilles orgueilleuses p> d'arrogantes inconnues arrives du ,pr\1 du ,cap1 de la ,*9e1 du ,japon4 ,elles ont notamm5t deux impitoyables ennemis4 ,c'e/ d'abord1 l'encombrant et prolifique ,bgonia tubreux qui pullule dans les p>t]res comme un peuple de coqs intransigeants1 aux crtes innombrables4 ,il e/ joli1 mais abusif et un peu artificiel2 et quels que soi5t le sil5ce et le recueillem5t de l'heure1 s\s le soleil et s\s la lune1 dans l'ivresse du j\r et la paix sol5nelle de la nuit1 il sonne du clairon et clbre une victoire monotone1 cri>de et sans p>fums4 ,ensuite1 c'e/ le ,granium d\ble1 un peu mo9s indiscret1 infatigable aussi1 extraord9airem5t c\rageux1 et qui p>atrait dsirable s'il tait mo9s prodigu4 ,a eux deux1 aids de quelques trangres plus s\rnoises et des plantes aux feuillages colors qui =m5t ces mosaques b\rs\fles qui aviliss5t prs5t les belles lignes de la plup>t de nos pel\ses1 ils ont peu peu dpossd leurs surs auto*tones des lieux qu'elles avai5t si longtemps gays de leurs s\rires famili]s4 ,elles n'ont plus le droit d'accueillir l'hte avec de nafs petits cris de bi5v5ue1 ds la grille dore du *teau4 ,il leur e/ int]dit de bav>d] prs du p]ron1 de gaz\ill] dans les vases de m>bre1 de *antonn] au bord des pices d'eau1 de patois] le long des plates-b&es4 ,on en a relgu quelques-unes au fond du potag]1 dans le co9 nglig1 et d'ailleurs dlicieux1 des plantes mdic9ales ou simplem5t aromatiques3 la ,sauge1 l',e/ragon1 le ,f5\il et le ,?ym1 vieilles s]vantes elles aussi congdies et qu'on ne n\rrit plus que p> une sorte de piti ou de tradition ma*9ale4 ,d'autres se sont rfugies du ct des remises et des curies1 prs de la porte basse de la cuis9e ou de la cave1 s'y tassant humblem5t comme des m5diantes importunes1 ca*ant leurs robes claires p>mi les mauvaises h]bes1 ret5ant de leur mieux leurs p>fums intimids1 af9 de ne pas veill] l'att5tion4 ,mais l mme1 le ,pl>gonium r\ge d'indignation et le ,bgonia cramoisi de colre sont v5us surpr5dre et b\scul] la petite tr\pe in(f5sive4 ,elles ont fui v]s les f]mes1 les cimetires1 dans les j>d9ets des curs1 des vieilles filles1 des c\v5ts de prov9ce2 et ma9t5ant1 ce n'e/ plus gure que dans l'oubli des plus anci5s villages1 aut\r de branlantes demeures1 lo9 des *em9s de f] et des s]res imprieuses de l'horticulteur1 qu'on les retr\ve encore avec leur s\rire naturel2 non plus l'air p\r*ass1 haletant et traqu1 mais tranquilles1 arrives1 reposes1 abondantes1 ins\ciantes1 *ez elles4 ,et de mme qu'autrefois1 au temps des dilig5ces1 du haut du mur de pi]re qui ent\re la maison1 trav]s les b>reaux de la b>rire blan*e ou du seuil des f5tres qu'anime un oiseau prisonni]1 sur la r\te immobile o p]sonne ne passe1 si ce n'e/ les puissances t]nelles de la vie1 elles reg>d5t v5ir le pr9temps et l'automne1 la pluie et le soleil1 les papillons et les abeilles1 le sil5ce et la nuit suivie du clair de lune4 99 99 99 ,vieilles fleurs c\rageuses6 ,gir(les1 ,rav5elles1 ,violi]s1 ,b\tons d'or6 ,c>1 de mme que les fleurs des *amps1 dont un ri5 les sp>e1 un rayon de beaut1 une g\tte de p>fum1 elles ont des noms *>mants1 les plus d\x de la langue2 et *acune d'elles1 comme des ex-voto m9utieux et nafs1 ou comme des mdailles dc]nes p> la gratitude des hommes1 en porte familirem5t trois ou quatre4 ,gir(les qui *antez p>mi les murs en ru9e et c\vrez de lumire les pi]res qui s'attri/5t1 ,primevres des j>d9s1 ,prim]oles ou ,c\c\s1 ,jac9!s d',ori5t1 ,crocus et ,c9raires1 ,c\ronnes impriales1 ,violettes odorantes1 ,muguets1 ,myosotis1 ,petites-,m>gu]ites et ,petites-,p]v5*es1 ,n>cisses-des-,potes1 ,jeannettes1 ,claud9ettes1 ,oreilles d'ours1 ,alysse1 ,gazon turc1 ,anmones2 c'e/ p> v\s que les mois qui prcd5t les feuilles3 ,fvri]1 ,m>s1 ,avril1 traduis5t en s\rires comprh5sibles aux hommes les premires n\velles et les premi]s bais]s my/rieux du soleil4 ,v\s tes frles1 frileuses et p\rtant effrontes comme une ide heureuse4 ,v\s rajeunissez l'h]be1 fra*es comme l'eau qui c\le dans les c\pes d'azur que l'aube vi5t rp&re sur les b\rgeons avides1 phmres comme les songes d'un enfant qui s'veille2 presque sauvages encore et presque spontanes1 dj m>ques p\rtant de l'clat trop prcoce1 du nimbe trop ard5t1 de la grce trop p5sive qui accable les fleurs qui se donn5t l'homme4 99 99 99 ,mais voici innombrables1 dsordonnes1 multicolores1 tumultueuses1 ivres d'aurores et de midis1 les rondes lum9euses des filles de l't6 ,jeunes vi]ges aux voiles blancs et vieilles demoiselles en rubans violets1 colires en vacances1 premires communiantes1 religieuses plies1 gam9es dpeignes1 commres et bigotes4 ,voici le ,s\ci d'or qui crible de cl>ts le v]t des plates-b&es4 ,voici la ,camomille1 comme un b\quet de neige1 ct de ses infatigables frres les ,*rysan?mes-des-j>d9s qu'il ne faut pas confondre avec les ,*rysan?mes japonais de l'automne4 ,l',hlian! annuel1 ,t\rnesol1 ,gr&-,soleil1 dom9ant comme un prtre qui lve l'o/5soir1 le m5u peuple en prire1 s'ef=ce de ressembl] l'a/re qu'il adore4 ,le ,pavot s'v]tue remplir de lumire sa tasse d*ire p> le v5t du mat94 ,le rude ,pi$-d',al\ette1 en bl\se de paysan1 qui se croit plus beau que le ciel1 mprise les ,belles-de-,j\r qui lui repro*5t avec aigreur d'avoir mis trop de bleu dans l'azur de ses fleurs4 ,la ,juli5ne-de-,mahon1 en robe de jaconas1 comme les petites bonnes de ,dordre*t ou de ,leyde1 navem5t espigle1 a l'air de lav] d'innoc5ce les bordures des corbeilles4 ,le ,rsda se ca*e dans son laboratoire et di/ille en sil5ce des p>fums qui n\s donn5t l'avant-gt de l'air que l'on respire au seuil des p>adis4 ,les ,pivo9es1 qui ont bu avec indiscrtion mme le soleil1 clat5t d'en?\siasme et se p5*5t au-devant de l'apoplexie qui s'avance4 ,le ,l9--fleurs-r\ges trace un sillon sanglant qui g>de les alles2 et le ,portulaca ou ,*evali]-d'onze-heures1 c\s9 enri*i du p\rpi]1 rampant comme une m\sse1 s'applique rec\vrir de taffetas z9zol91 jaune s\fre ou rose *air1 la t]re demeure nue au pi$ des hautes tiges4 ,le ,dahlia j\fflu1 un peu rond1 un peu bte1 taille dans le savon1 le sa9d\x ou la cire1 ses pompons rguli]s qui s]ont l'ornem5t de la fte du village4 ,le vieux ,phlox pat]nel1 deb\t dans les massifs1 prodigue les gros rires de ses bonnes c\leurs sans faon4 ,les ,mauves-fleuries ou ,lavatres1 en demoiselles sages1 s5t5t au mo9dre s\ffle le plus t5dre inc>nat des pudeurs fugitives mont] leurs corolles4 ,la ,capuc9e fait de l'aqu>elle ou crie comme un ara qui grimpe aux b>reaux de sa cage2 et la ,rose-,trmire1 ,al?a ,rosa1 ,passe-rose1 ,rose--bton1 ,alce ou ,bton-de-,jacob1 monte sur ses six noms1 dfripe ses coc>des d'une *air plus soyeuse que les se9s d'une vi]ge4 ,la ,balsam9e presque transp>5te et la ,gueule-de-l\p1 plus gau*es1 plus timides1 s]r5t cra9tivem5t leurs fleurs contre leurs tiges4 ,puis1 dans le co9 discret des anci5nes familles1 se press5t la ,vronique--longues-feuilles1 la ,pot5tille r\ge1 les ,roses-d',inde1 l'antique ,croix-de-,malte1 l',h]be--la-veuve ou ,scabieuse p\rpre1 la ,digitale qui s'lance comme une fuse tri/e1 l',ancolie d',europe1 qu'on appelle encore ,aiglant9e1 ,clo*ette ou ,colomb9e2 la ,coquel\rde-rose-du-ciel qui sur un long col grle t5d une petite face +nue et t\te ronde p\r admir] le firmam5t1 la ,lunaire ca*ottire qui fabrique en secret la ,monnaie du pape1 ces ples cus plats avec lesquels1 sans d\te1 les elfes et les fes font au clair de la lune comm]ce de pre/iges2 enf9 l'il-de-,faisan1 la ,valriane r\ge ou ,b>be de ,jupit]1 l'illet-de-,pote et le vieil illet-des-fleuri/es que cultivait dj dans son exil le ,gr&-,cond4 ,a ct1 au-dessus1 t\t aut\r1 sur les murs1 dans les haies1 p>mi les treilles1 le long des bran*es1 comme un peuple de s+es et d'oiseaux en liesse1 les plantes grimpantes se div]tiss5t1 font de la gymna/ique1 j\5t se balanc]1 p]dre l'quilibre et le rattrap]1 tomb]1 vol]1 reg>d] le vide1 dpass] les cimes1 embrass] le ciel4 ,c'e/ le ,h>icot d',espagne et le ,pois-de-s5teur1 t\t fi]s de n'tre plus mis au rang des lgumes1 c'e/ le ,volubilis pudique1 le ,*vrefeuille dont l'odeur reprs5te l'me de la rose1 la ,clmatite1 la ,glyc9e2 t&is qu'aux f5tres1 entre les rideaux blancs1 le long de fils t5dus1 la ,campanule nomme ,pyramidale1 opre de tels miracles1 lance des g]bes et tresse des guirl&es =mes de mille fleurs unanimes si prodigieusem5t immacules et translucides1 que ceux qui l'ap]oiv5t p\r la premire fois1 n'en croyant pas leurs yeux1 veul5t t\*] du doigt la bleutre m]veille1 fra*e comme un jet d'eau1 pure comme une s\rce1 irrelle comme un songe4 ,cep5dant1 dans une t\ffe de rayons1 le gr& ,lys blanc1 vieux seigneur des j>d9s1 le seul pr9ce au!ntique p>mi t\te la roture sortie du potag]1 des fosss1 des taillis1 des m>es et des l&es1 p>mi les trangres v5ues on ne sait d'o1 calice inv>iable aux six ptales d'arg5t dont la noblesse remonte celle des dieux mmes1 le ,lys immmorial dresse son sceptre antique1 inviol1 augu/e1 qui cre aut\r de lui1 une zone de *a/et1 de sil5ce1 de lumire4 99 99 99 ,je les ai vues1 celles que j'ai nommes1 tant d'autres oublies1 t\tes runies a9si au j>d9 d'un vieux sage1 le mme qui m'apprit aim] les abeilles4 ,elles s'(frai5t aux reg>ds en plates-b&es1 en corbeilles1 en bordures symtriques1 ellipses1 p>alllogrammes1 qu9conces et losanges1 ent\rs de buis1 de briques r\ges1 de c>reaux de faence1 comme des matires prcieuses cont5ues dans des rs]voirs rguli]s p>eils ceux qu'on tr\ve aux gravures jaunies qui illu/r5t les uvres du vieux pote holl&ais ,jacob ,cats2 ou du bon abb ,s&]us qui dcrivit et dess9a1 v]s le milieu du ,x,v,i,ie sicle1 en sa ,fl&ria ,illu/rata1 t\s les *teaux de ,fl&re1 et eut so91 en tmoignage de gratitude1 de surmont] d'un magnifique pana*e de fume1 les *em9es des gros manoirs o l'hospitalit lui p>ut plantureuse et la *re excell5te4 ,et donc1 les fleurs s'alignai5t1 les unes selon les espces1 d'autres selon les =mes et les nuances1 d'autres enf9 mlai5t d'aprs les has>ds t\j\rs heureux du v5t et du soleil1 les c\leurs les plus ho/iles et les plus meurtrires1 af9 d'atte/] que la nature ignore les dissonances et que t\t ce qui vit cre sa propre h>monie4 ,de ses d\ze f5tres arrondies1 aux vitres clatantes1 aux rideaux de m\ssel9e1 aux l>ges volets v]ts1 la longue maison pe9te l'huile1 rose et luisante comme un coquillage1 les reg>dait s'veill] ds l'aube et sec\] les diamants rapides de la rose2 puis se f]m] le soir s\s les tnbres bleues qui tomb5t des toiles4 ,on s5tait qu'elle j\issait avec intellig5ce de la d\ce ferie quotidi5ne1 solidem5t assise entre deux fosss clairs qui se p]dai5t au lo9 dans l'imm5se pturage peupl de va*es immobiles1 cep5dant qu'au bord de la r\te1 un sup]be m\l91 p5* comme un prdicateur1 de ses ailes pat]nelles faisait aux passants du village des signes famili]s4 99 99 99 ,e/-il sur notre t]re un ornem5t plus d\x des heures de loisir1 que la culture des fleurs8 ,il tait beau de voir a9si rassemble1 p\r le plaisir des yeux1 aut\r de la demeure de mon paisible ami1 la magnifique f\le qui labore la lumire p\r en tir] des c\leurs m]veilleuses1 du miel et des p>fums4 ,il y tr\vait traduits en joies visibles et fixes aux portes de sa maison1 les dlices p>ses1 fugitives et presque insaisissables de l't1 la volupt de l'air1 la clm5ce des nuits1 l'motion des rayons1 l'allgresse des heures1 les confid5ces de l'aurore1 le murmure et les int5tions de l'espace azur4 ,il ne j\issait pas seulem5t de leur clatante prs5ce1 il esprait encore1 probablem5t tort1 tant ce my/re e/ confus et pr(ond1 il esprait encore1 =ce de les int]rog]1 surpr5dre1 grce elles1 je ne sais quelle loi ou quelle ide secrte de la nature1 je ne sais quelle p5se intime de l'univ]s qui se trahit peut-tre en ces mom5ts ard5ts o il s'ef=ce de plaire d'autres tres1 de sduire d'autres vies et de crer de la beaut444 99 99 99 ,vieilles fleurs1 ai-je dit4 ,je me trompais4 ,qu& on tudie leur hi/oire et qu'on re*]*e leur gnalogie1 on appr5d avec surprise que la plup>t1 jusqu'aux plus simples et aux plus rp&ues1 sont des tres n\veaux1 des affran*ies1 des exiles1 des p>v5ues1 des visiteuses1 des trangres4 ,n'importe quel trait de botanique dvoil]a leurs orig9es4 ,la ,tulipe1 p> exemple1 7rappelez-v\s la ,solitaire1 l',ori5tale1 l',aga! et le ,drap d'or de ,la ,bruyre7 n\s e/ v5ue de ,con/ant9ople au ,x,v,ie sicle4 ,la ,r5oncule1 la ,lunaire1 la ,croix-de-,malte1 la ,balsam9e1 le ,fus*ia1 la ,rose d',inde ou ,tagtes ,erecta1 la ,coquel\rde-des-j>d9s ou illet de ,dieu1 l',aconit bicolore1 l',am>ante-queue-de-,r5>d1 la ,rose ,trmire1 la ,campanule ,pyramidale arriv5t v]s la mme poque des ,indes1 du ,mexique1 de la ,p]se1 de la ,syrie1 de l',italie4 ,la ,p5se p>at en #afac1 la ,corbeille d'or en #agaj1 le ,l9 r\ge en #ahai1 la ,scabieuse p\rpre en #afbi1 le ,saxifrage s>m5teux en #agga1 la ,vronique--longues feuilles en #agca1 le ,phlox vivace e/ un peu plus anci54 ,l'illet de ,*9e fait son entre dans nos j>d9s v]s l'an #agac4 ,l'illet vivace e/ d'auj\rd'hui4 ,le ,p\rpi] fleuri ne se montre qu'en #ahbh et la ,sauge c>late en #ahbb4 ,l',eupatoire bleue ou ,cle/9e1 si abondante1 si populaire1 ne compte pas deux sicles4 ,l',immortelle--bractes mo9s encore4 ,le ,z9nia e/ t\t ju/e c5t5aire4 ,le ,h>icot d',espagne1 orig9aire de l',amrique du ,sud et le ,pois-de-,s5teur migrant de ,sicile ont un peu plus de deux c5ts ans4 ,l',an?mis ou ,m>gu]ite en arbre1 qu'on tr\ve dans les villages les plus ignors1 n'e/ cultive que depuis l'anne #afii4 ,la jolie ,loblie bleue de nos bordures1 c'e/ le ,cap qui n\s la donne v]s l'poque de la ,rvolution4 ,l',a/] de ,*9e ou ,re9e-,m>gu]ite porte la date de #agca4 ,le ,phlox annuel ou ,phlox de ,drummond1 si vulgaire1 n\s e/ (f]t p> le ,texas en #ahce4 ,la ,lavatre gr&es fleurs1 qui a l'air si pr(ondm5t indigne1 si navem5t campagn>d1 ne s'ouvre en nos j>d9s du ,nord que depuis deux c5t c9quante ans1 et le ,ptunia depuis une v+ta9e de lu/res4 ,le ,rsda1 l',hliotrope1 qui le croirait8 ne sont pas bi-c5t5aire1 le ,dahlia nat en #ahjb et les ,glaeuls 7,gladiolus ,g&av5sis71 les ,glox9ies sont d'hi]4 99 99 99 ,quelles fleurs fleurissai5t donc aux j>d9s de nos pres8 ,bi5 peu1 sans d\te1 de trs petites et de trs humbles1 qu'on di/+uait pe9e de celles des *em9s1 des prs et des clairires4 ,avez-v\s rem>qu la pauvret et la monotonie1 trs habilem5t dguises1 de l'ornem5tation florale des plus belles m9iatures dans nos vieux manuscrits8 ,de mme1 les tableaux de nos muses1 jusqu' la f9 de la ,r5aissance1 n'ont p\r gay] les plus ri*es palais1 les plus m]veilleux p>adis1 que c9q ou six types de fleurs1 qu'ils rpt5t sans cesse4 ,avant le ,x,v,ie sicle1 les j>d9s sont presque ds]ts2 et plus t>d1 ,v]sailles mme1 le spl5dide ,v]sailles1 n'aurait pu n\s montr] ce que montre auj\rd'hui le plus pauvre village4 ,seules1 la ,violette1 la ,pqu]ette1 le ,muguet1 le ,s\ci1 le ,pavot1 frre du ,coquelicot1 quelques ,crocus1 quelques ,iris1 quelques ,col*iques1 la ,digitale1 la ,valriane1 la ,gir(le1 la ,mauve1 le ,pi$-d'al\ette1 le ,bluet1 l'illet sauvage1 le ,myosotis1 la ,rose presque encore glant9e1 et le gr& ,lys d'arg5t1 ornem5ts spontans de nos bois et de nos *amps l'imag9ation intimide p> la neige et le v5t du nord1 v5ai5t s\rire nos anctres4 ,ceux-ci1 du re/e1 ignorai5t leur dnuem5t4 ,l'homme n'avait pas encore appris reg>d] aut\r de soi1 j\ir de la vie naturelle4 ,puis1 v9r5t la ,r5aissance1 les gr&s voyages1 la dc\v]te et l'envahissem5t du soleil4 ,t\tes les fleurs du monde1 ef=ts heureux1 beauts intimes et pr(ondes1 p5ses et volonts joyeuses de la plante1 montr5t jusqu' n\s1 portes sur les rayons d'une lumire qu'on att5dait du firmam5t et qui sortait de notre propre t]re4 ,l'homme se has>de hors du clotre1 de la crypte1 de la ville de briques et de pi]re1 du morne *teau-=t o il avait dormi4 ,il desc5d au j>d9 qui se peuple d'abeilles1 de p\rpre et de p>fums2 il ouvre les yeux1 s'tonne comme un enfant *app aux rves de la nuit2 et la =t1 la pla9e1 la m] et les montagnes1 et enf9 les oiseaux et les fleurs qui p>l5t au nom de t\s une langue plus huma9e et qu'il compr5d dj1 accueill5t son rveil4 99 99 99 ,ma9t5ant1 il n'e/ peut-tre plus de fleurs inconnues4 ,n\s avons peu prs retr\v t\tes les =mes que la nature prte au gr& songe d'am\r1 au dsir de beaut qui s'agite en son se94 ,n\s vivons1 p\r a9si dire1 au milieu de ses plus t5dres confid5ces1 de ses plus t\*antes inv5tions4 ,n\s pr5ons une "p inespre aux ftes les plus my/rieuses de l'invisible =ce qui n\s anime aussi4 ,sans d\te1 c'e/ en app>5ce peu de *ose que quelques fleurs de plus dans nos corbeilles4 ,elles ne sm5t que quelques s\rires impuissants le long des r\tes qui conduis5t la mort4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que ce sont des s\rires n\veaux que ne connur5t po9t ceux qui n\s prcdr5t2 et gnreusem5t1 ce bonheur rcemm5t dc\v]t se rp& en t\s lieux1 jusqu'aux portes des plus misrables demeures4 ,les bonnes1 les simples fleurs sont aussi heureuses et aussi clatantes dans l'troit j>d9et du pauvre qu'aux pel\ses opul5tes du *teau et ent\r5t la cabane de la beaut suprme de la t]re2 c> la t]re jusqu'ici n'a ri5 produit de plus beau que la fleur4 ,elles a*v5t de conqurir le globe4 ,elles promett5t dj1 en prvision des j\rs o les hommes auront enf9 des loisirs gaux et prolongs1 l'galit des sa9es j\issances4 ,oui c]tes1 c'e/ peu de *ose2 et t\t e/ peu de *ose1 si l'on considre isolm5t *acune de nos petites victoires4 ,c'e/ peu de *ose aussi1 en app>5ce1 que quelques p5ses de plus dans notre tte1 qu'un s5tim5t n\veau dans notre cur2 et p\rtant1 c'e/ cela qui n\s mne l5tem5t o n\s esprons d'arriv]4 ,aprs t\t1 n\s t5ons l un fait bi5 rel3 savoir que n\s vivons dans un monde o les fleurs sont plus belles et plus nombreuses qu'autrefois2 et peut-tre avons-n\s le droit d'aj\t] que les p5ses des hommes y sont plus ju/es et plus avides de vrit4 ,la mo9dre joie conquise et la mo9dre d\leur abolie doiv5t tre m>ques au livre de l'humanit4 ,il convi5t de ne nglig] aucune des preuves qui confirm5t que n\s n\s emp>ons des puissances anonymes1 que n\s comm5ons mani] quelques-unes des lois qui g\v]n5t les tres1 que n\s n\s acclimatons sur notre plante1 que n\s ornons notre sj\r et que n\s augm5tons peu peu la surface du bonheur et de la beaut de la vie4 ,,de ,,la ,,s9c,,rit ,il n'y a1 en am\r1 de bonheur durable et complet que dans l'atmosphre translucide de la s9crit p>faite4 ,jusqu' cette s9crit1 l'am\r n'e/ qu'une preuve4 ,on vit dans l'att5te1 et les bais]s et les p>oles ne sont que provisoires4 ,mais cette s9crit n'e/ praticable qu'entre consci5ces hautes et ex]ces4 ,encore ne suffit-il pas que les consci5ces soi5t telles2 il faut1 en outre1 p\r que la s9crit devi5ne naturelle et ncessaire1 que ces consci5ces soi5t presque gales1 de mme t5due1 de mme qualit1 et que l'am\r qui les unit soit pr(ond4 ,aussi la vie de la plup>t des hommes s'c\le-t-elle sans qu'ils r5contr5t l'me avec qui ils aurai5t pu tre s9cres4 ,mais il e/ impossible d'tre s9cre avec autrui avant qu'on ait appris l'tre env]s soi-mme4 ,cette s9crit n'e/ que la consci5ce et l'analyse dev5ue presque in/9ctive1 des mobiles de t\s les m\vem5ts de la vie4 ,c'e/ l'expression de cette consci5ce que l'on peut mettre ensuite s\s les yeux de l'tre auprs duquel on *]*e le bonheur de la s9crit4 ,a9si ent5due1 la s9crit n'a pas p\r b la p]fection morale4 ,elle mne ailleurs1 plus haut si l'on veut2 en t\t cas1 dans des rgions plus huma9es et plus fcondes4 ,la p]fection d'un c>actre1 telle qu'on la compr5d d'habitude1 n'e/ trop s\v5t qu'une ab/5tion /rile1 une sorte d'at>axie1 une dim9ution de la vie in/9ctive1 qui e/ en somme la s\rce unique de t\tes les autres vies que n\s p>v5ons organis] en n\s4 ,cette p]fection t5d supprim] les dsirs trop ard5ts1 l'ambition1 l'orgueil1 la vanit1 l'gsme1 l'apptit des j\issances1 en un mot1 t\tes les passions huma9es1 c'e/--dire t\t ce qui con/itue notre =ce vitale primitive1 le fond mme de notre n]gie d'exi/5ce que ri5 ne peut remplac]4 ,si n\s t\ffons en n\s t\tes les manife/ations de la vie1 p\r n'y sub/itu] que la contemplation de leurs dfaites1 bi5tt n\s n'aurons plus ri5 contempl]4 ,il n'importe donc pas de n'avoir plus de passions1 de vices ou de dfauts2 cela e/ impossible tant qu'on e/ homme au milieu des hommes1 puisqu'on a le tort d'appel] passion1 vice ou dfaut ce qui fait le fond mme de la nature huma9e4 ,il importe de connatre dans leurs dtails et leurs secrets ceux qu'on possde2 et de les voir agir d'assez haut p\r qu'on puisse les reg>d] sans cra9te qu'ils ne n\s r5v]s5t ou *app5t notre contrle p\r all] nuire inconsidrm5t n\s-mmes ou ceux qui n\s ent\r5t4 ,ds que1 de cette hauteur1 on voit agir ses in/9cts1 mme les plus bas et les plus g/es1 p\r peu qu'on ne soit pas volontairem5t m*ant1--et il e/ difficile de l'tre qu& l'intellig5ce a acquis la lucidit et la =ce que suppose cette facult d'obs]vation1--ds qu'on les voit agir a9si1 ils devi5n5t in(f5sifs comme des enfants s\s l'il de leurs p>5ts4 ,on peut les p]dre de vue1 oubli] quelque temps de les surveill]1 ils ne commettront que des mfaits insignifiants2 c> l'obligation o ils s]ont de rp>] le mal qu'ils auront fait1 les r5d naturellem5t circonspects et leur fait p]dre tt l'habitude de nuire4 99 99 99 ,qu& on aura atte9t une s9crit suffisante env]s soi1 il ne s'ensuit pas que l'on doive la livr] au premi] v5u4 ,l'homme le plus franc et le plus loyal a le droit de ca*] aux autres la plus gr&e p>tie de ce qu'il p5se et de ce qu'il pr\ve4 ,s'il e/ inc]ta9 que la vrit que v\s allez dire soit comprise1 taisez-la4 ,elle app>atrait dans les autres t\te diffr5te de ce qu'elle e/ en v\s2 et pr5ant en eux l'aspect d'un m5songe1 elle y f]ait le mme mal qu'un m5songe vritable4 ,quoiqu'en puiss5t dire les morali/es absolus1 ds qu'on n'e/ plus entre consci5ces gales1 t\te vrit1 p\r produire l'effet de la vrit1 dem&e une mise au po9t4 ,jsus ,*ri/ lui-mme tait oblig de mettre au po9t la plup>t de celles qu'il rvlait ses disciples2 et s'il s'tait adress ,platon ou ,snque au lieu de p>l] des p*eurs de ,galile1 il leur aurait probablem5t dit des *oses assez diffr5tes de celles qu'il a dites4 ,le rgne de la s9crit ne comm5ce que lorsque cette mise au po9t n'e/ plus ncessaire4 ,on entre alors dans la rgion privilgie de la confiance et de l'am\r4 ,c'e/ une plage dlicieuse o l'on se retr\ve nus1 o l'on se baigne ensemble aux rayons d'un soleil bi5faisant4 ,jusqu' cette heure1 on avait vcu sur ses g>des comme un c\pable4 ,on ne savait pas encore que t\t homme a le droit d'tre tel qu'il e/2 qu'il n'y a dans son esprit et dans son cur1 pas plus que dans son corps1 nulle p>tie honteuse4 ,on appr5d bi5tt1 avec le s\lagem5t d'un crim9el dcl> innoc5t1 que ces p>ties que l'on croyait devoir ca*] sont ju/em5t les plus pr(ondes de la =ce vitale4 ,on n'e/ plus seul dans le my/re de sa consci5ce2 et les plus misrables secrets qu'on y dc\vre1 lo9 d'attri/] comme nagure1 font aim] davantage la d\ce et f]me lumire que deux ma9s unies y promn5t4 ,t\t le mal1 t\tes les petitesses1 t\tes les dfaillances qu'on se dvoile a9si1 *ang5t de nature ds qu'ils sont dvoils3 et la plus gr&e faute1 comme le disait l'hrone d'un drame1 qu& elle e/ av\e dans un bais] loyal1 devi5t une vrit plus belle que l'innoc5ce4--,plus belle8--,je ne sais2 mais plus jeune1 plus vivante1 plus visible1 plus active et plus affectueuse4 ,dans cet tat1 l'ide ne n\s vi5t plus de ca*] une arrire-p5se1 un arrire-s5tim5t vulgaire ou mprisable4 ,ils ne peuv5t plus n\s faire r\gir1 puisqu'en les av\ant n\s les dsav\ons1 n\s les sp>ons de n\s-mmes1 n\s pr\vons qu'ils ne n\s app>ti5n5t plus1 qu'ils ne p>ticip5t plus de notre vie1 qu'ils ne naiss5t plus de la p>tie active1 volontaire et p]sonnelle de notre =ce2 mais de l'tre primitif1 in=me et ass]vi qui n\s donne un spectacle amusant comme t\s les spectacles o l'on surpr5d le jeu des puissances in/9ctives de la nature4 ,un m\vem5t de ha9e1 d'gsme1 de vanit niaise1 d'envie ou de dloyaut1 exam9 la lumire de la s9crit p>faite1 n'e/ plus qu'une fleur intressante et s+ulire4 ,cette s9crit1 comme le feu1 purifie t\t ce qu'elle embrasse4 ,elle /rilise les f]m5ts dang]eux2 et de la pire inju/ice1 elle fait un objet de curiosit1 in(f5sif comme un poison mortel dans la vitr9e d'un muse4 ,supposez ,%ylock capable de connatre et de confess] son av>ice2 il ne s]ait plus av>e1 ou son av>ice *ang]ait de =me et cess]ait d'tre odieuse et nuisible4 ,du re/e1 il n'e/ pas indisp5sable qu'on se corrige des fautes av\es2 c> il y a des fautes ncessaires notre exi/5ce et notre c>actre4 ,beauc\p de nos dfauts sont les rac9es mmes de nos qualits4 ,mais la connaissance et l'aveu de ces fautes et de ces dfauts prcipite *imiquem5t le v59 qui n'e/ plus au fond du cur qu'un sel in]te dont on peut tudi] loisir les cri/aux innoc5ts4 99 99 99 ,la v]tu purificatrice de l'aveu dp5d de la qualit de l'me qui le fait et de celle de l'me qui l'accueille4 ,l'quilibre tabli1 t\s les aveux lv5t le niveau du bonheur et de l'am\r4 ,ds qu'ils sont confesss1 les m5songes anci5s ou rc5ts1 les dfaillances les plus graves se *ang5t en ornem5ts inatt5dus1 et1 comme de belles /atues dans un p>c1 devi5n5t les tmo9s s\riants et les preuves paisibles de la cl>t du j\r4 ,n\s dsirons t\s d'arriv] cette s9crit bi5heureuse2 mais n\s craignons longtemps que ceux qui n\s aim5t ne n\s aim5t mo9s si n\s leur rvlons ce que n\s osons pe9e n\s rvl] n\s-mme4 ,il n\s semble que c]ta9s aveux dfigur]ont jamais l'image qu'ils se faisai5t de n\s4 ,s'il tait vrai qu'ils la dfigurass5t1 ce s]ait la preuve que n\s ne sommes pas aims sur le plan o n\s aimons4 ,si celui qui reoit l'aveu ne peut s'lev] jusqu' n\s aim] davantage p\r cet aveu1 il y a mal5t5du dans notre am\r4 ,ce n'e/ pas celui qui fait l'aveu qui doit r\gir2 mais celui qui ne compr5d pas encore que p> le fait mme que n\s avons confess un tort n\s l'avons surmont4 ,ce n'e/ plus n\s1 c'e/ un trang] qui se tr\ve la place o n\s avons commis la faute4 ,celle-ci1 n\s l'avons lim9e de notre sub/ance4 ,elle n'enta*e plus que celui qui hsite admettre qu'elle ne n\s enta*e plus4 ,elle n'a plus ri5 de commun avec notre vie relle4 ,n\s n'en sommes plus que le tmo9 accid5tel et non plus responsable qu'une bonne t]re n'e/ responsable d'une mauvaise h]be ou un miroir du vila9 reflet qui l'effleure4 99 99 99 ,ne craignons pas davantage que cette s9crit absolue1 cette d\ble vie transp>5te de deux tres qui s'aim5t1 dtruise l'arrire-plan d'ombre et de my/re qui se tr\ve au fond de t\te affection durable1 ni qu'elle t>isse le gr& lac inconnu qui1 au sommet de t\t am\r1 alim5te le dsir de se connatre1 dsir qui n'e/ lui-mme que la =me la plus passionne du dsir de s'aim] davantage4 ,non2 cet arrire-plan n'e/ qu'une sorte de toile mobile et provisoire qui suffit donn] aux am\rs ord9aires l'illusion de l'espace inf9i4 ,enlevez-la1 et d]rire elle app>at enf9 l'horizon rel avec le ciel et la m] vritables4 ,quant au gr& lac inconnu1 on s'ap]oit bi5tt qu'on n'en avait tir jusqu' ce j\r que quelques g\ttes d'eau tr\ble4 ,il n'ouvre sur l'am\r ses s\rces salutaires qu'au mom5t de la s9crit2 c> la vrit de deux tres e/ incomp>ablem5t plus fconde1 plus pr(onde et plus 9puisable que leurs app>5ces1 leurs rtic5ces et leurs m5songes4 99 99 99 ,enf91 ne craignons pas d'puis] notre s9crit et ne n\s imag9ons po9t qu'il n\s soit possible d'atte9dre ses d]nires limites4 ,lorsque n\s la croyons et la v\lons absolue1 elle n'e/ jamais que relative2 c> elle ne peut se manife/] que dans les bornes de notre consci5ce1 et ces bornes se dplac5t *aque j\r4 ,en sorte que l'acte ou la p5se prs5te s\s les c\leurs que n\s lui voyons au mom5t de l'aveu1 peut avoir une porte t\t autre que celle que n\s lui attribuons auj\rd'hui4 ,de mme que l'acte1 la p5se ou le s5tim5t que n\s n'av\ons pas p>ce que n\s ne l'ap]cevons pas encore1 peut dev5ir dema91 l'objet d'un aveu plus urg5t et plus grave que t\s ceux que n\s avions faits jusqu' ce j\r4 ,,portrait ,,de ,,femme 444 ,il disait que l'esprit dans cette belle p]sonne tait un diamant1 bi5 mis en uvre4 7,,la ,,bruy,,re1 ,fragm5t47 444 ,elle e/ belle1 disait-il1 de cette beaut que les annes altr5t le plus l5tem5t4 ,elles la trans=m5t sans l'amo9drir et p\r remplac] des grces trop fragiles p> des *>mes qui ne p>aiss5t un peu plus graves et un peu mo9s t\*ants que p>ce qu'on les s5t plus durables4 ,le corps promet qu'il g>d]a longtemps1 jusqu'aux premi]s frissons de la vieillesse1 les lignes pures et s\ples qui ennobliss5t le dsir2 et l'on ne sait p\rquoi l'on e/ sr qu'il ti5dra sa promesse4 ,la *air1 intellig5te comme un reg>d1 e/ sans cesse rajeunie p> l'esprit qui l'anime1 et n'ose pr5dre un pli1 dplac] une fleur ni tr\bl] une c\rbe admire p> l'am\r4 99 99 99 ,il ne suffisait pas qu'elle ft l'amie unique et virile1 la cam>ade gale1 la compagne la plus pro*e et la plus pr(onde de l'exi/5ce qu'elle avait lie la si5ne4 ,l'toile qui la s\haitait p>faite1 et qu'elle avait appris second]1 v\lut encore qu'elle demeurt l'amante dont on ne se lasse po9t4 ,l'amiti sans am\r1 comme l'am\r sans amiti1 sont deux demi-bonheurs qui attri/5t les hommes4 ,ils ne j\iss5t de l'un que p\r regrett] l'autre2 et ne tr\vant qu'une allgresse mutile sur les deux cimes les plus belles de la vie1 ils se p]suad5t que l'me huma9e ne saurait tre entirem5t heureuse4 99 99 99 ,au sommet de sa vie veille la raison la plus pure qui puisse illum9] un tre2 mais elle ne montre que la grce et non l'ef=t de la lumire4 ,ri5 ne me p>aissait plus froid que la raison1 avant que je l'eusse vue j\] a9si aut\r du front d'une jeune femme1 comme la lampe du sanctuaire aux ma9s d'une enfant rieuse et innoc5te4 ,la lampe ne laisse ri5 dans l'ombre2 mais la rigueur de ses rayons ne fran*it pas le c]cle intrieur1 t&is que leurs s\rires embelliss5t t\t ce qu'ils atteign5t au dehors4 ,sa consci5ce e/ si naturelle et si sa9e qu'on ne l'ent5d pas respir] et qu'elle semble ignor] qu'elle exi/e4 ,elle e/ inflexible env]s l'activit qu'elle dirige2 mais avec tant d'aisance qu'elle p>at s'arrt] p\r se repos] ou se p5*] sur une fleur qu& elle rsi/e de t\tes ses =ces une p5se ou un s5tim5t inju/e4 ,un ge/e1 un mot naf et enj\1 une l>me qui rit1 dissimule le secret de la lutte pr(onde4 ,t\t ce qu'elle acqui]t a la grce de l'in/9ct2 et t\t ce qui e/ in/9ctif a su dev5ir innoc5t4 ,l'in/9ct1 selon le mot de ,balzac s'e/ tremp dans la p5se3 et la p5se c\vre d'une rose plus claire1 la s5sibilit4 ,de t\tes les passions de la femme1 aucune n'a pri1 aucune n'e/ prisonnire1 c> t\tes sont requises1 les plus humbles et les plus futiles1 comme les plus gr&es et les plus dang]euses1 p\r =m] le p>fum que l'am\r aime respir]4 ,mais sans tre captives1 elles viv5t dans une sorte de j>d9 en*ant d'o elles ne song5t plus s'vad]1 o elles p]d5t le dsir de nuire1 et o les plus petites et les plus inutiles1 ne p\vant re/] inactives1 amus5t et font s\rire les plus gr&es4 99 99 99 ,elle a donc1 l'tat d'ornem5t1 t\tes les passions et t\tes les faiblesses de la femme2 et grce aux dieux1 elle n'(fre po9t cette p]fection mort-ne qui possde t\tes les v]tus sans qu'un seul dfaut les anime4 ,en quel monde imag9aire tr\ve-t-on une v]tu qui ne soit pas ente sur un dfaut8 ,une v]tu n'e/ qu'un vice qui s'lve au lieu de s'abaiss]2 et une qualit n'e/ qu'un dfaut qui sait se r5dre utile4 ,comm5t aurait-elle l'n]gie ncessaire si elle tait dnue d'ambition et d'orgueil8 ,comm5t saurait-elle c>t] les ob/acles inju/es si elle ne possdait pas la rs]ve d'gsme proportionne aux lgitimes exig5ces de sa vie8 ,comm5t s]ait-elle ard5te et t5dre si elle n'tait pas s5suelle8 ,comm5t s]ait-elle bonne si elle ne savait pas tre faible1 et confiante si elle ne savait pas tre crdule8 ,comm5t s]ait-elle belle si elle ignorait les miroirs et ne *]*ait plaire8 ,comm5t sauv]ait-elle la grce de la femme si elle n'en avait pas les innoc5tes vanits8 ,comm5t s]ait-elle gnreuse si elle n'tait un peu imprvoyante8 ,comm5t s]ait-elle ju/e si elle ne savait pas tre dure8 et comm5t c\rageuse si elle n'oubliait p>fois la prud5ce8 ,comm5t s]ait-elle dv\e et capable de sacrifice si elle n'*appait jamais au contrle de la raison glace8 ,ce que n\s appelons v]tus et vices1 ce sont les mmes =ces qui pass5t le long d'une exi/5ce4 ,elles *ang5t de nom selon le lieu o elles se r5d5t3 gau*e1 elles tomb5t dans les bas-fonds de la laideur1 de l'gsme et de la sottise2 droite1 elles mont5t v]s les hauts plateaux de la noblesse1 de la gnrosit et de l'intellig5ce4 ,elles sont bonnes ou mauvaises selon ce qu'elles font et non selon le titre qu'elles port5t4 99 99 99 ,qu& on n\s pe9t les v]tus d'un homme1 on les reprs5te dans l'ef=t de l'action2 mais celles qu'on admire dans la femme suppos5t t\j\rs un modle immobile comme une belle /atue dans une gal]ie de m>bre4 ,c'e/ une image inconsi/ante1 tissue de vices au repos1 de qualits in]tes1 d'pi?tes endormies1 de m\vem5ts passifs1 de =ces ngatives4 ,elle e/ *a/e p>ce qu'elle n'a pas de s5s1 elle e/ bonne p>ce qu'elle ne fait de mal p]sonne1 elle e/ ju/e p>ce qu'elle n'agit po9t1 elle e/ pati5te et rsigne p>ce qu'elle e/ dp\rvue d'n]gie1 elle e/ indulg5te p>ce qu'on ne l'(f5se po9t1 ou p>donne p>ce qu'elle n'a pas le c\rage de rsi/]1 elle e/ *>itable p>ce qu'elle se laisse dp\ill] ou que sa *>it ne la prive de ri51 elle e/ fidle1 elle e/ loyale1 elle e/ s\mise1 elle e/ dv\e1 p>ce que t\tes ces v]tus peuv5t vivre dans le vide et fleurir sur une morte4 ,mais qu'arriv]a-t-il si l'image s'anime et sort de sa retraite p\r entr] dans une vie o t\t ce qui ne pr5d po9t "p au m\vem5t qui l'enveloppe1 devi5t une pave pitoyable ou dang]euse8 ,e/-ce encore une v]tu que de re/] fidle un am\r mal *oisi ou moralem5t te9t1 ou de demeur] s\mise un matre in9tellig5t ou inju/e8 ,suffit-il de ne pas nuire p\r tre bonne ou de ne pas m5tir p\r que l'on soit loyale8 ,il y a la morale de ceux qui se ti5n5t sur les rives du gr& fleuve2 et la morale de ceux qui remont5t le flot4 ,il y a la morale du sommeil et celle de l'action1 la morale de l'ombre et celle de la cl>t2 et les v]tus de la premire1 qui sont comme des v]tus en creux1 doiv5t s'lev]1 se t5dre et dev5ir des v]tus en relief p\r subsi/] dans la seconde4 ,la matire et les lignes demeur5t peut-tre id5tiques1 mais les valeurs sont exactem5t r5v]ses4 ,la pati5ce1 la mansutude1 la s\mission1 la confiance1 la r5onciation1 la rsignation1 le dv\em5t1 le sacrifice1 fruits de la bont passive1 si on les porte tels quels dans l'pre vie du dehors1 ne sont plus que de la faiblesse1 de la s]vilit1 de l'ins\ciance1 de l'inconsci5ce1 de l'indol5ce1 de l'ab&on1 de la sottise ou de la l*et1 et doiv5t1 p\r ma9t5ir au niveau ncessaire la s\rce de bont d'o elles man5t1 savoir se trans=m] en n]gie1 en f]met1 en ob/9ation1 en prud5ce1 en rsi/ance1 en indignation ou en rvolte4 ,la loyaut qui n'a gure cra9dre tant qu'elle ne b\ge pas1 doit se g>d] d'tre dupe et de livr] des armes l'ennemi4 ,la *a/et qui att5dait les yeux f]ms et les ma9s jo9tes1 a le droit de se *ang] en passion qui saura dcid] et fix] le de/94 ,et a9si de suite de t\tes les v]tus qui ont un nom comme de celles qui n'en possd5t pas encore4 ,aprs quoi1 c'e/ un problme de savoir laquelle e/ prfrable1 de la vie active ou de la passive1 de celle qui se mle aux hommes et aux vnem5ts ou de celle qui les fuit4 ,exi/e-t-il une loi morale qui impose l'une ou l'autre1 ou bi5 *acun a-t-il le droit de faire son *oix selon ses gts1 son c>actre1 ses aptitudes8 ,e/-il meilleur ou pire que les v]tus actives ou les passives se tr\v5t au premi] plan8 ,on peut1 je crois1 affirm] que les premires suppos5t t\j\rs les secondes1 mais que le contraire n'e/ pas vrai4 ,a9si1 la femme dont je p>le e/ d'autant plus capable de dv\em5t et de sacrifice qu'elle a la =ce de dt\rn] plus longtemps que t\te autre l'accablante ncessit de ceux-ci4 ,elle ne cultiv]a pas dans le vide1 comme moy5s d'expiation ou de purification1 la tri/esse et la s\ffrance2 mais elle sait les accueillir et les re*]*] avec une nave ardeur1 p\r p>gn] ceux qu'elle aime1 une petite affliction ou une gr&e d\leur qu'elle se s5t la =ce d'affront] seule et de va9cre en sil5ce dans le secret de son cur4 ,que de fois je l'ai vue ref\l] des l>mes prs de jaillir s\s d'inju/es repro*es1 t&is que ses lvres o palpitait un s\rire angoiss1 ret5ai5t1 avec un c\rage presque invisible1 le mot qui l'et ju/ifie1 mais aurait accabl celui qui la mconnaissait4 ,comme ,jean-,paul dit de son hrone1 elle e/ de celles qui1 lorsqu'on e/ inju/e env]s elles1 croi5t t\j\rs que c'e/ elles qui ont tort4 ,c>1 de mme que t\s les tres ju/es et bons1 elle avait naturellem5t subir les petites tyrannies et les petites m*ancets de ceux qui flott5t indcis entre le bi5 et le mal et se ht5t d'abus] de l'indulg5ce et du p>don trop s\v5t obt5us4 ,voil qui montre mieux que t\s les cons5tem5ts in]tes et plors1 une ard5te et puissante rs]ve d'am\r4 ,iphignie1 ,antigone ou sur de *>it1 comme t\te femme1 s'il le faut1 elle ne dem&]a pas au de/9 de la bless] mort1 comme p\r tre mme de pes] enf9 dans la d]nire lutte les =ces peut-tre m]veilleuses d'un cur inexplor4 ,elle a appris connatre leur nombre et leur poids dans la paix et dans la c]titude de sa consci5ce4 ,a mo9s d'une de ces preuves o la vie n\s accule aux impitoyables p>ois d'une fatalit ou d'une loi naturelle sans issue1 elle pr5dra d'in/9ct une autre r\te p\r arriv] au b m>qu p> le devoir4 ,en t\t cas1 son dv\em5t et son sacrifice ne s]ont jamais rsigns2 ils ne s'ab&onn]ont jamais la d\ceur p]fide du malheur4 ,t\j\rs aux aguets1 sur la df5sive et ple9e d'une confiance n]gique1 elle *]*]a jusqu'au d]ni] mom5t le po9t faible de l'vnem5t qui l'crase4 ,ses l>mes s]ont aussi pures1 aussi d\ces que les l>mes de celles qui ne rsi/5t pas aux injures du has>d2 mais au lieu de voil] le reg>d elles y appell]ont et y multipli]ont la lumire qui console ou qui sauve4 99 99 99 ,du re/e1 aj\tait-il en f9issant1 l',artnice que j'ai essay de v\s pe9dre1 p>atra1 s\s les traits que je lui prte1 p>faitem5t odieuse ou p>faitem5t belle selon l'idal que *acun de v\s porte en soi ou qu'il croit avoir r5contr4 ,on ne s'accorde que sur les v]tus passives4 ,celles-ci ont1 au po9t de vue de la pe9ture1 un avantage dont ne j\iss5t pas les autres4 ,il e/ facile d'voqu] la rsignation1 l'abngation1 la pudeur virg9ale1 l'humilit1 la pit1 le r5oncem5t1 le dv\em5t1 l'esprit de sacrifice1 la simplicit1 la navet1 la c&eur1 t\t le gr\pe sil5cieux et s\v5t dsol des =ces de la femme eff>\*es dans les co9s sombres de la vie4 ,l'il y retr\ve avec att5drissem5t des c\leurs familires et plies p> les sicles2 et le tableau en e/ t\j\rs ple9 d'une grce pla9tive4 ,il semble que ces v]tus ne puiss5t se tromp]1 et que leurs excs mme les r5d5t plus t\*antes4 ,mais combi5 celles qui saill5t1 qui s'affirm5t et qui lutt5t hors des portes ont le visage insolite et +rat6 ,un ri51 une b\cle qui s'g>e1 un pli de vtem5t qui n'e/ pas sa place c\tumire1 un muscle qui se t5d1 les r5d dplaisantes ou suspectes1 prt5tieuses ou dures4 ,la femme a si longtemps vcu ag5\ille dans l'ombre que nos yeux prv5us ont pe9e saisir l'h>monie des premi]s ge/es qu'elle bau*e en se dressant dans la cl>t du j\r4 99 99 99 ,mais t\t ce qu'on peut dire en s'ef=ant de faire le portrait intime d'un tre1 ne ressemble que bi5 imp>faitem5t l'image plus prcise que nos p5ses trac5t en notre esprit dans l'in/ant que n\s en p>lons2 et1 son t\r1 cette d]nire image n'e/ que l'esquisse de la gr&e effigie1 vivante1 pr(onde mais incommunicable1 que sa prs5ce1 comme la lumire sur la plaque s5sible1 a dess9 dans notre cur4 ,confrontez la d]nire preuve aux deux premires3 si exactes1 si f\illes qu'on suppose celles-ci1 elles n'(fr5t plus que les guirl&es et les arabesques d'encadrem5ts plus ou mo9s appropris au sujet qu'ils att5d5t2 mais la face vritable1 le p]sonnage au!ntique et total1 avec le bi5 et le mal seuls rels qu'il r5f]me s\s ses v]tus et ses vices app>emm5t rels1 ne surgit de l'ombre qu'au contact immdiat de deux vies4 ,les plus belles n]gies et les pires dfaillances n'aj\t5t ou n'enlv5t presque ri5 la my/rieuse entit qui s'affirme2 et c'e/ la qualit mme de son de/9 qui se rvle4 ,on reconnat alors que l'exi/5ce qu'on a devant soi1 et dont t\tes les possibilits ca*es ne font que pass] p> nos yeux p\r atte9dre notre me1 e/ vraim5t ce qu'elle v\drait tre2 ou ne s]a jamais que ce que loyalem5t elle s'ef=ce de ne pas demeur]4 99 99 99 ,s'il importe beauc\p l'amiti et l'am\r1 il importe assez peu notre sympa?ie in/9ctive que quelqu'un soit bon ou mauvais1 fasse le bi5 ou le mal1 p\rvu que n\s agre la =ce secrte qui l'anime4 ,cette =ce secrte se dvoile frquemm5t ds la premire r5contre2 p>fois aussi n\s n'appr5ons la connatre qu'aprs une longue habitude4 ,elle n'a presque ri5 de commun avec les actes extrieurs ni mme avec les p5ses de la p]sonne relle qui ne semble pas son reprs5tant exact1 mais son int]prte de has>d1 au moy5 duquel elle se manife/e comme elle peut4 ,a9si1 n\s avons t\s1 p>mi ceux que le va-et-vi5t des j\rs mle notre exi/5ce1 des amis ou des compagnons que n\s n'e/imons gure1 qui n\s ont plus d'une fois dess]vis et en qui n\s savons que n\s ne p\vons avoir aucune confiance4 ,nanmo9s1 n\s ne p>v5ons pas les mpris] comme ils le mrit5t ni les c>t] de notre r\te4 ,a trav]s et malgr t\t ce qui n\s sp>e et t\t ce qui les dfigure1 une affirmation laquelle n\s avons une foi plus solide et plus organique qu' t\tes les expri5ces et t\s les raisonnem5ts de la raison1 une affirmation obscure mais inv9cible1 n\s atte/e que cet homme1 dt-il n\s prcipit] dans les malheurs les plus graves1 n'e/ pas notre ennemi dans le plan gnral et t]nel de la vie4 ,il se peut qu'il n'y ait aucune sanction ces sympa?ies ou ces antipa?ies2 et que ri5 n'y rponde1 soit p>mi les phnomnes visibles ou invisibles qui compos5t notre exi/5ce1 soit p>mi les fluides connus ou inconnus qui =m5t et entreti5n5t notre sant physique ou morale1 nos s5tim5ts de joie ou de tri/esse et le milieu mobile et trs impressionnable o flotte notre de/94 ,il n'en re/e pas mo9s qu'il y a l une =ce indniable et qui pr5d une "p dcisive l'accomplissem5t de notre bonheur en amiti comme en am\r4 ,cette troisime puissance affective n'a g>d ni l'ge ni au sexe1 ni la beaut ni la laideur2 elle e/ indp5dante de l'attrait physique et des aff9its de l'esprit et du c>actre4 ,elle e/ comme l'atmosphre bi5faisante et fconde o baign5t cet attrait et cette aff9it4 ,qu& cette troisime puissance1 cette atmosphre vivifiante fait dfaut dans l'am\r1 de l vi5n5t t\s les mal5t5dus1 t\s les *agr9s1 t\tes les dceptions qui dsuniss5t deux tres qui s'e/im5t1 se compr5n5t et s'aim5t passionnm5t4 ,comme on ignore la nature de cette puissance1 on lui donne des noms div]s et obscurs4 ,on l'appelle l'me1 l'in/9ct1 l'inconsci5t1 le subconsci5t1 le div9 mme4 ,elle mane probablem5t de l'organe indf9i qui n\s relie t\t ce qui ne conc]ne pas directem5t notre individualit2 t\t ce qui la dborde dans le temps et l'espace1 dans le pass et l'av5ir4 ,,les ,,rameaux ,d',,olivi] ,n'oublions pas que n\s vivons des j\rs fconds et dcisifs4 ,il e/ probable que nos desc5dants n\s envi]ont l'aube que n\s trav]sons sans la connatre2 comme n\s envions ceux qui prir5t "p au sicle de ,pricls1 aux plus beaux temps de la gloire roma9e et c]ta9es heures de la ,r5aissance itali5ne4 ,lum9euse dans le s\v5ir1 la magnifique p\ssire qui enveloppe les gr&s m\vem5ts des hommes1 aveugle ceux qui la s\lv5t et la respir5t2 leur ca*e la direction de la r\te1 et surt\t la p5se1 la ncessit ou l'in/9ct qui les mne4 ,il importe de s'en r5dre compte4 ,le tissu de la vie quotidi5ne fut peu prs p>eil dans t\s les sicles o les hommes atteignir5t une c]ta9e facilit d'exi/5ce4 ,ce tissu o la surface occupe p> les bi5s et les maux re/e s5siblem5t la mme1 s'claire ou s'assombrit p> transp>5ce1 selon l'ide dom9ante de la gnration qui le dr\le4 ,et quels que soi5t sa =me ou son dguisem5t cette ide se rduit t\j\rs1 en d]nire analyse1 une c]ta9e conception de l'univ]s4 ,les calamits et les prosprits individuelles ou publiques n'ont qu'une influ5ce passagre sur le bonheur et le malheur des hommes1 tant qu'elles ne modifi5t po9t au sujet de leurs dieux1 de l'inf9i1 de l'inconnu et de l'conomie du monde1 les ides gnrales qui les clair5t et les n\rriss5t4 ,c'e/ donc l1 plutt que dans les gu]res ou les tr\bles civils1 qu'il n\s faut reg>d] p\r savoir si une gnration a pass dans l'ombre ou la lumire1 dans la dtresse ou dans la joie4 ,c'e/ l que n\s voyons p\rquoi tel peuple qui essuya bi5 des rev]s n\s a laiss d'innombrables tmoignages de beaut et d'allgresse1 t&is que tel autre1 naturellem5t ri*e ou s\v5t victorieux1 ne n\s a lgu que les monum5ts d'une vie morne et t]rifie4 99 99 99 ,n\s sortons1 7p\r ne p>l] que des trois ou quatre d]ni]s sicles de la civilisation actuelle7 n\s sortons de la gr&e priode religieuse4 ,durant cette priode1 malgr les esprances d'outre-tombe1 la vie huma9e se dta*a sur un fond assez sombre et assez m5aant4 ,il e/ vrai que reculant *aque j\r davantage1 ce fond laissait les mille rideaux mobiles et div]sem5t nuancs de l'art et de la mtaphysique s'int]pos] assez librem5t entre les d]ni]s hommes et ses plis effacs4 ,on oubliait un peu son exi/5ce4 ,il n'app>aissait plus qu'aux heures des gr&es d*irures4 ,cep5dant il exi/ait t\j\rs l'tat imman5t1 donnant l'atmosphre et au paysage une c\leur uni=me2 et la vie huma9e une signification diffuse qui imposait une sorte de pati5ce provisoire aux que/ions trop pressantes4 ,auj\rd'hui1 ce fond s'en va p> lambeaux4 ,qu'y a-t-il sa place qui prte l'horizon une =me visible1 une signification n\velle8 ,l'axe illusoire sur lequel l'humanit croyait volu] s'e/ brusquem5t rompu2 et l'imm5se plateau qui porte les hommes1 aprs avoir oscill quelque temps dans nos imag9ations al>mes1 s'e/ tranquillem5t remis t\rn] sur le pivot rel qui l'avait t\j\rs s\t5u4 ,ri5 n'e/ *ang qu'un de ces mots inexpliqus dont n\s rec\vrons les *oses que n\s ne compr5ons po9t4 ,jusqu'ici le pivot du monde n\s semblait =m de puissances spirituelles2 auj\rd'hui1 n\s sommes conva9cus qu'il e/ compos d'n]gies purem5t matrielles4 ,n\s n\s flattons qu'une gr&e rvolution s'e/ accomplie au royaume de la vrit4 ,en fait1 il n'y a eu1 dans la rpublique de notre ignorance1 qu'une p]mutation d'pi?tes1 une sorte de c\p d'tat v]bal1 les t]mes esprit et matire n'tant que les attributs int]*angeables du mme inconnu4 99 99 99 ,mais s'il e/ vrai1 qu'en elles-mmes1 ces pi?tes ne devrai5t avoir qu'une importance littraire1 puisque l'une et l'autre sont probablem5t inexactes et ne reprs5t5t pas plus la ralit que l'pi?te ,atlantique ou ,pacifique applique l'ocan ne reprs5te celui-ci1 elles n'en ont pas mo9s1 selon que l'on s'atta*e exclusivem5t la premire ou la seconde1 sur notre av5ir1 sur notre morale1 et p>tant sur notre bonheur1 une influ5ce prodigieuse4 ,n\s errons aut\r de la vrit1 sans autre guide que des hypo?ses qui allum5t en guise de tor*es quelques mots fumeux mais magiques1 et ces mots devi5n5t bi5tt p\r n\s des entits vivantes qui se mett5t la tte de notre activit physique1 intellectuelle et morale4 ,si n\s croyons que l'esprit dirige l'univ]s1 t\tes nos re*]*es et t\tes nos esprances se conc5tr5t sur notre propre esprit1 ou plutt sur les facults v]bales et imag9atives de celui-ci2 et n\s n\s adonnons la ?ologie et la mtaphysique4 ,sommes-n\s p]suads que le d]ni] mot de l'nigme se tr\ve dans la matire1 n\s n\s atta*ons exclusivem5t l'int]rog] et n\s n'accordons plus notre confiance qu'aux sci5ces exprim5tales4 ,n\s comm5ons cep5dant reconnatre que matrialisme et spiritualisme ne sont que les deux noms opposs mais id5tiques de notre angoisse impuissante compr5dre#b4 ,nanmo9s1 *acune des deux m?odes n\s entrane en un monde moral qui semble app>t5ir une plante diffr5te4 #b ,l'axiome fondam5tal de ma philosophie spculative1 dit ,huxley1 e/ que matrialisme et spiritualisme sont les ples opposs de la mme absurdit1 absurdit qui consi/e n\s imag9] que n\s p\vons connatre quelque *ose t\*ant l'esprit et la matire4 99 99 99 ,ngligeons les consqu5ces accessoires4 ,le gr& avantage de l'int]prtation spirituali/e c'e/ qu'elle donne notre vie une morale1 un b et une signification imag9aires mais trs suprieurs ceux que lui propos5t nos in/9cts incultes4 ,le spiritualisme plus ou mo9s incroyant d'auj\rd'hui s'claire encore du reflet de cet avantage1 et g>de une foi pr(onde1 bi5 qu'assez in=me1 la suprmatie f9ale et au triomphe indt]m9 de l'esprit4 ,au contraire1 l'autre int]prtation ne n\s (fre aucune morale1 aucun idal suprieurs l'in/9ct1 aucun b situ hors de n\s2 ni d'autre horizon que le vide4 ,ou bi51 si l'on p\vait tir] une morale de la seule ?orie syn?tique qui soit ne des innombrables con/atations exprim5tales et fragm5taires qui =m5t la masse imposante mais muette des conqutes de la sci5ce1 j'ent5ds de la ?orie volutionni/e1 ce s]ait l'effroyable et mon/rueuse morale de la nature2 c'e/--dire l'adaptation de l'espce au milieu1 le triomphe du plus =t et t\s les crimes ncessaires de la lutte p\r la vie4 ,or1 cette morale1 qui p>at bi5 tre1 en att5dant une autre c]titude1 la morale ess5tielle de t\te vie t]re/re1 puisqu'elle anime les actions des hommes agiles et phmres aussi bi5 que les l5ts m\vem5ts des cri/aux immortels1 cette morale devi5drait rapidem5t fatale l'humanit si elle tait pratique l'extrme4 ,t\tes les religions1 t\tes les philosophies1 les conseils des dieux et des sages1 n'ont eu d'autre b que d'introduire dans ce milieu trop ard5t1 et qui1 s'il tait pur1 dissolv]ait probablem5t notre espce1 des lm5ts qui en attnuai5t la virul5ce4 ,c'tait notamm5t la foi en des dieux ju/es et r$\tables1 l'espoir de rcomp5ses et la cra9te de *tim5ts t]nels4 ,c'tai5t encore les matires neutres et les antidotes1 auxquels1 avec une prvoyance assez curieuse1 la nature avait rs]v une place dans notre propre cur1 je veux dire la bont1 la piti1 le s5s de la ju/ice4 ,en sorte que ce milieu intolrant et exclusif1 qui devrait tre notre milieu naturel et normal1 n'a jamais t pur1 et ne le s]a probablem5t jamais4 ,quoiqu'il en soit1 l'tat dans lequel il se tr\ve auj\rd'hui (fre un spectacle trange et digne d'att5tion4 ,il s'agite1 il b\illonne et se prcipite comme un liquide dans lequel le has>d vi5t de laiss] tomb] quelques g\ttes d'un ractif inconnu4 ,les pr9cipes pondrateurs qu'y avai5t aj\ts les religions s'vapor5t et s'lim95t peu peu p> le haut1 t&is que dans le bas ils se coagul5t en une masse paisse et inactive4 ,mais mesure qu'ils disp>aiss5t1 les antidotes purem5t huma9s1 bi5 que pr(ondm5t oxyds p> l'lim9ation des lm5ts religieux1 acquir5t plus de vigueur et sembl5t s'v]tu] ma9t5ir le titre du mlange o l'espce huma9e e/ cultive p> un de/9 obscur4 ,en att5dant des auxiliaires encore innoms1 ils occup5t la place ab&onne p> les =ces qui s'vapor5t4 99 99 99 ,n'e/-il pas surpr5ant1 t\t d'abord1 que malgr l'affaiblissem5t du s5tim5t religieux1 et l'influ5ce que cet affaiblissem5t devrait avoir sur la raison huma9e1 puisqu'elle ne voit plus d'intrt surnaturel faire le bi52 et que l'intrt naturel qu'il y a le faire e/ assez discutable1 n'e/-il pas surpr5ant que la somme de ju/ice et de bont et la qualit de la consci5ce gnrale1 lo9 de s'amo9drir se soi5t inconte/ablem5t leves8 ,je dis inconte/ablem5t1 bi5 qu'il ne soit pas d\teux qu'on le conte/]a4 ,il faudrait1 p\r l'tablir1 pass] en revue t\te l'hi/oire1 t\t au mo9s celle de ces d]ni]s sicles2 comp>] la situation des malheureux d'autrefois celle des malheureux d'auj\rd'hui2 plac] ct du total des inju/ices d'hi]1 le total des inju/ices actuelles2 confront] l'tat du s]f1 du demi-s]f1 du paysan1 de l'ouvri] des anci5s rgimes celui de notre travailleur2 sup]pos] l'indiffr5ce1 l'inconsci5ce1 la tranquille et dure c]titude de ceux qui possdai5t nagure1 la sympa?ie1 l'inquitude ple9e de repro*es1 aux hsitations de ceux qui possd5t prs5t4 ,t\t ceci exig]ait une tude dtaille et =t longue2 mais je p5se qu'une intellig5ce de bonne foi accord]a sans pe9e qu'il y a1 non seulem5t dans le dsir des hommes1 ce qui p>at c]ta91 mais en fait1 malgr de trop relles et trop innombrables misres1 un peu plus de ju/ice1 de solid>it1 de sympa?ie et d'esprances444 ,a quelle religion1 quelles p5ses1 quels lm5ts n\veaux faut-il attribu] cette amlioration illogique de notre atmosphre morale8 ,il e/ difficile de le prcis]2 c> s'il e/ c]ta9 qu'ils comm5c5t d'agir d'une manire trs s5sible1 ils sont encore trop rc5ts1 trop amorphes1 trop peu fixs p\r qu'on les puisse qualifi]4 99 99 99 ,essayons nanmo9s de dml] quelques indices2 et con/atons en premi] lieu que notre conception de l'univ]s s'e/ pr(ondm5t et trs efficacem5t modifie2 et surt\t qu'elle t5d se modifi] de plus en plus rapidem5t4 ,sans qu'on s'en r5de compte1 *acune des dc\v]tes si nombreuses de la sci5ce1--qu'il s'agisse de l'hi/oire1 de l'an?ropologie1 de la gographie1 de la gologie1 de la mdec9e1 de la physique1 de la *imie1 de l'a/ronomie1 etc41--altre notre atmosphre acc\tume et aj\te quelque *ose d'ess5tiel une image que n\s ne di/+uons pas encore1 mais qui n\s surplombe1 occupe t\t l'horizon et que n\s press5tons norme4 ,les traits en sont p>s comme ces illum9ations que l'on voit dans les ftes nocturnes4 ,un fronton1 une colonnade1 une c\pole1 un portique incohr5ts app>aiss5t brusquem5t dans le ciel4 ,on ne sait ce qu'ils signifi5t1 quoi ils app>ti5n5t4 ,ils flott5t absurdem5t dans l'!r immobile2 ce sont des songes inconsi/ants dans le firmam5t calme4 ,mais s\da91 une petite ligne de lumire s]p5te dans l'azur1 relie en un cl9 d'il la c\pole aux colonnes1 le portique au fronton1 les degrs la t]re2 et l'difice inatt5du1 comme s'il jetait au lo9 un masque de tnbres1 s'affirme et s'explique dans la nuit4 ,c'e/ cette petite ligne de lumire1 cette ondulation dcisive1 ce trait de feu gnral et complm5taire qui manque encore dans la nuit de notre intellig5ce4 ,mais on s5t qu'il exi/e1 qu'il e/ l1 dess9 en ombre dans l'obscurit1 qu'un ri51 une t9celle1 p>tie d'on ne sait quelle sci5ce1 suffira l'allum] et donn] un s5s infaillible et prcis nos press5tim5ts imm5ses et t\tes les notions disp]ses qui s'g>5t dans le nant inconnaissable4 99 99 99 ,en att5dant1 ce nant1--sj\r de notre ignorance1--qui1 aprs le d"p des ides religieuses1 avait p>u effroyablem5t vide1 se peuple peu peu de figures vagues mais normes4 ,a *aque fois que se dresse une de ces =mes n\velles1 l't5due sans limites o elle vi5t se m\voir1 augm5te dans des proportions sans limites leur t\r2 c> les bornes de l'illimit volu5t sans cesse dans notre imag9ation4 ,c]tes1 les dieux que conur5t c]ta9es religions positives fur5t p>fois trs gr&s4 ,le ,dieu juif et *rti51 p> exemple1 s'affirmait incomm5surable1 cont5ait t\te *ose1 et les premi]s de ses attributs tai5t l't]nit et l'inf9it4 ,mais l'inf9i e/ une notion ab/raite et tnbreuse qui ne pr5d vie et ne s'claire que p> le dplacem5t de frontires que l'on recule de plus en plus dans le f9i4 ,il con/itue une t5due sans =me dont n\s ne p\vons pr5dre consci5ce que grce quelques phnomnes qui surgiss5t sur des po9ts de plus en plus loigns du c5tre de notre imag9ation4 ,il n'a d'efficace que p> la multiplicit des faces1 p\r a9si dire tangibles et positives de l'inconnu qu'il n\s dvoile dans ses pr(ondeurs4 ,il ne n\s devi5t comprh5sible et s5sible que lorsqu'il s'anime1 s'agite et allume aux div]s horizons de l'espace des que/ions de plus en plus lo9ta9es1 de plus en plus trangres t\tes nos c]titudes4 ,p\r que notre vie pr5ne "p sa vie1 il faut qu'il n\s int]roge sans cesse et sans cesse n\s mette en prs5ce de l'inf9i de notre ignorance qui e/ le seul vtem5t visible s\s lequel se laisse dev9] l'inf9i de son exi/5ce4 ,or1 les dieux les plus incomm5surables ne posai5t gure de que/ions p>eilles celles que n\s pos5t sans rpit ce que leurs adorateurs appell5t encore le nant1 qui e/ en ralit la nature4 ,ils se cont5tai5t de rgn] dans un espace mort1 sans vnem5ts et sans images1 p> consqu5t1 sans po9ts de repre p\r nos imag9ations1 et n'ayant sur nos p5ses et sur nos s5tim5ts qu'une influ5ce immuable et immobile4 ,a9si1 notre s5s de l'inf9i1 qui e/ la s\rce de t\te activit suprieure1 s'atrophiait en n\s4 ,notre intellig5ce1 p\r vivre aux conf9s d'elle-mme o elle accomplit sa mission la plus haute1 notre p5se1 p\r occup] t\t l'espace de notre c]veau1 a beso9 d'tre cont9uellem5t sollicite p> de n\veaux rappels de l'inconnu4 ,ds qu' *aque j\r elle n'e/ pas imprieusem5t convoque l'extrmit de ses propres =ces p> quelque fait n\veau1--et il n'y a gure de faits n\veaux dans le rgne des dieux1--elle s'endort1 se contracte1 s'affaisse et dprit4 ,une seule *ose e/ capable de dilat] galem5t1 dans t\tes leurs p>ties1 t\s les lobes de notre tte2 c'e/ l'ide active que n\s n\s faisons de l'nigme dans laquelle n\s n\s m\vons4 ,risque-t-on de se tromp] en affirmant que jamais l'activit de cette ide ne fut comp>able celle d'auj\rd'hui8 ,jamais1 ni au temps o florissait la ?ologie ind\e1 juive ou *rti5ne1 ni aux j\rs o la mtaphysique grecque ou allem&e utilisait t\tes les =ces du gnie huma91 notre reprs5tation de l'univ]s ne fut anime1 fconde et accrue p> des apports aussi imprvus1 aussi *>gs de my/res1 aussi n]giques1 aussi rels4 ,jusqu'ici on la n\rrissait d'alim5ts p\r a9si dire indirects2 ou plutt elle se n\rrissait illusoirem5t d'elle-mme4 ,elle s'enflait de son propre s\ffle1 s'arrosait de ses propres eaux1 et bi5 peu de *ose lui v5ait du dehors4 ,auj\rd'hui1 c'e/ l'univ]s mme qui comm5ce pntr] dans la reprs5tation que n\s n\s en faisons4 ,le rgime de notre p5se e/ *ang4 ,ce qu'elle acqui]t e/ pris hors d'elle-mme et s'aj\te sa sub/ance4 ,elle emprunte au lieu de prt]4 ,elle ne rp& plus aut\r d'elle le reflet de sa propre gr&eur1 mais absorbe la gr&eur d'al5t\r4 ,jusqu'ici1 n\s avions dialogu avec notre logique infirme ou notre imag9ation dsuvre au sujet de l'nigme1 prs5t1 sortis de notre demeure trop intrieure1 n\s essayons d'entr] en rapport avec l'nigme mme4 ,elle n\s int]roge et n\s balbutions de notre mieux4 ,n\s lui posons des que/ions2 et p\r n\s rpondre1 elle dmasque p> mom5t une p]spective lum9euse et sans bornes dans l'imm5se cirque de tnbres o n\s n\s agitons4 ,n\s tions1 p\rrait-on dire1 semblables des aveugles qui s'imag9]ai5t le monde extrieur du fond d'une *ambre close4 ,ma9t5ant1 n\s sommes ces mmes aveugles qu'un guide t\j\rs sil5cieux mne t\r t\r dans la =t1 la pla9e1 sur la montagne et au bord de la m]4 ,leurs yeux ne se sont pas encore ouv]ts2 mais leurs ma9s tremblantes et avides peuv5t tt] les arbres1 froiss] les pis1 cueillir une fleur ou un fruit1 s'tonn] l'arte d'un ro*] ou se ml] la fra*eur des vagues2 p5dant que leurs oreilles appr5n5t di/+u]1 sans qu'elles ai5t beso9 de les compr5dre1 les mille *ants rels du soleil et de l'ombre1 du v5t et de la pluie1 des feuilles et des flots4 99 99 99 ,si notre bonheur1 comme n\s le disions plus haut1 dp5d de notre conception de l'univ]s1 c'e/1 en gr&e p>tie1 que notre morale en dp5d4 ,et celle-ci dp5d bi5 mo9s de la nature que de la gr&eur de cette conception4 ,n\s s]ions meilleurs1 plus nobles1 plus moraux1 au se9 d'un univ]s pr\v sans morale mais conu inf9i1 qu'au milieu d'un univ]s qui atte9drait la p]fection de l'idal huma91 mais qui n\s p>atrait circonscrit et sans my/re4 ,il importe avant t\t de r5dre aussi va/e que possible le lieu o se dvelopp5t t\tes nos p5ses et t\s nos s5tim5ts2 et ce lieu n'e/ autre que celui o n\s n\s reprs5tons l'univ]s4 ,n\s ne p\vons n\s m\voir que dans l'ide que n\s n\s faisons du monde o n\s n\s m\vons4 ,t\t "p de l1 t\t en dc\le2 et t\s nos actes1 le plus s\v5t notre insu1 sont modifis p> la hauteur et l't5due de cet imm5se rs]voir de =ce qui se tr\ve au sommet de notre consci5ce4 99 99 99 ,je crois que l'on peut dire que jamais ce rs]voir ne fut plus va/e ni situ plus haut4 ,c]tes1 l'ide que n\s n\s faisons de l'organisation et du g\v]nem5t des puissances inf9ies e/ mo9s prcise qu'autrefois2 mais c'e/ p> l'honnte et noble raison qu'elle n'admet plus de limites *imriquem5t nettes4 ,elle ne conti5t plus aucune morale fixe1 aucune consolation1 aucune promesse1 aucune esprance c]ta9e4 ,elle e/ nue et presque vide1 p>ce que ri5 n'y subsi/e qui ne soit le roc mme de quelques faits primitifs4 ,elle n'a plus de voix1 elle n'a plus d'images que p\r proclam] et illu/r] son imm5sit4 ,en dehors de cela elle ne n\s dit plus ri52 mais cette imm5sit tant re/e son seul attribut imprieux et irrcusable1 l'emporte en n]gie1 en noblesse et en loqu5ce sur t\s les attributs1 sur t\tes les v]tus et les p]fections dont n\s avions jusqu' ce j\r peupl notre inconnu4 ,elle ne n\s impose aucun devoir2 mais elle n\s entreti5t dans un tat de gr&eur qui n\s p]met de remplir plus facilem5t et plus gnreusem5t t\s ceux qui n\s att5d5t au seuil d'un av5ir pro*a94 ,en n\s rappro*ant de notre vritable place dans le sy/me des mondes1 elle aj\te notre vie spirituelle et gnrale t\t ce qu'elle enlve notre importance matrielle et individuelle4 ,mieux elle n\s fait compr5dre notre petitesse1 plus gr&it en n\s ce qui compr5d cette petitesse4 ,un tre n\veau1 plus ds9tress et probablem5t plus prs de ce qui doit s'affirm] un j\r la vrit d]nire se sub/itue peu peu l'tre orig9el qui se diss\t dans la conception qui l'accable4 99 99 99 ,p\r cet tre n\veau1 lui-mme et t\s les hommes qui l'ent\r5t1 ne reprs5t5t plus qu'un po9t si m9ime dans l'inf9i des =ces t]nelles qu'ils ne suffis5t plus fix] son att5tion et son intrt4 ,nos frres1 nos desc5dants immdiats1 notre pro*a9 visible1 t\t ce qui nagure encore bornait nos sympa?ies1 cde peu peu le pas une entit plus dmesure et plus haute4 ,n\s ne sommes presque ri52 mais l'espce laquelle n\s app>t5ons occupe une place que l'on peut reconnatre dans l'ocan sans bornes de la vie4 ,si n\s ne comptons plus1 l'humanit dont n\s faisons p>tie acqui]t l'importance dont n\s n\s dp\illons4 ,ce s5tim5t1 qui comm5ce seulem5t se faire j\r dans l'atmosphre habituelle de nos p5ses et de notre inconsci5t1 travaille dj notre morale1 et y prp>e sans d\te des b\lev]sem5ts aussi gr&s que ceux qu'y oprr5t les religions les plus subv]sives4 ,il dplac]a peu peu le c5tre de la plup>t de nos v]tus et de nos vices4 ,il sub/itu]a un idal fictif et individuel1 un idal ds9tress1 illimit et cep5dant tangible1 dont il n'e/ pas encore possible de prvoir les consqu5ces et les lois4 ,mais quelles qu'elles soi5t1 on peut affirm] ds prs5t qu'elles s]ont plus gnrales et plus dcisives qu'aucune de celles qui les prcdr5t dans l'hi/oire suprieure et p\r a9si dire a/rale de l'humanit4 ,en t\t cas1 on ne saurait gure conte/] que l'objet de cet idal e/ plus va/e1 plus durable et surt\t plus c]ta9 que les meilleurs de ceux qui avant lui clairr5t nos tnbres1 puisqu'il se confond en plus d'un po9t avec l'objet mme de l'univ]s4 99 99 99 ,or1 n\s sommes au mom5t o naiss5t aut\r de n\s mille raisons n\velles de pr5dre confiance dans les de/9es de notre espce4 ,voici des c5ta9es et des c5ta9es de sicles que n\s occupons cette t]re2 et les plus gr&s dang]s sembl5t passs4 ,ils fur5t si m5aants que n\s n'y avons *app que p> un has>d qui ne doit pas se reproduire plus d'une fois sur mille dans l'hi/oire des mondes4 ,la t]re1 trop jeune encore1 balanait l'av5ture1 avant de les fix]1 ses cont95ts1 ses les et ses m]s4 ,le feu intrieur1 premi] matre de la plante1 crevait *aque in/ant sa prison de granit2 et le globe1 hsitant dans l'espace1 errait entre des a/res avides et ho/iles qui ignorai5t leurs lois4 ,nos facults indcises flottai5t aveuglm5t dans notre corps1 comme les nbuleuses dans l'!r2 un ri51 aux heures ttonnantes o se con/ituait notre c]veau1 o se ramifiait le rseau de nos n]fs1 p\vait dtruire notre av5ir huma94 ,auj\rd'hui1 l'in/abilit des m]s et les rvoltes du feu intrieur sont inf9im5t mo9s cra9dre2 en t\t cas1 il e/ vraisemblable qu'elles ne produiront plus de cata/rophes univ]selles4 ,quant au troisime pril1 la r5contre d'un a/re dsorbit1 il e/ p]mis de croire qu'il n\s laiss]a les quelques sicles de rpit ncessaire p\r que n\s appr5ions y p>]4 ,en voyant ce que n\s avons fait et ce que n\s devons tre sur le po9t de faire1 il n'e/ pas absurde d'espr] qu'un j\r n\s saisirons ce secret ess5tiel des mondes que1 provisoirem5t1 p\r apais] notre ignorance1 comme on apaise et endort un enfant en lui rptant des mots insignifiants et monotones1 n\s avons appel la loi de la gravitation4 ,il n'y a ri5 d'ins5s suppos] que le secret de cette =ce s\v]a9e se ca*e en n\s1 ou aut\r de n\s1 porte de notre ma94 ,elle e/ peut-tre maniable et docile comme la lumire et l'lectricit2 elle e/ peut-tre t\te spirituelle et dp5d d'une cause trs simple que le dplacem5t d'un objet peut n\s rvl]4 ,la dc\v]te d'une proprit inatt5due de la matire1 analogue celle qui vi5t de dcl] les v]tus dconc]tantes du radium1 peut directem5t n\s conduire aux s\rces mmes de l'n]gie et de la vie des a/res2 ds lors le sort de l'homme s]ait *ang2 et la t]re1 df9itivem5t sauve1 devi5drait t]nelle4 ,a notre gr1 elle se rappro*]ait ou s'loign]ait des foy]s de *aleur et de lumire1 elle fuirait les soleils vieillis et *]*]ait des fluides1 des =ces et des vies ins\ponnes dans l'orbite de mondes vi]ges et 9puisables4 99 99 99 ,j'accorde que t\t cela e/ ple9 d'esprances conte/ables2 et que l'on peut presque aussi raisonnablem5t dsespr] des de/9es de l'homme4 ,mais c'e/ dj beauc\p que le *oix demeure possible et que jusqu'ici ri5 ne soit dcid contre n\s4 ,*aque heure qui passe augm5te nos *ances de dur] et de va9cre4 ,on peut dire1 je le sais1 qu'au po9t de vue de la beaut1 de la j\issance et de l'intellig5ce h>monieuse de la vie1 quelques peuples--les grecs et les roma9s du comm5cem5t de l'empire1 p> exemple1--n\s fur5t suprieurs4 ,il n'en re/e pas mo9s que la somme totale de civilisation rp&ue sur notre globe ne fut jamais comp>able celle d'auj\rd'hui4 ,une civilisation extraord9aire comme celle d',a?nes1 de ,rome ou d',alex&rie1 ne =mait qu'un lot lum9eux que m5aait de t\tes p>ts et que f9issait t\j\rs p> engl\tir l'ocan sauvage qui l'environnait4 ,a prs5t1-- "p le pril jaune qui ne semble pas srieux1--il n'e/ plus possible qu'une invasion b>b>e n\s fasse p]dre en quelques j\rs nos acquisitions ess5tielles4 ,les b>b>es ne peuv5t plus v5ir du dehors2 ils sortirai5t de nos campagnes et de nos villes1 des bas-fonds de notre propre vie2 ils s]ai5t t\t imprgns de la civilisation qu'ils prt5drai5t dtruire1 et ce n'e/ qu'en usant de ses acquisitions qu'ils p>vi5drai5t n\s en enlev] les fruits4 ,il n'y aurait donc1 au pire1 qu'un temps d'arrt suivi d'un dplacem5t de ri*esses spirituelles4 99 99 99 ,puisque n\s avons le *oix d'une int]prtation qui fait le fond de lumire ou d'ombre de notre exi/5ce1 il s]ait peu sage d'hsit]4 ,dans les plus insignifiantes circon/ances1 notre ignorance ne n\s (fre le plus s\v5t qu'un *oix du mme g5re et qui ne s'impose pas davantage4 ,l'optimisme a9si ent5du n'a ri5 de bat ni de puril2 il ne se rj\it pas niaisem5t comme le paysan au sortir de l'aub]ge2 mais il fait la balance de ce qui a eu et de ce qui peut avoir lieu1 des cra9tes et des esprances2 et si celles-ci ne sont pas assez l\rdes1 il y aj\te le poids de la vie4 ,du re/e1 ce *oix n'e/ mme pas ncessaire2 il suffit que n\s pr5ions consci5ce de la gr&eur de notre att5te4 ,c> n\s sommes dans l'tat magnifique o ,mi*el-,ange a pe9t1 sur ce prodigieux plafond de la *apelle ,sixt9e1 les prophtes et les ju/es de l',anci5 ,te/am5t3 n\s vivons dans l'att5te2 et peut-tre dans les d]ni]s mom5ts de l'att5te4 ,l'att5te1 en effet1 a des degrs qui vont d'une sorte de rsignation vague et qui n'espre pas encore au tressaillem5t que suscit5t les m\vem5ts les plus pro*es de l'objet att5du4 ,il semble que n\s ent5dions ces m\vem5ts3 bruit de pas surhuma9s1 porte norme qui s'ouvre1 s\ffle qui n\s c>esse ou lumire qui vi5t1 on ne sait2 mais l'att5te ce po9t e/ un in/ant de vie ard5t et m]veilleux1 la plus belle priode du bonheur1 sa jeunesse1 son enfance444 99 99 99 ,je le rpte1 n\s n'emes jamais autant de motifs d'espr]4 ,qu'ils n\s soi5t *]s4 ,c'e/ s\t5us p> de mo9dres motifs que nos prdcesseurs ont fait les gr&es *oses qui sont re/es p\r n\s les meilleurs tmoignages des de/9es huma9es4 ,ils ont eu confiance alors qu'ils ne tr\vai5t que de draisonnables raisons d'en avoir4 ,auj\rd'hui1 que quelques-unes de ces raisons sort5t vraim5t de la raison1 il s]ait mal de montr] mo9s de c\rage que ceux qui puisai5t le leur aux lieux mmes o n\s ne puisons plus que nos dc\ragem5ts4 ,n\s ne croyons plus que ce monde e/ la prunelle d'un dieu unique et att5tif nos plus m9imes p5ses2 mais n\s savons qu'il e/ livr des =ces t\t aussi puissantes1 t\t aussi att5tives1 des lois et des devoirs qu'il n\s app>ti5t de pntr]4 ,c'e/ p\rquoi notre attitude en face du my/re de ces =ces e/ *ange4 ,elle n'e/ plus la peur1 mais l'audace4 ,elle n'e/ plus l'ag5\illem5t de l'esclave devant le matre ou le crateur1 mais elle p]met le reg>d de l'gal l'gal1 c> n\s portons en n\s l'gal des plus pr(onds et des plus gr&s my/res4 ,,table ,pages4 ,sur la mort d'un petit *i5 #a ,le ,temple du ,has>d #cc ,en ,automobile #ea loge de l'pe #fg ,la ,colre des ,abeilles #ha ,le ,suffrage ,univ]sel #ie ,le ,drame mod]ne #aji ,les ,s\rces du ,pr9temps #abi ,la ,mort et la ,c\ronne #adc ,vue de ,rome #aeg ,fleurs des *amps #agg ,*rysan?me #ahi ,fleurs dmodes #bje ,de la ,s9crit #bbi ,portrait de femme #bde ,les ,rameaux d',olivi] #bfe ,p>is4--,l4 ,,m>e!ux1 imprimeur1 #a1 rue ,cassette4--#gagb4